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1
p. 78-81
Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Début :
J'aurois un long Article à vous faire, si je vous marquois [...]
Mots clefs :
Conversions, Controverses, Abjurations, Missions, Prétendus réformés, Procession
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texteReconnaissance textuelle : Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
J'aurois un long Article à vous
faire , fi je vous marquois toutes
les Converfions dont on ma donné
avis . Les Controverfes que le
P. Aléxis du Buc Théatin continuë
de prefcher tous les Dimanches
, font toûjours fuivies d'un
tres grand fuccés ; & parmy
plufieurs Abjurations du dernier
mois , il a receu celles de Mademoiſelle
Rachel Amiraut , Niéce
du Miniftre de ce nom , & de
Monfieur
·
GALANT. 79
Monfieur Salomon Morin , Neveu
de Monfieur Morin , Miniftres
de Caën.Quand des Perfonnes
qui touchent de pres les plus
éclairez de ceux de la R. P. R. renoncent
à leurs erreurs , on peut
dire qu'elles font bien convaincuës
des véritez de la noftre, puis
que leurs Docteurs intéreffez par
le fang , ne leur peuvent oppofer
d'affez puiffantes raifons pour
les retenir dans la croyance où
elles font nées. Le mefme P.Alexis
du Buc ayant convaincu Madame
Ifabelle Aubeftin , Niéce de
Monfieur Aubeftin Miniftre, elle
a abjuré depuis un mois entre les
mains de Monfieur l'Evefque de
Lavaur.
Le Pere Rochette , qui enfeigne
la Métaphyfique à Arles,
a auffi converty Monfieur d'Arval
de Mareft. Ce changement a
D iiij
So MERCURE
donné beaucoup de joye à toute
la Ville.
Je ne vous dis rien de
quantité
d'Abjurations reçeuës pendant
une Miffion que les Peres
Capucins ont faite à Orbec , petite
Ville de Normandie. Le Pere
Jerothée , Premier Définiteur
de cette Province , & l'un des
plus excellens Prédicateurs de
leur Ordre , en eftoit le Chef. Il у
a eu tous les jours cinq Sermons
pendant deux mois. Outre celuy
qu'il commençoit toûjours à
neuf heures , il preſchoit la Controverfe
tous les Lundis & les
Vendredis ; & comme il eft infiniment
éclairé fur cette matiere ,
la plupart des Prétendus Refor
mez qui le venoient écouter,
trouvoient d'autant moins de jour.
à ne fe pas rendre aux preuves
de fes propofitions , qu'il les faifoit
GALAN T.
1
foit par leurs propres Livres. Il a
fouvent prié leur Miniftre de luy
répondre , & il fe trouvoit pour
cela chaque Dimanche à fon
Preſche en la compagnie d'un
des Lieutenans Genéraux , & des'
autres Officiers, mais ce Miniftre
ne l'a ofé entreprendre . Cette
Miffion fe termina le jour de
Quasimodo parune Proceffion fo
lemnelle qui fe fit avec une affluencede
Peuple extraordinaire, en
un Lieu quieſt au deffus de la Vil
le; On planta là une Croix fur une
petite éminence où apres que ce
mefme Pere Jerothée eut fait un
tres beau difcours, on brûla quan- ,
tité de Caracteres & de Manufcrits
qui avoient fervy à faire des
maléfices .
faire , fi je vous marquois toutes
les Converfions dont on ma donné
avis . Les Controverfes que le
P. Aléxis du Buc Théatin continuë
de prefcher tous les Dimanches
, font toûjours fuivies d'un
tres grand fuccés ; & parmy
plufieurs Abjurations du dernier
mois , il a receu celles de Mademoiſelle
Rachel Amiraut , Niéce
du Miniftre de ce nom , & de
Monfieur
·
GALANT. 79
Monfieur Salomon Morin , Neveu
de Monfieur Morin , Miniftres
de Caën.Quand des Perfonnes
qui touchent de pres les plus
éclairez de ceux de la R. P. R. renoncent
à leurs erreurs , on peut
dire qu'elles font bien convaincuës
des véritez de la noftre, puis
que leurs Docteurs intéreffez par
le fang , ne leur peuvent oppofer
d'affez puiffantes raifons pour
les retenir dans la croyance où
elles font nées. Le mefme P.Alexis
du Buc ayant convaincu Madame
Ifabelle Aubeftin , Niéce de
Monfieur Aubeftin Miniftre, elle
a abjuré depuis un mois entre les
mains de Monfieur l'Evefque de
Lavaur.
Le Pere Rochette , qui enfeigne
la Métaphyfique à Arles,
a auffi converty Monfieur d'Arval
de Mareft. Ce changement a
D iiij
So MERCURE
donné beaucoup de joye à toute
la Ville.
Je ne vous dis rien de
quantité
d'Abjurations reçeuës pendant
une Miffion que les Peres
Capucins ont faite à Orbec , petite
Ville de Normandie. Le Pere
Jerothée , Premier Définiteur
de cette Province , & l'un des
plus excellens Prédicateurs de
leur Ordre , en eftoit le Chef. Il у
a eu tous les jours cinq Sermons
pendant deux mois. Outre celuy
qu'il commençoit toûjours à
neuf heures , il preſchoit la Controverfe
tous les Lundis & les
Vendredis ; & comme il eft infiniment
éclairé fur cette matiere ,
la plupart des Prétendus Refor
mez qui le venoient écouter,
trouvoient d'autant moins de jour.
à ne fe pas rendre aux preuves
de fes propofitions , qu'il les faifoit
GALAN T.
1
foit par leurs propres Livres. Il a
fouvent prié leur Miniftre de luy
répondre , & il fe trouvoit pour
cela chaque Dimanche à fon
Preſche en la compagnie d'un
des Lieutenans Genéraux , & des'
autres Officiers, mais ce Miniftre
ne l'a ofé entreprendre . Cette
Miffion fe termina le jour de
Quasimodo parune Proceffion fo
lemnelle qui fe fit avec une affluencede
Peuple extraordinaire, en
un Lieu quieſt au deffus de la Vil
le; On planta là une Croix fur une
petite éminence où apres que ce
mefme Pere Jerothée eut fait un
tres beau difcours, on brûla quan- ,
tité de Caracteres & de Manufcrits
qui avoient fervy à faire des
maléfices .
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Résumé : Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Le texte décrit plusieurs conversions religieuses marquantes. Le Père Alexis du Buc, membre de l'ordre des Théatins, organise des controverses dominicales populaires et a récemment obtenu les abjurations de Mademoiselle Rachel Amiraut, nièce du ministre Amiraut, et de Monsieur Salomon Morin, neveu du ministre de Caen. Ces conversions sont notables car elles concernent des proches de figures influentes de la Religion Prétendue Réformée (R.P.R.). Le Père Alexis a également convaincu Madame Isabelle Aubefstin, nièce du ministre Aubefstin, qui a abjuré il y a un mois. Par ailleurs, le Père Rochette, professeur de métaphysique à Arles, a converti Monsieur d'Arval de Marest, suscitant une grande joie dans la ville. De plus, une mission des Pères Capucins à Orbec, dirigée par le Père Jérothée, a abouti à de nombreuses abjurations. Pendant deux mois, le Père Jérothée a prêché quotidiennement et tenu des controverses les lundis et vendredis, utilisant des arguments tirés des livres des Prétendus Réformés pour convaincre de nombreux fidèles. La mission s'est achevée par une procession solennelle et la destruction de documents liés à des pratiques maléfiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 15-18
Abjuration de trente-deux Personnes, [titre d'après la table]
Début :
Le Motet finy, Mr l'Evesque dit plusieurs Oraisons, & benit la [...]
Mots clefs :
Évêque, Oraison, Abjurations, Vérité, Erreurs, Famille, Hérésie, Fausse religion, Procession
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texteReconnaissance textuelle : Abjuration de trente-deux Personnes, [titre d'après la table]
Le Motet finy , M'I'Evefque
dit plufieurs Oraifons
, & benit la Croix qu'il
encenfa
; apres quoy
apres quoy il s'affit
fur un Fauteuil qu'on luy
avoit préparé, pour recevoir
l'Abjuration de trente- deux
Perfonnes que la connoif
fance de la Verité faifoit renoncer
à leurs erreurs . M
Gauteron, Avocat en la Cour
des Aydes de Montpellier,
fut le premier qui fe préſenta.
leftoit en Robe. Si- toft qu'il
parut devant ce Prélat , il fe
mit à genoux , comme pour
16 MERCURE
faire reparation à la Croix
des irréverences qu'il avoit
commiſes contr'elle , & demanda
pardon à Dieu publiquement
d'avoir perſiſté ſi
longtemps dans l'Heréfic .
Apres qu'il l'eut abjurée avec
cinq de fes Enfans , M'I'Eveſque
luy dit que l'ordre de
l'Eglife eftoit d'impofer une
penitence à ceux qui avoient
vefcu dans une fauffe Religion
, mais qu'il ne lajugeoit
pas neceffaire à fon égard,
parce que l'humilité avec la
quelle il venoit de faire reparation
en préſence de tout
GALANT. 17
le tour Royal,
un grand Peuple , luy tenoit
lieu des plus fortes penitences
. Ce Prélat reçeut encore
l'abjuration de quelques Perſonnes,
& remit les autres apres
les Vêpres . On acheva lá
Proceffion
par
& quand la Benédiction Epif
copale eut efté donnée dans
l'Eglife de S. Pierre, la Compagnie
de M's les Penitens,
qui font toûjours pleins de
zele , voulant témoigner
la
joye qu'elle avoit de voir
triompher la Croix dans un
Lieu , où l'Heréſie avoit regné
fi longtemps avec tant
"Juillet 1683.
B
18 MERCURE
d'empire , s'y rendit tout de
nouveau, & y chanta un Motet
particulier.
dit plufieurs Oraifons
, & benit la Croix qu'il
encenfa
; apres quoy
apres quoy il s'affit
fur un Fauteuil qu'on luy
avoit préparé, pour recevoir
l'Abjuration de trente- deux
Perfonnes que la connoif
fance de la Verité faifoit renoncer
à leurs erreurs . M
Gauteron, Avocat en la Cour
des Aydes de Montpellier,
fut le premier qui fe préſenta.
leftoit en Robe. Si- toft qu'il
parut devant ce Prélat , il fe
mit à genoux , comme pour
16 MERCURE
faire reparation à la Croix
des irréverences qu'il avoit
commiſes contr'elle , & demanda
pardon à Dieu publiquement
d'avoir perſiſté ſi
longtemps dans l'Heréfic .
Apres qu'il l'eut abjurée avec
cinq de fes Enfans , M'I'Eveſque
luy dit que l'ordre de
l'Eglife eftoit d'impofer une
penitence à ceux qui avoient
vefcu dans une fauffe Religion
, mais qu'il ne lajugeoit
pas neceffaire à fon égard,
parce que l'humilité avec la
quelle il venoit de faire reparation
en préſence de tout
GALANT. 17
le tour Royal,
un grand Peuple , luy tenoit
lieu des plus fortes penitences
. Ce Prélat reçeut encore
l'abjuration de quelques Perſonnes,
& remit les autres apres
les Vêpres . On acheva lá
Proceffion
par
& quand la Benédiction Epif
copale eut efté donnée dans
l'Eglife de S. Pierre, la Compagnie
de M's les Penitens,
qui font toûjours pleins de
zele , voulant témoigner
la
joye qu'elle avoit de voir
triompher la Croix dans un
Lieu , où l'Heréſie avoit regné
fi longtemps avec tant
"Juillet 1683.
B
18 MERCURE
d'empire , s'y rendit tout de
nouveau, & y chanta un Motet
particulier.
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Résumé : Abjuration de trente-deux Personnes, [titre d'après la table]
En juillet 1683, une cérémonie religieuse dirigée par un évêque a vu trente-deux personnes abjurer leurs erreurs hérétiques. La cérémonie débuta par un motet et la bénédiction de la croix par l'évêque. Maître Gauteron, avocat à la Cour des Aides de Montpellier, fut le premier à abjurer. Il se présenta en robe, s'agenouilla et demanda pardon pour ses irrévérences envers la croix et sa persistance dans l'hérésie. Accompagné de cinq de ses enfants, son humilité et sa réparation publique furent jugées suffisantes par l'évêque, rendant toute pénitence supplémentaire inutile. D'autres personnes abjurèrent également leurs erreurs, certaines après les vêpres. La procession se conclut par une bénédiction épiscopale dans l'église de Saint-Pierre. La compagnie des Pénitents exprima sa joie en chantant un motet, célébrant la victoire de la croix dans un lieu autrefois dominé par l'hérésie.
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3
p. 317-320
Synode assemblé à Strasbourg, par l'ordre de M. l'Abbé de Ratabon, Grand-Vicaire du Diocése, [titre d'après la table]
Début :
Vous sçavez, Madame, que lors que le Roy alla à [...]
Mots clefs :
Strasbourg, Roi, Religion catholique, Synode, Erreurs luthériennes, Abbé, Grand vicaire, Discours, Procession
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texteReconnaissance textuelle : Synode assemblé à Strasbourg, par l'ordre de M. l'Abbé de Ratabon, Grand-Vicaire du Diocése, [titre d'après la table]
Vous ſçavez Madame,
Dd iij
318 MERCURE
que lors que le Roy alla à
Strasbourg recevoir les foûmiflions
de ſes Habitans, qui
l'ont reconnu pour leur Souverain
, il donna ſes premiers
foins ày rétablir avec éclat la
Religion Catholique. Les
avantages qu'elle enTa tirez
font de plus en plus confiderables.
Il y avoit présde cent
quarante ans qu'il n'y avoit
point eu de Synode dans cet
te Capitale de l'Alface , qui
s'eſtoit laiſſée infecter des er
reurs de Luther en 1529. & le
ce mois Mabbане
4.
.de
Ratabon , Grand Vicaire du
GALANT 19
Dioceſe , y en tint un de tous
les Curez , auſquels il fit un
Diſcours Latin plein de force
& d'éloquence , fur ce quiregarde
les devoirs de l'Etat
Ecclefiaftique. Le lendemain,
les Jéſuites Directeurs du Seminaire
commencérent une
Miſſion , & il en fit l'ouverture
par une Proceffion fo
lemnelle. Il s'y trouva trois
cens Ecclefiaftiques en Surplis
, du nombre deſquels
eſtoient quatre grands Comtes
de l'Egliſe Cathédrale. Le
Saint Sacrement fut porté
fousun magnifique Dais qu'a
Dd iiij
320 MERCURE
donné le Roy. Quatre Dieu
tenans Genéraux le foûte
noient , sohaprés eux mar
choient Male Marquis de
Souvre, Fils de M.de Louro
vois , le Gouverneur ,
Lieutenant de Roy , l'Inten 10
dant & les Principaux Offi- T
diers de la Garniſon qui eftoit 111
Tous les Armes. Pendant la
Proceſſion on fit diverſes défin
charges du Canon & de laup
Moufqueterie.
Dd iij
318 MERCURE
que lors que le Roy alla à
Strasbourg recevoir les foûmiflions
de ſes Habitans, qui
l'ont reconnu pour leur Souverain
, il donna ſes premiers
foins ày rétablir avec éclat la
Religion Catholique. Les
avantages qu'elle enTa tirez
font de plus en plus confiderables.
Il y avoit présde cent
quarante ans qu'il n'y avoit
point eu de Synode dans cet
te Capitale de l'Alface , qui
s'eſtoit laiſſée infecter des er
reurs de Luther en 1529. & le
ce mois Mabbане
4.
.de
Ratabon , Grand Vicaire du
GALANT 19
Dioceſe , y en tint un de tous
les Curez , auſquels il fit un
Diſcours Latin plein de force
& d'éloquence , fur ce quiregarde
les devoirs de l'Etat
Ecclefiaftique. Le lendemain,
les Jéſuites Directeurs du Seminaire
commencérent une
Miſſion , & il en fit l'ouverture
par une Proceffion fo
lemnelle. Il s'y trouva trois
cens Ecclefiaftiques en Surplis
, du nombre deſquels
eſtoient quatre grands Comtes
de l'Egliſe Cathédrale. Le
Saint Sacrement fut porté
fousun magnifique Dais qu'a
Dd iiij
320 MERCURE
donné le Roy. Quatre Dieu
tenans Genéraux le foûte
noient , sohaprés eux mar
choient Male Marquis de
Souvre, Fils de M.de Louro
vois , le Gouverneur ,
Lieutenant de Roy , l'Inten 10
dant & les Principaux Offi- T
diers de la Garniſon qui eftoit 111
Tous les Armes. Pendant la
Proceſſion on fit diverſes défin
charges du Canon & de laup
Moufqueterie.
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Résumé : Synode assemblé à Strasbourg, par l'ordre de M. l'Abbé de Ratabon, Grand-Vicaire du Diocése, [titre d'après la table]
Le roi se rendit à Strasbourg pour recevoir les hommages de ses habitants et les reconnaître comme ses sujets. Il initia le rétablissement de la religion catholique avec succès croissant. Depuis près de cent quarante ans, aucun synode n'avait été organisé dans cette ville, influencée par les idées de Luther en 1529. En avril, Ratabon, Grand Vicaire du diocèse, convoqua un synode avec tous les curés et prononça un discours en latin sur les devoirs de l'État ecclésiastique. Le lendemain, les Jésuites, directeurs du séminaire, commencèrent une mission marquée par une procession solennelle. Trois cents ecclésiastiques y participèrent, incluant quatre grands chanoines de la cathédrale. Le Saint-Sacrement fut porté sous un dais offert par le roi. La procession inclut également quatre dignitaires généraux, le marquis de Souvre, fils du gouverneur, l'intendant, et les principaux officiers de la garnison. Des salves de canon et de mousqueterie furent tirées durant la procession.
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4
p. 197-275
Couronnement du Roy d'Angleterre, contenant plusieurs particularitez qui n'ont point encore esté sceuës, [titre d'après la table]
Début :
Il y a long-temps qu'on préparoit tout ce qui estoit [...]
Mots clefs :
Roi d'Angleterre, Comte, Armes, Couronne, Édouard, Fils, Marquis, Baron, Archevêques, Autel, Seigneurs, Royaume, Cérémonie, Procession, Noblesse, Majesté, Sceptre, Dignité, Vicomte, Prince, Hérauts, Chapelle, Croix, Ornements, Palais, Héritiers, Velours, Habits, Couronnement, Charge, Prières, Acclamations, Services, Duc, Clercs
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texteReconnaissance textuelle : Couronnement du Roy d'Angleterre, contenant plusieurs particularitez qui n'ont point encore esté sceuës, [titre d'après la table]
Il y along- temps qu'on préparoit
tout ce qui eftoit neceffaire
pour la Cerémonie du
Couronnemét du Roy d'Anleterre.
Elle fut faite avec
le 23. d'Avril,
rande
pompe
fte de Saint
Georges
felon
l'ancien
Calendrier
, & felon
nous
le 3. de ce mois
.Tous
les
Seigneurs
& principaux
Offi
ciers
avoient
efté
avertis
de fe
tenir
prefts
, pour
y paroiſtre
felon
le rang
que leur
Dignité
leur
donne
. La
préféance
en
tre les Pairs
d'Angleterre
eft
R iij
198 MERCURE
reglée de cette maniere . Aprés
les Princes du Sang, c'eſt
à dire aprés les Fils , Petits
Fils , Freres , Oncles & Neveux
du Roy , ( car l'on ne reconnoit
pas ceux qui font
d'un degré plus éloigné , ) les
Ducs ont la premiere place .
Aprés eux vont les Marquis,
puis les Fils aifnez des Ducs,
enfuite les Comtes , les Fils
aifnez des Marquis , les puifnez
des Ducs , les Vicomtes ;
les Fils aifnez des Comtes , les
Fils puifnez des Marquis ; les
Barons ; les Fils aifnez des
Vicomtes , les Fils puifnez des
GALANT. 199
Comtes
les Fils aifnez des
Barons ; les Fils puifnez
des
Vicomtes
, & les puifnez des
Barons. Le nombre des
Lords , ou Seigneurs Temporels
en Angleterre eſt prefentement
de 170. ou environ
; fçavoir , dix Ducs , trois
Marquis , foixante huit Comtęs
, neuf Vicomtes , & foixante
& dix-huit Barons, Le
jour du Couronnement
étant
arrivé , le Roy & la Reyne firent
le matin leurs Devotions
en particulier, & s'étát rendus
enfuite de Witheal au Palais
de Weſtminſter ; ils allerent à
R iiij
200 MERCURE
l'Appartement du Prince , &
de là à la Chambre des Seigneurs.
Les Officiers de tous
les Ordres s'y eftoient affemainfi
que les Pairs ,
.blez
mais fans aucun de leurs Fils
qui ne prirent point de rangdans
cette Ceremonie . Ils :
eftoient tous reveftus des hai
bits de leur Dignité , ainfi
que les Dames , & les autres
Perfonnes à qui quelque fonction
appartenoit. Sur les
onze heures , leurs Majeftez :
defcendirent dans la grande
Salle de ce Palais , & fe pla
cerent furun Trône quiavoit
GALANT. 201
efté preparé fous un Dais.
L'Habit du Roy eftoit de Velours
Cramoify , fouré d'hermine.
Il avoit un Bonnet de
mefme , & la Reyne eftoit
revétuë d'un Manteau Royal .
Le Duc de Grafton , grand
Conneftable
, ayant pris des
mains du Maiftre ou Garde.
des Joyaux , l'Epée de l'Etat,
l'Epée appelée Curtana , qui
eft courte , & fans pointe , &
deux autres Epées pointues
dans leursFourreaux , les dóna
au Duc d'Ormond ,grad Stevvard
, ou grand Senéchal du
Royaume , & ce Duc les mit
202 MERCURE
fur une Table devant le Roy.
La mefme chofe fut faite des
Eperons d'or. Le grand Conneftable
eft le fixiéme grand
Officier d'Angleterre ,Sopou
voir eftoit anciennement d'une
ſi vaſte eftéduë, qu'aprés la
mort d'Edouard Bohun , Duc
de Bukinkan , dernier Conneftable
, on jugea qu'il eftoit
trop grand pour un Sujet;
mais depuis ce temps-là à l'occafion
des Couronnemens
,
ou des Combats folemnels ,
on fait un grand Conneftable
pour cette fois là feulement.
Le Comte de Nort
GALANT. 203
humberland le fut au Couronnement
du dernier Roy,
ainfi que Robert , Comte de
Lindſey,au Combat folemnel
quife fit en 1631. entré Rey &
Rameſey. Le grand Stevvart
, eft le dernier des huit
gráds Officiers d'Angleterre.
Cette importante Charge a
efté ſupprimée à caufe qu'elle
donnoit un pouvoir qui approchoit
trop de celuy du
Roy. Le dernier qui l'ait poffedée
en titre d'Office , & comme
par droit de fucceffion
heréditaire , fut Henry de
Bullinarooc Fils & heritier de
204 MERCURE
ce grand Duc de Lanclaftre,
Jean de Gand , qui a efté Roy
d'Angleterre. Depuis ce
temps- là , on n'a fait un grand
Stevvard , que pour affifter
au Sacre des Roys . En ver
tu de cette Charge , il tientla
Séance folemnelle dans fa
Cour du Roy à Weſtminſter ,
où il reçoit toutes les Requê
tes des Gentilhommes qui
prétendent devoir fervir à
cette Ceremonie , à caufe des
Fiefs qu'ils tiennent . On fait
auffi un grand Stevvard,
quand un Pair du Royaume,
fa Femme , ou fa Veuve font
GALANT 205
accuſez de trahifon . C'eft luy
qui les juge . Pendant le Procez
, il eft affis fous un Dais,
& ceux qui parlent à luy , le
traitent de Votre Grace.
Tant qu'il a la qualité de
Stevvard , il porte à la main
un Bâton blanc . Sa Charge
finit avec le Procez , & alors il
rompt le Bâton.
Le Doyen & les Chanoines
de Weftminſter apporte
rent en Proceffion folemnelle
de l'Eglife Collégiale à la
grande Salle du Palais de
Westminster , les Couronnes
& les autres marques de la
206 MERCURE
Royauté. Ils eftoient précedez
des Pourfuivans , He-
Faults , & Roys d'Armes , devant
leſquels marchoient les
Muficiens de la Chapelle en
Manteaux d'Ecarlate , & des
Chantres du Chapitre en Surplis.
Le Doyen portoit la
Couronne de S. Edouard , &
les Chanoines portoient deux
Sceptres , l'un orné d'une
Croix , & l'autre d'une Colombe
, avec le Globe orné
auffi d'une Croix , & le Bâton
de Saint Edouard . Tous s'arreſterent
à l'entrée de cette
Salle pour faire une profonde
GALANT. 207
réverence à leurs Majeſtez,
& ils en firent une autre au
milieu . Les Chantres qui s'étoient
avancez deux à deux ,
s'ouvrirent en haye pour
donner paffage au Doyen &
aux Chanoines , qui s'approcherent
du Trône précedez
par les Herauts , & par les
Roys d'Armes. Ils firent une
troifiéme réverence au Roy,
en luy preſentant la Couronne
, & les autres marques de
la Dignité Royale. Le grand
Conneftable qui les receut de
deurs mains , les mit entre
celles du grand Senéchal , &
208 MERCURE
ce dernier les mit furla Table
auprés des Epées.
Le nom de S. Edouard doit
eftre fi fouvent employé dans
le recit que j'ay à vous faire,
que je croy devoir vous en
dire quelque chofe . Il eftoit
Fils d'Ethelred , defcendu du
Roy Egbert, Prince d'un fort
grand mérite , qui vers l'an
801. reünit en un feul Etat
fous le nom d'Ergleland , qui
veut dire Angleterre , les fept
Royaumes que l'on avoit établis
en l'Ifle , & qui estoient
gouvernez chacun par des
Roys particuliers . On les ap
GALANT. 209
pelloit de Kent , de Nortumberland
, de Suffex , d'Effex ,
de Mercie , de Wetfex , &
d'Eftangle. Les Guerres excitées
par les Danois
, ayant
obligé le Prince Edouard,
auffi - bien que fon Frere Alfred
, tous deux nez d'une
feconde Femme d'Ethelred,
nommée Emme , Soeur de
Richard Duc de Normandie,
à chercher azile en ce Païs
là , il y demeura jusqu'à ce
qu'il fut rappellé en Angle
Terre , pour remplir le Trône :
qu'avoient occupé les Prédedeffeurs:
Gadyvin Comte-
May 1685.
,
Sp
210 MERCURE
Anglois , alla le chercher en
Normandie , pour diffiper le
bruit qui couroit , que dans
le deffein de faire regner fon
Fils Harald, il avoit fait affaffi
ner Alfred , que les Anglais
avoient apelle d'abord, comme
l'aîné des Fils d'Ethelred,
& qui fut tué fur le chemin,
lors qu'il eftoit preft de rentrer
à Londres. Edouard
ayant efté couronné en 1044
époufa la Fille de Godvvin,
nommée Edgite. Quelque
temps apres , Euſtache Comte
de Boulogne, qui avoit époufé
la Soeur d'Edouard eftant
J
GALANT. 211
paſſé en Angleterre , receut
quelque outrage en la perfonne
de fes Officiers , dans
la Ville de Cantorbery. Le
Royvoulut vanger cet affront
fur les Habitans. Godvvin
en prit le party , & n'ayant
pû eftre le plus fort , il fut
contraint de fe retirer en
Flandre. Il trouva enfin
moyen de calmer l'orage , &
de fe remettre dans les bon
nes graces du Roy , mais il
en jouit fort peu de temps..
Eftant un jour à fa Table,
& quelqu'un ayant parlé de
la mort du Prince Alfred , il
Sij
212 MERCURE
s'apperceut qu'Edouard jetta
l'oeil fur luy en foûpirant. Il
prit ce regard pour un reproche
, & dit que fes Ennemis
l'avoient foupçonné de
ce Parricide , mais qu'il prioit
Dieu que le morceau qu'il.
avoit dans la bouche l'étran
glaft , s'il eftoit coupable. II.
tomba mort fans le pouvoiravaler
, & Dieu permit que
fon propre jugement fuſt exécuté
fur l'heure, Edouard eut
quantité de guerres , qui fe
terminérent préfque toûjours
à fon avantage, mais comme
il n'eftoit pas né pour les ArGALANT.
213
mes , fes Capitaines en remportérent
toute la gloire. Il
vefcut dans une perpetuelle
continence avec la Femme;
& ſe ſouvenant des affiftances
qu'il avoit receues pendant
fon exil de Guillaume
Duc de Normandie , il luy
laiffa fa Couronne. Il mourut
le 4. de Janvier 1066. Le Pape
Alexandre III. le fit mettre
au Catalogue des Saints , à
caufe de les vertus , & des
miracles qui fe faifoient continuellement
à fon Tombeau.
La Couronne, & toutes les
autres marques de la Royauté
214 MERCURE
ayant efté diſtribuées par le
Roy mefme à ceux qu'il
nomma pour les porter , la
marche
commença par les
Tambours & par les Trom
petes , qui alloient quatre à
quatre de front. Les premiers.
eftoient fuivis du Tambour
Major, & les derniers du Premier
Trompete . Apres eux
venoient les fix Clercs de la
Chancellerie , les quatre plus
jeunes d'abord , & les deux
Anciens enfuite. Ils précé
doient les quarante -huit Cha
pelains ordinaires ou Aumôniers
du Roy , qui font la
GALANT. 215
plupart Docteurs en Theolo
gie, & le plus fouvent Doyens
ou Chanoines
. Ily en a quatre
qui fervent par mois , &
qui prefchent le Dimanche
& les jours de Fefte dans la
Chapelle en préſence du Roy..
Ils prefchent auffi pour le
Commun le matin de cha
que Dimanche. Ces Chape
lains précédoient les Aldermans
ou Echevins de Lon
dres, qui marchoient comme
eux quatre à quatre avec les
autres Officiers de Ville cha
cun en fon rang , ainfi que
les douzeMaiftres de la Chan
216 MERCURE
cellerie , & les Sergens ou
Conſeillers en Loy. Le Solliciteur
Genéral , & l'Attorney
ou Procureur Genéral de Sa
Majefté marchoient enſem
ble , & les deux plus anciens
Sergens de Loy de mefme.
On voyoit paroiſtre enfuite,
auffi quatre à quatre , les
Ecuyers du Corps , dont l'offi
ce eft de garder le Roy pen.
dant la nuit , de pofer la
Garde , & de donner le Mot,
& apres eux , les Gentilshom
mes de la Chambre Privée,
qui font au nombre de qua
ranto-huit, & qui fervent par
Quartier.
GALANT. 217
>
Quartier. Il s'en trouve toûjours
douze auprés du Roy
dans fon Palais , & dehors
tant qu'il eft à pied . Ils le
fervent , & portent la Viande
quand il mange dans laChambre
Privée , ou dans l'Antichambre.
Il y en a toûjours
deux qui couchent dans l'Antichambre.
Ils fervent auffi
aux Audiences des Ambaffadeurs
. Les quatreMaiſtres des
Requeftes marchoient apres
eux, fuivis des Juges & Chefs
de Juftice. Enfuite venoient
les Pages de la Mufique de la
Chapelle duRoy , lesChantres
May 1685.
T
218 MERCURE
de Weſtminſter , les Gentilshommes
de la Chapelle du
Roy, les douzeChanoines & le
Doyen de l'Eglife Cathedrale
de Weſtminſter, en Surplis &
avec leurs Habits de Choeur,
le Maître ou Garde desJoyaux
du Roy , & les Confeillers
d'Etat qui ne font point Pairs
du Royaume. Apres ceux - là
venoient deux Officiers d'Armes
, qui précédoient les Baronnes
ou Femmes desLords,
reveftuës de Robes de Velours
cramoifi, fourrées d'Hermine.
Elles eftoient fuivies
des Barons , Pairs du RoyauGALANT.
219
1
me , veftus auffi de Robes
de Velours cramoify , avec
leurs Bonnets de même Erofe
fourrez d'Herminé, qu'ils por-
I toient à la main . Tous les
Barons n'eftoient pas autrefois
Pairs du Royaume , mais
: feulement ceux qui tenoient
du Roy une Baronnie entiere
composée de treize Fiefs &
- un tiers , relevant directement
de la Couronne. Chaque
Fief eftoit de vingt livres
fterlin , cela faifoit quatre cens
marcs , & celuy qui poffedoit
cette fomme , eftoit
convié de ſe trouver au Par-
Tij
220 MERCURE
lement ; mais aujourd'huy
l'Heritier d'un Baron devient
Baron , quand mefme il ne
poffederoit point la valeur de
quatre cens marcs. Le Roy
fait quelquefois des Barons
par un fimple Acte , en les
conviant de venir prendre
féance au Parlement dans la
Chambre Haute ; mais le plus
fouvent il le fait par Lettres
Patentes.
Les Barons étoient fuivis des
Evefques chacun en Habit Epifcopal.
Celuy de Londres a
le premier rang , aprés les Archevefques
de Cantorbery &
GALANT. 221
5
d'York , puis les Evefques de
Durha & deWinchester.Tous
les autres prennent rang ſefon
l'ordre de leur Confecration
, fi ce n'eft que quel
qu'un d'eux foit fait Chancelier,
Treforier, Garde du Privé
Sceau , ou Secretaire d'Etat, ce
qui arrivoit fouvent autrefois,
l'intégrité de leur vie les faifant
juger plus propres à ces
Fonctions , que les Laïques .
Quand un Evefque eft fait
Chancelier , il prend place
immediatement aprés l'Archevefque
de Cantorbery, &
celuy d'York. S'il eft Secre
Tiij
222 MERCURE
taire d'Etat , il a rang aprés
l'Evefque de Wincheſter.
Tous les Evefques ont Séance
en la Chambre Haute du
Parlement , comme Barons
& Pairs du Royaume , &
font Lords , où Seigneurs fpirituels.
Deux autres Officiers
d'Armes fuivoient les Evelques
, & précedoient les Vicomteffes
, qui marchoient
devant les Vicomtes. Ceuxcy
avoient des Robes de Velours
doublées d'hermines,
& tenoient leurs Couronnes
à la main . Le Roy fair un
GALANT. 223
Vicomte par des Lettres Patentes
. Quelques- uns tiennent
que Jean Beaumont a
eu le premier cette qualité,
& qu'elle luy fut donnée par
Henry VI. dans la dix - huitiéme
année de fon Regne.
Cependant on trouve que
dés le Regne de Henry V.
Robert Brent fut fait Vicomte.
Deux Herauts d'Armes
du Titre de Sommerfet & de
Cheſter , avec leurs Cottes
d'Armes , marchoient devant
les Comteffes , qui estoient
en Robes de Velours. Les
Tiiij
224 MERCURE
Comtes venoient enfuite en
Robes longues d'Ecarlate , &
fourrées , la queuë portée à
chacun par un Gentilhomme
, avec les Bonnets de
mefme , & une petite Cou .
ronne à la main . Tous les
Comtes d'Angleterre font
nommez des Provinces , Villes
ou Places , dont ils portent
le Titre , à la réſerve de
deux , dont l'un eft perfonnel
; fçavoir le Comte Maré
chal d'Angleterre , & l'autre
eft particulier à l'Illuftre Famille
de Rivers , dont l'aisné
porte le Titre de Comte. Le
GALANT. 225
Roy fait un Comte en luy
mettant l'Epée au cofté , un
Manteau de Comte , un Bonnet
fur la tefte , & fes Lettres
Patentes entre les mains .
Aprés venoient les Marquifes
, précedées de deux
Herauts d'Armes du Titre de
Richemont & de Windfor;
puis les Marquis en Robes
de Cerémonies , & tenant
leurs Couronnes à la main.
Marchio ou Marquis eftoit
autrefois ainfi nommé du
Gouvernement des Marches
ou Frontieres . Le premier
Marquis qu'ait eu l'Angleter
226 MERCURE
re , fut Robert Vere Comte
d'Oxford , qui fut fait Marquis
de Dublin fous Henry
II. On fait un Marquis en
luy ceignant l'Epée au cofté.
& en luy mettant un Bonnet
avec une Couronne de Marquis
fur la tefte,
Deux Herauts d'Armes
du Titre de Lancaftre &
d'York marchoient devant
les Ducheffes. Les Ducs fuivoient
, couverts du Manteau
Ducal avec leurs Couronnes
à la main . Leurs
queues eftoient plus longues
que celles des autres , & fou-
>
GALANT. 227
tenues de deux Gentils -hom
mes. Les Ducs eftoient an
ciennement Genéraux ou
Conducteurs A d'Armée en
temps de Guerre , ou Gardiens
des Frontieres , & Gou-.
verneurs de Province en
temps de Paix. Apres cela
on les leur donna en Fief
pour les tenir à vie , & enfin
ils furent faits heréditaires &
titulaires . Edouard furnommé
le Prince noir , a efté le
premier Duc d'Angleterre,
aprés Guillaume le Conquerant.
Ce fut Edouard III . qui
le fit Duc. Le Roy crée un
228 MERCURE
Duc par fes Lettres Patentes,
en luy mettant l'Epée au côté
, un Bonnet avec une Cou
ne Ducale fur la tefte , & une
Verge d'or en la main.
Les differens degrez de
la Nobleffe d'Angleterre font
diftinguez par leurs Titres &
par les marques d'honneur.
On donne au Duc le Titre
de Grace , & en luy écrivant
on l'appelle tres-puiſſant & no
ble Prince. On appelle un
Marquis & un Comte tresnoble
& puiffant Seigneur ; un
Vicomte , veritablement noble
puiffant Seigneur , & un Ba.
GALANT. 229
.
ron veritablement noble Seigneur.
Leurs Couronnes font
toutes differentes , & cela
seft obfervé au Sacre du
Roy. La Couronne des Barons
eft un Cercle ou Bour
let à fix Perles ; celle des Vicomtes
un Chapelet de Perles
fans nombre ; celle des
Comtes un Cercle d'or à hau
tes pointes foûtenant des
Perles, celle des Marquis une
groffe Perle , & une ovale de
feuilles de Fraifier , & les
Couronnes des Ducs font des
Fleurons , ou des feuillages
fans Perles. Ils font auffi di230
MERCURE
ftinguez dans leurs Habits
de Čerémonie par les bordures
fur les épaules de leurs
Mantelines. Un Baron n'en
a que deux ; un Vicomte en
a deux & demy ; un Comté,
trois , un Marquis trois & demy
, & un Duc qua trẻ .
Les deux Herauts d'Armes
qu'on appelle Provinciaux
, & qui font du Titre
de Clarence , & de Norroy,
marchoient devant le Comte
de Clarendon Garde du
Sceau Privé , & le Marquis
d'Hallifax Préfident du Confeil
Privé faifant une meſme
GALANT. 231
ligne. Ils eftoient ſuivis du
Comte de Rocheſter grand
Treforier , & de l'Archevefque
d'York , qui faifoient une
autre ligne, & qui précedoient
Milord North , Garde du
grand Sceau , & l'Archeveſ
que de Cantorbery premier
Pair , & Primat du Royaume.
Aprés eux marchoient deux
Gentilshommes
, reprefentant
les Ducs d'Aquitaine &
de Normandie. Avant le re
gne des Saxons en Angleterre
les Chrétiens Bretons
avoient trois Archeveſques
,
fçavoir , de Londres , d'York,
>
232 MERCURE
Le
& de Caerleon , grande Ville
en ce temps - là fur la Riviere
d'Ufke , en la partie la plus
Meridionale de Galles.
Siege Epifcopal de Londres
& celuy de Caerleon furent
transferez , l'un à Cantorbery
à cauſe de Saint Auguftin
le Moine , qui y preſcha le
premier l'Evangile aux Saxons
Payens,& l'autre à Saint
Davids en la Province de
Pembroc. Ce dernier fut
enfuite affujetty tout à fait au
Siege de Cantorbery , & depuis
ce temps-là il n'y a cu
que deux Archevelques en
GALANT. 233
Angleterre , celuy de Cantorbery,
& celuy d'York . L'Archevefque
de Cantorbery
eftoit autrefois confideré
comme la feconde Perfonne
du Royaume , il avoit rang
avant les Princes du Sang. Il
eft aujourd'huy
le premier
Pair d'Angleterre , & aprés la
Famille Royale , il précede
non feulement les Ducs, mais
auffi tous les grands Officiers.
Ceft à luy à couronner le
Roy. L'Evefque de Londres
-eft fon Doyen Provincial,,
-Evefque de Wincheſter fon
Chancelier , & V'Evefque de
May 168.5.
V.
234 MERCURE
4
Rochefter fon Chapelain.
L'Archevefque d'York eft la
feconde Perfonne dans l'Eglife
d'Angleterre. Il a encore
la préfeance devant tous les
Ducs qui ne font pas du Sang
Royal , & devát tous les grads
Officiers du Royaume,à la réferve
du grand Chancelier.
Aprés ceux que j'ay nommez
marchoient le Vice-
Chambellan & le grand
Chambellan de la Reyne,,
qui eftoient fuivis du Comte
de Dorſet portant la Baguet
te d'Yvoire , ou le petit Sceptre
de Sa Majefté, du Comte
GALANT. 235
Rutland portant fon grand
Sceptre , & du Duc de Beaufort
portant fa Couronne..
Les Sergens d'Armes , & les
Gentilshommes Penfionnaires
fuivoient en haye dess
deux coſtez , & diviſez par
Brigades. Ils précedoient la
Reyne qui marchoit fous un
Dais , porté par feize Barons
des cinq Ports. Elle eftoit reveftue
des Habits Royaux,,
& avoit un Cercle d'or fur la
refte. La jeune Ducheffe
de Norfole portoit fa queue
avec quatre Filles de Com--
tes.. Les Evefques de Lon
V ij
236 MERCURE
dres & de Wincheſter mar
choient à cofté de cette Prin
ceffe , qui eftoit ſuivie de
deux Dames d'honneur , &
de deux Femmes de la Chambre
du lit.
Enfuite on voyoit paroiſtre
les Seigneurs qu'on avoit
chargez des marques de la
Royauté du Roy. Le Baſton
de S. Edouard eftoit porté
par le Comte d'Aylesbury ;
les Eperons par Milord Grey,
& le Sceptre orné d'une Croix,
par le Comte de Pertebo
roug. Ils marchoient tous
trois fur la meſme Ligne. Le
GALANT. 237
Comte de Pembrok portoit
la troifiéme Epée , le Comte
de Derby portoit la feconde,
& le Comte de Shrevvbury
qui marchoit entre les deux,
portoit celle qu'on appelle
Curtana , autrement l'Epée
fans pointe. Garter, premier
Roy d'Armes , venoit apres
eux , entre le Grand Huiffier
du Parlement , appellé de la
Verge noire, & Milord Maire
de Londres. Ce dernier eftoit
reveftu de fa Robe d'Ecarlate
, & portoit la Maffe de
la Ville. Le Comte de Lindfey
fuivoit feul en qualité de
238 MERCURE
Grand Chambellan . C'eſt le
cinquiéme Grand Officier
d'Angleterre. Quand on couronne
le Roy , on luy donne
quarante
aunes de Velours
cramoify pour une Robe , &
avant que le Roy fe leve le:
jour du Couronnement , il
luy apporte fa Chemiſe , fa
Coëfe , & fa Robe ; apres.
qu'il l'a habillé , il a pour
fon Droit le Lit , les Meu
bles de la Chambre du Lit,
& tout fon Deshabillé . Aux:
Cerémonies du Couronne..
ment , il porte la Coëfe , les
Gands , & le Linge dont le
GALANT. 239
Roy fe fert , comme l'Epée
& le Fourreau , les Piéces d'or
que le Roy doit offrir à l'Autel
, la Robe Royale , & la
Couronne. Il le fert tout ce
jour-là , en luy donnant à
laver devant & apres dîner,
& prend pour fon . Droit le
Baffin , & la Serviette. Les
Comtes d'Oxford ont pof
fedé long - temps cette Dignité
depuis le temps du Roy
Henry I. par une espece de
fuceffion heréditaire ; mais
aux deux derniers Couronnemens,
ces Cerémonies ont
efté faites par les Comtes de
240 MERCURE
Lindley, qui prétendent que
la Dignité de Grand Chambellan
leur eft deuë , comme
defcendus d'une Fille , Heri .
tiere univerfelle .
Le Comte de Lindfey étoit
fuivy du Comte d'Oxford ,
portant l'Epée de l'Etat, entre
le Duc de Grafton , Grand
Conneftable , & le Duc de
Norfolk , Grand Maréchal.
Ceux- cy précédoient le Duc
d'Ormond, Grand Seneſchal,
portant la Couronne de Saint
Edouard , & marchant entre
·les Ducs d'Albemarle & de
Sommerfet
. Le premier por
toit
GALANT 241
toit le Sceptre , audeffus duquel
il y a une Colombe,
& l'autre le Globe orné d'une
Croix .
Le Roy reveſtu de ſes Habits
Royaux fourrez d'Hermine
, & ayant un Bonnet
de Velours fur la tefte , marchoit
apres ces Seigneurs
fous un magnifique
Dais,
porté comme celuy de la
Reyne , par feize Barons des
cinq Ports. Il avoit à ſes côtez
les Evefques de Durham
& de Bathe . Quatre Fils aîne z
de Comtes, affiftez du Grand
Maistre de la Garderobe
, por-
May 1685.
X
242 MERCURE
toient la Queue du Manteau
Royal de Sa Majefte. Derriere
le Roy eftoit le Duc
de
Northumberland
, Capitaine
des Gardes du Corps ,
entre le Comte de Huntingdon
Capitaine de la Compagnie
des Gentilshommes Penfionnaires
, & le Vicomte
Grandifon , Capitaine des
Yeomans ou Gardes de la
Manche. Milord Churchil,
Gentilhomme de la Chambre
du Lit du Roy , marchoit
feul. Il eftoit fuivy de deux
Valets de Chambre de Sa
Majefté , & ceux- là des YeoGALANT
243
mans ou Gardes de la Manche
qui fermoient la Marche .
Les Sergens d'Armes marchoient
en haye devant le
Roy & devant la Reyne , &
les Gentilshommes
Penfionnaires
marchoient de mefme
à cofté des Dais de leurs Majeftez.
Tous ceux qui estoient
de cette marche avoient les
Habits de Cerémonie
qui appartiennent
à leurs Dignitez
ou à leurs Charges . Ils alloient
à pied fur un Drap
bleu , étendu depuis les marches
du Trône qui eftoit
dans la grande Salle de Weſt-
X ij
244 MERCURE
minfter jufqu'à l'Eglife . Tout
ce paffage eftoit enfermé de
Balustrades , & gardé par les
Gardes du Corps , & par les
Gardes à pied du Roy. On
appelle Yeomans en Angleterre
ceux qui font aprés la petite
Nobleffe . Ce font les premiers
du Peuple.Le mot Yeoman
qui fignifie commun , femble
venir du mot Flamand Yemant,
qui veut dire quelqu'un.
Das la Cour du Roy, il fignifie
un Officier qui tient le milieu
entre le Sergent & le Groom.
Les Grooms de la Chambre
du Lit font tous Ecuyers,
GALANT. 245
mais au deffous de la qualité
de Chevalier. Leur Office eft
de fervir le Roy dans la
Chambre , de l'habiller & de
le deshabiller.
"
La Nobleffe & toutes les
autres Perfonnes s'eftant placées
dans l'Eglife felon leur
rang , leurs Majeſtez monterent
fur un grand Théatre,
& aprés avoir fait quelques
Prieres en fe tournant du côté
de l'Orient , Elles prirent
place fur les Fauteuils qu'on
leur avoit préparez . On chanta
quelques Moters en Mufique
, & pour s'acquitter de
Y üj
246 MERCURE
l'ancienne Ceremonie appellée
Reconnoiffance , l'Ar
chevefque de Cantorbery
s'avança devant l'Autel , &
dit à la Nobleffe. Voicy Fac
ques II. Heritier legitime de
Charles II. Roy d'Angleterre,
Ecoffe & Irlande. Vous tous
icy affemblez , voulez- vous le
recevoir pour voftre Roy ? A peine
eut- il achevé , que tous
les Pairs & le Peuple poufferent
un grand cry qui témoignoit
leur difpofition à luy
rendre hommage. L'Arche
vefque repeta encore deux
fois les mefmes paroles aux
GALANT. 247
deux coftez du Choeur pour
fe faire entendre à tous les
Affiftans , & à chaque fois le
Roy fe levoit , & fe tournoit
vers le Peuple du mefme côté
que l'Archevefque. Toute
l'Eglife retentit toûjours des
mefmes acclamations . Enfuite
leurs Majeftez conduites
par les Evefques s'approcherent
de l'Autel , où Elles firent
leur premiere offrande .
C'eftoit une piece de Drap
d'or , & une Maffe d'or du
poids d'une livre , que leur
prefenta le Treforier de leur
Maiſon , & que receut l'Ar-
X iiij
* 248 MERCURE
chevefque , auquel les marques
de la Dignité Royale:
furent auffi preſentées par
tous les Seigneurs qui les
portoient. Alors deux Eveſques
, chanterent les Litanies
eftant à
fur
les
pregenoux
fur
les
miers degrez de l'Autel , &
le Choeur leur répondit. Le
Doyen de Weſtminſter eftoit
auffi à genoux auprés du
Roy à fa gauche. Cela éſtant
fait , le Docteur Turner Evefque
d'Ely , & grand Aumônier
, monta en Chaire , &
parla fort éloquemment de
l'excellence du GouverneGALANT.
249·
ment Monarchique . Il remontra
au Peuple combien
il. devoit s'eftimer heureux
de le voir entre les mains
d'un Roy dont les vertus , &
les rares qualitez luy eftoient
fi bien connues , luy reprefentant
la fidelité qu'il luy devoit
, & faiſant connoiftre en
à Sa Majesté
mefme
temps
fes
obligations
envers
Dieu
,
& envers
les Sujets
. Le Sermon
finy
, le Roy
oſta
ſon
Bonnet
fourré
d'hermine
, &
l'Archevefque
de Cantorbery
luy vint
demander
s'il luy
plaifoit
de prefter
le Serment
250 MERCURE
ordinaire . Ce Prince ayant répondu
qu'il le vouloit , un E
vefque leut la Requeſte du
Clergé , pour la confervation
de fes Privileges , & Sa Majefté
y répondit favorablement.
Les deux Evefques qui
avoient déja affifté le Roy,
l'ayant ramené à l'Autel , il y
prefta le Serment que prêtent
les Roys d'Angleterre
lors qu'on les couronne , &
fut reconduit à fon Prié Dieu.
On portoit l'Epée Royale
élevée devant luy.. On chan-i
ta le Veni Creator qui fut com
mencé par deux Evefques,
GALANT. 251
& achevé par la Mufique.
Aprés quelques autres Prieres
que prononça le Prélat
Officiant , Sa Majeſté ſe rapprocha
de l'Autel
& le
Comte de Lindſey , grand
Chambellan , le dépouilla des
Habits Royaux , par deffous
- lefquels il y en avoit d'au
tres , où eftoient des ouvertures
fermées d'Agrafes aux
endroits qu'on devoit oindre.
Ces Habits furent remis dans
la Chapelle de Saint Edouard .
Le Roy s'eftant mis fur le Fauteüil
qu'on avoit placé du
cofté du Nord , entre l'Autel
252 MERCURE
& la Chaife de S. Edouard ,
qui eftoit couverte de Drap
d'Or , le Doyen de Weftminfter
apporta l'Ampoulle,
& verfa quelques goutes
d'Huile dans la Cuiller. L'Archevefque
de Cantorbery en
oignit le Roy aux paumes des
mains en forme de Croix. Il
continua par l'eftomach , &
par la place qui eft entre les
épaules ; puis il oignit les
épaules mefmes , & acheva
par les bras & par le haut de
la tefte. Le Doyen de Weftminfter
effuya les onctions,
& referma les Agrafes où il y
GALANT. 253
>
en avoit. Les Prieres qui fe
difoient pendant ce temps . là
eftant finies , il fut reveftu
d'Habits partie Royaux , partie
Pontificaux. Le Doyen de
Westminster luymit une coef.
fe fur la tefte,aprés quoy il luy
donna la Dalmatique , & la
Supertunique de Drap d'or,
avec les Brodequins & les
Sandales en broderie qu'il prit
fur l'Autel.Il y prit aufli les Eperons
qu'il approcha ſeulement
des talons du Roy , &
les remit en leur place. Enfuite
le grand Chambellan
donna l'Epée Royale à l'Ar254
MERCURE
chevefque de Cantorbery qui
la pofa fur l'Autel , & prononça
une Oraifon , ce qui eftant
fait, il la donna à Sa Majefté,
en luy difant en Latin , Recevez
l'Epée de la main des Evef
ques. Le grand Chambellan
luy ayant ceint cette Epée , le
Doyen de
Weſtminſter
prefenta
l'Etole tiffuë d'orà l'Archevefque
, qui la mit au col
du Roy. Enfin , on apporta
le Manteau Royal de Drap
d'or , & l'on prononça des
Oraiſons particulieres fur chacun
des Ornemens Royaux
dont Sa Majesté fut reveſtuë.
$
GALANT. 255
Ce font ceux du Roy Saint
Edouard , confervez avec
beaucoup de foin depuis plus
de fix cens ans dans la grande
Garderobe. Aprés cela , le
Roy fut conduit à un Siege de
Pierre,qui eft laChaife ancienne
de ce mefme S.qu'on avoit
pofée au milieu du Choeur . Sa
Majefté s'y eftant affife , l'Archevefque
de Cantorbery prit
fur l'Autel la Couronne de
Saint Edouard , qu'il benit
par une courte Priere . Trois
heures fonnerent dans le
temps qu'il la luy mit fur la
tefte. Alors les Tambours &
256 MERCURE
les Trompettes ſe joignant
aux acclamations de toute la
Nobleffe & du Peuple , qui
cria plufieurs fois , Dien fau
ve le Roy , firent retentir
toute l'Eglife . Ce Spectacle
parut d'autant plus augufte,
qu'en mefme temps les Ducs ,
les Marquis , les Comtes , les
Vicomtes , les Barons & les
Roys d'Armes , mirent auſſi
leur Bonnets & leurs Couronnes
. Au fignal qui fut
donné , le Canon du Parc
de S. James , & celuy de la
Tour de Londres , annoncérent
à la Ville le Couronne-
>
GALANT. 257
ment du Roy par plufieurs
décharges. Ce furent par tout
des cris qui marquoient la
joye du Peuple . L'Archevêque
de Cantorbery mit enfuite
l'Anneau benit au quatriéme
doigt de Sa Majeſté,
qui receut les Gands de fil
des mains du Grand Chambellan
. Ce mefme Grand
Chambellan déceignit l'Epée
au Roy , & la porta en of
frande fur l'Autel Le Chambellan
de la Maiſon Royale la
racheta auffi toft , & elle fur
portée nuë devant Sa Majeſté
jufqu'à la fin de cette Ceré
May 1685. Y
258 MERCURE
monie. Le Seigneur de Worfcop
dans le Comté de No.
tingham , préſenta au Roy un
riche Gand. Il le mit à fa main
droite, & ceGentilhomme par
le droit de fon Fief , foûtint
cependant le bras de Sa Majefté.
Il ne reftoit plus que
les deux Sceptres . L'Archevefque
de Cantorbery les pric
fur l'Autel , & mit en la main
droite du Roy celuy qui eftoit
orné d'une Croix , & dans
la main gauche , celuy au deſfus
duquel eftoit la Colombe.
Sa Majefté à genoux , tenant
ces deux Sceptres reGALANT.
259
ceut la Benédiction ordinarre
, & alla enfuite à l'Autel
faire fa feconde Offrande . C'é
toit une piece d'or pefant un
Mare , qu'Elle prefenta dans
un Baffin.
3 Le Roy s'eftant remis dans
la Chaife de Saint Edouard , il
fe fit un grand filence.Il avoit
la Verge & le Sceptre en
main , le Globe à l'un de fes
coftez , & de l'autre les trois
Epées , portées par autant de
Comtes , hautes , & nuës ,
mais rompuës à demy , pour
fignifier la mifericorde. Alors
l'Archevefque de Cantorbery
Y
ij
260 MERCURE
fe mit à genoux devant Sa
Majefté , qui receut fa foûmiffion
& le baifa . L'Arche
vefque d'York , & tous les
Evelques & Prébendaires firent
aprés luy la meſme chofe
. On chanta le Te Deum , &
lors qu'il fut achevé , le Roy
monta fur un Trône magnifique
, dreffé au milieu du
Théatre . Ce fut là que les
Prélats & les Seigneurs luy
7
vinrent prefter Serment de
fidelité en fe mettant à genoux
, & le baifant à la joue .
Les Pairs du Royaume luy
rendant hommage , tous
GALANT. 261
felon leur rang , touchoient
de la main droite le cofté
gauche de fa Couronne . Cependant
le Treforier de fa
Maifon jettoit au Peuple des
Médailles d'or & d'argent,
ce qui faifoit redoubler les
cris de Vive le Roy Jacques II.
Le Garde du grand Sceau
proclama le Pardon accordé
par Sa Majesté à fes Sujets.
Il eftoit accompagné du premier
Roy d'Armes , de deux
Herauts , & de l'Huiffier à la
Verge noire .
L'Archevefque de Cantorbery
couronna enfuite la
262 MERCURE
t
ReyneMarie, &en même teps
toutes les Dames mirent leurs
Courónes fur leurs teftes ainfi
que les Seigneurs avoient fait
lors qu'on avoit couronné le
Roy. Cette Princeffe receur
le Bâton d'Yvoire & le grand
Sceptre , & fut conduite à
fon Siege fur le Trône. Cela
eſtant fait , & l'Archevefque
ayant finy la Solemnité par
Ja Benédiction , Leurs Majeftez
allerent à la Chapelle de
S. Edouard , oùle Roy remit
fa Couronne entre les mains
de l'Archevefque de Cantorbery
, qui la pofa fur l'AuGALANT.
263
tel. Il entra de là dans le
Veftibule, où le grand Chambellan
le dépouilla des Habits
Coyaux , qu'il délivra au
Doyen de Weſtminſter , &
Je reveftit d'autres tres- riches
de Velours Violet , préparez
pour ce jour là . Avec ce
nouvel Habit Sa Majesté ſe
rendit à la grande Salle de
Weftminster , ayant fur la
tefte la grande Couronne
couverte de Pierreries
Sceptre dans la main droite,
& le Globe dans la gauche.
Il n'y eut aucun changement
dans l'ordre de cette marche,
E
•
le
264 MERCURE
finon que leurs Majeſtez , les
Seigneurs & les Dames
avoient leurs Couronnes fur
leurs teftes , & que les Pairs
qui avoient porté les marques
de la Royauté , marchoient
felon le rang de leur
dignité . A l'entrée de leurs
Majeſtez dans ce Palais , les
fanfares des Trompettes recommencerent
avec le bruit
des Tambours . Elles furent
conduites fous le Dais juf
qu'au bout de la grande Salle,
où diverfes Tables avoient
eſté ſervies avant que l'on
fuft venu , excepté celle de
leurs
GALANT. 265
leurs Majeftez , qui fe retirerent
pendant quelque
temps dans une Chambre
voifine. Cette Salle capable
de contenir plus de trente
mille Perfonnes , eftoit tenduë
de riches Tapifferies , &
environnéed Amphitheatres
.
Le Peuple fut placé dans les
plus bas , & les Gens de qualité
& les Dames occuperent les
plus élevez . Lors qu'il fallut
fervir laTable duRoy ,les Contrôleurs
, les autres Officiers
de bouche , avec des Robes
& des Toques de Velours
noir , & fix Sergens d'Armes
May 1685.
Z
266 MERCURE
s'avancerent les premiers.
Les Plats du premier Service
furent portez chacun par
deux Chevaliers des Bains,
conduits par le grand Sené.
chal , ayant le grand Conne
ftable à fa droite , & le grand
Maréchal à fa gauche , tous
trois à cheval , leurs Couronnes
Ducales en tefte , & fuivis
de plufieurs Officiers de
Bouche.
>
Ce premier Service ayant
efté mis fur Table , aux chamades
des Tambours & des
Trompettes , Leurs Majeftez
en leurs Habits Royaux enGALANT.
267
trerent dans la Salle , ayant
la Couronne fur la tefte , &
le Sceptre dans la main. Elles
eftoient précedées de trois
Seigneurs qui portoient cha
cun une Epée nue. Le Roy
fe mit à Table aprés avoir la
vé les mains , & il fut fervy
en cette occafion par le
Grand Chambellan , & deux
autres Comtes , qui tenoient
l'Eguiere , le Baffin & la Serviete
, accompagnez de Sergens
d'armes. Les deux
Ecuyers du Corps fe place.
rent aux pieds de Sa Majeſté,
& les Officiers de fa Maiſon
Zij
268 MERCURE
autour de la Table , avec les
Seigneurs & les Dames , les
Ecuyers tranchans , & les
Comtes portant les Coupes.
Le Seigneur d'Addigton
dans le Comté de Surrey,
fervit un potage fur la Table
de leurs Majeftez , fuivant le
droit de fon Fief. Il eftoit conduit
par le grandChambellan.
Le Royayant demandé à boire
, le Seigneur de Widmondeley
dans le Comté d'Herfort
, luy en preſenta dans
une Coupe de Vermeil doré,
qui luy fut donnée pour récompenfe,
GALANT. 269
;
furent
On avoit dreffé plufieurs
autres Tables . Ala premiere
qui eftoit à droite.
traitez les Barons des Cinq
Ports d'Angleterre , avec les
Maiftres & Secretaires de la
Chancellerie à la feconde
qui eftoit à gauche , les Gouverneurs
& les Aldermans,
avec quelques - uns des principaux
Bourgeois de Londres ;
à la troifiéme auffi à droite ,
les Evefques , Juges & Barons
de l'Echiquier , & à la
quatriéme encore à gauche ,
les Pairs & autres Grands du
Royaume. Il y en eut auff
Z üj
270 MERCURE
pour les Dames , & toutes
ces Tables furent fervies.
avec une fomptuofité veritablement
Royale.
Avant le fecond Service ,
le Chevalier Charles Dymoke
, Champion du Roy , armé
de toutes pieces , & le
Cafque en tefte orné de plumes
entra dans la Salle ,
monté fur un tres -beau Cheval
blanc , & precedé de deux
Trompettes du premier
Trompette , d'un Sergent
d'Armes , d'un Ecuyer portant
l'Ecu aux Armes du
Champion , d'un autre E-
›
GALANT. 271
euyer portant fa Lance , &
d'Yorc Heraut d'Armes . II
eftoit accompagné
du Grand
Conneftable
, & du Grand
Maréchal
, auffi à Cheval , &
il faifoit cette fonction , à
cauſe de fon Fief de Scrivelsby
dans le Comté de Lincoln.
Aprés que les Trompettes
eurent fonné ,le Heraut
fit le Défien ces termes
, felon
ce qui fe pratique en Angleterre
en pareilles Ceremonies
. Il n'eft aucun , de quelque
condition
qu'il puiffe eftre , qui
que noftre Souverain Seigneur
Jacques II. Roy d'Angleofe
dire
Z iiij
272 MERCURE
terre , Ecoffe & Irlande , Frere
legitime heritier du feu Roy
Charles II. ne doit pas eftre couronné
, à qui ſon Champion icy
prefent , ne foit preft d'en donner
le démenty , & de juſtifier par la
voye des armes, & corps à corps,
qu'il eft un Traiftre. Auffi toft
le Champion jetta fon Gantelet
à terre , & perſonne ne
l'ayant ramaffé , il luy fut
rendu par le Heraut. Le mel
me Défi fut fait encore deux
fois dans le milieu de la Salle
avec les mefmes Cerémonies
, aprés quoy le Champ
luy fut adjugé. Les Officiers
GALANT 273
ayant enfuite prefenté du Vin
au Roy dans une Coupe de
Vermeil doré , Sa Majesté en
but une partie à la fanté de
fon Champion , & luy envoya
le refte. Le Champion
defcendit de Cheval, & ayant
receu la Coupe des mains de
l'Echanfon , il but à la Santé
du Roy aprés avoir fait trois
profondes réverences , & emporta
la Coupe felon la coûtume.
Si toft qu'il fut forty
de la Salle , les Pourfuivans
,
Herauts , & Roys d'Armes y
entrerent. Ils firent trois ré
vérences en s'arreftant au
274 MERCURE
bout de la Salle , au milieu
& au pied de l'Eſtrade , devant
la Table du Roy , &
Garter premier Roy d'Armes
ayant enfuite crié Largeffe
trois fois , proclama le Roy
en Latin , en François , & en
Anglois. Il fit la mefme cho
fe au milieu & au bout de la
Salle.
Le fecond Service fut aporté
par les Gentilhommes Penfionnaires,
deux à chaque Plat
come au premier. En mefme
teps Milord Maire de Londres
prefenta à boire au Roy dans
une autre Coupe d'or cou
1
GALANT. 275
verte ; dont Sa Majefté luy fit
prefent , comme de l'Eguiere
dans laquelle il luy avoit
apporté de l'eau. Il y eut un
troifiëme Service , & l'on tient
l'on fervit plus de 700 que
Plats. Le Deffert fut magnifique
, & remply de quantité
de machines de Paftes & de
Sucre, que les Italiens, qui en
font beaucoup, nómentTriom
phi. Aprés le Feftin leurs Majeftez
revinrent à Witheal
aux acclamations du Peuple.
tout ce qui eftoit neceffaire
pour la Cerémonie du
Couronnemét du Roy d'Anleterre.
Elle fut faite avec
le 23. d'Avril,
rande
pompe
fte de Saint
Georges
felon
l'ancien
Calendrier
, & felon
nous
le 3. de ce mois
.Tous
les
Seigneurs
& principaux
Offi
ciers
avoient
efté
avertis
de fe
tenir
prefts
, pour
y paroiſtre
felon
le rang
que leur
Dignité
leur
donne
. La
préféance
en
tre les Pairs
d'Angleterre
eft
R iij
198 MERCURE
reglée de cette maniere . Aprés
les Princes du Sang, c'eſt
à dire aprés les Fils , Petits
Fils , Freres , Oncles & Neveux
du Roy , ( car l'on ne reconnoit
pas ceux qui font
d'un degré plus éloigné , ) les
Ducs ont la premiere place .
Aprés eux vont les Marquis,
puis les Fils aifnez des Ducs,
enfuite les Comtes , les Fils
aifnez des Marquis , les puifnez
des Ducs , les Vicomtes ;
les Fils aifnez des Comtes , les
Fils puifnez des Marquis ; les
Barons ; les Fils aifnez des
Vicomtes , les Fils puifnez des
GALANT. 199
Comtes
les Fils aifnez des
Barons ; les Fils puifnez
des
Vicomtes
, & les puifnez des
Barons. Le nombre des
Lords , ou Seigneurs Temporels
en Angleterre eſt prefentement
de 170. ou environ
; fçavoir , dix Ducs , trois
Marquis , foixante huit Comtęs
, neuf Vicomtes , & foixante
& dix-huit Barons, Le
jour du Couronnement
étant
arrivé , le Roy & la Reyne firent
le matin leurs Devotions
en particulier, & s'étát rendus
enfuite de Witheal au Palais
de Weſtminſter ; ils allerent à
R iiij
200 MERCURE
l'Appartement du Prince , &
de là à la Chambre des Seigneurs.
Les Officiers de tous
les Ordres s'y eftoient affemainfi
que les Pairs ,
.blez
mais fans aucun de leurs Fils
qui ne prirent point de rangdans
cette Ceremonie . Ils :
eftoient tous reveftus des hai
bits de leur Dignité , ainfi
que les Dames , & les autres
Perfonnes à qui quelque fonction
appartenoit. Sur les
onze heures , leurs Majeftez :
defcendirent dans la grande
Salle de ce Palais , & fe pla
cerent furun Trône quiavoit
GALANT. 201
efté preparé fous un Dais.
L'Habit du Roy eftoit de Velours
Cramoify , fouré d'hermine.
Il avoit un Bonnet de
mefme , & la Reyne eftoit
revétuë d'un Manteau Royal .
Le Duc de Grafton , grand
Conneftable
, ayant pris des
mains du Maiftre ou Garde.
des Joyaux , l'Epée de l'Etat,
l'Epée appelée Curtana , qui
eft courte , & fans pointe , &
deux autres Epées pointues
dans leursFourreaux , les dóna
au Duc d'Ormond ,grad Stevvard
, ou grand Senéchal du
Royaume , & ce Duc les mit
202 MERCURE
fur une Table devant le Roy.
La mefme chofe fut faite des
Eperons d'or. Le grand Conneftable
eft le fixiéme grand
Officier d'Angleterre ,Sopou
voir eftoit anciennement d'une
ſi vaſte eftéduë, qu'aprés la
mort d'Edouard Bohun , Duc
de Bukinkan , dernier Conneftable
, on jugea qu'il eftoit
trop grand pour un Sujet;
mais depuis ce temps-là à l'occafion
des Couronnemens
,
ou des Combats folemnels ,
on fait un grand Conneftable
pour cette fois là feulement.
Le Comte de Nort
GALANT. 203
humberland le fut au Couronnement
du dernier Roy,
ainfi que Robert , Comte de
Lindſey,au Combat folemnel
quife fit en 1631. entré Rey &
Rameſey. Le grand Stevvart
, eft le dernier des huit
gráds Officiers d'Angleterre.
Cette importante Charge a
efté ſupprimée à caufe qu'elle
donnoit un pouvoir qui approchoit
trop de celuy du
Roy. Le dernier qui l'ait poffedée
en titre d'Office , & comme
par droit de fucceffion
heréditaire , fut Henry de
Bullinarooc Fils & heritier de
204 MERCURE
ce grand Duc de Lanclaftre,
Jean de Gand , qui a efté Roy
d'Angleterre. Depuis ce
temps- là , on n'a fait un grand
Stevvard , que pour affifter
au Sacre des Roys . En ver
tu de cette Charge , il tientla
Séance folemnelle dans fa
Cour du Roy à Weſtminſter ,
où il reçoit toutes les Requê
tes des Gentilhommes qui
prétendent devoir fervir à
cette Ceremonie , à caufe des
Fiefs qu'ils tiennent . On fait
auffi un grand Stevvard,
quand un Pair du Royaume,
fa Femme , ou fa Veuve font
GALANT 205
accuſez de trahifon . C'eft luy
qui les juge . Pendant le Procez
, il eft affis fous un Dais,
& ceux qui parlent à luy , le
traitent de Votre Grace.
Tant qu'il a la qualité de
Stevvard , il porte à la main
un Bâton blanc . Sa Charge
finit avec le Procez , & alors il
rompt le Bâton.
Le Doyen & les Chanoines
de Weftminſter apporte
rent en Proceffion folemnelle
de l'Eglife Collégiale à la
grande Salle du Palais de
Westminster , les Couronnes
& les autres marques de la
206 MERCURE
Royauté. Ils eftoient précedez
des Pourfuivans , He-
Faults , & Roys d'Armes , devant
leſquels marchoient les
Muficiens de la Chapelle en
Manteaux d'Ecarlate , & des
Chantres du Chapitre en Surplis.
Le Doyen portoit la
Couronne de S. Edouard , &
les Chanoines portoient deux
Sceptres , l'un orné d'une
Croix , & l'autre d'une Colombe
, avec le Globe orné
auffi d'une Croix , & le Bâton
de Saint Edouard . Tous s'arreſterent
à l'entrée de cette
Salle pour faire une profonde
GALANT. 207
réverence à leurs Majeſtez,
& ils en firent une autre au
milieu . Les Chantres qui s'étoient
avancez deux à deux ,
s'ouvrirent en haye pour
donner paffage au Doyen &
aux Chanoines , qui s'approcherent
du Trône précedez
par les Herauts , & par les
Roys d'Armes. Ils firent une
troifiéme réverence au Roy,
en luy preſentant la Couronne
, & les autres marques de
la Dignité Royale. Le grand
Conneftable qui les receut de
deurs mains , les mit entre
celles du grand Senéchal , &
208 MERCURE
ce dernier les mit furla Table
auprés des Epées.
Le nom de S. Edouard doit
eftre fi fouvent employé dans
le recit que j'ay à vous faire,
que je croy devoir vous en
dire quelque chofe . Il eftoit
Fils d'Ethelred , defcendu du
Roy Egbert, Prince d'un fort
grand mérite , qui vers l'an
801. reünit en un feul Etat
fous le nom d'Ergleland , qui
veut dire Angleterre , les fept
Royaumes que l'on avoit établis
en l'Ifle , & qui estoient
gouvernez chacun par des
Roys particuliers . On les ap
GALANT. 209
pelloit de Kent , de Nortumberland
, de Suffex , d'Effex ,
de Mercie , de Wetfex , &
d'Eftangle. Les Guerres excitées
par les Danois
, ayant
obligé le Prince Edouard,
auffi - bien que fon Frere Alfred
, tous deux nez d'une
feconde Femme d'Ethelred,
nommée Emme , Soeur de
Richard Duc de Normandie,
à chercher azile en ce Païs
là , il y demeura jusqu'à ce
qu'il fut rappellé en Angle
Terre , pour remplir le Trône :
qu'avoient occupé les Prédedeffeurs:
Gadyvin Comte-
May 1685.
,
Sp
210 MERCURE
Anglois , alla le chercher en
Normandie , pour diffiper le
bruit qui couroit , que dans
le deffein de faire regner fon
Fils Harald, il avoit fait affaffi
ner Alfred , que les Anglais
avoient apelle d'abord, comme
l'aîné des Fils d'Ethelred,
& qui fut tué fur le chemin,
lors qu'il eftoit preft de rentrer
à Londres. Edouard
ayant efté couronné en 1044
époufa la Fille de Godvvin,
nommée Edgite. Quelque
temps apres , Euſtache Comte
de Boulogne, qui avoit époufé
la Soeur d'Edouard eftant
J
GALANT. 211
paſſé en Angleterre , receut
quelque outrage en la perfonne
de fes Officiers , dans
la Ville de Cantorbery. Le
Royvoulut vanger cet affront
fur les Habitans. Godvvin
en prit le party , & n'ayant
pû eftre le plus fort , il fut
contraint de fe retirer en
Flandre. Il trouva enfin
moyen de calmer l'orage , &
de fe remettre dans les bon
nes graces du Roy , mais il
en jouit fort peu de temps..
Eftant un jour à fa Table,
& quelqu'un ayant parlé de
la mort du Prince Alfred , il
Sij
212 MERCURE
s'apperceut qu'Edouard jetta
l'oeil fur luy en foûpirant. Il
prit ce regard pour un reproche
, & dit que fes Ennemis
l'avoient foupçonné de
ce Parricide , mais qu'il prioit
Dieu que le morceau qu'il.
avoit dans la bouche l'étran
glaft , s'il eftoit coupable. II.
tomba mort fans le pouvoiravaler
, & Dieu permit que
fon propre jugement fuſt exécuté
fur l'heure, Edouard eut
quantité de guerres , qui fe
terminérent préfque toûjours
à fon avantage, mais comme
il n'eftoit pas né pour les ArGALANT.
213
mes , fes Capitaines en remportérent
toute la gloire. Il
vefcut dans une perpetuelle
continence avec la Femme;
& ſe ſouvenant des affiftances
qu'il avoit receues pendant
fon exil de Guillaume
Duc de Normandie , il luy
laiffa fa Couronne. Il mourut
le 4. de Janvier 1066. Le Pape
Alexandre III. le fit mettre
au Catalogue des Saints , à
caufe de les vertus , & des
miracles qui fe faifoient continuellement
à fon Tombeau.
La Couronne, & toutes les
autres marques de la Royauté
214 MERCURE
ayant efté diſtribuées par le
Roy mefme à ceux qu'il
nomma pour les porter , la
marche
commença par les
Tambours & par les Trom
petes , qui alloient quatre à
quatre de front. Les premiers.
eftoient fuivis du Tambour
Major, & les derniers du Premier
Trompete . Apres eux
venoient les fix Clercs de la
Chancellerie , les quatre plus
jeunes d'abord , & les deux
Anciens enfuite. Ils précé
doient les quarante -huit Cha
pelains ordinaires ou Aumôniers
du Roy , qui font la
GALANT. 215
plupart Docteurs en Theolo
gie, & le plus fouvent Doyens
ou Chanoines
. Ily en a quatre
qui fervent par mois , &
qui prefchent le Dimanche
& les jours de Fefte dans la
Chapelle en préſence du Roy..
Ils prefchent auffi pour le
Commun le matin de cha
que Dimanche. Ces Chape
lains précédoient les Aldermans
ou Echevins de Lon
dres, qui marchoient comme
eux quatre à quatre avec les
autres Officiers de Ville cha
cun en fon rang , ainfi que
les douzeMaiftres de la Chan
216 MERCURE
cellerie , & les Sergens ou
Conſeillers en Loy. Le Solliciteur
Genéral , & l'Attorney
ou Procureur Genéral de Sa
Majefté marchoient enſem
ble , & les deux plus anciens
Sergens de Loy de mefme.
On voyoit paroiſtre enfuite,
auffi quatre à quatre , les
Ecuyers du Corps , dont l'offi
ce eft de garder le Roy pen.
dant la nuit , de pofer la
Garde , & de donner le Mot,
& apres eux , les Gentilshom
mes de la Chambre Privée,
qui font au nombre de qua
ranto-huit, & qui fervent par
Quartier.
GALANT. 217
>
Quartier. Il s'en trouve toûjours
douze auprés du Roy
dans fon Palais , & dehors
tant qu'il eft à pied . Ils le
fervent , & portent la Viande
quand il mange dans laChambre
Privée , ou dans l'Antichambre.
Il y en a toûjours
deux qui couchent dans l'Antichambre.
Ils fervent auffi
aux Audiences des Ambaffadeurs
. Les quatreMaiſtres des
Requeftes marchoient apres
eux, fuivis des Juges & Chefs
de Juftice. Enfuite venoient
les Pages de la Mufique de la
Chapelle duRoy , lesChantres
May 1685.
T
218 MERCURE
de Weſtminſter , les Gentilshommes
de la Chapelle du
Roy, les douzeChanoines & le
Doyen de l'Eglife Cathedrale
de Weſtminſter, en Surplis &
avec leurs Habits de Choeur,
le Maître ou Garde desJoyaux
du Roy , & les Confeillers
d'Etat qui ne font point Pairs
du Royaume. Apres ceux - là
venoient deux Officiers d'Armes
, qui précédoient les Baronnes
ou Femmes desLords,
reveftuës de Robes de Velours
cramoifi, fourrées d'Hermine.
Elles eftoient fuivies
des Barons , Pairs du RoyauGALANT.
219
1
me , veftus auffi de Robes
de Velours cramoify , avec
leurs Bonnets de même Erofe
fourrez d'Herminé, qu'ils por-
I toient à la main . Tous les
Barons n'eftoient pas autrefois
Pairs du Royaume , mais
: feulement ceux qui tenoient
du Roy une Baronnie entiere
composée de treize Fiefs &
- un tiers , relevant directement
de la Couronne. Chaque
Fief eftoit de vingt livres
fterlin , cela faifoit quatre cens
marcs , & celuy qui poffedoit
cette fomme , eftoit
convié de ſe trouver au Par-
Tij
220 MERCURE
lement ; mais aujourd'huy
l'Heritier d'un Baron devient
Baron , quand mefme il ne
poffederoit point la valeur de
quatre cens marcs. Le Roy
fait quelquefois des Barons
par un fimple Acte , en les
conviant de venir prendre
féance au Parlement dans la
Chambre Haute ; mais le plus
fouvent il le fait par Lettres
Patentes.
Les Barons étoient fuivis des
Evefques chacun en Habit Epifcopal.
Celuy de Londres a
le premier rang , aprés les Archevefques
de Cantorbery &
GALANT. 221
5
d'York , puis les Evefques de
Durha & deWinchester.Tous
les autres prennent rang ſefon
l'ordre de leur Confecration
, fi ce n'eft que quel
qu'un d'eux foit fait Chancelier,
Treforier, Garde du Privé
Sceau , ou Secretaire d'Etat, ce
qui arrivoit fouvent autrefois,
l'intégrité de leur vie les faifant
juger plus propres à ces
Fonctions , que les Laïques .
Quand un Evefque eft fait
Chancelier , il prend place
immediatement aprés l'Archevefque
de Cantorbery, &
celuy d'York. S'il eft Secre
Tiij
222 MERCURE
taire d'Etat , il a rang aprés
l'Evefque de Wincheſter.
Tous les Evefques ont Séance
en la Chambre Haute du
Parlement , comme Barons
& Pairs du Royaume , &
font Lords , où Seigneurs fpirituels.
Deux autres Officiers
d'Armes fuivoient les Evelques
, & précedoient les Vicomteffes
, qui marchoient
devant les Vicomtes. Ceuxcy
avoient des Robes de Velours
doublées d'hermines,
& tenoient leurs Couronnes
à la main . Le Roy fair un
GALANT. 223
Vicomte par des Lettres Patentes
. Quelques- uns tiennent
que Jean Beaumont a
eu le premier cette qualité,
& qu'elle luy fut donnée par
Henry VI. dans la dix - huitiéme
année de fon Regne.
Cependant on trouve que
dés le Regne de Henry V.
Robert Brent fut fait Vicomte.
Deux Herauts d'Armes
du Titre de Sommerfet & de
Cheſter , avec leurs Cottes
d'Armes , marchoient devant
les Comteffes , qui estoient
en Robes de Velours. Les
Tiiij
224 MERCURE
Comtes venoient enfuite en
Robes longues d'Ecarlate , &
fourrées , la queuë portée à
chacun par un Gentilhomme
, avec les Bonnets de
mefme , & une petite Cou .
ronne à la main . Tous les
Comtes d'Angleterre font
nommez des Provinces , Villes
ou Places , dont ils portent
le Titre , à la réſerve de
deux , dont l'un eft perfonnel
; fçavoir le Comte Maré
chal d'Angleterre , & l'autre
eft particulier à l'Illuftre Famille
de Rivers , dont l'aisné
porte le Titre de Comte. Le
GALANT. 225
Roy fait un Comte en luy
mettant l'Epée au cofté , un
Manteau de Comte , un Bonnet
fur la tefte , & fes Lettres
Patentes entre les mains .
Aprés venoient les Marquifes
, précedées de deux
Herauts d'Armes du Titre de
Richemont & de Windfor;
puis les Marquis en Robes
de Cerémonies , & tenant
leurs Couronnes à la main.
Marchio ou Marquis eftoit
autrefois ainfi nommé du
Gouvernement des Marches
ou Frontieres . Le premier
Marquis qu'ait eu l'Angleter
226 MERCURE
re , fut Robert Vere Comte
d'Oxford , qui fut fait Marquis
de Dublin fous Henry
II. On fait un Marquis en
luy ceignant l'Epée au cofté.
& en luy mettant un Bonnet
avec une Couronne de Marquis
fur la tefte,
Deux Herauts d'Armes
du Titre de Lancaftre &
d'York marchoient devant
les Ducheffes. Les Ducs fuivoient
, couverts du Manteau
Ducal avec leurs Couronnes
à la main . Leurs
queues eftoient plus longues
que celles des autres , & fou-
>
GALANT. 227
tenues de deux Gentils -hom
mes. Les Ducs eftoient an
ciennement Genéraux ou
Conducteurs A d'Armée en
temps de Guerre , ou Gardiens
des Frontieres , & Gou-.
verneurs de Province en
temps de Paix. Apres cela
on les leur donna en Fief
pour les tenir à vie , & enfin
ils furent faits heréditaires &
titulaires . Edouard furnommé
le Prince noir , a efté le
premier Duc d'Angleterre,
aprés Guillaume le Conquerant.
Ce fut Edouard III . qui
le fit Duc. Le Roy crée un
228 MERCURE
Duc par fes Lettres Patentes,
en luy mettant l'Epée au côté
, un Bonnet avec une Cou
ne Ducale fur la tefte , & une
Verge d'or en la main.
Les differens degrez de
la Nobleffe d'Angleterre font
diftinguez par leurs Titres &
par les marques d'honneur.
On donne au Duc le Titre
de Grace , & en luy écrivant
on l'appelle tres-puiſſant & no
ble Prince. On appelle un
Marquis & un Comte tresnoble
& puiffant Seigneur ; un
Vicomte , veritablement noble
puiffant Seigneur , & un Ba.
GALANT. 229
.
ron veritablement noble Seigneur.
Leurs Couronnes font
toutes differentes , & cela
seft obfervé au Sacre du
Roy. La Couronne des Barons
eft un Cercle ou Bour
let à fix Perles ; celle des Vicomtes
un Chapelet de Perles
fans nombre ; celle des
Comtes un Cercle d'or à hau
tes pointes foûtenant des
Perles, celle des Marquis une
groffe Perle , & une ovale de
feuilles de Fraifier , & les
Couronnes des Ducs font des
Fleurons , ou des feuillages
fans Perles. Ils font auffi di230
MERCURE
ftinguez dans leurs Habits
de Čerémonie par les bordures
fur les épaules de leurs
Mantelines. Un Baron n'en
a que deux ; un Vicomte en
a deux & demy ; un Comté,
trois , un Marquis trois & demy
, & un Duc qua trẻ .
Les deux Herauts d'Armes
qu'on appelle Provinciaux
, & qui font du Titre
de Clarence , & de Norroy,
marchoient devant le Comte
de Clarendon Garde du
Sceau Privé , & le Marquis
d'Hallifax Préfident du Confeil
Privé faifant une meſme
GALANT. 231
ligne. Ils eftoient ſuivis du
Comte de Rocheſter grand
Treforier , & de l'Archevefque
d'York , qui faifoient une
autre ligne, & qui précedoient
Milord North , Garde du
grand Sceau , & l'Archeveſ
que de Cantorbery premier
Pair , & Primat du Royaume.
Aprés eux marchoient deux
Gentilshommes
, reprefentant
les Ducs d'Aquitaine &
de Normandie. Avant le re
gne des Saxons en Angleterre
les Chrétiens Bretons
avoient trois Archeveſques
,
fçavoir , de Londres , d'York,
>
232 MERCURE
Le
& de Caerleon , grande Ville
en ce temps - là fur la Riviere
d'Ufke , en la partie la plus
Meridionale de Galles.
Siege Epifcopal de Londres
& celuy de Caerleon furent
transferez , l'un à Cantorbery
à cauſe de Saint Auguftin
le Moine , qui y preſcha le
premier l'Evangile aux Saxons
Payens,& l'autre à Saint
Davids en la Province de
Pembroc. Ce dernier fut
enfuite affujetty tout à fait au
Siege de Cantorbery , & depuis
ce temps-là il n'y a cu
que deux Archevelques en
GALANT. 233
Angleterre , celuy de Cantorbery,
& celuy d'York . L'Archevefque
de Cantorbery
eftoit autrefois confideré
comme la feconde Perfonne
du Royaume , il avoit rang
avant les Princes du Sang. Il
eft aujourd'huy
le premier
Pair d'Angleterre , & aprés la
Famille Royale , il précede
non feulement les Ducs, mais
auffi tous les grands Officiers.
Ceft à luy à couronner le
Roy. L'Evefque de Londres
-eft fon Doyen Provincial,,
-Evefque de Wincheſter fon
Chancelier , & V'Evefque de
May 168.5.
V.
234 MERCURE
4
Rochefter fon Chapelain.
L'Archevefque d'York eft la
feconde Perfonne dans l'Eglife
d'Angleterre. Il a encore
la préfeance devant tous les
Ducs qui ne font pas du Sang
Royal , & devát tous les grads
Officiers du Royaume,à la réferve
du grand Chancelier.
Aprés ceux que j'ay nommez
marchoient le Vice-
Chambellan & le grand
Chambellan de la Reyne,,
qui eftoient fuivis du Comte
de Dorſet portant la Baguet
te d'Yvoire , ou le petit Sceptre
de Sa Majefté, du Comte
GALANT. 235
Rutland portant fon grand
Sceptre , & du Duc de Beaufort
portant fa Couronne..
Les Sergens d'Armes , & les
Gentilshommes Penfionnaires
fuivoient en haye dess
deux coſtez , & diviſez par
Brigades. Ils précedoient la
Reyne qui marchoit fous un
Dais , porté par feize Barons
des cinq Ports. Elle eftoit reveftue
des Habits Royaux,,
& avoit un Cercle d'or fur la
refte. La jeune Ducheffe
de Norfole portoit fa queue
avec quatre Filles de Com--
tes.. Les Evefques de Lon
V ij
236 MERCURE
dres & de Wincheſter mar
choient à cofté de cette Prin
ceffe , qui eftoit ſuivie de
deux Dames d'honneur , &
de deux Femmes de la Chambre
du lit.
Enfuite on voyoit paroiſtre
les Seigneurs qu'on avoit
chargez des marques de la
Royauté du Roy. Le Baſton
de S. Edouard eftoit porté
par le Comte d'Aylesbury ;
les Eperons par Milord Grey,
& le Sceptre orné d'une Croix,
par le Comte de Pertebo
roug. Ils marchoient tous
trois fur la meſme Ligne. Le
GALANT. 237
Comte de Pembrok portoit
la troifiéme Epée , le Comte
de Derby portoit la feconde,
& le Comte de Shrevvbury
qui marchoit entre les deux,
portoit celle qu'on appelle
Curtana , autrement l'Epée
fans pointe. Garter, premier
Roy d'Armes , venoit apres
eux , entre le Grand Huiffier
du Parlement , appellé de la
Verge noire, & Milord Maire
de Londres. Ce dernier eftoit
reveftu de fa Robe d'Ecarlate
, & portoit la Maffe de
la Ville. Le Comte de Lindfey
fuivoit feul en qualité de
238 MERCURE
Grand Chambellan . C'eſt le
cinquiéme Grand Officier
d'Angleterre. Quand on couronne
le Roy , on luy donne
quarante
aunes de Velours
cramoify pour une Robe , &
avant que le Roy fe leve le:
jour du Couronnement , il
luy apporte fa Chemiſe , fa
Coëfe , & fa Robe ; apres.
qu'il l'a habillé , il a pour
fon Droit le Lit , les Meu
bles de la Chambre du Lit,
& tout fon Deshabillé . Aux:
Cerémonies du Couronne..
ment , il porte la Coëfe , les
Gands , & le Linge dont le
GALANT. 239
Roy fe fert , comme l'Epée
& le Fourreau , les Piéces d'or
que le Roy doit offrir à l'Autel
, la Robe Royale , & la
Couronne. Il le fert tout ce
jour-là , en luy donnant à
laver devant & apres dîner,
& prend pour fon . Droit le
Baffin , & la Serviette. Les
Comtes d'Oxford ont pof
fedé long - temps cette Dignité
depuis le temps du Roy
Henry I. par une espece de
fuceffion heréditaire ; mais
aux deux derniers Couronnemens,
ces Cerémonies ont
efté faites par les Comtes de
240 MERCURE
Lindley, qui prétendent que
la Dignité de Grand Chambellan
leur eft deuë , comme
defcendus d'une Fille , Heri .
tiere univerfelle .
Le Comte de Lindfey étoit
fuivy du Comte d'Oxford ,
portant l'Epée de l'Etat, entre
le Duc de Grafton , Grand
Conneftable , & le Duc de
Norfolk , Grand Maréchal.
Ceux- cy précédoient le Duc
d'Ormond, Grand Seneſchal,
portant la Couronne de Saint
Edouard , & marchant entre
·les Ducs d'Albemarle & de
Sommerfet
. Le premier por
toit
GALANT 241
toit le Sceptre , audeffus duquel
il y a une Colombe,
& l'autre le Globe orné d'une
Croix .
Le Roy reveſtu de ſes Habits
Royaux fourrez d'Hermine
, & ayant un Bonnet
de Velours fur la tefte , marchoit
apres ces Seigneurs
fous un magnifique
Dais,
porté comme celuy de la
Reyne , par feize Barons des
cinq Ports. Il avoit à ſes côtez
les Evefques de Durham
& de Bathe . Quatre Fils aîne z
de Comtes, affiftez du Grand
Maistre de la Garderobe
, por-
May 1685.
X
242 MERCURE
toient la Queue du Manteau
Royal de Sa Majefte. Derriere
le Roy eftoit le Duc
de
Northumberland
, Capitaine
des Gardes du Corps ,
entre le Comte de Huntingdon
Capitaine de la Compagnie
des Gentilshommes Penfionnaires
, & le Vicomte
Grandifon , Capitaine des
Yeomans ou Gardes de la
Manche. Milord Churchil,
Gentilhomme de la Chambre
du Lit du Roy , marchoit
feul. Il eftoit fuivy de deux
Valets de Chambre de Sa
Majefté , & ceux- là des YeoGALANT
243
mans ou Gardes de la Manche
qui fermoient la Marche .
Les Sergens d'Armes marchoient
en haye devant le
Roy & devant la Reyne , &
les Gentilshommes
Penfionnaires
marchoient de mefme
à cofté des Dais de leurs Majeftez.
Tous ceux qui estoient
de cette marche avoient les
Habits de Cerémonie
qui appartiennent
à leurs Dignitez
ou à leurs Charges . Ils alloient
à pied fur un Drap
bleu , étendu depuis les marches
du Trône qui eftoit
dans la grande Salle de Weſt-
X ij
244 MERCURE
minfter jufqu'à l'Eglife . Tout
ce paffage eftoit enfermé de
Balustrades , & gardé par les
Gardes du Corps , & par les
Gardes à pied du Roy. On
appelle Yeomans en Angleterre
ceux qui font aprés la petite
Nobleffe . Ce font les premiers
du Peuple.Le mot Yeoman
qui fignifie commun , femble
venir du mot Flamand Yemant,
qui veut dire quelqu'un.
Das la Cour du Roy, il fignifie
un Officier qui tient le milieu
entre le Sergent & le Groom.
Les Grooms de la Chambre
du Lit font tous Ecuyers,
GALANT. 245
mais au deffous de la qualité
de Chevalier. Leur Office eft
de fervir le Roy dans la
Chambre , de l'habiller & de
le deshabiller.
"
La Nobleffe & toutes les
autres Perfonnes s'eftant placées
dans l'Eglife felon leur
rang , leurs Majeſtez monterent
fur un grand Théatre,
& aprés avoir fait quelques
Prieres en fe tournant du côté
de l'Orient , Elles prirent
place fur les Fauteuils qu'on
leur avoit préparez . On chanta
quelques Moters en Mufique
, & pour s'acquitter de
Y üj
246 MERCURE
l'ancienne Ceremonie appellée
Reconnoiffance , l'Ar
chevefque de Cantorbery
s'avança devant l'Autel , &
dit à la Nobleffe. Voicy Fac
ques II. Heritier legitime de
Charles II. Roy d'Angleterre,
Ecoffe & Irlande. Vous tous
icy affemblez , voulez- vous le
recevoir pour voftre Roy ? A peine
eut- il achevé , que tous
les Pairs & le Peuple poufferent
un grand cry qui témoignoit
leur difpofition à luy
rendre hommage. L'Arche
vefque repeta encore deux
fois les mefmes paroles aux
GALANT. 247
deux coftez du Choeur pour
fe faire entendre à tous les
Affiftans , & à chaque fois le
Roy fe levoit , & fe tournoit
vers le Peuple du mefme côté
que l'Archevefque. Toute
l'Eglife retentit toûjours des
mefmes acclamations . Enfuite
leurs Majeftez conduites
par les Evefques s'approcherent
de l'Autel , où Elles firent
leur premiere offrande .
C'eftoit une piece de Drap
d'or , & une Maffe d'or du
poids d'une livre , que leur
prefenta le Treforier de leur
Maiſon , & que receut l'Ar-
X iiij
* 248 MERCURE
chevefque , auquel les marques
de la Dignité Royale:
furent auffi preſentées par
tous les Seigneurs qui les
portoient. Alors deux Eveſques
, chanterent les Litanies
eftant à
fur
les
pregenoux
fur
les
miers degrez de l'Autel , &
le Choeur leur répondit. Le
Doyen de Weſtminſter eftoit
auffi à genoux auprés du
Roy à fa gauche. Cela éſtant
fait , le Docteur Turner Evefque
d'Ely , & grand Aumônier
, monta en Chaire , &
parla fort éloquemment de
l'excellence du GouverneGALANT.
249·
ment Monarchique . Il remontra
au Peuple combien
il. devoit s'eftimer heureux
de le voir entre les mains
d'un Roy dont les vertus , &
les rares qualitez luy eftoient
fi bien connues , luy reprefentant
la fidelité qu'il luy devoit
, & faiſant connoiftre en
à Sa Majesté
mefme
temps
fes
obligations
envers
Dieu
,
& envers
les Sujets
. Le Sermon
finy
, le Roy
oſta
ſon
Bonnet
fourré
d'hermine
, &
l'Archevefque
de Cantorbery
luy vint
demander
s'il luy
plaifoit
de prefter
le Serment
250 MERCURE
ordinaire . Ce Prince ayant répondu
qu'il le vouloit , un E
vefque leut la Requeſte du
Clergé , pour la confervation
de fes Privileges , & Sa Majefté
y répondit favorablement.
Les deux Evefques qui
avoient déja affifté le Roy,
l'ayant ramené à l'Autel , il y
prefta le Serment que prêtent
les Roys d'Angleterre
lors qu'on les couronne , &
fut reconduit à fon Prié Dieu.
On portoit l'Epée Royale
élevée devant luy.. On chan-i
ta le Veni Creator qui fut com
mencé par deux Evefques,
GALANT. 251
& achevé par la Mufique.
Aprés quelques autres Prieres
que prononça le Prélat
Officiant , Sa Majeſté ſe rapprocha
de l'Autel
& le
Comte de Lindſey , grand
Chambellan , le dépouilla des
Habits Royaux , par deffous
- lefquels il y en avoit d'au
tres , où eftoient des ouvertures
fermées d'Agrafes aux
endroits qu'on devoit oindre.
Ces Habits furent remis dans
la Chapelle de Saint Edouard .
Le Roy s'eftant mis fur le Fauteüil
qu'on avoit placé du
cofté du Nord , entre l'Autel
252 MERCURE
& la Chaife de S. Edouard ,
qui eftoit couverte de Drap
d'Or , le Doyen de Weftminfter
apporta l'Ampoulle,
& verfa quelques goutes
d'Huile dans la Cuiller. L'Archevefque
de Cantorbery en
oignit le Roy aux paumes des
mains en forme de Croix. Il
continua par l'eftomach , &
par la place qui eft entre les
épaules ; puis il oignit les
épaules mefmes , & acheva
par les bras & par le haut de
la tefte. Le Doyen de Weftminfter
effuya les onctions,
& referma les Agrafes où il y
GALANT. 253
>
en avoit. Les Prieres qui fe
difoient pendant ce temps . là
eftant finies , il fut reveftu
d'Habits partie Royaux , partie
Pontificaux. Le Doyen de
Westminster luymit une coef.
fe fur la tefte,aprés quoy il luy
donna la Dalmatique , & la
Supertunique de Drap d'or,
avec les Brodequins & les
Sandales en broderie qu'il prit
fur l'Autel.Il y prit aufli les Eperons
qu'il approcha ſeulement
des talons du Roy , &
les remit en leur place. Enfuite
le grand Chambellan
donna l'Epée Royale à l'Ar254
MERCURE
chevefque de Cantorbery qui
la pofa fur l'Autel , & prononça
une Oraifon , ce qui eftant
fait, il la donna à Sa Majefté,
en luy difant en Latin , Recevez
l'Epée de la main des Evef
ques. Le grand Chambellan
luy ayant ceint cette Epée , le
Doyen de
Weſtminſter
prefenta
l'Etole tiffuë d'orà l'Archevefque
, qui la mit au col
du Roy. Enfin , on apporta
le Manteau Royal de Drap
d'or , & l'on prononça des
Oraiſons particulieres fur chacun
des Ornemens Royaux
dont Sa Majesté fut reveſtuë.
$
GALANT. 255
Ce font ceux du Roy Saint
Edouard , confervez avec
beaucoup de foin depuis plus
de fix cens ans dans la grande
Garderobe. Aprés cela , le
Roy fut conduit à un Siege de
Pierre,qui eft laChaife ancienne
de ce mefme S.qu'on avoit
pofée au milieu du Choeur . Sa
Majefté s'y eftant affife , l'Archevefque
de Cantorbery prit
fur l'Autel la Couronne de
Saint Edouard , qu'il benit
par une courte Priere . Trois
heures fonnerent dans le
temps qu'il la luy mit fur la
tefte. Alors les Tambours &
256 MERCURE
les Trompettes ſe joignant
aux acclamations de toute la
Nobleffe & du Peuple , qui
cria plufieurs fois , Dien fau
ve le Roy , firent retentir
toute l'Eglife . Ce Spectacle
parut d'autant plus augufte,
qu'en mefme temps les Ducs ,
les Marquis , les Comtes , les
Vicomtes , les Barons & les
Roys d'Armes , mirent auſſi
leur Bonnets & leurs Couronnes
. Au fignal qui fut
donné , le Canon du Parc
de S. James , & celuy de la
Tour de Londres , annoncérent
à la Ville le Couronne-
>
GALANT. 257
ment du Roy par plufieurs
décharges. Ce furent par tout
des cris qui marquoient la
joye du Peuple . L'Archevêque
de Cantorbery mit enfuite
l'Anneau benit au quatriéme
doigt de Sa Majeſté,
qui receut les Gands de fil
des mains du Grand Chambellan
. Ce mefme Grand
Chambellan déceignit l'Epée
au Roy , & la porta en of
frande fur l'Autel Le Chambellan
de la Maiſon Royale la
racheta auffi toft , & elle fur
portée nuë devant Sa Majeſté
jufqu'à la fin de cette Ceré
May 1685. Y
258 MERCURE
monie. Le Seigneur de Worfcop
dans le Comté de No.
tingham , préſenta au Roy un
riche Gand. Il le mit à fa main
droite, & ceGentilhomme par
le droit de fon Fief , foûtint
cependant le bras de Sa Majefté.
Il ne reftoit plus que
les deux Sceptres . L'Archevefque
de Cantorbery les pric
fur l'Autel , & mit en la main
droite du Roy celuy qui eftoit
orné d'une Croix , & dans
la main gauche , celuy au deſfus
duquel eftoit la Colombe.
Sa Majefté à genoux , tenant
ces deux Sceptres reGALANT.
259
ceut la Benédiction ordinarre
, & alla enfuite à l'Autel
faire fa feconde Offrande . C'é
toit une piece d'or pefant un
Mare , qu'Elle prefenta dans
un Baffin.
3 Le Roy s'eftant remis dans
la Chaife de Saint Edouard , il
fe fit un grand filence.Il avoit
la Verge & le Sceptre en
main , le Globe à l'un de fes
coftez , & de l'autre les trois
Epées , portées par autant de
Comtes , hautes , & nuës ,
mais rompuës à demy , pour
fignifier la mifericorde. Alors
l'Archevefque de Cantorbery
Y
ij
260 MERCURE
fe mit à genoux devant Sa
Majefté , qui receut fa foûmiffion
& le baifa . L'Arche
vefque d'York , & tous les
Evelques & Prébendaires firent
aprés luy la meſme chofe
. On chanta le Te Deum , &
lors qu'il fut achevé , le Roy
monta fur un Trône magnifique
, dreffé au milieu du
Théatre . Ce fut là que les
Prélats & les Seigneurs luy
7
vinrent prefter Serment de
fidelité en fe mettant à genoux
, & le baifant à la joue .
Les Pairs du Royaume luy
rendant hommage , tous
GALANT. 261
felon leur rang , touchoient
de la main droite le cofté
gauche de fa Couronne . Cependant
le Treforier de fa
Maifon jettoit au Peuple des
Médailles d'or & d'argent,
ce qui faifoit redoubler les
cris de Vive le Roy Jacques II.
Le Garde du grand Sceau
proclama le Pardon accordé
par Sa Majesté à fes Sujets.
Il eftoit accompagné du premier
Roy d'Armes , de deux
Herauts , & de l'Huiffier à la
Verge noire .
L'Archevefque de Cantorbery
couronna enfuite la
262 MERCURE
t
ReyneMarie, &en même teps
toutes les Dames mirent leurs
Courónes fur leurs teftes ainfi
que les Seigneurs avoient fait
lors qu'on avoit couronné le
Roy. Cette Princeffe receur
le Bâton d'Yvoire & le grand
Sceptre , & fut conduite à
fon Siege fur le Trône. Cela
eſtant fait , & l'Archevefque
ayant finy la Solemnité par
Ja Benédiction , Leurs Majeftez
allerent à la Chapelle de
S. Edouard , oùle Roy remit
fa Couronne entre les mains
de l'Archevefque de Cantorbery
, qui la pofa fur l'AuGALANT.
263
tel. Il entra de là dans le
Veftibule, où le grand Chambellan
le dépouilla des Habits
Coyaux , qu'il délivra au
Doyen de Weſtminſter , &
Je reveftit d'autres tres- riches
de Velours Violet , préparez
pour ce jour là . Avec ce
nouvel Habit Sa Majesté ſe
rendit à la grande Salle de
Weftminster , ayant fur la
tefte la grande Couronne
couverte de Pierreries
Sceptre dans la main droite,
& le Globe dans la gauche.
Il n'y eut aucun changement
dans l'ordre de cette marche,
E
•
le
264 MERCURE
finon que leurs Majeſtez , les
Seigneurs & les Dames
avoient leurs Couronnes fur
leurs teftes , & que les Pairs
qui avoient porté les marques
de la Royauté , marchoient
felon le rang de leur
dignité . A l'entrée de leurs
Majeſtez dans ce Palais , les
fanfares des Trompettes recommencerent
avec le bruit
des Tambours . Elles furent
conduites fous le Dais juf
qu'au bout de la grande Salle,
où diverfes Tables avoient
eſté ſervies avant que l'on
fuft venu , excepté celle de
leurs
GALANT. 265
leurs Majeftez , qui fe retirerent
pendant quelque
temps dans une Chambre
voifine. Cette Salle capable
de contenir plus de trente
mille Perfonnes , eftoit tenduë
de riches Tapifferies , &
environnéed Amphitheatres
.
Le Peuple fut placé dans les
plus bas , & les Gens de qualité
& les Dames occuperent les
plus élevez . Lors qu'il fallut
fervir laTable duRoy ,les Contrôleurs
, les autres Officiers
de bouche , avec des Robes
& des Toques de Velours
noir , & fix Sergens d'Armes
May 1685.
Z
266 MERCURE
s'avancerent les premiers.
Les Plats du premier Service
furent portez chacun par
deux Chevaliers des Bains,
conduits par le grand Sené.
chal , ayant le grand Conne
ftable à fa droite , & le grand
Maréchal à fa gauche , tous
trois à cheval , leurs Couronnes
Ducales en tefte , & fuivis
de plufieurs Officiers de
Bouche.
>
Ce premier Service ayant
efté mis fur Table , aux chamades
des Tambours & des
Trompettes , Leurs Majeftez
en leurs Habits Royaux enGALANT.
267
trerent dans la Salle , ayant
la Couronne fur la tefte , &
le Sceptre dans la main. Elles
eftoient précedées de trois
Seigneurs qui portoient cha
cun une Epée nue. Le Roy
fe mit à Table aprés avoir la
vé les mains , & il fut fervy
en cette occafion par le
Grand Chambellan , & deux
autres Comtes , qui tenoient
l'Eguiere , le Baffin & la Serviete
, accompagnez de Sergens
d'armes. Les deux
Ecuyers du Corps fe place.
rent aux pieds de Sa Majeſté,
& les Officiers de fa Maiſon
Zij
268 MERCURE
autour de la Table , avec les
Seigneurs & les Dames , les
Ecuyers tranchans , & les
Comtes portant les Coupes.
Le Seigneur d'Addigton
dans le Comté de Surrey,
fervit un potage fur la Table
de leurs Majeftez , fuivant le
droit de fon Fief. Il eftoit conduit
par le grandChambellan.
Le Royayant demandé à boire
, le Seigneur de Widmondeley
dans le Comté d'Herfort
, luy en preſenta dans
une Coupe de Vermeil doré,
qui luy fut donnée pour récompenfe,
GALANT. 269
;
furent
On avoit dreffé plufieurs
autres Tables . Ala premiere
qui eftoit à droite.
traitez les Barons des Cinq
Ports d'Angleterre , avec les
Maiftres & Secretaires de la
Chancellerie à la feconde
qui eftoit à gauche , les Gouverneurs
& les Aldermans,
avec quelques - uns des principaux
Bourgeois de Londres ;
à la troifiéme auffi à droite ,
les Evefques , Juges & Barons
de l'Echiquier , & à la
quatriéme encore à gauche ,
les Pairs & autres Grands du
Royaume. Il y en eut auff
Z üj
270 MERCURE
pour les Dames , & toutes
ces Tables furent fervies.
avec une fomptuofité veritablement
Royale.
Avant le fecond Service ,
le Chevalier Charles Dymoke
, Champion du Roy , armé
de toutes pieces , & le
Cafque en tefte orné de plumes
entra dans la Salle ,
monté fur un tres -beau Cheval
blanc , & precedé de deux
Trompettes du premier
Trompette , d'un Sergent
d'Armes , d'un Ecuyer portant
l'Ecu aux Armes du
Champion , d'un autre E-
›
GALANT. 271
euyer portant fa Lance , &
d'Yorc Heraut d'Armes . II
eftoit accompagné
du Grand
Conneftable
, & du Grand
Maréchal
, auffi à Cheval , &
il faifoit cette fonction , à
cauſe de fon Fief de Scrivelsby
dans le Comté de Lincoln.
Aprés que les Trompettes
eurent fonné ,le Heraut
fit le Défien ces termes
, felon
ce qui fe pratique en Angleterre
en pareilles Ceremonies
. Il n'eft aucun , de quelque
condition
qu'il puiffe eftre , qui
que noftre Souverain Seigneur
Jacques II. Roy d'Angleofe
dire
Z iiij
272 MERCURE
terre , Ecoffe & Irlande , Frere
legitime heritier du feu Roy
Charles II. ne doit pas eftre couronné
, à qui ſon Champion icy
prefent , ne foit preft d'en donner
le démenty , & de juſtifier par la
voye des armes, & corps à corps,
qu'il eft un Traiftre. Auffi toft
le Champion jetta fon Gantelet
à terre , & perſonne ne
l'ayant ramaffé , il luy fut
rendu par le Heraut. Le mel
me Défi fut fait encore deux
fois dans le milieu de la Salle
avec les mefmes Cerémonies
, aprés quoy le Champ
luy fut adjugé. Les Officiers
GALANT 273
ayant enfuite prefenté du Vin
au Roy dans une Coupe de
Vermeil doré , Sa Majesté en
but une partie à la fanté de
fon Champion , & luy envoya
le refte. Le Champion
defcendit de Cheval, & ayant
receu la Coupe des mains de
l'Echanfon , il but à la Santé
du Roy aprés avoir fait trois
profondes réverences , & emporta
la Coupe felon la coûtume.
Si toft qu'il fut forty
de la Salle , les Pourfuivans
,
Herauts , & Roys d'Armes y
entrerent. Ils firent trois ré
vérences en s'arreftant au
274 MERCURE
bout de la Salle , au milieu
& au pied de l'Eſtrade , devant
la Table du Roy , &
Garter premier Roy d'Armes
ayant enfuite crié Largeffe
trois fois , proclama le Roy
en Latin , en François , & en
Anglois. Il fit la mefme cho
fe au milieu & au bout de la
Salle.
Le fecond Service fut aporté
par les Gentilhommes Penfionnaires,
deux à chaque Plat
come au premier. En mefme
teps Milord Maire de Londres
prefenta à boire au Roy dans
une autre Coupe d'or cou
1
GALANT. 275
verte ; dont Sa Majefté luy fit
prefent , comme de l'Eguiere
dans laquelle il luy avoit
apporté de l'eau. Il y eut un
troifiëme Service , & l'on tient
l'on fervit plus de 700 que
Plats. Le Deffert fut magnifique
, & remply de quantité
de machines de Paftes & de
Sucre, que les Italiens, qui en
font beaucoup, nómentTriom
phi. Aprés le Feftin leurs Majeftez
revinrent à Witheal
aux acclamations du Peuple.
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Résumé : Couronnement du Roy d'Angleterre, contenant plusieurs particularitez qui n'ont point encore esté sceuës, [titre d'après la table]
Le texte relate la préparation et le déroulement du couronnement du roi d'Angleterre, initialement prévu pour le 23 avril selon l'ancien calendrier, soit le 3 avril selon le calendrier actuel. Environ 170 seigneurs, classés par rang hiérarchique incluant princes du sang, ducs, marquis, comtes, vicomtes et barons, furent convoqués. Le jour du couronnement, le roi et la reine se rendirent au palais de Westminster, où ils prirent place sous un dais. Divers objets royaux furent remis par le duc de Grafton au duc d'Ormond, et les insignes royaux furent apportés en procession par le doyen et les chanoines de Westminster. Le texte mentionne également l'histoire des rois d'Angleterre, soulignant l'unification des sept royaumes de l'île de Bretagne et les conflits avec les Danois. Édouard, fils d'Ethelred, monta sur le trône après avoir trouvé refuge en France et épousa Edgite, fille de Godwin. Édouard mourut le 4 janvier 1066 et fut canonisé par le pape Alexandre III. La cérémonie de couronnement de Jacques II est détaillée : une procession de Westminster Hall à l'église, la demande de l'archevêque de Cantorbéry à l'assemblée, l'onction avec de l'huile sainte, la remise des symboles de pouvoir, et le couronnement avec la couronne de Saint Édouard. Les nobles et les rois d'armes mettent leurs bonnets et couronnes, et le canon annonce la couronne du roi à la ville. Après le serment et l'offrande, les pairs rendent hommage au roi, et des médailles sont distribuées au peuple. La reine Marie est ensuite couronnée, suivie d'un banquet à Westminster Hall.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 89-98
Ceremonies magnifiques faites dans la Ville de Luxembourg. [titre d'après la table]
Début :
Ce qui s'est fait le 20 du dernier mois à Luxembourg [...]
Mots clefs :
Luxembourg, Siège, Guerre, Monarque, Procession, Chapelle, Christianisme, Rois de France, Devise, Victoire, Vertus, Nymphes, Protection, Villes, Ordre religieux , Statue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ceremonies magnifiques faites dans la Ville de Luxembourg. [titre d'après la table]
Ce qui s'eft fait le zo. du
Juin 1685.
H
90 MERCURE
dernier mois à Luxembourg
vous furprendra d'autant plus,
qu'il vous paroiftra que cette
Ville quoy qu'elle ait efté
foudroyée dans le dernier
Siege qu'elle a fouffert , eſt
en auffi bon état & auffi
tranquille & floriffante que ſi
ellen'avoit point eu de Guerre
depuis un Siecle. Mais quels
defordres ne reparent pas
de temps les liberali-
>
en
peu
tez de noftre
augufte
Monarque
? Il s'agiffoit
d'une
folemnelle
Proceffion
, dans
laquelle
l'Image
miraculeufe
de Noftre
- Dame
de ConfoGALANT.
91
lation , Patronne du Duché.
de Luxembourg & Comté de
Chiny , devoit eftre reportée
de la Capitale de la Province:
en fa Chapelle. Vous n'au
rez pas de peine à eftre perfuadée
du bon ordre ou cette :
Chapelle eft prefentement,
Ipuis que le Roy , toûjours .
plein de zele pour les chofes
Saintes,a donné un fond pourla
reparer. La Proceffion étant
réfolue , & les Jefuites qui
avoient difpofé leurs Ecoliers .
ày paroiftre avec tout l'éclat
poffible , ayant choifi pour la
faire le jour que je viens de
Hijs
92 MERCURE
vous marquer. Elle commença
à fortir de leur Eglife
fur les deux heures aprés
midy. L'ouverture s'en fit
par les Genies de l'Eglife , de
la France , & du Luxembourg,
accompagnez de celuy du
Chriftianifme , chacun avec
fon infcription. Il y eut une
marche des Roys de France
les plus affectionnez à la Vierge
, tels que Clovis , Dagobert
, Charlemagne , Robert,
Philippe Augufte , S. Loüis ,
Thilippe de Valois , Charle V.
Louis XI. François I. Charles
IX . Henry III. Cette marche
GALANT. 93
fue fuivie de deux magnifi
quesChars ,l'un deLouis XIII .
offrant fa Perfonne & fon
Royaume à la Vierge , & l'au
tre de Louis le Grand con
firmant ce mefme hommage .
Sur le haut de chaque Char
qui eftoit conduit par un Genie
, on voyoit une Devife
marquant le zele & la pieté
de ces deux Princes . La
Renommée tenoit fa place
dans cette folemnité. Elle
eftoit accompagnée de la
Religion , de la Verité, & de
la Gloire . La Victoire & les
Vertus chargées de Palmes,
94 MERCURE
& couronnées de Lauriers,
y repreſentoient en plufieurs
Tableaux divers avantages
qu'à tiré l'Eglife des grandes.
actions de Sa Majefté. La
Joye , la Force , l'Abondance
, & la Santé , qui font des
biens qu'obtiennent ordinai-
·rement ceux qui honorent
la Vierge , marchoient à la
tefte des Villes du Luxembourg
, pour
que ces agréables Nymphes
leur avoient perfuadé de reclamer
fa protection . Ces
Villes eftoient
Thionville,
faire connoiftre
!
1
GALANT. 95
Arlon .
Baftoigne.
Chiny.
Diekirch .
Epternach.
Hofalife .
Marville.
Neurbourg.
La Roche .
Vianden .
Montmedy.
M Marche .
- Bitbourg.
Damvillers .
Durbuit.
Greveren- Macheren.
Ivois.
96 MERCURE
Neufchafteau .
Remich.
Saint Vitt.
Virton.
La Province de Luxem
bourg fuivoit fur fon Char, qui
eftoit conduit par deux Genies
. Elle montroit d'un côté
la Paix , l'Abondance & les
beaux Arts , & de l'autre Mars
& Bellone dans les Chaînes.
La Congregation des jeunes
Hommes , & celle des Bourgeois
mariez , chacune fous
fon Etendard , & les Corps
des Métiers marchoient immediatement
aprés ce troifiéme
GÁLANT. 97
fiéme Char. On vit enfuite
les Ordres Religieux & le
Clergé , au milieu duquel les
Jéfuites portoient la Statuë de
1 Noftre- Dame de Confolation.
Ils eftoient fuivis des
Magiftrars , & de Meffieurs
du Confeil du Roy. M le
Marquis de Lambert Gouverneur
de la Place , ayant
avec luy les principaux Officiers
, accompagna la Proceffion.
Elle rencontra pendant
fa marche divers Theatres
.dreffez dans la Ville . De
pieux Spectacles l'arrefterent
chacun. 0 On fit voir fur le
Juin 1685 .
I
98 MERCURE
premier avec quel zele le Roy
avoit donné ordre que l'on
reparaft la Chapelle de Nôtre-
Dame de Confolation . Le
fecond Theatre fit paroiftre
Mars commandant à fes
Guerriers, & à Vulcain, Bronte
, Sterope , Pyracmon , &
autres , de prendre garde de
ne plus faire d'infulte à cette
Chapelle , & fur le troifiéme
Cerés , Flore , Pomone , les
Naïades , & autres Nimphes,
fe réjouirent du retour de
Noftre Dame de Confolation
à la Campagne
.
Juin 1685.
H
90 MERCURE
dernier mois à Luxembourg
vous furprendra d'autant plus,
qu'il vous paroiftra que cette
Ville quoy qu'elle ait efté
foudroyée dans le dernier
Siege qu'elle a fouffert , eſt
en auffi bon état & auffi
tranquille & floriffante que ſi
ellen'avoit point eu de Guerre
depuis un Siecle. Mais quels
defordres ne reparent pas
de temps les liberali-
>
en
peu
tez de noftre
augufte
Monarque
? Il s'agiffoit
d'une
folemnelle
Proceffion
, dans
laquelle
l'Image
miraculeufe
de Noftre
- Dame
de ConfoGALANT.
91
lation , Patronne du Duché.
de Luxembourg & Comté de
Chiny , devoit eftre reportée
de la Capitale de la Province:
en fa Chapelle. Vous n'au
rez pas de peine à eftre perfuadée
du bon ordre ou cette :
Chapelle eft prefentement,
Ipuis que le Roy , toûjours .
plein de zele pour les chofes
Saintes,a donné un fond pourla
reparer. La Proceffion étant
réfolue , & les Jefuites qui
avoient difpofé leurs Ecoliers .
ày paroiftre avec tout l'éclat
poffible , ayant choifi pour la
faire le jour que je viens de
Hijs
92 MERCURE
vous marquer. Elle commença
à fortir de leur Eglife
fur les deux heures aprés
midy. L'ouverture s'en fit
par les Genies de l'Eglife , de
la France , & du Luxembourg,
accompagnez de celuy du
Chriftianifme , chacun avec
fon infcription. Il y eut une
marche des Roys de France
les plus affectionnez à la Vierge
, tels que Clovis , Dagobert
, Charlemagne , Robert,
Philippe Augufte , S. Loüis ,
Thilippe de Valois , Charle V.
Louis XI. François I. Charles
IX . Henry III. Cette marche
GALANT. 93
fue fuivie de deux magnifi
quesChars ,l'un deLouis XIII .
offrant fa Perfonne & fon
Royaume à la Vierge , & l'au
tre de Louis le Grand con
firmant ce mefme hommage .
Sur le haut de chaque Char
qui eftoit conduit par un Genie
, on voyoit une Devife
marquant le zele & la pieté
de ces deux Princes . La
Renommée tenoit fa place
dans cette folemnité. Elle
eftoit accompagnée de la
Religion , de la Verité, & de
la Gloire . La Victoire & les
Vertus chargées de Palmes,
94 MERCURE
& couronnées de Lauriers,
y repreſentoient en plufieurs
Tableaux divers avantages
qu'à tiré l'Eglife des grandes.
actions de Sa Majefté. La
Joye , la Force , l'Abondance
, & la Santé , qui font des
biens qu'obtiennent ordinai-
·rement ceux qui honorent
la Vierge , marchoient à la
tefte des Villes du Luxembourg
, pour
que ces agréables Nymphes
leur avoient perfuadé de reclamer
fa protection . Ces
Villes eftoient
Thionville,
faire connoiftre
!
1
GALANT. 95
Arlon .
Baftoigne.
Chiny.
Diekirch .
Epternach.
Hofalife .
Marville.
Neurbourg.
La Roche .
Vianden .
Montmedy.
M Marche .
- Bitbourg.
Damvillers .
Durbuit.
Greveren- Macheren.
Ivois.
96 MERCURE
Neufchafteau .
Remich.
Saint Vitt.
Virton.
La Province de Luxem
bourg fuivoit fur fon Char, qui
eftoit conduit par deux Genies
. Elle montroit d'un côté
la Paix , l'Abondance & les
beaux Arts , & de l'autre Mars
& Bellone dans les Chaînes.
La Congregation des jeunes
Hommes , & celle des Bourgeois
mariez , chacune fous
fon Etendard , & les Corps
des Métiers marchoient immediatement
aprés ce troifiéme
GÁLANT. 97
fiéme Char. On vit enfuite
les Ordres Religieux & le
Clergé , au milieu duquel les
Jéfuites portoient la Statuë de
1 Noftre- Dame de Confolation.
Ils eftoient fuivis des
Magiftrars , & de Meffieurs
du Confeil du Roy. M le
Marquis de Lambert Gouverneur
de la Place , ayant
avec luy les principaux Officiers
, accompagna la Proceffion.
Elle rencontra pendant
fa marche divers Theatres
.dreffez dans la Ville . De
pieux Spectacles l'arrefterent
chacun. 0 On fit voir fur le
Juin 1685 .
I
98 MERCURE
premier avec quel zele le Roy
avoit donné ordre que l'on
reparaft la Chapelle de Nôtre-
Dame de Confolation . Le
fecond Theatre fit paroiftre
Mars commandant à fes
Guerriers, & à Vulcain, Bronte
, Sterope , Pyracmon , &
autres , de prendre garde de
ne plus faire d'infulte à cette
Chapelle , & fur le troifiéme
Cerés , Flore , Pomone , les
Naïades , & autres Nimphes,
fe réjouirent du retour de
Noftre Dame de Confolation
à la Campagne
.
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Résumé : Ceremonies magnifiques faites dans la Ville de Luxembourg. [titre d'après la table]
Le 20 juin 1685, une procession solennelle a eu lieu à Luxembourg malgré les destructions causées par le dernier siège. La ville apparaissait prospère et paisible grâce aux bienfaits du monarque. Cette procession célébrait le retour de l'image miraculeuse de Notre-Dame de Consolation, patronne du Duché de Luxembourg et du Comté de Chiny, vers sa chapelle, récemment réparée grâce au financement du roi. Organisée par les Jésuites, la procession a débuté à deux heures de l'après-midi et comprenait diverses représentations symboliques. Elle a commencé avec les génies de l'Église, de la France et du Luxembourg, accompagnés du génie du Christianisme. Une marche des rois de France dévots à la Vierge a suivi, incluant des figures telles que Clovis, Charlemagne et Louis XIV. Deux chars magnifiques représentaient Louis XIII et Louis XIV offrant leurs personnes et royaumes à la Vierge. La Renommée, accompagnée de la Religion, de la Vérité, de la Gloire, ainsi que la Victoire et les Vertus, ont été mises en scène. Les villes du Luxembourg, comme Thionville, Arlon et Vianden, ont participé en réclamant la protection de la Vierge. La procession a également inclus des ordres religieux, le clergé, les magistrats et les officiers, sous la direction du Marquis de Lambert, gouverneur de la place. Divers théâtres et spectacles pieux ont marqué la procession, illustrant le zèle royal pour la réparation de la chapelle et la protection divine contre les attaques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 98-107
Autres faites à Soissons. [titre d'après la table]
Début :
Dans le mesme temps, c'est à dire le 13. du mesme mois [...]
Mots clefs :
Soissons, Procession, Translation de reliques, Saints, Église, Cathédrale, Chapitres, Chanoines, Ennemis de la foi, Habits pontificaux, Abbaye, Panégyrique, Martyre, Erreur calviniste, Amour, Obstination, Bénédiction, Cérémonie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autres faites à Soissons. [titre d'après la table]
Dans le mefme temps,
GALANT. 99
c'eſt à dire le 13. du meſme
mois on fit à Soiffons une autre
Proceffion fort folemnelle
pour la Tranſlation des Reliques
de Saint Gervais & de
Saint Prothais, Patrons de l'Eglife
Cathedrale , apportées
de la Ville de Briffac , oùleurs
Corps font confervez depuis
plufieurs Siecles. Elles font
des plus anciennes que l'Eglife
honore , l'Invention en
ayant efté revelée à Saint Ambroife
, comme le
comme le rapporte
Saint Auguftin . Tous les
Chapitres , Communautez,
Ordres , & Paroiffes de la Vil-
:-
I ij
100 MERCURE
le affifterent à cette Procef
fion
, ainfi que les Corps du
Préfidial , de l'Election , de la
Maréchauffée , & autres. A
la tefte marchoit la Compagnie
des Arquebufiers , l'une
des plus leftes & des plus
nombreuſes du Royaume.
La Chaffe dans laquelle font
ces préticufes Reliques , fur
portée depuis l'Eglife de Saint
Crefpin le Grand , juſqu'à la
Cathedrale , qui en eſt éloi- -
gné d'un grand quartde lieuë,
par deux Chanoines, accompagnez
de douze Diacres
ayant des Palmes en leurs
GALANT. 101
I
il
y
mains , pour marque de la vi-
&toire que ces SS . ont rempor
tée fur les Ennemis de la Foy
M' l'Evefque de Soiffons
marchoit enfuite revétu de
fes Habits Pontificaux . Depuis
l'Eglife de Saint Crefpin ,
jufques à la Cathedrale , il
avoit cinq Repofoirs , ornez
de differentes manicres . Celuy
de l'Eglife de l'Abbaye
Noftre- Dame , fait par l'ordre
de Madame de la Rochefou
cault qui en eft Abbeffe ,eftoir
le plus riche. Cette Dame accompagnée
de Madame l'Abbeffe
de Saint Sauveur fa
I iij
102 MERCURE
Soeur , & de Madame de Mars
fillac Coadjutrice de cette
derniere , parut à la tefte de fa
Communauté , qui chanta
Is Répons & les Hymnes ordinaires
en de pareilles occafions
, avec une mélodie merveilleufe
, fi toit qu'on y eut
pofé la Chaffe . Elle fut portée
enfuite dans la Nef de la Cathédrale
, & miſe fur un Repofoir
paré d'un nombre infi
finy de Bijoux & de Fleurs.
M' l'Evefque de Soiffons
monta en Chaire dans le mef
me temps , & dans le Panégyrique
qu'il fit de ces Saints ,
GALANT. 103
avec l'éloquence qui luy eft fi
naturelle , il n'oublia , rien de
ce qui pouvoit relever le més
rite du Martyre qu'ils ont
fouffert par la fureur des Idolatres
du Siècle où ils ont vés
cu. Il prit de là occafion de
rendre graces au Ciel , d'avoir
fair naiſtre un Monarque
dont le courage invincible,
& la pureté de la Religion
avoient fi glorieuſement dif
fipé l'erreur des Calviniftes,
Il ajoûta que ce Prince qui
eft l'admiration de toute la
Terre , & l'amour de fes
Sujets avoit efté heureu
7
I iiij
104 MERCURE
fement fervy dans cer
te entreprise par les grands
talens & les forts railonnemens
de M' l'Evefque de
Meaux , dont le bel ouvrage
a prefque achevé la convid
ction de ces Obftinezi M
Boffuet , Frere de M " de
Meaux , qui eft depuis quel
ques jours Intendant de la
Province avec une approba
tion genérale , eftoit prefent
à cette Céremonie . Elle finic
par le Te Deum que M' l'Evef
que de Soiffons entonna , &
qui fut chanté par la Mufi
que ordinaire , au bruit des
GALANT. 105
4
Cloches , des Fifres & des
Tambours Les Reliques
e furent expofées dans le
Choeur jufqu'au Dimanche
fuivant 20. du mefme mois,
jour de l'Octave de cette
folemnité s qui fur fuivie
de la Benédiction de Madame
de Bourlon Abbeffe
P
J
1 de la Barre , faite par le
mefme Prélat fon Frere. C'eft
une Dame qui gouverne fa
Communauté avec toute la
douceur , & toute la fageffe
imaginable. Mefdamies de la
Rochefoucault ,, l'une Abi
beſſerodes noftre Dame de
106 MERCURE
Soiffons , & l'autre de Saint
Sauveur d'Evreux , eftdient .
les Abbeffes affiftantes . Cest
deux Soeurs font d'un mérite
extraordinaire , & l'on peut
dire que quoy qu'elles foient
d'une tres-grande naiffance,
cét avantage eft le moindre
de tous ceux qu'elles poffe.
dent. Aprés la Ceremonie,
M de Soiffons régala magnifiquement
dans fon Palais
Epifcopal , toutes les Dames
Abbeffes & leurs Religieuſes
, M. Boffuet Intendant de
la Province , MT du Chapitrei
de Saint Gervais , & tous les
GALANT. 107
Chefs des Corps & Compagnies
de la Ville.
GALANT. 99
c'eſt à dire le 13. du meſme
mois on fit à Soiffons une autre
Proceffion fort folemnelle
pour la Tranſlation des Reliques
de Saint Gervais & de
Saint Prothais, Patrons de l'Eglife
Cathedrale , apportées
de la Ville de Briffac , oùleurs
Corps font confervez depuis
plufieurs Siecles. Elles font
des plus anciennes que l'Eglife
honore , l'Invention en
ayant efté revelée à Saint Ambroife
, comme le
comme le rapporte
Saint Auguftin . Tous les
Chapitres , Communautez,
Ordres , & Paroiffes de la Vil-
:-
I ij
100 MERCURE
le affifterent à cette Procef
fion
, ainfi que les Corps du
Préfidial , de l'Election , de la
Maréchauffée , & autres. A
la tefte marchoit la Compagnie
des Arquebufiers , l'une
des plus leftes & des plus
nombreuſes du Royaume.
La Chaffe dans laquelle font
ces préticufes Reliques , fur
portée depuis l'Eglife de Saint
Crefpin le Grand , juſqu'à la
Cathedrale , qui en eſt éloi- -
gné d'un grand quartde lieuë,
par deux Chanoines, accompagnez
de douze Diacres
ayant des Palmes en leurs
GALANT. 101
I
il
y
mains , pour marque de la vi-
&toire que ces SS . ont rempor
tée fur les Ennemis de la Foy
M' l'Evefque de Soiffons
marchoit enfuite revétu de
fes Habits Pontificaux . Depuis
l'Eglife de Saint Crefpin ,
jufques à la Cathedrale , il
avoit cinq Repofoirs , ornez
de differentes manicres . Celuy
de l'Eglife de l'Abbaye
Noftre- Dame , fait par l'ordre
de Madame de la Rochefou
cault qui en eft Abbeffe ,eftoir
le plus riche. Cette Dame accompagnée
de Madame l'Abbeffe
de Saint Sauveur fa
I iij
102 MERCURE
Soeur , & de Madame de Mars
fillac Coadjutrice de cette
derniere , parut à la tefte de fa
Communauté , qui chanta
Is Répons & les Hymnes ordinaires
en de pareilles occafions
, avec une mélodie merveilleufe
, fi toit qu'on y eut
pofé la Chaffe . Elle fut portée
enfuite dans la Nef de la Cathédrale
, & miſe fur un Repofoir
paré d'un nombre infi
finy de Bijoux & de Fleurs.
M' l'Evefque de Soiffons
monta en Chaire dans le mef
me temps , & dans le Panégyrique
qu'il fit de ces Saints ,
GALANT. 103
avec l'éloquence qui luy eft fi
naturelle , il n'oublia , rien de
ce qui pouvoit relever le més
rite du Martyre qu'ils ont
fouffert par la fureur des Idolatres
du Siècle où ils ont vés
cu. Il prit de là occafion de
rendre graces au Ciel , d'avoir
fair naiſtre un Monarque
dont le courage invincible,
& la pureté de la Religion
avoient fi glorieuſement dif
fipé l'erreur des Calviniftes,
Il ajoûta que ce Prince qui
eft l'admiration de toute la
Terre , & l'amour de fes
Sujets avoit efté heureu
7
I iiij
104 MERCURE
fement fervy dans cer
te entreprise par les grands
talens & les forts railonnemens
de M' l'Evefque de
Meaux , dont le bel ouvrage
a prefque achevé la convid
ction de ces Obftinezi M
Boffuet , Frere de M " de
Meaux , qui eft depuis quel
ques jours Intendant de la
Province avec une approba
tion genérale , eftoit prefent
à cette Céremonie . Elle finic
par le Te Deum que M' l'Evef
que de Soiffons entonna , &
qui fut chanté par la Mufi
que ordinaire , au bruit des
GALANT. 105
4
Cloches , des Fifres & des
Tambours Les Reliques
e furent expofées dans le
Choeur jufqu'au Dimanche
fuivant 20. du mefme mois,
jour de l'Octave de cette
folemnité s qui fur fuivie
de la Benédiction de Madame
de Bourlon Abbeffe
P
J
1 de la Barre , faite par le
mefme Prélat fon Frere. C'eft
une Dame qui gouverne fa
Communauté avec toute la
douceur , & toute la fageffe
imaginable. Mefdamies de la
Rochefoucault ,, l'une Abi
beſſerodes noftre Dame de
106 MERCURE
Soiffons , & l'autre de Saint
Sauveur d'Evreux , eftdient .
les Abbeffes affiftantes . Cest
deux Soeurs font d'un mérite
extraordinaire , & l'on peut
dire que quoy qu'elles foient
d'une tres-grande naiffance,
cét avantage eft le moindre
de tous ceux qu'elles poffe.
dent. Aprés la Ceremonie,
M de Soiffons régala magnifiquement
dans fon Palais
Epifcopal , toutes les Dames
Abbeffes & leurs Religieuſes
, M. Boffuet Intendant de
la Province , MT du Chapitrei
de Saint Gervais , & tous les
GALANT. 107
Chefs des Corps & Compagnies
de la Ville.
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Résumé : Autres faites à Soissons. [titre d'après la table]
Le 13 du même mois, une procession solennelle a eu lieu à Soissons pour la translation des reliques de Saint Gervais et Saint Prothais, patrons de la cathédrale. Ces reliques, parmi les plus anciennes honorées par l'Église, avaient été conservées à Brissac depuis plusieurs siècles. La procession a rassemblé divers chapitres, communautés, ordres et paroisses, ainsi que des représentants du présidial, de l'élection et de la maréchaussée. La châsse contenant les reliques a été portée depuis l'église Saint-Crepin-le-Grand jusqu'à la cathédrale, distante d'environ un quart de lieue, par deux chanoines accompagnés de douze diacres portant des palmes. L'évêque de Soissons, revêtu de ses habits pontificaux, a suivi la châsse. Cinq reposoirs ornés différemment étaient disposés le long du parcours, celui de l'église de l'abbaye Notre-Dame étant le plus riche, préparé par Madame de La Rochefoucauld, abbesse de cette abbaye. Madame de La Rochefoucauld, accompagnée de Madame l'abbesse de Saint-Sauveur et de Madame de Marsillac, coadjutrice, a dirigé sa communauté qui a chanté des répons et des hymnes. L'évêque a prononcé un panégyrique des saints, soulignant leur martyre et rendant grâce au ciel pour la naissance d'un monarque ayant vaincu l'erreur calviniste. Il a également mentionné les talents de l'évêque de Meaux et la présence de Bossuet, frère de l'évêque de Meaux et nouvel intendant de la province. La cérémonie s'est conclue par un Te Deum chanté par la musique ordinaire, accompagné de cloches, de fifres et de tambours. Les reliques ont été exposées dans le chœur jusqu'au dimanche suivant.
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7
p. 107-112
Autres faites à Paris par les Augustins Reformez établis au Fauxbourg Saint Germain. [titre d'après la table]
Début :
Les Augustins Réformez établis au Fauxbourg Saint Germain, ont aussi [...]
Mots clefs :
Augustins réformés, Procession, Vêpres, Vénération, Abbaye, Chasse, Te Deum, Éloge, Martyrs, Fêtes
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texteReconnaissance textuelle : Autres faites à Paris par les Augustins Reformez établis au Fauxbourg Saint Germain. [titre d'après la table]
Les Auguſtins Réformez
établis au Fauxbourg Saint
Germain , ont auffi commencé
par une Proceffion la So-
# lemnité de l'Octave qu'ils
ont faite cette année de Saint
Feliciffime. Ils firent cette ,
Proceffion à l'iffuë de Vef
pres le Dimanche 29. Avril,
avec une pompe digné de la
evenération , qu'on doit avoir
pour ce Saint dont ils ont le
* Corps entier dans une Chaffe
de trois pieds de long & def
deux de large. Quatre Reli-
1
..
108 MERCURE
gieux Preftres revétus d'Au
bes & de Dalmatiques
la
portoient. Ils avoienr à leurs
coftez la Compagnie des Gardes
de M' le Duc de Crequi
Gouverneur de Paris avec
leurs Officiers , & eftoient
environnez d'une Troupe de
petits Anges portant des
Flambeaux & des bandero
les . La Proceffion eftant arrivée
à l'Abbaye de Saint Germain
des Prez , le Prieur en
Chappe qui l'attendoit avec
fes Religieux à la Porte de
l'Eglife , harangua le Pere
Talon , Prieur des Auguftins,
GALANT. 1og
qui l'avoit premierement harangué
fur le fujet de cette
Sainte Relique , aprés quoy
il fit chanter le Te Deum. On
alla dans l'Eglife des Peres
de la Charité , qui fe trouverent
tous à la Porte poury recevoir
la Proceffion , ce qui
eftant fait , elle retourna à
l'Eglife des Peres Auguſtins,
où la Chaffe fut posée ſur une
Table qui eftoit fur une Eſtrade
autour de laquelle il y
avoit une Baluftrade avec un
Eriche Dais au deffus. On
chanta le Te Deum , & pendant
ce temps les Religieux
To MERCURE
qui eftoient en deux Colomnes
au nombre de cent quatorze
vinrent deux à deux
>
baifer la Chaffe. Le Te Deum
achévé , M' le Curé de Saint
-Sulpice monta en Chaire , &
fit l'Eloge du Saint avec un
zele qui répondoit à ſa pieté.
La Chaffe demeura expofée
toute l'Octave , & beaucoup
de Perfonnes qui font venues
reclamer ce Saint , en ont receu
des foulagemens extraordinaires.
Les Peres Auguftins
Réformez du Faubourg
Saint Germain doiyent
ces préci.ufes Reliques
*
GALANT: III
J
à la pieufe liberalité de Ma
dame la Ducheffe de Crequi.
Elle les tenoit de Madame la
Ducheffe de Bracciane , qui
les luy donna le 10. Decembre
1682. & à laquelle M' le
Cardinal Porto Carrero les
avoit données . Il les avoit
receués de M' le Cardinal
Carpégna pour lequel le
Corps de Saint Feliciffime
: avoit efté tiré du Cimetiere
de Prétextat par ordre de
Clement X. avec pouvoir de
le garder , ou de le donner à
quelque autre , comme il le
jugeroit à propos.Ce Saint eſt
112 MERCURE
celuy qui eftoit le Diacre de
Sixte II. Pape & Martyr , &
qui fouffrit le Martyre avec
luy & Saint Agapit, fon autre
Diacre,fous l'Empereur Valerien
. L'Eglife celebre la Fefte
de plufieurs autres Saints qui
ont porté le nom de Felicifime
, mais comme il n'y a que
le Diacre de Saint Sixte qui ait
eftéinhumé dans le Cimetiere
de Prétetxat
, on ne peut
sdouter que ce ne foit ce Mar.
tyr Illuftre , dont le Corps en
a efté tiré de nos jours.
établis au Fauxbourg Saint
Germain , ont auffi commencé
par une Proceffion la So-
# lemnité de l'Octave qu'ils
ont faite cette année de Saint
Feliciffime. Ils firent cette ,
Proceffion à l'iffuë de Vef
pres le Dimanche 29. Avril,
avec une pompe digné de la
evenération , qu'on doit avoir
pour ce Saint dont ils ont le
* Corps entier dans une Chaffe
de trois pieds de long & def
deux de large. Quatre Reli-
1
..
108 MERCURE
gieux Preftres revétus d'Au
bes & de Dalmatiques
la
portoient. Ils avoienr à leurs
coftez la Compagnie des Gardes
de M' le Duc de Crequi
Gouverneur de Paris avec
leurs Officiers , & eftoient
environnez d'une Troupe de
petits Anges portant des
Flambeaux & des bandero
les . La Proceffion eftant arrivée
à l'Abbaye de Saint Germain
des Prez , le Prieur en
Chappe qui l'attendoit avec
fes Religieux à la Porte de
l'Eglife , harangua le Pere
Talon , Prieur des Auguftins,
GALANT. 1og
qui l'avoit premierement harangué
fur le fujet de cette
Sainte Relique , aprés quoy
il fit chanter le Te Deum. On
alla dans l'Eglife des Peres
de la Charité , qui fe trouverent
tous à la Porte poury recevoir
la Proceffion , ce qui
eftant fait , elle retourna à
l'Eglife des Peres Auguſtins,
où la Chaffe fut posée ſur une
Table qui eftoit fur une Eſtrade
autour de laquelle il y
avoit une Baluftrade avec un
Eriche Dais au deffus. On
chanta le Te Deum , & pendant
ce temps les Religieux
To MERCURE
qui eftoient en deux Colomnes
au nombre de cent quatorze
vinrent deux à deux
>
baifer la Chaffe. Le Te Deum
achévé , M' le Curé de Saint
-Sulpice monta en Chaire , &
fit l'Eloge du Saint avec un
zele qui répondoit à ſa pieté.
La Chaffe demeura expofée
toute l'Octave , & beaucoup
de Perfonnes qui font venues
reclamer ce Saint , en ont receu
des foulagemens extraordinaires.
Les Peres Auguftins
Réformez du Faubourg
Saint Germain doiyent
ces préci.ufes Reliques
*
GALANT: III
J
à la pieufe liberalité de Ma
dame la Ducheffe de Crequi.
Elle les tenoit de Madame la
Ducheffe de Bracciane , qui
les luy donna le 10. Decembre
1682. & à laquelle M' le
Cardinal Porto Carrero les
avoit données . Il les avoit
receués de M' le Cardinal
Carpégna pour lequel le
Corps de Saint Feliciffime
: avoit efté tiré du Cimetiere
de Prétextat par ordre de
Clement X. avec pouvoir de
le garder , ou de le donner à
quelque autre , comme il le
jugeroit à propos.Ce Saint eſt
112 MERCURE
celuy qui eftoit le Diacre de
Sixte II. Pape & Martyr , &
qui fouffrit le Martyre avec
luy & Saint Agapit, fon autre
Diacre,fous l'Empereur Valerien
. L'Eglife celebre la Fefte
de plufieurs autres Saints qui
ont porté le nom de Felicifime
, mais comme il n'y a que
le Diacre de Saint Sixte qui ait
eftéinhumé dans le Cimetiere
de Prétetxat
, on ne peut
sdouter que ce ne foit ce Mar.
tyr Illuftre , dont le Corps en
a efté tiré de nos jours.
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Résumé : Autres faites à Paris par les Augustins Reformez établis au Fauxbourg Saint Germain. [titre d'après la table]
Le 29 avril, les Augustins Réformés du Faubourg Saint-Germain ont célébré la solennité de l'Octave de Saint Félicissime. Une procession, dirigée par quatre religieux portant une châsse contenant le corps du saint, s'est rendue à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, escortée par la Compagnie des Gardes du Duc de Créqui et des enfants portant des flambeaux et des bannières. À l'arrivée, le prieur de l'abbaye a adressé un discours au père Talon, prieur des Augustins, suivi du chant du Te Deum. La procession a ensuite rejoint l'église des Pères de la Charité avant de revenir à l'église des Pères Augustins, où cent quatorze religieux ont vénéré la châsse. Le curé de Saint-Sulpice a loué le saint. La châsse est restée exposée durant toute l'octave, attirant de nombreux fidèles espérant des miracles. Les reliques, offertes par la Duchesse de Créqui, provenaient de la Duchesse de Bracciano, qui les avait reçues du Cardinal Porto Carrero, lui-même les ayant obtenues du Cardinal Carpégna. Le corps de Saint Félicissime, diacre de Sixte II et martyr sous l'empereur Valérien, avait été exhumé du cimetière de Prétextat par ordre du pape Clément X.
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8
p. 7-21
Ceremonies faites à la Pompe funebre de Monsieur l'Electeur Palatin. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay appris la mort de Monsieur l'Electeur Palatin. [...]
Mots clefs :
Décès, Électeur palatin, Cérémonies, Officiers de la Cour, Pompe funèbre, Gardes du corps, Valets, Gentilshommes, Capitaine, Chambre, Procession, Ambassadeur, Ministre, Ecclésiastiques, Seigneurs, Église, Bourgeoisie, Grands vassaux
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texteReconnaissance textuelle : Ceremonies faites à la Pompe funebre de Monsieur l'Electeur Palatin. [titre d'après la table]
Je vous ay appris la mort
A
iiij
8 MERCURE
de Monfieur l'Electeur Palatin.
Voicy ce que j'ay tiré
d'une Relation tres exacte ,
touchant les Ceremonies
qui ont efté faites à la Pompe
Funebre de ce Prince . Tous
les Officiers de la Cour , qui
devoient y affifter , s'eſtant
rendus le 10. du mois paffé
fur les dix heures & demie
du foir dans la grande Salle
des Gardes , avec de grands
Manteaux trainans , le Corps
de S. A.E. fut tiré de la Chambre
des
Empereurs, par vingt
quatre Seigneurs du Pays ,
Vaffaux de cet Electeur. Ils
GALANT. 9
le porterent fur leurs épaules
jnfqu'au Char lugubre fur
lequel il devoit eftre , & qui
eftoit attelé au pied de l'Efcalier
de la Salle . Ce Char
eftoit couvert de drap noir,
trainant jufqu'à terre . Si toſt
qu'on eut mis le Corps deffus
, on le couvrit auffi d'un
grand drap de velours noir,
bordé d'hermine aux extré
mitez , & pendant à terre
comme le premier. La marche
fut commencée par fix
Gardes du Corps , qui faifoient
retirer la foule , afin de
rendre le paffage libre. Deux
10 MERCURE
Seigneurs Vaffaux fuivoient,
chacun avec un Bafton de
Commandement
. On voyoit
enfuite deux à deux les vingt
quatreSeigneurs,qui avoient
porté le Corps fur le Char
funebre. Six Valets de pied
venoient apres eux. Ils tenoient
chacun deux Flambeaux
de cire blanche , &
marchoient devant M. de
Richt , Ordonnateur des ordres
du Palais, & grand Chabellan
de feu Mofieur l'Ele-
&teur, & M. Dorigny de Cormont,
Maistre d'Hoftel de ce
mefme Prince , qui avoient
GALANT. II
chacun un Bafton de Commandement
à la main. Quelques
pas apres fuivoit leChar
attelé de huit chevaux caparaçonnez
de noir . Quatre
Seigneurs Vaffaux menoient
les quatre premiers . M. de
Purcius , & M. de Geyder,
Gentilshommes de la Cour,
en menoient deux autres ; &
les deux derniers , qui eftoient
les plus proches de ce
Char, eftoient menez par M.
de Chevrieres Montauban ,
& par M" Colembahe
tous deux Gentilshommes.
de la Chambre du feu Prin12
MERCURE
:
ce, & Capitaines dás fes Gardes
. Le grand Drap qui couvroit
le Char, eftoit foûtenu
aux extrémitez de chaque
coin parM.de Barſchs, grand
Maître d'Hoftel de Madame
l'Electrice Mere ; par M. de
Flove , grand Maiſtre d'Hoftel
de Madame l'Electrice
;
par M. de Berneſtein , grand
Bailly d'Heidelberg
; & par
M. Dedelfein
, grand Bailly
de Mofbahc , & Ecuyer de
feu Monfieur l'Electeur.Il
avoit par deffus le Char un
Dais , que foûtenoient fix
Gentilshommes de la Chamy
GALANT. 13
bre de l'Electeur Charles
Loüis , Pere du Defunt , &
fix Seigneurs du Pays. Ce
Dais eftoit de velours noir,
bordé d'hermines. De chaque
cofté du Char , marchoient
feize Gardes du
Corps, & quatorze Trabans,
ayant à leur tefte M. de Feningen,
Lieutenant Colonel
des Gardes, & grand Veneur,
& M. de Vaкerbac
, Capitaine
Lieutenant des Gardes du
Corps. Vingt - quatre Pages
de la Chambre, chacun avec
deux Flambeaux de cire bláche
, marchoient à coſté des
14 MERCURE
Gardes. Apres le Char , venoit
M. le Baron de Stein-
Kandsfelds grand Maréchal
de l'Electorat, & grand Bailly
du Duché de Simmeren,
precedé par fix autres Pages
avec des Flambeaux. Le
Grand Maistre de l'Ordre
Teutonique , Fils de Monfieur
le Duc de Neubourg,
à preſent Electeur, marchoit
enfuite , precedé auſſi par
huit Pages avec des Flambeaux.
Douze Gardes du
Corps eftoient à coſté de fa
Perfonne , & la queuë de
fon Manteau eftoit portée
GALANT
15
par M. de Krelfem , Gentilhomme
de la Chambre du
Defunt , & par M' de Kreit
ges
& d'Altemberg , deux de fes
Gentilshommes
. Quatre Pafuivoient
encore la perfonne
de Monfieur le Grand
Maiſtre, avec douze Gardes
Suiffes armez de leurs Pertuifanes
; apres quoy venoit
M. le Comte de Statemberg
,
Frere du fameuxGouverneur
de Vienne , qui eft Lieutenant
General de l'Artillerie
Imperiale, & Gouverneur de
Philifbourg. Deux Pages le
precedoient avec des Flain16
MERCURE
beaux , & la queuë de fon
Manteau eftoit portée par
un autre Page. M. le Comte
de Caſtel , premier Miniſtre
de feu S. A. E. Grand Maître
de fa Maiſon , & Comte de
l'Empire , paroiffoit enfuite,
& precedoit trois Raugraves.
Les Ambaffadeurs &
Miniftres Etrangers marchoient
aprés eux , avec un
grand nombre de Gentilshommes
& de Pages . Ils eftoient
accompagnez des Envoyez
des Princes ou des
Comtes Souverains Vaffaux
du Prince defunt, & de ceux
GALANT. 17
des Villes Imperiales ou Vaffales
.Apres toute cette Troupe
venoit M. le Comte de
Vikeſtein, Grand Ecuyer de
S. A. E. accompagné de tous
les Officiers de la Cour , des
Gouverneurs des Places du
Pays , des Baillis , & autres
Commandans.Quatre Pages
le precedoient avec des Flabeaux
. Il eftoit fuivy du Con
feil d'Etat en Corps , du Confeil
Ecclefiaftique auffi en´
Corps , des deux Chambres .
de Juftice, & des deux Chambres
des Comptes , menées
parM.le Baron Deſtein, Pre-
Aoust 1685.
B
18 MERCURE
fident de la premiere, & Surintendant
des Finances . Le
Corps de l'Univerfité avec
fon Sceptre de Juſtice parti -
culiere , fuivoit tous ces
Corps , & precedoit celuy
des Ecclefiaftiques d'Heidelberg,
& Meffieurs du Magiftrat
, qui estoient accompagnez
du Corps des Doyens
de chaque Meîtier de la Ville
. Cette Troupe eftoit fuivie
des cent Dragons du
Corps,menez par M.de Marcheville
, qui en eſt le Capitaine
Lieutenant . Deux cens
perfonnes, portant des Flam-
1
GALANT.
19
beaux & de grands Manteaux
, marchoient deux à
deux , & finiffoient le Convoy
funebre . On partit de la
baffe -Court du Chafteau Electoral
, à l'heure que j'ay
marquée au commencemet
de cet article . Tous les Va
lets de pied de feu Monſieur
l'Electeur , des deux Electri--
ces , & des Officiers de la
Cour , marchoient en deux
files fur les ailes de tout ce
Convoy. Ils avoient de grads
Manteaux , & tenoient tous
des Flambeaux pour éclairer
la Ceremonie . On marcha
Bij
20 MERCURE
le
a
dans cet ordre- là , depuis le
Palais Electoral jufques à l'Eglife
du S. Efprit , en paſſant
long des remparts pour
venir à l'entrée de la Ville
par la porte du Fauxbourg,
où l'on avoit commencé à
mettre en haye les Soldats
du Regiment des Gardes,
jufques à la porte de l'Eglife.
Les vingt - quatre Seigneurs
Vaffaux qui avoient
mis le Corps fur le Char, l'en
ayant tiré , le porterent au
Maufolée qu'on luy avoit
prepare. Ils l'y placerent au
bruit de toute la Moufque-
1
GALANT. 21
terie des Soldats , jointe à
celle de la Bourgeoisie en
armes , & à l'Artillerie du
Chafteau & de la Ville , qui
frent dans ce moment une
décharge de tout leur Canon.
Cela eftant fait , M' le
Grand Maiſtre fortit de l'Eglife
, accompagné de toute
la Cour , & monta en Carroffe
, ce que firent la plûpart
de ceux qui s'eftoient
trouvez à cette lugubre Ceremonie,
à caufe du mauvais
temps qui furvint ,
A
iiij
8 MERCURE
de Monfieur l'Electeur Palatin.
Voicy ce que j'ay tiré
d'une Relation tres exacte ,
touchant les Ceremonies
qui ont efté faites à la Pompe
Funebre de ce Prince . Tous
les Officiers de la Cour , qui
devoient y affifter , s'eſtant
rendus le 10. du mois paffé
fur les dix heures & demie
du foir dans la grande Salle
des Gardes , avec de grands
Manteaux trainans , le Corps
de S. A.E. fut tiré de la Chambre
des
Empereurs, par vingt
quatre Seigneurs du Pays ,
Vaffaux de cet Electeur. Ils
GALANT. 9
le porterent fur leurs épaules
jnfqu'au Char lugubre fur
lequel il devoit eftre , & qui
eftoit attelé au pied de l'Efcalier
de la Salle . Ce Char
eftoit couvert de drap noir,
trainant jufqu'à terre . Si toſt
qu'on eut mis le Corps deffus
, on le couvrit auffi d'un
grand drap de velours noir,
bordé d'hermine aux extré
mitez , & pendant à terre
comme le premier. La marche
fut commencée par fix
Gardes du Corps , qui faifoient
retirer la foule , afin de
rendre le paffage libre. Deux
10 MERCURE
Seigneurs Vaffaux fuivoient,
chacun avec un Bafton de
Commandement
. On voyoit
enfuite deux à deux les vingt
quatreSeigneurs,qui avoient
porté le Corps fur le Char
funebre. Six Valets de pied
venoient apres eux. Ils tenoient
chacun deux Flambeaux
de cire blanche , &
marchoient devant M. de
Richt , Ordonnateur des ordres
du Palais, & grand Chabellan
de feu Mofieur l'Ele-
&teur, & M. Dorigny de Cormont,
Maistre d'Hoftel de ce
mefme Prince , qui avoient
GALANT. II
chacun un Bafton de Commandement
à la main. Quelques
pas apres fuivoit leChar
attelé de huit chevaux caparaçonnez
de noir . Quatre
Seigneurs Vaffaux menoient
les quatre premiers . M. de
Purcius , & M. de Geyder,
Gentilshommes de la Cour,
en menoient deux autres ; &
les deux derniers , qui eftoient
les plus proches de ce
Char, eftoient menez par M.
de Chevrieres Montauban ,
& par M" Colembahe
tous deux Gentilshommes.
de la Chambre du feu Prin12
MERCURE
:
ce, & Capitaines dás fes Gardes
. Le grand Drap qui couvroit
le Char, eftoit foûtenu
aux extrémitez de chaque
coin parM.de Barſchs, grand
Maître d'Hoftel de Madame
l'Electrice Mere ; par M. de
Flove , grand Maiſtre d'Hoftel
de Madame l'Electrice
;
par M. de Berneſtein , grand
Bailly d'Heidelberg
; & par
M. Dedelfein
, grand Bailly
de Mofbahc , & Ecuyer de
feu Monfieur l'Electeur.Il
avoit par deffus le Char un
Dais , que foûtenoient fix
Gentilshommes de la Chamy
GALANT. 13
bre de l'Electeur Charles
Loüis , Pere du Defunt , &
fix Seigneurs du Pays. Ce
Dais eftoit de velours noir,
bordé d'hermines. De chaque
cofté du Char , marchoient
feize Gardes du
Corps, & quatorze Trabans,
ayant à leur tefte M. de Feningen,
Lieutenant Colonel
des Gardes, & grand Veneur,
& M. de Vaкerbac
, Capitaine
Lieutenant des Gardes du
Corps. Vingt - quatre Pages
de la Chambre, chacun avec
deux Flambeaux de cire bláche
, marchoient à coſté des
14 MERCURE
Gardes. Apres le Char , venoit
M. le Baron de Stein-
Kandsfelds grand Maréchal
de l'Electorat, & grand Bailly
du Duché de Simmeren,
precedé par fix autres Pages
avec des Flambeaux. Le
Grand Maistre de l'Ordre
Teutonique , Fils de Monfieur
le Duc de Neubourg,
à preſent Electeur, marchoit
enfuite , precedé auſſi par
huit Pages avec des Flambeaux.
Douze Gardes du
Corps eftoient à coſté de fa
Perfonne , & la queuë de
fon Manteau eftoit portée
GALANT
15
par M. de Krelfem , Gentilhomme
de la Chambre du
Defunt , & par M' de Kreit
ges
& d'Altemberg , deux de fes
Gentilshommes
. Quatre Pafuivoient
encore la perfonne
de Monfieur le Grand
Maiſtre, avec douze Gardes
Suiffes armez de leurs Pertuifanes
; apres quoy venoit
M. le Comte de Statemberg
,
Frere du fameuxGouverneur
de Vienne , qui eft Lieutenant
General de l'Artillerie
Imperiale, & Gouverneur de
Philifbourg. Deux Pages le
precedoient avec des Flain16
MERCURE
beaux , & la queuë de fon
Manteau eftoit portée par
un autre Page. M. le Comte
de Caſtel , premier Miniſtre
de feu S. A. E. Grand Maître
de fa Maiſon , & Comte de
l'Empire , paroiffoit enfuite,
& precedoit trois Raugraves.
Les Ambaffadeurs &
Miniftres Etrangers marchoient
aprés eux , avec un
grand nombre de Gentilshommes
& de Pages . Ils eftoient
accompagnez des Envoyez
des Princes ou des
Comtes Souverains Vaffaux
du Prince defunt, & de ceux
GALANT. 17
des Villes Imperiales ou Vaffales
.Apres toute cette Troupe
venoit M. le Comte de
Vikeſtein, Grand Ecuyer de
S. A. E. accompagné de tous
les Officiers de la Cour , des
Gouverneurs des Places du
Pays , des Baillis , & autres
Commandans.Quatre Pages
le precedoient avec des Flabeaux
. Il eftoit fuivy du Con
feil d'Etat en Corps , du Confeil
Ecclefiaftique auffi en´
Corps , des deux Chambres .
de Juftice, & des deux Chambres
des Comptes , menées
parM.le Baron Deſtein, Pre-
Aoust 1685.
B
18 MERCURE
fident de la premiere, & Surintendant
des Finances . Le
Corps de l'Univerfité avec
fon Sceptre de Juſtice parti -
culiere , fuivoit tous ces
Corps , & precedoit celuy
des Ecclefiaftiques d'Heidelberg,
& Meffieurs du Magiftrat
, qui estoient accompagnez
du Corps des Doyens
de chaque Meîtier de la Ville
. Cette Troupe eftoit fuivie
des cent Dragons du
Corps,menez par M.de Marcheville
, qui en eſt le Capitaine
Lieutenant . Deux cens
perfonnes, portant des Flam-
1
GALANT.
19
beaux & de grands Manteaux
, marchoient deux à
deux , & finiffoient le Convoy
funebre . On partit de la
baffe -Court du Chafteau Electoral
, à l'heure que j'ay
marquée au commencemet
de cet article . Tous les Va
lets de pied de feu Monſieur
l'Electeur , des deux Electri--
ces , & des Officiers de la
Cour , marchoient en deux
files fur les ailes de tout ce
Convoy. Ils avoient de grads
Manteaux , & tenoient tous
des Flambeaux pour éclairer
la Ceremonie . On marcha
Bij
20 MERCURE
le
a
dans cet ordre- là , depuis le
Palais Electoral jufques à l'Eglife
du S. Efprit , en paſſant
long des remparts pour
venir à l'entrée de la Ville
par la porte du Fauxbourg,
où l'on avoit commencé à
mettre en haye les Soldats
du Regiment des Gardes,
jufques à la porte de l'Eglife.
Les vingt - quatre Seigneurs
Vaffaux qui avoient
mis le Corps fur le Char, l'en
ayant tiré , le porterent au
Maufolée qu'on luy avoit
prepare. Ils l'y placerent au
bruit de toute la Moufque-
1
GALANT. 21
terie des Soldats , jointe à
celle de la Bourgeoisie en
armes , & à l'Artillerie du
Chafteau & de la Ville , qui
frent dans ce moment une
décharge de tout leur Canon.
Cela eftant fait , M' le
Grand Maiſtre fortit de l'Eglife
, accompagné de toute
la Cour , & monta en Carroffe
, ce que firent la plûpart
de ceux qui s'eftoient
trouvez à cette lugubre Ceremonie,
à caufe du mauvais
temps qui furvint ,
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Résumé : Ceremonies faites à la Pompe funebre de Monsieur l'Electeur Palatin. [titre d'après la table]
Le texte décrit les cérémonies funéraires de l'Électeur Palatin. Le 10 du mois précédent, à dix heures et demie du soir, les officiers de la cour se rassemblèrent dans la grande salle des Gardes, vêtus de grands manteaux traînants. Le corps de l'Électeur fut transporté par vingt-quatre seigneurs jusqu'à un char funèbre situé au pied de l'escalier. Ce char, recouvert de drap noir et de velours noir bordé d'hermine, était tiré par huit chevaux caparaçonnés de noir. La procession débuta avec six gardes du corps, suivis par les seigneurs, six valets de pied portant des flambeaux, et divers dignitaires, dont M. de Richt et M. Dorigny de Cormont. Le cortège comprenait également des membres du conseil d'État, du conseil ecclésiastique, des chambres de justice et des chambres des comptes, ainsi que des ambassadeurs étrangers. Il se dirigea de la basse-cour du château électoral à l'église du Saint-Esprit, longeant les remparts. À l'arrivée à l'église, des soldats du régiment des Gardes étaient alignés. Les seigneurs transportèrent le corps jusqu'à un mausolée, accompagnés par une salve d'artillerie provenant des soldats, de la bourgeoisie en armes, ainsi que des canons du château et de la ville. Après la mise en place du corps, Monsieur le Grand Maître sortit de l'église, suivi par la cour, et tous montèrent en carrosse en raison du mauvais temps.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 181-195
Affaires de Remiremont. [titre d'après la table]
Début :
Le 23. du dernier mois, Dame Elisabeth Gabrielle Françoise Rouxel [...]
Mots clefs :
Dame de Médavy, Serment, Parlement, Dignité, Abbaye de Remiremont, Assemblée, Fille, Baron, Princesse, Abbesse, Audiences, Érudition, Chapitre, Esprit, Vertu, Archevêque, Comte, Chanoinesses, Établissement, Doyenne, Habillement, Procession
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texteReconnaissance textuelle : Affaires de Remiremont. [titre d'après la table]
Le 23. du dernier mois , Dame
Elifabeth GabrielleFrançoife
Rouxel de Medavy,
prefta Serment au Parlemết
de Mets , dans les formes ordinaires,
& en Habit de Ceremonie
pour la Dignité de
Secrette ou Sacriftine , de l'Illuftre
College , Chapitre , &
Abbaye de Remiremont , à
laquelle elle avoit eſté éleuë
dans l'Affemblée du 16. du
mefine mois , en conformité
& en conféquence d'un Arreft
rendu quelques jours
182 MERCURE
auparavant
par ce mefme
Parlement
. Comme
l'affaire
a fort éclaté , il ſera bon
de vous l'expliquer
en peu
de mots
.
Dame Anne de Malin de
Luz , Fille de M. le Baron de
Luz , Lieutenant Genéral de
la Province de Bourgogne
,
derniere Secrete de Remiremont
, eftant morte au mois
d'Avril 1684. aprés 48. ans de
paifible poffeffion de cette
Dignité de Secrette , Madame
la Princeffe de Salm Abbeffe
, appuya les intéreſts
de Madame la Princeffe
*
GALANT. 183
Chriftine de Salm fa Soeur,
Niece de Prébende , qui s'étant
pourveuë en Cour de
Rome obtint une Bulle
comme ayant expofé la Vacance
de ce Benéfice , dans
un mois du Pape , mais lors
qu'elle voulut en prendre
poffeffion , il y eut oppofition
formée de la part du
Chapitre , qui ayant éleu en
mefme temps tumultuairement
& fans formalitez
Madame de Médavy, luy fit
pareillement prendre pof
feffion le 18. Juillet de la
meſme année , malgré l'op184
MERCURE
pofition reciproqûe de Madame
la Princeffe Chriftine
de Salm . Le lendemain jour
fixé pour
l'Election , Madame
l'Abbeffe de Remiremont
fit élire en cas de befoin
, Madame la Princeſſe
Chriſtine
fa Soeur par quatre
ou cinq de fesDames & quelques
Niéces ; & les autres en
bien plus grand nombre,
avec Madame la Doyenne
à leur tefte , éleurent une feconde
fois Madame de Médavy
. Les longues conteftations
que l'on fit de part
& d'autres , furent enfin
GALANT. 185
portées au Parlement de
Mets , où M. Thorel parla
pour Madame de Médavy,
pendant quatre Audiences
avec autant de grace que
d'éloquence , & il fut fecon--
dé dans la cinquième
pour
l'intervention
du Chapitre
par M. Viry , un des plus fameux
Avocats de ce Parle--
ment , & incomparable pour
les matieres Ecclefiaftiques
.
La fixiéme & la feptiéme
Audience furent remplies
,
avec beaucoup d'érudition
& de politeffe , par M. Bour--
fier Avocat de Madame la
Aoust 1685. Q.
186 MERCURE
Princeffe Chriftine ; & enfin
aprés que les repliques eurent
efté achevées dans la
huitiéme Audience une
neufiéme termina la difficulté.
Elle fut dignement occupée
par le plaidoyé de MCorberon
, Procureur Genéral
, au milieu d'une foule
extraordinaire de Perfonnes
de tousSexes & de tousEtats .
Il feroit inutile de vous parler
de la netteté & de la force
de fon expreſſion , puis qu'il
ne peut rien fortir duConfeil
que d'achevé , & qu'aprés y
avoir porté avec fuccez la
GALANT. 187
i parole pour le Roy , on eft
toûjours affeuré de paroiftre
ailleurs avec éclat. Auffi la
Courfuivant fesConclufions
ordonna le fecond du dernier
mois,que faifat droit fur l'ln.
tervention du Chapitre de
Remiremót, il feroit mainte--
nu dás le pouvoir d'élire une
Secrete ; & que fans avoir
égard à la Bulle de Madame
la Princeffe Chriftine , ny à
l'Election prétendue faite
de fa . Perfonne , non plus
qu'aux deux autres Elections
pareillement prétendues faites
de la Perfonne de Mada--
Qij
188 MERCURE
me de Medavy ,il feroit procedé
le
15.
de Juillet à une
nouvelle Election d'une Secrette
en la maniere ordinai
re.Cette Electió fe fit de nouveau
ce jour là 15. de l'autre
mois en faveur de Madame
de Médavy, qui joint à une Illuftre
naiſſance un efprit des
plus éclairez , & une vertu
des plus confommées . Elle
eft Fille de Meffire Guillaume
de Rouxel de Médavy,
Comte de Marey , Frere de
feu M. le Maréchal de Grancey
, & de M. l'Archevefque
de Rouen d'aujour
GALANT. 189
d'huy , & de Dame Marie
d'Achey , Fille d'Antoine
d'Achey , Gouverneur de
la Ville de Dole . Ce Comte
de Marey , Maréchal
des Camps & Armées du
Roy mourut affez jeu,
ne ,
8
d'une bleffeure receuë
au Combat de Briare en
1652 .. M. le Comte de Médavy
marié depuis peu à Mademoiſelle
de Maulévrier
Colbert , eft Neveu à la mode
de Bretagne de Madame
de Médavy , Secrette de Remiremont.
M. le Comte de
Marey tué en Candie en
190 MERCURE
1
1668. eftoit fon Frere . L'Illu
ftre College , Chapitre &
Abbaye de Remiront eft
auffi ancien que fingulier.
Plus de cinquante Dames .
s'y trouvent encore aujour--
d'huy , toutes de tres - grande
qualité. On n'y peut en..
trer qu'aprés avoir fait les
mefmes preuves de Noblef
fe que font Ms les Comtes :
de S. Jean de Lyon ; auffi
donne -t'on à ces Dames le:
Titre de Chanoineffes Comteffes
de Remiremont , quii
eft une petite Ville des .
Montagnes de la Vauge fur.
GALANT. 191
ου la Riviere de Mozelle ,
le dernier Tremblement de
terre fit tant de ravage . Cette
Abbaye reconnoiſt pour
Fondateur Romaric Comte
d'Avent , qui eftoit l'un des
principaux Seigneurs de la
Cour du Roy de Mets . Il fe
dépouilla de fon Comté , &
de tous fes autres biens en
faveur de cét établiſſement,
au commencement du fixiéme
Siecle . Ces Dames Chanoineffes
Comteffes ne font
point de Voeux folemnels , à
la réſerve de l'Abbeffe . Elles
peuvent ſe marier quand
192 MERCURE
bon leur femble , & poffeder
tous leurs biens en propre,.
de mefme que fi elles n'avoient
jamais quitté la Maifon
de leurs Parens. Elles
ont droit aprés quelques an
nées de prendre chez elles
une ou plufieurs Dames de
tous âges , qu'elles appellent
Niéces de Prébende , &
qui attendent des places vacantes
. Les unes ny les autres
ne portent point d'habits
différens des Dames du :
monde , fi ce n'eft au Chour
où elles chantent , & paroiffent
comme nos Chanoines
Seculiers..
GALANT. 191
Seculiers. Un long Manteau
traînant couvre leurs
épaules , & ce Manteau ſe
nouë par devant . Les Di
gnitez , qui font l'Abbeffe,
la Doyenne & la Secrette,
portent outre cela ce qu'-
elles appellent le grand
Couvrechef. C'est une efpece
de Voile de toile empefée
, qui s'attache avec
leurs Coifes. Il prend derriere
la tefte , & pend juſ
qu'à terre. L'Abbeffe ajoûte.
à cela une bordure d'Hermine
à fon Manteau , à fa
Jupe , & aux coûtures de fon
Aoust 1685.
R
194 MERCURE
Corps , avec une Croix dé
Diamans penduë au col , &
la Croffe auprés d'elle dans
fon Trône . Il y a dans le
Pays , & mefme dans la Ville
de Mets quelques Maifons
de Dames d'Eglife,
( c'eſt ainſi qu'on les "appelle
) qui font de ce caractere.
Elles vont en Proceffion de
leurs Eglifes à celle de Saint
Eftienne , Cathedrale de
Mets , le jour de la Feſte , &
aprés avoir chanté en arrivant
un Motet au Pulpitre,
elles fe retirent dans une
Chapelle particuliere , d'où
GALANT. 195
elles ne fortent que lors que
la grande Meffe eft achevée
; ce qui eftant fait , elles
s'en retournent chez elles
dans le mefme ordre. La
derniere fois que cette Proceffion
fe fit , qui fut le troifiéme
de ce mois Fefte de
l'Invention dé Saint Eftienne;
une des plus groffes Clo
ches tomba fur les trois heures
aprés midy fans fe caffer,
ny faire aucun autre mal
que de rompre deux Planchers
, & s'enfoncer dans
le dernier , qui touche la
voûte de l'un des Collateraux
.
Elifabeth GabrielleFrançoife
Rouxel de Medavy,
prefta Serment au Parlemết
de Mets , dans les formes ordinaires,
& en Habit de Ceremonie
pour la Dignité de
Secrette ou Sacriftine , de l'Illuftre
College , Chapitre , &
Abbaye de Remiremont , à
laquelle elle avoit eſté éleuë
dans l'Affemblée du 16. du
mefine mois , en conformité
& en conféquence d'un Arreft
rendu quelques jours
182 MERCURE
auparavant
par ce mefme
Parlement
. Comme
l'affaire
a fort éclaté , il ſera bon
de vous l'expliquer
en peu
de mots
.
Dame Anne de Malin de
Luz , Fille de M. le Baron de
Luz , Lieutenant Genéral de
la Province de Bourgogne
,
derniere Secrete de Remiremont
, eftant morte au mois
d'Avril 1684. aprés 48. ans de
paifible poffeffion de cette
Dignité de Secrette , Madame
la Princeffe de Salm Abbeffe
, appuya les intéreſts
de Madame la Princeffe
*
GALANT. 183
Chriftine de Salm fa Soeur,
Niece de Prébende , qui s'étant
pourveuë en Cour de
Rome obtint une Bulle
comme ayant expofé la Vacance
de ce Benéfice , dans
un mois du Pape , mais lors
qu'elle voulut en prendre
poffeffion , il y eut oppofition
formée de la part du
Chapitre , qui ayant éleu en
mefme temps tumultuairement
& fans formalitez
Madame de Médavy, luy fit
pareillement prendre pof
feffion le 18. Juillet de la
meſme année , malgré l'op184
MERCURE
pofition reciproqûe de Madame
la Princeffe Chriftine
de Salm . Le lendemain jour
fixé pour
l'Election , Madame
l'Abbeffe de Remiremont
fit élire en cas de befoin
, Madame la Princeſſe
Chriſtine
fa Soeur par quatre
ou cinq de fesDames & quelques
Niéces ; & les autres en
bien plus grand nombre,
avec Madame la Doyenne
à leur tefte , éleurent une feconde
fois Madame de Médavy
. Les longues conteftations
que l'on fit de part
& d'autres , furent enfin
GALANT. 185
portées au Parlement de
Mets , où M. Thorel parla
pour Madame de Médavy,
pendant quatre Audiences
avec autant de grace que
d'éloquence , & il fut fecon--
dé dans la cinquième
pour
l'intervention
du Chapitre
par M. Viry , un des plus fameux
Avocats de ce Parle--
ment , & incomparable pour
les matieres Ecclefiaftiques
.
La fixiéme & la feptiéme
Audience furent remplies
,
avec beaucoup d'érudition
& de politeffe , par M. Bour--
fier Avocat de Madame la
Aoust 1685. Q.
186 MERCURE
Princeffe Chriftine ; & enfin
aprés que les repliques eurent
efté achevées dans la
huitiéme Audience une
neufiéme termina la difficulté.
Elle fut dignement occupée
par le plaidoyé de MCorberon
, Procureur Genéral
, au milieu d'une foule
extraordinaire de Perfonnes
de tousSexes & de tousEtats .
Il feroit inutile de vous parler
de la netteté & de la force
de fon expreſſion , puis qu'il
ne peut rien fortir duConfeil
que d'achevé , & qu'aprés y
avoir porté avec fuccez la
GALANT. 187
i parole pour le Roy , on eft
toûjours affeuré de paroiftre
ailleurs avec éclat. Auffi la
Courfuivant fesConclufions
ordonna le fecond du dernier
mois,que faifat droit fur l'ln.
tervention du Chapitre de
Remiremót, il feroit mainte--
nu dás le pouvoir d'élire une
Secrete ; & que fans avoir
égard à la Bulle de Madame
la Princeffe Chriftine , ny à
l'Election prétendue faite
de fa . Perfonne , non plus
qu'aux deux autres Elections
pareillement prétendues faites
de la Perfonne de Mada--
Qij
188 MERCURE
me de Medavy ,il feroit procedé
le
15.
de Juillet à une
nouvelle Election d'une Secrette
en la maniere ordinai
re.Cette Electió fe fit de nouveau
ce jour là 15. de l'autre
mois en faveur de Madame
de Médavy, qui joint à une Illuftre
naiſſance un efprit des
plus éclairez , & une vertu
des plus confommées . Elle
eft Fille de Meffire Guillaume
de Rouxel de Médavy,
Comte de Marey , Frere de
feu M. le Maréchal de Grancey
, & de M. l'Archevefque
de Rouen d'aujour
GALANT. 189
d'huy , & de Dame Marie
d'Achey , Fille d'Antoine
d'Achey , Gouverneur de
la Ville de Dole . Ce Comte
de Marey , Maréchal
des Camps & Armées du
Roy mourut affez jeu,
ne ,
8
d'une bleffeure receuë
au Combat de Briare en
1652 .. M. le Comte de Médavy
marié depuis peu à Mademoiſelle
de Maulévrier
Colbert , eft Neveu à la mode
de Bretagne de Madame
de Médavy , Secrette de Remiremont.
M. le Comte de
Marey tué en Candie en
190 MERCURE
1
1668. eftoit fon Frere . L'Illu
ftre College , Chapitre &
Abbaye de Remiront eft
auffi ancien que fingulier.
Plus de cinquante Dames .
s'y trouvent encore aujour--
d'huy , toutes de tres - grande
qualité. On n'y peut en..
trer qu'aprés avoir fait les
mefmes preuves de Noblef
fe que font Ms les Comtes :
de S. Jean de Lyon ; auffi
donne -t'on à ces Dames le:
Titre de Chanoineffes Comteffes
de Remiremont , quii
eft une petite Ville des .
Montagnes de la Vauge fur.
GALANT. 191
ου la Riviere de Mozelle ,
le dernier Tremblement de
terre fit tant de ravage . Cette
Abbaye reconnoiſt pour
Fondateur Romaric Comte
d'Avent , qui eftoit l'un des
principaux Seigneurs de la
Cour du Roy de Mets . Il fe
dépouilla de fon Comté , &
de tous fes autres biens en
faveur de cét établiſſement,
au commencement du fixiéme
Siecle . Ces Dames Chanoineffes
Comteffes ne font
point de Voeux folemnels , à
la réſerve de l'Abbeffe . Elles
peuvent ſe marier quand
192 MERCURE
bon leur femble , & poffeder
tous leurs biens en propre,.
de mefme que fi elles n'avoient
jamais quitté la Maifon
de leurs Parens. Elles
ont droit aprés quelques an
nées de prendre chez elles
une ou plufieurs Dames de
tous âges , qu'elles appellent
Niéces de Prébende , &
qui attendent des places vacantes
. Les unes ny les autres
ne portent point d'habits
différens des Dames du :
monde , fi ce n'eft au Chour
où elles chantent , & paroiffent
comme nos Chanoines
Seculiers..
GALANT. 191
Seculiers. Un long Manteau
traînant couvre leurs
épaules , & ce Manteau ſe
nouë par devant . Les Di
gnitez , qui font l'Abbeffe,
la Doyenne & la Secrette,
portent outre cela ce qu'-
elles appellent le grand
Couvrechef. C'est une efpece
de Voile de toile empefée
, qui s'attache avec
leurs Coifes. Il prend derriere
la tefte , & pend juſ
qu'à terre. L'Abbeffe ajoûte.
à cela une bordure d'Hermine
à fon Manteau , à fa
Jupe , & aux coûtures de fon
Aoust 1685.
R
194 MERCURE
Corps , avec une Croix dé
Diamans penduë au col , &
la Croffe auprés d'elle dans
fon Trône . Il y a dans le
Pays , & mefme dans la Ville
de Mets quelques Maifons
de Dames d'Eglife,
( c'eſt ainſi qu'on les "appelle
) qui font de ce caractere.
Elles vont en Proceffion de
leurs Eglifes à celle de Saint
Eftienne , Cathedrale de
Mets , le jour de la Feſte , &
aprés avoir chanté en arrivant
un Motet au Pulpitre,
elles fe retirent dans une
Chapelle particuliere , d'où
GALANT. 195
elles ne fortent que lors que
la grande Meffe eft achevée
; ce qui eftant fait , elles
s'en retournent chez elles
dans le mefme ordre. La
derniere fois que cette Proceffion
fe fit , qui fut le troifiéme
de ce mois Fefte de
l'Invention dé Saint Eftienne;
une des plus groffes Clo
ches tomba fur les trois heures
aprés midy fans fe caffer,
ny faire aucun autre mal
que de rompre deux Planchers
, & s'enfoncer dans
le dernier , qui touche la
voûte de l'un des Collateraux
.
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Résumé : Affaires de Remiremont. [titre d'après la table]
Le 23 août 1685, Élisabeth Gabrielle Françoise Rouxel de Médavy a prêté serment au Parlement de Metz pour devenir Secrétaire ou Sacristine de l'Illustre Collège, Chapitre et Abbaye de Remiremont. Elle avait été élue lors de l'assemblée du 16 juillet précédent, suite à un arrêt du Parlement. Cette élection faisait suite au décès de Dame Anne de Malin de Luz, dernière Secrétaire, survenu en avril 1684 après 48 ans de service. La succession a été marquée par des conflits, notamment entre Madame la Princesse de Salm, abbesse de Remiremont, qui soutenait Madame Christine de Salm, sa nièce, et le Chapitre de Remiremont, qui avait élu Madame de Médavy. Après plusieurs audiences et plaidoiries, le procureur général Corberon a conclu en faveur de Madame de Médavy. Une nouvelle élection a été ordonnée le 15 septembre 1685, confirmant son élection. Madame de Médavy est issue d'une famille illustre, fille de Guillaume de Rouxel de Médavy, Comte de Marey, et de Marie d'Achey. L'Abbaye de Remiremont, fondée par Romaric au début du septième siècle, compte plus de cinquante dames de haute qualité. Le texte décrit également les vêtements et pratiques des dignitaires féminines, comme l'Abbesse, la Doyenne et la Secrétaire, qui portent des manteaux et des couvre-chefs spécifiques. Lors de la fête de l'Invention de Saint Étienne, les dames d'église participent à une procession vers la cathédrale Saint-Étienne de Metz, chantant un motet et suivant un ordre précis. Lors de la dernière procession, une grosse cloche est tombée, endommageant deux planchers et une voûte.
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10
p. 209-219
Relation de tout ce qui s'est passé au Louvre le jour de la Feste de S. Loüis. [titre d'après la table]
Début :
Je ne pus vous apprendre la derniere fois ce qui se [...]
Mots clefs :
Louvre, Fête de Saint-Louis, Procession, Carmes, Reliques, Prévôt, Église, Marquis, Communauté, Piété, Monarque, Famille royale, Bénédiction, Trompettes, Ornements
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Relation de tout ce qui s'est passé au Louvre le jour de la Feste de S. Loüis. [titre d'après la table]
Je ne pus vous apprendre
la derniere fois ce qui fe
Septembre 1685.
qui
210 MERCURE
paffa au Louvre le jour de la
Fefte de S. Louis , parce que
le mois eftoit déja tropavan
cé. Les Carmes du grand
Convent
y allerent ce jourlà
en Proceffion
, comme ils y
vont tous les ans, pour rendre
graces à Dieu du recouvrement
de la fanté du Roy ,
qui eſtant attaqué à Calais
d'une Fiévre pourprée
, eut
recours aux interceffions
de
Saint Roch , qu'on implore
en de pareilles
occaſions
.
Les Carmes
de la Place
Maubert
firent porter les
Reliques
de ce Saint à DunGALANT
211
a
querque , & Sa Majefté fe
fentant guerie , voulut à fon
retour à Paris , imiter la
Reynefa Mere , & rendre les
Pains Benits , à la Chapelle
de Saint Roch érigée en l'E
glife des Carmes , ou plu
toft , ce Prince voulut par
cette action reconnoiftre le
merite d'un fr grand Saint-
Meffieurs les Prevoft des
Marchands & Echevins de
Paris , firent auffi voeu d'al
ler tous les ans le jour de
Saint Louis à l'Eglife des
Carmes , & d'accompagnerr
les Reliques que ces Peress
S.ijj
212 MERCURE
portent à la Chapelle du
Louvre , où l'on chante une
grande Meffer, & où à l'ex
xemple du Roy , le Paint
Benit eft rendu par des Perfonnes
du premier rang.
Deux mois avant la Fefte de
Saint Louis , les Carmes , &
Mrs de la Confrairie de Saint
Roch , jettent les yeux fur
celuy à qui ils veulent fairel
cét honneur , & il est tombé
cette année fur M le Mari
quis de Bullion Prevoft de
Paris. Le P. Valentin leMulier
, avec quatre Religieux
du mefme Ordre
,
accompa
GALANT 213
de
griez de tous les Marguilliers
& Confreres de Saint
Rochs'eftant rendu chez
M. de Bullion , luy dit qu'il
eftoit fupplié au nom du
Prieur & de tous les Religieux
de la Communauté
des Carmes , ainfi que
tous ceux qui compoſent la
Confrairie Royale de Saint
Roch , des vouloir bien fe
charger des voeux de toute
la Ville , & animer par fon
exemple la pieté publique,
à rendre à Saint Roch les
devoirs annuels. Il ajoûta
qu'il imiteroit en cela le
214 MERCURE
plus grand Monarque du
monde, & toute la Famille
Royale , & qu'ils venoient
luy offrir des Benedictions
du Ciel , qu'il attireroit fans
doute fur luy par fon zele,
& lefquelles ils folliciteroient
fans ceffe la bonté de
Dieu de verfer " abondam--
ment fur fa Perfonne , & fur
toute fa Famille. M de :
Bullion leur fit connoiftre
qu'il n'oublieroit rien pour.
répondre à l'honneur qu'on
luy faifoit.
Le jour de S. Loüis, la Proceffion
dont je viens de vous
GALANT 215
parler, fe renditauLouvre das
Fordre fuivant.Les Timbales
& les Trompettes eftoient
précedées du Bâton de la
Confrairie de Saint Roch,
aux coftez duquel on voyoit
de grandes Torches , où les
Armes de la Ville eftoient
attachées . Les Pains Benits
fuivoient avec les plus magnifiques
ornemens dont
on a coûtume de les enrichir.
Ils eftoient accompa
gnez de douze Gardes de
M'de Bullion , & portez par
douze Perfonnes de fes Livrées
, fuivies de plufieurs
216 MERCURE
autres
pour les relayer.
Aprés les quatrePains Benits
marchoient l'Aumônier , le
Maistre d'Hoſtel , & plufieurs
Domestiques du mefme
Mr de Bullion. Toutes
les Reliques de l'Eglife des
Carmes paroiffoient enfuite
. Au milieu , eftoient
celles de Saint Roch , portées
toutes par des Bourgeois
vétus de noir, hors celle
de la Sainte Epine , que
des Religieux portoient . Elle
eftoit environnée d'un
tres- grand nombre de Torches
, & de Flambeaux aux
Armes
•
GALANT. 217
You
Armes de la Ville , & de toute
la Communauté des Carmes
, compofée de cent.Religieux.
Meffieurs les Prevoft
, Echevins & Offi
ciers de Ville marchoient
aprés eux , accompagnez de
cinquante Archers , il y en
avoit auffi plufieurs qui précedoient
la Proceffion , &
d'autres qui l'attendoient
au Louvre. Mr de Riants ,
Ancien Procureur du Roy
au Chaftelet , & Aumônier
d'honneur , & perpetuel de
cette Confrairie fuivoit
Meffieurs de Ville , & préce-
Septembre 1685.
T
218 MERCURE
doit les Confreres de Saint
Roch. La Proceffion eftant
arrivée au Louvre , M¹ de
> Bullion s'y rendit
placé dans un lieu de diſtin-
& fut
ction , où il y avoit une
Chaife pour luy . Les Trompettes
& les Timbales précederent
les Pains qu'on devoit
benir , lors qu'on les
porta devant l'Autel pour
cette Cerémonie. Ils furent
fuivis de l'Aumônier du
Maiſtre d'Hoſtel , & du reste
des Domeſtiques . M. le
Marquis de Bullion alla enfuite
à l'Offrande avec un
,
1
GALANT . 219
Cierge chargé d'Ecus d'or,
outre lefquels il en donna
encore autant à l'oeuvre de
la Confrairie de Saint Roch .
la derniere fois ce qui fe
Septembre 1685.
qui
210 MERCURE
paffa au Louvre le jour de la
Fefte de S. Louis , parce que
le mois eftoit déja tropavan
cé. Les Carmes du grand
Convent
y allerent ce jourlà
en Proceffion
, comme ils y
vont tous les ans, pour rendre
graces à Dieu du recouvrement
de la fanté du Roy ,
qui eſtant attaqué à Calais
d'une Fiévre pourprée
, eut
recours aux interceffions
de
Saint Roch , qu'on implore
en de pareilles
occaſions
.
Les Carmes
de la Place
Maubert
firent porter les
Reliques
de ce Saint à DunGALANT
211
a
querque , & Sa Majefté fe
fentant guerie , voulut à fon
retour à Paris , imiter la
Reynefa Mere , & rendre les
Pains Benits , à la Chapelle
de Saint Roch érigée en l'E
glife des Carmes , ou plu
toft , ce Prince voulut par
cette action reconnoiftre le
merite d'un fr grand Saint-
Meffieurs les Prevoft des
Marchands & Echevins de
Paris , firent auffi voeu d'al
ler tous les ans le jour de
Saint Louis à l'Eglife des
Carmes , & d'accompagnerr
les Reliques que ces Peress
S.ijj
212 MERCURE
portent à la Chapelle du
Louvre , où l'on chante une
grande Meffer, & où à l'ex
xemple du Roy , le Paint
Benit eft rendu par des Perfonnes
du premier rang.
Deux mois avant la Fefte de
Saint Louis , les Carmes , &
Mrs de la Confrairie de Saint
Roch , jettent les yeux fur
celuy à qui ils veulent fairel
cét honneur , & il est tombé
cette année fur M le Mari
quis de Bullion Prevoft de
Paris. Le P. Valentin leMulier
, avec quatre Religieux
du mefme Ordre
,
accompa
GALANT 213
de
griez de tous les Marguilliers
& Confreres de Saint
Rochs'eftant rendu chez
M. de Bullion , luy dit qu'il
eftoit fupplié au nom du
Prieur & de tous les Religieux
de la Communauté
des Carmes , ainfi que
tous ceux qui compoſent la
Confrairie Royale de Saint
Roch , des vouloir bien fe
charger des voeux de toute
la Ville , & animer par fon
exemple la pieté publique,
à rendre à Saint Roch les
devoirs annuels. Il ajoûta
qu'il imiteroit en cela le
214 MERCURE
plus grand Monarque du
monde, & toute la Famille
Royale , & qu'ils venoient
luy offrir des Benedictions
du Ciel , qu'il attireroit fans
doute fur luy par fon zele,
& lefquelles ils folliciteroient
fans ceffe la bonté de
Dieu de verfer " abondam--
ment fur fa Perfonne , & fur
toute fa Famille. M de :
Bullion leur fit connoiftre
qu'il n'oublieroit rien pour.
répondre à l'honneur qu'on
luy faifoit.
Le jour de S. Loüis, la Proceffion
dont je viens de vous
GALANT 215
parler, fe renditauLouvre das
Fordre fuivant.Les Timbales
& les Trompettes eftoient
précedées du Bâton de la
Confrairie de Saint Roch,
aux coftez duquel on voyoit
de grandes Torches , où les
Armes de la Ville eftoient
attachées . Les Pains Benits
fuivoient avec les plus magnifiques
ornemens dont
on a coûtume de les enrichir.
Ils eftoient accompa
gnez de douze Gardes de
M'de Bullion , & portez par
douze Perfonnes de fes Livrées
, fuivies de plufieurs
216 MERCURE
autres
pour les relayer.
Aprés les quatrePains Benits
marchoient l'Aumônier , le
Maistre d'Hoſtel , & plufieurs
Domestiques du mefme
Mr de Bullion. Toutes
les Reliques de l'Eglife des
Carmes paroiffoient enfuite
. Au milieu , eftoient
celles de Saint Roch , portées
toutes par des Bourgeois
vétus de noir, hors celle
de la Sainte Epine , que
des Religieux portoient . Elle
eftoit environnée d'un
tres- grand nombre de Torches
, & de Flambeaux aux
Armes
•
GALANT. 217
You
Armes de la Ville , & de toute
la Communauté des Carmes
, compofée de cent.Religieux.
Meffieurs les Prevoft
, Echevins & Offi
ciers de Ville marchoient
aprés eux , accompagnez de
cinquante Archers , il y en
avoit auffi plufieurs qui précedoient
la Proceffion , &
d'autres qui l'attendoient
au Louvre. Mr de Riants ,
Ancien Procureur du Roy
au Chaftelet , & Aumônier
d'honneur , & perpetuel de
cette Confrairie fuivoit
Meffieurs de Ville , & préce-
Septembre 1685.
T
218 MERCURE
doit les Confreres de Saint
Roch. La Proceffion eftant
arrivée au Louvre , M¹ de
> Bullion s'y rendit
placé dans un lieu de diſtin-
& fut
ction , où il y avoit une
Chaife pour luy . Les Trompettes
& les Timbales précederent
les Pains qu'on devoit
benir , lors qu'on les
porta devant l'Autel pour
cette Cerémonie. Ils furent
fuivis de l'Aumônier du
Maiſtre d'Hoſtel , & du reste
des Domeſtiques . M. le
Marquis de Bullion alla enfuite
à l'Offrande avec un
,
1
GALANT . 219
Cierge chargé d'Ecus d'or,
outre lefquels il en donna
encore autant à l'oeuvre de
la Confrairie de Saint Roch .
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Résumé : Relation de tout ce qui s'est passé au Louvre le jour de la Feste de S. Loüis. [titre d'après la table]
En septembre 1685, une procession organisée par les Carmes du grand couvent se rendit au Louvre pour célébrer la fête de Saint Louis et remercier Dieu pour la guérison du roi Louis XIV, qui avait été atteint d'une fièvre pourprée à Calais et avait invoqué l'intercession de Saint Roch. Les Carmes de la Place Maubert portèrent les reliques de Saint Roch à Dunkerque. Une fois guéri, le roi décida de rendre hommage à Saint Roch en offrant des pains bénits à la chapelle de Saint Roch dans l'église des Carmes, imitant ainsi sa mère, la reine mère. Les Prévôts des Marchands et Échevins de Paris firent vœu d'accompagner annuellement les reliques à la chapelle du Louvre, où une grande messe était chantée et des pains bénits étaient distribués. Deux mois avant la fête de Saint Louis, les Carmes et les membres de la confrérie de Saint Roch choisirent la personne chargée de représenter la ville. Cette année-là, le choix se porta sur Monsieur de Bullion, Prévôt de Paris. Le Père Valentin Lemulier, accompagné de quatre religieux, se rendit chez Monsieur de Bullion pour lui demander de se charger des vœux de la ville et d'encourager la piété publique envers Saint Roch. Le jour de la fête de Saint Louis, la procession se rendit au Louvre. Elle comprenait des timbales, trompettes, torches, pains bénits ornés, gardes, domestiques, et les reliques des Carmes, notamment celles de Saint Roch portées par des bourgeois vêtus de noir. Les Prévôts, Échevins et officiers de la ville, accompagnés d'archers, suivirent la procession. À l'arrivée au Louvre, Monsieur de Bullion prit place dans un lieu distinctif et participa à la cérémonie de bénédiction.
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11
p. 237-239
Ce qui s'est passé dans la Ville de Luxembourg, le jour de S. Loüis. [titre d'après la table]
Début :
Le mesme jour les Habitans du Luxembourg, qui l'année derniere [...]
Mots clefs :
Luxembourg, Saint-Louis, Célébration, Magnificence, Assemblée du Clergé, Procession, Abbé, Officiers, Noblesse, Panégyrique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ce qui s'est passé dans la Ville de Luxembourg, le jour de S. Loüis. [titre d'après la table]
Le mefme jour les Habitans
de Luxembourg , qui
l'année derniere avoient celebré
avec beaucoup de fo
lemnité le jour de S. Louis ,
parce que c'eft celuy de la
Fefte du Roy , s'engagerent
à la celebrer tous les ans
avec une magnificence digne
de leur zele. L'Affem-
1
238 MERCURE
blée du Clergé , & de tous
les Corps , fe fit dans l'Eglife
des Recolets François ,que
le Roy y a établis . On alla
enfuite en Proceffion dans la
Ville. Le Saint Sacrement
fut porté par M' l'Abbé de
Munfter , & fuivy de M le
Marquis de Lambert Gou--
verneur de la Place , accompagné
de tous les Officiers
de la Garniſon , & de beaucoup
de Nobleffe des environs
. Les Voix & les Inftrumens
n'y furent pas oubliez ,
non plus que tout ce qui
pouvoit donner de l'éclat à
GALANT 239
cette Felte. Le Panegyrique
prode
Saint Louis fut
noncé par le Pere Olivier
Juvernay, Gardien des Recolets
de Luxembourg. Ce Dif
cours fut trouvé digne de la
reputation que ce Pere s'eſt
acquife à Paris , & luy attira
mille loüanges . Il y eut le
foir des Illuminations par
toute la Ville , & plufieurs
décharges de la Moufqueterie
& de l'Artillerie ; tous
les Habitans ayant voulu
marquer à l'envy qu'ils ont
le coeur veritablement François
.
de Luxembourg , qui
l'année derniere avoient celebré
avec beaucoup de fo
lemnité le jour de S. Louis ,
parce que c'eft celuy de la
Fefte du Roy , s'engagerent
à la celebrer tous les ans
avec une magnificence digne
de leur zele. L'Affem-
1
238 MERCURE
blée du Clergé , & de tous
les Corps , fe fit dans l'Eglife
des Recolets François ,que
le Roy y a établis . On alla
enfuite en Proceffion dans la
Ville. Le Saint Sacrement
fut porté par M' l'Abbé de
Munfter , & fuivy de M le
Marquis de Lambert Gou--
verneur de la Place , accompagné
de tous les Officiers
de la Garniſon , & de beaucoup
de Nobleffe des environs
. Les Voix & les Inftrumens
n'y furent pas oubliez ,
non plus que tout ce qui
pouvoit donner de l'éclat à
GALANT 239
cette Felte. Le Panegyrique
prode
Saint Louis fut
noncé par le Pere Olivier
Juvernay, Gardien des Recolets
de Luxembourg. Ce Dif
cours fut trouvé digne de la
reputation que ce Pere s'eſt
acquife à Paris , & luy attira
mille loüanges . Il y eut le
foir des Illuminations par
toute la Ville , & plufieurs
décharges de la Moufqueterie
& de l'Artillerie ; tous
les Habitans ayant voulu
marquer à l'envy qu'ils ont
le coeur veritablement François
.
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Résumé : Ce qui s'est passé dans la Ville de Luxembourg, le jour de S. Loüis. [titre d'après la table]
Les habitants de Luxembourg décidèrent de célébrer annuellement la fête de Saint-Louis, également dédiée au roi, avec solennité. Une assemblée du clergé et de divers corps eut lieu dans l'église des Récollets français, fondée par le roi. Une procession traversa la ville, menée par l'abbé de Munster portant le Saint-Sacrement, suivi du marquis de Lambert, gouverneur de la place, des officiers de la garnison et de nombreux nobles locaux. La procession fut accompagnée de chants et de musique. Le père Olivier Juvernay, gardien des Récollets de Luxembourg, prononça le panégyrique de Saint-Louis, acclamé par l'assistance. La soirée fut illuminée et ponctuée de salves de mousqueterie et d'artillerie, manifestant la loyauté des habitants envers la France.
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12
p. 252-256
Survivance accordée par le Roy à Mr de Maupeou. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a accordé à Mr de Maupeou, Conseiller en la Quatriéme [...]
Mots clefs :
Conseiller, Parlement, Évêque, Famille, Capitaine, Procession, Fonctions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Survivance accordée par le Roy à Mr de Maupeou. [titre d'après la table]
Le Roy a accordé à M
de Maupeou , Confeiller en
la
Quatrième des Enqueftes
du Parlement, la furvivance
de la Charge de Prefident en
la
Premiere des
Enqueftes
,.
dont Mr fon Pere eft pourGALANT.
253
veu. Sa Majefté avoit déja
accordé la mefme grace
Mr de Maupeou fon Frere ,
aujourd'huy Evefque de Caftres
, dans le temps qu'il eftoit
Avocat General au Grád
Confeil
. Toutes les graces
que Sa Majefté fait à cette
Famille , font fingulieres ;
auffi peut - on dire qu'elles
font deues au zele & à la fi
delité dont M le Prefident
de Maupeou a donné tant de
glorieuſes marques depuis
cinquante ans , & aux fervi
ces de quatre de ſes Freres
Capitaines aux Gardes , dont
254 MERCURE
le dernier eftoit Gouverneur
d'Ath. Ce qu'il y a de fort remarquable
, c'eft qu'il femble
qu'ils naiffent tous également
propres à toutes fortes
de Profeffions , lors qu'il s'agit
de fervir le Roy. Le Fils
aifné eftoit pourveu de la
Charge d'Avocat General au
Grand Confeil , qu'il a exercée
pendant fix ans , avec
l'approbation du Public ; &
aprés ſa mort , le ſecond qui
eftoit Docteur de Sorbonne ,
& qui a efté fait Evefque de
Caftres, prit la meſme Charge
, & s'en acquitta avec le
GALANT 255
mefme fuccés que s'il n'avoit
jamais embraſſé une autre
profeffion. Celuy qui eft
prefentement Confeiller, eftoit
auparavant Chevalier
de Malte , & en cette qualité
il a fait fes Caravanes.
Son Cadet , qui eftoit Sous-
Lieutenant aux Gardes dés
l'âge de dix-fept ans , ayant
efté tué dans le fervice, il luy
fucceda en cet Employ; mais
eftant reftéfeul dans le ionde,
Sa Majefté luy permit de
changer d'eſtat , & de prendre
la Robe. Si cette Famille
eft Illuftre du cofté de M
256 MERCURE
le Preſident , elle ne l'eft pas
moins du cofté de Madame
la Prefidente , qui eft Soeur
de M' Doujat Confeiller de
la Grand' Chambre .
de Maupeou , Confeiller en
la
Quatrième des Enqueftes
du Parlement, la furvivance
de la Charge de Prefident en
la
Premiere des
Enqueftes
,.
dont Mr fon Pere eft pourGALANT.
253
veu. Sa Majefté avoit déja
accordé la mefme grace
Mr de Maupeou fon Frere ,
aujourd'huy Evefque de Caftres
, dans le temps qu'il eftoit
Avocat General au Grád
Confeil
. Toutes les graces
que Sa Majefté fait à cette
Famille , font fingulieres ;
auffi peut - on dire qu'elles
font deues au zele & à la fi
delité dont M le Prefident
de Maupeou a donné tant de
glorieuſes marques depuis
cinquante ans , & aux fervi
ces de quatre de ſes Freres
Capitaines aux Gardes , dont
254 MERCURE
le dernier eftoit Gouverneur
d'Ath. Ce qu'il y a de fort remarquable
, c'eft qu'il femble
qu'ils naiffent tous également
propres à toutes fortes
de Profeffions , lors qu'il s'agit
de fervir le Roy. Le Fils
aifné eftoit pourveu de la
Charge d'Avocat General au
Grand Confeil , qu'il a exercée
pendant fix ans , avec
l'approbation du Public ; &
aprés ſa mort , le ſecond qui
eftoit Docteur de Sorbonne ,
& qui a efté fait Evefque de
Caftres, prit la meſme Charge
, & s'en acquitta avec le
GALANT 255
mefme fuccés que s'il n'avoit
jamais embraſſé une autre
profeffion. Celuy qui eft
prefentement Confeiller, eftoit
auparavant Chevalier
de Malte , & en cette qualité
il a fait fes Caravanes.
Son Cadet , qui eftoit Sous-
Lieutenant aux Gardes dés
l'âge de dix-fept ans , ayant
efté tué dans le fervice, il luy
fucceda en cet Employ; mais
eftant reftéfeul dans le ionde,
Sa Majefté luy permit de
changer d'eſtat , & de prendre
la Robe. Si cette Famille
eft Illuftre du cofté de M
256 MERCURE
le Preſident , elle ne l'eft pas
moins du cofté de Madame
la Prefidente , qui eft Soeur
de M' Doujat Confeiller de
la Grand' Chambre .
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Résumé : Survivance accordée par le Roy à Mr de Maupeou. [titre d'après la table]
Le roi a accordé à M. de Maupeou, conseiller à la Quatrième des Enquêtes du Parlement, la survivance de la charge de Président à la Première des Enquêtes, détenue par son père. Cette faveur avait déjà été accordée à son frère, ancien Avocat Général au Grand Conseil et actuel Évêque de Castres. Les faveurs royales envers la famille de Maupeou soulignent le zèle et la fidélité de M. le Président de Maupeou, ainsi que les services de quatre de ses frères, tous capitaines aux Gardes. Le fils aîné avait exercé la charge d'Avocat Général au Grand Conseil pendant six ans. Après sa mort, le second frère, docteur de Sorbonne et Évêque de Castres, a repris cette charge avec succès. Le conseiller actuel était auparavant chevalier de Malte. Leur cadet, sous-lieutenant aux Gardes, a été tué en service. Un autre frère, après une vie mondaine, a obtenu la permission royale de devenir avocat. La famille est également illustre du côté de Madame la Présidente, sœur de M. Doujat, conseiller à la Grand' Chambre.
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13
p. 55-75
Prix de l'Arquebuze. [titre d'après la table]
Début :
Vous sçavez, Madame, que le Roy donnant sa protection aux [...]
Mots clefs :
Prix, Compagnies, Chevalier, Provinces, Honneur, Duc, Maréchal, Arquebusiers, Officiers, Instruments, Procession, Symphonie, Chant, Messe, Marquis, Capitaine, Architecture, Monseigneur le Dauphin, Devises, Sonnet, Gloire, Illustre, Chevalier, Lauriers, Armes, Grandeur, Épée, Suffrages, Piédestal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prix de l'Arquebuze. [titre d'après la table]
Vous sçavez, Madame,,
que le Roy donnant saprotection
aux Exercices quiont
quelque chose de mar- tial, accorde de temps en temps des permiffons de tirerdes
Prix entre les Compagnies
de l'Arquebuze du
Royaume, & aux Chevaliers.
des Villes, de s'assembler en
celle quiareceu le Bouquet
par le fy^Frage des Bandes.
Comme il y aune Association
ancienne entre les Provinces
de Brie, Champagne,
8c Soissonnois pour cet Exercice,
la Ville deSezanne, limitrophe
des deux premières
,
eutl'honneur du Bouquet
en la Ville d'Epernay
au mois de Juin 1685. & le rendit
au commencement du
mois passé, en vertu de Lettres
Patentes, & après que
Sa Majesté se fut expliquée
sur la concurrence de ceux
de Vitry, au rapport de Mr
le Maréchal Duc de Vivon..,,
ne, Gouverneur des mesmes
Provinces de Brie & de Chapagne,
& de Mr de Croitry"c
Secretaire d'Estat du Département.
LesMandemensimprimez
ayant elle envoyez
à toutes les Villes associées,
qui ont de semblables Compagnies
d'Arquebuziers, la
pluspart se rendirent à Sezanne,
le Samedy premier
de Septembre. Les Chevaliers
de la Ville en deux bandes
, l'une de cheval, & l'autre
de pied, leurs Officiers
a leur telte avec les Guidon
& Enseigne; Trompettes,
Tambours, Fifres,Violons
&Hautbois, tous fort lestes
& en bon ordre, allerent devant,àmesure au que leGuet
qu'on avoit mis sur la Tour,
donnoit le Signal, & en huit
heures de temps on receut jusqu'à vingt-huitCompagniesdesVilles
Illandées,
sçavoir, de Reims, Chalons,
Meaux, Provins, Chasteauthierry,
Coulomniers,Crespy,
Noyon, la Ferté-Milon, Nogent
sur Seine, Epernay, Villenoce,.
Montmirail,Barbone.
ne y
Vertus, Arcies, &c. avec
les Presensordinaires de Vins
excellens,Jambons deMayéce
, & de Venaison. Le lendemain
au matin, les Compagnies
s'assemblerent en
l'Eglise des Cordeliers, qui.
est fort spacieuse
; ôcaprés
que l'on eut tiré la Marche
au fort, elles furent conduites
en Procession parlaVille,
& dans les endroits principaux
du dehors, ayant Mrle
Marquis de Pleurs,Bailly,
Capitaine & Gouverneur a
leur teste, suivy du Corps de
Ville. Elles marcherent au
bruitdes mesmes Instruments
de toutes les Bandes,qui faisoient
une symphonie ble agréa- par intervalles,& sans interruption
du Chant, avec plusieurs décharges deMouf
queterie. La ProcessîoneC<
tant faite,laMesse fut solemnellement
celebrée par Mr
Collot, Aumonier de laCompagnie
de Sezanne, l'Orgue,&quelquesMoatvetesc
chantez par de belles Voix
accompagnées d'lnllrtiinés.
Mrle Marquis dePleurs alla
à roHrande,câprés luyles
Cornetes & les Enfeicrnes
Yf
j*
avec leurs Guidons & leurs
Drapeaux. Apres le disner,
toutes les Compagnies passerent
en reveuë
,
& on exposa
les Prix, qui estoient d'environ
seize mille livres d'argen-
1terie de toutes pieces, comime
Bassins, grosses Eguieres,
&autres d'une Orphevrerie
exquise. Le soir M' de Villiers,
Capitaine de la Compagnie
de la Ville, regala la
pluspart desOfficiers desBan-
) des avec Mr de Pleurs, les
Magistrats & Officiers de
r Ville; ce qu'il continua tous
les jours avec une propreté
- & une profusion extraordinaire.
Ce Soupéfut suivy
d'un grand Bal, où toutes les
Dames, tant de la Ville que
des environs, se trouvèrent
fort parées. On servit ensuite
une magnifique Collation
dans vingtquatre grandsBasfins
, avec toutes fortes de
liqueurs & de rafraicl-ilffemens.
Le Lundy 3. de ce mois,
on se rendit à la Bute. C'est
un Pavillon d'une Architecture
fort délicate & moderne,
nouvellement basty exprés
pour le Prix. Dans la
SCrande Salle estoient les Arrimes
du Roy, de Monseiggneur
le Dauphin, de Monitièigneur
le Duc de Bourgogne
)
& de Monseigneur le
IDuc d'Anjou,avec des Devises.
Sous celle du Roy, on lisoit ces mots Latins, Media
de Pace triumphi; avec ce Sonmet,
dans lequel Sa,Majesté
parle aux Chevaliers.
> SONNET.
[1Cy du champ de Mtirs, on va
droit 4 la Gloire;
Vn rayon de la mienne y conduira,
vos pat,
Inspirera vos coeurs, animera, vos
bras,
.Et placeravos noms,prés du mien,
dans CHistoire.
Làpour eternifer voftte illufire mé- - moire
,
*
Déjàle Dieu Mercure a convié Pallasi
Elle tient le Burin, le Ciseau, le
Compas,
Prcfte decouronner deses mains la
Victoire.
Tout ce queurentjadisdeplus mïïjpjluetix
Olympie & corinthe,en leurs fupcr-
6es jeux
LA Paix l'ajîemble icy,mieux qu'aux
bords du Meandrt.
'-,)Vnpeu d'orgwelifîcdbien, dessous
mesjufiesLois;
Î.Etifq^elcjuUmefioitde Fhumeurd'A~
- lexandre,
99our dijputerles Prix, il trouvera
des Riis.
Pour l'intelligence de ce"
dernier Vers,on doit sçavoir
que chaque Compagnie de
- Chevaliers a/ sonRoy. Au-
Oteubus des Armes de Monseigneur
le Dauphin
,
onli-
Toitj L&ws innéctitolivoe.. LA Faix a fis Lauriers, M/S--
bien qfïe-la Gmrfei dits mijjemfins culture en ces bco-t-
- rcuxClimats,
Et sans craindre les Yents ,
les Soleils,
les Frir/htts,
On diroit que Sezanne efileur narale
Terre.
JjAdrejjè & la Valeur viennent de
toutes partsy
lufqu'aufein de la Faix, rechercher
le Dieu Mars,
Couchésur un fiifceau de Lauriers
& de Palmes.
Chevaliers, VOUA dit-il, LOVIS et s
ses raisons,
Et comme il fait luy fiul les temps l
troubles ou cAlmes,
Il veut que l'on en cueille en toutes i
les Saisons.
Au dessous des Armes de
Monseigneur leDuc deBourgogne,
Crescensadfulmina. cEformidable nom,fatal à tar.ï
d'Empires,
>
g™ deux Siecles entiers riont itifaire
eublitr,
> N'dpprehende atijourd'huj reproches
ny fI/ires,
L Etrenaissant en moyria rien encor
defier.
) On minflruit douctment amaniey Ufoudre
L.Auprès de mon Ayeul, le plmçrar.d
des Humains,
L Tourriavoirpas de peine un jour a'
m'y rejÕttdre)
i Ij touche de bonne heure
1
& men
jouë en ses mains.
!, Sipour remplirbien-toif mes grandis.' *
diftinêes, pij
Dx/îs les premiers efforts de mes bel.
les années,
le vouleis regagner la fameuse Toison.
Lorfcjuc jauraydrtJse mes redoutdblcs
Flûtes,
Chevaliers, voulez,
- vous eJlre mes
Argonautes ?
le vous promets déja d'cfire vejlre
lafon.
Au dessous des Armes de
Monseigneur le Duc d'Anjq¡
1, Discat fortuna renasci. EN Cadet de bonne Mllifin,
L'on mimpofe, en nitiffint un
nom, £htidejtgne déjà mes hautes avan*
q turcss
ilmarqne,lfndi m'aguerrir
Deux Royaumes A conquérir:
Woi!àmonAppanage} 0' mes Gran*
deurs futures.
, Voulczrvouspat beauxChevaliersa
Eftrc de mes AvantUÏU Ys f
YDans troù lustres au plus on s'y peut
bien attendrr,
^Tenez, - njom en ha/tint) exercezvotu
toujours
^Jïuatjd le De(Hit voudra hajler ces
heureux jours,
UtflraJ bien-toif press,&jeviendray
vom prendYe.
L'on commença à tirer,
prés que Mrle Marquis de
Pleurs en eut fait l'ouverture
qpa.r le coup du Roy qu'il tira
comme Gouverneur. Ensuite
on tira à deux butes pour abreger,&
for quatre Pantons
en quatre Chasses
; c'est
à dire que chaque Chevalier
tira quatre coups pendant
le reste de la semaines
La Compagnie de Chasteau-
Thierry remporra le premier
Prix par un coup de
broche qui est unique, &
ce Prix fut ungrand Bassin,
d'argent avec une épée de
six Louis qui eA due au plus
beau coup. Ce coup fut suivy
de plusieurs coups de
noir, qui acquirent encore
bdautres Prix aux Chevaliers
bde cette Compagnie avec
lle premier ôc le troisiéme
Panton. Ceux de Reims eurent
le second Panton avec
uun plus grand nombre de
IPrix aussi considerables que
iles premiers. Les Chevaliers
de Provins gagnerent le quatrièmePanton
avec un quatrième
Prix, & plusieurs
G autres par des coups de
noir. Le reste des Prix de
moindre valeur fut distribué
aux Chevaliers des
autres Compagnies suivant
les coups qu'ils avoient faits,
& avec une espece de justice
scru puleuse
,
jusqu'à diviser
les lignes & les points qui
les composent. Il feroit fort
mal-aisé de mieux réus- ence genre d'exercice,
puis qu'il y a eu quantité de
coups prés du noir, demeurez
inutiles.
-
Tous les Prix èstant tirez
le Samedy au soir 8.
du mois, on délibéra sur le
Bouquet& presque tous
les Suffrages l'accorderent à
la Compagnie de Reims qui
l'avoit demandé avec instance
, pour le reunir au
particulier
particulier qui luy avoit esté
adjugéà Vitry, selon l'intention
de Sa Majesté dans sa
Lettre de Cachet. Ainsi là
délivrance s'en fit le lendemain,
dans la grande ruë dewant
l'Hostel de Reims au
bruit de la Mousquetterie,
£&: au son d'un grand nomcbre
de Hautbois, Tromperrcs,
& autres Instrumens de
toutes fortes; aprèsquoy
xetteCompagnie donna une
magnifique Collation,servie
ueufci-nentaune foule
extraordinaire d'Officiers &:
Chevaliers
)
& à toutes les
Dames. Elle partit sur le foir,
& à son déparr
,
le Prix fut
porté publiquement au milieu
de la Troupe qui estoit
à cheval & en très bel ordre.
Les Officiers estoient en Caleche.
Ils furent conduits par
ceux de la Ville jusqu'au dehors
du Faux-bourg où une
galante Collation les attendoit
pour se dire adieu. Ce
Bouquet est une Statuë d'argent
mollit" cizelé,de prés de
deux pieds de hauteur, sur
un Piedestal d'ebeine. Elle
represente une Paix ou une
Pallas avec un Guidon d'argent
mis en couleur, & embelly
de plusieurs Devises
l& Inscriptions. On peut a- jouter à l'avantage des Chevaliers
de la Compagnie de
Reims, que dans cette occassonils
ont épuisé tous les
moyens ingenieux dont on
se peut servir pour faire éclater
la profu sionenFestins
; Bals,Collations, & Feux d'artifices,
qui les ont distinguez
:des autres Villes,avec un
L
applaudissement gcneral.
que le Roy donnant saprotection
aux Exercices quiont
quelque chose de mar- tial, accorde de temps en temps des permiffons de tirerdes
Prix entre les Compagnies
de l'Arquebuze du
Royaume, & aux Chevaliers.
des Villes, de s'assembler en
celle quiareceu le Bouquet
par le fy^Frage des Bandes.
Comme il y aune Association
ancienne entre les Provinces
de Brie, Champagne,
8c Soissonnois pour cet Exercice,
la Ville deSezanne, limitrophe
des deux premières
,
eutl'honneur du Bouquet
en la Ville d'Epernay
au mois de Juin 1685. & le rendit
au commencement du
mois passé, en vertu de Lettres
Patentes, & après que
Sa Majesté se fut expliquée
sur la concurrence de ceux
de Vitry, au rapport de Mr
le Maréchal Duc de Vivon..,,
ne, Gouverneur des mesmes
Provinces de Brie & de Chapagne,
& de Mr de Croitry"c
Secretaire d'Estat du Département.
LesMandemensimprimez
ayant elle envoyez
à toutes les Villes associées,
qui ont de semblables Compagnies
d'Arquebuziers, la
pluspart se rendirent à Sezanne,
le Samedy premier
de Septembre. Les Chevaliers
de la Ville en deux bandes
, l'une de cheval, & l'autre
de pied, leurs Officiers
a leur telte avec les Guidon
& Enseigne; Trompettes,
Tambours, Fifres,Violons
&Hautbois, tous fort lestes
& en bon ordre, allerent devant,àmesure au que leGuet
qu'on avoit mis sur la Tour,
donnoit le Signal, & en huit
heures de temps on receut jusqu'à vingt-huitCompagniesdesVilles
Illandées,
sçavoir, de Reims, Chalons,
Meaux, Provins, Chasteauthierry,
Coulomniers,Crespy,
Noyon, la Ferté-Milon, Nogent
sur Seine, Epernay, Villenoce,.
Montmirail,Barbone.
ne y
Vertus, Arcies, &c. avec
les Presensordinaires de Vins
excellens,Jambons deMayéce
, & de Venaison. Le lendemain
au matin, les Compagnies
s'assemblerent en
l'Eglise des Cordeliers, qui.
est fort spacieuse
; ôcaprés
que l'on eut tiré la Marche
au fort, elles furent conduites
en Procession parlaVille,
& dans les endroits principaux
du dehors, ayant Mrle
Marquis de Pleurs,Bailly,
Capitaine & Gouverneur a
leur teste, suivy du Corps de
Ville. Elles marcherent au
bruitdes mesmes Instruments
de toutes les Bandes,qui faisoient
une symphonie ble agréa- par intervalles,& sans interruption
du Chant, avec plusieurs décharges deMouf
queterie. La ProcessîoneC<
tant faite,laMesse fut solemnellement
celebrée par Mr
Collot, Aumonier de laCompagnie
de Sezanne, l'Orgue,&quelquesMoatvetesc
chantez par de belles Voix
accompagnées d'lnllrtiinés.
Mrle Marquis dePleurs alla
à roHrande,câprés luyles
Cornetes & les Enfeicrnes
Yf
j*
avec leurs Guidons & leurs
Drapeaux. Apres le disner,
toutes les Compagnies passerent
en reveuë
,
& on exposa
les Prix, qui estoient d'environ
seize mille livres d'argen-
1terie de toutes pieces, comime
Bassins, grosses Eguieres,
&autres d'une Orphevrerie
exquise. Le soir M' de Villiers,
Capitaine de la Compagnie
de la Ville, regala la
pluspart desOfficiers desBan-
) des avec Mr de Pleurs, les
Magistrats & Officiers de
r Ville; ce qu'il continua tous
les jours avec une propreté
- & une profusion extraordinaire.
Ce Soupéfut suivy
d'un grand Bal, où toutes les
Dames, tant de la Ville que
des environs, se trouvèrent
fort parées. On servit ensuite
une magnifique Collation
dans vingtquatre grandsBasfins
, avec toutes fortes de
liqueurs & de rafraicl-ilffemens.
Le Lundy 3. de ce mois,
on se rendit à la Bute. C'est
un Pavillon d'une Architecture
fort délicate & moderne,
nouvellement basty exprés
pour le Prix. Dans la
SCrande Salle estoient les Arrimes
du Roy, de Monseiggneur
le Dauphin, de Monitièigneur
le Duc de Bourgogne
)
& de Monseigneur le
IDuc d'Anjou,avec des Devises.
Sous celle du Roy, on lisoit ces mots Latins, Media
de Pace triumphi; avec ce Sonmet,
dans lequel Sa,Majesté
parle aux Chevaliers.
> SONNET.
[1Cy du champ de Mtirs, on va
droit 4 la Gloire;
Vn rayon de la mienne y conduira,
vos pat,
Inspirera vos coeurs, animera, vos
bras,
.Et placeravos noms,prés du mien,
dans CHistoire.
Làpour eternifer voftte illufire mé- - moire
,
*
Déjàle Dieu Mercure a convié Pallasi
Elle tient le Burin, le Ciseau, le
Compas,
Prcfte decouronner deses mains la
Victoire.
Tout ce queurentjadisdeplus mïïjpjluetix
Olympie & corinthe,en leurs fupcr-
6es jeux
LA Paix l'ajîemble icy,mieux qu'aux
bords du Meandrt.
'-,)Vnpeu d'orgwelifîcdbien, dessous
mesjufiesLois;
Î.Etifq^elcjuUmefioitde Fhumeurd'A~
- lexandre,
99our dijputerles Prix, il trouvera
des Riis.
Pour l'intelligence de ce"
dernier Vers,on doit sçavoir
que chaque Compagnie de
- Chevaliers a/ sonRoy. Au-
Oteubus des Armes de Monseigneur
le Dauphin
,
onli-
Toitj L&ws innéctitolivoe.. LA Faix a fis Lauriers, M/S--
bien qfïe-la Gmrfei dits mijjemfins culture en ces bco-t-
- rcuxClimats,
Et sans craindre les Yents ,
les Soleils,
les Frir/htts,
On diroit que Sezanne efileur narale
Terre.
JjAdrejjè & la Valeur viennent de
toutes partsy
lufqu'aufein de la Faix, rechercher
le Dieu Mars,
Couchésur un fiifceau de Lauriers
& de Palmes.
Chevaliers, VOUA dit-il, LOVIS et s
ses raisons,
Et comme il fait luy fiul les temps l
troubles ou cAlmes,
Il veut que l'on en cueille en toutes i
les Saisons.
Au dessous des Armes de
Monseigneur leDuc deBourgogne,
Crescensadfulmina. cEformidable nom,fatal à tar.ï
d'Empires,
>
g™ deux Siecles entiers riont itifaire
eublitr,
> N'dpprehende atijourd'huj reproches
ny fI/ires,
L Etrenaissant en moyria rien encor
defier.
) On minflruit douctment amaniey Ufoudre
L.Auprès de mon Ayeul, le plmçrar.d
des Humains,
L Tourriavoirpas de peine un jour a'
m'y rejÕttdre)
i Ij touche de bonne heure
1
& men
jouë en ses mains.
!, Sipour remplirbien-toif mes grandis.' *
diftinêes, pij
Dx/îs les premiers efforts de mes bel.
les années,
le vouleis regagner la fameuse Toison.
Lorfcjuc jauraydrtJse mes redoutdblcs
Flûtes,
Chevaliers, voulez,
- vous eJlre mes
Argonautes ?
le vous promets déja d'cfire vejlre
lafon.
Au dessous des Armes de
Monseigneur le Duc d'Anjq¡
1, Discat fortuna renasci. EN Cadet de bonne Mllifin,
L'on mimpofe, en nitiffint un
nom, £htidejtgne déjà mes hautes avan*
q turcss
ilmarqne,lfndi m'aguerrir
Deux Royaumes A conquérir:
Woi!àmonAppanage} 0' mes Gran*
deurs futures.
, Voulczrvouspat beauxChevaliersa
Eftrc de mes AvantUÏU Ys f
YDans troù lustres au plus on s'y peut
bien attendrr,
^Tenez, - njom en ha/tint) exercezvotu
toujours
^Jïuatjd le De(Hit voudra hajler ces
heureux jours,
UtflraJ bien-toif press,&jeviendray
vom prendYe.
L'on commença à tirer,
prés que Mrle Marquis de
Pleurs en eut fait l'ouverture
qpa.r le coup du Roy qu'il tira
comme Gouverneur. Ensuite
on tira à deux butes pour abreger,&
for quatre Pantons
en quatre Chasses
; c'est
à dire que chaque Chevalier
tira quatre coups pendant
le reste de la semaines
La Compagnie de Chasteau-
Thierry remporra le premier
Prix par un coup de
broche qui est unique, &
ce Prix fut ungrand Bassin,
d'argent avec une épée de
six Louis qui eA due au plus
beau coup. Ce coup fut suivy
de plusieurs coups de
noir, qui acquirent encore
bdautres Prix aux Chevaliers
bde cette Compagnie avec
lle premier ôc le troisiéme
Panton. Ceux de Reims eurent
le second Panton avec
uun plus grand nombre de
IPrix aussi considerables que
iles premiers. Les Chevaliers
de Provins gagnerent le quatrièmePanton
avec un quatrième
Prix, & plusieurs
G autres par des coups de
noir. Le reste des Prix de
moindre valeur fut distribué
aux Chevaliers des
autres Compagnies suivant
les coups qu'ils avoient faits,
& avec une espece de justice
scru puleuse
,
jusqu'à diviser
les lignes & les points qui
les composent. Il feroit fort
mal-aisé de mieux réus- ence genre d'exercice,
puis qu'il y a eu quantité de
coups prés du noir, demeurez
inutiles.
-
Tous les Prix èstant tirez
le Samedy au soir 8.
du mois, on délibéra sur le
Bouquet& presque tous
les Suffrages l'accorderent à
la Compagnie de Reims qui
l'avoit demandé avec instance
, pour le reunir au
particulier
particulier qui luy avoit esté
adjugéà Vitry, selon l'intention
de Sa Majesté dans sa
Lettre de Cachet. Ainsi là
délivrance s'en fit le lendemain,
dans la grande ruë dewant
l'Hostel de Reims au
bruit de la Mousquetterie,
£&: au son d'un grand nomcbre
de Hautbois, Tromperrcs,
& autres Instrumens de
toutes fortes; aprèsquoy
xetteCompagnie donna une
magnifique Collation,servie
ueufci-nentaune foule
extraordinaire d'Officiers &:
Chevaliers
)
& à toutes les
Dames. Elle partit sur le foir,
& à son déparr
,
le Prix fut
porté publiquement au milieu
de la Troupe qui estoit
à cheval & en très bel ordre.
Les Officiers estoient en Caleche.
Ils furent conduits par
ceux de la Ville jusqu'au dehors
du Faux-bourg où une
galante Collation les attendoit
pour se dire adieu. Ce
Bouquet est une Statuë d'argent
mollit" cizelé,de prés de
deux pieds de hauteur, sur
un Piedestal d'ebeine. Elle
represente une Paix ou une
Pallas avec un Guidon d'argent
mis en couleur, & embelly
de plusieurs Devises
l& Inscriptions. On peut a- jouter à l'avantage des Chevaliers
de la Compagnie de
Reims, que dans cette occassonils
ont épuisé tous les
moyens ingenieux dont on
se peut servir pour faire éclater
la profu sionenFestins
; Bals,Collations, & Feux d'artifices,
qui les ont distinguez
:des autres Villes,avec un
L
applaudissement gcneral.
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Résumé : Prix de l'Arquebuze. [titre d'après la table]
En juin 1685, la ville de Sézanne a reçu le privilège d'accueillir le Bouquet à Épernay, officialisant sa victoire sur Vitry grâce à un rapport du maréchal duc de Vivonne et de Monsieur de Croissy. Les villes voisines, telles que Reims, Châlons, Meaux et Provins, ont été invitées et ont offert des présents comme du vin, des jambons et de la venaison. Le 1er septembre, ces villes se sont rassemblées à Sézanne pour une procession musicale et une messe solennelle, suivie d'un repas où des prix en argenterie étaient exposés. La journée s'est conclue par un banquet et un bal. Le lendemain, une compétition de tir a été organisée par le Duc d'Anjou pour regagner la Toison d'Or. Les participants, nommés 'Chevaliers,' ont montré leur habileté au tir sur plusieurs jours. La Compagnie de Château-Thierry a remporté le premier prix, un grand bassin d'argent avec une épée, pour un coup de broche remarquable. D'autres prix ont été décernés aux Compagnies de Reims et de Provins, ainsi qu'à divers Chevaliers pour leurs coups de noir. Le samedi soir, la Compagnie de Reims a obtenu le Bouquet, une statue d'argent représentant une Paix ou une Pallas, après délibération. La remise du prix a eu lieu publiquement, accompagnée de festivités et de collations. Les Chevaliers de Reims ont été particulièrement acclamés pour leur organisation et les festivités offertes.
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14
p. 75-83
Fondation perpetuelle d'une Feste à Issoudun, pour la Naissance du Roy. [titre d'après la table]
Début :
J'ay presentement à vous parler des Habitans d'Issoudun, Capitale [...]
Mots clefs :
Habitants, Issoudun, Fidélité, Prince, Services, Garnison, Bénédictions du ciel, Service solennel, Devises, Inscriptions, Choeur, Magistrats, Mots latins, Louis le Grand, Procession, Cérémonies, Religion prétendue réformée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fondation perpetuelle d'une Feste à Issoudun, pour la Naissance du Roy. [titre d'après la table]
J'ayprelentement à vous
parler des Habitans d'ifriudun,
Capitale du bas Berry.
Ils ont toûjours elle fifidelles
à leurs Princes, qu'ils
en ont esté recompensez par
de très- beaux Privilèges. Le
Roy persuadé de cette verité,
& touché de compassion
pour eux lors que passant
dans la Province en 1651. il
vit leur Ville presque reduite
en cendres,
confirma ces
Privileces, & a eu la bonté
depuis ce temps là de dire
plusieurs fois qu'il se fouviendroit
de leurs services.
En effet Sa Majesté a bien
fait paroistre qu'Elle les distinguoit
entre tousses au- j
tres Sujets de la mesme Province
, puis qu'ils ont esté
les seuls exempts de Garnisons,
6c qu'Elle a hautement
déclaré qu'Elle ne vouloit
pas qu'ils en eussent durant
son Regne. Aullï voulant en
t. marquer leur reconnoisssance,
& l'ardent desir qu'ils ont
d'attirer sur sa Personne Sacrée
& sur toute la Maison
Royale,les Benedictions du
Ciel,ils ont fait une Fondation
perpetuelle de Prieres
Publiques tous les ans au
cinquiéme de Septembre,
jour de l'heureuse Naissance
du Roy, & l'ont commen- céecetteannée par un Service
solennel qui fut fait ce
jour là dans leur Eglise Collégiale.
Ils l'avoient parée
magnifiquement, & ornée de
plusieurs Devises & Infcriptions
à la loüange du Roy.
La Messe fut chantée à trois-
Choeurs de Musique aussibien
que Vespres,ôc l'on fit
un Procession Generale, OU
Mr l'Evesque & Comte
d'Agde,lesMagistrats ôc
autres Corps d'Officiers assisterent.
estoit Le Portrait du Roy exposé au frontispice
du Choeur de l'Eglise,avec
ces Vers au
dessous
qui avoient
pour titre ces mots
Latins:Scribanturbæc in generations
altera
,
&populus qui
creabiturlaudabit Regem. LoVlS LE GRANDyceRoy
d'invinciblepui(Tance,
Te dtfingue
,
issoudun, entre tous
[ ses Sujets
I Parses grâces dr ses biensfaits,
Diftingut toy pour luy par ta reconde
tioijfance
, , Etetle bre àjamaislejourdesanaissance
En faifint tous les Ans ce quau--
à lourd'huy tufais.
.P,ofir
Tour rré"peondre od'un Bq AUXfaveurs Roy sidebonnaire G iiij
-~je fa* U:1 plaijir de nousfaire
du bienr
Noffre z>tle voudrait,toutfaire ne
peutrien,
Seigneur^faitespour luy ce que nous
¡
'Voudrions ftire. ,'voudrionsfaire.
Aprés la Procession,toute
la Bourgeoisie s'estant
mise sous lesarmes,
on alluma
le Feu de joye au bruit
du Canon & de la Mousqueterie,
au son des Tambours
& des Trompettes,
& auxacclamationsdérive
leRoy. Dans la Place ou le
Feu fut allumé, on voyoit
encore ce Prince represenMe
devant une Ville embrasée
y
avecles Vers suivans
quiavoient pour ame, Avis
ïkoecJacra Svii.
E. S fLâmts de ton Roy t'ont.
fait unnoblc Amant, - Ta foy quilvit pour luy dans ton
embrasement
Mnfpireason amour desfemimens si
tendres
8t!J'ü te fait, Ijfiudun
,
renéftrc
de tes cendres.
Cette Ceremonie qui du-
Ta jusques au soir
,
estans
terminée
,
les Particuliers J firent des Illuminations à
toutes les fenestres de leurs
maisons, & des Feux devant
leurs portes ,
& passerent la
plus grande partie de la nuit:
à donner dans les ruës toutes;
fortes de marques d'une allegresseparfaite.
La mesme:
chose doit se faire tous les
ans au mesme jour, suivant
la resolution qui en a esté
prise dans leur Assemblée
Generale. Le lendemain 6.
du mois
,
les Habitans Catholiques
d'Issoudunrecommencerent
la rejoüissence
par la Démolition qui se fit
du Temple de ceux de la
Religion Prerenduë
Refornée
,
ainsi qu'il avoit esté
ugé par Sentence du Bailhage
de la mesme Ville, far
:~s contraventions par eux
nites aux Edits & Déclarasions
de Sa Majelté
parler des Habitans d'ifriudun,
Capitale du bas Berry.
Ils ont toûjours elle fifidelles
à leurs Princes, qu'ils
en ont esté recompensez par
de très- beaux Privilèges. Le
Roy persuadé de cette verité,
& touché de compassion
pour eux lors que passant
dans la Province en 1651. il
vit leur Ville presque reduite
en cendres,
confirma ces
Privileces, & a eu la bonté
depuis ce temps là de dire
plusieurs fois qu'il se fouviendroit
de leurs services.
En effet Sa Majesté a bien
fait paroistre qu'Elle les distinguoit
entre tousses au- j
tres Sujets de la mesme Province
, puis qu'ils ont esté
les seuls exempts de Garnisons,
6c qu'Elle a hautement
déclaré qu'Elle ne vouloit
pas qu'ils en eussent durant
son Regne. Aullï voulant en
t. marquer leur reconnoisssance,
& l'ardent desir qu'ils ont
d'attirer sur sa Personne Sacrée
& sur toute la Maison
Royale,les Benedictions du
Ciel,ils ont fait une Fondation
perpetuelle de Prieres
Publiques tous les ans au
cinquiéme de Septembre,
jour de l'heureuse Naissance
du Roy, & l'ont commen- céecetteannée par un Service
solennel qui fut fait ce
jour là dans leur Eglise Collégiale.
Ils l'avoient parée
magnifiquement, & ornée de
plusieurs Devises & Infcriptions
à la loüange du Roy.
La Messe fut chantée à trois-
Choeurs de Musique aussibien
que Vespres,ôc l'on fit
un Procession Generale, OU
Mr l'Evesque & Comte
d'Agde,lesMagistrats ôc
autres Corps d'Officiers assisterent.
estoit Le Portrait du Roy exposé au frontispice
du Choeur de l'Eglise,avec
ces Vers au
dessous
qui avoient
pour titre ces mots
Latins:Scribanturbæc in generations
altera
,
&populus qui
creabiturlaudabit Regem. LoVlS LE GRANDyceRoy
d'invinciblepui(Tance,
Te dtfingue
,
issoudun, entre tous
[ ses Sujets
I Parses grâces dr ses biensfaits,
Diftingut toy pour luy par ta reconde
tioijfance
, , Etetle bre àjamaislejourdesanaissance
En faifint tous les Ans ce quau--
à lourd'huy tufais.
.P,ofir
Tour rré"peondre od'un Bq AUXfaveurs Roy sidebonnaire G iiij
-~je fa* U:1 plaijir de nousfaire
du bienr
Noffre z>tle voudrait,toutfaire ne
peutrien,
Seigneur^faitespour luy ce que nous
¡
'Voudrions ftire. ,'voudrionsfaire.
Aprés la Procession,toute
la Bourgeoisie s'estant
mise sous lesarmes,
on alluma
le Feu de joye au bruit
du Canon & de la Mousqueterie,
au son des Tambours
& des Trompettes,
& auxacclamationsdérive
leRoy. Dans la Place ou le
Feu fut allumé, on voyoit
encore ce Prince represenMe
devant une Ville embrasée
y
avecles Vers suivans
quiavoient pour ame, Avis
ïkoecJacra Svii.
E. S fLâmts de ton Roy t'ont.
fait unnoblc Amant, - Ta foy quilvit pour luy dans ton
embrasement
Mnfpireason amour desfemimens si
tendres
8t!J'ü te fait, Ijfiudun
,
renéftrc
de tes cendres.
Cette Ceremonie qui du-
Ta jusques au soir
,
estans
terminée
,
les Particuliers J firent des Illuminations à
toutes les fenestres de leurs
maisons, & des Feux devant
leurs portes ,
& passerent la
plus grande partie de la nuit:
à donner dans les ruës toutes;
fortes de marques d'une allegresseparfaite.
La mesme:
chose doit se faire tous les
ans au mesme jour, suivant
la resolution qui en a esté
prise dans leur Assemblée
Generale. Le lendemain 6.
du mois
,
les Habitans Catholiques
d'Issoudunrecommencerent
la rejoüissence
par la Démolition qui se fit
du Temple de ceux de la
Religion Prerenduë
Refornée
,
ainsi qu'il avoit esté
ugé par Sentence du Bailhage
de la mesme Ville, far
:~s contraventions par eux
nites aux Edits & Déclarasions
de Sa Majelté
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Résumé : Fondation perpetuelle d'une Feste à Issoudun, pour la Naissance du Roy. [titre d'après la table]
Les habitants d'Issoudun, capitale du Bas-Berry, étaient reconnus pour leur loyauté envers leurs princes, qui leur avaient accordé divers privilèges. En 1651, après la destruction de la ville, le roi confirma ces privilèges et exprima sa gratitude. Les Issoldunois furent exemptés de garnisons militaires, une faveur unique en province. En signe de reconnaissance, ils instituèrent une prière publique annuelle le 5 septembre, jour de la naissance du roi. Cette année-là, une cérémonie solennelle eut lieu dans leur église collégiale, ornée de devises et d'inscriptions honorant le roi. La messe et les vêpres furent chantées par trois chœurs de musique, suivies d'une procession à laquelle participèrent l'évêque, les magistrats et autres officiers. Un portrait du roi fut exposé avec des vers latins. Après la procession, la bourgeoisie organisa un feu de joie avec des salves de canons, de mousqueterie, des tambours et des trompettes, et des acclamations en l'honneur du roi. La nuit fut illuminée par des feux devant les maisons. Le lendemain, les habitants catholiques démolirent le temple protestant, conformément à une décision du bailliage pour violation des édits royaux.
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15
p. 99-106
Translations. [titre d'après la table]
Début :
On a fait une grande Ceremonie chez les Peres Minimes [...]
Mots clefs :
Cérémonie, Translation, Ossements, Procession, Rome, Cortège, Dévotion, Piété, Martyre, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Translations. [titre d'après la table]
On a fait une grande Ceremonie
chez les Peres Minimes
de Peronne , pour la
Tranſlation des Offemens
du Corps de S.Jufte Martyr,
qui ont efté nouvellement
envoyez de Rome. La Proceffion
alla prendre la Chaffe
qui avoit effé portée àun Repofoir
dreffé au bout de la
I ij
100 MERCURE
Ville. Les ruës eftoient ten
duës de Tapifferies , & pendant
la marche l'on fit des
pauſes de diſtance en diſtan
ce , où la Mufique chanta
des Motets. Meffieurs de
Ville de l'ancienne & nouvelle
Loy fe trouverent tous
à cette Proceffion , où tous
les Drapeaux des Corps de
Meſtiers , au nombre de trente-
deux,furent portez quatre
quatre , chacun par le Capitaine
- Enfeigne de leur
Corps , l'Epée au cofté, & la
pomme de la Lance fur l'efà
tomach . On entra dans l'EGALANT.
101
glife Royale & Collegiale de
S. Furcy , où la Chaffe repofa
pendant le Panegyrique du
Saint , qui fut prononcé par
M' Desfrefnes , Chantre &
Chanoine de la même Eglife .
Enfuite elle fut portée chez
les Peres Minimes , où elle demeura
toute l'Octave expofée
à la Devotion du Peuple.
L'Eglife eftoit fort parée , &
il y avoit quantité d'Infcriptions
dans de grands Cartouches
.
Le concours a auffi efté
extraordinaire
pour une pareille
Ceremonie
que
l'on a
I iij
102 MERCURE
faite à Niort, à l'occafion du
Corps prefque entier de
S. Victor , dont le Pere Ifi- .
dore de Niort , Ex- Provin
cial & Vifiteur des Capucins
de la Province de Touraine,
a fait preſent à la Ville , pour
y laiffer un monument éternel
de fa pieté & de fon
amour pour fa Patrie. Cette
Sainte Relique qu'il a obtenuë
du Pape, fut tirée en 1675
du Cimetiere Ciriaque . Le
vray Nom de cet Illuftre
Martyr que l'on pretend eſtre
du premier Siécle , eft
Aphrodize ; c'eft ce qui eftoir
1
GALANT. 103
marqué fur fon Tombeau,
trouvé aupres de celuy des
Apoftres S. Pierre & S. Paul .
Le Pape Innocent XI . luy a
donné celuy de Victor , à
cauſe que les Romains , fuivant
leurs Privileges
, ne permettent
point que l'on tranf
porte un Corps Saint hors de
la Ville , fi on ne luy donne
un fecond Nom. On trouva
dans ce Tombeau une Phiole
de verre , pleine du Sang de
ce S. Martyr , quiconfervoit
encore fa couleur rouge,
bien que congelé, ce qui eft
la vraye marque du Mar-
I iiij
104 MERCURE
tyre.Je n'entreray point dans
l'entier détail des Ceremonies
qui ont efté faites à Niort , à
l'occafion de cette Sainte
Relique. La Proceffion fut
tres -folemnelle le jour que
l'on en fit la Tranflation . Il
s'y trouva plus de douze
mille perfonnes ; & comme
l'Eglife des Capucins où elle
devoit fe rendre n'auroit pû
les contenir , & que les Halles
de Niort font tres - grandes
& tres - belles , on y avoit
dreffé un Autel fort élevé
avec des gradins, & orné de
Tapifleries. Une cloſture
GALANT 105
que l'on avoit auffi faite,
compofoit un Choeur , au milieu
duquel eftoit une Eſtrade
fur laquelle la Relique fut
pofée. M'de la Terraudiere,
Maire de la Ville , avoit pris
le foin de toutes ces chofes ,
Mr le Curé de Noftre- Dame
chanta folemnellement la
grand' Meffe fur cet Autel,
& le Pere Ifidore fit le Pane
gyrique du Saint. La Proceffion
s'eftant renduë en
l'Eglife des Capucins, qui eft
au Fauxbourg du Port, on
chanta le Te Deum , au carrillon
de toutes les Clo106
MERCURE
ches de la Ville , & le foir
il y eut des Illuminations
& des Feux d'artifice dans
le Convent. Le jour de l'Octave
on fit une feconde
Proceffion , où l'on porta
encore la Relique. Lamef
me affluence de monde s'y
trouva , & le Pere Mefnard
de l'Oratoire prononça le
Panegyrique dans le grand
Carrefour du Fauxbourg du
Port, où l'on avoit placé une
Chaire.
chez les Peres Minimes
de Peronne , pour la
Tranſlation des Offemens
du Corps de S.Jufte Martyr,
qui ont efté nouvellement
envoyez de Rome. La Proceffion
alla prendre la Chaffe
qui avoit effé portée àun Repofoir
dreffé au bout de la
I ij
100 MERCURE
Ville. Les ruës eftoient ten
duës de Tapifferies , & pendant
la marche l'on fit des
pauſes de diſtance en diſtan
ce , où la Mufique chanta
des Motets. Meffieurs de
Ville de l'ancienne & nouvelle
Loy fe trouverent tous
à cette Proceffion , où tous
les Drapeaux des Corps de
Meſtiers , au nombre de trente-
deux,furent portez quatre
quatre , chacun par le Capitaine
- Enfeigne de leur
Corps , l'Epée au cofté, & la
pomme de la Lance fur l'efà
tomach . On entra dans l'EGALANT.
101
glife Royale & Collegiale de
S. Furcy , où la Chaffe repofa
pendant le Panegyrique du
Saint , qui fut prononcé par
M' Desfrefnes , Chantre &
Chanoine de la même Eglife .
Enfuite elle fut portée chez
les Peres Minimes , où elle demeura
toute l'Octave expofée
à la Devotion du Peuple.
L'Eglife eftoit fort parée , &
il y avoit quantité d'Infcriptions
dans de grands Cartouches
.
Le concours a auffi efté
extraordinaire
pour une pareille
Ceremonie
que
l'on a
I iij
102 MERCURE
faite à Niort, à l'occafion du
Corps prefque entier de
S. Victor , dont le Pere Ifi- .
dore de Niort , Ex- Provin
cial & Vifiteur des Capucins
de la Province de Touraine,
a fait preſent à la Ville , pour
y laiffer un monument éternel
de fa pieté & de fon
amour pour fa Patrie. Cette
Sainte Relique qu'il a obtenuë
du Pape, fut tirée en 1675
du Cimetiere Ciriaque . Le
vray Nom de cet Illuftre
Martyr que l'on pretend eſtre
du premier Siécle , eft
Aphrodize ; c'eft ce qui eftoir
1
GALANT. 103
marqué fur fon Tombeau,
trouvé aupres de celuy des
Apoftres S. Pierre & S. Paul .
Le Pape Innocent XI . luy a
donné celuy de Victor , à
cauſe que les Romains , fuivant
leurs Privileges
, ne permettent
point que l'on tranf
porte un Corps Saint hors de
la Ville , fi on ne luy donne
un fecond Nom. On trouva
dans ce Tombeau une Phiole
de verre , pleine du Sang de
ce S. Martyr , quiconfervoit
encore fa couleur rouge,
bien que congelé, ce qui eft
la vraye marque du Mar-
I iiij
104 MERCURE
tyre.Je n'entreray point dans
l'entier détail des Ceremonies
qui ont efté faites à Niort , à
l'occafion de cette Sainte
Relique. La Proceffion fut
tres -folemnelle le jour que
l'on en fit la Tranflation . Il
s'y trouva plus de douze
mille perfonnes ; & comme
l'Eglife des Capucins où elle
devoit fe rendre n'auroit pû
les contenir , & que les Halles
de Niort font tres - grandes
& tres - belles , on y avoit
dreffé un Autel fort élevé
avec des gradins, & orné de
Tapifleries. Une cloſture
GALANT 105
que l'on avoit auffi faite,
compofoit un Choeur , au milieu
duquel eftoit une Eſtrade
fur laquelle la Relique fut
pofée. M'de la Terraudiere,
Maire de la Ville , avoit pris
le foin de toutes ces chofes ,
Mr le Curé de Noftre- Dame
chanta folemnellement la
grand' Meffe fur cet Autel,
& le Pere Ifidore fit le Pane
gyrique du Saint. La Proceffion
s'eftant renduë en
l'Eglife des Capucins, qui eft
au Fauxbourg du Port, on
chanta le Te Deum , au carrillon
de toutes les Clo106
MERCURE
ches de la Ville , & le foir
il y eut des Illuminations
& des Feux d'artifice dans
le Convent. Le jour de l'Octave
on fit une feconde
Proceffion , où l'on porta
encore la Relique. Lamef
me affluence de monde s'y
trouva , & le Pere Mefnard
de l'Oratoire prononça le
Panegyrique dans le grand
Carrefour du Fauxbourg du
Port, où l'on avoit placé une
Chaire.
Fermer
Résumé : Translations. [titre d'après la table]
Deux cérémonies distinctes ont marqué la translation de reliques de saints. À Péronne, les Pères Minimes ont organisé une grande cérémonie pour la translation des offrandes du corps de Saint Juste Martyr, récemment arrivées de Rome. Une procession a récupéré la châsse dans un dépôt temporaire, traversant des rues ornées de tapisseries. Trente-deux corporations de métiers ont participé, portant leurs drapeaux et armes. La châsse a été placée dans l'église royale et collégiale de Saint-Furcy pour un panégyrique, puis exposée chez les Pères Minimes pendant une octave. À Niort, une cérémonie a célébré la translation du corps presque entier de Saint Victor, offert par le Père Isidore. Cette relique, initialement nommée Aphrodize, a été renommée Victor par le Pape Innocent XI en 1675. Plus de douze mille personnes ont assisté à la procession, marquée par des cérémonies solennelles et des illuminations. La relique a été exposée dans les halles de Niort, décorées pour l'occasion, avec des panégyriques prononcés par le Père Isidore et le Père Mesnard de l'Oratoire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16
p. 4-25
Lettre de Rome. [titre d'après la table]
Début :
Avant que d'entrer dans ce détail, j'ay à vous faire part [...]
Mots clefs :
Procession, Nouveaux convertis, Chrétiens, Fête, Église, Rome, Honneurs, Cortège, Pape, Dévotion, Cérémonie, Martyrs, Nominations, Cardinal, Conclave
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de Rome. [titre d'après la table]
Avant
que d'entrer dans ce
détail , j'ay à vous faire part
d'une Lettre écrite de Rome
à Mr le Duc de S. Aignan
,
par M Chaffebras
de Cramailles.
Elle contient
ce qui
s'y eft paffé de confiderable
à quelques Feftes qu'on a celebrées
avec des Solemnitez
particulieres
à la Proceſ
GALANT.
5
fion des Nouveaux Convertis
, & aux Réjouiffances qui
ont efté faites à l'occafion
des avantages remportez
par les Chreftiens fur les
Turcs.
L&
A Rome ce 15. Septembre 1685.
E 4. du mois paffé , on fit
icy une Fefte extraordinaire
de S. Gaëtan , dans les deux
Maifons des Peres Theatins
principalement en leur Eglife de
Saint André Della Valle , une
des plus belles de Rome . Sa Sainteté
ayant ordonné par un Bref,
qu'onferoit d'orefnavant la Fefte
A iij
6 MERCURE
de Saint Gaëtan double , qui n'êtoit
auparavant que femidouble.
Le mefme jour l'on fit l'ouverture
de l'Eglife de S. Ignace
des Peres Jefuites du College Romain
, qui eft la Maison où ils
enfeignent , comme celle de la
Rue Saint Jacques à Paris . C'eft
une des plus belles Eglifes de
Rome aprés Saint Pierre. La
plupart de Meffieurs les Cardinoux,
& ce qu'il y a icy de perfonnes
de Qualitéla vinrent voir
ce jour là , le lendemain Dimanche,
L'Autel eftoit garny d'u
ne quantitéfurprenante d'argen
ع و م
GALANT. 7
terie , & le Service fe fit à quatre
Choeurs de Mufique. Cette
Eglife , celle de la Maiſon Profeffe
& celle du Novitiat , font
trois des plus belles de Rome.
Le mefme jour & le Diman
che fuivant , les Dominiquains
celebrerent la Fefte defaint Dominique
, Patron de cét Ordre.
Leur Principale Eglife eft
celle de Sancta Maria fuper
Minervam , qui estoit autrefois
le Temple d'Ifis . La Muſique
eftoit à huit Chours . Saint
Dominique Saint François
ayant esté comtemporains & fort
intimes amis , ces deux Ordres
?
A iiij
8 MERCURE
lie ,
›
ont toûjours confervé une affez
grande union l'un avec l'autre
pour en donner des marques publiques.
C'est l'ufage à Rome &
dans la plupart des Villes d'Ita
que le jour de faint Domini_
que les Obfervantins de Saint
François , nommez chez nous
Cordeliers , viennentfaire l'Office
dans le Convent des Dominiquains
, femblablement lejour
de faint François les Dominiquains
vontfaire l'Office chez les
Cordeliers.
Le 9. Aouft fe fit la Fefte de
Saint Laurent . C'est une des principales
de Rome ; on éleva des
GALANT:
9
Arcs de Triomphe dans les ruës
des environs de la Principale
Eglife de Saint Laurent.
Le 25. Aouft on celebra la
Fefte de Saint Louis dans l'E
glife de ce Saint , qui eft de la
Nation Françoife
. Il y eut une
tres-belle Mufique. M. l'Ambaffadeur
de France s'y rendit en
grand cortege à douze à treize
beures , qui font fept à huit heu
res du matin felon l'Horloge de
France , pour recevoir Meffieurs
les Cardinaux
quiy eftoient invitez
, il s'y en trouva un fort
grand nombre. Ils fe placerent
vous dans le Choeur fuivant leur
10 MERCURE
rang; fçavoir les Evefques , les
Prestres les Diacres . Comme
auffi M. l'Ambaffadeur à qui on
rendift les mefmes honneurs qui
leurfont rendus , foit pour les Encenffemens
, foit pour d'autre chofes.
L'Eglife eftoit toute tenduë
de bandes de Damas rouge , avec
desfleurs de Lys & des Soleils.
Le Portrait de Sa Majesté tour
de bouten Manteau Royal ,
eftoit fur la Porte à costé de celuy
de Sa Sainteté. Tout ce qu'il y a
de François à Rome , fe trouverent
chez M. l'Ambaſſadeur dés
les onze heures d'Italie , pour
luy faire cortege , & ils furent
GALANT. II
régalez de Caffé de Liqueurs.
Son Cortege eftoit de trois Caroffes
de Velours en Broderie & Dorures
, chacun àfix Chevaux , &
quatre autres à deux Chevaux
Une douzaine de Pages au tour
en épée manteau à l'usage d'Italie
, & environ foixante Valets
de pied & Estaffiers , auffi en
épée & en manteau pour la pluf
part. Il y avoit enfuite environ
cinquante autres Caroffes de ceux
quifaifoient cortege.
Le Dimanche 2. de Septem
bre , Sa Sainteté tini Chapelle
extraordinairement dans fon Pa
lais de Montecavallo , & l'ony
12 MERCURE
chanta la Meffe le Te
&
Deum ,pourrendregraces à Dieu
des Victoires remportées fur les
Turcs par les Armées de l'Empereur
& des Venitiens.
Les Canons du Chateau S.
Ange annoncerent dés le matin
la Réjouiffance publique , &fur
le foir toute la Ville fe trouva
en joye . Chacun avoit allumé des
feux devant fa porte. Toutes les
Maifons estoient illuminées des
lampes & de lanternes aux Armes
du Pape , de l'Empereur &
de la Republique de Venife , la
plufpart de Meffieurs les Cardinaux
, de Meffieurs les PrinGALANT.
13
ces , avoient fait mettre deux
grands flambeaux de cire blan.
che à chacune des feneftres de
leurs Palais , l'on tira un nombre
prodigieux de Mortiers , de
Petarts & de Fufees.
M. le Cardinal Chigi , Ne
veu du Pape Alexandre VII.
qui avoit fait éclairer la façade
defon Palais d'unegrande quantité
de flambeaux comme les autres
, fit encore tapiffer le derriere
du mefme Palais qui donne fur
le Cours , avec des Satins & des
pluſieurs dé- Damas rouges ,
pouilles remportées en divers
temps fur cét Ennemy commun
14 MERCURE
1
>
des Chreftiens. On y voyoit expofez
des Turbans , des Bonnets ,
des Heaumes , des Vestes , des
Hoquetons , des' Corcelets , des
Souliers , des Bottines , des Pabouches
, des Sabres , des Coûteaux
, des Cimeteres , des Epées,
des Haches , des Dagues , des
Poignards , des Pieux, des Mar
teaux , des Coutelas , des Tranchoirs
, des Arcs , des Fléches ,
des Carquois , des Lames , des Ja-.
velots , des Dards , des Boucliers,
des Bâtons ferrez, des Piques ,
un nombre infiny de diverfes Armes
à feu de differentes fortes ,
outreplufieurs brides mords de
GALANT. 15
Cheval , des felles , des houffes ,
des étriers , & autres harnachemens
à la Turque.
Ily
Ily avoit des Turcs liez &
garotezfur un Theatre , pleurans
leur nouveau defastre au milieu
de leurs Etendards & de leurs
Drapeaux. Ony avoit mis une
Tête de Mahometan defeichée
que
l'on difoit estre d'un Bacha
d'Alep , & la veritable peau
d'un homme corroiée , que M.
le Cardinal conferve parmy les
raretez de fa Maifon de plaifan
ce , & que l'on attribuoit en cette
occafion au Grand Vifir défunt.
Ces Réjouiffances continuerent
16 MERCURE
le lendemain Lundy. Sa Sainteté
fit diftribuer ce jour là plufieurs
Charitez à tous les pauvres neceffiteux
de la Ville ; & afin que
la Feste fuft encore agreable à
Dieu , & plus utile aux veritables
Chreftiens on, fit des Prie
res deQuarante heures leSamedy,
Dimanche & Lundy , dans l'Ē
glife de Sainte Marie Dell'ani
ma de la Nation d'Allemagne
de Flandres , & dans celle de
Saint Marc , enclavée dans le
circuit du Palais des Ambaffadeurs
de Venife , où Sa Sainteté
avoit accordé Indulgence Pleniere
¸à ceux qui s'acquiteroient des
GALANT. 17
dévoirs prefcris dans l'une de
ces deux Eglifes , & demanderoient
à Dieu la continuation des
Victoires contre lesi Infideles , la
Paix de l'Eglife , & l'union des
Princes Chreftiens. Il y eut auffi
de grandes Devotions avec la
mefme Indulgence accordée dans
les trois principales Bafiliques.
Sçavoir le Samedy 8. à S. Jean
de Latran , le Dimanche g . à S.
Pierre du Vatican , & le Lundy
zo. à Sainte Marie Majeure.
Le Dimanche 9. Septembre,
l'on fit icy fur le foir une Procef
fion celebre , où l'on transfera les
nouveaux Convertis à la Foy
Decembre 1685.
9 .
B
18 MERCURE
Catholique , dans le Palais de
feu M. le Cardinal Gastaldi
qui en mourant leur a donné ce
Palais pour leurfervir d'hospice.
C'est un des plus beaux de Rome :
Il eft fcitué entre le Chaftean
Saint Ange & la fuperbe Eglife
de Saint Pierre du Vatican ,
tient une fort grande étenduë de
terrain.
Les Nouveaux Convertis aut
nombre de quatre- vingt , ou environ
, portoient chacun un Cierge
allumé ; ils eftoient precedez
des Confreres du Crucifix de faint
Marcel, dont la plus grande partie
font des Gentilshommes des
GALANT. 19
premieres Maifons de Rome.
Ces Confreres eftoient tous habillez
d'une Robe noire avec une
figure de Crucifix fur l'estomach ,
& un long baton noir à la main
rehauffé d'une petite Croix argen
tée & dorée. Trois des Principaux
de la Confrairie portoient
tour à tour une Croix de bois , de
quinze à dix-huit pieds de hau
teur , & d'autres tenoient un peu
plus loin un grand Crucifix environné
de quantité de Phanaux
dorez de Flambeaux ardens.
Meffieurs les Cardinaux Chi.
gy , Houvard de Nortfolch
accompagnoient la Proceſſion, &
Bij
20 MERCURE
aprés eux marchoient une centai
ne de Prelats , tous deux à deux
fuivis d'un nombre infiny de Peuple
qui y eftoit accouru de tous les
quartiers de Rome , pour gagner
l'Indulgence pleniere accordée par
Sa Sainteté , à tous ceux qui affi
fteroient à cette Ceremonie.
La Proceffion partit de l'ancien
Hospice de Sainte Marie de
Graces prés la Porte Angelique ,
alla d'abord dans l'Eglife de
Saint Pierre , où après que chacuneut
fait fapriere , on fit voir
à tout le Peuple , les trois principales
Reliques que l'on conferve
dans le Trefor de cette Eglife ,
GALANT . 21
quifont le Linge avec lequelfain..
te
Veronique effuya le Vifage
du
Sauveur du Monde , quand il
fut conduit au Mont Calvaire ,
T'empreinte de fa Divine Face
eft demeuréefurceLinge . La Lan
ce qui perça fon Cofté lors qu'il
fut fufpendufur la Croix pour le
falut de tous les hommes , &un
grandmorceau de la Vraye Croix,
que le Pape Urbain VIII. fit
transporter d'une autre Eglife de
Rome en celle- cy en l'année 1629.
Enfuite la Proceffion fe remit en
ordre comme
auparavant , &
continua fa route
juſqu'au nouvel
Hospice que l'on avoit orné
22 MERCURE
de Tapifleries , de Festons , de
d'autres galanteries.
Fleurs
,
Le Mardy 2. Septembre M.
le Cardinal Paul Savelli- Perreti,
Diacre du Titre de Saint Geor
ges in Velabro, mourut icy à l'â–
ge de foixante- deux ans entre
une deux heures d'Italie , qui
font environ huit heures dufoir
fuivant l'Horloge de France. Il
déceda dans fon Palais bâty fur
les ruines du Theatre
ĺ'Emque
des
pereur Augufte fit élever à fon
Neveu Marcellus. C'eft où l'on
faifoit des Feux publics , &
Feftes de Taureaux & de Gladiateurs
, où dans les temps
GALANT. 23
14.
des Perfecutions , l'on tourmentoit
cruellement quantité de Saints
Martyrs
, que l'on expofoit aux
Beftes pour donnerde l'épouvan
te aux autres Chreftiens.
Ilfut nommé Cardinal le
Janvier 1664. fous le Pontificat
d'Alexandre VII. Il avoit efté
l'un des douze Clercs de la Chambre
Apostolique , & eftoit lors
qu'il mourut de plufieurs Congre
gorions de Rome. Ilfut inhumé
le Feudy fuivant dans l'Eglife de
Sancta Maria dara Coeli ,
dans une Chapelle de fa Famille.
Cette Eglife eft une des plus
confiderables de Rome. Elle eft
24 MERCURE
fcituée au Sommet du Mont Ca
pitolin ; l'on y monte par un Efcalier
de marbre blanc , de cent
vingt- quatre degrezdeſept à huit
toiſes de largeur , & ce font les
Freres Mineurs Obfervantins qui
gouuernent depuis deux cent
quarante ans.
la
Ce Cardinal a laiffé un Frere
M. le Prince d' Albano , qui est
aujourd'huy l'aifné de la Maifon
des Savelli , l'une des quatre premieres
plus anciennes de Ro
me , quiy tiennent rang de Princes
: celle- cy jouit d'un beau Privilege,
& l'aifné de la Famille
eft toûjours Mareschal né &
Gardien
GALANT. 25
Gardien perpetuel du Conclave,
conjointement avec M. le Car
dinal Camerlingue de la Sainte
Eglife , d'où vient que lors que le
Saint Siege eft vacant , il afon
appartement dans dans le Palais où
le Conclave fe tient.
M Antoine Paoluzi , Venitien
Auditeur de Rote , eft mort
icy. C'eftoit un Sujet des plus
capables.
que d'entrer dans ce
détail , j'ay à vous faire part
d'une Lettre écrite de Rome
à Mr le Duc de S. Aignan
,
par M Chaffebras
de Cramailles.
Elle contient
ce qui
s'y eft paffé de confiderable
à quelques Feftes qu'on a celebrées
avec des Solemnitez
particulieres
à la Proceſ
GALANT.
5
fion des Nouveaux Convertis
, & aux Réjouiffances qui
ont efté faites à l'occafion
des avantages remportez
par les Chreftiens fur les
Turcs.
L&
A Rome ce 15. Septembre 1685.
E 4. du mois paffé , on fit
icy une Fefte extraordinaire
de S. Gaëtan , dans les deux
Maifons des Peres Theatins
principalement en leur Eglife de
Saint André Della Valle , une
des plus belles de Rome . Sa Sainteté
ayant ordonné par un Bref,
qu'onferoit d'orefnavant la Fefte
A iij
6 MERCURE
de Saint Gaëtan double , qui n'êtoit
auparavant que femidouble.
Le mefme jour l'on fit l'ouverture
de l'Eglife de S. Ignace
des Peres Jefuites du College Romain
, qui eft la Maison où ils
enfeignent , comme celle de la
Rue Saint Jacques à Paris . C'eft
une des plus belles Eglifes de
Rome aprés Saint Pierre. La
plupart de Meffieurs les Cardinoux,
& ce qu'il y a icy de perfonnes
de Qualitéla vinrent voir
ce jour là , le lendemain Dimanche,
L'Autel eftoit garny d'u
ne quantitéfurprenante d'argen
ع و م
GALANT. 7
terie , & le Service fe fit à quatre
Choeurs de Mufique. Cette
Eglife , celle de la Maiſon Profeffe
& celle du Novitiat , font
trois des plus belles de Rome.
Le mefme jour & le Diman
che fuivant , les Dominiquains
celebrerent la Fefte defaint Dominique
, Patron de cét Ordre.
Leur Principale Eglife eft
celle de Sancta Maria fuper
Minervam , qui estoit autrefois
le Temple d'Ifis . La Muſique
eftoit à huit Chours . Saint
Dominique Saint François
ayant esté comtemporains & fort
intimes amis , ces deux Ordres
?
A iiij
8 MERCURE
lie ,
›
ont toûjours confervé une affez
grande union l'un avec l'autre
pour en donner des marques publiques.
C'est l'ufage à Rome &
dans la plupart des Villes d'Ita
que le jour de faint Domini_
que les Obfervantins de Saint
François , nommez chez nous
Cordeliers , viennentfaire l'Office
dans le Convent des Dominiquains
, femblablement lejour
de faint François les Dominiquains
vontfaire l'Office chez les
Cordeliers.
Le 9. Aouft fe fit la Fefte de
Saint Laurent . C'est une des principales
de Rome ; on éleva des
GALANT:
9
Arcs de Triomphe dans les ruës
des environs de la Principale
Eglife de Saint Laurent.
Le 25. Aouft on celebra la
Fefte de Saint Louis dans l'E
glife de ce Saint , qui eft de la
Nation Françoife
. Il y eut une
tres-belle Mufique. M. l'Ambaffadeur
de France s'y rendit en
grand cortege à douze à treize
beures , qui font fept à huit heu
res du matin felon l'Horloge de
France , pour recevoir Meffieurs
les Cardinaux
quiy eftoient invitez
, il s'y en trouva un fort
grand nombre. Ils fe placerent
vous dans le Choeur fuivant leur
10 MERCURE
rang; fçavoir les Evefques , les
Prestres les Diacres . Comme
auffi M. l'Ambaffadeur à qui on
rendift les mefmes honneurs qui
leurfont rendus , foit pour les Encenffemens
, foit pour d'autre chofes.
L'Eglife eftoit toute tenduë
de bandes de Damas rouge , avec
desfleurs de Lys & des Soleils.
Le Portrait de Sa Majesté tour
de bouten Manteau Royal ,
eftoit fur la Porte à costé de celuy
de Sa Sainteté. Tout ce qu'il y a
de François à Rome , fe trouverent
chez M. l'Ambaſſadeur dés
les onze heures d'Italie , pour
luy faire cortege , & ils furent
GALANT. II
régalez de Caffé de Liqueurs.
Son Cortege eftoit de trois Caroffes
de Velours en Broderie & Dorures
, chacun àfix Chevaux , &
quatre autres à deux Chevaux
Une douzaine de Pages au tour
en épée manteau à l'usage d'Italie
, & environ foixante Valets
de pied & Estaffiers , auffi en
épée & en manteau pour la pluf
part. Il y avoit enfuite environ
cinquante autres Caroffes de ceux
quifaifoient cortege.
Le Dimanche 2. de Septem
bre , Sa Sainteté tini Chapelle
extraordinairement dans fon Pa
lais de Montecavallo , & l'ony
12 MERCURE
chanta la Meffe le Te
&
Deum ,pourrendregraces à Dieu
des Victoires remportées fur les
Turcs par les Armées de l'Empereur
& des Venitiens.
Les Canons du Chateau S.
Ange annoncerent dés le matin
la Réjouiffance publique , &fur
le foir toute la Ville fe trouva
en joye . Chacun avoit allumé des
feux devant fa porte. Toutes les
Maifons estoient illuminées des
lampes & de lanternes aux Armes
du Pape , de l'Empereur &
de la Republique de Venife , la
plufpart de Meffieurs les Cardinaux
, de Meffieurs les PrinGALANT.
13
ces , avoient fait mettre deux
grands flambeaux de cire blan.
che à chacune des feneftres de
leurs Palais , l'on tira un nombre
prodigieux de Mortiers , de
Petarts & de Fufees.
M. le Cardinal Chigi , Ne
veu du Pape Alexandre VII.
qui avoit fait éclairer la façade
defon Palais d'unegrande quantité
de flambeaux comme les autres
, fit encore tapiffer le derriere
du mefme Palais qui donne fur
le Cours , avec des Satins & des
pluſieurs dé- Damas rouges ,
pouilles remportées en divers
temps fur cét Ennemy commun
14 MERCURE
1
>
des Chreftiens. On y voyoit expofez
des Turbans , des Bonnets ,
des Heaumes , des Vestes , des
Hoquetons , des' Corcelets , des
Souliers , des Bottines , des Pabouches
, des Sabres , des Coûteaux
, des Cimeteres , des Epées,
des Haches , des Dagues , des
Poignards , des Pieux, des Mar
teaux , des Coutelas , des Tranchoirs
, des Arcs , des Fléches ,
des Carquois , des Lames , des Ja-.
velots , des Dards , des Boucliers,
des Bâtons ferrez, des Piques ,
un nombre infiny de diverfes Armes
à feu de differentes fortes ,
outreplufieurs brides mords de
GALANT. 15
Cheval , des felles , des houffes ,
des étriers , & autres harnachemens
à la Turque.
Ily
Ily avoit des Turcs liez &
garotezfur un Theatre , pleurans
leur nouveau defastre au milieu
de leurs Etendards & de leurs
Drapeaux. Ony avoit mis une
Tête de Mahometan defeichée
que
l'on difoit estre d'un Bacha
d'Alep , & la veritable peau
d'un homme corroiée , que M.
le Cardinal conferve parmy les
raretez de fa Maifon de plaifan
ce , & que l'on attribuoit en cette
occafion au Grand Vifir défunt.
Ces Réjouiffances continuerent
16 MERCURE
le lendemain Lundy. Sa Sainteté
fit diftribuer ce jour là plufieurs
Charitez à tous les pauvres neceffiteux
de la Ville ; & afin que
la Feste fuft encore agreable à
Dieu , & plus utile aux veritables
Chreftiens on, fit des Prie
res deQuarante heures leSamedy,
Dimanche & Lundy , dans l'Ē
glife de Sainte Marie Dell'ani
ma de la Nation d'Allemagne
de Flandres , & dans celle de
Saint Marc , enclavée dans le
circuit du Palais des Ambaffadeurs
de Venife , où Sa Sainteté
avoit accordé Indulgence Pleniere
¸à ceux qui s'acquiteroient des
GALANT. 17
dévoirs prefcris dans l'une de
ces deux Eglifes , & demanderoient
à Dieu la continuation des
Victoires contre lesi Infideles , la
Paix de l'Eglife , & l'union des
Princes Chreftiens. Il y eut auffi
de grandes Devotions avec la
mefme Indulgence accordée dans
les trois principales Bafiliques.
Sçavoir le Samedy 8. à S. Jean
de Latran , le Dimanche g . à S.
Pierre du Vatican , & le Lundy
zo. à Sainte Marie Majeure.
Le Dimanche 9. Septembre,
l'on fit icy fur le foir une Procef
fion celebre , où l'on transfera les
nouveaux Convertis à la Foy
Decembre 1685.
9 .
B
18 MERCURE
Catholique , dans le Palais de
feu M. le Cardinal Gastaldi
qui en mourant leur a donné ce
Palais pour leurfervir d'hospice.
C'est un des plus beaux de Rome :
Il eft fcitué entre le Chaftean
Saint Ange & la fuperbe Eglife
de Saint Pierre du Vatican ,
tient une fort grande étenduë de
terrain.
Les Nouveaux Convertis aut
nombre de quatre- vingt , ou environ
, portoient chacun un Cierge
allumé ; ils eftoient precedez
des Confreres du Crucifix de faint
Marcel, dont la plus grande partie
font des Gentilshommes des
GALANT. 19
premieres Maifons de Rome.
Ces Confreres eftoient tous habillez
d'une Robe noire avec une
figure de Crucifix fur l'estomach ,
& un long baton noir à la main
rehauffé d'une petite Croix argen
tée & dorée. Trois des Principaux
de la Confrairie portoient
tour à tour une Croix de bois , de
quinze à dix-huit pieds de hau
teur , & d'autres tenoient un peu
plus loin un grand Crucifix environné
de quantité de Phanaux
dorez de Flambeaux ardens.
Meffieurs les Cardinaux Chi.
gy , Houvard de Nortfolch
accompagnoient la Proceſſion, &
Bij
20 MERCURE
aprés eux marchoient une centai
ne de Prelats , tous deux à deux
fuivis d'un nombre infiny de Peuple
qui y eftoit accouru de tous les
quartiers de Rome , pour gagner
l'Indulgence pleniere accordée par
Sa Sainteté , à tous ceux qui affi
fteroient à cette Ceremonie.
La Proceffion partit de l'ancien
Hospice de Sainte Marie de
Graces prés la Porte Angelique ,
alla d'abord dans l'Eglife de
Saint Pierre , où après que chacuneut
fait fapriere , on fit voir
à tout le Peuple , les trois principales
Reliques que l'on conferve
dans le Trefor de cette Eglife ,
GALANT . 21
quifont le Linge avec lequelfain..
te
Veronique effuya le Vifage
du
Sauveur du Monde , quand il
fut conduit au Mont Calvaire ,
T'empreinte de fa Divine Face
eft demeuréefurceLinge . La Lan
ce qui perça fon Cofté lors qu'il
fut fufpendufur la Croix pour le
falut de tous les hommes , &un
grandmorceau de la Vraye Croix,
que le Pape Urbain VIII. fit
transporter d'une autre Eglife de
Rome en celle- cy en l'année 1629.
Enfuite la Proceffion fe remit en
ordre comme
auparavant , &
continua fa route
juſqu'au nouvel
Hospice que l'on avoit orné
22 MERCURE
de Tapifleries , de Festons , de
d'autres galanteries.
Fleurs
,
Le Mardy 2. Septembre M.
le Cardinal Paul Savelli- Perreti,
Diacre du Titre de Saint Geor
ges in Velabro, mourut icy à l'â–
ge de foixante- deux ans entre
une deux heures d'Italie , qui
font environ huit heures dufoir
fuivant l'Horloge de France. Il
déceda dans fon Palais bâty fur
les ruines du Theatre
ĺ'Emque
des
pereur Augufte fit élever à fon
Neveu Marcellus. C'eft où l'on
faifoit des Feux publics , &
Feftes de Taureaux & de Gladiateurs
, où dans les temps
GALANT. 23
14.
des Perfecutions , l'on tourmentoit
cruellement quantité de Saints
Martyrs
, que l'on expofoit aux
Beftes pour donnerde l'épouvan
te aux autres Chreftiens.
Ilfut nommé Cardinal le
Janvier 1664. fous le Pontificat
d'Alexandre VII. Il avoit efté
l'un des douze Clercs de la Chambre
Apostolique , & eftoit lors
qu'il mourut de plufieurs Congre
gorions de Rome. Ilfut inhumé
le Feudy fuivant dans l'Eglife de
Sancta Maria dara Coeli ,
dans une Chapelle de fa Famille.
Cette Eglife eft une des plus
confiderables de Rome. Elle eft
24 MERCURE
fcituée au Sommet du Mont Ca
pitolin ; l'on y monte par un Efcalier
de marbre blanc , de cent
vingt- quatre degrezdeſept à huit
toiſes de largeur , & ce font les
Freres Mineurs Obfervantins qui
gouuernent depuis deux cent
quarante ans.
la
Ce Cardinal a laiffé un Frere
M. le Prince d' Albano , qui est
aujourd'huy l'aifné de la Maifon
des Savelli , l'une des quatre premieres
plus anciennes de Ro
me , quiy tiennent rang de Princes
: celle- cy jouit d'un beau Privilege,
& l'aifné de la Famille
eft toûjours Mareschal né &
Gardien
GALANT. 25
Gardien perpetuel du Conclave,
conjointement avec M. le Car
dinal Camerlingue de la Sainte
Eglife , d'où vient que lors que le
Saint Siege eft vacant , il afon
appartement dans dans le Palais où
le Conclave fe tient.
M Antoine Paoluzi , Venitien
Auditeur de Rote , eft mort
icy. C'eftoit un Sujet des plus
capables.
Fermer
Résumé : Lettre de Rome. [titre d'après la table]
En septembre 1685, Rome a été le théâtre de nombreuses festivités religieuses et célébrations. Le 4 août, une fête en l'honneur de Saint Gaëtan a été organisée chez les Pères Théatins, et le pape a décidé que cette fête serait dorénavant célébrée comme une double fête. La même journée a marqué l'inauguration de l'église Saint-Ignace des Jésuites, attirant de nombreux dignitaires. Les Dominicains ont célébré la fête de saint Dominique avec une musique à huit chœurs, tandis que les Franciscains et les Dominicains ont échangé des offices pour symboliser leur union. Le 9 août, la fête de Saint Laurent a été marquée par des arcs de triomphe autour de son église principale. Le 25 août, la fête de Saint Louis a été célébrée avec une musique exceptionnelle et la présence de l'ambassadeur de France, dans une église décorée de damas rouge, de fleurs de lys, de soleils, ainsi que des portraits du roi de France et du pape. Le 2 septembre, le pape a tenu une chapelle extraordinaire pour remercier Dieu des victoires contre les Turcs obtenues par les armées de l'empereur et des Vénitiens. La ville était en liesse avec des feux, des illuminations et des tirs de mortiers. Le cardinal Chigi a exposé des armes turques et des prisonniers sur la façade de son palais. Après les victoires militaires, des trophées macabres, comme une tête de Mahométan et une peau humaine attribuée au Grand Vizir, ont été mis en scène. Le pape a distribué des charités aux pauvres et organisé des prières de Quarante Heures pour demander des victoires contre les infidèles, la paix de l'Église et l'union des princes chrétiens. Une procession a célébré le transfert de nouveaux convertis au catholicisme vers un palais légué par le cardinal Gastaldi, accompagnée de cardinaux et de prélats, et s'est rendue à la basilique Saint-Pierre où étaient exposées des reliques sacrées. Le 2 septembre, le cardinal Paul Savelli-Perretti est décédé à l'âge de soixante-deux ans et a été inhumé dans l'église Santa Maria in Ara Coeli. Son frère est le prince d'Albano, chef de la maison Savelli, une des plus anciennes familles de Rome. Antoine Paoluzi, un auditeur de la Rote vénitien, est également décédé à Rome.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17
p. 192-215
Conversions faites depuis le mois dernier, [titre d'après la table]
Début :
Pour continuer le grand Article qui regarde la Religion, & [...]
Mots clefs :
Religion prétendue réformée, Évêque, Prétendus réformés, Erreurs, Bénédiction, Ecclésiastique, Religionnaires, Conversions, Abjurations, Zèle, Nouveaux convertis, Discours, Procession, Missions, Controverse, Cérémonie, Hérésie, Piété, Famille, Opiniâtreté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions faites depuis le mois dernier, [titre d'après la table]
Pour continuer le grand
Article qui regarde la Religion
, & qui a remply depuis
un an la plus grande par
tie de toutes mes Lettres , j'ay
à vous faire fçavoir que M
l'Evefque de Rennes s'eſtant
rendu à Vitré en Bretagne
le 19.Novembre dernier , alla
dés le lendemain chez les
plus confiderables des Pretendus
Reformez , pour les
exhorter à ouvrir les yeux
fur leurs erreurs. Le foir il
donna la Benediction dans
la
GALANT. 193
la grande Eglife , reveſtu de
fes habits Pontificaux , ce
qu'il fit tous les soirs jufqu'au
dernier jour de ce mefme
mois , qu'il s'en retourna à
Rennes. Les jours fuivans il
continua ſes Vifites , toûjours
à pied , accompagné de fon
Grand Vicaire , du P. Bruant
Jefuite , & de plufieurs autres
fçavans Ecclefiaftiques .
Il les vit tous , & plus
d'une fois , & mefme il fe
donna la peine d'en aller
chercher quelques - uns jufque
dans leurs Maifons de
Campagne, àune affez gran-
Février 1686. R
194 MERCURE
de diſtance de la Ville. Il
leur parla avec fermeté, mais
en répondant à tout ce qu'ils
luy oppoferent , il employa
des manieres fi honneftes, &
fi pleines de douceur , que
beaucoup d'entr'eux demandant
du temps pour ſe faire
inftruire , commencerent à
faire voir que les raiſons dont
il fe fervoit contre eux leur
paroiffoient convaincantes,
Le Jeudy 22. on receut des
Lettres de M le Duc de
Chaunes , Gouverneur de
Bretagne qui expliquoient
les intentions du Roy. Les
GALANT. 185
Magiftrats firent auffi.toft
affembler les Religionnaires
à la Maiſon de Ville , & les
exhorterent à fe rendre dignes
de l'extreme bonté que
Sa Majesté témoignoit pour
cette Province, puis que c'eftoit
par elle qu'on achevoit
de preffer les Pretendus Ré.
formez du Royaume de
changer de Religion , & qu'-
ainfi ils avoient eu le temps
de fe preparer à fuivre l'exemple
des autres.Deux jours
aprés on fit une feconde Af
femblée , & alors fans balancer,
M' de Gennes Guilmarais
Rij
196 MERCURE
Avocat au Parlement de Paris
, qui s'eſt marié à Vitré ,
porta la parole pour luy , &
pour les principaux duParty,
qui eftoient prefens . Le Senéchal
les pria de l'accompagner
, pour aller donner
leurs Noms à M' l'Evefque
de Rennes . Les Catholiques
& eux s'embraffoient de tous
coftez, & par tout où ils paffoient
ce n'eftoient que des
démonftrations
de joye.Leur
nombre s'eftant extremément
accru en trois jours ,
ce zelé Prelat leur fit faire
Abjuration le 27.
dans le
GALANT. 197
C
Choeur des Benedictins. Il
leur dit d'abord qu'ils ne
pouvoient trop fe réjouir d'eftre
rentrez fi heureuſement
au ſein de l'Eglife dont leurs
Anceſtres s'eftoient ſeparez ,
& fur la fin de cette Ceremonie
il les exhorta à bien
travailler pour leur falut , &
porta tous les Affiftans à rendre
graces
du recouvrement de ces Brebis
égarées , à l'exemple du
Paſteur de l'Evangile . Il dit
enfuite la Meffe du Saint Efprit
, aprés laquelle ils fignerent
tous . Il fe fit encore
à Dieu avec luy
Riij
198 MERCURE
quantité d'Abjurations le
lendemain , & en huit jours il
ne refta plus que cinquante
Religionnaires , dont il y avoit
quarante- cinq Femmes,
& cinq Hommes , qui tarderent
peu à faire comme les
autres . Le Pere Bruant Jefuite
faifoit tous les foirs un
fort long Difcours , en forme
d'Inftruction , ce qui eftoit
d'une grande utilité pour les
nouveaux Convertis. Il continua
ces Difcours jufqu'a
prés Noël , fans prendre un
jour de repos , & ce fut toûjours
avec de grands fruits .
GALANT. 199
Le 27. Decembre Mr l'Evef
que de Rennes revint à Vitré
, & s'eftant rendu le lendemain
en l'Eglife de Noftre
Dame . principale Paroiffe de
la Ville , où tout le Clergé fe
trouva, il y entona le Te Deum
aprés Vefpres , en preſence
de M' le Duc de Chaunes ,
qui affifta a cette Ceremonie,
accompagné de M'l’Abbé
Flechier, nominé à l'Evef
ché de Lavaur , & de M ' l'Abbé
deGuenegaud.Le Samedy
29. de ce mefme mois , ce
Duc. fit affembler au Chafteautous
les nouveaux Con-
R iiij
200 MERCURE
vertis , pour leur témoigner
fa joye de leur réunion à
l'Eglife , & les exhorter à répondre
par des fentimens
finceres aux fains que Sa
Majefté prenoit pour procu
rer leur falut.
Je vous ay déja fait un
détail de tout ce qui s'eft
paffé à Alençon touchant les
Converfions , il faut vous en
apprendre les fuites . Les Jefuites
ont fait une Miflion
par l'ordre du Roy pour
les nouveaux Catholiques .
Elle fut ouverte le ſecond du
mois paffé par une Proceffion
GALANT. 201
Generale , à laquelle affifterent
le Corps de Ville , Mrs
du Prefidial , dix de ces Peres
en Surplis , les Capucins , &
tout le Clergé. Au retour M
Chefnard Curé d'Alençon ,
fit un excellent Difcours fur
les motifs de la Penitence ,
laquelle cette Miſſion invitoit
toute la Ville. Il chanta
enfuite la Meſſe du S. Efprit,
où tous les Peres de la Mif
fion fe trouverent. Depuis
ce temps là , il y a eu chaque
jours quatre Difcours ; l'un
de grand matin pour les gens.
de travail & de fervice ; un
202 MERCURE
autre à dix heures fur les
Points fondamentaux de
noftre Religion ; une Inftruction
familiere à une heure
aprés midy , & le foir à cinq
heures une Controverfe fuivie
des Prieres ordinaires
dans les Miffions . Le jour
des Roys , premier Dimanche
de l'année , le Maire &
les Echevins voulant honorer
la Miffion , preſenterent
les Pains Benits au nom de
Sa Majefté & de la Ville . On
les alla prendre à l'Hoſtel de
Ville au fon des Tambours
,
& ils furent apportez par
GALANT. 203
feize Sergens d'Armes avec
leurs Bandolieres fleurdeli .
fées. Les Trompetes les re
ceurent à la porte de l'Eglife,
& fe mélant au fon des Clo .
ches & des Orgues , attirerent
une infinité de monde
à voir cette ancienne Ceremonie
qu'on renouvelloit en
faveur des nouveaux Catholiques
, pour les accoûtumer
à nos ufages . L'affiduité &
l'attention qu'ils ont euë
pendant cette Miſſion , font
fez connoiftre que leur Converfion
a efté fincere.
Le Dimanche 10. de ce
204 MERCURE
mois, Dame Sufanne de Vez ,
Veuve de Meffire Daniel de
Rainneval,Lieutenant Colo
nel du Regiment de Souche ,
à prefent nommé d'Arcourt,
fit Abjuration de l'Herefie ,
dans une des plus confiderables
Parroiffes d'Arras . Elle
s'eftoit mife depuis quelque
temps entre les mains d'un
Capucin tres-fçavant dans
les Controverfes , & elle en
avoit receu tous les éclaircif
femens dont elle avoit befoin
fur fes Doutes , auffi - bien
Mademoiſelle Saquier , que
Fille d'Ifaac Saquier Miniftre
GALANT. 205
fameux. Toutes chofes étant
difpofées , M ' de Préfontaine
Prefident en Chef du
Confeil d'Artois , & M' Bataille
, Procureut General au
mefme Confeil , allerent les
prendre en Carroffe , & les
conduifirent à l'Eglife . Toutes
les Perfonnes confiderables
de la Province s'y
trouverent , & il y en eut
beaucoup qui fe firent un
honneur de figner fur l'Acte
de leur
Profeffion de Foy ;
entre
Montmorency
autres Madame de
Madame
la Marquife d'Arancy , &
206 MERCURE
Madame la Comteffe de
Mauve , de la Maifon de
Crequy . On chanta le Veni
Crtator , qui fut fuivy d'un
tres- éloquent Difcours que
le Pere Capucin fit à ces
deux Dames avant que de
recevoir leur Abjuration.
Cela eftant fait , elles prononcerent
leur Profeffion de
Foy avec une ferveur toute
édifiante , & cette Ceremonie
finit par le Te Deum. Mademoiſelle
de Rainneval
âgée de quinze à ſeize ans ,
Fille de Madame de Rainneval
, eft dans le Convent
GALANT.
207
des Urfulines, où l'on ne doute
point que les exemples
de vertu & de pieté de ces
faintes Religieuſes
, joints
aux lumieres qu'elle y reçoit
du Pere de la Ferté Jefuite ,
auffi recommandable par fon
zele & par fon rare fçavoir ,
que par fa naiſſance , ne l'engagent
dans peu de temps à
faire la mefine Abjuration .
M' le Vaffeur,Prieur d'Auchy
, a receu depuis quelque
temps la Profeffion de Foy
de quatorze Religionnaires
qui ont renoncé à leurs Erreurs.
Une Niepce du fa208
MERCURE
meux Mr Conrard , mort
Secretaire de l'Accademie
Françoife , eftoit de ce nombre.
La Ceremonie a efté
faite à Rofoy prés de Soiffons
.
Mademoiſelle Dorte,dont
la fermeté pour la Religion
Proteftante paroiffoit infurmontable
, & qui mefme l'a
fait connoiftre par des a-
Єtions trop hardies
perfonne de fon Sexe , a fait
auffi Abjuration à Metz entre
les mains de M' l'Evefque
dans l'Eglife des Urfulines.
Mademoiſelle de Montigny
pour
une
GALANT. 209
abjura en mefme temps . M.
Duchat Confeiller au Parlement
, & M Bancelin Capitaine
& proche Parent d'un
Miniftre de Mets , fe font
convertis dans la mefme
Ville.
.
la
J'ay auffi à vous apprendre
la Converfion de M ' du
Faux Amperoux . C'eſt un
Gentilhomme de Bretagne
qui avoit efté deftiné pour
Robe ; & dont la fortune feroit
beaucoup plus confiderable
qu'elle n'eft , s'il avoit
moins aimé les Lettres &
fa Famille. Ces deux raiſons
Fevrier 1686.
S
210 MERCURE
#
l'ont obligé de ceder à fes
Proches , des avantages qu'il
pouvoit legitimement prerendre.
L'amour qu'il a pour
les Lettres n'a pas efté fans
progrez , puifqu'il fçait l'Antiquité
& l'Ecriture autant
qu'aucun homme de fon âge.
Sur tout il poffede parfaitement
l'Hiftoire , la Geogra
phie , l'Eftat prefent de l'Europe
, l'Intereſt des Princes ,
& les Affaires étrangères. Il
entend dix Langues , & parle
& écrit la noftre avec une
entiere pureté. Quoy qu'il
fuft fort perfuadé de fa ReGALANT.
211
ligion , neantmoins comme
il eftoit extremément éloigné
de fe croire infaillible
& incapable de fe tromper ,
le foin de fon falut , & la volonté
du Roy l'obligerent de
s'inftruire à fonds des matieres
de Controverſe , aufquelles
jufques alors il ne
s'eftoit pas entierement attaché.
Après avoir fait un
long Examen en lifant les
Livres qui ont efté publiez
de part & d'autre , n'ayant
pû fe fatisfaire ny fe deter
miner , il alla trouver M¹l'Evefque
de Meaux pour qui
Sij
212 MERCURE
la lecture de fes Ouvrages ,
& fa reputation luy avoient
donné une haute eftime , &
les longues Conferences
qu'il
eut avec ce Sçavant Prelat
diffiperent fi bien tous fes
Doutes , qu'il fut enfin convaincu
que felon les promef
fes de l'Evangile , il doit
avoir eu toûjours une veritable
Eglife , fubfiftante & vifible
, qui ne peut eſtre autre
que l'Eglife Catholique. Ainfi
il abjura entre fes mains à
Verſailles peu de jours aprés
ces Conferences
.
Y
Il refte fi peu de PerfonGALANT.
213
nes à convertir à Paris, qu'on
peut dire qu'on n'y trouve
prefque plus de Proteftans.
Ainfi je ferois trop long fi
je vous nommois tous ceux
qui s'y font faits Catholiques.
Je vous diray ſeulement
que M ' Muiffon Confeiller
au Parlement , & Madame
fa Femme ont fait Abjuration
aprés avoir pris un
foin tres - particulier de fe
faire inftruire , & employé
un long- temps pour chercher
la Verité qu'ils ont enfin
reconnuë. M' Monginot
la Sale s'eft auffi converty a
vec toute la Famille .
214 MERCURE
Entre toutes ces Converfions
, il n'y en a point eu de
plus éclatante que celle de
M' le Comte de Madaillan
de Lefpare , auffi diftingué
par les vives lumieres de fon
efprit , que par les glorieux
avantages qu'il tire de fa
naiffance Il a voulu s'éclaircir
à fond des Veritéz Catholiques
, & il en a efté fi
pleinement convaincu , que
ne fe contentant pas de renoncer
à l'Erreur , il a voulu
que ce qui avoit fervy à le
détromper, contribuaſt à fairé
ceffer l'aveuglement de
GALANT. 215
ceux qui perfiftent dans
l'Herefie de Calvin . Il a écrit
lès Motifs qui l'ont engagé
à fe reünir à l'Eglife Romaine
, & ces raiſons font fi
fortes, & expliquées avec tant
de netteté , qu'elles ont déja
ramené plufieurs Perfonnes
du mefine party. Je ne doute
point que les plus opiniâtres
n'en foient touchez , & qu'aprés
les avoir leus , ils ne demeurent
d'accord que l'Eglife
Catholique eſt la ſeule
Eglife , dans laquelle on peut
faire fon falut.
Article qui regarde la Religion
, & qui a remply depuis
un an la plus grande par
tie de toutes mes Lettres , j'ay
à vous faire fçavoir que M
l'Evefque de Rennes s'eſtant
rendu à Vitré en Bretagne
le 19.Novembre dernier , alla
dés le lendemain chez les
plus confiderables des Pretendus
Reformez , pour les
exhorter à ouvrir les yeux
fur leurs erreurs. Le foir il
donna la Benediction dans
la
GALANT. 193
la grande Eglife , reveſtu de
fes habits Pontificaux , ce
qu'il fit tous les soirs jufqu'au
dernier jour de ce mefme
mois , qu'il s'en retourna à
Rennes. Les jours fuivans il
continua ſes Vifites , toûjours
à pied , accompagné de fon
Grand Vicaire , du P. Bruant
Jefuite , & de plufieurs autres
fçavans Ecclefiaftiques .
Il les vit tous , & plus
d'une fois , & mefme il fe
donna la peine d'en aller
chercher quelques - uns jufque
dans leurs Maifons de
Campagne, àune affez gran-
Février 1686. R
194 MERCURE
de diſtance de la Ville. Il
leur parla avec fermeté, mais
en répondant à tout ce qu'ils
luy oppoferent , il employa
des manieres fi honneftes, &
fi pleines de douceur , que
beaucoup d'entr'eux demandant
du temps pour ſe faire
inftruire , commencerent à
faire voir que les raiſons dont
il fe fervoit contre eux leur
paroiffoient convaincantes,
Le Jeudy 22. on receut des
Lettres de M le Duc de
Chaunes , Gouverneur de
Bretagne qui expliquoient
les intentions du Roy. Les
GALANT. 185
Magiftrats firent auffi.toft
affembler les Religionnaires
à la Maiſon de Ville , & les
exhorterent à fe rendre dignes
de l'extreme bonté que
Sa Majesté témoignoit pour
cette Province, puis que c'eftoit
par elle qu'on achevoit
de preffer les Pretendus Ré.
formez du Royaume de
changer de Religion , & qu'-
ainfi ils avoient eu le temps
de fe preparer à fuivre l'exemple
des autres.Deux jours
aprés on fit une feconde Af
femblée , & alors fans balancer,
M' de Gennes Guilmarais
Rij
196 MERCURE
Avocat au Parlement de Paris
, qui s'eſt marié à Vitré ,
porta la parole pour luy , &
pour les principaux duParty,
qui eftoient prefens . Le Senéchal
les pria de l'accompagner
, pour aller donner
leurs Noms à M' l'Evefque
de Rennes . Les Catholiques
& eux s'embraffoient de tous
coftez, & par tout où ils paffoient
ce n'eftoient que des
démonftrations
de joye.Leur
nombre s'eftant extremément
accru en trois jours ,
ce zelé Prelat leur fit faire
Abjuration le 27.
dans le
GALANT. 197
C
Choeur des Benedictins. Il
leur dit d'abord qu'ils ne
pouvoient trop fe réjouir d'eftre
rentrez fi heureuſement
au ſein de l'Eglife dont leurs
Anceſtres s'eftoient ſeparez ,
& fur la fin de cette Ceremonie
il les exhorta à bien
travailler pour leur falut , &
porta tous les Affiftans à rendre
graces
du recouvrement de ces Brebis
égarées , à l'exemple du
Paſteur de l'Evangile . Il dit
enfuite la Meffe du Saint Efprit
, aprés laquelle ils fignerent
tous . Il fe fit encore
à Dieu avec luy
Riij
198 MERCURE
quantité d'Abjurations le
lendemain , & en huit jours il
ne refta plus que cinquante
Religionnaires , dont il y avoit
quarante- cinq Femmes,
& cinq Hommes , qui tarderent
peu à faire comme les
autres . Le Pere Bruant Jefuite
faifoit tous les foirs un
fort long Difcours , en forme
d'Inftruction , ce qui eftoit
d'une grande utilité pour les
nouveaux Convertis. Il continua
ces Difcours jufqu'a
prés Noël , fans prendre un
jour de repos , & ce fut toûjours
avec de grands fruits .
GALANT. 199
Le 27. Decembre Mr l'Evef
que de Rennes revint à Vitré
, & s'eftant rendu le lendemain
en l'Eglife de Noftre
Dame . principale Paroiffe de
la Ville , où tout le Clergé fe
trouva, il y entona le Te Deum
aprés Vefpres , en preſence
de M' le Duc de Chaunes ,
qui affifta a cette Ceremonie,
accompagné de M'l’Abbé
Flechier, nominé à l'Evef
ché de Lavaur , & de M ' l'Abbé
deGuenegaud.Le Samedy
29. de ce mefme mois , ce
Duc. fit affembler au Chafteautous
les nouveaux Con-
R iiij
200 MERCURE
vertis , pour leur témoigner
fa joye de leur réunion à
l'Eglife , & les exhorter à répondre
par des fentimens
finceres aux fains que Sa
Majefté prenoit pour procu
rer leur falut.
Je vous ay déja fait un
détail de tout ce qui s'eft
paffé à Alençon touchant les
Converfions , il faut vous en
apprendre les fuites . Les Jefuites
ont fait une Miflion
par l'ordre du Roy pour
les nouveaux Catholiques .
Elle fut ouverte le ſecond du
mois paffé par une Proceffion
GALANT. 201
Generale , à laquelle affifterent
le Corps de Ville , Mrs
du Prefidial , dix de ces Peres
en Surplis , les Capucins , &
tout le Clergé. Au retour M
Chefnard Curé d'Alençon ,
fit un excellent Difcours fur
les motifs de la Penitence ,
laquelle cette Miſſion invitoit
toute la Ville. Il chanta
enfuite la Meſſe du S. Efprit,
où tous les Peres de la Mif
fion fe trouverent. Depuis
ce temps là , il y a eu chaque
jours quatre Difcours ; l'un
de grand matin pour les gens.
de travail & de fervice ; un
202 MERCURE
autre à dix heures fur les
Points fondamentaux de
noftre Religion ; une Inftruction
familiere à une heure
aprés midy , & le foir à cinq
heures une Controverfe fuivie
des Prieres ordinaires
dans les Miffions . Le jour
des Roys , premier Dimanche
de l'année , le Maire &
les Echevins voulant honorer
la Miffion , preſenterent
les Pains Benits au nom de
Sa Majefté & de la Ville . On
les alla prendre à l'Hoſtel de
Ville au fon des Tambours
,
& ils furent apportez par
GALANT. 203
feize Sergens d'Armes avec
leurs Bandolieres fleurdeli .
fées. Les Trompetes les re
ceurent à la porte de l'Eglife,
& fe mélant au fon des Clo .
ches & des Orgues , attirerent
une infinité de monde
à voir cette ancienne Ceremonie
qu'on renouvelloit en
faveur des nouveaux Catholiques
, pour les accoûtumer
à nos ufages . L'affiduité &
l'attention qu'ils ont euë
pendant cette Miſſion , font
fez connoiftre que leur Converfion
a efté fincere.
Le Dimanche 10. de ce
204 MERCURE
mois, Dame Sufanne de Vez ,
Veuve de Meffire Daniel de
Rainneval,Lieutenant Colo
nel du Regiment de Souche ,
à prefent nommé d'Arcourt,
fit Abjuration de l'Herefie ,
dans une des plus confiderables
Parroiffes d'Arras . Elle
s'eftoit mife depuis quelque
temps entre les mains d'un
Capucin tres-fçavant dans
les Controverfes , & elle en
avoit receu tous les éclaircif
femens dont elle avoit befoin
fur fes Doutes , auffi - bien
Mademoiſelle Saquier , que
Fille d'Ifaac Saquier Miniftre
GALANT. 205
fameux. Toutes chofes étant
difpofées , M ' de Préfontaine
Prefident en Chef du
Confeil d'Artois , & M' Bataille
, Procureut General au
mefme Confeil , allerent les
prendre en Carroffe , & les
conduifirent à l'Eglife . Toutes
les Perfonnes confiderables
de la Province s'y
trouverent , & il y en eut
beaucoup qui fe firent un
honneur de figner fur l'Acte
de leur
Profeffion de Foy ;
entre
Montmorency
autres Madame de
Madame
la Marquife d'Arancy , &
206 MERCURE
Madame la Comteffe de
Mauve , de la Maifon de
Crequy . On chanta le Veni
Crtator , qui fut fuivy d'un
tres- éloquent Difcours que
le Pere Capucin fit à ces
deux Dames avant que de
recevoir leur Abjuration.
Cela eftant fait , elles prononcerent
leur Profeffion de
Foy avec une ferveur toute
édifiante , & cette Ceremonie
finit par le Te Deum. Mademoiſelle
de Rainneval
âgée de quinze à ſeize ans ,
Fille de Madame de Rainneval
, eft dans le Convent
GALANT.
207
des Urfulines, où l'on ne doute
point que les exemples
de vertu & de pieté de ces
faintes Religieuſes
, joints
aux lumieres qu'elle y reçoit
du Pere de la Ferté Jefuite ,
auffi recommandable par fon
zele & par fon rare fçavoir ,
que par fa naiſſance , ne l'engagent
dans peu de temps à
faire la mefine Abjuration .
M' le Vaffeur,Prieur d'Auchy
, a receu depuis quelque
temps la Profeffion de Foy
de quatorze Religionnaires
qui ont renoncé à leurs Erreurs.
Une Niepce du fa208
MERCURE
meux Mr Conrard , mort
Secretaire de l'Accademie
Françoife , eftoit de ce nombre.
La Ceremonie a efté
faite à Rofoy prés de Soiffons
.
Mademoiſelle Dorte,dont
la fermeté pour la Religion
Proteftante paroiffoit infurmontable
, & qui mefme l'a
fait connoiftre par des a-
Єtions trop hardies
perfonne de fon Sexe , a fait
auffi Abjuration à Metz entre
les mains de M' l'Evefque
dans l'Eglife des Urfulines.
Mademoiſelle de Montigny
pour
une
GALANT. 209
abjura en mefme temps . M.
Duchat Confeiller au Parlement
, & M Bancelin Capitaine
& proche Parent d'un
Miniftre de Mets , fe font
convertis dans la mefme
Ville.
.
la
J'ay auffi à vous apprendre
la Converfion de M ' du
Faux Amperoux . C'eſt un
Gentilhomme de Bretagne
qui avoit efté deftiné pour
Robe ; & dont la fortune feroit
beaucoup plus confiderable
qu'elle n'eft , s'il avoit
moins aimé les Lettres &
fa Famille. Ces deux raiſons
Fevrier 1686.
S
210 MERCURE
#
l'ont obligé de ceder à fes
Proches , des avantages qu'il
pouvoit legitimement prerendre.
L'amour qu'il a pour
les Lettres n'a pas efté fans
progrez , puifqu'il fçait l'Antiquité
& l'Ecriture autant
qu'aucun homme de fon âge.
Sur tout il poffede parfaitement
l'Hiftoire , la Geogra
phie , l'Eftat prefent de l'Europe
, l'Intereſt des Princes ,
& les Affaires étrangères. Il
entend dix Langues , & parle
& écrit la noftre avec une
entiere pureté. Quoy qu'il
fuft fort perfuadé de fa ReGALANT.
211
ligion , neantmoins comme
il eftoit extremément éloigné
de fe croire infaillible
& incapable de fe tromper ,
le foin de fon falut , & la volonté
du Roy l'obligerent de
s'inftruire à fonds des matieres
de Controverſe , aufquelles
jufques alors il ne
s'eftoit pas entierement attaché.
Après avoir fait un
long Examen en lifant les
Livres qui ont efté publiez
de part & d'autre , n'ayant
pû fe fatisfaire ny fe deter
miner , il alla trouver M¹l'Evefque
de Meaux pour qui
Sij
212 MERCURE
la lecture de fes Ouvrages ,
& fa reputation luy avoient
donné une haute eftime , &
les longues Conferences
qu'il
eut avec ce Sçavant Prelat
diffiperent fi bien tous fes
Doutes , qu'il fut enfin convaincu
que felon les promef
fes de l'Evangile , il doit
avoir eu toûjours une veritable
Eglife , fubfiftante & vifible
, qui ne peut eſtre autre
que l'Eglife Catholique. Ainfi
il abjura entre fes mains à
Verſailles peu de jours aprés
ces Conferences
.
Y
Il refte fi peu de PerfonGALANT.
213
nes à convertir à Paris, qu'on
peut dire qu'on n'y trouve
prefque plus de Proteftans.
Ainfi je ferois trop long fi
je vous nommois tous ceux
qui s'y font faits Catholiques.
Je vous diray ſeulement
que M ' Muiffon Confeiller
au Parlement , & Madame
fa Femme ont fait Abjuration
aprés avoir pris un
foin tres - particulier de fe
faire inftruire , & employé
un long- temps pour chercher
la Verité qu'ils ont enfin
reconnuë. M' Monginot
la Sale s'eft auffi converty a
vec toute la Famille .
214 MERCURE
Entre toutes ces Converfions
, il n'y en a point eu de
plus éclatante que celle de
M' le Comte de Madaillan
de Lefpare , auffi diftingué
par les vives lumieres de fon
efprit , que par les glorieux
avantages qu'il tire de fa
naiffance Il a voulu s'éclaircir
à fond des Veritéz Catholiques
, & il en a efté fi
pleinement convaincu , que
ne fe contentant pas de renoncer
à l'Erreur , il a voulu
que ce qui avoit fervy à le
détromper, contribuaſt à fairé
ceffer l'aveuglement de
GALANT. 215
ceux qui perfiftent dans
l'Herefie de Calvin . Il a écrit
lès Motifs qui l'ont engagé
à fe reünir à l'Eglife Romaine
, & ces raiſons font fi
fortes, & expliquées avec tant
de netteté , qu'elles ont déja
ramené plufieurs Perfonnes
du mefine party. Je ne doute
point que les plus opiniâtres
n'en foient touchez , & qu'aprés
les avoir leus , ils ne demeurent
d'accord que l'Eglife
Catholique eſt la ſeule
Eglife , dans laquelle on peut
faire fon falut.
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Résumé : Conversions faites depuis le mois dernier, [titre d'après la table]
En novembre 1685, l'évêque de Rennes se rendit à Vitré pour encourager les protestants à se convertir au catholicisme. Il visita les notables protestants, leur parla avec fermeté et douceur, et bénit les fidèles dans la grande église chaque soir jusqu'à la fin du mois. Accompagné de son grand vicaire et du Père Bruant jésuite, il poursuivit ses visites, y compris dans les maisons de campagne. Le 22 février 1686, des lettres du duc de Chaulnes expliquèrent les intentions du roi, et les magistrats rassemblèrent les protestants pour les exhorter à se convertir. Deux jours plus tard, un avocat prit la parole au nom des protestants. Le 27 février, une cérémonie d'abjuration eut lieu dans le chœur des Bénédictins, où l'évêque exhorta les nouveaux convertis à travailler pour leur salut. En huit jours, seuls cinquante protestants restèrent, dont quarante-cinq femmes et cinq hommes, qui se convertirent peu après. Le Père Bruant continua ses discours jusqu'à Noël. Le 27 décembre, l'évêque revint à Vitré et entonna le Te Deum en présence du duc de Chaulnes. À Alençon, les jésuites menèrent une mission similaire. À Arras, Dame Suzanne de Vez et Mademoiselle Saquier abjurèrent après des éclaircissements d'un capucin. À Rosoy, M. le Vasseur reçut la profession de foi de quatorze religionnaires. À Metz, Mademoiselle Dorte et Mademoiselle de Montigny abjurèrent entre les mains de l'évêque. À Paris, plusieurs personnes se convertirent, notamment M. Muiffon et sa famille, ainsi que le comte de Madailan de Lesparre, dont la conversion influença d'autres personnes. Le texte souligne que très peu de protestants restent à Paris. L'auteur affirme l'unicité de l'Église catholique comme voie de salut, convainquant même les plus opiniâtres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18
p. 145-171
Ce qu'ils ont fait & dit à Paris depuis le jour de leur Entrée jusques à celuy qu'ils ont eu Audience du Roy, où l'on voit ce qui s'est passé à Nostre-Dame le jour qu'ils y ont esté, & quantité d'autres choses curieuses. [titre d'après la table]
Début :
Comme les Ambassadeurs n'avoient pas encore eu Audience, ils [...]
Mots clefs :
Paris, France, Chine, Maladie du roi, Roi, Audience, Procession, Abbé de La Mothe, Office, Ambassadeurs, Entrer, Manger, Église, Parlement, Monde, Lettre, Femmes, Religion, Jardins, Père de La Chaise, Hôtel des ambassadeurs, Église de Notre-Dame de Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ce qu'ils ont fait & dit à Paris depuis le jour de leur Entrée jusques à celuy qu'ils ont eu Audience du Roy, où l'on voit ce qui s'est passé à Nostre-Dame le jour qu'ils y ont esté, & quantité d'autres choses curieuses. [titre d'après la table]
Comme les Ambaſsadeurs
n'avoient pas encore
eu Audience , ils crurent
ne devoir point pa
roiftre en public avant
que d'avoir falué Sa Majeſté
,& ainſi ils demanderent
qu'on ne laiſsaſt entrer
perſonne pour les
dvoir manger. L'ordre en
fut donné , & la connoif
fance qu'on en eur , empefcha
les curieux de fe
33 20 7653333330 27N 28
146 Voyage des Amb.
preſenter à la porte de
leur Hoſtel ; mais quoy
qu'ils euſſent reſolu de
n'en point fortir juſqu'au
jour de l'Audience , on jugea
neanmoins a propos
de leur faire voir la Proceffion
qu'on fait tous les
ans a Noftre-Dame le
jourde l'Aſsomption, parce
qu'elle édifie beaucoup
,& que ne ſe faiſant
qu'une fois l'année , ils
s'en retourneroient fans
la voir s'ils ne prenoient
pas cette occafion. On
de Siam. 147
laiſſa à M l'Abbé de la
Mothe , grand Archidiadf
cre , le ſoin de faire les
honneurs du Chapitre. Il
reſolut qu'avant que de
faire entrer les Ambaffa-
- deurs dans l'Eglife , ils
viendroient ſe repofer
| chez luy , & qu'ils y feroient
collation en atten-
0
ar
dant que l'Office fuſt preſt
■ à commencer . Il fit tout
1 preparer pour cela , mais
inutilement , car la foule
ſe trouva fi grande dans
Nij
148 Voyage des Amb.
le Cloiſtre , qu'il fut impoffible
d'approcher de
fon logis , de forte qu'il
falur aller droit à l'Eglife .
On les conduifit d'abord
devant le Grand Autel,
où voyant que M'l'Abbé
de la Mothe , & M² Stolf
s'agenouilloient , ils ſe mirent
auffi à genoux . On
monta enſuite au Jubé
que M'l'Abbé de la Mothe
avoit fait preparer
pour eux , & où l'on n'avoit
laiſſe entrer perfonne.
Ils confidererent toude
Siam. 149
tel'Eglife avec une applim
di
cation que je ne puis vous
repreſenter. Ils endemanderent
la hauteur , & la
largeur , & témoignerent
or
mefme qu'on leur feroit
-el
b
un fort grand plaifir fi on
leur en donnoit lePlan. La
ol
Muſique leur parut tres-
1 belle ,& ils firent par leur
11
b
10
r
Interprete pluſieurs quer
ſtions à M. l'Abbé de la
* Morhe , qui les éclaircit
de ce qu'ils fouhaitoient
12
UC
مح
fçavoir là- deſſus. Ils de-
Niij
150 Voyage des Amb.
manderent auſſi qu'on
leur expliquaſt quelques
Ceremonies , qui regardoient
l'Office , & l'on fatisfit
leur curiofité , auffibien
que celle qu'ils eurent
de vouloir apprendre
ce que c'eſt que l'Orgue
qu'ils écouterent avec
une grande attention,
& fur laquelle ils firent
des demandes pleines d'efprit.
Is firent mille remercimens
à M. l'Abbé de la
Mothe de la peine qu'il ſe
de Siam. ISE
1.
1-
Ia
1,
d
A
e
donnoit de leur expliquer
toutes ces chofes , & le
premier Ambaſſadeur luy
offrit du Betel , je vous
en ay déja parlé dans ma
Relation de Siam . Ils en
machent auſſi ſouvent ,
que prennent icy du Tabac
en poudre ceux qui
l'aiment davantage , &
qui ont toujours la Tabatiere
à la main . Le Be-
.tel fortifie l'estomach , ८
rend l'haleine plus douce.
L'Office eftant finy , on fir
Niiij
152 Voyage des Amb.
la Proceffion, ou fe trouvent
les Chanoines de fix
Chapitres de Paris , fans
compter ceux de Noftre-
Dame , avec le Parlement
&la Ville en Corps . Comme
cette Proceffion eft
fort celebre , & fort auguſte
, M' l'Archeveſque
de Paris y aſſiſte. Jamais
on n'a regardé plus attentivement
aucune Ceremonie
, que les Ambaſſadeurs
firent cette Proceffion
,&jamais on n'a fait
I
de Siam.
153
S
dequeſtions plus fpirituelles
que X celles qu'ils firent,
fur tout pour ſçavoir ce
e que fignifioit la difference
t
t
des habits des Prefidens
& des Confeillers , & de
ceux du Parlement & de
Meffieurs de Ville . Ils
n'en demeurerent pas là ;
car comme on leur parla
1. des differentes Chambres
e
2.
S
du Parlement , comme de
a. la grand Chambre , des
1. Enqueſtes , des Requeſtes,
it ainſi que de la Chambre
154- Voyagedes Amb.
des Comptes , & de la
Cour des Aydes , ils s'informerent
de la fonction
de tous ces Corps , ce
qui ne leur pût eſtre expliqué
qu'en peu de paroles
, à cauſe du peu de
temps que l'on avoit pour
cela ; M'le Doyen , &
pluſieurs Chanoines , les
vinrent falüer au Jubé, &
ils les receurent avec des
honneſtetez qu'il feroit
difficile d'exprimer . En
fortant ils ſe mirent à gede
Siam. 155
a
-
n
a.
汇
noux devant l'Autel de
la Vierge , & dirent qu'ils
avoient esté tellement édifiez
de ce qu'ils avoient
vû, &fur tout de l' air dont
M'l'Archevesque avoit
fait l'Office , que nonſeulement
ils estoient prefts de
demeurer pour l'entendre
encore, s'il vouloit recommencer,
maisque s'il officioit
quatre fois par jour , 5.
qu'ils puſſent y aßifter autant
de fois , ils le feroient
avec beaucoup de plaisir.
156 Voyage des Amb.
Ils s'en retournerent fi
fatisfaits , & fi remplis de
toutes les chofes qu'ils avoient
veuës , qu'ils employerent
quatre Secreraires
tout le foir , pour
écrire leurs remarques.
Je vous ay déja appris
que le ſecond Ambaffadeur
a eſté en Ambaffade
à la Chine de la part du
Roy de Siam. Comme
c'eft un homme de bon
efprit , fage& fort fincere
, on a voulu ſçavoir de
de Siam.
157
-
iluy la difference qu'il faifoit
de ces deux Erats . Il a
dit qu'il y avoit beaucoup
de monde en la Chine ; que
les bords des Rivieres y efsoient
beaucoup plus peuplez
que le reſte du Païs ,
5 que si la France estoit
à proportion außi peuplée
4 dans toutes ſes Campagnes
quelle l'estoit le long des
bords de la Loire qu'il avoit
vûs, il y avoit autant
de monde en France qu'en
S
1
la Chine , à proportion de
158 Voyage des Amb.
l'étendue de l'unes de l'autre
Etat ; que ſuivant même
ce qu'il venoit de dire ,
on devoit croire qu'ily en a
davantage en France; mais
que ce qui les égaloit , au
moins felon ce qu'il avoit
vû , estoit que la Chine luy
avoit paru peuplée , ainsi
que je viens de vous marquer,
quoy qu'il n'eust point
vû de Femmes , parce qu'-
elles ne s'y montrent point.
Il dit à l'égard de Paris ,
& de la Capitale de la
de Siam.
159
111
re
all
Chine , qu'il avoit vû autant
d'hommes à Pequin ,
qui est le nom de cette Cappiittaallee,,
que d'hommes es de
femmes ensemble à. Paris.
Il peut dire vray , mais il
peut auſſi ſe tromper,
1) n'ayant pas encore affez
vù Paris pour en juger.
Il en parle fur deux chofes
; fur ce qu'il a vû le
jour qu'il fit ſon Entrée ,
&ce qu'il vit dans Noſtre
me&aux environs le jour
nt
s
I de l'Afſomption . A l'égard
150 Voyage des Amb.
des Jardins , que ceux qui
ont fait imprimer des
Voyages de la Chine ,
vantent tant , il affcure
qu'ils font infiniment plus
beaux en France , comme
beaucoup d'autres chofes
. Il faut remarquer que
lors qu'il a parlé ainfi , il
n'avoit point eu Audience
, ny vù les Jardins
de Versailles & de Saint
Cloud;& que ce qu'il dit
à l'égarddu peuple de Paris
feulement , parce qu'il
de Siam. 161
ne l'a pas encore tout vù,
de eſt avantageux à la France
, puis que fa fincerité
ne
paroiffant par là ( au lieu
que d'autres flateroient
m
10
;
el
al
d
Pa
ceux du Pays où ils font )
fait connoiſtre qu'il dit
vray , lors qu'il nous donne
l'avantage fur d'autres
articles..
Quoy que lesAmbaffa
deurs euffent refolu de ne
manger en publicqu'aprés
avoir euAudienceduRoy,
ils ne laiſserentpas de voir
162 Voyage des Amb.
,
quelques Perſonnes diftinguées.
Ils font ſi reconnoifſans
que dés que
parmy beaucoup d'autres,
ils apercevoient quelqu'un
de ceux qui les avoient
reçeusſur leur rou
te avec plus d'affection
que
que d'autres, ils les demêloient
auſſi- toft , leur parloient
les premiers , &
leur faifoient cent careffes
. On ne peut exprimer
celles qu'ils firent à Madame
l'Intendante de
de Siam. 163
1
Je
U
a
UA
e
r
&
de
Breſt , lors qu'ils la virent
à Paris . Ils ne fe contentent
pas de trouver à leur
gouſt les Metsqu'on aprête
en France , ils veulent
ſçavoir de quoy ils font
compofez , & font aporter
devant eux tout ce
qui entre dans les Ragoufts
les plus délicats
non pour le defir d'avoir
de quoy manger délicatement,
mais pour ne s'em
pas retourner en leur Païs
fans y porter tout ce qui
O ij
164 Voyage des Amb.
regarde les Arts , & les
Coûtumes de France , &
afin de nerien oublier, ils
ont mefme greffé des Arbres
dans le Jardin de
l'Hoſtel des Ambaſſadeurs.
Ce qu'ils fouhairent
le plus d'emporter
d'icy , & qu'ils préferent
à ce qu'on leur pourroit
donner de plus précieux ,
& de plus riche , ce font
des Cartes du Royaume ,
des Plans des Places fortes
,&des Maiſons Royade
Siam. 165
les , des Tableaux ou des
3 Eſtampes , où le Roy
| foit à la teſte de ſes Armées,
d'autres qui leur redeprefentent
, les Armées
1. Navales de Sa Majefté,&
d'autres où ils puiſſent
et voir toutes fes Chaffes .Le
nt Pere de la Chaife , en leur
bit rendant une ſeconde vifite
à Paris , leur fit preſent
de liqueurs , & leur dit ,
2. Que le Roy avoit beaucoup
r. de joye , de ce qu'il entendoit
-2. dire tous les jours d'eux & a
166 Voyage des Amb.
de leur esprit. Lors qu'ils
eſtoient fur le point d'avoir
Audience , le Roy fut
attaqué d'une fiévre quarte,
& ce futalors qu'ils redoublerent
leurs inſtances
pour ne voir perfonne
; ils dirent Que voir du
monde d'eftoit se divertir,
qu'ils ne devoient prendre
aucun plaisir tant que la
Ma'adre du Roy dureroit .
S'ils en uſent de cette maniere
pour un Monarque
dont ils ne font pas nez
A
n
Dolinar Del F
de Siam.
167
Sujets , vous pouvezjuger
de ce qu'ils font pour leur
Souverain . Le profond
refpect qu'ils ont pour luy
leur en a fait rendre un
tres grand à la Lettre dont
il les avoit chargez , pour
l'apporter à Sa Majefté.
Elle estoit placée à l'Hô
tel des Ambaſſadeurs ,
dans le fond de la Ruelle
du Lit de Parade du premier
Ambaſſadeur , de la
maniere que vous la
yoyez dans la Planche
168 Voyage des Amb.
que je vous envoye , &
que j'ay fait deffiner exprés
fur le lieu. On l'avoit
enfermée dans trois
Boëtes . Celle de deffus étoit
de bois verny du Japon;
la feconde d'argent,
& la troifiéme d'or. La
Lettre qui estoit écrite
fur une Lame d'or roulée,
les Roys de Siam n'écrivant
jamais que fur l'or ,
eſtoit dans cette derniere .
Toutes cesBoëtes estoient
couvertes d'un Brocard
d'or
de Siam. 169
1
d'or , & fermées avec le
Sceau du premier Ambaffadeur
qui estoit en Cire
blanche. Les Ambaſſadeurs
mettoient tous les
jours des fleurs nouvelles
deffus ,& toutes les fois
qu'ils paffoient devant
cette Lettre , ils faifoient
de profondes inclinations .
Quoy qu'ils n'ayent point
icy de Talapoins , ils ne
laiſsent pas d'y faire des
exercices de leur Religion
. Ils se mettent à ge
0
P
170 Voyagedes Amb.
noux , élevent les mains
pluſieurs fois,& touchent
la terre de la teſte. Ils diſent
qu'on a rapporté
beaucoup de choſes de
leur Religion qui ne font
pas vrayes , qu'ils font
pluſieurs de Meditations
dont les principales font,
de faire reflexion fur ce
que le Mary doit à ſaFemme
, & la Femme à fon
Mary , le Pere à fon Fils ,
le Fils a fon Pere,& l'Amy
à fon Amy ,& que le plus
de Siam. 171
S
t
1
e
e
t
S
vertueux eft parmy eux
le plus ſaint.
n'avoient pas encore
eu Audience , ils crurent
ne devoir point pa
roiftre en public avant
que d'avoir falué Sa Majeſté
,& ainſi ils demanderent
qu'on ne laiſsaſt entrer
perſonne pour les
dvoir manger. L'ordre en
fut donné , & la connoif
fance qu'on en eur , empefcha
les curieux de fe
33 20 7653333330 27N 28
146 Voyage des Amb.
preſenter à la porte de
leur Hoſtel ; mais quoy
qu'ils euſſent reſolu de
n'en point fortir juſqu'au
jour de l'Audience , on jugea
neanmoins a propos
de leur faire voir la Proceffion
qu'on fait tous les
ans a Noftre-Dame le
jourde l'Aſsomption, parce
qu'elle édifie beaucoup
,& que ne ſe faiſant
qu'une fois l'année , ils
s'en retourneroient fans
la voir s'ils ne prenoient
pas cette occafion. On
de Siam. 147
laiſſa à M l'Abbé de la
Mothe , grand Archidiadf
cre , le ſoin de faire les
honneurs du Chapitre. Il
reſolut qu'avant que de
faire entrer les Ambaffa-
- deurs dans l'Eglife , ils
viendroient ſe repofer
| chez luy , & qu'ils y feroient
collation en atten-
0
ar
dant que l'Office fuſt preſt
■ à commencer . Il fit tout
1 preparer pour cela , mais
inutilement , car la foule
ſe trouva fi grande dans
Nij
148 Voyage des Amb.
le Cloiſtre , qu'il fut impoffible
d'approcher de
fon logis , de forte qu'il
falur aller droit à l'Eglife .
On les conduifit d'abord
devant le Grand Autel,
où voyant que M'l'Abbé
de la Mothe , & M² Stolf
s'agenouilloient , ils ſe mirent
auffi à genoux . On
monta enſuite au Jubé
que M'l'Abbé de la Mothe
avoit fait preparer
pour eux , & où l'on n'avoit
laiſſe entrer perfonne.
Ils confidererent toude
Siam. 149
tel'Eglife avec une applim
di
cation que je ne puis vous
repreſenter. Ils endemanderent
la hauteur , & la
largeur , & témoignerent
or
mefme qu'on leur feroit
-el
b
un fort grand plaifir fi on
leur en donnoit lePlan. La
ol
Muſique leur parut tres-
1 belle ,& ils firent par leur
11
b
10
r
Interprete pluſieurs quer
ſtions à M. l'Abbé de la
* Morhe , qui les éclaircit
de ce qu'ils fouhaitoient
12
UC
مح
fçavoir là- deſſus. Ils de-
Niij
150 Voyage des Amb.
manderent auſſi qu'on
leur expliquaſt quelques
Ceremonies , qui regardoient
l'Office , & l'on fatisfit
leur curiofité , auffibien
que celle qu'ils eurent
de vouloir apprendre
ce que c'eſt que l'Orgue
qu'ils écouterent avec
une grande attention,
& fur laquelle ils firent
des demandes pleines d'efprit.
Is firent mille remercimens
à M. l'Abbé de la
Mothe de la peine qu'il ſe
de Siam. ISE
1.
1-
Ia
1,
d
A
e
donnoit de leur expliquer
toutes ces chofes , & le
premier Ambaſſadeur luy
offrit du Betel , je vous
en ay déja parlé dans ma
Relation de Siam . Ils en
machent auſſi ſouvent ,
que prennent icy du Tabac
en poudre ceux qui
l'aiment davantage , &
qui ont toujours la Tabatiere
à la main . Le Be-
.tel fortifie l'estomach , ८
rend l'haleine plus douce.
L'Office eftant finy , on fir
Niiij
152 Voyage des Amb.
la Proceffion, ou fe trouvent
les Chanoines de fix
Chapitres de Paris , fans
compter ceux de Noftre-
Dame , avec le Parlement
&la Ville en Corps . Comme
cette Proceffion eft
fort celebre , & fort auguſte
, M' l'Archeveſque
de Paris y aſſiſte. Jamais
on n'a regardé plus attentivement
aucune Ceremonie
, que les Ambaſſadeurs
firent cette Proceffion
,&jamais on n'a fait
I
de Siam.
153
S
dequeſtions plus fpirituelles
que X celles qu'ils firent,
fur tout pour ſçavoir ce
e que fignifioit la difference
t
t
des habits des Prefidens
& des Confeillers , & de
ceux du Parlement & de
Meffieurs de Ville . Ils
n'en demeurerent pas là ;
car comme on leur parla
1. des differentes Chambres
e
2.
S
du Parlement , comme de
a. la grand Chambre , des
1. Enqueſtes , des Requeſtes,
it ainſi que de la Chambre
154- Voyagedes Amb.
des Comptes , & de la
Cour des Aydes , ils s'informerent
de la fonction
de tous ces Corps , ce
qui ne leur pût eſtre expliqué
qu'en peu de paroles
, à cauſe du peu de
temps que l'on avoit pour
cela ; M'le Doyen , &
pluſieurs Chanoines , les
vinrent falüer au Jubé, &
ils les receurent avec des
honneſtetez qu'il feroit
difficile d'exprimer . En
fortant ils ſe mirent à gede
Siam. 155
a
-
n
a.
汇
noux devant l'Autel de
la Vierge , & dirent qu'ils
avoient esté tellement édifiez
de ce qu'ils avoient
vû, &fur tout de l' air dont
M'l'Archevesque avoit
fait l'Office , que nonſeulement
ils estoient prefts de
demeurer pour l'entendre
encore, s'il vouloit recommencer,
maisque s'il officioit
quatre fois par jour , 5.
qu'ils puſſent y aßifter autant
de fois , ils le feroient
avec beaucoup de plaisir.
156 Voyage des Amb.
Ils s'en retournerent fi
fatisfaits , & fi remplis de
toutes les chofes qu'ils avoient
veuës , qu'ils employerent
quatre Secreraires
tout le foir , pour
écrire leurs remarques.
Je vous ay déja appris
que le ſecond Ambaffadeur
a eſté en Ambaffade
à la Chine de la part du
Roy de Siam. Comme
c'eft un homme de bon
efprit , fage& fort fincere
, on a voulu ſçavoir de
de Siam.
157
-
iluy la difference qu'il faifoit
de ces deux Erats . Il a
dit qu'il y avoit beaucoup
de monde en la Chine ; que
les bords des Rivieres y efsoient
beaucoup plus peuplez
que le reſte du Païs ,
5 que si la France estoit
à proportion außi peuplée
4 dans toutes ſes Campagnes
quelle l'estoit le long des
bords de la Loire qu'il avoit
vûs, il y avoit autant
de monde en France qu'en
S
1
la Chine , à proportion de
158 Voyage des Amb.
l'étendue de l'unes de l'autre
Etat ; que ſuivant même
ce qu'il venoit de dire ,
on devoit croire qu'ily en a
davantage en France; mais
que ce qui les égaloit , au
moins felon ce qu'il avoit
vû , estoit que la Chine luy
avoit paru peuplée , ainsi
que je viens de vous marquer,
quoy qu'il n'eust point
vû de Femmes , parce qu'-
elles ne s'y montrent point.
Il dit à l'égard de Paris ,
& de la Capitale de la
de Siam.
159
111
re
all
Chine , qu'il avoit vû autant
d'hommes à Pequin ,
qui est le nom de cette Cappiittaallee,,
que d'hommes es de
femmes ensemble à. Paris.
Il peut dire vray , mais il
peut auſſi ſe tromper,
1) n'ayant pas encore affez
vù Paris pour en juger.
Il en parle fur deux chofes
; fur ce qu'il a vû le
jour qu'il fit ſon Entrée ,
&ce qu'il vit dans Noſtre
me&aux environs le jour
nt
s
I de l'Afſomption . A l'égard
150 Voyage des Amb.
des Jardins , que ceux qui
ont fait imprimer des
Voyages de la Chine ,
vantent tant , il affcure
qu'ils font infiniment plus
beaux en France , comme
beaucoup d'autres chofes
. Il faut remarquer que
lors qu'il a parlé ainfi , il
n'avoit point eu Audience
, ny vù les Jardins
de Versailles & de Saint
Cloud;& que ce qu'il dit
à l'égarddu peuple de Paris
feulement , parce qu'il
de Siam. 161
ne l'a pas encore tout vù,
de eſt avantageux à la France
, puis que fa fincerité
ne
paroiffant par là ( au lieu
que d'autres flateroient
m
10
;
el
al
d
Pa
ceux du Pays où ils font )
fait connoiſtre qu'il dit
vray , lors qu'il nous donne
l'avantage fur d'autres
articles..
Quoy que lesAmbaffa
deurs euffent refolu de ne
manger en publicqu'aprés
avoir euAudienceduRoy,
ils ne laiſserentpas de voir
162 Voyage des Amb.
,
quelques Perſonnes diftinguées.
Ils font ſi reconnoifſans
que dés que
parmy beaucoup d'autres,
ils apercevoient quelqu'un
de ceux qui les avoient
reçeusſur leur rou
te avec plus d'affection
que
que d'autres, ils les demêloient
auſſi- toft , leur parloient
les premiers , &
leur faifoient cent careffes
. On ne peut exprimer
celles qu'ils firent à Madame
l'Intendante de
de Siam. 163
1
Je
U
a
UA
e
r
&
de
Breſt , lors qu'ils la virent
à Paris . Ils ne fe contentent
pas de trouver à leur
gouſt les Metsqu'on aprête
en France , ils veulent
ſçavoir de quoy ils font
compofez , & font aporter
devant eux tout ce
qui entre dans les Ragoufts
les plus délicats
non pour le defir d'avoir
de quoy manger délicatement,
mais pour ne s'em
pas retourner en leur Païs
fans y porter tout ce qui
O ij
164 Voyage des Amb.
regarde les Arts , & les
Coûtumes de France , &
afin de nerien oublier, ils
ont mefme greffé des Arbres
dans le Jardin de
l'Hoſtel des Ambaſſadeurs.
Ce qu'ils fouhairent
le plus d'emporter
d'icy , & qu'ils préferent
à ce qu'on leur pourroit
donner de plus précieux ,
& de plus riche , ce font
des Cartes du Royaume ,
des Plans des Places fortes
,&des Maiſons Royade
Siam. 165
les , des Tableaux ou des
3 Eſtampes , où le Roy
| foit à la teſte de ſes Armées,
d'autres qui leur redeprefentent
, les Armées
1. Navales de Sa Majefté,&
d'autres où ils puiſſent
et voir toutes fes Chaffes .Le
nt Pere de la Chaife , en leur
bit rendant une ſeconde vifite
à Paris , leur fit preſent
de liqueurs , & leur dit ,
2. Que le Roy avoit beaucoup
r. de joye , de ce qu'il entendoit
-2. dire tous les jours d'eux & a
166 Voyage des Amb.
de leur esprit. Lors qu'ils
eſtoient fur le point d'avoir
Audience , le Roy fut
attaqué d'une fiévre quarte,
& ce futalors qu'ils redoublerent
leurs inſtances
pour ne voir perfonne
; ils dirent Que voir du
monde d'eftoit se divertir,
qu'ils ne devoient prendre
aucun plaisir tant que la
Ma'adre du Roy dureroit .
S'ils en uſent de cette maniere
pour un Monarque
dont ils ne font pas nez
A
n
Dolinar Del F
de Siam.
167
Sujets , vous pouvezjuger
de ce qu'ils font pour leur
Souverain . Le profond
refpect qu'ils ont pour luy
leur en a fait rendre un
tres grand à la Lettre dont
il les avoit chargez , pour
l'apporter à Sa Majefté.
Elle estoit placée à l'Hô
tel des Ambaſſadeurs ,
dans le fond de la Ruelle
du Lit de Parade du premier
Ambaſſadeur , de la
maniere que vous la
yoyez dans la Planche
168 Voyage des Amb.
que je vous envoye , &
que j'ay fait deffiner exprés
fur le lieu. On l'avoit
enfermée dans trois
Boëtes . Celle de deffus étoit
de bois verny du Japon;
la feconde d'argent,
& la troifiéme d'or. La
Lettre qui estoit écrite
fur une Lame d'or roulée,
les Roys de Siam n'écrivant
jamais que fur l'or ,
eſtoit dans cette derniere .
Toutes cesBoëtes estoient
couvertes d'un Brocard
d'or
de Siam. 169
1
d'or , & fermées avec le
Sceau du premier Ambaffadeur
qui estoit en Cire
blanche. Les Ambaſſadeurs
mettoient tous les
jours des fleurs nouvelles
deffus ,& toutes les fois
qu'ils paffoient devant
cette Lettre , ils faifoient
de profondes inclinations .
Quoy qu'ils n'ayent point
icy de Talapoins , ils ne
laiſsent pas d'y faire des
exercices de leur Religion
. Ils se mettent à ge
0
P
170 Voyagedes Amb.
noux , élevent les mains
pluſieurs fois,& touchent
la terre de la teſte. Ils diſent
qu'on a rapporté
beaucoup de choſes de
leur Religion qui ne font
pas vrayes , qu'ils font
pluſieurs de Meditations
dont les principales font,
de faire reflexion fur ce
que le Mary doit à ſaFemme
, & la Femme à fon
Mary , le Pere à fon Fils ,
le Fils a fon Pere,& l'Amy
à fon Amy ,& que le plus
de Siam. 171
S
t
1
e
e
t
S
vertueux eft parmy eux
le plus ſaint.
Fermer
Résumé : Ce qu'ils ont fait & dit à Paris depuis le jour de leur Entrée jusques à celuy qu'ils ont eu Audience du Roy, où l'on voit ce qui s'est passé à Nostre-Dame le jour qu'ils y ont esté, & quantité d'autres choses curieuses. [titre d'après la table]
Les ambassadeurs de Siam, en attente de leur audience avec le roi de France, décidèrent de ne pas apparaître en public avant cette rencontre et demandèrent que personne ne les voie manger. Ils furent invités à assister à la procession annuelle de l'Assomption à Notre-Dame, où ils furent accueillis par l'abbé de la Mothe. La foule les obligea à se rendre directement à l'église. À l'intérieur, ils montrèrent un grand intérêt pour l'architecture de l'église, posant des questions sur sa hauteur et sa largeur et exprimant le désir d'obtenir un plan. Ils furent également impressionnés par la musique et l'orgue, posant des questions détaillées à l'abbé de la Mothe. Après l'office, ils observèrent attentivement les différences dans les habits des dignitaires et reçurent plusieurs d'entre eux avec honneur. Les ambassadeurs étaient très reconnaissants et curieux, posant des questions sur divers aspects de la religion et des cérémonies. Ils offrirent du bétel à l'abbé de la Mothe, expliquant ses bienfaits. Après la procession, ils s'agenouillèrent devant l'autel de la Vierge, déclarant qu'ils auraient aimé assister à d'autres offices. Ils employèrent quatre secrétaires pour noter toutes leurs observations. Le second ambassadeur, ayant été en mission en Chine, compara les deux pays, notant que la France semblait aussi peuplée que la Chine, bien qu'il n'ait pas vu de femmes en Chine. Il trouva les jardins français plus beaux que ceux de la Chine. Les ambassadeurs rencontrèrent plusieurs personnes distinguées et leur firent des marques d'affection, malgré leur résolution de ne pas manger en public avant l'audience royale. Ils étaient également intéressés par la composition des mets français et voulurent tout apprendre sur les arts et coutumes de France. Ils plantèrent même des arbres dans le jardin de leur hôtel pour ne rien oublier. Lorsqu'ils furent sur le point d'avoir audience, le roi tomba malade, et ils redoublèrent leurs instances pour ne voir personne, montrant un profond respect pour leur souverain. La lettre qu'ils devaient remettre au roi de France était placée dans trois boîtes emboîtées, la dernière en or, et était écrite sur une lame d'or. Ils faisaient des inclinations profondes chaque fois qu'ils passaient devant cette lettre. Malgré l'absence de talapoins en France, ils pratiquaient leur religion en se mettant à genoux et en touchant le sol avec leur tête. Ils méditaient sur les devoirs familiaux et amicaux, considérant la vertu comme la sainteté suprême.
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19
p. 306-313
Conversions faites à Mets. [titre d'après la table]
Début :
Toutes les Conversions ont esté enfin achevées à Mets, [...]
Mots clefs :
Conversions, Instructions, Évêque, Procession, Parlement, Ursulines, Couvent, Protestants, Abjuration
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions faites à Mets. [titre d'après la table]
Toutes les Conversxion
ont elle enfin achevées
Mets, & a pres de longue;
Instrudtions quiont elle données
dans la Cathedrale par
les soins de Mr l'Evefsue
qui a fait êclaircir pleine.
ment tous les points contra
verrez, la reunion s'est trouvée
entiere au commence.
mentdumoispassé.On en a
rendu graces à Dieu par ur
Te Deun au retour d'une Pro
cession generale. Mr. rEvêt:
que de Mets l'entonna, &i
fut chanté par la Musique
Le Parlement & les autre,
Corps y assisterent avec tout
l'EstaMajor.On a formé depuis
ce tempslà une efpecede
Mission. Elle fut ouverte par
ce Prelat, qui parla du Sacrisice
de la Messe avec autant
de nerreté & d'éloquence,
que d'érudition&d'énergie
en presence de toutcequ'il y
a de plus considerable dans
la Ville, d'un peuple infiny,
& d'un tres-crand nombre
de nouveaux Catholiques,
- qui continuent de venir
entendre la parole de Dieuà
l'Eglise tous les Lundis,Nler.
credis & Vendredis. LvS
femmes & les filles que l'on
avoitmises dans les maisons
Religieuses, y ont presques
toutes abjuré en fort peu dCj
tem ps, & il y ena plu sieurs
de si véritablement changées,
qu'elles marquent un
em pressementextraordinaire
re pour leCloistre. Les Da-:
mes Ursulines meritent sur
tout d'estredistinguées par:
le fruit qu'ellesont fait. On
leur a donné plusieurs sois
des femmes de la Religion
prerehdue reforméeàinsxtruire,&
en- plus grand nom- iC' bre qu'aux autres Gonvcnts^i
.1
& il n'en est sorty aucune dechezelles,
dont le changement
n'ait paru considerable.
Le plus remarquable à.
esté celu y de Madame de
Blair. Elleest femmede Mr
de Blair de Fayoles, President
au Mortier dans leParlement
de Mets, Homme
d'un profond sçavoir,d'une
intégrité. singuliere, d'une
application toute, extraordinaite,
d'une sublime vertu,&
d'unemodestie encore plus
grande. Il a esté. de laReligion
Protestante, & l'ayant
abandonnée,depuis quelques
années avec connoissance
decause,commeonle
peut voir par les motifs de sa
Conversion,qu'ila presentez
à Sa Majesté, & donnez au
public; il n'a épargné ny peines
ny foins pourconvertir
Madame sa Femme, sur tout
apres qu'elle fut entrée chez
les Dames Ursulines. Il la
voyoir à toute heure, & luy
écrivoit souventde la manie-
-, re la plus engageante & la
plus forte. Il l'avoit mesme
reduite à luy avouer que son
esprit estoit convaincu, mais
elleajoûtoitenmesme temps
que son coeur ne l'estoit pas,, cestàdirequececceurinclinoit
toujours pour le party
dans lequel elle estoit née.
Il falloit l'en détacher. Ce
coup importantn'apartenoit
qu'à Dieu seul, qui en est venu
à bout d'une maniere si
parfaite,que Mr. de Blair qui
vient de l'amener à Paris
pour quelque temps, apres
"luy avoir vu faire abjuration
entre les mains de M l'Eves-
- que de Mets, seloüe fort des
{oins qui ontsi bien fecondé
l'esfiens, & en marque saretonnoiflànce
à la Supérieure
decette maisondans laquelle
on peut direque les membres
sont dignes du chef,puisqu'-
on ytrouvedesDameségalement.
recommandables par
la grandeur de leur nalffance,,
par la forcede leur esprit,par
la solidité de leurs initru£h6.S'
& par la sainteté de leur vie.
Celle qui est presentement à
leur telle,possedeavec avantage
tantes ces bellesqualitez.
Elle est Niece de M le
Prince deFurstemberg Evesx
que de Strasbourg,& Cardial
de la derniere promotion.
Elle pense,parle,& écrit avec
beaucoupbeaucoup
de delicatesse, &
sa pieté surpasse encore tout
cela.
ont elle enfin achevées
Mets, & a pres de longue;
Instrudtions quiont elle données
dans la Cathedrale par
les soins de Mr l'Evefsue
qui a fait êclaircir pleine.
ment tous les points contra
verrez, la reunion s'est trouvée
entiere au commence.
mentdumoispassé.On en a
rendu graces à Dieu par ur
Te Deun au retour d'une Pro
cession generale. Mr. rEvêt:
que de Mets l'entonna, &i
fut chanté par la Musique
Le Parlement & les autre,
Corps y assisterent avec tout
l'EstaMajor.On a formé depuis
ce tempslà une efpecede
Mission. Elle fut ouverte par
ce Prelat, qui parla du Sacrisice
de la Messe avec autant
de nerreté & d'éloquence,
que d'érudition&d'énergie
en presence de toutcequ'il y
a de plus considerable dans
la Ville, d'un peuple infiny,
& d'un tres-crand nombre
de nouveaux Catholiques,
- qui continuent de venir
entendre la parole de Dieuà
l'Eglise tous les Lundis,Nler.
credis & Vendredis. LvS
femmes & les filles que l'on
avoitmises dans les maisons
Religieuses, y ont presques
toutes abjuré en fort peu dCj
tem ps, & il y ena plu sieurs
de si véritablement changées,
qu'elles marquent un
em pressementextraordinaire
re pour leCloistre. Les Da-:
mes Ursulines meritent sur
tout d'estredistinguées par:
le fruit qu'ellesont fait. On
leur a donné plusieurs sois
des femmes de la Religion
prerehdue reforméeàinsxtruire,&
en- plus grand nom- iC' bre qu'aux autres Gonvcnts^i
.1
& il n'en est sorty aucune dechezelles,
dont le changement
n'ait paru considerable.
Le plus remarquable à.
esté celu y de Madame de
Blair. Elleest femmede Mr
de Blair de Fayoles, President
au Mortier dans leParlement
de Mets, Homme
d'un profond sçavoir,d'une
intégrité. singuliere, d'une
application toute, extraordinaite,
d'une sublime vertu,&
d'unemodestie encore plus
grande. Il a esté. de laReligion
Protestante, & l'ayant
abandonnée,depuis quelques
années avec connoissance
decause,commeonle
peut voir par les motifs de sa
Conversion,qu'ila presentez
à Sa Majesté, & donnez au
public; il n'a épargné ny peines
ny foins pourconvertir
Madame sa Femme, sur tout
apres qu'elle fut entrée chez
les Dames Ursulines. Il la
voyoir à toute heure, & luy
écrivoit souventde la manie-
-, re la plus engageante & la
plus forte. Il l'avoit mesme
reduite à luy avouer que son
esprit estoit convaincu, mais
elleajoûtoitenmesme temps
que son coeur ne l'estoit pas,, cestàdirequececceurinclinoit
toujours pour le party
dans lequel elle estoit née.
Il falloit l'en détacher. Ce
coup importantn'apartenoit
qu'à Dieu seul, qui en est venu
à bout d'une maniere si
parfaite,que Mr. de Blair qui
vient de l'amener à Paris
pour quelque temps, apres
"luy avoir vu faire abjuration
entre les mains de M l'Eves-
- que de Mets, seloüe fort des
{oins qui ontsi bien fecondé
l'esfiens, & en marque saretonnoiflànce
à la Supérieure
decette maisondans laquelle
on peut direque les membres
sont dignes du chef,puisqu'-
on ytrouvedesDameségalement.
recommandables par
la grandeur de leur nalffance,,
par la forcede leur esprit,par
la solidité de leurs initru£h6.S'
& par la sainteté de leur vie.
Celle qui est presentement à
leur telle,possedeavec avantage
tantes ces bellesqualitez.
Elle est Niece de M le
Prince deFurstemberg Evesx
que de Strasbourg,& Cardial
de la derniere promotion.
Elle pense,parle,& écrit avec
beaucoupbeaucoup
de delicatesse, &
sa pieté surpasse encore tout
cela.
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Résumé : Conversions faites à Mets. [titre d'après la table]
À Metz, les conversions religieuses ont été conclues sous la supervision de l'évêque local. Une procession et un Te Deum ont célébré cet événement, en présence du Parlement et d'autres autorités. Une mission a été lancée, inaugurée par le prélat qui a discuté avec éloquence du sacrifice de la messe. Des réunions de sermons ont lieu les lundis, mercredis et vendredis, attirant de nombreux nouveaux catholiques. Plusieurs femmes et jeunes filles, autrefois dans des maisons religieuses, ont renié leur foi protestante et exprimé le souhait de rejoindre un cloître. Les Dames Ursulines se sont particulièrement distinguées dans ce processus de conversion. Madame de Blair, épouse du Président du Parlement de Metz, Monsieur de Blair de Fayoles, a également abjuré après une longue persuasion de son mari et une intervention divine. Elle a ensuite été conduite à Paris. La supérieure des Ursulines, nièce du Prince de Furstemberg et du Cardinal de Strasbourg, a été félicitée pour ses qualités spirituelles et intellectuelles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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20
p. 211-218
Me de Belzunce, benite Abbesse du Ronceray. [titre d'après la table]
Début :
Le 14. Septembre, Me de Belzunce, Abbesse de l'Abbaye [...]
Mots clefs :
Abbesse, Ronceray, Belzunce, Abbaye, Abbaye royale d'Angers, Religieuses, Lauzun, Procession
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Me de Belzunce, benite Abbesse du Ronceray. [titre d'après la table]
Le 14. septembre ,
Me de Belzunce
,
Abbesse
de l'Abbaye Royale d'A ngers,
dite du Ronceray
,
fut
bénite dans sonEgliseCollegiale
de la Trinité, par
Mr l'Evesque de Marseille,
son frere
, & assistée par
deux autres Abbesses, toutes
deux ses Tantes. La Trinité
est immédiatement
dépendante de l'Abbesse•
Dés que le Prélat eut
ptis ses ornements Pontificaux
, il alla chercher la
nouvelleAbbesse dans le
Choeur, d'où il vint en
procession.LesChanoines
en Chapes,les Chapelains
& autres Ecclesiastiques
au nombre de trente, en
Dalmatiques, précedoienc
l'Abbesse qui étoit suivie
de toute sa Communauté,
marchant deux à deux.
Elle avoit à son costé droit,
Me de Lauzun Abbesse de
Saintes, & à son costé gau- che, Me de Lauzun, ancienne
Abbesse de la mesme
Abbaye du Ronceray,
dont elle s'est démise en
faveur de sa Nièce. Dans
cet ordre la Procession sortit
du Choeur
,
traversa
l'Eglise Abbatiale; & se
rendit dans celle de la Trinité
qui la joint, au son
des Cloches des deux Eglises.
Après la Messe,la procession
se rendit dans le
Choeur du Ronceray, où
le Prélat ayant intronisé
l'Abbesse, il entonna le
Te Deum qui fut chanté en
Musique par les Religieuses.
Cette nouvelle Abbesse
est de la Maison deBelzunce
dont on a parlé lorsque
son frere fut nommé Evesque
deMarseille.
L'Abbaye Royale du
Ronceray d'Angers, est si
ancienne que l'on ignore
sa premiere fondation. On
sçait feulement qu'avant
que le Roy de Sicile Duc
d'Anjou l'eutrétablie dans
son premier lustre, & luy
eust fait prendre la Regle
de Saint Benoist
,
c'estoit
une AbbayedeChanoines.
ses, donr les Religieuses
ont gardé quelque chose de
l'habit, & quelques usages
particuliers pour les ceremonies
,
sur tout à leur
Prsession, aprèslaquelle
on fait la Bénédiction des
Vierges comme elle cil:
marquéedanslePontifical
Romain. On croit que les
feules Religieuses du Ronceray
,
& les Chartreuses
ont confervé cet usage.
Les Dames Religieuses
du Ronceray ne sont reçues
qu'après avoir fait les
mesmes preuves que l'on
exige à Malthe pour les
Chevaliers. Il y a huit
Prieurez que l'Abbesse
donne à des Religieuses
qui en sont Titulaires, &
les peuvent resigner.
Cette Abbaye a de grands
droics.L'Abbesse est Dame
d'une grande partie de la
Ville d'Angers, ce quiest
cause qu'elle s'appelloit
Dame d'Angers,jusqu'à ce
qu'uneStatuemiraculeuse
de la Sainte Vierge, trouvée
dans des Ronces, eust
fait donner le nom du
Ronceray à l'Abbaye où
l'on conferve avec beaucoup
de vénération cette
Image dans une Chapelle
très,ancienne qui est fous
terre, d'où il fort une Ronce,
ce,quiestverte en tout
temps.
Il y a eu des Abbesses
du Ronceray des Maisons
de Vantadour
,
deChampagne
, de Rohany&de la
Tremoille. Les dernieres
font Mesdames Simonne
& Ivonne de Maillé Brezé;
Antoinette du Puy,Charlotte
de Grammont qui vie
encore, &qui s'est démise.
Elleest Tante de Me de
Belzunce du codé de pere
& de mere ,
Françoise de
Caumont de Lauzun qui
demeure avec sa Nièce, en
faveur de qui elle s'est demire;
& enfin Anne-Marie-
Loüise de Belzunce qui
vient d'estre benite. Elle a
esté Grande-Prieure de
l'Abbaye de Saintes,Coadjutrice
du Ronceray le 10.
Février 1708. & Abbesse le
19.Mars de l'année suivante.
Elleestsoeur deMr
leMarquis deCastelron,
BrigadierdesArmées
du Roy, Capitaine des
Gendarmes de Monseigneur
le Duc de Bourgogne
, Se commandant actuellement
la Gendarmerie.
Me de Belzunce
,
Abbesse
de l'Abbaye Royale d'A ngers,
dite du Ronceray
,
fut
bénite dans sonEgliseCollegiale
de la Trinité, par
Mr l'Evesque de Marseille,
son frere
, & assistée par
deux autres Abbesses, toutes
deux ses Tantes. La Trinité
est immédiatement
dépendante de l'Abbesse•
Dés que le Prélat eut
ptis ses ornements Pontificaux
, il alla chercher la
nouvelleAbbesse dans le
Choeur, d'où il vint en
procession.LesChanoines
en Chapes,les Chapelains
& autres Ecclesiastiques
au nombre de trente, en
Dalmatiques, précedoienc
l'Abbesse qui étoit suivie
de toute sa Communauté,
marchant deux à deux.
Elle avoit à son costé droit,
Me de Lauzun Abbesse de
Saintes, & à son costé gau- che, Me de Lauzun, ancienne
Abbesse de la mesme
Abbaye du Ronceray,
dont elle s'est démise en
faveur de sa Nièce. Dans
cet ordre la Procession sortit
du Choeur
,
traversa
l'Eglise Abbatiale; & se
rendit dans celle de la Trinité
qui la joint, au son
des Cloches des deux Eglises.
Après la Messe,la procession
se rendit dans le
Choeur du Ronceray, où
le Prélat ayant intronisé
l'Abbesse, il entonna le
Te Deum qui fut chanté en
Musique par les Religieuses.
Cette nouvelle Abbesse
est de la Maison deBelzunce
dont on a parlé lorsque
son frere fut nommé Evesque
deMarseille.
L'Abbaye Royale du
Ronceray d'Angers, est si
ancienne que l'on ignore
sa premiere fondation. On
sçait feulement qu'avant
que le Roy de Sicile Duc
d'Anjou l'eutrétablie dans
son premier lustre, & luy
eust fait prendre la Regle
de Saint Benoist
,
c'estoit
une AbbayedeChanoines.
ses, donr les Religieuses
ont gardé quelque chose de
l'habit, & quelques usages
particuliers pour les ceremonies
,
sur tout à leur
Prsession, aprèslaquelle
on fait la Bénédiction des
Vierges comme elle cil:
marquéedanslePontifical
Romain. On croit que les
feules Religieuses du Ronceray
,
& les Chartreuses
ont confervé cet usage.
Les Dames Religieuses
du Ronceray ne sont reçues
qu'après avoir fait les
mesmes preuves que l'on
exige à Malthe pour les
Chevaliers. Il y a huit
Prieurez que l'Abbesse
donne à des Religieuses
qui en sont Titulaires, &
les peuvent resigner.
Cette Abbaye a de grands
droics.L'Abbesse est Dame
d'une grande partie de la
Ville d'Angers, ce quiest
cause qu'elle s'appelloit
Dame d'Angers,jusqu'à ce
qu'uneStatuemiraculeuse
de la Sainte Vierge, trouvée
dans des Ronces, eust
fait donner le nom du
Ronceray à l'Abbaye où
l'on conferve avec beaucoup
de vénération cette
Image dans une Chapelle
très,ancienne qui est fous
terre, d'où il fort une Ronce,
ce,quiestverte en tout
temps.
Il y a eu des Abbesses
du Ronceray des Maisons
de Vantadour
,
deChampagne
, de Rohany&de la
Tremoille. Les dernieres
font Mesdames Simonne
& Ivonne de Maillé Brezé;
Antoinette du Puy,Charlotte
de Grammont qui vie
encore, &qui s'est démise.
Elleest Tante de Me de
Belzunce du codé de pere
& de mere ,
Françoise de
Caumont de Lauzun qui
demeure avec sa Nièce, en
faveur de qui elle s'est demire;
& enfin Anne-Marie-
Loüise de Belzunce qui
vient d'estre benite. Elle a
esté Grande-Prieure de
l'Abbaye de Saintes,Coadjutrice
du Ronceray le 10.
Février 1708. & Abbesse le
19.Mars de l'année suivante.
Elleestsoeur deMr
leMarquis deCastelron,
BrigadierdesArmées
du Roy, Capitaine des
Gendarmes de Monseigneur
le Duc de Bourgogne
, Se commandant actuellement
la Gendarmerie.
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Résumé : Me de Belzunce, benite Abbesse du Ronceray. [titre d'après la table]
Le 14 septembre, Me de Belzunce fut bénite Abbesse de l'Abbaye Royale d'Angers, dite du Ronceray, par l'Évêque de Marseille, son frère, assisté de deux autres Abbesses, ses tantes. La cérémonie se déroula dans l'Église Collégiale de la Trinité, avec une procession incluant des Chanoines, des Chapelains et d'autres Ecclésiastiques. Me de Belzunce était accompagnée de Me de Lauzun, Abbesse de Saintes, et de l'ancienne Abbesse du Ronceray, qui s'était démise en sa faveur. Après la messe, l'Évêque intronisa Me de Belzunce et entonna le Te Deum. L'Abbaye Royale du Ronceray, d'origine inconnue, était initialement une Abbaye de Chanoinesses. Elle fut rétablie par le Roi de Sicile Duc d'Anjou. Les Religieuses du Ronceray conservent des usages particuliers et l'Abbesse est Dame d'une grande partie de la Ville d'Angers. L'Abbaye doit son nom à une statue miraculeuse de la Sainte Vierge trouvée dans des ronces. Me de Belzunce, sœur du Marquis de Castelron, fut Grande-Prieure de l'Abbaye de Saintes et Coadjutrice du Ronceray avant sa bénédiction.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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21
p. 210-213
« On écrit de Bayeux, que le 16 de ce mois [...] »
Début :
On écrit de Bayeux, que le 16 de ce mois [...]
Mots clefs :
Bayeux, Chancelier, Chanoine, Procession, Paroisse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On écrit de Bayeux, que le 16 de ce mois [...] »
On écrit de Bayeux , que
le 16 de ce mois il s'y eft
fait une ceremonie publique , par une Meffe qui fut
celebrée folemnellement
par un Chanoine en femaine, & l'apréfmidy par une
Proceffion generale de tout
le Clergé de la Ville , où
l'Evêque , âgé de quatrevingt trois ans , officia , fuivi des Corps de Juftice ,
Maire , & Officiers de la
Ville & de l'Election , la
GALANT. 211
Bourgeoifie étant fous les
armes, avec un grand concours de monde du lieu &
de tous les environs , qui y
étoient venus pour voir
cette ceremonie , faite pour
renouveller la memoire de
cinquante années , où en
ཝཱུ pareil jour le même Evêque
fit fa premiere entrée foSemnelle dans cette Ville ,.
&prit poffeffion de fon Evêché. Aprés cette Proceffion
T'Evêque étant fous le portail de la principale entrée lap
de l'Eglife Cathedrale, y regut les complimens de fon
212 MERCURE
Chapitre, le Chancelier d'i
celui portant la parole avec
beaucoup d'éloquence , de
netteté, d'érudition, & d'applaudiffemens, aufquels l'Evêque répondit avec toute
la grace , la force , la juſ
teffe & la facilité poffibles ;
& de retour en fon Palais
yreçut auffi les complimens
du Clergé , de la Ville , &
des autres Corps de Juſtice,
les principaux Officiers portant la parole ; à tous lef
quels l'Evêque fit réponſe
avec une grande prefence
d'efprit , beaucoup de bon-
GALANT 2131
té , & une fatisfaction ge
nerale , & fit enfuite diftrio
buerplufieurs aumônes aux
pauvres des Paroiffes de la
Ville.
le 16 de ce mois il s'y eft
fait une ceremonie publique , par une Meffe qui fut
celebrée folemnellement
par un Chanoine en femaine, & l'apréfmidy par une
Proceffion generale de tout
le Clergé de la Ville , où
l'Evêque , âgé de quatrevingt trois ans , officia , fuivi des Corps de Juftice ,
Maire , & Officiers de la
Ville & de l'Election , la
GALANT. 211
Bourgeoifie étant fous les
armes, avec un grand concours de monde du lieu &
de tous les environs , qui y
étoient venus pour voir
cette ceremonie , faite pour
renouveller la memoire de
cinquante années , où en
ཝཱུ pareil jour le même Evêque
fit fa premiere entrée foSemnelle dans cette Ville ,.
&prit poffeffion de fon Evêché. Aprés cette Proceffion
T'Evêque étant fous le portail de la principale entrée lap
de l'Eglife Cathedrale, y regut les complimens de fon
212 MERCURE
Chapitre, le Chancelier d'i
celui portant la parole avec
beaucoup d'éloquence , de
netteté, d'érudition, & d'applaudiffemens, aufquels l'Evêque répondit avec toute
la grace , la force , la juſ
teffe & la facilité poffibles ;
& de retour en fon Palais
yreçut auffi les complimens
du Clergé , de la Ville , &
des autres Corps de Juſtice,
les principaux Officiers portant la parole ; à tous lef
quels l'Evêque fit réponſe
avec une grande prefence
d'efprit , beaucoup de bon-
GALANT 2131
té , & une fatisfaction ge
nerale , & fit enfuite diftrio
buerplufieurs aumônes aux
pauvres des Paroiffes de la
Ville.
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Résumé : « On écrit de Bayeux, que le 16 de ce mois [...] »
Le 16 du mois, une cérémonie publique a été organisée à Bayeux pour commémorer l'entrée solennelle de l'évêque dans la ville cinquante années auparavant. La cérémonie a débuté par une messe célébrée par un chanoine, suivie d'une procession générale du clergé de la ville. L'évêque, âgé de quatre-vingt-trois ans, a officié en présence des corps de justice, du maire, des officiers de la ville et de l'élection. La bourgeoisie était sous les armes et une grande foule des environs était présente. Après la procession, l'évêque a reçu les compliments de son chapitre à l'entrée de la cathédrale. Le chancelier a prononcé un discours élogieux, auquel l'évêque a répondu avec grâce et justesse. De retour à son palais, l'évêque a également reçu les compliments du clergé, de la ville et des autres corps de justice. Les principaux officiers ont pris la parole et l'évêque a répondu avec bonté et satisfaction générale. Il a ensuite distribué des aumônes aux pauvres des paroisses de la ville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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22
p. 99-104
CANONISATION de Saint Pie.
Début :
Les Jacobins du grand Convent de la ruë S. Jacques de Paris [...]
Mots clefs :
Saint-Pie, Convent, Procession, Cardinal, Canonisation, Communauté, Jacobins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CANONISATION de Saint Pie.
C:ANONISATION desaint Pie.
L Es Jacobins du grand
Convent de la ruë S. Jacques
de Paris viennent de
solemniser avec beaucoup
d'édification & de magnificence
la Canonisation de
saint Pie Pape
,
Religieux
de leur Ordre. Voici ce qui
s'est passé de plus remarquable
dans cette folemni-
Bité, l'une des plus belles
qui se soient faites depuis
un siecle.
Toute l'Eglise de ces Peres
étoit magnifiquement
tapissee,audessusdugrand
Autel paroissoit dans un
enfoncement la Statuë du
Saint. Il etoit revêtu du camail,
du rocher, & de la
robe blanche des Souve-,
rains Pontises, à genoux
devant un crucifixd'argent.
Le Jeudi4. May M. l'Abbé
Pirot,premier Grand
Vicaire de S. E. M.le Cardinal
de Noailles, se transporta
sur les deux heures
après midi au grand Convent,
dont la Communauté
le reçut avec beaucoup de
respect ôc de joye. S'étant
placé en habit de ceremonie
devant le grand Autel,
il fit à haute voix la lecture
de la Bulle de cette Canonisation
; aprés quoy l'on
chanta,avec leTeDeum,
l'Antienne & l'Oraison du
Saint.
Le Vendredi 5. May
jour de la fête de saint Pie,,
les trois Communautez des
Jacobins de Paris partirent
du grand Convent en procession,
vers les huit heuresdu
matin,precedée par
une banniere où le Saint
étoit peint aunaturel. Cette
Procession marcha droit
à Nôtre-Dame, pour aller
au-devant de S. E. M. le
Cardinal de Noailles, qui
alloit celebrer pontificalement
la Metre ôc commencer
la solemnité. Il marcha
toujours à pied depuis sa
Cathedrale jusqu'au grand
Convent, qui en est fort
éloigné. Son Chapitre fuu
vit ion exemple;il marcha
precedé de huit Chapitres
ou Collégiales. S. E. celebra
la grande Meise) chantée
par la Musique de Nôtre-
Dame.
Les principalesParoisses
& les Communautez des
Convens y ont étéen procession.
Le Reverend Pere la
Place, Docteur de Sorbonne,
& Religieux du
même Convent, a composé
un livre intitulé
1
Le
Triomphe desaint Pie, où il
a écritl'abregé de la vie
du Saint.
L Es Jacobins du grand
Convent de la ruë S. Jacques
de Paris viennent de
solemniser avec beaucoup
d'édification & de magnificence
la Canonisation de
saint Pie Pape
,
Religieux
de leur Ordre. Voici ce qui
s'est passé de plus remarquable
dans cette folemni-
Bité, l'une des plus belles
qui se soient faites depuis
un siecle.
Toute l'Eglise de ces Peres
étoit magnifiquement
tapissee,audessusdugrand
Autel paroissoit dans un
enfoncement la Statuë du
Saint. Il etoit revêtu du camail,
du rocher, & de la
robe blanche des Souve-,
rains Pontises, à genoux
devant un crucifixd'argent.
Le Jeudi4. May M. l'Abbé
Pirot,premier Grand
Vicaire de S. E. M.le Cardinal
de Noailles, se transporta
sur les deux heures
après midi au grand Convent,
dont la Communauté
le reçut avec beaucoup de
respect ôc de joye. S'étant
placé en habit de ceremonie
devant le grand Autel,
il fit à haute voix la lecture
de la Bulle de cette Canonisation
; aprés quoy l'on
chanta,avec leTeDeum,
l'Antienne & l'Oraison du
Saint.
Le Vendredi 5. May
jour de la fête de saint Pie,,
les trois Communautez des
Jacobins de Paris partirent
du grand Convent en procession,
vers les huit heuresdu
matin,precedée par
une banniere où le Saint
étoit peint aunaturel. Cette
Procession marcha droit
à Nôtre-Dame, pour aller
au-devant de S. E. M. le
Cardinal de Noailles, qui
alloit celebrer pontificalement
la Metre ôc commencer
la solemnité. Il marcha
toujours à pied depuis sa
Cathedrale jusqu'au grand
Convent, qui en est fort
éloigné. Son Chapitre fuu
vit ion exemple;il marcha
precedé de huit Chapitres
ou Collégiales. S. E. celebra
la grande Meise) chantée
par la Musique de Nôtre-
Dame.
Les principalesParoisses
& les Communautez des
Convens y ont étéen procession.
Le Reverend Pere la
Place, Docteur de Sorbonne,
& Religieux du
même Convent, a composé
un livre intitulé
1
Le
Triomphe desaint Pie, où il
a écritl'abregé de la vie
du Saint.
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Résumé : CANONISATION de Saint Pie.
Les Jacobins du grand couvent de la rue Saint-Jacques à Paris ont célébré la canonisation de saint Pie, pape et membre de leur ordre, avec solennité et magnificence. La cérémonie, l'une des plus belles depuis un siècle, a débuté le jeudi 4 mai. M. l'Abbé Pirot, premier grand vicaire du Cardinal de Noailles, a lu la bulle de canonisation à haute voix devant le grand autel, suivie du Te Deum, de l'antienne et de l'oraison du saint. Le vendredi 5 mai, jour de la fête de saint Pie, les trois communautés des Jacobins de Paris ont participé à une procession matinale vers Notre-Dame pour accueillir le Cardinal de Noailles, qui a célébré la messe pontificale. Le cardinal, accompagné de son chapitre et de huit autres chapitres ou collégiales, a marché à pied jusqu'au grand couvent. La messe a été chantée par la musique de Notre-Dame, et les principales paroisses et communautés des couvents ont participé en procession. Le Père La Place, docteur de Sorbonne et religieux du même couvent, a composé un livre intitulé 'Le Triomphe de saint Pie', contenant un abrégé de la vie du saint.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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23
p. 266-280
« Je m'imagine que tout ce qui s'appelle ceremonie [...] »
Début :
Je m'imagine que tout ce qui s'appelle ceremonie [...]
Mots clefs :
Cérémonies, Procession, Dieu, Roi, Madrid, Hommes, Église, Palais, Fête-Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je m'imagine que tout ce qui s'appelle ceremonie [...] »
qui
s'appelle
ceremo
nie
dans
le
monde
n'a
rion
dont
le
détail
foit
GALANTA 267
fort réjoüiſſant, & qu'on
ne peut pas diſconvenir
de cette maxime d'Horace
:
و
Segnius irritant animos
demiffa per aurem
Quàm quæ funt oculis
fubjecta fidelibus .
Pour lover la beauté des
lieux ,
Pouren admirer les
tartermerveilles
On est plûtôt pris par
alides yeux
Qu'on n'est feduit par
Zij
468 MERCURE
les oreilles .
Cependant comme il
n'y a qu'une petite partie
des hommes qui puifſe
voir ce que les autres
ne peuvent apprendre
que par oüi-dire , je croy
que le recit de certaines
ceremonies deo nôtre
pays , ou d'un autre , a
quelque choſe qui inter
reſſe le lecteur preſque
autant que celui qui en
fait part à eu de plaiſir à
les voir. Cela ſuppoſe
GALANT. 269
je vais dire deux mots
de la Fête Dieu , & des
ceremonies extraordinaires
que ce jour- là l'afage
autoriſe en certains
pays. J'en parlerai , comme
je parlerai chaque
mois des jours que quel
ques nouveautez diſtin
guent ànotre égard chez
les differentes nations
de l'Europe.
La Fête- Dieu , ou plutôt
la Fête du S. Sacrement ,
fut inftituée , ſelon la plus
Z iij
270 MERCURE
veritable & la plus commune
opinion , ſous le Pontificat
d'Urbain IV. l'an 1264.
comme il paroît par une
Bulle dattée d'Orviette le
huitième jour de Septembre
1264. qui ſe trouve dans
le Corps du Droit Canon ,
& dans le grand Bulliaire
de Cherubin.
C'eſt un jour folemnel
cheztous les Chrétiens. Les
ruës jonchées de fleurs, l'exterieur
des maiſons paré
des plus belles tapiſſeries
qui les meublent , les repofoirs,
l'allegreſſe des peu
GALANT. 271
ples , les chants & les or
nemens del'Eglife , les proceffions
, & la délivrance
des priſonniers , en font en
France un jour de pieté ,
de ſplendeur & d'indulgence.
4
Mais il y a en Flandre ,
en Italie , en Eſpagne & en
Portugal bien plus de ceremonies
encore qu'en France.
Ces quatre nations font
dans ce grand jour à peu
prés le même étalage. Les
Eſpagnols & les Portugais
fur tout , font ceux dont le
ceremonial eſt le plus ma
Z iiij
272 MERCURE
gnifique. La deſcription de
la Proceffion de la Fête-
Dieu à Lisbonne reſſemble
tellement à celle de Madrid
, à l'exception de quelques
bannieres de Saints
qu'on porte à l'une,&qu'on
ne porte pas à l'autre , que
je vais , pour abreger le
détail de ces ceremonies ,
ne repreſenter en peu de
mots ces deux Proceffions
que ſous le portrait de celle
qui le fait à Madrid. ,
Les ruës où le S. Sacre
ment doit paffer font fa
blées , & femées de fleurs
a
GALANT. 273
odoriferantes , les maiſons
fonttapiſſées ,&les balcons
parez de tapis de Turquie ,
de Perſe& des Indes. Toutes
les jaloufies ſont levées,
& les Dames Eſpagnoles
font le plus bel ornement
de leurs balcons. Par tout
où la Proceffion paffe on
eft à couvert de l'ardeur
du foleil , par la precaution
que l'on a de tendre fur les
ruës , à la hauteur des maifons
, de grandes, toiles
comme celles qu'on voit
en France au deſſus des ré
pofoirs. La place du Palais
i
274 MERCURE
eſt parée des plus riches
tapifferies de la Couronne.
Le Roy d'Eſpagne fort à
dix heures du matin de ſon
Palais , il va joindre la Proceſſion
à l'Egliſe de ſainte
Marie , il la ſuit à pied jufqu'à
une heure aprés midi ,
ou plûtôt il ne la quinte que
lors qu'elle eſt rentrée à
l'Egliſe où il l'a jointe.Tous
les Prelats qui ſont à Madrid,
tous les Grands d'Ef
pagne , les Officiers de la
Couronne , & les Miniſtres
Catholiques étrangers l'accompagnent.
Le peuple le
/
GALANT. 275
fuit en foule , en criant :
Alabado sea el fantiffimo ,
alabado fea Dios, viva elRey,
viva , viva. Dieu ſoit loué,
vive le Roy, vive le Roy.
Voici l'ordre de la Proceffion.
Au milieu d'une centaine
de bannieres qui reprefentent
differens Saints , on
voit une douzaine d'hommes
enfermez dans de
grandes machines de carton
, hautes comme nos
premiers étages. Ces machines
font des images des
Geans , des Sarrafins , des
276 MERCURE
Juifs & desMores qui jadis
s'emparerent de l'iſpagne.
L'expoſition de ces figures
eſt une eſpece d'amende
honorable , qui fe renou.
velle tous les ans , pour
honorer la memoire de
Ferdinand d'Arragon &
d'Iſabelle de Caſtille , qut
exterminerent & chaffe.
rent tous les Juifs & les
Mores,dont cesRoyaumes
étoient remplis. On porte
de même des images de
nains. & de monftres ; &
l'on fair , a ce qu'on m'a dit,
fur les figures allufion à
GALANT. 277
l'hereſie &à l'idolâtrie, qui
n'ont point d'accés en Ef
pagne. Le fameux dragon
que ſainteThereſe étrangla
dans la forêt de Terragon
ne , paroît enſuité ſur une
grande machine de bois ,
portée par huit hommes.
La Sainte eſt à genoux fur
cemoftre. Cetriomphe eſt
fuivi de deux ou trois ban
des de danſeurs , vêtus à
peu prés comme nos coureurs.
Ils ont à leurs mains
des castagnettes , ou des
tambours de baſque , des
raquettes , ou des plaques
278 MERCURE
de fer , dont ils tirent avec
beaucoup d'adreſſe des fons
qui les font danſer en ca
dence. Ils s'arrêtent ordinairement
aux portes de
chaque Palais , d'où on leur
jette par les fenêtres quel
ques pieces d'argent pour
les faire danſer. Cesipetits
amuſemens ne laiſſent pas
d'interrompre quelquefois
l'ordre de la Proceffion.
Cependant toutes les Communautez
des arts &amé
tiers marchent deux àdeux,
chacun tenant un cierge&
unbouquet à lamain. Alors
GALANT. 179
les trompettes & les hautbois
à la tête du Clergé ,
compoſé de tous les Prêtres
& de tous les Religieux qui
font à Madrid , entonnent
des airs auſquels répond
plus loinune troupe de gens
comme eux. Les chants de
l'Egliſe ſe mêlent avec pieté
au ſon des inſtrumens. Il y
a entre chaque Communauté
une bande de danſeurs
, qu'on dit être une
figure des anciens Ifraëlites
qui danſoient autour de
l'arche , comme ceux - ci
danſent autour des reliques
80 MERCURE
du Patron de la Communauté
qu'ils ſuivent. Cette
Proceflion est compoſée de
blus de quatre mille per-
Jonnes qui vont pendant
rois grandes heures de re-
Doſoirs en repoſoirs Le Roy
ft avec toute ſa Cour diectement
à la ſuite du Saint
Sacrement.
s'appelle
ceremo
nie
dans
le
monde
n'a
rion
dont
le
détail
foit
GALANTA 267
fort réjoüiſſant, & qu'on
ne peut pas diſconvenir
de cette maxime d'Horace
:
و
Segnius irritant animos
demiffa per aurem
Quàm quæ funt oculis
fubjecta fidelibus .
Pour lover la beauté des
lieux ,
Pouren admirer les
tartermerveilles
On est plûtôt pris par
alides yeux
Qu'on n'est feduit par
Zij
468 MERCURE
les oreilles .
Cependant comme il
n'y a qu'une petite partie
des hommes qui puifſe
voir ce que les autres
ne peuvent apprendre
que par oüi-dire , je croy
que le recit de certaines
ceremonies deo nôtre
pays , ou d'un autre , a
quelque choſe qui inter
reſſe le lecteur preſque
autant que celui qui en
fait part à eu de plaiſir à
les voir. Cela ſuppoſe
GALANT. 269
je vais dire deux mots
de la Fête Dieu , & des
ceremonies extraordinaires
que ce jour- là l'afage
autoriſe en certains
pays. J'en parlerai , comme
je parlerai chaque
mois des jours que quel
ques nouveautez diſtin
guent ànotre égard chez
les differentes nations
de l'Europe.
La Fête- Dieu , ou plutôt
la Fête du S. Sacrement ,
fut inftituée , ſelon la plus
Z iij
270 MERCURE
veritable & la plus commune
opinion , ſous le Pontificat
d'Urbain IV. l'an 1264.
comme il paroît par une
Bulle dattée d'Orviette le
huitième jour de Septembre
1264. qui ſe trouve dans
le Corps du Droit Canon ,
& dans le grand Bulliaire
de Cherubin.
C'eſt un jour folemnel
cheztous les Chrétiens. Les
ruës jonchées de fleurs, l'exterieur
des maiſons paré
des plus belles tapiſſeries
qui les meublent , les repofoirs,
l'allegreſſe des peu
GALANT. 271
ples , les chants & les or
nemens del'Eglife , les proceffions
, & la délivrance
des priſonniers , en font en
France un jour de pieté ,
de ſplendeur & d'indulgence.
4
Mais il y a en Flandre ,
en Italie , en Eſpagne & en
Portugal bien plus de ceremonies
encore qu'en France.
Ces quatre nations font
dans ce grand jour à peu
prés le même étalage. Les
Eſpagnols & les Portugais
fur tout , font ceux dont le
ceremonial eſt le plus ma
Z iiij
272 MERCURE
gnifique. La deſcription de
la Proceffion de la Fête-
Dieu à Lisbonne reſſemble
tellement à celle de Madrid
, à l'exception de quelques
bannieres de Saints
qu'on porte à l'une,&qu'on
ne porte pas à l'autre , que
je vais , pour abreger le
détail de ces ceremonies ,
ne repreſenter en peu de
mots ces deux Proceffions
que ſous le portrait de celle
qui le fait à Madrid. ,
Les ruës où le S. Sacre
ment doit paffer font fa
blées , & femées de fleurs
a
GALANT. 273
odoriferantes , les maiſons
fonttapiſſées ,&les balcons
parez de tapis de Turquie ,
de Perſe& des Indes. Toutes
les jaloufies ſont levées,
& les Dames Eſpagnoles
font le plus bel ornement
de leurs balcons. Par tout
où la Proceffion paffe on
eft à couvert de l'ardeur
du foleil , par la precaution
que l'on a de tendre fur les
ruës , à la hauteur des maifons
, de grandes, toiles
comme celles qu'on voit
en France au deſſus des ré
pofoirs. La place du Palais
i
274 MERCURE
eſt parée des plus riches
tapifferies de la Couronne.
Le Roy d'Eſpagne fort à
dix heures du matin de ſon
Palais , il va joindre la Proceſſion
à l'Egliſe de ſainte
Marie , il la ſuit à pied jufqu'à
une heure aprés midi ,
ou plûtôt il ne la quinte que
lors qu'elle eſt rentrée à
l'Egliſe où il l'a jointe.Tous
les Prelats qui ſont à Madrid,
tous les Grands d'Ef
pagne , les Officiers de la
Couronne , & les Miniſtres
Catholiques étrangers l'accompagnent.
Le peuple le
/
GALANT. 275
fuit en foule , en criant :
Alabado sea el fantiffimo ,
alabado fea Dios, viva elRey,
viva , viva. Dieu ſoit loué,
vive le Roy, vive le Roy.
Voici l'ordre de la Proceffion.
Au milieu d'une centaine
de bannieres qui reprefentent
differens Saints , on
voit une douzaine d'hommes
enfermez dans de
grandes machines de carton
, hautes comme nos
premiers étages. Ces machines
font des images des
Geans , des Sarrafins , des
276 MERCURE
Juifs & desMores qui jadis
s'emparerent de l'iſpagne.
L'expoſition de ces figures
eſt une eſpece d'amende
honorable , qui fe renou.
velle tous les ans , pour
honorer la memoire de
Ferdinand d'Arragon &
d'Iſabelle de Caſtille , qut
exterminerent & chaffe.
rent tous les Juifs & les
Mores,dont cesRoyaumes
étoient remplis. On porte
de même des images de
nains. & de monftres ; &
l'on fair , a ce qu'on m'a dit,
fur les figures allufion à
GALANT. 277
l'hereſie &à l'idolâtrie, qui
n'ont point d'accés en Ef
pagne. Le fameux dragon
que ſainteThereſe étrangla
dans la forêt de Terragon
ne , paroît enſuité ſur une
grande machine de bois ,
portée par huit hommes.
La Sainte eſt à genoux fur
cemoftre. Cetriomphe eſt
fuivi de deux ou trois ban
des de danſeurs , vêtus à
peu prés comme nos coureurs.
Ils ont à leurs mains
des castagnettes , ou des
tambours de baſque , des
raquettes , ou des plaques
278 MERCURE
de fer , dont ils tirent avec
beaucoup d'adreſſe des fons
qui les font danſer en ca
dence. Ils s'arrêtent ordinairement
aux portes de
chaque Palais , d'où on leur
jette par les fenêtres quel
ques pieces d'argent pour
les faire danſer. Cesipetits
amuſemens ne laiſſent pas
d'interrompre quelquefois
l'ordre de la Proceffion.
Cependant toutes les Communautez
des arts &amé
tiers marchent deux àdeux,
chacun tenant un cierge&
unbouquet à lamain. Alors
GALANT. 179
les trompettes & les hautbois
à la tête du Clergé ,
compoſé de tous les Prêtres
& de tous les Religieux qui
font à Madrid , entonnent
des airs auſquels répond
plus loinune troupe de gens
comme eux. Les chants de
l'Egliſe ſe mêlent avec pieté
au ſon des inſtrumens. Il y
a entre chaque Communauté
une bande de danſeurs
, qu'on dit être une
figure des anciens Ifraëlites
qui danſoient autour de
l'arche , comme ceux - ci
danſent autour des reliques
80 MERCURE
du Patron de la Communauté
qu'ils ſuivent. Cette
Proceflion est compoſée de
blus de quatre mille per-
Jonnes qui vont pendant
rois grandes heures de re-
Doſoirs en repoſoirs Le Roy
ft avec toute ſa Cour diectement
à la ſuite du Saint
Sacrement.
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Résumé : « Je m'imagine que tout ce qui s'appelle ceremonie [...] »
La Fête-Dieu, également connue sous le nom de Fête du Saint-Sacrement, a été instaurée en 1264 sous le pontificat d'Urbain IV. Cette célébration chrétienne se distingue par des cérémonies solennelles en France, en Flandre, en Italie, en Espagne et au Portugal. En France, les festivités incluent l'ornementation des rues avec des fleurs et des tapisseries, ainsi que des processions religieuses accompagnées de chants et d'ornements. Lors de ces processions, les prisonniers sont libérés. En Espagne et au Portugal, les cérémonies sont particulièrement somptueuses. À Madrid, les rues sont pavées de fleurs, les maisons tapissées, et les balcons décorés de tapis précieux. La procession madrilène, à laquelle participe le roi d'Espagne, comprend des bannières de saints, des figures de géants, de Sarrasins, de Juifs et de Maures, ainsi que des représentations de nains et de monstres. Des danseurs et des musiciens accompagnent la procession, et des pièces d'argent sont distribuées aux danseurs. La procession rassemble plus de quatre mille participants, incluant diverses communautés d'artisans et de métiers, chacun portant un cierge et un bouquet. La procession religieuse implique plusieurs milliers de participants transportant les reliques du patron de la communauté de reposoir en reposoir sur une période de trois heures, suivis par le roi et sa cour derrière le Saint-Sacrement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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24
p. 261-272
A Alicante, ce 28 Janvier 1715.
Début :
Il arriva en cette Ville un Courrier de Madrid, avec ordre [...]
Mots clefs :
Entrée de la reine d'Espagne, Reine d'Espagne, Réjouissances, Château, Trompettes, Procession, Cavalerie, Alicante
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texteReconnaissance textuelle : A Alicante, ce 28 Janvier 1715.
A AHcante, ce 18' Janvier
171;
Il arriva en cette Ville utï
Courrier de Madrid, avec ordre
à Mrs les Gouverneurs &
Regidors, de faire publier les
Réjouissances qu'on doit àl'arrivéede
la Reine à Madrid.
Le Vendredy les Regidors
assistezdeleursGreffiers, &--
tous àcheval avec de grandes
housses develournoirjusques
à terre, firent cette publication.
Ils avoient à leurs testes
quatre timballiers & : quatre
trompettes vêtus d'habits rouges
tous couverts de grand
gallon d'or: les six valets de
Ville suivoient tous habillez
de robes de satin cramoisi,
avec de grands chapeaux couverts
de mêmeétoffe dessus
& dessous les bords.
Le Dimanche matin les Regidors
à pied se rendirent en
même ordre à la Cathedrale,
où l'on chanta leTe Deum au
bruit de plusieurs salves de
coups de canon du Chasseau
& de la Ville: la Messe sût
chantée en musique,& le
Predicateur prononça le J?anc
gyrique du Roy 6c de la Reine;
tous les Religieux assisterent à
cette Messe, & ensuiteil y tût
Procession autour de l'Eglise
L'apresdinée on sit la Procession
generale, où assista
Mr le Gouverneur, les Regidors
& tous les Gentil-hommes
de la Ville & des environs;
à laquelle assista un grand
concours de monde, d'hommes
& de femmes. A la Procession
les coeurs de musique
estoient mêlez avec les Chanoines
devant le S. Sacrement
qui fût reposé plusieursfois en
divers endroits delaVille, ou
l'on avoit fait taire des Arc.
triomphaux d'une grande propreté
ez magnificence.
A l'entréede lanuiton cira
au milieu de la Place devant
la Maison de Ville, urf
Feu d'artifice des mieux entendus,
qui dura plus de deux
heures; les Espagnols sont
sort experimentez en cet Art.
Le Lundyon fit élever un
Chasteau à la même Place ou
estoitle Peu d'artifice à l'ancienne
modedes Mores gardé
par les Chrétiens. Avant
que d'attaquerce Chasseau, les
Mores quiétoient en Mer,descendirent
rendirent sur le Molle en ton
ordre, au nombre de plusde
deux cens richement habillez
& portant tous des armes àfeu
&-des. espontonsSur leur ailes
ily avoit anpetit corpsde
Cavalerie.Pendantqueles
Moresmirent pied àterre pareil
nombre de Chrétiens aussi
magnifiquement habillezsirent
letour de la Villeenbon
ordre, aussi avec de la Cavalerie
: ils serendirent à laPlace,
mirentle nombre de gens
neceflaÎTcs pour se défendredans
le Chasteau,& le-re:lle
se posta en bataille devant le
Chasteau. Les Mores avant
que de faire l'attaque, frent
aussi le tour de la Ville en bon
ordre avec des instrumens à la
Moresque. Ensuite ils entterent
en ordre de baraille dans
la Place, s'estant reconnus les
uns & les autres; il se déracha
des deux partis de petits corps
soûtenus de Cavalerie, qui
firent plusieurs escarmouches
avant le combat général qui
se donna en très bon ordre,
ë..z dura plus de deux heures;
pendant lesquellesil se tira plus
de deux mil coups de mousquets
& de fusils avant que
les Chrétiens ic rendirent
estant rendus
,
les Mores se,
rendirent maistres du Chasteau
où ils arborèrent leursPa.
villons chargez de Croissans.
L'aspresdinée on rétablit le
Chasteau, & les Chrétiens en
même ordre se mirent en bataille
, tirerent du canon,&à
l'approche jetterent une quantiré
de grenades que lesMores
ne purent soûtenir; ils abandonnèrent
le Chasteau où les
Chrétiens entrerent au bruit
des tambours &des trompettes
; cet assaut ne dura pas
moins que le premier. Il y
avoir un monde infini aux balcons,
fenestres,& sur les terrasses,
tant de laVille que des
environs qui s'en retournerent
tres- satisfaits de ces combats
& des combarans. Les victorieux
repasserent à travers la
Ville
, menans les Mores prisonniersen
triomphe.
Le Mercredy fut dessiné
pour une cavalcade de tous les
Officiers de deuxBataillons qui
sonten quartier en cetteVille,
ou toute la Noblesse d'icy Se
des environs se joignit; ils
avoient cousdes habitsdifférons,
detoutes les NationsEstrangeres
, tres magnisques,
& leurs chevaux superbement
harnachezavec de belleshousses
& fourreaux de pistolets en
broderie. Le matin ils marcherent
en bon ordre dans lesendroits
les plus considerablesde
la Ville; & l'aprés midy ils se
preparerent pour faire une
course de chevauxdevant la
maison de Don Rodrigo Cavallero,
Intendant General du
Royaume de Valence; tous
ceux qui couroient portoient
des lances pour fra pper une
espece de machine de boisqui
traver soit la rue par unecorde.
Cette machine étoit d'uncote
remplie d'eau, & l'autre vulde
; ensorte que celuy quila
frappoit, à moins que ce ne
fut enun cet tain endroit,l'eau
tomboit sur luy,&faisoitrire
lesspectateurs. On osta cette
machine) & l'on mit un Oye
tout envie à la place,où tous
ceux qui couroient comme à
la bague,s'attachoient à l'Oye
avec les mains; & celuy qui en
emportoit un plus gros morceau
étoit applaudy du battement
de mains général,&dcs
fanfares des trompettes.
Apres les deux, cour ses de
chevaux finies qui durerent
jusquesàla nuit, toute la Cavalcade
se rendit à la place du
Gouverneur d'où elle se retif.
a) & revint sur les neufheures
du soir en bon ordre: chaque
Cavalier avoit deux Valets
bien vêtus avec chacun un
grand flambeau de cire blanc
he à leurs calkzjils firenten
cer état plusieurs tours dans la
.N'ille.-: & ensuite serendirent
chez M. Don Rodrigo Cavallero
,
qui avoit préparé un
grand bal duquel Mademoiselle
sa fille sit les honneurs.
C\H un party de deux ccns
mil écus. Pendant tous ces
jours de rejoüissances ily aeu
des illuminations dans toute la
Ville, & jour & nuit une tresgrande
quantité de mafear
rades.
171;
Il arriva en cette Ville utï
Courrier de Madrid, avec ordre
à Mrs les Gouverneurs &
Regidors, de faire publier les
Réjouissances qu'on doit àl'arrivéede
la Reine à Madrid.
Le Vendredy les Regidors
assistezdeleursGreffiers, &--
tous àcheval avec de grandes
housses develournoirjusques
à terre, firent cette publication.
Ils avoient à leurs testes
quatre timballiers & : quatre
trompettes vêtus d'habits rouges
tous couverts de grand
gallon d'or: les six valets de
Ville suivoient tous habillez
de robes de satin cramoisi,
avec de grands chapeaux couverts
de mêmeétoffe dessus
& dessous les bords.
Le Dimanche matin les Regidors
à pied se rendirent en
même ordre à la Cathedrale,
où l'on chanta leTe Deum au
bruit de plusieurs salves de
coups de canon du Chasseau
& de la Ville: la Messe sût
chantée en musique,& le
Predicateur prononça le J?anc
gyrique du Roy 6c de la Reine;
tous les Religieux assisterent à
cette Messe, & ensuiteil y tût
Procession autour de l'Eglise
L'apresdinée on sit la Procession
generale, où assista
Mr le Gouverneur, les Regidors
& tous les Gentil-hommes
de la Ville & des environs;
à laquelle assista un grand
concours de monde, d'hommes
& de femmes. A la Procession
les coeurs de musique
estoient mêlez avec les Chanoines
devant le S. Sacrement
qui fût reposé plusieursfois en
divers endroits delaVille, ou
l'on avoit fait taire des Arc.
triomphaux d'une grande propreté
ez magnificence.
A l'entréede lanuiton cira
au milieu de la Place devant
la Maison de Ville, urf
Feu d'artifice des mieux entendus,
qui dura plus de deux
heures; les Espagnols sont
sort experimentez en cet Art.
Le Lundyon fit élever un
Chasteau à la même Place ou
estoitle Peu d'artifice à l'ancienne
modedes Mores gardé
par les Chrétiens. Avant
que d'attaquerce Chasseau, les
Mores quiétoient en Mer,descendirent
rendirent sur le Molle en ton
ordre, au nombre de plusde
deux cens richement habillez
& portant tous des armes àfeu
&-des. espontonsSur leur ailes
ily avoit anpetit corpsde
Cavalerie.Pendantqueles
Moresmirent pied àterre pareil
nombre de Chrétiens aussi
magnifiquement habillezsirent
letour de la Villeenbon
ordre, aussi avec de la Cavalerie
: ils serendirent à laPlace,
mirentle nombre de gens
neceflaÎTcs pour se défendredans
le Chasteau,& le-re:lle
se posta en bataille devant le
Chasteau. Les Mores avant
que de faire l'attaque, frent
aussi le tour de la Ville en bon
ordre avec des instrumens à la
Moresque. Ensuite ils entterent
en ordre de baraille dans
la Place, s'estant reconnus les
uns & les autres; il se déracha
des deux partis de petits corps
soûtenus de Cavalerie, qui
firent plusieurs escarmouches
avant le combat général qui
se donna en très bon ordre,
ë..z dura plus de deux heures;
pendant lesquellesil se tira plus
de deux mil coups de mousquets
& de fusils avant que
les Chrétiens ic rendirent
estant rendus
,
les Mores se,
rendirent maistres du Chasteau
où ils arborèrent leursPa.
villons chargez de Croissans.
L'aspresdinée on rétablit le
Chasteau, & les Chrétiens en
même ordre se mirent en bataille
, tirerent du canon,&à
l'approche jetterent une quantiré
de grenades que lesMores
ne purent soûtenir; ils abandonnèrent
le Chasteau où les
Chrétiens entrerent au bruit
des tambours &des trompettes
; cet assaut ne dura pas
moins que le premier. Il y
avoir un monde infini aux balcons,
fenestres,& sur les terrasses,
tant de laVille que des
environs qui s'en retournerent
tres- satisfaits de ces combats
& des combarans. Les victorieux
repasserent à travers la
Ville
, menans les Mores prisonniersen
triomphe.
Le Mercredy fut dessiné
pour une cavalcade de tous les
Officiers de deuxBataillons qui
sonten quartier en cetteVille,
ou toute la Noblesse d'icy Se
des environs se joignit; ils
avoient cousdes habitsdifférons,
detoutes les NationsEstrangeres
, tres magnisques,
& leurs chevaux superbement
harnachezavec de belleshousses
& fourreaux de pistolets en
broderie. Le matin ils marcherent
en bon ordre dans lesendroits
les plus considerablesde
la Ville; & l'aprés midy ils se
preparerent pour faire une
course de chevauxdevant la
maison de Don Rodrigo Cavallero,
Intendant General du
Royaume de Valence; tous
ceux qui couroient portoient
des lances pour fra pper une
espece de machine de boisqui
traver soit la rue par unecorde.
Cette machine étoit d'uncote
remplie d'eau, & l'autre vulde
; ensorte que celuy quila
frappoit, à moins que ce ne
fut enun cet tain endroit,l'eau
tomboit sur luy,&faisoitrire
lesspectateurs. On osta cette
machine) & l'on mit un Oye
tout envie à la place,où tous
ceux qui couroient comme à
la bague,s'attachoient à l'Oye
avec les mains; & celuy qui en
emportoit un plus gros morceau
étoit applaudy du battement
de mains général,&dcs
fanfares des trompettes.
Apres les deux, cour ses de
chevaux finies qui durerent
jusquesàla nuit, toute la Cavalcade
se rendit à la place du
Gouverneur d'où elle se retif.
a) & revint sur les neufheures
du soir en bon ordre: chaque
Cavalier avoit deux Valets
bien vêtus avec chacun un
grand flambeau de cire blanc
he à leurs calkzjils firenten
cer état plusieurs tours dans la
.N'ille.-: & ensuite serendirent
chez M. Don Rodrigo Cavallero
,
qui avoit préparé un
grand bal duquel Mademoiselle
sa fille sit les honneurs.
C\H un party de deux ccns
mil écus. Pendant tous ces
jours de rejoüissances ily aeu
des illuminations dans toute la
Ville, & jour & nuit une tresgrande
quantité de mafear
rades.
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25
p. 150-160
SUITE DU JOURNAL de Paris.
Début :
Le 14, le Roi donna un Arrêt, pour empêcher la Noblesse [...]
Mots clefs :
Arrêt, Noblesse, Ducs, Droits, Requête, Maximes, Requêtes, Conseil, Dispute, Prince, Discours, Baron, Officiers, Contrat de mariage, Abbé, Décès, Procession, Duc d'Orléans, Généraux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE DU JOURNAL de Paris.
SUITE DU JOURNAL
de - Paris.
L
E 14 , le Roi donna un Arrêt ,
pour empêcher la Nobleffe de
s'affembler ; par lequel il lui deffend
de figner la Requête projettée
contre les Ducs & Pairs . Nous le
rapportons ici tel qu'il a été publié.
Le Roi étant informé qu'à l'occafion
de quelques Mémoires , Publiés
l'année derniere , où plufieurs
perfonnes d'une Naiffance
diftinguée ont prétendu que les
Droits de la Nobleffe étoient intereffés
, il a été dreffé pour deffendre
ces Droits , une Requête , que
l'on veut faire figner à un grandno
da
Et
de
&
CO
Era
Et
qui
Nol
elle
don
nore
plus
tes
une
IST
vis
a fa
DE MAY. Ist
nombre de Gentils -hommes , tant
dans Paris que dans les Provinces :
Et comme la Nobleffe , quoiqu'un
des premiers Ordres du Royaume ,
& celui que Sa Majesté regarde
comme la principalle force de fon
Etat , ne peut , ni faire Corps , ni
figner des Requêtes en commun,
fans la permiffion expreffe du Roy ,
Et qu'ainfi une telle tentative ne
fçauroit être autorifée , fans bleffer
les premieres maximes de l'ordre ,
public , outre qu'elle feroit inutile
& prématurée dans une occafion
où il ne s'agit que de Mémoires
qui n'ont point été faits contre la
Nobleffe , Er à l'égard defquels
elle peut fe repofer fur l'affection
dont Sa Majesté l'a toujours ho-- .
norée , & qui eft pour elle un Titre.
plus affuré que toutes les Requêtes
qu'elle pourroit préfenter , fi
Elle étoit en état de le faire dans'
une forme réguliere . SA MAJESTE'
ESTANT EN SON CONSEIL , de l'Avis
de M. le Duc d'Orleans Regent,
a fait trés-expreffes inhibitions &
募
162 LE MERCURE
deffenfes à tous les Nobles de fon
Royaume , de quelque Naiffance ,
Rang & Dignité qu'ils foient , de
figner ladite prétendue Requête ,
à peine de défobéïſſance , juſqu'à
ce qu'autrement par Sa Majesté en
ait été ordonné, fuivant les formes
obfervées dans le Royaume , fans
néantmoins que le préfent Arreſt
puiffe nuire ni préjudicier aux
Droits , Priviléges & prérogatives
légitimes de la Nobleffe , auxquels
S. M. n'entend donner aucune
atteinte , Et qu'elle maintiendra
toujours , à l'exemple des
Rois les prédéceffeurs , fuivant les
régles de la Juftice & de l'ordre
public.
La difpute qui s'eft élevée entre
M. de S. Eugene Maistre d'Hoftel
ordinaire du Roy , & les Maiftres
d'Hoftel de quartier , a été remiſe
à la décifion de Msr le Duc. Le.
Premier prétend , qu'il eft de
fa Charge de fervir toutes les Têtes
Couronnées Etrangeres qui
viennent en France , & les autres
DE MAY... 155
lui conteftent ce droit.
Le 16. le Roy a affitté le jour de
la Pentecôte , à la Grand-Meffe ,
precedée par un Veni Creator ; elle
fut celebrée par fa Grande Chapelle
; M. l'Abbé de Joüilhac officiant
, comme premier des Chantres
du Roy. L'aprés midy S. M.
entendit la Prédication du Pere
Chanan , le premier des Religieux
de S. Antoine qui ait prêché à la
Cour ; fon Difcours fuivi & ferré a
été goûté , & fon Compliment a
été bien reçû. Aprés Vêpres, le Roy,
fe promena dans le Jardin des
Tuileries. ..
7.
On a eû des nouvelles du de
Bonn Electorat de Cologne , que
Mgr . le Comte de Charolois étoit
arrivé le 6. dans cette Ville , fort
fatigué. Ce Prince fut obligé à
Namur de prendre la Barque , au
deffaut des chevaux de pofte ,
pour defcendre la Meufe jufqu'à
Liege. Il coucha en chemin fur la
Paille , ne mangea que du Pain bis,
& ne but que de la Biere , ng
Kexce
de
que
compa
hom
tuit, d
prés la
ant de
percé
pee , o
dan re
ron d'A
154 LE MERCURE
trouvant rien de plus . Ayant gagné
Liege, M. de Billy qui l'accompagne,
emprunta deux chemiſes d'un
de fes Amis ; il en donna une au
Prince , & garda l'autre pour lui ;
ils en partirent le matin par une
mauvaiſe voiture, pour fe rendre à
Bonn , où l'Electeur de Cologne
le reçût à bras ouverts . Ms. le
Comte de Charolois demanda cependant
la permiffion à S. A. E.
de loger chez M. le Comte de S.
Maurice où il fe repofa ; toutes les
Lingeres de Bonn furent employées
à lui faire diligemment le linge
le plus neceffaire , & le 8. il fe remit
en route par les facilitez que
lui donna l'Electeur , pour fe rendre
en diligence à Munick.
mem
coups,
fuperieu
Le Baron de Schemetavu Allemand,
trés-riche heritier , âgé de 22
ans , fut tué la nuit du 16. au 17. il
avoit foupé dans un Cabaret du
Fauxbourg S. Germain, avec Mrs. le
Marquis de Gatinara , le Baron d'Alberg
& plufieurs Gentils - Hommes
Etrangers qui s'étoient retirez , à
que l'o
vers la
dansle
teache
Serantfa
i
fauva
grandep
du
front.
e deM
de
l'Emp
pée
anchan
garde, fa
DE MAY
ISS
་
l'exception du Baron d'Alberg &
de quelques domeftiques qui l'accompagnoient
: Il fut attaqué par
5 hommes à trois heures aprés mi
nuit, dans la Rue des Boucheries,
prés la Barriere des Sergents : S'étant
deffendu quelque tems ; il fut
percé mortellement d'un coup d'épée
, outre deux coftes coupées
d'un revers d'efpadon. M. le Baron
d'Alberg fut bleffé prefque dans
le même moment de deux autres
coups , dont l'un lui diviſa la lévre
fupérieure en deux ; de maniere
que l'on comptoits dents à travers
la playe , & l'autre fut porté
dans le bas ventre , il auroit même
été achevé , fans fon laquais , qui
s'étant faifi de l'épée de ce Baron ,
lui fauva la vie aux dépens d'une
grande playe qui pénétra dans l'os
du front. Le Valet de la Garderobe
de M. de Kinigfeg Ambaffadeur
de l'Empereur , qui avoit mis auffi
l'épée à la main , fut atteint d'un
tranchant d'Efpadon qui coupa fa
garde, fa poignée , & lui abatic
•
186 LE MERCURE
prefque le pouce , que le Chirur
gien a été obligé d'amputer. Aprés
-cette expedition , comme, les Attaquans
fe fauvoient , ils rencon
trerent le Marquis de Gathara qui
s'étoit feparé quelques inftans , avant
que ce malheur arrivât à les
Amis ; il en fut attaqué , mais
ayant eu le bonheur de pater & d'en
bleffer même quelques- uns , ils
l'abandonnerent
. Quelque perqui
fition que l'on ait pu faire jufqu'à
préfent , pour en découvrir les Af-
Taillans , on n'a pu y parvenir. On
a arrefté feulement un des laquais
du Baron Schemetavy
Le 17. au matin les derniers Of
ficiers de M. le Comte de Charo-.
lois font partis pour joindre ce Prince
à Vienne.
M. le Grand , quoi qu'incommodé
, a donné cependant un dîner
magnifique à 60 Perfonnes de la
Parenté de M. le Comte d'Armagnac
.
Le 19. M. l'Abbé de la Rochefoucault
Aîné de la famille , a reDE
MAY. 157
sur un Bref du Pape , avec permiffion
de jouir des Revenus de fes
Abbayes ; fous la condition qu'i a
propofée de prendre l'épée , & d'aller
fervir en Hongrie contre les Infidéles.
2 .
Le 20 au matin M. le Blanc
Maitre des Requeftes Honoraire ,
Confeiller au Confeil de Guerre
at l'honeur de faire figner par S. M.
le Contrat de Mariage de Mlle fa
fille avec M. le Marquisde Trefnel
, Enfeigne des Gendarmes.
Le 21 les Confeils fe font raffemblez,
ayant été en vacance, depuis
le Mardy d'avant la Pentecôte
jufqu'à cejour.
Le 22.il eft arrivé un Courier
en 7 jours de Roine , apportant la
difpenfe pour le Mariage de M. le
Marquis d'Harcour avec Madenoifelle
de Louvois.
• Le 23. M. l'Abbé de la Rochefoucault
partit en habit de Cavalier
pourla Hongrie.
Le 25. M. Talon le plus ancien
des Lieutenants aux Gardes , a ob158
LE MERCURE
tenu de droit la Compagnie de M.
de Montpezat Capitaine au Regiment
des Gardes Françoiſes , Maréchal
de Camp & Gouverneur de
Sommieres , qui eft mort en Languedoc
le 15, de ce mois . M. Har-.
lin a été gratifié du Gouvernement
de Sommieres , qui vaut 8000 livres
de rentes; les appointemens en
font payez fur les Etats de Languedoc.
Le 27. Fête du Saint Sacrement,
la Proceffion de Saint Germain
l'Auxerrois , Paroiffe du Louvre ,
vint à la Chapelle des Tuileries .
Le Roy la reçût au milieu de la
Cour & l'accompagna avec une pié
té exemplaire jufqu'à la Chapelle;
on chanta unMotet, aprés lequel
S. M. reconduifit le S. Sacrement
jufqu'à la derniere Porte du Lou-
VEC.
Mgr le Duc d'Orleans fe rendit à
l'Eglife de S. Euftache fa Paroiffe ,
avec Madame la Ducheffe d'Orleans
, & Mer le Duc de Chartres;ils
affifterent à la Proceffion du S. SaDE
MAY. 159
crement & à la Grand- Meffe.
Mgr le Prince & Mde la Princeffe de
Conti accompagnerent la Proceffion
du S. Sacrement à S. Sulpice
Par des lettres du 15. de Munik,
on a été informé que Mer le Comte
de Charolois y étoit arrivé la veille
, à 9 heures du foir , en parfaite
fanté. L'Electeur de Baviere , fur
l'avis qu'il avoit reçû de l'Electeur
de Cologne , que ce Prince avoit
paffé par Bonn , dépêcha au
devant de lui un de fes Gentilshommes,
jufqu'à Donavert. Le lendemain
de fon arrivée , toute la
Cour qui étoit fort nombreuſe , ſe
trouva au lever de M. le Comte.
L'Electeur lui donna le grand Appartement
vis-à-vis celui qu'il occupe
, & l'y conduifit. Le quinze
S. A. E. le mena chez l'Electrice
, & lui fit offre d'argent
de chevaux , de vaiffelles , d'équipages
& de tout ce qui pouvoit lui
manquer. M. le Comte à écrit une
lettre en Allemand à M. le Marquis
de Gefvres , & une en Latin
a
O ij
160 LE MERCURE
•
à M. l'Abbé Mongin fon Precepteur.
L'Impératrice accoucha le 13. de
ce mois d'une Archi - Ducheffe .
Les Fermiers Generaux fortans ,
font ,
Meffieurs Brunet de Rancy , Caquet
, Chartraires , Daverly , de
Boulogne , d'Elpeche , Dupuy , Henault
de Cantorbe , le Riche, Ménon
, du Tronchet , Terriffe , Pellart
, Romanet .
Les quatre Rentrans , font ,
Meffieurs Le Normant , d'Azy ,
·Bartet de Bonneval , de Duchy.
La Penfion de feu M. Jouvenet
a été donnée à M. Boullogne qui
a auffi rempli la Place de Recteur
de l'Academie Royale de Peintuture.
J'ai donc été mal informé,
lorfque j'ai avancé à la p. 102. du
Mercure d'Avril que M. Coepel avoit
été gratifié de toutes les prérogatives
accordées à feu M. Jouvenet
; je devois dire feulement
qu'il avoit obtenu la penfion de
feu M. de la Foffe , il y a même
plus de 6 mois.
de - Paris.
L
E 14 , le Roi donna un Arrêt ,
pour empêcher la Nobleffe de
s'affembler ; par lequel il lui deffend
de figner la Requête projettée
contre les Ducs & Pairs . Nous le
rapportons ici tel qu'il a été publié.
Le Roi étant informé qu'à l'occafion
de quelques Mémoires , Publiés
l'année derniere , où plufieurs
perfonnes d'une Naiffance
diftinguée ont prétendu que les
Droits de la Nobleffe étoient intereffés
, il a été dreffé pour deffendre
ces Droits , une Requête , que
l'on veut faire figner à un grandno
da
Et
de
&
CO
Era
Et
qui
Nol
elle
don
nore
plus
tes
une
IST
vis
a fa
DE MAY. Ist
nombre de Gentils -hommes , tant
dans Paris que dans les Provinces :
Et comme la Nobleffe , quoiqu'un
des premiers Ordres du Royaume ,
& celui que Sa Majesté regarde
comme la principalle force de fon
Etat , ne peut , ni faire Corps , ni
figner des Requêtes en commun,
fans la permiffion expreffe du Roy ,
Et qu'ainfi une telle tentative ne
fçauroit être autorifée , fans bleffer
les premieres maximes de l'ordre ,
public , outre qu'elle feroit inutile
& prématurée dans une occafion
où il ne s'agit que de Mémoires
qui n'ont point été faits contre la
Nobleffe , Er à l'égard defquels
elle peut fe repofer fur l'affection
dont Sa Majesté l'a toujours ho-- .
norée , & qui eft pour elle un Titre.
plus affuré que toutes les Requêtes
qu'elle pourroit préfenter , fi
Elle étoit en état de le faire dans'
une forme réguliere . SA MAJESTE'
ESTANT EN SON CONSEIL , de l'Avis
de M. le Duc d'Orleans Regent,
a fait trés-expreffes inhibitions &
募
162 LE MERCURE
deffenfes à tous les Nobles de fon
Royaume , de quelque Naiffance ,
Rang & Dignité qu'ils foient , de
figner ladite prétendue Requête ,
à peine de défobéïſſance , juſqu'à
ce qu'autrement par Sa Majesté en
ait été ordonné, fuivant les formes
obfervées dans le Royaume , fans
néantmoins que le préfent Arreſt
puiffe nuire ni préjudicier aux
Droits , Priviléges & prérogatives
légitimes de la Nobleffe , auxquels
S. M. n'entend donner aucune
atteinte , Et qu'elle maintiendra
toujours , à l'exemple des
Rois les prédéceffeurs , fuivant les
régles de la Juftice & de l'ordre
public.
La difpute qui s'eft élevée entre
M. de S. Eugene Maistre d'Hoftel
ordinaire du Roy , & les Maiftres
d'Hoftel de quartier , a été remiſe
à la décifion de Msr le Duc. Le.
Premier prétend , qu'il eft de
fa Charge de fervir toutes les Têtes
Couronnées Etrangeres qui
viennent en France , & les autres
DE MAY... 155
lui conteftent ce droit.
Le 16. le Roy a affitté le jour de
la Pentecôte , à la Grand-Meffe ,
precedée par un Veni Creator ; elle
fut celebrée par fa Grande Chapelle
; M. l'Abbé de Joüilhac officiant
, comme premier des Chantres
du Roy. L'aprés midy S. M.
entendit la Prédication du Pere
Chanan , le premier des Religieux
de S. Antoine qui ait prêché à la
Cour ; fon Difcours fuivi & ferré a
été goûté , & fon Compliment a
été bien reçû. Aprés Vêpres, le Roy,
fe promena dans le Jardin des
Tuileries. ..
7.
On a eû des nouvelles du de
Bonn Electorat de Cologne , que
Mgr . le Comte de Charolois étoit
arrivé le 6. dans cette Ville , fort
fatigué. Ce Prince fut obligé à
Namur de prendre la Barque , au
deffaut des chevaux de pofte ,
pour defcendre la Meufe jufqu'à
Liege. Il coucha en chemin fur la
Paille , ne mangea que du Pain bis,
& ne but que de la Biere , ng
Kexce
de
que
compa
hom
tuit, d
prés la
ant de
percé
pee , o
dan re
ron d'A
154 LE MERCURE
trouvant rien de plus . Ayant gagné
Liege, M. de Billy qui l'accompagne,
emprunta deux chemiſes d'un
de fes Amis ; il en donna une au
Prince , & garda l'autre pour lui ;
ils en partirent le matin par une
mauvaiſe voiture, pour fe rendre à
Bonn , où l'Electeur de Cologne
le reçût à bras ouverts . Ms. le
Comte de Charolois demanda cependant
la permiffion à S. A. E.
de loger chez M. le Comte de S.
Maurice où il fe repofa ; toutes les
Lingeres de Bonn furent employées
à lui faire diligemment le linge
le plus neceffaire , & le 8. il fe remit
en route par les facilitez que
lui donna l'Electeur , pour fe rendre
en diligence à Munick.
mem
coups,
fuperieu
Le Baron de Schemetavu Allemand,
trés-riche heritier , âgé de 22
ans , fut tué la nuit du 16. au 17. il
avoit foupé dans un Cabaret du
Fauxbourg S. Germain, avec Mrs. le
Marquis de Gatinara , le Baron d'Alberg
& plufieurs Gentils - Hommes
Etrangers qui s'étoient retirez , à
que l'o
vers la
dansle
teache
Serantfa
i
fauva
grandep
du
front.
e deM
de
l'Emp
pée
anchan
garde, fa
DE MAY
ISS
་
l'exception du Baron d'Alberg &
de quelques domeftiques qui l'accompagnoient
: Il fut attaqué par
5 hommes à trois heures aprés mi
nuit, dans la Rue des Boucheries,
prés la Barriere des Sergents : S'étant
deffendu quelque tems ; il fut
percé mortellement d'un coup d'épée
, outre deux coftes coupées
d'un revers d'efpadon. M. le Baron
d'Alberg fut bleffé prefque dans
le même moment de deux autres
coups , dont l'un lui diviſa la lévre
fupérieure en deux ; de maniere
que l'on comptoits dents à travers
la playe , & l'autre fut porté
dans le bas ventre , il auroit même
été achevé , fans fon laquais , qui
s'étant faifi de l'épée de ce Baron ,
lui fauva la vie aux dépens d'une
grande playe qui pénétra dans l'os
du front. Le Valet de la Garderobe
de M. de Kinigfeg Ambaffadeur
de l'Empereur , qui avoit mis auffi
l'épée à la main , fut atteint d'un
tranchant d'Efpadon qui coupa fa
garde, fa poignée , & lui abatic
•
186 LE MERCURE
prefque le pouce , que le Chirur
gien a été obligé d'amputer. Aprés
-cette expedition , comme, les Attaquans
fe fauvoient , ils rencon
trerent le Marquis de Gathara qui
s'étoit feparé quelques inftans , avant
que ce malheur arrivât à les
Amis ; il en fut attaqué , mais
ayant eu le bonheur de pater & d'en
bleffer même quelques- uns , ils
l'abandonnerent
. Quelque perqui
fition que l'on ait pu faire jufqu'à
préfent , pour en découvrir les Af-
Taillans , on n'a pu y parvenir. On
a arrefté feulement un des laquais
du Baron Schemetavy
Le 17. au matin les derniers Of
ficiers de M. le Comte de Charo-.
lois font partis pour joindre ce Prince
à Vienne.
M. le Grand , quoi qu'incommodé
, a donné cependant un dîner
magnifique à 60 Perfonnes de la
Parenté de M. le Comte d'Armagnac
.
Le 19. M. l'Abbé de la Rochefoucault
Aîné de la famille , a reDE
MAY. 157
sur un Bref du Pape , avec permiffion
de jouir des Revenus de fes
Abbayes ; fous la condition qu'i a
propofée de prendre l'épée , & d'aller
fervir en Hongrie contre les Infidéles.
2 .
Le 20 au matin M. le Blanc
Maitre des Requeftes Honoraire ,
Confeiller au Confeil de Guerre
at l'honeur de faire figner par S. M.
le Contrat de Mariage de Mlle fa
fille avec M. le Marquisde Trefnel
, Enfeigne des Gendarmes.
Le 21 les Confeils fe font raffemblez,
ayant été en vacance, depuis
le Mardy d'avant la Pentecôte
jufqu'à cejour.
Le 22.il eft arrivé un Courier
en 7 jours de Roine , apportant la
difpenfe pour le Mariage de M. le
Marquis d'Harcour avec Madenoifelle
de Louvois.
• Le 23. M. l'Abbé de la Rochefoucault
partit en habit de Cavalier
pourla Hongrie.
Le 25. M. Talon le plus ancien
des Lieutenants aux Gardes , a ob158
LE MERCURE
tenu de droit la Compagnie de M.
de Montpezat Capitaine au Regiment
des Gardes Françoiſes , Maréchal
de Camp & Gouverneur de
Sommieres , qui eft mort en Languedoc
le 15, de ce mois . M. Har-.
lin a été gratifié du Gouvernement
de Sommieres , qui vaut 8000 livres
de rentes; les appointemens en
font payez fur les Etats de Languedoc.
Le 27. Fête du Saint Sacrement,
la Proceffion de Saint Germain
l'Auxerrois , Paroiffe du Louvre ,
vint à la Chapelle des Tuileries .
Le Roy la reçût au milieu de la
Cour & l'accompagna avec une pié
té exemplaire jufqu'à la Chapelle;
on chanta unMotet, aprés lequel
S. M. reconduifit le S. Sacrement
jufqu'à la derniere Porte du Lou-
VEC.
Mgr le Duc d'Orleans fe rendit à
l'Eglife de S. Euftache fa Paroiffe ,
avec Madame la Ducheffe d'Orleans
, & Mer le Duc de Chartres;ils
affifterent à la Proceffion du S. SaDE
MAY. 159
crement & à la Grand- Meffe.
Mgr le Prince & Mde la Princeffe de
Conti accompagnerent la Proceffion
du S. Sacrement à S. Sulpice
Par des lettres du 15. de Munik,
on a été informé que Mer le Comte
de Charolois y étoit arrivé la veille
, à 9 heures du foir , en parfaite
fanté. L'Electeur de Baviere , fur
l'avis qu'il avoit reçû de l'Electeur
de Cologne , que ce Prince avoit
paffé par Bonn , dépêcha au
devant de lui un de fes Gentilshommes,
jufqu'à Donavert. Le lendemain
de fon arrivée , toute la
Cour qui étoit fort nombreuſe , ſe
trouva au lever de M. le Comte.
L'Electeur lui donna le grand Appartement
vis-à-vis celui qu'il occupe
, & l'y conduifit. Le quinze
S. A. E. le mena chez l'Electrice
, & lui fit offre d'argent
de chevaux , de vaiffelles , d'équipages
& de tout ce qui pouvoit lui
manquer. M. le Comte à écrit une
lettre en Allemand à M. le Marquis
de Gefvres , & une en Latin
a
O ij
160 LE MERCURE
•
à M. l'Abbé Mongin fon Precepteur.
L'Impératrice accoucha le 13. de
ce mois d'une Archi - Ducheffe .
Les Fermiers Generaux fortans ,
font ,
Meffieurs Brunet de Rancy , Caquet
, Chartraires , Daverly , de
Boulogne , d'Elpeche , Dupuy , Henault
de Cantorbe , le Riche, Ménon
, du Tronchet , Terriffe , Pellart
, Romanet .
Les quatre Rentrans , font ,
Meffieurs Le Normant , d'Azy ,
·Bartet de Bonneval , de Duchy.
La Penfion de feu M. Jouvenet
a été donnée à M. Boullogne qui
a auffi rempli la Place de Recteur
de l'Academie Royale de Peintuture.
J'ai donc été mal informé,
lorfque j'ai avancé à la p. 102. du
Mercure d'Avril que M. Coepel avoit
été gratifié de toutes les prérogatives
accordées à feu M. Jouvenet
; je devois dire feulement
qu'il avoit obtenu la penfion de
feu M. de la Foffe , il y a même
plus de 6 mois.
Fermer
26
p. 74-81
JOURNAL HISTORIQUE de Paris.
Début :
Le 28. May, Madame vint prendre congé du Roy, & le lendemain [...]
Mots clefs :
Princesse, Comte, Ambassadeur, Prince, Portraits, Famille royale, Cour, Incendies, Accident, Lieutenant, Procession, Saint sacrement, Procession, Gardes, Régence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : JOURNAL HISTORIQUE de Paris.
JOURNAL HISTORIQUE
de Paris.
Le 28. May,M ADAME vint
prendre congédu Royale lendemain
elle partit pour S. Cloud
où , cette Princesse se propole de
faire un séjour de 4 mois.
Le même jour, M. le Comte
de Stairs Ambassadeur d'Angleserre
arriva ici.
Le 29, Mrle Prince de Cellatnàré
Amba-ilàdeur du Roy d'E(-
pagne, présenta a S. M. T. C.
mnëBoëte ,
dans laquelle on a
F°;tvé les Portraits de toutela Famille
Royale d'Espagne: Savoir,
ceux de PHILIPPES V. de
de la Reine régnante ,
du Princé
des Asturies
,
du Prince Philippes,
du Prince Ferdinand & de Don
Carlos Infants, tirésparOUATE.
Le 30. la Cour fut informée^
que la nuit du 20 May-, le feu
ayantplisàde Mr le Marquis
d'Avarey, Ambassadeur de
rrance à Soleure en Suiffe ; le Palais
sur embrasé en moins de trois
heures. La perteest d'anrant plus
considérable, qu'outre les Bâtimens
brulés; la Vaisselle d'argent,
lesMeubles, Effets& Papiersde
Mr l'Ambassadeur & de Mr de
la Martiniere y ont péris entièrement.
A peineont-ils puA se sauver
eux-mêmes en chemise, avecMde
rAmbauadrice. Cet Accident
ellarrivé par la faute d'un Confiturier,
qui ayant laissé dans son
Office, une Poêle pleine de char-*
bons ardents , sur laquelle il y
avoit des Confitures , la flamme
se communiqua aux Tapisseries,
- -- & causa ce funeste embrasement
Le 2.. Juin la Charge de Gentilà-
Homme ordinaire de feu Mr
Bourdelin,a été accordée à Mr
de Cazau Ecuyer de feu M8r le
Dauphin.
Mrd£.MonteflTon, ancien Lieu
tenant General des Armées di
Roy, &Lieutenant des Garde
du Corps, a û l'agrément de
Mgr le Duc Régent, de se de
mettre de sa Lieurenance, en sa
veur de M.son fils Colonel de Ca
valeriej toutefois en dédomagear
M1du Clos, qui commele ph:
ancien des Exempts, devoit mor
ter. Ivir de Cerizy premier Er
feigne, pasle à la Lieutenance,
le Eaton d'Exempt a étédonné a
fils de Mr le Comte de Sommer
premier Maître d'Hôtel de Mi
DAME Duchesse de Berry.
Le 3. jour del'Octave de
Fête de Dieu, la Procession
Saint Sulpice alla au Palais
Luxembourg, dont les dehc
& le dedans de la cour étoiet
ornez des plus belles & des plus
riches tapisseries du Roy. MADAME
,Duchesse de Berry ayant
été avertie que la Procession paroissoit
dans la ruë de Tournon
alla au devant du SAINT
SACREMENT,à la Porte du
Palais;ayant à ses côtés Mr l'Archevêque
de Tours ,Mr l'Abbé
deRouget, Mrl'Abbé de Partenay
,
Mr l'Abbé Danglade &
Mr l'Abbé du Tremblé sesAumôniers
, tous en Rocher. Elle
étoit suvie de tous ses Officiers
ëz Dames du Palais, chacun un
Cierge à la main: Sitôt que. la
Procession parut, on entendit les
Fanfares des Trompettes Timbales
, & Haut-bois qui croient sur
leBalcon, CettePrincesse. vit passer
toutes les Confréries, avec les
Valets de Pieds, dont il y en avoit
cinquante des siens,outre plusieurs
de ses Pages, chacun unCierge
[j à la main; enfoi* le Cle~e eompofédeprésJe 300 Ecolec-,,
41;ciiies en Chapes
1, ou enChasubes.
Le SAINT SACRE"
MENTétoit porté par Mrle Curé:
fous un des plus riches Dais, qu'
on ait encore vû dans Paris. Aprés
qu'on eut chanté les Antiennes:
qui étoient reponduës par les Fanfares
des Timbales & Trompettes
, on donna la Bénédiction, &
la Processionsortit dans le même
ordre qu'elleétoitentrée, à 1;
différence feulement, qu'il y avoi
zoo Soldats du Guet qui mar
choient, pour faire ranger le Peu
pie,& pour le retenir. Devant
SAINT SACREMENT mar
choient les Suiffes de cette Prir
cesse
,
Tambour battant & le Fisr
jouant. Entre le Dais & Madam
Duchesse de Berry, étoiet
ses Aumôniers en Rochec, & le
Chapelains en Habit long. Ma
dame donnoit la main d'un côte
à Mr le Marquis de Coëtanfao fo
Chevalier d'Honneur,& de l'au
tre , à Mr le Chevalier d'Haute
fort Mrle Comte de Rions so
Lieutenant des Gardes,marchoi
immédiatement devant elle, «.
Mr le Marquis de la Rochefoucault
son Capitaine des Gardes
la suivoit, demême queMdesles
Marquises dePons, deClermont,
d'Aidiés
,
de Beauvau les Dames
du Palais, avec Mr le Marquis
de Torcy, les Marguilliers,
&. le reste de sa Maison
,
qui etoit
très nombreuse&:trés-brillante.
Madame,Duchessede Berry fit
tout le chemin à pied, depuis le
Palais du Luxembourg ,a l'Eglise S. Sulpice sa Paroisse. On paa par la ruë Vaugirard, & par
laruë Cassetteoù l'onentendit:
un beau Motet, chanté par les
Religieuses duSaint Sacrement.
La Cérémonie finit dans l'Eg\iCe-
,1de Saint Sulpice par la Bénédiction
du Saint Sacrement que
cette
Princessereçût:Onadmita
le bel ordre qui fut obiservé
mLalegré la quantité du Peuple. » 6. quoique Mrle Maréchal
de Villeroy n'ait pu se trouver
au Conseil d'Etat, àcause d'une
atteinte de Goute au Poignet, i
n'acependant pas vouluse prive
de l'honneur d'assister au dîner du
Roy. Le même jour , llee sriteieuurr ddje)
Bourvalais fut mis en liberté.
Le 7. la Régence nomma si
Commissaires, pour examiner 1
forme de fairejuger l'Affaire de
Princes.
Mr pelletier de Sousy
, Iv
Amelot, Mr de Nointel , M
d'Argenson,Mr de la Bourdoi
ncahyoeis&is Mrde S. Contest, ont é
pour cet effet. Cederni
a ordre de recevoir tous les M
moires qu'on présentera
, & d'i
faire seulle Raport.
Le 8. Mgr le DucRégent
accordé une augmentation
Brevet de retenuë desoôoo 1
à M. de la Chesnaye
,
sur
Charges dela Cornette Blanch
& de GrandEcuyer Trencha
Le 10. Mde laPrincessed'H
cour présenta au RoyMde la M
quise: de Fla~:n;:Ù:i-n deFlamarm nnoouuvveeHlleensl
mariée.
, Le 10. MADAME vint de Saint
Cloud rendre visite au Roy sur
le midi, & s'en retourna le soir.
Le 12. le Roy après sesétudes
qu'il continuë de faire avec beaucoup
d'attention, entendit la
Messe, & tint sur les Fonds de Batéme
,
le fils de sa Nourrice,
avec Mde la Marquise de Villeroy.
Mr l'Abbé de Rochebonne Aumônier
du Roy, en fit les Cérémonies
,
Mr le Curé de Saint
Germain l'Auxerrois présent.
Le 12. lesFeüillans par Ordre
du Roy, ont chantés pour la première
fois, Vêpres dans sa Chapelle,
ce qu'ils continueront les
Dimanches & Fêtes. Ils sont allai
chargés de faire tous les jours la
Priere du soir, à l'imitation de
ce qui se pratiquoit à la Chapelle
de Versailles.
de Paris.
Le 28. May,M ADAME vint
prendre congédu Royale lendemain
elle partit pour S. Cloud
où , cette Princesse se propole de
faire un séjour de 4 mois.
Le même jour, M. le Comte
de Stairs Ambassadeur d'Angleserre
arriva ici.
Le 29, Mrle Prince de Cellatnàré
Amba-ilàdeur du Roy d'E(-
pagne, présenta a S. M. T. C.
mnëBoëte ,
dans laquelle on a
F°;tvé les Portraits de toutela Famille
Royale d'Espagne: Savoir,
ceux de PHILIPPES V. de
de la Reine régnante ,
du Princé
des Asturies
,
du Prince Philippes,
du Prince Ferdinand & de Don
Carlos Infants, tirésparOUATE.
Le 30. la Cour fut informée^
que la nuit du 20 May-, le feu
ayantplisàde Mr le Marquis
d'Avarey, Ambassadeur de
rrance à Soleure en Suiffe ; le Palais
sur embrasé en moins de trois
heures. La perteest d'anrant plus
considérable, qu'outre les Bâtimens
brulés; la Vaisselle d'argent,
lesMeubles, Effets& Papiersde
Mr l'Ambassadeur & de Mr de
la Martiniere y ont péris entièrement.
A peineont-ils puA se sauver
eux-mêmes en chemise, avecMde
rAmbauadrice. Cet Accident
ellarrivé par la faute d'un Confiturier,
qui ayant laissé dans son
Office, une Poêle pleine de char-*
bons ardents , sur laquelle il y
avoit des Confitures , la flamme
se communiqua aux Tapisseries,
- -- & causa ce funeste embrasement
Le 2.. Juin la Charge de Gentilà-
Homme ordinaire de feu Mr
Bourdelin,a été accordée à Mr
de Cazau Ecuyer de feu M8r le
Dauphin.
Mrd£.MonteflTon, ancien Lieu
tenant General des Armées di
Roy, &Lieutenant des Garde
du Corps, a û l'agrément de
Mgr le Duc Régent, de se de
mettre de sa Lieurenance, en sa
veur de M.son fils Colonel de Ca
valeriej toutefois en dédomagear
M1du Clos, qui commele ph:
ancien des Exempts, devoit mor
ter. Ivir de Cerizy premier Er
feigne, pasle à la Lieutenance,
le Eaton d'Exempt a étédonné a
fils de Mr le Comte de Sommer
premier Maître d'Hôtel de Mi
DAME Duchesse de Berry.
Le 3. jour del'Octave de
Fête de Dieu, la Procession
Saint Sulpice alla au Palais
Luxembourg, dont les dehc
& le dedans de la cour étoiet
ornez des plus belles & des plus
riches tapisseries du Roy. MADAME
,Duchesse de Berry ayant
été avertie que la Procession paroissoit
dans la ruë de Tournon
alla au devant du SAINT
SACREMENT,à la Porte du
Palais;ayant à ses côtés Mr l'Archevêque
de Tours ,Mr l'Abbé
deRouget, Mrl'Abbé de Partenay
,
Mr l'Abbé Danglade &
Mr l'Abbé du Tremblé sesAumôniers
, tous en Rocher. Elle
étoit suvie de tous ses Officiers
ëz Dames du Palais, chacun un
Cierge à la main: Sitôt que. la
Procession parut, on entendit les
Fanfares des Trompettes Timbales
, & Haut-bois qui croient sur
leBalcon, CettePrincesse. vit passer
toutes les Confréries, avec les
Valets de Pieds, dont il y en avoit
cinquante des siens,outre plusieurs
de ses Pages, chacun unCierge
[j à la main; enfoi* le Cle~e eompofédeprésJe 300 Ecolec-,,
41;ciiies en Chapes
1, ou enChasubes.
Le SAINT SACRE"
MENTétoit porté par Mrle Curé:
fous un des plus riches Dais, qu'
on ait encore vû dans Paris. Aprés
qu'on eut chanté les Antiennes:
qui étoient reponduës par les Fanfares
des Timbales & Trompettes
, on donna la Bénédiction, &
la Processionsortit dans le même
ordre qu'elleétoitentrée, à 1;
différence feulement, qu'il y avoi
zoo Soldats du Guet qui mar
choient, pour faire ranger le Peu
pie,& pour le retenir. Devant
SAINT SACREMENT mar
choient les Suiffes de cette Prir
cesse
,
Tambour battant & le Fisr
jouant. Entre le Dais & Madam
Duchesse de Berry, étoiet
ses Aumôniers en Rochec, & le
Chapelains en Habit long. Ma
dame donnoit la main d'un côte
à Mr le Marquis de Coëtanfao fo
Chevalier d'Honneur,& de l'au
tre , à Mr le Chevalier d'Haute
fort Mrle Comte de Rions so
Lieutenant des Gardes,marchoi
immédiatement devant elle, «.
Mr le Marquis de la Rochefoucault
son Capitaine des Gardes
la suivoit, demême queMdesles
Marquises dePons, deClermont,
d'Aidiés
,
de Beauvau les Dames
du Palais, avec Mr le Marquis
de Torcy, les Marguilliers,
&. le reste de sa Maison
,
qui etoit
très nombreuse&:trés-brillante.
Madame,Duchessede Berry fit
tout le chemin à pied, depuis le
Palais du Luxembourg ,a l'Eglise S. Sulpice sa Paroisse. On paa par la ruë Vaugirard, & par
laruë Cassetteoù l'onentendit:
un beau Motet, chanté par les
Religieuses duSaint Sacrement.
La Cérémonie finit dans l'Eg\iCe-
,1de Saint Sulpice par la Bénédiction
du Saint Sacrement que
cette
Princessereçût:Onadmita
le bel ordre qui fut obiservé
mLalegré la quantité du Peuple. » 6. quoique Mrle Maréchal
de Villeroy n'ait pu se trouver
au Conseil d'Etat, àcause d'une
atteinte de Goute au Poignet, i
n'acependant pas vouluse prive
de l'honneur d'assister au dîner du
Roy. Le même jour , llee sriteieuurr ddje)
Bourvalais fut mis en liberté.
Le 7. la Régence nomma si
Commissaires, pour examiner 1
forme de fairejuger l'Affaire de
Princes.
Mr pelletier de Sousy
, Iv
Amelot, Mr de Nointel , M
d'Argenson,Mr de la Bourdoi
ncahyoeis&is Mrde S. Contest, ont é
pour cet effet. Cederni
a ordre de recevoir tous les M
moires qu'on présentera
, & d'i
faire seulle Raport.
Le 8. Mgr le DucRégent
accordé une augmentation
Brevet de retenuë desoôoo 1
à M. de la Chesnaye
,
sur
Charges dela Cornette Blanch
& de GrandEcuyer Trencha
Le 10. Mde laPrincessed'H
cour présenta au RoyMde la M
quise: de Fla~:n;:Ù:i-n deFlamarm nnoouuvveeHlleensl
mariée.
, Le 10. MADAME vint de Saint
Cloud rendre visite au Roy sur
le midi, & s'en retourna le soir.
Le 12. le Roy après sesétudes
qu'il continuë de faire avec beaucoup
d'attention, entendit la
Messe, & tint sur les Fonds de Batéme
,
le fils de sa Nourrice,
avec Mde la Marquise de Villeroy.
Mr l'Abbé de Rochebonne Aumônier
du Roy, en fit les Cérémonies
,
Mr le Curé de Saint
Germain l'Auxerrois présent.
Le 12. lesFeüillans par Ordre
du Roy, ont chantés pour la première
fois, Vêpres dans sa Chapelle,
ce qu'ils continueront les
Dimanches & Fêtes. Ils sont allai
chargés de faire tous les jours la
Priere du soir, à l'imitation de
ce qui se pratiquoit à la Chapelle
de Versailles.
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27
p. 100-10[6]
NOUVELLES DE ROME. Du 1. Juin 1717.
Début :
Le Roy d'Angleterre n'arriva icy que le Mercredy, sur les six heures du soir [...]
Mots clefs :
Roi d'Angleterre, Cardinal, Prince, Présents, Procession, Ambassadeurs, Pape, Vatican, Chambre, Visites officielles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES DE ROME. Du 1. Juin 1717.
NOUVELLES DE ROME:
Du1.Juin1717.
LE ROY D'ANGLETlJlRI
arriva icy que le Mercredy, lut
les six heures du soir ,
veillede
la FêtedeDieu.Le Cardinal Gualtierio
alla au devant à quelques
milles de Rome; le Prince monta
dans le carosse du Cardinal, &
malgrél'incognito, prit la Droite
sur lui;DonCarloAlbani vis-à-vis
du Roy sur le devant, & en face
du Cardinal
,
étoit son frere.
Le premier present que reçût le
Roy, fut celui de Monsignoré
Cibo. Il consistoit enrafraischissemens.
Il y avoit entre autres choses,
un Esturgeon monstrueux, deux
f Veaux Monganes, cent livres d'un
Beure exquis; les Armes du Roy
étoient empreintes dessus.
Le lendemain, le Roy assista à la
Procession dans un Balcon magnifiquement
préparé à l'Hospice des
Prêtres, qu'on dit être anciennement
le Palais des Ambassadeurs
d'Angleterre. Jamais la Procession
n'aété si nombreuse, ni en si bel
ordre.Le Pape avoit tenu uneCongregation
exprès,pour en ordonner
la marche avec plus de pompe.
Les Religieux de tous les Ordres
commençoient la marche, enfuitc
les Basiliques avec les Chanoines.
Tous les Colleges de Chancellerie
portans des Torches à la
main, y étoient au nombre de plus
desixcent. Les ProcureursGene;
raux d'Ordres, les Avocats Consistoriaux
,
les Cameriers d'Honneur
en Robe rouge, la Chapelle
du Pape, lesPrélats de la Signature
,
lesAuditeurs de Rote,les
Huissiers de Chambre, les Votans
de Signature
,
les Penitentiers &
Evêques assistans
,
les Cardinaux
Diacres,Prêtres &Evêques; les
MagistratsRomains,autrementdits
les Conservateurs;l'Ambassadeur
de Boulogne,leConétable Colone,
deux Cardinaux Diacres& deux
Auditeurs de Rotesous lesaîles du
Pape,l'EcuyerduPape&sonFourier
le précedoientdans l'ordre que je
les décris. Le S.Pere étoitporté par
ii. Estafiers.La Chambre Secrete,
lesProtonotaires Apostoliques&
les Généraux d'Ordre suivoient
immédiatement ; la Procession
étoit fermée par la Compagnie des
Chevaux Lege s ( elleest de 80.
hommes)ayant à leur tête leurCapitaine&
les deux Cornettes; ÔC
par les Cuirassiers,précédez des
Trompettes& Timbales. D'autres
Soldats étoient distribuezparbande
&formoientune hayedes deux
côtez du chemin,par où passoit la
Procession,pour empêcher les Curieux
d'en troubler l'ordre. Les
Cardinaux n'avoientpoint, comme
à l'ordinaire, leur Correge; ils
déetoient feulement accompagnez deux Gentilshommes, dont l'un
portoit la Torche& l'autre la Barette,
& suivis d'un Caudatair
&du Porte-chapeau. Le Pape
l'avoit ainsiordonné, pour éviter
laconfusion,&il avoitsurtout
recommandé aux Moines & au
Clergé,la modestie.
Le Lendemain matin,le Pape
envoya des rafraichissemens au
Roy. Cent vingt Faquins portoient
les presens;sçavoir.
Six Cages de Poulets & Dindons
, six Cagesde Faisans&de
Paons, six Cagesde Perdrix&
Tourterelles,six Caisses de vin,
un Esturgeon,deux Veaux Monganes
bien enfontangés,force
Beutes & Fromages,quantité cTl
fruits & de confitures, de Jamr
bons, de Saussisons,deMortadelle
& autres. Au milieu ecoic u
Caisse magnifiquement parée,
contenoit douze bouteilles 9
Ratafias.
Après le dîné, sur les six heure
du soir;Don Carlo &DonA
sandro Albani, allèrent prends
le Roy, pour le conduire che:
le Pape. Il entra par lejardin&
à la descente du carosse se trou
verent quarante Prélats, à
late
te desquels étoit le Majord'homme
mes, Mgre del Gidice
, qui comn
plimenta le Roy, & lui donna
la main,pour monter l'escalier
secret, par où il surintroduit che
le Pape.Toutes les portes de l'A
partemen étoient ouvertes à deux
batans.
En entrant,le Prince fitlai
genuflexions ordinaires. Le Pap.'
étoit sur son Trône; le Roy lui
baisa le genoüil ,ensuite lamain
& après, le Pape l'embrassa trom
ou quatre fois.- Le Roy gaM
dans un Fauteuil à côté du S.
Pere. Ce fauteuiln'étoic plus bas
de celui du Pape, que d'un seul
dl 1 AI CIl. 1 dégrc. Après ce Cérémonial tout
se retira, & le Prince resta seul
avec le SouverainPontise, durant plus de deux heures.
Le Pape ne pût retenir ses
larmes pendant cette entrevue
& il , parut extrêmement attendri
de la situation de ce Prince,après
quoi ils se separerent très contents
l'un de l'autre.
Le Samedy,le Roy -reçût la visite
des Cardinaux Ottoboni & Imperiali
: Neuf Cardinaux y avoient
déjà été en habit court.Le Fauteuil
duRoyécoitdistinguéde ceux des
Cardinaux,8cseul à la place marquée
pourl'Audience.Ils ne furent
conduits que jusqu'à la portière du
Cabinet du Prince.
Hier, le Conêtable Colone
fit visite au Roy, & resta à dîner
avec lui. Aprèstedîné, il
monta en Carosse avec le Cardinal
Gualtierio, & Don Carlo
Albani,&alla recevoir la le£
diction du S. Sacrement Chél',
Minimes François, a la Tri
du Mont: Il alla, ensuite se
mener à la Villa Medicis. l'
blioisde dire que le matin
avoir été à S. Pierre pour voirce
merveille du monde: Tous
Chanoines en Rochet, & le Ca
dinal Albani, comme Archi-P~
tre, à la tête, vinrent recevoir
Roy à l'entrée de l'Eglise. 1
Pape donna un Bref pour fais
voir les Reliques au Roy, da
l'endroit mêmeoù elles sont ren
fermées; Grace qui ne s'accord
qu'aux Têtes Couronnées. Le
seuls Chanoines de S. Pierre ayai
le Privilège d'entrer dans ce lict
le Grand Duc même était
venu à Rome la Semaine Sainte
ne put en jouir quala saves
d'un Brevet de Chanoine.
Aujourd'hui, sur les quatre heu
res après midy le Roy ira au-Va
tican.
Du1.Juin1717.
LE ROY D'ANGLETlJlRI
arriva icy que le Mercredy, lut
les six heures du soir ,
veillede
la FêtedeDieu.Le Cardinal Gualtierio
alla au devant à quelques
milles de Rome; le Prince monta
dans le carosse du Cardinal, &
malgrél'incognito, prit la Droite
sur lui;DonCarloAlbani vis-à-vis
du Roy sur le devant, & en face
du Cardinal
,
étoit son frere.
Le premier present que reçût le
Roy, fut celui de Monsignoré
Cibo. Il consistoit enrafraischissemens.
Il y avoit entre autres choses,
un Esturgeon monstrueux, deux
f Veaux Monganes, cent livres d'un
Beure exquis; les Armes du Roy
étoient empreintes dessus.
Le lendemain, le Roy assista à la
Procession dans un Balcon magnifiquement
préparé à l'Hospice des
Prêtres, qu'on dit être anciennement
le Palais des Ambassadeurs
d'Angleterre. Jamais la Procession
n'aété si nombreuse, ni en si bel
ordre.Le Pape avoit tenu uneCongregation
exprès,pour en ordonner
la marche avec plus de pompe.
Les Religieux de tous les Ordres
commençoient la marche, enfuitc
les Basiliques avec les Chanoines.
Tous les Colleges de Chancellerie
portans des Torches à la
main, y étoient au nombre de plus
desixcent. Les ProcureursGene;
raux d'Ordres, les Avocats Consistoriaux
,
les Cameriers d'Honneur
en Robe rouge, la Chapelle
du Pape, lesPrélats de la Signature
,
lesAuditeurs de Rote,les
Huissiers de Chambre, les Votans
de Signature
,
les Penitentiers &
Evêques assistans
,
les Cardinaux
Diacres,Prêtres &Evêques; les
MagistratsRomains,autrementdits
les Conservateurs;l'Ambassadeur
de Boulogne,leConétable Colone,
deux Cardinaux Diacres& deux
Auditeurs de Rotesous lesaîles du
Pape,l'EcuyerduPape&sonFourier
le précedoientdans l'ordre que je
les décris. Le S.Pere étoitporté par
ii. Estafiers.La Chambre Secrete,
lesProtonotaires Apostoliques&
les Généraux d'Ordre suivoient
immédiatement ; la Procession
étoit fermée par la Compagnie des
Chevaux Lege s ( elleest de 80.
hommes)ayant à leur tête leurCapitaine&
les deux Cornettes; ÔC
par les Cuirassiers,précédez des
Trompettes& Timbales. D'autres
Soldats étoient distribuezparbande
&formoientune hayedes deux
côtez du chemin,par où passoit la
Procession,pour empêcher les Curieux
d'en troubler l'ordre. Les
Cardinaux n'avoientpoint, comme
à l'ordinaire, leur Correge; ils
déetoient feulement accompagnez deux Gentilshommes, dont l'un
portoit la Torche& l'autre la Barette,
& suivis d'un Caudatair
&du Porte-chapeau. Le Pape
l'avoit ainsiordonné, pour éviter
laconfusion,&il avoitsurtout
recommandé aux Moines & au
Clergé,la modestie.
Le Lendemain matin,le Pape
envoya des rafraichissemens au
Roy. Cent vingt Faquins portoient
les presens;sçavoir.
Six Cages de Poulets & Dindons
, six Cagesde Faisans&de
Paons, six Cagesde Perdrix&
Tourterelles,six Caisses de vin,
un Esturgeon,deux Veaux Monganes
bien enfontangés,force
Beutes & Fromages,quantité cTl
fruits & de confitures, de Jamr
bons, de Saussisons,deMortadelle
& autres. Au milieu ecoic u
Caisse magnifiquement parée,
contenoit douze bouteilles 9
Ratafias.
Après le dîné, sur les six heure
du soir;Don Carlo &DonA
sandro Albani, allèrent prends
le Roy, pour le conduire che:
le Pape. Il entra par lejardin&
à la descente du carosse se trou
verent quarante Prélats, à
late
te desquels étoit le Majord'homme
mes, Mgre del Gidice
, qui comn
plimenta le Roy, & lui donna
la main,pour monter l'escalier
secret, par où il surintroduit che
le Pape.Toutes les portes de l'A
partemen étoient ouvertes à deux
batans.
En entrant,le Prince fitlai
genuflexions ordinaires. Le Pap.'
étoit sur son Trône; le Roy lui
baisa le genoüil ,ensuite lamain
& après, le Pape l'embrassa trom
ou quatre fois.- Le Roy gaM
dans un Fauteuil à côté du S.
Pere. Ce fauteuiln'étoic plus bas
de celui du Pape, que d'un seul
dl 1 AI CIl. 1 dégrc. Après ce Cérémonial tout
se retira, & le Prince resta seul
avec le SouverainPontise, durant plus de deux heures.
Le Pape ne pût retenir ses
larmes pendant cette entrevue
& il , parut extrêmement attendri
de la situation de ce Prince,après
quoi ils se separerent très contents
l'un de l'autre.
Le Samedy,le Roy -reçût la visite
des Cardinaux Ottoboni & Imperiali
: Neuf Cardinaux y avoient
déjà été en habit court.Le Fauteuil
duRoyécoitdistinguéde ceux des
Cardinaux,8cseul à la place marquée
pourl'Audience.Ils ne furent
conduits que jusqu'à la portière du
Cabinet du Prince.
Hier, le Conêtable Colone
fit visite au Roy, & resta à dîner
avec lui. Aprèstedîné, il
monta en Carosse avec le Cardinal
Gualtierio, & Don Carlo
Albani,&alla recevoir la le£
diction du S. Sacrement Chél',
Minimes François, a la Tri
du Mont: Il alla, ensuite se
mener à la Villa Medicis. l'
blioisde dire que le matin
avoir été à S. Pierre pour voirce
merveille du monde: Tous
Chanoines en Rochet, & le Ca
dinal Albani, comme Archi-P~
tre, à la tête, vinrent recevoir
Roy à l'entrée de l'Eglise. 1
Pape donna un Bref pour fais
voir les Reliques au Roy, da
l'endroit mêmeoù elles sont ren
fermées; Grace qui ne s'accord
qu'aux Têtes Couronnées. Le
seuls Chanoines de S. Pierre ayai
le Privilège d'entrer dans ce lict
le Grand Duc même était
venu à Rome la Semaine Sainte
ne put en jouir quala saves
d'un Brevet de Chanoine.
Aujourd'hui, sur les quatre heu
res après midy le Roy ira au-Va
tican.
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28
p. 99-130
JOURNAL DE PARIS.
Début :
Mardi 13 Juillet, le sieur Gautier Docteur en Medecine de [...]
Mots clefs :
Docteur en médecine, Altesse royale, Expériences, Eau potable, Eau de mer, Machine, Invention , Marine, Feu, Charbon, Certificats, Sel, Thèses, Discours, Serment, Duc, Jardin, Conférence, Promenade, Conseillers, Nominations, Cardinal, Vaisseaux de guerre, Maréchal, Charges, Régent, Audience, Procession, Élection, Assemblée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : JOURNAL DE PARIS.
JOURNAL DE PARIS.
MArdi
13 Juillet , le ſieur Gautier
Docteur en Medecine de l'Univerſité
de Nantes, fut préſenté à Son
ALTESSE ROYALE , par Mt le Comte
deToulouſe & parMrle Maréchal d'Efzrées
: Il rendit compte à S. A. R. des
883102
Lij
100 LE MERCURE
Expériences qu'il a faites durant trois
mois, au Port de l'Orient, par fon ordre
& par celui du Conſeil de Marine
, de l'Eau de Mer renduë potable
&dégagée de tout Sel volatile.S. A.R.
en fut très fatisfaite & fit voir ſa pénétration
, en deſſinant ſur le champ
la Machine , ſur le ſeul récit du ſieur
Gautier qu'il chargea de lui en faire
un Modéle de carton. La Machine
eſt très ſimple & a une parfaite imitationde
la Nature;elle n'eſt point embaraſſante
, donne à peu de frais quantité
d'eau , auſſi bonne & auſſi ſalutaire
que cellede Fontaine & même plus
fraiche , comme il paroît par les Procès
verbaux des Gens qui en ont bû
durant deux mois. Comme c'eſt une
des plus utiles & des plus bellesDécouvertes
qui ait été miſe au jour
depuis pluſieurs fiécles , je commencerai
le Journal de Paris par les Procés
verbaux des Expériences qui en
ont été faites ſur les Lieux. Je continuërai
par la ſuite à informer le Publicde
tout ce qui viendra à ma connoiffance
, touchant cette nouvelle
Découverte.
D'AOUST.
101
EXTRAIT DU REGISTRE
Des Procez Verbaux, tenu au Contrôle
de la Marine , au Port de l'Orient .
,
Nous , Medecin du Roy , Chirurgien
Major &Apoticaire de la Marine de
ce Port , Certifions que le premier de ce
mois , nous nous sommes transportez par
ordre de Meſſieurs de Beauregard Commandant
la Marine en ce Port , & de
Clairembault Commiſſaire General
Ordonnateur de la Marine en ce Fort ,
àBord du Vaisseau du Roy le Triton ,
poury examiner l'Eau du ſieur Gautier
Medecin; & que ſur le lien,nous avons
fait mettre devant nous de l'Eau de Mer
dans la Cucurbitte de ſa Machine , pour
être échauffée & élevée en vapeurs ,
par le moyen d'un Tambour placéau def
Sus de l'Ean , qui dans ſon ſein, contenoit
un feu de bois & de charbon ; &
que par le Robinet de la Citerne de la
Machine ,nous en avons vû couler une
Eau claire dont nous avons emporté
environfix pots ; sur laquelle nous avons
fait des Epreuves avec la Noix de
Galle , le Sucre de Saturne , l'Ozeille,
I iij
102 LE MERCURE
le Sel de Tartre , le Sublimé Corrofif,
l'Esprit de Coclearia & le Vinaigre diftillé:
Qu'en même-tems nous avonsfait
pareilles Epreuvesſur la meilleure Eau
de Fontainedu Païs, &que dans la confrontation
que nous avons faite de l'une
&de l'autre Eau, nous n'y avons trouvé
nulle difference , exceptéque celledu
fieur Gautier tire plus fortement la
Teinture : Que nous avons peſépareille
quantité de ces deux Eaux & les
avons trouvées de mêmepoids: Que nous
avons deſſéché pareille quantité de ces
deux Eaux , & qu'aufond du Vaisseau
il est resté un peu de Sel Nitreux de
pareil goût , à l'exception pourtant que
l'Eau de Fontaine en alaiſſsé plus groſſe
quantité , &que le Selde l'Eau duficur
Gautier étoit plus gris que celui de l' Ean
de Fontaine. Nous avons gouté & bû
plusieurs fois de cette Eau que nous trouvons
absolument dépoüilléede SelMarin
& qu'elle est en sont , ſemblable
à l'Ean de Fontaine , à l'exception que
dans celleduficurGautier , nousy avons
remarquéunpetit goût Etranger , que le
fieur Gautier nous a dit provenirde la
Résine qu'il a été obligé d'employer
pourfonder lePlomb desa Machine
7
D'AOUST. 103
cequi peut-être veritable ; puiſque nous
avons rémarqué dans ſon Eau quelques
petits Corpuscules Argentins qui ſurnageoient
fur fon Eau , qu'il dit auſſiprovenir
de la Réſine : Qu'étant à bord
du Vaisseaule Triton , nous en avons
vû boire aux Gardiens de ce Vaisseau
auxJournaliers qui tournent le Tambourde
la Machine , qui nous ont assuré
que dépuis que l'Eau couloit , ils n'en
buvoient point d'autre & n'avoient
réſſenty aucunes altérations , ni incommoditez
. Fait à l'Orient le ſeptiéme
Juin 1717. figné de Villartay , Jarnoien
, Dufay & Cordier.
PROCEZ VERBAL DE L'EAU DE MER,
renduë potable.
Nous, Officiers de Marine & du port,
Souſſignez , Certifions qu'en consequence
des Lettres écrittes de Paris par le Confeil
de Marine , à M. de Bauregard
Capitaine de Vaisseaux du Roy , Commandant
la Marire au Département du
Port - Loüis & l'Orient , & à MrClarrembault
Commiſſaire Général , Or
donnateurde la Marine du 30. Décembre
1716.qui permettent anfieurGan104
LE MERCURE
tier Medecin de Nantes , de faire en
ce port l'épreuve qu'il a proposéeàS.
A. R. Mgr.le Duc d'Orleans , Regent
du Royaume & au Conseil de
Marine,du fécret qu'il a trouvé pour
rendre l'Eau de la Mer potable ; lefieur
Gautier auroit établisa Machine à bord
du Vaisseau de S. M. nommé le Triton
, où nous étant transportés pour être
preſents à l'épreuve & voir agir cette
Machine , afin d'en faire un fidele raport
; nous aurions obſervé cequifuit.
SÇAAVVOOIIR.
Cette Machine occupe l'espace d'environ
8. Tonneaux , dont il yen a 2.
à diminuer pour le Vuide laiſſe par le
bas , pour ne pas toucher au l'est.
Le 20. May1717. Le fieur Gautier
aallumé lefeudans le Réchaud de cette
Machinezil est provenu pendant 24. heures
, depuis midy jusqu'à pareille beure
dutendemain , 9Pieds Cubes d'Eau donce
,faiſans àraison de 36 pintes que contient
la mesuredu pied cube , la quan
tité de 324. pintes , ou une Barrique
42, Pots : Il a été consommé en
sette Opération un pied Cube de charbon
de
L
D'AQUST .
105
I
de Terre & pied Cube de charbon
de Bois mêlez ensemble ; & nous avons
remarqué que la Machine prenoit vent
par plusieurs endroits , ſans quoi la distillation
eût étéplusforte ; ( ce qui n'arriveroit
pas à l'avenir ;) le ſieur Gautier
nous ayant fait connoître qu'il établifſoit
fes Machines Sans ſouder te
Plomb : Ce sera une épargne & les
Machines neSauroient prendre vent.
Le 22. dudit mois , le feu étantralumé
dans la Machine , il est provenu
pendant 12. heures ; dépuis 7. heures du
matin jusqu'à pareille heure du foir ,
4. pieds Cubes d'Eau douce , faifans
144. pintes ou une démie Barrique &
12. Pots. Ila été consommé en cette Opération
un feixiéme de Corde de gros-
Bois.
Le 25. le feu a été rallumé pour faire
de nouvelle Eau , dont on s'eſt ſervi
pour cuire des Viandes , Boeuf , Monton
& Lard , des Féves & poids qui
ont aussi été trés bien cuits , en moins
dedeux heures , avec un feu médiocre.
Le 26. on a pefé de cette Eau avec
un Pese- liqueurs ; elle s'est trouvée
d'égal poids que celle de la meilleure
Fontaine de ce port.
106 LE MERCURE
Le 28. on a Boullangé un pain pétri
de cette Eau & un autre pain de celle
dont on ſe ſert ici ordinairement ;
les deux d'une même Farine, avec égal
lévain & les Eaux chauffées à pareil
degré : Lepain de l'Eau artificielle s'eft
trouvé aussi bon & même un peu plus
frais & léger que l'autre.
,
Cette Eau n'a aucun goût deſel ; elle
est parfaitement bonne , étant réposée
du matin au foir ; elle est meilleure
plus fraîche que celle des Fontaines.
Nous avons remarqué qu'elle devient
meilleure de jour à autre , & que plus
la Machine travaille , plus elle perd
le petit goûtde réſine qu'elle contrartoit
de lasoudure du Plomb , de manilre
qu'il ne luy reste à preſent autant
que nous en pouvons juger, que leſeul
goût d'Eau de pluye : Les Gardiens des
Vaisseaux &les Gens qui travaillene
à sa distillation , nous ont assuré n'avoir
pris d'autres boiffons que cette
Eau,pendantplus d'un mois , mêmefort
Souvent à jeun ; fans avoir reſſenty ancune
incommodité ; qu'au contraire ils
la trouvoient bonne , fraiche &faine :
Ce qui a engagé plusieurs personnes de
confideration à en faire emplir & cm
D'AO UST. 107
porter des cruches dans leurs maisons ,
pour en boire & s'en servir à differens
usages.
EVALUATION
DU CHARBON ET DU BOIS,
Qui ont été conſommés pour les deux
épreuves ci-deſſus , par laquelle on
connoit à peu prés ce que peût couter
la Barrique d'Eau distillée
le Charbon , & celle diſtillée par
le Bois.
par
Ilentre 10 pieds Cubes de Charbon
de Terre ou de Bois , dans la Barrique.
La Barrique de Charbon de Terre
coûte àpréſent ici au Roy 10 livres; ainfi,
lepied Cube qu'on en a consommépour la
distillation , pendant les 24 heures fufdites,
revient à 20fols , cy. 11. o ſod
La Barrique de Charbon de bois conte
30 fols ; ainfile pied cube consommé
pour mêler avec le Charbon de Terre
ci-deſſus,revient à un folfix deniers .
o 1f. 6. d .
..
108 LE MERCURE
Ladite Suivant cette Dépense :
Epreuve ayant produit 324 pintes d'eau
douce , la Barrique d'eau pourroit couter
ici à préſent, étant distillée, deCharbon
de Terre de Charbon de Bois
environ quinze fols onze deniers.
cy
1
15 f. 11 d.
La Cordede bois à bruler de 8 pieds
de long , 4 pieds de haut , & les buches
qui la compoſent , ayant chacune 2 .
pieds de longueur , coute ici apréſent
an Roys livres dixfols. Il en a estécon-
Somme pour la distillation pendant les 12
heuressusdites unfeixiéme de Corde ,
quirevientàfix fols fix deniers.
cy
,
6 f. 6 d.
Ces deux differentes épreuves nous
font connoître que l'Eau diſtillée par
le Bois, couteroit moins que celle dif
tillée par le Charbon ; mais le Bois envolumeroit,&
embaraſſeroit d'avantage
un Navire que le Charbon. Nous
rémarquons que le feu de Boisne produit
pas autant d'Ean que celui de
Charbon , il eſt à préſumer que fi la
foudure
D'AOUST.
109
foudure du Plomb de la Machine ût
été bien faite , elle n'ût pas pris vent
& elle eut donné beaucoup plus d'Eau
douce;ce qui en auroit diminué le prix .
Le ſieur Gautier nous a même affirmé
que par la Réfaction d'une autre pareilleMachine
pas plus grande ny plus
embaraffante , il fourniroit la quantité
d'Eau néceflaire par jour , à un Equipage
de plus de 400 hommes. En foy
de quoy nous avons figné la préſente
à l'Orient , le onzième Juin 1717. figne
, de Beauregard , Clairembault ,
Collationné Chunland de Boiſdiſon ,pour
M. le Controllcur.
Le 23 Juillet , on fit en Sorbonne
l'Ouverture des Théſes appellées
Sorboniques . M. l'Abbé Parquet
Prieur de la Maiſon , prononça fur
la néceſſité & fur l'utilité de lite les
Peres de l'Eglife , un Diſcours éloquent
, & récita une Ode à la loüange
deMgr le Régent .
Le Pere Macé Cordelier , répondit
& démontra par un autre Difcours qui
fut applaudi , l'importance de lire l'Ecriture
Sainte, comme la Source pure
& originále , où les Peres de l'Eglife
avoient puiſé : 11 finit par une Piece
Aouft 1717. K
-
110 LE MERCURE
de Vers de très bon goût. L'Affemblée
fut nombreuſe : M. le Cardinal de
Noailles & pluſieurs Prélats s'y trouvérent
Le 24 , M. le Marquis de Pracontal
Capitaine au Régiment Royal des
Cuiraffiers , fils du Marquis de Pracontal
Lieutenant Général des Armées
du Roy , préta Serment entre
les mains du Roy , pour la Charge de
Lieutenant de S. M. en la Province
de Nivernois vacante par la mort
du Comte de Bulleaux ſon Oncle .
Le 25 de Juillet , le Roy accompagné
deMer le Duc du Maine , de M.
le Maréchal de Villeroy , de M. I'Evêque
de Frejus , de M. le Prince
Charles & de ſa Cour ordinaire ,
partit du Palais des Tuilleries ſur les
4heures& demie du ſoir , pour aller
ſe promener à Bercy qui eſt á une perite
lieuë de Paris. Il alla deſcendre
dans la Maiſon de M. Pajot d'Onzeen-
Bray , laquelle , quoique médiocrement
grande eſt cependant trés
bien entenduë ; elle eſt ſurtout décorée
d'un Cabinet , où le Maître de la
Maiſon a raſſemblé avec beaucoup de
dépenſe & de curioſité, tous les me
د
D'AOUS-T.. III
:
déles de Machines , qui ſont comme
autant de Chefs-d'oeuvre de la Méchanique.
Ces Raretés ſont placées en
différentes Armoires , dont la difpofition
intérieure ſe change d'un moment
à l'autre,pardes refforts ſécrets qu'a inventé
le fameux PereSebastien Carme
de la Place Maubert , quí a travaillé
depuis plus de 20 ans à perfectionner
ce Cabinet deſtiné après la mort du
Poſſeſſeur , à l'Académie des Sciences .
S. M. ſe promena d'abord dans le Jardin
, où on fit joüer les Eaux qui font
trés belles. Elle vit enſuite la Ménagerie
compoſée d'animaux rares ;
aprés quoy elle monta aux Appartemens
: Pendant ce tems là on fit ra.
fraichir ſes Gardes , ſes Pages & les .
Suiſſes de fa Garde. M. Pajot montra
à S. M. un excellent Miroir ardent ,
eſtimé 25000 livres , qui diſſout tou
tes fortes de Métaux. Le Roy ût le
plaisir de voir fondre un Louis d'or
& pluſieurs Morceaux d'acier : 11
voulut voir le Laboratoire , ſuivi de
toure la Cour. S. M. fit attention à ce
qu'il y avoit de plus curieux. Le Roy
deſcendit de là dans le Jardin & fe
promena ſur la Terraffe : Pendant qu'-
Kij
112 LE MERCURE
il faifoit Collation on tira un Feu
d'Artifice qui avoit été préparé ſur
l'Eau. A huit heures , le Roy retourna
au Louvre, fort content de ſa Promenade.
د
Le même jour , on chanta le Te
Deum, pour le rétabliſſement de la
fanté de MADAME , dans l'Eglife
des Quinze-Vingts. Elle continuë de
venir de Saint Cloud à Paris, une fois
la ſemaine. Cette Princeſſe dîna hier
au Palais Royal , comptant d'affifter
à la repreſentation de la Tragédie
d'Heraclius que les Comédiens
François devoient joüer ſur le Théatre
de l'Opera . Madame étoit déja dans
fa Loge , lorſque le ſieur Guerin qui
étoit habillé & prêt à paroître ſur la
Scéne , tomba enApoplexie dans les
Couliffes : Il fut emporté auſſitôt chez
lui. Il eſt leplus ancien Comédien de
la Troupe. Il avoit été Camarade de
Molière dont il avoit épousé la Veuve
. Il excelloit dans les Rôles de vieillard,
furtout pour le Comique ; & on
l'écoutoir avec ſatisfaction dans le
Tragique , où il faiſoit le Rôle de
Confident. Il lui ſera plus facile qu'a
un autre,d'être fidéle à la parole qu'il
D'AO UST.
113
adonnée,de neplus monter ſur leThéatre
; car , il a 82 ans & de plus ſon
Apoplexie s'est tournée en Paralific
fur la langue. Cet Accident imprévû
étonna ſi fort les Acteurs , qu'ils aimérent
mieux rendre l'argent, que de repreſenter
cette Piéce.
Le 25 après midi , il ſe tint une lom
gue Conférence chez M. le Chancelier,
entre les neuf Commiſſaires nom.
més pour l'arrangement des Finances .
On continue d'éxaminer avec beaucoup
d'attention tous les Mémoires
qui ont été préſentés à ce deſſein. La
principale application de ces Mefſieurs
, eſt de pouvoir accorder les
interrêts du Roy avec ceux du Public .
Les Promenades du Cours pendant
la nuit , ſont plus fréquentes que
jamais, à caufe des chaleurs exceffivesdont
on eſt incommodé pendant
la journée :On y reſte juſqu'au jour.
Ces Affemblées nocturnes donnent
lieu à beaucoup de petites Hiftoriettes
qui ſe débitent le lendemain & que
chacun charge,à ſa fantaiſie,de quelque
Circonſtance maligne.
Il ya dans le menu Peuple de Paris,
une eſpèce de Badaux qui ne man-
Küp
14 LE MERCURE
quent/aucune des Exécutions qui ſe
font ici. Ils ont û plein contentement
cette ſemaine; car , il y en a û beaucoup
: Je n'en parlerois point dans ce
Journal , ſans la particularité d'un
Maure , qui s'étant amuſé à voler un
Conſeiller du grand Conſeil , le 22
du paſſe ſur les 9 heures du ſoir , fut
reconnu le lendemain avec le Chapeau
de celui qu'il avoit attaqué. A certe
marque , il fut arrêté & conduit en
Priſon. Comme il n'étoit d'aucune
Religion , on le catéchifa la veille de
fon Jugement ; il fut batiſé le Samedy
matin vingt-quatre & rompu vif à
ſept heures du ſoir , à cauſe de l'énormité
de ſes Crimes. Il a déclaré
22 de ſes Complices Voleurs de nuit ,
dontpluſieurs ont été arrêtés.
M. de Harlai de Beaumont Confeiller
d'Etat Ordinaire , dont nous
avons annoncé la mort dans le Mercure
de Juillet , a fait un Teſtament,
par lequel il laifſe les Mémoires &
les Papiers qu'il avoit afſſemblés touchant
la Charge d'Avocat General , à
M. Chauvelin de Griſenois qui occupe
cette Place ; & au cas que ce dernier
vint à décéder ſans enfans , il lé-
1
1
---
!
D'AOUST.
11F
gue tous ſes Manuscrits à la Biblioteque
des Peres de Sainte Géneviève ,
qui a été fort augmentée par celle de
feu M. l'Archevêque de Reims .
M. d'Armenonville a û le Bureau
de M. de Harlai ,en montant à l'ordinaire
: Il devient par là le 4º Conſeiller
d'Etat par ſon ancienneté d'Intendant
des Finances.
Le29 , Mgt le Duc d'Orleans voulant
éviter les importunités des ſollicitations
qu'on lui fait , auffi-tôt qu'une
Place eſt vaquante dans le Conſeil
d'Etat ; a jugéà propos de donner une
Expectative à celui des Maîtres des
Réquêtes Intendants, felonle rang de
fa Réception : Comme M. de Bernage
s'eſt trouvé plus ancien que M. Ferrand
, il a obtenu par cette Loy l'Expectative
, pour la premiere Place qui
vaquera.
Le 30,onfut informé à laCour que le
Pape tint Confittoire le 11 Juillet. Le
Saint Pere s'étendit fort ſur les grandes
Qualités de M. l'Abbé Alberoni ;
il fit valoir ſurtout , les ſervices qu'il
a rendu au Saint Siege ; aprés quoi ,
il le déclara Cardinal , & en réſerva un
autre in Petto. Par cette Promotion
116
LE MERCURE
onjuge que toutes les Affaires d'Efpa.
gne ſont ajuſtées avec la cour de Rome.
On écrit d'Eſpagne , que ce noun
veau Cardinal n'a en vûë que le bien
de l'Etat. Toutes les Affaires roulent
préſentement ſur lui & lui font prefque
toutes renvoyées : C'eſt par ſes
ſoins que la Flotte d'Eſpagne compofée
de ſeize Vaiſſeaux de Guerre , de fix
Galéres & 36 Vaiſſeaux de tranfport
, a été équipée. Il y avoit longtems
que cette Couronne n'avoit été
en ſituation d'aſſembler une Flotte fi
nombreuſe. Malgré la dépenſe qu'il
a fallu faire pour un pareil Armement
, ce Miniſtre a déclaré qu'il avoit
100000 Piſtoles en réſerve ,destinées
pour l'Expédition qu'il ſe propoſoir.
Il a fait nommer M. Leedes Général
de l'Armement de Mer. Les Troupes
feront commandées par 3 Lieutenans
Généraux , 6 Maréchaux de camp &
autant deBrigadiers. M. le Marquis dé
Patignes qui est bien fourni d'argent ,
a été choisi pour Intendant des Troupesde
cetArmement. Il y a fur cetteE
cadre douze Bataillons (dont deux font
de Gardes Vvalones) 5o Compagnies
de Grenadiers. & 300 Dragons , qui
D'AOUST.
117
font to à 1 mille hommes de débarquement
; un Train d'Artillerie de 40
piéces de Canon & toutes fortes de
Munitions de Guerre & de bouche
pour une longue Expédition. Cette
Flotte a été vûë à la hauteur de Marfeille&
de Toulon , faiſant voile vers
l'Italie , fans qu'on ſcache encore ſa
deſtination.
LISTE DES VAISSEAUX
Armezà Cadix .
TE Prince des Asturies , autrefois
le Cumberland de ... 70 Canons .
Le Saint Philippe & le Saint Charle
:
La Sainte Elifabeth .
Le Saint Louis
Le Saint Ferdinand
Le Saint Pierre
Le Saint Rofaire.
Le Royal .
La Perle.
Le Volant.
La Surpriſe .
La Junon .
..
•
ة •
•
• 60 Canons.
.60.
60.
..
• .60.
60.
•
.60.
60.
•48.
.46.
44.
• 36.
2Brulots , le Saint Philippe &Caſtille.
Le Saint Salvador & l'Hercule , dont
le premier fertde Magazin & l'autre
d'Hôpital .
118 LE MERCURE
M. le Maréchal de Tallard , à quả
Mgt le Duc d'Orleans avoit donné
une Place dans le Conſeilde Régence,
y vint prendre Séance le 31.
د
Lei Août , Mst le Prince de Conty
n'a point paru au Conſeil de Régence
ayant perdu la nuit du 31 Juillet
fon fils unique leComte de la Marche ,
âgé de 2 ans & 4 mois , étant né le
28 Mars 1715.
Le même jour on folemnifa à
la Mercy , la Fête de Nôtre-Dame
de ce Nom. M. le Comte de
Ribeira Ambaſſadeur de Portugal ,
rendit le Pain - Benî qui fut préſenté
par fon Aumônier en Rochet & en
Manteau. Les Timbales , les Trompettes
&Haut-bois précédoient plufieurs
Pains-Benîts portés pardes gens
de ſa livrée. Cette Cérémonie fut
magnifique.
L'aprés midi , enſuite du Sermen du
Pere Candide Chalippe Récolet , la
Proceſſion ſe mit en marche. Pluſieurs
Eſclaves retirez dépuis peu d'Alger &
de Maroc, avec quantité de jeunes enfans
en habits d'Anges , tenans à la
main des Banderoles aux armes de
M. l'Ambaſſadeur , attirérent l'atten-
(
D'AOUST. 119
1
tion du Public & ſurtout celle de
Madame la Ducheſſe de Ventadour ,
qui étoit avec Madame la Princeffe
de Rohan fa fille & autres Perſonnes
de Diftinction , ſur les Balcons de l'Hôtel
de Soubize .
Le méme jour , on trouva aſſaſſiné
un nommé Gerinaın , Officier reçu en
furvivance dans la petite Ecurie :
Quelque recherche qu'on ait faite , on
n'apû en découvrir les Aſſaſſins.
Le 2 , quoiqu'il ût été établi que l'on
ne porteroit point le Deüil des Princes
du Sang , que lorſqu'ils moureroient
au-deſſus de 7 ans ; la Cour n'a point
û d'égard à cette régle , l'ayant pris
pour la mort du Comte de la Marche.
Le 3 , Madame d'Aligre Religieufe
Benedictine de la Ville-l'Evêque,a été
nommée Coadjutrice de Madame ſa
Grande Tante qui eſt Abbeſſe de la
petite Abbaye de Saint Cir.
Le 4 , on ſçûr que M. le Marquis
d'Alincour Villeroy , étant tout à fait
rétabli de fon indiſpoſition , partit le
21 de Juillet de Vienne , pour ſe rendre
au Camp des Impériaux ſous Belgrade.
Les , on reprefenta fur le Theatre
120 LE MERCURE
du Palais Royal la Tragédie d'Heraclius
que les Comédiens n'avoient
point joliće le Jeudi précédent, à cauſe
de l'accident arrivé au ſieur Guerin
qui ſe porte beaucoup mieux . MADAME
aû la bonté d'envoyer tous
les jours ſavoir de ſes nouvelles.
Le 7. le Roy a donné à M. le Duc
d'Albret Pair & Grand Chambelan de
France , la Charge de Gouverneur
& Lieutenant General d'Auvergne, par
la démiſſion de M. le Duc de Bouillon
fon Pere , du 7. Aouſt 1717 .
Idem , le Gouvernement particulier
de la Ville de Cuſſet dans ladite
Province , par la même démiſſion du
7.Aouit 1717.
Idem , un Brevet de retenuë fur
la Charge de Gouverneur d'Auvergne
, de la ſomme de 30000 livres ,
en faveur de M. le Duc d'Albret.
Un Brevet d'affûrance deſdites
Charges , en faveur de M. le Duc de
Boüillon , en cas de prédécéds de M.
le Puc d'Albret.
Ure commiffion à M. le Duc de
Boüillon , pour commander ſa vie durant
& faire les fonctions deſdites
Charges , nonobſtant fa demiffion.
Le
D'AOUST. 124
Le Roy a été un peu incommo lé ;
mais il ſe porte mieux : Il a foupé
aujourd'huy chez Madame la Ducheffe
de Ventadour.
Le 7. S. A. R. Mgt le Regent , alla
préſider pour la premiere fois au Conſeil
du Dédans du Royaume : Il entendit
pendant 4 heures entiéres, avec une
attention toûjours égalle , le raport
d'une Affaire importante qui lui fut
fait par M. l'Abbé Mainguy. Ce Prince
y donna des preuves de ſa péné -
trátion ordinaire & de la facilité qu'il a
pour le maniement des plus grandes
Affaires. Il en fortit auſſi fatisfait de
l'application que l'on donne dans ce
Conſeil , à rendre la Juſtice aux Sujers
duRoy,que de l'habileté duRaporteur.
Le peu de Logement qu'il y
avoit dans l'enceinte du Palais des
Tuilleries , avoit fait juſqu'à préſent
demeurer les Pages & le Manege à
Verſailles : Comme on a bâti depuis
peu des Logemens & des Ecuries , on
a fait venir ici tous les Equipages qui
étoient reſté à la Grande & à la Petite
Ecurie. On a aufli rétabli & approprié
l'ancien Carouſel .
: Le9 , M. de Rocheplatte Major
Agust 1717. L
1
122 LE MERCURE
des Gardes de Mar le Duc d'Orleans ,
ût l'honneurde monter dans le Caroffe
de S. A. R. qui lui permit d'uſer du
droit qu'il en avoir.
Le 10,M. le Comte de Stairs, après
pluſieursconteftations , a enfin,ce matin,
préſenté ſa Lettre de créance au
Roy & a pris Qualité.
On fut fort allarmé à la Cour , de
la chutte que le Roy fit de fon Lit le
foir , enjoiant avec M. le Prince de
Boüillon ; mais hûreuſement , il tomba
légérement ſur les mains & re
ſentit de mal qu'au petit doigt , dont
la douleur pafla promptement. Mr Ma-
'réchal Chirurgien de S. M. le vifita
depuis les pieds juſqu'à la tête , ſans
appercevoir aucun autre mal.
Let , M. le Comte de Ribeira Ambafladeur
Extraordinaire de Portugal,
îût Audiance particuliere du Roy, dans
laquelle il fit part à S.M.delaNaiſſance
d'un 3 Infant dont laReine de Portugal
accoucha les du moispaffe. It donna
une grande Fête pour célébrer la Naifſance
de ce Prince. Sa Maiſon connue
fous le nom de l'Hôtel de Bretonvilliers,
à la Pointe de l'Ifle Saint
Louis , étoit toute illuminée de Cire
blanche.
DAOUST. 123
Ontira unfeu d'Artifice avant le Bal,
pendant lequel on diſtribua avec profufion
aux Maſques , toutes fortes de
rafraichiſſemens .On danſoit dans une
Gallerie qui donne fur la Riviére &
dont la ſituation eſt la plus charmante
de Paris . Cette Fête auſſi galante que
fomptueuſe , a répondu parfaitement
à la haute opinion que cet Ambafladeur
a donnée de ſa Magnificence en
pluſieurs occafions.
Le 12 , S. M. foupa dans le Pavillon
que l'on a élevé au milieu des Tuilleries
, à la place du Boſquet que l'on
appelloit le Théatre. Le Roy a quitté
le Deil qu'il avoit pris pour M. le
Comte de la Marche. Mst le Duc
d'Orleans continuë à le porter de l'Electrice
Doüairiere de Saxe..
MADAME vintà Paris& aſſiſta
pour la deuxième fois à la Repréſentation
d'Heraclius. Elle ût la fatisfa
Etion en arrivant , de faire ſes compli
mens à Mst le Duc de Chartres qui
étoit entré le 4 de ce mois ,dans ſa isa
année. Ce Prince étoit allé le matin
prendre Séance au Parlement , ſans
aucun Cortége. Les fix Gentils-Hommes
fortis depuis peu de Vincennes &
Lij
124 LE MERCURE
د enne rede
laBaſtille , voulans réparer la faute
qu'ils avoient commife
conduifant pas Mst le Duc de Chartres
, le jour qu'il obtint leur grace , fe
trouvérent à la defcente de fon caroffe,
le conduifirent à la Grand Chambre
&ne le quittérent quelorſqu'ilfut deretour
au Palais Royal &qu'il fut rentré
dans fon Cabinet. Je reviens aux honneurs
que leParlemēt rendit à cePrince .
Les Huifliers de la Grand'Chambre
vinrent au devant de lui , jufqu'à
la Porte , de la Grande Sallea
Lorſqu'il ût traverſé le Parquet & pris
fa Place , M. le Premier Préſident lui
adreſſa un Compliment fort éloquent ,
dans lequel , en faifant l'éloge de Mg
le Duc d'Orleans , il y joignit aufli
celui de Msi le Duc de Chartres . IL
fit ſurtout ſentir qu'on avoit tout lieu
d'eſpérer que ce jeune Prince ſe conformeroit
aux exemples que lui donnoir
S. A R.: Mgr le Duc de Chartres
pondit à ce Compliment avec autant
de modeſtie & de juſteſſe dans ſes termes
que de dignité & d'affûrance
dans la maniére de les prononcer. Il
donna enſuite ſon avis dans l'affaire
qui fut jugée à la petite Audiance. l'AD'AOUST".
125
vocat qui plaida à la Grand Chambre ,
fitun éloge trés convenable de Mst le
le Duc de Chartres , qui en ſortant ,
fut reconduit par les Huiffiers juſqu'à
la Porte de la Sainte Chapelle. Il revintenfuite
au Palais Royal recevoir
des complimens qu'il avoit fibien mérité.
Il étoit à cette Cérémonie vétu
deDeüil, avec beaucoup de Pierreries
fur fon Habit. On étoit ſi peu informé
dans Paris du jour que ce Prince prendroit
Séance au Parlement , qu'il ne
s'y trouva que trois Ducs , qui étoient
M. l'Evêque de Beauvais , M. le Duc
d'Antin&M. le Duc deVillars Brancas .
Les Commiffaires nommés pour éxaminer
les Projets propoſés pour le
nouvel arrangement des Finances , y
travaillent avec beaucoup d'affiduite
& de diligence. Mst le Duc d'Orleans
a fi fort à coeur que ce nouveau
Siftéme ait ſon effet , qu'il trouva bon
qu'il n'y ût point Samedydernier, de
Confeil de Régence ; mais , on en
tint un extraordinaire , Mardy , pour
examiner le travail de ces Meffieurs ,
qui en ont rendu compte , encore
plus particulièrement dans les Af
emblées tenues au Palais Royal ,lo
Liij
126 LEMERCURE
11 au foir , ce matin , & l'aprés-midi.
On n'a preſque plus d'attention qu'à
cette affaire qui ſuſpend toutes les
auties.
Le 13 , Mgt le Prince de Conty eft
venu ce matin, annoncer au Roy , que
Madamela Princeſſe de Conty étoit
accouchée hûreuſement d'un Prince.
On a porté aujourd'huy à la Grand'
Chambre , la Lettre de Cachet ordinaire
, pour ordonner au Parlement
de ſe rendre en l'Egliſe de Nôtre-
Dame; afin d'aſſiſter à la Proceffion
qui ſe fait le jour de l'Aſſomption ,
pour l'accompliſſement du voeu de
Louis XIII. Le Roy ajoute dans
cette Lettre , qu'il veut que le Due
d'Orleans y recoive les mêmes
Honneurs que l'on rendroit à S.
Μ.
Mst le Duc Régent travaille trés ſouvent
avec M. le Duc de la Force &
M.Pelletier des Forts, à la réviſion des
Taxes , afin d'accélérer cette affaire .
Poury parvenir, on a éré forcé de mettre
Garniſon chez pluſieurs des Taxés
S. A. R. a cependant û la bonté d'envoyer
à M ' le Premier Preſident , le
Rôle des Conſeillers au Parlement qui
D'AOUST. 17
l'ont été ; afin de les engager à
fatisfaire promptement à leur Impoſition
; faure de quoi , on feroit obligé
de les y contraindre. Il a aſſemblé chez
lui les Doyens & Sous-Doyens de
chaque Chambre , pour prendre des
meſures qui puiſſent contenter Mst le
Duc Régent..
Onaparlé enmêmetems de la Conteſtation
qui s'eſt élévée entrelaGrand'
Chambre & les Enquêtes , au ſujet
des Commiſſaires que l'on nomme
pourexaminer les Edits qui ſont envoyés
au Parlement. Les Conſeillers
des Chambres des Enquêtes prétendans
qu'une partie des Commiſſaires
nommés , doit être choiſie parmi
eux.
Lers , jour de l'Afſomprion de la
Vierge , leRoyſe confeſſa àM. l'Abbé
Fleury ſon Confefleur , avec tout le
recueillement imaginable & donna
des marques d'une Piété exemplaire,
pendant toute la Cérémonie.
La Proceſſion de l'Egliſe de Notre-
Dame qui fe fait tous les ans à pareil
jour , au tour de la Gité , en exécution
du Voeu de Louis XIII , ſe fir avec
beaucoup de Pompe & de Solemnité.
¥28 LEMERCURE
Mstle Duc Régent s'étant rendu ſur les
4heures à l'Eglife Métropolitaine , il
ytrouvalesGardes du Roy qui occupoientle
Chour , rangez en haye , le
Mousqueton ſur l'épaule. Les Cent-
Suiſſes du Roy étoient dans la Nef& fe
mirent en marche avec la Proceffion
S. A. R. marchoit immédiatement
après M. le Cardinal , précédé d'un
Officier des Cent- Suiſſes du Roy &
fuivi de l'Officier des Gardes du Corps.
CePrince avoit à ſa droite Μ. ΙἘνει
quedeVannes ſon premier Aumônier,
M. l'Abbé Maler , M. l'Abbé du Rodetſes
Aumônietsen Rochet; M. l'Abbé
Pajor Maîtrede laChapelle de la
Muſique à ſa gauche. Enſuite , étoit
le Parlement en Robes Rouges , la
Chambre des Comptes , la Cour des
Aydes & la Ville. Il yût un concours
de Peuple infini , attiré par la préſence
de MB le Duc d'Orléans.
Le 16 , Madame la Ducheſſe de
Berry , qui étoit venuë de la Meже ,
entendre les Offices aux Carmelites ,
le jour de la Fête ; tint Toillette au
au Palaisjdu Luxembourg , où ſe trouvěrent
Mesdames les Ducheſſes de
Saint Simon , de Villars , ſes Dames
--
D'AOUST. 129
du Palais, pluſieurs Ducs,Grands Seigneurs
, Marquis & preſque tous les
Ambaſſadeurs & Envoyez. Le 17 , elle
alla à la premiere Répreſentation de
l'Opera de Venus &d'Adonis , qui eſt
goûté;&de là, elle retourna à laMente.
Le même jour , on tint à l'Hôtel
de Ville l'Aſſemblée ordinaire , pour
l'Election de deux nouveaux Echevins.
M. Trudaine Prévôt des Marchands
ouvrit la Séance par un Diſcours ,
dans lequel il fit l'Eloge du Roy , de
Mgt le Régent & de M. Bignon ſon
Prédéceſſeur. Enfuite , les deux anciens
Echevins ſortans , firent chacun
unDiſcours de remercîmens à Mesde la
Ville ; après quoi , M.le Procureur du
Roy fit un difcours ſur les avantages
& l'honneur de la Charge de Prévôt
des Marchands & d'Eſchevin. Il paffa -
enfuite , à l'Eloge du Roy , de Mst le
Duc d'Orleans & deM. Bignon ; après
quoi , on procéda à l'Election en la
maniere accoutumée , par le Scrutin :
Celui qui le portoit , étoit M Nicolaï
le fils , Conſeiller au Parlement & recû
en ſurvivance de la Charge de Premier
Préſident de la Chambre des
Comptesi Parmi les perſonnes
130 LEMERCURE
qui votérent pour l'Election , ſe trouvérent
M.Dagueſſeau de Valjoint frere
de M. le Chancelier , M. de Maupeou
Confeiller au Parlement. Les
Echevins élûs font M. Gachier Notaire
& Conſeiller de Ville , & M.
Maſſon Greffier du Parlement.
MArdi
13 Juillet , le ſieur Gautier
Docteur en Medecine de l'Univerſité
de Nantes, fut préſenté à Son
ALTESSE ROYALE , par Mt le Comte
deToulouſe & parMrle Maréchal d'Efzrées
: Il rendit compte à S. A. R. des
883102
Lij
100 LE MERCURE
Expériences qu'il a faites durant trois
mois, au Port de l'Orient, par fon ordre
& par celui du Conſeil de Marine
, de l'Eau de Mer renduë potable
&dégagée de tout Sel volatile.S. A.R.
en fut très fatisfaite & fit voir ſa pénétration
, en deſſinant ſur le champ
la Machine , ſur le ſeul récit du ſieur
Gautier qu'il chargea de lui en faire
un Modéle de carton. La Machine
eſt très ſimple & a une parfaite imitationde
la Nature;elle n'eſt point embaraſſante
, donne à peu de frais quantité
d'eau , auſſi bonne & auſſi ſalutaire
que cellede Fontaine & même plus
fraiche , comme il paroît par les Procès
verbaux des Gens qui en ont bû
durant deux mois. Comme c'eſt une
des plus utiles & des plus bellesDécouvertes
qui ait été miſe au jour
depuis pluſieurs fiécles , je commencerai
le Journal de Paris par les Procés
verbaux des Expériences qui en
ont été faites ſur les Lieux. Je continuërai
par la ſuite à informer le Publicde
tout ce qui viendra à ma connoiffance
, touchant cette nouvelle
Découverte.
D'AOUST.
101
EXTRAIT DU REGISTRE
Des Procez Verbaux, tenu au Contrôle
de la Marine , au Port de l'Orient .
,
Nous , Medecin du Roy , Chirurgien
Major &Apoticaire de la Marine de
ce Port , Certifions que le premier de ce
mois , nous nous sommes transportez par
ordre de Meſſieurs de Beauregard Commandant
la Marine en ce Port , & de
Clairembault Commiſſaire General
Ordonnateur de la Marine en ce Fort ,
àBord du Vaisseau du Roy le Triton ,
poury examiner l'Eau du ſieur Gautier
Medecin; & que ſur le lien,nous avons
fait mettre devant nous de l'Eau de Mer
dans la Cucurbitte de ſa Machine , pour
être échauffée & élevée en vapeurs ,
par le moyen d'un Tambour placéau def
Sus de l'Ean , qui dans ſon ſein, contenoit
un feu de bois & de charbon ; &
que par le Robinet de la Citerne de la
Machine ,nous en avons vû couler une
Eau claire dont nous avons emporté
environfix pots ; sur laquelle nous avons
fait des Epreuves avec la Noix de
Galle , le Sucre de Saturne , l'Ozeille,
I iij
102 LE MERCURE
le Sel de Tartre , le Sublimé Corrofif,
l'Esprit de Coclearia & le Vinaigre diftillé:
Qu'en même-tems nous avonsfait
pareilles Epreuvesſur la meilleure Eau
de Fontainedu Païs, &que dans la confrontation
que nous avons faite de l'une
&de l'autre Eau, nous n'y avons trouvé
nulle difference , exceptéque celledu
fieur Gautier tire plus fortement la
Teinture : Que nous avons peſépareille
quantité de ces deux Eaux & les
avons trouvées de mêmepoids: Que nous
avons deſſéché pareille quantité de ces
deux Eaux , & qu'aufond du Vaisseau
il est resté un peu de Sel Nitreux de
pareil goût , à l'exception pourtant que
l'Eau de Fontaine en alaiſſsé plus groſſe
quantité , &que le Selde l'Eau duficur
Gautier étoit plus gris que celui de l' Ean
de Fontaine. Nous avons gouté & bû
plusieurs fois de cette Eau que nous trouvons
absolument dépoüilléede SelMarin
& qu'elle est en sont , ſemblable
à l'Ean de Fontaine , à l'exception que
dans celleduficurGautier , nousy avons
remarquéunpetit goût Etranger , que le
fieur Gautier nous a dit provenirde la
Résine qu'il a été obligé d'employer
pourfonder lePlomb desa Machine
7
D'AOUST. 103
cequi peut-être veritable ; puiſque nous
avons rémarqué dans ſon Eau quelques
petits Corpuscules Argentins qui ſurnageoient
fur fon Eau , qu'il dit auſſiprovenir
de la Réſine : Qu'étant à bord
du Vaisseaule Triton , nous en avons
vû boire aux Gardiens de ce Vaisseau
auxJournaliers qui tournent le Tambourde
la Machine , qui nous ont assuré
que dépuis que l'Eau couloit , ils n'en
buvoient point d'autre & n'avoient
réſſenty aucunes altérations , ni incommoditez
. Fait à l'Orient le ſeptiéme
Juin 1717. figné de Villartay , Jarnoien
, Dufay & Cordier.
PROCEZ VERBAL DE L'EAU DE MER,
renduë potable.
Nous, Officiers de Marine & du port,
Souſſignez , Certifions qu'en consequence
des Lettres écrittes de Paris par le Confeil
de Marine , à M. de Bauregard
Capitaine de Vaisseaux du Roy , Commandant
la Marire au Département du
Port - Loüis & l'Orient , & à MrClarrembault
Commiſſaire Général , Or
donnateurde la Marine du 30. Décembre
1716.qui permettent anfieurGan104
LE MERCURE
tier Medecin de Nantes , de faire en
ce port l'épreuve qu'il a proposéeàS.
A. R. Mgr.le Duc d'Orleans , Regent
du Royaume & au Conseil de
Marine,du fécret qu'il a trouvé pour
rendre l'Eau de la Mer potable ; lefieur
Gautier auroit établisa Machine à bord
du Vaisseau de S. M. nommé le Triton
, où nous étant transportés pour être
preſents à l'épreuve & voir agir cette
Machine , afin d'en faire un fidele raport
; nous aurions obſervé cequifuit.
SÇAAVVOOIIR.
Cette Machine occupe l'espace d'environ
8. Tonneaux , dont il yen a 2.
à diminuer pour le Vuide laiſſe par le
bas , pour ne pas toucher au l'est.
Le 20. May1717. Le fieur Gautier
aallumé lefeudans le Réchaud de cette
Machinezil est provenu pendant 24. heures
, depuis midy jusqu'à pareille beure
dutendemain , 9Pieds Cubes d'Eau donce
,faiſans àraison de 36 pintes que contient
la mesuredu pied cube , la quan
tité de 324. pintes , ou une Barrique
42, Pots : Il a été consommé en
sette Opération un pied Cube de charbon
de
L
D'AQUST .
105
I
de Terre & pied Cube de charbon
de Bois mêlez ensemble ; & nous avons
remarqué que la Machine prenoit vent
par plusieurs endroits , ſans quoi la distillation
eût étéplusforte ; ( ce qui n'arriveroit
pas à l'avenir ;) le ſieur Gautier
nous ayant fait connoître qu'il établifſoit
fes Machines Sans ſouder te
Plomb : Ce sera une épargne & les
Machines neSauroient prendre vent.
Le 22. dudit mois , le feu étantralumé
dans la Machine , il est provenu
pendant 12. heures ; dépuis 7. heures du
matin jusqu'à pareille heure du foir ,
4. pieds Cubes d'Eau douce , faifans
144. pintes ou une démie Barrique &
12. Pots. Ila été consommé en cette Opération
un feixiéme de Corde de gros-
Bois.
Le 25. le feu a été rallumé pour faire
de nouvelle Eau , dont on s'eſt ſervi
pour cuire des Viandes , Boeuf , Monton
& Lard , des Féves & poids qui
ont aussi été trés bien cuits , en moins
dedeux heures , avec un feu médiocre.
Le 26. on a pefé de cette Eau avec
un Pese- liqueurs ; elle s'est trouvée
d'égal poids que celle de la meilleure
Fontaine de ce port.
106 LE MERCURE
Le 28. on a Boullangé un pain pétri
de cette Eau & un autre pain de celle
dont on ſe ſert ici ordinairement ;
les deux d'une même Farine, avec égal
lévain & les Eaux chauffées à pareil
degré : Lepain de l'Eau artificielle s'eft
trouvé aussi bon & même un peu plus
frais & léger que l'autre.
,
Cette Eau n'a aucun goût deſel ; elle
est parfaitement bonne , étant réposée
du matin au foir ; elle est meilleure
plus fraîche que celle des Fontaines.
Nous avons remarqué qu'elle devient
meilleure de jour à autre , & que plus
la Machine travaille , plus elle perd
le petit goûtde réſine qu'elle contrartoit
de lasoudure du Plomb , de manilre
qu'il ne luy reste à preſent autant
que nous en pouvons juger, que leſeul
goût d'Eau de pluye : Les Gardiens des
Vaisseaux &les Gens qui travaillene
à sa distillation , nous ont assuré n'avoir
pris d'autres boiffons que cette
Eau,pendantplus d'un mois , mêmefort
Souvent à jeun ; fans avoir reſſenty ancune
incommodité ; qu'au contraire ils
la trouvoient bonne , fraiche &faine :
Ce qui a engagé plusieurs personnes de
confideration à en faire emplir & cm
D'AO UST. 107
porter des cruches dans leurs maisons ,
pour en boire & s'en servir à differens
usages.
EVALUATION
DU CHARBON ET DU BOIS,
Qui ont été conſommés pour les deux
épreuves ci-deſſus , par laquelle on
connoit à peu prés ce que peût couter
la Barrique d'Eau distillée
le Charbon , & celle diſtillée par
le Bois.
par
Ilentre 10 pieds Cubes de Charbon
de Terre ou de Bois , dans la Barrique.
La Barrique de Charbon de Terre
coûte àpréſent ici au Roy 10 livres; ainfi,
lepied Cube qu'on en a consommépour la
distillation , pendant les 24 heures fufdites,
revient à 20fols , cy. 11. o ſod
La Barrique de Charbon de bois conte
30 fols ; ainfile pied cube consommé
pour mêler avec le Charbon de Terre
ci-deſſus,revient à un folfix deniers .
o 1f. 6. d .
..
108 LE MERCURE
Ladite Suivant cette Dépense :
Epreuve ayant produit 324 pintes d'eau
douce , la Barrique d'eau pourroit couter
ici à préſent, étant distillée, deCharbon
de Terre de Charbon de Bois
environ quinze fols onze deniers.
cy
1
15 f. 11 d.
La Cordede bois à bruler de 8 pieds
de long , 4 pieds de haut , & les buches
qui la compoſent , ayant chacune 2 .
pieds de longueur , coute ici apréſent
an Roys livres dixfols. Il en a estécon-
Somme pour la distillation pendant les 12
heuressusdites unfeixiéme de Corde ,
quirevientàfix fols fix deniers.
cy
,
6 f. 6 d.
Ces deux differentes épreuves nous
font connoître que l'Eau diſtillée par
le Bois, couteroit moins que celle dif
tillée par le Charbon ; mais le Bois envolumeroit,&
embaraſſeroit d'avantage
un Navire que le Charbon. Nous
rémarquons que le feu de Boisne produit
pas autant d'Ean que celui de
Charbon , il eſt à préſumer que fi la
foudure
D'AOUST.
109
foudure du Plomb de la Machine ût
été bien faite , elle n'ût pas pris vent
& elle eut donné beaucoup plus d'Eau
douce;ce qui en auroit diminué le prix .
Le ſieur Gautier nous a même affirmé
que par la Réfaction d'une autre pareilleMachine
pas plus grande ny plus
embaraffante , il fourniroit la quantité
d'Eau néceflaire par jour , à un Equipage
de plus de 400 hommes. En foy
de quoy nous avons figné la préſente
à l'Orient , le onzième Juin 1717. figne
, de Beauregard , Clairembault ,
Collationné Chunland de Boiſdiſon ,pour
M. le Controllcur.
Le 23 Juillet , on fit en Sorbonne
l'Ouverture des Théſes appellées
Sorboniques . M. l'Abbé Parquet
Prieur de la Maiſon , prononça fur
la néceſſité & fur l'utilité de lite les
Peres de l'Eglife , un Diſcours éloquent
, & récita une Ode à la loüange
deMgr le Régent .
Le Pere Macé Cordelier , répondit
& démontra par un autre Difcours qui
fut applaudi , l'importance de lire l'Ecriture
Sainte, comme la Source pure
& originále , où les Peres de l'Eglife
avoient puiſé : 11 finit par une Piece
Aouft 1717. K
-
110 LE MERCURE
de Vers de très bon goût. L'Affemblée
fut nombreuſe : M. le Cardinal de
Noailles & pluſieurs Prélats s'y trouvérent
Le 24 , M. le Marquis de Pracontal
Capitaine au Régiment Royal des
Cuiraffiers , fils du Marquis de Pracontal
Lieutenant Général des Armées
du Roy , préta Serment entre
les mains du Roy , pour la Charge de
Lieutenant de S. M. en la Province
de Nivernois vacante par la mort
du Comte de Bulleaux ſon Oncle .
Le 25 de Juillet , le Roy accompagné
deMer le Duc du Maine , de M.
le Maréchal de Villeroy , de M. I'Evêque
de Frejus , de M. le Prince
Charles & de ſa Cour ordinaire ,
partit du Palais des Tuilleries ſur les
4heures& demie du ſoir , pour aller
ſe promener à Bercy qui eſt á une perite
lieuë de Paris. Il alla deſcendre
dans la Maiſon de M. Pajot d'Onzeen-
Bray , laquelle , quoique médiocrement
grande eſt cependant trés
bien entenduë ; elle eſt ſurtout décorée
d'un Cabinet , où le Maître de la
Maiſon a raſſemblé avec beaucoup de
dépenſe & de curioſité, tous les me
د
D'AOUS-T.. III
:
déles de Machines , qui ſont comme
autant de Chefs-d'oeuvre de la Méchanique.
Ces Raretés ſont placées en
différentes Armoires , dont la difpofition
intérieure ſe change d'un moment
à l'autre,pardes refforts ſécrets qu'a inventé
le fameux PereSebastien Carme
de la Place Maubert , quí a travaillé
depuis plus de 20 ans à perfectionner
ce Cabinet deſtiné après la mort du
Poſſeſſeur , à l'Académie des Sciences .
S. M. ſe promena d'abord dans le Jardin
, où on fit joüer les Eaux qui font
trés belles. Elle vit enſuite la Ménagerie
compoſée d'animaux rares ;
aprés quoy elle monta aux Appartemens
: Pendant ce tems là on fit ra.
fraichir ſes Gardes , ſes Pages & les .
Suiſſes de fa Garde. M. Pajot montra
à S. M. un excellent Miroir ardent ,
eſtimé 25000 livres , qui diſſout tou
tes fortes de Métaux. Le Roy ût le
plaisir de voir fondre un Louis d'or
& pluſieurs Morceaux d'acier : 11
voulut voir le Laboratoire , ſuivi de
toure la Cour. S. M. fit attention à ce
qu'il y avoit de plus curieux. Le Roy
deſcendit de là dans le Jardin & fe
promena ſur la Terraffe : Pendant qu'-
Kij
112 LE MERCURE
il faifoit Collation on tira un Feu
d'Artifice qui avoit été préparé ſur
l'Eau. A huit heures , le Roy retourna
au Louvre, fort content de ſa Promenade.
د
Le même jour , on chanta le Te
Deum, pour le rétabliſſement de la
fanté de MADAME , dans l'Eglife
des Quinze-Vingts. Elle continuë de
venir de Saint Cloud à Paris, une fois
la ſemaine. Cette Princeſſe dîna hier
au Palais Royal , comptant d'affifter
à la repreſentation de la Tragédie
d'Heraclius que les Comédiens
François devoient joüer ſur le Théatre
de l'Opera . Madame étoit déja dans
fa Loge , lorſque le ſieur Guerin qui
étoit habillé & prêt à paroître ſur la
Scéne , tomba enApoplexie dans les
Couliffes : Il fut emporté auſſitôt chez
lui. Il eſt leplus ancien Comédien de
la Troupe. Il avoit été Camarade de
Molière dont il avoit épousé la Veuve
. Il excelloit dans les Rôles de vieillard,
furtout pour le Comique ; & on
l'écoutoir avec ſatisfaction dans le
Tragique , où il faiſoit le Rôle de
Confident. Il lui ſera plus facile qu'a
un autre,d'être fidéle à la parole qu'il
D'AO UST.
113
adonnée,de neplus monter ſur leThéatre
; car , il a 82 ans & de plus ſon
Apoplexie s'est tournée en Paralific
fur la langue. Cet Accident imprévû
étonna ſi fort les Acteurs , qu'ils aimérent
mieux rendre l'argent, que de repreſenter
cette Piéce.
Le 25 après midi , il ſe tint une lom
gue Conférence chez M. le Chancelier,
entre les neuf Commiſſaires nom.
més pour l'arrangement des Finances .
On continue d'éxaminer avec beaucoup
d'attention tous les Mémoires
qui ont été préſentés à ce deſſein. La
principale application de ces Mefſieurs
, eſt de pouvoir accorder les
interrêts du Roy avec ceux du Public .
Les Promenades du Cours pendant
la nuit , ſont plus fréquentes que
jamais, à caufe des chaleurs exceffivesdont
on eſt incommodé pendant
la journée :On y reſte juſqu'au jour.
Ces Affemblées nocturnes donnent
lieu à beaucoup de petites Hiftoriettes
qui ſe débitent le lendemain & que
chacun charge,à ſa fantaiſie,de quelque
Circonſtance maligne.
Il ya dans le menu Peuple de Paris,
une eſpèce de Badaux qui ne man-
Küp
14 LE MERCURE
quent/aucune des Exécutions qui ſe
font ici. Ils ont û plein contentement
cette ſemaine; car , il y en a û beaucoup
: Je n'en parlerois point dans ce
Journal , ſans la particularité d'un
Maure , qui s'étant amuſé à voler un
Conſeiller du grand Conſeil , le 22
du paſſe ſur les 9 heures du ſoir , fut
reconnu le lendemain avec le Chapeau
de celui qu'il avoit attaqué. A certe
marque , il fut arrêté & conduit en
Priſon. Comme il n'étoit d'aucune
Religion , on le catéchifa la veille de
fon Jugement ; il fut batiſé le Samedy
matin vingt-quatre & rompu vif à
ſept heures du ſoir , à cauſe de l'énormité
de ſes Crimes. Il a déclaré
22 de ſes Complices Voleurs de nuit ,
dontpluſieurs ont été arrêtés.
M. de Harlai de Beaumont Confeiller
d'Etat Ordinaire , dont nous
avons annoncé la mort dans le Mercure
de Juillet , a fait un Teſtament,
par lequel il laifſe les Mémoires &
les Papiers qu'il avoit afſſemblés touchant
la Charge d'Avocat General , à
M. Chauvelin de Griſenois qui occupe
cette Place ; & au cas que ce dernier
vint à décéder ſans enfans , il lé-
1
1
---
!
D'AOUST.
11F
gue tous ſes Manuscrits à la Biblioteque
des Peres de Sainte Géneviève ,
qui a été fort augmentée par celle de
feu M. l'Archevêque de Reims .
M. d'Armenonville a û le Bureau
de M. de Harlai ,en montant à l'ordinaire
: Il devient par là le 4º Conſeiller
d'Etat par ſon ancienneté d'Intendant
des Finances.
Le29 , Mgt le Duc d'Orleans voulant
éviter les importunités des ſollicitations
qu'on lui fait , auffi-tôt qu'une
Place eſt vaquante dans le Conſeil
d'Etat ; a jugéà propos de donner une
Expectative à celui des Maîtres des
Réquêtes Intendants, felonle rang de
fa Réception : Comme M. de Bernage
s'eſt trouvé plus ancien que M. Ferrand
, il a obtenu par cette Loy l'Expectative
, pour la premiere Place qui
vaquera.
Le 30,onfut informé à laCour que le
Pape tint Confittoire le 11 Juillet. Le
Saint Pere s'étendit fort ſur les grandes
Qualités de M. l'Abbé Alberoni ;
il fit valoir ſurtout , les ſervices qu'il
a rendu au Saint Siege ; aprés quoi ,
il le déclara Cardinal , & en réſerva un
autre in Petto. Par cette Promotion
116
LE MERCURE
onjuge que toutes les Affaires d'Efpa.
gne ſont ajuſtées avec la cour de Rome.
On écrit d'Eſpagne , que ce noun
veau Cardinal n'a en vûë que le bien
de l'Etat. Toutes les Affaires roulent
préſentement ſur lui & lui font prefque
toutes renvoyées : C'eſt par ſes
ſoins que la Flotte d'Eſpagne compofée
de ſeize Vaiſſeaux de Guerre , de fix
Galéres & 36 Vaiſſeaux de tranfport
, a été équipée. Il y avoit longtems
que cette Couronne n'avoit été
en ſituation d'aſſembler une Flotte fi
nombreuſe. Malgré la dépenſe qu'il
a fallu faire pour un pareil Armement
, ce Miniſtre a déclaré qu'il avoit
100000 Piſtoles en réſerve ,destinées
pour l'Expédition qu'il ſe propoſoir.
Il a fait nommer M. Leedes Général
de l'Armement de Mer. Les Troupes
feront commandées par 3 Lieutenans
Généraux , 6 Maréchaux de camp &
autant deBrigadiers. M. le Marquis dé
Patignes qui est bien fourni d'argent ,
a été choisi pour Intendant des Troupesde
cetArmement. Il y a fur cetteE
cadre douze Bataillons (dont deux font
de Gardes Vvalones) 5o Compagnies
de Grenadiers. & 300 Dragons , qui
D'AOUST.
117
font to à 1 mille hommes de débarquement
; un Train d'Artillerie de 40
piéces de Canon & toutes fortes de
Munitions de Guerre & de bouche
pour une longue Expédition. Cette
Flotte a été vûë à la hauteur de Marfeille&
de Toulon , faiſant voile vers
l'Italie , fans qu'on ſcache encore ſa
deſtination.
LISTE DES VAISSEAUX
Armezà Cadix .
TE Prince des Asturies , autrefois
le Cumberland de ... 70 Canons .
Le Saint Philippe & le Saint Charle
:
La Sainte Elifabeth .
Le Saint Louis
Le Saint Ferdinand
Le Saint Pierre
Le Saint Rofaire.
Le Royal .
La Perle.
Le Volant.
La Surpriſe .
La Junon .
..
•
ة •
•
• 60 Canons.
.60.
60.
..
• .60.
60.
•
.60.
60.
•48.
.46.
44.
• 36.
2Brulots , le Saint Philippe &Caſtille.
Le Saint Salvador & l'Hercule , dont
le premier fertde Magazin & l'autre
d'Hôpital .
118 LE MERCURE
M. le Maréchal de Tallard , à quả
Mgt le Duc d'Orleans avoit donné
une Place dans le Conſeilde Régence,
y vint prendre Séance le 31.
د
Lei Août , Mst le Prince de Conty
n'a point paru au Conſeil de Régence
ayant perdu la nuit du 31 Juillet
fon fils unique leComte de la Marche ,
âgé de 2 ans & 4 mois , étant né le
28 Mars 1715.
Le même jour on folemnifa à
la Mercy , la Fête de Nôtre-Dame
de ce Nom. M. le Comte de
Ribeira Ambaſſadeur de Portugal ,
rendit le Pain - Benî qui fut préſenté
par fon Aumônier en Rochet & en
Manteau. Les Timbales , les Trompettes
&Haut-bois précédoient plufieurs
Pains-Benîts portés pardes gens
de ſa livrée. Cette Cérémonie fut
magnifique.
L'aprés midi , enſuite du Sermen du
Pere Candide Chalippe Récolet , la
Proceſſion ſe mit en marche. Pluſieurs
Eſclaves retirez dépuis peu d'Alger &
de Maroc, avec quantité de jeunes enfans
en habits d'Anges , tenans à la
main des Banderoles aux armes de
M. l'Ambaſſadeur , attirérent l'atten-
(
D'AOUST. 119
1
tion du Public & ſurtout celle de
Madame la Ducheſſe de Ventadour ,
qui étoit avec Madame la Princeffe
de Rohan fa fille & autres Perſonnes
de Diftinction , ſur les Balcons de l'Hôtel
de Soubize .
Le méme jour , on trouva aſſaſſiné
un nommé Gerinaın , Officier reçu en
furvivance dans la petite Ecurie :
Quelque recherche qu'on ait faite , on
n'apû en découvrir les Aſſaſſins.
Le 2 , quoiqu'il ût été établi que l'on
ne porteroit point le Deüil des Princes
du Sang , que lorſqu'ils moureroient
au-deſſus de 7 ans ; la Cour n'a point
û d'égard à cette régle , l'ayant pris
pour la mort du Comte de la Marche.
Le 3 , Madame d'Aligre Religieufe
Benedictine de la Ville-l'Evêque,a été
nommée Coadjutrice de Madame ſa
Grande Tante qui eſt Abbeſſe de la
petite Abbaye de Saint Cir.
Le 4 , on ſçûr que M. le Marquis
d'Alincour Villeroy , étant tout à fait
rétabli de fon indiſpoſition , partit le
21 de Juillet de Vienne , pour ſe rendre
au Camp des Impériaux ſous Belgrade.
Les , on reprefenta fur le Theatre
120 LE MERCURE
du Palais Royal la Tragédie d'Heraclius
que les Comédiens n'avoient
point joliće le Jeudi précédent, à cauſe
de l'accident arrivé au ſieur Guerin
qui ſe porte beaucoup mieux . MADAME
aû la bonté d'envoyer tous
les jours ſavoir de ſes nouvelles.
Le 7. le Roy a donné à M. le Duc
d'Albret Pair & Grand Chambelan de
France , la Charge de Gouverneur
& Lieutenant General d'Auvergne, par
la démiſſion de M. le Duc de Bouillon
fon Pere , du 7. Aouſt 1717 .
Idem , le Gouvernement particulier
de la Ville de Cuſſet dans ladite
Province , par la même démiſſion du
7.Aouit 1717.
Idem , un Brevet de retenuë fur
la Charge de Gouverneur d'Auvergne
, de la ſomme de 30000 livres ,
en faveur de M. le Duc d'Albret.
Un Brevet d'affûrance deſdites
Charges , en faveur de M. le Duc de
Boüillon , en cas de prédécéds de M.
le Puc d'Albret.
Ure commiffion à M. le Duc de
Boüillon , pour commander ſa vie durant
& faire les fonctions deſdites
Charges , nonobſtant fa demiffion.
Le
D'AOUST. 124
Le Roy a été un peu incommo lé ;
mais il ſe porte mieux : Il a foupé
aujourd'huy chez Madame la Ducheffe
de Ventadour.
Le 7. S. A. R. Mgt le Regent , alla
préſider pour la premiere fois au Conſeil
du Dédans du Royaume : Il entendit
pendant 4 heures entiéres, avec une
attention toûjours égalle , le raport
d'une Affaire importante qui lui fut
fait par M. l'Abbé Mainguy. Ce Prince
y donna des preuves de ſa péné -
trátion ordinaire & de la facilité qu'il a
pour le maniement des plus grandes
Affaires. Il en fortit auſſi fatisfait de
l'application que l'on donne dans ce
Conſeil , à rendre la Juſtice aux Sujers
duRoy,que de l'habileté duRaporteur.
Le peu de Logement qu'il y
avoit dans l'enceinte du Palais des
Tuilleries , avoit fait juſqu'à préſent
demeurer les Pages & le Manege à
Verſailles : Comme on a bâti depuis
peu des Logemens & des Ecuries , on
a fait venir ici tous les Equipages qui
étoient reſté à la Grande & à la Petite
Ecurie. On a aufli rétabli & approprié
l'ancien Carouſel .
: Le9 , M. de Rocheplatte Major
Agust 1717. L
1
122 LE MERCURE
des Gardes de Mar le Duc d'Orleans ,
ût l'honneurde monter dans le Caroffe
de S. A. R. qui lui permit d'uſer du
droit qu'il en avoir.
Le 10,M. le Comte de Stairs, après
pluſieursconteftations , a enfin,ce matin,
préſenté ſa Lettre de créance au
Roy & a pris Qualité.
On fut fort allarmé à la Cour , de
la chutte que le Roy fit de fon Lit le
foir , enjoiant avec M. le Prince de
Boüillon ; mais hûreuſement , il tomba
légérement ſur les mains & re
ſentit de mal qu'au petit doigt , dont
la douleur pafla promptement. Mr Ma-
'réchal Chirurgien de S. M. le vifita
depuis les pieds juſqu'à la tête , ſans
appercevoir aucun autre mal.
Let , M. le Comte de Ribeira Ambafladeur
Extraordinaire de Portugal,
îût Audiance particuliere du Roy, dans
laquelle il fit part à S.M.delaNaiſſance
d'un 3 Infant dont laReine de Portugal
accoucha les du moispaffe. It donna
une grande Fête pour célébrer la Naifſance
de ce Prince. Sa Maiſon connue
fous le nom de l'Hôtel de Bretonvilliers,
à la Pointe de l'Ifle Saint
Louis , étoit toute illuminée de Cire
blanche.
DAOUST. 123
Ontira unfeu d'Artifice avant le Bal,
pendant lequel on diſtribua avec profufion
aux Maſques , toutes fortes de
rafraichiſſemens .On danſoit dans une
Gallerie qui donne fur la Riviére &
dont la ſituation eſt la plus charmante
de Paris . Cette Fête auſſi galante que
fomptueuſe , a répondu parfaitement
à la haute opinion que cet Ambafladeur
a donnée de ſa Magnificence en
pluſieurs occafions.
Le 12 , S. M. foupa dans le Pavillon
que l'on a élevé au milieu des Tuilleries
, à la place du Boſquet que l'on
appelloit le Théatre. Le Roy a quitté
le Deil qu'il avoit pris pour M. le
Comte de la Marche. Mst le Duc
d'Orleans continuë à le porter de l'Electrice
Doüairiere de Saxe..
MADAME vintà Paris& aſſiſta
pour la deuxième fois à la Repréſentation
d'Heraclius. Elle ût la fatisfa
Etion en arrivant , de faire ſes compli
mens à Mst le Duc de Chartres qui
étoit entré le 4 de ce mois ,dans ſa isa
année. Ce Prince étoit allé le matin
prendre Séance au Parlement , ſans
aucun Cortége. Les fix Gentils-Hommes
fortis depuis peu de Vincennes &
Lij
124 LE MERCURE
د enne rede
laBaſtille , voulans réparer la faute
qu'ils avoient commife
conduifant pas Mst le Duc de Chartres
, le jour qu'il obtint leur grace , fe
trouvérent à la defcente de fon caroffe,
le conduifirent à la Grand Chambre
&ne le quittérent quelorſqu'ilfut deretour
au Palais Royal &qu'il fut rentré
dans fon Cabinet. Je reviens aux honneurs
que leParlemēt rendit à cePrince .
Les Huifliers de la Grand'Chambre
vinrent au devant de lui , jufqu'à
la Porte , de la Grande Sallea
Lorſqu'il ût traverſé le Parquet & pris
fa Place , M. le Premier Préſident lui
adreſſa un Compliment fort éloquent ,
dans lequel , en faifant l'éloge de Mg
le Duc d'Orleans , il y joignit aufli
celui de Msi le Duc de Chartres . IL
fit ſurtout ſentir qu'on avoit tout lieu
d'eſpérer que ce jeune Prince ſe conformeroit
aux exemples que lui donnoir
S. A R.: Mgr le Duc de Chartres
pondit à ce Compliment avec autant
de modeſtie & de juſteſſe dans ſes termes
que de dignité & d'affûrance
dans la maniére de les prononcer. Il
donna enſuite ſon avis dans l'affaire
qui fut jugée à la petite Audiance. l'AD'AOUST".
125
vocat qui plaida à la Grand Chambre ,
fitun éloge trés convenable de Mst le
le Duc de Chartres , qui en ſortant ,
fut reconduit par les Huiffiers juſqu'à
la Porte de la Sainte Chapelle. Il revintenfuite
au Palais Royal recevoir
des complimens qu'il avoit fibien mérité.
Il étoit à cette Cérémonie vétu
deDeüil, avec beaucoup de Pierreries
fur fon Habit. On étoit ſi peu informé
dans Paris du jour que ce Prince prendroit
Séance au Parlement , qu'il ne
s'y trouva que trois Ducs , qui étoient
M. l'Evêque de Beauvais , M. le Duc
d'Antin&M. le Duc deVillars Brancas .
Les Commiffaires nommés pour éxaminer
les Projets propoſés pour le
nouvel arrangement des Finances , y
travaillent avec beaucoup d'affiduite
& de diligence. Mst le Duc d'Orleans
a fi fort à coeur que ce nouveau
Siftéme ait ſon effet , qu'il trouva bon
qu'il n'y ût point Samedydernier, de
Confeil de Régence ; mais , on en
tint un extraordinaire , Mardy , pour
examiner le travail de ces Meffieurs ,
qui en ont rendu compte , encore
plus particulièrement dans les Af
emblées tenues au Palais Royal ,lo
Liij
126 LEMERCURE
11 au foir , ce matin , & l'aprés-midi.
On n'a preſque plus d'attention qu'à
cette affaire qui ſuſpend toutes les
auties.
Le 13 , Mgt le Prince de Conty eft
venu ce matin, annoncer au Roy , que
Madamela Princeſſe de Conty étoit
accouchée hûreuſement d'un Prince.
On a porté aujourd'huy à la Grand'
Chambre , la Lettre de Cachet ordinaire
, pour ordonner au Parlement
de ſe rendre en l'Egliſe de Nôtre-
Dame; afin d'aſſiſter à la Proceffion
qui ſe fait le jour de l'Aſſomption ,
pour l'accompliſſement du voeu de
Louis XIII. Le Roy ajoute dans
cette Lettre , qu'il veut que le Due
d'Orleans y recoive les mêmes
Honneurs que l'on rendroit à S.
Μ.
Mst le Duc Régent travaille trés ſouvent
avec M. le Duc de la Force &
M.Pelletier des Forts, à la réviſion des
Taxes , afin d'accélérer cette affaire .
Poury parvenir, on a éré forcé de mettre
Garniſon chez pluſieurs des Taxés
S. A. R. a cependant û la bonté d'envoyer
à M ' le Premier Preſident , le
Rôle des Conſeillers au Parlement qui
D'AOUST. 17
l'ont été ; afin de les engager à
fatisfaire promptement à leur Impoſition
; faure de quoi , on feroit obligé
de les y contraindre. Il a aſſemblé chez
lui les Doyens & Sous-Doyens de
chaque Chambre , pour prendre des
meſures qui puiſſent contenter Mst le
Duc Régent..
Onaparlé enmêmetems de la Conteſtation
qui s'eſt élévée entrelaGrand'
Chambre & les Enquêtes , au ſujet
des Commiſſaires que l'on nomme
pourexaminer les Edits qui ſont envoyés
au Parlement. Les Conſeillers
des Chambres des Enquêtes prétendans
qu'une partie des Commiſſaires
nommés , doit être choiſie parmi
eux.
Lers , jour de l'Afſomprion de la
Vierge , leRoyſe confeſſa àM. l'Abbé
Fleury ſon Confefleur , avec tout le
recueillement imaginable & donna
des marques d'une Piété exemplaire,
pendant toute la Cérémonie.
La Proceſſion de l'Egliſe de Notre-
Dame qui fe fait tous les ans à pareil
jour , au tour de la Gité , en exécution
du Voeu de Louis XIII , ſe fir avec
beaucoup de Pompe & de Solemnité.
¥28 LEMERCURE
Mstle Duc Régent s'étant rendu ſur les
4heures à l'Eglife Métropolitaine , il
ytrouvalesGardes du Roy qui occupoientle
Chour , rangez en haye , le
Mousqueton ſur l'épaule. Les Cent-
Suiſſes du Roy étoient dans la Nef& fe
mirent en marche avec la Proceffion
S. A. R. marchoit immédiatement
après M. le Cardinal , précédé d'un
Officier des Cent- Suiſſes du Roy &
fuivi de l'Officier des Gardes du Corps.
CePrince avoit à ſa droite Μ. ΙἘνει
quedeVannes ſon premier Aumônier,
M. l'Abbé Maler , M. l'Abbé du Rodetſes
Aumônietsen Rochet; M. l'Abbé
Pajor Maîtrede laChapelle de la
Muſique à ſa gauche. Enſuite , étoit
le Parlement en Robes Rouges , la
Chambre des Comptes , la Cour des
Aydes & la Ville. Il yût un concours
de Peuple infini , attiré par la préſence
de MB le Duc d'Orléans.
Le 16 , Madame la Ducheſſe de
Berry , qui étoit venuë de la Meже ,
entendre les Offices aux Carmelites ,
le jour de la Fête ; tint Toillette au
au Palaisjdu Luxembourg , où ſe trouvěrent
Mesdames les Ducheſſes de
Saint Simon , de Villars , ſes Dames
--
D'AOUST. 129
du Palais, pluſieurs Ducs,Grands Seigneurs
, Marquis & preſque tous les
Ambaſſadeurs & Envoyez. Le 17 , elle
alla à la premiere Répreſentation de
l'Opera de Venus &d'Adonis , qui eſt
goûté;&de là, elle retourna à laMente.
Le même jour , on tint à l'Hôtel
de Ville l'Aſſemblée ordinaire , pour
l'Election de deux nouveaux Echevins.
M. Trudaine Prévôt des Marchands
ouvrit la Séance par un Diſcours ,
dans lequel il fit l'Eloge du Roy , de
Mgt le Régent & de M. Bignon ſon
Prédéceſſeur. Enfuite , les deux anciens
Echevins ſortans , firent chacun
unDiſcours de remercîmens à Mesde la
Ville ; après quoi , M.le Procureur du
Roy fit un difcours ſur les avantages
& l'honneur de la Charge de Prévôt
des Marchands & d'Eſchevin. Il paffa -
enfuite , à l'Eloge du Roy , de Mst le
Duc d'Orleans & deM. Bignon ; après
quoi , on procéda à l'Election en la
maniere accoutumée , par le Scrutin :
Celui qui le portoit , étoit M Nicolaï
le fils , Conſeiller au Parlement & recû
en ſurvivance de la Charge de Premier
Préſident de la Chambre des
Comptesi Parmi les perſonnes
130 LEMERCURE
qui votérent pour l'Election , ſe trouvérent
M.Dagueſſeau de Valjoint frere
de M. le Chancelier , M. de Maupeou
Confeiller au Parlement. Les
Echevins élûs font M. Gachier Notaire
& Conſeiller de Ville , & M.
Maſſon Greffier du Parlement.
Fermer
29
p. 157-165
SUITE DU JOURNAL de Paris.
Début :
Le 16. Mrs les Aumoniers du Roy ont fait leur plainte, pour [...]
Mots clefs :
Aumônier du roi, Plainte, Cérémonies, Procession, Nominations, Abbé, Marquis, Ambassadrice, Députés, Cardinal
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texteReconnaissance textuelle : SUITE DU JOURNAL de Paris.
SUÍTE
DUJOURNAL
de Paris.
IE16. Mieles Aumoniers du Roy
ont fait leur plainte,pour n'avoir
pas été invité par M. Deſgranges Me
des Ceremonies , à la Proceſſion de
Aoust 1717.
158
LE MERCURE
Notre-Dame. M. le Grand Prevêt a
fait de ſon côté une Proteftation dans
les formes , pour le même ſujer , &
l'a envoyée ſignifier au Me des Céré.
monies. Nous avons déjà dit que M.
le Duc Regent y répreſenta la Perſonne
du Roy ;ce n'eſt pas le premier
exemple où un Prince du Sang
aété traité en Roy, en pareille occa-,
fion. Ily en a un entr'autres ſous Charles
I X. tout ſemblable , en 1570. Ce;
Monarque étant à Monceaux &ne .
pouvant revenir pour ſe trouver à cette,
même Proceffion , y envoya le Duc
de Montpenſier, pour y tenir la place
&y recevoir tous les honneurs dûs
àlaM. R.
Le 17. M. de Fontanieux qui a l'In
tendance des Meubles de la Couronne
, a obtenu pour fon fils la ſurvivance
de cette Charge.
Le 18. M.l'Abbé de Simiane d'Arouere
eſt venu remercier S. A. R. pour
l'Evéché de Saint Paul 3-Châteaux,
auquel il a été nommé par le Roy.
Le 19. M. le Marquis de Mailly
achette le Regiment d'Iſenghien vacant
par la mort de M le Marquis
deMonteſquiou:Ilen a obtenu l'agré
ment.
D'AOUST..
159
:
i
*
Le 20. Mgr le Duc donne une Fête
fuperbe à Chantilly , dont les divertiſſemens
doivent ſe ſuccéder pendant
15.jours : Il s'y eſt rendu un grand
nombre de Seigneurs & de Dames
de la premiere diſtinction.
Le Roy ſe fit tirer le 21. deux
Dents,&il fouffrit conſtamment cette
opération.
M. de S. Aulaire vient de prendre
poſſeſſion du Bailliage de Lyon ,
par un accommodement fait avec M.
de Junnillac ; ce qui détruit tous les
bruits auſquels une Lettre anonime
inferte dans le Mercure d'Octobre
17:56, avoit donné lieu.
Madame l'Ambaſſadrice de Portugal
accoucha le 12 de ce mois dans
fon Hôtel d'un fils qui ſe porte
bien , de même que Madame ſa
mere.
د
Le même jour , les NouveauxEchevins
vinrent apporter le Scrutin au
Roy & lui préterent le ſerment de
fideliré. :
Le 22. ily ût un mouvement dans
les Intendances. M. de Baſville Intendant
de Languedoc , ne pouvant
plus s'appliquer aux affaires à cauſe de
O ij
160 LE MERCURE
:
fon grand âge , a demandé àſe repoſer.
-On envoye en ſa place M. Bouynd'Angervilliers
Intendant de Strasbourg :
Et M. de Harlay de Cely Intendant
de Metz , doit être ſubſtitué à ce dernier
qui ſeraremplacé par M. de Bernages
Intendant d'Amiens : On ne fait
pas encore qui occupera ce dernier
Porte.
MADAME vint le même jour à Paris ;
elle alla l'aprés midi aux Carmelites ;
elle vit la repreſentation de l'Opera
de Venus & d'Adonis, qu'on a remis au
Theâtre depuis huit jours. Les Comédien:
s François qui avoient annoncé
une nouvelle Piece, ne joierent point ;
parce que le feu ayant pris furlesquaite
heures&demie à une maiſon qui
joint leur Hôtel , les épouventa fi fort,
qu'ils ne fongerent qu'à ſe ſauver aufſi
promtement que ceux qui estoient déja
placez , dont l'empreſſement pour
fortir fut fi grand ,qu'il y eut pluſieurs
perſonnes qui coururent riſque d'eſtre
écraſées: Le feu ne dura pas longtems ,
parce que le ſecours des pompes arriva
fort à propos. L'Hôtel des
Comédiens n'a point eſté endommagé
D'AOUST. 161
La Noce de M. Bernard fils de M.
Samuel Bernard , ſe fit le 22 , avec une
magnificence ſurprenante : Il a épousé
Mile de S. Chamant fille du Lieutenant
Général de ce nom , & Niéce de
M. de la Briffe .
Le 23. les Députez des Etats de Languedoc
qui font M. l'Evêque de Commenges
pour le Clergé , M. le Marquis
de S. Suplie pour la Noblefle ,
&M. Rével pour leTiers- Erat , ûrent
à une heure , Audiance du Roy á qui
ils préſenterent le Cahier. Mgt le Ditc
du Maine Gouverneur de la Province ,
& M. le Marquis de la Vrilliere Secretaire
de la même Province , les preſenterent
au Roy. M. l'Evêque de
Commenges porta la parole & fon
difcours fut trés applaudi .
Le 25 , la Fête de S. Loüis , a eſté
célébrée dans la Chapelle, par une
Meſſe baffe & une grande Meſſe enfuite.
Les Peres Carmes , ſuivant la
coûtume,vinrent enProceſſion avec plufieurs
Pains benis : Elle estoit précédée
par 30 des Cent-Suiſſes avec un
Fourier & 30 Gardes du Corps avec
unExempt. La Cour fut trés nombreuſe
te jour là : Les Ambaſſadeurs , Cardi
O iij
162 LE MERCURE
raux & Grands Seigneurs ûrent l'honneur
de ſe preſenter devant le Roy.
Il y ût grande ſimphonie le matin &
àdîner : Sur le ſoir , le Concert annuel
que donne l'Opera pour la Fête du
Roy , fur exécuté dans le jardin des
Tuilleries , avec une grande illumination.
Sur les huit heures & demie du
foir , on tira à l'entrée de la grande
Allée ,un très beau Feu d'Artifice qui
dura prés de trois quarts d'heures ;
le Roy en voyoit l'effet de la Terraſſe,
ſous un Dais.
Le matin , M. l'Abbé Prevoſt Aumonier
de M. le Cardinal de- Noailles
, prêcha au Louvre dans la Chajelle
de l'Académie Françoiſe : II
fatisfit pleinement ſon Auditoire; aprés
quoy l'Academie des Sciences & celle
des Belles - Lettres célébrerent la même
Fête, dans l'Egliſe de l'Oratoire de
S. Honoré : L'aprés midi , l'Académie
Françoiſe fit la diſtribution des Prix
ordinaires : Celui de Proſe fut donné
à M. l'Abbé Colin & celui de Poëfie
à M. Gacon qui avoit preparé un remerciement
en Vers ; mais M. l'Abbé
:de Choiſi le pria de la part de la Compagnie
,de s'en diſpenſer , parce que
رط
D'AOUST.
163
ces ſortes de remerciemens ſont d'un
uſage nouveau que l'on ne veut pas
continuer : On lut enſuite un Diſours
fur l'utilité des Sciences , compofé
par M. de Charé Directeur de l'Académie
de Soiffons, laquelle eſt obligée par
ſes Statuts, d'envoyer aux 40 un tribut
annuel de quelque piece d'éloquence.
L'Inépuiſable M. de la Motte ( felon
l'expreſſion de M. l'Abbé de Choifi)
régala l'Aſſemblée du recit de trois fables
nouvelles , qui furent ſuivies des
applaudiſſemens qu'il s'attire , toutes
les fois qu'il y parle.
Le même jour M. l'Abbé le Vaſſeur
prononça en Latin dans l'Egliſe des
Quinze - Vingts , le Panégerique de S.
Loüis : Il ût pluſieurs Evêques pour
Auditeurs.
Le28 , l'Ouverture du Prix de l'Arquebuze
ſe fit à Meaux Capitale de
la Brie; la Ville de Laon lui ayant
préſenté le Bouquet , il y a cent
ans , jour pour jour. Monfieur de la
Nouë de Rutel Gentil - homme &
Maire de la Ville , eſt Capitaine de
la Compagnie de Meaux , autrement
laColonelle:Elle est compoſée d'environ
120 Chevaliers avec les Offi-
د
164 LE MERCURE -
ciers. Ils font tous en Habits uniformes,
d'un gris blanc bordé d'argent & les
boutonnieres de même ; leurs chapeaux
relevez de Plumets blancs &
de Caucardes de la même couleur.
Ily a auſſi 20 autres Compagnies de
Chevaliers des Villes circonvoifines ,
en Habit d'Ordonnance , chacune étant
diftinguée par une couleur différente.
Meſſieurs de Meaux ont envoyé
des Députez au devant de chaque
Compagnie , pour les complimenter&
leur marquer les Logemens qui
leur ſont deſtinez. La Compagnie Colonelle
leur a préſenté toutes fortes de
rafraichiſſemens & le Vin n'y a pas
été épargné. Le 29 , toutes les Compagnies
ſe trouvérent ſous les Armes ,
pour aller en Cérémonie entendre la
Meſſe , où M. le Cardinal de Biffi officiera
Solémnellement. M. le Prince de
Soubize ſera à leur Têre , le fils deM.
Bignon Intendant de Paris commandera
la Colonelle & M. le Chevalierde
Bavière celle de Compiegne :
Enſortant de la Métropole , ils feront
un tour de Ville & ſe rendront au
Jeu d'Arquebuze , où M. le Prince de
Soubize tirera le premier coup. ComD'AO
UST.
165
:
me les Prix conſiſtent en pluſieurs
belles Piéces d'argenterie & que le
nombre des Chevaliers eſt conſidérable
, on compte qu'il s'écoulera au
moins quinze jours , avant que d'avoir
emporté le dernier : Il s'y rend de
routes parts une infinité de Curieux &
furtout de Paris . Cette affluence a en.
gagé beaucoup de Marchands étrangers
à loiier des Maiſons, pour y étaller
leur Quincaillerie. Il y aura Comédie
, Bal , Simphonie &c. M. de
la Nouë & ſon Lieutenant - Major
tiendront Tables ouvertes , tant que
durera cette Fête • ... L'Auteur
daMercure prie quelqu'un de Mefſieurs
les Chevaliers, d'avoir la bonté
de lui envo envoyer un Journal de ce qui
s'y ſera palle , avec le nom des Compagnies
qui auront gagné le Prix , & il
ſe fera un plaiſir de l'inférer dans le
mois prochain.
DUJOURNAL
de Paris.
IE16. Mieles Aumoniers du Roy
ont fait leur plainte,pour n'avoir
pas été invité par M. Deſgranges Me
des Ceremonies , à la Proceſſion de
Aoust 1717.
158
LE MERCURE
Notre-Dame. M. le Grand Prevêt a
fait de ſon côté une Proteftation dans
les formes , pour le même ſujer , &
l'a envoyée ſignifier au Me des Céré.
monies. Nous avons déjà dit que M.
le Duc Regent y répreſenta la Perſonne
du Roy ;ce n'eſt pas le premier
exemple où un Prince du Sang
aété traité en Roy, en pareille occa-,
fion. Ily en a un entr'autres ſous Charles
I X. tout ſemblable , en 1570. Ce;
Monarque étant à Monceaux &ne .
pouvant revenir pour ſe trouver à cette,
même Proceffion , y envoya le Duc
de Montpenſier, pour y tenir la place
&y recevoir tous les honneurs dûs
àlaM. R.
Le 17. M. de Fontanieux qui a l'In
tendance des Meubles de la Couronne
, a obtenu pour fon fils la ſurvivance
de cette Charge.
Le 18. M.l'Abbé de Simiane d'Arouere
eſt venu remercier S. A. R. pour
l'Evéché de Saint Paul 3-Châteaux,
auquel il a été nommé par le Roy.
Le 19. M. le Marquis de Mailly
achette le Regiment d'Iſenghien vacant
par la mort de M le Marquis
deMonteſquiou:Ilen a obtenu l'agré
ment.
D'AOUST..
159
:
i
*
Le 20. Mgr le Duc donne une Fête
fuperbe à Chantilly , dont les divertiſſemens
doivent ſe ſuccéder pendant
15.jours : Il s'y eſt rendu un grand
nombre de Seigneurs & de Dames
de la premiere diſtinction.
Le Roy ſe fit tirer le 21. deux
Dents,&il fouffrit conſtamment cette
opération.
M. de S. Aulaire vient de prendre
poſſeſſion du Bailliage de Lyon ,
par un accommodement fait avec M.
de Junnillac ; ce qui détruit tous les
bruits auſquels une Lettre anonime
inferte dans le Mercure d'Octobre
17:56, avoit donné lieu.
Madame l'Ambaſſadrice de Portugal
accoucha le 12 de ce mois dans
fon Hôtel d'un fils qui ſe porte
bien , de même que Madame ſa
mere.
د
Le même jour , les NouveauxEchevins
vinrent apporter le Scrutin au
Roy & lui préterent le ſerment de
fideliré. :
Le 22. ily ût un mouvement dans
les Intendances. M. de Baſville Intendant
de Languedoc , ne pouvant
plus s'appliquer aux affaires à cauſe de
O ij
160 LE MERCURE
:
fon grand âge , a demandé àſe repoſer.
-On envoye en ſa place M. Bouynd'Angervilliers
Intendant de Strasbourg :
Et M. de Harlay de Cely Intendant
de Metz , doit être ſubſtitué à ce dernier
qui ſeraremplacé par M. de Bernages
Intendant d'Amiens : On ne fait
pas encore qui occupera ce dernier
Porte.
MADAME vint le même jour à Paris ;
elle alla l'aprés midi aux Carmelites ;
elle vit la repreſentation de l'Opera
de Venus & d'Adonis, qu'on a remis au
Theâtre depuis huit jours. Les Comédien:
s François qui avoient annoncé
une nouvelle Piece, ne joierent point ;
parce que le feu ayant pris furlesquaite
heures&demie à une maiſon qui
joint leur Hôtel , les épouventa fi fort,
qu'ils ne fongerent qu'à ſe ſauver aufſi
promtement que ceux qui estoient déja
placez , dont l'empreſſement pour
fortir fut fi grand ,qu'il y eut pluſieurs
perſonnes qui coururent riſque d'eſtre
écraſées: Le feu ne dura pas longtems ,
parce que le ſecours des pompes arriva
fort à propos. L'Hôtel des
Comédiens n'a point eſté endommagé
D'AOUST. 161
La Noce de M. Bernard fils de M.
Samuel Bernard , ſe fit le 22 , avec une
magnificence ſurprenante : Il a épousé
Mile de S. Chamant fille du Lieutenant
Général de ce nom , & Niéce de
M. de la Briffe .
Le 23. les Députez des Etats de Languedoc
qui font M. l'Evêque de Commenges
pour le Clergé , M. le Marquis
de S. Suplie pour la Noblefle ,
&M. Rével pour leTiers- Erat , ûrent
à une heure , Audiance du Roy á qui
ils préſenterent le Cahier. Mgt le Ditc
du Maine Gouverneur de la Province ,
& M. le Marquis de la Vrilliere Secretaire
de la même Province , les preſenterent
au Roy. M. l'Evêque de
Commenges porta la parole & fon
difcours fut trés applaudi .
Le 25 , la Fête de S. Loüis , a eſté
célébrée dans la Chapelle, par une
Meſſe baffe & une grande Meſſe enfuite.
Les Peres Carmes , ſuivant la
coûtume,vinrent enProceſſion avec plufieurs
Pains benis : Elle estoit précédée
par 30 des Cent-Suiſſes avec un
Fourier & 30 Gardes du Corps avec
unExempt. La Cour fut trés nombreuſe
te jour là : Les Ambaſſadeurs , Cardi
O iij
162 LE MERCURE
raux & Grands Seigneurs ûrent l'honneur
de ſe preſenter devant le Roy.
Il y ût grande ſimphonie le matin &
àdîner : Sur le ſoir , le Concert annuel
que donne l'Opera pour la Fête du
Roy , fur exécuté dans le jardin des
Tuilleries , avec une grande illumination.
Sur les huit heures & demie du
foir , on tira à l'entrée de la grande
Allée ,un très beau Feu d'Artifice qui
dura prés de trois quarts d'heures ;
le Roy en voyoit l'effet de la Terraſſe,
ſous un Dais.
Le matin , M. l'Abbé Prevoſt Aumonier
de M. le Cardinal de- Noailles
, prêcha au Louvre dans la Chajelle
de l'Académie Françoiſe : II
fatisfit pleinement ſon Auditoire; aprés
quoy l'Academie des Sciences & celle
des Belles - Lettres célébrerent la même
Fête, dans l'Egliſe de l'Oratoire de
S. Honoré : L'aprés midi , l'Académie
Françoiſe fit la diſtribution des Prix
ordinaires : Celui de Proſe fut donné
à M. l'Abbé Colin & celui de Poëfie
à M. Gacon qui avoit preparé un remerciement
en Vers ; mais M. l'Abbé
:de Choiſi le pria de la part de la Compagnie
,de s'en diſpenſer , parce que
رط
D'AOUST.
163
ces ſortes de remerciemens ſont d'un
uſage nouveau que l'on ne veut pas
continuer : On lut enſuite un Diſours
fur l'utilité des Sciences , compofé
par M. de Charé Directeur de l'Académie
de Soiffons, laquelle eſt obligée par
ſes Statuts, d'envoyer aux 40 un tribut
annuel de quelque piece d'éloquence.
L'Inépuiſable M. de la Motte ( felon
l'expreſſion de M. l'Abbé de Choifi)
régala l'Aſſemblée du recit de trois fables
nouvelles , qui furent ſuivies des
applaudiſſemens qu'il s'attire , toutes
les fois qu'il y parle.
Le même jour M. l'Abbé le Vaſſeur
prononça en Latin dans l'Egliſe des
Quinze - Vingts , le Panégerique de S.
Loüis : Il ût pluſieurs Evêques pour
Auditeurs.
Le28 , l'Ouverture du Prix de l'Arquebuze
ſe fit à Meaux Capitale de
la Brie; la Ville de Laon lui ayant
préſenté le Bouquet , il y a cent
ans , jour pour jour. Monfieur de la
Nouë de Rutel Gentil - homme &
Maire de la Ville , eſt Capitaine de
la Compagnie de Meaux , autrement
laColonelle:Elle est compoſée d'environ
120 Chevaliers avec les Offi-
د
164 LE MERCURE -
ciers. Ils font tous en Habits uniformes,
d'un gris blanc bordé d'argent & les
boutonnieres de même ; leurs chapeaux
relevez de Plumets blancs &
de Caucardes de la même couleur.
Ily a auſſi 20 autres Compagnies de
Chevaliers des Villes circonvoifines ,
en Habit d'Ordonnance , chacune étant
diftinguée par une couleur différente.
Meſſieurs de Meaux ont envoyé
des Députez au devant de chaque
Compagnie , pour les complimenter&
leur marquer les Logemens qui
leur ſont deſtinez. La Compagnie Colonelle
leur a préſenté toutes fortes de
rafraichiſſemens & le Vin n'y a pas
été épargné. Le 29 , toutes les Compagnies
ſe trouvérent ſous les Armes ,
pour aller en Cérémonie entendre la
Meſſe , où M. le Cardinal de Biffi officiera
Solémnellement. M. le Prince de
Soubize ſera à leur Têre , le fils deM.
Bignon Intendant de Paris commandera
la Colonelle & M. le Chevalierde
Bavière celle de Compiegne :
Enſortant de la Métropole , ils feront
un tour de Ville & ſe rendront au
Jeu d'Arquebuze , où M. le Prince de
Soubize tirera le premier coup. ComD'AO
UST.
165
:
me les Prix conſiſtent en pluſieurs
belles Piéces d'argenterie & que le
nombre des Chevaliers eſt conſidérable
, on compte qu'il s'écoulera au
moins quinze jours , avant que d'avoir
emporté le dernier : Il s'y rend de
routes parts une infinité de Curieux &
furtout de Paris . Cette affluence a en.
gagé beaucoup de Marchands étrangers
à loiier des Maiſons, pour y étaller
leur Quincaillerie. Il y aura Comédie
, Bal , Simphonie &c. M. de
la Nouë & ſon Lieutenant - Major
tiendront Tables ouvertes , tant que
durera cette Fête • ... L'Auteur
daMercure prie quelqu'un de Mefſieurs
les Chevaliers, d'avoir la bonté
de lui envo envoyer un Journal de ce qui
s'y ſera palle , avec le nom des Compagnies
qui auront gagné le Prix , & il
ſe fera un plaiſir de l'inférer dans le
mois prochain.
Fermer
30
p. 1236-1241
« Le 30 May, vers les 7. heures du soir, le [...] »
Début :
Le 30 May, vers les 7. heures du soir, le [...]
Mots clefs :
Roi, Messe, Château, Musique, Procession, Fête de la Pentecôte, Fête-Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 30 May, vers les 7. heures du soir, le [...] »
Le 30 May , vers les 7. heures du soir ,
le Roi arriva du Château de Compiegne
à Versailles ; S. M. en partit le trois de
ce mois pour retourner à Compiegne.
Le 1.de ce mois , l'Abbé de S. Simon 'D
I. Vol. nommé
JUIN. 1732. 1237
nommé par le Roi à l'Evêché de Noyon ,
fut sacré dans l'Eglise du Noviciat des
Dominicains : la Céremonie fut faite par
l'Archevêque de Rouen , assisté de l'Evêque d'Uzés, et de l'Evêque de Bayeux.
Le Roi Stanislas et la Reine son Epouse , qui ont passé quelque tems à Versailles avec la Reine , en partirent le 23.
pour retourner au Château de Chambort.
M. de Gasville , Intendant de la Généralité de Rouen , ayant demandé au Roi
la permission de se retirer , S. M. a nommé pour le remplacer dans cette Intendance , M. de la Bourdonnaye Me des
Requêtes.
Le 1. de ce mois , Fête de la Pentecôte
le Roi revêtu du grand Collier de l'Ordre du S. Esprit , se rendit à 3. heures du
matinà la Chapelle du Chateau de Versailles , oùS. M. entendit la Messe, et communia les mains de l'Abbé de Suze par
Aumônier du Roy en quartier. l'Evêque
de Perigueux prêta Serment de fidelité
entre les mains du Roy pendant, cette
Messe , après laquelle S. M. toucha un
grand nombre de Malades.
Le même jour , les Chevaliers , Com
I. Vol.
mandeurs
1238 MERCURE DE FRANCE
mandeurs , et Officiers de l'Ordre du S.
Esprit , s'étant rendus vers les 11. heures
du matin dans le Cabinet du Roi , S. M.
tint un Chapitre , dans lequel le Prince
de Conti fut nommé Chevalier. Le Roi
alla ensuite à la Chapelle , étant précedé
du Duc d'Orleans , du Duc de Bourbon
du Comte de Charolois , du Comte de
Clermont , du Duc du Maine , du Prince de Dombes , du Comte d'Eu , du Comte de Toulouse et des Chevaliers , Commandeurs et Officiers de l'Ordre. Le Roi,
devant lequel les deux Huissiers de la
Chambre portoient leurs Masses , étoit
en Manteau , le Collier de l'Ordre par
dessus , ainsi que les Chevaliers. S. M.
entendit la Grand- Messe qui fut célébrée.
par l'Abbé Brosseau , Chapelain ordinaire
de la Chapelle de Musique, et chantée
par la Musique. La Reine accompagnée
des Dames de sa Cour , assista à la même Messe dans sa Tribune.
L'après midy , L. M. entendirent le
Sermon du P. Hericourt , Religieux
Théatin , et ensuite les Vêpres chantées
par la Musique.
Le 2. après la Messe du Roi , le Duc
de Chartres reçut dans la Chapelle du
Château les Céremonies du Baptême , et
il fut nommé Louis-Philippe par le Roi
1. Vol. et
JUI N. 1732. 1239
et la Reine qui furent ses Parain et Maraine. Cette Ceremonie fut faite par
l'Abbé de Bellefons , Aumônier du Roi
en quartier , en présence du Curé de la
Paroisse du Château,
7
Le 12. de ce mois jour de la Fête- Dieu ,
le Roi accompagné du Duc d'Orleans
du Duc de Bourbon , du Prince de Dombes , du Comte d'Eu et du Comte de
Toulouse , se rendit à 1o. heures du matin à l'Eglise de l'Abbaye Royale de saint
Corneille de Compiegne , où S. M. assista à l'Office , à la Grand- Messe , à laquelle
l'Evêque de Soissons officia pontificalement, et ensuite à la Procession. Le R. P.
Dom Jean-Baptiste Alaydon , Superieur
Général de la Congrégation de S. Maur, à
la tête du Clergé de la Ville , eut l'honneur de recevoir et de complimenter le
Roi à l'entrée de l'Eglise. La Cour témoigna être également satisfaite et édifiée de
la dignité avec laquelle les Religieux de
cette Abbaye font l'Office divin et les
ceremonies.
Le jour de la Fête-Dieu , la Procession
de la Paroisse de Versailles , vint , suivant l'usage , à la Chapelle du Château ,
où la Reine s'étoit rendue dans sa Tri1. Vol. I bune.
4240 MERCURE DE FRANCE
bune. S. M. y reçut la bénédiction du
S. Sacrement et , entendit la Messe ensuite. Monseigneur le Dauphin , Monseigneur le Duc d'Anjou et Mesdames de
France , virent passer la Procession des
fenêtres de l'Apartement du Cardinal de
Fleury. Le soir , ainsi que pendant toute
l'Octave , la Reine assista au Salut dans
La Chapelle.
T
Les.Deputez du Parlement qui avoient
reçu les ordres du Roi le 16. de ce mois,
se rendirent le lendemain à Compiegne ,
et M. Portail , Premier Président , étant
à leur tête , ils furent conduits et présentez avec les cérémonies accoutumées à
l'Audience de S. M. qui leur declara sa
volonté
Les Dimanches et les Fêtes , le Roi asşiste au Service Divin le matin et l'aprèsmidy; le Jeudy S. M. ne sort point ; elle
voit jouer à la paume les quatre Maîtres
de Paris qui ont été mandez à Compie
gne ; les autres jours il y a jeu et chasse ,
du Cerfet du Sanglier , alternativement.
Ontrouve cette année une grande quantité de Cerfs et de Biches dans la Forêt
de Compiegne ; on en voit jusqu'à trente
en troupes,ce qui fait que le Roi en prend
Д. Vol. sou-
JUIN 1732 1241
souvent deux de suite. Le soir S.M. soupe avec les Seigneurs de sa Cour.
Le sieur Dedelay de la Garde , Secretaire du Roi et Payeur des rentes , a été
nommé Fermier Géneral à la place de
feu M. de Salins. Ce choix a été univer
sellement approuvé.
Le 19 Juin dernier jour de l'octave
de la Fête- Dieu , les Comédiens Italiens
firent construire un Reposoir à l'entrée
de la rue Françoise à l'occasion de la Procession de la Paroisse S. Sauveur qui passe par le bout de cette rue. Ce Reposoir
étoit orné de riches Tapisseries , décoré
et illuminé d'une maniere très- brillante.
Un chœur de Musique composé de plus
de cinquante personnes , s'étoit rendu
avant la Procession à l'Eglise de S. Sauveur où l'on chanta une Messe solemnelle
en Musique , après laquelle les mêmes
Musiciens se rendirent au Reposoir et se
placerent sur des Tribunes construites exprès à droite et à gauche ; on y chanta
dans le tems que la procession s'y arrêta ,
un tres-beau Motet à grand chœur, con
le Roi arriva du Château de Compiegne
à Versailles ; S. M. en partit le trois de
ce mois pour retourner à Compiegne.
Le 1.de ce mois , l'Abbé de S. Simon 'D
I. Vol. nommé
JUIN. 1732. 1237
nommé par le Roi à l'Evêché de Noyon ,
fut sacré dans l'Eglise du Noviciat des
Dominicains : la Céremonie fut faite par
l'Archevêque de Rouen , assisté de l'Evêque d'Uzés, et de l'Evêque de Bayeux.
Le Roi Stanislas et la Reine son Epouse , qui ont passé quelque tems à Versailles avec la Reine , en partirent le 23.
pour retourner au Château de Chambort.
M. de Gasville , Intendant de la Généralité de Rouen , ayant demandé au Roi
la permission de se retirer , S. M. a nommé pour le remplacer dans cette Intendance , M. de la Bourdonnaye Me des
Requêtes.
Le 1. de ce mois , Fête de la Pentecôte
le Roi revêtu du grand Collier de l'Ordre du S. Esprit , se rendit à 3. heures du
matinà la Chapelle du Chateau de Versailles , oùS. M. entendit la Messe, et communia les mains de l'Abbé de Suze par
Aumônier du Roy en quartier. l'Evêque
de Perigueux prêta Serment de fidelité
entre les mains du Roy pendant, cette
Messe , après laquelle S. M. toucha un
grand nombre de Malades.
Le même jour , les Chevaliers , Com
I. Vol.
mandeurs
1238 MERCURE DE FRANCE
mandeurs , et Officiers de l'Ordre du S.
Esprit , s'étant rendus vers les 11. heures
du matin dans le Cabinet du Roi , S. M.
tint un Chapitre , dans lequel le Prince
de Conti fut nommé Chevalier. Le Roi
alla ensuite à la Chapelle , étant précedé
du Duc d'Orleans , du Duc de Bourbon
du Comte de Charolois , du Comte de
Clermont , du Duc du Maine , du Prince de Dombes , du Comte d'Eu , du Comte de Toulouse et des Chevaliers , Commandeurs et Officiers de l'Ordre. Le Roi,
devant lequel les deux Huissiers de la
Chambre portoient leurs Masses , étoit
en Manteau , le Collier de l'Ordre par
dessus , ainsi que les Chevaliers. S. M.
entendit la Grand- Messe qui fut célébrée.
par l'Abbé Brosseau , Chapelain ordinaire
de la Chapelle de Musique, et chantée
par la Musique. La Reine accompagnée
des Dames de sa Cour , assista à la même Messe dans sa Tribune.
L'après midy , L. M. entendirent le
Sermon du P. Hericourt , Religieux
Théatin , et ensuite les Vêpres chantées
par la Musique.
Le 2. après la Messe du Roi , le Duc
de Chartres reçut dans la Chapelle du
Château les Céremonies du Baptême , et
il fut nommé Louis-Philippe par le Roi
1. Vol. et
JUI N. 1732. 1239
et la Reine qui furent ses Parain et Maraine. Cette Ceremonie fut faite par
l'Abbé de Bellefons , Aumônier du Roi
en quartier , en présence du Curé de la
Paroisse du Château,
7
Le 12. de ce mois jour de la Fête- Dieu ,
le Roi accompagné du Duc d'Orleans
du Duc de Bourbon , du Prince de Dombes , du Comte d'Eu et du Comte de
Toulouse , se rendit à 1o. heures du matin à l'Eglise de l'Abbaye Royale de saint
Corneille de Compiegne , où S. M. assista à l'Office , à la Grand- Messe , à laquelle
l'Evêque de Soissons officia pontificalement, et ensuite à la Procession. Le R. P.
Dom Jean-Baptiste Alaydon , Superieur
Général de la Congrégation de S. Maur, à
la tête du Clergé de la Ville , eut l'honneur de recevoir et de complimenter le
Roi à l'entrée de l'Eglise. La Cour témoigna être également satisfaite et édifiée de
la dignité avec laquelle les Religieux de
cette Abbaye font l'Office divin et les
ceremonies.
Le jour de la Fête-Dieu , la Procession
de la Paroisse de Versailles , vint , suivant l'usage , à la Chapelle du Château ,
où la Reine s'étoit rendue dans sa Tri1. Vol. I bune.
4240 MERCURE DE FRANCE
bune. S. M. y reçut la bénédiction du
S. Sacrement et , entendit la Messe ensuite. Monseigneur le Dauphin , Monseigneur le Duc d'Anjou et Mesdames de
France , virent passer la Procession des
fenêtres de l'Apartement du Cardinal de
Fleury. Le soir , ainsi que pendant toute
l'Octave , la Reine assista au Salut dans
La Chapelle.
T
Les.Deputez du Parlement qui avoient
reçu les ordres du Roi le 16. de ce mois,
se rendirent le lendemain à Compiegne ,
et M. Portail , Premier Président , étant
à leur tête , ils furent conduits et présentez avec les cérémonies accoutumées à
l'Audience de S. M. qui leur declara sa
volonté
Les Dimanches et les Fêtes , le Roi asşiste au Service Divin le matin et l'aprèsmidy; le Jeudy S. M. ne sort point ; elle
voit jouer à la paume les quatre Maîtres
de Paris qui ont été mandez à Compie
gne ; les autres jours il y a jeu et chasse ,
du Cerfet du Sanglier , alternativement.
Ontrouve cette année une grande quantité de Cerfs et de Biches dans la Forêt
de Compiegne ; on en voit jusqu'à trente
en troupes,ce qui fait que le Roi en prend
Д. Vol. sou-
JUIN 1732 1241
souvent deux de suite. Le soir S.M. soupe avec les Seigneurs de sa Cour.
Le sieur Dedelay de la Garde , Secretaire du Roi et Payeur des rentes , a été
nommé Fermier Géneral à la place de
feu M. de Salins. Ce choix a été univer
sellement approuvé.
Le 19 Juin dernier jour de l'octave
de la Fête- Dieu , les Comédiens Italiens
firent construire un Reposoir à l'entrée
de la rue Françoise à l'occasion de la Procession de la Paroisse S. Sauveur qui passe par le bout de cette rue. Ce Reposoir
étoit orné de riches Tapisseries , décoré
et illuminé d'une maniere très- brillante.
Un chœur de Musique composé de plus
de cinquante personnes , s'étoit rendu
avant la Procession à l'Eglise de S. Sauveur où l'on chanta une Messe solemnelle
en Musique , après laquelle les mêmes
Musiciens se rendirent au Reposoir et se
placerent sur des Tribunes construites exprès à droite et à gauche ; on y chanta
dans le tems que la procession s'y arrêta ,
un tres-beau Motet à grand chœur, con
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Résumé : « Le 30 May, vers les 7. heures du soir, le [...] »
En juin 1732, le roi séjourna à Versailles du 30 mai au 3 juin, avant de retourner au Château de Compiègne. Le 1er juin, l'Abbé de Saint-Simon fut nommé et sacré évêque de Noyon par l'archevêque de Rouen, assisté des évêques d'Uzès et de Bayeux. Le roi Stanislas et la reine quittèrent Versailles le 23 juin pour le Château de Chambord. M. de Gasville, intendant de la généralité de Rouen, fut remplacé par M. de la Bourdonnaye. Le 1er juin, jour de la Pentecôte, le roi, portant le grand collier de l'Ordre du Saint-Esprit, assista à la messe et communia. L'évêque de Périgueux prêta serment de fidélité, et le roi toucha un grand nombre de malades. Le prince de Conti fut nommé chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit lors d'un chapitre royal. Le duc de Chartres reçut les cérémonies du baptême et fut nommé Louis-Philippe par le roi et la reine. Le 12 juin, jour de la Fête-Dieu, le roi se rendit à l'abbaye royale de Saint-Corneille de Compiègne pour l'office et la procession. La reine reçut la bénédiction du Saint-Sacrement à la chapelle du château de Versailles. Les députés du Parlement reçurent les ordres du roi et se rendirent à Compiègne pour une audience. Le roi participait aux services divins les dimanches et fêtes, jouait à la paume le jeudi, et chassait les autres jours. Une grande quantité de cerfs et de biches fut observée dans la forêt de Compiègne. Le sieur Dedelay de la Garde fut nommé fermier général à la place de M. de Salins. Le 19 juin, les comédiens italiens construisirent un reposoir pour la procession de la paroisse Saint-Sauveur, orné de riches tapisseries et illuminé de manière brillante.
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31
p. 1654-1658
CEREMONIE Anniversaire, faite le jour de la Fête-Dieu à Vernon en Normandie. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville le 20. Juin 1732.
Début :
Voici, Monsieur, un narré fidele de la Cérémonie qui se fait [...]
Mots clefs :
Cérémonie, Fête-Dieu, Vernon, Notre-Dame de Grâce, Procession, Messe
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texteReconnaissance textuelle : CEREMONIE Anniversaire, faite le jour de la Fête-Dieu à Vernon en Normandie. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville le 20. Juin 1732.
CEREMONIE Anniversaire , faite le
jour de la Fête-Dieu à Vernon en Normandie. Extrait d'une Lettre écrite de
cette Ville le 20. Juin 1732.
V
oici , Monsieur , un narré fidele de
la Cérémonie qui se fait tous les ans
dans cette Ville , et dont vous n'avez entendu parler que confusément. Nous
avons ici , comme dans presque toutes les
Villes de cette Province , une Confrerie ,
dite de la Charité , dont les membres , au
nombre de treize , s'engagent à porter et
JUILLE 1. 1732. 1655
servent que
à enterrer les Morts gratuitement. Le Chef
de cette Societé est tiré au sort et nommé
le Roi ; il y a aussi deux Officiers nommez Senechaux , lesquels , avec le Roi , ne
durant une année , les autres
servent deux ans entiers ; ensorte qu'il
faut toutes les années proceder à une nouvelle Election , tant pour les trois personnes dont on vient de parler , que pour
remplir le nombre des Confreres qui peu
vent déceder pendant leur éxercice ; c'est
ce qui se fait dans l'Octave du S. Sacrement , ordinairement le Vendredy ; on
enregistre d'abord les noms de ceux qui
se présentent pour entrer dans la Confrerie , et le Lundi suivant ils vont tous en
Pélerinage à Notre- Dame de Grace , dévotion célebre à deux lieuës de 11 Ville :
c'est-là qu'après la Messe entenduë , le
Roi est tiré au sort : pour les Senechaux
c'est un Office qui s'achette au profit de
la Confrerie. Le jour suivant ils s'assemblent tous et le Curé de Notre - Dame, ou
son Vicaire , leur fait une Exhortation au
*sujet de leurs obligations , de leurs fonc- tions , & c.
Les Officiers en Charge vont tous les
ans en céremonie, la veille de la Fête- Dieu,
prendre un des anciens Confreres , selon
son tour et son rang , qu'on appelle l: Roj
I ij des
1656 MERCURE DE FRANCE
des Rois , ou le Roi des anciens Rois , et
ils le conduisent de son logis à l'Eglise de
Notre- Dame , où il assiste avec eux aux
premieres Vêpres , et à Matines , et le
tendemain à la Grand Messe , et tout de
suite à la Procession solemnelle du S. Sacrement , suivant immédiatement le Dais
et portant une couronne à la main. Ceux
qui l'accompagnent et les anciens Rois
c'est-à-dire , tous ceux qui ont porté le
Chapperon , marque de cette dignité ,
portent des flambeaux ornez de fleurs
et sont en habit ordinaire , il n'y a que
ceux qui servent actuellement qui portent
la Robe longue de la Confrerie.
La Procession finie et la Messe , qui se
célebre au retour , étant dite , on reconduit le Roi des Rois chez lui , où toute
la Confrerie dîne .
Mais avant que de se mettre à table , ils
sont obligez d'aller servir douze Pauvres ,
dont le couvert est mis sur une Table
dressée dans la rue , à la porte de la maison du Roi. Ce Repas consiste en un porage , en bouilli , en rôti , avec une bouteille de vin pour chaque Pauvre , qui
leur est versé par les Confreres. Ceux- ci
sont debout autour de la Table , et la serviette sur le bras , et le Roi est au bout
de la même Table , aussi debout , la Cou
tonne sur la tête.
JUILLET. 1732 1657
Le Jeudi , jour de l'Octave , on distribue encore un gros pain à douze autres
Pauvres , chacun le sien ; ce sont les Freres en exercice qui font cette derniere distribution , le tout aux dépens d'une fondation , dont je ne sçai ni l'époque , ni le
nom de l'Auteur.
Ne vous attendez pas non plus , Monsieur , que je vous dise ici quelque chose
sur la premiere institution de cette pieuse
Confrerie ; nous ne sommes pas si sçavans dans ce Canton. Je crois qu'on peut
la faire remonter aussi haut que l'on voudra , et lui donner même pour Instituteur,
du moins pour premier modele et pour
Patron le saint homme Tobie. Le Peintre
du grand Tableau , dont vous me parlez ,
qui se voit dans l'Eglise Paroissiale de Louviers , à quatre lieuës d'ici , étoit bien
persuadé de son antiquité , puisqu'il fait
assister des Confreres de la Charité , à ge
noux , en habit de céremonie , autour du
Lit de la Sainte Vierge , dont il a prétendu representer le Trépas et les Obseques ,
avec un Benitier aux pieds , &c.
,
J'ajoûterai à cela , puisque vous êtes curieux de nos Cérémonies , que les Cha→
noines de notre Collegiale ont choisi pour
leur Patron S. Barnabé. On chante le jour
de la Fête une Messe des plus solemnelI iij les ,
1658 MERCURE DE FRANCE
les , à laquelle assistent tous les Officiers ,
tant Ecclésiastiques , que Laïques. A l'Offertoire , les hauts Vicaires présentent à
chacun de ces Officiers une Couronne et
un Bouquet de fleurs. Le Diacre même et
le Soudiacre quittent l'Autel pour satisfaire à cette obligation. Je dis obligation ,
car ces Messieurs ayant voulu se dispenser
il y a quelquetems de la cérémonie
formé pour cela, une Instance au Parlement , les Officiers ont été maintenus dans
la possession de ce droit par un Arrêt contradictoire.
jour de la Fête-Dieu à Vernon en Normandie. Extrait d'une Lettre écrite de
cette Ville le 20. Juin 1732.
V
oici , Monsieur , un narré fidele de
la Cérémonie qui se fait tous les ans
dans cette Ville , et dont vous n'avez entendu parler que confusément. Nous
avons ici , comme dans presque toutes les
Villes de cette Province , une Confrerie ,
dite de la Charité , dont les membres , au
nombre de treize , s'engagent à porter et
JUILLE 1. 1732. 1655
servent que
à enterrer les Morts gratuitement. Le Chef
de cette Societé est tiré au sort et nommé
le Roi ; il y a aussi deux Officiers nommez Senechaux , lesquels , avec le Roi , ne
durant une année , les autres
servent deux ans entiers ; ensorte qu'il
faut toutes les années proceder à une nouvelle Election , tant pour les trois personnes dont on vient de parler , que pour
remplir le nombre des Confreres qui peu
vent déceder pendant leur éxercice ; c'est
ce qui se fait dans l'Octave du S. Sacrement , ordinairement le Vendredy ; on
enregistre d'abord les noms de ceux qui
se présentent pour entrer dans la Confrerie , et le Lundi suivant ils vont tous en
Pélerinage à Notre- Dame de Grace , dévotion célebre à deux lieuës de 11 Ville :
c'est-là qu'après la Messe entenduë , le
Roi est tiré au sort : pour les Senechaux
c'est un Office qui s'achette au profit de
la Confrerie. Le jour suivant ils s'assemblent tous et le Curé de Notre - Dame, ou
son Vicaire , leur fait une Exhortation au
*sujet de leurs obligations , de leurs fonc- tions , & c.
Les Officiers en Charge vont tous les
ans en céremonie, la veille de la Fête- Dieu,
prendre un des anciens Confreres , selon
son tour et son rang , qu'on appelle l: Roj
I ij des
1656 MERCURE DE FRANCE
des Rois , ou le Roi des anciens Rois , et
ils le conduisent de son logis à l'Eglise de
Notre- Dame , où il assiste avec eux aux
premieres Vêpres , et à Matines , et le
tendemain à la Grand Messe , et tout de
suite à la Procession solemnelle du S. Sacrement , suivant immédiatement le Dais
et portant une couronne à la main. Ceux
qui l'accompagnent et les anciens Rois
c'est-à-dire , tous ceux qui ont porté le
Chapperon , marque de cette dignité ,
portent des flambeaux ornez de fleurs
et sont en habit ordinaire , il n'y a que
ceux qui servent actuellement qui portent
la Robe longue de la Confrerie.
La Procession finie et la Messe , qui se
célebre au retour , étant dite , on reconduit le Roi des Rois chez lui , où toute
la Confrerie dîne .
Mais avant que de se mettre à table , ils
sont obligez d'aller servir douze Pauvres ,
dont le couvert est mis sur une Table
dressée dans la rue , à la porte de la maison du Roi. Ce Repas consiste en un porage , en bouilli , en rôti , avec une bouteille de vin pour chaque Pauvre , qui
leur est versé par les Confreres. Ceux- ci
sont debout autour de la Table , et la serviette sur le bras , et le Roi est au bout
de la même Table , aussi debout , la Cou
tonne sur la tête.
JUILLET. 1732 1657
Le Jeudi , jour de l'Octave , on distribue encore un gros pain à douze autres
Pauvres , chacun le sien ; ce sont les Freres en exercice qui font cette derniere distribution , le tout aux dépens d'une fondation , dont je ne sçai ni l'époque , ni le
nom de l'Auteur.
Ne vous attendez pas non plus , Monsieur , que je vous dise ici quelque chose
sur la premiere institution de cette pieuse
Confrerie ; nous ne sommes pas si sçavans dans ce Canton. Je crois qu'on peut
la faire remonter aussi haut que l'on voudra , et lui donner même pour Instituteur,
du moins pour premier modele et pour
Patron le saint homme Tobie. Le Peintre
du grand Tableau , dont vous me parlez ,
qui se voit dans l'Eglise Paroissiale de Louviers , à quatre lieuës d'ici , étoit bien
persuadé de son antiquité , puisqu'il fait
assister des Confreres de la Charité , à ge
noux , en habit de céremonie , autour du
Lit de la Sainte Vierge , dont il a prétendu representer le Trépas et les Obseques ,
avec un Benitier aux pieds , &c.
,
J'ajoûterai à cela , puisque vous êtes curieux de nos Cérémonies , que les Cha→
noines de notre Collegiale ont choisi pour
leur Patron S. Barnabé. On chante le jour
de la Fête une Messe des plus solemnelI iij les ,
1658 MERCURE DE FRANCE
les , à laquelle assistent tous les Officiers ,
tant Ecclésiastiques , que Laïques. A l'Offertoire , les hauts Vicaires présentent à
chacun de ces Officiers une Couronne et
un Bouquet de fleurs. Le Diacre même et
le Soudiacre quittent l'Autel pour satisfaire à cette obligation. Je dis obligation ,
car ces Messieurs ayant voulu se dispenser
il y a quelquetems de la cérémonie
formé pour cela, une Instance au Parlement , les Officiers ont été maintenus dans
la possession de ce droit par un Arrêt contradictoire.
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Résumé : CEREMONIE Anniversaire, faite le jour de la Fête-Dieu à Vernon en Normandie. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville le 20. Juin 1732.
Le texte relate une cérémonie annuelle célébrée à Vernon en Normandie à l'occasion de la Fête-Dieu, décrite dans une lettre datée du 20 juin 1732. Cette cérémonie est organisée par une confrérie de la Charité, composée de treize membres qui s'engagent à enterrer gratuitement les morts. Chaque année, un chef, appelé le Roi, et deux officiers, les Sénéchaux, sont élus par tirage au sort ou achat de charge. La cérémonie commence par un pèlerinage à Notre-Dame de Grace, suivi d'une exhortation par le curé ou son vicaire. La veille de la Fête-Dieu, les officiers accompagnent un ancien confrère, appelé le Roi des Rois, à l'église pour les vêpres, matines et la grand-messe, puis à la procession solennelle du Saint-Sacrement. Après la procession, ils reconduisent le Roi des Rois chez lui, où ils dînent ensemble après avoir servi douze pauvres dans la rue. Le jeudi suivant, douze autres pauvres reçoivent un pain, distribué par les frères en exercice. Le texte mentionne également que les chanoines de la collégiale de Vernon ont choisi saint Barnabé comme patron et célèbrent une messe solennelle à laquelle assistent divers officiers, qui reçoivent des couronnes et des bouquets de fleurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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32
p. 1877-1881
CEREMONIE faite dans l'Eglise Paroissiale de S. Sulpice, à l'occasion de la Premiere Pierre du grand Autel posée par M. le Nonce au nom du Pate Clement XII. le 21. de ce mois.
Début :
Cette Ceremonie a été des plus magnifiques, tant par le grand nombre de Seigneurs et de [...]
Mots clefs :
Cérémonie, Église paroissiale de Saint-Sulpice, Autel, Pierre, Nonce du Pape, Ambassadeur, Procession, Clergé, Messe, Inscription
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texteReconnaissance textuelle : CEREMONIE faite dans l'Eglise Paroissiale de S. Sulpice, à l'occasion de la Premiere Pierre du grand Autel posée par M. le Nonce au nom du Pate Clement XII. le 21. de ce mois.
CEREMONIE faite dans l'Eglise
Paroissiale de S. Sulpice , à l'occasion
de la Premiere Pierre du grand Autel
posée par M. le Nonce au nom du Pate
Clement XII. le 21. de ce mois.
Ette Ceremonie a été des plus magnifiques ,
stant par le grand nombre de Seigneurs et de
Dames qui y ont assisté , que par l'ordre qui a
été observé. Trois cent hommes du Guet à pied
étoient en armes au- dehors de l'Eglise , pour em pêcher les embarras des Carrosses , et il y avoit
dans l'interieur cent Cavaliers du Guet, comman
dez leurs Officiers , et cent. Suisses par tenir le bon ordre.
pour mainLe Nonce du Pape étoit attendu au Presbytere,
dans une Sale ornée et préparée pour le recevoin
Son Excellence arriva vers les dix heures , préce
dée de ses Valets de pied , accompagnée des Sci- greurs étrangers , et suivie de tous les Officiers
de sa Maison qui avoient servi à son Entrée pu
blique. Elle fut saluée d'une grande décharge de
Boetes, att son des Tambours, Timbales et Trompettes , et reçue à la descente de son Carosse par
M.le Curé et par les Marguilliers de la Paroisse,
à la tête desquels étoit le Comte de S. Florentia
Secretaire d'Etat , en l'absence de M. le Comte
de Maurepas , premier Marguillier d'honneur ,
qui s'étoit trouvé indisposé. M. le Nonce fut con
duit dans la Sale destinée à le recevoir ; il y étoit
attendu par l'Ambassadeur du Roy de Sardaigue,
par
1878 MERCURE DE FRANCE
par l'Ambassadeur de la République de Venise ,
par le Comte de Gergy's Ambassadeur de France
Venise , par plusieurs autres Ministres des Cours
Etrangeres et par un grand nombre de Selgneurs du Royaume , invitez à la Ceremonie.
Au moment de son arrivée , la Procession commença à sortir de l'Eglise par la porte collaterale,
située au Midy, pour rentrer par la grande porte.
Voici l'ordre qui s'y observa.
A la tête étoient les Timbales , Trompettes ,
Hautbois et Bassons ; on voyoit ensuite la grande
Baniere de la Paroisse , suivie de tous les Ouvriers 'servant à la construction du Bâtiment , en trèsgrand nombre , portant tous à la immain,la marque distinctive de leur Profession ; ils étoient conduits par les Maîtres , les Contre- Maitres er
les Appareilleurs. Le sieur Servandoni , des Académies Royales de Peinture, Sculpture et Architecture , premier Architecte de S. Sulpice , mar- choit à leur tête. e
Au milieu d'eux les Marbriers , avec des bricolles couvertes de rubans portoient sur un bran
card , orné d'un Tapis de velours , la Premiere
Pierre , parée de Guirlandes de fleurs , et de rubans; après eux marchoient les Congregations
et les Confrairies,avec leurs étendarts et Guidons.
Tout le Clergé en surplis venoit ensuite au nombre de plus de 300. chantant des Pseaumes à deux
Chœurs. ,,,
La Procession ayant passé dans cet ordre devant le Presbytere, M. le Curé en Etole et en Chape , en fit la clôture. Alors M. le Nonce, précedé de toute sa Livrée , suivi de tous ses Oraciers et
accompagné de M le Comte de S Florentin , des
Marguilliers , des Ambassadeurs de Sardaigne et
de Venise, du Comte de Gergy et des autres Mi mistres
A O UST. 1732 1879
nistres Etrangers et Seigneurs, sortit du Presby- tere pour suivre la Procession. On arriva ainsi à
l'Eglise qui avoit été disposée avec toute la noblesse et toute la magnificence possible , ce qui
offroit aux Spectateurs une décoration des plus
superbes , laquelle subsista sans aucun trouble ni
dérangement , malgré l'affluence et le concours
infini du Peuple empressé de voir cette auguste solemnité.
Les Confrairies allerent prendre les places qui
leur avoient été marquées , et les Congregations
placerent à l'entrée du Chœur leurs Bannieres, qui
furent admirées de toute l'Assemblée , plus encore par le goût que par la richesse de l'ouvrage.
Le Clergé se rangea sur deux lignes paralleles
dans la grand- Nef; M. le Curé se tenant au mi- fieu , présenta l'Eau-benite à M. le Nonce et en- suite lui offrit à baiser une Croix de Cristal de
Roche , d'un ouvrage parfait , dans laquelle on conserve une précieuse portion de la vraye Croix.
S. E. s'étant mise à genoux sur un riche Caradora le Crucifix ; puis s'étant relevée ,
M. le Curé lui fit un compliment dont elle pa- rut très-satisfaite.
reau ,
De-là elle fut conduite à un Prie-Dieu , couvert d'un superbe Tapis , placé devant un Autel
que l'on avoit dressé entre la Nef et le Chœur ,
il étoit orné d'un grand nombre de Chandeliers et de Girandoles de Cristal. Aux côtez du Nonçe
se placerent les Ambassadeurs , les Ministres
Etrangers , et les autres Seigneurs dans des Fauteuils préparez , avec des Carreaux de velours à
Galons d'or. M. le Comte de S. Florentin et les
Marguilliers prirent leurs places dans l'Euvre ,
qui étoit parée de Tapis de velours et de Carreaux chamarez d'or;toute la suite de S. E. et
des
1880 MERCURE DE FRANCE
des autres Ministres et Seigneurs,, se rangea dans lá Nef.
Des deux côtez de l'Autel on avoit disposé
une grande quantité de Chaises de Tapisserie , et
ce fut- là que l'on plaça les Personnes de distinction , de l'un et de l'autre sexe , qui s'y trouverent en grand nombre. Plus loin, dans le Sanctuaire , les Ecclesiastiques en Manteau, et les Religieux de différens Ordres.
Il y avoit en dehors de chaque Arcade de la
Nef une Barriere de Suisses , et en dedans un
rang de Cavaliers du Guet , pour empêcher le
peuple , qui remplissoit les bas côtez et la croisée
de ce grand et superbe Edifice , de causer de la
confusion , et cette double Barriere étoit continuće depuis la grande Porte jusques au Chœur.
Pendant que chacun prenoit la place qui lui
étoit destinée , on entendoit un Concert d'Ins
trumens, choisis de toute espece.
Le Clergé ayant défilé sur deux lignes , poar
se rendre dans le Choeur , dès qu'il y fut rangé ,
on commença la Messe ; pendant laquelle il fut
chanté un Motet de M. Campra , avec une Symphonie de M. Clerambault , Organiste et Maître
de Musique de S. Sulpice.
La Messe finie , M. le Nonce , précédé des -
Prêtres de la Paroisse , qui portoient dans des
Vases précieux les differens Instrumens qui de- voient servir à la Cérémonie , alla poser ia premiere Pierre. S. E. mit dans un Coffre de Marbre,
creusé exprès , des Médaillons d'or , d'argent et
de bronze, que le Pape avoit envoyez ; ils étoient
portez dans une Jatte d'Agathe , montée en for
d'un ouvrage exquis ; le Marbre fut ensuite sceité
er mis sous la premiere Pierre , sur laquelle est
gravée en Lettres d'or , l'Inscription qui suit :
CLE
A OUST 1732.
CLEMENS PAPA XII . PER RAINERIUM
COMITIBUS DE ILCIO ARCHIEPISCOPUM RнODIENSEM NUNCIUM APOSTOLICUM , LAPIDEM
HUNC ALTARIS SANCTI PRIMARIUM POSULT
XXI AUGUSTI. ANNO M. DCC. XXXII.
Pendant tout le temps de cette Cérémonie , les
Instrumens continuerent de donner une Symphonie qui fut generalement goutée. Lorsque la
Pierre fut posée , M. le Curé accompagna M. le
Nonce , M. le Comte de S. Florentin , et plusieurs autres Seigneurs dans la nouvelle Sacristie; ils y admirerent tous les Tableaux dont elle est ornée , qui sont des plus grands Maîtres , la.
Menuiserie qui est d'un gout achevé , et le Lavoir tout incrusté de Marbre , dont la Cuvette.
est un ancien Tombeau de Marbre d'Egypte ,
d'un grand prix.- -
Ensuite le Clergé s'étant rangé sur deux lignes dans la Nef, S. E. sortit de l'Eglise et fut conduite jusques à son Carosse , par M. le Curé ,
M. le Comte de S. Florentin , et Mrs les Marguilliers , au bruit des Tambours , Timballes et
Trompettes , et la Cérémonie fut terminée par
- des aumônes que M. le Curé fit distribuer abondament à tous les Pauvres , qui s'y trouvèrent en
tres- grand nombre.
Paroissiale de S. Sulpice , à l'occasion
de la Premiere Pierre du grand Autel
posée par M. le Nonce au nom du Pate
Clement XII. le 21. de ce mois.
Ette Ceremonie a été des plus magnifiques ,
stant par le grand nombre de Seigneurs et de
Dames qui y ont assisté , que par l'ordre qui a
été observé. Trois cent hommes du Guet à pied
étoient en armes au- dehors de l'Eglise , pour em pêcher les embarras des Carrosses , et il y avoit
dans l'interieur cent Cavaliers du Guet, comman
dez leurs Officiers , et cent. Suisses par tenir le bon ordre.
pour mainLe Nonce du Pape étoit attendu au Presbytere,
dans une Sale ornée et préparée pour le recevoin
Son Excellence arriva vers les dix heures , préce
dée de ses Valets de pied , accompagnée des Sci- greurs étrangers , et suivie de tous les Officiers
de sa Maison qui avoient servi à son Entrée pu
blique. Elle fut saluée d'une grande décharge de
Boetes, att son des Tambours, Timbales et Trompettes , et reçue à la descente de son Carosse par
M.le Curé et par les Marguilliers de la Paroisse,
à la tête desquels étoit le Comte de S. Florentia
Secretaire d'Etat , en l'absence de M. le Comte
de Maurepas , premier Marguillier d'honneur ,
qui s'étoit trouvé indisposé. M. le Nonce fut con
duit dans la Sale destinée à le recevoir ; il y étoit
attendu par l'Ambassadeur du Roy de Sardaigue,
par
1878 MERCURE DE FRANCE
par l'Ambassadeur de la République de Venise ,
par le Comte de Gergy's Ambassadeur de France
Venise , par plusieurs autres Ministres des Cours
Etrangeres et par un grand nombre de Selgneurs du Royaume , invitez à la Ceremonie.
Au moment de son arrivée , la Procession commença à sortir de l'Eglise par la porte collaterale,
située au Midy, pour rentrer par la grande porte.
Voici l'ordre qui s'y observa.
A la tête étoient les Timbales , Trompettes ,
Hautbois et Bassons ; on voyoit ensuite la grande
Baniere de la Paroisse , suivie de tous les Ouvriers 'servant à la construction du Bâtiment , en trèsgrand nombre , portant tous à la immain,la marque distinctive de leur Profession ; ils étoient conduits par les Maîtres , les Contre- Maitres er
les Appareilleurs. Le sieur Servandoni , des Académies Royales de Peinture, Sculpture et Architecture , premier Architecte de S. Sulpice , mar- choit à leur tête. e
Au milieu d'eux les Marbriers , avec des bricolles couvertes de rubans portoient sur un bran
card , orné d'un Tapis de velours , la Premiere
Pierre , parée de Guirlandes de fleurs , et de rubans; après eux marchoient les Congregations
et les Confrairies,avec leurs étendarts et Guidons.
Tout le Clergé en surplis venoit ensuite au nombre de plus de 300. chantant des Pseaumes à deux
Chœurs. ,,,
La Procession ayant passé dans cet ordre devant le Presbytere, M. le Curé en Etole et en Chape , en fit la clôture. Alors M. le Nonce, précedé de toute sa Livrée , suivi de tous ses Oraciers et
accompagné de M le Comte de S Florentin , des
Marguilliers , des Ambassadeurs de Sardaigne et
de Venise, du Comte de Gergy et des autres Mi mistres
A O UST. 1732 1879
nistres Etrangers et Seigneurs, sortit du Presby- tere pour suivre la Procession. On arriva ainsi à
l'Eglise qui avoit été disposée avec toute la noblesse et toute la magnificence possible , ce qui
offroit aux Spectateurs une décoration des plus
superbes , laquelle subsista sans aucun trouble ni
dérangement , malgré l'affluence et le concours
infini du Peuple empressé de voir cette auguste solemnité.
Les Confrairies allerent prendre les places qui
leur avoient été marquées , et les Congregations
placerent à l'entrée du Chœur leurs Bannieres, qui
furent admirées de toute l'Assemblée , plus encore par le goût que par la richesse de l'ouvrage.
Le Clergé se rangea sur deux lignes paralleles
dans la grand- Nef; M. le Curé se tenant au mi- fieu , présenta l'Eau-benite à M. le Nonce et en- suite lui offrit à baiser une Croix de Cristal de
Roche , d'un ouvrage parfait , dans laquelle on conserve une précieuse portion de la vraye Croix.
S. E. s'étant mise à genoux sur un riche Caradora le Crucifix ; puis s'étant relevée ,
M. le Curé lui fit un compliment dont elle pa- rut très-satisfaite.
reau ,
De-là elle fut conduite à un Prie-Dieu , couvert d'un superbe Tapis , placé devant un Autel
que l'on avoit dressé entre la Nef et le Chœur ,
il étoit orné d'un grand nombre de Chandeliers et de Girandoles de Cristal. Aux côtez du Nonçe
se placerent les Ambassadeurs , les Ministres
Etrangers , et les autres Seigneurs dans des Fauteuils préparez , avec des Carreaux de velours à
Galons d'or. M. le Comte de S. Florentin et les
Marguilliers prirent leurs places dans l'Euvre ,
qui étoit parée de Tapis de velours et de Carreaux chamarez d'or;toute la suite de S. E. et
des
1880 MERCURE DE FRANCE
des autres Ministres et Seigneurs,, se rangea dans lá Nef.
Des deux côtez de l'Autel on avoit disposé
une grande quantité de Chaises de Tapisserie , et
ce fut- là que l'on plaça les Personnes de distinction , de l'un et de l'autre sexe , qui s'y trouverent en grand nombre. Plus loin, dans le Sanctuaire , les Ecclesiastiques en Manteau, et les Religieux de différens Ordres.
Il y avoit en dehors de chaque Arcade de la
Nef une Barriere de Suisses , et en dedans un
rang de Cavaliers du Guet , pour empêcher le
peuple , qui remplissoit les bas côtez et la croisée
de ce grand et superbe Edifice , de causer de la
confusion , et cette double Barriere étoit continuće depuis la grande Porte jusques au Chœur.
Pendant que chacun prenoit la place qui lui
étoit destinée , on entendoit un Concert d'Ins
trumens, choisis de toute espece.
Le Clergé ayant défilé sur deux lignes , poar
se rendre dans le Choeur , dès qu'il y fut rangé ,
on commença la Messe ; pendant laquelle il fut
chanté un Motet de M. Campra , avec une Symphonie de M. Clerambault , Organiste et Maître
de Musique de S. Sulpice.
La Messe finie , M. le Nonce , précédé des -
Prêtres de la Paroisse , qui portoient dans des
Vases précieux les differens Instrumens qui de- voient servir à la Cérémonie , alla poser ia premiere Pierre. S. E. mit dans un Coffre de Marbre,
creusé exprès , des Médaillons d'or , d'argent et
de bronze, que le Pape avoit envoyez ; ils étoient
portez dans une Jatte d'Agathe , montée en for
d'un ouvrage exquis ; le Marbre fut ensuite sceité
er mis sous la premiere Pierre , sur laquelle est
gravée en Lettres d'or , l'Inscription qui suit :
CLE
A OUST 1732.
CLEMENS PAPA XII . PER RAINERIUM
COMITIBUS DE ILCIO ARCHIEPISCOPUM RнODIENSEM NUNCIUM APOSTOLICUM , LAPIDEM
HUNC ALTARIS SANCTI PRIMARIUM POSULT
XXI AUGUSTI. ANNO M. DCC. XXXII.
Pendant tout le temps de cette Cérémonie , les
Instrumens continuerent de donner une Symphonie qui fut generalement goutée. Lorsque la
Pierre fut posée , M. le Curé accompagna M. le
Nonce , M. le Comte de S. Florentin , et plusieurs autres Seigneurs dans la nouvelle Sacristie; ils y admirerent tous les Tableaux dont elle est ornée , qui sont des plus grands Maîtres , la.
Menuiserie qui est d'un gout achevé , et le Lavoir tout incrusté de Marbre , dont la Cuvette.
est un ancien Tombeau de Marbre d'Egypte ,
d'un grand prix.- -
Ensuite le Clergé s'étant rangé sur deux lignes dans la Nef, S. E. sortit de l'Eglise et fut conduite jusques à son Carosse , par M. le Curé ,
M. le Comte de S. Florentin , et Mrs les Marguilliers , au bruit des Tambours , Timballes et
Trompettes , et la Cérémonie fut terminée par
- des aumônes que M. le Curé fit distribuer abondament à tous les Pauvres , qui s'y trouvèrent en
tres- grand nombre.
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Résumé : CEREMONIE faite dans l'Eglise Paroissiale de S. Sulpice, à l'occasion de la Premiere Pierre du grand Autel posée par M. le Nonce au nom du Pate Clement XII. le 21. de ce mois.
Le 21 du mois, une cérémonie solennelle a eu lieu dans l'église paroissiale de Saint-Sulpice pour la pose de la première pierre du grand autel. Cette cérémonie, réalisée par le nonce apostolique au nom du pape Clément XII, a rassemblé une grande foule de seigneurs et dames. La sécurité était assurée par trois cents hommes du guet à pied à l'extérieur et cent cavaliers du guet ainsi que cent Suisses à l'intérieur. Le nonce apostolique est arrivé vers dix heures, accueilli par des salves d'artillerie et des musiques militaires. Il a été reçu par le curé et les marguilliers de la paroisse, dirigés par le comte de Saint-Florentin en l'absence du comte de Maurepas. Une procession, incluant des musiciens, la bannière de la paroisse, les ouvriers de la construction, les marbriers portant la première pierre décorée, les congrégations et confréries avec leurs étendards, et plus de trois cents membres du clergé chantant des psaumes, a quitté l'église par une porte latérale pour revenir par la grande porte. À l'arrivée du nonce au presbytère, il a suivi la procession jusqu'à l'église, décorée avec magnificence. La messe a débuté, accompagnée d'un motet de M. Campra et d'une symphonie de M. Clerambault. Après la messe, le nonce, accompagné des prêtres de la paroisse, a procédé à la bénédiction de la première pierre. Il a placé dans un coffre de marbre des médaillons d'or, d'argent et de bronze envoyés par le pape Clément XII, transportés dans une jatte d'agate montée en or. La pierre, portant une inscription en lettres d'or, a ensuite été scellée. La cérémonie s'est poursuivie avec de la musique appréciée par l'assemblée. Après la pose de la pierre, le curé a guidé le nonce, le comte de Saint-Florentin et plusieurs seigneurs dans la nouvelle sacristie, où ils ont admiré les tableaux de grands maîtres, la menuiserie et un lavabo incrusté de marbre. La cérémonie s'est terminée par la distribution d'aumônes aux pauvres présents en grand nombre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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33
p. 1898
« Le même jour, Fête de l'Assomption de la Ste Vierge, la Procession solemnelle qui se [...] »
Début :
Le même jour, Fête de l'Assomption de la Ste Vierge, la Procession solemnelle qui se [...]
Mots clefs :
Assomption de la Sainte Vierge, Procession
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texteReconnaissance textuelle : « Le même jour, Fête de l'Assomption de la Ste Vierge, la Procession solemnelle qui se [...] »
Le même jour , Fête de l'Affomption de la
Ste Vierge , la Proceffion folemnelle qui ſe
fait tous les ans à pareil jour , en exécution
du Vou de Louis XIII , fe fit avec les cérémonies
ordinaires , & l'Abbé d'Harcourt ,
Doyen du Chapitre de l'Eglife Métropolitaine
, y officia. Le Parlement , la Chambre
, y
des Comptes , la Cour des Aides & le Corps
de Ville , y affifterent , ainfi qu'au Salut ,
qui fut célébré à l'occafion des Prieres de
Quarante- heures , ordonnées par l'Archevêque
de Paris , pour demander à Dieu le rétabliffement
de la fanté du Roi , & qu'on
commença le même jour.
Ste Vierge , la Proceffion folemnelle qui ſe
fait tous les ans à pareil jour , en exécution
du Vou de Louis XIII , fe fit avec les cérémonies
ordinaires , & l'Abbé d'Harcourt ,
Doyen du Chapitre de l'Eglife Métropolitaine
, y officia. Le Parlement , la Chambre
, y
des Comptes , la Cour des Aides & le Corps
de Ville , y affifterent , ainfi qu'au Salut ,
qui fut célébré à l'occafion des Prieres de
Quarante- heures , ordonnées par l'Archevêque
de Paris , pour demander à Dieu le rétabliffement
de la fanté du Roi , & qu'on
commença le même jour.
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34
p. 1923-1924
« Le Jeudi 27 Août, jour de la Clôture de la Neuvaine, & du Voeu fait par la Ville de Versailles, pour [...] »
Début :
Le Jeudi 27 Août, jour de la Clôture de la Neuvaine, & du Voeu fait par la Ville de Versailles, pour [...]
Mots clefs :
Versailles, Procession, Peuple, François Colin de Blamont
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Jeudi 27 Août, jour de la Clôture de la Neuvaine, & du Voeu fait par la Ville de Versailles, pour [...] »
Le Jeudi 27 Août , jour de la Clôture de la Neuvaine
,
1924 MERCURE DE FRANCE.
vaine, & du Vou fait par la Ville de Verfailles, pour
le rétabliſſement de la fanté de S. M. le Clergé de la
Paroiffe de Verfailles , fuivi de tout le Peuple , alla
en Proceſſion à 6 heures du matin , à Ste Geneviève
de Nanterre. On y célébra une grande Meffe . M.
de Blamont , Sur Intendant de la Mufique du Roi ,
y avoit raffemblé une partie des Muficiens de S. M.
& fit exécuter à l'Elévation , le beau recit de M de
la Lande , Adorate eum omnes Angeli ejus ; il fut
chanté admirablement bien par M. l'Abbé Dotta ,
& l'accompagnement ne laiffa rien à défirer. Le
jeune M. de Bury , neveu de M. de Blamont , & furvivancier
d'une de fes Charges , toucha l'Orgue ,
& n'oublia rien de fon heureux talent , pour feconder
le zéle de fon oncle.
La Proceffion à fon retour à Versailles , fut reçûê
dans l'Eglife par une Symphonie de la Compofition
de M. de Blamont , qu'il fit exécuter avec Timballes
& Trompettes. M. l'Abbé Dotta y chanta le
même recit Adorate , &c. qui fut fuivi d'un Domine
Jalvum, c. compofé par M. de Blamont , lequel
donna à la derniere Rénédiction un autre morceau
de fes Symphonies , dont l'execution fut parfaite .
On ne peut être trop édifié de la part , que la Piété
du Peuple & fon amour pour le Roi prit à ces ac
tions de graces .
,
1924 MERCURE DE FRANCE.
vaine, & du Vou fait par la Ville de Verfailles, pour
le rétabliſſement de la fanté de S. M. le Clergé de la
Paroiffe de Verfailles , fuivi de tout le Peuple , alla
en Proceſſion à 6 heures du matin , à Ste Geneviève
de Nanterre. On y célébra une grande Meffe . M.
de Blamont , Sur Intendant de la Mufique du Roi ,
y avoit raffemblé une partie des Muficiens de S. M.
& fit exécuter à l'Elévation , le beau recit de M de
la Lande , Adorate eum omnes Angeli ejus ; il fut
chanté admirablement bien par M. l'Abbé Dotta ,
& l'accompagnement ne laiffa rien à défirer. Le
jeune M. de Bury , neveu de M. de Blamont , & furvivancier
d'une de fes Charges , toucha l'Orgue ,
& n'oublia rien de fon heureux talent , pour feconder
le zéle de fon oncle.
La Proceffion à fon retour à Versailles , fut reçûê
dans l'Eglife par une Symphonie de la Compofition
de M. de Blamont , qu'il fit exécuter avec Timballes
& Trompettes. M. l'Abbé Dotta y chanta le
même recit Adorate , &c. qui fut fuivi d'un Domine
Jalvum, c. compofé par M. de Blamont , lequel
donna à la derniere Rénédiction un autre morceau
de fes Symphonies , dont l'execution fut parfaite .
On ne peut être trop édifié de la part , que la Piété
du Peuple & fon amour pour le Roi prit à ces ac
tions de graces .
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35
p. 2105-2110
FESTE donné à l'Hôtel Royal des Invalides.
Début :
Le Dimanche 13 Septembre, on chanta processionnellement dans la grande Cour de [...]
Mots clefs :
Hôtel royal des Invalides, Te Deum, Alexandre Milon de Mesme, Procession, Illumination, Pots à feu, Lampions, Peuple, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : FESTE donné à l'Hôtel Royal des Invalides.
FESTE donné à l'Hôtel Royal des Invalides.
Le Dimanche 13 Septembre , on chanta
proceffionnellement dans la grande Cour de
Î'Hôtel Royal des Invalides , pour la Convalefcence
du Roi un , Te Deum folemnel au
bruit des Timballes , des Trompettes , du
canon & de la moufqueterie. M. Milon
Evêque de Valence , y officia enfuite pontificalement
au Salut , & donna la Bénédic
tion du S. Sacrement. Le Curé de l'Hôtel fe
Hv char-
›
2106 MERCURE DE FRANCE.
chargea de conduire la Proceflion , qu'il fit
marcher dans un très bel ordre . Le Clergé ,
foutenu des plus belles Baffes de la Muſique
de la Cathédrale , & accompagné d'un grand
nombre d'autres Eccléfiaftiques , tous en
Chapes & converts de ces magnifiques
Ornemens en broderie, qui font une des
curiofités de l'Hôtel , étoit precedé de 20
jeunes Clercs , couronnés de fleurs , & revêtus
de belles Aubes & de ceintures couleur
de feu . Le bruit de guerre qui fe faifoit
entendre dans l'intervalle des Verfets du
Te Deum , joint à la modeftie de tous les
Soldats de l'Hôtel , qui précédoient la Proceffion
, ou qui marchoient à la fuite , ayant
à leur tête M. de la Courneufve , Gouverneur
, accompagné de l'Erat Major , infpiroit
tout enfemble la joie & la dévotion au
grand nombre de Peuple , qui fut attiré par
la beauté & par la nouveauté de cette Cérémonie.
Elle fut fuivie à l'entrée de la nuit , d'une
Illumination la plus brillante & la mieux
entendue , que l'on eût encore offerte aux
yeux du Public ; la face immenfe de l'Hôtel
étoit parfaitement bien éclairée de plus de
10 mille gros Lampions , arrangés fuivant
l'ordre de fon Architecture ; les vaftes côtés
de la grande Porte d'entrée , appellée la
Porte Royale , ceux des Portes collaterales ,
les
SEPTEMBRE. 1744. 2107
, les les chambranles de toutes les croifées
pilaftres & généralement toutes les principales
piéces de l'Edifice en étoient remplies.
Les plintes de chaque étage formoient fans
interruption de grandes lignes de lumieres ,
les corniches & tout l'entablement étoient
garnis de grands pots à feu , & le vuide des
croifées du corps avancé , orné de magnifiques
Girandoles.
Les deux petits Pavillons , qui accompagnent
la grille de la premiere Porte d'entrée,
auffi - bien que les Trophées qui les couronnent
, étoient illuminés en plein , & les
parapets des foffés garnis de groffes terrines,
à très-peu de distance l'une de l'autre. Sur
le devant de l'avant cour , étoient rangées
fur des piédeftaux feize grandes & hautes
Girandoles , en forme d'Epicias , dont
la lumiere éclatante , jointe à celle de l'Illumination
, changeoit la nuit en un trèsbeau
jour.
Le Periftile de l'entrée de la cour Royale
étoit auffi illuminé en dedans par des pots à
feu , des Lampions & des Luftres .
Les trois grandes Portes de l'Eglife , en,
tierement fermées , étoient auffi éclairées-
& toute l'Architecture du Portail , ornée de
Lampions & de pots à feu ; une grande al+
lée d'autres pots à feu > l'on avoit tra
cée dans toute la longueur de la cour Roya→
H vj
que
le ,
L108 MERCURE DE FRANCE.
le , réuniffoit l'Illumination du Portail de
l'Eglife à celle du Périftile , ce qui formoit
dans l'éloignement une charmante perſpecti
ve , & faifoit paroître tout l'interieur de
l'Hôtel en feu .
Un Monde prodigieux rempliffoit toute
l'étendue du Cours la Reine , où étoit le
plus beau coup d'oeil , & la chauffée du chemin
de Verfailles , qui paffe devant ce
Cours , étoit occupée de fix rangs de caroffes
de Spectateurs diftingués. Tous les environs
de l'Hôtel n'en étoient pas moins rémplis
, & le Peuple à qui l'on permit d'entrer
dans les cours , s'y réjouit bien avant dans
la nuit , à la brillante lumiere de ces Illuminations
, en faifant à plufieurs repriſes des
acclamations de VIVE LE ROI.
Plufieurs Maréchaux de France , les Familles
des Ambaſſadeurs Etrangers & grand
nombre de Dames du premier rang , voulurent
honorer cette Fête de leur préfence.
On fit au Peuple une diftribution de plufieurs
piéces de Vin hors l'enceinte de l'Hôtel
, où tout ſe paffa avec beaucoup d'ordre ,
& de tranquillité.
Le Grand Confeil fit chanter le 27 du
mois dernier le Te Deum dans fa Chapelle.
Les Sécretaires du Roi & les Payeurs des
Rentes l'ont fait chanter , les premiers dans
I'ESEPTEMBRE.
1744. 2109
•
l'Eglife des Céleftins , & les feconds dans
celle des Religieux de Notre-Dame de la
Mercy.
Le 11 de ce mois , le Marquis Doria , Envoyé
Extraordinaire de la République de
Génes , eut une audience particuliere du
Roi , & il préfenta à S. M. le Marquis Pallavicini
, qui fut la nouvelle de la marche
du Roi , pour aller en Allemagne , avoit
reçû ordre de la République de Génes , de
fe rendre auprès de S. M. en qualité d'Envoyé
Extraordinaire , & qui après avoir
rempli la commiflion pour laquelle il eft
allé à Metz , félicita le Roi de la part de la
République fur la guérifon de S. M. Ces
deux Miniftres furent conduits à cette audience
par le Chevalier de Sainctot , Introducteur
des Ambaffadeurs.
>
On mande de Metz du 15 de ce mois ,
que le Roi fe portoit de mieux en mieux
qu'il avoit de l'appetit , qu'il paffoit les
nuits , auffi tranquillement qu'on pouvoit
le defirer , que fes forces fe rétablilfoient
chaque jour fenfiblement , & que S. M.
avoit tenu depuis huit jours deux Confeils
d'Etat , & elle a travaillé plufieurs fois
avec fes Miniftres .
-
Elle s'eft promenée le 14 en caroffe dans
les dehors de la Vilie , fans en être fatiguée
,
2110 MERCURE DE FRANCE.
guée , & elle eft allée le 15 après midi jufqu'à
Frefcati , qui eft à une lieuë de Metz.
Le Dimanche 13 Septembre , on chanta
proceffionnellement dans la grande Cour de
Î'Hôtel Royal des Invalides , pour la Convalefcence
du Roi un , Te Deum folemnel au
bruit des Timballes , des Trompettes , du
canon & de la moufqueterie. M. Milon
Evêque de Valence , y officia enfuite pontificalement
au Salut , & donna la Bénédic
tion du S. Sacrement. Le Curé de l'Hôtel fe
Hv char-
›
2106 MERCURE DE FRANCE.
chargea de conduire la Proceflion , qu'il fit
marcher dans un très bel ordre . Le Clergé ,
foutenu des plus belles Baffes de la Muſique
de la Cathédrale , & accompagné d'un grand
nombre d'autres Eccléfiaftiques , tous en
Chapes & converts de ces magnifiques
Ornemens en broderie, qui font une des
curiofités de l'Hôtel , étoit precedé de 20
jeunes Clercs , couronnés de fleurs , & revêtus
de belles Aubes & de ceintures couleur
de feu . Le bruit de guerre qui fe faifoit
entendre dans l'intervalle des Verfets du
Te Deum , joint à la modeftie de tous les
Soldats de l'Hôtel , qui précédoient la Proceffion
, ou qui marchoient à la fuite , ayant
à leur tête M. de la Courneufve , Gouverneur
, accompagné de l'Erat Major , infpiroit
tout enfemble la joie & la dévotion au
grand nombre de Peuple , qui fut attiré par
la beauté & par la nouveauté de cette Cérémonie.
Elle fut fuivie à l'entrée de la nuit , d'une
Illumination la plus brillante & la mieux
entendue , que l'on eût encore offerte aux
yeux du Public ; la face immenfe de l'Hôtel
étoit parfaitement bien éclairée de plus de
10 mille gros Lampions , arrangés fuivant
l'ordre de fon Architecture ; les vaftes côtés
de la grande Porte d'entrée , appellée la
Porte Royale , ceux des Portes collaterales ,
les
SEPTEMBRE. 1744. 2107
, les les chambranles de toutes les croifées
pilaftres & généralement toutes les principales
piéces de l'Edifice en étoient remplies.
Les plintes de chaque étage formoient fans
interruption de grandes lignes de lumieres ,
les corniches & tout l'entablement étoient
garnis de grands pots à feu , & le vuide des
croifées du corps avancé , orné de magnifiques
Girandoles.
Les deux petits Pavillons , qui accompagnent
la grille de la premiere Porte d'entrée,
auffi - bien que les Trophées qui les couronnent
, étoient illuminés en plein , & les
parapets des foffés garnis de groffes terrines,
à très-peu de distance l'une de l'autre. Sur
le devant de l'avant cour , étoient rangées
fur des piédeftaux feize grandes & hautes
Girandoles , en forme d'Epicias , dont
la lumiere éclatante , jointe à celle de l'Illumination
, changeoit la nuit en un trèsbeau
jour.
Le Periftile de l'entrée de la cour Royale
étoit auffi illuminé en dedans par des pots à
feu , des Lampions & des Luftres .
Les trois grandes Portes de l'Eglife , en,
tierement fermées , étoient auffi éclairées-
& toute l'Architecture du Portail , ornée de
Lampions & de pots à feu ; une grande al+
lée d'autres pots à feu > l'on avoit tra
cée dans toute la longueur de la cour Roya→
H vj
que
le ,
L108 MERCURE DE FRANCE.
le , réuniffoit l'Illumination du Portail de
l'Eglife à celle du Périftile , ce qui formoit
dans l'éloignement une charmante perſpecti
ve , & faifoit paroître tout l'interieur de
l'Hôtel en feu .
Un Monde prodigieux rempliffoit toute
l'étendue du Cours la Reine , où étoit le
plus beau coup d'oeil , & la chauffée du chemin
de Verfailles , qui paffe devant ce
Cours , étoit occupée de fix rangs de caroffes
de Spectateurs diftingués. Tous les environs
de l'Hôtel n'en étoient pas moins rémplis
, & le Peuple à qui l'on permit d'entrer
dans les cours , s'y réjouit bien avant dans
la nuit , à la brillante lumiere de ces Illuminations
, en faifant à plufieurs repriſes des
acclamations de VIVE LE ROI.
Plufieurs Maréchaux de France , les Familles
des Ambaſſadeurs Etrangers & grand
nombre de Dames du premier rang , voulurent
honorer cette Fête de leur préfence.
On fit au Peuple une diftribution de plufieurs
piéces de Vin hors l'enceinte de l'Hôtel
, où tout ſe paffa avec beaucoup d'ordre ,
& de tranquillité.
Le Grand Confeil fit chanter le 27 du
mois dernier le Te Deum dans fa Chapelle.
Les Sécretaires du Roi & les Payeurs des
Rentes l'ont fait chanter , les premiers dans
I'ESEPTEMBRE.
1744. 2109
•
l'Eglife des Céleftins , & les feconds dans
celle des Religieux de Notre-Dame de la
Mercy.
Le 11 de ce mois , le Marquis Doria , Envoyé
Extraordinaire de la République de
Génes , eut une audience particuliere du
Roi , & il préfenta à S. M. le Marquis Pallavicini
, qui fut la nouvelle de la marche
du Roi , pour aller en Allemagne , avoit
reçû ordre de la République de Génes , de
fe rendre auprès de S. M. en qualité d'Envoyé
Extraordinaire , & qui après avoir
rempli la commiflion pour laquelle il eft
allé à Metz , félicita le Roi de la part de la
République fur la guérifon de S. M. Ces
deux Miniftres furent conduits à cette audience
par le Chevalier de Sainctot , Introducteur
des Ambaffadeurs.
>
On mande de Metz du 15 de ce mois ,
que le Roi fe portoit de mieux en mieux
qu'il avoit de l'appetit , qu'il paffoit les
nuits , auffi tranquillement qu'on pouvoit
le defirer , que fes forces fe rétablilfoient
chaque jour fenfiblement , & que S. M.
avoit tenu depuis huit jours deux Confeils
d'Etat , & elle a travaillé plufieurs fois
avec fes Miniftres .
-
Elle s'eft promenée le 14 en caroffe dans
les dehors de la Vilie , fans en être fatiguée
,
2110 MERCURE DE FRANCE.
guée , & elle eft allée le 15 après midi jufqu'à
Frefcati , qui eft à une lieuë de Metz.
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36
p. 2275-2277
Mandement du Recteur de l'Université, [titre d'après la table]
Début :
Le 7 Septembre, le Recteur de l'Université de Paris donna un Mandement, par lequel / Extraordinariae Supplicationes Universitatis. NOS PETRUS FROMENTIN, Universi Studii [...]
Mots clefs :
Procession, Prières, Actions de grâce, Rétablissement de la santé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mandement du Recteur de l'Université, [titre d'après la table]
Le 7 Septembre , le Recteur de l'Univer
fité de Paris donna un Mandement , par lequel
il indiqua une Proceſſion extraordinaire
, & des Prieres en actions de graces
du rétabliſſement de la fanté du Roi. Nous
le rapporterons dans ſon entier , afin de ne
rien perdre de ſon énergie, de la beauté des
ſentimens & de l'expreſſion dont il eſt
rempli .
Extraordinaria Supplicationes Univerfitatis.
OS PETRUS FROMENTIN Univerſi Studii
N
Parifienfis Rector , omnibus &fingulis ejuſ
dem Univerſitatis Doctoribus , Magiftris , Clienti
bus , & Adminiftris , Salutem .
In Regem fuum defixos jamdudum oculos tenebatGallia
, eoque , quo nunquam dulcius ſeſe ipfi
obtulerat , ſpectaculo fuaviffimè fruebatur. Viderat
nempè egregium Principem in campis primanı Belgicis
nobiles colligentem lauros , urbeſque naturâ
& arte munitiſſimas breviffimo temporis ſpatio armis
victricibus fubigentem. Viderat , quod multò majus
eſt ac jucundius ; primo ſuo in urbes& caftra adventu
omnium fibi animos devincientem; ſplendidos
Majeſtatis radios leni Popularitatis luce benè temperantem;
in confiliis capiendis Sapientiam , in pe-
Ficulis adeundis Fortitudinem , Amorem in Suos ,
inHoftes Clementiam & Humanitatem , cæterafque
Regias Virtutes plaudentium ac fibi Regnoque
certatim gratulantium populorum oculis explicantem.
Regem maximum rursus videbat , novæ laudis
defiderio fuccenfum , ac novos meditantem triumphos,
ad hoftem inopinatis ſucceſſibus elatum quantis
poterat itineribus contendentem ; & ab Lisa ad
Fvj Rhenums
2276 MERCURE DE FRANCE.
Rhenum volantem nova admiratione noviſque votis
proſequebatur : cam ecce graviffiano repentè morbo
correptus , curſu in medio gradum fiftere cogitur ,
&in fummum vitæ difcrimen adducitur. Ad ram
ſubitum tamque feralem nuntium cùm omnes Galli,
tum præfertim Regiæ hujus Urbis Cives cohorruêre;
&, cùm in tam acerbo cafu unicum videretur perfugium
Deus , in templa illico incredibili frequentia
confluere, aras dies nocteſque ampl ti , votiſque ardentibus
non fine lacrymis divinam opem expofcere.
Nec fruftra. Preces noſtras ſupremus vitæ ac
mortis Arbiter benignis auribus excepit. Vivit Lu-
DOVICUS , è tanto difcrimine manifeſto ac fingulari
Dei beneficio liberatus , eoſque convalefcendo lætitiæ
ſenſus excitavit , qui vix effent credibiles , nifi
omnia effent credibilia in ejus REGIS periculo , quo
nullus unquam populis carior extitit. In tanto civitatis
fine modo exultantis gaudio , Primogenitæ
REGUM noftrorum Filiæ , quæ optimum Parentem
fibi redditum videt,minimè liberum eft eos quos gerit
animo ſenſus non expromere , & fuperfundenti
ſe lætitiæ temperare. Atque ut ante omnia debitas
Deo Immortali gratias rependamus, omnibus Doctoribus
ac Magiftris mandamus ac præcipimus , ut
die Veneris undecimo Septembris horâ ipsa octava
adfint apud Mathurinenſes ornati ut decet, inde poſt
brevem orationem ad Adem Deo Sacram fub Invo
catione SANCTI LUDOVICI in Collegio Mazarinzo
quanta fieri poterit celebritate & pompa nobifcum
Proceſſuri , as eâque , decantato poſt folemne Sacrum
Hya no Euchariftico Te Deum , eodem ordine
ac frequentiâ redituri .
Ut autem in lætitiæ tam legitimæ partem commiſſa
nobis Juventus veniat , dilatis in dies à nobis
indicendos cùm Ordinariis supplicationibus Univerfitatis
, tum Præclaræ Facultatis Artium Comitiis
Inducias Academicas protrahi volumus ad diem )c
tobris
OCTOBRE . 1744 2277
tobris decimuni -nonum , quo die , pro more , Sas
crum Spiritui Sancto celebrabitur , & folitæ inſtaurandis
Scholis Conciones habebuntur.
Datum in Ædibus noftris Mazarinæis , die Lunæ
feptimo menfis Septembris , anno Domini millefime
ſeptingentefimo quadragefimo- quarto.
fité de Paris donna un Mandement , par lequel
il indiqua une Proceſſion extraordinaire
, & des Prieres en actions de graces
du rétabliſſement de la fanté du Roi. Nous
le rapporterons dans ſon entier , afin de ne
rien perdre de ſon énergie, de la beauté des
ſentimens & de l'expreſſion dont il eſt
rempli .
Extraordinaria Supplicationes Univerfitatis.
OS PETRUS FROMENTIN Univerſi Studii
N
Parifienfis Rector , omnibus &fingulis ejuſ
dem Univerſitatis Doctoribus , Magiftris , Clienti
bus , & Adminiftris , Salutem .
In Regem fuum defixos jamdudum oculos tenebatGallia
, eoque , quo nunquam dulcius ſeſe ipfi
obtulerat , ſpectaculo fuaviffimè fruebatur. Viderat
nempè egregium Principem in campis primanı Belgicis
nobiles colligentem lauros , urbeſque naturâ
& arte munitiſſimas breviffimo temporis ſpatio armis
victricibus fubigentem. Viderat , quod multò majus
eſt ac jucundius ; primo ſuo in urbes& caftra adventu
omnium fibi animos devincientem; ſplendidos
Majeſtatis radios leni Popularitatis luce benè temperantem;
in confiliis capiendis Sapientiam , in pe-
Ficulis adeundis Fortitudinem , Amorem in Suos ,
inHoftes Clementiam & Humanitatem , cæterafque
Regias Virtutes plaudentium ac fibi Regnoque
certatim gratulantium populorum oculis explicantem.
Regem maximum rursus videbat , novæ laudis
defiderio fuccenfum , ac novos meditantem triumphos,
ad hoftem inopinatis ſucceſſibus elatum quantis
poterat itineribus contendentem ; & ab Lisa ad
Fvj Rhenums
2276 MERCURE DE FRANCE.
Rhenum volantem nova admiratione noviſque votis
proſequebatur : cam ecce graviffiano repentè morbo
correptus , curſu in medio gradum fiftere cogitur ,
&in fummum vitæ difcrimen adducitur. Ad ram
ſubitum tamque feralem nuntium cùm omnes Galli,
tum præfertim Regiæ hujus Urbis Cives cohorruêre;
&, cùm in tam acerbo cafu unicum videretur perfugium
Deus , in templa illico incredibili frequentia
confluere, aras dies nocteſque ampl ti , votiſque ardentibus
non fine lacrymis divinam opem expofcere.
Nec fruftra. Preces noſtras ſupremus vitæ ac
mortis Arbiter benignis auribus excepit. Vivit Lu-
DOVICUS , è tanto difcrimine manifeſto ac fingulari
Dei beneficio liberatus , eoſque convalefcendo lætitiæ
ſenſus excitavit , qui vix effent credibiles , nifi
omnia effent credibilia in ejus REGIS periculo , quo
nullus unquam populis carior extitit. In tanto civitatis
fine modo exultantis gaudio , Primogenitæ
REGUM noftrorum Filiæ , quæ optimum Parentem
fibi redditum videt,minimè liberum eft eos quos gerit
animo ſenſus non expromere , & fuperfundenti
ſe lætitiæ temperare. Atque ut ante omnia debitas
Deo Immortali gratias rependamus, omnibus Doctoribus
ac Magiftris mandamus ac præcipimus , ut
die Veneris undecimo Septembris horâ ipsa octava
adfint apud Mathurinenſes ornati ut decet, inde poſt
brevem orationem ad Adem Deo Sacram fub Invo
catione SANCTI LUDOVICI in Collegio Mazarinzo
quanta fieri poterit celebritate & pompa nobifcum
Proceſſuri , as eâque , decantato poſt folemne Sacrum
Hya no Euchariftico Te Deum , eodem ordine
ac frequentiâ redituri .
Ut autem in lætitiæ tam legitimæ partem commiſſa
nobis Juventus veniat , dilatis in dies à nobis
indicendos cùm Ordinariis supplicationibus Univerfitatis
, tum Præclaræ Facultatis Artium Comitiis
Inducias Academicas protrahi volumus ad diem )c
tobris
OCTOBRE . 1744 2277
tobris decimuni -nonum , quo die , pro more , Sas
crum Spiritui Sancto celebrabitur , & folitæ inſtaurandis
Scholis Conciones habebuntur.
Datum in Ædibus noftris Mazarinæis , die Lunæ
feptimo menfis Septembris , anno Domini millefime
ſeptingentefimo quadragefimo- quarto.
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37
p. 2277
« En conséquence, la Procession fut faite le 11 du même mois, avec beaucoup de pompe [...] »
Début :
En conséquence, la Procession fut faite le 11 du même mois, avec beaucoup de pompe [...]
Mots clefs :
Procession, Te Deum
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « En conséquence, la Procession fut faite le 11 du même mois, avec beaucoup de pompe [...] »
En conféquence, la Proceffion fut faite le
11 du même nois , avec beaucoup de pompe
& en plus grand concours qu'à l'ordinaire.
Elle partit des Mathurins pour ſe rendre
à l'Egliſe du Collége Mazarin. On y chanta
unegrande Meffe,& le TeDeum en Muſique.
11 du même nois , avec beaucoup de pompe
& en plus grand concours qu'à l'ordinaire.
Elle partit des Mathurins pour ſe rendre
à l'Egliſe du Collége Mazarin. On y chanta
unegrande Meffe,& le TeDeum en Muſique.
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38
p. 2329-2330
Réjoüissances à S. Quentin, [titre d'après la table]
Début :
Les lettres écrites de différentes Provinces ne parlent que des marques éclatantes que les habitans de [...]
Mots clefs :
Saint-Quentin, Église collégiale, Te Deum, Messe, Procession, Habitants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réjoüissances à S. Quentin, [titre d'après la table]
Les lettres écrites de differentes Provinces ne parlent
que des marques éclatantes que les habitans de
toutes lesVilles ont données de leur joye, en apprenantque
le Roi étoit parfaitement rétabli.
La Ville de S. Quentin s'eſt extrémement diſtinguée
dans cette circonstance , & les Chanoines de
1 Egliſe Collégiale , non contens de faire le 17 une
Proceffion folemnelle , & de chanter le Te Deum ,
ainſi que l'Evêque de Noyon l'avoit ordonné au
Clergé de fon Diocèſe , ont rendu leurs actions de
graces à Dieu par une grande Meſſe , chantée en
Mufi2330
MERCUREDE FRANCE.
Muſique , & à laquelle tous les Corps ont aſſiſte.
Pendant la Meſſe, la Proceſſion & le Te Deum , on
a fait pluſieurs Salves de l'artillerie des remparts ,
&la Proceſſion a été accompagnée de toutes les
Compagnies d'Ordonnance. Le même jour , legliſe
Collégiale fut illuminée , tant en dehors qu'en
dedans, avec un goût & une dépenſe , qui auroient
pû faire honneur à l'une des premieres Villes du
Royaume , & du haut du Frontiſpice du Portail on
fit partir un grand nombre de fuſées. Il y eut aufli
une très -magnifique illumination à l'Hôtel-de-
Ville, vis-à- vis duquel la Ville fit tirer le 20 un feu
d'artifice. Pluſieurs des habitans en ont fait tirer
en particulier les jours ſuivans devant leurs maifons.
que des marques éclatantes que les habitans de
toutes lesVilles ont données de leur joye, en apprenantque
le Roi étoit parfaitement rétabli.
La Ville de S. Quentin s'eſt extrémement diſtinguée
dans cette circonstance , & les Chanoines de
1 Egliſe Collégiale , non contens de faire le 17 une
Proceffion folemnelle , & de chanter le Te Deum ,
ainſi que l'Evêque de Noyon l'avoit ordonné au
Clergé de fon Diocèſe , ont rendu leurs actions de
graces à Dieu par une grande Meſſe , chantée en
Mufi2330
MERCUREDE FRANCE.
Muſique , & à laquelle tous les Corps ont aſſiſte.
Pendant la Meſſe, la Proceſſion & le Te Deum , on
a fait pluſieurs Salves de l'artillerie des remparts ,
&la Proceſſion a été accompagnée de toutes les
Compagnies d'Ordonnance. Le même jour , legliſe
Collégiale fut illuminée , tant en dehors qu'en
dedans, avec un goût & une dépenſe , qui auroient
pû faire honneur à l'une des premieres Villes du
Royaume , & du haut du Frontiſpice du Portail on
fit partir un grand nombre de fuſées. Il y eut aufli
une très -magnifique illumination à l'Hôtel-de-
Ville, vis-à- vis duquel la Ville fit tirer le 20 un feu
d'artifice. Pluſieurs des habitans en ont fait tirer
en particulier les jours ſuivans devant leurs maifons.
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39
p. 65
SAINT QUENTIN.
Début :
La Ville de Saint Quentin s'est extrêmement distinguée ; une Procession solemnelle [...]
Mots clefs :
Saint-Quentin, Église collégiale, Te Deum, Procession, Illumination, Feu d'artifice, Messe en musique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SAINT QUENTIN.
SAINT QUENTIN.
A Ville de
:
L
Saint Quentin s'eft extrê
mement diftinguée; une Proceſſion ſolemnelle
& unTe Deum , ordonnés par l'Evêque
de Noyon , n'ayant pas ſuffi au zéle
des Chanoines de P'Egliſe Collégiale , ils
ont chanté une grande Meſſe en Muſique ;
tous les Corps y ont aſſiſté. Une illumination
magnifique & très -bien entenduë , orna
l'Egliſe Collégiale , & l'Hôtel de Ville
qui fit tirer un très-beau Feu d'artifice ;
beaucoup des Habitans ont fait la même dépenſe
, & les coeurs Picards ont fait briller
leur candeur & leur vivacité naturelles .
A Ville de
:
L
Saint Quentin s'eft extrê
mement diftinguée; une Proceſſion ſolemnelle
& unTe Deum , ordonnés par l'Evêque
de Noyon , n'ayant pas ſuffi au zéle
des Chanoines de P'Egliſe Collégiale , ils
ont chanté une grande Meſſe en Muſique ;
tous les Corps y ont aſſiſté. Une illumination
magnifique & très -bien entenduë , orna
l'Egliſe Collégiale , & l'Hôtel de Ville
qui fit tirer un très-beau Feu d'artifice ;
beaucoup des Habitans ont fait la même dépenſe
, & les coeurs Picards ont fait briller
leur candeur & leur vivacité naturelles .
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40
p. 214-215
DE PARIS, le 5 Avril.
Début :
On fit, le 22 du mois dernier, la procession qu'on a coutume de faire tous les ans, [...]
Mots clefs :
Capitale, Henri IV, Procession, Mémoire, Discours latin, Auteur, Goût du siècle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 5 Avril.
De PARIS , le 5 Avril.
On fit , le 22 du mois dernier , la proceffion.
qu'on a coutume de faire tous les ans , en mé
moire de la réduction de cette Capitale fous l'obéillance
de Henri IV. Le Duc de Luynes , Gouverneur
de Paris , ainsi que le Corps de Ville , y
affifterent.
Le 28 , le Pere Geoffroy , l'un des Profeffeurs
de Rhétorique du Collège de Louis - le - Grand,
AVRIL. 1760. 215.
prononça un difcours latin ,dans lequel il examina
fi un Auteur doit fe conformer au goût de foi fiécle,
ou s'il doit écrire pour lesfiècles à venir ? Le Clergé,
en Corps, honora l'allemblée de la préſence , ainfi
que plufieurs autres Prélats , le Prévôt des Marchands
, & divers Magiftrats.
On fit , le 22 du mois dernier , la proceffion.
qu'on a coutume de faire tous les ans , en mé
moire de la réduction de cette Capitale fous l'obéillance
de Henri IV. Le Duc de Luynes , Gouverneur
de Paris , ainsi que le Corps de Ville , y
affifterent.
Le 28 , le Pere Geoffroy , l'un des Profeffeurs
de Rhétorique du Collège de Louis - le - Grand,
AVRIL. 1760. 215.
prononça un difcours latin ,dans lequel il examina
fi un Auteur doit fe conformer au goût de foi fiécle,
ou s'il doit écrire pour lesfiècles à venir ? Le Clergé,
en Corps, honora l'allemblée de la préſence , ainfi
que plufieurs autres Prélats , le Prévôt des Marchands
, & divers Magiftrats.
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Résumé : DE PARIS, le 5 Avril.
Le 22 mars, une procession commémorait la soumission de Paris sous Henri IV. Le Duc de Luynes et le Corps de Ville y participèrent. Le 28 mars, le Père Geoffroy discuta de la pertinence de l'écriture pour les générations futures. Le clergé, des prélats, le Prévôt des Marchands et des magistrats assistèrent à cet événement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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41
p. 179-180
De VIENNE, le 20 Septembre.
Début :
Selon les nouvelles de Constantinople, la révolte du Pacha d'Iconium [...]
Mots clefs :
Révolte, Pacha , Grand seigneur, Fêtes, Mariage, Comte, Concert, Repas, Bal, Procession, Commémorations, Siège, Nominations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 20 Septembre.
De VIENNE , le 20 Septembre."
SELON
ELON les nouvelles de Conftantinople , la révolte
du Pacha d'Iconium commence à donner de
l'inquiétude au Divan. Ce Pacha , à la tête de
quinze mille hommes , s'eft mis en marche de fon
Gouvernement vers cette Capitale . On prétend
que le Grand-Seigneur la fait allurer de la grâce
s'il rentroit dans fon devoir ; mais on ne croit pas
que ce Rebelle fe laiffe prendre à ce piege , & il
faudra employer la force pour le foumettre .
Les fêtes préparées pour le mariage de l'Archi-
Duc Jofeph avec l'Infante Ifabelle , viennent de
commencer. La nouvelle de la conclufion de ce
mariage fut apportée le 14 de ce mois , par le
Comte de Kaunitz-Rittberg , Chambellan de leurs
Majeftés Impériales , fils aîné du Comte de ce
nom , Chancelier de Cour & d'Etat ; la Cour ſe
mit , à cette occafion , en grand gala pour trois
jours , & leurs Majeftés Impériales furent compli
mentées par les Ambaffadeurs & les Miniftres,
étrangers , ainfi que par la haute Nobleffe. Elles
dînerent enfuite en Public avec les Archiducs Jofeph
, Charles & Léopold , quatre des Archidscheffes
, & avec le Prince Charles & la Princeffe
Charlotte de Lorraine. On exécuta un beau Concert
pendant le repas. Le foir , il y eur un bal paré
qui fut fuivi d'un grand fouper. Le matin , Leurs
Majeftés Impériales , accompagnées de l'Archiduc
Jofeph , avoient affifté à la Proceffion qui fe fait
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
annnellement , en mémoire de la levée du Siége
de cette Capitale , par les Turcs en 1683. L'Artillerie
des remparts fit une triple falve , à chacune
defquelles la Garniſon répondit par le feu de fa
Moufquetterie.
Le Comte de Palfi , Général d'Infanterie , fut
déclaré, le même jour, Capitaine de la Compagnie
des Gardes du Corps , formée par le Royaume de
Hongrie, pour
la Garde de l'Archiduc & de l'Archiduchelle
.
On a reçu
de Parme , le détail fuivant des cérémonies
qui ont été faites , à l'occafion du Mariage
de l'Archiduc Jofeph avec l'Infante Ifabelle.
SELON
ELON les nouvelles de Conftantinople , la révolte
du Pacha d'Iconium commence à donner de
l'inquiétude au Divan. Ce Pacha , à la tête de
quinze mille hommes , s'eft mis en marche de fon
Gouvernement vers cette Capitale . On prétend
que le Grand-Seigneur la fait allurer de la grâce
s'il rentroit dans fon devoir ; mais on ne croit pas
que ce Rebelle fe laiffe prendre à ce piege , & il
faudra employer la force pour le foumettre .
Les fêtes préparées pour le mariage de l'Archi-
Duc Jofeph avec l'Infante Ifabelle , viennent de
commencer. La nouvelle de la conclufion de ce
mariage fut apportée le 14 de ce mois , par le
Comte de Kaunitz-Rittberg , Chambellan de leurs
Majeftés Impériales , fils aîné du Comte de ce
nom , Chancelier de Cour & d'Etat ; la Cour ſe
mit , à cette occafion , en grand gala pour trois
jours , & leurs Majeftés Impériales furent compli
mentées par les Ambaffadeurs & les Miniftres,
étrangers , ainfi que par la haute Nobleffe. Elles
dînerent enfuite en Public avec les Archiducs Jofeph
, Charles & Léopold , quatre des Archidscheffes
, & avec le Prince Charles & la Princeffe
Charlotte de Lorraine. On exécuta un beau Concert
pendant le repas. Le foir , il y eur un bal paré
qui fut fuivi d'un grand fouper. Le matin , Leurs
Majeftés Impériales , accompagnées de l'Archiduc
Jofeph , avoient affifté à la Proceffion qui fe fait
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
annnellement , en mémoire de la levée du Siége
de cette Capitale , par les Turcs en 1683. L'Artillerie
des remparts fit une triple falve , à chacune
defquelles la Garniſon répondit par le feu de fa
Moufquetterie.
Le Comte de Palfi , Général d'Infanterie , fut
déclaré, le même jour, Capitaine de la Compagnie
des Gardes du Corps , formée par le Royaume de
Hongrie, pour
la Garde de l'Archiduc & de l'Archiduchelle
.
On a reçu
de Parme , le détail fuivant des cérémonies
qui ont été faites , à l'occafion du Mariage
de l'Archiduc Jofeph avec l'Infante Ifabelle.
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Résumé : De VIENNE, le 20 Septembre.
Le 20 septembre, des nouvelles de Constantinople signalent une révolte du Pacha d'Iconium, qui inquiète le Divan. À la tête de quinze mille hommes, ce Pacha avance vers la capitale. Le Grand-Seigneur lui propose la grâce s'il se soumet, mais son acceptation est incertaine, rendant une intervention militaire possible. À Vienne, les festivités pour le mariage de l'Archiduc Joseph avec l'Infante Isabelle ont débuté. La nouvelle du mariage a été annoncée le 14 septembre par le Comte de Kaunitz-Rittberg. La cour s'est mise en grand gala pendant trois jours, avec des compliments des ambassadeurs, ministres étrangers et haute noblesse. Un dîner public, un concert et un bal ont suivi. Le matin, les Majestés Impériales ont assisté à une procession commémorant la levée du siège de Vienne par les Turcs en 1683. Le Comte de Palfi a été nommé Capitaine de la Compagnie des Gardes du Corps hongrois pour la garde de l'Archiduc et de l'Archiduchesse. Des détails des cérémonies du mariage à Parme ont également été reçus.
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42
p. 203-205
De COMPIEGNE, le 20 Août 1763.
Début :
Le 24 du mois dernier, la Duchesse de Richmond fut présentée à Leurs Majestés, [...]
Mots clefs :
Duchesse, Famille royale, Marquise , Contrat de mariage, Comte, Discours sur la paix, Honneur, Audience, Ministres, Régiment, Fête de l'Assomption, Procession, Chapitre, Église, Colonel, Religieux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De COMPIEGNE, le 20 Août 1763.
De COMPIEGNE , le 20 Août 1763 .
LE 24 du mois dernier , la Ducheſſe de Richmond
fut préfentée à Leurs Majeſtés , ainſi qu'à
la Famille Royale , par la Ducheffe de Fitz- James ,
& prit le tabouret chez la Reine. La Marquise de
Montmirel fut auffi préfentée par la Ducheffe de
Villequier.
Leurs Majeftés & la Famille Royale fignerent
le même jour , le contrat de Mariage du Comte
de Montchenu , Exempt des Gardes-du - Corps du
Roi , avec Demoiſelle de Bully , fille du fieur de
Buffy , Premier Préfident du Bureau des Finances
de la Généralité de Bourges.
Le Comte de Maillebois , a obtenu du Roi la
permiffion d'aller en Espagne pour les affaires particulieres
, & Sa Majefté a trouvé bon qu'il vînt
prendre congé d'elle avant que de partir.
Le 24 le fieur Fourneau , Recteur de l'Univerfité
, accompagné du fieur Mathieu , Principal du
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
College de Compiegne & de plufieurs Profeffeurs ,
eut l'honneur de préfenter au Roi , à Monſeigneur
le Dauphin , à Monfeigneur le Duc de Berry , &
AMonfeigneur le Comte de Provence , un Difcours
latin fur la Paix , qui a été prononcé par le fieur le
Beau le cadet, de l'Academie des Infcriptions &
Belles Lettres.
Dom Etienne , Religieux de S. Hubert , eur
auffi l'honneur de préfenter au Roi les Oiseaux &
les Chiens qu'il eft d'ufage d'envoyer de S. Hubert
en préfent a Sa Majefté.
Sa Majesté vient d'accorder les entrées de fa
Chambre au Marquis d'Armentieres. Le 2 de ce
mois , le fieur Neville - Neville eut une Audience
particuliere du Roi , dans laquelle il remit , en fa
qualité de Miniftre Plénipotentiaire de la Cour
d'Angleterre , fes Lettres de créance à Sa Majefté.
Le Comte de Wedelfriz , Envoyé extraordinaire de
Danemark , eut auffi le 4 une Audience particuliere,
dans laquelle il préfenta au Roi fes lettres
de rappel. Ces deux Miniftres furent conduits à
ces Audiences , ainfi qu'à celles de la Reine & de
Ja Famille Royale , par le fieur de la Live , Introducteur
des Ambaffadeurs .
1 Le 7 de ce mois , Leurs
Majeftés
ainsi que la
Famille
Royale
, fignerent
le Contrat
de Mariage
du feur Bourgeois
de Boynes
, Confeiller
d'Etat ,
avec Demoiſelle
Desgolz
.
Le Régiment de Salis , Grifon , faifant routepar
cette Ville pour fe rendre à fa deſtination , a paffé
en revue , le 8 de ce mois , devant le Roi qui étoit
accompagné de Monfeigneur le Dauphin , de
Madame la Dauphine , de Monfeigneur le Duc de
Berry , de Monfeigneur le Comte de Provence , de
Madame Adélaïde , de Meldames Victoires , Sophie
& Louife, du Duc de Chartres, du Prince de
7
OCTOBRE . 1763. 205
Condé , du Duc de Penthiévre & du Prince de
Lamballe. Ce Régiment a fait plufieurs évolutions
dont Sa Majesté a paru fort fatisfaite .
Le is , fête de l'Alfomption de la Sainte Vierge,
le Roi & la Reine accompagnés de Monfeigneur
le Dauphin , de Madame la Dauphine , de Ma
dame Adélaïde & des Mefdames Victoire , Sophie
& Louiſe , fe rendirent à l'Eglife de l'Abbaye
Royale de S. Corneille . Leurs Majeftés y affifiérent
aux Vêpres , & enfuite à la Proffeffion folemnelle
qui fe fait chaque année le même jour dans
tout le Royaume pour l'accompliffement du voeu
de Louis XIII. Dom Goudar , Grand Prieur de
l'Abbaye y Officia ; le Chapitre de S. Clément , le
Clergé des deux Paroitles , & tout le Clergé Régualier
s'y trouverent , ainfi que le Bailliage & le
Corps de Ville , qui eurent leur place dans le
Choeur le Chapitre de S. Clément & le Clergé des
deux Paroilles furent placés dans le Sanctuaire;
les deux Huifliers de la Chambre portoient leurs
Maffes devant le Roi. Après la Proceffion , Leurs
Majeftés entendirent le Salut dans la même Eglife.
Elles furent reçues & reconduites , avec les
cérémonies ordinaires , par le Grand - Prieur de
T'Abbaye , accompagné de fes Religieux.
Le 4 de ce mois , 'Leurs Majeftés , ainfi que la
Famille Royale fignerent le Contrat de Mariage
du Marquis de Crenolle & de Demo felle Mégrer
d'Etigny & le 17 celui du Marquis de Caraman,
Meftre-de-Camp du Régiment du Colonel-
Général Dragons , avec Demoiſelle de Monteffus
de Rully.
LE 24 du mois dernier , la Ducheſſe de Richmond
fut préfentée à Leurs Majeſtés , ainſi qu'à
la Famille Royale , par la Ducheffe de Fitz- James ,
& prit le tabouret chez la Reine. La Marquise de
Montmirel fut auffi préfentée par la Ducheffe de
Villequier.
Leurs Majeftés & la Famille Royale fignerent
le même jour , le contrat de Mariage du Comte
de Montchenu , Exempt des Gardes-du - Corps du
Roi , avec Demoiſelle de Bully , fille du fieur de
Buffy , Premier Préfident du Bureau des Finances
de la Généralité de Bourges.
Le Comte de Maillebois , a obtenu du Roi la
permiffion d'aller en Espagne pour les affaires particulieres
, & Sa Majefté a trouvé bon qu'il vînt
prendre congé d'elle avant que de partir.
Le 24 le fieur Fourneau , Recteur de l'Univerfité
, accompagné du fieur Mathieu , Principal du
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
College de Compiegne & de plufieurs Profeffeurs ,
eut l'honneur de préfenter au Roi , à Monſeigneur
le Dauphin , à Monfeigneur le Duc de Berry , &
AMonfeigneur le Comte de Provence , un Difcours
latin fur la Paix , qui a été prononcé par le fieur le
Beau le cadet, de l'Academie des Infcriptions &
Belles Lettres.
Dom Etienne , Religieux de S. Hubert , eur
auffi l'honneur de préfenter au Roi les Oiseaux &
les Chiens qu'il eft d'ufage d'envoyer de S. Hubert
en préfent a Sa Majefté.
Sa Majesté vient d'accorder les entrées de fa
Chambre au Marquis d'Armentieres. Le 2 de ce
mois , le fieur Neville - Neville eut une Audience
particuliere du Roi , dans laquelle il remit , en fa
qualité de Miniftre Plénipotentiaire de la Cour
d'Angleterre , fes Lettres de créance à Sa Majefté.
Le Comte de Wedelfriz , Envoyé extraordinaire de
Danemark , eut auffi le 4 une Audience particuliere,
dans laquelle il préfenta au Roi fes lettres
de rappel. Ces deux Miniftres furent conduits à
ces Audiences , ainfi qu'à celles de la Reine & de
Ja Famille Royale , par le fieur de la Live , Introducteur
des Ambaffadeurs .
1 Le 7 de ce mois , Leurs
Majeftés
ainsi que la
Famille
Royale
, fignerent
le Contrat
de Mariage
du feur Bourgeois
de Boynes
, Confeiller
d'Etat ,
avec Demoiſelle
Desgolz
.
Le Régiment de Salis , Grifon , faifant routepar
cette Ville pour fe rendre à fa deſtination , a paffé
en revue , le 8 de ce mois , devant le Roi qui étoit
accompagné de Monfeigneur le Dauphin , de
Madame la Dauphine , de Monfeigneur le Duc de
Berry , de Monfeigneur le Comte de Provence , de
Madame Adélaïde , de Meldames Victoires , Sophie
& Louife, du Duc de Chartres, du Prince de
7
OCTOBRE . 1763. 205
Condé , du Duc de Penthiévre & du Prince de
Lamballe. Ce Régiment a fait plufieurs évolutions
dont Sa Majesté a paru fort fatisfaite .
Le is , fête de l'Alfomption de la Sainte Vierge,
le Roi & la Reine accompagnés de Monfeigneur
le Dauphin , de Madame la Dauphine , de Ma
dame Adélaïde & des Mefdames Victoire , Sophie
& Louiſe , fe rendirent à l'Eglife de l'Abbaye
Royale de S. Corneille . Leurs Majeftés y affifiérent
aux Vêpres , & enfuite à la Proffeffion folemnelle
qui fe fait chaque année le même jour dans
tout le Royaume pour l'accompliffement du voeu
de Louis XIII. Dom Goudar , Grand Prieur de
l'Abbaye y Officia ; le Chapitre de S. Clément , le
Clergé des deux Paroitles , & tout le Clergé Régualier
s'y trouverent , ainfi que le Bailliage & le
Corps de Ville , qui eurent leur place dans le
Choeur le Chapitre de S. Clément & le Clergé des
deux Paroilles furent placés dans le Sanctuaire;
les deux Huifliers de la Chambre portoient leurs
Maffes devant le Roi. Après la Proceffion , Leurs
Majeftés entendirent le Salut dans la même Eglife.
Elles furent reçues & reconduites , avec les
cérémonies ordinaires , par le Grand - Prieur de
T'Abbaye , accompagné de fes Religieux.
Le 4 de ce mois , 'Leurs Majeftés , ainfi que la
Famille Royale fignerent le Contrat de Mariage
du Marquis de Crenolle & de Demo felle Mégrer
d'Etigny & le 17 celui du Marquis de Caraman,
Meftre-de-Camp du Régiment du Colonel-
Général Dragons , avec Demoiſelle de Monteffus
de Rully.
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Résumé : De COMPIEGNE, le 20 Août 1763.
En juillet et août 1763, plusieurs événements marquants eurent lieu à la cour royale. Le 24 juillet, la Duchesse de Richmond et la Marquise de Montmirel furent présentées à Leurs Majestés et à la Famille Royale par les Duchesses de Fitz-James et de Villequier, respectivement. Le même jour, le contrat de mariage du Comte de Montchenu avec Mademoiselle de Bully fut signé, et le Comte de Maillebois obtint la permission du Roi pour se rendre en Espagne. Le 24 août, le sieur Fourneau, Recteur de l'Université, accompagné de plusieurs professeurs, présenta un discours latin sur la paix au Roi, au Dauphin, au Duc de Berry et au Comte de Provence. Dom Étienne, Religieux de Saint-Hubert, offrit des oiseaux et des chiens au Roi. Le Marquis d'Armentières reçut les entrées de la Chambre du Roi, et le sieur Neville-Neville, Ministre Plénipotentiaire de la Cour d'Angleterre, remit ses lettres de créance au Roi. Le Comte de Wedelfriz, Envoyé extraordinaire du Danemark, présenta ses lettres de rappel. Le 7 août, le contrat de mariage du sieur Bourgeois de Boynes avec Mademoiselle Desgolz fut signé. Le 8 août, le Régiment de Salis-Salis passa en revue devant le Roi et la Famille Royale. Le 11 août, à l'occasion de la fête de l'Assomption de la Sainte Vierge, le Roi et la Reine assistèrent aux vêpres et à la procession solennelle à l'Abbaye Royale de Saint-Corneille. Le 4 août, le contrat de mariage du Marquis de Crenolle avec Demoiselle Méger d'Etigny fut signé. Le 17 août, ce fut au tour du Marquis de Caraman et de Demoiselle de Montessus de Rully.
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43
p. 206-208
DE PARIS, le 26 Août 1763.
Début :
Le 12, l'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres tint une Séance dans laquelle le sieur [...]
Mots clefs :
Académie royale des inscriptions et belles-lettres, Duchesse, Pape, Consistoire, Fête de l'Assomption, Procession, Assemblée générale, Université, Prix, Chevaliers, Loterie de l'Hôtel-de-ville, Tirage, Loterie de l'école royale militaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 26 Août 1763.
DE PARIS , le 26 Août 1763.
Le 12 , l'Académie Royale des Inſcriptions & Belles-
Lettres tint une Séance dans laquelle le fieur
Tercier a été élu Penfionnaire à la place du feu
fieur de Bougainville. Le 26 Juillet , elle a élu
Académicien Affocié le fieur Anquetil.
OCTOBRE . 1763 . 207
La Ducheffe de Chatillon , Veuve du Duc de
Chatillon , Grand Fauconnier de France en ſurvivance
, eft accouchée ſur la fin du mois dernier
d'une fille. Il ne reste plus aucun rejetton mâle
de cette illuftre Maiſon.
Un Courrier extraordinaire de Rome a apporté
la nouvelle que le Pape a tenu le 18 du
mois dernier un Confiftoire , dans laquelle Sa
Sainteté a créé Cardinaux le Prélat Négroni ;
fon Auditeur , & le Préiat Burnaccorfi , Secré
taire de la Congrégation des Evêques & des Ré
guliers.
Le 15 de ce mois , fête de l'Affomption de la
Sainte Vierge , la Proceffion folemnelle qui fe fait
tous les ans à pareil jour , en exécution du Vou
de Louis XIII , fe fit avec les cérémonies ordinaires
, & l'Archevêque de Parissyy officia. Le Parlement
, la Chambre des Comptes , la Cour des
Aydes & le Corps de Ville y affifterent.
On tint le 16 , à l'Hôtel de Ville , une affemblée
générale dans laquelle le fieur Pouletier ,
Confeiller de Ville , & le fieur Phelippes de la
Marniere , ancien Bâtonnier de l'Ordre des
Avocats au Parlement , furent élus Echevins..
Le 8 de ce mois , l'Univerfité s'affembla dans
les Ecoles de Sorbonne pour la diftribution de
Les prix. Cette Cérémonie , à laquelle le Parlement
affifta , fut précédée d'un Difcours Latin
que prononça le fieur Nicolas Louvel , Profef
feur d'Humanités au Collège des Graffins. Le
fieur Coflon , Profeffeur de Rhétorique au
Collége de Metz , a remporté le prix d'Eloquence
Latine , fondé pour les Maîtres ès Arts , par le
fieur Jean- Baptifte Coignard , Secrétaire du Roi
& Confervateur des Hypothèques. Le Sujet propolé
pour cette année étoit : combien il importe
208 MERCURE DE FRANCE.
4
aux peuples qu'il y ait dans toutes les Ecoles
publiques une Doctrine uniforme fur la Religion ,
les moeurs & les Lettres. Parmi les jeunes gen's
qui ont été couronnés , on a diftingué le heur
Charles- Francois Dupuy , Elève du Collège d'Har
court , qui a remporté trois premiers prix & deux
feconds de la Claffe de Réthorique.
Her jour de la fête de S. Louis , le Corps
de Ville a accompagné la Proceflion des Carme
du grand Couvent , qui s'eſt rendue , fuivant
l'ufage , à la Chapelle du Palais des Thaileries
, où ces Religieux ont chanté la Melle.
Le 21 de ce mois , les Chevaliers de la Compagnie
Royale de l'Arbalère & de l'Arquebufe
de certe Ville , ont fait chanter dans l'Eglife des
Révérends Peres Minimes de la Place Royale un
Te Deum , à l'occafion de l'inauguration de la
Statue Equeftre du Roi & de la publication de
la Paix. Le même jour , ils fe font rendus en
leur Hôtel , & y ont tiré en préfence de MM .
les Prévôts des Marchands & Echevins , & du
Duc de Luynes , Colonel de la Compagnie , repréfentant
le Roi , le prix que Sa Majefté leur
a accordé. Ce prix a été remporté par le Duc
de Luynes au troifiéme coup que ce jeune 'Seigneur
a tiré pour le Roi.
Le trente- unićine tirage de la Loterie de l'Hôtel-
de- Ville s'eft fait le 26 du mois dernier ,
en la manière accoutumée . Le Lot de cinquante
mille livres eft échu au numéro 76658 , celui
de vingt mille livres au numéro 72923 , & les
deux de dix mille livres aux numéros 61250 &
63785.
Les de ce mois , on a tiré la Loterie de
l'Ecole Royale Militaire. Les numéros fortis de
la roue de fortune font : 9 , 64 , 22 , SI , 28.
Le prochain tirage fe fera les Septembre.
Le 12 , l'Académie Royale des Inſcriptions & Belles-
Lettres tint une Séance dans laquelle le fieur
Tercier a été élu Penfionnaire à la place du feu
fieur de Bougainville. Le 26 Juillet , elle a élu
Académicien Affocié le fieur Anquetil.
OCTOBRE . 1763 . 207
La Ducheffe de Chatillon , Veuve du Duc de
Chatillon , Grand Fauconnier de France en ſurvivance
, eft accouchée ſur la fin du mois dernier
d'une fille. Il ne reste plus aucun rejetton mâle
de cette illuftre Maiſon.
Un Courrier extraordinaire de Rome a apporté
la nouvelle que le Pape a tenu le 18 du
mois dernier un Confiftoire , dans laquelle Sa
Sainteté a créé Cardinaux le Prélat Négroni ;
fon Auditeur , & le Préiat Burnaccorfi , Secré
taire de la Congrégation des Evêques & des Ré
guliers.
Le 15 de ce mois , fête de l'Affomption de la
Sainte Vierge , la Proceffion folemnelle qui fe fait
tous les ans à pareil jour , en exécution du Vou
de Louis XIII , fe fit avec les cérémonies ordinaires
, & l'Archevêque de Parissyy officia. Le Parlement
, la Chambre des Comptes , la Cour des
Aydes & le Corps de Ville y affifterent.
On tint le 16 , à l'Hôtel de Ville , une affemblée
générale dans laquelle le fieur Pouletier ,
Confeiller de Ville , & le fieur Phelippes de la
Marniere , ancien Bâtonnier de l'Ordre des
Avocats au Parlement , furent élus Echevins..
Le 8 de ce mois , l'Univerfité s'affembla dans
les Ecoles de Sorbonne pour la diftribution de
Les prix. Cette Cérémonie , à laquelle le Parlement
affifta , fut précédée d'un Difcours Latin
que prononça le fieur Nicolas Louvel , Profef
feur d'Humanités au Collège des Graffins. Le
fieur Coflon , Profeffeur de Rhétorique au
Collége de Metz , a remporté le prix d'Eloquence
Latine , fondé pour les Maîtres ès Arts , par le
fieur Jean- Baptifte Coignard , Secrétaire du Roi
& Confervateur des Hypothèques. Le Sujet propolé
pour cette année étoit : combien il importe
208 MERCURE DE FRANCE.
4
aux peuples qu'il y ait dans toutes les Ecoles
publiques une Doctrine uniforme fur la Religion ,
les moeurs & les Lettres. Parmi les jeunes gen's
qui ont été couronnés , on a diftingué le heur
Charles- Francois Dupuy , Elève du Collège d'Har
court , qui a remporté trois premiers prix & deux
feconds de la Claffe de Réthorique.
Her jour de la fête de S. Louis , le Corps
de Ville a accompagné la Proceflion des Carme
du grand Couvent , qui s'eſt rendue , fuivant
l'ufage , à la Chapelle du Palais des Thaileries
, où ces Religieux ont chanté la Melle.
Le 21 de ce mois , les Chevaliers de la Compagnie
Royale de l'Arbalère & de l'Arquebufe
de certe Ville , ont fait chanter dans l'Eglife des
Révérends Peres Minimes de la Place Royale un
Te Deum , à l'occafion de l'inauguration de la
Statue Equeftre du Roi & de la publication de
la Paix. Le même jour , ils fe font rendus en
leur Hôtel , & y ont tiré en préfence de MM .
les Prévôts des Marchands & Echevins , & du
Duc de Luynes , Colonel de la Compagnie , repréfentant
le Roi , le prix que Sa Majefté leur
a accordé. Ce prix a été remporté par le Duc
de Luynes au troifiéme coup que ce jeune 'Seigneur
a tiré pour le Roi.
Le trente- unićine tirage de la Loterie de l'Hôtel-
de- Ville s'eft fait le 26 du mois dernier ,
en la manière accoutumée . Le Lot de cinquante
mille livres eft échu au numéro 76658 , celui
de vingt mille livres au numéro 72923 , & les
deux de dix mille livres aux numéros 61250 &
63785.
Les de ce mois , on a tiré la Loterie de
l'Ecole Royale Militaire. Les numéros fortis de
la roue de fortune font : 9 , 64 , 22 , SI , 28.
Le prochain tirage fe fera les Septembre.
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Résumé : DE PARIS, le 26 Août 1763.
En août 1763, l'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres élit Tercier comme pensionnaire et Anquetil comme académicien associé. La duchesse de Chatillon donne naissance à une fille, marquant la fin des héritiers mâles de sa maison. Le Pape crée cardinaux Négroni et Burnaccorsi. Le 15 octobre, une procession solennelle est organisée à Paris pour l'Assomption de la Sainte Vierge, en présence de diverses institutions. Le 16 octobre, Pouletier et Phelippes de la Marnière sont élus échevins. Le 8 octobre, l'Université se rassemble à la Sorbonne pour la distribution des prix, avec Nicolas Louvel prononçant un discours latin. Coslon remporte le prix d'éloquence latine. Charles-François Dupuy, élève du Collège d'Harcourt, se distingue en obtenant trois premiers prix et deux seconds en rhétorique. Le Corps de Ville accompagne la procession des Carmes le jour de la fête de Saint Louis. Le 21 octobre, les Chevaliers de la Compagnie Royale de l'Arbalète et de l'Arquebuse célèbrent l'inauguration de la statue équestre du Roi et la publication de la paix. Le 26 septembre, la loterie de l'Hôtel-de-Ville attribue des lots de cinquante mille, vingt mille et dix mille livres. Le 30 octobre, la loterie de l'École Royale Militaire se déroule avec les numéros 9, 64, 22, 51 et 28.
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44
p. 198-205
De PARIS, le 2 Avril 1764.
Début :
Sa Majesté, par des Lettres-Patentes, datées du 2 Septembre 1763, & enregistrées [...]
Mots clefs :
Lettres patentes, Sa Majesté, Règlements, Ordonnance, Recrues, Colonels, Lieutenants, Négociants, Navires, Commerce, Princes, Chambre des pairs, Assemblée, Arrêts, Registres, Parlement, Cour, Jésuites, Serment, Officiers, Remontrances, Procession
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 2 Avril 1764.
De PARIs, le 2 Avril 1764.
Sa Majeſté, par des Lettres-Patentes, datées du
2 Septembre 1763 , & enregiſtrées au Parlement
le 12 Décembre ſuivant, voulant contribuer à la
perfection de l'Ecole Royale de Chirurgie qu'Elle
a établie à Orléans, par Lettres-Patentes du 23
juin 1759 , fixe des Réglemens relatifs aux obli
gations de ceux qui prétendront à la Maîtriſe, &
aux droits & prérogatives attachés aux Places de
Profeſſeurs,
Par une Ordonnance du premier Septembre
dernier, Sa Majeſté crée & établit dans le Régi
ment des Recrues de la Ville de Paris, un Colonel,
un Lieutenant-Colonel & un Major, leſquels joui
ront de tous les droits & prérogatives dont jouiſ
ſent les autres Colonels, Lieutenans-Colonels &
Majors de ſon Infanterie Françoiſe. Sa Majeſté fixe
en même temps les appointemens du Colonel à
36oo liv. par an, ceux du Lieutenant-Colonel à
24oo liv. & ceux du Major à 18oo liv,
M A I. 1764. Iq
Les Négocians & Armateurs de Grandville,
ayant repréſenté au Roi que leur Port eſt aſſez
ſpacieux, pour y contenir beaucoup de Navires,
& qu'il eſt ſitué dans un pays où l'on peut ſe pro
curer aiſément tout ce qui eſt propre à l'avitaille
ment des Navires, & qui peut ſervir à étendre la
Navigation, par la facilité § l'on a de faire ve
' nir de Paris & de plufieurs autres Villes toutes ſor
tes ſortes de Marchandiſes; Sa Majeſté, par un
Arrêt de ſon Conſeil d'Etat, du 29 Décembre der
nier, leur permet de faire directement par le Port
de ladite Ville le Commerce des Iſles & Colonies
Françoiſes de l'Amérique, & ordonne en conſé
quence qu'ils jouiſſent du privilége de l'entrepôt &
des autres priviléges & exemptions portés par les
Lettres-Patentes du mois d'Avril 1717 , ainſi qu'en
jouiſſent les Négocians des Ports admis à Com
11162fC6º,
La Société Royale de Londres a reçu, le 26
Janvier dernier, au nombre de ſes Membres le
ſieur Camus, de l'Académie Royale des Sciences,
Examinateur des Ecoles du Corps Royal de l'Artit
lerie & du Génie, Profeſſeur & Secrétaire de l'Aca
démie Royale d'Architecture, & Honoraire de
celle de Marine. -
-
Les Princes & Pairs ayant reçu avis que les
Chambres ſeroient aſſemblées le Mercredi 22
pour fixer les objets des Remontrances arrêtées
le 23 Janvier à l'occaſion de l'exil de l'Archevêque
de Paris , ſe ſont rendus au Parlement ledit jour
22 & dans cette ſéance les objets ont été fixés, &
l'aſſemblée a été remiſe au Mercredi 29 du mois•
on a auſſi dénoncé à l'aſſemblée des Chambres
différens faits & pluſieurs Ecrits ſur le Réquiſitoire
I iv
2OO MERCURE DE FRANCE.
des Gens du Roi, les Ecrits ont été condamnés à
être lacérés & brûlés par l'Exécuteur de la Haute
Juſtice; & il a été rendu Arrêt dont l'Extrait vient
dêtre imprimé dans la forme ſuivante.
ExTRAIT DEs REGIsTREs DU PARLEMENT.
- Du 22 Février 1763.
» APPERT, entr'autres diſpoſitions, avoir été
» ordonné par Arrêt rendu ledit jour par la
-» Cour , toutes les Chambres aſſemblées, que
» dans huitaine, à compter du jour de la pu
» blication dudit Arrêt , même par l'extrait ,
» tous ceux qui étoient Membres de la Société
» ſe diſant de Jeſus, au 6 Août 1761 , étant
, » actuellement dans le reſſort de la Cour, prête
» ront ſerment , de ne point vivre déſormais en
» commun, ou ſéparément, ſous l'empire de l'Inſ
» titut & des Conſtitutions de la ci-devant So
» ciété ſe diſant de Jeſus, de n'entretenir aucune
» correſpondance directe ou indirecte , par lettres ,
, º ou par perſonnes interpoſées, ou autrement, en
• • quelques forme & maniere que ce puiſſe être ,
. » avec le Général, le Régime & les Supérieurs
, » de ladite ci-devant Société, ou autres perſon
* nes pas eux propoſées, ni avec aucuns Mem
* bres d'icelle réſidans en Pays étrangers, & de
:** tenir pour impie la Doctrine contenue dans le
* Recueil des Aſſertions, tendante à compromettre
, » la ſüreté de la Perſonne ſacrée des Rois ; leſ
» quels ſermens, à l'égard de tous ceux deſdits ci
» devant ſoi diſans Jéſuites, qui ſont actuelle
» ment dans la Ville, Prévôté & Vicomté de
. » Paris, ſeront reçus pardevant Me Joſeph-Marie
, ºº Terray, Conſeiller-Rapporteur , que la Cour
, » a commis à cet effet : & qu'à l'égard de tous les
2º autres ci devant ſoi-diſans Jéſuites demeurans
M A I. 1764. 2.OI
a» actuellement hors de la Ville , Prévôté &
» Vicomté de Paris & dans le reſſort de la Cour,
» leſdits ſermens ſeront reçus dans les Bailliages
» & Sénéchauſſées du reſſort, dans le diſtrict deſ
» quels ils ſe trouveront lors de la ſuſdite publica
» tion dudit Arrêt, par le Lieutenant-Général ou
» autre Officier , ſuivant l'ordre du Tableau ; deſ
2» quels ſermens ſera donné acte, qui ſera ſouſcrit
» par celui qui aura fait ledit ſerment, & dépoſé
» au Greffe de la Cour ou aux Greffes des Baillia -
» ges & Sénéchauſſées du Reſſort, dont expédition
» en forme ſera envoyée au Procureur-Général
» du Roi, pour être pareillement par lui dépoſée
» au Greffe de la Cour, pour, ſur le compte quî
» ſera par lui rendu, être par la Cour, toutes les
» Chambres aſſemblées, ftatué ce qu'il appartien
» dra , le tout ſans préjudice du ſerment preſcrit
» par l'Arrêt du 6 Août 1726 , à l'égard de ceux
» qui voudroient remplir des grades dans les
» Univerſités du Reſſort, poſſéder Canonicats ou
» Bénéfices à charge d'âmes, Vicariats, emplois
» ou fonctions ayant même charge, Chaires ou
» Enſeignement public, Offices de Judicature ou
» Municipaux, & généralement remplir aucunes
» fonctions publiques, comme auſſi ſans préjudice
» de l'exécution de l'Arrêt du 7 Septembre ſuivant
• rendu en conſéquence. Ordonne que ledit Arrêt
» ſera imprimé, lû, publié & affiché par-tout oû
» beſoin ſera , que l'Affiche d'icelui, même par
» Extrait , vaudra ſignification & injonction à
» chacun de ceux qui audit jour 6 Août 1761 ,
» étoient Membres de ladite ci-devant Société ,
» & qu'Extraits collationnés d'icelui ſerontenvoyés
» aux Bailliages & Sénéchauſſées du Reſſort, en
» ſemble aux Conſeil Provincial d'Artois, Baillia
» ges, Gouvernances & Officiers Municipaux de
L,v.
2 o2 MERCURE DE FRANCE.
» l'Artois, pour y être pareillement lû, publié &
» regiſtré. Enjoint aux Subſtituts du Procureur
» Général du Roi d'y tenir la main, & d'en certi
» fier la Cour. Collationné. REGNAULT.
» Signé, DUFRANC. »
Le 29, les Princes & les Pairs ſe ſont rendus au
Parlement ; il y a été fait lecture des Remontran
ces rédigées d'après les Articles qui avoient été
précédemment agrées ; les Gens du Roi ont été
chargés de ſe retirer pardevers Sa Majeſté pour
ſçavoir le lieu, le jour & l'heure où il lui plaira de .
recevoir ces Remontrances & de rendre compte le
Samedi 3 Mars, de l'éxécution de cette Miſſion.
Ils ont été chargés auſſi de prendre communica
tion du Procez-Verbal de la vérification des Aſſer
tions citées dans l'Inſtruction Paſtorale de l'Ar
chevêque de Paris, & de prendre leurs Conclu
fions ſur cet objet le 3 Mars. Enfin ils ont été char
gé ſde prendre communication d'un Imprimé in
titulé : Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de
Langres au Clergé Séculier & Régulier de ſon
Diocèſe, lequel a été dépoſé au Greffe, enſemble
du récit fait à ce ſujet par un de MM. & de prendre
des Concluſions ſur le tout le même jour 3 Mars.
Le 3 Mars, les Princes & les Pairs ſe ſont
rendus au Parlement, Les Gens du Roi, rendant
compte de la Miſſion dont ils avoient été chargés,
le 29 du mois dernier, ont dit que le Roi recevroit
à Verſailles, Dimanche 4 du même mois à midi ,
les Remontrances de ſon Parlement, & que ſon
* intention étoit qu'elles lui fuſſent préſentées par le
Premier Préſident & deux Préſidens. Le Prince de
Condé ayant propoſé de mettre en délibération ce
qu'il convenoit de faire au ſujet de ce qui ſe trouve
dans les Remontrances du Parlement de Bretagne
M A I. 1764. 2o3
concernant la Cour des Pairs, il a été arrêté qu'il
ſeroit nommé des Commiſſaires qui s'aſſemble
roient Jeudi 8 , à l'effet d'examiner ces Remon
trances & de recueillir les principes & les faits ſur
cette matiére, pour rendre compte du tout au
Parlement. Enſuite les Gens du Roi ont rendu
compte du Procès-Verbal de la vérification des Aſ
ſertions citées dans l'Inſtruction Paſtorale de l'Ar
chevêque de Paris, ainſi que de l'Imprimé intitulé;
Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de Lan
gres au Clergé Séculier & Régulier de ſon Diocèſe,
& ils ont laiſſé concernant ces deux objets leurs
concluſions par écrit, ſur leſquelles il a été rendu
deux Arrêts. Par le premier, il eſt ordonné que
pour remplir de plus en plus les vues que le Par
lement s'étoit propoſées par ſon Arrêt du 5 Mars
1762 , des copies collationnées du Procès-Verbal
dépoſé au Greffe par Arrêt du 29 Février dernier ,
feroient envoyées ſans délai par le Procureur-Gé
néral du Roi à tous les Archevêques & Evêques du
Reſſort & à tous les Bailliages & Sénéchauſſées ;il
a été arrêté de plus que le premier Préſident, en
préſentant au Roi les très-humbles & très-reſpec
tueuſes Remontrances de ſon Parlement arrêtées
le 23 Février dernier, remettra à Sa Majefté co
pie collationnée du Procès-Verbal de vérification,
& on a ordonné que, pour que le Procès-Verbal
foit plus promptement & plus facilement envoyé
aux Archevêques & Evêques & aux Bailliages &
Sénéchauſſées du Reſſort, il ſera imprimé & que le
préſent Arrêt ſera imprimé en tête du Procès-Ver
bal. Il a été fait enſuite un Arrêté portant qu'un
exemplaire imprimé du Procès-Verbal de la véri
fication des Extraits das Aſſertions, collationné
par un Secrétaire du Parlement, ſera envoyé aux
Parlemens & Conſeils Supérieurs auxquels ont été
I vj
2o4 MERCURE DE FRANCE.
adreſſés des exemplaires des Aſſertions. Dans le
cours des opinions, un des Membres du Parle
ment s'étant réſervé de faire mettre en délibéra
tion ce qu'il convenoit de faire au ſujet du nom
bre d'Evêques qui ſe trouvoient à Paris, il a été
arrêté qué le Procureur Général du Roi ſeroit
chargé de veiller à l'exécution des Ordonnances &
Arrêts en ce quiconcerne la réſidence des Archevê
, ques & Evêques dans leur Diocèſe , & qu'il ren
droit compte dans la quinzaine aux Chambres aſ
ſemblées des diligences qu'il aura faites. Il a été
rendu enfin au ſujet de l'Imprimé ayant pour titre :
Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de Lan
gres, & c. un ſecond Arrêt qui ordonne que cet
Imprimé ſera lacéré & brûlé par l'Exécuteur de
la Haute-Juſtice, & que l'Arrêt ſera imprimé &
affiché tant à Paris qu'a Langres & par-tout où
, beſoin ſera.
Le 9 les Princes & les Pairs ſe ſont rendus au
Parlement. Le Premier Préſident ayant rendu
compte de la réponſe faite par le Roi aux Remon
, trances de ſon Parlement , on a arrêté qu'il ſeroit
fait Procès-Verbal du récit fait par le Premier Pré
ſident; &, quant au fond de l'affaire de l'Archevê
que de Paris, il a été arrêté que la délibération
, ſeroit continuée au premier jour avec les Princes
& les Pairs, en vertu de la convocation du 2 1 Jan
vier dernier, & ſans qu'il en ſoit beſoin d'autre.
Les Gens du Roi ayant enſuite rendu compte des
Inform ations faites au ſujet de la diſtribution de
Il'nſtruction Paſtorale de l'Archevêque de Paris,
& des différens Actes de ſerment faits en exécution
de l'Arrêt du 21 Février, & ayant pris des conclu
· ſions ſur le tout, le Parlement a rendu un Arrêt
par lequel il eſt enjoint aux ci-devant ſoi-diſant
Jéſuites, qui n'ont pas prêté ſerment dans le terme
M A I. 1764. , 2o5
preſcrit par l'Arrêt du 22 Février, de ſe retirer du
Royaume dans un mois , à compter du jour de la
publication du préſent Arrêt, tant dans cette Ville
| que dans les Bailliages & Sénéchauſſées du Reſ
ſort, ſauf a ceux qui par leur grand âge ou pour
cauſe d'infirmité ne pourroient ſatisfaire au pré
· ſent Arrêt, à préſenter leurs requêtes en la Cour,
tontes les Chambres aſſemblées, dans le ſuſdit dé
lai, pour être ſur leſdites requêtes & ſur les con
, cluſions du Procureur-Général du Roi ſtatué ce
qu'il appartiendra. Les Gens du Roi étant rentrés
en l'aſſemblée des Chambres, ont rendu compte
d'un Ecrit intitulé Adhéſion de Monſeigneur l'Evê
que d'Amiens a l'Inſtruction Paſtorale de Mon
ſeigneur l'Archevêque de Paris, & ont pris leurs
concluſions tendantes a ce que cet Ecrit fût lacéré
& brûlé : ſur quoi eſt intervenu Arrêt conforme
aux concluſions. -
Le 22 du même mois , on fit la Proceſſion ſo
lemnelle qu'on a coutume de faire tous les ans
en mémoire de la ré*uction de cette Capitale
ſous l'obédience de HENRY IV. Le Corps de
Ville aſſiſta , ſelon l'uſage, a cette Cérémonie,
La Société Royale de Londres reçut, le 13
Janvier dernier, au nombre de ſes Membres,
le ſieur Ferdinand Berthoud, habile Horloger
de cette Capitale. Cet Artiſte fut choiſi l'année
dernière par l'Académie Royale des Sciences &
, envoyé a Londres par Sa Majeſté, pour aſſiſter,
- conjointement avec M le Camus, à l'examen
de l'Horloge de M. Harriſſon. Il eſt Auteur du
Livre de l'Art de régier les Pendules & les Mon
tres, de l'Eſſai ſur l'Horlogerie , & de pluſieurs
- ouvrages relatifs à ſon Art, qu'il a préſentés à
. l'Académie, entr'autres de trois différentes hor
: loges de Marine pour la découverte des longi2
tudes en mer,
Sa Majeſté, par des Lettres-Patentes, datées du
2 Septembre 1763 , & enregiſtrées au Parlement
le 12 Décembre ſuivant, voulant contribuer à la
perfection de l'Ecole Royale de Chirurgie qu'Elle
a établie à Orléans, par Lettres-Patentes du 23
juin 1759 , fixe des Réglemens relatifs aux obli
gations de ceux qui prétendront à la Maîtriſe, &
aux droits & prérogatives attachés aux Places de
Profeſſeurs,
Par une Ordonnance du premier Septembre
dernier, Sa Majeſté crée & établit dans le Régi
ment des Recrues de la Ville de Paris, un Colonel,
un Lieutenant-Colonel & un Major, leſquels joui
ront de tous les droits & prérogatives dont jouiſ
ſent les autres Colonels, Lieutenans-Colonels &
Majors de ſon Infanterie Françoiſe. Sa Majeſté fixe
en même temps les appointemens du Colonel à
36oo liv. par an, ceux du Lieutenant-Colonel à
24oo liv. & ceux du Major à 18oo liv,
M A I. 1764. Iq
Les Négocians & Armateurs de Grandville,
ayant repréſenté au Roi que leur Port eſt aſſez
ſpacieux, pour y contenir beaucoup de Navires,
& qu'il eſt ſitué dans un pays où l'on peut ſe pro
curer aiſément tout ce qui eſt propre à l'avitaille
ment des Navires, & qui peut ſervir à étendre la
Navigation, par la facilité § l'on a de faire ve
' nir de Paris & de plufieurs autres Villes toutes ſor
tes ſortes de Marchandiſes; Sa Majeſté, par un
Arrêt de ſon Conſeil d'Etat, du 29 Décembre der
nier, leur permet de faire directement par le Port
de ladite Ville le Commerce des Iſles & Colonies
Françoiſes de l'Amérique, & ordonne en conſé
quence qu'ils jouiſſent du privilége de l'entrepôt &
des autres priviléges & exemptions portés par les
Lettres-Patentes du mois d'Avril 1717 , ainſi qu'en
jouiſſent les Négocians des Ports admis à Com
11162fC6º,
La Société Royale de Londres a reçu, le 26
Janvier dernier, au nombre de ſes Membres le
ſieur Camus, de l'Académie Royale des Sciences,
Examinateur des Ecoles du Corps Royal de l'Artit
lerie & du Génie, Profeſſeur & Secrétaire de l'Aca
démie Royale d'Architecture, & Honoraire de
celle de Marine. -
-
Les Princes & Pairs ayant reçu avis que les
Chambres ſeroient aſſemblées le Mercredi 22
pour fixer les objets des Remontrances arrêtées
le 23 Janvier à l'occaſion de l'exil de l'Archevêque
de Paris , ſe ſont rendus au Parlement ledit jour
22 & dans cette ſéance les objets ont été fixés, &
l'aſſemblée a été remiſe au Mercredi 29 du mois•
on a auſſi dénoncé à l'aſſemblée des Chambres
différens faits & pluſieurs Ecrits ſur le Réquiſitoire
I iv
2OO MERCURE DE FRANCE.
des Gens du Roi, les Ecrits ont été condamnés à
être lacérés & brûlés par l'Exécuteur de la Haute
Juſtice; & il a été rendu Arrêt dont l'Extrait vient
dêtre imprimé dans la forme ſuivante.
ExTRAIT DEs REGIsTREs DU PARLEMENT.
- Du 22 Février 1763.
» APPERT, entr'autres diſpoſitions, avoir été
» ordonné par Arrêt rendu ledit jour par la
-» Cour , toutes les Chambres aſſemblées, que
» dans huitaine, à compter du jour de la pu
» blication dudit Arrêt , même par l'extrait ,
» tous ceux qui étoient Membres de la Société
» ſe diſant de Jeſus, au 6 Août 1761 , étant
, » actuellement dans le reſſort de la Cour, prête
» ront ſerment , de ne point vivre déſormais en
» commun, ou ſéparément, ſous l'empire de l'Inſ
» titut & des Conſtitutions de la ci-devant So
» ciété ſe diſant de Jeſus, de n'entretenir aucune
» correſpondance directe ou indirecte , par lettres ,
, º ou par perſonnes interpoſées, ou autrement, en
• • quelques forme & maniere que ce puiſſe être ,
. » avec le Général, le Régime & les Supérieurs
, » de ladite ci-devant Société, ou autres perſon
* nes pas eux propoſées, ni avec aucuns Mem
* bres d'icelle réſidans en Pays étrangers, & de
:** tenir pour impie la Doctrine contenue dans le
* Recueil des Aſſertions, tendante à compromettre
, » la ſüreté de la Perſonne ſacrée des Rois ; leſ
» quels ſermens, à l'égard de tous ceux deſdits ci
» devant ſoi diſans Jéſuites, qui ſont actuelle
» ment dans la Ville, Prévôté & Vicomté de
. » Paris, ſeront reçus pardevant Me Joſeph-Marie
, ºº Terray, Conſeiller-Rapporteur , que la Cour
, » a commis à cet effet : & qu'à l'égard de tous les
2º autres ci devant ſoi-diſans Jéſuites demeurans
M A I. 1764. 2.OI
a» actuellement hors de la Ville , Prévôté &
» Vicomté de Paris & dans le reſſort de la Cour,
» leſdits ſermens ſeront reçus dans les Bailliages
» & Sénéchauſſées du reſſort, dans le diſtrict deſ
» quels ils ſe trouveront lors de la ſuſdite publica
» tion dudit Arrêt, par le Lieutenant-Général ou
» autre Officier , ſuivant l'ordre du Tableau ; deſ
2» quels ſermens ſera donné acte, qui ſera ſouſcrit
» par celui qui aura fait ledit ſerment, & dépoſé
» au Greffe de la Cour ou aux Greffes des Baillia -
» ges & Sénéchauſſées du Reſſort, dont expédition
» en forme ſera envoyée au Procureur-Général
» du Roi, pour être pareillement par lui dépoſée
» au Greffe de la Cour, pour, ſur le compte quî
» ſera par lui rendu, être par la Cour, toutes les
» Chambres aſſemblées, ftatué ce qu'il appartien
» dra , le tout ſans préjudice du ſerment preſcrit
» par l'Arrêt du 6 Août 1726 , à l'égard de ceux
» qui voudroient remplir des grades dans les
» Univerſités du Reſſort, poſſéder Canonicats ou
» Bénéfices à charge d'âmes, Vicariats, emplois
» ou fonctions ayant même charge, Chaires ou
» Enſeignement public, Offices de Judicature ou
» Municipaux, & généralement remplir aucunes
» fonctions publiques, comme auſſi ſans préjudice
» de l'exécution de l'Arrêt du 7 Septembre ſuivant
• rendu en conſéquence. Ordonne que ledit Arrêt
» ſera imprimé, lû, publié & affiché par-tout oû
» beſoin ſera , que l'Affiche d'icelui, même par
» Extrait , vaudra ſignification & injonction à
» chacun de ceux qui audit jour 6 Août 1761 ,
» étoient Membres de ladite ci-devant Société ,
» & qu'Extraits collationnés d'icelui ſerontenvoyés
» aux Bailliages & Sénéchauſſées du Reſſort, en
» ſemble aux Conſeil Provincial d'Artois, Baillia
» ges, Gouvernances & Officiers Municipaux de
L,v.
2 o2 MERCURE DE FRANCE.
» l'Artois, pour y être pareillement lû, publié &
» regiſtré. Enjoint aux Subſtituts du Procureur
» Général du Roi d'y tenir la main, & d'en certi
» fier la Cour. Collationné. REGNAULT.
» Signé, DUFRANC. »
Le 29, les Princes & les Pairs ſe ſont rendus au
Parlement ; il y a été fait lecture des Remontran
ces rédigées d'après les Articles qui avoient été
précédemment agrées ; les Gens du Roi ont été
chargés de ſe retirer pardevers Sa Majeſté pour
ſçavoir le lieu, le jour & l'heure où il lui plaira de .
recevoir ces Remontrances & de rendre compte le
Samedi 3 Mars, de l'éxécution de cette Miſſion.
Ils ont été chargés auſſi de prendre communica
tion du Procez-Verbal de la vérification des Aſſer
tions citées dans l'Inſtruction Paſtorale de l'Ar
chevêque de Paris, & de prendre leurs Conclu
fions ſur cet objet le 3 Mars. Enfin ils ont été char
gé ſde prendre communication d'un Imprimé in
titulé : Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de
Langres au Clergé Séculier & Régulier de ſon
Diocèſe, lequel a été dépoſé au Greffe, enſemble
du récit fait à ce ſujet par un de MM. & de prendre
des Concluſions ſur le tout le même jour 3 Mars.
Le 3 Mars, les Princes & les Pairs ſe ſont
rendus au Parlement, Les Gens du Roi, rendant
compte de la Miſſion dont ils avoient été chargés,
le 29 du mois dernier, ont dit que le Roi recevroit
à Verſailles, Dimanche 4 du même mois à midi ,
les Remontrances de ſon Parlement, & que ſon
* intention étoit qu'elles lui fuſſent préſentées par le
Premier Préſident & deux Préſidens. Le Prince de
Condé ayant propoſé de mettre en délibération ce
qu'il convenoit de faire au ſujet de ce qui ſe trouve
dans les Remontrances du Parlement de Bretagne
M A I. 1764. 2o3
concernant la Cour des Pairs, il a été arrêté qu'il
ſeroit nommé des Commiſſaires qui s'aſſemble
roient Jeudi 8 , à l'effet d'examiner ces Remon
trances & de recueillir les principes & les faits ſur
cette matiére, pour rendre compte du tout au
Parlement. Enſuite les Gens du Roi ont rendu
compte du Procès-Verbal de la vérification des Aſ
ſertions citées dans l'Inſtruction Paſtorale de l'Ar
chevêque de Paris, ainſi que de l'Imprimé intitulé;
Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de Lan
gres au Clergé Séculier & Régulier de ſon Diocèſe,
& ils ont laiſſé concernant ces deux objets leurs
concluſions par écrit, ſur leſquelles il a été rendu
deux Arrêts. Par le premier, il eſt ordonné que
pour remplir de plus en plus les vues que le Par
lement s'étoit propoſées par ſon Arrêt du 5 Mars
1762 , des copies collationnées du Procès-Verbal
dépoſé au Greffe par Arrêt du 29 Février dernier ,
feroient envoyées ſans délai par le Procureur-Gé
néral du Roi à tous les Archevêques & Evêques du
Reſſort & à tous les Bailliages & Sénéchauſſées ;il
a été arrêté de plus que le premier Préſident, en
préſentant au Roi les très-humbles & très-reſpec
tueuſes Remontrances de ſon Parlement arrêtées
le 23 Février dernier, remettra à Sa Majefté co
pie collationnée du Procès-Verbal de vérification,
& on a ordonné que, pour que le Procès-Verbal
foit plus promptement & plus facilement envoyé
aux Archevêques & Evêques & aux Bailliages &
Sénéchauſſées du Reſſort, il ſera imprimé & que le
préſent Arrêt ſera imprimé en tête du Procès-Ver
bal. Il a été fait enſuite un Arrêté portant qu'un
exemplaire imprimé du Procès-Verbal de la véri
fication des Extraits das Aſſertions, collationné
par un Secrétaire du Parlement, ſera envoyé aux
Parlemens & Conſeils Supérieurs auxquels ont été
I vj
2o4 MERCURE DE FRANCE.
adreſſés des exemplaires des Aſſertions. Dans le
cours des opinions, un des Membres du Parle
ment s'étant réſervé de faire mettre en délibéra
tion ce qu'il convenoit de faire au ſujet du nom
bre d'Evêques qui ſe trouvoient à Paris, il a été
arrêté qué le Procureur Général du Roi ſeroit
chargé de veiller à l'exécution des Ordonnances &
Arrêts en ce quiconcerne la réſidence des Archevê
, ques & Evêques dans leur Diocèſe , & qu'il ren
droit compte dans la quinzaine aux Chambres aſ
ſemblées des diligences qu'il aura faites. Il a été
rendu enfin au ſujet de l'Imprimé ayant pour titre :
Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de Lan
gres, & c. un ſecond Arrêt qui ordonne que cet
Imprimé ſera lacéré & brûlé par l'Exécuteur de
la Haute-Juſtice, & que l'Arrêt ſera imprimé &
affiché tant à Paris qu'a Langres & par-tout où
, beſoin ſera.
Le 9 les Princes & les Pairs ſe ſont rendus au
Parlement. Le Premier Préſident ayant rendu
compte de la réponſe faite par le Roi aux Remon
, trances de ſon Parlement , on a arrêté qu'il ſeroit
fait Procès-Verbal du récit fait par le Premier Pré
ſident; &, quant au fond de l'affaire de l'Archevê
que de Paris, il a été arrêté que la délibération
, ſeroit continuée au premier jour avec les Princes
& les Pairs, en vertu de la convocation du 2 1 Jan
vier dernier, & ſans qu'il en ſoit beſoin d'autre.
Les Gens du Roi ayant enſuite rendu compte des
Inform ations faites au ſujet de la diſtribution de
Il'nſtruction Paſtorale de l'Archevêque de Paris,
& des différens Actes de ſerment faits en exécution
de l'Arrêt du 21 Février, & ayant pris des conclu
· ſions ſur le tout, le Parlement a rendu un Arrêt
par lequel il eſt enjoint aux ci-devant ſoi-diſant
Jéſuites, qui n'ont pas prêté ſerment dans le terme
M A I. 1764. , 2o5
preſcrit par l'Arrêt du 22 Février, de ſe retirer du
Royaume dans un mois , à compter du jour de la
publication du préſent Arrêt, tant dans cette Ville
| que dans les Bailliages & Sénéchauſſées du Reſ
ſort, ſauf a ceux qui par leur grand âge ou pour
cauſe d'infirmité ne pourroient ſatisfaire au pré
· ſent Arrêt, à préſenter leurs requêtes en la Cour,
tontes les Chambres aſſemblées, dans le ſuſdit dé
lai, pour être ſur leſdites requêtes & ſur les con
, cluſions du Procureur-Général du Roi ſtatué ce
qu'il appartiendra. Les Gens du Roi étant rentrés
en l'aſſemblée des Chambres, ont rendu compte
d'un Ecrit intitulé Adhéſion de Monſeigneur l'Evê
que d'Amiens a l'Inſtruction Paſtorale de Mon
ſeigneur l'Archevêque de Paris, & ont pris leurs
concluſions tendantes a ce que cet Ecrit fût lacéré
& brûlé : ſur quoi eſt intervenu Arrêt conforme
aux concluſions. -
Le 22 du même mois , on fit la Proceſſion ſo
lemnelle qu'on a coutume de faire tous les ans
en mémoire de la ré*uction de cette Capitale
ſous l'obédience de HENRY IV. Le Corps de
Ville aſſiſta , ſelon l'uſage, a cette Cérémonie,
La Société Royale de Londres reçut, le 13
Janvier dernier, au nombre de ſes Membres,
le ſieur Ferdinand Berthoud, habile Horloger
de cette Capitale. Cet Artiſte fut choiſi l'année
dernière par l'Académie Royale des Sciences &
, envoyé a Londres par Sa Majeſté, pour aſſiſter,
- conjointement avec M le Camus, à l'examen
de l'Horloge de M. Harriſſon. Il eſt Auteur du
Livre de l'Art de régier les Pendules & les Mon
tres, de l'Eſſai ſur l'Horlogerie , & de pluſieurs
- ouvrages relatifs à ſon Art, qu'il a préſentés à
. l'Académie, entr'autres de trois différentes hor
: loges de Marine pour la découverte des longi2
tudes en mer,
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Résumé : De PARIS, le 2 Avril 1764.
Le document du 2 avril 1764 relate plusieurs décisions royales et événements parlementaires. Le roi Louis XV a établi des règlements pour l'École Royale de Chirurgie à Orléans et créé des postes de Colonel, Lieutenant-Colonel et Major dans le régiment des recrues de Paris, avec des salaires annuels respectifs de 3600, 2400 et 1800 livres. Les négociants de Grandville ont reçu l'autorisation de commercer directement avec les colonies françaises d'Amérique via leur port. La Société Royale de Londres a accueilli deux nouveaux membres : le sieur Camus et Ferdinand Berthoud, un horloger. Au Parlement, les Princes et Pairs ont discuté des remontrances concernant l'exil de l'Archevêque de Paris et ont pris des mesures contre les Jésuites. Ces derniers ont été contraints de prêter serment de ne plus vivre sous les constitutions de leur ordre et de ne pas correspondre avec leurs supérieurs. Les écrits jugés contraires à ces décisions ont été condamnés à être lacérés et brûlés. Le Parlement a également ordonné la distribution d'un procès-verbal de vérification des assertions contenues dans l'instruction pastorale de l'Archevêque de Paris et a pris des mesures contre les évêques ne résidant pas dans leur diocèse. Par ailleurs, le texte mentionne l'existence de l'Académie, qui comprend trois types distincts de loges de Marine. Ces loges sont spécifiquement dédiées à la découverte des longitudes en mer.
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45
p. 150-151
De COMPIEGNE, le 16 Août 1764.
Début :
Hier, Fête de l'Assomption de la Ste Vierge, Leurs Majestés, [...]
Mots clefs :
Assomption de la Sainte Vierge, Fête, Famille royale, Abbaye royale, Vêpres, Procession, Voeux, Grand prieur, Religieux, Sanctuaires, Officiers, Éducation, Monseigneur le Comte d'Artois, Nominations
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texteReconnaissance textuelle : De COMPIEGNE, le 16 Août 1764.
De COMPIEGNE , le 16 Août 1764.
HIER , Fête de l'Affomption de la Ste Vierge ,
Leurs Majeftés , accompagnées de Mgr le Dauphin
, de Madame la Dauphine , de Madame
Adélaïde , & de Meldames Victoire , Sophie &
Louife , fe rendirent à l'Eglife de l'Abbaye Royale
de S. Corneille . Leurs Majeftés y affifterent aux
Vêpres & enfuite à la Proceffion qui fe fait
chaque année le même jour dans tout le Royaume
pour l'accompliffement du vou de Louis XIII .
Dom Devis , Grand- Prieur de l'Abbaye , y officia.
Le Chapitre de S. Clément , le Clergé
des deux Paroifles & tout le Clergé Régulier s'y
NOVEMBRE. 1754. 151
trouverent , ainfi que le Bailliage & le Corps de
Ville , qui eurent leur place dans le Choeur ; le
Chapitre de S. Clément & le Clergé des deux
Paroiffes furent placés dans leSanctuaire . Après
la Proceffion qui fe fit dans l'Eglife , Leurs Majeftés
entendirent le Salut ; Elles furent reçues
& reconduites , avec les Cérémonies ordinaires
par le Grand-Prieur de l'Abbaye accompagné de
Les Religieux.
Le Roi, ayant fait choix des Officiers qui doivent
compofer la Maiſon , & être chargés de l'éducation
de Monfeigneur le Comte d'Artois , a nommé
le Duc de la Vauguyon , Gouverneur de la Perfonne
de ce Prince , premier Gentilhomme de fa
Chambre , Grand- Maître de la Garde- Robe , &
Surintendant de fa Maifon ; l'ancien Evêque de
Limoges , Précepteur ; le Chevalier de la Ferrieres
, le Chevalier de Beaujeu , le Marquis de
Sineti & le Marquis de Fougieres , Sous - Gouverneurs
; l'Abbé de Radonvilliers , l'Abbé de Mofrueges
& l'Abbé Gafton , Sous- Précepteurs ; l'Abbé
d'Argentré , Lecteur ; le Comte de Luppé ,
le Marquis de Montefquiou , le Marquis de
Marbeuf , le Comte d'Angivillé , le Comte de
Montaut , le Vicomte de Boifgelin le Baron de
Lieurrai, & le Marquis de Baglion, Gentilshommes
dela Manche.
HIER , Fête de l'Affomption de la Ste Vierge ,
Leurs Majeftés , accompagnées de Mgr le Dauphin
, de Madame la Dauphine , de Madame
Adélaïde , & de Meldames Victoire , Sophie &
Louife , fe rendirent à l'Eglife de l'Abbaye Royale
de S. Corneille . Leurs Majeftés y affifterent aux
Vêpres & enfuite à la Proceffion qui fe fait
chaque année le même jour dans tout le Royaume
pour l'accompliffement du vou de Louis XIII .
Dom Devis , Grand- Prieur de l'Abbaye , y officia.
Le Chapitre de S. Clément , le Clergé
des deux Paroifles & tout le Clergé Régulier s'y
NOVEMBRE. 1754. 151
trouverent , ainfi que le Bailliage & le Corps de
Ville , qui eurent leur place dans le Choeur ; le
Chapitre de S. Clément & le Clergé des deux
Paroiffes furent placés dans leSanctuaire . Après
la Proceffion qui fe fit dans l'Eglife , Leurs Majeftés
entendirent le Salut ; Elles furent reçues
& reconduites , avec les Cérémonies ordinaires
par le Grand-Prieur de l'Abbaye accompagné de
Les Religieux.
Le Roi, ayant fait choix des Officiers qui doivent
compofer la Maiſon , & être chargés de l'éducation
de Monfeigneur le Comte d'Artois , a nommé
le Duc de la Vauguyon , Gouverneur de la Perfonne
de ce Prince , premier Gentilhomme de fa
Chambre , Grand- Maître de la Garde- Robe , &
Surintendant de fa Maifon ; l'ancien Evêque de
Limoges , Précepteur ; le Chevalier de la Ferrieres
, le Chevalier de Beaujeu , le Marquis de
Sineti & le Marquis de Fougieres , Sous - Gouverneurs
; l'Abbé de Radonvilliers , l'Abbé de Mofrueges
& l'Abbé Gafton , Sous- Précepteurs ; l'Abbé
d'Argentré , Lecteur ; le Comte de Luppé ,
le Marquis de Montefquiou , le Marquis de
Marbeuf , le Comte d'Angivillé , le Comte de
Montaut , le Vicomte de Boifgelin le Baron de
Lieurrai, & le Marquis de Baglion, Gentilshommes
dela Manche.
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Résumé : De COMPIEGNE, le 16 Août 1764.
Le 16 août 1764, à Compiègne, les souverains français, accompagnés du Dauphin, de la Dauphine et des princesses Madame Adélaïde, Victoire, Sophie et Louise, se rendirent à l'église de l'Abbaye Royale de Saint-Corneille. Ils assistèrent aux vêpres et à la procession annuelle en accomplissement du vœu de Louis XIII. Dom Devis, Grand-Prieur de l'Abbaye, officia la cérémonie en présence du Chapitre de Saint-Clément, du clergé des deux paroisses, du clergé régulier, ainsi que du bailliage et du corps de ville. Après la procession, les souverains écoutèrent le salut et furent reçus et reconduits par le Grand-Prieur et les religieux. Par ailleurs, le Roi nomma les officiers chargés de l'éducation du Comte d'Artois. Le Duc de la Vauguyon fut désigné Gouverneur, premier Gentilhomme de la Chambre, Grand-Maître de la Garde-Robe et Surintendant de la Maison. L'ancien Évêque de Limoges devint Précepteur, et les Chevaliers de la Ferrières et de Beaujeu, ainsi que les Marquis de Sineti et de Fougieres, Sous-Gouverneurs. Les Abbés de Radonvilliers, de Mofrueges et Gaston furent nommés Sous-Précepteurs, et l'Abbé d'Argentré, Lecteur. Plusieurs gentilshommes, dont le Comte de Luppé, le Marquis de Montefquiou et le Marquis de Marbeuf, furent désignés Gentilshommes de la Manche.
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46
p. 156-158
De PARIS, le 10 Septembre 1764.
Début :
Le Corps de Ville a tenu, le 16 du mois dernier, [...]
Mots clefs :
Assemblée générale, Conseiller d'État, Prévôt des marchands, Université, Prix, Cérémonie, Procession, Fête de Saint-Louis, Académie française, Académie royale des sciences, Église, Incendie, Ornements, Dégâts
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texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 10 Septembre 1764.
De PARIS , le 10 Septembre 1764.
Le Corps de Ville a tenu ,le 16 [du mois dernier
, une affemblée générale dans laquelle le
fieur Bignon , Confeiller d'Etat Commandeur des
Ordres du Roi & Bibliothécaire de Sa Majesté , a
éré élu Prévôt des Marchands ; les fieur de Martel
& Gauthier de Rougemont , ont été nommés
Echevins .
Le 8 du même mois l'Univerfité s'affembla
dans les Ecoles de Sorbonne pour la diftribution
de fes Prix . Cette cérémonie , à laquelle le
Parlement affifta ,fut précedée d'un Difcours Latin
que prononça le fieur Pierre Jacquin , Profeffeur
d'Eloquence au Collège de la Marche. L'Auteur
de l'ouvrage qui a mérité le Prix d'Eloquence
ne s'étant point fait connoître , ce Prix , fondé
pour les Maîtres - ès- Arts par le fieur Jean- Baptifte
Coignard , Secrétaire du Roi & Confervateur
des Hypothéques , a été remis à l'année prochaine
, le Sujet prononcé étoit : ibi optimam effe
juventutis inftitutionem , ubi viget maximè maſćuta
& virilis difciplina.
Le 25 Fêre de S. Louis , la Proceffion de
NOVEMBRE. 1764. 157
Carmes du Grand- Couvent à laquelle le Corps de
Ville afifta , fe rendit , felon la coutume , à la
Chapelle du Palais des Tuileries, où ces Religieux
chanterent la Meffe.
L'Académie Françoile célébra cette Fête dans
La Chapelle du Louvre où l'Abbé Varé prononça
le Panégyrique de S. Louis . La même Fête fut
célébrée par l'Académie Royale des Infcriptions.
& Belles- Lettres & par celle des Sciences dans l'E .
glfe des Prêtres de l'Oratoire ; l'Abbé Rouſſeau
prononça le Panégyrique du Saint.
Le arême jour l'Académie de S. Luc a fait l'ouverture
de fon Sallon de Peinture & de Sculpture
à l'Hôtel d'Aligre , rue S. Honoré.
L'Académie Royale des Sciences a nommé
les fieurs Hellot , Macques , de Montigny , Leroi
& Tiller pour examiner la nouvelle porcelaine de
la compofition du Comte de Lauraguais . Après
en avoir comparé la pâte avec celle de la porcelaine
du Japon , ces Académiciens ont certifié
n'y avoir apperçu aucune différence.
On a appris que , le 9 du mois dernier , l'Eglife
des Pères Chartreux de Bourbon -lez- Gaillon , à
fept lieues de Rouen , a été entierement confumée
par un incendie. Cet accident a été occafionné par
la négligence d'un Plombier qui travailloit audeffus
du Chapitre attenant à l'Eglife ; il avoit
envoyé chercher du feu dans un réchaux pour
fondre de la foudure : le manoeuvre qui l'appor
toit laiffa tomber le réchaux , & le Plombier ſe
contenta de jetter de l'eau fur les charbons allumés
qu'il apperçut : mais il en reſta vraiſemblablement
quelques - uns qui embraferent la charpente
; car à trois heures après minuit le feu prit
avec tant de violence que l'Eglife , le Chapitre ,
la Cellule du Sacriftain & la Tour où étoit l'hor
158 MERCURE DE FRANCE .
loge furent réduits en cendres en moins d'une
heure de temps : on n'a pu fauver ni les ornemens
d'Eglife , ni le linge , ni l'argenterie qui
étoient renfermés dans ces différens endroits .
Le 4 de ce mois , l'AcadémieRoyale des Infcriptions
& Belles - Lettres nomma le fieur de l'Averdy,
Controlleur- Général des Finances , à la
Place d'Académicien Honoraire vacante par la
mort du Comte d'Argenſon .
Le Corps de Ville a tenu ,le 16 [du mois dernier
, une affemblée générale dans laquelle le
fieur Bignon , Confeiller d'Etat Commandeur des
Ordres du Roi & Bibliothécaire de Sa Majesté , a
éré élu Prévôt des Marchands ; les fieur de Martel
& Gauthier de Rougemont , ont été nommés
Echevins .
Le 8 du même mois l'Univerfité s'affembla
dans les Ecoles de Sorbonne pour la diftribution
de fes Prix . Cette cérémonie , à laquelle le
Parlement affifta ,fut précedée d'un Difcours Latin
que prononça le fieur Pierre Jacquin , Profeffeur
d'Eloquence au Collège de la Marche. L'Auteur
de l'ouvrage qui a mérité le Prix d'Eloquence
ne s'étant point fait connoître , ce Prix , fondé
pour les Maîtres - ès- Arts par le fieur Jean- Baptifte
Coignard , Secrétaire du Roi & Confervateur
des Hypothéques , a été remis à l'année prochaine
, le Sujet prononcé étoit : ibi optimam effe
juventutis inftitutionem , ubi viget maximè maſćuta
& virilis difciplina.
Le 25 Fêre de S. Louis , la Proceffion de
NOVEMBRE. 1764. 157
Carmes du Grand- Couvent à laquelle le Corps de
Ville afifta , fe rendit , felon la coutume , à la
Chapelle du Palais des Tuileries, où ces Religieux
chanterent la Meffe.
L'Académie Françoile célébra cette Fête dans
La Chapelle du Louvre où l'Abbé Varé prononça
le Panégyrique de S. Louis . La même Fête fut
célébrée par l'Académie Royale des Infcriptions.
& Belles- Lettres & par celle des Sciences dans l'E .
glfe des Prêtres de l'Oratoire ; l'Abbé Rouſſeau
prononça le Panégyrique du Saint.
Le arême jour l'Académie de S. Luc a fait l'ouverture
de fon Sallon de Peinture & de Sculpture
à l'Hôtel d'Aligre , rue S. Honoré.
L'Académie Royale des Sciences a nommé
les fieurs Hellot , Macques , de Montigny , Leroi
& Tiller pour examiner la nouvelle porcelaine de
la compofition du Comte de Lauraguais . Après
en avoir comparé la pâte avec celle de la porcelaine
du Japon , ces Académiciens ont certifié
n'y avoir apperçu aucune différence.
On a appris que , le 9 du mois dernier , l'Eglife
des Pères Chartreux de Bourbon -lez- Gaillon , à
fept lieues de Rouen , a été entierement confumée
par un incendie. Cet accident a été occafionné par
la négligence d'un Plombier qui travailloit audeffus
du Chapitre attenant à l'Eglife ; il avoit
envoyé chercher du feu dans un réchaux pour
fondre de la foudure : le manoeuvre qui l'appor
toit laiffa tomber le réchaux , & le Plombier ſe
contenta de jetter de l'eau fur les charbons allumés
qu'il apperçut : mais il en reſta vraiſemblablement
quelques - uns qui embraferent la charpente
; car à trois heures après minuit le feu prit
avec tant de violence que l'Eglife , le Chapitre ,
la Cellule du Sacriftain & la Tour où étoit l'hor
158 MERCURE DE FRANCE .
loge furent réduits en cendres en moins d'une
heure de temps : on n'a pu fauver ni les ornemens
d'Eglife , ni le linge , ni l'argenterie qui
étoient renfermés dans ces différens endroits .
Le 4 de ce mois , l'AcadémieRoyale des Infcriptions
& Belles - Lettres nomma le fieur de l'Averdy,
Controlleur- Général des Finances , à la
Place d'Académicien Honoraire vacante par la
mort du Comte d'Argenſon .
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Résumé : De PARIS, le 10 Septembre 1764.
En août 1764, plusieurs événements marquants ont eu lieu à Paris. Le 16 août, le Corps de Ville a élu le sieur Bignon comme Prévôt des Marchands et les sieurs de Martel et Gauthier de Rougemont comme Échevins. Le 8 août, l'Université a organisé une cérémonie à la Sorbonne pour la distribution des prix, en présence du Parlement et d'un discours latin du sieur Pierre Jacquin. Le prix d'éloquence, fondé par Jean-Baptiste Coignard, n'a pas été attribué cette année-là. Le 25 août, une procession des Carmes du Grand-Couvent s'est rendue à la Chapelle du Palais des Tuileries, et diverses académies ont célébré la fête de Saint Louis avec des panégyriques. L'Académie de Saint Luc a également ouvert son salon de peinture et de sculpture. L'Académie Royale des Sciences a examiné la porcelaine du Comte de Lauraguais, la jugeant comparable à celle du Japon. Le 9 août, un incendie a détruit l'église des Pères Chartreux de Bourbon-lès-Gaillon. Le 4 septembre, l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres a nommé le sieur de l'Averdy Contrôleur Général des Finances, succédant au Comte d'Argenson.
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47
p. 174-177
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Warsovie, le 8 Septembre 1764.
Début :
Voici quelques détails sur ce qui s'est passé à l'occasion [...]
Mots clefs :
Élection du roi, Nobles, Diète, Officiers, Divisions, Palatinat, Nonces, Magnificence, Procession, Comte, Cérémonie, Jardin
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Warsovie, le 8 Septembre 1764.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Warfovie , le 8
Septembre 1764.
Voici quelques détails fur ce qui s'eft paffé à
l'occafion de l'Election du Roi.
Le 6 à huit heures du matin , les Nobles de
onze Palatinats , arrivés viritim pour la Diete
d'Election , défilerent par divifion pour le rendre
au Szoppa , ainfi que les Députés des autres Pala
NOVEMBRE . 1764 , 175
1
tinats ils étoient précédés de leur Chambellan
ou l'ancien des Nonces , ayant en main la Butawa
* , & monté fur un cheval harnaché à la
Turque , de même que les autres Officiers des
Palatinats , Territoires & Districts , qui portoient
l'Enfeigne de chacune des Divifions . Chaque Divifion
étoit fuivie d'un grand nombre de Seigneurs
attachés à fon parti. Les Palatins de Ruffie
, d'Inowroclaw & de Poldachie , le Grand Veneur
de la Couronne , le Prince Lubomirski ,
Général de l'Avant- Garde & plufieurs autres Seigneurs
précédoient à cheval leurs Palatinats
aflemblés viritim , ou les Nonces , du nombre
defquels ils étoient ; les Nonces du Palatinat de
Mazovie , du Territoire de Czerki & des autres
qui font compris dans ce Palatinat , étoient tous
au nombre de quatre-vingt , vêtus d'écarlate. Le
Primat qui , fuivant les Loix , auroit dû monter
à cheval pour recueillir les voix de chaque Palatinat
étoit , à cauſe de ſon âge avancé , dans une
efpéce de palanquin Chinois de la plus grande
magnificence , traîné par quatre chevaux dont les
harnois étoient de velours verd . A peine eut - il
adreflé la parole aux Nonces , qui étoient à un
bout du Champ d'Election , que ceux qui étoient
placés a l'autre bout crierent à haute voix : Nous
voulons le Grand Panetier de Lithuanie . Quatre
Palatinats , & entr'autres ceux de Podolie & de
Kiovie , furent lents à répondre. Le Palatin de
Kiovie , interrogé fur celui qu'il defiroit pour
Roi , répondit , celui que les autres veulent. Ce
n'eft pas affez, reprit le Primat , ilfaut le nommer
* Bâton femblable à celui que porte le Grand-
Général,
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
à haute voix. Le Palatin dit alors , le Grand Panetier
de Lithuanie. Le Palatin de Podolie & les
deux autres le déterminerent auffi à crier a haute
voix , le Grand Panetier de Lithuanie. Enfuite les
Sénateurs , les Miniftres & les Nonces des Palatinats
, Territoires & Diſtricts , ainſi que la Nobleffe
, rentrerent dans la Ville & dans leurs
Camps , où ils reſterent juſqu'au lendemain .
Hier , toute la Nobleffe fe rendit au Szoppa
vers les deux heures après - midi , dans le même
ordre que la veille, fi ce n'eſt que plufieurs des premers
Officiers de chaque Palatinat n'avoient pas
leurs cafques , & qu'un grand nombre de Chefs &
de Nonces arriverent en carroffe , ainfi que le
Prince Palatin de Ruffie. Celui - ci , en entrant dans
le Szoppa , falua d'abord le Primat , les Sénateurs
& les Nonces , leur recommanda le nouveau Roi
& adreffa la parole à plufieurs Gentilshommes
qu'il embraſſa enfuite. Une heure après & au
fecond coup de canon le Comte Poniatowski
fur proclamé. On députa auffi -tôt à la Ville le
jeune Comte Wielopolski , fils du Grand- Ecuyer
de la Couronne , pour annoncer au Comte Poniatowski
fon Election , & le féliciter de la pare
de la République. Le Grand Chambellan de la
Couronne fe rendit enfuite chez le nouveau Roi
pour lui faire fa cour,& il fut fuivi peu de temps
après de tous les Seigneurs. La Nobleffe voulut à
fon tour le ranger devant le Palais ; mais y ayant
été prévenue par les Nonces & par la Nobleffe du
Territoire de Warfovie qui avoit à fa tête le Nonce
Szydłowski , elle fut obligée de fe placer au
Fauxbourg de Cracovie. Alors le nouveau Roi fe
préfenta a une fenêtre , & l'on entendit crier de
toutes parts : Vivat Stanislaus - Auguſtus : il fälua
NOVEMBRE. 1764. 177
tes Nonces du Palatinat de Warfovie , & l'Egfeigne
de ce Palatinat lui fit les honneurs d'afage .
A quatre heures , le Primat arriva avec- les autres
Sénateurs & les Miniftres : il offrit fon carroffe
au nouveau Roi pour le conduire à la Collégiale ; -
mais Sa Majefté jugea à propos de s'y rendre à
cheval précédée par le Primat & par les Sénateurs
& Miniftres qui étoient dans leurs carroffes ,
& accompagnée par les autres qui étoient à che
val & vêtus d'écarlate , ainfi que le Roi . Le Comte
Wielopolski , Grand- Ecuyer , le Comte Potocki ,
Grand Général d'Artillerie de Lithuanie , le Prince
Adam Czatoriski , le Général Poniatowski , le
fieur Poniatowski , Grand Chambellan de la Cou
ronne , & plufieurs autres Nobles entouroient Sa
Majefté. Le concours du Peuple & le nombre des
carroffes étoient fi confidérables , que le Roi n'arriva
qu'après une heure de marche à la Collégiale
où l'on entonna le Te Deum , pendant lequel il fe
fit une décharge de cent coups de canon . Après
cette cérémonie , Sa Majesté fut conduite au Château
, où Elle foupa à une Table de fix couverts.
Aujourd'hui il y a grand gala , & les Seigneurs ,
ainfi que l'Ambaffadeur de Prufſe , ſe ſont rendus
de bonne heure au Château. Demain , le
Prince Repnin donnera un bal à Ujaldow:
On a joui d'une fûreté entière , tant dans la
Ville qu'au Champ d'Election , où les Dames mê
mes ont eu la liberté de fe promener.
Septembre 1764.
Voici quelques détails fur ce qui s'eft paffé à
l'occafion de l'Election du Roi.
Le 6 à huit heures du matin , les Nobles de
onze Palatinats , arrivés viritim pour la Diete
d'Election , défilerent par divifion pour le rendre
au Szoppa , ainfi que les Députés des autres Pala
NOVEMBRE . 1764 , 175
1
tinats ils étoient précédés de leur Chambellan
ou l'ancien des Nonces , ayant en main la Butawa
* , & monté fur un cheval harnaché à la
Turque , de même que les autres Officiers des
Palatinats , Territoires & Districts , qui portoient
l'Enfeigne de chacune des Divifions . Chaque Divifion
étoit fuivie d'un grand nombre de Seigneurs
attachés à fon parti. Les Palatins de Ruffie
, d'Inowroclaw & de Poldachie , le Grand Veneur
de la Couronne , le Prince Lubomirski ,
Général de l'Avant- Garde & plufieurs autres Seigneurs
précédoient à cheval leurs Palatinats
aflemblés viritim , ou les Nonces , du nombre
defquels ils étoient ; les Nonces du Palatinat de
Mazovie , du Territoire de Czerki & des autres
qui font compris dans ce Palatinat , étoient tous
au nombre de quatre-vingt , vêtus d'écarlate. Le
Primat qui , fuivant les Loix , auroit dû monter
à cheval pour recueillir les voix de chaque Palatinat
étoit , à cauſe de ſon âge avancé , dans une
efpéce de palanquin Chinois de la plus grande
magnificence , traîné par quatre chevaux dont les
harnois étoient de velours verd . A peine eut - il
adreflé la parole aux Nonces , qui étoient à un
bout du Champ d'Election , que ceux qui étoient
placés a l'autre bout crierent à haute voix : Nous
voulons le Grand Panetier de Lithuanie . Quatre
Palatinats , & entr'autres ceux de Podolie & de
Kiovie , furent lents à répondre. Le Palatin de
Kiovie , interrogé fur celui qu'il defiroit pour
Roi , répondit , celui que les autres veulent. Ce
n'eft pas affez, reprit le Primat , ilfaut le nommer
* Bâton femblable à celui que porte le Grand-
Général,
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
à haute voix. Le Palatin dit alors , le Grand Panetier
de Lithuanie. Le Palatin de Podolie & les
deux autres le déterminerent auffi à crier a haute
voix , le Grand Panetier de Lithuanie. Enfuite les
Sénateurs , les Miniftres & les Nonces des Palatinats
, Territoires & Diſtricts , ainſi que la Nobleffe
, rentrerent dans la Ville & dans leurs
Camps , où ils reſterent juſqu'au lendemain .
Hier , toute la Nobleffe fe rendit au Szoppa
vers les deux heures après - midi , dans le même
ordre que la veille, fi ce n'eſt que plufieurs des premers
Officiers de chaque Palatinat n'avoient pas
leurs cafques , & qu'un grand nombre de Chefs &
de Nonces arriverent en carroffe , ainfi que le
Prince Palatin de Ruffie. Celui - ci , en entrant dans
le Szoppa , falua d'abord le Primat , les Sénateurs
& les Nonces , leur recommanda le nouveau Roi
& adreffa la parole à plufieurs Gentilshommes
qu'il embraſſa enfuite. Une heure après & au
fecond coup de canon le Comte Poniatowski
fur proclamé. On députa auffi -tôt à la Ville le
jeune Comte Wielopolski , fils du Grand- Ecuyer
de la Couronne , pour annoncer au Comte Poniatowski
fon Election , & le féliciter de la pare
de la République. Le Grand Chambellan de la
Couronne fe rendit enfuite chez le nouveau Roi
pour lui faire fa cour,& il fut fuivi peu de temps
après de tous les Seigneurs. La Nobleffe voulut à
fon tour le ranger devant le Palais ; mais y ayant
été prévenue par les Nonces & par la Nobleffe du
Territoire de Warfovie qui avoit à fa tête le Nonce
Szydłowski , elle fut obligée de fe placer au
Fauxbourg de Cracovie. Alors le nouveau Roi fe
préfenta a une fenêtre , & l'on entendit crier de
toutes parts : Vivat Stanislaus - Auguſtus : il fälua
NOVEMBRE. 1764. 177
tes Nonces du Palatinat de Warfovie , & l'Egfeigne
de ce Palatinat lui fit les honneurs d'afage .
A quatre heures , le Primat arriva avec- les autres
Sénateurs & les Miniftres : il offrit fon carroffe
au nouveau Roi pour le conduire à la Collégiale ; -
mais Sa Majefté jugea à propos de s'y rendre à
cheval précédée par le Primat & par les Sénateurs
& Miniftres qui étoient dans leurs carroffes ,
& accompagnée par les autres qui étoient à che
val & vêtus d'écarlate , ainfi que le Roi . Le Comte
Wielopolski , Grand- Ecuyer , le Comte Potocki ,
Grand Général d'Artillerie de Lithuanie , le Prince
Adam Czatoriski , le Général Poniatowski , le
fieur Poniatowski , Grand Chambellan de la Cou
ronne , & plufieurs autres Nobles entouroient Sa
Majefté. Le concours du Peuple & le nombre des
carroffes étoient fi confidérables , que le Roi n'arriva
qu'après une heure de marche à la Collégiale
où l'on entonna le Te Deum , pendant lequel il fe
fit une décharge de cent coups de canon . Après
cette cérémonie , Sa Majesté fut conduite au Château
, où Elle foupa à une Table de fix couverts.
Aujourd'hui il y a grand gala , & les Seigneurs ,
ainfi que l'Ambaffadeur de Prufſe , ſe ſont rendus
de bonne heure au Château. Demain , le
Prince Repnin donnera un bal à Ujaldow:
On a joui d'une fûreté entière , tant dans la
Ville qu'au Champ d'Election , où les Dames mê
mes ont eu la liberté de fe promener.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Warsovie, le 8 Septembre 1764.
Le 6 septembre 1764, les nobles de onze palatinats se réunirent pour élire le roi. Ils défilèrent jusqu'au Szoppa, précédés de leur chambellan ou du plus ancien des nonces monté sur un cheval harnaché à la turque. Chaque division était suivie de nombreux seigneurs. Les palatins de Russie, d'Inowrocław et de Podlachie, ainsi que le Grand Veneur et le Prince Lubomirski, précédaient leurs palatinats. Les nonces du palatinat de Mazovie et du territoire de Czerki, au nombre de quatre-vingt, étaient vêtus d'écarlate. Le Primat, en raison de son âge avancé, était transporté dans un palanquin chinois traîné par quatre chevaux aux harnais de velours vert. Lors de l'élection, des voix proposèrent le Grand Panetier de Lituanie comme roi. Quatre palatinats, dont ceux de Podolie et de Kiev, furent lents à répondre. Le Primat insista pour que chaque palatinat nomme le roi à haute voix. Finalement, tous les palatinats proclamèrent le Grand Panetier de Lituanie comme roi. Les sénateurs, ministres et nonces rentrèrent ensuite dans la ville. Le lendemain, la noblesse se rendit de nouveau au Szoppa. Le Prince Palatin de Russie salua le Primat et les sénateurs, recommandant le nouveau roi. Une heure plus tard, le Comte Poniatowski fut proclamé roi. Le Comte Wielopolski fut envoyé pour annoncer l'élection au Comte Poniatowski. Le Grand Chambellan de la Couronne se rendit ensuite chez le nouveau roi pour lui faire sa cour, suivi de tous les seigneurs. Le nouveau roi, Stanislas-Auguste, se présenta à une fenêtre et fut acclamé par la foule. Il se rendit ensuite à la collégiale à cheval, accompagné par le Primat et les sénateurs. Un Te Deum fut chanté, suivi d'une salve de cent coups de canon. Après la cérémonie, le roi fut conduit au château où il dîna. Le jour suivant, un grand gala fut organisé au château, et un bal fut prévu par le Prince Repnin à Ujazdów. La sécurité fut assurée, permettant même aux dames de se promener librement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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