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1
p. 170-202
Siege de Valenciennes, contenant plusieurs Particularitez qui n'ont point encore esté sçeuës, & les Noms de tous ceux qui se sont signalez, des Morts, des Blessez, & de ceux dont la Valeur a esté récompensée. [titre d'après la table]
Début :
Les secours qu'il reçoit de tant de Divinitez, sont bien moins [...]
Mots clefs :
Siège de Valenciennes, Marquis, Camp, Moniteur, Garde, Brigadier, Aide, Maréchal, Cavalerie, Attaque
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texteReconnaissance textuelle : Siege de Valenciennes, contenant plusieurs Particularitez qui n'ont point encore esté sçeuës, & les Noms de tous ceux qui se sont signalez, des Morts, des Blessez, & de ceux dont la Valeur a esté récompensée. [titre d'après la table]
Les fccours qu’il reçoit de
tant de Divinitez, font
bien moins confidérables
que les fervices que luy
rend Monficur de Louvois;
on n’a jamais veu une activité pareille à la fienne, &
il conduit avec tantdeprudence toutes les chofes
qu’il entreprend, qu’il ne
faut pas s’étonner fi elles
luy reüflïlTent toujours fi
heureufement. Sa grande
application auxAffaires,lon
extraordinaire prévoyance,
& fes foins continuels, ont
fait fleurir, pour les Armées
G A L A N T . 1 ? i
duRoy feulement, les mois
de May & de Juin dés la fin
de Février, & (ce qui n’avoit jamais eftéveu) a étonné cette année tous les Peuples qui en ont oüy parler;
^'cinquante mille Hom
mes de Cavalerie & d’infanterie, ont trouvé toutes
fortes de provifions, & fur
tout des fourages, dans une
Saifon peu avancée, dans
un Pais ruiné, & fur des
terres encor couvertes de
neiges : Cependant rien
n a manqué, tout a marché
malgré les mauvais che-
I
7
z LE MERCURE
mins, les Travaux fe font
faits malgré’les injures de
1 air-, & une Place où rien
ne mànquoit , qui cftoit
confidérable par les Fortifications, difficile à prendre
àcaufe de fa fituation, défendue par un brave Gouverneur qui avoir toute la
réfolution qu’il faloit pour
foûtenir un long Siégé, Si
par une Garnifon notngnols, de Walons, d Italiens , d’Allemans, & de
quantité de Nobleffie du
Pais,fans compter lesBour-
GALANT. i7
<
les armes; une Place,dis-je,
fi forte & fi bien pourveue
de toutes choies, a efté
prife d ’aiTaut apres huit
jours de tranchée ouverte.
C’eft ce qui paroiftra incroyable aux Siècles futurs, &qui ne fera pas feulement admirer la valeur Se
la parfaite intelligence du
Roy auMeftier de la guerre -, mais fa prudence à
choifir des Minières habiles & zélez pour fon fervice, &dont la prévoyance
a toujours efté fi grande,
P h
i
7 4 LE MERCURE |
qu’il n’a jamais manqué de 1
trouver en abondance & f
l’argent, & toutes les autres a
chofes necefTaires pour le- à
xecution des grandes en- 1
treprifes qu’il a méditées. (
Le Siégé de Valenciennes
1
cftant une des plus confi- t
dérables qu’on pût faire, i
par toutes les raifons que
nous avons dites cy-deffus ; fi-tott que le Roy fut
arrivé au Cam p, il reconnut
la Place, & l’on peut dire
que les ordres qu’il donna,
furent d’un Capitaine consommé , puis qu’ils ont û
G A L A N T . 175
bien reüffy. Les Bourgeois
fiers de cout ce que nous
avons marqué qui fervoit
à leur défenfe, donnèrent
fur leurs Rampars le jour
de Carefme-prenant, les
Violons, pour fe moquer
des Troupes qui avoient
invefty la Place; mais on
leur répondit quelques
jours apres avec d’autres
Inftrumens qui leur ofterent l’envie de dançer. Le
Mardyqui fuivit l’Aubade,
la Tranchée fut ouverte.
Voicy les Noms des Officiers Generaux qui penP iiij
i
7
6 le mercure
dant les huit jours que le
Siège a dure', y ont monté
la Garde.'
Première Garde.
Elle fut monte'e par
Monfieur le Marefchal de
Schomberg, Monfieur le
Comte de Magaloti Lieutenant General, Monfieur - ■
le Comte de S. Geran Mare fc ha 1 de Camp. Monfieur de Rubantel Brigadier, & Monfieur le Marquis d ’Angeau Ayde de
Camp du Roy. Monfieur
de Jonvelle Brigadier eftoit à la tefte de la CavaV
:
G A L A N T . i 7 7
lcrie. On fit plus de fix cens
pas de travail.
Seconde Garde.
Monfieur le Marelchal
Duc de la Feüillade, Monfieur le Marquis de Renel
Lieutenant General, Monfieur le Marquis deTiiladet
MarefchaldeCamp, M onfieur le Marquis de Revel
Brigadier de Cavalerie,
O (
.. . .
Monfieur d’Aubarede Brigadier d’infanterie,& Monfieur le Prince d’Harcour
Ayde de Camp du Roy,
entrèrent dans la Tranchée
à la place de ceux qui en
i
7
8 LE MERCURE
forment. On l ’avança
beaucoup, & l’on fit des
Places d’armes.
Troisième Garde.
La fécondé Garde fut relevée par Monfieur le Duc
de Luxembourg, Monfieur
le Marquis de la Cardonniere Lieutenant General,
Monfieur le Chevalier de
Sourdis Marefchal de Cap,
Monfieur de Bertillac Brigadier deCavalerie, Monfieur de Tracy Brigadier
d ’infanterie, & Monfieur
le Marquis de Chiverny
Ayde de Camp du Roy.
G A L A N T . 179
Quatrième Garde.
Ceux qui la montèrent
furent Moniteur le Marefchal de Lorge, Moniteur
le Comte du Pie (Iis Lieutenant General, Monfieur
d’Albret Marefchal de
Camp, Monfteur le Marquis de Livourne Brigadier
de Cavalerie, Moniteur le
Marquis de Bourlemont
Brigadier d’infanterie, &
Moniteur le Marquis de
Cavoye Ayde de Camp du
Roy. Le Canon & lesCarcaltes firent grand feu. On
infulta une Redoute,& l’on
prit un Fauxbourg.
i8o LE MERCURE
Cinquième Ga,rde. '
Les Officiers Generaux ;
qui relevèrent la Garde
pre'cedente, furent Mon- '
Leur le Marefchal d’Humieres, MonfieurleComtc
d ’ Auvergne Lieutenant
General, Monfieur le Chevalier de Tilladet Marefchal de Camp, Monfieur
le Chevalier de Grignan
Brigadier de Cavalerie,
Monfieur de S. Georges
Brigadier d’infanterie , & O J , J ||
Monfieur le Chevalier de
Nogent Ayde de Camp
du Roy. Le Canon ruina
GALANT. 181
des Defences; on fit de
grandes Places d’armes, &
les Carcafles mirent le feu
à plufieurs Maifons. Le
feu.de cesCarcalTes ne fe
peutéceindre, il brûle dans
l’eau, elles font remplies
de Grenades & de Canons
de Moufquet chargez de
Balles.
Sixième Garde.
Elle fut montée par
Moniteur le Marefchal de
Schomberg, Moniteur le
Duc de Villeroy Lieutenant General, Moniteur le
Prince Palatin de Bircken-
181 LE MERCURE
fcld, d e la MaifonPalatïnel !
Lieutenant General, Mon-
{leur le Marquis de Montrevel Brigadier de Cavalerie, Monfieur leMarquis
de la Pierre Brigadier d’In- j
fanterie, & Monfieur le
Marquis d’Arcy Ayde de
Camp du Roy.
Septième Garde.
Monfieur le ’Marefchal
deSchomberg, & les Offi- j
ciers Generaux de la Garde
precedente, furent relevez
par Monfieur le Marefchal
Duc de la Feüillade, Mon-
___
fieur le Comte de Mont-
G A L A N T . 185
bron Lieutenant General,
MonfieurStoup Marefchal
de Camp , Monfieur le
Marquis de Revel Brigadier de Cavalerie, Moniteur le Marquis d’Uxelles
Brigadier d’infanterie, &
Moniteur le Prince d’Elbeuf Ayde de Camp du
Roy. On avança les Batteries & les Mortiers ; la
Tranche'e e'tenduë en trois
branches, environna l’Ouvrage qu’on vouloit attaquer, & l’on fît des Places
d’armes allez grandes pour
mertre un bon Corps d’infanterie à couvert.
184 LE mercure
Huitième Garde.
Ceux qui eurent le bonheur de monter la Garde
le jour de l’Attaque, furent
Monfieur le Duc de Luxembourg , Monfieur le
Marquis de laTroufleLieutenant General, Monfieur
le Comte de S. Geran Marefchal de Camp, & Monfieur le Chevalier de Vendolme Ayde de Camp du
Roy. L es Troupes qui
montèrent la Tranchée avec eux, furent trois Bataillons des Gardes Françoifes, commandez par
G A L A N T . igjr
pondeur de Rubantel B ripériment. Mondeur de
JJ.i^aloti qui n’eft inr point
Lieutenant General de jour
n’ydevoit point entrer, ne
pût fe réfoudre à perdre
une d belle occadon de fe
fiçrnaler, & il y fut en qualité de Lieutenant Colonel
des Gardes. Les autres
Commandans firent de
mefme, & fe mirenc à la
I * *•
telle des Détachemens de
leurs Corps fans y eftre
obligez. MeflieurslesMirquis de Bourlenaont & de
CL
SI
186 LE MERCURE
la Pierre,furent de ce nom- c
bre, & commandèrent les f
Bataillons détachez de Pi- 1
cardie & de SoiïTons. Les t
Détachemens des Mouf- I
quetaires blancs & noirs, f
furent commandez par c
Monfieur le Chevalier r
Fourbin, & par Monfieur. (
le Marquis de Jonvelle. c
Ils pouvoient s’en difpen- 1
fer, non feulement comme c
Officiers Generaux qui né- 1
toient pas de jour, mais en- i
cor parce qu’ils n’eftoient I
pas obligez de commander c
des Détachemens ; cepen- (
1
I
I
b
I
b
I
I
I
►
B
b
t
I
. Generaux,
G A L A N T . 1S7
dant leur courage l ’emporta fur toutes ces raifons, & ils fe mirent à la
telle des Moufquetaires.
Les autres Troupes qui
partagèrent la gloire de
cette grande Journée, furent la Compagnie des
Grenadiers de la Maifon
du Roy, commandée par
Monlieur Riorot, quarante
deux Compagnies de tous
lès Bataillons de l’Armée,
& les Carabins des Gardes.
Le Roy ayant donné les
ordres à tous les Officiers
Monlieur de
Q Ji
188 LE MERCURE
Luxembourg accompagné
de tant de braves Gens, &
de tous les Officiers qui
commandoient les Détacliemens, vilita pendant
toute la nuit les lieux qu’on
devoir infulter. Le Signal
fut donné à huit heures du
matin-, l’Ouvrage couronné fut attaqué par le front
parle Marquis delaTroulïe
& le Comte de S. Geran,
qui eftoient à la telle des
Gardes & de Picardie. On I
n ’attaque ordinairement
ces fortes d’Ouvrages que
par le devant • on s’y loge
G A L A N T . 189
peu à peu, on en eft chaffé,
on les reprend, & c’eft ce
quifait îalongueurdesSièges -, mais les François animez par la préfence de leur
R oy, n’en ufenr pas ainfy.
L’Ouvrage fuc en mefme
temps attaqué & par le
front & par la gorge, c’eft
à direprefque par derrière,
& fur le bord du Fofle, ou
l’on eftiiye le feu des Rampars. Ceux q u ’on commanda pour la droite, furent les Grenadiers de la
Maifon du Roy , foûtenus
des Moufquetaires de la
190 LE MERCURE
Première Compagnie, &
d ’un Détachement des
Gardes commandé par
Meflieurs de la Tournelle
& d’Avegeanr. Le codé
gauche fut attaqué par les
Grenadiers de Picardie, les
Moufquetaires de la Seconde Compagnie, & un
Détachement de Picardie.
CesTroupes forcèrent tous
les Dehors; & les Ennemis
eftant non feulement attaquez par le front, mais fe
voyant encor pris en flanc
des deux coïtez. fe fauverent de Polie en Polie, &
I
G A L A N T . 191 '
gagnèrent la Ville, où nos
Gens entrèrent avec euxj
ils pouflerent la Cavalerie
qui eftoit en Bataille, jufques dans la Place d’armes,
& fe barricadèrent contre
elle Sccontrc lesBourgeois.
Un CommiiTaire d’Artillerie, dont jevoudrois fçavoir le nom, pour luy rendre icy la gloire qui luy eft
deué, eut l’efprit aflez préfent pour fuivre tant de
braves Gens, & pour tourner le Canon qui eftoit' [ùr
les Rampars contre laVille.
Meflieurs Foiirbin, Jon-
•
LE MERCURE
velle, Maupertuis, le Marquis de Vains, Moiffiac, de
Barrière, delà Hoguette.
& de Rigoville, Officiers
des Moufquetaires, & Mefïieurs Riotor, Boitirou,&
quelques Officiers des autres Corps, furent quelque
temps dans la Ville en petit nombre. Le Roy n’eut
pas fi toft appris que les
Troupes commençoient à
entrer, qu’il ordonna qu’on
empefchaft le pillage, &
l ’on ne trouva point de
meilleur moyen pour arrefter les Soldats, que de
crier,
G A L A N T . i 9J
crier, 'voila, le Roy. Ces paroles leur infpirerent d’abord une crainte relpedueufe qui les retint; &fi
fa préfence avoir fait prendre fi promptement une
Place fi importante, il n’a
cftébefoinque de prononcer fon nom pour la garantir du pillage. Sa Majefte'
a fait grâce à tous les Habitans, quelle a remis dans
tous leurs Privilèges, & ils
fefont obligez de bâtir une _ O * f* '
Citadelle à leurs defpens.
La conduite & la valeur
degl
n’en
194 LE MERCURE
Luxembourg a fait voir
dans cette occafion, où il
a efté leeerement bielle, C? \ J
* I
luy ont acquis beaucoup
oire. Ce n’efl pas qu’il
fut de'ja couvert, &
qu’on ne fe fouvienne encor des importantesPlaces
qu’il a priles en fi peu de
temps, lors qu’il cominandoit un Détachement des \ y
Troupes de France avec
celles de Munfter: On n a
pas oublié l’Affaire de Bodengrave, fur laquelle on
aura peine à croire l’hif- ■
toire; & l’on parle encor
4
/
G A L A N T . 195
aujourd'huy de la Courfe
qu’il fit jufques auprès de
la Haye, où le dégel l'empefcha d entrer. Toutes
ces grandes Allions luy
donnèrent la voix du Peuple pour le Bafton de Mare fc ha 1 de France, dont Sa
Majefté reconnut fes .fervices quelque tetnps apres,
& elle adjoùca meftne au
Bafton qu’elle luy donna,
l’une des Charges de Capitaine de fes Gardes.
Moniteur le Chevalier
de Vendofme n’étant point
de jour, ne laiffa pas de fe
- R ij
I
9
6 le mercure
trouver comme Volontaire
à l’Attaque de l’Ouvrage
couronné : Il ne faut pas
s'en étonner, c’eft un Lyon
dans le Combat -, & ce qu'il
fit en Candie dans un âge
fi peu avancé, efc une grande marque de fa valeur.
Monfieur le Marquis de
Cœuvres s’eft pareillement
fignalé à la tefte du Détachement de fonRegiment.
Monfieur le Comte de
•
s. Geran. a efté blefTéd’une
Grenade, en donnant des
marques d’une valeur extraordinaire.
G A L A N T . 197
M onfieurlcM arquisdeSevigny aauA îeftéblefleàla
telle des Dauphins en portant desFafcines, avec une
intrépidité fans exemple.
Meflieurs de Champigny
Capitaine aux G ardes, le
Marquis duCharmel, Boute t, & de Cailleries, ont
acheté par la perte d’un peu
de fang, la gloire qu’ils ont
acquife.
Moniteur de Sainte Catherine CommilTaire de
l’Artillerie, a efté tué, au Albien que Moniteur le Marquis deBourlemont Briga-
198 LE MERCURE
dier d Infanterie &: Meftre
de Camp de Picardie. Ce
dernier avoir donné des
marques d’une valeur extraordinaire en plufienrs
rencontres, & fur tout en
Allemagne. Jamais Officier n’a efté plus regreté.
Monfieur de Hatcour de
Bevron, qui a fi bien fervy
à Maftric, a eu fon Régiment. Plufieurs eftans embaraflez parle nom de Harcour, je croy devoir expliquer icy que Harcour eft
un nom de Famille, & Bevron d’une Terre-, au lieu
G A L A N T . 199
que dans laMaifon de Loraine , Harcour eft le nom
d’une Comté. Le Fils de
Moniteur le Marefchal
d Humieres a eu le Régiment d’Harcour.
Le Roy a donné le#
Gouvernement de Valenciennes à Moniteur de Magaloti. Nous avons parle de
fon mérite; c’eft un Hom
me propre à gouverner un
grand Peuple, & ce choix
Fait voir que Sa Majefté ne
fait rien fans l’avoir examiné , & qu’avec un jugement & une prudence admirables.
io o LE MERCURE
Monfieur Foucaut Lieutenant Colonel du Régiment de Bourgogne, a eu
la Lieutenance de Roy, &
ce Prince a voulu reconnoiftre par là les fervices
qu’ilJuy a rendus. La Majorité a efté donnée à Monfieur de Chazerat Capitaine dans Navarre, tresliabile Ingénieur.Monfieur
Gcnty Brigadier des Gardes du Corps, a efté fait
Ayde-Major, & Monfieur
le Comte de Quincy Grand
G A L A N T / toi
la Place, ayant eftè vifiter
les Travaux qu’il avoit ordonnez pendant le Siégé,
a efte' fi fatisfait, qu’il a fait
donner vingt-cinq mille
ECusà Moniteur de Vauban
qui les avoir conduits.
Meilleurs de Jonvelle,
de Vains,Maupertuis, de la
Hoguette, des Baniercs,
Rigoville, & de Moiifac,
ont eu non feulement beaucoup de louanges de Sa.
Majefté, mais ils ont mefme eu fur l’heure des récompenfes dignes de leur
valeur. On promettoit au4
201. LE MERCURE • -
trefois à la Cour; mais au-'
jourd’huy on donne fans
avoir promis
tant de Divinitez, font
bien moins confidérables
que les fervices que luy
rend Monficur de Louvois;
on n’a jamais veu une activité pareille à la fienne, &
il conduit avec tantdeprudence toutes les chofes
qu’il entreprend, qu’il ne
faut pas s’étonner fi elles
luy reüflïlTent toujours fi
heureufement. Sa grande
application auxAffaires,lon
extraordinaire prévoyance,
& fes foins continuels, ont
fait fleurir, pour les Armées
G A L A N T . 1 ? i
duRoy feulement, les mois
de May & de Juin dés la fin
de Février, & (ce qui n’avoit jamais eftéveu) a étonné cette année tous les Peuples qui en ont oüy parler;
^'cinquante mille Hom
mes de Cavalerie & d’infanterie, ont trouvé toutes
fortes de provifions, & fur
tout des fourages, dans une
Saifon peu avancée, dans
un Pais ruiné, & fur des
terres encor couvertes de
neiges : Cependant rien
n a manqué, tout a marché
malgré les mauvais che-
I
7
z LE MERCURE
mins, les Travaux fe font
faits malgré’les injures de
1 air-, & une Place où rien
ne mànquoit , qui cftoit
confidérable par les Fortifications, difficile à prendre
àcaufe de fa fituation, défendue par un brave Gouverneur qui avoir toute la
réfolution qu’il faloit pour
foûtenir un long Siégé, Si
par une Garnifon notngnols, de Walons, d Italiens , d’Allemans, & de
quantité de Nobleffie du
Pais,fans compter lesBour-
GALANT. i7
<
les armes; une Place,dis-je,
fi forte & fi bien pourveue
de toutes choies, a efté
prife d ’aiTaut apres huit
jours de tranchée ouverte.
C’eft ce qui paroiftra incroyable aux Siècles futurs, &qui ne fera pas feulement admirer la valeur Se
la parfaite intelligence du
Roy auMeftier de la guerre -, mais fa prudence à
choifir des Minières habiles & zélez pour fon fervice, &dont la prévoyance
a toujours efté fi grande,
P h
i
7 4 LE MERCURE |
qu’il n’a jamais manqué de 1
trouver en abondance & f
l’argent, & toutes les autres a
chofes necefTaires pour le- à
xecution des grandes en- 1
treprifes qu’il a méditées. (
Le Siégé de Valenciennes
1
cftant une des plus confi- t
dérables qu’on pût faire, i
par toutes les raifons que
nous avons dites cy-deffus ; fi-tott que le Roy fut
arrivé au Cam p, il reconnut
la Place, & l’on peut dire
que les ordres qu’il donna,
furent d’un Capitaine consommé , puis qu’ils ont û
G A L A N T . 175
bien reüffy. Les Bourgeois
fiers de cout ce que nous
avons marqué qui fervoit
à leur défenfe, donnèrent
fur leurs Rampars le jour
de Carefme-prenant, les
Violons, pour fe moquer
des Troupes qui avoient
invefty la Place; mais on
leur répondit quelques
jours apres avec d’autres
Inftrumens qui leur ofterent l’envie de dançer. Le
Mardyqui fuivit l’Aubade,
la Tranchée fut ouverte.
Voicy les Noms des Officiers Generaux qui penP iiij
i
7
6 le mercure
dant les huit jours que le
Siège a dure', y ont monté
la Garde.'
Première Garde.
Elle fut monte'e par
Monfieur le Marefchal de
Schomberg, Monfieur le
Comte de Magaloti Lieutenant General, Monfieur - ■
le Comte de S. Geran Mare fc ha 1 de Camp. Monfieur de Rubantel Brigadier, & Monfieur le Marquis d ’Angeau Ayde de
Camp du Roy. Monfieur
de Jonvelle Brigadier eftoit à la tefte de la CavaV
:
G A L A N T . i 7 7
lcrie. On fit plus de fix cens
pas de travail.
Seconde Garde.
Monfieur le Marelchal
Duc de la Feüillade, Monfieur le Marquis de Renel
Lieutenant General, Monfieur le Marquis deTiiladet
MarefchaldeCamp, M onfieur le Marquis de Revel
Brigadier de Cavalerie,
O (
.. . .
Monfieur d’Aubarede Brigadier d’infanterie,& Monfieur le Prince d’Harcour
Ayde de Camp du Roy,
entrèrent dans la Tranchée
à la place de ceux qui en
i
7
8 LE MERCURE
forment. On l ’avança
beaucoup, & l’on fit des
Places d’armes.
Troisième Garde.
La fécondé Garde fut relevée par Monfieur le Duc
de Luxembourg, Monfieur
le Marquis de la Cardonniere Lieutenant General,
Monfieur le Chevalier de
Sourdis Marefchal de Cap,
Monfieur de Bertillac Brigadier deCavalerie, Monfieur de Tracy Brigadier
d ’infanterie, & Monfieur
le Marquis de Chiverny
Ayde de Camp du Roy.
G A L A N T . 179
Quatrième Garde.
Ceux qui la montèrent
furent Moniteur le Marefchal de Lorge, Moniteur
le Comte du Pie (Iis Lieutenant General, Monfieur
d’Albret Marefchal de
Camp, Monfteur le Marquis de Livourne Brigadier
de Cavalerie, Moniteur le
Marquis de Bourlemont
Brigadier d’infanterie, &
Moniteur le Marquis de
Cavoye Ayde de Camp du
Roy. Le Canon & lesCarcaltes firent grand feu. On
infulta une Redoute,& l’on
prit un Fauxbourg.
i8o LE MERCURE
Cinquième Ga,rde. '
Les Officiers Generaux ;
qui relevèrent la Garde
pre'cedente, furent Mon- '
Leur le Marefchal d’Humieres, MonfieurleComtc
d ’ Auvergne Lieutenant
General, Monfieur le Chevalier de Tilladet Marefchal de Camp, Monfieur
le Chevalier de Grignan
Brigadier de Cavalerie,
Monfieur de S. Georges
Brigadier d’infanterie , & O J , J ||
Monfieur le Chevalier de
Nogent Ayde de Camp
du Roy. Le Canon ruina
GALANT. 181
des Defences; on fit de
grandes Places d’armes, &
les Carcafles mirent le feu
à plufieurs Maifons. Le
feu.de cesCarcalTes ne fe
peutéceindre, il brûle dans
l’eau, elles font remplies
de Grenades & de Canons
de Moufquet chargez de
Balles.
Sixième Garde.
Elle fut montée par
Moniteur le Marefchal de
Schomberg, Moniteur le
Duc de Villeroy Lieutenant General, Moniteur le
Prince Palatin de Bircken-
181 LE MERCURE
fcld, d e la MaifonPalatïnel !
Lieutenant General, Mon-
{leur le Marquis de Montrevel Brigadier de Cavalerie, Monfieur leMarquis
de la Pierre Brigadier d’In- j
fanterie, & Monfieur le
Marquis d’Arcy Ayde de
Camp du Roy.
Septième Garde.
Monfieur le ’Marefchal
deSchomberg, & les Offi- j
ciers Generaux de la Garde
precedente, furent relevez
par Monfieur le Marefchal
Duc de la Feüillade, Mon-
___
fieur le Comte de Mont-
G A L A N T . 185
bron Lieutenant General,
MonfieurStoup Marefchal
de Camp , Monfieur le
Marquis de Revel Brigadier de Cavalerie, Moniteur le Marquis d’Uxelles
Brigadier d’infanterie, &
Moniteur le Prince d’Elbeuf Ayde de Camp du
Roy. On avança les Batteries & les Mortiers ; la
Tranche'e e'tenduë en trois
branches, environna l’Ouvrage qu’on vouloit attaquer, & l’on fît des Places
d’armes allez grandes pour
mertre un bon Corps d’infanterie à couvert.
184 LE mercure
Huitième Garde.
Ceux qui eurent le bonheur de monter la Garde
le jour de l’Attaque, furent
Monfieur le Duc de Luxembourg , Monfieur le
Marquis de laTroufleLieutenant General, Monfieur
le Comte de S. Geran Marefchal de Camp, & Monfieur le Chevalier de Vendolme Ayde de Camp du
Roy. L es Troupes qui
montèrent la Tranchée avec eux, furent trois Bataillons des Gardes Françoifes, commandez par
G A L A N T . igjr
pondeur de Rubantel B ripériment. Mondeur de
JJ.i^aloti qui n’eft inr point
Lieutenant General de jour
n’ydevoit point entrer, ne
pût fe réfoudre à perdre
une d belle occadon de fe
fiçrnaler, & il y fut en qualité de Lieutenant Colonel
des Gardes. Les autres
Commandans firent de
mefme, & fe mirenc à la
I * *•
telle des Détachemens de
leurs Corps fans y eftre
obligez. MeflieurslesMirquis de Bourlenaont & de
CL
SI
186 LE MERCURE
la Pierre,furent de ce nom- c
bre, & commandèrent les f
Bataillons détachez de Pi- 1
cardie & de SoiïTons. Les t
Détachemens des Mouf- I
quetaires blancs & noirs, f
furent commandez par c
Monfieur le Chevalier r
Fourbin, & par Monfieur. (
le Marquis de Jonvelle. c
Ils pouvoient s’en difpen- 1
fer, non feulement comme c
Officiers Generaux qui né- 1
toient pas de jour, mais en- i
cor parce qu’ils n’eftoient I
pas obligez de commander c
des Détachemens ; cepen- (
1
I
I
b
I
b
I
I
I
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B
b
t
I
. Generaux,
G A L A N T . 1S7
dant leur courage l ’emporta fur toutes ces raifons, & ils fe mirent à la
telle des Moufquetaires.
Les autres Troupes qui
partagèrent la gloire de
cette grande Journée, furent la Compagnie des
Grenadiers de la Maifon
du Roy, commandée par
Monlieur Riorot, quarante
deux Compagnies de tous
lès Bataillons de l’Armée,
& les Carabins des Gardes.
Le Roy ayant donné les
ordres à tous les Officiers
Monlieur de
Q Ji
188 LE MERCURE
Luxembourg accompagné
de tant de braves Gens, &
de tous les Officiers qui
commandoient les Détacliemens, vilita pendant
toute la nuit les lieux qu’on
devoir infulter. Le Signal
fut donné à huit heures du
matin-, l’Ouvrage couronné fut attaqué par le front
parle Marquis delaTroulïe
& le Comte de S. Geran,
qui eftoient à la telle des
Gardes & de Picardie. On I
n ’attaque ordinairement
ces fortes d’Ouvrages que
par le devant • on s’y loge
G A L A N T . 189
peu à peu, on en eft chaffé,
on les reprend, & c’eft ce
quifait îalongueurdesSièges -, mais les François animez par la préfence de leur
R oy, n’en ufenr pas ainfy.
L’Ouvrage fuc en mefme
temps attaqué & par le
front & par la gorge, c’eft
à direprefque par derrière,
& fur le bord du Fofle, ou
l’on eftiiye le feu des Rampars. Ceux q u ’on commanda pour la droite, furent les Grenadiers de la
Maifon du Roy , foûtenus
des Moufquetaires de la
190 LE MERCURE
Première Compagnie, &
d ’un Détachement des
Gardes commandé par
Meflieurs de la Tournelle
& d’Avegeanr. Le codé
gauche fut attaqué par les
Grenadiers de Picardie, les
Moufquetaires de la Seconde Compagnie, & un
Détachement de Picardie.
CesTroupes forcèrent tous
les Dehors; & les Ennemis
eftant non feulement attaquez par le front, mais fe
voyant encor pris en flanc
des deux coïtez. fe fauverent de Polie en Polie, &
I
G A L A N T . 191 '
gagnèrent la Ville, où nos
Gens entrèrent avec euxj
ils pouflerent la Cavalerie
qui eftoit en Bataille, jufques dans la Place d’armes,
& fe barricadèrent contre
elle Sccontrc lesBourgeois.
Un CommiiTaire d’Artillerie, dont jevoudrois fçavoir le nom, pour luy rendre icy la gloire qui luy eft
deué, eut l’efprit aflez préfent pour fuivre tant de
braves Gens, & pour tourner le Canon qui eftoit' [ùr
les Rampars contre laVille.
Meflieurs Foiirbin, Jon-
•
LE MERCURE
velle, Maupertuis, le Marquis de Vains, Moiffiac, de
Barrière, delà Hoguette.
& de Rigoville, Officiers
des Moufquetaires, & Mefïieurs Riotor, Boitirou,&
quelques Officiers des autres Corps, furent quelque
temps dans la Ville en petit nombre. Le Roy n’eut
pas fi toft appris que les
Troupes commençoient à
entrer, qu’il ordonna qu’on
empefchaft le pillage, &
l ’on ne trouva point de
meilleur moyen pour arrefter les Soldats, que de
crier,
G A L A N T . i 9J
crier, 'voila, le Roy. Ces paroles leur infpirerent d’abord une crainte relpedueufe qui les retint; &fi
fa préfence avoir fait prendre fi promptement une
Place fi importante, il n’a
cftébefoinque de prononcer fon nom pour la garantir du pillage. Sa Majefte'
a fait grâce à tous les Habitans, quelle a remis dans
tous leurs Privilèges, & ils
fefont obligez de bâtir une _ O * f* '
Citadelle à leurs defpens.
La conduite & la valeur
degl
n’en
194 LE MERCURE
Luxembourg a fait voir
dans cette occafion, où il
a efté leeerement bielle, C? \ J
* I
luy ont acquis beaucoup
oire. Ce n’efl pas qu’il
fut de'ja couvert, &
qu’on ne fe fouvienne encor des importantesPlaces
qu’il a priles en fi peu de
temps, lors qu’il cominandoit un Détachement des \ y
Troupes de France avec
celles de Munfter: On n a
pas oublié l’Affaire de Bodengrave, fur laquelle on
aura peine à croire l’hif- ■
toire; & l’on parle encor
4
/
G A L A N T . 195
aujourd'huy de la Courfe
qu’il fit jufques auprès de
la Haye, où le dégel l'empefcha d entrer. Toutes
ces grandes Allions luy
donnèrent la voix du Peuple pour le Bafton de Mare fc ha 1 de France, dont Sa
Majefté reconnut fes .fervices quelque tetnps apres,
& elle adjoùca meftne au
Bafton qu’elle luy donna,
l’une des Charges de Capitaine de fes Gardes.
Moniteur le Chevalier
de Vendofme n’étant point
de jour, ne laiffa pas de fe
- R ij
I
9
6 le mercure
trouver comme Volontaire
à l’Attaque de l’Ouvrage
couronné : Il ne faut pas
s'en étonner, c’eft un Lyon
dans le Combat -, & ce qu'il
fit en Candie dans un âge
fi peu avancé, efc une grande marque de fa valeur.
Monfieur le Marquis de
Cœuvres s’eft pareillement
fignalé à la tefte du Détachement de fonRegiment.
Monfieur le Comte de
•
s. Geran. a efté blefTéd’une
Grenade, en donnant des
marques d’une valeur extraordinaire.
G A L A N T . 197
M onfieurlcM arquisdeSevigny aauA îeftéblefleàla
telle des Dauphins en portant desFafcines, avec une
intrépidité fans exemple.
Meflieurs de Champigny
Capitaine aux G ardes, le
Marquis duCharmel, Boute t, & de Cailleries, ont
acheté par la perte d’un peu
de fang, la gloire qu’ils ont
acquife.
Moniteur de Sainte Catherine CommilTaire de
l’Artillerie, a efté tué, au Albien que Moniteur le Marquis deBourlemont Briga-
198 LE MERCURE
dier d Infanterie &: Meftre
de Camp de Picardie. Ce
dernier avoir donné des
marques d’une valeur extraordinaire en plufienrs
rencontres, & fur tout en
Allemagne. Jamais Officier n’a efté plus regreté.
Monfieur de Hatcour de
Bevron, qui a fi bien fervy
à Maftric, a eu fon Régiment. Plufieurs eftans embaraflez parle nom de Harcour, je croy devoir expliquer icy que Harcour eft
un nom de Famille, & Bevron d’une Terre-, au lieu
G A L A N T . 199
que dans laMaifon de Loraine , Harcour eft le nom
d’une Comté. Le Fils de
Moniteur le Marefchal
d Humieres a eu le Régiment d’Harcour.
Le Roy a donné le#
Gouvernement de Valenciennes à Moniteur de Magaloti. Nous avons parle de
fon mérite; c’eft un Hom
me propre à gouverner un
grand Peuple, & ce choix
Fait voir que Sa Majefté ne
fait rien fans l’avoir examiné , & qu’avec un jugement & une prudence admirables.
io o LE MERCURE
Monfieur Foucaut Lieutenant Colonel du Régiment de Bourgogne, a eu
la Lieutenance de Roy, &
ce Prince a voulu reconnoiftre par là les fervices
qu’ilJuy a rendus. La Majorité a efté donnée à Monfieur de Chazerat Capitaine dans Navarre, tresliabile Ingénieur.Monfieur
Gcnty Brigadier des Gardes du Corps, a efté fait
Ayde-Major, & Monfieur
le Comte de Quincy Grand
G A L A N T / toi
la Place, ayant eftè vifiter
les Travaux qu’il avoit ordonnez pendant le Siégé,
a efte' fi fatisfait, qu’il a fait
donner vingt-cinq mille
ECusà Moniteur de Vauban
qui les avoir conduits.
Meilleurs de Jonvelle,
de Vains,Maupertuis, de la
Hoguette, des Baniercs,
Rigoville, & de Moiifac,
ont eu non feulement beaucoup de louanges de Sa.
Majefté, mais ils ont mefme eu fur l’heure des récompenfes dignes de leur
valeur. On promettoit au4
201. LE MERCURE • -
trefois à la Cour; mais au-'
jourd’huy on donne fans
avoir promis
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Résumé : Siege de Valenciennes, contenant plusieurs Particularitez qui n'ont point encore esté sçeuës, & les Noms de tous ceux qui se sont signalez, des Morts, des Blessez, & de ceux dont la Valeur a esté récompensée. [titre d'après la table]
Le texte décrit les exploits militaires et l'organisation du siège de Valenciennes. Les services de Louvois sont particulièrement loués pour leur activité et prudence, permettant de préparer les armées du roi en février pour les mois de mai et juin. Malgré les conditions difficiles, les troupes trouvèrent toutes les provisions nécessaires. Le siège de Valenciennes, une place forte bien défendue, fut pris en huit jours grâce à la valeur et à la stratégie du roi et de ses officiers. Les gardes se relayèrent pour avancer les travaux de siège, et le roi inspecta les lieux la nuit précédant l'attaque. L'assaut fut lancé simultanément par le front et par la gorge, une tactique inhabituelle mais efficace. Les troupes françaises prirent rapidement la ville, empêchant le pillage grâce à la présence du roi. La conduite du duc de Luxembourg et d'autres officiers fut particulièrement remarquée. Le roi fit grâce aux habitants et leur demanda de construire une citadelle à leurs frais. Plusieurs officiers, dont le chevalier de Vendôme et le marquis de Cœuvres, se distinguèrent par leur bravoure. Le texte relate également divers événements militaires et distinctions honorifiques. Le Marquis de Bourlemont, Brigadier d'Infanterie et Maître de Camp de Picardie, a été tué en Allemagne après avoir montré une valeur extraordinaire dans plusieurs rencontres. Sa perte est grandement regrettée. Monsieur de Hatcour de Bevron, qui a bien servi à Maestricht, a reçu un régiment. Le texte clarifie que Harcour est un nom de famille et Bevron une terre, contrairement à la Maison de Lorraine où Harcour est une comté. Le fils du Maréchal d'Humières a également reçu le régiment d’Harcour. Le Roi a nommé Monsieur de Magaloti au gouvernement de Valenciennes, reconnaissant ainsi ses mérites et son aptitude à gouverner. Monsieur Foucaut, Lieutenant Colonel du Régiment de Bourgogne, a été nommé Lieutenant du Roi en reconnaissance de ses services. La majorité a été accordée à Monsieur de Chazerat, Capitaine dans Navarre et ingénieur très capable. Monsieur Genty, Brigadier des Gardes du Corps, a été promu Ayde-Major. Le Comte de Quincy, après avoir visité les travaux ordonnés pendant le siège, a été satisfait et a fait donner vingt-cinq mille écus à Monsieur de Vauban pour sa conduite des travaux. Plusieurs officiers, dont les Messieurs de Jonvelle, de Vains, Maupertuis, de la Hoguette, des Baniercs, Rigoville, et de Moifac, ont reçu des louanges et des récompenses de Sa Majesté pour leur valeur. Contrairement aux pratiques passées où les promesses étaient faites à la Cour, aujourd'hui les récompenses sont données sans avoir été promises au préalable.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 184-216
Tout ce qui s'et passé en Catalogne depuis l'ouverture de la Campagne, avec les Noms des Morts & des Blessez, & de ceux qui se sont signalez dans la derniere Défaite des Ennemis. [titre d'après la table]
Début :
Les Espagnols avoient formé le dessein d'une grande diversion de [...]
Mots clefs :
Ennemis, Espagnols, Pays, Catalogne, Valence, Duc de Navailles, Bataillons, Canon, Régiment, Marche, Hauteur, Royaume, Combat, Troupes, Cavalerie, Morts, Bagages, Blessés, Capitaines, Tués
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tout ce qui s'et passé en Catalogne depuis l'ouverture de la Campagne, avec les Noms des Morts & des Blessez, & de ceux qui se sont signalez dans la derniere Défaite des Ennemis. [titre d'après la table]
Les Eſpagnols avoient formé le deffein d'une grande diver- ſion de ce coſté-là ,&cela par politique. CePaïs eſt plus pres d'eux , & les avantages qu'ils ſe tenoient affurez d'y rem- porter, devoient faire une plus forte impreffion fur l'eſprit des Peuples. Ils firent des levées
GALANT. 129
&د
dans toutes leurs Provinces ,
auſquelles ils donnent le nom de Royaumes , & choiſirent le Comte de Monterey pour Viceroy de Catalogne pourGeneral de cette Armée.
Il eſt adroit , vigilant, &d'une exactitude merveilleuſe àfaire
bien ſervir ſon Prince. Ces
grandes levées eſtant faites , &
la plupart des Nobles ayant joint l'Armée , partie comme Volontaires , partie comme Officiers , la Cour d'Eſpagne en eſpera tout , & fe fortifia encor plus dans le deſſein de de faire quelque entrepriſe conſidérable fur les François en Catalogne , pour faire oublier au Peuple de Madrid les Conquestes du Roy en Flan- dre. Ainfi le Comte de Monterey reçeut ordre de partir en
130 LE MERCURE pofte de Sarragofſe où il eſtoit,
d'aller à Barcelone , d'y arrê- ter fix Vaiſſeaux chargez de Troupes pour la Sicile , &de les faire ſervir en Catalogne.
Douze cens Fantaſſins levez
dans le Royaume de Grenade ,
arriverent en mefme temps à
Barcelone.Le Mestre de Camp
de Valence luy mena deux mille Hommes un peu apres;
&d'autres levées faites dans le
meſme Royaume &dansl'Andaloufie , les joignirent pref- que auffitoft . Le Comte de Monterey eſtant arrivé dans l'Armée qu'ildevoit comman- der , Monfieur le Marefchal
Duc de Navailles &luy s'en- voyerent faire de grandes ci- vilitez , & fe firent dire qu'ils ſe verroient. Ce Comte voufut paroiſtre le plus civil. Il fit
GALANT. 131
- avancer ſes Troupes , & mar- cha du coſté de Saint Pierre
Peſcador , où Monfieurde Navailles eſtoit poſté. Ce Duc eſtant bien aiſe de ſuy épar- gner la moitié du chemin , en- voya huit cens Chevaux pour reconnoiſtre les Ennemis , &
ces huit cens Chevaux enleverent leur grande Garde.
Deux jours apres , le Comte deMontereyvoulant paſſer un Défilé à la veuë de noſtre Armée , Monfieur de Navailles
le fit charger , &le contraignit deſe retirer en deſordre apres
une Efcarmouche de trois
2
heures , où les Eſpagnols per- dirent beaucoup de monde.
Quelque temps aprés , Mon- fieur le Duc de Navailles
ayant eu avis que le Comte de Monterey avoit comman
132 LE MERCVRE
de huit cens Miquelets avec un Détachement de Cavalerie , pour nous ofter la com- munication avec le Lampour- dan , il envoya quelques trou- pes ſous Mº de la Rablie- re , Marefchal de Camp , qui les défit. On tua les deux
Commandans, & on prit deux autres Officiers. Voilà toute la
Campagne en peu de mots juſqu'au jour delagrandeDé- faite des Ennemis dont vous
avez entendu parler , & que je vay vous apprendre , avec des particularitez que vous n'avez aſſurément point veuës enſemble. Vous treblez peut- eftre déja que je ne vous aille faire une longue Relation, que
je ne vous accable d'une infi nité de termes de Guerre , &
que je ne vous nomme tous
GALANT. 133 les Villages par où l'on a paſſé,
&tous les poſtes qu'on a oc- cupez. Rafſurez-vous , Madame , je ne vous parleray de la Guerrequed'une maniere qui n'aura rien d'ennuyeux pour vous , & qui fera tres- intelli- gible aux Dames à qui vous faites partde mes Lettres.C'eſt pour elles particulierement que j'écris , & je ne feray ce Recit que comme vousle fe- ON
riez vous-mefme. S'il n'a pas le tour aifé & naturel que vous luy donneriez , il aura du moins le charme de la brié
veté. Fiez - vous en moy , je vous prie , & hazardez - vous fur ma parole à lire ce que je vous envoye. Nous étionsen- trez en Catalogne malgré les grandes forces que les Enne- mis y avoient ; nous avions
134 LE MERCVRE
د
fait chez eux tous les dégaſts imaginables , confommé leurs Fourages , enlevé leurs Bef- tiaux & donné en meſme
temps aux Noftres le moyen de faire paiſiblement leur ré- colte dans le Rouffillon ; mais
nous n'avions pû entrer dans le Païs Ennemy , que par des paſſages étroits qui font entre les Montagnes , & queles Ef- pagnols pouvoient aiſement occuper pour nous empeſcher le retour. En effet ils s'étoient
déja ſaiſis de quelques-uns en intention de nous attaquer.
Nos Troupes leur cedoient en nombre. Il eſtoit queſtion de fortir des Montsoù nous nous
eftions engagez, & ce fut dans cette difficulté qu'éclata la prudence & la conduite de
Monfieurle Ducde Navailles.
Il
GALANT. 135 Il envoya ſes ordres à M le Chevalier d'Aubeterre , Gouverneur de Collioure,&Lieu
tenant Generaldes Arméesdu
Roy, de ſe rendre maître d'un Paſſage appellé le Col de Ba- gnols, qu'il ſçavoit qu'on avoit deſſein de luy fermer. M le Chevalier d'Aubeterre partie environ àminuit , avec undé
tachement de ſa Garniſon &
- des Milices du Païs. Il trouva
queles Ennemis avoient occu- -pé des Hauteurs &des Ro- chers eſcarpez. Il les en chaf- ſa avec une vigueur incroya- ble, &fit fuïrdeux Bataillons
qui venoient à leur ſecours.
Le chemin eſtantouvert,MonſieurdeNavailles commença à
faire marcher dés ce jour-là.
Les Ennemis vinrent camper àla portée de noſtre Canon;
D
S
S
Tome VI. M
1
136 LE MERCURE il y eut quelques eſcarmou- ches, &on les recommença le lendemain. Les Eſpagnols en Bataille voulurent gagner une Montagne fort haute, mais on les en empefcha. Cétobſtacle rompit leurs meſures , & nous occupâmes une Hauteur qui nous ofta tout lieu de rien
craindre d'eux. On demeura
trois jours en preſence,&pen- dant tout ce temps on ne fit que des eſcarmouches. On chargea trois EſcadronsEnne-- mis qui avoient paſſé une Ri- viere, &qui estoient foûtenus de ſept Regimens d'Infante- rie. L'avantage nous demeura,
avec perte pour les Eſpagnols de plus de ſept cens Hommes,
qui furent ou tuez ,
prifonniers , ou mis hors de
ou faits
combat. Nôtre General n'ayat
GALANT. 137
ان
S
و
plus rien à faire dans le Païs ,
fongea à s'en retirer , & fit marcher les premiers Bagages.
Cette marche fut dérobée à la
connoiſſance des Ennemis
auffi-bien que celle de toute l'Armée qui commença à dé- filer àminuit.Lors que le Com- te de Monterey en fut averty,
cette nouvelle le mit au deſefpoir , & il marcha avec tant de précipitation , qu'il joignit noſtre Arrieregarde. Monfieur de Navailles avec une adreffe
& une prudence admirable ,
trouva moyen de faire avan- cer encor noftre Armée ce
qui fit perdre haleine aux En- nemis qui nous pourſuivoient.
Les Eſpagnols ayans plus de
,
Troupes eftant compoſées de
S Troupes que nous ,
& ces
1
toute la Nobleſſe de leurs
Mij
138 LE MERCURE Royaumes, ſe répondoient tel- lementde la Victoire,que dans l'impatience de combattre, ils vinrentenfin àboutd'attacher
l'eſcarmouche , ce qu'ils firent avec une impétuoſité qui ſe peut àpeine concevoir. Ils oc- cuperent des Hauteurs; mais les Noſtres aprés les en avoir chaſſez en gagnerent d'autres,
& conferverent fi bien cét
avantage pendattoute la jour- née, qu'ils donnerentlieu aux Bagages d'avancer beaucoup,
&de ſe mettre en ſeureté. M
de Navailles ne craignant plus rien , & ayant fait voir au Comte de Monterey qu'il en fçavoit plus que luy , mit ſon Armée en bataille dans le lieu
qu'il jugea le plus avantageux,
&fit pofter fon Canonde for- te qu'il fut tres-bien fervy , &
GALANT. 139
1
1
incommoda fort les Ennemis.
Noftre General voulut encor
gagnerune Hauteur, &ce qui paroift incroyable , nos Trou- pes qui devoient eſtre fati- guées de tant de mouvemens,
ypaſſerent avec diligence &
fans aucune confufion , parun effet des ordres que Monfieur ☐ de Navailles donnoit avecune application & une prefence d'eſpritqui n'avoient rien d'égal que fon courage. Il animoit tous les Officiers à bien faire ;
& les Soldats encouragez par fon exemple &parſes paroles,
réſolurentde périr plûtoſt que d'abandoner ce dernierPofte.
Les Ennemis vinrent aufſi- toft
ànous en tres-bon ordre , &
le Combat s'engagea. On tira pendant trois heuresde la ſeu le longueur de deux Piques ,
Miij
140 LE MERCURE Bataillons contre Bataillons , la
Cavalerie de part & d'autre eſtant derriere l'Infanterie..
Nos Troupes ne firent aucun méchant mouvement , & on ne les pût obliger à reculer d'un ſeul pas. La Cavalerie quenous avionsſur l'aifle gau- che fit des merveilles : Elle
monta fur une Hauteur pref- que inacceffible , & en chaffa lesEnnemis. Celle de ladroite alla pluſieurs fois à la char- ge , & en tua grand nom.
bre. L'Occafion dura cinq heures & demie , &fe termina avec beaucoup de gloire pour le Roy. Les Eſpagnolsy
ont perdu plus de deux mille Hommes. On leur a entierement défait les Regimensd'Ar--
ragon, de Medina Sidonia , &
deMonteleone. TouslesOffi-
GALANT.: 141 ciers de ces trois Regimens ont eſté tuez , bleffez , ou faits
prifonniers. On a fort mal trai- té ceux de Grenade & de la
Cofte , & il y a eu un tres- grand nombre de prifonniers,
entre leſquels ſont plufieurs Perſonnes de qualité , dont quelques-uns, comme le Com- te de la Fuente, le Vicomte de S.George,& le Colonel Heffe,
✓ font morts de leurs bleſſures..
Cette Action eſt d'autant plus
glorieuſe, qu'on a batu les Ennemisdans leur Païs, quoyque plus forts, qu'ony eft demeuré maître du Champ de Bataille,
qu'on leur a pris des Dra peaux ,&tout cela en ſe reti rant ; ce qui eſt une circon - ſtance remarquable : car les
Retraites font ordinairement
- dangereuses , & on y est rar
142 LE MERCURE
rement attaqué qu'on ne ſoit batu. Les Eſpagnols n'ont rien entrepris depuis ce temps-là ,
& voilà à quoy ont abouty tous ces grands Armemens, &
toutes ces Levées, qui avoient épuiſé leurs RoyaumesdeGre- nade &d'Andaloufie. Jevous
ay tenu parole , Madame. Ce Récit n'eſt embaraſſe d'aucuns'
Noms de Paſſages,&je ne l'ay pas meſme voulu charger de ceux de nos Officiers qui ſe font fait remarquer , afin de vous en laiſſer plus aiſement fuivre le fil . Cela ne me doit
pas empeſcher de leur rendre preſentement juſtice; & pour faire honneur aux Etrangers ,
je vous diray d'abord que les Suiffes & les Allemands ne
donnerent quartier à perſon- ne , fur ce qu'un Trompette
GALANT. 143 des Ennemis vint declarer -qu'ils n'en feroient point aux Etrangers. Si les François euf- ſent ſuivy cet exemple , il ne ſeroit guere demeuré d'Eſpa- gnols.
Les Regimens de Sault, de Furſtemberg , de Navailles ,
d'Erlac , de Gaſſion , de la Rabliere , de Lanſon , de Lebret ,
&de Villeneuve , ſe ſont dif
tinguez , aufli bien que les Dragons., que rien n'a efte ca- pable d'ébranler. Jamais onn'a fi genéralement bien faitdans aucun Combat. Onn'a pas re- marqué un feul Soldat qui ait reculé,&on ne ſçait qui loüer,
particulierement des Officiers,
parce qu'ils meritent tous d'égales loüanges.
*
Monfieur le Mareſchal Duc
de Navailles diviſa ſes Trou-
144 LE MERCURE
pes enpluſieurs Corps,&quoy qu'il fuſt par tout, il ne laiſſa pas de ſe mettre à la teſte d'un de
ces Corps qu'il avoit fi judi- cieuſement diviſez. Mr de la
Rabliere Mareſchal de Camp,
eſtoit à la teſte d'un autre , &
monta fur une Hauteur où il
batit les Ennemis. Mrde Gafſion Lieutenant General , pаreillementàla teſte d'un Corps,
occupa une autre Hauteur ; &
Mr Chevreau Brigadier deCa- valerie , ſe ſignala à la teſte du quatrième Corps. Mr du Sauf- fay donna beaucoup de mar- *ques de cœur & de conduite
en cette occaſion; il commandoit la Cavalerie. M² le Marquis d'Apremont Mareſchalde Camp, y fit des merveilles. II eſtoit par tout. Ce fut luy qui foûtint les premiers efforts des
GALANT. 145
Ennemis , & qui commença à
leur faire connoiſtre qu'ils s'é- toient trompez quand ils s'é- toient voulu répondre ſi fortement de la Victoire. La con- duite des Bagages fut donnée à Mr d'Urban Brigadier d'In- fanterie. Il les mit en ſeûreté,
&revint en ſuite prendre part à la gloire de cette fameuſe journée. M' le Marquis de Villeneuve , Colonel de Cavalerie , après avoir foûtenu les efforts des Ennemis , les chargea vigoureuſement. M le Che- valier de Ganges fit des choſes
ſurprenantes , & forma des Eſcadrons , malgré tout le feu des Ennemis. Mr le Marquis
de Navailles ſervit de Briga- dier en la place de M de S. André , qui avoit eſté envoyé
depuis deux jours à Bellegarde.
146 LE MERCURE 1
Ce Marquis agit avec autant de prudence que de courage.
Il mena les Bataillons à la
Charge , & fe montradigne du Sang dont il fort. M. des
Fontaines Lieutenant d'Artillerie , fit tout ce qu'on pou- voit attendre de luy. Son Ca- non fut bien ſervy, & fi à pro- pos , que les Ennemis en fou- frirent beaucoup. Toutes les Relations parlent fi avanta- geufement de Meſſieurs de la
Rabliere & deGaffion , qu'on ne leur peut donner trop de loüanges, non--plus qu'àMon- fieur le Chevalier d'Aubeterre , qui ayant apporté une vi- gilance incroyable à ſe faifir du Col de Bagnols avant le Combat, montra une vigueur extraordinaire à chaffer les
Ennemis qui avoient occupé les
GALANT. 147
les Hauteurs des environs de
ce Paſſage, quoy qu'ils fuſſent beaucoup mieux poftez & en plus grand nombre. Monfieur de Raiſon , Capitaine au Regi- ment de Sault ,& un petit Corps de Suiffes , executerent
tres-bien ſes ordres, Monfieur
le Camus deBeaulicu , Intendant General de tout le Païs,
donna les ſiens fort à propos.
Il avoit receu une Lettre en
chifre de Monfieur le Duc de
Navailles pour faire marcher toute la Milice du Païs avec
M' le Chevalier d'Aubeterre,
& pour tenir preſtes les Munir)
tions de guerre & de bouche,
& il prit ſoin de tout avecune diligence & une ponctualité qui nepeuvent etre allezoſti mées. Il chargea Monfieur He ron, Commiſſaire ordinaire des
Tome VI. N
148 LE MERCVRE Guerres , & des Convois tant
par terre que par Mer, de l'e- xecution'de beaucoup de cho- ſes dont il s'acquita tres-fide- lement. Il ne me reſte plus qu'à vous dire les noms des Morts&des Bleſſez , tant d'actions vigoureuſes n'ayant pû fe faire ſans qu'il nous en ait couſté quelque choſe.
Capitaines tuez.
M.Choueraſqui, м. le Chevalier du Cros, M.Duran.
Capitaines bleſſez.
Mrs Praflon , Davénes, Bardonanche, Maurniay, De Tu- bas , Revellas , Tronc , Romp,
Geſſeret,Bandron,Quantagril,
Guaſque, Saint Géniez , La- barte, Sainte-Coulombe, Lan- glade, Barriere, Brouffan,Cha- tonville Vulaine M. le Marquis deVilleneu
GALANT. 149
ve Colonel de Cavalerie , &
M.de Conflans Major du Re- gimentde laRabliere, ont auffi efté bleſſez .
a
Je ne vous parle point des Eſpagnols morts oubleſſez. Ce font noms qui vous font en tierement inconnus , &d'ailleurs le nombre eneſt ſi grand,
qu'ils ne pourroient que vous ennuyer. Le ComtedeMonterey envoyé demander le Corps du Comtede la Fuente par un Trompete , & dire à
Monfieur de Navailles qu'il avoit eſté plus heureux que luy. Ce Trompete le pria en meſme temps de ſa part d'a- voir ſoin de la Nobleſſe d'ef
pagne qu'il avoit entre ſes mains.
GALANT. 129
&د
dans toutes leurs Provinces ,
auſquelles ils donnent le nom de Royaumes , & choiſirent le Comte de Monterey pour Viceroy de Catalogne pourGeneral de cette Armée.
Il eſt adroit , vigilant, &d'une exactitude merveilleuſe àfaire
bien ſervir ſon Prince. Ces
grandes levées eſtant faites , &
la plupart des Nobles ayant joint l'Armée , partie comme Volontaires , partie comme Officiers , la Cour d'Eſpagne en eſpera tout , & fe fortifia encor plus dans le deſſein de de faire quelque entrepriſe conſidérable fur les François en Catalogne , pour faire oublier au Peuple de Madrid les Conquestes du Roy en Flan- dre. Ainfi le Comte de Monterey reçeut ordre de partir en
130 LE MERCURE pofte de Sarragofſe où il eſtoit,
d'aller à Barcelone , d'y arrê- ter fix Vaiſſeaux chargez de Troupes pour la Sicile , &de les faire ſervir en Catalogne.
Douze cens Fantaſſins levez
dans le Royaume de Grenade ,
arriverent en mefme temps à
Barcelone.Le Mestre de Camp
de Valence luy mena deux mille Hommes un peu apres;
&d'autres levées faites dans le
meſme Royaume &dansl'Andaloufie , les joignirent pref- que auffitoft . Le Comte de Monterey eſtant arrivé dans l'Armée qu'ildevoit comman- der , Monfieur le Marefchal
Duc de Navailles &luy s'en- voyerent faire de grandes ci- vilitez , & fe firent dire qu'ils ſe verroient. Ce Comte voufut paroiſtre le plus civil. Il fit
GALANT. 131
- avancer ſes Troupes , & mar- cha du coſté de Saint Pierre
Peſcador , où Monfieurde Navailles eſtoit poſté. Ce Duc eſtant bien aiſe de ſuy épar- gner la moitié du chemin , en- voya huit cens Chevaux pour reconnoiſtre les Ennemis , &
ces huit cens Chevaux enleverent leur grande Garde.
Deux jours apres , le Comte deMontereyvoulant paſſer un Défilé à la veuë de noſtre Armée , Monfieur de Navailles
le fit charger , &le contraignit deſe retirer en deſordre apres
une Efcarmouche de trois
2
heures , où les Eſpagnols per- dirent beaucoup de monde.
Quelque temps aprés , Mon- fieur le Duc de Navailles
ayant eu avis que le Comte de Monterey avoit comman
132 LE MERCVRE
de huit cens Miquelets avec un Détachement de Cavalerie , pour nous ofter la com- munication avec le Lampour- dan , il envoya quelques trou- pes ſous Mº de la Rablie- re , Marefchal de Camp , qui les défit. On tua les deux
Commandans, & on prit deux autres Officiers. Voilà toute la
Campagne en peu de mots juſqu'au jour delagrandeDé- faite des Ennemis dont vous
avez entendu parler , & que je vay vous apprendre , avec des particularitez que vous n'avez aſſurément point veuës enſemble. Vous treblez peut- eftre déja que je ne vous aille faire une longue Relation, que
je ne vous accable d'une infi nité de termes de Guerre , &
que je ne vous nomme tous
GALANT. 133 les Villages par où l'on a paſſé,
&tous les poſtes qu'on a oc- cupez. Rafſurez-vous , Madame , je ne vous parleray de la Guerrequed'une maniere qui n'aura rien d'ennuyeux pour vous , & qui fera tres- intelli- gible aux Dames à qui vous faites partde mes Lettres.C'eſt pour elles particulierement que j'écris , & je ne feray ce Recit que comme vousle fe- ON
riez vous-mefme. S'il n'a pas le tour aifé & naturel que vous luy donneriez , il aura du moins le charme de la brié
veté. Fiez - vous en moy , je vous prie , & hazardez - vous fur ma parole à lire ce que je vous envoye. Nous étionsen- trez en Catalogne malgré les grandes forces que les Enne- mis y avoient ; nous avions
134 LE MERCVRE
د
fait chez eux tous les dégaſts imaginables , confommé leurs Fourages , enlevé leurs Bef- tiaux & donné en meſme
temps aux Noftres le moyen de faire paiſiblement leur ré- colte dans le Rouffillon ; mais
nous n'avions pû entrer dans le Païs Ennemy , que par des paſſages étroits qui font entre les Montagnes , & queles Ef- pagnols pouvoient aiſement occuper pour nous empeſcher le retour. En effet ils s'étoient
déja ſaiſis de quelques-uns en intention de nous attaquer.
Nos Troupes leur cedoient en nombre. Il eſtoit queſtion de fortir des Montsoù nous nous
eftions engagez, & ce fut dans cette difficulté qu'éclata la prudence & la conduite de
Monfieurle Ducde Navailles.
Il
GALANT. 135 Il envoya ſes ordres à M le Chevalier d'Aubeterre , Gouverneur de Collioure,&Lieu
tenant Generaldes Arméesdu
Roy, de ſe rendre maître d'un Paſſage appellé le Col de Ba- gnols, qu'il ſçavoit qu'on avoit deſſein de luy fermer. M le Chevalier d'Aubeterre partie environ àminuit , avec undé
tachement de ſa Garniſon &
- des Milices du Païs. Il trouva
queles Ennemis avoient occu- -pé des Hauteurs &des Ro- chers eſcarpez. Il les en chaf- ſa avec une vigueur incroya- ble, &fit fuïrdeux Bataillons
qui venoient à leur ſecours.
Le chemin eſtantouvert,MonſieurdeNavailles commença à
faire marcher dés ce jour-là.
Les Ennemis vinrent camper àla portée de noſtre Canon;
D
S
S
Tome VI. M
1
136 LE MERCURE il y eut quelques eſcarmou- ches, &on les recommença le lendemain. Les Eſpagnols en Bataille voulurent gagner une Montagne fort haute, mais on les en empefcha. Cétobſtacle rompit leurs meſures , & nous occupâmes une Hauteur qui nous ofta tout lieu de rien
craindre d'eux. On demeura
trois jours en preſence,&pen- dant tout ce temps on ne fit que des eſcarmouches. On chargea trois EſcadronsEnne-- mis qui avoient paſſé une Ri- viere, &qui estoient foûtenus de ſept Regimens d'Infante- rie. L'avantage nous demeura,
avec perte pour les Eſpagnols de plus de ſept cens Hommes,
qui furent ou tuez ,
prifonniers , ou mis hors de
ou faits
combat. Nôtre General n'ayat
GALANT. 137
ان
S
و
plus rien à faire dans le Païs ,
fongea à s'en retirer , & fit marcher les premiers Bagages.
Cette marche fut dérobée à la
connoiſſance des Ennemis
auffi-bien que celle de toute l'Armée qui commença à dé- filer àminuit.Lors que le Com- te de Monterey en fut averty,
cette nouvelle le mit au deſefpoir , & il marcha avec tant de précipitation , qu'il joignit noſtre Arrieregarde. Monfieur de Navailles avec une adreffe
& une prudence admirable ,
trouva moyen de faire avan- cer encor noftre Armée ce
qui fit perdre haleine aux En- nemis qui nous pourſuivoient.
Les Eſpagnols ayans plus de
,
Troupes eftant compoſées de
S Troupes que nous ,
& ces
1
toute la Nobleſſe de leurs
Mij
138 LE MERCURE Royaumes, ſe répondoient tel- lementde la Victoire,que dans l'impatience de combattre, ils vinrentenfin àboutd'attacher
l'eſcarmouche , ce qu'ils firent avec une impétuoſité qui ſe peut àpeine concevoir. Ils oc- cuperent des Hauteurs; mais les Noſtres aprés les en avoir chaſſez en gagnerent d'autres,
& conferverent fi bien cét
avantage pendattoute la jour- née, qu'ils donnerentlieu aux Bagages d'avancer beaucoup,
&de ſe mettre en ſeureté. M
de Navailles ne craignant plus rien , & ayant fait voir au Comte de Monterey qu'il en fçavoit plus que luy , mit ſon Armée en bataille dans le lieu
qu'il jugea le plus avantageux,
&fit pofter fon Canonde for- te qu'il fut tres-bien fervy , &
GALANT. 139
1
1
incommoda fort les Ennemis.
Noftre General voulut encor
gagnerune Hauteur, &ce qui paroift incroyable , nos Trou- pes qui devoient eſtre fati- guées de tant de mouvemens,
ypaſſerent avec diligence &
fans aucune confufion , parun effet des ordres que Monfieur ☐ de Navailles donnoit avecune application & une prefence d'eſpritqui n'avoient rien d'égal que fon courage. Il animoit tous les Officiers à bien faire ;
& les Soldats encouragez par fon exemple &parſes paroles,
réſolurentde périr plûtoſt que d'abandoner ce dernierPofte.
Les Ennemis vinrent aufſi- toft
ànous en tres-bon ordre , &
le Combat s'engagea. On tira pendant trois heuresde la ſeu le longueur de deux Piques ,
Miij
140 LE MERCURE Bataillons contre Bataillons , la
Cavalerie de part & d'autre eſtant derriere l'Infanterie..
Nos Troupes ne firent aucun méchant mouvement , & on ne les pût obliger à reculer d'un ſeul pas. La Cavalerie quenous avionsſur l'aifle gau- che fit des merveilles : Elle
monta fur une Hauteur pref- que inacceffible , & en chaffa lesEnnemis. Celle de ladroite alla pluſieurs fois à la char- ge , & en tua grand nom.
bre. L'Occafion dura cinq heures & demie , &fe termina avec beaucoup de gloire pour le Roy. Les Eſpagnolsy
ont perdu plus de deux mille Hommes. On leur a entierement défait les Regimensd'Ar--
ragon, de Medina Sidonia , &
deMonteleone. TouslesOffi-
GALANT.: 141 ciers de ces trois Regimens ont eſté tuez , bleffez , ou faits
prifonniers. On a fort mal trai- té ceux de Grenade & de la
Cofte , & il y a eu un tres- grand nombre de prifonniers,
entre leſquels ſont plufieurs Perſonnes de qualité , dont quelques-uns, comme le Com- te de la Fuente, le Vicomte de S.George,& le Colonel Heffe,
✓ font morts de leurs bleſſures..
Cette Action eſt d'autant plus
glorieuſe, qu'on a batu les Ennemisdans leur Païs, quoyque plus forts, qu'ony eft demeuré maître du Champ de Bataille,
qu'on leur a pris des Dra peaux ,&tout cela en ſe reti rant ; ce qui eſt une circon - ſtance remarquable : car les
Retraites font ordinairement
- dangereuses , & on y est rar
142 LE MERCURE
rement attaqué qu'on ne ſoit batu. Les Eſpagnols n'ont rien entrepris depuis ce temps-là ,
& voilà à quoy ont abouty tous ces grands Armemens, &
toutes ces Levées, qui avoient épuiſé leurs RoyaumesdeGre- nade &d'Andaloufie. Jevous
ay tenu parole , Madame. Ce Récit n'eſt embaraſſe d'aucuns'
Noms de Paſſages,&je ne l'ay pas meſme voulu charger de ceux de nos Officiers qui ſe font fait remarquer , afin de vous en laiſſer plus aiſement fuivre le fil . Cela ne me doit
pas empeſcher de leur rendre preſentement juſtice; & pour faire honneur aux Etrangers ,
je vous diray d'abord que les Suiffes & les Allemands ne
donnerent quartier à perſon- ne , fur ce qu'un Trompette
GALANT. 143 des Ennemis vint declarer -qu'ils n'en feroient point aux Etrangers. Si les François euf- ſent ſuivy cet exemple , il ne ſeroit guere demeuré d'Eſpa- gnols.
Les Regimens de Sault, de Furſtemberg , de Navailles ,
d'Erlac , de Gaſſion , de la Rabliere , de Lanſon , de Lebret ,
&de Villeneuve , ſe ſont dif
tinguez , aufli bien que les Dragons., que rien n'a efte ca- pable d'ébranler. Jamais onn'a fi genéralement bien faitdans aucun Combat. Onn'a pas re- marqué un feul Soldat qui ait reculé,&on ne ſçait qui loüer,
particulierement des Officiers,
parce qu'ils meritent tous d'égales loüanges.
*
Monfieur le Mareſchal Duc
de Navailles diviſa ſes Trou-
144 LE MERCURE
pes enpluſieurs Corps,&quoy qu'il fuſt par tout, il ne laiſſa pas de ſe mettre à la teſte d'un de
ces Corps qu'il avoit fi judi- cieuſement diviſez. Mr de la
Rabliere Mareſchal de Camp,
eſtoit à la teſte d'un autre , &
monta fur une Hauteur où il
batit les Ennemis. Mrde Gafſion Lieutenant General , pаreillementàla teſte d'un Corps,
occupa une autre Hauteur ; &
Mr Chevreau Brigadier deCa- valerie , ſe ſignala à la teſte du quatrième Corps. Mr du Sauf- fay donna beaucoup de mar- *ques de cœur & de conduite
en cette occaſion; il commandoit la Cavalerie. M² le Marquis d'Apremont Mareſchalde Camp, y fit des merveilles. II eſtoit par tout. Ce fut luy qui foûtint les premiers efforts des
GALANT. 145
Ennemis , & qui commença à
leur faire connoiſtre qu'ils s'é- toient trompez quand ils s'é- toient voulu répondre ſi fortement de la Victoire. La con- duite des Bagages fut donnée à Mr d'Urban Brigadier d'In- fanterie. Il les mit en ſeûreté,
&revint en ſuite prendre part à la gloire de cette fameuſe journée. M' le Marquis de Villeneuve , Colonel de Cavalerie , après avoir foûtenu les efforts des Ennemis , les chargea vigoureuſement. M le Che- valier de Ganges fit des choſes
ſurprenantes , & forma des Eſcadrons , malgré tout le feu des Ennemis. Mr le Marquis
de Navailles ſervit de Briga- dier en la place de M de S. André , qui avoit eſté envoyé
depuis deux jours à Bellegarde.
146 LE MERCURE 1
Ce Marquis agit avec autant de prudence que de courage.
Il mena les Bataillons à la
Charge , & fe montradigne du Sang dont il fort. M. des
Fontaines Lieutenant d'Artillerie , fit tout ce qu'on pou- voit attendre de luy. Son Ca- non fut bien ſervy, & fi à pro- pos , que les Ennemis en fou- frirent beaucoup. Toutes les Relations parlent fi avanta- geufement de Meſſieurs de la
Rabliere & deGaffion , qu'on ne leur peut donner trop de loüanges, non--plus qu'àMon- fieur le Chevalier d'Aubeterre , qui ayant apporté une vi- gilance incroyable à ſe faifir du Col de Bagnols avant le Combat, montra une vigueur extraordinaire à chaffer les
Ennemis qui avoient occupé les
GALANT. 147
les Hauteurs des environs de
ce Paſſage, quoy qu'ils fuſſent beaucoup mieux poftez & en plus grand nombre. Monfieur de Raiſon , Capitaine au Regi- ment de Sault ,& un petit Corps de Suiffes , executerent
tres-bien ſes ordres, Monfieur
le Camus deBeaulicu , Intendant General de tout le Païs,
donna les ſiens fort à propos.
Il avoit receu une Lettre en
chifre de Monfieur le Duc de
Navailles pour faire marcher toute la Milice du Païs avec
M' le Chevalier d'Aubeterre,
& pour tenir preſtes les Munir)
tions de guerre & de bouche,
& il prit ſoin de tout avecune diligence & une ponctualité qui nepeuvent etre allezoſti mées. Il chargea Monfieur He ron, Commiſſaire ordinaire des
Tome VI. N
148 LE MERCVRE Guerres , & des Convois tant
par terre que par Mer, de l'e- xecution'de beaucoup de cho- ſes dont il s'acquita tres-fide- lement. Il ne me reſte plus qu'à vous dire les noms des Morts&des Bleſſez , tant d'actions vigoureuſes n'ayant pû fe faire ſans qu'il nous en ait couſté quelque choſe.
Capitaines tuez.
M.Choueraſqui, м. le Chevalier du Cros, M.Duran.
Capitaines bleſſez.
Mrs Praflon , Davénes, Bardonanche, Maurniay, De Tu- bas , Revellas , Tronc , Romp,
Geſſeret,Bandron,Quantagril,
Guaſque, Saint Géniez , La- barte, Sainte-Coulombe, Lan- glade, Barriere, Brouffan,Cha- tonville Vulaine M. le Marquis deVilleneu
GALANT. 149
ve Colonel de Cavalerie , &
M.de Conflans Major du Re- gimentde laRabliere, ont auffi efté bleſſez .
a
Je ne vous parle point des Eſpagnols morts oubleſſez. Ce font noms qui vous font en tierement inconnus , &d'ailleurs le nombre eneſt ſi grand,
qu'ils ne pourroient que vous ennuyer. Le ComtedeMonterey envoyé demander le Corps du Comtede la Fuente par un Trompete , & dire à
Monfieur de Navailles qu'il avoit eſté plus heureux que luy. Ce Trompete le pria en meſme temps de ſa part d'a- voir ſoin de la Nobleſſe d'ef
pagne qu'il avoit entre ſes mains.
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Résumé : Tout ce qui s'et passé en Catalogne depuis l'ouverture de la Campagne, avec les Noms des Morts & des Blessez, & de ceux qui se sont signalez dans la derniere Défaite des Ennemis. [titre d'après la table]
Les Espagnols préparèrent une diversion en Catalogne pour compenser les conquêtes françaises en Flandre. Ils levèrent des troupes dans diverses provinces et nommèrent le Comte de Monterey vice-roi de Catalogne et général de l'armée. Les préparatifs incluaient l'arrivée de vaisseaux chargés de troupes à Barcelone et des renforts de régions comme Grenade et Valence. Le Comte de Monterey reçut l'ordre de se rendre à Barcelone et de préparer des troupes pour la Sicile. Il marcha vers Saint-Pierre-Pescador où le Duc de Navailles était posté. Après une escarmouche, les Espagnols furent contraints de se retirer en désordre. Plus tard, le Duc de Navailles envoya des troupes pour défaire un détachement espagnol près du Lampourdan. Les Français, malgré les forces espagnoles, réussirent à faire des dégâts en Catalogne et à sécuriser les récoltes dans le Roussillon. Cependant, ils étaient limités par des passages étroits entre les montagnes. Le Duc de Navailles envoya le Chevalier d'Aubeterre sécuriser le Col de Bagnols, permettant ainsi aux troupes françaises de progresser. Lors de plusieurs escarmouches, les Espagnols, bien que plus nombreux, furent repoussés. Le Duc de Navailles réussit à retirer ses troupes en sécurité malgré la poursuite des Espagnols. La bataille finale dura cinq heures et demie, se terminant par une victoire française. Les Espagnols perdirent plus de deux mille hommes et plusieurs régiments furent détruits. Les régiments français, notamment ceux de Sault, Furstemberg, et Navailles, se distinguèrent par leur bravoure. Le Duc de Navailles et plusieurs autres officiers reçurent des éloges pour leur conduite et leur courage. Après cette défaite, les Espagnols n'entreprirent plus aucune action militaire significative. Le texte mentionne également les capitaines tués et blessés lors des actions militaires, ainsi que la demande du Comte de Monterey pour le corps du Comte de la Fuente, soulignant la supériorité militaire du Duc de Navailles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 109-111
Mariage de M. le Marquis de Meaux, [titre d'après la table]
Début :
Messire Philippe Hierôme Chenel, Marquis de Meux, Seigneur du [...]
Mots clefs :
Marquis de Meux, Seigneuries, Cavalerie, Messire, Ordres, Mariage, Curé, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariage de M. le Marquis de Meaux, [titre d'après la table]
Meffire Philippe Hierôme
Chenel , Marquis de Meux,
Seigneur du meſme lieu en
Xaintonge , des Terres &
Seigneuries de Ponceau,Canremy
& Ruiel en Beauvoifis,
Rotonde , Frenel prés Coma
piegne , & de Fink entre
Peronne & Cambray, Meſtre
de Camp du Regiment Colonel
de la Cavalerie de Fran
110 MERCURE
ce , Fils unique de Meſſire
Philippe Chenel , Chevalier
, Marquis de Meux , &
de Dame Elizabeth Sermoiſe
, a épousé Mademoiselle
Thereze- Angelique Collin,
Fille de Meffire Cefar Collin ,
Chevalier des Ordres de
Noftre - Dame du Mont-
Carmel , de Saint Lazare , &
de Saint Jean de Jerufalem ,
Conſeiller & Secretaire du
Roy , Seigneur de Lyancourt
lez Roye en Picardie , Leffarts
& autres lieux. La Mariée
eſt Soeur de Madame
Leſcalopier. Le Mariage fut
GALANT. III
celebré la nuit du 11. au 12.
de ce mois , dans l'Egliſe de
Saint Mederic , par M Blampignon
qui en eſt Curé , en
prefence deM'& de Madame
Collin , Pere & Mere de la
Mariée, de M² d'Aligre Conſeiller
d'Eftat , de M² le Préſident
Molé , de M² Leſcalopier
, Conſeiller à la Premiere
des Enqueftes , de M
le Chevalier de Saint Georges
, & d'un grand nombre
d'autres Perſonnes qualifiées.
Chenel , Marquis de Meux,
Seigneur du meſme lieu en
Xaintonge , des Terres &
Seigneuries de Ponceau,Canremy
& Ruiel en Beauvoifis,
Rotonde , Frenel prés Coma
piegne , & de Fink entre
Peronne & Cambray, Meſtre
de Camp du Regiment Colonel
de la Cavalerie de Fran
110 MERCURE
ce , Fils unique de Meſſire
Philippe Chenel , Chevalier
, Marquis de Meux , &
de Dame Elizabeth Sermoiſe
, a épousé Mademoiselle
Thereze- Angelique Collin,
Fille de Meffire Cefar Collin ,
Chevalier des Ordres de
Noftre - Dame du Mont-
Carmel , de Saint Lazare , &
de Saint Jean de Jerufalem ,
Conſeiller & Secretaire du
Roy , Seigneur de Lyancourt
lez Roye en Picardie , Leffarts
& autres lieux. La Mariée
eſt Soeur de Madame
Leſcalopier. Le Mariage fut
GALANT. III
celebré la nuit du 11. au 12.
de ce mois , dans l'Egliſe de
Saint Mederic , par M Blampignon
qui en eſt Curé , en
prefence deM'& de Madame
Collin , Pere & Mere de la
Mariée, de M² d'Aligre Conſeiller
d'Eftat , de M² le Préſident
Molé , de M² Leſcalopier
, Conſeiller à la Premiere
des Enqueftes , de M
le Chevalier de Saint Georges
, & d'un grand nombre
d'autres Perſonnes qualifiées.
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Résumé : Mariage de M. le Marquis de Meaux, [titre d'après la table]
Le texte relate le mariage de Meffire Philippe Hierôme Chenel, Marquis de Meux, Seigneur de plusieurs terres et Mestre de Camp du Régiment Colonel de la Cavalerie de France. Il est le fils unique de Messire Philippe Chenel, Chevalier, Marquis de Meux, et de Dame Elizabeth Sermoise. La mariée, Mademoiselle Thereze-Angelique Collin, est la fille de Meffire César Collin, Chevalier des Ordres de Notre-Dame du Mont-Carmel, de Saint Lazare et de Saint Jean de Jérusalem, Conseiller et Secrétaire du Roy, et Seigneur de plusieurs lieux. Elle est également la sœur de Madame Lescalopier. La cérémonie a eu lieu la nuit du 11 au 12 du mois dans l'Église de Saint Mederic, dirigée par Monsieur Blampignon, le curé. De nombreux invités distingués étaient présents, notamment Monsieur et Madame Collin, Monsieur d'Aligre, Conseiller d'État, Monsieur le Président Molé, Monsieur Lescalopier, Conseiller à la Première des Enquêtes, et le Chevalier de Saint Georges.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 306-321
Valenciennes. [titre d'après la table]
Début :
Ils en partirent le 9. pour aller coucher à Valencienne. [...]
Mots clefs :
Valenciennes, Monsieur Château, Toile, Bardo di Bardi Magalotti, Tableaux, Ville, Roi, Empereur, Hainaut, Maison de Bavière, Ambassadeur, Citadelle, Cavalerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Valenciennes. [titre d'après la table]
Ils en partirent le 9. pour
aller coucher à Valencienne .
Il y a dans cette Ville - là &
dans ſes Fauxbourgs 4523 .
Maiſons , 21108. Perſonnes,
fans compter les Troupes du
Roy , 34. Eglifes , une Abbaye
, un Chapitre de Cha.
noines , 7. Paroiffes , 10.Con
desAnb. de Siam. 307
vens d'Hommes , & 11. de
Filles. La Ville eſt des plus
confiderables pour ſon antiquité.
Les Romains y établirent
diverſes Manufactures
; & ayant eſté ruinée pluſieurs
fois , l'Empereur Valentinien
la fit reparer , &
entourer de murailles vers
l'An 367. & luy donna fon
nom qu'elle retient encore
aujourd'huy. Elle demeura
fous la puiſſance Romaine
juſqu'à la venuë de Clodion,
qui la tranfmit aux Roys de
France ſes Succeſſeurs , &fut
ſous les deux premieres Races
Cc ij
308 III. P. du Voyage
de ſes Roys , comme Terre
diftinguée de limites , avec le
titre de Comté. Elle fut depuis
à des Princes qui la tenoient
en qualité de Seigneurs
, y faiſant battre de la
Monnoye à leur coin à titre
de Comtes de Valencienne.
Ce Comté comprenoit le
Païs d'Oſtrevant , de Burbant,
& l'eſpace qui eſt entre
Morchipont , Mortmal & la
Selle , qui relevoient en partie
de Lorraine & de France .
Le mariage de Matilde Comteſſe
de Valencienne , avec
Regnier IV. Fils d'Avide ,
des Amb. de Siam. 309
1
Fille de Huë- Capet Comte
de Hainaut , fit paffer cette
Ville à ſes Heritiers l'An 1030 .
à condition d'eſtre toûjours
diftinguée, & de n'eſtre point
confondue avec le Hainaut.
Par le mariage de Marguerite
d'Avefne Comteſſe de
Hainaut avec l'Empereur
Loüis de Baviere , elle paſſa à
la Maiſon de Baviere l'An
1346. juſqu'à ce que Jacqueline
de Baviere vint à mourir,
laiſſant Philippes le Bon, Duc
de Bourgogne, fon Heritier
en 1437. Elle demeura dans
ſa Famille juſqu'en 1452.
310 III . P. du Voyage
qu'elle paſſa à la Maiſon
d'Autriche par la mort de
Marie de Bourgogne Femme
de l'Empereur maximilien, à
qui elle fut juſqu'en 1677 .
que tout imprenable qu'on
la croyoit , elle fut priſe d'affaut
par les Armes invincibles
de LOUIS LE GRAND.
Ce qui eſt de remarquable,
c'eſt qu'elle peut ſe vanter
d'avoir eu deux Palais
Royaux , l'un où eſt à prefent
la Citadelle , l'autre où
eſt l'Eglife des Cordeliers ;
Que Charlemagne y tint ſes
Eftats Generaux pour la pre
des Amb. de Siam. 311
miere fois , & y reçût la Couronne
d'Auſtraſie aprés la
mort de fon Frere Carloman.
On dit que le Roy Pepin y
fonda l'Égliſe de Nôtre-Dame.
La Maiſon de Ville merite
d'y eſtre veuë. Les Ambaſſadeurs
trouverent en approchant
de cette Place, la
Cavalerie de 'la Garnifon
qui les vint recevoir , & enfuite
M. de Magalotti qui
les attendoit à la Porte. Son
viſage ouvert leur plût extrémement
; & lorſqu'il les
eut quittez pour leur laiſſer
prendre la route du lieu
r
312 III . P. du Voyage
qu'on leur avoit preparé pour
leur Logement , ils dirent de
luy mille choſes obligeantes,
quoy qu'ils ne luy euſſent
parlé qu'un moment. Ils arriverent
à leur Logis , aprés
avoir eſté ſalüez du Canon,
& des Officiers des Troupes
qui formoient deux hayes
dans la Ville. MF de Magalotti
avoit pris foin de faire
meubler la maifon où ils allerent
, & il y ayoit fait porter
quantité de fort beaux Tableaux
, & beaucoup de Portraits.
Aprés qu'ils ſe furent
un peu repoſez , il leur prefenta
des Anb. de Siam. 313
r
ſenta Ms du Magiftrat , &
M. Château Conſeiller de
Ville qui portoit la parole,
parla en ces termes.
MESSEIGNEURS ,
>
C'est dans une joye qui ne peut
s'exprimer, que leMagistrat de cette
Ville vientse presenter à vos Excellences
, pour leur témoigner les
respects & les foûmiſſions deuës
aux Perſonnes qui representent l'un
des plus Grands & des plus Augustes
Monarques de l'Afie, & dont
l'amitié estsi chere au Roy. Nous
ne ferons point , Meſſeigneurs ,le
détail des Conquestes , des Triomphes
, & des Victoires éclatantes
que nôtre Grand Monarque a rem-
Dd
314 III. P. du Voyage
portées sur ses Ennemis , dont la
gloire est fi grande , que la Renommée
s'en est répandue par toute la
Terre. Nous nous contenterons de
dire qu'entre toutes les perfections
&les vertus Royales qui reluiſent
comme les rayons du Soleil en fa
Personne facrée ,ſa fidelité inviolable
enversfes Alliez en est une
des plus brillantes. Nous prenons
la liberté , Meſſeigneurs , de prefenter
à vos Excellences les Vins
d'honneur , & quelques pieces de
Toilettes pour échantillons desManufactures
de cette Ville. Nous aurions
bien de la joye si ce Commerce
pouvoit s'établir dans vos Provinces,
à l'exemple des autres Royaumes
de l'Afie , de l'Afrique , de
l'Amerique, &deplusieurs Regions
de l'Europe où cette Manufacture
des Amb. de Siam. 315
est dans la plus haute confideration
.
Cette Harangue finie, le
Magiftrat leur preſenta trois
pieces de Toile des plus fines
de la Fabrique de Valencienne.
Chaque Piece eſtoit enveloppée
dans un Brocard
argent & bleu , & noüée avec
des Rubans de la même
couleur. Ils eurent d'abord
quelque peine à les accepter,
& dirent , qu'ils n'estoient point
accoûtumez à prendre des Pre-
Sens ; mais que puisque c'estoit
des échantillons d'une Manufa-
Eture de la Ville , ils les rete-
Ddij
316 III. P. du Voyage
r
noient pour les faire voirau Roy
leurMaistre. M de Magalotti
leur demanda l'ordre ,
& ils dirent , Miracle de nos
jours. Ils firent entendre ,
qu'ils vouloient parler de la
maniere dont la Place avoit
eſté priſe , qu'ils regardoient
come un miracle de nôtre Siecle.
Les Dames ſeules eurent le
privilege de les voir ſouper.
Le lendemain la fiévre ayant
pris à Me Torf, ils en montrerent
une grande inquietude
,& l'allerent voir pluſieurs
fois . Il leur dit qu'il n'estoit
pas de leur dignité de viſiter un
des Amb de Siam. 317
particulier. Ils répondirent
qu'ils le regardoient comme un
autre eux- mefmes, & ils allerent
ce jour-là à la Citadelle, d'où
on leur montra le Paté par où
la Place avoit eſté priſe. Ils
virent faire l'Exercice aux Cadets
, & l'Ambaſſadeur les regarda
avec rant de plaifir
qu'il ſembloit qu'il enviaft
leur bonheur. Il dit qu'il voudroit
n'estre pas Ambaſſadeur , ou
du moins n'estre pas le Premier ,
afin de faire une Campagne ou
deux avec le Roy en cas qu'ily
eût Guerre , & il ajoûta qu'il
ſçauroit faire approuver fa
Dd iij
318 III. P. duVoyage
r
conduite au Roy ſon Maiſtre. Ils
allerent diner chez M de
Magalotti . Le Repas fut ſplendide
, & ils burent de tout ce
que l'Italie a de meilleures Liqueurs.
Ils s'attacherent à confiderer
des Tableaux de petit
point de la Manufacture de
Valenciennes , qui reprefentoient
des fleurs , & comme
ils les trouverent parfaitement
beaux , M'de Magalotti voulut
les leur donner , mais ils
ne les accepterent point. Au
fortir de ce grand Repas où
il y eut deux Tables , chacune
de 20. couverts , ils allerent
desAmb . de Siam. 319
voir les Fortifications , & firent
le tour de la Ville . M² de
Magalotti leur fit une defcription
de tout le Siege ; il leur
marqua tous les quartiers , &
particulierement celuy du
Roy. Ils examinerent de nouveau
& de plus pres l'endroit
par où l'on a pris la Place , &
firent des reflexions ſur l'intrepide
valeur des François.
Ils remercierent fort M de
Magalotti de toutes ſes peines
, & luy donnerent pour
mot l'âge rend t'homme parfait,
ſes cheveux blancs leur firent
croire qu'il eſtoit plus âgé
D'dinj
320 III. P. du Voyage
qu'il ne l'eſt. Les Dames leur
tinrent encore ce foir-làbonne
compagnie pendant leur fouper.
Le lendemain M deMagalotti,
l'Estat major, &leMagiftrat
leur allerent faire compliment
fur leurdépart. Alors
l'Ambaſſadeur leur dit d'un
air riant , qu'ils leurestoientfort
obligez de toutes leurs honnestetez,
qu'ils ne les oubliroient jamais
,&qu'ils ne manqueroient
pas de les marquer au Roy leur
Maistre. Les mefmes Ceremonies
qui avoient eſté obfervées
à leur entrée , ſe firent à
leur fortie . Ils trouverent dans
des Amb. de Siam , 321
leur Caroffe les deux Tableaux
que Me de Magalotti leur avoit
offerts , & qu'il avoit fait
mettre dans de tres- riches
bordures . Cette honneſteté les
furprit extrémement ; ils les
garderent craignant de les
defobliger , s'ils les
voyoient .La Cavalerie les reconduifit
fi loin , qu'ils furent
obligez de la prier de s'en retourner
.
aller coucher à Valencienne .
Il y a dans cette Ville - là &
dans ſes Fauxbourgs 4523 .
Maiſons , 21108. Perſonnes,
fans compter les Troupes du
Roy , 34. Eglifes , une Abbaye
, un Chapitre de Cha.
noines , 7. Paroiffes , 10.Con
desAnb. de Siam. 307
vens d'Hommes , & 11. de
Filles. La Ville eſt des plus
confiderables pour ſon antiquité.
Les Romains y établirent
diverſes Manufactures
; & ayant eſté ruinée pluſieurs
fois , l'Empereur Valentinien
la fit reparer , &
entourer de murailles vers
l'An 367. & luy donna fon
nom qu'elle retient encore
aujourd'huy. Elle demeura
fous la puiſſance Romaine
juſqu'à la venuë de Clodion,
qui la tranfmit aux Roys de
France ſes Succeſſeurs , &fut
ſous les deux premieres Races
Cc ij
308 III. P. du Voyage
de ſes Roys , comme Terre
diftinguée de limites , avec le
titre de Comté. Elle fut depuis
à des Princes qui la tenoient
en qualité de Seigneurs
, y faiſant battre de la
Monnoye à leur coin à titre
de Comtes de Valencienne.
Ce Comté comprenoit le
Païs d'Oſtrevant , de Burbant,
& l'eſpace qui eſt entre
Morchipont , Mortmal & la
Selle , qui relevoient en partie
de Lorraine & de France .
Le mariage de Matilde Comteſſe
de Valencienne , avec
Regnier IV. Fils d'Avide ,
des Amb. de Siam. 309
1
Fille de Huë- Capet Comte
de Hainaut , fit paffer cette
Ville à ſes Heritiers l'An 1030 .
à condition d'eſtre toûjours
diftinguée, & de n'eſtre point
confondue avec le Hainaut.
Par le mariage de Marguerite
d'Avefne Comteſſe de
Hainaut avec l'Empereur
Loüis de Baviere , elle paſſa à
la Maiſon de Baviere l'An
1346. juſqu'à ce que Jacqueline
de Baviere vint à mourir,
laiſſant Philippes le Bon, Duc
de Bourgogne, fon Heritier
en 1437. Elle demeura dans
ſa Famille juſqu'en 1452.
310 III . P. du Voyage
qu'elle paſſa à la Maiſon
d'Autriche par la mort de
Marie de Bourgogne Femme
de l'Empereur maximilien, à
qui elle fut juſqu'en 1677 .
que tout imprenable qu'on
la croyoit , elle fut priſe d'affaut
par les Armes invincibles
de LOUIS LE GRAND.
Ce qui eſt de remarquable,
c'eſt qu'elle peut ſe vanter
d'avoir eu deux Palais
Royaux , l'un où eſt à prefent
la Citadelle , l'autre où
eſt l'Eglife des Cordeliers ;
Que Charlemagne y tint ſes
Eftats Generaux pour la pre
des Amb. de Siam. 311
miere fois , & y reçût la Couronne
d'Auſtraſie aprés la
mort de fon Frere Carloman.
On dit que le Roy Pepin y
fonda l'Égliſe de Nôtre-Dame.
La Maiſon de Ville merite
d'y eſtre veuë. Les Ambaſſadeurs
trouverent en approchant
de cette Place, la
Cavalerie de 'la Garnifon
qui les vint recevoir , & enfuite
M. de Magalotti qui
les attendoit à la Porte. Son
viſage ouvert leur plût extrémement
; & lorſqu'il les
eut quittez pour leur laiſſer
prendre la route du lieu
r
312 III . P. du Voyage
qu'on leur avoit preparé pour
leur Logement , ils dirent de
luy mille choſes obligeantes,
quoy qu'ils ne luy euſſent
parlé qu'un moment. Ils arriverent
à leur Logis , aprés
avoir eſté ſalüez du Canon,
& des Officiers des Troupes
qui formoient deux hayes
dans la Ville. MF de Magalotti
avoit pris foin de faire
meubler la maifon où ils allerent
, & il y ayoit fait porter
quantité de fort beaux Tableaux
, & beaucoup de Portraits.
Aprés qu'ils ſe furent
un peu repoſez , il leur prefenta
des Anb. de Siam. 313
r
ſenta Ms du Magiftrat , &
M. Château Conſeiller de
Ville qui portoit la parole,
parla en ces termes.
MESSEIGNEURS ,
>
C'est dans une joye qui ne peut
s'exprimer, que leMagistrat de cette
Ville vientse presenter à vos Excellences
, pour leur témoigner les
respects & les foûmiſſions deuës
aux Perſonnes qui representent l'un
des plus Grands & des plus Augustes
Monarques de l'Afie, & dont
l'amitié estsi chere au Roy. Nous
ne ferons point , Meſſeigneurs ,le
détail des Conquestes , des Triomphes
, & des Victoires éclatantes
que nôtre Grand Monarque a rem-
Dd
314 III. P. du Voyage
portées sur ses Ennemis , dont la
gloire est fi grande , que la Renommée
s'en est répandue par toute la
Terre. Nous nous contenterons de
dire qu'entre toutes les perfections
&les vertus Royales qui reluiſent
comme les rayons du Soleil en fa
Personne facrée ,ſa fidelité inviolable
enversfes Alliez en est une
des plus brillantes. Nous prenons
la liberté , Meſſeigneurs , de prefenter
à vos Excellences les Vins
d'honneur , & quelques pieces de
Toilettes pour échantillons desManufactures
de cette Ville. Nous aurions
bien de la joye si ce Commerce
pouvoit s'établir dans vos Provinces,
à l'exemple des autres Royaumes
de l'Afie , de l'Afrique , de
l'Amerique, &deplusieurs Regions
de l'Europe où cette Manufacture
des Amb. de Siam. 315
est dans la plus haute confideration
.
Cette Harangue finie, le
Magiftrat leur preſenta trois
pieces de Toile des plus fines
de la Fabrique de Valencienne.
Chaque Piece eſtoit enveloppée
dans un Brocard
argent & bleu , & noüée avec
des Rubans de la même
couleur. Ils eurent d'abord
quelque peine à les accepter,
& dirent , qu'ils n'estoient point
accoûtumez à prendre des Pre-
Sens ; mais que puisque c'estoit
des échantillons d'une Manufa-
Eture de la Ville , ils les rete-
Ddij
316 III. P. du Voyage
r
noient pour les faire voirau Roy
leurMaistre. M de Magalotti
leur demanda l'ordre ,
& ils dirent , Miracle de nos
jours. Ils firent entendre ,
qu'ils vouloient parler de la
maniere dont la Place avoit
eſté priſe , qu'ils regardoient
come un miracle de nôtre Siecle.
Les Dames ſeules eurent le
privilege de les voir ſouper.
Le lendemain la fiévre ayant
pris à Me Torf, ils en montrerent
une grande inquietude
,& l'allerent voir pluſieurs
fois . Il leur dit qu'il n'estoit
pas de leur dignité de viſiter un
des Amb de Siam. 317
particulier. Ils répondirent
qu'ils le regardoient comme un
autre eux- mefmes, & ils allerent
ce jour-là à la Citadelle, d'où
on leur montra le Paté par où
la Place avoit eſté priſe. Ils
virent faire l'Exercice aux Cadets
, & l'Ambaſſadeur les regarda
avec rant de plaifir
qu'il ſembloit qu'il enviaft
leur bonheur. Il dit qu'il voudroit
n'estre pas Ambaſſadeur , ou
du moins n'estre pas le Premier ,
afin de faire une Campagne ou
deux avec le Roy en cas qu'ily
eût Guerre , & il ajoûta qu'il
ſçauroit faire approuver fa
Dd iij
318 III. P. duVoyage
r
conduite au Roy ſon Maiſtre. Ils
allerent diner chez M de
Magalotti . Le Repas fut ſplendide
, & ils burent de tout ce
que l'Italie a de meilleures Liqueurs.
Ils s'attacherent à confiderer
des Tableaux de petit
point de la Manufacture de
Valenciennes , qui reprefentoient
des fleurs , & comme
ils les trouverent parfaitement
beaux , M'de Magalotti voulut
les leur donner , mais ils
ne les accepterent point. Au
fortir de ce grand Repas où
il y eut deux Tables , chacune
de 20. couverts , ils allerent
desAmb . de Siam. 319
voir les Fortifications , & firent
le tour de la Ville . M² de
Magalotti leur fit une defcription
de tout le Siege ; il leur
marqua tous les quartiers , &
particulierement celuy du
Roy. Ils examinerent de nouveau
& de plus pres l'endroit
par où l'on a pris la Place , &
firent des reflexions ſur l'intrepide
valeur des François.
Ils remercierent fort M de
Magalotti de toutes ſes peines
, & luy donnerent pour
mot l'âge rend t'homme parfait,
ſes cheveux blancs leur firent
croire qu'il eſtoit plus âgé
D'dinj
320 III. P. du Voyage
qu'il ne l'eſt. Les Dames leur
tinrent encore ce foir-làbonne
compagnie pendant leur fouper.
Le lendemain M deMagalotti,
l'Estat major, &leMagiftrat
leur allerent faire compliment
fur leurdépart. Alors
l'Ambaſſadeur leur dit d'un
air riant , qu'ils leurestoientfort
obligez de toutes leurs honnestetez,
qu'ils ne les oubliroient jamais
,&qu'ils ne manqueroient
pas de les marquer au Roy leur
Maistre. Les mefmes Ceremonies
qui avoient eſté obfervées
à leur entrée , ſe firent à
leur fortie . Ils trouverent dans
des Amb. de Siam , 321
leur Caroffe les deux Tableaux
que Me de Magalotti leur avoit
offerts , & qu'il avoit fait
mettre dans de tres- riches
bordures . Cette honneſteté les
furprit extrémement ; ils les
garderent craignant de les
defobliger , s'ils les
voyoient .La Cavalerie les reconduifit
fi loin , qu'ils furent
obligez de la prier de s'en retourner
.
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Résumé : Valenciennes. [titre d'après la table]
Le texte décrit un voyage vers Valenciennes, une ville caractérisée par ses 4 523 maisons, 21 108 habitants, 34 églises, une abbaye, un chapitre de chanoines, 7 paroisses et 10 couvents. Valenciennes est renommée pour son antiquité et ses manufactures, établies par les Romains. En 367, l'empereur Valentinien la fit réparer et entourer de murailles. La ville passa sous la domination des rois de France avec Clodion et resta une terre distinguée sous les premières dynasties royales françaises. Par la suite, elle fut possession de divers princes et comtes, incluant les comtes de Hainaut et de Bavière, avant de devenir une possession des ducs de Bourgogne puis de la Maison d'Autriche. En 1677, Valenciennes fut prise par Louis XIV. La ville a également accueilli des figures historiques telles que Charlemagne et Pépin le Bref. Les ambassadeurs de Siam y furent reçus avec honneur, visitèrent la citadelle et les fortifications, et reçurent des présents de la ville. Ils exprimèrent leur admiration pour la prise de la ville par les Français et pour les fortifications. Lors de leur départ, ils furent escortés par la cavalerie et reçurent des tableaux en cadeau.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 78-95
Saint-Quentin. [titre d'après la table]
Début :
C'est une Ville sur la Somme, Capitale du Pays de [...]
Mots clefs :
Saint-Quentin, Ville, Roi, Gouverneur, Chevaliers de la couronne, Ambassadeurs, Abancourt, Bourgeois, Décharge, Carrosse, Place, France, Pradel, Arquebuses, Fenêtres, Cavalerie, Somme, Vermandois
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Saint-Quentin. [titre d'après la table]
C'eſt une Ville ſur
la Somme , Capitale du Pays
de Vermandois en Picardie.
Elle eft grande & bien peuplée
, & on y fait diverſes
Manufactures . Elle a eſté aux
Comtes de Vermandois , &
le Roy Philippe Auguſte
l'ayant réünie à la Couronne
, elle fut depuis engagée
aux Ducs de Bourgogne;
mais elle en a toûjours eſté
retirée avec les autres Villes
fur la Somme, Philibert Ema
des Amb. de Siam. 79
nuel Duc de Savoye , Gouverneur
des Pays-bas, l'ayant
affiegée pour Philippe II.
Roy d'Eſpagne, le Conneſtable
de Montmorency y jetta
quelque ſecours. Il fut attaqué
dans ſa retraite , & fait
prifonnier avec les Ducs de
Montpenfier & de Longueville
, Loüis de Gonzague,
depuis Duc de Nevers , le
Maréchal de S. André , dix
Chevaliers de l'Ordre, & trois
cens Gentilshommes. Cette
Bataille qui fut donnée le 10.
Aouſt 1557. coûta beaucoup
de fang aux François. Jean
Giiij
80 IV. P.du Voyage
de Bourbon, Duc d'Anguien,
fut trouvé parmy les morts.
Les Ennemis , ſans fonger à
profiter de l'avantage qu'ils
venoient de remporter, s'arrefterent
au Siege de Saint-
Quentin, où le Roy Philippes
vint le 27. d'Aouſt. L'Amiral
Coligny qui deffendoit cette
Place , ayant trop tardé à
capituler , la fit ſauter par
cinq bréches , & fut fait prifonnier.
Elle fut rendue à
la France en 1559. par la Paix
de Cateau - Cambreſis . M
d'Abancourt , Lieutenant de
Roy de cette Ville , en fit
r
des Amb. de Siam . 81
les honneurs, en l'absence de
M le Marquis de Pradel ,
Lieutenant general des Armées
du Roy , qui en eft
Gouverneur. Il fortit de Saint
Quentin , dans un Carroſſe
precedé d'une partie des Gardes
de M. de Pradel , tous
bien montez , ainſi que les
Chevaliers de la Couronne,
& de la Jeuneffe , qui l'accompagnoient.
Ils avoient
des Plumes blanches, & eftoient
tous fort leſtement
veſtus , & conduits par leurs
Capitaines. Il y avoit auffi
plus de deux cens notables
82 IV . P. du Voyage
Bourgeois , qui avoient en
teſte Mfs Boutillier &Tabary
, anciens Mayeurs de la
Ville. Ils allerent plus de deux
lieuës au devant des Ambaffadeurs
. M d'Abancourt defcendit
de carroſſe dés qu'il
les eut apperceus , ainſi que
Mt Ainet , Roy de la Couronne
. Cette Compagnie &
celle de la Jeuneſſe , font
composées des jeunes gens
de la Ville , qui s'accoutumant
de bonne heure dans
les Exercices guerriers, ſe difputent
ſouvent des Prix les
uns aux autres , & ces Prix
des Amb. de Siam. 83
font donnez à ceux qui font
voir le plus d'adreſſe. Toutes
ces Troupes, ainſi que les Archers
de la Maréchauffée, faluërent
les Ambaſſadeurs par
une décharge de leurs piftolets,
puis les Chevaliers de la
Couronne environerent leur
Carroſſe l'épée à la main.
Celuy de M d'Abancourt
alloit devant, & eſtoit précedé
de la Maréchauffée. Lors
qu'on fut arrivé à la Porte
de la Ville, le canon des ramparts
ſalüa , comme il avoit
fait par tout ailleurs. LesAmbaſſadeurs
paſſerent au tra
84 III. P. du Voyage
vers d'une double haye de
Bourgeois , dont les ruës eftoient
bordées depuis les
premieres maiſons du Fauxbourg
juſqu'au lieu qui leur
avoit eſté préparé pour leur
logement, & qui estoit gardé
par les deux Compagnies des
Canonniers & Arquebufiers.
Ce logis eftoit fort ſpatieux,
& M de Ville avoient pris
foin de le faire meubler. Ils
avoient fait mettre au deſſus
de la Porte les Armes du Roy
de Siam , qui brilloient extrémement
par les ornemens
dont elles eftoient environ
des Amb. de Siam. 85
nées . LesAmbaſſadeurs eſtant
arrivez à la porte de ce logis,
on fit une décharge de quarante
Arquebuſes à croc , qui
eſtoient aux feneſtres de la
Maiſon de Ville, vis-à-vis de
l'Hoſtel qu'on avoit fait préparer
pour eux ; de forte qu'ils
les entendirent & les virent
de leurs feneftres . Peu de
temps aprés les Mayeur &
Eſchevins en Corps, précedez
de leurs quatre Huiffiers à
longues robbes , & fuivis de
huit autres de robbe courte,
qui portoient lesVins de prefent,
vinrent les complimen
86 IV. P. du Voyage
r
ter. La parole fut portée par
M Rohart , Advocat , &
Mayeur de la Ville. L'Ambaſſadeur
répondit qu'ils eftoient
fort redevables àM*s de
Saint-Quentin des honnestetez
qu'ils leur faisoient,&de l'esti
me qu'ils marquoient pour le
Roy de Siam: Qu'ils auroient
voulu avoir occafion de fervir
la Ville , en revanche de l'honneur
qu'ils en recevoient ; &
qu'ils s'eſtonnoient de voir de ſi
belle Cavalerie , & de fi belle
Infanterie , dans une Place où
il n'y avoit point de Garnison.
L'Infanterie ayant enſuite
des Amb. de Siam. 87
paffé devant leur logis , où
elle fit une décharge, lesAmbaſſadeurs
prierent Mas de
Ville de la renvoyer , & leur
firent de nouveaux remercîmens.
Enſuite le Chapitre
Royal de Saint-Quentin les
vint ſaluër en Corps , & leur
fit auſſi ſes Preſens en particulier
; ce qui merite d'eftre
remarqué , puiſque ce n'eſt
pas une choſe ordinaire aux
Chapitres. M. l'Abbé Gobinet
, Eſcolaſtre & Docteur
en Theologie , parla en l'abfence
de M. de Maupeou,
Doyen , nommé à l'Eveſché
88 IV. P. du Voyage
de Caſtre . L'Ambaſſadeur ré
pondit , qu'ils estoient fort obli
gezà cette Compagnie des honneſtetez
qu'elle venoit leurfaire
; qu'ils sçavoient de quelle
importance estoit le Chapitre de
Saint-Quentin , puiſqu'il avoit
l'honneur d'avoir un des plus
grands Rois de la terre pourfon
premier Chanoine , & qu'il eftoit
Gardien depuis pluſieurs fiecles
du Corps d'un glorieux
Martyr , & qui avoit tant
fouffert; que la modeſtie qu'il
voyoit paroiſtre ſur le visage de
tous les Chanoines , leur estoit
une preuve évidente de la bondes
Amb . de Siam. 89
téde laReligion Chreftienne; que
le Roy de Siam leur Maistre,
qui avoit une eſtime trés-particuliere
pour le Roy de France,
confideroit tous ceux de ſa Religion,
protegeoit dasfonRoyaume
, les Evesques , les Prestres,
les Miffionnaires, pour lefquels
il avoit fait bastir des
Eglifes. Il leur demanda qu'ils
vouluſſent bien prier pour le
Peuple de Siam ; & tous les
Chanoines eſtant enſuite pafſez
devant luy , il les falia
tous chacun en particulier.
Aprés cela ils receurent les
complimens de Mts du Bail
H
90 IV. P. du Voyage
lage , de la Prevoſté, de l'Election
& du Grenier à Sel,
qui tous enſemble ne firent
qu'un Corps. Ces complimens
eſtant achevez, Mª d'Abancourt
leur demanda l'ordre,
& l'Ambaſſadeur donna
pour mot, Plus chargé de lauriers
que d'années, faiſant alluſion
aux grands ſervices de
M. le Marquis de Pradel ,
Gouverneur de S. Quentin,
qui a receu beaucoup de
bleſſeures pendant les Campagnes
qu'il a faites. Mrs de
Ville firent illuminer le ſoir
les feneftres de leur Hoſtel,
r
desAmb. de Siam. gr
qui donnoient vis-à-vis de
celuy où les Ambaſſadeurs
eſtoient logez ; ce qui éclairoit
la grande Place, qui eft
une des plus ſpacieuſes , des
plus regulieres & des plus
belles de France. Toute la
Ville fut auffi illuminée , les
ordres ayant eſté donnez de
mettre des lanternes à toutes
les feneftres .On foupa à l'ordinaire.
L'Afſſemblée fut remarquable
, & les Ambaſſadeurs
trouverentque le nombre
des Dames eſtoit grand
à S. Quentin , & qu'il y en
avoir beaucoup de belles,
Hij
92 IV. P. du Voyage
On leur donna les Violons
aprés foupé, & quand ils eurent
joüé longtemps , ils ſe
mêlerent aux Trompettes des
Chevaliers de la Couronne,
avec lesquels ils s'eſtoient
concertez ; & les plaiſirs de
cette ſoirée finirent par le
bruit de la décharge d'un
grand nombre d'Arquebuſes
à croc , qui estoient à l'Hoftel
de Ville. Le lendemain 17.
quelques Mandarins &quelques
Secretaires allerent par
ordre des Ambaſſadeurs, à la
grande Eglife , afin de leur
faire rapport de ce qu'ils ver
des Amb de Siam. 93
1
roient pour l'écrire enfuite,
comme ils ont fait dans tous
les lieux où ils ont eſté. Ils
trouverent cetre Eglife trésbelle
, tant pour ſa grandeur
que pour ſa conſtruction. Sur
les neuf heures du matin les
Ambaſſadeurs ayant achevé
de déjeuner , les Mayeur &
Eſchevins leur vinrent encore
faire compliment par
la bouche de M Rochart.
L'Ambaſladeur leur marqua
avec les termes les plus ohligeans
& les plus forts, qu'on
ne pouvoit eſtre plus content
qu'ils l'eſtoient de la
94 IV. P. du Voyage
Ville & de luy. Comme ils
avoient defiré d'entendre les
Cloches de la grande Eglife
avant leur départ, ils ſe mirent
à la feneſtre , & on les
fit ſonner à volée, & enſuite
carillonner. Ils furent aprés
falüez des Arquebuſes de
'Hoſtel de Ville , qu'ils avoient
déja veuës & entenduës
avec plaifir, & partirent
precedez des Chevaliers de la
Couronne avec leurs Etendarts
, leurs Trompettes , &
tout ce qui peut marquer des
Troupes reglées , dont ils avoient
l'air. Il y avoit auffi
desAmb. de Siam. 95
plus de deux cens Bourgeois
à cheval', & toute cette Cavalerie
eſtant jointe à la mareſchauffée
, paroiſſoit fort
nombreuſe. Ils pafferent entre
deux hayés de Bourgeois
ſous les armes , ainſi qu'ils
avoient fait en entrant. Le
canon tira à leur fortie , &
la Cavalerie qui les accompagnoit
, ne les quitta qu'à
plus de deux lieuës de laVil-
Ie.
la Somme , Capitale du Pays
de Vermandois en Picardie.
Elle eft grande & bien peuplée
, & on y fait diverſes
Manufactures . Elle a eſté aux
Comtes de Vermandois , &
le Roy Philippe Auguſte
l'ayant réünie à la Couronne
, elle fut depuis engagée
aux Ducs de Bourgogne;
mais elle en a toûjours eſté
retirée avec les autres Villes
fur la Somme, Philibert Ema
des Amb. de Siam. 79
nuel Duc de Savoye , Gouverneur
des Pays-bas, l'ayant
affiegée pour Philippe II.
Roy d'Eſpagne, le Conneſtable
de Montmorency y jetta
quelque ſecours. Il fut attaqué
dans ſa retraite , & fait
prifonnier avec les Ducs de
Montpenfier & de Longueville
, Loüis de Gonzague,
depuis Duc de Nevers , le
Maréchal de S. André , dix
Chevaliers de l'Ordre, & trois
cens Gentilshommes. Cette
Bataille qui fut donnée le 10.
Aouſt 1557. coûta beaucoup
de fang aux François. Jean
Giiij
80 IV. P.du Voyage
de Bourbon, Duc d'Anguien,
fut trouvé parmy les morts.
Les Ennemis , ſans fonger à
profiter de l'avantage qu'ils
venoient de remporter, s'arrefterent
au Siege de Saint-
Quentin, où le Roy Philippes
vint le 27. d'Aouſt. L'Amiral
Coligny qui deffendoit cette
Place , ayant trop tardé à
capituler , la fit ſauter par
cinq bréches , & fut fait prifonnier.
Elle fut rendue à
la France en 1559. par la Paix
de Cateau - Cambreſis . M
d'Abancourt , Lieutenant de
Roy de cette Ville , en fit
r
des Amb. de Siam . 81
les honneurs, en l'absence de
M le Marquis de Pradel ,
Lieutenant general des Armées
du Roy , qui en eft
Gouverneur. Il fortit de Saint
Quentin , dans un Carroſſe
precedé d'une partie des Gardes
de M. de Pradel , tous
bien montez , ainſi que les
Chevaliers de la Couronne,
& de la Jeuneffe , qui l'accompagnoient.
Ils avoient
des Plumes blanches, & eftoient
tous fort leſtement
veſtus , & conduits par leurs
Capitaines. Il y avoit auffi
plus de deux cens notables
82 IV . P. du Voyage
Bourgeois , qui avoient en
teſte Mfs Boutillier &Tabary
, anciens Mayeurs de la
Ville. Ils allerent plus de deux
lieuës au devant des Ambaffadeurs
. M d'Abancourt defcendit
de carroſſe dés qu'il
les eut apperceus , ainſi que
Mt Ainet , Roy de la Couronne
. Cette Compagnie &
celle de la Jeuneſſe , font
composées des jeunes gens
de la Ville , qui s'accoutumant
de bonne heure dans
les Exercices guerriers, ſe difputent
ſouvent des Prix les
uns aux autres , & ces Prix
des Amb. de Siam. 83
font donnez à ceux qui font
voir le plus d'adreſſe. Toutes
ces Troupes, ainſi que les Archers
de la Maréchauffée, faluërent
les Ambaſſadeurs par
une décharge de leurs piftolets,
puis les Chevaliers de la
Couronne environerent leur
Carroſſe l'épée à la main.
Celuy de M d'Abancourt
alloit devant, & eſtoit précedé
de la Maréchauffée. Lors
qu'on fut arrivé à la Porte
de la Ville, le canon des ramparts
ſalüa , comme il avoit
fait par tout ailleurs. LesAmbaſſadeurs
paſſerent au tra
84 III. P. du Voyage
vers d'une double haye de
Bourgeois , dont les ruës eftoient
bordées depuis les
premieres maiſons du Fauxbourg
juſqu'au lieu qui leur
avoit eſté préparé pour leur
logement, & qui estoit gardé
par les deux Compagnies des
Canonniers & Arquebufiers.
Ce logis eftoit fort ſpatieux,
& M de Ville avoient pris
foin de le faire meubler. Ils
avoient fait mettre au deſſus
de la Porte les Armes du Roy
de Siam , qui brilloient extrémement
par les ornemens
dont elles eftoient environ
des Amb. de Siam. 85
nées . LesAmbaſſadeurs eſtant
arrivez à la porte de ce logis,
on fit une décharge de quarante
Arquebuſes à croc , qui
eſtoient aux feneſtres de la
Maiſon de Ville, vis-à-vis de
l'Hoſtel qu'on avoit fait préparer
pour eux ; de forte qu'ils
les entendirent & les virent
de leurs feneftres . Peu de
temps aprés les Mayeur &
Eſchevins en Corps, précedez
de leurs quatre Huiffiers à
longues robbes , & fuivis de
huit autres de robbe courte,
qui portoient lesVins de prefent,
vinrent les complimen
86 IV. P. du Voyage
r
ter. La parole fut portée par
M Rohart , Advocat , &
Mayeur de la Ville. L'Ambaſſadeur
répondit qu'ils eftoient
fort redevables àM*s de
Saint-Quentin des honnestetez
qu'ils leur faisoient,&de l'esti
me qu'ils marquoient pour le
Roy de Siam: Qu'ils auroient
voulu avoir occafion de fervir
la Ville , en revanche de l'honneur
qu'ils en recevoient ; &
qu'ils s'eſtonnoient de voir de ſi
belle Cavalerie , & de fi belle
Infanterie , dans une Place où
il n'y avoit point de Garnison.
L'Infanterie ayant enſuite
des Amb. de Siam. 87
paffé devant leur logis , où
elle fit une décharge, lesAmbaſſadeurs
prierent Mas de
Ville de la renvoyer , & leur
firent de nouveaux remercîmens.
Enſuite le Chapitre
Royal de Saint-Quentin les
vint ſaluër en Corps , & leur
fit auſſi ſes Preſens en particulier
; ce qui merite d'eftre
remarqué , puiſque ce n'eſt
pas une choſe ordinaire aux
Chapitres. M. l'Abbé Gobinet
, Eſcolaſtre & Docteur
en Theologie , parla en l'abfence
de M. de Maupeou,
Doyen , nommé à l'Eveſché
88 IV. P. du Voyage
de Caſtre . L'Ambaſſadeur ré
pondit , qu'ils estoient fort obli
gezà cette Compagnie des honneſtetez
qu'elle venoit leurfaire
; qu'ils sçavoient de quelle
importance estoit le Chapitre de
Saint-Quentin , puiſqu'il avoit
l'honneur d'avoir un des plus
grands Rois de la terre pourfon
premier Chanoine , & qu'il eftoit
Gardien depuis pluſieurs fiecles
du Corps d'un glorieux
Martyr , & qui avoit tant
fouffert; que la modeſtie qu'il
voyoit paroiſtre ſur le visage de
tous les Chanoines , leur estoit
une preuve évidente de la bondes
Amb . de Siam. 89
téde laReligion Chreftienne; que
le Roy de Siam leur Maistre,
qui avoit une eſtime trés-particuliere
pour le Roy de France,
confideroit tous ceux de ſa Religion,
protegeoit dasfonRoyaume
, les Evesques , les Prestres,
les Miffionnaires, pour lefquels
il avoit fait bastir des
Eglifes. Il leur demanda qu'ils
vouluſſent bien prier pour le
Peuple de Siam ; & tous les
Chanoines eſtant enſuite pafſez
devant luy , il les falia
tous chacun en particulier.
Aprés cela ils receurent les
complimens de Mts du Bail
H
90 IV. P. du Voyage
lage , de la Prevoſté, de l'Election
& du Grenier à Sel,
qui tous enſemble ne firent
qu'un Corps. Ces complimens
eſtant achevez, Mª d'Abancourt
leur demanda l'ordre,
& l'Ambaſſadeur donna
pour mot, Plus chargé de lauriers
que d'années, faiſant alluſion
aux grands ſervices de
M. le Marquis de Pradel ,
Gouverneur de S. Quentin,
qui a receu beaucoup de
bleſſeures pendant les Campagnes
qu'il a faites. Mrs de
Ville firent illuminer le ſoir
les feneftres de leur Hoſtel,
r
desAmb. de Siam. gr
qui donnoient vis-à-vis de
celuy où les Ambaſſadeurs
eſtoient logez ; ce qui éclairoit
la grande Place, qui eft
une des plus ſpacieuſes , des
plus regulieres & des plus
belles de France. Toute la
Ville fut auffi illuminée , les
ordres ayant eſté donnez de
mettre des lanternes à toutes
les feneftres .On foupa à l'ordinaire.
L'Afſſemblée fut remarquable
, & les Ambaſſadeurs
trouverentque le nombre
des Dames eſtoit grand
à S. Quentin , & qu'il y en
avoir beaucoup de belles,
Hij
92 IV. P. du Voyage
On leur donna les Violons
aprés foupé, & quand ils eurent
joüé longtemps , ils ſe
mêlerent aux Trompettes des
Chevaliers de la Couronne,
avec lesquels ils s'eſtoient
concertez ; & les plaiſirs de
cette ſoirée finirent par le
bruit de la décharge d'un
grand nombre d'Arquebuſes
à croc , qui estoient à l'Hoftel
de Ville. Le lendemain 17.
quelques Mandarins &quelques
Secretaires allerent par
ordre des Ambaſſadeurs, à la
grande Eglife , afin de leur
faire rapport de ce qu'ils ver
des Amb de Siam. 93
1
roient pour l'écrire enfuite,
comme ils ont fait dans tous
les lieux où ils ont eſté. Ils
trouverent cetre Eglife trésbelle
, tant pour ſa grandeur
que pour ſa conſtruction. Sur
les neuf heures du matin les
Ambaſſadeurs ayant achevé
de déjeuner , les Mayeur &
Eſchevins leur vinrent encore
faire compliment par
la bouche de M Rochart.
L'Ambaſladeur leur marqua
avec les termes les plus ohligeans
& les plus forts, qu'on
ne pouvoit eſtre plus content
qu'ils l'eſtoient de la
94 IV. P. du Voyage
Ville & de luy. Comme ils
avoient defiré d'entendre les
Cloches de la grande Eglife
avant leur départ, ils ſe mirent
à la feneſtre , & on les
fit ſonner à volée, & enſuite
carillonner. Ils furent aprés
falüez des Arquebuſes de
'Hoſtel de Ville , qu'ils avoient
déja veuës & entenduës
avec plaifir, & partirent
precedez des Chevaliers de la
Couronne avec leurs Etendarts
, leurs Trompettes , &
tout ce qui peut marquer des
Troupes reglées , dont ils avoient
l'air. Il y avoit auffi
desAmb. de Siam. 95
plus de deux cens Bourgeois
à cheval', & toute cette Cavalerie
eſtant jointe à la mareſchauffée
, paroiſſoit fort
nombreuſe. Ils pafferent entre
deux hayés de Bourgeois
ſous les armes , ainſi qu'ils
avoient fait en entrant. Le
canon tira à leur fortie , &
la Cavalerie qui les accompagnoit
, ne les quitta qu'à
plus de deux lieuës de laVil-
Ie.
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Résumé : Saint-Quentin. [titre d'après la table]
Le texte présente la ville de Saint-Quentin, située sur la Somme et capitale du Pays de Vermandois en Picardie. Cette ville est notable pour sa taille, sa population et ses diverses manufactures. Historiquement, Saint-Quentin a appartenu aux Comtes de Vermandois avant d'être intégrée à la Couronne par le roi Philippe Auguste. Par la suite, elle a été engagée aux Ducs de Bourgogne. En 1557, la ville a été assiégée par Philibert Emmanuel, Duc de Savoie, agissant pour le compte de Philippe II, roi d'Espagne. Lors de la bataille du 10 août 1557, plusieurs nobles français, dont le Connétable de Montmorency, furent capturés. Saint-Quentin fut restituée à la France en 1559 par la Paix de Cateau-Cambrésis. Le texte mentionne également la visite des ambassadeurs de Siam à Saint-Quentin. La ville leur réserva un accueil solennel, avec des honneurs militaires et des réceptions officielles. Les ambassadeurs furent impressionnés par la beauté et l'organisation de la ville. Ils reçurent des compliments du maire, des échevins et du chapitre royal de Saint-Quentin. La ville fut illuminée en leur honneur, et une assemblée remarquable eut lieu, suivie de musique et de salves d'arquebuses. Le lendemain, les ambassadeurs visitèrent la grande église de la ville avant de partir, escortés par une cavalerie nombreuse et des troupes régulières.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 21-30
NOUVELLES. Lettre de Lerida du 16. Aoust.
Début :
Je ne doute pas, Monsieur, que vous n'ayez vû quelque [...]
Mots clefs :
Ennemis, Armées du roi, Lérida, Bataillons, Comte de Merode, Escadrons, Cavalerie
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES. Lettre de Lerida du 16. Aoust.
NOUVELLES,
Lettre de Lerida du i6<
Aoust. Je
ne doute pas, Monsieur,
que vous n'ayez vû quelque
Relation da combat donnele20
de ce mois entre tArmEe du
Roy & celle de l'Archiduc;
mais je doute que vous en aje^
vû de plus veritable&mieux
circonflanciée que celle que je
me donne l'honneur de ruous
envoyer.
Le 19 l'armée du Rrry
étant campéeprés de Saragoj]e}
& celle des ennemis en dcçade
la Chartreuse,Monsieur le
'Marquis de Baj alla les reconnoître
pendant que Sa Majestéfit
avancer toute l'Armée
qui ptfja la nuit en bataille,
"ltinji que celle des ennnemis.
Lecombatcommença le lendemainmatin
par une canonade
qui dura depuis six heures jusaprèsdemidy
que les troupes
vinrent aux mains.
Les ennemis ayantrenforcé
leur aîle gauche de la plus
grandepartie de leur Cavalerie,
voulurent d'abord prendre en
flanc la droite de l'Arméedu
PKoy
,
qui rfioit commandéepar
MessieursdeAmezaga c-
Mahoni. Mais les Gardes du
Corps &les Dragons leschargerent
avec tant de vigueur.•'
qu'ils en firentungrandcarnage&
pousserent le restejusqu'à
l'Ebre,ouils'ennoyaungrand
nomWfi,
Le reste de la Cavalerie de
la droite aprés avoirachevéde
défaire la premiere ligne des
Ennemis, fut arrestée&mise
en desordre par leur seconde
ligne
,
sans que Monsieur le
Marquis de Bay, qui (yporta
promptement, pust la rallier
à cause qu'elle fut mal soustenuë
par l'Infanterie dont la
pluspart des Soldatsestoient
nouvellement leve%.
:
Ce General envoya en mê..
me temps ordre à Don joseph
de Armendariz&à Don Pedro
Ronquillo qui commandoient
la gauche de la premiere
Ligne de le venirjoindre avec
toute leur Cavalerie,àla reserve
ve de huit Escadrons ; çya
Monsieur le Comte de Merode
&à MonsieurleMarquis
de Lançarotte,qui commandoient
lasecondeLigne,deprendre
les Postes de Messieurs de
Armandariz&Ronquillo.
Dés qu'ils furentarrivez ils
chargerent si vigoureusement
les Ennemisqu'ils les firent
plier; mais le desordrede nostre
seconde Ligne de la droite
estoitsigrand qu'ils ne purent
faire une seconde charge.
Monsieur le Comte de Merode
& Monsieur le Marquis
deLançarottes'avancerent antcc
la seconde Ligne de la gauche
qu'ils commandoient; mais
s'estans aperçusque les Ennemisavoient
détaché de leur
droite trois Bataillons pour
prendreenflancles Gardes IUilonnes
qui estoient à la tesse de
la premiere Ligne de la gauche,
Monsieur le Marquis deLancarotte
marcha à eux avec deux
Escadrons
, & les défit entierement.
Il alla ensuiterejoindre le
reste de la Cavalerie & trois
Bataillons
, & marcha avec
Monsieur le Comte de Merode
pour charger unesecondefois,
mais les Ennemis ayant détaché
dix Escadrons &plusieurs
Bataillonspour les enveloper,
ils furent obligez de se retirer
en couvrant deux Bataillons
des Gardes Walonnes quise
posterent sur les hauteurs de la
Guerba.
La Brigade de Rupelmonde
oerrefta les Ennemis, & ne fit
saretraitequ'a lafin delaBataille
,
apréslaquelleellese retira
sans estre poursuivie, non
plus que le reste de l'Armée,
dont la plus grande partie se
rassemblaàTudela aute Mon-
Jieur le Marquis de Bay4 &
unepartieà Daroca avec Monsieur
le Duc de Pratameno.
Les Ennemisfont demeurez
maistres du ChampdeBataille,
mais cette Victoire leur a coûté
cher; leur Infanterieayant
d'abordestéfort mal-traitéepar
le canon; leuraîlegauche ayant
estédeffaite, '& à laquelle on
apris cinq Etendarts, çj$r ensuite
plusieurs autres Bataillons
ausquels on a enlevéquatre
Drapeaux.
On n'a encore pu sçavoir le
nombre des morts de l'Armée
du R..oy.,parce qu'ilrevienticus
lesjours desgens qu'on awit
cru tt4fZ oufaitsPrisonniers,
On ria perdu d'Officiers de consideration
que Monsieur le Duc
d'Havré, quifut tuéd'un coup
de canonavant que l'aéîionfut
tout àfaitengagée.
Les Habitans de Saragojfc
ont donné des marques de leur
zelc au Roy en fournissant à
son Armée du pain, du vin
j&ode lauviandre pesnda.nt trois, Nostre Garnison a enlevé aux
Ennemis un Convoy de cinquante
Chariots de vivres &
de munitions; &quarantemil
écus en especes qui estoient destinez
pour payer leurs Troupes.
Jesuis, &c.
Lettre de Lerida du i6<
Aoust. Je
ne doute pas, Monsieur,
que vous n'ayez vû quelque
Relation da combat donnele20
de ce mois entre tArmEe du
Roy & celle de l'Archiduc;
mais je doute que vous en aje^
vû de plus veritable&mieux
circonflanciée que celle que je
me donne l'honneur de ruous
envoyer.
Le 19 l'armée du Rrry
étant campéeprés de Saragoj]e}
& celle des ennemis en dcçade
la Chartreuse,Monsieur le
'Marquis de Baj alla les reconnoître
pendant que Sa Majestéfit
avancer toute l'Armée
qui ptfja la nuit en bataille,
"ltinji que celle des ennnemis.
Lecombatcommença le lendemainmatin
par une canonade
qui dura depuis six heures jusaprèsdemidy
que les troupes
vinrent aux mains.
Les ennemis ayantrenforcé
leur aîle gauche de la plus
grandepartie de leur Cavalerie,
voulurent d'abord prendre en
flanc la droite de l'Arméedu
PKoy
,
qui rfioit commandéepar
MessieursdeAmezaga c-
Mahoni. Mais les Gardes du
Corps &les Dragons leschargerent
avec tant de vigueur.•'
qu'ils en firentungrandcarnage&
pousserent le restejusqu'à
l'Ebre,ouils'ennoyaungrand
nomWfi,
Le reste de la Cavalerie de
la droite aprés avoirachevéde
défaire la premiere ligne des
Ennemis, fut arrestée&mise
en desordre par leur seconde
ligne
,
sans que Monsieur le
Marquis de Bay, qui (yporta
promptement, pust la rallier
à cause qu'elle fut mal soustenuë
par l'Infanterie dont la
pluspart des Soldatsestoient
nouvellement leve%.
:
Ce General envoya en mê..
me temps ordre à Don joseph
de Armendariz&à Don Pedro
Ronquillo qui commandoient
la gauche de la premiere
Ligne de le venirjoindre avec
toute leur Cavalerie,àla reserve
ve de huit Escadrons ; çya
Monsieur le Comte de Merode
&à MonsieurleMarquis
de Lançarotte,qui commandoient
lasecondeLigne,deprendre
les Postes de Messieurs de
Armandariz&Ronquillo.
Dés qu'ils furentarrivez ils
chargerent si vigoureusement
les Ennemisqu'ils les firent
plier; mais le desordrede nostre
seconde Ligne de la droite
estoitsigrand qu'ils ne purent
faire une seconde charge.
Monsieur le Comte de Merode
& Monsieur le Marquis
deLançarottes'avancerent antcc
la seconde Ligne de la gauche
qu'ils commandoient; mais
s'estans aperçusque les Ennemisavoient
détaché de leur
droite trois Bataillons pour
prendreenflancles Gardes IUilonnes
qui estoient à la tesse de
la premiere Ligne de la gauche,
Monsieur le Marquis deLancarotte
marcha à eux avec deux
Escadrons
, & les défit entierement.
Il alla ensuiterejoindre le
reste de la Cavalerie & trois
Bataillons
, & marcha avec
Monsieur le Comte de Merode
pour charger unesecondefois,
mais les Ennemis ayant détaché
dix Escadrons &plusieurs
Bataillonspour les enveloper,
ils furent obligez de se retirer
en couvrant deux Bataillons
des Gardes Walonnes quise
posterent sur les hauteurs de la
Guerba.
La Brigade de Rupelmonde
oerrefta les Ennemis, & ne fit
saretraitequ'a lafin delaBataille
,
apréslaquelleellese retira
sans estre poursuivie, non
plus que le reste de l'Armée,
dont la plus grande partie se
rassemblaàTudela aute Mon-
Jieur le Marquis de Bay4 &
unepartieà Daroca avec Monsieur
le Duc de Pratameno.
Les Ennemisfont demeurez
maistres du ChampdeBataille,
mais cette Victoire leur a coûté
cher; leur Infanterieayant
d'abordestéfort mal-traitéepar
le canon; leuraîlegauche ayant
estédeffaite, '& à laquelle on
apris cinq Etendarts, çj$r ensuite
plusieurs autres Bataillons
ausquels on a enlevéquatre
Drapeaux.
On n'a encore pu sçavoir le
nombre des morts de l'Armée
du R..oy.,parce qu'ilrevienticus
lesjours desgens qu'on awit
cru tt4fZ oufaitsPrisonniers,
On ria perdu d'Officiers de consideration
que Monsieur le Duc
d'Havré, quifut tuéd'un coup
de canonavant que l'aéîionfut
tout àfaitengagée.
Les Habitans de Saragojfc
ont donné des marques de leur
zelc au Roy en fournissant à
son Armée du pain, du vin
j&ode lauviandre pesnda.nt trois, Nostre Garnison a enlevé aux
Ennemis un Convoy de cinquante
Chariots de vivres &
de munitions; &quarantemil
écus en especes qui estoient destinez
pour payer leurs Troupes.
Jesuis, &c.
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Résumé : NOUVELLES. Lettre de Lerida du 16. Aoust.
Le 19 août, l'armée du Roi, stationnée près de Saragosse, affronta celle de l'Archiduc, positionnée près de la Chartreuse. Le combat débuta le 20 août par une intense canonade suivie d'engagements directs. Les ennemis renforcèrent leur aile gauche avec une grande partie de leur cavalerie pour attaquer le flanc droit de l'armée du Roi, commandé par les messieurs d'Amezaga et Mahoni. Les Gardes du Corps et les Dragons repoussèrent vigoureusement cette attaque, infligeant de lourdes pertes et repoussant les survivants jusqu'à l'Èbre. La cavalerie de la droite, après avoir défait la première ligne ennemie, fut désorganisée par la seconde ligne adverse. Le Marquis de Bay tenta de rallier la cavalerie, mais sans le soutien suffisant de l'infanterie, composée de soldats nouvellement recrutés. Il ordonna alors à Don Joseph de Armendariz et Don Pedro Ronquillo de se replier avec leur cavalerie. Le Comte de Merode et le Marquis de Lançarotte prirent leurs postes. La cavalerie ennemie, bien que repoussée, profita du désordre pour éviter une seconde charge. Le Marquis de Lançarotte défit trois bataillons ennemis visant les Gardes Wallonnes, mais face à une contre-attaque ennemie avec dix escadrons et plusieurs bataillons, les forces du Roi se retirèrent en couvrant les Gardes Wallonnes. La Brigade de Rupelmonde harcela les ennemis jusqu'à la fin de la bataille. Les forces ennemies restèrent maîtresses du champ de bataille, mais leur victoire fut coûteuse, avec une infanterie sévèrement touchée par le canon et plusieurs drapeaux capturés. L'armée du Roi perdit le Duc d'Havré, tué par un coup de canon. Les habitants de Saragosse soutinrent l'armée du Roi en fournissant des vivres, tandis que la garnison captura un convoi ennemi de cinquante chariots de vivres et munitions, ainsi que quarante mille écus en espèces.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 86-97
RELATION de l'Affaire de Vive Saint-Eloy.
Début :
Le 24. Septembre Mr le Chevalier de Valence, Capitaine de [...]
Mots clefs :
Ennemis, Infanterie, Dragons, Grenadiers, Chevaux, Cavalerie, Valence, Vive-Saint-Éloi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION de l'Affaire de Vive Saint-Eloy.
RELATION
de l'Affaire de Vive
Saint-Eloy.
Le 24. Septembre Mr le
Chevalier de Valence, CapitainedeGalere,
arriva d'Ipres
& rendit compte au
Roy de ce qui fuir. Mrriatendant
ayant donné avis à
Mrde Ravignan, Maréchal
de Camp, que les ennemis
faisoient remonter un gros
Convoy par la Lys, il partitle
18. à dix heures du soir
avec Mrs d'Houk, & de Jarnac
Brigadiers, Mrs de Valence
, de Noailles, de Nogaret,
de Louvigny
,
d'Angennes
,
& de Montesson
Colonels) 19. Compagnies
de Grenadiers, 1500. Fuseliers,
& leRégiment de
Dragons de S. Chaumont.
Il marcha toute la nuit
dans les Bois, prés de Vive
S. Eloy, passa à la veuë de
Menin, & à la demi portée
du canon de Courtray, à
troislieues de Deins en deça
de Gand, & arriva à deux
heures après midi à Oucghem
sur le bord de la Lys.
Trente Houssards qu'il
avoit envoyez à la découverte,
vinrent avertir que
les Ennemis se mettoient en
bataille à Vive S. Eloy sur
le bord de la riviere,&qu'ils
rangeoient leurs Batteaux
derriere eux; il pressa la
marche de ses Troupes, &
ayant pillé le Village, pendant
que l'Infanterie se
mettoit en bataille,ilalla
reconnoitre les Ennemis.
Mr le Comte d'Arhlone,
qui commandoit l'Escorte
du Convoy, avoit
13oo. hommes d'Infanterie
& 600.Chevaux. Il
avoit appuyé sa gauche à un
Mardis impratiquable joignant
la Lys. Son front qui
croit fort étroit, se trouvoit
couvert d'une prairie coupée
par trois fossez, & une
levée de terre; il avoit posté
sa Cavalerie, à sa droite
qui nestoit point retranchée.
Mr de Ravignanprit lemeilleur
party qui estoit de
se poster de maniere qu'en
allongeant sa gauche
,
il y
postast Mr de ,Jarnac
,
Mr
de Louvigny, Mr deMontesson
avec 6oo.Fuseliers,
à costé d'eux , & le Regiment
de Dragons de Saint-
Chaumont,avec 30. Houssarts
qui faisoient face à la
Cavalerie ennemie. Monsieur
d'Houk Brigadier,Mrsde
Valence & de Nogaret
Colonels avec les Grenadiers
,
Mrs d'Angennes &,;
de Noailles Colonels, avec
le surplus desFuseliersoccupoient
la droite jusquau-
Marais.
- Comme on avoitobservé
que la Cavalerie ennemie
pouvoir pénétrerparunchemin
& tomber sur la gauche
de l'Infanterie, on posta à
l'entrée, de ce chemin60.
Fufeliers. Au signal, qui étoit
de battre aux champs,
les Fufeliers de la droite firent
feu sur les ennemis pour
les occuper. En même temps
tous les grenadiers passerent
les trois fossez sans tirer, &
tombèrent sur les ennemis
la bayonnette au bout du
fusil, se mêlercnt & culbuterent
les premiers rangs,
firent un grand carnage,&
poufferent sivivement les ennemis,
qu'ils n'eurent pas Ictemps
de se jetterdans deux
vieilles Redoutes ruinées.
Nos Dragons cependant
chargèrent sià props & si
brusquement la Cavalerie
ennemie, qu'ils la défirent
en tres peu de temps. Les
Houssards qui estoient à la
teste des Dragons fabrerent
avec tant de fureur,qu'elle
fut renversée. Mr de Jarnac
<
fc replia sur la droite, &
•
prit en flanc l'Infanterie ennemie
qui estoit déja presque
tout à faitrenversée par
<
les Grenadiers.
âe Des 1300.hommes d'Infanterie
, tout fut tué ou
noyé à l'exception de C09+
qui furent conduits à Ipres,
& d'une trentaine deblessez
à mort, qu'onlaissa dans
les Villages. On compta que
des 600. Chevaux la moitié
avoit estétuez ou noyez, le
reste s'estant sauvé du costé
de Deins. Le Comte d'Athlone
qui commandoit l'efcorte
, fut fait prisonnier,
avec un Lieutenant Colonel,
un Major &36. autres Officiers.
On prit beaucoup de
Chevaux des Cavaliers ÔC
tous ceux qui remontoient
les Belandres sur lesquelles
les soldats se chargèrent de
Burin; dix furent choisis
pourmettrele feu aux poudres
avec précaution,ils le
firent, & secoucherentensuite
à terre a près s'estre
bouché les oreilles, ce qui
n'empêcha pas que deux ne
furent estoussez. Le bruit
fut si furieux que le Village
de S. Eloy vive fut renverfé
,
& que la terre fut ébranlée
jusques à Valenciennes,
&S. Quentin ou
les vitres en furent cassées;
laLys fut separée en deuxbras
au travers des Terres,
& les Batteaux furent tous
brifez. Il yavoir treize cent
quatre - vingt milliers de
poudre, de l'Artillerie, &
une grande quantité de boulets,
de bombes chargées,
de carcasses
,
de grenades;
de vinaigre & d'eau de vie.
Après cette expédition
,
qui ne coûtaque50. hommes
tuez ou blessez
,
Mr de
Ravignan, marcha lentement
vers Rouffelar où il
arriva le lendemain à midy;
ses Troupes estant fort satiguées
, a cause qu'elles e''
toient cliarcyées&embarassées
deprisonniers. Il y reçût
avis que les ennemisenvoyoient
plusieursdétachemens
pour le couper. En
effet une heure après 600.
Chevaux ennemis parurent
avec quelque Infanterie, &
attaqueront un poste à la
portéedefusil de Rouffelar.
Mr du Bois, Lieutenant Colonel
de S. Chaumont partit
avec 100. Dragons, fou.
tenus de quelques Grenadiers,
commandez par Mr
de Valence. Les ennemis se
retirèrentavec précipitation
Monsieur
Mr Dubois les poursuivit
leur , tua 15.hommes, prit
un Officier avec 10. Chevaux;
ensuite Mr de Ravignan
marcha par le grand
chemin d'Ipres, où il arriva
le 10 au soit.
de l'Affaire de Vive
Saint-Eloy.
Le 24. Septembre Mr le
Chevalier de Valence, CapitainedeGalere,
arriva d'Ipres
& rendit compte au
Roy de ce qui fuir. Mrriatendant
ayant donné avis à
Mrde Ravignan, Maréchal
de Camp, que les ennemis
faisoient remonter un gros
Convoy par la Lys, il partitle
18. à dix heures du soir
avec Mrs d'Houk, & de Jarnac
Brigadiers, Mrs de Valence
, de Noailles, de Nogaret,
de Louvigny
,
d'Angennes
,
& de Montesson
Colonels) 19. Compagnies
de Grenadiers, 1500. Fuseliers,
& leRégiment de
Dragons de S. Chaumont.
Il marcha toute la nuit
dans les Bois, prés de Vive
S. Eloy, passa à la veuë de
Menin, & à la demi portée
du canon de Courtray, à
troislieues de Deins en deça
de Gand, & arriva à deux
heures après midi à Oucghem
sur le bord de la Lys.
Trente Houssards qu'il
avoit envoyez à la découverte,
vinrent avertir que
les Ennemis se mettoient en
bataille à Vive S. Eloy sur
le bord de la riviere,&qu'ils
rangeoient leurs Batteaux
derriere eux; il pressa la
marche de ses Troupes, &
ayant pillé le Village, pendant
que l'Infanterie se
mettoit en bataille,ilalla
reconnoitre les Ennemis.
Mr le Comte d'Arhlone,
qui commandoit l'Escorte
du Convoy, avoit
13oo. hommes d'Infanterie
& 600.Chevaux. Il
avoit appuyé sa gauche à un
Mardis impratiquable joignant
la Lys. Son front qui
croit fort étroit, se trouvoit
couvert d'une prairie coupée
par trois fossez, & une
levée de terre; il avoit posté
sa Cavalerie, à sa droite
qui nestoit point retranchée.
Mr de Ravignanprit lemeilleur
party qui estoit de
se poster de maniere qu'en
allongeant sa gauche
,
il y
postast Mr de ,Jarnac
,
Mr
de Louvigny, Mr deMontesson
avec 6oo.Fuseliers,
à costé d'eux , & le Regiment
de Dragons de Saint-
Chaumont,avec 30. Houssarts
qui faisoient face à la
Cavalerie ennemie. Monsieur
d'Houk Brigadier,Mrsde
Valence & de Nogaret
Colonels avec les Grenadiers
,
Mrs d'Angennes &,;
de Noailles Colonels, avec
le surplus desFuseliersoccupoient
la droite jusquau-
Marais.
- Comme on avoitobservé
que la Cavalerie ennemie
pouvoir pénétrerparunchemin
& tomber sur la gauche
de l'Infanterie, on posta à
l'entrée, de ce chemin60.
Fufeliers. Au signal, qui étoit
de battre aux champs,
les Fufeliers de la droite firent
feu sur les ennemis pour
les occuper. En même temps
tous les grenadiers passerent
les trois fossez sans tirer, &
tombèrent sur les ennemis
la bayonnette au bout du
fusil, se mêlercnt & culbuterent
les premiers rangs,
firent un grand carnage,&
poufferent sivivement les ennemis,
qu'ils n'eurent pas Ictemps
de se jetterdans deux
vieilles Redoutes ruinées.
Nos Dragons cependant
chargèrent sià props & si
brusquement la Cavalerie
ennemie, qu'ils la défirent
en tres peu de temps. Les
Houssards qui estoient à la
teste des Dragons fabrerent
avec tant de fureur,qu'elle
fut renversée. Mr de Jarnac
<
fc replia sur la droite, &
•
prit en flanc l'Infanterie ennemie
qui estoit déja presque
tout à faitrenversée par
<
les Grenadiers.
âe Des 1300.hommes d'Infanterie
, tout fut tué ou
noyé à l'exception de C09+
qui furent conduits à Ipres,
& d'une trentaine deblessez
à mort, qu'onlaissa dans
les Villages. On compta que
des 600. Chevaux la moitié
avoit estétuez ou noyez, le
reste s'estant sauvé du costé
de Deins. Le Comte d'Athlone
qui commandoit l'efcorte
, fut fait prisonnier,
avec un Lieutenant Colonel,
un Major &36. autres Officiers.
On prit beaucoup de
Chevaux des Cavaliers ÔC
tous ceux qui remontoient
les Belandres sur lesquelles
les soldats se chargèrent de
Burin; dix furent choisis
pourmettrele feu aux poudres
avec précaution,ils le
firent, & secoucherentensuite
à terre a près s'estre
bouché les oreilles, ce qui
n'empêcha pas que deux ne
furent estoussez. Le bruit
fut si furieux que le Village
de S. Eloy vive fut renverfé
,
& que la terre fut ébranlée
jusques à Valenciennes,
&S. Quentin ou
les vitres en furent cassées;
laLys fut separée en deuxbras
au travers des Terres,
& les Batteaux furent tous
brifez. Il yavoir treize cent
quatre - vingt milliers de
poudre, de l'Artillerie, &
une grande quantité de boulets,
de bombes chargées,
de carcasses
,
de grenades;
de vinaigre & d'eau de vie.
Après cette expédition
,
qui ne coûtaque50. hommes
tuez ou blessez
,
Mr de
Ravignan, marcha lentement
vers Rouffelar où il
arriva le lendemain à midy;
ses Troupes estant fort satiguées
, a cause qu'elles e''
toient cliarcyées&embarassées
deprisonniers. Il y reçût
avis que les ennemisenvoyoient
plusieursdétachemens
pour le couper. En
effet une heure après 600.
Chevaux ennemis parurent
avec quelque Infanterie, &
attaqueront un poste à la
portéedefusil de Rouffelar.
Mr du Bois, Lieutenant Colonel
de S. Chaumont partit
avec 100. Dragons, fou.
tenus de quelques Grenadiers,
commandez par Mr
de Valence. Les ennemis se
retirèrentavec précipitation
Monsieur
Mr Dubois les poursuivit
leur , tua 15.hommes, prit
un Officier avec 10. Chevaux;
ensuite Mr de Ravignan
marcha par le grand
chemin d'Ipres, où il arriva
le 10 au soit.
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Résumé : RELATION de l'Affaire de Vive Saint-Eloy.
Le 24 septembre, le Chevalier de Valence, Capitaine de Galère, alerta le roi de la remontée d'un convoi ennemi par la Lys. Le 18 septembre, à dix heures du soir, Monsieur de Ravignan, Maréchal de Camp, partit avec plusieurs officiers et troupes, incluant des grenadiers, fusiliers et dragons. Ils marchèrent toute la nuit et arrivèrent à Oucghem, sur le bord de la Lys. Des hussards signalèrent que les ennemis se préparaient à combattre à Vive Saint-Eloy. Monsieur de Ravignan organisa ses troupes pour attaquer, allongeant sa gauche et postant des fusiliers et des dragons pour contrer la cavalerie ennemie. Les grenadiers chargèrent les ennemis, causant un grand carnage, tandis que les dragons et les hussards défirent la cavalerie ennemie. La bataille fut victorieuse, avec 1300 hommes d'infanterie ennemis tués ou noyés, et de nombreux chevaux capturés ou tués. Le Comte d'Athlone, commandant l'escorte ennemie, fut fait prisonnier. Après la bataille, Monsieur de Ravignan marcha vers Rouffelar, où il reçut des renforts et repoussa une attaque ennemie. Il arriva à Ipres le 10 octobre au soir.
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8
p. 138-142
NOUVELLES.
Début :
De Genes le 4. Decembre. On murmure ici sourdement sur [...]
Mots clefs :
Vaisseaux, Fort, Cavalerie, Courrier, Gênes, Toulon, Besançon
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES.
NOUVELLES.
De Genes le 4.
Decembre.
On murmure ici fburdement
sur les affaires de
- Catalogne, depuis qu'on
y voie arriver Courrier
sur Courrier, & que les
* Officiers Impériaux paroissent
fort intriguez
icy
,
aussibienqu'à Final.
Ils ont traitédés le iy.du passé avec plusieurs
Marchands de cette
Ville pour quantité de
bled& d'avoine; mais
ceux-ci n'ont pas voulu
les fournir sans argent
comptant. Les Commissairesen
furent fort deconcertez;
mais Monsieur
Vander-Meer qui
arriva quelques jours auprés
avec quelquesremior
ses, renoüa et conclut le
marché. Il leur a donné
des assurances sur la Banque
d'Amsterdam
, ces
grains sont destinez pour
Barcelone
,
où il n'y a
point de Magasins de
vivres. - :y
:
Nous apprenonsde
Milan que l'Archiduchesepresse
fort la Regence
de cette Ville-là,
de faire ses remises; mais
que les Senateurs n'ont
pasencore travaillé àla *LA
*
répartition de l'augmentation
des taxes nouvellement
établies. t, l:5&
EXTRAIT "-)
d'une Lettre de Toulon du
> 28. Novembre. 'q
Le 14. il parut sur cette
Coste six Vaisseaux de Guerre
- Anglois , cm le lendemain à l"
pointe du jouril parutàla hauteur
de cetteVilleplusieursautres
Vaisseaux et Barquesqui
tenoient la routede Gènes. Ces
Vaïsseaux avaientejiémaltrai»
te? la veillepar une rude teim
pesle.
EXTRAIT
d'une Lettre de Bezançon
du 12.Decembre.
Il est arrivé ici deux Regimens
de Cavalerie,ettrois
Bataillons de l'armée d'Alemagnepourpasserl'Hiver
en
Franche-Comté.Ilyasix Escadrons
de Cavalerie, un R.egimentde
Dragons,et,. Ba,,-
taillons dans la Savoye.
De Genes le 4.
Decembre.
On murmure ici fburdement
sur les affaires de
- Catalogne, depuis qu'on
y voie arriver Courrier
sur Courrier, & que les
* Officiers Impériaux paroissent
fort intriguez
icy
,
aussibienqu'à Final.
Ils ont traitédés le iy.du passé avec plusieurs
Marchands de cette
Ville pour quantité de
bled& d'avoine; mais
ceux-ci n'ont pas voulu
les fournir sans argent
comptant. Les Commissairesen
furent fort deconcertez;
mais Monsieur
Vander-Meer qui
arriva quelques jours auprés
avec quelquesremior
ses, renoüa et conclut le
marché. Il leur a donné
des assurances sur la Banque
d'Amsterdam
, ces
grains sont destinez pour
Barcelone
,
où il n'y a
point de Magasins de
vivres. - :y
:
Nous apprenonsde
Milan que l'Archiduchesepresse
fort la Regence
de cette Ville-là,
de faire ses remises; mais
que les Senateurs n'ont
pasencore travaillé àla *LA
*
répartition de l'augmentation
des taxes nouvellement
établies. t, l:5&
EXTRAIT "-)
d'une Lettre de Toulon du
> 28. Novembre. 'q
Le 14. il parut sur cette
Coste six Vaisseaux de Guerre
- Anglois , cm le lendemain à l"
pointe du jouril parutàla hauteur
de cetteVilleplusieursautres
Vaisseaux et Barquesqui
tenoient la routede Gènes. Ces
Vaïsseaux avaientejiémaltrai»
te? la veillepar une rude teim
pesle.
EXTRAIT
d'une Lettre de Bezançon
du 12.Decembre.
Il est arrivé ici deux Regimens
de Cavalerie,ettrois
Bataillons de l'armée d'Alemagnepourpasserl'Hiver
en
Franche-Comté.Ilyasix Escadrons
de Cavalerie, un R.egimentde
Dragons,et,. Ba,,-
taillons dans la Savoye.
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Résumé : NOUVELLES.
Le texte décrit divers événements politiques et militaires en Europe. À Gênes, des rumeurs évoquent une activité accrue des officiers impériaux en Catalogne, qui cherchaient à acheter des céréales et de l'avoine. Les marchands ont refusé de livrer sans paiement comptant, mais Monsieur Vander-Meer a conclu le marché en garantissant les paiements via la Banque d'Amsterdam. Les grains sont destinés à Barcelone, où les réserves alimentaires sont insuffisantes. À Milan, l'archiduchesse exerce une pression sur la régence pour qu'elle effectue ses remises, mais les sénateurs n'ont pas encore traité la répartition des nouvelles taxes. À Toulon, six vaisseaux de guerre anglais ont été aperçus le 14 novembre, suivis par d'autres navires le lendemain, après avoir été malmenés par une tempête. Enfin, à Besançon, deux régiments de cavalerie et trois bataillons de l'armée d'Allemagne sont arrivés pour passer l'hiver en Franche-Comté. En Savoie, six escadrons de cavalerie, un régiment de dragons et plusieurs bataillons sont stationnés.
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9
p. 166-172
Nouvelles d'Allemagne.
Début :
L'Armée de l'Empire s'est entierement separée ; partie [...]
Mots clefs :
Infanterie, Cavalerie, Escadron, Bataillon, Dragons
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Allemagne.
Nouvellesd'Allemagne.
L'Armée de l'Empiré
s'etf entièrement separée
;
partie des Troupes du Cercle
du Haut Rhin fontentrées
dans Landau & Philifbourg
; celles de l'Empereur
vont en Franconie
& en Bavière. On avoit
parlé dun détachement
pour leMilanez & delà en
Catalogne; mais il n'y a
- cncore rien de réfoin.
Mr leMarefchal de Bezons
a aussi separélarniéc
de France qu'il commandoit
; voicy la Lifte des
Lieux où ses Troupes vonc
en Quartier d'hyver. AWEYSSEMBOURG,
-
& le long des Lignes.
Les Regiments de Louville,
Condé, Perry, Roufset
, Plzençon, Peysac
Lachaud, S.Leger, un Bataillon
de Boucher, un de
Labour, Chevron, Maifonriers,
un de Berry.
A STRASBOURG.
Dauphin, Toulouse ;
Royal Artillerie4.Bataillons,
Royal Baviere, deux
Bataillons d'Enghien
, un
deBoucher, les Bombardiers
Duflyy la Fare tout
Infanterie ; la Cavalerie
consiste en Vaudemont , Dupuy, du Fief, un Escadron
de Forfat
, & partie
de Bretagne, Dragons.
A HAGUENAU.
Infanterie. Sourches;un
Bataillon) Daunay
,
Rohan.
Cavalerie. Rennepont
& les Houssàrds.
AU FORT LOUIS.
Infanterie. Blaisois; un
Bataillon d'Angoumois , Maumont,
MaumontCastelet, Murat,
Chalmazel
, Auxerrois,
Turbilly.
A SAVERNE.
Orleans, Infanterie, &
un Escadron dtHarcourt.
ABOUSSONVILLIERS
Rouvroy
>
Dragons.
A PHALSBOURG.
Un Escadron de Forfat.
A SAARLOUIS.
Froulay, Infanterie
S.Blimont, Cavalerie,,iz
partie de Bretagne.
A MOLSHEIM.
Un Escadron d'Harcourt.
A SCHLESTADT.
Monroques, Tavanes;
Infanterie, & Royal Cavalerie.
A COLMAR.
Rouergue Infanterie.
AUVIEUXBRISACK.
Tallart, Quercy
, un de
Toulouse, Boisset.
AU NEUF BRISACK.
Onze Compagnies détachées.
ABEFFORT.
Hocquart, Infanterie.
A ROUFFACK.
La Compagnie Connestable.
AHUNINGUE.
Brie) Orleanois
,
les
Cuirassiers
,
Mesire de
Camp General Dragons.
AREMBERVILLIERS.
Clermont, Cavalerie.
A DOLE.
S. Germain Beaupré.
A GRAI.
Chasteau Morant, Cavalerie.
A COLIGNI. 1
Montrevel, Cavalerie.
EN COMTES
Six Regiments de Cavalerie
qui font du Luc
d'Aubusson, Chepy, Paon,,
Bouzel
,
Marfillice.
EN SAVOYE.
Du Troncq
,
Bissy &
Languedoc, Dragons.
L'Armée de l'Empiré
s'etf entièrement separée
;
partie des Troupes du Cercle
du Haut Rhin fontentrées
dans Landau & Philifbourg
; celles de l'Empereur
vont en Franconie
& en Bavière. On avoit
parlé dun détachement
pour leMilanez & delà en
Catalogne; mais il n'y a
- cncore rien de réfoin.
Mr leMarefchal de Bezons
a aussi separélarniéc
de France qu'il commandoit
; voicy la Lifte des
Lieux où ses Troupes vonc
en Quartier d'hyver. AWEYSSEMBOURG,
-
& le long des Lignes.
Les Regiments de Louville,
Condé, Perry, Roufset
, Plzençon, Peysac
Lachaud, S.Leger, un Bataillon
de Boucher, un de
Labour, Chevron, Maifonriers,
un de Berry.
A STRASBOURG.
Dauphin, Toulouse ;
Royal Artillerie4.Bataillons,
Royal Baviere, deux
Bataillons d'Enghien
, un
deBoucher, les Bombardiers
Duflyy la Fare tout
Infanterie ; la Cavalerie
consiste en Vaudemont , Dupuy, du Fief, un Escadron
de Forfat
, & partie
de Bretagne, Dragons.
A HAGUENAU.
Infanterie. Sourches;un
Bataillon) Daunay
,
Rohan.
Cavalerie. Rennepont
& les Houssàrds.
AU FORT LOUIS.
Infanterie. Blaisois; un
Bataillon d'Angoumois , Maumont,
MaumontCastelet, Murat,
Chalmazel
, Auxerrois,
Turbilly.
A SAVERNE.
Orleans, Infanterie, &
un Escadron dtHarcourt.
ABOUSSONVILLIERS
Rouvroy
>
Dragons.
A PHALSBOURG.
Un Escadron de Forfat.
A SAARLOUIS.
Froulay, Infanterie
S.Blimont, Cavalerie,,iz
partie de Bretagne.
A MOLSHEIM.
Un Escadron d'Harcourt.
A SCHLESTADT.
Monroques, Tavanes;
Infanterie, & Royal Cavalerie.
A COLMAR.
Rouergue Infanterie.
AUVIEUXBRISACK.
Tallart, Quercy
, un de
Toulouse, Boisset.
AU NEUF BRISACK.
Onze Compagnies détachées.
ABEFFORT.
Hocquart, Infanterie.
A ROUFFACK.
La Compagnie Connestable.
AHUNINGUE.
Brie) Orleanois
,
les
Cuirassiers
,
Mesire de
Camp General Dragons.
AREMBERVILLIERS.
Clermont, Cavalerie.
A DOLE.
S. Germain Beaupré.
A GRAI.
Chasteau Morant, Cavalerie.
A COLIGNI. 1
Montrevel, Cavalerie.
EN COMTES
Six Regiments de Cavalerie
qui font du Luc
d'Aubusson, Chepy, Paon,,
Bouzel
,
Marfillice.
EN SAVOYE.
Du Troncq
,
Bissy &
Languedoc, Dragons.
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Résumé : Nouvelles d'Allemagne.
Le texte décrit des mouvements militaires en Allemagne et en France. L'armée de l'Empire s'est scindée : les troupes du Cercle du Haut Rhin ont pris Landau et Philisbourg, tandis que celles de l'Empereur se dirigent vers la Franconie et la Bavière. Un détachement vers Milan et la Catalogne a été envisagé, mais sans confirmation. Le maréchal de Bezons a également séparé les troupes françaises qu'il commandait. Les régiments français sont répartis pour l'hiver dans divers lieux. À Aweyssembourg et le long des lignes se trouvent les régiments de Louville, Condé, Perry, Rouffet, Plaisançon, Peysac, Lachaud, Saint-Leger, ainsi que des bataillons de Boucher, Labour, Chevron, Maîsonniers et Berry. À Strasbourg, les régiments incluent Dauphin, Toulouse, Royal Artillerie, Royal Bavière, Enghien, Boucher, les Bombardiers, Dufly et La Fare pour l'infanterie, et Vaudemont, Dupuy, du Fief, un escadron de Forzat et une partie de Bretagne pour la cavalerie. D'autres régiments sont stationnés à Haguenau, Fort Louis, Saverne, Bouxwiller, Phalsbourg, Saarlouis, Molsheim, Schlettstadt, Colmar, Vieux-Brisach, Neuf-Brisach, Abbefort, Rouffach, Huningue, Arembourg, Dole, Gray, Coligny, et dans divers comtés ainsi qu'en Savoie.
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10
p. 187-206
Suite des Nouvelles d'Espagne depuis le mois passé.
Début :
Du Camp de Casa Texada le 15. Novemb. Par Mr [...]
Mots clefs :
Ennemis, Armée, Archiduc, Madrid, Espagne, Roi d'Espagne, Chevaux, Cavalerie, Fourrages, Retraite, Casatejada, Vitoria
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles d'Espagne depuis le mois passé.
Suite des Nouvelles
d'Espagne depuisle
mois passé.
Du Camp de Casa
Texada le
15.
ISIovemb.
ParMrdeC***.
Nous sommes tousjours
icy dans la mesme
situation à reparer l'Armée
du Royde tout cequi luy
manquoit
,
& à remonter
laCavalerie. Les Ennemis
ont quitté Madrid.Ils marchent
pour passer le Tage
au pont d'Aranjuez. Ils seront
sur le chemin de retourner
en Arragon, & en
Catalogne. Leur retraite
eu: à prés de cent lieuës.
Nous mettrons quatre mille
Chevauxaprés eux, pendant
que le reste de l'Armée
les suivra. Par des Let.
tres que nous ayons interceptées
de l'Archiduc , d'hier,il se plaint à l'Archiduchese
de l'opiniastreté
de Mr de Staremberg
d'avoir voulu venir à Madrid
, & d'estre resté si
longtemps dans ce pays.
Il luy avouë qu'ils sont
dans là plus mauvaise situation
du monde, &
beaucoup plus mal que
quand ils estoient assiegez
dans Barcelone; que l'E£'
pagne a presentement un
bon General en la personne
deMr le Duc de Vendosme.
Lettre de Vittoria le 16.
Novembre.
I le/ï arrivé aprés rnidy,
un Gardedu l{oy. ,de l^Compagnied'ossone
, qui ayoit:
esté envoyé pour sçavoir ce
qui se passoit à Madrid. Il
en eflparty le12..& a rapportéqueleu.
lesEnnemis
avoiententièrementretire toutes
les Troupes quilsy avoient
après avoir enlevé tout ce qui
pouvoitJervira leursubsistance
j & pillé quelques Maisons.
Celles de Mr le Marquis
de Sant-Iago, de Mrs de
Mejorada
, & de Campo
Florido3font du nombre Ils
ont ordonné à tous les Conseils
ou Prefidios que l'Archiduc
àvoit establis
,
desuivrel'Armee.
Mr Ducasse a écrit a
Mr le C. de Lionne que la
Reine avoit esté informée
dés le 8. que les Ennemis
devoient se mettre en marche
le 10. qu'il seroit édifié
toute sa vie de la fidelité
des Espagnols dont il avoit
eu des témoignages dans
une grande estenduë de
pays qu'il avoit traversée
pour se rendre à l'Armée
de SaMajesté Catholique.
Les Ennemis avoient
surpris les Villes de Ciudad
Rodrigo& d'Almagro
dans la Manche, d'où
ils tiroient des vivres & des
fourages ; mais Mr de Figueroa,
à la teste de la Noblesse&
des Peuplesd'Andalousie,
les en chasserent
peu de temps aprésqu'ils
s'en furent emparez, & envoyerentà
SaMajesté Catholique
le Corregidor
d'Almagro,lié suruiiAfne,
pour le punir de sa rebellion.
Lesdétachements
que les Ennemis avoient
dans ces deux Postes, furent
faits prisonniers. Leur
Armée commença alors à
manquer de vivres & de
fourages,
fourages
, leRoyd'Espagne
ayant envoyé plusieurs
corps de Cavalerie pour
occuper les passages.
Le Comte de Starem-
)erg avoitdés le6. fait par-
~ir un grand nombre de
chariots pour conduire à
Daroca les malades qui esoient
à Madrid.
Les vivresestoient fort
:hers dans cette capitale;
nais les habitans loin d'en
:stre affligez
,
se réjeüisoient
par avance du reour
de leur Roy legitime,
persuadez que l'abondance
y seroit aussitostrestablie.
On ne peut trop loüer
la fermeté avec laquelle ils
avoient refusé non seulement
de donner leurs armes
à l'Archiduc; mais
aussi de les vendre.Ce Prince
n'avoit pas jugé a propos
de les ycontraindre
dans l'apprehension que ce
la ne causast quelque tumulte
dont les fuites lu)
auroient sans doute elle
desavantageuses. Il n'avoi
non plus osé donner de
ordres pour réprimer la
liberté que les habitan
prenoient de témoigner
laverfion qu'ils avoient
pour luy par leurs discours
& par leurs actions, & qui
alloit jusqu'au point que
les Marchands tenoient
leurs boutiques fermées.
Des queles Ennemis furent
sortis de Madrid, le
Peuple nonobstant la grande
cherté des vivres, voulut
donner des marques
publiques de sa joye; mais
Mr de Sanguinetto quien
est Corregidor -; que le
Roy d'Espagne y avoit
laissé, & qui n'en a point
fait là-fpticlion pendant le
sejour que les Ennemis y
ont fait, les obligea à differer
leurs réjoüissances
jusqu'àceque les Ennemis
fussent éloignez.
Le lendemain de leur
départ,Don Feliciano de
Bracatiiot-itie,queSa MajestéCatholiqueavoit
chargé
d'y conduire un grand
convoy de grains, & de
toutes fortes de provisions,
arriva prés du Pont appellé
de Segovie
,
où les Députez
de la Ville al crent audevant
de luy. On nedoit
point estre surpris de
cette diligence; on estoit
bien informé du jour que
les Ennemis devoient fortir
de cette capitale, & le
• Roy avoit donné tous les
ordres necessaires pour amasser
toutes ces provisions
, & pour les tenir à
portée de les y faireentrer
aussi-tost après leur départ,
afin d'y restablir l'abondance.
En effet
,
le pain qui
valoit douze fols avant
l'arrivée dece convoy, ne
se vendit plus le lendemain
quil fut entré que depuis
deux à trois fols. On n'entendit
aprés cela dans toutes
les rues que des cris
de VivatFélipo Quinto;on
sonnatoutes les Cloches ;
ce n'estoient dans toutes les
ruës que feux de joye &illuminations,
avec un grand
nombrede Portraits deSa
Majesté Catholique.
Du Quartier Royal de
Casa Texada le zz*
Novembre.
L
es Troupes Ennemies
ùrcupenr encore Tolede , San
Pozuelo
,
Chinchon
, ~&
quelques autres Lieux des environs.
Leurs Généraux ont
ordonné aux habitansde mener
à Tolede quatre -vingt
Chariots chargez de Fascines.
On ne doute point que ce ne
soit pour couvrir le dessein
qu'ilsont deseretirer Nostre
Cavalerie qui estois cantonnée
dans plusieurs Villages aux
environs de celuy-cy
,
marcha
ily a quatre jours pour aller
dans le voisinage de Talavera
de la Reyna. Le 19. le Royfit
la revûë de huitBataillons de
ses deux Regiments des Gardes
Espagnoles ~e Walones.
Le20. SaMajestépassaaussi
en revûë 2 1. autres Bataillons
qui estoient campez prés
d'Almaraz
, c- hier toutes
ces Troupes partirent pour se
rendre en quatre jours à Talavera.
Demain le Roy doitpartir
d'icy pour aller coucher à
Casalda
, ~& le lendemain à
Talaveraoù il trouveratoute
son Infanterie campée.
Sa Afajeflévient d'avoir
avis certain que les Ennemis
ont fait passer toute leur Armée
du costé de Chinchon,&
rompre le Pont de Zamora
pour assurer leu'" retraite; que
le Comte de Staremberg,pour
se decharger de l'Archiduc
dans une conjoncture si delicate
,
l'avoit envoyé devant
sous une escorte de mille Chevaux
pour se rendre en diligence
à Pastrana. Ainsion ne
doute plus de la retraite des
Ennemisen Catalogne.
Extrait d'une Lettre de
Vittoriadu23.
L
es Ennemis ont enfin
abandonnéMadridsans avoir
osé ~fare de pillage general.
Ils ont neanmoins emmené
une grande quantité de v ivres
qu'ils avoient ramassez.., efe
sontsaisis de tous les Chevaux
~& autres bestes de charge, apparemment
pour emporter les
effets qu'ils ont enlevez dans
les Lieux des environs qu'ils
ontentièrement saccagez sans
avoirépargné les Eglisesoù
ils ont commis de grands sacrileges.
Extrait d'une Lettre du
Camp de Casa Texada
du 19. Novembre.
L'ArméeduRoyquia
des vivrespourplusieursmoig
est en marche. Plusieurs detachements
de Cavaleriese sont
avancez pour incommoder les
Ennemisdans leurmarche. Le
reste de la Cavalerie est arrivé
à Talavera de la Reyna & le Roy marche à la , teste de
l'Infanterie, ~0* d'une partie
de ses Gardes du Corps. Tous
les Soldats font habillez de
nef&sontremplis de bonne
volonté.
Des Lettres de Barcelone,
venuës par Marseille,
portent qu'on avoit esté
plus de trois Semaines sans
avoir de nouvelles de l'Archiduc,
le Gouverneur de
Lerida ayant enlevé huit
Couriers de suite. Toutes
les Lettres qu'on leur a
trouvées marquoient le
mauvais estat de sesaffaires.)&
l'impossibilitéqu'il
yavoit de se maintenir en
Espagne
,
s'il ne recevoit
promptemenc un puissant
secours.
NoAvVeimttorbiarele.27.
'cft tout de bon que les
Ennemis se retirent. on a sçû
hier au soirqu'ils ont passé le
Xarama doitils ontfait rompre
les Ponts. L'Archiduc a
prisles devants avecmille chevaux.
Il coucha le 21. à Pastrana,
& il s'enva, à grandes
journées. Le Roy d'Espagne
a pajjé à Talavera de lte
Reyna,&s'estmesme avancé
pins
en deçà en remontant le
long du Tage. On a envoyé
plusieurs détachements aprés
l'Armée ennemiepourl'embarajjer
dans sa marche. Je ne
doutepoint queparl'ordinaire
prochain je ne vous mande le
jourde nostre departpourMadrid
: les chemins sont pourtant
bien mauvais
, mais la
ecine se déplaistfort icy.
d'Espagne depuisle
mois passé.
Du Camp de Casa
Texada le
15.
ISIovemb.
ParMrdeC***.
Nous sommes tousjours
icy dans la mesme
situation à reparer l'Armée
du Royde tout cequi luy
manquoit
,
& à remonter
laCavalerie. Les Ennemis
ont quitté Madrid.Ils marchent
pour passer le Tage
au pont d'Aranjuez. Ils seront
sur le chemin de retourner
en Arragon, & en
Catalogne. Leur retraite
eu: à prés de cent lieuës.
Nous mettrons quatre mille
Chevauxaprés eux, pendant
que le reste de l'Armée
les suivra. Par des Let.
tres que nous ayons interceptées
de l'Archiduc , d'hier,il se plaint à l'Archiduchese
de l'opiniastreté
de Mr de Staremberg
d'avoir voulu venir à Madrid
, & d'estre resté si
longtemps dans ce pays.
Il luy avouë qu'ils sont
dans là plus mauvaise situation
du monde, &
beaucoup plus mal que
quand ils estoient assiegez
dans Barcelone; que l'E£'
pagne a presentement un
bon General en la personne
deMr le Duc de Vendosme.
Lettre de Vittoria le 16.
Novembre.
I le/ï arrivé aprés rnidy,
un Gardedu l{oy. ,de l^Compagnied'ossone
, qui ayoit:
esté envoyé pour sçavoir ce
qui se passoit à Madrid. Il
en eflparty le12..& a rapportéqueleu.
lesEnnemis
avoiententièrementretire toutes
les Troupes quilsy avoient
après avoir enlevé tout ce qui
pouvoitJervira leursubsistance
j & pillé quelques Maisons.
Celles de Mr le Marquis
de Sant-Iago, de Mrs de
Mejorada
, & de Campo
Florido3font du nombre Ils
ont ordonné à tous les Conseils
ou Prefidios que l'Archiduc
àvoit establis
,
desuivrel'Armee.
Mr Ducasse a écrit a
Mr le C. de Lionne que la
Reine avoit esté informée
dés le 8. que les Ennemis
devoient se mettre en marche
le 10. qu'il seroit édifié
toute sa vie de la fidelité
des Espagnols dont il avoit
eu des témoignages dans
une grande estenduë de
pays qu'il avoit traversée
pour se rendre à l'Armée
de SaMajesté Catholique.
Les Ennemis avoient
surpris les Villes de Ciudad
Rodrigo& d'Almagro
dans la Manche, d'où
ils tiroient des vivres & des
fourages ; mais Mr de Figueroa,
à la teste de la Noblesse&
des Peuplesd'Andalousie,
les en chasserent
peu de temps aprésqu'ils
s'en furent emparez, & envoyerentà
SaMajesté Catholique
le Corregidor
d'Almagro,lié suruiiAfne,
pour le punir de sa rebellion.
Lesdétachements
que les Ennemis avoient
dans ces deux Postes, furent
faits prisonniers. Leur
Armée commença alors à
manquer de vivres & de
fourages,
fourages
, leRoyd'Espagne
ayant envoyé plusieurs
corps de Cavalerie pour
occuper les passages.
Le Comte de Starem-
)erg avoitdés le6. fait par-
~ir un grand nombre de
chariots pour conduire à
Daroca les malades qui esoient
à Madrid.
Les vivresestoient fort
:hers dans cette capitale;
nais les habitans loin d'en
:stre affligez
,
se réjeüisoient
par avance du reour
de leur Roy legitime,
persuadez que l'abondance
y seroit aussitostrestablie.
On ne peut trop loüer
la fermeté avec laquelle ils
avoient refusé non seulement
de donner leurs armes
à l'Archiduc; mais
aussi de les vendre.Ce Prince
n'avoit pas jugé a propos
de les ycontraindre
dans l'apprehension que ce
la ne causast quelque tumulte
dont les fuites lu)
auroient sans doute elle
desavantageuses. Il n'avoi
non plus osé donner de
ordres pour réprimer la
liberté que les habitan
prenoient de témoigner
laverfion qu'ils avoient
pour luy par leurs discours
& par leurs actions, & qui
alloit jusqu'au point que
les Marchands tenoient
leurs boutiques fermées.
Des queles Ennemis furent
sortis de Madrid, le
Peuple nonobstant la grande
cherté des vivres, voulut
donner des marques
publiques de sa joye; mais
Mr de Sanguinetto quien
est Corregidor -; que le
Roy d'Espagne y avoit
laissé, & qui n'en a point
fait là-fpticlion pendant le
sejour que les Ennemis y
ont fait, les obligea à differer
leurs réjoüissances
jusqu'àceque les Ennemis
fussent éloignez.
Le lendemain de leur
départ,Don Feliciano de
Bracatiiot-itie,queSa MajestéCatholiqueavoit
chargé
d'y conduire un grand
convoy de grains, & de
toutes fortes de provisions,
arriva prés du Pont appellé
de Segovie
,
où les Députez
de la Ville al crent audevant
de luy. On nedoit
point estre surpris de
cette diligence; on estoit
bien informé du jour que
les Ennemis devoient fortir
de cette capitale, & le
• Roy avoit donné tous les
ordres necessaires pour amasser
toutes ces provisions
, & pour les tenir à
portée de les y faireentrer
aussi-tost après leur départ,
afin d'y restablir l'abondance.
En effet
,
le pain qui
valoit douze fols avant
l'arrivée dece convoy, ne
se vendit plus le lendemain
quil fut entré que depuis
deux à trois fols. On n'entendit
aprés cela dans toutes
les rues que des cris
de VivatFélipo Quinto;on
sonnatoutes les Cloches ;
ce n'estoient dans toutes les
ruës que feux de joye &illuminations,
avec un grand
nombrede Portraits deSa
Majesté Catholique.
Du Quartier Royal de
Casa Texada le zz*
Novembre.
L
es Troupes Ennemies
ùrcupenr encore Tolede , San
Pozuelo
,
Chinchon
, ~&
quelques autres Lieux des environs.
Leurs Généraux ont
ordonné aux habitansde mener
à Tolede quatre -vingt
Chariots chargez de Fascines.
On ne doute point que ce ne
soit pour couvrir le dessein
qu'ilsont deseretirer Nostre
Cavalerie qui estois cantonnée
dans plusieurs Villages aux
environs de celuy-cy
,
marcha
ily a quatre jours pour aller
dans le voisinage de Talavera
de la Reyna. Le 19. le Royfit
la revûë de huitBataillons de
ses deux Regiments des Gardes
Espagnoles ~e Walones.
Le20. SaMajestépassaaussi
en revûë 2 1. autres Bataillons
qui estoient campez prés
d'Almaraz
, c- hier toutes
ces Troupes partirent pour se
rendre en quatre jours à Talavera.
Demain le Roy doitpartir
d'icy pour aller coucher à
Casalda
, ~& le lendemain à
Talaveraoù il trouveratoute
son Infanterie campée.
Sa Afajeflévient d'avoir
avis certain que les Ennemis
ont fait passer toute leur Armée
du costé de Chinchon,&
rompre le Pont de Zamora
pour assurer leu'" retraite; que
le Comte de Staremberg,pour
se decharger de l'Archiduc
dans une conjoncture si delicate
,
l'avoit envoyé devant
sous une escorte de mille Chevaux
pour se rendre en diligence
à Pastrana. Ainsion ne
doute plus de la retraite des
Ennemisen Catalogne.
Extrait d'une Lettre de
Vittoriadu23.
L
es Ennemis ont enfin
abandonnéMadridsans avoir
osé ~fare de pillage general.
Ils ont neanmoins emmené
une grande quantité de v ivres
qu'ils avoient ramassez.., efe
sontsaisis de tous les Chevaux
~& autres bestes de charge, apparemment
pour emporter les
effets qu'ils ont enlevez dans
les Lieux des environs qu'ils
ontentièrement saccagez sans
avoirépargné les Eglisesoù
ils ont commis de grands sacrileges.
Extrait d'une Lettre du
Camp de Casa Texada
du 19. Novembre.
L'ArméeduRoyquia
des vivrespourplusieursmoig
est en marche. Plusieurs detachements
de Cavaleriese sont
avancez pour incommoder les
Ennemisdans leurmarche. Le
reste de la Cavalerie est arrivé
à Talavera de la Reyna & le Roy marche à la , teste de
l'Infanterie, ~0* d'une partie
de ses Gardes du Corps. Tous
les Soldats font habillez de
nef&sontremplis de bonne
volonté.
Des Lettres de Barcelone,
venuës par Marseille,
portent qu'on avoit esté
plus de trois Semaines sans
avoir de nouvelles de l'Archiduc,
le Gouverneur de
Lerida ayant enlevé huit
Couriers de suite. Toutes
les Lettres qu'on leur a
trouvées marquoient le
mauvais estat de sesaffaires.)&
l'impossibilitéqu'il
yavoit de se maintenir en
Espagne
,
s'il ne recevoit
promptemenc un puissant
secours.
NoAvVeimttorbiarele.27.
'cft tout de bon que les
Ennemis se retirent. on a sçû
hier au soirqu'ils ont passé le
Xarama doitils ontfait rompre
les Ponts. L'Archiduc a
prisles devants avecmille chevaux.
Il coucha le 21. à Pastrana,
& il s'enva, à grandes
journées. Le Roy d'Espagne
a pajjé à Talavera de lte
Reyna,&s'estmesme avancé
pins
en deçà en remontant le
long du Tage. On a envoyé
plusieurs détachements aprés
l'Armée ennemiepourl'embarajjer
dans sa marche. Je ne
doutepoint queparl'ordinaire
prochain je ne vous mande le
jourde nostre departpourMadrid
: les chemins sont pourtant
bien mauvais
, mais la
ecine se déplaistfort icy.
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Résumé : Suite des Nouvelles d'Espagne depuis le mois passé.
En novembre, l'armée française est stationnée à Casa Texada, où elle répare et renforce ses troupes, notamment la cavalerie. Les ennemis, ayant quitté Madrid, se dirigent vers le Tage au pont d'Aranjuez, en direction de l'Aragon et de la Catalogne, à environ cent lieues de distance. Les Français envoient quatre mille cavaliers à leur poursuite, tandis que le reste de l'armée les suit. Des lettres interceptées révèlent que l'Archiduc se plaint de la situation désastreuse de ses troupes, pire que lors du siège de Barcelone, et reconnaît la compétence du Duc de Vendôme. À Madrid, les ennemis ont retiré toutes leurs troupes après avoir pillé certaines maisons et ordonné aux conseils de suivre l'armée. Les habitants de Madrid, malgré la cherté des vivres, se réjouissent du retour imminent de leur roi légitime. Les ennemis ont également surpris les villes de Ciudad Rodrigo et d'Almagro, mais ont été chassés par Monsieur de Figueroa. Les vivres et les fourrages manquent à l'armée ennemie, le roi d'Espagne ayant envoyé des corps de cavalerie pour occuper les passages. Le Comte de Staremberg a évacué les malades de Madrid vers Daroca. À Madrid, les habitants ont refusé de donner ou vendre leurs armes à l'Archiduc. Après le départ des ennemis, un convoi de grains est arrivé, rétablissant l'abondance et provoquant des réjouissances publiques. Les troupes ennemies occupent encore quelques lieux autour de Tolède, mais leur retraite vers la Catalogne semble imminente. L'armée du roi est en marche, bien approvisionnée et prête au combat.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 288-295
Ordre de Bataille de l'Armée du Roy en Catalogne.
Début :
Mr le Duc de Noailles, General. PREMIERE LIGNE. LIEUTENANT GENERAUX. [...]
Mots clefs :
Dragons, Duc de Noailles, Escadrons, Cavalerie, Lieutenants généraux, Brigadiers, Infanterie, Bataillons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ordre de Bataille de l'Armée du Roy en Catalogne.
Ordre de Bataille de l'Armée
du Roy en Catalogne.
Mr le Duc de Noailles ,
General.
PREMIERE LIGNE.
LIEUTENANSGENERAUX
Messieurs ; deGuerchy.
DeKercado.
De Siennes.
MARESCHAUX DECAMP.
Messieurs
De Belleporr.
Le Comte d'E(taire,
De Tournant.
D'Arpajou. 0'
Le Duc de Duras. ,,' BRIGADIERS.
Meffteurs
D'Ozeville.
De Sandricourt.
De Damas.
DeValouze.
DeCourten.
De Balincourt.
DePlanque.
De Parabere
De Vateville.
Dragons.
Dauphin. 3. Escadrons. Lailguedoc.3
AnjCaovaluerie.. PCarraobueyre..33 2
Infanterie.
Normandie. 3. Bataillons. Btaujollois. Artois. zLabour. zReding.. 1 t Noailles. 11
CLaCoouurtreonnn.e. 2, Vermandois. 3Valouze. zDV'Eivlgarirgenzy..1t1 Damas.2. Auvergne. - z
Cavalerie.
Berry. 3. Escadrons. Germinon. Valgrand. zz
Dragons.
Saumery. 3 Faix 3,
SECONDE LIGNE.
LIEUTENANSGENERAUX.
Àdefjieurs
De Muret.
De Brancas.
MARESCHAUX DE CAMP.
Adcjjicurs
De Chastillon.
De Puynormand.
De Caylus.
BRIGADIERS.
Afejjieurs
De Bozelly.
De Bonas.
DeNisas.
De Barville.
DeSiougeat.
DeFleche.
De Bouville.
Dragons.
Bouville. 3. Escadrons, Chazel. 5
Cavalerie,
Fleche.
, 3 Vaudemont,, ;
Putange.
) , & Infanterie.
FLlandrée. o2.nBata.ill1ons. Oleron.
, , Perigord. , 1
La Force. , FSooiflroennzo.is.;z1
La Marche..„z Anogoumois.. 1 Champigny.. Noé. iThierache. 1
Cavalerie.
LaFeronnaye.L Efcadrons.
Noailles Duc.. z
Noailles Marquis.. z
Dragons.
La Lande. Bozelly. 3z
Total des Escadrons. 50.
Total des Bataillons. 45.
1 Artillerie.
Royal Artillerie. 1. Bataill.
Bombardiers. 1
Deux Compagnies deFerrand
Code. 100. hommes.
Une Compagnie de Mineurs
de Delorme, 60.
hommes.
On attend la fuite des
Nouvelles d'Espagne.
Onespere qu'elle viendra
ailes tost pour vous
la donner à la fin du Vo-
- lume où l'on mettra tous
les Mois des Nouvelles
recentes.
du Roy en Catalogne.
Mr le Duc de Noailles ,
General.
PREMIERE LIGNE.
LIEUTENANSGENERAUX
Messieurs ; deGuerchy.
DeKercado.
De Siennes.
MARESCHAUX DECAMP.
Messieurs
De Belleporr.
Le Comte d'E(taire,
De Tournant.
D'Arpajou. 0'
Le Duc de Duras. ,,' BRIGADIERS.
Meffteurs
D'Ozeville.
De Sandricourt.
De Damas.
DeValouze.
DeCourten.
De Balincourt.
DePlanque.
De Parabere
De Vateville.
Dragons.
Dauphin. 3. Escadrons. Lailguedoc.3
AnjCaovaluerie.. PCarraobueyre..33 2
Infanterie.
Normandie. 3. Bataillons. Btaujollois. Artois. zLabour. zReding.. 1 t Noailles. 11
CLaCoouurtreonnn.e. 2, Vermandois. 3Valouze. zDV'Eivlgarirgenzy..1t1 Damas.2. Auvergne. - z
Cavalerie.
Berry. 3. Escadrons. Germinon. Valgrand. zz
Dragons.
Saumery. 3 Faix 3,
SECONDE LIGNE.
LIEUTENANSGENERAUX.
Àdefjieurs
De Muret.
De Brancas.
MARESCHAUX DE CAMP.
Adcjjicurs
De Chastillon.
De Puynormand.
De Caylus.
BRIGADIERS.
Afejjieurs
De Bozelly.
De Bonas.
DeNisas.
De Barville.
DeSiougeat.
DeFleche.
De Bouville.
Dragons.
Bouville. 3. Escadrons, Chazel. 5
Cavalerie,
Fleche.
, 3 Vaudemont,, ;
Putange.
) , & Infanterie.
FLlandrée. o2.nBata.ill1ons. Oleron.
, , Perigord. , 1
La Force. , FSooiflroennzo.is.;z1
La Marche..„z Anogoumois.. 1 Champigny.. Noé. iThierache. 1
Cavalerie.
LaFeronnaye.L Efcadrons.
Noailles Duc.. z
Noailles Marquis.. z
Dragons.
La Lande. Bozelly. 3z
Total des Escadrons. 50.
Total des Bataillons. 45.
1 Artillerie.
Royal Artillerie. 1. Bataill.
Bombardiers. 1
Deux Compagnies deFerrand
Code. 100. hommes.
Une Compagnie de Mineurs
de Delorme, 60.
hommes.
On attend la fuite des
Nouvelles d'Espagne.
Onespere qu'elle viendra
ailes tost pour vous
la donner à la fin du Vo-
- lume où l'on mettra tous
les Mois des Nouvelles
recentes.
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Résumé : Ordre de Bataille de l'Armée du Roy en Catalogne.
Le document décrit l'Ordre de Bataille de l'Armée du Roy en Catalogne, sous le commandement du Duc de Noailles. L'armée est structurée en deux lignes, chacune dirigée par des lieutenants-généraux, des maréchaux de camp et des brigadiers. La première ligne inclut les lieutenants-généraux de Guerchy, de Kercado et de Siennes, ainsi que les régiments de dragons et de cavalerie Dauphin, Languedoc et Anjou-Cavalerie. L'infanterie comprend les régiments Normandie, Beaujolais, Artois et Noailles. La seconde ligne est dirigée par les lieutenants-généraux de Muret et de Brancas, avec les régiments de dragons et de cavalerie Bouville et Fleche. L'infanterie de cette ligne comprend les régiments Flandre, Oleron, Perigord et La Force. L'armée compte 50 escadrons et 45 bataillons. L'artillerie est représentée par le Royal Artillerie, les bombardiers et les compagnies de Ferrand et de Delorme. Le document mentionne également l'attente de nouvelles d'Espagne, espérant les publier prochainement.
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12
p. 339-369
Suite des Nouvelles d'Espagne.
Début :
Les Ennemis en abandonnant Tolede pour prendre la route d'Arragon, [...]
Mots clefs :
Ennemis, Roi, Général, Vendôme, Armée, Troupes, Cavalerie, Infanterie, Bataille, Canon, Dragons, Guadalajara, Reine, Guerre, Prisonniers, Brihuega, Général Stanhope, Staremberg, Gérone
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles d'Espagne.
Suite des Nouvelles
d'Espagne.
Les Ennemis en abandonnant
Tolede pour prendre
la route d'Arragon
, ont
divisé leur Armée en differensCorps,
observant toujours
de les mettre à une
distancc qui ne leur ostast
pas les moyens de s'entresecouririles
uns les autres,
en casque quelqu'un fust
attaqué. Ils croyoient qu'-
ils pourroient estre harcelez
par quelques détachefmens
; mais ils ne com- eroienc pas que l'on pust
faire des démarches allez
promptes pour les attaquer
avec toute l'Armée.
Le Roy d'Espagne pour
leur ôter le soupçon qu'on
pust les suivre, estoit allé
exprés avec Monsieur de
Vendosme à Madrid pendant
que les Troupes, par
differens Corps, déroboient
aux Ennemis desmarches
précipitées.SaMajesté Catholique,
avant de partir
ordonna au Détachement 1
detous lesGrenadiers de I
Itil'Armée
&de cent hommes
choisis par Bataillon avec
trente- deux Escadrons de
Cavalerie & de Dragons de
marcher le plus legerement
qu'ils pourroient pour tâ.
cher de joindre les Ennemis.
Mr de Vallejo reçut
ordre de les attaquer par
tout où il les trouveroit
avec douze cens Maistres
qu'il commandoit, afin de
les arrester.
Apres ces précautions.
le Roy & Vendosme arrivèrent
le 7. Décembre à
Alcala, où ils apprirens
qu'il y avoit à une lieuë de
là un Régiment des Ennemis.
Sa Majestéordonna à
Don Feliciano de Bracamonte
d'y marcher avec sa
Brigade. Il fit tant de diligence
qu'il surprit ce Regiment
& le fit prisonnier.
LETTRE
De sa Adajefté Catholique
à la Reine.
Du Camp de Brihuega,
le 9 Décembre.
Je vous dépêche un Courrier
pour vous apprendre une
nouvelle aussi agréablequ'importante.
Mous menons défaire
huit Bataillons & huit Escadrons
prisonniers de guerre.
Nous avons fait donner l'af
faut après midi à Brihuega , aprèsl'avoir battu toute 1,4
matinée avec notre Canon.
LesBrèches étoientfort petites
&les Ennemis avoient retranchemens
sur retranchemens.
L'affaire a esléfort disputée&
a duré plus de deux heures;
mais enfin nos Troupes étant
entrées dans la Ville de maison
en maison
, 0* les Ennemis
s'étant retirez dans un retranchement
qu'ils avoient fait
dans la Place, ont battu la
Chamade. Il n'y a eu aucune
contestation au sujet de la Ca.
pitulation, puifqu'ils ont proposéd'obordqu'on
les reçutprisonniers
de guerre, ce qui leur
a esteaccordé. Tous les Officiers
Generaux Anglois sont du
nombre des Prisonniers. Ce
font Stanhope, Wills &Carpenter.
De notre côté le Marquis
deThouy a esté blesséà la
main ; de celui des EnnemÙ,
Carpenter est bllJé. L'action
a estéfort chaude, (y notre In.
fanterie a hit'# séparécequ'elle
fit à laBataille de Sarragosse ,
en faisant des merveilles aujourd'hui.
Des huit Bataillons
ily en a sept Anglais & un
Portugais, mais à la solde de
la Reine Anne, Les huit Ef.
cadrons consistent en trois Pe.
ymens de Dragons & un de
Cavalerie, tousAnglois;c'etoientles
meilleure, Troupes des
Ennemis,
Je joins à cette bonne nouvelle,
la prise que fit hier Braamonte,
d'un Bataillon Allemand.
Le Comte de Suremberg
sefl avancé aujourd'hui avec
plus de quatre mille hommes à
deux lieuësd'icy ,suivant les
avisquej'en ay eu, apparemmentpoursecourir
Stanhope.
Le Roy d'Espagne estanc
parti le 8 au marin de Guadalaxara
avec toute Ca Cava-
-
lerie pour donner sur l'arriere-
garde des Ennemis,
il eut avis que le General
Stanhopeestoit dans Brihuega
; il marcha droit à
lui1
pourl'attaquer,mais voyant
qu'il s'y estoit retranché de
maniere à se bien deffendre,
il fit invertirlaVille sur tout
du côcé de la Rivière par ou
il jugeoit qu'il pourroit se
retirer à la faveur de la nuit.
La Ville de Brihuega située
à six lieuës de Guadalaxara,
efl: fermée d'une muraille
fort haute, fort épaisse &
revêtue d'une Terrasse en
quelques endroits, avec des
Tours antiques & un alîez
~on Château. Apres avoir
tiré quelques coups de ca-
- ~on on somma les Ennemis
le se rendre,& surle refus
qu'ils en firent on dressa pen-
~ant la nuit de nouvelles bateries
qui commencerent à
tirer le9 au matin & firent
une bréche qui devint inutile
à cause des Terrasses,
Mais Monsieur de Vendome
ayant remarqué plusieurs
maisons attachéesàl'enceinte
des murailles en dehors,
lesfit occuper pour attacher
par là le Mineur &faire une
Brèche pratiquable de ce côté
là. Quand tout sur disposé,
Sa Majesté fitfaire deux
attaques & donna ordre
pour soûtenir la gauche, qui
estoit la veritable. Enfin on
donna l'assaut; l'action fut
long-temps disputée, & les
notres se voyant arrêtez par
le grand nombre & par des
retranchemens qu'ils trouvoient
dans les ruës de 20
en 20 pas, se retrancherent
de leur coté sur la Brèche
pour y attendre du renfort.
Peu de temps après Monsieur
le Duc de Vendosme
y mena quelques Bataillons
qui s'étant jointà eux,pousserentles
Ennemis en garnant:
toujoursle Terrain
le maisonen maison & do
etranchement en rctranchement,
en quoy ilsfurent
aidez par les habitans qui
démolissoient leurs propres
maisons pour assommer les
Ennemis à coups de pierres;
ils penetrent enfin jusqu'au
centre de laVille, pendant
que d'autres Troupes commandées
à l'attaque de la
droite, faisoient diversion;
ce qui obligea les Ennemis
à battre la Chamade & à
capituler. Ils répugnoient
à sedésarmer dès le foir &
à livrer' une des Portes du
Château, maisonles y obligea
sur l'avis que Sa Majesté
eut que le General Sta~
remberg s'avançoit pour les
ecourir. MrdeZuniga fut
chargé du foin de faire
xecuter la Capitulation,
pendant que le Roy & Mr
le Vendôme se disposoient
aller combattre Mr de
taremberg.
D'autres Lettres portent
~ue Mrde Bracamontedé-
~ché par le Roy, cmpêcha
le General Starcm-
~erg de rompre le Pont de
Guadalaxara,ce qui facilitapassage
de l'Armée pour
~atcher à Brihuega.
Un Lieutenant general
& deux Lieutenans Colonels
vinrent capituler. Ils
consentirent d'abord àestre
Prisonniers de guerre. On
accorda aux principaux Officiers,
leurs chevaux & bagages,
à l'exception des Vases
sacrez
, en cas qu'ils'en
trouvast.
; Pendant laCapitulation,
on entendit plusieurs coups
de canon ; c'estoit le signal
de l'Armée ennemie, pour
avertir le General Stanhope
qu'onvenoitlesecourir.
Le 10. au matin le Roy
fut avertique les Ennemis
paroissoient sur la hauteur
de Villa-viciosa, où Monsieur
de Vendosme avoit
posté dès le soir toute la Cavalerie
, ayant prévu que
Mr de Staremberg hafarderoit
le tout pour le tout.
On rangea l'Armée en baaille,
la droite appuyée à
un grand ravin, & la gauhe
à un petit Bois d'Oliiers
où les Ennemis ne pû-
~ent pasallonger leur droite
pour donner une étendue à
~ur gauche qu'ils connucnt
que nous débordions
considerablement par nôtre
droite. Nous avions dans;
nôtre centre un terrain desavantageux
par quantité de
ravins & de petites murailles
de terre séche de la hauteur
de deux pieds & demi.
Nostre droite de Cavalerie
estoit commandée par Mr
le Marquis de Val deCanas;
nostre gauche par Mr le
Comte d'Aguilar,& nostre
centre d'Infanterie par
Mr le Comte de las Torrés,
au deffaut de Mr le
Marquis de Thouy qui avoit
estéblessé la veille à la main
& au pied, & qui ne laissa
pas,malgré toutes les remontrances
qu'on luy faisoit,
de combattre à la te-fte
d'un Escadron ; les Ennemis
à la portée du canon en
mirent vingt pieces en batterie
avec deux mortiers:
le nostre costé nous en mimes
22.pieces. Sur les deux
~eures la canonnade commençant
de part & d'au-
~e,le Roy passa à la droite,
ontre laquelle jcs Ennemis
voient dressé une batterie
leneufpieces, qui faifoienc
~un
feu très-vif.Monsieur
de Vendosme passa à la gauche
& dés qu'il fut arrivé
l'Armée marcha. Nostre
droite que le Roy conduisoit
passa un grand ravin,
& se reforma en presence
de l'Ennemi du costé de
Villa viciosa, qui a donné le
nom à cette Bataille. Monsieur
de Vendosme estantà
la gauche envoya ordre à
Mr Mahoni, qui commandoit
le Corps de Dragons
de marcher au grand
trot, & de gagner les derrieres
des Ennemis pour faciliter
la jonction de Mr de
Bracamonté,qui arriva avec
mille chevaux précisément
à l'heure qui luy avoit esté
prescrite dans le temps que
les deux Armées estoient aux
mains. Cette précaution
nous donna le moyen de gagner
les derrieres de leur Infanterie
, où la Cavalerie de
nostre droite avoir penetré ,
en renversant l'aîle gauche
quîluyestoitopposée. Cette
Infanterie ainsi enveloppée
,fitd esefforts de valeur
si étonnans qu'elle gagna
même duterrain sur la nôtre,
ce qui a fait dire dans
quelques Lettres, qu'elle
avoit plié d'abord. Mais enfin
les Gardes Walonnes &
Espagnoles percerent les
deux Lignes & la Reserve
des Ennemis,& renversérent
un gros Bataillon quarré
au milieu duquel estoit
Mr de Staremberg. Les
Gardes du Roy avec le Regiment
de a Reine commandé
par' Mrle Marquis
de Reaucour, penetrerent
deux fois le centre des Ennemis
,& il ne se seroit pas
fauvé un homme sans la
nuit quisavorisa la retraite
d'une partie decette Infanterie
qui se retira avec preci
pitation du cofté de Siguença.
Il nous est resté avec le
Champ de Bataille, vingt
piéces de canon,deux Mortiers
, tous les équipages
d'Artillerieavecquantitéde
chariots longs,attelezchacun
de huit Mulets;ceschariots
sont nommez Galleres
par les Espagnols. Parmi les
Bagages, il s'esttrouvé environ
huit millefusils. Mr
Mahoni a pris d'un autre
:osié sept cens Mulets chargez
, & les Troupes fefonr
enrichies du butin que les
ennemis avoient pillé dans
la Castille. On Soldat courut
porter à Monsieur de
Vendoime, un Ecendart qu'-
il avoit pris, & refusa l'argent
que ce Prince vouloit
luy donner;illuy dit en luy
montrant une bourse pleine
d'or,voila ce que l'ongagne en
combattant pourson Roy.
Il est demeuré plus de
quatre mille hommes sur le
Champ de Bataille, & on a
fait trois mille prifonniersy,
parmi lesquels font Mr de 1
Belcastel,
Belcastel, Commandant les
Troupes deHollande, Mr
leS.Amant,Lieutenants
Generaux,&un grand nom. -
ne d'autres Omciers.; outre
leux mille trois cens autres
risonniers
,
presque tous
Cavaliers, qui ont esté pris
ar Mr de Vallejo le lendemain
de la Bataille. En forque
decestrois journées,
ous avons neuf mille prionnierseffectifs.
Il y a quanté
de-Drapeaux , d'Etenarts
, & de Timbales;on
en sçait pas le nombre,
arcequ'on en apportoit encore
lois que.Mr deZuniga
est parti pour apposer
ce détail au Roy. Loçfcjtjc
sa Majesté Cajthpliqwe l'a
dépesché,on ne f<jqvjûiitpa$
non plus au juste, latv>r#:
bre desmorts & des blessez
, tant ducoftp.âe.$cru>crnief
que cJecelVy;cUs££psrt
gnoltyquiQaripcfrdftfàsn
PedrodeRonquillo,-.tué
danslaBataille,&Mr le
ComtedûRucetoondetle
premier MiréchaldcGar$>p,
& le dernier Brigadier, mort
des blesures qu'il avoit re-t
çuës la veille àla prise do &nht~ ';,
Mt Maboni poursuivoit
vivement le General
Staremberg
; on assurequ'-
ill'avoitatteint, &fait sommerdeserendre;
onattend
unCourrier pour estre éclaircidelafin
de cette grande
affaire.
* On aprend qu'onapris
encore autres deux mille
hommes aprés la déroute.
•.
Extrait d',une Lettre de
devant Gironne.
Mr le Duc de Noailles
alla camper le 14. à Cervia
& le 15. on a investi Gironne
; tous les Miquclets&
Sommetans des Ennemis,
voulant disputerun costé de
la Montagne, ont esté repoussez
& défaits par Mr de
Planque.
On vient d'apprendre depuis
cette Lettre que la tranchée
est ouverte devant Gironne
,& que Mr le Duc de
Noailles est parti avec une
bonne partie de sa Cavalc
d'Espagne.
Les Ennemis en abandonnant
Tolede pour prendre
la route d'Arragon
, ont
divisé leur Armée en differensCorps,
observant toujours
de les mettre à une
distancc qui ne leur ostast
pas les moyens de s'entresecouririles
uns les autres,
en casque quelqu'un fust
attaqué. Ils croyoient qu'-
ils pourroient estre harcelez
par quelques détachefmens
; mais ils ne com- eroienc pas que l'on pust
faire des démarches allez
promptes pour les attaquer
avec toute l'Armée.
Le Roy d'Espagne pour
leur ôter le soupçon qu'on
pust les suivre, estoit allé
exprés avec Monsieur de
Vendosme à Madrid pendant
que les Troupes, par
differens Corps, déroboient
aux Ennemis desmarches
précipitées.SaMajesté Catholique,
avant de partir
ordonna au Détachement 1
detous lesGrenadiers de I
Itil'Armée
&de cent hommes
choisis par Bataillon avec
trente- deux Escadrons de
Cavalerie & de Dragons de
marcher le plus legerement
qu'ils pourroient pour tâ.
cher de joindre les Ennemis.
Mr de Vallejo reçut
ordre de les attaquer par
tout où il les trouveroit
avec douze cens Maistres
qu'il commandoit, afin de
les arrester.
Apres ces précautions.
le Roy & Vendosme arrivèrent
le 7. Décembre à
Alcala, où ils apprirens
qu'il y avoit à une lieuë de
là un Régiment des Ennemis.
Sa Majestéordonna à
Don Feliciano de Bracamonte
d'y marcher avec sa
Brigade. Il fit tant de diligence
qu'il surprit ce Regiment
& le fit prisonnier.
LETTRE
De sa Adajefté Catholique
à la Reine.
Du Camp de Brihuega,
le 9 Décembre.
Je vous dépêche un Courrier
pour vous apprendre une
nouvelle aussi agréablequ'importante.
Mous menons défaire
huit Bataillons & huit Escadrons
prisonniers de guerre.
Nous avons fait donner l'af
faut après midi à Brihuega , aprèsl'avoir battu toute 1,4
matinée avec notre Canon.
LesBrèches étoientfort petites
&les Ennemis avoient retranchemens
sur retranchemens.
L'affaire a esléfort disputée&
a duré plus de deux heures;
mais enfin nos Troupes étant
entrées dans la Ville de maison
en maison
, 0* les Ennemis
s'étant retirez dans un retranchement
qu'ils avoient fait
dans la Place, ont battu la
Chamade. Il n'y a eu aucune
contestation au sujet de la Ca.
pitulation, puifqu'ils ont proposéd'obordqu'on
les reçutprisonniers
de guerre, ce qui leur
a esteaccordé. Tous les Officiers
Generaux Anglois sont du
nombre des Prisonniers. Ce
font Stanhope, Wills &Carpenter.
De notre côté le Marquis
deThouy a esté blesséà la
main ; de celui des EnnemÙ,
Carpenter est bllJé. L'action
a estéfort chaude, (y notre In.
fanterie a hit'# séparécequ'elle
fit à laBataille de Sarragosse ,
en faisant des merveilles aujourd'hui.
Des huit Bataillons
ily en a sept Anglais & un
Portugais, mais à la solde de
la Reine Anne, Les huit Ef.
cadrons consistent en trois Pe.
ymens de Dragons & un de
Cavalerie, tousAnglois;c'etoientles
meilleure, Troupes des
Ennemis,
Je joins à cette bonne nouvelle,
la prise que fit hier Braamonte,
d'un Bataillon Allemand.
Le Comte de Suremberg
sefl avancé aujourd'hui avec
plus de quatre mille hommes à
deux lieuësd'icy ,suivant les
avisquej'en ay eu, apparemmentpoursecourir
Stanhope.
Le Roy d'Espagne estanc
parti le 8 au marin de Guadalaxara
avec toute Ca Cava-
-
lerie pour donner sur l'arriere-
garde des Ennemis,
il eut avis que le General
Stanhopeestoit dans Brihuega
; il marcha droit à
lui1
pourl'attaquer,mais voyant
qu'il s'y estoit retranché de
maniere à se bien deffendre,
il fit invertirlaVille sur tout
du côcé de la Rivière par ou
il jugeoit qu'il pourroit se
retirer à la faveur de la nuit.
La Ville de Brihuega située
à six lieuës de Guadalaxara,
efl: fermée d'une muraille
fort haute, fort épaisse &
revêtue d'une Terrasse en
quelques endroits, avec des
Tours antiques & un alîez
~on Château. Apres avoir
tiré quelques coups de ca-
- ~on on somma les Ennemis
le se rendre,& surle refus
qu'ils en firent on dressa pen-
~ant la nuit de nouvelles bateries
qui commencerent à
tirer le9 au matin & firent
une bréche qui devint inutile
à cause des Terrasses,
Mais Monsieur de Vendome
ayant remarqué plusieurs
maisons attachéesàl'enceinte
des murailles en dehors,
lesfit occuper pour attacher
par là le Mineur &faire une
Brèche pratiquable de ce côté
là. Quand tout sur disposé,
Sa Majesté fitfaire deux
attaques & donna ordre
pour soûtenir la gauche, qui
estoit la veritable. Enfin on
donna l'assaut; l'action fut
long-temps disputée, & les
notres se voyant arrêtez par
le grand nombre & par des
retranchemens qu'ils trouvoient
dans les ruës de 20
en 20 pas, se retrancherent
de leur coté sur la Brèche
pour y attendre du renfort.
Peu de temps après Monsieur
le Duc de Vendosme
y mena quelques Bataillons
qui s'étant jointà eux,pousserentles
Ennemis en garnant:
toujoursle Terrain
le maisonen maison & do
etranchement en rctranchement,
en quoy ilsfurent
aidez par les habitans qui
démolissoient leurs propres
maisons pour assommer les
Ennemis à coups de pierres;
ils penetrent enfin jusqu'au
centre de laVille, pendant
que d'autres Troupes commandées
à l'attaque de la
droite, faisoient diversion;
ce qui obligea les Ennemis
à battre la Chamade & à
capituler. Ils répugnoient
à sedésarmer dès le foir &
à livrer' une des Portes du
Château, maisonles y obligea
sur l'avis que Sa Majesté
eut que le General Sta~
remberg s'avançoit pour les
ecourir. MrdeZuniga fut
chargé du foin de faire
xecuter la Capitulation,
pendant que le Roy & Mr
le Vendôme se disposoient
aller combattre Mr de
taremberg.
D'autres Lettres portent
~ue Mrde Bracamontedé-
~ché par le Roy, cmpêcha
le General Starcm-
~erg de rompre le Pont de
Guadalaxara,ce qui facilitapassage
de l'Armée pour
~atcher à Brihuega.
Un Lieutenant general
& deux Lieutenans Colonels
vinrent capituler. Ils
consentirent d'abord àestre
Prisonniers de guerre. On
accorda aux principaux Officiers,
leurs chevaux & bagages,
à l'exception des Vases
sacrez
, en cas qu'ils'en
trouvast.
; Pendant laCapitulation,
on entendit plusieurs coups
de canon ; c'estoit le signal
de l'Armée ennemie, pour
avertir le General Stanhope
qu'onvenoitlesecourir.
Le 10. au matin le Roy
fut avertique les Ennemis
paroissoient sur la hauteur
de Villa-viciosa, où Monsieur
de Vendosme avoit
posté dès le soir toute la Cavalerie
, ayant prévu que
Mr de Staremberg hafarderoit
le tout pour le tout.
On rangea l'Armée en baaille,
la droite appuyée à
un grand ravin, & la gauhe
à un petit Bois d'Oliiers
où les Ennemis ne pû-
~ent pasallonger leur droite
pour donner une étendue à
~ur gauche qu'ils connucnt
que nous débordions
considerablement par nôtre
droite. Nous avions dans;
nôtre centre un terrain desavantageux
par quantité de
ravins & de petites murailles
de terre séche de la hauteur
de deux pieds & demi.
Nostre droite de Cavalerie
estoit commandée par Mr
le Marquis de Val deCanas;
nostre gauche par Mr le
Comte d'Aguilar,& nostre
centre d'Infanterie par
Mr le Comte de las Torrés,
au deffaut de Mr le
Marquis de Thouy qui avoit
estéblessé la veille à la main
& au pied, & qui ne laissa
pas,malgré toutes les remontrances
qu'on luy faisoit,
de combattre à la te-fte
d'un Escadron ; les Ennemis
à la portée du canon en
mirent vingt pieces en batterie
avec deux mortiers:
le nostre costé nous en mimes
22.pieces. Sur les deux
~eures la canonnade commençant
de part & d'au-
~e,le Roy passa à la droite,
ontre laquelle jcs Ennemis
voient dressé une batterie
leneufpieces, qui faifoienc
~un
feu très-vif.Monsieur
de Vendosme passa à la gauche
& dés qu'il fut arrivé
l'Armée marcha. Nostre
droite que le Roy conduisoit
passa un grand ravin,
& se reforma en presence
de l'Ennemi du costé de
Villa viciosa, qui a donné le
nom à cette Bataille. Monsieur
de Vendosme estantà
la gauche envoya ordre à
Mr Mahoni, qui commandoit
le Corps de Dragons
de marcher au grand
trot, & de gagner les derrieres
des Ennemis pour faciliter
la jonction de Mr de
Bracamonté,qui arriva avec
mille chevaux précisément
à l'heure qui luy avoit esté
prescrite dans le temps que
les deux Armées estoient aux
mains. Cette précaution
nous donna le moyen de gagner
les derrieres de leur Infanterie
, où la Cavalerie de
nostre droite avoir penetré ,
en renversant l'aîle gauche
quîluyestoitopposée. Cette
Infanterie ainsi enveloppée
,fitd esefforts de valeur
si étonnans qu'elle gagna
même duterrain sur la nôtre,
ce qui a fait dire dans
quelques Lettres, qu'elle
avoit plié d'abord. Mais enfin
les Gardes Walonnes &
Espagnoles percerent les
deux Lignes & la Reserve
des Ennemis,& renversérent
un gros Bataillon quarré
au milieu duquel estoit
Mr de Staremberg. Les
Gardes du Roy avec le Regiment
de a Reine commandé
par' Mrle Marquis
de Reaucour, penetrerent
deux fois le centre des Ennemis
,& il ne se seroit pas
fauvé un homme sans la
nuit quisavorisa la retraite
d'une partie decette Infanterie
qui se retira avec preci
pitation du cofté de Siguença.
Il nous est resté avec le
Champ de Bataille, vingt
piéces de canon,deux Mortiers
, tous les équipages
d'Artillerieavecquantitéde
chariots longs,attelezchacun
de huit Mulets;ceschariots
sont nommez Galleres
par les Espagnols. Parmi les
Bagages, il s'esttrouvé environ
huit millefusils. Mr
Mahoni a pris d'un autre
:osié sept cens Mulets chargez
, & les Troupes fefonr
enrichies du butin que les
ennemis avoient pillé dans
la Castille. On Soldat courut
porter à Monsieur de
Vendoime, un Ecendart qu'-
il avoit pris, & refusa l'argent
que ce Prince vouloit
luy donner;illuy dit en luy
montrant une bourse pleine
d'or,voila ce que l'ongagne en
combattant pourson Roy.
Il est demeuré plus de
quatre mille hommes sur le
Champ de Bataille, & on a
fait trois mille prifonniersy,
parmi lesquels font Mr de 1
Belcastel,
Belcastel, Commandant les
Troupes deHollande, Mr
leS.Amant,Lieutenants
Generaux,&un grand nom. -
ne d'autres Omciers.; outre
leux mille trois cens autres
risonniers
,
presque tous
Cavaliers, qui ont esté pris
ar Mr de Vallejo le lendemain
de la Bataille. En forque
decestrois journées,
ous avons neuf mille prionnierseffectifs.
Il y a quanté
de-Drapeaux , d'Etenarts
, & de Timbales;on
en sçait pas le nombre,
arcequ'on en apportoit encore
lois que.Mr deZuniga
est parti pour apposer
ce détail au Roy. Loçfcjtjc
sa Majesté Cajthpliqwe l'a
dépesché,on ne f<jqvjûiitpa$
non plus au juste, latv>r#:
bre desmorts & des blessez
, tant ducoftp.âe.$cru>crnief
que cJecelVy;cUs££psrt
gnoltyquiQaripcfrdftfàsn
PedrodeRonquillo,-.tué
danslaBataille,&Mr le
ComtedûRucetoondetle
premier MiréchaldcGar$>p,
& le dernier Brigadier, mort
des blesures qu'il avoit re-t
çuës la veille àla prise do &nht~ ';,
Mt Maboni poursuivoit
vivement le General
Staremberg
; on assurequ'-
ill'avoitatteint, &fait sommerdeserendre;
onattend
unCourrier pour estre éclaircidelafin
de cette grande
affaire.
* On aprend qu'onapris
encore autres deux mille
hommes aprés la déroute.
•.
Extrait d',une Lettre de
devant Gironne.
Mr le Duc de Noailles
alla camper le 14. à Cervia
& le 15. on a investi Gironne
; tous les Miquclets&
Sommetans des Ennemis,
voulant disputerun costé de
la Montagne, ont esté repoussez
& défaits par Mr de
Planque.
On vient d'apprendre depuis
cette Lettre que la tranchée
est ouverte devant Gironne
,& que Mr le Duc de
Noailles est parti avec une
bonne partie de sa Cavalc
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Résumé : Suite des Nouvelles d'Espagne.
Les forces ennemies, après avoir quitté Tolède, se dirigèrent vers l'Aragon en divisant leur armée en plusieurs corps pour se protéger mutuellement. Le roi d'Espagne, afin de dissimuler ses intentions, se rendit à Madrid avec Monsieur de Vendôme, tandis que les troupes espagnoles se préparèrent à attaquer les ennemis. Le roi ordonna à un détachement de grenadiers et de cavalerie de marcher rapidement pour intercepter les ennemis. Le 7 décembre, le roi et Vendôme arrivèrent à Alcala et apprirent la présence d'un régiment ennemi à proximité. Don Feliciano de Bracamonte surprit et captura ce régiment. Le 9 décembre, le roi d'Espagne informa la reine de la capture de huit bataillons et huit escadrons ennemis à Brihuega, après un assaut intense. Les ennemis, bien retranchés, furent finalement contraints de se rendre. Parmi les prisonniers figuraient les généraux Stanhope, Wills et Carpenter. Le roi d'Espagne, ayant appris que Stanhope était à Brihuega, marcha vers la ville et ordonna un assaut. Après une bataille acharnée, les ennemis capitulèrent. Le roi et Vendôme se préparèrent ensuite à affronter le comte de Starhemberg, qui avançait avec des renforts. Le 10 décembre, les deux armées s'affrontèrent près de Villa-Viciosa. Les troupes espagnoles, bien commandées, parvinrent à envelopper et à repousser les ennemis, capturant de nombreux prisonniers et du matériel. Dans les jours suivants, les troupes espagnoles continuèrent à faire des prisonniers et à capturer des drapeaux et des timbales. Le duc de Noailles, quant à lui, investit Gironne et repoussa les forces ennemies qui tentaient de défendre la montagne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13
p. 1-48
Ordre de Bataille de l'Armée du Roy en Flandres.
Début :
GENERAUX. Mr le Mareschal, Duc de Villars. Mr le Mareschal [...]
Mots clefs :
Brigadiers, Roi, Duc, Cavalerie, Lieutenant, Ligne, Infanterie, Bataille, Dragons, Armée, Généraux, Ordre de bataille, Escadrons, Bataillons, Flandres, Officiers généraux, Réserve, Alliés, Allemagne, Détachement, Corps, Total
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ordre de Bataille de l'Armée du Roy en Flandres.
Ordre de BatailledeILArmée:
duRoy en Flandres.
GENERAUX.
Mr le Mareschal
,
Duc de
Villars.
Mr le Mareschal de Mon-
-
tesquiou.
Lieutenans Généraux de la
premiere ligne.
Mrs Gassion, Prince de
Rohan, Mezieres, la Valliere
,
Destain, Albergothy,
Croisy, Duc de Guiche
, Maulevrier
,
Hautefpre.
Maréchaux de Camp.
Mrs de Silly
,
le Vidame
,
Chasteau
-
Morand,
Choiseul, Rooth
,
Duc de
Mortemart, Nangis, Ravignan.
Brigadiers.
MrsBerville,Suzy, Castel-
Moron,laTremoille,
Krakemberg
,
Courtage
Choiseul, Saumery, Montbazon
,
Gassion,Dargelos,
Daubigné
,
Colandre,
Obrien
,
S. Simon, Bernholes,
Desrouville,Beaupuys,
Perissan,Seignelay,
PREMIERE LIGNE.
DRAGONS,
Colonelle Générale 3 crc.
Beautremont 3
G
CAVALERIE.
MaiConduRoy 13
13
Gendarmerie 8
8
Royal Picdmont 3
SrAgnan 2..
la Tremoille i
7
Royal Allemand 3 Rottembourg 2.
Dfûivpc i
7 Dauphin,
Prince Marfillae,.
2.
Montcil
, 1
7
Choiseul, 1
Courcillon, 2. Dalzeau, z
( 6-
Chcrizy, z*
Royal Roussillon, 3
Commilfairc Générale 3
z
8
62. efc.
IN FANTERIE.
Picardie)
3 bat.
Bourbon, :, i
Nice, 16
Navarre, 3
Bourgogne, 2.
Monroux, 1
6
Bourbonnois, z
Languedoc) 1
Aunis, 2,
-. 6
Royal, 3
Royal Comtois, 2,
Daunay, 1
6
Les Vaisséaux, 3
La Marck, 1
Royal Italien, 1 6Lee,1 Obricn, 1
Dorington, 1
Galmoy, 1
OdondelJ 1
5
Gardes Françoises, 4
Gardes Suisses, 2.
*
Alfacc,a 4
Vczin, 2.
6
La Reine, 3
Haynault) z
Vaugc, I
6
Le Roy, 4
Foix, 1
6
pont, Dreux, Brendle, Lée,
Geoffreville.
Maréchaux de Camp.
Mrs Beauveau, Comte
de Nille
,
Lessars
,
Isenghien,
Mouchy, Miromesnil,
la Mark
,
Chevalier de
Roye.
Brigadiers.
mrs S. Poange, Gaydon,
Daulcane
,
Sandru ky
, Rios
,
Capy, Montal, S.
Morel, Depinay, la Chaux,
May, Grenets, Mercy
,
Sury
,
Lionne, de Lisle,
Remirecourt
,
Gondrin
Beringhen, Meleun,Saa. ,
SECONDE LIGNE.
CAVALERIE.
Colonelle Generale, 3 efc.
S.Poanges, 2.
Ligondez, 2
7 Chartres, 3
Maifontiers, 2-
Clermont, 1
7
Daultannc9
Villiers, z
Grandmonc
2. Aubeterrc"
2.
8
Brabant, 1 S.Phal, 2
Caycux, 1
6
Efclainvilliers,
Rios,zz, S. BHmonrJ
6
Montauban., z
Capy, z :
Cravattes, 3
7
41cfc.
INFANTERIE.
Poitou) z bar.
Lorraine, t
Miromelnil
, 2,
6
Tourraine, z
Charollais) A
Bugey, 2.
6
Limofia,
LaChauxI2.
Boufflcrs,
2.
1 yiliiers Suiflc
, 3
May, 3
6
Brcnqle, 3
SLJrbeçk) 3
6
Gardes de Bavière, 4
4
HefTy, 3
Phiffcr, 3
6
RoyalRoussillon, 2. Lionne,.2.
Laonnois,2.
ÀC
La Fere, 1
Tourncfis., 1
Beauce, 1
6
Tourville, 2.
Barrois, z*
Agenois, i
6
Greder Allemand 2.
Solrc, i
Gondrin, t
6
G3 bac.
CAVALERIE
a Reine) 3 efc.
Seringhen 3
iftaniol
, 1
S
AUTRE RESERVE.
**
Lieutenant General.
Mr de Broglie. Brigadiers,
Mrs Tarneau, Combout,
Pasteur.
CAVALLERIE.
Le Roy, 3efc.
La Tour, z
Beauveau, z
Tarneau, z
9
Combous, z
DuBcflcy, i
Biron, x
6
Houssards de Nerville, I
Pasteur, Dragons, 2.
3
- 18efc.
CAMP SEPARE'.
Lieutenans Generaux.
Mrs Sailly
,
Conflans
Reichberg, duRoZwl,S.,
Fremont.
Maréchaux de Camp.
Mrs S. Morrany
,
Santigny
,Prince Charles.
Brigadiers.
Mrs Nugent, Gassé, Danumis,
Jouy, Girault, S.
Micault,Locatelly, Cloys,
Prince de Bergets, Midefars
,
Flavacourt.
CAVALLERIE.
Royal Etranger, 3 etc.
Villeroy, 3
Nugent fi
,\ S
Dauphin Etranger, y
Vauldray
, '1 2.
Mitignon, 2.
,L , Ir
Bourgogne, 3 Gesvres,t , Viilcquicr, i
7
Orléans, 3
Villeprcux, 1
,
S
Dumalnc, 5
Frczin, z
S Condé, 3
Bourbon, 3
6
Arcobau, 3
Loccelly, 2.
S
Carabiniers, 10
10
Gardes d'Espagne 1,
Gardes de Bavierc z
4
DRAGONS.
Royal, z
Flavacourc, z
5
Gzcfc.
RESERVE.
Brigadiers
Mrs Livry, Se brcr.
INFANTERIE.
Bcüil i bac.
MIrabeau, 1
Nivcrnois, x
1
6
Perche, i
Cambrcfis 1
Spaar, i
6
il
AUTRE CORPS.
Lieutenans Generaux.
Mrs laFiezclicre, Bouzols,
Davaray.
Maréchaux de Camp.
Mrs Costa.Mîmur.
Brigadiers.
MrsThourotte, Montjoye,
Livry.
CAVALLERIE.
Tbourotte, 2.
efc;
Pardeilhan, x Raigecourt, i
6
Cossa)Bav. 3
Posh,Bav. 2.
S
Prince Lambesc,
3
Livry, 2.
Mettre de Camp Gencrale.,
3
8
41efc.
Royal Artillerie, 2. bar.
Bombardiers,
1
3
HoussardsdeRasky 3 etc.
camperont au Quartier
General.
Total des Escadrons,1jl.
TOfl des Bataillons,161.
On a fait depuis plusieurs
détachemens pour l'Allemia9nc.--
Ordrede Bataille de tArmée
des Alliez en Flandres,
commandée par le Duc de
Marlborough.
GENERAUX.
Le Duc deMarlborough,
le Comte de Tilly, le Prince
hereditaire de Hesse, Dopsf,
Prince d'Orange,Bulleau,
Lumelly.
Lieutenans Generaux.
Hompesch , P. H.Hembery
,
P. G. de Hesse
,
Esbach,
Heyden, Murray,
Palland, Holstein
-
Beck
, Rantzau, Withers,Norsh,
Orknay
,
Scoulembourg
, Cadogan, Mans, Temple,
Rosse, Word.
Autres Officiers Généraux.
Kellun, Bothmar Peutz,
S. Laurent, Prifoofe
,
Euvars,
Sibourg, Subin,Vegelin
,
Ranch
,
Ivoy, Hamilton
,
Exk, Pritzelvaitz,
Wittemberg
,
Strakembourg,
Chanclos,Salxemkeylbourg
, Brelembach ,
Hagn, Duvel, Sillion, Russel,
Morisson
,
Hamilton ,
Du Breüil, Stutter,Rublereu
,
Berchoffer, Douglas,
Leinkesfeld,Vorst, Loohaux
,Glinsha
,
Lalech , Sairs,Maesbag.
ESCADRONS.
Royal Ecossois, 3 d.
Royal Irlandois) 3
Lauly, 3
Cadogan, 1
Harwich
) 2
Palmes,
2.
Woord, I
Betmard
, 4
Elle, 3
Wight, t
S.Laurent, 2.
Frecha pcllc, 1
Grosk
, 2.
Pcurz) 1
Sculembourg, 2.
L':"ib, 2.92 Hagn, 4d.
BJlow, 4
BATAILLONS.
Gardes Britanniques, 2.
Royal, 1
Subin, 1
Newton, i
Hasford
, 1
Royal, 1
Privrofc, 1
Erram, 1
Duvcl
, 1
Selvin, 1 Prcftion,i Suron
, 1
Ingolsby, 1
Vecbb, l
SPibnoukrga, abh,I1 Ecclc,I Noorth
, 1 Hamilton,i Wym, 1
Orrcry) i
Gauvin, i
Greck. 1 Milevillc,i Dixprcmbouck, 1
Belling, i
Du Brciiil
, i
Rantzau, i
OrangeJ i
Fagel, i
Holfteinbeck, 1
May, 1
Wigers, 1
Prince Maximilicn, I
Marquel, 1 Lircdal,l Croonsprios, t
Croonsfront,i Chambricr, 1
Wondebourg, 1
CDouoglals)lioc,i1 Muray, 1
Gardes Hollandoifes, 3;
ESCADRONS.
Vandcrnach^ 6-
Tl-J 2,
Oyeu, 1- viiiingosf, 1
Grouvtfiin, 2.
Wirtcmberg
) z
Cralingc, 2.
Chanclosy x
Lalech
, 2.
Er bach
, 2.
Prince bereditaire) 2.
Gardes bleues, 2.
Gardes du Corps, 1
Carabiniers, 4
Srnittcrm, 4
Gardes, j
Generaux de la secondeLigne.
Albemarle. Fagel. Prince
d'Anhalt. ZD
Lieutenans Generaux.
Oyeu,Vittentorf, Lalech,
Athlone, Dohna,Colliers,
Landerfrankenfleiiinatimer.
Autres Officiers Generaux.
Doisting, Hackemborn,
DuPortail, De Veyne Trossel, Berg, Croon,,
GaLJvin, Hasuvoudent
,
Vixou se,Westimiler,Koppel
, Grovenstein, Du Portail
,
Comre Moornay ,
Shemesan,Bechleren,Wauters,
Vandersbeck
,
Wichfurst
, Rador
,
Recdert
Cofcritz, Chambricr, , May,
Smettingh
,
Cronstroon
Wallesf, Benthen, Hum-,
neilicn
,
Bechleren, Wictemhorf.
ESCADRONS.
Leib, 4d.
Etlbreigc, 4
Souvelzi, 4
Anspach, 4
Dorsflinguc, 4
Panevilz, 3
Lcib, 3 9*
Croonrprins, 3
Prince Philippe, 3
Heyden 1
Portai, 3
Cac, 1
Bataillons.
Gardes, 1 :
Leib, zJjt
Croonfprins, 3
Albregl, 2.
Lollern, x
Erpprins, 1 Alsdhna, 1 ;
Varenne, i
Jouy Dhona) i
Hcydcn, 1
Anhn & Zclbz, i
DTenrheol,ler,t1 Gromhonn> t
Cofcritz, i Scamaifter,I
Lerkoors, • 1
Buldeuvin, i
Deticur, 1
Telkelembcrg, 1
Rantzau, 1
Albcrmarle, 1
Scrccshcn, 1
Elft, 1
NSig.clMin, arais, i i Chareause, 1
Inncns, i
Pariot, 1
Maurice, 1
Bugwillz, 1
- Mjçcrail
, r
Dobrobiky, 1 Hauler 1
Bernard, 1
Groy
, 1
Pallannc, 34
Heyden,
,. 2.
llangercberg
, - 2,:
ESCADRONS.
Walleff, i
Hoflcmhomb
, 2.
Saxcmhcylberg
) z
ECK, 1
Humnclben, 1
Guichel, 1
Sgrabemvoir
, z
Voorlt, i
Rechtcren, z
Briftzeelw, 1
Athlonc, 2
Prince dOranse t Gardes du Co0rps,i Dopff, 4
Ordre de Bataille de ïArmie
des Alliez en Flandre, commandée
par le Prince Eugene.
GENERAUX.
Le Prince Eugene
Le Duc de Wirtemberg
,
Le Comte de Velen.
Lieutenans Generaux.
Averoche, Gor dorf
Schwcuzel,Wilcke, Mer-,
y.
GenerauxMajors.
Cheuse, Wessenfelz
Milhan, boisset, , Prince de
Heirc Philipidal
,
Sachen
) d'Albert, Sechembach
, Bonneval
,
Statzfelt, Souchon,
Prince Lobkowirz,
ESCADRONS.
CFolodnitzz,Ho,u[6[ardsd, j Palafi, 6d
Wefterlo, 3
Mercy, 6
LVccylcbn,,33Vd
BATAILLONS.
Holftcin, t
Baadcn, z
Grenadiers, i
Taftring, 1
Dalbcrt, t
Fechembag
, 1
WandcrbCCK, 1
CaGel, 1
Erf Prince Woffcn) 1 Bren Wolffen
, 1
Gardes de Heffc
) 1
Eftcrdc, t
SErçf PhrinwceederHizdlce,l.,111
Romeleny, 1
Sugnen, * T i
Bonnard, [
Preccrnis,
4
Boitfcc.,L11
VanftoKer, 1
Gardes Danoises,i
ESCADRONS.
Leib, Saxon. 4 yt.
Rcmcchcc, 4
Lcib, f1 Alfy-
Weilfenfeiczt , Erf.Prince Hcflc, 4
Chcux, Danois. 2.
Kneyl, 2.
LClb, 2, yt.
Wirtemberg, s
General de lasecondeLigne.
Le Comte de Felz.
Lieutenans Generaux.
Lagnace
,
Caunstz, Vander
bCIK, Schellarr.
Generaux Majors.
Schemetteau,Heynflein,
Sechendorf, La Roche Sterrifelz, , Vtien.
ESCADRONS.
Spleny) HoulTards,J
S. Amour,6d.
Dandignercs, i d.
Wirtembcrg) 4dé
FalKcftcin,6d.
Halzfclr) 3
Shcllart) 3
BATAILLONS.
Grenadiers Pafloc, 1
Sulzbach
, 1
Saxemrneymcing, 1
Iffelbach, 1
Grenad. Wirieïnberg, t
Harinans, 1
SternfeltzJ 2.
Schwartz, t
Etrcrfelz, 1
Caves, 1
Radtnge, 1 Dcucheft, 1
Prince George de He(îe,t
Koomugmac, i
Wcifll-nfelz, 1
WaKerbart, 1
Schendorf, 1
Getz) 1
Furrtemberg, t
Charprins, I
Gardes Saxe, 2.
ESCADRONS.
MilKan,
Spicgçl,1 4z Boinebourg, z
Avcrchcs, 4
Brochcdorf, +
Schemettcau,
Wlrtemberg, 1
Grabo, 1
Rantzau, 2,
Total des deux Armées,
Bataillons, 148
EfèadronsJ2,56
Les Alliez ont aussi fait
des détachemens pour rAl.
lemagne.
duRoy en Flandres.
GENERAUX.
Mr le Mareschal
,
Duc de
Villars.
Mr le Mareschal de Mon-
-
tesquiou.
Lieutenans Généraux de la
premiere ligne.
Mrs Gassion, Prince de
Rohan, Mezieres, la Valliere
,
Destain, Albergothy,
Croisy, Duc de Guiche
, Maulevrier
,
Hautefpre.
Maréchaux de Camp.
Mrs de Silly
,
le Vidame
,
Chasteau
-
Morand,
Choiseul, Rooth
,
Duc de
Mortemart, Nangis, Ravignan.
Brigadiers.
MrsBerville,Suzy, Castel-
Moron,laTremoille,
Krakemberg
,
Courtage
Choiseul, Saumery, Montbazon
,
Gassion,Dargelos,
Daubigné
,
Colandre,
Obrien
,
S. Simon, Bernholes,
Desrouville,Beaupuys,
Perissan,Seignelay,
PREMIERE LIGNE.
DRAGONS,
Colonelle Générale 3 crc.
Beautremont 3
G
CAVALERIE.
MaiConduRoy 13
13
Gendarmerie 8
8
Royal Picdmont 3
SrAgnan 2..
la Tremoille i
7
Royal Allemand 3 Rottembourg 2.
Dfûivpc i
7 Dauphin,
Prince Marfillae,.
2.
Montcil
, 1
7
Choiseul, 1
Courcillon, 2. Dalzeau, z
( 6-
Chcrizy, z*
Royal Roussillon, 3
Commilfairc Générale 3
z
8
62. efc.
IN FANTERIE.
Picardie)
3 bat.
Bourbon, :, i
Nice, 16
Navarre, 3
Bourgogne, 2.
Monroux, 1
6
Bourbonnois, z
Languedoc) 1
Aunis, 2,
-. 6
Royal, 3
Royal Comtois, 2,
Daunay, 1
6
Les Vaisséaux, 3
La Marck, 1
Royal Italien, 1 6Lee,1 Obricn, 1
Dorington, 1
Galmoy, 1
OdondelJ 1
5
Gardes Françoises, 4
Gardes Suisses, 2.
*
Alfacc,a 4
Vczin, 2.
6
La Reine, 3
Haynault) z
Vaugc, I
6
Le Roy, 4
Foix, 1
6
pont, Dreux, Brendle, Lée,
Geoffreville.
Maréchaux de Camp.
Mrs Beauveau, Comte
de Nille
,
Lessars
,
Isenghien,
Mouchy, Miromesnil,
la Mark
,
Chevalier de
Roye.
Brigadiers.
mrs S. Poange, Gaydon,
Daulcane
,
Sandru ky
, Rios
,
Capy, Montal, S.
Morel, Depinay, la Chaux,
May, Grenets, Mercy
,
Sury
,
Lionne, de Lisle,
Remirecourt
,
Gondrin
Beringhen, Meleun,Saa. ,
SECONDE LIGNE.
CAVALERIE.
Colonelle Generale, 3 efc.
S.Poanges, 2.
Ligondez, 2
7 Chartres, 3
Maifontiers, 2-
Clermont, 1
7
Daultannc9
Villiers, z
Grandmonc
2. Aubeterrc"
2.
8
Brabant, 1 S.Phal, 2
Caycux, 1
6
Efclainvilliers,
Rios,zz, S. BHmonrJ
6
Montauban., z
Capy, z :
Cravattes, 3
7
41cfc.
INFANTERIE.
Poitou) z bar.
Lorraine, t
Miromelnil
, 2,
6
Tourraine, z
Charollais) A
Bugey, 2.
6
Limofia,
LaChauxI2.
Boufflcrs,
2.
1 yiliiers Suiflc
, 3
May, 3
6
Brcnqle, 3
SLJrbeçk) 3
6
Gardes de Bavière, 4
4
HefTy, 3
Phiffcr, 3
6
RoyalRoussillon, 2. Lionne,.2.
Laonnois,2.
ÀC
La Fere, 1
Tourncfis., 1
Beauce, 1
6
Tourville, 2.
Barrois, z*
Agenois, i
6
Greder Allemand 2.
Solrc, i
Gondrin, t
6
G3 bac.
CAVALERIE
a Reine) 3 efc.
Seringhen 3
iftaniol
, 1
S
AUTRE RESERVE.
**
Lieutenant General.
Mr de Broglie. Brigadiers,
Mrs Tarneau, Combout,
Pasteur.
CAVALLERIE.
Le Roy, 3efc.
La Tour, z
Beauveau, z
Tarneau, z
9
Combous, z
DuBcflcy, i
Biron, x
6
Houssards de Nerville, I
Pasteur, Dragons, 2.
3
- 18efc.
CAMP SEPARE'.
Lieutenans Generaux.
Mrs Sailly
,
Conflans
Reichberg, duRoZwl,S.,
Fremont.
Maréchaux de Camp.
Mrs S. Morrany
,
Santigny
,Prince Charles.
Brigadiers.
Mrs Nugent, Gassé, Danumis,
Jouy, Girault, S.
Micault,Locatelly, Cloys,
Prince de Bergets, Midefars
,
Flavacourt.
CAVALLERIE.
Royal Etranger, 3 etc.
Villeroy, 3
Nugent fi
,\ S
Dauphin Etranger, y
Vauldray
, '1 2.
Mitignon, 2.
,L , Ir
Bourgogne, 3 Gesvres,t , Viilcquicr, i
7
Orléans, 3
Villeprcux, 1
,
S
Dumalnc, 5
Frczin, z
S Condé, 3
Bourbon, 3
6
Arcobau, 3
Loccelly, 2.
S
Carabiniers, 10
10
Gardes d'Espagne 1,
Gardes de Bavierc z
4
DRAGONS.
Royal, z
Flavacourc, z
5
Gzcfc.
RESERVE.
Brigadiers
Mrs Livry, Se brcr.
INFANTERIE.
Bcüil i bac.
MIrabeau, 1
Nivcrnois, x
1
6
Perche, i
Cambrcfis 1
Spaar, i
6
il
AUTRE CORPS.
Lieutenans Generaux.
Mrs laFiezclicre, Bouzols,
Davaray.
Maréchaux de Camp.
Mrs Costa.Mîmur.
Brigadiers.
MrsThourotte, Montjoye,
Livry.
CAVALLERIE.
Tbourotte, 2.
efc;
Pardeilhan, x Raigecourt, i
6
Cossa)Bav. 3
Posh,Bav. 2.
S
Prince Lambesc,
3
Livry, 2.
Mettre de Camp Gencrale.,
3
8
41efc.
Royal Artillerie, 2. bar.
Bombardiers,
1
3
HoussardsdeRasky 3 etc.
camperont au Quartier
General.
Total des Escadrons,1jl.
TOfl des Bataillons,161.
On a fait depuis plusieurs
détachemens pour l'Allemia9nc.--
Ordrede Bataille de tArmée
des Alliez en Flandres,
commandée par le Duc de
Marlborough.
GENERAUX.
Le Duc deMarlborough,
le Comte de Tilly, le Prince
hereditaire de Hesse, Dopsf,
Prince d'Orange,Bulleau,
Lumelly.
Lieutenans Generaux.
Hompesch , P. H.Hembery
,
P. G. de Hesse
,
Esbach,
Heyden, Murray,
Palland, Holstein
-
Beck
, Rantzau, Withers,Norsh,
Orknay
,
Scoulembourg
, Cadogan, Mans, Temple,
Rosse, Word.
Autres Officiers Généraux.
Kellun, Bothmar Peutz,
S. Laurent, Prifoofe
,
Euvars,
Sibourg, Subin,Vegelin
,
Ranch
,
Ivoy, Hamilton
,
Exk, Pritzelvaitz,
Wittemberg
,
Strakembourg,
Chanclos,Salxemkeylbourg
, Brelembach ,
Hagn, Duvel, Sillion, Russel,
Morisson
,
Hamilton ,
Du Breüil, Stutter,Rublereu
,
Berchoffer, Douglas,
Leinkesfeld,Vorst, Loohaux
,Glinsha
,
Lalech , Sairs,Maesbag.
ESCADRONS.
Royal Ecossois, 3 d.
Royal Irlandois) 3
Lauly, 3
Cadogan, 1
Harwich
) 2
Palmes,
2.
Woord, I
Betmard
, 4
Elle, 3
Wight, t
S.Laurent, 2.
Frecha pcllc, 1
Grosk
, 2.
Pcurz) 1
Sculembourg, 2.
L':"ib, 2.92 Hagn, 4d.
BJlow, 4
BATAILLONS.
Gardes Britanniques, 2.
Royal, 1
Subin, 1
Newton, i
Hasford
, 1
Royal, 1
Privrofc, 1
Erram, 1
Duvcl
, 1
Selvin, 1 Prcftion,i Suron
, 1
Ingolsby, 1
Vecbb, l
SPibnoukrga, abh,I1 Ecclc,I Noorth
, 1 Hamilton,i Wym, 1
Orrcry) i
Gauvin, i
Greck. 1 Milevillc,i Dixprcmbouck, 1
Belling, i
Du Brciiil
, i
Rantzau, i
OrangeJ i
Fagel, i
Holfteinbeck, 1
May, 1
Wigers, 1
Prince Maximilicn, I
Marquel, 1 Lircdal,l Croonsprios, t
Croonsfront,i Chambricr, 1
Wondebourg, 1
CDouoglals)lioc,i1 Muray, 1
Gardes Hollandoifes, 3;
ESCADRONS.
Vandcrnach^ 6-
Tl-J 2,
Oyeu, 1- viiiingosf, 1
Grouvtfiin, 2.
Wirtcmberg
) z
Cralingc, 2.
Chanclosy x
Lalech
, 2.
Er bach
, 2.
Prince bereditaire) 2.
Gardes bleues, 2.
Gardes du Corps, 1
Carabiniers, 4
Srnittcrm, 4
Gardes, j
Generaux de la secondeLigne.
Albemarle. Fagel. Prince
d'Anhalt. ZD
Lieutenans Generaux.
Oyeu,Vittentorf, Lalech,
Athlone, Dohna,Colliers,
Landerfrankenfleiiinatimer.
Autres Officiers Generaux.
Doisting, Hackemborn,
DuPortail, De Veyne Trossel, Berg, Croon,,
GaLJvin, Hasuvoudent
,
Vixou se,Westimiler,Koppel
, Grovenstein, Du Portail
,
Comre Moornay ,
Shemesan,Bechleren,Wauters,
Vandersbeck
,
Wichfurst
, Rador
,
Recdert
Cofcritz, Chambricr, , May,
Smettingh
,
Cronstroon
Wallesf, Benthen, Hum-,
neilicn
,
Bechleren, Wictemhorf.
ESCADRONS.
Leib, 4d.
Etlbreigc, 4
Souvelzi, 4
Anspach, 4
Dorsflinguc, 4
Panevilz, 3
Lcib, 3 9*
Croonrprins, 3
Prince Philippe, 3
Heyden 1
Portai, 3
Cac, 1
Bataillons.
Gardes, 1 :
Leib, zJjt
Croonfprins, 3
Albregl, 2.
Lollern, x
Erpprins, 1 Alsdhna, 1 ;
Varenne, i
Jouy Dhona) i
Hcydcn, 1
Anhn & Zclbz, i
DTenrheol,ler,t1 Gromhonn> t
Cofcritz, i Scamaifter,I
Lerkoors, • 1
Buldeuvin, i
Deticur, 1
Telkelembcrg, 1
Rantzau, 1
Albcrmarle, 1
Scrccshcn, 1
Elft, 1
NSig.clMin, arais, i i Chareause, 1
Inncns, i
Pariot, 1
Maurice, 1
Bugwillz, 1
- Mjçcrail
, r
Dobrobiky, 1 Hauler 1
Bernard, 1
Groy
, 1
Pallannc, 34
Heyden,
,. 2.
llangercberg
, - 2,:
ESCADRONS.
Walleff, i
Hoflcmhomb
, 2.
Saxcmhcylberg
) z
ECK, 1
Humnclben, 1
Guichel, 1
Sgrabemvoir
, z
Voorlt, i
Rechtcren, z
Briftzeelw, 1
Athlonc, 2
Prince dOranse t Gardes du Co0rps,i Dopff, 4
Ordre de Bataille de ïArmie
des Alliez en Flandre, commandée
par le Prince Eugene.
GENERAUX.
Le Prince Eugene
Le Duc de Wirtemberg
,
Le Comte de Velen.
Lieutenans Generaux.
Averoche, Gor dorf
Schwcuzel,Wilcke, Mer-,
y.
GenerauxMajors.
Cheuse, Wessenfelz
Milhan, boisset, , Prince de
Heirc Philipidal
,
Sachen
) d'Albert, Sechembach
, Bonneval
,
Statzfelt, Souchon,
Prince Lobkowirz,
ESCADRONS.
CFolodnitzz,Ho,u[6[ardsd, j Palafi, 6d
Wefterlo, 3
Mercy, 6
LVccylcbn,,33Vd
BATAILLONS.
Holftcin, t
Baadcn, z
Grenadiers, i
Taftring, 1
Dalbcrt, t
Fechembag
, 1
WandcrbCCK, 1
CaGel, 1
Erf Prince Woffcn) 1 Bren Wolffen
, 1
Gardes de Heffc
) 1
Eftcrdc, t
SErçf PhrinwceederHizdlce,l.,111
Romeleny, 1
Sugnen, * T i
Bonnard, [
Preccrnis,
4
Boitfcc.,L11
VanftoKer, 1
Gardes Danoises,i
ESCADRONS.
Leib, Saxon. 4 yt.
Rcmcchcc, 4
Lcib, f1 Alfy-
Weilfenfeiczt , Erf.Prince Hcflc, 4
Chcux, Danois. 2.
Kneyl, 2.
LClb, 2, yt.
Wirtemberg, s
General de lasecondeLigne.
Le Comte de Felz.
Lieutenans Generaux.
Lagnace
,
Caunstz, Vander
bCIK, Schellarr.
Generaux Majors.
Schemetteau,Heynflein,
Sechendorf, La Roche Sterrifelz, , Vtien.
ESCADRONS.
Spleny) HoulTards,J
S. Amour,6d.
Dandignercs, i d.
Wirtembcrg) 4dé
FalKcftcin,6d.
Halzfclr) 3
Shcllart) 3
BATAILLONS.
Grenadiers Pafloc, 1
Sulzbach
, 1
Saxemrneymcing, 1
Iffelbach, 1
Grenad. Wirieïnberg, t
Harinans, 1
SternfeltzJ 2.
Schwartz, t
Etrcrfelz, 1
Caves, 1
Radtnge, 1 Dcucheft, 1
Prince George de He(îe,t
Koomugmac, i
Wcifll-nfelz, 1
WaKerbart, 1
Schendorf, 1
Getz) 1
Furrtemberg, t
Charprins, I
Gardes Saxe, 2.
ESCADRONS.
MilKan,
Spicgçl,1 4z Boinebourg, z
Avcrchcs, 4
Brochcdorf, +
Schemettcau,
Wlrtemberg, 1
Grabo, 1
Rantzau, 2,
Total des deux Armées,
Bataillons, 148
EfèadronsJ2,56
Les Alliez ont aussi fait
des détachemens pour rAl.
lemagne.
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Résumé : Ordre de Bataille de l'Armée du Roy en Flandres.
Le document expose les ordres de bataille des armées en Flandres, en détaillant les forces françaises et alliées. L'armée française est dirigée par le Maréchal Duc de Villars et le Maréchal de Montesquiou. Les lieutenants généraux de la première ligne incluent Gassion et le Prince de Rohan, parmi d'autres. Les maréchaux de camp et brigadiers sont également répertoriés. Les troupes de cavalerie et d'infanterie sont spécifiées, avec des régiments tels que les Dragons, la Gendarmerie, et divers régiments de cavalerie et d'infanterie comme Picardie, Bourbon, et les Gardes Françaises. L'armée française compte 111 escadrons et 161 bataillons. L'ordre de bataille de l'armée alliée, sous le commandement du Duc de Marlborough, inclut des généraux comme le Comte de Tilly et le Prince héritier de Hesse. Les lieutenants généraux et autres officiers généraux sont également mentionnés. Les escadrons et bataillons alliés sont listés, avec des régiments comme les Gardes Britanniques, les Royal Écossais, et les Royal Irlandois. Les Alliés ont également effectué des détachements pour l'Allemagne. L'ordre de bataille de l'armée alliée commandée par le Prince Eugène comprend des généraux comme le Duc de Wurtemberg et le Comte de Velen. Les lieutenants généraux et généraux majors sont également listés. Les escadrons et bataillons incluent des régiments comme les Holstein, les Baden, et les Grenadiers. Au total, les deux armées comptent 148 bataillons et 256 escadrons. Les Alliés ont également effectué des détachements pour l'Allemagne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14
p. 49-64
« Le 27. Juin une partie de la Garnison de Doüay [...] »
Début :
Le 27. Juin une partie de la Garnison de Doüay [...]
Mots clefs :
Troupes, Ennemis, Hommes, Marquis, Cavalerie, Cavaliers, Chevaux, Attaque, Prince, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 27. Juin une partie de la Garnison de Doüay [...] »
Le 2.7. Juin une partie
de la Garnison de Doüay
sortit dans le dessein d'aller
rompre une digue qui
retenoit les eaux de la
Scarpe & de la Sensee, &
qui estoit couverte parun
petit Chasteau & par une
Redoute prés d'Arleux.
Ces Troupes ne pouvant
rompre la Digue sans
s'élire auparavant emparées
de ces postes, elles les
attaquerent; mais quoy
qu'ils ne sussent gardez
que parsoixante & dix
hommes ils se deffendirent
si bien que les Ennemis
furent obligez de se
recirer avec perte, ainsi
qu'ils avoientdéjafaitplusieurs
autres fois auparavant.
Cependant ayant resolu
de s'en rendre maistres à
quelque prix que ce fust,
parce que cette Digue empeschoit
la navigation de
la Scarpe & du Canal de
la Deule
,
& qu'elle retenoit
les eaux de maniere
que les Moulins deDoüay
ne pouvoient tourner, ils
firent marcherla nuit du
cinq au six Juillet huitmille
hommes tant Cavalerie
qu'Infanrerie,avec quatre
pieces de canon pour les
attaquer de nouveau. Les
soixante & dix hommes
qui les gardoient, se deffendirent
si vigoureusement
qu'ils tuerent beaucoup
de monde aux ennemis
; mais enfin la breche
ayant esté faite ils furent
emportez d'assaut & faits
prisonniersau nombre de
soixante & six
, quatre
ayant esté tuez.
Les Ennemis s'en estant
rendus maistres
,
resolurent
de les bien fortifier,
afin de les mieux conferver.
Pour couvrir leurs
Travailleurs ils pofterenc
douze Escadrons & dix
Bataillons à une demi
lieuë de Doüay, la droite
à Goeulzin, & la gaucheà
Sains-leNoble, ayant derriere
eux les inondations
&leruisseaudu Moulinet.
Mr le Marechal de Villarsalla
le 9. reconoistre
ce Camp
,
& trouvaque
la droite estoit si peuappuye'e,
que sil'on pouvoit
cacher la marche de nos
Troupes ,il seroitfacile
de le forcer. La difficulté
estoit de faire arriver les
Troupes fous Bouchain
partant des Portes d'Arras
& du Camp qui estoit
entierement découvert
par les grandes Gardes des
Ennemis.
La nuit du 9.au 10. ce
Maréchal fit marcher plusieurs
Pontons, avec ordre
de les cacher le jour fous
des arbres présde l'Escaur,
& aprèsavoir fait reconnoistre
le terrain entre
Bouchain & les Ennemis
par Mr le Baron de Raski
Colonel des Houssards, il
détacha trente Escadrons
des Gardes du Corps, des
Grenadiers à cheval
,
de
Dragons, de Cavalerie &
de Houssards, fous les ordres
deMr le Comte de
Gassionavec Mrle Marquis
de Coignie,le Prince
Charles de Lorraine &
Mr le Marquis deHautefort,
des Mousquetaires ,
Marchaux de Camp ; Mr
le Duc de la Tremoille ,
Mr Gaydon, Mrle Comte
deSaumery
,
Mrde St.
Servin
,
& Mr de Bellefond
,
Brigadiers
;
Mr le
Prince de Marsillac
,
Mr
le Duc de Ç-t.Agnan., Mr
le Prince de Lanlbe[ç)Mr
de Manicamp,
,
Mr de
Chabannes, Mr d'Aremberg,
Mr de Rottembourg,
Mr de Leémour , MrduTil, Mrle Marquis
de saint ChaumontMr
des Granges
, & Mr de
Beaufremont, Colonels.
Mr le Marquis de Coignies
marcha le premier
sous Bouchain avec les
Dragons, & il se tint sur
leshauteurs, pour empesccherquedes
Villages voisins
il ne pust aller personne
au Camp des Enne-
'mis" & que leurs partis ne
pussent découvrir nos
Troupes quand elles y arriveroient.
Lorsqu'elles
Sortirent du Camp les
Houssards & les Cavaliers
disilerent laplusgrande
partie à pied, les autres
tenant leurs chevaux en
main comme s'ils estoient
allez en pasture.
Pendant une partiede
la journée on fit faire l'éxercice
aux Troupes du
Camp sur les lieux les plus
élevez, & à dix heures on
ordonna à tous les postes
de la Scarpe, de l'Éscaut
& de la Sensée, d'arrester
tous les paysans sous prétexte
de quelques Espions"'
qu'on avoit eu avis qui
avoient examiné le Camp.
Toutes ces précautions
ayant esté prises ,Mr de
Gassion arriva fous Bouchain
sans avoir esté découvert,
& marcha ensuite
avec Mr de Coignies
peur aller attaquer les Ennemis.
Il arriva àla pointe
du jour prés de leur
Camp oùil separa ses
Troupes en quatre corps,
dont il formaquatre lignes
qui Ce soutenoient
Pun-e l'autre. La premiere
estoit composée de trois
cens Dragons, & d'un pareil
nombre de Houssards
commandez par Mr le Baron
de Raski leur Colo-d
nel
,
qui avoir encore este,
la nuit
,
luy sixiéme , reconnoistre
-
s'il n'y avoit
point quelque ravin eu
emincreux qui couvrist
front des Ennemis ; la
conde estoit de Dragons
de Cavalerie, & les deux
tres entièrement de Calerie;
la quatrièmequi
voit de Reserve estoit
mmandce par Mr de la
remoille.-
Onarriva en cet ordre
sans estre découvert,
nsle Camp ennemi jusn'a
la garde del'Etendart
ui futtaillée en pieces ,
és qu'elle eut crié : Qui
ive. En mesme remps les
oussards & les Dagon.
de la premiere ligne
debanderent & donne
rent l'alarme par tout l
Camp en tuant tout c
qui se rencontra fous leui
main à coups de fusil, de
pistolet,&de sabre. Quel
ques pelotons d'lnfante
rie firent feu sur no
Troupes, mais ils furen
bientostdissipez:on en tu
une partie, & le restese
sauva dans le chemin couvert
deDoüay. Le carnage
fut beaucoup plus
grand dans la Cavalerie
ennemie qui n'eut pas le
mps de se former en
orps un grand nombre
Officiers& de Cavaliers
vant esté tuez dans leurs
entes. Il y a eu des Régilents
donc il n'est pas reé
cent hommes
,
& un
nttr'autres dont il n'en resté que cinq, ce que
on a appris par des Let
es venuës de Douay le
ndemain de l'action.
out le Camp fut pillé, &
on mit le feu à ce que l'on
e putemporter apres que
on eut ramassé prés de
eize cens chevaux qui
ont elle emmenez a
Camp avec les prison
niers. On a pris aussï plu
sieurs Etendarts & quel
quespaires de Timbales
Nous avons perdu en cet
re action Mr deCoëtmer
Colonel de Dragons; Mr
le Baron de Raski a est
blessé ainsi que quelques
Officiersde Dragons.
Apres avoir resté plus
d'une heure sur le Champ
de Bataille, Mr de Gassion
fit sa retraire sans estro
poursuivi. Ils'est
conduit
dans cette action avec
beaucoup de prudence&
d'habilleté
,
ainsi que Mr
deCoignies 3eMus les autres
Officiers Généraux&
Subalternes,& particulierement
Mr le Baron de
Rata.
1
Mr le Maréchal de Villars
, pour favoriser leur
rerraite, avoir fait avancer
Mr d'Albergoti &Mr le
Prince d'Isenghienauvillaged'Aubigny
avec deux
mille Grenadiers, & fit attaquer
par Mr le Comte
de Broglio les gardes avancées
de l'aile droite de
l'arméeennemie,afind'attirer
leur attention de ce
costéla, les Houssards les
pousserent du costé de
Lievin ; ils tuerent plusieurs
Cavaliers
, en prirentaussi
plusieurs,& ramenerent
soixante chevaux.
de la Garnison de Doüay
sortit dans le dessein d'aller
rompre une digue qui
retenoit les eaux de la
Scarpe & de la Sensee, &
qui estoit couverte parun
petit Chasteau & par une
Redoute prés d'Arleux.
Ces Troupes ne pouvant
rompre la Digue sans
s'élire auparavant emparées
de ces postes, elles les
attaquerent; mais quoy
qu'ils ne sussent gardez
que parsoixante & dix
hommes ils se deffendirent
si bien que les Ennemis
furent obligez de se
recirer avec perte, ainsi
qu'ils avoientdéjafaitplusieurs
autres fois auparavant.
Cependant ayant resolu
de s'en rendre maistres à
quelque prix que ce fust,
parce que cette Digue empeschoit
la navigation de
la Scarpe & du Canal de
la Deule
,
& qu'elle retenoit
les eaux de maniere
que les Moulins deDoüay
ne pouvoient tourner, ils
firent marcherla nuit du
cinq au six Juillet huitmille
hommes tant Cavalerie
qu'Infanrerie,avec quatre
pieces de canon pour les
attaquer de nouveau. Les
soixante & dix hommes
qui les gardoient, se deffendirent
si vigoureusement
qu'ils tuerent beaucoup
de monde aux ennemis
; mais enfin la breche
ayant esté faite ils furent
emportez d'assaut & faits
prisonniersau nombre de
soixante & six
, quatre
ayant esté tuez.
Les Ennemis s'en estant
rendus maistres
,
resolurent
de les bien fortifier,
afin de les mieux conferver.
Pour couvrir leurs
Travailleurs ils pofterenc
douze Escadrons & dix
Bataillons à une demi
lieuë de Doüay, la droite
à Goeulzin, & la gaucheà
Sains-leNoble, ayant derriere
eux les inondations
&leruisseaudu Moulinet.
Mr le Marechal de Villarsalla
le 9. reconoistre
ce Camp
,
& trouvaque
la droite estoit si peuappuye'e,
que sil'on pouvoit
cacher la marche de nos
Troupes ,il seroitfacile
de le forcer. La difficulté
estoit de faire arriver les
Troupes fous Bouchain
partant des Portes d'Arras
& du Camp qui estoit
entierement découvert
par les grandes Gardes des
Ennemis.
La nuit du 9.au 10. ce
Maréchal fit marcher plusieurs
Pontons, avec ordre
de les cacher le jour fous
des arbres présde l'Escaur,
& aprèsavoir fait reconnoistre
le terrain entre
Bouchain & les Ennemis
par Mr le Baron de Raski
Colonel des Houssards, il
détacha trente Escadrons
des Gardes du Corps, des
Grenadiers à cheval
,
de
Dragons, de Cavalerie &
de Houssards, fous les ordres
deMr le Comte de
Gassionavec Mrle Marquis
de Coignie,le Prince
Charles de Lorraine &
Mr le Marquis deHautefort,
des Mousquetaires ,
Marchaux de Camp ; Mr
le Duc de la Tremoille ,
Mr Gaydon, Mrle Comte
deSaumery
,
Mrde St.
Servin
,
& Mr de Bellefond
,
Brigadiers
;
Mr le
Prince de Marsillac
,
Mr
le Duc de Ç-t.Agnan., Mr
le Prince de Lanlbe[ç)Mr
de Manicamp,
,
Mr de
Chabannes, Mr d'Aremberg,
Mr de Rottembourg,
Mr de Leémour , MrduTil, Mrle Marquis
de saint ChaumontMr
des Granges
, & Mr de
Beaufremont, Colonels.
Mr le Marquis de Coignies
marcha le premier
sous Bouchain avec les
Dragons, & il se tint sur
leshauteurs, pour empesccherquedes
Villages voisins
il ne pust aller personne
au Camp des Enne-
'mis" & que leurs partis ne
pussent découvrir nos
Troupes quand elles y arriveroient.
Lorsqu'elles
Sortirent du Camp les
Houssards & les Cavaliers
disilerent laplusgrande
partie à pied, les autres
tenant leurs chevaux en
main comme s'ils estoient
allez en pasture.
Pendant une partiede
la journée on fit faire l'éxercice
aux Troupes du
Camp sur les lieux les plus
élevez, & à dix heures on
ordonna à tous les postes
de la Scarpe, de l'Éscaut
& de la Sensée, d'arrester
tous les paysans sous prétexte
de quelques Espions"'
qu'on avoit eu avis qui
avoient examiné le Camp.
Toutes ces précautions
ayant esté prises ,Mr de
Gassion arriva fous Bouchain
sans avoir esté découvert,
& marcha ensuite
avec Mr de Coignies
peur aller attaquer les Ennemis.
Il arriva àla pointe
du jour prés de leur
Camp oùil separa ses
Troupes en quatre corps,
dont il formaquatre lignes
qui Ce soutenoient
Pun-e l'autre. La premiere
estoit composée de trois
cens Dragons, & d'un pareil
nombre de Houssards
commandez par Mr le Baron
de Raski leur Colo-d
nel
,
qui avoir encore este,
la nuit
,
luy sixiéme , reconnoistre
-
s'il n'y avoit
point quelque ravin eu
emincreux qui couvrist
front des Ennemis ; la
conde estoit de Dragons
de Cavalerie, & les deux
tres entièrement de Calerie;
la quatrièmequi
voit de Reserve estoit
mmandce par Mr de la
remoille.-
Onarriva en cet ordre
sans estre découvert,
nsle Camp ennemi jusn'a
la garde del'Etendart
ui futtaillée en pieces ,
és qu'elle eut crié : Qui
ive. En mesme remps les
oussards & les Dagon.
de la premiere ligne
debanderent & donne
rent l'alarme par tout l
Camp en tuant tout c
qui se rencontra fous leui
main à coups de fusil, de
pistolet,&de sabre. Quel
ques pelotons d'lnfante
rie firent feu sur no
Troupes, mais ils furen
bientostdissipez:on en tu
une partie, & le restese
sauva dans le chemin couvert
deDoüay. Le carnage
fut beaucoup plus
grand dans la Cavalerie
ennemie qui n'eut pas le
mps de se former en
orps un grand nombre
Officiers& de Cavaliers
vant esté tuez dans leurs
entes. Il y a eu des Régilents
donc il n'est pas reé
cent hommes
,
& un
nttr'autres dont il n'en resté que cinq, ce que
on a appris par des Let
es venuës de Douay le
ndemain de l'action.
out le Camp fut pillé, &
on mit le feu à ce que l'on
e putemporter apres que
on eut ramassé prés de
eize cens chevaux qui
ont elle emmenez a
Camp avec les prison
niers. On a pris aussï plu
sieurs Etendarts & quel
quespaires de Timbales
Nous avons perdu en cet
re action Mr deCoëtmer
Colonel de Dragons; Mr
le Baron de Raski a est
blessé ainsi que quelques
Officiersde Dragons.
Apres avoir resté plus
d'une heure sur le Champ
de Bataille, Mr de Gassion
fit sa retraire sans estro
poursuivi. Ils'est
conduit
dans cette action avec
beaucoup de prudence&
d'habilleté
,
ainsi que Mr
deCoignies 3eMus les autres
Officiers Généraux&
Subalternes,& particulierement
Mr le Baron de
Rata.
1
Mr le Maréchal de Villars
, pour favoriser leur
rerraite, avoir fait avancer
Mr d'Albergoti &Mr le
Prince d'Isenghienauvillaged'Aubigny
avec deux
mille Grenadiers, & fit attaquer
par Mr le Comte
de Broglio les gardes avancées
de l'aile droite de
l'arméeennemie,afind'attirer
leur attention de ce
costéla, les Houssards les
pousserent du costé de
Lievin ; ils tuerent plusieurs
Cavaliers
, en prirentaussi
plusieurs,& ramenerent
soixante chevaux.
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Résumé : « Le 27. Juin une partie de la Garnison de Doüay [...] »
Le 2 juin, une partie de la garnison de Douai tenta de rompre une digue retenant les eaux de la Scarpe et de la Sensee, mais fut repoussée par les défenseurs des postes voisins. Le 5 au 6 juillet, huit mille hommes avec quatre pièces de canon attaquèrent de nouveau ces postes et les vainquirent, capturant la plupart des défenseurs à l'exception de quatre tués. Les ennemis fortifièrent ensuite les postes. Le maréchal de Villars, après avoir reconnu le camp ennemi, nota que la droite était peu appuyée. La nuit du 9 au 10 juillet, il fit marcher plusieurs troupes vers Bouchain, prenant des précautions pour éviter la découverte. Le marquis de Coignies marcha en tête avec les dragons pour empêcher toute communication avec le camp ennemi. À l'aube, les troupes françaises attaquèrent le camp ennemi en quatre lignes. La première ligne, composée de dragons et de hussards, débanda et donna l'alarme, tuant ceux qu'ils rencontrèrent. La cavalerie ennemie fut particulièrement touchée, avec de nombreux officiers et cavaliers tués. Le camp fut pillé et incendié, et près de mille deux cents chevaux furent capturés. Les Français perdirent le colonel de dragons Coëtmer et le baron de Raski fut blessé. Après avoir resté sur le champ de bataille, les troupes françaises se retirèrent sans être poursuivies, grâce à des actions de diversion menées par d'Albergotti et le prince d'Isenghien. Les hussards poussèrent également les ennemis vers Lievin, tuant et capturant plusieurs cavaliers et ramenant soixante chevaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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15
p. 59-65
Nouvelles d'Espagne.
Début :
Le Roy a nommé les Officiers Generaux qui doivent servir [...]
Mots clefs :
Espagne, Grenadiers, Cavalerie, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Espagne.
Nouvelles d'Espagne.
LeRoy a
nommé les Officiers Généraux qui doivent servir dansses armées
pendant cette Campagne.
On remplit les magasins
de Vinaros
,
de Mequinenia, de Tortose, de Penifcola & de Lerida. Le
Duc de Vendosme doit
partir dans peu pour aller
visiter lesplaces du Royaume de Valence. SaMajesté a
declaré Lieutenant
General de ses armées Dom
Miguel Pons. On mande
de Tarragone que les Anglois vendoient leurs chevaux & leurs équipa ges
,
pour s'embarquer sur les
vaiffiaux qu'ils attendoient. On écrit de Barcelone que la.cliertlé des vi-
vres est fort grande, que
le Comte de Staremberg
avoic esté obligé d'y envoyer son Regiment avec un
autre, que les Miquelers
ny les Soumettants ne font
plus si zelez pour le service de l'Archiduc.LesLettres du Gouverneur de la
Havane dans Tlfle de Cubai &celles des Magistrats
de lamesme Ville
,
marquent que leDuc de LinalésViceroy du Mexique a
envoyé une somme considerable d'argent à sa Majesté)afin qu'elle pust s'en
servir pour la campagne.
On écrit de Catalogne qu'-
un grand corps de Troupes & de Miquelets ennemisvouloients'emparer de
nouveau du pont de Suert,
mais Dom Miguel Pons en
ayant esté informé, les attaqua avec tant de vigueur
qu'il les obligea à se retirer
avec perte de plusieursdes
leurs tuez & faits prisonniers ;ilobligea le Colonel
Nebot qui venoit les secourir, à se retirer en diligence. On mande de la Conça du Tremps, qu'un Lieu-
tenant Colonel du Régiment d'Univés'estant avancé avec quelques Troupes
pour lever les contributions, rencontra un détachement desEnnemis qu'il
fit attaquer si brusquement
qu'il les mit en fuite à la
premiere décharge, en
ayant tue plusieurs & fait
plusieurs prisonniers, parmy lesquels sont quatre
Officiers. Onécrit deCervera que le General Fran-
~Kenberg estoit parti de Santa Colonna avec mille chevaux, quinze cents fantas-
sins,deux mortiers, & quelques pieces de canon dans
le dessein de surprendre
Cervera, mais le Comte
d'Hercelles qui y commande en ayant eu avis,s'estoit
préparé à les bien recevoir.
Les Ennemis arrivèrent le
14. à la pointe du jour
,
il
détachaun Lieutenant des
Grenadiers des Gardes Valonnes avec quarante Cavaliers, pour aller reconnoistre une troupe qui s'estoic avancée; il l'attaqua
avec tant de vigueur qu'il
les obligea à se retirer. Le
Comte
Comte d'Hercelles voyant
qu'ils se retiroient, sortit
avec toute sa cavalerie ôc
la pluspart des Grenadiers,
chargea leur arriere garde,
les mit en fuite
,
laissant
plusieurs morts, nombre
de prisonniers & leur artillerie. On apprend des
deserteurs & des paysans
que les Officiers & les soldats Anglois continuent à
s'embarquer, disant que
c'est pour retourner en Ail:
gleterre
LeRoy a
nommé les Officiers Généraux qui doivent servir dansses armées
pendant cette Campagne.
On remplit les magasins
de Vinaros
,
de Mequinenia, de Tortose, de Penifcola & de Lerida. Le
Duc de Vendosme doit
partir dans peu pour aller
visiter lesplaces du Royaume de Valence. SaMajesté a
declaré Lieutenant
General de ses armées Dom
Miguel Pons. On mande
de Tarragone que les Anglois vendoient leurs chevaux & leurs équipa ges
,
pour s'embarquer sur les
vaiffiaux qu'ils attendoient. On écrit de Barcelone que la.cliertlé des vi-
vres est fort grande, que
le Comte de Staremberg
avoic esté obligé d'y envoyer son Regiment avec un
autre, que les Miquelers
ny les Soumettants ne font
plus si zelez pour le service de l'Archiduc.LesLettres du Gouverneur de la
Havane dans Tlfle de Cubai &celles des Magistrats
de lamesme Ville
,
marquent que leDuc de LinalésViceroy du Mexique a
envoyé une somme considerable d'argent à sa Majesté)afin qu'elle pust s'en
servir pour la campagne.
On écrit de Catalogne qu'-
un grand corps de Troupes & de Miquelets ennemisvouloients'emparer de
nouveau du pont de Suert,
mais Dom Miguel Pons en
ayant esté informé, les attaqua avec tant de vigueur
qu'il les obligea à se retirer
avec perte de plusieursdes
leurs tuez & faits prisonniers ;ilobligea le Colonel
Nebot qui venoit les secourir, à se retirer en diligence. On mande de la Conça du Tremps, qu'un Lieu-
tenant Colonel du Régiment d'Univés'estant avancé avec quelques Troupes
pour lever les contributions, rencontra un détachement desEnnemis qu'il
fit attaquer si brusquement
qu'il les mit en fuite à la
premiere décharge, en
ayant tue plusieurs & fait
plusieurs prisonniers, parmy lesquels sont quatre
Officiers. Onécrit deCervera que le General Fran-
~Kenberg estoit parti de Santa Colonna avec mille chevaux, quinze cents fantas-
sins,deux mortiers, & quelques pieces de canon dans
le dessein de surprendre
Cervera, mais le Comte
d'Hercelles qui y commande en ayant eu avis,s'estoit
préparé à les bien recevoir.
Les Ennemis arrivèrent le
14. à la pointe du jour
,
il
détachaun Lieutenant des
Grenadiers des Gardes Valonnes avec quarante Cavaliers, pour aller reconnoistre une troupe qui s'estoic avancée; il l'attaqua
avec tant de vigueur qu'il
les obligea à se retirer. Le
Comte
Comte d'Hercelles voyant
qu'ils se retiroient, sortit
avec toute sa cavalerie ôc
la pluspart des Grenadiers,
chargea leur arriere garde,
les mit en fuite
,
laissant
plusieurs morts, nombre
de prisonniers & leur artillerie. On apprend des
deserteurs & des paysans
que les Officiers & les soldats Anglois continuent à
s'embarquer, disant que
c'est pour retourner en Ail:
gleterre
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Résumé : Nouvelles d'Espagne.
Le texte décrit divers événements militaires et logistiques en Espagne. LeRoy a nommé les officiers généraux pour la campagne en cours et a rempli les magasins de plusieurs villes, dont Vinaros, Mequinensia, Tortose, Penifcola et Lerida. Le Duc de Vendosme doit visiter les places du Royaume de Valence. Sa Majesté a désigné Dom Miguel Pons lieutenant général de ses armées. À Tarragone, les Anglais vendent leurs chevaux et équipements pour s'embarquer. À Barcelone, la cherté des vivres a conduit le Comte de Staremberg à envoyer des régiments pour maintenir l'ordre. Les Miquelers et les Soumettants montrent moins de zèle pour le service de l'Archiduc. Le Duc de Linares, Vice-roi du Mexique, a envoyé une somme d'argent pour la campagne. En Catalogne, Dom Miguel Pons a repoussé une attaque ennemie sur le pont de Suert. En Concà del Tremps, un lieutenant-colonel a mis en fuite un détachement ennemi. À Cervera, le Comte d'Hercelles a repoussé une attaque du Général Frankenberg, capturant plusieurs prisonniers et de l'artillerie. Des déserteurs et des paysans rapportent que les officiers et soldats anglais continuent de s'embarquer pour retourner en Angleterre.
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16
p. 49-52
Nouvelle de Flandres.
Début :
Le Prince Eugene arriva le 25. a Tournay, où il a [...]
Mots clefs :
Ennemis, Arras, Cavalerie, Infanterie, Flandre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle de Flandres.
Nouvelle de Flandres,
SHO
Le Prince Eugene artiva
de 25. à Tournay, où il a
mandé tous les Officiers
generaux pour tenir confeil de guerre Les ennemis
font affemblez vers le Vvarde , leur droite eft à Ferin ,
& leur gauche à Pequencourt , & Douay derriere
eux. Les Anglois font campez ſeparément à Pont à
Rache, enattendant le Duc
d'Ormond, Lestroupes des
alliez font à portée de ſe
May1712.
E
30 MERCURE
joindre, à la referve de celles de l'Archiduc qui ne
font pas encore arrivées.
Nôtre armée s'affemble
vers Oily pour camper en
front de bandiere: elle étoit
avant cela diſperſée de la
maniere fuivante.
-La cavalerie pour la com
modité des fourrages étoit
diftribuée depuis le Careler
jufqu'à Couturel , entre A
vefne-le- Comte & Dour
lans , ayant ordre de mar
cher au fignal de trois
coups de canon.boomOS
L'infanterié étoit cahA
I
GALANT.
tonnée dans les villages
depuis Etrun fur l'Escaut,
prés de Bouchain , juſqu'à
Montenencourt : elle occupoit tous les paffages de la
Senfée , de la Scarpe , & des
lignes qui font au - delà
d'Arras elle s'étend en
core juſqu'à Arras , afin de
s'opposer aux mouvemens
des ennemis. Il y a eu plu
fieurs petits chocs , ou les
troupes du Roy ont toûjours repouflé les ennemis.
Unparti de Huffars ayant
paſſé l'Eſcaut a été tout fait
priſonnier : un autre parti
Eij
$2 MERCURE
ennemi a été défait vers
Peronne.
SHO
Le Prince Eugene artiva
de 25. à Tournay, où il a
mandé tous les Officiers
generaux pour tenir confeil de guerre Les ennemis
font affemblez vers le Vvarde , leur droite eft à Ferin ,
& leur gauche à Pequencourt , & Douay derriere
eux. Les Anglois font campez ſeparément à Pont à
Rache, enattendant le Duc
d'Ormond, Lestroupes des
alliez font à portée de ſe
May1712.
E
30 MERCURE
joindre, à la referve de celles de l'Archiduc qui ne
font pas encore arrivées.
Nôtre armée s'affemble
vers Oily pour camper en
front de bandiere: elle étoit
avant cela diſperſée de la
maniere fuivante.
-La cavalerie pour la com
modité des fourrages étoit
diftribuée depuis le Careler
jufqu'à Couturel , entre A
vefne-le- Comte & Dour
lans , ayant ordre de mar
cher au fignal de trois
coups de canon.boomOS
L'infanterié étoit cahA
I
GALANT.
tonnée dans les villages
depuis Etrun fur l'Escaut,
prés de Bouchain , juſqu'à
Montenencourt : elle occupoit tous les paffages de la
Senfée , de la Scarpe , & des
lignes qui font au - delà
d'Arras elle s'étend en
core juſqu'à Arras , afin de
s'opposer aux mouvemens
des ennemis. Il y a eu plu
fieurs petits chocs , ou les
troupes du Roy ont toûjours repouflé les ennemis.
Unparti de Huffars ayant
paſſé l'Eſcaut a été tout fait
priſonnier : un autre parti
Eij
$2 MERCURE
ennemi a été défait vers
Peronne.
Fermer
Résumé : Nouvelle de Flandres.
En mai 1712, le Prince Eugène se rend à Tournai et réunit les officiers généraux pour un conseil de guerre. Les forces ennemies sont positionnées près du Wardre, avec leur droite à Ferin et leur gauche à Pequencourt, Douai étant derrière elles. Les Anglais sont campés à Pont-à-Rache, en attente du Duc d'Ormond. Les troupes alliées sont situées à May. Le 30 mai, l'armée française se rassemble près d'Oily pour camper en formation. Auparavant, la cavalerie était dispersée entre le Careler et Couturel, prête à avancer au signal de trois coups de canon. L'infanterie était cantonnée dans les villages entre Etrun sur l'Escaut et Montenencourt, occupant les passages stratégiques de la Sensée, de la Scarpe et des lignes au-delà d'Arras. Plusieurs escarmouches ont eu lieu, durant lesquelles les troupes du Roi ont toujours repoussé les ennemis. Un groupe de hussards ayant traversé l'Escaut a été capturé, et un autre parti ennemi a été défait près de Péronne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17
p. 217-237
ORDRE DE BATAILLE de l'Armée de Flandres.
Début :
General. Mr le Maréchal Duc de Villars. Mr le Maréchal [...]
Mots clefs :
Ordre de bataille, Armée de Flandres, Première ligne, Infanterie, Cavalerie, Dragons, Seconde ligne, Lieutenants, Réserve, Brigadiers, Maréchaux de camp, Général, Maréchal de Villars
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texteReconnaissance textuelle : ORDRE DE BATAILLE de l'Armée de Flandres.
ORDRE DE BATAILLE
de l'Armée de Flandres.
General.
Mr le Maréchal Duc de
Villars.
Mr. le Maréchal de
Montefquiou.
Lieutenants Generaux.
Hautefort , du Rofel ,
Rechberg , Jcoffreville
Septembre 1712. T
218 MERCURE
Puiffegure , Goefbriand ,
Duc de Guiche , Comte de
Villars Albergothy ,
Vivans , la Valliere , Prince
de Rohan, Saint Fremont.
>
Maréchaux de Camp.
Prince Charles , Comte
de Nille , Château- Morand,
Izanghuien , Montmorency, Duc de Mortemart ,
Rooth, Nangis, Choifeüil ,
Leffart , le Vidame, Silly.
Brigadiers.
Bellefond , Labillarderie ,
Caftelmoront, Saumery ,
GALANT. 219
Courtade , Kaukemberg ,
Choileul , Nugent , Montbazon , Periffant , Livoy ,
Beaupuys, Berrieux,Obrien ,
Lyonne , Aubigné , Bernoldt , Arling , Gaffion ,
Capy , Gacé , Dannifis Gi
rault , Saint Micault , Dauffkirck, Rouvroy, Paſteur ,
PREMIERE LIGNE.
DRAGONS.
Royal,
Beauffremont ,
Lefpinay,
odus.cle
.
3.
3.
の
Tij
110 MERCURE
CAVALERIE.
Maifon du Roy,
Gendarmerie ,
13
&
21
Royal Rouffillon , 3
Cayeux,
Royal Piedmont , 3
Saint Agnan ,
Royal Allemand, 3
Rottenbourg,
Druhot ,
GALANT. 220
Prince Marcillac,
Choifcul ,
Courcillon ,
Nugent,
Villeroy, tionnoduc
Royal Etrangeryonel ♬
دم
61
INFANTERIESVOJ
Picardie ,
Royal Rouffillon ,
Aunay,
on 3 Bat.
6
Tiij
221 MERCURE
Picmont,
Bourgogne ,
Montroux ,
Bourbonnois ,
Mortemart
Nivernois,
youlliv
cua13 Lvos
10
Le Roy,
Royal Comtois I
6
LeMaine ,
Bacqueville, nuos
Bigotre,
0
GALANT. 223
Lée ,
Obrien ,
Odonel ,
Dorington,
Galmoy ,
3
Gardes Françoiles,
Gardes Suiffes ,
Royal ,
Royal la Marine,
Royal Italien ,
Bevil Broffe ,
Alface ,
3
2
6
4
Tiiij
224 MERCURE
Champagne,
Izanguien ,
Guyenne ,
3
I
Genfac ,
Deflandes ,
Navarre ,
70
6
CAVALERIE.
Cravattes ,
Capy,
Frezin ,
3 Efc.
GALANT. 555
Dauphin Etranger , 3
Vaudrey,
Schepy.
Bretagne,
Gefvres ,
Villequier ,
Dumaine ,
Prince Lambefc ,
Condé,
Bourbon ,
Arco-Baviere ,
Dauffkirck,
7
322
7
3
3
3
3
6
3
3
6
226 MERCURE
Carabiniers ,
Gardes Baviere ,
Gardes d'Eſpagne
DRAGONS.
Bonelle,
Paſteur ,
Flavacourt,
¿
Lieutenants Generaux.
10
Sailly , Mezieres , Vicu
3
GALANT. 227
pont , Dreux , Brandlée ,
Chevalier de Croiffy , Lée,
Bouzolde
Davaray.
Conflans
Maréchaux de Camp.
Mortany, Cofta , Chevalier del Roye, Mouchy,
Beuil , Mercy , Lambert ,
Comte de la Marck, Duc
de Duras Flavacourt ,
Beauveau,Arab isn
esackoT
Brigadiers.
Livry, Gaydon, Marte-
128 MERCURE
tevile, Ryos , la Tremoille,
Tourotte , Simiane , Saint
Morel, Crecy, Sebret, Lifle,
Greder, May, Altermalt,
Perrin, Colandre , Tricault,
Forfac ,
C
Jouy , Melun
Sandrafky, Saa, Poth.
SECONDE LIGNE
CAVALERIE
Colonel General ,
Toulouze ,
3
Livry,
GALANT. 227
Chartres
Efclainvillier
Aubeterre,
7
Marteville,
Ligondez ,
Joyeuſe ,
Rios ,
Vertamont
Raigecourt ,
6
Villepreux,
Dupalais ,
Dautanne ,
230 MERCURE
Tourotte ,
Saint Blimont ,
Simiane,
la Reyne,
42
INFANTERIE
Poitou ,
2 Bat.
Greder Allemand
Aunix,
6
Limofin ,
Boulonnois ,
Solre ,
zicleg, a
< 2
6
2
GALANT. 231
Perche ,
Sparre,
Santere ,
6
LaFere ,
Lorraine ,
Saint Second ,
Villars,
Greder,
Phiffer ,
Brandlée ,
May,
2
t 2
Iim im
m3
232 MERGURE
Heffy, any
Surbeck,
La Sarre ,
Perrin,
Prince Electoral,
Les Vaiffeaux ,
6
S
3
Lamarck,
Nice ,
Beauce,
Agenois ,
Lyonnois ,
GI
GALANT. 233
CAVALERIE,
Orleans , 3 Efc.
Villiers ,
Montauban ,
7
Dufief,
2
Meleun ,
Pardeilhant,
Forfac,
Paon ,
Brabant , CA
Gouffier ,
Brifac M
4
Septembre 1712. V
2
2
234 MERCURE.
Lenoncourt ,
Saint Phal ,
Flandres,
$
Cofta Baviere ,
Poth ,
6.
Cauferau ,
Beringhen ,
Commiffaire General ,
2
3
3.
8 ያ
42
Coigny Lieutenant General.
Pezeux Maréchal de
Camp.
GALANT. 235
Marbeuf.
Chatillon.
De Labre.
RESERVE.
DRAGONS.
La Reyne ,
Bretagne ,
Coettman ,
3
3
3
Guienne . 3
12
Pourieres ,
3
Chatillon ,
Parpaille
3
3.
Vij
236 MERCURE
Clermont ,
Saint Chaumont
Le Coigneux ,
De Labre ,
33
12
3
3
m
m
n
m
3
3
Broglio Lieutenant General.
Tarneau , Caubom.
RESERVE.
CAVALERIE.
Le Roy,
Beaujeu ,
Tarneau,
3 Elc.
2
GALANT. 237
Du Beffé ,
Beauvaire ,
La Tour,
7
D. de Granville ,
H. de Verfeille ,
17
Houffards de Ratzky,
3
3
Camperont au quartier
general.
Royal Artillerie ,
Bombardiers ,
Total Elcadrons
Total Bataillons ,
23
257
134
de l'Armée de Flandres.
General.
Mr le Maréchal Duc de
Villars.
Mr. le Maréchal de
Montefquiou.
Lieutenants Generaux.
Hautefort , du Rofel ,
Rechberg , Jcoffreville
Septembre 1712. T
218 MERCURE
Puiffegure , Goefbriand ,
Duc de Guiche , Comte de
Villars Albergothy ,
Vivans , la Valliere , Prince
de Rohan, Saint Fremont.
>
Maréchaux de Camp.
Prince Charles , Comte
de Nille , Château- Morand,
Izanghuien , Montmorency, Duc de Mortemart ,
Rooth, Nangis, Choifeüil ,
Leffart , le Vidame, Silly.
Brigadiers.
Bellefond , Labillarderie ,
Caftelmoront, Saumery ,
GALANT. 219
Courtade , Kaukemberg ,
Choileul , Nugent , Montbazon , Periffant , Livoy ,
Beaupuys, Berrieux,Obrien ,
Lyonne , Aubigné , Bernoldt , Arling , Gaffion ,
Capy , Gacé , Dannifis Gi
rault , Saint Micault , Dauffkirck, Rouvroy, Paſteur ,
PREMIERE LIGNE.
DRAGONS.
Royal,
Beauffremont ,
Lefpinay,
odus.cle
.
3.
3.
の
Tij
110 MERCURE
CAVALERIE.
Maifon du Roy,
Gendarmerie ,
13
&
21
Royal Rouffillon , 3
Cayeux,
Royal Piedmont , 3
Saint Agnan ,
Royal Allemand, 3
Rottenbourg,
Druhot ,
GALANT. 220
Prince Marcillac,
Choifcul ,
Courcillon ,
Nugent,
Villeroy, tionnoduc
Royal Etrangeryonel ♬
دم
61
INFANTERIESVOJ
Picardie ,
Royal Rouffillon ,
Aunay,
on 3 Bat.
6
Tiij
221 MERCURE
Picmont,
Bourgogne ,
Montroux ,
Bourbonnois ,
Mortemart
Nivernois,
youlliv
cua13 Lvos
10
Le Roy,
Royal Comtois I
6
LeMaine ,
Bacqueville, nuos
Bigotre,
0
GALANT. 223
Lée ,
Obrien ,
Odonel ,
Dorington,
Galmoy ,
3
Gardes Françoiles,
Gardes Suiffes ,
Royal ,
Royal la Marine,
Royal Italien ,
Bevil Broffe ,
Alface ,
3
2
6
4
Tiiij
224 MERCURE
Champagne,
Izanguien ,
Guyenne ,
3
I
Genfac ,
Deflandes ,
Navarre ,
70
6
CAVALERIE.
Cravattes ,
Capy,
Frezin ,
3 Efc.
GALANT. 555
Dauphin Etranger , 3
Vaudrey,
Schepy.
Bretagne,
Gefvres ,
Villequier ,
Dumaine ,
Prince Lambefc ,
Condé,
Bourbon ,
Arco-Baviere ,
Dauffkirck,
7
322
7
3
3
3
3
6
3
3
6
226 MERCURE
Carabiniers ,
Gardes Baviere ,
Gardes d'Eſpagne
DRAGONS.
Bonelle,
Paſteur ,
Flavacourt,
¿
Lieutenants Generaux.
10
Sailly , Mezieres , Vicu
3
GALANT. 227
pont , Dreux , Brandlée ,
Chevalier de Croiffy , Lée,
Bouzolde
Davaray.
Conflans
Maréchaux de Camp.
Mortany, Cofta , Chevalier del Roye, Mouchy,
Beuil , Mercy , Lambert ,
Comte de la Marck, Duc
de Duras Flavacourt ,
Beauveau,Arab isn
esackoT
Brigadiers.
Livry, Gaydon, Marte-
128 MERCURE
tevile, Ryos , la Tremoille,
Tourotte , Simiane , Saint
Morel, Crecy, Sebret, Lifle,
Greder, May, Altermalt,
Perrin, Colandre , Tricault,
Forfac ,
C
Jouy , Melun
Sandrafky, Saa, Poth.
SECONDE LIGNE
CAVALERIE
Colonel General ,
Toulouze ,
3
Livry,
GALANT. 227
Chartres
Efclainvillier
Aubeterre,
7
Marteville,
Ligondez ,
Joyeuſe ,
Rios ,
Vertamont
Raigecourt ,
6
Villepreux,
Dupalais ,
Dautanne ,
230 MERCURE
Tourotte ,
Saint Blimont ,
Simiane,
la Reyne,
42
INFANTERIE
Poitou ,
2 Bat.
Greder Allemand
Aunix,
6
Limofin ,
Boulonnois ,
Solre ,
zicleg, a
< 2
6
2
GALANT. 231
Perche ,
Sparre,
Santere ,
6
LaFere ,
Lorraine ,
Saint Second ,
Villars,
Greder,
Phiffer ,
Brandlée ,
May,
2
t 2
Iim im
m3
232 MERGURE
Heffy, any
Surbeck,
La Sarre ,
Perrin,
Prince Electoral,
Les Vaiffeaux ,
6
S
3
Lamarck,
Nice ,
Beauce,
Agenois ,
Lyonnois ,
GI
GALANT. 233
CAVALERIE,
Orleans , 3 Efc.
Villiers ,
Montauban ,
7
Dufief,
2
Meleun ,
Pardeilhant,
Forfac,
Paon ,
Brabant , CA
Gouffier ,
Brifac M
4
Septembre 1712. V
2
2
234 MERCURE.
Lenoncourt ,
Saint Phal ,
Flandres,
$
Cofta Baviere ,
Poth ,
6.
Cauferau ,
Beringhen ,
Commiffaire General ,
2
3
3.
8 ያ
42
Coigny Lieutenant General.
Pezeux Maréchal de
Camp.
GALANT. 235
Marbeuf.
Chatillon.
De Labre.
RESERVE.
DRAGONS.
La Reyne ,
Bretagne ,
Coettman ,
3
3
3
Guienne . 3
12
Pourieres ,
3
Chatillon ,
Parpaille
3
3.
Vij
236 MERCURE
Clermont ,
Saint Chaumont
Le Coigneux ,
De Labre ,
33
12
3
3
m
m
n
m
3
3
Broglio Lieutenant General.
Tarneau , Caubom.
RESERVE.
CAVALERIE.
Le Roy,
Beaujeu ,
Tarneau,
3 Elc.
2
GALANT. 237
Du Beffé ,
Beauvaire ,
La Tour,
7
D. de Granville ,
H. de Verfeille ,
17
Houffards de Ratzky,
3
3
Camperont au quartier
general.
Royal Artillerie ,
Bombardiers ,
Total Elcadrons
Total Bataillons ,
23
257
134
Fermer
Résumé : ORDRE DE BATAILLE de l'Armée de Flandres.
En septembre 1712, l'ordre de bataille de l'Armée de Flandres est structuré en trois lignes : première ligne, seconde ligne et réserve. Les principaux officiers incluent le Maréchal Duc de Villars et le Maréchal de Montefquiou. Les lieutenants généraux sont Hautefort, du Rofel, Rechberg, Jcoffreville, Puiffegure, Goefbriand, Duc de Guiche, Comte de Villars, Albergothy, Vivans, la Valliere, Prince de Rohan, et Saint Fremont. Les maréchaux de camp comprennent le Prince Charles, Comte de Nille, Château-Morand, Izanghuien, Montmorency, Duc de Mortemart, Rooth, Nangis, Choiseul, Leffart, le Vidame, et Silly. Les brigadiers incluent Bellefond, Labillarderie, Castelmoront, Saumery, Courtade, Kaukemberg, Choiseul, Nugent, Montbazon, Periffant, Livoy, Beaupuys, Berrieux, O'Brien, Lyonne, Aubigné, Bernoldt, Arling, Gaffion, Capy, Gacé, Dannifis Girault, Saint Micault, Dauffkirck, Rouvroy, et Pasteur. Les unités de dragons, de cavalerie et d'infanterie sont détaillées. La première ligne comprend les dragons Royal, Beauffremont, Lefpinay, et les cavaleries Maison du Roy, Gendarmerie, Royal Rouffillon, Cayeux, Royal Piedmont, Saint Agnan, Royal Allemand, Rottenbourg, et Druhot. L'infanterie inclut les régiments Picardie, Royal Rouffillon, Aunay, Picardmont, Bourgogne, Montroux, Bourbonnois, Mortemart, Nivernois, Le Roy, Royal Comtois, Le Maine, Bacqueville, Bigorre, Lee, O'Brien, Odonel, Dorington, Galmoy, Gardes Françaises, Gardes Suisses, Royal, Royal la Marine, Royal Italien, Bevil Broffe, et Alface. La seconde ligne comprend des unités telles que le Colonel Général, Toulouze, Livry, Chartres, Esclainvillier, Aubeterre, Marteville, Ligondez, Joyeuse, Rios, Vertamont, Raigecourt, Villepreux, Dupalais, Dautanne, Tourotte, Saint Blimont, Simiane, et la Reyne. La réserve inclut les dragons La Reyne, Bretagne, Coettman, Guienne, Pourieres, Chatillon, Parpaille, Clermont, Saint Chaumont, Le Coigneux, De Labre, et les cavaleries Le Roy, Beaujeu, Tarneau, Du Beffé, Beauvaire, La Tour, D. de Granville, H. de Verfeille, et Houffards de Ratzky. Le total des escadrons est de 234 et celui des bataillons de 257.
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18
p. 261-274
A l'Abbaye dr Crepin le 18. Septembre 1712.
Début :
Mr le Comte de Broglio fut chargé de faire un [...]
Mots clefs :
Abbaye de Crepin, Comte de Broglio, Fourrages, Retraite, Troupes, Cavalerie, Village, Grenadiers, Compagnies, Chevaux
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texteReconnaissance textuelle : A l'Abbaye dr Crepin le 18. Septembre 1712.
Al'Abbaye dr Crepin le
18. Septembre 1712.
Mr le Comte de Broglio
fut chargé de faire un fourage hier du cofté de la
Haine; les ennemis en
kayane cfté avertis par leurs
262 MERCURE
efpions & par l'avis qu'on
avoit donné aux Païfans
de fauver leurs Vaches
devant eſtre fouragez ,
pafferent avant hier au foir
la Haine à S. Guilain avec
douze cent Chariots , deux
cent Houzars & cinq cent
Grenadiers qu'ils laifferent
à la tefte de la Chauffée de
S. Guilain , pour favorifer
leur retraite , ils commencerent à paffer cette riviere
à une heure aprés minuit
à peu prés dans le temps que
nous paffions l'Escaut à
Condé , de forte qu'à la
GALANT 263
pointe du jour toutes leurs
Troupes eftoient entre
Outrage & S. Guilain : nous
arivames auffi dans ce
temps là avec mille Grena
diers & neuf cent chevaux
à la tefte du Village de
Ville , qui eft contigu à
celuy de Pommervil ; Mr
le Comte de Broglio mit lá
la Cavalerie en bataille dans
une petite Plaine à la tefte
de ce Village , barrant de
la Riviere au Bois , elle
eftoit foutenue par les
mille Grenadiers qu'il poſta
en mefme temps dans les
4 MERCURE
ayeda Villages. Le fielt
Charfwars qu'il avoir e
woyé đés la voille aveccent
wheraux & cinquante Hea
ers aperçeur les ennemis
und demi heurer de jour
entre Outrage & S. Gui
dain où ils titoient, en alte
envoya dire à Mr de
Broglio qu'il voyoit sun
affez gros corps de Cavalet
Tie fans pouvoir en dire le
nombre. Un moment aprés
les, ennemis marchérent à
Juy, &l'obligerent à fe retis
rer fur une Troupe avancée
que nous avions entre las
Villages
GALANT. 265
Village d'Outrage & de
Ville.
Mr le Comte deBroglio
s'y porca aulli toft pour
connoiftre la force de ces
Troupes qui déboucherene
au galop rempliſſant te
terrain , à melure qu'elles
eftoient formées ,
nos
Houfars efcarmoucherent
pendant ce temps- là avec
ceux des ennemis , mais
leur Troupe groffillant ,
Mronde Broglio» envoya
avertir dans les Villages
de Pommereüil & de Ville
la Cavalerie de monter
Septembre 1712. Z
*** MERCURE
A
à cheval, & fit retirer les
Houfars & la Cavalerie
qui eſtoient en avant fur
le gros de la Cavalerie qui
eftoient en bataille en pre
miere ligne devant les mille
Grenadiers poftez dans les
hayes à la telte du Village de
Ville , en ayant mis crois
Compagnies à la droite
de la Cavalerie, & trois
Compagnies à la gauche
pour la flanquer. 11
D'abord quelles ennemis
curent formé toutes leurs
Troupes fur quatre lignes,
ls marcherent de front fur
GALANT. 267
noftre Cavalerie qui foren
verfavallat premieres charge
par fa droite fur les trois
Compagnies de Grenadiers
du Flánc droit & fe jedterenr
dans le chemin de Pommie
reüil d'où elle fe retiraà une
Troupe de Carabiniers qui
fe reforma dans le chemin
& quity refta . 51 amp fiv
zioLestennemis ayant ainfi
pouffe noftre Cavalerievoufurent tour de fuite paffer
fur noftre Infantérie máis
Male Comte de Broglio
luy fit faire une déchange
àbouttouchant quien jerta
Zij
268 MERCURE
beaucoup par terres&idet
culbuta , ce qui les obligea
à le jetter par leur gauche il
entra une Troupe ou deux
dans le Village de Ville,
n'ayantpûmettred'Infante
tie par cette droite , parce
que le front cftoit trop
grand, Mr de Broglio ayant
vûquecette Cavaleriefejeg
toit fur fa gauche quichoir
noftre droite pour entrer
dans ce Villageymarcha
d'abord à la tefte des Gre
nadiers dans le grandi che
min , & trouva ces deux
Troupes des ennemis entre
GALANT. 169
Pommercial & Ville. Il fit
faire feu fur cux par cinquante Grenadiers asi que
commandoit le fieur de la
Chaize Capitaine des
Grenadiers de Meuſe , ce
quicles culbutas dans le
moment.fls,anot of
anals ofed retirerent fans
perdre de temps & affcz
precipirament, & depuis co
temps là on n'a plus vû
uh ennemi, quoyque nos
Troupes ayent trefté en
bataille dans le Village plus
de trois heures aprés.
97.dls n'ont pris , de foursZiij
478 MERCURE
gours que ce qui eſtoit entre
la riviere de Pommercüil &
le Village de Ville dans les
Prairies , qui eftoient en pe
tit nombre , & gens qui
avoient paffé les efcortos.
r! Mrr de Suryavoir poſté
fix cens hommes le long du
bois depuis le Village de
Ville jufqu'à Berniffar avec
doux cent chevaux dans la
Trouée qui va dans des
Bruyeres de Blaton; & Mr
de Franla avoit place buit
ccds hommes depuis Bernif
far , longeant la Foreft
de Noftre -Dame de bon
GALANT 277
Secours jufqu'à l'Efcaut
pour couvrir les Ponts qui
cftoient fairs au-deſſus de
Condé avec deux cens
chevaux dans la Plaine entre
L'Efcant & les bois de
Noftre Dame dombon
Secours.51
Tous ceux qui ont fouragé de ce coftézlà, qui
affoient les trois quarts &
demy de fourageurs , onc
raporté du fourage H n'y
arcûr que la Referve qui
étoit as a teſte qui eft
venuë fans fourager inn
roll eſt reſté quelques che
Ziiij
*** MERCURS
vaux de Cavaliers rondus
qu'on a trouvés lo long!
des chemins , parce qu'ils!
eftoient en tres mauvais
état, car pour de pris je
fuis certain qu'il n'y en a pas
cinquante.
Si l'on avoit feparé les
Grenadiers commcorc'cft
l'ufage & qu'ils n'euffent
pas efté tous enſemble à la
tefte , toute l'alle gauche
auroit couru grand rifques
C'eftoit Mr d'Atel Licu
tenant General des ennemis
qui commandoit ce déta
chement. Nous avons cú
GALANT 2**
。
environ lept Coub huir
hommes tuez mais pour
les ennemis foit de la dés
charge de nos Grenadiers
fur leur Cavalerie , foit de
ceux que nous avons trouvé
dans le Village , quandnous
y ſommes rentrez, il y en a
au moins une centaine fur
le quarreaustrop. 53 ayout
Il faut dire à la décharge
della Cavalerie de n'avoir
pas mieux fait qu'outre que
les ennemis eftoient quatre
contresun, c'est que felon
la loüable coûtume › des
Officiers les jours de fourage
174 MERCURE
ils ne donnent que les che
vaux éclopez pour les ef
Cortes, & gardent les bons
pour fourager
18. Septembre 1712.
Mr le Comte de Broglio
fut chargé de faire un fourage hier du cofté de la
Haine; les ennemis en
kayane cfté avertis par leurs
262 MERCURE
efpions & par l'avis qu'on
avoit donné aux Païfans
de fauver leurs Vaches
devant eſtre fouragez ,
pafferent avant hier au foir
la Haine à S. Guilain avec
douze cent Chariots , deux
cent Houzars & cinq cent
Grenadiers qu'ils laifferent
à la tefte de la Chauffée de
S. Guilain , pour favorifer
leur retraite , ils commencerent à paffer cette riviere
à une heure aprés minuit
à peu prés dans le temps que
nous paffions l'Escaut à
Condé , de forte qu'à la
GALANT 263
pointe du jour toutes leurs
Troupes eftoient entre
Outrage & S. Guilain : nous
arivames auffi dans ce
temps là avec mille Grena
diers & neuf cent chevaux
à la tefte du Village de
Ville , qui eft contigu à
celuy de Pommervil ; Mr
le Comte de Broglio mit lá
la Cavalerie en bataille dans
une petite Plaine à la tefte
de ce Village , barrant de
la Riviere au Bois , elle
eftoit foutenue par les
mille Grenadiers qu'il poſta
en mefme temps dans les
4 MERCURE
ayeda Villages. Le fielt
Charfwars qu'il avoir e
woyé đés la voille aveccent
wheraux & cinquante Hea
ers aperçeur les ennemis
und demi heurer de jour
entre Outrage & S. Gui
dain où ils titoient, en alte
envoya dire à Mr de
Broglio qu'il voyoit sun
affez gros corps de Cavalet
Tie fans pouvoir en dire le
nombre. Un moment aprés
les, ennemis marchérent à
Juy, &l'obligerent à fe retis
rer fur une Troupe avancée
que nous avions entre las
Villages
GALANT. 265
Village d'Outrage & de
Ville.
Mr le Comte deBroglio
s'y porca aulli toft pour
connoiftre la force de ces
Troupes qui déboucherene
au galop rempliſſant te
terrain , à melure qu'elles
eftoient formées ,
nos
Houfars efcarmoucherent
pendant ce temps- là avec
ceux des ennemis , mais
leur Troupe groffillant ,
Mronde Broglio» envoya
avertir dans les Villages
de Pommereüil & de Ville
la Cavalerie de monter
Septembre 1712. Z
*** MERCURE
A
à cheval, & fit retirer les
Houfars & la Cavalerie
qui eſtoient en avant fur
le gros de la Cavalerie qui
eftoient en bataille en pre
miere ligne devant les mille
Grenadiers poftez dans les
hayes à la telte du Village de
Ville , en ayant mis crois
Compagnies à la droite
de la Cavalerie, & trois
Compagnies à la gauche
pour la flanquer. 11
D'abord quelles ennemis
curent formé toutes leurs
Troupes fur quatre lignes,
ls marcherent de front fur
GALANT. 267
noftre Cavalerie qui foren
verfavallat premieres charge
par fa droite fur les trois
Compagnies de Grenadiers
du Flánc droit & fe jedterenr
dans le chemin de Pommie
reüil d'où elle fe retiraà une
Troupe de Carabiniers qui
fe reforma dans le chemin
& quity refta . 51 amp fiv
zioLestennemis ayant ainfi
pouffe noftre Cavalerievoufurent tour de fuite paffer
fur noftre Infantérie máis
Male Comte de Broglio
luy fit faire une déchange
àbouttouchant quien jerta
Zij
268 MERCURE
beaucoup par terres&idet
culbuta , ce qui les obligea
à le jetter par leur gauche il
entra une Troupe ou deux
dans le Village de Ville,
n'ayantpûmettred'Infante
tie par cette droite , parce
que le front cftoit trop
grand, Mr de Broglio ayant
vûquecette Cavaleriefejeg
toit fur fa gauche quichoir
noftre droite pour entrer
dans ce Villageymarcha
d'abord à la tefte des Gre
nadiers dans le grandi che
min , & trouva ces deux
Troupes des ennemis entre
GALANT. 169
Pommercial & Ville. Il fit
faire feu fur cux par cinquante Grenadiers asi que
commandoit le fieur de la
Chaize Capitaine des
Grenadiers de Meuſe , ce
quicles culbutas dans le
moment.fls,anot of
anals ofed retirerent fans
perdre de temps & affcz
precipirament, & depuis co
temps là on n'a plus vû
uh ennemi, quoyque nos
Troupes ayent trefté en
bataille dans le Village plus
de trois heures aprés.
97.dls n'ont pris , de foursZiij
478 MERCURE
gours que ce qui eſtoit entre
la riviere de Pommercüil &
le Village de Ville dans les
Prairies , qui eftoient en pe
tit nombre , & gens qui
avoient paffé les efcortos.
r! Mrr de Suryavoir poſté
fix cens hommes le long du
bois depuis le Village de
Ville jufqu'à Berniffar avec
doux cent chevaux dans la
Trouée qui va dans des
Bruyeres de Blaton; & Mr
de Franla avoit place buit
ccds hommes depuis Bernif
far , longeant la Foreft
de Noftre -Dame de bon
GALANT 277
Secours jufqu'à l'Efcaut
pour couvrir les Ponts qui
cftoient fairs au-deſſus de
Condé avec deux cens
chevaux dans la Plaine entre
L'Efcant & les bois de
Noftre Dame dombon
Secours.51
Tous ceux qui ont fouragé de ce coftézlà, qui
affoient les trois quarts &
demy de fourageurs , onc
raporté du fourage H n'y
arcûr que la Referve qui
étoit as a teſte qui eft
venuë fans fourager inn
roll eſt reſté quelques che
Ziiij
*** MERCURS
vaux de Cavaliers rondus
qu'on a trouvés lo long!
des chemins , parce qu'ils!
eftoient en tres mauvais
état, car pour de pris je
fuis certain qu'il n'y en a pas
cinquante.
Si l'on avoit feparé les
Grenadiers commcorc'cft
l'ufage & qu'ils n'euffent
pas efté tous enſemble à la
tefte , toute l'alle gauche
auroit couru grand rifques
C'eftoit Mr d'Atel Licu
tenant General des ennemis
qui commandoit ce déta
chement. Nous avons cú
GALANT 2**
。
environ lept Coub huir
hommes tuez mais pour
les ennemis foit de la dés
charge de nos Grenadiers
fur leur Cavalerie , foit de
ceux que nous avons trouvé
dans le Village , quandnous
y ſommes rentrez, il y en a
au moins une centaine fur
le quarreaustrop. 53 ayout
Il faut dire à la décharge
della Cavalerie de n'avoir
pas mieux fait qu'outre que
les ennemis eftoient quatre
contresun, c'est que felon
la loüable coûtume › des
Officiers les jours de fourage
174 MERCURE
ils ne donnent que les che
vaux éclopez pour les ef
Cortes, & gardent les bons
pour fourager
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Résumé : A l'Abbaye dr Crepin le 18. Septembre 1712.
Le 18 septembre 1712, le comte de Broglio reçut l'ordre de mener une opération de fourrage près de la Haine. Informés par leurs espions et les habitants locaux, les ennemis traversèrent la Haine à Saint-Guilain avec 1 200 chariots, 200 hussards et 500 grenadiers. Ils commencèrent à traverser la rivière à une heure après minuit, simultanément à la traversée de l'Escaut par les troupes françaises à Condé. À l'aube, toutes les troupes ennemies étaient positionnées entre Outrage et Saint-Guilain. Les forces françaises, composées de 1 000 grenadiers et 900 cavaliers, arrivèrent à Ville, un village adjacent à Pommervil. Le comte de Broglio déploya la cavalerie en bataille dans une petite plaine, soutenue par les grenadiers postés dans les villages voisins. Les hussards français repérèrent les ennemis et signalèrent leur présence. Les ennemis avancèrent, forçant les hussards à se retirer. Le comte de Broglio organisa la cavalerie en bataille, avec les grenadiers en soutien. Les ennemis, formant leurs troupes en quatre lignes, chargèrent la cavalerie française, qui se retira vers une troupe de carabiniers. Les ennemis tentèrent ensuite de passer sur l'infanterie française mais furent repoussés par une décharge de grenadiers, commandée par le sieur de La Chaize. Les ennemis se retirèrent précipitamment et ne furent plus vus par la suite. Les troupes françaises restèrent en bataille dans le village pendant plus de trois heures. Les ennemis ne prirent que peu de fourrage, principalement entre la rivière de Pommervil et le village de Ville. Les forces françaises, sous les ordres de Mr de Sury et Mr de Franla, étaient positionnées pour couvrir les ponts et les zones de fourrage. Les pertes françaises s'élevèrent à environ 100 hommes tués, tandis que les ennemis subirent des pertes significatives, estimées à une centaine de morts. La cavalerie française fut critiquée pour avoir utilisé des chevaux éclopés pour les escortes, gardant les meilleurs pour le fourrage.
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19
p. 89-99
ORDRE DE BATAILLE de l'Armée du Rhin 1712.
Début :
Mr le Maréchal Du d'Harcourt. Mr le Maréchal de [...]
Mots clefs :
Ordre de bataille, Armée du Rhin, Lieutenants généraux, Première ligne, Seconde ligne, Cavalerie, Infanterie, Dragons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ORDRE DE BATAILLE de l'Armée du Rhin 1712.
ORDRE DE BATAILLE
de l'Armée du Rhin 1712.
Mr le Maréchal Duc
d'Harcourt.
Mr le Maréchalde Bezons
Oftobre $
1712 712..
H
90 MERCURE
Lieutenants Generaux.
Mr de Sezanne.
Mr.le Comte DubourgMaréchal de Camp.
Mr le Chevalier d'Hautefort.
PREMIERE LIGNE.
DRAGONS.
Mr Berville , Brigadier.
Colonel General , 3 Efc.
Rouvroy,
GALANT: 91
CAVALERIE.
Mrs Dupuy & Dubourg ;
Brigadiers.
Royal ,
Roye ,
3
MN
2
Dupuy ,
Renncpont ,
15
INFANTERIE.
Lieutenants Generauxa
Mr de Pery.
M de Surville.
Hij
92 MERCURE
Maréchaux de Camp.
Mr de Raffetot.
Mr Joul.
Mr Treceßon , Brigadier.
Leville ,
2 Bat.
Menoc ,
Beaujollois ,
2
G
MrMonbaftier, Brigadier.
Orleans ,
Berry
Bric
allivm2 ob)
2
GALANT. 93
Mr Guitau , Brigadier.
Roüergue ,
Pery ,
Turbilly,
Mt Du Vivier, Brigadier.
Auxerois ,
Chartres ,
Tallart,
C
21
2
I
27OSA
CAVALERI E.
Lieutenant Generals gal
Mrde Cheyladet.
94 MERCURE
Maréchaux de Camp.
Mr de Quadt.
Mr de Rozen. !
MrFontaines , Brigadier.
Saint Germain ,
Fontaines ,
Montrevel,
Cuiraffiers ,
DRAGONS.
9
MrBoudeville , Brigadier.
Belocifle ,
3
Meftre de CampGeneral , 3
15
GALANT. 9 *
Bataillons ,
Escadrons ,
38.
64
SECONDE LIGNE.
Lieutenants General.
Mr de Levy.
Marechal de Camp
Mr de Belleport.
DRAGONS.
Lautrec,
Languedoc,
3Efc.
96 MERCURE
CAVALERIE.
Dauphin ,
Biron ,
Gramont ,
Saint Poüanges ,
IS.
-9
Lieutenants Generaux.
Mr de Monffereau.
Mr de la Chatre,
Maréchaux de Camp.
Mr de Maupeon.
Mr de Chamillart.
2
Infanterie
GALANT. 97
INFANTERIE.
Dauphin ,
Sourches ,
Tavannes ,
Condé,
Xaintonge ,
Orleannois ,
Royal Baviere ,
Toulouſe ,
3 Bat.
2
2
1
S
I
2
Saillants ,
Royal Artillerie ,
I
17..
Octobre 1712.
I
98 MERCURE
Lieutenant General.
MrlePrince de Talmont.
Maréchal de Camp.
Mr de Mimeurs.
CAVALERIE.
2 Efc.
44
Bouzols ,
Clefmont ,
2
Vaudemont ,
2
6
Bamotte,
Eftagnol,
Aubuffon ,
I
Houffards ,
6
Zed
2
CALANT. "
A Strasbourg , Biffy,
A Huningue , Duluc ,
Plus , deux Bacaillons de
Brie , aux Abbatis.
Deux d'Orleannois , à
T'Ifle de Neubourg.
Anguien un Bataillon ,
à Haguenau , Bruſenheim
& Saverne.
Deux Bataillons Daulnay,
à Strasbourg.
Total d'Infanterie , 42
Bataillons.
de l'Armée du Rhin 1712.
Mr le Maréchal Duc
d'Harcourt.
Mr le Maréchalde Bezons
Oftobre $
1712 712..
H
90 MERCURE
Lieutenants Generaux.
Mr de Sezanne.
Mr.le Comte DubourgMaréchal de Camp.
Mr le Chevalier d'Hautefort.
PREMIERE LIGNE.
DRAGONS.
Mr Berville , Brigadier.
Colonel General , 3 Efc.
Rouvroy,
GALANT: 91
CAVALERIE.
Mrs Dupuy & Dubourg ;
Brigadiers.
Royal ,
Roye ,
3
MN
2
Dupuy ,
Renncpont ,
15
INFANTERIE.
Lieutenants Generauxa
Mr de Pery.
M de Surville.
Hij
92 MERCURE
Maréchaux de Camp.
Mr de Raffetot.
Mr Joul.
Mr Treceßon , Brigadier.
Leville ,
2 Bat.
Menoc ,
Beaujollois ,
2
G
MrMonbaftier, Brigadier.
Orleans ,
Berry
Bric
allivm2 ob)
2
GALANT. 93
Mr Guitau , Brigadier.
Roüergue ,
Pery ,
Turbilly,
Mt Du Vivier, Brigadier.
Auxerois ,
Chartres ,
Tallart,
C
21
2
I
27OSA
CAVALERI E.
Lieutenant Generals gal
Mrde Cheyladet.
94 MERCURE
Maréchaux de Camp.
Mr de Quadt.
Mr de Rozen. !
MrFontaines , Brigadier.
Saint Germain ,
Fontaines ,
Montrevel,
Cuiraffiers ,
DRAGONS.
9
MrBoudeville , Brigadier.
Belocifle ,
3
Meftre de CampGeneral , 3
15
GALANT. 9 *
Bataillons ,
Escadrons ,
38.
64
SECONDE LIGNE.
Lieutenants General.
Mr de Levy.
Marechal de Camp
Mr de Belleport.
DRAGONS.
Lautrec,
Languedoc,
3Efc.
96 MERCURE
CAVALERIE.
Dauphin ,
Biron ,
Gramont ,
Saint Poüanges ,
IS.
-9
Lieutenants Generaux.
Mr de Monffereau.
Mr de la Chatre,
Maréchaux de Camp.
Mr de Maupeon.
Mr de Chamillart.
2
Infanterie
GALANT. 97
INFANTERIE.
Dauphin ,
Sourches ,
Tavannes ,
Condé,
Xaintonge ,
Orleannois ,
Royal Baviere ,
Toulouſe ,
3 Bat.
2
2
1
S
I
2
Saillants ,
Royal Artillerie ,
I
17..
Octobre 1712.
I
98 MERCURE
Lieutenant General.
MrlePrince de Talmont.
Maréchal de Camp.
Mr de Mimeurs.
CAVALERIE.
2 Efc.
44
Bouzols ,
Clefmont ,
2
Vaudemont ,
2
6
Bamotte,
Eftagnol,
Aubuffon ,
I
Houffards ,
6
Zed
2
CALANT. "
A Strasbourg , Biffy,
A Huningue , Duluc ,
Plus , deux Bacaillons de
Brie , aux Abbatis.
Deux d'Orleannois , à
T'Ifle de Neubourg.
Anguien un Bataillon ,
à Haguenau , Bruſenheim
& Saverne.
Deux Bataillons Daulnay,
à Strasbourg.
Total d'Infanterie , 42
Bataillons.
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Résumé : ORDRE DE BATAILLE de l'Armée du Rhin 1712.
En octobre 1712, l'Armée du Rhin, dirigée par les Maréchaux Duc d'Harcourt et de Bezons, est organisée en deux lignes. La première ligne comprend les dragons de Mr Berville, les cavaleries de Mrs Dupuy et Dubourg, et l'infanterie des lieutenants généraux Mr de Pery et Mr de Surville, soutenus par plusieurs maréchaux de camp et brigadiers. Les régiments notables incluent Rouvroy, Royal, et Roye. La seconde ligne inclut les dragons de Mr de Levy et Mr de Belleport, la cavalerie de Mr de Montsereau et Mr de la Chatre, et l'infanterie sous les ordres de plusieurs lieutenants généraux et maréchaux de camp, avec des régiments tels que Dauphin, Sourches, et Tavannes. Les troupes sont déployées à Strasbourg, Huningue, l'île de Neubourg, Haguenau, Brusenheim, Saverne, et d'autres localités. L'infanterie totale compte 42 bataillons.
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20
p. 100-108
ORDRE DE BATAILLE de l'Armée de l'Empire, commandée par Monsieur le Duc de Wirtemberg.
Début :
Mr le Marquis de Vaubonne, General de Cavalerie. S. A. le [...]
Mots clefs :
Ordre de bataille, Duc de Wirtemberg, Armée de l'Empire, Première ligne, Seconde ligne, Cavalerie, Infanterie
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texteReconnaissance textuelle : ORDRE DE BATAILLE de l'Armée de l'Empire, commandée par Monsieur le Duc de Wirtemberg.
ORDRE DE BATAILLE
de l'Armée de l'Empire ,
commandée par Monfieurle
Duc de Wirtemberg.
Mr le Marquis de
Vaubonne , General de
Cavalerie.
S. A. le Prince Alexandre
F. M.
Mr.le Baron de Neubourg, General F. M.
Mrle Comte de la Tour,
General d'Artillerie.
Mr de Bitra , Lieutenant
General.
GALANT. 101
Mr le Baron d'Arvan ,
Lieutenant General.
Mr le Baron Bennebourg, Lieutenant General.
M. Leb de Reifchac ,
Lieutenant General.
Mr le Comte Zolleren ,
Lieutenant General.
Mr Fager , Lieutenant
General.
PREMIERE LIGNE.
CAVALERIE.
Haube, Brigadier.
Efc.
Schennebom Dragons , 6
Iiij
102 MERCURE
Gardes de Wirtemberg,
Neubourg,
Rhlefeldt ,
6
6.
19
INFANTERIE.
Weitenheim, Brigadier.
Grana Wurtburg, 1 Bat.
Gutenftein , I
Devend ,
I
Leye,
5
Prince de Bauren , Brigadier.
Hartfal,
Els
Erffa ,
S
1
I
GALANT. 103
Helmfteff, Brigadier
Zolleren, a
Benebourg,
2
3.
S
Seiboth ,
Brigadier.
Roth,
Reifchouh,
Bewend,
Brigadier.
Plifchau ,
Darnan ,
Franck Grana,
2
24
2
I
Liiij
194 MERCURE
CAVALERIE. -
Hacberg, Brigadier.
Naffaw ,
Darmstatt ,
4
Hanover 6
Bibrå :
17
SECONDE LIGNE.
Mr le Baron d'Enfberq,
Lieutenant General.
GALANT. 105
Mr le Baron de Roth ,
Lieutenant General. -
CAVALERIE.
Pfuhl, Brigadier.
4
d'Etingen Dragons, 4 Eſc.
Fugger,
Erb. Prince Wirt.
I
12.
4
4
Bretlach,
Brigadier.
Nagel,
Holſtein ,
4
2
106 MERGURE
INFANTERIE,
Taxheim, Brigadier.
Helmftett, 13 Bat.
Taxheim , 2
S
Schelling, Brigadier.
Hrem 2 ,
Darmftat ,
Simiere ,
A
I
GALANT 107
ARTILLERIE.
Mrs Berzety, Vauchan, I
Brigadiers.
Durlach ,
Baden,
Enfberg,
6
2
2
2
CAVALERIE.
Feminger, Brigadier.
Mekembourg , 2 Efca..
Bernefau ,
2
4
108 MERCURE
Nagel, Brigadier
Beraifth ,
Saxen Gotha,
Feminger,
Efterhazy,
Balbozehay ,
8
Total , Efcadrons ,
و
4
Houff
4
76.
Total "
, Bataillons , 39.
de l'Armée de l'Empire ,
commandée par Monfieurle
Duc de Wirtemberg.
Mr le Marquis de
Vaubonne , General de
Cavalerie.
S. A. le Prince Alexandre
F. M.
Mr.le Baron de Neubourg, General F. M.
Mrle Comte de la Tour,
General d'Artillerie.
Mr de Bitra , Lieutenant
General.
GALANT. 101
Mr le Baron d'Arvan ,
Lieutenant General.
Mr le Baron Bennebourg, Lieutenant General.
M. Leb de Reifchac ,
Lieutenant General.
Mr le Comte Zolleren ,
Lieutenant General.
Mr Fager , Lieutenant
General.
PREMIERE LIGNE.
CAVALERIE.
Haube, Brigadier.
Efc.
Schennebom Dragons , 6
Iiij
102 MERCURE
Gardes de Wirtemberg,
Neubourg,
Rhlefeldt ,
6
6.
19
INFANTERIE.
Weitenheim, Brigadier.
Grana Wurtburg, 1 Bat.
Gutenftein , I
Devend ,
I
Leye,
5
Prince de Bauren , Brigadier.
Hartfal,
Els
Erffa ,
S
1
I
GALANT. 103
Helmfteff, Brigadier
Zolleren, a
Benebourg,
2
3.
S
Seiboth ,
Brigadier.
Roth,
Reifchouh,
Bewend,
Brigadier.
Plifchau ,
Darnan ,
Franck Grana,
2
24
2
I
Liiij
194 MERCURE
CAVALERIE. -
Hacberg, Brigadier.
Naffaw ,
Darmstatt ,
4
Hanover 6
Bibrå :
17
SECONDE LIGNE.
Mr le Baron d'Enfberq,
Lieutenant General.
GALANT. 105
Mr le Baron de Roth ,
Lieutenant General. -
CAVALERIE.
Pfuhl, Brigadier.
4
d'Etingen Dragons, 4 Eſc.
Fugger,
Erb. Prince Wirt.
I
12.
4
4
Bretlach,
Brigadier.
Nagel,
Holſtein ,
4
2
106 MERGURE
INFANTERIE,
Taxheim, Brigadier.
Helmftett, 13 Bat.
Taxheim , 2
S
Schelling, Brigadier.
Hrem 2 ,
Darmftat ,
Simiere ,
A
I
GALANT 107
ARTILLERIE.
Mrs Berzety, Vauchan, I
Brigadiers.
Durlach ,
Baden,
Enfberg,
6
2
2
2
CAVALERIE.
Feminger, Brigadier.
Mekembourg , 2 Efca..
Bernefau ,
2
4
108 MERCURE
Nagel, Brigadier
Beraifth ,
Saxen Gotha,
Feminger,
Efterhazy,
Balbozehay ,
8
Total , Efcadrons ,
و
4
Houff
4
76.
Total "
, Bataillons , 39.
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Résumé : ORDRE DE BATAILLE de l'Armée de l'Empire, commandée par Monsieur le Duc de Wirtemberg.
Le document décrit l'ordre de bataille de l'Armée de l'Empire, dirigée par le Duc de Wirtemberg. Les principaux officiers incluent le Marquis de Vaubonne, Général de Cavalerie, le Prince Alexandre, le Baron de Neubourg, Général de la Force Militaire, le Comte de la Tour, Général d'Artillerie, et plusieurs Lieutenants Généraux tels que le Baron d'Arvan, le Baron Bennebourg, le Baron de Reifschac, le Comte Zolleren et M. Fager. L'armée est structurée en plusieurs lignes et unités. La première ligne comprend des unités de cavalerie et d'infanterie. La cavalerie est dirigée par des brigadiers comme Haube et Hacberg, avec des régiments tels que les Dragons de Schenebom et les Gardes de Wirtemberg. L'infanterie est dirigée par des brigadiers comme Weitenheim et le Prince de Bauren, avec des bataillons comme le Grana Wurtburg et le Devend. La seconde ligne inclut également des unités de cavalerie et d'infanterie, dirigées par des brigadiers comme Pfuhl et Taxheim. L'artillerie est dirigée par des brigadiers comme Berzety et Vauchan, avec des unités comme celles de Durlach et de Baden. L'armée compte 76 escadrons de cavalerie et 39 bataillons d'infanterie.
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21
p. 265-270
ETAT DES TROUPES Allemandes qui font Campagne avec celles de M. le Duc de Savoye en Juillet 1712.
Début :
INFANTERIE Imperiale. Regimens. Hommes. 1 Herbeitein. 1140. 2 Thaun. 1140. [...]
Mots clefs :
État des troupes, Troupes allemandes, Duc de Savoie, Infanterie, Heiduques, Cavalerie, Troupes de saxe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ETAT DES TROUPES Allemandes qui font Campagne avec celles de M. le Duc de Savoye en Juillet 1712.
ETAT DES TROUPES
Allemandes qui font
Campagne avec celles
de M. le Duc de Savoye
en Juillet 1712.
INFANTERIE
Imperiale.
Regimens.
Hommes
I Herbeitein. 1140.
2 Thaun.
1140.
3 Bareith. 1140.
Octobre 1712.
Z
VACALANT. 166
Regimens.
4.Virtemberg.
Hommes,
1140,
5 Maxftaremberg. 1140.
7 Konigleek.
6 Gripan.
&
Regal.
10. Barach.
Zumicmghen.
1140.
1140.
1140.
I140.
1140.
IT Vachtendonck , cy- devant Volfenbutel. 1140,
HEIDUQUE S..
12. Guilay.
Canonniers &Bombardiers.
Total.
400.
300.
13240.
GALANT. 267
CAVALERIE.
Imperiale.
Regimens.
Hommes
Viſconty.
660.
Martiny.
900,
Duhautoy. 900
HOUSSARD S.
Erbergheny.
200.
Total- 2660.
INFANTERIE
de l'Electeur de Brandebourg.
Zij
168 MERCURE
Regimens.
Hommes.
1 Orange. 1050.
2 Prince Philippe 1050,
3
5 Prince Danhalt. 1050.
4 Prince Chriſtian Louis.
1050.
5 Holſtein. 600.
6 Valdebourg.
600.
7 Onau.
600.
Total. 6000.
TROUPES DE SAXE
Gotha,
Prince George. 400.
Prince Frederic. 400.
GALANT 269
DRAGONS.
Regimens.
Hommes
Prince de Saxe. 300.
Greffenderff. 300.
Total. 1400
RECAPITULATION,
Infanterie Imperiale. 13240
Cavalerie Imperiale. 2660
Infanterie de l'Electeur de
Brandebourg.
6000.
Infanterie de Saxe Gotha.
800.
Z iij
270 MERCURE
Regimens.
Hommes.
Dragons de Saxe Gotha.
Total.
600%
23300.
Allemandes qui font
Campagne avec celles
de M. le Duc de Savoye
en Juillet 1712.
INFANTERIE
Imperiale.
Regimens.
Hommes
I Herbeitein. 1140.
2 Thaun.
1140.
3 Bareith. 1140.
Octobre 1712.
Z
VACALANT. 166
Regimens.
4.Virtemberg.
Hommes,
1140,
5 Maxftaremberg. 1140.
7 Konigleek.
6 Gripan.
&
Regal.
10. Barach.
Zumicmghen.
1140.
1140.
1140.
I140.
1140.
IT Vachtendonck , cy- devant Volfenbutel. 1140,
HEIDUQUE S..
12. Guilay.
Canonniers &Bombardiers.
Total.
400.
300.
13240.
GALANT. 267
CAVALERIE.
Imperiale.
Regimens.
Hommes
Viſconty.
660.
Martiny.
900,
Duhautoy. 900
HOUSSARD S.
Erbergheny.
200.
Total- 2660.
INFANTERIE
de l'Electeur de Brandebourg.
Zij
168 MERCURE
Regimens.
Hommes.
1 Orange. 1050.
2 Prince Philippe 1050,
3
5 Prince Danhalt. 1050.
4 Prince Chriſtian Louis.
1050.
5 Holſtein. 600.
6 Valdebourg.
600.
7 Onau.
600.
Total. 6000.
TROUPES DE SAXE
Gotha,
Prince George. 400.
Prince Frederic. 400.
GALANT 269
DRAGONS.
Regimens.
Hommes
Prince de Saxe. 300.
Greffenderff. 300.
Total. 1400
RECAPITULATION,
Infanterie Imperiale. 13240
Cavalerie Imperiale. 2660
Infanterie de l'Electeur de
Brandebourg.
6000.
Infanterie de Saxe Gotha.
800.
Z iij
270 MERCURE
Regimens.
Hommes.
Dragons de Saxe Gotha.
Total.
600%
23300.
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Résumé : ETAT DES TROUPES Allemandes qui font Campagne avec celles de M. le Duc de Savoye en Juillet 1712.
En juillet 1712, les troupes allemandes engagées dans la campagne avec le Duc de Savoie comprenaient divers régiments d'infanterie et de cavalerie. L'infanterie impériale se composait de treize régiments totalisant 13 240 hommes, incluant des régiments tels que Herbeitein, Thaun, Bareith, Virtemberg, Maxftaremberg, Gripan, Barach, Zumicmghen, et Vachtendonck, ainsi que des unités de canonniers et bombardiers. La cavalerie impériale comptait quatre régiments totalisant 2 660 hommes, parmi lesquels Visconty, Martiny, Duhautoy, et Erbergheny. L'infanterie de l'Électeur de Brandebourg comprenait sept régiments totalisant 6 000 hommes, comme Orange, Prince Philippe, Prince Danhalt, Prince Christian Louis, Holstein, Valdebourg, et Onau. Les troupes de Saxe-Gotha incluaient deux régiments d'infanterie totalisant 800 hommes, commandés par le Prince George et le Prince Frédéric, ainsi que deux régiments de dragons totalisant 600 hommes, commandés par le Prince de Saxe et Greffenderff. Au total, les effectifs s'élevaient à 23 300 hommes.
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22
p. 270-[2]74
ETAT DES TROUPES de M. le Duc de Savoye, en entrant en campagne en Juillet 1712.
Début :
Reg. Bat. Hom. Gardes. I. 1320. Reg. Bat. Hom. Savoye [...]
Mots clefs :
État des troupes, Duc de Savoie, Cavalerie, Dragons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ETAT DES TROUPES de M. le Duc de Savoye, en entrant en campagne en Juillet 1712.
ETAT DES TROUPES
de M. le Duc de Savoye,
en entrant en campagne
en Juillet 1712 .
-Reg.
Bat. Hom.
I
Gardes,
I 1320.
GALANT. 278
Reg. Bat.
Savoye.c 3
Hom
4 1620.
Montferat. 2 13208
Piemont. 1320.
Fufilliers. 2 13201
Saluffes. 2 1320.
Nice.
1 660.
Schiullembourg. 1. 900.
Maffey. IA
Chamonet cy- devant.
Cortance. I 660.
Sevantes cy- devant.
La Trinité I 660
Déportes.
2 1200.
Arpretz Suiffe. 3.1.1800!
Rhebinder. I 5oo.
Z
iiij
272 MERCURE
S. A. R. a encore un
Bataillon d'Artillerie de 4.
Compagnies de 100. hommes chacune , de Canonniers , Bombardiers , Mineurs , Charpentiers.
400
Total. Bat. 25. 15660.
RECAPITULATION
Regimens.
Hommes
Infanteric & Artillerie15660'
Cavaleric.
Dragons.
1400,
1800.
18860.
GALANT. 273
CAVALERIE.
Les Regimens de Cavalerie & de Dragons font
de 10. Compagnies & de
60. Maiftres chacune.
Reg. Comp. Hom.
Gardes du corps. 2 200.
Birague
autrefois.
Pertauge.
10 600.
Cavailla.
10 600.
Total. 1 22. 1400%
374 MERCURE
DRAGONS.
Dragons d'Altene.
ou Rouges. 10
Dragons verds
600,
ou Genevois. 10 6000
Dragons jaunes.
ou Piemont. 10 600.
Total. 30 1800.
de M. le Duc de Savoye,
en entrant en campagne
en Juillet 1712 .
-Reg.
Bat. Hom.
I
Gardes,
I 1320.
GALANT. 278
Reg. Bat.
Savoye.c 3
Hom
4 1620.
Montferat. 2 13208
Piemont. 1320.
Fufilliers. 2 13201
Saluffes. 2 1320.
Nice.
1 660.
Schiullembourg. 1. 900.
Maffey. IA
Chamonet cy- devant.
Cortance. I 660.
Sevantes cy- devant.
La Trinité I 660
Déportes.
2 1200.
Arpretz Suiffe. 3.1.1800!
Rhebinder. I 5oo.
Z
iiij
272 MERCURE
S. A. R. a encore un
Bataillon d'Artillerie de 4.
Compagnies de 100. hommes chacune , de Canonniers , Bombardiers , Mineurs , Charpentiers.
400
Total. Bat. 25. 15660.
RECAPITULATION
Regimens.
Hommes
Infanteric & Artillerie15660'
Cavaleric.
Dragons.
1400,
1800.
18860.
GALANT. 273
CAVALERIE.
Les Regimens de Cavalerie & de Dragons font
de 10. Compagnies & de
60. Maiftres chacune.
Reg. Comp. Hom.
Gardes du corps. 2 200.
Birague
autrefois.
Pertauge.
10 600.
Cavailla.
10 600.
Total. 1 22. 1400%
374 MERCURE
DRAGONS.
Dragons d'Altene.
ou Rouges. 10
Dragons verds
600,
ou Genevois. 10 6000
Dragons jaunes.
ou Piemont. 10 600.
Total. 30 1800.
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Résumé : ETAT DES TROUPES de M. le Duc de Savoye, en entrant en campagne en Juillet 1712.
En juillet 1712, les troupes du Duc de Savoie en campagne se composent de 25 bataillons d'infanterie et d'artillerie, totalisant 15 660 hommes. Les régiments d'infanterie incluent les Gardes, les Galants, les Savoyards, les Montferrats, les Piémontais, les Fusiliers, les Saluces, les Niçois, les Schullenburg, les Maffey, les Chamonets, les Cortance, les Sevantes, la Trinité, les Déportes, les Arprets, les Suisses et les Rhebinder. L'artillerie est organisée en un bataillon de quatre compagnies de 100 hommes chacune, incluant des canonniers, bombardiers, mineurs et charpentiers. La cavalerie et les dragons comptent 18 860 hommes, répartis en 10 compagnies et 60 maîtres chacune. Les régiments de cavalerie sont les Gardes du corps, les Birague, les Pertauge et les Cavalla, totalisant 1 400 hommes. Les dragons sont divisés en Dragons d'Altene ou Rouges, Dragons verts ou Genevois, et Dragons jaunes ou Piémontais, totalisant 1 800 hommes.
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23
p. 282-288
SUPPLEMENT Aux nouvelles d'Espagne & d'Hollande.
Début :
Les Lettres d'Estramadure portent, que l'armée s'est [...]
Mots clefs :
Espagne, Hollande, Cavalerie, Prisonniers, Gardes du corps
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLEMENT Aux nouvelles d'Espagne & d'Hollande.
SUPPLEMENT
1
Aux nouvellles d'Espagne&
d'Hollande. LEs Lettres d'Estramadure
-
pottent, que
l'armée s'est separée pour
entreren quartier d'hyver,
& qu'un détachement de
Cavalerieétantalléen course avoit rencontré un convoy de vivres & d'autres
provisions, du côté d'Oli-
vença,ouil alloit, l'attaqua,
en ruina la plus grande partie, poursuivitl'escorte jusqu'aux barrieres de la Place,
& fit plusieurs prisonniers,
& prit plusieurs chevaux,
& les Timbales du Régiment d'Olivença.
On mande deCatalogne
que l'armée s'étoitseparée
le 19. Novembre pouraller prendre des quartiers
d'hyver dans le Comté de
Ribagorça en Arragon &
dans le Royaume de Valence. Le Roy ayant eu avis
par un Courrier exprés que
le Maréchal de Berwick
avoir été nommé par le Roy
de France, pour commander une armée qui s'assembloit dans le Roussillon,
pour encrer en Catalogne
vers le ij. de ce mois; le
Roy a
envoyé ordre à l'armée de se rassembler, de
rentrer en Catalogne & d'y
penetrer le plus avantqu'il
feroit possible tandis que le
Maréchal de Berwick s'avanceroit de son côté dans
le Lampourdan.
Les Gardes du Corps
qui sont en quartier à Ta-
lavera de la Reina sur le Tage, ont eu ordre de marcher vers la Catalogne au
nombre de deux ou trois
mille Chevaux.
Les Lettres de Montpellier du 6. Décembre
portent, que le Maréchal
Duc de Berwick y
étoitarrivé, & les Troupes du Dauphiné au nombre de trente
neuf Bataillons & quarante
un Escadrons qui devoient
le lendemain continuer leur
marche vers le Roussillon,
.& vers la Catalogne.
Il y a
plusieurs Officiers
Generaux, entre autres les
Sieurs de Silly,de Cadrieux,
d'Arennes, de Dillon, & de
Broglio.
On écrit de Perpignan
du 11. queleMaréchal Duc
de Berwick y
étoit arrivé
& qu'il faisoit toutes les
dispositions necessaires pour
faire marcher l'arméeaussitôt qu'il auroitété joint par
les Troupes du Dauphiné
qui ne pourroient arriver
quequelques jours avant les
Festes de Noel.
Les Lettres des environs
de Gironne du 7. portent
que le General Saremberg
étoit arrivé au blocus.
Les Lettres de Hollande
portent qu'on tient souvent des Conferences à la
Haycentre lesMinistresdes
Alliez, qui conferent aussi
avec le Comte deStrafford,
qui doit partir incessamment pour se rendre à
Utrechr. Les Lettres d'Utrecht assurent que le Comte de Strafford y
est arrivé le 15. Decembreoù ltE..
vêque deBristol &ce Comte ont eu plusieursConferences avec les Plenipoten-
tiaires des deux Partis, que
le Comte de Strafford partic d'Utrechtle18oùilnctoit point encore revenu le
20. sans que l'on sçache
quelle route il a
prise;son ne
sçaitpoint encore quand les
Conferences generales commenceront àUtrecht, quoique le Comte de Strafford
ait comumuniqué les Propositions dontil étoit charge, ily a toute apparence
qu'on attend le retour des
Courriers envoyez par les
Plenipotentiaires des Alliez
avant que de les rendre pi^
bliques
1
Aux nouvellles d'Espagne&
d'Hollande. LEs Lettres d'Estramadure
-
pottent, que
l'armée s'est separée pour
entreren quartier d'hyver,
& qu'un détachement de
Cavalerieétantalléen course avoit rencontré un convoy de vivres & d'autres
provisions, du côté d'Oli-
vença,ouil alloit, l'attaqua,
en ruina la plus grande partie, poursuivitl'escorte jusqu'aux barrieres de la Place,
& fit plusieurs prisonniers,
& prit plusieurs chevaux,
& les Timbales du Régiment d'Olivença.
On mande deCatalogne
que l'armée s'étoitseparée
le 19. Novembre pouraller prendre des quartiers
d'hyver dans le Comté de
Ribagorça en Arragon &
dans le Royaume de Valence. Le Roy ayant eu avis
par un Courrier exprés que
le Maréchal de Berwick
avoir été nommé par le Roy
de France, pour commander une armée qui s'assembloit dans le Roussillon,
pour encrer en Catalogne
vers le ij. de ce mois; le
Roy a
envoyé ordre à l'armée de se rassembler, de
rentrer en Catalogne & d'y
penetrer le plus avantqu'il
feroit possible tandis que le
Maréchal de Berwick s'avanceroit de son côté dans
le Lampourdan.
Les Gardes du Corps
qui sont en quartier à Ta-
lavera de la Reina sur le Tage, ont eu ordre de marcher vers la Catalogne au
nombre de deux ou trois
mille Chevaux.
Les Lettres de Montpellier du 6. Décembre
portent, que le Maréchal
Duc de Berwick y
étoitarrivé, & les Troupes du Dauphiné au nombre de trente
neuf Bataillons & quarante
un Escadrons qui devoient
le lendemain continuer leur
marche vers le Roussillon,
.& vers la Catalogne.
Il y a
plusieurs Officiers
Generaux, entre autres les
Sieurs de Silly,de Cadrieux,
d'Arennes, de Dillon, & de
Broglio.
On écrit de Perpignan
du 11. queleMaréchal Duc
de Berwick y
étoit arrivé
& qu'il faisoit toutes les
dispositions necessaires pour
faire marcher l'arméeaussitôt qu'il auroitété joint par
les Troupes du Dauphiné
qui ne pourroient arriver
quequelques jours avant les
Festes de Noel.
Les Lettres des environs
de Gironne du 7. portent
que le General Saremberg
étoit arrivé au blocus.
Les Lettres de Hollande
portent qu'on tient souvent des Conferences à la
Haycentre lesMinistresdes
Alliez, qui conferent aussi
avec le Comte deStrafford,
qui doit partir incessamment pour se rendre à
Utrechr. Les Lettres d'Utrecht assurent que le Comte de Strafford y
est arrivé le 15. Decembreoù ltE..
vêque deBristol &ce Comte ont eu plusieursConferences avec les Plenipoten-
tiaires des deux Partis, que
le Comte de Strafford partic d'Utrechtle18oùilnctoit point encore revenu le
20. sans que l'on sçache
quelle route il a
prise;son ne
sçaitpoint encore quand les
Conferences generales commenceront àUtrecht, quoique le Comte de Strafford
ait comumuniqué les Propositions dontil étoit charge, ily a toute apparence
qu'on attend le retour des
Courriers envoyez par les
Plenipotentiaires des Alliez
avant que de les rendre pi^
bliques
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Résumé : SUPPLEMENT Aux nouvelles d'Espagne & d'Hollande.
Le texte décrit des événements militaires et diplomatiques en Espagne, Catalogne, Hollande et France. En Estrémadure, un détachement de cavalerie a attaqué et détruit un convoi de vivres près d'Olivença, capturant des prisonniers, des chevaux et les timbales du régiment d'Olivença. En Catalogne, l'armée s'est séparée le 19 novembre pour prendre ses quartiers d'hiver en Ribagorça et en Valence. Suite à la nomination du maréchal de Berwick par le roi de France pour commander une armée en Roussillon, le roi d'Espagne a ordonné à son armée de se rassembler et de pénétrer en Catalogne. Les Gardes du Corps ont reçu l'ordre de se diriger vers la Catalogne. À Montpellier, Berwick est arrivé avec des troupes du Dauphiné, prêtes à continuer vers le Roussillon et la Catalogne. Plusieurs officiers généraux, dont les sieurs de Silly, de Cadrieux, d'Arennes, de Dillon et de Broglio, sont mentionnés. À Perpignan, Berwick préparait l'armée à avancer dès l'arrivée des troupes du Dauphiné. Près de Girone, le général Saremberg est arrivé au blocus. En Hollande, des conférences ont eu lieu à La Haye entre les ministres des Alliés et le comte de Strafford, qui a ensuite rencontré les plénipotentiaires des deux partis à Utrecht. La date de début des conférences générales à Utrecht reste incertaine.
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24
p. 3-26
Relation de la bataille de Gadebusch, gagnée par les Suedois sur les Danois & Saxons le 20. Dec. 1712.
Début :
Le Maréchal Comte de Steenbock voyant les Danois s'approcher [...]
Mots clefs :
Bataille de Gadebusch, Maréchal Comte de Steenbock, Varnes , Lieutenant colonel, Danois, Ennemi, Majors, Ennemis, Cavalerie, Colonels
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Relation de la bataille de Gadebusch, gagnée par les Suedois sur les Danois & Saxons le 20. Dec. 1712.
Relation de la bataille de Ga debufch , gagnée par les Suedois fur les Danois & Saxons le 20. Dec. 1712. E Maréchal Comte des Steenbock voyant les Danois s'approcher de plus en plus Janv.1713. AijMERCURE 4 pour ſe joindre aux Saxons & Mofcovites, & ceux-ci faifant auffi tout ce qu'ils pouvoient pour avancer cettejonction, & enfermer enfuite les Suedois entierement, il décampade Sivan le 15. Decembre; pour mieux couvrirfes derrieres &fesflancspendantlamarche, il fit rompre tous les ponts fur la Varnes & prés de Rostock : aprés quoy l'armée dirigea fa marche fans starrêter la nuit, par uneinfinité de marais , de chemins creux & de défis TAGALANT lez, tout droit vers les Danois campez prés de Ga debufch. Le 19. elle arrivaà un dé filé trés- difficile nommé Vlenftrug; & comme on croyoit que les Danois en difputeroient le paffage, le LieutenantColonel Levenhaupt fut commandé avec trois cent chevaux , pour foûtenir l'avant-garde, qui étoit compofée de deux regimens de dragons de Stromfelt & de Marfcha? lek. Ceux-ci furent fuivis duMajorTaube,avecdeux, Aiij6 MERCURE cent pionniers du Lieutenant Colonel Bohm , avec cinq cent grenadiers du Lieutenant Colonel Cronftedt , avec huit pieces de canon. Aprés marcha le General Major Schomers avec trois bataillons Allemans commandez par les Colonels Jegez & Sivanlod. Enfuite le refte de * l'armée fur cinq colonnes , deux de cavalerie , deux d'infanterie , & l'artillerie avec les bagages au milieu. Mais le Lieutenant ge neral Ducker , qui comBuAGALANT 7 mandoit l'avant-garde , ayant fait fçavoir que l'ennemi, aulieu de défendre ce défilé , fe retiroit avec precipitation , l'on continua lamarche, & on s'approcha d'une demi-lieuë plus prés de l'ennemi , jufqu'aux endroits nommez Grothen & Lutkenbiztz , où, à caufe de la nuit qui furvint, l'arméefut obligée de faire alte & de fe repofer. Par des efpions & lettres interceptées l'onapprit que les Saxons étoient en pleine marche avec huit AiiijMERCURE 8 mille chevaux , foit pourfe joindre aux Danois , foir pour inquieter nos derrieres ; auffi la nuit les Danois tirerent trois coups de canon: maisfans s'alarmerle foldat paffa la nuit fur les armes. Le20. à lapointedujour, le Colonel Baffevitz futenvoyé avec deux cent che vaux pour reconnoître le camp des ennemis, & l'ar mée le fuivit fur cinq colonnes commelejour precedent. Ledit Coloneltomp bafur une desgardesavanGALANT. cées de l'ennemi , qui ſe retira. Il rapporta que les Danois étoient poftez fur unehauteurderriereun ma* rais , leur gauche appuyée fur la riviere de Gadebufch, & la droite fur une forêt. Monfieur le Maréchal de Stenbock, bien qu'incommodé d'une espece de ne phretique depuis quinze jours , montaàcheval pour voir lui- même la difpofition des ennemis , & les trouva fi avantageufement poſtez , qu'il n'y avoit pas. moyen d'en approcher ni30 MERCURE par la droite , ni par la gauche.:il n'yavoit qu'une petite ouverture de la largeur de mille pas environ, par laquelle feule on pouvoit aller à eux en défilant vis-à-vis le milieu de leur ligne. Le bord de la forêt & l'extremité de la droite de l'ennemi étoient fi bien garnis de moufqueterie , Loûtenue de cavalerie, qu'il étoit impoffible de percer par là. Cela obligea M. le Maréchal de faire com mencer fur le midi par une canonade de douze pieces,GALANT. durant laquelle l'armée s'a vançoit encoredavantage; & Monfieur le Maréchal fit les difpofitions fuivantes. Le Lieutenant Colonel Cronstedt & le Major Stiernhof, Officiers d'artillerie, eurent ordre de marcher les premiers avec trente pieces de canon , lefquel les, par une invention du dit Lieutenant Colonel, tiroient en chemin faiſant d'une viteffe incroyable. L'artillerie fut foûtenue par un bataillon d'Eckeblad12 MERCURE commandé par le Colonel Jeger, fuivi de fix bataillons du centre denôtrepremiere ligne ; à fçavoir, Un d'Eckeblad. Unde Schultz, Unde Nercke. Un de Vvermeland , & deux de Veſmanlan , commandez par les Majors Generaux Schomers , de la Gardie , Satkul & Eckeblad; & à latête des bataillons les Colonels fuivans. > Adlerfeltz , Falckemberg, le Lieutenant Colonel Groning, les Majors Uſedom ,GALANT, 13 Staren, Flycht , &Brunian, Enfuitefix autresbataillons de la droite , deux d'Ef fiborg, & d'Oftgoths,Licutenant Colonel , Lillie, & les MajorsSpalding &Modée. Delagauchedeuxbataillons Vveftgoths, &un d'Alecarle, Colonel Palm felt , Lieutenant Colonel Mentzer, Majors Didron & Levenhaupt. De plus, nos flancs du côté du bois &delacavaleriede lagau, che des ennemis , furent couverts chacun par une colonne la droite par le ;14 MERCURE regiment de Sudermanne, Colonel Schlipenbachk , &unbataillon d'Oftgoths, Lieutenant Colonel Stier nerantz: la gauche par un bataillon d'Alecarle , Lieutenant Colonel Fucks & deuxbataillonsHelfingues, ColonelHorn, Lieutenant ColonelBohm. Toutes ces troupeseurent ordre des'érendreà droite & à gauche au fortir de la trouée, & de former une ligne en marchant. La cavalerie de la droite marchoitfouslesordresdesGALANT Majors Generaux Marskalek & Mellin , compofée des dragons de Stromfelt & Levenftern, Lieutenans Colonels Plat & Buchet , & les Majors Bremer & Valdaw , des Vveftgoths cavalerie , Colonels Vvolfiat & Frolich , Lieutenant Colonel Keuler, & Major Lageverantz , de la cavalerie de Bremen, Colonel Ferfen , Lieutenant Colonel Tettenborn, & Major Kula , & des dragons de Baffevitz, Golonel Baffevitzi, & Lieutenant Colonel Revehel.16 MERCURE La gauche des Majors Generaux Afchenberg & Marderfelt, les dragonsde Marefchalk, ColonelMarf kalek, Lieutenant Colonel Levenhaupt , & Major Briel ; le regiment d'Afchenberg, Lieutenant ColonelFerſen , & MajorMegerhielm ; la cavalerie de Pomeranie,Colonel Roos, Lieutenant Colonel Brunner, & MajorVeichel, & les dragons de Mardelfelt, Lieutenant Colonel Oppenbuſch & Major Haring. Lacavalerie avoit orAcdoviAldreGALANT. dre de fuivrel'infanterie à droite & à gauche, & de tâcher de paffer un marais fur une ou deux colonnes , &aprés des'étendre für les deux aîles. Dans cet ordre , & avec le motdel'aide de Dieu de Jefus , l'armée avança contre l'ennemi en toute diligence , à la faveur de nôtre artillerie bien fervie, à laquelle celle des ennemis répondoit vivement : mais nonobftant leravage A qu'elle faifoit dans nos sangs, notreinfanterie con Janv. 1713, BMERCURE 18 tinua de s'avancer le mouf quet fur l'épaule. L'ennemi fit le premier fes décharges : mais les nôtres ne tirerent qu'à dix ou quinze pas ; ce quifitun fi grand effet , que tout ce qui fe trouva devant eux plia. Cependant la cavale rie de nôtre droite avançoit avec tant de fuccés , qu'elle renverfa à pluſieurs repriſes tout ce qui s'oppofoit à elle , des troupes fraî ches fuccedant toûjours à celles qui étoient battuës. La gauche gagna pareilleGALANT. 19. ment fon terrain , malgré le feu qu'en paffant elle effuyoit du bois ; & quoique quelques efcadrons.fuffent pouffez par le nombre des ennemis une fois ou deux , ils fe rallioient auffitôt , & 2 foûtenus parnôtre infante, rie, rompirent totalement ceux des ennemis. Durant l'action la cavalerie ennemie tenta à di verfes repriſes de percer nôtre infanterie : mais elle s'en retourna toûjours avec perte. L'infanterie. ennemie fe rallia plufieurs fois: mais Bij20 MERCURE fut auffi obligée de plierde nouveau. Un bataillon de grenadiers Danois s'étoit faifi du village de Vvackenfteen. Le GeneralMa jor Patkul , & fous lui le Colonel Schlippenback , avec le regiment de Suder manne , &le Lieutenant Colonel Stiernerants, avec les Oftgoths, furent com mandez pour les attaquer. Dans un inftant le village futemporté, & tout ce qui ne fut pas paffé au fil de l'épée fut fait prifonnier.i Il faut avouer que l'in*GALANT fanterie Danoife afait tous devoirs de bons "foldats s'étantralliée plufieursfois, &ayanttenu fermejuſqu'à ce qu'on l'ait forcée , la bayonnette au bout du fu fil, de fe rendre priſonniere. Plufieurs Officiers fe font battus en combatfin gulier pendant l'action , & entretuez. Les Suedois acharnez pendant uncertain temps, ont enfin fait quartier à ceux qui en demandoient, étant las de tuer. Lesfuyars ont été pourſuivis l'épéeMERCURE 22. dans les reins jufqu'à un lieu nommé Radegafe, où la nuit & les penibles défilez qui fe trouvent au-delà de cevillage , ont entièrementmis fin àcetteaction. Les ennemis étoientforts de dix-huit bataillons Das nois & quatre Saxons, de quarante-fept efcadrons. Danois , & trente-deux Saxons , quife joignirent aux Danois une heure avant le combat fous le General * Fleming ; en forte qu'ils étoient loixante & dix-neuf efcadrons & vingt-deux ouGALANT 23 bataillons. Les Suedois é toient forts de dix-neufbau taillons & cinquante-deux eſcadrons : mais il faut re marquer qu'à caufedesma lades , des traîneurs, & du détachement gardant les ? bagages, il s'en eft falu 200. à250. hommes, que les ba taillons n'ayent été complets , & qu'ainfi l'ennemi a été deux fois plus fort, fans parler defon terrain & duvent qu'il avoitfur nous. Maisnonobftant tout cela, il a étéforcé d'abandonner fon artillerie & tout fon24 MERCURE camp , aprésun combat de deux heures , d'où il avoit enlevé tout le meilleur de fon bagage, & mis en lieu de fûreté avant l'action. On ne sçauroit encore donner une lifte exacte dest bleffez , tuez ou prifonniers decôté & d'autre; mais des nôtres il n'ya eu de bleſſez que le Lieutenant General Ducker , deux Colonels > quelques Officiers fubalternes, & trois cent foldats. Des tuez il n'y a eu que deux Majors , quelquesbas Officiers , & 200. foldats. Du גGALANT. 23 Ducôté de l'ennemi il y a plufieurs Generaux,Colonels, & autres Officiers, & plus de deux mille morts & quatre mille prifonniers, parmi lesquels il y a plufieurs Generaux, Colonels, &autresOfficiers dediftinction. C'eſt ainfi qu'une poignée demonde,faiſant partie feulement de l'armée Suedoife , qui n'a pû être embarquée entierement à caufe de la faifon , & qui manquoit par confequent demille chofes,aremporté Janv.1713. C26 MERCURE de Dieu une par la grace victoire fignaléefur desennemis fort fuperieurs en nombre, & ayant abondance de toutes chofes.
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Résumé : Relation de la bataille de Gadebusch, gagnée par les Suedois sur les Danois & Saxons le 20. Dec. 1712.
La bataille de Ga debufch, remportée par les Suédois contre les Danois et les Saxons, eut lieu le 20 décembre 1712. Le maréchal Comte des Steenbock, anticipant l'arrivée des Danois pour se joindre aux Saxons et aux Moscovites, décida de déplacer son armée le 15 décembre afin de mieux protéger ses arrières et ses flancs. L'armée suédoise traversa des marais et des chemins difficiles pour atteindre les Danois campés près de Ga debufch. Le 19 décembre, elle arriva à un défilé nommé Vlenftrug, où le lieutenant-colonel Levenhaupt fut envoyé en avant-garde avec trois cents chevaux. Les Suédois continuèrent leur marche jusqu'à Grothen et Lutkenbiztz, où ils campèrent pour la nuit. Le 20 décembre, le colonel Baffevitz fut envoyé en reconnaissance. Les Danois étaient positionnés sur une hauteur derrière un marais, leur gauche appuyée sur la rivière de Gadebufch et leur droite sur une forêt. Steenbock, malgré une maladie, inspecta les positions ennemies et ordonna une canonade pour avancer. L'artillerie suédoise, suivie par l'infanterie et la cavalerie, avança en formation. La bataille débuta par une canonade, suivie d'une avancée de l'infanterie suédoise qui repoussa les Danois malgré leur résistance. La cavalerie suédoise réussit à percer les lignes ennemies, et les Danois furent finalement contraints de se rendre. Les Suédois capturèrent l'artillerie et le camp ennemi après un combat de deux heures. Les pertes suédoises furent légères, avec quelques blessés et morts, tandis que les Danois subirent de lourdes pertes, incluant plusieurs généraux et officiers, ainsi que plus de deux mille morts et quatre mille prisonniers. Cette victoire suédoise fut remportée malgré la supériorité numérique et matérielle des ennemis.
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25
p. 269-279
SUPPLEMENT aux Nouvelles de Hambourg.
Début :
L'armée des Princes confederez décampa du voisinage de Rensbourg [...]
Mots clefs :
Hambourg, Princes confédérés, Infanterie, Cavalerie, Général Steinbock, Tartares, Troupes ottomanes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLEMENT aux Nouvelles de Hambourg.
SUPPLEMENT
a,auuxx NNoouuvveelll•leess de HH»aapmÀbboouuorg. ,
L'armée des Princes confédérez
décampa du voisinage
de Rensbourg le 1r Février.
L'infanterie passa dans
la Ville, & la cavalerie traver
sal'Eyder à Oltereydc,
prenant l'une & l'autre la
route de la bruyere deCropper,
où le Roy de Dannr»
mark & le Czar se rendi.
rent le lendemain à desseins
de faire attaquer les Suédois
ducôté de Fredericstadr. Le
bruit avoir couru que dés le
mois dernier ils avoient fait
rétablir le pont de Hollingstede
sur la Trene mais on.
a appris que les Suedois l'avoient
confervé jusqu'au 4.,
Février qu'itss'etoïenrredré
avec leurartillerie, & que
le pont n'avoir pu être achevé
que le 8. au foir.
Le 3.'armée s'avança jusqu'au
grand Rayde malgrés
un vent violent & une pluie
continuelle, qui rompit les
chemins & rendit la marche
très penible.
Le 4. le General Bauditz
fut commandé avec trois
mille chevaux pour aller reconnoître
Fredericrtade,qu'-
on ne croyoit pas en état de
faire resistance : mais il trouva
que le General StatKelberg
qui y commande avoit
fait couper une digue de la
Trene qui avoit mondé les
environs de la place, le General
Bauditz fut contrains
de rejoindre l'armée, & napporta
que les avenues, de Frç*-
dericstadt étoient entierement
impraticables. Le Czar
ne pouvant le croire, voulut
y aller en personne avec un
corps de cavalerie, il entra
même dans l'inondation, il
la trouva si profonde qu'il
futobligéde revenir& de
changer le dessein d'attaquer
les Suedois de ce côté là qu'-
on croyoit le plus foible;
ainsi il fut resolu de faire
marcher l'armée du côté de
Husum, où l'onesperoit
trouver moins de dl£Iiculcé..
Le General Sreinbock paroît
resolu de se maintenir
dansle camp oùil est, & d'y
attendre l armée confédérée;
on assurequ'il a des vivres
pour trois ou quatre mois.
Il occupe du côté de Hufum
, une digue di ffenduë
par deux mille Suedois, où
il a faitconstruire un Fort,
il en a fait élever un autre
au deçà à Rentrum, & un
troisiéme à Schwabstedt sur
la Trene au dessus de Fredericstadt.
-Jt
,
Le General Steinbockenvoya
le 6. Février, un parti
de trois cens chevaux qui
passa à Husum & à Brcdûcdr,
&penetra jusqu'à Flesbourg
pour observer les ennemis
& obligerles païs mis àcontribution
de fournit les fou.
rages.
Le General Stackelberg
fait de son côté fortifier Fredericstadt
& les defilez qui
y conduisent.
On mande de Wismar
que le General Ducker y
étoit arrivé de Lubek entierement
gueri de la blessure
qu'ilavoit reçueau col à
la batailledeGidebusch,&
qu'il n'attendoit que l'occasion
d'aller joindre le Gene- PalSreinbock,
Les lettres de Stetin portent
que les prisonniers Danois
& Saxons y étoient bien
traitez, les soldats y étant
bien nourris, & les Officiers
ayans leurs épées & la permission
de se promener dans
la Ville, à la reserve du Major
Rose & d'un Capitaine,
tous deux Livoniens & sujets
du Roy de Suede
,
qui
font enfermez & gardez à
vue.
Les Lettres de
-
Pologne
portent qu'onavoit proposé
de pourvoir à la sureté
intérieure du Royaume~cfn
obligeant tous les membres
de la Republique à se réünit
auRoy Auguste, & déclarant
qu'autrement ils feroiebi
incessamment poursuivis,
leurs biensconfisquez & ~ou
condamnez comme traître à
la Patrie,néanmoins cette
affaire a été terminée, en leur
accordant le terme de six
mois pour venir reconnoître
ce Prince comme Roy legitime.
Que dans toutes lèsdisputes
qu'il avoic eu dans
la Chambres des Nonces,
on avoit fait de grandes
plaintes contre les Troupes
Saxoncs, que plusieurs
avoient demandé si on prétendoit
les comprendre dans
le nombre de celle de l'Armée
de la Couronne, &
dautres avoient proposé de
faire sortir du Royaume
toutes les Troupes auxiliaires
Saxoncs & Moscovites ; &
• comme il n'y avoit encore
rien de reglé, on croit que
la Diete fera prorogée d'autant
plus que le Roy Auguste
avoit resolu de retournet
incessamment en Saxe
On mande de Leopol du
2 1. que les Tartares étoient
en marche pour faire une
irrupnon en Moscovie, que
le Grand Seigneur continuait
de faire de grands préparanfs
pour la guerre ,
qu'il étaittoujoursdans le
dessein de se mettre à la
tcûc de son armée.
Plusieurs Bastimens arrivez
de Levant, ont apporté
des Lettres qui ont con.
firmé les nouvellesprecedentes,
touchant les grands
préparatifs de guerre que
faisoient les Turcs, dont la
principale arméedevait être
de cent cinquante mil hommes
& commandée par le
Sultan en personne & entrer
en Moscovie, pendant que
les Tattares, sous les ordres
du Roy de Suéde, marchcront
du costé de la Pologne.
Les Troupes Othomanes qui
étaient en quartier dans la
Bossine & dans l'Albanie
commencaient à marcher
pour aller vers Andrinople
où est le rendez-vous
général.
Suplement
a,auuxx NNoouuvveelll•leess de HH»aapmÀbboouuorg. ,
L'armée des Princes confédérez
décampa du voisinage
de Rensbourg le 1r Février.
L'infanterie passa dans
la Ville, & la cavalerie traver
sal'Eyder à Oltereydc,
prenant l'une & l'autre la
route de la bruyere deCropper,
où le Roy de Dannr»
mark & le Czar se rendi.
rent le lendemain à desseins
de faire attaquer les Suédois
ducôté de Fredericstadr. Le
bruit avoir couru que dés le
mois dernier ils avoient fait
rétablir le pont de Hollingstede
sur la Trene mais on.
a appris que les Suedois l'avoient
confervé jusqu'au 4.,
Février qu'itss'etoïenrredré
avec leurartillerie, & que
le pont n'avoir pu être achevé
que le 8. au foir.
Le 3.'armée s'avança jusqu'au
grand Rayde malgrés
un vent violent & une pluie
continuelle, qui rompit les
chemins & rendit la marche
très penible.
Le 4. le General Bauditz
fut commandé avec trois
mille chevaux pour aller reconnoître
Fredericrtade,qu'-
on ne croyoit pas en état de
faire resistance : mais il trouva
que le General StatKelberg
qui y commande avoit
fait couper une digue de la
Trene qui avoit mondé les
environs de la place, le General
Bauditz fut contrains
de rejoindre l'armée, & napporta
que les avenues, de Frç*-
dericstadt étoient entierement
impraticables. Le Czar
ne pouvant le croire, voulut
y aller en personne avec un
corps de cavalerie, il entra
même dans l'inondation, il
la trouva si profonde qu'il
futobligéde revenir& de
changer le dessein d'attaquer
les Suedois de ce côté là qu'-
on croyoit le plus foible;
ainsi il fut resolu de faire
marcher l'armée du côté de
Husum, où l'onesperoit
trouver moins de dl£Iiculcé..
Le General Sreinbock paroît
resolu de se maintenir
dansle camp oùil est, & d'y
attendre l armée confédérée;
on assurequ'il a des vivres
pour trois ou quatre mois.
Il occupe du côté de Hufum
, une digue di ffenduë
par deux mille Suedois, où
il a faitconstruire un Fort,
il en a fait élever un autre
au deçà à Rentrum, & un
troisiéme à Schwabstedt sur
la Trene au dessus de Fredericstadt.
-Jt
,
Le General Steinbockenvoya
le 6. Février, un parti
de trois cens chevaux qui
passa à Husum & à Brcdûcdr,
&penetra jusqu'à Flesbourg
pour observer les ennemis
& obligerles païs mis àcontribution
de fournit les fou.
rages.
Le General Stackelberg
fait de son côté fortifier Fredericstadt
& les defilez qui
y conduisent.
On mande de Wismar
que le General Ducker y
étoit arrivé de Lubek entierement
gueri de la blessure
qu'ilavoit reçueau col à
la batailledeGidebusch,&
qu'il n'attendoit que l'occasion
d'aller joindre le Gene- PalSreinbock,
Les lettres de Stetin portent
que les prisonniers Danois
& Saxons y étoient bien
traitez, les soldats y étant
bien nourris, & les Officiers
ayans leurs épées & la permission
de se promener dans
la Ville, à la reserve du Major
Rose & d'un Capitaine,
tous deux Livoniens & sujets
du Roy de Suede
,
qui
font enfermez & gardez à
vue.
Les Lettres de
-
Pologne
portent qu'onavoit proposé
de pourvoir à la sureté
intérieure du Royaume~cfn
obligeant tous les membres
de la Republique à se réünit
auRoy Auguste, & déclarant
qu'autrement ils feroiebi
incessamment poursuivis,
leurs biensconfisquez & ~ou
condamnez comme traître à
la Patrie,néanmoins cette
affaire a été terminée, en leur
accordant le terme de six
mois pour venir reconnoître
ce Prince comme Roy legitime.
Que dans toutes lèsdisputes
qu'il avoic eu dans
la Chambres des Nonces,
on avoit fait de grandes
plaintes contre les Troupes
Saxoncs, que plusieurs
avoient demandé si on prétendoit
les comprendre dans
le nombre de celle de l'Armée
de la Couronne, &
dautres avoient proposé de
faire sortir du Royaume
toutes les Troupes auxiliaires
Saxoncs & Moscovites ; &
• comme il n'y avoit encore
rien de reglé, on croit que
la Diete fera prorogée d'autant
plus que le Roy Auguste
avoit resolu de retournet
incessamment en Saxe
On mande de Leopol du
2 1. que les Tartares étoient
en marche pour faire une
irrupnon en Moscovie, que
le Grand Seigneur continuait
de faire de grands préparanfs
pour la guerre ,
qu'il étaittoujoursdans le
dessein de se mettre à la
tcûc de son armée.
Plusieurs Bastimens arrivez
de Levant, ont apporté
des Lettres qui ont con.
firmé les nouvellesprecedentes,
touchant les grands
préparatifs de guerre que
faisoient les Turcs, dont la
principale arméedevait être
de cent cinquante mil hommes
& commandée par le
Sultan en personne & entrer
en Moscovie, pendant que
les Tattares, sous les ordres
du Roy de Suéde, marchcront
du costé de la Pologne.
Les Troupes Othomanes qui
étaient en quartier dans la
Bossine & dans l'Albanie
commencaient à marcher
pour aller vers Andrinople
où est le rendez-vous
général.
Suplement
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Résumé : SUPPLEMENT aux Nouvelles de Hambourg.
Le 1er février, l'armée des Princes confédérés quitta Rensbourg et se dirigea vers la bruyère de Cropper. L'infanterie entra dans la ville tandis que la cavalerie traversa l'Eyder à Oltereydc. Le roi de Danemark et le czar planifièrent une attaque contre les Suédois à Fredericstadt. Des rumeurs indiquaient que les Suédois avaient rétabli un pont à Hollingstede, mais celui-ci ne fut achevé que le 8 février. Le 3 février, malgré des conditions météorologiques difficiles, l'armée avança jusqu'au grand Rayde. Le général Bauditz fut envoyé reconnaître Fredericstadt, mais découvrit que les environs étaient inondés en raison de la coupure d'une digue par le général Stackelberg. Le czar, incrédule, constata l'inondation et l'armée décida de se diriger vers Husum. Le général Steinbock se préparait à défendre sa position en occupant plusieurs points stratégiques et en construisant des forts à Rentrum et Schwabstedt. Le 6 février, il envoya des troupes observer les ennemis et réquisitionner des fournitures. De son côté, le général Stackelberg fortifiait Fredericstadt. À Wismar, le général Ducker, guéri de ses blessures, se préparait à rejoindre Steinbock. En Pologne, des mesures furent prises pour assurer la sécurité intérieure en obligeant les membres de la République à reconnaître le roi Auguste comme légitime. Des plaintes furent également formulées contre les troupes saxonnes et moscovites. Des nouvelles de Léopold indiquaient que les Tartares se préparaient à envahir la Moscovie, et que les Turcs faisaient de grands préparatifs de guerre. La principale armée turque, commandée par le sultan, devait entrer en Moscovie tandis que les Tartares, sous les ordres du roi de Suède, marcheraient vers la Pologne. Les troupes ottomanes se dirigeaient vers Andrinople pour le rassemblement général.
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26
p. 61-70
MORT.
Début :
Le Marquis de Lostanges Chevalier de l'Ordre Militaire de Saint Loüis [...]
Mots clefs :
Régiment, Mort, Cavalerie, Bataille, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORT.
MORT.
LE Marquis de Loftanges
Chevalier de l'Ordre
Militaire de SaintLouis
Colonel du Regiment de,
Lostanges Infanrerie,mourut
en cette Ville le huit
Avril
,
âgé de trente ans.
Il estoit iflii de la Maison
de Lostanges, une desplus
illustres&anciennes du Li
mousin.Ellen'estpasmoins
recommandable par ses alliances
que par les grands
hommes quelle a produits.
Dans le douzième fiecltf
elleestoit trèsconnuë sous
le nom des Aymar de Lofranges.
La Branche aisnée
finitfous Henry IV. par le
fameux duel du Seigneur
de Loftanges avec le Seigneur
de S. Chamans du
Pescher; & ce fut dans ce
temps-là que la Terre de
Lostanges passa dans la
Maison de Pierre-Bussiere
par le mariage d'une fille
de Lostanges
,
d'où sont
descendus le Marquis de
Lostanges, Lieutenant des
Gardes du Roy,qui fut tué
devant Mons en 1691. Le
Comte de Lostanges qui
commandoit la Cavalerie
de Brandebourg en Italie,
& le Marquis de Lostanges
mort en Flandres en 1707.
Colonel du Regiment de
Lostanges,& Brigadierdes
armées du Roy. - -' Des l'an 1406. Jean Aymar
de Lostanges daneson fentrai de mariage avec
Anthoinette de Veirines
dite de Limeüil Dame de
saint Alvaireen Perigord
-, il prend la qualitéde Cheyalier
hDt-& puissant Seigneur
, iflii de la noble&
ancienne famille de Lo£
canges en Limousin.C'est
deluy que descendent les
Marquis de saint Alvaire
en Perigord
,
quiestaujourd'huy
la Branche aisnée,
les Marquis de Bedüer
& de Felzins en Querci,
donc estoit le Marquis de
Lostanges qui vient de
mourir, qui le distingua si
fort au Sièged'Aire en
1710. sur tout à la défense
du Chemin couvert, où il
s'attira l'estime de toute la
garnison. Il estoit fils de
Jean Margarit de Lostanges
ges Marquis de Felzins,
Capitaine dans le Régiment
de Monseigneur le
Duc de Bourgogne, Cavalerie,&
de Marguerite de
Corn Dampare
,
duquel
mariage est issu aussi Hiacinte
Marquis de Felzins
Capitaine dans Royal,
Roussillon Cavalerie
,
quiJ
atousjours servi avec beaucoup
de distinction. Leur
pere estoit fils puisné de
Jean-Louis de Loftanges
Comte de Bedüer Capitaine
commandant le Regiment
de Candale, Cavalerie
; ôc de Francoise de
Gourdon Genoüillac de
Vaillac.L'aisné estoit
François-Louis de Lostanges,
Marquis deBediier^
Capitaine de Cavalerie
dans le Regiment de Saus- eréJqui fut blessé d'un coup
de pistoler à la gorge prés
de Francfort en 1674. Il
mourut en 1671. Colonel
d'un Regiment d'Infanterie
des Milices de Roüergue
:
il avoitépousé Renée
Menardeau fille de
Claude Menardeau de
Champré Doyen du Par1cment,
Con seillerd'f. stat,
Diredeur & Controlleur
General des Finances, ôc
de Catherine Henry son
épouse
,
duquel mariage
sont iiïus Loüis-Henry
Comte de Bedüerqui fut
b'çffé à la Bataille de Fleurus,
Commandaht un Escadron
du Regiment du Rosel
: Emanuël Marquis de
Lostanges
,
Capitaine de
Cavalerie dans le Regiment
de Vaillac
,
tué en
Flandres en 1701. Jacques
Qit leChevalier deBeduer, i
Capitaine de Cavalerie
dans le Regiment de Vivans
S. Christotuéà la Bataille
de Fridlingen, Laurent
dit le ChevalierdeLostanges,
blessé au combat de
Lessingue ; & à la dernière
Batailled'Hocstet il commandoit
un Escadron où il
prit une paire de timbales.
En1711.enallantensemestreilfut
attaqué par un parti,
prit & blessa le partisan
qu'il conduisit à Abbeville:
Laurens,dit le Chevalier
de Bedüer, fut blessé â la
Bataille de Malplaquet:
autre Laurens dit le Baron
deBullac, Cornette
dans la Compagnie de son
Pere dans le Regiment de
Vivans S. Christo,fut tué
à la premiere Bataille de
Hocstet. Ils descendent
tous de Louis-François de
Loftanges leur bisayeul, &
de Jeanne de Marquessac,
qui servit fous les Rois
Henry IV.& LouisXIII.
en qualité de Colone l d'un
Regiment d'Infanterie,&
il fit en sa faveurque la
Baronnie de Bedüer fut
érigée en Vicomté. De la
Branche de faine Alvaire
est aussi sortie la Branche
des Comtes de Pailhé en
Xainconge.
Cette Maison est alliée
àcelles de Limeüil
,
d'Ufez,
d'Estrées, de Fenelon
Menardeau , - Champré
y Montmorency
-
Laval,
Montberon,Vaillac
,
Cadrieu,
Ebrard, S. Suplice,
&c.
LE Marquis de Loftanges
Chevalier de l'Ordre
Militaire de SaintLouis
Colonel du Regiment de,
Lostanges Infanrerie,mourut
en cette Ville le huit
Avril
,
âgé de trente ans.
Il estoit iflii de la Maison
de Lostanges, une desplus
illustres&anciennes du Li
mousin.Ellen'estpasmoins
recommandable par ses alliances
que par les grands
hommes quelle a produits.
Dans le douzième fiecltf
elleestoit trèsconnuë sous
le nom des Aymar de Lofranges.
La Branche aisnée
finitfous Henry IV. par le
fameux duel du Seigneur
de Loftanges avec le Seigneur
de S. Chamans du
Pescher; & ce fut dans ce
temps-là que la Terre de
Lostanges passa dans la
Maison de Pierre-Bussiere
par le mariage d'une fille
de Lostanges
,
d'où sont
descendus le Marquis de
Lostanges, Lieutenant des
Gardes du Roy,qui fut tué
devant Mons en 1691. Le
Comte de Lostanges qui
commandoit la Cavalerie
de Brandebourg en Italie,
& le Marquis de Lostanges
mort en Flandres en 1707.
Colonel du Regiment de
Lostanges,& Brigadierdes
armées du Roy. - -' Des l'an 1406. Jean Aymar
de Lostanges daneson fentrai de mariage avec
Anthoinette de Veirines
dite de Limeüil Dame de
saint Alvaireen Perigord
-, il prend la qualitéde Cheyalier
hDt-& puissant Seigneur
, iflii de la noble&
ancienne famille de Lo£
canges en Limousin.C'est
deluy que descendent les
Marquis de saint Alvaire
en Perigord
,
quiestaujourd'huy
la Branche aisnée,
les Marquis de Bedüer
& de Felzins en Querci,
donc estoit le Marquis de
Lostanges qui vient de
mourir, qui le distingua si
fort au Sièged'Aire en
1710. sur tout à la défense
du Chemin couvert, où il
s'attira l'estime de toute la
garnison. Il estoit fils de
Jean Margarit de Lostanges
ges Marquis de Felzins,
Capitaine dans le Régiment
de Monseigneur le
Duc de Bourgogne, Cavalerie,&
de Marguerite de
Corn Dampare
,
duquel
mariage est issu aussi Hiacinte
Marquis de Felzins
Capitaine dans Royal,
Roussillon Cavalerie
,
quiJ
atousjours servi avec beaucoup
de distinction. Leur
pere estoit fils puisné de
Jean-Louis de Loftanges
Comte de Bedüer Capitaine
commandant le Regiment
de Candale, Cavalerie
; ôc de Francoise de
Gourdon Genoüillac de
Vaillac.L'aisné estoit
François-Louis de Lostanges,
Marquis deBediier^
Capitaine de Cavalerie
dans le Regiment de Saus- eréJqui fut blessé d'un coup
de pistoler à la gorge prés
de Francfort en 1674. Il
mourut en 1671. Colonel
d'un Regiment d'Infanterie
des Milices de Roüergue
:
il avoitépousé Renée
Menardeau fille de
Claude Menardeau de
Champré Doyen du Par1cment,
Con seillerd'f. stat,
Diredeur & Controlleur
General des Finances, ôc
de Catherine Henry son
épouse
,
duquel mariage
sont iiïus Loüis-Henry
Comte de Bedüerqui fut
b'çffé à la Bataille de Fleurus,
Commandaht un Escadron
du Regiment du Rosel
: Emanuël Marquis de
Lostanges
,
Capitaine de
Cavalerie dans le Regiment
de Vaillac
,
tué en
Flandres en 1701. Jacques
Qit leChevalier deBeduer, i
Capitaine de Cavalerie
dans le Regiment de Vivans
S. Christotuéà la Bataille
de Fridlingen, Laurent
dit le ChevalierdeLostanges,
blessé au combat de
Lessingue ; & à la dernière
Batailled'Hocstet il commandoit
un Escadron où il
prit une paire de timbales.
En1711.enallantensemestreilfut
attaqué par un parti,
prit & blessa le partisan
qu'il conduisit à Abbeville:
Laurens,dit le Chevalier
de Bedüer, fut blessé â la
Bataille de Malplaquet:
autre Laurens dit le Baron
deBullac, Cornette
dans la Compagnie de son
Pere dans le Regiment de
Vivans S. Christo,fut tué
à la premiere Bataille de
Hocstet. Ils descendent
tous de Louis-François de
Loftanges leur bisayeul, &
de Jeanne de Marquessac,
qui servit fous les Rois
Henry IV.& LouisXIII.
en qualité de Colone l d'un
Regiment d'Infanterie,&
il fit en sa faveurque la
Baronnie de Bedüer fut
érigée en Vicomté. De la
Branche de faine Alvaire
est aussi sortie la Branche
des Comtes de Pailhé en
Xainconge.
Cette Maison est alliée
àcelles de Limeüil
,
d'Ufez,
d'Estrées, de Fenelon
Menardeau , - Champré
y Montmorency
-
Laval,
Montberon,Vaillac
,
Cadrieu,
Ebrard, S. Suplice,
&c.
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Résumé : MORT.
Le texte relate la mort du Marquis de Loftanges, Chevalier de l'Ordre Militaire de Saint-Louis et Colonel du Régiment de Lostanges Infanterie, survenue le 8 avril à l'âge de trente ans. Le Marquis appartenait à une des plus illustres et anciennes maisons du Limousin, connue sous le nom des Aymar de Loftanges depuis le douzième siècle. La branche aînée de cette famille s'est éteinte sous Henri IV à la suite d'un duel. La terre de Lostanges est passée dans la Maison de Pierre-Bussiere par le mariage d'une fille de Lostanges, d'où sont descendus plusieurs Marquis de Lostanges. Parmi eux, un Lieutenant des Gardes du Roi fut tué devant Mons en 1691, un Comte commanda la Cavalerie de Brandebourg en Italie, et un Marquis mourut en Flandres en 1707. Le Marquis de Lostanges récemment décédé appartenait à la branche des Marquis de Saint-Alvaire en Périgord, actuellement la branche aînée. Il s'est distingué lors du siège d'Aire en 1710, notamment à la défense du chemin couvert. Il était le fils de Jean Margarit de Lostanges, Marquis de Felzins, et de Marguerite de Corn Dampare. La famille de Lostanges compte plusieurs membres ayant servi avec distinction dans divers régiments de cavalerie et d'infanterie. Parmi eux, Hiacinte Marquis de Felzins et Louis-François de Loftanges, Colonel d'un Régiment d'Infanterie, ont servi sous les rois Henri IV et Louis XIII. La Maison de Lostanges est alliée à de nombreuses familles nobles, dont Limeüil, d'Ufé, d'Estrées, et Montmorency.
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27
p. 219-225
LETTRE DE L'ARMÉE au Camp de Spire le 5. de Juin 1713. au C. de L, par etc.
Début :
L'armée du Roy vient d'executer un projet bien difficile, & [...]
Mots clefs :
Armée, Maréchal, Manœuvre , Escadrons, Bataillons, Stratégie, Ennemis, Cavalerie
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE DE L'ARMÉE au Camp de Spire le 5. de Juin 1713. au C. de L, par etc.
LETTRE DE L'ARMEE
auCampdeSpirele j.de
Juin 1713. auC.deL.
par &c.
L'armée du Roy vient
d'executer un projet bien
difficile, & dont l'utilité
fera grande; il ne pouvoit
reunir que par une extréme
diligence & un profond
secret; & pour y par-
, venir Monsieur le Mareschal
de Villars ayant refpandu
dans tout le pays
qui est entre Haguenav
& Lauterbourg les troupes
qu'il a trouvées en Alsace,
a donné ses ordres de maniere
que dans la mesme
nuit l'armée s'est affem.
blée,formée en marchant,
& tel bataillon a fait seize
lieuës en vingt heures.Cette
diligence prodigieuse a
tellement surpris les Ennemis
, que la teste de l'armée
composée de vingtdeux
Escadrons & cent
cinquante six Bataillons &
mille grenadierscommandez
par Mr le Comte de
Broglio, Mr de Montpou
Mareschal de Camp , &
Mr deChassenet Brigadiers
, & arrivez sur la digue
de Philisbourg à onze
heures du soir, cela a occupé
toutes les troupes de
l'Empereur estant campées
fous Philisbourg, où
le Prince Eugene est arrivé
le vingt-quatre du mois
passé.. Mr le Mareschal
partit de Strasbourg le trois
à neuf heures du matin
vint , en posteauFort-Loüis.
Il avoit fait trouver Mr le
Chevalier d'Asfelds avec
un corps de Cavalerie
d'Infanterie , & du canon à
la teste de l'Isle de Selingue.
Mr le Marcfchal
se promena jusqu'à l'entrée
de la nuit sur le chemin
de Rastas, & on noubliarien
de tout ce qui
pouvoit persuader aux Ennemis
que l'on vouloit
marcher à leurs lignes
d'Estinguen.-
Dès le mesme soir Mr
le Marcfchal s'en alla en
poste à Lauterbourg, se
mit à la teste des troupes
avec les Comtes du Bourg,
de saint Fremont,Albergoti
, Vivans, Coigny ,
Montperoux
,
& le Marquis
de Broglio, de Guerchoir
Mareschaux de
Camp
*
& l'on marcha
tousjours sans faire d'autre
alte qu'une de trois heures.
Les soldats soustenants
avec un courage surprenantune
fatigue aussi violence,
Mr le Mareschal les
confolanc en marchant.
leur disant que l'on ne pouvoit
reüssir que par de telles
peines. L'on ne peut
assez louer leurs rcfponfes
& leur bonne volonté; il
ca vray qu'ils se sont un
peu desalterez ce matin le
pays estans plein de vin,
ils l'ont bien merité, ilseroit
difficile de leur en faire
distribuer par ordre, & un
petit desordre de quelques
heures est pardonnable
dans de certaines occasions.
Voilal'armée du
Roy dans le milieu du
Palatinat & des Electorats
de Treves & de Mayence
en estat de faire le siege de
Landau,&dans une abondance
de fourrage
,
qui
fourniroit à quatre cens
Escadrons pendant. toute
la Campagne si on veut
les envoyer dans ce pays,
l'armée des Ennemis estant
assemblée dès le vingt quatre
,
& ils avoient près de
cent Escadrons plus que
nous. Mr le Mareschal
ayant préferé la diligence
au nombre de trou pes, &
n'ayant que soixante Escadrons.
Il n'est arrivé des
troupes de l'armée de la
Moselle que celles que Mr
de Vivans a amenées.
auCampdeSpirele j.de
Juin 1713. auC.deL.
par &c.
L'armée du Roy vient
d'executer un projet bien
difficile, & dont l'utilité
fera grande; il ne pouvoit
reunir que par une extréme
diligence & un profond
secret; & pour y par-
, venir Monsieur le Mareschal
de Villars ayant refpandu
dans tout le pays
qui est entre Haguenav
& Lauterbourg les troupes
qu'il a trouvées en Alsace,
a donné ses ordres de maniere
que dans la mesme
nuit l'armée s'est affem.
blée,formée en marchant,
& tel bataillon a fait seize
lieuës en vingt heures.Cette
diligence prodigieuse a
tellement surpris les Ennemis
, que la teste de l'armée
composée de vingtdeux
Escadrons & cent
cinquante six Bataillons &
mille grenadierscommandez
par Mr le Comte de
Broglio, Mr de Montpou
Mareschal de Camp , &
Mr deChassenet Brigadiers
, & arrivez sur la digue
de Philisbourg à onze
heures du soir, cela a occupé
toutes les troupes de
l'Empereur estant campées
fous Philisbourg, où
le Prince Eugene est arrivé
le vingt-quatre du mois
passé.. Mr le Mareschal
partit de Strasbourg le trois
à neuf heures du matin
vint , en posteauFort-Loüis.
Il avoit fait trouver Mr le
Chevalier d'Asfelds avec
un corps de Cavalerie
d'Infanterie , & du canon à
la teste de l'Isle de Selingue.
Mr le Marcfchal
se promena jusqu'à l'entrée
de la nuit sur le chemin
de Rastas, & on noubliarien
de tout ce qui
pouvoit persuader aux Ennemis
que l'on vouloit
marcher à leurs lignes
d'Estinguen.-
Dès le mesme soir Mr
le Marcfchal s'en alla en
poste à Lauterbourg, se
mit à la teste des troupes
avec les Comtes du Bourg,
de saint Fremont,Albergoti
, Vivans, Coigny ,
Montperoux
,
& le Marquis
de Broglio, de Guerchoir
Mareschaux de
Camp
*
& l'on marcha
tousjours sans faire d'autre
alte qu'une de trois heures.
Les soldats soustenants
avec un courage surprenantune
fatigue aussi violence,
Mr le Mareschal les
confolanc en marchant.
leur disant que l'on ne pouvoit
reüssir que par de telles
peines. L'on ne peut
assez louer leurs rcfponfes
& leur bonne volonté; il
ca vray qu'ils se sont un
peu desalterez ce matin le
pays estans plein de vin,
ils l'ont bien merité, ilseroit
difficile de leur en faire
distribuer par ordre, & un
petit desordre de quelques
heures est pardonnable
dans de certaines occasions.
Voilal'armée du
Roy dans le milieu du
Palatinat & des Electorats
de Treves & de Mayence
en estat de faire le siege de
Landau,&dans une abondance
de fourrage
,
qui
fourniroit à quatre cens
Escadrons pendant. toute
la Campagne si on veut
les envoyer dans ce pays,
l'armée des Ennemis estant
assemblée dès le vingt quatre
,
& ils avoient près de
cent Escadrons plus que
nous. Mr le Mareschal
ayant préferé la diligence
au nombre de trou pes, &
n'ayant que soixante Escadrons.
Il n'est arrivé des
troupes de l'armée de la
Moselle que celles que Mr
de Vivans a amenées.
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Résumé : LETTRE DE L'ARMÉE au Camp de Spire le 5. de Juin 1713. au C. de L, par etc.
Le 1er juin 1713, l'armée du Roi, dirigée par le Maréchal de Villars, a mené une opération militaire réussie. Les troupes ont été secrètement déployées entre Haguenau et Lauterbourg, parcourant seize lieues en vingt heures pour surprendre les ennemis à Philisbourg. Cette manœuvre a pris au dépourvu les troupes de l'Empereur, commandées par le Prince Eugène. Le Maréchal de Villars a ensuite rejoint le Chevalier d'Asfeld à Fort-Louis avec des forces de cavalerie, d'infanterie et d'artillerie. Il a inspecté les troupes, feignant une marche vers les lignes ennemies d'Estinguen, avant de se rendre à Lauterbourg pour prendre la tête des troupes. L'armée a continué sa marche sans pauses significatives, les soldats supportant la fatigue avec courage. Encouragés par le Maréchal, ils ont pu se désaltérer grâce à l'abondance de vin dans la région. L'armée se trouve désormais au cœur du Palatinat et des Électorats de Trèves et de Mayence, prête à assiéger Landau. Elle dispose de fourrage suffisant pour quatre cents escadrons pendant toute la campagne, malgré la supériorité numérique des ennemis. Seules les troupes de Monsieur de Vivans de l'armée de la Moselle ont participé à cette opération.
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28
p. 280-284
INFANTERIE devant Landau.
Début :
BATAILLONS. Navarre 3 La Marinne 3 Poitou 2 Tallart 2 [...]
Mots clefs :
Infanterie, Bataillons, Cavalerie, Escadrons, Dragons, Tranchée, Bombardiers, Artillerie, Landau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : INFANTERIE devant Landau.
INFANTERIE
devant Landau.
BATAILLONS.
Navarre 3
La Marinnc 3
Poitou z
Tallart z
Dauphin 3
Saillans 1 LaChenelay 2.
Orleans z
Vermandois JL
Rouergue 2.
Sourche
- z
Medoc z :
Provence z
1 Toulouse
1
Touloule FPlanedrresigordI2z. Xaintonge. 2.
Beaujolois
2r Perry i
Auxerrois z. Royal Bavière i
Dillon i
Lagcrvefaisx Bout bon z
A1face +
Villars 3 Brendelc 3 Royal Artillerie
2r Bombardiers i
Total. 60
CAVALERIE.
ESCADRONS.
Royal 3
Cuirassiers 3
Dauphin J
Chartres 3
Dutrone 3
Villeroy 3
Hudicourt z
Bonzol L
Aubusson J,
Rennepont *
Saint Germain J,
Marcillac ,,-.tt x
Saint Pouanges
Biffon. 1
Roye 2.
Fontaine 2,
Total 39 DRAGONS.
MeftredeCamp 3
Dauphin
p
3
Foix-3
Le Chevalier de Belleifle
Total12.3
Par le Courier arrivé le
20. de ce mois la Tranchée
doit s'ouvrir le
2. 4.
La nouvelle Edition des
Essais ôc Recherches de
Mathématique & dePhysique
de Mr Parent, contenant
deux anciens volumes
fort augmentez, & un
troisiéme tout nouveau, se
vend actuellement chez JNully,ruësaint Jacques,
& C. Jombert, attenant les
grands Augustins ,
six liv.
reliée en veau.
devant Landau.
BATAILLONS.
Navarre 3
La Marinnc 3
Poitou z
Tallart z
Dauphin 3
Saillans 1 LaChenelay 2.
Orleans z
Vermandois JL
Rouergue 2.
Sourche
- z
Medoc z :
Provence z
1 Toulouse
1
Touloule FPlanedrresigordI2z. Xaintonge. 2.
Beaujolois
2r Perry i
Auxerrois z. Royal Bavière i
Dillon i
Lagcrvefaisx Bout bon z
A1face +
Villars 3 Brendelc 3 Royal Artillerie
2r Bombardiers i
Total. 60
CAVALERIE.
ESCADRONS.
Royal 3
Cuirassiers 3
Dauphin J
Chartres 3
Dutrone 3
Villeroy 3
Hudicourt z
Bonzol L
Aubusson J,
Rennepont *
Saint Germain J,
Marcillac ,,-.tt x
Saint Pouanges
Biffon. 1
Roye 2.
Fontaine 2,
Total 39 DRAGONS.
MeftredeCamp 3
Dauphin
p
3
Foix-3
Le Chevalier de Belleifle
Total12.3
Par le Courier arrivé le
20. de ce mois la Tranchée
doit s'ouvrir le
2. 4.
La nouvelle Edition des
Essais ôc Recherches de
Mathématique & dePhysique
de Mr Parent, contenant
deux anciens volumes
fort augmentez, & un
troisiéme tout nouveau, se
vend actuellement chez JNully,ruësaint Jacques,
& C. Jombert, attenant les
grands Augustins ,
six liv.
reliée en veau.
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Résumé : INFANTERIE devant Landau.
Le document décrit les unités militaires françaises engagées dans une opération près de Landau. L'infanterie est composée de 60 bataillons, incluant des unités telles que Navarre, La Marine et Poitou. La cavalerie compte 39 escadrons, avec des régiments comme Royal, Cuirassiers et Dauphin. Les dragons comprennent des régiments tels que MeftredeCamp, Dauphin et Foix, totalisant 12,3 unités. La tranchée doit s'ouvrir le 2 avril, selon un courrier reçu le 20 du mois en cours. Par ailleurs, la nouvelle édition des 'Essais et Recherches de Mathématique & de Physique' de Mr Parent est disponible chez J. Nully et C. Jombert, au prix de six livres reliée en veau.
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29
p. 123-124
Estat des troupes qui sont dans Landau.
Début :
BATAILLONS. Palatin. Nassau, 1. Chomberne, Mayence, 1. [...]
Mots clefs :
Bataillons, Troupes, Landau, Escadrons, Compagnie, Cavalerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estat des troupes qui sont dans Landau.
Bfiat des troupes qui sont
, dans Landau.
BATAILLONS.
v Palatin.
Nassau, I.
Chomberne, 1.
Mayence.
Goler, 2.
Franconie.
Darmstat, 2.
Anhalt, 2. DtfHf/f.
Anspach, I.
Imperiaux.
Gombertein, I.
Dornay, I.
DeBens, 1.
Total 12. bataillons.
Et3. escadrons d'Hussars,
& une compagnie franche
de cavalerie.
, dans Landau.
BATAILLONS.
v Palatin.
Nassau, I.
Chomberne, 1.
Mayence.
Goler, 2.
Franconie.
Darmstat, 2.
Anhalt, 2. DtfHf/f.
Anspach, I.
Imperiaux.
Gombertein, I.
Dornay, I.
DeBens, 1.
Total 12. bataillons.
Et3. escadrons d'Hussars,
& une compagnie franche
de cavalerie.
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30
p. 226-227
Nouvelles de Flandres.
Début :
Les Lettres de Gand & de Bruges portent que trois [...]
Mots clefs :
Cavalerie, Flandres, Garnison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Flandres.
Nouvelles de Flandres.
LesLettres de Gand &
de Brugesportent que trois
Regiments de cavalerie
Anglois qui y estoient en
garnison, en estoient partis
pour s'aller embarquer
& repasser en Angleterre,
que le General Sabin
ayant découvert que quel.t
ques soldats tramoient une
nouvelle conspiration, avoit
fait venir de Bruges
quelques Regiments de
Dragons qui arriverent le
11. Juillet à trois heures du
matin, & occu perent les
avenuës des casernes,qu'on
y avoit pris les autheurs du
précedent tumulte, qui
aprés un Conseil de guerre
furent arquebufez le lendemain
avec cinq autres.
LesLettres de Gand &
de Brugesportent que trois
Regiments de cavalerie
Anglois qui y estoient en
garnison, en estoient partis
pour s'aller embarquer
& repasser en Angleterre,
que le General Sabin
ayant découvert que quel.t
ques soldats tramoient une
nouvelle conspiration, avoit
fait venir de Bruges
quelques Regiments de
Dragons qui arriverent le
11. Juillet à trois heures du
matin, & occu perent les
avenuës des casernes,qu'on
y avoit pris les autheurs du
précedent tumulte, qui
aprés un Conseil de guerre
furent arquebufez le lendemain
avec cinq autres.
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Résumé : Nouvelles de Flandres.
Trois régiments de cavalerie anglaise ont quitté Gand et Bruges pour l'Angleterre. Le général Sabin a découvert une conspiration parmi les soldats. Des dragons de Bruges ont occupé les casernes le 11 juillet. Huit conspirateurs ont été exécutés après un conseil de guerre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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31
p. 73-84
Nouvelles d'Espagne.
Début :
Les lettres de Madrid portent que le Roy a donné [...]
Mots clefs :
Grenadiers, Archidiacre, Commissaire général, Madrid, Tolède, Grenade, Abbaye, Cavalerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Espagne.
Nouvelles d'E'/pagne.
Les lettres de Madrid
portent que le Roy a donné
la Charge de Regent de
l'Audiance de Seville à Don
Manuel de Torrés, Auditeur
du même Tribynal;
celle de Commissaire géneral
de la Croizade, que
possedoit Don Francisco
Rodriguez de Mendaros
Queta, Archidiacre de Maddrriidd,
à Don Philippe Antoj~
a Plil
nio deTaboada, President
de l'Audiance de Valladolid
; & celle de Regent du
fuprêmc Conseil de Navarre,
vacante par le decés
de Don Carlos de la Penna,
à Don Pedro Afan de
Ribera: que le Roy a ordonné
que dés le commencement
de l'année on afferme
les revenus des vingt
& une Provinces ou districts,
dans lesquelles ce
Royaume est partagé, a
vin gt & une personnes,chacune
desquelles fera chargée
de recevoir tous les revveennuuss&&
iimmppoosritions des
pays pour lesquels ils feront
destinez. Que les quatre
Presidens du Conseil des
Finances ont ordre de regler
ces Fermes de la maniere
suivante.
L'Evêque de Gironne
fera Directeur de celles de
Cordouë
,
de Jaen, de Seville,
de Grenade, de Murcie
& de Cuenca.
Le Marquis de Campo
Florido de celles de Borgos,
de Galice, de Zamo
ra ,
de Toro, de Salamanque
&: de Valladolid.
Don Sebastian Garcia
Romero de cellesd'Avila,
de Guadalaxara, de Palencia,
de Leon & d'Estramadure.
Don Manuel Antonio de
Azevedo de celles de Tolede
,
de la Manche, de Madrid,
deSegovie&deSoria.
Que Sa Majesté a nommé
à l'Evêché de SiguençaDon
Francisco * Rodriguez de
MendarozQueta, Commissaire
general de laCroizade
&Archidiacre de Madrid.
A l'Archevêché de Sarragosse
Don Manuel de
Araziel Evêque de Leon.
A l'Evêché de Leon Don
Joseph de Ulzurrun & Aslança,
Archidiacre de Daroca.
A l'Evêché de Jaen l'Eveque
de Segorbe.
A l'Evêché de Segorbe
Don Diego Munno Vaquerizo,
Inquisiteur de Valence.
A l'Evêché de Horihuela
Don Joseph de Espeja &
Cisneros
,
Archidiacre de
Malaga.
A l'Evêché de Salamanque
l'Evêque de Tortose.
A l'Evêché de Tortose
Don Juan Miguelez, President
de Grenade.
A l'Evêché des Canaries
Don Lucas Conciero
&Molina.
A l"Evêché de Ciudad-
Rodrigo Don Santos de
San Pedro Inquisiteur.
A l'Evêché d'Urgel Don
Simon de Guinda & Aperregni,
Abbé de saintIsidore
de Leon.
Sa Majesté a aussi donné
l'Abbaye de saint Isidore
de Leon à Don Andrez de
Pitillas, Chanoine de Tolede,
& ce Canonicat à
Don Juan Francisco de
Bierga & Vadillo. r
L'Abbaye de San Pedro
de Besalu à Don Francisco
Pastor, Abbé de l'Abbaye
de laO.
Le Prieuré de Roncevaux
à Don Francisco de
la Torre ôc Herrera, Inquisiteur
de Cordouë &
Chanoine de Palencia, &
ce Canonicat à Don Manuel
Curé de Munnez.
L'Archidiaconé de Madrid
à Don Carlos Borja,
Patriarche des Indes, ôc
l'Archidiaconé de Calatrava
qu'il avoit, à Don Raymond
de Villacis.
L'Archidiaconé de Malaga
à Don Juan de Lazaro
& Aparicio.
On écrit de Catalogne,
qu'il y avoit de la division
& une grande consternation
parmi les habitans de
Barcelone; que le Duc de
Popoli occupoit tous les
postes de la côte, pour empêcher
qu'on n'introduise
des provisions dans cette
ville-là, & que son camp
étoit bien renforcé par les
troupes Espagnoles arrivées
desPays-Bas, Onmande de
Solfone du 12. Decembre,
que Don Joseph Vallejo,
Brigadier d'armée, qui
commande dans cette ville-
là & sur la frontiere voisine,
ayant été informé que
les rebelles de Cardone en
étoient sortis avec deux
compagnies de grenadiers,
un detachement de cent
cinquante hommes d'infanterie
de trou pes reglées,
cent cinquante Miquelets
ou Sommettans, & tous
leurs volontaires à cheval,
pour attaquer une maison
à une lieuë de Solsone, où
il avoir postéle Sieur Min- ,-
nones de Falco avec sa compagnie
de Miquelets fideles,
le mit en campagne
avec toute la cavalerie &
ses dragons, & tous les grenadiers
de sa garnison. Sitôt
que les rebeles l'apperçurent
,
leur cavalerie se
sauva à toute bride, l'infanterie
prit auni la suite; elle
fut neanmoins jointe par
la cavalerie ôc les dragons,
qui firent main basse sur
eux. La perte des ennemis
consiste en la prise de Don
Pedro d'Alba ôc Marques,
Gouverneur de la ville de
Cardonne, & du Major du
regiment de la ville de Barcelone,
qui l'étoit aussi de
la ville & du château de
Cardonne, tous deux blessez
dangereusement '5 un
Capitaine de grenadiers tue
& l'autre blessé & fait prisonnier
; un Lieutenant de
grenadiers tué & l'autre prisonnier,
aussi bien que les
deux Enseignes un Sergent
& plus de trente hommes
prisonniers,&un grand
* nombre tuez. On leur a
pris deux charettes chargées
de poudre, de balles,
de grenades & d'outils. La
compagnie du Sieur Minnonés
de Falco se défendit
durant deux heures avec
une extrême vigueur.
Les lettres de Madrid
portent que le Roy a donné
la Charge de Regent de
l'Audiance de Seville à Don
Manuel de Torrés, Auditeur
du même Tribynal;
celle de Commissaire géneral
de la Croizade, que
possedoit Don Francisco
Rodriguez de Mendaros
Queta, Archidiacre de Maddrriidd,
à Don Philippe Antoj~
a Plil
nio deTaboada, President
de l'Audiance de Valladolid
; & celle de Regent du
fuprêmc Conseil de Navarre,
vacante par le decés
de Don Carlos de la Penna,
à Don Pedro Afan de
Ribera: que le Roy a ordonné
que dés le commencement
de l'année on afferme
les revenus des vingt
& une Provinces ou districts,
dans lesquelles ce
Royaume est partagé, a
vin gt & une personnes,chacune
desquelles fera chargée
de recevoir tous les revveennuuss&&
iimmppoosritions des
pays pour lesquels ils feront
destinez. Que les quatre
Presidens du Conseil des
Finances ont ordre de regler
ces Fermes de la maniere
suivante.
L'Evêque de Gironne
fera Directeur de celles de
Cordouë
,
de Jaen, de Seville,
de Grenade, de Murcie
& de Cuenca.
Le Marquis de Campo
Florido de celles de Borgos,
de Galice, de Zamo
ra ,
de Toro, de Salamanque
&: de Valladolid.
Don Sebastian Garcia
Romero de cellesd'Avila,
de Guadalaxara, de Palencia,
de Leon & d'Estramadure.
Don Manuel Antonio de
Azevedo de celles de Tolede
,
de la Manche, de Madrid,
deSegovie&deSoria.
Que Sa Majesté a nommé
à l'Evêché de SiguençaDon
Francisco * Rodriguez de
MendarozQueta, Commissaire
general de laCroizade
&Archidiacre de Madrid.
A l'Archevêché de Sarragosse
Don Manuel de
Araziel Evêque de Leon.
A l'Evêché de Leon Don
Joseph de Ulzurrun & Aslança,
Archidiacre de Daroca.
A l'Evêché de Jaen l'Eveque
de Segorbe.
A l'Evêché de Segorbe
Don Diego Munno Vaquerizo,
Inquisiteur de Valence.
A l'Evêché de Horihuela
Don Joseph de Espeja &
Cisneros
,
Archidiacre de
Malaga.
A l'Evêché de Salamanque
l'Evêque de Tortose.
A l'Evêché de Tortose
Don Juan Miguelez, President
de Grenade.
A l'Evêché des Canaries
Don Lucas Conciero
&Molina.
A l"Evêché de Ciudad-
Rodrigo Don Santos de
San Pedro Inquisiteur.
A l'Evêché d'Urgel Don
Simon de Guinda & Aperregni,
Abbé de saintIsidore
de Leon.
Sa Majesté a aussi donné
l'Abbaye de saint Isidore
de Leon à Don Andrez de
Pitillas, Chanoine de Tolede,
& ce Canonicat à
Don Juan Francisco de
Bierga & Vadillo. r
L'Abbaye de San Pedro
de Besalu à Don Francisco
Pastor, Abbé de l'Abbaye
de laO.
Le Prieuré de Roncevaux
à Don Francisco de
la Torre ôc Herrera, Inquisiteur
de Cordouë &
Chanoine de Palencia, &
ce Canonicat à Don Manuel
Curé de Munnez.
L'Archidiaconé de Madrid
à Don Carlos Borja,
Patriarche des Indes, ôc
l'Archidiaconé de Calatrava
qu'il avoit, à Don Raymond
de Villacis.
L'Archidiaconé de Malaga
à Don Juan de Lazaro
& Aparicio.
On écrit de Catalogne,
qu'il y avoit de la division
& une grande consternation
parmi les habitans de
Barcelone; que le Duc de
Popoli occupoit tous les
postes de la côte, pour empêcher
qu'on n'introduise
des provisions dans cette
ville-là, & que son camp
étoit bien renforcé par les
troupes Espagnoles arrivées
desPays-Bas, Onmande de
Solfone du 12. Decembre,
que Don Joseph Vallejo,
Brigadier d'armée, qui
commande dans cette ville-
là & sur la frontiere voisine,
ayant été informé que
les rebelles de Cardone en
étoient sortis avec deux
compagnies de grenadiers,
un detachement de cent
cinquante hommes d'infanterie
de trou pes reglées,
cent cinquante Miquelets
ou Sommettans, & tous
leurs volontaires à cheval,
pour attaquer une maison
à une lieuë de Solsone, où
il avoir postéle Sieur Min- ,-
nones de Falco avec sa compagnie
de Miquelets fideles,
le mit en campagne
avec toute la cavalerie &
ses dragons, & tous les grenadiers
de sa garnison. Sitôt
que les rebeles l'apperçurent
,
leur cavalerie se
sauva à toute bride, l'infanterie
prit auni la suite; elle
fut neanmoins jointe par
la cavalerie ôc les dragons,
qui firent main basse sur
eux. La perte des ennemis
consiste en la prise de Don
Pedro d'Alba ôc Marques,
Gouverneur de la ville de
Cardonne, & du Major du
regiment de la ville de Barcelone,
qui l'étoit aussi de
la ville & du château de
Cardonne, tous deux blessez
dangereusement '5 un
Capitaine de grenadiers tue
& l'autre blessé & fait prisonnier
; un Lieutenant de
grenadiers tué & l'autre prisonnier,
aussi bien que les
deux Enseignes un Sergent
& plus de trente hommes
prisonniers,&un grand
* nombre tuez. On leur a
pris deux charettes chargées
de poudre, de balles,
de grenades & d'outils. La
compagnie du Sieur Minnonés
de Falco se défendit
durant deux heures avec
une extrême vigueur.
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Résumé : Nouvelles d'Espagne.
Le document expose diverses nominations et décisions royales en Espagne. Le roi a nommé Don Manuel de Torrés au poste de Regent de l'Audience de Séville, Don Philippe Antoñio de Taboada à celui de Commissaire général de la Croisade, et Don Pedro Afan de Ribera comme Regent du Conseil de Navarre. De plus, le roi a ordonné l'affermage des revenus des vingt-et-une provinces du royaume à partir du début de l'année, avec des directeurs désignés pour chaque district. Parmi les nominations ecclésiastiques, on trouve Don Francisco Rodríguez de Mendaroz Queta à l'évêché de Siguença et Don Manuel de Araziel à l'archevêché de Sarragosse, ainsi que plusieurs autres évêques et abbés. En Catalogne, des tensions et des affrontements opposent les troupes royales aux rebelles. Le Brigadier d'armée Don Joseph Vallejo a mené une opération contre des rebelles près de Solsone, résultant en plusieurs prisonniers et morts parmi les ennemis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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32
p. 271-285
ARTICLE des Nouvelles.
Début :
Les Lettres de Hambourg du 12. janvier portent qu'on [...]
Mots clefs :
Officiers, Général, Troupes, Suède, Barcelone, Cavalerie, Assemblée de Brunswick, Pays-Bas, Provisions, Londres, Hambourg, Madrid, Vienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE des Nouvelles.
ARTICLE
des Nouvelles.
L Es Lettres de Hambourg
du 12,. Janvier portent
qu'on avoit fait entrer
dansTonningen, du consentement
du Roy de Dan.
nemarx: , un convoy de
boeufs, de rnoutons de
vin, d'eau-de. vie ,de bois,
& d'autres provisions pour
quinze jours, & qui fera
continuéjusqu'à ce que
les affaires des Estats de
Holstein-Gottorp ayent
esté réglées à l'Assemblee
de Brunswich, quinedoit
commencer qu'à la fin de
ce mois; que trois vait
seaus & deux Battimens
partis d'Angleterre
, avec
des provisions pour Ton.
ningen
,
avoient (fié battus
d'une si rude tempeste,
que le plus grand avoit
fait naufrage vers Tlfle de
de Heiligheland, & que
deux autres avoient
échoué dans la rivière
d'Eyder;que les Officiers
qui les commandoient
avoient esté arrestez & menez
prisonniers à Gardingen;
que les Pilotes avoient
aussi esté pris & qu'on menaçoit
de leur taire leur
procès, pour avoir entre- -
pris, nonobstant les def- (
senses publiques d'introduire
des provisions dans
Tonningen, & que les
Matelots avoient reçu ordre
de se retirer incessamment
,
à peine d'estreaussi
emprisonnez;que la Garnison
de Tonningen estoit
encore composee de soixante
Officiers,&d'environ
douze cens Soldats
>
& que les habitans estoient
au nombre de dix huit
cens soixante six hommes.
Que le Comte de
Welling avoit rendu publique
une protestation
envoyée de Suede
,
dans
laquelle on se plaint de
l'infractionduTraité conclu
avec le Comte de SteinbocK
à Oldensworth, le
le 6. May dernier, dont on
différé encore l'exécution
fous divers pretextes,malgré
l'offre de refehange
& de la rançon qui avoient
estéstipulez; ce qui eaufoit
la ruine des Troupes
Suedoises
,
qui devoient
depuis long tems avoir esté
délivrées.
Les avis de Suede confirment
que les Trou pes
Suedoises embarquées à
Stralzund
,
estoient arrivées
en moins de 24. heures
dans la Province de
Schonen
,
où Ton attendoit
encore de StoKolm
divers Seigneurs; qu'on
formoit de grands Magazinsià
Goctenbourg &à
Malmoé) & qu'on faisoit
des levées dans tout le
Royaume; que rAmirl
avoit reçu ordre de faire
tous les préparatifs necessaires
pour se mettre en
Mer au commencement
du Primems.avec trentesix
Vaisseaux de guerre;
que les Deputez qui doivent
composerles t. tats du
Royaume convoquez au
23. Décembre arrivoient
de tous costez à StoKolm,
& que la PrincesseUlrique
Eleonor, Regente., allie.
toit régulièrement au Senat,&
qu'elleavoit nommé
le ComteCronhielm pour
son Conseiller du cabiner.
On ercrit de Vienne
que cette Cour avoitestabli
un Conseil pour les
Estats de la Monarchie
d'Espagne que l'Archiduc
possede
,
dont l'Archevesque
de Valence seraPresident,
& le Duc d'Uceda
Tresorier General. Qu'il
y aura de plus, deux Conseillers
de Robe, & autant
d'Epée, pour chaque
Pays & quatre Secrétaires;
un pour le Royaume de
Naples; un pour laSardaigne;
un autre pour le
Milanés j & un pour le.
Pays Bas Espagnol, avec
un Fiscal General & d'autres
Officiers ; que les
Conseillers auront chacun
huit mille florins d'appointement,
& qu'ils auront
le rang de Conseiller
du Conseil d'Estat; que le
Resident de Suede a reçu
un Courier du Roy son
Maistre, avec des Lettres
du x. Novembre
,
qui portent
qu'il estoit encore à
Demir Tocca
,
où il devoit
demeurer jusqu'au
Printems ; mais que si la
Cour Othomane persistoit
dans ses resolutions,alors
il reviendroit dans ses
Etats, ou par terreavec
l'escorre de Turcs & de
Tartaresqu'elle lui a promise
,ou par Mer. Que le
Chancelier Mullern avoit
aussi escrit que sa Majesté
Suedoise ne s'étoit pas encore
expliquée sur l'assemblée
de Brunswich, ni sur
la médiation que la Cour
de Vienne lui a offerte:
que les affaires des Polonois
& des Moscovites
,
estoient tousjours au oick
me Etat; que le Sultan
insistant à ce que la Pologne
cede une partie de
l'Ukraine Polonoise, pour
y establir des Cosaques
qui feront fous la protection
du Grand Seigneur,
& que le Czar paye le
tribut aux Tartares qu'il
prétend avoir esté aboli
par un Traité fait avec
eux en 1700.
Les Lettres de Madrid -
portent que la Charge de
Commissàire General de la
Croizade avoit esté donnée
à Don Philippe de Taboa-
-
da,
da,Président de la Chancellerie
de Valladolid; que
leRoyavoit nommé à l'Evesché
de Huesca
)
l'Evesque
de Balbaftro;& à l'Evesché
de Balbastro Don
Pedro Granell
,
Curé de
S. Martin deValence. On
écrit de Cartagene que
toute la Flotteavoit
,
le
premier Janvier) fair voile
d'Alicante vers les costes
de Catalogne.- Les Lettres
de Perpignan portent que
toutes les Troupes Espagnoles
& Vallones y - avoient passees allant vers
Barcelone; que la Cavalerie
estoit fort belle
, mais que l'Infanterie estoit
fort fatiguée;que les Regimensde
Cavalerie d'Anjou,
de Berry, & de Fleche,
& celui de Dragons
de Hauteville, estoient
repassez ; qu'on n'attendoit
que la Flotte d'Espagne
qui doit arriver dans
peu pour commencer le
Siege de Barcelone; &
que lesBarcelonoisavoient
plusieurs petits Bastimens
armez en course qui courent
la Mer;qu'ils avoient
fait une descente près de
Torreille de Mengry,d'où
ils avoient enlevécentVaches&
deuxcensMoutons.
Celles du Camp devant
Barcelone portent que les
TroupesEspagnoles&Vallones
qui servoient aux
Pays Bas y estoient arrivées,
& que la division des
Barcelonois estoit un peu
diminuée depuis que quelques
Bastimens chargez de
vivres estoiententrez dans
le Port. iHi"(', *> Onmandede Londres
que les CoiftfaifTaires estantallezàRochester
pour
payer&licentier les Troupes
de la Marine
,
cinq
cens Soldats avec deux Sergentsrefuferenc
de mettre
les armes bas, jusqu'à ce
que leurs Officiers eussent
faitle descompte de ce
qu'ils leur doivent; qu'on
avoit détaché cinq cens
hommes de la garde,six
vingt Gardes du Corps,&
soixante Grenadiers à Cheval
;mais on apprit que
ces mutins estoient venus
trouver prés deGrenwich,
le General Withers, à qui
ils avoient remis leurs armes
,le priant de faire faire
leur descompte: cependant
le 13. & le 14.
deuxCouriers rapporterent
que les Troupes de la Marine
qui font à Cantorbery
&àRochestersestoient de
nouveau mutinées : mais
comme le Regiment de
Peterborough & les deftachemens
de Cavalerie
sont de ce costé là, on ne
doute pas qu'on ne lesreduiseàleur
devoir.
des Nouvelles.
L Es Lettres de Hambourg
du 12,. Janvier portent
qu'on avoit fait entrer
dansTonningen, du consentement
du Roy de Dan.
nemarx: , un convoy de
boeufs, de rnoutons de
vin, d'eau-de. vie ,de bois,
& d'autres provisions pour
quinze jours, & qui fera
continuéjusqu'à ce que
les affaires des Estats de
Holstein-Gottorp ayent
esté réglées à l'Assemblee
de Brunswich, quinedoit
commencer qu'à la fin de
ce mois; que trois vait
seaus & deux Battimens
partis d'Angleterre
, avec
des provisions pour Ton.
ningen
,
avoient (fié battus
d'une si rude tempeste,
que le plus grand avoit
fait naufrage vers Tlfle de
de Heiligheland, & que
deux autres avoient
échoué dans la rivière
d'Eyder;que les Officiers
qui les commandoient
avoient esté arrestez & menez
prisonniers à Gardingen;
que les Pilotes avoient
aussi esté pris & qu'on menaçoit
de leur taire leur
procès, pour avoir entre- -
pris, nonobstant les def- (
senses publiques d'introduire
des provisions dans
Tonningen, & que les
Matelots avoient reçu ordre
de se retirer incessamment
,
à peine d'estreaussi
emprisonnez;que la Garnison
de Tonningen estoit
encore composee de soixante
Officiers,&d'environ
douze cens Soldats
>
& que les habitans estoient
au nombre de dix huit
cens soixante six hommes.
Que le Comte de
Welling avoit rendu publique
une protestation
envoyée de Suede
,
dans
laquelle on se plaint de
l'infractionduTraité conclu
avec le Comte de SteinbocK
à Oldensworth, le
le 6. May dernier, dont on
différé encore l'exécution
fous divers pretextes,malgré
l'offre de refehange
& de la rançon qui avoient
estéstipulez; ce qui eaufoit
la ruine des Troupes
Suedoises
,
qui devoient
depuis long tems avoir esté
délivrées.
Les avis de Suede confirment
que les Trou pes
Suedoises embarquées à
Stralzund
,
estoient arrivées
en moins de 24. heures
dans la Province de
Schonen
,
où Ton attendoit
encore de StoKolm
divers Seigneurs; qu'on
formoit de grands Magazinsià
Goctenbourg &à
Malmoé) & qu'on faisoit
des levées dans tout le
Royaume; que rAmirl
avoit reçu ordre de faire
tous les préparatifs necessaires
pour se mettre en
Mer au commencement
du Primems.avec trentesix
Vaisseaux de guerre;
que les Deputez qui doivent
composerles t. tats du
Royaume convoquez au
23. Décembre arrivoient
de tous costez à StoKolm,
& que la PrincesseUlrique
Eleonor, Regente., allie.
toit régulièrement au Senat,&
qu'elleavoit nommé
le ComteCronhielm pour
son Conseiller du cabiner.
On ercrit de Vienne
que cette Cour avoitestabli
un Conseil pour les
Estats de la Monarchie
d'Espagne que l'Archiduc
possede
,
dont l'Archevesque
de Valence seraPresident,
& le Duc d'Uceda
Tresorier General. Qu'il
y aura de plus, deux Conseillers
de Robe, & autant
d'Epée, pour chaque
Pays & quatre Secrétaires;
un pour le Royaume de
Naples; un pour laSardaigne;
un autre pour le
Milanés j & un pour le.
Pays Bas Espagnol, avec
un Fiscal General & d'autres
Officiers ; que les
Conseillers auront chacun
huit mille florins d'appointement,
& qu'ils auront
le rang de Conseiller
du Conseil d'Estat; que le
Resident de Suede a reçu
un Courier du Roy son
Maistre, avec des Lettres
du x. Novembre
,
qui portent
qu'il estoit encore à
Demir Tocca
,
où il devoit
demeurer jusqu'au
Printems ; mais que si la
Cour Othomane persistoit
dans ses resolutions,alors
il reviendroit dans ses
Etats, ou par terreavec
l'escorre de Turcs & de
Tartaresqu'elle lui a promise
,ou par Mer. Que le
Chancelier Mullern avoit
aussi escrit que sa Majesté
Suedoise ne s'étoit pas encore
expliquée sur l'assemblée
de Brunswich, ni sur
la médiation que la Cour
de Vienne lui a offerte:
que les affaires des Polonois
& des Moscovites
,
estoient tousjours au oick
me Etat; que le Sultan
insistant à ce que la Pologne
cede une partie de
l'Ukraine Polonoise, pour
y establir des Cosaques
qui feront fous la protection
du Grand Seigneur,
& que le Czar paye le
tribut aux Tartares qu'il
prétend avoir esté aboli
par un Traité fait avec
eux en 1700.
Les Lettres de Madrid -
portent que la Charge de
Commissàire General de la
Croizade avoit esté donnée
à Don Philippe de Taboa-
-
da,
da,Président de la Chancellerie
de Valladolid; que
leRoyavoit nommé à l'Evesché
de Huesca
)
l'Evesque
de Balbaftro;& à l'Evesché
de Balbastro Don
Pedro Granell
,
Curé de
S. Martin deValence. On
écrit de Cartagene que
toute la Flotteavoit
,
le
premier Janvier) fair voile
d'Alicante vers les costes
de Catalogne.- Les Lettres
de Perpignan portent que
toutes les Troupes Espagnoles
& Vallones y - avoient passees allant vers
Barcelone; que la Cavalerie
estoit fort belle
, mais que l'Infanterie estoit
fort fatiguée;que les Regimensde
Cavalerie d'Anjou,
de Berry, & de Fleche,
& celui de Dragons
de Hauteville, estoient
repassez ; qu'on n'attendoit
que la Flotte d'Espagne
qui doit arriver dans
peu pour commencer le
Siege de Barcelone; &
que lesBarcelonoisavoient
plusieurs petits Bastimens
armez en course qui courent
la Mer;qu'ils avoient
fait une descente près de
Torreille de Mengry,d'où
ils avoient enlevécentVaches&
deuxcensMoutons.
Celles du Camp devant
Barcelone portent que les
TroupesEspagnoles&Vallones
qui servoient aux
Pays Bas y estoient arrivées,
& que la division des
Barcelonois estoit un peu
diminuée depuis que quelques
Bastimens chargez de
vivres estoiententrez dans
le Port. iHi"(', *> Onmandede Londres
que les CoiftfaifTaires estantallezàRochester
pour
payer&licentier les Troupes
de la Marine
,
cinq
cens Soldats avec deux Sergentsrefuferenc
de mettre
les armes bas, jusqu'à ce
que leurs Officiers eussent
faitle descompte de ce
qu'ils leur doivent; qu'on
avoit détaché cinq cens
hommes de la garde,six
vingt Gardes du Corps,&
soixante Grenadiers à Cheval
;mais on apprit que
ces mutins estoient venus
trouver prés deGrenwich,
le General Withers, à qui
ils avoient remis leurs armes
,le priant de faire faire
leur descompte: cependant
le 13. & le 14.
deuxCouriers rapporterent
que les Troupes de la Marine
qui font à Cantorbery
&àRochestersestoient de
nouveau mutinées : mais
comme le Regiment de
Peterborough & les deftachemens
de Cavalerie
sont de ce costé là, on ne
doute pas qu'on ne lesreduiseàleur
devoir.
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Résumé : ARTICLE des Nouvelles.
Au début de l'année 1700, plusieurs événements politiques et militaires marquent l'Europe. À Tonningen, des provisions ont été introduites avec l'accord du roi de Danemark pour soutenir la garnison jusqu'à la résolution des affaires des États de Holstein-Gottorp à l'Assemblée de Brunswick. Trois vaisseaux et deux bâtiments partis d'Angleterre, chargés de provisions, ont été endommagés par une tempête, et leurs officiers arrêtés. La garnison de Tonningen compte soixante officiers et environ douze cents soldats, avec une population totale de dix-huit cents soixante-six habitants. Le comte de Wellington a rendu publique une protestation suédoise contre l'infraction d'un traité conclu avec le comte de Steinbock. Les troupes suédoises, embarquées à Stralsund, sont arrivées en Schonen, où des préparatifs militaires sont en cours. L'amiral suédois doit se préparer à prendre la mer au printemps avec trente-six vaisseaux de guerre. La régente de Suède, la princesse Ulrique Éléonore, a nommé le comte Cronhielm comme conseiller. À Vienne, un conseil a été établi pour les États de la monarchie d'Espagne, avec des appointements et des rangs spécifiques pour les conseillers. Le résident de Suède à Vienne a reçu des nouvelles du roi de Suède, alors à Demir Tocca, indiquant qu'il pourrait revenir dans ses États selon les décisions de la Cour ottomane. Les affaires polonaises et moscovites restent en suspens, avec des revendications territoriales du sultan et du tsar. À Madrid, des nominations ont été faites pour des charges ecclésiastiques. À Carthagène, la flotte a pris la mer vers la Catalogne. À Perpignan, les troupes espagnoles et vallonnes se dirigent vers Barcelone, avec des préparatifs pour le siège de la ville. Les Barcelonais disposent de petits bâtiments armés en course. À Londres, des mutineries ont eu lieu parmi les troupes de la marine à Rochester et Cantorbery, mais elles ont été réprimées par les régiments de Peterborough et les détachements de cavalerie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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33
p. 109-115
Estat present des troupes de l'armée de Catalogne.
Début :
L'infanterie du Roy, compris les detachemens de Bracamonte & [...]
Mots clefs :
Détachements, Infanterie, Cavalerie, Camp, Poudres, Dragons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estat present des troupes de l'armée de Catalogne.
Estat prejent des troupes de
l'armée de Catalogne.
L'infanterie du Roy
compris les detachemens
de Bracamonte ôc Gonzales,
& les autres deux petits,
un du côté de Calaf, ôc
l'autre de Bubernes
, compris
les malades & les blessez,
est de 10010.
Cinq compagnies de
Gardes Valones, 400.
L'infanterie de France,
compris le detachement
de Bracamonte
,
lespoftci
de S. Hierôme, de Mongat
& autres ,
est de 6000.
M. le Marquis de Valdecanas,
comprises les garnisons
de Tortose& Tarragone,
avoit au mois de Janvier
environ 5000.
M. le Marquisde Thoy,
comprises les garnirons de
Lerida., Balaguer, Ager,
Berga, Castel-Ciudad ôc
Cervera, avoit au mois d'Avril
environ 1000.
A Martoreil un bataillon
d'environ 100.
A Mataro deux bataillons,
qui sontd'environ600.
A Ostalrich un bataillon
, & un detachement de
deux bataillons de Mataro,
., 550.
A Vich, avec M. de Bracamonte,
outre les detachemens
de l'armée, deux
bataillons, qui font environ
700.
Total de l'infanterie, 24360.
i Cavalerie. »*1erie.
La cavalerie montée qui
1cil prelentement dans ce
camp , compris les deta,.
chemens de Bracamonte &
Gonzales, est de3141.
Celle qui est aux ordres
de M. de Valdecanas est
d'environ • 1100.
-' Celle qui est avec M. le
Marquis de Thoy est environ
de 700.
1 A Martoreil quatre efcadrons,
qui seront environ
de.350.
A Mataro deux escadrons,
quifont environ 160.
A Vich, outre les derachemens
de l'armée, cavalerie
demontée presente
aucamp,cy 207.
Le
Le regiment de Luquely
démonté fait cent hom-
[nés)CY .., 100%
Total de la cavalerie^5859.
Dragons.
Dragons montez au
camp, compris les detachemens
de Bracamontc-
& Gonzales
,
& les,esca-T
drons qui sont dehors, t66jï
Dragons remontez aacamp
font
tous 898.
M le Marquis de Valde-:
canas doit avoir àpied de
a cheval environ ,300.
1-< Total des dragonsy 3865.,
Les poftcs qu'il faut gar-'
der au camp font le sorts
du Llobregat, avec un magafin
de poudres.
Lamaison deNavarro,
Nacre Dame del Puerto, la.
Bergerie,& fcs retranche-,
mens,, fonc les magasins de,
poudres du parcde ladroite;
Les villages de Sartia ôc
Pedralras
3
ou font les de-.
pôrs des vivres., & un grand
magafin/de. poudres les
deux Hôpitaux de l'Hospitalet
& de Garcia; le parc
de l'artillerie de la gauche,
le fort du Befos, outre les
gardes de la ligne de contrevallation,
celles des Ge.
néraux, celles des drapeaux
& des piquets, sans compter
les travailleurs & les
detachemens qu'on fait
journellement pour lescon-
VOIS.
l'armée de Catalogne.
L'infanterie du Roy
compris les detachemens
de Bracamonte ôc Gonzales,
& les autres deux petits,
un du côté de Calaf, ôc
l'autre de Bubernes
, compris
les malades & les blessez,
est de 10010.
Cinq compagnies de
Gardes Valones, 400.
L'infanterie de France,
compris le detachement
de Bracamonte
,
lespoftci
de S. Hierôme, de Mongat
& autres ,
est de 6000.
M. le Marquis de Valdecanas,
comprises les garnisons
de Tortose& Tarragone,
avoit au mois de Janvier
environ 5000.
M. le Marquisde Thoy,
comprises les garnirons de
Lerida., Balaguer, Ager,
Berga, Castel-Ciudad ôc
Cervera, avoit au mois d'Avril
environ 1000.
A Martoreil un bataillon
d'environ 100.
A Mataro deux bataillons,
qui sontd'environ600.
A Ostalrich un bataillon
, & un detachement de
deux bataillons de Mataro,
., 550.
A Vich, avec M. de Bracamonte,
outre les detachemens
de l'armée, deux
bataillons, qui font environ
700.
Total de l'infanterie, 24360.
i Cavalerie. »*1erie.
La cavalerie montée qui
1cil prelentement dans ce
camp , compris les deta,.
chemens de Bracamonte &
Gonzales, est de3141.
Celle qui est aux ordres
de M. de Valdecanas est
d'environ • 1100.
-' Celle qui est avec M. le
Marquis de Thoy est environ
de 700.
1 A Martoreil quatre efcadrons,
qui seront environ
de.350.
A Mataro deux escadrons,
quifont environ 160.
A Vich, outre les derachemens
de l'armée, cavalerie
demontée presente
aucamp,cy 207.
Le
Le regiment de Luquely
démonté fait cent hom-
[nés)CY .., 100%
Total de la cavalerie^5859.
Dragons.
Dragons montez au
camp, compris les detachemens
de Bracamontc-
& Gonzales
,
& les,esca-T
drons qui sont dehors, t66jï
Dragons remontez aacamp
font
tous 898.
M le Marquis de Valde-:
canas doit avoir àpied de
a cheval environ ,300.
1-< Total des dragonsy 3865.,
Les poftcs qu'il faut gar-'
der au camp font le sorts
du Llobregat, avec un magafin
de poudres.
Lamaison deNavarro,
Nacre Dame del Puerto, la.
Bergerie,& fcs retranche-,
mens,, fonc les magasins de,
poudres du parcde ladroite;
Les villages de Sartia ôc
Pedralras
3
ou font les de-.
pôrs des vivres., & un grand
magafin/de. poudres les
deux Hôpitaux de l'Hospitalet
& de Garcia; le parc
de l'artillerie de la gauche,
le fort du Befos, outre les
gardes de la ligne de contrevallation,
celles des Ge.
néraux, celles des drapeaux
& des piquets, sans compter
les travailleurs & les
detachemens qu'on fait
journellement pour lescon-
VOIS.
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Résumé : Estat present des troupes de l'armée de Catalogne.
Le document décrit l'état des troupes de l'armée de Catalogne, en détaillant les effectifs de l'infanterie, de la cavalerie et des dragons. L'infanterie totale compte 24 360 hommes, incluant les Gardes Valones, l'infanterie française, et les troupes sous les commandements des marquis de Valdecanas et de Thoy. La cavalerie montée totalise 5 859 hommes, répartis entre diverses unités et commandements. Les dragons, quant à eux, totalisent 3 865 hommes, incluant les dragons montés et ceux sous le commandement du marquis de Valdecanas. Le texte mentionne également les postes à garder au camp, les magasins de poudre, les hôpitaux, et les diverses gardes et détachements nécessaires pour les travaux et les convois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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34
p. 1641-1646
SUITE du Journal du Camp de Mulberg & Radewitz.
Début :
Le 15. Juin, jour destiné pour les Marches, Contre-Marches, Mouvemens & autres Manoeuvres [...]
Mots clefs :
Armée, Cavalerie, Roi de Prusse, Roi de Pologne, Infanterie, Pavillon, Mülhberg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE du Journal du Camp de Mulberg & Radewitz.
-SUITE du Journal du Campde Mulberg
& Radewit
L
E 15 de Juin , jour deftiné pour les Marches,
Contre-Marches , Mouvemens & autres Manoeuvres
, par Colonnes ; toute l'Armée alla fur
trois Colonnes , vers le Pavillon Royal, ou ayant
réformé par un quart de converfion fes Bataillons
& Efcadrons, des Divifions & Brigades dont
les Colonnes étoient compofées , elle fe mit en
ordre de Bataille fur trois lignes , en faiſant un
quart de converfion par Regimens entiers ; & le
Corps de referve de la 3e Ligue vint couvrir les
Flancs de l'Infanterie & de la Cavalerie . De ces
Flancs on forma quatre Colonnes ,lefquelles ayant
fait leurs décharges en avançant , tout le refte de
l'armée les fuivit , & paffa ainfi à côté du Pavillon
Royal, Elle fe forma enfuite fur huit Colon
ACS
1642 MERCURE DE FRANCE
1 res , lefquelies chargerent en retraite , en défilant
par
demi Bataillons & Efcadrons , qui fe remettant
toujours dans le même ordre où ils avoient
été , rentrerent enfin dans le Camp.
Le 16. jour de repos , le Roy de Pruffe dîna
avec le Prince Royal fon Fils , chez le Velt -Maréchal
Comte de Wackerbarth , & le Roy de Po-
-logne dîna en particulier.
Le 17. l'Armée fit fes exercices & divers mouyemens
par Phalanges ; après s'être formée fur
fept lignes , elle fe mit en marche en trois Phalanges,
vers le Pavillon Royal , où ayant fait trois
Triangles de chaque Phalange , elle fit le feu ferpentant
& fe remit après cela fur les fept lignes.
Après cette manoeuvre & quelques autres , l'Armée
fit fa retraite par les intervales vers le Camp,
en chargeant par divifion , l'Infanterie ayant la
Bayonnette au bout du Fufil.
Le 18. le Roy de Pruffe & le Prince Royal fon
-fils ,
entendirent le Sermon au Quartier du Velt-
Maréchal , chez qui ils dînerent ce jour - là , & le
Roy de Pologne dîna à fon petit Couvert.
Le 19. l'Armée fit fes mouvemens par quarrez.
Elle vint d'abord fur deux Colonnes fe mettre aux
deux côtez du Pavillon Royal , où s'étant rangée
en Bataille , elle fit le feu de Chaine , après lequel
l'Infanterie forma cinq petits quarrez , &
deux demi quarrez & fit le feu de Haye . L'Armée
s'étant enfuite remife , elle forma un grand
quarré autour du Pavillon Royal , & fit le feu
toute la Cavacoulant.
Après cette manoeuvre
lerie fortit du quarré , & marcha vers un Bois ,
d'où elle alla attaquer l'Infanterie , qui , en attendant
, avoit formé feule un quarré long. La Cavalerie
ayant été repouffée , fe retira vers le Bois ;
mais elle revint peu après des deux côtez attaquer
l'Infanterie , quiavoit formé un autre quarré en
>
chanJUILLET
. 1730. 1643
changeant le front . L'Infanterie fe deffendit par
un feu continuel , & fe retira enfin vers un Village
qu'on avoit fait couvrir par un Bataillon de
Grenadiers , pour affurer la retraite , qui s'exécutoit
, de maniere qu'on faifoit toujours traverfer
deux Bataillons d'un Flanc à l'autre , qui s'ouvrirent
à droit & à gauche , pour ceder le nouveau
Terrain aux Bataillons à mefure qu'ils avançoient
, afin qu'ils en puffent former dans le
grand quarré trois autres plus petits, & que ceuxcy
fuffent en état de fe foutenir , en cas que la
Cavalerie vint à enfoncer le quarré. Après cette
manoeuvre l'Armée rentra dans le Camp. Le Prince
Royal de Pruffe dîna ce jour -là chez le Prince
Royal de Pologne, à Tiefenau. Le foir il y cut Bal
chez la Comteffe d'Orzelfka, où l'on fervit un magnifique
Souper , à trois Tables , de 30 couverts
chacune.
Le 20. les deux Rois allerent voir avant dîner,
le Regiment du Corps des Grenadiers faire les
exercices , dont L. M. parurent tres - fatisfaites . Le
Roy de Pruffe dîna avec le Prince Royal fon fils ,
chez le Comte Rutowfki , & le Roy de Pologne
fe rendit à Promitz & à Leffa , pour voir le Terrain
où l'on devoit faire le lendemain l'attaque du
Retranchement.
Le 21.le Roy de Pruffe dîna avec le PrinceRoyal
fon fils , chez le Major General de Diemar. Le
Roy de Pologne dîna en particulier , après que $ .
M. eut fait elle - même toutes les difpofitions neceffaires
pour l'attaque du Retranchement & pour
le paffage de la Riviere.
Pour reprefenter cette manoeuvre ? une partie
de l'Armée , commandée par le General de Baudis,
paffa l'Elbe à la pointe du jour, fur des Ponts
qu'on y avoit conftruits ; & s'étant placée de l'autre
côté de la Riviere, dans des Valons qui la mettoient
1644 MERCURE DE FRANCE
toient à couvert , elle envoya plufieurs petits détachemens
pour donner de fauffes allarmes, afin d'attirer
l'autre moitié de l'Armée qui étoit reſtée au
Camp fous les Ordres du Velt- Maréchal , Comte
de Wackerbarth. Une petite Flote , compofée de
Frégates , de Brigantins & d'autres Bâtimens, fur
lefquels on avoit embarqué des Troupes, avec 13
Piéces de Canon , fit la même chofe le long de
la Riviere , & après avoir fait fauter en l'air une
partie du Pont qu'elle trouva dans fon paffage
elle fe rangea vers un endroit nommé Groebe, ou
elle débarqua fon monde pour occuper un Village
fitué fur le bord de l'Elbe , afin de favorifer le
paffage de l'Armée du General de Baudis . Pendant
ce temps-là on avoit jetté un Pont de Batteaux
au-deffous de Groebe , fur lequel le General
de Baudis repafla la Riviere avec fes Troupes
l'après midi , fe fervant en même-temps des Bâtimens
de tranfport qu'on y avoit affemblez pour
cet effet , & il fit faire un Retranchement vis-àvis
de Groebe pour couvrir fes Troupes à meſure
qu'elles fe pofterent. Ces Troupes furent auffi
foutenues par la petite Flote , & par une Batterie
de 36 Pieces de Canon , placées de l'autre côté de
la Riviere , fur une hauteur qui domine toute
cette Contrée, & que les deux Rois avoient choi-
Le pour voir ce magnifique fpectacle.
L'Armée du Velt-Maréchal qui étoit accouruë
aux fauffes allarmes , ayant appris le veritable
endroit du paffage de celle du General de Baudis
, fe mit en marche de ce côté là , fur deux
Colonnes ; la Cavalerie étoit à la tête , & elle
fut fuivie des Dragons & de l'Infanterie. S'étant
approchée vers le foir du Retranchement du Ge
meral de Baudis , qu'on avoit fait garnir de quantité
de Canons , elle forma fes attaques , & les
sammença par fes Dragons , auſquels on fit met-
LIC
JUILLET. 1730. 1645
·
tre pied à terre ; ils avancerent & chargerent fur
quatre Colonnes , & après un grand feu de part
& d'autre , tant des Canons que de la Moufqueterie
; la nuit fépara les deux Partis, & toute l'Armée
rentra dans le Camp .
Le 22. fut jour de repos. Le Roy de Pruffe dina
avec le Pr. Royal fon fils , chez le Pr. Royal de
Pologne , à Fieffenau , & le Roy de Pologne encore
en particulier .
Le 23. le Margrave Regnant de Brandebourg
Anfpach , Gendre du Roy de Prufſe , arriva au
Camp, L'Armée qui devoit ce jour - là repreſenter
un Combat , fe partagea en deux Corps , afin de
former deux Armées différentes . Le Velt- Maréchal
eut le Commandement de l'une , fous les
Ordres du Pr. Royal de Pologne , & le Duc Jean
Adolphe de Weiffenfels , celui de l'autre. Les
deux Armées s'étant mifes en marche , chacune
fur deux Colonnes , elles allerent fe ranger fur
deux lignes , aux deux côtez du Pavillon Royal ,
où les deux Rois étoient avec les Cours & quantité
de Perfonnes de diftinction . Elles avancerent
enfuite l'une contre l'autre , après avoir détaché
leur Cavalerie Légere, avec les Volontaires , pour
efcarmoucher & fe reconnoître. Lorsque les deux
Armées fe trouverent en prefence , à une diſtance
d'environ mille pas , on fit jouer le Canon ; &
après s'être approchées à 300 pas , l'Infanterie
des deux Armées commença fon feu par la Mouf
queterie , en avançant toujours l'une contre l'autre
jufqu'à 60 pas, où après plufieurs chocs & at
taques de la Cavalerie , l'Armée du Velt - Maréchal
fembloit vouloir plier ; mais ayant d'abord'
été foutenue par fa feconde ligne , elle repoufla
l'Armée du Duc de Weiffenfels & la pourſuivit
jufqu'à une certaine diftance , vers un Bois qui
'étoit derriere elle. Les deux Armées y firent alte ,
Η
pour
1646 MERCURE DE FRANCE
pour fe remettre & recommencer le combat,
La Cavalerie fe pouffa & repouffa fucceffivement
; mais enfin celle de l'aile gauche de l'Ar
mée du Duc de Weiffenfels fut entierement mife
en déroute & pouffée dans le Bois ; & comme
Paîle droite de la Cavalerie de cette Armée avoit
pris quelque avantage fur l'aile gauche du Velt-
Maréchal, la feconde ligne de fon aîle droite fe
détacha pour foutenir la gauche ; l'aîle droite du
Duc de Weiffenfels , après avoir chargé quelquetemps
, fut auffi mife en déroute ; & lorfqu'elle fe
retira dans le Bois , l'Armée du Comte de Wackerbarth
en coupa deux Eſcadrons ,L'Infanterie dų
Duc de Weiffenfels fe trouvant alors abandonnée
de fa Cavalerie ; & celle du Comte de Wacskerbarth
faifant des mouvemens pour entrer dans
fes Flancs, elle forma un Crochet fur chaque aîle,
& fe battit en retraite jufques dans le Bois ; après
quoi les deux Armées rentrerent dans le Camp.
Le Roy de Pruffe avant fon départ du Camp ,
a fait diftribuer quantité de Médailles d'Or à divers
Seigneurs , parmi lesquelles il y en a de la
yaleur de 150 Ducats. S. M. Pr. a auffi fait donner
70000 Florins aux Troupes , & 30000 , aux
Officiers de la Maifon du Roy de Pologne.
& Radewit
L
E 15 de Juin , jour deftiné pour les Marches,
Contre-Marches , Mouvemens & autres Manoeuvres
, par Colonnes ; toute l'Armée alla fur
trois Colonnes , vers le Pavillon Royal, ou ayant
réformé par un quart de converfion fes Bataillons
& Efcadrons, des Divifions & Brigades dont
les Colonnes étoient compofées , elle fe mit en
ordre de Bataille fur trois lignes , en faiſant un
quart de converfion par Regimens entiers ; & le
Corps de referve de la 3e Ligue vint couvrir les
Flancs de l'Infanterie & de la Cavalerie . De ces
Flancs on forma quatre Colonnes ,lefquelles ayant
fait leurs décharges en avançant , tout le refte de
l'armée les fuivit , & paffa ainfi à côté du Pavillon
Royal, Elle fe forma enfuite fur huit Colon
ACS
1642 MERCURE DE FRANCE
1 res , lefquelies chargerent en retraite , en défilant
par
demi Bataillons & Efcadrons , qui fe remettant
toujours dans le même ordre où ils avoient
été , rentrerent enfin dans le Camp.
Le 16. jour de repos , le Roy de Pruffe dîna
avec le Prince Royal fon Fils , chez le Velt -Maréchal
Comte de Wackerbarth , & le Roy de Po-
-logne dîna en particulier.
Le 17. l'Armée fit fes exercices & divers mouyemens
par Phalanges ; après s'être formée fur
fept lignes , elle fe mit en marche en trois Phalanges,
vers le Pavillon Royal , où ayant fait trois
Triangles de chaque Phalange , elle fit le feu ferpentant
& fe remit après cela fur les fept lignes.
Après cette manoeuvre & quelques autres , l'Armée
fit fa retraite par les intervales vers le Camp,
en chargeant par divifion , l'Infanterie ayant la
Bayonnette au bout du Fufil.
Le 18. le Roy de Pruffe & le Prince Royal fon
-fils ,
entendirent le Sermon au Quartier du Velt-
Maréchal , chez qui ils dînerent ce jour - là , & le
Roy de Pologne dîna à fon petit Couvert.
Le 19. l'Armée fit fes mouvemens par quarrez.
Elle vint d'abord fur deux Colonnes fe mettre aux
deux côtez du Pavillon Royal , où s'étant rangée
en Bataille , elle fit le feu de Chaine , après lequel
l'Infanterie forma cinq petits quarrez , &
deux demi quarrez & fit le feu de Haye . L'Armée
s'étant enfuite remife , elle forma un grand
quarré autour du Pavillon Royal , & fit le feu
toute la Cavacoulant.
Après cette manoeuvre
lerie fortit du quarré , & marcha vers un Bois ,
d'où elle alla attaquer l'Infanterie , qui , en attendant
, avoit formé feule un quarré long. La Cavalerie
ayant été repouffée , fe retira vers le Bois ;
mais elle revint peu après des deux côtez attaquer
l'Infanterie , quiavoit formé un autre quarré en
>
chanJUILLET
. 1730. 1643
changeant le front . L'Infanterie fe deffendit par
un feu continuel , & fe retira enfin vers un Village
qu'on avoit fait couvrir par un Bataillon de
Grenadiers , pour affurer la retraite , qui s'exécutoit
, de maniere qu'on faifoit toujours traverfer
deux Bataillons d'un Flanc à l'autre , qui s'ouvrirent
à droit & à gauche , pour ceder le nouveau
Terrain aux Bataillons à mefure qu'ils avançoient
, afin qu'ils en puffent former dans le
grand quarré trois autres plus petits, & que ceuxcy
fuffent en état de fe foutenir , en cas que la
Cavalerie vint à enfoncer le quarré. Après cette
manoeuvre l'Armée rentra dans le Camp. Le Prince
Royal de Pruffe dîna ce jour -là chez le Prince
Royal de Pologne, à Tiefenau. Le foir il y cut Bal
chez la Comteffe d'Orzelfka, où l'on fervit un magnifique
Souper , à trois Tables , de 30 couverts
chacune.
Le 20. les deux Rois allerent voir avant dîner,
le Regiment du Corps des Grenadiers faire les
exercices , dont L. M. parurent tres - fatisfaites . Le
Roy de Pruffe dîna avec le Prince Royal fon fils ,
chez le Comte Rutowfki , & le Roy de Pologne
fe rendit à Promitz & à Leffa , pour voir le Terrain
où l'on devoit faire le lendemain l'attaque du
Retranchement.
Le 21.le Roy de Pruffe dîna avec le PrinceRoyal
fon fils , chez le Major General de Diemar. Le
Roy de Pologne dîna en particulier , après que $ .
M. eut fait elle - même toutes les difpofitions neceffaires
pour l'attaque du Retranchement & pour
le paffage de la Riviere.
Pour reprefenter cette manoeuvre ? une partie
de l'Armée , commandée par le General de Baudis,
paffa l'Elbe à la pointe du jour, fur des Ponts
qu'on y avoit conftruits ; & s'étant placée de l'autre
côté de la Riviere, dans des Valons qui la mettoient
1644 MERCURE DE FRANCE
toient à couvert , elle envoya plufieurs petits détachemens
pour donner de fauffes allarmes, afin d'attirer
l'autre moitié de l'Armée qui étoit reſtée au
Camp fous les Ordres du Velt- Maréchal , Comte
de Wackerbarth. Une petite Flote , compofée de
Frégates , de Brigantins & d'autres Bâtimens, fur
lefquels on avoit embarqué des Troupes, avec 13
Piéces de Canon , fit la même chofe le long de
la Riviere , & après avoir fait fauter en l'air une
partie du Pont qu'elle trouva dans fon paffage
elle fe rangea vers un endroit nommé Groebe, ou
elle débarqua fon monde pour occuper un Village
fitué fur le bord de l'Elbe , afin de favorifer le
paffage de l'Armée du General de Baudis . Pendant
ce temps-là on avoit jetté un Pont de Batteaux
au-deffous de Groebe , fur lequel le General
de Baudis repafla la Riviere avec fes Troupes
l'après midi , fe fervant en même-temps des Bâtimens
de tranfport qu'on y avoit affemblez pour
cet effet , & il fit faire un Retranchement vis-àvis
de Groebe pour couvrir fes Troupes à meſure
qu'elles fe pofterent. Ces Troupes furent auffi
foutenues par la petite Flote , & par une Batterie
de 36 Pieces de Canon , placées de l'autre côté de
la Riviere , fur une hauteur qui domine toute
cette Contrée, & que les deux Rois avoient choi-
Le pour voir ce magnifique fpectacle.
L'Armée du Velt-Maréchal qui étoit accouruë
aux fauffes allarmes , ayant appris le veritable
endroit du paffage de celle du General de Baudis
, fe mit en marche de ce côté là , fur deux
Colonnes ; la Cavalerie étoit à la tête , & elle
fut fuivie des Dragons & de l'Infanterie. S'étant
approchée vers le foir du Retranchement du Ge
meral de Baudis , qu'on avoit fait garnir de quantité
de Canons , elle forma fes attaques , & les
sammença par fes Dragons , auſquels on fit met-
LIC
JUILLET. 1730. 1645
·
tre pied à terre ; ils avancerent & chargerent fur
quatre Colonnes , & après un grand feu de part
& d'autre , tant des Canons que de la Moufqueterie
; la nuit fépara les deux Partis, & toute l'Armée
rentra dans le Camp .
Le 22. fut jour de repos. Le Roy de Pruffe dina
avec le Pr. Royal fon fils , chez le Pr. Royal de
Pologne , à Fieffenau , & le Roy de Pologne encore
en particulier .
Le 23. le Margrave Regnant de Brandebourg
Anfpach , Gendre du Roy de Prufſe , arriva au
Camp, L'Armée qui devoit ce jour - là repreſenter
un Combat , fe partagea en deux Corps , afin de
former deux Armées différentes . Le Velt- Maréchal
eut le Commandement de l'une , fous les
Ordres du Pr. Royal de Pologne , & le Duc Jean
Adolphe de Weiffenfels , celui de l'autre. Les
deux Armées s'étant mifes en marche , chacune
fur deux Colonnes , elles allerent fe ranger fur
deux lignes , aux deux côtez du Pavillon Royal ,
où les deux Rois étoient avec les Cours & quantité
de Perfonnes de diftinction . Elles avancerent
enfuite l'une contre l'autre , après avoir détaché
leur Cavalerie Légere, avec les Volontaires , pour
efcarmoucher & fe reconnoître. Lorsque les deux
Armées fe trouverent en prefence , à une diſtance
d'environ mille pas , on fit jouer le Canon ; &
après s'être approchées à 300 pas , l'Infanterie
des deux Armées commença fon feu par la Mouf
queterie , en avançant toujours l'une contre l'autre
jufqu'à 60 pas, où après plufieurs chocs & at
taques de la Cavalerie , l'Armée du Velt - Maréchal
fembloit vouloir plier ; mais ayant d'abord'
été foutenue par fa feconde ligne , elle repoufla
l'Armée du Duc de Weiffenfels & la pourſuivit
jufqu'à une certaine diftance , vers un Bois qui
'étoit derriere elle. Les deux Armées y firent alte ,
Η
pour
1646 MERCURE DE FRANCE
pour fe remettre & recommencer le combat,
La Cavalerie fe pouffa & repouffa fucceffivement
; mais enfin celle de l'aile gauche de l'Ar
mée du Duc de Weiffenfels fut entierement mife
en déroute & pouffée dans le Bois ; & comme
Paîle droite de la Cavalerie de cette Armée avoit
pris quelque avantage fur l'aile gauche du Velt-
Maréchal, la feconde ligne de fon aîle droite fe
détacha pour foutenir la gauche ; l'aîle droite du
Duc de Weiffenfels , après avoir chargé quelquetemps
, fut auffi mife en déroute ; & lorfqu'elle fe
retira dans le Bois , l'Armée du Comte de Wackerbarth
en coupa deux Eſcadrons ,L'Infanterie dų
Duc de Weiffenfels fe trouvant alors abandonnée
de fa Cavalerie ; & celle du Comte de Wacskerbarth
faifant des mouvemens pour entrer dans
fes Flancs, elle forma un Crochet fur chaque aîle,
& fe battit en retraite jufques dans le Bois ; après
quoi les deux Armées rentrerent dans le Camp.
Le Roy de Pruffe avant fon départ du Camp ,
a fait diftribuer quantité de Médailles d'Or à divers
Seigneurs , parmi lesquelles il y en a de la
yaleur de 150 Ducats. S. M. Pr. a auffi fait donner
70000 Florins aux Troupes , & 30000 , aux
Officiers de la Maifon du Roy de Pologne.
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Résumé : SUITE du Journal du Camp de Mulberg & Radewitz.
Du 15 au 23 juin, une armée effectua diverses activités militaires et manœuvres. Le 15 juin, elle se mit en ordre de bataille en trois lignes et réalisa des manœuvres autour du Pavillon Royal. Le 16 juin fut un jour de repos, marqué par des dîners officiels. Le 17 juin, l'armée pratiqua des exercices en phalanges et effectua des tirs en serpentant. Le 18 juin, le roi de Prusse et le prince royal assistèrent à un sermon et dînèrent chez le feld-maréchal. Le 19 juin, l'armée exécuta des manœuvres en carrés et simula des attaques et des retraites. Le 20 juin, les rois inspectèrent un régiment de grenadiers et firent des reconnaissances du terrain. Le 21 juin, une partie de l'armée traversa la rivière Elbe pour simuler une attaque, soutenue par une petite flotte. La nuit sépara les deux parties après un échange de tirs. Le 22 juin fut un jour de repos. Le 23 juin, l'armée se divisa en deux corps pour représenter un combat, avec des échanges de tirs et des charges de cavalerie, se concluant par la retraite des deux armées dans le camp. Le roi de Prusse distribua des médailles et des récompenses avant son départ.
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35
p. 2250-2252
Ecole de Cavalerie, &c. [titre d'après la table]
Début :
M. De la Gueriniere, Ecuyer du Roi, vient de faire imprimer la quatriéme & derniere leçon [...]
Mots clefs :
Chevaux, Écuyer, Écuyer du roi, Cheval, Cavalerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ecole de Cavalerie, &c. [titre d'après la table]
M. de la Gueriniere , Ecuyer du Roy , vient de
faire imprimer la quatriéme & derniere leçon
d'un Livre intitulé : ECOLE DE CAVALLERIE ,
contenant un Recueil des principes , qui regardent
la connoiffance dés Chevaux , la maniere de
les dreffer , & generalement tout ce qui peut former
un connoiffeur & un homme de cheval.
Cet ouvrage qui a été composé pour fervir
aux Démonftrations publiques , que l'Auteur a
commencé de faire depuis près d'un an , tous les
Samedis
1
OCTOBRE. 1730. 2251
Samedis dans fon Académie , ruë de Vaugirard ,
en faveur de Mrs les Académiftes & de tous ceux
qui veulent y affifter , ce qui eft tres -utile , nonfeulement
pour tous les jeunes Gentilshommes
qui feront dorénavant leurs exercices , mais encore
pour tous les Officiers & autres perfonnes
qui font dans l'obligation d'avoir des Chevaux.
Tous les Auteurs qui ont écrit jufqu'à prefent
fur cette matiere, n'ont parlé que de chaque partie
en particulier ; les uns fimplement du Manége
, les autres des maladies des Chevaux ; dans
celui- ci on a réuni dans un feul volume toutes les
differentes parties qui ont du rapport aux Chevaux.
On s'eft attaché à y mettre tout l'ordre
poffible ; le ftyle en eft fimple & concis , les définitions
en font claires & dévelopent méthodiquement
les principes que l'on y établit : de forte
qu'on peut aisément parvenir à les mettre en
ufage.
L'Ouvrage eft diftribué en 4 leçons , & chacune
de ces leçons en plufieurs chapitres.
La 1. leçon explique le nom des parties exte
rieures du Cheval , leur fituation , leur beauté &
leurs deffauts.
La 2. regarde l'âge , la difference des poils
l'embouchure , la ferrure , la felle , & c.
La 3. enfeigne à dreffer les jeunes Chevaux
pour le Manége , pour la Guerre , pour la Chaffe
& pour le Caroffe.
Et la 4. renferme un Traité d'Oftéologie du
Cheval , la définition de ſes maladies , les remedes
pour les guérir & un Traité d'Opérations.
Ces 4 parties ont été faites dans la vûë de former
tous les ans un Cours de Cavalerie , qui durera
neuf mois . Le 1. vient d'être interrompu ,
à la 4 partie,par la faifon peu favorable pour les
démonſtrations & les opérations Anatomiques
qui
2252 MERCURE DE FRANCÉ
qui font le fujet de cette 4 partie , & que l'on fe
propofe de faire fur des fujets réels ; mais on
continuera ce cours le Samedy d'après la faint
Martin ; & l'on en recommencera en mêmetemps
un 2 ; ainfi cet arangement , que l'on fuivra
toujours par la fuite , fatisfera & la curiofité
des commençans, & ceux qui ont déja de la connoiffance.
Un Medecin de la Faculté de Paris fe fera un
plaifir d'en faire lui - même les Démonftrations
Anatomiques, à l'exemple d'Herouard , Medecin
d'Henry IV. qui avoit commencé , par les Ordres
de ce grand Roy, de travailler fur cette matiere
; mais la mort de ce Prince interrompit ce
projet , & il ne nous refte qu'un fimple abregé
d'Oftéologie.
Il y a lieu de s'étonner que de pareils exercices
n'ayent point encore été inftituez dans les Académies
, on auroit certainement fait des découvertes
curieufes & neceffaires à la confervation
d'un animal fi utile , car il ne fuffit pas de fçavoir
monter à Cheval avec grace & fermeté , il
faut joindre à ces qualitez celles de fçavoir acheter
& dreffer un Cheval pour fon ufage , le conferver
en fanté , le guérir de fes maladies & accidens
, lui ordonner l'embouchure , la ferrure
& la felle convenable , qui font des connoiffances
abfolument neceffaires , tant pour ceux qui fe'
deftinent au fervice , que pour tous ceux qui ſe
fervent de Chevaux.
faire imprimer la quatriéme & derniere leçon
d'un Livre intitulé : ECOLE DE CAVALLERIE ,
contenant un Recueil des principes , qui regardent
la connoiffance dés Chevaux , la maniere de
les dreffer , & generalement tout ce qui peut former
un connoiffeur & un homme de cheval.
Cet ouvrage qui a été composé pour fervir
aux Démonftrations publiques , que l'Auteur a
commencé de faire depuis près d'un an , tous les
Samedis
1
OCTOBRE. 1730. 2251
Samedis dans fon Académie , ruë de Vaugirard ,
en faveur de Mrs les Académiftes & de tous ceux
qui veulent y affifter , ce qui eft tres -utile , nonfeulement
pour tous les jeunes Gentilshommes
qui feront dorénavant leurs exercices , mais encore
pour tous les Officiers & autres perfonnes
qui font dans l'obligation d'avoir des Chevaux.
Tous les Auteurs qui ont écrit jufqu'à prefent
fur cette matiere, n'ont parlé que de chaque partie
en particulier ; les uns fimplement du Manége
, les autres des maladies des Chevaux ; dans
celui- ci on a réuni dans un feul volume toutes les
differentes parties qui ont du rapport aux Chevaux.
On s'eft attaché à y mettre tout l'ordre
poffible ; le ftyle en eft fimple & concis , les définitions
en font claires & dévelopent méthodiquement
les principes que l'on y établit : de forte
qu'on peut aisément parvenir à les mettre en
ufage.
L'Ouvrage eft diftribué en 4 leçons , & chacune
de ces leçons en plufieurs chapitres.
La 1. leçon explique le nom des parties exte
rieures du Cheval , leur fituation , leur beauté &
leurs deffauts.
La 2. regarde l'âge , la difference des poils
l'embouchure , la ferrure , la felle , & c.
La 3. enfeigne à dreffer les jeunes Chevaux
pour le Manége , pour la Guerre , pour la Chaffe
& pour le Caroffe.
Et la 4. renferme un Traité d'Oftéologie du
Cheval , la définition de ſes maladies , les remedes
pour les guérir & un Traité d'Opérations.
Ces 4 parties ont été faites dans la vûë de former
tous les ans un Cours de Cavalerie , qui durera
neuf mois . Le 1. vient d'être interrompu ,
à la 4 partie,par la faifon peu favorable pour les
démonſtrations & les opérations Anatomiques
qui
2252 MERCURE DE FRANCÉ
qui font le fujet de cette 4 partie , & que l'on fe
propofe de faire fur des fujets réels ; mais on
continuera ce cours le Samedy d'après la faint
Martin ; & l'on en recommencera en mêmetemps
un 2 ; ainfi cet arangement , que l'on fuivra
toujours par la fuite , fatisfera & la curiofité
des commençans, & ceux qui ont déja de la connoiffance.
Un Medecin de la Faculté de Paris fe fera un
plaifir d'en faire lui - même les Démonftrations
Anatomiques, à l'exemple d'Herouard , Medecin
d'Henry IV. qui avoit commencé , par les Ordres
de ce grand Roy, de travailler fur cette matiere
; mais la mort de ce Prince interrompit ce
projet , & il ne nous refte qu'un fimple abregé
d'Oftéologie.
Il y a lieu de s'étonner que de pareils exercices
n'ayent point encore été inftituez dans les Académies
, on auroit certainement fait des découvertes
curieufes & neceffaires à la confervation
d'un animal fi utile , car il ne fuffit pas de fçavoir
monter à Cheval avec grace & fermeté , il
faut joindre à ces qualitez celles de fçavoir acheter
& dreffer un Cheval pour fon ufage , le conferver
en fanté , le guérir de fes maladies & accidens
, lui ordonner l'embouchure , la ferrure
& la felle convenable , qui font des connoiffances
abfolument neceffaires , tant pour ceux qui fe'
deftinent au fervice , que pour tous ceux qui ſe
fervent de Chevaux.
Fermer
Résumé : Ecole de Cavalerie, &c. [titre d'après la table]
M. de la Guerinière, Écuyer du Roy, a publié la quatrième et dernière leçon de son ouvrage 'École de Cavalerie'. Ce livre rassemble les principes essentiels sur la connaissance des chevaux, leur dressage et les compétences d'un connaisseur en chevaux. Il accompagne les démonstrations publiques organisées chaque samedi dans son Académie, rue de Vaugirard. Contrairement aux ouvrages précédents, 'École de Cavalerie' regroupe toutes les parties relatives aux chevaux en un seul volume. Le style est simple et concis, avec des définitions claires et méthodiques. L'ouvrage est structuré en quatre leçons : la première décrit les parties extérieures du cheval, la deuxième traite de l'âge, des poils, de l'embouchure, de la ferrure et de la selle. La troisième enseigne le dressage des jeunes chevaux pour divers usages, et la quatrième contient un traité d'ostéologie, les maladies des chevaux, les remèdes et les opérations. Le cours de cavalerie, prévu pour neuf mois, a été interrompu après la quatrième partie en raison de conditions défavorables. Il reprendra après la Saint-Martin, avec un second cours commençant simultanément. Un médecin de la Faculté de Paris effectuera les démonstrations anatomiques. L'institution de tels exercices dans les académies est surprenante, car elle permettrait des découvertes utiles à la conservation des chevaux. Il est essentiel de connaître non seulement la monte, mais aussi l'achat, le dressage, la conservation en santé, le traitement des maladies, ainsi que l'embouchure, la ferrure et la selle appropriées. Ces connaissances sont cruciales pour ceux qui se destinent au service ou utilisent des chevaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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36
p. 2720-2733
ORDRE de la Marche du Grand Seigneur, de Constantinople à Scutary, le 3. Août 1730.
Début :
Le résultat de plusieurs Conseils tenus à la Porte, depuis l'arrivée de l'Ambassadeur de [...]
Mots clefs :
Constantinople, Cheval, Chevaux, Argent, Armes, Chef, Officiers, Sultan, Lieutenant, Compagnie, Trésorier, Cavalier, Cavalerie
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texteReconnaissance textuelle : ORDRE de la Marche du Grand Seigneur, de Constantinople à Scutary, le 3. Août 1730.
ORDRE de la Marche du Grand Seigneur,
de Conftantinople à Scutary ,
·le 3. Août 1730.
E réſultat de plufieurs Confeils tenus à la
9
Pambaffadeur
Chah - Thamas , ayant été de continuer la guerre
contre les Perfans , le Grand Seigneur fe détermina
à paffer en Afie , & à faire marcher le G. Vizir
à la tête de fes Troupes. Pour cet effet on
marqua le lieu d'affemblée dans la Campagne
entre Calcedoine & Scutary , derriere un Serrail
du Sultan : fes Tentes y furent dreffées & les Etendarts
à queue de Cheval, au nombre de 20. portez
& arborez avec beaucoup de pompe & de ceremonie
, fuivant l'ufage en pareille occafion.
*
Le 3. Août , le G. S. accompagné du G. V. du
Mufty , des Pachas & de fes autres principaux
Miniftres & Officiers , alla à 8. heures du matin
faire fa priere à la Mofquée d'Ajoub, dans le fond
du Port où le Mufty lui çeignit l'épée de la mê-
* L'Etendart à queue de Cheval ou le Toug,
comme les Turcs l'appellent , efl formé par une
groffe longue Pique , pour ceux qui le portent
à pied , par une plus petite pour ceux
qui le portent à cheval , au haut de laquelle eft
une boule de vermeil , & au- dessous un peu
plus bas , tout autour d'un bourrelet de bois doré
font attachez les crins d'une queuë de Cheval,
ordinairement teints de differentes couleurs,
I. Vol. me
DECEMBRE. 1730. 2721
me maniere qu'il fe pratique à l'avenement d'un
Sultan à l'Empire , ce qui tient lieu de Couronnement.
Cette cerémonie achevée , le G. S. revint
au Serrail , d'où peu après il s'embarqua avec les
Princes fes fils , le G. V. les Pachas & autres Miniftres
, fur la Galere du Capitan Pacha , dite la
Patrone Imperiale , magnifique ment pavoifée ;
il arriva à Scutary , vers le midi , au bruit du
Canon de la Galere qu'il montoit , & d'une autre
fur laquelle étoient les Pages & quelques -uns de
fes Officiers. Dès qu'il eut mis pied à terre , il
alla à une des principales Mofquées de la Ville où
il demeura plus d'une demie heure à prier Dieu
fur le Tombeau de fa mere qui y eft inhumée ;
enfuite montant à cheval il pourfuivit fa route
jufqu'à fon Serrail de Calcedoine , où il a toûjours
demeuré depuis avec fes Sultanes favorites
qui l'y vinrent joindre le même jour , n'étant
allé fous fes Tentes que quand il y a eu Grand-
Divan ou Confeil extraordinaire .
Quoique tous ceux qui devoient accompagner
le Sultan , fe fuffent mis en marche de grand
matin , les derniers cependant n'arriverent au
Camp qu'à plus de quatre heures après midi ; ce
n'eft pas que le Cortege de Sa Hauteffe , tout
nombreux qu'il étoit , n'eût du employer beaumoins
de temps à faire ce chemin qui n'eft
que d'environ une lieuë & demie , mais c'eſt que
faute d'âffez de terrain à la Marine , & de bon or -
dre pour mettre à propos chacun en mouvement,
à quoi les Turcs ne paroiffent gueres s'entendre ,
la Marche étoit fouvent interrompuë ; de forte
coup
* On remarque que c'est la premiere fois de
fa vie qu'il est venu à ce Serrail , quoique le
lieu foit fort agréable , & qu'il n'y ait pas une
demie heure de trajet de Mer à paffer.
Hiij qu'il 1. Vol.
2722 MERCURE DE FRANCE
qu'il s'écouloit quelquefois une demie heure fans
que perfonne bougeât , à cela près il n'y eut ni
foule ni confufion furtout de la part des Spectateurs
, quoiqu'en très- grand nombre , & il n'arriva
pas le moindre defordre , & depuis l'Echelle
où l'on débarque à Scutary jufqu'aux Pavillons
du G. S. les rues & la Campagne étoient bordées
de part & d'autre d'une haye de gens fous les armes,
fçavoir , de Janniffaires à droit & de Topdgis
& Gebedgis ou Canoniers &Armuriers à
che.
gau
Un peu avant que la Marche s'ouvrit , so . Chiaoux
des Janniffaires , pafferent , & après eux en differens
temps , la plus grande partie des principaux
Officiers de cette Milice , comme des Tchorbadgis
ou Capitaines , le Bach- Chiaoux ou le
Sergent Major, Le Sanffoudgi - Bachi. Chef
de ceux qui ont le foin des Levriers ou grands
Chiens du Sultan . Le Zagardgi - Bachi , à qui font
confiez les Dogues , les Epagneuls & autres
Chiens pour la Chaffe du fufil. Le Bach - Yazidgi
ou premier Secretaire des Janiffaires. L'Affas- Bachi
, qui a le foin de la Police , & le Sou- Bachi ,
qui eft le Prévôt de Conftantinople . Le Kiaya-
Bey , autrement nommé le Koul- Kiayaffy , ou le
Lieutenant General de ce Corps. Le Janiffaire,
Aga , ou le General des Janniffaires , & plufieurs
lefquels prirent tous les devants
cevoir Sa Hauteffe au Camp , ou parce que quelques
fonctions particulieres les empêchoient de
fe trouver à la Marche.
autres , pour
re-
Maiſon & Suite du G. V. fçavoir , 70. Tartares
à cheval , marchant deux à deux , ayant leur
Tartar- Agaffy ou Commandant à leur tête , leur
Drapeau blanc déployé , & armez chacun d'un
Sabie, de Piftolets d'Arçon , d'Arcs & de Fleches
Les Tartares font les Couriers du G. V.
I. Vol. Les
DECEMBRE. 1730. 2723
Les 4 Chefs des Gnululis & des Delis , qui
font des efpeces de Cavaliers ou Dragons volontaires
, tirez la plupart de l'Albanie & de la Bofnie
, & qui font une partie de la Garde à Cheval
du G. V.
Une Compagnie de Gnunulis , marchant fur
une ligne à la droite & une de Delis , marchant
´de même à la gauche ; il y avoit encore quelques
Dragons d'une autre forte , mêlez parmi ces deux
Compagnies.
Beaucoup de Divans Tchaoux ou Huiffiers du
Confeil à cheval fur deux lignes , & en Muderedgé,
c'eft- à-dire en grand Bonnet de ceremonie
, étroit par en bas , fort large au fommet
, haut d'un pied & demi , & tout couvert
d'une Mouffeline pliée autour.
Deux Tougilars ou Officiers portant chacun un
Etendart 2à queue de Cheval , fuivi de 4. Sangiactars
ou Porte- Enfeignes , portant les Sangiaks
ou Drapeaux des Pachas ; celui du G. V.
étoit verd , les autres de diverfes couleurs , & ils
étoient pliez tous quatre.
100. tant Vizirs- Agaffy , que Tcheknegirs ou
Mutaferikas , fort bien vétus & montez ; ils
avoient pour armes l'Arc & des Fleches dorées
dans des Carquois de cuivre ou couverts de ve→
lours , le tout relevé d'une riche broderie .
Les Ghedikluzaims , forte d'Officiers de Cavaferie
, qui poffedent les plus confiderables Ziamets
ou Fiefs de l'Empire.
Les Muderris ou Profeffeurs qui enfeignent
P'Alcoran , la Medecine , les Langues Arabe &
Perfane , & qui afpirent aux Charges de Judicature.
Les Moullahs , Grands -Juges ou Juges Souverains
dans les Provinces , en Turban rond , d'une
grofleur démefurée.
I. Vole
Hiiij 300.
2724 MERCURE DE FRANCE
300. Yazidgis du Kalem , Effendis ou Codgeas;
ee font differentes efpeces de Commis & d'Ecrivains
du Divan de la Chancellerie & des Tréſors.
Une Compagnie de Janniffaires en habit de
guerre , le fufil fur l'épaule.
L'Imbrohor , ou Grand- Ecuyer.
36. Chevaux de main , dont 7. entre autres
plus beaux & plus fuperbement harnachez que le
refte , portoient des Boucliers d'airain argenté
chargez d'ornemens d'or,& attachez à la Selle du
côté hors du montoir.
Le Capidgilar- Buluk- Bachi , ou Chef de Brigade
des Capidgis ou Portiers , entouré de beaucoup
de Choadars , ou -Porte - Manteau , le Moufquet
fur l'épaule.
Le Telkitchi , efpece de Meffager qui porte les
Billets & dans de certaines occafions les Avis de
bouche du G. V. au G. S.
Le Mectupchi ou Secretaire du Cabinet du G.V.
Le Buyuk & le Cutchuk- Teskeredgi , ou le
Grand & le Petit Greffier , qui expedient les ordres
du G. V. au Divan , & écoutent , accompagnez
du Chiaoux - Bachi , les plaintes & les Procès
des Particuliers.
La Compagnie du Muzur- Aga , ou d'Halebardiers
du G. V. marchant deux à deux, & fuivis
de leur Capitaine. Ils ont pour arme une demi
pique de bois noir ornée d'une bande
d'argent d'un pouce de large, qui tourne tout autour
en Spirale du bas en haut.
>
Le Kiaya du G. V. autrement dit le Vizir
Kiayaffi , il avoit un Arc & un Carquois fuperbes
, une petite Garde de Janniffaires & environ
100. Choadars à pied , le Moufquet fur l'épaule
& le Sabre au coté.
Le Hafnadar ou Tréforier , & l'Imam ou Aumônier
, avec l'Arc & le Carquois , & beaucoup
de Valets armez.
DECEMBRE . 1730. 2725
100. Itch Agalars ou Pages , marchant deux à
deux en fort bon ordre , & montez fur des Chevaux
d'une grande beauté , magnifiquement harnachez
& caparaçonnez à la Romaine; ils avoient
pour armes offenfives, le Sabre , les Piſtolets d'Arçon
, l'Arc & la Mildrac ou Lance Hongroife ,
qui n'eft qu'une demi Pique , & pour armes deffenfives
, une Cotte de Mailles à demi manches ,
qui leur defcendoit jufqu'aux genoux ; des Braſfarts
d'acier poli & damafquiné , dont leur avant
bras étoit couvert en dehors jufqu'au conde , &
de Mail.es en dedans ; une Calotte du même acier
leur tenoit lieu de Turban ; il en pendoit un petit
Raiſeau de Mailles pour leur garantir le cou &
& les joues & autour de cette Calotte une longue
Seffe ou écharpe de Soye de differentes couleurs ,
étoit entortillée & ajustée avec beaucoup de grace
; ils portoient outre cela un Kerekié au Manteau
long d'étoffe de Soye leger , à fleurs d'or &
d'argent, qui leur paffoit en écharpe de deffus l'épaule
gauche fous le bras droit , & dont les bouts
toient nouez par derriere à un Carquois de velours
en broderie , rempli de Fleches dorées .
Il y avoit un grand nombre de gens très - bien
faits , tant parmi ces Cavaliers , que parmi ceux
dont on va parler , & le tout enfemble for moit
une Troupe d'un air auffi lefte que martial.
100. autres Itch- Agalars en pareil équipage
que les précedens , excepté qu'au lieu de la Lance,
ils portoient la Carabine haute, dont la monture,
quoique d'un travail fort imparfait, ne laiffoit pas
de produire un effet très - brillant par la riche
marqueterie d'or , d'argent , de Nacre de Perle ,
de Corail & d'autres Joyaux dont elle étoit toute
couverte .
de
La Mufique guerriere du G. V. compofée de
40. Muficiens à cheval , tant Trompettes,
I. Vel.
plus
Hv Haut
2726 MERCURE DE FRANCE
Hautbois , Cimbales, que Tabours , petites Timbales
& autres Inftrumens du Pays. Marchoit
après la Maiſon & Sunte du Vizir Kiayaffy , fça.
voir , 22. Agas , Gentils - hommes Courtifans ou
Servans, bien montez, fort leftes & en bon ordre..
L'Imbrohor ou Ecuyer.
7. Chevaux de main , auffi beaux & auffi fu
perbement harnachez que ceux du G. V. à l'exception
qu'ils n'avoient ni peaux de Tigre , ni
Boucliers à la Selle . Il n'a pas droit de faire mener
un plus grand nombre de Chevaux, non- plus
que les Pachas. Le G. V. en fait mener tant qu'il
yeut.
avec la Carabine.
30. Itch-Agalars , avec l'Arc & le Carquois..
30. autres avec la Lance Hongroife. Et 30. autres
Le Kiaya ou l'Intendant du Vizir Kiayaffy &
le Kiatib ou Secretaire du Kiaya.
Le Hafnadar ou Tréforier & beaucoup d'au
tres Officiers & Domestiques..
Maifon & Suite particuliere du G. S.
200. Zaims ou Cavaliers rentez , c'eft- à- dire
qui poffedent des Ziamets ou Fiefs , entourez de
leurs Domestiques à pied armez.
60. Tant Effendis que Kiatibleri , Secretaires ,
Ecrivains ou Commis de la Chancellerie & du
Tréfor , en même équipage que les Zaims.
130. Eulemas ou Docteurs , coeffez de prodigieux
Turbans , & portant la Peliffe à longues.
manches fendues & pendantes
4. heiks ou Chefs d'Ordres Religieux..
4. Toygilars ou Porte- Ltendarts à queue de
Cheval, fuivis de 7. Bairactars ou Porte - Enfeignes,
portant chacun un Drapeau plié de diverfes couleurs.
Le G. S. a fix de ces Queues , mais on n'en
portoit que 4. les autres étoient au Camp pour
I. Vol.
marDECEMBRE
. 1730. 2727
marquer les Tentes de Sa Hauteffe.
6. Longs Sacqs de cuir rouge , pliffez & liez en
bourfe par en bas & par en haut à une grande
Pique qui les traverſe , renfermant des Bâtons pour
donner la baftonade , fupplice fort ordinaire &
qu'on inflge pour peu de chofe chez les Turcs .
Ces Sacqs portez font des marques d'autorité &
de fouveraineté .
&
Le fecond Hafnadar ou fecond Tréforier ,
le Tefter Eminy ou Controlleur . Le Hafnadar
Aga ou premier Tréforier du Serrail , qui eft un
Eunuque noir , étoit abſent.
Le Hekim- Bachi ou Premier Medecin , & le
Dgeack- Bachi ou Premier Chirurgien.
L'Ordi - Cadiffy , ou l'Intendant & le Juge des
Corps de Métiers & des Marchands . Il fait les
fonctions de Grand Prévôt à l'armée .
2. Anciens Iftambol- Effendy ou Lieutenans Ge
neraux de l'olice de Conftantinople.
Le Defterdar ou le Grand - Tréforier , qui après
le G. V. eft . auffi Sur - Intendant des Finances
marchant à la droite , & le Reys Effendi , Secretaire
d'Etat , marchant à la gauche. La Charge de
Reys- Effendi répond à peu près à celle de Chanceliér
en France.
Le Bach- Baki Koulon ou Chef des Receveurs
qui pourfuivent le payement des fommes dues au
Tréfor.
L'Iftambol- Effendy ou le Lieutenant General
de Police actuel , & le Nakib- Echeref, ou le Chef
des Emirs , defcendans de Mahomet.
20. Anciens Kadileskers ou Juges fuprêmes
d'Anatolie & de Komelie , en gros Turban , à la
tête defquels marchoient les deux Unkiar- Imams,"
ou le premier & le fecond Aumônier du G. Ş .
Les deux Kadileskiers qui font actuellement en
charge ; celui d'Anatolie marchant à la droite &
I. Vol.
H vj celui
2728 MERCURE DE FRANCE
celui de Romelie à la gauche ; ils étoient armez
d'Arcs & de Fleches & environnez de beaucoup
de Choadars.
4.Pachas ouVizirs à trois queues,marchant deux
deux précedez de leurs Eftafiers , ils portoient le
Turban nommé Calevi , fait à 4. coins ronds .
comme le font communément nos Mortiers à
piler ; ils étoient fuperbes en tout , & avoient
chacun plus de 4. Choadars , fort proprement
vétus & bien armez .
Le Mufti ou le premier Miniſtre de la Loy &
l'Oracle de la Religion parmi les Turcs en habit
blanc de Camelot , armé d'un Sabre , d'un
Arc & d'un Carquois , comme accompagnant le
G. S. à la guerre contre des Heretiques. Il marchoit
feul , entouré d'une vingtaine de Valets de
Pied , le Moufquet fur l'épaule.
*
Le G. V. appellé par les Turcs Vizir- Azem ,
qui fignifie le Chef du Confeil , & Muhur- Sahibi,
qui veut dire le Maître du Sceau , fon Cheval
étoit couvert de harnois d'argent , enrichis de
Pierres précieuſes. Ses Tufekchis ou Moufquetaires
& fes 8 Eftafiers le précedoient à pied, il étoit
entouré d'un grand nombre d'autres Domestiques
à pied, & fuivi de 4.Tchorbadgis de Janiffaires avec
le Bonnet de Ceremonie en grand plumage , il regardoit
de côté & d'autre affablement & jettoit de
temps en temps des Sequins au Peuple , fur tout
où il appercevoit des Etrangers.
24. Capidgis- Bachis , ou Chefs des Portiers du
Serrail ; ce font des Gentilshommes de la Chambre
, il y en a toûjours un de garde à la porte
des Appartemens de S. H. Ils introduifent à fon
* Cachet d'or où le nom du G. S. éft gravé.
S.H. le donne à celui qu'elle fait G. V. & le lui
ête quand il est tombé dans fa disgrace.
I, Vol. AuDECEMBRE.
1730. 2729
D
Audience les Ambaffadeurs & tous ceux qu'on y
admet en les prenant fous les bras ; ils ne paffent
jamais à de plus grandes Charges, & n'ont que
3.1. 15. .. par jour , mais on les envoye porter les.
ordres du Sultan au Vizir & Pachas dont ils font
quelquefois chargez d'apporter la tête , & ces fortes
de commiflions les dédommagent de la modicité
de leurs appointemens.
Le Buyuk Imbrohor , ou Grand-Ecuyer , & le
Kutchub Imbrohor , ou petit Ecuyer ; le premier
a l'inſpection fur tous les Chevaux , Chameaux,
Mulets &c. & le fecond qui eft le Lieutenant du
premier , fur les Coches , Caroffes , Litieres &c.
& marche devant la Sultane Valité , ou mere du
G. S. quand elle monte en Carroffe.
48. Chevaux de main ; fçavoir , 14. couverts
de houffes trainantes , les unes de drap , les autres
d'etoffes de foye relevées en broderie d'or &
d'argent.
10. autres auffi en houffes de drap trainantes
mais chargées d'ornemens faits de petites plaques.
en boffe d'argent ou d'or maffif , appliquées fur
le drap.
15. autres à houffes courtes de velours cramoifi
, brodées d'or & d'argent , avec un riche
bouclier attaché à la felle.
9. autres dont les houffes , les harnois & les
boucliers étoient couverts de perles & de pierres
précieuſes.
30. de ces Chevaux portoient des bouquets de
plumes fur la tête accompagnés d'enfeignes de
pierres précieufes , & de deffous la gorge , ik
pendoit un toupet de crin blanc , ou teint de diverfes
couleurs , avec une boule de vermeil au
bout. Une écharpe de gaze , de moire ou d'autre
étoffe de foye , mêlée d'or & d'argent s'entortiloít
legerement autour de ce toupet , & for-
1. Vel mang
2730 MERCURE DE FRANCE
mant une espece de fefton , fe retrouffoit à la
*felle qui avoit l'accompagnement ordinaire d'une
Maffe , d'une hache d'Armes , & d'un grand fabre
, le tout bien garni de pierreries. Il eft certain
qu'on ne peut gueres rien voir de plus fuperbe
en ce genre que ces 48. Chevaux de main
& leurs harnois .
Quelques Salabors , ou Ecuyers Cavalcadours,
fuivis par des redekchis , des Saratches & des
Seis , trois claffes differentes de Palfreniers.
6. Dogues & 6. autres Chiens pour la Chaffe
au fufil , peints en differens endroits de leur corps
& menés chacun en leffe par deux Boftandgis.
·Le Selam Agaffy , ou le Chef des Selam-
Chiaoux , ou Chiaoux du falut , & le Capidgilar
Kiayaffy , ou le Lieutenant des Portiers , qui fait
les fonctions de Maître des Cerémonies , & d'Introducteur
de tous ceux qui vont à l'audience du
Sultan.
Le Sandgiak Cherif , ou l'Etendart verd que
Mahomet donna lui-même aux Muſulmans ; il
étoit plié & enveloppé dans une longue bourfe
de taffetas verd ; un Emir , qui eft l'Alemdar , out
le Lieutenant du Nakib Echref , ou Chef des
Emirs , le portoit , entouré de beaucoup d'au
tres Emirs , tous , foi - difant , de la famille du
Prophete , & fuivis de plufieurs Dervichs ou Religieux
, ainfi que d'autres perfonnes qui deffervent
les Mofquées , chantant tous des Hymnes
pour la profperité des Armes du Sultan , la propagation
de la Foi Mufulmane Orthodoxe , &
la deftruction des Perfans Herétiques Sectateurs
d'Aly.
Un grand Caroffe fort bien doré par tout >
tant en dedans qu'en dehors , tiré par fix Chevaux
blancs dont les houffes & les harnois
étoient de velours cramoifi , brodé d'or ; il por-
2.
J. Vol.
toir
DECEMBRE. 1730. 2731
toit une petite caffette d'argent doré qui renfermoit
un Manufcrit de l'Alcoran & une boëte
d'argent ovale , dans laquelle étoit le Manteau
de Mahomet. C'est pour la premiere fois qu'on
a vû un Caroffe dans une Marche du G. S.
Le Solak- Bachi & le Peik Bachi ,
i, oules Commandans
des Solaks & des Peiks , ou petits Valets
de S. H. en habits magnifiques & en bonnets
de vermeils d'un pied de haut.
+6
& une 200. Selaks marchant deux à deux
Compagnie de Peiks , marchant de même dans.
l'interieur des deux lignes que formoient les Solaks
.
Le G. S entouré de s . Solaks à pied , portant
le Bonnet à haut & grand pannache , pour empêcher
, dit- on , qu'il ne foit va fi facilement du
peuple , & fuivi de 200. Chateirs , Boftandgis
Baltadgis & autres fortes de Domestiques à pied.
& bien armés . Le G. S. n'avoit pour tout orne→
ment guerrier qu'un Arc & un Carquois .
Les 6. Chah Jade , ou fils du G. S. armés
d'Arcs & de Carquois , marchant deux à deux
& environnés de leurs Gouverneurs , Officiers &
Domeftiques.
و
Le Selictar Aga , ou Porte- Epée de S. H. le.
Sabre du Sultan qu'il portoit éclatoit de pierreries
, & lui pendoit d'un Ceinturon paffé un baudrier.
Le Tehohadar Aga , ou Maître de la Garde
Robe , & Porte -Manteau du Sultan ; il portoir
fa Maffe d'Armes , & jettoit de fa part des poignées
de Paras au Peuple. Ce font de petites .
Piéces qui ne valent que 18. deniers.
2. Dulbent Agalar , ou Porte-Turban ; cha
cun d'eux en tenoit un dans fes mains , enveloppé
d'un taffetas verd fort clair , au travers du
quel brilloient de belles Enfeignes de diamans...
I. Vol.
2732 MERCURE DE FRANCE
4. Pages de l'Hafoda portant le Tabouret , l'Aiguiere
, le Sorbet & la Caffoletre de S. H.
Le Kiaya , ou Lieutenant du Kiflar- Aga , où
Second Chef des Eunuques Noirs , & le Capon-
Aga , ou Chef des Eunuques Blancs.
"
Une partie des Eunuques Noirs & des Eunuques
Blancs en cotte de mailles , le Pot en tête
avec le Sabre , l'Arc & le Carquois . Cette Troupe
n'étoit pas la moins curieufe de la Marche.
La Mufique Guerriere du G. S. composée de
plus de 60. perfonnes à cheval , excepté les Timbaliers
, montés fur des Chameaux.
2. Eunuques Blancs , à la tête de 30. Itch-
Agalars , ou Pages de l'Haf- oda , montés fur
des Chevaux Arabes ; ils étoient équipés comme
ceux dont on a ci- devant parlé , mais avec encore
plus de magnificence. Ils avoient un Kerckie
d'étoffe de foye jaune , une Echarpe ou Seſſe
rouge autour de leur calotte de fer , & pour armes
l'Arc & le Carquois.
2. Eunuques Blancs , fuivis de 30. Pages d'une
autre Chambre en Kerckie rouge , coeffure
blanche , & la lance ou demi- pique à la main .
Idem , fi ce n'eft que le Kerckté étoit verd &
la coëffure aurore.
Idem , en Kerckie couleur de rofe & coëffure
bleuë .
Idem , en Kerckie bleu , coëffure verd de mer ,
& portant la Carabine haute.
idem , en Kerckie verd celadon & coëffure
cramoifi .
>
2. Eunuques Blancs , & 20. Pages feulement ,
en Kerckie couleur de cerife , coëffure couleur
de citron , & avec la Carabine comme les deux
Brigades précedentes.
Et enfin quelques bas Officiers & Valets du
Sérail en foule qui fermoient la Marche.
I Vol Les
DECEMBRE. 1730. 2733
3
Les 6. Brigades d'Itch - Agalar dont on vient
de parler , formoient une Troupe veritablement
digne d'un grand Souverain , par la bonne mine
de la plupart des Cavaliers , la beauté des Chevaux
, la riche varieté , & le bon gout des habits
& des Equipages.
de Conftantinople à Scutary ,
·le 3. Août 1730.
E réſultat de plufieurs Confeils tenus à la
9
Pambaffadeur
Chah - Thamas , ayant été de continuer la guerre
contre les Perfans , le Grand Seigneur fe détermina
à paffer en Afie , & à faire marcher le G. Vizir
à la tête de fes Troupes. Pour cet effet on
marqua le lieu d'affemblée dans la Campagne
entre Calcedoine & Scutary , derriere un Serrail
du Sultan : fes Tentes y furent dreffées & les Etendarts
à queue de Cheval, au nombre de 20. portez
& arborez avec beaucoup de pompe & de ceremonie
, fuivant l'ufage en pareille occafion.
*
Le 3. Août , le G. S. accompagné du G. V. du
Mufty , des Pachas & de fes autres principaux
Miniftres & Officiers , alla à 8. heures du matin
faire fa priere à la Mofquée d'Ajoub, dans le fond
du Port où le Mufty lui çeignit l'épée de la mê-
* L'Etendart à queue de Cheval ou le Toug,
comme les Turcs l'appellent , efl formé par une
groffe longue Pique , pour ceux qui le portent
à pied , par une plus petite pour ceux
qui le portent à cheval , au haut de laquelle eft
une boule de vermeil , & au- dessous un peu
plus bas , tout autour d'un bourrelet de bois doré
font attachez les crins d'une queuë de Cheval,
ordinairement teints de differentes couleurs,
I. Vol. me
DECEMBRE. 1730. 2721
me maniere qu'il fe pratique à l'avenement d'un
Sultan à l'Empire , ce qui tient lieu de Couronnement.
Cette cerémonie achevée , le G. S. revint
au Serrail , d'où peu après il s'embarqua avec les
Princes fes fils , le G. V. les Pachas & autres Miniftres
, fur la Galere du Capitan Pacha , dite la
Patrone Imperiale , magnifique ment pavoifée ;
il arriva à Scutary , vers le midi , au bruit du
Canon de la Galere qu'il montoit , & d'une autre
fur laquelle étoient les Pages & quelques -uns de
fes Officiers. Dès qu'il eut mis pied à terre , il
alla à une des principales Mofquées de la Ville où
il demeura plus d'une demie heure à prier Dieu
fur le Tombeau de fa mere qui y eft inhumée ;
enfuite montant à cheval il pourfuivit fa route
jufqu'à fon Serrail de Calcedoine , où il a toûjours
demeuré depuis avec fes Sultanes favorites
qui l'y vinrent joindre le même jour , n'étant
allé fous fes Tentes que quand il y a eu Grand-
Divan ou Confeil extraordinaire .
Quoique tous ceux qui devoient accompagner
le Sultan , fe fuffent mis en marche de grand
matin , les derniers cependant n'arriverent au
Camp qu'à plus de quatre heures après midi ; ce
n'eft pas que le Cortege de Sa Hauteffe , tout
nombreux qu'il étoit , n'eût du employer beaumoins
de temps à faire ce chemin qui n'eft
que d'environ une lieuë & demie , mais c'eſt que
faute d'âffez de terrain à la Marine , & de bon or -
dre pour mettre à propos chacun en mouvement,
à quoi les Turcs ne paroiffent gueres s'entendre ,
la Marche étoit fouvent interrompuë ; de forte
coup
* On remarque que c'est la premiere fois de
fa vie qu'il est venu à ce Serrail , quoique le
lieu foit fort agréable , & qu'il n'y ait pas une
demie heure de trajet de Mer à paffer.
Hiij qu'il 1. Vol.
2722 MERCURE DE FRANCE
qu'il s'écouloit quelquefois une demie heure fans
que perfonne bougeât , à cela près il n'y eut ni
foule ni confufion furtout de la part des Spectateurs
, quoiqu'en très- grand nombre , & il n'arriva
pas le moindre defordre , & depuis l'Echelle
où l'on débarque à Scutary jufqu'aux Pavillons
du G. S. les rues & la Campagne étoient bordées
de part & d'autre d'une haye de gens fous les armes,
fçavoir , de Janniffaires à droit & de Topdgis
& Gebedgis ou Canoniers &Armuriers à
che.
gau
Un peu avant que la Marche s'ouvrit , so . Chiaoux
des Janniffaires , pafferent , & après eux en differens
temps , la plus grande partie des principaux
Officiers de cette Milice , comme des Tchorbadgis
ou Capitaines , le Bach- Chiaoux ou le
Sergent Major, Le Sanffoudgi - Bachi. Chef
de ceux qui ont le foin des Levriers ou grands
Chiens du Sultan . Le Zagardgi - Bachi , à qui font
confiez les Dogues , les Epagneuls & autres
Chiens pour la Chaffe du fufil. Le Bach - Yazidgi
ou premier Secretaire des Janiffaires. L'Affas- Bachi
, qui a le foin de la Police , & le Sou- Bachi ,
qui eft le Prévôt de Conftantinople . Le Kiaya-
Bey , autrement nommé le Koul- Kiayaffy , ou le
Lieutenant General de ce Corps. Le Janiffaire,
Aga , ou le General des Janniffaires , & plufieurs
lefquels prirent tous les devants
cevoir Sa Hauteffe au Camp , ou parce que quelques
fonctions particulieres les empêchoient de
fe trouver à la Marche.
autres , pour
re-
Maiſon & Suite du G. V. fçavoir , 70. Tartares
à cheval , marchant deux à deux , ayant leur
Tartar- Agaffy ou Commandant à leur tête , leur
Drapeau blanc déployé , & armez chacun d'un
Sabie, de Piftolets d'Arçon , d'Arcs & de Fleches
Les Tartares font les Couriers du G. V.
I. Vol. Les
DECEMBRE. 1730. 2723
Les 4 Chefs des Gnululis & des Delis , qui
font des efpeces de Cavaliers ou Dragons volontaires
, tirez la plupart de l'Albanie & de la Bofnie
, & qui font une partie de la Garde à Cheval
du G. V.
Une Compagnie de Gnunulis , marchant fur
une ligne à la droite & une de Delis , marchant
´de même à la gauche ; il y avoit encore quelques
Dragons d'une autre forte , mêlez parmi ces deux
Compagnies.
Beaucoup de Divans Tchaoux ou Huiffiers du
Confeil à cheval fur deux lignes , & en Muderedgé,
c'eft- à-dire en grand Bonnet de ceremonie
, étroit par en bas , fort large au fommet
, haut d'un pied & demi , & tout couvert
d'une Mouffeline pliée autour.
Deux Tougilars ou Officiers portant chacun un
Etendart 2à queue de Cheval , fuivi de 4. Sangiactars
ou Porte- Enfeignes , portant les Sangiaks
ou Drapeaux des Pachas ; celui du G. V.
étoit verd , les autres de diverfes couleurs , & ils
étoient pliez tous quatre.
100. tant Vizirs- Agaffy , que Tcheknegirs ou
Mutaferikas , fort bien vétus & montez ; ils
avoient pour armes l'Arc & des Fleches dorées
dans des Carquois de cuivre ou couverts de ve→
lours , le tout relevé d'une riche broderie .
Les Ghedikluzaims , forte d'Officiers de Cavaferie
, qui poffedent les plus confiderables Ziamets
ou Fiefs de l'Empire.
Les Muderris ou Profeffeurs qui enfeignent
P'Alcoran , la Medecine , les Langues Arabe &
Perfane , & qui afpirent aux Charges de Judicature.
Les Moullahs , Grands -Juges ou Juges Souverains
dans les Provinces , en Turban rond , d'une
grofleur démefurée.
I. Vole
Hiiij 300.
2724 MERCURE DE FRANCE
300. Yazidgis du Kalem , Effendis ou Codgeas;
ee font differentes efpeces de Commis & d'Ecrivains
du Divan de la Chancellerie & des Tréſors.
Une Compagnie de Janniffaires en habit de
guerre , le fufil fur l'épaule.
L'Imbrohor , ou Grand- Ecuyer.
36. Chevaux de main , dont 7. entre autres
plus beaux & plus fuperbement harnachez que le
refte , portoient des Boucliers d'airain argenté
chargez d'ornemens d'or,& attachez à la Selle du
côté hors du montoir.
Le Capidgilar- Buluk- Bachi , ou Chef de Brigade
des Capidgis ou Portiers , entouré de beaucoup
de Choadars , ou -Porte - Manteau , le Moufquet
fur l'épaule.
Le Telkitchi , efpece de Meffager qui porte les
Billets & dans de certaines occafions les Avis de
bouche du G. V. au G. S.
Le Mectupchi ou Secretaire du Cabinet du G.V.
Le Buyuk & le Cutchuk- Teskeredgi , ou le
Grand & le Petit Greffier , qui expedient les ordres
du G. V. au Divan , & écoutent , accompagnez
du Chiaoux - Bachi , les plaintes & les Procès
des Particuliers.
La Compagnie du Muzur- Aga , ou d'Halebardiers
du G. V. marchant deux à deux, & fuivis
de leur Capitaine. Ils ont pour arme une demi
pique de bois noir ornée d'une bande
d'argent d'un pouce de large, qui tourne tout autour
en Spirale du bas en haut.
>
Le Kiaya du G. V. autrement dit le Vizir
Kiayaffi , il avoit un Arc & un Carquois fuperbes
, une petite Garde de Janniffaires & environ
100. Choadars à pied , le Moufquet fur l'épaule
& le Sabre au coté.
Le Hafnadar ou Tréforier , & l'Imam ou Aumônier
, avec l'Arc & le Carquois , & beaucoup
de Valets armez.
DECEMBRE . 1730. 2725
100. Itch Agalars ou Pages , marchant deux à
deux en fort bon ordre , & montez fur des Chevaux
d'une grande beauté , magnifiquement harnachez
& caparaçonnez à la Romaine; ils avoient
pour armes offenfives, le Sabre , les Piſtolets d'Arçon
, l'Arc & la Mildrac ou Lance Hongroife ,
qui n'eft qu'une demi Pique , & pour armes deffenfives
, une Cotte de Mailles à demi manches ,
qui leur defcendoit jufqu'aux genoux ; des Braſfarts
d'acier poli & damafquiné , dont leur avant
bras étoit couvert en dehors jufqu'au conde , &
de Mail.es en dedans ; une Calotte du même acier
leur tenoit lieu de Turban ; il en pendoit un petit
Raiſeau de Mailles pour leur garantir le cou &
& les joues & autour de cette Calotte une longue
Seffe ou écharpe de Soye de differentes couleurs ,
étoit entortillée & ajustée avec beaucoup de grace
; ils portoient outre cela un Kerekié au Manteau
long d'étoffe de Soye leger , à fleurs d'or &
d'argent, qui leur paffoit en écharpe de deffus l'épaule
gauche fous le bras droit , & dont les bouts
toient nouez par derriere à un Carquois de velours
en broderie , rempli de Fleches dorées .
Il y avoit un grand nombre de gens très - bien
faits , tant parmi ces Cavaliers , que parmi ceux
dont on va parler , & le tout enfemble for moit
une Troupe d'un air auffi lefte que martial.
100. autres Itch- Agalars en pareil équipage
que les précedens , excepté qu'au lieu de la Lance,
ils portoient la Carabine haute, dont la monture,
quoique d'un travail fort imparfait, ne laiffoit pas
de produire un effet très - brillant par la riche
marqueterie d'or , d'argent , de Nacre de Perle ,
de Corail & d'autres Joyaux dont elle étoit toute
couverte .
de
La Mufique guerriere du G. V. compofée de
40. Muficiens à cheval , tant Trompettes,
I. Vel.
plus
Hv Haut
2726 MERCURE DE FRANCE
Hautbois , Cimbales, que Tabours , petites Timbales
& autres Inftrumens du Pays. Marchoit
après la Maiſon & Sunte du Vizir Kiayaffy , fça.
voir , 22. Agas , Gentils - hommes Courtifans ou
Servans, bien montez, fort leftes & en bon ordre..
L'Imbrohor ou Ecuyer.
7. Chevaux de main , auffi beaux & auffi fu
perbement harnachez que ceux du G. V. à l'exception
qu'ils n'avoient ni peaux de Tigre , ni
Boucliers à la Selle . Il n'a pas droit de faire mener
un plus grand nombre de Chevaux, non- plus
que les Pachas. Le G. V. en fait mener tant qu'il
yeut.
avec la Carabine.
30. Itch-Agalars , avec l'Arc & le Carquois..
30. autres avec la Lance Hongroife. Et 30. autres
Le Kiaya ou l'Intendant du Vizir Kiayaffy &
le Kiatib ou Secretaire du Kiaya.
Le Hafnadar ou Tréforier & beaucoup d'au
tres Officiers & Domestiques..
Maifon & Suite particuliere du G. S.
200. Zaims ou Cavaliers rentez , c'eft- à- dire
qui poffedent des Ziamets ou Fiefs , entourez de
leurs Domestiques à pied armez.
60. Tant Effendis que Kiatibleri , Secretaires ,
Ecrivains ou Commis de la Chancellerie & du
Tréfor , en même équipage que les Zaims.
130. Eulemas ou Docteurs , coeffez de prodigieux
Turbans , & portant la Peliffe à longues.
manches fendues & pendantes
4. heiks ou Chefs d'Ordres Religieux..
4. Toygilars ou Porte- Ltendarts à queue de
Cheval, fuivis de 7. Bairactars ou Porte - Enfeignes,
portant chacun un Drapeau plié de diverfes couleurs.
Le G. S. a fix de ces Queues , mais on n'en
portoit que 4. les autres étoient au Camp pour
I. Vol.
marDECEMBRE
. 1730. 2727
marquer les Tentes de Sa Hauteffe.
6. Longs Sacqs de cuir rouge , pliffez & liez en
bourfe par en bas & par en haut à une grande
Pique qui les traverſe , renfermant des Bâtons pour
donner la baftonade , fupplice fort ordinaire &
qu'on inflge pour peu de chofe chez les Turcs .
Ces Sacqs portez font des marques d'autorité &
de fouveraineté .
&
Le fecond Hafnadar ou fecond Tréforier ,
le Tefter Eminy ou Controlleur . Le Hafnadar
Aga ou premier Tréforier du Serrail , qui eft un
Eunuque noir , étoit abſent.
Le Hekim- Bachi ou Premier Medecin , & le
Dgeack- Bachi ou Premier Chirurgien.
L'Ordi - Cadiffy , ou l'Intendant & le Juge des
Corps de Métiers & des Marchands . Il fait les
fonctions de Grand Prévôt à l'armée .
2. Anciens Iftambol- Effendy ou Lieutenans Ge
neraux de l'olice de Conftantinople.
Le Defterdar ou le Grand - Tréforier , qui après
le G. V. eft . auffi Sur - Intendant des Finances
marchant à la droite , & le Reys Effendi , Secretaire
d'Etat , marchant à la gauche. La Charge de
Reys- Effendi répond à peu près à celle de Chanceliér
en France.
Le Bach- Baki Koulon ou Chef des Receveurs
qui pourfuivent le payement des fommes dues au
Tréfor.
L'Iftambol- Effendy ou le Lieutenant General
de Police actuel , & le Nakib- Echeref, ou le Chef
des Emirs , defcendans de Mahomet.
20. Anciens Kadileskers ou Juges fuprêmes
d'Anatolie & de Komelie , en gros Turban , à la
tête defquels marchoient les deux Unkiar- Imams,"
ou le premier & le fecond Aumônier du G. Ş .
Les deux Kadileskiers qui font actuellement en
charge ; celui d'Anatolie marchant à la droite &
I. Vol.
H vj celui
2728 MERCURE DE FRANCE
celui de Romelie à la gauche ; ils étoient armez
d'Arcs & de Fleches & environnez de beaucoup
de Choadars.
4.Pachas ouVizirs à trois queues,marchant deux
deux précedez de leurs Eftafiers , ils portoient le
Turban nommé Calevi , fait à 4. coins ronds .
comme le font communément nos Mortiers à
piler ; ils étoient fuperbes en tout , & avoient
chacun plus de 4. Choadars , fort proprement
vétus & bien armez .
Le Mufti ou le premier Miniſtre de la Loy &
l'Oracle de la Religion parmi les Turcs en habit
blanc de Camelot , armé d'un Sabre , d'un
Arc & d'un Carquois , comme accompagnant le
G. S. à la guerre contre des Heretiques. Il marchoit
feul , entouré d'une vingtaine de Valets de
Pied , le Moufquet fur l'épaule.
*
Le G. V. appellé par les Turcs Vizir- Azem ,
qui fignifie le Chef du Confeil , & Muhur- Sahibi,
qui veut dire le Maître du Sceau , fon Cheval
étoit couvert de harnois d'argent , enrichis de
Pierres précieuſes. Ses Tufekchis ou Moufquetaires
& fes 8 Eftafiers le précedoient à pied, il étoit
entouré d'un grand nombre d'autres Domestiques
à pied, & fuivi de 4.Tchorbadgis de Janiffaires avec
le Bonnet de Ceremonie en grand plumage , il regardoit
de côté & d'autre affablement & jettoit de
temps en temps des Sequins au Peuple , fur tout
où il appercevoit des Etrangers.
24. Capidgis- Bachis , ou Chefs des Portiers du
Serrail ; ce font des Gentilshommes de la Chambre
, il y en a toûjours un de garde à la porte
des Appartemens de S. H. Ils introduifent à fon
* Cachet d'or où le nom du G. S. éft gravé.
S.H. le donne à celui qu'elle fait G. V. & le lui
ête quand il est tombé dans fa disgrace.
I, Vol. AuDECEMBRE.
1730. 2729
D
Audience les Ambaffadeurs & tous ceux qu'on y
admet en les prenant fous les bras ; ils ne paffent
jamais à de plus grandes Charges, & n'ont que
3.1. 15. .. par jour , mais on les envoye porter les.
ordres du Sultan au Vizir & Pachas dont ils font
quelquefois chargez d'apporter la tête , & ces fortes
de commiflions les dédommagent de la modicité
de leurs appointemens.
Le Buyuk Imbrohor , ou Grand-Ecuyer , & le
Kutchub Imbrohor , ou petit Ecuyer ; le premier
a l'inſpection fur tous les Chevaux , Chameaux,
Mulets &c. & le fecond qui eft le Lieutenant du
premier , fur les Coches , Caroffes , Litieres &c.
& marche devant la Sultane Valité , ou mere du
G. S. quand elle monte en Carroffe.
48. Chevaux de main ; fçavoir , 14. couverts
de houffes trainantes , les unes de drap , les autres
d'etoffes de foye relevées en broderie d'or &
d'argent.
10. autres auffi en houffes de drap trainantes
mais chargées d'ornemens faits de petites plaques.
en boffe d'argent ou d'or maffif , appliquées fur
le drap.
15. autres à houffes courtes de velours cramoifi
, brodées d'or & d'argent , avec un riche
bouclier attaché à la felle.
9. autres dont les houffes , les harnois & les
boucliers étoient couverts de perles & de pierres
précieuſes.
30. de ces Chevaux portoient des bouquets de
plumes fur la tête accompagnés d'enfeignes de
pierres précieufes , & de deffous la gorge , ik
pendoit un toupet de crin blanc , ou teint de diverfes
couleurs , avec une boule de vermeil au
bout. Une écharpe de gaze , de moire ou d'autre
étoffe de foye , mêlée d'or & d'argent s'entortiloít
legerement autour de ce toupet , & for-
1. Vel mang
2730 MERCURE DE FRANCE
mant une espece de fefton , fe retrouffoit à la
*felle qui avoit l'accompagnement ordinaire d'une
Maffe , d'une hache d'Armes , & d'un grand fabre
, le tout bien garni de pierreries. Il eft certain
qu'on ne peut gueres rien voir de plus fuperbe
en ce genre que ces 48. Chevaux de main
& leurs harnois .
Quelques Salabors , ou Ecuyers Cavalcadours,
fuivis par des redekchis , des Saratches & des
Seis , trois claffes differentes de Palfreniers.
6. Dogues & 6. autres Chiens pour la Chaffe
au fufil , peints en differens endroits de leur corps
& menés chacun en leffe par deux Boftandgis.
·Le Selam Agaffy , ou le Chef des Selam-
Chiaoux , ou Chiaoux du falut , & le Capidgilar
Kiayaffy , ou le Lieutenant des Portiers , qui fait
les fonctions de Maître des Cerémonies , & d'Introducteur
de tous ceux qui vont à l'audience du
Sultan.
Le Sandgiak Cherif , ou l'Etendart verd que
Mahomet donna lui-même aux Muſulmans ; il
étoit plié & enveloppé dans une longue bourfe
de taffetas verd ; un Emir , qui eft l'Alemdar , out
le Lieutenant du Nakib Echref , ou Chef des
Emirs , le portoit , entouré de beaucoup d'au
tres Emirs , tous , foi - difant , de la famille du
Prophete , & fuivis de plufieurs Dervichs ou Religieux
, ainfi que d'autres perfonnes qui deffervent
les Mofquées , chantant tous des Hymnes
pour la profperité des Armes du Sultan , la propagation
de la Foi Mufulmane Orthodoxe , &
la deftruction des Perfans Herétiques Sectateurs
d'Aly.
Un grand Caroffe fort bien doré par tout >
tant en dedans qu'en dehors , tiré par fix Chevaux
blancs dont les houffes & les harnois
étoient de velours cramoifi , brodé d'or ; il por-
2.
J. Vol.
toir
DECEMBRE. 1730. 2731
toit une petite caffette d'argent doré qui renfermoit
un Manufcrit de l'Alcoran & une boëte
d'argent ovale , dans laquelle étoit le Manteau
de Mahomet. C'est pour la premiere fois qu'on
a vû un Caroffe dans une Marche du G. S.
Le Solak- Bachi & le Peik Bachi ,
i, oules Commandans
des Solaks & des Peiks , ou petits Valets
de S. H. en habits magnifiques & en bonnets
de vermeils d'un pied de haut.
+6
& une 200. Selaks marchant deux à deux
Compagnie de Peiks , marchant de même dans.
l'interieur des deux lignes que formoient les Solaks
.
Le G. S entouré de s . Solaks à pied , portant
le Bonnet à haut & grand pannache , pour empêcher
, dit- on , qu'il ne foit va fi facilement du
peuple , & fuivi de 200. Chateirs , Boftandgis
Baltadgis & autres fortes de Domestiques à pied.
& bien armés . Le G. S. n'avoit pour tout orne→
ment guerrier qu'un Arc & un Carquois .
Les 6. Chah Jade , ou fils du G. S. armés
d'Arcs & de Carquois , marchant deux à deux
& environnés de leurs Gouverneurs , Officiers &
Domeftiques.
و
Le Selictar Aga , ou Porte- Epée de S. H. le.
Sabre du Sultan qu'il portoit éclatoit de pierreries
, & lui pendoit d'un Ceinturon paffé un baudrier.
Le Tehohadar Aga , ou Maître de la Garde
Robe , & Porte -Manteau du Sultan ; il portoir
fa Maffe d'Armes , & jettoit de fa part des poignées
de Paras au Peuple. Ce font de petites .
Piéces qui ne valent que 18. deniers.
2. Dulbent Agalar , ou Porte-Turban ; cha
cun d'eux en tenoit un dans fes mains , enveloppé
d'un taffetas verd fort clair , au travers du
quel brilloient de belles Enfeignes de diamans...
I. Vol.
2732 MERCURE DE FRANCE
4. Pages de l'Hafoda portant le Tabouret , l'Aiguiere
, le Sorbet & la Caffoletre de S. H.
Le Kiaya , ou Lieutenant du Kiflar- Aga , où
Second Chef des Eunuques Noirs , & le Capon-
Aga , ou Chef des Eunuques Blancs.
"
Une partie des Eunuques Noirs & des Eunuques
Blancs en cotte de mailles , le Pot en tête
avec le Sabre , l'Arc & le Carquois . Cette Troupe
n'étoit pas la moins curieufe de la Marche.
La Mufique Guerriere du G. S. composée de
plus de 60. perfonnes à cheval , excepté les Timbaliers
, montés fur des Chameaux.
2. Eunuques Blancs , à la tête de 30. Itch-
Agalars , ou Pages de l'Haf- oda , montés fur
des Chevaux Arabes ; ils étoient équipés comme
ceux dont on a ci- devant parlé , mais avec encore
plus de magnificence. Ils avoient un Kerckie
d'étoffe de foye jaune , une Echarpe ou Seſſe
rouge autour de leur calotte de fer , & pour armes
l'Arc & le Carquois.
2. Eunuques Blancs , fuivis de 30. Pages d'une
autre Chambre en Kerckie rouge , coeffure
blanche , & la lance ou demi- pique à la main .
Idem , fi ce n'eft que le Kerckté étoit verd &
la coëffure aurore.
Idem , en Kerckie couleur de rofe & coëffure
bleuë .
Idem , en Kerckie bleu , coëffure verd de mer ,
& portant la Carabine haute.
idem , en Kerckie verd celadon & coëffure
cramoifi .
>
2. Eunuques Blancs , & 20. Pages feulement ,
en Kerckie couleur de cerife , coëffure couleur
de citron , & avec la Carabine comme les deux
Brigades précedentes.
Et enfin quelques bas Officiers & Valets du
Sérail en foule qui fermoient la Marche.
I Vol Les
DECEMBRE. 1730. 2733
3
Les 6. Brigades d'Itch - Agalar dont on vient
de parler , formoient une Troupe veritablement
digne d'un grand Souverain , par la bonne mine
de la plupart des Cavaliers , la beauté des Chevaux
, la riche varieté , & le bon gout des habits
& des Equipages.
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Résumé : ORDRE de la Marche du Grand Seigneur, de Constantinople à Scutary, le 3. Août 1730.
Le 3 août 1730, le Grand Seigneur de Constantinople décida de poursuivre la guerre contre les Persans et se prépara à partir en Asie, envoyant le Grand Vizir à la tête des troupes. Le lieu de rassemblement fut fixé entre Calcedoine et Scutary. Vingt étendards à queue de cheval furent dressés avec pompe et cérémonie. Le même jour, le Grand Seigneur, accompagné de dignitaires, se rendit à la mosquée d'Ajoub pour une prière. Le Mufty ceignit l'épée du Grand Seigneur, marquant ainsi son couronnement. Après cette cérémonie, le Grand Seigneur revint au serrail, s'embarqua sur la galère du Capitan Pacha et arriva à Scutary vers midi. Il pria ensuite sur le tombeau de sa mère et se dirigea vers son serrail de Calcedoine, où il resta avec ses sultanes favorites. La procession du Sultan, bien que nombreuse, rencontra des interruptions en raison du manque de terrain et de l'absence d'ordre. Malgré cela, il n'y eut ni foule ni confusion parmi les spectateurs. La marche fut organisée avec divers groupes, incluant des Jannissaires, des Tartares, des Gnululis et des Delis, des huissiers du conseil, des officiers de cavalerie, des professeurs, des juges, des écrivains du Divan, et des pages. Chaque groupe avait des rôles spécifiques et des équipements distincts. La procession comprenait également divers dignitaires, chacun reconnaissable par ses attributs et sa suite. Les Pachas ou Vizirs marchaient précédés de leurs Eftafiers. Le Mufti, premier ministre religieux, portait un habit blanc et des armes. Le Grand Vizir, appelé Vizir-Azem et Muhur-Sahibi, chevauchait un cheval richement harnaché. Le Sandgiak Cherif, étendard vert de Mahomet, était porté par un Emir, suivi de Derviches chantant des hymnes. Un carrosse doré transportait un manuscrit du Coran et le manteau de Mahomet. Le Sultan, entouré de Solaks et de domestiques, portait un arc et un carquois. Ses fils, les Chah Jade, étaient également armés et entourés de leurs gouvernants. La musique guerrière du Sultan, composée de plus de soixante personnes à cheval, fermait la marche, accompagnée de pages et d'eunuques richement vêtus. La procession se terminait par divers officiers et valets du Sérail. Après plusieurs heures de marche, le Grand Seigneur et sa suite arrivèrent au camp, marquant le début de la campagne militaire.
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37
p. 1605-1606
ALLEMAGNE.
Début :
Le Marquis Palavicini, Envoyé de la République de Génes, eut dans les premiers jours [...]
Mots clefs :
Marquis, Infanterie, Cavalerie, Famille royale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
de la
Lblique de Génes , cut dans les premiers jours
de ce mois une Audiance particuliere de l'Empe
reur , dans laquelle il lui demanda 6000. hom
mes d'Infanterie et 4000 de Cavalerie des Trou
pes Imperiales qui sont en Italie , pour aider la
République à réduire les Rebelles de l'Ile de
Corse.
On mande de Berlin , que le 3. de ce mois , le
Roi de Prusse et la Famille Royale , accompagnés
des Princes et Seigneurs Etrangers , allerent pren
dre le divertissement d'une magnifique Chasse
qu'on avoit préparée près de Spandaw , dans la
quelle on tua plus de 700. Pieces , tant Cerfs ,
Dains , Sangliers , qu'autre Gibier. La Reine et
la Duchesse de Beveren en tuerent plusieurs avec
des Arquebuses rayées. Le soir on tira au Blanc
à la lueur de plusieurs milliers de Lampions : on
distribua cinq Prix à ceux qui les avoient gagnez
et le Duc de Wirtemberg en remporta le plus haut.
On apprend de Suisse que l'Assemblée géné
rale des treize Cantons , se tiendra cette année à
Bade. Le Marquis de Bonac , Ambassadeur.de
France ayant résolu de s'y rendre , leur a écrit à,
ce sujet la Lettre suivante,
MAGNIFIQUES SEIGNEURS
Comme il vous a plû depuis que je suis honoré
de cette Ambassade , de vous assembler deux
fois à Soleure à ma réquisition , j'ai dessein de
profiter de votre prochaine Diete générale de la
11. Vol.
Saint
I
1606 MERCURE DE FRANCE
Saint Jean , pour vous en faire personnelle
ment mes remercimens , esperant que vous vou
drez bien la tenir dans la Ville de Baden où je
me rendrai.
Vous n'aurez pas oublié et vous verrez dans
vos Abcheids que je vous ai parlé de diverses
choses concernant l'affermissement de l'ancienne
amitié , et des Traitez de Paix perpetuelle et
d'Alliance entre le Roi et votre Nation ; et
comme vous jugerez , sans doute , que votre pro
chaine Assemblée sera une occasion fort natu
relle'de vous entretenir plus amplement sur le
même sujet , je vous prie, Magnifiques Seigneurs ,
de prendre en consideration lesdits Traitez, afin
que vous puissiez instruire Messieurs vos Dépu
tez sur une Matiere si interressante, et que nous
soyons en état de nous communiquer amiable
ment là-dessus. Je prie Dieu , qu'il vous main.
tienne , Magnifiques Seigneurs , dans la prosper
rité de tout ce qui peut vous être le plus avan
tageux.
MAGNIFIQUES SEIGNEURS ,
étoit figné , Votre affectionné à
vous servir.
D'USSON
DE BONA Ci
de la
Lblique de Génes , cut dans les premiers jours
de ce mois une Audiance particuliere de l'Empe
reur , dans laquelle il lui demanda 6000. hom
mes d'Infanterie et 4000 de Cavalerie des Trou
pes Imperiales qui sont en Italie , pour aider la
République à réduire les Rebelles de l'Ile de
Corse.
On mande de Berlin , que le 3. de ce mois , le
Roi de Prusse et la Famille Royale , accompagnés
des Princes et Seigneurs Etrangers , allerent pren
dre le divertissement d'une magnifique Chasse
qu'on avoit préparée près de Spandaw , dans la
quelle on tua plus de 700. Pieces , tant Cerfs ,
Dains , Sangliers , qu'autre Gibier. La Reine et
la Duchesse de Beveren en tuerent plusieurs avec
des Arquebuses rayées. Le soir on tira au Blanc
à la lueur de plusieurs milliers de Lampions : on
distribua cinq Prix à ceux qui les avoient gagnez
et le Duc de Wirtemberg en remporta le plus haut.
On apprend de Suisse que l'Assemblée géné
rale des treize Cantons , se tiendra cette année à
Bade. Le Marquis de Bonac , Ambassadeur.de
France ayant résolu de s'y rendre , leur a écrit à,
ce sujet la Lettre suivante,
MAGNIFIQUES SEIGNEURS
Comme il vous a plû depuis que je suis honoré
de cette Ambassade , de vous assembler deux
fois à Soleure à ma réquisition , j'ai dessein de
profiter de votre prochaine Diete générale de la
11. Vol.
Saint
I
1606 MERCURE DE FRANCE
Saint Jean , pour vous en faire personnelle
ment mes remercimens , esperant que vous vou
drez bien la tenir dans la Ville de Baden où je
me rendrai.
Vous n'aurez pas oublié et vous verrez dans
vos Abcheids que je vous ai parlé de diverses
choses concernant l'affermissement de l'ancienne
amitié , et des Traitez de Paix perpetuelle et
d'Alliance entre le Roi et votre Nation ; et
comme vous jugerez , sans doute , que votre pro
chaine Assemblée sera une occasion fort natu
relle'de vous entretenir plus amplement sur le
même sujet , je vous prie, Magnifiques Seigneurs ,
de prendre en consideration lesdits Traitez, afin
que vous puissiez instruire Messieurs vos Dépu
tez sur une Matiere si interressante, et que nous
soyons en état de nous communiquer amiable
ment là-dessus. Je prie Dieu , qu'il vous main.
tienne , Magnifiques Seigneurs , dans la prosper
rité de tout ce qui peut vous être le plus avan
tageux.
MAGNIFIQUES SEIGNEURS ,
étoit figné , Votre affectionné à
vous servir.
D'USSON
DE BONA Ci
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Résumé : ALLEMAGNE.
En Allemagne, la République de Gênes a demandé à l'empereur 6 000 hommes d'infanterie et 4 000 de cavalerie des troupes impériales en Italie pour réprimer les rebelles en Corse. À Berlin, le roi de Prusse et la famille royale ont participé à une chasse près de Spandau, au cours de laquelle plus de 700 pièces de gibier ont été tuées. La reine et la duchesse de Beveren ont également pris part à cette chasse. Le soir, une compétition de tir au blanc a été organisée, et le duc de Wurtemberg a remporté le prix le plus élevé. En Suisse, l'Assemblée générale des treize Cantons se tiendra à Bade cette année. Le marquis de Bonac, ambassadeur de France, a exprimé son intention de s'y rendre et a écrit aux cantons pour les en informer. Dans sa lettre, il exprime son désir de remercier personnellement les cantons et de discuter des traités de paix perpétuelle et d'alliance entre le roi de France et la nation suisse. Il les encourage à considérer ces traités afin de préparer les députés à en discuter lors de l'Assemblée.
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38
p. 2436-2438
EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople, sur l'incendie &c.
Début :
Le 21. du mois de Juillet dernier, à deux heures du matin, le feu prit à Topana dans [...]
Mots clefs :
Feu, Roi de Perse, Cavalerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople, sur l'incendie &c.
EXTRAIT d'une Lettre de Constanti
nople , sur l'incendie &c.
L
E 21. du mois de Juillet dernier , à deux
heures du matin , le feu prit à Topana dans
la partie de ce Fauxbourg , qui est congue à
ceux de Pera et de Galata ; le temps étoit assez
calme et on peut assurer que cet Incendie
n'auroit causé la perte que de quelques Maisons .
si l'on y cut apporré du remede dès qu'on s'en
apperçût.
Jusqu'à quatre heures du matin , le feu n'avoit
encore fait que peu de progrès , on étoit
beaucoup plus allarmé à Pera , qui est confondu
avec Topana , qu'on ne l'étoit à Galata , parceque
ce dernier Fauxbourg étant entouré de Murailles
fort élevées et plus éloigné du Feu , on
avoit lieu de se flatter qu'il seroit éteint avant
que d'y avoir pû pénetrer ; mais un Vent du
Nord , qui s'éleva tout à coup avec violence ,
décida du sort de ces deux Fauxbourgs , en por
tant du côté de Galata de longs tourbillons de
flammes qui embraserent d'abord les Maisons
adossées exterieurement aux Murs , et qui se
communiquerent bien-tôt à celles qui y étoient
appuyées en-dedans. Alors, les Marchands François
et les autres Habitans du même quartier ,
connoissant le danger ausquels ils étoient exposez
, chacun s'empressa de transporter à la hâte
ses effets en des lieux de sûreté ,
bien des gens
ne pûrent y parvenir , soit par la difficulté qu'il
avoit de passer dans les rues qui sont fort
étroites
OCTOBRE 17 ཏཱ 1 , 2437
Etroites , et qui étoient remplies d'une Populace
que nulle autorité ne réprimoit , soit par la
rareté des Portefaix , qui , se prévalant du besoin
qu'on avoit d'eux , exigeoient un salaire
exhorbitant.
Par un Reglement de la Police de ce Payscy
, les Jannissaires sont particulierement préposez
pour éteindre les Incendies ; mais on a
reconnu par une expérience réïterée , qu'ils font
pl . de mal que de bien dans ces occasions ;
heureusement le feu , après avoir duré 11. ou
12. heures , s'éteignit comme de lui - même.
On compte qu'il peut y avoir eu 4 à 500 Maisons
de brûlées >
plusieurs Bains , Moulins et
Fruits , trois Eglises Grecques , deux Armenienes
, quelques Synagogues de Juifs , et deux.
petites Mosquées .
Les François ont eu le bonheur de sauver .
dans des Magazins à l'épreuve du Feu , toutes
lears Marchandises er la plus grande partie de
leurs Meubles , de sorte qu'à deux ou trois maisons
près qui appartenoient à quelques - uns
d'eux , les autres Nationaux en seront quittes
pour peu de chose. La perte la plus considerable
de notre Nation , tombe sur les Religieux. Les
Jesuites ont non - seulement perdu la Maison
qu'ils habitent , mais encore 9 ou 10 autres
Maisons dont le loüage faisoit tout leur revenu
feur Eglise qui est toute de pierre , et ce qu'ils'
y voient renfermé , ont été garantis des flam
mes , de même qu'une petite maison qui leur
servoit d'Infirmerie ; les Capucins ont aussi
sauvé leur Eglise et perdu , leur Couvent. Pour
les Dominicains , quoique le feu les ait épargnez
ils n'en ont pas moins souffert dans le
tumulte ; tout Pinterieur de leur Couvent et de
leur Eglise a été détruit,
·
H O₂
2438 MERCURE DE FRANCE
On ne dit pas s'il a péri beaucoup de monde
dans cet Incendie ; on sçait seulement que beaucoup
de Jannissaires échauffez par le vin , ont
été écrasez sous les ruines des maisons , et que
d'autres tout-à - fait yvres ont été consumez par
los flammes. On assure qu'il y en a entr'autres
une Troupe de 29 , qui s'étant acharnez à briser
los Tonneaux d'une Taverne , furent tous ense
velis sous les ruines de ce Cabaret.
Selon des Lettres reçues depuis cet Incendie
a été plus considerable qu'on ne croyoit , ayant
consumé près de 11000. Maisons.
On a appris par des Lettres d'Allemagne ,
que le Grand Visir, avoit été déposé ; que le
Pacha de Nizza avoit été nommé G. V. à sa
place , et que le Commandant du Bannat Turc
de Temeswar exerçoit cette Charge par
interim.
>
On apprend aussi que le grand Mogol avoit
envoyé au Roy de Perse rooo . hommes de sai
meilleure Cavalerie et un Million en or pous
Faider à chasser les Turcs de ses Etats.
nople , sur l'incendie &c.
L
E 21. du mois de Juillet dernier , à deux
heures du matin , le feu prit à Topana dans
la partie de ce Fauxbourg , qui est congue à
ceux de Pera et de Galata ; le temps étoit assez
calme et on peut assurer que cet Incendie
n'auroit causé la perte que de quelques Maisons .
si l'on y cut apporré du remede dès qu'on s'en
apperçût.
Jusqu'à quatre heures du matin , le feu n'avoit
encore fait que peu de progrès , on étoit
beaucoup plus allarmé à Pera , qui est confondu
avec Topana , qu'on ne l'étoit à Galata , parceque
ce dernier Fauxbourg étant entouré de Murailles
fort élevées et plus éloigné du Feu , on
avoit lieu de se flatter qu'il seroit éteint avant
que d'y avoir pû pénetrer ; mais un Vent du
Nord , qui s'éleva tout à coup avec violence ,
décida du sort de ces deux Fauxbourgs , en por
tant du côté de Galata de longs tourbillons de
flammes qui embraserent d'abord les Maisons
adossées exterieurement aux Murs , et qui se
communiquerent bien-tôt à celles qui y étoient
appuyées en-dedans. Alors, les Marchands François
et les autres Habitans du même quartier ,
connoissant le danger ausquels ils étoient exposez
, chacun s'empressa de transporter à la hâte
ses effets en des lieux de sûreté ,
bien des gens
ne pûrent y parvenir , soit par la difficulté qu'il
avoit de passer dans les rues qui sont fort
étroites
OCTOBRE 17 ཏཱ 1 , 2437
Etroites , et qui étoient remplies d'une Populace
que nulle autorité ne réprimoit , soit par la
rareté des Portefaix , qui , se prévalant du besoin
qu'on avoit d'eux , exigeoient un salaire
exhorbitant.
Par un Reglement de la Police de ce Payscy
, les Jannissaires sont particulierement préposez
pour éteindre les Incendies ; mais on a
reconnu par une expérience réïterée , qu'ils font
pl . de mal que de bien dans ces occasions ;
heureusement le feu , après avoir duré 11. ou
12. heures , s'éteignit comme de lui - même.
On compte qu'il peut y avoir eu 4 à 500 Maisons
de brûlées >
plusieurs Bains , Moulins et
Fruits , trois Eglises Grecques , deux Armenienes
, quelques Synagogues de Juifs , et deux.
petites Mosquées .
Les François ont eu le bonheur de sauver .
dans des Magazins à l'épreuve du Feu , toutes
lears Marchandises er la plus grande partie de
leurs Meubles , de sorte qu'à deux ou trois maisons
près qui appartenoient à quelques - uns
d'eux , les autres Nationaux en seront quittes
pour peu de chose. La perte la plus considerable
de notre Nation , tombe sur les Religieux. Les
Jesuites ont non - seulement perdu la Maison
qu'ils habitent , mais encore 9 ou 10 autres
Maisons dont le loüage faisoit tout leur revenu
feur Eglise qui est toute de pierre , et ce qu'ils'
y voient renfermé , ont été garantis des flam
mes , de même qu'une petite maison qui leur
servoit d'Infirmerie ; les Capucins ont aussi
sauvé leur Eglise et perdu , leur Couvent. Pour
les Dominicains , quoique le feu les ait épargnez
ils n'en ont pas moins souffert dans le
tumulte ; tout Pinterieur de leur Couvent et de
leur Eglise a été détruit,
·
H O₂
2438 MERCURE DE FRANCE
On ne dit pas s'il a péri beaucoup de monde
dans cet Incendie ; on sçait seulement que beaucoup
de Jannissaires échauffez par le vin , ont
été écrasez sous les ruines des maisons , et que
d'autres tout-à - fait yvres ont été consumez par
los flammes. On assure qu'il y en a entr'autres
une Troupe de 29 , qui s'étant acharnez à briser
los Tonneaux d'une Taverne , furent tous ense
velis sous les ruines de ce Cabaret.
Selon des Lettres reçues depuis cet Incendie
a été plus considerable qu'on ne croyoit , ayant
consumé près de 11000. Maisons.
On a appris par des Lettres d'Allemagne ,
que le Grand Visir, avoit été déposé ; que le
Pacha de Nizza avoit été nommé G. V. à sa
place , et que le Commandant du Bannat Turc
de Temeswar exerçoit cette Charge par
interim.
>
On apprend aussi que le grand Mogol avoit
envoyé au Roy de Perse rooo . hommes de sai
meilleure Cavalerie et un Million en or pous
Faider à chasser les Turcs de ses Etats.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople, sur l'incendie &c.
Le 21 juillet, un incendie s'est déclaré à Topana, dans le faubourg proche de Pera et Galata. Initialement contrôlable, le feu s'est propagé rapidement en raison d'un vent violent du nord, embrasant les maisons adjacentes aux murs. Les habitants, notamment les marchands français, ont tenté de sauver leurs biens, mais ont rencontré des obstacles dus aux rues étroites et à la raréfaction des portefaix. Les Jannissaires, chargés d'éteindre les incendies, ont aggravé la situation en causant des dommages supplémentaires. L'incendie a duré environ 12 heures, détruisant environ 4 à 500 maisons, plusieurs bains, moulins, fruits, églises, synagogues et mosquées. Les Français ont réussi à sauver la plupart de leurs marchandises. Les Jésuites ont perdu plusieurs maisons et leur couvent, tandis que les Capucins ont sauvé leur église mais perdu leur couvent. Les Dominicains ont vu leur intérieur détruit. Plusieurs Jannissaires ivres ont péri sous les ruines ou dans les flammes. Des lettres ultérieures ont révélé que l'incendie avait détruit près de 11 000 maisons. Par ailleurs, des nouvelles politiques indiquaient la déposition du Grand Visir et l'envoi de renforts par le Grand Mogol au roi de Perse.
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39
p. 2459-2461
EXTRAIT d'une Lettre de Mons, sur une Ceremonie Guerriere.
Début :
Comme l'amour cause quelquefois la guerre ou du moins simpatise avec elle, je vous [...]
Mots clefs :
Mariage, Permission du roi, Cavalerie, Régiment, Élixir efficace, Reine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de Mons, sur une Ceremonie Guerriere.
EXTRAIT d'une Lettre de Mons ;
sur une Ceremonie Guerriere.
W
Omme l'amour cause quelquefois la guerre
Co
ou du moins simpatise avec elle , je vous
dirai que dans les premiers jours d'Août de cette
annee , à Maubeuge , Ville frontiere de France
L'amour a causé un évenement agréable, dont s'est
ensuivi
240 MERCURE DE FRANCE
ensuivi une image de la guerre , fort interessante
pour les Gens du métier. C'est à l'occasion du
Mariage d'un Capitaine de Cavalerie au Regiment
de Bretagne , avec la permission du Roy
et d'une Chanoinesse , Dame d'une aussi grande
naissance que de mérite , et qui a des biens consi
derables. En réjouissance de ce Mariage, le Regi-.
ment a fait deux jours après des Exercices en
représentation de bataille , par des manoeuvres si
bien ordonnez et si parfaitement executez en présence
d'une infinité de personnes de tout sexe , et
particulierement de quantité d'Officiers , que l'on
na pû refuser à ce Regiment une approbation generale
, aussi les Gens de métier et les Connoisseurs
avoient n'avoir jamais vû de mouvemens
de Cavalerie et de manoeuvres de guerre si
prompts , si vifs et si avantageux pour les Assaildants
, que tout ce qui a été executé dans cette occasion
par ce Régiment , qui est magnifique en
tout. Il est commandé et, instruit depuis longtemps
dans ces exercices par M. de Tocqueville ,
qui en est le Lieutenant Colonel , et qui est un
Officier de mérite , consommé dans le métier .
particulierement dans la pratique de ces sortes de
manoeuvres vives et expeditives devant l'Ennemi;
aussi a-t'il été parfaitement bien secondé par les
Officiers du Régiment , dont plusieurs sont des
personnes de distinction fort actifs , et agissants
par émulation et par la confiance qu'ils ont en ce
Lieutenant-Colonel.
Beaucoup de nos Officiers et d'autres des environs
, se proposent le plaisir d'aller voir les
premiers Exercices que doit encore faire ce même
Régiment , en faisant les civilitez dûës à cet Offcier
au sujet de son Mariage.
Le sieur de Fleury, seul possesseur d'un Elixir,
efficace
OCTOBRE. 1731. 2461
efficace , d'une odeur agréable , avec lequel il
blanchit parfaitement les dents sans aucune douleur
, arrête la carie , fond dans l'instant le tartre
qui y est attaché , purifie les gensives sans les
couper ni alterer , il en chasse la mauvaise matiere
et sans se servir d'aucun ferrement .
Les effets de ce Remede se font sur le champ ; il
arrête la douleur des dents cariées , sans aucune
suite fâcheuse ni autre inconvenient . Après un
très- grand nombre d'experiences , ayant été à la
Cour, par ordre de la Reine , il a fait usage de
son Elixir pour plusieurs personnes de grande
consideration. L'application de ce Remede
est très facile , il ne se fait qu'avec de
petits morceaux de bois en forme de curedent ;
après qu'on en a fait usage une seule fois , on
peut aisément se conserver les dents blanches et
les gensives saines , en prenant les précautions
suivantes.
-
1º . Se ratisser la langue tous les matins avec
un coûteau d'yoire ou autre. 2 ° . Se laver la bouche
et les dents avec une petite éponge . 3 ° . Se
frotter les dents avec du papier , fin brulé et se
rincer la bouche ensuite. Le sieur de Fleury de-.
meure vis-à- vis M. le Président de Luber, chez
Madame Moulé , ruë de Clery,
sur une Ceremonie Guerriere.
W
Omme l'amour cause quelquefois la guerre
Co
ou du moins simpatise avec elle , je vous
dirai que dans les premiers jours d'Août de cette
annee , à Maubeuge , Ville frontiere de France
L'amour a causé un évenement agréable, dont s'est
ensuivi
240 MERCURE DE FRANCE
ensuivi une image de la guerre , fort interessante
pour les Gens du métier. C'est à l'occasion du
Mariage d'un Capitaine de Cavalerie au Regiment
de Bretagne , avec la permission du Roy
et d'une Chanoinesse , Dame d'une aussi grande
naissance que de mérite , et qui a des biens consi
derables. En réjouissance de ce Mariage, le Regi-.
ment a fait deux jours après des Exercices en
représentation de bataille , par des manoeuvres si
bien ordonnez et si parfaitement executez en présence
d'une infinité de personnes de tout sexe , et
particulierement de quantité d'Officiers , que l'on
na pû refuser à ce Regiment une approbation generale
, aussi les Gens de métier et les Connoisseurs
avoient n'avoir jamais vû de mouvemens
de Cavalerie et de manoeuvres de guerre si
prompts , si vifs et si avantageux pour les Assaildants
, que tout ce qui a été executé dans cette occasion
par ce Régiment , qui est magnifique en
tout. Il est commandé et, instruit depuis longtemps
dans ces exercices par M. de Tocqueville ,
qui en est le Lieutenant Colonel , et qui est un
Officier de mérite , consommé dans le métier .
particulierement dans la pratique de ces sortes de
manoeuvres vives et expeditives devant l'Ennemi;
aussi a-t'il été parfaitement bien secondé par les
Officiers du Régiment , dont plusieurs sont des
personnes de distinction fort actifs , et agissants
par émulation et par la confiance qu'ils ont en ce
Lieutenant-Colonel.
Beaucoup de nos Officiers et d'autres des environs
, se proposent le plaisir d'aller voir les
premiers Exercices que doit encore faire ce même
Régiment , en faisant les civilitez dûës à cet Offcier
au sujet de son Mariage.
Le sieur de Fleury, seul possesseur d'un Elixir,
efficace
OCTOBRE. 1731. 2461
efficace , d'une odeur agréable , avec lequel il
blanchit parfaitement les dents sans aucune douleur
, arrête la carie , fond dans l'instant le tartre
qui y est attaché , purifie les gensives sans les
couper ni alterer , il en chasse la mauvaise matiere
et sans se servir d'aucun ferrement .
Les effets de ce Remede se font sur le champ ; il
arrête la douleur des dents cariées , sans aucune
suite fâcheuse ni autre inconvenient . Après un
très- grand nombre d'experiences , ayant été à la
Cour, par ordre de la Reine , il a fait usage de
son Elixir pour plusieurs personnes de grande
consideration. L'application de ce Remede
est très facile , il ne se fait qu'avec de
petits morceaux de bois en forme de curedent ;
après qu'on en a fait usage une seule fois , on
peut aisément se conserver les dents blanches et
les gensives saines , en prenant les précautions
suivantes.
-
1º . Se ratisser la langue tous les matins avec
un coûteau d'yoire ou autre. 2 ° . Se laver la bouche
et les dents avec une petite éponge . 3 ° . Se
frotter les dents avec du papier , fin brulé et se
rincer la bouche ensuite. Le sieur de Fleury de-.
meure vis-à- vis M. le Président de Luber, chez
Madame Moulé , ruë de Clery,
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de Mons, sur une Ceremonie Guerriere.
En août, à Maubeuge, un mariage a eu lieu entre un capitaine de cavalerie du régiment de Bretagne et une chanoinesse de haute naissance et de mérite, possédant des biens considérables. Avec la permission du roi, le régiment a organisé deux jours après le mariage des exercices militaires représentant une bataille. Ces manœuvres, exécutées en présence de nombreuses personnes et d'officiers, ont été saluées par une approbation générale. Les mouvements de cavalerie et les manœuvres de guerre ont été jugés prompts et avantageux pour les assaillants. Le régiment, commandé par M. de Tocqueville, lieutenant-colonel, est réputé pour son excellence dans ces exercices. Plusieurs officiers du régiment ont également été loués pour leur émulation et leur confiance en leur lieutenant-colonel. De nombreux officiers des environs prévoient de se rendre aux prochains exercices du régiment pour rendre hommage à l'officier à l'occasion de son mariage. Par ailleurs, le sieur de Fleury propose un élixir efficace pour blanchir les dents, arrêter la carie, fondre le tartre et purifier les gencives sans douleur. Cet élixir a été testé à la cour sur ordre de la reine et est appliqué facilement avec des cure-dents. Pour maintenir des dents blanches et des gencives saines, il recommande de se ratisser la langue, de se laver la bouche avec une éponge, et de se frotter les dents avec du papier fin brûlé. Le sieur de Fleury réside vis-à-vis de M. le Président de Luber, chez Madame Moulé, rue de Clery.
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40
p. 611-620
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Le 9 Février 1732. mourut à Paris en son Hôtel, [...]
Mots clefs :
Marquis, France, Général, Cavalerie, Chevalier des Ordres
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS, NAISSANCES
et Mariages.
,
E 9. de Février 1732. mourut à Paris
en son Hôtel , M. Jean de Vins d'A
goult de Montauban, Chevalier , Marquis
de Vins et de Savigny, Baron de Forqualqueret, de S. Savournin , de Rous
sillon , de Castelnau , &c. Lieutenant General des Armées du Roy , Gouverneut
pour S. M. des Pays , Ville et Citadelle :
de Broüage , cy-devant Capitaine- Lieute
nant de la seconde Compagnie des Mousquetaires de la Garde du Roy, un des plus
anciens Officiers de guerre du Royaume
et le dernier de sa Maison. Il étoit second
fils de Melchier , Marquis de Vins , et de
Dame Laurence de Paulien de Veyrac. Il
avoit été reçû Chevalier de Malte ; il étoit
Iv prêct
612 MERCURE DE FRANCE
prêt à faire ses vœux , lorsque son frere
aîné , François de Vins , fut tué dans une
Occasion près d'Utrech en 1672. l'un et
l'autre avoient fait leurs premieres Campagnes en Hongrie, et l'aîné étant repassé en
France , le Cadet demeura pendant quelque temps au service de l'Empereur.
Il se trouva en 1665. à la tête d'une
Compagnie de Cavalerie Allemande , à la
Bataille de Montesclaros en Portugal, où il
fut blessé dangereusement , et c'est la seule
fois qu'il l'ait été. Depuis il alla à Malte et
fit ses Caravanes. Il eut une Compagnie de
Cavalerie en 1667. It servit en 1672.
dans le Regiment de Cavalerie de son
frere aîné , qui fut tué , comme on vient
de le dire; par-là devenu l'aîné , il eut
l'agrément pour un Régiment de Cavalerie , qu'il acheta.
L'Espagne jalouse des progrès de la
France , lui déclara la guerre après la
Prise de Mastric , et le Marquis de Vins
passa en Catalogne avec son Régiment.
Il épousa en 1674. Mad. Lavocat , et
traita de la Lieutenance de la seconde
Compagnie des Mousquetaires , où il a
servi , soit en cette qualité , soit en celle
de Capitaine- Lieutenant, pendant 43 ans.
On peut se représenter les Batailles , les
Assauts et les autres occasions où il s'est
trouvé
MARS. 17326 613
trouvé étant dans ce Corps , les Sieges de
Besançon , de Condé , d'Aire , de Valenciennes , d'Ypre , de Gand , la Bataille de
Cassel. Il fut fait Brigadier des Armées
du Roy à la prise de Valenciennes , où
les Mousquetaires se signalerent d'une
maniere si surprenante , qu'il entrerent
pêle mêle dans la Place avec les ennemis.
Le Marquis de Vins les contint par sa
prudence , et empêcha qu'ils ne se répandissent dans la Ville ; on a toûjours vanté
son intrépidité et ce sang froid qu'il conservoit dans les actions les plus périlleuses.
Il fut fait Maréchal de Camp au mois
d'Août 1688. et comme il devoit commander le Détachement de la seconde
Compagnie des Mousquetaires qui accompagna MONSEIGNEUR , le Roy lui fit
l'honneur de le présenter à ce Prince avec
cet éloge , que c'étoit un des plus sages Officiers de son Royaume , et que Monseigneur
pouvoit prendre ses conseils et les suivre.
Cette Campagne est la derniere qu'il ait
faite avec les Mousquetaires , il a toûjours
servi depuis comme Officier General.
Il fut envoyé en 1689 .. en Bresse , pour
y commander. Il avoit très- peu de mon.
de , mais sa prudence suppléoit à tout;
c'est le témoignage que lui a rendu souI vj vent
614 MERCURE DE FRANCE
vent le Maréchal de Catinat. Il y a peu
de Troupes de ce côté- là , écrit- il , le Marquis de Vins y est , et j'ai l'esprit en repos.
En 1690. M. de S. Ruth et le Marquis
de Vins , s'avançerent dans la Tarentaise,
entre Conflans et Monstier , où ils forcerent le Baron de Sales , qui s'y étoit retranché avec un Corps considerable de
Troupes ; ils le défirent et le prirent
lui-même prisonnier : après ce Combat
ils soumirent presque toute la Savoye ,
et l'année suivante il servit seul de Maréchal de Camp sous M. de Catinat au
Siege de Nice.
Cette même année il fut nommé par
le Roi pour couvrir les Frontieres de Dauphiné et de Provence, Il battit le Sicur
Julien dans la Vallée de Barcelonete , et
soumit toutes ces Montagnes , prit Sos
pelle , Broglio , Saorgio , et autres Places,
jusqu'à la Mer et au Col de Tende.
op
Pendant que le Maréchal de Catinat
veilloit en 1692. sur tous les Passages des
Montagnes , le Marquis de Vins étoit
posé avec un Camp volant , aux desseins
du Duc de Savoye et de ses Alliez , qur
ne se proposoient pas moins que d'envahir le Dauphiné et la Provence; avec fort
peu de Troupes , il rendit leurs efforts
inutiles ou très- peu efficaces.
Cette
1
MAR S. 1732. 615
Cette année lui fut fatale ; il fut fait
Capitaine-Lieutenant de la seconde Compagne des Mousquetaires , par le décès
de M. de Jonvelle , qui la commandoit ,,
mais il perdit son fils unique , jeune Seigneur d'une très-grandees perance, lequel
fut tué au Combat de Steinkerque , à sa
quatriémeCampagne.Ilavoit servi l'année
précédente d'Ayde- de-Camp à son Pere
qui en avoit été très- content. Le Marquis de Vins eut besoin de tout son courage et de toute sa religion pour soutenir
ce-coup , qu'il a senti toute sa vie.
Il fut fait Lieutenant General des Ar
mées du Roy en 1593. et en cette quafité , il commanda l'aîle droite à la Bataille de la Marsaille. Le Duc de Vendôme
voulut être à l'aile gauche , et chargea
Paîle droite des Ennemis avec cette va
leur , que tout le monde lui connoissoit,
et il la chargea jusqu'à quatre fois. Il
trouva toûjours pareille résistance ; le
Corps de Bataille où étoit le Maréchal de
Catinat , qui commandoit l'Armée , souffroit beaucoup. Il pressoit le Marquis de
Vins , qui s'ébranla si à propos , et fit
donner, la Bayonnette au bout du fusil,
avec tant de vigueur , que toute l'aîle
gauche des Ennemis plia et fut entierement défaite , ce qui décida de la Victoire.
Si
616 MERCURE DE FRANCE
Si Asdrubal a reproché à Annibal qu'il
sçavoit vaincre , mais qu'il ne sçavoit pas.
profiter de la victoire , on peut dire du
Marquis de Vins , qu'il servoit bien
mais qu'il ne sçavoit pas faire valoir ses
services ; ennemi de tout faste et de toute
ostentation , modeste à l'excès , il parloit
peu et jamais de lui ni contre personne ;
ayant en horreur les cabales et les intri
guesde quelque genre que ce fût. Il étoit
d'une droiture et d'une probité à toute
épreuve , mettant l'homme d'honneur et
le Chrétien beaucoup au-dessus du Capitaine et du General d'Armée.
Content des biens considerables qu'il
avoit eus de ses Peres , il ne se soucioit
pas d'en avoir davantage , et il croyoit
qu'il suffisoit de bien faire pour mériter
les graces. Jamais il ne s'est plaint de la
Fortune , c'étoit une Divinité qu'il ne
connoissoit pas. Toujours prêt d'aller audevant des besoins de ses amis , il n'at--
tendoit pas qu'ils lui demandassent des
secours pour les soulager. Tel étoit l'hon-,
nête homme, mais le Chrétien alloit bien
plus loin. Il donnoit à son rang tout ce
que la bienséance pouvoit exiger ; sa Maison reglée comme il convenoit,ayant beaucoup d'ordre et d'arrangement dans ses.
affaires , son superflu étoit considerable
et
MAR S. 1732. 617
et tout étoit pour les pauvres ; de-là ses
liberalitez aux Hôpitaux et des Fondations d'Ecoles Chrétiennes dans toutes ses
Terres ; à peine s'y sentoit-on des années de calamité , tant il avoit soin que
la veuve et l'orphelin et generalement
tous les nécessiteux fussent soulagez, sans
que jamais la main gauche sçût ce que faisoit la droite.
Après la Paix de Riswick , il envoya
dans les Vallées de Barcelonete et autres lieux où il avoit fait la guerre , des
sommes considerables pour aider aux Habitans à se rétablir. Lorsqu'en 1717. il
se démit de la Compagnie des Mousquetaires , on lui offrit une pension de douze
mille livres. Il remercia , et dit qu'il n'en
avoit pas besoin , et qu'il valoit mieux
la distribuer à de pauvres Officiers.
Pendant la Peste de Provence , il envoya des sommes considerables dans les
Terres qu'il avoit en ce Pays-là. Dans
toutes ces bonnes œuvres il étoit secondé
par son Epouse ; jamais il n'y eut une plus
grande conformité de sentimens , et l'on
peut trouver dans la maniere dont ils ont
vécu ensemble pendant 58.ans de mariage,
l'idée de la plus parfaite union conjugale.
Tant de vertus ont été récompensées d'une
longue vie. Il est mort âgé de 9o. ans, munide
348 MERCURE DE FRANCE
-de tous les Sacremens, avec cette édification qu'on devoit attendre d'un homme
qui avoit vécu comme il à fait."
Il a institué le Comte du Luc , de la
Maison de Vintimille , son parent et son
ami particulier , son Légataire universel,
avec substitution pour son fils et son petit fils.
Dme Marie- Renée de Berthemet , veuve de M
Gilbert Colbert de S. Poüanges , Commandeur er
Grand Trésorier des Ordres du Roy, mourut à
Paris , le 28 de Fevrier , âgée d'eviron 85 ans.
et M. Pierre Chirac, Premier Medecin du Roy
Sur-Intendant du Jardin Royal des Plantes ,
Associé Libre de l'Academie Röyale des Scien
ces , mourut à Marly, le 1 de ce mois , âgé de 82 ans. Il avoit été Premier Médecin de feue S.
A. R. M. le Duc d'Orleans.
I
Dne Charlote- Angelique Courtin , veuve de
Jacques Roque , Chevaher , Marquis de Varan
geville , Seigneur de Galleville , Dendeville , & ct
Ambassadeur de France à Venise , mourut le 6 ≤
Mars , âgée de 73 ans...
Jean-Baptiste, François Johanne , Marquis de
Saumery , Baron de Chemerol , &c. Chevalier de
S. Louis, Maréchal des Camps et Armées du Roy,
Gouverneur des Isles de sainte Marguerite et de
S. Honorat de Lerins , Gouverneur du Château :
Royal de Chambord , mourut le 19 , âgé d'envi- ron 5 ans.
François Comte d'Esteing , Marquis de Murole , Baron de Spoix , &c. Chevalier des Ordres du
Roy, Lieutenant General des Armées de S. M.
Gouverneur de Douay et de la Ville de Châlons
sur Marne , mourut à Paris , le 20 de ce mois ,
âgé de près de 81 ans.
Alexan
MARS. 17328
Alexandre- César de Cauchon , Baron de la
sainte Ampoule , Seigneur de Neuflize , mourut
le 22 Mars , dans la 57 année de son âge , et fur inhumé à S. Eustache. On prie les Personnes qui
sçavent quelle est l'origine des Barons de la sain
te Ampoule, de vouloir bien en instruire le public.
Dane Marie- Anne Françoise de Montmorin ,
Epouse de Pierre de Champon , Marquis d'Arbouville , Capitaine des Grenadiers au Regiment
des Gardes Françoises , accoucha le 21 Mars ,
d'un Fils , qui fut nommé Pierre-Nicolas , par
Nicolas de Campon , Mestre de Camp , Lieute- .
nant des Grenadiers , et par Dme Angelique Cecile de Montmorin , veuve de-François d'Har
ville , Marquis de Pailoiseau.
François Michel- César le Tellier , Marquis de
Montmirel , Capitaine Colonel des Cent Suisses
de la Garde du Roy , fils mineur de François
Macé le Tellier , Marquis de Louvois , &c. et de :
Dme Anne- Louise de Noailles , épousa le 25 Fé- vrier , Dme Loüise- Antonine de Gontault de Bi- .
ton , fille mineure d'Armand de Gontault , Duc
de Biron , Pair de France , Colonel du Regiment
d'Anjou Cavalerie, Brigadier des Armées du Roy;
et de Dme Adelaide de Grammont , Dame du Palais de la Reine.
Joachim-Louis de Montaigu , Marquis de Bouzol , &c. Lieutenant General de la Province de la
Basse- Auvergne , fils mineur de feu Joseph de
Montaigu , Comte de Bouzol , Maréchal de
Camp , Inspecteur general de la Cavalerie , et des
Dragons , et de Dme Jeanne- Henriette Doreilhet
de Colombines , epousa le 11 Mars , Dme Laure
Fitz-James, fille mineure de M. Jacques , Duc
de Fitz-James de Beryick , Xezica, et de Liria Pair
820 MERCURE DE FRANCE
Pair et Maréchal de France , Genéral des Armées
du Roy, Grand - d'Espagne , Chevalier des Ordres de S. M. de la Toison d'Or , et de la Jarretiere , Gouverneur et Lieutenant General du
Haut et Bas Limousin , et de la Ville de Strasbourg , et de Dme Anne Bulkeley
et Mariages.
,
E 9. de Février 1732. mourut à Paris
en son Hôtel , M. Jean de Vins d'A
goult de Montauban, Chevalier , Marquis
de Vins et de Savigny, Baron de Forqualqueret, de S. Savournin , de Rous
sillon , de Castelnau , &c. Lieutenant General des Armées du Roy , Gouverneut
pour S. M. des Pays , Ville et Citadelle :
de Broüage , cy-devant Capitaine- Lieute
nant de la seconde Compagnie des Mousquetaires de la Garde du Roy, un des plus
anciens Officiers de guerre du Royaume
et le dernier de sa Maison. Il étoit second
fils de Melchier , Marquis de Vins , et de
Dame Laurence de Paulien de Veyrac. Il
avoit été reçû Chevalier de Malte ; il étoit
Iv prêct
612 MERCURE DE FRANCE
prêt à faire ses vœux , lorsque son frere
aîné , François de Vins , fut tué dans une
Occasion près d'Utrech en 1672. l'un et
l'autre avoient fait leurs premieres Campagnes en Hongrie, et l'aîné étant repassé en
France , le Cadet demeura pendant quelque temps au service de l'Empereur.
Il se trouva en 1665. à la tête d'une
Compagnie de Cavalerie Allemande , à la
Bataille de Montesclaros en Portugal, où il
fut blessé dangereusement , et c'est la seule
fois qu'il l'ait été. Depuis il alla à Malte et
fit ses Caravanes. Il eut une Compagnie de
Cavalerie en 1667. It servit en 1672.
dans le Regiment de Cavalerie de son
frere aîné , qui fut tué , comme on vient
de le dire; par-là devenu l'aîné , il eut
l'agrément pour un Régiment de Cavalerie , qu'il acheta.
L'Espagne jalouse des progrès de la
France , lui déclara la guerre après la
Prise de Mastric , et le Marquis de Vins
passa en Catalogne avec son Régiment.
Il épousa en 1674. Mad. Lavocat , et
traita de la Lieutenance de la seconde
Compagnie des Mousquetaires , où il a
servi , soit en cette qualité , soit en celle
de Capitaine- Lieutenant, pendant 43 ans.
On peut se représenter les Batailles , les
Assauts et les autres occasions où il s'est
trouvé
MARS. 17326 613
trouvé étant dans ce Corps , les Sieges de
Besançon , de Condé , d'Aire , de Valenciennes , d'Ypre , de Gand , la Bataille de
Cassel. Il fut fait Brigadier des Armées
du Roy à la prise de Valenciennes , où
les Mousquetaires se signalerent d'une
maniere si surprenante , qu'il entrerent
pêle mêle dans la Place avec les ennemis.
Le Marquis de Vins les contint par sa
prudence , et empêcha qu'ils ne se répandissent dans la Ville ; on a toûjours vanté
son intrépidité et ce sang froid qu'il conservoit dans les actions les plus périlleuses.
Il fut fait Maréchal de Camp au mois
d'Août 1688. et comme il devoit commander le Détachement de la seconde
Compagnie des Mousquetaires qui accompagna MONSEIGNEUR , le Roy lui fit
l'honneur de le présenter à ce Prince avec
cet éloge , que c'étoit un des plus sages Officiers de son Royaume , et que Monseigneur
pouvoit prendre ses conseils et les suivre.
Cette Campagne est la derniere qu'il ait
faite avec les Mousquetaires , il a toûjours
servi depuis comme Officier General.
Il fut envoyé en 1689 .. en Bresse , pour
y commander. Il avoit très- peu de mon.
de , mais sa prudence suppléoit à tout;
c'est le témoignage que lui a rendu souI vj vent
614 MERCURE DE FRANCE
vent le Maréchal de Catinat. Il y a peu
de Troupes de ce côté- là , écrit- il , le Marquis de Vins y est , et j'ai l'esprit en repos.
En 1690. M. de S. Ruth et le Marquis
de Vins , s'avançerent dans la Tarentaise,
entre Conflans et Monstier , où ils forcerent le Baron de Sales , qui s'y étoit retranché avec un Corps considerable de
Troupes ; ils le défirent et le prirent
lui-même prisonnier : après ce Combat
ils soumirent presque toute la Savoye ,
et l'année suivante il servit seul de Maréchal de Camp sous M. de Catinat au
Siege de Nice.
Cette même année il fut nommé par
le Roi pour couvrir les Frontieres de Dauphiné et de Provence, Il battit le Sicur
Julien dans la Vallée de Barcelonete , et
soumit toutes ces Montagnes , prit Sos
pelle , Broglio , Saorgio , et autres Places,
jusqu'à la Mer et au Col de Tende.
op
Pendant que le Maréchal de Catinat
veilloit en 1692. sur tous les Passages des
Montagnes , le Marquis de Vins étoit
posé avec un Camp volant , aux desseins
du Duc de Savoye et de ses Alliez , qur
ne se proposoient pas moins que d'envahir le Dauphiné et la Provence; avec fort
peu de Troupes , il rendit leurs efforts
inutiles ou très- peu efficaces.
Cette
1
MAR S. 1732. 615
Cette année lui fut fatale ; il fut fait
Capitaine-Lieutenant de la seconde Compagne des Mousquetaires , par le décès
de M. de Jonvelle , qui la commandoit ,,
mais il perdit son fils unique , jeune Seigneur d'une très-grandees perance, lequel
fut tué au Combat de Steinkerque , à sa
quatriémeCampagne.Ilavoit servi l'année
précédente d'Ayde- de-Camp à son Pere
qui en avoit été très- content. Le Marquis de Vins eut besoin de tout son courage et de toute sa religion pour soutenir
ce-coup , qu'il a senti toute sa vie.
Il fut fait Lieutenant General des Ar
mées du Roy en 1593. et en cette quafité , il commanda l'aîle droite à la Bataille de la Marsaille. Le Duc de Vendôme
voulut être à l'aile gauche , et chargea
Paîle droite des Ennemis avec cette va
leur , que tout le monde lui connoissoit,
et il la chargea jusqu'à quatre fois. Il
trouva toûjours pareille résistance ; le
Corps de Bataille où étoit le Maréchal de
Catinat , qui commandoit l'Armée , souffroit beaucoup. Il pressoit le Marquis de
Vins , qui s'ébranla si à propos , et fit
donner, la Bayonnette au bout du fusil,
avec tant de vigueur , que toute l'aîle
gauche des Ennemis plia et fut entierement défaite , ce qui décida de la Victoire.
Si
616 MERCURE DE FRANCE
Si Asdrubal a reproché à Annibal qu'il
sçavoit vaincre , mais qu'il ne sçavoit pas.
profiter de la victoire , on peut dire du
Marquis de Vins , qu'il servoit bien
mais qu'il ne sçavoit pas faire valoir ses
services ; ennemi de tout faste et de toute
ostentation , modeste à l'excès , il parloit
peu et jamais de lui ni contre personne ;
ayant en horreur les cabales et les intri
guesde quelque genre que ce fût. Il étoit
d'une droiture et d'une probité à toute
épreuve , mettant l'homme d'honneur et
le Chrétien beaucoup au-dessus du Capitaine et du General d'Armée.
Content des biens considerables qu'il
avoit eus de ses Peres , il ne se soucioit
pas d'en avoir davantage , et il croyoit
qu'il suffisoit de bien faire pour mériter
les graces. Jamais il ne s'est plaint de la
Fortune , c'étoit une Divinité qu'il ne
connoissoit pas. Toujours prêt d'aller audevant des besoins de ses amis , il n'at--
tendoit pas qu'ils lui demandassent des
secours pour les soulager. Tel étoit l'hon-,
nête homme, mais le Chrétien alloit bien
plus loin. Il donnoit à son rang tout ce
que la bienséance pouvoit exiger ; sa Maison reglée comme il convenoit,ayant beaucoup d'ordre et d'arrangement dans ses.
affaires , son superflu étoit considerable
et
MAR S. 1732. 617
et tout étoit pour les pauvres ; de-là ses
liberalitez aux Hôpitaux et des Fondations d'Ecoles Chrétiennes dans toutes ses
Terres ; à peine s'y sentoit-on des années de calamité , tant il avoit soin que
la veuve et l'orphelin et generalement
tous les nécessiteux fussent soulagez, sans
que jamais la main gauche sçût ce que faisoit la droite.
Après la Paix de Riswick , il envoya
dans les Vallées de Barcelonete et autres lieux où il avoit fait la guerre , des
sommes considerables pour aider aux Habitans à se rétablir. Lorsqu'en 1717. il
se démit de la Compagnie des Mousquetaires , on lui offrit une pension de douze
mille livres. Il remercia , et dit qu'il n'en
avoit pas besoin , et qu'il valoit mieux
la distribuer à de pauvres Officiers.
Pendant la Peste de Provence , il envoya des sommes considerables dans les
Terres qu'il avoit en ce Pays-là. Dans
toutes ces bonnes œuvres il étoit secondé
par son Epouse ; jamais il n'y eut une plus
grande conformité de sentimens , et l'on
peut trouver dans la maniere dont ils ont
vécu ensemble pendant 58.ans de mariage,
l'idée de la plus parfaite union conjugale.
Tant de vertus ont été récompensées d'une
longue vie. Il est mort âgé de 9o. ans, munide
348 MERCURE DE FRANCE
-de tous les Sacremens, avec cette édification qu'on devoit attendre d'un homme
qui avoit vécu comme il à fait."
Il a institué le Comte du Luc , de la
Maison de Vintimille , son parent et son
ami particulier , son Légataire universel,
avec substitution pour son fils et son petit fils.
Dme Marie- Renée de Berthemet , veuve de M
Gilbert Colbert de S. Poüanges , Commandeur er
Grand Trésorier des Ordres du Roy, mourut à
Paris , le 28 de Fevrier , âgée d'eviron 85 ans.
et M. Pierre Chirac, Premier Medecin du Roy
Sur-Intendant du Jardin Royal des Plantes ,
Associé Libre de l'Academie Röyale des Scien
ces , mourut à Marly, le 1 de ce mois , âgé de 82 ans. Il avoit été Premier Médecin de feue S.
A. R. M. le Duc d'Orleans.
I
Dne Charlote- Angelique Courtin , veuve de
Jacques Roque , Chevaher , Marquis de Varan
geville , Seigneur de Galleville , Dendeville , & ct
Ambassadeur de France à Venise , mourut le 6 ≤
Mars , âgée de 73 ans...
Jean-Baptiste, François Johanne , Marquis de
Saumery , Baron de Chemerol , &c. Chevalier de
S. Louis, Maréchal des Camps et Armées du Roy,
Gouverneur des Isles de sainte Marguerite et de
S. Honorat de Lerins , Gouverneur du Château :
Royal de Chambord , mourut le 19 , âgé d'envi- ron 5 ans.
François Comte d'Esteing , Marquis de Murole , Baron de Spoix , &c. Chevalier des Ordres du
Roy, Lieutenant General des Armées de S. M.
Gouverneur de Douay et de la Ville de Châlons
sur Marne , mourut à Paris , le 20 de ce mois ,
âgé de près de 81 ans.
Alexan
MARS. 17328
Alexandre- César de Cauchon , Baron de la
sainte Ampoule , Seigneur de Neuflize , mourut
le 22 Mars , dans la 57 année de son âge , et fur inhumé à S. Eustache. On prie les Personnes qui
sçavent quelle est l'origine des Barons de la sain
te Ampoule, de vouloir bien en instruire le public.
Dane Marie- Anne Françoise de Montmorin ,
Epouse de Pierre de Champon , Marquis d'Arbouville , Capitaine des Grenadiers au Regiment
des Gardes Françoises , accoucha le 21 Mars ,
d'un Fils , qui fut nommé Pierre-Nicolas , par
Nicolas de Campon , Mestre de Camp , Lieute- .
nant des Grenadiers , et par Dme Angelique Cecile de Montmorin , veuve de-François d'Har
ville , Marquis de Pailoiseau.
François Michel- César le Tellier , Marquis de
Montmirel , Capitaine Colonel des Cent Suisses
de la Garde du Roy , fils mineur de François
Macé le Tellier , Marquis de Louvois , &c. et de :
Dme Anne- Louise de Noailles , épousa le 25 Fé- vrier , Dme Loüise- Antonine de Gontault de Bi- .
ton , fille mineure d'Armand de Gontault , Duc
de Biron , Pair de France , Colonel du Regiment
d'Anjou Cavalerie, Brigadier des Armées du Roy;
et de Dme Adelaide de Grammont , Dame du Palais de la Reine.
Joachim-Louis de Montaigu , Marquis de Bouzol , &c. Lieutenant General de la Province de la
Basse- Auvergne , fils mineur de feu Joseph de
Montaigu , Comte de Bouzol , Maréchal de
Camp , Inspecteur general de la Cavalerie , et des
Dragons , et de Dme Jeanne- Henriette Doreilhet
de Colombines , epousa le 11 Mars , Dme Laure
Fitz-James, fille mineure de M. Jacques , Duc
de Fitz-James de Beryick , Xezica, et de Liria Pair
820 MERCURE DE FRANCE
Pair et Maréchal de France , Genéral des Armées
du Roy, Grand - d'Espagne , Chevalier des Ordres de S. M. de la Toison d'Or , et de la Jarretiere , Gouverneur et Lieutenant General du
Haut et Bas Limousin , et de la Ville de Strasbourg , et de Dme Anne Bulkeley
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Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En février et mars 1732, plusieurs personnalités notables décédèrent. Le 9 février 1732, à Paris, M. Jean de Vins d'Agoult de Montauban, Chevalier, Marquis de Vins et de Savigny, Baron de Forqualqueret, de Saint-Savournin, de Roussillon, de Castelnau, Lieutenant Général des Armées du Roi, Gouverneur de Broüage, et ancien Capitaine-Lieutenant des Mousquetaires, s'éteignit à l'âge de 90 ans. Second fils de Melchier, Marquis de Vins, et de Dame Laurence de Paulien de Veyrac, il fut destiné à devenir Chevalier de Malte mais dut reprendre du service après la mort de son frère aîné en 1672. Il participa à de nombreuses campagnes, notamment en Hongrie, au Portugal, et en Catalogne. Il épousa Madame Lavocat en 1674 et servit pendant 43 ans dans les Mousquetaires. Promu Brigadier des Armées du Roi à la prise de Valenciennes, il devint Maréchal de Camp en 1688. Il commanda ensuite en Bresse, en Tarentaise, et en Savoie, où il remporta plusieurs victoires. En 1693, il fut nommé Lieutenant Général des Armées du Roi et joua un rôle crucial à la bataille de la Marsaille. Connu pour sa modestie et sa probité, il laissa une fortune considérable aux pauvres et aux nécessiteux. Il institua le Comte du Luc, de la Maison de Vintimille, comme son légataire universel. D'autres décès notables incluent Dame Marie-Renée de Berthemet, veuve de Gilbert Colbert de Saint-Pouanges, et M. Pierre Chirac, Premier Médecin du Roi. Plusieurs naissances et mariages sont également mentionnés, notamment celui de François Michel-César Le Tellier, Marquis de Montmirel, et de Dame Louise-Antonine de Gontault de Biron. Le texte énumère également trois entités distinctes : le Haut et Bas Limousin, la Ville de Strasbourg, et Dame Anne Bulkeley. Ces éléments sont mentionnés sans contexte supplémentaire ni explication.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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41
p. 2259-2267
POLOGNE. SUITE du Journal du Camp de Villa-Nova.
Début :
Le 11 Août, tous les mouvemens militaires du Camp furent suspendus; ce spectacle [...]
Mots clefs :
Pologne, Camp de Villanova, Compagnies, Klingenberg, Signal, Armée, Cavalerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE. SUITE du Journal du Camp de Villa-Nova.
POLOGNE.
SUITE du Journal du Camp de
Villa-Nova.
E r Août , tous les mouvemens militaires
Ldu Camp furent suspendus. ; ce spectacle
pompeux et guerrier recommença le lendemain
par l'éxercice des Lanciers. Ils s'assemblerent au
nombre de neuf Compagnies, ou demi Escadrons
à la tête de leur Camp , et vinrent ensuite se
ranger à deux de hauteur devant le centre de
' Infanterie. Le Major Général Klingenberg.
commandoit cette Troupe , qui étoit en cuirasse
avec des Casques à aîles , et armée de Lances
garnies de flammes ; les Casques des Officiers
étoient ornés de plumes.
Au premier signal , les neufCompagnies se mi- rent en mouvement , et marcherent vers le Fa
villon sur trois colonnes. Les trois Compagnies
du centre formerent la colonne du centre , et les
trois Compagnies de chaque aîle , celles de la
droite et de la gauche : chaque Compagnie mar- choit par neuf, les Timbales et Trompettes étant
à la tête de la colonne du centre, i
Les colonnes étant arrivées à une certaine dis
tance , les Compagnies marcherent par trois jusqu'à une place marquée , où au deuxième signal ,
Les Compagnies de chaque colonne ayant fait la
conversion à gauche par Brigades , les colonnes
formerent trois lignes à deux de hauteur , qui
marcherent en même tems enavant.
Au troisiéme signal , les trois lignes firent demi tour à droite , et au quatrième signal , la
Compa
2260 MERCURE DE FRANCE
•
Compagnie du centre de chaque ligne ayant
marché so pas en avant , les trois lignes se mirent en mouvement dans cet ordre , et marche.
rent jusqu'à ce que celle du centre se trouvarsur
la ligne du Pavillon qu'elles avoient à gauche où elles firent alte.*
Au cinquiéme signal, chaque Compagnie ayant
fait un quart de conversion à gauche , elles se
retrouverent sur trois lignes , faisant face au Pavillon ; et au sixième signal , elles se remirent comme elles étoient , par une conversion
àdroite.
Au septiéme signal, les Compagnies se mirent
sur deux lignes : la seconde , ayant fait un demi
tour à droite , elles marcherent en avant jusqu'ài
une certaine distance , se tournant le dos ; ayant ensuite fait demi tour à droite , elles se trouve
rent vis-à-vis l'une de l'autre pour la charge.
Au huitiéme signal , les deux lignes marche→
rent l'une contre-l'autre, les Lances baissées, s'entrepasserent dans les intervalles , firent defnit
tour à droite , se chargerent de nouveau , et s'é-*
tant remises sur leur premier terrain , elles se
chargerent encore une fois.
;
- Au neuviéme signal , les deux lignes marche rent l'une contre l'autre la deuxième ayant
rempli les intervalles de la premiere , elles s'ar rêterent et se mirent en état de faire la conversion sur le centre ; ce qui s'éxécuta au dixiéme³
signal ; et au onziéme signal , la droite ayant fait le demi tour sur la Place , les neuf Compagnies parurent sur une ligne , faisant face au Pa→→ villon. ซี เ
Au douziéme signal , les cinq Compagnies
ayant marché so pas en avant , les Lanciers se
trouverent- sur-deux lignes. Et au treiziéme si→→
gnal ,
OCTOBRE. 1732. 2261
gnal , la premiere ligne marcha au grand trot vers le Pavillon , comme pour charger , baissa
les lances , et ayant fait demi tour à droite , passa dans les intervalles de la seconde , qui avançoit
pour faire la même manœuvre : chaque ligne la
fit deux fois , après quoi la seconde étant ren
ée dans la premiere , les Officiers de toute la
ne saluerent en même-tems le Roi , et on
Daissa les Etendarts et les Lances. Les Lanciers
ayant mis ensuite leurs Lances dans les PorteLances , et tiré l'épée , ils passerent devant le
Pavillon , et par une marche en échelle elles re
tournerent au Camp.
Le sur-lendemain , 14 Août , toute l'Armée
fit divers mouvemens , et après qu'elle eut été
en bataille quelques tems,à la tête du Camp , sur
une seule ligne , P'Infanterie par une contremarche à gauche et à droite vers le centre , se
joignit sans laisser d'intervalle entre les bataillons ; la Cavalerie par les mêmes contre- marches se joignit aux aîles de l'Infanterie : celle- ci partagea ensuite ses bataillons en deux ; le Colonel et les deux Majors se mettant avec deux drapeaux à la tête du premier demi- bataillon , et
le Lieutenant, Colonel et les deux Aides- Majors
avec deux Drapeaux à la tête du deuxième. Les
Compagnies deRutowski et de Promnitz formoient un demi bataillon derriere celui du
Centre.
La Cavalerie se partagea aussi par Compa
gnies ou demi-Escadrons. Toutes les premieres
Compagnies de chaque Escadron , et chaque
premier demi bataillon , avec les deux du centre,
ayant marché cent pas en avant , l'Armée se
forma sur deux lignes , le demi- bataillon de
Lutowski , ayant marché en avant pour occuPS
2262 MERCURE DE FRANCE
per le terrain que les deux du centre venoient de
quitter.
L'Armée étant en bataille , et le signal donné du Pavillon , elle se mit en marche sur treize
colonnes ; sçavoir , 8. de Cavalerie , et 5. d'Infanterie , qui s'avancerent vers le Pavillon jusqu'à une certaine distance. Chaque colonne de
Cavalerie étoit composée de deux Compagnies de
la premiere ligne , et de deux de la seconde.
Chaque colonne d'Infanterie de quatre demi
bataillons de la premiere ligne , et de deux de la
seconde , excepté la colonne du centre , qui n'avoit que les deux demi-bataillons de Frise et celui
de Rutowski et de Promnitz : le Régimentai- re et le Comte de Denhoff marchoient à la tête
de cette derniere , et les autres Généraux étoient
distribués aux autres colonnes.
Au deuxième signal , l'Armée se remit sur
deux lignes , les têtes des colonnes restant , et
les suites par des contre- marches à droite et à
gauche , venant se remettre dans l'ordre où elles
étoient avant que de partir de la tête du
Camp.
Au troisiéme signal , le feu coulant commença à la droite de la premiere ligne , et finit à la droite de la seconde ; et au quatriéme signal , les
deux lignes formerent le premier ordre de bataille mêlé , ce qui s'éxécuta de la maniere suivante: les quatre Compagnies de la droite et de
la gauche de la Cavalerie de l'une et de l'autre
ligne , resterent en place , aussi bien que les
quatre demi-bataillons du centre de la premiere
ligne , et les trois du centre de la seconde , mais
les quatre Compagnies de Cavalerie qui joigroient la droite et la gauche de l'Infanterie de Pune et de l'autre ligne , ayant marché 20 pas
-
en
OCTOBRE. 1732. 2263
en avant , firent une contre-marche à droite et á
gauche pour se former à la tête des trois bataillons de la droite et de la gauche de l'une et de
l'autre ligne. Ceux- ci firent en même tems leur contre-marche pour occnper le terrain que la Cavalerie qui les joignoit , venoit de quitter , et
toute l'Infanterie aussi -bien que les aîles de Ca
valerie de l'une et de l'autre ligne , ayant aussi
marché 20 pas en avant , toute l'Armée se trou
va en ordre de bataille mêlé d'Infanterie et de
Cavalerie.
L'Armée étant ainsi rangée , on ordonna le
signal pour le feu , qui se fit ainsi : la premiere,
Compagnie qui fermoit l'aîle droite de la premiere ligne , et celle qui fermoit l'aîle gauche , tirerent en même-tems : le feu continua ainsi par
une troupe de la droite et une de la gauche de la
premiere ligne en venant vers le centre , et suivit
par le centre de la seconde ligne en s'étendant vers les aîles..
Le feu étant fini , on donna le cinquiéme signal pour faire le second ordre de bataille mêlé
qui s'éxécuta ainsi : les quatre Brigades d'Infan
terie de la droite et de la gauche de l'une et de
Pautre ligne , et les deux bataillons de la droite
et de la gauche de chaque Brigade , par une contre-marche changerent de place avec les deux
Compagnies de Cavalerie , qui les joignoient , de
sorte que l'Armée se trouva aux aîles de deux
Compagnies de Cavalerie , avec un demi- Bataillon , et un Corps d'Infanterie au centre de chaque ligne.
Au sixième signal , le feu de chaine commença par les demi-Escadrons de la droite de la pre- miere ligne , et étant venu à la droite de la se
conde ligne, il recommença par demi batail- Lons
1
1
' ,
54 MERCURE DE FRANCE
ons de la droite de la premiere jusqu'à la droite
de la seconde.
Au septième signal , l'Arméese remit dans son
ordre de bataille non-mêlé , par les mêmes con- tre- marches , dont chaque Troupe s'étoit servie
pour se mettre en ordre mêlé ; ensuite l'Infanterie de la premiere ligne fit feu sur la Place par divisions , et ayant fait demi-tour à droite , se
retira par les intervalles de la seconde , et se forma derriere ; les deux lignes- firent successivement
cette manœuvre jusqu'au Camp , en continuant
leur feu , et la Cavalerie de chaque ligne se retira en même-tems que l'Infanterie.
Le 16. Août on fit l'attaque d'un retranchement qui s'étendoit depuis la hauteur de la gauche du Pavillon du Roi , jusqu'à cent pas vers la tête du Camp. Les quatre Compagnies de Gre- nadiers Rutowski , Promnitz , Denhoff et Flemming , bordoient le retranchement dans les intervalles de cinq Batteries de quatre piéces de Canon chacune , outre lesquelles on en avoit
placé huit plus petites sur les aîles du Retranchement.
Au premier signal , la Cavalerie de la droite ,
rangée par Compagnies , et commandée par le
Major-Général Klingnberg , se mit en marche
sur deux colonnes pour venir soutenir le Retran- chement , et se forma derriere l'Infanterie sur
deux lignes ; la premiere , composée des quatre Escadrons de Nassau, étoit à cent pas du Retranchement ; et la deuxième , composée des quatre Escadrons de Grenadiers de Gotha , étoit à 80.
pas derriere la premiere , dès qu'elles furent rangées , le Major- Général fit mettre pied à terre
aux Grenadiers de Gotha , qui vinrent renforcerLe
OCTOBRE. 1732. 2265
JeRetranchement où le Lieutenant- ColonelFranckenberg commandoit.
Pendant cette manœuvre , les huit Escadrons
de la gauche vinrent se former sur deux lignes ,
à l'extrêmité de la gauche de la Place d'Armes ,
qui étoit la face opposée à celle du Retranchement , et resterent dans l'inaction jusqu'à l'attaque du Quarré.
Pendant que la Cavalerie se rangeoit ainsi ,
toute l'Infanterie , partagée comme le jour des
divers mouvemens de l'Armée ,
marcha par divisions sur sept colonnes , formant une Phalange qui pouvoit faire face de tous côtez , figurée
en lozange ; et lorsqu'elle fut arrivée à une certaine distance , elle fit alte.
Au deuxième signal toutes les divisions ayant fait la Conversion à droite, la phalange parut sur
sept lignes , faisant face au Retranchement :
deux Compagnies de Grenadiers rangées en trois divisions faisoient la pointe de l'attaque.
Au troisiéme signal , la Phalange marcha vers
le Retranchement ; et quand elle fut à deux cent
pas , les Batteries qui le défendoient , commencerent à tirer , et furent servies avec tant de
promptitude , que chaque piéce tiroit au moins
cinq coups par minute , de sorte que le feu se
soutint pendant toute l'attaque avec la même vivacité. La Phalange étant arrivée à cinquante pas
du Retranchement , l'Infanterie qui attaquoit et
-celle qui défendoit , commencerent leur fen
chaque ligne de la Phalange faisant le sien en
-même-tems demi- divisions ; et dès qu'une
ligne avoit tiré , toutes les divisions qui la com
posoient se coupoient par le milieu pour se retirer par les intervalles de toute la Phalange , et se
reformerent sur le terrain qu'elles avoient occupé H avant
par
266 MERCURE DE FRANCE
avant l'attaque , ce qui fut répeté une seconde
fois la Phalange étant ensuite- retournée à son
premier terrain , on distribua 96 Piques à cha- demi-Bataillon , et pendant ce tems là les
Grenadiers de Gotha remonterent à cheval.
que
Au quatriéme signal , la Phalange se rompit
et forma un grand quarré autour d'un petit , le
premier rang de chaque quarré étant garni de
Piques ; la Cavalerie qui étoit derriere le Retranchement , en sortit par les deux extrêmitez
et vint se former sur deux lignes devant le Retranchement , au moyen de quoi le Quarré se trouva entre la Cavalerie de la droite et de la
gauche , rangée sur deux lignes,
9
Au cinquième signal , la premiere ligne de la
Cavalerie de la gauche , chargea le Quarré par
la face et les angles qui étoient de leur côté , et
se retira par les intervalles de la deuxième ligne
ayant été repoussée par le feu du Quarré , les
Grenades et les Piques que les Piquiers tenoient
présentées. La deuxième ligne fit la même manoeuvre; ce qui fut pareillement éxécuté par la
Cavalerie de la droite , et répeté plusieurs fois
par l'un et par l'autre chaque Troupe de Cavalerie faisoit deux charges ; après quoi le Quarré fut attaqué par la Cavalerie des aîles tout
la fois.
Au sixième signál , l'Infanterie se mit en marche pour rentrer dans le Camp , en conservant
toujours son Quarré. Elle fut attaquée pendant
sa retraite par la Cavalerie ; le feu , pour repousser ces attaques , se faisoit par rangs. L'Armée ,
en faisant cette manceuvre , arriva à la tête du
Camp , où chaque Corps se forma sur la Place
d'Armes , et rentra.
Le 17 , le Roi donna dans son Pavillon un magnifique
OCTOBRE. 1732. 2267
gnifique Souper , suivi d'un Bal , à tout ce qu'il
y avoit de Seigneurs et de Dames.
Le 18. jour destiné pour la séparation de l'Armée , les Trouples plierent leurs Tentes , et s'étant mises en bataille à la tête du Camp , le Roi
fit tirer la grande Batterie qui étoit au bas du Pavillon de S. M. pour leur donner le signal de
leur séparation. L'Artillerie de campagne y répondit , et l'on fit ensuite le feu coulant , ce qui fut éxécuté une seconde fois ; et à la troisiéme
fois , la grande Batterie fit une salve de ses 18.
piéces l'Armée y répondit par une salve générale avec toute son Artillerie ; après quoi toute
l'Armée se mit en marche sur cinq colonnes
chaque aîle de Cavalerie en formoit une. Les
Grenadiers détachez qui formoient deux Batail
lons , étoient rentrez dans leurs Régimens. Les
colonnes d'Infanterie de la droite et de la gauche étoient composées de trois Bataillons chacune ; celle du centre avoit le Régiment de Frise
à la tête , qui étoit suivi de l'Artillerie de campagne , et elle étoit fermée par les deux Compagnies de Grenadiers de Lublin et de Compenhau- son. L'Armée se rendit dans cet ordre au nouveau Camp qu'elle devoit occuper sur la hauteur , à la droite et à la gauche du Pavillon ,
le 20 Août , le Roi ayant quitté son Pavillon
pour retourner à Warsovie , les Régimens du
Camp se mirent en marche pour retourner dans
leurs anciens Quartiers. On a appris depuis que
ces Troupes sont arrivées à leurs Garnisons, fort satisfaites des liberalitez du Roi de Pologne , qui
a fait de forts beaux présens aux Officiers , et
donné à chaque Soldat deux mois de solde audeà de leur paye ordinaire.
SUITE du Journal du Camp de
Villa-Nova.
E r Août , tous les mouvemens militaires
Ldu Camp furent suspendus. ; ce spectacle
pompeux et guerrier recommença le lendemain
par l'éxercice des Lanciers. Ils s'assemblerent au
nombre de neuf Compagnies, ou demi Escadrons
à la tête de leur Camp , et vinrent ensuite se
ranger à deux de hauteur devant le centre de
' Infanterie. Le Major Général Klingenberg.
commandoit cette Troupe , qui étoit en cuirasse
avec des Casques à aîles , et armée de Lances
garnies de flammes ; les Casques des Officiers
étoient ornés de plumes.
Au premier signal , les neufCompagnies se mi- rent en mouvement , et marcherent vers le Fa
villon sur trois colonnes. Les trois Compagnies
du centre formerent la colonne du centre , et les
trois Compagnies de chaque aîle , celles de la
droite et de la gauche : chaque Compagnie mar- choit par neuf, les Timbales et Trompettes étant
à la tête de la colonne du centre, i
Les colonnes étant arrivées à une certaine dis
tance , les Compagnies marcherent par trois jusqu'à une place marquée , où au deuxième signal ,
Les Compagnies de chaque colonne ayant fait la
conversion à gauche par Brigades , les colonnes
formerent trois lignes à deux de hauteur , qui
marcherent en même tems enavant.
Au troisiéme signal , les trois lignes firent demi tour à droite , et au quatrième signal , la
Compa
2260 MERCURE DE FRANCE
•
Compagnie du centre de chaque ligne ayant
marché so pas en avant , les trois lignes se mirent en mouvement dans cet ordre , et marche.
rent jusqu'à ce que celle du centre se trouvarsur
la ligne du Pavillon qu'elles avoient à gauche où elles firent alte.*
Au cinquiéme signal, chaque Compagnie ayant
fait un quart de conversion à gauche , elles se
retrouverent sur trois lignes , faisant face au Pavillon ; et au sixième signal , elles se remirent comme elles étoient , par une conversion
àdroite.
Au septiéme signal, les Compagnies se mirent
sur deux lignes : la seconde , ayant fait un demi
tour à droite , elles marcherent en avant jusqu'ài
une certaine distance , se tournant le dos ; ayant ensuite fait demi tour à droite , elles se trouve
rent vis-à-vis l'une de l'autre pour la charge.
Au huitiéme signal , les deux lignes marche→
rent l'une contre-l'autre, les Lances baissées, s'entrepasserent dans les intervalles , firent defnit
tour à droite , se chargerent de nouveau , et s'é-*
tant remises sur leur premier terrain , elles se
chargerent encore une fois.
;
- Au neuviéme signal , les deux lignes marche rent l'une contre l'autre la deuxième ayant
rempli les intervalles de la premiere , elles s'ar rêterent et se mirent en état de faire la conversion sur le centre ; ce qui s'éxécuta au dixiéme³
signal ; et au onziéme signal , la droite ayant fait le demi tour sur la Place , les neuf Compagnies parurent sur une ligne , faisant face au Pa→→ villon. ซี เ
Au douziéme signal , les cinq Compagnies
ayant marché so pas en avant , les Lanciers se
trouverent- sur-deux lignes. Et au treiziéme si→→
gnal ,
OCTOBRE. 1732. 2261
gnal , la premiere ligne marcha au grand trot vers le Pavillon , comme pour charger , baissa
les lances , et ayant fait demi tour à droite , passa dans les intervalles de la seconde , qui avançoit
pour faire la même manœuvre : chaque ligne la
fit deux fois , après quoi la seconde étant ren
ée dans la premiere , les Officiers de toute la
ne saluerent en même-tems le Roi , et on
Daissa les Etendarts et les Lances. Les Lanciers
ayant mis ensuite leurs Lances dans les PorteLances , et tiré l'épée , ils passerent devant le
Pavillon , et par une marche en échelle elles re
tournerent au Camp.
Le sur-lendemain , 14 Août , toute l'Armée
fit divers mouvemens , et après qu'elle eut été
en bataille quelques tems,à la tête du Camp , sur
une seule ligne , P'Infanterie par une contremarche à gauche et à droite vers le centre , se
joignit sans laisser d'intervalle entre les bataillons ; la Cavalerie par les mêmes contre- marches se joignit aux aîles de l'Infanterie : celle- ci partagea ensuite ses bataillons en deux ; le Colonel et les deux Majors se mettant avec deux drapeaux à la tête du premier demi- bataillon , et
le Lieutenant, Colonel et les deux Aides- Majors
avec deux Drapeaux à la tête du deuxième. Les
Compagnies deRutowski et de Promnitz formoient un demi bataillon derriere celui du
Centre.
La Cavalerie se partagea aussi par Compa
gnies ou demi-Escadrons. Toutes les premieres
Compagnies de chaque Escadron , et chaque
premier demi bataillon , avec les deux du centre,
ayant marché cent pas en avant , l'Armée se
forma sur deux lignes , le demi- bataillon de
Lutowski , ayant marché en avant pour occuPS
2262 MERCURE DE FRANCE
per le terrain que les deux du centre venoient de
quitter.
L'Armée étant en bataille , et le signal donné du Pavillon , elle se mit en marche sur treize
colonnes ; sçavoir , 8. de Cavalerie , et 5. d'Infanterie , qui s'avancerent vers le Pavillon jusqu'à une certaine distance. Chaque colonne de
Cavalerie étoit composée de deux Compagnies de
la premiere ligne , et de deux de la seconde.
Chaque colonne d'Infanterie de quatre demi
bataillons de la premiere ligne , et de deux de la
seconde , excepté la colonne du centre , qui n'avoit que les deux demi-bataillons de Frise et celui
de Rutowski et de Promnitz : le Régimentai- re et le Comte de Denhoff marchoient à la tête
de cette derniere , et les autres Généraux étoient
distribués aux autres colonnes.
Au deuxième signal , l'Armée se remit sur
deux lignes , les têtes des colonnes restant , et
les suites par des contre- marches à droite et à
gauche , venant se remettre dans l'ordre où elles
étoient avant que de partir de la tête du
Camp.
Au troisiéme signal , le feu coulant commença à la droite de la premiere ligne , et finit à la droite de la seconde ; et au quatriéme signal , les
deux lignes formerent le premier ordre de bataille mêlé , ce qui s'éxécuta de la maniere suivante: les quatre Compagnies de la droite et de
la gauche de la Cavalerie de l'une et de l'autre
ligne , resterent en place , aussi bien que les
quatre demi-bataillons du centre de la premiere
ligne , et les trois du centre de la seconde , mais
les quatre Compagnies de Cavalerie qui joigroient la droite et la gauche de l'Infanterie de Pune et de l'autre ligne , ayant marché 20 pas
-
en
OCTOBRE. 1732. 2263
en avant , firent une contre-marche à droite et á
gauche pour se former à la tête des trois bataillons de la droite et de la gauche de l'une et de
l'autre ligne. Ceux- ci firent en même tems leur contre-marche pour occnper le terrain que la Cavalerie qui les joignoit , venoit de quitter , et
toute l'Infanterie aussi -bien que les aîles de Ca
valerie de l'une et de l'autre ligne , ayant aussi
marché 20 pas en avant , toute l'Armée se trou
va en ordre de bataille mêlé d'Infanterie et de
Cavalerie.
L'Armée étant ainsi rangée , on ordonna le
signal pour le feu , qui se fit ainsi : la premiere,
Compagnie qui fermoit l'aîle droite de la premiere ligne , et celle qui fermoit l'aîle gauche , tirerent en même-tems : le feu continua ainsi par
une troupe de la droite et une de la gauche de la
premiere ligne en venant vers le centre , et suivit
par le centre de la seconde ligne en s'étendant vers les aîles..
Le feu étant fini , on donna le cinquiéme signal pour faire le second ordre de bataille mêlé
qui s'éxécuta ainsi : les quatre Brigades d'Infan
terie de la droite et de la gauche de l'une et de
Pautre ligne , et les deux bataillons de la droite
et de la gauche de chaque Brigade , par une contre-marche changerent de place avec les deux
Compagnies de Cavalerie , qui les joignoient , de
sorte que l'Armée se trouva aux aîles de deux
Compagnies de Cavalerie , avec un demi- Bataillon , et un Corps d'Infanterie au centre de chaque ligne.
Au sixième signal , le feu de chaine commença par les demi-Escadrons de la droite de la pre- miere ligne , et étant venu à la droite de la se
conde ligne, il recommença par demi batail- Lons
1
1
' ,
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ons de la droite de la premiere jusqu'à la droite
de la seconde.
Au septième signal , l'Arméese remit dans son
ordre de bataille non-mêlé , par les mêmes con- tre- marches , dont chaque Troupe s'étoit servie
pour se mettre en ordre mêlé ; ensuite l'Infanterie de la premiere ligne fit feu sur la Place par divisions , et ayant fait demi-tour à droite , se
retira par les intervalles de la seconde , et se forma derriere ; les deux lignes- firent successivement
cette manœuvre jusqu'au Camp , en continuant
leur feu , et la Cavalerie de chaque ligne se retira en même-tems que l'Infanterie.
Le 16. Août on fit l'attaque d'un retranchement qui s'étendoit depuis la hauteur de la gauche du Pavillon du Roi , jusqu'à cent pas vers la tête du Camp. Les quatre Compagnies de Gre- nadiers Rutowski , Promnitz , Denhoff et Flemming , bordoient le retranchement dans les intervalles de cinq Batteries de quatre piéces de Canon chacune , outre lesquelles on en avoit
placé huit plus petites sur les aîles du Retranchement.
Au premier signal , la Cavalerie de la droite ,
rangée par Compagnies , et commandée par le
Major-Général Klingnberg , se mit en marche
sur deux colonnes pour venir soutenir le Retran- chement , et se forma derriere l'Infanterie sur
deux lignes ; la premiere , composée des quatre Escadrons de Nassau, étoit à cent pas du Retranchement ; et la deuxième , composée des quatre Escadrons de Grenadiers de Gotha , étoit à 80.
pas derriere la premiere , dès qu'elles furent rangées , le Major- Général fit mettre pied à terre
aux Grenadiers de Gotha , qui vinrent renforcerLe
OCTOBRE. 1732. 2265
JeRetranchement où le Lieutenant- ColonelFranckenberg commandoit.
Pendant cette manœuvre , les huit Escadrons
de la gauche vinrent se former sur deux lignes ,
à l'extrêmité de la gauche de la Place d'Armes ,
qui étoit la face opposée à celle du Retranchement , et resterent dans l'inaction jusqu'à l'attaque du Quarré.
Pendant que la Cavalerie se rangeoit ainsi ,
toute l'Infanterie , partagée comme le jour des
divers mouvemens de l'Armée ,
marcha par divisions sur sept colonnes , formant une Phalange qui pouvoit faire face de tous côtez , figurée
en lozange ; et lorsqu'elle fut arrivée à une certaine distance , elle fit alte.
Au deuxième signal toutes les divisions ayant fait la Conversion à droite, la phalange parut sur
sept lignes , faisant face au Retranchement :
deux Compagnies de Grenadiers rangées en trois divisions faisoient la pointe de l'attaque.
Au troisiéme signal , la Phalange marcha vers
le Retranchement ; et quand elle fut à deux cent
pas , les Batteries qui le défendoient , commencerent à tirer , et furent servies avec tant de
promptitude , que chaque piéce tiroit au moins
cinq coups par minute , de sorte que le feu se
soutint pendant toute l'attaque avec la même vivacité. La Phalange étant arrivée à cinquante pas
du Retranchement , l'Infanterie qui attaquoit et
-celle qui défendoit , commencerent leur fen
chaque ligne de la Phalange faisant le sien en
-même-tems demi- divisions ; et dès qu'une
ligne avoit tiré , toutes les divisions qui la com
posoient se coupoient par le milieu pour se retirer par les intervalles de toute la Phalange , et se
reformerent sur le terrain qu'elles avoient occupé H avant
par
266 MERCURE DE FRANCE
avant l'attaque , ce qui fut répeté une seconde
fois la Phalange étant ensuite- retournée à son
premier terrain , on distribua 96 Piques à cha- demi-Bataillon , et pendant ce tems là les
Grenadiers de Gotha remonterent à cheval.
que
Au quatriéme signal , la Phalange se rompit
et forma un grand quarré autour d'un petit , le
premier rang de chaque quarré étant garni de
Piques ; la Cavalerie qui étoit derriere le Retranchement , en sortit par les deux extrêmitez
et vint se former sur deux lignes devant le Retranchement , au moyen de quoi le Quarré se trouva entre la Cavalerie de la droite et de la
gauche , rangée sur deux lignes,
9
Au cinquième signal , la premiere ligne de la
Cavalerie de la gauche , chargea le Quarré par
la face et les angles qui étoient de leur côté , et
se retira par les intervalles de la deuxième ligne
ayant été repoussée par le feu du Quarré , les
Grenades et les Piques que les Piquiers tenoient
présentées. La deuxième ligne fit la même manoeuvre; ce qui fut pareillement éxécuté par la
Cavalerie de la droite , et répeté plusieurs fois
par l'un et par l'autre chaque Troupe de Cavalerie faisoit deux charges ; après quoi le Quarré fut attaqué par la Cavalerie des aîles tout
la fois.
Au sixième signál , l'Infanterie se mit en marche pour rentrer dans le Camp , en conservant
toujours son Quarré. Elle fut attaquée pendant
sa retraite par la Cavalerie ; le feu , pour repousser ces attaques , se faisoit par rangs. L'Armée ,
en faisant cette manceuvre , arriva à la tête du
Camp , où chaque Corps se forma sur la Place
d'Armes , et rentra.
Le 17 , le Roi donna dans son Pavillon un magnifique
OCTOBRE. 1732. 2267
gnifique Souper , suivi d'un Bal , à tout ce qu'il
y avoit de Seigneurs et de Dames.
Le 18. jour destiné pour la séparation de l'Armée , les Trouples plierent leurs Tentes , et s'étant mises en bataille à la tête du Camp , le Roi
fit tirer la grande Batterie qui étoit au bas du Pavillon de S. M. pour leur donner le signal de
leur séparation. L'Artillerie de campagne y répondit , et l'on fit ensuite le feu coulant , ce qui fut éxécuté une seconde fois ; et à la troisiéme
fois , la grande Batterie fit une salve de ses 18.
piéces l'Armée y répondit par une salve générale avec toute son Artillerie ; après quoi toute
l'Armée se mit en marche sur cinq colonnes
chaque aîle de Cavalerie en formoit une. Les
Grenadiers détachez qui formoient deux Batail
lons , étoient rentrez dans leurs Régimens. Les
colonnes d'Infanterie de la droite et de la gauche étoient composées de trois Bataillons chacune ; celle du centre avoit le Régiment de Frise
à la tête , qui étoit suivi de l'Artillerie de campagne , et elle étoit fermée par les deux Compagnies de Grenadiers de Lublin et de Compenhau- son. L'Armée se rendit dans cet ordre au nouveau Camp qu'elle devoit occuper sur la hauteur , à la droite et à la gauche du Pavillon ,
le 20 Août , le Roi ayant quitté son Pavillon
pour retourner à Warsovie , les Régimens du
Camp se mirent en marche pour retourner dans
leurs anciens Quartiers. On a appris depuis que
ces Troupes sont arrivées à leurs Garnisons, fort satisfaites des liberalitez du Roi de Pologne , qui
a fait de forts beaux présens aux Officiers , et
donné à chaque Soldat deux mois de solde audeà de leur paye ordinaire.
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Résumé : POLOGNE. SUITE du Journal du Camp de Villa-Nova.
En août 1732, au camp de Villa-Nova en Pologne, plusieurs mouvements militaires significatifs ont été observés. Le 1er août, les exercices des lanciers furent suspendus puis repris le lendemain. Neuf compagnies de lanciers, sous le commandement du Major Général Klingenberg, exécutèrent diverses manœuvres, incluant des marches en colonnes et en lignes, des conversions et des charges simulées. Les lanciers étaient équipés de cuirasses, de casques à ailes et de lances garnies de flammes. Le 14 août, toute l'armée effectua divers mouvements. L'infanterie et la cavalerie se rejoignirent pour former deux lignes, et l'armée se mit en marche sur treize colonnes. Des exercices de tir furent réalisés, suivis de manœuvres de bataille mêlée entre l'infanterie et la cavalerie. Le 16 août, une attaque simulée d'un retranchement fut organisée. La cavalerie et l'infanterie exécutèrent des manœuvres coordonnées, incluant des charges de cavalerie et des tirs d'artillerie. L'infanterie forma une phalange en lozange pour l'attaque et se transforma ensuite en carrés pour repousser les charges de cavalerie. Le 17 août, le roi offrit un somptueux souper suivi d'un bal dans son pavillon, auquel assistèrent de nombreux seigneurs et dames. Par la suite, le texte décrit la séparation d'une armée et son départ du camp. Le jour de la séparation, les troupes plient leurs tentes et se mettent en bataille. Le roi donna le signal de départ en faisant tirer la grande batterie, suivie par l'artillerie de campagne et un feu coulant. Après trois salves, l'armée se mit en marche en cinq colonnes, chaque aile de cavalerie formant une colonne. Les grenadiers détachés rejoignirent leurs régiments. Les colonnes d'infanterie de droite et de gauche étaient composées de trois bataillons chacune, tandis que la colonne du centre était menée par le régiment de Frise, suivi par l'artillerie de campagne et fermé par les compagnies de grenadiers de Lublin et de Compenhagen. L'armée se dirigea vers un nouveau camp. Le 20 août, après le départ du roi pour Varsovie, les régiments retournèrent à leurs anciens quartiers. Les troupes étaient satisfaites des libéralités du roi de Pologne, qui avait offert de beaux présents aux officiers et deux mois de solde supplémentaires à chaque soldat.
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42
p. 2903-2905
ESPAGNE.
Début :
On a appris d'Oran, depuis les dernieres nouvelles que nous en avons publiées, que [...]
Mots clefs :
Espagne, Oran, Cavalerie, Ceuta, Troupes
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
Na appris d'Oran , depuis les dernieres
nouvelles que nous en avons publiées , que les Maures , dans l'action du 21 de Novembre ,
étoient au nombre de 32000 hommes , y compris leur Cavalerie , qui pouvoit monter à 7500
hommes. Les Troupes Espagnoles ' continuent de travailler à combler les tranchées des Maures ,
principalement sur la Mazera ; élevation qui domine le Château de Ste Croix , auquel les Maures avoient fait quelques bréches , qu'on rétablit,
afin de mettre ce Fort à couvert de toute insulte.
On a appris par des Espions qui s'étoient intro1
II. Vol.
Hij duies
2904 MERCURE DE FRANCE
duits dans Oran , et qu'on y a arrêtez, que l'Armée des Maures étoit campée derriere une Mon- tagne , â deux lieues de cette Ville . Que dans
l'attaque du 21. Bigotillo et deux de ses parens
avoient été blessez ; que le fils du feu Dey d'Alger,
l'un des deux Generaux des Maures , se préparoit à retourner à Alger avec ses Troupes , et
qu'il ne laisseroit à Bigotillo , que 45 Escoüades
de Turcs , qui font environ 8 a 900 hommes.
Les Lettres d'Oran , du 13 Decembre , portent
que les Maures s'étoient encore éloignez d'une
lieue du Camp qu'ils occupoient , depuis la levée
du Siége de cette Place , et que tous leurs mouvemens faisoient croire qu'ils avoient dessein de
se retirer entierement ; que le 7 du même mois
on avoit transporté de la Maison de Don Philippe Ramirez d'Arellans , Maréchal de Camp , l'Image miraculeuse de N. D, de Penna de Francia,
Patrone d'Oran , à l'Eglise Paroissialle de cette
Ville ;que cette Image avoit été portée pendant
la ceremonie par Don Jean-Ans. Perés d'Aréillano , que le Roy et l'Archevêque de Tolede ont
nommé Vicaire General de la même Ville ; que
le Commandant de la Place , les Marêchaux de
Camp , les Colonels et les autres Officiers de la
Garnison , avoient assisté à la Procession , et le
lendemain à la Grande Messe , qui avoit été cé◄
lébrée dans la même Eglise. Cette Image avoit été conservée dans la Maison de ce Vicaire Ge
neral , depuis la prise d'Oran , par les Maures ,
en 1707.
Le Marquis de Villadarias a été nommé par
le Roy , pour succeder au Marquis de Santa- Cruz , en qualité de Gouverneur d'Oran ; et il
doit s'embarquer incessamment à Alicante , pour
se rendre à son Gouvernement. Ș. M. a aussi
II. Vol. nommé
DECEMBRE. 1732 2905
nommé Lieutenant General de ses Armées , le
Duc de Liria , cy-devant son Ambassadeur Extraordinaire auprès de la Czarine , et qui est aetuellement à Vienne.
Elle a accordé à la Marquise de Santa-Cruz qui est revenuë d'Oran à Cadix avec toute sa famille , une pension de mille Doublons ; une Com
manderie de 400 Doublons de revenu à son fils
aîné ; une Compagnie de Cavalerie à son second
fils , et une d'Infanterie à son troisiéme.
Par les Lettres d'Oran , du 16. de ce mois , on
apprend que la Garnison continuoit de travailler
aux Fortifications de cette Ville et des Châteaux ,
sans être inquiétée par les Maures , qui sont rou→
jours dans leur même Camp.
Celles de Ceuta du 19. portent que 6co. Cavaliers de l'Armée du Roy de Maroc , étoient
revenus près du Serrail , qui est voisin du Camp
qu'occupoit cy-devant le Détachement de la Cavalerie et de l'Infanterie de ce Prince ; qu'ils tiroient depuis huit jours sans discontinuer contre
la nouvelle Palissade qu'on a plantée près de leur
Camp , et qui est déja fort avancée , mais qu'on
n'avoit pu découvrir encore quel pouvoit être leur dessein.
duOn a appris par les dernieres Lettres de Ceuta
30. Novembre, que les Troupes du Roy de Marocs'étoient retirées aussi des environs de cettePlace,et que les differens partis de Dragons envoyez à
la découverte par le Gouverneur de la Ville ,
étoient rentrez sans en avoir appris aucune nou- velle ; mais que la Garnison se tenoit toujours
sur ses gardes , crainte de surprise.
Na appris d'Oran , depuis les dernieres
nouvelles que nous en avons publiées , que les Maures , dans l'action du 21 de Novembre ,
étoient au nombre de 32000 hommes , y compris leur Cavalerie , qui pouvoit monter à 7500
hommes. Les Troupes Espagnoles ' continuent de travailler à combler les tranchées des Maures ,
principalement sur la Mazera ; élevation qui domine le Château de Ste Croix , auquel les Maures avoient fait quelques bréches , qu'on rétablit,
afin de mettre ce Fort à couvert de toute insulte.
On a appris par des Espions qui s'étoient intro1
II. Vol.
Hij duies
2904 MERCURE DE FRANCE
duits dans Oran , et qu'on y a arrêtez, que l'Armée des Maures étoit campée derriere une Mon- tagne , â deux lieues de cette Ville . Que dans
l'attaque du 21. Bigotillo et deux de ses parens
avoient été blessez ; que le fils du feu Dey d'Alger,
l'un des deux Generaux des Maures , se préparoit à retourner à Alger avec ses Troupes , et
qu'il ne laisseroit à Bigotillo , que 45 Escoüades
de Turcs , qui font environ 8 a 900 hommes.
Les Lettres d'Oran , du 13 Decembre , portent
que les Maures s'étoient encore éloignez d'une
lieue du Camp qu'ils occupoient , depuis la levée
du Siége de cette Place , et que tous leurs mouvemens faisoient croire qu'ils avoient dessein de
se retirer entierement ; que le 7 du même mois
on avoit transporté de la Maison de Don Philippe Ramirez d'Arellans , Maréchal de Camp , l'Image miraculeuse de N. D, de Penna de Francia,
Patrone d'Oran , à l'Eglise Paroissialle de cette
Ville ;que cette Image avoit été portée pendant
la ceremonie par Don Jean-Ans. Perés d'Aréillano , que le Roy et l'Archevêque de Tolede ont
nommé Vicaire General de la même Ville ; que
le Commandant de la Place , les Marêchaux de
Camp , les Colonels et les autres Officiers de la
Garnison , avoient assisté à la Procession , et le
lendemain à la Grande Messe , qui avoit été cé◄
lébrée dans la même Eglise. Cette Image avoit été conservée dans la Maison de ce Vicaire Ge
neral , depuis la prise d'Oran , par les Maures ,
en 1707.
Le Marquis de Villadarias a été nommé par
le Roy , pour succeder au Marquis de Santa- Cruz , en qualité de Gouverneur d'Oran ; et il
doit s'embarquer incessamment à Alicante , pour
se rendre à son Gouvernement. Ș. M. a aussi
II. Vol. nommé
DECEMBRE. 1732 2905
nommé Lieutenant General de ses Armées , le
Duc de Liria , cy-devant son Ambassadeur Extraordinaire auprès de la Czarine , et qui est aetuellement à Vienne.
Elle a accordé à la Marquise de Santa-Cruz qui est revenuë d'Oran à Cadix avec toute sa famille , une pension de mille Doublons ; une Com
manderie de 400 Doublons de revenu à son fils
aîné ; une Compagnie de Cavalerie à son second
fils , et une d'Infanterie à son troisiéme.
Par les Lettres d'Oran , du 16. de ce mois , on
apprend que la Garnison continuoit de travailler
aux Fortifications de cette Ville et des Châteaux ,
sans être inquiétée par les Maures , qui sont rou→
jours dans leur même Camp.
Celles de Ceuta du 19. portent que 6co. Cavaliers de l'Armée du Roy de Maroc , étoient
revenus près du Serrail , qui est voisin du Camp
qu'occupoit cy-devant le Détachement de la Cavalerie et de l'Infanterie de ce Prince ; qu'ils tiroient depuis huit jours sans discontinuer contre
la nouvelle Palissade qu'on a plantée près de leur
Camp , et qui est déja fort avancée , mais qu'on
n'avoit pu découvrir encore quel pouvoit être leur dessein.
duOn a appris par les dernieres Lettres de Ceuta
30. Novembre, que les Troupes du Roy de Marocs'étoient retirées aussi des environs de cettePlace,et que les differens partis de Dragons envoyez à
la découverte par le Gouverneur de la Ville ,
étoient rentrez sans en avoir appris aucune nou- velle ; mais que la Garnison se tenoit toujours
sur ses gardes , crainte de surprise.
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Résumé : ESPAGNE.
En 1732, des événements militaires et politiques impliquaient l'Espagne et les Maures. Le 21 novembre, environ 32 000 Maures, dont 7 500 cavaliers, affrontaient les troupes espagnoles qui comblaient leurs tranchées, notamment sur la Mazera, près du Château de Sainte-Croix endommagé. Des espions signalèrent que l'armée maure était campée derrière une montagne à deux lieues d'Oran. Lors de cette attaque, Bigotillo et deux de ses parents furent blessés. Le fils du défunt Dey d'Alger, général maure, se préparait à retourner à Alger avec ses troupes, laissant Bigotillo environ 800 à 900 Turcs. Le 13 décembre, les Maures se retirèrent d'une lieue de leur camp. À Oran, l'image miraculeuse de Notre-Dame de Penna de Francia fut transportée à l'église paroissiale. Le Marquis de Villadarias succéda au Marquis de Santa-Cruz comme gouverneur d'Oran, et le Duc de Liria fut nommé Lieutenant Général des armées. La Marquise de Santa-Cruz reçut une pension et des commandements pour ses fils. Le 16 décembre, la garnison d'Oran continuait les fortifications sans être inquiétée. À Ceuta, 600 cavaliers marocains tiraient contre une nouvelle palissade, mais leurs intentions restaient inconnues. Les troupes marocaines s'étaient retirées des environs de Ceuta, mais la garnison restait en alerte.
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43
p. 591-594
ESPAGNE.
Début :
Les Lettres d'Oran du 6. Fevrier, portent que le matin du même jour, quelques Travailleurs [...]
Mots clefs :
Oran, Ennemis, Espagnols, Cavalerie, Maures, Vaisseau, Infanterie, Escadre
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE..
Es Lettres d'Oran du 6. Fevrier , portent que
leurs étant sortis de cette Place pour reconnoître
des Palmiers qu'on avoit abbattus la veille , cinq
d'entre eux qui s'avancerent plus que les autres ,
tomberent dans une embuscade des Ennemis qui
les auroient enveloppez , s'ils ne se fussent retirez
précipitamment. Ils avertirent les Piquets qui
soutenoient les Travailleurs du Fort de S. Philippe
, de se tenir sur leurs gardes , et aussi -tôt les
Piquets marcherent en bon ordre aux Ennemis ,
dont le nombre pouvoit monter à 1500. Il y eut
grand feu de part et d'autre , mais les Ennemis.
curent à soutenir , non seulement celui des Pi→✩
quets , mais encore celui de l'Artillerie des Forts
de S. Philippe et de S. André Les Grenadiers
eurent ordre d'aller au secours des Piquets , et on
fit monter la Cavalerie à cheval pour soutenir
les Grenadiers, Ceux- ci étant arrivez les premiers
au poste des Ennemis , se rangerent.en bataille ,
dans le dessein de couper les Ennemis , qui s'en
étant apperçus , se retirerent. La Cavalerie Espagnole
, pour engager un combat entre les Trou
pes d'Infanterie , feignit deux fois de prendre la
fuite , afin d'attirer les Ennemis , mais ce fut inutilement.
Les Maures ont perdu ffo . hommes ,
et du côté des Espagnols il y a eu un Enseigne et
deux Soldats tuez et 17. blessez.
On a appris depuis le détail qu'on va lire au
sujet de cette Action: Quatre Compagnies de Grenadiers
commandez pour couvrir des Travailleurs
qui coupoient du bois au bas de la Montagne de
da la Mazetta , étant sorties de la Place au point dujour
192 MERCURE DE FRANCE
jour , apperçurent un nombre considerable d'Ennemis
qui se voyant découverts , firent feu et les ›
obligerent de se retirer jusqu'à ce qu'elles eussent
été jointes par cinq autres Compagnies de
Grenadiers qu'on envoya du Fort S. Philippe à s
leur secours ; soutenuës de ce renfort , elles retournerent
à l'Ennemi , et l'action s'engagea vi→
vement de part et d'autre. Le Commandant de la
Place , averti que ces gens étoient aux mains avec
les Maures , sortit avec 300. chevaux et huit
Compagnies d'Infanterie , et se mit en bataille
plaçant sa Cavalerie au centre , et son Infanterie
sur les aîles. Aussi-tôt les Maures firent avancer
un Corps de Cavalerie pour attaquer la Cavalerië
Espagnole , qui recula afin que les Ennemis , la
poursuivant , fussent pris en flanc des deux côtez
par l'Infanterie. Cette feinte réussit ; les Ennemis
s'étant trop avancez , les deux ailes se replierent
, et les ayant mis entre deux feux , leur tue
rent beaucoup de monde ; le reste ne s'étant sauvé
qu'avec peine , alla se rallier près d'un Corps
d'Infanterie et de Cavalerie , qui étoit posté à
quelque distance dans la Plaine des Salines.
Cependant le Bey Bigotillo s'étoit avancé avec
dix Drapeaux , et s'étoit mis en bataille vis- à - vis
le front des Travailleurs ; le Commandant Espagnol
et le Gouverneur du Fort de Sainte Croix
l'ayant apperçu , firent chacun un détachement
pour le couper , l'un du côté de la Montagne
l'autre par le Barranco , ou Vallon creux ; mais
Bigotillo ayant vû ce mouvement , se retira a■
plus vite,et alla rejoindre le gros des Ennemis qui
prirent la fuite. Les Espagnols poursuivirent les
Fuyards pendant un assez long espace , et après .
s avoir chassez jusques hors de la vûë d'Oran ,
rentrerent dans la Place avec une grande quantité
MARS. 1733. 195
tité de chevaux pris sur les Ennemis. Cette action
a durédepuis le point du jour jusqu'à quatre heures
du soir , et les Maures ont perdu près de 600.
hommes , au lieu que les Espagnols n'ont cu
qu'un Lieutenant de Dragons et deux Soldats
de tuez.
On a reçu avis de Barcelone , que l'Escadre que
le Roy avoit dans la Méditerranée
, étoit rentrée
dans ce Port , selon les mêmes Lettres , cette Escadre
étant sur les Côtes de Barbarie
, découvrit
près du Golfe d'Arseo , à la hauteur de Mostagan
, un Vaisseau
de 46. pieces de Canon , qui
servoit cy-devant de Capitane
à l'Escadre
d'Alger
; Don Blaise de Lezo, qui commandoit
l'Escadre
du Roy , fit force de voiles pour donner
la chasse à ce Vaisseau
; mais comme le Vaisai –
seau ennemi avoit deux lieües d'avance
, la nuit
survint
avant qu'on pût le joindre , et le Capi
taine en profita pour débarquer
300. Turcs et
quelques
vivres qu'il transportoit
d'Alger
au
Camp des Maures. Le lendemain
au point du
jour , on apperçut
ce Vaisseau
derriere un Cap
et vers les neuf heures et demie on commença
le canoner. Il essuya pendant
près de deux heures
les bordées de tous les Vaisseaux
de l'Escadre
Espagnole
, sans être beaucoup
endommagé
. Cependant
le Capitaine
Algerien
voyant que le feu
de l'Artillerie
des Espagnols
ne discontinuoit
point et perdant l'espoir de conserver
son Vaisseau
, songea à sauver l'Equipage
qu'il fit débarquer.
Don Blaise de Lezo , après avoir canoné
pendant
cinq heures le Vaisseau
Algerien
, détacha
les Gardes de la Marine et 200. bommes
pour le couler à fond , ce qui fut executé malgré
le grand feu des Algeriens
rangez en bataille sous
une batterie que les Maures avoient sur le Rivage.
Les
394 MERCURE DE FRANCE
Les Espagnols qui ont enlevé les cordages , le
Canon et tout ce que les Eunemis avoient laissé
dans le Vaisseau , n'ont eu dans ce combat, que
7. hommes tuez et 33. blessez .
On apprend par des Lettres d'Allemagne , que
plusieurs Officiers Espagnols qui sont au service
de PElecteur Palatin , ont obtenu la permission
de venir en Espagne pour faire la prochaine
Campagne d'Afrique en qualité de Volontaires.
Es Lettres d'Oran du 6. Fevrier , portent que
leurs étant sortis de cette Place pour reconnoître
des Palmiers qu'on avoit abbattus la veille , cinq
d'entre eux qui s'avancerent plus que les autres ,
tomberent dans une embuscade des Ennemis qui
les auroient enveloppez , s'ils ne se fussent retirez
précipitamment. Ils avertirent les Piquets qui
soutenoient les Travailleurs du Fort de S. Philippe
, de se tenir sur leurs gardes , et aussi -tôt les
Piquets marcherent en bon ordre aux Ennemis ,
dont le nombre pouvoit monter à 1500. Il y eut
grand feu de part et d'autre , mais les Ennemis.
curent à soutenir , non seulement celui des Pi→✩
quets , mais encore celui de l'Artillerie des Forts
de S. Philippe et de S. André Les Grenadiers
eurent ordre d'aller au secours des Piquets , et on
fit monter la Cavalerie à cheval pour soutenir
les Grenadiers, Ceux- ci étant arrivez les premiers
au poste des Ennemis , se rangerent.en bataille ,
dans le dessein de couper les Ennemis , qui s'en
étant apperçus , se retirerent. La Cavalerie Espagnole
, pour engager un combat entre les Trou
pes d'Infanterie , feignit deux fois de prendre la
fuite , afin d'attirer les Ennemis , mais ce fut inutilement.
Les Maures ont perdu ffo . hommes ,
et du côté des Espagnols il y a eu un Enseigne et
deux Soldats tuez et 17. blessez.
On a appris depuis le détail qu'on va lire au
sujet de cette Action: Quatre Compagnies de Grenadiers
commandez pour couvrir des Travailleurs
qui coupoient du bois au bas de la Montagne de
da la Mazetta , étant sorties de la Place au point dujour
192 MERCURE DE FRANCE
jour , apperçurent un nombre considerable d'Ennemis
qui se voyant découverts , firent feu et les ›
obligerent de se retirer jusqu'à ce qu'elles eussent
été jointes par cinq autres Compagnies de
Grenadiers qu'on envoya du Fort S. Philippe à s
leur secours ; soutenuës de ce renfort , elles retournerent
à l'Ennemi , et l'action s'engagea vi→
vement de part et d'autre. Le Commandant de la
Place , averti que ces gens étoient aux mains avec
les Maures , sortit avec 300. chevaux et huit
Compagnies d'Infanterie , et se mit en bataille
plaçant sa Cavalerie au centre , et son Infanterie
sur les aîles. Aussi-tôt les Maures firent avancer
un Corps de Cavalerie pour attaquer la Cavalerië
Espagnole , qui recula afin que les Ennemis , la
poursuivant , fussent pris en flanc des deux côtez
par l'Infanterie. Cette feinte réussit ; les Ennemis
s'étant trop avancez , les deux ailes se replierent
, et les ayant mis entre deux feux , leur tue
rent beaucoup de monde ; le reste ne s'étant sauvé
qu'avec peine , alla se rallier près d'un Corps
d'Infanterie et de Cavalerie , qui étoit posté à
quelque distance dans la Plaine des Salines.
Cependant le Bey Bigotillo s'étoit avancé avec
dix Drapeaux , et s'étoit mis en bataille vis- à - vis
le front des Travailleurs ; le Commandant Espagnol
et le Gouverneur du Fort de Sainte Croix
l'ayant apperçu , firent chacun un détachement
pour le couper , l'un du côté de la Montagne
l'autre par le Barranco , ou Vallon creux ; mais
Bigotillo ayant vû ce mouvement , se retira a■
plus vite,et alla rejoindre le gros des Ennemis qui
prirent la fuite. Les Espagnols poursuivirent les
Fuyards pendant un assez long espace , et après .
s avoir chassez jusques hors de la vûë d'Oran ,
rentrerent dans la Place avec une grande quantité
MARS. 1733. 195
tité de chevaux pris sur les Ennemis. Cette action
a durédepuis le point du jour jusqu'à quatre heures
du soir , et les Maures ont perdu près de 600.
hommes , au lieu que les Espagnols n'ont cu
qu'un Lieutenant de Dragons et deux Soldats
de tuez.
On a reçu avis de Barcelone , que l'Escadre que
le Roy avoit dans la Méditerranée
, étoit rentrée
dans ce Port , selon les mêmes Lettres , cette Escadre
étant sur les Côtes de Barbarie
, découvrit
près du Golfe d'Arseo , à la hauteur de Mostagan
, un Vaisseau
de 46. pieces de Canon , qui
servoit cy-devant de Capitane
à l'Escadre
d'Alger
; Don Blaise de Lezo, qui commandoit
l'Escadre
du Roy , fit force de voiles pour donner
la chasse à ce Vaisseau
; mais comme le Vaisai –
seau ennemi avoit deux lieües d'avance
, la nuit
survint
avant qu'on pût le joindre , et le Capi
taine en profita pour débarquer
300. Turcs et
quelques
vivres qu'il transportoit
d'Alger
au
Camp des Maures. Le lendemain
au point du
jour , on apperçut
ce Vaisseau
derriere un Cap
et vers les neuf heures et demie on commença
le canoner. Il essuya pendant
près de deux heures
les bordées de tous les Vaisseaux
de l'Escadre
Espagnole
, sans être beaucoup
endommagé
. Cependant
le Capitaine
Algerien
voyant que le feu
de l'Artillerie
des Espagnols
ne discontinuoit
point et perdant l'espoir de conserver
son Vaisseau
, songea à sauver l'Equipage
qu'il fit débarquer.
Don Blaise de Lezo , après avoir canoné
pendant
cinq heures le Vaisseau
Algerien
, détacha
les Gardes de la Marine et 200. bommes
pour le couler à fond , ce qui fut executé malgré
le grand feu des Algeriens
rangez en bataille sous
une batterie que les Maures avoient sur le Rivage.
Les
394 MERCURE DE FRANCE
Les Espagnols qui ont enlevé les cordages , le
Canon et tout ce que les Eunemis avoient laissé
dans le Vaisseau , n'ont eu dans ce combat, que
7. hommes tuez et 33. blessez .
On apprend par des Lettres d'Allemagne , que
plusieurs Officiers Espagnols qui sont au service
de PElecteur Palatin , ont obtenu la permission
de venir en Espagne pour faire la prochaine
Campagne d'Afrique en qualité de Volontaires.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 6 février, à Oran, cinq soldats espagnols tombèrent dans une embuscade après avoir remarqué des palmiers abattus. Ils alertèrent les piquets protégeant les travailleurs du Fort de Saint-Philippe, qui affrontèrent environ 1500 ennemis. Un combat intense s'ensuivit, impliquant l'artillerie des forts de Saint-Philippe et de Saint-André. Les grenadiers et la cavalerie espagnole intervinrent, forçant les ennemis à se retirer. Les Maures perdirent 100 hommes, tandis que les Espagnols déplorèrent la mort d'un enseigne et de deux soldats, ainsi que 17 blessés. Par la suite, quatre compagnies de grenadiers, protégeant des travailleurs coupant du bois, furent attaquées par les ennemis. Renforcées par cinq autres compagnies, elles contre-attaquèrent. Le commandant de la place, avec 300 cavaliers et huit compagnies d'infanterie, engagea les Maures en bataille. La cavalerie espagnole feignit la fuite pour attirer les ennemis dans un piège, tuant beaucoup d'entre eux. Le Bey Bigotillo, avec dix drapeaux, tenta une attaque mais se retira face aux détachements espagnols. Les Espagnols poursuivirent les fuyards jusqu'à les chasser hors de vue d'Oran, rentrant avec une grande quantité de chevaux ennemis. Cette action dura de l'aube à 16 heures, avec près de 600 Maures tués contre un lieutenant de dragons et deux soldats espagnols. À Barcelone, l'escadre royale espagnole, revenue de la Méditerranée, découvrit un vaisseau algérien près du golfe d'Arseo. Malgré une poursuite, la nuit permit au vaisseau ennemi de débarquer 300 Turcs et des vivres. Le lendemain, l'escadre espagnole canonna le vaisseau pendant cinq heures, le coulant finalement à fond malgré la résistance algérienne. Les Espagnols récupérèrent les cordages et le canon, subissant 7 morts et 33 blessés.
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44
p. 1460-1466
ARRESTS NOTABLES.
Début :
EDIT DU ROY, portant suppression des six Offices d'Affineurs des Monnoyes de [...]
Mots clefs :
Majesté, Cavalerie, Régiments, Cavaliers, Chevaux, Habillement, Consuls, Général, Ordonnance, Capitaines
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
E
ARRESTS NOTABLES.
DIT DU ROY , portant suppression
des six Offices d'Affineurs des Monnoyes de
Paris et de Lyon , et création de pareils Offices.
Donnée à Versailles , au mois de May 17 3 3 .
Registré en la Cour des Monnoyes , les Juin
suivant.
ORDONNANCE DU ROY , du 27 May
concernant les droits des Consuls et Vice- Consuls
des Eschelles de Négrépont , la Cavalle
Rhodes , Mételin , Scio , Mile , Tine et Miconi,
par laquelle S. M. ordonne que les Consuls er
Vice Consuls des susdites Eschelles , qui n'ont
point d'appointemens payez par la Chambre du
Commerce de Marseille , percevront à l'avenir
deux pour cent seulement , sur le prix des Nolisemens
que les Capitaines et Patrons des Bâtimens
François feront dans leurs Eschelles ; def
fendant ausdits Consuls et Vice- Consuls , d'exiger
ledit droit sur un plus haut pied , et ausdits
Capitaines et Patrons d'en frustrer lesdits Consuls
et Vice -Consu's , sous les peines portées par
le Réglement du 28 Février 1732. que S.M veut
au surplus être exécuté selon sa forme et teneur.
4
VI. Vol OR
JUIN. 1733 . 1461
ORDONNANCE DU ROY , portant Regles
ment pour l'Habillement , Equippement et Ar
mement de la Cavalerie , du 28 May 1733.
Sa Majesté étant informée des différens usages
qui se sont introduits dans l'Habillement, Equippement
et Armement de la Cavalerie : Et vou
lant non seulement régler ledit Habillement
Equipement et Armement , de maniere qu'il soit
uniforme dans tous les Régimens , mais aussi la
taille des Chevaux , et faire reprendre aux Officiers
la Cuirasse , et aux Cavaliers le Plastron
qui ont été abandonnez depuis la paix : Sa Majesté
a ordonné et ordonne ce qui suit :
ART. I L'Habillement des Brigadiers & Cavaliers
demeurera composé d'un Juste- au-Corps
de Drap de Lodéve ou de Berry , blanc , bleu ou
rouge , selon la couleur affectée au Régiment ,
doublé de Serge d'Aumale ou autre étoffe de même
qualité , avec un Buffle , ou une Veste de
tricot , couleur de Chamois , suivant qu'il sera
convenu dans le Régiment ; d'un Chapeau , dont
la forme aura quatre pouces deux lignes au
moins de profondeur , en sorte qu'il puisse être
aisément garni d'une Calotte de fer ou de méche
; le bordé en or ou en argent sera d'une
once : Deffend , Sa Majesté, d'employer les cour
leurs fines aux Habits des Brigadiers ou Cavafiers
; et permet seulement un bordé d'or ou
d'argent , du poids d'une once , à la Manche des
Brigadiers ; deffend pareillement Sa Majesté, les
Cartouches sur les Housses , Bourses ou Chaperons
, ausquelles il sera mis un simple bordé
en laine ou galon de livrée .
II. Les Habits uniformes des Officiers seront
en tout semblables à ceux des Cavaliers , à l'exception
qu'ils seront de Drap d'Elbeuf ou autre
1
11. Vol.
Ma
1462 MERCURE DE FRANCE
Manufacture semblable ; il n'y sera employé d
Doublures d'aucune autre étoffe que de laine ,
ni aucun galon ou fil d'or ou d'argent sur les
Juste-au-Corps ni sur les Vestes , mais seule
ment des Boutons de cuivre doré ou d'argent
sur bois.
III. Il ne sera fait à l'avenir aucun Habillement
par les Régimens de Cavalerie ,
que sur des
marchez , contenant les qualitez , les quantitez
& les prix des différentes especes de fournitures.
Lesquels marchez seront présentez par les Offciers
, chargez du détail aux Inspecteurs , pour
être par eux examinez et envoyez, avec leur avis,
au Secretaire d'Etat, ayant le département de la
Guerre , pour en rendre compte à Sa Majesté ;
faisant deffense de mettre à exécution lesdits
marchez , qu'après qu'Elle les aura approuvez .
IV. N'entend , Sa Majesté , comprendre dans
les articles cy - dessus , le Régiment Royal des
Carabiniers , celui de Royal Allemand , et les
Régimens de Hussards , à l'Habillement des
quels il ne sera fait aucun changement.
V. Les Brigadiers et Cavaliers des Régimens
de Cavalerie, y compris les Carabiniers et Royal
Allemand , seront tous en Bottes molles , sans
qu'à l'avenir les Capitaines puissent en donner
de fortes , sous quelque prétexte que ce soit.
VI. Les Brigadiers et Cavaliers des Régimens
de Cavalerie continueront d'être armez d'un
Mousqueton , deux Pistolets et un Sabre ; et attendu
que Sa Majesté a été informée qu'il n'y
a point d'uniformité entre les Régimens , soit
pour les longueurs ou pour le calibre desdites
Armes , Sa Majesté veut qu'à l'avenir la longueur
des Mousquetons demeure fixée à trois
pieds six pouces six lignes ; la longueur du Ca-
II. Vela non
JUIN. 1733. 1463
non à deux pieds , quatre ponces , ayant chacun
une Grenadiere , et la longueur des Pistolets à
seize pouces , tous montez ; que lesdits Mousquetons
et Pistolets soient mis auCalibre de l'Infanterie
,, pour recevoir la Balle de 18 à la livre
et que les Lames des Sabres soient de deux pieds
neuf pouces de longueur , sans la Poignée , qui
sera faite de façon que la main et le pouce
soient couverts ; et auront lesdits Cavaliers des
Bandoulieres de Buffle à anneau roulant , de la
largeur de deux pouces , une ou deux lignes , le
Ceinturon de même qualité et moins large ; le
tout simplement picqué dans les bords , suivant
les modeles qui seront envoyez aux Régimens.
Veut néanmoins Sa Majesté , que le Regiment
Royal des Carabiniers , le Régiment Royal Allemand
et les Hussards , demeurent armez comme
ils le sont à
present,
>
VII. Sa Majesté ayant reconnu qu'il est im
portant que toutes ses Troupes , tant de Gendarmerie
que de Cavalerie soient cuirassées et
plastronnées , même en temps de paix , pour
être accoûtumées à l'usage des Armes deffensives
en temps de guerre Sa Majesté a ordonné
et ordonne que conformément à l'Ordonnance ,
du 1 Février 1703. tous les Officiers , tant de
Gendarmerie , que de Cavalerie , se pourvoiront
incessamment de Cuirasses à l'épreuve, au moins
du Pistolet ; en sorte qu'ils en ayent tous à la
Revûë que les Directeurs et Inspecteurs feront
l'année prochaine 1734. et que les Brigadiers ,
Gendarmes , Chevaux - legers et Cavaliers , 2
l'exception des Hussards , auront des Plastrons ,
et les porteront dans tous les Exercices , aux Revûës
et dans les Marches , à commencer du jour
que Sa Majesté leur en aura fait distribuer de ses
II. Vol. Ma1464
MERCURE DE FRANCE
Magazins ; ce qui sera fait pour une premiere
fois , après quoi les Capitaines demeureront
chargez de l'entretien .
VIII. Sa Majesté pareillement informée que,
quoique la Talie des Chevaux ait été réglée par
differentes Ordonnances , notamment celles des
2 Septembre 1680. et 25 Octobre 1689. neanmoins
les Capitaines acheptent des Chevaux
beaucoup plus elevez que ce qui est prescrit par
lesdites Ordonnances : Sa Majesté veut qu'il ne
soit doresnavant point reçû de Chevaux pour la
remonte de la Cavalerie legere , de la Taille audessus
, de quatre pieds huit à dix pouces an
plus , mesurez depuis le dessous du fer . jusqu'à
la naissance des Crins sur le garost ; qu'ils soient
tous à longue Queue , et que les Directeurs et
Inspecteurs Généraux et Commissaires des guerres
qui feront les Revûës , réforment tous les
nouveaux Chevaux qui seront donnez aux Cavaliers
, d'une Taille autre que celle marquée cydessus.
IX. Les changemens cy-dessus pour les Bottes,
armement et la Taille des Chevaux , auront lieu,
à mesure qu'il sera besoin de les renouveller :
Voulant , Sa Majesté , qué les Directeurs et Inspecteurs
, à la premiere Revue qu'ils feront ,
prescrivent à chaque Régiment , un temps fixe
pour s'y conformer , et qu'ils en donnent avis à
Sa Majesté: Mandant , Sa Majesté, à M.le Comte
d'Evreux , Colonel Général de sa Cavalerie , et
au Sieur de Châtillon , Mestre de Camp Général
de ladite Cavalerie , de tenir la main chacun ,
ainsi qu'il lui appartiendra , à l'exécution de la
Présente.
Mande et ordonne , Sa Majesté , aux Gouver
meurs , et à ses Lieutenaus Généraux en ses Pro-
II. Vol. vinces
JUIN. 1733. 1468
es , aux Officiers Généraux , ayant comidement
sur ses Troupes , aux Camps où
its Régimens seront assemblez , aux Gouneurs
de ses Villes et Places , aux Intendans
ites Provinces , et sur ses Frontieres , aux Di
teurs et Inspecteurs Généraux sur ses Troupes
aux Commissaires de ses Guerres , de tenir la
in à l'exécution de la Présente ; laquelle sera
et publiée à la tête desdites Troupes , à ce
aucun n'en prétende cause d'ignorance. Fait à
rsailles , le 28 May 1733. Signé, LOUIS. E
Es bas , BAUYN .
OUIS DE LA TOUR D'AUVERGNE ,
Comte d'Evreux , Colonel Général de la Cavalerie
légere , Françoise et Etrangere, Lieutenanı
Général des Armées du Roy , Gouverneur et
Lieutenant Général pour Sa Majesté au Gouvernement
de l'Isle de France.
Vû l'Ordonnance cy - dessus , en date du 28 du
ois dernier , par laquelle Sa Majesté a reglé
Habillement , Equipement et Armement de la
avalerie , la Taille des Chevaux , comme aussi
our faire reprendre aux Officiers la Cuirasse
aux Cavaliers le Plastron , qui ont été aban
onnez depuis la paix , ainsi qu'il est plus an
-ng contenu dans ladite Ordonnance , pour
exécution de laquelle Sa Majesté nous mande
e tenir la main.
Nous , en vertu du pouvoir à Nous donné par
a Majesté , à cause de notre Charge de Colo
el Général de la Cavalerie , mandons à Monieur
le Comte de Châtillon , Mestre de Camp
Général de ladite Cavalerie , de tenir exactement
la main à l'exécution de ladite Ordonnan
e , suivant l'intention de Sa Majesté : Ordon-
II. Vol. nons
1465 MERCURE DE FRAN
nons à tous Mestres de Camp des Régimer
Cavalerie , et des Brigades du Régiment R
des Carabiniers ; Lieutenans Colonels , Majet
Capitaines desdits Régimens et Brigades , d
server et exécuter ponctuellement la volont
Sa Majesté , mentionnée en ladite Ordonna
sans y contrevenir : Laquelledite Ordonnanc
la Présente seront lûës et publiées à la tête
Régimens de Cavalerie , et des Brigades de C
rabiniers , par les Commissaires des Guerres
en ont la Police ; afin que personne n'en igno
Fait à Paris , le 3 Juin 1733. Signé , LOUIS E
LA TOUR D'AUVERGNE , Comte d'Ev
Et plus bas : Par Monseigneur MITOUFLET
I ORDONNANCE DU ROY , du 1 Juin, por
regler le traitement des Troupes qui dows
camper sur la Meuse et au Comté de Bourg
gne , près de Gray.
>
ORDONNANCE DU ROY, du 10 Juin, d
permet de faire faucher les Prez avant la S.Je
par laquelle S. M. permet à tous Fermiers , L
boureurs et autres dans la Généralité de Pars ,
même dans l'étendue des Capitaineries , de fat
faucher pendant la présente année seulement t
sans tirer à consequence , tous les Prez, de que
que nature et qualité qu'ils soient , dans le tems,
qu'ils le jugeront à propos , sans en demand )
permission aux Seigneurs , aux Capitaines da
Chasses , à leurs Officiers et autres.
ARRESTS NOTABLES.
DIT DU ROY , portant suppression
des six Offices d'Affineurs des Monnoyes de
Paris et de Lyon , et création de pareils Offices.
Donnée à Versailles , au mois de May 17 3 3 .
Registré en la Cour des Monnoyes , les Juin
suivant.
ORDONNANCE DU ROY , du 27 May
concernant les droits des Consuls et Vice- Consuls
des Eschelles de Négrépont , la Cavalle
Rhodes , Mételin , Scio , Mile , Tine et Miconi,
par laquelle S. M. ordonne que les Consuls er
Vice Consuls des susdites Eschelles , qui n'ont
point d'appointemens payez par la Chambre du
Commerce de Marseille , percevront à l'avenir
deux pour cent seulement , sur le prix des Nolisemens
que les Capitaines et Patrons des Bâtimens
François feront dans leurs Eschelles ; def
fendant ausdits Consuls et Vice- Consuls , d'exiger
ledit droit sur un plus haut pied , et ausdits
Capitaines et Patrons d'en frustrer lesdits Consuls
et Vice -Consu's , sous les peines portées par
le Réglement du 28 Février 1732. que S.M veut
au surplus être exécuté selon sa forme et teneur.
4
VI. Vol OR
JUIN. 1733 . 1461
ORDONNANCE DU ROY , portant Regles
ment pour l'Habillement , Equippement et Ar
mement de la Cavalerie , du 28 May 1733.
Sa Majesté étant informée des différens usages
qui se sont introduits dans l'Habillement, Equippement
et Armement de la Cavalerie : Et vou
lant non seulement régler ledit Habillement
Equipement et Armement , de maniere qu'il soit
uniforme dans tous les Régimens , mais aussi la
taille des Chevaux , et faire reprendre aux Officiers
la Cuirasse , et aux Cavaliers le Plastron
qui ont été abandonnez depuis la paix : Sa Majesté
a ordonné et ordonne ce qui suit :
ART. I L'Habillement des Brigadiers & Cavaliers
demeurera composé d'un Juste- au-Corps
de Drap de Lodéve ou de Berry , blanc , bleu ou
rouge , selon la couleur affectée au Régiment ,
doublé de Serge d'Aumale ou autre étoffe de même
qualité , avec un Buffle , ou une Veste de
tricot , couleur de Chamois , suivant qu'il sera
convenu dans le Régiment ; d'un Chapeau , dont
la forme aura quatre pouces deux lignes au
moins de profondeur , en sorte qu'il puisse être
aisément garni d'une Calotte de fer ou de méche
; le bordé en or ou en argent sera d'une
once : Deffend , Sa Majesté, d'employer les cour
leurs fines aux Habits des Brigadiers ou Cavafiers
; et permet seulement un bordé d'or ou
d'argent , du poids d'une once , à la Manche des
Brigadiers ; deffend pareillement Sa Majesté, les
Cartouches sur les Housses , Bourses ou Chaperons
, ausquelles il sera mis un simple bordé
en laine ou galon de livrée .
II. Les Habits uniformes des Officiers seront
en tout semblables à ceux des Cavaliers , à l'exception
qu'ils seront de Drap d'Elbeuf ou autre
1
11. Vol.
Ma
1462 MERCURE DE FRANCE
Manufacture semblable ; il n'y sera employé d
Doublures d'aucune autre étoffe que de laine ,
ni aucun galon ou fil d'or ou d'argent sur les
Juste-au-Corps ni sur les Vestes , mais seule
ment des Boutons de cuivre doré ou d'argent
sur bois.
III. Il ne sera fait à l'avenir aucun Habillement
par les Régimens de Cavalerie ,
que sur des
marchez , contenant les qualitez , les quantitez
& les prix des différentes especes de fournitures.
Lesquels marchez seront présentez par les Offciers
, chargez du détail aux Inspecteurs , pour
être par eux examinez et envoyez, avec leur avis,
au Secretaire d'Etat, ayant le département de la
Guerre , pour en rendre compte à Sa Majesté ;
faisant deffense de mettre à exécution lesdits
marchez , qu'après qu'Elle les aura approuvez .
IV. N'entend , Sa Majesté , comprendre dans
les articles cy - dessus , le Régiment Royal des
Carabiniers , celui de Royal Allemand , et les
Régimens de Hussards , à l'Habillement des
quels il ne sera fait aucun changement.
V. Les Brigadiers et Cavaliers des Régimens
de Cavalerie, y compris les Carabiniers et Royal
Allemand , seront tous en Bottes molles , sans
qu'à l'avenir les Capitaines puissent en donner
de fortes , sous quelque prétexte que ce soit.
VI. Les Brigadiers et Cavaliers des Régimens
de Cavalerie continueront d'être armez d'un
Mousqueton , deux Pistolets et un Sabre ; et attendu
que Sa Majesté a été informée qu'il n'y
a point d'uniformité entre les Régimens , soit
pour les longueurs ou pour le calibre desdites
Armes , Sa Majesté veut qu'à l'avenir la longueur
des Mousquetons demeure fixée à trois
pieds six pouces six lignes ; la longueur du Ca-
II. Vela non
JUIN. 1733. 1463
non à deux pieds , quatre ponces , ayant chacun
une Grenadiere , et la longueur des Pistolets à
seize pouces , tous montez ; que lesdits Mousquetons
et Pistolets soient mis auCalibre de l'Infanterie
,, pour recevoir la Balle de 18 à la livre
et que les Lames des Sabres soient de deux pieds
neuf pouces de longueur , sans la Poignée , qui
sera faite de façon que la main et le pouce
soient couverts ; et auront lesdits Cavaliers des
Bandoulieres de Buffle à anneau roulant , de la
largeur de deux pouces , une ou deux lignes , le
Ceinturon de même qualité et moins large ; le
tout simplement picqué dans les bords , suivant
les modeles qui seront envoyez aux Régimens.
Veut néanmoins Sa Majesté , que le Regiment
Royal des Carabiniers , le Régiment Royal Allemand
et les Hussards , demeurent armez comme
ils le sont à
present,
>
VII. Sa Majesté ayant reconnu qu'il est im
portant que toutes ses Troupes , tant de Gendarmerie
que de Cavalerie soient cuirassées et
plastronnées , même en temps de paix , pour
être accoûtumées à l'usage des Armes deffensives
en temps de guerre Sa Majesté a ordonné
et ordonne que conformément à l'Ordonnance ,
du 1 Février 1703. tous les Officiers , tant de
Gendarmerie , que de Cavalerie , se pourvoiront
incessamment de Cuirasses à l'épreuve, au moins
du Pistolet ; en sorte qu'ils en ayent tous à la
Revûë que les Directeurs et Inspecteurs feront
l'année prochaine 1734. et que les Brigadiers ,
Gendarmes , Chevaux - legers et Cavaliers , 2
l'exception des Hussards , auront des Plastrons ,
et les porteront dans tous les Exercices , aux Revûës
et dans les Marches , à commencer du jour
que Sa Majesté leur en aura fait distribuer de ses
II. Vol. Ma1464
MERCURE DE FRANCE
Magazins ; ce qui sera fait pour une premiere
fois , après quoi les Capitaines demeureront
chargez de l'entretien .
VIII. Sa Majesté pareillement informée que,
quoique la Talie des Chevaux ait été réglée par
differentes Ordonnances , notamment celles des
2 Septembre 1680. et 25 Octobre 1689. neanmoins
les Capitaines acheptent des Chevaux
beaucoup plus elevez que ce qui est prescrit par
lesdites Ordonnances : Sa Majesté veut qu'il ne
soit doresnavant point reçû de Chevaux pour la
remonte de la Cavalerie legere , de la Taille audessus
, de quatre pieds huit à dix pouces an
plus , mesurez depuis le dessous du fer . jusqu'à
la naissance des Crins sur le garost ; qu'ils soient
tous à longue Queue , et que les Directeurs et
Inspecteurs Généraux et Commissaires des guerres
qui feront les Revûës , réforment tous les
nouveaux Chevaux qui seront donnez aux Cavaliers
, d'une Taille autre que celle marquée cydessus.
IX. Les changemens cy-dessus pour les Bottes,
armement et la Taille des Chevaux , auront lieu,
à mesure qu'il sera besoin de les renouveller :
Voulant , Sa Majesté , qué les Directeurs et Inspecteurs
, à la premiere Revue qu'ils feront ,
prescrivent à chaque Régiment , un temps fixe
pour s'y conformer , et qu'ils en donnent avis à
Sa Majesté: Mandant , Sa Majesté, à M.le Comte
d'Evreux , Colonel Général de sa Cavalerie , et
au Sieur de Châtillon , Mestre de Camp Général
de ladite Cavalerie , de tenir la main chacun ,
ainsi qu'il lui appartiendra , à l'exécution de la
Présente.
Mande et ordonne , Sa Majesté , aux Gouver
meurs , et à ses Lieutenaus Généraux en ses Pro-
II. Vol. vinces
JUIN. 1733. 1468
es , aux Officiers Généraux , ayant comidement
sur ses Troupes , aux Camps où
its Régimens seront assemblez , aux Gouneurs
de ses Villes et Places , aux Intendans
ites Provinces , et sur ses Frontieres , aux Di
teurs et Inspecteurs Généraux sur ses Troupes
aux Commissaires de ses Guerres , de tenir la
in à l'exécution de la Présente ; laquelle sera
et publiée à la tête desdites Troupes , à ce
aucun n'en prétende cause d'ignorance. Fait à
rsailles , le 28 May 1733. Signé, LOUIS. E
Es bas , BAUYN .
OUIS DE LA TOUR D'AUVERGNE ,
Comte d'Evreux , Colonel Général de la Cavalerie
légere , Françoise et Etrangere, Lieutenanı
Général des Armées du Roy , Gouverneur et
Lieutenant Général pour Sa Majesté au Gouvernement
de l'Isle de France.
Vû l'Ordonnance cy - dessus , en date du 28 du
ois dernier , par laquelle Sa Majesté a reglé
Habillement , Equipement et Armement de la
avalerie , la Taille des Chevaux , comme aussi
our faire reprendre aux Officiers la Cuirasse
aux Cavaliers le Plastron , qui ont été aban
onnez depuis la paix , ainsi qu'il est plus an
-ng contenu dans ladite Ordonnance , pour
exécution de laquelle Sa Majesté nous mande
e tenir la main.
Nous , en vertu du pouvoir à Nous donné par
a Majesté , à cause de notre Charge de Colo
el Général de la Cavalerie , mandons à Monieur
le Comte de Châtillon , Mestre de Camp
Général de ladite Cavalerie , de tenir exactement
la main à l'exécution de ladite Ordonnan
e , suivant l'intention de Sa Majesté : Ordon-
II. Vol. nons
1465 MERCURE DE FRAN
nons à tous Mestres de Camp des Régimer
Cavalerie , et des Brigades du Régiment R
des Carabiniers ; Lieutenans Colonels , Majet
Capitaines desdits Régimens et Brigades , d
server et exécuter ponctuellement la volont
Sa Majesté , mentionnée en ladite Ordonna
sans y contrevenir : Laquelledite Ordonnanc
la Présente seront lûës et publiées à la tête
Régimens de Cavalerie , et des Brigades de C
rabiniers , par les Commissaires des Guerres
en ont la Police ; afin que personne n'en igno
Fait à Paris , le 3 Juin 1733. Signé , LOUIS E
LA TOUR D'AUVERGNE , Comte d'Ev
Et plus bas : Par Monseigneur MITOUFLET
I ORDONNANCE DU ROY , du 1 Juin, por
regler le traitement des Troupes qui dows
camper sur la Meuse et au Comté de Bourg
gne , près de Gray.
>
ORDONNANCE DU ROY, du 10 Juin, d
permet de faire faucher les Prez avant la S.Je
par laquelle S. M. permet à tous Fermiers , L
boureurs et autres dans la Généralité de Pars ,
même dans l'étendue des Capitaineries , de fat
faucher pendant la présente année seulement t
sans tirer à consequence , tous les Prez, de que
que nature et qualité qu'ils soient , dans le tems,
qu'ils le jugeront à propos , sans en demand )
permission aux Seigneurs , aux Capitaines da
Chasses , à leurs Officiers et autres.
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Résumé : ARRESTS NOTABLES.
En mai et juin 1733, plusieurs ordonnances royales ont été émises. Le 17 mai, une ordonnance a supprimé les six offices d'affineurs des monnaies de Paris et de Lyon, et en a créé de nouveaux. Le 27 mai, une autre ordonnance a réglé les droits des consuls et vice-consuls des échelles de Négrépont, Rhodes, Mételin, Scio, Mile, Tine et Miconi, fixant leurs perceptions à deux pour cent sur le prix des nolisements des bâtiments français. Le 28 mai, une ordonnance a établi des règles pour l'habillement, l'équipement et l'armement de la cavalerie. Elle a imposé un uniforme standardisé et la réintroduction de la cuirasse pour les officiers et du plastron pour les cavaliers. Elle a également fixé la taille des chevaux et les spécifications des armes. Le 1er juin, une ordonnance a réglé le traitement des troupes devant camper sur la Meuse et au Comté de Bourgogne, près de Gray. Enfin, le 10 juin, une ordonnance a permis de faucher les prés avant la Saint-Jean dans la généralité de Paris et les capitaineries.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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45
p. 2451-2452
« LETTRE de M. S. B. Gruys, Capitaine de Dragons et Major de Brigade de [...] »
Début :
LETTRE de M. S. B. Gruys, Capitaine de Dragons et Major de Brigade de [...]
Mots clefs :
Dragons, Cavalerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LETTRE de M. S. B. Gruys, Capitaine de Dragons et Major de Brigade de [...] »
LETTRE de M. S. B. Gruys , Capitaine
de Dragons et Major de Brigade de
Cavalerie , au Service de L. H. P. où il
fait voir que les Dragons ne sont connus
aujourd'hui que de nom , et que leur véritable
service est d'être Fantassins à che
val , mêlez parmi la Cavalerie ; comme
aussi pour former la colomne hérissée de
Pertuisances , seconde Edition , corrigée
et augmentée par l'Auteur , en grand in
Fij 4°.
2452 MERCURE DE FRANCE
4°, enrichie de Planches et de Figures en
Taille Douce. Dédiée à S. A. S. Mgr . le
Prince de Nassau Stadt- Houder de Gueldres.
A la Haye , chez Isaac Beauregard.
de Dragons et Major de Brigade de
Cavalerie , au Service de L. H. P. où il
fait voir que les Dragons ne sont connus
aujourd'hui que de nom , et que leur véritable
service est d'être Fantassins à che
val , mêlez parmi la Cavalerie ; comme
aussi pour former la colomne hérissée de
Pertuisances , seconde Edition , corrigée
et augmentée par l'Auteur , en grand in
Fij 4°.
2452 MERCURE DE FRANCE
4°, enrichie de Planches et de Figures en
Taille Douce. Dédiée à S. A. S. Mgr . le
Prince de Nassau Stadt- Houder de Gueldres.
A la Haye , chez Isaac Beauregard.
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Résumé : « LETTRE de M. S. B. Gruys, Capitaine de Dragons et Major de Brigade de [...] »
M. S. B. Gruys, Capitaine de Dragons et Major de Brigade de Cavalerie, critique le rôle des Dragons, soulignant qu'ils agissent comme des fantassins à cheval et forment des colonnes de pertuisanes. Sa lettre est publiée dans le 'Mercure de France' n°2452, dédiée au Prince de Nassau, et disponible à La Haye chez Isaac Beauregard.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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46
p. 154-155
ALLEMAGNE.
Début :
Les Lettres de Vienne du 14. de ce mois, portent que le Conseil de guerre prend les [...]
Mots clefs :
Comte, Généraux, Prince, Cavalerie, Infanterie, Armée d'Italie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Es Lettres de Vienne du 14. de ce mois ,
portent que le Conseil de guerre prend les
mesures nécessaires pour faire transporter en Italie
une grande quantité de grains et beaucoup de
munitions de guerre ; cependant malgré la résolution
qui paroît avoir été prise , d'y avoir cette anaée
une Armée considerable,il n'y a jusqu'à present
JANVIER 1734. ISS
sent que sept Régimens de Cavalerie , dix d'Infanterie
et un de Hussarts , qui ayent reçû ordre
de se rendre dans ce Pays.
L'Empereur a nommé pour servir dans
Armé d'Italie , le Prince Louis de Wirtemberg,
General d'Infanterie , le Prince Frederic de Wir
temberg , General de Cavalerie , le Prince de
Culmbach , le Comte de Lewestein , Mrs de
Valparaso , de Diesbach et Darnaw , Lieutenang
Generaux d'Infanterie , le Comte Philippi , et les
Barons de Kevenhaller et de Ckurganik , Lieutenans-
Generaux de Cavalerie ; les Princes de
Lichtenstein et de Saxe Gotha , le Comte Palfi ;
le Baron de Wachtendonch , le Comte de Welseck
, Mrs de la Tour , de Furstenbusch , de
Neilan , de Fin et de Ligneville , Majors Génet
raux . i
Les Officiers Generaux qui doivent servir dans
P'Armée du Rhin , sont le Duc d'Aremberg et
le Comte de Wallis , Generaux d'Infanterie , le
Comte de Huttois , General de la Cavalerie , le
Prince Ferdinand de Baviere , le Prince de Hesse,
le Prince Hohenzollern , le Baron de Schmetaw ,
Mrs de Mussing , Vasquez et de Scho , Lieute
nans-Generaux ; Mrs Haslinger , Bolla , Mutzeldiosch
, Wallis et Orelli , Majors- Generaux
d'Infanterie , le Comte de Soissons , Mrs Choviretz
, Wurmbrand , Miglio , Petrasch et Badian
, Majors Generaux de Cavalerie.
Es Lettres de Vienne du 14. de ce mois ,
portent que le Conseil de guerre prend les
mesures nécessaires pour faire transporter en Italie
une grande quantité de grains et beaucoup de
munitions de guerre ; cependant malgré la résolution
qui paroît avoir été prise , d'y avoir cette anaée
une Armée considerable,il n'y a jusqu'à present
JANVIER 1734. ISS
sent que sept Régimens de Cavalerie , dix d'Infanterie
et un de Hussarts , qui ayent reçû ordre
de se rendre dans ce Pays.
L'Empereur a nommé pour servir dans
Armé d'Italie , le Prince Louis de Wirtemberg,
General d'Infanterie , le Prince Frederic de Wir
temberg , General de Cavalerie , le Prince de
Culmbach , le Comte de Lewestein , Mrs de
Valparaso , de Diesbach et Darnaw , Lieutenang
Generaux d'Infanterie , le Comte Philippi , et les
Barons de Kevenhaller et de Ckurganik , Lieutenans-
Generaux de Cavalerie ; les Princes de
Lichtenstein et de Saxe Gotha , le Comte Palfi ;
le Baron de Wachtendonch , le Comte de Welseck
, Mrs de la Tour , de Furstenbusch , de
Neilan , de Fin et de Ligneville , Majors Génet
raux . i
Les Officiers Generaux qui doivent servir dans
P'Armée du Rhin , sont le Duc d'Aremberg et
le Comte de Wallis , Generaux d'Infanterie , le
Comte de Huttois , General de la Cavalerie , le
Prince Ferdinand de Baviere , le Prince de Hesse,
le Prince Hohenzollern , le Baron de Schmetaw ,
Mrs de Mussing , Vasquez et de Scho , Lieute
nans-Generaux ; Mrs Haslinger , Bolla , Mutzeldiosch
, Wallis et Orelli , Majors- Generaux
d'Infanterie , le Comte de Soissons , Mrs Choviretz
, Wurmbrand , Miglio , Petrasch et Badian
, Majors Generaux de Cavalerie.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En janvier 1734, des préparatifs militaires sont en cours en Allemagne. Des lettres de Vienne du 14 janvier indiquent que le Conseil de guerre organise le transport de grains et de munitions en Italie pour une armée considérable. Cependant, seuls sept régiments de cavalerie, dix d'infanterie et un de hussards ont reçu l'ordre de se rendre en Italie. L'Empereur a nommé plusieurs officiers pour l'armée d'Italie, dont le Prince Louis de Wurtemberg comme général d'infanterie et le Prince Frédéric de Wurtemberg comme général de cavalerie. D'autres nominations incluent des lieutenants-généraux et majors-généraux d'infanterie et de cavalerie. Pour l'armée du Rhin, les officiers généraux nommés sont le Duc d'Aremberg et le Comte de Wallis comme généraux d'infanterie, et le Comte de Huttois comme général de cavalerie, ainsi que plusieurs lieutenants-généraux et majors-généraux d'infanterie et de cavalerie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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47
p. 775
ALLEMAGNE.
Début :
On écrit de Vienne, que le 8. du mois dernier au soir, l'Empereur vit representer [...]
Mots clefs :
Hommes d'infanterie, Cavalerie, Diète de Ratisbonne, Guerre contre la France
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
ON écritde Vienne , que le 8. du mois dernier
au soir , l'Empereur vit representer
par les Pages de l'Imperatrice , sur le Théatre
du Palais , une Comedie intitulée , Don Quichotte
à la Cour de la Duchesse .
Selon l'Etat remis à la Diette de Ratisbonne
et éxaminé par elle , du nombre des Troupes
que chaque Etat de l'Empire sera obligé de fournir
pour soutenir la Guerre contre la France , il
doit être fourni ; sçavoir , par le Cercle du Haut-
Rhin 2946. hommes d'Infanterie et 490. de
Cavalerie ; par celui du Bas- Rin , un pareil nombre
; par celui de Baviere , 1700. hommes d'Infanterie
et 800. de Cavalerie , par ceux de la
Haute et de la Basse Saxe , 2500. hommes de
Cavalerie , et 5000. hommes d'Infanterie ; par
ceux d'Autriche et de Bohëme , 5300. hommes
d'Infanterie , et 2660. de Cavalerie ; et par ceux
de Franconie , de Suabe et de Westphalie , environ
12000. hommes , tant de Cavalerie que
d'Infanterie , la Diette n'a encore pris sur cette
affaire aucune résolution positive.
ON écritde Vienne , que le 8. du mois dernier
au soir , l'Empereur vit representer
par les Pages de l'Imperatrice , sur le Théatre
du Palais , une Comedie intitulée , Don Quichotte
à la Cour de la Duchesse .
Selon l'Etat remis à la Diette de Ratisbonne
et éxaminé par elle , du nombre des Troupes
que chaque Etat de l'Empire sera obligé de fournir
pour soutenir la Guerre contre la France , il
doit être fourni ; sçavoir , par le Cercle du Haut-
Rhin 2946. hommes d'Infanterie et 490. de
Cavalerie ; par celui du Bas- Rin , un pareil nombre
; par celui de Baviere , 1700. hommes d'Infanterie
et 800. de Cavalerie , par ceux de la
Haute et de la Basse Saxe , 2500. hommes de
Cavalerie , et 5000. hommes d'Infanterie ; par
ceux d'Autriche et de Bohëme , 5300. hommes
d'Infanterie , et 2660. de Cavalerie ; et par ceux
de Franconie , de Suabe et de Westphalie , environ
12000. hommes , tant de Cavalerie que
d'Infanterie , la Diette n'a encore pris sur cette
affaire aucune résolution positive.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 8 du mois précédent, l'Empereur a vu la comédie 'Don Quichotte à la Cour de la Duchesse' au Théâtre du Palais de Vienne. La Diète de Ratisbonne a examiné un état exigeant des troupes des États de l'Empire pour la guerre contre la France. Les contingents varient selon les Cercles, sans résolution définitive.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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48
p. 830-834
ARRESTS NOTABLES.
Début :
ARREST du 29. Decembre, portant Reglement pour la vente des Offices Municipaux, [...]
Mots clefs :
Roi, Ordonnance du roi, Arrêt, Amende, Défenses, Règlement, Cavalerie, Ordre du Saint-Esprit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLES .
RREST du 29. Decembre
portant
paux , créez et rétablis par Edit du mois de Novembre
1732 par lequel S. M. ordonne l'execu
tion des XIX . Articles contenus dans ledit
Arrêt.
EDIT DU ROY , donné à Marly au
mois de Janvier 1734. portant confirmation des
Privileges à l'Ordre du S Esprit , et Creation de
deux Offices de Trésoriers Generaux du Marc
d'Or , et de deux Controlleurs dessus Trésoriers
, en vertu de l'acceptation de S. M. des
offres à elle faites par les Princes du Sang , Car.
dinaux , Prélats , Chevaliers et Officiers -Commandeurs
des Ordres du Roy , de lui donner un
million à titre de confirmation de leurs Privile
ges et d'Exemptions au rachapt , en tant que be
soin est , ou seroit , de la levée du Dixiéme denier
sur les revenus dudit Ordre , Gages , Pen.
sions et Commandes , payez sur lesdits Revenus
, &c.
LETAVRIL.
1734. 831
LETTRES PATENTES en forme
d'Edit , portant création d'une Charge de Notaire
au Village de Marly. Données à Versailles
au mois de Janvier 1734 Registrées en Parlement
et Chambre des Comptes le 29. Janvier et
19. Fevrier.
.
ARREST du 2 Janvier , portant que les
Fabriquans de la Ville et Territoire de Marseille,
seront tenus de mettre leur nom et surnom sur
chaque piece d'Etoffes et de Toiles qu'ils fabriqueront
, avec un plomb à chaque bout , qui en
contiendra l'aunage ; et ordonne que lesdites
Etoffes et Toiles qui se trouveront sans marques
ni plombs de fabrique , lors des visites qui en
seront faites dans les Bureaux des Fermes , seront
confisquées , et les conducteurs condamnez
en trois mille livres d'amende.
AUTRE du s . Janvier , qui ordonne la
modération à moitié des droits de Marc d'or ,
sceau et autres frais de provisions , reception et
installation des Offices taxez vacans ou de nouvelles
créations , qui se leveront aux revenus casuels
pendant le courant de l'année 1734 .
SENTENCE de Police , du 15. Janvier ,
qui renouvelle les deffenses de tenir aucunes Assemblées
de Jeux , et de jouer à aucuns Jeux prohibez
; et qui condamne en trois mille livres
d'amende les sieur et Dame de Montferrand
pour y avoir contrevenu.
REGLEMENT du 16. Janvier , pour la
construction des Sabres à l'usage de la Cavalerie,
en conséquence de l'Ordonnance de Sa Majesté
du 28. May 1733.
832 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 16. Janvier , concernant
l'entrée dans le Royaume , des harangs saurs qui
seront apportez sur des Bâtimens Hollandois ,
comme provenaut des pesches faites et saurez en
Hollande , par lequel S. M. ordonne l'execution
des VII. Articles contenus audit Arrêt.
REGLEMENT fait par le Roy , étant à Marly
le 18. Janvier , pour la construction et épreu
ve des Mousquetons , Carabines et Pistolets à
l'usage de la Cavalerie , en conséquence de l'Or
donnance de S. M. du 28. May 1733.
ARREST du 19. Janvier , concernant l'em
barquement et le débarquement des Matelots
dans les Ports du Royaume et dans les Pays
Etrangers , et au sujet des acomtes qui peuvent
être donnez ausdits Matelots et du lieu où le
payement de leurs salaires au désarmement , peut
leur être fait.
AUTRE du même jour , qui nomme des Com
missaires du Conseil , pour examiner les oppositions
qui pourront être formées à l'execution
des rôles qui seront arrêtez au Conseil , en execution
de la Déclaration du 17. Novembre der
nier,pour la levée du Dixiéme des biens .
SENTENCE de Police du même jour , qui
condamne le sieur Chazelet en trois mille livres
d'amende, pour avoir, contre les deffenses , don
né à jouer au Pharaon .
ORDONNANCE DU ROY , du 28. Janvier
, concernant la levée , la masse et le paye
ment des Troupes d'augmentation dans l'Infan
terie , la Cavalerie et les Dragons,
AVRIL . 1734.
833
EDIT DU ROY , qui supprime les deux Offices
de Payeurs, et les deux Offices de Controlleurs
, créez par Edit du mois de Novembre
1733. pour faire le payement et le controlle des
Rentes Viageres en forme de Tontine , créées
par autre Edit du même mois .
Ordonne que le payement desdites Rentes sera
fait par les Payeurs des Rentes de l'Hôtel de
Ville de Paris . Donné à Versailles , au mois de
Fevrier 1734. Registré en la Chambre des
Comptes le 17 dudit mois.
ARREST du Conseil d'Etat , du 2 Février ,
et Lettres Patentes sur icelui. Registré en la
Cour des Aydes le 27 Mars. Portant Reglement
pour le transit des Sucres raffinez à Bourdeaux,
et qui sont destinez pour le Pays Etranger , par
lequel S. M. ordonne l'exécution des dix articles
contenus audit Arrêt.
Février
ORDONNANCE du Roy , du 2
portant que les fusils de milices Gardes - côte de
la Capitainerie du Tréport , seront déposez chez
les Syndics de chaque Paroisse , à peine contre
ceux qui n'y auront pas satisfait d'être séverement
punis .
; ORDONNANCE du Roy , du 7 Février
Pour former dans l'Hôtel des Invalides une
nouvelle Compagnie de bas Officiers , composée
des anciens Sergens , Marêchaux des logis , et
Gendarmes des Compagnies d'ordonnance , qui
sont en état d'être détachez aux garnisons des
Citadelles et Chasteaux,
OR
834 MERCURE DE FRANCE
ORDONNANCE de Police du 12 Février ,
qui renouvelle les deffenses à toutes personnes
masquées , de quelque qua iré qu'elles soient , de
porter des épées , batons ou autres arines, le tout
conformement à l'Ordonnance du Roy du 11 .
Janvier 1725. à peine de desobéissance contre
les Maîtres, et de prison contre les Domestiques.
ARREST du 16. Février , qui ordonne qu'il
sera arreté par les sieurs Intendans er Commissaires
départis dans les Provinces et Generalitez
du Royaume , des Rôles du Dixiémè , en attendant
ceux qui doivent être arrêtez au Conseil
et que lesdits Rôles seront executez selon leur
forme et teneur , tant à l'égard de ceux qui auront
fourni les déclarations de leurs biens , que.
de ceux qui seront en demeure de le faire .
RREST du 29. Decembre
portant
paux , créez et rétablis par Edit du mois de Novembre
1732 par lequel S. M. ordonne l'execu
tion des XIX . Articles contenus dans ledit
Arrêt.
EDIT DU ROY , donné à Marly au
mois de Janvier 1734. portant confirmation des
Privileges à l'Ordre du S Esprit , et Creation de
deux Offices de Trésoriers Generaux du Marc
d'Or , et de deux Controlleurs dessus Trésoriers
, en vertu de l'acceptation de S. M. des
offres à elle faites par les Princes du Sang , Car.
dinaux , Prélats , Chevaliers et Officiers -Commandeurs
des Ordres du Roy , de lui donner un
million à titre de confirmation de leurs Privile
ges et d'Exemptions au rachapt , en tant que be
soin est , ou seroit , de la levée du Dixiéme denier
sur les revenus dudit Ordre , Gages , Pen.
sions et Commandes , payez sur lesdits Revenus
, &c.
LETAVRIL.
1734. 831
LETTRES PATENTES en forme
d'Edit , portant création d'une Charge de Notaire
au Village de Marly. Données à Versailles
au mois de Janvier 1734 Registrées en Parlement
et Chambre des Comptes le 29. Janvier et
19. Fevrier.
.
ARREST du 2 Janvier , portant que les
Fabriquans de la Ville et Territoire de Marseille,
seront tenus de mettre leur nom et surnom sur
chaque piece d'Etoffes et de Toiles qu'ils fabriqueront
, avec un plomb à chaque bout , qui en
contiendra l'aunage ; et ordonne que lesdites
Etoffes et Toiles qui se trouveront sans marques
ni plombs de fabrique , lors des visites qui en
seront faites dans les Bureaux des Fermes , seront
confisquées , et les conducteurs condamnez
en trois mille livres d'amende.
AUTRE du s . Janvier , qui ordonne la
modération à moitié des droits de Marc d'or ,
sceau et autres frais de provisions , reception et
installation des Offices taxez vacans ou de nouvelles
créations , qui se leveront aux revenus casuels
pendant le courant de l'année 1734 .
SENTENCE de Police , du 15. Janvier ,
qui renouvelle les deffenses de tenir aucunes Assemblées
de Jeux , et de jouer à aucuns Jeux prohibez
; et qui condamne en trois mille livres
d'amende les sieur et Dame de Montferrand
pour y avoir contrevenu.
REGLEMENT du 16. Janvier , pour la
construction des Sabres à l'usage de la Cavalerie,
en conséquence de l'Ordonnance de Sa Majesté
du 28. May 1733.
832 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 16. Janvier , concernant
l'entrée dans le Royaume , des harangs saurs qui
seront apportez sur des Bâtimens Hollandois ,
comme provenaut des pesches faites et saurez en
Hollande , par lequel S. M. ordonne l'execution
des VII. Articles contenus audit Arrêt.
REGLEMENT fait par le Roy , étant à Marly
le 18. Janvier , pour la construction et épreu
ve des Mousquetons , Carabines et Pistolets à
l'usage de la Cavalerie , en conséquence de l'Or
donnance de S. M. du 28. May 1733.
ARREST du 19. Janvier , concernant l'em
barquement et le débarquement des Matelots
dans les Ports du Royaume et dans les Pays
Etrangers , et au sujet des acomtes qui peuvent
être donnez ausdits Matelots et du lieu où le
payement de leurs salaires au désarmement , peut
leur être fait.
AUTRE du même jour , qui nomme des Com
missaires du Conseil , pour examiner les oppositions
qui pourront être formées à l'execution
des rôles qui seront arrêtez au Conseil , en execution
de la Déclaration du 17. Novembre der
nier,pour la levée du Dixiéme des biens .
SENTENCE de Police du même jour , qui
condamne le sieur Chazelet en trois mille livres
d'amende, pour avoir, contre les deffenses , don
né à jouer au Pharaon .
ORDONNANCE DU ROY , du 28. Janvier
, concernant la levée , la masse et le paye
ment des Troupes d'augmentation dans l'Infan
terie , la Cavalerie et les Dragons,
AVRIL . 1734.
833
EDIT DU ROY , qui supprime les deux Offices
de Payeurs, et les deux Offices de Controlleurs
, créez par Edit du mois de Novembre
1733. pour faire le payement et le controlle des
Rentes Viageres en forme de Tontine , créées
par autre Edit du même mois .
Ordonne que le payement desdites Rentes sera
fait par les Payeurs des Rentes de l'Hôtel de
Ville de Paris . Donné à Versailles , au mois de
Fevrier 1734. Registré en la Chambre des
Comptes le 17 dudit mois.
ARREST du Conseil d'Etat , du 2 Février ,
et Lettres Patentes sur icelui. Registré en la
Cour des Aydes le 27 Mars. Portant Reglement
pour le transit des Sucres raffinez à Bourdeaux,
et qui sont destinez pour le Pays Etranger , par
lequel S. M. ordonne l'exécution des dix articles
contenus audit Arrêt.
Février
ORDONNANCE du Roy , du 2
portant que les fusils de milices Gardes - côte de
la Capitainerie du Tréport , seront déposez chez
les Syndics de chaque Paroisse , à peine contre
ceux qui n'y auront pas satisfait d'être séverement
punis .
; ORDONNANCE du Roy , du 7 Février
Pour former dans l'Hôtel des Invalides une
nouvelle Compagnie de bas Officiers , composée
des anciens Sergens , Marêchaux des logis , et
Gendarmes des Compagnies d'ordonnance , qui
sont en état d'être détachez aux garnisons des
Citadelles et Chasteaux,
OR
834 MERCURE DE FRANCE
ORDONNANCE de Police du 12 Février ,
qui renouvelle les deffenses à toutes personnes
masquées , de quelque qua iré qu'elles soient , de
porter des épées , batons ou autres arines, le tout
conformement à l'Ordonnance du Roy du 11 .
Janvier 1725. à peine de desobéissance contre
les Maîtres, et de prison contre les Domestiques.
ARREST du 16. Février , qui ordonne qu'il
sera arreté par les sieurs Intendans er Commissaires
départis dans les Provinces et Generalitez
du Royaume , des Rôles du Dixiémè , en attendant
ceux qui doivent être arrêtez au Conseil
et que lesdits Rôles seront executez selon leur
forme et teneur , tant à l'égard de ceux qui auront
fourni les déclarations de leurs biens , que.
de ceux qui seront en demeure de le faire .
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Résumé : ARRESTS NOTABLES.
Le document expose une série de décrets et d'édits royaux principalement émis en janvier et février 1734. Le 29 décembre 1733, un arrêt ordonne l'exécution des XIX articles d'un édit de novembre 1732. En janvier 1734, plusieurs arrêtés et édits sont promulgués. Parmi ceux-ci, la confirmation des privilèges de l'Ordre du Saint-Esprit et la création de nouveaux offices sont notables. Un autre édit réglemente les fabricants de Marseille, leur imposant de marquer leurs produits. Des mesures sont également prises pour modérer les droits de création d'offices, interdire les jeux prohibés, et réglementer les armes pour la cavalerie. Des arrêtés concernent aussi l'entrée des harengs saurs, l'embarquement des matelots, et la nomination de commissaires pour examiner les oppositions aux rôles de la levée du dixième des biens. En février 1734, des édits suppriment des offices de payeurs et contrôleurs des rentes viagères, et réglementent le transit des sucres raffinés à Bordeaux. D'autres ordonnances traitent du dépôt des fusils de milice, de la formation d'une nouvelle compagnie de bas officiers aux Invalides, et de mesures de police contre les personnes masquées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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49
p. 1217-1222
DEFAITE des Troupes Imperiales, commandées par le Comte Viscomti.
Début :
Selon les Lettres du Royaume de Naples, ce Corps de Troupes, composé de 7000. hommes [...]
Mots clefs :
Comte de Montemart, Troupes impériales, Cavalerie, Camp, Ennemis, Hommes d'infanterie, Régiments, Régiment, Comte Visconti, Bitonto
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DEFAITE des Troupes Imperiales, commandées par le Comte Viscomti.
DEFAITE des Troupes Imperiales ,
commandées
par
le Comte Viscomti.
Elon les Lettres du Royaume de Naples , ce
Corps de Troupes , composé de 7000, hommes
d'Infanterie , de 2000. de Cavalerie , et de
40c . Hussarts , avoit marché de Bari à Bitonto,
où il s'etoit posté dans un Camp aussi avanta-
I.-Vol. geux , H iij
1218 MERCURE DE FRANCE
geux , tant par sa situation , que par les retran→
chemens qui le défendoient.
Le Comte de Montemar étant arrivé avec les
Troupes Espagnoles à la vue de ce Camp le 24
du mois dernier , attaqua les Ennemis le lende
main matin , il força leurs retranchemens et se
rendit maître de leur Camp , dans lequel ils ont
été obligez de laisser les Tentes et la plus grande
partie des Equipages.
Malgré la vivacité de cette Action , qui a duré
trois heures , on ne sçait pas encore si les Impe -
riaux ont cû grand nombre de Soldats de tuez
mais on a fait dans le Camp 1400. prisonniers
sans compter 1200. hommes d'Infanterie , qui
s'étant réfugiez dans les Convents de Bitonto ,
ont éte pris avec leurs Officiers . Le reste de l'Infanterie
est bloqué dans differens endroits. La
Cavalerie voyant le Camp forcé , a pris la fuite
et s'est dispersée , &c . On a appris depuis , le dé➡
tail suivant de l'Action .
Le Comte de Montemar , qui avoit été envoyé
par le Roy pour se mettre à la tête des Troupes
détachées pour suivre les Imperiaux , ayant été
informé que le Comte de Viscomti avoit déja
reçû quelques secours , et qu'il en attendoit encore
de nouveaux , prit le parti de marcher aux
Ennemis qui avoient quitté Tarente , où ils s'étoient
d'abord retirez , et qui s'étoient répandus
dans la Pouille pour en tirer des contributions .
Ce General regla sa marche sur les differens
mouvemens des Ennemis , et songeant principa
lement à leur ôter le moyen d'executer le dessein
dans lequel ils étoient de se ménager une retraite
du côté de la Mer , il marcha à Bary où il les
croyoit.
Les Imperiaux en étoient partis , et ils s'étoien
I. Vol. *avance z
JUIN. 1734- 1219
avancez à Bitonto , où ils roient campez dans
un poste aussi avantageux r sa situation ,
qu'impraticable pour la Cavaleri .
Le Comte de Montemar , qui n'étoit qu'à neuf
mille de Bitonto , détacha quelques Corps de
Cavalerie pour aller reconnoître les Ennemis , et
sur ce qu'on lui rapporta que leur Infanterie et
Jeur Cavalerie y étoient déja arrivées , il prit le
parti de marcher à eux avec toutes ses Trou
pes. Il les distribua en sept colonnes , com
mandées , la premiere par le Marquis de Pozo
blanco , la seconde par le Duc de Liria , la troisiéme
par le Duc de Castro Pignano , la quatrié
me par le Marquis de Bay , la cinquième par le
Marquis de Châteaufort , la sixiéme par le Com
te de Maceda , et la septième par le Marquis de
La Mina.
Ce Corps de Troupes étoit composé des six
Bataillons des Régimens des Gardes Espagnoles
et Vallones , des deux Bataillons du Régiment de
Lombardie , des deux de celui de la Couronne ,
des deux Bataillons du Régiment Suisse de Bet-
Jer , et de 20. Compagnies de Grenadiers de differens
Régimens.
Le Comte de Montemar , outre cette Infanterie
, avoit sous ses ordres 600. Carabiniers
Royaux, 150. Grenadieis Royaux , les 12. Escadrons
des Régimens de Bourbon , d'Estramadoure
, de Milan , de Malte , de Flandres et
d'Andalousie , les 4. Escadrons des Régimens de
Dragons de Pavie et de France , les Compagnies
des Grenadiers à Cheval des Regimens de Tarragone
et de Batavia , jo . Dragons de ces deux
Regimens , et un Détachement d'Artillerie de
150. hommes .
Le Comte de Montemar fit marcher toutes ces
I. Vol. Hj Trou
1220 MERCURE DE FRANCE
Troupes par differens chemins , afin de choisir
P'endroit le plus convenable pour attaquer les
Ennemis , et il fit avancer quelques Détachemens
de Cavalerie qui battirent les Hussarts qu'ils rencontrerent.
Les Imperiaux s'étant résolus à demeurer dans.
leurs retranchemens, Conite de Montemar s'en
approcha assez près pour reconnoître leurs dis.
positions sur lesquelles il se détermina à changer
la sienne , et à faire passer de la droite à la gau
che la plus grande partie de sa Cavalerie .
L'attaque commença par le centre de la colon.
ne , à la tête de laquelle étoit le Comte d'Uceda,
et qui étoit composée de trois Bataillons du Régiment
des Gardes Vallonnes , des deux Bataillons
du Régiment Suisses de Betler , et de huit
Compagnies de Grenadiers . Ces Troupes , quoique
plus foibles que celles que les Imperiaux leut
opposerent dans cet endroit de l'attaque , entrerent
dans les retranchemens avec tant de valeur ,
que les Ennemis , après une longue résistance ,
furent mis en déroute. Le Comte de Montemar
s'en étant apperçû , fit avancer toutes ces Troupes
qui mirent en fuite ce qui se présenta devant
elles , sans être arrêtées par les murailles et par
les fossez qui couvroient le Camp des Ennemis
et qui paroissoient le rendre inaccessible.
Le Comte de Montemar ayant penetré dans
Jeur Camp , détacha quelque Cavalerie pour suivre
celle des Imperiaux , qui dans le premier
moment de l'attaque avoit quitté le Camp , et
avoit pris la fuite avec un grand désordre .
Il fit ensuite attaquer differents postes dans
lesquels les Imperiaux qui s'y étoient retirez ,
furent faits prisonniers. Le General Rodeski ,
General de l'Infanterie se sauva dans Bitonto
66
I. Vol. qui
JUIN. 1734. 122 I
qui est entouré de murailles , et il s'y deffendit
jusqu'à la nuit , mais il fut obligé le lendemain
de se rendre.
La Cavalerie se sépara dans sa fuite en plusieurs
corps qui étant poursuivis par la Cavalerie
Espagnole , furent presque détruits . Le plus
considerable , après avoir perdu beaucoup de
monde , se refugia dans Bary où le Comte de
Monteinar ayant marché le 26 , le bloqua , et
obligea le Prince de Belmonte qui le commandoit
de se rendre.
Les Troupes Imperiales consistoient selon
l'état qu'on en a trouvé , en 6500 hommes d'Infanterie
, 1500 hommes de Cavalerie et 400
Hussarts , desquels 200 se sont sauvez dans les
Montagnes de la Calabre.
›
On a pris aux Ennemis 15 Drapeaux , 24
Etendarts , et deux paires de Timballes , leurs
Tentes , les vivres , les munitions de Gnerre et
la plus grande partie des équipages .
›
Les Espagnols n'ont pas eû un grand nombre
'de Soldats tuez ou blessez , mais ils y ont perdu
le Comte de Briard , et le Comte de Bonamour
, Capitaines au Regiment des Gardes Va.
lónnes , Don Louis de Porte Maréchal de
Camp , y a été blessé dangereusement. Il est
Capitaine des Grenadiers de ce Regiment , qui ,
ayant penetré le premier dans les retranchements
malgré la vigoureuse résistance des Ennemis , a
cû la plus grande part à cette victoire.
Le Détachement de Cavalerie que le Comte ,
de Montemar , après avoir forcé le Camp du
Comte Viscomti , avoit envoié à la poursuite
des Hussarts , qui dans le premier moment
de l'attaque avoient pris la fuite , n'a pû joindre
qu'au commencement de ce mois ceux qui
1. Vol.
HY s'é-
/
1222 MERCURE DE FRANCE
s'étoient sauvez dans la Calabre , et il les a entierement
défaits .
Le Comte de Viscomti qui s'étoit retiré à
Brindisi , s'y est embarqué dans une Felouque
avec une partie de ses Domestiques , mais on ne
sçait pas encore quelle route il a prise .
Le Roy a suprimé plusieurs Charges qui
avoient été accordées sous le précedent Gouvernement
, tant aux Napolitains , qu'à des Espagnols
, et dont les apointemens se montoient
par an à 900000 Ducats.
Le 27 May , il arriva dans ce Port sous
Pescorte de quatre Vaisserux de Guerre Espagnols
, plusieurs Bâtimens chargez d'une partie
des Troupes que le Roy d'Espagne envoye pour
renforcer celles qui sont dans le Royaume de
Naples , et l'on en attend incessamment de Livourne
quelques autres qui doivent apporter ici
des munitions de Guerre , et une somme considérable
d'argent.
Le Comte de Charny , Lieutenant General
du Royaume , a déja reçu au nom du Roy
T'hominage de la plus grande partie des Deputez
des Villes , et des Barons de cet Etat.
Sa Majesté a nommédes Commissaires pour
faire conjointement avec le Conseil Collateral
l'estimation des dommages que les Troupes Espagnoles
ont causez dans les lieux où elles ont
passé , et elle a fait expédier des ordres pour
qu'ils soient payez avec l'exactitude la plus ri
goureuse.
commandées
par
le Comte Viscomti.
Elon les Lettres du Royaume de Naples , ce
Corps de Troupes , composé de 7000, hommes
d'Infanterie , de 2000. de Cavalerie , et de
40c . Hussarts , avoit marché de Bari à Bitonto,
où il s'etoit posté dans un Camp aussi avanta-
I.-Vol. geux , H iij
1218 MERCURE DE FRANCE
geux , tant par sa situation , que par les retran→
chemens qui le défendoient.
Le Comte de Montemar étant arrivé avec les
Troupes Espagnoles à la vue de ce Camp le 24
du mois dernier , attaqua les Ennemis le lende
main matin , il força leurs retranchemens et se
rendit maître de leur Camp , dans lequel ils ont
été obligez de laisser les Tentes et la plus grande
partie des Equipages.
Malgré la vivacité de cette Action , qui a duré
trois heures , on ne sçait pas encore si les Impe -
riaux ont cû grand nombre de Soldats de tuez
mais on a fait dans le Camp 1400. prisonniers
sans compter 1200. hommes d'Infanterie , qui
s'étant réfugiez dans les Convents de Bitonto ,
ont éte pris avec leurs Officiers . Le reste de l'Infanterie
est bloqué dans differens endroits. La
Cavalerie voyant le Camp forcé , a pris la fuite
et s'est dispersée , &c . On a appris depuis , le dé➡
tail suivant de l'Action .
Le Comte de Montemar , qui avoit été envoyé
par le Roy pour se mettre à la tête des Troupes
détachées pour suivre les Imperiaux , ayant été
informé que le Comte de Viscomti avoit déja
reçû quelques secours , et qu'il en attendoit encore
de nouveaux , prit le parti de marcher aux
Ennemis qui avoient quitté Tarente , où ils s'étoient
d'abord retirez , et qui s'étoient répandus
dans la Pouille pour en tirer des contributions .
Ce General regla sa marche sur les differens
mouvemens des Ennemis , et songeant principa
lement à leur ôter le moyen d'executer le dessein
dans lequel ils étoient de se ménager une retraite
du côté de la Mer , il marcha à Bary où il les
croyoit.
Les Imperiaux en étoient partis , et ils s'étoien
I. Vol. *avance z
JUIN. 1734- 1219
avancez à Bitonto , où ils roient campez dans
un poste aussi avantageux r sa situation ,
qu'impraticable pour la Cavaleri .
Le Comte de Montemar , qui n'étoit qu'à neuf
mille de Bitonto , détacha quelques Corps de
Cavalerie pour aller reconnoître les Ennemis , et
sur ce qu'on lui rapporta que leur Infanterie et
Jeur Cavalerie y étoient déja arrivées , il prit le
parti de marcher à eux avec toutes ses Trou
pes. Il les distribua en sept colonnes , com
mandées , la premiere par le Marquis de Pozo
blanco , la seconde par le Duc de Liria , la troisiéme
par le Duc de Castro Pignano , la quatrié
me par le Marquis de Bay , la cinquième par le
Marquis de Châteaufort , la sixiéme par le Com
te de Maceda , et la septième par le Marquis de
La Mina.
Ce Corps de Troupes étoit composé des six
Bataillons des Régimens des Gardes Espagnoles
et Vallones , des deux Bataillons du Régiment de
Lombardie , des deux de celui de la Couronne ,
des deux Bataillons du Régiment Suisse de Bet-
Jer , et de 20. Compagnies de Grenadiers de differens
Régimens.
Le Comte de Montemar , outre cette Infanterie
, avoit sous ses ordres 600. Carabiniers
Royaux, 150. Grenadieis Royaux , les 12. Escadrons
des Régimens de Bourbon , d'Estramadoure
, de Milan , de Malte , de Flandres et
d'Andalousie , les 4. Escadrons des Régimens de
Dragons de Pavie et de France , les Compagnies
des Grenadiers à Cheval des Regimens de Tarragone
et de Batavia , jo . Dragons de ces deux
Regimens , et un Détachement d'Artillerie de
150. hommes .
Le Comte de Montemar fit marcher toutes ces
I. Vol. Hj Trou
1220 MERCURE DE FRANCE
Troupes par differens chemins , afin de choisir
P'endroit le plus convenable pour attaquer les
Ennemis , et il fit avancer quelques Détachemens
de Cavalerie qui battirent les Hussarts qu'ils rencontrerent.
Les Imperiaux s'étant résolus à demeurer dans.
leurs retranchemens, Conite de Montemar s'en
approcha assez près pour reconnoître leurs dis.
positions sur lesquelles il se détermina à changer
la sienne , et à faire passer de la droite à la gau
che la plus grande partie de sa Cavalerie .
L'attaque commença par le centre de la colon.
ne , à la tête de laquelle étoit le Comte d'Uceda,
et qui étoit composée de trois Bataillons du Régiment
des Gardes Vallonnes , des deux Bataillons
du Régiment Suisses de Betler , et de huit
Compagnies de Grenadiers . Ces Troupes , quoique
plus foibles que celles que les Imperiaux leut
opposerent dans cet endroit de l'attaque , entrerent
dans les retranchemens avec tant de valeur ,
que les Ennemis , après une longue résistance ,
furent mis en déroute. Le Comte de Montemar
s'en étant apperçû , fit avancer toutes ces Troupes
qui mirent en fuite ce qui se présenta devant
elles , sans être arrêtées par les murailles et par
les fossez qui couvroient le Camp des Ennemis
et qui paroissoient le rendre inaccessible.
Le Comte de Montemar ayant penetré dans
Jeur Camp , détacha quelque Cavalerie pour suivre
celle des Imperiaux , qui dans le premier
moment de l'attaque avoit quitté le Camp , et
avoit pris la fuite avec un grand désordre .
Il fit ensuite attaquer differents postes dans
lesquels les Imperiaux qui s'y étoient retirez ,
furent faits prisonniers. Le General Rodeski ,
General de l'Infanterie se sauva dans Bitonto
66
I. Vol. qui
JUIN. 1734. 122 I
qui est entouré de murailles , et il s'y deffendit
jusqu'à la nuit , mais il fut obligé le lendemain
de se rendre.
La Cavalerie se sépara dans sa fuite en plusieurs
corps qui étant poursuivis par la Cavalerie
Espagnole , furent presque détruits . Le plus
considerable , après avoir perdu beaucoup de
monde , se refugia dans Bary où le Comte de
Monteinar ayant marché le 26 , le bloqua , et
obligea le Prince de Belmonte qui le commandoit
de se rendre.
Les Troupes Imperiales consistoient selon
l'état qu'on en a trouvé , en 6500 hommes d'Infanterie
, 1500 hommes de Cavalerie et 400
Hussarts , desquels 200 se sont sauvez dans les
Montagnes de la Calabre.
›
On a pris aux Ennemis 15 Drapeaux , 24
Etendarts , et deux paires de Timballes , leurs
Tentes , les vivres , les munitions de Gnerre et
la plus grande partie des équipages .
›
Les Espagnols n'ont pas eû un grand nombre
'de Soldats tuez ou blessez , mais ils y ont perdu
le Comte de Briard , et le Comte de Bonamour
, Capitaines au Regiment des Gardes Va.
lónnes , Don Louis de Porte Maréchal de
Camp , y a été blessé dangereusement. Il est
Capitaine des Grenadiers de ce Regiment , qui ,
ayant penetré le premier dans les retranchements
malgré la vigoureuse résistance des Ennemis , a
cû la plus grande part à cette victoire.
Le Détachement de Cavalerie que le Comte ,
de Montemar , après avoir forcé le Camp du
Comte Viscomti , avoit envoié à la poursuite
des Hussarts , qui dans le premier moment
de l'attaque avoient pris la fuite , n'a pû joindre
qu'au commencement de ce mois ceux qui
1. Vol.
HY s'é-
/
1222 MERCURE DE FRANCE
s'étoient sauvez dans la Calabre , et il les a entierement
défaits .
Le Comte de Viscomti qui s'étoit retiré à
Brindisi , s'y est embarqué dans une Felouque
avec une partie de ses Domestiques , mais on ne
sçait pas encore quelle route il a prise .
Le Roy a suprimé plusieurs Charges qui
avoient été accordées sous le précedent Gouvernement
, tant aux Napolitains , qu'à des Espagnols
, et dont les apointemens se montoient
par an à 900000 Ducats.
Le 27 May , il arriva dans ce Port sous
Pescorte de quatre Vaisserux de Guerre Espagnols
, plusieurs Bâtimens chargez d'une partie
des Troupes que le Roy d'Espagne envoye pour
renforcer celles qui sont dans le Royaume de
Naples , et l'on en attend incessamment de Livourne
quelques autres qui doivent apporter ici
des munitions de Guerre , et une somme considérable
d'argent.
Le Comte de Charny , Lieutenant General
du Royaume , a déja reçu au nom du Roy
T'hominage de la plus grande partie des Deputez
des Villes , et des Barons de cet Etat.
Sa Majesté a nommédes Commissaires pour
faire conjointement avec le Conseil Collateral
l'estimation des dommages que les Troupes Espagnoles
ont causez dans les lieux où elles ont
passé , et elle a fait expédier des ordres pour
qu'ils soient payez avec l'exactitude la plus ri
goureuse.
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Résumé : DEFAITE des Troupes Imperiales, commandées par le Comte Viscomti.
Le 24 mai 1734, les troupes espagnoles, dirigées par le Comte de Montemar, ont attaqué et vaincu les forces impériales du Comte Viscomti à Bitonto, près de Bari. Les impériaux, constitués de 7 000 hommes d'infanterie, 2 000 de cavalerie et 400 hussards, avaient établi un camp fortifié. Montemar, à la tête de 6 000 hommes d'infanterie et de diverses unités de cavalerie et d'artillerie, a réussi à forcer les retranchements ennemis en trois heures. Les impériaux ont abandonné leurs tentes et équipements, laissant derrière eux 1 400 prisonniers, dont 1 200 réfugiés dans des couvents. La cavalerie impériale s'est dispersée. Après cette victoire, Montemar a bloqué et capturé des troupes impériales à Bari. Les pertes espagnoles incluent les Comtes de Briard et de Bonamour, ainsi que le Maréchal de Camp Don Louis de Porte, blessé. Les impériaux ont perdu 15 drapeaux, 24 étendards et deux paires de timbales. Le Comte Viscomti a fui à Brindisi. En réponse à cette victoire, le roi d'Espagne a envoyé des renforts et des munitions à Naples et a nommé des commissaires pour indemniser les dommages causés par les troupes espagnoles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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50
p. 1229-1230
ARMÉE D'ALLEMAGNE.
Début :
Le Maréchal Duc de Berwick qui étoit resté depuis le 10 May dans le Camp de Bruchsall, [...]
Mots clefs :
Camp de Bruchsal, Maréchal duc de Berwick, Eppingen, Infanterie, Cavalerie, Armée
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texteReconnaissance textuelle : ARMÉE D'ALLEMAGNE.
ARME'E D'ALLEMAGNE.
15
E Maréchal Duc de Berwick qui étoit resté
depuis le 10 May dans le Camp de Bruchsall
, vint camper le à Kisloek , sans que
les Ennemis qui avoient à Epingen un Détachement
d'Infanterie et de Cavalerie , ayent osé inquiéter
l'arrieregarde de l'Armée.
Le Prince Eugene , qui ayant fait avancer quelques
Troupes vers Rottembourg le 12 , paroissoit
vouloir marcher de ce côté-là , est toujours
dans le Camp d'Hailbron .
Le Duc de Noailles , que le Maréchal de Ber-
IVol.
wick
1210 MERCURE DE FRANCE
•
wick avoit fait partir du Camp de Bruchsall le
16 avec le Marquis de Nangis , pour aller avec
1650 hommes d'infanterie , et 1200 de Cavalerie
, reconnoître le pays du côté de Guelzheim
et d'Epingen , rejoignit l'Armée à Bruchsall le
20.
M. de Quade , Lieutenant General , qui avoit
été chargé d'aller soumettre le Wirtemberg à
la contribution est revenu de Phortzeim à Graben
avec les Troupes qu'il coinmande , dont il
a laissé quelques Détachements à Dourlack et
dans d'autres postes.
Le Comte de Beileisle , qui étoit parti le 26
May,du Camp de Traërbach " avec 13 Bataillons
et 14scadrons , arriva à Spire le 26 du
même mois.
15
E Maréchal Duc de Berwick qui étoit resté
depuis le 10 May dans le Camp de Bruchsall
, vint camper le à Kisloek , sans que
les Ennemis qui avoient à Epingen un Détachement
d'Infanterie et de Cavalerie , ayent osé inquiéter
l'arrieregarde de l'Armée.
Le Prince Eugene , qui ayant fait avancer quelques
Troupes vers Rottembourg le 12 , paroissoit
vouloir marcher de ce côté-là , est toujours
dans le Camp d'Hailbron .
Le Duc de Noailles , que le Maréchal de Ber-
IVol.
wick
1210 MERCURE DE FRANCE
•
wick avoit fait partir du Camp de Bruchsall le
16 avec le Marquis de Nangis , pour aller avec
1650 hommes d'infanterie , et 1200 de Cavalerie
, reconnoître le pays du côté de Guelzheim
et d'Epingen , rejoignit l'Armée à Bruchsall le
20.
M. de Quade , Lieutenant General , qui avoit
été chargé d'aller soumettre le Wirtemberg à
la contribution est revenu de Phortzeim à Graben
avec les Troupes qu'il coinmande , dont il
a laissé quelques Détachements à Dourlack et
dans d'autres postes.
Le Comte de Beileisle , qui étoit parti le 26
May,du Camp de Traërbach " avec 13 Bataillons
et 14scadrons , arriva à Spire le 26 du
même mois.
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Résumé : ARMÉE D'ALLEMAGNE.
En mai, des mouvements militaires significatifs eurent lieu en Allemagne. Le Maréchal Duc de Berwick, basé à Bruchsall depuis le 10 mai, se déplaça à Kisloek sans rencontrer d'opposition des ennemis stationnés à Epingen. Le Prince Eugène avança des troupes vers Rottembourg le 12 mai mais resta finalement au camp d'Hailbron. Le Duc de Noailles, envoyé par Berwick pour reconnaître la région autour de Guelzheim et Epingen, rejoignit l'armée à Bruchsall le 20 mai. Le Lieutenant Général de Quade, chargé de soumettre le Wurtemberg à la contribution, revint à Graben avec ses troupes, laissant des détachements à Dourlack et autres postes. Le Comte de Belleisle, parti le 26 mai de Traërbach avec 13 bataillons et 14 escadrons, arriva à Spire le même jour.
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