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1
p. 150-160
SUITE DU JOURNAL de Paris.
Début :
Le 14, le Roi donna un Arrêt, pour empêcher la Noblesse [...]
Mots clefs :
Arrêt, Noblesse, Ducs, Droits, Requête, Maximes, Requêtes, Conseil, Dispute, Prince, Discours, Baron, Officiers, Contrat de mariage, Abbé, Décès, Procession, Duc d'Orléans, Généraux
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texteReconnaissance textuelle : SUITE DU JOURNAL de Paris.
SUITE DU JOURNAL
de - Paris.
L
E 14 , le Roi donna un Arrêt ,
pour empêcher la Nobleffe de
s'affembler ; par lequel il lui deffend
de figner la Requête projettée
contre les Ducs & Pairs . Nous le
rapportons ici tel qu'il a été publié.
Le Roi étant informé qu'à l'occafion
de quelques Mémoires , Publiés
l'année derniere , où plufieurs
perfonnes d'une Naiffance
diftinguée ont prétendu que les
Droits de la Nobleffe étoient intereffés
, il a été dreffé pour deffendre
ces Droits , une Requête , que
l'on veut faire figner à un grandno
da
Et
de
&
CO
Era
Et
qui
Nol
elle
don
nore
plus
tes
une
IST
vis
a fa
DE MAY. Ist
nombre de Gentils -hommes , tant
dans Paris que dans les Provinces :
Et comme la Nobleffe , quoiqu'un
des premiers Ordres du Royaume ,
& celui que Sa Majesté regarde
comme la principalle force de fon
Etat , ne peut , ni faire Corps , ni
figner des Requêtes en commun,
fans la permiffion expreffe du Roy ,
Et qu'ainfi une telle tentative ne
fçauroit être autorifée , fans bleffer
les premieres maximes de l'ordre ,
public , outre qu'elle feroit inutile
& prématurée dans une occafion
où il ne s'agit que de Mémoires
qui n'ont point été faits contre la
Nobleffe , Er à l'égard defquels
elle peut fe repofer fur l'affection
dont Sa Majesté l'a toujours ho-- .
norée , & qui eft pour elle un Titre.
plus affuré que toutes les Requêtes
qu'elle pourroit préfenter , fi
Elle étoit en état de le faire dans'
une forme réguliere . SA MAJESTE'
ESTANT EN SON CONSEIL , de l'Avis
de M. le Duc d'Orleans Regent,
a fait trés-expreffes inhibitions &
募
162 LE MERCURE
deffenfes à tous les Nobles de fon
Royaume , de quelque Naiffance ,
Rang & Dignité qu'ils foient , de
figner ladite prétendue Requête ,
à peine de défobéïſſance , juſqu'à
ce qu'autrement par Sa Majesté en
ait été ordonné, fuivant les formes
obfervées dans le Royaume , fans
néantmoins que le préfent Arreſt
puiffe nuire ni préjudicier aux
Droits , Priviléges & prérogatives
légitimes de la Nobleffe , auxquels
S. M. n'entend donner aucune
atteinte , Et qu'elle maintiendra
toujours , à l'exemple des
Rois les prédéceffeurs , fuivant les
régles de la Juftice & de l'ordre
public.
La difpute qui s'eft élevée entre
M. de S. Eugene Maistre d'Hoftel
ordinaire du Roy , & les Maiftres
d'Hoftel de quartier , a été remiſe
à la décifion de Msr le Duc. Le.
Premier prétend , qu'il eft de
fa Charge de fervir toutes les Têtes
Couronnées Etrangeres qui
viennent en France , & les autres
DE MAY... 155
lui conteftent ce droit.
Le 16. le Roy a affitté le jour de
la Pentecôte , à la Grand-Meffe ,
precedée par un Veni Creator ; elle
fut celebrée par fa Grande Chapelle
; M. l'Abbé de Joüilhac officiant
, comme premier des Chantres
du Roy. L'aprés midy S. M.
entendit la Prédication du Pere
Chanan , le premier des Religieux
de S. Antoine qui ait prêché à la
Cour ; fon Difcours fuivi & ferré a
été goûté , & fon Compliment a
été bien reçû. Aprés Vêpres, le Roy,
fe promena dans le Jardin des
Tuileries. ..
7.
On a eû des nouvelles du de
Bonn Electorat de Cologne , que
Mgr . le Comte de Charolois étoit
arrivé le 6. dans cette Ville , fort
fatigué. Ce Prince fut obligé à
Namur de prendre la Barque , au
deffaut des chevaux de pofte ,
pour defcendre la Meufe jufqu'à
Liege. Il coucha en chemin fur la
Paille , ne mangea que du Pain bis,
& ne but que de la Biere , ng
Kexce
de
que
compa
hom
tuit, d
prés la
ant de
percé
pee , o
dan re
ron d'A
154 LE MERCURE
trouvant rien de plus . Ayant gagné
Liege, M. de Billy qui l'accompagne,
emprunta deux chemiſes d'un
de fes Amis ; il en donna une au
Prince , & garda l'autre pour lui ;
ils en partirent le matin par une
mauvaiſe voiture, pour fe rendre à
Bonn , où l'Electeur de Cologne
le reçût à bras ouverts . Ms. le
Comte de Charolois demanda cependant
la permiffion à S. A. E.
de loger chez M. le Comte de S.
Maurice où il fe repofa ; toutes les
Lingeres de Bonn furent employées
à lui faire diligemment le linge
le plus neceffaire , & le 8. il fe remit
en route par les facilitez que
lui donna l'Electeur , pour fe rendre
en diligence à Munick.
mem
coups,
fuperieu
Le Baron de Schemetavu Allemand,
trés-riche heritier , âgé de 22
ans , fut tué la nuit du 16. au 17. il
avoit foupé dans un Cabaret du
Fauxbourg S. Germain, avec Mrs. le
Marquis de Gatinara , le Baron d'Alberg
& plufieurs Gentils - Hommes
Etrangers qui s'étoient retirez , à
que l'o
vers la
dansle
teache
Serantfa
i
fauva
grandep
du
front.
e deM
de
l'Emp
pée
anchan
garde, fa
DE MAY
ISS
་
l'exception du Baron d'Alberg &
de quelques domeftiques qui l'accompagnoient
: Il fut attaqué par
5 hommes à trois heures aprés mi
nuit, dans la Rue des Boucheries,
prés la Barriere des Sergents : S'étant
deffendu quelque tems ; il fut
percé mortellement d'un coup d'épée
, outre deux coftes coupées
d'un revers d'efpadon. M. le Baron
d'Alberg fut bleffé prefque dans
le même moment de deux autres
coups , dont l'un lui diviſa la lévre
fupérieure en deux ; de maniere
que l'on comptoits dents à travers
la playe , & l'autre fut porté
dans le bas ventre , il auroit même
été achevé , fans fon laquais , qui
s'étant faifi de l'épée de ce Baron ,
lui fauva la vie aux dépens d'une
grande playe qui pénétra dans l'os
du front. Le Valet de la Garderobe
de M. de Kinigfeg Ambaffadeur
de l'Empereur , qui avoit mis auffi
l'épée à la main , fut atteint d'un
tranchant d'Efpadon qui coupa fa
garde, fa poignée , & lui abatic
•
186 LE MERCURE
prefque le pouce , que le Chirur
gien a été obligé d'amputer. Aprés
-cette expedition , comme, les Attaquans
fe fauvoient , ils rencon
trerent le Marquis de Gathara qui
s'étoit feparé quelques inftans , avant
que ce malheur arrivât à les
Amis ; il en fut attaqué , mais
ayant eu le bonheur de pater & d'en
bleffer même quelques- uns , ils
l'abandonnerent
. Quelque perqui
fition que l'on ait pu faire jufqu'à
préfent , pour en découvrir les Af-
Taillans , on n'a pu y parvenir. On
a arrefté feulement un des laquais
du Baron Schemetavy
Le 17. au matin les derniers Of
ficiers de M. le Comte de Charo-.
lois font partis pour joindre ce Prince
à Vienne.
M. le Grand , quoi qu'incommodé
, a donné cependant un dîner
magnifique à 60 Perfonnes de la
Parenté de M. le Comte d'Armagnac
.
Le 19. M. l'Abbé de la Rochefoucault
Aîné de la famille , a reDE
MAY. 157
sur un Bref du Pape , avec permiffion
de jouir des Revenus de fes
Abbayes ; fous la condition qu'i a
propofée de prendre l'épée , & d'aller
fervir en Hongrie contre les Infidéles.
2 .
Le 20 au matin M. le Blanc
Maitre des Requeftes Honoraire ,
Confeiller au Confeil de Guerre
at l'honeur de faire figner par S. M.
le Contrat de Mariage de Mlle fa
fille avec M. le Marquisde Trefnel
, Enfeigne des Gendarmes.
Le 21 les Confeils fe font raffemblez,
ayant été en vacance, depuis
le Mardy d'avant la Pentecôte
jufqu'à cejour.
Le 22.il eft arrivé un Courier
en 7 jours de Roine , apportant la
difpenfe pour le Mariage de M. le
Marquis d'Harcour avec Madenoifelle
de Louvois.
• Le 23. M. l'Abbé de la Rochefoucault
partit en habit de Cavalier
pourla Hongrie.
Le 25. M. Talon le plus ancien
des Lieutenants aux Gardes , a ob158
LE MERCURE
tenu de droit la Compagnie de M.
de Montpezat Capitaine au Regiment
des Gardes Françoiſes , Maréchal
de Camp & Gouverneur de
Sommieres , qui eft mort en Languedoc
le 15, de ce mois . M. Har-.
lin a été gratifié du Gouvernement
de Sommieres , qui vaut 8000 livres
de rentes; les appointemens en
font payez fur les Etats de Languedoc.
Le 27. Fête du Saint Sacrement,
la Proceffion de Saint Germain
l'Auxerrois , Paroiffe du Louvre ,
vint à la Chapelle des Tuileries .
Le Roy la reçût au milieu de la
Cour & l'accompagna avec une pié
té exemplaire jufqu'à la Chapelle;
on chanta unMotet, aprés lequel
S. M. reconduifit le S. Sacrement
jufqu'à la derniere Porte du Lou-
VEC.
Mgr le Duc d'Orleans fe rendit à
l'Eglife de S. Euftache fa Paroiffe ,
avec Madame la Ducheffe d'Orleans
, & Mer le Duc de Chartres;ils
affifterent à la Proceffion du S. SaDE
MAY. 159
crement & à la Grand- Meffe.
Mgr le Prince & Mde la Princeffe de
Conti accompagnerent la Proceffion
du S. Sacrement à S. Sulpice
Par des lettres du 15. de Munik,
on a été informé que Mer le Comte
de Charolois y étoit arrivé la veille
, à 9 heures du foir , en parfaite
fanté. L'Electeur de Baviere , fur
l'avis qu'il avoit reçû de l'Electeur
de Cologne , que ce Prince avoit
paffé par Bonn , dépêcha au
devant de lui un de fes Gentilshommes,
jufqu'à Donavert. Le lendemain
de fon arrivée , toute la
Cour qui étoit fort nombreuſe , ſe
trouva au lever de M. le Comte.
L'Electeur lui donna le grand Appartement
vis-à-vis celui qu'il occupe
, & l'y conduifit. Le quinze
S. A. E. le mena chez l'Electrice
, & lui fit offre d'argent
de chevaux , de vaiffelles , d'équipages
& de tout ce qui pouvoit lui
manquer. M. le Comte à écrit une
lettre en Allemand à M. le Marquis
de Gefvres , & une en Latin
a
O ij
160 LE MERCURE
•
à M. l'Abbé Mongin fon Precepteur.
L'Impératrice accoucha le 13. de
ce mois d'une Archi - Ducheffe .
Les Fermiers Generaux fortans ,
font ,
Meffieurs Brunet de Rancy , Caquet
, Chartraires , Daverly , de
Boulogne , d'Elpeche , Dupuy , Henault
de Cantorbe , le Riche, Ménon
, du Tronchet , Terriffe , Pellart
, Romanet .
Les quatre Rentrans , font ,
Meffieurs Le Normant , d'Azy ,
·Bartet de Bonneval , de Duchy.
La Penfion de feu M. Jouvenet
a été donnée à M. Boullogne qui
a auffi rempli la Place de Recteur
de l'Academie Royale de Peintuture.
J'ai donc été mal informé,
lorfque j'ai avancé à la p. 102. du
Mercure d'Avril que M. Coepel avoit
été gratifié de toutes les prérogatives
accordées à feu M. Jouvenet
; je devois dire feulement
qu'il avoit obtenu la penfion de
feu M. de la Foffe , il y a même
plus de 6 mois.
de - Paris.
L
E 14 , le Roi donna un Arrêt ,
pour empêcher la Nobleffe de
s'affembler ; par lequel il lui deffend
de figner la Requête projettée
contre les Ducs & Pairs . Nous le
rapportons ici tel qu'il a été publié.
Le Roi étant informé qu'à l'occafion
de quelques Mémoires , Publiés
l'année derniere , où plufieurs
perfonnes d'une Naiffance
diftinguée ont prétendu que les
Droits de la Nobleffe étoient intereffés
, il a été dreffé pour deffendre
ces Droits , une Requête , que
l'on veut faire figner à un grandno
da
Et
de
&
CO
Era
Et
qui
Nol
elle
don
nore
plus
tes
une
IST
vis
a fa
DE MAY. Ist
nombre de Gentils -hommes , tant
dans Paris que dans les Provinces :
Et comme la Nobleffe , quoiqu'un
des premiers Ordres du Royaume ,
& celui que Sa Majesté regarde
comme la principalle force de fon
Etat , ne peut , ni faire Corps , ni
figner des Requêtes en commun,
fans la permiffion expreffe du Roy ,
Et qu'ainfi une telle tentative ne
fçauroit être autorifée , fans bleffer
les premieres maximes de l'ordre ,
public , outre qu'elle feroit inutile
& prématurée dans une occafion
où il ne s'agit que de Mémoires
qui n'ont point été faits contre la
Nobleffe , Er à l'égard defquels
elle peut fe repofer fur l'affection
dont Sa Majesté l'a toujours ho-- .
norée , & qui eft pour elle un Titre.
plus affuré que toutes les Requêtes
qu'elle pourroit préfenter , fi
Elle étoit en état de le faire dans'
une forme réguliere . SA MAJESTE'
ESTANT EN SON CONSEIL , de l'Avis
de M. le Duc d'Orleans Regent,
a fait trés-expreffes inhibitions &
募
162 LE MERCURE
deffenfes à tous les Nobles de fon
Royaume , de quelque Naiffance ,
Rang & Dignité qu'ils foient , de
figner ladite prétendue Requête ,
à peine de défobéïſſance , juſqu'à
ce qu'autrement par Sa Majesté en
ait été ordonné, fuivant les formes
obfervées dans le Royaume , fans
néantmoins que le préfent Arreſt
puiffe nuire ni préjudicier aux
Droits , Priviléges & prérogatives
légitimes de la Nobleffe , auxquels
S. M. n'entend donner aucune
atteinte , Et qu'elle maintiendra
toujours , à l'exemple des
Rois les prédéceffeurs , fuivant les
régles de la Juftice & de l'ordre
public.
La difpute qui s'eft élevée entre
M. de S. Eugene Maistre d'Hoftel
ordinaire du Roy , & les Maiftres
d'Hoftel de quartier , a été remiſe
à la décifion de Msr le Duc. Le.
Premier prétend , qu'il eft de
fa Charge de fervir toutes les Têtes
Couronnées Etrangeres qui
viennent en France , & les autres
DE MAY... 155
lui conteftent ce droit.
Le 16. le Roy a affitté le jour de
la Pentecôte , à la Grand-Meffe ,
precedée par un Veni Creator ; elle
fut celebrée par fa Grande Chapelle
; M. l'Abbé de Joüilhac officiant
, comme premier des Chantres
du Roy. L'aprés midy S. M.
entendit la Prédication du Pere
Chanan , le premier des Religieux
de S. Antoine qui ait prêché à la
Cour ; fon Difcours fuivi & ferré a
été goûté , & fon Compliment a
été bien reçû. Aprés Vêpres, le Roy,
fe promena dans le Jardin des
Tuileries. ..
7.
On a eû des nouvelles du de
Bonn Electorat de Cologne , que
Mgr . le Comte de Charolois étoit
arrivé le 6. dans cette Ville , fort
fatigué. Ce Prince fut obligé à
Namur de prendre la Barque , au
deffaut des chevaux de pofte ,
pour defcendre la Meufe jufqu'à
Liege. Il coucha en chemin fur la
Paille , ne mangea que du Pain bis,
& ne but que de la Biere , ng
Kexce
de
que
compa
hom
tuit, d
prés la
ant de
percé
pee , o
dan re
ron d'A
154 LE MERCURE
trouvant rien de plus . Ayant gagné
Liege, M. de Billy qui l'accompagne,
emprunta deux chemiſes d'un
de fes Amis ; il en donna une au
Prince , & garda l'autre pour lui ;
ils en partirent le matin par une
mauvaiſe voiture, pour fe rendre à
Bonn , où l'Electeur de Cologne
le reçût à bras ouverts . Ms. le
Comte de Charolois demanda cependant
la permiffion à S. A. E.
de loger chez M. le Comte de S.
Maurice où il fe repofa ; toutes les
Lingeres de Bonn furent employées
à lui faire diligemment le linge
le plus neceffaire , & le 8. il fe remit
en route par les facilitez que
lui donna l'Electeur , pour fe rendre
en diligence à Munick.
mem
coups,
fuperieu
Le Baron de Schemetavu Allemand,
trés-riche heritier , âgé de 22
ans , fut tué la nuit du 16. au 17. il
avoit foupé dans un Cabaret du
Fauxbourg S. Germain, avec Mrs. le
Marquis de Gatinara , le Baron d'Alberg
& plufieurs Gentils - Hommes
Etrangers qui s'étoient retirez , à
que l'o
vers la
dansle
teache
Serantfa
i
fauva
grandep
du
front.
e deM
de
l'Emp
pée
anchan
garde, fa
DE MAY
ISS
་
l'exception du Baron d'Alberg &
de quelques domeftiques qui l'accompagnoient
: Il fut attaqué par
5 hommes à trois heures aprés mi
nuit, dans la Rue des Boucheries,
prés la Barriere des Sergents : S'étant
deffendu quelque tems ; il fut
percé mortellement d'un coup d'épée
, outre deux coftes coupées
d'un revers d'efpadon. M. le Baron
d'Alberg fut bleffé prefque dans
le même moment de deux autres
coups , dont l'un lui diviſa la lévre
fupérieure en deux ; de maniere
que l'on comptoits dents à travers
la playe , & l'autre fut porté
dans le bas ventre , il auroit même
été achevé , fans fon laquais , qui
s'étant faifi de l'épée de ce Baron ,
lui fauva la vie aux dépens d'une
grande playe qui pénétra dans l'os
du front. Le Valet de la Garderobe
de M. de Kinigfeg Ambaffadeur
de l'Empereur , qui avoit mis auffi
l'épée à la main , fut atteint d'un
tranchant d'Efpadon qui coupa fa
garde, fa poignée , & lui abatic
•
186 LE MERCURE
prefque le pouce , que le Chirur
gien a été obligé d'amputer. Aprés
-cette expedition , comme, les Attaquans
fe fauvoient , ils rencon
trerent le Marquis de Gathara qui
s'étoit feparé quelques inftans , avant
que ce malheur arrivât à les
Amis ; il en fut attaqué , mais
ayant eu le bonheur de pater & d'en
bleffer même quelques- uns , ils
l'abandonnerent
. Quelque perqui
fition que l'on ait pu faire jufqu'à
préfent , pour en découvrir les Af-
Taillans , on n'a pu y parvenir. On
a arrefté feulement un des laquais
du Baron Schemetavy
Le 17. au matin les derniers Of
ficiers de M. le Comte de Charo-.
lois font partis pour joindre ce Prince
à Vienne.
M. le Grand , quoi qu'incommodé
, a donné cependant un dîner
magnifique à 60 Perfonnes de la
Parenté de M. le Comte d'Armagnac
.
Le 19. M. l'Abbé de la Rochefoucault
Aîné de la famille , a reDE
MAY. 157
sur un Bref du Pape , avec permiffion
de jouir des Revenus de fes
Abbayes ; fous la condition qu'i a
propofée de prendre l'épée , & d'aller
fervir en Hongrie contre les Infidéles.
2 .
Le 20 au matin M. le Blanc
Maitre des Requeftes Honoraire ,
Confeiller au Confeil de Guerre
at l'honeur de faire figner par S. M.
le Contrat de Mariage de Mlle fa
fille avec M. le Marquisde Trefnel
, Enfeigne des Gendarmes.
Le 21 les Confeils fe font raffemblez,
ayant été en vacance, depuis
le Mardy d'avant la Pentecôte
jufqu'à cejour.
Le 22.il eft arrivé un Courier
en 7 jours de Roine , apportant la
difpenfe pour le Mariage de M. le
Marquis d'Harcour avec Madenoifelle
de Louvois.
• Le 23. M. l'Abbé de la Rochefoucault
partit en habit de Cavalier
pourla Hongrie.
Le 25. M. Talon le plus ancien
des Lieutenants aux Gardes , a ob158
LE MERCURE
tenu de droit la Compagnie de M.
de Montpezat Capitaine au Regiment
des Gardes Françoiſes , Maréchal
de Camp & Gouverneur de
Sommieres , qui eft mort en Languedoc
le 15, de ce mois . M. Har-.
lin a été gratifié du Gouvernement
de Sommieres , qui vaut 8000 livres
de rentes; les appointemens en
font payez fur les Etats de Languedoc.
Le 27. Fête du Saint Sacrement,
la Proceffion de Saint Germain
l'Auxerrois , Paroiffe du Louvre ,
vint à la Chapelle des Tuileries .
Le Roy la reçût au milieu de la
Cour & l'accompagna avec une pié
té exemplaire jufqu'à la Chapelle;
on chanta unMotet, aprés lequel
S. M. reconduifit le S. Sacrement
jufqu'à la derniere Porte du Lou-
VEC.
Mgr le Duc d'Orleans fe rendit à
l'Eglife de S. Euftache fa Paroiffe ,
avec Madame la Ducheffe d'Orleans
, & Mer le Duc de Chartres;ils
affifterent à la Proceffion du S. SaDE
MAY. 159
crement & à la Grand- Meffe.
Mgr le Prince & Mde la Princeffe de
Conti accompagnerent la Proceffion
du S. Sacrement à S. Sulpice
Par des lettres du 15. de Munik,
on a été informé que Mer le Comte
de Charolois y étoit arrivé la veille
, à 9 heures du foir , en parfaite
fanté. L'Electeur de Baviere , fur
l'avis qu'il avoit reçû de l'Electeur
de Cologne , que ce Prince avoit
paffé par Bonn , dépêcha au
devant de lui un de fes Gentilshommes,
jufqu'à Donavert. Le lendemain
de fon arrivée , toute la
Cour qui étoit fort nombreuſe , ſe
trouva au lever de M. le Comte.
L'Electeur lui donna le grand Appartement
vis-à-vis celui qu'il occupe
, & l'y conduifit. Le quinze
S. A. E. le mena chez l'Electrice
, & lui fit offre d'argent
de chevaux , de vaiffelles , d'équipages
& de tout ce qui pouvoit lui
manquer. M. le Comte à écrit une
lettre en Allemand à M. le Marquis
de Gefvres , & une en Latin
a
O ij
160 LE MERCURE
•
à M. l'Abbé Mongin fon Precepteur.
L'Impératrice accoucha le 13. de
ce mois d'une Archi - Ducheffe .
Les Fermiers Generaux fortans ,
font ,
Meffieurs Brunet de Rancy , Caquet
, Chartraires , Daverly , de
Boulogne , d'Elpeche , Dupuy , Henault
de Cantorbe , le Riche, Ménon
, du Tronchet , Terriffe , Pellart
, Romanet .
Les quatre Rentrans , font ,
Meffieurs Le Normant , d'Azy ,
·Bartet de Bonneval , de Duchy.
La Penfion de feu M. Jouvenet
a été donnée à M. Boullogne qui
a auffi rempli la Place de Recteur
de l'Academie Royale de Peintuture.
J'ai donc été mal informé,
lorfque j'ai avancé à la p. 102. du
Mercure d'Avril que M. Coepel avoit
été gratifié de toutes les prérogatives
accordées à feu M. Jouvenet
; je devois dire feulement
qu'il avoit obtenu la penfion de
feu M. de la Foffe , il y a même
plus de 6 mois.
Fermer
2
p. 2675-2677
REQUESTE à S. E. M. le Cardinal DE FLEURY.
Début :
Ministre sans pareil, grand Atlas de la France, [...]
Mots clefs :
Éminence, Atlas, Requête, Dijon, Maire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REQUESTE à S. E. M. le Cardinal DE FLEURY.
REQUESTE à S. E. M. le Cardinal
DE FLEURY .
MInistre
Inistre sans pareil ,grand Atlas de la France,
Qu'on voit si dignement en porter tout le faiz
Oserois-je esperer qu'enfin ton Eminence ,
Jusqu'à moi voudra bien étendre ses bienfaits.
Au milieu des grands biens , et dans ton rang
suprême.
Tu pourras quelque jour connoître par toi - même
,
quatre - vingt- huit ans me laissent sans besoins.
Cent écus sur une Abbaye ,
Borneroient toute mon envie.
Et me délivreroient d'un grand nombre de soins.
Avec cette modique somme ,
Que je ne veux devoir qu'à ta seule bonté ,
J'aurois un feu , du bois , un Valet et du Thé ,
Et serois plus content que le Maître de Rome.
Ne crois pas que dans le Couvent ,
On ait toujours le necessaire ;
J'experimente le contraire
Et m'en plains en vain trop souvent.
Un vieillard à ses yeux est toûjours sans mérite.
Ses services passez ne sont comptez pour rien ,
Et la grace n'est pas petite.
I ij Quand
2676 MERCURE DE FRANCE
Quand on souffre son entretien.
Si par ma très humble Requête ,
De te plaire j'ai le bonheur ,
Au ciel qui jusqu'ici m'a conservé la tête ;
J'addiesserai pour toi tous les voeux de mon
coeur.
Pense donc que ton Eminence ,
En me faisant du bien à quatre -vingt-huit
ans ,
Doit tirer cette conséquence ,
Que c'est ne le prêter que pour un peu de temps!
ANDROL , Celestin.
On écrit de Dijon que M.Bouhier, premier
Evêque de cette Ville , y arriva le 3
de Novembre , au son de toutes les Cloches.
On auroit bien voulu , dit- on , lui
rendre tous les honncurs qu'il mérite ;
mais son humilité y a mis un obstacle invincible
. Le lendemain M. l'Abbé Gagne ,
Doyen du Chapitre , connu par le Mandement
inseré dans le dernier Mercure ,
alla complimenter le Prélat au nom du
Clergé séculier et régulier , qui se fit un
honneur , un plaisir et un devoir d'accompagner
son illustre interprete qui parla
avec beaucoup de dignité . Le Mercre
di suivant , le même Abbé après des Aumônes
abondantes , fit tirer un beau feu
d'Arti¬
F
NOVEMBRE. 1731. 2677
d'Artifice , et toute la Ville témoigna sa
joye en plusieurs manieres .
DE FLEURY .
MInistre
Inistre sans pareil ,grand Atlas de la France,
Qu'on voit si dignement en porter tout le faiz
Oserois-je esperer qu'enfin ton Eminence ,
Jusqu'à moi voudra bien étendre ses bienfaits.
Au milieu des grands biens , et dans ton rang
suprême.
Tu pourras quelque jour connoître par toi - même
,
quatre - vingt- huit ans me laissent sans besoins.
Cent écus sur une Abbaye ,
Borneroient toute mon envie.
Et me délivreroient d'un grand nombre de soins.
Avec cette modique somme ,
Que je ne veux devoir qu'à ta seule bonté ,
J'aurois un feu , du bois , un Valet et du Thé ,
Et serois plus content que le Maître de Rome.
Ne crois pas que dans le Couvent ,
On ait toujours le necessaire ;
J'experimente le contraire
Et m'en plains en vain trop souvent.
Un vieillard à ses yeux est toûjours sans mérite.
Ses services passez ne sont comptez pour rien ,
Et la grace n'est pas petite.
I ij Quand
2676 MERCURE DE FRANCE
Quand on souffre son entretien.
Si par ma très humble Requête ,
De te plaire j'ai le bonheur ,
Au ciel qui jusqu'ici m'a conservé la tête ;
J'addiesserai pour toi tous les voeux de mon
coeur.
Pense donc que ton Eminence ,
En me faisant du bien à quatre -vingt-huit
ans ,
Doit tirer cette conséquence ,
Que c'est ne le prêter que pour un peu de temps!
ANDROL , Celestin.
On écrit de Dijon que M.Bouhier, premier
Evêque de cette Ville , y arriva le 3
de Novembre , au son de toutes les Cloches.
On auroit bien voulu , dit- on , lui
rendre tous les honncurs qu'il mérite ;
mais son humilité y a mis un obstacle invincible
. Le lendemain M. l'Abbé Gagne ,
Doyen du Chapitre , connu par le Mandement
inseré dans le dernier Mercure ,
alla complimenter le Prélat au nom du
Clergé séculier et régulier , qui se fit un
honneur , un plaisir et un devoir d'accompagner
son illustre interprete qui parla
avec beaucoup de dignité . Le Mercre
di suivant , le même Abbé après des Aumônes
abondantes , fit tirer un beau feu
d'Arti¬
F
NOVEMBRE. 1731. 2677
d'Artifice , et toute la Ville témoigna sa
joye en plusieurs manieres .
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Résumé : REQUESTE à S. E. M. le Cardinal DE FLEURY.
Un homme de 88 ans adresse une requête à Son Éminence le Cardinal de Fleury, ministre de France, pour obtenir une somme de cent écus sur une abbaye. Cette somme est nécessaire pour couvrir ses besoins fondamentaux, tels que le chauffage, le bois, un valet et du thé. L'auteur souligne les difficultés rencontrées dans le couvent, où les vieillards sont souvent négligés malgré leurs services passés. Il espère que sa demande sera favorablement accueillie, précisant que l'aide serait temporaire en raison de son âge avancé. Par ailleurs, le texte mentionne l'arrivée de M. Bouhier, premier évêque de Dijon, le 3 novembre, accompagnée de manifestations de joie et de respect de la part de la ville et du clergé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 402-405
AU CONCIERGE DU PALAIS ROYAL. REQUESTE.
Début :
Mouche et Plutonne, c'est le nom, [...]
Mots clefs :
Requête, Concierge du palais royal, Ordonnance, Animaux, Chien, Suppliantes
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texteReconnaissance textuelle : AU CONCIERGE DU PALAIS ROYAL. REQUESTE.
AU CONCIERGE
DU PALAIS ROY AL.
REQUESTE.
Mouche et Plutonne , c'est le nom „
De deux Barbettes de renom ,
Qui sont vos très humbles Servantes ,
Et qui viennent , très- suppliantes
Far devers vous crier merci ,
Pour cas qui les met en souci,
C'est
FEVRIER
1732 493
C'est au sujet d'une Ordonnance,
Qui fait une expresse défense:
A tout incivil Animal
D'entrer dans le Palais Royal
Et sur tout à la Gent Canine.
Cette Ordonnance les chagrine ;
Mais leur respect est le plus fort,
Elles sentent qu'on n'a point tort
D'agir avec cette rudesse
Envers tous ceux de leur espece..
Jadis ils oserent gâter
La demeure de Jupiter ,
Et leur punition fut telle
Qu'aucun n'en rapporta nouvelle :-
Ce qui fait que Chiens de leurs nez',,
S'entre font fête où vous sçavez.
Ceci peut être une imposture;
Mais , comme om craint que
Ne se commette de la part
De ces Animaux , sans égard,
telle injurePour les lieux les plus venerables ,
On ne veut point que leurs semblables
Desormais entrent dans celui
Qu'on doit respecter aujourdhuy ,
Tant pour les beautez qu'il enserre,
Que pour le Maître qu'on revére.
Les Suppliantes cependant ,
Sans condamner aucunement
L'équité
404 MERCURE DE FRANCE
L'équité de cette Ordonnance ,
Voudroient pour elles seulement
Qu'on pût avoir quelque Indulgence ;
Vous remontrant très-humblement .
Qu'une semblable complaisance
Ne peut tirer à consequence ::
Qu'il est Chiens et Chiens dans Paris. ›
Et qu'elles sont Chiennes d'un prix
Qui vaut bien qu'on leur fasse grace
Lesdistinguant entierement
Des vils Animaux de leur race ;
Que le premier Prince du Sang,
Malgré tout l'éclat de son rang ,
Daigne louer leur gentillesse
Et même leur faire caresse.
On peut sans risque être garant
De leur reserve et leur sagesse ,
Tant on prit soin correctement
De bien diriger leur jeunesse.
Permettez donc que libremente
Elles puissent avoir entiée
Dans cette enceinte reverée,
Qui de Paris fait à present .
Les délices et l'ornement..
Si vous honorez leur priere
De cette faveur singuliere ,
Plutonne vous remerciera ,
Et Mouche yous caressera,
2
St
FEVRIER. 1732. 4955
Si vous aimez qu'on vous caresse ,
Comme elle vous divertira
Si vous voulez voir son adresse ,
Sa legereté , sa souplesse.
Leur Maître aussi vous répondra
Car il est bon qu'il en réponde
Que sur elles il veillera
Si bien qu'il ne passera
Rien de deshonnête et d'immonde
Dans ce rendez vous du beau Monde
Ainsi , soyez en sureté
Contre toute incongruité
De la part des deux SuppliantesQui sont vos très-humbles servantes. .
DU PALAIS ROY AL.
REQUESTE.
Mouche et Plutonne , c'est le nom „
De deux Barbettes de renom ,
Qui sont vos très humbles Servantes ,
Et qui viennent , très- suppliantes
Far devers vous crier merci ,
Pour cas qui les met en souci,
C'est
FEVRIER
1732 493
C'est au sujet d'une Ordonnance,
Qui fait une expresse défense:
A tout incivil Animal
D'entrer dans le Palais Royal
Et sur tout à la Gent Canine.
Cette Ordonnance les chagrine ;
Mais leur respect est le plus fort,
Elles sentent qu'on n'a point tort
D'agir avec cette rudesse
Envers tous ceux de leur espece..
Jadis ils oserent gâter
La demeure de Jupiter ,
Et leur punition fut telle
Qu'aucun n'en rapporta nouvelle :-
Ce qui fait que Chiens de leurs nez',,
S'entre font fête où vous sçavez.
Ceci peut être une imposture;
Mais , comme om craint que
Ne se commette de la part
De ces Animaux , sans égard,
telle injurePour les lieux les plus venerables ,
On ne veut point que leurs semblables
Desormais entrent dans celui
Qu'on doit respecter aujourdhuy ,
Tant pour les beautez qu'il enserre,
Que pour le Maître qu'on revére.
Les Suppliantes cependant ,
Sans condamner aucunement
L'équité
404 MERCURE DE FRANCE
L'équité de cette Ordonnance ,
Voudroient pour elles seulement
Qu'on pût avoir quelque Indulgence ;
Vous remontrant très-humblement .
Qu'une semblable complaisance
Ne peut tirer à consequence ::
Qu'il est Chiens et Chiens dans Paris. ›
Et qu'elles sont Chiennes d'un prix
Qui vaut bien qu'on leur fasse grace
Lesdistinguant entierement
Des vils Animaux de leur race ;
Que le premier Prince du Sang,
Malgré tout l'éclat de son rang ,
Daigne louer leur gentillesse
Et même leur faire caresse.
On peut sans risque être garant
De leur reserve et leur sagesse ,
Tant on prit soin correctement
De bien diriger leur jeunesse.
Permettez donc que libremente
Elles puissent avoir entiée
Dans cette enceinte reverée,
Qui de Paris fait à present .
Les délices et l'ornement..
Si vous honorez leur priere
De cette faveur singuliere ,
Plutonne vous remerciera ,
Et Mouche yous caressera,
2
St
FEVRIER. 1732. 4955
Si vous aimez qu'on vous caresse ,
Comme elle vous divertira
Si vous voulez voir son adresse ,
Sa legereté , sa souplesse.
Leur Maître aussi vous répondra
Car il est bon qu'il en réponde
Que sur elles il veillera
Si bien qu'il ne passera
Rien de deshonnête et d'immonde
Dans ce rendez vous du beau Monde
Ainsi , soyez en sureté
Contre toute incongruité
De la part des deux SuppliantesQui sont vos très-humbles servantes. .
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Résumé : AU CONCIERGE DU PALAIS ROYAL. REQUESTE.
En février 1732, deux chiens, Mouche et Plutonne, adressent une requête au concierge du Palais Royal pour obtenir une exception à l'ordonnance interdisant l'accès aux animaux. Ils reconnaissent la légitimité de cette ordonnance visant à protéger un lieu vénérable et respecté. Cependant, ils argumentent qu'ils ne représentent pas une menace, étant des chiens de grande valeur et bien éduqués. Ils mentionnent que le premier prince du sang apprécie leur gentillesse et leur fait des caresses. Leur maître garantit également leur bonne conduite. En échange de cette faveur, Mouche promet de caresser le concierge et Plutonne de le divertir par ses talents. Elles assurent ainsi qu'aucune incongruité ne surviendra de leur part.
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4
p. 2589-2590
REQUESTE presentée à M. le Prévôt des Marchands. Par M. Richer.
Début :
Tous les François sujets à même Loy, [...]
Mots clefs :
Requête, Prévôt des marchands, Lois, Magistrat, Impôt, Modérer
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texteReconnaissance textuelle : REQUESTE presentée à M. le Prévôt des Marchands. Par M. Richer.
REQUESTE presentée à M. le Prévôs
des Marchands. Par M. Richer.
Tous les François sujets à même Loy ,
Doivent par tête un tribut à leur Roy ;
Mais il te rend arbitre de la somme,
Qu'à Paris doit payer chaque homme,
Sage Turgot. Louis , dans tout l'Etat
N'eût pû choisir plus digne Magistrat.
Cette équité , ce zele qui t'anime ,
Donne à chacun la taxe légitime ,
Qui lui convient suivant ses facultez ;
Et s'il advient que par quelque artifice ,
Le noir mensonge ait surpris ta justice ,
Lors du Plaintif les cris sont écoutez ,
Les Supplians t'éprouvent secourable.
En cas pareil sois moi donc favorable ,
Grand Magistrat , car un exposé faux ,
D'un impôt juste a fait enfler le taux.
Quelqu'un t'a peint ma fortune meilleure ;
Et plût au Ciel qu'il eût dit verité ;
Mais par malheur trop bien prouve à cette heure ,
Que ce rapport est sans sincerité ;
Car ce n'est point aux Rives du Permesse ,
Tu le sçais bien , qu'habite la richesse.
I. Vol. L'on
2590 MERCURE DE FRANCE
L'on ne vit onc dans le sacré Valon ,
Plutus l'aveugle , ennemi d'Apollon.
Le Dieu des Vers à ses enfans ne donne ,
Pour tout loyer qu'une belle Couronne ,
De Lauriers verds , ornement glorieux ,
Qui remplit peu la bourse des Poëtes.
Leurs meubles sont Hautbois , Lyres , Troms
pettes ,
Faisant ouir des sons mélodieux ,
Pour celebrer Héros et demi Dieux ,
Et Magistrats d'un mérite sublime.
Donc inspiré du Maître de la Rime ,
Qui sçait combien tu prises ses Chansons ,
Que protegeat toûjours ses Nourrissons,
J'ai par son ordre écrit cette Requête.
Daigne la lire en faveur de Phébus ;
Et qu'il te plaise , en faisant droit dessus ,
De moderer l'impôt mis sur ma tête,
Et le réduire au taux que cy-
-devant c ,
Par toi réglé payoit le Suppliant.
Cette Requête a été réponduëfavorablement.
des Marchands. Par M. Richer.
Tous les François sujets à même Loy ,
Doivent par tête un tribut à leur Roy ;
Mais il te rend arbitre de la somme,
Qu'à Paris doit payer chaque homme,
Sage Turgot. Louis , dans tout l'Etat
N'eût pû choisir plus digne Magistrat.
Cette équité , ce zele qui t'anime ,
Donne à chacun la taxe légitime ,
Qui lui convient suivant ses facultez ;
Et s'il advient que par quelque artifice ,
Le noir mensonge ait surpris ta justice ,
Lors du Plaintif les cris sont écoutez ,
Les Supplians t'éprouvent secourable.
En cas pareil sois moi donc favorable ,
Grand Magistrat , car un exposé faux ,
D'un impôt juste a fait enfler le taux.
Quelqu'un t'a peint ma fortune meilleure ;
Et plût au Ciel qu'il eût dit verité ;
Mais par malheur trop bien prouve à cette heure ,
Que ce rapport est sans sincerité ;
Car ce n'est point aux Rives du Permesse ,
Tu le sçais bien , qu'habite la richesse.
I. Vol. L'on
2590 MERCURE DE FRANCE
L'on ne vit onc dans le sacré Valon ,
Plutus l'aveugle , ennemi d'Apollon.
Le Dieu des Vers à ses enfans ne donne ,
Pour tout loyer qu'une belle Couronne ,
De Lauriers verds , ornement glorieux ,
Qui remplit peu la bourse des Poëtes.
Leurs meubles sont Hautbois , Lyres , Troms
pettes ,
Faisant ouir des sons mélodieux ,
Pour celebrer Héros et demi Dieux ,
Et Magistrats d'un mérite sublime.
Donc inspiré du Maître de la Rime ,
Qui sçait combien tu prises ses Chansons ,
Que protegeat toûjours ses Nourrissons,
J'ai par son ordre écrit cette Requête.
Daigne la lire en faveur de Phébus ;
Et qu'il te plaise , en faisant droit dessus ,
De moderer l'impôt mis sur ma tête,
Et le réduire au taux que cy-
-devant c ,
Par toi réglé payoit le Suppliant.
Cette Requête a été réponduëfavorablement.
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Résumé : REQUESTE presentée à M. le Prévôt des Marchands. Par M. Richer.
M. Richer adresse une requête à M. Turgot, Prévôt des Marchands de Paris, nommé par le roi Louis. Richer reconnaît la dignité et l'équité de Turgot pour fixer une taxe juste en fonction des capacités de chacun. Cependant, il conteste un rapport erroné ayant surévalué sa fortune, augmentant ainsi son impôt. Richer, poète, affirme que sa richesse réside dans son art, qui lui rapporte seulement une couronne de lauriers. Il demande à Turgot de réviser l'impôt en fonction de sa véritable situation financière, comme il l'avait déjà fait par le passé. La requête a été acceptée favorablement.
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5
p. 2007
Refléxions sur la Requête contre la Chambre du Clergé de Bourgogne, [titre d'après la table]
Début :
RÉFLÉXIONS sur la Requête présentée au Roy, contre la Chambre du Clergé [...]
Mots clefs :
Clergé, États généraux de Bourgogne, Requête, Abbé de Cîteaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Refléxions sur la Requête contre la Chambre du Clergé de Bourgogne, [titre d'après la table]
RF'FLEXIONS Sur la Requête présentée
au Roy , contre la Chambre du Clergé
des Etats Généraux de la Province de
Bourgogne. Par Dom Andoche Pernot ,.
Abbé Général de Citeaux . Brochure in fol..
de 46 pages. A Dijon , chez Antoine de
Fay. 1733.
Toutes ces Réfléxions , d'une assez longue
étendue , et accompagnées de Citatons
, sans nombre , de presque tous les
Livres de l'Ecriture , des Peres Grecs et
Latins , des Conciles , des Autcurs Eccle--
siastiques et autres , Canonistes , Jurisconsultes
, &c. ne roulent que sur la
question de sçavoir si l'Abbé de Citeaux
est en droit et en possession , comme il le
prétend , d'assister aux Etats de Bourgogne
, avec la Croix Pectorale , ét autres.
Ornemens Episcopaux , ou s'il doit s'y
trouver seulement dans les habits ordinaires
, propres et attachez aux Généraux:
Religieux de son Ordre , suivant les pré--
tentions de l'Auteur des Réfléxions.
au Roy , contre la Chambre du Clergé
des Etats Généraux de la Province de
Bourgogne. Par Dom Andoche Pernot ,.
Abbé Général de Citeaux . Brochure in fol..
de 46 pages. A Dijon , chez Antoine de
Fay. 1733.
Toutes ces Réfléxions , d'une assez longue
étendue , et accompagnées de Citatons
, sans nombre , de presque tous les
Livres de l'Ecriture , des Peres Grecs et
Latins , des Conciles , des Autcurs Eccle--
siastiques et autres , Canonistes , Jurisconsultes
, &c. ne roulent que sur la
question de sçavoir si l'Abbé de Citeaux
est en droit et en possession , comme il le
prétend , d'assister aux Etats de Bourgogne
, avec la Croix Pectorale , ét autres.
Ornemens Episcopaux , ou s'il doit s'y
trouver seulement dans les habits ordinaires
, propres et attachez aux Généraux:
Religieux de son Ordre , suivant les pré--
tentions de l'Auteur des Réfléxions.
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Résumé : Refléxions sur la Requête contre la Chambre du Clergé de Bourgogne, [titre d'après la table]
En 1733, Dom Andoche Pernot publie à Dijon une brochure de 46 pages. Il y discute du droit de l'Abbé de Citeaux à porter la croix pectorale et des ornements épiscopaux aux États de Bourgogne. L'auteur appuie ses réflexions sur des citations bibliques, des Pères de l'Église, des Conciles et des auteurs ecclésiastiques.
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6
p. 205-207
De la Haye, le 11 Janvier.
Début :
Les Députés des Négociants d'Amsterdam ont présenté une Requête aux Etats de [...]
Mots clefs :
Députés, Négociants, Requête, Jugements, Commerce, Princesse gouvernante, Navires, Cargaison, Hollande, Mémoire, Ministre, Violences, Nations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De la Haye, le 11 Janvier.
De la Haye , le 11 Janvier.".
Les Députés des Négociants d'Amſterdam ont
préfenté une Requête auxiEtats de Hollande &
de Weftfrife, qui porte en fubftance qu'ils ont
déja pris la liberté de s'adreffer aux Etats Généraux
& à la Princeffe. Gouvernante , pour fe
plaindre des Pirateries , des confifcations & des
Jugements injuftes des Anglois ; que bien loin
que leurs plaintes ayent produit quelqu'effet , ils
voyent au contraire augmenter de jour en jour
les donmages caufés au commerce de la Ré
publique , qu'afin de prévenir fa ruine totale» ,
ils fe font adreffés pour la quatrième fois le fept
du mois dernier à la Princeffe Gouvernante
en lui représentant que le mal étoit parvenu à
fan comble , qu'il étoit d'une néceffité abſolue
C
206 MERCURE DE FRANCE.
d'y remédier , en faifant les plus fortes inftances
à la Cour de Londres , pour obtenir la reftitue
tion des Navires enlevés & de leur cargaison ,
& en accordant pour l'avenir au commerce des
Hollandois , une protection fuffifante , qu'ils ont
vû avec douleur par la réponſe de la Princeſſe ,
qu'il y avoit peu d'eſpérance de voir ces deux objets
remplis qu'il eft pourtant néceffaire qu'ils
le foient au plutôt , fi l'on ne veut pas que plufieurs
milliers d'habitans fe trouvent réduits à
la mifére ; qu'ils ont recours à leurs nobles Puiſfances
, comme aux peres de la patrie , pour les
prier de prendre à ce fujet les réfolutions que
leur fagelle jugera les plus propres à prévenir la
ruine du commerce & de la navigation.
.Du II.
Les Etats de Hollande & de Weſtfriſe ſe raffemblerent
hier pour reprendre le cours de leurs délibérations.
Le Mémoire qui fut préfenté aux Etats
Généraux le 22 du mois dernier par le Général
York , Miniftre Plénipotentiaire de la Cour de
Londres , a été rendu public. Ce Mémoire porte
en fubftance , que le Roi d'Angleterre ne sçauroit
efpérer de terminer heureuſement la guerre dans
laquelle il s'eft engagé contre la France , fi les
Puillances neutres s'arrogent le droit de faire le
commerce des ennemis de la Grande Bretagne ;
qu'il ne peut fe perfuader que d'anciens Alliés
veuillent , pour le profit paffager de quelques
Particuliers , que l'Angleterre foit lézée dans un
point auffi ellentiel .
L'Auteur du Mémoire entre enfuite dans la
difcution des plaintes faites par les Négociants
Hollandois. Il prétend que toutes les prites faites
fur eux , ont été faites avec juftice ; que les plaintes
excitées par les excès de quelques Armateurs
Anglois , ne font peut-être que trop fondées ;
FEVRIER. 1759. 207
que Sa Majefté Britanique déplore véritablement
ces violences commifes à la honte de la Nation .
Les Députés des Négociants d'Amſterdam ont
préfenté une Requête auxiEtats de Hollande &
de Weftfrife, qui porte en fubftance qu'ils ont
déja pris la liberté de s'adreffer aux Etats Généraux
& à la Princeffe. Gouvernante , pour fe
plaindre des Pirateries , des confifcations & des
Jugements injuftes des Anglois ; que bien loin
que leurs plaintes ayent produit quelqu'effet , ils
voyent au contraire augmenter de jour en jour
les donmages caufés au commerce de la Ré
publique , qu'afin de prévenir fa ruine totale» ,
ils fe font adreffés pour la quatrième fois le fept
du mois dernier à la Princeffe Gouvernante
en lui représentant que le mal étoit parvenu à
fan comble , qu'il étoit d'une néceffité abſolue
C
206 MERCURE DE FRANCE.
d'y remédier , en faifant les plus fortes inftances
à la Cour de Londres , pour obtenir la reftitue
tion des Navires enlevés & de leur cargaison ,
& en accordant pour l'avenir au commerce des
Hollandois , une protection fuffifante , qu'ils ont
vû avec douleur par la réponſe de la Princeſſe ,
qu'il y avoit peu d'eſpérance de voir ces deux objets
remplis qu'il eft pourtant néceffaire qu'ils
le foient au plutôt , fi l'on ne veut pas que plufieurs
milliers d'habitans fe trouvent réduits à
la mifére ; qu'ils ont recours à leurs nobles Puiſfances
, comme aux peres de la patrie , pour les
prier de prendre à ce fujet les réfolutions que
leur fagelle jugera les plus propres à prévenir la
ruine du commerce & de la navigation.
.Du II.
Les Etats de Hollande & de Weſtfriſe ſe raffemblerent
hier pour reprendre le cours de leurs délibérations.
Le Mémoire qui fut préfenté aux Etats
Généraux le 22 du mois dernier par le Général
York , Miniftre Plénipotentiaire de la Cour de
Londres , a été rendu public. Ce Mémoire porte
en fubftance , que le Roi d'Angleterre ne sçauroit
efpérer de terminer heureuſement la guerre dans
laquelle il s'eft engagé contre la France , fi les
Puillances neutres s'arrogent le droit de faire le
commerce des ennemis de la Grande Bretagne ;
qu'il ne peut fe perfuader que d'anciens Alliés
veuillent , pour le profit paffager de quelques
Particuliers , que l'Angleterre foit lézée dans un
point auffi ellentiel .
L'Auteur du Mémoire entre enfuite dans la
difcution des plaintes faites par les Négociants
Hollandois. Il prétend que toutes les prites faites
fur eux , ont été faites avec juftice ; que les plaintes
excitées par les excès de quelques Armateurs
Anglois , ne font peut-être que trop fondées ;
FEVRIER. 1759. 207
que Sa Majefté Britanique déplore véritablement
ces violences commifes à la honte de la Nation .
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Résumé : De la Haye, le 11 Janvier.
Le 11 janvier, les députés des négociants d'Amsterdam ont soumis une requête aux États de Hollande et de Westfrise, dénonçant les pirateries, confiscations et jugements injustes des Anglais, qui nuisent au commerce de la République. Malgré plusieurs plaintes auprès des États Généraux et de la Princesse Gouvernante, aucune solution n'a été trouvée. Les négociants demandent une intervention urgente auprès de la Cour de Londres pour récupérer les navires et cargaisons confisqués, et assurer une protection future au commerce hollandais. La réponse de la Princesse est peu encourageante, mais les négociants insistent sur la nécessité de ces mesures pour éviter la misère de milliers de personnes et prévenir la ruine du commerce et de la navigation. Parallèlement, les États de Hollande et de Westfrise ont repris leurs délibérations et rendu public un mémoire du Général York, ministre plénipotentiaire de la Cour de Londres. Ce mémoire affirme que le Roi d'Angleterre ne peut terminer la guerre contre la France si les puissances neutres continuent de commercer avec les ennemis de la Grande-Bretagne, tout en reconnaissant les excès de certains armateurs anglais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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