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1
p. 130-146
Extrait d'un Poëme Latin sur la mort de Loüis XIV. [titre d'après la table]
Début :
Il a paru au commencement de Novembre un Poëme intitulé / Subita ex alto Vox reddita Caelo est ; [...]
Mots clefs :
Héros, Poème, Vertus, Voix, Prince, Poète, Religion, Nature, Régence, Louis XIV, Mort de Louis XIV, Roi
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'un Poëme Latin sur la mort de Loüis XIV. [titre d'après la table]
Il a paru au commenceGALANT
. 131
•
ment de Novembre un Poëme
intitulé : Ludovicus moriens
qui a efté generalement applaudi.
Ce Poëme , quoyque
tres court par fa qualité , renferme
toutes les regles du Poëme
Epique , & un abregé de
l'hiftoire du Roy. Le fujet en
eft grand , & bien choifi : Le
titre l'annonce. C'est le Roy
mourant ; mais un Roy, un
Heros invincible , que l'amour
de la Religion qu'il a toûjours
protegée , fait en mourant
triompher de la mort même.
L'unité d'action fi recommandée
& fi peu pratiquée ,
132 MERCURE
fe trouve exactement gardée
dans ce Poëme . La fable qui
en eft l'ame , eft un tableau
naturel de la verité Le noeud ,
le dénouement , les épisodes
naiffent les uns des autres. Les
moeurs femblent peintes d'aprés
nature , & les fentimens
font pleins d'élévation . La
verfification n'en eft pas moins
pure que magnifique, la vivacité
, le feu poëtique y regne
depuis le commencement juf
qu'à la fin , & l'art , quoyque
caché , ne le cede point à la
nature , ni la nature à l'art ; la
facilité & la clarté , qui pres
GALANT 133
fentent enfemble comme dans
un point une infinité de chofes
merveilleufes , font un vrai
plaifir .
Le Poëte , qui paroît par
tout animé de l'efprit de fon
Heros , ne le perd de vûë , que
lorfque ce même Heros , accompagné
de toutes les vertus ,
& couronné par les mains de
la victoire , eft aprés une cour
te priere enlevé au Ciel qui
s'ouvre pour reprendre un
Monarque qu'il avoit accordé
aprés 23. ans aux voeux ardens
de la France .
Les Portraits de Monfei134
MERGURE
1
gneur & de Madame la Ducheffe
de Berri font peints en
moins de cinq vers , avec les
plus vives couleurs.
Les malheurs qui ont affligé
la France , fur tout dans la
derniere guerre , ne paroiffent
dans le nocud que pour relever
davantage la gloire du Monarque
& celle de la Monarchic.
Si la France & la Religion y
femblent comme mourantes
avec le Roy , ce n'eft que pour
revivre & refleurir avec plus
d'éclat fous le nouveau Regne
& la Regence. C'est là où
GALANT. 135
commence le dénouement , &
où le Poëte reprenant de nouvelles
forces,reprefente toutes
les vertus qui font le bonheur
parfait d'un Empire , affifes
fur le Throfne de Louis XV.
Monfeigneur le Duc d'Orleans
foûtient ce Throfne , &
y place les Vertus .
On voit entr'autres , briller
la Prudence , la Force , la Foy,
la Fidelité , la Pieté , la Juſtice ,
qui peſe tout , la balance en
main ; & c'eft la Paix qui en
eft comme le lien inféparable.
Alors le Poëte hors de luymême
, & ſaiſi tout à coup du
136 MERCURE
nouveau Heros, prend fon vol
rapide vers les Cieux , où une
voix fe fait entendre à la Fran
ce & à la Religion ; mais une
voix éternelle , permanente
& gravée en caracteres ineffaçables
fur le diamant le plus
folide. Cette voix prédit le
bonheur de la Monarchie fous
la Regence de Son Alteffe
Royale.
C'est ce Prince qui né pour
la Patrie & pour les Sceptres ,
& qui étant au - deffus des mor .
tels par la fuperiorité
d'un génie
univerfel , & par les autres
rares qualitez , apprendra
au
jeune
GALANT. 137
}
jeune LOUIS le veritable art
de
regner.
Ceft ce Prince feul , qui
par la vigilance infatigable ré .
tablira la France dans fon ancienne
fplendeur.
+
C'eft ce Prince , qui ramenant
les beaux jours de l'Empercur
Titus , & qui faifant
voir en réalité cet âge d'or ,
que les Anciens ont tant vante
, & qu'ils n'ont peut- eftre
jamais vu qu'en idée , confolera
les François fous fon augufte
Regence .
Le Parlement de Paris n'eft
3 pas oublié , & doit bien toft
Novembre
1715. M
138 MERCURE
recevoir les benignes influences
de cet Aftre lumineux &
favorable.
En cet endroit le Poëte reprefente
Monfeigneur le Duc
d'Orleans prenant les rênes de
l'Empire dans des temps durs
& difficiles , & effuyant les
larmes de la France."
Que les ennemis de l'augufte
nom de Bourbon trèm
blent & fe gardent d'irriter
par leur imprudence un Heros
dont ils doivent redouter la
foudre.
C'eft ce Heros , c'eft luymême
qui a porté deux fois
GALANT. 139
fes armes victorieufes juſques
dans le coeur de la Catalogne,
& qui bravant les perils & la
mort , reduifit Lerida en poudre.
Tel eft ce Heros , & il s'étoit
déja montré tel dés fa premiere
jeuneffe , dans les Sieges,
dans les Batailles , contre le
Prince d'Orange , où il avoit
moiffonné des lauriers dignes
de fa valeur &de fes autres vertus
militaires ; c'eft toûjours la
voix qui parle.
Je ne donne qu'une legere
idée de l'original latin, pour
éviter la prolixité , & j'y ren-
Mij
140 MERGURE
voye le lecteur , qui cependant
ne fera peut- eftre pas fâché de
voir le dénouement de cette
Piece .
Le voicy.
Subita ex alto Vox reddita Calo
eft ;
Vox æterna
æterna , manens , folidoque
adamante notata :
Implevit LODOIX pulchrum
virtutibus avum ,
Debetur fuperis. LODOICI è
Sanguine Princeps ,
Illuftrem Proavum factis ac nomine
reddens ,
Ibit in imperium magnum ,foliaque
fedebunt
GALANT . 141
Affidua Regis comites ,Prudentia,
Virtus
,
Incorrupta Fides , Pietas , &
fingulalibra
Fuftitia expendens , juncta fibi
Pace forores.
Scilicet hunc natus Patriæ , fceptrifque
PHILIPPUS
,
Ingentique animo coelum complexus
, orbem ,
Urgebit rapido laudum ad faftigia
greffu
Veraque regnandi præcepta docebit
Alumnum ...
Ille unus Gallis vigilando reſtituet
rem ;
Ille dies Titi
referens , atque
142 MERCURE
aurea condens
Secula , gaudebit populum relevarejacentem
,
Felicem populum tanto fub Principe
natum ;
Ille Senatores in priftina jura remißos
Confilio admittens ,facilis dignabitur
Aula :
Etjam difficiles Regni moderatur
habenas ,
Abftergitque tuos , chariffima Gallia
, fletus.
Borbonii paveant , quotquot funt
nominis hoftes ,
Nec magnum exacuant infano
Marte PHILIPPUM.
GALANT. 143
Hic vir , hic eft , quem bis Catalania
fenfit apertis
Limitibus , quem tela inter , direptaque
figna ,
Eraque continuas paffim jaculantia
mortes ,
Horruit ad muros , acfenfullerda
tonantem
.
Qualis in Auriacum primis praluferat
armis ,
Mercatus dignas proprio, difcrimine
lauros.
Hac ubi dictà , Dei Verbum , irrevocabile
Verbum ,
atris induta
Hora refert
colori.
is
sound
bus .
bus
Hora
Ingenti LODOICO. Altum ca144
MERCURE
put ardua Virtus
Indeffa comes , pectus Conftantia
fulcit.
Relligio complexa manus morientis
,
ora ,
Procumbitfuper, & lacrymis af
pergit amaris.
Auratas fursùm extendens Victoria
pennas
,
A tergo merita pracingit tempora
lauro.
Intereà Delphinus adeft , juxtaque
PHILIPPUS ,
Borbonidaque alii , genus alio à
Sanguine Regum,
Flentes. At LODOIXoculos ad
Lydera tollens ,
ComGALANT
145
Commendanfque Deo Patriam ,
parvumque Nepotem :
Accipio mandatum , inquit , nos
pofcit Olympus.
Vixi ; nec vixiffe piget,fi Gallica
Semper
Sceptra gerat , dilecta comes , fidiffima
cuftos ,
Relligio , purifque Fides rutilantia
flammis
Lilia facundet. Noftrorum bec
meta laborum
Sic tu , fic radios totum diffunde
perorbem
Alma Fides !fic nunc animis illabere
noftris !
Sic tandem liceat fperatum attin-
Novembre 1715 .. N
146 MERCURE
gere portum ,
Optatamque diu poft nubila cernere
lucem:
Terra vale ,feror in coelum , fedefque
beatas
Afpicio. Cælum in partes hîc
fcinditur ambas
Illuftremque animam plaudentibus
excipit aftris.
. 131
•
ment de Novembre un Poëme
intitulé : Ludovicus moriens
qui a efté generalement applaudi.
Ce Poëme , quoyque
tres court par fa qualité , renferme
toutes les regles du Poëme
Epique , & un abregé de
l'hiftoire du Roy. Le fujet en
eft grand , & bien choifi : Le
titre l'annonce. C'est le Roy
mourant ; mais un Roy, un
Heros invincible , que l'amour
de la Religion qu'il a toûjours
protegée , fait en mourant
triompher de la mort même.
L'unité d'action fi recommandée
& fi peu pratiquée ,
132 MERCURE
fe trouve exactement gardée
dans ce Poëme . La fable qui
en eft l'ame , eft un tableau
naturel de la verité Le noeud ,
le dénouement , les épisodes
naiffent les uns des autres. Les
moeurs femblent peintes d'aprés
nature , & les fentimens
font pleins d'élévation . La
verfification n'en eft pas moins
pure que magnifique, la vivacité
, le feu poëtique y regne
depuis le commencement juf
qu'à la fin , & l'art , quoyque
caché , ne le cede point à la
nature , ni la nature à l'art ; la
facilité & la clarté , qui pres
GALANT 133
fentent enfemble comme dans
un point une infinité de chofes
merveilleufes , font un vrai
plaifir .
Le Poëte , qui paroît par
tout animé de l'efprit de fon
Heros , ne le perd de vûë , que
lorfque ce même Heros , accompagné
de toutes les vertus ,
& couronné par les mains de
la victoire , eft aprés une cour
te priere enlevé au Ciel qui
s'ouvre pour reprendre un
Monarque qu'il avoit accordé
aprés 23. ans aux voeux ardens
de la France .
Les Portraits de Monfei134
MERGURE
1
gneur & de Madame la Ducheffe
de Berri font peints en
moins de cinq vers , avec les
plus vives couleurs.
Les malheurs qui ont affligé
la France , fur tout dans la
derniere guerre , ne paroiffent
dans le nocud que pour relever
davantage la gloire du Monarque
& celle de la Monarchic.
Si la France & la Religion y
femblent comme mourantes
avec le Roy , ce n'eft que pour
revivre & refleurir avec plus
d'éclat fous le nouveau Regne
& la Regence. C'est là où
GALANT. 135
commence le dénouement , &
où le Poëte reprenant de nouvelles
forces,reprefente toutes
les vertus qui font le bonheur
parfait d'un Empire , affifes
fur le Throfne de Louis XV.
Monfeigneur le Duc d'Orleans
foûtient ce Throfne , &
y place les Vertus .
On voit entr'autres , briller
la Prudence , la Force , la Foy,
la Fidelité , la Pieté , la Juſtice ,
qui peſe tout , la balance en
main ; & c'eft la Paix qui en
eft comme le lien inféparable.
Alors le Poëte hors de luymême
, & ſaiſi tout à coup du
136 MERCURE
nouveau Heros, prend fon vol
rapide vers les Cieux , où une
voix fe fait entendre à la Fran
ce & à la Religion ; mais une
voix éternelle , permanente
& gravée en caracteres ineffaçables
fur le diamant le plus
folide. Cette voix prédit le
bonheur de la Monarchie fous
la Regence de Son Alteffe
Royale.
C'est ce Prince qui né pour
la Patrie & pour les Sceptres ,
& qui étant au - deffus des mor .
tels par la fuperiorité
d'un génie
univerfel , & par les autres
rares qualitez , apprendra
au
jeune
GALANT. 137
}
jeune LOUIS le veritable art
de
regner.
Ceft ce Prince feul , qui
par la vigilance infatigable ré .
tablira la France dans fon ancienne
fplendeur.
+
C'eft ce Prince , qui ramenant
les beaux jours de l'Empercur
Titus , & qui faifant
voir en réalité cet âge d'or ,
que les Anciens ont tant vante
, & qu'ils n'ont peut- eftre
jamais vu qu'en idée , confolera
les François fous fon augufte
Regence .
Le Parlement de Paris n'eft
3 pas oublié , & doit bien toft
Novembre
1715. M
138 MERCURE
recevoir les benignes influences
de cet Aftre lumineux &
favorable.
En cet endroit le Poëte reprefente
Monfeigneur le Duc
d'Orleans prenant les rênes de
l'Empire dans des temps durs
& difficiles , & effuyant les
larmes de la France."
Que les ennemis de l'augufte
nom de Bourbon trèm
blent & fe gardent d'irriter
par leur imprudence un Heros
dont ils doivent redouter la
foudre.
C'eft ce Heros , c'eft luymême
qui a porté deux fois
GALANT. 139
fes armes victorieufes juſques
dans le coeur de la Catalogne,
& qui bravant les perils & la
mort , reduifit Lerida en poudre.
Tel eft ce Heros , & il s'étoit
déja montré tel dés fa premiere
jeuneffe , dans les Sieges,
dans les Batailles , contre le
Prince d'Orange , où il avoit
moiffonné des lauriers dignes
de fa valeur &de fes autres vertus
militaires ; c'eft toûjours la
voix qui parle.
Je ne donne qu'une legere
idée de l'original latin, pour
éviter la prolixité , & j'y ren-
Mij
140 MERGURE
voye le lecteur , qui cependant
ne fera peut- eftre pas fâché de
voir le dénouement de cette
Piece .
Le voicy.
Subita ex alto Vox reddita Calo
eft ;
Vox æterna
æterna , manens , folidoque
adamante notata :
Implevit LODOIX pulchrum
virtutibus avum ,
Debetur fuperis. LODOICI è
Sanguine Princeps ,
Illuftrem Proavum factis ac nomine
reddens ,
Ibit in imperium magnum ,foliaque
fedebunt
GALANT . 141
Affidua Regis comites ,Prudentia,
Virtus
,
Incorrupta Fides , Pietas , &
fingulalibra
Fuftitia expendens , juncta fibi
Pace forores.
Scilicet hunc natus Patriæ , fceptrifque
PHILIPPUS
,
Ingentique animo coelum complexus
, orbem ,
Urgebit rapido laudum ad faftigia
greffu
Veraque regnandi præcepta docebit
Alumnum ...
Ille unus Gallis vigilando reſtituet
rem ;
Ille dies Titi
referens , atque
142 MERCURE
aurea condens
Secula , gaudebit populum relevarejacentem
,
Felicem populum tanto fub Principe
natum ;
Ille Senatores in priftina jura remißos
Confilio admittens ,facilis dignabitur
Aula :
Etjam difficiles Regni moderatur
habenas ,
Abftergitque tuos , chariffima Gallia
, fletus.
Borbonii paveant , quotquot funt
nominis hoftes ,
Nec magnum exacuant infano
Marte PHILIPPUM.
GALANT. 143
Hic vir , hic eft , quem bis Catalania
fenfit apertis
Limitibus , quem tela inter , direptaque
figna ,
Eraque continuas paffim jaculantia
mortes ,
Horruit ad muros , acfenfullerda
tonantem
.
Qualis in Auriacum primis praluferat
armis ,
Mercatus dignas proprio, difcrimine
lauros.
Hac ubi dictà , Dei Verbum , irrevocabile
Verbum ,
atris induta
Hora refert
colori.
is
sound
bus .
bus
Hora
Ingenti LODOICO. Altum ca144
MERCURE
put ardua Virtus
Indeffa comes , pectus Conftantia
fulcit.
Relligio complexa manus morientis
,
ora ,
Procumbitfuper, & lacrymis af
pergit amaris.
Auratas fursùm extendens Victoria
pennas
,
A tergo merita pracingit tempora
lauro.
Intereà Delphinus adeft , juxtaque
PHILIPPUS ,
Borbonidaque alii , genus alio à
Sanguine Regum,
Flentes. At LODOIXoculos ad
Lydera tollens ,
ComGALANT
145
Commendanfque Deo Patriam ,
parvumque Nepotem :
Accipio mandatum , inquit , nos
pofcit Olympus.
Vixi ; nec vixiffe piget,fi Gallica
Semper
Sceptra gerat , dilecta comes , fidiffima
cuftos ,
Relligio , purifque Fides rutilantia
flammis
Lilia facundet. Noftrorum bec
meta laborum
Sic tu , fic radios totum diffunde
perorbem
Alma Fides !fic nunc animis illabere
noftris !
Sic tandem liceat fperatum attin-
Novembre 1715 .. N
146 MERCURE
gere portum ,
Optatamque diu poft nubila cernere
lucem:
Terra vale ,feror in coelum , fedefque
beatas
Afpicio. Cælum in partes hîc
fcinditur ambas
Illuftremque animam plaudentibus
excipit aftris.
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2
p. 146-166
NOUVELLES de Paris.
Début :
Le 30 du mois dernier, le Roy qui jouit d'une parfaite [...]
Mots clefs :
Chevaliers, Recteur de l'Université, Chapitre, Comte, Chancelier, Régence, Avocat général, Fête de la Purification de la Sainte Vierge, Roi, Éloge, Serment, Honneur, Déclarations, Ordre de Saint-Louis, Pensions, Messe, Monseigneur, Duchesse, Maréchal, Nominations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES de Paris.
NOUVELLES
de Paris .
qui jouit d'une parfaite fanté, fit
Chevaliers de l'Ordre Militaire de
S. Louis , plufieurs Seigneurs & Of.
ficiers , en confideration de leurs fervices.
Lé premier de ce mois , le fieur de
Montempuys , Recteur de l'Univerfité
, accompagné des Chefs, des Facultez
& des Nations , prefenta au
Roy , un Cierge , felon l'ancienne
coûtume.
Le Chapitre de faint Germain
l'Auxerrois , à la tête duquel eftoit
M. l'Abbé Bignon Confeiller d'Eftat,
& Doyen de cette Eglife , eût le même
honneur.
Le même jour les Chevaliers &
Commandeurs de l'Ordre du S. Ef
prit , tinrent Chapitre General dans
le Grand Cabinet du Roy, qui y affiſta,
MERCURE. 147
comme futur Grand - Maiſtre ; Mon
feigneur le Duc d'Orleans y eftoit
preſent. Louis Prince des Afturies
fut admis dans l'Ordre d'une commune
voix , ayant efté propofé le premier
Janvier. Ha efté réglé que le
Cordon de l'Ordre feroit porté inceffament
par quelque Seigneur au Roy
d'Efpagne , pour le donner au Prince
des Afturies .
M. le Comte des Marets Grand
Fauconnier de France a eu l'agrément
du Roy pour la furvivance de
fa charge , en faveur de fon Fils , âgé
de fix à fept ans. Madame la Comteffe
des Marets ayant efté remercier
Monfeigneur le Duc Regent , en reçut
cette réponse gratieufe ; Qu'il y avoit
trop long-tems que cette Charge
eftoit dans fa famille pour en
fortir.
M. le Chancelier Voifin mourut
fubitement la nuit du premier
au deux , il avoit affifté ce jourlà
même au Confeil de Regence , où
il dicta un Arreft , qui concernoit le
dedans du Royaume, il en fortit avec
οι
Nij
148 LE NOUVEAU
un vifage content , & ne reffentit aucune
incommodité pendant le jour..
Sur les 11 heures du foir,foupant avec
fa famille , il fut frappé d'apoplexiequi
l'emporta deux heures aprés .
Cette mort caufa de grands mouvemens
à la Cour , M. le Duc d'Orleans
, fur le premier avis qu'il en
reçût , envoya chercher M. Ďagueffeau
, pour lors Procureur General,
à qui il remit lesSceaux , & le nomma
Chancelier.
M.Joly de Fleury , Avocat General
, s'eftant rendu au Palais Royal,
M. le Duc Regent , lui confera la
Charge de Procureur General , & lui
accorda un Brevet de retenue de 300,
mille livres , afin qu'il fut en eſtat
de payer pareille fomme à M.le
Chancelier Dagueffeau : 11 eft entré
dans le Confeil de Conſcience à
la place de M. le Chancelier , qui eſt
monté au Confeil de Regence.
Le déux , Fefte de la Purification , le
Roy entendit laMeffe , & affifta à la benediction
des cierges , M le Cardinal
de Rohan lui en prefenta un ; le foir, S.
MERCURE.. 149
M. entendit le fermon du R. P.Terraffon
Prêtre de l'Oratoire ; ce célebre
Predicateur adrefla le compliment
fuivant au Roy ; il le plaça
dans l'exorde , aprés la divifion d'un
Sermon , qui avoit pour fujer , la neceffité
de fe rendrefidelle aux prat ques
exterieures de la Religion , & d'accompagner
ces pratiques , des difpofitions
interieures , dont elles empruntent
tout feur merite.
C'est ici un point de morale
qu'il eft d'autant plus important de
prêcher aux Rois , que l'exemple de
leur fidelité à le pratiquer , eft à l'égard
de leurs fujets , plus efficace que
la loy même ; mais qu'heureux eft le
Miniftre de l'Evangile , qui ayant
l'honneur de parler à celui qui fait
aujourd'hui nos plus douces efperances
, le trouve actuellement appliqué
aux devoirs aufquels il l'invite. Docile
aux fages confeils , il embraffe
avec grace toutes les pratiques de
pieté qui lui font propofees : mais ce
qui peut-être , ne feroit aujourd'hui
que l'éloge du digne Prince , charge
Nij
-150
LE NOUVEAU
de fon éducation dans un âge plus avancé
, fera le fien propre. Le feul
amour de fon devoir , aura tout le
merite de fa perfeverance le fuivre;
chaque jour nous dévelopera quelqu'une
de ces vertus Royales , qu'ont
tranfmis en lui fes Auguftes Ayeux ;
& qui , déja , fe laiffent entrevoir ,
fous le voile de fon aimable enfance
. Puifle,fon regne heureux , être le
durable fruit , de la plus fage & de la
plus douce Regence que la France air
admirée? puiflent nos voeux & notre
pieté, meriter la confervation de
ce tendre heritier de la couronne , &
de la gloire de nos Rois ? c'eſt la
grace , SIRE, que nous ne cellerons
de demander pour votre Majefté.
Le 3. M. le Chancelier Dagueffeau
ent l'honneur de faluer le Roy . If
prêtà Serment entre les mains de Sa
Majefté , en prefence de M. le Duc
d'Orleans , Regent du Royaume . Il
donna 8400 livres pour eftre diſtribuées
à la Chambre ,fçavoir un tiers
pour les premieres femmes de ChamMERCURE
15.7
bre , un autre tiers pour les premiers
Valets de Chambre du Roy , & l'autre
tiers pour les Officiers de la
Chambre & de l'Anti - Chambre ,
Le 4. le nouveau Chancelier eut
l'honneur de faluer Madame , qui
luy dit que le choix que venoit de
faire fon Fils , en le nommant Chancelier
, ne pouvoit que faire honneus
à fon difcernement.
Le s. fur les reprefentations de
Meffieurs les Premiers Gentilshommes
de la Chambre touchant leurs
droits ; Monfeigneur le Duc Regent
s'expliqua , qu'il ne changeroit rien
pendant la minorité du Roy , de ce
qui s'eftoit pratiqué fous le feu Roy.
Qu'ils joüiroient de tous les Privileges
& de tous les honneurs de la
Chambre ; qu'à l'égard des Premiers
Valets de Chambre , ils continueroient
de coucher dans la Chambre
du Roy.
S. M. accorda ce jour là même au
Prince de Rohan la furvivance de la
Charge de Capitaine Lieutenant des
Gendarmes de la Garde, pour M. le
52 LENOU VE AU
Prince de Soubife fon Fils ; avec un
Brevet de retenuë de quatre cent mille
livres fur les Gouvernemens de
Champagne & de Brie.
Le 6. on eut une Declaration du
Roy ; concernant les Penfions données
à Paris le 30 Janvier 1717.
Par cette Declaration , les Penfions
de 600 livres & au deffous reftent
fans diminution.
Penfions attribuées à l'Ordre de S.
Louis fans diminution .
Penfions accordées au Corps des
Troupes , celles dont jouiflent les
Officiers des Troupes de la Maiſon
du Roy, par forme d'appointement
ou de fuplément de folde , & qui
font attachées non pas à leur perfonne
, mais à leurs Emplois , & pareillement
celles qui font partie des
appointemens & attributions des
Charges de plufieurs Officiers des
Cours fans dimution .
Voici la réduction desfuivantes.
Les Penfons de 10 mille livres &
MERCURE.
153
au deffus , réduite aux trois cinquiémes
; celles dé 6 mille liv . juſques à
10 mille livres , aux deux tiers; celles
de trois mille livres jufques à 6 mille
livres , aux trois quarts ; celle de
mille livres , jufques à trois mille ,
aux quatre cinquiémes ; & celles aut
deffus de 600 livres , jufques à mille
livres , aux cinq fixièmes ; en forte
néanmoins , que lorfque par la rédution
cy-deffus marquée , les parties
excederont les dixaines de livres , ledit
excedant fera retranché .
Il ne fera accordé aucune nouvelle
penfion ou gratification ordinaire à
qui que ce puifle eftre , jufqu'à ce que
toutes celles qui fubfiftent actuelle.
ment,fe trouventreduites à la fomme
de deux millions par le decés des Penfionnaires
, ou par leur nomination
à d'autres Emplois . Monfeigneur le
Duc Regent fe referve un fond de 500
mil livres pour des gratifications.
Le même jour M. le Chancelier
alla rendre fes devoirs àMadame, Duchelle
de Berry.
Le 7. M. le Chancelier prefenta
$4 LE NOUVEAU
au Roy , Monfieur Joly de Fleury
Procureur General , qui fit un compliment
fort court à S. M.
Le 8. M. Roland , Gentil- Homme
Ordinaire , alla au Palais Royal , de
la part du Roy, pour annoncer à
Monfeigneur le Duc d'Orleans , que
S. M. iroit lui rendre viſite ; en effet,
fur les trois heures , le Roy accompagné
de M. le Duc du Maine , de
M. le Marefchal de Villeroy , & de
Madame la Duchefle de Vantadour
alla voir Monſeigneur le Duc Regent
.
Sur les 11 heures du matin , Mada .
me la Chanceliere Dagueffeau , eût
l'honneur de faluer le Roy , elle en
fut reçûë trés - favorablement.
Le jeune Comte des мarets , vint remercier
le Roy, de la furvivance que
S. M. avoit en la bonté de lui accorder
de la Charge de Grand Fauconnier
de France .
Le 10 , S, M. entendit la Melle
dans la Chapelle des Tuilleries , &
reçût les Cendres par les mains de
M. le Cardinal de Rohan , Grand
MERCURE.
ISS
Aumonier de France.
M. l'Abbé de Caftries premier
Aumonier de Madame Duchefle de
Berry , nommé à l'Archevêché de
Tours , a été admis au Confeil de
Conscience .
Le 13. le Roy fit Chevaliers de
l'ordre Militaire de S. Louis Mrle
Prince de Conty & quelques Officiers
.
1
Le même jour on ôta les Lizieres
au Roy. M. le Maréchal de Villeroy
prit la place de Madame de Vantadour
à dîner ; cette Ducheffe s'étant
éloignée pour éprouver , fi le
Roy s'accoutumeroit avec les hommes.
S. M. ne parut pas d'abord
fort furpriſe .
Le 13. M. le Chancellier alla prendre
Séance dans le Confeil de
Regence.
Le 14. le Roy étant habillé , les
Officiers de Garde-Robe demanderent
, s'il fouhaitoit qu'on lui remit
fes Lizieres , le Roy répondit non ,
non. Madame la Ducheffe de Vantadour
repliqua , le Roy ſe tient
1
156 LE NOUVEAU
tropidroit & marche fi fûrement, que
je n'ai pas deffein qu'on les lui remette
.
M. le Maréchal de Montefquiou
a acheté cinquante cinq mille
livres le Regiment d'Iflanghuien
pour M. fon fils , âgé de fept à huit
ans .
Le 14. au foir M. de S. Maurice
fut choifi par Monſeigneur le Duc
Régent , pour Commandant à la
Rochelle ; il étoit Lieutenant Colonel
du Regiment Royal infanterie,
& Brigadier d'Armée. Il eft Officier
de mérite & de diftinction ; on lui
donna fix mille livres fur les appointemens
du Gouverneur , qui
étoient de douze . La Ville y joint
encore quatre mille francs par an
outre le logement , les fourages ,
& quelques autres uftancils.
Le 15. eft une époque trop mé
morable par le nouveau changement
de Scene arrivé à la Cour , pour n'en
pas donner un détail auffi fidel qu'il
dépendra de moi ,
>
Ce jour là même auquel le Roy
enMER
CURE.
157
entroit dans fa huitième année , Monfeigneur
le Duc Régent fe rendit au
Palais des Thuilleries fur les 9 heu
res & demie du matin .
Madame la Ducheffe de Vantadour
ayant , felon l'ufage , fait examiner
le Roy quelques jours auparavant
par les Medecins & Chirurgiens
qui le trouverent très - bien conftitué
, le remit entre les mains de
Monfeigneur le Duc Régent , &
lui dit , Monfeigneur , voilà le Dépôt
que le feu Roy m'a confié , & que
vous m'avés continué ; j'en ai pris
tous les foins poffibles , & je le rend
en parfaite fanté. Monfeigneur le
Duc Régent lui témoigna › que le
Roy & tout l'Etat lui avoient une
obligation infinie de l'attention
qu'elle avoit apporté à préferver des
jours fi précieux de tout accident ;
il ajouta , qu'il inviteroit lui - même
le Roy à conferver la memoire de fes
fervices fi importans ; qu'à fon égard,
il n'oublieroit rien pour lui donner
des marques fenfibles de fa reconnoiffance.
Dans ce moment , S. A.R,
O
858 LE NOUVEAU
préfenta au Roy M.le Maréchal de
Villeroy pour fon Gouverneur , &
M. Fleury ancien Evêque de Frejus
pour fon Précepteur ; adreflant enfuite
la parole à M. le Ducdu Maine,
& à M.le Maréchal de Villeroy ; il
leur dit , Meffieurs , Ce facré Dépôt
vous regarde particulierement . Nous
efperons que vous répondrés parfaitement
à l'attente que toute la
France a concuë de vous , pour l'éducation
du Roi ; c'eft à vous à préfent
d'en avoir tout le foin que nous
nous promettons de votre zele & de
votre inclination pour S. M. & pour
P'Etat ; alors Madame la Duchelle
de Vantadour dit à S. A. R. Monfeigneur
, voilà mon miniftere fini ,
vous me permetrés de baiſer la main
du Roy , & de me retirer ; dans l'inf
tant elle prit la main du Roy & la
baifa ; mais ce fut avec tant de tendrefle
, qu'il ne lui fut pas poſſible
de retenir fes larmes . Le Roy attendri
, l'embraffa étroitement , &
mit fon chapeau devant les yeux ,
pour cacher les pleurs. Madame la
MERCURE. *159
Duchefle de Vantadour s'étant reti..
rée , le Roy en parut fi touché , qu'il
ne cella de pleurer ; on lui fit entendre
la Meffe dans fon Oratoire ;
mais tournant la tête , & ne voyant
plus Madame de Vantadour , les larmes
recommencérent ; aprés la Meffe
on tâcha de le confoler dans la petite
chambre du Billard , pendant
qu'on démeubloit fon Appartement ,
dont les meubles appartenoient pour
lors de droit à Madame de Vanta-
'dour. Le Roy demeura inconfolable
jufques à trois heures & demie ;
on lui donne de tems en teins à boire
pour le rafraichir ; il renvoya chercher
Madame de Vantadour , qui
de fon côté n'avoit ceffé de pleu
rer ; elle revint néanmoins , avec
un vifage ferain , pour faire reproche
au Roy , de ce qu'à l'âge de
huit ans , il manquoit de réfolution ;
Qu'il devoit au contraire être très
content de fe trouver fous la conduite
des hommes ; il repartit furle
champ à Madame de Vantadour ,
c'eft'parce que j'ai de la raiſon , Ma
Oij
160 LE NOUVEAU
ये
chere Mere , que j'ai regret de me
voir feparé de vous : Elle lui dit ,
mais , SIRE , vous n'avez pas mangé
; il lui repliqua , non , à préſent
que vous êtes auprès de moi , que
l'on m'en apporte ? il dina affés bien ,
Pendant qu'elle étoit auprès de S. M.
M le Marquis de la Vrilliere apporta
un préfent de Diamans de cent cinquante
- quatre mille livres , qu'il
mit fur la table du Roy piéce à
piéce c'étoient des bracelets
avec les Portraits de Monfeigneur
le Dauphin & de Madame la Dauphine
; pere & mere du Roy ; un
collier de perle , avec une croix de
diamant magnifique ; la bague du
feu dernier Monteigneur le Dauphin,
& quantité d'autres pierreries , entre
lefquelles il y a une pierre en
table de grand prix . Le Roy demanda
, eft - ce tout on lui repondit
oüi , SIRE ; c'eft bien peu , Ma
Bonne en merite davantage , par les
foins qu'elle a pris de moi . Madame
la Ducheffe de Ventadour y refta juf
ques à neuf heures le Roy fe
>
·
R
MERCURE . 161
coucha aflez tranquillement , lui
ayant fait promettre qu'elle reviendroit
le lendemain .
M. le Duc de la Tremoille Premier
Gentilhomme de la Chambre,
vint ce jour la remercier S, M. de la
furvivance de la Charge qu'il avoit
obtenue pour le Prince deTarente fon
fils âgé defix à fept ans , on y a attaché
un Brevet de retenue de soo
mille livres au cas que fon fils
vint à mourir , c'eft une grace
que meritoient fon affiduité au fervice
, fon merite & fa naiffance
ayant l'honneur d'eftre Coufin ifla
de Germain de Madame Doüairiere
d'Orleans , Madame fa Grand- Mere
eftant Palatine.
Le 16.le Roy à fon reveil , fut aver
ti par M. le Marefchal de Villeroy',
d'appeller M. le Duc de Mortemart
Premier Gentil Hmme de la cham
bre d'année , le Roy l'appella trois
fois : on le fit entrer , & s'étant prefenté
au lit du Roy , S. M. lui dit :
je veux me lever , Ce Seigneur lui prefenta
la robbede chambre & fes mul
Oij
162 LE NOUVEAU
les , & lui dit , V. M. ne fouhaite- 1
elle pas pafler dans fon cabinet pour
s'habiller. Auffi toft on fit entrer les
Seigneurs qui ont des Brevets d'entrée
, comme fous le feu Roy . S. M.
parut fort étonnée de voir tant
d'hommes autour de lui , M. le Duc
de Mortemart fit appeller la Cham -
'bre & la Garde robe ; alors un grand
nombre d'Officiers fe préfenta
pour faire leur devoir , le Roy fut
encore plus furpris d'en voir le nombre
augmenter. Il demanda cependant
fa chere Mere Madame la Ducheffe
de Vantadour , qui vint quelque
tems aprés en habit de voyageufe,
elle y retta une heure ;MonPrince,
lui dit-elle , je fuis obligée de vous
quitter & d'aller à faint Cyr voir
Madame de Maintenon , le Roy en
fut allarmé , & s'eſtant jerté à lon
col tendrement il donna de nouveau
, en cette occafion , des preuves
fenfibles de fon bon coeur. M. le Marefchal
de Villeroy ravi de contribuer
à l'éducation d'un Prince fi reconnoiffant,
ne pûtqu'admirer un fi excellent
>
MERCURE. 163
naturel Le Roy foupa fur les dix
heares , & repofa tranquillement
jufqu'à 10 heures du matin qu'il fe
leva avec toutes les ceremonies ordinaires
du fervice des hommes.
Le 17. on porta chez Madame la
Ducheffe de Vantadour la Vaiſelle
de vermeille de feu Monfeigneur' le
Dauphin & de Madame la Dauphine ,
elle pefe 400 marcs .
Meffieurs de Sommery & de Ruffe
, Sous - Gouverneurs du Roy, font
convenus entre - eux , pour
le fervi.
ce par femaine , & Meffieurs les
quatre Gentils -Hommes de la Chambre
, qui font , M. le Chevalier de
Pezé . M. d'Ozy , M. d'Arcy , & M.
de la Haye ,ferviront par moitié chaque
femaine.
Le 18. le Roy entendit la Mefle
dans fon Oratoire ; c'étoit le jour
de l'anniverfaire
de feu Monfeigneur
le Dauphin fon pere.
Le 19. M. le Marefchal de Villeroy
a fait donner une penfion de
720 livres au petit Furet , jeune en◄
fant, qui joue fouvent devant le Roy
164 LE NOUVEAU
& l'amufe , on lui a promis de plus
des habits de S. M.
Le 20. le Roy aprés fes exercices , a
diné à fon grand couvert. M. le
Comte de Livry Survivancier dans
la charge de Premier Maiftre d'Hôtel
, a porté le bâton , M. le Mareſchal
étoit auprés du Roy pour le faire
manger. M. le Duc de Noailles
comme Capitaine des Gardes, occupoit
le derriere u fauteüil , avec M.
le Duc de Mortemart comme Premier
Gentil-Homme de la Chambre.
La Nefétoit pofée fur la table
auprés de M. l'Abbé de Maulevrier
Aumônier , qui la decouvrit , pour
prefenter des ferviettes quand le Roy
fouhaitoit d'en changer .Aux deux côtez
de la table , eftoient les deux
Gardes de la Manche avec leurs Pertuifannes
; le long de la Salle fix Gardes
du Roy estoient rangez de chaque
côté la carabine fur l'épaule & le
chapeau fous le bras . les Brigadiers
des Gardes tenoient la porte , un
Huiffier de Salle alloit & venoit
pour le fervice , & les Gentilshom
mes fervants faifoient leur fonction
}
MERCUR E. 165
ordinaire ; le Roy parut fort attentif
à ce nouveau ceremonial, & témoigna
qu'il lui faifoit plaifir.
Le 23 les Miniftres étrangers furent
reçûs par le Roy dans le Grand
Cabinet de la Regence.
Ce jour là M. le Marefchal de Villeroy
fut fi content des études dů
Roy , qu'il luy demanda qu'elle récompenfe
il fouhaitoit pour
fon application
à fes exercices , il pria qu'on
luy fit venir fa chere Maman , on la
luy promit à condition cependant
qu'illa laiteroit retourner quand elle
le jugeroit à propos , il s'y engagea ;
lorfqu'il fut preft d'aller a la Priere,.
Madame la Ducheffe de Vantadour
prenant congé du Roy , dit en le
quittant , Adieu mon Maiftre , le
Roy répondit ,Adieu Ma chere Mere.
. M. de Vitteman a efté nommé
Sous- Précepteur en Charge, avec M.
l'Abbé Perrault ci- devant fon Inftituteur
, par commiffion. C'eft une
recompenfe qu'on a crû luy eftre
dûë , en faveur des foins infinis qu'il
a eu de l'éducation du Roy pendant
166 LE NOUVEAU
fa premiere enfance , luy ayant appris
les principes de la Religion ,
I'Hiftoire de France , la Gegraphie : ⚫
il eft vray que le Roy ayant une
difpofition admirable pour les fçiences
, rien ne peut eftre plus agréable
que de travailler à la perfection
d'un genie, dont les lumieres & l'é .
levation doivent faire la felicité de
les peuples.
M. Lambert a efté fait Secretaire
des études du Roy.
Les trois Valers de Chambre ordinaires
du Roy , & en même tems
de quartier , font Meffieurs Domingues
, Mayas & Bigot .
Le 16 M. le Chancelier a tenu le
Sceau pour la premiere fois . Le 18
fés Lettres ont efté enregistrées au
Parlement .
M. l'Abbé Dagueffeau fon Frere
s'eft chargé de l'inſpection de la Librairie.
M. Vigneron a efté continué Secretaire
de la Chancellerie , il eft
chargé du Sceau , & M. Fretteau
Avocat au Parlement , des Affaires du
Confeil,
de Paris .
qui jouit d'une parfaite fanté, fit
Chevaliers de l'Ordre Militaire de
S. Louis , plufieurs Seigneurs & Of.
ficiers , en confideration de leurs fervices.
Lé premier de ce mois , le fieur de
Montempuys , Recteur de l'Univerfité
, accompagné des Chefs, des Facultez
& des Nations , prefenta au
Roy , un Cierge , felon l'ancienne
coûtume.
Le Chapitre de faint Germain
l'Auxerrois , à la tête duquel eftoit
M. l'Abbé Bignon Confeiller d'Eftat,
& Doyen de cette Eglife , eût le même
honneur.
Le même jour les Chevaliers &
Commandeurs de l'Ordre du S. Ef
prit , tinrent Chapitre General dans
le Grand Cabinet du Roy, qui y affiſta,
MERCURE. 147
comme futur Grand - Maiſtre ; Mon
feigneur le Duc d'Orleans y eftoit
preſent. Louis Prince des Afturies
fut admis dans l'Ordre d'une commune
voix , ayant efté propofé le premier
Janvier. Ha efté réglé que le
Cordon de l'Ordre feroit porté inceffament
par quelque Seigneur au Roy
d'Efpagne , pour le donner au Prince
des Afturies .
M. le Comte des Marets Grand
Fauconnier de France a eu l'agrément
du Roy pour la furvivance de
fa charge , en faveur de fon Fils , âgé
de fix à fept ans. Madame la Comteffe
des Marets ayant efté remercier
Monfeigneur le Duc Regent , en reçut
cette réponse gratieufe ; Qu'il y avoit
trop long-tems que cette Charge
eftoit dans fa famille pour en
fortir.
M. le Chancelier Voifin mourut
fubitement la nuit du premier
au deux , il avoit affifté ce jourlà
même au Confeil de Regence , où
il dicta un Arreft , qui concernoit le
dedans du Royaume, il en fortit avec
οι
Nij
148 LE NOUVEAU
un vifage content , & ne reffentit aucune
incommodité pendant le jour..
Sur les 11 heures du foir,foupant avec
fa famille , il fut frappé d'apoplexiequi
l'emporta deux heures aprés .
Cette mort caufa de grands mouvemens
à la Cour , M. le Duc d'Orleans
, fur le premier avis qu'il en
reçût , envoya chercher M. Ďagueffeau
, pour lors Procureur General,
à qui il remit lesSceaux , & le nomma
Chancelier.
M.Joly de Fleury , Avocat General
, s'eftant rendu au Palais Royal,
M. le Duc Regent , lui confera la
Charge de Procureur General , & lui
accorda un Brevet de retenue de 300,
mille livres , afin qu'il fut en eſtat
de payer pareille fomme à M.le
Chancelier Dagueffeau : 11 eft entré
dans le Confeil de Conſcience à
la place de M. le Chancelier , qui eſt
monté au Confeil de Regence.
Le déux , Fefte de la Purification , le
Roy entendit laMeffe , & affifta à la benediction
des cierges , M le Cardinal
de Rohan lui en prefenta un ; le foir, S.
MERCURE.. 149
M. entendit le fermon du R. P.Terraffon
Prêtre de l'Oratoire ; ce célebre
Predicateur adrefla le compliment
fuivant au Roy ; il le plaça
dans l'exorde , aprés la divifion d'un
Sermon , qui avoit pour fujer , la neceffité
de fe rendrefidelle aux prat ques
exterieures de la Religion , & d'accompagner
ces pratiques , des difpofitions
interieures , dont elles empruntent
tout feur merite.
C'est ici un point de morale
qu'il eft d'autant plus important de
prêcher aux Rois , que l'exemple de
leur fidelité à le pratiquer , eft à l'égard
de leurs fujets , plus efficace que
la loy même ; mais qu'heureux eft le
Miniftre de l'Evangile , qui ayant
l'honneur de parler à celui qui fait
aujourd'hui nos plus douces efperances
, le trouve actuellement appliqué
aux devoirs aufquels il l'invite. Docile
aux fages confeils , il embraffe
avec grace toutes les pratiques de
pieté qui lui font propofees : mais ce
qui peut-être , ne feroit aujourd'hui
que l'éloge du digne Prince , charge
Nij
-150
LE NOUVEAU
de fon éducation dans un âge plus avancé
, fera le fien propre. Le feul
amour de fon devoir , aura tout le
merite de fa perfeverance le fuivre;
chaque jour nous dévelopera quelqu'une
de ces vertus Royales , qu'ont
tranfmis en lui fes Auguftes Ayeux ;
& qui , déja , fe laiffent entrevoir ,
fous le voile de fon aimable enfance
. Puifle,fon regne heureux , être le
durable fruit , de la plus fage & de la
plus douce Regence que la France air
admirée? puiflent nos voeux & notre
pieté, meriter la confervation de
ce tendre heritier de la couronne , &
de la gloire de nos Rois ? c'eſt la
grace , SIRE, que nous ne cellerons
de demander pour votre Majefté.
Le 3. M. le Chancelier Dagueffeau
ent l'honneur de faluer le Roy . If
prêtà Serment entre les mains de Sa
Majefté , en prefence de M. le Duc
d'Orleans , Regent du Royaume . Il
donna 8400 livres pour eftre diſtribuées
à la Chambre ,fçavoir un tiers
pour les premieres femmes de ChamMERCURE
15.7
bre , un autre tiers pour les premiers
Valets de Chambre du Roy , & l'autre
tiers pour les Officiers de la
Chambre & de l'Anti - Chambre ,
Le 4. le nouveau Chancelier eut
l'honneur de faluer Madame , qui
luy dit que le choix que venoit de
faire fon Fils , en le nommant Chancelier
, ne pouvoit que faire honneus
à fon difcernement.
Le s. fur les reprefentations de
Meffieurs les Premiers Gentilshommes
de la Chambre touchant leurs
droits ; Monfeigneur le Duc Regent
s'expliqua , qu'il ne changeroit rien
pendant la minorité du Roy , de ce
qui s'eftoit pratiqué fous le feu Roy.
Qu'ils joüiroient de tous les Privileges
& de tous les honneurs de la
Chambre ; qu'à l'égard des Premiers
Valets de Chambre , ils continueroient
de coucher dans la Chambre
du Roy.
S. M. accorda ce jour là même au
Prince de Rohan la furvivance de la
Charge de Capitaine Lieutenant des
Gendarmes de la Garde, pour M. le
52 LENOU VE AU
Prince de Soubife fon Fils ; avec un
Brevet de retenuë de quatre cent mille
livres fur les Gouvernemens de
Champagne & de Brie.
Le 6. on eut une Declaration du
Roy ; concernant les Penfions données
à Paris le 30 Janvier 1717.
Par cette Declaration , les Penfions
de 600 livres & au deffous reftent
fans diminution.
Penfions attribuées à l'Ordre de S.
Louis fans diminution .
Penfions accordées au Corps des
Troupes , celles dont jouiflent les
Officiers des Troupes de la Maiſon
du Roy, par forme d'appointement
ou de fuplément de folde , & qui
font attachées non pas à leur perfonne
, mais à leurs Emplois , & pareillement
celles qui font partie des
appointemens & attributions des
Charges de plufieurs Officiers des
Cours fans dimution .
Voici la réduction desfuivantes.
Les Penfons de 10 mille livres &
MERCURE.
153
au deffus , réduite aux trois cinquiémes
; celles dé 6 mille liv . juſques à
10 mille livres , aux deux tiers; celles
de trois mille livres jufques à 6 mille
livres , aux trois quarts ; celle de
mille livres , jufques à trois mille ,
aux quatre cinquiémes ; & celles aut
deffus de 600 livres , jufques à mille
livres , aux cinq fixièmes ; en forte
néanmoins , que lorfque par la rédution
cy-deffus marquée , les parties
excederont les dixaines de livres , ledit
excedant fera retranché .
Il ne fera accordé aucune nouvelle
penfion ou gratification ordinaire à
qui que ce puifle eftre , jufqu'à ce que
toutes celles qui fubfiftent actuelle.
ment,fe trouventreduites à la fomme
de deux millions par le decés des Penfionnaires
, ou par leur nomination
à d'autres Emplois . Monfeigneur le
Duc Regent fe referve un fond de 500
mil livres pour des gratifications.
Le même jour M. le Chancelier
alla rendre fes devoirs àMadame, Duchelle
de Berry.
Le 7. M. le Chancelier prefenta
$4 LE NOUVEAU
au Roy , Monfieur Joly de Fleury
Procureur General , qui fit un compliment
fort court à S. M.
Le 8. M. Roland , Gentil- Homme
Ordinaire , alla au Palais Royal , de
la part du Roy, pour annoncer à
Monfeigneur le Duc d'Orleans , que
S. M. iroit lui rendre viſite ; en effet,
fur les trois heures , le Roy accompagné
de M. le Duc du Maine , de
M. le Marefchal de Villeroy , & de
Madame la Duchefle de Vantadour
alla voir Monſeigneur le Duc Regent
.
Sur les 11 heures du matin , Mada .
me la Chanceliere Dagueffeau , eût
l'honneur de faluer le Roy , elle en
fut reçûë trés - favorablement.
Le jeune Comte des мarets , vint remercier
le Roy, de la furvivance que
S. M. avoit en la bonté de lui accorder
de la Charge de Grand Fauconnier
de France .
Le 10 , S, M. entendit la Melle
dans la Chapelle des Tuilleries , &
reçût les Cendres par les mains de
M. le Cardinal de Rohan , Grand
MERCURE.
ISS
Aumonier de France.
M. l'Abbé de Caftries premier
Aumonier de Madame Duchefle de
Berry , nommé à l'Archevêché de
Tours , a été admis au Confeil de
Conscience .
Le 13. le Roy fit Chevaliers de
l'ordre Militaire de S. Louis Mrle
Prince de Conty & quelques Officiers
.
1
Le même jour on ôta les Lizieres
au Roy. M. le Maréchal de Villeroy
prit la place de Madame de Vantadour
à dîner ; cette Ducheffe s'étant
éloignée pour éprouver , fi le
Roy s'accoutumeroit avec les hommes.
S. M. ne parut pas d'abord
fort furpriſe .
Le 13. M. le Chancellier alla prendre
Séance dans le Confeil de
Regence.
Le 14. le Roy étant habillé , les
Officiers de Garde-Robe demanderent
, s'il fouhaitoit qu'on lui remit
fes Lizieres , le Roy répondit non ,
non. Madame la Ducheffe de Vantadour
repliqua , le Roy ſe tient
1
156 LE NOUVEAU
tropidroit & marche fi fûrement, que
je n'ai pas deffein qu'on les lui remette
.
M. le Maréchal de Montefquiou
a acheté cinquante cinq mille
livres le Regiment d'Iflanghuien
pour M. fon fils , âgé de fept à huit
ans .
Le 14. au foir M. de S. Maurice
fut choifi par Monſeigneur le Duc
Régent , pour Commandant à la
Rochelle ; il étoit Lieutenant Colonel
du Regiment Royal infanterie,
& Brigadier d'Armée. Il eft Officier
de mérite & de diftinction ; on lui
donna fix mille livres fur les appointemens
du Gouverneur , qui
étoient de douze . La Ville y joint
encore quatre mille francs par an
outre le logement , les fourages ,
& quelques autres uftancils.
Le 15. eft une époque trop mé
morable par le nouveau changement
de Scene arrivé à la Cour , pour n'en
pas donner un détail auffi fidel qu'il
dépendra de moi ,
>
Ce jour là même auquel le Roy
enMER
CURE.
157
entroit dans fa huitième année , Monfeigneur
le Duc Régent fe rendit au
Palais des Thuilleries fur les 9 heu
res & demie du matin .
Madame la Ducheffe de Vantadour
ayant , felon l'ufage , fait examiner
le Roy quelques jours auparavant
par les Medecins & Chirurgiens
qui le trouverent très - bien conftitué
, le remit entre les mains de
Monfeigneur le Duc Régent , &
lui dit , Monfeigneur , voilà le Dépôt
que le feu Roy m'a confié , & que
vous m'avés continué ; j'en ai pris
tous les foins poffibles , & je le rend
en parfaite fanté. Monfeigneur le
Duc Régent lui témoigna › que le
Roy & tout l'Etat lui avoient une
obligation infinie de l'attention
qu'elle avoit apporté à préferver des
jours fi précieux de tout accident ;
il ajouta , qu'il inviteroit lui - même
le Roy à conferver la memoire de fes
fervices fi importans ; qu'à fon égard,
il n'oublieroit rien pour lui donner
des marques fenfibles de fa reconnoiffance.
Dans ce moment , S. A.R,
O
858 LE NOUVEAU
préfenta au Roy M.le Maréchal de
Villeroy pour fon Gouverneur , &
M. Fleury ancien Evêque de Frejus
pour fon Précepteur ; adreflant enfuite
la parole à M. le Ducdu Maine,
& à M.le Maréchal de Villeroy ; il
leur dit , Meffieurs , Ce facré Dépôt
vous regarde particulierement . Nous
efperons que vous répondrés parfaitement
à l'attente que toute la
France a concuë de vous , pour l'éducation
du Roi ; c'eft à vous à préfent
d'en avoir tout le foin que nous
nous promettons de votre zele & de
votre inclination pour S. M. & pour
P'Etat ; alors Madame la Duchelle
de Vantadour dit à S. A. R. Monfeigneur
, voilà mon miniftere fini ,
vous me permetrés de baiſer la main
du Roy , & de me retirer ; dans l'inf
tant elle prit la main du Roy & la
baifa ; mais ce fut avec tant de tendrefle
, qu'il ne lui fut pas poſſible
de retenir fes larmes . Le Roy attendri
, l'embraffa étroitement , &
mit fon chapeau devant les yeux ,
pour cacher les pleurs. Madame la
MERCURE. *159
Duchefle de Vantadour s'étant reti..
rée , le Roy en parut fi touché , qu'il
ne cella de pleurer ; on lui fit entendre
la Meffe dans fon Oratoire ;
mais tournant la tête , & ne voyant
plus Madame de Vantadour , les larmes
recommencérent ; aprés la Meffe
on tâcha de le confoler dans la petite
chambre du Billard , pendant
qu'on démeubloit fon Appartement ,
dont les meubles appartenoient pour
lors de droit à Madame de Vanta-
'dour. Le Roy demeura inconfolable
jufques à trois heures & demie ;
on lui donne de tems en teins à boire
pour le rafraichir ; il renvoya chercher
Madame de Vantadour , qui
de fon côté n'avoit ceffé de pleu
rer ; elle revint néanmoins , avec
un vifage ferain , pour faire reproche
au Roy , de ce qu'à l'âge de
huit ans , il manquoit de réfolution ;
Qu'il devoit au contraire être très
content de fe trouver fous la conduite
des hommes ; il repartit furle
champ à Madame de Vantadour ,
c'eft'parce que j'ai de la raiſon , Ma
Oij
160 LE NOUVEAU
ये
chere Mere , que j'ai regret de me
voir feparé de vous : Elle lui dit ,
mais , SIRE , vous n'avez pas mangé
; il lui repliqua , non , à préſent
que vous êtes auprès de moi , que
l'on m'en apporte ? il dina affés bien ,
Pendant qu'elle étoit auprès de S. M.
M le Marquis de la Vrilliere apporta
un préfent de Diamans de cent cinquante
- quatre mille livres , qu'il
mit fur la table du Roy piéce à
piéce c'étoient des bracelets
avec les Portraits de Monfeigneur
le Dauphin & de Madame la Dauphine
; pere & mere du Roy ; un
collier de perle , avec une croix de
diamant magnifique ; la bague du
feu dernier Monteigneur le Dauphin,
& quantité d'autres pierreries , entre
lefquelles il y a une pierre en
table de grand prix . Le Roy demanda
, eft - ce tout on lui repondit
oüi , SIRE ; c'eft bien peu , Ma
Bonne en merite davantage , par les
foins qu'elle a pris de moi . Madame
la Ducheffe de Ventadour y refta juf
ques à neuf heures le Roy fe
>
·
R
MERCURE . 161
coucha aflez tranquillement , lui
ayant fait promettre qu'elle reviendroit
le lendemain .
M. le Duc de la Tremoille Premier
Gentilhomme de la Chambre,
vint ce jour la remercier S, M. de la
furvivance de la Charge qu'il avoit
obtenue pour le Prince deTarente fon
fils âgé defix à fept ans , on y a attaché
un Brevet de retenue de soo
mille livres au cas que fon fils
vint à mourir , c'eft une grace
que meritoient fon affiduité au fervice
, fon merite & fa naiffance
ayant l'honneur d'eftre Coufin ifla
de Germain de Madame Doüairiere
d'Orleans , Madame fa Grand- Mere
eftant Palatine.
Le 16.le Roy à fon reveil , fut aver
ti par M. le Marefchal de Villeroy',
d'appeller M. le Duc de Mortemart
Premier Gentil Hmme de la cham
bre d'année , le Roy l'appella trois
fois : on le fit entrer , & s'étant prefenté
au lit du Roy , S. M. lui dit :
je veux me lever , Ce Seigneur lui prefenta
la robbede chambre & fes mul
Oij
162 LE NOUVEAU
les , & lui dit , V. M. ne fouhaite- 1
elle pas pafler dans fon cabinet pour
s'habiller. Auffi toft on fit entrer les
Seigneurs qui ont des Brevets d'entrée
, comme fous le feu Roy . S. M.
parut fort étonnée de voir tant
d'hommes autour de lui , M. le Duc
de Mortemart fit appeller la Cham -
'bre & la Garde robe ; alors un grand
nombre d'Officiers fe préfenta
pour faire leur devoir , le Roy fut
encore plus furpris d'en voir le nombre
augmenter. Il demanda cependant
fa chere Mere Madame la Ducheffe
de Vantadour , qui vint quelque
tems aprés en habit de voyageufe,
elle y retta une heure ;MonPrince,
lui dit-elle , je fuis obligée de vous
quitter & d'aller à faint Cyr voir
Madame de Maintenon , le Roy en
fut allarmé , & s'eſtant jerté à lon
col tendrement il donna de nouveau
, en cette occafion , des preuves
fenfibles de fon bon coeur. M. le Marefchal
de Villeroy ravi de contribuer
à l'éducation d'un Prince fi reconnoiffant,
ne pûtqu'admirer un fi excellent
>
MERCURE. 163
naturel Le Roy foupa fur les dix
heares , & repofa tranquillement
jufqu'à 10 heures du matin qu'il fe
leva avec toutes les ceremonies ordinaires
du fervice des hommes.
Le 17. on porta chez Madame la
Ducheffe de Vantadour la Vaiſelle
de vermeille de feu Monfeigneur' le
Dauphin & de Madame la Dauphine ,
elle pefe 400 marcs .
Meffieurs de Sommery & de Ruffe
, Sous - Gouverneurs du Roy, font
convenus entre - eux , pour
le fervi.
ce par femaine , & Meffieurs les
quatre Gentils -Hommes de la Chambre
, qui font , M. le Chevalier de
Pezé . M. d'Ozy , M. d'Arcy , & M.
de la Haye ,ferviront par moitié chaque
femaine.
Le 18. le Roy entendit la Mefle
dans fon Oratoire ; c'étoit le jour
de l'anniverfaire
de feu Monfeigneur
le Dauphin fon pere.
Le 19. M. le Marefchal de Villeroy
a fait donner une penfion de
720 livres au petit Furet , jeune en◄
fant, qui joue fouvent devant le Roy
164 LE NOUVEAU
& l'amufe , on lui a promis de plus
des habits de S. M.
Le 20. le Roy aprés fes exercices , a
diné à fon grand couvert. M. le
Comte de Livry Survivancier dans
la charge de Premier Maiftre d'Hôtel
, a porté le bâton , M. le Mareſchal
étoit auprés du Roy pour le faire
manger. M. le Duc de Noailles
comme Capitaine des Gardes, occupoit
le derriere u fauteüil , avec M.
le Duc de Mortemart comme Premier
Gentil-Homme de la Chambre.
La Nefétoit pofée fur la table
auprés de M. l'Abbé de Maulevrier
Aumônier , qui la decouvrit , pour
prefenter des ferviettes quand le Roy
fouhaitoit d'en changer .Aux deux côtez
de la table , eftoient les deux
Gardes de la Manche avec leurs Pertuifannes
; le long de la Salle fix Gardes
du Roy estoient rangez de chaque
côté la carabine fur l'épaule & le
chapeau fous le bras . les Brigadiers
des Gardes tenoient la porte , un
Huiffier de Salle alloit & venoit
pour le fervice , & les Gentilshom
mes fervants faifoient leur fonction
}
MERCUR E. 165
ordinaire ; le Roy parut fort attentif
à ce nouveau ceremonial, & témoigna
qu'il lui faifoit plaifir.
Le 23 les Miniftres étrangers furent
reçûs par le Roy dans le Grand
Cabinet de la Regence.
Ce jour là M. le Marefchal de Villeroy
fut fi content des études dů
Roy , qu'il luy demanda qu'elle récompenfe
il fouhaitoit pour
fon application
à fes exercices , il pria qu'on
luy fit venir fa chere Maman , on la
luy promit à condition cependant
qu'illa laiteroit retourner quand elle
le jugeroit à propos , il s'y engagea ;
lorfqu'il fut preft d'aller a la Priere,.
Madame la Ducheffe de Vantadour
prenant congé du Roy , dit en le
quittant , Adieu mon Maiftre , le
Roy répondit ,Adieu Ma chere Mere.
. M. de Vitteman a efté nommé
Sous- Précepteur en Charge, avec M.
l'Abbé Perrault ci- devant fon Inftituteur
, par commiffion. C'eft une
recompenfe qu'on a crû luy eftre
dûë , en faveur des foins infinis qu'il
a eu de l'éducation du Roy pendant
166 LE NOUVEAU
fa premiere enfance , luy ayant appris
les principes de la Religion ,
I'Hiftoire de France , la Gegraphie : ⚫
il eft vray que le Roy ayant une
difpofition admirable pour les fçiences
, rien ne peut eftre plus agréable
que de travailler à la perfection
d'un genie, dont les lumieres & l'é .
levation doivent faire la felicité de
les peuples.
M. Lambert a efté fait Secretaire
des études du Roy.
Les trois Valers de Chambre ordinaires
du Roy , & en même tems
de quartier , font Meffieurs Domingues
, Mayas & Bigot .
Le 16 M. le Chancelier a tenu le
Sceau pour la premiere fois . Le 18
fés Lettres ont efté enregistrées au
Parlement .
M. l'Abbé Dagueffeau fon Frere
s'eft chargé de l'inſpection de la Librairie.
M. Vigneron a efté continué Secretaire
de la Chancellerie , il eft
chargé du Sceau , & M. Fretteau
Avocat au Parlement , des Affaires du
Confeil,
Fermer
3
p. 74-81
JOURNAL HISTORIQUE de Paris.
Début :
Le 28. May, Madame vint prendre congé du Roy, & le lendemain [...]
Mots clefs :
Princesse, Comte, Ambassadeur, Prince, Portraits, Famille royale, Cour, Incendies, Accident, Lieutenant, Procession, Saint sacrement, Procession, Gardes, Régence
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texteReconnaissance textuelle : JOURNAL HISTORIQUE de Paris.
JOURNAL HISTORIQUE
de Paris.
Le 28. May,M ADAME vint
prendre congédu Royale lendemain
elle partit pour S. Cloud
où , cette Princesse se propole de
faire un séjour de 4 mois.
Le même jour, M. le Comte
de Stairs Ambassadeur d'Angleserre
arriva ici.
Le 29, Mrle Prince de Cellatnàré
Amba-ilàdeur du Roy d'E(-
pagne, présenta a S. M. T. C.
mnëBoëte ,
dans laquelle on a
F°;tvé les Portraits de toutela Famille
Royale d'Espagne: Savoir,
ceux de PHILIPPES V. de
de la Reine régnante ,
du Princé
des Asturies
,
du Prince Philippes,
du Prince Ferdinand & de Don
Carlos Infants, tirésparOUATE.
Le 30. la Cour fut informée^
que la nuit du 20 May-, le feu
ayantplisàde Mr le Marquis
d'Avarey, Ambassadeur de
rrance à Soleure en Suiffe ; le Palais
sur embrasé en moins de trois
heures. La perteest d'anrant plus
considérable, qu'outre les Bâtimens
brulés; la Vaisselle d'argent,
lesMeubles, Effets& Papiersde
Mr l'Ambassadeur & de Mr de
la Martiniere y ont péris entièrement.
A peineont-ils puA se sauver
eux-mêmes en chemise, avecMde
rAmbauadrice. Cet Accident
ellarrivé par la faute d'un Confiturier,
qui ayant laissé dans son
Office, une Poêle pleine de char-*
bons ardents , sur laquelle il y
avoit des Confitures , la flamme
se communiqua aux Tapisseries,
- -- & causa ce funeste embrasement
Le 2.. Juin la Charge de Gentilà-
Homme ordinaire de feu Mr
Bourdelin,a été accordée à Mr
de Cazau Ecuyer de feu M8r le
Dauphin.
Mrd£.MonteflTon, ancien Lieu
tenant General des Armées di
Roy, &Lieutenant des Garde
du Corps, a û l'agrément de
Mgr le Duc Régent, de se de
mettre de sa Lieurenance, en sa
veur de M.son fils Colonel de Ca
valeriej toutefois en dédomagear
M1du Clos, qui commele ph:
ancien des Exempts, devoit mor
ter. Ivir de Cerizy premier Er
feigne, pasle à la Lieutenance,
le Eaton d'Exempt a étédonné a
fils de Mr le Comte de Sommer
premier Maître d'Hôtel de Mi
DAME Duchesse de Berry.
Le 3. jour del'Octave de
Fête de Dieu, la Procession
Saint Sulpice alla au Palais
Luxembourg, dont les dehc
& le dedans de la cour étoiet
ornez des plus belles & des plus
riches tapisseries du Roy. MADAME
,Duchesse de Berry ayant
été avertie que la Procession paroissoit
dans la ruë de Tournon
alla au devant du SAINT
SACREMENT,à la Porte du
Palais;ayant à ses côtés Mr l'Archevêque
de Tours ,Mr l'Abbé
deRouget, Mrl'Abbé de Partenay
,
Mr l'Abbé Danglade &
Mr l'Abbé du Tremblé sesAumôniers
, tous en Rocher. Elle
étoit suvie de tous ses Officiers
ëz Dames du Palais, chacun un
Cierge à la main: Sitôt que. la
Procession parut, on entendit les
Fanfares des Trompettes Timbales
, & Haut-bois qui croient sur
leBalcon, CettePrincesse. vit passer
toutes les Confréries, avec les
Valets de Pieds, dont il y en avoit
cinquante des siens,outre plusieurs
de ses Pages, chacun unCierge
[j à la main; enfoi* le Cle~e eompofédeprésJe 300 Ecolec-,,
41;ciiies en Chapes
1, ou enChasubes.
Le SAINT SACRE"
MENTétoit porté par Mrle Curé:
fous un des plus riches Dais, qu'
on ait encore vû dans Paris. Aprés
qu'on eut chanté les Antiennes:
qui étoient reponduës par les Fanfares
des Timbales & Trompettes
, on donna la Bénédiction, &
la Processionsortit dans le même
ordre qu'elleétoitentrée, à 1;
différence feulement, qu'il y avoi
zoo Soldats du Guet qui mar
choient, pour faire ranger le Peu
pie,& pour le retenir. Devant
SAINT SACREMENT mar
choient les Suiffes de cette Prir
cesse
,
Tambour battant & le Fisr
jouant. Entre le Dais & Madam
Duchesse de Berry, étoiet
ses Aumôniers en Rochec, & le
Chapelains en Habit long. Ma
dame donnoit la main d'un côte
à Mr le Marquis de Coëtanfao fo
Chevalier d'Honneur,& de l'au
tre , à Mr le Chevalier d'Haute
fort Mrle Comte de Rions so
Lieutenant des Gardes,marchoi
immédiatement devant elle, «.
Mr le Marquis de la Rochefoucault
son Capitaine des Gardes
la suivoit, demême queMdesles
Marquises dePons, deClermont,
d'Aidiés
,
de Beauvau les Dames
du Palais, avec Mr le Marquis
de Torcy, les Marguilliers,
&. le reste de sa Maison
,
qui etoit
très nombreuse&:trés-brillante.
Madame,Duchessede Berry fit
tout le chemin à pied, depuis le
Palais du Luxembourg ,a l'Eglise S. Sulpice sa Paroisse. On paa par la ruë Vaugirard, & par
laruë Cassetteoù l'onentendit:
un beau Motet, chanté par les
Religieuses duSaint Sacrement.
La Cérémonie finit dans l'Eg\iCe-
,1de Saint Sulpice par la Bénédiction
du Saint Sacrement que
cette
Princessereçût:Onadmita
le bel ordre qui fut obiservé
mLalegré la quantité du Peuple. » 6. quoique Mrle Maréchal
de Villeroy n'ait pu se trouver
au Conseil d'Etat, àcause d'une
atteinte de Goute au Poignet, i
n'acependant pas vouluse prive
de l'honneur d'assister au dîner du
Roy. Le même jour , llee sriteieuurr ddje)
Bourvalais fut mis en liberté.
Le 7. la Régence nomma si
Commissaires, pour examiner 1
forme de fairejuger l'Affaire de
Princes.
Mr pelletier de Sousy
, Iv
Amelot, Mr de Nointel , M
d'Argenson,Mr de la Bourdoi
ncahyoeis&is Mrde S. Contest, ont é
pour cet effet. Cederni
a ordre de recevoir tous les M
moires qu'on présentera
, & d'i
faire seulle Raport.
Le 8. Mgr le DucRégent
accordé une augmentation
Brevet de retenuë desoôoo 1
à M. de la Chesnaye
,
sur
Charges dela Cornette Blanch
& de GrandEcuyer Trencha
Le 10. Mde laPrincessed'H
cour présenta au RoyMde la M
quise: de Fla~:n;:Ù:i-n deFlamarm nnoouuvveeHlleensl
mariée.
, Le 10. MADAME vint de Saint
Cloud rendre visite au Roy sur
le midi, & s'en retourna le soir.
Le 12. le Roy après sesétudes
qu'il continuë de faire avec beaucoup
d'attention, entendit la
Messe, & tint sur les Fonds de Batéme
,
le fils de sa Nourrice,
avec Mde la Marquise de Villeroy.
Mr l'Abbé de Rochebonne Aumônier
du Roy, en fit les Cérémonies
,
Mr le Curé de Saint
Germain l'Auxerrois présent.
Le 12. lesFeüillans par Ordre
du Roy, ont chantés pour la première
fois, Vêpres dans sa Chapelle,
ce qu'ils continueront les
Dimanches & Fêtes. Ils sont allai
chargés de faire tous les jours la
Priere du soir, à l'imitation de
ce qui se pratiquoit à la Chapelle
de Versailles.
de Paris.
Le 28. May,M ADAME vint
prendre congédu Royale lendemain
elle partit pour S. Cloud
où , cette Princesse se propole de
faire un séjour de 4 mois.
Le même jour, M. le Comte
de Stairs Ambassadeur d'Angleserre
arriva ici.
Le 29, Mrle Prince de Cellatnàré
Amba-ilàdeur du Roy d'E(-
pagne, présenta a S. M. T. C.
mnëBoëte ,
dans laquelle on a
F°;tvé les Portraits de toutela Famille
Royale d'Espagne: Savoir,
ceux de PHILIPPES V. de
de la Reine régnante ,
du Princé
des Asturies
,
du Prince Philippes,
du Prince Ferdinand & de Don
Carlos Infants, tirésparOUATE.
Le 30. la Cour fut informée^
que la nuit du 20 May-, le feu
ayantplisàde Mr le Marquis
d'Avarey, Ambassadeur de
rrance à Soleure en Suiffe ; le Palais
sur embrasé en moins de trois
heures. La perteest d'anrant plus
considérable, qu'outre les Bâtimens
brulés; la Vaisselle d'argent,
lesMeubles, Effets& Papiersde
Mr l'Ambassadeur & de Mr de
la Martiniere y ont péris entièrement.
A peineont-ils puA se sauver
eux-mêmes en chemise, avecMde
rAmbauadrice. Cet Accident
ellarrivé par la faute d'un Confiturier,
qui ayant laissé dans son
Office, une Poêle pleine de char-*
bons ardents , sur laquelle il y
avoit des Confitures , la flamme
se communiqua aux Tapisseries,
- -- & causa ce funeste embrasement
Le 2.. Juin la Charge de Gentilà-
Homme ordinaire de feu Mr
Bourdelin,a été accordée à Mr
de Cazau Ecuyer de feu M8r le
Dauphin.
Mrd£.MonteflTon, ancien Lieu
tenant General des Armées di
Roy, &Lieutenant des Garde
du Corps, a û l'agrément de
Mgr le Duc Régent, de se de
mettre de sa Lieurenance, en sa
veur de M.son fils Colonel de Ca
valeriej toutefois en dédomagear
M1du Clos, qui commele ph:
ancien des Exempts, devoit mor
ter. Ivir de Cerizy premier Er
feigne, pasle à la Lieutenance,
le Eaton d'Exempt a étédonné a
fils de Mr le Comte de Sommer
premier Maître d'Hôtel de Mi
DAME Duchesse de Berry.
Le 3. jour del'Octave de
Fête de Dieu, la Procession
Saint Sulpice alla au Palais
Luxembourg, dont les dehc
& le dedans de la cour étoiet
ornez des plus belles & des plus
riches tapisseries du Roy. MADAME
,Duchesse de Berry ayant
été avertie que la Procession paroissoit
dans la ruë de Tournon
alla au devant du SAINT
SACREMENT,à la Porte du
Palais;ayant à ses côtés Mr l'Archevêque
de Tours ,Mr l'Abbé
deRouget, Mrl'Abbé de Partenay
,
Mr l'Abbé Danglade &
Mr l'Abbé du Tremblé sesAumôniers
, tous en Rocher. Elle
étoit suvie de tous ses Officiers
ëz Dames du Palais, chacun un
Cierge à la main: Sitôt que. la
Procession parut, on entendit les
Fanfares des Trompettes Timbales
, & Haut-bois qui croient sur
leBalcon, CettePrincesse. vit passer
toutes les Confréries, avec les
Valets de Pieds, dont il y en avoit
cinquante des siens,outre plusieurs
de ses Pages, chacun unCierge
[j à la main; enfoi* le Cle~e eompofédeprésJe 300 Ecolec-,,
41;ciiies en Chapes
1, ou enChasubes.
Le SAINT SACRE"
MENTétoit porté par Mrle Curé:
fous un des plus riches Dais, qu'
on ait encore vû dans Paris. Aprés
qu'on eut chanté les Antiennes:
qui étoient reponduës par les Fanfares
des Timbales & Trompettes
, on donna la Bénédiction, &
la Processionsortit dans le même
ordre qu'elleétoitentrée, à 1;
différence feulement, qu'il y avoi
zoo Soldats du Guet qui mar
choient, pour faire ranger le Peu
pie,& pour le retenir. Devant
SAINT SACREMENT mar
choient les Suiffes de cette Prir
cesse
,
Tambour battant & le Fisr
jouant. Entre le Dais & Madam
Duchesse de Berry, étoiet
ses Aumôniers en Rochec, & le
Chapelains en Habit long. Ma
dame donnoit la main d'un côte
à Mr le Marquis de Coëtanfao fo
Chevalier d'Honneur,& de l'au
tre , à Mr le Chevalier d'Haute
fort Mrle Comte de Rions so
Lieutenant des Gardes,marchoi
immédiatement devant elle, «.
Mr le Marquis de la Rochefoucault
son Capitaine des Gardes
la suivoit, demême queMdesles
Marquises dePons, deClermont,
d'Aidiés
,
de Beauvau les Dames
du Palais, avec Mr le Marquis
de Torcy, les Marguilliers,
&. le reste de sa Maison
,
qui etoit
très nombreuse&:trés-brillante.
Madame,Duchessede Berry fit
tout le chemin à pied, depuis le
Palais du Luxembourg ,a l'Eglise S. Sulpice sa Paroisse. On paa par la ruë Vaugirard, & par
laruë Cassetteoù l'onentendit:
un beau Motet, chanté par les
Religieuses duSaint Sacrement.
La Cérémonie finit dans l'Eg\iCe-
,1de Saint Sulpice par la Bénédiction
du Saint Sacrement que
cette
Princessereçût:Onadmita
le bel ordre qui fut obiservé
mLalegré la quantité du Peuple. » 6. quoique Mrle Maréchal
de Villeroy n'ait pu se trouver
au Conseil d'Etat, àcause d'une
atteinte de Goute au Poignet, i
n'acependant pas vouluse prive
de l'honneur d'assister au dîner du
Roy. Le même jour , llee sriteieuurr ddje)
Bourvalais fut mis en liberté.
Le 7. la Régence nomma si
Commissaires, pour examiner 1
forme de fairejuger l'Affaire de
Princes.
Mr pelletier de Sousy
, Iv
Amelot, Mr de Nointel , M
d'Argenson,Mr de la Bourdoi
ncahyoeis&is Mrde S. Contest, ont é
pour cet effet. Cederni
a ordre de recevoir tous les M
moires qu'on présentera
, & d'i
faire seulle Raport.
Le 8. Mgr le DucRégent
accordé une augmentation
Brevet de retenuë desoôoo 1
à M. de la Chesnaye
,
sur
Charges dela Cornette Blanch
& de GrandEcuyer Trencha
Le 10. Mde laPrincessed'H
cour présenta au RoyMde la M
quise: de Fla~:n;:Ù:i-n deFlamarm nnoouuvveeHlleensl
mariée.
, Le 10. MADAME vint de Saint
Cloud rendre visite au Roy sur
le midi, & s'en retourna le soir.
Le 12. le Roy après sesétudes
qu'il continuë de faire avec beaucoup
d'attention, entendit la
Messe, & tint sur les Fonds de Batéme
,
le fils de sa Nourrice,
avec Mde la Marquise de Villeroy.
Mr l'Abbé de Rochebonne Aumônier
du Roy, en fit les Cérémonies
,
Mr le Curé de Saint
Germain l'Auxerrois présent.
Le 12. lesFeüillans par Ordre
du Roy, ont chantés pour la première
fois, Vêpres dans sa Chapelle,
ce qu'ils continueront les
Dimanches & Fêtes. Ils sont allai
chargés de faire tous les jours la
Priere du soir, à l'imitation de
ce qui se pratiquoit à la Chapelle
de Versailles.
Fermer
4
p. 206-211
ARTICLE DES LIVRES.
Début :
Les Anecdotes du ministere du Cardinal de Richelieu, & du [...]
Mots clefs :
Anecdotes, Cardinal Richelieu, Louis XIII, Régence, Reine mère, Libraire, Tsar, Comédie italienne, Télémaque, Maladie des yeux, Éloge funèbre, Public
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texteReconnaissance textuelle : ARTICLE DES LIVRES.
ARTICLE DES LIVRES.
Les Anecdotes du ministere du
Cardinal de Richelieu, & du Régne
de LOUIS XIII, avec quelques
particularités du commencement
de la
@
Régence d'Anne ]
d'Autriche, méritent bien que je
les annonce au Public, comme un
de ces Livres qui amusent & divertissent,
eninstruisantleLecteur
Il y a peu d'intrigues secretes. arrivées
à la Cour de France, pendant
le Ministere du Cardinal de
Richelieu, qui n'y soient dévélopées
& mises au jour. On y verra
queles moindres bagatelles produsent
souvent les plus grands
événemens : Si la Reine Mere,
dit le Traducteur de Vittorio Siri,
avoir suivi
, par exemple,le Roy àVersailles
,
le jour qui sur surnommé
la journée des Dupes, le
Cardinal de Richelieu étoit perdu
sans resource. Si le Duc de Buckingamn'avoir
point aime la plus
grande
';£.ande D me du Royaume; les
anglois se seroient emparés de
de Rhé, le Roy n'auroit
:ioine plis la Rochelle,& le Parti ~stant auroit encore subsisté
~ong temsenFrance:Sile Cardide
Richelieu n'avoir pas fait
liiûier les ressorts secrets, qui en-
2£açerent Marie de Medicisà (ê
verà Compiegne, la fortune
~e ce Ministre auroit toujours été
~hancelante
,
la Reine Mere au-
~oit regagné la confiance du Roy
~onfils, & procuré infailliblement
disgrace de cette Eminence.
On pouvroit ci er une infinité d'E-
~emples de cette nature; mais
détail que ces Anecdotes en
~ont ,
est si curieux, qu'il vaut
~ieux y renvoyerlesAmateurs des
~onsLivres. Cer ouvrage se vend
rf-hez Pierre Ribou
,
Quay des
Augustins,àl'Image Saint Louis.
iQDeijx Volumes In-douze, 5. liv.
PIERRE PRAULT Libraire, dçr
meurant sur le Quay de Gelvres,*<
fait afficher depuispeul'Histoiredu
vraiDémetrius,Czar deMoscovie,
par M. Née de la Rochelle; c'est
un morceau d'Histoire trés iott.
ressant, tant parlesintrigues que
par les evenemens singuliers dont
il est rempli;mais ce qui le rend
plus remarquable, c'est qu'il est
pour ainsi dire,l'époque de l'élévation
au Tiône, de la Famille regnante
aujourdhui dans la Grande
Russie; puisqu'aprés la mort
de ce Demetriussupposéounon,
& de deux autres du même nom, Michaël Foederovvitz
,
fils de
Feodor Nikitiz Romanos, Patriarche
de Moscovie,fut couronné
en Kn. C'est delà qu'est
descendu Peter Alexievvitz, qui
a honoré cette Capitale de sa
présence.
fdfc*
On vend chez le même
,
les
Lettres Historiques, à M. D. sut
la,Comédie Italienne, dans lesquelsilestparlédesonétablisselIbént,
du caractére des Acteurs
qui la composent, & des A''W'
tures qui y font arrivées
QtÁ"
,
On vend chez Jacques Etienne,
ruë S. Jacques, à la Petite Vertu,
les Avantures de Telemaque fils
d'Ulisse, par feu Mr deFenelon
Archevêque de Cambray. Edition
conformeauManuscrit original.
Les Ouvrages du sieur de
Vvoolhoufel touchant la Cataracte,
le Glaucome & autres
maladies desyeux,viennent d'être
imprimés à Franckfort sur Mayne;
-
& sevendent à Strasbourg, chez
le sieurDoulfliker; on y verra -
un Catalogue de la plus grande
-
partie des Auteurs,qui ont écrit fuf-
la même matiere, avec les nouvelles
Découvertes qu'ils ont faites.
Lesieur deVvoolhouse demeure
piéfentement auCollege de l'Avér
Maria, à côté de S. Etienne du
Mont, dansle Quarté de Sai~
Genevieve.
ffl
Aprés tant d'Eloges Funébre
qui ont été faits à la Gloire d~
LOUISle GRAND)il sembloi
difficile de rien voir de nouveau
dans ce genre. Cependant,foit qlle
le sujet ne puîné être épuisé
,
foit
que l'esprit de l'homme foit capable,
chaque jour, de quelque nouvelle
Production ; on vient de
donner au Public une nouvelle
Oraison Funèbre de ce Monarque.
Elle estdeMrl'Abbé de Lafargue,
qui l'a prononcée à l'Anniversaire
de LOUIS XIV, à l'Abbaye de
Chelles) en présence de MA D EMO
I S E-L LE; ensuite à l'Abbaye
du Fauxbourg Saint Antoine
de cette Ville: Elle doit faire
d'autant plus d'honneur à cet Orateur,
qu'il en avoir déja donné
une autre qu'on a regardée,comme
une desplus belles. Je ne puis
parler de sa seconde, avec plus
de justice
, qu'en disant avec
un desDocteurs qui l'ont approuvée;
qu'elle ne céde en rien à la
beautéde celles qu'on a données
au Public jusqu'à présent, & que
tout y plaîr également, soit la pour nouveauté des pensées
soit
pourla fécondité de l'Eloquence,.
soit pour la dcheLIè des exprefsions.
J'en ferois un Extrait,
si
les plus beaux Morceaux ne per- doient toûjoursde leur grâce, lors qu'ils sont détachez d'une
Pièce. Je renvove le Lecteur à
l'Ouvrage, l'assûrant qu'il aura
lieu d'en être très-content.
Cette Oraison Funèbre se vend
chez la veuve de Pierre Bienfait,
l'Image Saint Pierre, sur le
^uay des Augustins
, Se chez
Mongé, vis-à-vis le Collège
les Jesuites, dans la ruë Saint
Jacques.
Les Anecdotes du ministere du
Cardinal de Richelieu, & du Régne
de LOUIS XIII, avec quelques
particularités du commencement
de la
@
Régence d'Anne ]
d'Autriche, méritent bien que je
les annonce au Public, comme un
de ces Livres qui amusent & divertissent,
eninstruisantleLecteur
Il y a peu d'intrigues secretes. arrivées
à la Cour de France, pendant
le Ministere du Cardinal de
Richelieu, qui n'y soient dévélopées
& mises au jour. On y verra
queles moindres bagatelles produsent
souvent les plus grands
événemens : Si la Reine Mere,
dit le Traducteur de Vittorio Siri,
avoir suivi
, par exemple,le Roy àVersailles
,
le jour qui sur surnommé
la journée des Dupes, le
Cardinal de Richelieu étoit perdu
sans resource. Si le Duc de Buckingamn'avoir
point aime la plus
grande
';£.ande D me du Royaume; les
anglois se seroient emparés de
de Rhé, le Roy n'auroit
:ioine plis la Rochelle,& le Parti ~stant auroit encore subsisté
~ong temsenFrance:Sile Cardide
Richelieu n'avoir pas fait
liiûier les ressorts secrets, qui en-
2£açerent Marie de Medicisà (ê
verà Compiegne, la fortune
~e ce Ministre auroit toujours été
~hancelante
,
la Reine Mere au-
~oit regagné la confiance du Roy
~onfils, & procuré infailliblement
disgrace de cette Eminence.
On pouvroit ci er une infinité d'E-
~emples de cette nature; mais
détail que ces Anecdotes en
~ont ,
est si curieux, qu'il vaut
~ieux y renvoyerlesAmateurs des
~onsLivres. Cer ouvrage se vend
rf-hez Pierre Ribou
,
Quay des
Augustins,àl'Image Saint Louis.
iQDeijx Volumes In-douze, 5. liv.
PIERRE PRAULT Libraire, dçr
meurant sur le Quay de Gelvres,*<
fait afficher depuispeul'Histoiredu
vraiDémetrius,Czar deMoscovie,
par M. Née de la Rochelle; c'est
un morceau d'Histoire trés iott.
ressant, tant parlesintrigues que
par les evenemens singuliers dont
il est rempli;mais ce qui le rend
plus remarquable, c'est qu'il est
pour ainsi dire,l'époque de l'élévation
au Tiône, de la Famille regnante
aujourdhui dans la Grande
Russie; puisqu'aprés la mort
de ce Demetriussupposéounon,
& de deux autres du même nom, Michaël Foederovvitz
,
fils de
Feodor Nikitiz Romanos, Patriarche
de Moscovie,fut couronné
en Kn. C'est delà qu'est
descendu Peter Alexievvitz, qui
a honoré cette Capitale de sa
présence.
fdfc*
On vend chez le même
,
les
Lettres Historiques, à M. D. sut
la,Comédie Italienne, dans lesquelsilestparlédesonétablisselIbént,
du caractére des Acteurs
qui la composent, & des A''W'
tures qui y font arrivées
QtÁ"
,
On vend chez Jacques Etienne,
ruë S. Jacques, à la Petite Vertu,
les Avantures de Telemaque fils
d'Ulisse, par feu Mr deFenelon
Archevêque de Cambray. Edition
conformeauManuscrit original.
Les Ouvrages du sieur de
Vvoolhoufel touchant la Cataracte,
le Glaucome & autres
maladies desyeux,viennent d'être
imprimés à Franckfort sur Mayne;
-
& sevendent à Strasbourg, chez
le sieurDoulfliker; on y verra -
un Catalogue de la plus grande
-
partie des Auteurs,qui ont écrit fuf-
la même matiere, avec les nouvelles
Découvertes qu'ils ont faites.
Lesieur deVvoolhouse demeure
piéfentement auCollege de l'Avér
Maria, à côté de S. Etienne du
Mont, dansle Quarté de Sai~
Genevieve.
ffl
Aprés tant d'Eloges Funébre
qui ont été faits à la Gloire d~
LOUISle GRAND)il sembloi
difficile de rien voir de nouveau
dans ce genre. Cependant,foit qlle
le sujet ne puîné être épuisé
,
foit
que l'esprit de l'homme foit capable,
chaque jour, de quelque nouvelle
Production ; on vient de
donner au Public une nouvelle
Oraison Funèbre de ce Monarque.
Elle estdeMrl'Abbé de Lafargue,
qui l'a prononcée à l'Anniversaire
de LOUIS XIV, à l'Abbaye de
Chelles) en présence de MA D EMO
I S E-L LE; ensuite à l'Abbaye
du Fauxbourg Saint Antoine
de cette Ville: Elle doit faire
d'autant plus d'honneur à cet Orateur,
qu'il en avoir déja donné
une autre qu'on a regardée,comme
une desplus belles. Je ne puis
parler de sa seconde, avec plus
de justice
, qu'en disant avec
un desDocteurs qui l'ont approuvée;
qu'elle ne céde en rien à la
beautéde celles qu'on a données
au Public jusqu'à présent, & que
tout y plaîr également, soit la pour nouveauté des pensées
soit
pourla fécondité de l'Eloquence,.
soit pour la dcheLIè des exprefsions.
J'en ferois un Extrait,
si
les plus beaux Morceaux ne per- doient toûjoursde leur grâce, lors qu'ils sont détachez d'une
Pièce. Je renvove le Lecteur à
l'Ouvrage, l'assûrant qu'il aura
lieu d'en être très-content.
Cette Oraison Funèbre se vend
chez la veuve de Pierre Bienfait,
l'Image Saint Pierre, sur le
^uay des Augustins
, Se chez
Mongé, vis-à-vis le Collège
les Jesuites, dans la ruë Saint
Jacques.
Fermer
5
p. 65-71
JOURNAL DE PARIS.
Début :
Le 28 Aoust M. le Duc de Noailles Président du Conseil [...]
Mots clefs :
Duc de Noailles, Conseil, Régence, Duc, Abbesse, Palais royal, Décès, Missions, Louis XIV, Charges, Serment de fidélité, Nominations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : JOURNAL DE PARIS.
JOURNAL DE PARIS.
E 28 AouftM. leDuc de Noailles
Préſident du Conſeil des Finances,
ayantmandé les quatre plus anciens deg
Fiij
66
LE MERCURE
dix Huiffiers de la Chaîne , leur remir
par ordre de S. M. dix nouvelles Médailles
d'or, ditesde la Régence,frapées
d'un côté au coin du Roy & de l'autre
à celui de Marle Duc Regent, pour les
fubftituer à cellesde Loüis XIV. Ils les
porteront dans les fonctions de leurs
charges au bout de leurs Chaînes d'or..
M. le Duc de Luynes a achetté avec
permiſſion de la Cour , le Regiment de
Fléche qui eſt un des plus anciens Regimens
qui ait été levé par des Gentils-
hommes..
Madame de Bellefont Abbeffe de:
Montmartre , étant morte la nuit du 29
auzo du mois paffé , aprés une longue
maladie , les Religieuſes firent ſupplier.
avec inſtance. Madame la Ducheffe
d'Orleans de leur accorder Mademoifelle,
pour ſuccéder à la place de la
deffunte.L'invitation en ayant été faite
àMademoiselle ,elle les remercia par
cette réponſe toute Chrêtienne , qu'il
falloit qu'elle apprit à obéir avant que
de commander. Sur ce refus , Madame
deMontpipeau de la Roche-Ouart,
Grande Prieure de Fontévraud xa été
choifie pour occuper cette place.
Le 30. ily ût une députation au PalaisRoyal
, de 17. tant Préſidents que
DE SEPTEMBRE .
He
Conſeillers du Parlement, à la tête des
lesquels étoit M.le premier Préſident,pour
ffaire leurs remontrances trés-humbles
Jesd
SGE
au ſujet de quelques Edits d'arangement
des finances :Avant que de les enrégiſtrer,
M. le premier Préſident fit à
S. A. R. un difcours trés court
trés- reſpectueux.
&
Le ſieur de Cantorby Chef de Go
belet , mourut le même jour d'apoplexie
âgé de 80. ans : Il avoit û l'honneur
de ſervirleRoy deux jours auparavant.
Il eſt parti pluſieurs Prêtres da
Séminaire Etranger , pour aller faire
des Miſſions en Ruſſie avec la permiſſion
du Czar . M. le Fort Agent de
ce Monarque continue d'engager des
Ouvriers de toute forte de profeſions
& de métiers , pour les faire paſſer à
Pétersbourg. Il en part de temps àautre
qui emmenent leurs femmes & leurs
enfans pour ce Païs là.
.
On amême reçu des Lettres de Fins
lande , par leſquelles on a appris
qu'un Batimentparti du Havre de Gra
ce , ily a environ 5. ſemaines, en avoit
débarqué à Pétersbourg plus de soo
de l'un & de l'autre ſexe : Ce Vaiſſeau
n'a mis que s. jours &6. nuits pour fai
68 LE MERCURE
re le trajet qui eſt de 850. lieues.
Le . de ce mois , on célebra dans
P'Egliſe de l'Abbaye Royale de Saint
Denis , l'Anniverſaire pour le repos de
l'Ame de feu Louis XIV. auquel M.
l'Evêque de Montauban officia . Mst le
Duedu Maine , le Comte d'Eu , plufieurs
Seigneurs & principaux Officiers
du Roy , afſſiſterent à cette Cérémonie
, de même que M. le Cardinal
de Polignac & beaucoup de Prelats :
Ces derniers prétendoient avoir desCaraux
, mais , on leur en refuſa & ils en
ont porté leurs plaintes.
こ
Le 3. M. le Prince de Chalais a oba
renu la permiſſion de Mst le Duc d'Orleans
de s'en retourner en Eſpagne.
a
Le 4. M. de Clermont Saint Aignan
Colonel du Regiment d'Auvergne ,
été gratifié de la Charge de premier
Gentil-homme de la Chambre de Mgr
le Prince de Conti , dont étoit revetu
M. de Meuſe.
Madame Ducheſſe de Berry étanet
revenuë de la Meutteici le ; ; leDimanches
du même mois,cette Princeſſe tint
roilette à midi , à laquelle ſe trouvérent
Meſdames les Ducheſſes de S. Simon ,
de Lauſun,Me la Princeſſe de Montau-
2
2
DE SEPTEMBRE 69
eS
0
Ce
ch
ban & pluſieurs autres Dames , de
même que Miles Ambaſladeurs & Miniſtres
Etrangers & quantité de Seigneurs
de la Cour Madame la Marquiſe
de Mouchi , à la fin de la toilette
, prêta ferment de fidelité pour la
Charge d'une ſeconde Dame d'atours ,
& M. le Comte de Rions prêta
auffi ferment de fidelité pour une
feconde Charge de premier Ecuyer , &
cela, en préſencede tous les Seigneurs &
Dames de la Cour : Cette Cérémonie
étant finie , cette Princeſſe alla entendre
la Meſſe dans ſa Chapelle. Au
retour elle trouva un grand cercle de
Dames & de Seigneurs :Meffieurs les
Ducs de la Force & de Laufſun étoient
du nombre , Madame la Marquiſe de
Laval qui avoit été nommée Dame du
Palais , y parut pour la premiere fois.
Madame la Marquiſe de Braſſac vient
auſſi d'être nommée une des Dames du
Palais de cette Princeffle : La premiere
eſt ſoeur de M.le Chevalierd Hautefort
premier Ecuyer,& Epouſe du Marquis
de Lavaldu nom de Montmorenci ; la
feconde eſt Fille de feuM.le Marêchal
de Tourville,Epouſe de M. le Marquis
deBraſſac du nom de Gallard origi
10
LE MERCURE
naire du Querci : M. le Chevalier de
Courtemer a été fait Lieutenant de la
la Compagnie des Gardes , à la place
de M. le Comte de Rions : M. le Chevalier
de Sabran a été fait Enſeigne &
M. le Chevalier de Braſſac ,Exempt de
la même Compagnie.
Les Commiſſaires du Parlement
nommés pour l'examen du fameux Edit
qui doit bientôt paroître , ont fini
leur travail , & le Parlement a enregiſtré
les Articles conteſtés ſur leſquels
il avoit fait au Roy ſes remontrances.
Le6. les Lettres de Meaux portent
que le 4. Septembre,la Compagnie de
Saint Quentin remporta le 1. Ponton
par un coup joignant la broche , celle
de Crecy gagna le ſecond par un coup
de broche en plain , ce qui lui fit adjuger
le 15. prix. La Compagnie de Chalons
fur Marne ût le troiſieme Ponton
par un coup debroche ,&celle de
Reims approcha de plus prés le quatriémePonton
: Les Chevaliers qui ont
gagné des prix juſqu'au 4de ce mois,
font M. Pierre Girard Grand-Jean Scigneur
de l'Eſpine , Préſident , Lieutemant
Général de la Ville , Bailliage &-
:
:
i
-
i
:
(
DE SEPTEMBRE . 77
Lec
Châtellenie de Crecy en Brie , Capietaine
du Noble Jeu de l'Arquebufe dudit
Crecy , & Maître Jean François
24 Greffier en Chef des Eaux & Forets ,
Chevalier de l'Arquebuſe de la même
Ville : Comme ce dernier a fait le premier
coup de broche , il a gagnéune
épée enrichie de diamants avec un
un grand baffin d'argent : Deplus, M.
le Prince de Soubiſe Gouverneur de
la Province , lui a fait préſent d'une
montre d'or éſtimée 7. à 800. livres .
Les Tireurs ont donné 22. liv.
pour tirer chacun 2. coups.
E 28 AouftM. leDuc de Noailles
Préſident du Conſeil des Finances,
ayantmandé les quatre plus anciens deg
Fiij
66
LE MERCURE
dix Huiffiers de la Chaîne , leur remir
par ordre de S. M. dix nouvelles Médailles
d'or, ditesde la Régence,frapées
d'un côté au coin du Roy & de l'autre
à celui de Marle Duc Regent, pour les
fubftituer à cellesde Loüis XIV. Ils les
porteront dans les fonctions de leurs
charges au bout de leurs Chaînes d'or..
M. le Duc de Luynes a achetté avec
permiſſion de la Cour , le Regiment de
Fléche qui eſt un des plus anciens Regimens
qui ait été levé par des Gentils-
hommes..
Madame de Bellefont Abbeffe de:
Montmartre , étant morte la nuit du 29
auzo du mois paffé , aprés une longue
maladie , les Religieuſes firent ſupplier.
avec inſtance. Madame la Ducheffe
d'Orleans de leur accorder Mademoifelle,
pour ſuccéder à la place de la
deffunte.L'invitation en ayant été faite
àMademoiselle ,elle les remercia par
cette réponſe toute Chrêtienne , qu'il
falloit qu'elle apprit à obéir avant que
de commander. Sur ce refus , Madame
deMontpipeau de la Roche-Ouart,
Grande Prieure de Fontévraud xa été
choifie pour occuper cette place.
Le 30. ily ût une députation au PalaisRoyal
, de 17. tant Préſidents que
DE SEPTEMBRE .
He
Conſeillers du Parlement, à la tête des
lesquels étoit M.le premier Préſident,pour
ffaire leurs remontrances trés-humbles
Jesd
SGE
au ſujet de quelques Edits d'arangement
des finances :Avant que de les enrégiſtrer,
M. le premier Préſident fit à
S. A. R. un difcours trés court
trés- reſpectueux.
&
Le ſieur de Cantorby Chef de Go
belet , mourut le même jour d'apoplexie
âgé de 80. ans : Il avoit û l'honneur
de ſervirleRoy deux jours auparavant.
Il eſt parti pluſieurs Prêtres da
Séminaire Etranger , pour aller faire
des Miſſions en Ruſſie avec la permiſſion
du Czar . M. le Fort Agent de
ce Monarque continue d'engager des
Ouvriers de toute forte de profeſions
& de métiers , pour les faire paſſer à
Pétersbourg. Il en part de temps àautre
qui emmenent leurs femmes & leurs
enfans pour ce Païs là.
.
On amême reçu des Lettres de Fins
lande , par leſquelles on a appris
qu'un Batimentparti du Havre de Gra
ce , ily a environ 5. ſemaines, en avoit
débarqué à Pétersbourg plus de soo
de l'un & de l'autre ſexe : Ce Vaiſſeau
n'a mis que s. jours &6. nuits pour fai
68 LE MERCURE
re le trajet qui eſt de 850. lieues.
Le . de ce mois , on célebra dans
P'Egliſe de l'Abbaye Royale de Saint
Denis , l'Anniverſaire pour le repos de
l'Ame de feu Louis XIV. auquel M.
l'Evêque de Montauban officia . Mst le
Duedu Maine , le Comte d'Eu , plufieurs
Seigneurs & principaux Officiers
du Roy , afſſiſterent à cette Cérémonie
, de même que M. le Cardinal
de Polignac & beaucoup de Prelats :
Ces derniers prétendoient avoir desCaraux
, mais , on leur en refuſa & ils en
ont porté leurs plaintes.
こ
Le 3. M. le Prince de Chalais a oba
renu la permiſſion de Mst le Duc d'Orleans
de s'en retourner en Eſpagne.
a
Le 4. M. de Clermont Saint Aignan
Colonel du Regiment d'Auvergne ,
été gratifié de la Charge de premier
Gentil-homme de la Chambre de Mgr
le Prince de Conti , dont étoit revetu
M. de Meuſe.
Madame Ducheſſe de Berry étanet
revenuë de la Meutteici le ; ; leDimanches
du même mois,cette Princeſſe tint
roilette à midi , à laquelle ſe trouvérent
Meſdames les Ducheſſes de S. Simon ,
de Lauſun,Me la Princeſſe de Montau-
2
2
DE SEPTEMBRE 69
eS
0
Ce
ch
ban & pluſieurs autres Dames , de
même que Miles Ambaſladeurs & Miniſtres
Etrangers & quantité de Seigneurs
de la Cour Madame la Marquiſe
de Mouchi , à la fin de la toilette
, prêta ferment de fidelité pour la
Charge d'une ſeconde Dame d'atours ,
& M. le Comte de Rions prêta
auffi ferment de fidelité pour une
feconde Charge de premier Ecuyer , &
cela, en préſencede tous les Seigneurs &
Dames de la Cour : Cette Cérémonie
étant finie , cette Princeſſe alla entendre
la Meſſe dans ſa Chapelle. Au
retour elle trouva un grand cercle de
Dames & de Seigneurs :Meffieurs les
Ducs de la Force & de Laufſun étoient
du nombre , Madame la Marquiſe de
Laval qui avoit été nommée Dame du
Palais , y parut pour la premiere fois.
Madame la Marquiſe de Braſſac vient
auſſi d'être nommée une des Dames du
Palais de cette Princeffle : La premiere
eſt ſoeur de M.le Chevalierd Hautefort
premier Ecuyer,& Epouſe du Marquis
de Lavaldu nom de Montmorenci ; la
feconde eſt Fille de feuM.le Marêchal
de Tourville,Epouſe de M. le Marquis
deBraſſac du nom de Gallard origi
10
LE MERCURE
naire du Querci : M. le Chevalier de
Courtemer a été fait Lieutenant de la
la Compagnie des Gardes , à la place
de M. le Comte de Rions : M. le Chevalier
de Sabran a été fait Enſeigne &
M. le Chevalier de Braſſac ,Exempt de
la même Compagnie.
Les Commiſſaires du Parlement
nommés pour l'examen du fameux Edit
qui doit bientôt paroître , ont fini
leur travail , & le Parlement a enregiſtré
les Articles conteſtés ſur leſquels
il avoit fait au Roy ſes remontrances.
Le6. les Lettres de Meaux portent
que le 4. Septembre,la Compagnie de
Saint Quentin remporta le 1. Ponton
par un coup joignant la broche , celle
de Crecy gagna le ſecond par un coup
de broche en plain , ce qui lui fit adjuger
le 15. prix. La Compagnie de Chalons
fur Marne ût le troiſieme Ponton
par un coup debroche ,&celle de
Reims approcha de plus prés le quatriémePonton
: Les Chevaliers qui ont
gagné des prix juſqu'au 4de ce mois,
font M. Pierre Girard Grand-Jean Scigneur
de l'Eſpine , Préſident , Lieutemant
Général de la Ville , Bailliage &-
:
:
i
-
i
:
(
DE SEPTEMBRE . 77
Lec
Châtellenie de Crecy en Brie , Capietaine
du Noble Jeu de l'Arquebufe dudit
Crecy , & Maître Jean François
24 Greffier en Chef des Eaux & Forets ,
Chevalier de l'Arquebuſe de la même
Ville : Comme ce dernier a fait le premier
coup de broche , il a gagnéune
épée enrichie de diamants avec un
un grand baffin d'argent : Deplus, M.
le Prince de Soubiſe Gouverneur de
la Province , lui a fait préſent d'une
montre d'or éſtimée 7. à 800. livres .
Les Tireurs ont donné 22. liv.
pour tirer chacun 2. coups.
Fermer
6
p. 152-154
TURQUIE ET AFRIQUE.
Début :
Les Regences de Tripoli & de Tunis, ne sont point broüillées avec le Grand Seigneur [...]
Mots clefs :
Tunis, Régence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET AFRIQUE.
T U R. Q_U í E E T A F F R I Q^U E
LEs Régences de Tripoli & de Tunis, ne?
font point brouillées avec le Grand Sei
gneur , comme le bruit s'en étoit répandu , 8c
Sa Hautesse vient de les assurer de nouveau de
fa protection. On est dans la crainte d-'uné ré
volte g.enerale eiv Egypte, dont les Pachas
oppriment les Peuples , fans leur rendre au
cune justice dans la repartition des impositions.
Le bruit s'est répandu à Constantinople , que
les Turcs ont remporté une victoire complette
fur les rebelles- d'Hgypte, dont il est resté en
viron 40000. fur le Champ de bataille.
On écrit d'Alger, que le Bey de cette Ré
gence avoit fait dire au Commandant des trois
Vaisseaux de Guerre Holhndoisf, qui ont porté
cette année à H Régence ses présens des Etats
Généraux, qu'il n'étoit pa* content de ces
JANVI E R. I7?«. 15 $
frésensj que k Divan les avoit trouye? d'.une
valeur beaucoup inférieure à celle des présens
que la République étoit convenue d'envoyer
tous les ans: lé Commandant ayant pv,omis
que ceux de Tannée prochaine seroient beau
coup plus considérables , le Bey l'assura que
la Régence n'avoit aucun deflèin de violer les
conventions faites avec la République d'Hol
lande , mais qu'elle exigeoit que les itats Gé
néraux & leurs sujets Negocians cessaient de
prêter le Pavillon Hollandois aux Espagnols j
Portugais & Italiens , avec lesquels les Alger
riens sont en guerre, ainsi que cela étoit arri
vé , même depuis trois mois. Ce fut à cette
condition que le Bey fit rendre à ce Comman
dant les effets qui avoient été pris fur un Vais
seau Hollandois vers la fin d'Octobre dernier.
On a apris de Tanger , que Muley-Abdala
«toit actuellement paisible poíksseur des Royau
mes de Maroc & de Fez i que les Blancs & les
•Noirs lui avoient prêté serment de fidélité , Sr ,
que n'ayant que le Royaume de Sus à conqué
rir , on croyoit qu'il rétabliroit bien-tôt fa ré
sidence à Miquenez j que le bruit couroit qu'il
alloit recommencer les Sièges de Ceuta & de
Mellilla.» pour occuper une partie de ses
Troupes , qui dans l'inaction pourroient lui
devenir infidelles ; ces Lettres ajoutent , que ce
Prjnce traitoit les Esclaves Chrétiens avec
beaucoup d'humanité, & qu'il avoit déja don
né la liberté 3 plusieurs d'entre euxi dont ses
services lui avoient été agréables.
On écrit de Tunis , que le Bey de cette Ré
gence s'étoit rendu à Sous* , pour en fajre
rérablir les fortifications qui avoient été ncfligces
depuis plusieurs années , il prétend en
aire une boune Place , & y établit le Com
merce.
7,54 MERCURE DE FRANCE,
merce. La même Régence a envoyé des Dé
putez à celle de /Tripoli , pour . travailler au
jreglement de leurs limites.
Les dernieres Lettres de Tunis portent que
le Bey de cette Ville avoit remporté une vic
toire complète fur le rebelle Ali-Pacha , son
/Neveu , & que s'étant emparé des hauteurs
& des passages des Montagnes , oii s'étoit
retiré le reste des rebelles , ils a voient demandé
à capituler , ce qu'on leur avoit accorde' ; de
Ibrte que cette Régence jouissoit préserfKmeiït
d'une profonde tranquillisé»
LEs Régences de Tripoli & de Tunis, ne?
font point brouillées avec le Grand Sei
gneur , comme le bruit s'en étoit répandu , 8c
Sa Hautesse vient de les assurer de nouveau de
fa protection. On est dans la crainte d-'uné ré
volte g.enerale eiv Egypte, dont les Pachas
oppriment les Peuples , fans leur rendre au
cune justice dans la repartition des impositions.
Le bruit s'est répandu à Constantinople , que
les Turcs ont remporté une victoire complette
fur les rebelles- d'Hgypte, dont il est resté en
viron 40000. fur le Champ de bataille.
On écrit d'Alger, que le Bey de cette Ré
gence avoit fait dire au Commandant des trois
Vaisseaux de Guerre Holhndoisf, qui ont porté
cette année à H Régence ses présens des Etats
Généraux, qu'il n'étoit pa* content de ces
JANVI E R. I7?«. 15 $
frésensj que k Divan les avoit trouye? d'.une
valeur beaucoup inférieure à celle des présens
que la République étoit convenue d'envoyer
tous les ans: lé Commandant ayant pv,omis
que ceux de Tannée prochaine seroient beau
coup plus considérables , le Bey l'assura que
la Régence n'avoit aucun deflèin de violer les
conventions faites avec la République d'Hol
lande , mais qu'elle exigeoit que les itats Gé
néraux & leurs sujets Negocians cessaient de
prêter le Pavillon Hollandois aux Espagnols j
Portugais & Italiens , avec lesquels les Alger
riens sont en guerre, ainsi que cela étoit arri
vé , même depuis trois mois. Ce fut à cette
condition que le Bey fit rendre à ce Comman
dant les effets qui avoient été pris fur un Vais
seau Hollandois vers la fin d'Octobre dernier.
On a apris de Tanger , que Muley-Abdala
«toit actuellement paisible poíksseur des Royau
mes de Maroc & de Fez i que les Blancs & les
•Noirs lui avoient prêté serment de fidélité , Sr ,
que n'ayant que le Royaume de Sus à conqué
rir , on croyoit qu'il rétabliroit bien-tôt fa ré
sidence à Miquenez j que le bruit couroit qu'il
alloit recommencer les Sièges de Ceuta & de
Mellilla.» pour occuper une partie de ses
Troupes , qui dans l'inaction pourroient lui
devenir infidelles ; ces Lettres ajoutent , que ce
Prjnce traitoit les Esclaves Chrétiens avec
beaucoup d'humanité, & qu'il avoit déja don
né la liberté 3 plusieurs d'entre euxi dont ses
services lui avoient été agréables.
On écrit de Tunis , que le Bey de cette Ré
gence s'étoit rendu à Sous* , pour en fajre
rérablir les fortifications qui avoient été ncfligces
depuis plusieurs années , il prétend en
aire une boune Place , & y établit le Com
merce.
7,54 MERCURE DE FRANCE,
merce. La même Régence a envoyé des Dé
putez à celle de /Tripoli , pour . travailler au
jreglement de leurs limites.
Les dernieres Lettres de Tunis portent que
le Bey de cette Ville avoit remporté une vic
toire complète fur le rebelle Ali-Pacha , son
/Neveu , & que s'étant emparé des hauteurs
& des passages des Montagnes , oii s'étoit
retiré le reste des rebelles , ils a voient demandé
à capituler , ce qu'on leur avoit accorde' ; de
Ibrte que cette Régence jouissoit préserfKmeiït
d'une profonde tranquillisé»
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Résumé : TURQUIE ET AFRIQUE.
En 1798, les régences de Tripoli et de Tunis sont en paix avec le Grand Seigneur, qui leur a renouvelé sa protection. En Égypte, les Pachas oppressent la population et une révolte est redoutée. Les Turcs ont vaincu les rebelles égyptiens, causant environ 40 000 morts. À Alger, le Bey se plaint de la faible valeur des présents des États Généraux hollandais et exige que les Hollandais cessent de prêter leur pavillon à des nations ennemies. Le Bey a libéré des effets pris sur un vaisseau hollandais sous condition. Au Maroc, Muley-Abdallah règne pacifiquement sur les royaumes de Maroc et de Fez et traite les esclaves chrétiens avec humanité. À Tunis, le Bey a renforcé les fortifications de Sousse et envoyé des députés à Tripoli pour régler leurs limites. Il a également vaincu le rebelle Ali-Pacha, son neveu, restaurant ainsi la tranquillité dans la régence.
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7
p. 2657-2660
ITALIE.
Début :
La Congregation établie à Rome pour faire construire le nouveau Portail de l'Eglise de [...]
Mots clefs :
Congrégation, Rome, Pape, Obédience, Régence, Duchesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
>
> pour
A Congregation établie à Rome pour faire
construire le nouveau Portail de l'Eglise de
S. Jean de Latran s'assembla le 8. Octobre
chez le Cardinal Corsini chercher les
moyens d'avoir les fonds nécessaires , et il fut
résolu de représenter au Pape , qu'il étoit impossible
d'entreprendre cet Edifice , à moins que
S. S. ne voulût y contribuer de ses propres
deniers , à l'exemple d'Innocent XIII .
On convint aussi de prier le Pape d'écrire à
tous les Princes Catholiques , pour les engager
à contribuer à l'édification d'un Monument qui
doit orner la premiere Eglise de cette Capitale.
L'Architecte qui en a fourni le Dessein , a offert
de le faire executer sans en recevoir aucun émolument
.
> Le Pape a résolu de rétablir l'ancien usage
qui oblige les nouveaux Cardinaux à faire une
Entrée publique , et à se rendre en Cavalcade au
Palais pour l'obédience .
"
Le 30. Octobre , on fit partir pour Civita-
Vecchia , une Chaîne de 66, Criminels , condamnez
aux Galeres du nombre desquels étoit
le Caporal des Sbirres , qui eût l'insolence de
frapper , il y a quelques mois , le Suisse du Ministre
du Roi de Pologne.
Le 7: Ottobre vers les 8 , heures du matin ,
Hv
2658 MERCURE DE FRANCE
on ressentit à Naples une secousse de Tremblement
de Terre , qui ne causa aucun dom- .
mage ; mais le Peuple en fut si fort effrayé ,
qu'il sortit en foule de la Ville et resta jusqu'au
lendemain dans la Campagne.
"
On a fermé à cette occasion tous les Theatres ,
et on a exposé les principales Reliques de l'Eglise
Métropolitaine.
On a appris que la Regence de Parme avoit
fait payer à la Duchesse Doüairiere , Henriette
de Modene , les 60000. Pistoles que le feu Duc
son Epoux lui avoit laissées par son Testament ;
qu'on faisoit à Parme de grands Préparatis.
pour la réception de l'Infant Don Carlos , et
que le bruit couroit qu'on devoit fortifier quelques
Places de ce Duché , pour y former des
Magazins tant de Provisions que de Munitions
de Guerre.
>
>-
On écrit de Florence , que le 18. Octobre
M. Marmos , Auditeur General , eût une longue
Audience du Grand Duc , dans laquelle il fit
en presence de M. Tornaquinci , Secretaire d'Etat
et de l'Auditeur Fiscal , la lecture du projet
de Serment que le Grand Duc doit prêter en
qualité de Tuteur de l'Infant Don Carlos , done
la Princesse Dorothée premiere Duchesse
Douairiere de Parme sera aussi Tutrice jusqu'à
la majorité de ce Prince , qui est fixée à
18. ans.
"
>
L'Escadre du Roy d'Espagne et celle du Roy
d'Angleterre , qui étoient parties le 16 et le 17
Octobre de Barcelonne , parurent à la vûë de
Livourne le 26 sur les 4. heures après midi. Le
27. au matin , elles commencerent à y jetter
P'Ancre elles sont composées de 36 Vaisseaux
de Guerre et de 116 Bâtimens de transport.
:
>
NOVEMBRE 1731. 2659
>
Le 29 on commença à débarquer les Troupes
Espagnoles , qu'on a distribuées dans leurs quartiers
, à mesure qu'elles entroient dans la Ville.
Le Comte Caponi , Gouverneur de Livourne
reçut le même jour les complimens des deux
Commandans de ces Escadres , qui dépêcherent
le soir à Florence deux Officiers de distinction
pour rendre au Grand Duc des respects de leur
part..
Les Galeres du Roy d'Espagne sont restées
à Antibes , où elles attendront l'Infant Don
Carlos , qui montera la Capitane.
Les Gouverneurs de Pise et de Porto- Ferrayo ,
se sont rendus à leurs Gouvernemens » pour recevoir
les détachemens des Troupes Espagnoles ,
qu'on doit envoyer dans ces deux Places.
On a appris de Venise , que le Renegat Jean
Joggia étoit avec son Escadre dans les Mers
du Levant ; qu'il avoit pris un Vaisseau de la
République qu'il en avoit fait massacrer l'Equipage
, et mis le Capitaine aux Fers , et qu'on
craignoit qu'il ne vint attaquer quelques Forte
resses de la Republique dans le Levant
On mande de Genes que le Grand Conseil a
nommé plusieurs Gentilshommes pour compli
menter le Duc de S. Aignan , Ambassadeur du
Roi T. Ch . auprès du S. Siege , à son arrivée
à Genes , et pour lui tenir compagnie pendant
le séjour qu'il y fera..
Les Lettres de Corse portent que le Colone,,
Vela s'étoit emparé de la petite Ville de Luncio,
O plusieurs Rebelles . qui s'y étoient retirés é
avoient été taillés en pieces ; qu'il étoit retourn
ensuite à Ajaccio et que les habitans de plus
sieurs autres Villes de l'Isle de Corse y avoien
euvoyé des Députez pour se soumettre à la République..
Hvis Le
2660 MERCURE DE FRANCE
Le bruit court que , malgré les Négociations ,
commencées pour terminer les affaires de cente
Isle , par l'entremise de l'Empereur , le General
Wachtendonck avoit dû attaquer les Rebelles
dans leurs retranchemens de Vescovado .
L'Officier Allemand que le même General
avoit dépêché à Vienne , pour y porter les Propositions
des Rebelles de l'Isle de Corse , en est
revenu ; et on assure qu'il a rapporté que l'Empereur
étoit disposé à se rendre Mediateur de leur
differend avec la Republique , à condition que
les Chefs de ces Rebelles ne seroient point compris
dans l'Amnistie Generale qu'on accordera à
tous les autres et qu'ils sortiroient de l'Isle
avec leurs Familles et leurs Effets , sans jamais
pouvoir y revenir , sous quelque prétexte que
ce puisse être.
Le bruit court qu'on a attaqué les Rebelles
dans leurs rétranchemens de Vescovado ; qu'ils
ont été contraints de les abandonner , mais que
les Troupes de la Republique , et les Troupes
Auxiliaires de l'Empereur y avoient perdu plu
sieurs Officiers de consideration.
>
> pour
A Congregation établie à Rome pour faire
construire le nouveau Portail de l'Eglise de
S. Jean de Latran s'assembla le 8. Octobre
chez le Cardinal Corsini chercher les
moyens d'avoir les fonds nécessaires , et il fut
résolu de représenter au Pape , qu'il étoit impossible
d'entreprendre cet Edifice , à moins que
S. S. ne voulût y contribuer de ses propres
deniers , à l'exemple d'Innocent XIII .
On convint aussi de prier le Pape d'écrire à
tous les Princes Catholiques , pour les engager
à contribuer à l'édification d'un Monument qui
doit orner la premiere Eglise de cette Capitale.
L'Architecte qui en a fourni le Dessein , a offert
de le faire executer sans en recevoir aucun émolument
.
> Le Pape a résolu de rétablir l'ancien usage
qui oblige les nouveaux Cardinaux à faire une
Entrée publique , et à se rendre en Cavalcade au
Palais pour l'obédience .
"
Le 30. Octobre , on fit partir pour Civita-
Vecchia , une Chaîne de 66, Criminels , condamnez
aux Galeres du nombre desquels étoit
le Caporal des Sbirres , qui eût l'insolence de
frapper , il y a quelques mois , le Suisse du Ministre
du Roi de Pologne.
Le 7: Ottobre vers les 8 , heures du matin ,
Hv
2658 MERCURE DE FRANCE
on ressentit à Naples une secousse de Tremblement
de Terre , qui ne causa aucun dom- .
mage ; mais le Peuple en fut si fort effrayé ,
qu'il sortit en foule de la Ville et resta jusqu'au
lendemain dans la Campagne.
"
On a fermé à cette occasion tous les Theatres ,
et on a exposé les principales Reliques de l'Eglise
Métropolitaine.
On a appris que la Regence de Parme avoit
fait payer à la Duchesse Doüairiere , Henriette
de Modene , les 60000. Pistoles que le feu Duc
son Epoux lui avoit laissées par son Testament ;
qu'on faisoit à Parme de grands Préparatis.
pour la réception de l'Infant Don Carlos , et
que le bruit couroit qu'on devoit fortifier quelques
Places de ce Duché , pour y former des
Magazins tant de Provisions que de Munitions
de Guerre.
>
>-
On écrit de Florence , que le 18. Octobre
M. Marmos , Auditeur General , eût une longue
Audience du Grand Duc , dans laquelle il fit
en presence de M. Tornaquinci , Secretaire d'Etat
et de l'Auditeur Fiscal , la lecture du projet
de Serment que le Grand Duc doit prêter en
qualité de Tuteur de l'Infant Don Carlos , done
la Princesse Dorothée premiere Duchesse
Douairiere de Parme sera aussi Tutrice jusqu'à
la majorité de ce Prince , qui est fixée à
18. ans.
"
>
L'Escadre du Roy d'Espagne et celle du Roy
d'Angleterre , qui étoient parties le 16 et le 17
Octobre de Barcelonne , parurent à la vûë de
Livourne le 26 sur les 4. heures après midi. Le
27. au matin , elles commencerent à y jetter
P'Ancre elles sont composées de 36 Vaisseaux
de Guerre et de 116 Bâtimens de transport.
:
>
NOVEMBRE 1731. 2659
>
Le 29 on commença à débarquer les Troupes
Espagnoles , qu'on a distribuées dans leurs quartiers
, à mesure qu'elles entroient dans la Ville.
Le Comte Caponi , Gouverneur de Livourne
reçut le même jour les complimens des deux
Commandans de ces Escadres , qui dépêcherent
le soir à Florence deux Officiers de distinction
pour rendre au Grand Duc des respects de leur
part..
Les Galeres du Roy d'Espagne sont restées
à Antibes , où elles attendront l'Infant Don
Carlos , qui montera la Capitane.
Les Gouverneurs de Pise et de Porto- Ferrayo ,
se sont rendus à leurs Gouvernemens » pour recevoir
les détachemens des Troupes Espagnoles ,
qu'on doit envoyer dans ces deux Places.
On a appris de Venise , que le Renegat Jean
Joggia étoit avec son Escadre dans les Mers
du Levant ; qu'il avoit pris un Vaisseau de la
République qu'il en avoit fait massacrer l'Equipage
, et mis le Capitaine aux Fers , et qu'on
craignoit qu'il ne vint attaquer quelques Forte
resses de la Republique dans le Levant
On mande de Genes que le Grand Conseil a
nommé plusieurs Gentilshommes pour compli
menter le Duc de S. Aignan , Ambassadeur du
Roi T. Ch . auprès du S. Siege , à son arrivée
à Genes , et pour lui tenir compagnie pendant
le séjour qu'il y fera..
Les Lettres de Corse portent que le Colone,,
Vela s'étoit emparé de la petite Ville de Luncio,
O plusieurs Rebelles . qui s'y étoient retirés é
avoient été taillés en pieces ; qu'il étoit retourn
ensuite à Ajaccio et que les habitans de plus
sieurs autres Villes de l'Isle de Corse y avoien
euvoyé des Députez pour se soumettre à la République..
Hvis Le
2660 MERCURE DE FRANCE
Le bruit court que , malgré les Négociations ,
commencées pour terminer les affaires de cente
Isle , par l'entremise de l'Empereur , le General
Wachtendonck avoit dû attaquer les Rebelles
dans leurs retranchemens de Vescovado .
L'Officier Allemand que le même General
avoit dépêché à Vienne , pour y porter les Propositions
des Rebelles de l'Isle de Corse , en est
revenu ; et on assure qu'il a rapporté que l'Empereur
étoit disposé à se rendre Mediateur de leur
differend avec la Republique , à condition que
les Chefs de ces Rebelles ne seroient point compris
dans l'Amnistie Generale qu'on accordera à
tous les autres et qu'ils sortiroient de l'Isle
avec leurs Familles et leurs Effets , sans jamais
pouvoir y revenir , sous quelque prétexte que
ce puisse être.
Le bruit court qu'on a attaqué les Rebelles
dans leurs rétranchemens de Vescovado ; qu'ils
ont été contraints de les abandonner , mais que
les Troupes de la Republique , et les Troupes
Auxiliaires de l'Empereur y avoient perdu plu
sieurs Officiers de consideration.
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Résumé : ITALIE.
En octobre 1731, à Rome, une congrégation se réunit pour discuter de la construction du nouveau portail de l'église Saint-Jean-de-Latran. Il fut décidé de solliciter une contribution financière du Pape et des princes catholiques. L'architecte proposa de réaliser le projet sans rémunération. Le Pape rétablit également l'usage des entrées publiques des nouveaux cardinaux. Le 30 octobre, 66 criminels, dont un caporal des sbires, furent envoyés aux galères à Civita-Vecchia. À Naples, une secousse de tremblement de terre le 7 octobre effraya la population, entraînant la fermeture des théâtres et l'exposition des principales reliques de l'église métropolitaine. À Parme, la régence versa 60 000 pistoles à la duchesse douairière Henriette de Modène et se préparait à recevoir l'infant Don Carlos. Des rumeurs circulaient sur la fortification de certaines places du duché. À Florence, l'auditeur général Marmos lut un projet de serment que le grand-duc devait prêter en tant que tuteur de Don Carlos. La princesse Dorothée était également tutrice jusqu'à la majorité du prince, fixée à 18 ans. Les escadres du roi d'Espagne et du roi d'Angleterre, composées de 36 vaisseaux de guerre et 116 bâtiments de transport, apparurent à Livourne le 26 octobre. Le 27, elles commencèrent à débarquer les troupes espagnoles. Les gouverneurs de Pise et de Porto-Ferrajo se rendirent à leurs postes pour recevoir les détachements des troupes espagnoles. À Venise, le renégat Jean Joggia attaqua un vaisseau de la République, massacrant l'équipage et capturant le capitaine. À Gênes, le grand conseil nomma des gentilshommes pour accueillir l'ambassadeur du roi auprès du Saint-Siège. En Corse, le colonel Vela s'empara de la ville de Luncio et reçut la soumission de plusieurs autres villes. Des négociations étaient en cours pour terminer les affaires de l'île, avec l'Empereur comme médiateur potentiel. Les rebelles furent attaqués dans leurs retranchements de Vescovado, mais les troupes subirent des pertes.
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8
p. 206-207
De l'Armée du Bas Rhin, le 24 Février.
Début :
Nous jouissons, dans nos quartiers, de toute la tranquillité qu'on peut desirer. [...]
Mots clefs :
Maréchal Broglie, Détachement, Protection, Villes, Armée alliée, Prince, Commandant, Landgrave, Général, Roi, Ordonnance, Régence, Rébellion matée, Punition, Magistrats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée du Bas Rhin, le 24 Février.
De l'Armée du Bas Rhin , le 24 Février.
Nous jouillons , dans nos quartiers , de toute
Ia tranquillité qu'on peut defirer. Le Maréchal.
de Broglie a envoyé à Fulde un fort détachement ,
compofé de piquets de divers Régimens , fous les
ordres du fieur du Vair. Cette difpofition a pour
objet de protéger cette Ville , contre les partis de
F'Armée alliée , qui ne ceffoient d'y commettre
des exactions .
La Régence du Comté de Hanau , ayant reçu
la-nouvelle de la mort du Landgrave de Helle-
Caffel , en informa le Maréchal Duc de Broglie ;
& tout de fuite elle demanda au Prince de Robecq
, Commandant, pour le Roi de France, dans
la Ville de Hanau , la permiffion de notifier cet
événe nent aux Peuples : mais au lieu de cette
fimple notification , elle fit une eſpèce d'acte de
prife de poffeffion du Comté de Hanau , en faveur
du Prince Guillaume de Helle Caffel , fils
aîné du nouveau Landgrave . Comme certe entreprise
fut exécutée à l'infçu du Maréchal de
Broglie , dans un Pays qui ne peut & ne doit
reconnoître d'autre autorité que celle du Roi
de France , qui en a la poffeffion actuelle , par
le droit des armes , ce Général fit arrêter le 9 de
ce mois , les quatre principaux Officiers de cette
AVRIL. 1760. 207
Régence , & il les fit conduire dans une Maiſon
fûre,pour yêtre féparément & étroitement gardés,
jufqu'a ce qu'il eût reçu les ordres du Roi fon
Maitre en conféquence defquels , il fic fubie
hier le même fort aux autres Officiers de la Régence.
En même temps , il fit publier une Ordonnance
, qui , en annullant la proclamation
faite d'autorité privée par cette Régence , comme
attentatoire aux droits que les loix de la
guerre donnent à Sa Majeſté Trés - Chrétienne , &
en fufpendant les fonctions , condamne les
Membres qui la compofent , à refter en prifon ,
jufqu'à ce qu'ils ayent payé la fomme de deux
cens mille écus , en expiation de leur rébellion.
Cette punition paroîtra ſévère , au premier coup
d'oeil ; mais elle eft douce en comparaiſon des
traitemens rigoureux , que le Roi de Prulle fait
éprouver aux Magiftrats de Leipfick & autres
Villes . D'ailleurs , elle ne peut être que juſte ,
étant inoui que les Magiftrats d'un Pays occupé
par le droit des armes , oublient jufqu'à un tel
point leur devoir à l'égard de la Puiffance qui
les a foumis.
Nous jouillons , dans nos quartiers , de toute
Ia tranquillité qu'on peut defirer. Le Maréchal.
de Broglie a envoyé à Fulde un fort détachement ,
compofé de piquets de divers Régimens , fous les
ordres du fieur du Vair. Cette difpofition a pour
objet de protéger cette Ville , contre les partis de
F'Armée alliée , qui ne ceffoient d'y commettre
des exactions .
La Régence du Comté de Hanau , ayant reçu
la-nouvelle de la mort du Landgrave de Helle-
Caffel , en informa le Maréchal Duc de Broglie ;
& tout de fuite elle demanda au Prince de Robecq
, Commandant, pour le Roi de France, dans
la Ville de Hanau , la permiffion de notifier cet
événe nent aux Peuples : mais au lieu de cette
fimple notification , elle fit une eſpèce d'acte de
prife de poffeffion du Comté de Hanau , en faveur
du Prince Guillaume de Helle Caffel , fils
aîné du nouveau Landgrave . Comme certe entreprise
fut exécutée à l'infçu du Maréchal de
Broglie , dans un Pays qui ne peut & ne doit
reconnoître d'autre autorité que celle du Roi
de France , qui en a la poffeffion actuelle , par
le droit des armes , ce Général fit arrêter le 9 de
ce mois , les quatre principaux Officiers de cette
AVRIL. 1760. 207
Régence , & il les fit conduire dans une Maiſon
fûre,pour yêtre féparément & étroitement gardés,
jufqu'a ce qu'il eût reçu les ordres du Roi fon
Maitre en conféquence defquels , il fic fubie
hier le même fort aux autres Officiers de la Régence.
En même temps , il fit publier une Ordonnance
, qui , en annullant la proclamation
faite d'autorité privée par cette Régence , comme
attentatoire aux droits que les loix de la
guerre donnent à Sa Majeſté Trés - Chrétienne , &
en fufpendant les fonctions , condamne les
Membres qui la compofent , à refter en prifon ,
jufqu'à ce qu'ils ayent payé la fomme de deux
cens mille écus , en expiation de leur rébellion.
Cette punition paroîtra ſévère , au premier coup
d'oeil ; mais elle eft douce en comparaiſon des
traitemens rigoureux , que le Roi de Prulle fait
éprouver aux Magiftrats de Leipfick & autres
Villes . D'ailleurs , elle ne peut être que juſte ,
étant inoui que les Magiftrats d'un Pays occupé
par le droit des armes , oublient jufqu'à un tel
point leur devoir à l'égard de la Puiffance qui
les a foumis.
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Résumé : De l'Armée du Bas Rhin, le 24 Février.
Le 24 février, l'Armée du Bas-Rhin est en paix dans ses quartiers. Le maréchal de Broglie envoie un détachement à Fulde pour protéger la ville contre les exactions de l'Armée alliée. La Régence du Comté de Hanau informe le maréchal de Broglie de la mort du Landgrave de Hesse-Cassel et demande au Prince de Robecq la permission de notifier cet événement aux habitants. Profitant de cette occasion, la Régence proclame la prise de possession du Comté de Hanau en faveur du Prince Guillaume de Hesse-Cassel, fils aîné du nouveau Landgrave, sans l'aval du maréchal de Broglie. Cette action est perçue comme une atteinte aux droits du Roi de France, qui possède actuellement le Comté par le droit des armes. En conséquence, le maréchal fait arrêter les quatre principaux officiers de la Régence le 9 avril et les place en garde à vue. Il publie une ordonnance annulant la proclamation de la Régence, suspendant les fonctions de ses membres et les condamnant à payer une amende de deux cent mille écus pour expier leur rébellion. Cette punition est justifiée par l'oubli de leur devoir envers la puissance occupante.
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9
p. 185-186
De HAMBOURG, le 15 Octobre.
Début :
IL est à craindre que les différends qui s'élevent entre le Roi de Danemarck & l'Impératrice de [...]
Mots clefs :
Régence, Prince, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De HAMBOURG, le 15 Octobre.
De HAMBOUrg , le i 15 Octobre.
IL eft à craindre que les différends qui s'élevent
entre le Roi de Danemarck & l'Impératrice de
Ruffie au fujet de l'adminiſtration du Duché de
Holftein n'ayent des fuites plus fâcheufes qu'on
ne l'avoit d'abord imaginé. La ceffion que le Roi
de Suéde a faite de fes droits au Roi de Dannemarck
par une convention particuliere , dont la
Ruffie ni les Princes freres de Sa Majeſté Suédoiſe
n'ont eu aucune connoiffance, ne fera vraisemblablement
pas reconnue ni adoptée par la Czarines
& cette Princeffe étant déclarée tutrice du Prince
fon fils , ne paroît pas difpoflée à partager le gouvernement
de les Etats . La Régence de Kiel avoit
dépêché un Courier à Petersbourg pour informer
Sa Majesté Impériale que le Roi de Dannemarck
avoit nommé des Commiffaires qui devoient régir
en fon nom le Duché de Holſtein pendant la
minorité du jeune Duc Paul Petrowitz . Au retour
du Courier la Régence de Kiel a fait arracher publiquement
les placards que les Commiffaires de
la Cour de Coppenhague avoient fait afficher
pour faire reconnoître l'autorité du Roi leur
maître & leurs pouvoirs. Le Prince George ,
nommé Gouverneur Général du Holſtein , doit
s'arrêter ici jufqu'à ce que ces différends foient
terminés.
186 MERCURE DE FRANCE.
Tout eft dans la plus grande confuſion à Mittau.
Le parti du Duc de Biren s'accroît chaque
jour. Ce Prince pourroit cependant rencontrer encore
des obftacles pour l'inveftiture des Duchés
de Courlande & de Semigalle , parce qu'il doit la
recevoir du Roi & de la République de Pologne ,
qui ont le droit de Souveraineté fur ces Fiefs . Le
parti du Prince Charles paroît difpofé a défendre
avec vigueur l'élection de ce Prince.
IL eft à craindre que les différends qui s'élevent
entre le Roi de Danemarck & l'Impératrice de
Ruffie au fujet de l'adminiſtration du Duché de
Holftein n'ayent des fuites plus fâcheufes qu'on
ne l'avoit d'abord imaginé. La ceffion que le Roi
de Suéde a faite de fes droits au Roi de Dannemarck
par une convention particuliere , dont la
Ruffie ni les Princes freres de Sa Majeſté Suédoiſe
n'ont eu aucune connoiffance, ne fera vraisemblablement
pas reconnue ni adoptée par la Czarines
& cette Princeffe étant déclarée tutrice du Prince
fon fils , ne paroît pas difpoflée à partager le gouvernement
de les Etats . La Régence de Kiel avoit
dépêché un Courier à Petersbourg pour informer
Sa Majesté Impériale que le Roi de Dannemarck
avoit nommé des Commiffaires qui devoient régir
en fon nom le Duché de Holſtein pendant la
minorité du jeune Duc Paul Petrowitz . Au retour
du Courier la Régence de Kiel a fait arracher publiquement
les placards que les Commiffaires de
la Cour de Coppenhague avoient fait afficher
pour faire reconnoître l'autorité du Roi leur
maître & leurs pouvoirs. Le Prince George ,
nommé Gouverneur Général du Holſtein , doit
s'arrêter ici jufqu'à ce que ces différends foient
terminés.
186 MERCURE DE FRANCE.
Tout eft dans la plus grande confuſion à Mittau.
Le parti du Duc de Biren s'accroît chaque
jour. Ce Prince pourroit cependant rencontrer encore
des obftacles pour l'inveftiture des Duchés
de Courlande & de Semigalle , parce qu'il doit la
recevoir du Roi & de la République de Pologne ,
qui ont le droit de Souveraineté fur ces Fiefs . Le
parti du Prince Charles paroît difpofé a défendre
avec vigueur l'élection de ce Prince.
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Résumé : De HAMBOURG, le 15 Octobre.
Le texte décrit des tensions politiques entre le Roi de Danemark et l'Impératrice de Russie concernant l'administration du Duché de Holstein. La cession des droits suédois au Danemark, réalisée sans l'accord de la Russie, pourrait ne pas être reconnue par l'Impératrice, tutrice du Prince Paul Petrowitz. La Régence de Kiel a informé l'Impératrice de la nomination de commissaires danois pour régir le Duché pendant la minorité du jeune Duc, mais a ensuite retiré les affiches annonçant cette nomination. Le Prince George, Gouverneur Général du Holstein, attend la résolution de ces différends avant de prendre ses fonctions. Par ailleurs, à Mittau, la situation est confuse en raison des rivalités entre les partisans du Duc de Biren et ceux du Prince Charles pour l'investiture des Duchés de Courlande et de Semigalle, dont la souveraineté est partagée entre le Roi de Pologne et la République de Pologne.
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10
p. 180-181
SUITE de l'Article de WARSOVIE.
Début :
Loin donc que Sa Majesté Impériale veuille usurper les droits de la République [...]
Mots clefs :
Majesté impériale, République, Pologne, Duc, Assemblée, Noblesse, Régence, Honneur, Universaux, Souverain, Lettres, Conseil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de l'Article de WARSOVIE.
SUITE de l'Article de WARSOVIE.
„ Loin donc que Sa Majefté Impériale veuille
> ufurper les droits de la République , Elle avoue
» hautement la Suzeraineté de la République de
Pologne fur lefdits Duchés , & elle ne le pro-
» pole pas moins de les maintenir conftamment
» dans leurs dépendances féodales avec la République.
Elle ne reconnoît & ne reconnoîtra
» jamais pour Duc légitime des Duchés de Cour-
>>lande & de Semigalle que le Duc Erneſt -Jean ,
>> invefti légalement du confentement de toute la
République.
כ כ
02
Par- là Sa Majefté Impériale remplit ce qu'exigent
la juftice & le droit du voisinage , & ne
> fait que fuivre les conftitutions & les loix de la
République , à l'exemple de toutes les Puiffances
» de l'Europe qui , en vertu de fes conftitutions ,
» ont reconnu Erneft - Jean , Duc légitime de
Courlande.
Le Duc de Biren, par desUniverfaux datés de Mittau,
oùila fait un voyage leiode ce mois ,a fixé leroe
du mois prochain pour l'affemblée qu'il annonce ,
& en preffant la Régence & la Nobleffe dontelle
fera compofée , de lui rendre hommage
il s'étend fur les fervices que lui rend l'Impératrice
Catherine , en le rétabliffant dans fon
honneur & dans fes biens , fans dire un mot
AVRIL. 1763.
181
ni du Roi ni de la République de Pologne
enfin il déclare que Samedi prochain 22 de ce
mois , il s'établira à Mittau avec toute fa famille.
Le fieur Simolin', Réfident de Ruffie , a
accompagné les Univerfaux du Duc de Biren
' d'une lettre circulaire , dans laquelle il recommande
de la part de fa Cour à la Nobleffe
Courlandoife de fe foumettre à l'ancien Souverain
rappellé. Il promet à ceux qui le reconnoîtront
aujourd'hui , la protection de l'Impératrice
fa maîtreffe , & menace au contraire de l'indignation
de cette Princeffe ceux qui voudroient lui
réfifter. Le Duc Charles , qui eft toujours à Mitrau
, a cru devoir envoyer ces deux Piéces au Roi
fon père , en lui écrivant , comme à fon Seigneur
Suzerain lui dénoncer ces procédés vio- > pour
lens , dont l'effet achévera de détruire fon établiffement
en Courlande : il réclame toujours la
protection du Roi , celle de la République , & les
ordres de Sa Majefté fur la conduite qu'il doit
tenir.
Sa Majesté Polonoiſe a répondu à ce Prince
que , ne pouvant lui rien préfcrire fans l'avis du
Sénat , elle a fait expédier fes Lettres néceffaires
pour le convoquer , & que le réfultat des délibérations
de cette Affemblée fixera le parti qu'il
aura à prendre. On compte que ce Confeil aura
lieu vers la fin du mois . prochain .
„ Loin donc que Sa Majefté Impériale veuille
> ufurper les droits de la République , Elle avoue
» hautement la Suzeraineté de la République de
Pologne fur lefdits Duchés , & elle ne le pro-
» pole pas moins de les maintenir conftamment
» dans leurs dépendances féodales avec la République.
Elle ne reconnoît & ne reconnoîtra
» jamais pour Duc légitime des Duchés de Cour-
>>lande & de Semigalle que le Duc Erneſt -Jean ,
>> invefti légalement du confentement de toute la
République.
כ כ
02
Par- là Sa Majefté Impériale remplit ce qu'exigent
la juftice & le droit du voisinage , & ne
> fait que fuivre les conftitutions & les loix de la
République , à l'exemple de toutes les Puiffances
» de l'Europe qui , en vertu de fes conftitutions ,
» ont reconnu Erneft - Jean , Duc légitime de
Courlande.
Le Duc de Biren, par desUniverfaux datés de Mittau,
oùila fait un voyage leiode ce mois ,a fixé leroe
du mois prochain pour l'affemblée qu'il annonce ,
& en preffant la Régence & la Nobleffe dontelle
fera compofée , de lui rendre hommage
il s'étend fur les fervices que lui rend l'Impératrice
Catherine , en le rétabliffant dans fon
honneur & dans fes biens , fans dire un mot
AVRIL. 1763.
181
ni du Roi ni de la République de Pologne
enfin il déclare que Samedi prochain 22 de ce
mois , il s'établira à Mittau avec toute fa famille.
Le fieur Simolin', Réfident de Ruffie , a
accompagné les Univerfaux du Duc de Biren
' d'une lettre circulaire , dans laquelle il recommande
de la part de fa Cour à la Nobleffe
Courlandoife de fe foumettre à l'ancien Souverain
rappellé. Il promet à ceux qui le reconnoîtront
aujourd'hui , la protection de l'Impératrice
fa maîtreffe , & menace au contraire de l'indignation
de cette Princeffe ceux qui voudroient lui
réfifter. Le Duc Charles , qui eft toujours à Mitrau
, a cru devoir envoyer ces deux Piéces au Roi
fon père , en lui écrivant , comme à fon Seigneur
Suzerain lui dénoncer ces procédés vio- > pour
lens , dont l'effet achévera de détruire fon établiffement
en Courlande : il réclame toujours la
protection du Roi , celle de la République , & les
ordres de Sa Majefté fur la conduite qu'il doit
tenir.
Sa Majesté Polonoiſe a répondu à ce Prince
que , ne pouvant lui rien préfcrire fans l'avis du
Sénat , elle a fait expédier fes Lettres néceffaires
pour le convoquer , & que le réfultat des délibérations
de cette Affemblée fixera le parti qu'il
aura à prendre. On compte que ce Confeil aura
lieu vers la fin du mois . prochain .
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Résumé : SUITE de l'Article de WARSOVIE.
Le texte aborde les relations entre l'Empire et la République de Pologne concernant les duchés de Courlande et de Semigalle. L'empereur reconnaît la suzeraineté de la République sur ces duchés et Ernest-Jean comme duc légitime, conformément aux constitutions et lois de la République ainsi qu'aux reconnaissances des autres puissances européennes. Le duc de Biren convoque une assemblée pour prêter hommage, mettant en avant les services de l'impératrice Catherine sans mentionner le roi ou la République de Pologne. Il annonce également son installation à Mittau avec sa famille. Le résident russe, Simolin, envoie une lettre circulaire exhortant la noblesse courlandaise à se soumettre à Biren, promettant la protection de l'impératrice et menaçant les résistants. Le duc Charles informe le roi de Pologne de ces procédés violents et réclame protection. Le roi convoque le Sénat pour délibérer et prendre une décision à la fin du mois prochain.
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11
p. 207-209
« Le Duc de Biren est arrivé avec sa famille à Mittau, & y a fait son entrée [...] »
Début :
Le Duc de Biren est arrivé avec sa famille à Mittau, & y a fait son entrée [...]
Mots clefs :
Duc de Biren, Magistrat, Garde, Magistrats, Exécution militaire, Régence, Couronne, Troupes russes, Artillerie, Attaque, Lituanie, Noblesse, Armée, Assemblée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Duc de Biren est arrivé avec sa famille à Mittau, & y a fait son entrée [...] »
Le Duc de Biren eſt arrivé avec . La famille
""
20
208 MERCURE DE FRANCE.
•
•
à Mittau , & y a fait fon entrée folemnelle k
22 du mois dernier . Le Magiſtrat & les Gardes
de la Bourgeoifie , qui ont d'abord refuſé de
prêter fement de fidélité au nouveau Duc , y
'ont été contraints par des éxécutions militaires.
Le fieur Simolin a même fait menacer les Magiftrats
de les faire enlever. La nuit avant cette
entrée folemnelle , on avoit enlevé de l'arc de
triomphe érigé en 1759 pour l'hommage rendu
au Prince Charles comme Duc de Courlande ,
la Couronne Royale & Ducale de ce Prince , fes
armes & celles de la Couronne de Pologne ,
ainfi que les infcriptions qui avoient été gra
vées fur ce monument. Les Membres de la Régence
Ducale ont été fommés par un Officier
Ruffe envoyé par le fieur Simolin de reconnoître
& de fervir le Duc de Biren comme légitime Duc
de Courlande ; mais ils ont répondu qu'ils ne
pouvoient le faire ; fans manquet à la fidélité
qu'ils doivent au Roi & à la République comme
Seigneurs Suzerains de ces Duchés , & au double
ferment de Vaffaux & de Serviteurs qu'ils ont
prêté au Prince Charles leur légitime Duc. Le
Dimanche fuivant , les troupes Ruffes ont forcé
la porte de la Tribune Ducale dans la principale
Eglife Luthérienne de Mittau. Le Duc de Biren
s'y est rendu ; & le Sur-Intendant Luthérien a
été forcé de le haranguer en qualité de Souverain
du pays , & d'entonner le Te Deum , qui
a été chanté au bruit d'une décharge de l'artillerie
Ruffe. La Bourgeoisie a été forcée de nouveau
à illuminer fes maifons le foir. Mais tour cet appareil
& ces actes de violence n'ont pu ébranler
la fermeté du Prince Charles , qui perfifte à refter
dans fon Palais jufqu'à la dernière extrémité.
AVRIL. 1763. 209
Du 17 Février..
Des nouvelles de Lithuanie nous apprennent
que le fieur Zabielo , Grand Veneur de ce Duché
, préfidant à la Diétine qui s'eft affemblée le
de ce mois à Kowno pour l'élection des Députés
au Tribunal annuel de Lithuanie , a haran-.
gué la Nobleffe de ce diftrict , & lui a expoſé d'une
manière G pathétique fes droits & la fituation du.
Duc Charles , qu'il a déterminé tous les Gentilshommes
de ce canton , au nombre de près de
cinq cens , à marcher avec leur fuité à Mittau ,
qui n'eft qu'à deux petites journées de Kowno ,
pour y foutenir la caufe du fils de leur Roi , y
défendre fa perfonne , & fe joindre à la partie
de la Nobleffe Courlandoiſe qui lui eſt reſtée fidelle.
Toute cette troupe s'eft mife en marche le 8 ,
accompagnée de quelques Dragons de l'armée de
Lithuanie , & elle a du être rendue le lendemain
à Mittau. On ignore encore quel effet cet événement
aura produit parmi les Partifans du Duc
de Biren , & ce qui s'eft paffé dans l'affemblée
de la Nobleife qu'il avoit indiquée pour le ro..
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20
208 MERCURE DE FRANCE.
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•
à Mittau , & y a fait fon entrée folemnelle k
22 du mois dernier . Le Magiſtrat & les Gardes
de la Bourgeoifie , qui ont d'abord refuſé de
prêter fement de fidélité au nouveau Duc , y
'ont été contraints par des éxécutions militaires.
Le fieur Simolin a même fait menacer les Magiftrats
de les faire enlever. La nuit avant cette
entrée folemnelle , on avoit enlevé de l'arc de
triomphe érigé en 1759 pour l'hommage rendu
au Prince Charles comme Duc de Courlande ,
la Couronne Royale & Ducale de ce Prince , fes
armes & celles de la Couronne de Pologne ,
ainfi que les infcriptions qui avoient été gra
vées fur ce monument. Les Membres de la Régence
Ducale ont été fommés par un Officier
Ruffe envoyé par le fieur Simolin de reconnoître
& de fervir le Duc de Biren comme légitime Duc
de Courlande ; mais ils ont répondu qu'ils ne
pouvoient le faire ; fans manquet à la fidélité
qu'ils doivent au Roi & à la République comme
Seigneurs Suzerains de ces Duchés , & au double
ferment de Vaffaux & de Serviteurs qu'ils ont
prêté au Prince Charles leur légitime Duc. Le
Dimanche fuivant , les troupes Ruffes ont forcé
la porte de la Tribune Ducale dans la principale
Eglife Luthérienne de Mittau. Le Duc de Biren
s'y est rendu ; & le Sur-Intendant Luthérien a
été forcé de le haranguer en qualité de Souverain
du pays , & d'entonner le Te Deum , qui
a été chanté au bruit d'une décharge de l'artillerie
Ruffe. La Bourgeoisie a été forcée de nouveau
à illuminer fes maifons le foir. Mais tour cet appareil
& ces actes de violence n'ont pu ébranler
la fermeté du Prince Charles , qui perfifte à refter
dans fon Palais jufqu'à la dernière extrémité.
AVRIL. 1763. 209
Du 17 Février..
Des nouvelles de Lithuanie nous apprennent
que le fieur Zabielo , Grand Veneur de ce Duché
, préfidant à la Diétine qui s'eft affemblée le
de ce mois à Kowno pour l'élection des Députés
au Tribunal annuel de Lithuanie , a haran-.
gué la Nobleffe de ce diftrict , & lui a expoſé d'une
manière G pathétique fes droits & la fituation du.
Duc Charles , qu'il a déterminé tous les Gentilshommes
de ce canton , au nombre de près de
cinq cens , à marcher avec leur fuité à Mittau ,
qui n'eft qu'à deux petites journées de Kowno ,
pour y foutenir la caufe du fils de leur Roi , y
défendre fa perfonne , & fe joindre à la partie
de la Nobleffe Courlandoiſe qui lui eſt reſtée fidelle.
Toute cette troupe s'eft mife en marche le 8 ,
accompagnée de quelques Dragons de l'armée de
Lithuanie , & elle a du être rendue le lendemain
à Mittau. On ignore encore quel effet cet événement
aura produit parmi les Partifans du Duc
de Biren , & ce qui s'eft paffé dans l'affemblée
de la Nobleife qu'il avoit indiquée pour le ro..
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Résumé : « Le Duc de Biren est arrivé avec sa famille à Mittau, & y a fait son entrée [...] »
Le Duc de Biren a fait une entrée solennelle à Mittau le 22 du mois dernier. Initialement, le magistrat et les gardes bourgeois avaient refusé de prêter serment de fidélité au nouveau duc, mais ils y ont été contraints par des exécutions militaires. La nuit précédant cette entrée, des éléments symboliques, tels que la couronne royale et ducale du Prince Charles, ont été enlevés d'un arc de triomphe. Les membres de la régence ducale ont refusé de reconnaître le Duc de Biren comme légitime duc de Courlande, invoquant leur fidélité au Roi et à la République. Les troupes russes ont forcé l'accès à la tribune ducale dans la principale église luthérienne de Mittau, où le Duc de Biren a été acclamé par le sur-intendant luthérien. Malgré ces actes de violence, le Prince Charles persiste à rester dans son palais. En Lituanie, le sieur Zabielo, Grand Veneur, a harangué la noblesse lors d'une diétine à Kowno, les incitant à soutenir le Duc Charles. Près de cinq cents gentilshommes se sont mis en marche vers Mittau pour défendre le Duc Charles, accompagnés de quelques dragons de l'armée de Lituanie.
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12
p. 213
De NAPLES le 26 Mars 1763.
Début :
Le Conseil de Rêgence a pris la résolution de repeupler & de fortifier l'Isle [...]
Mots clefs :
Conseil, Régence, Chebecs, Bâtiments, Officier, Soldats, Artillerie, Munitions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De NAPLES le 26 Mars 1763.
De NAPLES le 26 Mars 1763 .
Le Conſeil de Régence a pris la réſolution de
repeupler & de fortifier l'Ile d'Uſtica qui avoie
été ravagée l'année dernière par les Barbareſques,
en conſequence , deux Chebecs ont eu ordre
de mettre à la voilele 23 de ce mois , ayant ſous
leur eſcorte pluſieurs Bâtimens de tranſport , ſur
leſquels eſt embarqué l'Officier qui doit commanderdans
cette Iſle avec deux cens Soldats , un Ingénieur
, pluſieurs Ouvriers , des piéces d'artillerie
, de munitions & différentes fortes des matériaux
.
Le Conſeil de Régence a pris la réſolution de
repeupler & de fortifier l'Ile d'Uſtica qui avoie
été ravagée l'année dernière par les Barbareſques,
en conſequence , deux Chebecs ont eu ordre
de mettre à la voilele 23 de ce mois , ayant ſous
leur eſcorte pluſieurs Bâtimens de tranſport , ſur
leſquels eſt embarqué l'Officier qui doit commanderdans
cette Iſle avec deux cens Soldats , un Ingénieur
, pluſieurs Ouvriers , des piéces d'artillerie
, de munitions & différentes fortes des matériaux
.
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Résumé : De NAPLES le 26 Mars 1763.
Le 26 mars 1763, le Conseil de Régence de Naples a décidé de repeupler et de fortifier l'île d'Ustica. Deux chebecs et plusieurs bâtiments de transport ont quitté Naples le 23 mars avec un officier, deux cents soldats, un ingénieur, des ouvriers, des pièces d'artillerie, des munitions et des matériaux de construction.
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13
p. 208
De WARSOVIE, le 2 Juillet 1763.
Début :
On a appris que le Roi de Prusse, instruit des désordres qui ont été [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Désordres, Prisonnier, Régence, Troupes, Défense, Soldat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De WARSOVIE, le 2 Juillet 1763.
De WARSOVIE , le 2 Juillet 1763.
On a appris que le Roi de Prufſe , inftruit des
défordres qui ont été commis en fon nom , &
auxquels il n'avoit pas voulu ajouter foi , a caffé
la Commiffion établie à Driefon : le Bourguemaltre
Mutmann , a été conduit prifonnier à Stettin ,
& plufieurs autres Officiers ont été arrêtés. Sa
Majefté Pruffienne a chargé en même temps la
Régence de Cuſtrin de faire reſtituer tous les effets
appartenans aux Polonois , qui ſe crouveront à
Driefen. Les Troupes Pruffiennes ont eu les of
dres les plus pofitifs de fe retirer des Terres de Pologne
, où il ne doit reſter qu'un petit Corps deftiné
à eſcorter le refte des Prifonniers Autrichiens ,
& dont on á formé un cordon , avec défenſe ,
fous peine de la vie , à tour Soldat de s'écarter da
pofte qui lui eft affigné.
On a appris que le Roi de Prufſe , inftruit des
défordres qui ont été commis en fon nom , &
auxquels il n'avoit pas voulu ajouter foi , a caffé
la Commiffion établie à Driefon : le Bourguemaltre
Mutmann , a été conduit prifonnier à Stettin ,
& plufieurs autres Officiers ont été arrêtés. Sa
Majefté Pruffienne a chargé en même temps la
Régence de Cuſtrin de faire reſtituer tous les effets
appartenans aux Polonois , qui ſe crouveront à
Driefen. Les Troupes Pruffiennes ont eu les of
dres les plus pofitifs de fe retirer des Terres de Pologne
, où il ne doit reſter qu'un petit Corps deftiné
à eſcorter le refte des Prifonniers Autrichiens ,
& dont on á formé un cordon , avec défenſe ,
fous peine de la vie , à tour Soldat de s'écarter da
pofte qui lui eft affigné.
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Résumé : De WARSOVIE, le 2 Juillet 1763.
Le 2 juillet 1763, à Varsovie, des informations sur des actions prussiennes ont été reçues. Le roi de Prusse a mis fin à la commission de Driefen, arrêté le bourgmestre Mutmann et d'autres officiers. Il a ordonné la restitution des biens polonais et le retrait des troupes prussiennes des terres polonaises, sauf pour escorter des prisonniers autrichiens.
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14
p. 235-237
De FRANCFORT, le 5 Janvier 1764.
Début :
Le Landgrave de Hesse-Cassel ayant résolu de rentrer dans le Corps du Cercle [...]
Mots clefs :
Landgrave de Hesle-Cassel, Mémoire, Régence, Chapitre, Baronne, Comte, Colonel, Exécuteur testamentaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De FRANCFORT, le 5 Janvier 1764.
De FRANCFORT , les Janvier 1764 .
Le Landgrave de Heſſe-Caffel ayant réſolu de
rentrer dans le Corps du Cercle du Haut-Rhin
comme Membre de ce Corps , dont ſa Maiſon
s'étoit détachée depuis pluſieurs années , a adreſſé
à ce ſujet une Lettre aux Etats du Cercle afdemblés
en cette Ville , par laquelle il leur fait part
de ſes intentions .
Il paroît ici un nouveau Mémoire dans lequel
les faits qui ont donné lieu à la détention du
Comte de Wartenſfleben ſont rapportés avec des
circonstances différentes de celles qui ſont contenues
dans l'Expoſé qu'a fait publier à ce ſujet la
Régence de Heſſe-Caffel. Suivant ce Mémoire,
la Baronne de Goerz légua tout ſon bien pour
établir dans ſa maiſon de Hombourg un Chapitre
deDames Nobles , & nomma le Comte de Wartenfleben
Exécuteur de ſon Testament avec des
pleins pouvoirs illimités , ratifiant d'avance tout
ce qu'il jugeroit à propos d'ordonner à ce ſujet.
L'Empereur confirma cette fondation & promit
d'accorder fa protection au Chapitre. La Baronne
de Goerz , que des ſujets de mécontentement
avoient déterminée à quitter la Heffe , exigea
1
236 MERCURE DE FRANCE.
du Comte de, Wartenſleben le ſerment de transférer
ce Chapitre dans un autre Pays Proteftant.
Le 26 Décembre , elle remit un blanc-ſeing au
Comte de Wartellenben pour revendiquer & emporter
trois coffres qu'elle avoit laiffés dans ſa
maiſon de Hombourg en Heſſe. Le Comte de
Wittgenstein , Colonel au ſervice de France ſe
chargea de les faire emporter : il arriva ſur les
lieux muni du blanc-ſeing que l'homme d'affaires
de la Baronne reconnut & en vertu duquel on lui
livra les coffres , pendant qu'on les chargeoit fur
une voiture , les Baillis de Hombourg ſurvinrent
&les firent enlever de force , ſous prétexte que
le plein-pouvoir étoit faux. La publication du
Teftament étant faite , la Ville de Francfort fit
délivrer à l'Exécuteur Teftamentaire tout ce qui
ſe trouvoit dans la maiſon de la Baronne : celuici
en fit faire un inventaire très-légal : il obſerva
les mêmes formalités vis-à-vis de la Régence de
Caffel& tranſporta publiquement une partie de
ces effets à Mayence. Après neuf mois de délai ,
le Bailli de Hombourg rendit les trois coffres que
le Comte de Wittgenstein avoit cachetés ; mais
le Comtede Wartenfleben éprouva plus de difficultés
à Caffel au ſujet de l'article du Teſtament
qui porte que la défunte deſtine ſa maiſonde
Hombourg à l'érection du Chapitre au cas que le
Landgrave veuille lui accorder les droits qui ſeront
demandés par le Directeur ; ſans néanmoins
que cette diſpoſtion empêche l'Exécuteur Teſta
mentaire de transférer ce Chapitre dans un autre
endroit , s'il le juge convenable , & ôte aux Dames
la liberté de pouvoir fortir du Pays quand elles
pourront s'établir ailleurs plus avantageuſement.
Surce ſujet, le Landgrave & la Régence enſuite ,
déclarerentqu'on n'admettroit de cet articleque
FEVRIER. 1764. 237
se qui regardoit l'établiſſement à Hombourg ,&
que tout le reſte étoit regardé comme nul. Enfin
on exigea que le Comte ſe ſoumît à cet égard
aux diſpoſitions de Son Alteſle Sérénitſime, &
qu'il lui rendît compte de ſon adminiſtration
Le Landgrave de Heſſe-Caffel ayant réſolu de
rentrer dans le Corps du Cercle du Haut-Rhin
comme Membre de ce Corps , dont ſa Maiſon
s'étoit détachée depuis pluſieurs années , a adreſſé
à ce ſujet une Lettre aux Etats du Cercle afdemblés
en cette Ville , par laquelle il leur fait part
de ſes intentions .
Il paroît ici un nouveau Mémoire dans lequel
les faits qui ont donné lieu à la détention du
Comte de Wartenſfleben ſont rapportés avec des
circonstances différentes de celles qui ſont contenues
dans l'Expoſé qu'a fait publier à ce ſujet la
Régence de Heſſe-Caffel. Suivant ce Mémoire,
la Baronne de Goerz légua tout ſon bien pour
établir dans ſa maiſon de Hombourg un Chapitre
deDames Nobles , & nomma le Comte de Wartenfleben
Exécuteur de ſon Testament avec des
pleins pouvoirs illimités , ratifiant d'avance tout
ce qu'il jugeroit à propos d'ordonner à ce ſujet.
L'Empereur confirma cette fondation & promit
d'accorder fa protection au Chapitre. La Baronne
de Goerz , que des ſujets de mécontentement
avoient déterminée à quitter la Heffe , exigea
1
236 MERCURE DE FRANCE.
du Comte de, Wartenſleben le ſerment de transférer
ce Chapitre dans un autre Pays Proteftant.
Le 26 Décembre , elle remit un blanc-ſeing au
Comte de Wartellenben pour revendiquer & emporter
trois coffres qu'elle avoit laiffés dans ſa
maiſon de Hombourg en Heſſe. Le Comte de
Wittgenstein , Colonel au ſervice de France ſe
chargea de les faire emporter : il arriva ſur les
lieux muni du blanc-ſeing que l'homme d'affaires
de la Baronne reconnut & en vertu duquel on lui
livra les coffres , pendant qu'on les chargeoit fur
une voiture , les Baillis de Hombourg ſurvinrent
&les firent enlever de force , ſous prétexte que
le plein-pouvoir étoit faux. La publication du
Teftament étant faite , la Ville de Francfort fit
délivrer à l'Exécuteur Teftamentaire tout ce qui
ſe trouvoit dans la maiſon de la Baronne : celuici
en fit faire un inventaire très-légal : il obſerva
les mêmes formalités vis-à-vis de la Régence de
Caffel& tranſporta publiquement une partie de
ces effets à Mayence. Après neuf mois de délai ,
le Bailli de Hombourg rendit les trois coffres que
le Comte de Wittgenstein avoit cachetés ; mais
le Comtede Wartenfleben éprouva plus de difficultés
à Caffel au ſujet de l'article du Teſtament
qui porte que la défunte deſtine ſa maiſonde
Hombourg à l'érection du Chapitre au cas que le
Landgrave veuille lui accorder les droits qui ſeront
demandés par le Directeur ; ſans néanmoins
que cette diſpoſtion empêche l'Exécuteur Teſta
mentaire de transférer ce Chapitre dans un autre
endroit , s'il le juge convenable , & ôte aux Dames
la liberté de pouvoir fortir du Pays quand elles
pourront s'établir ailleurs plus avantageuſement.
Surce ſujet, le Landgrave & la Régence enſuite ,
déclarerentqu'on n'admettroit de cet articleque
FEVRIER. 1764. 237
se qui regardoit l'établiſſement à Hombourg ,&
que tout le reſte étoit regardé comme nul. Enfin
on exigea que le Comte ſe ſoumît à cet égard
aux diſpoſitions de Son Alteſle Sérénitſime, &
qu'il lui rendît compte de ſon adminiſtration
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Résumé : De FRANCFORT, le 5 Janvier 1764.
En janvier 1764, le Landgrave de Hesse-Cassel a annoncé son intention de réintégrer le Corps du Cercle du Haut-Rhin. Parallèlement, un mémoire a relaté les événements menant à la détention du Comte de Wartensleben. La Baronne de Goerz avait légué ses biens pour créer un chapitre de dames nobles à Hombourg, nommant le Comte exécuteur testamentaire. L'Empereur a confirmé cette fondation. La Baronne a ensuite exigé le transfert du chapitre dans un autre pays protestant. Le 26 décembre, elle a remis un blanc-seing au Comte pour récupérer des coffres à Hombourg, saisis par les baillis locaux. Après la publication du testament, Francfort a délivré les biens de la Baronne à l'exécuteur, qui en a fait un inventaire et transporté des effets à Mayence. Neuf mois plus tard, les coffres ont été rendus au Comte, mais des désaccords sont survenus concernant la maison de Hombourg. Le Landgrave et la Régence ont refusé de valider l'intégralité du testament, exigeant que le Comte se soumette à leurs dispositions.
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15
p. 204
De MARSEILLE, le 3 Février 1764.
Début :
Les différends qui s'étoient élevés entre notre Nation & la Régence d'Alger viennent [...]
Mots clefs :
Différends, Régence, Nation, Escadre, Chevalier, Consul, Arrangement, Intelligence
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texteReconnaissance textuelle : De MARSEILLE, le 3 Février 1764.
De MARSEILLE , le 3 Février 1764.
L E s différends qui s'étoient élevés entre notre
Nation & la Régence d'Alger viennent d'être
heureuſement terminés par les ſoins du Chevalier
de Fabry, Commandant l'Eſcadre du Roi & du
ſieur Valliere, Conſul de la Nation auprès de
cette Régence. Par cet arrangement la bonne
intelligence ſe trouve rétablie d'une manière
avantageuſe & ſolide.
L E s différends qui s'étoient élevés entre notre
Nation & la Régence d'Alger viennent d'être
heureuſement terminés par les ſoins du Chevalier
de Fabry, Commandant l'Eſcadre du Roi & du
ſieur Valliere, Conſul de la Nation auprès de
cette Régence. Par cet arrangement la bonne
intelligence ſe trouve rétablie d'une manière
avantageuſe & ſolide.
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16
p. 147-148
De FRANCFORT, le 2 Septembre 1764.
Début :
Le différend qui étoit survenu entre les Etats-Généraux & le Landgrave [...]
Mots clefs :
États généraux, Landgrave, Dispute, Régence, Cassel, Comte, Ministres, Conseillers, Estime, Amitié, Déclaration, Envoyé , Satisfaction, Pouvoir, Mémoire, Hautes Puissances
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De FRANCFORT, le 2 Septembre 1764.
De FRANCFORT , le 2 Septembre 1764.
Le différend qui étoit furvenu entre les Etats-
Généraux & le Landgrave de Heffe - Caffel au
fujet de la conduite tenue par la Régence de
-Caffel à l'égard du Comte de Warſtenſleben , Miniftre
de Leurs Hautes Puiffances auprès du
Cercle du- Haut - Rhin . vient d'être terminé . Le
Sieur de Mofer , Confeiller Privé , que le Landgrave
avoit envoyé pour cet effet en qualité de
fon Miniftre à la Haye , fut introduit , le 30 du
mois dernier , dans la Chambre de Treves ; il
y fit en François aux Députés des Etats - Généraux
la Déclaration fuivante qu'il leur remit enfuite
par écrit en Langue Allemande.
20
39
» Son Altele Séréniflime Mgr le Landgrave
Régnant de Heffe- Caffel , en conféquence de
l'eftime & de l'amitié qu'il a vouées de tout
temps aux Seigneurs les Etats - Généraux , a appris
» avec fenfibilité le mécontentement que Leurs
Hautes Puiffances,contre toute attente , fe croyent
» autorifées à prendre de la conduite tenue par
» la Régence de Caffel , pour des raifons con-
» nues , à l'égard du Comte de Wartenfleben.
Comme Son Alteffe Séréniffime eft très- éloignée
de conniver en aucune manière , avec au-
>> cun de fes Collégues de juftice , en ce qui
» pourroit léfer les droits & les dignités d'un
Etat voifin & ami , Elle m'a envoyé expreſſément
ici , par confidération particulière d'amitié
, pour témoigner & réitérer qu'en tout
Son Altele Séréniffime n'a jamais eu la vo-
» lonté ni l'intention d'offenfer la République
» ou de porter la moindre atteinte à les droits
» & prérogatives.
» Son Altele Séréniffime effére & fe flatte
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
que Leurs Hautes Puiffances trouveront cette
>> Déclaration conforme au defir fincère avec
»lequel Mgr le Landgrave demande l'amitié
& la bienveillance de l'Etat , tant pour le préfent
que pour l'avenir.
Les Etats -Généraux ont fait répondre au Sieur
Mofer par leurs Députés , qu'ils étoient contens
de cette Déclaration , & que c'étoit avec bien
de la fatisfaction qu'ils voyoient terminer par là
les différends furvenus entre eux & le Landgrave
de Heffe- Caffel , & rétablir la bonne intelligence
& l'amitié qui de tout temps ont fubfifté
entre la République & la Maiſon de Heffe ,
& au maintien defquelles Leurs Hautes Puiflances
Le propofent de concourir de tout leur pouvoir.
Le 4 du même mois , le feur de Mofer eut une
nouvelle conférence avec les Députés des Etats-
Généraux , & leur remit un Mémoire concernant
les Griefs de Landgrave de Heffe contre le Comte
de Wartenfleben qui , de fon côté , a envoyé à
Leurs Hautes Puiffances un autre Mémoire , par
jequel il juftifié la conduite .
Le différend qui étoit furvenu entre les Etats-
Généraux & le Landgrave de Heffe - Caffel au
fujet de la conduite tenue par la Régence de
-Caffel à l'égard du Comte de Warſtenſleben , Miniftre
de Leurs Hautes Puiffances auprès du
Cercle du- Haut - Rhin . vient d'être terminé . Le
Sieur de Mofer , Confeiller Privé , que le Landgrave
avoit envoyé pour cet effet en qualité de
fon Miniftre à la Haye , fut introduit , le 30 du
mois dernier , dans la Chambre de Treves ; il
y fit en François aux Députés des Etats - Généraux
la Déclaration fuivante qu'il leur remit enfuite
par écrit en Langue Allemande.
20
39
» Son Altele Séréniflime Mgr le Landgrave
Régnant de Heffe- Caffel , en conféquence de
l'eftime & de l'amitié qu'il a vouées de tout
temps aux Seigneurs les Etats - Généraux , a appris
» avec fenfibilité le mécontentement que Leurs
Hautes Puiffances,contre toute attente , fe croyent
» autorifées à prendre de la conduite tenue par
» la Régence de Caffel , pour des raifons con-
» nues , à l'égard du Comte de Wartenfleben.
Comme Son Alteffe Séréniffime eft très- éloignée
de conniver en aucune manière , avec au-
>> cun de fes Collégues de juftice , en ce qui
» pourroit léfer les droits & les dignités d'un
Etat voifin & ami , Elle m'a envoyé expreſſément
ici , par confidération particulière d'amitié
, pour témoigner & réitérer qu'en tout
Son Altele Séréniffime n'a jamais eu la vo-
» lonté ni l'intention d'offenfer la République
» ou de porter la moindre atteinte à les droits
» & prérogatives.
» Son Altele Séréniffime effére & fe flatte
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
que Leurs Hautes Puiffances trouveront cette
>> Déclaration conforme au defir fincère avec
»lequel Mgr le Landgrave demande l'amitié
& la bienveillance de l'Etat , tant pour le préfent
que pour l'avenir.
Les Etats -Généraux ont fait répondre au Sieur
Mofer par leurs Députés , qu'ils étoient contens
de cette Déclaration , & que c'étoit avec bien
de la fatisfaction qu'ils voyoient terminer par là
les différends furvenus entre eux & le Landgrave
de Heffe- Caffel , & rétablir la bonne intelligence
& l'amitié qui de tout temps ont fubfifté
entre la République & la Maiſon de Heffe ,
& au maintien defquelles Leurs Hautes Puiflances
Le propofent de concourir de tout leur pouvoir.
Le 4 du même mois , le feur de Mofer eut une
nouvelle conférence avec les Députés des Etats-
Généraux , & leur remit un Mémoire concernant
les Griefs de Landgrave de Heffe contre le Comte
de Wartenfleben qui , de fon côté , a envoyé à
Leurs Hautes Puiffances un autre Mémoire , par
jequel il juftifié la conduite .
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Résumé : De FRANCFORT, le 2 Septembre 1764.
Le 2 septembre 1764, un différend entre les États-Généraux et le Landgrave de Hesse-Cassel concernant la conduite de la Régence de Cassel à l'égard du Comte de Warstensleben, ministre des Hautes Puissances auprès du Cercle du Haut-Rhin, a été résolu. Le Sieur de Moser, conseiller privé et ministre du Landgrave, a été envoyé à La Haye pour cette mission. Le 30 août, il a présenté une déclaration en français aux députés des États-Généraux, qu'il leur a ensuite remise par écrit en langue allemande. Le Landgrave a exprimé son mécontentement face à la conduite de la Régence de Cassel et a affirmé son intention de ne jamais offenser la République ou porter atteinte à ses droits et prérogatives. Il a également réitéré son désir de maintenir l'amitié et la bienveillance avec les États-Généraux. Les États-Généraux ont accepté cette déclaration et ont exprimé leur satisfaction de voir les différends terminés, rétablissant ainsi la bonne intelligence et l'amitié entre la République et la Maison de Hesse. Le 4 septembre, le Sieur de Moser a eu une nouvelle conférence avec les députés des États-Généraux pour discuter des griefs du Landgrave contre le Comte de Warstensleben, qui a également envoyé un mémoire pour justifier sa conduite.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17
p. 198-199
D'AMSTERDAM, le 9 Octobre 1764.
Début :
On a appris ici, par une Lettre écrite de Turin, [...]
Mots clefs :
Lettre, Différends, Cour de Suède, Régence, Liberté de navigation, Amitié
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : D'AMSTERDAM, le 9 Octobre 1764.
D'AMSTERDAM , le 9 Octobre 1764.
On a appris ici , par une Lettre écrite de Tunis
, en date du 7 Septembre dernier , que les
différends qui s'étoient élevés entre la Cour de
Suéde & cette Régence font entiérement terminés.
Tous les Bâtimens Suédois peuvent aЯuelleDECEMBRE.
1764.
199
ment naviguer librement , le Roi ayant ordonné
qu'on les traitât partout & en toute occafion comme
amis , & qu'on ne les moleftât en aucune manière
, fous peine d'encourir fa difgrace.
On a appris ici , par une Lettre écrite de Tunis
, en date du 7 Septembre dernier , que les
différends qui s'étoient élevés entre la Cour de
Suéde & cette Régence font entiérement terminés.
Tous les Bâtimens Suédois peuvent aЯuelleDECEMBRE.
1764.
199
ment naviguer librement , le Roi ayant ordonné
qu'on les traitât partout & en toute occafion comme
amis , & qu'on ne les moleftât en aucune manière
, fous peine d'encourir fa difgrace.
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