Résultats : 6 texte(s)
Accéder à la liste des mots clefs.
Détail
Liste
1
p. 928-931
« LA PHISIQUE SACRÉE, ou Histoire naturelle de la Bible, traduite de M. Jean-Jacques [...] »
Début :
LA PHISIQUE SACRÉE, ou Histoire naturelle de la Bible, traduite de M. Jean-Jacques [...]
Mots clefs :
Docteur en médecine, Cheval, Physique sacrée, Histoire des rois de Pologne, Vérités capitales de la religion, Fragments des poésies de Sappho, Art de monter à cheval, Nouvelles découvertes en médecine, Histoire critique de Manichée et du Manichéisme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LA PHISIQUE SACRÉE, ou Histoire naturelle de la Bible, traduite de M. Jean-Jacques [...] »
LA PHISIQUE SACRE'E , ou Histoire na
nurelle de la Bible , traduite de M. Jean-
Jacques Scheuchzer , Docteur en Medecine
, Professeur en Mathematiques à Zurich
, et Membre de la Societé Royale
d'Angleterre , et des Académies de Vien
ne et de Berlin , enrichie de plus de 700 .
figures en tailles- douces , par les soins de
Jean André Pfeffel Graveur de Sa Majesté
Imperiale, divisée en huit volumes.
A Amsterdam , chez Mortier , & c . et se
vend àParis , Quay des Augustins , chez
Rollin Fils.
-
HISTOIRE DES ROIS DE POLOGNE , et du
Gouvernement de ce Royaume , où l'on
trouve
M A Y. 929 1734.
trouve un détail très circonstancié de tout ,
ce qui s'est passé de plus remarquable
sous le regne de Frederic Auguste, et pendant
les deux derniers Interregnes , par
M *** A Amfterdam , chez François
PHonoré 1733. in 12. 4. vol . et se trouve
à Paris , chez Giffey , ruë de la Vieille
Bouclerie , et Ofmont ruë S. Jacques.
LES VERITES CAPITALES DE LA RELIGION ,
établies par la raison et pat l'Ecriture
Sainte , avec un abregé des Loix Morales
en forme de Catechisme ; Par Jacques
- Plantier , 1733. in 8. A Geneve , & c. et
se vend à Paris , chez Chaubert .
FRAGMENS des Poësies de Sapho ;
et les éloges qu'en ont fait les Auteurs
anciens Grecs et Latins , avec les notes
de divers Sçavans . Edition nouvelle , par
M. Jean Christien Volff, Professeur au
College de Hambourg , augmentée par
l'Editeur de la vie de Sappho et de trois
tables. A Hambourg , sous l'indication
de Londres , chez Abraham Vandenhoek ,
1733. in 4. 253. pages , sans la Preface
la vie de Sapho et les tables. Cet Ou
vrage eft en Latin,
L'ART DE MONTER A CHEVAL , ON Des-
E cription
930 MERCURE DE FRANCE
cription du Manége moderne dans sa perfection
, expliqué par les leçons necessaires
, et representé par des figures exactes
depuis l'assiete de l'homme à cheval jusqu'à
l'arrêt , accompagné aussi de divers
mords pour bien brider les chevaux ;
écrit et dessiné par le Baron d'Eisemberg
et gravé par B. Picard: A la Haye , chez
Pierre Gosse,et J. Neaulme 1733 , in fol.56 .
pages , avec pareil nombre de Planches .
NOUVELLES DECOUVERTES EN MEDECINE,
ou ancienne Medecine developpée , par
M.de Marconnay, Docteur en Medecine;
nouvelle édition , avec une methode pour
guerir les malades par les voyes de la
transpiration et de l'évacuation. A la
Haye , chez Pierre Gosse , & J: Neaulme Į
1734. in 12, environ 300. pages,
HISTOIRE CRITIQUE de Manichée et du
Manicheisme , par M. de Beaufobre ., 1 ,
vol . in 4. A Amsterdam , chez J. Frederia
Bernard M. DCC. XXXIV. pp. 594. sans
la Préface et la Table, Ce livre se trouve
chez Montalan , Libraire , Quay des Augustins
, avec quelques autres livres nou¬
veaux dont voici les titres.
J. LAUNOII Opera omnia X. vol. fol.
Geneva 1733.
H;
MAY. 1734. 931
H. NORISII Cardinalis opera IV. vol.
fol. Verone 1732.
*
CEREMONIES Religieuses des Peuples
Idolâtres de Picart XLV. vol . fol. à
Amsterdam , 1733 .
›
REMARQUES de Tindal sur l'Histoire
d'Angleterre de Rapin Toyras , II . vol.
in 4. La Haye , 1733 .
nurelle de la Bible , traduite de M. Jean-
Jacques Scheuchzer , Docteur en Medecine
, Professeur en Mathematiques à Zurich
, et Membre de la Societé Royale
d'Angleterre , et des Académies de Vien
ne et de Berlin , enrichie de plus de 700 .
figures en tailles- douces , par les soins de
Jean André Pfeffel Graveur de Sa Majesté
Imperiale, divisée en huit volumes.
A Amsterdam , chez Mortier , & c . et se
vend àParis , Quay des Augustins , chez
Rollin Fils.
-
HISTOIRE DES ROIS DE POLOGNE , et du
Gouvernement de ce Royaume , où l'on
trouve
M A Y. 929 1734.
trouve un détail très circonstancié de tout ,
ce qui s'est passé de plus remarquable
sous le regne de Frederic Auguste, et pendant
les deux derniers Interregnes , par
M *** A Amfterdam , chez François
PHonoré 1733. in 12. 4. vol . et se trouve
à Paris , chez Giffey , ruë de la Vieille
Bouclerie , et Ofmont ruë S. Jacques.
LES VERITES CAPITALES DE LA RELIGION ,
établies par la raison et pat l'Ecriture
Sainte , avec un abregé des Loix Morales
en forme de Catechisme ; Par Jacques
- Plantier , 1733. in 8. A Geneve , & c. et
se vend à Paris , chez Chaubert .
FRAGMENS des Poësies de Sapho ;
et les éloges qu'en ont fait les Auteurs
anciens Grecs et Latins , avec les notes
de divers Sçavans . Edition nouvelle , par
M. Jean Christien Volff, Professeur au
College de Hambourg , augmentée par
l'Editeur de la vie de Sappho et de trois
tables. A Hambourg , sous l'indication
de Londres , chez Abraham Vandenhoek ,
1733. in 4. 253. pages , sans la Preface
la vie de Sapho et les tables. Cet Ou
vrage eft en Latin,
L'ART DE MONTER A CHEVAL , ON Des-
E cription
930 MERCURE DE FRANCE
cription du Manége moderne dans sa perfection
, expliqué par les leçons necessaires
, et representé par des figures exactes
depuis l'assiete de l'homme à cheval jusqu'à
l'arrêt , accompagné aussi de divers
mords pour bien brider les chevaux ;
écrit et dessiné par le Baron d'Eisemberg
et gravé par B. Picard: A la Haye , chez
Pierre Gosse,et J. Neaulme 1733 , in fol.56 .
pages , avec pareil nombre de Planches .
NOUVELLES DECOUVERTES EN MEDECINE,
ou ancienne Medecine developpée , par
M.de Marconnay, Docteur en Medecine;
nouvelle édition , avec une methode pour
guerir les malades par les voyes de la
transpiration et de l'évacuation. A la
Haye , chez Pierre Gosse , & J: Neaulme Į
1734. in 12, environ 300. pages,
HISTOIRE CRITIQUE de Manichée et du
Manicheisme , par M. de Beaufobre ., 1 ,
vol . in 4. A Amsterdam , chez J. Frederia
Bernard M. DCC. XXXIV. pp. 594. sans
la Préface et la Table, Ce livre se trouve
chez Montalan , Libraire , Quay des Augustins
, avec quelques autres livres nou¬
veaux dont voici les titres.
J. LAUNOII Opera omnia X. vol. fol.
Geneva 1733.
H;
MAY. 1734. 931
H. NORISII Cardinalis opera IV. vol.
fol. Verone 1732.
*
CEREMONIES Religieuses des Peuples
Idolâtres de Picart XLV. vol . fol. à
Amsterdam , 1733 .
›
REMARQUES de Tindal sur l'Histoire
d'Angleterre de Rapin Toyras , II . vol.
in 4. La Haye , 1733 .
Fermer
Résumé : « LA PHISIQUE SACRÉE, ou Histoire naturelle de la Bible, traduite de M. Jean-Jacques [...] »
Le document recense diverses publications parues entre 1733 et 1734. Parmi elles, 'La Physique Sacrée' est une traduction de Jean-Jacques Scheuchzer, enrichie de plus de 700 figures et divisée en huit volumes. 'Histoire des Rois de Pologne' relate les événements marquants sous le règne de Frédéric Auguste et les deux derniers interrègnes. 'Les Vérités Capitales de la Religion' de Jacques Plantier établit les vérités religieuses par la raison et l'Écriture Sainte. 'Fragments des Poésies de Sapho' est une édition augmentée par Jean Christien Volff, incluant des éloges d'auteurs anciens et des notes de savants. 'L'Art de Monter à Cheval' du Baron d'Eisemberg explique les techniques d'équitation avec des illustrations. 'Nouvelles Découvertes en Médecine' de M. de Marconnay propose une méthode pour soigner les malades par la transpiration et l'évacuation. 'Histoire Critique de Maniché' de M. de Beaufobre explore le manichéisme. D'autres ouvrages mentionnés incluent les œuvres de J. Launoii, H. Norisii Cardinalis, les 'Cérémonies Religieuses des Peuples Idolâtres' de Picart, et les 'Remarques de Tindal' sur l'histoire d'Angleterre de Rapin Thoyras. Ces publications sont disponibles chez divers libraires à Amsterdam, Paris, La Haye, Genève et Hambourg.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2
p. 78-84
Lettre de M. Gentil en réponse à la Lettre de M. le Tellier, [titre d'après la table]
Début :
LETTRE de M. Gentil, Docteur en Médecine de la Faculté de Paris, en réponse [...]
Mots clefs :
Docteur en médecine, Histoire universelle, Académie des enfants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de M. Gentil en réponse à la Lettre de M. le Tellier, [titre d'après la table]
LETTRE ETTRE de M. Gentil , Docteur en
Médecine de la Faculté de Paris , en réponſe
à la Lettre de M. le Thellier , Docteur
en Médecine de la Faculté de Montpellier
, réfidant à Peronne , au fujet d'un
ouvrage nouveau , intitulé Epoques élémentaires
d'hiftoire univerſelle ſuivant la chronologie
vulgaire; par le Sr Mahaux , Maître
affocié de la maifon nommée Académie des
Enfans , rue de Seine , Fauxbourg S.Victor.
En conféquence de ce que vous avez lû ,
Monfieur & cher Confrere , dans la feuille
34° de l'Année littéraire du 18 Décembre
1754 , & dans le Mercure de France d'Avril
1755 , au fujet de l'ouvrage de M.
Mahaux , vous vous êtes adreffé à moi
pour vous déterminer au jugement que
vous en devez porter , & fçavoir fi cet
ouvrage mérite effectivement le bien qu'on
en a dit , fur-tout quels progrès il fait faire
JUIN. 1755. 79
aux enfans dans la maifon des fieurs Viart
& Mahaux , annoncée , il y a plus de deux
ans , par un Profpectus qui a fait beaucoup
de bruit dans fon tems ; enfin fi cette Académie
eft telle qu'il foit raifonnable d'y
envoyer des enfans du fond d'une province
, comment ils y font tenus & nourris ,
& fi l'on y exécute ponctuellement tout ce
qui a été promis à ces différens égards ,
le tout parce que vous fçavez que je fuis
l'ami & le médecin de cette maifon. 1 °.
Je vous crois fort en état de juger par vousmême
de l'ouvrage en queftion ; je vous
l'ai envoyé , effaiez -en fur des enfans qui
yous font chers , & fuivez exactement la
méthode aifée qui y eft prefcrite : vous
verrez bientôt qu'il n'y a rien d'exagéré
dans les éloges qu'on lui a donnés à Paris ,
& qu'il en obtient de plus grands à meſure
qu'il eft plus connu & pratiqué. 2 ° . Je ne
puis ni ne dois refufer mon témoignage
en pareille occafion à quiconque me le
demande , encore moins à vous , Monfieur,
qui m'honorez de votre confiance. Sans
être juge né de cette partie de la littérature
& des méthodes d'éducation en général ,
je conviendrai fans peine que rien n'empêchant
un Médecin de connoître & de
fuivre les différens progrès des arts & des
fciences , il est toujours cenfé n'en fçavoir
Diiij
80 MERCURE DE FRANCE.
pas affez peu dans ces fortes de chofes
pour y être trompé , du moins à un certain
point , ou fe laiffer aveugler par trop
de prévention. Ce que j'ai vu depuis deux
ans ne me permet pas de le déclarer foiblement.
Il y a dans cette maiſon , qui eſt
dans l'air le plus pur , & dont le bâtiment
eft magnifique & fpacieux , féparé feulement
par un mur du Jardin du Roi , fecond
avantage qui fe fait affez fentir fans le dire ,
deux Maîtres en chef , fçavoir le Sr Viart ,
Avocat en Parlement , qui donne des notions
de jurifprudence romaine & françoife
; le Sr Mahaux des leçons d'hiftoire ,
de chronologie , géographie , généalogie 5
blafon , & c. trois Précepteurs pour le
latin ; un Maître de mathématique & de
phyfique expérimentale ; un pour la langue
allemande ; un de deffein , de danfe ,
pour les armes , exercices & évolutions
militaires , de mufique & pour les inftrumens
; enfin un Prêtre de la Paroiffe pour
le catéchifme. La nourriture y est trèsbonne
& très-faine : on accoutume les enfans
à la plus grande propreté , & à avoir
toujours l'air arrangé comme s'ils étoient
dans le monde , fur- tout à une très- grande
politeſſe entr'eux ; ' jamais de termes durs
& choquans , même de la part des Maîtres
lorfqu'ils font forcés d'employer la répri-
-
JUIN. 17556 SE
mande ; le plus grand châtiment eft la
privation des exercices ordinaires qui fervent
toujours de récompenfe de l'un à
l'autre . Ces enfans ne montrent jamais
plus de gaieté & d'empreffement que lorfqu'on
les y appelle ; ils quittent leurs jeux
& fe plaignent ordinairement du peu de
tems que durent les inftructions. Il n'y a
gueres de femaines où il n'ayent à parler
trois ou quatre fois devant des compagnies
nombreufes que la curiofité attire ,
d'où il arrive que ce font des efpeces
d'actes publics qu'ils foutiennent fans
autre préparation , & que fans rien per
dre du côté de l'émulation , ils ne tombent
pas dans l'inconvénient de la préfomption
& de la vaine gloire C'eſt tout
vous dire , Monfieur , que je ne fors jamais
de cette maiſon fans en être comme
enchanté , & vous fçavez que je ne fuis
pas de caractere à commettre légerement
mon eftime & mon fuffrage . Ce que j'y
dois ajouter , & qui peut vous engager le
plus à ne pas y refufer le vôtre , c'est que,
je ne vous écris ceci de concert
pas tout
avec eux ; je les regarde comme des gens
vraiment modeftes , animés du motif de
l'honneur véritable, & nullement avides de
plus de gain & de confidération qu'il ne leur
en eft dû s'ils craignent quelque chofe
Dv
$ 2 MERCURE DE FRANCE.
c'eft de donner à penfer à bien des gens
qu'ils ayent voulu s'annoncer comme plus
capables que tous leurs confreres . La grace
qu'ils demandent , eft que l'on daigne fe
fouvenir de ce qu'ils ont déclaré dans leur
Profpectus ; fçavoir que leur but unique eft
de mettre en ufage tous les bons moyens ,
tant anciens que nouveaux, qu'ils ont trouvés
établis dans les colleges , les penfions ,
& lieux publics & particuliers où l'on
éleve avec fuccès la jeuneffe , marque non
équivoque du vrai mérite & du noble
defir de bien fervir la fociété . Ainfi ils
ufent de la typographie de feu M. Dumas ,
de la méthode de MM . Rollin , Dumarfais
, Pluche & autres ; outre cela , d'une
méthode hiftorique dont les époques élémentaires
principales font partie ; mais
fur- tout de la géographie féculaire , ouvrage
tout neuf de leur façon , & que j'ai
déja vû applaudir hautement des connoiffeurs.
Imaginez-vous autant de cartes ou
de mappe - mondes que les fujets d'histoire
en comportent à chaque fiecle , & où le
point d'intérêt principal & particulier
s'offre auffi- tôt à la vue par la différente
colorifation , & met en état de borner ,
confronter & comparer tous les lieux de
chaque fcène , avec les noms qu'elle avoit
en différens tems , ce qui fait retenir fans
JUIN. 1755.
83
peine la géographie ancienne & moderne.
A l'égard des trois feuilles d'Époques élémentaires
qui ont donné lieu à votre lettre
& à ma réponſe , tout ce que je me contenterai
d'en dire , c'eft qu'il n'y a perfonne
à qui je ne confeillaffe d'en avoir
dans fon cabinet , comme le moyen le plus
propre à mettre fans aucun effort un vrai
plan dans l'efprit en moins de deux heures
de lecture . J'ai l'honneur d'être , &c.
On fçait que cet ouvrage ne fe vend
que 3 liv . & qu'on le trouve à Paris , chez
l'Auteur , & les Libraires Piffot , quai de
Conti , & Lambert , rue de la Comédie .
DICTIONNAIRE D'ARCHITECTURE
civile & hydraulique , & des arts qui en
dépendent ; comme la maçonnerie , la
charpenterie , la menuiferie , la ferrurerie ,
le jardinage , &c. la conftruction des ponts
& chauffées , des éclufes , & de tous les
ouvrages hydrauliques ; par Aug. Charles
d'Aviler ouvrage fervant de fuite au
cours d'architecture du même auteur .
Nouvelle édition , corrigée , & confidérablement
augmentée. A Paris , chez Ch . A.
Jombert, Imprimeur- Libraire du Roi pour
l'Artillerie & pour le Génie , rue Dauphi
ne , à l'Image Notre- Dame. 1755. 1 vol.
in-4°.grand papier. Prix 15 liv . relié.
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
RECUEIL de divers ouvrages fur la
peinture & le coloris ; par M. de Piles ,
de l'Académie royale de Peinture & de
Sculpture . A Paris , chez le même Libraire
, i vol . in- 12 . 2 liv . 10 fols.
Le TRIOMPHE DES DAMES , ou le
nouvel Empire littéraire . A Paris , 1755.
Cette brochure , qui ne contient que 22
pages , fe trouve chez Prault , quai des
Auguftins. Pour montrer dans quel goût
elle eft écrite , il fuffit de citer la prédic
tion qui fonde ce triomphe.
J'étois , dit l'auteur , à l'Obfervatoire ...
je vis une nouvelle conftellation conçue en
ces termes : les hommes abufent de l'empire
des lettres , les femmes le partageront au moins
avec eux dès la rentrée des claffes , c'eſt- àdire
qu'elles régenteront dans les colleges.
Rien n'eft plus galant.
Médecine de la Faculté de Paris , en réponſe
à la Lettre de M. le Thellier , Docteur
en Médecine de la Faculté de Montpellier
, réfidant à Peronne , au fujet d'un
ouvrage nouveau , intitulé Epoques élémentaires
d'hiftoire univerſelle ſuivant la chronologie
vulgaire; par le Sr Mahaux , Maître
affocié de la maifon nommée Académie des
Enfans , rue de Seine , Fauxbourg S.Victor.
En conféquence de ce que vous avez lû ,
Monfieur & cher Confrere , dans la feuille
34° de l'Année littéraire du 18 Décembre
1754 , & dans le Mercure de France d'Avril
1755 , au fujet de l'ouvrage de M.
Mahaux , vous vous êtes adreffé à moi
pour vous déterminer au jugement que
vous en devez porter , & fçavoir fi cet
ouvrage mérite effectivement le bien qu'on
en a dit , fur-tout quels progrès il fait faire
JUIN. 1755. 79
aux enfans dans la maifon des fieurs Viart
& Mahaux , annoncée , il y a plus de deux
ans , par un Profpectus qui a fait beaucoup
de bruit dans fon tems ; enfin fi cette Académie
eft telle qu'il foit raifonnable d'y
envoyer des enfans du fond d'une province
, comment ils y font tenus & nourris ,
& fi l'on y exécute ponctuellement tout ce
qui a été promis à ces différens égards ,
le tout parce que vous fçavez que je fuis
l'ami & le médecin de cette maifon. 1 °.
Je vous crois fort en état de juger par vousmême
de l'ouvrage en queftion ; je vous
l'ai envoyé , effaiez -en fur des enfans qui
yous font chers , & fuivez exactement la
méthode aifée qui y eft prefcrite : vous
verrez bientôt qu'il n'y a rien d'exagéré
dans les éloges qu'on lui a donnés à Paris ,
& qu'il en obtient de plus grands à meſure
qu'il eft plus connu & pratiqué. 2 ° . Je ne
puis ni ne dois refufer mon témoignage
en pareille occafion à quiconque me le
demande , encore moins à vous , Monfieur,
qui m'honorez de votre confiance. Sans
être juge né de cette partie de la littérature
& des méthodes d'éducation en général ,
je conviendrai fans peine que rien n'empêchant
un Médecin de connoître & de
fuivre les différens progrès des arts & des
fciences , il est toujours cenfé n'en fçavoir
Diiij
80 MERCURE DE FRANCE.
pas affez peu dans ces fortes de chofes
pour y être trompé , du moins à un certain
point , ou fe laiffer aveugler par trop
de prévention. Ce que j'ai vu depuis deux
ans ne me permet pas de le déclarer foiblement.
Il y a dans cette maiſon , qui eſt
dans l'air le plus pur , & dont le bâtiment
eft magnifique & fpacieux , féparé feulement
par un mur du Jardin du Roi , fecond
avantage qui fe fait affez fentir fans le dire ,
deux Maîtres en chef , fçavoir le Sr Viart ,
Avocat en Parlement , qui donne des notions
de jurifprudence romaine & françoife
; le Sr Mahaux des leçons d'hiftoire ,
de chronologie , géographie , généalogie 5
blafon , & c. trois Précepteurs pour le
latin ; un Maître de mathématique & de
phyfique expérimentale ; un pour la langue
allemande ; un de deffein , de danfe ,
pour les armes , exercices & évolutions
militaires , de mufique & pour les inftrumens
; enfin un Prêtre de la Paroiffe pour
le catéchifme. La nourriture y est trèsbonne
& très-faine : on accoutume les enfans
à la plus grande propreté , & à avoir
toujours l'air arrangé comme s'ils étoient
dans le monde , fur- tout à une très- grande
politeſſe entr'eux ; ' jamais de termes durs
& choquans , même de la part des Maîtres
lorfqu'ils font forcés d'employer la répri-
-
JUIN. 17556 SE
mande ; le plus grand châtiment eft la
privation des exercices ordinaires qui fervent
toujours de récompenfe de l'un à
l'autre . Ces enfans ne montrent jamais
plus de gaieté & d'empreffement que lorfqu'on
les y appelle ; ils quittent leurs jeux
& fe plaignent ordinairement du peu de
tems que durent les inftructions. Il n'y a
gueres de femaines où il n'ayent à parler
trois ou quatre fois devant des compagnies
nombreufes que la curiofité attire ,
d'où il arrive que ce font des efpeces
d'actes publics qu'ils foutiennent fans
autre préparation , & que fans rien per
dre du côté de l'émulation , ils ne tombent
pas dans l'inconvénient de la préfomption
& de la vaine gloire C'eſt tout
vous dire , Monfieur , que je ne fors jamais
de cette maiſon fans en être comme
enchanté , & vous fçavez que je ne fuis
pas de caractere à commettre légerement
mon eftime & mon fuffrage . Ce que j'y
dois ajouter , & qui peut vous engager le
plus à ne pas y refufer le vôtre , c'est que,
je ne vous écris ceci de concert
pas tout
avec eux ; je les regarde comme des gens
vraiment modeftes , animés du motif de
l'honneur véritable, & nullement avides de
plus de gain & de confidération qu'il ne leur
en eft dû s'ils craignent quelque chofe
Dv
$ 2 MERCURE DE FRANCE.
c'eft de donner à penfer à bien des gens
qu'ils ayent voulu s'annoncer comme plus
capables que tous leurs confreres . La grace
qu'ils demandent , eft que l'on daigne fe
fouvenir de ce qu'ils ont déclaré dans leur
Profpectus ; fçavoir que leur but unique eft
de mettre en ufage tous les bons moyens ,
tant anciens que nouveaux, qu'ils ont trouvés
établis dans les colleges , les penfions ,
& lieux publics & particuliers où l'on
éleve avec fuccès la jeuneffe , marque non
équivoque du vrai mérite & du noble
defir de bien fervir la fociété . Ainfi ils
ufent de la typographie de feu M. Dumas ,
de la méthode de MM . Rollin , Dumarfais
, Pluche & autres ; outre cela , d'une
méthode hiftorique dont les époques élémentaires
principales font partie ; mais
fur- tout de la géographie féculaire , ouvrage
tout neuf de leur façon , & que j'ai
déja vû applaudir hautement des connoiffeurs.
Imaginez-vous autant de cartes ou
de mappe - mondes que les fujets d'histoire
en comportent à chaque fiecle , & où le
point d'intérêt principal & particulier
s'offre auffi- tôt à la vue par la différente
colorifation , & met en état de borner ,
confronter & comparer tous les lieux de
chaque fcène , avec les noms qu'elle avoit
en différens tems , ce qui fait retenir fans
JUIN. 1755.
83
peine la géographie ancienne & moderne.
A l'égard des trois feuilles d'Époques élémentaires
qui ont donné lieu à votre lettre
& à ma réponſe , tout ce que je me contenterai
d'en dire , c'eft qu'il n'y a perfonne
à qui je ne confeillaffe d'en avoir
dans fon cabinet , comme le moyen le plus
propre à mettre fans aucun effort un vrai
plan dans l'efprit en moins de deux heures
de lecture . J'ai l'honneur d'être , &c.
On fçait que cet ouvrage ne fe vend
que 3 liv . & qu'on le trouve à Paris , chez
l'Auteur , & les Libraires Piffot , quai de
Conti , & Lambert , rue de la Comédie .
DICTIONNAIRE D'ARCHITECTURE
civile & hydraulique , & des arts qui en
dépendent ; comme la maçonnerie , la
charpenterie , la menuiferie , la ferrurerie ,
le jardinage , &c. la conftruction des ponts
& chauffées , des éclufes , & de tous les
ouvrages hydrauliques ; par Aug. Charles
d'Aviler ouvrage fervant de fuite au
cours d'architecture du même auteur .
Nouvelle édition , corrigée , & confidérablement
augmentée. A Paris , chez Ch . A.
Jombert, Imprimeur- Libraire du Roi pour
l'Artillerie & pour le Génie , rue Dauphi
ne , à l'Image Notre- Dame. 1755. 1 vol.
in-4°.grand papier. Prix 15 liv . relié.
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
RECUEIL de divers ouvrages fur la
peinture & le coloris ; par M. de Piles ,
de l'Académie royale de Peinture & de
Sculpture . A Paris , chez le même Libraire
, i vol . in- 12 . 2 liv . 10 fols.
Le TRIOMPHE DES DAMES , ou le
nouvel Empire littéraire . A Paris , 1755.
Cette brochure , qui ne contient que 22
pages , fe trouve chez Prault , quai des
Auguftins. Pour montrer dans quel goût
elle eft écrite , il fuffit de citer la prédic
tion qui fonde ce triomphe.
J'étois , dit l'auteur , à l'Obfervatoire ...
je vis une nouvelle conftellation conçue en
ces termes : les hommes abufent de l'empire
des lettres , les femmes le partageront au moins
avec eux dès la rentrée des claffes , c'eſt- àdire
qu'elles régenteront dans les colleges.
Rien n'eft plus galant.
Fermer
Résumé : Lettre de M. Gentil en réponse à la Lettre de M. le Tellier, [titre d'après la table]
M. Gentil, Docteur en Médecine de la Faculté de Paris, répond à M. Thellier, Docteur en Médecine de la Faculté de Montpellier, concernant l'ouvrage 'Époques élémentaires d'histoire universelle' du Sr Mahaux et l'Académie des Enfants, dirigée par les Srs Viart et Mahaux, située rue de Seine, Faubourg Saint-Victor. M. Thellier avait demandé l'avis de M. Gentil sur ces sujets. M. Gentil confirme la qualité de l'ouvrage et des méthodes éducatives de l'Académie. Il décrit les installations et les méthodes pédagogiques, soulignant la propreté, la politesse et la discipline des élèves. Les enseignements couvrent divers domaines, tels que la jurisprudence, l'histoire, la chronologie, la géographie, les mathématiques, les langues, la musique, et les exercices militaires. La nourriture est bonne et saine, et les enfants sont encouragés à la propreté et à la politesse. M. Gentil mentionne les méthodes pédagogiques utilisées, telles que celles de MM. Rollin, Dumarsais, et Pluche, ainsi qu'une méthode historique et une géographie séculaire nouvellement développée. Il recommande vivement l'ouvrage 'Époques élémentaires' pour sa capacité à structurer rapidement les connaissances historiques. Enfin, M. Gentil assure que son témoignage est indépendant et qu'il considère les directeurs de l'Académie comme des personnes modestes et honorables, motivées par le désir de bien servir la société.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3
p. 115-127
Lettre de M. Dequen, Docteur en Médecine, de la Faculté de Montpellier, à un Médecin de ses amis, sur un accîdent arrivé dans le cuvage de M. le Comte de la Queuille, Brigadier des armées du Roi, Colonel du Régiment de Nice, au château de Chateaugay, près de Riom en Auvergne.
Début :
Avez-vous entendu parler, Monsieur, d'un accident arrivé chez M. [...]
Mots clefs :
Médecine, Accident, Cuvage, Cuve, Vin, Esprits, Vapeur, Fermentation, Médecin, Docteur en médecine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de M. Dequen, Docteur en Médecine, de la Faculté de Montpellier, à un Médecin de ses amis, sur un accîdent arrivé dans le cuvage de M. le Comte de la Queuille, Brigadier des armées du Roi, Colonel du Régiment de Nice, au château de Chateaugay, près de Riom en Auvergne.
Lettre de M. Dequen , Docteur en Médecine
, de la Faculté de Montpellier , à un
Médecin defes amis , fur un accident arrivé
dans le cuvage de M. le Comte de la
Queuille , Brigadier des armées du Roi ,
Colonel du Régiment de Nice , au château
de Chateangay , près de Riom en Auvergne.
A
Vez -vous entendu parler , Monfieur
, d'un accident arrivé chez M.
le Comte de la Queuille , à Chateaugay ,
le 24 du mois d'Avril dernier ? il n'eft pas ,
on peut le dire , abſolument nouveau ;
mais il me paroît accompagné de circonf
tances affez frappantes pour mériter peuts
être un peu de votre attention .
On avoit achevé de vuider te matin une
116 MERCURE DE FRANCE.
cuve où l'on avoit confervé pendant l'hiver
fix à fept cens pots de vin de notre
mefure , qui , comme vous le fçavez , à
quinze pintes le pot , font un objet de
neuf à dix mille pintes de Paris.
3
Environ trois quarts d'heure après
l'avoir découverte , le fommelier de la
maiſon , nommé Joli , eut l'imprudence
de commander à un jeune domeftique de
feize à dix-fept ans d'y entrer avec un balai
pour la nettoyer & en faire fortir la
lie. Cet enfant lui repréfenta le danger
auquel il vouloit l'expofer , & qu'il devoit
d'autant plus connoître que peu de
jours avant il étoit forti lui-même à la
hâte & à demi-mort d'une cuve pareille ,
quoique découverte depuis fept à huit
jours. Joli s'obftina , on ne fçait pas trop
pourquoi , & le petit domeftique effrayé
de fes menaces eut le malheur de lui obéir ;
mais à peine fut-il defcendu dans la cuve
qu'il tomba roide , fans connoiffance &
fans mouvement . Joli ne l'entendant
travailler ni repondre aux commandemens
réiterés qu'il lui en faifoit , vit bien alors ,
mais trop tard , les fuites de fon imprudence
; il faute dans la cuve pour le fecourir
, en criant à un marmiton qui fe trouvoit
auffi dans le cuvage , de lui faire venir
du fecours. Il fe baiffe pour relever
pas
JUILLET. 1755 117
#
l'enfant qui fe mouroit , & tombe dans lẹ
même état que lui.
Le marmiton court au château , il trouve
dans la cuifine un payfan , un des Gardes-
chaffe , le Cuifinier & un laquais ; il
feur apprend l'embarras de Joli. On vole
à fon fecours. L'allarme fe répand dans le
château : Maîtres , Domeftiques , tout le
monde s'empreffe de gagner le cuvage. Le
payfan qui étoit un jeune homme de vingtdeux
ans , fort & vigoureux , arrive , &
defcend le premier dans cette cuve funeſte ,
il veut encore fe baiffer pour relever ces
deux perfonnes qu'il voyoit fans mouvement
; & dans l'inftant , comme s'il eût
été frappé de la foudre , il tombe lui - mê-'
me inmobile , & pour ainfi dire mort . Le
Garde- chaffe qui venoit après lui fuit ſon
exemple , & fubit le même fort.
Le Cuifinier qui defcendoit le troifieme,
voyant ce trifte fpectacle , & fe fentant
tout-à- coup étouffer par les vapeurs
qui s'élevoient , remonte au plus vite au
haut de la cuve , il arrête le laquais qui
avoit déja une partie du corps dedans , &
tous deux hors d'état de fecourir les mourans
, bornerent leurs foins à empêcher de
defcendre ceux qui les fuivoient ; mais le
zéle de tous ces domeftiques pour fauver
la vie à leurs camarades étoit fi grand ,
18 MERCURE DE FRANCE.
qu'ils voyoient à peine un danger audi
effrayant. Un paltrenier fe jette dans la
cuve , & le trouve pris auffi tôt , mais
comme le haut en étoit déja bordé de
beaucoup de monde , il fat affez heureux
pout qu'on le faifit aux cheveux dans le
moment qu'il alloit tomber , & qu'on le
retira évanoui. Il en fut de même d'un
poftillon , à qui on paffa une corde fous
Fes bras dans le tems qu'il defcendoit , &
qu'on arracha à la mort par ce moyen ; ils
revinrent l'un & l'autre dès qu'ils furent
expofés à l'air extérieur .
Dansle trouble où l'on étoit , ne voyant
aucune reſſource pour retirer ces quatre
hommes de la cuve , on prit le parti de la
tompre ; mais comme les cercles en étoient
très-forts , garnis de bandes de fer , & que
les douves en étoient unies par des chevilles
, l'opération fut longue , & ces malheureux
étoient morts , lorfqu'on fut à
portée de leur donner du fecours.
Cependant on avoit envoyé chercher
un Chirurgien au bourg le plus près . Dès
qu'il fut arrivé , on effaya de les faigner ;
il ne fortit de fang qu'une ou deux gouttes
de l'ouverture qui fut faite au plus
jeune , qui le premier étoit entré dans la
cuve. Les autres n'en donnerent pas. Оп
deur jetta de l'eau au vifage ; on leur mit
JUILLET . 1755. 119
des eaux fpiritueufes dans la bouche &
dans le nez . Tous ces foins furent inutiles.
Il ne parut aucun figne de vie.
Il eft conftant , Monfieur , qu'on ne peut
attribuer la caufe de ces morts , qu'aux
vapeurs ou efprits ardens du vin qui s'étoient
ramaffés dans cette cuve , & qui
continuoient de s'exhaler de la lie qui y
reftoit. On ne peut pas en reconnoître
d'autre . Le vin étoit très- naturel & fort
bon. Il avoit été vendu en détail à des
marchands de nos montagnes , qui en
avoient débité déja la plus grande partie
dans leurs cabarets , fans que perfonne fe
fût plaint d'en avoir reçu la moindre incommodité.
J'aurois bien fouhaité avoir
été averti à tems pour voir par l'ouverture
de ces cadavres les effets que ces efprits
pénétrans avoient produits fur les différentes
parties qui en avoient fouffert l'impreffion
. M. le Comte de la Queuille qui
me fit appeller deux jours après pour voir
Madame la Comteffe fon époufe , que la
frayeur & la douleur de cet événement
avoient fort incommodée , me dit avoir
été fâché de ne me l'avoir pas mandé plu
iôt ; mais qu'il n'y avoit penfé qu'après
l'enterrement.
Je fus donc forcé de me borner à interroger
ceux qui avoient manqué à être
120 MERCURE DE FRANCE.
>
enveloppés dans ce malheur. Le palfrenier
& le poftillon ne me donnerent pas de
grands éclairciffemens . La maniere promp
te dont ils avoient été pénétrés de la vapeur
, la connoiffance qu'ils avoient perdu
à l'inftant ne leur avoient laiffé le
pas
tems de s'appercevoir de ce qui avoit produit
leur évanouiffement. Le Cuifinier qui
n'avoit reçu cette vapeur qu'à demi , & qui
s'étoit toujours reconnu , fut plus en état
de me rendre compte de ce qu'il en avoit
reffenti. Il me dit qu'elle lui étoit montée
au nez avec tant de force , qu'il en avoit
été fubitement étourdi , & qu'il avoit en
même-tems & par la même caufe , ſenti
que la refpiration lui manquoit.
Je m'informai auffi de l'état de ces malheureux
après qu'on les eût retirés de la
cuve ; ils étoient femblables en tout à
ceux qui font morts fuffoqués. Une Demoiſelle
qui avoit travaillé à leur donner
du fecours , m'en dit une feule particularité
qui l'avoit frappée : c'eft qu'en leur
ouvrant la bouche pour y introduire des
eaux fpiritueufes , elle avoit trouvé leurs
gencives , leurs dents , leur palais & leur
Langue , blancs , deffechés & comme à demi-
cuits. J'en conclus que ces vapeurs
volatiles & pénétrantes ont produit deux
principaux effets , que je regarde comme
la
JUILLE T. 1755. 121
la caufe de la mort prefque fubite de ces
quatre hommes , 1 °. qu'entraînées par l'air
avec abondance & rapidité dans la cavité
du nez & des finus qui y aboutiſſent , elles
ont fecoué & picotté vivement les petites
pointes nerveufes de la membrane pituitaire
faciles à ébranler. Cette irritation
communiquée au cerveau a produit dans
tous les nerfs une contraction fpafmodique
, une conftriction qui a intercepté
dans l'inftant l'écoulement des efprits animaux
vers les organes des fens & vers les
mufcles ; ce qui a donné lieu à la privation
fubite des fenfations & des mouvemens.
2º . Qu'entraînées pareillement au tems
de l'inſpiration dans la trachée artere &
dans les poulmons , elles les ont crepés ,
defféchés & comme cuits , ainsi qu'on l'a
obfervé aux gencives , au palais & à la
langue ; ce qui a rendu les véhicules d'autant
plus incapables d'être dilatées , & de
céder à l'impulfion de l'air , que ce fluide
toujours extrêmement chargé de ces vapeurs
, & conféquemment peu élastique ,
au lieu de vaincre cette réfiſtance ne faifoit
que l'augmenter de plus en plus par
l'irritation continuelle des efprits qu'il y
portoit fans ceffe ; de forte que la refpiration
bientôt fuffoquée a produit néceffairement
une ceffation totale de la circula-
F
122 MERCURE DE FRANCE.
tion du fang , qui dans quelques minutes
a fait périr ces malheureux.
par Ce que j'avance fe trouve confirmé
le prompt rétabliſſement du palfernier &
du poftillon , qui ont eu le bonheur d'étre
retirés de la cuve avant que les poulmons
euffent été confidérablement affectés . Affez
élaſtique pour en vaincre la réſiſtance, l'air
extérieur a rétabli la refpiration , & rendu
à la circulation fa liberté naturelle. Le
poſtillon a feulement confervé pendant
quelques jours un affoibliffement , effet
fenfible des violentes fecouffes que les
nerfs avoient fouffertes.
, Il n'eft pas nouveau comme je l'ai annoncé
, Monfieur , de voir périr des gens
dans de grandes cuves en foulant une
vendange qui fermente, Enivrés & étourdis
par les efprits que la fermentation évapore
, ils tombent dans le vin , & périffent
bientôt noyés s'ils ne font pas fecourus à
tems ; mais dans ce cas-ci il paroît fingu-
Hier de les voir périr prefque fubitement
dans une cuve vuide , où il y avoit à peine
deux ou trois lignes de lie répandue fur le
fond , dans une cuve découverte depuis
plus de trois quarts-d'heure ; de voir enfin
arriver cet accident au mois d'avril , dans
un tems où la fermentation n'eft plus fenfible.
On peut cependant rendre raiſon
de ces effets furprenans.
JUILLET. 1755. 123
1º. On fera moins étonné de la promptitude
de la mort de ces quatre hommes ,
fi l'on fait attention qu'ils fe font tous
baiffés ; le petit domeftique pour balayer
& faire fortir la lie , & les trois autres fucceffivement
pour relever ceux qui étoient
tombés avant eux ; qu'en inclinant ainfi
la face vers le fond de la cuve & en s'enfonçant
dans le plus épais de la vapeur
ils l'ont humée directement avec la plus
grande abondance , & fe font exposés à fa
plus vive impreffion ; au lieu que le Cuifinier
qui n'y eft pas entierement defcendu
& qui eft demeuré debout , n'en a reçu
qu'une petite portion , qui n'ayant agi que
foiblement lui a laiffé le tems de gagner
le haut de la cuve , & de retourner à l'air
pur.
2. On trouve dans la configuration &
dans la fituation de cette cuve la raifon du
fécond effet ; c'est-à-dire comment les vapeurs
avoient pu s'y ramaffer en une auffi
grande quantité dès qu'il n'y avoit pas de
vin , & y demeurer renfermées malgré la
communication qui depuis trois quartsd'heure
étoit ouverte avec l'air extérieur.
C'étoit une grande cuve , d'environ neuf
pieds de profondeur , dont la circonférence
ne répondoit pas à la hauteur , faite en
forme de cône coupé , qui avoit fon fond
Fij
124 MERCURE DE FRANCE .
à la bafe & l'ouverture au fommet , dont
l'ouverture enfin étoit peu éloignée du toît
du cuvage : A quoi on peut ajouter que le
vin n'en ayant pas été tiré tout d'un trait
mais à repriſes , les efprits qui s'exhaloient
fans ceffe de celui qui y reftoit , au lieu
de s'attacher à la couverture de la cuve ,
comme il feroit arrivé fi elle avoit continué
d'être pleine , ſe répandoient & demeuroient
fufpendus dans l'air qui prenoit
à chaque fois la place du vin tiré ; deforte
la Cuve s'eft trouvée remplie par
dégrés d'un air extrêmement chargé de
ces vapeurs , dont les plus baffes n'ont pas
pu fe diffiper , foit a caufe de la profondeur
de la cuve , foit à cauſe de fa figure
conique & de la moindre étendue de fon
ouverture , foit enfin à cauſe de la proxique
mité du toît.
3 °. Les raifons que je viens de rapporter
, font affez voir comment l'évaporation
ordinaire qui fe fait du vin , a pu , fans le
fecours de la fermentation , fournir beau-
Coup de vapeurs dans cette cuve . Il faut
obferver de plus que la chaleur printaniere
qui ranime & fait monter la féve dans les
plantes , excite dans le vin une feconde
fermentation , qui , quoique moins fenfible
que la premiere , ne laiffe pas d'être
confidérable. Les vins blancs fpiritueux ,
JUILLET . 1755. 125
tels que ceux de Champagne , mis en
bouteilles au mois de Mars & d'Avril les
caffent , font partir les bouchons , & s'élancent
en mouffe par l'ouverture. Ils font
tranquilles au contraire , & ne produifent
aucun de ces effets violens fi on les y met
dans d'autres faifons : Or c'eft précisément
fur la fin de Mars & dans le courant d'Avril
que cette cuve avoit été vuidée , c'eftà-
dire au tems de cette feconde fermentation
, & elle a dû être très- grande dans
une auffi grande quantité de vin , parce
que les chaleurs ont été très - vives pendant
tout ce tems dans cette province , &
que cette cuve étoit placée à côté d'une
porte expofée au plein midi ; il n'eft donc
pas furprenant qu'il s'y foit fait une grande
évaporation d'efprits.
Il me femble qu'on peut comparer cette
cave à une espece de méphitis . La feule
différence que j'y vois , c'eft que là ce font
des vapeurs minérales , fulphureufes ou
falines , & qu'ici ce font des foufres végétaux
, exaltés & volatifés par la fermentation.
Je trouve une certaine affinité entre
fes effets & ceux de la fameuse Mofète de
la Grotte du Chien , près du lac Agnano
dans le royaume de Naples. Les hommes
plongés dans la vapeur de la cuve , comme
les animaux plongés dans celle de la
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
grotte font tombés fubitement évanouis ,
& font morts bientôt dès qu'il n'a pas été
poffible de les en retirer affez vîte . Ceux
qui ont eu le bonheur d'être remis promp
tement à l'air extérieur , font revenus de
même fans aucune fuite fâcheufe ; & fi les
hommes font tombés fans mouvement dès
l'inftant qu'ils fe font baiffés dans la cuve ,
au lieu que les animaux dans la vapeur de
la grotte s'agitent quelque tems par des
mouvemens convulfifs , cela vient fans
doute de ce que cette vapeur plus groffiere
& moins pénétrante que les efprits ardens
du vin , ne porte pas au nez , & n'affecte
pas le genre nerveux , de maniere à y cau,
fer cette constriction fubite , qui a intercepté
le cours de ces efprits.
Dans l'impoffibilité où l'on étoit de retirer
affez vîte ces malheureux de la vapeur
, y auroit- il eu quelque moyen de
les empêcher de périr ? Je crois qu'en arrofant
le dedans de la cuve de beaucoup
d'eau , on y auroit peut- être réuffi. D'un
côté les gouttes de ce fluide en fe précipitant
, auroient précipité avec elles les efprits
répandus dans l'air , & lui auroient
rendu fa pureté & fon reffort ; & de l'autre
celles qui feroient tombées fur le corps
de ces mourans , auroient pu en rappellant
la force fiftaltique des vaiffeaux , ranimer
JUILLET. 1755 . 127
la circulation qui s'éteignoit. L'expérience
apprend que les animaux à demi- fuffoqués
dans la grotte du Chien reprennent
beaucoup plus vite leurs efprits , fi on les
plonge dans l'eau du lac Agnano ; mais
il auroit fallu employer ce moyen à tems :
ce qui auroit été difficile dans ce cas , à
caufe de l'éloignement qui fe trouve du
cuvage à la fontaine .
Enfin , Monfieur , fi cet accident eft
pour ceux qui font dans le cas de faire
vuider de pareilles cuves , un avertiffement
de ne point y expofer perfonne fans
avoir donné à la vapeur le tems de fe diffiper
, ou du moins fans l'avoir précipitée
avec de l'eau , il n'en préfente pas un moins
important pour ceux qui font un ufage immodéré
du vin & des liqueurs ardentes ;
car fi ces efprits appliqués au-dehors ont
produit des effets auffi prompts & auffi
funeftes , combien ne doivent - ils pas en
produire de fâcheux , lorfque pris intérieu
rement avec excès , & circulant dans la
maffe des humeurs ils fe portent au cerveau
, & agiffent immédiatement fur les
fibres médullaires & nerveufes ?
J'ai l'honeur d'être , &c .
A Riom en Auvergne , le 15 Mai 1755 .
, de la Faculté de Montpellier , à un
Médecin defes amis , fur un accident arrivé
dans le cuvage de M. le Comte de la
Queuille , Brigadier des armées du Roi ,
Colonel du Régiment de Nice , au château
de Chateangay , près de Riom en Auvergne.
A
Vez -vous entendu parler , Monfieur
, d'un accident arrivé chez M.
le Comte de la Queuille , à Chateaugay ,
le 24 du mois d'Avril dernier ? il n'eft pas ,
on peut le dire , abſolument nouveau ;
mais il me paroît accompagné de circonf
tances affez frappantes pour mériter peuts
être un peu de votre attention .
On avoit achevé de vuider te matin une
116 MERCURE DE FRANCE.
cuve où l'on avoit confervé pendant l'hiver
fix à fept cens pots de vin de notre
mefure , qui , comme vous le fçavez , à
quinze pintes le pot , font un objet de
neuf à dix mille pintes de Paris.
3
Environ trois quarts d'heure après
l'avoir découverte , le fommelier de la
maiſon , nommé Joli , eut l'imprudence
de commander à un jeune domeftique de
feize à dix-fept ans d'y entrer avec un balai
pour la nettoyer & en faire fortir la
lie. Cet enfant lui repréfenta le danger
auquel il vouloit l'expofer , & qu'il devoit
d'autant plus connoître que peu de
jours avant il étoit forti lui-même à la
hâte & à demi-mort d'une cuve pareille ,
quoique découverte depuis fept à huit
jours. Joli s'obftina , on ne fçait pas trop
pourquoi , & le petit domeftique effrayé
de fes menaces eut le malheur de lui obéir ;
mais à peine fut-il defcendu dans la cuve
qu'il tomba roide , fans connoiffance &
fans mouvement . Joli ne l'entendant
travailler ni repondre aux commandemens
réiterés qu'il lui en faifoit , vit bien alors ,
mais trop tard , les fuites de fon imprudence
; il faute dans la cuve pour le fecourir
, en criant à un marmiton qui fe trouvoit
auffi dans le cuvage , de lui faire venir
du fecours. Il fe baiffe pour relever
pas
JUILLET. 1755 117
#
l'enfant qui fe mouroit , & tombe dans lẹ
même état que lui.
Le marmiton court au château , il trouve
dans la cuifine un payfan , un des Gardes-
chaffe , le Cuifinier & un laquais ; il
feur apprend l'embarras de Joli. On vole
à fon fecours. L'allarme fe répand dans le
château : Maîtres , Domeftiques , tout le
monde s'empreffe de gagner le cuvage. Le
payfan qui étoit un jeune homme de vingtdeux
ans , fort & vigoureux , arrive , &
defcend le premier dans cette cuve funeſte ,
il veut encore fe baiffer pour relever ces
deux perfonnes qu'il voyoit fans mouvement
; & dans l'inftant , comme s'il eût
été frappé de la foudre , il tombe lui - mê-'
me inmobile , & pour ainfi dire mort . Le
Garde- chaffe qui venoit après lui fuit ſon
exemple , & fubit le même fort.
Le Cuifinier qui defcendoit le troifieme,
voyant ce trifte fpectacle , & fe fentant
tout-à- coup étouffer par les vapeurs
qui s'élevoient , remonte au plus vite au
haut de la cuve , il arrête le laquais qui
avoit déja une partie du corps dedans , &
tous deux hors d'état de fecourir les mourans
, bornerent leurs foins à empêcher de
defcendre ceux qui les fuivoient ; mais le
zéle de tous ces domeftiques pour fauver
la vie à leurs camarades étoit fi grand ,
18 MERCURE DE FRANCE.
qu'ils voyoient à peine un danger audi
effrayant. Un paltrenier fe jette dans la
cuve , & le trouve pris auffi tôt , mais
comme le haut en étoit déja bordé de
beaucoup de monde , il fat affez heureux
pout qu'on le faifit aux cheveux dans le
moment qu'il alloit tomber , & qu'on le
retira évanoui. Il en fut de même d'un
poftillon , à qui on paffa une corde fous
Fes bras dans le tems qu'il defcendoit , &
qu'on arracha à la mort par ce moyen ; ils
revinrent l'un & l'autre dès qu'ils furent
expofés à l'air extérieur .
Dansle trouble où l'on étoit , ne voyant
aucune reſſource pour retirer ces quatre
hommes de la cuve , on prit le parti de la
tompre ; mais comme les cercles en étoient
très-forts , garnis de bandes de fer , & que
les douves en étoient unies par des chevilles
, l'opération fut longue , & ces malheureux
étoient morts , lorfqu'on fut à
portée de leur donner du fecours.
Cependant on avoit envoyé chercher
un Chirurgien au bourg le plus près . Dès
qu'il fut arrivé , on effaya de les faigner ;
il ne fortit de fang qu'une ou deux gouttes
de l'ouverture qui fut faite au plus
jeune , qui le premier étoit entré dans la
cuve. Les autres n'en donnerent pas. Оп
deur jetta de l'eau au vifage ; on leur mit
JUILLET . 1755. 119
des eaux fpiritueufes dans la bouche &
dans le nez . Tous ces foins furent inutiles.
Il ne parut aucun figne de vie.
Il eft conftant , Monfieur , qu'on ne peut
attribuer la caufe de ces morts , qu'aux
vapeurs ou efprits ardens du vin qui s'étoient
ramaffés dans cette cuve , & qui
continuoient de s'exhaler de la lie qui y
reftoit. On ne peut pas en reconnoître
d'autre . Le vin étoit très- naturel & fort
bon. Il avoit été vendu en détail à des
marchands de nos montagnes , qui en
avoient débité déja la plus grande partie
dans leurs cabarets , fans que perfonne fe
fût plaint d'en avoir reçu la moindre incommodité.
J'aurois bien fouhaité avoir
été averti à tems pour voir par l'ouverture
de ces cadavres les effets que ces efprits
pénétrans avoient produits fur les différentes
parties qui en avoient fouffert l'impreffion
. M. le Comte de la Queuille qui
me fit appeller deux jours après pour voir
Madame la Comteffe fon époufe , que la
frayeur & la douleur de cet événement
avoient fort incommodée , me dit avoir
été fâché de ne me l'avoir pas mandé plu
iôt ; mais qu'il n'y avoit penfé qu'après
l'enterrement.
Je fus donc forcé de me borner à interroger
ceux qui avoient manqué à être
120 MERCURE DE FRANCE.
>
enveloppés dans ce malheur. Le palfrenier
& le poftillon ne me donnerent pas de
grands éclairciffemens . La maniere promp
te dont ils avoient été pénétrés de la vapeur
, la connoiffance qu'ils avoient perdu
à l'inftant ne leur avoient laiffé le
pas
tems de s'appercevoir de ce qui avoit produit
leur évanouiffement. Le Cuifinier qui
n'avoit reçu cette vapeur qu'à demi , & qui
s'étoit toujours reconnu , fut plus en état
de me rendre compte de ce qu'il en avoit
reffenti. Il me dit qu'elle lui étoit montée
au nez avec tant de force , qu'il en avoit
été fubitement étourdi , & qu'il avoit en
même-tems & par la même caufe , ſenti
que la refpiration lui manquoit.
Je m'informai auffi de l'état de ces malheureux
après qu'on les eût retirés de la
cuve ; ils étoient femblables en tout à
ceux qui font morts fuffoqués. Une Demoiſelle
qui avoit travaillé à leur donner
du fecours , m'en dit une feule particularité
qui l'avoit frappée : c'eft qu'en leur
ouvrant la bouche pour y introduire des
eaux fpiritueufes , elle avoit trouvé leurs
gencives , leurs dents , leur palais & leur
Langue , blancs , deffechés & comme à demi-
cuits. J'en conclus que ces vapeurs
volatiles & pénétrantes ont produit deux
principaux effets , que je regarde comme
la
JUILLE T. 1755. 121
la caufe de la mort prefque fubite de ces
quatre hommes , 1 °. qu'entraînées par l'air
avec abondance & rapidité dans la cavité
du nez & des finus qui y aboutiſſent , elles
ont fecoué & picotté vivement les petites
pointes nerveufes de la membrane pituitaire
faciles à ébranler. Cette irritation
communiquée au cerveau a produit dans
tous les nerfs une contraction fpafmodique
, une conftriction qui a intercepté
dans l'inftant l'écoulement des efprits animaux
vers les organes des fens & vers les
mufcles ; ce qui a donné lieu à la privation
fubite des fenfations & des mouvemens.
2º . Qu'entraînées pareillement au tems
de l'inſpiration dans la trachée artere &
dans les poulmons , elles les ont crepés ,
defféchés & comme cuits , ainsi qu'on l'a
obfervé aux gencives , au palais & à la
langue ; ce qui a rendu les véhicules d'autant
plus incapables d'être dilatées , & de
céder à l'impulfion de l'air , que ce fluide
toujours extrêmement chargé de ces vapeurs
, & conféquemment peu élastique ,
au lieu de vaincre cette réfiſtance ne faifoit
que l'augmenter de plus en plus par
l'irritation continuelle des efprits qu'il y
portoit fans ceffe ; de forte que la refpiration
bientôt fuffoquée a produit néceffairement
une ceffation totale de la circula-
F
122 MERCURE DE FRANCE.
tion du fang , qui dans quelques minutes
a fait périr ces malheureux.
par Ce que j'avance fe trouve confirmé
le prompt rétabliſſement du palfernier &
du poftillon , qui ont eu le bonheur d'étre
retirés de la cuve avant que les poulmons
euffent été confidérablement affectés . Affez
élaſtique pour en vaincre la réſiſtance, l'air
extérieur a rétabli la refpiration , & rendu
à la circulation fa liberté naturelle. Le
poſtillon a feulement confervé pendant
quelques jours un affoibliffement , effet
fenfible des violentes fecouffes que les
nerfs avoient fouffertes.
, Il n'eft pas nouveau comme je l'ai annoncé
, Monfieur , de voir périr des gens
dans de grandes cuves en foulant une
vendange qui fermente, Enivrés & étourdis
par les efprits que la fermentation évapore
, ils tombent dans le vin , & périffent
bientôt noyés s'ils ne font pas fecourus à
tems ; mais dans ce cas-ci il paroît fingu-
Hier de les voir périr prefque fubitement
dans une cuve vuide , où il y avoit à peine
deux ou trois lignes de lie répandue fur le
fond , dans une cuve découverte depuis
plus de trois quarts-d'heure ; de voir enfin
arriver cet accident au mois d'avril , dans
un tems où la fermentation n'eft plus fenfible.
On peut cependant rendre raiſon
de ces effets furprenans.
JUILLET. 1755. 123
1º. On fera moins étonné de la promptitude
de la mort de ces quatre hommes ,
fi l'on fait attention qu'ils fe font tous
baiffés ; le petit domeftique pour balayer
& faire fortir la lie , & les trois autres fucceffivement
pour relever ceux qui étoient
tombés avant eux ; qu'en inclinant ainfi
la face vers le fond de la cuve & en s'enfonçant
dans le plus épais de la vapeur
ils l'ont humée directement avec la plus
grande abondance , & fe font exposés à fa
plus vive impreffion ; au lieu que le Cuifinier
qui n'y eft pas entierement defcendu
& qui eft demeuré debout , n'en a reçu
qu'une petite portion , qui n'ayant agi que
foiblement lui a laiffé le tems de gagner
le haut de la cuve , & de retourner à l'air
pur.
2. On trouve dans la configuration &
dans la fituation de cette cuve la raifon du
fécond effet ; c'est-à-dire comment les vapeurs
avoient pu s'y ramaffer en une auffi
grande quantité dès qu'il n'y avoit pas de
vin , & y demeurer renfermées malgré la
communication qui depuis trois quartsd'heure
étoit ouverte avec l'air extérieur.
C'étoit une grande cuve , d'environ neuf
pieds de profondeur , dont la circonférence
ne répondoit pas à la hauteur , faite en
forme de cône coupé , qui avoit fon fond
Fij
124 MERCURE DE FRANCE .
à la bafe & l'ouverture au fommet , dont
l'ouverture enfin étoit peu éloignée du toît
du cuvage : A quoi on peut ajouter que le
vin n'en ayant pas été tiré tout d'un trait
mais à repriſes , les efprits qui s'exhaloient
fans ceffe de celui qui y reftoit , au lieu
de s'attacher à la couverture de la cuve ,
comme il feroit arrivé fi elle avoit continué
d'être pleine , ſe répandoient & demeuroient
fufpendus dans l'air qui prenoit
à chaque fois la place du vin tiré ; deforte
la Cuve s'eft trouvée remplie par
dégrés d'un air extrêmement chargé de
ces vapeurs , dont les plus baffes n'ont pas
pu fe diffiper , foit a caufe de la profondeur
de la cuve , foit à cauſe de fa figure
conique & de la moindre étendue de fon
ouverture , foit enfin à cauſe de la proxique
mité du toît.
3 °. Les raifons que je viens de rapporter
, font affez voir comment l'évaporation
ordinaire qui fe fait du vin , a pu , fans le
fecours de la fermentation , fournir beau-
Coup de vapeurs dans cette cuve . Il faut
obferver de plus que la chaleur printaniere
qui ranime & fait monter la féve dans les
plantes , excite dans le vin une feconde
fermentation , qui , quoique moins fenfible
que la premiere , ne laiffe pas d'être
confidérable. Les vins blancs fpiritueux ,
JUILLET . 1755. 125
tels que ceux de Champagne , mis en
bouteilles au mois de Mars & d'Avril les
caffent , font partir les bouchons , & s'élancent
en mouffe par l'ouverture. Ils font
tranquilles au contraire , & ne produifent
aucun de ces effets violens fi on les y met
dans d'autres faifons : Or c'eft précisément
fur la fin de Mars & dans le courant d'Avril
que cette cuve avoit été vuidée , c'eftà-
dire au tems de cette feconde fermentation
, & elle a dû être très- grande dans
une auffi grande quantité de vin , parce
que les chaleurs ont été très - vives pendant
tout ce tems dans cette province , &
que cette cuve étoit placée à côté d'une
porte expofée au plein midi ; il n'eft donc
pas furprenant qu'il s'y foit fait une grande
évaporation d'efprits.
Il me femble qu'on peut comparer cette
cave à une espece de méphitis . La feule
différence que j'y vois , c'eft que là ce font
des vapeurs minérales , fulphureufes ou
falines , & qu'ici ce font des foufres végétaux
, exaltés & volatifés par la fermentation.
Je trouve une certaine affinité entre
fes effets & ceux de la fameuse Mofète de
la Grotte du Chien , près du lac Agnano
dans le royaume de Naples. Les hommes
plongés dans la vapeur de la cuve , comme
les animaux plongés dans celle de la
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
grotte font tombés fubitement évanouis ,
& font morts bientôt dès qu'il n'a pas été
poffible de les en retirer affez vîte . Ceux
qui ont eu le bonheur d'être remis promp
tement à l'air extérieur , font revenus de
même fans aucune fuite fâcheufe ; & fi les
hommes font tombés fans mouvement dès
l'inftant qu'ils fe font baiffés dans la cuve ,
au lieu que les animaux dans la vapeur de
la grotte s'agitent quelque tems par des
mouvemens convulfifs , cela vient fans
doute de ce que cette vapeur plus groffiere
& moins pénétrante que les efprits ardens
du vin , ne porte pas au nez , & n'affecte
pas le genre nerveux , de maniere à y cau,
fer cette constriction fubite , qui a intercepté
le cours de ces efprits.
Dans l'impoffibilité où l'on étoit de retirer
affez vîte ces malheureux de la vapeur
, y auroit- il eu quelque moyen de
les empêcher de périr ? Je crois qu'en arrofant
le dedans de la cuve de beaucoup
d'eau , on y auroit peut- être réuffi. D'un
côté les gouttes de ce fluide en fe précipitant
, auroient précipité avec elles les efprits
répandus dans l'air , & lui auroient
rendu fa pureté & fon reffort ; & de l'autre
celles qui feroient tombées fur le corps
de ces mourans , auroient pu en rappellant
la force fiftaltique des vaiffeaux , ranimer
JUILLET. 1755 . 127
la circulation qui s'éteignoit. L'expérience
apprend que les animaux à demi- fuffoqués
dans la grotte du Chien reprennent
beaucoup plus vite leurs efprits , fi on les
plonge dans l'eau du lac Agnano ; mais
il auroit fallu employer ce moyen à tems :
ce qui auroit été difficile dans ce cas , à
caufe de l'éloignement qui fe trouve du
cuvage à la fontaine .
Enfin , Monfieur , fi cet accident eft
pour ceux qui font dans le cas de faire
vuider de pareilles cuves , un avertiffement
de ne point y expofer perfonne fans
avoir donné à la vapeur le tems de fe diffiper
, ou du moins fans l'avoir précipitée
avec de l'eau , il n'en préfente pas un moins
important pour ceux qui font un ufage immodéré
du vin & des liqueurs ardentes ;
car fi ces efprits appliqués au-dehors ont
produit des effets auffi prompts & auffi
funeftes , combien ne doivent - ils pas en
produire de fâcheux , lorfque pris intérieu
rement avec excès , & circulant dans la
maffe des humeurs ils fe portent au cerveau
, & agiffent immédiatement fur les
fibres médullaires & nerveufes ?
J'ai l'honeur d'être , &c .
A Riom en Auvergne , le 15 Mai 1755 .
Fermer
Résumé : Lettre de M. Dequen, Docteur en Médecine, de la Faculté de Montpellier, à un Médecin de ses amis, sur un accîdent arrivé dans le cuvage de M. le Comte de la Queuille, Brigadier des armées du Roi, Colonel du Régiment de Nice, au château de Chateaugay, près de Riom en Auvergne.
Le 24 avril, un accident mortel s'est produit au château de Chateaugay, près de Riom en Auvergne. Un jeune domestique, chargé de nettoyer une cuve à vin, tomba inconscient après avoir inhalé des vapeurs toxiques. Le sommelier, tentant de le secourir, connut le même sort, ainsi que plusieurs autres domestiques alertés par la situation. Au total, quatre hommes périrent asphyxiés par les vapeurs du vin, identifiées comme des 'esprits ardents'. Ces vapeurs, malgré la cuve étant vide depuis trois quarts d'heure, étaient suffisamment concentrées pour être mortelles. La configuration de la cuve, en forme de cône coupé et proche du toit du cuvage, ainsi que la chaleur printanière favorisant une seconde fermentation du vin, avaient permis cette concentration. Les symptômes observés chez les victimes, tels que des gencives et une langue blanches et desséchées, confirmèrent l'impact des vapeurs sur les voies respiratoires et le système nerveux. Deux domestiques, retirés à temps, se rétablirent rapidement. Le texte compare cet incident à la fameuse Mofète de la Grotte du Chien près du lac Agnano, dans le royaume de Naples. Les vapeurs de cette grotte provoquent également des évanouissements et la mort rapide des personnes et des animaux exposés. Cependant, les animaux s'agitent avant de succomber, contrairement aux hommes qui perdent connaissance instantanément. Cette différence est attribuée à la nature plus grossière et moins pénétrante de la vapeur de la grotte, qui n'affecte pas les nerfs de la même manière que les esprits ardents du vin. L'auteur suggère que l'arrosage de la cuve avec de l'eau pourrait sauver les personnes exposées, en précipitant les esprits volatils et en rappelant la force systolique des vaisseaux. Cette méthode est efficace pour les animaux dans la grotte du Chien, mais son application rapide est difficile en raison de la distance entre la cuve et la fontaine. Le texte met en garde contre l'exposition aux vapeurs sans précaution et contre l'abus du vin et des liqueurs ardentes, qui peuvent avoir des effets néfastes sur le cerveau et les fibres nerveuses.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3
4
p. 37-41
EPITRE A Mr F *** Docteur en Médecine, & amateur de la Littérature, sur le choix des livres.
Début :
Toujours fondé sur votre complaisance, [...]
Mots clefs :
Docteur en médecine, Choix des livres, Littérature, Goût
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE A Mr F *** Docteur en Médecine, & amateur de la Littérature, sur le choix des livres.
EPITRE
A Mr F *** Docteur en Médecine , &
amateur de la Littérature , fur le choix
des livres.
Toujours fondé fur votre complaifance ,
Dont jufqu'ici j'ai fait l'expérience ,
Puis-je , Docteur , par ce nouveau placet ,
Frapper encore à votre cabinet ?
Temple des arts , facré dépofitaire
De la ſcience & du goût littéraire ,
J'y viens cueillir , ( vous me l'avez permis )
Le peu de fleurs dont j'orne mes écrits :
En vain croirois-je , allant à d'autres fources ,
Me procurer de meilleures reffources .
Par-tout ailleurs que trouve un curieux ?
Tout eft obfcène , ou tout eft ennuyeux.
Pour le prouver vous faut- il des exemples ?
J'ouvre à vos yeux deux ou trois de ces temples.
Voyez Damon , ce brillant Adonis ,
Damon vanté parmi nos Erudits ,
Qui joint , dit-on , aux traits de la figure
Ceux d'un génie orné par la culture :
J'entens par tout préconifer fon nom ,
Les belles font les hérauts de Damon :
On le defire ; il va dans les ruelles ,
Toujours porteur d'égayantes nouvelles ,
38 MERCURE DE FRANCE.
Faire briller fes graces , fon efprit ;
C'eſt un oracle : Eh ! d'où vient ? » c'eſt qu'il lit ;
» Me répond-on , il faut voir les volumes ,
» Tous fruits récens des plus fçavantes plumes ,
» Dont il s'est fait un riche magazin
» Rien de plus beau , c'eft de l'exquis , du fin.
Moi qu'on verroit voler juſqu'à la Mecque
Si j'y fçavois une bibliothéque .
Sur ce rapport qui flate mon eſpoir
Je cours chez lui , je m'empreffe à le voir.
Beau maroquin & brillantes dorures ,
Beau caractere , ô les charmans augures !
Oui , le dedans doit répondre au-dehors ,
J'ouvre... que vois - je ? .... & quels font ces tréfors
?
Al.... , les lettres portugaifes ,
D ... S *** & mille autres fadaifes :
Lubrique amas des plus honteux recucils ,
De la pudeur , redoutables écueils ,
Damon , tranquille au milieu d'eux , le joue ,
Et puife là ces beaux talens qu'on loue ,
Ses complimens , fes contes , fes bons mots.
Quel répertoire ! Amathonte , Paphos ,
Etes-vous donc l'école favorite ,
Où de nos jours s'acquiert le vrai mérite ?
Un laid Satyre , un Priape laſcif ,
Dignes objets d'un regard peu craintif,
Te font , Damon , admirer leurs grimaces ,
Et tu profcris les Muſes & les Graces ,
SEPTEMBRE. 1755. 39
Comme beautés indignes de ton foin.
Moi , je les cherche ....Adieu , voyons plus loin
Si plus heureux enfin je les découvre.
Ici , Docteur , un fecond temple s'ouvre
Eraſte habite en ces paifibles lieux ;
C'eft de Thémis un Prêtre ſtudieux ;
Que des neuf foeurs on croit auffi l'éleve ,
Si le palais , par quelque courte treve ,
Sufpend par fois fes travaux journaliers ,
Des lys qu'il quitte il va fous les lauriers ,
Près d'Apollon paffer de doux quarts-d'heure .
Je pourrai donc .... quel vain eſpoir me leurre !
Rongés des vers , mille auteurs découfus ,
Sont pêle- mêle en ces lieux étendus.
Que m'offrent-ils ? d'infipides matieres ,
C'eſt du barreau les antiques lumieres ,
Un froid Bertaud , un énorme Cujas.
O ciel ! où donc ai-je adreffé mes pas ?
Je pourfuivois Minerve en ces retraites ;
Qu'y rencontrai- je ? un hydre à mille têtes.
Des ais poudreux foutiennent fes noirs flancs ,
Et la chicane occupe tous les
rangs.
Ses louches yeux fatiguent ma paupiere ,
Elle mugit , je recule en arriere ,
Et curieux de plus rares tréſors ,
Je vais ailleurs tenter d'autres efforts.
La fcene encore , Docteur , change de face:
de grace .... Entrons ici , fuivez mes pas ,
40 MERCURE DE FRANCE.
Où vous conduis - je ? .... où vais - je ... Nons
voilà.
Précipités de Carybde en Scylla ,
Philinte y loge : hériffé philoſophe ,
Fort fur l'ergo , jugez de quelle étoffe
Sont les recueils qui tombent fous mes mains.
C'eft Epicure , & ſes atômes vains ;
C'eft Ariftote avec le fillogifme ,
Je prens la fuite à l'aſpect du ſophiſme ;
Et je crains trop , éleve de Clio ,
D'être écrasé fous un in-folio.
Epris d'amour pour la littérature ,
J'en viens chercher chez vous la fource
Ainfi l'abeille aux ftériles vallons ,
Ne rencontrant que ronces & chardons ,
Pour fon goût fin toutes plantes ameres ,
Prend fon effor vers ces rians pafterres.
Beaux lieux où Flore , étalant fes appas ,
Offre à fon choix des fucs plus délicats .
Ces belles fleurs que l'abeille cajole ,
De vos trésors , ami , font le ſymbole.
L'hiftorien avec le traducteur ;
Là le poëte , & plus loin l'orateur
Compofent tous , arrangés dans leur cafe
Un helicon dont le goût eft la bafe.
Y briguez-vous une place ayez foin
Que vos effais foient marqués à ce coin.
Nouveaux auteurs , dont la race pullule.
Plus des écrits le nombre s'accumule ;
V
pure.
SEPTEMBRE. 1755 45
Et plus auffi dans ce fatras fufpect ,
L'homme lettré fur le choix circonfpect ,
Pefe , compare , examine & difcerne
L'or ancien de ce clinquant moderne ,
Qui féduit l'oeil fans éclairer l'efprit ,
Et que la mode a mis feule en crédit .
Qu'à votre goút tous les goûts foient conformes ,
Bientôt , Docteur , que d'heureufes réformes !
Que de Romans à l'oubli condamnés !
Que d'avortons , que de nains détrônés !
Nains aujourd'hui qui vont fur les toilettes ,
Dans les bureaux , jufqu'aux faintes retraites ,
Effrontément étaler leur orgueil ,
Que favoriſe un général accueil.
Mais puiſqu'en vain à ce torrent rapide
La raiſon veut oppoſer fon Egide ,
Sans déformais chercher à l'affoiblir ,
Bornons nos foins à nous en garantir.
Par M. Li. de Limoges .
A Mr F *** Docteur en Médecine , &
amateur de la Littérature , fur le choix
des livres.
Toujours fondé fur votre complaifance ,
Dont jufqu'ici j'ai fait l'expérience ,
Puis-je , Docteur , par ce nouveau placet ,
Frapper encore à votre cabinet ?
Temple des arts , facré dépofitaire
De la ſcience & du goût littéraire ,
J'y viens cueillir , ( vous me l'avez permis )
Le peu de fleurs dont j'orne mes écrits :
En vain croirois-je , allant à d'autres fources ,
Me procurer de meilleures reffources .
Par-tout ailleurs que trouve un curieux ?
Tout eft obfcène , ou tout eft ennuyeux.
Pour le prouver vous faut- il des exemples ?
J'ouvre à vos yeux deux ou trois de ces temples.
Voyez Damon , ce brillant Adonis ,
Damon vanté parmi nos Erudits ,
Qui joint , dit-on , aux traits de la figure
Ceux d'un génie orné par la culture :
J'entens par tout préconifer fon nom ,
Les belles font les hérauts de Damon :
On le defire ; il va dans les ruelles ,
Toujours porteur d'égayantes nouvelles ,
38 MERCURE DE FRANCE.
Faire briller fes graces , fon efprit ;
C'eſt un oracle : Eh ! d'où vient ? » c'eſt qu'il lit ;
» Me répond-on , il faut voir les volumes ,
» Tous fruits récens des plus fçavantes plumes ,
» Dont il s'est fait un riche magazin
» Rien de plus beau , c'eft de l'exquis , du fin.
Moi qu'on verroit voler juſqu'à la Mecque
Si j'y fçavois une bibliothéque .
Sur ce rapport qui flate mon eſpoir
Je cours chez lui , je m'empreffe à le voir.
Beau maroquin & brillantes dorures ,
Beau caractere , ô les charmans augures !
Oui , le dedans doit répondre au-dehors ,
J'ouvre... que vois - je ? .... & quels font ces tréfors
?
Al.... , les lettres portugaifes ,
D ... S *** & mille autres fadaifes :
Lubrique amas des plus honteux recucils ,
De la pudeur , redoutables écueils ,
Damon , tranquille au milieu d'eux , le joue ,
Et puife là ces beaux talens qu'on loue ,
Ses complimens , fes contes , fes bons mots.
Quel répertoire ! Amathonte , Paphos ,
Etes-vous donc l'école favorite ,
Où de nos jours s'acquiert le vrai mérite ?
Un laid Satyre , un Priape laſcif ,
Dignes objets d'un regard peu craintif,
Te font , Damon , admirer leurs grimaces ,
Et tu profcris les Muſes & les Graces ,
SEPTEMBRE. 1755. 39
Comme beautés indignes de ton foin.
Moi , je les cherche ....Adieu , voyons plus loin
Si plus heureux enfin je les découvre.
Ici , Docteur , un fecond temple s'ouvre
Eraſte habite en ces paifibles lieux ;
C'eft de Thémis un Prêtre ſtudieux ;
Que des neuf foeurs on croit auffi l'éleve ,
Si le palais , par quelque courte treve ,
Sufpend par fois fes travaux journaliers ,
Des lys qu'il quitte il va fous les lauriers ,
Près d'Apollon paffer de doux quarts-d'heure .
Je pourrai donc .... quel vain eſpoir me leurre !
Rongés des vers , mille auteurs découfus ,
Sont pêle- mêle en ces lieux étendus.
Que m'offrent-ils ? d'infipides matieres ,
C'eſt du barreau les antiques lumieres ,
Un froid Bertaud , un énorme Cujas.
O ciel ! où donc ai-je adreffé mes pas ?
Je pourfuivois Minerve en ces retraites ;
Qu'y rencontrai- je ? un hydre à mille têtes.
Des ais poudreux foutiennent fes noirs flancs ,
Et la chicane occupe tous les
rangs.
Ses louches yeux fatiguent ma paupiere ,
Elle mugit , je recule en arriere ,
Et curieux de plus rares tréſors ,
Je vais ailleurs tenter d'autres efforts.
La fcene encore , Docteur , change de face:
de grace .... Entrons ici , fuivez mes pas ,
40 MERCURE DE FRANCE.
Où vous conduis - je ? .... où vais - je ... Nons
voilà.
Précipités de Carybde en Scylla ,
Philinte y loge : hériffé philoſophe ,
Fort fur l'ergo , jugez de quelle étoffe
Sont les recueils qui tombent fous mes mains.
C'eft Epicure , & ſes atômes vains ;
C'eft Ariftote avec le fillogifme ,
Je prens la fuite à l'aſpect du ſophiſme ;
Et je crains trop , éleve de Clio ,
D'être écrasé fous un in-folio.
Epris d'amour pour la littérature ,
J'en viens chercher chez vous la fource
Ainfi l'abeille aux ftériles vallons ,
Ne rencontrant que ronces & chardons ,
Pour fon goût fin toutes plantes ameres ,
Prend fon effor vers ces rians pafterres.
Beaux lieux où Flore , étalant fes appas ,
Offre à fon choix des fucs plus délicats .
Ces belles fleurs que l'abeille cajole ,
De vos trésors , ami , font le ſymbole.
L'hiftorien avec le traducteur ;
Là le poëte , & plus loin l'orateur
Compofent tous , arrangés dans leur cafe
Un helicon dont le goût eft la bafe.
Y briguez-vous une place ayez foin
Que vos effais foient marqués à ce coin.
Nouveaux auteurs , dont la race pullule.
Plus des écrits le nombre s'accumule ;
V
pure.
SEPTEMBRE. 1755 45
Et plus auffi dans ce fatras fufpect ,
L'homme lettré fur le choix circonfpect ,
Pefe , compare , examine & difcerne
L'or ancien de ce clinquant moderne ,
Qui féduit l'oeil fans éclairer l'efprit ,
Et que la mode a mis feule en crédit .
Qu'à votre goút tous les goûts foient conformes ,
Bientôt , Docteur , que d'heureufes réformes !
Que de Romans à l'oubli condamnés !
Que d'avortons , que de nains détrônés !
Nains aujourd'hui qui vont fur les toilettes ,
Dans les bureaux , jufqu'aux faintes retraites ,
Effrontément étaler leur orgueil ,
Que favoriſe un général accueil.
Mais puiſqu'en vain à ce torrent rapide
La raiſon veut oppoſer fon Egide ,
Sans déformais chercher à l'affoiblir ,
Bornons nos foins à nous en garantir.
Par M. Li. de Limoges .
Fermer
Résumé : EPITRE A Mr F *** Docteur en Médecine, & amateur de la Littérature, sur le choix des livres.
L'épître est adressée à un docteur en médecine et amateur de littérature, sollicitant son aide pour choisir des livres. L'auteur exprime sa gratitude pour la complaisance passée du docteur et justifie sa demande par la difficulté de trouver des œuvres de qualité. Il critique les bibliothèques de deux érudits, Damon et Eraste. Damon, bien que réputé, possède des ouvrages obscènes et de mauvaise qualité. Eraste, un juriste, a des livres anciens et ennuyeux. L'auteur rencontre également des philosophes comme Philinte, dont les recueils sont trop techniques. Il souligne l'importance de la sélection rigoureuse des livres, distinguant les œuvres de valeur des productions modernes et superficielles. L'auteur espère que le docteur l'aidera à trouver des œuvres littéraires de qualité, comparables aux fleurs délicates que l'abeille recherche.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5
p. 211-212
AVIS.
Début :
Je, soussigné, Docteur en Médecine, ancien Médecin, Pensionnaire de la Venerie [...]
Mots clefs :
Remède, Dysenterie, Malades, Docteur en médecine, Fièvre, Symptômes, Guérison, Douleurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
JE, fouffigné , Docteur en Médecine , ancien
Médecin , Penfionnaire de la Venerie du Roi ,
& Médecin de l'infirmerie royale de Verſailles ,
certifie qu'il m'a été remis par Monfieur le Premier
Médecin du Roi , un remede antidyfentérique
, attribué à M. Nivard , & que je m'en fuis
fervi en quelques occafions avec fuccès ; mais
principalement dans deux cas graves : le premier
à l'égard d'un homme âgé de 24 à 25 ans , qui
me vint à l'infirmerie attaqué d'une violente
dyfenterie , avec fievre aigue , & tous les fymptômes
& accidens qui caractérisent cette maladie.
Je l'ai donné en fecond lieu à une Dame Religieufe
Bénédictine de l'Abbaye royale de S. Cyr , que
je trouvai à toute extrêmité lorfque je la vis ; elle
étoit malade depuis 7 à 8 jours , je la trouvai
ayant les extrêmités froides , des vomiffemens &
un hoquet fatiguant elle fe préfentoit dix fois.
par heure au baffin avec des douleurs inexprimables
& des défaillances continuelles , & toujours
prefque inutilement. Il ne fortoit que quelques
mucofités glaireufes & fanglantes : fa maladie
étoit en outre accompagnée de perte . Elle
212 MERCURE DE FRANCE.
yomifloit tout , & d'ailleurs elle n'étoit pas ch
état de prendre un vomitif. Je lui donnai le remede
de M. Nivard, à de très -petites doles répétées
de temps en temps , & j'eus la fatisfaction de voir
peu à peu les accidens ceffer , & l'efpérance renaître
car j'avoue que je la crus perdue. Ce remede
me paroît agir , comme fondant , anodin &
diaphorétique. En foi de quoi j'ai délivré le préfent
certificat , pour fervir on befoin fera , &
pour engager le poffeffeur de ce remede à nous en
procurer , afin d'en tirer parti & le mieux connoître.
A Verfailles , ce 10 Février 1757. Le
Gagneur.
Le fieur Nivard , demeure rue Saint Louis au
Marais , au coin de la rue Saint François. On le
trouve tous les matins jufqu'à midi . S'il y a
quelqu'un en province qui veuille du remede , ila
n'auront qu'à affranchir leur lettre , on leur ea
enverra.
JE, fouffigné , Docteur en Médecine , ancien
Médecin , Penfionnaire de la Venerie du Roi ,
& Médecin de l'infirmerie royale de Verſailles ,
certifie qu'il m'a été remis par Monfieur le Premier
Médecin du Roi , un remede antidyfentérique
, attribué à M. Nivard , & que je m'en fuis
fervi en quelques occafions avec fuccès ; mais
principalement dans deux cas graves : le premier
à l'égard d'un homme âgé de 24 à 25 ans , qui
me vint à l'infirmerie attaqué d'une violente
dyfenterie , avec fievre aigue , & tous les fymptômes
& accidens qui caractérisent cette maladie.
Je l'ai donné en fecond lieu à une Dame Religieufe
Bénédictine de l'Abbaye royale de S. Cyr , que
je trouvai à toute extrêmité lorfque je la vis ; elle
étoit malade depuis 7 à 8 jours , je la trouvai
ayant les extrêmités froides , des vomiffemens &
un hoquet fatiguant elle fe préfentoit dix fois.
par heure au baffin avec des douleurs inexprimables
& des défaillances continuelles , & toujours
prefque inutilement. Il ne fortoit que quelques
mucofités glaireufes & fanglantes : fa maladie
étoit en outre accompagnée de perte . Elle
212 MERCURE DE FRANCE.
yomifloit tout , & d'ailleurs elle n'étoit pas ch
état de prendre un vomitif. Je lui donnai le remede
de M. Nivard, à de très -petites doles répétées
de temps en temps , & j'eus la fatisfaction de voir
peu à peu les accidens ceffer , & l'efpérance renaître
car j'avoue que je la crus perdue. Ce remede
me paroît agir , comme fondant , anodin &
diaphorétique. En foi de quoi j'ai délivré le préfent
certificat , pour fervir on befoin fera , &
pour engager le poffeffeur de ce remede à nous en
procurer , afin d'en tirer parti & le mieux connoître.
A Verfailles , ce 10 Février 1757. Le
Gagneur.
Le fieur Nivard , demeure rue Saint Louis au
Marais , au coin de la rue Saint François. On le
trouve tous les matins jufqu'à midi . S'il y a
quelqu'un en province qui veuille du remede , ila
n'auront qu'à affranchir leur lettre , on leur ea
enverra.
Fermer
Résumé : AVIS.
Le document est un certificat médical rédigé par un médecin, ancien pensionnaire de la vénerie du Roi et médecin de l'infirmerie royale de Versailles. Il atteste avoir reçu un remède antidysentérique de M. Nivard, qu'il a utilisé avec succès dans deux cas graves. Le premier cas concerne un homme de 24 à 25 ans souffrant de dysenterie aiguë avec fièvre et symptômes associés. Le second cas implique une religieuse bénédictine de l'Abbaye royale de Saint-Cyr, gravement malade depuis 7 à 8 jours, présentant des vomissements, un hoquet, des douleurs et des défaillances. Le remède a été administré en petites doses répétées, conduisant à une amélioration notable de l'état de la patiente. Le médecin décrit le remède comme fondant, anodin et diaphorétique. Le certificat vise à encourager la production et la distribution du remède pour une meilleure connaissance de ses effets. M. Nivard réside rue Saint-Louis au Marais et est disponible tous les matins jusqu'à midi. Pour les demandes en province, il suffit d'affranchir la lettre pour recevoir le remède.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6
p. 222-224
Liste de Messieurs les Médecins, Maîtres en Chirurgie, Chirurgiens Majors d'Hôpitaux & de Régimens divers, à qui le remède a été envoyé en quantité & gratis pour en faire les épreuves les plus authentiques, qui ont envoyé en conséquence tous les Certificats que l'on a insérés depuis deux ans dans tous les Mercures & dans lesquels ils attestent qu'ils en ont été satisfaits à tous égards ; qui l'administrent aujourd'hui par préférence à tout autre, & auxquels on peut s'adresser avec confiance dans toutes les Villes & lieux qui sont désignés.
Début :
Docteurs en Médecine. Messieurs Marmion, Médecin de l'Hôpital du Roi. [...]
Mots clefs :
Docteur en médecine, Chirurgien-major, Hôpitaux, Régiments, Armées, Maître en Chirurgie, Remèdes, Épreuves
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Liste de Messieurs les Médecins, Maîtres en Chirurgie, Chirurgiens Majors d'Hôpitaux & de Régimens divers, à qui le remède a été envoyé en quantité & gratis pour en faire les épreuves les plus authentiques, qui ont envoyé en conséquence tous les Certificats que l'on a insérés depuis deux ans dans tous les Mercures & dans lesquels ils attestent qu'ils en ont été satisfaits à tous égards ; qui l'administrent aujourd'hui par préférence à tout autre, & auxquels on peut s'adresser avec confiance dans toutes les Villes & lieux qui sont désignés.
Lifte de Meffieurs les Médecins , Maitres en Chi
rurgie, Chirurgiens Majors d'Hopitaux de
Régimens divers , à qui le remède a été envoyé
en quantité gratis pour en faire les épreuves
les plus authentiques , qui ont envoyé en conféquence
tous les Certificats que l'on a inférés depuis
deux ans dans tous les Mercures dans
lefquels ils atteftent qu'ils en ont été farisfaits à
tous égards ; qui l'adminiftrent aujourd'hui par
preférence à tout autre , auxquels on peut
s'adreler avec confiance dans toutes les Vilkes
lienx qui font défignés.
DOCTEURS EN MÉDECINE.
MESSIEURS
Médecin de l'Hôpital
à Grenoble.
Docteur en Médecine , à Montauban,
MARMION,
du Roi.
RIGAL,
FRESSINIAT, Idem.
RAJOUX ,
à Limoges.
LE CAT ,
Idem.
Médecin & Chirurg.
Major des Hôp . de
à Nîmes .
S. M. l'Imp. Reine , à Gand.
Docteur en Médecine , à Troyes.
PIERS ,
SEB, Idem. à Saint-Malo,
GOUPIL , fils , Idem. à Argentan,
MORIN Idem. à Falaife.
MARS. 1759. 223
•
CHIRURGIENS - MAJORS
Des Hopitaux & des Régimens.
LE RICHE ,
MONTAUT,
MESSIEURS
Chirurg, Maj . des Hôpitaux
Milit .
Chir. Maj . de S. M. le
Roi de Pologne ,
GARENGEOT, Chir . Maj . du Rég, du
MOLITAR D,
DELANY
GiaT ,
Roi , Infanterie ,
Chir. Maj . du Rég , de
Bretagne , Infant.e
Chir . Maj . du Régiment
de Breffe.
Chir. Maj . du Régiment
d'Artois ,
DE MONTREUX , Chirurgien- Major des
DELAHAYE,
MICHEL ,
Hôpitaux ,
Chir. Maj . des Hôpit .
Chir. Maj . des Vailfeaux
du Roi ,
à Strasbourg.
à Lunéville.
à l'armée.
à l'armée.
à Landernau
à Boulogne.
à Breft.
à Rochefort .
à Toulon.
MAITRES EN CHIRURGIE,
REY,
MAREL ,
DUPONT ,
Jussy ,
2
WAROCQUIER ,
LABORIE ,
MESSIEURS
Maître en Chirurgie ,
rue Tupin ,
De l'Acad . des Scienà
Lyon.
ces & Belles -Lettres, à Dijon.
Démonftrateur Royal , à Rennes.
à Besançon
à Lille.
Idem.
Idem .
Maître en Chirurgie , à Toulouſe.
Bous
USQUET , Idem.
GUILLON le J. Idem.
LEPAGE, Idem.
à Metz.
à Orléans,
à Caen,
224 MERCURE DE FRANCE.
MESSIEURS
DESMOULINS , Maître en Chirurgie , à la Rochelle.
FINEKS , Idem . à Genève.
MITIER , Idem. à Nîmes.
MERIC , Idem . à Rheims.
FALISE , Idem. à Liége.
BOISSIER , Idem. à Montpellier.
HOYLARIS, Idem. à Anvers.
DAUVERS , Idem. à Parme.
DE N.
**
à Cadix.
DE au Cap.
DE MERAUDE,
DE LA PLAINE ,
NAUDINAT, Chirurgien ,
LẺ QUAY ,
Chirurgien ,
Chirurg. du Gouvern. à Bordeaux .
Chirurg. de S. A. S.
M. le Margrave de
Bareuth , à Bareuth.
à la Haye.
à Lizieux.
à Marseile.
On donnera le nom des perfonnes qu'on n'a point
nommées dans les cas où on les demandera , & l'on
donnera d'ici à quatre mois , une lifte plus étendue
de diverfes perſonnes qui ont demandé le remède ,
qui font actuellement des épreuves.
L'adreffe de M. Keyfer eft rue & Ifle S. Louis ,
la cinquième porte cochere à gauche , en entrant
par le Pont-rouge.
rurgie, Chirurgiens Majors d'Hopitaux de
Régimens divers , à qui le remède a été envoyé
en quantité gratis pour en faire les épreuves
les plus authentiques , qui ont envoyé en conféquence
tous les Certificats que l'on a inférés depuis
deux ans dans tous les Mercures dans
lefquels ils atteftent qu'ils en ont été farisfaits à
tous égards ; qui l'adminiftrent aujourd'hui par
preférence à tout autre , auxquels on peut
s'adreler avec confiance dans toutes les Vilkes
lienx qui font défignés.
DOCTEURS EN MÉDECINE.
MESSIEURS
Médecin de l'Hôpital
à Grenoble.
Docteur en Médecine , à Montauban,
MARMION,
du Roi.
RIGAL,
FRESSINIAT, Idem.
RAJOUX ,
à Limoges.
LE CAT ,
Idem.
Médecin & Chirurg.
Major des Hôp . de
à Nîmes .
S. M. l'Imp. Reine , à Gand.
Docteur en Médecine , à Troyes.
PIERS ,
SEB, Idem. à Saint-Malo,
GOUPIL , fils , Idem. à Argentan,
MORIN Idem. à Falaife.
MARS. 1759. 223
•
CHIRURGIENS - MAJORS
Des Hopitaux & des Régimens.
LE RICHE ,
MONTAUT,
MESSIEURS
Chirurg, Maj . des Hôpitaux
Milit .
Chir. Maj . de S. M. le
Roi de Pologne ,
GARENGEOT, Chir . Maj . du Rég, du
MOLITAR D,
DELANY
GiaT ,
Roi , Infanterie ,
Chir. Maj . du Rég , de
Bretagne , Infant.e
Chir . Maj . du Régiment
de Breffe.
Chir. Maj . du Régiment
d'Artois ,
DE MONTREUX , Chirurgien- Major des
DELAHAYE,
MICHEL ,
Hôpitaux ,
Chir. Maj . des Hôpit .
Chir. Maj . des Vailfeaux
du Roi ,
à Strasbourg.
à Lunéville.
à l'armée.
à l'armée.
à Landernau
à Boulogne.
à Breft.
à Rochefort .
à Toulon.
MAITRES EN CHIRURGIE,
REY,
MAREL ,
DUPONT ,
Jussy ,
2
WAROCQUIER ,
LABORIE ,
MESSIEURS
Maître en Chirurgie ,
rue Tupin ,
De l'Acad . des Scienà
Lyon.
ces & Belles -Lettres, à Dijon.
Démonftrateur Royal , à Rennes.
à Besançon
à Lille.
Idem.
Idem .
Maître en Chirurgie , à Toulouſe.
Bous
USQUET , Idem.
GUILLON le J. Idem.
LEPAGE, Idem.
à Metz.
à Orléans,
à Caen,
224 MERCURE DE FRANCE.
MESSIEURS
DESMOULINS , Maître en Chirurgie , à la Rochelle.
FINEKS , Idem . à Genève.
MITIER , Idem. à Nîmes.
MERIC , Idem . à Rheims.
FALISE , Idem. à Liége.
BOISSIER , Idem. à Montpellier.
HOYLARIS, Idem. à Anvers.
DAUVERS , Idem. à Parme.
DE N.
**
à Cadix.
DE au Cap.
DE MERAUDE,
DE LA PLAINE ,
NAUDINAT, Chirurgien ,
LẺ QUAY ,
Chirurgien ,
Chirurg. du Gouvern. à Bordeaux .
Chirurg. de S. A. S.
M. le Margrave de
Bareuth , à Bareuth.
à la Haye.
à Lizieux.
à Marseile.
On donnera le nom des perfonnes qu'on n'a point
nommées dans les cas où on les demandera , & l'on
donnera d'ici à quatre mois , une lifte plus étendue
de diverfes perſonnes qui ont demandé le remède ,
qui font actuellement des épreuves.
L'adreffe de M. Keyfer eft rue & Ifle S. Louis ,
la cinquième porte cochere à gauche , en entrant
par le Pont-rouge.
Fermer
Résumé : Liste de Messieurs les Médecins, Maîtres en Chirurgie, Chirurgiens Majors d'Hôpitaux & de Régimens divers, à qui le remède a été envoyé en quantité & gratis pour en faire les épreuves les plus authentiques, qui ont envoyé en conséquence tous les Certificats que l'on a insérés depuis deux ans dans tous les Mercures & dans lesquels ils attestent qu'ils en ont été satisfaits à tous égards ; qui l'administrent aujourd'hui par préférence à tout autre, & auxquels on peut s'adresser avec confiance dans toutes les Villes & lieux qui sont désignés.
Le document énumère des médecins, chirurgiens et maîtres en chirurgie ayant testé un remède. Ces professionnels proviennent de diverses régions et institutions françaises et étrangères. Parmi eux, des docteurs en médecine de villes telles que Grenoble, Montauban, Limoges, Troyes, Saint-Malo, Argentan et Falaise. La liste inclut également des chirurgiens majors des hôpitaux militaires et des régiments, ainsi que des maîtres en chirurgie de villes comme Lyon, Dijon, Rennes, Besançon, Lille, Toulouse, Metz, Orléans et Caen. Après deux ans d'épreuves, ces professionnels ont attesté de la satisfaction obtenue avec le remède. Des certificats confirmant son efficacité ont été publiés dans les Mercures. Pour plus d'informations, il est possible de contacter M. Keyfer à l'adresse rue et île Saint-Louis, cinquième porte cochère à gauche, en entrant par le Pont-rouge. Une liste plus étendue des personnes ayant demandé le remède sera publiée dans les quatre mois à venir.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6
Liste de Messieurs les Médecins, Maîtres en Chirurgie, Chirurgiens Majors d'Hôpitaux & de Régimens divers, à qui le remède a été envoyé en quantité & gratis pour en faire les épreuves les plus authentiques, qui ont envoyé en conséquence tous les Certificats que l'on a insérés depuis deux ans dans tous les Mercures & dans lesquels ils attestent qu'ils en ont été satisfaits à tous égards ; qui l'administrent aujourd'hui par préférence à tout autre, & auxquels on peut s'adresser avec confiance dans toutes les Villes & lieux qui sont désignés.