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1
p. 84-86
Devise sur le mesme Sujet. [titre d'après la table]
Début :
J'adjoûte à ces Vers une Devise qui a esté [...]
Mots clefs :
Devise, Latin, Vers
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texteReconnaissance textuelle : Devise sur le mesme Sujet. [titre d'après la table]
J'ajoûte à ces Vers une De- vi'equia eſté faite pourMon- fieur,&que beaucoup de Gés d'eſprit ont eftimée. Elle a pour corps une Lune qui entre dans les Signes du Soleil , &voicy lesParoles qui luy ferventd'a- me. Sequitur veftigia Fratris.
Pardonnez -moy ces trois mots LatinsMadame. Quand ils ſe
GALANT. 63 roient d'une Langue entiere+
ment inconnue pour yous ,
vous n'auriez beſoin pour les entendre , que du dernier de ces fixVers qui font audeffous de laDeviſe.
Tant de Monstres divers ne
Sçauroient arreſter
Ce bel Aftre dans ſa carriere :
Maisplein deforce &de lumiere,
Nous voyons quefims s'écarter,
Dés qu'il paroiſt ſfur IHemif- phere ,
Il ſuit fidellement les traces de SonFrere.Je croy qu'il feroit difficile de donner à Monfieur une plus forte loüange. En effet,
ſuivre les traces du Grand
Loürs , c'eſt aller plus loin que
F 2
64 LE MERCVRE
les plus fameux Conquerans n'ont jamais efté. Nosbeaux Eſprits s'exercent encor tous lesjours fur une ſi vaſte matiere. Je ne vous envoye point ce qu
Pardonnez -moy ces trois mots LatinsMadame. Quand ils ſe
GALANT. 63 roient d'une Langue entiere+
ment inconnue pour yous ,
vous n'auriez beſoin pour les entendre , que du dernier de ces fixVers qui font audeffous de laDeviſe.
Tant de Monstres divers ne
Sçauroient arreſter
Ce bel Aftre dans ſa carriere :
Maisplein deforce &de lumiere,
Nous voyons quefims s'écarter,
Dés qu'il paroiſt ſfur IHemif- phere ,
Il ſuit fidellement les traces de SonFrere.Je croy qu'il feroit difficile de donner à Monfieur une plus forte loüange. En effet,
ſuivre les traces du Grand
Loürs , c'eſt aller plus loin que
F 2
64 LE MERCVRE
les plus fameux Conquerans n'ont jamais efté. Nosbeaux Eſprits s'exercent encor tous lesjours fur une ſi vaſte matiere. Je ne vous envoye point ce qu
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Résumé : Devise sur le mesme Sujet. [titre d'après la table]
Le texte présente une devise composée pour un individu de haut rang, appréciée par plusieurs esprits éclairés. Cette devise est illustrée par des vers et une explication. Elle décrit une Lune suivant les traces du Soleil, symbolisant la fidélité et la loyauté. Les vers soulignent que divers obstacles ne peuvent arrêter cette fidélité, et que la lumière et la force permettent à la Lune de suivre le Soleil. L'auteur considère que suivre les traces du Grand Louis (Louis XIV) est une louange suprême, dépassant les plus grands conquérants. Il mentionne également que des esprits brillants continuent de s'exercer sur ce sujet vaste et important. Le texte se termine par une phrase inachevée indiquant que l'auteur ne transmet pas certaines informations.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 274-276
Rondeau sur la Devise que le Prince Charles fit mettre sur ses Guidons en approchant de Mets. [titre d'après la table]
Début :
En arrivant, pour commencer leur Campagne, le Prince Charles avoit / Nunc aut nunquam est la Devise [...]
Mots clefs :
Nunc aut nunquam, Devise, Prince Charles
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texteReconnaissance textuelle : Rondeau sur la Devise que le Prince Charles fit mettre sur ses Guidons en approchant de Mets. [titre d'après la table]
En arrivant , pour commencer leur Campagne , le Prince Charles avoit mis ſur ſes Guidons , Nunc ant nunquam. Vous fçavez , Madame , où vousle
GALANT. 183 devez ſçavoir pour l'apprendre àvos Amies , que ces trois mots Latins fignifient , Maintenant ,
ou Iamais. Voicy une façon de Rondeau qu'un Homme d'auffi bonne humeur que ſpirituel , a
faitlà-deffus..
N
Unc aut nunquam eft la Devise
Quenos Ennemis avoientpriſe,
Croyat tout rangerſous leurs Loix Et cependant depuisfixmois Ils n'ontfait aucune entreprise.
Pourjustifier
Ilfaudroit
un
quefur
LYON
telchoix,
lesFrancois
Quelque Place eust esté conquiſe,
Nunc..
泰
Apres que leplus granddesRois
Enplein Hyveren apris trois,
Malgré la gelée&la biſe,
184 LE MERCVRE
L'Allemand&le Hollandois
Doivent rougirdeleursExploits,
Aut nunquam.
GALANT. 183 devez ſçavoir pour l'apprendre àvos Amies , que ces trois mots Latins fignifient , Maintenant ,
ou Iamais. Voicy une façon de Rondeau qu'un Homme d'auffi bonne humeur que ſpirituel , a
faitlà-deffus..
N
Unc aut nunquam eft la Devise
Quenos Ennemis avoientpriſe,
Croyat tout rangerſous leurs Loix Et cependant depuisfixmois Ils n'ontfait aucune entreprise.
Pourjustifier
Ilfaudroit
un
quefur
LYON
telchoix,
lesFrancois
Quelque Place eust esté conquiſe,
Nunc..
泰
Apres que leplus granddesRois
Enplein Hyveren apris trois,
Malgré la gelée&la biſe,
184 LE MERCVRE
L'Allemand&le Hollandois
Doivent rougirdeleursExploits,
Aut nunquam.
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Résumé : Rondeau sur la Devise que le Prince Charles fit mettre sur ses Guidons en approchant de Mets. [titre d'après la table]
Le Prince Charles adopte la devise 'Nunc aut nunquam' pour sa campagne. Un rondeau critique les ennemis, qui n'ont pas agi malgré cette devise. Le roi français a conquis trois places en hiver, humiliant les Allemands et les Hollandais, renforçant ainsi 'Aut nunquam'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 22-48
LETTRE.
Début :
Un Particulier ayant fait divers Ouvrages sur les dernieres Actions / Je me souviens, Monsieur, que vous avez voulu me persuader [...]
Mots clefs :
Approbation, Louis, Univers, Sentiments, Roi, Combats, Grandeur, Lois, Héros, Fortune, Monarque, Sage, Ennemis, Ambassadeur, Mérite, Guerre, Éloge, Honneur, Campagne militaire, Espagne, Vainqueur, Prudence, Courage, États, Audace, Sentiments, Conquérant, Trêve, Souverain, Armes, Peuple, Bonheur, Devise, Éclat
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE.
Un Particulier ayant fait
divers Ouvrages ſur les dernieres
Actions de cet auguſte
Monarque , les a ramaffez
comme en un Recueil dans
cetteLettre qu'il m'aadreſſée.
5555 5552 55255522
LETTRE.
TE me souviens , Monfieur.
que vous avez voulu me perfuader
que j'avois merité quel
GALANT. 23
que approbation des bons Connoiffeurs
, lors que je dis ily a
quelques années.
On faitmal ce qu'on fait , onne
fait qu'une affaire,
Mais LOUIS partagé dans cent
emplois divers,
ةو
Sedonnant tout à tout , fait voir
al'Univers,
Et qu'il fait ce qu'il faut, &qu'il
ſçait bien le faire.
Vous avez mesme prétendu
que j'avois expliqué les fentimens
de tout ce qu'il y a d'hon .
nestesGens au monde en difant,
Que tous les noms des Grands
cedent au nom duRoy,
24 MERCURE
Les Cefars, les Cyrus, les Hectors,
les Achilles,
Ont eu moins de merite &donné
moins d'effroy,
Par cent Combats rendus, par
cent priſes de Villes .
Je vous ferois bien obligé , fi
vous vouliezfairesçavoir aupublic,
que je défie toute la Terrede
me difputer la verité de ceque je
vais dire.
SONNET
SVR LA GRANDEVR DV ROY.
L
OUIS eſt grand en tout ; il
regle les Finances,
Ilreforme les Loix, il fait fleurir
esArts , :
Mille
GALANT. 25
Mille Vaiſſeaux flottans,mille orguilleux
Rampars
Partagent tous les jours ſes ſoins,
& les dépenſes ;
Dans le particulier,dans les réjoüifſſances
Il eſt autant Heros , que dans le
champ deMars,
Findans leGabinet , ferme dans
leshazars,
Il fait plier ſous ſoy les plushautes
Puiſſances;
S2
Sa fortune répond par tout à
ſa valeur,
Par tout ſes grands exploits répondent
à fon coeur,
Ainſi que l'ont fait voir cent conqueſtes
de marque ;
Mars1685. C
1
26 MERCURE
52
Enfinnos Ennemis connoiffent
commemoy,
Que ſi tout 1 Univers ne vouloit
qu'unMonarque
Tout l'Univers devroit n'avoir
que luy pour Roy.
:
Je ſens bien que ce que je dis
là n'est rien de bon , mais il me
ſemble que c'est l'explication fincere
des pensées , qui doivent venir
naturellement à tous les Sages
qui ſont ſans paffion , & qui ont
du bon goust.
Ne croyez donc pas , Monſieur
, que ce soit une pure conje-
Eture ouseulement un effet de l'at(
GALANT: 27
tache desſentimens que j'ay pour
jeRoy qui m'afait dire :
Enfin nos Ennemis connoiffent
al commemoys, &c.
Vous en jugerez par une pefire
avanture que je vais vous
racontertelle qu'elle m'est arrivée
Je me rrauvay fur la route de
M'Ambassadeur d'Espagne
lors qu'ilse retiroit de France à
-pas comptez tant il marquoit
d'envie de n'en point fortir. Férois
chez une Perſonne de qualité
de merite , àl'heure qu'il luy
envoyaun de ses Gentilshommes
poursçavoir si elle se trouveroit
Cij
28 MERCURE
enétat de recevoirfa viſite. Com
me je vis par laréponse, queM
'Ambassadeur alloit venir , je
voulus luy faire place , mais la
Perſonne chez qui j'estois me
déclara , qu'elle vouloit abfo
lument que j'eusse part à cette
conversation , qui dura bien prés
de quatre heures. Vousne pouvezpas
douter, Monfieur, qu'on
neparlastd'Affaires d'Etat avec
un Ambassadeur,&que fa retraite
, & laGuerre qui nous menaçoitalors,
nefourniffent à l'en
tretien. Il nous dit cent chofes,qui
nous firent affezcomprendre qu'il
asust pas en de peine d'avoüer
1
GALANT. 29
nettement que le Roy estoit le plus
grand & le plus puiſſant Prince
du monde,s'il eustpu oublier qu'il
avoit un Maistre , &fe défaire
des préjugez Espagnols.
On doit neanmoins cette juſtice
à M l'Ambassadeur , que
fonbon sens &sa raiſon ne furentpoint
obscurcis par ces enteſtemens,
qui ſontſi ordinaires à ceux
deſa Nation. Il fu l'Eloge de la
France,des François, du Roy,
d'un air fort élevé, &qui marquoit
beaucoup de fincerité dans
ce qu'il diſoir ; mais dans les
loüanges qu'il donna àsa Ma
jesté , iln'oublia ny ce qu'il estoit
C iij
30 MERCURE
ny ce qu'il devoit à fon Prince.
Pretendant faire une galanterie
aux Dames , il dit qu'il vouloit
leur faire voir quelque chose de
fort beau.Il tira enfuite une riche
qui renfermoit Boëte, , diſoit-il,
lePortraitddee fa A
Ja MMaaiîttrreeffffee,qu'il
emporioit de France , & c'estoit
celuy du Roy , dont ſa Majesté
l'avoit honoré, & dont ilsefaifoit
en effet ungrandbonneur. La
Perſonne chez qui nous estions,
qui est fortfpirituelle,luy dit qu'il
devoit bien conferver ce gage,
qu'il fe feroit bien- toft en luy
une metamorphose furprenante,
parce qu'il estoit à croire que le
GALANT. 31
Portrait deSa Majesté ſe changeroit
en celuy de fon Maistre.
Aces paroles Ml'Ambassadeur
parut Espagnol , comme ſon devoir
l'y obligeoit. L'entretien
roula enfuite fur différentes matieres,
&fut longue & curieufe.
Je vous avovë , Monfieur,
que pendant tous les évenemens
de la derniere Campagne ,je me
ſuis toûjours ſouvenu des entretiens
de cét Ambaſſadeur. Ilnous
dit pofuivement qu'il y auroitdu
fang répandu; qu'il feroit difficile
d'arreſter les deſſeins du Roys
que ſes Ennemis ne pouvoient
C iiij
32 MERCURE
rien efperer que de l'inconstance
de la fortune ; & que l'Empire
&l'Espagne ne cherchoient qu'à
mettre leur bonneur à couvert,
en ne cedant pas sans avoir combattu.
Voila la Prophétie accomplie,&
nous en voyans la
té dans la diſpoſition des chofes
qui ſeſont paſſées la derniere année.
SONNET
Sur l'état des Affaires aprés la derniere
Campagne de France.
A
Lger encor fumat des Foudres
de la Guerre,
Vient ſe jetter aux pieds de fon
noble Vainqueur;
GALANT. 33
Et Gennes la ſuperbe eſt tremblante
de peur
Sous les éclats vengeurs de fon
bruyant tonnerre :
52
Luxembourg voit tomber ſes
hauts Ramparts par terre ,
Capd- e-Quiers attaqué ſe trouve
ſans vigueur;
La Hollande en Partis ralentit
fon ardeur
N'ayant pû ſoûlever les Peuples
d'Angleterre;
Se
Le Danemark amyreçoit nos
Etendars,
L'Empire ſe ménage & craint
tous les hazars,
L'Eſpagne plaint fes Forts qu'on
pille ou qu'on enleve;
34 MERCURE
52
Liége & Tréves foûmis ſçavent
faire leur Cour,
L'Europe attend la Paix en rece
vant laTréve,
Tout cedeau Grand LOUIS par
force ou par amour.
Je vois dans cette peinture tour
ce que l'Ambassadeur d'Espagne
craignoit , & tout ce que sa politique
luy faisoit prévoiravecchagrin.
Avoüez aprés cela , Monſieur,
que lafortune de LOUIS
le Grand doit eſtre bien conſtante
pour faire avec tant de bonheur
des choses fi admirables , puis que
tant de Heros , & tant de ſages
Monarques n'ont pu s'empescher
GALANT. 35
d'en eſtre abandonnez. Mais
avoüez aussi à mesme temps que
La prudence of le courage du Roy
font extraordinaires , puis qu'il
ſemble avoir réduit la Fortune
ſous les règles ,&s'estrefait une
methode de réüfſſiren tout.
Nepeut- on pas compter entre
fes bonnes fortunes la fecondité
de la Maiſon Royale ? Ce Fils
unique que le Ciel luy avoit laif-
Sé comme son premier don , plus
Il est grand , plus il nous faifoit
craindre. Vous voulûtes bien,
Monfieur, que mes pensées fufſent
celles de tous les honneſtes
Gensà la naiſſance de Monfei36
MERCURE
gneur le Duc de Bourgongne. Fo
voudrois à cette heure que vous
les engageaffiez à dire fur ta
naiſſance de Monseigneur leDuc
d'Anjou.
;
R
AURΟΥ.
SONNET.
Ecevez un Héros qui naiſt
de voſtre Race,
Grand LOUIS, deſormais le Ciel
veut tous les ans
Enrichir vos Etats de ſemblables
Préfens ,
Qui pourront mériter de remplir
voſtre place.
Se
Nous verrons de nos jours l'Allemagne
& la Thrace
GALANT 37
Ployer ſous les efforts du Pere&
des Enfans
Par tout dignes de Vous , & par
tour triomphans,
Detous nos Ennemis ils dompte.
-ront l'audace.
Se
t
Formez-les ſeulement dans l'Art
qui fait les Roys ,
Ils en apprendront plus par vos
nares Exploits, 29)
Qu'en lifant ce qu'ont fait lesFameux
de l'Histoire ;
22
'Et comme ils vous verront toujours
au- deffus d'eux ,
Chacun d'eux tâchera d'ateindre
àvoſtre gloire;
Mais nul n'y parviendra parmy
tous vos Neveux.
38 MERCURE
Ces ſentimens quifurentconceus
dans la joye qu'avoit toute
la France en celte rencontre
د. Se
produisent fort tard , mais ils ſeront
toûjours deſaiſon , ſi vous
voulez que ce foient des marques
éternelles de mon respect envers ce
Prince. Fay auſſi laissé paſſer le
temps où ces Bouts rimez estoient
àla mode. Cependant ce qu'ils
m'ont fait dire ne vieillira jamais
dans la memoire des Hommes,
puis que LOUIS le Grand aura
toûjours des admirateurs , qui
tomberont d'accord avecmoy de la
verité de mespensées.
GALANT. 39
CI
1.71.
I jamais Conquérant marcha
droit à la Glovre,
Sijamais Souverain mérita d'être
Roy,
- Si jamais Politique aux autres fit
la loy,
Sur tous les Concurrens LOUIS
ala victoire.
Se
Ses Faits feront paſſer pour Fable
fon Histoire, at
Apeine croira- t- on qu'ils foient
dignes defoy;
Les Siècles àvenir en ferontdans
L'effrey, pens
Et tout retentira du bruit de ſa
Mémoire,
52
رد
Lorsqu'on voudra former unHé.
ros achevé,
1
40 MERCURE
On en prendra les traits ſur ſon air
élevé,
Sur ſes Combats divers , ſur ſon
coeur intrépide.
Autrefois on l'eût mis au rang des
Immortels;
Et comme ſes hauts Faits effacent
ceux d'Alcide,
Alcideà fon Vainqueur euſt cedé
ſes Autels.
Vous trouverezpeut-estre quel
que conformité entre ce Sonnet,
un autre que vous avez publié.
Elle auroit efté plus grande
fi je ne l'avoisjamais veu. Je ne
fçay si l'autre a esté fait plûtoft
que le mien , mais je fuisſeur
3
GALANT. 41
que le mien n'a point esté fait fur
celuy-là. Ces Bouts rimeznauront
pas perdu tout- à-fait lagrace
de la nouveauté. Vous avez
dit il n'y a pas long-temps , qu'ils
estoient àla mode ,&lesujet n'en
est pas trop vieux.
SUR LA TREVE
que le Roy a faite.
Ο
N diſoit autrefois, Non licet
omnibus,
J'ofe le dire encore, & qui voudra
nolis'enfaches an và 120. "
LOUIS, de qui l'eſprit travaille
fans relâche,
Vient de faire luy feul quodnon
licet tribus .
Avril 1685, D
42 MERCURE
52
Nul d'entr'eux ne sçauroit parer
aux coups qu'il lache,
Parmy les Souverains il paroiſt un
Phoebus;
Il commande la Tréve , & vous
ſçavez quibus;
Tout ce qu'elle a de durpar avace
illeur mache.
Ils l'avalent enfin avec tous ſes
Item
Dans un profondreſpect ils chantent
Tuautem ,
Ravis de prévenir les effets de ſon
ire.
S&
Sidans le temps préſent ilsn'ont
pû dire amo,.
D
GALANT. 43
Peut- eftre qu'au futur ils auront
peine à lire
Ce qu'il leur fit figner currente
calamo.
Il n'y a point de Rimes ſi bi--
zarres &fi Burlesques, quon-nc
puiſſe remplir de quelque chose de
grandſur leſujet du Roy. Ilme:
femble donc qu'on pourroit bien
donner à celles- là encore un autre
tour presque fur la mesme ma
tiere..
SVR L'ENREGISTREMENT,,
&la Publication de la Tréve.
L
OUIS. le Conquérant fair
ſçavoir omnibus,
4
Qu'il annonce une Tréve, & qui
plaiſt,& qui fache;
C
Dij
44 MERCURE
Jamais de fes deſſeins en rien il ne
relâche,
Le coup qui le deſarme a fait la
loytribus.
52
Que s'il fuit les Combats , il ne
fuit point en Lache,
Dans le Meſtier de Mars il n'eſt
point E- Phoebus;
Ila du coeur,desGens,desArmes,
du quibus,
Et quand il faut donner, point la
Cire il ne mache.
52
Cependant il s'arreſte , il ſe modére,
item,
Sçachant bien comme il faut venir
au Tu autem,
Pour le bonheur public il com
mande àfon ire,
GALANT. 45
Se
Conjuguons- luy par coeur dans
tous les temps amo;
Et nos Neveux diront , lifant ce
qu'on va lire,
Que ce qu'il fit du Fer, il l'a fait
calamo.
Enfin , Monsieur, ily a treslong-
tempsquej'ayfait uneDevi
fepour le Roy ,furun deffein qui
aesté ſuſpendu. Si elle avoir esté
publiée dés ce temps-là, elle pourroit
paſſer à preſentpour une efpece
de Prophetie. Cesera pour
le moins une expreſſion allegorique
de ce que nous voyons. Le
corps de la Deviſe , c'eſtun Soleil
46 MERCURE
dansſon Zodiaque;l' Ame, cefont
ces paroles , Curro , fed tacito
motu. Si je ne craignois de choquer
les Maistres de l'Art, j'a
joûterois des Aſtronomes de toutes
lesNations , qui obferventle Søleil
avectoutes les fortes d'Inſtru--
mens dont on uſe pourcela. Ils ne
répondroient pas malà l'applica
tion que tous les Politiques de la
Terre donnent à penétrer la conduite
du Roy. Voicy l'explication :
de ma Deviſe.
'Univers attentif regarde ma
carriere,
Les eſprits appliquez à mefurer
moncours ,
! GALANT. 47
Obſervent avec ſoin mes tours&
mes détours :
Mais nul oeil ne peut voir ma rou.
te toute entiere ;.
८८
Mon éclat plus aux fiers fait
baiffer la paupiere ;
Mes differens afpects font les
nuits & les jour,
Tout languiroit fans moy , tour
attend mon fecours,
t
Etje porte par tout mes biens&
ma lumiere.
SS
Mille divers emplois partagent
mes momens,
Je ſuis toûjours reglé dans tous
mes mouvemens ,
On connoiſt mon pouvoir fur la
Terre & fur l'Onde.aranov
48 MERCURE
1
Jeme haſte; je cours; rien n'arreſtemes
pas,
J'acheveray bien-toſt le tour en
tier du Monde,
Ma démarche eſt cachée & l'on
ſçait où je vas .
Ilya affezlong-temps, Monfieur
, que je vous entretiens pour
me haſter de vous dire que je suis
vostre tres ,&c.
F. F. D. C. R. G.
divers Ouvrages ſur les dernieres
Actions de cet auguſte
Monarque , les a ramaffez
comme en un Recueil dans
cetteLettre qu'il m'aadreſſée.
5555 5552 55255522
LETTRE.
TE me souviens , Monfieur.
que vous avez voulu me perfuader
que j'avois merité quel
GALANT. 23
que approbation des bons Connoiffeurs
, lors que je dis ily a
quelques années.
On faitmal ce qu'on fait , onne
fait qu'une affaire,
Mais LOUIS partagé dans cent
emplois divers,
ةو
Sedonnant tout à tout , fait voir
al'Univers,
Et qu'il fait ce qu'il faut, &qu'il
ſçait bien le faire.
Vous avez mesme prétendu
que j'avois expliqué les fentimens
de tout ce qu'il y a d'hon .
nestesGens au monde en difant,
Que tous les noms des Grands
cedent au nom duRoy,
24 MERCURE
Les Cefars, les Cyrus, les Hectors,
les Achilles,
Ont eu moins de merite &donné
moins d'effroy,
Par cent Combats rendus, par
cent priſes de Villes .
Je vous ferois bien obligé , fi
vous vouliezfairesçavoir aupublic,
que je défie toute la Terrede
me difputer la verité de ceque je
vais dire.
SONNET
SVR LA GRANDEVR DV ROY.
L
OUIS eſt grand en tout ; il
regle les Finances,
Ilreforme les Loix, il fait fleurir
esArts , :
Mille
GALANT. 25
Mille Vaiſſeaux flottans,mille orguilleux
Rampars
Partagent tous les jours ſes ſoins,
& les dépenſes ;
Dans le particulier,dans les réjoüifſſances
Il eſt autant Heros , que dans le
champ deMars,
Findans leGabinet , ferme dans
leshazars,
Il fait plier ſous ſoy les plushautes
Puiſſances;
S2
Sa fortune répond par tout à
ſa valeur,
Par tout ſes grands exploits répondent
à fon coeur,
Ainſi que l'ont fait voir cent conqueſtes
de marque ;
Mars1685. C
1
26 MERCURE
52
Enfinnos Ennemis connoiffent
commemoy,
Que ſi tout 1 Univers ne vouloit
qu'unMonarque
Tout l'Univers devroit n'avoir
que luy pour Roy.
:
Je ſens bien que ce que je dis
là n'est rien de bon , mais il me
ſemble que c'est l'explication fincere
des pensées , qui doivent venir
naturellement à tous les Sages
qui ſont ſans paffion , & qui ont
du bon goust.
Ne croyez donc pas , Monſieur
, que ce soit une pure conje-
Eture ouseulement un effet de l'at(
GALANT: 27
tache desſentimens que j'ay pour
jeRoy qui m'afait dire :
Enfin nos Ennemis connoiffent
al commemoys, &c.
Vous en jugerez par une pefire
avanture que je vais vous
racontertelle qu'elle m'est arrivée
Je me rrauvay fur la route de
M'Ambassadeur d'Espagne
lors qu'ilse retiroit de France à
-pas comptez tant il marquoit
d'envie de n'en point fortir. Férois
chez une Perſonne de qualité
de merite , àl'heure qu'il luy
envoyaun de ses Gentilshommes
poursçavoir si elle se trouveroit
Cij
28 MERCURE
enétat de recevoirfa viſite. Com
me je vis par laréponse, queM
'Ambassadeur alloit venir , je
voulus luy faire place , mais la
Perſonne chez qui j'estois me
déclara , qu'elle vouloit abfo
lument que j'eusse part à cette
conversation , qui dura bien prés
de quatre heures. Vousne pouvezpas
douter, Monfieur, qu'on
neparlastd'Affaires d'Etat avec
un Ambassadeur,&que fa retraite
, & laGuerre qui nous menaçoitalors,
nefourniffent à l'en
tretien. Il nous dit cent chofes,qui
nous firent affezcomprendre qu'il
asust pas en de peine d'avoüer
1
GALANT. 29
nettement que le Roy estoit le plus
grand & le plus puiſſant Prince
du monde,s'il eustpu oublier qu'il
avoit un Maistre , &fe défaire
des préjugez Espagnols.
On doit neanmoins cette juſtice
à M l'Ambassadeur , que
fonbon sens &sa raiſon ne furentpoint
obscurcis par ces enteſtemens,
qui ſontſi ordinaires à ceux
deſa Nation. Il fu l'Eloge de la
France,des François, du Roy,
d'un air fort élevé, &qui marquoit
beaucoup de fincerité dans
ce qu'il diſoir ; mais dans les
loüanges qu'il donna àsa Ma
jesté , iln'oublia ny ce qu'il estoit
C iij
30 MERCURE
ny ce qu'il devoit à fon Prince.
Pretendant faire une galanterie
aux Dames , il dit qu'il vouloit
leur faire voir quelque chose de
fort beau.Il tira enfuite une riche
qui renfermoit Boëte, , diſoit-il,
lePortraitddee fa A
Ja MMaaiîttrreeffffee,qu'il
emporioit de France , & c'estoit
celuy du Roy , dont ſa Majesté
l'avoit honoré, & dont ilsefaifoit
en effet ungrandbonneur. La
Perſonne chez qui nous estions,
qui est fortfpirituelle,luy dit qu'il
devoit bien conferver ce gage,
qu'il fe feroit bien- toft en luy
une metamorphose furprenante,
parce qu'il estoit à croire que le
GALANT. 31
Portrait deSa Majesté ſe changeroit
en celuy de fon Maistre.
Aces paroles Ml'Ambassadeur
parut Espagnol , comme ſon devoir
l'y obligeoit. L'entretien
roula enfuite fur différentes matieres,
&fut longue & curieufe.
Je vous avovë , Monfieur,
que pendant tous les évenemens
de la derniere Campagne ,je me
ſuis toûjours ſouvenu des entretiens
de cét Ambaſſadeur. Ilnous
dit pofuivement qu'il y auroitdu
fang répandu; qu'il feroit difficile
d'arreſter les deſſeins du Roys
que ſes Ennemis ne pouvoient
C iiij
32 MERCURE
rien efperer que de l'inconstance
de la fortune ; & que l'Empire
&l'Espagne ne cherchoient qu'à
mettre leur bonneur à couvert,
en ne cedant pas sans avoir combattu.
Voila la Prophétie accomplie,&
nous en voyans la
té dans la diſpoſition des chofes
qui ſeſont paſſées la derniere année.
SONNET
Sur l'état des Affaires aprés la derniere
Campagne de France.
A
Lger encor fumat des Foudres
de la Guerre,
Vient ſe jetter aux pieds de fon
noble Vainqueur;
GALANT. 33
Et Gennes la ſuperbe eſt tremblante
de peur
Sous les éclats vengeurs de fon
bruyant tonnerre :
52
Luxembourg voit tomber ſes
hauts Ramparts par terre ,
Capd- e-Quiers attaqué ſe trouve
ſans vigueur;
La Hollande en Partis ralentit
fon ardeur
N'ayant pû ſoûlever les Peuples
d'Angleterre;
Se
Le Danemark amyreçoit nos
Etendars,
L'Empire ſe ménage & craint
tous les hazars,
L'Eſpagne plaint fes Forts qu'on
pille ou qu'on enleve;
34 MERCURE
52
Liége & Tréves foûmis ſçavent
faire leur Cour,
L'Europe attend la Paix en rece
vant laTréve,
Tout cedeau Grand LOUIS par
force ou par amour.
Je vois dans cette peinture tour
ce que l'Ambassadeur d'Espagne
craignoit , & tout ce que sa politique
luy faisoit prévoiravecchagrin.
Avoüez aprés cela , Monſieur,
que lafortune de LOUIS
le Grand doit eſtre bien conſtante
pour faire avec tant de bonheur
des choses fi admirables , puis que
tant de Heros , & tant de ſages
Monarques n'ont pu s'empescher
GALANT. 35
d'en eſtre abandonnez. Mais
avoüez aussi à mesme temps que
La prudence of le courage du Roy
font extraordinaires , puis qu'il
ſemble avoir réduit la Fortune
ſous les règles ,&s'estrefait une
methode de réüfſſiren tout.
Nepeut- on pas compter entre
fes bonnes fortunes la fecondité
de la Maiſon Royale ? Ce Fils
unique que le Ciel luy avoit laif-
Sé comme son premier don , plus
Il est grand , plus il nous faifoit
craindre. Vous voulûtes bien,
Monfieur, que mes pensées fufſent
celles de tous les honneſtes
Gensà la naiſſance de Monfei36
MERCURE
gneur le Duc de Bourgongne. Fo
voudrois à cette heure que vous
les engageaffiez à dire fur ta
naiſſance de Monseigneur leDuc
d'Anjou.
;
R
AURΟΥ.
SONNET.
Ecevez un Héros qui naiſt
de voſtre Race,
Grand LOUIS, deſormais le Ciel
veut tous les ans
Enrichir vos Etats de ſemblables
Préfens ,
Qui pourront mériter de remplir
voſtre place.
Se
Nous verrons de nos jours l'Allemagne
& la Thrace
GALANT 37
Ployer ſous les efforts du Pere&
des Enfans
Par tout dignes de Vous , & par
tour triomphans,
Detous nos Ennemis ils dompte.
-ront l'audace.
Se
t
Formez-les ſeulement dans l'Art
qui fait les Roys ,
Ils en apprendront plus par vos
nares Exploits, 29)
Qu'en lifant ce qu'ont fait lesFameux
de l'Histoire ;
22
'Et comme ils vous verront toujours
au- deffus d'eux ,
Chacun d'eux tâchera d'ateindre
àvoſtre gloire;
Mais nul n'y parviendra parmy
tous vos Neveux.
38 MERCURE
Ces ſentimens quifurentconceus
dans la joye qu'avoit toute
la France en celte rencontre
د. Se
produisent fort tard , mais ils ſeront
toûjours deſaiſon , ſi vous
voulez que ce foient des marques
éternelles de mon respect envers ce
Prince. Fay auſſi laissé paſſer le
temps où ces Bouts rimez estoient
àla mode. Cependant ce qu'ils
m'ont fait dire ne vieillira jamais
dans la memoire des Hommes,
puis que LOUIS le Grand aura
toûjours des admirateurs , qui
tomberont d'accord avecmoy de la
verité de mespensées.
GALANT. 39
CI
1.71.
I jamais Conquérant marcha
droit à la Glovre,
Sijamais Souverain mérita d'être
Roy,
- Si jamais Politique aux autres fit
la loy,
Sur tous les Concurrens LOUIS
ala victoire.
Se
Ses Faits feront paſſer pour Fable
fon Histoire, at
Apeine croira- t- on qu'ils foient
dignes defoy;
Les Siècles àvenir en ferontdans
L'effrey, pens
Et tout retentira du bruit de ſa
Mémoire,
52
رد
Lorsqu'on voudra former unHé.
ros achevé,
1
40 MERCURE
On en prendra les traits ſur ſon air
élevé,
Sur ſes Combats divers , ſur ſon
coeur intrépide.
Autrefois on l'eût mis au rang des
Immortels;
Et comme ſes hauts Faits effacent
ceux d'Alcide,
Alcideà fon Vainqueur euſt cedé
ſes Autels.
Vous trouverezpeut-estre quel
que conformité entre ce Sonnet,
un autre que vous avez publié.
Elle auroit efté plus grande
fi je ne l'avoisjamais veu. Je ne
fçay si l'autre a esté fait plûtoft
que le mien , mais je fuisſeur
3
GALANT. 41
que le mien n'a point esté fait fur
celuy-là. Ces Bouts rimeznauront
pas perdu tout- à-fait lagrace
de la nouveauté. Vous avez
dit il n'y a pas long-temps , qu'ils
estoient àla mode ,&lesujet n'en
est pas trop vieux.
SUR LA TREVE
que le Roy a faite.
Ο
N diſoit autrefois, Non licet
omnibus,
J'ofe le dire encore, & qui voudra
nolis'enfaches an và 120. "
LOUIS, de qui l'eſprit travaille
fans relâche,
Vient de faire luy feul quodnon
licet tribus .
Avril 1685, D
42 MERCURE
52
Nul d'entr'eux ne sçauroit parer
aux coups qu'il lache,
Parmy les Souverains il paroiſt un
Phoebus;
Il commande la Tréve , & vous
ſçavez quibus;
Tout ce qu'elle a de durpar avace
illeur mache.
Ils l'avalent enfin avec tous ſes
Item
Dans un profondreſpect ils chantent
Tuautem ,
Ravis de prévenir les effets de ſon
ire.
S&
Sidans le temps préſent ilsn'ont
pû dire amo,.
D
GALANT. 43
Peut- eftre qu'au futur ils auront
peine à lire
Ce qu'il leur fit figner currente
calamo.
Il n'y a point de Rimes ſi bi--
zarres &fi Burlesques, quon-nc
puiſſe remplir de quelque chose de
grandſur leſujet du Roy. Ilme:
femble donc qu'on pourroit bien
donner à celles- là encore un autre
tour presque fur la mesme ma
tiere..
SVR L'ENREGISTREMENT,,
&la Publication de la Tréve.
L
OUIS. le Conquérant fair
ſçavoir omnibus,
4
Qu'il annonce une Tréve, & qui
plaiſt,& qui fache;
C
Dij
44 MERCURE
Jamais de fes deſſeins en rien il ne
relâche,
Le coup qui le deſarme a fait la
loytribus.
52
Que s'il fuit les Combats , il ne
fuit point en Lache,
Dans le Meſtier de Mars il n'eſt
point E- Phoebus;
Ila du coeur,desGens,desArmes,
du quibus,
Et quand il faut donner, point la
Cire il ne mache.
52
Cependant il s'arreſte , il ſe modére,
item,
Sçachant bien comme il faut venir
au Tu autem,
Pour le bonheur public il com
mande àfon ire,
GALANT. 45
Se
Conjuguons- luy par coeur dans
tous les temps amo;
Et nos Neveux diront , lifant ce
qu'on va lire,
Que ce qu'il fit du Fer, il l'a fait
calamo.
Enfin , Monsieur, ily a treslong-
tempsquej'ayfait uneDevi
fepour le Roy ,furun deffein qui
aesté ſuſpendu. Si elle avoir esté
publiée dés ce temps-là, elle pourroit
paſſer à preſentpour une efpece
de Prophetie. Cesera pour
le moins une expreſſion allegorique
de ce que nous voyons. Le
corps de la Deviſe , c'eſtun Soleil
46 MERCURE
dansſon Zodiaque;l' Ame, cefont
ces paroles , Curro , fed tacito
motu. Si je ne craignois de choquer
les Maistres de l'Art, j'a
joûterois des Aſtronomes de toutes
lesNations , qui obferventle Søleil
avectoutes les fortes d'Inſtru--
mens dont on uſe pourcela. Ils ne
répondroient pas malà l'applica
tion que tous les Politiques de la
Terre donnent à penétrer la conduite
du Roy. Voicy l'explication :
de ma Deviſe.
'Univers attentif regarde ma
carriere,
Les eſprits appliquez à mefurer
moncours ,
! GALANT. 47
Obſervent avec ſoin mes tours&
mes détours :
Mais nul oeil ne peut voir ma rou.
te toute entiere ;.
८८
Mon éclat plus aux fiers fait
baiffer la paupiere ;
Mes differens afpects font les
nuits & les jour,
Tout languiroit fans moy , tour
attend mon fecours,
t
Etje porte par tout mes biens&
ma lumiere.
SS
Mille divers emplois partagent
mes momens,
Je ſuis toûjours reglé dans tous
mes mouvemens ,
On connoiſt mon pouvoir fur la
Terre & fur l'Onde.aranov
48 MERCURE
1
Jeme haſte; je cours; rien n'arreſtemes
pas,
J'acheveray bien-toſt le tour en
tier du Monde,
Ma démarche eſt cachée & l'on
ſçait où je vas .
Ilya affezlong-temps, Monfieur
, que je vous entretiens pour
me haſter de vous dire que je suis
vostre tres ,&c.
F. F. D. C. R. G.
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Résumé : LETTRE.
Une lettre décrit les actions récentes du roi Louis XIV, mettant en avant ses mérites dans la gestion des finances, la réforme des lois et le soutien aux arts. Le roi est présenté comme un héros tant dans les affaires publiques que privées, capable de soumettre les plus grandes puissances. L'ambassadeur d'Espagne, lors de son départ de France, a reconnu la grandeur du roi tout en restant loyal à son propre maître. La lettre souligne les succès militaires français, avec la soumission de villes et territoires, confirmant la prophétie de l'ambassadeur sur la difficulté des ennemis à résister au roi. Le texte célèbre les exploits et la sagesse de Louis XIV, surnommé 'Louis le Grand', en évoquant ses succès militaires et diplomatiques, notamment la soumission de Liège et Trèves. La naissance du duc d'Anjou est perçue comme un signe de futurs héros. La trêve récemment conclue par Louis XIV démontre sa maîtrise et son contrôle. Le roi est comparé à un conquérant sans égal, dont les faits seront légendaires. La devise allégorique du texte compare le roi au Soleil, avec les paroles 'Curro, fed tacito motu'. Le Soleil, symbole de la conduite du roi, est observé par des astronomes de diverses nations. La devise se développe autour de l'idée que le Soleil, régulier et puissant, distribue ses bienfaits et sa lumière partout. Le texte se conclut par une comparaison avec Mercure et une déclaration d'attachement à une personne désignée par 'vostre tres,&c. F. F. D. C. R. G.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 69-71
Devises pour le Roy. [titre d'après la table]
Début :
Il est difficile de s'employer pour la gloire de ce Prince [...]
Mots clefs :
Gloire, Prince, Soleil, Devise, Astre, Balance, Univers, Saison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Devises pour le Roy. [titre d'après la table]
Il eft difficile de s'employer
pour la gloire de ce
Prince d'une maniere plus in-
I génieufe & plus nouvelle que
M' Magnin. Comme le Soleil
eft fa Devife , tout ce qui
70 MERCURE
eſt attribué à cét Aftre luy
peut convenir , & c'eft fur ce
qui regarde le Soleil , & quia
rapport au Roy , que M' Magnin
a déja fait un grand
nombre de Devifes. Celle
qui fuit vous fera connoiftre
qu'il eft inépuisable fur cette
matiere . Elle a pour Corps le
Soleil au Signe de la Balance,
& pour ame ces paroles. Orbem
inde gubernat. Vous en
trouverez l'explication dans
ce Madrigal.
S
A Courfe eft noble & regaliere,
Et quoy que tout change icybas ,
Ce grand Aftre ne change pas,
1
GALANT. 71
Un mouvement égal mefure fa carriere.
Ilfaitpar des afpects divers,
Et les Eftez & les Hyvers ,
Il commande aux Saifons , il regle les
années,
Enfinfeulde tout l'Univers ,
Ilbalance les deftinées .
pour la gloire de ce
Prince d'une maniere plus in-
I génieufe & plus nouvelle que
M' Magnin. Comme le Soleil
eft fa Devife , tout ce qui
70 MERCURE
eſt attribué à cét Aftre luy
peut convenir , & c'eft fur ce
qui regarde le Soleil , & quia
rapport au Roy , que M' Magnin
a déja fait un grand
nombre de Devifes. Celle
qui fuit vous fera connoiftre
qu'il eft inépuisable fur cette
matiere . Elle a pour Corps le
Soleil au Signe de la Balance,
& pour ame ces paroles. Orbem
inde gubernat. Vous en
trouverez l'explication dans
ce Madrigal.
S
A Courfe eft noble & regaliere,
Et quoy que tout change icybas ,
Ce grand Aftre ne change pas,
1
GALANT. 71
Un mouvement égal mefure fa carriere.
Ilfaitpar des afpects divers,
Et les Eftez & les Hyvers ,
Il commande aux Saifons , il regle les
années,
Enfinfeulde tout l'Univers ,
Ilbalance les deftinées .
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Résumé : Devises pour le Roy. [titre d'après la table]
Le texte compare le roi au Soleil à travers les œuvres de Monsieur Magnin. Une devise montre le Soleil dans le signe de la Balance avec la phrase 'Orbem inde gubernat'. Le Soleil, malgré les changements terrestres, reste constant, régule les saisons et commande l'univers, équilibrant ainsi les destinées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 89-98
Ceremonies magnifiques faites dans la Ville de Luxembourg. [titre d'après la table]
Début :
Ce qui s'est fait le 20 du dernier mois à Luxembourg [...]
Mots clefs :
Luxembourg, Siège, Guerre, Monarque, Procession, Chapelle, Christianisme, Rois de France, Devise, Victoire, Vertus, Nymphes, Protection, Villes, Ordre religieux , Statue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ceremonies magnifiques faites dans la Ville de Luxembourg. [titre d'après la table]
Ce qui s'eft fait le zo. du
Juin 1685.
H
90 MERCURE
dernier mois à Luxembourg
vous furprendra d'autant plus,
qu'il vous paroiftra que cette
Ville quoy qu'elle ait efté
foudroyée dans le dernier
Siege qu'elle a fouffert , eſt
en auffi bon état & auffi
tranquille & floriffante que ſi
ellen'avoit point eu de Guerre
depuis un Siecle. Mais quels
defordres ne reparent pas
de temps les liberali-
>
en
peu
tez de noftre
augufte
Monarque
? Il s'agiffoit
d'une
folemnelle
Proceffion
, dans
laquelle
l'Image
miraculeufe
de Noftre
- Dame
de ConfoGALANT.
91
lation , Patronne du Duché.
de Luxembourg & Comté de
Chiny , devoit eftre reportée
de la Capitale de la Province:
en fa Chapelle. Vous n'au
rez pas de peine à eftre perfuadée
du bon ordre ou cette :
Chapelle eft prefentement,
Ipuis que le Roy , toûjours .
plein de zele pour les chofes
Saintes,a donné un fond pourla
reparer. La Proceffion étant
réfolue , & les Jefuites qui
avoient difpofé leurs Ecoliers .
ày paroiftre avec tout l'éclat
poffible , ayant choifi pour la
faire le jour que je viens de
Hijs
92 MERCURE
vous marquer. Elle commença
à fortir de leur Eglife
fur les deux heures aprés
midy. L'ouverture s'en fit
par les Genies de l'Eglife , de
la France , & du Luxembourg,
accompagnez de celuy du
Chriftianifme , chacun avec
fon infcription. Il y eut une
marche des Roys de France
les plus affectionnez à la Vierge
, tels que Clovis , Dagobert
, Charlemagne , Robert,
Philippe Augufte , S. Loüis ,
Thilippe de Valois , Charle V.
Louis XI. François I. Charles
IX . Henry III. Cette marche
GALANT. 93
fue fuivie de deux magnifi
quesChars ,l'un deLouis XIII .
offrant fa Perfonne & fon
Royaume à la Vierge , & l'au
tre de Louis le Grand con
firmant ce mefme hommage .
Sur le haut de chaque Char
qui eftoit conduit par un Genie
, on voyoit une Devife
marquant le zele & la pieté
de ces deux Princes . La
Renommée tenoit fa place
dans cette folemnité. Elle
eftoit accompagnée de la
Religion , de la Verité, & de
la Gloire . La Victoire & les
Vertus chargées de Palmes,
94 MERCURE
& couronnées de Lauriers,
y repreſentoient en plufieurs
Tableaux divers avantages
qu'à tiré l'Eglife des grandes.
actions de Sa Majefté. La
Joye , la Force , l'Abondance
, & la Santé , qui font des
biens qu'obtiennent ordinai-
·rement ceux qui honorent
la Vierge , marchoient à la
tefte des Villes du Luxembourg
, pour
que ces agréables Nymphes
leur avoient perfuadé de reclamer
fa protection . Ces
Villes eftoient
Thionville,
faire connoiftre
!
1
GALANT. 95
Arlon .
Baftoigne.
Chiny.
Diekirch .
Epternach.
Hofalife .
Marville.
Neurbourg.
La Roche .
Vianden .
Montmedy.
M Marche .
- Bitbourg.
Damvillers .
Durbuit.
Greveren- Macheren.
Ivois.
96 MERCURE
Neufchafteau .
Remich.
Saint Vitt.
Virton.
La Province de Luxem
bourg fuivoit fur fon Char, qui
eftoit conduit par deux Genies
. Elle montroit d'un côté
la Paix , l'Abondance & les
beaux Arts , & de l'autre Mars
& Bellone dans les Chaînes.
La Congregation des jeunes
Hommes , & celle des Bourgeois
mariez , chacune fous
fon Etendard , & les Corps
des Métiers marchoient immediatement
aprés ce troifiéme
GÁLANT. 97
fiéme Char. On vit enfuite
les Ordres Religieux & le
Clergé , au milieu duquel les
Jéfuites portoient la Statuë de
1 Noftre- Dame de Confolation.
Ils eftoient fuivis des
Magiftrars , & de Meffieurs
du Confeil du Roy. M le
Marquis de Lambert Gouverneur
de la Place , ayant
avec luy les principaux Officiers
, accompagna la Proceffion.
Elle rencontra pendant
fa marche divers Theatres
.dreffez dans la Ville . De
pieux Spectacles l'arrefterent
chacun. 0 On fit voir fur le
Juin 1685 .
I
98 MERCURE
premier avec quel zele le Roy
avoit donné ordre que l'on
reparaft la Chapelle de Nôtre-
Dame de Confolation . Le
fecond Theatre fit paroiftre
Mars commandant à fes
Guerriers, & à Vulcain, Bronte
, Sterope , Pyracmon , &
autres , de prendre garde de
ne plus faire d'infulte à cette
Chapelle , & fur le troifiéme
Cerés , Flore , Pomone , les
Naïades , & autres Nimphes,
fe réjouirent du retour de
Noftre Dame de Confolation
à la Campagne
.
Juin 1685.
H
90 MERCURE
dernier mois à Luxembourg
vous furprendra d'autant plus,
qu'il vous paroiftra que cette
Ville quoy qu'elle ait efté
foudroyée dans le dernier
Siege qu'elle a fouffert , eſt
en auffi bon état & auffi
tranquille & floriffante que ſi
ellen'avoit point eu de Guerre
depuis un Siecle. Mais quels
defordres ne reparent pas
de temps les liberali-
>
en
peu
tez de noftre
augufte
Monarque
? Il s'agiffoit
d'une
folemnelle
Proceffion
, dans
laquelle
l'Image
miraculeufe
de Noftre
- Dame
de ConfoGALANT.
91
lation , Patronne du Duché.
de Luxembourg & Comté de
Chiny , devoit eftre reportée
de la Capitale de la Province:
en fa Chapelle. Vous n'au
rez pas de peine à eftre perfuadée
du bon ordre ou cette :
Chapelle eft prefentement,
Ipuis que le Roy , toûjours .
plein de zele pour les chofes
Saintes,a donné un fond pourla
reparer. La Proceffion étant
réfolue , & les Jefuites qui
avoient difpofé leurs Ecoliers .
ày paroiftre avec tout l'éclat
poffible , ayant choifi pour la
faire le jour que je viens de
Hijs
92 MERCURE
vous marquer. Elle commença
à fortir de leur Eglife
fur les deux heures aprés
midy. L'ouverture s'en fit
par les Genies de l'Eglife , de
la France , & du Luxembourg,
accompagnez de celuy du
Chriftianifme , chacun avec
fon infcription. Il y eut une
marche des Roys de France
les plus affectionnez à la Vierge
, tels que Clovis , Dagobert
, Charlemagne , Robert,
Philippe Augufte , S. Loüis ,
Thilippe de Valois , Charle V.
Louis XI. François I. Charles
IX . Henry III. Cette marche
GALANT. 93
fue fuivie de deux magnifi
quesChars ,l'un deLouis XIII .
offrant fa Perfonne & fon
Royaume à la Vierge , & l'au
tre de Louis le Grand con
firmant ce mefme hommage .
Sur le haut de chaque Char
qui eftoit conduit par un Genie
, on voyoit une Devife
marquant le zele & la pieté
de ces deux Princes . La
Renommée tenoit fa place
dans cette folemnité. Elle
eftoit accompagnée de la
Religion , de la Verité, & de
la Gloire . La Victoire & les
Vertus chargées de Palmes,
94 MERCURE
& couronnées de Lauriers,
y repreſentoient en plufieurs
Tableaux divers avantages
qu'à tiré l'Eglife des grandes.
actions de Sa Majefté. La
Joye , la Force , l'Abondance
, & la Santé , qui font des
biens qu'obtiennent ordinai-
·rement ceux qui honorent
la Vierge , marchoient à la
tefte des Villes du Luxembourg
, pour
que ces agréables Nymphes
leur avoient perfuadé de reclamer
fa protection . Ces
Villes eftoient
Thionville,
faire connoiftre
!
1
GALANT. 95
Arlon .
Baftoigne.
Chiny.
Diekirch .
Epternach.
Hofalife .
Marville.
Neurbourg.
La Roche .
Vianden .
Montmedy.
M Marche .
- Bitbourg.
Damvillers .
Durbuit.
Greveren- Macheren.
Ivois.
96 MERCURE
Neufchafteau .
Remich.
Saint Vitt.
Virton.
La Province de Luxem
bourg fuivoit fur fon Char, qui
eftoit conduit par deux Genies
. Elle montroit d'un côté
la Paix , l'Abondance & les
beaux Arts , & de l'autre Mars
& Bellone dans les Chaînes.
La Congregation des jeunes
Hommes , & celle des Bourgeois
mariez , chacune fous
fon Etendard , & les Corps
des Métiers marchoient immediatement
aprés ce troifiéme
GÁLANT. 97
fiéme Char. On vit enfuite
les Ordres Religieux & le
Clergé , au milieu duquel les
Jéfuites portoient la Statuë de
1 Noftre- Dame de Confolation.
Ils eftoient fuivis des
Magiftrars , & de Meffieurs
du Confeil du Roy. M le
Marquis de Lambert Gouverneur
de la Place , ayant
avec luy les principaux Officiers
, accompagna la Proceffion.
Elle rencontra pendant
fa marche divers Theatres
.dreffez dans la Ville . De
pieux Spectacles l'arrefterent
chacun. 0 On fit voir fur le
Juin 1685 .
I
98 MERCURE
premier avec quel zele le Roy
avoit donné ordre que l'on
reparaft la Chapelle de Nôtre-
Dame de Confolation . Le
fecond Theatre fit paroiftre
Mars commandant à fes
Guerriers, & à Vulcain, Bronte
, Sterope , Pyracmon , &
autres , de prendre garde de
ne plus faire d'infulte à cette
Chapelle , & fur le troifiéme
Cerés , Flore , Pomone , les
Naïades , & autres Nimphes,
fe réjouirent du retour de
Noftre Dame de Confolation
à la Campagne
.
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Résumé : Ceremonies magnifiques faites dans la Ville de Luxembourg. [titre d'après la table]
Le 20 juin 1685, une procession solennelle a eu lieu à Luxembourg malgré les destructions causées par le dernier siège. La ville apparaissait prospère et paisible grâce aux bienfaits du monarque. Cette procession célébrait le retour de l'image miraculeuse de Notre-Dame de Consolation, patronne du Duché de Luxembourg et du Comté de Chiny, vers sa chapelle, récemment réparée grâce au financement du roi. Organisée par les Jésuites, la procession a débuté à deux heures de l'après-midi et comprenait diverses représentations symboliques. Elle a commencé avec les génies de l'Église, de la France et du Luxembourg, accompagnés du génie du Christianisme. Une marche des rois de France dévots à la Vierge a suivi, incluant des figures telles que Clovis, Charlemagne et Louis XIV. Deux chars magnifiques représentaient Louis XIII et Louis XIV offrant leurs personnes et royaumes à la Vierge. La Renommée, accompagnée de la Religion, de la Vérité, de la Gloire, ainsi que la Victoire et les Vertus, ont été mises en scène. Les villes du Luxembourg, comme Thionville, Arlon et Vianden, ont participé en réclamant la protection de la Vierge. La procession a également inclus des ordres religieux, le clergé, les magistrats et les officiers, sous la direction du Marquis de Lambert, gouverneur de la place. Divers théâtres et spectacles pieux ont marqué la procession, illustrant le zèle royal pour la réparation de la chapelle et la protection divine contre les attaques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 43-44
Zèle de la Ville de Peronne pour le Roy. [titre d'après la table]
Début :
Il ne faut pas s'étonner si le Roy travaillant de tant de manieres [...]
Mots clefs :
Roi, Gloire, Sujets, Statues, Royaume, Ouvrages, Zèle, Échevins, Fidélité, Devise
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texteReconnaissance textuelle : Zèle de la Ville de Peronne pour le Roy. [titre d'après la table]
Il ne faut pas s'étonner fi
le Roy travaillant de tant de
manieres differentes pour la
gloire de la France , & pour
le repos de fes Sujets , ils travaillent
avec empreſſement
à luy élever des Statues dans
plufieursVilles duRoyaume..
Celle de Peronne confide
rant la longueur du temps
qu'il faut pour faire faire de
fi grands Ouvrages avec:
toute la perfection qui leur
eft deuë , a cherché d'abord
à fatisfaire fon zele ; & ent
attendant qu'elle fe voye en
eftat d'imiter les Villes qui
Dij
44 MERCURE
lé
auront cet avantage , elle a
voulu avoir dans fon Hoftel
de Ville un des plus beaux
Portraits qui fe puft faire de
Sa Majefté. C'eſt à
quoy
Mayeur & les Echevins ont
fait travailler avec fuccés,
La fidelité de cette Ville é
gale l'affection qu'elle a toujours
marquée pour fon Souverain.
On fçait qu'elle n'a
jamais efté prife, quoy qu'elle
ait efté autrefois vigoureuſement
attaquée , & qu'-
elle a pour deviſe , Vrbs nefcia
vinci.
le Roy travaillant de tant de
manieres differentes pour la
gloire de la France , & pour
le repos de fes Sujets , ils travaillent
avec empreſſement
à luy élever des Statues dans
plufieursVilles duRoyaume..
Celle de Peronne confide
rant la longueur du temps
qu'il faut pour faire faire de
fi grands Ouvrages avec:
toute la perfection qui leur
eft deuë , a cherché d'abord
à fatisfaire fon zele ; & ent
attendant qu'elle fe voye en
eftat d'imiter les Villes qui
Dij
44 MERCURE
lé
auront cet avantage , elle a
voulu avoir dans fon Hoftel
de Ville un des plus beaux
Portraits qui fe puft faire de
Sa Majefté. C'eſt à
quoy
Mayeur & les Echevins ont
fait travailler avec fuccés,
La fidelité de cette Ville é
gale l'affection qu'elle a toujours
marquée pour fon Souverain.
On fçait qu'elle n'a
jamais efté prife, quoy qu'elle
ait efté autrefois vigoureuſement
attaquée , & qu'-
elle a pour deviſe , Vrbs nefcia
vinci.
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Résumé : Zèle de la Ville de Peronne pour le Roy. [titre d'après la table]
Le roi œuvre pour la gloire de la France et le bien-être de ses sujets, suscitant des hommages comme des statues. Péronne, en attente d'une statue royale, place un portrait du roi dans son hôtel de ville. Cette action, dirigée par le maire et les échevins, montre la loyauté de la ville. Péronne est célèbre pour n'avoir jamais été conquise et porte la devise 'Urbs invicta vincit'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 198-201
I.
Début :
Je vous envoye quelques Explications de la Fable / De ces Astres si grands qui brillent dans les Cieux, [...]
Mots clefs :
Soleil, Devise, Soleil, Roi, Doge, Guerriers, Victoire, Vainqueur, Arrogance
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texteReconnaissance textuelle : I.
Je veut envoye quelques Explications
de la Fable Enigmatique,
employée dans le Mercure du mois de
Juillet. I. DE ces Ajlres sigrands qui brillent
dans les deuxx
Le Soleilfesait voir le plusgrand a nos
yeux.
uiinft LE GRANB Loiiis surla Terre &
sur l'Onde,
Efl sur les plus grands Rois, le plus
grand Roy du monde.
Ce Roy pour sa Devise a choisi le Soleil
Aussi comme cet Astre on le voit sans Ptfreil,
Tout brille dans son Regne avec magnifiunce,
Toutfait voirfit Bonté, toutfait voirfA
Puissance ; 0 Qt/il ait lefoudre enmain,quilpanche
a la douceur,
Gene ne peut assez admirersa Grandeur,
Quand au pié de ses murs ce Monarque
l'étonne,
Elle admire l'éclat qui par tout l'environne
; El le Doge fournis,ensecret 1ft contraint
D'adorer ce grand Roy qHil redoute d?
qu'il craint.
Trem(tz.. Gene, & craignez. d'iriter'
sa vangeance,
Connoissant sa valeur, mtnagez. fil clemence
; Et puisque sa bonté vous a donné III
Paix,
Voussortez. du péril,mats ny rentrez. ja*
mais.
En vain vous attendiez lefecoursde J'Er
pagne,
De Vos égaremens trop fidetle compagne.
Qui pourroitrefifier an plus grand des
GuerrierV
Laviiloire par tout le charge de laurhrsi
yoflre Etoile pour vota efl d'unméchant
présage,
Songez-y
, que cela serve a vous rendre
fllge,
* Ercraignez, defrcerun Vtinqueurirrité,
Pour la premierefols à manquer de bonté.
Ne vous yifez, point, le Chefde la Co/tr
fainte
Ne voudra plus entendre une fccondt
plainte.
Tourlors abandonnée au pouvoirdu YAin..
queurJ
Vontfcntirez. lepoids desa juste rigueur,
Indigne dureposoù vousmetfaclemence,
Vohs perirez.. sùperbe,avecvoflre arro-
1
gance.
DE LA TRONCHE, de Roüen.
de la Fable Enigmatique,
employée dans le Mercure du mois de
Juillet. I. DE ces Ajlres sigrands qui brillent
dans les deuxx
Le Soleilfesait voir le plusgrand a nos
yeux.
uiinft LE GRANB Loiiis surla Terre &
sur l'Onde,
Efl sur les plus grands Rois, le plus
grand Roy du monde.
Ce Roy pour sa Devise a choisi le Soleil
Aussi comme cet Astre on le voit sans Ptfreil,
Tout brille dans son Regne avec magnifiunce,
Toutfait voirfit Bonté, toutfait voirfA
Puissance ; 0 Qt/il ait lefoudre enmain,quilpanche
a la douceur,
Gene ne peut assez admirersa Grandeur,
Quand au pié de ses murs ce Monarque
l'étonne,
Elle admire l'éclat qui par tout l'environne
; El le Doge fournis,ensecret 1ft contraint
D'adorer ce grand Roy qHil redoute d?
qu'il craint.
Trem(tz.. Gene, & craignez. d'iriter'
sa vangeance,
Connoissant sa valeur, mtnagez. fil clemence
; Et puisque sa bonté vous a donné III
Paix,
Voussortez. du péril,mats ny rentrez. ja*
mais.
En vain vous attendiez lefecoursde J'Er
pagne,
De Vos égaremens trop fidetle compagne.
Qui pourroitrefifier an plus grand des
GuerrierV
Laviiloire par tout le charge de laurhrsi
yoflre Etoile pour vota efl d'unméchant
présage,
Songez-y
, que cela serve a vous rendre
fllge,
* Ercraignez, defrcerun Vtinqueurirrité,
Pour la premierefols à manquer de bonté.
Ne vous yifez, point, le Chefde la Co/tr
fainte
Ne voudra plus entendre une fccondt
plainte.
Tourlors abandonnée au pouvoirdu YAin..
queurJ
Vontfcntirez. lepoids desa juste rigueur,
Indigne dureposoù vousmetfaclemence,
Vohs perirez.. sùperbe,avecvoflre arro-
1
gance.
DE LA TRONCHE, de Roüen.
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Résumé : I.
Le texte explique une fable énigmatique publiée dans le Mercure de juillet, comparant le roi Louis XIV au Soleil, symbole de sa grandeur et de sa puissance. Le roi adopte le Soleil comme devise pour représenter sa magnificence, sa bonté et sa puissance. Le texte met en garde contre l'irritation du roi, recommandant de reconnaître et de respecter sa valeur et sa clémence. Il souligne la paix instaurée par le roi et avertit contre toute tentative de retour aux conflits. La fable mentionne l'Espagne comme une alliée fidèle mais égarée et prévient contre l'arrogance et l'oubli de la bonté royale. Elle conclut en avertissant que toute nouvelle plainte sera sévèrement punie et que l'arrogance et la méchanceté seront châtiées. L'auteur de cette explication est identifié comme 'DE LA TRONCHE, de Rouen'.
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8
p. 196-224
Discours prononcé à la loüange du Roy sur la destruction de l'Heresie, par le Pere Quartier Jesuite, avec la description du lieu où ce Discours a esté prononcé, [titre d'après la table]
Début :
Le 17 du mois passé le Pere Quartier, l'un des Professeurs de la [...]
Mots clefs :
Professeur, Louis le Grand, Hérésie, Éloquence, Piété, Succès, Orateur, Religion, Henry IV, Louis XIII, Rébellion, Latin, Inscription, Devise, Tapisserie, Décors, Temples, Erreurs, Calvin, Bonté
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texteReconnaissance textuelle : Discours prononcé à la loüange du Roy sur la destruction de l'Heresie, par le Pere Quartier Jesuite, avec la description du lieu où ce Discours a esté prononcé, [titre d'après la table]
Le 17. du raoispaslele Pere
Quarta er,lW'dcs Professeurs. ;
de. la Rhétorique att toWege
de Louis le Grand r pro
nonça une Harangue Latine
a l'honneur, du Roy fur la.
destructionde i'Hcrefie,dans
•;Ja^^elîe\í|ít voira^çautanc
deiiusteíseque cfclòqucncc.
.que la Pieté avoit este le seul
motif qui avoir ínípiní aï»
Roy le dcíïèin d'une fi glo
rieuse entreprise , que la &-
geûe luy avoir fourny les
moyens de 1 executer t&qùe
le bonheur en avoir rendu le
succès tel qu'on eust pû le
GALANT. 157
soufra ittcc; f*4r le Cardinal!
Ranuzzi avec pfusieurs Pre
lats & un grand nombre de
personnesd'un rang distingué
y aísista, & fat complimente
par des En.fans de la, premiere
Gualité.Tout îc monde sortit
fort satisfait de l'Orateur , &
particulierement de ce qu'il
loua ceCardinal d'une manie
re qui répondit parfaitement
à Tidée que toute la France a.
conçue de son merite. Le Heu
où' se prononça la Harangue
estoit orné de quantité d'inscriptions&
de devises qu r: ren>
fërmoiént tous les' moyens.
.198 MERCURE
dont Ici Roy s'est servy poar
détruire i'Heresie en France.
Un > Are. dé « triomphe d'un
OrdreTofcan estoit à l'entrée.
. La Religion tenant dans sa
main droite un Calice fur le
quel eítoit une Hostie lumi
neuse % & ayant le saintEfprit
'au defïùs de sa Teste , y *pa~
roiísoit dans l'endroit le plus
releve' , fupi uri Char tiré par
^deux Chevaux blancs. On
i vóyoït le Roy sûr un Piédestal
à costé d'elle , avec un Scep
tre à la main , pour faire voir
que ía justice & l'authòrité.de
{es Edits font les feules Ar
tnes dont il s'est fervy pour
detruire l'Heresie qu'on avoit
representée à ses pieds fous la
figure d'une Hidre.Les Bustes
deHenry IV. & deLouis XIII,
qui ont commencé íi heu
reusement à affoibrir l'Here-
&e dans le Royaume , estoir
auprés de la Figure du Roy.
Geiuy deHenry IV, estoit à
la droite fur un Fronton com
posé avec çe mot ,Jdehella'víti
écrit dans la Frise au deflòus
de çe Fronton. On sçait que
ce Prince .affoiblit extreme*
ment le party des Heretiques
en leur ostant leur plus fer-
R iiij
2ôo MERCURE
me s ppuy, lors qu'il renonça?
publiquement aux erreurs
dans lesquelles il avoit veicft
ju sqúfâlorS , Ce qû i en£&gfc*
les Princes de son Sangàem*
braiser comme luy la Relr*
gion Ca t ho! ique.Cette actiotk
estbit represeitf ee dans x*ti
Bas.réîter? e% forme d'ovaifcy
qu on voyoir daés Páfótei
devèk (ks.Golonnes avec cett*
BusteWíioôis X in . placé> sor
un semblable Fronton au d e£
fòus duquel on îisok ce moi
dans h éèiíe Jpvmttti fàísoic
face de l'autre collé au Buste
GALANT 2ot
de Henry IV. Ces autres
Wprs, Kup£ÏÏa expugnata, marquoient
dans le bas Relief
entre, les Colomnes ,que la.
prise de la Rochelle avoit
reprimé la rebellion des Hex
retiques ^ qui s'estoient reti
rez d'ans cette place avec
f&£çes leW j&FÇQ$. ¥a tGarj,
touche ^l^;<$V9Ìt placé
dans le Fronton de la porte,
represcntoit la démolît ion du
Temple de Charenton avec
ces mots. EdiSfam Nawetmjè
abrogAtum^ & cet aurre j&iqr
j>lus bas JE^i«^/>>jipouif faine
2oî MERCURE
ment éteint , THeresie , en
caíîant l'Edit de Nantes, 2c
en faisant détruire ceTemple.
Tout l'appareil jde la Salle
destinee à 1 a ceremonie,estoit
disposé par raportau deíîèin
de laHaranguequ'on y devoit
prononcer. Cette inscription
generale qu'on' Ji soi* <& bord
dans une Frise qui regnoit au
tour de la Salle, . t.' : . mr. •>
u ilfcVDOVIGO : MAGNQ.. j
AUCTA RELIGIONÇ.. ú
DEFENS A , RESTITVTA,
1 .AMPLI FIC A TA.
faisoit connoistre que cet
appareil estoit consacré à la
Gloire de Louis le Grand,
GALANT. 20?
pour avoir' soutenu les droirs
de l'ancienne Religion ,retably
son culte dans tous les en
droits du Royaume où l'Heresie
l'avoit aboly, étendu
íes bornes non feulement
dans la France , mais encore
dans les Pais écrangers. Sous
Un riche Dais estoic le Por
trait du Roy , soutenu d'un
costé parla'Pieté, de l'autre
par la Sagesse , tandis'que la
Felicite' Fe couronnoit , ce
qui faisoit voir que la Pieté
a inspiré à ce grand Monar
que le dessein d'exterminer
l'Heresie , que la Sagesse luy
2o4 MERCURE
en a foUrny les moyens , St
qie la Felicité a couronne
cette glorieuse entreprise.
C'est ce qu exprimoit cetee
inscription.
. EXTINXIT,
INSPIRANTE PIETATE,
PROMOVENTE SAP1ENT1A,
ÎELICITATE CORONANTE.
. A l'autre bout de la Salle,
& vis à vis du Portrait du
Roy , on voyois la Religion
dans une attitude qui fatsoit
. connoistre íà tranquillité.Elte
avait les yeux arrestez {ìir ce
Monarque , comme pour le
remercier du repos qu'elle
lu.y dpit, ce qu'elle exprimoit
GALANT. 20s
,j>ar deux Devises. Le Corps
de lune estbk une hautò
Montagne jíéWkfrée prefqu*
•de tous codiez par les rayons
du Soleit foret^'^s^ap^roehe'
Ixalíénnes pou^ àjiié, Vìusìtu
Roy est de verni grand par&fr
Vertus & paries Conqueste*,
pltìs il a trafvaiMà ètcínorcr lá
Religion. Une Vigne deve*
ifcrë pl«s feelle j& plus éten
due paf 4 appuy ou cite re^
eoit d'un grand arbre , faifoit
le Corps de l'autre I^evh'ey
zo6 MERCURE
&ees motsluy servoicnt d'a-
VdCyAmpJificat^fulàt, tutatur&
ornat , ce qui Faisoit voir, que
íì la Religion s'est étendue si
loin au dedans & au dehors
du Royaume , elle en est re
devable à la Pieté du Roy.
... La Galerie qui regne íùr
les trois faces de la Salle , étoit
tendue d'une Tapiíïèrie
eje verdure íùr laquelle on
aVoit disposé dix Inscriptions
qui expliquoient les moyens
dont le Roy s'est servy pour >
détruire l'Heresie en France.
La premiere Inscription marquoit
que le Roy ayant osté
GALANT. 207
aux Heretiques les Charges
qu'ils possedoient dans l'Epée
& dans la Robe , & les ayant
éloignez du Commerce ôc
des Ecoles, avoit rendu l'Hc
resie auíïì méprisable qu'elle
l'estoit lors qu'elle avoit
commencé à fe répandre. En,
voicy les cermes.
' ' , QJJ O D :
EJECTAM AULA , FORO , CASTRIS4 ,
COMMERCIO , SCHOLIS,,
H'^RESIM
AD NATALES TENEBRAS,
jVC P R I M A M IGNOBILITATJEM:
a.x ,.;iPAMNAV I.TV»; : ,
Cette Inscription estoic ex*
pliquee par deux Devises,
çour le sauver plus aifëment
da naufrage. On y liíbic ces
'paroles Q foret jatfum x èduh
?:.ìi ì íi.to s.» 3
Ogel^ucs Arbres j 49ns pîi
a coupé toutes les branches
à i& reserve de celles qui font
À la cime, faiíbient le Corps
^ia' .íecaa^è Deviíe Ivok
ces paroles, t/íC^/b affurgant*
.Afrique v$rs le ÇùlUsfuijfeat.
ver».
GAL&Ws,
Ea seconde Inícnptionexw
pîique'e. par deux'. Devises,
comme toutes les autres
estoit conceuë en ces termes.
EX C 15 1 S^TQTA GALLIAI
F AN ÍS IMPIIS MI LLE ,
EK.ECT.IS S A CR IS' j£DIBUSS
SE X A G I NT A>
HvERESEOS FUNDAMENTAv
CONVULSIT,
HELIGIONIS DÏTIONEM
. ; AMPLIAVIT.
n
DesMbntagnes& desRai.
chers entasiez lès uns fur les.;
autres pour escalader lès.
Êieux , & renversez* par uni
cou p de foudre , ma rqu oknec
4io MERCURE
les Temples des Herretiques
íabatus dans tout le Royaume.
Ces paroles serv oient d'Ame
à cette premiere Devise,
Jguod contraJuperos extmfiía.
Contre le Ciel ils estaient élevez^
'C Cx
,,1/autre Devise estoit le So
leil > qui d'un çosté fait fon
dre des Montagnes de neiges,
& de l'autre cleve des Va
peurs, avec ces mots , Hinc
defiruit , erigit inde.
S'il abat d'une part , il elezte de
' " fautre:
La troisième Inscription
çomprenoit par ces paroles
GALANT, zn
Te'Ioignement des Ministres
qui soûtenoient les esprits
dans les Erreurs de Calvin, &
dont la presence auroit empeschéles
progrès de la Reli
gion Catholique. ' . ; •>
. QUOD "
PULSIS E REGNI FINIBUS
LETIFÈRjE DOCTRINE
MAGÏSTÍUS,
SUUM HJRESI PRiESIDIUM
AC SPEM OMNEM ER1PUIT.
j. La premiere^ Devise estoiç
une Hydre avec toutes ses
Testes abatu'ës , & ces mots ,
Wfteuntabjàjf* ngcerg^iv,. .']
S ij
m MERCURE
. \*:$tfwe7^es fa Corps , leur vinsib
r&peuf nwre. rlcì^'r i n*
Dans ìa íeco«de on voyoits
T Aurore dilîipant par sa pre
sence ces petifs íèux qut lui
sent quelquefois pendant la
nuit , & qui .conduisent in
sensiblement nans les preci
pices , & dans les Rivieres.
Vunejtos dissipat ignes.
Leur faux brillant trofnpoit3 fort
éclat les di.ffìp».
Les Enfans des Calvinistes
que le Roy s'est ctï"ai,gêtlttymeíme
de faire elever dans îa
Religion Catholiques , fai^t
soient le íùjet 4eÀ quatçi©^p
13 ALANT
me Inícriprion , dont voicy^
ses ternies, ;n.V." . ;
. vr.u
civoft
AVULS05 AB H^RESIS GKEMIO
IN SINIJM AVIT^E RELIGIONISi
Les deux Devises estoienr,,
l'une de> jeunes Sauvageons,
entez fur de bons Arbres
avec ces paroles, íUíc vemevt
selicìus. '.v' '
feront en ÌM9' beaucoup
, mieujç fleyeí ; . . , : .
& l'autre, une branche de Co~
rail, qui ne devient precieux
qu aprés avoir, este tiré de
ai4 MERCURE
Mer avec ce mot Radicate
nulla , Jradicato tutto fvale.
De la main qui íarrache il reçoit
tout son prix. '* '
La cinquieme Inscription
regardoic les avantages que
la Religion Catholique a re
tirez des Missionnaires que
Sa Majesté a envoyez dans
tous les endroits du Royau
me où l'Heresie s'estoit ré
pandue, ce qui eítoit marque'
par ces mots. 3v Y '• .;
au o d
I.NSINGULAS GÁILLEPR0V1NCIAS
.M.1SSIS DÌVINI VERBI
GALANT,
POPULIS ERRORES MALOS
DE P U LIT,
PRISTINAM RELIGIONIS SPECIEM
REVOCAVIT. .
Elle estoit accompagnee de
ces deux Devises. L' Attre qui
precede le lever du Soleil
ravec ces paroles , Fugat tenebrcLs
, lucemque reducit.
jl ramene le jour en chaffant les
tenèbres. .'.'>;. .a
Des Phares élevez fur le
bord de la Mer , Monfirant
portumque 3 <viamque.
Ils montrent le chemin , &con-
^Luisent au <Pfr£, , . j, .>, , \
. La . sixième . Inscription &
*tf MERCURE
toit sur la bonté avec laquelle v
lè Roy a reçeu les nouveaux
Convertis , se faisant un pláiíìr
de les combler de ses gra
ces , afinde porter ceux qui
demeuroient engager dans
l'Herefie , à suivre lexemple
des auçrçs^ Voicy les termes ,
de Hnícriptioní L,?q,;y
* >> . v:^rRQÎ^q0 0:'' TíJ'XJLJ :
RfiGIA IN DESERENTES HjERBSIM,
LIBER ALI TATE,
. (LCTEROS Ap EANDEM;
."'A;ByfURANDAM,
ÍNV IT AV IT.
Les deux Devises quiTex»
,'• GALANT- %m
miere une Nacre de Perle
qui s'ouvre en mefme remps
•que le Soleil levant fait tom
ber la rosee , avec ces paroles,
Dona <vum in^veniunt.
Sçs.Prescns hy font un passage.
.:" Là' 'féconde representoit
des Vapeurs élevées par la
chaleur du Spleil , avec ces
mots , Ernos Coelo tîitt munem
tolkíî2t. ri p r rr i p Q y.\ f 1 ; >
Voì hten.fMts ' tóut-fu Jfjms nous
elevent au Ciel, 54 I
^ iÇPSéNMÍÏòit par ces pa
roles de la septième Inscrip
tion y,
Janvier 1686. T
ki8 MERCURE )
Q^U O D
OBSTINAT AM H #R E 51 M
, SOXO MILITUM STREPITU,^
RELIGIONIS DOCILÉM
î E C I T.
que íî le Roy aprés avoir
employé les plu« doux
moyens , s'eítoit veii con
traint de recourir à des re
medes un peu plus forts , on
avoit deu plûtbft l'imputerà
li bonté&àla tendreííe qu'il
avoic pour ses Sujets Herre
tiques , qua auciïffê envie
d'ufe.r de rìg icur contre eux^
Des Chiens qui couroienc
GALANT 219
aprés des Brebis égarées pour
?les ramener dans le Trou
peau fartaient leCôrps de la
premiercDevise aveç ce mot,
Vis arnica.
C'est une dsuce violence.
. ^L'autre estait un Diamant
<jue l'on tailloir , avec ces
paroles , Ben mi fa cki mi feri/
ce.
~ . Qui mefrappe me fait du bien.
. La revocation de l'Edit de
Nantes estoit expliquée en
ces termes dans la huitième
inscription.
*io MERCURE
A F F Lì C T A M* PR £T E R ITIS
CLADI BO S ' !
$Dl Ç.T I NANNETE.N^IS^
ABROGAT IÒ.NE 'é&OTECITÍ,
Le noeud Gordien coupé
:par la main d'Alexandre , faiioit
je Corps de, la premiere
Devise qui kceompagnoit
cette Inscription avec ces pa
roles , Frufíra tentassent al>f.
D'antres en vain L'auroient tenté
íhKa fecondeeítoit uneColomne^
quipâiP sa cheute en
traînait 4ans sa ruine tout
un Edifice qu'elle soûtenoit.
GALANT.. ztt
Traxit convulja ruinam,
Elie entraîne en tombant tout lè'
rejie aprés foy.
Les deàx Devises qui accompagnoient
la neuviéme:
Inscription conceue en ces.
termes,, ) ->ì r. ioO î.:nv.s' 'i ! ,
CONSTANT1 PIETAT1S EXEMPL0-.
RELIGION I PONDUS AC
fkisoient connoistre que le
Roy a. plus fait pour la. Reli
gion. par les exemples de fa
piete , que par tous les autres1,
moyens, dont il s'est ser.vy,
1 iif.
MERCURE.
contre l'Heresie. La premie
re eíloic une pierre d'Aiman
enlevant plusieurs anneaux
de fer^No» <vi3fêd<virtute\.
Par sa vertu' plùtòft que par lie
. ìi *\ Vi " i r
La seconde ëstbit le Soleil
avec un Cadran , une Pen
dule , une Montre ,&c. Otnnibtis
exemplum est , regalct,,
Jt est de toifs le m&ìelle & la regle.
La ; d'eVnidre Inscription
marqûòí rcjbé le ieîe du Roy
pout la kèîiçion Catholique
ne s'est: pas renferme dárvs la'
France . mais qu'il s est éten
du dans i'Europe par l'appuy
.. GALA W, m?
qu'il adonné aux Peine es ses
Voisins dans les afíaires de la
Religion,, & meírae dans les»
Pays les plus éloignez par les
Miíïions yôc parles celebres
Arnbaûades qu'il y envoyé
dans respeE^nce î d'y. átabíir
le "Cu lte du "y ra m pieu.i ,'Çette
Inscription qui fe Iifoit en ces
termes T . .
*W REMÒTÍS S ÏMÁS OR AS
B R O P A G A R E
ï E L I C rf Etf P'È'R' ^fe N T 'A VIT..
.T mjy
eíloir expliquee par ces.
deux Devises. La premiere
a voit pour corps le Soleil ,
qui: du centre de ; IjUriMreafe.
ou Copernic le faic immobile,
répand sa lumiere dans tour
le monde. HinC t&tmn' lucét in
De la dans tyujt fe mvnde ilr&* '
pand fa lumiere. » y
La seconde estoit un Fleu
ve dans fa source. DafioU
D'abàri aux Siens , ensuite aux
Etrangers.
Quarta er,lW'dcs Professeurs. ;
de. la Rhétorique att toWege
de Louis le Grand r pro
nonça une Harangue Latine
a l'honneur, du Roy fur la.
destructionde i'Hcrefie,dans
•;Ja^^elîe\í|ít voira^çautanc
deiiusteíseque cfclòqucncc.
.que la Pieté avoit este le seul
motif qui avoir ínípiní aï»
Roy le dcíïèin d'une fi glo
rieuse entreprise , que la &-
geûe luy avoir fourny les
moyens de 1 executer t&qùe
le bonheur en avoir rendu le
succès tel qu'on eust pû le
GALANT. 157
soufra ittcc; f*4r le Cardinal!
Ranuzzi avec pfusieurs Pre
lats & un grand nombre de
personnesd'un rang distingué
y aísista, & fat complimente
par des En.fans de la, premiere
Gualité.Tout îc monde sortit
fort satisfait de l'Orateur , &
particulierement de ce qu'il
loua ceCardinal d'une manie
re qui répondit parfaitement
à Tidée que toute la France a.
conçue de son merite. Le Heu
où' se prononça la Harangue
estoit orné de quantité d'inscriptions&
de devises qu r: ren>
fërmoiént tous les' moyens.
.198 MERCURE
dont Ici Roy s'est servy poar
détruire i'Heresie en France.
Un > Are. dé « triomphe d'un
OrdreTofcan estoit à l'entrée.
. La Religion tenant dans sa
main droite un Calice fur le
quel eítoit une Hostie lumi
neuse % & ayant le saintEfprit
'au defïùs de sa Teste , y *pa~
roiísoit dans l'endroit le plus
releve' , fupi uri Char tiré par
^deux Chevaux blancs. On
i vóyoït le Roy sûr un Piédestal
à costé d'elle , avec un Scep
tre à la main , pour faire voir
que ía justice & l'authòrité.de
{es Edits font les feules Ar
tnes dont il s'est fervy pour
detruire l'Heresie qu'on avoit
representée à ses pieds fous la
figure d'une Hidre.Les Bustes
deHenry IV. & deLouis XIII,
qui ont commencé íi heu
reusement à affoibrir l'Here-
&e dans le Royaume , estoir
auprés de la Figure du Roy.
Geiuy deHenry IV, estoit à
la droite fur un Fronton com
posé avec çe mot ,Jdehella'víti
écrit dans la Frise au deflòus
de çe Fronton. On sçait que
ce Prince .affoiblit extreme*
ment le party des Heretiques
en leur ostant leur plus fer-
R iiij
2ôo MERCURE
me s ppuy, lors qu'il renonça?
publiquement aux erreurs
dans lesquelles il avoit veicft
ju sqúfâlorS , Ce qû i en£&gfc*
les Princes de son Sangàem*
braiser comme luy la Relr*
gion Ca t ho! ique.Cette actiotk
estbit represeitf ee dans x*ti
Bas.réîter? e% forme d'ovaifcy
qu on voyoir daés Páfótei
devèk (ks.Golonnes avec cett*
BusteWíioôis X in . placé> sor
un semblable Fronton au d e£
fòus duquel on îisok ce moi
dans h éèiíe Jpvmttti fàísoic
face de l'autre collé au Buste
GALANT 2ot
de Henry IV. Ces autres
Wprs, Kup£ÏÏa expugnata, marquoient
dans le bas Relief
entre, les Colomnes ,que la.
prise de la Rochelle avoit
reprimé la rebellion des Hex
retiques ^ qui s'estoient reti
rez d'ans cette place avec
f&£çes leW j&FÇQ$. ¥a tGarj,
touche ^l^;<$V9Ìt placé
dans le Fronton de la porte,
represcntoit la démolît ion du
Temple de Charenton avec
ces mots. EdiSfam Nawetmjè
abrogAtum^ & cet aurre j&iqr
j>lus bas JE^i«^/>>jipouif faine
2oî MERCURE
ment éteint , THeresie , en
caíîant l'Edit de Nantes, 2c
en faisant détruire ceTemple.
Tout l'appareil jde la Salle
destinee à 1 a ceremonie,estoit
disposé par raportau deíîèin
de laHaranguequ'on y devoit
prononcer. Cette inscription
generale qu'on' Ji soi* <& bord
dans une Frise qui regnoit au
tour de la Salle, . t.' : . mr. •>
u ilfcVDOVIGO : MAGNQ.. j
AUCTA RELIGIONÇ.. ú
DEFENS A , RESTITVTA,
1 .AMPLI FIC A TA.
faisoit connoistre que cet
appareil estoit consacré à la
Gloire de Louis le Grand,
GALANT. 20?
pour avoir' soutenu les droirs
de l'ancienne Religion ,retably
son culte dans tous les en
droits du Royaume où l'Heresie
l'avoit aboly, étendu
íes bornes non feulement
dans la France , mais encore
dans les Pais écrangers. Sous
Un riche Dais estoic le Por
trait du Roy , soutenu d'un
costé parla'Pieté, de l'autre
par la Sagesse , tandis'que la
Felicite' Fe couronnoit , ce
qui faisoit voir que la Pieté
a inspiré à ce grand Monar
que le dessein d'exterminer
l'Heresie , que la Sagesse luy
2o4 MERCURE
en a foUrny les moyens , St
qie la Felicité a couronne
cette glorieuse entreprise.
C'est ce qu exprimoit cetee
inscription.
. EXTINXIT,
INSPIRANTE PIETATE,
PROMOVENTE SAP1ENT1A,
ÎELICITATE CORONANTE.
. A l'autre bout de la Salle,
& vis à vis du Portrait du
Roy , on voyois la Religion
dans une attitude qui fatsoit
. connoistre íà tranquillité.Elte
avait les yeux arrestez {ìir ce
Monarque , comme pour le
remercier du repos qu'elle
lu.y dpit, ce qu'elle exprimoit
GALANT. 20s
,j>ar deux Devises. Le Corps
de lune estbk une hautò
Montagne jíéWkfrée prefqu*
•de tous codiez par les rayons
du Soleit foret^'^s^ap^roehe'
Ixalíénnes pou^ àjiié, Vìusìtu
Roy est de verni grand par&fr
Vertus & paries Conqueste*,
pltìs il a trafvaiMà ètcínorcr lá
Religion. Une Vigne deve*
ifcrë pl«s feelle j& plus éten
due paf 4 appuy ou cite re^
eoit d'un grand arbre , faifoit
le Corps de l'autre I^evh'ey
zo6 MERCURE
&ees motsluy servoicnt d'a-
VdCyAmpJificat^fulàt, tutatur&
ornat , ce qui Faisoit voir, que
íì la Religion s'est étendue si
loin au dedans & au dehors
du Royaume , elle en est re
devable à la Pieté du Roy.
... La Galerie qui regne íùr
les trois faces de la Salle , étoit
tendue d'une Tapiíïèrie
eje verdure íùr laquelle on
aVoit disposé dix Inscriptions
qui expliquoient les moyens
dont le Roy s'est servy pour >
détruire l'Heresie en France.
La premiere Inscription marquoit
que le Roy ayant osté
GALANT. 207
aux Heretiques les Charges
qu'ils possedoient dans l'Epée
& dans la Robe , & les ayant
éloignez du Commerce ôc
des Ecoles, avoit rendu l'Hc
resie auíïì méprisable qu'elle
l'estoit lors qu'elle avoit
commencé à fe répandre. En,
voicy les cermes.
' ' , QJJ O D :
EJECTAM AULA , FORO , CASTRIS4 ,
COMMERCIO , SCHOLIS,,
H'^RESIM
AD NATALES TENEBRAS,
jVC P R I M A M IGNOBILITATJEM:
a.x ,.;iPAMNAV I.TV»; : ,
Cette Inscription estoic ex*
pliquee par deux Devises,
çour le sauver plus aifëment
da naufrage. On y liíbic ces
'paroles Q foret jatfum x èduh
?:.ìi ì íi.to s.» 3
Ogel^ucs Arbres j 49ns pîi
a coupé toutes les branches
à i& reserve de celles qui font
À la cime, faiíbient le Corps
^ia' .íecaa^è Deviíe Ivok
ces paroles, t/íC^/b affurgant*
.Afrique v$rs le ÇùlUsfuijfeat.
ver».
GAL&Ws,
Ea seconde Inícnptionexw
pîique'e. par deux'. Devises,
comme toutes les autres
estoit conceuë en ces termes.
EX C 15 1 S^TQTA GALLIAI
F AN ÍS IMPIIS MI LLE ,
EK.ECT.IS S A CR IS' j£DIBUSS
SE X A G I NT A>
HvERESEOS FUNDAMENTAv
CONVULSIT,
HELIGIONIS DÏTIONEM
. ; AMPLIAVIT.
n
DesMbntagnes& desRai.
chers entasiez lès uns fur les.;
autres pour escalader lès.
Êieux , & renversez* par uni
cou p de foudre , ma rqu oknec
4io MERCURE
les Temples des Herretiques
íabatus dans tout le Royaume.
Ces paroles serv oient d'Ame
à cette premiere Devise,
Jguod contraJuperos extmfiía.
Contre le Ciel ils estaient élevez^
'C Cx
,,1/autre Devise estoit le So
leil > qui d'un çosté fait fon
dre des Montagnes de neiges,
& de l'autre cleve des Va
peurs, avec ces mots , Hinc
defiruit , erigit inde.
S'il abat d'une part , il elezte de
' " fautre:
La troisième Inscription
çomprenoit par ces paroles
GALANT, zn
Te'Ioignement des Ministres
qui soûtenoient les esprits
dans les Erreurs de Calvin, &
dont la presence auroit empeschéles
progrès de la Reli
gion Catholique. ' . ; •>
. QUOD "
PULSIS E REGNI FINIBUS
LETIFÈRjE DOCTRINE
MAGÏSTÍUS,
SUUM HJRESI PRiESIDIUM
AC SPEM OMNEM ER1PUIT.
j. La premiere^ Devise estoiç
une Hydre avec toutes ses
Testes abatu'ës , & ces mots ,
Wfteuntabjàjf* ngcerg^iv,. .']
S ij
m MERCURE
. \*:$tfwe7^es fa Corps , leur vinsib
r&peuf nwre. rlcì^'r i n*
Dans ìa íeco«de on voyoits
T Aurore dilîipant par sa pre
sence ces petifs íèux qut lui
sent quelquefois pendant la
nuit , & qui .conduisent in
sensiblement nans les preci
pices , & dans les Rivieres.
Vunejtos dissipat ignes.
Leur faux brillant trofnpoit3 fort
éclat les di.ffìp».
Les Enfans des Calvinistes
que le Roy s'est ctï"ai,gêtlttymeíme
de faire elever dans îa
Religion Catholiques , fai^t
soient le íùjet 4eÀ quatçi©^p
13 ALANT
me Inícriprion , dont voicy^
ses ternies, ;n.V." . ;
. vr.u
civoft
AVULS05 AB H^RESIS GKEMIO
IN SINIJM AVIT^E RELIGIONISi
Les deux Devises estoienr,,
l'une de> jeunes Sauvageons,
entez fur de bons Arbres
avec ces paroles, íUíc vemevt
selicìus. '.v' '
feront en ÌM9' beaucoup
, mieujç fleyeí ; . . , : .
& l'autre, une branche de Co~
rail, qui ne devient precieux
qu aprés avoir, este tiré de
ai4 MERCURE
Mer avec ce mot Radicate
nulla , Jradicato tutto fvale.
De la main qui íarrache il reçoit
tout son prix. '* '
La cinquieme Inscription
regardoic les avantages que
la Religion Catholique a re
tirez des Missionnaires que
Sa Majesté a envoyez dans
tous les endroits du Royau
me où l'Heresie s'estoit ré
pandue, ce qui eítoit marque'
par ces mots. 3v Y '• .;
au o d
I.NSINGULAS GÁILLEPR0V1NCIAS
.M.1SSIS DÌVINI VERBI
GALANT,
POPULIS ERRORES MALOS
DE P U LIT,
PRISTINAM RELIGIONIS SPECIEM
REVOCAVIT. .
Elle estoit accompagnee de
ces deux Devises. L' Attre qui
precede le lever du Soleil
ravec ces paroles , Fugat tenebrcLs
, lucemque reducit.
jl ramene le jour en chaffant les
tenèbres. .'.'>;. .a
Des Phares élevez fur le
bord de la Mer , Monfirant
portumque 3 <viamque.
Ils montrent le chemin , &con-
^Luisent au <Pfr£, , . j, .>, , \
. La . sixième . Inscription &
*tf MERCURE
toit sur la bonté avec laquelle v
lè Roy a reçeu les nouveaux
Convertis , se faisant un pláiíìr
de les combler de ses gra
ces , afinde porter ceux qui
demeuroient engager dans
l'Herefie , à suivre lexemple
des auçrçs^ Voicy les termes ,
de Hnícriptioní L,?q,;y
* >> . v:^rRQÎ^q0 0:'' TíJ'XJLJ :
RfiGIA IN DESERENTES HjERBSIM,
LIBER ALI TATE,
. (LCTEROS Ap EANDEM;
."'A;ByfURANDAM,
ÍNV IT AV IT.
Les deux Devises quiTex»
,'• GALANT- %m
miere une Nacre de Perle
qui s'ouvre en mefme remps
•que le Soleil levant fait tom
ber la rosee , avec ces paroles,
Dona <vum in^veniunt.
Sçs.Prescns hy font un passage.
.:" Là' 'féconde representoit
des Vapeurs élevées par la
chaleur du Spleil , avec ces
mots , Ernos Coelo tîitt munem
tolkíî2t. ri p r rr i p Q y.\ f 1 ; >
Voì hten.fMts ' tóut-fu Jfjms nous
elevent au Ciel, 54 I
^ iÇPSéNMÍÏòit par ces pa
roles de la septième Inscrip
tion y,
Janvier 1686. T
ki8 MERCURE )
Q^U O D
OBSTINAT AM H #R E 51 M
, SOXO MILITUM STREPITU,^
RELIGIONIS DOCILÉM
î E C I T.
que íî le Roy aprés avoir
employé les plu« doux
moyens , s'eítoit veii con
traint de recourir à des re
medes un peu plus forts , on
avoit deu plûtbft l'imputerà
li bonté&àla tendreííe qu'il
avoic pour ses Sujets Herre
tiques , qua auciïffê envie
d'ufe.r de rìg icur contre eux^
Des Chiens qui couroienc
GALANT 219
aprés des Brebis égarées pour
?les ramener dans le Trou
peau fartaient leCôrps de la
premiercDevise aveç ce mot,
Vis arnica.
C'est une dsuce violence.
. ^L'autre estait un Diamant
<jue l'on tailloir , avec ces
paroles , Ben mi fa cki mi feri/
ce.
~ . Qui mefrappe me fait du bien.
. La revocation de l'Edit de
Nantes estoit expliquée en
ces termes dans la huitième
inscription.
*io MERCURE
A F F Lì C T A M* PR £T E R ITIS
CLADI BO S ' !
$Dl Ç.T I NANNETE.N^IS^
ABROGAT IÒ.NE 'é&OTECITÍ,
Le noeud Gordien coupé
:par la main d'Alexandre , faiioit
je Corps de, la premiere
Devise qui kceompagnoit
cette Inscription avec ces pa
roles , Frufíra tentassent al>f.
D'antres en vain L'auroient tenté
íhKa fecondeeítoit uneColomne^
quipâiP sa cheute en
traînait 4ans sa ruine tout
un Edifice qu'elle soûtenoit.
GALANT.. ztt
Traxit convulja ruinam,
Elie entraîne en tombant tout lè'
rejie aprés foy.
Les deàx Devises qui accompagnoient
la neuviéme:
Inscription conceue en ces.
termes,, ) ->ì r. ioO î.:nv.s' 'i ! ,
CONSTANT1 PIETAT1S EXEMPL0-.
RELIGION I PONDUS AC
fkisoient connoistre que le
Roy a. plus fait pour la. Reli
gion. par les exemples de fa
piete , que par tous les autres1,
moyens, dont il s'est ser.vy,
1 iif.
MERCURE.
contre l'Heresie. La premie
re eíloic une pierre d'Aiman
enlevant plusieurs anneaux
de fer^No» <vi3fêd<virtute\.
Par sa vertu' plùtòft que par lie
. ìi *\ Vi " i r
La seconde ëstbit le Soleil
avec un Cadran , une Pen
dule , une Montre ,&c. Otnnibtis
exemplum est , regalct,,
Jt est de toifs le m&ìelle & la regle.
La ; d'eVnidre Inscription
marqûòí rcjbé le ieîe du Roy
pout la kèîiçion Catholique
ne s'est: pas renferme dárvs la'
France . mais qu'il s est éten
du dans i'Europe par l'appuy
.. GALA W, m?
qu'il adonné aux Peine es ses
Voisins dans les afíaires de la
Religion,, & meírae dans les»
Pays les plus éloignez par les
Miíïions yôc parles celebres
Arnbaûades qu'il y envoyé
dans respeE^nce î d'y. átabíir
le "Cu lte du "y ra m pieu.i ,'Çette
Inscription qui fe Iifoit en ces
termes T . .
*W REMÒTÍS S ÏMÁS OR AS
B R O P A G A R E
ï E L I C rf Etf P'È'R' ^fe N T 'A VIT..
.T mjy
eíloir expliquee par ces.
deux Devises. La premiere
a voit pour corps le Soleil ,
qui: du centre de ; IjUriMreafe.
ou Copernic le faic immobile,
répand sa lumiere dans tour
le monde. HinC t&tmn' lucét in
De la dans tyujt fe mvnde ilr&* '
pand fa lumiere. » y
La seconde estoit un Fleu
ve dans fa source. DafioU
D'abàri aux Siens , ensuite aux
Etrangers.
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Résumé : Discours prononcé à la loüange du Roy sur la destruction de l'Heresie, par le Pere Quartier Jesuite, avec la description du lieu où ce Discours a esté prononcé, [titre d'après la table]
Le 17 du mois, les professeurs de rhétorique du collège Louis-le-Grand ont prononcé une harangue latine en l'honneur du roi pour célébrer la destruction de l'hérésie en France. Cette harangue mettait en avant la piété du roi comme motif principal, la sagesse comme moyen d'exécution et la félicité comme résultat. Le cardinal Ranuzzi et plusieurs prélats, ainsi qu'un grand nombre de personnes distinguées, ont assisté à cet événement. Le lieu était orné d'inscriptions et de devises rappelant les actions du roi contre l'hérésie. À l'entrée, un arc de triomphe représentait la Religion avec un calice lumineux et le Saint-Esprit, tandis que le roi, avec un sceptre, symbolisait la justice et l'autorité des édits royaux contre l'hérésie, figurée sous la forme d'une hydre. Les bustes de Henri IV et Louis XIII étaient également présents, soulignant leur contribution à l'affaiblissement de l'hérésie. Des inscriptions et des reliefs illustraient des événements clés, comme la prise de La Rochelle et la démolition du temple de Charenton, soulignant l'abrogation de l'Édit de Nantes. La salle était décorée pour refléter le thème de la harangue, avec une inscription générale célébrant la gloire de Louis le Grand pour avoir soutenu les droits de l'ancienne religion et étendu son influence. Le portrait du roi était soutenu par la Piété et la Sagesse, couronné par la Félicité. Plusieurs inscriptions et devises illustraient les efforts du roi pour promouvoir la religion catholique et combattre l'hérésie. Elles symbolisaient la persistance des hérétiques, la destruction des temples hérétiques, l'éloignement des ministres calvinistes, l'éducation des enfants calvinistes dans la foi catholique, et la bienveillance du roi envers les nouveaux convertis. Une inscription de janvier 1686 mentionnait l'utilisation de moyens plus stricts pour convaincre les hérétiques. L'inscription finale mettait en avant la piété exemplaire du roi et son soutien aux princes voisins dans les affaires religieuses, étendant ainsi l'influence catholique à travers l'Europe et au-delà.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 210-216
Jettons qui se font en Bourgogne dans le temps du Voyage appellé Voyage d'honneur, [titre d'après la table]
Début :
L'Article qui suit doit vous paroître assez curieux. Vous [...]
Mots clefs :
États de Bourgogne, Devise, Jetons, Voyage d'honneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Jettons qui se font en Bourgogne dans le temps du Voyage appellé Voyage d'honneur, [titre d'après la table]
Article qui suit doit vous
paroître assez curieux. Vous,
icavez que les Etats de Bourgognesetiennenttouslestrois
ans, & que l'année qui suit la
tenue des Etats Mrs les Elûs apw
portent les Cahiers à leur Gouverneur ;&alors on choisit une
DeviCe dont on fait frapper
pluficurs Bourses de cent Jet-
tons chacune. Ces Bourses
se délivrent aprés ce Voyage,
( qu'on appelle Voyabe d'honneur ) entre ceux qui travaillent aux Affaires des Etats:
Voicy la Devisequi a
esté choisie cette année, & qui convient
à la perte que la Province de
Bourgogne a
faire de Leurs
Altesses SerenissimesMonsieur
le Prince, & Monsieur le Duc
son fils, ses Gouverneurs.
Non déficit alter.
Personne n'ignore la Fable
du Rameau d'or, & pour en
rappeller la mémoire il fùffic
de lire les deux Vers de Virgile qui suivent.
Primo avulso non deficit alter,
Aureus, &similifrondescit virga metallo.
La Province de Bourgogne
a eu l'avantage depuis prés
d'un siecle d'estregouvernée
par les Princes de l'Auguste
Maison de Condé, en sorte
qu'avec le Titre de la premiere
Pairie du Royaume, cette Province ose se flatter de la prerogative de n'avoir des Gou-
Verneurs que de la Tige des
premiers Princes du Sang.
La mort ayantenlevé en
moins d'un an Leurs Altesses
Serenissimes Monsieur le Prince & Monsieur le Duc, les Peuples de cette Province n'ont
trouvé de consolation dans
leurs malheurs que celle d'apprendre que S. M. avoit confié le Gouvernement à S. A. S.
Monsieur le Duc, qui ayant
herité des Titres & de la Grandeur de ses Ayeulshéritera aussi
de leurs vertus :
C'est ce qui a
fait choisir pour le Corps de
:
la Devise des Jettons de cette
année le Rameau d'or, avec
ces paroles
:
Non déficit alter.
La Province a
perdu un
puissant Protecteur en la personne de S. A S. Monsieur le
Duc, mais Dieu qui a
pitié de
son peup
le, la châtié sans vouloir l'accabler, & après luy
avoir ôté un DcH:n(eur il luy
en a
donné un autre du même
Sang & qui aura la même bonté que celuy qui luy a
esté ôté,
Non déficit alter.
L'on s'efi: contenté de ces
trois mots, & l'on a
crûqu'il
n'estoit pas besoin d'y ajourer
Primo avulso
,
parce que ces
mots rappelleroient des idées
trop fâcheuses & qui ne conviendroient nullement àune
Devise faite à la gloire du jeune Prince qui vient d'estre donné à cette Province.
On a
aussiretranché le mot
aureus, comme absolument
inutile, & ne portant pas un
sens assez noble pour le sujet
dont il s'agit.
Non deficitalter,en ditassez,
& tous les Auteurs qui ont
écrit de l'Art des Devises, ont
eu pour Principes qu'il falloit
laisser quelque chose à deviner
& s'expliquer en peu de pa- role
Primo avulso non deficit alter,
Aureus &ifmihfirondejcitvifga
metallo.
TRADUCTION.
Un Rameau d'or arraché, on
en trouve un autre à l'instant,
& il sort aussitost de la fouchc
- un rejetton semblable tout
couvert d'or.
paroître assez curieux. Vous,
icavez que les Etats de Bourgognesetiennenttouslestrois
ans, & que l'année qui suit la
tenue des Etats Mrs les Elûs apw
portent les Cahiers à leur Gouverneur ;&alors on choisit une
DeviCe dont on fait frapper
pluficurs Bourses de cent Jet-
tons chacune. Ces Bourses
se délivrent aprés ce Voyage,
( qu'on appelle Voyabe d'honneur ) entre ceux qui travaillent aux Affaires des Etats:
Voicy la Devisequi a
esté choisie cette année, & qui convient
à la perte que la Province de
Bourgogne a
faire de Leurs
Altesses SerenissimesMonsieur
le Prince, & Monsieur le Duc
son fils, ses Gouverneurs.
Non déficit alter.
Personne n'ignore la Fable
du Rameau d'or, & pour en
rappeller la mémoire il fùffic
de lire les deux Vers de Virgile qui suivent.
Primo avulso non deficit alter,
Aureus, &similifrondescit virga metallo.
La Province de Bourgogne
a eu l'avantage depuis prés
d'un siecle d'estregouvernée
par les Princes de l'Auguste
Maison de Condé, en sorte
qu'avec le Titre de la premiere
Pairie du Royaume, cette Province ose se flatter de la prerogative de n'avoir des Gou-
Verneurs que de la Tige des
premiers Princes du Sang.
La mort ayantenlevé en
moins d'un an Leurs Altesses
Serenissimes Monsieur le Prince & Monsieur le Duc, les Peuples de cette Province n'ont
trouvé de consolation dans
leurs malheurs que celle d'apprendre que S. M. avoit confié le Gouvernement à S. A. S.
Monsieur le Duc, qui ayant
herité des Titres & de la Grandeur de ses Ayeulshéritera aussi
de leurs vertus :
C'est ce qui a
fait choisir pour le Corps de
:
la Devise des Jettons de cette
année le Rameau d'or, avec
ces paroles
:
Non déficit alter.
La Province a
perdu un
puissant Protecteur en la personne de S. A S. Monsieur le
Duc, mais Dieu qui a
pitié de
son peup
le, la châtié sans vouloir l'accabler, & après luy
avoir ôté un DcH:n(eur il luy
en a
donné un autre du même
Sang & qui aura la même bonté que celuy qui luy a
esté ôté,
Non déficit alter.
L'on s'efi: contenté de ces
trois mots, & l'on a
crûqu'il
n'estoit pas besoin d'y ajourer
Primo avulso
,
parce que ces
mots rappelleroient des idées
trop fâcheuses & qui ne conviendroient nullement àune
Devise faite à la gloire du jeune Prince qui vient d'estre donné à cette Province.
On a
aussiretranché le mot
aureus, comme absolument
inutile, & ne portant pas un
sens assez noble pour le sujet
dont il s'agit.
Non deficitalter,en ditassez,
& tous les Auteurs qui ont
écrit de l'Art des Devises, ont
eu pour Principes qu'il falloit
laisser quelque chose à deviner
& s'expliquer en peu de pa- role
Primo avulso non deficit alter,
Aureus &ifmihfirondejcitvifga
metallo.
TRADUCTION.
Un Rameau d'or arraché, on
en trouve un autre à l'instant,
& il sort aussitost de la fouchc
- un rejetton semblable tout
couvert d'or.
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Résumé : Jettons qui se font en Bourgogne dans le temps du Voyage appellé Voyage d'honneur, [titre d'après la table]
En Bourgogne, après la tenue des États tous les trois ans, les élus portent les Cahiers au gouverneur et choisissent une devise pour frapper des bourses de cent jetons. Cette année, la devise sélectionnée est 'Non deficit alter', en hommage à la perte des gouverneurs, Monsieur le Prince et Monsieur le Duc, fils du Prince de Condé. La Bourgogne a été gouvernée par les Princes de la Maison de Condé depuis près d'un siècle. La devise fait référence à la fable du rameau d'or de Virgile et rappelle que, bien que la province ait perdu un puissant protecteur, un nouveau gouverneur du même sang a été nommé. La devise est jugée suffisante pour honorer le jeune prince sans évoquer des idées trop fâcheuses. Les mots 'Primo avulso' et 'aureus' ont été supprimés pour leur inutilité ou leur manque de noblesse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10
p. 110-117
Description du feu d'artifice fait pour la réjoüissance de la paix generale par Messieurs les Magistrats de la ville de Lille.
Début :
La machine represente le Temple de la Paix, dressé sur [...]
Mots clefs :
Inscription, Devise, Symbole, Temple de la Paix, Lille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description du feu d'artifice fait pour la réjoüissance de la paix generale par Messieurs les Magistrats de la ville de Lille.
Description du feu d'artifice
fait pour la réjoüiſſance de
lapaix generale par Meffieurs
les Magistrats de la
ville de Lille.
La machine represente le
Temple de la Paix , dreſſé fur
le modele de celui de Janus. Ce
portique est en figure quarrée,
poséesur une baze octogonne
à quatre grands pans , &à
quatre moindres , dont voici
les inscriptions.
Inscription des quatre grands
pans.
Premiere inscription.
Ludovico Magno ,.
GALANT. 111
Urriuſque fortunæ victori ,
Clauſis belli portis ,
Pace
Conſpirantibus foederatis
hoftibus
Compofitâ ,
Perdomitis Gothalanis ,..
Aſſertâ Philippo Quinto
Hifpania ,
Coloniæ ac Bavariæ Electorum
Dignitate vindicatâ ,
Annos manentemque fortunam
Apprecatur.
F. P. Q. J.
112 MERCURE
Seconde inscription.
Ludovico Magno ,
Conſummato feliciter duodecim
annorumbello.
Symbole.
Un élephant chargé d'une
tour qui paroît remplie defoldats.
Devife.
Ettantum tulitunus onus.
Luiſeul a ſçû porter un fardeau
fi pesant.
Troifiéme inscription.
Ludovico Magno
Carolo Sexto Cæfare Gal.
liæ confiliato.
GALANT . 113
Symbole.
Le Soleil , fur qui un aigle
élevé dans les airs attache ſes
yeux.
Devife.
Implet amore ſui.
Il lui gagne le coeur , il ſçait
s'en faire aimer.
Quatriéme inscription.
LudovicoMagno
Pacem æternam bello proſcripto
ſancienti.
Symbole.
L'arc-en - ciel au-deſſus de
l'arche de Noë aprés le deluge.
Devife.
Nulladies pacem hanc nec
Dec. 1714. K
114 MERCURE
foedera rumpet.
Une fi belle paix n'aura jamais
defin.
Inſcriptions des quatre moindres
pans.
Ludovico Magno ,
Barcenone auxiliaribus copiis
expugnatâ.
Symbole.
Les Geans de la Fable qui
paroiſſent enfevelis fous leurs
montagnes.
Deuzfe.
Enquòdiſcordia cives
Perducit miferos.
D'un peuple peu foûmis voila
la fin tragique.
GALANT. 115
Seconde infcription .
Ludovico Magno ,
Coloniæ ac Bavariæ Electorum
afſertâ dignitate .
Symbole .
Le Soleil au milieu des gemeaux
du Zodiaque.
Devife
Fratribus æquat honorem.
Tous deux également ont part
ca ce bonheur
Troifiéme inscription .
In omniætate triumphanti.
Symbole
Un grand laurier taillé en
couronne.
Kij
116 MERCURE
Devife.
Primis fic crevitab annis.
Le nombre deſes ans égalefes
couronnes.
Quatriéme inscription.
Ludovico Magno,
Compofitis Raftadi ac Badenæ
de pace Germana
controverfitsaina n
Symbole
Un Orloge à rouëd
1 Devife, THE
i
Magnæ mentis opus.
D'un esprit élevé voila le
grand ouvrage.
Les Deviſes & les Infcriptions
ſontdu Pere de Lare,
GALANT. 117
Jeſuite du College de Lille.
fait pour la réjoüiſſance de
lapaix generale par Meffieurs
les Magistrats de la
ville de Lille.
La machine represente le
Temple de la Paix , dreſſé fur
le modele de celui de Janus. Ce
portique est en figure quarrée,
poséesur une baze octogonne
à quatre grands pans , &à
quatre moindres , dont voici
les inscriptions.
Inscription des quatre grands
pans.
Premiere inscription.
Ludovico Magno ,.
GALANT. 111
Urriuſque fortunæ victori ,
Clauſis belli portis ,
Pace
Conſpirantibus foederatis
hoftibus
Compofitâ ,
Perdomitis Gothalanis ,..
Aſſertâ Philippo Quinto
Hifpania ,
Coloniæ ac Bavariæ Electorum
Dignitate vindicatâ ,
Annos manentemque fortunam
Apprecatur.
F. P. Q. J.
112 MERCURE
Seconde inscription.
Ludovico Magno ,
Conſummato feliciter duodecim
annorumbello.
Symbole.
Un élephant chargé d'une
tour qui paroît remplie defoldats.
Devife.
Ettantum tulitunus onus.
Luiſeul a ſçû porter un fardeau
fi pesant.
Troifiéme inscription.
Ludovico Magno
Carolo Sexto Cæfare Gal.
liæ confiliato.
GALANT . 113
Symbole.
Le Soleil , fur qui un aigle
élevé dans les airs attache ſes
yeux.
Devife.
Implet amore ſui.
Il lui gagne le coeur , il ſçait
s'en faire aimer.
Quatriéme inscription.
LudovicoMagno
Pacem æternam bello proſcripto
ſancienti.
Symbole.
L'arc-en - ciel au-deſſus de
l'arche de Noë aprés le deluge.
Devife.
Nulladies pacem hanc nec
Dec. 1714. K
114 MERCURE
foedera rumpet.
Une fi belle paix n'aura jamais
defin.
Inſcriptions des quatre moindres
pans.
Ludovico Magno ,
Barcenone auxiliaribus copiis
expugnatâ.
Symbole.
Les Geans de la Fable qui
paroiſſent enfevelis fous leurs
montagnes.
Deuzfe.
Enquòdiſcordia cives
Perducit miferos.
D'un peuple peu foûmis voila
la fin tragique.
GALANT. 115
Seconde infcription .
Ludovico Magno ,
Coloniæ ac Bavariæ Electorum
afſertâ dignitate .
Symbole .
Le Soleil au milieu des gemeaux
du Zodiaque.
Devife
Fratribus æquat honorem.
Tous deux également ont part
ca ce bonheur
Troifiéme inscription .
In omniætate triumphanti.
Symbole
Un grand laurier taillé en
couronne.
Kij
116 MERCURE
Devife.
Primis fic crevitab annis.
Le nombre deſes ans égalefes
couronnes.
Quatriéme inscription.
Ludovico Magno,
Compofitis Raftadi ac Badenæ
de pace Germana
controverfitsaina n
Symbole
Un Orloge à rouëd
1 Devife, THE
i
Magnæ mentis opus.
D'un esprit élevé voila le
grand ouvrage.
Les Deviſes & les Infcriptions
ſontdu Pere de Lare,
GALANT. 117
Jeſuite du College de Lille.
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Résumé : Description du feu d'artifice fait pour la réjoüissance de la paix generale par Messieurs les Magistrats de la ville de Lille.
Le texte relate un feu d'artifice organisé par les magistrats de Lille pour célébrer la paix générale. La pièce maîtresse est le Temple de la Paix, inspiré du temple de Janus, avec une structure carrée sur une base octogonale. Cette structure comporte huit pans ornés d'inscriptions et de symboles. Les quatre grands pans honorent Louis XIV et ses victoires. La première inscription évoque la fin des guerres et l'établissement de la paix avec des alliés. La deuxième mentionne douze années de guerres victorieuses, symbolisées par un éléphant portant une tour remplie de soldats. La troisième parle d'une alliance avec Charles VI, représenté par un aigle fixant le soleil. La quatrième célèbre la paix éternelle, symbolisée par un arc-en-ciel au-dessus de l'arche de Noé. Les quatre plus petits pans contiennent aussi des inscriptions. La première parle de la prise de Barcelone avec des renforts, illustrée par des géants ensevelis sous des montagnes. La deuxième traite de la confirmation des électeurs de Cologne et de Bavière, symbolisée par le soleil parmi les Gémeaux. La troisième célèbre les triomphes à travers les âges, représentés par une couronne de laurier. La quatrième mentionne la consolidation de la paix en Rhénanie et en Bade, symbolisée par une horloge. Les devises et inscriptions sont l'œuvre du Père de Lare, jésuite au Collège de Lille.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 606-612
A Poitiers, [titre d'après la table]
Début :
Mrs du Corps de Ville de Poitiers qui attendoient avec impatience les ordres de faire éclater leur joye [...]
Mots clefs :
Réjouissances, Naissance du Dauphin, Roi, Poitiers, Armes du Roi, Dauphin, Régiment, Compagnie des arts et métiers, Trompette, Devise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Poitiers, [titre d'après la table]
Mrs du Corps deVille de Poitiers qui attendoient
avec impatience les ordres de faire éclater leur joye
à l'heureufe
MAR S. 1736.
607
>
Pheureuſe Naiffance de Monfeigneur le Dauphin ,
qui met le comble aux defirs de la France , & rem
plit les voeux de tous les peuples , les reçûrent le
12. Septembre. M. Babinet , Maire , & Mrs. les
Echevins les communiquerent à M. de Bauffan
Intendant de la Province, qui venoit de recevoir
les mêmes ordres , le Te Deum fut indiqué par
M. l'Evêque au 22. & le Feu de joye au même
jour. Mrs du Corps de Ville firent travailler aux
préparatifs d'un Feu dont la décoration repré →
fentoit le Temple de la Felicité. Il étoit à l'Italienne,
à quatre faces , de 18. piés en quarré , &
de 19. d'élevation , terminé par une Plate- forme
couronnée d'un appui de 3. piés de haut. On
voyoit au milieu une Piramide fur fon Piédeſtal
de 22. piés de hauteur , peinte en marbre blanc
& jafpé , ornée dans la bafe d'Armoiries , de
Fleurs de Lys & de Dauphins. Chaque face du
Temple formoit un Arc de Triomphe , orné do
deux colomnes en marbre jafpé fur leurs Piédeftaux
en marbre blanc , le tout d'Ordre Dorique.
Les Bafes & Chapiteaux & les ornemens de
la Frife étoient en or ; le milieu de la Corniche
portoit une figure peinte fur l'appui qui couronnoit
la Plate-forme.
La face du côté de l'Hôtel de Ville repréſentoit
un Arc de Triomphe confacré au Roi , avec
cette Infcription : Regi Major Urbis & Ediles
pofuêre, mife au haut du Piédeſtal de la Piramide
avec les Armes de France. La figure du milieu
repréfentoit la Felicité couronnée de fleurs , une
main appuyée fur une Médaille où étoit peint le
Portrait du Roi , avec l'Infcription : Ludovicus
Decimus Quintus Francia Navarra Rex
ayant dans fon giron des fruits , des fleurs , des
perles , des pierreries & une Bourfe panchée d'ou
Le répandoient des Pieces de Monnoye & des
pierreries.
Los
608 MERCURE DE FRANCE .
Les côtés de l'appui de la Plate-forme étoient
ornés d'efpace en efpace de Feftons pendans de
Aeurs & de fruits , & d'autres de branches d'oliviers.
Au -deffous du Chapiteau de chaque colomne
étoit attaché un Médaillon , avec une Deviſe
en camayeux.
Le corps de la premiere Devife repréſentoit le
Roi fur fon Trône , ayant à fes côtés un jeune
enfant , repréfentant le Dauphin , & pour Inf
cription , ces mots tirés du 131. Pleaume : Filii
tui in aternum fedebunt fuper fedem tuam .
La feconde Devife repréfentoit plufieurs jeunes
Oliviers , avec l'Infcription tirée du Pfeaume 127 .
Sicut novella olivarum .
La troifiéme face étoit dédiée à la Reine , avec
cette Infcription Regina , & les Armes de France
& celles de la Reine.
La figure du milieu repréfentoit Junon couronnée
, tenant un Sceptre d'une main & de l'autre
des Couronnes. Cette Deeffe , qui felon les
Poëtes , diftribuoit les honneurs , les richeffes , la
gloire , &c. & qui préfidoit aux Mariages , paroiffoit
préfenter à Monfeigneur le Dauphin , les
Couronnes qui lui font dues. L'appui de la Plateforme
étoit orné de feftons compofez de Sceptres
& de Couronnes.
La premiere Devife , un Sep de Vigne chargé
de raifins , avec cette Infcription tirée du Pfeaume
127. Sicut vitis abundans . La feconde , un
Grenadier & des Grenades , Felix prole fuâ . Les
deux autres faces étoient dediées à Monfeigneur
le Dauphin , avec l'Infcription , Sereniffimo Delphino
, & les Armes du Dauphin fermées d'une
Couronne de Dauphin à 3. branches.
La figure d'une de ces faces repréfentoit Minerve.
Les côtez de l'Appui étoient ornez de
quatre Médailles de nos Rois , dont Minerve
femblait
MARS. 1730. 809
fembloit tracer à Monfeigneur le Dauphin les
vertus heroiques , la fainteté de S. Louis , la va→
leur d'Henry IV . la juftice de Louis XIII . & la
gloire de Louis le Grand , peintes en Camayeux.
La premiere Devife , un Soleil formant un Parelie
, avec l'Infcription De lumine lucet. La ſeconde
Devife , deux grands Aigles fuivis d'un Aiglon
qui apprend à s'approcher du Soleil . Neque
imbellem progenerant aquila columbam.
La figure du milieu de l'autre face , repréfen
toit Apollon la Lyre à la main & des Livres à fes
pieds , qui comme Dieu des Sciences & des Arts,
femble demander la protection de Monfeigneur
le Dauphin , afin qu'ils fleuriffent à l'avenir comme
ils font fous le regne du Roy. Les côtez de
P'Appui étoient ornez de Feftons , compofez
d'Inftrumens fervant aux Arts Liberaux . La premiere
Devife, un Soleil Levant qui fait éclore ies
Aeurs d'un Parterre , avec cette Infcription , Re-
Treat ortu. La feconde , le Sceptre de France
avec la Fleur de Lys, & ces mots tirez du chapi
tre 48. de la Genefe , Nec auferetur sceptrum
de Juda.
La Compagnie d'Arts & Métiers fut comman
Hêe le 17. & le 20. le Régiment de Milice Bourgeoife
& la Cavalerie , prirent les armes , & le
Corps de Ville fit une nouvelle Ordonnance pour
les Illuminations & la propreté des rues . le 21 .
dès le matin la Cloche de l'Hôtel de Ville fut fonnée
la joye parut de toutes parts , & on entendit
de tous côtez des réjouiffances & des accla
mations generales. fur les 7. heures du foir le
Major de la Milice fit battre aux champs , les
Canons furent tirez , toutes les Cloches fonnerent
, & la Ville fut illuminée .
Le 22 . à 4. heures du matin ou fit une falve
de tous les Canons de la Ville & de nombre de
Boëtes
610 MERCURE DE FRANCE .
1
Boëtes ; les Cloches continuerent de forner , &
tous les peuples manifefterent leur joye par des
acclamations redoublées de Vivé le Roi , vive la
Reine , vive Monfeigneur le Dauphin. Sur les
8. heures les Maire & Echevins , Bourgeois &
Officiers fe rendirent à l'Hôtel de Ville ; ils. y fu
rent reçûs au bruit des acclamations mêlées du
fon des Tambours , Trompettes & Hautbois de
la Ville , & par la Compagnie des Arts & Métiers
en habit de ceremonie.
Le Maire de la Ville , toûjours plein de zele
pour le fervice du Roi , parla avec beaucoup d'éloquence
fur les avantages que la Ville devoit attendre
de la grace particuliere que Dieu vient
d'accorder à la France , &c. Enfuite le Corps de
Ville fe rendit en l'Eglife Cathédrale , precedé
des Gardes de S. A. S. le Prince de Conty , des
Gardes & Gagiftes de l'Hôtel de Ville , vétus de
leurs cafaques , la Compagnie des Arts & Métiers,
les Trompettes & Hautbois de la Ville les préce
doient le Régiment de la Milice Bourgeoife &
la Cavalerie ayant leurs armès hautes bordoient
les rues. La Compagnie des Arts & Métiers entra
avec le Corps de Ville au fon des Tambours
& des Trompettes dans l'Eglife de S. Pierre , dont
le Frontifpice étoit tendu & orné des Armes du
Roi , de la Reine & de Monfeigneur le Dauphin
en Broderie. Les Murs & les Piliers couverts de
Tapifferies & de Tableaux d'efpace en efpace. Le
Préfidial qui avoit à fa tête M. de Bauffan , Inrendant
& en place de l'autre côté du Corps de
Ville. M. de Foudras , Coadjuteur , officia pontificalement
au Te Deum chanté en Mufique au
bruit de differentes falves de Canons & de Boëtes,
auquel M. l'Evêque affifta . Le Régiment de Richelieu
, qui étoit en bataille fur la Place près de
Eglife, y répondit par trois décharges de Mouf
queterie
MARS. 1730. 611
queterie , & tous les Habitans par les démonftrations
d'une grande joye. Le Corps de Ville fut
régalé fplendidement à dîner avec plufieurs autres
perfonnes de diftinction chez le Maire.
:
Sur les 6. heures , les Maire , Echevins , Bourgeois
& Officiers du Corps de Ville , ſe rendirent
en l'Hôtel de Ville qui étoit illuminé en dedans
& en dehors par des Flambeaux , Bougies , Lampions
& Luftres on avoit placé à la principale.
porte de l'Hôtel de Ville & dans les Cours , plufeurs
Fontaines de vin qui coulerent tout le jour,
ainfi que celles qu'on avoit établies aux quatre
Avenues de la Place Royale & à l'Hôtel de M. le
Maire.Ledeffus de la potte de l'Hôtel deVille étoit
couvert d'un grand nombre deFlambeaux , Bougies
& Lampions, qui formoient lesArmes du Roi , de
la Reine & de Monfeigneur le Dauphin.
A 7. heures , M. l'Intendant fe rendit à l'Hôtel
de Ville; le Major fit défiler le Régiment par
Compagnies , qui fe mit en bataille fur la Place
Royale , du côté droit qu'occupoit la Cavalerie
les deux Bataillons du Régiment de Richelieu .
étoient en bataille de l'autre côté , M. de Bauffan
à la droite de M. le Maire & le Corps de Ville ,
fe rendirent à la Place Royale , précedez des Gardes
, &c. les Trompettes & Hautbois , avec la
Compagnie des Arts & Métiers , les Maffiers &
Portiers La Compagnie des Arts & Métiers fit .
P'enceinte du Feu ; M. l'Intendant & le Corps de
Ville en firent trois fois le tour. Les Gardes de
PHôtel de Ville prefenterent des Flambeaux à
M. l'Intendant , à M. le Maire , à M. le Lieutenant
Colonel du Régiment de Richelieu , à
Mrs Poignand de Lorgere & Forien, plus anciens
Pairs & Echevins ; ils allumerent le Feu , au bruit
des Canons , des Tambours Hautbois & Trompettes
. M. l'Intendant & Mrs de l'Hôtel de Ville
Le
612 MERCURE
DE FRANCE
.
fe rendirent au Logis de M. Rigoumier, Echevin,
LaSymphonie étoit placée fur un desAmphithéatres
qu'on avoit fait conftruire autour de la Place
Royale. Le devant du Logis de M. Rigoumier
étoit illuminé de Flambeaux , Bougies & Lampions
, qui par leurs difpofitions repréfentoient
les Armes du Roi , de la Reine & de Monfeigneur
le Dauphin ; Madame l'Intendante , accompagnée
d'un grand nombre de Dames de
condition , s'y étoit rendue , Mrs de Ville leur
frent fervir quantité de Rafraîchiffemens & les
régalerent d'uneSymphonie à laquelle répondirent
les Trompettes , Fifres & Tambours. Le Feu
d'artifice commença fur les 7. heures & demie
& fut varié par differentes figures , d'une grande
quantité de Gerbes , de Flambeaux , de Pots à
Feu , de Soleils , & de tout ce que l'art peut inventer
; un prodigieux mêlange de Fufées de
toutes efpeces partoient continuellement de ce
Feu, qui dura près de 2. heures pendant lefquelles
il fut fait trois décharges de l'Artillerie . Après
le Feu, M.le Maire , toûjours animé de la même
ardeur donna un magnifique foupé au Corps de
Ville & aux Officiers de la Milice Bourgeoife; les
Officiers du Régiment de Richelieu & plufieurs
perfonnes de confideration refterent chez M. l'Intendant
, qui fit fervir plufieurs tables , avec´autant
de gout que de magnificence , &c. Les Habitans
commencerent leurs Illuminations auffi-
τότ que l'artifice eut été tiré , les ruës furent remplies
de feux , toutes les fenêtres couvertes de
Lampions & d'autres lumieres ; les rues pleines
d'un Peuple infini retentirent pendant toute la
nuit de cris d'allegreffe.
avec impatience les ordres de faire éclater leur joye
à l'heureufe
MAR S. 1736.
607
>
Pheureuſe Naiffance de Monfeigneur le Dauphin ,
qui met le comble aux defirs de la France , & rem
plit les voeux de tous les peuples , les reçûrent le
12. Septembre. M. Babinet , Maire , & Mrs. les
Echevins les communiquerent à M. de Bauffan
Intendant de la Province, qui venoit de recevoir
les mêmes ordres , le Te Deum fut indiqué par
M. l'Evêque au 22. & le Feu de joye au même
jour. Mrs du Corps de Ville firent travailler aux
préparatifs d'un Feu dont la décoration repré →
fentoit le Temple de la Felicité. Il étoit à l'Italienne,
à quatre faces , de 18. piés en quarré , &
de 19. d'élevation , terminé par une Plate- forme
couronnée d'un appui de 3. piés de haut. On
voyoit au milieu une Piramide fur fon Piédeſtal
de 22. piés de hauteur , peinte en marbre blanc
& jafpé , ornée dans la bafe d'Armoiries , de
Fleurs de Lys & de Dauphins. Chaque face du
Temple formoit un Arc de Triomphe , orné do
deux colomnes en marbre jafpé fur leurs Piédeftaux
en marbre blanc , le tout d'Ordre Dorique.
Les Bafes & Chapiteaux & les ornemens de
la Frife étoient en or ; le milieu de la Corniche
portoit une figure peinte fur l'appui qui couronnoit
la Plate-forme.
La face du côté de l'Hôtel de Ville repréſentoit
un Arc de Triomphe confacré au Roi , avec
cette Infcription : Regi Major Urbis & Ediles
pofuêre, mife au haut du Piédeſtal de la Piramide
avec les Armes de France. La figure du milieu
repréfentoit la Felicité couronnée de fleurs , une
main appuyée fur une Médaille où étoit peint le
Portrait du Roi , avec l'Infcription : Ludovicus
Decimus Quintus Francia Navarra Rex
ayant dans fon giron des fruits , des fleurs , des
perles , des pierreries & une Bourfe panchée d'ou
Le répandoient des Pieces de Monnoye & des
pierreries.
Los
608 MERCURE DE FRANCE .
Les côtés de l'appui de la Plate-forme étoient
ornés d'efpace en efpace de Feftons pendans de
Aeurs & de fruits , & d'autres de branches d'oliviers.
Au -deffous du Chapiteau de chaque colomne
étoit attaché un Médaillon , avec une Deviſe
en camayeux.
Le corps de la premiere Devife repréſentoit le
Roi fur fon Trône , ayant à fes côtés un jeune
enfant , repréfentant le Dauphin , & pour Inf
cription , ces mots tirés du 131. Pleaume : Filii
tui in aternum fedebunt fuper fedem tuam .
La feconde Devife repréfentoit plufieurs jeunes
Oliviers , avec l'Infcription tirée du Pfeaume 127 .
Sicut novella olivarum .
La troifiéme face étoit dédiée à la Reine , avec
cette Infcription Regina , & les Armes de France
& celles de la Reine.
La figure du milieu repréfentoit Junon couronnée
, tenant un Sceptre d'une main & de l'autre
des Couronnes. Cette Deeffe , qui felon les
Poëtes , diftribuoit les honneurs , les richeffes , la
gloire , &c. & qui préfidoit aux Mariages , paroiffoit
préfenter à Monfeigneur le Dauphin , les
Couronnes qui lui font dues. L'appui de la Plateforme
étoit orné de feftons compofez de Sceptres
& de Couronnes.
La premiere Devife , un Sep de Vigne chargé
de raifins , avec cette Infcription tirée du Pfeaume
127. Sicut vitis abundans . La feconde , un
Grenadier & des Grenades , Felix prole fuâ . Les
deux autres faces étoient dediées à Monfeigneur
le Dauphin , avec l'Infcription , Sereniffimo Delphino
, & les Armes du Dauphin fermées d'une
Couronne de Dauphin à 3. branches.
La figure d'une de ces faces repréfentoit Minerve.
Les côtez de l'Appui étoient ornez de
quatre Médailles de nos Rois , dont Minerve
femblait
MARS. 1730. 809
fembloit tracer à Monfeigneur le Dauphin les
vertus heroiques , la fainteté de S. Louis , la va→
leur d'Henry IV . la juftice de Louis XIII . & la
gloire de Louis le Grand , peintes en Camayeux.
La premiere Devife , un Soleil formant un Parelie
, avec l'Infcription De lumine lucet. La ſeconde
Devife , deux grands Aigles fuivis d'un Aiglon
qui apprend à s'approcher du Soleil . Neque
imbellem progenerant aquila columbam.
La figure du milieu de l'autre face , repréfen
toit Apollon la Lyre à la main & des Livres à fes
pieds , qui comme Dieu des Sciences & des Arts,
femble demander la protection de Monfeigneur
le Dauphin , afin qu'ils fleuriffent à l'avenir comme
ils font fous le regne du Roy. Les côtez de
P'Appui étoient ornez de Feftons , compofez
d'Inftrumens fervant aux Arts Liberaux . La premiere
Devife, un Soleil Levant qui fait éclore ies
Aeurs d'un Parterre , avec cette Infcription , Re-
Treat ortu. La feconde , le Sceptre de France
avec la Fleur de Lys, & ces mots tirez du chapi
tre 48. de la Genefe , Nec auferetur sceptrum
de Juda.
La Compagnie d'Arts & Métiers fut comman
Hêe le 17. & le 20. le Régiment de Milice Bourgeoife
& la Cavalerie , prirent les armes , & le
Corps de Ville fit une nouvelle Ordonnance pour
les Illuminations & la propreté des rues . le 21 .
dès le matin la Cloche de l'Hôtel de Ville fut fonnée
la joye parut de toutes parts , & on entendit
de tous côtez des réjouiffances & des accla
mations generales. fur les 7. heures du foir le
Major de la Milice fit battre aux champs , les
Canons furent tirez , toutes les Cloches fonnerent
, & la Ville fut illuminée .
Le 22 . à 4. heures du matin ou fit une falve
de tous les Canons de la Ville & de nombre de
Boëtes
610 MERCURE DE FRANCE .
1
Boëtes ; les Cloches continuerent de forner , &
tous les peuples manifefterent leur joye par des
acclamations redoublées de Vivé le Roi , vive la
Reine , vive Monfeigneur le Dauphin. Sur les
8. heures les Maire & Echevins , Bourgeois &
Officiers fe rendirent à l'Hôtel de Ville ; ils. y fu
rent reçûs au bruit des acclamations mêlées du
fon des Tambours , Trompettes & Hautbois de
la Ville , & par la Compagnie des Arts & Métiers
en habit de ceremonie.
Le Maire de la Ville , toûjours plein de zele
pour le fervice du Roi , parla avec beaucoup d'éloquence
fur les avantages que la Ville devoit attendre
de la grace particuliere que Dieu vient
d'accorder à la France , &c. Enfuite le Corps de
Ville fe rendit en l'Eglife Cathédrale , precedé
des Gardes de S. A. S. le Prince de Conty , des
Gardes & Gagiftes de l'Hôtel de Ville , vétus de
leurs cafaques , la Compagnie des Arts & Métiers,
les Trompettes & Hautbois de la Ville les préce
doient le Régiment de la Milice Bourgeoife &
la Cavalerie ayant leurs armès hautes bordoient
les rues. La Compagnie des Arts & Métiers entra
avec le Corps de Ville au fon des Tambours
& des Trompettes dans l'Eglife de S. Pierre , dont
le Frontifpice étoit tendu & orné des Armes du
Roi , de la Reine & de Monfeigneur le Dauphin
en Broderie. Les Murs & les Piliers couverts de
Tapifferies & de Tableaux d'efpace en efpace. Le
Préfidial qui avoit à fa tête M. de Bauffan , Inrendant
& en place de l'autre côté du Corps de
Ville. M. de Foudras , Coadjuteur , officia pontificalement
au Te Deum chanté en Mufique au
bruit de differentes falves de Canons & de Boëtes,
auquel M. l'Evêque affifta . Le Régiment de Richelieu
, qui étoit en bataille fur la Place près de
Eglife, y répondit par trois décharges de Mouf
queterie
MARS. 1730. 611
queterie , & tous les Habitans par les démonftrations
d'une grande joye. Le Corps de Ville fut
régalé fplendidement à dîner avec plufieurs autres
perfonnes de diftinction chez le Maire.
:
Sur les 6. heures , les Maire , Echevins , Bourgeois
& Officiers du Corps de Ville , ſe rendirent
en l'Hôtel de Ville qui étoit illuminé en dedans
& en dehors par des Flambeaux , Bougies , Lampions
& Luftres on avoit placé à la principale.
porte de l'Hôtel de Ville & dans les Cours , plufeurs
Fontaines de vin qui coulerent tout le jour,
ainfi que celles qu'on avoit établies aux quatre
Avenues de la Place Royale & à l'Hôtel de M. le
Maire.Ledeffus de la potte de l'Hôtel deVille étoit
couvert d'un grand nombre deFlambeaux , Bougies
& Lampions, qui formoient lesArmes du Roi , de
la Reine & de Monfeigneur le Dauphin.
A 7. heures , M. l'Intendant fe rendit à l'Hôtel
de Ville; le Major fit défiler le Régiment par
Compagnies , qui fe mit en bataille fur la Place
Royale , du côté droit qu'occupoit la Cavalerie
les deux Bataillons du Régiment de Richelieu .
étoient en bataille de l'autre côté , M. de Bauffan
à la droite de M. le Maire & le Corps de Ville ,
fe rendirent à la Place Royale , précedez des Gardes
, &c. les Trompettes & Hautbois , avec la
Compagnie des Arts & Métiers , les Maffiers &
Portiers La Compagnie des Arts & Métiers fit .
P'enceinte du Feu ; M. l'Intendant & le Corps de
Ville en firent trois fois le tour. Les Gardes de
PHôtel de Ville prefenterent des Flambeaux à
M. l'Intendant , à M. le Maire , à M. le Lieutenant
Colonel du Régiment de Richelieu , à
Mrs Poignand de Lorgere & Forien, plus anciens
Pairs & Echevins ; ils allumerent le Feu , au bruit
des Canons , des Tambours Hautbois & Trompettes
. M. l'Intendant & Mrs de l'Hôtel de Ville
Le
612 MERCURE
DE FRANCE
.
fe rendirent au Logis de M. Rigoumier, Echevin,
LaSymphonie étoit placée fur un desAmphithéatres
qu'on avoit fait conftruire autour de la Place
Royale. Le devant du Logis de M. Rigoumier
étoit illuminé de Flambeaux , Bougies & Lampions
, qui par leurs difpofitions repréfentoient
les Armes du Roi , de la Reine & de Monfeigneur
le Dauphin ; Madame l'Intendante , accompagnée
d'un grand nombre de Dames de
condition , s'y étoit rendue , Mrs de Ville leur
frent fervir quantité de Rafraîchiffemens & les
régalerent d'uneSymphonie à laquelle répondirent
les Trompettes , Fifres & Tambours. Le Feu
d'artifice commença fur les 7. heures & demie
& fut varié par differentes figures , d'une grande
quantité de Gerbes , de Flambeaux , de Pots à
Feu , de Soleils , & de tout ce que l'art peut inventer
; un prodigieux mêlange de Fufées de
toutes efpeces partoient continuellement de ce
Feu, qui dura près de 2. heures pendant lefquelles
il fut fait trois décharges de l'Artillerie . Après
le Feu, M.le Maire , toûjours animé de la même
ardeur donna un magnifique foupé au Corps de
Ville & aux Officiers de la Milice Bourgeoife; les
Officiers du Régiment de Richelieu & plufieurs
perfonnes de confideration refterent chez M. l'Intendant
, qui fit fervir plufieurs tables , avec´autant
de gout que de magnificence , &c. Les Habitans
commencerent leurs Illuminations auffi-
τότ que l'artifice eut été tiré , les ruës furent remplies
de feux , toutes les fenêtres couvertes de
Lampions & d'autres lumieres ; les rues pleines
d'un Peuple infini retentirent pendant toute la
nuit de cris d'allegreffe.
Fermer
Résumé : A Poitiers, [titre d'après la table]
En septembre 1736, Poitiers a célébré la naissance du Dauphin avec des festivités organisées par les autorités locales, dirigées par M. Babinet, Maire, et les Échevins, ainsi que M. de Bauffremont, Intendant de la Province. Les célébrations ont culminé le 22 septembre avec un Te Deum et un feu de joie. Le Corps de Ville a préparé un feu d'artifice sous la forme d'un Temple de la Félicité, mesurant 18 pieds de côté et 19 pieds de hauteur, orné de colonnes, de fleurs de lys et de dauphins. Chaque face du temple représentait un arc de triomphe avec des inscriptions et des figures symboliques. Les préparatifs incluaient des illuminations et des festivités publiques. Le 21 septembre, la cloche de l'Hôtel de Ville a sonné, annonçant les réjouissances. Le 22 septembre, une salve de canons et des acclamations ont marqué la journée. Le Maire et les Échevins se sont rendus à l'église cathédrale pour le Te Deum, accompagnés par diverses compagnies militaires et civiles. Après la cérémonie, un dîner somptueux a été offert aux membres du Corps de Ville. En soirée, un feu d'artifice a été tiré sur la Place Royale, précédé d'une procession incluant l'Intendant et les autorités locales. Le spectacle pyrotechnique a duré près de deux heures, accompagné de décharges d'artillerie. Après le feu d'artifice, le Maire a offert un souper aux membres du Corps de Ville et aux officiers. Les habitants ont illuminé leurs fenêtres et les rues, célébrant toute la nuit avec des cris de joie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
12
p. 2310-2329
Fête donnée à l'occasion du Mariage de M. le Président Molé, [titre d'après la table]
Début :
La nuit du 21 au 22 Septembre dernier, Mathieu François Molé, Chevalier, [...]
Mots clefs :
Mathieu-François Molé, Bonne-Félicité Bernard, Maison de Molé, Samuel Bernard, Justice, Salon, Arcades, Arcade, Marbre, Balance, Yeux, Armes, Bas-reliefs, Chevalier, Couronne, Attributs de la justice, Panneaux, Bassin, Colonne, Devise
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texteReconnaissance textuelle : Fête donnée à l'occasion du Mariage de M. le Président Molé, [titre d'après la table]
La nuit du 21 au 22 Septembre dernier
, Mathieu François Molé, Chevalier,
Seigneur de Champlatreux , Luzarches ,
&c. Conseiller du Roy en tous ses Conseils
, Président du Parlement, fils de feu
Jean- Baptiste Molé , Chevalier, &c. Président
du Parlement , et de Dame Marie-
Nicole le Gorlier de Drovilly , épousa
Bonne- Félicité Bernard , fille de Samuel
Bernard , Chevalier de l'un des Ordres
du Roy , Conseiller d'Etat , Comte de
Coubert, Marquis de Merry , &c. et de
Dame Pauline Félicité de S. Chamant ,
fille de feu François de S. Chamant, Marquis
de Merry , Seigneur de Mériel , de
Saucourt, de Montabois , &c.et de Dame
Bonne de Chastelus sa veuve .
La Maison de Molé est , comme tout
le monde sait , une des plus anciennes et
des plus illustres du Parlement. Elle a
fourni dans le dernier siècle plusieurs
Grands Hommes , dont la mémoire sera
toujours en vénération , et l'on n'oubliera
OCTOBR Ë. 1733. 231º
ra jamais le nom de Mathieu Molé , qui
fut successivement Procureur Général ,
Premier Président du Parlement et Garde
des Sceaux de France ; et qui dans l'exercice
de ces différentes Charges, donna des
témoignages éclatans de zéle et d'attachement
au bien public , et à la gloire de l'Etat
, particulierement durant les troubles
de Paris. Sa principale occupation pendant
qu'il étoit Procureur Général , fut
de réprimer les désordres de l'ancienne
discipline , causez par une suite de Guerres
civiles. C'étoit un homme de probité ,
actif , vigilant et consommé dans les affaires.
M. Molé qui donne lieu à cet artiticle
, est successivement le sixième Président
à Mortier de son nom et de sa Maison
, depuis Edouard Molé , pere de Mathieu
, qui se trouvant enfermé dans Paris
et contraint par ceux de la Ligue
d'exercer la Charge de Procureur Général
, fut obligé de l'accepter , pour satisfaire
le peuple et appaiser ses cris , et à
qui le Roi Henri IV. donna cette Charge
en 1602 , pour le récompenser des grands
services qu'il lui avoit rendus. La Généalogie
de la Maison de Molé , se trouve
dans le P. Anselme , derniere Edition ,
tome 6. page $ 70.
La nouvelle Fête que M. le Chevalier
I iiij
Ber2311
MERCURE DE FRANCE ་
Bernard donna à l'occasion de ce second
mariage , ne fut ni moins magnifique ni
moins brillante que celle qu'il donna le
16 du mois d'Août dernier , pour le mariage
de M. et de Mde la Marquise de
Mirepoix , dont nous avons parlé dans
le Mercure précédent.
Elle commença comme la premiere ,
par un Concert , composé des mêmes
Voix et Instrumens ; il n'y eut rien de
changé à l'ordre et au dessein de l'illumination;
sur quoi nous renvoyons à la description
que nous en avons déja faite.
On soupa sur les neuf heures dans une
nouvelle Sale , construite dans le même
Jardin , et dont la décoration tant intéricure
, qu'extérieure ne ressembloit en
rien à celle de la premiere . Le Chevalier
Servandoni , Peintre et Architecte du
Roy , à qui M. Bernard en avoit confié
l'entreprise , y donna une preuve écla
tante de son génie et de son goût singu
lier pour ces sortes d'Ouvrages .
Le Frontispice offroit aux yeux une Architecture
rustique en bossage , d'une
vetusté majestueuse et simple , representant
la façade d'un ancien Palais , au
milieu de laquelle étoit une grande Arcade
, formée par des pierres de taille
d'inégales grandeurs , et saillantes d'environ
OCTOBRE. 1733. 2313
viron quatre pouces. Les deux fenêtres
à côté de l'Arcade étoient dans le même
goût , et portoient chacune une corniche
et un fronton surmonté d'une étoile'
en saillie qui paroissoit détachée du mur.
Au-dessus de l'Arcade régnoit d'un bout
à l'autre de la façade une corniche soutenant
un fronton qui servoit de couronnement
, et dans le timpan duquel on
voyoit un Cartouche avec les Armes des
nouveaux Epoux, surmontées du Mortier
avec la Couronne et le Manteau Ducal
pour soûtien deux Cornes d'abondance
renversées.
La Décoration interieure representoit
un Salon des plus superbes , orné d'Arcades
, de Colonnes , de Figures allegoriques
, de Bas - reliefs , de Médaillons , de
Cartels et de Trophées. Tout y avoit un
rapport marqué au nom et à la dignité
de M. Molé et de ses illustres Ancêtres .
Les Attributs de la Justice y étoient pa
tout exposez d'une maniere variée et in
genieuse , ce qui a fait nommer ce beau
Lieu le Salon de Themis.
- Ce Salon qui formoit un quarré long
de 12 toises et demie de longueur sur
7toises et demie de largeur , et de 6 toises
et demie de hauteur , étoit en marbré
blanc veiné , et ouvert par 12 Arcades.
Ly de
2314 MERCURE DE FRANCE
de 19 pieds de haut sur 8 de large , dis
tribuées par trois , sur chacun des quatre
côrez . Les Ceintres , ou Archivotes.
de ces Arcades soûtenoient chacun deux
figures de Femme couchées , en marbre
blanc , plus grandes que le naturel , et
qui exprimoient differens Attributs de
la Justice . Elles étoient au nombre de 24.
réduites à douze , parce qu'elles étoient
chacune repetées deux fois. On voyoit la
premiere tenant entre les mains une Base
sur laquelle étoit representée une Ville
pour faire entendre que la Justice est le
vrai fondement de toutes les societez .
"
La deuxième tenoit un Gouvernail
pour marquer qu'il n'y a que la Justice
qui puisse maintenir les Villes et les
Etats dans la tranquillité et la sûreté.
La troisième , les yeux attachés sur un
Livre , tenoit un Equerre de la main
droite , pour signifier l'attention que
les Magistrats doivent donner à l'Etude
des Loix , et l'équité avec laquelle ils
doivent agir.
La quatriéme tenoit une Balance
symbole de l'éxactitude et de la précision
des Magistrats , en pesant les divers.
interêts des hommes , et décidant sur
leurs vies et sur leurs biens,
La cinquième tenoit un plomb sus
pendu
OCTOBR E. 1733. 2315
pendu au bout d'un cordon , pour donner
à connoître qu'un Juge ne peut pas
être en état de rendre la justice , qu'il
ne se soit bien instruit des causes , et
qu'il n'en ait approfondi toutes les circonstances.
La sixième , qui étoit nuë avec un
Soleil sur la tête , representoit la Verité
qui doit être découverte et éclairer la
Justice.
La septième , superbement vêtuë ,
portoit une Couronne et un Sceptre , et
avoit la main sur un Globe , par où on
a voulu faire entendre que la Justice est
sur la terre comme la dépositaire de la
puissance divine.
La huitième, tenoit sur ses genoux un
Enfant qu'elle allaitoit , pour exprimer
que la Justice doit prendre pour ceux
qui ont recours à elle , les tendres sentimens
d'une mere , et devenir en quelque
sorte la nourice des peuples.
La neuviéme tenoit une Bride , pour
montrer que la Justice met un frein à
Pinsolence des méchans , et les empêche
de nuire.
*
La dixième , qui portoit un Faisceau
avec la hache , signifioit que la Justice
est armée pour punir les coupables et
deffendre les innocens.-
I vj
La
2316 MERCURE DE FRANCE
La onzième se couvroit les yeux d'un
bandeau , pour faire connoître que la
Justice doit fermer les yeux à la faveur
et au crédit , pour ne les ouvrir que sur
les Loix et l'équité lui prescri
ce que
vent.
La douzième enfin paroissoit se boucher
une oreille d'une main , et montrer
l'autre ouverte , pour exprimer l'impartialité
de la Justice , qui doit tout
écouter sans se laisser prévenir,
Le pourtour du Salon étoit decoré de
24 colonnes en relief , en bréche violette
, d'ordre Ionique , de 18 pieds de
haut , y compris Bases et Chapiteaux ,
sur deux pieds de diametre. Elles portoient
leur entablement , et elles étoient
posées à côté des Arcades sur des piedestaux
de quatre pieds de hauteur, dont
les paneaux aussi en brèche violette , les
Bases et Chapiteaux dorés ; elies avoient
chacune , au tiers de la hauteur , un
bandeau richement orné , soûtenant une
tige dorée à cinq branches , garnies de
bougies. A la place du Fleuron des chapiteaux
, étoit une Etoile , qui est une
piéce des Armes de M. Bernard et de
M. Molé .
Dans les quatre Entre colonnes des
grands côtés , qui avoient 7 pieds de
large
OCTOBRE . 1733. 2317
large , d'une Arcade à l'autre , on voyoit .
huit Bas reliefs en Marbre blanc , entourés
de Festons en fleurs artificielles ,
dont quatre étoient sous les Impos.es , et
quatre au-dessus.
1
2
·
Les quatre Bas reliefs sous les Impostes
, avoient chacun huit pieds de
haut sur 4 de large , representant les
principaux Attributs de la Justice , er
étoient couronnés chacun par un Cartel
ovale , dont les ornemens étoient dorés ,
et sur le fond , peint en émeraude , on'
lisoit des Inscriptions ou Devises latines:
relatives aux sujets exprimés dans les Basreliefs
.
Dans le premier on voyoit la Justice
sous la figure d'une Femme assise sur une
base quarrée , une Balance en équilibre.
à la main , la tête et le visage voilés , et
portant une Couronne par dessus son
voile. A ses pieds étoient , d'un côté un
Barbare , tenant une chaîne d'une main ,
et un poignard de l'autre , et paroissant
vouloir lui faire violence , et de l'autrecôté
une femme en action soumise , qui
pour la fléchir , lui offroit un vase plein
d'or , sur lequel la Justice posoit dédaigneusement
le pied , pour signifier que
la seule équité doit dicter ses jugemens ,
et qu'elle ne doit ni se laisser ébranler
par
2318 MERCURE DE FRANCE
par les menaces ,
ni se laisser corrompre
par les promesses : On lisoit dans le
Cartel , au- dessus de ce Bas- relief. Fatta
aquato examine pendit.
Dans le 2 Bas relief , la Justice sous.
la figure d'une Femme aîlée , paroissoit
descendre avec rapidité , la Foudre à la
main , pour terrasser un Cyclope que
l'on voyoit renversé à ses pieds , par où
on a voulu marquer qu'il appartient à la
Justice de punir les coupables , et d'être
la vangeresse des violentes oppressions ,
ce qui étoit exprimé dans le Cartel par
la devise : Quatit sontes accinctaflagello.
Le Sujet du 3 Bas - relief étoit un Roi
assis sur un Trône , la Couronne antique
sur la tête , et le Sceptre à la main , en
action de prononcer un jugement. A sa
gauche la Justice ayant devant elle une
Balance posée sur la base du Trône
sembloit le soûtenir. De l'autre côté
Minerve avec un Casque , la Lance et le
Bouclier , exprimoit d'une maniere sensible
que la Justice et la Sagesse sont les
plus fermes appuis des Rois. La Devise
au- dessus n'avoit rapport qu'à la Justice :
Regem foliumque tuetur.
Enfin on voyoit dans le 4 Bas- relief
la Justice avec un Diadême , assise sur
un Trône et entourée de personnes
>
de
OCTOBRE . 1733. 2359
de differens âges , dont les habillemens
dénotoient l'état malheureux , et qui
sembloient applaudir et marquer leur
joye. Elle tenoit la Balance d'une main ,
et montroit de l'autre une Corne d'abondance
, pour faite entendre que la Justiçe
est la ressource la plus assûrée des
pauvres , des veuves et des orphelins
et que c'est d'elle que dépend le bonheur
et la felicité des peuples ; c'est pourquoi
on lisoit au- dessus de ce Bas - relief :
Misero tutamen in arctis.
>
Les quatre Bas- reliefs au-dessus des
Impostes , et ayant chacun 4 pieds de
haut sur 4 de large , representoient des
Enfans badinans avec les Attributs de la
Justice. Dans le premier , des enfans délioient
un Faisceau , et en rompoient les
baguettes pour en faire des fléches , ausquelles
l'Amour attachoit lui- même les
pointes.
Dans le second un de ces Amours ayant
enlevé un bassin de la Balance , et y ayant
attaché un coeur au milieu , le tenoit
élevé pour servir de but aux autres qui
s'éxerçoient à y tirer leurs féches.
Dans le troisième , l'Amour assis surun
Globe , couronné de lauriers , tenoit
son Arc d'une main , et une Balance de
Pautre ; des enfans venoient mettre à ses
pieds
2320 MERCURE DE FRANCE
pieds les Symboles de toutes les conditions
, Couronnes , Casques , Faisceaux ,
& c. l'Amour sembloit en triompher t
leur donner la loi.
Le quatriéme offroit aux yeux des Enfans
qui avoient mis dans un des bassins
de la Balance un Globe , une Couronne ,
une Epée , des Livres , des richesses , & c .
et dans l'autre un coeur percé d'une fléche.
L'Amour ayant touché l'équilibre
de la balance , le bassin où étoit ce coeur
l'emportoit sur tout le reste.
- Dans les Entre - colonnes des angles qui
Pavoient que 4 pieds de largeur , il y
avoit au dessus des impostes , quatre Médaillons
ovales en Marbre blanc , repres
sentant d'après l'Antique , les têtes des
quatre Législateurs , Numa , Minos ,
Solon et Saleucus . Et à Paplomb de ces
Médaillons , au- dessous , on voyoit quatre
Trophées en Bas - reliefs , aussi en
Marbre blanc , composés des Attributs
de la Justice , de l'Amour et de la Victoire.
Les paneaux où étoient ces Médaillons
et ces Trophées , étoient entourés
, ainsi que les autres Bas- reliefs , de
Guirlandes de fleurs artificielles . Tous
ces Bas -reliefs et toutes les Figures en
camayeu , dont nous venons de donner
Pexplication , étoient de la main du sicut
André
OCTOBRE. 1733. 2327
André , Peintre Curlandois , ils ont fait
Fadhiration des Connoisseurs les plus
difficiles , et du meilleur goût , qui en
ent trouvé la composition sage et noble ,
le dessein aussi élégant que correct , er
le clair obscur si bien entendu que toutes
ces Figures ont parû de relief , et
nous ne croyons pas que depuis Polidore
de Caravage , Disciple de Raphaël ,
on ait rien vû de mieux en ce genre.
Les douze Arcades dont le Salon étoit
percé , à l'exception de celle de la principale
d'entrée , et de celle du fond ,
avoient chacune deux portieres , ou rideaux
de Satin verd , garnis de galons
et de franges d'or , et relevés en pavillons
par des cordons et des glands avec
beaucoup de goût. Celle du fond , visà
vis l'entrée , étoit en niche , peinte en
Marbre précieux , ayant 14 pieds de
haut sur 6 de large , le fond revêtu de
congellations en or. La Base de cette
Niche étoit un pied de Fontaine à pans ,
du même Marbre , orné de Festons et
de Consoles dorées de 4 pieds de haut
sur 9 de large , 7 d'enfoncement , et plus
de trois pieds de saillie. La surface de
cette Fontaine formoit un bassin revêtu
de plomb , de huit pouces de profondeur.
Da
222 MERCURE DE FRANCE
Du milieu de ce bassin s'élevoit une
tige ou pied droit , portant deux Coupes
, ou Coquilles dorées , d'inegale
grandeur la plus petite étoit la plus
élevée de celle ci sortoit uue grosse gerbe
d'eau vive , qui retombant en nappe
dans l'autre coquille , et de- là dans le
Bassin , formoit une cascade très - abondante
, et dont la vuë fit d'autant plus
de plaisir , qu'on devoit moins s'atten
dre à la trouver dans ce Salon.
Le pied qui soutenoit la premiere Coquille
étoit revêtu de trois mufles dorés ,
jettant de l'eau dans le Bassin , du milieu
duquel s'élevoient encore sept Jets d'eau ,
dont l'inégale hauteur formoit une figure
pyramidale. Celui du milieu s'élançoir
jusques dans la coquille d'en haut , et les
six autres retomboient inégalement dans
celle de dessous.
Au-dessus de la Gerbe , étoit suspendue
une Ancre d'argent , jettant de l'eau
par les deux pointes , et cette Ancre
étoit surmontée d'une Etoile lumineuse
de cristal , qui jettoit aussi de l'eau de
tous les côtez , ensorte qu'elle paroissoit
être au milieu d'un Soleil d'eau , ce qui
figuroit avec beaucoup d'artifice le blazon
des Armes de M. Bernard.
Le ceintre de la Niche étoit couvert
d'une
OCTOBRE . 1733. 2323
d'une Banderole peinte en émeraude , sur
laquelle on lisoit cette Devise : In patriam
populumque fluxit.
Sous les deux Arcades à côté de là
Niche étoient deux Buffets pour la distribution
du Vin , des Liqueurs , & c.
et au-dessus deux Tribunes avec des
Balustrades dorées à hauteur d'appui.
Les quatre Arcades aux extrêmitez des
grands côtez étoient entierement ouvertes.
A la premiere , à droite , aboutissoit
la Galerie couverte , qui communiquoit
de plein pied aux Appartemens du rezde
chaussée . Elle étoit tapissée de Damas
cramoisi , galonné d'or au dessus d'un
lambri à paneaux , et oruée de Trumeaux,
de Glaces , et de Girandoles . On avoit
pratiqué derriete les deux grands côtez
du Salon , des Galeries de sept pieds de
largeur , lambrissées , et richement tapissées
, qui communiquoient d'une Arcade
à l'autre , et l'on voyoit au fond de
chacune de ces Arcades des Tables de
Marbre , des Glaces , des Lustres ,
Torcheres et des Girandoles ce qui
trompoit agréablement les yeux , et faisoit
croire que ces Arcades formoient les
entrées d'autant d'Appartemens differens.
›
des
L'Arcade du milieu du grand côté , à
gauche
2324 MERCURE DE FRANCE
›
gauche , étoit fermé par un grand pa
neau de glaces , qui répétoient le Salon
dans toute son étenduë et celle qui
étoit vis à- vis à droite , étoit seulement
vitrée , pour donner passage au jour , et
laisser à un grand nombre de Spectateurs
la liberté de jouir du Spectacle du
Salon .
Les deux Arcades à côté de celle d'entrée
, embrassoient les deux- croisées vitrées
dont on a parlé en décrivant le
Frontispice,
Frontispice . Les fonds des Arcades ou
vertes ,des Tribunes et des Buffets étoient
meublés de Damas cramoisi , galonné
d'or.
en
La Frise qui régnoit tout autour du
Salon étoit ainsi que les Colonnes
bréche violette . Les ornemens de l'Architrave
et de la Corniche , selon l'ordre
Ionique , étoient en or. Au - dessus du
milieu des Arcades étoient différens
Cartouches d'Armes et Cartels de Devises
dorés en relief. Les Armes y étoient
blasonnées avec les émaux et couleurs propres,
et les devises étoient écrites dans les
carrels sur un fond vert. On voyoit les
armes des nouveaux Epoux répétées avec
tous leurs attributs et ornées de Guirlanlandes
de fleurs , en trois differens , endroits
; au dessus de l'Arcade de la Fontaine
,
OCTOBRE . 1733 2325
taine , et au dessus des Arcades du milieu
des deux grands côtez , celles de M. Bernard
étoient au dessus de l'Arcade d'entrée.
Dans le cartel posé sur l'Arcade à
gauche de la Fontaine , on lisoit cette devise
M. Molé : Hares virtutis avita.
pour
Sur l'Arcade voisine du grand côté ,
cellec- cy qui regardoit les deux époux :
trajecit utrumque sagitta.
Les deux qui étoient sur les mêmes Arcades
, de l'autre côté , convenoient à la
jeune Epouse : La premiere étoit : Magno
Patre nata puella est ; et la seconde : Quam
jocus Circumvolat et cupido.
La devise qui étoit sur l'Arcade à droi
te des Armes de M.Bernard , exprimée en
ces termes : Illum aget fama superstes , annonçoit
que ses grandes qualitez feroient
passer sa mémoire à la postérité ; et pour
marquer le noble usage qu'il fait de son
bien , on avoit mis au dessus de l'Arcade
de la Galerie des Appartemens : Beata
pleno copia cornu . Sur les mêmes Arcades,
du côté opposé , on lisoit ces deux devises
: Serus in coelum redeas , et Hic ames
dici pater, exprimoient les voeux de la famille
de M. Bernard , pour sa conservation
et la durée de ses jours .
Rien n'étoit plus brillant que le Plafond
de ce superbe Salon. Il avoit 25 .
pieds
2326 MERCURE DE FRANCE
pieds d'élevation et étoit composé de
plusieurs Travées en compartimens, alignées
d'une colonne à l'autre , et les
compartimens étoient formez par des Paneaux
quarrez et octogones , régulierement
assemblez , dont le milieu , les
moulures et les ornemens étoient en or.
Les Paneaux octogones avoient au centre
une grosse Etoile d'argent , et ils étoient
tous séparez les uns des autres , suivant
les lignes de leur direction aux colomdes
Guirlandes de fleurs peintes
par
au naturel, et par de grosses Roses dorées
en relief , qui couvroient les angles des
Paneaux , ce qui produisoit aux yeux un
effet aussi riche que varić ; ce Plafond,
aussi bien que l'Architecture de la façade
, avoit été peint par le sieur Pietre ,
Vénitien , très - habile en ce genre . C'est
le sieur Chouasse , qui a fait tous les
Ouvrages de Sculpture.
nes ,
Dans le milieu du Salon étoit la même
Table en fer à cheval qui avoit servi
pour la premiere Nôce. L'Illumination
de ce Salon répondoit parfaitement à la
magnificence de la Décoration ; il étoit
éclairé de toutes parts par un grand nombre
de Lustres et de Girandoles , dont
il est aisé d'imaginer le brillant effet.
Les Conviez descendirent dans le Salon
;
OCTOBRE . 1733. 2327
ion , comme à la précédente Nôce , au
bruit des Timbales et Trompettes, L'Assemblée
ne fut ni moins nombreuse , ni
moins brillante ; les Ministres , les principaux
Seigneurs et Dames de la Cour y
assisterent. La magnificence du Chevalier
Bernard fut également admirée dans
l'abondance , la varieté et la délicatesse
des mets et des vins qui furent servis,
>
On avoit disposé dans trois endroits
differens du Salon , trois corps de Symphonie
, l'un de Violons , Haut- bois et
Flutes , l'autre de Trompettes ct Timbales
, et le dernier de Cors de - Chasse
lesquels se répondant alternativement les
uns aux autres pendant tout le souper
et se joignant au murmure des Eaux de la
Cascade , flaterent agréablement l'oreille.
Au premier Service les sieurs Charpen
tier et Danguy , habillez en Bergers , entrerent
dans le Fer- à- cheval , le premier
joüant de la Musette , et l'autre de la
Viele. La Dlle Salé , célebre Danseuse ,
très- galamment vétuë en Bergere , vint
se placer entre eux deux ; elle sembloit
exprimer son étonnement et leur demander
la cause d'une Fête si superbe . Les
deux Bergers la conduisirent auprès de
Ma nouvelle Epouse , à qui elle présenta
un magnifique Bouquet. Elle continua
de
2328 MERCURE DE FRANCE
guant
de former quelques . Pas de danse , feide
chercher encore une autre personne
, et s'arrêta vis- à - vis la place qu'oc◄
cupoit M. Bernard ; elle lui présenta un
autre Bouquet , après quoi elle se retira.
Elle revint au dessert , pendant lequel
elle dansa differentes Entrées dans la plus
grande perfiction et avec des applaudissemens
infinis.
On sortit de table à minuit pour se
rendre à S. Eustache , où les nouveaux
Epoux devoient être mariez. Il nous pa--
roît inutile de nous étendre sur l'Illumination
et la Décoration de l'Eglise . Tout
Paris en a été témoin , et d'ailleurs nous.
n'aurions rien à ajoûter à ce que nous en
avons dit dans le dernier Mercure.
..Ce fut encore M. le Curé de S. Eusta
che qui fit la célebration du Mariage
et pendant tout le temps qu'elle dura
on entendit le bruit des Timbales et des
Trompettes , mêlé avec l'harmonie de
l'Orgue.
Nous avions intention d'ajoûter à cette
Description quelques Estampes , pour
donner au Lecteur une idée de ce superbe
Salon de Thémis , comme nous l'avons
fait pour le Temple de Mars , mais let
peu de temps que nous avons eu pour
faire graver ces Morceaux dans la perfection
OCTOBRE . 1733. 2325
fection qu'ils auroient demandé , ne nous
a pas permis de donner cette satisfaction
au Public.
, Mathieu François Molé, Chevalier,
Seigneur de Champlatreux , Luzarches ,
&c. Conseiller du Roy en tous ses Conseils
, Président du Parlement, fils de feu
Jean- Baptiste Molé , Chevalier, &c. Président
du Parlement , et de Dame Marie-
Nicole le Gorlier de Drovilly , épousa
Bonne- Félicité Bernard , fille de Samuel
Bernard , Chevalier de l'un des Ordres
du Roy , Conseiller d'Etat , Comte de
Coubert, Marquis de Merry , &c. et de
Dame Pauline Félicité de S. Chamant ,
fille de feu François de S. Chamant, Marquis
de Merry , Seigneur de Mériel , de
Saucourt, de Montabois , &c.et de Dame
Bonne de Chastelus sa veuve .
La Maison de Molé est , comme tout
le monde sait , une des plus anciennes et
des plus illustres du Parlement. Elle a
fourni dans le dernier siècle plusieurs
Grands Hommes , dont la mémoire sera
toujours en vénération , et l'on n'oubliera
OCTOBR Ë. 1733. 231º
ra jamais le nom de Mathieu Molé , qui
fut successivement Procureur Général ,
Premier Président du Parlement et Garde
des Sceaux de France ; et qui dans l'exercice
de ces différentes Charges, donna des
témoignages éclatans de zéle et d'attachement
au bien public , et à la gloire de l'Etat
, particulierement durant les troubles
de Paris. Sa principale occupation pendant
qu'il étoit Procureur Général , fut
de réprimer les désordres de l'ancienne
discipline , causez par une suite de Guerres
civiles. C'étoit un homme de probité ,
actif , vigilant et consommé dans les affaires.
M. Molé qui donne lieu à cet artiticle
, est successivement le sixième Président
à Mortier de son nom et de sa Maison
, depuis Edouard Molé , pere de Mathieu
, qui se trouvant enfermé dans Paris
et contraint par ceux de la Ligue
d'exercer la Charge de Procureur Général
, fut obligé de l'accepter , pour satisfaire
le peuple et appaiser ses cris , et à
qui le Roi Henri IV. donna cette Charge
en 1602 , pour le récompenser des grands
services qu'il lui avoit rendus. La Généalogie
de la Maison de Molé , se trouve
dans le P. Anselme , derniere Edition ,
tome 6. page $ 70.
La nouvelle Fête que M. le Chevalier
I iiij
Ber2311
MERCURE DE FRANCE ་
Bernard donna à l'occasion de ce second
mariage , ne fut ni moins magnifique ni
moins brillante que celle qu'il donna le
16 du mois d'Août dernier , pour le mariage
de M. et de Mde la Marquise de
Mirepoix , dont nous avons parlé dans
le Mercure précédent.
Elle commença comme la premiere ,
par un Concert , composé des mêmes
Voix et Instrumens ; il n'y eut rien de
changé à l'ordre et au dessein de l'illumination;
sur quoi nous renvoyons à la description
que nous en avons déja faite.
On soupa sur les neuf heures dans une
nouvelle Sale , construite dans le même
Jardin , et dont la décoration tant intéricure
, qu'extérieure ne ressembloit en
rien à celle de la premiere . Le Chevalier
Servandoni , Peintre et Architecte du
Roy , à qui M. Bernard en avoit confié
l'entreprise , y donna une preuve écla
tante de son génie et de son goût singu
lier pour ces sortes d'Ouvrages .
Le Frontispice offroit aux yeux une Architecture
rustique en bossage , d'une
vetusté majestueuse et simple , representant
la façade d'un ancien Palais , au
milieu de laquelle étoit une grande Arcade
, formée par des pierres de taille
d'inégales grandeurs , et saillantes d'environ
OCTOBRE. 1733. 2313
viron quatre pouces. Les deux fenêtres
à côté de l'Arcade étoient dans le même
goût , et portoient chacune une corniche
et un fronton surmonté d'une étoile'
en saillie qui paroissoit détachée du mur.
Au-dessus de l'Arcade régnoit d'un bout
à l'autre de la façade une corniche soutenant
un fronton qui servoit de couronnement
, et dans le timpan duquel on
voyoit un Cartouche avec les Armes des
nouveaux Epoux, surmontées du Mortier
avec la Couronne et le Manteau Ducal
pour soûtien deux Cornes d'abondance
renversées.
La Décoration interieure representoit
un Salon des plus superbes , orné d'Arcades
, de Colonnes , de Figures allegoriques
, de Bas - reliefs , de Médaillons , de
Cartels et de Trophées. Tout y avoit un
rapport marqué au nom et à la dignité
de M. Molé et de ses illustres Ancêtres .
Les Attributs de la Justice y étoient pa
tout exposez d'une maniere variée et in
genieuse , ce qui a fait nommer ce beau
Lieu le Salon de Themis.
- Ce Salon qui formoit un quarré long
de 12 toises et demie de longueur sur
7toises et demie de largeur , et de 6 toises
et demie de hauteur , étoit en marbré
blanc veiné , et ouvert par 12 Arcades.
Ly de
2314 MERCURE DE FRANCE
de 19 pieds de haut sur 8 de large , dis
tribuées par trois , sur chacun des quatre
côrez . Les Ceintres , ou Archivotes.
de ces Arcades soûtenoient chacun deux
figures de Femme couchées , en marbre
blanc , plus grandes que le naturel , et
qui exprimoient differens Attributs de
la Justice . Elles étoient au nombre de 24.
réduites à douze , parce qu'elles étoient
chacune repetées deux fois. On voyoit la
premiere tenant entre les mains une Base
sur laquelle étoit representée une Ville
pour faire entendre que la Justice est le
vrai fondement de toutes les societez .
"
La deuxième tenoit un Gouvernail
pour marquer qu'il n'y a que la Justice
qui puisse maintenir les Villes et les
Etats dans la tranquillité et la sûreté.
La troisième , les yeux attachés sur un
Livre , tenoit un Equerre de la main
droite , pour signifier l'attention que
les Magistrats doivent donner à l'Etude
des Loix , et l'équité avec laquelle ils
doivent agir.
La quatriéme tenoit une Balance
symbole de l'éxactitude et de la précision
des Magistrats , en pesant les divers.
interêts des hommes , et décidant sur
leurs vies et sur leurs biens,
La cinquième tenoit un plomb sus
pendu
OCTOBR E. 1733. 2315
pendu au bout d'un cordon , pour donner
à connoître qu'un Juge ne peut pas
être en état de rendre la justice , qu'il
ne se soit bien instruit des causes , et
qu'il n'en ait approfondi toutes les circonstances.
La sixième , qui étoit nuë avec un
Soleil sur la tête , representoit la Verité
qui doit être découverte et éclairer la
Justice.
La septième , superbement vêtuë ,
portoit une Couronne et un Sceptre , et
avoit la main sur un Globe , par où on
a voulu faire entendre que la Justice est
sur la terre comme la dépositaire de la
puissance divine.
La huitième, tenoit sur ses genoux un
Enfant qu'elle allaitoit , pour exprimer
que la Justice doit prendre pour ceux
qui ont recours à elle , les tendres sentimens
d'une mere , et devenir en quelque
sorte la nourice des peuples.
La neuviéme tenoit une Bride , pour
montrer que la Justice met un frein à
Pinsolence des méchans , et les empêche
de nuire.
*
La dixième , qui portoit un Faisceau
avec la hache , signifioit que la Justice
est armée pour punir les coupables et
deffendre les innocens.-
I vj
La
2316 MERCURE DE FRANCE
La onzième se couvroit les yeux d'un
bandeau , pour faire connoître que la
Justice doit fermer les yeux à la faveur
et au crédit , pour ne les ouvrir que sur
les Loix et l'équité lui prescri
ce que
vent.
La douzième enfin paroissoit se boucher
une oreille d'une main , et montrer
l'autre ouverte , pour exprimer l'impartialité
de la Justice , qui doit tout
écouter sans se laisser prévenir,
Le pourtour du Salon étoit decoré de
24 colonnes en relief , en bréche violette
, d'ordre Ionique , de 18 pieds de
haut , y compris Bases et Chapiteaux ,
sur deux pieds de diametre. Elles portoient
leur entablement , et elles étoient
posées à côté des Arcades sur des piedestaux
de quatre pieds de hauteur, dont
les paneaux aussi en brèche violette , les
Bases et Chapiteaux dorés ; elies avoient
chacune , au tiers de la hauteur , un
bandeau richement orné , soûtenant une
tige dorée à cinq branches , garnies de
bougies. A la place du Fleuron des chapiteaux
, étoit une Etoile , qui est une
piéce des Armes de M. Bernard et de
M. Molé .
Dans les quatre Entre colonnes des
grands côtés , qui avoient 7 pieds de
large
OCTOBRE . 1733. 2317
large , d'une Arcade à l'autre , on voyoit .
huit Bas reliefs en Marbre blanc , entourés
de Festons en fleurs artificielles ,
dont quatre étoient sous les Impos.es , et
quatre au-dessus.
1
2
·
Les quatre Bas reliefs sous les Impostes
, avoient chacun huit pieds de
haut sur 4 de large , representant les
principaux Attributs de la Justice , er
étoient couronnés chacun par un Cartel
ovale , dont les ornemens étoient dorés ,
et sur le fond , peint en émeraude , on'
lisoit des Inscriptions ou Devises latines:
relatives aux sujets exprimés dans les Basreliefs
.
Dans le premier on voyoit la Justice
sous la figure d'une Femme assise sur une
base quarrée , une Balance en équilibre.
à la main , la tête et le visage voilés , et
portant une Couronne par dessus son
voile. A ses pieds étoient , d'un côté un
Barbare , tenant une chaîne d'une main ,
et un poignard de l'autre , et paroissant
vouloir lui faire violence , et de l'autrecôté
une femme en action soumise , qui
pour la fléchir , lui offroit un vase plein
d'or , sur lequel la Justice posoit dédaigneusement
le pied , pour signifier que
la seule équité doit dicter ses jugemens ,
et qu'elle ne doit ni se laisser ébranler
par
2318 MERCURE DE FRANCE
par les menaces ,
ni se laisser corrompre
par les promesses : On lisoit dans le
Cartel , au- dessus de ce Bas- relief. Fatta
aquato examine pendit.
Dans le 2 Bas relief , la Justice sous.
la figure d'une Femme aîlée , paroissoit
descendre avec rapidité , la Foudre à la
main , pour terrasser un Cyclope que
l'on voyoit renversé à ses pieds , par où
on a voulu marquer qu'il appartient à la
Justice de punir les coupables , et d'être
la vangeresse des violentes oppressions ,
ce qui étoit exprimé dans le Cartel par
la devise : Quatit sontes accinctaflagello.
Le Sujet du 3 Bas - relief étoit un Roi
assis sur un Trône , la Couronne antique
sur la tête , et le Sceptre à la main , en
action de prononcer un jugement. A sa
gauche la Justice ayant devant elle une
Balance posée sur la base du Trône
sembloit le soûtenir. De l'autre côté
Minerve avec un Casque , la Lance et le
Bouclier , exprimoit d'une maniere sensible
que la Justice et la Sagesse sont les
plus fermes appuis des Rois. La Devise
au- dessus n'avoit rapport qu'à la Justice :
Regem foliumque tuetur.
Enfin on voyoit dans le 4 Bas- relief
la Justice avec un Diadême , assise sur
un Trône et entourée de personnes
>
de
OCTOBRE . 1733. 2359
de differens âges , dont les habillemens
dénotoient l'état malheureux , et qui
sembloient applaudir et marquer leur
joye. Elle tenoit la Balance d'une main ,
et montroit de l'autre une Corne d'abondance
, pour faite entendre que la Justiçe
est la ressource la plus assûrée des
pauvres , des veuves et des orphelins
et que c'est d'elle que dépend le bonheur
et la felicité des peuples ; c'est pourquoi
on lisoit au- dessus de ce Bas - relief :
Misero tutamen in arctis.
>
Les quatre Bas- reliefs au-dessus des
Impostes , et ayant chacun 4 pieds de
haut sur 4 de large , representoient des
Enfans badinans avec les Attributs de la
Justice. Dans le premier , des enfans délioient
un Faisceau , et en rompoient les
baguettes pour en faire des fléches , ausquelles
l'Amour attachoit lui- même les
pointes.
Dans le second un de ces Amours ayant
enlevé un bassin de la Balance , et y ayant
attaché un coeur au milieu , le tenoit
élevé pour servir de but aux autres qui
s'éxerçoient à y tirer leurs féches.
Dans le troisième , l'Amour assis surun
Globe , couronné de lauriers , tenoit
son Arc d'une main , et une Balance de
Pautre ; des enfans venoient mettre à ses
pieds
2320 MERCURE DE FRANCE
pieds les Symboles de toutes les conditions
, Couronnes , Casques , Faisceaux ,
& c. l'Amour sembloit en triompher t
leur donner la loi.
Le quatriéme offroit aux yeux des Enfans
qui avoient mis dans un des bassins
de la Balance un Globe , une Couronne ,
une Epée , des Livres , des richesses , & c .
et dans l'autre un coeur percé d'une fléche.
L'Amour ayant touché l'équilibre
de la balance , le bassin où étoit ce coeur
l'emportoit sur tout le reste.
- Dans les Entre - colonnes des angles qui
Pavoient que 4 pieds de largeur , il y
avoit au dessus des impostes , quatre Médaillons
ovales en Marbre blanc , repres
sentant d'après l'Antique , les têtes des
quatre Législateurs , Numa , Minos ,
Solon et Saleucus . Et à Paplomb de ces
Médaillons , au- dessous , on voyoit quatre
Trophées en Bas - reliefs , aussi en
Marbre blanc , composés des Attributs
de la Justice , de l'Amour et de la Victoire.
Les paneaux où étoient ces Médaillons
et ces Trophées , étoient entourés
, ainsi que les autres Bas- reliefs , de
Guirlandes de fleurs artificielles . Tous
ces Bas -reliefs et toutes les Figures en
camayeu , dont nous venons de donner
Pexplication , étoient de la main du sicut
André
OCTOBRE. 1733. 2327
André , Peintre Curlandois , ils ont fait
Fadhiration des Connoisseurs les plus
difficiles , et du meilleur goût , qui en
ent trouvé la composition sage et noble ,
le dessein aussi élégant que correct , er
le clair obscur si bien entendu que toutes
ces Figures ont parû de relief , et
nous ne croyons pas que depuis Polidore
de Caravage , Disciple de Raphaël ,
on ait rien vû de mieux en ce genre.
Les douze Arcades dont le Salon étoit
percé , à l'exception de celle de la principale
d'entrée , et de celle du fond ,
avoient chacune deux portieres , ou rideaux
de Satin verd , garnis de galons
et de franges d'or , et relevés en pavillons
par des cordons et des glands avec
beaucoup de goût. Celle du fond , visà
vis l'entrée , étoit en niche , peinte en
Marbre précieux , ayant 14 pieds de
haut sur 6 de large , le fond revêtu de
congellations en or. La Base de cette
Niche étoit un pied de Fontaine à pans ,
du même Marbre , orné de Festons et
de Consoles dorées de 4 pieds de haut
sur 9 de large , 7 d'enfoncement , et plus
de trois pieds de saillie. La surface de
cette Fontaine formoit un bassin revêtu
de plomb , de huit pouces de profondeur.
Da
222 MERCURE DE FRANCE
Du milieu de ce bassin s'élevoit une
tige ou pied droit , portant deux Coupes
, ou Coquilles dorées , d'inegale
grandeur la plus petite étoit la plus
élevée de celle ci sortoit uue grosse gerbe
d'eau vive , qui retombant en nappe
dans l'autre coquille , et de- là dans le
Bassin , formoit une cascade très - abondante
, et dont la vuë fit d'autant plus
de plaisir , qu'on devoit moins s'atten
dre à la trouver dans ce Salon.
Le pied qui soutenoit la premiere Coquille
étoit revêtu de trois mufles dorés ,
jettant de l'eau dans le Bassin , du milieu
duquel s'élevoient encore sept Jets d'eau ,
dont l'inégale hauteur formoit une figure
pyramidale. Celui du milieu s'élançoir
jusques dans la coquille d'en haut , et les
six autres retomboient inégalement dans
celle de dessous.
Au-dessus de la Gerbe , étoit suspendue
une Ancre d'argent , jettant de l'eau
par les deux pointes , et cette Ancre
étoit surmontée d'une Etoile lumineuse
de cristal , qui jettoit aussi de l'eau de
tous les côtez , ensorte qu'elle paroissoit
être au milieu d'un Soleil d'eau , ce qui
figuroit avec beaucoup d'artifice le blazon
des Armes de M. Bernard.
Le ceintre de la Niche étoit couvert
d'une
OCTOBRE . 1733. 2323
d'une Banderole peinte en émeraude , sur
laquelle on lisoit cette Devise : In patriam
populumque fluxit.
Sous les deux Arcades à côté de là
Niche étoient deux Buffets pour la distribution
du Vin , des Liqueurs , & c.
et au-dessus deux Tribunes avec des
Balustrades dorées à hauteur d'appui.
Les quatre Arcades aux extrêmitez des
grands côtez étoient entierement ouvertes.
A la premiere , à droite , aboutissoit
la Galerie couverte , qui communiquoit
de plein pied aux Appartemens du rezde
chaussée . Elle étoit tapissée de Damas
cramoisi , galonné d'or au dessus d'un
lambri à paneaux , et oruée de Trumeaux,
de Glaces , et de Girandoles . On avoit
pratiqué derriete les deux grands côtez
du Salon , des Galeries de sept pieds de
largeur , lambrissées , et richement tapissées
, qui communiquoient d'une Arcade
à l'autre , et l'on voyoit au fond de
chacune de ces Arcades des Tables de
Marbre , des Glaces , des Lustres ,
Torcheres et des Girandoles ce qui
trompoit agréablement les yeux , et faisoit
croire que ces Arcades formoient les
entrées d'autant d'Appartemens differens.
›
des
L'Arcade du milieu du grand côté , à
gauche
2324 MERCURE DE FRANCE
›
gauche , étoit fermé par un grand pa
neau de glaces , qui répétoient le Salon
dans toute son étenduë et celle qui
étoit vis à- vis à droite , étoit seulement
vitrée , pour donner passage au jour , et
laisser à un grand nombre de Spectateurs
la liberté de jouir du Spectacle du
Salon .
Les deux Arcades à côté de celle d'entrée
, embrassoient les deux- croisées vitrées
dont on a parlé en décrivant le
Frontispice,
Frontispice . Les fonds des Arcades ou
vertes ,des Tribunes et des Buffets étoient
meublés de Damas cramoisi , galonné
d'or.
en
La Frise qui régnoit tout autour du
Salon étoit ainsi que les Colonnes
bréche violette . Les ornemens de l'Architrave
et de la Corniche , selon l'ordre
Ionique , étoient en or. Au - dessus du
milieu des Arcades étoient différens
Cartouches d'Armes et Cartels de Devises
dorés en relief. Les Armes y étoient
blasonnées avec les émaux et couleurs propres,
et les devises étoient écrites dans les
carrels sur un fond vert. On voyoit les
armes des nouveaux Epoux répétées avec
tous leurs attributs et ornées de Guirlanlandes
de fleurs , en trois differens , endroits
; au dessus de l'Arcade de la Fontaine
,
OCTOBRE . 1733 2325
taine , et au dessus des Arcades du milieu
des deux grands côtez , celles de M. Bernard
étoient au dessus de l'Arcade d'entrée.
Dans le cartel posé sur l'Arcade à
gauche de la Fontaine , on lisoit cette devise
M. Molé : Hares virtutis avita.
pour
Sur l'Arcade voisine du grand côté ,
cellec- cy qui regardoit les deux époux :
trajecit utrumque sagitta.
Les deux qui étoient sur les mêmes Arcades
, de l'autre côté , convenoient à la
jeune Epouse : La premiere étoit : Magno
Patre nata puella est ; et la seconde : Quam
jocus Circumvolat et cupido.
La devise qui étoit sur l'Arcade à droi
te des Armes de M.Bernard , exprimée en
ces termes : Illum aget fama superstes , annonçoit
que ses grandes qualitez feroient
passer sa mémoire à la postérité ; et pour
marquer le noble usage qu'il fait de son
bien , on avoit mis au dessus de l'Arcade
de la Galerie des Appartemens : Beata
pleno copia cornu . Sur les mêmes Arcades,
du côté opposé , on lisoit ces deux devises
: Serus in coelum redeas , et Hic ames
dici pater, exprimoient les voeux de la famille
de M. Bernard , pour sa conservation
et la durée de ses jours .
Rien n'étoit plus brillant que le Plafond
de ce superbe Salon. Il avoit 25 .
pieds
2326 MERCURE DE FRANCE
pieds d'élevation et étoit composé de
plusieurs Travées en compartimens, alignées
d'une colonne à l'autre , et les
compartimens étoient formez par des Paneaux
quarrez et octogones , régulierement
assemblez , dont le milieu , les
moulures et les ornemens étoient en or.
Les Paneaux octogones avoient au centre
une grosse Etoile d'argent , et ils étoient
tous séparez les uns des autres , suivant
les lignes de leur direction aux colomdes
Guirlandes de fleurs peintes
par
au naturel, et par de grosses Roses dorées
en relief , qui couvroient les angles des
Paneaux , ce qui produisoit aux yeux un
effet aussi riche que varić ; ce Plafond,
aussi bien que l'Architecture de la façade
, avoit été peint par le sieur Pietre ,
Vénitien , très - habile en ce genre . C'est
le sieur Chouasse , qui a fait tous les
Ouvrages de Sculpture.
nes ,
Dans le milieu du Salon étoit la même
Table en fer à cheval qui avoit servi
pour la premiere Nôce. L'Illumination
de ce Salon répondoit parfaitement à la
magnificence de la Décoration ; il étoit
éclairé de toutes parts par un grand nombre
de Lustres et de Girandoles , dont
il est aisé d'imaginer le brillant effet.
Les Conviez descendirent dans le Salon
;
OCTOBRE . 1733. 2327
ion , comme à la précédente Nôce , au
bruit des Timbales et Trompettes, L'Assemblée
ne fut ni moins nombreuse , ni
moins brillante ; les Ministres , les principaux
Seigneurs et Dames de la Cour y
assisterent. La magnificence du Chevalier
Bernard fut également admirée dans
l'abondance , la varieté et la délicatesse
des mets et des vins qui furent servis,
>
On avoit disposé dans trois endroits
differens du Salon , trois corps de Symphonie
, l'un de Violons , Haut- bois et
Flutes , l'autre de Trompettes ct Timbales
, et le dernier de Cors de - Chasse
lesquels se répondant alternativement les
uns aux autres pendant tout le souper
et se joignant au murmure des Eaux de la
Cascade , flaterent agréablement l'oreille.
Au premier Service les sieurs Charpen
tier et Danguy , habillez en Bergers , entrerent
dans le Fer- à- cheval , le premier
joüant de la Musette , et l'autre de la
Viele. La Dlle Salé , célebre Danseuse ,
très- galamment vétuë en Bergere , vint
se placer entre eux deux ; elle sembloit
exprimer son étonnement et leur demander
la cause d'une Fête si superbe . Les
deux Bergers la conduisirent auprès de
Ma nouvelle Epouse , à qui elle présenta
un magnifique Bouquet. Elle continua
de
2328 MERCURE DE FRANCE
guant
de former quelques . Pas de danse , feide
chercher encore une autre personne
, et s'arrêta vis- à - vis la place qu'oc◄
cupoit M. Bernard ; elle lui présenta un
autre Bouquet , après quoi elle se retira.
Elle revint au dessert , pendant lequel
elle dansa differentes Entrées dans la plus
grande perfiction et avec des applaudissemens
infinis.
On sortit de table à minuit pour se
rendre à S. Eustache , où les nouveaux
Epoux devoient être mariez. Il nous pa--
roît inutile de nous étendre sur l'Illumination
et la Décoration de l'Eglise . Tout
Paris en a été témoin , et d'ailleurs nous.
n'aurions rien à ajoûter à ce que nous en
avons dit dans le dernier Mercure.
..Ce fut encore M. le Curé de S. Eusta
che qui fit la célebration du Mariage
et pendant tout le temps qu'elle dura
on entendit le bruit des Timbales et des
Trompettes , mêlé avec l'harmonie de
l'Orgue.
Nous avions intention d'ajoûter à cette
Description quelques Estampes , pour
donner au Lecteur une idée de ce superbe
Salon de Thémis , comme nous l'avons
fait pour le Temple de Mars , mais let
peu de temps que nous avons eu pour
faire graver ces Morceaux dans la perfection
OCTOBRE . 1733. 2325
fection qu'ils auroient demandé , ne nous
a pas permis de donner cette satisfaction
au Public.
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Résumé : Fête donnée à l'occasion du Mariage de M. le Président Molé, [titre d'après la table]
Le 21 septembre 1733, Mathieu François Molé, Chevalier et Seigneur de Champlatreux et Luzarches, Conseiller du Roi et Président du Parlement, a épousé Bonne-Félicité Bernard. Cette dernière est la fille de Samuel Bernard, Chevalier et Conseiller d'État, et de Pauline Félicité de Saint Chamant. La famille Molé est l'une des plus anciennes et illustres du Parlement, ayant fourni plusieurs grands hommes au siècle précédent, notamment Mathieu Molé, Procureur Général, Premier Président du Parlement et Garde des Sceaux de France. Mathieu Molé, mentionné dans le texte, est le sixième Président à Mortier de sa famille. La fête organisée par le Chevalier Bernard à l'occasion de ce mariage a été aussi magnifique que celle célébrée le 16 août précédent pour le mariage de la Marquise de Mirepoix. Elle a commencé par un concert suivi d'un souper à neuf heures dans une nouvelle salle du jardin, décorée par le Chevalier Servandoni. La décoration extérieure représentait un ancien palais avec une arcade et des fenêtres ornées. La décoration intérieure, nommée le Salon de Thémis, était ornée de figures allégoriques et de bas-reliefs représentant les attributs de la justice. Le salon, de dimensions imposantes, était décoré de colonnes et de figures de femmes symbolisant divers aspects de la justice. Les bas-reliefs et médaillons étaient l'œuvre du peintre curlandois André. Le salon, considéré comme l'un des plus beaux depuis Polidore de Caravage, est percé de douze arcades, chacune ornée de rideaux de satin vert garnis d'or. L'arcade du fond, en forme de niche, est peinte en marbre précieux et ornée de congélations en or. Elle abrite une fontaine avec des coquilles dorées et des jets d'eau formant une cascade abondante. La niche est surmontée d'une ancre d'argent et d'une étoile lumineuse de cristal, symbolisant les armes de M. Bernard. Le salon est richement meublé avec des buffets pour la distribution de vin et de liqueurs, des tribunes avec des balustrades dorées, et des galeries lambrissées et tapissées. Les arcades sont décorées de damas cramoisi galonné d'or, et la frise ainsi que les colonnes sont en brèche violette. Les ornements de l'architrave et de la corniche sont en or, suivant l'ordre ionique. Des cartouches d'armes et des devises dorées en relief sont présents au-dessus des arcades. Le plafond, élevé de 25 pieds, est composé de travées en compartiments alignés d'une colonne à l'autre, ornés de guirlandes de fleurs et de roses dorées. La décoration a été réalisée par le sieur Pietre, et les sculptures par le sieur Chouasse. Une table en fer à cheval, utilisée lors d'une précédente noce, est placée au milieu du salon. L'illumination est assurée par de nombreux lustres et girandoles, et des corps de symphonie jouent pendant le souper. Après le souper, les convives se rendent à l'église Saint-Eustache pour la célébration du mariage, accompagnée de musique.
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13
p. 1183-1186
PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences pour l'année 1736.
Début :
Feu M. Roüillé de Meslay, ancien Conseiller au Parlement de Paris, ayant conçu le noble [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Prix, Devise, Secrétaire, Récépissé, Testament, Orbites des planètes, Sentence, Système général du monde, Astronomie physique, Pièces
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texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences pour l'année 1736.
PRIX proposé par l'Académie Royale
des Sciences pour l'année 1736.
Eu M. Rouillé de Melay , ancien Conseiller
Fu Marement de Paris , ayant no
au Parlement de Paris , ayant conçu le noble
dessein de contribuer au progrès des Sciences
, et à l'utilité que le Public en pouvoit reti
ter, a legué à l'Académie Royale des Sciences
un fonds pour deux Prix , qui seront distribucz
à ceux qui , au jugement de cette Compagnie
auront le mieux réussi sur deux differentes sorrés
de Sujets , qu'il a indiquez dans son Testament
, et dont il a donné des exemples.
Les Sujets du premier Prix regardent le Syste
me general du Monde; et l'Astronomie Physique.
Ce Prix devroit être de 2000. livres , aux termes
du Testament , et se distribuer tous les ans,
Mais la diminution des Rentes a obligé de ne
le donner que tous les deux ans , afin de le rendre
plus considerable , et il sera de 1500. livres.
Les Sujets du second Prix regardent la Navigation
et le Commerce .
Il ne se donnera que tous les deux ans , et scra
de 2000. livres .
L'Académie , lorsqu'elle proposa la question
sur l'Inclinaison des Plans des Orbites des Pla-
1. Vol. netes
1184 MERCURE DE FRANCE
netes , en désiroit la solution plus qu'elle ne l'est
peroit ; aucun des ouvrages qui lui furent envoyez
ne lui parut mériter le Prix de l'annéc
1732. et elle laissa encore pour deux ans la même
matiere proposée aux recherches des Sçavans
avec un Prix double . L'Académie voit aujourd'hui
le succès de son délai ; parmi les Pieces
qu'elle a reçûës , elle en a trouvé deux qui méritent
le Prix et qui , par des beautez differentes ,
lui ont paru chacune y avoir un droit égal .
Dans ce cas , où l'égalité ne permet pas de
choisir , et semble d'elle - même établir la loi
de récompenser également des mérites égaux
l'Académie est encore authorisée par l'Arrêt du
Parlement qui a expliqué le Testament de M.de
Meflay ; elle a donc jugé que le Prix double de
cette année seroit partagé également entre les
deux Auteurs des Pieces dont les ' numeros sont
19. et 20. * la Devise de celle- cy est ,
Felices anima quibus hac cognoscere primùm.
Inque domos superas scandere cura fuit.
Et celle de la Piece 19. Virtutum pretium in ipais
est , et rectè facti merces est, fecisse.
Cependant l'Académie avant que de prononcer
son jugement avoit ré olu de renouveller dans
cette occasion un avertissement qu'elle à déja
fait autrefois : Comme elle ne restraint à aucun
Sistême les explications qu'elle demande des Phénomenes
, le suffrage aussi qu'elle donne à ces explications
n'est point une adoption des principes sur
lesquels elles sont fondées , ni de toutes les conséquences
qu'on en tire.
Les trois Pieces qui ont le plus approché du
* Les Numeros marquent seulement l'ordre dans
lequel les Pieces ont été reçûës.
I. Vol.
Prix
JUIN, 1714. 1185.
Prix , sont la Piece 26. dont la Devise est , Deus
autem noster in coelo omnia quacumque voluit , fecit
, la Piece 17. dont la Devise est , Emendantur
priora posterioribus , et la Piece 28 dont la Devise
inclinavit cælos , et descendit , et caligo sub
est ,
pedibus ejus.
M. Jean Bernoulli , Professeur en Mathématique
à Bâle , et M. Daniel Bernoulli , son fils ,
qui l'a été à Petersbourg , ont remporté le Prix
de 1734-
L'Académie se conformant aux vûës et aux
intentions du Testateur , propose pour sujet du
premier Prix qui tombe dans l'année 1736 .
Comment se fait la Propagation de la Lumiere.
Les Sçavans de toutes les Nations sont invitez
à travailler sur ces Sajets , et même les Associez
Etrangers de l'Académie. Elle s'est fait la Loi
d'exclure les Académiciens regnicoles de piétendre
aux Prix .
Ceux qui composeront sont invitez à écrire en
François ou en Latin , mais sans aucune obligation.
Ils pourront écrire en telle Langue qu'ils
voudront , et l'Académie fera traduire leurs Ou
vrages .
On les prie que leurs Ecrits soient fort lisibles,
sur tout quand il y aura des Calculs d'Algebre .
Ils ne mettront point leurs noms à leurs Onvrages
, mais seulement une Sentence ou Devise.
Ils pourront , s'ils veulent , attacher à leur Ecrit
un Billet séparé et cacheté par eux , où seront ,
avec cette même Sentence, leur nom , leurs qualitez
et leur adresse ; et ce Billet ne sera ouvert
par l'Académie , qu'en cas que la Piece ait remporté
le Prix.
Ceux qui travailleront pour le Prix , adresseront
leurs Ouvrages à Paris au Secretaire perpe-
I. Vol. tuel
1186 MERCURE DE FRANCE
ruel de l'Académie , ou les lui feront remettre
entre les mains. Dans ce second cas le Secretaire
en donnera en même- temps à celui qui les fui`
aura remis son Récepissé , où sera marquée la
Sentence de l'Ouvrage et son numero selon l'ordre
ou le temps dans lequel il aura été reçû.
Les Ouvrages ne seront reçûs que jusqu'au premier
Septembre 1735. exclusivement.
L'Académie à son Assemblée publique d'après
Pâques 1736.proclamera la Piece qui aura ce Prix.
S'il y a un Récepissé du Secretaire pour la
Piece qui aura remporté le Prix , le Trésorier de
l'Académie délivrera la somme du Prix à celui
qui lui rapportera ce Récepissé. Il n'y aura à ce
la nulle autre formalité.
S'il n'y a pas de Récepissé du Secretaire , le
Trésorier ne délivrera le Prix qu'à l'Auteur même
, qui se fera connoître , ou au Porteur d'une
Procuration de sa part.
des Sciences pour l'année 1736.
Eu M. Rouillé de Melay , ancien Conseiller
Fu Marement de Paris , ayant no
au Parlement de Paris , ayant conçu le noble
dessein de contribuer au progrès des Sciences
, et à l'utilité que le Public en pouvoit reti
ter, a legué à l'Académie Royale des Sciences
un fonds pour deux Prix , qui seront distribucz
à ceux qui , au jugement de cette Compagnie
auront le mieux réussi sur deux differentes sorrés
de Sujets , qu'il a indiquez dans son Testament
, et dont il a donné des exemples.
Les Sujets du premier Prix regardent le Syste
me general du Monde; et l'Astronomie Physique.
Ce Prix devroit être de 2000. livres , aux termes
du Testament , et se distribuer tous les ans,
Mais la diminution des Rentes a obligé de ne
le donner que tous les deux ans , afin de le rendre
plus considerable , et il sera de 1500. livres.
Les Sujets du second Prix regardent la Navigation
et le Commerce .
Il ne se donnera que tous les deux ans , et scra
de 2000. livres .
L'Académie , lorsqu'elle proposa la question
sur l'Inclinaison des Plans des Orbites des Pla-
1. Vol. netes
1184 MERCURE DE FRANCE
netes , en désiroit la solution plus qu'elle ne l'est
peroit ; aucun des ouvrages qui lui furent envoyez
ne lui parut mériter le Prix de l'annéc
1732. et elle laissa encore pour deux ans la même
matiere proposée aux recherches des Sçavans
avec un Prix double . L'Académie voit aujourd'hui
le succès de son délai ; parmi les Pieces
qu'elle a reçûës , elle en a trouvé deux qui méritent
le Prix et qui , par des beautez differentes ,
lui ont paru chacune y avoir un droit égal .
Dans ce cas , où l'égalité ne permet pas de
choisir , et semble d'elle - même établir la loi
de récompenser également des mérites égaux
l'Académie est encore authorisée par l'Arrêt du
Parlement qui a expliqué le Testament de M.de
Meflay ; elle a donc jugé que le Prix double de
cette année seroit partagé également entre les
deux Auteurs des Pieces dont les ' numeros sont
19. et 20. * la Devise de celle- cy est ,
Felices anima quibus hac cognoscere primùm.
Inque domos superas scandere cura fuit.
Et celle de la Piece 19. Virtutum pretium in ipais
est , et rectè facti merces est, fecisse.
Cependant l'Académie avant que de prononcer
son jugement avoit ré olu de renouveller dans
cette occasion un avertissement qu'elle à déja
fait autrefois : Comme elle ne restraint à aucun
Sistême les explications qu'elle demande des Phénomenes
, le suffrage aussi qu'elle donne à ces explications
n'est point une adoption des principes sur
lesquels elles sont fondées , ni de toutes les conséquences
qu'on en tire.
Les trois Pieces qui ont le plus approché du
* Les Numeros marquent seulement l'ordre dans
lequel les Pieces ont été reçûës.
I. Vol.
Prix
JUIN, 1714. 1185.
Prix , sont la Piece 26. dont la Devise est , Deus
autem noster in coelo omnia quacumque voluit , fecit
, la Piece 17. dont la Devise est , Emendantur
priora posterioribus , et la Piece 28 dont la Devise
inclinavit cælos , et descendit , et caligo sub
est ,
pedibus ejus.
M. Jean Bernoulli , Professeur en Mathématique
à Bâle , et M. Daniel Bernoulli , son fils ,
qui l'a été à Petersbourg , ont remporté le Prix
de 1734-
L'Académie se conformant aux vûës et aux
intentions du Testateur , propose pour sujet du
premier Prix qui tombe dans l'année 1736 .
Comment se fait la Propagation de la Lumiere.
Les Sçavans de toutes les Nations sont invitez
à travailler sur ces Sajets , et même les Associez
Etrangers de l'Académie. Elle s'est fait la Loi
d'exclure les Académiciens regnicoles de piétendre
aux Prix .
Ceux qui composeront sont invitez à écrire en
François ou en Latin , mais sans aucune obligation.
Ils pourront écrire en telle Langue qu'ils
voudront , et l'Académie fera traduire leurs Ou
vrages .
On les prie que leurs Ecrits soient fort lisibles,
sur tout quand il y aura des Calculs d'Algebre .
Ils ne mettront point leurs noms à leurs Onvrages
, mais seulement une Sentence ou Devise.
Ils pourront , s'ils veulent , attacher à leur Ecrit
un Billet séparé et cacheté par eux , où seront ,
avec cette même Sentence, leur nom , leurs qualitez
et leur adresse ; et ce Billet ne sera ouvert
par l'Académie , qu'en cas que la Piece ait remporté
le Prix.
Ceux qui travailleront pour le Prix , adresseront
leurs Ouvrages à Paris au Secretaire perpe-
I. Vol. tuel
1186 MERCURE DE FRANCE
ruel de l'Académie , ou les lui feront remettre
entre les mains. Dans ce second cas le Secretaire
en donnera en même- temps à celui qui les fui`
aura remis son Récepissé , où sera marquée la
Sentence de l'Ouvrage et son numero selon l'ordre
ou le temps dans lequel il aura été reçû.
Les Ouvrages ne seront reçûs que jusqu'au premier
Septembre 1735. exclusivement.
L'Académie à son Assemblée publique d'après
Pâques 1736.proclamera la Piece qui aura ce Prix.
S'il y a un Récepissé du Secretaire pour la
Piece qui aura remporté le Prix , le Trésorier de
l'Académie délivrera la somme du Prix à celui
qui lui rapportera ce Récepissé. Il n'y aura à ce
la nulle autre formalité.
S'il n'y a pas de Récepissé du Secretaire , le
Trésorier ne délivrera le Prix qu'à l'Auteur même
, qui se fera connoître , ou au Porteur d'une
Procuration de sa part.
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Résumé : PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences pour l'année 1736.
En 1736, l'Académie Royale des Sciences a institué deux prix grâce à un legs de M. Rouillé de Meslay, ancien conseiller au Parlement de Paris. Le premier prix, d'une valeur de 1500 livres, concerne le système général du monde et l'astronomie physique, et est attribué tous les deux ans. Le second prix, de 2000 livres, porte sur la navigation et le commerce, également attribué tous les deux ans. Pour l'année 1732, l'Académie avait proposé une question sur l'inclinaison des plans des orbites planétaires, mais aucun ouvrage n'avait mérité le prix. En 1734, deux œuvres ont été jugées dignes du prix double, partagé entre les auteurs des pièces numéros 19 et 20. Les devises des œuvres lauréates étaient 'Felices anima quibus hac cognoscere primum' et 'Virtutum pretium in ipsis est, et rectè facti merces est, fecisse'. L'Académie a renouvelé un avertissement précisant que son suffrage sur les explications des phénomènes n'implique pas l'adoption des principes sur lesquels elles sont fondées. Les pièces les plus proches du prix étaient les numéros 26, 17 et 28. Pour le prix de 1736, l'Académie propose le sujet 'Comment se fait la propagation de la lumière'. Les savants de toutes les nations sont invités à soumettre leurs travaux en français ou en latin, ou dans toute autre langue de leur choix. Les œuvres doivent être envoyées au secrétaire perpétuel de l'Académie avant le 1er septembre 1735. Le prix sera proclamé lors de l'assemblée publique d'après Pâques 1736.
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14
p. 135-137
PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences de Berlin pour l'année 1745.
Début :
LE ROI de Prusse, toujours attentif à c qui peut procurer l'avancement des Sciences [...]
Mots clefs :
Prix, Académie, Devise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences de Berlin pour l'année 1745.
PRIX proposé par l'Académie Royale des
Sciences de Berlin pour l'année 1745 .
LE ROI de Pruſſe , toujours attentif à
ce qui peut procurer l'avancement des Sciences
& des Arts , ayant augmenté conſidérablement
les Privileges de l'Académie Royale
de Berlin , & l'ayant miſe en état d'affigner
des récompenfes aux Sçavans qui ſe diftin--
gueront par des découvertes curieuſes & intéreſſantes
:
L'Académie pour répondre aux intentions
& aux ordres de Sa Majeſté Pruffienne
propoſe un Prix de cinquante Ducats
en faveur de celui qui réuffira le mieux à
expliquer la véritable cauſe de l'Electricité
1
136 MERCURE DE FRANCE.
des Corps , & de tous les Phenoménes qu'on
y a découverts juſqu'à préſent.
,
,
Le Prix ſe diſtribuera dans l'Aſſemblée
générale de l'Académie , qui ſe tiendra
le 31 May 1745 jour anniverſaire de
l'avenement du Roi au Trône. Les Sçavans
de toutes les Nations font invites
de travailler ſur la matiere. Il leur ſera libre
d'écrire en Latin , en Allemand ou en
François , pourvû que le caractere ſoit bien
liſible , fur-tout quand il y aura des Calculs
Algebriques. Pour obvier à tout inconvenient
on les prie de ne pas mettre leur
nom mais ſeulement une Deviſe aux
Pieces qu'ils fourniront , en y joignant , s'ils
le jugent à propos , un Billet cacheré , qui
contiendra avec la Deviſe de la Piece , le
nom , les qualités & l'adreſſe de l'Auteur.
Ce Billet ne ſera point ouvert , à moins que
la Piece n'ait remporté le Prix. Les Pieces
ſeront reçues juſqu'au Avril 1745 incluſivement
, elles feront adreffées ou remifes
affranchies de port à M. FABER ,
Tréſorier de l'Académie qui en donnera fon
Récepiſſé , où la Deviſe qui ſe trouvera au
bas de la Piece , fera marquée , avec le Numero
felon l'ordre dans lequel elle aura éte
préſentée.
Après que la Piece qui aura remporté le
Prix aura été proclamée dans l'Affemb.ce
DECEMBRE. 1744. 137
générale du 31 Mai 1745 , le Tréſorier
de l'Académie délivrera le Prix , ſoit à l'Auteur
même , ſoit à celui qui ſe trouvera
muni d'un Récepiffé , ou d'une Procuration
de ſa part.
Sciences de Berlin pour l'année 1745 .
LE ROI de Pruſſe , toujours attentif à
ce qui peut procurer l'avancement des Sciences
& des Arts , ayant augmenté conſidérablement
les Privileges de l'Académie Royale
de Berlin , & l'ayant miſe en état d'affigner
des récompenfes aux Sçavans qui ſe diftin--
gueront par des découvertes curieuſes & intéreſſantes
:
L'Académie pour répondre aux intentions
& aux ordres de Sa Majeſté Pruffienne
propoſe un Prix de cinquante Ducats
en faveur de celui qui réuffira le mieux à
expliquer la véritable cauſe de l'Electricité
1
136 MERCURE DE FRANCE.
des Corps , & de tous les Phenoménes qu'on
y a découverts juſqu'à préſent.
,
,
Le Prix ſe diſtribuera dans l'Aſſemblée
générale de l'Académie , qui ſe tiendra
le 31 May 1745 jour anniverſaire de
l'avenement du Roi au Trône. Les Sçavans
de toutes les Nations font invites
de travailler ſur la matiere. Il leur ſera libre
d'écrire en Latin , en Allemand ou en
François , pourvû que le caractere ſoit bien
liſible , fur-tout quand il y aura des Calculs
Algebriques. Pour obvier à tout inconvenient
on les prie de ne pas mettre leur
nom mais ſeulement une Deviſe aux
Pieces qu'ils fourniront , en y joignant , s'ils
le jugent à propos , un Billet cacheré , qui
contiendra avec la Deviſe de la Piece , le
nom , les qualités & l'adreſſe de l'Auteur.
Ce Billet ne ſera point ouvert , à moins que
la Piece n'ait remporté le Prix. Les Pieces
ſeront reçues juſqu'au Avril 1745 incluſivement
, elles feront adreffées ou remifes
affranchies de port à M. FABER ,
Tréſorier de l'Académie qui en donnera fon
Récepiſſé , où la Deviſe qui ſe trouvera au
bas de la Piece , fera marquée , avec le Numero
felon l'ordre dans lequel elle aura éte
préſentée.
Après que la Piece qui aura remporté le
Prix aura été proclamée dans l'Affemb.ce
DECEMBRE. 1744. 137
générale du 31 Mai 1745 , le Tréſorier
de l'Académie délivrera le Prix , ſoit à l'Auteur
même , ſoit à celui qui ſe trouvera
muni d'un Récepiffé , ou d'une Procuration
de ſa part.
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15
p. 135-137
PRIX proposé par l'Académie Royale de Chirurgie, pour l'année 1764.
Début :
L'ACADEMIE Royale de Chirurgie avoit proposé pour le Prix de l'année [...]
Mots clefs :
Abcès, Médaille d'or, Devise, Régnicole
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par l'Académie Royale de Chirurgie, pour l'année 1764.
PRIX propofé par l'Académie Royale
de
Chirurgie , pour L'année 1764...
L'ACADEMIE
' ACADEMIE Royale de Chirurgie
avoit propofé pour le Prix de l'année
1762 le Sujet fuivant :
Déterminer la manière d'ouvrir les
abfcès , & leur traitement méthodique fuivant
les différentes parties du corps .
•
De quatorze Mémoires reçus , un
feul dont la Devife eft : Inter utrumque
tene , medio tutiffimus ibis : a paru mériter
des éloges ; mais une mariere auffi
importante n'ayant pas été fuffifantment
approfondie , l'Académie a cru devoir
propofer le même fujet pour l'année
1764.
Le prix eft une médaille d'or de la valeur
de cinq cens livres , fondée par M.
de la Peyronie , & il fera double pour
cette année , c'eft -à-dire que celui qui
au jugement de l'Académie , aura fait
le meilleur ouvrage fur le fijet propofé ,
recevra les deux médailles d'or , ou une
-médaille & la valeur de l'autre , au choix
de l'Auteur.
Ceux qui envoyeront des Mémoires
136 MERCURE DE FRANCE.
-font priés de les écrire en François ou
en Latin , & d'avoir attention qu'ils
foient fort lifibles...
Ceux qui ont déja compofé pourront
faire à leurs Mémoires tels changemens
qu'ils voudront , & les renvoyeront
écrits de nouveau.
Les Auteurs mettront fimplement une
devife à leurs ouvrages ; mais , pour fe
faire connoître , ils y joindront à part
dans un papier cacheté & écrit de leur
propre main , leurs nom , qualité & demeure
, & ce papier ne fera ouvert qu'en
cas que la Piéce ait remporté le prix .
Ils adrefferont leurs ouvrages franc de
port à M. Morand , Secrétaire perpétuel
de l'Académie Royale de Chirurgie , a
Paris , ou les lui feront remettre entre
les mains.
Toutes perfonnes de quelque qualité
& pays qu'elles foient , pourront afpirer
au prix on n'en excepte que les Membres
de l'Académie .
Qu'au
La médaille fera délivrée à l'Auteur
même qui fe fera fait connoître
porteur d'une procuration de fa part ;
l'un ou l'autre repréfentant la marque
diſtinctive , ou une copie nette du Mémoire.
Les ouvrages feront reçus jufqu'au
JANVIER. 1763 . 137
dernier jour de Décembre 1763 inclufivement
; & l'Académie , à fon Affemblée
publique de 1764 , qui fe tiendra
le Jeudi d'après la quinzaine de Pâques
proclamera la Piéce qui aura remporté
le prix.
L'Académie ayant établi qu'elle donneroit
tous les ans fur les fonds qui lui
ont été légués par M. de la Peyronie
- une médaille d'or de 200 1. à celui des
Chirurgiens Etrangers ou Regnicoles ,
non membres de l'Académie , qui l'aura
mérité par un ouvrage fur quelque matiere
de Chirurgie que ce foit , au choix
de l'Auteur , elle l'adjugera à celui qui
aura envoyé le meilleur ouvrage dans le
courant de l'année 1763. Ce prix d'émulation
fera proclamé le jour de la Séance
publique .
Le même jour elle diftribuera cinq
médailles d'or de cent frans chacune à
cinq Chirurgiens , foit Académiciens de
la Claffe des Libres , foit fimplement
Regnicoles , qui auront fourni dans le
cours de l'année 1763 un Mémoire ou
trois obfervations intéreſſantes .
de
Chirurgie , pour L'année 1764...
L'ACADEMIE
' ACADEMIE Royale de Chirurgie
avoit propofé pour le Prix de l'année
1762 le Sujet fuivant :
Déterminer la manière d'ouvrir les
abfcès , & leur traitement méthodique fuivant
les différentes parties du corps .
•
De quatorze Mémoires reçus , un
feul dont la Devife eft : Inter utrumque
tene , medio tutiffimus ibis : a paru mériter
des éloges ; mais une mariere auffi
importante n'ayant pas été fuffifantment
approfondie , l'Académie a cru devoir
propofer le même fujet pour l'année
1764.
Le prix eft une médaille d'or de la valeur
de cinq cens livres , fondée par M.
de la Peyronie , & il fera double pour
cette année , c'eft -à-dire que celui qui
au jugement de l'Académie , aura fait
le meilleur ouvrage fur le fijet propofé ,
recevra les deux médailles d'or , ou une
-médaille & la valeur de l'autre , au choix
de l'Auteur.
Ceux qui envoyeront des Mémoires
136 MERCURE DE FRANCE.
-font priés de les écrire en François ou
en Latin , & d'avoir attention qu'ils
foient fort lifibles...
Ceux qui ont déja compofé pourront
faire à leurs Mémoires tels changemens
qu'ils voudront , & les renvoyeront
écrits de nouveau.
Les Auteurs mettront fimplement une
devife à leurs ouvrages ; mais , pour fe
faire connoître , ils y joindront à part
dans un papier cacheté & écrit de leur
propre main , leurs nom , qualité & demeure
, & ce papier ne fera ouvert qu'en
cas que la Piéce ait remporté le prix .
Ils adrefferont leurs ouvrages franc de
port à M. Morand , Secrétaire perpétuel
de l'Académie Royale de Chirurgie , a
Paris , ou les lui feront remettre entre
les mains.
Toutes perfonnes de quelque qualité
& pays qu'elles foient , pourront afpirer
au prix on n'en excepte que les Membres
de l'Académie .
Qu'au
La médaille fera délivrée à l'Auteur
même qui fe fera fait connoître
porteur d'une procuration de fa part ;
l'un ou l'autre repréfentant la marque
diſtinctive , ou une copie nette du Mémoire.
Les ouvrages feront reçus jufqu'au
JANVIER. 1763 . 137
dernier jour de Décembre 1763 inclufivement
; & l'Académie , à fon Affemblée
publique de 1764 , qui fe tiendra
le Jeudi d'après la quinzaine de Pâques
proclamera la Piéce qui aura remporté
le prix.
L'Académie ayant établi qu'elle donneroit
tous les ans fur les fonds qui lui
ont été légués par M. de la Peyronie
- une médaille d'or de 200 1. à celui des
Chirurgiens Etrangers ou Regnicoles ,
non membres de l'Académie , qui l'aura
mérité par un ouvrage fur quelque matiere
de Chirurgie que ce foit , au choix
de l'Auteur , elle l'adjugera à celui qui
aura envoyé le meilleur ouvrage dans le
courant de l'année 1763. Ce prix d'émulation
fera proclamé le jour de la Séance
publique .
Le même jour elle diftribuera cinq
médailles d'or de cent frans chacune à
cinq Chirurgiens , foit Académiciens de
la Claffe des Libres , foit fimplement
Regnicoles , qui auront fourni dans le
cours de l'année 1763 un Mémoire ou
trois obfervations intéreſſantes .
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Résumé : PRIX proposé par l'Académie Royale de Chirurgie, pour l'année 1764.
L'Académie Royale de Chirurgie a proposé un prix pour 1764 sur l'ouverture et le traitement des abcès selon les différentes parties du corps. En 1762, quatorze mémoires avaient été soumis, mais aucun n'avait suffisamment approfondi le sujet. L'Académie a donc reconduit le même sujet pour 1764, offrant une médaille d'or d'une valeur de cinq cents livres, doublée pour cette année. Les mémoires doivent être rédigés en français ou en latin et être lisibles. Les auteurs peuvent modifier leurs travaux précédents et les soumettre à nouveau, en incluant une devise et leurs informations personnelles dans un papier cacheté. Les mémoires doivent être envoyés à M. Morand, Secrétaire perpétuel de l'Académie, à Paris, avant le 31 décembre 1763. La proclamation du lauréat aura lieu lors de l'assemblée publique de 1764, après la quinzaine de Pâques. De plus, l'Académie attribuera une médaille d'or de 200 livres à un chirurgien non membre pour un ouvrage sur une matière de chirurgie, et cinq médailles d'or de cent francs chacune pour des mémoires ou observations intéressantes réalisés en 2013.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16
p. 35-36
LETTRE A M. DE LA PLACE.
Début :
IL est, Monsieur, une infinité de Piéces fugitives, dont la lecture seroit utile [...]
Mots clefs :
Pièces fugitives, Public, Devise, Amuser, Instruire, Intéresser, Éloge, Louange, Critique
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE A M. DE LA PLACE.
LETTRE A M. DE LA PLACE .
ILeſt , Monfieur , une infinité de Piéces
fugitives , dont la lecture ſeroit utile
& agréable au Public , qui languiffent
oubliées dans la nuit des porte-feuilles.
Ce font autant de larcins faits à votre
Journal , leur dépofitaire naturel.
Celle que je vous envoie eſt une de
ces reſtitutions que j'exhorte le Public
à vous offrir . Quoiqu'elle ne contienne
que le plan informe des premieres idées
d'une perſonne de beaucoup de mérite:
jetté rapidement für le papier , il m'a
paru qu'elle pouvoit remplir la deviſe
de votre Journal , amufer , inſtruire
intéreſſer.
Je n'oferois , Monfieur , faire l'éloge
de ce petit morceau , malgré l'eſtime que
j'ai pour la main dont il eſt forti. Le
Public a généralement autant de goût
pour la critique, que d'averſion pour la
Louange. Cette façon de penſer ſeroit--
elle l'effetde l'amour de l'ordre éternel
qui juge que ce qui eft bien n'eſt que
comme il doit être , & que ce qui eft
mal fortant des régles univerſelles ,doit
* Bvj
26 MERCURE DE FRANCE .
être blâmé ſans ménagement? L'eſprit
en un mot ne ferait-il que juſte en
étant fevère ?
S'il eſt quelques conſidérations qui
puiffent compter ſur ſon indulgence , ce
font certainement celles qui s'arrêtent
auxſentimens les plusdélicieux du coeur,
ceux de l'Amour , ceux de l'Amitié. Les
Philofophes , les beaux-Efprits de l'Antiquité
ont écrit ſur l'une & fur l'autre.
Malgré les éloges prodigués à leurs Ouvrages
fur ces matières , il eſt peu de
fiécles où la poſtérité n'ait ajoûté de nouvelles
réfléxions à celles qu'elle admiroit.
Cette matière eſt-une de celles que l'on
traite toujours & que l'on n'épuiſe jamais
.
J'ai l'honneur d'être , &c .
ILeſt , Monfieur , une infinité de Piéces
fugitives , dont la lecture ſeroit utile
& agréable au Public , qui languiffent
oubliées dans la nuit des porte-feuilles.
Ce font autant de larcins faits à votre
Journal , leur dépofitaire naturel.
Celle que je vous envoie eſt une de
ces reſtitutions que j'exhorte le Public
à vous offrir . Quoiqu'elle ne contienne
que le plan informe des premieres idées
d'une perſonne de beaucoup de mérite:
jetté rapidement für le papier , il m'a
paru qu'elle pouvoit remplir la deviſe
de votre Journal , amufer , inſtruire
intéreſſer.
Je n'oferois , Monfieur , faire l'éloge
de ce petit morceau , malgré l'eſtime que
j'ai pour la main dont il eſt forti. Le
Public a généralement autant de goût
pour la critique, que d'averſion pour la
Louange. Cette façon de penſer ſeroit--
elle l'effetde l'amour de l'ordre éternel
qui juge que ce qui eft bien n'eſt que
comme il doit être , & que ce qui eft
mal fortant des régles univerſelles ,doit
* Bvj
26 MERCURE DE FRANCE .
être blâmé ſans ménagement? L'eſprit
en un mot ne ferait-il que juſte en
étant fevère ?
S'il eſt quelques conſidérations qui
puiffent compter ſur ſon indulgence , ce
font certainement celles qui s'arrêtent
auxſentimens les plusdélicieux du coeur,
ceux de l'Amour , ceux de l'Amitié. Les
Philofophes , les beaux-Efprits de l'Antiquité
ont écrit ſur l'une & fur l'autre.
Malgré les éloges prodigués à leurs Ouvrages
fur ces matières , il eſt peu de
fiécles où la poſtérité n'ait ajoûté de nouvelles
réfléxions à celles qu'elle admiroit.
Cette matière eſt-une de celles que l'on
traite toujours & que l'on n'épuiſe jamais
.
J'ai l'honneur d'être , &c .
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Résumé : LETTRE A M. DE LA PLACE.
La lettre à M. de La Place traite de la restitution de pièces littéraires qualifiées de 'larcins' par rapport à son journal. L'auteur envoie une œuvre brute, conforme à la devise du journal : amuser, instruire et intéresser. Il évite de louer cette œuvre, préférant laisser la critique au public. La lettre évoque également la sévérité de l'esprit humain et les sentiments délicieux du cœur, comme l'amour et l'amitié, sujets abordés par les philosophes et les esprits éclairés de l'Antiquité. Ces thèmes sont intemporels et méritent d'être explorés davantage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17
p. 111-112
PRIX de Poësie pour l'Année M. DCC. LXIV.
Début :
LE vingt-cinquième jour du mois d'Août 1764, Fête de S. Louis, l'Acanémie [...]
Mots clefs :
Académie française, Prix de poésie, Médaille d'or, Vers alexandrins, Auteurs, Sentence, Devise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX de Poësie pour l'Année M. DCC. LXIV.
PRIX de Poëfie pour l'Année M. DCC.
LXIV.
LEE vingt - cinquième jour du mois
d'Août 1764 , Fête de S. Louis , l'Acanémie
Françoife donnera un Prix de
Poefie , qui fera une Médaille d'or de
fix cens livres .
* Le Prix de l'Académie eft formé des fondations
réunies de MM . de Balzac , de Clermont
Tonnerre , Evêque de Noyon , & Gaudron.
112 MERCURE DE FRANCE.
Le Prix fera donné à un Poëme ou
une Epitre en Vers Alexandrins , ou en
Vers de dix fyllabes, dont le Sujet eft au
choix des Auteurs. La Pièce fera de
cent Vers au moins .
Toutes Perfonnes , excepté les Quarante
de l'Académie ſeront reçues à
compofer pour le Prix .
Les Auteurs ne mettront point leur
nom à leurs Ouvrages , mais ils y mettront
une Sentence ou Devife , telle
qu'il leur plaira .
Ceux qui prétendent au Prix , font
avertis que s'ils fe font connoître avant
le jugement , foit par eux - mêmes , foit
par leurs amis , ils ne concourront point .
Les Ouvrages feront remis avant le
premier jour du mois de Juillet prochain
à la Veuve de B. Brunet , Imprimeur
de l'Académie Françoiſe , rue baffe de
l'Hôtel des Urfins , ou au Palais : & fi
le port n'en eft point affranchi , ils ne
feront retirés .
LXIV.
LEE vingt - cinquième jour du mois
d'Août 1764 , Fête de S. Louis , l'Acanémie
Françoife donnera un Prix de
Poefie , qui fera une Médaille d'or de
fix cens livres .
* Le Prix de l'Académie eft formé des fondations
réunies de MM . de Balzac , de Clermont
Tonnerre , Evêque de Noyon , & Gaudron.
112 MERCURE DE FRANCE.
Le Prix fera donné à un Poëme ou
une Epitre en Vers Alexandrins , ou en
Vers de dix fyllabes, dont le Sujet eft au
choix des Auteurs. La Pièce fera de
cent Vers au moins .
Toutes Perfonnes , excepté les Quarante
de l'Académie ſeront reçues à
compofer pour le Prix .
Les Auteurs ne mettront point leur
nom à leurs Ouvrages , mais ils y mettront
une Sentence ou Devife , telle
qu'il leur plaira .
Ceux qui prétendent au Prix , font
avertis que s'ils fe font connoître avant
le jugement , foit par eux - mêmes , foit
par leurs amis , ils ne concourront point .
Les Ouvrages feront remis avant le
premier jour du mois de Juillet prochain
à la Veuve de B. Brunet , Imprimeur
de l'Académie Françoiſe , rue baffe de
l'Hôtel des Urfins , ou au Palais : & fi
le port n'en eft point affranchi , ils ne
feront retirés .
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18
p. 112-115
PRIX proposé par l'Académie des Sciences, Belles-Lettres, & Arts de LYON, pour l'Année 1765.
Début :
L'ACADÉMIE des Sciences, Belles-Lettres, & Arts de Lyon, propose pour [...]
Mots clefs :
Prix des arts, Cuir, Soldats romains, Impénétrabilité, Devise, Médailles d'or
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texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par l'Académie des Sciences, Belles-Lettres, & Arts de LYON, pour l'Année 1765.
PRIX propofé par l'Académie des
Sciences , Belles- Lettres , & Arts de
LYON , pour 1 Année 1765.
L'ACADEMIE
'ACADÉMIE des Sciences , BellesOCTOBRE.
1763 . 113
Lettres , & Arts de Lyon , propoſe pour
le Prix des Arts fondé par M. Chriftin ,
qui fera diftribué à la Saint Louis 1765 ,
le Sujet fuivant : Trouver le moyen de
durcir le Cuir , & de lui donner une
Sorte de trempe qui le rende impénétrable
aux balles de moufquet , & aux atteintes
du fer le plus tranchant & le plus
affilé.
Quelques Auteurs rapportent que les
Soldats Romains s'armoient de larges
bandes de Cuir pour fe mettre à l'abri
des traits. On prétend auffi que les
Péruviens avoient le fecret de prépa
rer le Cuir pour lui donner cette impénétrabilité.
Quoiqu'il en foit de ces
faits hiftoriques , l'Académie fachant
que les Cuirs de France font très - inférieurs
à ceux de quelques pays Etrangers
, demande qu'on effaie d'apprêter
les Cuirs pour les rendre propres à
faire des armures , & à fervir à plufieurs
autres ufages.
Toutes personnes pourront aſpirer à
ce Prix. Il n'y aura d'exception que
pour les Membres de l'Académie , tels
que les Académiciens ordinaires & les
Vétérans. Les Affociés réfidant hors de
Lyon auront la liberté d'y concourir.
Ceux qui enverront des Mémoires ,
114 MERCURE DE FRANCE.
font priés de les écrire en François ou
en Latin , & d'une manière lifible.
Les Auteurs mettront une deviſe à
la tête de leurs Ouvrages. Ils y joindront
un Billet cacheté , qui contiendra
la même devife , avec leurs nom , demeure
& qualités . La Piéce qui aura
remporté le Prix , fera la feule dont
le Billet fera ouvert.
On n'admettra point au concours les
Mémoires dont les Auteurs fe feront
fait connoître , directement ou indirectement
, avant la décifion .
Les Ouvrages feront adreffés francs
de port à Lyon .
Chez M. Bollioud Mermet , Secrétaire
perpétuel de l'Académie pour la claffe
des Sciences , rue du Plat.
Ou chez M. le Préfident de Fleurieu ,
Secrétaire perpétuel pour la claffe des
Belles- Lettres , rue Boiffac.
Ou chez Aimé de la Roche , Imprimeur
de l'Académie , aux Halles de la
Grenette .
Aucun Ouvrage ne fera reçu après le
premier Avril 1765. L'Académie dans
fon Affemblée publique , qui fuivra immédiatement
la fête de S. Louis , proclamera
la Piéce qui aura mérité les
fuffrages.
OCTOBRE . 1763. IIS
Le prix eft une Médaille d'or , de la
valeur de 300 liv . Elle fera donnée à
celui qui , au jugement de l'Académie ,
aura fait le meilleur Mémoire fur le
Sujet propofé .
Cette Médaille fera délivrée à l'Auteur
même , qui fe fera connoître , ou
au porteur d'une procuration de fa
part , dreffée en bonne forme.
Sciences , Belles- Lettres , & Arts de
LYON , pour 1 Année 1765.
L'ACADEMIE
'ACADÉMIE des Sciences , BellesOCTOBRE.
1763 . 113
Lettres , & Arts de Lyon , propoſe pour
le Prix des Arts fondé par M. Chriftin ,
qui fera diftribué à la Saint Louis 1765 ,
le Sujet fuivant : Trouver le moyen de
durcir le Cuir , & de lui donner une
Sorte de trempe qui le rende impénétrable
aux balles de moufquet , & aux atteintes
du fer le plus tranchant & le plus
affilé.
Quelques Auteurs rapportent que les
Soldats Romains s'armoient de larges
bandes de Cuir pour fe mettre à l'abri
des traits. On prétend auffi que les
Péruviens avoient le fecret de prépa
rer le Cuir pour lui donner cette impénétrabilité.
Quoiqu'il en foit de ces
faits hiftoriques , l'Académie fachant
que les Cuirs de France font très - inférieurs
à ceux de quelques pays Etrangers
, demande qu'on effaie d'apprêter
les Cuirs pour les rendre propres à
faire des armures , & à fervir à plufieurs
autres ufages.
Toutes personnes pourront aſpirer à
ce Prix. Il n'y aura d'exception que
pour les Membres de l'Académie , tels
que les Académiciens ordinaires & les
Vétérans. Les Affociés réfidant hors de
Lyon auront la liberté d'y concourir.
Ceux qui enverront des Mémoires ,
114 MERCURE DE FRANCE.
font priés de les écrire en François ou
en Latin , & d'une manière lifible.
Les Auteurs mettront une deviſe à
la tête de leurs Ouvrages. Ils y joindront
un Billet cacheté , qui contiendra
la même devife , avec leurs nom , demeure
& qualités . La Piéce qui aura
remporté le Prix , fera la feule dont
le Billet fera ouvert.
On n'admettra point au concours les
Mémoires dont les Auteurs fe feront
fait connoître , directement ou indirectement
, avant la décifion .
Les Ouvrages feront adreffés francs
de port à Lyon .
Chez M. Bollioud Mermet , Secrétaire
perpétuel de l'Académie pour la claffe
des Sciences , rue du Plat.
Ou chez M. le Préfident de Fleurieu ,
Secrétaire perpétuel pour la claffe des
Belles- Lettres , rue Boiffac.
Ou chez Aimé de la Roche , Imprimeur
de l'Académie , aux Halles de la
Grenette .
Aucun Ouvrage ne fera reçu après le
premier Avril 1765. L'Académie dans
fon Affemblée publique , qui fuivra immédiatement
la fête de S. Louis , proclamera
la Piéce qui aura mérité les
fuffrages.
OCTOBRE . 1763. IIS
Le prix eft une Médaille d'or , de la
valeur de 300 liv . Elle fera donnée à
celui qui , au jugement de l'Académie ,
aura fait le meilleur Mémoire fur le
Sujet propofé .
Cette Médaille fera délivrée à l'Auteur
même , qui fe fera connoître , ou
au porteur d'une procuration de fa
part , dreffée en bonne forme.
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19
p. 119-123
PROGRAMME des Prix de l'Académie Royale des Sciences, des Belles-Letres & des Arts de ROUEN.
Début :
LE sujet du Prix de la Classe des Sciences & des Arts qui en dépendent, [...]
Mots clefs :
Académie, Prix, Sciences, Devise, Auteurs, Expériences, Inspiration
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROGRAMME des Prix de l'Académie Royale des Sciences, des Belles-Letres & des Arts de ROUEN.
PROGRAMME des Prix de l'Académie
Royale des Sciences des Belles-
Letres & des Arts de RoUEN,
,
LEE fujet du Prix de la Claffe des
Sciences & des Arts qui en dépendent ,
propofé deux fois par l'Académie , & la
dernière fois avec un Prix double étoit...
la meilleure manière d'amender les Terres,
Ce Sujet important a été enfin traité
cette année par les Concurrens d'une
manière fatisfaifante . Deux entr'autres
ont mérité particulièrement l'attention
& les lauriers de l'Académie , & lui ont
paru affez bien remplir fes intentions
en les réuniffant : c'eft pourquoi elle a
cru devoir partager également ce Prix
double entre deux Mémoires ; l'un eft le
No. 3 , dont la devife eft : O fortunatos
nimiumfuafibona norint . Sa théorie
a été trouvée très-lumineufe ; fon Auteur
eft M. Barbaret , ancien Premier
Médecin des armées , & Médecin penfionné
de la Ville de Bourg en Breffe,
L'autre Mémoire couronné eft le N°. 2 ,
dont la devife eft : in omnibus fere mi120
MERCURE DE FRANCE.
>
nus valent præcepta quàm experimenta.
L'Auteur de celui - ci , conformément à
fa devife , s'attache peu à la Théorie
mais il paroît un Praticien confommé , &
très verfé dans les expériences : l'Auteur
eft M. Caro , Cure de Charmentré ,
Doyen rural près Meaux en Brie.
On a donné un acceffit au N°. 1
dont la devife eft : in pudore vultus tui
vefceris pane. Les bonnes chofes qu'on
a trouvées dans cet Ouvrage ont porté
l'Académie à décider qu'on en imprimeroit
un Extrait à la fuite des deux
autres car elle penfe qu'il ne faut rien
négliger , rien laiffer perdre quand il s'agit
des progrès d'un Art auffi précieux
que l'Agriculture .
L'Auteur de ce dernier Mémoire eſt
M. Sacher , Chanoine de Pruillé à l'Eguillé
, près le Mans.
C'eft à la Claffe des Sciences à donner
le Sujet du Prix pour l'année prochaine
1764 : l'Académie a choifi celui
- ci....
Le Méchanifme & les ufages de la
refpiration , dans lefquels elle fouhaite
particulièrement qu'on faffe entrer la folution
des queftions fuivantes . ...
Les côtes font- elles plus écartées ou
plus rapprochées les unes des autres dans
l'infpiration
OCTOBRE. 1763 . 121
l'infpiration que dans l'expiration ?
Le fang eft - il condenfé ou raréfié par
l'air infpiré ?
Cet air paffe-t- il dans le fang , ou
non ?
D'où vient la couleur vermeille qu'il
ý reçoit ?
3
Y eft-il en plus grande quantité &
mú plus librement & plus rapidement
dans le temps de l'infpiration que dans
celui de l'expiration ?
Y a-t- il dans ces deux temps quelque
changement dans la quantité & le mouvement
des liqueurs des gros vaiſſeauxqui
fe rendent aux oreillettes , ou qui partent
du coeur , & s'il y en a , quels fontils
?
L'Académie éxige des Auteurs que
leurs preuves font principalement fondées
en expériences , & fur-tout en
expériences nouvelles .
On adreffera les Mémoires francs
de port à M. le Cat , Secrétaire perpétuel
des Sciences : ils feront reçus jufqu'au
premier Juin 1764 : les Auteurs y
mettront en tête une devife , & à la fin
leur nom cacheté felon l'ufage ordinaire .
C'eft à la même Claffe des Sciences
à donner le Prix de l'année 1766 : l'Académie
en a déjà choifi le Sujet ; & vû
I. Vol. F
122 MERCURE DE FRANCE.
fon importance , & les longues recherches
qui feront néceffaires aux Auteurs
elle le propofe dès - à- préfent. Le voici :
Quelles font les Mines de Normandie ,
tant métalliques que demi- métalliques ,
falines, &bitumineufes , & les avantages
qu'on pourroit tirer de leur exploitation?
Ce Prix fera double , c'eft - à- dire , de
deux cens écus à caufe des frais indif
penfables de voyages , de recherches
& d'expériences .
Les Correfpondans & Affociés régnicoles
de l'Académie peuvent compofer
pour ce Prix : on n'excepte du Concours
que les Membres de l'Académie qui en
font les Juges.
PROGRAMME du Prix de Poësie de
la même Académie.
L'Académie n'a point encore reçu
cette année d'ouvrage qui mérite la
couronne qu'elle avoit deftinée au Poëte
qui célébreroit le mieux la Délivrance
de Salerne. Le Poëme qui a pour de
vife Credite pofteri , le meilleur de ceux
qui lui ont été adreffés , n'eft qu'une
Efquiffe très-imparfaite dont il paroît
cependant que l'Auteur a du génie &
du talent ; mais il n'a pas travaillé fon
OCTOBRE . 1763. 123
+
Sujet avec tout le foin qu'il méritoit ,
& il ne lui a pas donné à beaucoup
près l'étendue qu'il fembloit exiger.
L'Académie s'eft portée à remettre
encore ce Prix dans l'efpérance que la
conftance avec laquelle elle s'attache à
un fi bon Sujet , lui attirera enfin un
Ouvrage qui en fera digne . Depuis qu'elle
a pris cette réfolution elle a été
inftruite que des Lettres Anonymes que
des Auteurs , qui avoient eu envie de
concourrir , n'avoient pu terminer leurs
-Ouvrages pour le temps marqué : elle
les avertit qu'ils ont actuellement juf
qu'au premier Juillet de l'année prochaine
pour les revoir & y faire les corrections
qu'ils jugeront convenables .
Le Prix fera toujours double ou de
600 liv. les conditions les mêmes que
les années précédentes.
Les Auteurs les adrefferont à M.
Maillet du Roullay , Maître des Comptes
& Secrétaire perpétuel de l'Académie
des Belles - Lettres à Rouen .
Royale des Sciences des Belles-
Letres & des Arts de RoUEN,
,
LEE fujet du Prix de la Claffe des
Sciences & des Arts qui en dépendent ,
propofé deux fois par l'Académie , & la
dernière fois avec un Prix double étoit...
la meilleure manière d'amender les Terres,
Ce Sujet important a été enfin traité
cette année par les Concurrens d'une
manière fatisfaifante . Deux entr'autres
ont mérité particulièrement l'attention
& les lauriers de l'Académie , & lui ont
paru affez bien remplir fes intentions
en les réuniffant : c'eft pourquoi elle a
cru devoir partager également ce Prix
double entre deux Mémoires ; l'un eft le
No. 3 , dont la devife eft : O fortunatos
nimiumfuafibona norint . Sa théorie
a été trouvée très-lumineufe ; fon Auteur
eft M. Barbaret , ancien Premier
Médecin des armées , & Médecin penfionné
de la Ville de Bourg en Breffe,
L'autre Mémoire couronné eft le N°. 2 ,
dont la devife eft : in omnibus fere mi120
MERCURE DE FRANCE.
>
nus valent præcepta quàm experimenta.
L'Auteur de celui - ci , conformément à
fa devife , s'attache peu à la Théorie
mais il paroît un Praticien confommé , &
très verfé dans les expériences : l'Auteur
eft M. Caro , Cure de Charmentré ,
Doyen rural près Meaux en Brie.
On a donné un acceffit au N°. 1
dont la devife eft : in pudore vultus tui
vefceris pane. Les bonnes chofes qu'on
a trouvées dans cet Ouvrage ont porté
l'Académie à décider qu'on en imprimeroit
un Extrait à la fuite des deux
autres car elle penfe qu'il ne faut rien
négliger , rien laiffer perdre quand il s'agit
des progrès d'un Art auffi précieux
que l'Agriculture .
L'Auteur de ce dernier Mémoire eſt
M. Sacher , Chanoine de Pruillé à l'Eguillé
, près le Mans.
C'eft à la Claffe des Sciences à donner
le Sujet du Prix pour l'année prochaine
1764 : l'Académie a choifi celui
- ci....
Le Méchanifme & les ufages de la
refpiration , dans lefquels elle fouhaite
particulièrement qu'on faffe entrer la folution
des queftions fuivantes . ...
Les côtes font- elles plus écartées ou
plus rapprochées les unes des autres dans
l'infpiration
OCTOBRE. 1763 . 121
l'infpiration que dans l'expiration ?
Le fang eft - il condenfé ou raréfié par
l'air infpiré ?
Cet air paffe-t- il dans le fang , ou
non ?
D'où vient la couleur vermeille qu'il
ý reçoit ?
3
Y eft-il en plus grande quantité &
mú plus librement & plus rapidement
dans le temps de l'infpiration que dans
celui de l'expiration ?
Y a-t- il dans ces deux temps quelque
changement dans la quantité & le mouvement
des liqueurs des gros vaiſſeauxqui
fe rendent aux oreillettes , ou qui partent
du coeur , & s'il y en a , quels fontils
?
L'Académie éxige des Auteurs que
leurs preuves font principalement fondées
en expériences , & fur-tout en
expériences nouvelles .
On adreffera les Mémoires francs
de port à M. le Cat , Secrétaire perpétuel
des Sciences : ils feront reçus jufqu'au
premier Juin 1764 : les Auteurs y
mettront en tête une devife , & à la fin
leur nom cacheté felon l'ufage ordinaire .
C'eft à la même Claffe des Sciences
à donner le Prix de l'année 1766 : l'Académie
en a déjà choifi le Sujet ; & vû
I. Vol. F
122 MERCURE DE FRANCE.
fon importance , & les longues recherches
qui feront néceffaires aux Auteurs
elle le propofe dès - à- préfent. Le voici :
Quelles font les Mines de Normandie ,
tant métalliques que demi- métalliques ,
falines, &bitumineufes , & les avantages
qu'on pourroit tirer de leur exploitation?
Ce Prix fera double , c'eft - à- dire , de
deux cens écus à caufe des frais indif
penfables de voyages , de recherches
& d'expériences .
Les Correfpondans & Affociés régnicoles
de l'Académie peuvent compofer
pour ce Prix : on n'excepte du Concours
que les Membres de l'Académie qui en
font les Juges.
PROGRAMME du Prix de Poësie de
la même Académie.
L'Académie n'a point encore reçu
cette année d'ouvrage qui mérite la
couronne qu'elle avoit deftinée au Poëte
qui célébreroit le mieux la Délivrance
de Salerne. Le Poëme qui a pour de
vife Credite pofteri , le meilleur de ceux
qui lui ont été adreffés , n'eft qu'une
Efquiffe très-imparfaite dont il paroît
cependant que l'Auteur a du génie &
du talent ; mais il n'a pas travaillé fon
OCTOBRE . 1763. 123
+
Sujet avec tout le foin qu'il méritoit ,
& il ne lui a pas donné à beaucoup
près l'étendue qu'il fembloit exiger.
L'Académie s'eft portée à remettre
encore ce Prix dans l'efpérance que la
conftance avec laquelle elle s'attache à
un fi bon Sujet , lui attirera enfin un
Ouvrage qui en fera digne . Depuis qu'elle
a pris cette réfolution elle a été
inftruite que des Lettres Anonymes que
des Auteurs , qui avoient eu envie de
concourrir , n'avoient pu terminer leurs
-Ouvrages pour le temps marqué : elle
les avertit qu'ils ont actuellement juf
qu'au premier Juillet de l'année prochaine
pour les revoir & y faire les corrections
qu'ils jugeront convenables .
Le Prix fera toujours double ou de
600 liv. les conditions les mêmes que
les années précédentes.
Les Auteurs les adrefferont à M.
Maillet du Roullay , Maître des Comptes
& Secrétaire perpétuel de l'Académie
des Belles - Lettres à Rouen .
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