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1
p. 160-163
Arivée de la Statuë du Roy au Havre, [titre d'après la table]
Début :
Le Samedy 17. de ce mois, on déchargea au Havre de Grace [...]
Mots clefs :
Statue, Cavalier, Statue du roi, Transport, Louis le Grand, Officiers, Cérémonie, Honneurs, Monarque
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texteReconnaissance textuelle : Arivée de la Statuë du Roy au Havre, [titre d'après la table]
LeSamedy 17. de ce mois,
on déchargea au Havre de
Grace la Statue Equeftre du
Roy , faite par le Cavalier
Bernin , dont je vous ay parlé
plufieurs fois . Elle y a efté
conduite de Civita Vecchia ,
GALANT 161
par M Barbaut , Capitaine
de Marine , für la Flute du
Roy , nommée le Tardif. Ort
Fa mife dans un Smak Hollandois
, qui doit la porter
à Rouen , & peut- eftre jufqu'à
Paris fans la décharger,
ce qui ne s'eftoit point encore
vû , mais rien n'eft im
poffible aux François fous le
Regne , & pour le fervice de
Louis LE GRAND . M' de
Montmor, Intendant de Ma
rine au Havre , a celébré
l'heureuſe arrivée de cette
Statue , par la décharge ' du
Canon & de la Moufquete-
Février 1685.
162 MERCURE
>
rie , & par le bruit des Bombes
& des Carcaffes . Cela
s'eft paffé en préſence de
tous les Officiers & des
Dames mefme , dont beaucoup
eftoient venues des
Environs , fur ce qu'elles
avoient fçû que l'on préparoit
pour cette Cerémonie.
Chacun à l'envy a marqué
fa joye par des cris reïtérez
de Vive le Roy , & par quantité
de Muids de Vin qui
ont efté défoncez au bruit
des Tambours & des Trompetes
. On peut connoiftre
là combien noftre aupar
GALANT. 163
guſte Monarque eft aimé de
fes Sujets , puis qu'ils ren-,
dent à la Statue les honneurs
qu'on n'avoit accoûtumé de
rendre qu'aux feules Perfonnes
des Roys .
on déchargea au Havre de
Grace la Statue Equeftre du
Roy , faite par le Cavalier
Bernin , dont je vous ay parlé
plufieurs fois . Elle y a efté
conduite de Civita Vecchia ,
GALANT 161
par M Barbaut , Capitaine
de Marine , für la Flute du
Roy , nommée le Tardif. Ort
Fa mife dans un Smak Hollandois
, qui doit la porter
à Rouen , & peut- eftre jufqu'à
Paris fans la décharger,
ce qui ne s'eftoit point encore
vû , mais rien n'eft im
poffible aux François fous le
Regne , & pour le fervice de
Louis LE GRAND . M' de
Montmor, Intendant de Ma
rine au Havre , a celébré
l'heureuſe arrivée de cette
Statue , par la décharge ' du
Canon & de la Moufquete-
Février 1685.
162 MERCURE
>
rie , & par le bruit des Bombes
& des Carcaffes . Cela
s'eft paffé en préſence de
tous les Officiers & des
Dames mefme , dont beaucoup
eftoient venues des
Environs , fur ce qu'elles
avoient fçû que l'on préparoit
pour cette Cerémonie.
Chacun à l'envy a marqué
fa joye par des cris reïtérez
de Vive le Roy , & par quantité
de Muids de Vin qui
ont efté défoncez au bruit
des Tambours & des Trompetes
. On peut connoiftre
là combien noftre aupar
GALANT. 163
guſte Monarque eft aimé de
fes Sujets , puis qu'ils ren-,
dent à la Statue les honneurs
qu'on n'avoit accoûtumé de
rendre qu'aux feules Perfonnes
des Roys .
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Résumé : Arivée de la Statuë du Roy au Havre, [titre d'après la table]
Le 17 février 1685, la statue équestre du roi, sculptée par le Cavalier Bernin, a été débarquée au Havre de Grâce après un transport depuis Civita Vecchia à bord de la flûte royale 'Le Tardif', sous la direction de M. Barbaut. Elle a ensuite été transférée dans un smack hollandais pour être acheminée jusqu'à Rouen et potentiellement Paris sans être déchargée, une première en France. Cet exploit a eu lieu sous le règne de Louis XIV. M. de Montmor, intendant de marine, a marqué l'événement par des salves de canon et de mousqueterie, ainsi que par des explosions de bombes et de carcasses. La cérémonie, en présence des officiers et de nombreuses dames, a été célébrée par la population avec des cris de 'Vive le Roy' et en défonçant des muids de vin au son des tambours et des trompettes, exprimant ainsi leur loyauté envers le monarque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 1-6
Prélude, [titre d'après la table]
Début :
Le Roy qui n'est destiné qu'à de grandes choses, [...]
Mots clefs :
César, Chef-d'oeuvres, Magnificence, Art, Ouvrages, Louis le Grand, Versailles, Grandeur, Royaume de France
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texteReconnaissance textuelle : Prélude, [titre d'après la table]
E Roy qui n'eft def
tiné qu'à de grandes
chofes, vient de faire
uneEntrepriſe vrayment Romaine
, & je ne croy pas
qu'aucun des Céfars en ait
jamais réfolu une pareille..
Ce n'eft pas , Madame , que
Mars
1685.
A
2 MERCURE
1 parmy tant de Chef- d'oeuvres
qui ont rendu l'ancienne
Rome fi celebre , il n'y en
ait eu de trés -importans
, &
dans lefquels laMagnificence
.
a efte jointe à tout ce que
l'Art a de plus ingénieux
;
mais ces Ouvrages que l'on
avoit commencez fans avoir
examiné toute leur grandeur
, & fans en avoir prévû
la dépenfe , eftoient devenus
des Ouvrages de plufieurs
Régnés , au lieu que Louis
LE GRAND voit en mefme
temps , & tout ce qu'il entreprend
, & tout ce qu'il
GALANT.
faut qu'il luy en coufte . Ainfi
l'on peut affurer , que fi depuis
qu'il y a des Hommes
fur la terre , il s'eft fait une
dépenfe plus forte que celle
de conduire la Riviere d'Eure
à Verſailles , il ne s'eft jamais
conclu un Marché de tant
de millions tout à la fois, ny
mefme qui en ait approché.
Cette Riviere dont la fource
eft dans le Perche , paffe à
Chartres , à Nogent-le- Roy,
à Ivry , à Louviers , & va fe
joindre à la Seine au- deffus
du Pont de l'Arche , apres
avoir receu la Drouete , la
A ij
4 MERCURE
Blaie , l'Aure , la Vegre ,
I'Hon , l'Andelle , & divers
autres Ruiffeaux . On va commencer
à Maintenon le mer
veilleux Aqueduc qui luy
fera perdre fon cours ordinaire
, & comme la pente
qu'il faut qu'on luy donne
oblige à prendre un grand
tour, on peut juger combien
ce travail eft confidérable.
Vous ne devez point douter
qu'on ne m'envoye bientoft
la fin , puis que c'eft un
deffein du Roy, que l'on exécute.
L'utilité qu'en peut recevoir
Verfailles , & l'orne_
GALANT.
5
ment que fes fuperbes Jar
dins en tireront , n'eft pas ce
qui a le plus excité le Roy
à entreprendre un Ouvrage
fi digne de la grandeur Françoife,
telle qu'elle eft aujour
d'huy. Ce Prince a eu des
veuës plus dignes d'admiration
, & qui font connoiſtre
la bonté qu'il a pour fes Sujets.
Il a préveu que la plû
part de ceux à qui la Guerre
donnoit dequoy vivre , demeureroient
fans employ ; &
par cette grande entrepriſe il a
voulu leur fournir les moyens
de fubfifter, Il rend par là fon
A iij
6 MERCURE
Nom immortel , & la France
redoutable. Il fait connoiftre
aux Etrangers que fes Finances
ne font point épuiſées,
& que puis que fans rien diminuer
de fes autres dépen
fes , il en entreprend d'extraordinaires
prefque dans
F'instant qu'on voit la Guerre
finie , il feroit preft à la ſoûtenir
tout de nouveau , fren
troublant le repos qu'il vient .
de donner à l'Europe , on
le contraignoit de fe remettre
en Campagne .
tiné qu'à de grandes
chofes, vient de faire
uneEntrepriſe vrayment Romaine
, & je ne croy pas
qu'aucun des Céfars en ait
jamais réfolu une pareille..
Ce n'eft pas , Madame , que
Mars
1685.
A
2 MERCURE
1 parmy tant de Chef- d'oeuvres
qui ont rendu l'ancienne
Rome fi celebre , il n'y en
ait eu de trés -importans
, &
dans lefquels laMagnificence
.
a efte jointe à tout ce que
l'Art a de plus ingénieux
;
mais ces Ouvrages que l'on
avoit commencez fans avoir
examiné toute leur grandeur
, & fans en avoir prévû
la dépenfe , eftoient devenus
des Ouvrages de plufieurs
Régnés , au lieu que Louis
LE GRAND voit en mefme
temps , & tout ce qu'il entreprend
, & tout ce qu'il
GALANT.
faut qu'il luy en coufte . Ainfi
l'on peut affurer , que fi depuis
qu'il y a des Hommes
fur la terre , il s'eft fait une
dépenfe plus forte que celle
de conduire la Riviere d'Eure
à Verſailles , il ne s'eft jamais
conclu un Marché de tant
de millions tout à la fois, ny
mefme qui en ait approché.
Cette Riviere dont la fource
eft dans le Perche , paffe à
Chartres , à Nogent-le- Roy,
à Ivry , à Louviers , & va fe
joindre à la Seine au- deffus
du Pont de l'Arche , apres
avoir receu la Drouete , la
A ij
4 MERCURE
Blaie , l'Aure , la Vegre ,
I'Hon , l'Andelle , & divers
autres Ruiffeaux . On va commencer
à Maintenon le mer
veilleux Aqueduc qui luy
fera perdre fon cours ordinaire
, & comme la pente
qu'il faut qu'on luy donne
oblige à prendre un grand
tour, on peut juger combien
ce travail eft confidérable.
Vous ne devez point douter
qu'on ne m'envoye bientoft
la fin , puis que c'eft un
deffein du Roy, que l'on exécute.
L'utilité qu'en peut recevoir
Verfailles , & l'orne_
GALANT.
5
ment que fes fuperbes Jar
dins en tireront , n'eft pas ce
qui a le plus excité le Roy
à entreprendre un Ouvrage
fi digne de la grandeur Françoife,
telle qu'elle eft aujour
d'huy. Ce Prince a eu des
veuës plus dignes d'admiration
, & qui font connoiſtre
la bonté qu'il a pour fes Sujets.
Il a préveu que la plû
part de ceux à qui la Guerre
donnoit dequoy vivre , demeureroient
fans employ ; &
par cette grande entrepriſe il a
voulu leur fournir les moyens
de fubfifter, Il rend par là fon
A iij
6 MERCURE
Nom immortel , & la France
redoutable. Il fait connoiftre
aux Etrangers que fes Finances
ne font point épuiſées,
& que puis que fans rien diminuer
de fes autres dépen
fes , il en entreprend d'extraordinaires
prefque dans
F'instant qu'on voit la Guerre
finie , il feroit preft à la ſoûtenir
tout de nouveau , fren
troublant le repos qu'il vient .
de donner à l'Europe , on
le contraignoit de fe remettre
en Campagne .
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Résumé : Prélude, [titre d'après la table]
Louis XIV entreprend un projet ambitieux consistant à dévier la rivière Eure vers Versailles, comparable par son ampleur à des entreprises romaines. Contrairement aux projets antiques souvent réalisés sur plusieurs règnes, Louis XIV finance et voit immédiatement ses projets. La rivière Eure, prenant sa source dans le Perche, traverse plusieurs localités avant de se jeter dans la Seine. Un aqueduc sera construit à Maintenon pour modifier son cours, nécessitant un tracé complexe et coûteux. La principale motivation du roi n'est pas l'utilité de ce projet pour Versailles et ses jardins, mais de fournir du travail aux sujets affectés par la fin des guerres, démontrant ainsi sa bonté et sa prévision. Ce projet montre également la solidité des finances françaises, capables de soutenir de nouvelles dépenses extraordinaires malgré la fin récente des conflits.
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3
p. 20-22
Devises, [titre d'après la table]
Début :
Mr Magnin, toûjours zélé à faire connoistre l'admiration qu'il / Par ses mouvemens divers, [...]
Mots clefs :
Devises, Majesté, Univers, Espérance, Hommage, Louis le Grand, Image, Soleil, Siam, Éléphants
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texteReconnaissance textuelle : Devises, [titre d'après la table]
M Magnin , toûjours zélé
à faire connoittre l'admiraGALANT
21
tion qu'il a pour les grandes.
Actions de Sa Majefté , a fair
deux nouvelles Deviles , que
je vous envoye. L'une a le
Soleil pour corps , & ces móts
pour amé, Spes rerum & decus.
Hs font expliquez par ce Ma
drigal.
P
Årfos mouvemens divers,
Parfon beureuſe influence,
N'eft- il pas de l'Univers
L'ornement & l'espérance?
La grandeur de LOVIS, & l'état de
la
France,
Expliqueront par tout ma Devife
mes Vers.
L'autre Devife cft fur l'Am
22 MERCURE
baffade du Roy de Siam , &
fur la deférence que tous les
Potentats du Monde ont pour
le Roy . Ce font plufieurs
Eléfans qui fléchiffent les genoux
devant le Soleil , avee
ces mots. Et Magnos hæc fata:
manent.
E
St il rien de grand icy bas
Qui ne doive te rendre hom4-
mage?
Grand LOVIS , qui ne connoistpass
Que c'est là ta parfaite Image?
Est - ilrien de grand icy- bas
Qui nedoive të rendre hommage?
à faire connoittre l'admiraGALANT
21
tion qu'il a pour les grandes.
Actions de Sa Majefté , a fair
deux nouvelles Deviles , que
je vous envoye. L'une a le
Soleil pour corps , & ces móts
pour amé, Spes rerum & decus.
Hs font expliquez par ce Ma
drigal.
P
Årfos mouvemens divers,
Parfon beureuſe influence,
N'eft- il pas de l'Univers
L'ornement & l'espérance?
La grandeur de LOVIS, & l'état de
la
France,
Expliqueront par tout ma Devife
mes Vers.
L'autre Devife cft fur l'Am
22 MERCURE
baffade du Roy de Siam , &
fur la deférence que tous les
Potentats du Monde ont pour
le Roy . Ce font plufieurs
Eléfans qui fléchiffent les genoux
devant le Soleil , avee
ces mots. Et Magnos hæc fata:
manent.
E
St il rien de grand icy bas
Qui ne doive te rendre hom4-
mage?
Grand LOVIS , qui ne connoistpass
Que c'est là ta parfaite Image?
Est - ilrien de grand icy- bas
Qui nedoive të rendre hommage?
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Résumé : Devises, [titre d'après la table]
M. Magnin a créé deux devises pour honorer le roi Louis. La première, illustrée par un soleil, porte les mots 'Spes rerum & decus' et vante la grandeur du roi et de la France. La seconde, représentée par des éléphants fléchissant les genoux, célèbre la soumission du roi de Siam et le respect des potentats du monde envers le roi de France, avec les mots 'Et Magnos hæc fata: manent'.
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4
p. 137-151
Discours prononcé sur ce sujet, [titre d'après la table]
Début :
A l'ouverture de cette These, Mr de Rouviere fit le / MESSIEURS, J'enreprens aujourd'huy une Composition, qui depuis plus de [...]
Mots clefs :
Thèse, Thériaque, Remède, Docteurs, Composition, Réputation, Galien, Peste, Guérison, Mérite, Efficacité, Empereurs, Baume, Louis le Grand, Honneur, Applaudissements, Approbation, Médecins, Doyens, Apothicaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours prononcé sur ce sujet, [titre d'après la table]
A l'ouverture de cette The .
fe , M' de Rouviere fit le Dif
cours que vous allez lire , en :
prefence de M les Doyen
& Profeffeurs de la Faculté,,
Mars 1685 M
138 MERCURE
tous en Robes & en Chape--
rons , qui font les marques .
qui les diftinguent des autres
Docteurs Regens . M' de la .
Reynie , & M le Procureur
du Roy y affifterent auffi .
MESS
ESSIEURS,
F'entreprens aujourd'huy une
Compofition , qui depuis plus defeize
fiecles tient un rang honorable
dans la Medecine. Onpeut
Mithridate * en a eftéle
dire
que
premier Inventeur , puifque les
augmentations qu'on y a faites
* Roy de Pont .
GALANT. 139
fous le Regne de Neron n'empéchent
pas qu'on n'y remarque
beaucoup de conformité ; Andromachus
le Pere ajoûtant les Viperes
à cette Compofition , luy a
donné le nom qu'elle porte : Les
Romains en admiroient les proprietez.
Jamais Remede n'eut une
fi belle deftinée ; il trouva des 5
Partifans parmy les Vainquents•
de la Terre , malgré les red
volutions qui font arrivées dans
l'Univers fa reputation s'eft
confervée, entiere ,pure , inalterée,
jufques au Regne de notre Invincible
Monarque. Marc Au- .
7
Il eftoit premier Medecin de Neron , -
Meij
140 MERCURE
rele Antonin , furnommé le Philofophe
, qui eftoit affis fur le
Trône des Cefars , avec Lucius
Verus fonfrere , charmé des Ecrits
de Galien * , qui apres plufeurs
Voyages s'eftoit retiré à
Pergame , lieu de fa naiſſance,
le fit folliciter de paffer en Italie,
crût qu'il ne pouvoit mieux
témoigner l'eftime qu'il avoit pour
luy , qu'en luy confiant la prépa
ration de la Theriaque . Sa prévoyance
ne fut pas "inutile. La
prefence de Galien luy fut neceffairepourfe
garantir de la Pefte* ,
* Galien fe rendit à Rome l'An de Noftre
Seigneur 164. âgé de 34. ans .
* Cette Pefte arriva en 166, & dura- prés
de quatre années .
GALANT: 140
que Capitolinus & d'autres Hiftoriens
décrivent dans la Vie de
Lucius. La Theriaque fut for
antidote; poffedant deux grands.
biens enfemble , un Remede excellent
pour la confervation de fa
Perfonne Augufte , & un Medecin
tres-babile pour en ordonner
l'ufage , il connut que l'eftime
qu'ilfaifoit de tous les deux;
eftoit infiniment au deffous de leur
merite. Apresfa mort la Theria .
que fut negligée fous trois de fes
Succeffeurs , dont l'un * fut auffi
méprisé pour ses débauches , que
* Commode Succeffeur d'Antonin mourut
1831. jour de Decembre l'An 182..
142 MERCURE
fon Pere avoit efté recommanda_ -
ble pourfes vertus. Et les autres
regnerent fi peu de temps * , qu'ils
n'eurent pas le loifir de fuivre les
traces de l'incomparable Antonins
mais enfin aprés tant de changemens
de difgraces , l'Empereur
Severe rendit à Rome fon
premier éclat. Il fit des honneurs
extraordinaires à Galien ; &
pour le retenir à la Cour , il rétablit
les Laboratoires ,
Theriaque devint en ufage plus
qu'elle n'avoit jamais efté. Galien
rentra dans fon employ ; & quoy
la
* Helvius Pertinax ne regna qu'environ trois -
mois aprés Commode . Et Didie Julien deux
mois & cinq jours aprés Pertinax..
GALANT. 143
quefon genie l'appellat à des chofes
plus difficiles , il continua de
préparer la Theriaque jusques à
L'an de Notre Seigneur 200, qui
fut le dernier de fa vie. Veritablement
ceux qui aprés luy en
eurent la commiffion , luy cederent
en reputation & en merite;
mais le deftin de la Theriaque ne
dépendoit
pas d'un feul homme.
Dans tous les Temps , dans tous
les Regnes , chez toutes les Nations
qui ont eu du difcernement
,
la Theriaque a efté célébrée . Il
feroir aife de le prouver , fi quelqu'un
en pouvoit douter ; mais
laiffant à ceux qui fçavent mieux
..
144 MERCURE
faire valoir les chofes , à repre
fenter l'empreffement qu'ont tou
jours eu les Princes & les Re
publiques pour l'exate compofi
tion de ce Remede . Je me contente
de n'avoir rien oublié pour mon
deffein , d'avoir affemblé avec·
desfoins particuliers tous les Medicamens
neceffaires pour y réuf
fir , & d'eftre en estat de renou
veller l'ancienne Préparation
d'Andromachus , fans eftre affer
vy aux Remedes que l'on fubfti
tuë ordinairement en la place des
originaux. F'efpere de les avoir,
je les foumets à toutes les
épreuves ; j'ay difpenfè les uns é
less
GALANT. 145
les autres pour les employer felon
que la Faculté en voudra déterminer.
On a vûdes Empereurs*
enfermer dans leurs Trefors un
peu de Cinnamome , par la difficulté
qu'ils avoient d'en recouvrer.
On a crú le Baume de Judée
perdu ; le Chalcitis a fait de
L'embaras à des perfonnes d'ailleurs
fort éclairées. Nousfommes
délivrez de toutes ces peines : il
femble que les Regions les plus
éloignées rendent hommage à la
France de ce qu'elles ont de meilleure
de plus rare, Nylefroyable
* Cela eft rapporté par Galien au Livre I.
das Contrepoifons.
Mars 1685.
N
146 MERCURE
étendue des Mers , ny les folitus
des affreufes , ny les deferts inha
bitez , ny les perils où l'on s'expoſe
pour les traverſer , ne font
capables de nous arrêter. Louis
LE GRAND étend fes rayons
jufques aux Climats les plus barbares
, plus brillant encore parfes
vertus , qu'il n'eft redoutable par
fa puiffance. Il fe fait voir an
prés des autres Souverains ce que
le Soleil paroît au milieu des Etoiles
; & de méme que rien dans
le Monde n'approche de la gloire
qu'il s'eft acquiſe , rien n'approche
auffi du bonheur qu'il procure à
ceux qui font foumis àfa DomiGALANT.
147
د
nation. Les Sujets dont il fait
choix pour maintenir l'autorité
des Loix & de la Justice , font
autant de Vaiffeaux précieux qui
partent d'une fource toute pure
qui répandent l'ordre & l'abondance
parmy les Peuples.
L'Illuftre Magiftrat qui préfide à
la Police dans la premiere Ville
du Royaume , balance les mouve
mens de ce grand Corps , & entre
dans tous fes befoins. Il dirige par
fon exemple , auffi bien que par
fes Ordonnances. Il punit fans
paſſion , & recompenfe fans prévention.
Il adoucit la rigueur des
Saifons; il repare lafterilité des
Nij
148 MERCURE
Campagnes ; & fe donnant tout
entier aufervice du Roy, an
bien du Public , il trouve Dien
dans tout ce qu'il fait , & n'en
peur eftre détourné par aucune
confidération. Il nefaut pas s'étonner
aprés cela , Meffieur Meffieurs , que
Paris foit le centre où toutes les
merveilles fe réuniffent. Mais
comme je nefuis pas icypour vous
fatiguer par mes difcours , j'abuferois
de l'honneur que je reçois
de votre préfence , fi je differois
davantage d'entrer en matiere.
Quoy que je n'aye rien à craindre
fur l'élection , préparation , &
mixtion des Medicamens, en me
GALANT. 149
conformant aux décifions de la
Faculté , je ne laiſſe pas d'avoir
befoin de vos complaisancesfur la
maniere de m'expliquer : & je
vous les demande avec d'autant
plus de confiance , que m'attachant
uniquement à ce qui regarde
ma Profeffion , j'efpere que mes
operations meriteront vos attentions,
fi mesparoles n'ont pas affez
de force pour vous engager.
M ' de Rouviere a eu tous
les applaudiffemens qu'il
pouvoit fouhaiter de fon travail
, & l'on voit plufieurs-
Approbations au bas de la
N iij ,
150 MERCURE
Thefe , dont je vous ay donné
lá Figure Emblematique.
La premiere eft fignée de M
Dieuxivoye , Doyen de la Faculté
de Paris ; de M' Pouret ,
ancien Profeffeur , & Medecin
Ordinaire de Monfieur ;
de M' Bonnet , Profeffeur &
Medecin Ordinaire de la Reyne
, de M de Sainction , Medecin
Ordinaire de Sa Majefté,
& de M ' Boudin , Docteur
en Medecine . M' Boudin,l'un
des premiers Apoticaires du
Roy , & premier Apoticaire
de la Reyne , ayant eu ordre
d'affifter à la compoſition de
GALANT. 151
ce Remede , y a auffi donné
fon Approbation , auſſi - bien
que M's Maillard , & de Colmes
, Apoticaires de la Maifon
Royale
.
fe , M' de Rouviere fit le Dif
cours que vous allez lire , en :
prefence de M les Doyen
& Profeffeurs de la Faculté,,
Mars 1685 M
138 MERCURE
tous en Robes & en Chape--
rons , qui font les marques .
qui les diftinguent des autres
Docteurs Regens . M' de la .
Reynie , & M le Procureur
du Roy y affifterent auffi .
MESS
ESSIEURS,
F'entreprens aujourd'huy une
Compofition , qui depuis plus defeize
fiecles tient un rang honorable
dans la Medecine. Onpeut
Mithridate * en a eftéle
dire
que
premier Inventeur , puifque les
augmentations qu'on y a faites
* Roy de Pont .
GALANT. 139
fous le Regne de Neron n'empéchent
pas qu'on n'y remarque
beaucoup de conformité ; Andromachus
le Pere ajoûtant les Viperes
à cette Compofition , luy a
donné le nom qu'elle porte : Les
Romains en admiroient les proprietez.
Jamais Remede n'eut une
fi belle deftinée ; il trouva des 5
Partifans parmy les Vainquents•
de la Terre , malgré les red
volutions qui font arrivées dans
l'Univers fa reputation s'eft
confervée, entiere ,pure , inalterée,
jufques au Regne de notre Invincible
Monarque. Marc Au- .
7
Il eftoit premier Medecin de Neron , -
Meij
140 MERCURE
rele Antonin , furnommé le Philofophe
, qui eftoit affis fur le
Trône des Cefars , avec Lucius
Verus fonfrere , charmé des Ecrits
de Galien * , qui apres plufeurs
Voyages s'eftoit retiré à
Pergame , lieu de fa naiſſance,
le fit folliciter de paffer en Italie,
crût qu'il ne pouvoit mieux
témoigner l'eftime qu'il avoit pour
luy , qu'en luy confiant la prépa
ration de la Theriaque . Sa prévoyance
ne fut pas "inutile. La
prefence de Galien luy fut neceffairepourfe
garantir de la Pefte* ,
* Galien fe rendit à Rome l'An de Noftre
Seigneur 164. âgé de 34. ans .
* Cette Pefte arriva en 166, & dura- prés
de quatre années .
GALANT: 140
que Capitolinus & d'autres Hiftoriens
décrivent dans la Vie de
Lucius. La Theriaque fut for
antidote; poffedant deux grands.
biens enfemble , un Remede excellent
pour la confervation de fa
Perfonne Augufte , & un Medecin
tres-babile pour en ordonner
l'ufage , il connut que l'eftime
qu'ilfaifoit de tous les deux;
eftoit infiniment au deffous de leur
merite. Apresfa mort la Theria .
que fut negligée fous trois de fes
Succeffeurs , dont l'un * fut auffi
méprisé pour ses débauches , que
* Commode Succeffeur d'Antonin mourut
1831. jour de Decembre l'An 182..
142 MERCURE
fon Pere avoit efté recommanda_ -
ble pourfes vertus. Et les autres
regnerent fi peu de temps * , qu'ils
n'eurent pas le loifir de fuivre les
traces de l'incomparable Antonins
mais enfin aprés tant de changemens
de difgraces , l'Empereur
Severe rendit à Rome fon
premier éclat. Il fit des honneurs
extraordinaires à Galien ; &
pour le retenir à la Cour , il rétablit
les Laboratoires ,
Theriaque devint en ufage plus
qu'elle n'avoit jamais efté. Galien
rentra dans fon employ ; & quoy
la
* Helvius Pertinax ne regna qu'environ trois -
mois aprés Commode . Et Didie Julien deux
mois & cinq jours aprés Pertinax..
GALANT. 143
quefon genie l'appellat à des chofes
plus difficiles , il continua de
préparer la Theriaque jusques à
L'an de Notre Seigneur 200, qui
fut le dernier de fa vie. Veritablement
ceux qui aprés luy en
eurent la commiffion , luy cederent
en reputation & en merite;
mais le deftin de la Theriaque ne
dépendoit
pas d'un feul homme.
Dans tous les Temps , dans tous
les Regnes , chez toutes les Nations
qui ont eu du difcernement
,
la Theriaque a efté célébrée . Il
feroir aife de le prouver , fi quelqu'un
en pouvoit douter ; mais
laiffant à ceux qui fçavent mieux
..
144 MERCURE
faire valoir les chofes , à repre
fenter l'empreffement qu'ont tou
jours eu les Princes & les Re
publiques pour l'exate compofi
tion de ce Remede . Je me contente
de n'avoir rien oublié pour mon
deffein , d'avoir affemblé avec·
desfoins particuliers tous les Medicamens
neceffaires pour y réuf
fir , & d'eftre en estat de renou
veller l'ancienne Préparation
d'Andromachus , fans eftre affer
vy aux Remedes que l'on fubfti
tuë ordinairement en la place des
originaux. F'efpere de les avoir,
je les foumets à toutes les
épreuves ; j'ay difpenfè les uns é
less
GALANT. 145
les autres pour les employer felon
que la Faculté en voudra déterminer.
On a vûdes Empereurs*
enfermer dans leurs Trefors un
peu de Cinnamome , par la difficulté
qu'ils avoient d'en recouvrer.
On a crú le Baume de Judée
perdu ; le Chalcitis a fait de
L'embaras à des perfonnes d'ailleurs
fort éclairées. Nousfommes
délivrez de toutes ces peines : il
femble que les Regions les plus
éloignées rendent hommage à la
France de ce qu'elles ont de meilleure
de plus rare, Nylefroyable
* Cela eft rapporté par Galien au Livre I.
das Contrepoifons.
Mars 1685.
N
146 MERCURE
étendue des Mers , ny les folitus
des affreufes , ny les deferts inha
bitez , ny les perils où l'on s'expoſe
pour les traverſer , ne font
capables de nous arrêter. Louis
LE GRAND étend fes rayons
jufques aux Climats les plus barbares
, plus brillant encore parfes
vertus , qu'il n'eft redoutable par
fa puiffance. Il fe fait voir an
prés des autres Souverains ce que
le Soleil paroît au milieu des Etoiles
; & de méme que rien dans
le Monde n'approche de la gloire
qu'il s'eft acquiſe , rien n'approche
auffi du bonheur qu'il procure à
ceux qui font foumis àfa DomiGALANT.
147
د
nation. Les Sujets dont il fait
choix pour maintenir l'autorité
des Loix & de la Justice , font
autant de Vaiffeaux précieux qui
partent d'une fource toute pure
qui répandent l'ordre & l'abondance
parmy les Peuples.
L'Illuftre Magiftrat qui préfide à
la Police dans la premiere Ville
du Royaume , balance les mouve
mens de ce grand Corps , & entre
dans tous fes befoins. Il dirige par
fon exemple , auffi bien que par
fes Ordonnances. Il punit fans
paſſion , & recompenfe fans prévention.
Il adoucit la rigueur des
Saifons; il repare lafterilité des
Nij
148 MERCURE
Campagnes ; & fe donnant tout
entier aufervice du Roy, an
bien du Public , il trouve Dien
dans tout ce qu'il fait , & n'en
peur eftre détourné par aucune
confidération. Il nefaut pas s'étonner
aprés cela , Meffieur Meffieurs , que
Paris foit le centre où toutes les
merveilles fe réuniffent. Mais
comme je nefuis pas icypour vous
fatiguer par mes difcours , j'abuferois
de l'honneur que je reçois
de votre préfence , fi je differois
davantage d'entrer en matiere.
Quoy que je n'aye rien à craindre
fur l'élection , préparation , &
mixtion des Medicamens, en me
GALANT. 149
conformant aux décifions de la
Faculté , je ne laiſſe pas d'avoir
befoin de vos complaisancesfur la
maniere de m'expliquer : & je
vous les demande avec d'autant
plus de confiance , que m'attachant
uniquement à ce qui regarde
ma Profeffion , j'efpere que mes
operations meriteront vos attentions,
fi mesparoles n'ont pas affez
de force pour vous engager.
M ' de Rouviere a eu tous
les applaudiffemens qu'il
pouvoit fouhaiter de fon travail
, & l'on voit plufieurs-
Approbations au bas de la
N iij ,
150 MERCURE
Thefe , dont je vous ay donné
lá Figure Emblematique.
La premiere eft fignée de M
Dieuxivoye , Doyen de la Faculté
de Paris ; de M' Pouret ,
ancien Profeffeur , & Medecin
Ordinaire de Monfieur ;
de M' Bonnet , Profeffeur &
Medecin Ordinaire de la Reyne
, de M de Sainction , Medecin
Ordinaire de Sa Majefté,
& de M ' Boudin , Docteur
en Medecine . M' Boudin,l'un
des premiers Apoticaires du
Roy , & premier Apoticaire
de la Reyne , ayant eu ordre
d'affifter à la compoſition de
GALANT. 151
ce Remede , y a auffi donné
fon Approbation , auſſi - bien
que M's Maillard , & de Colmes
, Apoticaires de la Maifon
Royale
.
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Résumé : Discours prononcé sur ce sujet, [titre d'après la table]
En mars 1685, M. de Rouvière a prononcé un discours devant les docteurs régents, le doyen, les professeurs de la Faculté de Médecine, ainsi que M. de La Reynie et le procureur du roi. Ce discours portait sur la composition de la thériaque, un remède célèbre en médecine depuis des siècles. La thériaque, initialement attribuée à Mithridate, roi du Pont, a été améliorée par Andromachus, qui y a ajouté des vipères. Les Romains admiraient ses propriétés, et elle a conservé sa réputation jusqu'au règne de Louis XIV. Sous les empereurs Néron, Marc Aurèle et Lucius Verus, Galien, un médecin célèbre, a été chargé de préparer la thériaque. Sa préparation a été cruciale pour lutter contre une peste qui a frappé Rome en 166. Après la mort de Marc Aurèle, la thériaque a été négligée, mais l'empereur Septime Sévère l'a rétablie, rendant à Galien les honneurs et les responsabilités qu'il méritait. Galien a continué à préparer la thériaque jusqu'à sa mort en l'an 200. Le discours met en avant l'importance de la thériaque à travers les époques et les nations. L'orateur exprime son désir de renouveler la préparation ancienne d'Andromachus en utilisant des médicaments authentiques. Il mentionne les efforts de Louis XIV pour obtenir des ingrédients rares et précieux, soulignant la grandeur et la générosité du roi. Le discours se conclut par des remerciements aux autorités médicales et royales pour leur approbation et leur soutien.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 149-162
LE TRIOMPHE DE VÉNUS.
Début :
Vous vous souvenez de la Dispute qui s'est élevée / Sur le bord de l'Arar, ma Muse solitaire, [...]
Mots clefs :
Statue, Vénus, Muse, Amour, Sommeil, Triomphe, Courtisans, Glorieux, Grâces, Jeux, Coeur, Grandeur, Lumière, Charme, Héros, Heureux, Louis le Grand
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE TRIOMPHE DE VÉNUS.
Vous vous ſouvenez de la
Diſpute qui s'eſt élevée entre
les Sçavans touchant la Statuë
de la Viile d'Arles , pour
fçavoir fi elle repreſentoit
Venus , ou Diane. La décifion
de Sa Majesté qui s'eft
déclarée pour la premiere,
ayant terminé ce differend,
M' Magnin de l'Academie
Royale d'Arles , a fait làdeſſus
le galantOuvrage que
je vous envoye.bon
Nij
150 MERCURE
?
:
52555255-52552 555
LE TRIOMPHE
DE VENUS .
Urte bord de l'Arar ,ma Mase
Jolitaire
Cher espoirde mes derniers jours
M'offroitde quelques vers leSterite
Lecours,
Et révoit à ſon ordinaire,
Quandles Feux,les Ris,lesAmours
Vinvent troubler en foule, avecque I
leursTambours رد مرا
Leurs chants, leur Haut-bois , lour
Musette,
Lefilence dema Retraite.
52
ол
LeDieu qui fait aimer , l'air gay , le
teintvermeil,
GALANT. 151
M'aborde, s'avanceà leurteste,
Etme dit,fors de cesommeil,
Qui,filoin des plaisirs , &t'endort,
&i'arreste.
Venus triomphe enfin,je t'invite à la
feſte;
Ala Cour de LOVIS, on enfait l'appareil,
Ettout en estjusqu'au Soleil.
Se
Dianeabeaufaire lafiere,
Ellen'a plusde Courtisans,
Etfesplus zelez Partiſans
Ontabandonnéla carriere.
S2
SurunSujetfi glorieux
Nous avons raisonné , mais foibles
quenoussommes,
Dis-je alors , n'est- cepas au plusparfaitdes
Hommes
Adireſon avissur l'interèt desDieux?
N iiij
152 MERCURE
LOVIS aprononcé, c'est à tuy de ré-
Soudre,
Il estdans un degréfihaut chez les
Humains,
Que quandmesme ces Dieux luy préteraient
lafoudre,
Apeine croiroit on qu'elle custchangé
demains.
Se
Aprésque ce Heros a vuidé la querolle
Ilnefautplus disputer,
Venus le doitemporter,
Les Muſes deformais vivront bien
avec elle..
Prés de LOVIS le Grand, eltesfont
enfaveur,
P
Les Graces pour Venus ont un zele
fidelte
Enſemble de ce vainqueur
Chantantlagloire immortelle
GALANT 153
Ellesfe feront honneur
Den'avoirqu'un mesme coeur.
Se :
Les Gracesme répondirent,
Ilnetiendrapoint ànous
Les Feux,les Ris repartirent,
Quepeut- on fairefansvous,
Fillesde Venus difcrettes ?
Tout ce que gouſtent de doux
Lesamours les plusparfaites ,
N'est-cepasvousquile faites?
Que peut onfairefans vous,
Filles de Venus difcrettes?
52
Entrez dans'le Palais du plusgrand
Roy du monde,
Admirezſaſageſſe , & tranquile&
profonde,
Entrez , Mere des Amours ,
Vous triomphez , & Diane
Qui vous traitoit de Propbanes
:
154 MERCURE
N'eutjamais de fibeauxjours.
८८
Aces cris d'allegreffe
LesMuſes à leurtour
Vinrent fendre la preſſe,
Etpourfaire leur cour
Meſlons nosvoix , dirent- elles,
Ala gloire du Heros,
Dont les grandeurs immortelles,
Nous donnent en cejour unsi noble
repos.
Se
Leparty plut d'abord , lesGraces l'ac
cepterent,
Etfan's perdre de temps en recitsfuflus,
Voicy comme elles chanterent
LeTriomphe de Venus.
LES GRACES.
Venus a l'airtouchant,&d'elleonpeut
apprendre
1
GALANT. 155
Amefler aux Lauriers les Myrthes
amoureux .
Venus ne gaste rien audeſtin des
heureux,
En eft.on moins Heros , pouravoir le
coeur tendre?
LES MUSES .
Quand on donnedes loix aux plus
grands des Humains,
Toûjours vainqueur, &toûjours
équitable,
Etque demille Souverains
On tient lefort entre ses mains,
Pour avoir l'amefiere, en est- on moins
aimable?
LES GRACES.
Dans un degréde gloire , ou rien ne
peutatteindre,
Ilfautsçavoirdécendre , il fautſca-
いいvoir charmer
Il est beau dese faire craindre
156 MERCURE
Ilestdoux dese faire aimer.
LES MUSES ...
Si Venus maintenant d'une Pomme
eftornée,
Del'air dont elle la tient
Onvoitqu'ellesefouvient
DuHeros qui l'a donnéc.
LES GRACES.
Celle qu'elle recent de ce Bergervolage
Qui causa d'Ilion lefuneste ravage
Eftoit- elle de ceprix?
LOUIS a le rare avantage
De ne pouvoir estresurpris;
Iljointpar unheureux , &charmant
affemblage
Alafiertéd' Hector les charmes de
Paris. 6
LES MUSES .
Son régnefiplein de merveilles
Est la gloire de l'Univers .
i
GALANT. 157
LES GRACES .
Il est l'entretien de vosveilles
Il estle charme de vos Vers.
LES MUSES .
:
Certesfafaveurfouveraine
Nous tient lieu detout aujourd'huy.
LES GRACES.
Il estAuguste , il est Macene,
Vous n'avez affaire qu'à luy.
LES MUSES .
Qui peut nous troubler ? de la
guerre
On a fermé les Esendars
LES GRACES .
Flore peut reduire en parterre
Tout le terrain du Champ de Mars.
LES MUSES .
Plusde Canons , plus de Carcaffes,
Ne troublent l'accord de nos voix.
MULES GRACES.
Ilfautlaiſſer rive les Graces,
158 MERCURE
LOVIS les remet dans leurs
droits.
LES MUSES .
Dianen'estpoint abaiffée ;
Que cede- t'elle icy dufien?
LES GRACES .
Elle estla premiereplacée,
Venusne luy dérobe rien.
LES MUSES .
Sous le Heros quiles aſſemble
Qu'elles aurontdejours heureux!
LES GRACES.
Puißent-elles toûjours enſemble
L'accompagner dans tous fes
vaux.
... LES MUSES.
Puiffent elles d'intelligence
De charmerdans ses petits Fils.
LES GRACES!
Puiffent- elles toûjours en France
Faire la culture des •
GALANT 159
LES MUSES .
Venez ,heureuſes Destinées
Venez ſeconderſes defirs.
LES GRACES .
Neveillez queſurſes années,
Neménagezqueses plaisirs.
LES MUSES .
Fieres Beautez , Venus vous preffe
Devous enflamer en ce jour.
LES GRACES.
Que toutse rendeà latendreſſe;
Quefaire d'un coeurfans amour?
LES MUSES .
-Sans amourseroit- il poſſible
D'avoir des plaiſirs accomplis?
LES GRACES.
QuAmarilisfoitinſenſible,
C'est tant pis pour Amarilis.
LES MUSES.
Venus triomphe, tout le monde
Doit estresoumis àses loix.
160 MERCURE
LES GRACES .
Elle enflame laterre & l'onde,
Peut - on avoir de plus grands
droits?
Se
Merucilledufiecle ou nnoouussfommes
Dit l'Amour , fi Venus voit rétablir
Ses droits,
N'est- ce pas par la voix
Du plus parfait des Hommes,
plus grand des Rois? Etdu
は
Son triomphe estfiny , Sa gloire estaccomplie
Sa place estoit marquée , &le fera
toujours,
Pouvoit elle eftre mieux remplie
rlaMeredes Que parla
Se
Amours?
Allez à vostre tour, allez prendre vos
GALANT. 161
!
Dans ce Palais auguſte , il ne vous
manque rien
Etpourfinirvoſtre entretien
Apprenez à tous ceux qui plaignoients
vos disgraces,
Que les Muses, &les Graces
Nefurentjamaissibien.
SS
Rag છે
Allez par toute laterre
Aſſemblervos Favoris,
Lebruit affreux de la guerre
Netroublera plus vos cris..
Signalons noftre allegreffe
Regnons dansce Siecle heureux,
C'estl'amourqui nous en preſſe,
Direntles Ris,&les feux.
Allonsfaire éclaterfur laTerre&fur
l'onde,
Allons , & ne tardóns plus,
Au nom du Maistre du monde
162 MERCURE
Le triomphe de venus.
S&
Acesmots ils difparurem wiel
Sur leurs pas les Zephirs de la Plaine
coarurent
A
Etreftantfeulje dis en soupirant,
Tropheureux qui vous peutfuivre
Dans cet airfi triomphant;
Mais plus beureux qui peutvivre
Auprés de LOUIS le Grand!
Diſpute qui s'eſt élevée entre
les Sçavans touchant la Statuë
de la Viile d'Arles , pour
fçavoir fi elle repreſentoit
Venus , ou Diane. La décifion
de Sa Majesté qui s'eft
déclarée pour la premiere,
ayant terminé ce differend,
M' Magnin de l'Academie
Royale d'Arles , a fait làdeſſus
le galantOuvrage que
je vous envoye.bon
Nij
150 MERCURE
?
:
52555255-52552 555
LE TRIOMPHE
DE VENUS .
Urte bord de l'Arar ,ma Mase
Jolitaire
Cher espoirde mes derniers jours
M'offroitde quelques vers leSterite
Lecours,
Et révoit à ſon ordinaire,
Quandles Feux,les Ris,lesAmours
Vinvent troubler en foule, avecque I
leursTambours رد مرا
Leurs chants, leur Haut-bois , lour
Musette,
Lefilence dema Retraite.
52
ол
LeDieu qui fait aimer , l'air gay , le
teintvermeil,
GALANT. 151
M'aborde, s'avanceà leurteste,
Etme dit,fors de cesommeil,
Qui,filoin des plaisirs , &t'endort,
&i'arreste.
Venus triomphe enfin,je t'invite à la
feſte;
Ala Cour de LOVIS, on enfait l'appareil,
Ettout en estjusqu'au Soleil.
Se
Dianeabeaufaire lafiere,
Ellen'a plusde Courtisans,
Etfesplus zelez Partiſans
Ontabandonnéla carriere.
S2
SurunSujetfi glorieux
Nous avons raisonné , mais foibles
quenoussommes,
Dis-je alors , n'est- cepas au plusparfaitdes
Hommes
Adireſon avissur l'interèt desDieux?
N iiij
152 MERCURE
LOVIS aprononcé, c'est à tuy de ré-
Soudre,
Il estdans un degréfihaut chez les
Humains,
Que quandmesme ces Dieux luy préteraient
lafoudre,
Apeine croiroit on qu'elle custchangé
demains.
Se
Aprésque ce Heros a vuidé la querolle
Ilnefautplus disputer,
Venus le doitemporter,
Les Muſes deformais vivront bien
avec elle..
Prés de LOVIS le Grand, eltesfont
enfaveur,
P
Les Graces pour Venus ont un zele
fidelte
Enſemble de ce vainqueur
Chantantlagloire immortelle
GALANT 153
Ellesfe feront honneur
Den'avoirqu'un mesme coeur.
Se :
Les Gracesme répondirent,
Ilnetiendrapoint ànous
Les Feux,les Ris repartirent,
Quepeut- on fairefansvous,
Fillesde Venus difcrettes ?
Tout ce que gouſtent de doux
Lesamours les plusparfaites ,
N'est-cepasvousquile faites?
Que peut onfairefans vous,
Filles de Venus difcrettes?
52
Entrez dans'le Palais du plusgrand
Roy du monde,
Admirezſaſageſſe , & tranquile&
profonde,
Entrez , Mere des Amours ,
Vous triomphez , & Diane
Qui vous traitoit de Propbanes
:
154 MERCURE
N'eutjamais de fibeauxjours.
८८
Aces cris d'allegreffe
LesMuſes à leurtour
Vinrent fendre la preſſe,
Etpourfaire leur cour
Meſlons nosvoix , dirent- elles,
Ala gloire du Heros,
Dont les grandeurs immortelles,
Nous donnent en cejour unsi noble
repos.
Se
Leparty plut d'abord , lesGraces l'ac
cepterent,
Etfan's perdre de temps en recitsfuflus,
Voicy comme elles chanterent
LeTriomphe de Venus.
LES GRACES.
Venus a l'airtouchant,&d'elleonpeut
apprendre
1
GALANT. 155
Amefler aux Lauriers les Myrthes
amoureux .
Venus ne gaste rien audeſtin des
heureux,
En eft.on moins Heros , pouravoir le
coeur tendre?
LES MUSES .
Quand on donnedes loix aux plus
grands des Humains,
Toûjours vainqueur, &toûjours
équitable,
Etque demille Souverains
On tient lefort entre ses mains,
Pour avoir l'amefiere, en est- on moins
aimable?
LES GRACES.
Dans un degréde gloire , ou rien ne
peutatteindre,
Ilfautsçavoirdécendre , il fautſca-
いいvoir charmer
Il est beau dese faire craindre
156 MERCURE
Ilestdoux dese faire aimer.
LES MUSES ...
Si Venus maintenant d'une Pomme
eftornée,
Del'air dont elle la tient
Onvoitqu'ellesefouvient
DuHeros qui l'a donnéc.
LES GRACES.
Celle qu'elle recent de ce Bergervolage
Qui causa d'Ilion lefuneste ravage
Eftoit- elle de ceprix?
LOUIS a le rare avantage
De ne pouvoir estresurpris;
Iljointpar unheureux , &charmant
affemblage
Alafiertéd' Hector les charmes de
Paris. 6
LES MUSES .
Son régnefiplein de merveilles
Est la gloire de l'Univers .
i
GALANT. 157
LES GRACES .
Il est l'entretien de vosveilles
Il estle charme de vos Vers.
LES MUSES .
:
Certesfafaveurfouveraine
Nous tient lieu detout aujourd'huy.
LES GRACES.
Il estAuguste , il est Macene,
Vous n'avez affaire qu'à luy.
LES MUSES .
Qui peut nous troubler ? de la
guerre
On a fermé les Esendars
LES GRACES .
Flore peut reduire en parterre
Tout le terrain du Champ de Mars.
LES MUSES .
Plusde Canons , plus de Carcaffes,
Ne troublent l'accord de nos voix.
MULES GRACES.
Ilfautlaiſſer rive les Graces,
158 MERCURE
LOVIS les remet dans leurs
droits.
LES MUSES .
Dianen'estpoint abaiffée ;
Que cede- t'elle icy dufien?
LES GRACES .
Elle estla premiereplacée,
Venusne luy dérobe rien.
LES MUSES .
Sous le Heros quiles aſſemble
Qu'elles aurontdejours heureux!
LES GRACES.
Puißent-elles toûjours enſemble
L'accompagner dans tous fes
vaux.
... LES MUSES.
Puiffent elles d'intelligence
De charmerdans ses petits Fils.
LES GRACES!
Puiffent- elles toûjours en France
Faire la culture des •
GALANT 159
LES MUSES .
Venez ,heureuſes Destinées
Venez ſeconderſes defirs.
LES GRACES .
Neveillez queſurſes années,
Neménagezqueses plaisirs.
LES MUSES .
Fieres Beautez , Venus vous preffe
Devous enflamer en ce jour.
LES GRACES.
Que toutse rendeà latendreſſe;
Quefaire d'un coeurfans amour?
LES MUSES .
-Sans amourseroit- il poſſible
D'avoir des plaiſirs accomplis?
LES GRACES.
QuAmarilisfoitinſenſible,
C'est tant pis pour Amarilis.
LES MUSES.
Venus triomphe, tout le monde
Doit estresoumis àses loix.
160 MERCURE
LES GRACES .
Elle enflame laterre & l'onde,
Peut - on avoir de plus grands
droits?
Se
Merucilledufiecle ou nnoouussfommes
Dit l'Amour , fi Venus voit rétablir
Ses droits,
N'est- ce pas par la voix
Du plus parfait des Hommes,
plus grand des Rois? Etdu
は
Son triomphe estfiny , Sa gloire estaccomplie
Sa place estoit marquée , &le fera
toujours,
Pouvoit elle eftre mieux remplie
rlaMeredes Que parla
Se
Amours?
Allez à vostre tour, allez prendre vos
GALANT. 161
!
Dans ce Palais auguſte , il ne vous
manque rien
Etpourfinirvoſtre entretien
Apprenez à tous ceux qui plaignoients
vos disgraces,
Que les Muses, &les Graces
Nefurentjamaissibien.
SS
Rag છે
Allez par toute laterre
Aſſemblervos Favoris,
Lebruit affreux de la guerre
Netroublera plus vos cris..
Signalons noftre allegreffe
Regnons dansce Siecle heureux,
C'estl'amourqui nous en preſſe,
Direntles Ris,&les feux.
Allonsfaire éclaterfur laTerre&fur
l'onde,
Allons , & ne tardóns plus,
Au nom du Maistre du monde
162 MERCURE
Le triomphe de venus.
S&
Acesmots ils difparurem wiel
Sur leurs pas les Zephirs de la Plaine
coarurent
A
Etreftantfeulje dis en soupirant,
Tropheureux qui vous peutfuivre
Dans cet airfi triomphant;
Mais plus beureux qui peutvivre
Auprés de LOUIS le Grand!
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6
p. 190
VI.
Début :
La Parque pour filer les jours du Grand LOUIS, [...]
Mots clefs :
Parque, Louis le Grand, Fil, Lys, Quenouille, Immortalité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VI.
VI. LA Parque pour filer les jours du
Grand LOUIS.
A beau tourner le -fi-l -que sans ceffi elle
mONille,
Les Lysfontaudejfnsdesloix de laQuenouille,
Et par mille Exploits intrkis,
Plus que Cefar&quAlexandre,
A limmortalité ce Héros doit preten
i dre.
L'ArcangedeLion, Amant
d'Arianne.
Grand LOUIS.
A beau tourner le -fi-l -que sans ceffi elle
mONille,
Les Lysfontaudejfnsdesloix de laQuenouille,
Et par mille Exploits intrkis,
Plus que Cefar&quAlexandre,
A limmortalité ce Héros doit preten
i dre.
L'ArcangedeLion, Amant
d'Arianne.
Fermer
7
p. 1-13
Prélude contenant plusieurs Nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
Quelque éclat qui ait accompagné le grand nombre de Victoires [...]
Mots clefs :
Victoires, Europe, Roi de France, Gloire, Admiration, Actions, Monarque, Sujets, Ministres, Affaires, Bonté, Arrêt du conseil, Malheureux, Éloges, Louis le Grand, Devises, Inscriptions, Dictionnaire, Palais de Versailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prélude contenant plusieurs Nouvelles, [titre d'après la table]
UELQUE éclat qui
ait
accompagné le
grand nombre de
Victoires que le Roy a rem
portées fur
l'Europe
prefque
entiere
liguée
contre luy , il
ne s'eft jamais
acquis tant de
gloire , que lors qu'il rendit
May 1685. A
MERCURE
contre luy- mefme en faveur
de fes Sujets , le fameux Arreit
dont tout le monde a
parlé avec autant d'admiration
que de furpriſe. Je ne
repéteray point les particularitez
de cette Action gené
ralement connue. Elles ont
remply plufieurs de mes Lettres
; & fi j'en fais fouvenir
icy , c'est pour dire qu'on
cherchaalors dans toute l'Antiquité
quelque Action qui
puft eftre comparée à celle
que Sa Majefté venoit de
faire , & qu'il fut impoffible
d'en trouver. Il n'apartenoit
3
GALANT.
3
quà ce grand Monarque
feul comparable à luy- mefme,
& fi accoûtumé à faire
des chofes inouies, d'en four.
nir encore une autre de mefme
nature , afin que les Sié,
cles à venir puffent travailler
à en faire des paralelles . Nous
l'avons veuë depuis peu de
jours , & vous en allez demeurer
d'accord , quand je
vous l'auray expliquée dans
toutes les circonstances . Il
s'agiffoit d'accorder une Re ,
mife à plufieurs de fes Sujets,
& Sa Majesté a bien voulu la
faire de plus de fept cens mille
A ij
4 MERCURE
que
livres chaque année d'un Bail
qui ne doit finir que dans
trois ans. Si d'un cofté on
ne fait réflexion que fur la
valeur de la Remife , quoy
tres- conſidérable, & que
de l'autre on regarde le panchant
naturel qui porte le
Roy à faire du bien , cette
Action ne fera pas naiftre
d'abord toute la furprife qu'
elle doit caufer mais elle
redoublera, fi- toft qu'on aura
appris que cette Remife a
efté faite à des Sous Fermiers,
c'eft à dire , à des Gens d'Affaires
, puis qu'il eſt certain
;
GALANT.
ད
qu'encore qu'on foit perfuadé
qu'ils peuvent perdre en quel
ques occafions , le Public ne
croit pas qu'on foit obligé
pour cela de leur accorder
aucunes Remiſes. On prétend
qu'ils gagnent en plus
d'Affaires qu'ils ne perdent,
& cette raiſon fait dire que
l'on ne doit tenir compte :
d'aucune perte à des Perſonnes
qui n'en tiennent pas des
grands gains qu'ils font . Cependant
le Roy , par une
bonté extraordinaire & inoüie
juſques à ce jour , a bien voulu
entrer dans les intéreſts
A iij
6 MERCURE
de ceux qui luy ont repré
fenté qu'ils perdoient. Il s'eft
donné la peine d'examiner
luy- mefme l'Affaire dont ils
fe font plaints , & s'en eſtant
fait faire des raports fidelles
par d'équitables Miniftres qui
luy ont fait connoiftre la ve
rité , ce Prince auffi gené
reux que jufte , n'a voulu
jetter les yeux que fur les
pertes qu'avoient à foufrir les
Intéreffez . Il s'en eft laiffé
toucher ; & craignant ' què
quelques Malheureux , qui
a
peut-eftre n'avoient jamais
gagné d'ailleurs avec luy , s'y
GALANT. 7
trouvant envelopez , ne fuſfent
ruinez d'une maniere à
ne s'en pas relever , & que
leur ruine n'entraînaft encore
celle de quelques autres Familles
, il leur a remis les
fept cens mille livres & plus
dont je viens de vous parler ,
ce qui monte à plus de deux
millions pendant trois années.
Cette bonté toute magnanime
regarde plus de quarante
Perfonnes, qui font nommées
dans l'Arreft du Confeil d'Etat
donné le 17. du dernier
mois , & imprimé depuis ce
temps- là.
A j
8 MERCURE
Il ne faut pas s'étonner
fi une fuite fi continuelle
d'Actions qui font audeffus
de toutes fortes d'éloges , en
attire tant tous les jours au
Roy , non feulement de fes
Sujets , mais encore des Nations
les plus éloignées , où
le bruit de fa grandeur s'eft
répandu . On ne la peut mieux
connoiftre
que par le Livre
intitulé Paralelle de LOUIS
LE GRAND avec les autres
Princes qui ont efté furnommez
Grands. Cet Ouvrage eft de
M' de Vertron de l'Académie
Royale d'Arles. Il fait voir
GALANT. 9
que le Roy a toutes leurs vertus
, fans avoir aucun de leurs
defauts , & l'on Y trouve les
plus beaux traits de l'Hiftoire
univerfelle. Il finit avec ces
paroles divines , qui font l'ame
d'une Devife qui a le
Soleil pour corps .
Non furrexit major.
Rien ne pouvoit mieux finir
un Livre dont le but est de
prouver que le Roy eft au
deffus de tout ce qui a jamais
porté le nom de Grand .
Le mefme jour que M' de
Vertron préfenta ce Paralelle
à Sa Majefté , il eut l'hon10
MERCURE
neur de luy donner en meſme
temps un Dictionnaire Hiftorique
de fes Conqueftes
depuis 1643. jufques en 1679.
Je ne fçay fi celles de toutes
les Puiffances du Monde mifes
enſemble depuis un fiécle,
compoſeroient un Volume
qui approchaft de la groffeur
de celuy dont je vous parle,
Ce Dictionnaire n'eft encore
qu'en manufcrit. Je ne vous
dis point de quelle maniere
le Roy le receut. Il a toujours
beaucoup de retenuë
fur ce qui le louë ; & l'on
fçait qu'un de nos plus illuf
GALANT. II
tres Autheurs luy ayant préfenté
un Ouvrage qui renfermoit
fon Eloge , & qui
avoit efté recité en Public
avec de grands applaudiffemens,
ce Prince luy dit, Qu'il
le loueroit davantage, s'ily eftoit
moins loué. Ce Monarque pou
voit dire la mefme chofe à.
M' de Vertron . C'est encore
luy qui a fait l'Infcription fuivante
pour le Palais de Verfailles.
Non eft aqua domus Regi . Quid majus
in Orbe?
Naturamfuperat LODOIX ,fuperavit
& artem.
12 MERCURE
Ces deux Vers ont efté traduits
de cette forte..
Tout merveilleux qu'est ce Palais,
Il n'a rien d'égal à fon Maistre.
LOVIS, le plus grand Roy que l'on ait
vûjamais ,
Donne l'ame aux beautez que l'ony
voit paroiftre.
A tout ce qui le forme un gouft exquis
a part,
Et dansfa fuperbe structure
Ce Monarque afurpaſſe l'Art,
Comme ilfurpaffe la Nature.
On n'a point encore choify
les Infcriptions qu'on doit
mettre au Louvre & à Ver
failles. La beauté de la matiere
, le defir de la gloire;
& fur tout l'envie de faire
GALANT. 13
quelque chofe qui puiffe
plaire à Sa Majefté , ont engagé
quantité de beaux Ef
pritsà travailler fur ces grands
fujets . Voicy une Infcription
pour le Louvre , faite par un
Autheur qui m'eft inconnu.
On fuppofe une Renommée
au- deffus de ce grand Portail.
Elle doit tenir le Portrait
du Roy d'une main , & de
l'autre fa Trompette , avec
ces Vers dans la Banderole.
Monde , viens voir ce queje voy,
Et ce que le Soleil admire,
Rome dans un Palais , dans Paris un
Empire,
Ettous les Céfars dans un Roy.
ait
accompagné le
grand nombre de
Victoires que le Roy a rem
portées fur
l'Europe
prefque
entiere
liguée
contre luy , il
ne s'eft jamais
acquis tant de
gloire , que lors qu'il rendit
May 1685. A
MERCURE
contre luy- mefme en faveur
de fes Sujets , le fameux Arreit
dont tout le monde a
parlé avec autant d'admiration
que de furpriſe. Je ne
repéteray point les particularitez
de cette Action gené
ralement connue. Elles ont
remply plufieurs de mes Lettres
; & fi j'en fais fouvenir
icy , c'est pour dire qu'on
cherchaalors dans toute l'Antiquité
quelque Action qui
puft eftre comparée à celle
que Sa Majefté venoit de
faire , & qu'il fut impoffible
d'en trouver. Il n'apartenoit
3
GALANT.
3
quà ce grand Monarque
feul comparable à luy- mefme,
& fi accoûtumé à faire
des chofes inouies, d'en four.
nir encore une autre de mefme
nature , afin que les Sié,
cles à venir puffent travailler
à en faire des paralelles . Nous
l'avons veuë depuis peu de
jours , & vous en allez demeurer
d'accord , quand je
vous l'auray expliquée dans
toutes les circonstances . Il
s'agiffoit d'accorder une Re ,
mife à plufieurs de fes Sujets,
& Sa Majesté a bien voulu la
faire de plus de fept cens mille
A ij
4 MERCURE
que
livres chaque année d'un Bail
qui ne doit finir que dans
trois ans. Si d'un cofté on
ne fait réflexion que fur la
valeur de la Remife , quoy
tres- conſidérable, & que
de l'autre on regarde le panchant
naturel qui porte le
Roy à faire du bien , cette
Action ne fera pas naiftre
d'abord toute la furprife qu'
elle doit caufer mais elle
redoublera, fi- toft qu'on aura
appris que cette Remife a
efté faite à des Sous Fermiers,
c'eft à dire , à des Gens d'Affaires
, puis qu'il eſt certain
;
GALANT.
ད
qu'encore qu'on foit perfuadé
qu'ils peuvent perdre en quel
ques occafions , le Public ne
croit pas qu'on foit obligé
pour cela de leur accorder
aucunes Remiſes. On prétend
qu'ils gagnent en plus
d'Affaires qu'ils ne perdent,
& cette raiſon fait dire que
l'on ne doit tenir compte :
d'aucune perte à des Perſonnes
qui n'en tiennent pas des
grands gains qu'ils font . Cependant
le Roy , par une
bonté extraordinaire & inoüie
juſques à ce jour , a bien voulu
entrer dans les intéreſts
A iij
6 MERCURE
de ceux qui luy ont repré
fenté qu'ils perdoient. Il s'eft
donné la peine d'examiner
luy- mefme l'Affaire dont ils
fe font plaints , & s'en eſtant
fait faire des raports fidelles
par d'équitables Miniftres qui
luy ont fait connoiftre la ve
rité , ce Prince auffi gené
reux que jufte , n'a voulu
jetter les yeux que fur les
pertes qu'avoient à foufrir les
Intéreffez . Il s'en eft laiffé
toucher ; & craignant ' què
quelques Malheureux , qui
a
peut-eftre n'avoient jamais
gagné d'ailleurs avec luy , s'y
GALANT. 7
trouvant envelopez , ne fuſfent
ruinez d'une maniere à
ne s'en pas relever , & que
leur ruine n'entraînaft encore
celle de quelques autres Familles
, il leur a remis les
fept cens mille livres & plus
dont je viens de vous parler ,
ce qui monte à plus de deux
millions pendant trois années.
Cette bonté toute magnanime
regarde plus de quarante
Perfonnes, qui font nommées
dans l'Arreft du Confeil d'Etat
donné le 17. du dernier
mois , & imprimé depuis ce
temps- là.
A j
8 MERCURE
Il ne faut pas s'étonner
fi une fuite fi continuelle
d'Actions qui font audeffus
de toutes fortes d'éloges , en
attire tant tous les jours au
Roy , non feulement de fes
Sujets , mais encore des Nations
les plus éloignées , où
le bruit de fa grandeur s'eft
répandu . On ne la peut mieux
connoiftre
que par le Livre
intitulé Paralelle de LOUIS
LE GRAND avec les autres
Princes qui ont efté furnommez
Grands. Cet Ouvrage eft de
M' de Vertron de l'Académie
Royale d'Arles. Il fait voir
GALANT. 9
que le Roy a toutes leurs vertus
, fans avoir aucun de leurs
defauts , & l'on Y trouve les
plus beaux traits de l'Hiftoire
univerfelle. Il finit avec ces
paroles divines , qui font l'ame
d'une Devife qui a le
Soleil pour corps .
Non furrexit major.
Rien ne pouvoit mieux finir
un Livre dont le but est de
prouver que le Roy eft au
deffus de tout ce qui a jamais
porté le nom de Grand .
Le mefme jour que M' de
Vertron préfenta ce Paralelle
à Sa Majefté , il eut l'hon10
MERCURE
neur de luy donner en meſme
temps un Dictionnaire Hiftorique
de fes Conqueftes
depuis 1643. jufques en 1679.
Je ne fçay fi celles de toutes
les Puiffances du Monde mifes
enſemble depuis un fiécle,
compoſeroient un Volume
qui approchaft de la groffeur
de celuy dont je vous parle,
Ce Dictionnaire n'eft encore
qu'en manufcrit. Je ne vous
dis point de quelle maniere
le Roy le receut. Il a toujours
beaucoup de retenuë
fur ce qui le louë ; & l'on
fçait qu'un de nos plus illuf
GALANT. II
tres Autheurs luy ayant préfenté
un Ouvrage qui renfermoit
fon Eloge , & qui
avoit efté recité en Public
avec de grands applaudiffemens,
ce Prince luy dit, Qu'il
le loueroit davantage, s'ily eftoit
moins loué. Ce Monarque pou
voit dire la mefme chofe à.
M' de Vertron . C'est encore
luy qui a fait l'Infcription fuivante
pour le Palais de Verfailles.
Non eft aqua domus Regi . Quid majus
in Orbe?
Naturamfuperat LODOIX ,fuperavit
& artem.
12 MERCURE
Ces deux Vers ont efté traduits
de cette forte..
Tout merveilleux qu'est ce Palais,
Il n'a rien d'égal à fon Maistre.
LOVIS, le plus grand Roy que l'on ait
vûjamais ,
Donne l'ame aux beautez que l'ony
voit paroiftre.
A tout ce qui le forme un gouft exquis
a part,
Et dansfa fuperbe structure
Ce Monarque afurpaſſe l'Art,
Comme ilfurpaffe la Nature.
On n'a point encore choify
les Infcriptions qu'on doit
mettre au Louvre & à Ver
failles. La beauté de la matiere
, le defir de la gloire;
& fur tout l'envie de faire
GALANT. 13
quelque chofe qui puiffe
plaire à Sa Majefté , ont engagé
quantité de beaux Ef
pritsà travailler fur ces grands
fujets . Voicy une Infcription
pour le Louvre , faite par un
Autheur qui m'eft inconnu.
On fuppofe une Renommée
au- deffus de ce grand Portail.
Elle doit tenir le Portrait
du Roy d'une main , & de
l'autre fa Trompette , avec
ces Vers dans la Banderole.
Monde , viens voir ce queje voy,
Et ce que le Soleil admire,
Rome dans un Palais , dans Paris un
Empire,
Ettous les Céfars dans un Roy.
Fermer
8
p. 8-98
Description entiere d'une These qui contient toute la vie du Roy. [titre d'après la table]
Début :
C'est le dessein d'une These pour le Roy, [...]
Mots clefs :
Louis le Grand, Roi, Louis XIV, Thèse, Monarques, Monarque, Ouvrage, Actions, Paix, 1684, 1685, Médaille, Mots, Ordre, France, Royaume, 1677, Villes, Parler, Histoire, Marquer, Détail, Événements, Paroles, Armes, Clémence, Couronne, Thèses, Conduite, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description entiere d'une These qui contient toute la vie du Roy. [titre d'après la table]
C'est le des.
sein d'une These pour leRoy,
fait par un homme qui s'est
attaché avec tant d'exactitu
de à rechercher tout ce qui
regarde la Vie de ce Grand
Monarque, que je puis vous
aíïèurer qu'encore qu'on ait ^
tâché de l'imiter , & de le co
pier en beaucoup d'endroits,
dans des Ouvrages qu'on a
GALANT.. 9
presentez {ans avoir ose' les
rendre publics , il est l'original
de tout ce que nousavons
vû de cette nature. Le tra
vail de cet Ouvrage, ou tou
tes les dates font , est quelque
chose d'incomprehensiblej íì
je puis parler ainsi, & pour
le rendre correct, Y Auteur a
a eu besoin de toute l'applicatïon
d'un hommeauíïi zelc
qu'il lest pour le Roy. Tous
les Eloges de ce Monarque i
& rout ce qu'on a fait de son
Histoire, ne nous en sçauroient
faire si bien connoik
tre la grandeur que cet Ou
vrage , & c'est ce qui merite
une réflexion bien serieuse,
& qui jettera dans tâtonne
ment tous ceux qui voudront
la faire. Il ne s'agit que de
marquer ce qu'à fait le R.oyy
fans détail , fans raisonne
ment , & sans éloge .y & ce
pendant cette These peur
passer pour une chose prek
que impoíïîble > à cause du,
grand nombre d'Actions qu'
elle contrent.Tous les Siecle*
ne nous fòurniífënt rien de
semblable. Je purs , & je dois
le dire à la teste d'un Ouvra
ge qui n'est remply que de
GALANT, ii
Faits y. & l'on ne peut ea
voyant cela que se taire , &
demeurer dans 1 etonnement»
Je n'ay dit qu'un mot de ces
raits. là , & ce n'a mefme esté.
que d'une partie ,& j'en ay
parlé dans deux cens Volu
mes. Peut-on dire apres cela
qu'il soit aisé de faire L'HiÇ
toire du Roy , si l'on y veut
renfermer tout ce qu'il a fait
de grand ? Pour moy, je suis
persuadé qu'il faudroit un Sie
cle entier , si ion vouloit
mettre dans leur jour toutes
les actions de ee Monarque M
& que cette .Histoire pour
i2 MERCURE
roit remplir seule des Biblio
theques. Vous en ferez en
tierement convaincuè,quand
vous aurez lû l'Ouvrage sui
vant , qui sera d'une grande
utilité pour tous ceux qui
voudront travailler à cette
Histoire . & qui leur epar
gnera plusieurs annees de
recherches. Sou venez- vous ,
s'il vous plaiít , que l'Auteur
luppose ion dessein executes
& qu'il décrit la Thèse com
me si elle eítoit faite. >
DESSEIN DE L'OUVRAGE.
Les Actions immortelles
de Louis XIV. estant ad
V
GALANT, i?
mirees de touce la Terre , il
n'est pas possible de trouver
aujòurd'huy quelqu'un qui
n'en soit pas informé, & qui
puiíïè demander avec raison,
pourquoy nous appelions ce
Prince Louis le Grand ,
mais afin d'en instruire la
Posterité ,on luy dédie une
These qui pourra luy servir
de regie dans les sentimens
qu'elle doit avoir des vertus
héroïques de nostre incom
parable Monarque. Les prin
cipaux évenemens de son Re
gne depuis 1658. y sont mar
quez d'une maniere qui ne
«4 MERCURE
fera peut estre pas deíagreable.
Quoy qu'il y eust une
infinité de belles choses à di
re avant ce temps. là, on n'a
pas cru devoir remonter plus
haut , afin de ne se pas co
pier soy mesme dans d'autres
Ouvrages, où elles n'ont pas
esté oubliées ; mais plus que
tout cela , pour n'établir les
louanges de Louis le
<j r a n d que fur des actions
d'éclat , dans lesquelles il a
toujours eu la premiere part,
St afin de le suivre plus exa.
#ement depuis un âge où sa
teste / son coeur, son bras &
GALANT. y rç.
son esprit ont commencé d'a
gir de concert pour le bien
2e ses Etats. .L Histoire du
Roy est une matiere riche, &
un vaste champ ouvert à tous
ceux qui s'y voudront exer
cer! Heureux mille fois celuy
cpi le fera avec succès ! On
a cru devoir ne s'expliquer
qu'en François, soit dans les
Inscriptions , soit dans les
Conclusions historiques êc
politiques , parce qu'on a eu
four objet la satisfaction des
Perfonnes qui préferent cet
te Langue , que nos Victoi
res oat rendue si florissante
ì6 MERCURE
dans toutes les Patries du
Monde.
DES C RIPT ION
... . de la Thèse.
Le Portrait du Roy est
placé au milieu d'une Cou
ronne de laurier , relevée de
quatorze Médailles , le tout
posé fur une dépqiïille de
Lion.Quatre grands Octogo
nes avec de riches bordures
accompagnent le Portrait,
&font voir par quatre gran
des Inscriptions la gloire du
Roy dans les quatre Parties
du Monde. / ,
GALANT. 17
/. INSCRIPTION.
HEurope inutilement conjus
rce pour s opposer à la Course
wiclorieusi de LOV IS LE
GRAND, cede a U force de
fin bras , &fi njoit contrainte
£accepter là Paix , que ce Mo
narque luy accorde au milieu de
fis Victoire*.
IL INSCRIPTION.
LÌAfìc étonnée des ABions ad
mirables de la Grandeur dtp
fioy 3 recherche fin Alliance , &
députe trois fois des Ambassa
deurs du Royaume de Siam a*vec
de riches Prefins. '
Janvier 1687. B
18 MERCURE
IN SCRIPT 10m.
il Afrique humiliée par les
frequentes défaites des Corsai
res d'Alger , de Tunis , de Tri
poli, de Maroc & de Salé , que
LOUIS XIV. a punk jusque
dans leurs Portereffe* , <vient de
mander la Paix'au pied du Trô
ne de Sa Majefié.
IV. INSCRIPTION.
L Amerique owverte aux Ar
mes de LOVIS LE GRAND,
a eflé le Theatre des Victoires
qu'il a remportées Jùr Jes Bar
bares 3 & des Conqueftes qùil a
faites à S. Christophe, à Tabagoy
dans toutes leslsles Antilles.
' \
». t . '
. ' 4
19
Les quatorze Médailles
font autantde Vertus ou At
tributs du Roy , representez
par des Devises ou Emblè
mes, 8c expliquez dans l'Exerque
de chaque Médaille..
Comme les Armoiries four
nissent le corps le plus naturel
Sc le plus ordinaire des Devi
ses, on s'est fait icy une obli
gation d'en tirer quatre des'
Lys , qui composent les Ar
mes de nos Rois , quatre du;
Soleil, qui est le symbole du;
Roy , &une du Coq , qui re
presente la France.
zo MERCURE ...
/. M ED AILLE.
Le Soleil éclairant tout le
monde avec ces mots, Eclai
re sVnivers. Dans l'Exerque
pour Vertu , Sagesse.
II. MEDAILLE.
Un Lys avec ces mots, Que
jòn odeur efi douce ! Dans 13*
xerque, Clemence.
III. MEDAILLE.
Une Justice tenant la Ba
lance , avec ces mots , Sou
tien des Loix. Dans l'Exer
que , Justice.
IV. MED AILLE.
Un Laurier. Pour Ame ,
Chery de Minerve & de Marr.
21
Dans l'Exerque , Liberalité.
V. MEDAILLE.
Un Lys avec ces mots. Des
Mortels Vamour & le plaifìn
Dans l'Exerque , Èonté.
VI. MEDAILLE.
Un Soleil avec ces mots ,
// commande aux Saijòns£)àn&
l'Exerque, Puissance. '
VII. MEDAILLE.
Un Coq qui a une patte
en l'air. avec ces mots , La
terreur des Lions. Dans l'Exer
que , Vigilance.
VIII. MEDAILLE,
Un double Foudre en l'air .
avec ces mots , La terreur des
22 MERCURE
Ingrats. Dans l'Exerque , fer*
metê.
IX. MEDAILLE.
Un Soleil avec ces paroles,,
A qui rien ne peut refîfter.Da.ns>
l'Exerque, Force.
X. MEDAILLE.
Un Lys avec ces mots , Son
odeur va plus loin. Dans l'E
xerque, Gloire.
XI. MEDAILLE.
Un Foudre fur un Autel
avec ces paroles , Joûijfexde
fin repos. Dans l'Exerque,
Moderation.
, XII. MEDAILLEUne
Caíîolete fumante fur;
- GALANT. 2?
un Autel avec ces mots , La
gloire des Autels. Dans l'Exer*
que, Pieté.
XIII. MEDAILLE.
Un Lys , avec un grand
rejetton à droite ,. & trois au
tres petits à gauche, & pour
ame, NofireJiècondejpoir. Dans
l'Exerque , Bonheur.
XIV. MEDAILLE.
Un Soleil qui parcourt le
Zodiaque, avec ces mots , //
ne peut sarrefter. Dans l'Exer-.
que , Vaillance.
Dans le milieu de la bor
dure, au bas du Portrait, font
les Armes de Sa Majeste' en
H MERCURE
tourées des deux Colliers des
Ordres de Saint Michel & du
Saint Esprit, & ornées de Gui
dons, d'Etendards, & de Tro
phees , qui jettent des bran
ches d'Olive , pour marquer
la Clemence de ce Prince ,
qui a bien voulu donner la
Paix au milieu de ses Victoi
res. Il y a deux grandes Trom
pettes qui accompagnent la
Couronne , avec deux aifles
qui s'étendent de chaque costé
, pour porter les Armes
de Louis le Grand ju£
ques aux extrémitez du mon
de. Tous ces ornemens qui
fonc
.GALANT, n
font le haut de la These, sonc
soutenus dune table d'atten
te , ou parement irregulier
d'Architecture d'un ordre
Composite , avec la Corni
che, sa Frise, son Architra
ve , Colomnes , Pilastres ,
Chapiteaux , Piedestaux &c
Baies. Un grand Cartouche
posé sur le milieu de la Frise,
contient ces mots , A L A
POSTERITE'. Le grand
Quadre destiné pour les The.
ses , est échaneré par le bas ,
& pôle entre les Pilastres. U
contient quatorze Theses ou
Conclusions , qui répondent
Janvier 1687. C
26 MERCURE
par ordre aux quatorze Me
dailles , & qui prouvent cha
que Vertu ou Attribut du
Roy. C'est: par cette raison
qu'on s'est attaché à com
mencer la plufpart des Con
clusions par les paroles de la
Devise qu'elles, justifient.
Comme les Theses font le
principal fondement de tout
cet Ouvrage , on croit devoir
en expliquer la conduite su.
vec un peu plus de détail. Le
stileen est assez particulier,
mais cette Philosophie que
nous donnons n'estant pas
ordinaire, & ne faisant que
GALANT. 27
de haistre , elie s'est trouvée
capable de toutes les formes
cju/on a. voulu luy donner.
Certaines expressions de Poe
sie , & d'autres libertez qu'on
ne prendroit pas ailleurs, en
ont rendu les Propositions
courtes & ferrees en des
endroits , & plus étendues
en,* d'autres, Tout cela est
permis en cette occasion, ou
l'on doit dire beaucoup de
choses en peu de paroles. On
peut inesme. parler Ecolier, si
cette expression m'est permi
se , pourveu qu'on le faíïè
pour exprimer plus naturel-
Cij
28 MERCURE .;
lement les opinions que l'on
propose. Nous n'avons pû
nous dispenser d'employer
des chifres pour marquer les
jours & les années de plu
sieurs évenemens. Cela n'est
pas íàns exemple, puis que
nous voyons tanc de Theses
remplies de semblables chi
fres. Cependant on ne l'a fais
que lors que les Actions du
Roy ne íònt pas marquées
dans les autresMédailles donc
nous parlerons dans la fuites
Cette Chronologie a sonutúj
lité, & le Public ne sera peut,
eítre pas fâché de. la tçouyer
GALANT, zf
observée dans cet Ouvrage
avec assez de íòin. Les The-t
ses ont pour Titre \
HtftQrtques&Polittqucs.
.,' Q13ESTION* ;
Qui devez - vous estimer Ic
plus Gi."and de tous les
Monarques de la Terreî
1 CONCLVSION.
LOVIS XIV. donné de
^Dieu d une maniere mira*
culeajè, éclaire Y Univers par
les rayons éclatans de fa SageC
C iij
?o MERCURE
se. Cette Vertu parut en luy
beaucoup de temps avant Vâge
ordinaire. Peut-on dire qu'il ait
manqué une feule fois a prevoir
jusqu'aux moindre* évenemens
dans tout ce qu'il a entrepris f
Qùon montre un Monarque plus
exaBa remplir J&s obligations
mieux reglé dans fa conduite ,
& plus àjjìdu au gouvernement
defm Etat. Cet Augnfte Prince
également habile dans la 'Taix
& dans la Guerre, efi l ame de
Jon Cabinet. Ses secretsfmt im
penetrable*. Il donne autant
dorades o."n de réponses &
. fréfire dwertijjimens íes
GALANT.; ?t
plm innocens au travail quil
devore , pour ainfi dire , afin de
Jòuìagerjon Peuple. Considere^
ay ec quelle Sagesfè il commença,
par le reglement de ses Finan
ces. Ensuite ayant racheté Dunquerque
, il o/la aux Etrangers le
seul Port qui leur reftoit em
France, & aux Corsaires une
ancienne retraite. Compare^ nos
Troupes d aujourdhuy a<vec cel
le* de* Regnes précedens ;faites
reflexion fur le discernement
qu il a dans le choix de ceux qui
le fervent , fur la force & fur
t étendue de fòn Genie. Voye^i
Le hel ordre quil a étably dans>
G nij,
ji MERCURE
toutfin Royaume, & vommac*
cordere^facilement que Lo ii i s.
XIV. eít le plus Sage de tous
les Monarques de la Terre.
//.
G)umd le R jy paroifl armé,
cefipour obliger des Ennemis a
profiter de fi Clemence. Telle
fut la Bataille des Dunes qui fit
conclure la Paix des Pirenées.
Combien de f'is LOUIS a-t.il
épargn é kfxng des Vaincus ? Sa
Clemence empefiha le Sac de
Vtlencienncs , (1677. ) Sans elle
Alger Tunis , Tripoli , Genes ,
& tant £autres Places auroient
esté des bûchers de viçîimes deuë.s
GALANT
a la jufiice defis Armes. Amster
dam , la Haye , & le rcfie de la
Hollande defilée ( 1672.) & mefi
me tonte l Europe firoit encore
un Theatre de feu & desang, fi
ce Grand Prince nefi suft (vain
cu luy.mcfme , ôf s il nefi fuft
arrcfié au milieu de fis Victoi
res , enforçant les Ennemis d ac
cepter la Paix , & enfiúte une
Trêve de vingt ans , aprés en
avoir prescrit l&$ conditions >
qui ont rendu le repos a l Eglifii
& qui font avoûer que
Loiiis XIV. est le plus Paci
fique de cous les Monarques,
de k Terre..
34 MERCURE
///.
> // Joûtient les Loix par la
Justice de fis Ordonnames &
defis Edits. Lific^fin Code, qui i
fuit la reg'e de nos Juges. Ad
mire^ t®m les Arrefis que ce
Monarque a rendus, comme il a
puny les Due'difics , les Empoi
sonneurs ( 1676. ) & les Vfiirim
(168.0. ) Que dites-vous de
ce bel ordre étably pourl' AdmL
nifiration de U Justice } Mon^
trex^moy un Etat ou la Police
soit mieux reglée qùen France, j
Le Roy a-t-il jamais accordé ou
refusé aucune grace quilne fuft ,
Jujk d'accorder ou. de refuser ï
GALANT. #
Mais quand <vous <vous Jouvien^
drev^qùila jugé luy-mefme con
tre Jes propres interefis dans
. lajp ire du Vofé [ufto. ] dit&
^Loiiis XIV. est le plus
Juste de rousles Monarques,
de la Terre.
IV.
Poureflre chery de Miner
ve & de Mars , /'/ faut proteger
les beaux Arts, & récompenser
dignement les Vertus militaires*.
Nos Muses donneront des loiian*
ges éternelles à Sa Majefiépour
avoirflit baflir l Observatoire,
pris la protection de l Academie
Françoise [ 1672. ] institué celles
îá MERCURH
deSoijs.ns, d' Arles, de N(/mes,
de Villefranche^ d Amiens. Le
Journal des Sqavans, qui a com
mencé en 1660 efi deua lamour
que cette protection a injpirée
pour les belles connoijfmces j &
le Mercure G4.Ia.nt qui a com.,
mencé en 1677. efi un fruit de
la grandeur de ses AíTions , qui
en fournijfent la matiere. II a.
ctably l Academie Royale des
Arts & des Sciences > celles de
Peinture & de Sculpture , les
Ecoles de Droit Civil a Parti ,
[ 1679. ] & de Droit François
par tout le Royaume [ 168 1. ]
Combien d habiles Ouvriers en~
GALANT, v
tretenus pour des Ouvrages ra
res au Us ont portes a la dernie-
» re perfiction ! Faites reflexion
Jur le grand nombre de Scavans
qui Jont dans ce Royaume , &
Jur la politejfe que ion y remar
que depuis vingt ans. Admire,z.
la Magnificence de ce Prince
dans l EntréeJolcmnelle quilfit
a la Reyne fin Epousé le 2.6.
Aouft 1660. Confidences Cours,
les Rampars, les Arcs de Triom
phe , l Edifice du Pont Royal ,
les belles Fontaines , iélargisse
ment des Rues , le Quay de la
Riviere , &lesauprcs ornemens
ajoutez, à la Ville de Paris, ^ue
>
?8 MERCURE
penfczjvous des Bafiimens su
perbes de toutes les Maisons
Roydes , de ceux du Louvre &
de ceux de Ver/ailles , qui peut
paffer pour une huitième Merveille
du mondes Voye\ les belles
dépenses que LOUIS LE
CRAND a faites dans les Car
rousels de i«6i. 1685. & l686. h*
Di'vertijsemens de f Isle enchan
tée &de la Paix,avec les grands
Balets , les Machinessurprenan
tes . & les representations des
Opera , fins parier de la richejfe
de fis Meubles & de la ma
gnificence de fa Cour. Mais fur
tout , accorde^- mqy que cefi
GALANT. ?9
dans ce Royaume que les vrais
services de la Noblejfe font re~
connus par le rétablissement de
I Ordre de S. Lazare [1673.]/^
I Institution des Compagnies des
jeunes Gentilshommes [ i68z] £5?
par la fondation de la Maifin
Royale des Dames & DcmoifèL
les de Saint Cyr [ 1686. ] Les
vieux Soldats j ou ceux qui ont
efié cfiropie^ dans le service ,
/ont nourris &Joulage^le reste
de leur vie dans t Hoftel Royal
des Invalides , fondé le 14. lé
vrier 1671. Donc Loiiis XIV.
est le plus Magnifique & le.
plus Liberal de tous les Mo4o
MERCURE.
mrques de la Terre.
V.
LeRqyefl Y Amour & le Plai
sir defin Peuple , dont il efìle
Pere.. Sçavez^vous le grand
nombre de Places quil a bien
voulu rendre en consideration de
la Paix,&'avec combien de bontéila
remis aux Espagnols trois
millions cinq cens mille livres
qu ils luy devoientpour les Con
tributions de la Flandre ( 1684 )
& comme il leur a rendu deux
gros Calions quils avoicntjuftement
perdus dans une défaite en
1686 ì LOVIS L E GR AND
a délivré jusqu'à pesent plus
GMAKs. 4v
de ijra&. Esclaves defis SujetsT
€^ de differentes Nations à Ât~
ger , outre les 600. qùtl aura, de
Tripoli , ffî tous ceux qùildoir
retirer de Tunis (d?- de Maroc..
tiy a plus ; fa bonté luy a fait
dïmnmr les Tailles de trois:
millions prés de 5 00. mille Uvres:
( 1684, ) donner de grandes som
mes pour occuper les Pauvres h
des Travaux aujfí utiles a leur'
Misere qua Vornement des Vil^
les ( 1685. .) fairè des chantes
considerables pendant lafkmnè.
de 166 1. fç) le grand Hiver"
{ 1684. ) & une diminution tres±.
grande four fis Droits fur Us
s Janvier 16S7» I>
ai MERCURE
bled. ( 1685. ) Ses mains RoyaU
les occupées à porter le Sceptre ,
n ont pas dedaigne' depuis fix
ansde composer des Remedespour
le fiulagement , fé) la guerison
deses Sujets ; & de leur en don
ner luy-mesme les secrets qùil d
publie^depuis peu, {g) quilrìavoit
achete^ que pour fin Peu
ple. N oublie^pas encore cetar-.
trfice benin dont il 'vient de Je
sèrqjir ,pour cacher a toute fi.
Famille Royale 0, àfin Royau
me une maladie qui le tourmentoit
, afin de nous épargner l in
quietude g) la douleur de fia-
*vQtr un fi bon Prince dans
4?
les peines.^ Reconnoipz dom'
de bonne.fy qu il merite mieux.
le nom de tres bon que cetËm-.
pereur Romain a qui on le decerna
5 puisque LOUIS XIV.'
vray Pere de la Patrie , est le
plus Aimable &. le Meilleur
de tous les Monarques de la'.
Terre.
VI.
Il commande aux Saisons ,4
lors qu 'il trouve le moyen de'
faire la Guerre au milieu de'
L Hiver. Qui pourra comme luy '
parvenir a cette puiflànce, d as-
Jteger en me/me temps quatre'
Villes tres-fortes [ \6yz. ) & de
D ijj ~
A4 MERCURE
faire recevoir ses Loix en un
mcfme jour a deux Places auffp
considerables que Strasbourg fg)
Ca%al ? Jl a dompté les Jroquois
( i66j. ) & reduit en fìx jours
les Algeriens ,quetout le Regne
de f Empereur ChaHes-Quint avecfa
fortune n eut pas feule~
ment le pouvoir d'intimider.
N a.t il pas contraint les Corfaires
de Tripoli , de Maroc y
de Tunis , de Salé , avec ceux
de Majorque .{ 1681. ) aprés le
avoirfournis , de refpeûer nos
Vaisseaux , fg) de rendre tous nos
Esclaves ? Conjïdere^ce que cest
que de joindre les deux Mers e»
í GALANT. 45
Languedoc par un Canal long
de 64. lieues , commencé le 16*.
Avril 166-7. (ë>r acheve dans le
y me/me mois de l année 1681. Tau
re confiruire l Acqucduc de
Maintenon pour la conduite des
Eaux de la Riviere d'Eure ,
( 1685. ) d°nt ïédifice Jurpajfe
tout Ce que les Romains ont en~
trepris de semblable. Cefi la
puiíïànce du Roy qui Va fait
triompherfur Mer des Anglçis
en 1666. des Hollandois le sep*
tiéme Juin 167.2,. & encore
deux fois de la me/me Na»
tion en 1673. ft) a Stromboli ,
*n Sicile , { Janvier 1676. ) des
4* MERCURE
Ejpagnols , fg) des Hollandais
devant Augufia le n. Avril
suivant , ou le fameux Ruiter
qui commandoit fut blessé à,
mort , le deuxième Juin de Id
mcjme Année devant Palerme ,
ou l on remporta la plus glorieu
se Victoire de Mer qui se fòit
veuè depuis la Bataille de Le
sante ì les Plotés d. Espagne @p
de Hollande ayant efié défaites 3
& ensuite brûlées clans le Port ,
dont le miserable. rejle fut vain
cu le 3. Mars 1677. a Tabago
dans l Amerique. Dom LOUIS
XI V. est le plus Puissant de
'tous les. Monarques de la
Terre.
-GALANT. 47.
.'.y vil
La terreur des Lyons , ccfl
cette vigikfvre qui fait <voir
le Roy , le premier à la tefie da
ses Aimées > moissonner des Pal
mes fg) des Lauriers avant que
le Printemps nous donne des
fleurs. G efi encore cette applica
tion exacte fç) reguliere a gou
verner par luy-mefme , q) À
tenir tous les jours ses Conseils.
Lefoin qùilprend de connoifire
Jès Officiers , de Jefaire rendre
compte de tout , (gf de prévoir
dans le détail a mille choses qui
rendent ïexecution de desordres
plusfacile ft) plusprompte. N'a
48 MERCORjE
vons-nous pas veu baflir une- *
Gídere en dix heures f ( 1679. )
N efi.ce pas par les fins de Sa
Majestéau ily a tant de Gardes. .
fç) d illuminations , pour lafu
reté de Paris ? On lu.y doitauffí
r établijfcment des Compagnies
des Indes Orientales (d?. Occidentales
, (efr de plusieurs belles
Manufactures ) une Compagnie
de Guinée1 ( 1685. ) avec beau
coup d autres avantages procures
à ce Royaume , poury faire fle»\
rir le Commerce avec succes La,
Navigation efiparvenue à une
telle perfection cheries François>
paria, vigilance de LOVÎS LR
GRAND»
GALANT. 49
CRAND y que les autres Na
tions rapprennent de nous. Tou
tes nos Provinces ont acquis la
/curetépar la bonté des Torts de
Merspur les armeniens des F'lo
tes , par lafortification des Villes
frontieres parla construction
'de Saar-Louis , d Huningue , g)
de Mon.Louis , fins parler de
tant de fortes Citadelles baflies
par les Ordres de LOUIS X IV.
ìe plus Vigilant de tous les
Monarques de la Terre.
VIJL
L0V1S prend quelque fois
le foudre en main y pour punir
les ingrats, pour maintenir les
Janvier 1687. E
T° MFRCURE
drain de fa Couronne , fg)pour
rvur.ger la foy publique , (d?- le
droit des gens violes ( 1674. )
dans lAjJemblée de Cologne. Si
la Garde Corse a la temerité
d'attaquer un Minifite Public,
le Ry fîsait en tirer la/àtisfa~
Síijn deu'è afa dignité ^obtenant
tout ce qu'il pouroit pretendre .,
par le traité de Vise conclu le íiì
Mars 1664. avantage ont
remporté les Espagnols en reffini
U pìts a noftrç JmbajC
fadeur a Londres ( 1661. ) fnon
d'avoir efié oblige\depuis a déc
'arerpubliquùmnt qu'ils cedent
par tout la préfëAme aux Bran
GALANT, v
cjmviïe íeurK^pïrkiénfpBsf Á
qttoy bon troubles leï Wibitdns
<£ Andxye \ ^) donner fant ; de
ra^fiùtâ.rfitgàtàiïsû T.rdacé
potier é%ká" de coùctúre ïaffàre
êe £ÌPnduttê fc'efioitpour fiire
ítòarSfc tohte ^Eiïïope ; t^itè U
éRWWb si/fisst p wmdntekir
jfòn titre de Duc de Rmr~
g.gnâ": t tûìó.ï) pour remettre
Jtsv:S*jeù en pòjpjfià ÏÏe UVcf,
chf{\tô$ pourfdre trembler
tmte . tífpÁgne en tenant une
grmde Vhttè bloquéè devant
ôadix ( Í68&.v ) Le Turc a <veu les
Eij
y. MERCURE
Corsaires de Tripofy poursuivis
fç) battusjusque dans le Port de
Chío \ 168 1. ) @r nostre Vlotte
^ victorieuse menaçant les Dar da
nelles , porter lépouvante jus
que dans le coeur de fin Em
pire. Ces preuves de la fermeté
du Roy , (gf. la vigueur de fin.
Ministre en 1677. 1680.(^-1681*
ont obligé le Sultan d'accorder le
Sopha à noftre Ambassadeur , ft)
d'autres Privileges pour la Re
ligion Catholique , ce qui fait
voir qu'il estime davantage
LOVJS LE GRAND que tous
les autres Monarques ensemble.
Jtfvs Allier ont aujst goûté les
GALANT. <î
fruits defa ferme ré , lors qu'il
leur a fit. rendre (1679. ) les
Villes (§>?> les Provinces qu'ils
avoient perdues pendant la,
Guerre ; toute f Europe vient
de recònnoiftre par la réunion de
-' plus de xoo. Villes famées ,.
800. grés Bourgs ffi 3000.
Villages ujurpe^jur la France
pendant les 'Revolutions de ce
Royaume , que LOUIS XIV.
est le plus ferme de tous les
Monarques à maintenir les
droits de sa Couronne.
Rien ne peut resister à la
íbree d'un Roy Invincible „
Eiij,
qui s'efi fut, luy, me/me une
routeJm le Rhin , mal.?iéjò%
extrême largeur *Jk rapidite Cs*
f profondeur ; metuint en der
r.ute une Armée qui <voulokJuy
,eu disputer le píjf^ge. * Tohyii ,
& qui fut contrainte de le luy
ahj^donn£î{ Le it. Juin. i6,7*.f
incomparable Mcfos a fins
&ej- beMwjèwnt plus de
Guerres , gagnéplus de 6p. B%-
t^ïlks ou Combats s bordéde$f
Cûnquefies le&hin ,le Viyahai'i
la Moselle , U Meuse \ íljfel i
la Lys , lFfiut , &f pris plus
4e 6oo. Villes par Sieges ^ TfaL
t&L o ou pifoteçftm. Aprés m fi
GALANT.' vf,
grand nombre de Con^uefiês ,
que d/tes^vms de & force' des
Places , les çriyczjvms imprena
bles f Je <vous oppojèray aujfìtjfl
Dunquerque s le Fort de
Schein, M.ifircic, Valenàennesy
Cambray, Suint Orner , Tpres ,
Puioerda., Strasbourg , Luxem
bourg , & tant, dautres que
vous voyez^parmy les Conquefies
d un Roy toujours le plus fort.
Voulczc^vous au contrairefiûtenir
quïl rìy a. point de Villes
qu'on ne puijfe prendre ? Sans
doute vous ave^mblié que nos
Ennemis ont levé le Siege de
vant Voêrden , & devant Char—
E ÌÌÌj'
*s MERCURE
leroy , ( 1672.. ) devant Oudenxrde
qu'ils affiegeoient avec>
trois Armées , ( Septembre
1674. J devant Haguenau
Saverne ( 1675. ) devant Augufla
en Scicilc [ Janvier ] de
vant Mzftreic le vj. Aoujl 1676.
& devant Chxrlcny le 14. Aouft
1677. Accordons-nous , ffi dïfms
qu'il n'y a point de Villes
imprenables fi Louis les attaque,
& qu'elles ne peuvent efirefor
cées lorsqu'il les dcffend. Vous
Jçave^ auffi que nofire Vlotte
Vichrieufe a toujours battu cel
les de nos Ennemis ; m iis e:iffìe%r
vuus cru , fi toute U terre ne
GALANT, r?
meus en affeuroit que le braie
d'Erlingue avec fin seul Vais
seau \ euft osé livrer le Combat
à 37. Galeres tant Espagnole?
que Genoises [ 1684. ] qu'a
pres les avoir battues , $~ leur
avoir tué zooo hsmmes 3 // cufi
pu heureusement fi retiret danr
son Port. Donc LOUIS XIV.
est: le plus fort de tous les Mo
narques de. la Terre..
X. •
Dans ler Panegyriques des
LOVIS LE GRAND , je pje*
fire toujours la vetité toute/im
pie , a la figure aux Allegotics.
le Juif donc, entierement
$ MF.RCURïï
perju.idé qUilJuffit icy d'ejì.iblir
sa ?\oirc Jurjes propres actions
(d/-sûr des sits connus de toute
l Europe. Jgui osera nier que
f Empereur n ait eu befitn du
secours de France , [ 1664. ]
poursuivcrh Hongrie & toute
s Allemagne qui allait devenir U
proye des Ottamms ì Le Grand
Duc de Mswie a recherché
í Alliance du Roy par ses Am.
b.jfideurs [ i66g & 1*81, }fEm*
percur des Turcs [ 1669. ] un Roy
de Guinée [ 1670. ] t§jr le Roy
de Si^msiit voir par des Presens
magnifiques , @r par trois
Ambajjudes qùi[ envoye du miGALANT
S9
lieu de l Asie, [ i6Sì. ] OMre
1684. &.\en Aoufi 1686. quelle,
efiìme il fut de LOUIS LE
ÇK AND . Ce Prince qui nefi
fin da jcctte cflïme que pour le
bien de la Religion y ria. t-ilpas
feu nn Souverain à fis genoux ?
[ifSf. ] (&y lun defis Gene
reux donner un Pzjjcpon le 2.4.
Septembre 1677. à l Aimée En
nemie beaucoupplus nofnbreufi
qW U nafire , pourfirtir d'un
lieu, oà'eUe benoit de fifiuver, .
nprés avo'.T efié b&ttuë ? Le
grffld Gufîoe<ze qui appeUoit il
y.tì 56 Ans les Autres Monarquesy
des Roitelets en' comparaism dfk
6o MERCURE .
Roy de France 3 s'il vivait au~
sourd huy , ne diroit ilpas avec
nous que la Gloire de LOUIS
XIV. ne peut avoir de bornes*
& que c'eír. avec justice qu'iî
est le plus estimé de tous les
Monarques de la Terre ?
XI.
Joiiiíïèz de son repos, Frìnces
inutilement jaloux d'une
grandeur à laquelle vous' «?
parviendre^jamaìs. L'on a re
fusé les Secours qu il offroit fi
genereusement ; mais fans luy on
n'a pu aller à. la Victoire , puis,
qu'il cflint le Maifire du chemin
qui vonsy acmdmts. Les droits.
' ".GALANT, rît
que ce Prince avoitjur le PaUtinat,
oni.ils esté capables de le
tenter ? Point du tout. Jl a cher,
ché les tvoycs de douceur , ^) fi
dele dans la parole qu'il avoit
donnée de ne point agir, il a
cedé fis propres avantages pour
ne pas interrompre le cours des
zostres. Jgui peut dire qu'il fa
jamais veu en colere ? Ennemy
des loila nges fg) de la flatterie ,
toujours affííble , toujours pa
tient , & le plus moderé de
tous les Monarques.
XII.
La gloire des Autels, c est la
Pieté dont LOVIS LE
MERCURE
€ R A N D, a donné, (èfy* dón±
m feus les jours de fi grandi
exemples. S efi-ilfirwy defèsú.i
wantages k>rs> quïl a <veu l!Allei
vtagne embarajfci t$mébàìùm
pás. a ft moderation een.x que
'vous avez remportez: en Hon
grie* Cefile Beffwfîtfhde^^E*
glija , le VviMfàjcr des. yEv<fl
qu.es , & le Defiruffeurde l'He*
refie. Il a fmi nf de grande?
fimmes. aux Venitiens. (1658. )
pour sûre la Çttdrre. .qu'ils'
efloient obligez defmtenir. H à
proscrit les Blasphèmes & les
Inipietcz^parfis Déclarations &
Edks de 1665. 1667* q) t6?y}
GALANT. 61
V Eglise cl recoww éfa premiere
tranquilîté fr les Jèntimens &
Jur les points delicats de la Re
ligion , par les Joins de ce Mo
narque qui a envoyé dessecours
considerables de Troupes en Can*
die contre les Turcs. [ 166S.
166y. ] ft) employeses forces de.
Mer contre.eux [1670. ] Il a
tefiab fy lexercice denofire Relu
gbn dans les Villes Herretiques
d'Osfy, de Rhimberg, de B u -
fi h ,dVtrech., (g^c. [ 1671.
de Geneve en 16S0. fê) de Stras
bourg en 1681. Ce Prince trespieux
a rtmis en p'ojfcjfion de la,
Garde du S. Sepulcre les Relï*
H MERCURE
gieux de S. François t677, $
leur continuéfa proteêiion Roya
le ses liberalits^ dans toute
la, Terre Sainte. Il a émt au
Roy de Ferse enfaveur des Ca
tholiques , (dr en a obtenu tout
ce qu 'il a demandépour nos Mf
fionnaircs^ Les grandes Con
versons quil a procurées dans
le Royaume de Siam , g) dans la
Chine depuis plusieurs années >
ï Edit de 1681. qui deffènd a ses
Sujets de quitternoftre Religions
g) cet autre de 1683. qui oblige
les Idolatres qui renoncent a
leurs erreurs , d'embrajfer la
Communion Romaine ; En un
[
mot ce qu 'il a ordonné ( ifâçy
pmr le, rejUblijfement des Eglifis
g) des Fresbiïeres y @J ce'
\ Mmdcment pourfaire observer
la, modestie cUns les Eglises ,i
14S6* tout cela ne montre t il
pas la vcritableYxçxè de LOVIS
JLE GRAND .<? Ajouflons , quaprj
la Conversion volontaire ft)
libre de plus de fíx cens mille A~
mes reunies à l Eglise Catholique'
depuis plusieurs années , que le
zgle , les Joins charitablesfs gj.
les belles Ordonnances du Roy
les sollicitent à se convertira it
a revoqué L'Edit de Nantes ,
jait abbatre tous les Temples des>
Janvier 168 j. K
(S MERCURE
tìuguenots.., g) ab&ty s Heresie1
áxns fin Royaume , W me attûée
, ce quejer PredeecjsetìTsna-
^oknt pas fait pendant plus
d un fiede : hissant a lapoflcrite.
un bel exemple dont le Duc de
&&wye u le premier Jùivy les
traces. Ces grands services ren
dus à lEglîJi ijans parler de
ceuxqxtin atteted, prouvent que
LOUIS XIV. est le plus
Pieux de tous les Monar
ques. • l"4 1 '' " \';
C'est pour 4'es grandes Vetttts
du Roy , que "Dieu l a. comblé
d'un jufte Bonheur , en hy .
.l . i rjr. A\\
galant: ef
donnant une nombreuse Pò/fe-
" rite. Heureux dans ï Alliance
qu'il a faite arvec une Keyne parfaite
& remplie des graces du
Ciel : heureux dans un Fils incomparabie,
&dansjfon Augufie
Epwíjc : heureux enfin dans un
Frere félon Jon coeur , & dans
tmdxfíFAmilk 'Rijyalequil <voit"
entierement devoiiee ajonservi- .
ce. Ses Mìnifirts font vigilans, ,
ecíaire^ &fidelles ;Jòn Rojaume '
flwiffìnt Jh Armes' invin
cibles, il eft cbery de fort Peuple, :
estimé de. toute la Terre , & par
tout Vííforieux, Ainfì lors que '
*vsHt ditçs €pue les Defltns jòntr
68 MERCURE .
pour luyjans contrainte , que
cefiparce qu'il a enchaîné laVortune
qu'il efi le plus Grand des
Rois , reconnoijfez. en mefme
temps que cefiparfa propre ver
tu qu'il efi leplus Grand de tous .
les hommes. Voila lafeule raison
pour laquelle Louis XIV. est
ie plus Heureux de cous les
Monarques de la Terre.
ll ne peut s'arrester dans la
belle route des Heros ; ce Prince
Magnanime , nmrry dans le
sein de la Victoire. Ses Ennemis
me/me avoâent qu'il ne fe con
tente pas de marcher le premier
GALANT <9
k la tefle de ses Armées , mais
qu'il les mene en personne au
Combat & a la VÏBoire , d'oà
vient qu'il efi plusbefiin de le
reunir que de l exciter. Sa Vail
lance ne nous fit-eUe pas une
frayeur fans pareille , lors quaprés
s'estre exposé à mille dan
gers , & a des fatigues inconce
vables au Siege de Dunquerque
[ 1658. ] il demeura luy seul in
trepide pendant une dangereuse
maladie qui defcfyeroit toutjòn
Royaume ? Pouvez.- vous Jans
admiration & fans larmes pen
ser avec quelle grandeur dame
LOVJS a souffert fa blejfure
7o MERCURE
dux. Septembre 1683. & une
Operation accompagnee de dou~
leurs aiguës ? [18. Nov. 1686. ]
Suive^ ce Vainqueur en Vranchc-
Comté qu'il prit luy.mcfme
en dix jours au milieu de iHy.
ver: & en Lorraine qu 'il fou
rnit en peu de jours, îl a conquis
en petfinnc fiixante-ánq
Villes en deux mois , fortifiées
dans l&endué d on%e Provinces;
M ifirich , que l<m efitmoit im
prenable , en tre ize jours z & les.
années /ùivantes, Valevúenmsy
Gand , & Tpres. Assiegeant U
Ville de Bouchaïn ìm 1676. les
Armées des Confederres tenteGALANT.
71
sent le secours de cette Place.
Le Roy aÛa au devant , leur
prtfenta la Bataille qu'ils evif
terent par U fuite. Voulc^wous
d autres Victoires rempotréesfar
Terre par L OV I S LE
• G RA N D , .<" Je <vom rapporte
les principales. Ce font les Ba
tailles ou Combats des Dunes le
14. fuin 1658. de S. Godart au
p&Jfage du Raxb en Hongrie le
premier Aoufl 1664. En 1674. de
Zein?ein , de Molsheim , de Se*
n ef contre trois Armées , d'Emf
heim , dans laquelle vingt mille
François défirent trois Arméet
defiixante &fex miUe hommes>
7& MERCURE
commande^ 9 par vingt Princes
Souverains , ou de Maison Soumeraine-,
de Mulhaufein ën 167^.
de Turshcin , apres laquelle les
Csnfedere^ furenf chajfcz^ , &
contraints de repasser le Rhin..
En 1677. lonziéme Avril .celle
de Cajfel, remportée par Son Al
tesse Royale ^ quï defit les Espa
gnols (dp les HoUàndois , mmmande^
pçr le Prince d'"Orange,.
prit enfmte*Sa}rit Orner. Lés
Batailles d'Mpoûille en Catalo
gne , de la SeiÛe, & dAufembourg.
Le Combat du Pont- a-
Mmjfon^ de Koquerberg^outre
vingt-cinq mille hommes perdus
par
GALANT, .71
par les Allemans dans le Cam
pement de Mouron. En 167g.
les Combats de Rheinsfeld le 8.
Juillet , & de Saint Denis le 14.
Aòufi. En 1684. le 16. May le
Combat de Pont . Major , au
pajfige dei la Riviere de Tur. Re.
iconnoijfeç^ donc que U Vaillan
ce duRoy ta rendu leplus grand
Conquerants qu'un concours fi
heureux de tant de Vertus Mo
rales & Politiques \ prouvent
invinciblement que L ou is XI V.
£st çeluy que vous devez esti
mer le plus Grand de tous les
Monarques de la Terre.
Dans le grand Quadre aux
Janvier 1687. G
74 MtkteOKl
deux coffe2 des Theses ©a
Conclusions historiques &
politiques ,sont marquees les
principales ; Conqu'istòs du
Roy selon Tordre dèsanne'eS}
afin qu'on puíílê1 les> tròuvéV
tout d'un corjp,^d%ríè feuX
le veuë , 4en lisant ' tes autres
Actions de ce Prince Cha
que coríjdueste k *fir titèfrífue
pour en> c1>n'si$ïfteM£
tion selón la "Geographie,,
cela se trouve eitpîîqué dans
un Cartouche poï^itfus 'le
Quadre. *^\^r^h
.. .GÀLAKÎV 7s
Pour cottuoifire la situation
des Cottquefies. ,
A AtVòîè^' Cornu, eles JPtys '-ba*
Catholiques. : v; v^,«»'.> '
.'.'Akace ; : ':£attáptèvi4Ì^ iÀBemagne.
. . ' '."'O '
B Brabant1; Dùchí «M&$sÌ>at
Catholiques.
C GleVes'; ^u^ìenlÂneriapie.
f Cologne „ EleBorar^ .en Àlle~
Magne. ' . -* 1
F Flandres, Comté desPJy:-ha.t
G Gueldres , 2>«^ , deiProvïh-
. ces-y^ìes.. , ij^.n-'. ! ? .
IjF HàìnVùt, & ktyi ú*
3J" Cathotîquês. 4t"
G ij
j4 MERCURE
h Hollande , Comté , des Provin
ces-Unies.
L Liège* Principaute , £Attenta-
,gne. ^ x- .> "WïjK
\ Luxembourg, Duché, des Paysbas
Catholiques.
N Namur, Comté , des Pays-bd*
Catholìquts. .'. ...'>' •
O Owerissel , Seigneurie, des Pro
vinces. Unies.
P Palatinat , Eleïlorat , en AUemairie.
:' .£, : J
V Utrecht , Seigneurie des Pro
vinces-Unies. . ; ... ,4. ../'.f
Z Zutphen , Comté , des Provin
ces.Unies, i •.;
Ces seize Provinces ont esté
le Theatre le plus ordinaire
des Conquestes de Louis lk
Grand, quov qu'il cn ait
GALANT. 77
fait beaucoup dans plusieurs
aurres Provinces , qui font
marquées à la fin de chacune
de ces Villes. Ainsi Ton trou
vera peut. estreaíïèr d'utilité
dayotrenïì peu d'espace les
principales Conquestes, lan,
née quelles ont esté faires,
& le Païs pu elles font situées.
Trinàpdes Conquestes du Roy*
Dunkerque. F
Gravelines» ;'" F
Oudenarde. F
Menitì. F
Ypres. F
Comm.ines. F
Grammoat. F
Giìj
78 MERCURE
Dixmude. F
M or tare v Duché de Mitau , en
Jtaïiey \"
1663.
Marûl , en Lorraine.
"... : ."s t&7> . \
L.a Bassée. F
Conde. H
Charle.Roy. . iH
Bergues. > ' ' ' B
T.Huruy. .'. .?. .. V F
AcH, . H
Doiiay. ...I.'...' 'I'- í?
.F urnes. '.. . W
Çourtray. ^ ' |?
Oudenarde- p
Lisle. .fr
.^.lost, deux fois. .• m. . F
Árrnentieres. > ,. , ' Jf
GALANT. 19
.y léóS.'
ècíànçon. . .. . ,~ sf.v . K S
Salins.' • . »
Dole. ' I»
Grais. u O
Chasteau de JoujíVj...:. ^ |
Fort Sainte Anne. >-
£t toute la Franche-Comté. . .
Pont-à.Mousson. ,„ ,y., . \\
Çpinal, Nancy , & toute la Zar*
, rainer
fpngres. . j,,7/L
Weifet. . X
ltfascik. Mjv.'vk
Sjtuar.. . ^ 3. I*
Fsluquemont,,D«^.^ Zifpktìur£.
flLhimberg. v t
jfurìck* .r....;. Ç
G iiij
8o MERCURE
Weícl. • } C
Rées , & son Fort. >:!; C
Fort de Lippe , enVvestfhalie.
Emmeuk. ;:.v ì,- G
Locken, '1 Z
Bvoí kelo. Vvtfifhalìe; >
Grool. * ,: ' Z
Doëtkum, >ír Z
VHrz. ' Z
Brtwoort. ' ' ^.^ 2^
H. sselt. c V . • O
Ommetij .. ''.'• O
Kemperi. O
Zwol. ?- >.••v^:/.|"0;.
Deventer. ' r-:
Zûtphen. H : > . . ' Z
Óoësbourg. ». ' > Z
Fort deSkeink. . ''".rí"'.»>: f
Utreicht. •
Mu'íden. .;:>.''-í\, fc:
Naërden. ••' ' h
GALANT. 8t
E&ourg. . G
Harderwick. >ì . G
Hattettî'ï *ì>♦ ï ..• .. t '>'»*.. ' . G
Amersford. A
V^oërden. h
Oudewarer. %, \v. . ' h
Arnheim. G
Vianem. ~>«t : Ja
W"agcninghen. G
Rhenéen. j:> V
Duëstede. V
'Wic... Duché de Zimècurg.
Knotzeiobourg., *. F
Les Forts de Saint André & de
W'orms. i G
Isles de Bomel & du Betwe, G
Creveeoeur. " : B
Nimegue. ' G
Grave. st
Genep. .<..'.. C
Bodengrave* .> ' 'h']
82 MERCURE
1673.
Mastreick. : '
Tout le Comte de la Marek. ' ? . '
Salins. Sf
Principauté de Lure. »*.
Chafte'au Sainte Anne.
Fauconnié , & toute la Franche-
Comte'. • •'' fj.í
<îermeinsheim. .? P
Duren. ^ Ì..t ; '>> >• 'P
Heiníberg. .'»»'•»• *v p
jpinnick. .'Jwt...i:;:^p
Citadelle de Lieo.e .n...O
.-l^: O » *
Trêves , A'Jemayie.
1674. .
TJinan.
Huy, L
GALANT. 8?
Limbourg y Duché.
F^rt de Monivic Cataleyte.
Augusta , en Sicile.
167$,
Fort de Link. F
Condé. .' H
Bouchain. H
Aire. A
Builloru £•
Tôrmiuna. j >
S.aletta. a?
La Croix. .... £s
Savoca.
Ficumedcntsi.
Fort &Iflc de k Caïenne , dans
tAmerique.
Valenciennes. H
Cambray , &; .& Citadelle. H
Saint-Omer. A
Fribourg.. :.. . .i
8+ MERCURE
ChasteaudeBoslu. s']\ .x > H
Saint Guillain. H
Sarbruk. Lorraine, ...r;
Forts de Tabago & d'Orange.
Amerique. . - \%,;\\
1678.
Fort Rouge.
2s.ores, .v,..)..,.: F
l'uycerda. Catalogne.
... > «
Fort de Kiell. , a
Kampen.
Landav, & le Chasteau de Lichtemberg^
»^//^
apte.
Aix-la Chapelle , & tout le Du.
ché dejuliers excepte la Ca
pitale. i,»C:L Vïlì :.
Nuis. .. ., , .." ^
GALANT 8c
1680.
Chademont. fss
Hombourg , Frontiere du Palàtinat.
;
Virton. JBaillages du
Chin y. Luxembourg,
Enchimont. L
Strasbourg. a
E/CazaI , Italie , en me[me jour. :
1683.
Courtray, p
Dixmude.. ' \ . • ; p
1/84.
Luxembourg. L
Cap-de-Quiers , en Catahqnt. .
réunions.
Fumay. j_j
Le Comté de Rochefort.
Le Marquisat d'Arloh. :' >
Herbemonk ,.,'.'
Urbu.
fc< ME&CfJRE
Orchimont.
Revin.
fiastoine. , > r
La Roche. rs '".lV *
HofFalize, ' ' r
Saint Hubert,
Marche-en Famines : >
Ì.c Neufchateaiu •',' .,,v.
Echternach.
L i Principauté de Sálm,êcci. dam
le Luxembourg. 1
Et les Comtez de Morîçbe'íará^
&íde Sponheim, en A ema<gn&.
LesColomnes,Jçs Pilastres,
& les Feítóns font ie^idrtïs de
cinquante.'huit revérs de Medailles,
qui font autant d'Ins
criptions qui rna&qttent seloû.
Tordre des années y les prihl.
GALANT. 87
cipales Actions du Roy, qui
n'ont pas esté compriiès en
particulier dans les Thèses.
On va les rapporter íuívanc
qu'elles font disposées.
I i! . . J . . ,.l 1 . . . ì
..t.4.; Çharrìhre de Justice, pour
rétablis l'oirdrQ daìis les Finan
ces, 1658. .•..:,/.'. í { ,
ì. Edit contre.Ies Duels , Kjj?.
3 . Les Rois de France & u'ÉC
pagnes voyemt ] & fígntnr la
Paix le 7. Novembre 1659.
4. AccruiíìtiondeDurikerque,
ì'66l. . .Jt*. />'[ ri: 'i . .. , ií í '.
. . 5. Le Roy d'Espagne cede la
préséance â 4a France , & le dé
clare le 14.. Mars 1661. ; r-'
Alliinjce/renouyellée avec
les Suisses j 1663. >; .
88 MERCURE
7. Protection accordée au
Comté de Venaiflìn , 8c à Avi
gnon ,1663.
8. Etablìílement da CommerJ
ce aux Indes , 1664.
9. Piramide élevée á Rome,
Íîour faire satisfaction au Roy de
Iníûltede la Garde Corfe,i<?64.
10. Satisfaction faite au Roy
par le Legat , 1664.
n. Victoire far les Corfaúes
d'Alger, St deTunis, , '
ïì. Grands Jours en Auvergne
pour la Justice, t66$. .
13 .Protection donnée aux Hollandois
contre l'Evefque deMunr
ster &: contre 1 Angleterre, 1666.
; 14. Paix entre la France & Jes
Algeriens, 1666.
„ 15. Paix de 3reda avec les Anglois>
i667. >.r^v.,.:.
16. Les Procedures detruites.
'par le Code » 1667.
17. Paix d'Aix-la- Chapelle ,
166$
iff. Secours de Candie „ r66&.
1669.
19. Le Roy visite ses Conqueftes
, ^70. & 1683.
zo. Le Roy fait fortifier & vi
sité ícs Conquestes , 167s,
11. Les Hollandois forcez ai»
Poste A'AmtidéttyVÍJxi. '
xi. Secours jetté dans Meflîhe
aprés 'la déraite des Ennemis ,
Février 1675V'"
~ 13 . Desunion de s Considerez „
1^78..
24. Les dix Villes imperiales;
d' Alsace prestent ferment de fi»
delité au Roy, 1679, .
. zf. Protection Sc secours don-
Janvier 1687. H
90 MERCURE
nez par Sa Majesté aux Rois de
Portugal,.i668. & de Suede 1679.
16. Les Corsaires de Tripoli
featcus ,.puis défaits jusque dans
le Porc de Cíik>: ce qui allanne le
Turc, Juillet 1681.
27. Les Villes dq Strasbourg ,
& de Gazai soumises au Roy, le
30, Septembre 1,681.
' r8. Paix de Maroc , & de Salé,
Decembre 1 681.
29. Alger foudroyé , Juin 1683.
„ 30. ìì.Decembre Luxembourg
foudio^i, 1683.
: 31. Les Vaisseaux d'Alger b rir
iez à Sarcelles i68ì. &: ces Cor
saires battus plusieurs fois 1683,
, r Genes foudroyée, May 1684.
33 . La Vifle de Trêves déman
telee 6c punie , en Juin 1684*
34. Un de^ ûos vaisseaux Mar
ì ... ^<Ì:PlLM€Tì &
l .cèaods repris au milieu de treoie-
trois, autres , 1684.
35. Protection donnée à l'Evefque
de Lîege contre íés SujjSt4s»
l jtebfeljes,i^..;. ./' y\J
. 36, T rive de ,vipgj ans accor-.
dée. à 1 Éuto,pe par le Roy, r 68 4».
. r. #8. .TîripQ)!! foudroye v .en Jaít»
*' ' p. ^Amrjassá^eû/dé Fránce"
-e&ftent le Sopha à An^rinople
p "áeî^'r^ction de i'Hétesie par tour
ic Royaume , 168'5.
?'-.4^ JLe^avf doàne jdfifîsecowiîs.
sw&ugí.de^ayojfc^r }'>£>o.&~
92 MERCURE
tiort del'Heresie dans sesEstats^
6c afin de reduire les Protestans
rebelles des Vallées , 1686.
Les deux precedentes In£. ^
criptions ont esté pôiëes íùr
lc Piedestal de chaqu c Co
lonne , pour montrer que U
Base & le fondement des
Actions de LOUIS LE
G RAND » cest ta Reli
gion. Les Festons n'estant a~
joûtez que pour TornemenÊ,
l'on a crû qu'ils fefoient trespropres
à porter lés' Médaif- \
les qui contiennent les NaiC
sances , les. Mariages , & les
autres eVenèmens de cette
t ' > .
>
GALANT. <x
forte , qui sont afïèz souvenu
representez par Les Fleurs.
Cette précaution ne déplaira
ï pas aux personnes exactes ,
.qui auroient peut.eftre trou,
vé à redire qu'on eu st meílé
ces faits avec les autres..L'on
n'.a pas eu de peine à se re
soudre à eette separation. Il y '
a tant de belles choses à dire
du Roy , que nous ne /òmmes
pas reduits à la necessite'
d'établir les louanges de ce
grand Monarque fur des efl
rets étrangers. Ainsi Ion a
piis sa Naissance t son Maria
ge, les Enfans qu'il a eus,noa
£4 MERCURE
'pas pour en faire des~ siijets
d'Eloges , mais pour donner
plus; d'osnemeint À cet; Ou
vrage ,ôc a;5n de ne pa& pri
ver ies curieux de ces remar.-
.ques , quirait paru ,de con&-
,rjuencfi. . J \ìs:ìïûy\,i.ï
v> i r : . j '''; >.i ' r,. t
43. Naissancedu Roy, aonae.
. heures avant Midy le Dimanche
5. Septembre' 1638. '* ' .
44 . Le Roy déclare : Ma^Xir te
Jeudy 7.. Septembre tápJ ' i'.'ísí
^ 43., Sacre, du Roy; ;à;R4injï§ £e
"Dimanche 7. Juin .f4f4, j
46^ Mariage *dú Roy te 3. Juki
1660,
47. Naissance de Mouseigiíeur
GALANT. 9Y
k j4^. Naiííànce de Madame" Eli!
zabethde France yle Samedy.r8V
Novembre 1662.,
. 49. Naissance de Madame
Marie Anne de France , le Di
manche 16. Novembre 1664.
50. Naissance de Madame Marie-
Therefe de France , le Di
manche z. Janvier 1667.
51. Naissance de Monsieur Phi
lippes de Bourbon Duc d'An
jou ,1e Dimanche 5. Aoust 1668.
52. Naissance de Monsieur
Louis-François de Bourbon,Dut
d'Anjou ,1e Mardy 14. Juin 1672.
5J. Mariage de Monseigneur ,
le 28.|anvier 1680.
. 54. Naiííànce de Monseigneur
îeiDtrc de Bourgogne , lejeudy
S. Aouft i8f*. ».
íSíaiQàmae de iMxsrièigneu*
oá MERCURE
le Duc d'Anjou , le Dimanche
19. Décembre 1685.
56. Naissance de Monseigneur
le Duc de Berry , le Sastiedy 31.
Aoust 1686.
$7. Mariage de Madame h
Princeíïê de Conty , le 16. Jan,
vier 1680.
58. Mariage de Madame la Du.,
chessí de Bourbon , le 14. Juil
let lé86v
Voilà un petit crayon du
plus beau Portrait qui fut ja
mais. Si lan trouve que quek
que chose y manque , Ton
fera reflexion que ce n'est icy
qu'un abregé r qui n'a pû
contenir tout ce que le Roy
a fait de grand depuis vingthuit
... GALANT. 97
huit ans. On auroit bien vou
lu marquer tant d'Illustres,
qui ont eu part aux actions
héroïques qui font aujourd'huy
l'admiration de toute
la Terre ; mais l'efpace d'une
These nous borne , il faut se
reserver pour un plus grand
Ouvrage que l'on médite , &
qui renfermera l'Histoire de
nos Braves aprés celle de leur
Auguste Souverain. Nous ne
craignons pas d*y marcher
fur 'lai mesme route que les
autres Auteurs. Celle que
nous suivrons fera nouvelle;
& c'est un bonheur de vivre*
fanyitr 1687*
98 MFRCURE
íous un Monarque, dont toui
tes les démarches sontautanc
<le miracles ; & qui occupe
tellement les Historiens, que <
quelque foin qu'ils aportent ,
ils laiíïèront encore beau
coup à dire pour ceux qui
ecriront aprés eux.
sein d'une These pour leRoy,
fait par un homme qui s'est
attaché avec tant d'exactitu
de à rechercher tout ce qui
regarde la Vie de ce Grand
Monarque, que je puis vous
aíïèurer qu'encore qu'on ait ^
tâché de l'imiter , & de le co
pier en beaucoup d'endroits,
dans des Ouvrages qu'on a
GALANT.. 9
presentez {ans avoir ose' les
rendre publics , il est l'original
de tout ce que nousavons
vû de cette nature. Le tra
vail de cet Ouvrage, ou tou
tes les dates font , est quelque
chose d'incomprehensiblej íì
je puis parler ainsi, & pour
le rendre correct, Y Auteur a
a eu besoin de toute l'applicatïon
d'un hommeauíïi zelc
qu'il lest pour le Roy. Tous
les Eloges de ce Monarque i
& rout ce qu'on a fait de son
Histoire, ne nous en sçauroient
faire si bien connoik
tre la grandeur que cet Ou
vrage , & c'est ce qui merite
une réflexion bien serieuse,
& qui jettera dans tâtonne
ment tous ceux qui voudront
la faire. Il ne s'agit que de
marquer ce qu'à fait le R.oyy
fans détail , fans raisonne
ment , & sans éloge .y & ce
pendant cette These peur
passer pour une chose prek
que impoíïîble > à cause du,
grand nombre d'Actions qu'
elle contrent.Tous les Siecle*
ne nous fòurniífënt rien de
semblable. Je purs , & je dois
le dire à la teste d'un Ouvra
ge qui n'est remply que de
GALANT, ii
Faits y. & l'on ne peut ea
voyant cela que se taire , &
demeurer dans 1 etonnement»
Je n'ay dit qu'un mot de ces
raits. là , & ce n'a mefme esté.
que d'une partie ,& j'en ay
parlé dans deux cens Volu
mes. Peut-on dire apres cela
qu'il soit aisé de faire L'HiÇ
toire du Roy , si l'on y veut
renfermer tout ce qu'il a fait
de grand ? Pour moy, je suis
persuadé qu'il faudroit un Sie
cle entier , si ion vouloit
mettre dans leur jour toutes
les actions de ee Monarque M
& que cette .Histoire pour
i2 MERCURE
roit remplir seule des Biblio
theques. Vous en ferez en
tierement convaincuè,quand
vous aurez lû l'Ouvrage sui
vant , qui sera d'une grande
utilité pour tous ceux qui
voudront travailler à cette
Histoire . & qui leur epar
gnera plusieurs annees de
recherches. Sou venez- vous ,
s'il vous plaiít , que l'Auteur
luppose ion dessein executes
& qu'il décrit la Thèse com
me si elle eítoit faite. >
DESSEIN DE L'OUVRAGE.
Les Actions immortelles
de Louis XIV. estant ad
V
GALANT, i?
mirees de touce la Terre , il
n'est pas possible de trouver
aujòurd'huy quelqu'un qui
n'en soit pas informé, & qui
puiíïè demander avec raison,
pourquoy nous appelions ce
Prince Louis le Grand ,
mais afin d'en instruire la
Posterité ,on luy dédie une
These qui pourra luy servir
de regie dans les sentimens
qu'elle doit avoir des vertus
héroïques de nostre incom
parable Monarque. Les prin
cipaux évenemens de son Re
gne depuis 1658. y sont mar
quez d'une maniere qui ne
«4 MERCURE
fera peut estre pas deíagreable.
Quoy qu'il y eust une
infinité de belles choses à di
re avant ce temps. là, on n'a
pas cru devoir remonter plus
haut , afin de ne se pas co
pier soy mesme dans d'autres
Ouvrages, où elles n'ont pas
esté oubliées ; mais plus que
tout cela , pour n'établir les
louanges de Louis le
<j r a n d que fur des actions
d'éclat , dans lesquelles il a
toujours eu la premiere part,
St afin de le suivre plus exa.
#ement depuis un âge où sa
teste / son coeur, son bras &
GALANT. y rç.
son esprit ont commencé d'a
gir de concert pour le bien
2e ses Etats. .L Histoire du
Roy est une matiere riche, &
un vaste champ ouvert à tous
ceux qui s'y voudront exer
cer! Heureux mille fois celuy
cpi le fera avec succès ! On
a cru devoir ne s'expliquer
qu'en François, soit dans les
Inscriptions , soit dans les
Conclusions historiques êc
politiques , parce qu'on a eu
four objet la satisfaction des
Perfonnes qui préferent cet
te Langue , que nos Victoi
res oat rendue si florissante
ì6 MERCURE
dans toutes les Patries du
Monde.
DES C RIPT ION
... . de la Thèse.
Le Portrait du Roy est
placé au milieu d'une Cou
ronne de laurier , relevée de
quatorze Médailles , le tout
posé fur une dépqiïille de
Lion.Quatre grands Octogo
nes avec de riches bordures
accompagnent le Portrait,
&font voir par quatre gran
des Inscriptions la gloire du
Roy dans les quatre Parties
du Monde. / ,
GALANT. 17
/. INSCRIPTION.
HEurope inutilement conjus
rce pour s opposer à la Course
wiclorieusi de LOV IS LE
GRAND, cede a U force de
fin bras , &fi njoit contrainte
£accepter là Paix , que ce Mo
narque luy accorde au milieu de
fis Victoire*.
IL INSCRIPTION.
LÌAfìc étonnée des ABions ad
mirables de la Grandeur dtp
fioy 3 recherche fin Alliance , &
députe trois fois des Ambassa
deurs du Royaume de Siam a*vec
de riches Prefins. '
Janvier 1687. B
18 MERCURE
IN SCRIPT 10m.
il Afrique humiliée par les
frequentes défaites des Corsai
res d'Alger , de Tunis , de Tri
poli, de Maroc & de Salé , que
LOUIS XIV. a punk jusque
dans leurs Portereffe* , <vient de
mander la Paix'au pied du Trô
ne de Sa Majefié.
IV. INSCRIPTION.
L Amerique owverte aux Ar
mes de LOVIS LE GRAND,
a eflé le Theatre des Victoires
qu'il a remportées Jùr Jes Bar
bares 3 & des Conqueftes qùil a
faites à S. Christophe, à Tabagoy
dans toutes leslsles Antilles.
' \
». t . '
. ' 4
19
Les quatorze Médailles
font autantde Vertus ou At
tributs du Roy , representez
par des Devises ou Emblè
mes, 8c expliquez dans l'Exerque
de chaque Médaille..
Comme les Armoiries four
nissent le corps le plus naturel
Sc le plus ordinaire des Devi
ses, on s'est fait icy une obli
gation d'en tirer quatre des'
Lys , qui composent les Ar
mes de nos Rois , quatre du;
Soleil, qui est le symbole du;
Roy , &une du Coq , qui re
presente la France.
zo MERCURE ...
/. M ED AILLE.
Le Soleil éclairant tout le
monde avec ces mots, Eclai
re sVnivers. Dans l'Exerque
pour Vertu , Sagesse.
II. MEDAILLE.
Un Lys avec ces mots, Que
jòn odeur efi douce ! Dans 13*
xerque, Clemence.
III. MEDAILLE.
Une Justice tenant la Ba
lance , avec ces mots , Sou
tien des Loix. Dans l'Exer
que , Justice.
IV. MED AILLE.
Un Laurier. Pour Ame ,
Chery de Minerve & de Marr.
21
Dans l'Exerque , Liberalité.
V. MEDAILLE.
Un Lys avec ces mots. Des
Mortels Vamour & le plaifìn
Dans l'Exerque , Èonté.
VI. MEDAILLE.
Un Soleil avec ces mots ,
// commande aux Saijòns£)àn&
l'Exerque, Puissance. '
VII. MEDAILLE.
Un Coq qui a une patte
en l'air. avec ces mots , La
terreur des Lions. Dans l'Exer
que , Vigilance.
VIII. MEDAILLE,
Un double Foudre en l'air .
avec ces mots , La terreur des
22 MERCURE
Ingrats. Dans l'Exerque , fer*
metê.
IX. MEDAILLE.
Un Soleil avec ces paroles,,
A qui rien ne peut refîfter.Da.ns>
l'Exerque, Force.
X. MEDAILLE.
Un Lys avec ces mots , Son
odeur va plus loin. Dans l'E
xerque, Gloire.
XI. MEDAILLE.
Un Foudre fur un Autel
avec ces paroles , Joûijfexde
fin repos. Dans l'Exerque,
Moderation.
, XII. MEDAILLEUne
Caíîolete fumante fur;
- GALANT. 2?
un Autel avec ces mots , La
gloire des Autels. Dans l'Exer*
que, Pieté.
XIII. MEDAILLE.
Un Lys , avec un grand
rejetton à droite ,. & trois au
tres petits à gauche, & pour
ame, NofireJiècondejpoir. Dans
l'Exerque , Bonheur.
XIV. MEDAILLE.
Un Soleil qui parcourt le
Zodiaque, avec ces mots , //
ne peut sarrefter. Dans l'Exer-.
que , Vaillance.
Dans le milieu de la bor
dure, au bas du Portrait, font
les Armes de Sa Majeste' en
H MERCURE
tourées des deux Colliers des
Ordres de Saint Michel & du
Saint Esprit, & ornées de Gui
dons, d'Etendards, & de Tro
phees , qui jettent des bran
ches d'Olive , pour marquer
la Clemence de ce Prince ,
qui a bien voulu donner la
Paix au milieu de ses Victoi
res. Il y a deux grandes Trom
pettes qui accompagnent la
Couronne , avec deux aifles
qui s'étendent de chaque costé
, pour porter les Armes
de Louis le Grand ju£
ques aux extrémitez du mon
de. Tous ces ornemens qui
fonc
.GALANT, n
font le haut de la These, sonc
soutenus dune table d'atten
te , ou parement irregulier
d'Architecture d'un ordre
Composite , avec la Corni
che, sa Frise, son Architra
ve , Colomnes , Pilastres ,
Chapiteaux , Piedestaux &c
Baies. Un grand Cartouche
posé sur le milieu de la Frise,
contient ces mots , A L A
POSTERITE'. Le grand
Quadre destiné pour les The.
ses , est échaneré par le bas ,
& pôle entre les Pilastres. U
contient quatorze Theses ou
Conclusions , qui répondent
Janvier 1687. C
26 MERCURE
par ordre aux quatorze Me
dailles , & qui prouvent cha
que Vertu ou Attribut du
Roy. C'est: par cette raison
qu'on s'est attaché à com
mencer la plufpart des Con
clusions par les paroles de la
Devise qu'elles, justifient.
Comme les Theses font le
principal fondement de tout
cet Ouvrage , on croit devoir
en expliquer la conduite su.
vec un peu plus de détail. Le
stileen est assez particulier,
mais cette Philosophie que
nous donnons n'estant pas
ordinaire, & ne faisant que
GALANT. 27
de haistre , elie s'est trouvée
capable de toutes les formes
cju/on a. voulu luy donner.
Certaines expressions de Poe
sie , & d'autres libertez qu'on
ne prendroit pas ailleurs, en
ont rendu les Propositions
courtes & ferrees en des
endroits , & plus étendues
en,* d'autres, Tout cela est
permis en cette occasion, ou
l'on doit dire beaucoup de
choses en peu de paroles. On
peut inesme. parler Ecolier, si
cette expression m'est permi
se , pourveu qu'on le faíïè
pour exprimer plus naturel-
Cij
28 MERCURE .;
lement les opinions que l'on
propose. Nous n'avons pû
nous dispenser d'employer
des chifres pour marquer les
jours & les années de plu
sieurs évenemens. Cela n'est
pas íàns exemple, puis que
nous voyons tanc de Theses
remplies de semblables chi
fres. Cependant on ne l'a fais
que lors que les Actions du
Roy ne íònt pas marquées
dans les autresMédailles donc
nous parlerons dans la fuites
Cette Chronologie a sonutúj
lité, & le Public ne sera peut,
eítre pas fâché de. la tçouyer
GALANT, zf
observée dans cet Ouvrage
avec assez de íòin. Les The-t
ses ont pour Titre \
HtftQrtques&Polittqucs.
.,' Q13ESTION* ;
Qui devez - vous estimer Ic
plus Gi."and de tous les
Monarques de la Terreî
1 CONCLVSION.
LOVIS XIV. donné de
^Dieu d une maniere mira*
culeajè, éclaire Y Univers par
les rayons éclatans de fa SageC
C iij
?o MERCURE
se. Cette Vertu parut en luy
beaucoup de temps avant Vâge
ordinaire. Peut-on dire qu'il ait
manqué une feule fois a prevoir
jusqu'aux moindre* évenemens
dans tout ce qu'il a entrepris f
Qùon montre un Monarque plus
exaBa remplir J&s obligations
mieux reglé dans fa conduite ,
& plus àjjìdu au gouvernement
defm Etat. Cet Augnfte Prince
également habile dans la 'Taix
& dans la Guerre, efi l ame de
Jon Cabinet. Ses secretsfmt im
penetrable*. Il donne autant
dorades o."n de réponses &
. fréfire dwertijjimens íes
GALANT.; ?t
plm innocens au travail quil
devore , pour ainfi dire , afin de
Jòuìagerjon Peuple. Considere^
ay ec quelle Sagesfè il commença,
par le reglement de ses Finan
ces. Ensuite ayant racheté Dunquerque
, il o/la aux Etrangers le
seul Port qui leur reftoit em
France, & aux Corsaires une
ancienne retraite. Compare^ nos
Troupes d aujourdhuy a<vec cel
le* de* Regnes précedens ;faites
reflexion fur le discernement
qu il a dans le choix de ceux qui
le fervent , fur la force & fur
t étendue de fòn Genie. Voye^i
Le hel ordre quil a étably dans>
G nij,
ji MERCURE
toutfin Royaume, & vommac*
cordere^facilement que Lo ii i s.
XIV. eít le plus Sage de tous
les Monarques de la Terre.
//.
G)umd le R jy paroifl armé,
cefipour obliger des Ennemis a
profiter de fi Clemence. Telle
fut la Bataille des Dunes qui fit
conclure la Paix des Pirenées.
Combien de f'is LOUIS a-t.il
épargn é kfxng des Vaincus ? Sa
Clemence empefiha le Sac de
Vtlencienncs , (1677. ) Sans elle
Alger Tunis , Tripoli , Genes ,
& tant £autres Places auroient
esté des bûchers de viçîimes deuë.s
GALANT
a la jufiice defis Armes. Amster
dam , la Haye , & le rcfie de la
Hollande defilée ( 1672.) & mefi
me tonte l Europe firoit encore
un Theatre de feu & desang, fi
ce Grand Prince nefi suft (vain
cu luy.mcfme , ôf s il nefi fuft
arrcfié au milieu de fis Victoi
res , enforçant les Ennemis d ac
cepter la Paix , & enfiúte une
Trêve de vingt ans , aprés en
avoir prescrit l&$ conditions >
qui ont rendu le repos a l Eglifii
& qui font avoûer que
Loiiis XIV. est le plus Paci
fique de cous les Monarques,
de k Terre..
34 MERCURE
///.
> // Joûtient les Loix par la
Justice de fis Ordonnames &
defis Edits. Lific^fin Code, qui i
fuit la reg'e de nos Juges. Ad
mire^ t®m les Arrefis que ce
Monarque a rendus, comme il a
puny les Due'difics , les Empoi
sonneurs ( 1676. ) & les Vfiirim
(168.0. ) Que dites-vous de
ce bel ordre étably pourl' AdmL
nifiration de U Justice } Mon^
trex^moy un Etat ou la Police
soit mieux reglée qùen France, j
Le Roy a-t-il jamais accordé ou
refusé aucune grace quilne fuft ,
Jujk d'accorder ou. de refuser ï
GALANT. #
Mais quand <vous <vous Jouvien^
drev^qùila jugé luy-mefme con
tre Jes propres interefis dans
. lajp ire du Vofé [ufto. ] dit&
^Loiiis XIV. est le plus
Juste de rousles Monarques,
de la Terre.
IV.
Poureflre chery de Miner
ve & de Mars , /'/ faut proteger
les beaux Arts, & récompenser
dignement les Vertus militaires*.
Nos Muses donneront des loiian*
ges éternelles à Sa Majefiépour
avoirflit baflir l Observatoire,
pris la protection de l Academie
Françoise [ 1672. ] institué celles
îá MERCURH
deSoijs.ns, d' Arles, de N(/mes,
de Villefranche^ d Amiens. Le
Journal des Sqavans, qui a com
mencé en 1660 efi deua lamour
que cette protection a injpirée
pour les belles connoijfmces j &
le Mercure G4.Ia.nt qui a com.,
mencé en 1677. efi un fruit de
la grandeur de ses AíTions , qui
en fournijfent la matiere. II a.
ctably l Academie Royale des
Arts & des Sciences > celles de
Peinture & de Sculpture , les
Ecoles de Droit Civil a Parti ,
[ 1679. ] & de Droit François
par tout le Royaume [ 168 1. ]
Combien d habiles Ouvriers en~
GALANT, v
tretenus pour des Ouvrages ra
res au Us ont portes a la dernie-
» re perfiction ! Faites reflexion
Jur le grand nombre de Scavans
qui Jont dans ce Royaume , &
Jur la politejfe que ion y remar
que depuis vingt ans. Admire,z.
la Magnificence de ce Prince
dans l EntréeJolcmnelle quilfit
a la Reyne fin Epousé le 2.6.
Aouft 1660. Confidences Cours,
les Rampars, les Arcs de Triom
phe , l Edifice du Pont Royal ,
les belles Fontaines , iélargisse
ment des Rues , le Quay de la
Riviere , &lesauprcs ornemens
ajoutez, à la Ville de Paris, ^ue
>
?8 MERCURE
penfczjvous des Bafiimens su
perbes de toutes les Maisons
Roydes , de ceux du Louvre &
de ceux de Ver/ailles , qui peut
paffer pour une huitième Merveille
du mondes Voye\ les belles
dépenses que LOUIS LE
CRAND a faites dans les Car
rousels de i«6i. 1685. & l686. h*
Di'vertijsemens de f Isle enchan
tée &de la Paix,avec les grands
Balets , les Machinessurprenan
tes . & les representations des
Opera , fins parier de la richejfe
de fis Meubles & de la ma
gnificence de fa Cour. Mais fur
tout , accorde^- mqy que cefi
GALANT. ?9
dans ce Royaume que les vrais
services de la Noblejfe font re~
connus par le rétablissement de
I Ordre de S. Lazare [1673.]/^
I Institution des Compagnies des
jeunes Gentilshommes [ i68z] £5?
par la fondation de la Maifin
Royale des Dames & DcmoifèL
les de Saint Cyr [ 1686. ] Les
vieux Soldats j ou ceux qui ont
efié cfiropie^ dans le service ,
/ont nourris &Joulage^le reste
de leur vie dans t Hoftel Royal
des Invalides , fondé le 14. lé
vrier 1671. Donc Loiiis XIV.
est le plus Magnifique & le.
plus Liberal de tous les Mo4o
MERCURE.
mrques de la Terre.
V.
LeRqyefl Y Amour & le Plai
sir defin Peuple , dont il efìle
Pere.. Sçavez^vous le grand
nombre de Places quil a bien
voulu rendre en consideration de
la Paix,&'avec combien de bontéila
remis aux Espagnols trois
millions cinq cens mille livres
qu ils luy devoientpour les Con
tributions de la Flandre ( 1684 )
& comme il leur a rendu deux
gros Calions quils avoicntjuftement
perdus dans une défaite en
1686 ì LOVIS L E GR AND
a délivré jusqu'à pesent plus
GMAKs. 4v
de ijra&. Esclaves defis SujetsT
€^ de differentes Nations à Ât~
ger , outre les 600. qùtl aura, de
Tripoli , ffî tous ceux qùildoir
retirer de Tunis (d?- de Maroc..
tiy a plus ; fa bonté luy a fait
dïmnmr les Tailles de trois:
millions prés de 5 00. mille Uvres:
( 1684, ) donner de grandes som
mes pour occuper les Pauvres h
des Travaux aujfí utiles a leur'
Misere qua Vornement des Vil^
les ( 1685. .) fairè des chantes
considerables pendant lafkmnè.
de 166 1. fç) le grand Hiver"
{ 1684. ) & une diminution tres±.
grande four fis Droits fur Us
s Janvier 16S7» I>
ai MERCURE
bled. ( 1685. ) Ses mains RoyaU
les occupées à porter le Sceptre ,
n ont pas dedaigne' depuis fix
ansde composer des Remedespour
le fiulagement , fé) la guerison
deses Sujets ; & de leur en don
ner luy-mesme les secrets qùil d
publie^depuis peu, {g) quilrìavoit
achete^ que pour fin Peu
ple. N oublie^pas encore cetar-.
trfice benin dont il 'vient de Je
sèrqjir ,pour cacher a toute fi.
Famille Royale 0, àfin Royau
me une maladie qui le tourmentoit
, afin de nous épargner l in
quietude g) la douleur de fia-
*vQtr un fi bon Prince dans
4?
les peines.^ Reconnoipz dom'
de bonne.fy qu il merite mieux.
le nom de tres bon que cetËm-.
pereur Romain a qui on le decerna
5 puisque LOUIS XIV.'
vray Pere de la Patrie , est le
plus Aimable &. le Meilleur
de tous les Monarques de la'.
Terre.
VI.
Il commande aux Saisons ,4
lors qu 'il trouve le moyen de'
faire la Guerre au milieu de'
L Hiver. Qui pourra comme luy '
parvenir a cette puiflànce, d as-
Jteger en me/me temps quatre'
Villes tres-fortes [ \6yz. ) & de
D ijj ~
A4 MERCURE
faire recevoir ses Loix en un
mcfme jour a deux Places auffp
considerables que Strasbourg fg)
Ca%al ? Jl a dompté les Jroquois
( i66j. ) & reduit en fìx jours
les Algeriens ,quetout le Regne
de f Empereur ChaHes-Quint avecfa
fortune n eut pas feule~
ment le pouvoir d'intimider.
N a.t il pas contraint les Corfaires
de Tripoli , de Maroc y
de Tunis , de Salé , avec ceux
de Majorque .{ 1681. ) aprés le
avoirfournis , de refpeûer nos
Vaisseaux , fg) de rendre tous nos
Esclaves ? Conjïdere^ce que cest
que de joindre les deux Mers e»
í GALANT. 45
Languedoc par un Canal long
de 64. lieues , commencé le 16*.
Avril 166-7. (ë>r acheve dans le
y me/me mois de l année 1681. Tau
re confiruire l Acqucduc de
Maintenon pour la conduite des
Eaux de la Riviere d'Eure ,
( 1685. ) d°nt ïédifice Jurpajfe
tout Ce que les Romains ont en~
trepris de semblable. Cefi la
puiíïànce du Roy qui Va fait
triompherfur Mer des Anglçis
en 1666. des Hollandois le sep*
tiéme Juin 167.2,. & encore
deux fois de la me/me Na»
tion en 1673. ft) a Stromboli ,
*n Sicile , { Janvier 1676. ) des
4* MERCURE
Ejpagnols , fg) des Hollandais
devant Augufia le n. Avril
suivant , ou le fameux Ruiter
qui commandoit fut blessé à,
mort , le deuxième Juin de Id
mcjme Année devant Palerme ,
ou l on remporta la plus glorieu
se Victoire de Mer qui se fòit
veuè depuis la Bataille de Le
sante ì les Plotés d. Espagne @p
de Hollande ayant efié défaites 3
& ensuite brûlées clans le Port ,
dont le miserable. rejle fut vain
cu le 3. Mars 1677. a Tabago
dans l Amerique. Dom LOUIS
XI V. est le plus Puissant de
'tous les. Monarques de la
Terre.
-GALANT. 47.
.'.y vil
La terreur des Lyons , ccfl
cette vigikfvre qui fait <voir
le Roy , le premier à la tefie da
ses Aimées > moissonner des Pal
mes fg) des Lauriers avant que
le Printemps nous donne des
fleurs. G efi encore cette applica
tion exacte fç) reguliere a gou
verner par luy-mefme , q) À
tenir tous les jours ses Conseils.
Lefoin qùilprend de connoifire
Jès Officiers , de Jefaire rendre
compte de tout , (gf de prévoir
dans le détail a mille choses qui
rendent ïexecution de desordres
plusfacile ft) plusprompte. N'a
48 MERCORjE
vons-nous pas veu baflir une- *
Gídere en dix heures f ( 1679. )
N efi.ce pas par les fins de Sa
Majestéau ily a tant de Gardes. .
fç) d illuminations , pour lafu
reté de Paris ? On lu.y doitauffí
r établijfcment des Compagnies
des Indes Orientales (d?. Occidentales
, (efr de plusieurs belles
Manufactures ) une Compagnie
de Guinée1 ( 1685. ) avec beau
coup d autres avantages procures
à ce Royaume , poury faire fle»\
rir le Commerce avec succes La,
Navigation efiparvenue à une
telle perfection cheries François>
paria, vigilance de LOVÎS LR
GRAND»
GALANT. 49
CRAND y que les autres Na
tions rapprennent de nous. Tou
tes nos Provinces ont acquis la
/curetépar la bonté des Torts de
Merspur les armeniens des F'lo
tes , par lafortification des Villes
frontieres parla construction
'de Saar-Louis , d Huningue , g)
de Mon.Louis , fins parler de
tant de fortes Citadelles baflies
par les Ordres de LOUIS X IV.
ìe plus Vigilant de tous les
Monarques de la Terre.
VIJL
L0V1S prend quelque fois
le foudre en main y pour punir
les ingrats, pour maintenir les
Janvier 1687. E
T° MFRCURE
drain de fa Couronne , fg)pour
rvur.ger la foy publique , (d?- le
droit des gens violes ( 1674. )
dans lAjJemblée de Cologne. Si
la Garde Corse a la temerité
d'attaquer un Minifite Public,
le Ry fîsait en tirer la/àtisfa~
Síijn deu'è afa dignité ^obtenant
tout ce qu'il pouroit pretendre .,
par le traité de Vise conclu le íiì
Mars 1664. avantage ont
remporté les Espagnols en reffini
U pìts a noftrç JmbajC
fadeur a Londres ( 1661. ) fnon
d'avoir efié oblige\depuis a déc
'arerpubliquùmnt qu'ils cedent
par tout la préfëAme aux Bran
GALANT, v
cjmviïe íeurK^pïrkiénfpBsf Á
qttoy bon troubles leï Wibitdns
<£ Andxye \ ^) donner fant ; de
ra^fiùtâ.rfitgàtàiïsû T.rdacé
potier é%ká" de coùctúre ïaffàre
êe £ÌPnduttê fc'efioitpour fiire
ítòarSfc tohte ^Eiïïope ; t^itè U
éRWWb si/fisst p wmdntekir
jfòn titre de Duc de Rmr~
g.gnâ": t tûìó.ï) pour remettre
Jtsv:S*jeù en pòjpjfià ÏÏe UVcf,
chf{\tô$ pourfdre trembler
tmte . tífpÁgne en tenant une
grmde Vhttè bloquéè devant
ôadix ( Í68&.v ) Le Turc a <veu les
Eij
y. MERCURE
Corsaires de Tripofy poursuivis
fç) battusjusque dans le Port de
Chío \ 168 1. ) @r nostre Vlotte
^ victorieuse menaçant les Dar da
nelles , porter lépouvante jus
que dans le coeur de fin Em
pire. Ces preuves de la fermeté
du Roy , (gf. la vigueur de fin.
Ministre en 1677. 1680.(^-1681*
ont obligé le Sultan d'accorder le
Sopha à noftre Ambassadeur , ft)
d'autres Privileges pour la Re
ligion Catholique , ce qui fait
voir qu'il estime davantage
LOVJS LE GRAND que tous
les autres Monarques ensemble.
Jtfvs Allier ont aujst goûté les
GALANT. <î
fruits defa ferme ré , lors qu'il
leur a fit. rendre (1679. ) les
Villes (§>?> les Provinces qu'ils
avoient perdues pendant la,
Guerre ; toute f Europe vient
de recònnoiftre par la réunion de
-' plus de xoo. Villes famées ,.
800. grés Bourgs ffi 3000.
Villages ujurpe^jur la France
pendant les 'Revolutions de ce
Royaume , que LOUIS XIV.
est le plus ferme de tous les
Monarques à maintenir les
droits de sa Couronne.
Rien ne peut resister à la
íbree d'un Roy Invincible „
Eiij,
qui s'efi fut, luy, me/me une
routeJm le Rhin , mal.?iéjò%
extrême largeur *Jk rapidite Cs*
f profondeur ; metuint en der
r.ute une Armée qui <voulokJuy
,eu disputer le píjf^ge. * Tohyii ,
& qui fut contrainte de le luy
ahj^donn£î{ Le it. Juin. i6,7*.f
incomparable Mcfos a fins
&ej- beMwjèwnt plus de
Guerres , gagnéplus de 6p. B%-
t^ïlks ou Combats s bordéde$f
Cûnquefies le&hin ,le Viyahai'i
la Moselle , U Meuse \ íljfel i
la Lys , lFfiut , &f pris plus
4e 6oo. Villes par Sieges ^ TfaL
t&L o ou pifoteçftm. Aprés m fi
GALANT.' vf,
grand nombre de Con^uefiês ,
que d/tes^vms de & force' des
Places , les çriyczjvms imprena
bles f Je <vous oppojèray aujfìtjfl
Dunquerque s le Fort de
Schein, M.ifircic, Valenàennesy
Cambray, Suint Orner , Tpres ,
Puioerda., Strasbourg , Luxem
bourg , & tant, dautres que
vous voyez^parmy les Conquefies
d un Roy toujours le plus fort.
Voulczc^vous au contrairefiûtenir
quïl rìy a. point de Villes
qu'on ne puijfe prendre ? Sans
doute vous ave^mblié que nos
Ennemis ont levé le Siege de
vant Voêrden , & devant Char—
E ÌÌÌj'
*s MERCURE
leroy , ( 1672.. ) devant Oudenxrde
qu'ils affiegeoient avec>
trois Armées , ( Septembre
1674. J devant Haguenau
Saverne ( 1675. ) devant Augufla
en Scicilc [ Janvier ] de
vant Mzftreic le vj. Aoujl 1676.
& devant Chxrlcny le 14. Aouft
1677. Accordons-nous , ffi dïfms
qu'il n'y a point de Villes
imprenables fi Louis les attaque,
& qu'elles ne peuvent efirefor
cées lorsqu'il les dcffend. Vous
Jçave^ auffi que nofire Vlotte
Vichrieufe a toujours battu cel
les de nos Ennemis ; m iis e:iffìe%r
vuus cru , fi toute U terre ne
GALANT, r?
meus en affeuroit que le braie
d'Erlingue avec fin seul Vais
seau \ euft osé livrer le Combat
à 37. Galeres tant Espagnole?
que Genoises [ 1684. ] qu'a
pres les avoir battues , $~ leur
avoir tué zooo hsmmes 3 // cufi
pu heureusement fi retiret danr
son Port. Donc LOUIS XIV.
est: le plus fort de tous les Mo
narques de. la Terre..
X. •
Dans ler Panegyriques des
LOVIS LE GRAND , je pje*
fire toujours la vetité toute/im
pie , a la figure aux Allegotics.
le Juif donc, entierement
$ MF.RCURïï
perju.idé qUilJuffit icy d'ejì.iblir
sa ?\oirc Jurjes propres actions
(d/-sûr des sits connus de toute
l Europe. Jgui osera nier que
f Empereur n ait eu befitn du
secours de France , [ 1664. ]
poursuivcrh Hongrie & toute
s Allemagne qui allait devenir U
proye des Ottamms ì Le Grand
Duc de Mswie a recherché
í Alliance du Roy par ses Am.
b.jfideurs [ i66g & 1*81, }fEm*
percur des Turcs [ 1669. ] un Roy
de Guinée [ 1670. ] t§jr le Roy
de Si^msiit voir par des Presens
magnifiques , @r par trois
Ambajjudes qùi[ envoye du miGALANT
S9
lieu de l Asie, [ i6Sì. ] OMre
1684. &.\en Aoufi 1686. quelle,
efiìme il fut de LOUIS LE
ÇK AND . Ce Prince qui nefi
fin da jcctte cflïme que pour le
bien de la Religion y ria. t-ilpas
feu nn Souverain à fis genoux ?
[ifSf. ] (&y lun defis Gene
reux donner un Pzjjcpon le 2.4.
Septembre 1677. à l Aimée En
nemie beaucoupplus nofnbreufi
qW U nafire , pourfirtir d'un
lieu, oà'eUe benoit de fifiuver, .
nprés avo'.T efié b&ttuë ? Le
grffld Gufîoe<ze qui appeUoit il
y.tì 56 Ans les Autres Monarquesy
des Roitelets en' comparaism dfk
6o MERCURE .
Roy de France 3 s'il vivait au~
sourd huy , ne diroit ilpas avec
nous que la Gloire de LOUIS
XIV. ne peut avoir de bornes*
& que c'eír. avec justice qu'iî
est le plus estimé de tous les
Monarques de la Terre ?
XI.
Joiiiíïèz de son repos, Frìnces
inutilement jaloux d'une
grandeur à laquelle vous' «?
parviendre^jamaìs. L'on a re
fusé les Secours qu il offroit fi
genereusement ; mais fans luy on
n'a pu aller à. la Victoire , puis,
qu'il cflint le Maifire du chemin
qui vonsy acmdmts. Les droits.
' ".GALANT, rît
que ce Prince avoitjur le PaUtinat,
oni.ils esté capables de le
tenter ? Point du tout. Jl a cher,
ché les tvoycs de douceur , ^) fi
dele dans la parole qu'il avoit
donnée de ne point agir, il a
cedé fis propres avantages pour
ne pas interrompre le cours des
zostres. Jgui peut dire qu'il fa
jamais veu en colere ? Ennemy
des loila nges fg) de la flatterie ,
toujours affííble , toujours pa
tient , & le plus moderé de
tous les Monarques.
XII.
La gloire des Autels, c est la
Pieté dont LOVIS LE
MERCURE
€ R A N D, a donné, (èfy* dón±
m feus les jours de fi grandi
exemples. S efi-ilfirwy defèsú.i
wantages k>rs> quïl a <veu l!Allei
vtagne embarajfci t$mébàìùm
pás. a ft moderation een.x que
'vous avez remportez: en Hon
grie* Cefile Beffwfîtfhde^^E*
glija , le VviMfàjcr des. yEv<fl
qu.es , & le Defiruffeurde l'He*
refie. Il a fmi nf de grande?
fimmes. aux Venitiens. (1658. )
pour sûre la Çttdrre. .qu'ils'
efloient obligez defmtenir. H à
proscrit les Blasphèmes & les
Inipietcz^parfis Déclarations &
Edks de 1665. 1667* q) t6?y}
GALANT. 61
V Eglise cl recoww éfa premiere
tranquilîté fr les Jèntimens &
Jur les points delicats de la Re
ligion , par les Joins de ce Mo
narque qui a envoyé dessecours
considerables de Troupes en Can*
die contre les Turcs. [ 166S.
166y. ] ft) employeses forces de.
Mer contre.eux [1670. ] Il a
tefiab fy lexercice denofire Relu
gbn dans les Villes Herretiques
d'Osfy, de Rhimberg, de B u -
fi h ,dVtrech., (g^c. [ 1671.
de Geneve en 16S0. fê) de Stras
bourg en 1681. Ce Prince trespieux
a rtmis en p'ojfcjfion de la,
Garde du S. Sepulcre les Relï*
H MERCURE
gieux de S. François t677, $
leur continuéfa proteêiion Roya
le ses liberalits^ dans toute
la, Terre Sainte. Il a émt au
Roy de Ferse enfaveur des Ca
tholiques , (dr en a obtenu tout
ce qu 'il a demandépour nos Mf
fionnaircs^ Les grandes Con
versons quil a procurées dans
le Royaume de Siam , g) dans la
Chine depuis plusieurs années >
ï Edit de 1681. qui deffènd a ses
Sujets de quitternoftre Religions
g) cet autre de 1683. qui oblige
les Idolatres qui renoncent a
leurs erreurs , d'embrajfer la
Communion Romaine ; En un
[
mot ce qu 'il a ordonné ( ifâçy
pmr le, rejUblijfement des Eglifis
g) des Fresbiïeres y @J ce'
\ Mmdcment pourfaire observer
la, modestie cUns les Eglises ,i
14S6* tout cela ne montre t il
pas la vcritableYxçxè de LOVIS
JLE GRAND .<? Ajouflons , quaprj
la Conversion volontaire ft)
libre de plus de fíx cens mille A~
mes reunies à l Eglise Catholique'
depuis plusieurs années , que le
zgle , les Joins charitablesfs gj.
les belles Ordonnances du Roy
les sollicitent à se convertira it
a revoqué L'Edit de Nantes ,
jait abbatre tous les Temples des>
Janvier 168 j. K
(S MERCURE
tìuguenots.., g) ab&ty s Heresie1
áxns fin Royaume , W me attûée
, ce quejer PredeecjsetìTsna-
^oknt pas fait pendant plus
d un fiede : hissant a lapoflcrite.
un bel exemple dont le Duc de
&&wye u le premier Jùivy les
traces. Ces grands services ren
dus à lEglîJi ijans parler de
ceuxqxtin atteted, prouvent que
LOUIS XIV. est le plus
Pieux de tous les Monar
ques. • l"4 1 '' " \';
C'est pour 4'es grandes Vetttts
du Roy , que "Dieu l a. comblé
d'un jufte Bonheur , en hy .
.l . i rjr. A\\
galant: ef
donnant une nombreuse Pò/fe-
" rite. Heureux dans ï Alliance
qu'il a faite arvec une Keyne parfaite
& remplie des graces du
Ciel : heureux dans un Fils incomparabie,
&dansjfon Augufie
Epwíjc : heureux enfin dans un
Frere félon Jon coeur , & dans
tmdxfíFAmilk 'Rijyalequil <voit"
entierement devoiiee ajonservi- .
ce. Ses Mìnifirts font vigilans, ,
ecíaire^ &fidelles ;Jòn Rojaume '
flwiffìnt Jh Armes' invin
cibles, il eft cbery de fort Peuple, :
estimé de. toute la Terre , & par
tout Vííforieux, Ainfì lors que '
*vsHt ditçs €pue les Defltns jòntr
68 MERCURE .
pour luyjans contrainte , que
cefiparce qu'il a enchaîné laVortune
qu'il efi le plus Grand des
Rois , reconnoijfez. en mefme
temps que cefiparfa propre ver
tu qu'il efi leplus Grand de tous .
les hommes. Voila lafeule raison
pour laquelle Louis XIV. est
ie plus Heureux de cous les
Monarques de la Terre.
ll ne peut s'arrester dans la
belle route des Heros ; ce Prince
Magnanime , nmrry dans le
sein de la Victoire. Ses Ennemis
me/me avoâent qu'il ne fe con
tente pas de marcher le premier
GALANT <9
k la tefle de ses Armées , mais
qu'il les mene en personne au
Combat & a la VÏBoire , d'oà
vient qu'il efi plusbefiin de le
reunir que de l exciter. Sa Vail
lance ne nous fit-eUe pas une
frayeur fans pareille , lors quaprés
s'estre exposé à mille dan
gers , & a des fatigues inconce
vables au Siege de Dunquerque
[ 1658. ] il demeura luy seul in
trepide pendant une dangereuse
maladie qui defcfyeroit toutjòn
Royaume ? Pouvez.- vous Jans
admiration & fans larmes pen
ser avec quelle grandeur dame
LOVJS a souffert fa blejfure
7o MERCURE
dux. Septembre 1683. & une
Operation accompagnee de dou~
leurs aiguës ? [18. Nov. 1686. ]
Suive^ ce Vainqueur en Vranchc-
Comté qu'il prit luy.mcfme
en dix jours au milieu de iHy.
ver: & en Lorraine qu 'il fou
rnit en peu de jours, îl a conquis
en petfinnc fiixante-ánq
Villes en deux mois , fortifiées
dans l&endué d on%e Provinces;
M ifirich , que l<m efitmoit im
prenable , en tre ize jours z & les.
années /ùivantes, Valevúenmsy
Gand , & Tpres. Assiegeant U
Ville de Bouchaïn ìm 1676. les
Armées des Confederres tenteGALANT.
71
sent le secours de cette Place.
Le Roy aÛa au devant , leur
prtfenta la Bataille qu'ils evif
terent par U fuite. Voulc^wous
d autres Victoires rempotréesfar
Terre par L OV I S LE
• G RA N D , .<" Je <vom rapporte
les principales. Ce font les Ba
tailles ou Combats des Dunes le
14. fuin 1658. de S. Godart au
p&Jfage du Raxb en Hongrie le
premier Aoufl 1664. En 1674. de
Zein?ein , de Molsheim , de Se*
n ef contre trois Armées , d'Emf
heim , dans laquelle vingt mille
François défirent trois Arméet
defiixante &fex miUe hommes>
7& MERCURE
commande^ 9 par vingt Princes
Souverains , ou de Maison Soumeraine-,
de Mulhaufein ën 167^.
de Turshcin , apres laquelle les
Csnfedere^ furenf chajfcz^ , &
contraints de repasser le Rhin..
En 1677. lonziéme Avril .celle
de Cajfel, remportée par Son Al
tesse Royale ^ quï defit les Espa
gnols (dp les HoUàndois , mmmande^
pçr le Prince d'"Orange,.
prit enfmte*Sa}rit Orner. Lés
Batailles d'Mpoûille en Catalo
gne , de la SeiÛe, & dAufembourg.
Le Combat du Pont- a-
Mmjfon^ de Koquerberg^outre
vingt-cinq mille hommes perdus
par
GALANT, .71
par les Allemans dans le Cam
pement de Mouron. En 167g.
les Combats de Rheinsfeld le 8.
Juillet , & de Saint Denis le 14.
Aòufi. En 1684. le 16. May le
Combat de Pont . Major , au
pajfige dei la Riviere de Tur. Re.
iconnoijfeç^ donc que U Vaillan
ce duRoy ta rendu leplus grand
Conquerants qu'un concours fi
heureux de tant de Vertus Mo
rales & Politiques \ prouvent
invinciblement que L ou is XI V.
£st çeluy que vous devez esti
mer le plus Grand de tous les
Monarques de la Terre.
Dans le grand Quadre aux
Janvier 1687. G
74 MtkteOKl
deux coffe2 des Theses ©a
Conclusions historiques &
politiques ,sont marquees les
principales ; Conqu'istòs du
Roy selon Tordre dèsanne'eS}
afin qu'on puíílê1 les> tròuvéV
tout d'un corjp,^d%ríè feuX
le veuë , 4en lisant ' tes autres
Actions de ce Prince Cha
que coríjdueste k *fir titèfrífue
pour en> c1>n'si$ïfteM£
tion selón la "Geographie,,
cela se trouve eitpîîqué dans
un Cartouche poï^itfus 'le
Quadre. *^\^r^h
.. .GÀLAKÎV 7s
Pour cottuoifire la situation
des Cottquefies. ,
A AtVòîè^' Cornu, eles JPtys '-ba*
Catholiques. : v; v^,«»'.> '
.'.'Akace ; : ':£attáptèvi4Ì^ iÀBemagne.
. . ' '."'O '
B Brabant1; Dùchí «M&$sÌ>at
Catholiques.
C GleVes'; ^u^ìenlÂneriapie.
f Cologne „ EleBorar^ .en Àlle~
Magne. ' . -* 1
F Flandres, Comté desPJy:-ha.t
G Gueldres , 2>«^ , deiProvïh-
. ces-y^ìes.. , ij^.n-'. ! ? .
IjF HàìnVùt, & ktyi ú*
3J" Cathotîquês. 4t"
G ij
j4 MERCURE
h Hollande , Comté , des Provin
ces-Unies.
L Liège* Principaute , £Attenta-
,gne. ^ x- .> "WïjK
\ Luxembourg, Duché, des Paysbas
Catholiques.
N Namur, Comté , des Pays-bd*
Catholìquts. .'. ...'>' •
O Owerissel , Seigneurie, des Pro
vinces. Unies.
P Palatinat , Eleïlorat , en AUemairie.
:' .£, : J
V Utrecht , Seigneurie des Pro
vinces-Unies. . ; ... ,4. ../'.f
Z Zutphen , Comté , des Provin
ces.Unies, i •.;
Ces seize Provinces ont esté
le Theatre le plus ordinaire
des Conquestes de Louis lk
Grand, quov qu'il cn ait
GALANT. 77
fait beaucoup dans plusieurs
aurres Provinces , qui font
marquées à la fin de chacune
de ces Villes. Ainsi Ton trou
vera peut. estreaíïèr d'utilité
dayotrenïì peu d'espace les
principales Conquestes, lan,
née quelles ont esté faires,
& le Païs pu elles font situées.
Trinàpdes Conquestes du Roy*
Dunkerque. F
Gravelines» ;'" F
Oudenarde. F
Menitì. F
Ypres. F
Comm.ines. F
Grammoat. F
Giìj
78 MERCURE
Dixmude. F
M or tare v Duché de Mitau , en
Jtaïiey \"
1663.
Marûl , en Lorraine.
"... : ."s t&7> . \
L.a Bassée. F
Conde. H
Charle.Roy. . iH
Bergues. > ' ' ' B
T.Huruy. .'. .?. .. V F
AcH, . H
Doiiay. ...I.'...' 'I'- í?
.F urnes. '.. . W
Çourtray. ^ ' |?
Oudenarde- p
Lisle. .fr
.^.lost, deux fois. .• m. . F
Árrnentieres. > ,. , ' Jf
GALANT. 19
.y léóS.'
ècíànçon. . .. . ,~ sf.v . K S
Salins.' • . »
Dole. ' I»
Grais. u O
Chasteau de JoujíVj...:. ^ |
Fort Sainte Anne. >-
£t toute la Franche-Comté. . .
Pont-à.Mousson. ,„ ,y., . \\
Çpinal, Nancy , & toute la Zar*
, rainer
fpngres. . j,,7/L
Weifet. . X
ltfascik. Mjv.'vk
Sjtuar.. . ^ 3. I*
Fsluquemont,,D«^.^ Zifpktìur£.
flLhimberg. v t
jfurìck* .r....;. Ç
G iiij
8o MERCURE
Weícl. • } C
Rées , & son Fort. >:!; C
Fort de Lippe , enVvestfhalie.
Emmeuk. ;:.v ì,- G
Locken, '1 Z
Bvoí kelo. Vvtfifhalìe; >
Grool. * ,: ' Z
Doëtkum, >ír Z
VHrz. ' Z
Brtwoort. ' ' ^.^ 2^
H. sselt. c V . • O
Ommetij .. ''.'• O
Kemperi. O
Zwol. ?- >.••v^:/.|"0;.
Deventer. ' r-:
Zûtphen. H : > . . ' Z
Óoësbourg. ». ' > Z
Fort deSkeink. . ''".rí"'.»>: f
Utreicht. •
Mu'íden. .;:>.''-í\, fc:
Naërden. ••' ' h
GALANT. 8t
E&ourg. . G
Harderwick. >ì . G
Hattettî'ï *ì>♦ ï ..• .. t '>'»*.. ' . G
Amersford. A
V^oërden. h
Oudewarer. %, \v. . ' h
Arnheim. G
Vianem. ~>«t : Ja
W"agcninghen. G
Rhenéen. j:> V
Duëstede. V
'Wic... Duché de Zimècurg.
Knotzeiobourg., *. F
Les Forts de Saint André & de
W'orms. i G
Isles de Bomel & du Betwe, G
Creveeoeur. " : B
Nimegue. ' G
Grave. st
Genep. .<..'.. C
Bodengrave* .> ' 'h']
82 MERCURE
1673.
Mastreick. : '
Tout le Comte de la Marek. ' ? . '
Salins. Sf
Principauté de Lure. »*.
Chafte'au Sainte Anne.
Fauconnié , & toute la Franche-
Comte'. • •'' fj.í
<îermeinsheim. .? P
Duren. ^ Ì..t ; '>> >• 'P
Heiníberg. .'»»'•»• *v p
jpinnick. .'Jwt...i:;:^p
Citadelle de Lieo.e .n...O
.-l^: O » *
Trêves , A'Jemayie.
1674. .
TJinan.
Huy, L
GALANT. 8?
Limbourg y Duché.
F^rt de Monivic Cataleyte.
Augusta , en Sicile.
167$,
Fort de Link. F
Condé. .' H
Bouchain. H
Aire. A
Builloru £•
Tôrmiuna. j >
S.aletta. a?
La Croix. .... £s
Savoca.
Ficumedcntsi.
Fort &Iflc de k Caïenne , dans
tAmerique.
Valenciennes. H
Cambray , &; .& Citadelle. H
Saint-Omer. A
Fribourg.. :.. . .i
8+ MERCURE
ChasteaudeBoslu. s']\ .x > H
Saint Guillain. H
Sarbruk. Lorraine, ...r;
Forts de Tabago & d'Orange.
Amerique. . - \%,;\\
1678.
Fort Rouge.
2s.ores, .v,..)..,.: F
l'uycerda. Catalogne.
... > «
Fort de Kiell. , a
Kampen.
Landav, & le Chasteau de Lichtemberg^
»^//^
apte.
Aix-la Chapelle , & tout le Du.
ché dejuliers excepte la Ca
pitale. i,»C:L Vïlì :.
Nuis. .. ., , .." ^
GALANT 8c
1680.
Chademont. fss
Hombourg , Frontiere du Palàtinat.
;
Virton. JBaillages du
Chin y. Luxembourg,
Enchimont. L
Strasbourg. a
E/CazaI , Italie , en me[me jour. :
1683.
Courtray, p
Dixmude.. ' \ . • ; p
1/84.
Luxembourg. L
Cap-de-Quiers , en Catahqnt. .
réunions.
Fumay. j_j
Le Comté de Rochefort.
Le Marquisat d'Arloh. :' >
Herbemonk ,.,'.'
Urbu.
fc< ME&CfJRE
Orchimont.
Revin.
fiastoine. , > r
La Roche. rs '".lV *
HofFalize, ' ' r
Saint Hubert,
Marche-en Famines : >
Ì.c Neufchateaiu •',' .,,v.
Echternach.
L i Principauté de Sálm,êcci. dam
le Luxembourg. 1
Et les Comtez de Morîçbe'íará^
&íde Sponheim, en A ema<gn&.
LesColomnes,Jçs Pilastres,
& les Feítóns font ie^idrtïs de
cinquante.'huit revérs de Medailles,
qui font autant d'Ins
criptions qui rna&qttent seloû.
Tordre des années y les prihl.
GALANT. 87
cipales Actions du Roy, qui
n'ont pas esté compriiès en
particulier dans les Thèses.
On va les rapporter íuívanc
qu'elles font disposées.
I i! . . J . . ,.l 1 . . . ì
..t.4.; Çharrìhre de Justice, pour
rétablis l'oirdrQ daìis les Finan
ces, 1658. .•..:,/.'. í { ,
ì. Edit contre.Ies Duels , Kjj?.
3 . Les Rois de France & u'ÉC
pagnes voyemt ] & fígntnr la
Paix le 7. Novembre 1659.
4. AccruiíìtiondeDurikerque,
ì'66l. . .Jt*. />'[ ri: 'i . .. , ií í '.
. . 5. Le Roy d'Espagne cede la
préséance â 4a France , & le dé
clare le 14.. Mars 1661. ; r-'
Alliinjce/renouyellée avec
les Suisses j 1663. >; .
88 MERCURE
7. Protection accordée au
Comté de Venaiflìn , 8c à Avi
gnon ,1663.
8. Etablìílement da CommerJ
ce aux Indes , 1664.
9. Piramide élevée á Rome,
Íîour faire satisfaction au Roy de
Iníûltede la Garde Corfe,i<?64.
10. Satisfaction faite au Roy
par le Legat , 1664.
n. Victoire far les Corfaúes
d'Alger, St deTunis, , '
ïì. Grands Jours en Auvergne
pour la Justice, t66$. .
13 .Protection donnée aux Hollandois
contre l'Evefque deMunr
ster &: contre 1 Angleterre, 1666.
; 14. Paix entre la France & Jes
Algeriens, 1666.
„ 15. Paix de 3reda avec les Anglois>
i667. >.r^v.,.:.
16. Les Procedures detruites.
'par le Code » 1667.
17. Paix d'Aix-la- Chapelle ,
166$
iff. Secours de Candie „ r66&.
1669.
19. Le Roy visite ses Conqueftes
, ^70. & 1683.
zo. Le Roy fait fortifier & vi
sité ícs Conquestes , 167s,
11. Les Hollandois forcez ai»
Poste A'AmtidéttyVÍJxi. '
xi. Secours jetté dans Meflîhe
aprés 'la déraite des Ennemis ,
Février 1675V'"
~ 13 . Desunion de s Considerez „
1^78..
24. Les dix Villes imperiales;
d' Alsace prestent ferment de fi»
delité au Roy, 1679, .
. zf. Protection Sc secours don-
Janvier 1687. H
90 MERCURE
nez par Sa Majesté aux Rois de
Portugal,.i668. & de Suede 1679.
16. Les Corsaires de Tripoli
featcus ,.puis défaits jusque dans
le Porc de Cíik>: ce qui allanne le
Turc, Juillet 1681.
27. Les Villes dq Strasbourg ,
& de Gazai soumises au Roy, le
30, Septembre 1,681.
' r8. Paix de Maroc , & de Salé,
Decembre 1 681.
29. Alger foudroyé , Juin 1683.
„ 30. ìì.Decembre Luxembourg
foudio^i, 1683.
: 31. Les Vaisseaux d'Alger b rir
iez à Sarcelles i68ì. &: ces Cor
saires battus plusieurs fois 1683,
, r Genes foudroyée, May 1684.
33 . La Vifle de Trêves déman
telee 6c punie , en Juin 1684*
34. Un de^ ûos vaisseaux Mar
ì ... ^<Ì:PlLM€Tì &
l .cèaods repris au milieu de treoie-
trois, autres , 1684.
35. Protection donnée à l'Evefque
de Lîege contre íés SujjSt4s»
l jtebfeljes,i^..;. ./' y\J
. 36, T rive de ,vipgj ans accor-.
dée. à 1 Éuto,pe par le Roy, r 68 4».
. r. #8. .TîripQ)!! foudroye v .en Jaít»
*' ' p. ^Amrjassá^eû/dé Fránce"
-e&ftent le Sopha à An^rinople
p "áeî^'r^ction de i'Hétesie par tour
ic Royaume , 168'5.
?'-.4^ JLe^avf doàne jdfifîsecowiîs.
sw&ugí.de^ayojfc^r }'>£>o.&~
92 MERCURE
tiort del'Heresie dans sesEstats^
6c afin de reduire les Protestans
rebelles des Vallées , 1686.
Les deux precedentes In£. ^
criptions ont esté pôiëes íùr
lc Piedestal de chaqu c Co
lonne , pour montrer que U
Base & le fondement des
Actions de LOUIS LE
G RAND » cest ta Reli
gion. Les Festons n'estant a~
joûtez que pour TornemenÊ,
l'on a crû qu'ils fefoient trespropres
à porter lés' Médaif- \
les qui contiennent les NaiC
sances , les. Mariages , & les
autres eVenèmens de cette
t ' > .
>
GALANT. <x
forte , qui sont afïèz souvenu
representez par Les Fleurs.
Cette précaution ne déplaira
ï pas aux personnes exactes ,
.qui auroient peut.eftre trou,
vé à redire qu'on eu st meílé
ces faits avec les autres..L'on
n'.a pas eu de peine à se re
soudre à eette separation. Il y '
a tant de belles choses à dire
du Roy , que nous ne /òmmes
pas reduits à la necessite'
d'établir les louanges de ce
grand Monarque fur des efl
rets étrangers. Ainsi Ion a
piis sa Naissance t son Maria
ge, les Enfans qu'il a eus,noa
£4 MERCURE
'pas pour en faire des~ siijets
d'Eloges , mais pour donner
plus; d'osnemeint À cet; Ou
vrage ,ôc a;5n de ne pa& pri
ver ies curieux de ces remar.-
.ques , quirait paru ,de con&-
,rjuencfi. . J \ìs:ìïûy\,i.ï
v> i r : . j '''; >.i ' r,. t
43. Naissancedu Roy, aonae.
. heures avant Midy le Dimanche
5. Septembre' 1638. '* ' .
44 . Le Roy déclare : Ma^Xir te
Jeudy 7.. Septembre tápJ ' i'.'ísí
^ 43., Sacre, du Roy; ;à;R4injï§ £e
"Dimanche 7. Juin .f4f4, j
46^ Mariage *dú Roy te 3. Juki
1660,
47. Naissance de Mouseigiíeur
GALANT. 9Y
k j4^. Naiííànce de Madame" Eli!
zabethde France yle Samedy.r8V
Novembre 1662.,
. 49. Naissance de Madame
Marie Anne de France , le Di
manche 16. Novembre 1664.
50. Naissance de Madame Marie-
Therefe de France , le Di
manche z. Janvier 1667.
51. Naissance de Monsieur Phi
lippes de Bourbon Duc d'An
jou ,1e Dimanche 5. Aoust 1668.
52. Naissance de Monsieur
Louis-François de Bourbon,Dut
d'Anjou ,1e Mardy 14. Juin 1672.
5J. Mariage de Monseigneur ,
le 28.|anvier 1680.
. 54. Naiííànce de Monseigneur
îeiDtrc de Bourgogne , lejeudy
S. Aouft i8f*. ».
íSíaiQàmae de iMxsrièigneu*
oá MERCURE
le Duc d'Anjou , le Dimanche
19. Décembre 1685.
56. Naissance de Monseigneur
le Duc de Berry , le Sastiedy 31.
Aoust 1686.
$7. Mariage de Madame h
Princeíïê de Conty , le 16. Jan,
vier 1680.
58. Mariage de Madame la Du.,
chessí de Bourbon , le 14. Juil
let lé86v
Voilà un petit crayon du
plus beau Portrait qui fut ja
mais. Si lan trouve que quek
que chose y manque , Ton
fera reflexion que ce n'est icy
qu'un abregé r qui n'a pû
contenir tout ce que le Roy
a fait de grand depuis vingthuit
... GALANT. 97
huit ans. On auroit bien vou
lu marquer tant d'Illustres,
qui ont eu part aux actions
héroïques qui font aujourd'huy
l'admiration de toute
la Terre ; mais l'efpace d'une
These nous borne , il faut se
reserver pour un plus grand
Ouvrage que l'on médite , &
qui renfermera l'Histoire de
nos Braves aprés celle de leur
Auguste Souverain. Nous ne
craignons pas d*y marcher
fur 'lai mesme route que les
autres Auteurs. Celle que
nous suivrons fera nouvelle;
& c'est un bonheur de vivre*
fanyitr 1687*
98 MFRCURE
íous un Monarque, dont toui
tes les démarches sontautanc
<le miracles ; & qui occupe
tellement les Historiens, que <
quelque foin qu'ils aportent ,
ils laiíïèront encore beau
coup à dire pour ceux qui
ecriront aprés eux.
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Résumé : Description entiere d'une These qui contient toute la vie du Roy. [titre d'après la table]
Le texte présente une thèse dédiée à Louis XIV, rédigée par un auteur ayant minutieusement recherché la vie de ce monarque. L'ouvrage est décrit comme unique et incompréhensible sans une application zélée. Il couvre les principaux événements du règne de Louis XIV à partir de 1658, évitant de remonter plus haut pour ne pas se copier sur d'autres œuvres. L'auteur inclut des médailles symbolisant les vertus du roi, telles que la force, la gloire, la modération, la piété, le bonheur et la vaillance. La thèse est soutenue par une table d'attente avec des ornements architecturaux et des trophées symbolisant la clémence du roi. Les quatorze thèses ou conclusions de l'ouvrage répondent aux médailles et prouvent chaque vertu ou attribut du roi. Le style de l'ouvrage est particulier, utilisant des expressions poétiques et des libertés pour rendre les propositions courtes et fermes. L'auteur utilise des chiffres pour marquer les jours et les années des événements, offrant une chronologie utile au public. Les questions et conclusions abordent la sagesse, la clémence, la justice, la magnificence et l'amour du roi pour son peuple. Louis XIV est présenté comme le plus sage, pacifique, juste, magnifique, libéral et aimable de tous les monarques. L'ouvrage se termine par une réflexion sur les actions bienveillantes du roi envers son peuple, soulignant son dévouement et son amour pour la patrie. Le texte décrit également les exploits militaires et les réalisations politiques de Louis XIV. Il mentionne des conquêtes telles que celles des Iroquois, des Algériens, et des corsaires de Tripoli, Maroc, Tunis et Majorque. Louis XIV a imposé ses lois à des places importantes comme Strasbourg et Cassel. Ses victoires navales incluent des triomphes contre les Anglais en 1666, les Hollandais en 1672 et 1673, et les Espagnols en 1676. Il a également construit des infrastructures majeures, comme le canal reliant la Méditerranée à l'Atlantique et l'aqueduc de Maintenon. Sur le plan intérieur, Louis XIV a établi des compagnies de commerce et des manufactures pour stimuler l'économie. Il a renforcé la sécurité à Paris et dans les provinces frontalières par la construction de citadelles. En matière de religion, Louis XIV a promulgué des édits pour défendre la foi catholique, comme l'édit de 1681 interdisant aux sujets de quitter leur religion et l'édit de 1683 obligeant les idolâtres à embrasser la communion romaine. Il a également révoqué l'Édit de Nantes en 1685, mettant fin à la tolérance envers les protestants. Le texte mentionne également les alliances et les relations diplomatiques de Louis XIV avec divers souverains. Ses victoires militaires incluent des batailles comme celle de Haguenau en 1674, Augsbourg en 1675, et la prise de Strasbourg en 1681. Enfin, le texte énumère les principales conquêtes territoriales de Louis XIV, incluant des villes comme Dunkerque, Gravelines, et toute la Franche-Comté, ainsi que des provinces en Allemagne et aux Pays-Bas. Le texte présente également une liste de conquêtes, de fortifications et d'événements militaires et politiques liés à la France entre 1674 et 1687. Parmi les lieux mentionnés figurent la Principauté de Lure, la Citadelle de Liège, Trêves, Huy, Limbourg, et plusieurs forteresses en France et à l'étranger. Le texte détaille également des événements significatifs tels que la cession de la préséance par le roi d'Espagne à la France en 1661, la protection accordée à divers comtés et villes, et des victoires militaires contre les Algériens et les Turcs. Des alliances et traités de paix sont également mentionnés, comme la paix d'Aix-la-Chapelle en 1668 et la paix de Maroc en 1681. Le texte inclut aussi des événements personnels du roi, tels que son sacre en 1654, ses mariages, et les naissances de ses enfants entre 1662 et 1686. Enfin, il souligne l'importance de la religion comme base des actions de Louis le Grand et mentionne la préparation d'un ouvrage plus complet sur les actions héroïques du roi et de ses braves.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 270-303
Tout ce qui s'est passé à l'Academie Françoise le jour de Saint Loüis. [titre d'après la table]
Début :
Le 25. du mois passé, l'Academie Françoise solemnisa à son [...]
Mots clefs :
Académie française, Place, Messe, Cardinal Richelieu, Assemblée, Duc de Saint-Aignan, François-Timoléon de Choisy, Saint Louis, Prix d'éloquence et de poésie, Fontenelle, Discours, M. Perrault, Louis le Grand, Gloire, France, Esprit, Hommes, Monde, Paix, Piété, Secrétaire, Louanges, Compagnie, Honneur, Héros, Zèle, Maison, Europe, Lettres, Vertus, Admirable, Éloquence, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tout ce qui s'est passé à l'Academie Françoise le jour de Saint Loüis. [titre d'après la table]
Le 25. du mois passé, l'Academie Françoisesolemnisa
à son ordinaire la Feste de S.
Loüis Roy de France, dans la
Chapelle du Louvre. Mr l'Abbé de la Vau
,
l'un desquarante Academiciens, celebra
la Messe, pendant laquelle il
y eut une excellente Musique. Elle estoit dela composition de MrOudot qui fit
paroistre son habileté ce jourlà plus que jamais. Ensuite
Mr l'Abbé Courcier, Theolop-al de l'Eol
i
f
e
de Paris? prononça le Panegyriqne de S.
Loüis avec un succés qui
*
luy attira beaucoup de loüanges. Il remplit tout ce qu'on
pouvoit attendre d'un homme veritablement éloquent,
& lesrapports qu'il trouva des
achons de ce S. Roy à celles
deLOUIS LE GRAND,furent traitez avec tant d'esprit
& tant de delicatesse, qu'il n'y
eut personne qui n'en fust
charmé.L'Assemblée estoit
nombreuse mais en mesme
temps de gens choisis. Elle
ne le fut pas moins l'apresdinée dans la Seance publique
que tinrent Mrs de l'Académie, pour recevoir Mrl'Abbé deChoisy en la place de
Mr le Duc de Saint Aignan.
Vous connoissez son mérite,
& la Relation que je vous ay
envoyée de l'Ambassade de
MrleChevalier de Chaumont à Siam, vous a
fait voir,
combien Sa Majesté l'avoir
jugé propre aux négociations
qu'on avoit a y
traiter. Il
commença son remerciment
endisant
? que si les loix de
l'Academie le pouvoientper-
mettre, il garderoit le silence,
& ne songeroit qu'à se taire
jusqu'à ce que M" de l'Académie luy eussentappris à
bien parler. Il s'étendit enfuite sur les louanges de cette
sçavante Compagnie
,
dans
laquelle les premiers hommes de
l'Estatsedépoüillentde tout le
faste de la grandeur>(;) ne cherchent de distinction que par la
sublimité du genie é par la
profonde capacité, & dit agréablement, qu'il croyoit'- déja
sentir en luy l'esprit de l'Academie quil'élevoit au dessus de luy-mesme
,
& dont il
reconnnoissoit avoir besoin
pour reparer la perte de l'illustre Duc qu'elle regretoit.
Il prit de là occasion d'en
faire un portraitavantageux,
mais fort ressemblant,& après
avoir dit, que c~Af de
l'Academie
a marquer par des
traits immortels la gloire de ce
vrandHomme, dont la memoire
vivroit à jamais dans leurs Ouvrages
-'
puisque tout ce qui part
de leurs mains se sent du genie
sublime de leur Fondateur; il
ajouta quesil'on a
dit autrefois
que comme Cesar par ses Conquestes avoit augmentél'Empire
.le Rome
>
Ciceron par son e/o-~
quence avoitétendul'esprit des
Romains
5
on pouvoit dire que
le CardinaldeRichelieu seul,
avoit fait en France ce que Cesar £7- Ciceron anvoientfait à
Rome, & que si par les ressorts
d'unepolitiqueadmirable il avoit
reculé
nos Frontieres) il nous avoitélevé, poly
,
& si cela se
pouvoit dire, agrandy l'esprit
par l'établissement de l'Acade.
mie. Il poursuivit l'Eloge de
ce fameux Cardinal, parla de
la perte de M( le Chancelier
Seguier,qui fut après luy le
Protecteur del'Academie ,&
exagera ensuite la gloire dont
elle s'estoit Veuë comblée,
lors que le plus grand des
Rois, daignantagréerlemesme titre, avoit bien voulu
luy faire l'honneur de la recevoir dans son Palais, & de
l'égaler aux premieres Compagnies de son Royaume.
Par là, Messieurs
,
continuat-il, car je ne dois retrancher aucun des termes dont il
se servit en parlant de ce
grand Prince. ) Parlàdans
lesSieclesfuturs, vos noms devenus immortels marcheront à
lasuitedu sien
,
& vous pouue,-,
NOUS répondre avous-mesmes de
l'immortalité que vous sçavez
donnerauxautres. Vous lasçavez donner seurement
,
&vous
ladonnerezà LOUIS.Ilsefait
entre ce Prince & vous un
commerce de gloire, & si
sa protection vous fait tant
d'honneur
,
vous pouve% vous
flater de nestrepas inutiles afk
gloire. Oüy, Messieurs, ce prince
si necessaire à tous; à ses Sujets
qu'il a
rendus lesPeuples les plus
redoutables du monde, & qu'il
va achever de rendre plus
heureux
;
à ses Alliez à qui il
accorde par toutmeprotection si
puisante; àses Ennemis mesmes
dontilfaitle bonheurmalgréeux
enlesforçant à
demeureren paix,
ce Prince, qui à l'exemple de
Dieu dontilestl'image vivante
semblen'avoir besoinque de luymesme, il abesoindevouspour
sa gleire
,
&son nom, toutgrand
quil est
,
auroitpeine à passer
tout entierà la derniere posterite
sans vos Ouvrages. Vous y
travaillez, Messieurs. Déja plus
d'une fois vous l'ave^ montré
auxyeux des hommes également
granddans la Paix & dans la
Guerre. Mais qu'est-ce que la
valeur des plus grands Héros,
comparée à la pieté des verita
bles Chretiens? Il regne ce Roy
glorieux, & toujours attentifà
la reçonnoissance qu'il doit à
celuy dont iltient tout
>
ilsonge
continuellement à faireregner
dansson cœur &danssonRoyaume
,
ce Dieu qui depuis tant d'années répandsursapersonne une
si longue suite de prosperite
N'a-t-ilpasfait taire ces malheureux, qui malgré les lumieres
naturelles de l'ame, affectent
une impietéàlaquelle ilsnesçauroient parvenir? N'a-t-il pas
reprimé cette fureur de blasphême
assèz audacieusepouraller attaquerDieujusque dansson Tros-
m f Ilfaitplus; il s'embrase du
zele de la Maison de Dieu
,
il
n'épargne nysoins ny despense
four augmenter le Royaume du
Seigneur. Son zele traverse les
Mers, (jj* va chercher aux ex-
,tremitez de la Terre
,
desPeuples
ensevelis dans les tenebres de l'Idolatrie. Les premieres diffculte.-<
ne le rebutentpoint; ilsuit avec
constance un dessein
que le Ciel
luy a
inspiré
,
& si nos vœux
font exaucez
,
bien-tostfousses
auspices la foy du njray Dieu
fera triomphante dans les Royaumes de 1'0r1ent. Que diray-je
encore ? Ce Heros Chrestien at-
taque ouvertement ce Party
formidable de l'Heresie
,
qui
avoit fait trembler les Roisses
Predecesseurs.Ilacheve enmoins
d'uneannée, ce
quil/s n>a~
voient osé entreprendre depuis
prés de deux ~fc/,~rle Monstre infernal reduit aux abois
>
rentrepourjamais dans l'abisme,
d'où la malice des Novateurs,
&les mœurs corrompuës de nos
Ayeux l'avoient fait sortir.
Heureuse France,tu neverras plus tes Enfans déchirertes
entrailles.Une mesme Religion
leurfera prendre les mesmes in
teredts j&cejl à Louis -;
Grand que tu es redevable d'un
sigrand bien. Parlonsplusjuste,
c'est à Dieu,& le mesme Djetl
pour asseurernostrebonheur,vient
de nous conserver
ce Prince, &
de le rendre auxprieres ardente s
de toute l'Europe; car, Messieurs,lesfrancois ne font pas
les seuls qui s'interessent à
une
santési précieuse, &si quelques
Princes,jaloux de la gloire du
Roy
,
ont témoigné par de vains
projets de Ligues vouloirprofiter
de l'estatou ils le croyoient
,
leurs
Sujets mesmes
>
& tous les Peuples de l'Europe faisoient des
vœuxsecrets pour
luy
cachant
bien Men
saseulePersonne reside la tranquillitéuniverselleMais ou m'emporte mon
zele?
Apeine placé parmy vous,j'entreprens ce qui feroit trembler les
plus grands Orateurs,& sans
consulter mes forces,j'ose parler
d'un Roy dont il n'estpermis de
parler qu'à ceux3 qui comme
vous, Messieurs, le peuvent
faire d'une manieredigne de luy.
Aprés quelque temps laiïle
aux applaudissemens qui furent donnez à
ce Discours,
Mr deBergeret ,Secretaire du
Cabinet, & premier Commis
deMrdeCroissy,Ministre tk,
Secretaire d'Estat,pritlaparole pour y
répondre, & dit
à M l'Abbé de Choisy
,,
que
l'Academie ne luy pouvoit
donner
une marque plus honorable de l'estime qu'elle
faisoit de luy, qu'en le recevant en la place de Mrle Duc
pe S. Aignan. Dansle Portrait
qu'il fit de ce Duc, il fit voir,
Qu'ilaimoit les belles Lettres de
la mesme passion dont il aimoit
la gloire, & qu'ilavoit pris
tous les soinsnecessaires pour
avoir ce
qu'elles ont de plus utile
&deplusagreable. Il dit qu'il
çflyit bienéloigne de la vaine
erreur de ceux qui s'imaginent
que tout le meriteconsiste dans le
bazard d'estrené d'une ancienne
Maison, & qu'il ne regardoit
l'avantage d'avoirtantd'illustres
Ayeux, que comme une obligation indispensable J,'augmenter
l'éclat de leur nom par un merite
personnel; quese voyantattaché
au service d'un Prince,dont les
vertus beroiques donneront plus
d'employ auxLettres, que n'ont
fait tous les Heros de l'Antiquité,il en avoit pris encore plus
d'affection pourelles
;
qu'il s'estoit acquis une maniere de parler
&d'écrire noble,facile, élegante,
&qu'il avoit fait voir à la
France cette Urbanité Romaine,
qui estoit le caractere des Scipions &des plus illustres Romains. Jepasse beaucoup d'autres louanges qui furent écoutéesavec plaisir
,
& qu'il finit
en disant
>
Quesi M. le Duc de
S.Aignan estoit le Protecteur
d'une celebre Academiepar un
titre particulier
,
on pouvoir
dire encore qu'il l'estoit generalement de tous les
gens de
Lettres par une generosité qui
n'exceptoitpersonne; que lemerite, quelque étranger qu'ilfust,
Çy* de quelque part ~;//7~
Yiir„efloiiseur de trouveren luy
de l'appuy & de la protection;
qu'il recevoit avec des témoin
gnages d'affection tous ceux qui
avoient quelque talent
,
& qu'il
ne leurfaisoitsentirsourang èi;
sa dignité
,
que par les bons offices qu'ilseplaisoità leurrendre
Il parla ensuite de sa mort
chrestienne
,
&, de la confolation qu'il avoit euëen mou- lrant de laïsser après luy un
Fils illustre
,
qui s'estoit toujours dql-ingué' avec honneur &
sans affectation, dans lequel
onavoit toûjours veu decourageavecbeaucoupbeaucoup dedou-
crur, une admirable pureté de
mœurs, une parfaite uniformité
de conduite, de la penetration.
de l'application,de la ruigilancr.)
un cœur confiant pour la vérité
pour la justice, em sur tout
une solide pieté, qui le fait Agir
en secret & aux yeux de Dieu
seul,
comme s'il estoit veu de
tous les hommes. Il ajoûta, que
tantde vertus quiavoientmérité que dans un âge si peu avan~
cé, il eustestéfait Chef du Conseil d s
Finances, jufiifioient
chaque jour un si bon choix,(gjr
fdifoicn^ voir que le Royjufie
dijbenfateurde ses grâces "t'VO::
le don suprême de discernerles
esprits. Aprés cela Mr de Bergeret adressa de nouveau la
paroleàMrl'AbbédeChoi-
\yy&: luy dit, quequelque talent qu'il eust pour l'Eloquence
.J la nouvelle nouvelle obligationqu'il avoit o
bligationqu-'il
a-voit
de consacrerses veilles à lagloire de Louis le Grand, luy seroit
sentir de plus en plus combien il
est difficile de parler dignement
d'unPrince dont la vie est une
suite continuelle de prodiges. Les
Poëtes, poursuivit-il ,se plaignent den'avoir point d'expressionsassez fortes pourrepresenter
lemerveilleuxde sesexploits;
les Historiens au contraire de n'en
avoir point d'assi'{ simples, pour
empescher que tant de merveilles
ne passent pour autant defictions.
Quel art, quelle application,
quelle conduite ne faudra- t-il
point pour conserver la vraysemblance avec la grandeur des
choses qu.i! a
faites?Je
ne parle
point decette valeur étonnante,
qui a
pris comme en courant les
plusfortesVilles du monde, &
devant qui lesArmées les plus
nombreuses ont toujours fuy de
peur de * combattre. Je
ne pense
maintenant qu'à cette glorieuse
paix dont nous joueons., & qui
a tfl; faite dans un temps où l'on
ne voyoit de toutes parts que des
puissancesirritées de nos Viéloires, que des Estats ennemis declarez denosinterests, que des
Princesjaloux de nos avantages,
tous avec des pretentions différentes e- incompatibles. Comment donc parut tout d'un coup
cette Paix si heureuse ? C'est un
miracle de la sagesse de Louis le*
Grand
,
que la Politique neffau..
roit comprendre; & comme luy
seul a
pu la donner à toute 1"Euyope.) luy seul aussi peut la IUJl
conserver.Combien d*a£lion3de
pénétration, de prévoyance pour
faire que tant d'Etats libres, dm
dont les interestssontsi contraires,
demeurent dans les termes
qu'il leur a
prescrits? Il faut
voirégalement
ce qui •riefl plus
&ce quin'est pas encore, comme ce qui est. Il faut avoir un
genied'une force&d'une étenduë extraordinaire
,
que nulle affaire ne change, que nul objet
ne trompe, que nulle difficulté
n'arreste; telenfinqu'estle genie
de Louis le Grand
,
qui est répandu dans toutes les parties de
l'Estat, (fy qui n'yest pointrenfermé,agissant au dehors comme
au dedans avec une forceincon-
cevable. Il est jusque dans les
extrémitez du monde, où l'on a
-veit tant desaintesMissionssoutenues par les secours continuels
de sa puissance & de sa piété.
Il estsurlesFrontières duRoyalime
,
qu'il faitfortifier d'une maniere qui déconcerte ~(7 defj<:entous nos Ennemis. Il efi surles
Ports, ou il fait construire ces
Vaisseaux prodigieuxj qui portent par tout le monde la gloire
du nom François. Il est dans les
calemies de Guerre ~ù de Marine ,où la noble éducation jointe
à la Noblesse du sang,forme des
esprits & des courages également
capables du commandement v
de l'exécution dans les plus grandes entreprises Il est enfin par
tout, quifait que tout est reglé
cemme il doit l'estre.Les Garfiijbns toujours entretenues, les
Magasinstoujours pleins, les
Arsenaux toujours garnis
,
les
Troupes toujoursen baleine, v
aprésles travaux de laGuerre,
maintenant occupées à des Ouvragesmagnifiques, qui font les
fruits de la Paix.C'estainsi
que ce Grand Princeagissanten
mesmetempsde toutes parts,v
faisant des choses qui inspirent
continuellement de la terreur à
Jes Ennemis, de l'amour à Jes
Sujets de l'admiration à tout
le monde
,
il peut malgréleshaines
,
les jalousies, vles défiances, conserver la Paix qu'il a
faite3farce qu'il n'ya pointd'Etat
qui ne voye combien il seroit
dangereux de la vouloir rompre.
Quelques Princes de l'Empire
sembloient en avoir la prnsele)
& commencent à former des
Ligues nouvelles, mais le Roy
toujours également juste vsage,
ne voulant ny surprendre ny
estre surpris
:>
fit dire à l'Empereurj que si dans deux mois du
jourdesa Déclaration il ne rece-
voit de luy des asseurances poJiiives de l'observation de la Treve
,
il prendrait les mesuresqu'il
jugeroit necessaires pour le
bien
deson Efidt. Ses Troupes en même temps volentsur les Frontieres de l'Ailsnugne> (fff l'Empereur luy donne toutes les asseurancesqu'il pourvoit souhaiter.
Ainsil'Europe luy doit une seconde fois le repos & la tranquillité dont elle joüit.D'autre
part l'Espagneavoit fait une
mjujiice à nos
Marchands, (!Ï
les contraignoit de payer une taxeviolente
,
fous pretexte qu
'ils
negocioient dans les Indes contre
les Ordonnances. Le Roy3pour
arrester tout à coup ces commencemens de division
,
a
jugé à propos d'envoyer devant Cadix une
Flote capabledeconquérirtoutes
les Indes. dujfi-tost l'EJpdgne
alarmée, a
proYllÍs de rendre ce
qu'elle avoit pris e~ le Roy qui
s'en est contenté, a paru encore
plusgrand parsa moderationque
parsapuissance; car il est vray
que rienn'est si admirable sur la
Terre, que d'y voir un Prince,
qui pourvant tout ce
qu'il veuty
ne
veüille rien qui ne
soitjuste.
Maisc'est le caractere de Louis
le Grand. C'estlefond de cette
Ame heroiqne
>
où toutes les vertus font pures,sinceres
,
solides,
veritables, cm7ent toutesensemlie3 par une admirable union,
qu'il est non seulement le plus
grand de tous les Rois
,
mais encore
le plusparfait de tous les
Hommes.
Cette réponse fut interrompuëbeaucoup de fois par
des applaudissemens qui firent connoistre combien 1*ACsemblée estoit satisfaite de
l'Eloquence de MrdeBergeret. Il parut par là tres-digne
d'estre à la teile d'une si celebreCompagnie; & tout le
monde convint qu'il ne pouvoit mieux remplir la place
qu'iloccupoit. Mrl'Abbé de
Choisy a
fait connoistre par
un fort bel Ouvrage qu'il a
donné au Public depuissa reception,avec combien de justice il remplit la place qu'on
luy afait ocuper. Cet Ouvrage
est laViede Salomon. Il y
aquelquetemps qu'il fitaussiimprimer celle de David avec une
Paraphrase desPseaumes.Jene
vous dis rien de la beautéde
f- ses Livres. Vous pouvez juger
de quoy il est capable par ce
que vous venez de liredeson
Remerciment à PAcadeniieJ
Ces deuxDiscours ayantesté
prononcez ,
on distribua les
Prix d'Eloquence & dePoësie
& l'on declara que le premieravoir esté remporté par
Mrde Fontenelle,& le second
par Mademoiselle des Houlieres, Fille de l'illustre Ma..
dame desHoulieres,dontvous
avez veu tant de beauxOuvrages. Mrl'Abbé de la 'V'aU1
Secretaire de la Compagnie
en l'absence de Mr l'Abbé
Regnier des Marais, Secretaire perpetuel, leut ces deux
Pieces, dont l'uneestoit sur la
Patience, & l'autre sur l'Eduation de la jeune Noblesse
dans les Compagnies des Genilshommes
3
& dans la Maison de S. Cir, &toutes deux
furent écoutées avec l'artenion qu'elles meritoient. Je
vous en diray davantage une
autre fois. A cette lecture
ucceda celle d'un Discours
qu'avoit apporté M Hebert, le
l'Academie de Soissons,
pour sansfaire * 1à l'obligation
où sont ceux de cette Compagnie
,
suivant les Lettres
Patentes de leur établiffci-nelit,
d'enenvoyeruntous lesans,
en Prose ou en Vers,lejour de
S. Loüis
)
à l'Academie Françoise.On
y remarqua de grandes beautez
,
& M. Hébert
eut place parmy les Académiciens. Le sujet de ce Discours estoit, Que les Peuples
sont toujours heureux,lors qu'ils
sont gouvernez par un Prince,
qui a
dela pieté. Aprés cela,
on leut un Madrigal, à la
gloire de Mademoiselle des
Houliers,sur ce qu'elleavoit
remporté le Prix.M.leClerc
leut aussi quelqnes Ouvrages
dePoësie sur divers fujets>&j
la Scance finit par une
Lettré
en Vers de M. Perrault i,dans
laquelle le Siecle remercioit
le Roy de l'avantage qu'illuy
faisoit remportersur les autres Siec
à son ordinaire la Feste de S.
Loüis Roy de France, dans la
Chapelle du Louvre. Mr l'Abbé de la Vau
,
l'un desquarante Academiciens, celebra
la Messe, pendant laquelle il
y eut une excellente Musique. Elle estoit dela composition de MrOudot qui fit
paroistre son habileté ce jourlà plus que jamais. Ensuite
Mr l'Abbé Courcier, Theolop-al de l'Eol
i
f
e
de Paris? prononça le Panegyriqne de S.
Loüis avec un succés qui
*
luy attira beaucoup de loüanges. Il remplit tout ce qu'on
pouvoit attendre d'un homme veritablement éloquent,
& lesrapports qu'il trouva des
achons de ce S. Roy à celles
deLOUIS LE GRAND,furent traitez avec tant d'esprit
& tant de delicatesse, qu'il n'y
eut personne qui n'en fust
charmé.L'Assemblée estoit
nombreuse mais en mesme
temps de gens choisis. Elle
ne le fut pas moins l'apresdinée dans la Seance publique
que tinrent Mrs de l'Académie, pour recevoir Mrl'Abbé deChoisy en la place de
Mr le Duc de Saint Aignan.
Vous connoissez son mérite,
& la Relation que je vous ay
envoyée de l'Ambassade de
MrleChevalier de Chaumont à Siam, vous a
fait voir,
combien Sa Majesté l'avoir
jugé propre aux négociations
qu'on avoit a y
traiter. Il
commença son remerciment
endisant
? que si les loix de
l'Academie le pouvoientper-
mettre, il garderoit le silence,
& ne songeroit qu'à se taire
jusqu'à ce que M" de l'Académie luy eussentappris à
bien parler. Il s'étendit enfuite sur les louanges de cette
sçavante Compagnie
,
dans
laquelle les premiers hommes de
l'Estatsedépoüillentde tout le
faste de la grandeur>(;) ne cherchent de distinction que par la
sublimité du genie é par la
profonde capacité, & dit agréablement, qu'il croyoit'- déja
sentir en luy l'esprit de l'Academie quil'élevoit au dessus de luy-mesme
,
& dont il
reconnnoissoit avoir besoin
pour reparer la perte de l'illustre Duc qu'elle regretoit.
Il prit de là occasion d'en
faire un portraitavantageux,
mais fort ressemblant,& après
avoir dit, que c~Af de
l'Academie
a marquer par des
traits immortels la gloire de ce
vrandHomme, dont la memoire
vivroit à jamais dans leurs Ouvrages
-'
puisque tout ce qui part
de leurs mains se sent du genie
sublime de leur Fondateur; il
ajouta quesil'on a
dit autrefois
que comme Cesar par ses Conquestes avoit augmentél'Empire
.le Rome
>
Ciceron par son e/o-~
quence avoitétendul'esprit des
Romains
5
on pouvoit dire que
le CardinaldeRichelieu seul,
avoit fait en France ce que Cesar £7- Ciceron anvoientfait à
Rome, & que si par les ressorts
d'unepolitiqueadmirable il avoit
reculé
nos Frontieres) il nous avoitélevé, poly
,
& si cela se
pouvoit dire, agrandy l'esprit
par l'établissement de l'Acade.
mie. Il poursuivit l'Eloge de
ce fameux Cardinal, parla de
la perte de M( le Chancelier
Seguier,qui fut après luy le
Protecteur del'Academie ,&
exagera ensuite la gloire dont
elle s'estoit Veuë comblée,
lors que le plus grand des
Rois, daignantagréerlemesme titre, avoit bien voulu
luy faire l'honneur de la recevoir dans son Palais, & de
l'égaler aux premieres Compagnies de son Royaume.
Par là, Messieurs
,
continuat-il, car je ne dois retrancher aucun des termes dont il
se servit en parlant de ce
grand Prince. ) Parlàdans
lesSieclesfuturs, vos noms devenus immortels marcheront à
lasuitedu sien
,
& vous pouue,-,
NOUS répondre avous-mesmes de
l'immortalité que vous sçavez
donnerauxautres. Vous lasçavez donner seurement
,
&vous
ladonnerezà LOUIS.Ilsefait
entre ce Prince & vous un
commerce de gloire, & si
sa protection vous fait tant
d'honneur
,
vous pouve% vous
flater de nestrepas inutiles afk
gloire. Oüy, Messieurs, ce prince
si necessaire à tous; à ses Sujets
qu'il a
rendus lesPeuples les plus
redoutables du monde, & qu'il
va achever de rendre plus
heureux
;
à ses Alliez à qui il
accorde par toutmeprotection si
puisante; àses Ennemis mesmes
dontilfaitle bonheurmalgréeux
enlesforçant à
demeureren paix,
ce Prince, qui à l'exemple de
Dieu dontilestl'image vivante
semblen'avoir besoinque de luymesme, il abesoindevouspour
sa gleire
,
&son nom, toutgrand
quil est
,
auroitpeine à passer
tout entierà la derniere posterite
sans vos Ouvrages. Vous y
travaillez, Messieurs. Déja plus
d'une fois vous l'ave^ montré
auxyeux des hommes également
granddans la Paix & dans la
Guerre. Mais qu'est-ce que la
valeur des plus grands Héros,
comparée à la pieté des verita
bles Chretiens? Il regne ce Roy
glorieux, & toujours attentifà
la reçonnoissance qu'il doit à
celuy dont iltient tout
>
ilsonge
continuellement à faireregner
dansson cœur &danssonRoyaume
,
ce Dieu qui depuis tant d'années répandsursapersonne une
si longue suite de prosperite
N'a-t-ilpasfait taire ces malheureux, qui malgré les lumieres
naturelles de l'ame, affectent
une impietéàlaquelle ilsnesçauroient parvenir? N'a-t-il pas
reprimé cette fureur de blasphême
assèz audacieusepouraller attaquerDieujusque dansson Tros-
m f Ilfaitplus; il s'embrase du
zele de la Maison de Dieu
,
il
n'épargne nysoins ny despense
four augmenter le Royaume du
Seigneur. Son zele traverse les
Mers, (jj* va chercher aux ex-
,tremitez de la Terre
,
desPeuples
ensevelis dans les tenebres de l'Idolatrie. Les premieres diffculte.-<
ne le rebutentpoint; ilsuit avec
constance un dessein
que le Ciel
luy a
inspiré
,
& si nos vœux
font exaucez
,
bien-tostfousses
auspices la foy du njray Dieu
fera triomphante dans les Royaumes de 1'0r1ent. Que diray-je
encore ? Ce Heros Chrestien at-
taque ouvertement ce Party
formidable de l'Heresie
,
qui
avoit fait trembler les Roisses
Predecesseurs.Ilacheve enmoins
d'uneannée, ce
quil/s n>a~
voient osé entreprendre depuis
prés de deux ~fc/,~rle Monstre infernal reduit aux abois
>
rentrepourjamais dans l'abisme,
d'où la malice des Novateurs,
&les mœurs corrompuës de nos
Ayeux l'avoient fait sortir.
Heureuse France,tu neverras plus tes Enfans déchirertes
entrailles.Une mesme Religion
leurfera prendre les mesmes in
teredts j&cejl à Louis -;
Grand que tu es redevable d'un
sigrand bien. Parlonsplusjuste,
c'est à Dieu,& le mesme Djetl
pour asseurernostrebonheur,vient
de nous conserver
ce Prince, &
de le rendre auxprieres ardente s
de toute l'Europe; car, Messieurs,lesfrancois ne font pas
les seuls qui s'interessent à
une
santési précieuse, &si quelques
Princes,jaloux de la gloire du
Roy
,
ont témoigné par de vains
projets de Ligues vouloirprofiter
de l'estatou ils le croyoient
,
leurs
Sujets mesmes
>
& tous les Peuples de l'Europe faisoient des
vœuxsecrets pour
luy
cachant
bien Men
saseulePersonne reside la tranquillitéuniverselleMais ou m'emporte mon
zele?
Apeine placé parmy vous,j'entreprens ce qui feroit trembler les
plus grands Orateurs,& sans
consulter mes forces,j'ose parler
d'un Roy dont il n'estpermis de
parler qu'à ceux3 qui comme
vous, Messieurs, le peuvent
faire d'une manieredigne de luy.
Aprés quelque temps laiïle
aux applaudissemens qui furent donnez à
ce Discours,
Mr deBergeret ,Secretaire du
Cabinet, & premier Commis
deMrdeCroissy,Ministre tk,
Secretaire d'Estat,pritlaparole pour y
répondre, & dit
à M l'Abbé de Choisy
,,
que
l'Academie ne luy pouvoit
donner
une marque plus honorable de l'estime qu'elle
faisoit de luy, qu'en le recevant en la place de Mrle Duc
pe S. Aignan. Dansle Portrait
qu'il fit de ce Duc, il fit voir,
Qu'ilaimoit les belles Lettres de
la mesme passion dont il aimoit
la gloire, & qu'ilavoit pris
tous les soinsnecessaires pour
avoir ce
qu'elles ont de plus utile
&deplusagreable. Il dit qu'il
çflyit bienéloigne de la vaine
erreur de ceux qui s'imaginent
que tout le meriteconsiste dans le
bazard d'estrené d'une ancienne
Maison, & qu'il ne regardoit
l'avantage d'avoirtantd'illustres
Ayeux, que comme une obligation indispensable J,'augmenter
l'éclat de leur nom par un merite
personnel; quese voyantattaché
au service d'un Prince,dont les
vertus beroiques donneront plus
d'employ auxLettres, que n'ont
fait tous les Heros de l'Antiquité,il en avoit pris encore plus
d'affection pourelles
;
qu'il s'estoit acquis une maniere de parler
&d'écrire noble,facile, élegante,
&qu'il avoit fait voir à la
France cette Urbanité Romaine,
qui estoit le caractere des Scipions &des plus illustres Romains. Jepasse beaucoup d'autres louanges qui furent écoutéesavec plaisir
,
& qu'il finit
en disant
>
Quesi M. le Duc de
S.Aignan estoit le Protecteur
d'une celebre Academiepar un
titre particulier
,
on pouvoir
dire encore qu'il l'estoit generalement de tous les
gens de
Lettres par une generosité qui
n'exceptoitpersonne; que lemerite, quelque étranger qu'ilfust,
Çy* de quelque part ~;//7~
Yiir„efloiiseur de trouveren luy
de l'appuy & de la protection;
qu'il recevoit avec des témoin
gnages d'affection tous ceux qui
avoient quelque talent
,
& qu'il
ne leurfaisoitsentirsourang èi;
sa dignité
,
que par les bons offices qu'ilseplaisoità leurrendre
Il parla ensuite de sa mort
chrestienne
,
&, de la confolation qu'il avoit euëen mou- lrant de laïsser après luy un
Fils illustre
,
qui s'estoit toujours dql-ingué' avec honneur &
sans affectation, dans lequel
onavoit toûjours veu decourageavecbeaucoupbeaucoup dedou-
crur, une admirable pureté de
mœurs, une parfaite uniformité
de conduite, de la penetration.
de l'application,de la ruigilancr.)
un cœur confiant pour la vérité
pour la justice, em sur tout
une solide pieté, qui le fait Agir
en secret & aux yeux de Dieu
seul,
comme s'il estoit veu de
tous les hommes. Il ajoûta, que
tantde vertus quiavoientmérité que dans un âge si peu avan~
cé, il eustestéfait Chef du Conseil d s
Finances, jufiifioient
chaque jour un si bon choix,(gjr
fdifoicn^ voir que le Royjufie
dijbenfateurde ses grâces "t'VO::
le don suprême de discernerles
esprits. Aprés cela Mr de Bergeret adressa de nouveau la
paroleàMrl'AbbédeChoi-
\yy&: luy dit, quequelque talent qu'il eust pour l'Eloquence
.J la nouvelle nouvelle obligationqu'il avoit o
bligationqu-'il
a-voit
de consacrerses veilles à lagloire de Louis le Grand, luy seroit
sentir de plus en plus combien il
est difficile de parler dignement
d'unPrince dont la vie est une
suite continuelle de prodiges. Les
Poëtes, poursuivit-il ,se plaignent den'avoir point d'expressionsassez fortes pourrepresenter
lemerveilleuxde sesexploits;
les Historiens au contraire de n'en
avoir point d'assi'{ simples, pour
empescher que tant de merveilles
ne passent pour autant defictions.
Quel art, quelle application,
quelle conduite ne faudra- t-il
point pour conserver la vraysemblance avec la grandeur des
choses qu.i! a
faites?Je
ne parle
point decette valeur étonnante,
qui a
pris comme en courant les
plusfortesVilles du monde, &
devant qui lesArmées les plus
nombreuses ont toujours fuy de
peur de * combattre. Je
ne pense
maintenant qu'à cette glorieuse
paix dont nous joueons., & qui
a tfl; faite dans un temps où l'on
ne voyoit de toutes parts que des
puissancesirritées de nos Viéloires, que des Estats ennemis declarez denosinterests, que des
Princesjaloux de nos avantages,
tous avec des pretentions différentes e- incompatibles. Comment donc parut tout d'un coup
cette Paix si heureuse ? C'est un
miracle de la sagesse de Louis le*
Grand
,
que la Politique neffau..
roit comprendre; & comme luy
seul a
pu la donner à toute 1"Euyope.) luy seul aussi peut la IUJl
conserver.Combien d*a£lion3de
pénétration, de prévoyance pour
faire que tant d'Etats libres, dm
dont les interestssontsi contraires,
demeurent dans les termes
qu'il leur a
prescrits? Il faut
voirégalement
ce qui •riefl plus
&ce quin'est pas encore, comme ce qui est. Il faut avoir un
genied'une force&d'une étenduë extraordinaire
,
que nulle affaire ne change, que nul objet
ne trompe, que nulle difficulté
n'arreste; telenfinqu'estle genie
de Louis le Grand
,
qui est répandu dans toutes les parties de
l'Estat, (fy qui n'yest pointrenfermé,agissant au dehors comme
au dedans avec une forceincon-
cevable. Il est jusque dans les
extrémitez du monde, où l'on a
-veit tant desaintesMissionssoutenues par les secours continuels
de sa puissance & de sa piété.
Il estsurlesFrontières duRoyalime
,
qu'il faitfortifier d'une maniere qui déconcerte ~(7 defj<:entous nos Ennemis. Il efi surles
Ports, ou il fait construire ces
Vaisseaux prodigieuxj qui portent par tout le monde la gloire
du nom François. Il est dans les
calemies de Guerre ~ù de Marine ,où la noble éducation jointe
à la Noblesse du sang,forme des
esprits & des courages également
capables du commandement v
de l'exécution dans les plus grandes entreprises Il est enfin par
tout, quifait que tout est reglé
cemme il doit l'estre.Les Garfiijbns toujours entretenues, les
Magasinstoujours pleins, les
Arsenaux toujours garnis
,
les
Troupes toujoursen baleine, v
aprésles travaux de laGuerre,
maintenant occupées à des Ouvragesmagnifiques, qui font les
fruits de la Paix.C'estainsi
que ce Grand Princeagissanten
mesmetempsde toutes parts,v
faisant des choses qui inspirent
continuellement de la terreur à
Jes Ennemis, de l'amour à Jes
Sujets de l'admiration à tout
le monde
,
il peut malgréleshaines
,
les jalousies, vles défiances, conserver la Paix qu'il a
faite3farce qu'il n'ya pointd'Etat
qui ne voye combien il seroit
dangereux de la vouloir rompre.
Quelques Princes de l'Empire
sembloient en avoir la prnsele)
& commencent à former des
Ligues nouvelles, mais le Roy
toujours également juste vsage,
ne voulant ny surprendre ny
estre surpris
:>
fit dire à l'Empereurj que si dans deux mois du
jourdesa Déclaration il ne rece-
voit de luy des asseurances poJiiives de l'observation de la Treve
,
il prendrait les mesuresqu'il
jugeroit necessaires pour le
bien
deson Efidt. Ses Troupes en même temps volentsur les Frontieres de l'Ailsnugne> (fff l'Empereur luy donne toutes les asseurancesqu'il pourvoit souhaiter.
Ainsil'Europe luy doit une seconde fois le repos & la tranquillité dont elle joüit.D'autre
part l'Espagneavoit fait une
mjujiice à nos
Marchands, (!Ï
les contraignoit de payer une taxeviolente
,
fous pretexte qu
'ils
negocioient dans les Indes contre
les Ordonnances. Le Roy3pour
arrester tout à coup ces commencemens de division
,
a
jugé à propos d'envoyer devant Cadix une
Flote capabledeconquérirtoutes
les Indes. dujfi-tost l'EJpdgne
alarmée, a
proYllÍs de rendre ce
qu'elle avoit pris e~ le Roy qui
s'en est contenté, a paru encore
plusgrand parsa moderationque
parsapuissance; car il est vray
que rienn'est si admirable sur la
Terre, que d'y voir un Prince,
qui pourvant tout ce
qu'il veuty
ne
veüille rien qui ne
soitjuste.
Maisc'est le caractere de Louis
le Grand. C'estlefond de cette
Ame heroiqne
>
où toutes les vertus font pures,sinceres
,
solides,
veritables, cm7ent toutesensemlie3 par une admirable union,
qu'il est non seulement le plus
grand de tous les Rois
,
mais encore
le plusparfait de tous les
Hommes.
Cette réponse fut interrompuëbeaucoup de fois par
des applaudissemens qui firent connoistre combien 1*ACsemblée estoit satisfaite de
l'Eloquence de MrdeBergeret. Il parut par là tres-digne
d'estre à la teile d'une si celebreCompagnie; & tout le
monde convint qu'il ne pouvoit mieux remplir la place
qu'iloccupoit. Mrl'Abbé de
Choisy a
fait connoistre par
un fort bel Ouvrage qu'il a
donné au Public depuissa reception,avec combien de justice il remplit la place qu'on
luy afait ocuper. Cet Ouvrage
est laViede Salomon. Il y
aquelquetemps qu'il fitaussiimprimer celle de David avec une
Paraphrase desPseaumes.Jene
vous dis rien de la beautéde
f- ses Livres. Vous pouvez juger
de quoy il est capable par ce
que vous venez de liredeson
Remerciment à PAcadeniieJ
Ces deuxDiscours ayantesté
prononcez ,
on distribua les
Prix d'Eloquence & dePoësie
& l'on declara que le premieravoir esté remporté par
Mrde Fontenelle,& le second
par Mademoiselle des Houlieres, Fille de l'illustre Ma..
dame desHoulieres,dontvous
avez veu tant de beauxOuvrages. Mrl'Abbé de la 'V'aU1
Secretaire de la Compagnie
en l'absence de Mr l'Abbé
Regnier des Marais, Secretaire perpetuel, leut ces deux
Pieces, dont l'uneestoit sur la
Patience, & l'autre sur l'Eduation de la jeune Noblesse
dans les Compagnies des Genilshommes
3
& dans la Maison de S. Cir, &toutes deux
furent écoutées avec l'artenion qu'elles meritoient. Je
vous en diray davantage une
autre fois. A cette lecture
ucceda celle d'un Discours
qu'avoit apporté M Hebert, le
l'Academie de Soissons,
pour sansfaire * 1à l'obligation
où sont ceux de cette Compagnie
,
suivant les Lettres
Patentes de leur établiffci-nelit,
d'enenvoyeruntous lesans,
en Prose ou en Vers,lejour de
S. Loüis
)
à l'Academie Françoise.On
y remarqua de grandes beautez
,
& M. Hébert
eut place parmy les Académiciens. Le sujet de ce Discours estoit, Que les Peuples
sont toujours heureux,lors qu'ils
sont gouvernez par un Prince,
qui a
dela pieté. Aprés cela,
on leut un Madrigal, à la
gloire de Mademoiselle des
Houliers,sur ce qu'elleavoit
remporté le Prix.M.leClerc
leut aussi quelqnes Ouvrages
dePoësie sur divers fujets>&j
la Scance finit par une
Lettré
en Vers de M. Perrault i,dans
laquelle le Siecle remercioit
le Roy de l'avantage qu'illuy
faisoit remportersur les autres Siec
Fermer
Résumé : Tout ce qui s'est passé à l'Academie Françoise le jour de Saint Loüis. [titre d'après la table]
Le 25 du mois précédent, l'Académie Française a célébré la fête de Saint Louis, roi de France, dans la chapelle du Louvre. La messe, célébrée par l'abbé de la Vau, a été accompagnée d'une musique composée par Mr Oudot. L'abbé Courcier a prononcé un panégyrique de Saint Louis, comparant ses actions à celles de Louis le Grand avec esprit et délicatesse, ce qui a été très apprécié. L'après-midi, l'Académie a tenu une séance publique pour accueillir l'abbé de Choisy à la place du duc de Saint Aignan. L'abbé de Choisy a remercié l'Académie en soulignant son mérite et en évoquant son rôle dans l'ambassade du chevalier de Chaumont à Siam. Il a également rendu hommage au duc de Saint Aignan, louant son soutien aux lettres et son mérite personnel. L'abbé de Choisy a comparé le Cardinal de Richelieu à César et Cicéron, soulignant son rôle dans l'établissement de l'Académie et son influence sur l'esprit français. Mr de Bergeret, secrétaire du Cabinet, a répondu en soulignant les qualités du duc de Saint Aignan, notamment son soutien aux gens de lettres et sa générosité. Il a également parlé de la mort chrétienne du duc et de la continuation de son héritage par son fils. Mr de Bergeret a ensuite adressé un éloge à Louis le Grand, soulignant sa valeur, sa sagesse et sa capacité à maintenir la paix en Europe malgré les tensions. Il a également mentionné les missions saintes soutenues par le roi et les fortifications des frontières du royaume. Le texte décrit les actions et les qualités du roi Louis XIV, présenté comme un grand prince qui maintient la paix en Europe malgré les défis. Il agit avec justice et modération, inspirant admiration et respect. Par exemple, il menace de prendre des mesures contre l'empereur s'il ne respecte pas la trêve, mais accepte les excuses de l'Espagne concernant une injustice faite aux marchands français. Louis XIV est loué pour sa capacité à vouloir uniquement ce qui est juste, ce qui le distingue comme le plus grand et le plus parfait des hommes. Lors de la séance à l'Académie française, Monsieur de Bergerey est acclamé pour son éloquence. L'abbé de Choisy est félicité pour son ouvrage sur la vie de Salomon. Les prix d'éloquence et de poésie sont décernés à Monsieur de Fontenelle et à Mademoiselle des Houlières, respectivement. Un discours de Monsieur Hébert, envoyé par l'Académie de Soissons, est également lu et apprécié. La séance se termine par des lectures de poèmes et une lettre en vers de Monsieur Perrault, remerciant le roi pour les avantages qu'il apporte à son siècle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10
p. 5-56
Article dont on ne peut donner dans cette Table une idée qui puisse répondre à son sujet, & qui renferme un Eloge du Roy, & de Monseigneur le Dauphin d'une maniere toute singuliere, [titre d'après la table]
Début :
On prononce tout les ans à l'Hostel de Ville de Lyon, [...]
Mots clefs :
Éloge, Seigneur de Jonage, Assemblée, Louis le Grand, Alliés, Ennemis, Ardeur militaire, Combats, Hôtel de ville de Lyon, Discours
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Article dont on ne peut donner dans cette Table une idée qui puisse répondre à son sujet, & qui renferme un Eloge du Roy, & de Monseigneur le Dauphin d'une maniere toute singuliere, [titre d'après la table]
Nprononce tous les ans
à l'Hoſtel de Ville de
Lyon , le jour de la Fefte de
Saint Thomas , un Difcours
en prefence de M' l'Archevêque , de M' l'Intendant , de
A iij
6 MERCURD IS
M's les Comtes de Saint Jean,
& de toutes les Compagnies
de la Ville. Ce Difcours a efté
fait cette année par le fils
de Mr Yon , Seigneur de
Jonage qui fut nommé l'année
derniere premier Echevin ,
quoy que revêtu d'une Charge de Secretaire du Roy. Il a
beaucoup de merite , & il eft
fort eftimé. Le Difcours que
fon fils prononça le jour de S.
Thomas , reçut de grands applaudiffemens. Vous en jugerez par ce que je vais vous en
rapporter. Ce qu'il dit du Roy
plutinfiniment , & aprés avoir
GALANT
fini l'Eloge de Sa Majeſté , lors
quel'on croyoitqu'il n'en duft
plus rien dire , il l'apoftropha
comme fi Elle cut efté prefente, & il s'attira des applaudiffemens nouveaux. Voici le
commencement de fon Difcours.
བར
:
Tout eft grand , tout eft auguf
te , Meffieurs , dans le deffein que
j'entreprens rien n'y pourroit
eftre mediocre que la foibleffe du
file ; mais dans l'obligation que je
mefuis impofée de traiter une de
cesglorieufes matieres que d'autres
avant moy ont peut - eftre negligées ,j'ofe meflatter que la NoA iiij
8 MERCURE
bleffe de monfujer donnera du relief à mespenfées , & de l'éclat
à mes paroles ; & ma temerité
trouve fon pretexte dans l'impor
tance du difcours , & dans l'injuftice du filence.
C'est une ancienne &commune erreur , que de relever avecexcés le merite desperfonnes celebres ,
qui ont vécu avant nous , pour
diminuer lagloire de ceux dans les
temps defquels nous vivons ; cette
erreur eft , tantoft un aveuglement groffier dans l'efprit des peuples , qui croyent que la fuite des
temps a le même fort que le déclin
de leur age ; & que la nature
-GALANT 9
ffant comme l'homme , elle vieilliffant
degenere defiecle enfiecle dans fes
productions , àproportion de ce que
d'année en année il s'affoiblit dans
fes travaux ? c'est ce que le
plus fameux de tous les Poëtes a
voulu nous exprimer par ces deux
Vers traduits en noftre langue ?
O fi Dieu me rendoit mes
premieres années ,
dit- il en cet endroit en un
autre:
Les illuftres Heros nâquirent
autrefois :
Tantoft c'est une illisfion defubtiles mais vaines idées , telles
que celles de ces Philofophes ,
.
10 MERCURE
qui s'imaginoient , que les pre
miershommes formez d'uneplus
riche matiere nez fous
deplusfavorables étoiles , avoient
bien pû laiffer d'heureux fuccef
feurs deleurs noms , mais nonpas
de purs heritiers de leur gloiree ?
comme fi pour trouver ce qu'il y
a de plus grand dans le monde , il
falloit remonterjufqu'au regnefabuleux de Saturne : tantofi c'est
une enviefecrette entre des perfon
nes que la fortune ou la naiffance
a mis au niveau les uns des autres,
dans le même rang & àportée des
mêmes honneurs ; chacun pour dé
crierfon concurrent transportepour
GALANT I
ainfi dire fon eftime au fiecle de
ceux qui nepeuvent plus concourir avec perfonne : pour épargner
fon encens au merite des vivans ,
on le prodigue à la memoire des
morts , pour tout difputer à
ceux qui ne nous peuvent plus
rien difputer ? Reproche que le
Sage a peut - eſtre prétendu nous
faire par cesparoles ? J'ay donné.
aux morts les louanges que j'ay
refufées auxvivans.
Il est donc vray , Meffieurs
que foit aveuglément , foit illu
fion , foit envie , la gloire de nos
Contemporains ne va jamais
felon nous de pair avec celle de
12 MERCURE
nos predeceffeurs , par une injuftice de tous les temps" , le merite
qui refpire & qui vit encore , eft
toujours contredit , il faut que,
les fecles éloignez nous le rappelle
pour qu'il foit confacré, je veux
dire veritablement reconnu ; ainfi
parla au grand Conquerant de
, dans le temps que les
Heros paffoient pour des Dieux ,
le Philofophe Califthene : Pour
paroiftre Dieu , luy dit-il , au
jugement des hommes, il faut
avoir long- temps difparu à
leurs yeux ; les honneurs divins fuivent quelques fois les
morts , mais ils n'accompa-
GALANT 13
gnent jamais les vivants.
Je viens tâcher , Meffieurs
de rendre à tous les temps &
tous les merites , la justice qui
leur eſt deuë ; je viens louer les
grands hommes , qui excellent à
prefent , auffs bien que ceux qui
ont excellé autrefois , &proportionnant les louanges au merite ,
les Modernes y auront peut- eſtre
plus de part que les Anciens.
Icy , Meffieurs , mon deffein
cmmne à fe développer
vous vousappercevezfans doute ,
queje voudrois vous donner une
idée des Herospar des comparatfens des uns aux autres ; mais
US
14 MERCURE
que ce deffein feroit vaſte , &
qu'il feroit étendu ; il m'engageroit à rappeller dans vos efprits
tous les Heros qui ont brillé , &
qui brillent encore dans tous les
Arts & dans toutes les Sciences :
ce ne feroit que charger ma
memoirepourlaffer vos patiences :
le refpectqueje dois à voftre attentionprefcrit à monfujet des bornes
plus étroittes il m
; m'oblige nonfeulement à me fixer au plus
glorieux de tous les Arts , je
veux dire à l'Art Militaire ;
mais encore pour éviter l'ennuy
d'un trop long récit , à ne choifir
parmi les Herosde la Guerre les
SGALANT
15
plus renommez que quelques- uns
de ceux à qui leurs fameux exploits ontmeritéle nom de Grand:
mais dans les loüanges que je
leur donneray ,
j'efpere que de
vous-même vous trouverez dequoy remplir àproportion l'Eloge,
de tous les autres , &c'eſt là le
Plan de ce Difcours dans lequel ,
aprés avois tracé l'idée des Grands
Heros de l'antiquité, je tâcheray
de vous donnercelle du plus grand
de tous dans lefiecle prefent.
Voicyce qu'il dit dans fa
premiere partie.
Une des plus fortes paffions
& qui a le plus occupé le cœur
16 MERCURE .
des Grands de l'antiquité, &même de tous les temps ; c'eſtoir le
defir de fe diftinguerpar les Armes , & deſefaire par leur Epée
plus grand que un nom encore
la
celuy qu'ils avoient déja par leur
naiffance ; ils laiffoient pour la
plupart aux Orateurs l'Art du
Difcours , aux Philofophes l'étudedes Sciences , aux Politiques
Ladminiftration des Etats
gloire de tous ces Heros de Litterature de Miniftere , n'excitoit guerre leur noble émulation
quelquecharme même qu'elle eut
pour quelques uns ce n'étoit
qu'un amusement de Paix & de
·
יך
GARANT 17
repos ;toutt cédoit au premierpref=
fentiment de Guerre qui les raviffoit , ilsfe fentoient comme d'euxmême transportez dans le champ
glorieux des Combats , & ils
voloient pour l'arrofer quelques
fois de leur fang, & y cueillir
furun tas de morts
من
de bleſſez
les Lauriers & les bonneurs du
triomphe.
Cette ardeur Militaire qui
dans le cœur des Potentats , à
prefque toujours efté une envie
prodigieufe de dominere de
s'étendre , une ambition démesurée.
de s'élever au deffus de la condition humaine , a toujours efté une
Février 1710.
B
18 MERCURE
fuitefatale de l'orgueil du premier
des mortels ; mais elle ne laiffe
pas auffi deftre dans les deffens
de la fageffe éternelle , qui doit
tout raporter à fa gloire : elle ne
laiffe pas , dis-je , d'eftre comme
un caractere de divinité , imprimée dans l'ame des Souverains ;
caractere dont les traitsfe repandansfurla gloire de leurs actions ,
comme fur la majesté de leurs
perfonnes , nous porte à les respecter tous , non-feulement comme les
images éclatantes de l'Etre fuprémequilesfoutient fur le Trône:
mais encore comme les fujets les
plus nobles les plus dignes
GALANT 19
une
deftreparreprefentation en qualité
de demi- Dieux de la terre
partie de ce qu'eftpar luy même le
grand Souverain de l'Univers
en qualité de Dieu des Armées.
La gloire desgrands Conquerans , ayant donc toujours en deux
faces , qu'on pouvoit envisager,
l'une humaine , l'autre divine ;
l'une qui a des taches , l'autre qui
les couvre , mais qui ne les leve
les pas ; ayant à commencer par
Heros de l'antiquité , ne nous ar
reftons point icy à blâmer ou à
louer trop leurs Conqueftes ; tachons feulement de relever leurs
perfonnes , &fans examiner d'a
Bij
20 MERCURE
A
bord, fi l'ardeur qui les animois
eftoit injufte ou legitime ; parmy
quelques- uns de ceux qui ont paſſé
pour les plus grands donnons la
preference àdeuxfeulement ; mais
choififfons-les bien , afin qu'en étalant leur gloire on ne puiffe rien
penfer de grand de celle des autres
qui nefe trouve dans la leur , &
qui ne juftifie noftre deffein de ne
parler que
"
d'eux.
Il parla enfuite d'Alexandre
& deCefar, & dit tout ce que
l'on en pouvoit dire. Il fit voir
qu'ils avoient eu toutes les
grandes qualitez qui ont fait
le merite des plus grands He-
GALANT! 21
{
ros des ficcles paffez , & aprés
enavoir fait un portrait , &de
la reffemblance de leurs acstions , il dit : It me femble
quevous balancez & que vous
attendez que je decide ? Hé!
qu'importe Meffieurs , lequel des
deux Heros d'Alexandre ou de
Cefarfut le plus grand dans les
fiecles paffez , fi le fiecle prefent
nous en offre un plus grand que
tous les deux enfemble , &
par confequent le plus grand de
tous le Heros ; quel eft il donc ce
Heros; vous l'allez bien- toft voir
paroiftre dans toutefa gloire.
Il entra enfuite dans fa feمن
22 MERCURE
conde partie , & dits
combats par
Au-deffus de cette haute va
leur qui parcourt le monde pour
combatre pour vaincre ; je place
celle d'un Heros qui commence fes
la justice , & qui
terminefes victoires par la moderation ; qui protegefes Alliez par
La puiffance , & qui fe foutient
luy-méme parfa grandeur : Elevez icy vos efprits , Meffieurs ,
j'ay de grands évenemens à vous
reprefenter, je n'ayplus à vous
cacher de grands défauts en vous
montrant de grands courages.
Je ne parleray plus icy de ces
Heros impetueux , quiportantpar
GALANT 23
tout les armes de l'injustice & les
faifant marcher fous les Enfeignes de la Valeur & de la Generofité, raviffoient noſtre admiration avec autant de rapidité qu'ils
ravageoient les Campagnes ; c'e
toient des foudres terribles qui ne
fondoientfurla terre avec vûteffe,
que par l'impuiffance de s'arrefter ;
c'eftoient des tourbillons qui ramaffant tout ce qu'ils trouvoient à
leurrencontre ,fe groffiffoient euxmêmes , &ferendoient plus violens? Je parle d'un Heros digne de
toute loüange, & je commence d'a
bord par vous dire qu'armé de
juftes prétentions contre d'injuftes
24 MERCURE
refus , il entreprend la guerre en
Roy & nonpas en Ufurpatenr ; il
affemble fes Magiftrats avant que
de lever fes Troupes , ne met
LesArmées en Campagne , qu'aprés les avoir mifes fous la protection des Loix.
a
Aces mots , Meffieurs , vous
reconnoiffez Louis le Grand ;
ehpourriez- vous penfer à quelqu'autres cePrincegenereuxjouiffoit àpeine de la Paix par un heureux mariageavecl'Infante d'Ef
pagne , que porté à la guerre par
l'inftinct pour ainfi dire defa valeur , il regardoit avec inquietude
fes armes dans le repos ; mais il
aimoit
GALANT 25
aimoit mieux les laiffer languir,
que de lesfairefervir à l'injuftice.
à l'ambition ; c'eſt ainſi qu'il
retenoit dans une amere tranquillité , les premiers feux de fa jeuneffe ; lorfque le Roy d'Espagne
avec une ame moins guerriere
mais plus intereffée luy difpute les
droits inconteftables de la Reine
fon Epoufe: quefera- t- il ?Se prefentera-t- il d'abord avec l'épée ?
Non, il commandera àfa valeur
d'attendre ladecifion des Loix, &
les Loix confultées ordonnent àfa
valeur attentive à leurs ordres ,
defoutenirfa caufepar les armes?
Le ciel n'ayantpermis cette injufFévrier 1710.
C
26 MERCURE
tice dela part de l'Espagne , qu'a
fin que les Peuples de divers
Royaumes appriffent combien ce
fage & puillant Heros fçavoit
joindre à la force de reprimer fes
ennemis , le pouvoir de retenirfon
indignation : le voila donc qui remet à la Fuftice la direction defon
courage : allez , Prince , allez où
cette Reine des Loix portera voftre
Bouclier ; allez lancer vos foudres fur une Nationfuperbe , tant
qu'elle ne prendra confeil que de
l'obftination defes armes : ce ne
fera de fa part que Troupes affoiblies ,
que Soldats tombez aux
pieds des voftres ; mais dés qu'elle
GALANT 27
ferangera fous les loix de l'équi
té pourfe reconnoiftre , ce nefera
de vostre part qu'excés de generofité ? en vain la Fortune vous
ouvrira-t-elle le paffage à la conqueſte de l'Univers , voftre courage nefera pas las de vaincre ;
mais voftre grandeur d'ame vous
fera croire que vous avez affez
vaincus vous arrefterez vos cour
fes rapides au milieu des combats ,
par untrop grand respect pour
les Loix, vous rendrez unepartie
de vos conqueftes de peur qu'elles
n'ayent à vous reprocher que vous
vouliez trop étendre vos prétentions ? ô Prince , ô Heros valeuC ij
28 MERCURE
reux moderé tout enſemble 3
qui aime mieux ceder les droits de
la guerre que d'eftre foupçonné
d'avoirfailli contre les regles de
la Fuftice ? Loy , Meffieurs je
cherche Alexandre & Cefar , je
les trouve , peut - eftre , Grand
Roy, dans les Combats à vos côtez, poury voir des Villes mais
des plus fortes prifes dans deux
jours , des Provinces entieres reduites en deuxfemaines ; mais je
les perds &je les vois fe retirer
faifis d'étonnement à la vuede cet
excés pour ainfi dire de moderation , qui limite fi promptement la
portée de voftre valeur ? qu'il ne
GALANT 29
paroiffe donc ici , mais pour cette
fois feulement , que lefeulRoyde
Lacedemone , qui ne vouloit d'autre avantagefurfes Sujets , fi ce
n'est qu'il luyfut permis d'efre
plus vaillant , & de faire moins
qu'eux de faute contre les Loix.
Quej'aimerais à vous repreſenter ce grand Monarque , dans
d'autres Campagnes à la tefte d'une nombreuse Armée , preffant la
Fortunefans luy donner du relashe , paffant en Maiftre du monde par les Etats de plufieurs Souverains fans prefque s'enquerir fi
l'on veutfouffrirfon paffage ,
portantpar tout le flambeau de la
C
iij
30 MERCURE
guerre fans laiffer languir le feu
de faprofperité je vous compterois plus de trente Villes munies
&fortifiées , renduës à l'aspect
du Vainqueur, & prefque toutes
fans mursabatus & fans combats
donnez , effrayées feulement de
• fon grand nom, & tachant avec
les Peuples voisins , d'apaifer fa
・jufte colére en foumetant leurs
teftes à fa puiffance , & leur
cœur àfa bonté; je vous montrerois des Villes forcées malgré leurs
vigoureuses refiftances ? hé commentn'auroient-ellespas enfin cedé
à des Armes fi feures de leurs
coups , je rappellerois encore icy
GALANT zi
1
les élements forcez , les faifons
bravées , &la nature foumife en
quelque forte à fon épée , mais
Alexandre , & Céfar , ſe pouroient peut-être reconnoistre à fes
traits ; je ne veux plus loüer
en Louis le Grand , rien de ce qui
peut aprocher de luy les autres
Heros ? difons donc quelque chofe
de plus.
Unde ces efprits qui tiennent
leur fiecle en de perpetuelles agitations , & qui excitent les orages
dans la ferenité des plus beaux
jours un de ces efprits capables
de remuer de grandes machines
d'ébranler les Etats ; un de
C iiij
32 MERCURE
ces efprits qui ont toujours att
milieu de la Paix le cœur armé
la volonté ambitieuſe un
Prince heretique , car enfin fi
nous ne voulons pas le nommer ,
il faut du moins le défigner ; un
Prince , dis-je , inquiet de vivre
comme un autre Efau par fon
épée ,fe mer en tefte de vivre
parle Sceptre: il trame des deffeins
prodigieux que nul n'auroit pu
croire , parce que nul autre n'auroitpu les imaginer , il les communique aux Puiffances confederées
il les conduit fifourdement à
fesfins qu'à la tefte d'une Armée
Navale il entreprefque invifible
GALANT 33
en Angleterre ; d'abord il fe fait
jour dans les vaftes appartemens
du Roy , prendfierementſaplace
vis- à- vis de fon Trône , &partage avecluy lefuprême honneur;
dans peu l'Anglois , grand amateur des nouveautez , retire fon
obéiffance du Monarque , &la
transporte à l'Ufurpateur , &
tout d'un coup l'injuſte & aveugle Fortune , féparant les bons
fuccésde la bonnecaufe , le Prince Proteftantfe faifit de la Couronne du Prince Catholique.
› Grandeur de la gloire magranime de mon Roy , où cftes- vous
àprefent ? la voila , Meffieurs
34 MERCURE
quifort defon Palais , pour tendrela main àce Potentat defcendu
de fon Trône ; c'eſt une Majeſté
puiſſante , qui va au-devantd'une
Majefté opprimée; c'est un Prince
qui entouré de fa Cour, & revêtu defapropre Grandeur , s'arvance pour relever un Prince infortuné, poufféfur nos bordsfeulement par quelques flots officieux
de la mer; il neperdpointdetemps
pourfoulagerfa douleur , il effuye
fes larmes par des marquesfenfi
bles de l'affection de fon cœur ;
il
le reveft de tous les ornemens de la
Royauté; il luy donne un Trône
dans un defes Palais , &arraآن
GALANT 35
chepour ainfi dire d'entre les mains
du Deftinfa Royale Famille : refolu jufques à la fin de fes jours
de leurfaire part defes trefors &
defa fortune.
Je voudrois bien vous faire
voir icy tous deux grands defolateurs des Rois & des Royaumes ; vous Alexandre , qui venez
de nous faire compter pour beaucoup les honneurs que vous avez
rendus à une Reine captive fous
lejougde vos armes tandis qu'elles
eftoient injustement tournées contre le Roy fon Epoux ; & vous
Céfar , dont un des plus grands
traitsfut; de rendrele Trône d'un
36 MERCURE
frere àunefœur, pour la rendre
elle-même par cette espece de
generofité l'objet de vos amours.
&de vos profufions ; mais li je
ne puis vous voir icy en perfonne
j'y vois du moins vos ombres gémiffantes de douleur d'apprendre
qu'il y afur la terre dans l'ame
d'un plus grand Conquerant que
vous , une plus grande generofité
que la voftre.
Reduirons- nous à cette action
genereufe la Magnanimité de
noftre Heros ? non , Meffieurs
quifçait réfugier un Roy en peut
bien foutenir un autre , l'entreprife eft difficile mais elle eft
GALANT 37
jafte l'execution eft prompte mais
elle eft de Louis le Grand, un Roy
mourant nommefon Succeffeur il
faut le luy donner.
1
url
Les paroles d'un Souverain
au lit de la mortfont des Sentences depolitique, & les Peuples y
font attentifs , comme àdes Arrefts
prononcez gloire de l'Etai?
le Roy d'Espagne meurt fans
enfants , il déclare Heritierde
fes Royaumes un Fils de France?
tes Espagnols empreffez le demandent à Louis le Grand , &
Louis le Grand , comment le leur
envoit-il , avec une portion de
cettefageffe dont il fait des leçons
38 MERCURE
à toute l'Europe , aveclesconfeils
de cette prudence , qui rend l'obéiffance affectionnéepar la douceur du commandement, avec cette
grandeur d'ame qui le rend fuperieur à tous les Heros , ce n'eft
pas affez avec cette grandeur
d'ame qui le rend Louis le Grand,
Philippe V. enrichi de tous ces
J
nobles prefens du grand Royfon
ayeul , entre en Triomphe dans
toutes les Villes d'Espagne , &
toutes les vertus l'yfuivent ; mais
fes Ennemis , Ennemis de la
juftice , & de la veritable
deur, l'y attaquent.
gran
*Et que font-ils , ils entretien-
CALANT 39
nent des intelligences avec quelquesfactieux , qui affemblent des
nuagesfurfa tefte, ils s'emparent
foit par rufe foit parfureur foit
par irreligion , toujours par
injustice , de quelques Royaumes
éloignez du Siege defon Empire:
mais que n'auront ils pas à craindre , grandPrince , lorsqu'ils verront voftre Majesté s'aprocher de
vos Troupes , pour ranimer leur
valeurpar voftre prefence : autrefois dans une Guerre contre les
Gaulois , il nereftoit auxRomains
d'autre efperance , qu'an Capitole
affiegé, & en Camille banni , &
neanmoins ils repoufferent ces
40 MERCURE
fiers Ennemis , vous voftre
efperance est encore toute entiere ,
dans la poffeffion de vos plus
grand Royaumes , dans le cœur
de vos meilleurs Sujets , dans
l'affection de vos Troupes , dans
la force de voftre bras , dans la
confiance en des Victoires remportées , dans la protection de Louis
le Grand: vous diffiperez à lafin
les Germains & leurs Confederez.
Vous foupirez cependant ,
Peuples foumis , à la puiſſance
de ce jeune Roy , & nous peuteftre auffi avec vous : car enfin
que voyons nous depuis quelques
GALANT 41
années , le glaive du Tout- Puiffant eft entre les mains de fes
Ennemis , la Victoire s'égare , &
il luy eft permis de fe ranger fous
des Drapeauxprefque tous Heretiques , de prendre parti contre
les Armes défenfives même de la
Religion : mais ne nous laiffons
pasicy abattrefous les coups d'une
legere infortune ? en vain nes
Ennemis veulent-ilsfe perſuadër,
queces revers nous arrivent pour
enorgueillir leurs Armes nous
fommes comme convaincus ,
c'eft pour montrer à tous les Rois
à tous les Peuples, la grandeur
de Louis le Grand dans tous fes
Février 1710. D
que
42 MERCURE
points de veuë on ne l'avoit
ven jufques alors ce Monarque
que dans la profperité , &ilne
luy manquoit rien pour paroître
plus grand que les autres : mais
il luy manquoit un changement.
de fortune pour paroître en un
fens plus grandqu'il n'avoit encoreparu : nous l'avions veu Victorieux defes Ennemis , vaincre
fonpropre bonheur mais nous ne
L'avions pas encore affez ven ſe
vaincre foy - même , nous fçavions ce qu'ilfçavoitfaire , mais
nous nefçavions pas ce qu'ilfçavoitfuporter; il avoitparu peutêtre trop beureux, maisfans per-
GALANT 43
dre la moderation ilfaloit qu'il
parut moins heureux : mais fans
perdre laconftance.
Qu'il eft peu de ces ames égales,
faites à l'épreuve de toutes les revolutions de cette grande rouë fur
laquelle tourne toutce qu'on appelle
grands évenemens ; mais lafageffe
active e vigilante de Louis le
Grand voit changer de face à la
Fortune , fans permettre à fon
cœur de changer defituation , comme s'il n'avoit jufques alors mé
nagéles bons fuccés que pourexercer fa prefence d'efprit à foûtenir
les mauvais ; bé que feait - on ?
peut - eftre même qu'il craignoit
Dij
44 MERCURE
pour fon ame la durée defes prof
peritez & qu'il avoit demandé
quelquefois de n'eftre pas toujours.
vainqueur de fes ennemis , pour
s'exercer dans cet Art fi difficile de
vaincre l'adverſité ; ainfi lagrandeurdefoname foûtenant nos efperances , ranime la fermeté de nos
fameuxGuerriers qui commencent
déja à regarder le glorieux avan
tageremportéfur un nombre affez
grand de nos ennemis en Alface ,
la glorienfe retraite de noftre
Armée en Flandres , comme des
prefages prefque infaillibles d'un
nombre prefque infini de Victoires.
GALANT 45
+
Je finis , Meffieurs mais n'al
lez point me reprocher , que
pour faire unplus grand éloge de
Louis le Grand , il falloit le
prendre de plus haut , remonter
jufques auTrône des Clovis , des
Saint Louis , des Charlemagne ,
comparer même ces grands Rois ,
avec les Conftantin &les Theodofe , & chercher jufques dans
leurs Tombeaux , les femences de
la valeur &de lagrandeurd'ame
de Louis le Grand : Il est uray ,
Meffieurs , que fa gloire com
mençoit a fe produire à fe
mais comme il former
en
n'y en apoint excepté S. Louis ,
46 MERCURE
en qui la fortune ait affemblé
tant d'événemens divers , il eftoit
important dans les conjonctures
prefentes , de mettre fes actions a
part, &de ne pas confondre dans
la concurrence de leurs grands
noms , celuy dont la gloire remonte
juſques à eux , avec autant d'éclat qu'elle en eft defcendue : c'eft
donc fans rien diminuer de leur
gloire , que Louis le Grand eft
plus Grand que tous les autres
Heros ; plus grand par rapport
la vaillance, parce qu'il a triomphé
même defon bonheur, dans laprofperité de fes armes plus grand
par rapport à la generofité & à
à
GALANT 47
la grandeur d'ame non -feulement parce qu'il a donné azile à
unRoidépouillé de fes Etats ; nonfeulement parce qu'il a maintenu
un Prince de fa famille fur un
Trôneétranger,mais encore parce
que dans une interruption debonheur,fon cœur s'eft mis au- deffus
des injuftices de la Fortune.
AU ROY..
! Oui , SIRE, *
Vous eftes leplusgrand de tous
les Heros , pour dire encore
48 MERCURE
vous quelque chofe de grand que
nous n'avons pû dire , le nom de
LOUIS LE GRAND renfermant
toutes les qualitez d'unfouverain
Heros , trouvera quelque chofe
de foy dans les noms particuliers
quepourront prendre dans lecours
des temps , pour caracterifer leur
propregrandeur , quelques- uns des
Rois qui fuivront VÔTRE MAJESTE' fur le Trône ; il fe trouvera ce grand nom , mais comme
divifé , dans ceux qui par leur
valeur porteront le nom de Magnanime, dans ceux qui par leur
demence feront reconnus pourPcse des Peuples ; dans ceux qui
par
GALANT 49
par leur zeleferont appellez Deffenfeurs de la Religion ; dans
ceux qui par leur vertu feront
avouez pour Princes Pieux ; &
dans ceux qui dans les temps infortunezferont qualifiez d'İntrepides ; ainfi voftre grand Nom,
allant pompeufement de fiecle en
fiecle , vivra avec éclat tant qu'il
yaura , comme ily en aura toujours , de grandes vertus affifes
fur le Trone ; & tandis que l'Antiquitéfera occupée dans les Hiftoires de fes Conquerans , àplaindre le trifte fort d'Alexandre
de Cefar , tous deux fatalement.
arrachez à la vie , la Pofterité
Février 1710.
E
50 MERCURE
fera retentir lagrandeur de vostre
Ame, dans tous les grands énjenemens de voftre Regne , ne cefferajamais d'admirer unefi belle
vie, dont la Parque filera encore
refpectueufement les jours gloricux, & au de- là de ceux de
David , jufqu'à l'extremité d'une
longue carriere.
"
A MONSEIGNEUR.
MONSEIGNEUR,
Digne Fils du plus grand des
"Heros qui fe reproduit en Vous
vous avezla même valeur , vous
GALANT SI
joignez la même prudence , &
Les Peuples reffentent pour vous
le même amour qu'ils ont pourfa
Sacrée Perfonne.
pronsVous avez , MONS EIGNEUR, la même valeur; quelle
femente pour ainfi dire de triomphes , n'a- t-elle pasjetté dans vos
premieres Campagnes , quel trophée Philifbourg, monument éternel d'une vaine refiftance à vos
forces ; quel trophée , dis-je , n'at- il pas érigé à l'honneur de vôtre
gloire, quelle vive ardeur n'a pas
animée vos courſes conquerantes
du Palatinat ; & quel torrent de
réputation auroit jamais púfuiE ij
52 MERCURE
vrelarapiditéde vosVictoiresfila
fageffe du Roy n'avoit agi comme
de concert avec la Providence ,
pour retirer du peril une vie fi
neceffaire àfes Sujets , &pourne
plus expofer au Champ de Mars
un Heros qui doit à coté defon
Trônefoutenirle poids defa Cou
ronne.
Ala même valeur vous joignez la même prudence ; & où
Monfeigneur , vous auroit- elle
manqué cette prudence ; feroit-ce
dans les Armées où vostre bras
agiffoit autant par voftre efprit
que par voftre cœur , où les Soldatsfuivoient vos ordres avec vos
GALANT 53
exemples , & où vous ne laiffiez
rien prévenir par la Fortune , de
tout ce quipouvoit eftreprévúpar
voftre attention :feroit- ce au Confeil , où quelquesfois les plus éclairez ne verroient peut- eftre que de
loin les chofes les plus importantes
fi vous ne les mettiez vous- même
dans leur point de vue, pour les
leur montrer de plus prés.
Les Peuples ont pour vous ,
Monfeigneur , le même amour
que pour Sa Majesté : ils cherchentfur voftre vifage les preſages de leur bonheur à venir ; ils
croyent appercevoir dans vos yeux
dans vos regards , le fondeD iij
54 MERCURE
ment des efperancespubliques , &
l'air affable & plein de bonté,
fous l'appas duquel vousprévenz ceux qui ont l'honneur de
ous approcher, devient le charme attrayant qui gagne nos cœurs
&forme les douces chaînes qui
nous lient avec paffion à vostre
Augufte Perfonne.
Ainfi , Monfeigneur , Heros
par voftre Augufte Pere , Heros
par vous - même , Heros encore
dans vos Defcendans ; voftregloireferafans fin dans la Pofterité
comme elle eft à prefent fans mefure.
GALANT 55
Dés qu'il ' eut fini il s'éleva
dans l'Affemblée un concert
de es a
fit voir que
l'Orateur est heureux lorfqu'il
a pour objet ces merites éminents , univerfellement reconnus , & aplaudis de tous.
Il fit enfuite , felon la coutume , les Eloges de Mr l'Archevêque de Lyon ; de Mr le
Maréchal de Villeroy Gouverneur de la mêmeVille ; de Mr
le Duc de Villeroy fon fils ;
& ceux de Mr l'Intendant ;
de Mrs les Comtes de Lyon;
de Mrs de la Cour des Monnoyes ; de Mrs les Treforiers.
E
iij
56 MERCURE
9
de France ; de Mrs les Elûs ;
de Mr le Prevôt des Mar
chands ; de Mrs les Echevins ;
& de Mrs les Confuls.
Vousdevezjuger que l'Affemblée eftoit des plus nom- .
breuſes , & que l'Orateur futs
long , ayanteu à parler de tant
d'Auguftes Perfonnes , & de
tant d'Illuftres Magiftrats , &
ce qu'il y eut de furprenant fut
qu'il n'ennuya pasunmoment,
& que dans tout ce qu'il dit
le caractere de toutes les perfonnes dont il parla , fut no
blement , & ingenieuſement
mis dans fon jour.
à l'Hoſtel de Ville de
Lyon , le jour de la Fefte de
Saint Thomas , un Difcours
en prefence de M' l'Archevêque , de M' l'Intendant , de
A iij
6 MERCURD IS
M's les Comtes de Saint Jean,
& de toutes les Compagnies
de la Ville. Ce Difcours a efté
fait cette année par le fils
de Mr Yon , Seigneur de
Jonage qui fut nommé l'année
derniere premier Echevin ,
quoy que revêtu d'une Charge de Secretaire du Roy. Il a
beaucoup de merite , & il eft
fort eftimé. Le Difcours que
fon fils prononça le jour de S.
Thomas , reçut de grands applaudiffemens. Vous en jugerez par ce que je vais vous en
rapporter. Ce qu'il dit du Roy
plutinfiniment , & aprés avoir
GALANT
fini l'Eloge de Sa Majeſté , lors
quel'on croyoitqu'il n'en duft
plus rien dire , il l'apoftropha
comme fi Elle cut efté prefente, & il s'attira des applaudiffemens nouveaux. Voici le
commencement de fon Difcours.
བར
:
Tout eft grand , tout eft auguf
te , Meffieurs , dans le deffein que
j'entreprens rien n'y pourroit
eftre mediocre que la foibleffe du
file ; mais dans l'obligation que je
mefuis impofée de traiter une de
cesglorieufes matieres que d'autres
avant moy ont peut - eftre negligées ,j'ofe meflatter que la NoA iiij
8 MERCURE
bleffe de monfujer donnera du relief à mespenfées , & de l'éclat
à mes paroles ; & ma temerité
trouve fon pretexte dans l'impor
tance du difcours , & dans l'injuftice du filence.
C'est une ancienne &commune erreur , que de relever avecexcés le merite desperfonnes celebres ,
qui ont vécu avant nous , pour
diminuer lagloire de ceux dans les
temps defquels nous vivons ; cette
erreur eft , tantoft un aveuglement groffier dans l'efprit des peuples , qui croyent que la fuite des
temps a le même fort que le déclin
de leur age ; & que la nature
-GALANT 9
ffant comme l'homme , elle vieilliffant
degenere defiecle enfiecle dans fes
productions , àproportion de ce que
d'année en année il s'affoiblit dans
fes travaux ? c'est ce que le
plus fameux de tous les Poëtes a
voulu nous exprimer par ces deux
Vers traduits en noftre langue ?
O fi Dieu me rendoit mes
premieres années ,
dit- il en cet endroit en un
autre:
Les illuftres Heros nâquirent
autrefois :
Tantoft c'est une illisfion defubtiles mais vaines idées , telles
que celles de ces Philofophes ,
.
10 MERCURE
qui s'imaginoient , que les pre
miershommes formez d'uneplus
riche matiere nez fous
deplusfavorables étoiles , avoient
bien pû laiffer d'heureux fuccef
feurs deleurs noms , mais nonpas
de purs heritiers de leur gloiree ?
comme fi pour trouver ce qu'il y
a de plus grand dans le monde , il
falloit remonterjufqu'au regnefabuleux de Saturne : tantofi c'est
une enviefecrette entre des perfon
nes que la fortune ou la naiffance
a mis au niveau les uns des autres,
dans le même rang & àportée des
mêmes honneurs ; chacun pour dé
crierfon concurrent transportepour
GALANT I
ainfi dire fon eftime au fiecle de
ceux qui nepeuvent plus concourir avec perfonne : pour épargner
fon encens au merite des vivans ,
on le prodigue à la memoire des
morts , pour tout difputer à
ceux qui ne nous peuvent plus
rien difputer ? Reproche que le
Sage a peut - eſtre prétendu nous
faire par cesparoles ? J'ay donné.
aux morts les louanges que j'ay
refufées auxvivans.
Il est donc vray , Meffieurs
que foit aveuglément , foit illu
fion , foit envie , la gloire de nos
Contemporains ne va jamais
felon nous de pair avec celle de
12 MERCURE
nos predeceffeurs , par une injuftice de tous les temps" , le merite
qui refpire & qui vit encore , eft
toujours contredit , il faut que,
les fecles éloignez nous le rappelle
pour qu'il foit confacré, je veux
dire veritablement reconnu ; ainfi
parla au grand Conquerant de
, dans le temps que les
Heros paffoient pour des Dieux ,
le Philofophe Califthene : Pour
paroiftre Dieu , luy dit-il , au
jugement des hommes, il faut
avoir long- temps difparu à
leurs yeux ; les honneurs divins fuivent quelques fois les
morts , mais ils n'accompa-
GALANT 13
gnent jamais les vivants.
Je viens tâcher , Meffieurs
de rendre à tous les temps &
tous les merites , la justice qui
leur eſt deuë ; je viens louer les
grands hommes , qui excellent à
prefent , auffs bien que ceux qui
ont excellé autrefois , &proportionnant les louanges au merite ,
les Modernes y auront peut- eſtre
plus de part que les Anciens.
Icy , Meffieurs , mon deffein
cmmne à fe développer
vous vousappercevezfans doute ,
queje voudrois vous donner une
idée des Herospar des comparatfens des uns aux autres ; mais
US
14 MERCURE
que ce deffein feroit vaſte , &
qu'il feroit étendu ; il m'engageroit à rappeller dans vos efprits
tous les Heros qui ont brillé , &
qui brillent encore dans tous les
Arts & dans toutes les Sciences :
ce ne feroit que charger ma
memoirepourlaffer vos patiences :
le refpectqueje dois à voftre attentionprefcrit à monfujet des bornes
plus étroittes il m
; m'oblige nonfeulement à me fixer au plus
glorieux de tous les Arts , je
veux dire à l'Art Militaire ;
mais encore pour éviter l'ennuy
d'un trop long récit , à ne choifir
parmi les Herosde la Guerre les
SGALANT
15
plus renommez que quelques- uns
de ceux à qui leurs fameux exploits ontmeritéle nom de Grand:
mais dans les loüanges que je
leur donneray ,
j'efpere que de
vous-même vous trouverez dequoy remplir àproportion l'Eloge,
de tous les autres , &c'eſt là le
Plan de ce Difcours dans lequel ,
aprés avois tracé l'idée des Grands
Heros de l'antiquité, je tâcheray
de vous donnercelle du plus grand
de tous dans lefiecle prefent.
Voicyce qu'il dit dans fa
premiere partie.
Une des plus fortes paffions
& qui a le plus occupé le cœur
16 MERCURE .
des Grands de l'antiquité, &même de tous les temps ; c'eſtoir le
defir de fe diftinguerpar les Armes , & deſefaire par leur Epée
plus grand que un nom encore
la
celuy qu'ils avoient déja par leur
naiffance ; ils laiffoient pour la
plupart aux Orateurs l'Art du
Difcours , aux Philofophes l'étudedes Sciences , aux Politiques
Ladminiftration des Etats
gloire de tous ces Heros de Litterature de Miniftere , n'excitoit guerre leur noble émulation
quelquecharme même qu'elle eut
pour quelques uns ce n'étoit
qu'un amusement de Paix & de
·
יך
GARANT 17
repos ;toutt cédoit au premierpref=
fentiment de Guerre qui les raviffoit , ilsfe fentoient comme d'euxmême transportez dans le champ
glorieux des Combats , & ils
voloient pour l'arrofer quelques
fois de leur fang, & y cueillir
furun tas de morts
من
de bleſſez
les Lauriers & les bonneurs du
triomphe.
Cette ardeur Militaire qui
dans le cœur des Potentats , à
prefque toujours efté une envie
prodigieufe de dominere de
s'étendre , une ambition démesurée.
de s'élever au deffus de la condition humaine , a toujours efté une
Février 1710.
B
18 MERCURE
fuitefatale de l'orgueil du premier
des mortels ; mais elle ne laiffe
pas auffi deftre dans les deffens
de la fageffe éternelle , qui doit
tout raporter à fa gloire : elle ne
laiffe pas , dis-je , d'eftre comme
un caractere de divinité , imprimée dans l'ame des Souverains ;
caractere dont les traitsfe repandansfurla gloire de leurs actions ,
comme fur la majesté de leurs
perfonnes , nous porte à les respecter tous , non-feulement comme les
images éclatantes de l'Etre fuprémequilesfoutient fur le Trône:
mais encore comme les fujets les
plus nobles les plus dignes
GALANT 19
une
deftreparreprefentation en qualité
de demi- Dieux de la terre
partie de ce qu'eftpar luy même le
grand Souverain de l'Univers
en qualité de Dieu des Armées.
La gloire desgrands Conquerans , ayant donc toujours en deux
faces , qu'on pouvoit envisager,
l'une humaine , l'autre divine ;
l'une qui a des taches , l'autre qui
les couvre , mais qui ne les leve
les pas ; ayant à commencer par
Heros de l'antiquité , ne nous ar
reftons point icy à blâmer ou à
louer trop leurs Conqueftes ; tachons feulement de relever leurs
perfonnes , &fans examiner d'a
Bij
20 MERCURE
A
bord, fi l'ardeur qui les animois
eftoit injufte ou legitime ; parmy
quelques- uns de ceux qui ont paſſé
pour les plus grands donnons la
preference àdeuxfeulement ; mais
choififfons-les bien , afin qu'en étalant leur gloire on ne puiffe rien
penfer de grand de celle des autres
qui nefe trouve dans la leur , &
qui ne juftifie noftre deffein de ne
parler que
"
d'eux.
Il parla enfuite d'Alexandre
& deCefar, & dit tout ce que
l'on en pouvoit dire. Il fit voir
qu'ils avoient eu toutes les
grandes qualitez qui ont fait
le merite des plus grands He-
GALANT! 21
{
ros des ficcles paffez , & aprés
enavoir fait un portrait , &de
la reffemblance de leurs acstions , il dit : It me femble
quevous balancez & que vous
attendez que je decide ? Hé!
qu'importe Meffieurs , lequel des
deux Heros d'Alexandre ou de
Cefarfut le plus grand dans les
fiecles paffez , fi le fiecle prefent
nous en offre un plus grand que
tous les deux enfemble , &
par confequent le plus grand de
tous le Heros ; quel eft il donc ce
Heros; vous l'allez bien- toft voir
paroiftre dans toutefa gloire.
Il entra enfuite dans fa feمن
22 MERCURE
conde partie , & dits
combats par
Au-deffus de cette haute va
leur qui parcourt le monde pour
combatre pour vaincre ; je place
celle d'un Heros qui commence fes
la justice , & qui
terminefes victoires par la moderation ; qui protegefes Alliez par
La puiffance , & qui fe foutient
luy-méme parfa grandeur : Elevez icy vos efprits , Meffieurs ,
j'ay de grands évenemens à vous
reprefenter, je n'ayplus à vous
cacher de grands défauts en vous
montrant de grands courages.
Je ne parleray plus icy de ces
Heros impetueux , quiportantpar
GALANT 23
tout les armes de l'injustice & les
faifant marcher fous les Enfeignes de la Valeur & de la Generofité, raviffoient noſtre admiration avec autant de rapidité qu'ils
ravageoient les Campagnes ; c'e
toient des foudres terribles qui ne
fondoientfurla terre avec vûteffe,
que par l'impuiffance de s'arrefter ;
c'eftoient des tourbillons qui ramaffant tout ce qu'ils trouvoient à
leurrencontre ,fe groffiffoient euxmêmes , &ferendoient plus violens? Je parle d'un Heros digne de
toute loüange, & je commence d'a
bord par vous dire qu'armé de
juftes prétentions contre d'injuftes
24 MERCURE
refus , il entreprend la guerre en
Roy & nonpas en Ufurpatenr ; il
affemble fes Magiftrats avant que
de lever fes Troupes , ne met
LesArmées en Campagne , qu'aprés les avoir mifes fous la protection des Loix.
a
Aces mots , Meffieurs , vous
reconnoiffez Louis le Grand ;
ehpourriez- vous penfer à quelqu'autres cePrincegenereuxjouiffoit àpeine de la Paix par un heureux mariageavecl'Infante d'Ef
pagne , que porté à la guerre par
l'inftinct pour ainfi dire defa valeur , il regardoit avec inquietude
fes armes dans le repos ; mais il
aimoit
GALANT 25
aimoit mieux les laiffer languir,
que de lesfairefervir à l'injuftice.
à l'ambition ; c'eſt ainſi qu'il
retenoit dans une amere tranquillité , les premiers feux de fa jeuneffe ; lorfque le Roy d'Espagne
avec une ame moins guerriere
mais plus intereffée luy difpute les
droits inconteftables de la Reine
fon Epoufe: quefera- t- il ?Se prefentera-t- il d'abord avec l'épée ?
Non, il commandera àfa valeur
d'attendre ladecifion des Loix, &
les Loix confultées ordonnent àfa
valeur attentive à leurs ordres ,
defoutenirfa caufepar les armes?
Le ciel n'ayantpermis cette injufFévrier 1710.
C
26 MERCURE
tice dela part de l'Espagne , qu'a
fin que les Peuples de divers
Royaumes appriffent combien ce
fage & puillant Heros fçavoit
joindre à la force de reprimer fes
ennemis , le pouvoir de retenirfon
indignation : le voila donc qui remet à la Fuftice la direction defon
courage : allez , Prince , allez où
cette Reine des Loix portera voftre
Bouclier ; allez lancer vos foudres fur une Nationfuperbe , tant
qu'elle ne prendra confeil que de
l'obftination defes armes : ce ne
fera de fa part que Troupes affoiblies ,
que Soldats tombez aux
pieds des voftres ; mais dés qu'elle
GALANT 27
ferangera fous les loix de l'équi
té pourfe reconnoiftre , ce nefera
de vostre part qu'excés de generofité ? en vain la Fortune vous
ouvrira-t-elle le paffage à la conqueſte de l'Univers , voftre courage nefera pas las de vaincre ;
mais voftre grandeur d'ame vous
fera croire que vous avez affez
vaincus vous arrefterez vos cour
fes rapides au milieu des combats ,
par untrop grand respect pour
les Loix, vous rendrez unepartie
de vos conqueftes de peur qu'elles
n'ayent à vous reprocher que vous
vouliez trop étendre vos prétentions ? ô Prince , ô Heros valeuC ij
28 MERCURE
reux moderé tout enſemble 3
qui aime mieux ceder les droits de
la guerre que d'eftre foupçonné
d'avoirfailli contre les regles de
la Fuftice ? Loy , Meffieurs je
cherche Alexandre & Cefar , je
les trouve , peut - eftre , Grand
Roy, dans les Combats à vos côtez, poury voir des Villes mais
des plus fortes prifes dans deux
jours , des Provinces entieres reduites en deuxfemaines ; mais je
les perds &je les vois fe retirer
faifis d'étonnement à la vuede cet
excés pour ainfi dire de moderation , qui limite fi promptement la
portée de voftre valeur ? qu'il ne
GALANT 29
paroiffe donc ici , mais pour cette
fois feulement , que lefeulRoyde
Lacedemone , qui ne vouloit d'autre avantagefurfes Sujets , fi ce
n'est qu'il luyfut permis d'efre
plus vaillant , & de faire moins
qu'eux de faute contre les Loix.
Quej'aimerais à vous repreſenter ce grand Monarque , dans
d'autres Campagnes à la tefte d'une nombreuse Armée , preffant la
Fortunefans luy donner du relashe , paffant en Maiftre du monde par les Etats de plufieurs Souverains fans prefque s'enquerir fi
l'on veutfouffrirfon paffage ,
portantpar tout le flambeau de la
C
iij
30 MERCURE
guerre fans laiffer languir le feu
de faprofperité je vous compterois plus de trente Villes munies
&fortifiées , renduës à l'aspect
du Vainqueur, & prefque toutes
fans mursabatus & fans combats
donnez , effrayées feulement de
• fon grand nom, & tachant avec
les Peuples voisins , d'apaifer fa
・jufte colére en foumetant leurs
teftes à fa puiffance , & leur
cœur àfa bonté; je vous montrerois des Villes forcées malgré leurs
vigoureuses refiftances ? hé commentn'auroient-ellespas enfin cedé
à des Armes fi feures de leurs
coups , je rappellerois encore icy
GALANT zi
1
les élements forcez , les faifons
bravées , &la nature foumife en
quelque forte à fon épée , mais
Alexandre , & Céfar , ſe pouroient peut-être reconnoistre à fes
traits ; je ne veux plus loüer
en Louis le Grand , rien de ce qui
peut aprocher de luy les autres
Heros ? difons donc quelque chofe
de plus.
Unde ces efprits qui tiennent
leur fiecle en de perpetuelles agitations , & qui excitent les orages
dans la ferenité des plus beaux
jours un de ces efprits capables
de remuer de grandes machines
d'ébranler les Etats ; un de
C iiij
32 MERCURE
ces efprits qui ont toujours att
milieu de la Paix le cœur armé
la volonté ambitieuſe un
Prince heretique , car enfin fi
nous ne voulons pas le nommer ,
il faut du moins le défigner ; un
Prince , dis-je , inquiet de vivre
comme un autre Efau par fon
épée ,fe mer en tefte de vivre
parle Sceptre: il trame des deffeins
prodigieux que nul n'auroit pu
croire , parce que nul autre n'auroitpu les imaginer , il les communique aux Puiffances confederées
il les conduit fifourdement à
fesfins qu'à la tefte d'une Armée
Navale il entreprefque invifible
GALANT 33
en Angleterre ; d'abord il fe fait
jour dans les vaftes appartemens
du Roy , prendfierementſaplace
vis- à- vis de fon Trône , &partage avecluy lefuprême honneur;
dans peu l'Anglois , grand amateur des nouveautez , retire fon
obéiffance du Monarque , &la
transporte à l'Ufurpateur , &
tout d'un coup l'injuſte & aveugle Fortune , féparant les bons
fuccésde la bonnecaufe , le Prince Proteftantfe faifit de la Couronne du Prince Catholique.
› Grandeur de la gloire magranime de mon Roy , où cftes- vous
àprefent ? la voila , Meffieurs
34 MERCURE
quifort defon Palais , pour tendrela main àce Potentat defcendu
de fon Trône ; c'eſt une Majeſté
puiſſante , qui va au-devantd'une
Majefté opprimée; c'est un Prince
qui entouré de fa Cour, & revêtu defapropre Grandeur , s'arvance pour relever un Prince infortuné, poufféfur nos bordsfeulement par quelques flots officieux
de la mer; il neperdpointdetemps
pourfoulagerfa douleur , il effuye
fes larmes par des marquesfenfi
bles de l'affection de fon cœur ;
il
le reveft de tous les ornemens de la
Royauté; il luy donne un Trône
dans un defes Palais , &arraآن
GALANT 35
chepour ainfi dire d'entre les mains
du Deftinfa Royale Famille : refolu jufques à la fin de fes jours
de leurfaire part defes trefors &
defa fortune.
Je voudrois bien vous faire
voir icy tous deux grands defolateurs des Rois & des Royaumes ; vous Alexandre , qui venez
de nous faire compter pour beaucoup les honneurs que vous avez
rendus à une Reine captive fous
lejougde vos armes tandis qu'elles
eftoient injustement tournées contre le Roy fon Epoux ; & vous
Céfar , dont un des plus grands
traitsfut; de rendrele Trône d'un
36 MERCURE
frere àunefœur, pour la rendre
elle-même par cette espece de
generofité l'objet de vos amours.
&de vos profufions ; mais li je
ne puis vous voir icy en perfonne
j'y vois du moins vos ombres gémiffantes de douleur d'apprendre
qu'il y afur la terre dans l'ame
d'un plus grand Conquerant que
vous , une plus grande generofité
que la voftre.
Reduirons- nous à cette action
genereufe la Magnanimité de
noftre Heros ? non , Meffieurs
quifçait réfugier un Roy en peut
bien foutenir un autre , l'entreprife eft difficile mais elle eft
GALANT 37
jafte l'execution eft prompte mais
elle eft de Louis le Grand, un Roy
mourant nommefon Succeffeur il
faut le luy donner.
1
url
Les paroles d'un Souverain
au lit de la mortfont des Sentences depolitique, & les Peuples y
font attentifs , comme àdes Arrefts
prononcez gloire de l'Etai?
le Roy d'Espagne meurt fans
enfants , il déclare Heritierde
fes Royaumes un Fils de France?
tes Espagnols empreffez le demandent à Louis le Grand , &
Louis le Grand , comment le leur
envoit-il , avec une portion de
cettefageffe dont il fait des leçons
38 MERCURE
à toute l'Europe , aveclesconfeils
de cette prudence , qui rend l'obéiffance affectionnéepar la douceur du commandement, avec cette
grandeur d'ame qui le rend fuperieur à tous les Heros , ce n'eft
pas affez avec cette grandeur
d'ame qui le rend Louis le Grand,
Philippe V. enrichi de tous ces
J
nobles prefens du grand Royfon
ayeul , entre en Triomphe dans
toutes les Villes d'Espagne , &
toutes les vertus l'yfuivent ; mais
fes Ennemis , Ennemis de la
juftice , & de la veritable
deur, l'y attaquent.
gran
*Et que font-ils , ils entretien-
CALANT 39
nent des intelligences avec quelquesfactieux , qui affemblent des
nuagesfurfa tefte, ils s'emparent
foit par rufe foit parfureur foit
par irreligion , toujours par
injustice , de quelques Royaumes
éloignez du Siege defon Empire:
mais que n'auront ils pas à craindre , grandPrince , lorsqu'ils verront voftre Majesté s'aprocher de
vos Troupes , pour ranimer leur
valeurpar voftre prefence : autrefois dans une Guerre contre les
Gaulois , il nereftoit auxRomains
d'autre efperance , qu'an Capitole
affiegé, & en Camille banni , &
neanmoins ils repoufferent ces
40 MERCURE
fiers Ennemis , vous voftre
efperance est encore toute entiere ,
dans la poffeffion de vos plus
grand Royaumes , dans le cœur
de vos meilleurs Sujets , dans
l'affection de vos Troupes , dans
la force de voftre bras , dans la
confiance en des Victoires remportées , dans la protection de Louis
le Grand: vous diffiperez à lafin
les Germains & leurs Confederez.
Vous foupirez cependant ,
Peuples foumis , à la puiſſance
de ce jeune Roy , & nous peuteftre auffi avec vous : car enfin
que voyons nous depuis quelques
GALANT 41
années , le glaive du Tout- Puiffant eft entre les mains de fes
Ennemis , la Victoire s'égare , &
il luy eft permis de fe ranger fous
des Drapeauxprefque tous Heretiques , de prendre parti contre
les Armes défenfives même de la
Religion : mais ne nous laiffons
pasicy abattrefous les coups d'une
legere infortune ? en vain nes
Ennemis veulent-ilsfe perſuadër,
queces revers nous arrivent pour
enorgueillir leurs Armes nous
fommes comme convaincus ,
c'eft pour montrer à tous les Rois
à tous les Peuples, la grandeur
de Louis le Grand dans tous fes
Février 1710. D
que
42 MERCURE
points de veuë on ne l'avoit
ven jufques alors ce Monarque
que dans la profperité , &ilne
luy manquoit rien pour paroître
plus grand que les autres : mais
il luy manquoit un changement.
de fortune pour paroître en un
fens plus grandqu'il n'avoit encoreparu : nous l'avions veu Victorieux defes Ennemis , vaincre
fonpropre bonheur mais nous ne
L'avions pas encore affez ven ſe
vaincre foy - même , nous fçavions ce qu'ilfçavoitfaire , mais
nous nefçavions pas ce qu'ilfçavoitfuporter; il avoitparu peutêtre trop beureux, maisfans per-
GALANT 43
dre la moderation ilfaloit qu'il
parut moins heureux : mais fans
perdre laconftance.
Qu'il eft peu de ces ames égales,
faites à l'épreuve de toutes les revolutions de cette grande rouë fur
laquelle tourne toutce qu'on appelle
grands évenemens ; mais lafageffe
active e vigilante de Louis le
Grand voit changer de face à la
Fortune , fans permettre à fon
cœur de changer defituation , comme s'il n'avoit jufques alors mé
nagéles bons fuccés que pourexercer fa prefence d'efprit à foûtenir
les mauvais ; bé que feait - on ?
peut - eftre même qu'il craignoit
Dij
44 MERCURE
pour fon ame la durée defes prof
peritez & qu'il avoit demandé
quelquefois de n'eftre pas toujours.
vainqueur de fes ennemis , pour
s'exercer dans cet Art fi difficile de
vaincre l'adverſité ; ainfi lagrandeurdefoname foûtenant nos efperances , ranime la fermeté de nos
fameuxGuerriers qui commencent
déja à regarder le glorieux avan
tageremportéfur un nombre affez
grand de nos ennemis en Alface ,
la glorienfe retraite de noftre
Armée en Flandres , comme des
prefages prefque infaillibles d'un
nombre prefque infini de Victoires.
GALANT 45
+
Je finis , Meffieurs mais n'al
lez point me reprocher , que
pour faire unplus grand éloge de
Louis le Grand , il falloit le
prendre de plus haut , remonter
jufques auTrône des Clovis , des
Saint Louis , des Charlemagne ,
comparer même ces grands Rois ,
avec les Conftantin &les Theodofe , & chercher jufques dans
leurs Tombeaux , les femences de
la valeur &de lagrandeurd'ame
de Louis le Grand : Il est uray ,
Meffieurs , que fa gloire com
mençoit a fe produire à fe
mais comme il former
en
n'y en apoint excepté S. Louis ,
46 MERCURE
en qui la fortune ait affemblé
tant d'événemens divers , il eftoit
important dans les conjonctures
prefentes , de mettre fes actions a
part, &de ne pas confondre dans
la concurrence de leurs grands
noms , celuy dont la gloire remonte
juſques à eux , avec autant d'éclat qu'elle en eft defcendue : c'eft
donc fans rien diminuer de leur
gloire , que Louis le Grand eft
plus Grand que tous les autres
Heros ; plus grand par rapport
la vaillance, parce qu'il a triomphé
même defon bonheur, dans laprofperité de fes armes plus grand
par rapport à la generofité & à
à
GALANT 47
la grandeur d'ame non -feulement parce qu'il a donné azile à
unRoidépouillé de fes Etats ; nonfeulement parce qu'il a maintenu
un Prince de fa famille fur un
Trôneétranger,mais encore parce
que dans une interruption debonheur,fon cœur s'eft mis au- deffus
des injuftices de la Fortune.
AU ROY..
! Oui , SIRE, *
Vous eftes leplusgrand de tous
les Heros , pour dire encore
48 MERCURE
vous quelque chofe de grand que
nous n'avons pû dire , le nom de
LOUIS LE GRAND renfermant
toutes les qualitez d'unfouverain
Heros , trouvera quelque chofe
de foy dans les noms particuliers
quepourront prendre dans lecours
des temps , pour caracterifer leur
propregrandeur , quelques- uns des
Rois qui fuivront VÔTRE MAJESTE' fur le Trône ; il fe trouvera ce grand nom , mais comme
divifé , dans ceux qui par leur
valeur porteront le nom de Magnanime, dans ceux qui par leur
demence feront reconnus pourPcse des Peuples ; dans ceux qui
par
GALANT 49
par leur zeleferont appellez Deffenfeurs de la Religion ; dans
ceux qui par leur vertu feront
avouez pour Princes Pieux ; &
dans ceux qui dans les temps infortunezferont qualifiez d'İntrepides ; ainfi voftre grand Nom,
allant pompeufement de fiecle en
fiecle , vivra avec éclat tant qu'il
yaura , comme ily en aura toujours , de grandes vertus affifes
fur le Trone ; & tandis que l'Antiquitéfera occupée dans les Hiftoires de fes Conquerans , àplaindre le trifte fort d'Alexandre
de Cefar , tous deux fatalement.
arrachez à la vie , la Pofterité
Février 1710.
E
50 MERCURE
fera retentir lagrandeur de vostre
Ame, dans tous les grands énjenemens de voftre Regne , ne cefferajamais d'admirer unefi belle
vie, dont la Parque filera encore
refpectueufement les jours gloricux, & au de- là de ceux de
David , jufqu'à l'extremité d'une
longue carriere.
"
A MONSEIGNEUR.
MONSEIGNEUR,
Digne Fils du plus grand des
"Heros qui fe reproduit en Vous
vous avezla même valeur , vous
GALANT SI
joignez la même prudence , &
Les Peuples reffentent pour vous
le même amour qu'ils ont pourfa
Sacrée Perfonne.
pronsVous avez , MONS EIGNEUR, la même valeur; quelle
femente pour ainfi dire de triomphes , n'a- t-elle pasjetté dans vos
premieres Campagnes , quel trophée Philifbourg, monument éternel d'une vaine refiftance à vos
forces ; quel trophée , dis-je , n'at- il pas érigé à l'honneur de vôtre
gloire, quelle vive ardeur n'a pas
animée vos courſes conquerantes
du Palatinat ; & quel torrent de
réputation auroit jamais púfuiE ij
52 MERCURE
vrelarapiditéde vosVictoiresfila
fageffe du Roy n'avoit agi comme
de concert avec la Providence ,
pour retirer du peril une vie fi
neceffaire àfes Sujets , &pourne
plus expofer au Champ de Mars
un Heros qui doit à coté defon
Trônefoutenirle poids defa Cou
ronne.
Ala même valeur vous joignez la même prudence ; & où
Monfeigneur , vous auroit- elle
manqué cette prudence ; feroit-ce
dans les Armées où vostre bras
agiffoit autant par voftre efprit
que par voftre cœur , où les Soldatsfuivoient vos ordres avec vos
GALANT 53
exemples , & où vous ne laiffiez
rien prévenir par la Fortune , de
tout ce quipouvoit eftreprévúpar
voftre attention :feroit- ce au Confeil , où quelquesfois les plus éclairez ne verroient peut- eftre que de
loin les chofes les plus importantes
fi vous ne les mettiez vous- même
dans leur point de vue, pour les
leur montrer de plus prés.
Les Peuples ont pour vous ,
Monfeigneur , le même amour
que pour Sa Majesté : ils cherchentfur voftre vifage les preſages de leur bonheur à venir ; ils
croyent appercevoir dans vos yeux
dans vos regards , le fondeD iij
54 MERCURE
ment des efperancespubliques , &
l'air affable & plein de bonté,
fous l'appas duquel vousprévenz ceux qui ont l'honneur de
ous approcher, devient le charme attrayant qui gagne nos cœurs
&forme les douces chaînes qui
nous lient avec paffion à vostre
Augufte Perfonne.
Ainfi , Monfeigneur , Heros
par voftre Augufte Pere , Heros
par vous - même , Heros encore
dans vos Defcendans ; voftregloireferafans fin dans la Pofterité
comme elle eft à prefent fans mefure.
GALANT 55
Dés qu'il ' eut fini il s'éleva
dans l'Affemblée un concert
de es a
fit voir que
l'Orateur est heureux lorfqu'il
a pour objet ces merites éminents , univerfellement reconnus , & aplaudis de tous.
Il fit enfuite , felon la coutume , les Eloges de Mr l'Archevêque de Lyon ; de Mr le
Maréchal de Villeroy Gouverneur de la mêmeVille ; de Mr
le Duc de Villeroy fon fils ;
& ceux de Mr l'Intendant ;
de Mrs les Comtes de Lyon;
de Mrs de la Cour des Monnoyes ; de Mrs les Treforiers.
E
iij
56 MERCURE
9
de France ; de Mrs les Elûs ;
de Mr le Prevôt des Mar
chands ; de Mrs les Echevins ;
& de Mrs les Confuls.
Vousdevezjuger que l'Affemblée eftoit des plus nom- .
breuſes , & que l'Orateur futs
long , ayanteu à parler de tant
d'Auguftes Perfonnes , & de
tant d'Illuftres Magiftrats , &
ce qu'il y eut de furprenant fut
qu'il n'ennuya pasunmoment,
& que dans tout ce qu'il dit
le caractere de toutes les perfonnes dont il parla , fut no
blement , & ingenieuſement
mis dans fon jour.
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Résumé : Article dont on ne peut donner dans cette Table une idée qui puisse répondre à son sujet, & qui renferme un Eloge du Roy, & de Monseigneur le Dauphin d'une maniere toute singuliere, [titre d'après la table]
Le texte relate la prononciation annuelle d'un discours à l'Hôtel de Ville de Lyon, le jour de la fête de Saint Thomas, en présence de l'archevêque, de l'intendant, des comtes de Saint Jean et des compagnies de la ville. Cette année, le discours a été prononcé par le fils de Monsieur Yon, seigneur de Jonage, récemment nommé premier échevin malgré ses fonctions de secrétaire du roi. Le discours a reçu de grands applaudissements. L'orateur commence par une réflexion sur la grandeur de la tâche entreprise, reconnaissant la faiblesse humaine mais espérant que la noblesse du sujet donnera du relief aux paroles. Il critique l'erreur commune de surévaluer les mérites des personnes célèbres du passé pour diminuer la gloire des contemporains. Il cite des poètes et des philosophes pour illustrer cette erreur et affirme que la gloire des contemporains est souvent méconnue. L'orateur se propose de rendre justice à tous les mérites, anciens et modernes, en louant les grands hommes actuels autant que ceux du passé. Il se concentre sur l'art militaire et choisit de parler des héros les plus renommés, en particulier Alexandre et César, dont il vante les grandes qualités. Cependant, il introduit la figure d'un héros contemporain, Louis le Grand, qui incarne la justice, la modération et la grandeur d'âme. Louis est décrit comme un roi qui entreprend la guerre avec justice, respecte les lois et fait preuve de générosité même dans la victoire. Le texte célèbre la grandeur et la magnanimité de Louis le Grand, roi de France. Il le compare à des figures historiques comme Alexandre le Grand et Jules César, mais souligne que Louis dépasse ces héros par sa modération et sa générosité. Le texte décrit plusieurs exploits de Louis, notamment son refus de tirer avantage de ses sujets et sa capacité à inspirer la peur et le respect sans combat. Il mentionne également des campagnes militaires où Louis a conquis de nombreuses villes par sa seule réputation. Le texte évoque ensuite une menace potentielle d'un prince hérétique qui trame des plans ambitieux pour s'emparer du trône d'Angleterre. Louis est présenté comme un défenseur des rois opprimés, prêt à soutenir un monarque déchu et à lui offrir refuge et soutien. Le texte souligne également la sagesse politique de Louis, qui a su gérer les revers de fortune avec constance et sagesse. Il mentionne la mort du roi d'Espagne sans héritier et la nomination de Philippe V, fils de Louis, comme successeur. Malgré les attaques des ennemis de la justice, Louis reste un modèle de grandeur et de prudence. Enfin, le texte conclut en exaltant la grandeur de Louis, comparée à celle des plus grands rois de l'histoire. Il prédit que le nom de Louis le Grand sera synonyme de toutes les vertus royales et que sa mémoire sera célébrée pour sa vie exemplaire et ses actions héroïques. Le discours s'adresse également à un haut dignitaire, louant ses qualités et ses actions. L'orateur souligne la prudence et l'esprit stratégique du destinataire sur le champ de bataille, où ses soldats suivent ses ordres et ses exemples, et où il anticipe les événements grâce à son attention. Il mentionne également son rôle au conseil, où il éclaire les décisions importantes. Les peuples éprouvent pour lui un amour similaire à celui qu'ils portent à leur souverain, voyant en lui les signes de leur bonheur futur et étant charmés par sa bonté et son affabilité. Le discours célèbre également la lignée héroïque du destinataire, soulignant qu'il est un héros par son père, par lui-même et par ses descendants, et que sa gloire perdurera dans la postérité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 95-98
L'Acrostiche de LOUIS LE GRAND, où le surnom de Grand se trouve dans chaque vers.
Début :
Le plus grand des Guerriers & les plus grand des Rois [...]
Mots clefs :
Louis le Grand, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'Acrostiche de LOUIS LE GRAND, où le surnom de Grand se trouve dans chaque vers.
L'Acrostiche de LOUIS LE
:
GRAND , où le ſurnom
de Grand se trouve dans
chaque wersd
Leplus granddes Guerriers
& le plus grand des Rois
Offre aux yeux un grand
and
Saint dans ungrand
Politique ,
ف
Un grand zele pour Dieu
dans une ame heroïque:
Il eſt dans un grand hom96
MERCURE
me un grand appui
des loix ;
Son grand coeur eft clement,
ſon bras eſt pacifique.
Le plus grand des mortels,
&le plus merveilleux ,
Eft humble
, autant que
grand , & confond l'orgüeilleux.
Grand de corps , grand
d'eſprit , grand par fes
faits fublimes, :
Rendu grand ici - bas par
des ſoinsmagnanimes ,
Aux
7
GALANT.
97
Aux Cieux plus grand un
jour par les routes qu'il
prend.
N'est - ce pas à bon droit
qu'il eſt ſurnommé
GRAND ?
Digne & grand nom , regnez
par tout comme
en ſes rimes.
MESSANGES.
6. Je croy qu'aprés avoir
donné une Acroſtiche ,
quelque belle qu'elle puiſſe
être , il n'eſt pas tout à fait
hors de propos de donner
fans preambule un me
Sept. 1714 I
98 MERCURE
moire litteraire , dont voici
letitre.
:
GRAND , où le ſurnom
de Grand se trouve dans
chaque wersd
Leplus granddes Guerriers
& le plus grand des Rois
Offre aux yeux un grand
and
Saint dans ungrand
Politique ,
ف
Un grand zele pour Dieu
dans une ame heroïque:
Il eſt dans un grand hom96
MERCURE
me un grand appui
des loix ;
Son grand coeur eft clement,
ſon bras eſt pacifique.
Le plus grand des mortels,
&le plus merveilleux ,
Eft humble
, autant que
grand , & confond l'orgüeilleux.
Grand de corps , grand
d'eſprit , grand par fes
faits fublimes, :
Rendu grand ici - bas par
des ſoinsmagnanimes ,
Aux
7
GALANT.
97
Aux Cieux plus grand un
jour par les routes qu'il
prend.
N'est - ce pas à bon droit
qu'il eſt ſurnommé
GRAND ?
Digne & grand nom , regnez
par tout comme
en ſes rimes.
MESSANGES.
6. Je croy qu'aprés avoir
donné une Acroſtiche ,
quelque belle qu'elle puiſſe
être , il n'eſt pas tout à fait
hors de propos de donner
fans preambule un me
Sept. 1714 I
98 MERCURE
moire litteraire , dont voici
letitre.
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12
p. 656-661
POEME Sur les progrès de l'Art des Jardins. Sous LOÜIS LE GRAND.
Début :
Du siécle de LOUIS, les prodges divers, [...]
Mots clefs :
Prière, Paix, Roi de France, Art des jardins, Nature, Fleurs, Génie, Louis le Grand
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POEME Sur les progrès de l'Art des Jardins. Sous LOÜIS LE GRAND.
POEM E
Sur les progrès de l'Art des Jardins..
Sous LoüiS LE GRAND.
DUsiécle de Louis , les prodiges divers,
Sont l'étude du nôtre , et l'objet de nos Vers.
Muscs ›
AVRIL. 1732. 657
Muses , qui de ce Roy , chérissez la mémoire ,
Pour prix de notre ardeur à conserver sa gloire.
Vous nous devez vos soins , j'implore votre appui ,
Inspirez-moy des Vers , tels qu'on les fit sous lui.
Si le gout de son siecle
est banni
de mes rimes
,
Muses
, n'exaucez
point
des vœux
illégitimes
. "
Le Laurier
, où j'aspire
, est un affront
pour
moy,
S'il n'est coupé d'un Tronc, planté sous ce grand
Roy.
Chassez de mes Ecrits , toute vaine peinture ,
Le fard est inutile , à qui peint la nature.
L'art doit l'orner de fleurs , mais non pas l'en
charger ,
C'est ainsi , sous Louis, qu'on sçut la ménager.
C'est sous ce regne heureux , si fécond en miracles ,
Que la Nature et l'Art s'unirent sans obstacles.
La raison en régla l'accord selon ses vœux ,
Et la perfection naquit de ces beaux nœuds.
Ainsi des sages Grecs , le sublime Génie ,
Acet amant discret , l'avoit jadis unie.
Sure du gout exquis de ce discret Amant ,
Gout formé sur le sien , et sobre en arnement.
La Déesse , toujours simple , naïve et pure ,
Laissoit aux mains de l'Art , le soin de sa pasure B vj L'Art
6,8 MERCURE DE FRANCE
L'Art content de ce soin , et l'œil sur ses appas ›
La faisoit briller seule , et ne se montroit pas.
Si la Nature en pleurs soupiroit sur la Scéne ,
Les malheurs d'Hyppolite , ou ceux de Polixéne.
L'Art d'une main cachée et prompte en ses besoins ,
Lui chaussoit le Cothurne , et bornoit là ses soins.
Mais que cet age d'or fut prompt à disparoître ?
Louis , en ta faveur , le Ciel la fit renaître.
Tout , jusques aux Jardins, sous ce Roy si vanté,
Atteignit le haut point de sa juste bonté.
Ce n'est plus ces Jardins , que , voisins du Tonė ,
nerre ,
Suspendit dans les airs , au mépris de la terre.
L'Epouse de Ninus , l'Amante de son fils ,
De la Nature , hélas ! connut elle le prix ?
L'Emphrate sur son Urne , en ses Grottes pro- fondes ,
Plaiguit ces bois , privez du secours de ses Ondes.
Sur ses bords sabloneux , prodigua ce secours ,
Et les rendit si beaux , qu'on désertà ces tours.
Au gout de la raison, noble , simple , et sensée,
Louis a des humains , ramené la pensée.
Deux Vertumnes fameux , à son regne donnez ,
Firent voir aux vivans les Jardins fortunez ,
Où les ombres d'Achille et d'Hector réunies >
Réposent dans la paix , sur l'Email' des Prairies.
L'un
AVRIL. 17320 659
L'un , des beautés de l'Ordre instruit par le bon
goût ,
Mit la Nature en regle et la fit voir en tout.
De naïfs ornemens , Dispensateur habile ,
Il donna même au faste un air simple et facile,
Apprit par un secret que lui seul sçut trouver ,
Aux Chênes sourcilleux l'art de faire rêver,
Se fit suivre à son gré de l'Element humide ,
Ingénieux , forma de ce Cristal liquide
Mille Jeux séducteurs , cent Théatres divers ;
Plus qu'aucun avant lui l'élança dans les Airs ;
Des Graces et des Jeux accompagné sans cesse ,
Fit au triste Cyprès respirer la temiresse ;
Dans un Dédale heureux de Myrthes verdoyans,
Emprisonna les Ris sous les fleurs s'égayans ;
Et d'un Peuple de Dieux , ou palis ou sauvages,
Avec art disposez , anima ses Boccags ;
Puis ouvrant des Vallons les lo ntains gracieux,
Sçut finir ses Jardins où commencent les Cieux ,
Et presentant au loin mile oby ts à la vûë,
Prêter aux Champs étroits une immense étenduë.
De Nymphes , cependant un jeune et tendre Essein ,
Le suivoit pas à pas la Guirlande à la main ;
D'où tirant avec choix mille fleurs éclatantes ,
Flore en semoit par tout les couleurs differentes.
De Pomone au sein riche , auteint frais et fleuri,
L'autre, sçayant Eleve, et Confident chéri ,, Du
50 MERCURE DE FRANCE
Dufruit , vrai gland jadis insipide et sauvage ,
Triptoleme nouveau , bannit l'austere usage ,
Corrigea de nos Champs les Sels contagieux ,
Et versant dans la séve un Nectar précieux,
Nous rendit ces beaux fruits que, Roy de la Na ture ,
L'homme, aux Vergers d'Edem ; cueilloit d'une
main pure.
La branche obeissante et souple à ses leçons,
Prit sous ses doctes mains cent diverses façons.
Du Lierre rampant le verd mélancolique ,
Scut couvrir les débris de quelque tombe antique,,
Où ses bras tortueux , par dinquiets efforts ,
Vont jusques dans leur cendre importuner les -
Morts.
Tandis que les amours de Flore et de Pomone,
Étalant à la fois le Printemps et l'Automne ,
Le Citronier docile à notre œil enchanté
Déroboit de nos murs l'informe nudité ;
Et dans ses bras , qu'il ouvre aux traits de l'œil du monde ,
En reçoit à l'abri l'influence féconde.
Vous n'avilirez point le prix des mes accens , ·
Vous, de nos bons Ayeux les repas innocens
Herbages fortunez , que ce Mortel si sage ,
Ala Cour, chez les Rois , ramena du Village.
Mases , tel est le fruit du gout qu'on a pous vous.
Tout objet fait ses soins, il les embellit tous.
Et
AVRIL. 17322 661
Et si l'appui du Trône est le prix de vos veilles ,
Où neportez- vous pas vos sublimes merveilles !
PRIERE POUR LEROT.
20
Tels que sur le penchant d'une aimable ColineSous un Ciel favorable un Olivier planté ,
Voit d'heureux rejettons sa féconde racine ,
L'environner de tout côté.
Tel , Seigneur, chaque jour par un exemple uni
*que ,
LOUIS, se voit renaitre et combler de ses dons ;
Mais pour rendre éternels les biens que nousgoutons ,
Sous son Empire pacifique ,
Conserve , Dieu de Paix , sous ta main magnifique ,
Et la Tige et les Rejettons.
Auteurs, en écrivant , imitez la Nature:
Sur les progrès de l'Art des Jardins..
Sous LoüiS LE GRAND.
DUsiécle de Louis , les prodiges divers,
Sont l'étude du nôtre , et l'objet de nos Vers.
Muscs ›
AVRIL. 1732. 657
Muses , qui de ce Roy , chérissez la mémoire ,
Pour prix de notre ardeur à conserver sa gloire.
Vous nous devez vos soins , j'implore votre appui ,
Inspirez-moy des Vers , tels qu'on les fit sous lui.
Si le gout de son siecle
est banni
de mes rimes
,
Muses
, n'exaucez
point
des vœux
illégitimes
. "
Le Laurier
, où j'aspire
, est un affront
pour
moy,
S'il n'est coupé d'un Tronc, planté sous ce grand
Roy.
Chassez de mes Ecrits , toute vaine peinture ,
Le fard est inutile , à qui peint la nature.
L'art doit l'orner de fleurs , mais non pas l'en
charger ,
C'est ainsi , sous Louis, qu'on sçut la ménager.
C'est sous ce regne heureux , si fécond en miracles ,
Que la Nature et l'Art s'unirent sans obstacles.
La raison en régla l'accord selon ses vœux ,
Et la perfection naquit de ces beaux nœuds.
Ainsi des sages Grecs , le sublime Génie ,
Acet amant discret , l'avoit jadis unie.
Sure du gout exquis de ce discret Amant ,
Gout formé sur le sien , et sobre en arnement.
La Déesse , toujours simple , naïve et pure ,
Laissoit aux mains de l'Art , le soin de sa pasure B vj L'Art
6,8 MERCURE DE FRANCE
L'Art content de ce soin , et l'œil sur ses appas ›
La faisoit briller seule , et ne se montroit pas.
Si la Nature en pleurs soupiroit sur la Scéne ,
Les malheurs d'Hyppolite , ou ceux de Polixéne.
L'Art d'une main cachée et prompte en ses besoins ,
Lui chaussoit le Cothurne , et bornoit là ses soins.
Mais que cet age d'or fut prompt à disparoître ?
Louis , en ta faveur , le Ciel la fit renaître.
Tout , jusques aux Jardins, sous ce Roy si vanté,
Atteignit le haut point de sa juste bonté.
Ce n'est plus ces Jardins , que , voisins du Tonė ,
nerre ,
Suspendit dans les airs , au mépris de la terre.
L'Epouse de Ninus , l'Amante de son fils ,
De la Nature , hélas ! connut elle le prix ?
L'Emphrate sur son Urne , en ses Grottes pro- fondes ,
Plaiguit ces bois , privez du secours de ses Ondes.
Sur ses bords sabloneux , prodigua ce secours ,
Et les rendit si beaux , qu'on désertà ces tours.
Au gout de la raison, noble , simple , et sensée,
Louis a des humains , ramené la pensée.
Deux Vertumnes fameux , à son regne donnez ,
Firent voir aux vivans les Jardins fortunez ,
Où les ombres d'Achille et d'Hector réunies >
Réposent dans la paix , sur l'Email' des Prairies.
L'un
AVRIL. 17320 659
L'un , des beautés de l'Ordre instruit par le bon
goût ,
Mit la Nature en regle et la fit voir en tout.
De naïfs ornemens , Dispensateur habile ,
Il donna même au faste un air simple et facile,
Apprit par un secret que lui seul sçut trouver ,
Aux Chênes sourcilleux l'art de faire rêver,
Se fit suivre à son gré de l'Element humide ,
Ingénieux , forma de ce Cristal liquide
Mille Jeux séducteurs , cent Théatres divers ;
Plus qu'aucun avant lui l'élança dans les Airs ;
Des Graces et des Jeux accompagné sans cesse ,
Fit au triste Cyprès respirer la temiresse ;
Dans un Dédale heureux de Myrthes verdoyans,
Emprisonna les Ris sous les fleurs s'égayans ;
Et d'un Peuple de Dieux , ou palis ou sauvages,
Avec art disposez , anima ses Boccags ;
Puis ouvrant des Vallons les lo ntains gracieux,
Sçut finir ses Jardins où commencent les Cieux ,
Et presentant au loin mile oby ts à la vûë,
Prêter aux Champs étroits une immense étenduë.
De Nymphes , cependant un jeune et tendre Essein ,
Le suivoit pas à pas la Guirlande à la main ;
D'où tirant avec choix mille fleurs éclatantes ,
Flore en semoit par tout les couleurs differentes.
De Pomone au sein riche , auteint frais et fleuri,
L'autre, sçayant Eleve, et Confident chéri ,, Du
50 MERCURE DE FRANCE
Dufruit , vrai gland jadis insipide et sauvage ,
Triptoleme nouveau , bannit l'austere usage ,
Corrigea de nos Champs les Sels contagieux ,
Et versant dans la séve un Nectar précieux,
Nous rendit ces beaux fruits que, Roy de la Na ture ,
L'homme, aux Vergers d'Edem ; cueilloit d'une
main pure.
La branche obeissante et souple à ses leçons,
Prit sous ses doctes mains cent diverses façons.
Du Lierre rampant le verd mélancolique ,
Scut couvrir les débris de quelque tombe antique,,
Où ses bras tortueux , par dinquiets efforts ,
Vont jusques dans leur cendre importuner les -
Morts.
Tandis que les amours de Flore et de Pomone,
Étalant à la fois le Printemps et l'Automne ,
Le Citronier docile à notre œil enchanté
Déroboit de nos murs l'informe nudité ;
Et dans ses bras , qu'il ouvre aux traits de l'œil du monde ,
En reçoit à l'abri l'influence féconde.
Vous n'avilirez point le prix des mes accens , ·
Vous, de nos bons Ayeux les repas innocens
Herbages fortunez , que ce Mortel si sage ,
Ala Cour, chez les Rois , ramena du Village.
Mases , tel est le fruit du gout qu'on a pous vous.
Tout objet fait ses soins, il les embellit tous.
Et
AVRIL. 17322 661
Et si l'appui du Trône est le prix de vos veilles ,
Où neportez- vous pas vos sublimes merveilles !
PRIERE POUR LEROT.
20
Tels que sur le penchant d'une aimable ColineSous un Ciel favorable un Olivier planté ,
Voit d'heureux rejettons sa féconde racine ,
L'environner de tout côté.
Tel , Seigneur, chaque jour par un exemple uni
*que ,
LOUIS, se voit renaitre et combler de ses dons ;
Mais pour rendre éternels les biens que nousgoutons ,
Sous son Empire pacifique ,
Conserve , Dieu de Paix , sous ta main magnifique ,
Et la Tige et les Rejettons.
Auteurs, en écrivant , imitez la Nature:
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Résumé : POEME Sur les progrès de l'Art des Jardins. Sous LOÜIS LE GRAND.
Le texte 'POEM E' célèbre les avancées de l'art des jardins sous le règne de Louis XIV. En avril 1732, l'auteur invoque les Muses pour inspirer ses vers et aspire à égaler la grandeur de cette époque. Il souligne que l'art des jardins a atteint une perfection où la nature et l'art se sont harmonisés sous la guidance de la raison, créant des jardins d'une beauté exceptionnelle, loin des excès des jardins suspendus des époques antérieures. Le poème met en lumière deux célèbres jardiniers du règne de Louis XIV, comparés à des Vertumnes, qui ont su ordonner la nature et lui donner un aspect simple et noble. Le premier a su dompter les éléments naturels, créer des jeux d'eau et des théâtres divers, et animer les jardins avec des statues de dieux. Le second a amélioré les fruits et les plantes, rendant les vergers à la fois productifs et esthétiques. L'auteur exalte également les repas simples et innocents des ancêtres, ramenés à la cour par ce roi sage. Il conclut en priant pour que les bienfaits du règne de Louis XIV soient éternels, comparant le roi à un olivier dont les rejets prolifèrent. Le texte se termine par une exhortation aux auteurs à imiter la nature dans leurs écrits.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13
p. 2112-2117
LE PROGRÈS DE LA TRAGÉDIE, Sous le Régne de Louis le Grand. ODE.
Début :
Vois-tu, divine Melpomene, [...]
Mots clefs :
Prière, Louis le Grand, Dieu, Tragédie, Progrès, Scène, Siècle, Gloire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE PROGRÈS DE LA TRAGÉDIE, Sous le Régne de Louis le Grand. ODE.
LE PROGRE'S
DE LA TRAGEDIE,
V
Sous le Regne de Louis le Grand.
O D E.
Oiś-tu , divine Melpomene
Cette foule de Spectateurs ?
C'est toi qui venant sur la Scene
En fais autant d'admirateurs :
Pleins d'un trouble qui les enchante
Saisis d'une terreur charmante ,
Touchés de tes tristes soupirs ;
Leurs cœurs partagent tes allarmes ;
Et verser avec toi des larmes
Est le plus doux de leurs plaisirs.-
>
Rappelle ces jours pleins de gloire ,
Où le plus grand de tous nos Rois ,
Suivi par tout de la victoire
Faisoit par tout suivre ses loix ;
Où seul , de l'Europe étonnée ,
Dissipant la Ligue effrennée 2
Vaing
OCTOBRE. 1732. 211
Vainqueur de cent Peuples divers ,
LOUIS faisoit par sa prudence ,
Et les délices de la France ,
Et la terreur de l'Univers.
O qu'avant ce Régne héroïque ,
Tu brillois peu dans nos Etats ?
Envain sur la Scene Tragique ,
Eut-on cherché de vrais appas.
Quel amas de pointes frivoles !
Quel cahos de gaines paroles !
Que de sang versé quelle horreur !
Fades Sujets , Heros vulgaires ,
Sans art , sans choix , sans caractere ,
Que dis-je , souvent sans pudeur.
Mais Ciel ! est ce erreur ou miracle &
La Scene change ; ô doux momens !
Je vois à ce grossier spectacle
Succeder mille enchantemens.
Déja les passions émûës
Les sources du beau reconnuës ,
Tout frappe mes yeux éblouis.
Fuyez loin , ignorance vaine ,
Triomphez, raison souveraine ,
C'est le siécle du Grand Lo U I S.
Siécle
2114 MERCURE DE FRANCE
Siécle heureux , où les doctes Fées
Admirant ses nobles travaux ,
Dressent chaque jour des Trophées ,
Ala vertu de ce Heros.
Où sur ses Conquêtes rapides ,
Nos Sophocles nos Euripides ,
Forment leurs plus pompeux Concerts,
Plus animés dans leurs ouvrages ,
Par l'espoir d'avoir ses suffrages ,
Que par le feu du Dieu des Vers.
Oui , grand Roi , de leurs doctes veilles;
Tu fus toujours l'objet flateur ;
Les Racines et les Corneilles ,
A ta gloire doivent la leur..
Jamais leur Muse dramatique
Ne nous eut du vrai pathetique ,
Fait sentir toutes les beautés ,
Si dans leurs immortelles rimes ,
On n'eut vù tes vertus sublimes ,
Briller sous des noms empruntés,
Et toi jadis deshonorée ,
Dans plus d'un spectacle indécent ,
Goute enfin, Probité sacrée ,
Le plaisir le plus ravissant
Voi l'utile joint à l'aimable ,
Le merveilleux au vraisemblable,
Le
OCTOBRE. 1732. 2115
Le simple et le grand tour à tour
Voi même , ô merveille étonnante
Voi la sagesse triomphante ,
Eclater jusques dans l'Amour.
Louerai-je ici cette élegance
Qui brille dans l'expression è
Décrirai-je la véhemence
Qui régne dans la passion ?
Rappellerai-je ces figures >
Ces beaux traits , ces vives peintures
Qui charment si bien mes ennuis
Toujours sûr de m'y reconnoître
Peint tantôt tel que je dois être ,
Et tantôt peint tel que je suis,
[ Ah ! que dans mon ame attendrie ,
J'éprouve un doux ravissement !
Polieucte , Esther , Athalie ,
Que vous m'instruisés noblement !
Que je t'adinire vieil Horace !
Cinna , que je plains ta disgrace !
Que ta candeur me plaît , Burrhus !
Ainsi , par un sage artifice ,
Ou fut le Théatre du vice
S'ouvre l'Ecole des vertus.
2.
Poursui,
2116 MERCURE DE FRANCE
Poursui , trop aimable Déesse ,
Et pour avancer tes progrès ,
Hâte-toi de former sans cesse
Sur Louis les plus beaux Portraits.
Quel vaste champ , quelle abondance !
Un Prince , l'amour de la France ,
L'Arbitre et la gloire des Rois ,
Aussi cher par la paix qu'il donne ,
Que celui dont il tient le Trône ,
Fut redouté par ses exploits..
Quod si me lyricis , &c. Hor..
PRIERE POUR LE ROI.
SEigneur , écoutez nos prieres
Voulez-vous nous combler de vos dons les plus
beaux ?
Daignés sur ce jeune Heros ,
Verser vos faveurs les plus cheres !'
Dans des Princes digne de lui ,
Il se voit déja reproduire :
Poursuivés , ô mon Dieu ! soyez toujours
l'appui ,
Et du Monarque et de l'Empire ,
Nous ne demandons pas qu'au gré de sa va- leur ,
Un jour de ses hauts faits il remplisse le monde ;
Qu'il
OCTOBRE. 1732 2117
Qu'il vive seulement ; sa sagesse profonde
Nous répond de sa gloire et de notre bon heur.
?
Par M. l'Abbé Portes Chanoine du
Chapitre Royal de S. Louis , à la Fere.
DE LA TRAGEDIE,
V
Sous le Regne de Louis le Grand.
O D E.
Oiś-tu , divine Melpomene
Cette foule de Spectateurs ?
C'est toi qui venant sur la Scene
En fais autant d'admirateurs :
Pleins d'un trouble qui les enchante
Saisis d'une terreur charmante ,
Touchés de tes tristes soupirs ;
Leurs cœurs partagent tes allarmes ;
Et verser avec toi des larmes
Est le plus doux de leurs plaisirs.-
>
Rappelle ces jours pleins de gloire ,
Où le plus grand de tous nos Rois ,
Suivi par tout de la victoire
Faisoit par tout suivre ses loix ;
Où seul , de l'Europe étonnée ,
Dissipant la Ligue effrennée 2
Vaing
OCTOBRE. 1732. 211
Vainqueur de cent Peuples divers ,
LOUIS faisoit par sa prudence ,
Et les délices de la France ,
Et la terreur de l'Univers.
O qu'avant ce Régne héroïque ,
Tu brillois peu dans nos Etats ?
Envain sur la Scene Tragique ,
Eut-on cherché de vrais appas.
Quel amas de pointes frivoles !
Quel cahos de gaines paroles !
Que de sang versé quelle horreur !
Fades Sujets , Heros vulgaires ,
Sans art , sans choix , sans caractere ,
Que dis-je , souvent sans pudeur.
Mais Ciel ! est ce erreur ou miracle &
La Scene change ; ô doux momens !
Je vois à ce grossier spectacle
Succeder mille enchantemens.
Déja les passions émûës
Les sources du beau reconnuës ,
Tout frappe mes yeux éblouis.
Fuyez loin , ignorance vaine ,
Triomphez, raison souveraine ,
C'est le siécle du Grand Lo U I S.
Siécle
2114 MERCURE DE FRANCE
Siécle heureux , où les doctes Fées
Admirant ses nobles travaux ,
Dressent chaque jour des Trophées ,
Ala vertu de ce Heros.
Où sur ses Conquêtes rapides ,
Nos Sophocles nos Euripides ,
Forment leurs plus pompeux Concerts,
Plus animés dans leurs ouvrages ,
Par l'espoir d'avoir ses suffrages ,
Que par le feu du Dieu des Vers.
Oui , grand Roi , de leurs doctes veilles;
Tu fus toujours l'objet flateur ;
Les Racines et les Corneilles ,
A ta gloire doivent la leur..
Jamais leur Muse dramatique
Ne nous eut du vrai pathetique ,
Fait sentir toutes les beautés ,
Si dans leurs immortelles rimes ,
On n'eut vù tes vertus sublimes ,
Briller sous des noms empruntés,
Et toi jadis deshonorée ,
Dans plus d'un spectacle indécent ,
Goute enfin, Probité sacrée ,
Le plaisir le plus ravissant
Voi l'utile joint à l'aimable ,
Le merveilleux au vraisemblable,
Le
OCTOBRE. 1732. 2115
Le simple et le grand tour à tour
Voi même , ô merveille étonnante
Voi la sagesse triomphante ,
Eclater jusques dans l'Amour.
Louerai-je ici cette élegance
Qui brille dans l'expression è
Décrirai-je la véhemence
Qui régne dans la passion ?
Rappellerai-je ces figures >
Ces beaux traits , ces vives peintures
Qui charment si bien mes ennuis
Toujours sûr de m'y reconnoître
Peint tantôt tel que je dois être ,
Et tantôt peint tel que je suis,
[ Ah ! que dans mon ame attendrie ,
J'éprouve un doux ravissement !
Polieucte , Esther , Athalie ,
Que vous m'instruisés noblement !
Que je t'adinire vieil Horace !
Cinna , que je plains ta disgrace !
Que ta candeur me plaît , Burrhus !
Ainsi , par un sage artifice ,
Ou fut le Théatre du vice
S'ouvre l'Ecole des vertus.
2.
Poursui,
2116 MERCURE DE FRANCE
Poursui , trop aimable Déesse ,
Et pour avancer tes progrès ,
Hâte-toi de former sans cesse
Sur Louis les plus beaux Portraits.
Quel vaste champ , quelle abondance !
Un Prince , l'amour de la France ,
L'Arbitre et la gloire des Rois ,
Aussi cher par la paix qu'il donne ,
Que celui dont il tient le Trône ,
Fut redouté par ses exploits..
Quod si me lyricis , &c. Hor..
PRIERE POUR LE ROI.
SEigneur , écoutez nos prieres
Voulez-vous nous combler de vos dons les plus
beaux ?
Daignés sur ce jeune Heros ,
Verser vos faveurs les plus cheres !'
Dans des Princes digne de lui ,
Il se voit déja reproduire :
Poursuivés , ô mon Dieu ! soyez toujours
l'appui ,
Et du Monarque et de l'Empire ,
Nous ne demandons pas qu'au gré de sa va- leur ,
Un jour de ses hauts faits il remplisse le monde ;
Qu'il
OCTOBRE. 1732 2117
Qu'il vive seulement ; sa sagesse profonde
Nous répond de sa gloire et de notre bon heur.
?
Par M. l'Abbé Portes Chanoine du
Chapitre Royal de S. Louis , à la Fere.
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Résumé : LE PROGRÈS DE LA TRAGÉDIE, Sous le Régne de Louis le Grand. ODE.
Le poème célèbre le règne de Louis XIV et son influence sur le théâtre tragique. Il commence par une invocation à Melpomène, la muse de la tragédie, qui enchante et émeut les spectateurs. Le texte évoque ensuite les jours glorieux du règne de Louis XIV, où le roi, victorieux et sage, imposait ses lois et inspirait la terreur et l'admiration en Europe. Avant son règne, le théâtre français était marqué par des sujets frivoles, des personnages vulgaires et un manque d'art. Sous Louis XIV, le théâtre connaît une transformation profonde, devenant un reflet des passions humaines et des vertus héroïques. Les dramaturges comme Racine et Corneille trouvent leur inspiration dans les vertus du roi, qui brillent à travers leurs œuvres. Le théâtre devient alors une école de vertus, où des pièces comme 'Polyeucte', 'Esther', 'Athalie', 'Cinna' et 'Horace' instruisent et émouviennent les spectateurs. Le poème se conclut par une prière pour le roi, souhaitant sa longévité et sa sagesse pour le bien de la France et de l'empire.
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