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1
p. 196-200
Complimens faits à M. le Tellier par M. Iassaut Doyen des Maistres des Requestes, M. Varoquier President au Bureau des Finances, & M. Berrier Secretaire du Conseil. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay déja dit beaucoup de choses de Monsieur [...]
Mots clefs :
Monsieur Le Tellier, Maîtres des requêtes, Compliments, Compagnies, Charge, Bureau des finances, Secrétaire
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texteReconnaissance textuelle : Complimens faits à M. le Tellier par M. Iassaut Doyen des Maistres des Requestes, M. Varoquier President au Bureau des Finances, & M. Berrier Secretaire du Conseil. [titre d'après la table]
Je vous ay dejadit beaucoup de choſes de Monfieur le TellierqueleRoyluy adonnépour Succeſſeur. Si-toſt qu'il eutprê- té le Serment accouſtumé, Mefſieurs les Maiſtres des Requê- tes , les Treſoriersde France de
Paris , & les Secretaires du Roy,
luy allerent faire leurs Compli- mens , ces trois Ordres d'Officiers ayant d'autant plus d'obli- gationdeprévenir toutesles autres Compagnies , qu'ils preſtent eux-meſmes le Serment de fidelité au Roy entre les mains des Chanceliers de France , à cauſe
de l'ancienne Dignité de leurs Charges , & de ce qu'ils font Commenſaux de la Maiſon du
Fij
124 LE MERCVRE Roy. M. Taſſaut , Doyen des Maiſtres des Requeſtes porta la parole pour leur Corps , & s'en acquita fort dignement. M. de Vvaroquier , Chevalier de l'un des Ordres du Roy , Preſident
au Bureau des Finances , Gen- tilhomme de noble & ancienne
Maiſon des Pays-Bas , & d'un merite connu , parla pour les Treſoriersde France , &parla à
ſon ordinaire , c'eſt àdire en ter- mes aiſez & infinuans , qui ſen- tent plus ſon Homme de Quali- té , qu'un Orateurqui veut dé- ployer ſon éloquence. Il loüa particulierement comme il le dévoit, ledigne choix de noſtre Auguſte Monarque qui avoit rendu la juſtice qui eſtoit deuë aux longs & confiderables fer- vices de Monfieur le Chancelier , auquel il ſouhaita de voir
GALAN T. 125
fer
tt
exercer cette grande Charge autant d'années qu'avoit fait feu Monfieur le Chancelier Seguier , afin qu'il joüiſt plus
'
longtemps du plaifir que luy
t
donneroient les ſervices qu'il rendroit encor à l'Estat , & ceux
qu'on doit attendre du zele qui attache ſans relâche Monfieur
le Marquis de Louvois à tout ce qui peut contribuer à la gloire de fon Maiſtre. M. Berrier Secretaire du Confeil , & Procu- reur perpetuel de la Commu- nauté des Secretaires du Roy,. le complimenta pourleurCorps,
& tout ce qu'il dit fut tres-di- gne d'eſtre écouté. Monfieur le Chancelier répondit à chacun d'eux avec ſon honneſteté ordinaire , & avec cette juſteſſe de paroles qui ne luyeſtpas moins particuliere que naturell
Paris , & les Secretaires du Roy,
luy allerent faire leurs Compli- mens , ces trois Ordres d'Officiers ayant d'autant plus d'obli- gationdeprévenir toutesles autres Compagnies , qu'ils preſtent eux-meſmes le Serment de fidelité au Roy entre les mains des Chanceliers de France , à cauſe
de l'ancienne Dignité de leurs Charges , & de ce qu'ils font Commenſaux de la Maiſon du
Fij
124 LE MERCVRE Roy. M. Taſſaut , Doyen des Maiſtres des Requeſtes porta la parole pour leur Corps , & s'en acquita fort dignement. M. de Vvaroquier , Chevalier de l'un des Ordres du Roy , Preſident
au Bureau des Finances , Gen- tilhomme de noble & ancienne
Maiſon des Pays-Bas , & d'un merite connu , parla pour les Treſoriersde France , &parla à
ſon ordinaire , c'eſt àdire en ter- mes aiſez & infinuans , qui ſen- tent plus ſon Homme de Quali- té , qu'un Orateurqui veut dé- ployer ſon éloquence. Il loüa particulierement comme il le dévoit, ledigne choix de noſtre Auguſte Monarque qui avoit rendu la juſtice qui eſtoit deuë aux longs & confiderables fer- vices de Monfieur le Chancelier , auquel il ſouhaita de voir
GALAN T. 125
fer
tt
exercer cette grande Charge autant d'années qu'avoit fait feu Monfieur le Chancelier Seguier , afin qu'il joüiſt plus
'
longtemps du plaifir que luy
t
donneroient les ſervices qu'il rendroit encor à l'Estat , & ceux
qu'on doit attendre du zele qui attache ſans relâche Monfieur
le Marquis de Louvois à tout ce qui peut contribuer à la gloire de fon Maiſtre. M. Berrier Secretaire du Confeil , & Procu- reur perpetuel de la Commu- nauté des Secretaires du Roy,. le complimenta pourleurCorps,
& tout ce qu'il dit fut tres-di- gne d'eſtre écouté. Monfieur le Chancelier répondit à chacun d'eux avec ſon honneſteté ordinaire , & avec cette juſteſſe de paroles qui ne luyeſtpas moins particuliere que naturell
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Résumé : Complimens faits à M. le Tellier par M. Iassaut Doyen des Maistres des Requestes, M. Varoquier President au Bureau des Finances, & M. Berrier Secretaire du Conseil. [titre d'après la table]
Le texte décrit la succession d'un chancelier et les hommages reçus par divers corps d'officiers. Après avoir prêté serment, le nouveau chancelier reçoit les félicitations des Maîtres des Requêtes, des Trésoriers de France de Paris et des Secrétaires du Roi. Ces trois ordres doivent une fidélité particulière au roi en raison de l'antiquité de leurs charges et de leur rôle de commensaux de la Maison du Roi. M. Tassaut, Doyen des Maîtres des Requêtes, s'exprime au nom de son corps. M. de Varroquier, Chevalier et Président au Bureau des Finances, parle pour les Trésoriers de France, louant le choix du monarque et souhaitant au nouveau chancelier une longue carrière. M. Berrier, Secrétaire du Conseil et Procureur perpétuel des Secrétaires du Roi, complimente également le nouveau chancelier. Ce dernier répond à chacun avec honneur et justesse.
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2
p. 41-44
Creation de 2. nouveaux Regimens. [titre d'après la table]
Début :
Je vous parlay il y a un an de beaucoup de nouveaux Regimens [...]
Mots clefs :
Régiments, Roi, Création, Provinces, Compagnies, Services, Capitaine, Gloire, Intendant, Cardinal, Officiers, Troupes
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texteReconnaissance textuelle : Creation de 2. nouveaux Regimens. [titre d'après la table]
Je vous parlay il y aun am
de beaucoup de nouveaux
Regimens que le Roy fit
Septembre 168 .
*
D
42 MERCURE
fous le nom de plufieurs Provinces
de France. Sa Majefté
vient encore d'en créer
deux , fous le nom de Ponthieu
& de Beaujolois. Ils
font compofez de plufieurs.
Compagnies tirées des vieux
Corps . Le Regiment de Ponthieu
a efté donné à M. le
Comte de Lomont , Capitaine
du Regiment Royal d'Infanterie
, en confideration
des fervices qu'il a rendus
dans un Corps , où l'on a occafion
d'acquerir beaucoup
de gloire lors qu'on y fait fon
devoir , puis qu'on y eft fou
GALANT. 43
vent exposé aux perils de la
Guerre. M. de Berulle , Capitaine
dans le Regiment du
Roy , a eu le Regiment de
Beaujolois . Il eft Frere de M ..
de Berulle, Intendant de Juftice
en Auvergne . Cette Fa
mille a donné un Cardinal ,,
& plufieurs Perfonnes qui
ont poffedé les plus eminentes
Dignitez de la Robe ; &
ce qu'il y a de remarquable,
c'eſt qu'elle a toûjours efté
en reputation d'une grande
probité. Le Roy ne recom
penfe pas feulement des gens
de diftinction & de merite ,
Dij
44 MERCURE
en créant ces deux nouveaux
Regimens ; mais Sa Majesté,
qui n'ignore rien de tout ce
qui peut eftre utile à fon Etat
, & à qui l'art de la Guerre
n'eft pas moins connu que
Part de regner, fçait que plus
il y a d'Officiers dans des
Troupes , plus on doit s'en
promettre , & compter fur
feur bonté ; non feulement
parce que l'exemple des Of
ficiers les anime, mais enco
re parce qu'il eft plus aifé de
leur faire obferver la difci
pline militaire.
de beaucoup de nouveaux
Regimens que le Roy fit
Septembre 168 .
*
D
42 MERCURE
fous le nom de plufieurs Provinces
de France. Sa Majefté
vient encore d'en créer
deux , fous le nom de Ponthieu
& de Beaujolois. Ils
font compofez de plufieurs.
Compagnies tirées des vieux
Corps . Le Regiment de Ponthieu
a efté donné à M. le
Comte de Lomont , Capitaine
du Regiment Royal d'Infanterie
, en confideration
des fervices qu'il a rendus
dans un Corps , où l'on a occafion
d'acquerir beaucoup
de gloire lors qu'on y fait fon
devoir , puis qu'on y eft fou
GALANT. 43
vent exposé aux perils de la
Guerre. M. de Berulle , Capitaine
dans le Regiment du
Roy , a eu le Regiment de
Beaujolois . Il eft Frere de M ..
de Berulle, Intendant de Juftice
en Auvergne . Cette Fa
mille a donné un Cardinal ,,
& plufieurs Perfonnes qui
ont poffedé les plus eminentes
Dignitez de la Robe ; &
ce qu'il y a de remarquable,
c'eſt qu'elle a toûjours efté
en reputation d'une grande
probité. Le Roy ne recom
penfe pas feulement des gens
de diftinction & de merite ,
Dij
44 MERCURE
en créant ces deux nouveaux
Regimens ; mais Sa Majesté,
qui n'ignore rien de tout ce
qui peut eftre utile à fon Etat
, & à qui l'art de la Guerre
n'eft pas moins connu que
Part de regner, fçait que plus
il y a d'Officiers dans des
Troupes , plus on doit s'en
promettre , & compter fur
feur bonté ; non feulement
parce que l'exemple des Of
ficiers les anime, mais enco
re parce qu'il eft plus aifé de
leur faire obferver la difci
pline militaire.
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Résumé : Creation de 2. nouveaux Regimens. [titre d'après la table]
En septembre 1680, le roi de France a créé deux nouveaux régiments d'infanterie : Ponthieu et Beaujolais, formés à partir de compagnies existantes. Le régiment de Ponthieu a été confié à M. le Comte de Lomont, capitaine du Régiment Royal d'Infanterie, en reconnaissance de ses services. Le régiment de Beaujolais a été attribué à M. de Bérulle, capitaine dans le Régiment du Roi et frère de M. de Bérulle, intendant de justice en Auvergne. La famille Bérulle est réputée pour sa probité et compte parmi ses membres un cardinal et plusieurs personnalités ayant occupé des postes importants dans la magistrature. Par ces nominations, le roi récompense des individus distingués et méritants, tout en renforçant la discipline et l'efficacité militaire par une augmentation du nombre d'officiers.
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3
p. 55-75
Prix de l'Arquebuze. [titre d'après la table]
Début :
Vous sçavez, Madame, que le Roy donnant sa protection aux [...]
Mots clefs :
Prix, Compagnies, Chevalier, Provinces, Honneur, Duc, Maréchal, Arquebusiers, Officiers, Instruments, Procession, Symphonie, Chant, Messe, Marquis, Capitaine, Architecture, Monseigneur le Dauphin, Devises, Sonnet, Gloire, Illustre, Chevalier, Lauriers, Armes, Grandeur, Épée, Suffrages, Piédestal
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texteReconnaissance textuelle : Prix de l'Arquebuze. [titre d'après la table]
Vous sçavez, Madame,,
que le Roy donnant saprotection
aux Exercices quiont
quelque chose de mar- tial, accorde de temps en temps des permiffons de tirerdes
Prix entre les Compagnies
de l'Arquebuze du
Royaume, & aux Chevaliers.
des Villes, de s'assembler en
celle quiareceu le Bouquet
par le fy^Frage des Bandes.
Comme il y aune Association
ancienne entre les Provinces
de Brie, Champagne,
8c Soissonnois pour cet Exercice,
la Ville deSezanne, limitrophe
des deux premières
,
eutl'honneur du Bouquet
en la Ville d'Epernay
au mois de Juin 1685. & le rendit
au commencement du
mois passé, en vertu de Lettres
Patentes, & après que
Sa Majesté se fut expliquée
sur la concurrence de ceux
de Vitry, au rapport de Mr
le Maréchal Duc de Vivon..,,
ne, Gouverneur des mesmes
Provinces de Brie & de Chapagne,
& de Mr de Croitry"c
Secretaire d'Estat du Département.
LesMandemensimprimez
ayant elle envoyez
à toutes les Villes associées,
qui ont de semblables Compagnies
d'Arquebuziers, la
pluspart se rendirent à Sezanne,
le Samedy premier
de Septembre. Les Chevaliers
de la Ville en deux bandes
, l'une de cheval, & l'autre
de pied, leurs Officiers
a leur telte avec les Guidon
& Enseigne; Trompettes,
Tambours, Fifres,Violons
&Hautbois, tous fort lestes
& en bon ordre, allerent devant,àmesure au que leGuet
qu'on avoit mis sur la Tour,
donnoit le Signal, & en huit
heures de temps on receut jusqu'à vingt-huitCompagniesdesVilles
Illandées,
sçavoir, de Reims, Chalons,
Meaux, Provins, Chasteauthierry,
Coulomniers,Crespy,
Noyon, la Ferté-Milon, Nogent
sur Seine, Epernay, Villenoce,.
Montmirail,Barbone.
ne y
Vertus, Arcies, &c. avec
les Presensordinaires de Vins
excellens,Jambons deMayéce
, & de Venaison. Le lendemain
au matin, les Compagnies
s'assemblerent en
l'Eglise des Cordeliers, qui.
est fort spacieuse
; ôcaprés
que l'on eut tiré la Marche
au fort, elles furent conduites
en Procession parlaVille,
& dans les endroits principaux
du dehors, ayant Mrle
Marquis de Pleurs,Bailly,
Capitaine & Gouverneur a
leur teste, suivy du Corps de
Ville. Elles marcherent au
bruitdes mesmes Instruments
de toutes les Bandes,qui faisoient
une symphonie ble agréa- par intervalles,& sans interruption
du Chant, avec plusieurs décharges deMouf
queterie. La ProcessîoneC<
tant faite,laMesse fut solemnellement
celebrée par Mr
Collot, Aumonier de laCompagnie
de Sezanne, l'Orgue,&quelquesMoatvetesc
chantez par de belles Voix
accompagnées d'lnllrtiinés.
Mrle Marquis dePleurs alla
à roHrande,câprés luyles
Cornetes & les Enfeicrnes
Yf
j*
avec leurs Guidons & leurs
Drapeaux. Apres le disner,
toutes les Compagnies passerent
en reveuë
,
& on exposa
les Prix, qui estoient d'environ
seize mille livres d'argen-
1terie de toutes pieces, comime
Bassins, grosses Eguieres,
&autres d'une Orphevrerie
exquise. Le soir M' de Villiers,
Capitaine de la Compagnie
de la Ville, regala la
pluspart desOfficiers desBan-
) des avec Mr de Pleurs, les
Magistrats & Officiers de
r Ville; ce qu'il continua tous
les jours avec une propreté
- & une profusion extraordinaire.
Ce Soupéfut suivy
d'un grand Bal, où toutes les
Dames, tant de la Ville que
des environs, se trouvèrent
fort parées. On servit ensuite
une magnifique Collation
dans vingtquatre grandsBasfins
, avec toutes fortes de
liqueurs & de rafraicl-ilffemens.
Le Lundy 3. de ce mois,
on se rendit à la Bute. C'est
un Pavillon d'une Architecture
fort délicate & moderne,
nouvellement basty exprés
pour le Prix. Dans la
SCrande Salle estoient les Arrimes
du Roy, de Monseiggneur
le Dauphin, de Monitièigneur
le Duc de Bourgogne
)
& de Monseigneur le
IDuc d'Anjou,avec des Devises.
Sous celle du Roy, on lisoit ces mots Latins, Media
de Pace triumphi; avec ce Sonmet,
dans lequel Sa,Majesté
parle aux Chevaliers.
> SONNET.
[1Cy du champ de Mtirs, on va
droit 4 la Gloire;
Vn rayon de la mienne y conduira,
vos pat,
Inspirera vos coeurs, animera, vos
bras,
.Et placeravos noms,prés du mien,
dans CHistoire.
Làpour eternifer voftte illufire mé- - moire
,
*
Déjàle Dieu Mercure a convié Pallasi
Elle tient le Burin, le Ciseau, le
Compas,
Prcfte decouronner deses mains la
Victoire.
Tout ce queurentjadisdeplus mïïjpjluetix
Olympie & corinthe,en leurs fupcr-
6es jeux
LA Paix l'ajîemble icy,mieux qu'aux
bords du Meandrt.
'-,)Vnpeu d'orgwelifîcdbien, dessous
mesjufiesLois;
Î.Etifq^elcjuUmefioitde Fhumeurd'A~
- lexandre,
99our dijputerles Prix, il trouvera
des Riis.
Pour l'intelligence de ce"
dernier Vers,on doit sçavoir
que chaque Compagnie de
- Chevaliers a/ sonRoy. Au-
Oteubus des Armes de Monseigneur
le Dauphin
,
onli-
Toitj L&ws innéctitolivoe.. LA Faix a fis Lauriers, M/S--
bien qfïe-la Gmrfei dits mijjemfins culture en ces bco-t-
- rcuxClimats,
Et sans craindre les Yents ,
les Soleils,
les Frir/htts,
On diroit que Sezanne efileur narale
Terre.
JjAdrejjè & la Valeur viennent de
toutes partsy
lufqu'aufein de la Faix, rechercher
le Dieu Mars,
Couchésur un fiifceau de Lauriers
& de Palmes.
Chevaliers, VOUA dit-il, LOVIS et s
ses raisons,
Et comme il fait luy fiul les temps l
troubles ou cAlmes,
Il veut que l'on en cueille en toutes i
les Saisons.
Au dessous des Armes de
Monseigneur leDuc deBourgogne,
Crescensadfulmina. cEformidable nom,fatal à tar.ï
d'Empires,
>
g™ deux Siecles entiers riont itifaire
eublitr,
> N'dpprehende atijourd'huj reproches
ny fI/ires,
L Etrenaissant en moyria rien encor
defier.
) On minflruit douctment amaniey Ufoudre
L.Auprès de mon Ayeul, le plmçrar.d
des Humains,
L Tourriavoirpas de peine un jour a'
m'y rejÕttdre)
i Ij touche de bonne heure
1
& men
jouë en ses mains.
!, Sipour remplirbien-toif mes grandis.' *
diftinêes, pij
Dx/îs les premiers efforts de mes bel.
les années,
le vouleis regagner la fameuse Toison.
Lorfcjuc jauraydrtJse mes redoutdblcs
Flûtes,
Chevaliers, voulez,
- vous eJlre mes
Argonautes ?
le vous promets déja d'cfire vejlre
lafon.
Au dessous des Armes de
Monseigneur le Duc d'Anjq¡
1, Discat fortuna renasci. EN Cadet de bonne Mllifin,
L'on mimpofe, en nitiffint un
nom, £htidejtgne déjà mes hautes avan*
q turcss
ilmarqne,lfndi m'aguerrir
Deux Royaumes A conquérir:
Woi!àmonAppanage} 0' mes Gran*
deurs futures.
, Voulczrvouspat beauxChevaliersa
Eftrc de mes AvantUÏU Ys f
YDans troù lustres au plus on s'y peut
bien attendrr,
^Tenez, - njom en ha/tint) exercezvotu
toujours
^Jïuatjd le De(Hit voudra hajler ces
heureux jours,
UtflraJ bien-toif press,&jeviendray
vom prendYe.
L'on commença à tirer,
prés que Mrle Marquis de
Pleurs en eut fait l'ouverture
qpa.r le coup du Roy qu'il tira
comme Gouverneur. Ensuite
on tira à deux butes pour abreger,&
for quatre Pantons
en quatre Chasses
; c'est
à dire que chaque Chevalier
tira quatre coups pendant
le reste de la semaines
La Compagnie de Chasteau-
Thierry remporra le premier
Prix par un coup de
broche qui est unique, &
ce Prix fut ungrand Bassin,
d'argent avec une épée de
six Louis qui eA due au plus
beau coup. Ce coup fut suivy
de plusieurs coups de
noir, qui acquirent encore
bdautres Prix aux Chevaliers
bde cette Compagnie avec
lle premier ôc le troisiéme
Panton. Ceux de Reims eurent
le second Panton avec
uun plus grand nombre de
IPrix aussi considerables que
iles premiers. Les Chevaliers
de Provins gagnerent le quatrièmePanton
avec un quatrième
Prix, & plusieurs
G autres par des coups de
noir. Le reste des Prix de
moindre valeur fut distribué
aux Chevaliers des
autres Compagnies suivant
les coups qu'ils avoient faits,
& avec une espece de justice
scru puleuse
,
jusqu'à diviser
les lignes & les points qui
les composent. Il feroit fort
mal-aisé de mieux réus- ence genre d'exercice,
puis qu'il y a eu quantité de
coups prés du noir, demeurez
inutiles.
-
Tous les Prix èstant tirez
le Samedy au soir 8.
du mois, on délibéra sur le
Bouquet& presque tous
les Suffrages l'accorderent à
la Compagnie de Reims qui
l'avoit demandé avec instance
, pour le reunir au
particulier
particulier qui luy avoit esté
adjugéà Vitry, selon l'intention
de Sa Majesté dans sa
Lettre de Cachet. Ainsi là
délivrance s'en fit le lendemain,
dans la grande ruë dewant
l'Hostel de Reims au
bruit de la Mousquetterie,
£&: au son d'un grand nomcbre
de Hautbois, Tromperrcs,
& autres Instrumens de
toutes fortes; aprèsquoy
xetteCompagnie donna une
magnifique Collation,servie
ueufci-nentaune foule
extraordinaire d'Officiers &:
Chevaliers
)
& à toutes les
Dames. Elle partit sur le foir,
& à son déparr
,
le Prix fut
porté publiquement au milieu
de la Troupe qui estoit
à cheval & en très bel ordre.
Les Officiers estoient en Caleche.
Ils furent conduits par
ceux de la Ville jusqu'au dehors
du Faux-bourg où une
galante Collation les attendoit
pour se dire adieu. Ce
Bouquet est une Statuë d'argent
mollit" cizelé,de prés de
deux pieds de hauteur, sur
un Piedestal d'ebeine. Elle
represente une Paix ou une
Pallas avec un Guidon d'argent
mis en couleur, & embelly
de plusieurs Devises
l& Inscriptions. On peut a- jouter à l'avantage des Chevaliers
de la Compagnie de
Reims, que dans cette occassonils
ont épuisé tous les
moyens ingenieux dont on
se peut servir pour faire éclater
la profu sionenFestins
; Bals,Collations, & Feux d'artifices,
qui les ont distinguez
:des autres Villes,avec un
L
applaudissement gcneral.
que le Roy donnant saprotection
aux Exercices quiont
quelque chose de mar- tial, accorde de temps en temps des permiffons de tirerdes
Prix entre les Compagnies
de l'Arquebuze du
Royaume, & aux Chevaliers.
des Villes, de s'assembler en
celle quiareceu le Bouquet
par le fy^Frage des Bandes.
Comme il y aune Association
ancienne entre les Provinces
de Brie, Champagne,
8c Soissonnois pour cet Exercice,
la Ville deSezanne, limitrophe
des deux premières
,
eutl'honneur du Bouquet
en la Ville d'Epernay
au mois de Juin 1685. & le rendit
au commencement du
mois passé, en vertu de Lettres
Patentes, & après que
Sa Majesté se fut expliquée
sur la concurrence de ceux
de Vitry, au rapport de Mr
le Maréchal Duc de Vivon..,,
ne, Gouverneur des mesmes
Provinces de Brie & de Chapagne,
& de Mr de Croitry"c
Secretaire d'Estat du Département.
LesMandemensimprimez
ayant elle envoyez
à toutes les Villes associées,
qui ont de semblables Compagnies
d'Arquebuziers, la
pluspart se rendirent à Sezanne,
le Samedy premier
de Septembre. Les Chevaliers
de la Ville en deux bandes
, l'une de cheval, & l'autre
de pied, leurs Officiers
a leur telte avec les Guidon
& Enseigne; Trompettes,
Tambours, Fifres,Violons
&Hautbois, tous fort lestes
& en bon ordre, allerent devant,àmesure au que leGuet
qu'on avoit mis sur la Tour,
donnoit le Signal, & en huit
heures de temps on receut jusqu'à vingt-huitCompagniesdesVilles
Illandées,
sçavoir, de Reims, Chalons,
Meaux, Provins, Chasteauthierry,
Coulomniers,Crespy,
Noyon, la Ferté-Milon, Nogent
sur Seine, Epernay, Villenoce,.
Montmirail,Barbone.
ne y
Vertus, Arcies, &c. avec
les Presensordinaires de Vins
excellens,Jambons deMayéce
, & de Venaison. Le lendemain
au matin, les Compagnies
s'assemblerent en
l'Eglise des Cordeliers, qui.
est fort spacieuse
; ôcaprés
que l'on eut tiré la Marche
au fort, elles furent conduites
en Procession parlaVille,
& dans les endroits principaux
du dehors, ayant Mrle
Marquis de Pleurs,Bailly,
Capitaine & Gouverneur a
leur teste, suivy du Corps de
Ville. Elles marcherent au
bruitdes mesmes Instruments
de toutes les Bandes,qui faisoient
une symphonie ble agréa- par intervalles,& sans interruption
du Chant, avec plusieurs décharges deMouf
queterie. La ProcessîoneC<
tant faite,laMesse fut solemnellement
celebrée par Mr
Collot, Aumonier de laCompagnie
de Sezanne, l'Orgue,&quelquesMoatvetesc
chantez par de belles Voix
accompagnées d'lnllrtiinés.
Mrle Marquis dePleurs alla
à roHrande,câprés luyles
Cornetes & les Enfeicrnes
Yf
j*
avec leurs Guidons & leurs
Drapeaux. Apres le disner,
toutes les Compagnies passerent
en reveuë
,
& on exposa
les Prix, qui estoient d'environ
seize mille livres d'argen-
1terie de toutes pieces, comime
Bassins, grosses Eguieres,
&autres d'une Orphevrerie
exquise. Le soir M' de Villiers,
Capitaine de la Compagnie
de la Ville, regala la
pluspart desOfficiers desBan-
) des avec Mr de Pleurs, les
Magistrats & Officiers de
r Ville; ce qu'il continua tous
les jours avec une propreté
- & une profusion extraordinaire.
Ce Soupéfut suivy
d'un grand Bal, où toutes les
Dames, tant de la Ville que
des environs, se trouvèrent
fort parées. On servit ensuite
une magnifique Collation
dans vingtquatre grandsBasfins
, avec toutes fortes de
liqueurs & de rafraicl-ilffemens.
Le Lundy 3. de ce mois,
on se rendit à la Bute. C'est
un Pavillon d'une Architecture
fort délicate & moderne,
nouvellement basty exprés
pour le Prix. Dans la
SCrande Salle estoient les Arrimes
du Roy, de Monseiggneur
le Dauphin, de Monitièigneur
le Duc de Bourgogne
)
& de Monseigneur le
IDuc d'Anjou,avec des Devises.
Sous celle du Roy, on lisoit ces mots Latins, Media
de Pace triumphi; avec ce Sonmet,
dans lequel Sa,Majesté
parle aux Chevaliers.
> SONNET.
[1Cy du champ de Mtirs, on va
droit 4 la Gloire;
Vn rayon de la mienne y conduira,
vos pat,
Inspirera vos coeurs, animera, vos
bras,
.Et placeravos noms,prés du mien,
dans CHistoire.
Làpour eternifer voftte illufire mé- - moire
,
*
Déjàle Dieu Mercure a convié Pallasi
Elle tient le Burin, le Ciseau, le
Compas,
Prcfte decouronner deses mains la
Victoire.
Tout ce queurentjadisdeplus mïïjpjluetix
Olympie & corinthe,en leurs fupcr-
6es jeux
LA Paix l'ajîemble icy,mieux qu'aux
bords du Meandrt.
'-,)Vnpeu d'orgwelifîcdbien, dessous
mesjufiesLois;
Î.Etifq^elcjuUmefioitde Fhumeurd'A~
- lexandre,
99our dijputerles Prix, il trouvera
des Riis.
Pour l'intelligence de ce"
dernier Vers,on doit sçavoir
que chaque Compagnie de
- Chevaliers a/ sonRoy. Au-
Oteubus des Armes de Monseigneur
le Dauphin
,
onli-
Toitj L&ws innéctitolivoe.. LA Faix a fis Lauriers, M/S--
bien qfïe-la Gmrfei dits mijjemfins culture en ces bco-t-
- rcuxClimats,
Et sans craindre les Yents ,
les Soleils,
les Frir/htts,
On diroit que Sezanne efileur narale
Terre.
JjAdrejjè & la Valeur viennent de
toutes partsy
lufqu'aufein de la Faix, rechercher
le Dieu Mars,
Couchésur un fiifceau de Lauriers
& de Palmes.
Chevaliers, VOUA dit-il, LOVIS et s
ses raisons,
Et comme il fait luy fiul les temps l
troubles ou cAlmes,
Il veut que l'on en cueille en toutes i
les Saisons.
Au dessous des Armes de
Monseigneur leDuc deBourgogne,
Crescensadfulmina. cEformidable nom,fatal à tar.ï
d'Empires,
>
g™ deux Siecles entiers riont itifaire
eublitr,
> N'dpprehende atijourd'huj reproches
ny fI/ires,
L Etrenaissant en moyria rien encor
defier.
) On minflruit douctment amaniey Ufoudre
L.Auprès de mon Ayeul, le plmçrar.d
des Humains,
L Tourriavoirpas de peine un jour a'
m'y rejÕttdre)
i Ij touche de bonne heure
1
& men
jouë en ses mains.
!, Sipour remplirbien-toif mes grandis.' *
diftinêes, pij
Dx/îs les premiers efforts de mes bel.
les années,
le vouleis regagner la fameuse Toison.
Lorfcjuc jauraydrtJse mes redoutdblcs
Flûtes,
Chevaliers, voulez,
- vous eJlre mes
Argonautes ?
le vous promets déja d'cfire vejlre
lafon.
Au dessous des Armes de
Monseigneur le Duc d'Anjq¡
1, Discat fortuna renasci. EN Cadet de bonne Mllifin,
L'on mimpofe, en nitiffint un
nom, £htidejtgne déjà mes hautes avan*
q turcss
ilmarqne,lfndi m'aguerrir
Deux Royaumes A conquérir:
Woi!àmonAppanage} 0' mes Gran*
deurs futures.
, Voulczrvouspat beauxChevaliersa
Eftrc de mes AvantUÏU Ys f
YDans troù lustres au plus on s'y peut
bien attendrr,
^Tenez, - njom en ha/tint) exercezvotu
toujours
^Jïuatjd le De(Hit voudra hajler ces
heureux jours,
UtflraJ bien-toif press,&jeviendray
vom prendYe.
L'on commença à tirer,
prés que Mrle Marquis de
Pleurs en eut fait l'ouverture
qpa.r le coup du Roy qu'il tira
comme Gouverneur. Ensuite
on tira à deux butes pour abreger,&
for quatre Pantons
en quatre Chasses
; c'est
à dire que chaque Chevalier
tira quatre coups pendant
le reste de la semaines
La Compagnie de Chasteau-
Thierry remporra le premier
Prix par un coup de
broche qui est unique, &
ce Prix fut ungrand Bassin,
d'argent avec une épée de
six Louis qui eA due au plus
beau coup. Ce coup fut suivy
de plusieurs coups de
noir, qui acquirent encore
bdautres Prix aux Chevaliers
bde cette Compagnie avec
lle premier ôc le troisiéme
Panton. Ceux de Reims eurent
le second Panton avec
uun plus grand nombre de
IPrix aussi considerables que
iles premiers. Les Chevaliers
de Provins gagnerent le quatrièmePanton
avec un quatrième
Prix, & plusieurs
G autres par des coups de
noir. Le reste des Prix de
moindre valeur fut distribué
aux Chevaliers des
autres Compagnies suivant
les coups qu'ils avoient faits,
& avec une espece de justice
scru puleuse
,
jusqu'à diviser
les lignes & les points qui
les composent. Il feroit fort
mal-aisé de mieux réus- ence genre d'exercice,
puis qu'il y a eu quantité de
coups prés du noir, demeurez
inutiles.
-
Tous les Prix èstant tirez
le Samedy au soir 8.
du mois, on délibéra sur le
Bouquet& presque tous
les Suffrages l'accorderent à
la Compagnie de Reims qui
l'avoit demandé avec instance
, pour le reunir au
particulier
particulier qui luy avoit esté
adjugéà Vitry, selon l'intention
de Sa Majesté dans sa
Lettre de Cachet. Ainsi là
délivrance s'en fit le lendemain,
dans la grande ruë dewant
l'Hostel de Reims au
bruit de la Mousquetterie,
£&: au son d'un grand nomcbre
de Hautbois, Tromperrcs,
& autres Instrumens de
toutes fortes; aprèsquoy
xetteCompagnie donna une
magnifique Collation,servie
ueufci-nentaune foule
extraordinaire d'Officiers &:
Chevaliers
)
& à toutes les
Dames. Elle partit sur le foir,
& à son déparr
,
le Prix fut
porté publiquement au milieu
de la Troupe qui estoit
à cheval & en très bel ordre.
Les Officiers estoient en Caleche.
Ils furent conduits par
ceux de la Ville jusqu'au dehors
du Faux-bourg où une
galante Collation les attendoit
pour se dire adieu. Ce
Bouquet est une Statuë d'argent
mollit" cizelé,de prés de
deux pieds de hauteur, sur
un Piedestal d'ebeine. Elle
represente une Paix ou une
Pallas avec un Guidon d'argent
mis en couleur, & embelly
de plusieurs Devises
l& Inscriptions. On peut a- jouter à l'avantage des Chevaliers
de la Compagnie de
Reims, que dans cette occassonils
ont épuisé tous les
moyens ingenieux dont on
se peut servir pour faire éclater
la profu sionenFestins
; Bals,Collations, & Feux d'artifices,
qui les ont distinguez
:des autres Villes,avec un
L
applaudissement gcneral.
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Résumé : Prix de l'Arquebuze. [titre d'après la table]
En juin 1685, la ville de Sézanne a reçu le privilège d'accueillir le Bouquet à Épernay, officialisant sa victoire sur Vitry grâce à un rapport du maréchal duc de Vivonne et de Monsieur de Croissy. Les villes voisines, telles que Reims, Châlons, Meaux et Provins, ont été invitées et ont offert des présents comme du vin, des jambons et de la venaison. Le 1er septembre, ces villes se sont rassemblées à Sézanne pour une procession musicale et une messe solennelle, suivie d'un repas où des prix en argenterie étaient exposés. La journée s'est conclue par un banquet et un bal. Le lendemain, une compétition de tir a été organisée par le Duc d'Anjou pour regagner la Toison d'Or. Les participants, nommés 'Chevaliers,' ont montré leur habileté au tir sur plusieurs jours. La Compagnie de Château-Thierry a remporté le premier prix, un grand bassin d'argent avec une épée, pour un coup de broche remarquable. D'autres prix ont été décernés aux Compagnies de Reims et de Provins, ainsi qu'à divers Chevaliers pour leurs coups de noir. Le samedi soir, la Compagnie de Reims a obtenu le Bouquet, une statue d'argent représentant une Paix ou une Pallas, après délibération. La remise du prix a eu lieu publiquement, accompagnée de festivités et de collations. Les Chevaliers de Reims ont été particulièrement acclamés pour leur organisation et les festivités offertes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 104-125
Soissons. [titre d'après la table]
Début :
Cette Ville est en Picardie sur la riviere d'Aisne, qui la [...]
Mots clefs :
Soissons, Ville, Porte, Intendant, Ambassadeurs, Compagnies, Personnes, Armes, Maire, Palais, Heures, Compagnie, Gouverneurs, Roi, Magnificence, Officiers, Qualité, Canon, Palais épiscopal, Bourgeoisie
5
p. 261-274
A l'Abbaye dr Crepin le 18. Septembre 1712.
Début :
Mr le Comte de Broglio fut chargé de faire un [...]
Mots clefs :
Abbaye de Crepin, Comte de Broglio, Fourrages, Retraite, Troupes, Cavalerie, Village, Grenadiers, Compagnies, Chevaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A l'Abbaye dr Crepin le 18. Septembre 1712.
Al'Abbaye dr Crepin le
18. Septembre 1712.
Mr le Comte de Broglio
fut chargé de faire un fourage hier du cofté de la
Haine; les ennemis en
kayane cfté avertis par leurs
262 MERCURE
efpions & par l'avis qu'on
avoit donné aux Païfans
de fauver leurs Vaches
devant eſtre fouragez ,
pafferent avant hier au foir
la Haine à S. Guilain avec
douze cent Chariots , deux
cent Houzars & cinq cent
Grenadiers qu'ils laifferent
à la tefte de la Chauffée de
S. Guilain , pour favorifer
leur retraite , ils commencerent à paffer cette riviere
à une heure aprés minuit
à peu prés dans le temps que
nous paffions l'Escaut à
Condé , de forte qu'à la
GALANT 263
pointe du jour toutes leurs
Troupes eftoient entre
Outrage & S. Guilain : nous
arivames auffi dans ce
temps là avec mille Grena
diers & neuf cent chevaux
à la tefte du Village de
Ville , qui eft contigu à
celuy de Pommervil ; Mr
le Comte de Broglio mit lá
la Cavalerie en bataille dans
une petite Plaine à la tefte
de ce Village , barrant de
la Riviere au Bois , elle
eftoit foutenue par les
mille Grenadiers qu'il poſta
en mefme temps dans les
4 MERCURE
ayeda Villages. Le fielt
Charfwars qu'il avoir e
woyé đés la voille aveccent
wheraux & cinquante Hea
ers aperçeur les ennemis
und demi heurer de jour
entre Outrage & S. Gui
dain où ils titoient, en alte
envoya dire à Mr de
Broglio qu'il voyoit sun
affez gros corps de Cavalet
Tie fans pouvoir en dire le
nombre. Un moment aprés
les, ennemis marchérent à
Juy, &l'obligerent à fe retis
rer fur une Troupe avancée
que nous avions entre las
Villages
GALANT. 265
Village d'Outrage & de
Ville.
Mr le Comte deBroglio
s'y porca aulli toft pour
connoiftre la force de ces
Troupes qui déboucherene
au galop rempliſſant te
terrain , à melure qu'elles
eftoient formées ,
nos
Houfars efcarmoucherent
pendant ce temps- là avec
ceux des ennemis , mais
leur Troupe groffillant ,
Mronde Broglio» envoya
avertir dans les Villages
de Pommereüil & de Ville
la Cavalerie de monter
Septembre 1712. Z
*** MERCURE
A
à cheval, & fit retirer les
Houfars & la Cavalerie
qui eſtoient en avant fur
le gros de la Cavalerie qui
eftoient en bataille en pre
miere ligne devant les mille
Grenadiers poftez dans les
hayes à la telte du Village de
Ville , en ayant mis crois
Compagnies à la droite
de la Cavalerie, & trois
Compagnies à la gauche
pour la flanquer. 11
D'abord quelles ennemis
curent formé toutes leurs
Troupes fur quatre lignes,
ls marcherent de front fur
GALANT. 267
noftre Cavalerie qui foren
verfavallat premieres charge
par fa droite fur les trois
Compagnies de Grenadiers
du Flánc droit & fe jedterenr
dans le chemin de Pommie
reüil d'où elle fe retiraà une
Troupe de Carabiniers qui
fe reforma dans le chemin
& quity refta . 51 amp fiv
zioLestennemis ayant ainfi
pouffe noftre Cavalerievoufurent tour de fuite paffer
fur noftre Infantérie máis
Male Comte de Broglio
luy fit faire une déchange
àbouttouchant quien jerta
Zij
268 MERCURE
beaucoup par terres&idet
culbuta , ce qui les obligea
à le jetter par leur gauche il
entra une Troupe ou deux
dans le Village de Ville,
n'ayantpûmettred'Infante
tie par cette droite , parce
que le front cftoit trop
grand, Mr de Broglio ayant
vûquecette Cavaleriefejeg
toit fur fa gauche quichoir
noftre droite pour entrer
dans ce Villageymarcha
d'abord à la tefte des Gre
nadiers dans le grandi che
min , & trouva ces deux
Troupes des ennemis entre
GALANT. 169
Pommercial & Ville. Il fit
faire feu fur cux par cinquante Grenadiers asi que
commandoit le fieur de la
Chaize Capitaine des
Grenadiers de Meuſe , ce
quicles culbutas dans le
moment.fls,anot of
anals ofed retirerent fans
perdre de temps & affcz
precipirament, & depuis co
temps là on n'a plus vû
uh ennemi, quoyque nos
Troupes ayent trefté en
bataille dans le Village plus
de trois heures aprés.
97.dls n'ont pris , de foursZiij
478 MERCURE
gours que ce qui eſtoit entre
la riviere de Pommercüil &
le Village de Ville dans les
Prairies , qui eftoient en pe
tit nombre , & gens qui
avoient paffé les efcortos.
r! Mrr de Suryavoir poſté
fix cens hommes le long du
bois depuis le Village de
Ville jufqu'à Berniffar avec
doux cent chevaux dans la
Trouée qui va dans des
Bruyeres de Blaton; & Mr
de Franla avoit place buit
ccds hommes depuis Bernif
far , longeant la Foreft
de Noftre -Dame de bon
GALANT 277
Secours jufqu'à l'Efcaut
pour couvrir les Ponts qui
cftoient fairs au-deſſus de
Condé avec deux cens
chevaux dans la Plaine entre
L'Efcant & les bois de
Noftre Dame dombon
Secours.51
Tous ceux qui ont fouragé de ce coftézlà, qui
affoient les trois quarts &
demy de fourageurs , onc
raporté du fourage H n'y
arcûr que la Referve qui
étoit as a teſte qui eft
venuë fans fourager inn
roll eſt reſté quelques che
Ziiij
*** MERCURS
vaux de Cavaliers rondus
qu'on a trouvés lo long!
des chemins , parce qu'ils!
eftoient en tres mauvais
état, car pour de pris je
fuis certain qu'il n'y en a pas
cinquante.
Si l'on avoit feparé les
Grenadiers commcorc'cft
l'ufage & qu'ils n'euffent
pas efté tous enſemble à la
tefte , toute l'alle gauche
auroit couru grand rifques
C'eftoit Mr d'Atel Licu
tenant General des ennemis
qui commandoit ce déta
chement. Nous avons cú
GALANT 2**
。
environ lept Coub huir
hommes tuez mais pour
les ennemis foit de la dés
charge de nos Grenadiers
fur leur Cavalerie , foit de
ceux que nous avons trouvé
dans le Village , quandnous
y ſommes rentrez, il y en a
au moins une centaine fur
le quarreaustrop. 53 ayout
Il faut dire à la décharge
della Cavalerie de n'avoir
pas mieux fait qu'outre que
les ennemis eftoient quatre
contresun, c'est que felon
la loüable coûtume › des
Officiers les jours de fourage
174 MERCURE
ils ne donnent que les che
vaux éclopez pour les ef
Cortes, & gardent les bons
pour fourager
18. Septembre 1712.
Mr le Comte de Broglio
fut chargé de faire un fourage hier du cofté de la
Haine; les ennemis en
kayane cfté avertis par leurs
262 MERCURE
efpions & par l'avis qu'on
avoit donné aux Païfans
de fauver leurs Vaches
devant eſtre fouragez ,
pafferent avant hier au foir
la Haine à S. Guilain avec
douze cent Chariots , deux
cent Houzars & cinq cent
Grenadiers qu'ils laifferent
à la tefte de la Chauffée de
S. Guilain , pour favorifer
leur retraite , ils commencerent à paffer cette riviere
à une heure aprés minuit
à peu prés dans le temps que
nous paffions l'Escaut à
Condé , de forte qu'à la
GALANT 263
pointe du jour toutes leurs
Troupes eftoient entre
Outrage & S. Guilain : nous
arivames auffi dans ce
temps là avec mille Grena
diers & neuf cent chevaux
à la tefte du Village de
Ville , qui eft contigu à
celuy de Pommervil ; Mr
le Comte de Broglio mit lá
la Cavalerie en bataille dans
une petite Plaine à la tefte
de ce Village , barrant de
la Riviere au Bois , elle
eftoit foutenue par les
mille Grenadiers qu'il poſta
en mefme temps dans les
4 MERCURE
ayeda Villages. Le fielt
Charfwars qu'il avoir e
woyé đés la voille aveccent
wheraux & cinquante Hea
ers aperçeur les ennemis
und demi heurer de jour
entre Outrage & S. Gui
dain où ils titoient, en alte
envoya dire à Mr de
Broglio qu'il voyoit sun
affez gros corps de Cavalet
Tie fans pouvoir en dire le
nombre. Un moment aprés
les, ennemis marchérent à
Juy, &l'obligerent à fe retis
rer fur une Troupe avancée
que nous avions entre las
Villages
GALANT. 265
Village d'Outrage & de
Ville.
Mr le Comte deBroglio
s'y porca aulli toft pour
connoiftre la force de ces
Troupes qui déboucherene
au galop rempliſſant te
terrain , à melure qu'elles
eftoient formées ,
nos
Houfars efcarmoucherent
pendant ce temps- là avec
ceux des ennemis , mais
leur Troupe groffillant ,
Mronde Broglio» envoya
avertir dans les Villages
de Pommereüil & de Ville
la Cavalerie de monter
Septembre 1712. Z
*** MERCURE
A
à cheval, & fit retirer les
Houfars & la Cavalerie
qui eſtoient en avant fur
le gros de la Cavalerie qui
eftoient en bataille en pre
miere ligne devant les mille
Grenadiers poftez dans les
hayes à la telte du Village de
Ville , en ayant mis crois
Compagnies à la droite
de la Cavalerie, & trois
Compagnies à la gauche
pour la flanquer. 11
D'abord quelles ennemis
curent formé toutes leurs
Troupes fur quatre lignes,
ls marcherent de front fur
GALANT. 267
noftre Cavalerie qui foren
verfavallat premieres charge
par fa droite fur les trois
Compagnies de Grenadiers
du Flánc droit & fe jedterenr
dans le chemin de Pommie
reüil d'où elle fe retiraà une
Troupe de Carabiniers qui
fe reforma dans le chemin
& quity refta . 51 amp fiv
zioLestennemis ayant ainfi
pouffe noftre Cavalerievoufurent tour de fuite paffer
fur noftre Infantérie máis
Male Comte de Broglio
luy fit faire une déchange
àbouttouchant quien jerta
Zij
268 MERCURE
beaucoup par terres&idet
culbuta , ce qui les obligea
à le jetter par leur gauche il
entra une Troupe ou deux
dans le Village de Ville,
n'ayantpûmettred'Infante
tie par cette droite , parce
que le front cftoit trop
grand, Mr de Broglio ayant
vûquecette Cavaleriefejeg
toit fur fa gauche quichoir
noftre droite pour entrer
dans ce Villageymarcha
d'abord à la tefte des Gre
nadiers dans le grandi che
min , & trouva ces deux
Troupes des ennemis entre
GALANT. 169
Pommercial & Ville. Il fit
faire feu fur cux par cinquante Grenadiers asi que
commandoit le fieur de la
Chaize Capitaine des
Grenadiers de Meuſe , ce
quicles culbutas dans le
moment.fls,anot of
anals ofed retirerent fans
perdre de temps & affcz
precipirament, & depuis co
temps là on n'a plus vû
uh ennemi, quoyque nos
Troupes ayent trefté en
bataille dans le Village plus
de trois heures aprés.
97.dls n'ont pris , de foursZiij
478 MERCURE
gours que ce qui eſtoit entre
la riviere de Pommercüil &
le Village de Ville dans les
Prairies , qui eftoient en pe
tit nombre , & gens qui
avoient paffé les efcortos.
r! Mrr de Suryavoir poſté
fix cens hommes le long du
bois depuis le Village de
Ville jufqu'à Berniffar avec
doux cent chevaux dans la
Trouée qui va dans des
Bruyeres de Blaton; & Mr
de Franla avoit place buit
ccds hommes depuis Bernif
far , longeant la Foreft
de Noftre -Dame de bon
GALANT 277
Secours jufqu'à l'Efcaut
pour couvrir les Ponts qui
cftoient fairs au-deſſus de
Condé avec deux cens
chevaux dans la Plaine entre
L'Efcant & les bois de
Noftre Dame dombon
Secours.51
Tous ceux qui ont fouragé de ce coftézlà, qui
affoient les trois quarts &
demy de fourageurs , onc
raporté du fourage H n'y
arcûr que la Referve qui
étoit as a teſte qui eft
venuë fans fourager inn
roll eſt reſté quelques che
Ziiij
*** MERCURS
vaux de Cavaliers rondus
qu'on a trouvés lo long!
des chemins , parce qu'ils!
eftoient en tres mauvais
état, car pour de pris je
fuis certain qu'il n'y en a pas
cinquante.
Si l'on avoit feparé les
Grenadiers commcorc'cft
l'ufage & qu'ils n'euffent
pas efté tous enſemble à la
tefte , toute l'alle gauche
auroit couru grand rifques
C'eftoit Mr d'Atel Licu
tenant General des ennemis
qui commandoit ce déta
chement. Nous avons cú
GALANT 2**
。
environ lept Coub huir
hommes tuez mais pour
les ennemis foit de la dés
charge de nos Grenadiers
fur leur Cavalerie , foit de
ceux que nous avons trouvé
dans le Village , quandnous
y ſommes rentrez, il y en a
au moins une centaine fur
le quarreaustrop. 53 ayout
Il faut dire à la décharge
della Cavalerie de n'avoir
pas mieux fait qu'outre que
les ennemis eftoient quatre
contresun, c'est que felon
la loüable coûtume › des
Officiers les jours de fourage
174 MERCURE
ils ne donnent que les che
vaux éclopez pour les ef
Cortes, & gardent les bons
pour fourager
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Résumé : A l'Abbaye dr Crepin le 18. Septembre 1712.
Le 18 septembre 1712, le comte de Broglio reçut l'ordre de mener une opération de fourrage près de la Haine. Informés par leurs espions et les habitants locaux, les ennemis traversèrent la Haine à Saint-Guilain avec 1 200 chariots, 200 hussards et 500 grenadiers. Ils commencèrent à traverser la rivière à une heure après minuit, simultanément à la traversée de l'Escaut par les troupes françaises à Condé. À l'aube, toutes les troupes ennemies étaient positionnées entre Outrage et Saint-Guilain. Les forces françaises, composées de 1 000 grenadiers et 900 cavaliers, arrivèrent à Ville, un village adjacent à Pommervil. Le comte de Broglio déploya la cavalerie en bataille dans une petite plaine, soutenue par les grenadiers postés dans les villages voisins. Les hussards français repérèrent les ennemis et signalèrent leur présence. Les ennemis avancèrent, forçant les hussards à se retirer. Le comte de Broglio organisa la cavalerie en bataille, avec les grenadiers en soutien. Les ennemis, formant leurs troupes en quatre lignes, chargèrent la cavalerie française, qui se retira vers une troupe de carabiniers. Les ennemis tentèrent ensuite de passer sur l'infanterie française mais furent repoussés par une décharge de grenadiers, commandée par le sieur de La Chaize. Les ennemis se retirèrent précipitamment et ne furent plus vus par la suite. Les troupes françaises restèrent en bataille dans le village pendant plus de trois heures. Les ennemis ne prirent que peu de fourrage, principalement entre la rivière de Pommervil et le village de Ville. Les forces françaises, sous les ordres de Mr de Sury et Mr de Franla, étaient positionnées pour couvrir les ponts et les zones de fourrage. Les pertes françaises s'élevèrent à environ 100 hommes tués, tandis que les ennemis subirent des pertes significatives, estimées à une centaine de morts. La cavalerie française fut critiquée pour avoir utilisé des chevaux éclopés pour les escortes, gardant les meilleurs pour le fourrage.
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6
p. 222-22[9]
DONS DE LA Reine d'Angleterre.
Début :
La Reine a donné au Comte d'Excester, le Gouvernement [...]
Mots clefs :
Dons, Reine d'Angleterre, Province de Rutland, Comtes, Colonels, Archevêque, Compagnies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DONS DE LA Reine d'Angleterre.
DONS DE L.A.
Reine d'Angleterre.
La Reine a
donné au
Comte d'Excester,le Gouvernement de la Province
de Rutland, à la place de
Mylord Gerard.
Celuy de La Province
d'Essex
,
valant parle deces de Mylord Rivers, ati
Vicomte deBullinbrooksecretaire d'Estat.
Le sieur Hill commandanr de Dunkerque, a
eslé
fait Lieutenant & Conseil-
lerduConseil privé.
Le Comte de Port-more
quicommandoit cy devant
lestroupesAngloisesen Porrugal a
aussi été fait Conseiller du Conseilprivé.
Le Colonel Clayton
,
a
é é fait Commandant de la,
Citadelle de DunKerque.
-
Le Chevalier Abercombie, a
esté fait Major &
Commandant de la Garnisail.
Le 5. Novembre, il yeut àWindsorChapitre de l'Ordrede la Jarriere, dans lequel SaMajestéfit sixChe-
valiers
;
sçavoir
,
le Duc
d'Hamilton ,le Duc de
Beaufort,le Duc de Kent,
le Comte d'Oxford, le
Comte Pawlet,leComte de
Strafford.
Le mêmejour un détachement des Gardes du
Corps & des Grenadiers à
cheval, partir pour allerfaire la Garde à Windsor, d-ou
onassure quela Reinene
reviendra qu'à Noel.
Le lendemain il yeut
un Confeilde Cabinet, auquelleComte de Strafford
assista, ayant le 29. Octo-
-
bre presté le^mcnt-en qltelité de Conseiller du Conseil privé. •:
Le 8. il presta lessermens
dans la Cour de laChancellerie, pour lacharge de
premier Commissaire de
l'Amirauté.
Le 9. leChevalierRichardHoare,nouveauLord
Maire, prestales sermens
pourcetteChargeà W-eÍtminsler devant les Barons
de l'Echiquier. Le même
jour, il fitsonentrée pu- blique
,
& traita magnifiquementles Ministres d'E-
stat & les plus grands Seigneurs de la Cour.
Le sieur de Melarde, l'un
des Plenipotentiaires du
Duc de Savoye
,
arriva le
t. Novembre
,
de Hollande à Londres, de il assista deux jours a
prèsauComitté du Conseil.
h' L'Archevesquede Cae
torbery, l'Evesque de Londres
,
le nouveau Maire ôc
plusieurs autres, tant Eccljp*'
siastiques queSeculiers ont esténommez pour estre du
nombre des Commissaures
qui doivent prendresoinde
la constructiondecinquante Eglises à Londres
, &
aux environs
,
suivant rActe du Parlement.
Oti commença le3 Novembre à reformer dix
hommes par Compagnie,
des Regiments des Gardes;
elles font maintenant reduités à soixantehommes
ch acune : toutes les autres
fCsmvpagnies d'infanterie,
serontreduites à quarante
hommes, &celle deCavalerie& de Dragons àtrente cinq, à la reserve des
CardesduCorps.
Les Officiers de l'Artili
lerie ont conclu un marché
avec les Armuriers de la
Ville de Londres, pour
fournir dans un certaintems
vingtmille fusils, autant de
bayonnettcs
,
d'espées
,
ôc
d'autres armes qui doivent
.cllre envoyées dans les Magasinsde Gibraltar ôcdu
PortMahen. ':"':. ['C
Les LettresdeLisbonne
du 28. Octobre, portent que
la Flotte duBresil
,
escortée par six Vaisseaux de
guerrePortugais, estoit arrivée le >.,. au nombre de
soixante
-
trois Vaisseaux
marchands richement chargez, & deux Vaisseaux venant de Goa aussifortriches. Elle a
apporte entre
autres
,
mille Arrobes ou
vingt-quatre mille livres de
poudre d'Or;trente mille
livres de Tabac
,
& une
grande quantité de Cuirs
éc autres Marchandises.
Le 19. Octobre, la Reine de Portugal accoucha
d'un Prince, ce qui causa
une grande joye
Reine d'Angleterre.
La Reine a
donné au
Comte d'Excester,le Gouvernement de la Province
de Rutland, à la place de
Mylord Gerard.
Celuy de La Province
d'Essex
,
valant parle deces de Mylord Rivers, ati
Vicomte deBullinbrooksecretaire d'Estat.
Le sieur Hill commandanr de Dunkerque, a
eslé
fait Lieutenant & Conseil-
lerduConseil privé.
Le Comte de Port-more
quicommandoit cy devant
lestroupesAngloisesen Porrugal a
aussi été fait Conseiller du Conseilprivé.
Le Colonel Clayton
,
a
é é fait Commandant de la,
Citadelle de DunKerque.
-
Le Chevalier Abercombie, a
esté fait Major &
Commandant de la Garnisail.
Le 5. Novembre, il yeut àWindsorChapitre de l'Ordrede la Jarriere, dans lequel SaMajestéfit sixChe-
valiers
;
sçavoir
,
le Duc
d'Hamilton ,le Duc de
Beaufort,le Duc de Kent,
le Comte d'Oxford, le
Comte Pawlet,leComte de
Strafford.
Le mêmejour un détachement des Gardes du
Corps & des Grenadiers à
cheval, partir pour allerfaire la Garde à Windsor, d-ou
onassure quela Reinene
reviendra qu'à Noel.
Le lendemain il yeut
un Confeilde Cabinet, auquelleComte de Strafford
assista, ayant le 29. Octo-
-
bre presté le^mcnt-en qltelité de Conseiller du Conseil privé. •:
Le 8. il presta lessermens
dans la Cour de laChancellerie, pour lacharge de
premier Commissaire de
l'Amirauté.
Le 9. leChevalierRichardHoare,nouveauLord
Maire, prestales sermens
pourcetteChargeà W-eÍtminsler devant les Barons
de l'Echiquier. Le même
jour, il fitsonentrée pu- blique
,
& traita magnifiquementles Ministres d'E-
stat & les plus grands Seigneurs de la Cour.
Le sieur de Melarde, l'un
des Plenipotentiaires du
Duc de Savoye
,
arriva le
t. Novembre
,
de Hollande à Londres, de il assista deux jours a
prèsauComitté du Conseil.
h' L'Archevesquede Cae
torbery, l'Evesque de Londres
,
le nouveau Maire ôc
plusieurs autres, tant Eccljp*'
siastiques queSeculiers ont esténommez pour estre du
nombre des Commissaures
qui doivent prendresoinde
la constructiondecinquante Eglises à Londres
, &
aux environs
,
suivant rActe du Parlement.
Oti commença le3 Novembre à reformer dix
hommes par Compagnie,
des Regiments des Gardes;
elles font maintenant reduités à soixantehommes
ch acune : toutes les autres
fCsmvpagnies d'infanterie,
serontreduites à quarante
hommes, &celle deCavalerie& de Dragons àtrente cinq, à la reserve des
CardesduCorps.
Les Officiers de l'Artili
lerie ont conclu un marché
avec les Armuriers de la
Ville de Londres, pour
fournir dans un certaintems
vingtmille fusils, autant de
bayonnettcs
,
d'espées
,
ôc
d'autres armes qui doivent
.cllre envoyées dans les Magasinsde Gibraltar ôcdu
PortMahen. ':"':. ['C
Les LettresdeLisbonne
du 28. Octobre, portent que
la Flotte duBresil
,
escortée par six Vaisseaux de
guerrePortugais, estoit arrivée le >.,. au nombre de
soixante
-
trois Vaisseaux
marchands richement chargez, & deux Vaisseaux venant de Goa aussifortriches. Elle a
apporte entre
autres
,
mille Arrobes ou
vingt-quatre mille livres de
poudre d'Or;trente mille
livres de Tabac
,
& une
grande quantité de Cuirs
éc autres Marchandises.
Le 19. Octobre, la Reine de Portugal accoucha
d'un Prince, ce qui causa
une grande joye
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Résumé : DONS DE LA Reine d'Angleterre.
Le document décrit diverses nominations et événements à la cour anglaise et dans les forces armées. La Reine a attribué des postes administratifs, notamment au Comte d'Excester pour la Province de Rutland et au Vicomte de Bullinbrook comme secrétaire d'État. Plusieurs nominations ont été faites au Conseil privé, incluant le sieur Hill, le Comte de Portmore et le Colonel Clayton comme Commandant de la Citadelle de Dunkerque. Le Chevalier Abercrombie a été nommé Major et Commandant de la Garnison. Le 5 novembre, six nouveaux Chevaliers de l'Ordre de la Jarretière ont été créés à Windsor. Le Comte de Strafford a prêté serment comme Conseiller du Conseil privé et premier Commissaire de l'Amirauté les 6 et 8 novembre. Le Chevalier Richard Hoare, nouveau Lord Maire, a prêté serment le 9 novembre. Le sieur de Melarde, Plénipotentiaire du Duc de Savoie, est arrivé à Londres le 11 novembre. Des réformes ont été entreprises dans les régiments des Gardes et un marché pour des armes a été conclu. Des nouvelles de Lisbonne mentionnent l'arrivée d'une flotte du Brésil et la naissance d'un Prince au Portugal.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 5-61
De Lunéville en Lorraine, le 30 May 1717. TROISIEME & DERNIERE Partie, des Mémoires DE M. LE CARDINAL DE RETZ.
Début :
Je vous ay promis, Monsieur, de vous envoyer pour troisiéme & dernier [...]
Mots clefs :
Cardinal de Retz, Gardes, Maréchal, Chevalier, Douleurs, Accident, Domestiques, Gentilhommes, Cardinal, Fièvre, Voyage, Garnison, Vaisseaux, Vatican, Prince, Chasse, Compagnies, Espagne, Combat, Galère, Officiers, Sa Majesté, Imprudence , Capitaine, Gouverneur espagnol, Vérité, Discrétion, Reconnaissance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Lunéville en Lorraine, le 30 May 1717. TROISIEME & DERNIERE Partie, des Mémoires DE M. LE CARDINAL DE RETZ.
De Lanéville en Lorraine
;¡ le30May) 1717.
TKOISIEME& DERNIERE
.- Partie, des Aiémcircs
DEM. LE CARDINAL DI RETZ.
E vous ay promis,Monsieur,
de vous envoyerpour
troisiéme cr dernier Extrait,
des Mémoires du
Card. de Retz
,
fOr. tuafior. du Château
de Nantes, & ses différentes
AvantHresjnfûiifin ;?TI/,,'t-: c,: I:alie
i j'éxécute mapromesse avecjêjer
Je ne doûte pas que cet Extrait né
fasse plaisir avos lecteurs, pérla
variété infinie de -CïrClnjlltnce-s extraordinaires
,
dont. ce imrceâtt d'Histoire est rempli.
Ce qui estextraordinaire,neporoît
possible à ceux qui nesont capables
que de l'ordinaire,qu'aprèsqu'-
ilestarrivé. Tellefutl'évasion du
Cardinal de Retz,, dont il va nousfaire
lui- même la Relation.
Je me sauvai un Samedy 8e d.
Aoust,àcinq heures du soir. La porte
du petit Jardin se refermaaprès
moi-, presque naturellement. Je
descendis, un bâton entre les jambes
,
três-heureusement d'un Bastionqui
avoir 40 pieds de haut.
Un Valet de Chambre qui est encore
àmoy, no limé Fromentin amusames
Gardes en les faisant
boire. Ils s'amuserent eux-mtmes àregarder unJacobin, qui se baignoit
&qui deplus se noyoit. Le
Soldat qui étoit ensentinelle à aopas
tle inoilen un lieud'oùil ne pouvoir
pas me joindre,n'osa me tirer; parce
que, lorsque le lui vis compaqqer
sa mesche
je lui criai que je le
ferois pendre, siil tiroir, & il
avoüa à la qUtftion., qu'il crût sur
cette menace,
que le Maréchal
étoit de concert avec moy Deux
petits Pages;qui se baignoient &
qui me voyoient suspendu à la corde
, crièrent que je me fauvois,
mais ils ne furent pas écouté; parce
que tout le monde s'imagina
qu'ils apeloient les Gardes au secours
du Jacobin, qui se noyoir.
Mes quatre Gentils
- hommes se
trouvèrent à point nommé, au bas
du Ravelin, où ils avoient fait semblant
d'abbreuver leurs chevaux,
comme s'ils eussent voulu aller à
la Chasse. Je fus à cheval moimême
, avant qu'il y eut feu ement
la moindre allarme; & comme
j'avois quarante Relais posés
entre Paris & Nantes;je ferois arrivé
infailliblement à Paris, le
Mardyà la pointe du jour, sans
unaccident quejepuis dire avoir
été le fatal & le décisif du reste
de ma vie. Sitôt queje ensache-
-
val, je pris la route de Maure qui est, , si je ne me trompe, à cinq
lieües de Nantes sur la Rivierei
& où nous étions convenus que
MrdeBrisac &Mr le Chevalier
de Sévigni m'attendroient avec un
bateau pour la passer. La Ralde
Ecuyer
de
Mr de Brisac,qui marchoit
devant moi, me dit qu'ilfalloit
galoper d'abord, pourne pas
donner le tems aux Gardes-du Maréchal
de la Meilleraye, de fermer
la porte d'une petite ru2 du Fauxbourg
où étoit leur quartier, de
par laquelle il faloitnécessairement
passer.J'avois un des meilleurs
chevaux du monde c , qui avoit. hevaux du monMdquiavoit
coûté 1000 écus àMrde Brifac ;
je ne lui abandonnai pas toutefois
la main, parce quele Pavé étoit
trèsmauvais ôctrès glissant : Mais,
un Gentil-homme a moi, nommé
Boisguerin, m'ayant crié de metne
le Pistolet à la main; parce
qu'il voyoit deux Gardes du Maréchal,
qui ne songeoient toutefois,
pas à nous; je l'ymiseffective-
- ment, & le presentant à la tête de
celui qui étoit le plus prés de moi,
pour l'empêcher de se saisirde la
bride de mon cheval, le Soleil qui
étoit encore haut, donna dans la
platine; la reverbetation fit peur
à mon cheval,ilfit un grand furfault,
& il retomba des quatre
pieds : j'en fus quitte pour l'épaule
gauche, quife rompit contre
la borne d'une porte. Un Gentilhomme
à moi,apelé Beauchêne,me
releva, & me remit à cheval; Be
quoique jesouffrisse des douleurs
incroyables, & que je fusse obligé
demetirer lescheveux, pour
m'empêcherdemévanoüir, j'achevai
ma course de cinq lieües,avant
que le grand Maître qui me suivoit
à toute bride, avec tous lescoureurs
de Nantes (au moins si l'on
en veut croire la chanson de Mariaugny
) me pût joindre. Je trouvai lieu destiné M. de Brisac & M.
deSevigniavecleBatteau ; jem'evanoüis
en y entrant; on me fii
revenir en me jectant un verre
d'eau surle visage.Je voulu remonter
à cheval, quand nous eusmes
passé la Riviere; mais lesforces
memanquerent ,& M. de Brissac
fut obligé de me faire mettre
dans une grosse Meule de foin;
& il me laissa avec un Gentilhomme
à moi, appellé Monté,
qui me tenoit entre ses bras. Il emmena
avec lui Joli qui seul avec
Monté, m'avoit pû suivre les
chevaux des autres ayant manqué;
- & il tira droit à Beaupeau,à des-
,
seind'yassemblerlaNoblesse, pour
me venir, tirer de ma Meule de
Foin. Pendant qu'elle se mettra en
état de cela, je me sensobligé de
vous raconter deux outroisactions
particulieresde mes pauvres Domeftiques,
qui ne meritent pas d'-
être oubliées.ParisDocteur de Navarre,
qui avoit donné le ngnal
avec son Chapeau,aux quatre Gentils-
hommes qui me suivirent en
cette occasion, fut trouvé sur 1-e
bord de l'eau par Coulon. Ecuyer
du Maréchal, qui le prit,enlui
donnant même quelques gourmades.
le Docteur ne perdit point
le jugement ; ildit à Coulon &
d'un ton niais & Normand,je le
diray à M. le Maréchal, que vous
vous amusez à battre un pauvre
Prêtre,parce que vous n'osés vous
prendre à M. Le Cardinal, qui a
de bonsPistoletsàl'arsonde saSelle.
Coulon prit cela pourbon ,&
il lui demandaoù j'étois.Ne le
voyez vous pas, dit le Doaeur,
qui entre dansce Village. Vous
remarquerez,s'il vous plaît, qu'-
il m'avoit vû'passer l'eau, &il me
sauva ainsi. Il faut avoüer que
cette presenced'esprit n'est pas
commune. En voici une de coeur
qui n'est pas moindre. Celui pour
qui le Docteur voulut me faire paffer
, quand il dit à Coulon que
j'entrois dans un Village qu'il lui
montroit, étoit ce Beauchesne dont je vousayparlé cy-devant,,
dont le cheval étoit outré & qui
n'avoit pas pû me suivre. Coulon
le prenanrpourmoi
, courût à lui,
& comme il le voïoit {»£rtemipar
beaucoup de Cavaliers qui étoient
prests à le joindre
, ill'aborda,le
Pistolet à la main. Beauchesne
s'arrêta sur eux en la même posture,
&ileût la fermeté de s'apercevoir
dans cet inilant, qu'il
y avoit un Bâteau à dix où douze
pas de lui, il se jetta dedans, pensant
qu'il arrêteroit Coulon, en
lui montrant un deses Pistolets ;
& il mit l'autre à la the du Batelier
: sa résolution ne le fauva pas
seulement, mais elle contribua
à me faire sauver moi-même;parce
que le Grand Maître ne trouvant
plusceBateau,futobligé d'-
aller passer l'eau beaucoup plus
bas.Je reviens à ma Meule de Foi..
Je demeurai caché plusdey heures,
avec une incommoditéque je
ne puis vous exprimer, j'avois l'épaule
rompuë & demise, j'yavois
une contusion terrible: la fiévre
me prit sur les neufheures du foir.
L'altération
L'altération qu'elle me dÕnoir,éroit
encore cruellement augmentée par
la chaleur du soinnouveau. Qiioique
je fusse sur le bord de la Riviere
,
je n'osois boire, parceque,
si nous fussions sortisde la Meule,
Afoate& moi ,nous rreuflîcns eu
fcuConne pour raccommoder le
soinqui eut paru remué, & qui
,
eut donné lieu par conséquent,
a ceux qui couroient aprés moi, de foüiller. Nous n'entendions
cjue des Cavaliers qui passoient à
droite Jk à gauche, nous reconnûmes
même Coulon à la VOIX.
L'incommodité de la fois éft incroyable
Se inconcevable à qui ne
l'a pas éprouvée. Mr de Roise Saint
Offrange Homme de qualité du
Païs, que Mr de Brissac avoit averti
en passantchez lui, vint,sur
les deux heures après minuit
, me
prendre dans cette meule de foin:
Après qu'ileutremarqué qu'il n'y
avoir plus de Cavalerie aux ..environs,
il me mitsur une civiere
à fumier, & ilme fit porter par
deuxPaïsans dans la granged'unemaison
qui étoità lui,à une
lieuë de là: Il m'y ensevelit encore
dans le foin; mais, comme j'y avois de quoi boite, je m'y
trouvai mêmedélicieusement. Mr
& Mde de Brissacm'y vinrent prendre
au bout de sept ouhuit heures,
avec quinze ou vingt chevaux,
JSc ils me menerent à Beaupreau
où je trouvai l'Abbé de Bellebat,
qui les y étoit venu voir,& où je ne
demeurai qu'une nuit, juia
ce que la Noblesse y fut aQemblee.
Mr deBrissac étoitfort aimé dans
tout le Païs, & il mitensemble
dans ce peu de tems, plus de iqo
Gentils-Hommes.Mrde Retz qui
l'étoitencore plus dansson Quartier,
le joignit à quatre lieuës de
là avec 300. Nous pâfïameç presque
à la vûë de Nantes, d'où
quelques Gardes du Maréchal
forrirent pour escarmoucher. Ils
furent repoussés vigoureusement
jusques dans la Barriere. Nous
surriy.âmes à MlJchecoHJ
,
qui est
dans le Païs de Retz, avec toute
forte de sûreté. Mde de Brissac
se porta en Héroïne dans tout le
cours de cette Action. Mr & Mdc
de Retz au contraire, mouroient
de peur du Maréchal de la Meilleraye
, qui enragé qu'il étoit de
mon évasion ,& encore plus de ce
qu'il avoir été abandonné de toute
la Noblesse,menaçoit de mettre
tout le Païs de Retz à feu & à
forç. Leur frayeur alla jusqu'au
point de s'imaginer ou de vouloir
faire croire, que mon mal n'étoit
que délicatesse
,
qu'il n'y avoit
rien de démis, & que j'en
-
serois
- quitte pour une contusion. Le
Chirurgienaffidé de Mr de Retz
ledisoit à qui le vouloit entendre;
& qu'il étoit bien rude que j'exposasse
pour une délicatesse, toute
ma Maison
, qui alloitêtre investie
au premier jour dans Machecoul.
J'éroiscependant dans mon lit oùjesentois des douleurs , incroyables
, & où je ne pouvois pas
feulement me tourner. Tous ces
discoursm'impatienterentaupoint,
que je pris la résolution de quitter
tous ces sons-la
,
& deme
- jetter dans BeUe-JJU5 où jepourois
au moins me faire transporter
par Mer. Le trajet étoit fort délicat
, parce que MrleMaréchal
de la Meillerayeavoit fait prendre
les armes à toute la Côte. Je ne
laissaipas delehazarder;je m'embarquai
au Port de la Roche
,
qui
n'est qu'à une petite demi-lieuë
de Machecoul
,
sur une Chaloupe
que Giselaye Capitainede Vaisseau
, bon-homme deMer, voulut
piloter lui-même. Le tems nous
obligea demoüiller, & d'êtredécouverts
par une Chaloupe qui
nous vint reconnoîtrela nuit. La
Giselayequisçavoit la Langue&
le Païs, s'en démefla fort bien,
Nous nous remîmes à la voileà
la pointe du jour, & nous découvrîmes
quelque tems aprés, une
Barque longue de Biscayens, qui
nous donnerent la chasse. Nous
iaprudes à la considération de M~
de Brissac,qui n'eut pas pris plaisir
d'être mené en Espagne
, parce
qu'il ne se sauvoit pas de Prison,
comme moi, & que l'on eut pû
par conséquent, lui tourner à crime,
ce voyage. Comme la Barque
longuefaisoitforcede vent sur nous,
& que même elle nous le gagnoit,
nous crûmes que nous ne ferions
que mieux, de nous jetter à terre, dansl'IsledeRhé. La Barque fit
quelque mine de nous y Cuivre;
elle borda assés long - tems à nôtre
vûë
,
après quoi elle reprit la Mer.
Nous nous remîmes la nuit, &
nous arrivâmes à Belle-Isle, à la
pointe du jour. Je souffris tout ce
que l'on peut souffrir dans ce tra-
~er, & j'û besoin de toute la force
de ma constitutions, pour deffendre
& sauver de la Gangrenne ,
une contusion aussi grande que
-
la mienne. & à laquelle je n'appliquai
jamais d'autres remedes,
que du sel & du vinaigre. Je ne
trouvai pas à Belle-Isle le même
<légoôt qu'à Machecoul ; mais,
je n'y trouvai pas dans le fond
beaucoup plus de fermeté. L'on
s'imagina au Païs de Retz, que
le Commandeur de Nenfchaise
qui étoit à la Rochelle, avoir ordre
au premier jour, de m'investir
dans Belle-Isle; l'on y apprit
que le Maréchal faisoit appareiller
douze Barques longues à
Nantes. Ces avis étoient bons 6c
véritables, mais il s'en falloit
bien qu'ils fussent si pressans qu'on
lescroyoit: Il falloit du tems pour
les rendre tels, &plus qu'il n'en
eut salu pour me remettre. La
frayeur qui étoit à Machecoul,
inspira del'indispositionàBellelUe
; &je commençai à m'enappercevoir,
en ce qu'on commença
à croireque jen'avois pas en
effet l'épauledémise, & que la
douleur que jerecevois de ma
comtusion
,
faisoit que je m'imaginois
quemon mal étoit plus
grand qu'il ne l'étoit en effet.
On ne sauroit croire le chagrin
que l'on ade ces fortes de murmures,
quand l'on sent qu'ilssont
injustes : Ce qui est vrai, est que
cechagrin change bien-tôt de nature
, parce que l'on n'est pas longtems
sans s'appercevoir qu'ils
ne font que les effets
, ou de la
frayeur, ou de lalassitude. Il entroit
de l'un & de l'autre dans
ceux, dont je vous parlerai en ce
lieu. Le Chevalier de Sevigni
homme de , coeur, mais interessé
craignoit , que l'on ne lui rasât sa
maison
, & Mr de Brissac qui
croyoitavoir suffisamment réparé
laparesse
,
pltirô: que la foiblesse
qu'il avoit témoignéedans le cours
de ma Prison
,
étoit bienaise de
finir
, & de ne point exposer son
repos à une agitation, à laquelle
on nevoyoit plus de fin.
Je n'avois pas moins d'impatience
qu'eux ,
de les voir hors d'une affaire
,
à laquelle ils n'etoient engagez
que pourl'amour de moi.
La difference est, que je ne croyois
pas le péril si present , ni
pour eux ni pour moi, que je ne
pusse au moins,àmon sens,prendre
le tems, & de me faire traiter,
& de me pourvoir d'un Bâtiment
raisonnable, pour naviguer.
Ils me voulurent persuader
de passer en Hollande sur un Vaisseau
de Hambourg, qui étoit à la
rade,&je ne crû pas que je dusse
confier ma personne à un Inconnu
quimeconnoissoit &qui pouvoit
me mener à Nantes, comme
en Hollande.Jeleurproposai de
me faire venir une barque de Corfaire
de Biscaïe,qui étoit moüilléeà
nôtre vuë, à la pointe de
l'I~Ie,- & ils appréhenderent de
se criminaliser par ce coriirnerce
avec les Espagnols; tant fut pro- cédé, que jem'impatientai de toutes
les allarmesque l'on prenoit
Scqws-l'on vouloir prendre à tons
siometis, é^què' je-m'ehibaf^uai
suruneBarque 'cfePejcftehrs-, où
il n'yavoitque cinq Mariniers, de
Belle-Isle
, Jolj
,
deux Gentilshommes
à moi
,
dont run s'appeloit
Boisgurin& &dlé, -& un Vakt
- de Chambre que'mon frere
m'avoit prêté. La Barque étoit
chargée de Sardines; cc qui nous
vint assés à propos , parce que nous
n'avions que fortpeud'argent.
Mon frere m'en avoit envoyé,
mais l'homme qui le portoit , avoit
été arrêté par les Gardes.
Coste son beau - pere ,
n'avoit
pas eu l'honêteté de m'en offrir:
Mr de Brissac me prêta80 Piiloles
, &celui qui commandoit dans
Belle-Isle., 40.Nousquittâmes
nus habits, nous prîmes deméchans
haillons de quelques Soldats
de la Garnison
, & nous nous
mîmes à la rame,à l'entrée de la
nuit, à dessein de prendre la route
deSaint Sebastien
,
dans le Quip-
uftoa. Ce n'est pas qu'elle ne
futassés longue pour unbâtiement ,
de cette nature; mais c'étoit le
lieu leplus procheoù je ponvois
aborder avec fûreté. Nous eûmes
un fort gros tems, toute la nuit; ilcalma à la pointe du jour, mais
ce calme ne nous donna pas beaucoup
d-e joye ; parce que nôè%tre
Boussolle qui étoit unique, tomba
dans la Mer,parje nesçai quel
accident. Nos Mariniers qui
se trouverent fore étonnés & qui d'ailleurs étoient fort,
ignorans
, ne sçavoient où ils
croient,& ne prirent de route, que ceJle qu'un Vaisseau qui nous donna la chasse, nous força de
rcoiut,rqir.uI'lisl reconnurent àsongaba- étoitTurc&deSalé.Comme
il broüilla ses voiles sur lesoir,
nous jugeâmes qu'il craignoit la
terre,&que par consequent nous - n'en pouvionsêtreloing. De pe- titsoiséaux,qui venoient se per- cher sur notre Mât, nous le marquoient
d'aillieursassez. La question
étoit, quelle terre ce pouvoir
etJ»-, car nous craignions
autant celle deFrance, quecel.
ledes Turcs. Nous bordâmes toute
la nuit dans cette incertitude,
nous y demeurâmestoutle lendemain
; & un Vaisseau dont nous
nous voulûmes aprocher, pour
nous en éclaircir, nous tira pour
toute réponse, trois voilées decanon.
Nous avions fort peu d'eaii
& nous aprehendions d'être charges
en cet endroit par un gros
tems ,
auquel il y avoir déja quelque
apparence. La nuit fut assez
douce:Nous aperçûmes àla pointeuu
jour,une chaloupeà la Mer,
&nous nous en approchâmes avec
beaucoup de peine, parce qu'elle
apprehendoitque nous ne fussions
Corsaires. Nous parlâmes Espagnol
& François, à trois hommes
qui étoient dedans,&ils n'entendoient
ni l'une,ni l'autre Langue.
L'un d'eux se mit à crier SanSebastian
, pour nous donner à connoître
qu'ils en étoient. Nous lui
montrâmesde l'argent, & nous
lui repondîmes- San Sebastian,
pour lui faire connaître que c'étoit-
là où nous voulions aller: Il
se mit dans nôtre Barque
, & il
nous y conduisit; ce qui lui fut fort
aisé, parce que nous n'enétions
pas bien loing. Nous ne fûmes pas
plutôt arrivez, que l'on nous demanda
nôtre Charte.CetteCharte „
est si nécessaire à la Mer, que
tout homme qui navige sans l'avoir,
est pendable sans autre forme
de procés. Le .PJtEPn de nôtre
Barque n'avoit pas fait cette réflexion
, croyant que je n'en avois
pas besoin. Le défaut de ce Papier,
joint aux méchans habits,que nous
avions
,
obligea les Gardes du
Port de nous dire, que nous avions
la mine d'être pendu, le lendemain;
mais nous leur répondîmes
quenous étions connus de Mr le
Baron de Vc.tevdlc qui étoit au
partage,&qui d'abord,jugea par
ces habits tpus déchirez, que
j'étois un Imposteur. ll'r.e le témoigna
pourtant pas àtout hazard
, & il vint me voir dés le
lendemain à mon hôtellerie. Il
mefit un fort long compliment,
mais embarassé, & d'un homme
qui avoit accoûtumé au poste où
il étoit, de voir souvent des trompeurs.
Ce qui commençaàl'assû-
Ler
rer ,
fut l'arrivée de Beduchesne
que j'avois dépêché de Beaupreau,
a Par ,
& que mes amis me
renvoyerent en diligence, aussitôt
que je m'étois embarqué pour
Saint Sebastien. ille trouva si bien
informé des nouvelles, qu'il eut
lieu de croire ,
qu'il n'étoit pas
un Courier supposé, & il l'en
trouva même beaucoup mieux instruit,
qu'il ne souhaitoit; car, ce
futlui qui lui apprit que l'Armée
de France avoit forcé celle d'£k
pagne dans les lignes d'Arras
& , cet avis que Mr de Vateville
fitpasser en diligence à Madrid,
fut le premier que l'on y ût de
cette défaite. Beauchesne me l'apporta
avec une diligence incroyable,
sur une Frégate de Corsaire
Biscain
,
qu'il trouva à la pointe
de Belle-lsle,&qui fut ravie de
se charger de sa personne & de
son passage
,
sçachant qu'il me venoit
chercher à Saint Sebastien.
Mes amis me l'envoyerent, pour m'exhorter à prendre le chemin
de Rome, plûtôt que celui de
Jlfeztiere
,
où ils appréhendoient
que je voulusse me jetter. Cet avis
étoit certainement Le plus sage,
mais il n'a pas été le plus hûreux
par l'événement. Je le suivis sans
hésiter
,
quoique ce ne fut pas
sans peine. Je connoissoisassés la
Cour de Rome, pour sçavoir que
le poste d'un Réfugié&d'un Suppliant
n'y est pas agréable,&mon
coeur qui étoit piqué au jeu contre
le Cardinal Mazarin,étoit plein
de mouvemens qui m'eussent
porté avec plus de gayeté, dans les
lieux, où j'eusse pû donner un
çhâmp plus libre à mon ressentiment.
Le conseil de mes amis
l'emportasurmesvues : Ils merepresenterentque
l'azile naturel
d'un Cardinal& d'un Evêque persecuté,
étoit leVatican ; Mais il y a
des rems dans lesquelsil n'est pas
malaisédeprévoir,que ce qui devroit
servir d'azile,peutfacillement
devenir un lieu d'exil. Je le
previs & je le choisis ; & quelque
évenement que ce choix ait ÛJ je
ne m'en suis jamais repenti, parce
qu'il eût pour principe, la déférence
que je rendis au conseil
de ceux à qui j'avoisobligation. Je
l'estimerois d'avantage, s'il avoit
étél'effet de ma moderation & du
désirde m'employer à mon rétablissement
par les voyes Ecclesiastiques.
Il ne tint pas auxEspagnols
que jene prisse un autre parti. Ausfirôt
que Mr de Vateville m'ût
reconnu pour le Cardinal de Retz,
ce qu'il fit en huit ou dix heures,
& par les circonstances que je vous
ai marquées, & par un Secrétaire
Bourdelois qu'il avoit, qui m'avoit
vû àParis plusieurs fois; il me
mena chez lui dans un Apartement
qui étoit au plus haut étage, & m'y
tint si couvert, que quoique M. le
Maréchal de Grammont qui n'étoit
qu'à3lieuës deSaint Sebastien,eût
donné avis à la Cour par un Courier
exprès, que j'y étois arrivé,il
fut trompé lui-même le jour suivant,
au point d'en dépêcher lift
autre, pour s'en dédire. Je fus trois
femaities dans un lit sans pouvoir
me remettre, & le Chirurgien du
Baron de Vateville qui étoit fort
capable, ne voulut pas entreprendre
de me traiter, parce qu'il étoit
trop tard. J'avois l'Epaule absolument
démise, & il me condamna
à être estropié pour tout le reste de
ma vie. J'envoyai Boisguerin au
Roi d'Espagne
,
auquel j'écrivis,
pour le prier de me permettre de
passer par ses Etats pour aller à
Rome. Ce Gentilhomme fut reçû
de Sa Majesté Catholique & de
Don Louis de Haro, audelà de
toutceque je puis vous en exprimer.
On le dépêcha dès lelendemain
; on lui donna une chaîne de
Soo. écus;on m'envoya une litiere
du Corps, & on me dépêcha en
diligence. Don ChristovaldeChassambonAllemand,
mais espagnolif!,
& Secretaire des Langues,
tres-consideré de Don Loiiis. Il
n'y a pointd'effort que ce secretaire
ne fit pour m'obligerd'aller à
Madrid. Je m'en défendis par
l'inutilité dont ce voyage Seroit au
service de Sa Majesté Catholique,
& par l'avantage que mes ennemis
eh prendraient contre moi. L'onne
comprenoit pas ces raisons , qui étoient pourtant, comme vous
voyez, assés bonnes: & comme,
je m'enétonnois, Vateville. qui
en presence du Secretaire , avoit
été de son avis, même avec vehemence
, me dit: Ce voyagecoûtevoit
50000. écus au Ra & peutêtre
à vous l'Archevêché, il neseroit
bon à rieii, ô, cependantilfaut
que je parle comme lut, ouje serois
brouillé à la Cour. Nous agissons
sur le pied de Philippe Il quf avoit
pour maxime, d'engagertoujours les
Étrangers pardesdémonflrationspu»
bliques. Cetteparoleestconsiderable,
& je l'ai moi-même appliquée plus
d'une fois en faisantrefléxionsur laconduiteduConseild'Espagne.il
m'aparuen plus d'une occasîon, qj'd
poêpcihneiâaturteantparl'attachement trop1 ,qu'ilaàsesmaximesgé~
r.érales,ejne l'on pêche en France
parlemépris que l'on fait cir d*sgénérales
&-desparti-culitres.
Quand D. Christoval vit, qu'il
ne pouvoit pas me persuader d'aller
à Madrid , il n'oublia rien
pour m'obliger a m'embarquer
sur une Fregate de Dmkfrquey
qui étoit à S. Sebastien > &
H me fit des offresimmenses en
cas que je voulusse aller en Flandres,
traiter avec M1le PRINCE,
me déclarer avec Mex,iere, Charleville,&
le Mont-Olimpe. Il
avoit raison de me proposer ce
party quiétoit en effet au service
du Roy son Maître. Vous avez
vu celle que j'ù de ne le pas acceprer.
Ce qui fut très honnête,
est que tous mes refus n'empechèrent
pas qu'il ne me fit apporter
un petit coffre de velours,
dans lequel il y avoit 4000écus
en piéces de quatre. Je ne crû
pas les devoir recevoir, ne faisant
rien pour le service du Roy
Catholique; je m'enexeusai sur
ce titre avec tout le respect que
je devois : Et comme je n'avois,
pour moi, 8c pour les miens,
ni linge, ni habits,& que les 400.
écus que je tirai de la vente de
mes Sardines,furent presque consommez
,en ce que je donnai aux
gens de Mr de Vateville ; jele
priai de me donner 400 pistoles,
dont je lui fis ma promesse , de
que je lui ai renduës depuis. Apres
que je me fus un peu rérabli, je
partis de Saint Sebnftiem & je pris
la route de velence pour m'embarquer
à Vinaros, où Don Christoval
me promit que Donluan d'-
Autriche
,
qui étoit à Barcelonne.
m'envoyeroit une Fregatte & une
Galere. le passai dans une Litiere
du corps du Roy d'Espagne»
toute la Navarre, fous le nom de
Marquis de S. Florent, & sousla
conduite d'un Maître d'Hôtel de
Vateville,qui disoit que j'estois un
Gentil-homme de Bourgogne, qui
-
alloit servir le Roy dansleMilanois.
Comme j'arrivai à Tudelle ,
Ville assez considerable au det& ,1
de Pampelune, je trouvai le Peuple
assezcmû.Onyfaisoit lanuit
des feux & des Corps de Gardes. - Les Laboureurs desenvirons s'étoient
soulevez; parce qu'on leur
avoit deffendu la Chasse, ils étoient
entré dans la Ville, & ils
y avoient fait beaucoup de violence
& mêmepilléquelques mai- "!
fons. Un Corps de gardes qui fut
posé à dix heures du foir devant
l'Hôtellerie où je logeois, commença
àme donnerquelquessoupçons
que l'on en ût pris de moi: Mais une Litière du Roy, les avec Muletiers de sa livrée,me rassuroit.
Je vis entrer à minuit uncertain
D. Martin dans ma chambre,
avec une épéeson longue & une
gr.-indcRo;,i,at,he,à la main:il me dit
qu'ilétoit le fils du Logis,&qu'il
me venoit avertir que le peuple
étoit fort émû, qu'il croyoit que j'étoisunFrançois venu expr ès,
pour fomenter la revolre des La "*
boureurs: Que l'Alcade,ne Iç'-
voir lui-meme ce qui en étoit,
qu'il étoit à craindre que la canaille
ne prit ce prétexte, pour
m'égorger, &que le Corps de gardes
qui étoit devant le Logis,commençoit
àmurmurer & à s'échauffer.
Je priai D. Martin de leur faire
voir sans affectation, la litiere du
Roy, de leur faire parler les Muletiers,
de les mettre en conversation
avec D. Pedro Maître d'Hôtel
de Mr de Vateville- Il entra
justement dans ma chambre dans
ce moment, pour me dire que c'étoient
des Endemoniados,qui n'enrendoient,
ni rime,ni raison,&qu'ils
l'avoient lui-même menacé de le
massacrer. Nous passâmes ainsi
toute la nuit, ayant pour serenade
une multitude de voix confuses ,
qui chantoient, ou plutôt qui hurloient
deschansons contre les François.
Je crû le lendemainau matin
, qu'il étoit à propos de faire
voir à ces gens - là, par nôtre
assurance
, que nous ne nous
tenions pas pour François. Je voulu
sortir pour aller à la Mené;it trouvai sur le pasdela porte, tine
sentinellequi me fit rentrer assèz
promprement, en me mettant le bout
du Mousquet dans la tête,
& enme disant qu'elle avoir ordre
de l'Alcade de me comman- jt
derde la part du Roy,de me tenir
dans mon Logis. J'envoyai D.?
Martin à l'Alcade, pour lui dire
qui j'étois, & D. Pedroyalla
": avec lui. Il me vint trouver en
même tems , ilquittasa Baguette à y?
la Porte de ma Chambre,il mit un ':
genoüil en terre en m'adorant, il ;
baisa le bas de mon juge-au-Corps,
mais ilme déclara qu'il ne pouvoit
me laisser sortir,qu'il n'en ûtordreduViceroy
de Navarre , qui
étoit à Pampelune. D. Pedro y alla
avec un Officier de la Ville
,
&
il revint avec beaucoupd'exeuses.
On me donna 50 Mousquetaires
d'escorce, montés sur des ânes,
qui m'accompagnerent jurqut
Cortés.Jecontinuai mon chemin
pal'Arragon, & passai par Sarragoce
Capitale de ce Royaume ,
belle 8< grande Ville. Je fus surpris
au dernier point ,
d'y voir
que tout le monde parloit François
dans les ruës. Il y en a en
effet une infinité, & particulièrementd'Artisans
qui sont, plus asfectionnez
à l'Espagne, que les
Naturels du Pais. Le Duc de
JHonteleenNapolitain, de laMaison
de Pignatelli, Viceroy d'Arragon,
envoya 3Ott 4 lieuës au
devant de moi un Gentil-homme,
pour me dire
,
qu'il y fut venu
lui-même avec toure la Noblesse
,
si le Roi son Maître,ne lui eut
mandé d'obéir à l'ordre con- traire, qu'il sçavoit que je lui en
donnerois. Ce compliment fort
honnête,comme vous voyez ,fut
accompagné de mille&mille galenteries,&
de tousles rafraichissemens
imaginables que je trouvai
à Sarragosse.Permettez-moi,s'il
vous plaitdem'yarrêter, pour vous
rendre compte de quelques circonsrtianecues,
sqeuism.'y parurent fifîés en- 1y asés cm..
Ontrouve,avant d'entrer dans
la Ville de ce côté-là
,
l'Alcaçar,
des anciens Rois Maures, qui est
présentement à l'Inquisition. Il y
a auprès , une Allée d'arbres, 1
dans laquelle je vis un Prêtre qui
se promenoir. Le Gentil-homme
du Viceroy me dit que ce Prêtre
étoit. le Curé d'Huesca Ville
trés - ancienne en Arragon ,
1
& que ce Curé faisoit la quarantaine,
pour avoir enterré depuis
trois semaines
,
son dernier Paroissien
,
qui étoit effectivement 1
le dernier de nooo personnes
moires de la Peste, dans sa Paroisse.
Ce même Gentil-homme
du Viceroy me fit voir tout ce qu'-
il y avoit de remarquable à Sarragosse
, toujours fous le nom de
Marquis de Saint Florent: Mais,
il ne fit pas reflexion que Nnefira
senoradelpilar,quiestundes plus
célébres Sanctuaires de toute l'Espagne
, ne se pouvoir pas voir
fous ce titre. L'on ne montre jamaisàdécouvert
cette mage.
miraculeuse
i
miraculeuse
, qu'aux Souverains
&aux Cardinaux, le Marquis de
Saint Florent n'étoit ni l'un ni
l'autre;de forte que quand l'on
me vit dans le Balustre avec un
Juste-au-Corps de Velours noir&
une Cravatte ; le Peuple infini qui
y étoit accouru de toute la Ville,
au son de la Cloche, qui ne sonne
que pour cette cérémonie
, crut
que j'étois le Roy d'Angleterre.
Il y avoir, je crois, plus de ic,»
carosses de Dames, qui me firent
cent & cent galanteries ,auxquelles
je ne répondois que
comme un homme qui ne parloit
pas trop bien Espagnol.
Cette Eglise est belle en elle
même, lesrichesses &les ornemens
en font immenses
, & le
Thrésor magnifique. L'on m'y
montra un homme qui servoit à
allumer les Lampes qui sont en
nombre prodigieux, &: l'on
me dit que l'on l'avoit vû sept ans
à laporte decette Eglise, avec
une feule jambe. Je l'y vis avec
deux. Le Doyen avec tous les
Chanoines m'assùrerent que toute
la Ville l'avoit vû, comme eux.,
&que (î je voulois encor attendre
deux jours, je parlerois à plus
de 1000 hommes de dehors qui
l'avaient vucomme ceux de la
Ville. Il avoit recouvert sa jambe
à ce qu'il disoit,en se frottant
de l'huile de ces Lampes. On
célébre tous les ans la fête de ce
Miracle,avec un concours incroïa.
ble, & il est vray encore qu'à une
journée de Sarragoce, je trouvai
les grands chemins couverts de
gens, de toutes fortes de qua lirez
qui y accouroient.J'entrai de l'Arragon
dans le Roïaume de Valence
, qui se peut dire non p~s
feulement le païs le plus siin9
maisencorleplus beau Jardin du
monde. Les Grexades, les Orangers
, les Citroniers y sont les palissades
des grands chemins. Les
plus belles & les plusclaires Eaux
dumonde leurservent de canaux. ToutelaCampagne qui est émaillée
d'un million de fleursdifferentesquiflatem
la vuey exhale
un million d'odeurs différentes qui
charment l'odorat. J'arrivai ainsi.
à Vinaros où D. FernandCarillo
Général des Galeres de Naples,
me joignit le lendemain, avec la
Patronne de cette Escouade
,
belle
&excellenté Galere,&renforcéede
la meilleure partie dela
Chiourme, & de la Soldatesque
de la Capitane, que l'on avoit
presque désarméepour cet effets
Don Fernand merenditune let-
-
tre de D. Juand'Autriche,aussi
belle & galante que j'en aye jamais
vû:Il me donnoit le choix de
cette Galere ou d'uneFregate de
Dunkerque qui etoita la même
plage,&qui étoit montée de 56
pièces de canon.Celle-ciétoit plus
flue pour passer dans une faison
aussiavancée,car nous étions dans
le mois d'Octobre. Je choisis la
Galere, & vous verrez que je n'en
fis pas mieux.D.ChristovaldeCardonne,
Chevalier de S. Jacques,
Diij
arriva à Vinaros un quart d'heure
après D.Fernand CarHIa, &il
me dir que Monsieur le Duc de
Montalte Viceroy de Valence l'avoir
envoyé pour m'offrirrout ce
qui dépendoit de lui:Qu'il sçavoit
que j'avois refusé ce que le Roy
Catholiquem'avoit offertàSaint
Sebastien ; qu'il n'osoitparcette
raison
, me presser de recevoir ce
qu'un Officier des Galeres avoit
ordre de m'aporter : mais que
comme il sçavoit que la precipitation
de mon voyage ne m'avoit
pas permis de me charger de beaucoup
d'argent; que j'étois fort liberal
,
& que je ne serois pas faché
de faire quelque regale à la
Chiourme, il esperoit: que jene
refuserois pas quelques petits rafraichissemens
pour elle. Ces rafraichissemens
consistoient en six
grandes pièces pleines de toute
forte de confitures, de plusieurs
douzaines de pairs de gans d'Espagne
exquis & d'une bourse de
senteur» dans laquelle il y avoit
2000 pièces d'orfabriquées de
Floride, quirevenoient à zooo»
200, ou 300 Piltoles. Je reçu
le present sans en faire aucune
difficulté, en lui répondant que
comme je ne me trouvois pas en
état de servir sa Majesté Catholique
je croyois que je manquerois à mon devoir en toutes manieres,
sije renvois les grandes sommes
qu'elle avoit eûê la bonté de me
faire apporter à S. Sebastien &
offrir à Vinaros -, mais que je croirois
aussi manquer au refpeéèquc:
je devois à un aullï grand Monarque
,
si je n'acceptois le second
dont il m'honoroit. le le reçu
donc, mais je donnai, avant de
m'embarquerlesconnturesauCapitaine
de la Galere, les gands à
D. Fernand, & l'or à D. Pedro,
pour Mr le Baron de Vateville;
en lui écrivant que comme il m'avoit
ditplusieurs fois qu'il étoitassezembarasséacause
de l'extreme
dépense qui étoit necc(T.i:e pour
achever l'AdmiraidesIndes d'Occidentqu'il
faisoit construire à S.
Sebastien
, je lui envoyois un pettietceg,
rca'icnfptaouirrusoiulager son mal de
qu'il appelloit le
chagrin que la fabrique de ce Vais-
(eau lui donnoir. Ma manière d'agir
en ce rencontrefut un peuoutrée.
l'eûraison de donner le rafraichissement
de Victuailles au
Capitaine;il étoit indiffèrent de
retenir les gands d'Espagneou de
les donner à D. Fernand.. il eùt
été de labonne conduite de retenir
les2000, &tant de PiMet.
Les Espagnols neme l'ont jamais
pardonné :Ils ont toujours attribué
à mon aversion, ce qui n'étoit
en moi ,
dans la vérité» qu'-
une suite de lap osession que j'a-
- vois toujours faire de neprendrede
l'argent de personne. le m'embarquai
a la seconde gardede la nuit
avec un gros tems, mais qui ne
nous incommodoit pas beaucoup,
parce que nous avions le vent en ,
poupe. Nous faisions trois mille
par heure&nous arrivâmesle lendemain
à Matorque Comme il
y avoit de la peste en Atragon,
tout ce qui venoit dela Côte
d'Espagne étoit fu%eéfc à Maïorque
:Il y eut beaucoup d'allée &
de venuepour nous faire donner
pratique,àlaquelle le Magistrat
delaVille s'oposoitavec vigueur.
Le Viceroi qui n'est pas à beaucoup
préssi absolu dans cette Isle,
que dans lesautres Royaumes d'-
Espagne-, &,qui avoit eu ordre
du Roy son Maître,de me faire
toutes les honnesterez possibles,fit
tant par ses instances, que l'on
me permit à moi & aux miens,
d'entrer dans la Ville, à condition
den'ypoint coucher.Celavous
paraît sans doute assez extravagant
,parce que l'on porte le mauvaisairdans
une Ville, quoiqu'on
n'y couche pas.Je le dis l'aprésdîné
à un Cavalier Majorquin
,
qui me
répondit ces propres paroles, que
je remarquai, parce qu'elles peuvent
s'appliquer a mille rencontres
que l'on fait dans la vie.
NONS ne craignonspas que vous nous *
apportiez, du mauvais air, parceque
nousIfavons bien que vous n'-
euespaspasse àHuesca
,
mais comme
vous vous en esses aproche, nous
sommes bienaise de faire en votre
personne un exemplequi ne vousincommode
point&qui nous accomode
pour les suites. Cela en Espagnol,
est plus substantiel,demême plus
galant qu'en François. LeViceroy
qui est un Commandeur Arragonois,
donc j'ai oublié le nom, me
vint prendre avec 100ou200 carosses
pleins de Noblesse
,
& la
mieux faite qui soit en Espagne. Ilme mena à la Mené à la Cathédrale
,
où je vis 30 ou 40 femmes
de Qualité, plus belles l'une que
,
l'autre,&ce quiest de merveilleux
,
c'est qu'il n'yen a point de
laides dans toute l'Isle; au moins,
elles y sont très-rares: Ce sont
pour le moins, des beautés trésdélicates
, & des teints de Lis & - de Roses.Lesfemmes du baspeufpolentque
l'on voit dans les rues,
de cette espéce. Elles ont
commeune Coëssure particulière,
qui est fort jolie. Le Viceroy me
donna un dînermagnifique
,
dans
une superbe Tente de Brocard
d'or, qu'il avoir fait élever sur le
bord de laMer. Il me mena aprés , entendre une Munque dans un
Couvent de Filles, qui ne cédoient
pasen beauté aux Dames
de la Ville:Elles chanterent à la
Grille, à l'honneur de leur Saint,
des Airs & des paroles plus galantes
&plus passionnées
, que ne
sont les Chansons de Lambrt.
Nous allâmes nous promener sur
le soir, auxenvironsdelaVille,
qui font les plus beaux du monde.
&tous pareils aux Campagnes du
Royaume de Valence. Nous re- vinfmes chez le Viceroy
,
la Vicereine
qui étoit plus laide qu'un
Demon & qui étoit assise fous
un grand Dais, toute brillante
de Pierreries, donnoit un mer- veilleux lustre à 60 Dames qui
croient auprés d'elle,&quiavoichrété
choisies entre les plus belles
de la Ville. On me ramena avec
cinquante flambeaux de cire blanche
,dans la Galere, au bruit de
toute l'Artillerie des Battions, &:
d'une infinité de Haut-Bois de
Trompettes. J'employai à ce divertissement,
les trois jours que
le mauvais tems m'obligea de
passer à Majorque. J'en partis le 4.j
avec un vent frais,& en Poupe.
Je fis cinquante lieuës en douze
heures
,
& j'entrai fort hûreusement
avant la nuit au Port Afahati,
qui est le plus beau de la Méditerranée.
Son embouchure est fort
étroite , &je ne crois pas que deux
Galeres à la fois y Plliffent passer
en voguant. Il s'élargit tour d'un
coup , & fait un Bassin oblong, qui
a une grande demie-lieuë de large,
CT une bonne lieuë de long. Ulle
grande Montagne qui l'environne
de tout coté,fait un Théatre, qui
par la multitude & la hauteur des
arbres dont elle est couverte ,
&
par les ruisseaux qu'elle jette avec
une abondance prodigieuse
, ouvre
mille & milleScénes,qui sontsans
exagération ,
plus surprénantes,
que celles de l'Opéra. Cette même
Montagne, ces mêmes Rochers
couvrent le Port detous lesvents;
& tbwsles plus grandes tempêtes
il est aussicalme, qu'un Bassin de
Fontaine, & aussi uni qu'une glace.
Il est partout d'une égale prosondeur
, & les Galions desIndesy
¡
donnent fond à 4 pas de terre.
Pour comble de toute perfection
1 ce Port est dans l'lui L'Iste deMinorque , donneencoreplusdechair&tontesfortes
deVictuaillesnécessaires a
la Navigation, que celle de Majorque
neproduit deGrenades,d'Oranges&
deLimons. Le tems grossit extrémement,
après que nous sûmes
entrez dans le Port, au point
que nous fumes obligezd'y derCmaeruirlelro,
quatre jours.D. Fernand qui étoit Homme de
1 Qualité ,âgé seulement de 24
ans, forthonnête &: civil, cherchael
me donner tout le divertissement
que l'on pouvoit trouver
en ce beau Lieu. La Chasse y étoit
la plus belle du monde
, en toute
forte de Gibier, & la Pesche en
Poissons. En voici une maniéré
particulière, ce mesemble,ace Port.
Ilprit centTurcs de la Chiourme,
illes mit de rang,illeur fit tenir
à tous un cable d'une prodigieuse
grosseur,ilsitplonger 4 de ses EscLtves
, qui attachèrent ce cable à
une fortgrosse pierre; ilsla tirerentaprès
,
à force de bras, avec
leurs Compagnons, au bord de
l'eam; ils n'y réfffirent qu'après des
efforts incroyables: Ils n'eurent
gueres moins de peine à casser cette
pierre à coups de marteau. Ils trouvirent
dedans,septou huitécailles,
moindres que les Huitres en grandeur
,
mais d'un goût,sans comparaisonplus
relevé. On lesfait cuire
dans leur eau, c-; le manger en
est délicieux. Le rems s'érant adouci
, nous sîmes voile pour passer
le Golfe
, qui commence en -
cer
cet endroit. Il a cent lieuës de
long& quarante de large, & il est
extrêmement dangereux, tant à
cause des Montagnes de fable,
que l'on prétend qu'il élève & qu'il
roule quelquefois, que parce qu'il
n'y a point de Port sous vent. La
Côte de Barbarie qui le borne d'un
cote, n'est pas abordable;celle de
Languedoc qui lejoint de l'autre
est trés-mauvaise , : Enfin le trajet
n'en estpointagréable pour les Galeres
,pour peu que la saisonfoit avancée
,
& elle l'etoit beaucoup
parce que nous étionsfortproche de
laToussaient où ilfait ordinairement
à la Mer de grands coups de
vent. D. Fernand de Carillo
, qui
étoit un des Hommes d'Espagne
des plus avanturier m'avoüat
qu'une médiocre Fregate eut été
meilleure en ce rencontre que la
plus forte Galere. Il se trouva
par l'événement
, que la
moindre Felouqueeût été aussi
bonne que la meilleureFrégate.
Nous passames le Golfe en ja
heures, par le plus beau tems
du monde, avec unventqui ne
laissoit pas de nous servir "- ne
nous obligeoit presque pasà met- tre sur le Bourcet de la chambre -
de poupe ,
les lanternes de verre
dont on les couvre Nous entrâmesainsi
dans le Canal qui est
entre laCorfe U- la S.rdaig.e.D.
Fernand Carillo qui vit quelque
nuagequi lui faisoit appréhender
changement de tems,me proposa
de donner fond à Porto Co~/,
qui est un Port des-habité dans la
Sardaigne, ce que j'agreai. Son
apprehension s'étantévanoüie
avec les nuages, il changad'avis
pour ne pas perdre le beau
tems. Ce fut un grand bonheur
pourmoi, car M. de Gutfe qui
alloit a Naples avec l'armée Navale
de France, étoit mouillé à Porto Condé avec six Galeres.
D. Fernand Carillo qui le[ÇÛl
deux jours après, me dit qu'ilse
fut moqué de ces six Galeres;
parce que la fieruie quiavoir 450
hommes de Chiourme, se sut aisement
tirée d'affaire mais, c'eût
toûjours été une affaire,dont un
homme qui se sauve de Prison,
se passe encore plus facillement
qu'un autre La Forteresse de S.
Boniface qui est en Corse & aux
Génois, tira 40 coups de Canon
en nous voyant, &comme nous
en passion trop loin, pour en
être salué
, nous jugeâmes
qu'elle nous saisoit quelque signal,
& il étoit vrai; car, elle
nous avertissoit qu'il yavoir des
ennemis à Porto Condé. Nous
ne leprîmes pas ainsi,&nous crûmes
qu'elle nous vouloir faire
connoistre, qu'une petite Frégate
que nous voyoions devant nous au
forcir du Canal, étoit Turquoise,
comme elle en avoit le gabarit.
D. Fernand prit fantaisie de l'attaquer
, & il me dit qu'il me donneroit,
si je le lui permettois,le
1- plaisir d'un Combat qui ne dureroit
qu'un quart d'heure, il commanda
que l'on donna chasse àla
Fregatequi paroissoit effective
meni faire force de vent pour s'enfuir.
Le Pilote qui n'avoit d'attention
qu'àcette Frégate,ne remarqua
pas un Banc de sable, quine
paroissoit pas à la vérité au
dessus del'eau, mais qui est si
connuqu'il estmême marqué dans
les cartes. La Galere toucha:
Comme il n'y a rien de si dangereux
à lamer,tout le mondes'écria
misericorde. Toute la Chiourmese
leva pouressayer de la déferrer
& de se jetter à la nage. D.
Fernand Carilloquijoüoit au Piquet
avec Jolydansla Chambre
de Poupe, me jetta la premiere
épée qu'il trouva devant lui, en
me criant que je la tirasse, & il
rira la sienne pour aller sur le
Coursier charger à coups deftramaçons,
tout ce qu'il trouvoit
devant lui. Tous les Officiers &
la Soldatesquefirent la même
chose, parce qu'ils apréhendoient
que la Chiourme, où il y avoit
beaucoup de Turcs, ne relevassent
la Galere,c'est-à dire,ne s'en
rendissent les Maîtres, comme il
est arrivé quelquefois en de ferablables
occasions. Qand tout le
monde se fut remis à sa place,ilme
dit,de l'air du monde le plus froid
&le plus assuré.rt/ ordre de S.Mde
vous mettre en sûreté, ilyfaut
pourvoir. Je verrai après cela,si la
Galere est blessee. En proferant cette
derniere parole,il me fit prendre
à force de corps par quatre Esclaves
, & il me fit porter dans la
Felouque. Il y mit avec moi trente
MousquetairesEspagnols
,
ausquels
il commanda de me menersur
un petit écüeilquiparoissoit à 50
pas delà, & où il n'y avoit place
que peur quatre ou cinq personnes.
Les Mousquetaires étoient dans
l'eau jusqu'à la ceinture ,
& ils me
firent pitié; quand je vis, que la
Galere n'étoit pas blessée, je lesy
voulurenvoyer;mais ils me dirent
que si les Corsaires qui etoientsur
le rivage,me voyoientsans uneabonne
escorte , ilsnemanqueroientpas
de me venir piller & égorger, ces
Barbares s'imaginans <^ue tout ce
qui fait naufrage est a eux. La
Galere ne se trouva pas blessée,
ce qui fut une maniere de prodige.
On ne laissa pas d'êtreplus
de deux heures à la relever. La
Felouque me vint reprendre , &
je remontai sur la Galere. Comme
nous sortions du Canal, nous apperçûmes
encore la Frégate, qui
voyant que la Galere ne la fuivoit
plus, avoit pris sa route. Nous
lui
donnâmeslachasse
; elle la
prit, & nous la joignîmes en moins
de deux heures. Nous trouvâmes
en effet qu'elle étoit Tur..
quoise, mais entre les mains des
Genois, qui l'avoient prise sur le
Turc, & qui l'avoient armée. Je
fus,pour vous dire vrai, trés aise
que l'avanture se fut terminée
ainsi :Cette guerre ne me plaisoit
pas;ellen'étoit pas grande
, mais
une égratignure qui m'eut pu arriver
,
l'eut renduë ridicule. D.
FernandCarillo, quiétojtunjeune
hommetort brave, me la proposa
, & je n'û pas la force de
l'en refuser, quoiqze je visse bien
que c'étoit une imprudence. Le
rems se chargeantun|peu, on crut
qu'il étoit à propos d'entrer dans
Porto Yècchio. Ccft un Port deshabité.
Un Trompette du Gouverneur
Genois, d'un Fort qui en
est assés proche,vint nous avertir
de la part de son Capitaine,
que MrdeGuise étoit avecfix Galeres
de France à Porto Condé,
qu'aparemment il nous avoit vû.
* passer, & qu'il pourroit venir nous
surprendre. La même nuit, sur le
foir
, nous résolûmes de nous
remettre à la Mer, quoique le
tems commençât à être fort gros,
& qu'il y ût même quelque péril
de sortir la nuit de PortoVecchio;
parce qu'il a à sabouche un écueil
de Rochers,qui jette un Courant
assés facheux. La bourasque augmenta
avec la Lune, & nous
ûmes une des plus grandes tempêtes
qui se soit peut-être jamais
vue à la Mer. Le Pilote Royal
des Galeres de Naples qui étoit
sur la nôtre, & qui naviguoit
depuis cinquante ans, disoit qu'il
n'avoit jamais rien vû de pareil. ,-
Tout le monde étoit en prieres gj- .¡:-
tout le monde se confessoit : Il«H
n'y ût que D. Fernand Carillo,qui
communion tous lesjours
,
quand tlî
étoit à Terre, cff qui étoit d'une
Tiété Angélique : lln) ût quei lui,dis-je, qui ne se jetta pAS aux
pieds des Prestres avec empresse- -
ment. Il laissoit faire les autres, x
mais, il ne fit rien en son particculier,
C'r il me dit à l'oreille:
Je crains bien que toutes ces Confessions
, que laseule peur produit,
ne vatllent rien. Il demeura toujourstranquile,
donnant les ordres
avec une froideur admirable, &
en donnant du courage, mais doucement
, à de vieux Soldats de
terre de Naples, qui faisoient
paroîtreunpeu d'étonnement. Je
me souviens toujours qu'il les appella
Senres soldados de Carlo
Qmnto. Le Capitaine particulier
-
de la Galere,qui s'appeloit Villanova
,
se fit apporter au plus
fort du danger, ses manches en
broderie & son écharpe rouge,
en disant, qu'un véritable Espa,.
gnol devoit mourir avec la marque
de son Roy. Il se mit dants
un grand Fauteüil
, & il donna un
grand coup de pied dans la machoire
d'un pauvre Napolitain,
qui ne pouvant tenir sur le Coursier
, marchoit à quatre pattes,
en criant. Senr D. Fernando por
l'amor de Dios Confeçion
, & le
Capitaine en le frapant
,
lui dit
Osenemigo de Dios pi deConfeçion:
& comme je lui repréfentois que
la preuve n'étoit pas bonne, il me répondit, que ce Vieillard scandalisoit
toute la Galere. Vous ne
pouvez vous imaginer l'horreur
d'une grande tempête ; vous vous
en pouvez aussi imaginer le ridicule.
Un Observantin Sicilien
prêchoit au pied de l'Arbre;que
Saint François lui étoit appttnt,
&l'avoit assuréque nous -ne ftri
rillns pas. ce ne feroit jamais fait
si j'entrepreneis de vous décrir
-
les frayeurs & les impertinences
que l'on voir en ces rencontres:
Le grand péril ne
-
dura que fepli
hctires; nous nous mîmesensuit
unpeu à couvert fous la Pi{lJJJ¿lIfl;=
le tems s'adoucit, & nous gagnâmesPortolongone.
Nous y passâmes
la Toussaint & la Fête des
Morts, parce que le vent nous
étoit contraire pour sortir du Port.
Le Gouverneur Espagnol m'y fit
toutes les honnêtetésimaginables;
&comme il vit que le mauvais
tems continuoit, il me con- seilla d'aller voir Portoferrare,
qui est dans l'Isled'Elbe,
aussi bien que Porto Longone.Il n'y
a que 5 mille de l'un à l'autre par
terre, & j'y allai à chevaL Je
vous ai tantôtdit, qu'il n'y a rien
de si agréable dans le Théatre de
l'Opera, que la Scene du Port
Mahon, & je puis présentement
vous direavec autant de vérité,
qu'il n'y a rien de si pompeux
dans les représentations les plus
magnifiques que vous en avet.
"es.que tout ce qui paroît de cette
Place. Il faudroit etie Homme
de Guerre pour vous la décrire,
Je mecontenterai de vous dire,
que sa forcepasse sa magnificence:
Elle est l'unique imprenable qui
soit au monde;& le Maréchal de
la Meilleraye en convenoit. il
[
l'alla visiter, aprés qu'il ût prit
PortoLongone, dans le tems de
: la Régence; & comme il avoit
beaucoup de zéle pourle Service
de son Maître,il dit au Commandeur
Griffory qui doit y comman- pour le grand Duc, que la
Fortification étoit bonne, mais que
si le Roy son Maître lui commandoit
de l'attaquer, il lui en ren- droit bon compte dans six Semaines.
Le Commandeur Griffory
lui répondit, qu'il prenoit un trop long tems, & que le Grand Duc
étoit si fort Serviteur du Roy,
qu'il ne faudroit qu'un moment.
Le Maréchal th honte de sonemportement,
ou plutôt de son iiv
civilité,& il la répara en disant
vous êtes un galant Homme Mr
le Commandeur, &jesuis unsot,
je confesse que vôtre Place
est imprénable Le Maréchal
me fit ce conte à Nantes, &
le Commandeur me le confirma
à Porto Ferrare où il commandoit
encore, quand j'y
passai. Le vent nous ayant permis
de sortir de Porto Longone,
nous prîmes terre à Fiombino
,
qui est sur la Côte de Toscane.
Jequittai dans ce lieu, la Galere,
aprésavoir donné aux Officiers,
aux Soldats & à la Chiourme,
tout ce qui me restoit d'argent,
sans excepter la Chaîned'or que
le Roy d'Espagne avoit donnée à
Boijgtterin. Je la lui achetai, &
la revendis au Facteur du Prince
Ludovisio,qui est prince de Piombin.
Je ne réservai que neufPistoles,
que je crû suffisantes pour me
mener jusqu'à Florence. Je fuis
obligé
obligé de dire que jamais gens
ne méritérent mieux des gratifications
, que ceuxqui étoient
c - sur cette Galere. Leur discretion à mon égard,n'a peut-être jamais
eu de - pareille. Ils étoient plus
de 600 hommes, dont il n'yen
avoit - pas un qui ne me connut. Il n'yen ût jamais un seul
, qui
en donnat aucune démonstration.
Leur reconnoissance fut égale à
leur discretion. Celle que je leur
avois témoignée de leur honnêteté,
lestouchatellement,qu'ils pleurerent
tous, quand je les quittai,
pour prendre terre à Piombin. Ce
fut proprement en ce lieu, où je
recouvrai ma liberté, laquelle
jusques là, avoit été hazardée
par beaucoup d'avantures.
Ce Morceau,par lequelfinissent
les Mémoires du Cardinalde Retz,
estsi beau, que j'ai cru vous faire
plaisir de le transcrire toutau long.
Jesuis avec toute l'estimepossible
Monsieur, &c.
;¡ le30May) 1717.
TKOISIEME& DERNIERE
.- Partie, des Aiémcircs
DEM. LE CARDINAL DI RETZ.
E vous ay promis,Monsieur,
de vous envoyerpour
troisiéme cr dernier Extrait,
des Mémoires du
Card. de Retz
,
fOr. tuafior. du Château
de Nantes, & ses différentes
AvantHresjnfûiifin ;?TI/,,'t-: c,: I:alie
i j'éxécute mapromesse avecjêjer
Je ne doûte pas que cet Extrait né
fasse plaisir avos lecteurs, pérla
variété infinie de -CïrClnjlltnce-s extraordinaires
,
dont. ce imrceâtt d'Histoire est rempli.
Ce qui estextraordinaire,neporoît
possible à ceux qui nesont capables
que de l'ordinaire,qu'aprèsqu'-
ilestarrivé. Tellefutl'évasion du
Cardinal de Retz,, dont il va nousfaire
lui- même la Relation.
Je me sauvai un Samedy 8e d.
Aoust,àcinq heures du soir. La porte
du petit Jardin se refermaaprès
moi-, presque naturellement. Je
descendis, un bâton entre les jambes
,
três-heureusement d'un Bastionqui
avoir 40 pieds de haut.
Un Valet de Chambre qui est encore
àmoy, no limé Fromentin amusames
Gardes en les faisant
boire. Ils s'amuserent eux-mtmes àregarder unJacobin, qui se baignoit
&qui deplus se noyoit. Le
Soldat qui étoit ensentinelle à aopas
tle inoilen un lieud'oùil ne pouvoir
pas me joindre,n'osa me tirer; parce
que, lorsque le lui vis compaqqer
sa mesche
je lui criai que je le
ferois pendre, siil tiroir, & il
avoüa à la qUtftion., qu'il crût sur
cette menace,
que le Maréchal
étoit de concert avec moy Deux
petits Pages;qui se baignoient &
qui me voyoient suspendu à la corde
, crièrent que je me fauvois,
mais ils ne furent pas écouté; parce
que tout le monde s'imagina
qu'ils apeloient les Gardes au secours
du Jacobin, qui se noyoir.
Mes quatre Gentils
- hommes se
trouvèrent à point nommé, au bas
du Ravelin, où ils avoient fait semblant
d'abbreuver leurs chevaux,
comme s'ils eussent voulu aller à
la Chasse. Je fus à cheval moimême
, avant qu'il y eut feu ement
la moindre allarme; & comme
j'avois quarante Relais posés
entre Paris & Nantes;je ferois arrivé
infailliblement à Paris, le
Mardyà la pointe du jour, sans
unaccident quejepuis dire avoir
été le fatal & le décisif du reste
de ma vie. Sitôt queje ensache-
-
val, je pris la route de Maure qui est, , si je ne me trompe, à cinq
lieües de Nantes sur la Rivierei
& où nous étions convenus que
MrdeBrisac &Mr le Chevalier
de Sévigni m'attendroient avec un
bateau pour la passer. La Ralde
Ecuyer
de
Mr de Brisac,qui marchoit
devant moi, me dit qu'ilfalloit
galoper d'abord, pourne pas
donner le tems aux Gardes-du Maréchal
de la Meilleraye, de fermer
la porte d'une petite ru2 du Fauxbourg
où étoit leur quartier, de
par laquelle il faloitnécessairement
passer.J'avois un des meilleurs
chevaux du monde c , qui avoit. hevaux du monMdquiavoit
coûté 1000 écus àMrde Brifac ;
je ne lui abandonnai pas toutefois
la main, parce quele Pavé étoit
trèsmauvais ôctrès glissant : Mais,
un Gentil-homme a moi, nommé
Boisguerin, m'ayant crié de metne
le Pistolet à la main; parce
qu'il voyoit deux Gardes du Maréchal,
qui ne songeoient toutefois,
pas à nous; je l'ymiseffective-
- ment, & le presentant à la tête de
celui qui étoit le plus prés de moi,
pour l'empêcher de se saisirde la
bride de mon cheval, le Soleil qui
étoit encore haut, donna dans la
platine; la reverbetation fit peur
à mon cheval,ilfit un grand furfault,
& il retomba des quatre
pieds : j'en fus quitte pour l'épaule
gauche, quife rompit contre
la borne d'une porte. Un Gentilhomme
à moi,apelé Beauchêne,me
releva, & me remit à cheval; Be
quoique jesouffrisse des douleurs
incroyables, & que je fusse obligé
demetirer lescheveux, pour
m'empêcherdemévanoüir, j'achevai
ma course de cinq lieües,avant
que le grand Maître qui me suivoit
à toute bride, avec tous lescoureurs
de Nantes (au moins si l'on
en veut croire la chanson de Mariaugny
) me pût joindre. Je trouvai lieu destiné M. de Brisac & M.
deSevigniavecleBatteau ; jem'evanoüis
en y entrant; on me fii
revenir en me jectant un verre
d'eau surle visage.Je voulu remonter
à cheval, quand nous eusmes
passé la Riviere; mais lesforces
memanquerent ,& M. de Brissac
fut obligé de me faire mettre
dans une grosse Meule de foin;
& il me laissa avec un Gentilhomme
à moi, appellé Monté,
qui me tenoit entre ses bras. Il emmena
avec lui Joli qui seul avec
Monté, m'avoit pû suivre les
chevaux des autres ayant manqué;
- & il tira droit à Beaupeau,à des-
,
seind'yassemblerlaNoblesse, pour
me venir, tirer de ma Meule de
Foin. Pendant qu'elle se mettra en
état de cela, je me sensobligé de
vous raconter deux outroisactions
particulieresde mes pauvres Domeftiques,
qui ne meritent pas d'-
être oubliées.ParisDocteur de Navarre,
qui avoit donné le ngnal
avec son Chapeau,aux quatre Gentils-
hommes qui me suivirent en
cette occasion, fut trouvé sur 1-e
bord de l'eau par Coulon. Ecuyer
du Maréchal, qui le prit,enlui
donnant même quelques gourmades.
le Docteur ne perdit point
le jugement ; ildit à Coulon &
d'un ton niais & Normand,je le
diray à M. le Maréchal, que vous
vous amusez à battre un pauvre
Prêtre,parce que vous n'osés vous
prendre à M. Le Cardinal, qui a
de bonsPistoletsàl'arsonde saSelle.
Coulon prit cela pourbon ,&
il lui demandaoù j'étois.Ne le
voyez vous pas, dit le Doaeur,
qui entre dansce Village. Vous
remarquerez,s'il vous plaît, qu'-
il m'avoit vû'passer l'eau, &il me
sauva ainsi. Il faut avoüer que
cette presenced'esprit n'est pas
commune. En voici une de coeur
qui n'est pas moindre. Celui pour
qui le Docteur voulut me faire paffer
, quand il dit à Coulon que
j'entrois dans un Village qu'il lui
montroit, étoit ce Beauchesne dont je vousayparlé cy-devant,,
dont le cheval étoit outré & qui
n'avoit pas pû me suivre. Coulon
le prenanrpourmoi
, courût à lui,
& comme il le voïoit {»£rtemipar
beaucoup de Cavaliers qui étoient
prests à le joindre
, ill'aborda,le
Pistolet à la main. Beauchesne
s'arrêta sur eux en la même posture,
&ileût la fermeté de s'apercevoir
dans cet inilant, qu'il
y avoit un Bâteau à dix où douze
pas de lui, il se jetta dedans, pensant
qu'il arrêteroit Coulon, en
lui montrant un deses Pistolets ;
& il mit l'autre à la the du Batelier
: sa résolution ne le fauva pas
seulement, mais elle contribua
à me faire sauver moi-même;parce
que le Grand Maître ne trouvant
plusceBateau,futobligé d'-
aller passer l'eau beaucoup plus
bas.Je reviens à ma Meule de Foi..
Je demeurai caché plusdey heures,
avec une incommoditéque je
ne puis vous exprimer, j'avois l'épaule
rompuë & demise, j'yavois
une contusion terrible: la fiévre
me prit sur les neufheures du foir.
L'altération
L'altération qu'elle me dÕnoir,éroit
encore cruellement augmentée par
la chaleur du soinnouveau. Qiioique
je fusse sur le bord de la Riviere
,
je n'osois boire, parceque,
si nous fussions sortisde la Meule,
Afoate& moi ,nous rreuflîcns eu
fcuConne pour raccommoder le
soinqui eut paru remué, & qui
,
eut donné lieu par conséquent,
a ceux qui couroient aprés moi, de foüiller. Nous n'entendions
cjue des Cavaliers qui passoient à
droite Jk à gauche, nous reconnûmes
même Coulon à la VOIX.
L'incommodité de la fois éft incroyable
Se inconcevable à qui ne
l'a pas éprouvée. Mr de Roise Saint
Offrange Homme de qualité du
Païs, que Mr de Brissac avoit averti
en passantchez lui, vint,sur
les deux heures après minuit
, me
prendre dans cette meule de foin:
Après qu'ileutremarqué qu'il n'y
avoir plus de Cavalerie aux ..environs,
il me mitsur une civiere
à fumier, & ilme fit porter par
deuxPaïsans dans la granged'unemaison
qui étoità lui,à une
lieuë de là: Il m'y ensevelit encore
dans le foin; mais, comme j'y avois de quoi boite, je m'y
trouvai mêmedélicieusement. Mr
& Mde de Brissacm'y vinrent prendre
au bout de sept ouhuit heures,
avec quinze ou vingt chevaux,
JSc ils me menerent à Beaupreau
où je trouvai l'Abbé de Bellebat,
qui les y étoit venu voir,& où je ne
demeurai qu'une nuit, juia
ce que la Noblesse y fut aQemblee.
Mr deBrissac étoitfort aimé dans
tout le Païs, & il mitensemble
dans ce peu de tems, plus de iqo
Gentils-Hommes.Mrde Retz qui
l'étoitencore plus dansson Quartier,
le joignit à quatre lieuës de
là avec 300. Nous pâfïameç presque
à la vûë de Nantes, d'où
quelques Gardes du Maréchal
forrirent pour escarmoucher. Ils
furent repoussés vigoureusement
jusques dans la Barriere. Nous
surriy.âmes à MlJchecoHJ
,
qui est
dans le Païs de Retz, avec toute
forte de sûreté. Mde de Brissac
se porta en Héroïne dans tout le
cours de cette Action. Mr & Mdc
de Retz au contraire, mouroient
de peur du Maréchal de la Meilleraye
, qui enragé qu'il étoit de
mon évasion ,& encore plus de ce
qu'il avoir été abandonné de toute
la Noblesse,menaçoit de mettre
tout le Païs de Retz à feu & à
forç. Leur frayeur alla jusqu'au
point de s'imaginer ou de vouloir
faire croire, que mon mal n'étoit
que délicatesse
,
qu'il n'y avoit
rien de démis, & que j'en
-
serois
- quitte pour une contusion. Le
Chirurgienaffidé de Mr de Retz
ledisoit à qui le vouloit entendre;
& qu'il étoit bien rude que j'exposasse
pour une délicatesse, toute
ma Maison
, qui alloitêtre investie
au premier jour dans Machecoul.
J'éroiscependant dans mon lit oùjesentois des douleurs , incroyables
, & où je ne pouvois pas
feulement me tourner. Tous ces
discoursm'impatienterentaupoint,
que je pris la résolution de quitter
tous ces sons-la
,
& deme
- jetter dans BeUe-JJU5 où jepourois
au moins me faire transporter
par Mer. Le trajet étoit fort délicat
, parce que MrleMaréchal
de la Meillerayeavoit fait prendre
les armes à toute la Côte. Je ne
laissaipas delehazarder;je m'embarquai
au Port de la Roche
,
qui
n'est qu'à une petite demi-lieuë
de Machecoul
,
sur une Chaloupe
que Giselaye Capitainede Vaisseau
, bon-homme deMer, voulut
piloter lui-même. Le tems nous
obligea demoüiller, & d'êtredécouverts
par une Chaloupe qui
nous vint reconnoîtrela nuit. La
Giselayequisçavoit la Langue&
le Païs, s'en démefla fort bien,
Nous nous remîmes à la voileà
la pointe du jour, & nous découvrîmes
quelque tems aprés, une
Barque longue de Biscayens, qui
nous donnerent la chasse. Nous
iaprudes à la considération de M~
de Brissac,qui n'eut pas pris plaisir
d'être mené en Espagne
, parce
qu'il ne se sauvoit pas de Prison,
comme moi, & que l'on eut pû
par conséquent, lui tourner à crime,
ce voyage. Comme la Barque
longuefaisoitforcede vent sur nous,
& que même elle nous le gagnoit,
nous crûmes que nous ne ferions
que mieux, de nous jetter à terre, dansl'IsledeRhé. La Barque fit
quelque mine de nous y Cuivre;
elle borda assés long - tems à nôtre
vûë
,
après quoi elle reprit la Mer.
Nous nous remîmes la nuit, &
nous arrivâmes à Belle-Isle, à la
pointe du jour. Je souffris tout ce
que l'on peut souffrir dans ce tra-
~er, & j'û besoin de toute la force
de ma constitutions, pour deffendre
& sauver de la Gangrenne ,
une contusion aussi grande que
-
la mienne. & à laquelle je n'appliquai
jamais d'autres remedes,
que du sel & du vinaigre. Je ne
trouvai pas à Belle-Isle le même
<légoôt qu'à Machecoul ; mais,
je n'y trouvai pas dans le fond
beaucoup plus de fermeté. L'on
s'imagina au Païs de Retz, que
le Commandeur de Nenfchaise
qui étoit à la Rochelle, avoir ordre
au premier jour, de m'investir
dans Belle-Isle; l'on y apprit
que le Maréchal faisoit appareiller
douze Barques longues à
Nantes. Ces avis étoient bons 6c
véritables, mais il s'en falloit
bien qu'ils fussent si pressans qu'on
lescroyoit: Il falloit du tems pour
les rendre tels, &plus qu'il n'en
eut salu pour me remettre. La
frayeur qui étoit à Machecoul,
inspira del'indispositionàBellelUe
; &je commençai à m'enappercevoir,
en ce qu'on commença
à croireque jen'avois pas en
effet l'épauledémise, & que la
douleur que jerecevois de ma
comtusion
,
faisoit que je m'imaginois
quemon mal étoit plus
grand qu'il ne l'étoit en effet.
On ne sauroit croire le chagrin
que l'on ade ces fortes de murmures,
quand l'on sent qu'ilssont
injustes : Ce qui est vrai, est que
cechagrin change bien-tôt de nature
, parce que l'on n'est pas longtems
sans s'appercevoir qu'ils
ne font que les effets
, ou de la
frayeur, ou de lalassitude. Il entroit
de l'un & de l'autre dans
ceux, dont je vous parlerai en ce
lieu. Le Chevalier de Sevigni
homme de , coeur, mais interessé
craignoit , que l'on ne lui rasât sa
maison
, & Mr de Brissac qui
croyoitavoir suffisamment réparé
laparesse
,
pltirô: que la foiblesse
qu'il avoit témoignéedans le cours
de ma Prison
,
étoit bienaise de
finir
, & de ne point exposer son
repos à une agitation, à laquelle
on nevoyoit plus de fin.
Je n'avois pas moins d'impatience
qu'eux ,
de les voir hors d'une affaire
,
à laquelle ils n'etoient engagez
que pourl'amour de moi.
La difference est, que je ne croyois
pas le péril si present , ni
pour eux ni pour moi, que je ne
pusse au moins,àmon sens,prendre
le tems, & de me faire traiter,
& de me pourvoir d'un Bâtiment
raisonnable, pour naviguer.
Ils me voulurent persuader
de passer en Hollande sur un Vaisseau
de Hambourg, qui étoit à la
rade,&je ne crû pas que je dusse
confier ma personne à un Inconnu
quimeconnoissoit &qui pouvoit
me mener à Nantes, comme
en Hollande.Jeleurproposai de
me faire venir une barque de Corfaire
de Biscaïe,qui étoit moüilléeà
nôtre vuë, à la pointe de
l'I~Ie,- & ils appréhenderent de
se criminaliser par ce coriirnerce
avec les Espagnols; tant fut pro- cédé, que jem'impatientai de toutes
les allarmesque l'on prenoit
Scqws-l'on vouloir prendre à tons
siometis, é^què' je-m'ehibaf^uai
suruneBarque 'cfePejcftehrs-, où
il n'yavoitque cinq Mariniers, de
Belle-Isle
, Jolj
,
deux Gentilshommes
à moi
,
dont run s'appeloit
Boisgurin& &dlé, -& un Vakt
- de Chambre que'mon frere
m'avoit prêté. La Barque étoit
chargée de Sardines; cc qui nous
vint assés à propos , parce que nous
n'avions que fortpeud'argent.
Mon frere m'en avoit envoyé,
mais l'homme qui le portoit , avoit
été arrêté par les Gardes.
Coste son beau - pere ,
n'avoit
pas eu l'honêteté de m'en offrir:
Mr de Brissac me prêta80 Piiloles
, &celui qui commandoit dans
Belle-Isle., 40.Nousquittâmes
nus habits, nous prîmes deméchans
haillons de quelques Soldats
de la Garnison
, & nous nous
mîmes à la rame,à l'entrée de la
nuit, à dessein de prendre la route
deSaint Sebastien
,
dans le Quip-
uftoa. Ce n'est pas qu'elle ne
futassés longue pour unbâtiement ,
de cette nature; mais c'étoit le
lieu leplus procheoù je ponvois
aborder avec fûreté. Nous eûmes
un fort gros tems, toute la nuit; ilcalma à la pointe du jour, mais
ce calme ne nous donna pas beaucoup
d-e joye ; parce que nôè%tre
Boussolle qui étoit unique, tomba
dans la Mer,parje nesçai quel
accident. Nos Mariniers qui
se trouverent fore étonnés & qui d'ailleurs étoient fort,
ignorans
, ne sçavoient où ils
croient,& ne prirent de route, que ceJle qu'un Vaisseau qui nous donna la chasse, nous força de
rcoiut,rqir.uI'lisl reconnurent àsongaba- étoitTurc&deSalé.Comme
il broüilla ses voiles sur lesoir,
nous jugeâmes qu'il craignoit la
terre,&que par consequent nous - n'en pouvionsêtreloing. De pe- titsoiséaux,qui venoient se per- cher sur notre Mât, nous le marquoient
d'aillieursassez. La question
étoit, quelle terre ce pouvoir
etJ»-, car nous craignions
autant celle deFrance, quecel.
ledes Turcs. Nous bordâmes toute
la nuit dans cette incertitude,
nous y demeurâmestoutle lendemain
; & un Vaisseau dont nous
nous voulûmes aprocher, pour
nous en éclaircir, nous tira pour
toute réponse, trois voilées decanon.
Nous avions fort peu d'eaii
& nous aprehendions d'être charges
en cet endroit par un gros
tems ,
auquel il y avoir déja quelque
apparence. La nuit fut assez
douce:Nous aperçûmes àla pointeuu
jour,une chaloupeà la Mer,
&nous nous en approchâmes avec
beaucoup de peine, parce qu'elle
apprehendoitque nous ne fussions
Corsaires. Nous parlâmes Espagnol
& François, à trois hommes
qui étoient dedans,&ils n'entendoient
ni l'une,ni l'autre Langue.
L'un d'eux se mit à crier SanSebastian
, pour nous donner à connoître
qu'ils en étoient. Nous lui
montrâmesde l'argent, & nous
lui repondîmes- San Sebastian,
pour lui faire connaître que c'étoit-
là où nous voulions aller: Il
se mit dans nôtre Barque
, & il
nous y conduisit; ce qui lui fut fort
aisé, parce que nous n'enétions
pas bien loing. Nous ne fûmes pas
plutôt arrivez, que l'on nous demanda
nôtre Charte.CetteCharte „
est si nécessaire à la Mer, que
tout homme qui navige sans l'avoir,
est pendable sans autre forme
de procés. Le .PJtEPn de nôtre
Barque n'avoit pas fait cette réflexion
, croyant que je n'en avois
pas besoin. Le défaut de ce Papier,
joint aux méchans habits,que nous
avions
,
obligea les Gardes du
Port de nous dire, que nous avions
la mine d'être pendu, le lendemain;
mais nous leur répondîmes
quenous étions connus de Mr le
Baron de Vc.tevdlc qui étoit au
partage,&qui d'abord,jugea par
ces habits tpus déchirez, que
j'étois un Imposteur. ll'r.e le témoigna
pourtant pas àtout hazard
, & il vint me voir dés le
lendemain à mon hôtellerie. Il
mefit un fort long compliment,
mais embarassé, & d'un homme
qui avoit accoûtumé au poste où
il étoit, de voir souvent des trompeurs.
Ce qui commençaàl'assû-
Ler
rer ,
fut l'arrivée de Beduchesne
que j'avois dépêché de Beaupreau,
a Par ,
& que mes amis me
renvoyerent en diligence, aussitôt
que je m'étois embarqué pour
Saint Sebastien. ille trouva si bien
informé des nouvelles, qu'il eut
lieu de croire ,
qu'il n'étoit pas
un Courier supposé, & il l'en
trouva même beaucoup mieux instruit,
qu'il ne souhaitoit; car, ce
futlui qui lui apprit que l'Armée
de France avoit forcé celle d'£k
pagne dans les lignes d'Arras
& , cet avis que Mr de Vateville
fitpasser en diligence à Madrid,
fut le premier que l'on y ût de
cette défaite. Beauchesne me l'apporta
avec une diligence incroyable,
sur une Frégate de Corsaire
Biscain
,
qu'il trouva à la pointe
de Belle-lsle,&qui fut ravie de
se charger de sa personne & de
son passage
,
sçachant qu'il me venoit
chercher à Saint Sebastien.
Mes amis me l'envoyerent, pour m'exhorter à prendre le chemin
de Rome, plûtôt que celui de
Jlfeztiere
,
où ils appréhendoient
que je voulusse me jetter. Cet avis
étoit certainement Le plus sage,
mais il n'a pas été le plus hûreux
par l'événement. Je le suivis sans
hésiter
,
quoique ce ne fut pas
sans peine. Je connoissoisassés la
Cour de Rome, pour sçavoir que
le poste d'un Réfugié&d'un Suppliant
n'y est pas agréable,&mon
coeur qui étoit piqué au jeu contre
le Cardinal Mazarin,étoit plein
de mouvemens qui m'eussent
porté avec plus de gayeté, dans les
lieux, où j'eusse pû donner un
çhâmp plus libre à mon ressentiment.
Le conseil de mes amis
l'emportasurmesvues : Ils merepresenterentque
l'azile naturel
d'un Cardinal& d'un Evêque persecuté,
étoit leVatican ; Mais il y a
des rems dans lesquelsil n'est pas
malaisédeprévoir,que ce qui devroit
servir d'azile,peutfacillement
devenir un lieu d'exil. Je le
previs & je le choisis ; & quelque
évenement que ce choix ait ÛJ je
ne m'en suis jamais repenti, parce
qu'il eût pour principe, la déférence
que je rendis au conseil
de ceux à qui j'avoisobligation. Je
l'estimerois d'avantage, s'il avoit
étél'effet de ma moderation & du
désirde m'employer à mon rétablissement
par les voyes Ecclesiastiques.
Il ne tint pas auxEspagnols
que jene prisse un autre parti. Ausfirôt
que Mr de Vateville m'ût
reconnu pour le Cardinal de Retz,
ce qu'il fit en huit ou dix heures,
& par les circonstances que je vous
ai marquées, & par un Secrétaire
Bourdelois qu'il avoit, qui m'avoit
vû àParis plusieurs fois; il me
mena chez lui dans un Apartement
qui étoit au plus haut étage, & m'y
tint si couvert, que quoique M. le
Maréchal de Grammont qui n'étoit
qu'à3lieuës deSaint Sebastien,eût
donné avis à la Cour par un Courier
exprès, que j'y étois arrivé,il
fut trompé lui-même le jour suivant,
au point d'en dépêcher lift
autre, pour s'en dédire. Je fus trois
femaities dans un lit sans pouvoir
me remettre, & le Chirurgien du
Baron de Vateville qui étoit fort
capable, ne voulut pas entreprendre
de me traiter, parce qu'il étoit
trop tard. J'avois l'Epaule absolument
démise, & il me condamna
à être estropié pour tout le reste de
ma vie. J'envoyai Boisguerin au
Roi d'Espagne
,
auquel j'écrivis,
pour le prier de me permettre de
passer par ses Etats pour aller à
Rome. Ce Gentilhomme fut reçû
de Sa Majesté Catholique & de
Don Louis de Haro, audelà de
toutceque je puis vous en exprimer.
On le dépêcha dès lelendemain
; on lui donna une chaîne de
Soo. écus;on m'envoya une litiere
du Corps, & on me dépêcha en
diligence. Don ChristovaldeChassambonAllemand,
mais espagnolif!,
& Secretaire des Langues,
tres-consideré de Don Loiiis. Il
n'y a pointd'effort que ce secretaire
ne fit pour m'obligerd'aller à
Madrid. Je m'en défendis par
l'inutilité dont ce voyage Seroit au
service de Sa Majesté Catholique,
& par l'avantage que mes ennemis
eh prendraient contre moi. L'onne
comprenoit pas ces raisons , qui étoient pourtant, comme vous
voyez, assés bonnes: & comme,
je m'enétonnois, Vateville. qui
en presence du Secretaire , avoit
été de son avis, même avec vehemence
, me dit: Ce voyagecoûtevoit
50000. écus au Ra & peutêtre
à vous l'Archevêché, il neseroit
bon à rieii, ô, cependantilfaut
que je parle comme lut, ouje serois
brouillé à la Cour. Nous agissons
sur le pied de Philippe Il quf avoit
pour maxime, d'engagertoujours les
Étrangers pardesdémonflrationspu»
bliques. Cetteparoleestconsiderable,
& je l'ai moi-même appliquée plus
d'une fois en faisantrefléxionsur laconduiteduConseild'Espagne.il
m'aparuen plus d'une occasîon, qj'd
poêpcihneiâaturteantparl'attachement trop1 ,qu'ilaàsesmaximesgé~
r.érales,ejne l'on pêche en France
parlemépris que l'on fait cir d*sgénérales
&-desparti-culitres.
Quand D. Christoval vit, qu'il
ne pouvoit pas me persuader d'aller
à Madrid , il n'oublia rien
pour m'obliger a m'embarquer
sur une Fregate de Dmkfrquey
qui étoit à S. Sebastien > &
H me fit des offresimmenses en
cas que je voulusse aller en Flandres,
traiter avec M1le PRINCE,
me déclarer avec Mex,iere, Charleville,&
le Mont-Olimpe. Il
avoit raison de me proposer ce
party quiétoit en effet au service
du Roy son Maître. Vous avez
vu celle que j'ù de ne le pas acceprer.
Ce qui fut très honnête,
est que tous mes refus n'empechèrent
pas qu'il ne me fit apporter
un petit coffre de velours,
dans lequel il y avoit 4000écus
en piéces de quatre. Je ne crû
pas les devoir recevoir, ne faisant
rien pour le service du Roy
Catholique; je m'enexeusai sur
ce titre avec tout le respect que
je devois : Et comme je n'avois,
pour moi, 8c pour les miens,
ni linge, ni habits,& que les 400.
écus que je tirai de la vente de
mes Sardines,furent presque consommez
,en ce que je donnai aux
gens de Mr de Vateville ; jele
priai de me donner 400 pistoles,
dont je lui fis ma promesse , de
que je lui ai renduës depuis. Apres
que je me fus un peu rérabli, je
partis de Saint Sebnftiem & je pris
la route de velence pour m'embarquer
à Vinaros, où Don Christoval
me promit que Donluan d'-
Autriche
,
qui étoit à Barcelonne.
m'envoyeroit une Fregatte & une
Galere. le passai dans une Litiere
du corps du Roy d'Espagne»
toute la Navarre, fous le nom de
Marquis de S. Florent, & sousla
conduite d'un Maître d'Hôtel de
Vateville,qui disoit que j'estois un
Gentil-homme de Bourgogne, qui
-
alloit servir le Roy dansleMilanois.
Comme j'arrivai à Tudelle ,
Ville assez considerable au det& ,1
de Pampelune, je trouvai le Peuple
assezcmû.Onyfaisoit lanuit
des feux & des Corps de Gardes. - Les Laboureurs desenvirons s'étoient
soulevez; parce qu'on leur
avoit deffendu la Chasse, ils étoient
entré dans la Ville, & ils
y avoient fait beaucoup de violence
& mêmepilléquelques mai- "!
fons. Un Corps de gardes qui fut
posé à dix heures du foir devant
l'Hôtellerie où je logeois, commença
àme donnerquelquessoupçons
que l'on en ût pris de moi: Mais une Litière du Roy, les avec Muletiers de sa livrée,me rassuroit.
Je vis entrer à minuit uncertain
D. Martin dans ma chambre,
avec une épéeson longue & une
gr.-indcRo;,i,at,he,à la main:il me dit
qu'ilétoit le fils du Logis,&qu'il
me venoit avertir que le peuple
étoit fort émû, qu'il croyoit que j'étoisunFrançois venu expr ès,
pour fomenter la revolre des La "*
boureurs: Que l'Alcade,ne Iç'-
voir lui-meme ce qui en étoit,
qu'il étoit à craindre que la canaille
ne prit ce prétexte, pour
m'égorger, &que le Corps de gardes
qui étoit devant le Logis,commençoit
àmurmurer & à s'échauffer.
Je priai D. Martin de leur faire
voir sans affectation, la litiere du
Roy, de leur faire parler les Muletiers,
de les mettre en conversation
avec D. Pedro Maître d'Hôtel
de Mr de Vateville- Il entra
justement dans ma chambre dans
ce moment, pour me dire que c'étoient
des Endemoniados,qui n'enrendoient,
ni rime,ni raison,&qu'ils
l'avoient lui-même menacé de le
massacrer. Nous passâmes ainsi
toute la nuit, ayant pour serenade
une multitude de voix confuses ,
qui chantoient, ou plutôt qui hurloient
deschansons contre les François.
Je crû le lendemainau matin
, qu'il étoit à propos de faire
voir à ces gens - là, par nôtre
assurance
, que nous ne nous
tenions pas pour François. Je voulu
sortir pour aller à la Mené;it trouvai sur le pasdela porte, tine
sentinellequi me fit rentrer assèz
promprement, en me mettant le bout
du Mousquet dans la tête,
& enme disant qu'elle avoir ordre
de l'Alcade de me comman- jt
derde la part du Roy,de me tenir
dans mon Logis. J'envoyai D.?
Martin à l'Alcade, pour lui dire
qui j'étois, & D. Pedroyalla
": avec lui. Il me vint trouver en
même tems , ilquittasa Baguette à y?
la Porte de ma Chambre,il mit un ':
genoüil en terre en m'adorant, il ;
baisa le bas de mon juge-au-Corps,
mais ilme déclara qu'il ne pouvoit
me laisser sortir,qu'il n'en ûtordreduViceroy
de Navarre , qui
étoit à Pampelune. D. Pedro y alla
avec un Officier de la Ville
,
&
il revint avec beaucoupd'exeuses.
On me donna 50 Mousquetaires
d'escorce, montés sur des ânes,
qui m'accompagnerent jurqut
Cortés.Jecontinuai mon chemin
pal'Arragon, & passai par Sarragoce
Capitale de ce Royaume ,
belle 8< grande Ville. Je fus surpris
au dernier point ,
d'y voir
que tout le monde parloit François
dans les ruës. Il y en a en
effet une infinité, & particulièrementd'Artisans
qui sont, plus asfectionnez
à l'Espagne, que les
Naturels du Pais. Le Duc de
JHonteleenNapolitain, de laMaison
de Pignatelli, Viceroy d'Arragon,
envoya 3Ott 4 lieuës au
devant de moi un Gentil-homme,
pour me dire
,
qu'il y fut venu
lui-même avec toure la Noblesse
,
si le Roi son Maître,ne lui eut
mandé d'obéir à l'ordre con- traire, qu'il sçavoit que je lui en
donnerois. Ce compliment fort
honnête,comme vous voyez ,fut
accompagné de mille&mille galenteries,&
de tousles rafraichissemens
imaginables que je trouvai
à Sarragosse.Permettez-moi,s'il
vous plaitdem'yarrêter, pour vous
rendre compte de quelques circonsrtianecues,
sqeuism.'y parurent fifîés en- 1y asés cm..
Ontrouve,avant d'entrer dans
la Ville de ce côté-là
,
l'Alcaçar,
des anciens Rois Maures, qui est
présentement à l'Inquisition. Il y
a auprès , une Allée d'arbres, 1
dans laquelle je vis un Prêtre qui
se promenoir. Le Gentil-homme
du Viceroy me dit que ce Prêtre
étoit. le Curé d'Huesca Ville
trés - ancienne en Arragon ,
1
& que ce Curé faisoit la quarantaine,
pour avoir enterré depuis
trois semaines
,
son dernier Paroissien
,
qui étoit effectivement 1
le dernier de nooo personnes
moires de la Peste, dans sa Paroisse.
Ce même Gentil-homme
du Viceroy me fit voir tout ce qu'-
il y avoit de remarquable à Sarragosse
, toujours fous le nom de
Marquis de Saint Florent: Mais,
il ne fit pas reflexion que Nnefira
senoradelpilar,quiestundes plus
célébres Sanctuaires de toute l'Espagne
, ne se pouvoir pas voir
fous ce titre. L'on ne montre jamaisàdécouvert
cette mage.
miraculeuse
i
miraculeuse
, qu'aux Souverains
&aux Cardinaux, le Marquis de
Saint Florent n'étoit ni l'un ni
l'autre;de forte que quand l'on
me vit dans le Balustre avec un
Juste-au-Corps de Velours noir&
une Cravatte ; le Peuple infini qui
y étoit accouru de toute la Ville,
au son de la Cloche, qui ne sonne
que pour cette cérémonie
, crut
que j'étois le Roy d'Angleterre.
Il y avoir, je crois, plus de ic,»
carosses de Dames, qui me firent
cent & cent galanteries ,auxquelles
je ne répondois que
comme un homme qui ne parloit
pas trop bien Espagnol.
Cette Eglise est belle en elle
même, lesrichesses &les ornemens
en font immenses
, & le
Thrésor magnifique. L'on m'y
montra un homme qui servoit à
allumer les Lampes qui sont en
nombre prodigieux, &: l'on
me dit que l'on l'avoit vû sept ans
à laporte decette Eglise, avec
une feule jambe. Je l'y vis avec
deux. Le Doyen avec tous les
Chanoines m'assùrerent que toute
la Ville l'avoit vû, comme eux.,
&que (î je voulois encor attendre
deux jours, je parlerois à plus
de 1000 hommes de dehors qui
l'avaient vucomme ceux de la
Ville. Il avoit recouvert sa jambe
à ce qu'il disoit,en se frottant
de l'huile de ces Lampes. On
célébre tous les ans la fête de ce
Miracle,avec un concours incroïa.
ble, & il est vray encore qu'à une
journée de Sarragoce, je trouvai
les grands chemins couverts de
gens, de toutes fortes de qua lirez
qui y accouroient.J'entrai de l'Arragon
dans le Roïaume de Valence
, qui se peut dire non p~s
feulement le païs le plus siin9
maisencorleplus beau Jardin du
monde. Les Grexades, les Orangers
, les Citroniers y sont les palissades
des grands chemins. Les
plus belles & les plusclaires Eaux
dumonde leurservent de canaux. ToutelaCampagne qui est émaillée
d'un million de fleursdifferentesquiflatem
la vuey exhale
un million d'odeurs différentes qui
charment l'odorat. J'arrivai ainsi.
à Vinaros où D. FernandCarillo
Général des Galeres de Naples,
me joignit le lendemain, avec la
Patronne de cette Escouade
,
belle
&excellenté Galere,&renforcéede
la meilleure partie dela
Chiourme, & de la Soldatesque
de la Capitane, que l'on avoit
presque désarméepour cet effets
Don Fernand merenditune let-
-
tre de D. Juand'Autriche,aussi
belle & galante que j'en aye jamais
vû:Il me donnoit le choix de
cette Galere ou d'uneFregate de
Dunkerque qui etoita la même
plage,&qui étoit montée de 56
pièces de canon.Celle-ciétoit plus
flue pour passer dans une faison
aussiavancée,car nous étions dans
le mois d'Octobre. Je choisis la
Galere, & vous verrez que je n'en
fis pas mieux.D.ChristovaldeCardonne,
Chevalier de S. Jacques,
Diij
arriva à Vinaros un quart d'heure
après D.Fernand CarHIa, &il
me dir que Monsieur le Duc de
Montalte Viceroy de Valence l'avoir
envoyé pour m'offrirrout ce
qui dépendoit de lui:Qu'il sçavoit
que j'avois refusé ce que le Roy
Catholiquem'avoit offertàSaint
Sebastien ; qu'il n'osoitparcette
raison
, me presser de recevoir ce
qu'un Officier des Galeres avoit
ordre de m'aporter : mais que
comme il sçavoit que la precipitation
de mon voyage ne m'avoit
pas permis de me charger de beaucoup
d'argent; que j'étois fort liberal
,
& que je ne serois pas faché
de faire quelque regale à la
Chiourme, il esperoit: que jene
refuserois pas quelques petits rafraichissemens
pour elle. Ces rafraichissemens
consistoient en six
grandes pièces pleines de toute
forte de confitures, de plusieurs
douzaines de pairs de gans d'Espagne
exquis & d'une bourse de
senteur» dans laquelle il y avoit
2000 pièces d'orfabriquées de
Floride, quirevenoient à zooo»
200, ou 300 Piltoles. Je reçu
le present sans en faire aucune
difficulté, en lui répondant que
comme je ne me trouvois pas en
état de servir sa Majesté Catholique
je croyois que je manquerois à mon devoir en toutes manieres,
sije renvois les grandes sommes
qu'elle avoit eûê la bonté de me
faire apporter à S. Sebastien &
offrir à Vinaros -, mais que je croirois
aussi manquer au refpeéèquc:
je devois à un aullï grand Monarque
,
si je n'acceptois le second
dont il m'honoroit. le le reçu
donc, mais je donnai, avant de
m'embarquerlesconnturesauCapitaine
de la Galere, les gands à
D. Fernand, & l'or à D. Pedro,
pour Mr le Baron de Vateville;
en lui écrivant que comme il m'avoit
ditplusieurs fois qu'il étoitassezembarasséacause
de l'extreme
dépense qui étoit necc(T.i:e pour
achever l'AdmiraidesIndes d'Occidentqu'il
faisoit construire à S.
Sebastien
, je lui envoyois un pettietceg,
rca'icnfptaouirrusoiulager son mal de
qu'il appelloit le
chagrin que la fabrique de ce Vais-
(eau lui donnoir. Ma manière d'agir
en ce rencontrefut un peuoutrée.
l'eûraison de donner le rafraichissement
de Victuailles au
Capitaine;il étoit indiffèrent de
retenir les gands d'Espagneou de
les donner à D. Fernand.. il eùt
été de labonne conduite de retenir
les2000, &tant de PiMet.
Les Espagnols neme l'ont jamais
pardonné :Ils ont toujours attribué
à mon aversion, ce qui n'étoit
en moi ,
dans la vérité» qu'-
une suite de lap osession que j'a-
- vois toujours faire de neprendrede
l'argent de personne. le m'embarquai
a la seconde gardede la nuit
avec un gros tems, mais qui ne
nous incommodoit pas beaucoup,
parce que nous avions le vent en ,
poupe. Nous faisions trois mille
par heure&nous arrivâmesle lendemain
à Matorque Comme il
y avoit de la peste en Atragon,
tout ce qui venoit dela Côte
d'Espagne étoit fu%eéfc à Maïorque
:Il y eut beaucoup d'allée &
de venuepour nous faire donner
pratique,àlaquelle le Magistrat
delaVille s'oposoitavec vigueur.
Le Viceroi qui n'est pas à beaucoup
préssi absolu dans cette Isle,
que dans lesautres Royaumes d'-
Espagne-, &,qui avoit eu ordre
du Roy son Maître,de me faire
toutes les honnesterez possibles,fit
tant par ses instances, que l'on
me permit à moi & aux miens,
d'entrer dans la Ville, à condition
den'ypoint coucher.Celavous
paraît sans doute assez extravagant
,parce que l'on porte le mauvaisairdans
une Ville, quoiqu'on
n'y couche pas.Je le dis l'aprésdîné
à un Cavalier Majorquin
,
qui me
répondit ces propres paroles, que
je remarquai, parce qu'elles peuvent
s'appliquer a mille rencontres
que l'on fait dans la vie.
NONS ne craignonspas que vous nous *
apportiez, du mauvais air, parceque
nousIfavons bien que vous n'-
euespaspasse àHuesca
,
mais comme
vous vous en esses aproche, nous
sommes bienaise de faire en votre
personne un exemplequi ne vousincommode
point&qui nous accomode
pour les suites. Cela en Espagnol,
est plus substantiel,demême plus
galant qu'en François. LeViceroy
qui est un Commandeur Arragonois,
donc j'ai oublié le nom, me
vint prendre avec 100ou200 carosses
pleins de Noblesse
,
& la
mieux faite qui soit en Espagne. Ilme mena à la Mené à la Cathédrale
,
où je vis 30 ou 40 femmes
de Qualité, plus belles l'une que
,
l'autre,&ce quiest de merveilleux
,
c'est qu'il n'yen a point de
laides dans toute l'Isle; au moins,
elles y sont très-rares: Ce sont
pour le moins, des beautés trésdélicates
, & des teints de Lis & - de Roses.Lesfemmes du baspeufpolentque
l'on voit dans les rues,
de cette espéce. Elles ont
commeune Coëssure particulière,
qui est fort jolie. Le Viceroy me
donna un dînermagnifique
,
dans
une superbe Tente de Brocard
d'or, qu'il avoir fait élever sur le
bord de laMer. Il me mena aprés , entendre une Munque dans un
Couvent de Filles, qui ne cédoient
pasen beauté aux Dames
de la Ville:Elles chanterent à la
Grille, à l'honneur de leur Saint,
des Airs & des paroles plus galantes
&plus passionnées
, que ne
sont les Chansons de Lambrt.
Nous allâmes nous promener sur
le soir, auxenvironsdelaVille,
qui font les plus beaux du monde.
&tous pareils aux Campagnes du
Royaume de Valence. Nous re- vinfmes chez le Viceroy
,
la Vicereine
qui étoit plus laide qu'un
Demon & qui étoit assise fous
un grand Dais, toute brillante
de Pierreries, donnoit un mer- veilleux lustre à 60 Dames qui
croient auprés d'elle,&quiavoichrété
choisies entre les plus belles
de la Ville. On me ramena avec
cinquante flambeaux de cire blanche
,dans la Galere, au bruit de
toute l'Artillerie des Battions, &:
d'une infinité de Haut-Bois de
Trompettes. J'employai à ce divertissement,
les trois jours que
le mauvais tems m'obligea de
passer à Majorque. J'en partis le 4.j
avec un vent frais,& en Poupe.
Je fis cinquante lieuës en douze
heures
,
& j'entrai fort hûreusement
avant la nuit au Port Afahati,
qui est le plus beau de la Méditerranée.
Son embouchure est fort
étroite , &je ne crois pas que deux
Galeres à la fois y Plliffent passer
en voguant. Il s'élargit tour d'un
coup , & fait un Bassin oblong, qui
a une grande demie-lieuë de large,
CT une bonne lieuë de long. Ulle
grande Montagne qui l'environne
de tout coté,fait un Théatre, qui
par la multitude & la hauteur des
arbres dont elle est couverte ,
&
par les ruisseaux qu'elle jette avec
une abondance prodigieuse
, ouvre
mille & milleScénes,qui sontsans
exagération ,
plus surprénantes,
que celles de l'Opéra. Cette même
Montagne, ces mêmes Rochers
couvrent le Port detous lesvents;
& tbwsles plus grandes tempêtes
il est aussicalme, qu'un Bassin de
Fontaine, & aussi uni qu'une glace.
Il est partout d'une égale prosondeur
, & les Galions desIndesy
¡
donnent fond à 4 pas de terre.
Pour comble de toute perfection
1 ce Port est dans l'lui L'Iste deMinorque , donneencoreplusdechair&tontesfortes
deVictuaillesnécessaires a
la Navigation, que celle de Majorque
neproduit deGrenades,d'Oranges&
deLimons. Le tems grossit extrémement,
après que nous sûmes
entrez dans le Port, au point
que nous fumes obligezd'y derCmaeruirlelro,
quatre jours.D. Fernand qui étoit Homme de
1 Qualité ,âgé seulement de 24
ans, forthonnête &: civil, cherchael
me donner tout le divertissement
que l'on pouvoit trouver
en ce beau Lieu. La Chasse y étoit
la plus belle du monde
, en toute
forte de Gibier, & la Pesche en
Poissons. En voici une maniéré
particulière, ce mesemble,ace Port.
Ilprit centTurcs de la Chiourme,
illes mit de rang,illeur fit tenir
à tous un cable d'une prodigieuse
grosseur,ilsitplonger 4 de ses EscLtves
, qui attachèrent ce cable à
une fortgrosse pierre; ilsla tirerentaprès
,
à force de bras, avec
leurs Compagnons, au bord de
l'eam; ils n'y réfffirent qu'après des
efforts incroyables: Ils n'eurent
gueres moins de peine à casser cette
pierre à coups de marteau. Ils trouvirent
dedans,septou huitécailles,
moindres que les Huitres en grandeur
,
mais d'un goût,sans comparaisonplus
relevé. On lesfait cuire
dans leur eau, c-; le manger en
est délicieux. Le rems s'érant adouci
, nous sîmes voile pour passer
le Golfe
, qui commence en -
cer
cet endroit. Il a cent lieuës de
long& quarante de large, & il est
extrêmement dangereux, tant à
cause des Montagnes de fable,
que l'on prétend qu'il élève & qu'il
roule quelquefois, que parce qu'il
n'y a point de Port sous vent. La
Côte de Barbarie qui le borne d'un
cote, n'est pas abordable;celle de
Languedoc qui lejoint de l'autre
est trés-mauvaise , : Enfin le trajet
n'en estpointagréable pour les Galeres
,pour peu que la saisonfoit avancée
,
& elle l'etoit beaucoup
parce que nous étionsfortproche de
laToussaient où ilfait ordinairement
à la Mer de grands coups de
vent. D. Fernand de Carillo
, qui
étoit un des Hommes d'Espagne
des plus avanturier m'avoüat
qu'une médiocre Fregate eut été
meilleure en ce rencontre que la
plus forte Galere. Il se trouva
par l'événement
, que la
moindre Felouqueeût été aussi
bonne que la meilleureFrégate.
Nous passames le Golfe en ja
heures, par le plus beau tems
du monde, avec unventqui ne
laissoit pas de nous servir "- ne
nous obligeoit presque pasà met- tre sur le Bourcet de la chambre -
de poupe ,
les lanternes de verre
dont on les couvre Nous entrâmesainsi
dans le Canal qui est
entre laCorfe U- la S.rdaig.e.D.
Fernand Carillo qui vit quelque
nuagequi lui faisoit appréhender
changement de tems,me proposa
de donner fond à Porto Co~/,
qui est un Port des-habité dans la
Sardaigne, ce que j'agreai. Son
apprehension s'étantévanoüie
avec les nuages, il changad'avis
pour ne pas perdre le beau
tems. Ce fut un grand bonheur
pourmoi, car M. de Gutfe qui
alloit a Naples avec l'armée Navale
de France, étoit mouillé à Porto Condé avec six Galeres.
D. Fernand Carillo qui le[ÇÛl
deux jours après, me dit qu'ilse
fut moqué de ces six Galeres;
parce que la fieruie quiavoir 450
hommes de Chiourme, se sut aisement
tirée d'affaire mais, c'eût
toûjours été une affaire,dont un
homme qui se sauve de Prison,
se passe encore plus facillement
qu'un autre La Forteresse de S.
Boniface qui est en Corse & aux
Génois, tira 40 coups de Canon
en nous voyant, &comme nous
en passion trop loin, pour en
être salué
, nous jugeâmes
qu'elle nous saisoit quelque signal,
& il étoit vrai; car, elle
nous avertissoit qu'il yavoir des
ennemis à Porto Condé. Nous
ne leprîmes pas ainsi,&nous crûmes
qu'elle nous vouloir faire
connoistre, qu'une petite Frégate
que nous voyoions devant nous au
forcir du Canal, étoit Turquoise,
comme elle en avoit le gabarit.
D. Fernand prit fantaisie de l'attaquer
, & il me dit qu'il me donneroit,
si je le lui permettois,le
1- plaisir d'un Combat qui ne dureroit
qu'un quart d'heure, il commanda
que l'on donna chasse àla
Fregatequi paroissoit effective
meni faire force de vent pour s'enfuir.
Le Pilote qui n'avoit d'attention
qu'àcette Frégate,ne remarqua
pas un Banc de sable, quine
paroissoit pas à la vérité au
dessus del'eau, mais qui est si
connuqu'il estmême marqué dans
les cartes. La Galere toucha:
Comme il n'y a rien de si dangereux
à lamer,tout le mondes'écria
misericorde. Toute la Chiourmese
leva pouressayer de la déferrer
& de se jetter à la nage. D.
Fernand Carilloquijoüoit au Piquet
avec Jolydansla Chambre
de Poupe, me jetta la premiere
épée qu'il trouva devant lui, en
me criant que je la tirasse, & il
rira la sienne pour aller sur le
Coursier charger à coups deftramaçons,
tout ce qu'il trouvoit
devant lui. Tous les Officiers &
la Soldatesquefirent la même
chose, parce qu'ils apréhendoient
que la Chiourme, où il y avoit
beaucoup de Turcs, ne relevassent
la Galere,c'est-à dire,ne s'en
rendissent les Maîtres, comme il
est arrivé quelquefois en de ferablables
occasions. Qand tout le
monde se fut remis à sa place,ilme
dit,de l'air du monde le plus froid
&le plus assuré.rt/ ordre de S.Mde
vous mettre en sûreté, ilyfaut
pourvoir. Je verrai après cela,si la
Galere est blessee. En proferant cette
derniere parole,il me fit prendre
à force de corps par quatre Esclaves
, & il me fit porter dans la
Felouque. Il y mit avec moi trente
MousquetairesEspagnols
,
ausquels
il commanda de me menersur
un petit écüeilquiparoissoit à 50
pas delà, & où il n'y avoit place
que peur quatre ou cinq personnes.
Les Mousquetaires étoient dans
l'eau jusqu'à la ceinture ,
& ils me
firent pitié; quand je vis, que la
Galere n'étoit pas blessée, je lesy
voulurenvoyer;mais ils me dirent
que si les Corsaires qui etoientsur
le rivage,me voyoientsans uneabonne
escorte , ilsnemanqueroientpas
de me venir piller & égorger, ces
Barbares s'imaginans <^ue tout ce
qui fait naufrage est a eux. La
Galere ne se trouva pas blessée,
ce qui fut une maniere de prodige.
On ne laissa pas d'êtreplus
de deux heures à la relever. La
Felouque me vint reprendre , &
je remontai sur la Galere. Comme
nous sortions du Canal, nous apperçûmes
encore la Frégate, qui
voyant que la Galere ne la fuivoit
plus, avoit pris sa route. Nous
lui
donnâmeslachasse
; elle la
prit, & nous la joignîmes en moins
de deux heures. Nous trouvâmes
en effet qu'elle étoit Tur..
quoise, mais entre les mains des
Genois, qui l'avoient prise sur le
Turc, & qui l'avoient armée. Je
fus,pour vous dire vrai, trés aise
que l'avanture se fut terminée
ainsi :Cette guerre ne me plaisoit
pas;ellen'étoit pas grande
, mais
une égratignure qui m'eut pu arriver
,
l'eut renduë ridicule. D.
FernandCarillo, quiétojtunjeune
hommetort brave, me la proposa
, & je n'û pas la force de
l'en refuser, quoiqze je visse bien
que c'étoit une imprudence. Le
rems se chargeantun|peu, on crut
qu'il étoit à propos d'entrer dans
Porto Yècchio. Ccft un Port deshabité.
Un Trompette du Gouverneur
Genois, d'un Fort qui en
est assés proche,vint nous avertir
de la part de son Capitaine,
que MrdeGuise étoit avecfix Galeres
de France à Porto Condé,
qu'aparemment il nous avoit vû.
* passer, & qu'il pourroit venir nous
surprendre. La même nuit, sur le
foir
, nous résolûmes de nous
remettre à la Mer, quoique le
tems commençât à être fort gros,
& qu'il y ût même quelque péril
de sortir la nuit de PortoVecchio;
parce qu'il a à sabouche un écueil
de Rochers,qui jette un Courant
assés facheux. La bourasque augmenta
avec la Lune, & nous
ûmes une des plus grandes tempêtes
qui se soit peut-être jamais
vue à la Mer. Le Pilote Royal
des Galeres de Naples qui étoit
sur la nôtre, & qui naviguoit
depuis cinquante ans, disoit qu'il
n'avoit jamais rien vû de pareil. ,-
Tout le monde étoit en prieres gj- .¡:-
tout le monde se confessoit : Il«H
n'y ût que D. Fernand Carillo,qui
communion tous lesjours
,
quand tlî
étoit à Terre, cff qui étoit d'une
Tiété Angélique : lln) ût quei lui,dis-je, qui ne se jetta pAS aux
pieds des Prestres avec empresse- -
ment. Il laissoit faire les autres, x
mais, il ne fit rien en son particculier,
C'r il me dit à l'oreille:
Je crains bien que toutes ces Confessions
, que laseule peur produit,
ne vatllent rien. Il demeura toujourstranquile,
donnant les ordres
avec une froideur admirable, &
en donnant du courage, mais doucement
, à de vieux Soldats de
terre de Naples, qui faisoient
paroîtreunpeu d'étonnement. Je
me souviens toujours qu'il les appella
Senres soldados de Carlo
Qmnto. Le Capitaine particulier
-
de la Galere,qui s'appeloit Villanova
,
se fit apporter au plus
fort du danger, ses manches en
broderie & son écharpe rouge,
en disant, qu'un véritable Espa,.
gnol devoit mourir avec la marque
de son Roy. Il se mit dants
un grand Fauteüil
, & il donna un
grand coup de pied dans la machoire
d'un pauvre Napolitain,
qui ne pouvant tenir sur le Coursier
, marchoit à quatre pattes,
en criant. Senr D. Fernando por
l'amor de Dios Confeçion
, & le
Capitaine en le frapant
,
lui dit
Osenemigo de Dios pi deConfeçion:
& comme je lui repréfentois que
la preuve n'étoit pas bonne, il me répondit, que ce Vieillard scandalisoit
toute la Galere. Vous ne
pouvez vous imaginer l'horreur
d'une grande tempête ; vous vous
en pouvez aussi imaginer le ridicule.
Un Observantin Sicilien
prêchoit au pied de l'Arbre;que
Saint François lui étoit appttnt,
&l'avoit assuréque nous -ne ftri
rillns pas. ce ne feroit jamais fait
si j'entrepreneis de vous décrir
-
les frayeurs & les impertinences
que l'on voir en ces rencontres:
Le grand péril ne
-
dura que fepli
hctires; nous nous mîmesensuit
unpeu à couvert fous la Pi{lJJJ¿lIfl;=
le tems s'adoucit, & nous gagnâmesPortolongone.
Nous y passâmes
la Toussaint & la Fête des
Morts, parce que le vent nous
étoit contraire pour sortir du Port.
Le Gouverneur Espagnol m'y fit
toutes les honnêtetésimaginables;
&comme il vit que le mauvais
tems continuoit, il me con- seilla d'aller voir Portoferrare,
qui est dans l'Isled'Elbe,
aussi bien que Porto Longone.Il n'y
a que 5 mille de l'un à l'autre par
terre, & j'y allai à chevaL Je
vous ai tantôtdit, qu'il n'y a rien
de si agréable dans le Théatre de
l'Opera, que la Scene du Port
Mahon, & je puis présentement
vous direavec autant de vérité,
qu'il n'y a rien de si pompeux
dans les représentations les plus
magnifiques que vous en avet.
"es.que tout ce qui paroît de cette
Place. Il faudroit etie Homme
de Guerre pour vous la décrire,
Je mecontenterai de vous dire,
que sa forcepasse sa magnificence:
Elle est l'unique imprenable qui
soit au monde;& le Maréchal de
la Meilleraye en convenoit. il
[
l'alla visiter, aprés qu'il ût prit
PortoLongone, dans le tems de
: la Régence; & comme il avoit
beaucoup de zéle pourle Service
de son Maître,il dit au Commandeur
Griffory qui doit y comman- pour le grand Duc, que la
Fortification étoit bonne, mais que
si le Roy son Maître lui commandoit
de l'attaquer, il lui en ren- droit bon compte dans six Semaines.
Le Commandeur Griffory
lui répondit, qu'il prenoit un trop long tems, & que le Grand Duc
étoit si fort Serviteur du Roy,
qu'il ne faudroit qu'un moment.
Le Maréchal th honte de sonemportement,
ou plutôt de son iiv
civilité,& il la répara en disant
vous êtes un galant Homme Mr
le Commandeur, &jesuis unsot,
je confesse que vôtre Place
est imprénable Le Maréchal
me fit ce conte à Nantes, &
le Commandeur me le confirma
à Porto Ferrare où il commandoit
encore, quand j'y
passai. Le vent nous ayant permis
de sortir de Porto Longone,
nous prîmes terre à Fiombino
,
qui est sur la Côte de Toscane.
Jequittai dans ce lieu, la Galere,
aprésavoir donné aux Officiers,
aux Soldats & à la Chiourme,
tout ce qui me restoit d'argent,
sans excepter la Chaîned'or que
le Roy d'Espagne avoit donnée à
Boijgtterin. Je la lui achetai, &
la revendis au Facteur du Prince
Ludovisio,qui est prince de Piombin.
Je ne réservai que neufPistoles,
que je crû suffisantes pour me
mener jusqu'à Florence. Je fuis
obligé
obligé de dire que jamais gens
ne méritérent mieux des gratifications
, que ceuxqui étoient
c - sur cette Galere. Leur discretion à mon égard,n'a peut-être jamais
eu de - pareille. Ils étoient plus
de 600 hommes, dont il n'yen
avoit - pas un qui ne me connut. Il n'yen ût jamais un seul
, qui
en donnat aucune démonstration.
Leur reconnoissance fut égale à
leur discretion. Celle que je leur
avois témoignée de leur honnêteté,
lestouchatellement,qu'ils pleurerent
tous, quand je les quittai,
pour prendre terre à Piombin. Ce
fut proprement en ce lieu, où je
recouvrai ma liberté, laquelle
jusques là, avoit été hazardée
par beaucoup d'avantures.
Ce Morceau,par lequelfinissent
les Mémoires du Cardinalde Retz,
estsi beau, que j'ai cru vous faire
plaisir de le transcrire toutau long.
Jesuis avec toute l'estimepossible
Monsieur, &c.
Fermer
8
p. 186-195
SUITE DU JOURNAL de Hongrie.
Début :
Le 21 on continuoit à travailler aux gnes de Circonvalation & de Contrevallation. [...]
Mots clefs :
Ordres, Artillerie, Incendie, Travaux, Pont, Compagnies, Ennemis, Combat, Comte, Prince, Tranchées, Mouvements des troupes, Vaisseaux, Postes, Assiéger, Camp, Garnison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE DU JOURNAL de Hongrie.
SUITE DU JOURNAL
deHongrie.
L
E 21. on continuoit à travailler
aux gnes de Circonvallation&
de Contrevallation . On
a expedie de nouveaux Ordres à
Bude,& à Petri -Varadin ſur le Danube
, à Effek fur la Drave , & à
Segedin furta Teiffe , pour faire
defcendie avec toure la diligence
poflible , 'Artillerie & les munirions
neceffaires , deſtinées pour ce
Juillet 1717 .
Apresm'avoirforméli
6
*
Ah'visas douxplaisirfs
x4
6 x6
Sises douxplaisirsfo
68
DE JU ILLET. 187
i
Siege. Le feu de la Villea été moins
vifaujourd'huy qu'hier. LesDéferteurs
rapportent que là Garniſon eſt
occupée à faire de nouveaux Retranchemens
à une portée de fuſil
de leurs ouvragesavancés;à élargir
& à prolonger en même tems les
Rameauxde leurs Mines,vers nous :
Cependant tous les préparatifsſont
difpofés pour jetter un Pont ſur
le Danube , le plusprès qu'il ſera
poſſible de Bellegrade. Nos Saïcques
ont pris & conduits à bord 3 .
Moulins à Vaiſſeaux des Ennemis ,
qu'ils avoient apparemment détachés
pour interrompre la jonction
de nôtre Pont qu'ils croyoient déja
conftruit.
Le 23. les travaux avançoient
confiderablement : On a élevéune
Redore à la tête du Pont qu'on
doit placer ſur la Save , à l'extremité
de nôtre aîle droite , auffitôt
que le Corps commandé par
le General Hauben ſera arrivé.
Le 24. le Pont du Danube étoit
preſqu'achevé : On l'éter dra jufques
aux Marais , pour entretenir
८
188 LE MERCURE
plus facilement la communication
du Bannat . Pour cela , on a détaché
quelques Bataillons& quatre Compagnies
de Grenadiers , avec quelque
Cavalerie, tant pour l'avance- :
ment du travail, que pour la fûreté..
de nôtre Pont .
On a û avis que 13, demiesGaléres
des Ennemis étoient arrivées
àSémendrie ſur le Confluant de la
Morava dans le Danube ; d'autres
ſuivront inceſſamment.
Extrait d'une Lettre de la Save ,
du 25. Juin 1717 .
Nos gens qui font
د
emfont
ployés à faire une Redoute à la
têre du Pont du Danube
inquie és fans relache par 16 Fregates
des Turcs: Ils font expoſés
au feu du Canon de la Ville & du
Château de Bellegrade; Nous y ré-
Fondons de nôtre mieux. Ainfi
nous avons à combattre l'Ennemi
par Terre & par Eau. Notre Canon
a aujourd'huy coulé à fond une
de leurs Frégattes , avec un Moulin
à Vaiſileau , ſans que nous ayons s
DE JUILLET. 189
reçû aucun dommage;parce que les
Turcs manquent de bons Officiers
d'Artillerie :Leurs Fregattes ont été
obligées de remonter400 pas vers
la Ville d'Eau ; nous les avons
ſuivies ; cependant le Grand Pont
duDanube vientd'être mis àſa per-
- fection ; préſentement , il nous eſt
trés facilede tirer des Fourages en
abondance du Comté de Themefvvar
: Car , pour ce côté-ci ils
font entierement confumés àſept
lieuës à la ronde ; par là l'Armée
Ottomane ſera obligée d'en tirer
fort au loin ſur ſes derrieres. Depuis
laconfirmation que l'on aûë
que 13 Frégares des Ennemis
étoient arrivées à Semendrie ; 2.
de nos Vaiſſeaux de guerre ont
cûs ordrede deſcendre plus bas ,
pour les empêcher de monter plus.
haut.
Le Comte de Palfy aura le commandement
de la Cavalerie & le
Comte de Heiſter , celui de l'Infanterie
, ſous les ordres du PrinceEugene.
Le Prince Alexandre
de Vvirtemberg commandera les
190 LE MERCURE
Troupes de la Tranchée .
Le 25 , nôtre Pont ſur le Danube
a été misen état de ſervir; il eſt
traverſé par 127 Barques .
Le 26. le General Hauben étant
arrivé ſur la Save , à la droite de
nôtre Armée , avec ſon Infanterie,
le Regiment d'Anſpack , & ceux
de Mercy & de Caraffa Cuiraffiers;
outre les Milices de Gran ou
des Frontieres , ſe diſpoſoit àjetter
un Pont fur cette Riviere; ce qu'il
ne pourra cependant exécuter
qu'avec difficulté , la Save s'étant
enflée depuis quelques jours confidérablement.
Un de nos Partis en
abattu un aurre des Ennemis , qui
nous avoit enlevé 72.pieces deBétail
, qu'il a repriſes &ramenés au
Camp avec un Spahy & cinq
Coruzzes Hongrois , faits Prifonniers.
,
Le même jour , on travailla à la
construction d'une nouvelle Redoute
, à l'Angle de l'Iile , où la
Save ſe joint au Danube , pour
mieux affürer nôtre Pont fur ce
Fleuve,& empêcher les entrepriſes
DE JUILLET. 191
des Saïcques Ennemies : Pour cet
effer on y a placé dix pieces de Canon
: Les Tures ont fait un feu terrible,
de leurs Batimens , & du Fort
qui eſt à l'oppoſite, pour incommoder
nos Travaillems ; ceux qui
couvroientle travail,yont répondu,
de maniere qu'il n'eſt arrivé aucun
deſordre; il nous en a coûté
ſeulement quelques hommes &
quelques Chevaux.
Le 27. après avoir travaillé fans
relâche , aux Lignes de Circonvallation
& de Contrevallation,
onles a enfin miſes à leur perfection
, malgré les obſtacles qui s'y
trouvoient , par la diſette du bois
propre à ces travaux.
On attendoit avec impatience
les 77. Bateaux , partis de Petri-
Varadin; ils font chargez de Canons,
Mortiers , Bombes , Boulets,
& autres Munitions de Guerre.
Le 28. on travailloit avec ardeur
à placer nôtre Pont ſur la Save,&
à élever un Fort àla Tête de
ce Pont , pour le couvrir contre les
Infidéles& leurs Batimens.
191 LE MERCURE
:
Le 29. à la pointedujour , les
Ennemis tentérent par deux ſorties,
d'enlever quelques Poſtes avancez
vers la Ligne de nôtreAîle gauche;
mais, ayant toûjours trouvé lesNôtres
prêts à les bien recevoir,ils ont
pris le parti de ſe retirer. LesAffiegez
lâchérent pendant la nuit un
Moulin de Barques contre nôtre
Pont duDanube,qui en fut endommagé.
Heureuſement le mal fut
bientôt réparé.
Le 30. on acheva de perfectionner
le Pont ſur la Save : Par là
nôtre Armée a la communication
libre avec le Corps qui eſt entre ce
Fleuve& le Danube , commandé
par leGeneral Hauben. LesAf
fiegez viennent eſcarmoucher tous
les jours devant la Ligne de Contrevallation
, &tirent de tems en
rems dans nôtre Camp, fans beaucoupd'effer.
Le 1. de Juillet , les Aſſiegez
firent defcendre àonze heures
du foir , un Brulot plein d'Artifice,
pour mettre le feu à notre Pont ſur
le Danube : Comme le vent étoit
violent ,
DE JUILLET 193
violent , il pouſſa ce Bâtiment au
Bord de ce Fleuve ; le feu y ayant
pris , il fauta & ſe diſlipa en l'air ,
fans nous cauſer aucun déſordre .
Un Transfuge de la Place a raporté
au Prince Eugéne , qu'il y avoit
encore fix de ces Machines infernalestoutes
prêtes.
Du Camp devant Bellegrade , le
2. Juillet 1717
Le 2. M. le Duc d'Aremberg
s'eſt mis en marche avec un gros
Détachement , LagrandeArméedes
Turcs n'est qu'à 7. ou huit lienës
de marche , éloignée de Nous ;
mais,quand ils verront nos Lignes,
ils perdront l'envie de nous attaquer
; car , nous avons des Foſſez
larges de 16 pieds de Roy , profonds
de 8. La Créte du Parapet
eft de 12. Faſcines intérieurement
& extérieurement ,& forte comme
un Rempart de Ville , partout
bien flanquée :Elle ſera garnic au
premier jour d une quantité de Piéces
de Canon. On remarque évi-
Juillet 1717. R
194 LE MERCURE
demment une grande conſternation
dans la Garniſon ; ce qui en
fait juger , c'eſt qu'elle nous a laifſe
prendre tous nos Poftes & jerrer
le Pont ſur la Save , ſans nous
inquiéter beaucoup , lorſqu'elle
pouvoit faire une belle réſiſtan-
& retarder nos Ouvrages.
Cette Garniſon conſiſte , à ce qu'-
on dit, en 15000. hommes, d'autres
diſent 18000.
ce
a-
Le 3. le Comte de Hauben ût
ordre d'aller occuper Semlim abandonné
par les Turcs , & d'y
camper avec ſon Corps de Troupes.
Les deux Vaiſſeaux qui
voient été juſqu'ici à l'embouchure
du Donavitz, ont ûs ordred'aller
jetter l'Ancre au Confluant de
la Save , pour couvrir ce General
dans ce Poſte,
Le s. à la petite pointe du jour ,
les Affiégez firent un grand feu
d'Artillerie fur nôtre Camp.
L'après midi , 60. tant Fregates ,
Galeres , que Saïcques Turques ,
vinrent attaquer tout à coup ,&
avec furie , nos deux Vaiſſeaux à
S
ba
55
に
2
S
DE JUILLET. 195
Semlim ; cependant, après un Combatde
deux heures fort opiniatre ,
les Infideles furent contraints de
ſe retirer. Tant que dura l'Action ,
lefeu fut fi grand de part& d'authe
, que l'on ne pouvoit diftinguer
àcauſe de la fumée,nos Vaiſſeaux,
non plus que la petite Flote des
Turcs.
deHongrie.
L
E 21. on continuoit à travailler
aux gnes de Circonvallation&
de Contrevallation . On
a expedie de nouveaux Ordres à
Bude,& à Petri -Varadin ſur le Danube
, à Effek fur la Drave , & à
Segedin furta Teiffe , pour faire
defcendie avec toure la diligence
poflible , 'Artillerie & les munirions
neceffaires , deſtinées pour ce
Juillet 1717 .
Apresm'avoirforméli
6
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Ah'visas douxplaisirfs
x4
6 x6
Sises douxplaisirsfo
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DE JU ILLET. 187
i
Siege. Le feu de la Villea été moins
vifaujourd'huy qu'hier. LesDéferteurs
rapportent que là Garniſon eſt
occupée à faire de nouveaux Retranchemens
à une portée de fuſil
de leurs ouvragesavancés;à élargir
& à prolonger en même tems les
Rameauxde leurs Mines,vers nous :
Cependant tous les préparatifsſont
difpofés pour jetter un Pont ſur
le Danube , le plusprès qu'il ſera
poſſible de Bellegrade. Nos Saïcques
ont pris & conduits à bord 3 .
Moulins à Vaiſſeaux des Ennemis ,
qu'ils avoient apparemment détachés
pour interrompre la jonction
de nôtre Pont qu'ils croyoient déja
conftruit.
Le 23. les travaux avançoient
confiderablement : On a élevéune
Redore à la tête du Pont qu'on
doit placer ſur la Save , à l'extremité
de nôtre aîle droite , auffitôt
que le Corps commandé par
le General Hauben ſera arrivé.
Le 24. le Pont du Danube étoit
preſqu'achevé : On l'éter dra jufques
aux Marais , pour entretenir
८
188 LE MERCURE
plus facilement la communication
du Bannat . Pour cela , on a détaché
quelques Bataillons& quatre Compagnies
de Grenadiers , avec quelque
Cavalerie, tant pour l'avance- :
ment du travail, que pour la fûreté..
de nôtre Pont .
On a û avis que 13, demiesGaléres
des Ennemis étoient arrivées
àSémendrie ſur le Confluant de la
Morava dans le Danube ; d'autres
ſuivront inceſſamment.
Extrait d'une Lettre de la Save ,
du 25. Juin 1717 .
Nos gens qui font
د
emfont
ployés à faire une Redoute à la
têre du Pont du Danube
inquie és fans relache par 16 Fregates
des Turcs: Ils font expoſés
au feu du Canon de la Ville & du
Château de Bellegrade; Nous y ré-
Fondons de nôtre mieux. Ainfi
nous avons à combattre l'Ennemi
par Terre & par Eau. Notre Canon
a aujourd'huy coulé à fond une
de leurs Frégattes , avec un Moulin
à Vaiſileau , ſans que nous ayons s
DE JUILLET. 189
reçû aucun dommage;parce que les
Turcs manquent de bons Officiers
d'Artillerie :Leurs Fregattes ont été
obligées de remonter400 pas vers
la Ville d'Eau ; nous les avons
ſuivies ; cependant le Grand Pont
duDanube vientd'être mis àſa per-
- fection ; préſentement , il nous eſt
trés facilede tirer des Fourages en
abondance du Comté de Themefvvar
: Car , pour ce côté-ci ils
font entierement confumés àſept
lieuës à la ronde ; par là l'Armée
Ottomane ſera obligée d'en tirer
fort au loin ſur ſes derrieres. Depuis
laconfirmation que l'on aûë
que 13 Frégares des Ennemis
étoient arrivées à Semendrie ; 2.
de nos Vaiſſeaux de guerre ont
cûs ordrede deſcendre plus bas ,
pour les empêcher de monter plus.
haut.
Le Comte de Palfy aura le commandement
de la Cavalerie & le
Comte de Heiſter , celui de l'Infanterie
, ſous les ordres du PrinceEugene.
Le Prince Alexandre
de Vvirtemberg commandera les
190 LE MERCURE
Troupes de la Tranchée .
Le 25 , nôtre Pont ſur le Danube
a été misen état de ſervir; il eſt
traverſé par 127 Barques .
Le 26. le General Hauben étant
arrivé ſur la Save , à la droite de
nôtre Armée , avec ſon Infanterie,
le Regiment d'Anſpack , & ceux
de Mercy & de Caraffa Cuiraffiers;
outre les Milices de Gran ou
des Frontieres , ſe diſpoſoit àjetter
un Pont fur cette Riviere; ce qu'il
ne pourra cependant exécuter
qu'avec difficulté , la Save s'étant
enflée depuis quelques jours confidérablement.
Un de nos Partis en
abattu un aurre des Ennemis , qui
nous avoit enlevé 72.pieces deBétail
, qu'il a repriſes &ramenés au
Camp avec un Spahy & cinq
Coruzzes Hongrois , faits Prifonniers.
,
Le même jour , on travailla à la
construction d'une nouvelle Redoute
, à l'Angle de l'Iile , où la
Save ſe joint au Danube , pour
mieux affürer nôtre Pont fur ce
Fleuve,& empêcher les entrepriſes
DE JUILLET. 191
des Saïcques Ennemies : Pour cet
effer on y a placé dix pieces de Canon
: Les Tures ont fait un feu terrible,
de leurs Batimens , & du Fort
qui eſt à l'oppoſite, pour incommoder
nos Travaillems ; ceux qui
couvroientle travail,yont répondu,
de maniere qu'il n'eſt arrivé aucun
deſordre; il nous en a coûté
ſeulement quelques hommes &
quelques Chevaux.
Le 27. après avoir travaillé fans
relâche , aux Lignes de Circonvallation
& de Contrevallation,
onles a enfin miſes à leur perfection
, malgré les obſtacles qui s'y
trouvoient , par la diſette du bois
propre à ces travaux.
On attendoit avec impatience
les 77. Bateaux , partis de Petri-
Varadin; ils font chargez de Canons,
Mortiers , Bombes , Boulets,
& autres Munitions de Guerre.
Le 28. on travailloit avec ardeur
à placer nôtre Pont ſur la Save,&
à élever un Fort àla Tête de
ce Pont , pour le couvrir contre les
Infidéles& leurs Batimens.
191 LE MERCURE
:
Le 29. à la pointedujour , les
Ennemis tentérent par deux ſorties,
d'enlever quelques Poſtes avancez
vers la Ligne de nôtreAîle gauche;
mais, ayant toûjours trouvé lesNôtres
prêts à les bien recevoir,ils ont
pris le parti de ſe retirer. LesAffiegez
lâchérent pendant la nuit un
Moulin de Barques contre nôtre
Pont duDanube,qui en fut endommagé.
Heureuſement le mal fut
bientôt réparé.
Le 30. on acheva de perfectionner
le Pont ſur la Save : Par là
nôtre Armée a la communication
libre avec le Corps qui eſt entre ce
Fleuve& le Danube , commandé
par leGeneral Hauben. LesAf
fiegez viennent eſcarmoucher tous
les jours devant la Ligne de Contrevallation
, &tirent de tems en
rems dans nôtre Camp, fans beaucoupd'effer.
Le 1. de Juillet , les Aſſiegez
firent defcendre àonze heures
du foir , un Brulot plein d'Artifice,
pour mettre le feu à notre Pont ſur
le Danube : Comme le vent étoit
violent ,
DE JUILLET 193
violent , il pouſſa ce Bâtiment au
Bord de ce Fleuve ; le feu y ayant
pris , il fauta & ſe diſlipa en l'air ,
fans nous cauſer aucun déſordre .
Un Transfuge de la Place a raporté
au Prince Eugéne , qu'il y avoit
encore fix de ces Machines infernalestoutes
prêtes.
Du Camp devant Bellegrade , le
2. Juillet 1717
Le 2. M. le Duc d'Aremberg
s'eſt mis en marche avec un gros
Détachement , LagrandeArméedes
Turcs n'est qu'à 7. ou huit lienës
de marche , éloignée de Nous ;
mais,quand ils verront nos Lignes,
ils perdront l'envie de nous attaquer
; car , nous avons des Foſſez
larges de 16 pieds de Roy , profonds
de 8. La Créte du Parapet
eft de 12. Faſcines intérieurement
& extérieurement ,& forte comme
un Rempart de Ville , partout
bien flanquée :Elle ſera garnic au
premier jour d une quantité de Piéces
de Canon. On remarque évi-
Juillet 1717. R
194 LE MERCURE
demment une grande conſternation
dans la Garniſon ; ce qui en
fait juger , c'eſt qu'elle nous a laifſe
prendre tous nos Poftes & jerrer
le Pont ſur la Save , ſans nous
inquiéter beaucoup , lorſqu'elle
pouvoit faire une belle réſiſtan-
& retarder nos Ouvrages.
Cette Garniſon conſiſte , à ce qu'-
on dit, en 15000. hommes, d'autres
diſent 18000.
ce
a-
Le 3. le Comte de Hauben ût
ordre d'aller occuper Semlim abandonné
par les Turcs , & d'y
camper avec ſon Corps de Troupes.
Les deux Vaiſſeaux qui
voient été juſqu'ici à l'embouchure
du Donavitz, ont ûs ordred'aller
jetter l'Ancre au Confluant de
la Save , pour couvrir ce General
dans ce Poſte,
Le s. à la petite pointe du jour ,
les Affiégez firent un grand feu
d'Artillerie fur nôtre Camp.
L'après midi , 60. tant Fregates ,
Galeres , que Saïcques Turques ,
vinrent attaquer tout à coup ,&
avec furie , nos deux Vaiſſeaux à
S
ba
55
に
2
S
DE JUILLET. 195
Semlim ; cependant, après un Combatde
deux heures fort opiniatre ,
les Infideles furent contraints de
ſe retirer. Tant que dura l'Action ,
lefeu fut fi grand de part& d'authe
, que l'on ne pouvoit diftinguer
àcauſe de la fumée,nos Vaiſſeaux,
non plus que la petite Flote des
Turcs.
Fermer
9
p. 56-73
JOURNAL DE HONGRIE.
Début :
Dans le Mercure précédent, j'ai donné une Rélation de / Dans l'Action du 5. près de Semlim, à deux heures [...]
Mots clefs :
Prince, Ennemis, Canons, Troupes, Pont, Belgrade, Comte, Infanterie, Grenadier, Bataille, Retranchement , Empereur, Lieutenant, Compagnies, Charges, Accidents, Armes, Bataillon
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texteReconnaissance textuelle : JOURNAL DE HONGRIE.
DAns le Mercureprécédent,j'aidonné
une Rélation de l'Ouverture de
laCampagne enHongrie , que j'ai conduite
jusqu'au s de Juillet. Le Lec
teur attend de moi , que je continuë de
mois en mois ce Journal , jusqu'à la finde
la Campagne ; c'est un engagement auquel
D'AOUST . 57
je dois fatisfaire avec tout le ſoin dont
je suis capable. Comme je crois être
très éxactement informé par des Lettres
particulières ,des NouvellesdeHongrie,
j'espère qu'on remarquera quantité
deCirconstances curieusesque l'on netrouvéra
point dans les Gazettes Françoises;
jenediſconvien drai pas cependant qu'à
leur exemple , je ne me fervéutilement
de deux imprimez hebdomadaires
que je reçois de Vienne ; l'un ſous le Tiire
de Eſtrato delle nuovità più effentiali
dalle lettere più freſce,c'est- à-dire,
Extrait des Nouvelles les plus confiderables
& les plus fraiches ; & l'autre en
Allemand ſous celui de Diarium , ou
Journal de l'Empire.
JOURNAL DE HONGRIE.
D
Ans l'Action du 5. près de Semlim
, à deux heures après midy,
lesdeux Vaiſſeaux de Guerre , S. François
& S. Eſtienne Imperiaux , commandés
par le Capitaine Storck , &
par le Capitaine - Lieutenant Pomerefch,
firent un feu ſi terrible de leurs
Canons chargés de Carcaffes, de Bou- 1
58 LE MERCURE
lets àCartouches &de Chaînes ; qu'.
après un Combat de deux heures &
demie , les so , tant Frégates , que
demie Galéres & Saïques Turques
ſe virent forcées de ſe retirer ſous la
Fortereffe , avec perte de plus de 400
Hommes tués ou bleſſés. Le Vice
Amiral des Turcs , qui étoit Maure&
fort âgé , mais Officier fort expérimenté
, fur tué dans ce Combat :
Quatre de leurs Fregattes , une demie
Galére & quelques Saïques
ont été coulées à fond, & pluſieurs
autres ont été fort endomagées. Nôtre
perte eſt d'environ 30 hommes',
avec quelques Chevaux tués d'un
Corps de Cavalerie ,que le General
Hauben avoit placé ſur la hauteur de
Semlim.
Le 6 , l'Ordre fut donné , que le
Vaifleau de Guerre S. Eugene , qui
étoit à Petrivaradin , vint joindre
promptement les deuxautresVaiſſeaux;
afin de tenir en reſpect les Bâtimens
Ennemis. Pour plus grande fûreté , on
plaça quelques pièces de Canon fur
une Redoute que l'on a élevée fur
le bord du Danube , en deça de la
D'AOUST.
59
Moſquée, prés de Semlim.
Le 7 , il arriva de Segédin par le
Donavvitz & le Temes , 50 ou 60 Barques
chargées de Canons , Mortiers ,
Boulets , Bombes , & Poudres. On fut
occupé le même jour , à débarquer
toutes ces Munitions deſtinées pour
le Siége. Les Princes & les Généraux
de l'Armée , ont fournis leurs Chevaux
&Chariots de Bagage,pour tranfporter
plus promptement au Camp,
des Faſcines , Paliſfades & Gabions , à
quoi l'on travaille continuellement
dans la Forêt , à une lieuë du Camp ,
ſous l'efcorte d'un Corps de Cavalerie
& d'Infanterie.
Le 8 , on a reçû avis que la Tête
des Troupes de l'Armée Ottomane ,
étoit arrivée à Niſſa avec le Grand
Vizir , & qu'il paroiſſoit que les Turcs
avoient deffein de faire une irruption
enTranſilvanie par la Vvalachie, avec
un gros Corps de Tartares & quelques
autres Renforts. Le Général
Steinville Commandant General de la
Principauté , informé de ces mouvemens,
eſt allé les attendre juſques ſur
la Frontiere , avec les Troupes de fon
Commandement renforcées des deux
60 'LE MERCURE
Regimens de Dragons , de Hauben &
de S. Amour, qui feront ſuivis de plufieurs
autres Corps que l'on tire de la
BaffeHongrie.
Trois Déſerteurs de la Place nous
rapportérent avant-hier , que l'Artillerie
retirée dans Bellegrade, étoit ſi nombreuſe
, que toutes les Ruës & les
Places en étoient embarraflées. LesRebeles
de Capagie demandent aux
Turcs un ſecours de sooo hommes,
pour ſe mettre en Campagne , conjoinrement
avec eux ; de maniére
que l'on ne ſçait pas encore fi ce ſera
à cette Diverſion , ou à une Bataille
que l'Ernemi ſe réſoudra. Le 23 du
paflé, nous fimes un Fourage genéral
, & lesInfideles nous enlevérent,
beaucoup de Chevaux &de Chariots,
tuérent & firent Prifonniers fun nombre
confiderable de nos gens. Nous
occupons les Avenues de la Place de
fi prés , que les Tures tirent fur nous
à coups de fuſil ; Ils travaillent jour
& nuit à un grand retranchement :
L'on parle toujours différemment de
la force de la Garrison ; les Uns la
diſent de 20000 hommes , d'Autres
dez0000; cependant il paroît beaucoup
de
D'AOUST. 61
de conſternation dans les Ennemis ,
qui nous ont laifles prendre tous les
Poſtes d'alentour de la Ville , & conftruire
des Ponts , fans aucune oppofition.
Le 9. le Prince Maximilien de Hefſe-
Caſſel Général de Bataille , joignit
avec ſon Regiment d'Infanterie
de trois mille hommes , le General
Hauben près de Semlim , où l'on commença
de travailler à une ligne de Circonvallation
& àdes Retranchemens ,
de même qu'à former la communication,
par lemoyen des Ponts que l'on a
conſtruits fur pluſieurs Marais.
Le 10. on joignit les travaux de la
Ville, parune nouvelle ligne de la file
poſterieure de nôtre Aîle droite , jufqu'à
la Redoute élevée près de la Savede
ce côté- cy. Le même jour , le
Prince Eugene ayant formé le deſſein
de faire attaquer le Fort des Ennemis ,
dans l'Ile de Donavvitz , chargeade
cette exécution le Comte de Mercy
lui ayantdonné à cet effet, quatre Bataillons
, dix Compagnies de Grenadiers
, deux mille quarre cent Chevaux
&quelques pieces de Canon. Ce Geveral
avoitdéja paflé la Riviere avec
Aoust 1717. F
62 LE MERCURE
fes Troupes & étoit fur le point de
faire donner l'Affaut , lorſqu'il fût
frapé d'un coup de Sang : Il tomba de
cheval , privé de l'Oüie & de la Vûë .
Cet accident fut cauſe que l'on remit
cette Expedition à un autre tems : On
ſe contenta ſeulement de prendre pofte
le long du Marais , afin de refferrer
plus étroitement les Infideles.
Un Parti de nos Huſlars en ayant
rencontréUn des Ennemis , l'a battu &
fait quelques Prifonniers , parmi leſquels
ſe trouvent deux Agas : Comme
ils ont été enlevez auprés de Sémendria
, on les a interrogé fur le nombre
& la marche de leur grande Armée.
Ils ont confirmé qu'elle étoit compofée
de 250000.hommes en Corps & qu'elle
devoit décamper inceſſamment deNifla
pour nous venir attaquer; ſans comprer
plus de cinquante millel Tartares qui
menacent la Tranfilvanie ;outre vingt
à vingt - cinq mille hommes de Troupes
ramallées , tant Allemands , Cofaques
, que Turcs & Hongrois , commandez
par les Chefs desRebelles, Efthérazi
& Bérézini : Il y a encore differens
Corps feparez à Sémendria,Orfova&
le long du Danube ; de forne
D'AOUST. 63
que ſelon la fupputation que l'on ena
faite , le Total monteroit à près de trois
Scent mille hommes d'Infanterie, & environ
cent mille Chevaux.
Le 11. le Prince Eugene fut informé
par un Exprès , que le Vaïvode de Valachie
étoit allé au devant du Seraskier
qui est a la Tête des Tartares. On est
incertain s'il tentera de pénétrer en
Tranfilvanie , ou s'il viendra ſecourir
Belgrade ; il n'y a que l'Invaſion des
Tartares que nous appréhendions en
Tranfilvanie, à cauſe de leur grand
nombre & des intelligences que les
Comtes d'Esterhazi & Bérénizi peuvent
avoir dans cette Principauté. Les
mêmes avis portent que le Prince de
Moldavie faiſoit couper Bras& Jambes
à tous ſes Sujets qui s'étoient déclarés
pour l'Empereur & abandonnoit
leurs biens au pillage. Le
Prince Eugene ayant envoyé un Exprès
au Major Herlevalle qui commande
en Tranſfilvanie , pour faire
prendre les Armes à tous ceux qui
étoient en étatde les porter ; ce Major
luia fait réponſe,que tous lesprincipaux
Paffages étoient si bien fortifiés , qu'il
étoit impoffible aux Ennemis de les
:
Fij
64 LE MERCURE
:
forcer , fans de la groſſe Artillerie.
Le 12 , le Prince Eugene &d'autres
Officiers de Distinction , rendirent vifire
au Comte de Mercy qui ſe porte
beaucoup mieux , ayant commencé à
récouvrer la Vûë & l'Oiiie : On appréhende
que cet accident ne le mette
hors d'état de fervir cette Campagne.
On a élévé pluſieurs Redoutes & autres
Ouvrages , dans les Iſles & fur le
bord du Danube , pour refferter la
Cavalerie qui est dans Belgrade ,
l'empêcher de venir fourager aux
Environs & en même tems tenir en
reſpect leurs Saïques .
On a appris que le Baronde Pétraſch
General de Bataille , s'éroit mis en
marche avec fes Milices , pour tâcher
de s'emparer de Saback, Poſte imporsantà
cauſede ſa fituation.
Le 13 , fur les fix heures du ſoir ,
il s'éléva aux Environs de Belgrade ,
un Orage fi violent accompagné
d'Eclairs , de Tonnerre & de Gréle ,
avec un Ouragant ſi impétueux , que
nos deux Ponts de Bateaux fur le Danube&
fur la Save, furent fort endommagés
; la moitié du Pont du Danube
ayant été ſéparée , & une partie de
D'AOUST
65
decelui de la Save ſubmergée;de forte
qu'en moins d'une demie heure , il y ût
plus de 90 Bâtimens emportés , outre
deux Barques chargées de Poudre &
de to Mortiers qui coulérent à fond :
Il y en ût auſſi pluſieurs autres chargées
de Vivres , de Munitions &
d'Inſtrumens à remuer la Terre , qui
arent le même fort. Il enleva quantité
de Proviſions qui étoient au bord du
Danube , & y renverſa douze Chariots
de Proviſions appartenans à des Vivandiers.
Une demie Galére Turque des Ennemis,
percée pour huit Canons, s'étant
détachée de ſon Ancre , vint donner
dans les Vaiſſeaux de l'Empereur. La
magnificence des Turbans &des Habits
à la Turque , fait juger qu'elle
étoit montée par quelques Perſonnes
deDiftinction ,dont on ne ſçait pas le
fort. On y a trouvé 2queues deCheval,
avec une Lifte éxacte de tout ce qu'il
y a dans les Magaſins de Belgrade.
La Garnifon Ottomane ayant voulu
profiter de tout ce défordre,fir tranſporter
fur des Bateaux 1000 Chevaux
avec autant de Fant.ffins , vers Semlium
; L'Infanterie ſe rabatit fur la Re
Гид
1
1
65 LE MERCURE
doute qui eſt la Tête de nôtre Pont de
Ja Save, & l'attaqua d'abord avec furie
. PluſieursTures étoient déja montés
fur le Parapet & y avoient arboré un
Drapeau ; mais un Capitaine deHeffe-
Caffel qui y commandoit avec 64 Heffiens
,ſe deffendit avec tant de valeur ,
la Bayonette au bout du Fufil , fans tirer
un ſeul coup , qu'il donna le tems
au General de Bataille Odvier , d'arriver
à ſon ſecours avec les deux Compagnies
de Grenadiers de Heiſter &de
Palfi , qui le dégagea &força l'Ennemi
deſe retirer avec perte.D'un autre côté,
leur Cavalerie s'étant jettée ſur nos
Fourageurs qui n'avoient pû repaſſer
la Save, à cauſe de l'accident du Pont ,
les mena d'abord affez rudement &
entuaune cinquantaine;mais leGeneral
Elz étant tombé àproposavec ſonDétachement
fur l'Ennem , le repouſſa ,
aprés lui avoir mishors de Combat 60
hommes. Nous avons perdu dans ces
deux Actions 20 Fantaſſins & envi-
Ton 40 Cavaliers. Les Tures en ſe retirant
dans la Place, y ont conduit plufheurs
Chevaux pris fur nos Fourageurs.
:
Le 14. le Pontde la Save étoit pref-
G
D'AOUST. 67
qu'entièrement réparé ; mais celui du
Danube ne l'étoit pas encore le 16.
Les Fourages ſont toujours trés
sares ; on eſt contraint de les aller
chercher fort loin , au-delà de la Save
&du Danube ;& il y a bien à craindre
que l'approchedesTurcs n'en augmen
te la rareté. La Garniſon de Belgrade
continue ſes Retranchemens extérieurs.
L'Ingénieur Allemand qui s'eſt
jettédans la Place , donne de bons avis
auxAffiégez
Le Prince Eugene eſt réfolu de ne
point s'engager à faire l'ouverture de
laTranchée , qu'il n'ait tout le nécef
faire en abondance dans ſon Camp ,
& qu'il n'ait reconnu le deſſein de
la grande Armée des Ennemis.
Le 15. le Prince Eugene a écrit à
l'Empereur , pour juſtifier M. Defalleurs
far les Faux bruits qui ont courus
, qu'il donnoit des avis fécrets aux
Mécontens. Ce Prince a fait en même
tems l'Eloge de tous les François qui
fervent à l'Armée :On différe toujours
le Siege , pour ne point s'embarquer
mal à propos; on veut être auparavant
certain des deſſeins du G. Vizir. On
a appris par des Priſonniers qu'il étoit
:
68 LE MERCURE
avec ſon Armèe ſur la Morava.
Un Boulet de Canon tiré d'une
Batterie des Ennemis, a coupé un Cordon
de la Tente de Mgr le Comte de
Charolois , où ce Prince étoit.
Le 16 , l'Infanterie Bávaroiſe , avec
la Garde à Cheval, arriva au Camp de
Semlim.
Le Prince Eugene ayant defleinde
conſtruire une Redoute de l'autre côté
delaSave, au confluant de cetteRiviere,
&d'y élever une batterie , afin de foudroyer
la baſſe Ville , chargea de cette
expedition M. le Comte de Mareilli
Général Major , lui donnant fous fes
ordres trois Bataillons , fix Compagnies
des Grenadiers & 300. Chevaux,
qui devoient foûtenir les Pioniers employés
à cet ouvrage. On commença
ce travail à l'entrée de la nuit &laGarniſon
de Belgrade ne s'en étant appercuë
qu'à deux heures aprés minuit,
fit alorsun feu trés vif, tant du Canon
des Saïques & de la Place , que de
la Mouſqueterie ;& tira beaucoup de
Boulets rouges pour découvrirnosTravaux;
mais tour ce fracas ne dérangea
rien.
Letz, à ſept heures du matin , 2000
-
D'AOUST.. 69
Janiſſaires étant ſortis,à la faveur d'un
feû continuel du Canon de la Forterereſſe
& de leurs Vaiſſeaux , débarquérent
au bord du Danube derriere
nos Travaux ; le Comte de Marcilli
s'avança pour les charger, n'étant ſuivi
que du Bataillon de Palfi & de 600
Grenadiers. Les Imperiaux,aprés avoir
fait leur décharge,jetterent leurs armes
&abandonnérent M. de Marcilly qui
fut tué avec le peude braves Gens qui
étoient reſtés avec lui ; une partie du
Bataillon dePalfi y perit entierement:
Le Colonel Heiſter qui avoit refuſé
d'oppoſer aux Ennemis des chevaux
de friſe , lorſqu'ils étoient à portée , fut
emporté d'un coup de Canon; & les
deux mille Hommes qu'il avoit avec
lui , coururent rifque, de même que les
Travailleurs ,d'avoir le même ſort; file
Prince Eugene n'ût fait avancer à propos
le Baron deMiglio avec 250. Cuiraffiers,
qui chargea avec tant de valeur
les Ennemis , qu'il les repouſſa &les
obligea à s'embarquer avec tant de précipitation
,qu'il y en ût ungrand nombrede
tués &de noyés. Aprés une Action
auſſi chaude,nôtreInfanterie réprit
fon poſte&recommença à travailler ,
70. LE MERCURE
#
étant couvertepar de nouvelles troupes
qu'on détacha. On compte 1000. hommes
de perte du côté des Imperiaux ,
avec 30. Officiers , dont il y à6. Capitaines
, un Lieutenant Colonel , & un
Sergent Major: Les Turcs n'ont pas été
moins maltraittés ; Ibrahim Bacha
de Romelie qui les commandoir , y
ayant perdu la vie.Un ſous- Lieutenant
du Regiment de Virmond avec 9.Grenadiers
, a tué 20. Janniſſaires , & leur
a pris un Drapeau , lequel,aprés avoir
été preſenté au Prince Eugene , fut
planté devant ſa Tente.
Le 18 , on fut informé que les Turcs
avoient jetté quatre Pons fur la Mo
rava , & que leur Armée groſſiſſoit tous
les jours conſidérablement .
Le 19 , on acheva de réparer le Pont
fur le Danube : 10 Galeres & 40 , tant
Saïques que Bâtimens Ennemis , s'avancérent
près de l'Avant-garde de
nos Vaiſſeaux de Guerre , à l'embou
chure du Témes , où elles jettérent
P'Anere.
Le 20 , cette petite Flotte ſe retira
& décendit plusbas fur leDanube jufqu'à
Semendria.
Le 21 , on apprit que tous les HabiD'AOUST
71
tans de la Boſnie , en état de porter
les armes , avoient û ordre de ſe rendre
à la grande ArméeOttomane,fous
peine du Harach. *
On perfectionna le ſecond Pont de
Barques fur la Save,commencé depuis
quelques jours ; & on pouffa avec ſuccésle
travail de l'autre côté de cette
Riviere ; afin de nous mieux couvrir&
d'achever les Rédoutes , les Batteries
& les Lignes de communication.
Le 22 ,on éleva ſur les Batteries 26
Canons de 24 liv. de bales & 20 Mortiers
, pour canoper & bombarder la
baffe-Ville. Onrecut avis certain que
l'Ennemi avoit paſſe la Morava fur
quatre Ponts & qu'il s'étoit avancé
vers Haffan-Baffa-Palanka .
Le 23 , à deux heures avant le jour ,
on commença àcanoner & à bombarder
en même tems la Fortereffe , & la
Ville d'Eau ; ce qui a continué pendant
tout le jour avec tant de ſuccès , que
nos Batteries en ont renverſé deux
des Turcs rafé tout le cordon dır
Mur & démonté leurs Canons qui
* Tribut par téte que les Chrêtiensen
Turquie , doivent payer annuellement,
fous peine de prijon.
72 LE MERCURE
font dans le flanc: L'Ennemi a été obligé
deles rétirer des Ouvrages. L'on
ne diſcontinuëra pas le feu , que l'on
n'ait ruiné entierement toutes les deffences
qui font en vuë du côté de la
Save , & que l'on n'ait reſſerré ſon
armement naval.
Les Affiegés n'avoient jamais pû
ſeperfuader qu'on pîût les attaquer par
la Riviere ; s'étant attendu qu'on l'auroit
fait du côté de la Montagne , où
ils ont pratiqué beaucoup de Mines.
Nos Bombes ont fait un ſi terrible effet
, qu'elles ont reduit la plus grande
partie de la Ville en cendre.
Comme l'Iſle fortifiée du Danube ,
derriere laquelle les Barques armées.
des Turcs font à couvert , nous incommode
beaucoup ; on diſpoſe une
double Batterie particuliere pour la
canoner & la bombarder. On fera
enfuite les diſpoſitions pour l'ouverture
de la Tranchée de ce côté-ci.
Sur l'avis que l'Armée Ottomane
arriva le 21 à Haffan-Baſſa - Palanka à
fix lieües d'ici , ſur le chemin de Semendria
, on a placé 160 piéces de Canon
fur nos Retranchemens qui reffemblent
à des Fortifications. Nous
avons
DAOUST.
73
avons ungrand amas de fourages dans
notre Camp.
On vient d'apprendre que l'Armée
des Infidéles étoit enfin arrivée à Kolov
prés Sémendria , reſoluë d'en venir
à une Action déciſive . Leur projet
eſt , à ce que l'on prétend , d'attaquer
en même tems le front des Retranchemens&
une tête de Pont , tandis que la
Garniſon attaquera l'autre. M. le Prince
Eugene a envoyé à l'Empereur uneLifte
qu'on a trouvée dans la poche d'un Aga
Turc qui a été fait Prifonnier , par la.
quelle on voir le détail des Troupes Ennemies
qui menteà 337000 hommes.
M. le Prince Eugene vient d'être
nouvellement informé , que le Comte
de Steinville a bien de la peine à contenir
les Tranſilvainsdans l'obéiffance ,
& ſurtout les Montagnards qui font
fort inclinez à la rébellion , y étant
follicitez fortement par les Comtes
Eſthérazi , Bérézini , Fortgatick &
Czaki , qui font actuellement dans
P'Armée Ottomane & qui leurs promettent
dans peu de les venir joindre
avec foooo honmes .
une Rélation de l'Ouverture de
laCampagne enHongrie , que j'ai conduite
jusqu'au s de Juillet. Le Lec
teur attend de moi , que je continuë de
mois en mois ce Journal , jusqu'à la finde
la Campagne ; c'est un engagement auquel
D'AOUST . 57
je dois fatisfaire avec tout le ſoin dont
je suis capable. Comme je crois être
très éxactement informé par des Lettres
particulières ,des NouvellesdeHongrie,
j'espère qu'on remarquera quantité
deCirconstances curieusesque l'on netrouvéra
point dans les Gazettes Françoises;
jenediſconvien drai pas cependant qu'à
leur exemple , je ne me fervéutilement
de deux imprimez hebdomadaires
que je reçois de Vienne ; l'un ſous le Tiire
de Eſtrato delle nuovità più effentiali
dalle lettere più freſce,c'est- à-dire,
Extrait des Nouvelles les plus confiderables
& les plus fraiches ; & l'autre en
Allemand ſous celui de Diarium , ou
Journal de l'Empire.
JOURNAL DE HONGRIE.
D
Ans l'Action du 5. près de Semlim
, à deux heures après midy,
lesdeux Vaiſſeaux de Guerre , S. François
& S. Eſtienne Imperiaux , commandés
par le Capitaine Storck , &
par le Capitaine - Lieutenant Pomerefch,
firent un feu ſi terrible de leurs
Canons chargés de Carcaffes, de Bou- 1
58 LE MERCURE
lets àCartouches &de Chaînes ; qu'.
après un Combat de deux heures &
demie , les so , tant Frégates , que
demie Galéres & Saïques Turques
ſe virent forcées de ſe retirer ſous la
Fortereffe , avec perte de plus de 400
Hommes tués ou bleſſés. Le Vice
Amiral des Turcs , qui étoit Maure&
fort âgé , mais Officier fort expérimenté
, fur tué dans ce Combat :
Quatre de leurs Fregattes , une demie
Galére & quelques Saïques
ont été coulées à fond, & pluſieurs
autres ont été fort endomagées. Nôtre
perte eſt d'environ 30 hommes',
avec quelques Chevaux tués d'un
Corps de Cavalerie ,que le General
Hauben avoit placé ſur la hauteur de
Semlim.
Le 6 , l'Ordre fut donné , que le
Vaifleau de Guerre S. Eugene , qui
étoit à Petrivaradin , vint joindre
promptement les deuxautresVaiſſeaux;
afin de tenir en reſpect les Bâtimens
Ennemis. Pour plus grande fûreté , on
plaça quelques pièces de Canon fur
une Redoute que l'on a élevée fur
le bord du Danube , en deça de la
D'AOUST.
59
Moſquée, prés de Semlim.
Le 7 , il arriva de Segédin par le
Donavvitz & le Temes , 50 ou 60 Barques
chargées de Canons , Mortiers ,
Boulets , Bombes , & Poudres. On fut
occupé le même jour , à débarquer
toutes ces Munitions deſtinées pour
le Siége. Les Princes & les Généraux
de l'Armée , ont fournis leurs Chevaux
&Chariots de Bagage,pour tranfporter
plus promptement au Camp,
des Faſcines , Paliſfades & Gabions , à
quoi l'on travaille continuellement
dans la Forêt , à une lieuë du Camp ,
ſous l'efcorte d'un Corps de Cavalerie
& d'Infanterie.
Le 8 , on a reçû avis que la Tête
des Troupes de l'Armée Ottomane ,
étoit arrivée à Niſſa avec le Grand
Vizir , & qu'il paroiſſoit que les Turcs
avoient deffein de faire une irruption
enTranſilvanie par la Vvalachie, avec
un gros Corps de Tartares & quelques
autres Renforts. Le Général
Steinville Commandant General de la
Principauté , informé de ces mouvemens,
eſt allé les attendre juſques ſur
la Frontiere , avec les Troupes de fon
Commandement renforcées des deux
60 'LE MERCURE
Regimens de Dragons , de Hauben &
de S. Amour, qui feront ſuivis de plufieurs
autres Corps que l'on tire de la
BaffeHongrie.
Trois Déſerteurs de la Place nous
rapportérent avant-hier , que l'Artillerie
retirée dans Bellegrade, étoit ſi nombreuſe
, que toutes les Ruës & les
Places en étoient embarraflées. LesRebeles
de Capagie demandent aux
Turcs un ſecours de sooo hommes,
pour ſe mettre en Campagne , conjoinrement
avec eux ; de maniére
que l'on ne ſçait pas encore fi ce ſera
à cette Diverſion , ou à une Bataille
que l'Ernemi ſe réſoudra. Le 23 du
paflé, nous fimes un Fourage genéral
, & lesInfideles nous enlevérent,
beaucoup de Chevaux &de Chariots,
tuérent & firent Prifonniers fun nombre
confiderable de nos gens. Nous
occupons les Avenues de la Place de
fi prés , que les Tures tirent fur nous
à coups de fuſil ; Ils travaillent jour
& nuit à un grand retranchement :
L'on parle toujours différemment de
la force de la Garrison ; les Uns la
diſent de 20000 hommes , d'Autres
dez0000; cependant il paroît beaucoup
de
D'AOUST. 61
de conſternation dans les Ennemis ,
qui nous ont laifles prendre tous les
Poſtes d'alentour de la Ville , & conftruire
des Ponts , fans aucune oppofition.
Le 9. le Prince Maximilien de Hefſe-
Caſſel Général de Bataille , joignit
avec ſon Regiment d'Infanterie
de trois mille hommes , le General
Hauben près de Semlim , où l'on commença
de travailler à une ligne de Circonvallation
& àdes Retranchemens ,
de même qu'à former la communication,
par lemoyen des Ponts que l'on a
conſtruits fur pluſieurs Marais.
Le 10. on joignit les travaux de la
Ville, parune nouvelle ligne de la file
poſterieure de nôtre Aîle droite , jufqu'à
la Redoute élevée près de la Savede
ce côté- cy. Le même jour , le
Prince Eugene ayant formé le deſſein
de faire attaquer le Fort des Ennemis ,
dans l'Ile de Donavvitz , chargeade
cette exécution le Comte de Mercy
lui ayantdonné à cet effet, quatre Bataillons
, dix Compagnies de Grenadiers
, deux mille quarre cent Chevaux
&quelques pieces de Canon. Ce Geveral
avoitdéja paflé la Riviere avec
Aoust 1717. F
62 LE MERCURE
fes Troupes & étoit fur le point de
faire donner l'Affaut , lorſqu'il fût
frapé d'un coup de Sang : Il tomba de
cheval , privé de l'Oüie & de la Vûë .
Cet accident fut cauſe que l'on remit
cette Expedition à un autre tems : On
ſe contenta ſeulement de prendre pofte
le long du Marais , afin de refferrer
plus étroitement les Infideles.
Un Parti de nos Huſlars en ayant
rencontréUn des Ennemis , l'a battu &
fait quelques Prifonniers , parmi leſquels
ſe trouvent deux Agas : Comme
ils ont été enlevez auprés de Sémendria
, on les a interrogé fur le nombre
& la marche de leur grande Armée.
Ils ont confirmé qu'elle étoit compofée
de 250000.hommes en Corps & qu'elle
devoit décamper inceſſamment deNifla
pour nous venir attaquer; ſans comprer
plus de cinquante millel Tartares qui
menacent la Tranfilvanie ;outre vingt
à vingt - cinq mille hommes de Troupes
ramallées , tant Allemands , Cofaques
, que Turcs & Hongrois , commandez
par les Chefs desRebelles, Efthérazi
& Bérézini : Il y a encore differens
Corps feparez à Sémendria,Orfova&
le long du Danube ; de forne
D'AOUST. 63
que ſelon la fupputation que l'on ena
faite , le Total monteroit à près de trois
Scent mille hommes d'Infanterie, & environ
cent mille Chevaux.
Le 11. le Prince Eugene fut informé
par un Exprès , que le Vaïvode de Valachie
étoit allé au devant du Seraskier
qui est a la Tête des Tartares. On est
incertain s'il tentera de pénétrer en
Tranfilvanie , ou s'il viendra ſecourir
Belgrade ; il n'y a que l'Invaſion des
Tartares que nous appréhendions en
Tranfilvanie, à cauſe de leur grand
nombre & des intelligences que les
Comtes d'Esterhazi & Bérénizi peuvent
avoir dans cette Principauté. Les
mêmes avis portent que le Prince de
Moldavie faiſoit couper Bras& Jambes
à tous ſes Sujets qui s'étoient déclarés
pour l'Empereur & abandonnoit
leurs biens au pillage. Le
Prince Eugene ayant envoyé un Exprès
au Major Herlevalle qui commande
en Tranſfilvanie , pour faire
prendre les Armes à tous ceux qui
étoient en étatde les porter ; ce Major
luia fait réponſe,que tous lesprincipaux
Paffages étoient si bien fortifiés , qu'il
étoit impoffible aux Ennemis de les
:
Fij
64 LE MERCURE
:
forcer , fans de la groſſe Artillerie.
Le 12 , le Prince Eugene &d'autres
Officiers de Distinction , rendirent vifire
au Comte de Mercy qui ſe porte
beaucoup mieux , ayant commencé à
récouvrer la Vûë & l'Oiiie : On appréhende
que cet accident ne le mette
hors d'état de fervir cette Campagne.
On a élévé pluſieurs Redoutes & autres
Ouvrages , dans les Iſles & fur le
bord du Danube , pour refferter la
Cavalerie qui est dans Belgrade ,
l'empêcher de venir fourager aux
Environs & en même tems tenir en
reſpect leurs Saïques .
On a appris que le Baronde Pétraſch
General de Bataille , s'éroit mis en
marche avec fes Milices , pour tâcher
de s'emparer de Saback, Poſte imporsantà
cauſede ſa fituation.
Le 13 , fur les fix heures du ſoir ,
il s'éléva aux Environs de Belgrade ,
un Orage fi violent accompagné
d'Eclairs , de Tonnerre & de Gréle ,
avec un Ouragant ſi impétueux , que
nos deux Ponts de Bateaux fur le Danube&
fur la Save, furent fort endommagés
; la moitié du Pont du Danube
ayant été ſéparée , & une partie de
D'AOUST
65
decelui de la Save ſubmergée;de forte
qu'en moins d'une demie heure , il y ût
plus de 90 Bâtimens emportés , outre
deux Barques chargées de Poudre &
de to Mortiers qui coulérent à fond :
Il y en ût auſſi pluſieurs autres chargées
de Vivres , de Munitions &
d'Inſtrumens à remuer la Terre , qui
arent le même fort. Il enleva quantité
de Proviſions qui étoient au bord du
Danube , & y renverſa douze Chariots
de Proviſions appartenans à des Vivandiers.
Une demie Galére Turque des Ennemis,
percée pour huit Canons, s'étant
détachée de ſon Ancre , vint donner
dans les Vaiſſeaux de l'Empereur. La
magnificence des Turbans &des Habits
à la Turque , fait juger qu'elle
étoit montée par quelques Perſonnes
deDiftinction ,dont on ne ſçait pas le
fort. On y a trouvé 2queues deCheval,
avec une Lifte éxacte de tout ce qu'il
y a dans les Magaſins de Belgrade.
La Garnifon Ottomane ayant voulu
profiter de tout ce défordre,fir tranſporter
fur des Bateaux 1000 Chevaux
avec autant de Fant.ffins , vers Semlium
; L'Infanterie ſe rabatit fur la Re
Гид
1
1
65 LE MERCURE
doute qui eſt la Tête de nôtre Pont de
Ja Save, & l'attaqua d'abord avec furie
. PluſieursTures étoient déja montés
fur le Parapet & y avoient arboré un
Drapeau ; mais un Capitaine deHeffe-
Caffel qui y commandoit avec 64 Heffiens
,ſe deffendit avec tant de valeur ,
la Bayonette au bout du Fufil , fans tirer
un ſeul coup , qu'il donna le tems
au General de Bataille Odvier , d'arriver
à ſon ſecours avec les deux Compagnies
de Grenadiers de Heiſter &de
Palfi , qui le dégagea &força l'Ennemi
deſe retirer avec perte.D'un autre côté,
leur Cavalerie s'étant jettée ſur nos
Fourageurs qui n'avoient pû repaſſer
la Save, à cauſe de l'accident du Pont ,
les mena d'abord affez rudement &
entuaune cinquantaine;mais leGeneral
Elz étant tombé àproposavec ſonDétachement
fur l'Ennem , le repouſſa ,
aprés lui avoir mishors de Combat 60
hommes. Nous avons perdu dans ces
deux Actions 20 Fantaſſins & envi-
Ton 40 Cavaliers. Les Tures en ſe retirant
dans la Place, y ont conduit plufheurs
Chevaux pris fur nos Fourageurs.
:
Le 14. le Pontde la Save étoit pref-
G
D'AOUST. 67
qu'entièrement réparé ; mais celui du
Danube ne l'étoit pas encore le 16.
Les Fourages ſont toujours trés
sares ; on eſt contraint de les aller
chercher fort loin , au-delà de la Save
&du Danube ;& il y a bien à craindre
que l'approchedesTurcs n'en augmen
te la rareté. La Garniſon de Belgrade
continue ſes Retranchemens extérieurs.
L'Ingénieur Allemand qui s'eſt
jettédans la Place , donne de bons avis
auxAffiégez
Le Prince Eugene eſt réfolu de ne
point s'engager à faire l'ouverture de
laTranchée , qu'il n'ait tout le nécef
faire en abondance dans ſon Camp ,
& qu'il n'ait reconnu le deſſein de
la grande Armée des Ennemis.
Le 15. le Prince Eugene a écrit à
l'Empereur , pour juſtifier M. Defalleurs
far les Faux bruits qui ont courus
, qu'il donnoit des avis fécrets aux
Mécontens. Ce Prince a fait en même
tems l'Eloge de tous les François qui
fervent à l'Armée :On différe toujours
le Siege , pour ne point s'embarquer
mal à propos; on veut être auparavant
certain des deſſeins du G. Vizir. On
a appris par des Priſonniers qu'il étoit
:
68 LE MERCURE
avec ſon Armèe ſur la Morava.
Un Boulet de Canon tiré d'une
Batterie des Ennemis, a coupé un Cordon
de la Tente de Mgr le Comte de
Charolois , où ce Prince étoit.
Le 16 , l'Infanterie Bávaroiſe , avec
la Garde à Cheval, arriva au Camp de
Semlim.
Le Prince Eugene ayant defleinde
conſtruire une Redoute de l'autre côté
delaSave, au confluant de cetteRiviere,
&d'y élever une batterie , afin de foudroyer
la baſſe Ville , chargea de cette
expedition M. le Comte de Mareilli
Général Major , lui donnant fous fes
ordres trois Bataillons , fix Compagnies
des Grenadiers & 300. Chevaux,
qui devoient foûtenir les Pioniers employés
à cet ouvrage. On commença
ce travail à l'entrée de la nuit &laGarniſon
de Belgrade ne s'en étant appercuë
qu'à deux heures aprés minuit,
fit alorsun feu trés vif, tant du Canon
des Saïques & de la Place , que de
la Mouſqueterie ;& tira beaucoup de
Boulets rouges pour découvrirnosTravaux;
mais tour ce fracas ne dérangea
rien.
Letz, à ſept heures du matin , 2000
-
D'AOUST.. 69
Janiſſaires étant ſortis,à la faveur d'un
feû continuel du Canon de la Forterereſſe
& de leurs Vaiſſeaux , débarquérent
au bord du Danube derriere
nos Travaux ; le Comte de Marcilli
s'avança pour les charger, n'étant ſuivi
que du Bataillon de Palfi & de 600
Grenadiers. Les Imperiaux,aprés avoir
fait leur décharge,jetterent leurs armes
&abandonnérent M. de Marcilly qui
fut tué avec le peude braves Gens qui
étoient reſtés avec lui ; une partie du
Bataillon dePalfi y perit entierement:
Le Colonel Heiſter qui avoit refuſé
d'oppoſer aux Ennemis des chevaux
de friſe , lorſqu'ils étoient à portée , fut
emporté d'un coup de Canon; & les
deux mille Hommes qu'il avoit avec
lui , coururent rifque, de même que les
Travailleurs ,d'avoir le même ſort; file
Prince Eugene n'ût fait avancer à propos
le Baron deMiglio avec 250. Cuiraffiers,
qui chargea avec tant de valeur
les Ennemis , qu'il les repouſſa &les
obligea à s'embarquer avec tant de précipitation
,qu'il y en ût ungrand nombrede
tués &de noyés. Aprés une Action
auſſi chaude,nôtreInfanterie réprit
fon poſte&recommença à travailler ,
70. LE MERCURE
#
étant couvertepar de nouvelles troupes
qu'on détacha. On compte 1000. hommes
de perte du côté des Imperiaux ,
avec 30. Officiers , dont il y à6. Capitaines
, un Lieutenant Colonel , & un
Sergent Major: Les Turcs n'ont pas été
moins maltraittés ; Ibrahim Bacha
de Romelie qui les commandoir , y
ayant perdu la vie.Un ſous- Lieutenant
du Regiment de Virmond avec 9.Grenadiers
, a tué 20. Janniſſaires , & leur
a pris un Drapeau , lequel,aprés avoir
été preſenté au Prince Eugene , fut
planté devant ſa Tente.
Le 18 , on fut informé que les Turcs
avoient jetté quatre Pons fur la Mo
rava , & que leur Armée groſſiſſoit tous
les jours conſidérablement .
Le 19 , on acheva de réparer le Pont
fur le Danube : 10 Galeres & 40 , tant
Saïques que Bâtimens Ennemis , s'avancérent
près de l'Avant-garde de
nos Vaiſſeaux de Guerre , à l'embou
chure du Témes , où elles jettérent
P'Anere.
Le 20 , cette petite Flotte ſe retira
& décendit plusbas fur leDanube jufqu'à
Semendria.
Le 21 , on apprit que tous les HabiD'AOUST
71
tans de la Boſnie , en état de porter
les armes , avoient û ordre de ſe rendre
à la grande ArméeOttomane,fous
peine du Harach. *
On perfectionna le ſecond Pont de
Barques fur la Save,commencé depuis
quelques jours ; & on pouffa avec ſuccésle
travail de l'autre côté de cette
Riviere ; afin de nous mieux couvrir&
d'achever les Rédoutes , les Batteries
& les Lignes de communication.
Le 22 ,on éleva ſur les Batteries 26
Canons de 24 liv. de bales & 20 Mortiers
, pour canoper & bombarder la
baffe-Ville. Onrecut avis certain que
l'Ennemi avoit paſſe la Morava fur
quatre Ponts & qu'il s'étoit avancé
vers Haffan-Baffa-Palanka .
Le 23 , à deux heures avant le jour ,
on commença àcanoner & à bombarder
en même tems la Fortereffe , & la
Ville d'Eau ; ce qui a continué pendant
tout le jour avec tant de ſuccès , que
nos Batteries en ont renverſé deux
des Turcs rafé tout le cordon dır
Mur & démonté leurs Canons qui
* Tribut par téte que les Chrêtiensen
Turquie , doivent payer annuellement,
fous peine de prijon.
72 LE MERCURE
font dans le flanc: L'Ennemi a été obligé
deles rétirer des Ouvrages. L'on
ne diſcontinuëra pas le feu , que l'on
n'ait ruiné entierement toutes les deffences
qui font en vuë du côté de la
Save , & que l'on n'ait reſſerré ſon
armement naval.
Les Affiegés n'avoient jamais pû
ſeperfuader qu'on pîût les attaquer par
la Riviere ; s'étant attendu qu'on l'auroit
fait du côté de la Montagne , où
ils ont pratiqué beaucoup de Mines.
Nos Bombes ont fait un ſi terrible effet
, qu'elles ont reduit la plus grande
partie de la Ville en cendre.
Comme l'Iſle fortifiée du Danube ,
derriere laquelle les Barques armées.
des Turcs font à couvert , nous incommode
beaucoup ; on diſpoſe une
double Batterie particuliere pour la
canoner & la bombarder. On fera
enfuite les diſpoſitions pour l'ouverture
de la Tranchée de ce côté-ci.
Sur l'avis que l'Armée Ottomane
arriva le 21 à Haffan-Baſſa - Palanka à
fix lieües d'ici , ſur le chemin de Semendria
, on a placé 160 piéces de Canon
fur nos Retranchemens qui reffemblent
à des Fortifications. Nous
avons
DAOUST.
73
avons ungrand amas de fourages dans
notre Camp.
On vient d'apprendre que l'Armée
des Infidéles étoit enfin arrivée à Kolov
prés Sémendria , reſoluë d'en venir
à une Action déciſive . Leur projet
eſt , à ce que l'on prétend , d'attaquer
en même tems le front des Retranchemens&
une tête de Pont , tandis que la
Garniſon attaquera l'autre. M. le Prince
Eugene a envoyé à l'Empereur uneLifte
qu'on a trouvée dans la poche d'un Aga
Turc qui a été fait Prifonnier , par la.
quelle on voir le détail des Troupes Ennemies
qui menteà 337000 hommes.
M. le Prince Eugene vient d'être
nouvellement informé , que le Comte
de Steinville a bien de la peine à contenir
les Tranſilvainsdans l'obéiffance ,
& ſurtout les Montagnards qui font
fort inclinez à la rébellion , y étant
follicitez fortement par les Comtes
Eſthérazi , Bérézini , Fortgatick &
Czaki , qui font actuellement dans
P'Armée Ottomane & qui leurs promettent
dans peu de les venir joindre
avec foooo honmes .
Fermer
10
p. 173-178
Suite du Journal de Paris.
Début :
Le 9 au soir, le Roy soupa chez Madame la Duchesse de [...]
Mots clefs :
Duchesse, Feu d'artifice, Comte, Armes, Audience, Abbé, Charge, Prince, Compagnies, Gouvernement
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texteReconnaissance textuelle : Suite du Journal de Paris.
Suite duJournalde Paris.
E au foir , le Roy ſoupa chez
Madame la Ducheſſe de Vantadour
; aprés le ſoupé, il eut le divertif
ſementd'un feu d'Artifice. On abandonna
ungros Chien qui courant aprés
toutes les fuſées, les ſaiſiſſoit malgré la
violence du feu ,& en foutenoit l'effet
fans les lâcher, ce qui réjouit beaucoup
SM.
M. le Comte de Kinigſegk Ambaſfadeur
de l'Empereur,adonné pluſieurs
fêtes magnifiques , à l'occaſion de la
Victoire remportée par les Armes Impériales
ſur les Infidéles.
Le 14 , cet Ambaffadeur ût Audian
Piij
174 LE MERCURE
ee particuliere du Roy , dans laquelle
il donna part à S. M. de la Victoire
remportée ſur les Turcs &de la Reddition
de Belgrade.
Le 17 , le Roy nomma à l'Evêché de
Nantes qui vaut 30000 liv. de rentes,
M. l'Abbé de Treſſans premier Aumônier
de M. le Duc d'Orleans : Il avoit
été nommé cy-deyant à l'Evêché de
Vannes, vacant par la mort de Meffire
Gilles de Beauveau Abbé de Tréport ,
qui arriva le 6 de ce mois.
M. l'Abbé de Caumartin Abbé de
Buzay , Doyen de la Cathédrale de
Tours , & un des Grands Vicaires du
Siége vacant , a eſté nommé à l'Evêché
de Vannes.
M. l'Abbé du Bois Conſeiller d'Etat
ordinaire , eit parti en poſte pour Londres
, où il va exécuter quelques Commiffions
de la part de S. M. Il ne prendra
point de Caractére.
Mat le Prince de Dombes , après
avoir donné des preuves d'une valeur
&d'une conduite fupérieure à ſon âge ,
arriva le 20 de l'Armée de Hongrie à
Paris.
Il eſt encore incertain quand MBT le
Comte de Charolois ſe rendra ici :
DE SEPTEMBRE . 175
une Lettre écrite de Vienne à Paris ,
en parle en ces termes. On a raiſon
d'avoir efté dans de grandes inquiétudes
de M. le Comte de Charolois ; car,
la Renommée qui dit merveilles de lui ,
a trouvé à redire qu'il s'exposât par
trop : & tous ceux qui ont passé du
Camp à Vienne , ont rapporté que le
Prince Généraliſſime , avoit eſté obligé
de ſe ſervir de toute son autorite pour
arrêter l'ardeur de ce jeune Héros . On
ne sçait pas si en s'en retournant en
France , il restera du tems à Vienne ;
mais , il est sûr qu'il y est bien désiré.
Le Prince de Pons , M. le Chevalier
de Lorraine fon frere , & prefque
tous les Volontaires de France
font de retour de la Campagne de
Hongrie.
M. le Marquisd'Alincourt petit fils de
M. le Maréchal de Villeroy,avec quelques
autres Seigneurs , reviendra en
France par l'Italie.
On a eſté informé que M. le Marquis
de Langallerie qui a demeuré
16 jours à ce que l'on prétend ſans
manger, mais non fans boire, étoit mort
dans ſa Priſon à Vienne , le 7 de ce
mois.
176 LE MERCURE
M. l'Abbéde Brancas frere du Marquis
de ce nom , a eu l'ag ément pour
occuper la place d'Aumonier du Roy
qu'avoit M. l'Abbé du Cambout.
Mgr le Regent a donné le Prieuré
de Morţault de l'Ordre de Cluny qui
vaut 8000 livres de rentes au fils de
M. le Comte de Rouſſi ; d'un autre
côté , M. l'Abbé d'Auvergne qui
s'en prétend le Titulaire a nommé
M. l'Abbé de Tavannes Neveu de M.
le Chancelier .
Le 255 Madame Ducheffe de Berry
a choifi Madame la Marquiſe de
Béthune pour Dame du Palais , à la
place de feiie Madame la Comtefle
d'Aydie.
L'Archevêché de Befançon vient d'être
donné à M. l'Abbé de Mornay
Ambaſſadeur en Portugal.
L'Abbaye de Quimperlay raportant
8000 livres de rentes , a eſté donnée à
M. de Sanzay Evêque de Rennes.
Les Sous-Bauxdes Aydes avant eſté
réfiliés par Arrêt du Confeil , il en a
été fait de nouveaux pour les quatre
années qui reſtent; à commencer au
premier Octobre de cette année 1717 .
Letout a eſté donné à 3 Compagnies . 1
DE SEPTEMBRE. 177
La premiere, a les Généralités de Paris
, Roüen , Amiens , Soiflons , Cha-
• lons , Orleans avec la marque des
fers & marques d'or & d'argent da
Royaume.
Elle est compoſée de Meſſieurs
Teiffier , Chalmette , de Beaufort , de
la Haye , de Durdent , Meulan , Albert
, Savalette , Monpellier , Villemûre
, Perrinet , Thoinard.
a
Le Bureau , rue des Petits- Champs.
- La deuxième , de Meſſieurs Maugras
, Colin , Roblaſtre , l'Huillier ,
Souchet , Thevenin de Verneüil , Huë,
Dauffeur , Michaut .
Elle a Caën , Poitiers , la Rochelle
& Lyon .
Bureau , rue Porte- Foin .
La troiſieme , de Meſſieurs de S.
Leon ,Rafle fi's , Daugny , le Texier ,
de Jean , Hatte de Chevremont , Charliere
, Hauffroy , des Hayes , Lantage
fils.
Elle a Tours , Alençon , Bourges &
Moulin.
Le Bureau , ruë Royale.
178 LE MERCURE
Le Roy a donné le Gouvernement
deLourde enBigorre , àM. le Comte
de Cardeillac d'une Nobleſſe diſtin- .
guée dans ce Païs-là.
Il paroît un Arreſt du Conſeil d'EtatduRoy
,du 12 Septembre 1717 ,
qui ordonne que tous les Officiers
Comptables , Fermiers Soûfermiers
, Receveurs , Commis , & generalement
tous ceux qui ont le manîment
des deniers de Sa Majestédans
la Ville& Fauxbourgs de Paris , ſeront
tenus de faire leurs Recettes &
Payemens enBilletsde la Banque Géacrale.
E au foir , le Roy ſoupa chez
Madame la Ducheſſe de Vantadour
; aprés le ſoupé, il eut le divertif
ſementd'un feu d'Artifice. On abandonna
ungros Chien qui courant aprés
toutes les fuſées, les ſaiſiſſoit malgré la
violence du feu ,& en foutenoit l'effet
fans les lâcher, ce qui réjouit beaucoup
SM.
M. le Comte de Kinigſegk Ambaſfadeur
de l'Empereur,adonné pluſieurs
fêtes magnifiques , à l'occaſion de la
Victoire remportée par les Armes Impériales
ſur les Infidéles.
Le 14 , cet Ambaffadeur ût Audian
Piij
174 LE MERCURE
ee particuliere du Roy , dans laquelle
il donna part à S. M. de la Victoire
remportée ſur les Turcs &de la Reddition
de Belgrade.
Le 17 , le Roy nomma à l'Evêché de
Nantes qui vaut 30000 liv. de rentes,
M. l'Abbé de Treſſans premier Aumônier
de M. le Duc d'Orleans : Il avoit
été nommé cy-deyant à l'Evêché de
Vannes, vacant par la mort de Meffire
Gilles de Beauveau Abbé de Tréport ,
qui arriva le 6 de ce mois.
M. l'Abbé de Caumartin Abbé de
Buzay , Doyen de la Cathédrale de
Tours , & un des Grands Vicaires du
Siége vacant , a eſté nommé à l'Evêché
de Vannes.
M. l'Abbé du Bois Conſeiller d'Etat
ordinaire , eit parti en poſte pour Londres
, où il va exécuter quelques Commiffions
de la part de S. M. Il ne prendra
point de Caractére.
Mat le Prince de Dombes , après
avoir donné des preuves d'une valeur
&d'une conduite fupérieure à ſon âge ,
arriva le 20 de l'Armée de Hongrie à
Paris.
Il eſt encore incertain quand MBT le
Comte de Charolois ſe rendra ici :
DE SEPTEMBRE . 175
une Lettre écrite de Vienne à Paris ,
en parle en ces termes. On a raiſon
d'avoir efté dans de grandes inquiétudes
de M. le Comte de Charolois ; car,
la Renommée qui dit merveilles de lui ,
a trouvé à redire qu'il s'exposât par
trop : & tous ceux qui ont passé du
Camp à Vienne , ont rapporté que le
Prince Généraliſſime , avoit eſté obligé
de ſe ſervir de toute son autorite pour
arrêter l'ardeur de ce jeune Héros . On
ne sçait pas si en s'en retournant en
France , il restera du tems à Vienne ;
mais , il est sûr qu'il y est bien désiré.
Le Prince de Pons , M. le Chevalier
de Lorraine fon frere , & prefque
tous les Volontaires de France
font de retour de la Campagne de
Hongrie.
M. le Marquisd'Alincourt petit fils de
M. le Maréchal de Villeroy,avec quelques
autres Seigneurs , reviendra en
France par l'Italie.
On a eſté informé que M. le Marquis
de Langallerie qui a demeuré
16 jours à ce que l'on prétend ſans
manger, mais non fans boire, étoit mort
dans ſa Priſon à Vienne , le 7 de ce
mois.
176 LE MERCURE
M. l'Abbéde Brancas frere du Marquis
de ce nom , a eu l'ag ément pour
occuper la place d'Aumonier du Roy
qu'avoit M. l'Abbé du Cambout.
Mgr le Regent a donné le Prieuré
de Morţault de l'Ordre de Cluny qui
vaut 8000 livres de rentes au fils de
M. le Comte de Rouſſi ; d'un autre
côté , M. l'Abbé d'Auvergne qui
s'en prétend le Titulaire a nommé
M. l'Abbé de Tavannes Neveu de M.
le Chancelier .
Le 255 Madame Ducheffe de Berry
a choifi Madame la Marquiſe de
Béthune pour Dame du Palais , à la
place de feiie Madame la Comtefle
d'Aydie.
L'Archevêché de Befançon vient d'être
donné à M. l'Abbé de Mornay
Ambaſſadeur en Portugal.
L'Abbaye de Quimperlay raportant
8000 livres de rentes , a eſté donnée à
M. de Sanzay Evêque de Rennes.
Les Sous-Bauxdes Aydes avant eſté
réfiliés par Arrêt du Confeil , il en a
été fait de nouveaux pour les quatre
années qui reſtent; à commencer au
premier Octobre de cette année 1717 .
Letout a eſté donné à 3 Compagnies . 1
DE SEPTEMBRE. 177
La premiere, a les Généralités de Paris
, Roüen , Amiens , Soiflons , Cha-
• lons , Orleans avec la marque des
fers & marques d'or & d'argent da
Royaume.
Elle est compoſée de Meſſieurs
Teiffier , Chalmette , de Beaufort , de
la Haye , de Durdent , Meulan , Albert
, Savalette , Monpellier , Villemûre
, Perrinet , Thoinard.
a
Le Bureau , rue des Petits- Champs.
- La deuxième , de Meſſieurs Maugras
, Colin , Roblaſtre , l'Huillier ,
Souchet , Thevenin de Verneüil , Huë,
Dauffeur , Michaut .
Elle a Caën , Poitiers , la Rochelle
& Lyon .
Bureau , rue Porte- Foin .
La troiſieme , de Meſſieurs de S.
Leon ,Rafle fi's , Daugny , le Texier ,
de Jean , Hatte de Chevremont , Charliere
, Hauffroy , des Hayes , Lantage
fils.
Elle a Tours , Alençon , Bourges &
Moulin.
Le Bureau , ruë Royale.
178 LE MERCURE
Le Roy a donné le Gouvernement
deLourde enBigorre , àM. le Comte
de Cardeillac d'une Nobleſſe diſtin- .
guée dans ce Païs-là.
Il paroît un Arreſt du Conſeil d'EtatduRoy
,du 12 Septembre 1717 ,
qui ordonne que tous les Officiers
Comptables , Fermiers Soûfermiers
, Receveurs , Commis , & generalement
tous ceux qui ont le manîment
des deniers de Sa Majestédans
la Ville& Fauxbourgs de Paris , ſeront
tenus de faire leurs Recettes &
Payemens enBilletsde la Banque Géacrale.
Fermer
11
p. 160
De Turin, le 10 Décembre.
Début :
Les ordres viennent d'estre donnés aux Officiers des Troupes, de tenir leurs [...]
Mots clefs :
Officiers, Compagnies, Régiments, Cavalerie, Soldats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Turin, le 10 Décembre.
De Turin , le 10 Décembre.
Es ordres viennent d'eftre donnés
remis
leurs Compagnies complettes pour le
mois de Fevrier prochain. Comme
nous fommes informez qu'il doit arriver
dans
peu, un corps de 10 à 12000
Impériaux dans le Milanois , on prend
ici toutes les précautions néceffaires,
pour empêcher que ces troupes ne faffent
quelques entreprifes fur quelques
unes des Places dépendantes des Etats
de S. M. Sic. C'est pourquoi , on a fait
fortir de leurs quartiers plufieurs Regimens
d'Infanterie , de Cavalerie & de
Dragons ; pour occuper tous les poftes
& les paffages fur nos Frontières ; afin
de prévenir les Troupes Allemandes ,
& en même-tems , obferver leurs démarches
. Le Roy de Sicile a ordonné
que l'on congédiât de chaque Compagnie
, tous les Soldats malingres.
Es ordres viennent d'eftre donnés
remis
leurs Compagnies complettes pour le
mois de Fevrier prochain. Comme
nous fommes informez qu'il doit arriver
dans
peu, un corps de 10 à 12000
Impériaux dans le Milanois , on prend
ici toutes les précautions néceffaires,
pour empêcher que ces troupes ne faffent
quelques entreprifes fur quelques
unes des Places dépendantes des Etats
de S. M. Sic. C'est pourquoi , on a fait
fortir de leurs quartiers plufieurs Regimens
d'Infanterie , de Cavalerie & de
Dragons ; pour occuper tous les poftes
& les paffages fur nos Frontières ; afin
de prévenir les Troupes Allemandes ,
& en même-tems , obferver leurs démarches
. Le Roy de Sicile a ordonné
que l'on congédiât de chaque Compagnie
, tous les Soldats malingres.
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12
p. 2903-2915
Description abregée de la Carte generale & historique de la Monarchie & du Militaire de France, &c. [titre d'après la table]
Début :
DESCRIPTION ABREGÉE de la Carte Genérale & Historique, de la Monarchie & du [...]
Mots clefs :
Roi, Officiers, Compagnies, Armes, Infanterie, Régiment, Ordre, Troupes, Royaume, Gardes, Lieutenant, Armures, Maréchaux, Dragons, Carte, Monarchie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description abregée de la Carte generale & historique de la Monarchie & du Militaire de France, &c. [titre d'après la table]
DESCRIPTION ABREGE' de la Carte
Genérale & Hiftorique , de la Monarchie & du
Militaire de France , tant ancien que moderne
avec les explications &c. Dédiée au Roi , préfentée
à Sa Majeſté , à Marli le 17. Fevrier
1730.
>
PREMIERE FEUILLE ou Planche. Un
Soleil , fimbole de la France , au Frontispice ,
accompagné de Cornes d'abondance &c. le Pa-
11. Vol. villon
2904 MERCURE DE FRANCË
villon Royal dans toute fa fplendeur , aux Armes
de France & de Navarre , avec les Supports
tenans les Bannieres de France & de Navarre ,
orné des Colliers des Ordres du Roi , du Cocq.
de la France , avec cette Devife : Implet terrore
Leones , de l'ancien cri de guerre de nos Rois ,
Mont joye S. Denis , le tems de fon origine ,
de l'ancienne devife des Lys , Lilia non laborant,
neque nent. En S. Mathieu , Chapitre 6.
&
;
Au- deffus du Pavillon eft une Minerve * affife
dans fa gloire , appuyée à fa droite fur le Fortrait
du Roi , au milieu de fon bouclier , couronné
par une Renommée , & foutenu par l'Hiftoire
, & à fa gauche eft un Génie heureux qui
apporte à cette Déeffe le Portrait de la Reine
orné de Lys , accompagné des Attributs de la
Sageffe , de la Gloire & de la Science qui l'environnent.
Aux côtés de ce Cartouche font les
Repréfentations en Blazon des Colliers & des
Gordons des Ordres S. Michel & du S. Efprit ,
avec le tems de leurs Inftitutions par les Rois
les Portraits d'Henri le Grand & de Louis le
Grand , Ayeuls de Louis 15. placés au-deffus de
deux Arcs de Triomphes ornés des Armes du
Roi , & cette Devile : Simili candore corufcant,
des Armes de la Reine , & cette devife : Fulget.
inardefcens radiis , des Armes du Dauphin , &
cette Devife : Gratior it dies , des Armes de
Navarre , & cette Devife : Numerat pro dote
triumphos ; & au bas eft le grand Titre en lettres
Aeuronnées qui annonce le fujet de cet Ouvrage,
au deffous duquel eft un nouvel Attribut de la
Paix , repréfenté par trois Lys en fleurs für pied,
un Aigle & un Lion aux côtés , & cette Devife:
Pace data eoeunt Reges , avec une Epigramme
fur l'origine des Lys. Ce grand Cartouche eft
fermé
par de riches ornemens , accompagné de
11. Vel
*deux
DECEMBRE . 1730. 2905
deux grands Palmiers qui foutiennent des Trophées
anciens & modernes , executé en Tailledouce
, fur les deffeins officieux de M. Oppenor.
II. Feuille. Abregé de la Vie des Rois de France
qui ont créé , formé & regimenté les Troupes
du Royaume , avec les évenemens arrivés dans
le cours de leurs Regnes , depuis Pharamond ,
premier Roi , jufqu'à la fin du Regne de Louis
XIV. 65 Roi. Cette Hiftoire renferme l'origine
du nom François , le commencement de la Monarchie
, la naiffance du Chriftianifme dans la
Monarchie , le nombre de Rois de la premiere ,
deuxième & troifiéme Race , & le tems de leurs
durées jufqu'à prefent , avec les Conquêtes & évenemens
mémorables pendant le Regne de Louis
le Grand , détaillés par jours , mois & années ;
enfuite la maladie , les dernieres paroles & la
mort de ce grand Roi , en huit colonnes dans
une Bordure enrichie des Portraits des Rois de
France , & d'Emblêmes de leurs Regnes en Taille
douce.
III . Feuille. Grands & premiers Officiers Militaires
de France qui ont été nommés & gradués
par les Rois depuis le tems de leurs créations &
& inftitutions jufqu'à préfent , fous quels Rois ,
& en quelles années ils ont fervi , diftribués en
dix grandes colonnes.
L
avec-
IV. Feuille . Vue & Perfpective de la Ville de
Paris , Capitale du Royaume , du côté du Pont
Royal les Armes de la Ville au-deffus ,
cette Infcription : Prona fides Principis Urbium.
La defcription abregée de Paris , avec les noms
des Officiers du Gouvernement ; d'un côté eft
la Chronologie des Rois de France & les années
de leurs Regnes , depuis Pharamond , premier
Roi , jufqu'à Louis XV. 66e Roi , & de l'autre
la tige & la Génealogie de la Maifon Royale de
II. Vol. Bourbon ,
2906 MERCURE DE FRANCE
1
Bourbon , depuis Louis de Bourbon , Comte de
Clermont , Petit- Fils de S. Louis IX . 44 Roi ,
jufqu'à Henri IV . Roi de France & de Navarre,
avec les alliances. Enfuite la Maifon du Roi &
fon origine , compofée de huit Compagnies de
la Garde à Cheval & d'une Compagnie de Grenadiers
à Cheval , avec l'Etat Major de la Cour,
ornée aux côtés du Titre de Trophés ancien &
moderne , en Taille -douce , ainfi que les Unifor
mes , Etendarts & Armures d'ordonnance ; ces
premieres Troupes font détaillées fuivant leurs
rangs , & partagées en 15. colonnes fur neuf
lignes , depuis leurs créations jufqu'au 15. Fevrier
1730. avec le nombre des Officiers , des
Ecuyers & Maîtres qui les compofent.
V. Feuille. Vue & Perfpective de Verſailles , du
côté de la grande Place d'Armes , on y voit l'entrée
du Roi dans la premiere Cour , les Gardes
Françoifes & les Gardes Suiffes fous les armes
l'Ecu de France aîlé au - deffus , avec cette Infcription
: Regia Solis , & au deffous la Defcription
abregée de la Ville & Château Royal de
Verfailles & les noms des Officiers du Gouvernement
; d'un côté font les Génealogies & Alliances
de la premiere , deuxième & troifiéme
Branche de la Maiſon Royale de Bourbon , & de
l'autre les Génealogies & Alliances de la quatriéme
& cinquième Branche , dont font iffus depuis
Henri IV. les Rois de France , Philippe V.
Roi d'Espagne , & les Maifons d'Orleans , de
Condé & de Conti.
Enfuite la Gendarmerie & fon origine , compofée
de quatre Compagnies de Gendarmes du
Roi , de fix Compagnies de Gendarmes & de fix
Compagnies de Chevaux-Legers des Princes, avec
l'Etat Major , ornée aux côtés du Titre de Trophées
anciens & modernes , ainfi que leurs Uni-
11. Vel.
formes,
DECEMBRE . 1730. 2907
formes , Etendarts & Armures d'ordonnance . Ces
Compagnies qui marchent après la Maifon du
Roi font détaillées fuivant leurs rangs , & partagées
en 15. colonnes fur feize lignes , depuis
leurs créations juſqu'au 15. Fevrier 1730. avec
le nombre des Officiers.
VI. Feuille. Infanterie Françoife & Etrangere ,
fon origine , fous quel Roi , & en quelle année
elle a été regimentée avec les Etats Majors , ornée
aux côtés du Titre de Trophées anciens & modernes
; enfuite font les noms des Colonels Géneraux
de l'Infanterie Françoife & Etrangere ,
des Suiffes & Grifons au 15. Fevrier 1730. - lacréation
de fes Charges & le tems de leur nomination.
Au deffous font les noms , qualités &
grades des Directeurs & Infpecteurs Géneraux
de l'Infanterie , avec leurs créations , nominations
& départemens. Cette Infanterie eft compofée
de cent Régimens François & de vingt Régimens
Etrangers , à commencer par les Gardes
Françoifes & les Gardes Suiffes , qui font partie
de la Maifon du Roi , & marchent à la tête de
toute l'Infanterie de France , par le Reglement
de Louis XIV . & enfuite de Picardie , Piemier
Régiment &c. détaillés fuivant leurs rangs,
avec leurs Drapeaux , Uniformes & armures
d'ordonnance , & partagées en trois grandes colonnes
, qui comprennent 15. colonnes chacune
fur dix-fept lignes
VII. Feuille. Suite de l'Infanterie Françoiſe
& Etrangere , compriſe dans 3. grandes colonnes,
qui forment quinze colonnes chacune , ſur 23.
Tignes , détaillée comme ci - deffus , & au bas le
nombre géneral des Officiers , celui des Régimens
fur pied , des Cadets , Sergens , Soldats ,
Tambours & Fifres qui les compofent , tant
François qu'Etrangers , avec le nombre géneral
11, Vol.
de
2908 MERCURE DE FRANCE
de leurs Drapeaux , Colonels & armures d'or
donnance jufqu'au 15. Fevrier 1730.
VIII. Feuille. Cavalerie Legere Françoife
& Etrangere & fon origine , fous quel Roí , &
quelle année elle a été régimentée avec les
Etats Majors , ornêe aux côtez du titre de Trophées
ancien & moderne , les noms des Cololonels
, Meftre de Camp & Commiffaires Geneneraux
de la Cavalerie ; au 15. Février 1730. là
création de fes Charges & le tems de leur nominations
; au-deffous les noms , qualitez & Grades
des Directeurs & Infpecteurs Generaux de la Cavalerie
, avec leurs créations , nominations &
départemens ; cette Cavalerie eft compofée de 54.
Régimens François , à commencer par celui du
Colonel General , premier Régiment, &c. y compris
le Régiment Royal de Carabiniers , & de 5 .
Régimens étrangers , compris les deux Régimens
d'Huffarts , détaillez fuivant leurs rangs , avec
leurs Etendarts uniformes & Armures d'Ordonnance
, & partagées en 3. grandes Colonnes qui
comprennent 14. Colonnes chacune , fur trente
lignes.
IX. Feuille , fuite de la Cavalerie Legere Françoife
& Etrangere , détaillée comme cy- deffus
& au bas le nombre general des Officiers , celui
des Régimens fur pied , des Maréchaux des Logis
, des Brigadiers , Fouriers , Maîtres , Trompettes
& Timballiers qui les compofent , tant
François qu'Etrangers , avec le nombre general
de leurs Etendarts , juſques & compris l'Ordonnance
du Roi du 30. Mars 1730.
en
Dragons & leur origine , fous quel Roi ,
quelle année ils ont été régimentez , avec les Etats
Majors ; ornée aux côtez du titre de Trophée
ancien & moderne , enfuite font les noms des
Colonels & Meftres de Camp generaux des Dra-
2
II. Vol gons
DECEMBRE. 1730. 2909
gons , au 15. Février 1730. la création de fes
Charges & le tems de leur nomination . Ces
Dragons font compofez de 15. Régimens , à
commencer par celui du Colonel General , premier
Régiment , &c. fuivant leurs rangs , avec
leurs Etendarts uniformes & Armures d'Ordonnance
, partagez en deux grandes Colomnes qui
comprennent 14. Colonnes chacune , fur 15. lidans
la 8 & 9e Feuille ; & au bas le nombre
general des Officiers , celui des Régimens fur
pied , des Maréchaux des Logis , des Brigadiers,
Fouriers , Dragons & Tambours qui les compofent
, avec le nombre general de leurs Etendarts ,
jufqu'au 15. Février 1730 .
gnes ,
Troupes formées en Compagnies , Bataillons ,
Efcadrons & Brigades , au nombre de 822. Compagnies
& un quart de Compagnie , tant François
qu'Etrangers , avec les Etats - Majors , qui
font , la Compagnie des cent Gardes Suiffes ordinaires
du Corps du Roi ; celle des Gardes de la
Porte ; celle des Gardes de la Prévôté de l'Hôtel ;
les deux Compagnies des Cadets Gentilhommes ;
les Compagnies de l'Hôtel Royal des Officiers &
Soldats Invalides ; celles des Soldats de Milices ;
les Compagnies Franches & de Partifans ; celle
de la Connétablie de France ; & les Compagnies
des Maréchauffées duRoyaume, qui font Militaires
depuis l'Ordonnance du Roi de 1720. détaillez
depuis leurs créations jufqu'au 15. Février 1739.
ornée aux côtez du titre de Trophée ancien &
moderne , ainfi que leurs Drapeaux , Etendarts
uniformes & Armures d'Ordonnance ; avec le
nombre general d'Officiers & d'hommes qu'elles
compofent.
Dixiéme Feuille . Maréchaux de France , vivans
au 15 Février 1730. ornée aux côtez du titre des
Bâtons des Maréchaux de France , & des Bâtons
11. Vel.
de
2910 MERCURE DE FRANCE
de Commandans ; leur origine & dates de leurs
Promotions , avec celles de leurs Receptions de
Chevaliers des Ordres du Roy ; les noms , &
qualitez des Gouverneurs & Lieutenans Generaux
des Provinces du Royaume & leur origine ; les
années de leurs nominations & receptions de
Chevaliers des Ordres du Roy , la fuite des Chevaliers
des Ordres du Roy & dattes de leurs receptions
, le nombre general des Gouverneurs
Lieutenans de Roy , Commandans , Majors ,
Aydes- Majors & Capitaines des Portes, des Etats
Majors des Villes principales & Places de Guerre
du Royaume.
A droite , font les Officiers Generaux des Armées
, vivans au 15 Février 1730. qui comprennent
les noms & qualitez des Lieutenans Generaux
& des Maréchaux de Camp; leurs créations,
dattes de leurs nominations & leurs receptions de
Chevaliers des Ordres du Roy. De l'autre côté ,
font les noms & qualitez des Brigadiers des Armées
du Roy , vivans au 15 Février 1730 .
de
l'Infanterie , de la Cavalerie , & des Dragons ,
avec leurs créations , dattes de leurs nominations
& receptions de Chevaliers des Ordres du Roy.
Enfuite font les noms & qualitez des Maréchaux
Generaux des Logis , des Camps & Armées du
Roy , du Major General de l'Infanterie, du Maréchal
general, & des deux Maréchaux des Logis
de la Cavalerie , avec leurs créations & nominations.
Au bas eft le commencement des Batailles
mémorables que les François ont gagnées ,
depuis la Fondation de la Monarchie,depuis Tolbiac
, en 496. jufqu'en 1485. fous quels Rois &
en quelles années , reprefentées en fept Tableaux.
Onziéme feuille. Commencement de l'Hiftoire
abregée de Louis XV. 66 Roy , avec les prin-
>
II. Vol
cipaux
DECEMBRE. 1730. 2911
cipaux évenemens arrivez depuis la naiffance de
Sa Majefté , juſqu'au 15 Février 1730. Vingtiéme
année accomplie de Sa Majefté , ornée de
Portiques Royaux , & cette devife : Dulce & decorum,
reprefentée en taille douce par la Maffuë
d'Hercule , debout ; entrelaffée de branches d'Olivier
& de Laurier. Au deffous font les armes du
Duc d'Orleans , premier Prince du Sang, Grand
Maître de l'Ordre Royal, Militaire & Hofpitalier
de Notre-Dame du Mont Carmel & de S. Lazare
de Jerufalem ; fa nomination par le Roy , Protecteur
& Fondateur de l'Ordre , & la devife :
Dieu, & mon Roy. L'origine & la Defcription
de l'Ordre de S. Lazare , & de celui de Notre-
Dame du Mont- Carmel , réuni par Henri IV.
Au côté droit et l'Artillerie de France , avec
fes Attributs , les Armes du Duc du Maine, Prince
du Sang , Grand Maître & Capitaine general ,
avec fa nomination par Louis XIV . & cette Devife
: Ratio ultima Regum. Les Principaux Officiers
de l'Artillerie nommez , depuis fon origine
jufqu'au 15 Février 1730. Au bas , le Corps
des Off..Ingén.du Roy,& fon origine ordinaire ;
détaillez fous les ordres du Marquis d'Asfeld ,
Directeur general des Fortifications de France ,
&c. De l'autre côté , la dignité de Miniſtre & Sécretaire
d'Etat de la Guerre , la création de cette
Charge , les noms , & années des nominations
dés Intendans , Commiffaires du Roy , départis
dans les Généralitez du Royaume , les Capitaines
, Prevots , Grands - Baillifs & Sénéchaux
d'Epée , qui commandent la Nobleſſe de France ,
& leur origine , avec leurs Lieutenans d'Epée ,
dans les Pays & Généralitez où ils réfident ; les
noms des Commiflaires ordinaires , Provinciaux
des Guerres , dans les départemens du Royaume,
& leur création.Au deffous font tous les Officiers
11. Vol. G Prin2912
MERCURE DE FRANCE
Principaux en charge & par commiffion , tant
d'Epée , que de Finances , attachez au Militaire ,
fuivant leurs créations , départemens & années
d'exercice. Au bas eft la fuite des Batailles mémorables
que les François ont gagnées depuis
1488. jufqu'en 1645 , fous quels Rois & en quelles
années , en fept Tableaux .
Douziéme Feuille. Récapitulation generale des
Officiers & des Troupes , ornée aux côtez de
Trophées & d'attributs militaires ; fçavoir , les
nombres generaux des Officiers de la Maifon du
Roy, de la Gendarmerie , des Colonels , Meftres
de Camp , Lieutenans Colonels , Commandans ,
Majors , Aydes- Majors , Capitaines , Lieutenans
& Officiers fubalternes de toutes les Troupes dų
Roy , en pied , regimentées, & formées en Compagnie
, avec leur montant general,tant François
qu'Etrangers.
Les nombres generaux des Brigadiers d'armée,
Meftres de Camp , Lieutenans Colonels, Majors ,
Capitaines & Lieutenans Réformez , tant à la fuite
de l'Infanterie , de la Cavalerie Françoise &
Etrangere , que des Dragons ; à la fuite des Places
de Guerre , & formez par Brigades fur les
Frontiéres ; ainfi que les Officiers retirez dans
les Provinces , par leurs anciens fervices ; avec
leur montant general, tant François qu'Etrangers,
Au côté droit , font les Récompenfes honorables
; reprefentées. par la Vertu , jointe aux attri
buts militaires , en forme de Trophée; les Ordres
du Roy , avec cette Devile : Honori non prada ,
au deffous font les Defcriptions des premiers
Ordres de S. Michel , & du S. Efprit , depuis
leurs inftitutions jufqu'à préfent.De l'autre côté,
font les Récompenfes Militaires , l'Ordre Royal
des Chevaliers de S. Louis , reprefenté par la vûë
de l'Hôtel Royal des Invalides, avec cette devife !
Beili II. Vol.
DECEMBRE 1730. 2913
Bellica Præmium Virtutis . Son établiſſement par
LOUIS XIV. jufqu'à prefent , &c. Au deffous
font les nombres generaux détaillez par rangs ,
des Ecuyers , Maîtres de la Maiſon du Roy , des
Maîtres de la Gendarmerie , des Soldats de l'In,
fanterie , des Maîtres de la Cavalerie , François
& Etrangers , & des Dragons , diftinguez par
colonnes , avec le nombre general des Bataillons
& d'Eſcadrons de chaque Corps de Troupes, formées
en Compagnies & en Regimens fur pied ,
le 15 Février 1730. Et au bas , le montant general
des Troupes de Terre , tirées complettes ,
fuivant la derniere Ordonnance du Roy, du 10
Decembre 1727.qui regle le payement des Troupes
de Sa Majefté; au côté droit eft l'étimologic
du mot d'Infanterie , fon origine & changement,
fucceffivement jufqu'à prefent ; l'origine de la
Maifon du Roy , & des premiers Gardes de la
Perfonne Sacrée des Rois ; de la premiere Gendarmerie
, de la premiere Cavalerie legere & des
premiers Dragons de France. Au deffous eft la
Notice des Ordonnances Royales & Militaires &
des Ecrivains que l'Auteur de cette compilation
a confultez , avec la datte des Editions de leurs
ouvrages. Et au côté gauche , des Obfervations
abrégées pour la Regle & la Difcipline des Troupes
, extraites de l'Ordonnance du Roy de 1727.
Au bas de cette derniere feuille , eft la fuite des
Batailles mémorables, gagnées par les François,
depuis 1645.jufqu'en 1712.de la derniere Guerre,
qui font terminées par le vrai caractere & qualitez
que doit avoir un parfait homme de Guerre ;
reprefentées en fept Tableaux.
La Bordure de cette Carte a fept pouces de
large ; dans tout fon contour , elle renferme 110
Plants,avec les Deſcriptions aux côtez & le nombre
d'Officiers des Etats Majors complets & non
11. Vol.
Gij coms
2914 MERCURE
DE FRCEAN
complets , de chacune des principales Places de
Guerre & Maritimes du Royaume,diftinguez par
départemens & gouvernemens generaux des Provinces,
avec leurs diftances de Paris , & de l'une à
l'autre ; fçavoir , de Picardie , Artois , Flandres ,
Haynault ,Champagne,des Trois - Evêchez, Alface,
Franche-Comté , Bourgogne , Dauphiné , Provence
, Languedoc , Rouffillon , Béarne & Bifcaye,
Guyenne, Pays d'Aunis, Bretagne & Normandie
, le tout exécutez en Taille douce ; ornées
de Fleurs de Lys, de Palmes , & de Lauriers ;
le milieu de la Bordure de la droite renferme la
Defcription hiftorique du Royaume de France
fondé l'an 420. & le milieu de la gauche , la Deſcription
hiftorique du Royaume du Pologne ,
fondé l'an 550. Le milieu du bas de cette Bordure
eft enrichi des Chifres Royaux ,couronnez des armes
de la Reine & du Dauphin,toujours en taille
douce;& les coins font fermez par la Repréſentation
des quatre Principaux vents , avec Trompettes
& Banderolles de France & de Navarre
en forme de Renommée.
?
Pour la facilité de l'ufage & de la vente de cette
Carte , à un prix raifonnable , on la mettra dans
toute fon étendue,fur Gorges, elle aura fept pieds
en quarré , compris fa Bordure ; laquelle contiendra
dix - neuf demie- feuilles de papier grand
de 22 Aigle , affemblées par ordre militaire ,
pouces fur 16 pouces de haut chaque feuille , elle
pourra fe mettre dans une place proportionnée
à cette étendue.
Pour la facilité & la portée de la vûë, la Carte
fera féparée en deux parties,montées fur Gorges,
par moitié , confervant toujours fa même largeur
, réduite à trois pieds & demi de hauteur ,
que pourra placer de bout en bout
a vis, dans une Salle ou Galerie, &
l'on
pour
3 ou visla
com-
II. Vol
moDECEMBRE.
1730. 2915
modité du Cabinet, des Bibliotheques & du tranf
port ; cette Carte ſera réduite & formée en livre
de dix-neuf feuilles ou Planches entieres , numérotées
, de la même hauteur & largeur que les
feuilles cy-deffus expliquées, attachées à onglets ,
& couvert d'un papier marbré ; grand in folio ,
que
l'on pourra
faire relier, non compris la feuille
d'Avertiffement qui y fera jointe, pour trouver
& joindre enfemble facilement les differens fujets
de cet Ouvrage , aifez à fatisfaire la connoiffance
de l'Hiftoire & du Militaire.
L'Auteur ſe promet , par fon extrême diligence
, de pouvoir faire achever la gravure & l'impreffion
dans le courant de l'année prochaine
1731. Et quant aux differents changemens
& mutations du Militaire arrivez depuis
l'Epoque de cette Carte , du 'IS Fév. 1730
& qui arriveront juſqu'au 15 Fév. 1731. l'Auteur
donnera alors un petit Livret imprimé, fous
le titre de Supplément aux Explications Militai
res , qu'il continuera de donner à peu de frais ,
d'année en année , le même jour 15 Février, pour
fuppléer & foutenir l'état préfent, en tous temps,
de la Carte generale de la Monarchie & du Militaire
de France , tant ancien que moderne , en
vertu de fon Privilége.
Le fieur Lemau Delajaiffe Auteur & Inventeur
, ancien Officier de la Maiſon d'Orleans , &
dans l'Ordre de S. Lazare , loge à Paris , ruë
près la Fontaine de Richelieu , où il fera voir
l'Original de cet Ouvrage.
Genérale & Hiftorique , de la Monarchie & du
Militaire de France , tant ancien que moderne
avec les explications &c. Dédiée au Roi , préfentée
à Sa Majeſté , à Marli le 17. Fevrier
1730.
>
PREMIERE FEUILLE ou Planche. Un
Soleil , fimbole de la France , au Frontispice ,
accompagné de Cornes d'abondance &c. le Pa-
11. Vol. villon
2904 MERCURE DE FRANCË
villon Royal dans toute fa fplendeur , aux Armes
de France & de Navarre , avec les Supports
tenans les Bannieres de France & de Navarre ,
orné des Colliers des Ordres du Roi , du Cocq.
de la France , avec cette Devife : Implet terrore
Leones , de l'ancien cri de guerre de nos Rois ,
Mont joye S. Denis , le tems de fon origine ,
de l'ancienne devife des Lys , Lilia non laborant,
neque nent. En S. Mathieu , Chapitre 6.
&
;
Au- deffus du Pavillon eft une Minerve * affife
dans fa gloire , appuyée à fa droite fur le Fortrait
du Roi , au milieu de fon bouclier , couronné
par une Renommée , & foutenu par l'Hiftoire
, & à fa gauche eft un Génie heureux qui
apporte à cette Déeffe le Portrait de la Reine
orné de Lys , accompagné des Attributs de la
Sageffe , de la Gloire & de la Science qui l'environnent.
Aux côtés de ce Cartouche font les
Repréfentations en Blazon des Colliers & des
Gordons des Ordres S. Michel & du S. Efprit ,
avec le tems de leurs Inftitutions par les Rois
les Portraits d'Henri le Grand & de Louis le
Grand , Ayeuls de Louis 15. placés au-deffus de
deux Arcs de Triomphes ornés des Armes du
Roi , & cette Devile : Simili candore corufcant,
des Armes de la Reine , & cette devife : Fulget.
inardefcens radiis , des Armes du Dauphin , &
cette Devife : Gratior it dies , des Armes de
Navarre , & cette Devife : Numerat pro dote
triumphos ; & au bas eft le grand Titre en lettres
Aeuronnées qui annonce le fujet de cet Ouvrage,
au deffous duquel eft un nouvel Attribut de la
Paix , repréfenté par trois Lys en fleurs für pied,
un Aigle & un Lion aux côtés , & cette Devife:
Pace data eoeunt Reges , avec une Epigramme
fur l'origine des Lys. Ce grand Cartouche eft
fermé
par de riches ornemens , accompagné de
11. Vel
*deux
DECEMBRE . 1730. 2905
deux grands Palmiers qui foutiennent des Trophées
anciens & modernes , executé en Tailledouce
, fur les deffeins officieux de M. Oppenor.
II. Feuille. Abregé de la Vie des Rois de France
qui ont créé , formé & regimenté les Troupes
du Royaume , avec les évenemens arrivés dans
le cours de leurs Regnes , depuis Pharamond ,
premier Roi , jufqu'à la fin du Regne de Louis
XIV. 65 Roi. Cette Hiftoire renferme l'origine
du nom François , le commencement de la Monarchie
, la naiffance du Chriftianifme dans la
Monarchie , le nombre de Rois de la premiere ,
deuxième & troifiéme Race , & le tems de leurs
durées jufqu'à prefent , avec les Conquêtes & évenemens
mémorables pendant le Regne de Louis
le Grand , détaillés par jours , mois & années ;
enfuite la maladie , les dernieres paroles & la
mort de ce grand Roi , en huit colonnes dans
une Bordure enrichie des Portraits des Rois de
France , & d'Emblêmes de leurs Regnes en Taille
douce.
III . Feuille. Grands & premiers Officiers Militaires
de France qui ont été nommés & gradués
par les Rois depuis le tems de leurs créations &
& inftitutions jufqu'à préfent , fous quels Rois ,
& en quelles années ils ont fervi , diftribués en
dix grandes colonnes.
L
avec-
IV. Feuille . Vue & Perfpective de la Ville de
Paris , Capitale du Royaume , du côté du Pont
Royal les Armes de la Ville au-deffus ,
cette Infcription : Prona fides Principis Urbium.
La defcription abregée de Paris , avec les noms
des Officiers du Gouvernement ; d'un côté eft
la Chronologie des Rois de France & les années
de leurs Regnes , depuis Pharamond , premier
Roi , jufqu'à Louis XV. 66e Roi , & de l'autre
la tige & la Génealogie de la Maifon Royale de
II. Vol. Bourbon ,
2906 MERCURE DE FRANCE
1
Bourbon , depuis Louis de Bourbon , Comte de
Clermont , Petit- Fils de S. Louis IX . 44 Roi ,
jufqu'à Henri IV . Roi de France & de Navarre,
avec les alliances. Enfuite la Maifon du Roi &
fon origine , compofée de huit Compagnies de
la Garde à Cheval & d'une Compagnie de Grenadiers
à Cheval , avec l'Etat Major de la Cour,
ornée aux côtés du Titre de Trophés ancien &
moderne , en Taille -douce , ainfi que les Unifor
mes , Etendarts & Armures d'ordonnance ; ces
premieres Troupes font détaillées fuivant leurs
rangs , & partagées en 15. colonnes fur neuf
lignes , depuis leurs créations jufqu'au 15. Fevrier
1730. avec le nombre des Officiers , des
Ecuyers & Maîtres qui les compofent.
V. Feuille. Vue & Perfpective de Verſailles , du
côté de la grande Place d'Armes , on y voit l'entrée
du Roi dans la premiere Cour , les Gardes
Françoifes & les Gardes Suiffes fous les armes
l'Ecu de France aîlé au - deffus , avec cette Infcription
: Regia Solis , & au deffous la Defcription
abregée de la Ville & Château Royal de
Verfailles & les noms des Officiers du Gouvernement
; d'un côté font les Génealogies & Alliances
de la premiere , deuxième & troifiéme
Branche de la Maiſon Royale de Bourbon , & de
l'autre les Génealogies & Alliances de la quatriéme
& cinquième Branche , dont font iffus depuis
Henri IV. les Rois de France , Philippe V.
Roi d'Espagne , & les Maifons d'Orleans , de
Condé & de Conti.
Enfuite la Gendarmerie & fon origine , compofée
de quatre Compagnies de Gendarmes du
Roi , de fix Compagnies de Gendarmes & de fix
Compagnies de Chevaux-Legers des Princes, avec
l'Etat Major , ornée aux côtés du Titre de Trophées
anciens & modernes , ainfi que leurs Uni-
11. Vel.
formes,
DECEMBRE . 1730. 2907
formes , Etendarts & Armures d'ordonnance . Ces
Compagnies qui marchent après la Maifon du
Roi font détaillées fuivant leurs rangs , & partagées
en 15. colonnes fur feize lignes , depuis
leurs créations juſqu'au 15. Fevrier 1730. avec
le nombre des Officiers.
VI. Feuille. Infanterie Françoife & Etrangere ,
fon origine , fous quel Roi , & en quelle année
elle a été regimentée avec les Etats Majors , ornée
aux côtés du Titre de Trophées anciens & modernes
; enfuite font les noms des Colonels Géneraux
de l'Infanterie Françoife & Etrangere ,
des Suiffes & Grifons au 15. Fevrier 1730. - lacréation
de fes Charges & le tems de leur nomination.
Au deffous font les noms , qualités &
grades des Directeurs & Infpecteurs Géneraux
de l'Infanterie , avec leurs créations , nominations
& départemens. Cette Infanterie eft compofée
de cent Régimens François & de vingt Régimens
Etrangers , à commencer par les Gardes
Françoifes & les Gardes Suiffes , qui font partie
de la Maifon du Roi , & marchent à la tête de
toute l'Infanterie de France , par le Reglement
de Louis XIV . & enfuite de Picardie , Piemier
Régiment &c. détaillés fuivant leurs rangs,
avec leurs Drapeaux , Uniformes & armures
d'ordonnance , & partagées en trois grandes colonnes
, qui comprennent 15. colonnes chacune
fur dix-fept lignes
VII. Feuille. Suite de l'Infanterie Françoiſe
& Etrangere , compriſe dans 3. grandes colonnes,
qui forment quinze colonnes chacune , ſur 23.
Tignes , détaillée comme ci - deffus , & au bas le
nombre géneral des Officiers , celui des Régimens
fur pied , des Cadets , Sergens , Soldats ,
Tambours & Fifres qui les compofent , tant
François qu'Etrangers , avec le nombre géneral
11, Vol.
de
2908 MERCURE DE FRANCE
de leurs Drapeaux , Colonels & armures d'or
donnance jufqu'au 15. Fevrier 1730.
VIII. Feuille. Cavalerie Legere Françoife
& Etrangere & fon origine , fous quel Roí , &
quelle année elle a été régimentée avec les
Etats Majors , ornêe aux côtez du titre de Trophées
ancien & moderne , les noms des Cololonels
, Meftre de Camp & Commiffaires Geneneraux
de la Cavalerie ; au 15. Février 1730. là
création de fes Charges & le tems de leur nominations
; au-deffous les noms , qualitez & Grades
des Directeurs & Infpecteurs Generaux de la Cavalerie
, avec leurs créations , nominations &
départemens ; cette Cavalerie eft compofée de 54.
Régimens François , à commencer par celui du
Colonel General , premier Régiment, &c. y compris
le Régiment Royal de Carabiniers , & de 5 .
Régimens étrangers , compris les deux Régimens
d'Huffarts , détaillez fuivant leurs rangs , avec
leurs Etendarts uniformes & Armures d'Ordonnance
, & partagées en 3. grandes Colonnes qui
comprennent 14. Colonnes chacune , fur trente
lignes.
IX. Feuille , fuite de la Cavalerie Legere Françoife
& Etrangere , détaillée comme cy- deffus
& au bas le nombre general des Officiers , celui
des Régimens fur pied , des Maréchaux des Logis
, des Brigadiers , Fouriers , Maîtres , Trompettes
& Timballiers qui les compofent , tant
François qu'Etrangers , avec le nombre general
de leurs Etendarts , juſques & compris l'Ordonnance
du Roi du 30. Mars 1730.
en
Dragons & leur origine , fous quel Roi ,
quelle année ils ont été régimentez , avec les Etats
Majors ; ornée aux côtez du titre de Trophée
ancien & moderne , enfuite font les noms des
Colonels & Meftres de Camp generaux des Dra-
2
II. Vol gons
DECEMBRE. 1730. 2909
gons , au 15. Février 1730. la création de fes
Charges & le tems de leur nomination . Ces
Dragons font compofez de 15. Régimens , à
commencer par celui du Colonel General , premier
Régiment , &c. fuivant leurs rangs , avec
leurs Etendarts uniformes & Armures d'Ordonnance
, partagez en deux grandes Colomnes qui
comprennent 14. Colonnes chacune , fur 15. lidans
la 8 & 9e Feuille ; & au bas le nombre
general des Officiers , celui des Régimens fur
pied , des Maréchaux des Logis , des Brigadiers,
Fouriers , Dragons & Tambours qui les compofent
, avec le nombre general de leurs Etendarts ,
jufqu'au 15. Février 1730 .
gnes ,
Troupes formées en Compagnies , Bataillons ,
Efcadrons & Brigades , au nombre de 822. Compagnies
& un quart de Compagnie , tant François
qu'Etrangers , avec les Etats - Majors , qui
font , la Compagnie des cent Gardes Suiffes ordinaires
du Corps du Roi ; celle des Gardes de la
Porte ; celle des Gardes de la Prévôté de l'Hôtel ;
les deux Compagnies des Cadets Gentilhommes ;
les Compagnies de l'Hôtel Royal des Officiers &
Soldats Invalides ; celles des Soldats de Milices ;
les Compagnies Franches & de Partifans ; celle
de la Connétablie de France ; & les Compagnies
des Maréchauffées duRoyaume, qui font Militaires
depuis l'Ordonnance du Roi de 1720. détaillez
depuis leurs créations jufqu'au 15. Février 1739.
ornée aux côtez du titre de Trophée ancien &
moderne , ainfi que leurs Drapeaux , Etendarts
uniformes & Armures d'Ordonnance ; avec le
nombre general d'Officiers & d'hommes qu'elles
compofent.
Dixiéme Feuille . Maréchaux de France , vivans
au 15 Février 1730. ornée aux côtez du titre des
Bâtons des Maréchaux de France , & des Bâtons
11. Vel.
de
2910 MERCURE DE FRANCE
de Commandans ; leur origine & dates de leurs
Promotions , avec celles de leurs Receptions de
Chevaliers des Ordres du Roy ; les noms , &
qualitez des Gouverneurs & Lieutenans Generaux
des Provinces du Royaume & leur origine ; les
années de leurs nominations & receptions de
Chevaliers des Ordres du Roy , la fuite des Chevaliers
des Ordres du Roy & dattes de leurs receptions
, le nombre general des Gouverneurs
Lieutenans de Roy , Commandans , Majors ,
Aydes- Majors & Capitaines des Portes, des Etats
Majors des Villes principales & Places de Guerre
du Royaume.
A droite , font les Officiers Generaux des Armées
, vivans au 15 Février 1730. qui comprennent
les noms & qualitez des Lieutenans Generaux
& des Maréchaux de Camp; leurs créations,
dattes de leurs nominations & leurs receptions de
Chevaliers des Ordres du Roy. De l'autre côté ,
font les noms & qualitez des Brigadiers des Armées
du Roy , vivans au 15 Février 1730 .
de
l'Infanterie , de la Cavalerie , & des Dragons ,
avec leurs créations , dattes de leurs nominations
& receptions de Chevaliers des Ordres du Roy.
Enfuite font les noms & qualitez des Maréchaux
Generaux des Logis , des Camps & Armées du
Roy , du Major General de l'Infanterie, du Maréchal
general, & des deux Maréchaux des Logis
de la Cavalerie , avec leurs créations & nominations.
Au bas eft le commencement des Batailles
mémorables que les François ont gagnées ,
depuis la Fondation de la Monarchie,depuis Tolbiac
, en 496. jufqu'en 1485. fous quels Rois &
en quelles années , reprefentées en fept Tableaux.
Onziéme feuille. Commencement de l'Hiftoire
abregée de Louis XV. 66 Roy , avec les prin-
>
II. Vol
cipaux
DECEMBRE. 1730. 2911
cipaux évenemens arrivez depuis la naiffance de
Sa Majefté , juſqu'au 15 Février 1730. Vingtiéme
année accomplie de Sa Majefté , ornée de
Portiques Royaux , & cette devife : Dulce & decorum,
reprefentée en taille douce par la Maffuë
d'Hercule , debout ; entrelaffée de branches d'Olivier
& de Laurier. Au deffous font les armes du
Duc d'Orleans , premier Prince du Sang, Grand
Maître de l'Ordre Royal, Militaire & Hofpitalier
de Notre-Dame du Mont Carmel & de S. Lazare
de Jerufalem ; fa nomination par le Roy , Protecteur
& Fondateur de l'Ordre , & la devife :
Dieu, & mon Roy. L'origine & la Defcription
de l'Ordre de S. Lazare , & de celui de Notre-
Dame du Mont- Carmel , réuni par Henri IV.
Au côté droit et l'Artillerie de France , avec
fes Attributs , les Armes du Duc du Maine, Prince
du Sang , Grand Maître & Capitaine general ,
avec fa nomination par Louis XIV . & cette Devife
: Ratio ultima Regum. Les Principaux Officiers
de l'Artillerie nommez , depuis fon origine
jufqu'au 15 Février 1730. Au bas , le Corps
des Off..Ingén.du Roy,& fon origine ordinaire ;
détaillez fous les ordres du Marquis d'Asfeld ,
Directeur general des Fortifications de France ,
&c. De l'autre côté , la dignité de Miniſtre & Sécretaire
d'Etat de la Guerre , la création de cette
Charge , les noms , & années des nominations
dés Intendans , Commiffaires du Roy , départis
dans les Généralitez du Royaume , les Capitaines
, Prevots , Grands - Baillifs & Sénéchaux
d'Epée , qui commandent la Nobleſſe de France ,
& leur origine , avec leurs Lieutenans d'Epée ,
dans les Pays & Généralitez où ils réfident ; les
noms des Commiflaires ordinaires , Provinciaux
des Guerres , dans les départemens du Royaume,
& leur création.Au deffous font tous les Officiers
11. Vol. G Prin2912
MERCURE DE FRANCE
Principaux en charge & par commiffion , tant
d'Epée , que de Finances , attachez au Militaire ,
fuivant leurs créations , départemens & années
d'exercice. Au bas eft la fuite des Batailles mémorables
que les François ont gagnées depuis
1488. jufqu'en 1645 , fous quels Rois & en quelles
années , en fept Tableaux .
Douziéme Feuille. Récapitulation generale des
Officiers & des Troupes , ornée aux côtez de
Trophées & d'attributs militaires ; fçavoir , les
nombres generaux des Officiers de la Maifon du
Roy, de la Gendarmerie , des Colonels , Meftres
de Camp , Lieutenans Colonels , Commandans ,
Majors , Aydes- Majors , Capitaines , Lieutenans
& Officiers fubalternes de toutes les Troupes dų
Roy , en pied , regimentées, & formées en Compagnie
, avec leur montant general,tant François
qu'Etrangers.
Les nombres generaux des Brigadiers d'armée,
Meftres de Camp , Lieutenans Colonels, Majors ,
Capitaines & Lieutenans Réformez , tant à la fuite
de l'Infanterie , de la Cavalerie Françoise &
Etrangere , que des Dragons ; à la fuite des Places
de Guerre , & formez par Brigades fur les
Frontiéres ; ainfi que les Officiers retirez dans
les Provinces , par leurs anciens fervices ; avec
leur montant general, tant François qu'Etrangers,
Au côté droit , font les Récompenfes honorables
; reprefentées. par la Vertu , jointe aux attri
buts militaires , en forme de Trophée; les Ordres
du Roy , avec cette Devile : Honori non prada ,
au deffous font les Defcriptions des premiers
Ordres de S. Michel , & du S. Efprit , depuis
leurs inftitutions jufqu'à préfent.De l'autre côté,
font les Récompenfes Militaires , l'Ordre Royal
des Chevaliers de S. Louis , reprefenté par la vûë
de l'Hôtel Royal des Invalides, avec cette devife !
Beili II. Vol.
DECEMBRE 1730. 2913
Bellica Præmium Virtutis . Son établiſſement par
LOUIS XIV. jufqu'à prefent , &c. Au deffous
font les nombres generaux détaillez par rangs ,
des Ecuyers , Maîtres de la Maiſon du Roy , des
Maîtres de la Gendarmerie , des Soldats de l'In,
fanterie , des Maîtres de la Cavalerie , François
& Etrangers , & des Dragons , diftinguez par
colonnes , avec le nombre general des Bataillons
& d'Eſcadrons de chaque Corps de Troupes, formées
en Compagnies & en Regimens fur pied ,
le 15 Février 1730. Et au bas , le montant general
des Troupes de Terre , tirées complettes ,
fuivant la derniere Ordonnance du Roy, du 10
Decembre 1727.qui regle le payement des Troupes
de Sa Majefté; au côté droit eft l'étimologic
du mot d'Infanterie , fon origine & changement,
fucceffivement jufqu'à prefent ; l'origine de la
Maifon du Roy , & des premiers Gardes de la
Perfonne Sacrée des Rois ; de la premiere Gendarmerie
, de la premiere Cavalerie legere & des
premiers Dragons de France. Au deffous eft la
Notice des Ordonnances Royales & Militaires &
des Ecrivains que l'Auteur de cette compilation
a confultez , avec la datte des Editions de leurs
ouvrages. Et au côté gauche , des Obfervations
abrégées pour la Regle & la Difcipline des Troupes
, extraites de l'Ordonnance du Roy de 1727.
Au bas de cette derniere feuille , eft la fuite des
Batailles mémorables, gagnées par les François,
depuis 1645.jufqu'en 1712.de la derniere Guerre,
qui font terminées par le vrai caractere & qualitez
que doit avoir un parfait homme de Guerre ;
reprefentées en fept Tableaux.
La Bordure de cette Carte a fept pouces de
large ; dans tout fon contour , elle renferme 110
Plants,avec les Deſcriptions aux côtez & le nombre
d'Officiers des Etats Majors complets & non
11. Vol.
Gij coms
2914 MERCURE
DE FRCEAN
complets , de chacune des principales Places de
Guerre & Maritimes du Royaume,diftinguez par
départemens & gouvernemens generaux des Provinces,
avec leurs diftances de Paris , & de l'une à
l'autre ; fçavoir , de Picardie , Artois , Flandres ,
Haynault ,Champagne,des Trois - Evêchez, Alface,
Franche-Comté , Bourgogne , Dauphiné , Provence
, Languedoc , Rouffillon , Béarne & Bifcaye,
Guyenne, Pays d'Aunis, Bretagne & Normandie
, le tout exécutez en Taille douce ; ornées
de Fleurs de Lys, de Palmes , & de Lauriers ;
le milieu de la Bordure de la droite renferme la
Defcription hiftorique du Royaume de France
fondé l'an 420. & le milieu de la gauche , la Deſcription
hiftorique du Royaume du Pologne ,
fondé l'an 550. Le milieu du bas de cette Bordure
eft enrichi des Chifres Royaux ,couronnez des armes
de la Reine & du Dauphin,toujours en taille
douce;& les coins font fermez par la Repréſentation
des quatre Principaux vents , avec Trompettes
& Banderolles de France & de Navarre
en forme de Renommée.
?
Pour la facilité de l'ufage & de la vente de cette
Carte , à un prix raifonnable , on la mettra dans
toute fon étendue,fur Gorges, elle aura fept pieds
en quarré , compris fa Bordure ; laquelle contiendra
dix - neuf demie- feuilles de papier grand
de 22 Aigle , affemblées par ordre militaire ,
pouces fur 16 pouces de haut chaque feuille , elle
pourra fe mettre dans une place proportionnée
à cette étendue.
Pour la facilité & la portée de la vûë, la Carte
fera féparée en deux parties,montées fur Gorges,
par moitié , confervant toujours fa même largeur
, réduite à trois pieds & demi de hauteur ,
que pourra placer de bout en bout
a vis, dans une Salle ou Galerie, &
l'on
pour
3 ou visla
com-
II. Vol
moDECEMBRE.
1730. 2915
modité du Cabinet, des Bibliotheques & du tranf
port ; cette Carte ſera réduite & formée en livre
de dix-neuf feuilles ou Planches entieres , numérotées
, de la même hauteur & largeur que les
feuilles cy-deffus expliquées, attachées à onglets ,
& couvert d'un papier marbré ; grand in folio ,
que
l'on pourra
faire relier, non compris la feuille
d'Avertiffement qui y fera jointe, pour trouver
& joindre enfemble facilement les differens fujets
de cet Ouvrage , aifez à fatisfaire la connoiffance
de l'Hiftoire & du Militaire.
L'Auteur ſe promet , par fon extrême diligence
, de pouvoir faire achever la gravure & l'impreffion
dans le courant de l'année prochaine
1731. Et quant aux differents changemens
& mutations du Militaire arrivez depuis
l'Epoque de cette Carte , du 'IS Fév. 1730
& qui arriveront juſqu'au 15 Fév. 1731. l'Auteur
donnera alors un petit Livret imprimé, fous
le titre de Supplément aux Explications Militai
res , qu'il continuera de donner à peu de frais ,
d'année en année , le même jour 15 Février, pour
fuppléer & foutenir l'état préfent, en tous temps,
de la Carte generale de la Monarchie & du Militaire
de France , tant ancien que moderne , en
vertu de fon Privilége.
Le fieur Lemau Delajaiffe Auteur & Inventeur
, ancien Officier de la Maiſon d'Orleans , &
dans l'Ordre de S. Lazare , loge à Paris , ruë
près la Fontaine de Richelieu , où il fera voir
l'Original de cet Ouvrage.
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Résumé : Description abregée de la Carte generale & historique de la Monarchie & du Militaire de France, &c. [titre d'après la table]
Le document 'Description abrégée de la Carte Générale & Historique, de la Monarchie & du Militaire de France' est dédié au roi et présenté à Sa Majesté à Marli le 17 février 1730. Il se compose de plusieurs feuilles détaillant divers aspects historiques et militaires de la France. La première feuille présente un soleil symbolisant la France, entouré de cornes d'abondance et du pavillon royal. Elle inclut les armoiries de France et de Navarre, ainsi que des devises historiques. Des figures allégoriques comme Minerve, la Renommée et l'Histoire y sont représentées, entourées des portraits des rois Henri IV et Louis XIV. La deuxième feuille offre un abrégé de la vie des rois de France depuis Pharamond jusqu'à Louis XIV, incluant l'origine du nom français et la naissance du christianisme dans la monarchie. La troisième feuille liste les grands officiers militaires de France depuis la création de leurs charges jusqu'en 1730, précisant les rois sous lesquels ils ont servi. La quatrième feuille présente une vue de Paris avec les armoiries de la ville et une chronologie des rois de France, ainsi que la généalogie de la maison royale de Bourbon. La cinquième feuille montre une perspective de Versailles, avec les généalogies des branches de la maison royale de Bourbon et une description de la gendarmerie. Les feuilles suivantes détaillent les différentes branches des forces armées françaises : l'infanterie française et étrangère, la cavalerie légère, les dragons, et les troupes formées en compagnies, bataillons, escadrons et brigades. Chaque feuille précise les origines, les créations des charges et les nominations des officiers. La dixième feuille liste les maréchaux de France en vie au 15 février 1730, ainsi que les officiers généraux des armées, les brigadiers et les maréchaux généraux des logis. Elle mentionne également les batailles mémorables gagnées par les Français depuis la fondation de la monarchie. La onzième feuille commence l'histoire abrégée de Louis XV, avec les principaux événements survenus depuis sa naissance jusqu'en 1730, et inclut des informations sur l'ordre de Saint-Lazare et de Notre-Dame du Mont-Carmel. Le document décrit également une carte détaillée des forces militaires françaises et de l'organisation administrative du royaume en décembre 1730. Elle inclut les attributs et armes du Duc du Maine, nommé par Louis XIV, ainsi que les principaux officiers de l'artillerie de 1730. La carte répertorie les dignitaires militaires, les intendants, commissaires du roi, capitaines, prévôts, grands-baillifs et sénéchaux d'épée, ainsi que leurs lieutenants. Elle détaille les batailles mémorables gagnées par les Français de 1488 à 1645 et de 1645 à 1712. La carte présente les récompenses honorifiques et militaires, telles que les ordres de Saint-Michel, du Saint-Esprit et de Saint-Louis, ainsi que les descriptions des troupes, des officiers et des bataillons. Elle inclut également des observations sur la discipline militaire et des notices historiques sur les ordonnances royales. La bordure de la carte contient des descriptions historiques du royaume de France et de la Pologne, ainsi que des armoiries royales. La carte est conçue pour être vendue en plusieurs formats, facilitant son usage et son transport. L'auteur, le sieur Lemau Delajaiffe, promet de publier des suppléments annuels pour mettre à jour les informations militaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13
p. 2045-2054
POLOGNE. / Du Camp de Villa-Nova. Suite du Journal.
Début :
Le bruit est commun à Warsovie, que les Maisons de Saxe et de Baviere avoient signé [...]
Mots clefs :
Pologne, Camp de Villanova, Mousquetaires, Armée, Compagnies
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texteReconnaissance textuelle : POLOGNE. / Du Camp de Villa-Nova. Suite du Journal.
POLOGNE.
E bruit est commun à Warsovie , que les
Maisons de Saxe et de Baviere avoient signé
depuis peu un nouveau Traité d'amitié pour la sûreté de leurs interêts communs.
Du Camp de Villa - Nova.
Suite du Journal.
'Armée n'ayant fait aucun mouvement le s
L'Armée, fain ufu 1 pairel'exercice
à la Cavalerie. Les grands Mousquetaires étant
venus se ranger au front du Centre de l'Armée
et la Cavalerie des 2 aîles s'étant mise en Bataille par Compagnie , à la tête de son Camp , alla
se joindre aux grands Mousquetaires par une
contre-marche , à droite et à gauche. Le Regiment de Nassau , qui formoit la gauche de Paîle
droite , prit la gauche de toute la Cavalerie , et
fut remplacé par 4 Escadrons détachez.
Tout étant en ordre, le Regimentaire en donna
le signal par 2 coups de Canon; sur quoi le Roy
en fit tirer un, qui donna le signal pour l'exercice de la Cavalerie , rangée par Compagnies.
Celles qui étoient impaires , ayant marché 100
pas en avant , la Cavalerie parut sur 2 lignes , et ! les
2016 MERCURE DE FRANCE
les Compagnies paires ayant passé dans les in
tervalles de la premiere Ligne , formerent la leur
110 pas devant celle- ci. Chaque Ligne ayant fait
3 fois ce mouvement , la 2 Ligne remplit au
3e mouvement ; les intervalles de la premiere , et
les Compagnies paires ayant fait demi- tour à
droite , sur le même terrain , formerent la premiere ligne en retournant vers le Camp.
Les Compagnies impaires firent le même demitour à droite , passant dans les intervalles de la
premiere Ligne ; en sorte que les deux Lignes
s'entrepasserent , comme elles avoient fait , en
venant vers le Pavillon , et à chaque fois qu'elfes s'arrêterent , elles firent demi - tour à droite
sur la Place, pour faire face au Pavillon du Roy, "
qui est scitué sur une Butte , dite des Lapins ; il
est occupé par S. M. depuis que ce Camp est formé.
Les Compagnies impaires de la 2e Ligne , ne passerent en retournant que 2 fois dans les Intervalles , afia de rester derricre les Compagnies
paires , qui alors formoient la premiere Ligne
laquelle ayant fait demi- tour à droite , rentra
dans le Pavillon ; et par ce dernier mouvement ,
la Cavalerie se retrouva sur une Ligne , comme
elle avoit été au commencement.
Les 8 Escadrons de la droite ayant ensuite fait
un mouvement à droite par Compagnies , & les
8 Escadrons de la gauche en ayant fait un autre
à gauche , ils marcherent quelques pas ; après
quoi la droite fit la conversion à gauche , et la
gauche à droite, pour venir en 2 colones vers le
Pavillon. Les grands Mousquetaires resterent à
leur place , et y furent dans l'inaction jusqu'au mouvement du centre. Les 2 Colones étant arrivées à une certaine distance , par une conversion
SEPTEMBRE. 1732. 2047
sion à droite et à gauche , formerent deux Lignes
qui se faisoient face et avoient le Flanc au Pavillon. Les Compagnies impaires de chaque Ligne ayant marché 80 pas en avant , chaque Ligne se partagea en 2 Lignes.
Les Trompettes ayant sonné la Charge , les 2
premieres Lignes marcheient l'une contre l'autres
elles s'entrepasserent dans les Intervalles , firent
demi tour à droite, se rechargerent une seconde
fois , et passerent dans les Intervalles des secondes I ignes, qui étoient déja en mouvement pour
se charger , et qui firent la même manœuvre
que ces premieres. Cette manoeuvre fut répétée
une seconde fois par l'une et l'autre Ligne. Les
secondes rentrerent ensuite dans les premieres ,
et par une conversion de chaque Ligne sur le
centre , elle se joignirent aux grands Mousque
taires , qui avoient marché en même temps en
avant ; en sorte que toute la Cavalerie se retrouva sur une même Ligne,faisant face au Pavillon.
·
Toute la Cavalerie , excepté les Mousquetaires qui resterent en place , ayant ensuite fait la
conversion à gauche par 4 Escadrons , où huit
Compagnies,forma 4 Lignes , qui marcherent en
avant , ayant le Pavillon à droite , qu'elles pas- serent, et ayant fait une conversion à droite elles
marcherent encore en avant jusqu'à une certaine
distance , où ces 4 Lignes ayant fait une autre
conversion à droite par Compagnies , formefent
4 Colones qui marcherent en avant , ayant le
Pavillon à gauche , et par une conversion par
Compagnie, formerent de nouveau 4 Lignes vis- à- vis du Pavillon. Les grands Mousquetaires
s'étoient avancez avant la marche des Colones
à une distance marquée pour se trouver au centre
des 4 Colones et des 4 Lignes.
Leg
2048 MERCURE DE FRANCE
Les 4 Lignes par un mouvement formerent un
Quarré, au Centre duquel étoient les Mousquetaires , et par une conversion à droite et à gau- che par Compagnie, les Troupes qui formoient le
Quarré se remirent en ordre pour le rompre , ce
qui se fit par une marche des Mousquetaires dans
Fenceinte. Ils furent suivis par le Regiment de Gog
tha, qui le fut du reste de la Cavalerie , et par plu
sieurs Marches en Coloñes faites dans l'enceinte ;
ils donnerent le temps au Quarté de se développer
et en sortirent pour passer devant le Pavillon.
Les Officiers saluerent le Roy et reconduisirent
leurs Troupes au Camp.
Le 8 , jour destiné pour l'exercice des Grenadiers , les deux Compagnies de Rutowki et ide
Promnitz, qui pendant tout l'exercice demeurerent unies , furent jointes à droite et à gauche
par les 8 Compagnies des deux Bataillons des
Grenadiers , et chaque Corps détacha ses Char
pentiers qui se rangerent à trois de hauteur , et formerent 4 Pelotons , 20 pas devant les Compagnies de Rutowki et de Promnitz.Les 10 Com,
pagnies de Grenadiers se rangerent sur 2 Lignes;
4 de ces Compagnies ; sçavoir , 3 des Cardes de
la Couronne , et une de celles de Lithuanie , s'ésant jointes à la droite et à la gauche de celles
de Rutowki et de Promnitz , firent la premiere
Ligne' ; et les 4 autres ; sçavoir , celles de Flemming, de Lublin , de Campenhausen et de Denhoff , formerent la seconde. Ce Corps étoit com mandé par le Major General le Prince de Czartoriski.
Au premier signal ordinaire , pour avertir le
Roy que tout étoit rangé , S. M. donna le sien
pour former la Phalange sur la droite. Les Charpentiers qui faisoient la pointe de la Phalange ,
ayant
SEPTEMBRE. 1732. 2049
Ayant marché en avant , les Compagnies de Rutowki et de Promnitz formerent la premiere
Ligne de la Phalange,celles de Lublin et de Campenhausen la seconde ; celles du second et du
troisiéme Bataillon des Gardes de la Couronne
la troisiéme , celles de Denhoff et de Flemining
la 4 , et celle du premier Bataillon des Gardes
de la Couronne avec celle des Gardes de Lithuanie la cinquième. La Phalange ainsi formée , elle
marcha dans cet ordre , vers le Pavillon , jusqu'à
une certaine distance,
Par un second signal , la Phalange se forma en
triangle par un demi-quart de conversion à gau- che et à droite des Corps qui la composoient, et
les Charpentiers passerent en même- temps à la
droite et à la gauche des Compagnies de Rutowki et de Promnitz qui marcherent en avant pour
prendre leur terrain. On fit ensuite le feu coulant
qui commença par l'Angle de la droite , et fut
répété par l'Angle de la gauche.
Par le troisiéme signal , les Troupes se remirent en Phalange , et chaque ligne fit une Salve
P'une après l'autre.
Au quatriéme signal , la Phalange se rompit
pour former 2 Lignes , ce qui s'exécuta ainsi.Les
4 Compagnies des Gardes marcherent en avant ,
et vinrent s'alligner avec celles de Rutowki et de
Promnitz , ce qui forma la premiere Ligne. Les
4 autres Compagnies marcherent aussi en avant
pour s'alligner avec les Charpentiers, ce qui forma la seconde Ligne ; et par une contre- imarche
à droite et à gauche , vers le Centre , les Compa
gnies qui formoient cette seconde Ligne, se trou- verent vis à- vis les Intervalles de la premiere, qui
cominença ensuite son feu par demi Compa
gnies , dont 2 rangs tirerent à la fois , ce qui se
Tépeta trois fois.
En
2050 MERCURE DE FRANCE
En même-temps que la premiere Ligne commençoit son feu , la seconde avança pas pas , et
ayant passé dans les Intervalles de la premiere
elle fit , 30 pas en avant , le même feu qu'avoit
fait la premiere Ligne ; celle- cy ayant repassé dans les Intervalles de la seconde Ligne , 30 pas
en avant , elle se prépara pour jetter les Grenanades , ce qui se fit par pelotons. Pendant cette
manœuvre , la seconde Ligue passa dans les Intervalles de la premiere , 20 pas en avant , et
jetta les Grenades de la même maniere.
Par le cinquiéme signal , les deux lignes formerent trois Brigades ; ce qui s'executa ainsi. La
Compagnie de la droite de la premiere Ligne
vint remplir l'Intervalle des deux Compagnies
de la droite de la seconde , ce qui forma la Brigade de la droite, La Compagnie de la droite de
la seconde ligne fit la même chose à l'égard de
la premiere , et forma ainsi la Brigade de la gauche ; ces 2 Brigades marcherent 40 pas en avant.
Les 2 autres Compagnies de la seconde ligne ,
joignirent la droite et la gauche de celles de Rutowki et de Promnitz , ce qui forma la Brigade
du Centre , qui passa dans l'Intervalle des deux
autres , 30 pas en avant , et les trois Brigades
s'étant mises sur une même ligne , toutes les
Compagnies jetterent en même-temps leurs Grenades , les Charpentiers s'étant placez à la droite
et à la gauche de ligne,
Au sixiéme signal , la ligne forma un zig-zag
à dix faces , avec un Drapeau sur chaque Angle.
Les Grenadiers ainsi rangez , firent le feu de
Haye , qui fut suivi d'une décharge generale ;
enfin les dix Compagnies s'étant remises sur une ligne par une conversion à droite par pelotons ,
se mirent en marche pour passer devant le Pavillon , et retourner au Camp.
LS
I
C
10
SEPTEMBRE. 1732. 2051
Le 9 , il n'y eut point de mouvement dans
l'Armée , et le 10 , jour destiné à l'exercice des
Piquiers,l'Infanterie ayant formé 9 Bataillons de
256 chacun , avec un Drapeau , un Officier de
P'Etat Major, 2 Capitaines , 6 Subalternes , 16
bas Officiers et 8 Tambours , chaque Bataillon se
rangea à la tête du Camp , en 8 pelotons , à 4 de
hauteur , de 32 hommes chacun. Les 2 Pelotons
du centre étoient de Piquiers. Ensuite chaque
Bataillon forma un Quarré plein , à 16 de hauteur et 16 de front , de sorte que les 64 Piquiers
formoient un Quarré dans le centre de celui du
Bataillon ,
par le
Les neuf Bataillons s'étant joints , se range,
rent à trois de hauteur et 8 de front ; ce qui forma un Quarré plein de 48 hommes de hauteur
et de 48 de front , chaque Bataillon ayant ses Piquiers au centre , et chaque file et chaque rang
étant à 3 pas de distance . Outre les Officiers
commandez à chaque Bataillon, il y avoit 4 Majors et 4 Ajudans. Les Majors se placerent aux
Angles du Quarré , qui étoit commandé
Major Ceneral Campenhausen.
Au signal donné du Quartier du Roy,le Quar
ré marcha dans cet ordre vers le Pavillon , jusqu'à une certaine distance , où le General Com- mandant ordonna les feux autour dn Quarré ,
qui se firent par les quatre premiers rangs , dont
le quatrième , qui s'étoit doublé dans le premier,
commença le feu ; s'étant retiré, il fut remplacé
par le troisiéme Rang; ensuite par le second , et puis par le premier ; ce qui se répeta trois fois
Après ce feu , le General fit occuper les 2 premiers Rangs autour du Quarré par les Piquiers
des coins et des faces des 8 Bataillons ; ce qui se
fir par une contre- marche de ceux- cy, et par unede
2052 MERCURE DE FRANCE
de ceux qui occuperent ces deux Rangs , et qui vinrent se ranger à la place des Piquiers. Le rèste de ces Piquiers , par une autre contre- marche
qui se fit en même-temps , formerent 2 Rangs
autour du Bataillon du Centre , celui cy gardant
ses Piquiers ne fit aucun mouvement.
Les Piquiers ainsi rangez , le General ordonna
le feu qui se fit par les 12 premiers Kangs , dont
doublerent dans les Rangs des Piquiers du tour
du Quarré , qui pendant les Salves , baisserent
tous leurs Piques , excepté ceux qui étoient dans
le centre ; ce feu se repeta 3 fois , et après le feu
des Rangs , on commanda la Salve generale de
tout le Quarré; ensuite on fit remettre les Piquiers
leur premiere place par les mêmes contie
marches qui la leur avoient fait quitter.
Par un second signal du Pavillon , le Quarré
se rompit en cette maniere ; Les 4 Bataillons des
coins ayant fait une contre- marche à droite et à
gauche , marcherent sur la ligne de la face qui
regardoit le Pavillon , et celle qui lui étoit op÷
posée , jusqu'à ce que leurs dernieres files fussent
3 pas hors du Quarre.
Au troisiéme signal , les deux Bataillons qui
étoient à droite et à gauche de celui du Centre ,
sortirent du Quarré par une contre - marche à
droite et à gauche , et marcherent jusqu'à ce que
leurs dernieers Files fussent 3 pas au delà des premieres Files des Bataillons des coins ; les 3 autres
Bataillons resterent en place , et après chaque
mouvement , les Bataillons faisoient face au Pavillon.
Au quatriéme signal , les 2 Bataillons des coins
qui faisoient face au Pavillon , ayant fait une
contre marche à droite et à gauche , marcherent
de nouveau sur la même ligne, jusqu'à ce que leurs
SEPTEMBRE. 1732. 2053
leurs dernieres Files fussent 3 pas au delà des 2
Bataillons , qui avoienr fait le dernier mouve ment.
Au cinquiéme signal , les 2 autres Bataillons
des Coins ayant marché en avant , jusqu'à ce
qu'ils fussent sur la ligne, qui faisoit face au Pa- villon , et le Batalllon du Centre , avec celui qui
étoit derriere , étant venu par une contre- marche se placer derriere les Intervalles de la droite
et de la gauche du Bataillon du Centre de la premiere ligne , en formerent une seconde avec les
deux autres Bataillons qui étoient demeurez cn
place.
Par un sixième signal , les 9 Bataillons se préparerent à se mettre à 8 de hauteur , ce qui se fit
ainsi : Les 4 Bataillons des aîles de la premiere
ligne , et les 4 qui formoient la seconde , gagne- rent , par une contre- marche à droite et à gauche,le terrain necessaire pour faire un plus grand
front , observant de garder toujours leurs trois
pas de distance ; après quoi , tous les Pelotons de
chaque Bataillon qui avoient doublé , se rangerent sur les Angles de leur Bataillon , et ceux de derriere ayant marché pour se joindre au Corps
dePiquiers, ils se trouverent à 8 de hauteur, ayant
ensuite doublé leurs rangs en avant , ils se trouverent à quatre de hauteur , les Officiers étant
à leurs places ordinaires. Au septiéme signal, les
4 Bataillons de la seconde ligne , ayant rempli
les Intervalles de la premiere , paiurent sur une
ligne, et le General ayant fait mettre les Piquiers
dans le quatrième rang , on commença les feux
qui finirent par une décharge geaerale ; les Piquiers présenterent leurs Piques pendant le feu.
Ces derniers étant ensuite rentrés dans le Centre,
toute la ligne fit la conversion à droite par PeloH tons
"
2054 MERCURE DE FRANCE
tons pour venir passer devant le Pavillon du
Roy, et s'enretourna au Camp , par la ligne da Centre.
E bruit est commun à Warsovie , que les
Maisons de Saxe et de Baviere avoient signé
depuis peu un nouveau Traité d'amitié pour la sûreté de leurs interêts communs.
Du Camp de Villa - Nova.
Suite du Journal.
'Armée n'ayant fait aucun mouvement le s
L'Armée, fain ufu 1 pairel'exercice
à la Cavalerie. Les grands Mousquetaires étant
venus se ranger au front du Centre de l'Armée
et la Cavalerie des 2 aîles s'étant mise en Bataille par Compagnie , à la tête de son Camp , alla
se joindre aux grands Mousquetaires par une
contre-marche , à droite et à gauche. Le Regiment de Nassau , qui formoit la gauche de Paîle
droite , prit la gauche de toute la Cavalerie , et
fut remplacé par 4 Escadrons détachez.
Tout étant en ordre, le Regimentaire en donna
le signal par 2 coups de Canon; sur quoi le Roy
en fit tirer un, qui donna le signal pour l'exercice de la Cavalerie , rangée par Compagnies.
Celles qui étoient impaires , ayant marché 100
pas en avant , la Cavalerie parut sur 2 lignes , et ! les
2016 MERCURE DE FRANCE
les Compagnies paires ayant passé dans les in
tervalles de la premiere Ligne , formerent la leur
110 pas devant celle- ci. Chaque Ligne ayant fait
3 fois ce mouvement , la 2 Ligne remplit au
3e mouvement ; les intervalles de la premiere , et
les Compagnies paires ayant fait demi- tour à
droite , sur le même terrain , formerent la premiere ligne en retournant vers le Camp.
Les Compagnies impaires firent le même demitour à droite , passant dans les intervalles de la
premiere Ligne ; en sorte que les deux Lignes
s'entrepasserent , comme elles avoient fait , en
venant vers le Pavillon , et à chaque fois qu'elfes s'arrêterent , elles firent demi - tour à droite
sur la Place, pour faire face au Pavillon du Roy, "
qui est scitué sur une Butte , dite des Lapins ; il
est occupé par S. M. depuis que ce Camp est formé.
Les Compagnies impaires de la 2e Ligne , ne passerent en retournant que 2 fois dans les Intervalles , afia de rester derricre les Compagnies
paires , qui alors formoient la premiere Ligne
laquelle ayant fait demi- tour à droite , rentra
dans le Pavillon ; et par ce dernier mouvement ,
la Cavalerie se retrouva sur une Ligne , comme
elle avoit été au commencement.
Les 8 Escadrons de la droite ayant ensuite fait
un mouvement à droite par Compagnies , & les
8 Escadrons de la gauche en ayant fait un autre
à gauche , ils marcherent quelques pas ; après
quoi la droite fit la conversion à gauche , et la
gauche à droite, pour venir en 2 colones vers le
Pavillon. Les grands Mousquetaires resterent à
leur place , et y furent dans l'inaction jusqu'au mouvement du centre. Les 2 Colones étant arrivées à une certaine distance , par une conversion
SEPTEMBRE. 1732. 2047
sion à droite et à gauche , formerent deux Lignes
qui se faisoient face et avoient le Flanc au Pavillon. Les Compagnies impaires de chaque Ligne ayant marché 80 pas en avant , chaque Ligne se partagea en 2 Lignes.
Les Trompettes ayant sonné la Charge , les 2
premieres Lignes marcheient l'une contre l'autres
elles s'entrepasserent dans les Intervalles , firent
demi tour à droite, se rechargerent une seconde
fois , et passerent dans les Intervalles des secondes I ignes, qui étoient déja en mouvement pour
se charger , et qui firent la même manœuvre
que ces premieres. Cette manoeuvre fut répétée
une seconde fois par l'une et l'autre Ligne. Les
secondes rentrerent ensuite dans les premieres ,
et par une conversion de chaque Ligne sur le
centre , elle se joignirent aux grands Mousque
taires , qui avoient marché en même temps en
avant ; en sorte que toute la Cavalerie se retrouva sur une même Ligne,faisant face au Pavillon.
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Toute la Cavalerie , excepté les Mousquetaires qui resterent en place , ayant ensuite fait la
conversion à gauche par 4 Escadrons , où huit
Compagnies,forma 4 Lignes , qui marcherent en
avant , ayant le Pavillon à droite , qu'elles pas- serent, et ayant fait une conversion à droite elles
marcherent encore en avant jusqu'à une certaine
distance , où ces 4 Lignes ayant fait une autre
conversion à droite par Compagnies , formefent
4 Colones qui marcherent en avant , ayant le
Pavillon à gauche , et par une conversion par
Compagnie, formerent de nouveau 4 Lignes vis- à- vis du Pavillon. Les grands Mousquetaires
s'étoient avancez avant la marche des Colones
à une distance marquée pour se trouver au centre
des 4 Colones et des 4 Lignes.
Leg
2048 MERCURE DE FRANCE
Les 4 Lignes par un mouvement formerent un
Quarré, au Centre duquel étoient les Mousquetaires , et par une conversion à droite et à gau- che par Compagnie, les Troupes qui formoient le
Quarré se remirent en ordre pour le rompre , ce
qui se fit par une marche des Mousquetaires dans
Fenceinte. Ils furent suivis par le Regiment de Gog
tha, qui le fut du reste de la Cavalerie , et par plu
sieurs Marches en Coloñes faites dans l'enceinte ;
ils donnerent le temps au Quarté de se développer
et en sortirent pour passer devant le Pavillon.
Les Officiers saluerent le Roy et reconduisirent
leurs Troupes au Camp.
Le 8 , jour destiné pour l'exercice des Grenadiers , les deux Compagnies de Rutowki et ide
Promnitz, qui pendant tout l'exercice demeurerent unies , furent jointes à droite et à gauche
par les 8 Compagnies des deux Bataillons des
Grenadiers , et chaque Corps détacha ses Char
pentiers qui se rangerent à trois de hauteur , et formerent 4 Pelotons , 20 pas devant les Compagnies de Rutowki et de Promnitz.Les 10 Com,
pagnies de Grenadiers se rangerent sur 2 Lignes;
4 de ces Compagnies ; sçavoir , 3 des Cardes de
la Couronne , et une de celles de Lithuanie , s'ésant jointes à la droite et à la gauche de celles
de Rutowki et de Promnitz , firent la premiere
Ligne' ; et les 4 autres ; sçavoir , celles de Flemming, de Lublin , de Campenhausen et de Denhoff , formerent la seconde. Ce Corps étoit com mandé par le Major General le Prince de Czartoriski.
Au premier signal ordinaire , pour avertir le
Roy que tout étoit rangé , S. M. donna le sien
pour former la Phalange sur la droite. Les Charpentiers qui faisoient la pointe de la Phalange ,
ayant
SEPTEMBRE. 1732. 2049
Ayant marché en avant , les Compagnies de Rutowki et de Promnitz formerent la premiere
Ligne de la Phalange,celles de Lublin et de Campenhausen la seconde ; celles du second et du
troisiéme Bataillon des Gardes de la Couronne
la troisiéme , celles de Denhoff et de Flemining
la 4 , et celle du premier Bataillon des Gardes
de la Couronne avec celle des Gardes de Lithuanie la cinquième. La Phalange ainsi formée , elle
marcha dans cet ordre , vers le Pavillon , jusqu'à
une certaine distance,
Par un second signal , la Phalange se forma en
triangle par un demi-quart de conversion à gau- che et à droite des Corps qui la composoient, et
les Charpentiers passerent en même- temps à la
droite et à la gauche des Compagnies de Rutowki et de Promnitz qui marcherent en avant pour
prendre leur terrain. On fit ensuite le feu coulant
qui commença par l'Angle de la droite , et fut
répété par l'Angle de la gauche.
Par le troisiéme signal , les Troupes se remirent en Phalange , et chaque ligne fit une Salve
P'une après l'autre.
Au quatriéme signal , la Phalange se rompit
pour former 2 Lignes , ce qui s'exécuta ainsi.Les
4 Compagnies des Gardes marcherent en avant ,
et vinrent s'alligner avec celles de Rutowki et de
Promnitz , ce qui forma la premiere Ligne. Les
4 autres Compagnies marcherent aussi en avant
pour s'alligner avec les Charpentiers, ce qui forma la seconde Ligne ; et par une contre- imarche
à droite et à gauche , vers le Centre , les Compa
gnies qui formoient cette seconde Ligne, se trou- verent vis à- vis les Intervalles de la premiere, qui
cominença ensuite son feu par demi Compa
gnies , dont 2 rangs tirerent à la fois , ce qui se
Tépeta trois fois.
En
2050 MERCURE DE FRANCE
En même-temps que la premiere Ligne commençoit son feu , la seconde avança pas pas , et
ayant passé dans les Intervalles de la premiere
elle fit , 30 pas en avant , le même feu qu'avoit
fait la premiere Ligne ; celle- cy ayant repassé dans les Intervalles de la seconde Ligne , 30 pas
en avant , elle se prépara pour jetter les Grenanades , ce qui se fit par pelotons. Pendant cette
manœuvre , la seconde Ligue passa dans les Intervalles de la premiere , 20 pas en avant , et
jetta les Grenades de la même maniere.
Par le cinquiéme signal , les deux lignes formerent trois Brigades ; ce qui s'executa ainsi. La
Compagnie de la droite de la premiere Ligne
vint remplir l'Intervalle des deux Compagnies
de la droite de la seconde , ce qui forma la Brigade de la droite, La Compagnie de la droite de
la seconde ligne fit la même chose à l'égard de
la premiere , et forma ainsi la Brigade de la gauche ; ces 2 Brigades marcherent 40 pas en avant.
Les 2 autres Compagnies de la seconde ligne ,
joignirent la droite et la gauche de celles de Rutowki et de Promnitz , ce qui forma la Brigade
du Centre , qui passa dans l'Intervalle des deux
autres , 30 pas en avant , et les trois Brigades
s'étant mises sur une même ligne , toutes les
Compagnies jetterent en même-temps leurs Grenades , les Charpentiers s'étant placez à la droite
et à la gauche de ligne,
Au sixiéme signal , la ligne forma un zig-zag
à dix faces , avec un Drapeau sur chaque Angle.
Les Grenadiers ainsi rangez , firent le feu de
Haye , qui fut suivi d'une décharge generale ;
enfin les dix Compagnies s'étant remises sur une ligne par une conversion à droite par pelotons ,
se mirent en marche pour passer devant le Pavillon , et retourner au Camp.
LS
I
C
10
SEPTEMBRE. 1732. 2051
Le 9 , il n'y eut point de mouvement dans
l'Armée , et le 10 , jour destiné à l'exercice des
Piquiers,l'Infanterie ayant formé 9 Bataillons de
256 chacun , avec un Drapeau , un Officier de
P'Etat Major, 2 Capitaines , 6 Subalternes , 16
bas Officiers et 8 Tambours , chaque Bataillon se
rangea à la tête du Camp , en 8 pelotons , à 4 de
hauteur , de 32 hommes chacun. Les 2 Pelotons
du centre étoient de Piquiers. Ensuite chaque
Bataillon forma un Quarré plein , à 16 de hauteur et 16 de front , de sorte que les 64 Piquiers
formoient un Quarré dans le centre de celui du
Bataillon ,
par le
Les neuf Bataillons s'étant joints , se range,
rent à trois de hauteur et 8 de front ; ce qui forma un Quarré plein de 48 hommes de hauteur
et de 48 de front , chaque Bataillon ayant ses Piquiers au centre , et chaque file et chaque rang
étant à 3 pas de distance . Outre les Officiers
commandez à chaque Bataillon, il y avoit 4 Majors et 4 Ajudans. Les Majors se placerent aux
Angles du Quarré , qui étoit commandé
Major Ceneral Campenhausen.
Au signal donné du Quartier du Roy,le Quar
ré marcha dans cet ordre vers le Pavillon , jusqu'à une certaine distance , où le General Com- mandant ordonna les feux autour dn Quarré ,
qui se firent par les quatre premiers rangs , dont
le quatrième , qui s'étoit doublé dans le premier,
commença le feu ; s'étant retiré, il fut remplacé
par le troisiéme Rang; ensuite par le second , et puis par le premier ; ce qui se répeta trois fois
Après ce feu , le General fit occuper les 2 premiers Rangs autour du Quarré par les Piquiers
des coins et des faces des 8 Bataillons ; ce qui se
fir par une contre- marche de ceux- cy, et par unede
2052 MERCURE DE FRANCE
de ceux qui occuperent ces deux Rangs , et qui vinrent se ranger à la place des Piquiers. Le rèste de ces Piquiers , par une autre contre- marche
qui se fit en même-temps , formerent 2 Rangs
autour du Bataillon du Centre , celui cy gardant
ses Piquiers ne fit aucun mouvement.
Les Piquiers ainsi rangez , le General ordonna
le feu qui se fit par les 12 premiers Kangs , dont
doublerent dans les Rangs des Piquiers du tour
du Quarré , qui pendant les Salves , baisserent
tous leurs Piques , excepté ceux qui étoient dans
le centre ; ce feu se repeta 3 fois , et après le feu
des Rangs , on commanda la Salve generale de
tout le Quarré; ensuite on fit remettre les Piquiers
leur premiere place par les mêmes contie
marches qui la leur avoient fait quitter.
Par un second signal du Pavillon , le Quarré
se rompit en cette maniere ; Les 4 Bataillons des
coins ayant fait une contre- marche à droite et à
gauche , marcherent sur la ligne de la face qui
regardoit le Pavillon , et celle qui lui étoit op÷
posée , jusqu'à ce que leurs dernieres files fussent
3 pas hors du Quarre.
Au troisiéme signal , les deux Bataillons qui
étoient à droite et à gauche de celui du Centre ,
sortirent du Quarré par une contre - marche à
droite et à gauche , et marcherent jusqu'à ce que
leurs dernieers Files fussent 3 pas au delà des premieres Files des Bataillons des coins ; les 3 autres
Bataillons resterent en place , et après chaque
mouvement , les Bataillons faisoient face au Pavillon.
Au quatriéme signal , les 2 Bataillons des coins
qui faisoient face au Pavillon , ayant fait une
contre marche à droite et à gauche , marcherent
de nouveau sur la même ligne, jusqu'à ce que leurs
SEPTEMBRE. 1732. 2053
leurs dernieres Files fussent 3 pas au delà des 2
Bataillons , qui avoienr fait le dernier mouve ment.
Au cinquiéme signal , les 2 autres Bataillons
des Coins ayant marché en avant , jusqu'à ce
qu'ils fussent sur la ligne, qui faisoit face au Pa- villon , et le Batalllon du Centre , avec celui qui
étoit derriere , étant venu par une contre- marche se placer derriere les Intervalles de la droite
et de la gauche du Bataillon du Centre de la premiere ligne , en formerent une seconde avec les
deux autres Bataillons qui étoient demeurez cn
place.
Par un sixième signal , les 9 Bataillons se préparerent à se mettre à 8 de hauteur , ce qui se fit
ainsi : Les 4 Bataillons des aîles de la premiere
ligne , et les 4 qui formoient la seconde , gagne- rent , par une contre- marche à droite et à gauche,le terrain necessaire pour faire un plus grand
front , observant de garder toujours leurs trois
pas de distance ; après quoi , tous les Pelotons de
chaque Bataillon qui avoient doublé , se rangerent sur les Angles de leur Bataillon , et ceux de derriere ayant marché pour se joindre au Corps
dePiquiers, ils se trouverent à 8 de hauteur, ayant
ensuite doublé leurs rangs en avant , ils se trouverent à quatre de hauteur , les Officiers étant
à leurs places ordinaires. Au septiéme signal, les
4 Bataillons de la seconde ligne , ayant rempli
les Intervalles de la premiere , paiurent sur une
ligne, et le General ayant fait mettre les Piquiers
dans le quatrième rang , on commença les feux
qui finirent par une décharge geaerale ; les Piquiers présenterent leurs Piques pendant le feu.
Ces derniers étant ensuite rentrés dans le Centre,
toute la ligne fit la conversion à droite par PeloH tons
"
2054 MERCURE DE FRANCE
tons pour venir passer devant le Pavillon du
Roy, et s'enretourna au Camp , par la ligne da Centre.
Fermer
Résumé : POLOGNE. / Du Camp de Villa-Nova. Suite du Journal.
En septembre 1732, des événements militaires significatifs se déroulent en Pologne, notamment à Varsovie, où circulent des rumeurs concernant un nouveau traité d'amitié entre les Maisons de Saxe et de Bavière. L'armée, stationnée au camp de Villa Nova, effectue divers exercices militaires sous la supervision du roi. Les manœuvres impliquent plusieurs unités, dont la cavalerie dirigée par les grands Mousquetaires. La cavalerie exécute des formations en lignes et en colonnes, des charges simulées et des conversions. Les grenadiers, sous le commandement du Prince de Czartoryski, pratiquent des formations en phalange et en triangle, ainsi que des tirs de salve et des lancers de grenades. Les piquiers, organisés en bataillons, forment des carrés et exécutent des feux autour du carré. Les exercices sont minutieusement supervisés par le roi depuis un pavillon situé sur une butte. Les mouvements sont précis et coordonnés, avec des signaux donnés par le roi pour indiquer les changements de formation. Les manœuvres impliquent neuf bataillons. Initialement, deux bataillons avancent jusqu'à une ligne face au pavillon, tandis que deux autres effectuent une contre-marche pour se placer derrière les intervalles des bataillons de la première ligne, formant ainsi une seconde ligne. À un sixième signal, les neuf bataillons se préparent à former une ligne de huit de hauteur. Les bataillons des ailes de la première ligne et ceux de la seconde ligne gagnent du terrain par une contre-marche pour élargir le front tout en conservant une distance de trois pas. Les pelotons doublent ensuite leurs rangs, se rangeant sur les angles de leur bataillon, et se joignent aux piquiers pour atteindre une hauteur de huit. Après avoir doublé leurs rangs en avant, ils se trouvent à quatre de hauteur, avec les officiers à leurs places. Au septième signal, les quatre bataillons de la seconde ligne comblent les intervalles de la première ligne et se mettent en ligne. Les piquiers, placés dans le quatrième rang, présentent leurs piques pendant les feux, qui se terminent par une décharge générale. Les piquiers rentrent ensuite au centre, et toute la ligne effectue une conversion à droite par pelotons pour passer devant le pavillon du roi et retourne au camp par la ligne du centre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14
p. 2259-2267
POLOGNE. SUITE du Journal du Camp de Villa-Nova.
Début :
Le 11 Août, tous les mouvemens militaires du Camp furent suspendus; ce spectacle [...]
Mots clefs :
Pologne, Camp de Villanova, Compagnies, Klingenberg, Signal, Armée, Cavalerie
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texteReconnaissance textuelle : POLOGNE. SUITE du Journal du Camp de Villa-Nova.
POLOGNE.
SUITE du Journal du Camp de
Villa-Nova.
E r Août , tous les mouvemens militaires
Ldu Camp furent suspendus. ; ce spectacle
pompeux et guerrier recommença le lendemain
par l'éxercice des Lanciers. Ils s'assemblerent au
nombre de neuf Compagnies, ou demi Escadrons
à la tête de leur Camp , et vinrent ensuite se
ranger à deux de hauteur devant le centre de
' Infanterie. Le Major Général Klingenberg.
commandoit cette Troupe , qui étoit en cuirasse
avec des Casques à aîles , et armée de Lances
garnies de flammes ; les Casques des Officiers
étoient ornés de plumes.
Au premier signal , les neufCompagnies se mi- rent en mouvement , et marcherent vers le Fa
villon sur trois colonnes. Les trois Compagnies
du centre formerent la colonne du centre , et les
trois Compagnies de chaque aîle , celles de la
droite et de la gauche : chaque Compagnie mar- choit par neuf, les Timbales et Trompettes étant
à la tête de la colonne du centre, i
Les colonnes étant arrivées à une certaine dis
tance , les Compagnies marcherent par trois jusqu'à une place marquée , où au deuxième signal ,
Les Compagnies de chaque colonne ayant fait la
conversion à gauche par Brigades , les colonnes
formerent trois lignes à deux de hauteur , qui
marcherent en même tems enavant.
Au troisiéme signal , les trois lignes firent demi tour à droite , et au quatrième signal , la
Compa
2260 MERCURE DE FRANCE
•
Compagnie du centre de chaque ligne ayant
marché so pas en avant , les trois lignes se mirent en mouvement dans cet ordre , et marche.
rent jusqu'à ce que celle du centre se trouvarsur
la ligne du Pavillon qu'elles avoient à gauche où elles firent alte.*
Au cinquiéme signal, chaque Compagnie ayant
fait un quart de conversion à gauche , elles se
retrouverent sur trois lignes , faisant face au Pavillon ; et au sixième signal , elles se remirent comme elles étoient , par une conversion
àdroite.
Au septiéme signal, les Compagnies se mirent
sur deux lignes : la seconde , ayant fait un demi
tour à droite , elles marcherent en avant jusqu'ài
une certaine distance , se tournant le dos ; ayant ensuite fait demi tour à droite , elles se trouve
rent vis-à-vis l'une de l'autre pour la charge.
Au huitiéme signal , les deux lignes marche→
rent l'une contre-l'autre, les Lances baissées, s'entrepasserent dans les intervalles , firent defnit
tour à droite , se chargerent de nouveau , et s'é-*
tant remises sur leur premier terrain , elles se
chargerent encore une fois.
;
- Au neuviéme signal , les deux lignes marche rent l'une contre l'autre la deuxième ayant
rempli les intervalles de la premiere , elles s'ar rêterent et se mirent en état de faire la conversion sur le centre ; ce qui s'éxécuta au dixiéme³
signal ; et au onziéme signal , la droite ayant fait le demi tour sur la Place , les neuf Compagnies parurent sur une ligne , faisant face au Pa→→ villon. ซี เ
Au douziéme signal , les cinq Compagnies
ayant marché so pas en avant , les Lanciers se
trouverent- sur-deux lignes. Et au treiziéme si→→
gnal ,
OCTOBRE. 1732. 2261
gnal , la premiere ligne marcha au grand trot vers le Pavillon , comme pour charger , baissa
les lances , et ayant fait demi tour à droite , passa dans les intervalles de la seconde , qui avançoit
pour faire la même manœuvre : chaque ligne la
fit deux fois , après quoi la seconde étant ren
ée dans la premiere , les Officiers de toute la
ne saluerent en même-tems le Roi , et on
Daissa les Etendarts et les Lances. Les Lanciers
ayant mis ensuite leurs Lances dans les PorteLances , et tiré l'épée , ils passerent devant le
Pavillon , et par une marche en échelle elles re
tournerent au Camp.
Le sur-lendemain , 14 Août , toute l'Armée
fit divers mouvemens , et après qu'elle eut été
en bataille quelques tems,à la tête du Camp , sur
une seule ligne , P'Infanterie par une contremarche à gauche et à droite vers le centre , se
joignit sans laisser d'intervalle entre les bataillons ; la Cavalerie par les mêmes contre- marches se joignit aux aîles de l'Infanterie : celle- ci partagea ensuite ses bataillons en deux ; le Colonel et les deux Majors se mettant avec deux drapeaux à la tête du premier demi- bataillon , et
le Lieutenant, Colonel et les deux Aides- Majors
avec deux Drapeaux à la tête du deuxième. Les
Compagnies deRutowski et de Promnitz formoient un demi bataillon derriere celui du
Centre.
La Cavalerie se partagea aussi par Compa
gnies ou demi-Escadrons. Toutes les premieres
Compagnies de chaque Escadron , et chaque
premier demi bataillon , avec les deux du centre,
ayant marché cent pas en avant , l'Armée se
forma sur deux lignes , le demi- bataillon de
Lutowski , ayant marché en avant pour occuPS
2262 MERCURE DE FRANCE
per le terrain que les deux du centre venoient de
quitter.
L'Armée étant en bataille , et le signal donné du Pavillon , elle se mit en marche sur treize
colonnes ; sçavoir , 8. de Cavalerie , et 5. d'Infanterie , qui s'avancerent vers le Pavillon jusqu'à une certaine distance. Chaque colonne de
Cavalerie étoit composée de deux Compagnies de
la premiere ligne , et de deux de la seconde.
Chaque colonne d'Infanterie de quatre demi
bataillons de la premiere ligne , et de deux de la
seconde , excepté la colonne du centre , qui n'avoit que les deux demi-bataillons de Frise et celui
de Rutowski et de Promnitz : le Régimentai- re et le Comte de Denhoff marchoient à la tête
de cette derniere , et les autres Généraux étoient
distribués aux autres colonnes.
Au deuxième signal , l'Armée se remit sur
deux lignes , les têtes des colonnes restant , et
les suites par des contre- marches à droite et à
gauche , venant se remettre dans l'ordre où elles
étoient avant que de partir de la tête du
Camp.
Au troisiéme signal , le feu coulant commença à la droite de la premiere ligne , et finit à la droite de la seconde ; et au quatriéme signal , les
deux lignes formerent le premier ordre de bataille mêlé , ce qui s'éxécuta de la maniere suivante: les quatre Compagnies de la droite et de
la gauche de la Cavalerie de l'une et de l'autre
ligne , resterent en place , aussi bien que les
quatre demi-bataillons du centre de la premiere
ligne , et les trois du centre de la seconde , mais
les quatre Compagnies de Cavalerie qui joigroient la droite et la gauche de l'Infanterie de Pune et de l'autre ligne , ayant marché 20 pas
-
en
OCTOBRE. 1732. 2263
en avant , firent une contre-marche à droite et á
gauche pour se former à la tête des trois bataillons de la droite et de la gauche de l'une et de
l'autre ligne. Ceux- ci firent en même tems leur contre-marche pour occnper le terrain que la Cavalerie qui les joignoit , venoit de quitter , et
toute l'Infanterie aussi -bien que les aîles de Ca
valerie de l'une et de l'autre ligne , ayant aussi
marché 20 pas en avant , toute l'Armée se trou
va en ordre de bataille mêlé d'Infanterie et de
Cavalerie.
L'Armée étant ainsi rangée , on ordonna le
signal pour le feu , qui se fit ainsi : la premiere,
Compagnie qui fermoit l'aîle droite de la premiere ligne , et celle qui fermoit l'aîle gauche , tirerent en même-tems : le feu continua ainsi par
une troupe de la droite et une de la gauche de la
premiere ligne en venant vers le centre , et suivit
par le centre de la seconde ligne en s'étendant vers les aîles..
Le feu étant fini , on donna le cinquiéme signal pour faire le second ordre de bataille mêlé
qui s'éxécuta ainsi : les quatre Brigades d'Infan
terie de la droite et de la gauche de l'une et de
Pautre ligne , et les deux bataillons de la droite
et de la gauche de chaque Brigade , par une contre-marche changerent de place avec les deux
Compagnies de Cavalerie , qui les joignoient , de
sorte que l'Armée se trouva aux aîles de deux
Compagnies de Cavalerie , avec un demi- Bataillon , et un Corps d'Infanterie au centre de chaque ligne.
Au sixième signal , le feu de chaine commença par les demi-Escadrons de la droite de la pre- miere ligne , et étant venu à la droite de la se
conde ligne, il recommença par demi batail- Lons
1
1
' ,
54 MERCURE DE FRANCE
ons de la droite de la premiere jusqu'à la droite
de la seconde.
Au septième signal , l'Arméese remit dans son
ordre de bataille non-mêlé , par les mêmes con- tre- marches , dont chaque Troupe s'étoit servie
pour se mettre en ordre mêlé ; ensuite l'Infanterie de la premiere ligne fit feu sur la Place par divisions , et ayant fait demi-tour à droite , se
retira par les intervalles de la seconde , et se forma derriere ; les deux lignes- firent successivement
cette manœuvre jusqu'au Camp , en continuant
leur feu , et la Cavalerie de chaque ligne se retira en même-tems que l'Infanterie.
Le 16. Août on fit l'attaque d'un retranchement qui s'étendoit depuis la hauteur de la gauche du Pavillon du Roi , jusqu'à cent pas vers la tête du Camp. Les quatre Compagnies de Gre- nadiers Rutowski , Promnitz , Denhoff et Flemming , bordoient le retranchement dans les intervalles de cinq Batteries de quatre piéces de Canon chacune , outre lesquelles on en avoit
placé huit plus petites sur les aîles du Retranchement.
Au premier signal , la Cavalerie de la droite ,
rangée par Compagnies , et commandée par le
Major-Général Klingnberg , se mit en marche
sur deux colonnes pour venir soutenir le Retran- chement , et se forma derriere l'Infanterie sur
deux lignes ; la premiere , composée des quatre Escadrons de Nassau, étoit à cent pas du Retranchement ; et la deuxième , composée des quatre Escadrons de Grenadiers de Gotha , étoit à 80.
pas derriere la premiere , dès qu'elles furent rangées , le Major- Général fit mettre pied à terre
aux Grenadiers de Gotha , qui vinrent renforcerLe
OCTOBRE. 1732. 2265
JeRetranchement où le Lieutenant- ColonelFranckenberg commandoit.
Pendant cette manœuvre , les huit Escadrons
de la gauche vinrent se former sur deux lignes ,
à l'extrêmité de la gauche de la Place d'Armes ,
qui étoit la face opposée à celle du Retranchement , et resterent dans l'inaction jusqu'à l'attaque du Quarré.
Pendant que la Cavalerie se rangeoit ainsi ,
toute l'Infanterie , partagée comme le jour des
divers mouvemens de l'Armée ,
marcha par divisions sur sept colonnes , formant une Phalange qui pouvoit faire face de tous côtez , figurée
en lozange ; et lorsqu'elle fut arrivée à une certaine distance , elle fit alte.
Au deuxième signal toutes les divisions ayant fait la Conversion à droite, la phalange parut sur
sept lignes , faisant face au Retranchement :
deux Compagnies de Grenadiers rangées en trois divisions faisoient la pointe de l'attaque.
Au troisiéme signal , la Phalange marcha vers
le Retranchement ; et quand elle fut à deux cent
pas , les Batteries qui le défendoient , commencerent à tirer , et furent servies avec tant de
promptitude , que chaque piéce tiroit au moins
cinq coups par minute , de sorte que le feu se
soutint pendant toute l'attaque avec la même vivacité. La Phalange étant arrivée à cinquante pas
du Retranchement , l'Infanterie qui attaquoit et
-celle qui défendoit , commencerent leur fen
chaque ligne de la Phalange faisant le sien en
-même-tems demi- divisions ; et dès qu'une
ligne avoit tiré , toutes les divisions qui la com
posoient se coupoient par le milieu pour se retirer par les intervalles de toute la Phalange , et se
reformerent sur le terrain qu'elles avoient occupé H avant
par
266 MERCURE DE FRANCE
avant l'attaque , ce qui fut répeté une seconde
fois la Phalange étant ensuite- retournée à son
premier terrain , on distribua 96 Piques à cha- demi-Bataillon , et pendant ce tems là les
Grenadiers de Gotha remonterent à cheval.
que
Au quatriéme signal , la Phalange se rompit
et forma un grand quarré autour d'un petit , le
premier rang de chaque quarré étant garni de
Piques ; la Cavalerie qui étoit derriere le Retranchement , en sortit par les deux extrêmitez
et vint se former sur deux lignes devant le Retranchement , au moyen de quoi le Quarré se trouva entre la Cavalerie de la droite et de la
gauche , rangée sur deux lignes,
9
Au cinquième signal , la premiere ligne de la
Cavalerie de la gauche , chargea le Quarré par
la face et les angles qui étoient de leur côté , et
se retira par les intervalles de la deuxième ligne
ayant été repoussée par le feu du Quarré , les
Grenades et les Piques que les Piquiers tenoient
présentées. La deuxième ligne fit la même manoeuvre; ce qui fut pareillement éxécuté par la
Cavalerie de la droite , et répeté plusieurs fois
par l'un et par l'autre chaque Troupe de Cavalerie faisoit deux charges ; après quoi le Quarré fut attaqué par la Cavalerie des aîles tout
la fois.
Au sixième signál , l'Infanterie se mit en marche pour rentrer dans le Camp , en conservant
toujours son Quarré. Elle fut attaquée pendant
sa retraite par la Cavalerie ; le feu , pour repousser ces attaques , se faisoit par rangs. L'Armée ,
en faisant cette manceuvre , arriva à la tête du
Camp , où chaque Corps se forma sur la Place
d'Armes , et rentra.
Le 17 , le Roi donna dans son Pavillon un magnifique
OCTOBRE. 1732. 2267
gnifique Souper , suivi d'un Bal , à tout ce qu'il
y avoit de Seigneurs et de Dames.
Le 18. jour destiné pour la séparation de l'Armée , les Trouples plierent leurs Tentes , et s'étant mises en bataille à la tête du Camp , le Roi
fit tirer la grande Batterie qui étoit au bas du Pavillon de S. M. pour leur donner le signal de
leur séparation. L'Artillerie de campagne y répondit , et l'on fit ensuite le feu coulant , ce qui fut éxécuté une seconde fois ; et à la troisiéme
fois , la grande Batterie fit une salve de ses 18.
piéces l'Armée y répondit par une salve générale avec toute son Artillerie ; après quoi toute
l'Armée se mit en marche sur cinq colonnes
chaque aîle de Cavalerie en formoit une. Les
Grenadiers détachez qui formoient deux Batail
lons , étoient rentrez dans leurs Régimens. Les
colonnes d'Infanterie de la droite et de la gauche étoient composées de trois Bataillons chacune ; celle du centre avoit le Régiment de Frise
à la tête , qui étoit suivi de l'Artillerie de campagne , et elle étoit fermée par les deux Compagnies de Grenadiers de Lublin et de Compenhau- son. L'Armée se rendit dans cet ordre au nouveau Camp qu'elle devoit occuper sur la hauteur , à la droite et à la gauche du Pavillon ,
le 20 Août , le Roi ayant quitté son Pavillon
pour retourner à Warsovie , les Régimens du
Camp se mirent en marche pour retourner dans
leurs anciens Quartiers. On a appris depuis que
ces Troupes sont arrivées à leurs Garnisons, fort satisfaites des liberalitez du Roi de Pologne , qui
a fait de forts beaux présens aux Officiers , et
donné à chaque Soldat deux mois de solde audeà de leur paye ordinaire.
SUITE du Journal du Camp de
Villa-Nova.
E r Août , tous les mouvemens militaires
Ldu Camp furent suspendus. ; ce spectacle
pompeux et guerrier recommença le lendemain
par l'éxercice des Lanciers. Ils s'assemblerent au
nombre de neuf Compagnies, ou demi Escadrons
à la tête de leur Camp , et vinrent ensuite se
ranger à deux de hauteur devant le centre de
' Infanterie. Le Major Général Klingenberg.
commandoit cette Troupe , qui étoit en cuirasse
avec des Casques à aîles , et armée de Lances
garnies de flammes ; les Casques des Officiers
étoient ornés de plumes.
Au premier signal , les neufCompagnies se mi- rent en mouvement , et marcherent vers le Fa
villon sur trois colonnes. Les trois Compagnies
du centre formerent la colonne du centre , et les
trois Compagnies de chaque aîle , celles de la
droite et de la gauche : chaque Compagnie mar- choit par neuf, les Timbales et Trompettes étant
à la tête de la colonne du centre, i
Les colonnes étant arrivées à une certaine dis
tance , les Compagnies marcherent par trois jusqu'à une place marquée , où au deuxième signal ,
Les Compagnies de chaque colonne ayant fait la
conversion à gauche par Brigades , les colonnes
formerent trois lignes à deux de hauteur , qui
marcherent en même tems enavant.
Au troisiéme signal , les trois lignes firent demi tour à droite , et au quatrième signal , la
Compa
2260 MERCURE DE FRANCE
•
Compagnie du centre de chaque ligne ayant
marché so pas en avant , les trois lignes se mirent en mouvement dans cet ordre , et marche.
rent jusqu'à ce que celle du centre se trouvarsur
la ligne du Pavillon qu'elles avoient à gauche où elles firent alte.*
Au cinquiéme signal, chaque Compagnie ayant
fait un quart de conversion à gauche , elles se
retrouverent sur trois lignes , faisant face au Pavillon ; et au sixième signal , elles se remirent comme elles étoient , par une conversion
àdroite.
Au septiéme signal, les Compagnies se mirent
sur deux lignes : la seconde , ayant fait un demi
tour à droite , elles marcherent en avant jusqu'ài
une certaine distance , se tournant le dos ; ayant ensuite fait demi tour à droite , elles se trouve
rent vis-à-vis l'une de l'autre pour la charge.
Au huitiéme signal , les deux lignes marche→
rent l'une contre-l'autre, les Lances baissées, s'entrepasserent dans les intervalles , firent defnit
tour à droite , se chargerent de nouveau , et s'é-*
tant remises sur leur premier terrain , elles se
chargerent encore une fois.
;
- Au neuviéme signal , les deux lignes marche rent l'une contre l'autre la deuxième ayant
rempli les intervalles de la premiere , elles s'ar rêterent et se mirent en état de faire la conversion sur le centre ; ce qui s'éxécuta au dixiéme³
signal ; et au onziéme signal , la droite ayant fait le demi tour sur la Place , les neuf Compagnies parurent sur une ligne , faisant face au Pa→→ villon. ซี เ
Au douziéme signal , les cinq Compagnies
ayant marché so pas en avant , les Lanciers se
trouverent- sur-deux lignes. Et au treiziéme si→→
gnal ,
OCTOBRE. 1732. 2261
gnal , la premiere ligne marcha au grand trot vers le Pavillon , comme pour charger , baissa
les lances , et ayant fait demi tour à droite , passa dans les intervalles de la seconde , qui avançoit
pour faire la même manœuvre : chaque ligne la
fit deux fois , après quoi la seconde étant ren
ée dans la premiere , les Officiers de toute la
ne saluerent en même-tems le Roi , et on
Daissa les Etendarts et les Lances. Les Lanciers
ayant mis ensuite leurs Lances dans les PorteLances , et tiré l'épée , ils passerent devant le
Pavillon , et par une marche en échelle elles re
tournerent au Camp.
Le sur-lendemain , 14 Août , toute l'Armée
fit divers mouvemens , et après qu'elle eut été
en bataille quelques tems,à la tête du Camp , sur
une seule ligne , P'Infanterie par une contremarche à gauche et à droite vers le centre , se
joignit sans laisser d'intervalle entre les bataillons ; la Cavalerie par les mêmes contre- marches se joignit aux aîles de l'Infanterie : celle- ci partagea ensuite ses bataillons en deux ; le Colonel et les deux Majors se mettant avec deux drapeaux à la tête du premier demi- bataillon , et
le Lieutenant, Colonel et les deux Aides- Majors
avec deux Drapeaux à la tête du deuxième. Les
Compagnies deRutowski et de Promnitz formoient un demi bataillon derriere celui du
Centre.
La Cavalerie se partagea aussi par Compa
gnies ou demi-Escadrons. Toutes les premieres
Compagnies de chaque Escadron , et chaque
premier demi bataillon , avec les deux du centre,
ayant marché cent pas en avant , l'Armée se
forma sur deux lignes , le demi- bataillon de
Lutowski , ayant marché en avant pour occuPS
2262 MERCURE DE FRANCE
per le terrain que les deux du centre venoient de
quitter.
L'Armée étant en bataille , et le signal donné du Pavillon , elle se mit en marche sur treize
colonnes ; sçavoir , 8. de Cavalerie , et 5. d'Infanterie , qui s'avancerent vers le Pavillon jusqu'à une certaine distance. Chaque colonne de
Cavalerie étoit composée de deux Compagnies de
la premiere ligne , et de deux de la seconde.
Chaque colonne d'Infanterie de quatre demi
bataillons de la premiere ligne , et de deux de la
seconde , excepté la colonne du centre , qui n'avoit que les deux demi-bataillons de Frise et celui
de Rutowski et de Promnitz : le Régimentai- re et le Comte de Denhoff marchoient à la tête
de cette derniere , et les autres Généraux étoient
distribués aux autres colonnes.
Au deuxième signal , l'Armée se remit sur
deux lignes , les têtes des colonnes restant , et
les suites par des contre- marches à droite et à
gauche , venant se remettre dans l'ordre où elles
étoient avant que de partir de la tête du
Camp.
Au troisiéme signal , le feu coulant commença à la droite de la premiere ligne , et finit à la droite de la seconde ; et au quatriéme signal , les
deux lignes formerent le premier ordre de bataille mêlé , ce qui s'éxécuta de la maniere suivante: les quatre Compagnies de la droite et de
la gauche de la Cavalerie de l'une et de l'autre
ligne , resterent en place , aussi bien que les
quatre demi-bataillons du centre de la premiere
ligne , et les trois du centre de la seconde , mais
les quatre Compagnies de Cavalerie qui joigroient la droite et la gauche de l'Infanterie de Pune et de l'autre ligne , ayant marché 20 pas
-
en
OCTOBRE. 1732. 2263
en avant , firent une contre-marche à droite et á
gauche pour se former à la tête des trois bataillons de la droite et de la gauche de l'une et de
l'autre ligne. Ceux- ci firent en même tems leur contre-marche pour occnper le terrain que la Cavalerie qui les joignoit , venoit de quitter , et
toute l'Infanterie aussi -bien que les aîles de Ca
valerie de l'une et de l'autre ligne , ayant aussi
marché 20 pas en avant , toute l'Armée se trou
va en ordre de bataille mêlé d'Infanterie et de
Cavalerie.
L'Armée étant ainsi rangée , on ordonna le
signal pour le feu , qui se fit ainsi : la premiere,
Compagnie qui fermoit l'aîle droite de la premiere ligne , et celle qui fermoit l'aîle gauche , tirerent en même-tems : le feu continua ainsi par
une troupe de la droite et une de la gauche de la
premiere ligne en venant vers le centre , et suivit
par le centre de la seconde ligne en s'étendant vers les aîles..
Le feu étant fini , on donna le cinquiéme signal pour faire le second ordre de bataille mêlé
qui s'éxécuta ainsi : les quatre Brigades d'Infan
terie de la droite et de la gauche de l'une et de
Pautre ligne , et les deux bataillons de la droite
et de la gauche de chaque Brigade , par une contre-marche changerent de place avec les deux
Compagnies de Cavalerie , qui les joignoient , de
sorte que l'Armée se trouva aux aîles de deux
Compagnies de Cavalerie , avec un demi- Bataillon , et un Corps d'Infanterie au centre de chaque ligne.
Au sixième signal , le feu de chaine commença par les demi-Escadrons de la droite de la pre- miere ligne , et étant venu à la droite de la se
conde ligne, il recommença par demi batail- Lons
1
1
' ,
54 MERCURE DE FRANCE
ons de la droite de la premiere jusqu'à la droite
de la seconde.
Au septième signal , l'Arméese remit dans son
ordre de bataille non-mêlé , par les mêmes con- tre- marches , dont chaque Troupe s'étoit servie
pour se mettre en ordre mêlé ; ensuite l'Infanterie de la premiere ligne fit feu sur la Place par divisions , et ayant fait demi-tour à droite , se
retira par les intervalles de la seconde , et se forma derriere ; les deux lignes- firent successivement
cette manœuvre jusqu'au Camp , en continuant
leur feu , et la Cavalerie de chaque ligne se retira en même-tems que l'Infanterie.
Le 16. Août on fit l'attaque d'un retranchement qui s'étendoit depuis la hauteur de la gauche du Pavillon du Roi , jusqu'à cent pas vers la tête du Camp. Les quatre Compagnies de Gre- nadiers Rutowski , Promnitz , Denhoff et Flemming , bordoient le retranchement dans les intervalles de cinq Batteries de quatre piéces de Canon chacune , outre lesquelles on en avoit
placé huit plus petites sur les aîles du Retranchement.
Au premier signal , la Cavalerie de la droite ,
rangée par Compagnies , et commandée par le
Major-Général Klingnberg , se mit en marche
sur deux colonnes pour venir soutenir le Retran- chement , et se forma derriere l'Infanterie sur
deux lignes ; la premiere , composée des quatre Escadrons de Nassau, étoit à cent pas du Retranchement ; et la deuxième , composée des quatre Escadrons de Grenadiers de Gotha , étoit à 80.
pas derriere la premiere , dès qu'elles furent rangées , le Major- Général fit mettre pied à terre
aux Grenadiers de Gotha , qui vinrent renforcerLe
OCTOBRE. 1732. 2265
JeRetranchement où le Lieutenant- ColonelFranckenberg commandoit.
Pendant cette manœuvre , les huit Escadrons
de la gauche vinrent se former sur deux lignes ,
à l'extrêmité de la gauche de la Place d'Armes ,
qui étoit la face opposée à celle du Retranchement , et resterent dans l'inaction jusqu'à l'attaque du Quarré.
Pendant que la Cavalerie se rangeoit ainsi ,
toute l'Infanterie , partagée comme le jour des
divers mouvemens de l'Armée ,
marcha par divisions sur sept colonnes , formant une Phalange qui pouvoit faire face de tous côtez , figurée
en lozange ; et lorsqu'elle fut arrivée à une certaine distance , elle fit alte.
Au deuxième signal toutes les divisions ayant fait la Conversion à droite, la phalange parut sur
sept lignes , faisant face au Retranchement :
deux Compagnies de Grenadiers rangées en trois divisions faisoient la pointe de l'attaque.
Au troisiéme signal , la Phalange marcha vers
le Retranchement ; et quand elle fut à deux cent
pas , les Batteries qui le défendoient , commencerent à tirer , et furent servies avec tant de
promptitude , que chaque piéce tiroit au moins
cinq coups par minute , de sorte que le feu se
soutint pendant toute l'attaque avec la même vivacité. La Phalange étant arrivée à cinquante pas
du Retranchement , l'Infanterie qui attaquoit et
-celle qui défendoit , commencerent leur fen
chaque ligne de la Phalange faisant le sien en
-même-tems demi- divisions ; et dès qu'une
ligne avoit tiré , toutes les divisions qui la com
posoient se coupoient par le milieu pour se retirer par les intervalles de toute la Phalange , et se
reformerent sur le terrain qu'elles avoient occupé H avant
par
266 MERCURE DE FRANCE
avant l'attaque , ce qui fut répeté une seconde
fois la Phalange étant ensuite- retournée à son
premier terrain , on distribua 96 Piques à cha- demi-Bataillon , et pendant ce tems là les
Grenadiers de Gotha remonterent à cheval.
que
Au quatriéme signal , la Phalange se rompit
et forma un grand quarré autour d'un petit , le
premier rang de chaque quarré étant garni de
Piques ; la Cavalerie qui étoit derriere le Retranchement , en sortit par les deux extrêmitez
et vint se former sur deux lignes devant le Retranchement , au moyen de quoi le Quarré se trouva entre la Cavalerie de la droite et de la
gauche , rangée sur deux lignes,
9
Au cinquième signal , la premiere ligne de la
Cavalerie de la gauche , chargea le Quarré par
la face et les angles qui étoient de leur côté , et
se retira par les intervalles de la deuxième ligne
ayant été repoussée par le feu du Quarré , les
Grenades et les Piques que les Piquiers tenoient
présentées. La deuxième ligne fit la même manoeuvre; ce qui fut pareillement éxécuté par la
Cavalerie de la droite , et répeté plusieurs fois
par l'un et par l'autre chaque Troupe de Cavalerie faisoit deux charges ; après quoi le Quarré fut attaqué par la Cavalerie des aîles tout
la fois.
Au sixième signál , l'Infanterie se mit en marche pour rentrer dans le Camp , en conservant
toujours son Quarré. Elle fut attaquée pendant
sa retraite par la Cavalerie ; le feu , pour repousser ces attaques , se faisoit par rangs. L'Armée ,
en faisant cette manceuvre , arriva à la tête du
Camp , où chaque Corps se forma sur la Place
d'Armes , et rentra.
Le 17 , le Roi donna dans son Pavillon un magnifique
OCTOBRE. 1732. 2267
gnifique Souper , suivi d'un Bal , à tout ce qu'il
y avoit de Seigneurs et de Dames.
Le 18. jour destiné pour la séparation de l'Armée , les Trouples plierent leurs Tentes , et s'étant mises en bataille à la tête du Camp , le Roi
fit tirer la grande Batterie qui étoit au bas du Pavillon de S. M. pour leur donner le signal de
leur séparation. L'Artillerie de campagne y répondit , et l'on fit ensuite le feu coulant , ce qui fut éxécuté une seconde fois ; et à la troisiéme
fois , la grande Batterie fit une salve de ses 18.
piéces l'Armée y répondit par une salve générale avec toute son Artillerie ; après quoi toute
l'Armée se mit en marche sur cinq colonnes
chaque aîle de Cavalerie en formoit une. Les
Grenadiers détachez qui formoient deux Batail
lons , étoient rentrez dans leurs Régimens. Les
colonnes d'Infanterie de la droite et de la gauche étoient composées de trois Bataillons chacune ; celle du centre avoit le Régiment de Frise
à la tête , qui étoit suivi de l'Artillerie de campagne , et elle étoit fermée par les deux Compagnies de Grenadiers de Lublin et de Compenhau- son. L'Armée se rendit dans cet ordre au nouveau Camp qu'elle devoit occuper sur la hauteur , à la droite et à la gauche du Pavillon ,
le 20 Août , le Roi ayant quitté son Pavillon
pour retourner à Warsovie , les Régimens du
Camp se mirent en marche pour retourner dans
leurs anciens Quartiers. On a appris depuis que
ces Troupes sont arrivées à leurs Garnisons, fort satisfaites des liberalitez du Roi de Pologne , qui
a fait de forts beaux présens aux Officiers , et
donné à chaque Soldat deux mois de solde audeà de leur paye ordinaire.
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Résumé : POLOGNE. SUITE du Journal du Camp de Villa-Nova.
En août 1732, au camp de Villa-Nova en Pologne, plusieurs mouvements militaires significatifs ont été observés. Le 1er août, les exercices des lanciers furent suspendus puis repris le lendemain. Neuf compagnies de lanciers, sous le commandement du Major Général Klingenberg, exécutèrent diverses manœuvres, incluant des marches en colonnes et en lignes, des conversions et des charges simulées. Les lanciers étaient équipés de cuirasses, de casques à ailes et de lances garnies de flammes. Le 14 août, toute l'armée effectua divers mouvements. L'infanterie et la cavalerie se rejoignirent pour former deux lignes, et l'armée se mit en marche sur treize colonnes. Des exercices de tir furent réalisés, suivis de manœuvres de bataille mêlée entre l'infanterie et la cavalerie. Le 16 août, une attaque simulée d'un retranchement fut organisée. La cavalerie et l'infanterie exécutèrent des manœuvres coordonnées, incluant des charges de cavalerie et des tirs d'artillerie. L'infanterie forma une phalange en lozange pour l'attaque et se transforma ensuite en carrés pour repousser les charges de cavalerie. Le 17 août, le roi offrit un somptueux souper suivi d'un bal dans son pavillon, auquel assistèrent de nombreux seigneurs et dames. Par la suite, le texte décrit la séparation d'une armée et son départ du camp. Le jour de la séparation, les troupes plient leurs tentes et se mettent en bataille. Le roi donna le signal de départ en faisant tirer la grande batterie, suivie par l'artillerie de campagne et un feu coulant. Après trois salves, l'armée se mit en marche en cinq colonnes, chaque aile de cavalerie formant une colonne. Les grenadiers détachés rejoignirent leurs régiments. Les colonnes d'infanterie de droite et de gauche étaient composées de trois bataillons chacune, tandis que la colonne du centre était menée par le régiment de Frise, suivi par l'artillerie de campagne et fermé par les compagnies de grenadiers de Lublin et de Compenhagen. L'armée se dirigea vers un nouveau camp. Le 20 août, après le départ du roi pour Varsovie, les régiments retournèrent à leurs anciens quartiers. Les troupes étaient satisfaites des libéralités du roi de Pologne, qui avait offert de beaux présents aux officiers et deux mois de solde supplémentaires à chaque soldat.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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15
p. 1019-1020
ESPAGNE.
Début :
Par le Courrier arrivé d'Oran le 27. Avril, on a appris que la nuit du 19. au 20. du même [...]
Mots clefs :
Ennemis, Compagnies, Espagnols, Forts, Feu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE,
Ar le Courrier arrivé d'Oran le 27. Avril , on
a appris que la nuit du 19. au 20. du même
mois , l'armée des Ennemis s'étoit approchée par
le Barranco ou Vallon creux , des postes qui couvrent
les Travailleurs des nouvelles Fortifications
des Forts S. Ferdinand et S. Philippe . Deux Compagnies
de Grenadiers qui étoient au pied de la
Montagne de la Mazetta , ayant découvert l'avant-
garde des Maures , la chargerent , mais
nayant reconnu le grand nombre des Ennemis
elles se retirerent de leur poste , qui fut occupé
par un Détachement des Ennemis , jusqu'à ce
que le Marquis de Villadarias , Commandant
General des Troupes Espagnoles , eut envoyé
dix autres Compagnies qui les en chasserent. Če
Détachement s'étant retiré sur l'une des éminences
qui commandent le Barranco , obligea par
le feu continuel de sa Mousqueterie , les Espagnols
de quitter ce même poste ; mais ceux - cy
ayant reçû un renfort de sept Compagnies de
Grenadiers , de quatre de Gardes Espagnoles et
Walonnes , d'une du Régiment d'Espagne , et de
deux du Régiment de Victoria , retournerent à la
charge , attaquerent vivement les Troupes postées
SU
1020 MERCURE DE FRANCE
sur la hauteur , et les mirent en fuite. Alors l'armée
des Maures , composée de 9000. hommes
d'Infanterie et de 2000. chevaux , marcha en
Bataille contre les Espagnols , et ceux- cy s'étant
postez sous le Canon des Forts S. Ferdinand
et S. Philippe , les Ennemis avancerent jusqu'à
la demie portée du fusil de ces Forts , d'où
ils furent très-mal traitez par de fréquentes décharges
d'Artillerie et de Mousqueterie. Après
avoir demeuré pendant quelques heures exposez
à ce feu , et voyant qu'ils perdoient beaucoup de
monde , ils se retirerent sans vouloir engager
le combat avec la Cavalerie Espagnole , qui étoit
postée près du Fort S. André , et qui les attaqua
pour les attirer sous le feu de ce Fort. Quelques
Déserteurs des Ennemis ont rapporté que leur
perte montoit à 1500. hommes. Du côté des Espagnols
il n'y a eu que trois Officiers et sept
Soldats de tuez , et environ 80. blessez .
Ar le Courrier arrivé d'Oran le 27. Avril , on
a appris que la nuit du 19. au 20. du même
mois , l'armée des Ennemis s'étoit approchée par
le Barranco ou Vallon creux , des postes qui couvrent
les Travailleurs des nouvelles Fortifications
des Forts S. Ferdinand et S. Philippe . Deux Compagnies
de Grenadiers qui étoient au pied de la
Montagne de la Mazetta , ayant découvert l'avant-
garde des Maures , la chargerent , mais
nayant reconnu le grand nombre des Ennemis
elles se retirerent de leur poste , qui fut occupé
par un Détachement des Ennemis , jusqu'à ce
que le Marquis de Villadarias , Commandant
General des Troupes Espagnoles , eut envoyé
dix autres Compagnies qui les en chasserent. Če
Détachement s'étant retiré sur l'une des éminences
qui commandent le Barranco , obligea par
le feu continuel de sa Mousqueterie , les Espagnols
de quitter ce même poste ; mais ceux - cy
ayant reçû un renfort de sept Compagnies de
Grenadiers , de quatre de Gardes Espagnoles et
Walonnes , d'une du Régiment d'Espagne , et de
deux du Régiment de Victoria , retournerent à la
charge , attaquerent vivement les Troupes postées
SU
1020 MERCURE DE FRANCE
sur la hauteur , et les mirent en fuite. Alors l'armée
des Maures , composée de 9000. hommes
d'Infanterie et de 2000. chevaux , marcha en
Bataille contre les Espagnols , et ceux- cy s'étant
postez sous le Canon des Forts S. Ferdinand
et S. Philippe , les Ennemis avancerent jusqu'à
la demie portée du fusil de ces Forts , d'où
ils furent très-mal traitez par de fréquentes décharges
d'Artillerie et de Mousqueterie. Après
avoir demeuré pendant quelques heures exposez
à ce feu , et voyant qu'ils perdoient beaucoup de
monde , ils se retirerent sans vouloir engager
le combat avec la Cavalerie Espagnole , qui étoit
postée près du Fort S. André , et qui les attaqua
pour les attirer sous le feu de ce Fort. Quelques
Déserteurs des Ennemis ont rapporté que leur
perte montoit à 1500. hommes. Du côté des Espagnols
il n'y a eu que trois Officiers et sept
Soldats de tuez , et environ 80. blessez .
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Résumé : ESPAGNE.
Le 27 avril, des informations d'Oran ont rapporté qu'une nuit du 19 au 20 avril, l'armée ennemie s'est approchée des postes couvrant les travailleurs des nouvelles fortifications des forts Saint-Ferdinand et Saint-Philippe. Deux compagnies de grenadiers espagnols ont chargé l'avant-garde des Maures mais se sont retirées face à leur nombre. Le marquis de Villadarias a envoyé des renforts pour chasser les ennemis, qui se sont repliés sur une éminence. Les Espagnols, renforcés par sept compagnies de grenadiers, quatre de gardes espagnols et wallons, une du régiment d'Espagne, et deux du régiment de Victoria, ont attaqué et mis en fuite les troupes ennemies. L'armée maure, composée de 9 000 hommes d'infanterie et 2 000 chevaux, a alors avancé en bataille contre les Espagnols. Ces derniers, positionnés sous le canon des forts, ont repoussé les Maures par des décharges d'artillerie et de mousqueterie. Après plusieurs heures sous ce feu, les Maures se sont retirés sans engager la cavalerie espagnole. Les pertes ennemies sont estimées à 1 500 hommes, tandis que les Espagnols ont déploré trois officiers et sept soldats tués, et environ 80 blessés.
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16
p. 2285-2287
Siége du Fort de Kehl, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le Comte de Charolois, frere puîné du Duc de Bourbon, qui a fait ses premieres armes dans [...]
Mots clefs :
Comte, Prince, Roi, Armée, Maréchal, Régiment, Compagnies, Siège de Kehl
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Siége du Fort de Kehl, &c. [titre d'après la table]
Le Comte de Charolois , frere puîné du Duc
de Bourbon , qui a fait ses premieres armes dans
l'Arhée de l'Empereur , au dernier Siege de Belgrade
, et qui combattit auprès du Prince Eugêne
de Savoye, à la défaite de l'Armée Ottomane,
prit congé du Roy à Fontainebleau le 15. de
ce mois,et partit quelques jours après pour l'Ar- `
mée d'Allemagne.
Le Comte de Clermont , le plus jeune des
Princes de la Maison de Condé , ayant demandé
au Roy la permission de servir , et S. M. après
avoir loué son zele , n'y trouvant d'obstacle que
ses engagemens dans l'Etat Ecclesiastique , ce
Prince a obtenu du Pape un Bref par lequel S. S.
lui permet de porter les armes contre les Ennemis
du Roy et de posseder ses Abbayes . S. A. S.
partit le 15. de ce mois pour l'Allemagne.
Le Prince de Conti partit de Paris au commencement
de ce mois , pour aller servir dans
F'Armée d'Allemagne. Il fut reçû , ainsi que les
autres Princes du Sang , dans toutes les Villes et
les Places de guerre où il passa , avec les honneurs
dûs aux Princes de leur sang.
Le Prince de Dombes et le Comte d'Eu , fils
du Duc du Maine , sont partis aussi au commencement
de ce mois pour l'Armée d'Allemagne.,
Ces Princes firent la Campagne de Belgrade en
Hongrie , sous le Prince , en 17
Le 13. Octobre , les Troupes du Roy , commandées
par le Comte de Bellisle , entrerent dans
Nancy par la Porte N. Dame S.M. avoit envoyé
à la Duchesse de Lorraine , quelques jours auparavant
M. de Verneuil, Secretaire du Cabinet,,
pour lui faire connoître que dans les circonstances
présentes , elle ne pourroit se dispenser de
s'assurer de cette Place , pour ôter à ses enne-
Hij
mis
2286 MERCURE DE FRANCE
mis les moyens de s'en emparer. Il avoit cu ordre
au surplus d'assurer S. A. R. que l'intention
du Roy n'étoit pas de rien entreprendre sur fon
autorité ni sur celle du Duc son fils , qui continuëroit
de jouir de tous les droits de Souveraineté
dans l'étendue de ses Etats.
Le 12. de ce mois , le Maréchal de Berwick
commanda 20. Compagnies de Grenadiers et
2000. Fusiliers , sous les ordres du Marquis de
Dreux , Lieutenant General , et du Chevalier de
Givry , Maréchal de Camp , pour passer le Rhin
sur le Pont de Bateaux qu'il avoit fait jetter audessous
de Strasbourg. Ce Détachement passa
près du Village d'Avenheim , et il fut suivi le
13. de toute l'Armée , qui acheva de passer le
Rhin le 14. de ce mois sur le Pont qu'on avoit
construit au-dessous du Fort de Kehl ; cette Place
fit aussi-tôt investie ; on travailla les jours suivans
à établir les quartiers de l'Armée et à prépa
rer tout ce qui étoit nécessaire pour le Siege.
Le Quartier general fut établi au Village de
Sundheim ; la droite fut appuyée au Village de
Golthschir, qui couvre un second Pont , jetté sur :
le haut-Rhin , et la gauche à celui d'Audenheim.
La nuit du 19. au 20. la tranchée fut ouverte
sous les ordres du Marquis de Puysegur , Lieutenant
general des Armées du Roy , de M. de la
Billarderie , Maréchal de Camp , et du Marquis
d'Houdetot , Brigadier ; les 2000. Travailleurs
commandez pour la Tranchée , furent soutenus
par les trois Bataillons du Régiment de Navarre,
par les trois Compagnies de Grenadiers du Régiment
de la Marine , deux de celui de Richelieu ,
et une du Régiment de Bourbonnois ; par un
Détachement de 100. Gendarmes , et par 450.
Cavaliers ou Dragons à pied. Pendant cette nuit
82
OCTOBRE. 1733 2237
én forma une premiere parallele entre le Rhin
er la Schoutre , et on poussà trois boyaux en
avant sur les Capitales du front de l'Ouvrage
Corne.
La nuit du 20. au 21. le Duc de Noailles .
Lieutenant General , le Chevalier de Givri , Maréchal
de Camp et M. de Gensac , Brigadier , releverent
la Tranchée avec 1000. Travailleurs ',
les trois Bataillons du Régiment de Piémont ,
six Compagnies de Grenadiers des Régimens de
Bourbonnois , de Tallard , de Royal et de Pons,
100, Gendarmes et 410. Cavaliers ou Dragons
à pied. Pendant cette nuit et la précédente , on
fit 2500. toises d'ouvrage .
Le lendemain la tranchée fut relevée par le
Prince de Tingry , Lieutenant General , le Comte
de Guitaud , Maréchal de Camp , et le Comte
de Middelbourg , Brigadier , avec 1200. Travailleurs
, soutenus par les trois Bataillons du
Régiment de Normandie , par six Compagnies
de Grenadiers des Régimens Royal , de Lyonnois
, de Touraine et d'Artois , par un Détachement
de roo. Gendarmes , et par un de 450.
Cavaliers ou Dragons . Les Assiegez qui depuis
le commencement du Siege n'avoient point tiré ,
firent cette nuit un grand feu d'Artillerie et de
Mousqueterie , mais ils n'empêcherent pas nos
Troupes de se loger sur la Lunette avancée.
M. de Longeville , Ingénieur , fut tué cette nuit
là avec un Soldat , et il y en eut 6. de blessez .
Les derniers avis du Camp devant le Fort de
Kell , du 24. de ce mois , portent que la nuit
précedente on s'étoit logé dans les deux petites
contre-gardes , situées entre la Lunette avancée et
le demi Bastion de la droite de l'Ouvrage à Corne..
La suite pour le Mercure prochain.
de Bourbon , qui a fait ses premieres armes dans
l'Arhée de l'Empereur , au dernier Siege de Belgrade
, et qui combattit auprès du Prince Eugêne
de Savoye, à la défaite de l'Armée Ottomane,
prit congé du Roy à Fontainebleau le 15. de
ce mois,et partit quelques jours après pour l'Ar- `
mée d'Allemagne.
Le Comte de Clermont , le plus jeune des
Princes de la Maison de Condé , ayant demandé
au Roy la permission de servir , et S. M. après
avoir loué son zele , n'y trouvant d'obstacle que
ses engagemens dans l'Etat Ecclesiastique , ce
Prince a obtenu du Pape un Bref par lequel S. S.
lui permet de porter les armes contre les Ennemis
du Roy et de posseder ses Abbayes . S. A. S.
partit le 15. de ce mois pour l'Allemagne.
Le Prince de Conti partit de Paris au commencement
de ce mois , pour aller servir dans
F'Armée d'Allemagne. Il fut reçû , ainsi que les
autres Princes du Sang , dans toutes les Villes et
les Places de guerre où il passa , avec les honneurs
dûs aux Princes de leur sang.
Le Prince de Dombes et le Comte d'Eu , fils
du Duc du Maine , sont partis aussi au commencement
de ce mois pour l'Armée d'Allemagne.,
Ces Princes firent la Campagne de Belgrade en
Hongrie , sous le Prince , en 17
Le 13. Octobre , les Troupes du Roy , commandées
par le Comte de Bellisle , entrerent dans
Nancy par la Porte N. Dame S.M. avoit envoyé
à la Duchesse de Lorraine , quelques jours auparavant
M. de Verneuil, Secretaire du Cabinet,,
pour lui faire connoître que dans les circonstances
présentes , elle ne pourroit se dispenser de
s'assurer de cette Place , pour ôter à ses enne-
Hij
mis
2286 MERCURE DE FRANCE
mis les moyens de s'en emparer. Il avoit cu ordre
au surplus d'assurer S. A. R. que l'intention
du Roy n'étoit pas de rien entreprendre sur fon
autorité ni sur celle du Duc son fils , qui continuëroit
de jouir de tous les droits de Souveraineté
dans l'étendue de ses Etats.
Le 12. de ce mois , le Maréchal de Berwick
commanda 20. Compagnies de Grenadiers et
2000. Fusiliers , sous les ordres du Marquis de
Dreux , Lieutenant General , et du Chevalier de
Givry , Maréchal de Camp , pour passer le Rhin
sur le Pont de Bateaux qu'il avoit fait jetter audessous
de Strasbourg. Ce Détachement passa
près du Village d'Avenheim , et il fut suivi le
13. de toute l'Armée , qui acheva de passer le
Rhin le 14. de ce mois sur le Pont qu'on avoit
construit au-dessous du Fort de Kehl ; cette Place
fit aussi-tôt investie ; on travailla les jours suivans
à établir les quartiers de l'Armée et à prépa
rer tout ce qui étoit nécessaire pour le Siege.
Le Quartier general fut établi au Village de
Sundheim ; la droite fut appuyée au Village de
Golthschir, qui couvre un second Pont , jetté sur :
le haut-Rhin , et la gauche à celui d'Audenheim.
La nuit du 19. au 20. la tranchée fut ouverte
sous les ordres du Marquis de Puysegur , Lieutenant
general des Armées du Roy , de M. de la
Billarderie , Maréchal de Camp , et du Marquis
d'Houdetot , Brigadier ; les 2000. Travailleurs
commandez pour la Tranchée , furent soutenus
par les trois Bataillons du Régiment de Navarre,
par les trois Compagnies de Grenadiers du Régiment
de la Marine , deux de celui de Richelieu ,
et une du Régiment de Bourbonnois ; par un
Détachement de 100. Gendarmes , et par 450.
Cavaliers ou Dragons à pied. Pendant cette nuit
82
OCTOBRE. 1733 2237
én forma une premiere parallele entre le Rhin
er la Schoutre , et on poussà trois boyaux en
avant sur les Capitales du front de l'Ouvrage
Corne.
La nuit du 20. au 21. le Duc de Noailles .
Lieutenant General , le Chevalier de Givri , Maréchal
de Camp et M. de Gensac , Brigadier , releverent
la Tranchée avec 1000. Travailleurs ',
les trois Bataillons du Régiment de Piémont ,
six Compagnies de Grenadiers des Régimens de
Bourbonnois , de Tallard , de Royal et de Pons,
100, Gendarmes et 410. Cavaliers ou Dragons
à pied. Pendant cette nuit et la précédente , on
fit 2500. toises d'ouvrage .
Le lendemain la tranchée fut relevée par le
Prince de Tingry , Lieutenant General , le Comte
de Guitaud , Maréchal de Camp , et le Comte
de Middelbourg , Brigadier , avec 1200. Travailleurs
, soutenus par les trois Bataillons du
Régiment de Normandie , par six Compagnies
de Grenadiers des Régimens Royal , de Lyonnois
, de Touraine et d'Artois , par un Détachement
de roo. Gendarmes , et par un de 450.
Cavaliers ou Dragons . Les Assiegez qui depuis
le commencement du Siege n'avoient point tiré ,
firent cette nuit un grand feu d'Artillerie et de
Mousqueterie , mais ils n'empêcherent pas nos
Troupes de se loger sur la Lunette avancée.
M. de Longeville , Ingénieur , fut tué cette nuit
là avec un Soldat , et il y en eut 6. de blessez .
Les derniers avis du Camp devant le Fort de
Kell , du 24. de ce mois , portent que la nuit
précedente on s'étoit logé dans les deux petites
contre-gardes , situées entre la Lunette avancée et
le demi Bastion de la droite de l'Ouvrage à Corne..
La suite pour le Mercure prochain.
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Résumé : Siége du Fort de Kehl, &c. [titre d'après la table]
En octobre 1733, plusieurs princes français se préparèrent à rejoindre l'armée d'Allemagne. Le Comte de Charolois, frère du Duc de Bourbon, quitta Fontainebleau le 15 octobre pour se rendre en Allemagne. Le Comte de Clermont, le plus jeune des Princes de Condé, obtint une dispense papale pour servir militairement malgré ses engagements ecclésiastiques et partit également le 15 octobre. Le Prince de Conti, ainsi que le Prince de Dombes et le Comte d'Eu, fils du Duc du Maine, partirent au début du mois pour l'armée d'Allemagne. Ces princes avaient déjà participé à la campagne de Belgrade en Hongrie en 1717. Le 13 octobre, les troupes du Roi, commandées par le Comte de Bellisle, entrèrent dans Nancy. Le Roi avait envoyé M. de Verneuil informer la Duchesse de Lorraine que Nancy devait être sécurisée pour empêcher les ennemis de s'en emparer, tout en assurant que l'autorité du Duc de Lorraine et de son fils resterait intacte. Le 12 octobre, le Maréchal de Berwick ordonna à 20 compagnies de grenadiers et 2000 fusiliers de traverser le Rhin près de Strasbourg. L'armée entière passa le Rhin les 13 et 14 octobre et investit la place de Kehl. Les quartiers de l'armée furent établis, et les préparatifs pour le siège commencèrent. La tranchée fut ouverte la nuit du 19 au 20 octobre sous les ordres du Marquis de Puysegur et d'autres officiers. Les travaux se poursuivirent les nuits suivantes, malgré un feu intense des assiégés, qui tua M. de Longeville et blessa plusieurs soldats. Les dernières nouvelles du 24 octobre mentionnaient l'occupation de deux contre-gardes près de la lunette avancée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17
p. 2530-2543
ARRESTS NOTABLES.
Début :
ARREST du 22. Octobre, rendu au sujet de deux Imprimez répandus sous le nom de [...]
Mots clefs :
Rentes, Forme, Rentiers, Parlement, Rentes viagères, Arrérages, Cour, Roi, Royaume, Compagnies, Classe, Subdivision, Contrats, Notaires, Acquéreurs
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texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLES.
sous
RREST du 22. Octobre , rendu au sujet de
deux Imprimez répandus sous le nom de
Mandemens de M. l'Evêque de Laon , &c. dont
voici la teneur. ,
Le Roi s'étant fait représenter deux Imprimez
qui paroissent depuis quelques jours , sans que le
nom de l'Imprimeur , ni le lieu de l'impression
y soient marquez , l'un sous le titre de Mande
ment de M. l'Evêque Duc de Laon , contre des
Ecrits intitulez : Arrêt de la Cour du Parlement
du 25. Avril 173 3. et Arrêt de la Cour du Parlement
du 23. Fevrier 1733. donné le 10. May
1733. et enregistré le 20. May au Greffe de l'Offi
cialité ; Mandement de M. l'Evêque Duc de Laon,
second Pair de France , &c. au sujet de quatre
Imprimez qui sont énoncez dans ledit titre, S. M.
auroit reconnu , l'examen qu'elle en a
fait faire dans son Conseil , que ces deux ouvra
ges , soit par les traits qui y sont répandus sans
menagement, soit par les questions qu'on y agite
une maniere aussi peu mesurée,ne peuvent servit
par
qu'à
•
NOVEMBRE. 1733. 253 2
qu'à ranimer la chaleur des disputes , et à aug
menter un feu que le Roy travaille continuellement
à éteindre dans son Royaume ; Que d'ailleurs,
par l'usage qu'on y veut faire des censures,
on retombe dans les mêmes excès que Sa Majesté
a déja été obligée de réprimer par son Arrêt
du 29. Septembre 173 1. qu'on y entreprend
même de s'élever contre la regle que le Roy a
renouvellée par ses Déclarations du 4. Août 1720
et du 24. Mars 1730. en deffendant d'exiger
directement ou indirectement aucunes nouvelles
formules de souscription , à l'occasion des
Bulles des Papes qui sont reçûës dans ce Royau
me , n'étant permis d'en introduire sans déli-
» bération des Evêques , revétus de l'authorité
» du Roy qu'enfin on s'y explique en plusieurs
endroits d'une maniere capable d'exciter de nouveau
les disputes qui s'étoient élevées sur la distinction
des deux Puissances , et dont le Roy a
jugé à propos de suspendre le cours. Qu'ainsi ces
deux Ecrits étant contraires aux Arrêts que S.M.
a rendus sur ce sujet , et entr'autres à celui du
2. Septembre qui ordonne la suppression d'une
Instruction Pastorale du Sr Evêque de Laon ; le
Roy , qui s'est réservé la connoissance de l'execution
de ces Arrêts , ne sçauroit interposer trop
promptement son authorité contre des Ouvrages
dont les suites peuvent être si dangereuses .
A quoi étant nécessaire de pourvoir , Sa Majesté
étant en son Conseil , a ordonné et ordonne
que lesdits Ecrits , dont l'un a pour titre ,
Mandement de M. l'Evêque Duc de Laon , contre
des Ecrits intitulez , Arrêt de la Cour du Parlement
du 25. Avril 1733. et Arrêt de la Cour du
Parlement du 23. Février 1733. donné le 10. May!
mil sept cent trente-trois et enregistré le vingt May
L.V)
de
2532 MERCURE DE FRANCE
de la même année à l'Officialité , et dont l'autre
est intitulé , Mandement de M. l'Evêque Due
de Laon , second Pair de France. Comte d'Anisy
, &c. au sujet des quatre Imprimez , dont
P'un apour titre , Arrêté du Parlement du 6. May
1733. Le second , Très -humbles et très - respectueuses
Remontrances que présentent au Roy
notre très - honoré et souverain Seigneur , les
Gens de sa Cour de Parlement , en date du 15.
du même mois . Le troisiéme , Arrêté du Parlement
fait après le comte que M. le Premier Président
a rendu aux Chambres assemblées , de la
Réponse du Roy aux Remontrances du 19. May
1733. Le quatriéme , Instruction Pastorale de
M. l'Evêque de Montpellier , adressée au Clergé
et aux fideles de son diocese , au sujet des miracles
que Dieu fait en faveur des Appellans de la
Bulle Unigenitus 1733. donné à Laon le 1. Juillet
1733. seront et demeureront supprimez , comme
contraires et attentatoires à l'authorité des Decla
rations et Arrêts de Sa Majesté , tendans à émouvoir
les esprits , et à troubler la tranquillité publique.
Enjoint Sa Majesté à tous ceux qui en ont
des exemplaires , de les remettre incessamment au
Greffe du Conseil , pour y être supprimez. Fait
deffenses à tous Imprimeurs , Libraires , Colporteurs
, et autres , de quelque état ou condition
qu'ils soient , d'en imprimer , vendre , debiter,
ou autrement distribuer , à peine de punition
exemplaire ;
ORDONNANCE du premier Novembre
portant permission aux Capitaines des Régimens
d'Infanterie , de Cavalerie et de Dragons , qui
servent en Italie , de recevoir dans leurs Compagnies
jusques à cinq hommes de nation étrangère.
AUTRE
NOVEMBRE . 1733. 2533
AUTRE du même jour , portant augmentation
des Troupes , par laquelle il est dit que S. M. jugeant
à propos de faire une augmentation dans
ses Troupes , afin de les mettre en état d'être encore
plus utilement employées pour son service ,
a ordonné et ordonne que les XI . Articles con
tenus dans ladite Ordonnance seroient executez
selon leur forme et teneur , & c.
AUTRE du même jour , pour établir un troisième
Officier dans toutes les Compagnies des
Regimens d'Infanterie Erançoise.
AUTRE du f . Novembre , qui admet à profiter
de l'Amnistie du 17. Janvier 1730 , les Cavaliers
, Dragons , Soldats et Miliciens qui ayant
deserté avant ledit jour , ne seront pas rentrez
dans le Royaume dans le terme qui leur étoit
prescrit , à condition d'aller servir à l'Armée
d'Italie.
AUTRE du 9. Novembre , portant deffenses
de transporter des grains hors du Royaume.
AUTRE du 10. Novembre , pour augmenter
d'un Bataillon chacun des Régimens de son Infanterie
qui y sont nommez ; sçavoir , de Picardie
, Champagne , Navarre , Piemont , Norman-
>
Marine, Richelieu , Bourbonnois , Auvergne
, Tallard , Pons , Royal Poitou
Lyonnois , et celui de Monseigneur le Dauphin.
Ordonne S. M. aux Colonels desdits Régimens
tenir la main à ce que lesdites Compagnies soient
mises sur pied du nombre de 40. hommes habillez
et armez entre cy et le premier Mars
prochain , &c.
AUTRE
2534 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , pour augmenter de
14 hommes , chacune des trente Compagnies
ordinaires du Régiment des Gardes Françoises.
AUTRE du même jour , portant augmenta⇒
tion des Compagnies franches de Dragons .
AUTRE du même jour , pour augmenter les
Compagnies franches d'Infanterie.
AUTRE du même jour , pour augmenter de
quarante hommes les anciennes Compagnies des
huit Régimens Suisses , et en lever huit nouvelles
de deux cens hommes chacune.
"
AUTRE du 12. Novembre concernant la Milice
, par laquelle il est dit que S. M. ayant résolu
d'augmenter les Milices qui ont été levéesen
execution de son Ordonnance du 25. Février
1726. de trente nouveaux Bataillons , composez
de 684. hommes chacun ; même de mettre audit
nombre de 684. les 93. Bataillons qui sont actuellement
sur pied , pour les égaler en force
aux Bataillons de Troupes reglées ; comme aussi
de faire commander les Compagnies de Milice ,
par un grand nombre d'Officiers , avec une paye
annuelle et dans une forme differente de celles :
qui ont été établies par les Ordonnances préce-,
dentes ; Elle a ordonné que les 20 Articles contenus
dans ladite Ordonnance , seroient executez
selon leur forme et teneur , au bas de laquelle il
y a un Etat contenant la répartition de 123. Ba
taillons de Milices , composez de 684. hommes ;
qui doivent être fournis par les Provinces et Ge
neralitez du Royaume qui y sont dénommez , -
tant de l'Ordonnance du 25. Février 1716. que
de la presente , &C.
EDIT
NOVEMBRE. 1733. 2535
i
EDIT DU ROY , portant création de Ren
tes Viageres , en forme de Tontine. Donné
Fontainebleau , au mois de Novembre 1733*-
Registré en Parlement , fe 2 Decembre 1733 .
Louis , par la Grace de Dieu , &c. A. tous presens
et à venir : Salut. Etant informé que les
Rentes Viageres , dites Tontine , créées par no
tre tres-honoré Seigneur et Bisayeul, de glorieuse
mémoire , ont été levées avec empressement,
par l'avantage que nos Sujets y trouvoient, de sé
procurer des revenus considerables , avec une
somme modique ; et que l'exactitude avec la
quelle le payement de ces Rentes s'est toujours
fait , même dans les temps les plus difficiles , depuis
leur création jusqu'à present , sans aucune
diminution ni retranchement , leur faisoit sou
haiter que nous voulussions bien en faire une
nouvelle création : Nous nous y sommes déterminez
avec plaisir : Et Nous avons même jugé à
propos , pour l'avantage de nos Sujets , de subdiviser
chaque Classe en plusieurs parties, afin de
partager la jouissance des Rentiers décedez , entre
un plus grand nombre de Rentiers suivans ; de
maniere que le suivant de chaque subdivision
jouira de la totalité des Rentes , dont elle sera
composée ; au moyen de quoi il y aura plusieurs
survivans par chaque Classe , au lieu qu'il n'y
en avoit ordinairement qu'un dans les premieres
Tontines , qui joüissoit des Rentes de sa Classe ..
A ces causes , et autres à ce Nous mouvans , de
l'avis de notre Conseil , et de notre certaine
science , pleine puissance er authorité Royale
Nous avons par notre présent Edit perpetuel ett
irrévocable , dit , statué et ordonné, disons , statuons
et ordonnons , Voulons et Nous plaît.
ART. L. Que par les Commissaires qui seront
par Nous députez , il soit vendu et aliené à nos
chers
2436 MERCURE DE FRANCE
€
chers et bien amez les Prevôt des Marchands et
Echevins de nôtre bonne ville de Paris , un million
cinquante mille livres actuelles et effectives
de rentes viageres , à prendre sur le produit de
nos droits d'Aydes et Gabelles , et des cinq grosses
fermes , que Nous avons declarez et declarons
specialement , et par privilege , affectez et
hypothequez au payement des arrerages desdites
rentes , même par preference à la partie de nôtre
Tresor Royal.
ART. II . Voulons que les constitutions particulieres
en soient faites par les Prevôt des Mar.
chands et Echevins de nôtre bonne ville de Paris,
à ceux de nos sujets , aux étrangers non naturalisez
, même à ceux qui seront demeurans hors
de nôtre Royaume, pays , Terres et Seigneuries de
nôtre obéissance , qui les voudront acquerir ;
renonçant pour cet effet à tous droits d'aubaine
, et autres qui pourroient Nous appartenir >
même à ceux de confiscation , en cas que les particuliers
, au profit de qui lesdites rentes seront
constituées , fussent sujets des Princes et Etats
contre lesquels Nous serions en guerre ,
Nous les avons relevez et dispensez .
>
dont
ART. III . Voulons que les Contrats de constitution
desdites rentes soient passez pardevant
tels Notaires que les acquereurs vaudront choisir
, pour en jouir par eux leur vie durant , comme
de leur propre chose , vray er loyal acquêr
pleinement et paisiblement , en vertu de leurs
contrats, et en être payez actuellement et effectivement
par demi- année , à Bureau ouvert ,
deux payemens par chacun an , sans que lesdites
rentes puissent être réduites ni retranchées , sous
quelque prétexte que ce puisse être. Et seront les
Contrats de constitution desdites rentes ,delivrez
gratuitement aux acquereurs par les Notaires ,
en
aus
NOVEMBRE. 1733. 2537
ausquels il sera par Nous pourvû d'un salaire raisonnable.
IV. Le million cinquante mille livres de
rentes , sera distribué, en sept classes , de cent
cinquante mille livres chacune , et chaque classe
subdivisée en trente parties de cinq mille livres
, qui seront remplies de suite ; de maniere
qu'aussi- tôt qu'une desdites trente parties de
cinq mille livres de rente se trouvera levée , les
nouveaux acquereurs seront inscrits dans la seconde
subdivision , et ainsi successivement dans.
la troisiéme et suivantes , jusqu'à la concurrence
desdites cent cinquante mille livres de rentes ,
dont la classe sera composée : La premiere , des
enfans depuis un an jusqu'à dix ans accomplis ; la
deuxième, de dix ans jusqu'à vingt ; la troisième
de vingt ans jusqu'à trente ; la quatrième , de
trente ans jusqu'à quarante ; la cinquième de
quarante ans jusqu'à cinquante ; la sixième , de
cinquante ans jusqu'à soixante ; et la septième et
derniere , de soixante ans jusqu'à soixante-dix.et
au-dessus .
V. Chaque Action sera de trois cens livres de
capital , et il sera permis à chaque Rentier , d'en
prendre tel nombre qu'il lui plaira dans chaque
subdivision de sa classe , pour lesquelles il lui sera
expedié un ou plusieurs Contrats, à son choix.
VI. Comme il ne seroit pas juste que les personnes
moins avancées en âge , qui selon le
cours de nature doivent plus long- tems jouir
desdites Rentes , en tirassent un aussi fort revenu
que ceux d'un âge plus avancé , ordonnons
que les Rentiers des deux premieres classes , jusqu'à
l'âge de vingt ans accomplis , seront payez
des interêts de leur capital sur le pied du Denier
Quatorze , ceux de la troisiéme et quatriéme
depuis vingt ans jusqu'à quarante , sur le pied
du
2528 MERCURE DE FRANCE
du Denier Douze ; ceux de la cinquième et
sixiéme , depuis quarante ans jusqu'à soixante ,
sur le pied du Denier Dix ; et ceux de la septième
depuis soixante ans jusqu'à soixante - dix et au
dessus , à raison du Denier Huit .
VII. Lorsque les acquereurs desdites Rentes
viageres viendront à déceder , les arrerages dont
ils jouissoient , appartiendront par accroissement
aux survivans de la même subdivision dans laquelle
ils seront employez , et seront distribuez
entre eux d'année en année au sol la livré jusqu'au
dernier mourant , sans que lesdites Rentes
puissent être censées éteintes à nôtre profit par
le décès des acquereurs ; sinon après le décès du
dernier Rentier de chaque subdivision de classe ;
ensorte que le dernier vivant de chaque subdivision
de chacune desdites classes , recueillera
seul le revenu de tous les capitaux qui compose
ront ladite subdivision ; et toutes les Rentes
comprises en icelle demeureront éteintes et
amorties à notre profit , après la mort du dernier
Rentier de ladite subdivision .
VIII. Ceux qui acquerront lesdites Rentes
seront tenus de justifier leur âge par des Extraits
baptistaires en bonne forme , et dûement légalisez
ou actes de notorieté équipolents ; et à l'é
gard des étrangers demeurans hors de nôtre
Royaume, ils seront tenus, outre lesdits Extraitsbaptistaires,
ou autres actes équipolents , de rapporter
des certificats de nos Ambassadeurs , Envoyez
, Résidens ou Consuls de la Nation Françoise,
dans les Cours , Etats , ou Villes étrangeres
où ils demeureront , portant qu'ils se sont
presentez devant eux , et qu'ils leur ont représenté
lesdits Extraits- baptistaires : ou autres actes
équipolents , annexez aux minutes des Contrats
de constitution desdites Rentes,
IX
NOVEMBRE. 1733 2539
IX. Le Bureau sera ouvert à notre Trésor
Royal , huit jours après l'enregistrement de nô
tre present Edit,pour y recevoir les deniers capitaux
desdites Rentes , et en délivrer des quittan →
ces sur lesquelles les Contrats seront passez , pour
être ensuite procedé à la confection des listes de
chaque classe , et par Nous pourvû à la distribution
du fonds necessaire pour le payement des
Rentes de chacune , à raison du Denier ci- dessus
mentionné.
X. Ceux qui acquerront lesdites Rentes viageres
avant le premier Janvier prochain , en aufont
la jouissance à commencer du premier Octobre
dernier , et ceux qui les acquerront avant
le premier Avril , en jouiront du premier Janvier
: lequel temps passé, le Bureau de la Recet
te desdits capitaux demeurera fermé .
XI. Le payement des arrerages desdites Rentesse
fera par les Payeurs qui seront créez à cet effet
, et ainsi qu'il se pratique pour les autres Rentes
de l'Hôtel de Ville,ausquels Payeurs les fonds
seront remis chaque année , par les Fermiers de
nos Aydes et Gabelles et autres Fermes.
XII. Voulons que la presente Tontine soit di
rigée en la même forme et maniere,que les trois
autres ci-devant créées ; et qu'en consequence
le Prevôt des marchands de nôtredite Ville de
Paris procéde à la nominatiou des Syndics honoraires
desdites classes , aussitôt après la confection
des listes , conformement à ce qui s'est
pratiqué jusqu'à present : Et à l'égard des Syndics
onéraires , notre intention est que ceux qui
sont pourvûs de ces Offices pour lesdites trois
premieres Tontines, fassent les mêmes fonctions
pour la présente , suivant la distribution qui leur
sera faite desdites Classes par le Prevôt desMarchands.
2540 MERCURE DE FRANCE
XIII . Et comme il est important d'empêcher
qu'on ne puisse sous des noms supposez , sur des
fausses Quittances , et sur des Quittances signées
par des Rentiers avant leurs décès , recevoir le
payement des arrérages desdites Rentes à notre
préjudice , et à celui du droit d'accroissement acquis
aux furvivans : Voulons et Ordonnons que
les Quittances soient passés par les Rentiers, domiciliez
à Paris , pardevant les mêmes Notaires
qui auront expedié les Contrats de Constitution,
qui attesteront que le Rentier , au nom duquel
la Quittance sera passée , est actuellement en vie
et s'est présenté devant eux lors de la passatiou
de ladite Quittance , de la verité desquelles chacun
desdits Notaires demeurera civil menr res
ponsable , sans que lesdits Rentiers soient obligez
de rapporter d'autre Certificat de vie , dont
Nous les avons dispensez : A l'égard de ceux qui
demeurent dans les Provinces de notre Royaume,
ils pourront faire reccvoir les arrérages , sur des
Procurations en boune forme , passées pardevant
Notaire , et légalisées par le Juge ordinaire
du lieu de la résidence desdits Notaires ,
qui certifiera au pied desdites Procurations
la vie desdits Rentiers : Et ceux qui seront
demeurants hors de nôtre Royaume , seront tenus
de rapporter des certificats de vie , passez
pardevant Notaires , ou autres personnes publiques
, en présence de deux témoins , qui attesteront
avoir vu dans le jour, et parlé audit Rentier,
le tout légalisé par nos Ambassadeurs , Envoyez,
Résidens , ou Consuls de la Nation Françoise
dans les Cours, Etats et Villes étrangeres où ils
sont demeurants ; et dans tous les cas ci- dessus ,
seront les Quittances passées devant Notaires
comme il se pratique pour toutes les autres Rentes
viageres par Nous dues. Voulons au surplus ,
>
qua
NOVEMBRE. 1733. 2541
que que nôtre Declaration du 27. Decembre 1727.
qui établit des peines contre ceux qui recevroient
indûëment les arrerages des Rentes viageres
constituées sur l'Hôtel de Ville de Paris , soit
executée selon sa forme et teneur , pour les Rentes
créées par le present Edit ; et que dans le cas
où les Notaires ne reconnoîtroient pas assez les
Rentiers pour certifier leur existance , il y soit
suppléé conformément à ladite Declaration , par
l'intervention de deux personnes domiciliées à
Paris, qui attesteront l'existence desdits Rentiers .
XIV. Et pour d'autant plus favoriser les acquereurs
desd . Rentes viageres ,voulons que les arrerages
, à quelque somme qu'ils puissent monter
par l'accroissement de la part des prédecedez , ne
puissent être saisis sous quelque prétexte que ce
soit , pas même pour nos propres affaires ; et en
outre que les Rentes qui seront acquises par les
étrangers , soient exemptes de toutes lettres de
marque , et de représailles , pour quelque cause
que ce soit.
XV. Les arrerages desdites Rentes , qui seront
dûs au jour du decès de chacun des Rentiers , seront
payez à leurs veuves , enfans et héritiers, en
rapportant , outre l'Extrait mortuaire en bonne
forme , bien et dûëment légalisé , la Grosse du
Contrat de constitution.
XVI . Les peres et meres qui auront acquis
desdites Rentes viageres sous le nom d'aucun de
leurs enfans , jouiront des arrérages , sans être
tenus d'en rendre aucun compte ,jusqu'à ce qu'ils
en ayent disposé au profit de leursdits enfans.
XVII . Ceux de nos Sujets caillables, qui acquereront
desdites Rentes , ne pourront être imposez
à la Taille à plus grande somme , pour raison
de ladite acquisition , ni même pour l'accroissement
dont ils pourront joüir dans la suite .
XVIII
2642 MERCURE DE FRANCE
XVIII. Les acquereurs desdites Rentes pourfont
faire passer les Contrats sous le nom de telles
personnes qu'ils voudront choisir , pour en jouir
tant par eux , que par ceux qu'ils nommeront sur
leurs quittances , dont il sera fait mention dans
les quittances du Garde de notre Trésor Royal , er
dans lesdits Contracts ; et l'existence des personnes
nommées par lesdits acquereurs , sera justi—
fiée pour recevoir les arrerages et accroissemens,
dans les formes ci - dessus.
XIX. Voulons que s'il arrive quelques contestations
pour raison du payement desdites Rentes
viageres , forme ou validité des quittances
des rentiers , ou touchant quelque autre chose
concernant lesdites rentes , la connoissance en
appartienne aux Prevôt des Marchands et Echevins
de notre bonne ville de Paris ,ausquels Nous
en avons attribué toute Cour ,Jurisdiction et connoissance
; pour être par eux lesdites contestations
decidées sommairement et sans frais , en
premiere instance , et par appel en notre Cour de
Parlement de Paris ; nonobstant et sans prejudice
duquel appel , les jugemens rendus par lesdits
Prevôt des Marchands et Echevins , seront executez
par provision. Si donuons en mandement à
nos amez et feaux Conseillers les Gens tenans notre
Cour de Parlement, Chambre des Comptes et
Cour des Aydes à Paris , que notre present Edit
ils ayent à faire lire, publier et registrer , et le contenu
en iceluy garder et observer de point en
point , selon sa forme et teneur , nonobstant tous
Edits , Declarations , Arrêts , Reglemens et autres
choses à ce contraires , ausquels Nous avons
dérogé et derogeons par le present Edit ; aux copies
duquel , collationnées par l'un de nos amez
et feaux Conseillers-Secretaires , voulons que foy
soit adjoûtée comme à l'original : Car tel est notre
plaisir. Et afin que ce soit chose ferme et staNOVEMBRE.
1733. 2543
ble à toûjours , Nous y avons fait mettre notre
scel . Donné à Fontainebleau &c.
sous
RREST du 22. Octobre , rendu au sujet de
deux Imprimez répandus sous le nom de
Mandemens de M. l'Evêque de Laon , &c. dont
voici la teneur. ,
Le Roi s'étant fait représenter deux Imprimez
qui paroissent depuis quelques jours , sans que le
nom de l'Imprimeur , ni le lieu de l'impression
y soient marquez , l'un sous le titre de Mande
ment de M. l'Evêque Duc de Laon , contre des
Ecrits intitulez : Arrêt de la Cour du Parlement
du 25. Avril 173 3. et Arrêt de la Cour du Parlement
du 23. Fevrier 1733. donné le 10. May
1733. et enregistré le 20. May au Greffe de l'Offi
cialité ; Mandement de M. l'Evêque Duc de Laon,
second Pair de France , &c. au sujet de quatre
Imprimez qui sont énoncez dans ledit titre, S. M.
auroit reconnu , l'examen qu'elle en a
fait faire dans son Conseil , que ces deux ouvra
ges , soit par les traits qui y sont répandus sans
menagement, soit par les questions qu'on y agite
une maniere aussi peu mesurée,ne peuvent servit
par
qu'à
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NOVEMBRE. 1733. 253 2
qu'à ranimer la chaleur des disputes , et à aug
menter un feu que le Roy travaille continuellement
à éteindre dans son Royaume ; Que d'ailleurs,
par l'usage qu'on y veut faire des censures,
on retombe dans les mêmes excès que Sa Majesté
a déja été obligée de réprimer par son Arrêt
du 29. Septembre 173 1. qu'on y entreprend
même de s'élever contre la regle que le Roy a
renouvellée par ses Déclarations du 4. Août 1720
et du 24. Mars 1730. en deffendant d'exiger
directement ou indirectement aucunes nouvelles
formules de souscription , à l'occasion des
Bulles des Papes qui sont reçûës dans ce Royau
me , n'étant permis d'en introduire sans déli-
» bération des Evêques , revétus de l'authorité
» du Roy qu'enfin on s'y explique en plusieurs
endroits d'une maniere capable d'exciter de nouveau
les disputes qui s'étoient élevées sur la distinction
des deux Puissances , et dont le Roy a
jugé à propos de suspendre le cours. Qu'ainsi ces
deux Ecrits étant contraires aux Arrêts que S.M.
a rendus sur ce sujet , et entr'autres à celui du
2. Septembre qui ordonne la suppression d'une
Instruction Pastorale du Sr Evêque de Laon ; le
Roy , qui s'est réservé la connoissance de l'execution
de ces Arrêts , ne sçauroit interposer trop
promptement son authorité contre des Ouvrages
dont les suites peuvent être si dangereuses .
A quoi étant nécessaire de pourvoir , Sa Majesté
étant en son Conseil , a ordonné et ordonne
que lesdits Ecrits , dont l'un a pour titre ,
Mandement de M. l'Evêque Duc de Laon , contre
des Ecrits intitulez , Arrêt de la Cour du Parlement
du 25. Avril 1733. et Arrêt de la Cour du
Parlement du 23. Février 1733. donné le 10. May!
mil sept cent trente-trois et enregistré le vingt May
L.V)
de
2532 MERCURE DE FRANCE
de la même année à l'Officialité , et dont l'autre
est intitulé , Mandement de M. l'Evêque Due
de Laon , second Pair de France. Comte d'Anisy
, &c. au sujet des quatre Imprimez , dont
P'un apour titre , Arrêté du Parlement du 6. May
1733. Le second , Très -humbles et très - respectueuses
Remontrances que présentent au Roy
notre très - honoré et souverain Seigneur , les
Gens de sa Cour de Parlement , en date du 15.
du même mois . Le troisiéme , Arrêté du Parlement
fait après le comte que M. le Premier Président
a rendu aux Chambres assemblées , de la
Réponse du Roy aux Remontrances du 19. May
1733. Le quatriéme , Instruction Pastorale de
M. l'Evêque de Montpellier , adressée au Clergé
et aux fideles de son diocese , au sujet des miracles
que Dieu fait en faveur des Appellans de la
Bulle Unigenitus 1733. donné à Laon le 1. Juillet
1733. seront et demeureront supprimez , comme
contraires et attentatoires à l'authorité des Decla
rations et Arrêts de Sa Majesté , tendans à émouvoir
les esprits , et à troubler la tranquillité publique.
Enjoint Sa Majesté à tous ceux qui en ont
des exemplaires , de les remettre incessamment au
Greffe du Conseil , pour y être supprimez. Fait
deffenses à tous Imprimeurs , Libraires , Colporteurs
, et autres , de quelque état ou condition
qu'ils soient , d'en imprimer , vendre , debiter,
ou autrement distribuer , à peine de punition
exemplaire ;
ORDONNANCE du premier Novembre
portant permission aux Capitaines des Régimens
d'Infanterie , de Cavalerie et de Dragons , qui
servent en Italie , de recevoir dans leurs Compagnies
jusques à cinq hommes de nation étrangère.
AUTRE
NOVEMBRE . 1733. 2533
AUTRE du même jour , portant augmentation
des Troupes , par laquelle il est dit que S. M. jugeant
à propos de faire une augmentation dans
ses Troupes , afin de les mettre en état d'être encore
plus utilement employées pour son service ,
a ordonné et ordonne que les XI . Articles con
tenus dans ladite Ordonnance seroient executez
selon leur forme et teneur , & c.
AUTRE du même jour , pour établir un troisième
Officier dans toutes les Compagnies des
Regimens d'Infanterie Erançoise.
AUTRE du f . Novembre , qui admet à profiter
de l'Amnistie du 17. Janvier 1730 , les Cavaliers
, Dragons , Soldats et Miliciens qui ayant
deserté avant ledit jour , ne seront pas rentrez
dans le Royaume dans le terme qui leur étoit
prescrit , à condition d'aller servir à l'Armée
d'Italie.
AUTRE du 9. Novembre , portant deffenses
de transporter des grains hors du Royaume.
AUTRE du 10. Novembre , pour augmenter
d'un Bataillon chacun des Régimens de son Infanterie
qui y sont nommez ; sçavoir , de Picardie
, Champagne , Navarre , Piemont , Norman-
>
Marine, Richelieu , Bourbonnois , Auvergne
, Tallard , Pons , Royal Poitou
Lyonnois , et celui de Monseigneur le Dauphin.
Ordonne S. M. aux Colonels desdits Régimens
tenir la main à ce que lesdites Compagnies soient
mises sur pied du nombre de 40. hommes habillez
et armez entre cy et le premier Mars
prochain , &c.
AUTRE
2534 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , pour augmenter de
14 hommes , chacune des trente Compagnies
ordinaires du Régiment des Gardes Françoises.
AUTRE du même jour , portant augmenta⇒
tion des Compagnies franches de Dragons .
AUTRE du même jour , pour augmenter les
Compagnies franches d'Infanterie.
AUTRE du même jour , pour augmenter de
quarante hommes les anciennes Compagnies des
huit Régimens Suisses , et en lever huit nouvelles
de deux cens hommes chacune.
"
AUTRE du 12. Novembre concernant la Milice
, par laquelle il est dit que S. M. ayant résolu
d'augmenter les Milices qui ont été levéesen
execution de son Ordonnance du 25. Février
1726. de trente nouveaux Bataillons , composez
de 684. hommes chacun ; même de mettre audit
nombre de 684. les 93. Bataillons qui sont actuellement
sur pied , pour les égaler en force
aux Bataillons de Troupes reglées ; comme aussi
de faire commander les Compagnies de Milice ,
par un grand nombre d'Officiers , avec une paye
annuelle et dans une forme differente de celles :
qui ont été établies par les Ordonnances préce-,
dentes ; Elle a ordonné que les 20 Articles contenus
dans ladite Ordonnance , seroient executez
selon leur forme et teneur , au bas de laquelle il
y a un Etat contenant la répartition de 123. Ba
taillons de Milices , composez de 684. hommes ;
qui doivent être fournis par les Provinces et Ge
neralitez du Royaume qui y sont dénommez , -
tant de l'Ordonnance du 25. Février 1716. que
de la presente , &C.
EDIT
NOVEMBRE. 1733. 2535
i
EDIT DU ROY , portant création de Ren
tes Viageres , en forme de Tontine. Donné
Fontainebleau , au mois de Novembre 1733*-
Registré en Parlement , fe 2 Decembre 1733 .
Louis , par la Grace de Dieu , &c. A. tous presens
et à venir : Salut. Etant informé que les
Rentes Viageres , dites Tontine , créées par no
tre tres-honoré Seigneur et Bisayeul, de glorieuse
mémoire , ont été levées avec empressement,
par l'avantage que nos Sujets y trouvoient, de sé
procurer des revenus considerables , avec une
somme modique ; et que l'exactitude avec la
quelle le payement de ces Rentes s'est toujours
fait , même dans les temps les plus difficiles , depuis
leur création jusqu'à present , sans aucune
diminution ni retranchement , leur faisoit sou
haiter que nous voulussions bien en faire une
nouvelle création : Nous nous y sommes déterminez
avec plaisir : Et Nous avons même jugé à
propos , pour l'avantage de nos Sujets , de subdiviser
chaque Classe en plusieurs parties, afin de
partager la jouissance des Rentiers décedez , entre
un plus grand nombre de Rentiers suivans ; de
maniere que le suivant de chaque subdivision
jouira de la totalité des Rentes , dont elle sera
composée ; au moyen de quoi il y aura plusieurs
survivans par chaque Classe , au lieu qu'il n'y
en avoit ordinairement qu'un dans les premieres
Tontines , qui joüissoit des Rentes de sa Classe ..
A ces causes , et autres à ce Nous mouvans , de
l'avis de notre Conseil , et de notre certaine
science , pleine puissance er authorité Royale
Nous avons par notre présent Edit perpetuel ett
irrévocable , dit , statué et ordonné, disons , statuons
et ordonnons , Voulons et Nous plaît.
ART. L. Que par les Commissaires qui seront
par Nous députez , il soit vendu et aliené à nos
chers
2436 MERCURE DE FRANCE
€
chers et bien amez les Prevôt des Marchands et
Echevins de nôtre bonne ville de Paris , un million
cinquante mille livres actuelles et effectives
de rentes viageres , à prendre sur le produit de
nos droits d'Aydes et Gabelles , et des cinq grosses
fermes , que Nous avons declarez et declarons
specialement , et par privilege , affectez et
hypothequez au payement des arrerages desdites
rentes , même par preference à la partie de nôtre
Tresor Royal.
ART. II . Voulons que les constitutions particulieres
en soient faites par les Prevôt des Mar.
chands et Echevins de nôtre bonne ville de Paris,
à ceux de nos sujets , aux étrangers non naturalisez
, même à ceux qui seront demeurans hors
de nôtre Royaume, pays , Terres et Seigneuries de
nôtre obéissance , qui les voudront acquerir ;
renonçant pour cet effet à tous droits d'aubaine
, et autres qui pourroient Nous appartenir >
même à ceux de confiscation , en cas que les particuliers
, au profit de qui lesdites rentes seront
constituées , fussent sujets des Princes et Etats
contre lesquels Nous serions en guerre ,
Nous les avons relevez et dispensez .
>
dont
ART. III . Voulons que les Contrats de constitution
desdites rentes soient passez pardevant
tels Notaires que les acquereurs vaudront choisir
, pour en jouir par eux leur vie durant , comme
de leur propre chose , vray er loyal acquêr
pleinement et paisiblement , en vertu de leurs
contrats, et en être payez actuellement et effectivement
par demi- année , à Bureau ouvert ,
deux payemens par chacun an , sans que lesdites
rentes puissent être réduites ni retranchées , sous
quelque prétexte que ce puisse être. Et seront les
Contrats de constitution desdites rentes ,delivrez
gratuitement aux acquereurs par les Notaires ,
en
aus
NOVEMBRE. 1733. 2537
ausquels il sera par Nous pourvû d'un salaire raisonnable.
IV. Le million cinquante mille livres de
rentes , sera distribué, en sept classes , de cent
cinquante mille livres chacune , et chaque classe
subdivisée en trente parties de cinq mille livres
, qui seront remplies de suite ; de maniere
qu'aussi- tôt qu'une desdites trente parties de
cinq mille livres de rente se trouvera levée , les
nouveaux acquereurs seront inscrits dans la seconde
subdivision , et ainsi successivement dans.
la troisiéme et suivantes , jusqu'à la concurrence
desdites cent cinquante mille livres de rentes ,
dont la classe sera composée : La premiere , des
enfans depuis un an jusqu'à dix ans accomplis ; la
deuxième, de dix ans jusqu'à vingt ; la troisième
de vingt ans jusqu'à trente ; la quatrième , de
trente ans jusqu'à quarante ; la cinquième de
quarante ans jusqu'à cinquante ; la sixième , de
cinquante ans jusqu'à soixante ; et la septième et
derniere , de soixante ans jusqu'à soixante-dix.et
au-dessus .
V. Chaque Action sera de trois cens livres de
capital , et il sera permis à chaque Rentier , d'en
prendre tel nombre qu'il lui plaira dans chaque
subdivision de sa classe , pour lesquelles il lui sera
expedié un ou plusieurs Contrats, à son choix.
VI. Comme il ne seroit pas juste que les personnes
moins avancées en âge , qui selon le
cours de nature doivent plus long- tems jouir
desdites Rentes , en tirassent un aussi fort revenu
que ceux d'un âge plus avancé , ordonnons
que les Rentiers des deux premieres classes , jusqu'à
l'âge de vingt ans accomplis , seront payez
des interêts de leur capital sur le pied du Denier
Quatorze , ceux de la troisiéme et quatriéme
depuis vingt ans jusqu'à quarante , sur le pied
du
2528 MERCURE DE FRANCE
du Denier Douze ; ceux de la cinquième et
sixiéme , depuis quarante ans jusqu'à soixante ,
sur le pied du Denier Dix ; et ceux de la septième
depuis soixante ans jusqu'à soixante - dix et au
dessus , à raison du Denier Huit .
VII. Lorsque les acquereurs desdites Rentes
viageres viendront à déceder , les arrerages dont
ils jouissoient , appartiendront par accroissement
aux survivans de la même subdivision dans laquelle
ils seront employez , et seront distribuez
entre eux d'année en année au sol la livré jusqu'au
dernier mourant , sans que lesdites Rentes
puissent être censées éteintes à nôtre profit par
le décès des acquereurs ; sinon après le décès du
dernier Rentier de chaque subdivision de classe ;
ensorte que le dernier vivant de chaque subdivision
de chacune desdites classes , recueillera
seul le revenu de tous les capitaux qui compose
ront ladite subdivision ; et toutes les Rentes
comprises en icelle demeureront éteintes et
amorties à notre profit , après la mort du dernier
Rentier de ladite subdivision .
VIII. Ceux qui acquerront lesdites Rentes
seront tenus de justifier leur âge par des Extraits
baptistaires en bonne forme , et dûement légalisez
ou actes de notorieté équipolents ; et à l'é
gard des étrangers demeurans hors de nôtre
Royaume, ils seront tenus, outre lesdits Extraitsbaptistaires,
ou autres actes équipolents , de rapporter
des certificats de nos Ambassadeurs , Envoyez
, Résidens ou Consuls de la Nation Françoise,
dans les Cours , Etats , ou Villes étrangeres
où ils demeureront , portant qu'ils se sont
presentez devant eux , et qu'ils leur ont représenté
lesdits Extraits- baptistaires : ou autres actes
équipolents , annexez aux minutes des Contrats
de constitution desdites Rentes,
IX
NOVEMBRE. 1733 2539
IX. Le Bureau sera ouvert à notre Trésor
Royal , huit jours après l'enregistrement de nô
tre present Edit,pour y recevoir les deniers capitaux
desdites Rentes , et en délivrer des quittan →
ces sur lesquelles les Contrats seront passez , pour
être ensuite procedé à la confection des listes de
chaque classe , et par Nous pourvû à la distribution
du fonds necessaire pour le payement des
Rentes de chacune , à raison du Denier ci- dessus
mentionné.
X. Ceux qui acquerront lesdites Rentes viageres
avant le premier Janvier prochain , en aufont
la jouissance à commencer du premier Octobre
dernier , et ceux qui les acquerront avant
le premier Avril , en jouiront du premier Janvier
: lequel temps passé, le Bureau de la Recet
te desdits capitaux demeurera fermé .
XI. Le payement des arrerages desdites Rentesse
fera par les Payeurs qui seront créez à cet effet
, et ainsi qu'il se pratique pour les autres Rentes
de l'Hôtel de Ville,ausquels Payeurs les fonds
seront remis chaque année , par les Fermiers de
nos Aydes et Gabelles et autres Fermes.
XII. Voulons que la presente Tontine soit di
rigée en la même forme et maniere,que les trois
autres ci-devant créées ; et qu'en consequence
le Prevôt des marchands de nôtredite Ville de
Paris procéde à la nominatiou des Syndics honoraires
desdites classes , aussitôt après la confection
des listes , conformement à ce qui s'est
pratiqué jusqu'à present : Et à l'égard des Syndics
onéraires , notre intention est que ceux qui
sont pourvûs de ces Offices pour lesdites trois
premieres Tontines, fassent les mêmes fonctions
pour la présente , suivant la distribution qui leur
sera faite desdites Classes par le Prevôt desMarchands.
2540 MERCURE DE FRANCE
XIII . Et comme il est important d'empêcher
qu'on ne puisse sous des noms supposez , sur des
fausses Quittances , et sur des Quittances signées
par des Rentiers avant leurs décès , recevoir le
payement des arrérages desdites Rentes à notre
préjudice , et à celui du droit d'accroissement acquis
aux furvivans : Voulons et Ordonnons que
les Quittances soient passés par les Rentiers, domiciliez
à Paris , pardevant les mêmes Notaires
qui auront expedié les Contrats de Constitution,
qui attesteront que le Rentier , au nom duquel
la Quittance sera passée , est actuellement en vie
et s'est présenté devant eux lors de la passatiou
de ladite Quittance , de la verité desquelles chacun
desdits Notaires demeurera civil menr res
ponsable , sans que lesdits Rentiers soient obligez
de rapporter d'autre Certificat de vie , dont
Nous les avons dispensez : A l'égard de ceux qui
demeurent dans les Provinces de notre Royaume,
ils pourront faire reccvoir les arrérages , sur des
Procurations en boune forme , passées pardevant
Notaire , et légalisées par le Juge ordinaire
du lieu de la résidence desdits Notaires ,
qui certifiera au pied desdites Procurations
la vie desdits Rentiers : Et ceux qui seront
demeurants hors de nôtre Royaume , seront tenus
de rapporter des certificats de vie , passez
pardevant Notaires , ou autres personnes publiques
, en présence de deux témoins , qui attesteront
avoir vu dans le jour, et parlé audit Rentier,
le tout légalisé par nos Ambassadeurs , Envoyez,
Résidens , ou Consuls de la Nation Françoise
dans les Cours, Etats et Villes étrangeres où ils
sont demeurants ; et dans tous les cas ci- dessus ,
seront les Quittances passées devant Notaires
comme il se pratique pour toutes les autres Rentes
viageres par Nous dues. Voulons au surplus ,
>
qua
NOVEMBRE. 1733. 2541
que que nôtre Declaration du 27. Decembre 1727.
qui établit des peines contre ceux qui recevroient
indûëment les arrerages des Rentes viageres
constituées sur l'Hôtel de Ville de Paris , soit
executée selon sa forme et teneur , pour les Rentes
créées par le present Edit ; et que dans le cas
où les Notaires ne reconnoîtroient pas assez les
Rentiers pour certifier leur existance , il y soit
suppléé conformément à ladite Declaration , par
l'intervention de deux personnes domiciliées à
Paris, qui attesteront l'existence desdits Rentiers .
XIV. Et pour d'autant plus favoriser les acquereurs
desd . Rentes viageres ,voulons que les arrerages
, à quelque somme qu'ils puissent monter
par l'accroissement de la part des prédecedez , ne
puissent être saisis sous quelque prétexte que ce
soit , pas même pour nos propres affaires ; et en
outre que les Rentes qui seront acquises par les
étrangers , soient exemptes de toutes lettres de
marque , et de représailles , pour quelque cause
que ce soit.
XV. Les arrerages desdites Rentes , qui seront
dûs au jour du decès de chacun des Rentiers , seront
payez à leurs veuves , enfans et héritiers, en
rapportant , outre l'Extrait mortuaire en bonne
forme , bien et dûëment légalisé , la Grosse du
Contrat de constitution.
XVI . Les peres et meres qui auront acquis
desdites Rentes viageres sous le nom d'aucun de
leurs enfans , jouiront des arrérages , sans être
tenus d'en rendre aucun compte ,jusqu'à ce qu'ils
en ayent disposé au profit de leursdits enfans.
XVII . Ceux de nos Sujets caillables, qui acquereront
desdites Rentes , ne pourront être imposez
à la Taille à plus grande somme , pour raison
de ladite acquisition , ni même pour l'accroissement
dont ils pourront joüir dans la suite .
XVIII
2642 MERCURE DE FRANCE
XVIII. Les acquereurs desdites Rentes pourfont
faire passer les Contrats sous le nom de telles
personnes qu'ils voudront choisir , pour en jouir
tant par eux , que par ceux qu'ils nommeront sur
leurs quittances , dont il sera fait mention dans
les quittances du Garde de notre Trésor Royal , er
dans lesdits Contracts ; et l'existence des personnes
nommées par lesdits acquereurs , sera justi—
fiée pour recevoir les arrerages et accroissemens,
dans les formes ci - dessus.
XIX. Voulons que s'il arrive quelques contestations
pour raison du payement desdites Rentes
viageres , forme ou validité des quittances
des rentiers , ou touchant quelque autre chose
concernant lesdites rentes , la connoissance en
appartienne aux Prevôt des Marchands et Echevins
de notre bonne ville de Paris ,ausquels Nous
en avons attribué toute Cour ,Jurisdiction et connoissance
; pour être par eux lesdites contestations
decidées sommairement et sans frais , en
premiere instance , et par appel en notre Cour de
Parlement de Paris ; nonobstant et sans prejudice
duquel appel , les jugemens rendus par lesdits
Prevôt des Marchands et Echevins , seront executez
par provision. Si donuons en mandement à
nos amez et feaux Conseillers les Gens tenans notre
Cour de Parlement, Chambre des Comptes et
Cour des Aydes à Paris , que notre present Edit
ils ayent à faire lire, publier et registrer , et le contenu
en iceluy garder et observer de point en
point , selon sa forme et teneur , nonobstant tous
Edits , Declarations , Arrêts , Reglemens et autres
choses à ce contraires , ausquels Nous avons
dérogé et derogeons par le present Edit ; aux copies
duquel , collationnées par l'un de nos amez
et feaux Conseillers-Secretaires , voulons que foy
soit adjoûtée comme à l'original : Car tel est notre
plaisir. Et afin que ce soit chose ferme et staNOVEMBRE.
1733. 2543
ble à toûjours , Nous y avons fait mettre notre
scel . Donné à Fontainebleau &c.
Fermer
Résumé : ARRESTS NOTABLES.
En octobre 1733, le roi a examiné deux imprimés anonymes intitulés 'Mandement de M. l'Évêque Duc de Laon', qui critiquaient des arrêts du Parlement et remettaient en question des déclarations royales. Ces écrits étaient jugés dangereux car ils pouvaient ranimer des disputes et troubler la tranquillité publique. Le roi a donc ordonné la suppression de ces imprimés et interdit leur diffusion. Il a également interdit aux imprimeurs, libraires et colporteurs de les distribuer sous peine de punition. En novembre 1733, plusieurs ordonnances royales ont été publiées. Parmi elles, une ordonnance permettait aux capitaines de régiments en Italie de recruter des hommes de nationalité étrangère. D'autres ordonnances augmentaient les effectifs des troupes, des régiments d'infanterie, de cavalerie, de dragons, et des compagnies franches. Une ordonnance concernant la milice prévoyait l'augmentation des bataillons et la réorganisation des compagnies. Un édit royal créait des rentes viagères en forme de tontine, subdivisées en classes et parties, afin de permettre à un plus grand nombre de sujets de bénéficier de revenus considérables avec une somme modique. Les rentes ne sont éteintes qu'après le décès du dernier rentier de chaque subdivision de classe, qui perçoit alors seul le revenu de tous les capitaux de cette subdivision. Les acquéreurs doivent justifier leur âge par des extraits baptistaires ou des actes de notoriété, et les étrangers doivent fournir des certificats de nos ambassadeurs ou consuls. Le Bureau pour recevoir les capitaux des rentes ouvre huit jours après l'enregistrement de l'édit. Les rentes acquises avant le 1er janvier ou le 1er avril permettent de jouir des revenus dès le 1er octobre précédent ou le 1er janvier. Le paiement des arrérages est effectué par des payeurs désignés, et les fonds sont remis annuellement par les fermiers des aides et gabelles. La tontine est dirigée de la même manière que les précédentes, avec des syndics honoraires nommés par le Prévôt des marchands de Paris. Des mesures sont prises pour empêcher la fraude, notamment par la vérification de la vie des rentiers par des notaires ou des certificats légalisés. Les arrérages des rentes ne peuvent être saisis, même pour les affaires royales, et les rentes acquises par des étrangers sont exemptes de lettres de marque et de représailles. En cas de décès d'un rentier, les arrérages dus sont payés à ses veuves, enfants ou héritiers. Les parents acquérant des rentes pour leurs enfants en jouissent sans en rendre compte jusqu'à disposition. Les contestations relatives aux rentes sont de la compétence du Prévôt des marchands et des échevins de Paris, avec appel possible au Parlement de Paris. L'édit est publié et enregistré par les autorités compétentes, et toute dérogation est annulée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18
p. 2717-2724
ARMÉE D'ITALIE. Siege et Prise de Pizzigithone.
Début :
Le Roy de Sardaigne étant parti de Pavie à la tête de son Armée, pour s'avancer sur la [...]
Mots clefs :
Roi de Sardaigne, Marquis, Tranchée, Lieutenant général, Adda, Grenadiers, Brigadier, Régiment, Pizzighettone, Compagnies, Armées du roi, Siège de Pizzighettone
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARMÉE D'ITALIE. Siege et Prise de Pizzigithone.
ARMEE D'ITALIE.
f
Siege et Prise de Pizzigitbone.
La Rue de son aimée ,pou paavancersur la
E Roy de Sardaigne étant parti de Pavie à
Riviere d'Adda , arriva au Camp de Malleo ,
sous Pizzighitone , le to. Novembre après midi,
et le lendemain il fit investir Gerra d'Adda * par
* C'est un Fort couronné de trois Bastions et de
deux demi Lunes , séparé du corps de la Place de
Pizzighitone , par la Riviere d'Adda.
I. Vola
Hv 24.
2718 MERCURE DE FRANCE
24. Compagnies de Grenadiers et neuf Escadrons
de Cavalerie et de Dragons , commandez par le
Marquis de Maillebois , Lieutenant General.
Le 11. le Maréchal Duc de Villars arriva
les cinq heures du soir au Camp , et il alla rendre
ses respects au Roy de Sardaigne , avec le
quel il eut une longue Conférence Les jours
suivans on s'occupa à préparer tout ce qui étoit
néccessaire pour former le Siege de Gerra- d'Adda
, et à établir par des Ponts sur l'Adda, la communication
avec les Troupes qui étoient de l'autre
côté de cette Riviere, vis- à- vis de Pizzighitone ;
on travailla en même- temps à creuser un Canal
pour l'écoulement des eaux que les Ennemis
avoient retenues dans le dessein de s'en servir
pendant le Siege pour inonder la Tranchée.
La nuit du 17. au 18. le Marquis d'Alsfeld ,
Lieutenant General , le Marquis de Sandricourt ,
Maréchal de Camp , et le Marquis de Louvigny,
Brigadier , firent ouvrir la Tranchée avec 1000.
Travailleurs , soutenus par deux Bataillons du
Régiment des Gardes de Rebinder , par les Régimens
Dauphin , d'Anjou , du Maine , et par celui
de Savoye. Les travaux dont les Ennemis
n'eurent connoissance que deux heures après
qu'ils eurent été commencez , furent fort avancez
cette nuit.
Le 8. à dix heures du matin , le Marquis de
Coigny , Lieutenant General , M. d'Affry , Ma
réchal de Camp , et le Marquis de Boissieux ,
releverent la Tranchée avec le Régiment de Picardie
, celui de la Sarre , et quatre Compagnies
de Grenadiers des Régimens de la Reine , d'Orleans
, de Bourbon , et du Régiment des Fusiliers
de Savoye , et un Détachement de 100. Dragons
des Régimens de la Reine et Dauphin. Les
I. Vol . 800.
77 DECEMBR
E. 1733. 2719
8oo. Travailleurs commandez ce jour-là per
fectionnerent la Tranchée , dont la seconde pa
raltele avoit été avancée la veille jusqu'à jo
toises du chemin couvert. His firent une communication
entre la Tranchée de la droite et celle
de la gauche , et on commença ce jour-là l'établissement
de deux batteries , chacune de 15.
pieces de Canon.
Le soir vers les neuf heures , les Ennemis ten
terent de faire une sortie sur la gauche , mais
ils furent repoussez par les Grenadiers , qui les
obligerent de se retirer avec précipitation dans
le Chemin couvert , et malgré le grand feu de
deur Canon et de leur Mousqueterie , il n'y eut
que deux hommes de tuez et cinq blessez.
Le 19. le Comte de Broglio , Lieutenant General
, le Comte de Chatillon , Maréchal de
Camp et le Comte de Valence , Brigadier , rele
verent la Tranchée avec les Régimens de Cham .
pagne et Royal- Roussillon , deux Compagnies
de Grenadiers du Régiment du Roy , une de ce
lui de Souvré , et une de Riedeman Piedmontois,
Le Prince Charles de Lorraine , Lieutenant
General, le Duc d'Harcourt , Maréchal de Camp
et le Marquis de Lautrec , Brigadier , ont monté
la Tranchée le 20. avec les Régimens d'Auver
gne et de Condé , une Compagnie de Grenadiers
du Régiment des Gardes du Roy de Sardaigne
et trois des Régimens de Louvigny , de S. Simon
et de Medoc .
Le 21 la Tranchée fut relevée par le Marquis
de Ravignan , Lieutenant General , par le
Marquis d'Aix , Officier General dans les Trou
pes du Roy de Sardaigne, et par M. de Cadeville,
Brigadier des Armées du Roy, avec les 4. Batail
lons du Régiment du Roy , deur Compagnies
AI. Vol.
de Hvj
2720 MERCURE DE FRANCE
de Grenadiers du Régiment de Picardie , une
de celui de la Sarre , et une du Régiment de Re
bender.
Le 22 , le Marquis de Savines , Lieutenant General
, le Marquis de Sandricourt , Maréchal de
Camp , et le Marquis de Clermont , Brigadier
des Armées du Roy de Sardaigne , monterent la
Tranchée avec les Régimens Dauphin et de
Bourbon , et 4 Compagnies de Grenadiers des
Régimens de Champagne , du Maine et de
Luxembourg
Les travaux furent vigoureusement poussez
pendant les deux nuits suivantes. On avança la
troisiéme et la quatrième Paralleles à 35 toises
du Chemin couvert, et il n'y cut que s.pt hommes
de tuez ou blessez . Le 23 , le Marquis de
Cadrieux , Lieutenant Général , et le Marquis de
Louvigny monterent la Tranchée avec les Régimens
d'Anjou et de Médoc , et quatre Compagnies
de Grenadiers des Régimens d'Auvergne
, de Souvré , de Condé , et du Régiment de
Savoie.
La nuit du 23 au 2+ , le Roy de Sardaigne fit
attaquer le Chemin couvert de Getra - d'Adda ;
les Ennemis en furent chassez ; nos Troupes y
établirent leur logement malgré le feu des Assiégez
qui fut tres - vif pendant toute l'action ,
dans laquelle il y eut trois Capitaines de Grenadiers
tuez ou blessez , zo hommes de tuez es
11 de blessez .
Le 24 , la Tranchée fut relevée par le Comte
de Beuil , Lieutenant General , et par le Marquis
de Boissieux , Brigadier , avec les Régimens
de Souvré et de Tessé. On travailla ce jour-là à
periectionner les Ouvrages et on acheva la
Communication avec les deux Angies.
'I. Val. M.
DECEMBRE. 1733. 2722
M. de Contade , Lieutenant Général , et le
Marquis de Lautrec , Brigadier , releverent la
Tranchée le 25 avec les Régimens de la Reine e
de Nivernois , on contmua à préparer une Bat
terie sur le Glacis , pour battre en bréche , et à
y conduiré le Canon , et ce fut - ià , en donnant
les ordres pour le faire avancer , que le Chevalier
Dempser , Général de l'Artillerie du Roy de
Sardaigne fut tué près du Pont fait sur l'avant
fossé , lorsqu'on avoit attaqué le Chemin cou
vert.
Le 26, le Marquis d'Entréves , Lieutenant Gé•
néral des Armées da Roy de Sardaigne , et M.de
Cadeville , Brigadier des Armées du Roy , monterent
la Tranchée , qui fut relevée le 27 , par le
Marquis de Maillebois , Lieutenant Géneral , et
par le Marquis de Clermont , Brigadier des Armées
du Roy de Sardaigne. La Batterie de 11
Piéces de Canon , à laquelle on travailloit depuis
quelques jours , fut entierement établie
cette nuit et elle battit en bréche .
On fit pendant la même nuit , l'ouverture de
la Contrescarpe sur la droite , et la desconte du
Fossé se trouva si avancée le lendemain ào
heures du matin , que les Assiégez battirent la
Chamade dans le moment que le Marquis d'Asfeld
et le Marquis de Louvigny relevoient la
Tranchée avec trois Bataillons du Régiment de
Picardie , et deux Compagnies de Grenadiers
des Régimens de Tessé er de Nivernois .
Les Otages ayant été envoyez de part et d'autre
, le Roy de Sardaigne , et le Maréchal de
Villars se rendirent à la Tranchée pour écon
ter les propositions des Assiégez qui demande
rent qu'il leur fut permis de sortir de Gerra
d'Adda avec les honneurs de la Guerre , sans
I.Vd.
qu'il
2722 MERCURE DE FRANCE
qu'il fut libre aux Assiégeans d'attaquer Pizzi.
ghitone par ce côté , mais seulement par l'atta
que commencée de l'autre côté de l'Adda , où
la Tranchée avoit été ouverte le 23.
Leur proposition fut rejettée , et on leur répondit
qu'on ne recevoit aucune proposition sur
Gerra d'Adda , qu'à condition que Pizzighitone
se rendroit en même- temps.
Cette réponse ayant été portée au Gouver
neur , il consentit à rendre Gerra - d'Adda ; et à
l'égard de Pizzighitone , il fut convenu qu'il y
auroit une Tréve de deux jours , pour donner
le temps au Gouverneur d'envoyer à Mantouë
consulter le Prince de Wirtemberg sur ce qu'il
devoit faire.
L'Officier chargé de cette commission et qui
a été accompagné par le Marquis de Boissieux ,
rapporté qu'à son arrivée à Mantoue, le Prin
ce de Wirtemberg et les Officiers Generaux des
Troupes de l'Empereur , avoient tenu un Con
seil de Guerre , dont le résultat avoit été de
mander au Gouverneur de Pizzighitone de se
rendre le 16 Decembre.
Le Roy de Sardaigne et le Maréchal de Vil
Jars , informez de cette réponse , ont offert de
donner huit jours , et c'est à cette condition quela
Capitulation fut signée le 30 Novembre.
Le 2 de ce mois , M. de Contade , Lieutenant
General des Armées du Roy , fut détaché de
l'Armée avec six Bataillons des : Troupes Fran➜
çoises et un des Troupes du Roy de Sardaigne ,
pour aller se rendre maître du Château de Črés
mone , où les Impériaux avoient laissé un Dé--
tachement lorsqu'ils abandonnerent la Ville. La
Garnison de ce Château parut vouloir se deffendre
la nuit, du 3 ou 4 , mais le lendemain elle
capitula et se retira le même jour...
J. Vol. Le
DECEMBRE . 172. 2723
Le Roy de Sardaigne alla à Crémone , où H
coucha le 3 ; il en partit le lendemain pour se
rendre à Cazal- Major , d'où il doit aller à Sabionette
et à Bozolo , pour retourner le 8 aú
Camp devant Pizzighitone , et envoir sortit
la Garnison.
Les Troupes qui sont restées devant cette Pla
ce depuis la signature de la Capitulation , ontcontinué
, suivant ce qui avoit été convenu , à
faire des logemens sur la Contrescarpe ,et à placer
les Batteries , dont l'établissement fut fini le
quatre.
La Tranchée fut montée tous les jours , et relevée
jusqu'à la sortie de la Garnison de la Place.
Le Maréchal Duc de Villars est allé avec le
Roy de Sardaigne à Crémone , d'où il ira visiter
les bords de l'Oglio,
Le Comte de Boissieux , Brigadier , partit le 3 .
de ce mois avec 4 Bataillons et 2 Escadrons
pour s'emparer du Château de Trezzo , de celui
de Lecco , et du Fort de Fuentez.
La Garnison de Pizzighitone en sortit le 9 de
ce mois vers les 9 heures du matin , elle étoit
composée de 2000 hommes , lesquels conformé
ment à la Capitulation , signée le 30 du mois
dernier , se sont retirez à Mantoue avec 4 Canons
2 Mortiers et 4 Chariots couverts . On a
trouvé dans la Place 52 Pieces de Canon, 4 Mortiers
, et une grande quantité de Munitions de
Guerre , et de toute sorte de Provisions. Une
heure avant que la Garnison sortit , k Roy de´
Sardaigne entra dans la Ville . S. Men partit le
lendemain , et elle arriva le 11 à Milan.
و
les Troupes qui étoient devant Pizzighitone
commencerent le 9 à marcher pour s'y rendre.
On y avoit conduit dès le 4 , is Pieces de Ca
I. Volnon
2724 MERCURE DE FRANCE
1
non , et le reste de l'Artillerie y arriva peu après.
Le Marécbal Duc de Villars , après avoir séjourné
que ques jours à Crémone , s'est avancé
vers l'Oglio , et il a visité tous les Postes qui ont
été établis sur cette Riviere , il s'est rendu le 8 à
Sabionette , où il a eu une conférence avec le
Comte de Montemar , Capitaine General des Armées
du Roy d'Espagne , et il a couché le même
jour à Bezzole , d'où il est attendu à Milan .
Le Comte de Boissieux s'est emparé du Château
et de la Ville de Trezzo .
Les avis reçus du Trentin portent que l'Evêque
de Trente avoit fait prendre les Armes à la
Milice du Païs de son obéissance ; que cette Mi
lice étoit commandée par le Comte de wolchenstein
, et qu'elle étoit en marche pour aller joindre
le Corps de Troupes Impériales , que comman
de le General Rost.
f
Siege et Prise de Pizzigitbone.
La Rue de son aimée ,pou paavancersur la
E Roy de Sardaigne étant parti de Pavie à
Riviere d'Adda , arriva au Camp de Malleo ,
sous Pizzighitone , le to. Novembre après midi,
et le lendemain il fit investir Gerra d'Adda * par
* C'est un Fort couronné de trois Bastions et de
deux demi Lunes , séparé du corps de la Place de
Pizzighitone , par la Riviere d'Adda.
I. Vola
Hv 24.
2718 MERCURE DE FRANCE
24. Compagnies de Grenadiers et neuf Escadrons
de Cavalerie et de Dragons , commandez par le
Marquis de Maillebois , Lieutenant General.
Le 11. le Maréchal Duc de Villars arriva
les cinq heures du soir au Camp , et il alla rendre
ses respects au Roy de Sardaigne , avec le
quel il eut une longue Conférence Les jours
suivans on s'occupa à préparer tout ce qui étoit
néccessaire pour former le Siege de Gerra- d'Adda
, et à établir par des Ponts sur l'Adda, la communication
avec les Troupes qui étoient de l'autre
côté de cette Riviere, vis- à- vis de Pizzighitone ;
on travailla en même- temps à creuser un Canal
pour l'écoulement des eaux que les Ennemis
avoient retenues dans le dessein de s'en servir
pendant le Siege pour inonder la Tranchée.
La nuit du 17. au 18. le Marquis d'Alsfeld ,
Lieutenant General , le Marquis de Sandricourt ,
Maréchal de Camp , et le Marquis de Louvigny,
Brigadier , firent ouvrir la Tranchée avec 1000.
Travailleurs , soutenus par deux Bataillons du
Régiment des Gardes de Rebinder , par les Régimens
Dauphin , d'Anjou , du Maine , et par celui
de Savoye. Les travaux dont les Ennemis
n'eurent connoissance que deux heures après
qu'ils eurent été commencez , furent fort avancez
cette nuit.
Le 8. à dix heures du matin , le Marquis de
Coigny , Lieutenant General , M. d'Affry , Ma
réchal de Camp , et le Marquis de Boissieux ,
releverent la Tranchée avec le Régiment de Picardie
, celui de la Sarre , et quatre Compagnies
de Grenadiers des Régimens de la Reine , d'Orleans
, de Bourbon , et du Régiment des Fusiliers
de Savoye , et un Détachement de 100. Dragons
des Régimens de la Reine et Dauphin. Les
I. Vol . 800.
77 DECEMBR
E. 1733. 2719
8oo. Travailleurs commandez ce jour-là per
fectionnerent la Tranchée , dont la seconde pa
raltele avoit été avancée la veille jusqu'à jo
toises du chemin couvert. His firent une communication
entre la Tranchée de la droite et celle
de la gauche , et on commença ce jour-là l'établissement
de deux batteries , chacune de 15.
pieces de Canon.
Le soir vers les neuf heures , les Ennemis ten
terent de faire une sortie sur la gauche , mais
ils furent repoussez par les Grenadiers , qui les
obligerent de se retirer avec précipitation dans
le Chemin couvert , et malgré le grand feu de
deur Canon et de leur Mousqueterie , il n'y eut
que deux hommes de tuez et cinq blessez.
Le 19. le Comte de Broglio , Lieutenant General
, le Comte de Chatillon , Maréchal de
Camp et le Comte de Valence , Brigadier , rele
verent la Tranchée avec les Régimens de Cham .
pagne et Royal- Roussillon , deux Compagnies
de Grenadiers du Régiment du Roy , une de ce
lui de Souvré , et une de Riedeman Piedmontois,
Le Prince Charles de Lorraine , Lieutenant
General, le Duc d'Harcourt , Maréchal de Camp
et le Marquis de Lautrec , Brigadier , ont monté
la Tranchée le 20. avec les Régimens d'Auver
gne et de Condé , une Compagnie de Grenadiers
du Régiment des Gardes du Roy de Sardaigne
et trois des Régimens de Louvigny , de S. Simon
et de Medoc .
Le 21 la Tranchée fut relevée par le Marquis
de Ravignan , Lieutenant General , par le
Marquis d'Aix , Officier General dans les Trou
pes du Roy de Sardaigne, et par M. de Cadeville,
Brigadier des Armées du Roy, avec les 4. Batail
lons du Régiment du Roy , deur Compagnies
AI. Vol.
de Hvj
2720 MERCURE DE FRANCE
de Grenadiers du Régiment de Picardie , une
de celui de la Sarre , et une du Régiment de Re
bender.
Le 22 , le Marquis de Savines , Lieutenant General
, le Marquis de Sandricourt , Maréchal de
Camp , et le Marquis de Clermont , Brigadier
des Armées du Roy de Sardaigne , monterent la
Tranchée avec les Régimens Dauphin et de
Bourbon , et 4 Compagnies de Grenadiers des
Régimens de Champagne , du Maine et de
Luxembourg
Les travaux furent vigoureusement poussez
pendant les deux nuits suivantes. On avança la
troisiéme et la quatrième Paralleles à 35 toises
du Chemin couvert, et il n'y cut que s.pt hommes
de tuez ou blessez . Le 23 , le Marquis de
Cadrieux , Lieutenant Général , et le Marquis de
Louvigny monterent la Tranchée avec les Régimens
d'Anjou et de Médoc , et quatre Compagnies
de Grenadiers des Régimens d'Auvergne
, de Souvré , de Condé , et du Régiment de
Savoie.
La nuit du 23 au 2+ , le Roy de Sardaigne fit
attaquer le Chemin couvert de Getra - d'Adda ;
les Ennemis en furent chassez ; nos Troupes y
établirent leur logement malgré le feu des Assiégez
qui fut tres - vif pendant toute l'action ,
dans laquelle il y eut trois Capitaines de Grenadiers
tuez ou blessez , zo hommes de tuez es
11 de blessez .
Le 24 , la Tranchée fut relevée par le Comte
de Beuil , Lieutenant General , et par le Marquis
de Boissieux , Brigadier , avec les Régimens
de Souvré et de Tessé. On travailla ce jour-là à
periectionner les Ouvrages et on acheva la
Communication avec les deux Angies.
'I. Val. M.
DECEMBRE. 1733. 2722
M. de Contade , Lieutenant Général , et le
Marquis de Lautrec , Brigadier , releverent la
Tranchée le 25 avec les Régimens de la Reine e
de Nivernois , on contmua à préparer une Bat
terie sur le Glacis , pour battre en bréche , et à
y conduiré le Canon , et ce fut - ià , en donnant
les ordres pour le faire avancer , que le Chevalier
Dempser , Général de l'Artillerie du Roy de
Sardaigne fut tué près du Pont fait sur l'avant
fossé , lorsqu'on avoit attaqué le Chemin cou
vert.
Le 26, le Marquis d'Entréves , Lieutenant Gé•
néral des Armées da Roy de Sardaigne , et M.de
Cadeville , Brigadier des Armées du Roy , monterent
la Tranchée , qui fut relevée le 27 , par le
Marquis de Maillebois , Lieutenant Géneral , et
par le Marquis de Clermont , Brigadier des Armées
du Roy de Sardaigne. La Batterie de 11
Piéces de Canon , à laquelle on travailloit depuis
quelques jours , fut entierement établie
cette nuit et elle battit en bréche .
On fit pendant la même nuit , l'ouverture de
la Contrescarpe sur la droite , et la desconte du
Fossé se trouva si avancée le lendemain ào
heures du matin , que les Assiégez battirent la
Chamade dans le moment que le Marquis d'Asfeld
et le Marquis de Louvigny relevoient la
Tranchée avec trois Bataillons du Régiment de
Picardie , et deux Compagnies de Grenadiers
des Régimens de Tessé er de Nivernois .
Les Otages ayant été envoyez de part et d'autre
, le Roy de Sardaigne , et le Maréchal de
Villars se rendirent à la Tranchée pour écon
ter les propositions des Assiégez qui demande
rent qu'il leur fut permis de sortir de Gerra
d'Adda avec les honneurs de la Guerre , sans
I.Vd.
qu'il
2722 MERCURE DE FRANCE
qu'il fut libre aux Assiégeans d'attaquer Pizzi.
ghitone par ce côté , mais seulement par l'atta
que commencée de l'autre côté de l'Adda , où
la Tranchée avoit été ouverte le 23.
Leur proposition fut rejettée , et on leur répondit
qu'on ne recevoit aucune proposition sur
Gerra d'Adda , qu'à condition que Pizzighitone
se rendroit en même- temps.
Cette réponse ayant été portée au Gouver
neur , il consentit à rendre Gerra - d'Adda ; et à
l'égard de Pizzighitone , il fut convenu qu'il y
auroit une Tréve de deux jours , pour donner
le temps au Gouverneur d'envoyer à Mantouë
consulter le Prince de Wirtemberg sur ce qu'il
devoit faire.
L'Officier chargé de cette commission et qui
a été accompagné par le Marquis de Boissieux ,
rapporté qu'à son arrivée à Mantoue, le Prin
ce de Wirtemberg et les Officiers Generaux des
Troupes de l'Empereur , avoient tenu un Con
seil de Guerre , dont le résultat avoit été de
mander au Gouverneur de Pizzighitone de se
rendre le 16 Decembre.
Le Roy de Sardaigne et le Maréchal de Vil
Jars , informez de cette réponse , ont offert de
donner huit jours , et c'est à cette condition quela
Capitulation fut signée le 30 Novembre.
Le 2 de ce mois , M. de Contade , Lieutenant
General des Armées du Roy , fut détaché de
l'Armée avec six Bataillons des : Troupes Fran➜
çoises et un des Troupes du Roy de Sardaigne ,
pour aller se rendre maître du Château de Črés
mone , où les Impériaux avoient laissé un Dé--
tachement lorsqu'ils abandonnerent la Ville. La
Garnison de ce Château parut vouloir se deffendre
la nuit, du 3 ou 4 , mais le lendemain elle
capitula et se retira le même jour...
J. Vol. Le
DECEMBRE . 172. 2723
Le Roy de Sardaigne alla à Crémone , où H
coucha le 3 ; il en partit le lendemain pour se
rendre à Cazal- Major , d'où il doit aller à Sabionette
et à Bozolo , pour retourner le 8 aú
Camp devant Pizzighitone , et envoir sortit
la Garnison.
Les Troupes qui sont restées devant cette Pla
ce depuis la signature de la Capitulation , ontcontinué
, suivant ce qui avoit été convenu , à
faire des logemens sur la Contrescarpe ,et à placer
les Batteries , dont l'établissement fut fini le
quatre.
La Tranchée fut montée tous les jours , et relevée
jusqu'à la sortie de la Garnison de la Place.
Le Maréchal Duc de Villars est allé avec le
Roy de Sardaigne à Crémone , d'où il ira visiter
les bords de l'Oglio,
Le Comte de Boissieux , Brigadier , partit le 3 .
de ce mois avec 4 Bataillons et 2 Escadrons
pour s'emparer du Château de Trezzo , de celui
de Lecco , et du Fort de Fuentez.
La Garnison de Pizzighitone en sortit le 9 de
ce mois vers les 9 heures du matin , elle étoit
composée de 2000 hommes , lesquels conformé
ment à la Capitulation , signée le 30 du mois
dernier , se sont retirez à Mantoue avec 4 Canons
2 Mortiers et 4 Chariots couverts . On a
trouvé dans la Place 52 Pieces de Canon, 4 Mortiers
, et une grande quantité de Munitions de
Guerre , et de toute sorte de Provisions. Une
heure avant que la Garnison sortit , k Roy de´
Sardaigne entra dans la Ville . S. Men partit le
lendemain , et elle arriva le 11 à Milan.
و
les Troupes qui étoient devant Pizzighitone
commencerent le 9 à marcher pour s'y rendre.
On y avoit conduit dès le 4 , is Pieces de Ca
I. Volnon
2724 MERCURE DE FRANCE
1
non , et le reste de l'Artillerie y arriva peu après.
Le Marécbal Duc de Villars , après avoir séjourné
que ques jours à Crémone , s'est avancé
vers l'Oglio , et il a visité tous les Postes qui ont
été établis sur cette Riviere , il s'est rendu le 8 à
Sabionette , où il a eu une conférence avec le
Comte de Montemar , Capitaine General des Armées
du Roy d'Espagne , et il a couché le même
jour à Bezzole , d'où il est attendu à Milan .
Le Comte de Boissieux s'est emparé du Château
et de la Ville de Trezzo .
Les avis reçus du Trentin portent que l'Evêque
de Trente avoit fait prendre les Armes à la
Milice du Païs de son obéissance ; que cette Mi
lice étoit commandée par le Comte de wolchenstein
, et qu'elle étoit en marche pour aller joindre
le Corps de Troupes Impériales , que comman
de le General Rost.
Fermer
Résumé : ARMÉE D'ITALIE. Siege et Prise de Pizzigithone.
Le texte décrit le siège et la prise de Pizzigitbone par l'armée du Roi de Sardaigne, soutenue par les forces françaises commandées par le Maréchal Duc de Villars. Le 10 novembre, le Roi de Sardaigne arriva au camp de Malleo près de Pizzigitbone et investit le fort de Gerra d'Adda, situé de l'autre côté de la rivière d'Adda. Les préparatifs inclurent la construction de ponts sur l'Adda et le creusement d'un canal pour drainer les eaux retenues par les ennemis. Les travaux de siège commencèrent la nuit du 17 au 18 novembre, avec l'ouverture de la tranchée par des travailleurs soutenus par plusieurs régiments. Malgré les tentatives de sortie des ennemis, divers officiers et régiments se relayèrent pour avancer les travaux. Le 23 novembre, le Roi de Sardaigne attaqua et prit le chemin couvert de Gerra d'Adda. Le 26 novembre, une batterie de 11 pièces de canon fut établie et ouvrit le feu sur les défenses ennemies. Le 28 novembre, les assiégés demandèrent à sortir avec les honneurs de la guerre, mais leur proposition fut rejetée à moins que Pizzigitbone ne se rende en même temps. Après consultation, le gouverneur de Pizzigitbone accepta de se rendre le 16 décembre. La capitulation fut signée le 30 novembre, et la garnison de Pizzigitbone sortit le 9 décembre, se retirant à Mantoue avec ses armes et provisions. Après la reddition, les troupes françaises et sardes continuèrent à renforcer les défenses et à établir des batteries. Le Maréchal Duc de Villars inspecta les postes sur l'Oglio et eut une conférence avec le Comte de Montemar. Le Comte de Boissieux s'empara de plusieurs châteaux et forteresses, tandis que des milices dans le Trentin se préparaient à rejoindre les troupes impériales.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
19
p. 1041-1046
ARRESTS NOTABLES.
Début :
ORDONNANCE DU ROY, du 10. Février, concernant les Compagnies franches [...]
Mots clefs :
Troupes, Logis, Logements, Roi, Compagnies, Livres, Rentes, Maisons, Troupes de la Maison de Sa Majesté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLES.
RDONNANCE DU ROY , du 10.
·
ches de la Marine par lequel S. M. ordonne qu'il
soit passé aux Capitaines dont les Compagnies.
seront complettes au premier Mars prochain
trois mois de paye pour chacun desdits Soldats ,
Outre et par dessus les vingt livres portées
par l'Ordonnance du 14. Décembre 1733.-
Sa Majesté ayant aussi égard à ce que les Capi
taines dont les Compagnies ont ordre de marcher
dans le courant de ce mois pour aller relever
celles qui sont dans les autres Ports ou Départe
mens , ne pourront les rendre complettes au.
premier Mars prochain ; elle accorde auxdits .
Capitaines un délai d'un mois après leur arrivée
dans le Port ou Département de leur nouvelle .
desti1042
MERCURE DE FRANCE
destination , voulant que ceux qui seront com
plets dans ledit temps , jouissent pareillement de
trois mois de paye de gratification.
AUTRE du 16. Février , portant deffenses
aux Capitaines de Bâtimens qui vont faire la Pêche
aux Côtes de l'Ile de Terre- neuve , et autres
embarquez sur lesdits Bâtimens , de traiter aucunes
Armies , munitions ni ferremens , avec les
Sauvages Esquimaux ,
ARREST du même jour , qui ordonne que
les Préposez par les sieurs Commissaires départis
pour le recouvrement du Dixiéme , seront tenus
de faire leurs diligences contre les dénommez
dans les Rôles , et d'en payer le montant de
tier en quartier , à peine d'y être contraints en
leur nom.
quar
Et que lesdits Préposez , durant leur gestion ,
seront taxez d'office sans pouvoir être augmentez
et exempts de Collecte , Tutelle , Curatelle ,
nomination à icelle, de la solidité et de la milice,
tant pour eux , que pour un de leurs enfans.
que
AUTRE du même jour , qui ordonne les
Détempteurs d'héritages chargez de rentes , se
ront tenus d'en déclarer le revenu er d'en payer
le Dixiéme , au moyen de quoi ils retiendront
le Dixiéme desdites rentes à leur profit ; et que.
les Détempteurs des Maisons deCampagne qu'ils
habitent et qui sont chargez de rentes , sans leur
procurer aucun revenu , retiendront aussi le Di
ziéme desdites rentes , qui sera payé à S. M.
EDIT DU ROY , portant réunion de la Ju
risdiction de la Prévôté de la Ville du Mans , à
celle
MAY. 1043 1724.
celle de la Sénechaussée de cette Ville. Donné à
Marly au mois de Janvier 1734. Registré en
Parlement le 3. Mars , par lequel S. M. ordonne
l'execution des 22. Articles contenus dans ledit
Edit , &c .
ORDONNANCE DU ROY , du 10. Mars ,
concernant le logement des Troupes de la Mai-
Son de Sa Majesté , par laquelle S. M. ordonne
ce qui suit :
ARTICLE PREMIER
Lorsque les quatre Compagnies des Gardes du
Corps de S. M. celles des Gendarmes , Chevaux-
Legers et les deux Compagnies des Mousquetai
res de sa Garde ordinaire , ainsi que les Régimens
des Gardes Françoises et Suisses , marcheront
à la suite de S. M. lorsqu'elle ira dans ses
Maisons Royales ou dans les autres voyages
qu'Elle pourroit faire, quelque cause que ce puisse
être , lesdites Troupes seront logées sous les ordres
du Grand- Maréchal des Logis , sur la route
de S. M. et dans les quartiers qui leur seront assignez
dans le lieu de sa résidence , ou aux environs
et l'assiette et distribution desdits logemens
sera faite par les Maréchaux et Fouriers desdits
logemens sera faite par les Maréchaux et Fourriers
des Logis de S. M. et au cas qu'il ne se
trouve pas de Maréchaux ou Fourriers des Logis
esdits quartiers , l'assiette et distribution des.
logemens sera faite par les Maires et Echevins .
II. Lorsque lesdites Troupes marcheront par
une autre route que celle du Roy , et qu'elle ne
sera cependant pas éloignéé de plus de quatre
lieues de celles de S. M. elles seront également
logées sous les odrres du Grand- Maréchal des
Logis
2044 MERCURE DE FRANCE
Logis , et la distribution des logemens sera faite
en la forme prescrite par l'Article cy - dessus ;
mais lorsque lesdites Troupes marcheront par
une route è.o.gnée de celle de S. M. de plus de
quatre lieues , elles seront logées par les Maires
et Echevins des Villes et Lieux , jusqu'à - ce qu'el
les soient arrivées aux quartiers qui leur aurant
été assignez par un Grand- Maréchal des Logis ,
dans le lieu de la résidence de . S. M. ou aux environs.
III. Lorsque lesdites Troupes de la Maison
de S. M. marcheront à sa suite , elles seront logées
, soit dans les routes qu'elles feront , soit
dans leurs quartiers , chez les personnes exemp
tes ou non exemptes , privilegiées ou non privi
• legiées ; en observant neanmoins de n'asseoir de
logemens chez les personnes exemptes et privile
giées , qu'autant qu'il ne s'en trouveroit pas as
sez de convenables chez les personnes non exemptes.
Veut et entend S. M. que les Ecclesiastiques
et Gentilshommes ne soient sujets au logement
desdites Troupes , pour les maisons qu'ils occu
pent personnellement , que dans le cas d'une né
cessité indispensable , et où il survien roit quel
que contestation sur le fait desdits logemens ,
soit de la part des Troupes de la Maison de S. M.
soit des Particuliers chez le quels elles seront lo
gées , elles seront portées au Grand- Maréchal
des Logis , lorsque le logement aura été fait sous
ses ordres , pour en être rendu compte à S. M.
ORDONNANCE de Police ; du 15. May ,
qui enjoint de faire creuser les Puits qui manquent
d'eau , par laquelle il est ordonné que dans
quinze jours il sera fait visite par les Commissaires
du Châtelet , chacun dans leur Quartier
•
accomMAY.
1731. 1045
accompagnez d'un Architecte , de tous les Puits
des Maisons étant dans leur Quartier , à l'effet
de connoître s'il y a de l'eau dans lesdits Puits ,
et en cas qu'il ne s'en trouve point , ils en dresse
ront procès verbal , et en consequence feront as
signer pardevant le Lieutenant General de Police
lesdits Proprietaires , pour y être pourvû ainsi
qu'il appartiendra ; si mieux n'aiment lesdits
Proprietaires donner leur soumission au Com.
missaire de faire creuser leursdits . Puits jusqu'à
P'eau , dans l'espace d'un mois , & c.
ARREST du 16. Mars , qui ordonne qu'en
payant par les Magistrats des Chefs Colleges des
Villes et Chastelienies de la Flandre Maritime , la
somme de 13oooo. livres par chacune année ,
tant et si long-temps que le Dixiéme aura lieu
les biens et revenus situez dans la Flandre Mari
time seront exempts de la levée de cette im
position.
AUTRE du 16. Mars , en faveur des Habitans
de la Ville d'Avignon et du Comtat Venaissin ,
par lequel S. M. ordonne l'execution des neuf
Articles contenus audit Arrêt.
AUTRE du 20. Mars , en interprétation de
celui du 17. Mars 1733. portant reglement sur
Marchandises en Pacotille , qui réduit à six pour
Ent la reteauë qui avoit été fixée à quatorze
pour
cent par ledit Arrêt du 17. Mars,
AUTRE du 23. Mars qui regle les droits qui
seront à l'avenir perçus à l'entrée du Royaume,
sur les Lins ' de toate qualité venant du Pays
Ettanger.
AU
1046 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , qui ordonne qu'en
payant par les Magistrats des Villes de Valencien
nes , le Quesnoy , Maubeuge , Bavay , Landrecy,
Avesnes, Givet , Philippeville , Mariembourg
et Condé , la somme de 14000c . livres par chacune
année , tant et si long-temps que le Dixiéme
aura lieu , les biens et revenus situez dans la
Province du Hainaut seront exempts de la levée
de cette imposition.
LETTRES PATENTES qui approuvent et
confirment les Déliberations du Clergé des 27.
Février et 12. Mars 1734. et lui permettent
d'emprunter à constitution de rente au denier
vingt , douze millions de livres. Données à Versailles
le 23. Mars 1734. Registrées en Parlement
le 30 .
RDONNANCE DU ROY , du 10.
·
ches de la Marine par lequel S. M. ordonne qu'il
soit passé aux Capitaines dont les Compagnies.
seront complettes au premier Mars prochain
trois mois de paye pour chacun desdits Soldats ,
Outre et par dessus les vingt livres portées
par l'Ordonnance du 14. Décembre 1733.-
Sa Majesté ayant aussi égard à ce que les Capi
taines dont les Compagnies ont ordre de marcher
dans le courant de ce mois pour aller relever
celles qui sont dans les autres Ports ou Départe
mens , ne pourront les rendre complettes au.
premier Mars prochain ; elle accorde auxdits .
Capitaines un délai d'un mois après leur arrivée
dans le Port ou Département de leur nouvelle .
desti1042
MERCURE DE FRANCE
destination , voulant que ceux qui seront com
plets dans ledit temps , jouissent pareillement de
trois mois de paye de gratification.
AUTRE du 16. Février , portant deffenses
aux Capitaines de Bâtimens qui vont faire la Pêche
aux Côtes de l'Ile de Terre- neuve , et autres
embarquez sur lesdits Bâtimens , de traiter aucunes
Armies , munitions ni ferremens , avec les
Sauvages Esquimaux ,
ARREST du même jour , qui ordonne que
les Préposez par les sieurs Commissaires départis
pour le recouvrement du Dixiéme , seront tenus
de faire leurs diligences contre les dénommez
dans les Rôles , et d'en payer le montant de
tier en quartier , à peine d'y être contraints en
leur nom.
quar
Et que lesdits Préposez , durant leur gestion ,
seront taxez d'office sans pouvoir être augmentez
et exempts de Collecte , Tutelle , Curatelle ,
nomination à icelle, de la solidité et de la milice,
tant pour eux , que pour un de leurs enfans.
que
AUTRE du même jour , qui ordonne les
Détempteurs d'héritages chargez de rentes , se
ront tenus d'en déclarer le revenu er d'en payer
le Dixiéme , au moyen de quoi ils retiendront
le Dixiéme desdites rentes à leur profit ; et que.
les Détempteurs des Maisons deCampagne qu'ils
habitent et qui sont chargez de rentes , sans leur
procurer aucun revenu , retiendront aussi le Di
ziéme desdites rentes , qui sera payé à S. M.
EDIT DU ROY , portant réunion de la Ju
risdiction de la Prévôté de la Ville du Mans , à
celle
MAY. 1043 1724.
celle de la Sénechaussée de cette Ville. Donné à
Marly au mois de Janvier 1734. Registré en
Parlement le 3. Mars , par lequel S. M. ordonne
l'execution des 22. Articles contenus dans ledit
Edit , &c .
ORDONNANCE DU ROY , du 10. Mars ,
concernant le logement des Troupes de la Mai-
Son de Sa Majesté , par laquelle S. M. ordonne
ce qui suit :
ARTICLE PREMIER
Lorsque les quatre Compagnies des Gardes du
Corps de S. M. celles des Gendarmes , Chevaux-
Legers et les deux Compagnies des Mousquetai
res de sa Garde ordinaire , ainsi que les Régimens
des Gardes Françoises et Suisses , marcheront
à la suite de S. M. lorsqu'elle ira dans ses
Maisons Royales ou dans les autres voyages
qu'Elle pourroit faire, quelque cause que ce puisse
être , lesdites Troupes seront logées sous les ordres
du Grand- Maréchal des Logis , sur la route
de S. M. et dans les quartiers qui leur seront assignez
dans le lieu de sa résidence , ou aux environs
et l'assiette et distribution desdits logemens
sera faite par les Maréchaux et Fouriers desdits
logemens sera faite par les Maréchaux et Fourriers
des Logis de S. M. et au cas qu'il ne se
trouve pas de Maréchaux ou Fourriers des Logis
esdits quartiers , l'assiette et distribution des.
logemens sera faite par les Maires et Echevins .
II. Lorsque lesdites Troupes marcheront par
une autre route que celle du Roy , et qu'elle ne
sera cependant pas éloignéé de plus de quatre
lieues de celles de S. M. elles seront également
logées sous les odrres du Grand- Maréchal des
Logis
2044 MERCURE DE FRANCE
Logis , et la distribution des logemens sera faite
en la forme prescrite par l'Article cy - dessus ;
mais lorsque lesdites Troupes marcheront par
une route è.o.gnée de celle de S. M. de plus de
quatre lieues , elles seront logées par les Maires
et Echevins des Villes et Lieux , jusqu'à - ce qu'el
les soient arrivées aux quartiers qui leur aurant
été assignez par un Grand- Maréchal des Logis ,
dans le lieu de la résidence de . S. M. ou aux environs.
III. Lorsque lesdites Troupes de la Maison
de S. M. marcheront à sa suite , elles seront logées
, soit dans les routes qu'elles feront , soit
dans leurs quartiers , chez les personnes exemp
tes ou non exemptes , privilegiées ou non privi
• legiées ; en observant neanmoins de n'asseoir de
logemens chez les personnes exemptes et privile
giées , qu'autant qu'il ne s'en trouveroit pas as
sez de convenables chez les personnes non exemptes.
Veut et entend S. M. que les Ecclesiastiques
et Gentilshommes ne soient sujets au logement
desdites Troupes , pour les maisons qu'ils occu
pent personnellement , que dans le cas d'une né
cessité indispensable , et où il survien roit quel
que contestation sur le fait desdits logemens ,
soit de la part des Troupes de la Maison de S. M.
soit des Particuliers chez le quels elles seront lo
gées , elles seront portées au Grand- Maréchal
des Logis , lorsque le logement aura été fait sous
ses ordres , pour en être rendu compte à S. M.
ORDONNANCE de Police ; du 15. May ,
qui enjoint de faire creuser les Puits qui manquent
d'eau , par laquelle il est ordonné que dans
quinze jours il sera fait visite par les Commissaires
du Châtelet , chacun dans leur Quartier
•
accomMAY.
1731. 1045
accompagnez d'un Architecte , de tous les Puits
des Maisons étant dans leur Quartier , à l'effet
de connoître s'il y a de l'eau dans lesdits Puits ,
et en cas qu'il ne s'en trouve point , ils en dresse
ront procès verbal , et en consequence feront as
signer pardevant le Lieutenant General de Police
lesdits Proprietaires , pour y être pourvû ainsi
qu'il appartiendra ; si mieux n'aiment lesdits
Proprietaires donner leur soumission au Com.
missaire de faire creuser leursdits . Puits jusqu'à
P'eau , dans l'espace d'un mois , & c.
ARREST du 16. Mars , qui ordonne qu'en
payant par les Magistrats des Chefs Colleges des
Villes et Chastelienies de la Flandre Maritime , la
somme de 13oooo. livres par chacune année ,
tant et si long-temps que le Dixiéme aura lieu
les biens et revenus situez dans la Flandre Mari
time seront exempts de la levée de cette im
position.
AUTRE du 16. Mars , en faveur des Habitans
de la Ville d'Avignon et du Comtat Venaissin ,
par lequel S. M. ordonne l'execution des neuf
Articles contenus audit Arrêt.
AUTRE du 20. Mars , en interprétation de
celui du 17. Mars 1733. portant reglement sur
Marchandises en Pacotille , qui réduit à six pour
Ent la reteauë qui avoit été fixée à quatorze
pour
cent par ledit Arrêt du 17. Mars,
AUTRE du 23. Mars qui regle les droits qui
seront à l'avenir perçus à l'entrée du Royaume,
sur les Lins ' de toate qualité venant du Pays
Ettanger.
AU
1046 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , qui ordonne qu'en
payant par les Magistrats des Villes de Valencien
nes , le Quesnoy , Maubeuge , Bavay , Landrecy,
Avesnes, Givet , Philippeville , Mariembourg
et Condé , la somme de 14000c . livres par chacune
année , tant et si long-temps que le Dixiéme
aura lieu , les biens et revenus situez dans la
Province du Hainaut seront exempts de la levée
de cette imposition.
LETTRES PATENTES qui approuvent et
confirment les Déliberations du Clergé des 27.
Février et 12. Mars 1734. et lui permettent
d'emprunter à constitution de rente au denier
vingt , douze millions de livres. Données à Versailles
le 23. Mars 1734. Registrées en Parlement
le 30 .
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Résumé : ARRESTS NOTABLES.
Le texte présente diverses ordonnances et arrêts royaux émanant du roi de France. Le 10 février, une ordonnance royale accorde trois mois de paye supplémentaires aux capitaines dont les compagnies seront complètes au 1er mars, avec un délai supplémentaire d'un mois pour ceux dont les compagnies doivent partir pour relever d'autres unités. Le 16 février, plusieurs arrêts sont promulgués : l'un interdit aux capitaines de bâtiments de pêche et à leurs équipages de traiter avec les Esquimaux, un autre ordonne aux préposés des commissaires de recouvrer le dixième des rentes et de payer les montants en quartiers, tout en les exemptant de certaines charges et taxes. Un autre arrêt du même jour oblige les détenteurs d'héritages et de maisons de campagne à déclarer les revenus et à payer le dixième des rentes. Le 10 mai 1734, un édit royal réunit la juridiction de la prévôté de la ville du Mans à celle de la sénéchaussée. Le 10 mars, une ordonnance royale régit le logement des troupes royales lors des déplacements du roi, sous les ordres du Grand-Maréchal des Logis. Le 15 mai 1731, une ordonnance de police ordonne la visite des puits pour vérifier la présence d'eau et en faire creuser de nouveaux si nécessaire. Le 16 mars, un arrêt exonère les biens de la Flandre Maritime du dixième en échange d'un paiement annuel et confirme l'exécution de neuf articles en faveur des habitants d'Avignon et du Comtat Venaissin. Le 20 mars, un arrêt réduit le taux de la retaxe sur les marchandises en pacotille. Le 23 mars, un arrêt régit les droits perçus sur les lins étrangers et exonère les biens du Hainaut du dixième en échange d'un paiement annuel. Enfin, des lettres patentes approuvent les délibérations du clergé pour emprunter douze millions de livres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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20
p. 2090-2096
Victoires remportées sur les ennemis, [titre d'après la table]
Début :
Le Maréchal de Noailles envoya ordre aux deux autres Détachemens que commandoient [...]
Mots clefs :
Ennemis, Armée, Roi, Troupes, Maréchal de Noailles, Rhin, Compagnies, Chevalier de Belle-Isle, Village, Ponts, Grenadiers, Détachement, Santé du roi
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texteReconnaissance textuelle : Victoires remportées sur les ennemis, [titre d'après la table]
Le Maréchal de Noailles envoya ordre
aux deux autres Détachemens que commandoient
le Chevalier de Belle - Ifle & leComte
de Berchiny , de paffer la Mautern à Kalkenhaufen
, & de marcher du côté du Fort-
Louis par Schiren & par Suffelsheim . Vers
le midi , le Chevalier de Belle-Ifle lui manda
que les ennemis occupoient ce dernier Pofte
, & qu'ils y avoient un Corps de troupes ,
retranché derriere des abbatis d'Arbres , &
fur cet avis , le Maréchal de Noailles détacha
auffi-tôt fous les ordres du Comte d'Eu
& du Marquis de Clermont-Tonnerre
Lieutenans-Généraux , 16 Bataillons à la
tête defquels étoit la Brigade de Champagne
, & 16 Eſcadrons , avec fix piéces de
canon , pour foutenir le Chevalier de Belle-
Ifle , qui s'étant joint au Comte de Berchiny
, attaqua les retranchemens conſtruits
par les ennemis en deçà de Suffelsheim , &
dans lefquels il y avoit 4 à 5000 hommes ,
commandés par le Prince de Bade-Dourlach.
Ces retranchemens furent emportés l'épée à
la main , après une réſiſtance d'environ une
heure , & les troupes , qui les gardoient ,
furent pourfuivies jufqu'à l'entrée de la petite
SEPTEMBRE. 1744 2091
C
tite Plaine , qui eft entre la Forêt de Haguenau
& Suffelsheim .
Le Chevalier de Belle-lfle , après avoir
rallié fes troupes , attaqua auffi ce Village ,
qui étoit paliffadé, & dans lequel les ennemis
étoient en grand nombre , & il s'en empara.
Les ennemis , fuivant le rapport de tous
les prifonniers , ont perdu environ 1500
hommes dans ces deux actions , & il n'y a
eû , du côté des François , que 170 hommes
tués ou bleffés.
Le Comte de Lowendalh , qui étoit à une
lieuë fur la droite , ayant trouvé les ennemis
retranchés dans le Village d'Angenheim
, & jugeant qu'ils lui étoient trop fupericurs,
pour qu'il pût entreprendre de les
y forcer avec fon Détachement , il en donna
avis au Maréchal de Noailles , qui fit
avancer le Duc de Gramont à la tête de la
Brigade des Gardes Françoifes , avec ordre
de gagner la grande chauffée du Fort-Louis.
Le Maréchal de Noailles fit marcher en même-
tems de ce côté une Brigade d'artillerie
& dix piéces de canon , & ayant appris que
l'armée ennemie étoit campée , fa gauche à
fes Ponts de Benheim , & fa droite à Rechvangle
, Village fitué vis-à-vis du Fort-
Louis , il ordonna à toute l'armée , de joindre
le Détachement du Comte de Lowendalh
,
2092 MERCURE DE FRANCE
dalh , ce qui s'exécuta avec tant d'activité ,
que les troupes firent cette marche en trois
heures.
La Brigade des Gardes Françoifes s'étoit
renduë quelque-tems auparavant à Drufenheim
, & elle fe difpofoit à attaquer Angenheim
, lorfqu'elle s'apperçût que ce Village
étoit tout en feu . On y marcha fur le champ,
& comme il étoit prefque nuit , on ne penfoit
à fe former qu'au de là du Village. En
arrivant près d'un Ruiffeau bordé de Prai
ries marécageufes , & qui fe jette dans le
Rhin , un peu au- deffus du Fort- Louis , on
rencontra 32 Compagnies de Grenadiers ,
& un pareil nombre de Compagnies de Fufiliers
des ennemis , avec leurs troupes irregulieres
, qui étoient placées fur les aîles
dans les bois , & qui firent une décharge
fur nos troupes.
Les Grenadiers de l'armée du Roi franchirent
le Ruiffeau & le Foffé fur lequel les
ennemis avoient un retranchement ; ils
s'emparerent de deux redoutes ; ils pénétrerent
dans le retranchement , & ayant mis
les ennemis en fuite , il les pourfuivirent
jufqu'à dix heures du foir. La trop grande
obfcurité obligea les troupes de S. M. de
faire halte , & elles demeurerent en bataille
toute la nuit.
Le lendemain , à la pointe du jour , l'armée
SEPTEMBRE . 1744. 209
mée ayant commencé à paffer le Défilé , pour
marcher à Benheim , on reçût avis que le
Prince Charles avoit repaffé le Rhin , &
qu'il avoit brûlé fes Ponts.
Les troupes dans l'action du 23 au foir
& dans les deux attaques des retranchemens
& du Village de Suffelsheim , ont fait des
prodiges de valeur , & elles ont combattu
avec autant de bonheur que d'intrépidité
les ennemis ne nous ayant tué ou bleflé
qu'environ 200 hommes. Le Grand Prieur
de France a reçû un coup de fufil dans la
cuiffe ; M. de Fremur , Maréchal de Camp ,
a été bleffé dangereufement , ainfi que M.
Quenaut de Clermont , Maréchal de Camp
& Ingénieur , lequel eft mort depuis de fes
bleffures. M. de la Serre , Lieutenant Colonel
du Régiment du Roi , Infanterie , eft
bleffé à la jambe. M. du Tillet , Capitaine
d'une Compagnie du Régiment des Gardes
Françoifes , M. d'Amfreville , Lieutenant
de Grenadiers dans ce Régiment , & le Che
valier de la Cofte Meffeliere , Officier dans
le même Régiment , ont été tués.
La perte des ennemis monte à 3000 hommes
, tués ou bleffés , fans y comprendre les
prifonniers , dont le nombre augmentoir
tous les jours , beaucoup de Soldats ennemis
, qui n'avoient pû rejoindre leur armée ,
fortant des bois où ils s'étoient réfugiés , &
venant fe rendre à difcrétion. On
2094 MERCURE DE FRANCE.
On fit paffer le 24 une partie de l'armée
du Roi dans l'Ifle du Marquifat , & l'armée
Impériale marcha vers Germersheim , où elle
devoit paffer le Rhin fur les Ponts de Bâteaux
qu'on avoit laiffés à Philifbourg.
Le 25 & le 26 , on travailla à jetter des
Ponts vis-à- vis du Fort-Louis.
Le Chevalier de Belle Ifle fut détaché le
27 avec 22 Compagnies de Grenadiers
cinq Régimens de Dragons , trois de Huffards
, & toutes les Compagnies Franches ,
aller à la pourfuite de l'arriere-garde
pour
des ennemis.
•
Le Maréchal de Seckendorf a fait un Détachement
de l'armée Impériale , lequel devoit
joindre le 29 celui du Chevalier de
Belle - Ifle au-delà de Philifbourg.
Le Marquis de Croiffy a été nommé Lieutenant
Général des armées du Roi , & le
Comte de Montmorency , Colonel du Régiment
d'Infanterie de Flandre , a été fait
Brigadier.
,
Le premier Septembre , on célébra avec
les cérémonies accoûtumées dans l'Eglife
de l'Abbaye Royale de S. Denis , le
Service folemnel qui s'y fait tous les ans
pour le repos de l'Ame du feu Roi LOUIS
XIV , & l'Evêque de Meaux y officia pontificalement.
On
SEPTEMBRE. 1744.
2095
On mande de Strasbourg du S de ce
mois , que le Maréchal de Noailles ayant
fait jetter au Fort-Louis deux Ponts fur le
Rhin , l'armée du Roi paffa ce Fleuve depuis
le vingt-fix jufqu'au 29 du mois dernier , &
qu'ayant marché en plufieurs Divifions elle
a campé dans differens Poftes fur la route de
Stoloffen à Mulberg.
La premiere Divifion , compofée de 22
Compagnies de Grenadiers , de 36 Efca--
drons de Dragons & de Huffards , & des
Compagnies Franches , partit le 31 de Staf- ,
furt fous les ordres du Chevalier de Belle-
Ifle , Lieutenant Général , pour tâcher de
joindre l'arriere-garde des troupes de la
Reine de Hongrie.
,
L'armée Impériale , à laquelle fe font
joints les Régimens Allemands , qui font au
fervice du Roi , a paffé le Rhin à Germerfheim
, & le Comte de Seckendorf en a détaché
4000 hommes d'Infanterie & 2000,
de Cavalerie , qui font commandés par le
Comte de Piofafque , Général de Cavalerie
des troupes de l'Empereur , & par le Comte
de Segur , Lieutenant Général de celles du
Roi . Če Détachement arriva le 31 à Bretten
, & fur l'avis que les ennemis s'étoient
retirés le matin de Phortzheim , & , étoient
allés à Cauftadt , il dirigea fa marche , pour
aller paffer la Riviere d'Entz à Bietigheim.
Un
96 MERCURE DE FRANCE.
Un grand nombre de Déferreurs de l'armée
des ennemis s'eft rendu à celle du
Roi.
Le Maréchal de Noailles a paffé par Strafbourg
, en allant à Metz , où il devoit arriver
les de ce mois.
-On apprend de Metz du 8 du même mois,
que le progrès du rétabliſſement de la ſanté
du Roi étoit plus marqué depuis quelques
jours , qu'il ne l'avoit été dans ceux qui ont
fuivi les momens de la guérifon de S. M.
le Roi fe levoit vers le midi , fe promenoit
dans fon appartement , & ne ſe recouchoit
qu'à dix heures du foir,
que
S. M. dormit très-bien la nuit du 7 ; elle
s'habilla le 8 , & elle étoit dans l'état de
convalefcenee , le plus favorable qu'on pût
defirer ; ainfi l'on comptoit qu'elle fortiroit
inceffamment , & qu'en prenant l'air , elle
avanceroit beaucoup l'entier recouvrement
'de fes forces.
aux deux autres Détachemens que commandoient
le Chevalier de Belle - Ifle & leComte
de Berchiny , de paffer la Mautern à Kalkenhaufen
, & de marcher du côté du Fort-
Louis par Schiren & par Suffelsheim . Vers
le midi , le Chevalier de Belle-Ifle lui manda
que les ennemis occupoient ce dernier Pofte
, & qu'ils y avoient un Corps de troupes ,
retranché derriere des abbatis d'Arbres , &
fur cet avis , le Maréchal de Noailles détacha
auffi-tôt fous les ordres du Comte d'Eu
& du Marquis de Clermont-Tonnerre
Lieutenans-Généraux , 16 Bataillons à la
tête defquels étoit la Brigade de Champagne
, & 16 Eſcadrons , avec fix piéces de
canon , pour foutenir le Chevalier de Belle-
Ifle , qui s'étant joint au Comte de Berchiny
, attaqua les retranchemens conſtruits
par les ennemis en deçà de Suffelsheim , &
dans lefquels il y avoit 4 à 5000 hommes ,
commandés par le Prince de Bade-Dourlach.
Ces retranchemens furent emportés l'épée à
la main , après une réſiſtance d'environ une
heure , & les troupes , qui les gardoient ,
furent pourfuivies jufqu'à l'entrée de la petite
SEPTEMBRE. 1744 2091
C
tite Plaine , qui eft entre la Forêt de Haguenau
& Suffelsheim .
Le Chevalier de Belle-lfle , après avoir
rallié fes troupes , attaqua auffi ce Village ,
qui étoit paliffadé, & dans lequel les ennemis
étoient en grand nombre , & il s'en empara.
Les ennemis , fuivant le rapport de tous
les prifonniers , ont perdu environ 1500
hommes dans ces deux actions , & il n'y a
eû , du côté des François , que 170 hommes
tués ou bleffés.
Le Comte de Lowendalh , qui étoit à une
lieuë fur la droite , ayant trouvé les ennemis
retranchés dans le Village d'Angenheim
, & jugeant qu'ils lui étoient trop fupericurs,
pour qu'il pût entreprendre de les
y forcer avec fon Détachement , il en donna
avis au Maréchal de Noailles , qui fit
avancer le Duc de Gramont à la tête de la
Brigade des Gardes Françoifes , avec ordre
de gagner la grande chauffée du Fort-Louis.
Le Maréchal de Noailles fit marcher en même-
tems de ce côté une Brigade d'artillerie
& dix piéces de canon , & ayant appris que
l'armée ennemie étoit campée , fa gauche à
fes Ponts de Benheim , & fa droite à Rechvangle
, Village fitué vis-à-vis du Fort-
Louis , il ordonna à toute l'armée , de joindre
le Détachement du Comte de Lowendalh
,
2092 MERCURE DE FRANCE
dalh , ce qui s'exécuta avec tant d'activité ,
que les troupes firent cette marche en trois
heures.
La Brigade des Gardes Françoifes s'étoit
renduë quelque-tems auparavant à Drufenheim
, & elle fe difpofoit à attaquer Angenheim
, lorfqu'elle s'apperçût que ce Village
étoit tout en feu . On y marcha fur le champ,
& comme il étoit prefque nuit , on ne penfoit
à fe former qu'au de là du Village. En
arrivant près d'un Ruiffeau bordé de Prai
ries marécageufes , & qui fe jette dans le
Rhin , un peu au- deffus du Fort- Louis , on
rencontra 32 Compagnies de Grenadiers ,
& un pareil nombre de Compagnies de Fufiliers
des ennemis , avec leurs troupes irregulieres
, qui étoient placées fur les aîles
dans les bois , & qui firent une décharge
fur nos troupes.
Les Grenadiers de l'armée du Roi franchirent
le Ruiffeau & le Foffé fur lequel les
ennemis avoient un retranchement ; ils
s'emparerent de deux redoutes ; ils pénétrerent
dans le retranchement , & ayant mis
les ennemis en fuite , il les pourfuivirent
jufqu'à dix heures du foir. La trop grande
obfcurité obligea les troupes de S. M. de
faire halte , & elles demeurerent en bataille
toute la nuit.
Le lendemain , à la pointe du jour , l'armée
SEPTEMBRE . 1744. 209
mée ayant commencé à paffer le Défilé , pour
marcher à Benheim , on reçût avis que le
Prince Charles avoit repaffé le Rhin , &
qu'il avoit brûlé fes Ponts.
Les troupes dans l'action du 23 au foir
& dans les deux attaques des retranchemens
& du Village de Suffelsheim , ont fait des
prodiges de valeur , & elles ont combattu
avec autant de bonheur que d'intrépidité
les ennemis ne nous ayant tué ou bleflé
qu'environ 200 hommes. Le Grand Prieur
de France a reçû un coup de fufil dans la
cuiffe ; M. de Fremur , Maréchal de Camp ,
a été bleffé dangereufement , ainfi que M.
Quenaut de Clermont , Maréchal de Camp
& Ingénieur , lequel eft mort depuis de fes
bleffures. M. de la Serre , Lieutenant Colonel
du Régiment du Roi , Infanterie , eft
bleffé à la jambe. M. du Tillet , Capitaine
d'une Compagnie du Régiment des Gardes
Françoifes , M. d'Amfreville , Lieutenant
de Grenadiers dans ce Régiment , & le Che
valier de la Cofte Meffeliere , Officier dans
le même Régiment , ont été tués.
La perte des ennemis monte à 3000 hommes
, tués ou bleffés , fans y comprendre les
prifonniers , dont le nombre augmentoir
tous les jours , beaucoup de Soldats ennemis
, qui n'avoient pû rejoindre leur armée ,
fortant des bois où ils s'étoient réfugiés , &
venant fe rendre à difcrétion. On
2094 MERCURE DE FRANCE.
On fit paffer le 24 une partie de l'armée
du Roi dans l'Ifle du Marquifat , & l'armée
Impériale marcha vers Germersheim , où elle
devoit paffer le Rhin fur les Ponts de Bâteaux
qu'on avoit laiffés à Philifbourg.
Le 25 & le 26 , on travailla à jetter des
Ponts vis-à- vis du Fort-Louis.
Le Chevalier de Belle Ifle fut détaché le
27 avec 22 Compagnies de Grenadiers
cinq Régimens de Dragons , trois de Huffards
, & toutes les Compagnies Franches ,
aller à la pourfuite de l'arriere-garde
pour
des ennemis.
•
Le Maréchal de Seckendorf a fait un Détachement
de l'armée Impériale , lequel devoit
joindre le 29 celui du Chevalier de
Belle - Ifle au-delà de Philifbourg.
Le Marquis de Croiffy a été nommé Lieutenant
Général des armées du Roi , & le
Comte de Montmorency , Colonel du Régiment
d'Infanterie de Flandre , a été fait
Brigadier.
,
Le premier Septembre , on célébra avec
les cérémonies accoûtumées dans l'Eglife
de l'Abbaye Royale de S. Denis , le
Service folemnel qui s'y fait tous les ans
pour le repos de l'Ame du feu Roi LOUIS
XIV , & l'Evêque de Meaux y officia pontificalement.
On
SEPTEMBRE. 1744.
2095
On mande de Strasbourg du S de ce
mois , que le Maréchal de Noailles ayant
fait jetter au Fort-Louis deux Ponts fur le
Rhin , l'armée du Roi paffa ce Fleuve depuis
le vingt-fix jufqu'au 29 du mois dernier , &
qu'ayant marché en plufieurs Divifions elle
a campé dans differens Poftes fur la route de
Stoloffen à Mulberg.
La premiere Divifion , compofée de 22
Compagnies de Grenadiers , de 36 Efca--
drons de Dragons & de Huffards , & des
Compagnies Franches , partit le 31 de Staf- ,
furt fous les ordres du Chevalier de Belle-
Ifle , Lieutenant Général , pour tâcher de
joindre l'arriere-garde des troupes de la
Reine de Hongrie.
,
L'armée Impériale , à laquelle fe font
joints les Régimens Allemands , qui font au
fervice du Roi , a paffé le Rhin à Germerfheim
, & le Comte de Seckendorf en a détaché
4000 hommes d'Infanterie & 2000,
de Cavalerie , qui font commandés par le
Comte de Piofafque , Général de Cavalerie
des troupes de l'Empereur , & par le Comte
de Segur , Lieutenant Général de celles du
Roi . Če Détachement arriva le 31 à Bretten
, & fur l'avis que les ennemis s'étoient
retirés le matin de Phortzheim , & , étoient
allés à Cauftadt , il dirigea fa marche , pour
aller paffer la Riviere d'Entz à Bietigheim.
Un
96 MERCURE DE FRANCE.
Un grand nombre de Déferreurs de l'armée
des ennemis s'eft rendu à celle du
Roi.
Le Maréchal de Noailles a paffé par Strafbourg
, en allant à Metz , où il devoit arriver
les de ce mois.
-On apprend de Metz du 8 du même mois,
que le progrès du rétabliſſement de la ſanté
du Roi étoit plus marqué depuis quelques
jours , qu'il ne l'avoit été dans ceux qui ont
fuivi les momens de la guérifon de S. M.
le Roi fe levoit vers le midi , fe promenoit
dans fon appartement , & ne ſe recouchoit
qu'à dix heures du foir,
que
S. M. dormit très-bien la nuit du 7 ; elle
s'habilla le 8 , & elle étoit dans l'état de
convalefcenee , le plus favorable qu'on pût
defirer ; ainfi l'on comptoit qu'elle fortiroit
inceffamment , & qu'en prenant l'air , elle
avanceroit beaucoup l'entier recouvrement
'de fes forces.
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21
p. 63-64
« Nous avions d'abord formé le dessein de donner au Public une Liste de [...] »
Début :
Nous avions d'abord formé le dessein de donner au Public une Liste de [...]
Mots clefs :
Public, Te Deum, Liste, Peuple, Roi, Compagnies, Communautés, Corps de métiers, Convalescence, Zèle, Fêtes
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texteReconnaissance textuelle : « Nous avions d'abord formé le dessein de donner au Public une Liste de [...] »
Nde donner au Public une Liſte de
tous les Te Deum qui ont été chantés pour
la Convalescence du Roi , mais nous avons
craint que cette Liſte , trop longue& trop
uniforme , ne fatiguât nos Lecteurs & ne
remplît mal une partiede notre Recueil ,
que nous pouvons donner à des matieres
plus intéreſſantes. Il ſuffirade dire que nonſeulement
toutes les Compagnies , toutes
les Communautés , tous les Corps de Métiers
ſe ſont ſignalés à ce ſujet , mais que
même les Compagnons de chaque Métier ,
&tous lesOuvriers qui n'avoient pas encore
l'honneur de faire un Corps , ont été réiinisdans
cette circonſtance par leur zéle , au
défaut des Statuts , & ont fait célébrer des
Meffes folemnelles , ſuivies du Te Deum &
de l'Exaudiat. On n'entendra pas dire, ſans
étonnement , qu'on a vû le Public invité
par des Affiches aux Te Deum des Porteurs
d'Eau , des Bateliers du Port S. Nicolas ,
des Blanchiſſeuſes de la Grenoüillere , &
enfin des Laquais du Fauxbourg S. Germain.
Cette Cérémonie étoit ſuivie le foir
d'Illuminations , & pendant près de trois
mois , Paris n'a point été ſans être illuminé
en quelque endroit ; les Porteurs d'Eau ont
Dij
64 MERCURE DE FRANCE.
illuminé les Fontaines publiques , qui font
leur domicile le plus ordinaire.
Ces circonstances font moins frivoles
qu'elles ne le paroiſſent ; on y voit la joye
fincére du Peuple , & l'amour de la Nation
pour ſon Prince s'y développe mieux que
dans les loüanges les plus pompeuſes , car
le Peuple jamais n'a menti ni flaté.
Nous avons crû ne pouvoir nous diſpenſer
de rendre compte au Public des Fêtes qui
ont été célébrées dans les differentes Villes
du Royaume , à l'occaſion de la Convalefcence
du Roi ; nous croirions leur faire injuſtice
, ſi nous négligions de tranſmettre à
la Poſtérité ces témoignages de leur zéle ,
auſſi honorables pour elles , qu'ils font fla
teurs pour le Prince qui en eſt l'objet,
tous les Te Deum qui ont été chantés pour
la Convalescence du Roi , mais nous avons
craint que cette Liſte , trop longue& trop
uniforme , ne fatiguât nos Lecteurs & ne
remplît mal une partiede notre Recueil ,
que nous pouvons donner à des matieres
plus intéreſſantes. Il ſuffirade dire que nonſeulement
toutes les Compagnies , toutes
les Communautés , tous les Corps de Métiers
ſe ſont ſignalés à ce ſujet , mais que
même les Compagnons de chaque Métier ,
&tous lesOuvriers qui n'avoient pas encore
l'honneur de faire un Corps , ont été réiinisdans
cette circonſtance par leur zéle , au
défaut des Statuts , & ont fait célébrer des
Meffes folemnelles , ſuivies du Te Deum &
de l'Exaudiat. On n'entendra pas dire, ſans
étonnement , qu'on a vû le Public invité
par des Affiches aux Te Deum des Porteurs
d'Eau , des Bateliers du Port S. Nicolas ,
des Blanchiſſeuſes de la Grenoüillere , &
enfin des Laquais du Fauxbourg S. Germain.
Cette Cérémonie étoit ſuivie le foir
d'Illuminations , & pendant près de trois
mois , Paris n'a point été ſans être illuminé
en quelque endroit ; les Porteurs d'Eau ont
Dij
64 MERCURE DE FRANCE.
illuminé les Fontaines publiques , qui font
leur domicile le plus ordinaire.
Ces circonstances font moins frivoles
qu'elles ne le paroiſſent ; on y voit la joye
fincére du Peuple , & l'amour de la Nation
pour ſon Prince s'y développe mieux que
dans les loüanges les plus pompeuſes , car
le Peuple jamais n'a menti ni flaté.
Nous avons crû ne pouvoir nous diſpenſer
de rendre compte au Public des Fêtes qui
ont été célébrées dans les differentes Villes
du Royaume , à l'occaſion de la Convalefcence
du Roi ; nous croirions leur faire injuſtice
, ſi nous négligions de tranſmettre à
la Poſtérité ces témoignages de leur zéle ,
auſſi honorables pour elles , qu'ils font fla
teurs pour le Prince qui en eſt l'objet,
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22
p. 76-77
Te Deum chanté à Toulouse, [titre d'après la table]
Début :
Les habitans de Toulouse ont rendu plusieurs jours de suite des actions de graces & [...]
Mots clefs :
Toulouse, Te Deum, Roi, Parlement, Église métropolitaine, Illumination, Compagnies, Archevêque, Communautés, Académie des Jeux floraux, Feu d'artifice, Place du Capitole
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texteReconnaissance textuelle : Te Deum chanté à Toulouse, [titre d'après la table]
Les habitans de Toulouſe ont rendu plit
ſieurs jours de ſuite des actionsde graces &
de réjoiiiſſances , pour le rétabliſſement de
la ſanté du Roi .
Le Parlement de cette Ville , ſi-tôt qu'il
eut reçû la nouvelle de la Convalefcence
du Roi , fit chanter dans la Grande Sale du
Palais le Te Deum auquel il aſſiſta en Corps ,
& la nuit fuivante toutes les Maiſons des
Préſidens & des Conſeillers furent illuminées
. Le lendemain , le Te Deum fut chanté
dans l'EgliſeMétropolitaine avec une folemnité
extraordinaire,&leParlement s'y trouva
ainſi que les autres Compagnies. Il y eut le
foir une magnifique illumination au Palais
de l'Archevêque. Le Bureau des Finances ,
l'Univerſité , l'Académie des Jeux Floraux ,
le Sénéchal & le Viguier firent éclater auffi
dans les jours fuivans leur zéle par des Fêtes
particulieres. Les préparatifs ordonnés
par les Capitouls , ayant été achevés , le
Chapitre de l'Egliſe Métropolitaine ſe rendit
proceſſionnellement à la Chapelle du
Capitole , & le Prévôt du Chapitre y entonna
le Te Deum , qui fut ſuivi d'une illumination
générale dans toute la Ville. Tou
tes les Communautés Religieuſes & les differens
Corps des Marchands & des Artiſans
ont donné ſucceſſivement des témoignages
finguliers de leur amour reſpecteux pour le
NOVEMBRE. 1744. 77
Roi. Les Jeſuites du College & les Bénédictins
de la Daurade ſe ſont ſurtout diftin
gués à cette occaſion. L'Archevêque , ayant
reçû la Lettre que S. M. lui a écrite , pour
faire rendre à Dieu de ſolemnelles actions
de graces de l'avoir confervée , on chanta
pour la ſeconde fois dans l'Egliſe Métropo
litaine le Te Deum , auquel l'Archevêque
officia pontificalement , & auquel le Parlement&
toutes les Compagnies aſſiſterent,
Le foir , toutes les ruës furent illuminées ,
ainſi qu'elles l'avoient été le jour du Te
Deum du Corps de Ville ,& ces illuminations
furent renouvellées les deux nuits fuivantes
. Toutes ces Fêtes ont été terminées
par un feu d'artifice , que la Ville avoit fait
préparer dans la Place du Capitole , & dont
laDécoration & l'exécution ontdû fatisfaire
les connoiffeurs les plus difficiles.
ſieurs jours de ſuite des actionsde graces &
de réjoiiiſſances , pour le rétabliſſement de
la ſanté du Roi .
Le Parlement de cette Ville , ſi-tôt qu'il
eut reçû la nouvelle de la Convalefcence
du Roi , fit chanter dans la Grande Sale du
Palais le Te Deum auquel il aſſiſta en Corps ,
& la nuit fuivante toutes les Maiſons des
Préſidens & des Conſeillers furent illuminées
. Le lendemain , le Te Deum fut chanté
dans l'EgliſeMétropolitaine avec une folemnité
extraordinaire,&leParlement s'y trouva
ainſi que les autres Compagnies. Il y eut le
foir une magnifique illumination au Palais
de l'Archevêque. Le Bureau des Finances ,
l'Univerſité , l'Académie des Jeux Floraux ,
le Sénéchal & le Viguier firent éclater auffi
dans les jours fuivans leur zéle par des Fêtes
particulieres. Les préparatifs ordonnés
par les Capitouls , ayant été achevés , le
Chapitre de l'Egliſe Métropolitaine ſe rendit
proceſſionnellement à la Chapelle du
Capitole , & le Prévôt du Chapitre y entonna
le Te Deum , qui fut ſuivi d'une illumination
générale dans toute la Ville. Tou
tes les Communautés Religieuſes & les differens
Corps des Marchands & des Artiſans
ont donné ſucceſſivement des témoignages
finguliers de leur amour reſpecteux pour le
NOVEMBRE. 1744. 77
Roi. Les Jeſuites du College & les Bénédictins
de la Daurade ſe ſont ſurtout diftin
gués à cette occaſion. L'Archevêque , ayant
reçû la Lettre que S. M. lui a écrite , pour
faire rendre à Dieu de ſolemnelles actions
de graces de l'avoir confervée , on chanta
pour la ſeconde fois dans l'Egliſe Métropo
litaine le Te Deum , auquel l'Archevêque
officia pontificalement , & auquel le Parlement&
toutes les Compagnies aſſiſterent,
Le foir , toutes les ruës furent illuminées ,
ainſi qu'elles l'avoient été le jour du Te
Deum du Corps de Ville ,& ces illuminations
furent renouvellées les deux nuits fuivantes
. Toutes ces Fêtes ont été terminées
par un feu d'artifice , que la Ville avoit fait
préparer dans la Place du Capitole , & dont
laDécoration & l'exécution ontdû fatisfaire
les connoiffeurs les plus difficiles.
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23
p. 140-143
Arrivée de Leurs Majestés à Versailles, & Réjouissances faites dans cette Ville, [titre d'après la table]
Début :
Leurs Majestés arriverent enfin à Versailles. Les Habitans de cette Ville n'avoient [...]
Mots clefs :
Versailles, Roi, Avenue, Portiques, Portique, Arc de triomphe, Colonnes, Pilastres, Statue, Renommée, Château, Compagnies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Arrivée de Leurs Majestés à Versailles, & Réjouissances faites dans cette Ville, [titre d'après la table]
Leurs Majestés arriverent enfin à Verfailles
. Les Habitans de cette Ville n'avoient
pas été moins empreſſés , que ceux
de Paris , à faire éclater la joie que leur
caufoit le retour du Roi.
Ils avoient fait élever vis-à-vis du Château,
à l'entrée de la principale Avenuë, entre
la Grande & la Petite Ecurie , un Arc
de Triomphe , compofé de trois Portiques
, dont celui du milieu avoit trentehuit
pieds de haut fur vingt de large. La
NOVEMBRE. 1744. 141
hauteur des deux autres Portiques étoit de
trente - quatre pieds , & leur largeur de
quinze. Ces Portiques étoient accompa
gnés de Colonnes & de Pilastres d'Ordre
Corinthien avec les Chapiteaux ornés de
Volutes & de feuillages d'or. Les Colonnes
& les Pilaſtres foutenoient un Entablement
, furmonté d'une Balustrade dont la
Friſe étoit embellie par pluſieurs Guirlandesde
fleurs .
د
Au-deſſus de la Balustrade , du côté de
l'Avenuë , on voyoit fur le Portique du
milieu , un Tableau de trente pieds de hauteur
dans lequel la Muſe de l'Hiſtoire
étoit repréſentée , écrivant dans un Livre
que portoit le Tems , les actions du Roi ,
dictées par la Renommée. Des Palmes &
des branches de Laurier entrelaffées achevoient
le Couronnement. Dans le retour
circulaire , étoient à droite la Statuë de la
Gloire , & à gauche celle de l'Amour de la
Patrie , chacune ſur un Piédeſtal & entre
deux Pilaſtres ..
La Constance & la Clémence étoient placées
, l'une à la gauche du Portique de la
droite ,& l'autre à la droite du Portique de
la gauche , chacune entre deux Colonnes
entourées de Guirlandes. A la droite du
premier de ces deux Portiques & à la gau
Gy
142 MERCURE DEFRANCE.
chedu ſecond s'élévoit entre deux Pilaſtres
un ſuperbe Trophée , poſé ſur un Cul de
Lampe , dans lequel étoit un Ecuffon avec
trois Lis d'Or .
Dans la façade du côté du Château , on
liſoit à l'Architrave du grand Portique cette
Infcription , Regi , Patri , Heroi. Un
Globe avec les Armes de France , foutenu
par deux Eſclaves , faifoit le Couronnement.
La Renommée au-deſſus de ceGlobe
tenoit le Portrait du Roi , tandis qu'un Genie
deſcendoit du Ciel , pour couronner
Sa Majefté . Aux pieds de la Renommée
quelques autres Genies badinoient avec
une Guirlande de fleurs. On avoit placé
aux deux côtés de ce Portique la Valeur &
la Libéralité,
6
L'Humanité & la Force occupoient dans
cette façade les mêmes places que la Conftance
& la Clémence dans la façade du côté
de l'Avenue , & la Décoration étoit terminée
de même par deux Trophées. Les Platfonds
des trois Portiques étoient revêtus
dedivers ornemens relevés en Or , & l'on
avoit peintdes Trophées dans les Cloifons.
Entre cet Arc de Triomphe & le Châreau
, étoient ſous les Armes , d'un côté
cent Enfans de douze à quatorze ans , tous
vêtus de blanc , & de l'autre la Garde de la
,
NOVEMBRE. 1744 143
Ville. Huit Compagnies Bourgeoiſes , de
cent cinquante 'hommes chacune , cinq de
la Ville-Neuve , & trois du vieux Verfailles
, bordoient le paſſage du Roi depuis
l'Arcde Triomphe juſqu'à la moitié de l'Avenuë.
Trois autres Compagnies , à cheval
, dont une avoit un Uniforme bleu
avec des Brandebourgs d'argent &les.
deux autres un Uniforme écarlate avec des
veſtes galonnées d'or , chapeaux bordés
avec des plumets , allerent au-devant du
Roi juſqu'à l'extrêmité de l'Avenue ,&
elles avoient à leur tête le Comte de Noailles
, Gouverneur de Verſailles.
: Ces trois dernieres Compagnies accom
pagnerent Sa Majesté dans le reſte de ſa
marche juſqu'au Château , qui étoit illuminé,
ainſi que l'Arc de Triomphe , avec
autant de goût que de magnificence.
Le foir , avant le fouper du Roi , la Ville
fit tirer un feu d'artifice ily eut des illu
minations dans toutes les rues , & l'on
n'entendoit de toutes parts que des acclamations
réitérées ,d'autant plus flateuſes
pour Sa Majesté , qu'on pouvoit lire dans
tous les yeux , que ces hommages étoient
rendus moins à ſon rang quà ſa per
fonne.
. Les Habitans de cette Ville n'avoient
pas été moins empreſſés , que ceux
de Paris , à faire éclater la joie que leur
caufoit le retour du Roi.
Ils avoient fait élever vis-à-vis du Château,
à l'entrée de la principale Avenuë, entre
la Grande & la Petite Ecurie , un Arc
de Triomphe , compofé de trois Portiques
, dont celui du milieu avoit trentehuit
pieds de haut fur vingt de large. La
NOVEMBRE. 1744. 141
hauteur des deux autres Portiques étoit de
trente - quatre pieds , & leur largeur de
quinze. Ces Portiques étoient accompa
gnés de Colonnes & de Pilastres d'Ordre
Corinthien avec les Chapiteaux ornés de
Volutes & de feuillages d'or. Les Colonnes
& les Pilaſtres foutenoient un Entablement
, furmonté d'une Balustrade dont la
Friſe étoit embellie par pluſieurs Guirlandesde
fleurs .
د
Au-deſſus de la Balustrade , du côté de
l'Avenuë , on voyoit fur le Portique du
milieu , un Tableau de trente pieds de hauteur
dans lequel la Muſe de l'Hiſtoire
étoit repréſentée , écrivant dans un Livre
que portoit le Tems , les actions du Roi ,
dictées par la Renommée. Des Palmes &
des branches de Laurier entrelaffées achevoient
le Couronnement. Dans le retour
circulaire , étoient à droite la Statuë de la
Gloire , & à gauche celle de l'Amour de la
Patrie , chacune ſur un Piédeſtal & entre
deux Pilaſtres ..
La Constance & la Clémence étoient placées
, l'une à la gauche du Portique de la
droite ,& l'autre à la droite du Portique de
la gauche , chacune entre deux Colonnes
entourées de Guirlandes. A la droite du
premier de ces deux Portiques & à la gau
Gy
142 MERCURE DEFRANCE.
chedu ſecond s'élévoit entre deux Pilaſtres
un ſuperbe Trophée , poſé ſur un Cul de
Lampe , dans lequel étoit un Ecuffon avec
trois Lis d'Or .
Dans la façade du côté du Château , on
liſoit à l'Architrave du grand Portique cette
Infcription , Regi , Patri , Heroi. Un
Globe avec les Armes de France , foutenu
par deux Eſclaves , faifoit le Couronnement.
La Renommée au-deſſus de ceGlobe
tenoit le Portrait du Roi , tandis qu'un Genie
deſcendoit du Ciel , pour couronner
Sa Majefté . Aux pieds de la Renommée
quelques autres Genies badinoient avec
une Guirlande de fleurs. On avoit placé
aux deux côtés de ce Portique la Valeur &
la Libéralité,
6
L'Humanité & la Force occupoient dans
cette façade les mêmes places que la Conftance
& la Clémence dans la façade du côté
de l'Avenue , & la Décoration étoit terminée
de même par deux Trophées. Les Platfonds
des trois Portiques étoient revêtus
dedivers ornemens relevés en Or , & l'on
avoit peintdes Trophées dans les Cloifons.
Entre cet Arc de Triomphe & le Châreau
, étoient ſous les Armes , d'un côté
cent Enfans de douze à quatorze ans , tous
vêtus de blanc , & de l'autre la Garde de la
,
NOVEMBRE. 1744 143
Ville. Huit Compagnies Bourgeoiſes , de
cent cinquante 'hommes chacune , cinq de
la Ville-Neuve , & trois du vieux Verfailles
, bordoient le paſſage du Roi depuis
l'Arcde Triomphe juſqu'à la moitié de l'Avenuë.
Trois autres Compagnies , à cheval
, dont une avoit un Uniforme bleu
avec des Brandebourgs d'argent &les.
deux autres un Uniforme écarlate avec des
veſtes galonnées d'or , chapeaux bordés
avec des plumets , allerent au-devant du
Roi juſqu'à l'extrêmité de l'Avenue ,&
elles avoient à leur tête le Comte de Noailles
, Gouverneur de Verſailles.
: Ces trois dernieres Compagnies accom
pagnerent Sa Majesté dans le reſte de ſa
marche juſqu'au Château , qui étoit illuminé,
ainſi que l'Arc de Triomphe , avec
autant de goût que de magnificence.
Le foir , avant le fouper du Roi , la Ville
fit tirer un feu d'artifice ily eut des illu
minations dans toutes les rues , & l'on
n'entendoit de toutes parts que des acclamations
réitérées ,d'autant plus flateuſes
pour Sa Majesté , qu'on pouvoit lire dans
tous les yeux , que ces hommages étoient
rendus moins à ſon rang quà ſa per
fonne.
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24
p. 204-217
« Le 9 Mai, le Bourg de Ferechampenoise, un des plus considérables du [...] »
Début :
Le 9 Mai, le Bourg de Ferechampenoise, un des plus considérables du [...]
Mots clefs :
Capitaine, Pensions militaires, Régiments, Compagnies, Artillerie, Maréchal de Richelieu, Escadre anglaise, Conflit franco-anglais sur terre, Frégates, Officiers de marine, Conflit franco-anglais sur mer, Impératrice Reine de Hongrie et Bohême, Traité défensif d'alliance, Sa Majesté, Marquis, Lieutenant, Ambassadeurs, Cérémonies, Cardinal de Tavannes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 9 Mai, le Bourg de Ferechampenoise, un des plus considérables du [...] »
LE 9 Mai , le Bourg de Ferechampenoiſe , un
des plus confidérables du Diocèfe de Châlonsfur-
Marne , a été prefque totalement détruit par.
un horrible incendie. Les habitans ont eu à peine.
temps de pourvoir à leur fûreté , & de fauver
leurs enfans. Dans l'intervalle d'une heure , près
de mille perfonnes fe font trouvées fans azyle &
fans reffources.
le
Le 11 , M. le Duc de Biron , après avoir fait la
revue des Gardes Françoifes dans la Plaine des
Sablons où le Régiment étoit campé , déclara que
le Roi avoit accordé une penfion de mille livres
fur le Tréfor Royal à M. le Comte d'Afpremont ,
Maréchal de Camp , Commandant du troiſieme
Bataillon de ce Régiment ; une pareille penfion à.
M. de Savary , Lieutenant de Grenadiers , ayant
Brevet de Colonel ; une de quatre cens francs ,,
auffi fur le Tréfor Royal , à M. de Chaffincourt-
Tilly , Sous- Lieutenant ; des Brevets de Colonels.
au Marquis de Rafilly , Lieutenant de Grenadiers
& au Comte du Dreneuc , Lieutenant ; & la Croix
de Saint Louis au Vicomte de Jaucourt , Lieutenant
à M. de Chaban , Sous- Aide- Major; au
JUILLET. 1756. 206
Chevalier de Palme , au Marquis de la Rochebouffeau
, à MM. de la Motte , de Termont , &
de Chieza , Sous- Lieutenans , & à M. de la Bordenne
, Enfeigne de Grenadiers.
Le Roi ayant porté à dix-fept Compagnies les
Bataillons de fon Infanterie Françoife ; & Sa Majefté
voulant que les Bataillons des Régimens de
fon Infanterie Suiffe & Grifonne , qui ne font actuellement
que de quatre cens-vingt hommes en
quatre Compagnies de cent vingt hommes chacune,
y compris les Officiers , foient rapprochés de la
compofition des Bataillons François , Sa Majefté a
ordonné que les douze Compagnies de chacun
des neuf Régimens Suiffes & de celui de Salis Grifon
, qui font à ſon ſervice , formaffent dorénavant
deux Bataillons compofés de fix Compagnies
chacun , au lieu d'être diftribuées , commé
elles font préfentement , en trois Bataillons de
quatre Compagnies. Veut Sa Majefté , que les fix
Compagnies , qui doivent compofer chacun des
deux Bataillons par Régiment , y foient placées
fuivant le rang d'ancienneté des Capitaines , &
dans l'ordre qu'éxige la nouvelle formation prefcrite
par la préfente Ordonnance . Chacune de
ces Compagnies continuera d'être compofée de
cent vingt hommes , y compris cinq Officiers ;
chaque Capitaine devant y entretenir deux Sergens
à vingt-cinq livres chacun , un troifieme
Sergent & un Fourrier à vingt livres chacun , un
Porte-Enfeigne & un Capitaine d'Armes à dixhuit
livres chacun , un Prevôt à quinze livres
quatre Caporaux , quatre Anfpeffades & cent Fufiliers
, les Tambours & les Fifres compris. Eatend
au furplus Sa Majefté que les Officiers
qui commandoient les troifiemes Bataillons defdits
Régimens Suiffes & Grifons , confervent, tant
106 MERCURE DE FRANCE.
qu'ils ne fe trouveront pas pourvus d'un grade
fupérieur , les prérogatives qui étoient attachées
à leur emploi.
Le 27 Mai , les Députés des Etats d'Artois ont
eu audience du Roi . Ils ont été préſentés à Sa
Majefté par M. le Duc de Chaulnes , Gouverneur
de la Province , & par M. le Comte d'Argenfon ,
Miniftre & Secretaire d'Etat , ayant le Département
de cette Province , & conduits par M. Def
granges , Maître des Cérémonies. La Députation
étoit compofée , pour le Clergé , de Dom de
Briois d'Hulluch , Abbé de Saint Vaaft d'Arras ;
du Comte de Beaufort , pour la Nobleffe ; & de M.
Harduin , Avocat en Parlement , & ancien Echevin
des Ville & Cité d'Arras , pour le Tiers-Etat.
Dans le travail du Roi avec M. le Comte d'Eu,
concernant le Régiment des Gardes Suiffes , Sa
Majefté a augmenté de cinq cens livres la penfion
de quinze cens que M. de Réding , Maréchal de
Camp, Premier Capitaine de ce Régiment, a fur le
Tréfor Royal . Elle a accordé une penfion de 1000 1.
auffi fur le Tréfor Royal , au Baron de Befenwald,
Brigadier , Capitaine d'une Compagnie dans le
même Régiment ; une pareille penfion , fur l'Ordre
de Saint Louis , à M. de Peftallozzi , Brigadier
, Capitaine-Commandant de la Compagnie
Lieutenante-Colonelle ; une de huit cens livres ,
fur le Tréfor Royal , à M. Altermatt , troifieme
Aide - Major ; une Commiffion de Colonel
à M. Schwitzer , Premier Lieutenant de la Compagnie
de Phiffer ; la Croix de S. Louis au Chevalier
de Maillaudor , Premier Lieutenant de la
Compagnie Générale , & à M. Schwitzer de Buonas
, fecond Lieutenant de la même Compagnie..
Depuis la defcente des troupes du Roi dans
1le Minorque, M. le Maréchal de Richelieu a
JUILLET. 1756. 207
été principalement occupé du foin de furmonter
les difficultés qui fe font rencontrées dans le
tranfport de l'artillerie à Mahon , & des munitions
de guerre & de bouche. Il eft enfin parvenu
à faire conftruire fur le Mont des Signaux une
batterie de cinq pieces de canon & d'autant de
mortiers , qui a commencé à tirer le 8 de Mai au
matin. Il afait occuper le 9 au foir le Fauxbourg,
dit la Ravale , par un Détachement de cent Volontaires,
par quatre Compagnies de Grenadiers &
parfixPiquets,aux ordres de M. le Comte de Briqueville
, Colonel , avec cinq cens Travailleurs , pour y
former des épaulemens & établir des batteries . Le
10,M. le Marquis de Roquepine Brigadier , ayant
fous lui MM . de Gaunay & d'Elva , Colonels , de
Magnac & de Virmont , Lieutenans Colonels , eft
parti dès le matin avec douze cens hommes , pour
fe porter du côté du Fort Marlboroug derriere la
Tour de Benifaïd. M. le Comte de Briqueville a
été relevé le foir par M. de la Serre , Brigadier
avec trois Compagnies de Grenadiers & neuf Piquets.
Auffitôt après , les deux Bataillons du Régiment
Royal , & le premier du Régiment Royal
Comtois , fe font portés à la droite du Fauxbourg,
le long d'une chaîne de maifons qui en forment
Fenceinte , pour protéger le travail , que M. le
Maréchal de Richelieu eft allé vifiter. M. d'Elva,
Colonel à la fuite du Régiment Royal Italien , a
été bleffé légérement à l'épaule. Les journées du
11 & du 12 Mai , ont été employées à conſtruire
des batteries à la gauche , à la droite & au centre
du Fauxbourg, dit la Ravale, fans que la Garnifon
Angloife ait inquiété les travailleurs autrement'
que par les bombes & le canon. Le 12 au foir
le Détachement du Fauxbourg fut compofé de
fept Compagnies de Grenadiers , huit Piquets &
208 MERCURE DE FRANCE.
trois Compagnies de Volontaires , & les batte
ries de bombes commencerent à tirer pendant la
nuit. Le 17 , la batterie de canons de la droite fe
trouva en état de tirer , & fut très- bien fervie. Le
18 , M. du Pinay , qui commandoit celle de la
gauche , fut tué, & le Prince Louis de Wirtemberg
, Maréchal de Camp , fut légérement bleſſé.
Le 19 , P'Efcadre Angloife ayant paru en mer ,
M. le Maréchal de Richelieu envoya treize Piquets
à M. le Marquis de la Galiffonniere , & fit
les difpofitions néceffaires pour empêcher toute
communication avec les Affiégés. Le 20 , les deux
Bataillons du Régiment Royal , aux ordres de
M. le Comte de Maillebois , Lieutenant- Général ,
fe rendirent le foir au dépôt de la tranchée , d'ou
ils envoyerent relever les poftes du Fauxbourg par
leurs Grenadiers & fix Piquets , avec cinq autres
Compagnies de Grenadiers & fix Piquets de différens
Corps. Une bombe ayant mis le feu à une de
nos batteries à deux heures après-midi , les affiégés
redoublerent leur feu , & firent une fortie de
la Lunette de la Reine , dans laquelle nos Grenadiers
les firent rentrer auffitôt. Pendant la journée
du 21 au 22 , on répara les anciennes batteries
, & l'on continua la conftruction des nouvelles.
Le 22 , l'Efcadre Françoife ayant réparu devant
le Port , l'Armée fit le foir une réjouiſſance
pour l'avantage que cette Efcadre avoit remporté
fur celle des Anglois. Le 23 , M. le Comte de
Lannion releva M. le Marquis du Mefnil à la
tranchée, avec les deux Bataillons de Royal la Marine
, indépendamment d'un pofte de Brigadier
établi dans le Fauxbourg. Cette journée & celle
du 24 ont été employées , comme les précédentes,.
aux réparations & nouvelles conftructions de bat
tories.
>
•
JUILLET. 1756. 209
Les Frégates du Roi l'Aquilon , de quarante
canons , & la Fidele , de vingt- quatre , comman
dées par MM. de Maurville , Capitaine , & de Lizardais
, Lieutenant de Vaiffeau , qui avoient ef
corté au large quelques Navires , revenoient à
Rochefort , lorfque le 17 elles ont eu connoiffance
vers l'Ile d'Oléron , d'un Vaiffeau de guerre
Anglois , de cinquante- fix canons , & d'une Frégate
, de trente , qui leur ont donné chaffe. Le
combat s'eft engagé à fix heures du foir entre le
Vaiffeau de guerre Anglois avec fa Frégate , & les
deux Frégates du Roi , de maniere que la Frégate
laFidele, a auffieffuyé d'abord quelques bordées du
Vaiffeau de guerre Anglois ; mais il eft enfuite
devenu particulier du Vaiffeau de guerre Anglois
avec la Frégate l'Aquilon , & de la Frégate Angloife
avec la Frégate la Fidele , qui ont été bientôt
hors de la vue des premiers. Le combat de la
Frégate de l'Aquilon contre le Vaiffeau de guerre
Anglois a duré près de huit heures ; & celui de la
Frégate la Fidele contre la Frégate Angloife
près de fix. Nonobftant la grande fupériorité de
l'artillerie du Vaiffeau Anglois & de la Frégate ,
tant en nombre de canons qu'en poids des boulets
, les deux Frégates du Roi les ont mis hors
de combat ; & les Anglois fe font retirés : mais il
n'a pas été poffible aux Frégates du Roi , qui
étoient défemparées de toutes leur manoeuvres, de
les pourfuivre. Elles font rentrées à Rochefort le
19 & le 20. On ne fçauroit donner trop d'éloges
à la bravoure que les Officiers , les Gardes de la
Marine & les Equipages , ont fait paroître dans
cette occafion. M. de Maurville a eu le bras droit
fracaffé dès le commencement du combat , &
Fon a été obligé de le lui couper fur le champ .
Malgré cet accident , qui l'a obligé de céder le
210 MERCURE DE FRANCE.
commandement à M. de la Filliere , Capitaine en
fecond , il n'a pas ceffé de donner des marques
de la plus grande fermeté. M. de la Filliere a reçu
trois bleffures. M. Héron , Premier Lieutenant ,
a été tué fur le gaillard d'avant ; & le Chevalier
de Cardaillac , qui commandoit le Détachement
des Gardes de la Marine , a eu un bras caffé. Il
n'y a eu aucun Officier de tué ni de bleffé ſur la
Frégate la Fidele. Dans les Equipages, la Frégate
l'Aquilon a eu quinze hommes tués & vingt-fix
bleflés ; & la Frégate la Fidele , huit tués & dixhuit
bleffés.
La Cour vient de rendre public un Ecrit qui a
pour titre , MEMOIRE concernant le précis des faits
avec leurs piecesjuftificatives , pour fervir de réponfe
aux OBSERVATIONS envoyées par les Miniftres
d'Angleterre dans les Cours de l'Europe . L'objet
des Obfervations fur le premier Mémoire de la
France étoit de juftifier le refus fait par l'Angleterre
de fatisfaire à la réquifition du Roi , du 21
Décembre dernier , & de reftituer les Vaiffeaux
pris en pleine paix . Le feul moyen de colorer ce
refus étoit d'imputer aux François des hoftilités
antérieures à celles des Anglois , & cette fauffe
´imputation eft réfutée dans l'Ecrit que nous annonçons.
On n'oppofe aux fuppofitions des Anglois
que l'expofé le plus fimple de tout ce qui
s'eft paffé entre les deux Nations , foit en Amérique
, foit en Europe , depuis le dernier Traité
d'Aix-la- Chapelle ; & l'on n'avance aucun fait
qui ne foit ou avoué des deux Cours , ou prouvé
par des pieces authentiques & irréprochables.
Parmi ces pieces font celles qui ont été trouvées
dans les papiers du Général Braddock , après le
combat dans lequel il a perdu la vie.
Il paroît une Déclaration du Roi , portant fuf-
1
JUILLET. 1756. 211
penfion du Dixieme de l'Amiral , & autres encouragemens
pour la Courſe.
M. le Marquis de Juigné ayant préféré de commander
une Brigade dans le Régiment des Grenadiers
de France , le Roi a difpofé du Régiment
de Forez , en faveur de M. le Comte de Puyfegur,
Colonel dans celui des Grenadiers de France.
Le Roi a conclu avec l'Impératrice Reine de
Hongrie & de Bohême , un Acte ou Convention
de Neutralité , & un Traité défenfif d'Alliance &
d'Amitié. Cette Convention & ce Traité furent
fignés à Verſailles le premier du mois de Mai , &
les Ratifications y ont été échangées le 28 du
même mois.
Le 17 Mai aufoir , M. le Marquis de la Galif
fonniere , commandant l'Efcadre du Roi dans fa
Méditerranée , fut informé par la Frégate la Gracieufe
, qui étoit en croifiere fur Mayorque , qu'el
le avoit découvert une Eſcadre Angloiſe , qui pouvoit
être alors à huit ou dix lieues dans le Sud. Le
18 , l'Eſcadre du Roi manoeuvra pour aller à la
rencontre de celle des Anglois , mais le calme en
empêcha. Le 19 au matin , on découvrit l'Eſcadre
Angloife du haut des mâts. Elle étoit au vent ,
& il ne fut pas poffible à l'Efcadre du Roi , de
l'approcher jufqu'à la portée du canon. Le 20
M. le Marquis de la Galiffonniere étoit parvenu
gagner le vent : mais dans le tems qu'il ſe trouvoit
dans cette pofition , le vent changea tout
d'un coup ; ce qui rendit cet avantage à l'Eſcadre
Angloife. A deux heures & demie après-midi , les
deux Efcadres fe trouverent en lignes , celle dés
Anglois compofée de dix-huit voiles , dont treize
Vaiffeaux de ligné , & celle du Roi , de douze
Vaiffeaux & quatre Frégates. Le combat fut engagé
par l'avant-garde de l'Efcadre du Roi , qui
212 MERCURE DE FRANCE.
attaqua l'arriere- garde de celles des Anglois. II
devint fucceffivement général : mais il ne le fut
pas pendant tout le tems de fa durée. Les Vaiffeaux
Anglois , qui étoient les plus maltraités
des bordées des Vaiffeaux du Roi , profitant de
l'avantage du vent , pour fe mettre hors de la
portée du canon. L'Efcadre Angloife , après avoir
porté fes plus grands efforts fur l'arriere- garde de
celle du Roi , qu'elle a trouvée fi ferrée , & dont
elle a effuyé un fi grand feu , qu'elle n'a pu l'entamer
, a pris le parti de s'éloigner. Elle avoit
toujours confervé l'avantage du vent , ce qui l'a
mife en état de ne point s'engager. Le combat a
duré près de quatre heures. En général , il n'y a
eu aucun Vaiffeau de l'Efcadre Angloife , qui ait
foutenu longtemps le feu des Vaiffeaux de l'Efca
dre du Roi , lefquels ont peu fouffert. Ils étoient
entiérement réparés dans la nuit , & en état de
combattre le lendemain. Nous n'avons eu que
trente-huit hommes tués , & cent quatre- vingtquatre
bleffés. Aucun Officier n'a été tué. Ceux
qui ont été bleffés , font MM . de Peruffy & de
Puty , Enfeignes , & M. de Gibanelle , Garde de
la Marine , fur le Vaiffeau le Foudroyant ; M. de
Seignoret , Garde de la Marine , fur le Téméraire;
M. de Gravier , Lieutenant fur le Guerrier ; le
Chevalier d'Urre , Lieutenant fur le Sage ; le
Chevalier de Beaucoufe , Lieutenant ; M. d'Alberas
, Enfeigne , & M. Dubeny , Garde de la Marine
, fur le Content..
Depuis l'arrivée de ces nouvelles qui font du
21 , il eft venu des lettres de l'Efcadre , datées du
25. L'Efcadre Angloife n'avoit point reparu , &
celle du Roi continuoit de croifer devant l'entrée
du Port- Mahon . Le Chevalier de Beaucouſe ,
Lieutenant de Vaiffeau , qui avoit eu une cuiffe.
JUILLET. 1756. 213
caffée dans le combat du 20 , & qui avoit été
tranſporté à terre à Mahon , y étoit mort le 24 .
M. de Gibanelle & de Seignoret , Gardes de la
Marine , étoient fort mal à bord des Vaiffeaux fur
lefquels ils ont été bleffés , le premier ayant eu
les reins brifés , & le fecond les deux jambes caffées
. Mais le Chevalier d'Urre , Lieutenant de
Vaifleau , qui a eu un bras caffé , donnoit beaucoup
d'efpérance de guérifon. Les autres bleffés
le font peu dangereufement.
Le 6 Juin , jour de la Pentecôte , les Chevaliers
, Commandeurs & Officiers de l'Ordre du
Saint- Elprit , s'étant affemblés vers les onze heu--
res du matin dans le Cabinet du Roi , Sa Majesté
tint un Chapitre. L'Information des vie & moeurs,
& la Profeffion de Foi , du Marquis de Saint Vital
& du Prince Jablonowski , qui avoient été propofés
le premier Janvier pour être Chevaliers ,
furent admifes , & ils furent introduits dans le
Cabinet , & reçus Chevaliers de l'Ordre de Saint
Michel. Le Roi fortit enfuite de fon apparte
ment , pour aller à la Chapelle. Sa Majesté , devant
laquelle les deux Huiffiers de la Chambre
portoient leurs Maffes , étoit en Manteau , le
Collier de l'Ordre par-deffus , ainfi que celui de
l'Ordre de la Toifon d'Or. Elle étoit précédée
de Monfeigneur le Dauphin , du Duc d'Or
léans , du Prince de Condé , du Comte de Charolois
, du Comte de Clermont , du Prince de Conty
, du Comte de la Marche , du Comte d'Eu ;
du Duc de Penthievre , & des Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre. Les deux nouveaux
Chevaliers , en habit de Novices , marchoient
entre les Chevaliers & les Officiers. Après
la grande Meffe , qui fut célébrée par le Prince
Conftantin , Commandeur de l'Ordre , & Prejer
Aumônier du Roi , Sa Majefté monta fux,.
214 MERCURE DE FRANCE .
fon Trône , & revêtit des Marques de l'Ordre les
deux nouveaux Chevaliers. Le Marquis de Saint
Vital eut pour Parrain le Maréchal de Clermont-
Tonnerre. Le Marquis de Matignon fut celui du
Prince Jablonowski. Cette cérémonie étant finie,
le Roi fut reconduit à ſon appartement en la maniere
accoutumée.
M. Dufort , Introducteur des Ambaffadeurs ,
alla le 7 prendre dans les carroffes du Roi & de la
Reine , le Cardinal de Tavannes en fon Hôtel à
Verfailles , & il le conduifit chez le Roi avec
l'Abbé Durini , Camérier Secret du Pape , nommé
par Sa Sainteté pour apporter les Bonnets aux
Cardinaux de Tavannes , de Luynes & de Gefvres.
Avant la Meffe du Roi , l'Abbé Durini fut conduit
, avec les cérémonies accoutumées , à l'au
dience le Roi lui donna dans fon Cabinet
que
& il préfenta à Sa Majesté un Bref de Sa Sainteté.
Après cette audience ,le Roi defcendit à la Chapelle
, où le Cardinal de Tavannes ſe rendit à la fin de
la Meffe , étant conduit par le fieur Dufort , Introducteur
des Ambaffadeurs, Monfieur Defgranà
la
reçut ges , Maître des Cérémonies , porte
La Chapelle le Cardinal de Tavannes , lequel alla
fe placer près du Prié-Dieu du Roi , du côté de
PEvangile , & fe mit à genoux fur un carreau.
L'Abbé Dutini , revêtu de fon habit de cérémonie
, ayant remis entre les mains du Cardinal de
Tavannes le Bref du Pape , alla prendre fur la
Crédence Près de l'Autel , du côté de l'Epître
un Baffin de vermeil doré , fur lequel étoit le
Bonnet , & il le préfenta au Roi. Sa Majesté prit
le Bonnet , & le mit fur la tête du Cardinal de
Tavannes , qui en le recevant , fit une profonde
inclination , & à l'inſtant même fe découvrit.
Dès que le Roi fut en marche pour fortir de la
Chapelle , le Cardinal de Tavannes entra dans la
de
JUILLET. 1756 . 215
Sacriftie , où il prit les habits de fa nouvelle dignité.
Il montà enfuite chez le Roi , étant accompagné
du Maître des Cérémonies. M. Dufort ,
Introducteur des Ambaffadeurs , qui étoit toujours
refté auprès du Cardinal de Tavannes , l'introduifit
dans le Cabinet du Roi , où ce Cardinal fit
fon remerciement à Sa Majesté . Le Cardinal de
Tavannes fut conduit avec les mêmes cérémonies.
à l'audience de la Reine , à laquelle il préfenta
P'Abbé Durini , qui remit à Sa Majesté un Bref
du Pape. Pendant l'audience , on apporta un
tabouret , & le Cardinal de Tavannes s'affit . Il
fut conduit enfuite à l'audience de Monfeigneur
le Dauphin , de Madame la Dauphine , de Madame
, & à celles de Mefdames Victoire , Sophie
& Louife. Après toutes ces audiences , le Cardinal
de Tavannes fut reconduit par M. Dufort , Introducteur
des Ambaffadeurs , dans les carroffes
du Roi & de la Reine à fon Hôtel , avec les cérémonies
obfervées lorſqu'on étoit allé le prendre
pour l'amener chez le Roi.
Le 8 , le Cardinal de Luynes , & le 10 le Cardinal
de Gefvres reçurent des mains du Roi dans
la Chapelle, le Bonnet de Cardinal avec les mêmes
cérémonies.
L'Eglife de l'Abbaye Royale de Pantemont
été bénîte le 30 de Mai , par Dom Couthaud, Religieux
de l'Abbaye de Cîteau , Docteur de Sorbonne
, & Provifeur du College. La cérémonie
en fut édifiante , & fuivie d'une grand'Meffe
chantée par les Religieux , au milieu de laquelle
M. l'Abbé de la Paufe fit un Diſcours , dontl'ob
jet étoit relatif à la pureté du Temple intérieur
fignifié par la Bénédiction du Temple extérieur
qui venoit d'être faite. L'après -dinée , après Vêpres
chantées , il y eut un Salut , dont la mufique
216 MERCURE DE FRANCE.
fut dirigée par M. Balbaftre, & très - bien exécutée.
La Bénédiction fut donnée par le R. P. Général
des Bénédictins , & Madame la Ducheffe de Modene
y aflifta avec la cour & plufieurs perfonnes
de diftinction.
Le 3 Juin , Monfeigneur le Dauphin & Madame
, fe rendirent dans cette Abbaye pour nommer
deux Cloches de la nouvelle Eglife . A la porte
extérieure , ils furent reçus avec les cérémonies
accoutumées , & complimentés avec applaudiffement
par Dom Couthaud : delà arrivés à la
porte de la grille du Choeur , Madame l'Abbeffe
de Pantemont , avec fa croffe , à la tête de fa
Communauté , & accompagnée de plufieurs autres
Abbeffes , les conduifit à leur prie- Dieu en
chantant le Laudate . Dom Couthaud fit la cérémonie
, qui fut fuivie du Salut pendant l'une &
l'autre , la mufique exécuta plufieurs morceaux
& Motets choifis. Enfuite Monfeigneur le Dau
phin & Madame fuivis de leur cour , furent conduits
au Réfectoire , où trois jeunes Demoiſelles
habillées en Vierges , préfenterent trois corbeilles
remplies tant de fleurs que d'ouvrages , bourfes , -
facs & noeuds d'épée : chacune déclama différentes
pieces de vers avec autant de nobleffe que de modeftie
; Madame l'Abbeffe préſenta dans le même
Réfectoire la collation à Monfeigneur le Dauphin
& à Madame. Il y avoit , entr'autres fingularités ,
les meilleurs fruits de primeur , & les plus rares
pour la faifon ; des melons , des pêches , des cerneaux
, du raifin . Enfuite Monſeigneur le Dauphin
& Madame voulurent parcourir les Bâtimens , &
partout le Prince & la Princeffe marquerent leur
fatisfaction.
On doit obferver ici que le Monaftere & l'Eglife
de l'Abbaye de Pantemont ont été faits &
conduits
JUILLET . 1756 . 217
conduits fur les deffeins de M. Contant , Architecte
du Roi , de Monfeigneur le Duc d'Orléans
& de l'Académie d'Architecture . Il étoit réservé
au talent & à la réputation de cet Artifte de
donner un exemple public que l'on pouvoit
voûter les Dômes & les Eglifes , fuivant la conftruction
des voûtes qu'il a fait exécuter avec ſuccès
dans le Château de Biffy , appartenant à M. le
Maréchal Duc de Belleifle ; l'Eglife & le Dôme
de Pantemont font les premiers exemples exécutés
en France de cette conftruction , qui prouvent
que l'ufage de ces voûtes feroient d'une grande
utilité pour être employé à la conſtruction de
nos Eglifes modernes , & que l'on pourroit par
cette pratique leur donner avec le bon goût de
l'architecture , l'élégance & la légéreté des Eglifes
gothiques , dont la conftruction hardie & folide
caufe autant de regrets que d'admiration .
des plus confidérables du Diocèfe de Châlonsfur-
Marne , a été prefque totalement détruit par.
un horrible incendie. Les habitans ont eu à peine.
temps de pourvoir à leur fûreté , & de fauver
leurs enfans. Dans l'intervalle d'une heure , près
de mille perfonnes fe font trouvées fans azyle &
fans reffources.
le
Le 11 , M. le Duc de Biron , après avoir fait la
revue des Gardes Françoifes dans la Plaine des
Sablons où le Régiment étoit campé , déclara que
le Roi avoit accordé une penfion de mille livres
fur le Tréfor Royal à M. le Comte d'Afpremont ,
Maréchal de Camp , Commandant du troiſieme
Bataillon de ce Régiment ; une pareille penfion à.
M. de Savary , Lieutenant de Grenadiers , ayant
Brevet de Colonel ; une de quatre cens francs ,,
auffi fur le Tréfor Royal , à M. de Chaffincourt-
Tilly , Sous- Lieutenant ; des Brevets de Colonels.
au Marquis de Rafilly , Lieutenant de Grenadiers
& au Comte du Dreneuc , Lieutenant ; & la Croix
de Saint Louis au Vicomte de Jaucourt , Lieutenant
à M. de Chaban , Sous- Aide- Major; au
JUILLET. 1756. 206
Chevalier de Palme , au Marquis de la Rochebouffeau
, à MM. de la Motte , de Termont , &
de Chieza , Sous- Lieutenans , & à M. de la Bordenne
, Enfeigne de Grenadiers.
Le Roi ayant porté à dix-fept Compagnies les
Bataillons de fon Infanterie Françoife ; & Sa Majefté
voulant que les Bataillons des Régimens de
fon Infanterie Suiffe & Grifonne , qui ne font actuellement
que de quatre cens-vingt hommes en
quatre Compagnies de cent vingt hommes chacune,
y compris les Officiers , foient rapprochés de la
compofition des Bataillons François , Sa Majefté a
ordonné que les douze Compagnies de chacun
des neuf Régimens Suiffes & de celui de Salis Grifon
, qui font à ſon ſervice , formaffent dorénavant
deux Bataillons compofés de fix Compagnies
chacun , au lieu d'être diftribuées , commé
elles font préfentement , en trois Bataillons de
quatre Compagnies. Veut Sa Majefté , que les fix
Compagnies , qui doivent compofer chacun des
deux Bataillons par Régiment , y foient placées
fuivant le rang d'ancienneté des Capitaines , &
dans l'ordre qu'éxige la nouvelle formation prefcrite
par la préfente Ordonnance . Chacune de
ces Compagnies continuera d'être compofée de
cent vingt hommes , y compris cinq Officiers ;
chaque Capitaine devant y entretenir deux Sergens
à vingt-cinq livres chacun , un troifieme
Sergent & un Fourrier à vingt livres chacun , un
Porte-Enfeigne & un Capitaine d'Armes à dixhuit
livres chacun , un Prevôt à quinze livres
quatre Caporaux , quatre Anfpeffades & cent Fufiliers
, les Tambours & les Fifres compris. Eatend
au furplus Sa Majefté que les Officiers
qui commandoient les troifiemes Bataillons defdits
Régimens Suiffes & Grifons , confervent, tant
106 MERCURE DE FRANCE.
qu'ils ne fe trouveront pas pourvus d'un grade
fupérieur , les prérogatives qui étoient attachées
à leur emploi.
Le 27 Mai , les Députés des Etats d'Artois ont
eu audience du Roi . Ils ont été préſentés à Sa
Majefté par M. le Duc de Chaulnes , Gouverneur
de la Province , & par M. le Comte d'Argenfon ,
Miniftre & Secretaire d'Etat , ayant le Département
de cette Province , & conduits par M. Def
granges , Maître des Cérémonies. La Députation
étoit compofée , pour le Clergé , de Dom de
Briois d'Hulluch , Abbé de Saint Vaaft d'Arras ;
du Comte de Beaufort , pour la Nobleffe ; & de M.
Harduin , Avocat en Parlement , & ancien Echevin
des Ville & Cité d'Arras , pour le Tiers-Etat.
Dans le travail du Roi avec M. le Comte d'Eu,
concernant le Régiment des Gardes Suiffes , Sa
Majefté a augmenté de cinq cens livres la penfion
de quinze cens que M. de Réding , Maréchal de
Camp, Premier Capitaine de ce Régiment, a fur le
Tréfor Royal . Elle a accordé une penfion de 1000 1.
auffi fur le Tréfor Royal , au Baron de Befenwald,
Brigadier , Capitaine d'une Compagnie dans le
même Régiment ; une pareille penfion , fur l'Ordre
de Saint Louis , à M. de Peftallozzi , Brigadier
, Capitaine-Commandant de la Compagnie
Lieutenante-Colonelle ; une de huit cens livres ,
fur le Tréfor Royal , à M. Altermatt , troifieme
Aide - Major ; une Commiffion de Colonel
à M. Schwitzer , Premier Lieutenant de la Compagnie
de Phiffer ; la Croix de S. Louis au Chevalier
de Maillaudor , Premier Lieutenant de la
Compagnie Générale , & à M. Schwitzer de Buonas
, fecond Lieutenant de la même Compagnie..
Depuis la defcente des troupes du Roi dans
1le Minorque, M. le Maréchal de Richelieu a
JUILLET. 1756. 207
été principalement occupé du foin de furmonter
les difficultés qui fe font rencontrées dans le
tranfport de l'artillerie à Mahon , & des munitions
de guerre & de bouche. Il eft enfin parvenu
à faire conftruire fur le Mont des Signaux une
batterie de cinq pieces de canon & d'autant de
mortiers , qui a commencé à tirer le 8 de Mai au
matin. Il afait occuper le 9 au foir le Fauxbourg,
dit la Ravale , par un Détachement de cent Volontaires,
par quatre Compagnies de Grenadiers &
parfixPiquets,aux ordres de M. le Comte de Briqueville
, Colonel , avec cinq cens Travailleurs , pour y
former des épaulemens & établir des batteries . Le
10,M. le Marquis de Roquepine Brigadier , ayant
fous lui MM . de Gaunay & d'Elva , Colonels , de
Magnac & de Virmont , Lieutenans Colonels , eft
parti dès le matin avec douze cens hommes , pour
fe porter du côté du Fort Marlboroug derriere la
Tour de Benifaïd. M. le Comte de Briqueville a
été relevé le foir par M. de la Serre , Brigadier
avec trois Compagnies de Grenadiers & neuf Piquets.
Auffitôt après , les deux Bataillons du Régiment
Royal , & le premier du Régiment Royal
Comtois , fe font portés à la droite du Fauxbourg,
le long d'une chaîne de maifons qui en forment
Fenceinte , pour protéger le travail , que M. le
Maréchal de Richelieu eft allé vifiter. M. d'Elva,
Colonel à la fuite du Régiment Royal Italien , a
été bleffé légérement à l'épaule. Les journées du
11 & du 12 Mai , ont été employées à conſtruire
des batteries à la gauche , à la droite & au centre
du Fauxbourg, dit la Ravale, fans que la Garnifon
Angloife ait inquiété les travailleurs autrement'
que par les bombes & le canon. Le 12 au foir
le Détachement du Fauxbourg fut compofé de
fept Compagnies de Grenadiers , huit Piquets &
208 MERCURE DE FRANCE.
trois Compagnies de Volontaires , & les batte
ries de bombes commencerent à tirer pendant la
nuit. Le 17 , la batterie de canons de la droite fe
trouva en état de tirer , & fut très- bien fervie. Le
18 , M. du Pinay , qui commandoit celle de la
gauche , fut tué, & le Prince Louis de Wirtemberg
, Maréchal de Camp , fut légérement bleſſé.
Le 19 , P'Efcadre Angloife ayant paru en mer ,
M. le Maréchal de Richelieu envoya treize Piquets
à M. le Marquis de la Galiffonniere , & fit
les difpofitions néceffaires pour empêcher toute
communication avec les Affiégés. Le 20 , les deux
Bataillons du Régiment Royal , aux ordres de
M. le Comte de Maillebois , Lieutenant- Général ,
fe rendirent le foir au dépôt de la tranchée , d'ou
ils envoyerent relever les poftes du Fauxbourg par
leurs Grenadiers & fix Piquets , avec cinq autres
Compagnies de Grenadiers & fix Piquets de différens
Corps. Une bombe ayant mis le feu à une de
nos batteries à deux heures après-midi , les affiégés
redoublerent leur feu , & firent une fortie de
la Lunette de la Reine , dans laquelle nos Grenadiers
les firent rentrer auffitôt. Pendant la journée
du 21 au 22 , on répara les anciennes batteries
, & l'on continua la conftruction des nouvelles.
Le 22 , l'Efcadre Françoife ayant réparu devant
le Port , l'Armée fit le foir une réjouiſſance
pour l'avantage que cette Efcadre avoit remporté
fur celle des Anglois. Le 23 , M. le Comte de
Lannion releva M. le Marquis du Mefnil à la
tranchée, avec les deux Bataillons de Royal la Marine
, indépendamment d'un pofte de Brigadier
établi dans le Fauxbourg. Cette journée & celle
du 24 ont été employées , comme les précédentes,.
aux réparations & nouvelles conftructions de bat
tories.
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JUILLET. 1756. 209
Les Frégates du Roi l'Aquilon , de quarante
canons , & la Fidele , de vingt- quatre , comman
dées par MM. de Maurville , Capitaine , & de Lizardais
, Lieutenant de Vaiffeau , qui avoient ef
corté au large quelques Navires , revenoient à
Rochefort , lorfque le 17 elles ont eu connoiffance
vers l'Ile d'Oléron , d'un Vaiffeau de guerre
Anglois , de cinquante- fix canons , & d'une Frégate
, de trente , qui leur ont donné chaffe. Le
combat s'eft engagé à fix heures du foir entre le
Vaiffeau de guerre Anglois avec fa Frégate , & les
deux Frégates du Roi , de maniere que la Frégate
laFidele, a auffieffuyé d'abord quelques bordées du
Vaiffeau de guerre Anglois ; mais il eft enfuite
devenu particulier du Vaiffeau de guerre Anglois
avec la Frégate l'Aquilon , & de la Frégate Angloife
avec la Frégate la Fidele , qui ont été bientôt
hors de la vue des premiers. Le combat de la
Frégate de l'Aquilon contre le Vaiffeau de guerre
Anglois a duré près de huit heures ; & celui de la
Frégate la Fidele contre la Frégate Angloife
près de fix. Nonobftant la grande fupériorité de
l'artillerie du Vaiffeau Anglois & de la Frégate ,
tant en nombre de canons qu'en poids des boulets
, les deux Frégates du Roi les ont mis hors
de combat ; & les Anglois fe font retirés : mais il
n'a pas été poffible aux Frégates du Roi , qui
étoient défemparées de toutes leur manoeuvres, de
les pourfuivre. Elles font rentrées à Rochefort le
19 & le 20. On ne fçauroit donner trop d'éloges
à la bravoure que les Officiers , les Gardes de la
Marine & les Equipages , ont fait paroître dans
cette occafion. M. de Maurville a eu le bras droit
fracaffé dès le commencement du combat , &
Fon a été obligé de le lui couper fur le champ .
Malgré cet accident , qui l'a obligé de céder le
210 MERCURE DE FRANCE.
commandement à M. de la Filliere , Capitaine en
fecond , il n'a pas ceffé de donner des marques
de la plus grande fermeté. M. de la Filliere a reçu
trois bleffures. M. Héron , Premier Lieutenant ,
a été tué fur le gaillard d'avant ; & le Chevalier
de Cardaillac , qui commandoit le Détachement
des Gardes de la Marine , a eu un bras caffé. Il
n'y a eu aucun Officier de tué ni de bleffé ſur la
Frégate la Fidele. Dans les Equipages, la Frégate
l'Aquilon a eu quinze hommes tués & vingt-fix
bleflés ; & la Frégate la Fidele , huit tués & dixhuit
bleffés.
La Cour vient de rendre public un Ecrit qui a
pour titre , MEMOIRE concernant le précis des faits
avec leurs piecesjuftificatives , pour fervir de réponfe
aux OBSERVATIONS envoyées par les Miniftres
d'Angleterre dans les Cours de l'Europe . L'objet
des Obfervations fur le premier Mémoire de la
France étoit de juftifier le refus fait par l'Angleterre
de fatisfaire à la réquifition du Roi , du 21
Décembre dernier , & de reftituer les Vaiffeaux
pris en pleine paix . Le feul moyen de colorer ce
refus étoit d'imputer aux François des hoftilités
antérieures à celles des Anglois , & cette fauffe
´imputation eft réfutée dans l'Ecrit que nous annonçons.
On n'oppofe aux fuppofitions des Anglois
que l'expofé le plus fimple de tout ce qui
s'eft paffé entre les deux Nations , foit en Amérique
, foit en Europe , depuis le dernier Traité
d'Aix-la- Chapelle ; & l'on n'avance aucun fait
qui ne foit ou avoué des deux Cours , ou prouvé
par des pieces authentiques & irréprochables.
Parmi ces pieces font celles qui ont été trouvées
dans les papiers du Général Braddock , après le
combat dans lequel il a perdu la vie.
Il paroît une Déclaration du Roi , portant fuf-
1
JUILLET. 1756. 211
penfion du Dixieme de l'Amiral , & autres encouragemens
pour la Courſe.
M. le Marquis de Juigné ayant préféré de commander
une Brigade dans le Régiment des Grenadiers
de France , le Roi a difpofé du Régiment
de Forez , en faveur de M. le Comte de Puyfegur,
Colonel dans celui des Grenadiers de France.
Le Roi a conclu avec l'Impératrice Reine de
Hongrie & de Bohême , un Acte ou Convention
de Neutralité , & un Traité défenfif d'Alliance &
d'Amitié. Cette Convention & ce Traité furent
fignés à Verſailles le premier du mois de Mai , &
les Ratifications y ont été échangées le 28 du
même mois.
Le 17 Mai aufoir , M. le Marquis de la Galif
fonniere , commandant l'Efcadre du Roi dans fa
Méditerranée , fut informé par la Frégate la Gracieufe
, qui étoit en croifiere fur Mayorque , qu'el
le avoit découvert une Eſcadre Angloiſe , qui pouvoit
être alors à huit ou dix lieues dans le Sud. Le
18 , l'Eſcadre du Roi manoeuvra pour aller à la
rencontre de celle des Anglois , mais le calme en
empêcha. Le 19 au matin , on découvrit l'Eſcadre
Angloife du haut des mâts. Elle étoit au vent ,
& il ne fut pas poffible à l'Efcadre du Roi , de
l'approcher jufqu'à la portée du canon. Le 20
M. le Marquis de la Galiffonniere étoit parvenu
gagner le vent : mais dans le tems qu'il ſe trouvoit
dans cette pofition , le vent changea tout
d'un coup ; ce qui rendit cet avantage à l'Eſcadre
Angloife. A deux heures & demie après-midi , les
deux Efcadres fe trouverent en lignes , celle dés
Anglois compofée de dix-huit voiles , dont treize
Vaiffeaux de ligné , & celle du Roi , de douze
Vaiffeaux & quatre Frégates. Le combat fut engagé
par l'avant-garde de l'Efcadre du Roi , qui
212 MERCURE DE FRANCE.
attaqua l'arriere- garde de celles des Anglois. II
devint fucceffivement général : mais il ne le fut
pas pendant tout le tems de fa durée. Les Vaiffeaux
Anglois , qui étoient les plus maltraités
des bordées des Vaiffeaux du Roi , profitant de
l'avantage du vent , pour fe mettre hors de la
portée du canon. L'Efcadre Angloife , après avoir
porté fes plus grands efforts fur l'arriere- garde de
celle du Roi , qu'elle a trouvée fi ferrée , & dont
elle a effuyé un fi grand feu , qu'elle n'a pu l'entamer
, a pris le parti de s'éloigner. Elle avoit
toujours confervé l'avantage du vent , ce qui l'a
mife en état de ne point s'engager. Le combat a
duré près de quatre heures. En général , il n'y a
eu aucun Vaiffeau de l'Efcadre Angloife , qui ait
foutenu longtemps le feu des Vaiffeaux de l'Efca
dre du Roi , lefquels ont peu fouffert. Ils étoient
entiérement réparés dans la nuit , & en état de
combattre le lendemain. Nous n'avons eu que
trente-huit hommes tués , & cent quatre- vingtquatre
bleffés. Aucun Officier n'a été tué. Ceux
qui ont été bleffés , font MM . de Peruffy & de
Puty , Enfeignes , & M. de Gibanelle , Garde de
la Marine , fur le Vaiffeau le Foudroyant ; M. de
Seignoret , Garde de la Marine , fur le Téméraire;
M. de Gravier , Lieutenant fur le Guerrier ; le
Chevalier d'Urre , Lieutenant fur le Sage ; le
Chevalier de Beaucoufe , Lieutenant ; M. d'Alberas
, Enfeigne , & M. Dubeny , Garde de la Marine
, fur le Content..
Depuis l'arrivée de ces nouvelles qui font du
21 , il eft venu des lettres de l'Efcadre , datées du
25. L'Efcadre Angloife n'avoit point reparu , &
celle du Roi continuoit de croifer devant l'entrée
du Port- Mahon . Le Chevalier de Beaucouſe ,
Lieutenant de Vaiffeau , qui avoit eu une cuiffe.
JUILLET. 1756. 213
caffée dans le combat du 20 , & qui avoit été
tranſporté à terre à Mahon , y étoit mort le 24 .
M. de Gibanelle & de Seignoret , Gardes de la
Marine , étoient fort mal à bord des Vaiffeaux fur
lefquels ils ont été bleffés , le premier ayant eu
les reins brifés , & le fecond les deux jambes caffées
. Mais le Chevalier d'Urre , Lieutenant de
Vaifleau , qui a eu un bras caffé , donnoit beaucoup
d'efpérance de guérifon. Les autres bleffés
le font peu dangereufement.
Le 6 Juin , jour de la Pentecôte , les Chevaliers
, Commandeurs & Officiers de l'Ordre du
Saint- Elprit , s'étant affemblés vers les onze heu--
res du matin dans le Cabinet du Roi , Sa Majesté
tint un Chapitre. L'Information des vie & moeurs,
& la Profeffion de Foi , du Marquis de Saint Vital
& du Prince Jablonowski , qui avoient été propofés
le premier Janvier pour être Chevaliers ,
furent admifes , & ils furent introduits dans le
Cabinet , & reçus Chevaliers de l'Ordre de Saint
Michel. Le Roi fortit enfuite de fon apparte
ment , pour aller à la Chapelle. Sa Majesté , devant
laquelle les deux Huiffiers de la Chambre
portoient leurs Maffes , étoit en Manteau , le
Collier de l'Ordre par-deffus , ainfi que celui de
l'Ordre de la Toifon d'Or. Elle étoit précédée
de Monfeigneur le Dauphin , du Duc d'Or
léans , du Prince de Condé , du Comte de Charolois
, du Comte de Clermont , du Prince de Conty
, du Comte de la Marche , du Comte d'Eu ;
du Duc de Penthievre , & des Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre. Les deux nouveaux
Chevaliers , en habit de Novices , marchoient
entre les Chevaliers & les Officiers. Après
la grande Meffe , qui fut célébrée par le Prince
Conftantin , Commandeur de l'Ordre , & Prejer
Aumônier du Roi , Sa Majefté monta fux,.
214 MERCURE DE FRANCE .
fon Trône , & revêtit des Marques de l'Ordre les
deux nouveaux Chevaliers. Le Marquis de Saint
Vital eut pour Parrain le Maréchal de Clermont-
Tonnerre. Le Marquis de Matignon fut celui du
Prince Jablonowski. Cette cérémonie étant finie,
le Roi fut reconduit à ſon appartement en la maniere
accoutumée.
M. Dufort , Introducteur des Ambaffadeurs ,
alla le 7 prendre dans les carroffes du Roi & de la
Reine , le Cardinal de Tavannes en fon Hôtel à
Verfailles , & il le conduifit chez le Roi avec
l'Abbé Durini , Camérier Secret du Pape , nommé
par Sa Sainteté pour apporter les Bonnets aux
Cardinaux de Tavannes , de Luynes & de Gefvres.
Avant la Meffe du Roi , l'Abbé Durini fut conduit
, avec les cérémonies accoutumées , à l'au
dience le Roi lui donna dans fon Cabinet
que
& il préfenta à Sa Majesté un Bref de Sa Sainteté.
Après cette audience ,le Roi defcendit à la Chapelle
, où le Cardinal de Tavannes ſe rendit à la fin de
la Meffe , étant conduit par le fieur Dufort , Introducteur
des Ambaffadeurs, Monfieur Defgranà
la
reçut ges , Maître des Cérémonies , porte
La Chapelle le Cardinal de Tavannes , lequel alla
fe placer près du Prié-Dieu du Roi , du côté de
PEvangile , & fe mit à genoux fur un carreau.
L'Abbé Dutini , revêtu de fon habit de cérémonie
, ayant remis entre les mains du Cardinal de
Tavannes le Bref du Pape , alla prendre fur la
Crédence Près de l'Autel , du côté de l'Epître
un Baffin de vermeil doré , fur lequel étoit le
Bonnet , & il le préfenta au Roi. Sa Majesté prit
le Bonnet , & le mit fur la tête du Cardinal de
Tavannes , qui en le recevant , fit une profonde
inclination , & à l'inſtant même fe découvrit.
Dès que le Roi fut en marche pour fortir de la
Chapelle , le Cardinal de Tavannes entra dans la
de
JUILLET. 1756 . 215
Sacriftie , où il prit les habits de fa nouvelle dignité.
Il montà enfuite chez le Roi , étant accompagné
du Maître des Cérémonies. M. Dufort ,
Introducteur des Ambaffadeurs , qui étoit toujours
refté auprès du Cardinal de Tavannes , l'introduifit
dans le Cabinet du Roi , où ce Cardinal fit
fon remerciement à Sa Majesté . Le Cardinal de
Tavannes fut conduit avec les mêmes cérémonies.
à l'audience de la Reine , à laquelle il préfenta
P'Abbé Durini , qui remit à Sa Majesté un Bref
du Pape. Pendant l'audience , on apporta un
tabouret , & le Cardinal de Tavannes s'affit . Il
fut conduit enfuite à l'audience de Monfeigneur
le Dauphin , de Madame la Dauphine , de Madame
, & à celles de Mefdames Victoire , Sophie
& Louife. Après toutes ces audiences , le Cardinal
de Tavannes fut reconduit par M. Dufort , Introducteur
des Ambaffadeurs , dans les carroffes
du Roi & de la Reine à fon Hôtel , avec les cérémonies
obfervées lorſqu'on étoit allé le prendre
pour l'amener chez le Roi.
Le 8 , le Cardinal de Luynes , & le 10 le Cardinal
de Gefvres reçurent des mains du Roi dans
la Chapelle, le Bonnet de Cardinal avec les mêmes
cérémonies.
L'Eglife de l'Abbaye Royale de Pantemont
été bénîte le 30 de Mai , par Dom Couthaud, Religieux
de l'Abbaye de Cîteau , Docteur de Sorbonne
, & Provifeur du College. La cérémonie
en fut édifiante , & fuivie d'une grand'Meffe
chantée par les Religieux , au milieu de laquelle
M. l'Abbé de la Paufe fit un Diſcours , dontl'ob
jet étoit relatif à la pureté du Temple intérieur
fignifié par la Bénédiction du Temple extérieur
qui venoit d'être faite. L'après -dinée , après Vêpres
chantées , il y eut un Salut , dont la mufique
216 MERCURE DE FRANCE.
fut dirigée par M. Balbaftre, & très - bien exécutée.
La Bénédiction fut donnée par le R. P. Général
des Bénédictins , & Madame la Ducheffe de Modene
y aflifta avec la cour & plufieurs perfonnes
de diftinction.
Le 3 Juin , Monfeigneur le Dauphin & Madame
, fe rendirent dans cette Abbaye pour nommer
deux Cloches de la nouvelle Eglife . A la porte
extérieure , ils furent reçus avec les cérémonies
accoutumées , & complimentés avec applaudiffement
par Dom Couthaud : delà arrivés à la
porte de la grille du Choeur , Madame l'Abbeffe
de Pantemont , avec fa croffe , à la tête de fa
Communauté , & accompagnée de plufieurs autres
Abbeffes , les conduifit à leur prie- Dieu en
chantant le Laudate . Dom Couthaud fit la cérémonie
, qui fut fuivie du Salut pendant l'une &
l'autre , la mufique exécuta plufieurs morceaux
& Motets choifis. Enfuite Monfeigneur le Dau
phin & Madame fuivis de leur cour , furent conduits
au Réfectoire , où trois jeunes Demoiſelles
habillées en Vierges , préfenterent trois corbeilles
remplies tant de fleurs que d'ouvrages , bourfes , -
facs & noeuds d'épée : chacune déclama différentes
pieces de vers avec autant de nobleffe que de modeftie
; Madame l'Abbeffe préſenta dans le même
Réfectoire la collation à Monfeigneur le Dauphin
& à Madame. Il y avoit , entr'autres fingularités ,
les meilleurs fruits de primeur , & les plus rares
pour la faifon ; des melons , des pêches , des cerneaux
, du raifin . Enfuite Monſeigneur le Dauphin
& Madame voulurent parcourir les Bâtimens , &
partout le Prince & la Princeffe marquerent leur
fatisfaction.
On doit obferver ici que le Monaftere & l'Eglife
de l'Abbaye de Pantemont ont été faits &
conduits
JUILLET . 1756 . 217
conduits fur les deffeins de M. Contant , Architecte
du Roi , de Monfeigneur le Duc d'Orléans
& de l'Académie d'Architecture . Il étoit réservé
au talent & à la réputation de cet Artifte de
donner un exemple public que l'on pouvoit
voûter les Dômes & les Eglifes , fuivant la conftruction
des voûtes qu'il a fait exécuter avec ſuccès
dans le Château de Biffy , appartenant à M. le
Maréchal Duc de Belleifle ; l'Eglife & le Dôme
de Pantemont font les premiers exemples exécutés
en France de cette conftruction , qui prouvent
que l'ufage de ces voûtes feroient d'une grande
utilité pour être employé à la conſtruction de
nos Eglifes modernes , & que l'on pourroit par
cette pratique leur donner avec le bon goût de
l'architecture , l'élégance & la légéreté des Eglifes
gothiques , dont la conftruction hardie & folide
caufe autant de regrets que d'admiration .
Fermer
Résumé : « Le 9 Mai, le Bourg de Ferechampenoise, un des plus considérables du [...] »
En mai 1756, plusieurs événements marquants ont eu lieu en France. Le 9 mai, le bourg de Ferechampenoise, dans le diocèse de Châlons-sur-Marne, a été presque entièrement détruit par un incendie, laissant près de mille personnes sans abri. Le 11 mai, le duc de Biron a annoncé des pensions royales pour plusieurs officiers des Gardes Françaises, dont le comte d'Aspreumont et le lieutenant Savary. Des brevets de colonel ont été attribués au marquis de Rafilly et au comte du Dreneuc, tandis que la croix de Saint-Louis a été décernée à plusieurs autres officiers. Le roi a ordonné la réorganisation des bataillons de l'infanterie française, suisse et grisonne, augmentant leur composition à dix-sept compagnies. Les régiments suisses et grisons ont été restructurés en deux bataillons de six compagnies chacun. Le 27 mai, les députés des États d'Artois ont été reçus par le roi, présentés par le duc de Chaulnes et le comte d'Argençon. La délégation comprenait Dom de Briois d'Hulluch pour le clergé, le comte de Beaufort pour la noblesse, et M. Harduin pour le tiers-état. En juillet 1756, le maréchal de Richelieu a supervisé les opérations militaires à Minorque, notamment la construction de batteries et la défense contre les forces anglaises. Plusieurs officiers ont été blessés ou tués lors des combats. Les frégates françaises l'Aquilon et la Fidèle ont engagé un combat contre des navires anglais près de l'île d'Oléron, mettant les navires anglais hors de combat malgré des pertes importantes. La cour a publié un mémoire en réponse aux observations des ministres anglais concernant les hostilités entre les deux nations. Le roi a signé un acte de neutralité et un traité d'alliance avec l'impératrice reine de Hongrie et de Bohême, ratifiés le 28 mai 1756. Le marquis de Juigné a pris le commandement d'une brigade dans le régiment des Grenadiers de France, et le comte de Puysegur a été nommé colonel du régiment de Forez. Un combat naval a opposé douze vaisseaux et quatre frégates françaises à la flotte anglaise. Les vaisseaux anglais, bien que malmenés, ont profité du vent pour se mettre hors de portée des canons français. Le combat a duré près de quatre heures, avec des pertes françaises de trente-huit hommes tués et cent quatre-vingt-quatre blessés, sans perte d'officiers. À la cour de France, le 6 juin, le roi a tenu un chapitre de l'Ordre du Saint-Esprit, au cours duquel le marquis de Saint-Vital et le prince Jablonowski ont été reçus chevaliers de l'Ordre de Saint-Michel. Le 7 juin, le cardinal de Tavannes a reçu son bonnet cardinalice des mains du roi. Les cardinaux de Luynes et de Gesvres ont également reçu leurs bonnets les 8 et 10 juin. Le 30 mai, l'église de l'Abbaye Royale de Panthemont a été bénie, suivie d'une messe et d'un salut musical. Le 3 juin, le dauphin et Madame ont visité l'abbaye pour nommer deux cloches et ont reçu des présents.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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25
p. 187-200
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 15 Février, jour anniversaire de la naissance du Roi, on chanta le [...]
Mots clefs :
Cérémonie, Anniversaire du roi, Honneurs, Régiments, Bataillons, Gendarmerie, Évêque, Mandement, Te Deum, Duc, Bal, Règlement, Maréchal, Sceaux, Corsaires, Navires anglais, Marchandises, Compagnies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE 15 Février , jour anniverfaire de la naiffance
du Roi , on chanta le Te Deum dans l'Eglife Notre-
Dame , Paroiffe du Château . M. le Comte de
Noailles , Gouverneur de Verfailles , y affitta ,
étant accompagné des Officiers du Bailliage,
Après la cérémonie , il alluma le feu , qui avoit
été préparé vis- à- vis de l'Eglife. Les Invalides ,
chargés de la garde de cette Ville , firent une triple
falve de moufqueterie. Il y eut expofition du
Saint-Sacrement Salut & Te Deum , dans les
autres Eglifes , ainfi que dans celle de Notre-
Dame. Le foir on fit des feux dans les rues , &
toutes les maifons furent illuminées.
>
Le Roi a accordé les honneurs de Grand-
Croix de l'Ordre Royal & Militaire de Saint Louis ,
à M. de Crémille , Commandeur de cet Ordre ,
Lieutenant- Général des Armées de Sa Majesté ,
Gouverneur d'Aire , & Infpecteur Général de
l'Infanterie , de la Cavalerie & des Dragons.
Le Roi a ordonné que chacun des Bataillons de
fon Infanterie , tant Françoife qu'Etrangere , fûr
pourvu d'une piece de canon à la Suédoife. Il fera
employé dans chaque Bataillon , pour la manoeu
vre de ces pieces de campagne , un Sergent &
feize Soldats , qui auront une haute paie,
Sa Majesté a réfolu de porter à douze cens quarante
hommes le Corps de fa Gendarmerie , aulieu
de huit cens huit , à quoi il eft actuellement.
188 MERCURE DE FRANCE.
Pour cet effet , les feize Compagnies qui compofent
ce Corps , feront mifes , de quarante- huit
Gendarmes ou Chevaux - Legers , dont elles font
formées , à foixante- quinze non compris les
deux Trompettes de chacune defdites Compagnies
, & indépendamment des huit Timbaliers
attachés aux huit Eſcadrons du Corps. Des vingtfept
hommes ordonnées d'augmentation par compagnie
, il y en aura quatorze à la premiere Brigade
, & treize à la feconde.
M. le Comte de Saint - Florentin , Miniftre &
Secretaire d'Etat , a été élu par l'Académie Royale
des Belles-Lettres , pour remplir la place d'Académicien
Honoraire , qui vaquoit par la mort de
M. le Marquis d'Argenfon.
Sa Majeſté a nommé Confeiller d'Etat M. Bertier
de Sauvigny , Intendant de la Généralité de
Paris.
Les Evêques de Bretagne , affemblés à Rennes
pour les Etats de la Province , ont donné le 11 de
ce , mois un Mandement , par lequel ils inftituent
à perpétuité une Fête à l'honneur des Saints Anges
Gardiens , pour remercier Dieu d'avoir ſauvé
le Roi de l'horrible attentat commis contre fa
Perfonne. Cette Fête fera célébrée tous les ans le
5 Janvier , mais cependant fans être chomée.
M. l'Evêque de Caftres a fait éclater fon zele, en
faifant chanter un Te Deum en mufique dans fa
Cathédrale & en donnant à toutes les perfonnes
de marque , qui fe trouvoient dans la Ville , un
fplendide repas , pendant lequel vingt- quatre
Muficiens exécuterent un très- beau Concert. Au
fortir de table , ce Prélat diftribua deux cens médailles
, & fit tirer une Loterie , dont chaque
billet portoit un lot . En même temps , par ordre
des Officiers Municipaux de la Ville , plufieurs
AVRIL. 1757 . 189
fontaines de vin coulerent , & l'on diſtribua au
peuple un boeuf & plufieurs moutons.
Le 20 Février , M. le Duc de Mirepoix , Commandant
en chef dans le Languedoc , célébra à
Montpellier , par une fête des plus éclatantes , la
convalefcence du Roi . On chanta dans l'Eglife Cathédrale
un Te Deum en mufique, auquel l'Evêque
de cette Ville officia. M. le Duc de Mirepoix y
affifta , accompagné de toute la Nobleffe , & des
Officiers de la Garnifon. La Cour des Comptes ,
Aides & Finances , s'y rendit en robes de cérémonie
, & elle donna l'exemple à tous les autres
Corps , de concourir à la folemnité d'un acte de
piété , dans lequel tout étoit fi intéreflant. Après
le Te Deum , il y eut une triple falve de l'artille
rie de la Ville & de la Citadelle , ainfi que de la
moufqueterie de la Garniſon , qui étoit en bataille
fur le rempart, Dès que la nuit fut venue , on tira
un très-beau feu d'artifice dans la Place de l'Hôtel
de Ville , dont les avenues depuis l'Hôtel du
Gouvernement étoient ornées d'Arcs de Triomphe
éclairés par une prodigieufe quantité de pots
afeu. Toutes les façades de l'Hôtel du Gouverment
étoient illuminées, depuis le rez -de- chauffée
jufqu'au toit , par des lampions qui en deffinoient
l'architecture , & qui dans les divers maffifs formoient
alternativement le Chiffre & les Armes de
Sa Majefté. M. le Duc de Mirepoix fit fervir un
fouper fplendide. La principale table qui étoit de
cinquante couverts , & en fer à cheval , ne fut
remplie que par les Dames les plus qualifiées. Il y
eut plufieurs autres tables , & outre cela on avoit
dreffé dans diverfes Salles des Buffets , où l'on
trouvoit abondamment en mets chauds & froids
tout ce qu'on pouvoit defirer. Un Bal qui dura
jufqu'au jour , termina cette brillante fête , à lag
190 MERCURE DE FRANCE.
quelle tous les habitans de cette Ville s'emprefferent
d'ajouter un nouvel éclat , en illuminant entiérement
les façades de leurs maifons , la plupart
en flambeaux de cire blanche. Des fontaines de
vin coulerent dans différens quartiers pour le
peuple qui , par fes danfes & par les acclamations
réitérées , témoigna la vivacité de fon amour pour
fon Souverain M. le Duc de Mirepoix devoit
partir hier pour retourner à la Cour ; mais il a
différé fon voyage , afin d'affifter au Te Deum
que la Cour des Comptes , Aides & Finances , doit
faire chanter demain avec beaucoup de pompe
dans la Chapelle du Palais .
Le Roi ayant jugé à propos de retenir les Sceaux,
& de faire fceller en fa préſence , Sa Majeſté donna
le 26 Février un Réglement , par lequel Elle a
déclaré fes intentions fur ce qu'Elle vouloit être
obfervé en cette occafion. Par ce Réglement ,
Elle a fait choix de MM. Feydeau -de Brou
Dagueffeau , de Bernage , Dagueffeau - de Frefne,
Trudaine & Poulletier , Confeillers d'Etat ordinaires
, pour avoir féance & voix délibérativedans
ce Confeil , avec fix Maîtres des Requêtes ,
que Sa Majefté choifira au commencement de
chaque quartier , & avec le Confeiller du Grand
Confeil, grand Rapporteur, qui fe trouvera de fervice.
Le 4 Mars , le Roi tint le Sceau dans la piece qui
précede la Chambre de Sa Majesté , & qui avoit
été préparée à cet effet. En conféquence de ce que
Sa Majesté a réglé , les fix Confeillers d'Eta: ordinaires
, ci - deffus nommés y affifterent , étant
affis des deux côtés du Bureau fur des tabourets ;
fçavoir , à droite , MM. Feydeau- de Brou , de
Bernage & Trudaine ; à gauche , MM . Dagueffeau
, Dagueffeau- de Frefne & Poulletier. MM.
Gagnat de Longay , Bignon , Mérault-de VilleAVRIL
1757. 191
fit
ron , Pouyvet de la Bliniere , de Gourgues &
Turgot , Maîtres des Requêtes choifis par le Roi
pour rapporter au Sceau pendant ce trimestre , &
M. de Baraffy , Grand Rapporteur de Service
étoient debout autour du fauteuil de Sa Majeſté .
Les Huiffiers de la Chancellerie ont tenu les portes.
M. le Maréchal - Duc de Richelieu , premier
Gentilhomme de la Chambre du Roi , & M. le
Duc d'Ayen , Capitaine des Gardes du Corps ,
étoient derriere le fauteuil de Sa Majesté. M. Sauvage
, Grand Audiencier de France en quartier
qui étoit debout à droite après M. Trudaine ,
la préfentation des lettres dont il étoit chargé.
Les Maîtres des Requêtes & le Grand Rapporteur,
firent le rapport de celles qui les concernent.
M. Chupin , Garde des Rôles , & M. Brillon-
Duperon , Confervateur des Hypotheques , préfenterent
; le premier , les provifions pour charges
& offices , le fecond les lettres de ratification de
rentes fur les revenus du Roi. Puis les Secretaires du
Roi firent lecture des lettres de grace , lefquelles furent
délibérées par les Confeillers d'Etat & Maîtres
des Requêtes préfens au Sceau , & réfolues par le
Roi. Après les rapports faits , le Roi indiqua le
premier Sceau à la quinzaine. Les Sceaux ayant
été remis dans leur boete , M. de Champcenetz ,
premier Valet de Chambre du Roi , qui les avoit
apportés , les reprit fur le Bureau pour les remporter.
Sa Majefté fe leva , & fut reconduit à la
porte de fa chambre par les Confeillers d'Etat
Maîtres des Requêtes & Grands Officiers de la
Chancellerie . Ce Sceau eft le premier que le Roi
ait tenu depuis fon avénement à la Couronne.
Louis XIV en tint onze en 1672 , après la mort
du Chancelier Seguier.
Le 28 Février , M. Seguier , Avocat, Général
192 MERCURE DE FRANCE.
au Parlement de Paris , fut élu , pour remplir la
place vacante dans l'Académie Françoiſe par la
mort de M. de Fontenelle .
+ Le Roi a nommé Maréchaux de France MM . le
Marquis de Senecterre , le Marquis de la Tour- '
Maubourg , le Comte de Lautrec , le Duc de
Biron , le Duc de Luxembourg, le Comte d'Eſtrées,
le Lord Clare Comte de Thomond , & le Duc de
Mirepoix.
Le 10 Mars , pendant la Meffe du Roi , M. le
Prince Conftantin de Rohan , Premier Aumônier
de Sa Majefté , a prêté ferment , comme Evêque
de Strasbourg , entre les mains du Roi.
"
Le 6 Mars , l'Académie royale des Belles - Lettres
, conduite par M. le Comte de Saint - Florentin
, préſenta au Roi trois volumes de fes Mémoires.
M. de Guignes & M. d'Anville de cette Académie
, préfenterent en même temps à Sa Majeſté
, l'un, trois volumes de l'Hiftoire des Huns &
autres Nations Tartares ; l'autre , une nouvelle
Carte des côtes de la Grece & de l'Archipel , avec
un Mémoire relatif à cette Carte mis fouspreffe
à l'Imprimerie royale , & dans lequel l'Auteur
rend compte des moyens qui ont principalement
contribué à la compofition de l'Ouvrage .
>
Sa Majesté a accordé le Régiment d'Infanterie
royal Comtois , vacant par la promotion de M.
le Marquis de Roquépine au grade de Maréchal
de Camp , à M. le Comte de Puységur , Colonel
du Régiment de Forez ; le Régiment de Forez , à
M. le Marquis de Chaumont- Bernage , Colonel
dans les Grenadiers de France ; le Régiment de
Trainel , vacant par la promotion de M. le Marquis
de Trainel au grade de Maréchal de Camp ,
à M. le Comte de Brancas , Colonel dans les Grenadiers
de France ; le Régiment de Cavalerie
vacant
AVRIL. 1757. 193
vacant par la promotion de M. le Comte d'Egmont
au grade de Maréchal de Camp , à M. le Duc
de Charoft ; & les deux places de Colonels que
M. le Marquis de Chaumont-Bernage & M. le
Comte de Brancas rempliffoient dans les Grenadiers
de France , à M. Rouillé-de Roiffy & à M.'
le Comte de la Luzerne.
La Compagnie , qui vaquoit dans le Régiment
des Gardes Suiffes par la mort de M. de Caftella ,
a été donnée à M. de Caftella fon frere , Capitaine
au Régiment de Planta . MM. de Caſtella ont été
fept freres au ſervice de Sa Majefté , & trois y font
morts.
Le 6 du même mois , en action de graces de la
conſervation du Roi, on a chanté dans l'Eglife Mé,
tropolitaine , conformément au Mandement donné
par l'Archevêque de Paris , une Meffe folemnelle
, & enfuite le Te Deum, en mufique. M. l'Ab
bé de Saint-Exupery , Doyen , a officié. Le lendemain
, le Chapitre a fait remettre des aumônes
pour les pauvres aux Curés des huit Paroiffes de la
Cité , & de celles de ces Eglifes fujetes.
M. le Prince Conftantin-de Rohan , Evêque de
Strasbourg , fut facré le même jour dans la Chapelle
du Séminaire de Saint Sulpice , par M. le
Cardinal de la Rochefoucaud , affifté des Evêques
de Digne & de Saint - Omer.
Le 14, M. l'Evêque d'Autun fut reçu dans l'A
cadémie Françoiſe à la place de M. le Cardinal de
Soubife , & il prononça fon Difcours de remer
ciement , auquel M. Dupré-de S. Maur répondit
au nom de l'Académie. Après cette réponſe ,
M. d'Alembert lut des Réflexions fur l'ufage & fur
l'abus de la Philofophie dans les matieres de goût.
Nous donnerons un extrait des deux Diſcours
'dans le fecond Volume,
I.Vol, I
194 MERCURE DE FRANCE.
Le Corfaire le Don de Dieu , de Calais , y a
fait conduire le Brigantin Anglais les Trois Freres
, de Sunderland , chargé de charbon de terre ,
dont il s'eft emparé.
Un Navire Anglois , de 220 tonneaux , armé
de fix petits canons , ayant pour cargaison 1400
barrils de goudron , 4 barrils de thérébentine , des
merrains & quelques cuirs , a été pris par le Corfaire
le Saint - Louis , de Dunkerque , qui l'a conduit
à Boulogne.
Il eft arrivé dans le même Port un Bateau de
so tonneaux , chargé de fel , dont le Corfaire
le Marquis -de Vilequier s'eft rendu maître .
Le Capitaine Lamy , qui commande le Procu
veur , autre Corfaire de Boulogne , s'eft emparé
des Navires l'Espérance , de Yarmouth ; le Change
& la Chriftine , de Dyfant en Ecoffe ; & il les
a rançonnés pour $ 60 livres fterlings.
Les Navires Anglois le Comte d'Holderneſs ,
de
120 tonneaux , chargé de vin & de quelques autres
marchandifes ; la Bonne Intention , dont le
chargement confifte en orange & citrons ; & un
Bateau de 30 tonneaux , chargé de cidre & de
quelques paquets de poiffon fec , ont été conduits
au Havre par les Corſaires la Favorite &
l'Entreprenante , de ce Port.
Le Navire la France , d'Irlande , de 70 tonneaux
, chargé d'huile d'olive , d'oranges & de
citrons , a été pris par le Corfaire le Machault
de Granville , qui l'a conduit à Morlaix . Le même
Corfaire s'eft rendu maître d'un autre Navire,
Anglois de 100 tonneaux , chargé d'indigo , de
café , de bois pour teinture , & de drogues pour
la Médecine , qui eft arrivé à Roscoff,
Il a été conduit à Saint-Malo deux Bâtimens
Anglois , l'un chargé de citrons & d'oranges ,
AVRIL. 1757. 195
J
pris par le Corfaire la Sauterelle , de Breft ; &
Pautre chargé de fel , pris par les Corfaires la
Vengeance & la Comteffe de Bentheim.
Le Corfaire le Bart , de Calais , Capitaine
François Potier, s'eft emparé de deux petits Brigantins
Anglois , qu'il a rançonnés pour la fomme
de quatorze mille livres.
>
Le Corfaire le Machault , de Granville , ya'
envoyé le Navire la Providence , de Darmouth
de 100 tonneaux , venant de la Jamaïque avec
une cargaison qui confifte en 160 barrils de brai
250 barriques de ris , 14 boucauts de cafcarille
so planches & 8000 livres de bois des Indes.
>
Le Navire Anglois la Marie , de la Nouvelle
Yorck , de 150 tonneaux , chargé de café , d'indigo
, de dents d'élephant , de bois de Campeche,
&c. pris par le Corfaire le Scot , de Saint-Ma
lo , s'eft échoué le 23 du mois dernier à la côte de
Barfleur. On a fauvé fa cargaiſon.
Le même Corſaire a enlevé aux Anglois le Bateau
la Marguerite , de Cherbourg , chargé de
glaces brutes : ce Bateau s'étoit auffi échoué ,
mais il a été relevé & conduit à Barfleur.
Le fieur de Breville , commandant le Corfaire
la Vengeance, de Saint-Malo , s'eſt rendu maître
d'un Navire Anglois dont la cargaison , qui eft
eftimée deux cens mille livres , confifte en ballots
de foyeries, caiffes de drogues , & autres marchandifes
propres pour la traite des Negres.
On mande de Breft , que le Corfaire la Comteffe
de Bentheim, de Saint-Malo , a relâché dans ce pre
mier Port , où il a conduit le Navire Anglois
Affomption , allant de la Jamaïque à Londres
chargé de fucre & de café.
Le Navire l'Afrique , de Plymouth , chargé
dessobarriques de fardines , & de 130 barrils d'é
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
tain , a été pris par le Corfaire l'Intrépide , de
Bayonne , où il a été conduit.
Les lettres écrites de Bayonne , marquent que
le Corfaire l'Aurore , de ce port , Capitaine le
fieur Lavernis , a pris & y a conduit les Navires
Anglois la Rebecca , de Hul , de 200 tonneaux
armé de fix canons, chargé de 1400 barrils de goudron
; l'Entreprise , deLondres , de 160 tonneaux,
chargé de tabac en feuilles , & le Planter , de
Montfarrat , de 200 tonneaux , ayant pour
chargement
340 boucauts de fucre.
Le même Corfaire a fait conduire à Saint-Jeande-
Luz un autre Bâtiment Anglois , dont la cargaifon
eft compofée de 600 quintaux de morue
verte & féche.
Le Capitaine Jean Vergez , commandant le
Diligent , autre Corfaire de Bayonne , y a fait
conduire le Navire Anglois l'Edouard & Susanne,
de 160 tonneaux , chargé de fucre.
Le Capitaine Potier , commandant le Corfaire
l'Amiral Bart , de Calais , étant fur fa croifiere
près des côtes d'Angleterre découvrit un Brigantin
Anglois de cent cinquante tonneaux . A la vue du
Corfaire , ce Brigantin fe réfugia ſous le canon
des trois Forts de Haftings. Quoique le Capitaine
Potier n'eût que quatre canons , il attaqua le Bâtiment
ennemi , & il alloit l'aborder , lorſque l'équipage
Anglois prit le parti d'échouer . Sur ces
entrefaites parut un autre Navire que le Corfaire
enleva , & qu'il amena à Calais . Ce dernier Bâtiment
, qui fe nomme le Waterborn , eft de Boſton
dans la Nouvelle Angleterre. Il venoit de la Jamaïque
, & alloit à Londres. Sa charge eft eftimée
deux cens mille livres. C'eft la quatorzieme
prife qui ait été conduite à Calais depuis trois
mois , &la feptieme depuis le 18 jufqu'au 30 du
mois dernier.
AVRIL. 1757.
197
Ön mande de Marfeille , que le Corfaire le Colibry
, de 12 canons , & de 120 hommes d'équipage
, commandé par le Capitaine Georges-René
de Pleville-le Pelley , s'eft emparé des Navires Anglois
la Reine de Naples , allant de Gallipoly å
Londres , avec un chargement d'huile & de foie ;
le Guillaume , allant de Falmouth à Civita-Vecchia
, chargé d'étaim & de harengs , & la Marie
allant d'Yarmouth à Naples , & dont la charge
confiftoit en harengs & en plomb.
Selon des lettres de Toulon , un Grec établi depuis
quelques années en Provence s'embarqua der.
niérement fur une Tartane , dont l'équipage con
fiftoit feulement en trois François & trois Gênois.
Ce Bâtiment ayant été enlevé par un Corſaire Anglois
, monté de douze hommes ; le Capitaine du
Vaiffeau ennemi fit paffer le Grec & les trois Gênois
fur fon bord ; & y ayant laiffé trois Anglois ,
il monta fur la Tartane avec le refte de fon équipage.
Le Grec faifit une occafion favorable , qui
fe préfenta. Il tua lui feul les trois Anglois , à qui
leur Commandant avoit confié la garde du Corfaire.
Ayant abordé enſuite la Tartanne , il la reprit
avec le fecours des trois François & des trois Gênois.
Il a conduit à Toulon le Bâtiment , dont il
s'eft emparé.
On mande de Calais , que le Corfaire le Bart ;
de ce Port ' , commandé par le Capitaine Potier ,
y a conduit le Navire Anglois le Winterborn , de
130 tonneaux , chargé de fucre & d'autres marchandifes.
200
Le Corfaire le Duc d'Aumont , de Boulogne ,
s'eft rendu maître d'un Navire Anglois , de
tonneaux , qui revenoit de la Jamaïque avec une
cargaifon compofée de fucre , de tafia & de bois
d'Acajou.
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
Le Corfaire le Gros Thomas , du même Port , a
conduit à Calais le Navire l'Elifabeth & Catherine,
de 70 tonneaux , chargé de beurre & de
cuirs.
Le Tapageur & le Procureur , autres Corfaires
de Boulogne , fe font emparés , le premier de
deux Bâteaux Anglois , chargés l'un de bled ,
Pautre de charbon de terre , & le fecond du Navire
la Comteffe de Murray , de 90 tonneaux , chargé
de faumon falé .
Les Corfaires le Comte de Saint- Germain , de
Dunkerque , & le Don de Dieu , de Calais , ont
fait conduire à Boulogne un Bâteau de 70 tonneaux
, chargé d'oranges & de citrons , & le Brigantin
le Thomas David , de 120 tonneaux ,
chargé de grains.
Il eft arrivé à Fécamp un Navire Anglois de 220
tonneaux , armé de 8 canons , & de 37 hommes
d'équipage. Sa cargaiſon confifte en 1123 barrils
de poudre de guerre , en armes à feu de toutes
efpeces , en foyeries , clincailleries , & c. Ce Navire
a été pris par le Capitaine Canon , commandant
le Corfaire le Prince de Soubise , de Dunkerque.
Une prife Angloiſe faite par le Corſaire le Machault
, de Grandville , a échoué à la côte de
Langrune en Baffe Normandie ; mais on a fauvé
la cargaifon , compofée de 300 cuirs , de 2000
barrils de beurre , & de 1960 morues féches.
Le Corfaire le Comte de Clermont , de Saint-
Malo , commandé par le Capitaine Colin-de la
Brifelaine , s'eft emparé le troifieme jour de fa
croifiere , d'un Navire Anglois , de 240 tonneaux
, venant de la Jamaïque , & dont la charge
eft eftimée deux cens mille livres . Cette prife
que le Capitaine Brifelaine a conduite lui- même à
AVRIL. 1757. 199
k
Saint-Malo , avoit été faite d'abord par un Cor
faire de Bayonne , & lui avoit été enlevée par un
Armateur Anglois , fur qui le Corfaire le Comte
de Clermont l'a repriſe.
> Le Scott , autre Corfaire de Saint - Malo Capitaine
Pattard, s'eft auffi rendu maître du Navire
Anglois le Hardi , de 180 tonneaux , chargé de
fucre , de café , de coton & d'autres marchandifes
qu'il avoit prifes à la Nouvelle York .
On apprend par des lettres écrites de Bayonne,
que les Corfaires la Levrette & le Dauphin , de
ce Port , fe font emparés des Navires Anglois la
Suverne & le Louis , de Londres , de 250 tonneaux
chacun , & l'Owaftel , de Holt . Ces Bâtimens
font chargés , le premier de tabac & de fer ,
le fecond de fucre , de café & de tafia , & le troifieme
de tabac & de merrains.
de 70
Les Navires Anglois le Robert , de la Virginie ,
de 130 tonneaux , chargé de tabac , de fucre & de
pelleteries , & l'Endeavour , de Briſtol ,
tonneaux , dont la cargaifon eft composée d'hui
le , de poiffon & de morue verte , ont été pris
par les Corfaires l'Aimable Dauphin , de Ciboure
& l'Espérance , de Louisbourg , qui les ont
fait conduire à Bayonne.
>
Les Corfaires le Toulousain , le Faucon , le Té
lémaque & le Saint-Antoine , dit le Colibri , de
Marſeille , y ont conduit les Navires Anglois
l'Aigle , de Yarmouth , de 160 tonneaux , armé
de 2 canons , chargé de plomb & de harengs ; la
Vierge , de Bristol , de 130 tonneaux , chargé
de faumon & de morue ; le Harril , de Liverpool
, de 120 tonneaux , armé de 6 petits canons ,
chargé d'eau-de- vie & d'huile ; la Diane , de
Lynn , de 150 tonneaux , chargé de fromage , de
plomb & de harangs , & la Marie , qui a auffi
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
un chargement de harengs & de plomb.
On mande de Marfeille , que M. Pigache ;
Lieutenant de Vaiffeau , commandant le Vaiffeau
du Roi l'Hippopotame , armé en courfe , s'eft rendu
maître , à la hauteur de l'Ile Fromentiere
du Corfaire Anglois le Conftantin , de 18 canons ,
& de 130 hommes d'équipage.
>
Le Capitaine Macquet , qui commande le Corle
Don de Dieu , de Calais , a fait conduire à faire
Dunkerque le Navire Anglois les Trois Freres , de
110 tonneaux , chargé de charbon de terre , dont
il s'eft emparé.
Un Brigantin de 100 tonneaux , chargé d'eaude-
vie , de vin du Rhin , & de plufieurs autres
marchandiſes , a été pris par le Corfaire l'Epervier
, de Calais , & y a été conduit .
Le 17 Mars , les Actions de la Compagnie des
Indes étoient à quinze cens dix livres : les Billets
de la premiere Loterie Royal , à neuf cens quarante,
Ceux de la feconde & de la troisieme Loterie
n'avoient point de prix fixe.
LE 15 Février , jour anniverfaire de la naiffance
du Roi , on chanta le Te Deum dans l'Eglife Notre-
Dame , Paroiffe du Château . M. le Comte de
Noailles , Gouverneur de Verfailles , y affitta ,
étant accompagné des Officiers du Bailliage,
Après la cérémonie , il alluma le feu , qui avoit
été préparé vis- à- vis de l'Eglife. Les Invalides ,
chargés de la garde de cette Ville , firent une triple
falve de moufqueterie. Il y eut expofition du
Saint-Sacrement Salut & Te Deum , dans les
autres Eglifes , ainfi que dans celle de Notre-
Dame. Le foir on fit des feux dans les rues , &
toutes les maifons furent illuminées.
>
Le Roi a accordé les honneurs de Grand-
Croix de l'Ordre Royal & Militaire de Saint Louis ,
à M. de Crémille , Commandeur de cet Ordre ,
Lieutenant- Général des Armées de Sa Majesté ,
Gouverneur d'Aire , & Infpecteur Général de
l'Infanterie , de la Cavalerie & des Dragons.
Le Roi a ordonné que chacun des Bataillons de
fon Infanterie , tant Françoife qu'Etrangere , fûr
pourvu d'une piece de canon à la Suédoife. Il fera
employé dans chaque Bataillon , pour la manoeu
vre de ces pieces de campagne , un Sergent &
feize Soldats , qui auront une haute paie,
Sa Majesté a réfolu de porter à douze cens quarante
hommes le Corps de fa Gendarmerie , aulieu
de huit cens huit , à quoi il eft actuellement.
188 MERCURE DE FRANCE.
Pour cet effet , les feize Compagnies qui compofent
ce Corps , feront mifes , de quarante- huit
Gendarmes ou Chevaux - Legers , dont elles font
formées , à foixante- quinze non compris les
deux Trompettes de chacune defdites Compagnies
, & indépendamment des huit Timbaliers
attachés aux huit Eſcadrons du Corps. Des vingtfept
hommes ordonnées d'augmentation par compagnie
, il y en aura quatorze à la premiere Brigade
, & treize à la feconde.
M. le Comte de Saint - Florentin , Miniftre &
Secretaire d'Etat , a été élu par l'Académie Royale
des Belles-Lettres , pour remplir la place d'Académicien
Honoraire , qui vaquoit par la mort de
M. le Marquis d'Argenfon.
Sa Majeſté a nommé Confeiller d'Etat M. Bertier
de Sauvigny , Intendant de la Généralité de
Paris.
Les Evêques de Bretagne , affemblés à Rennes
pour les Etats de la Province , ont donné le 11 de
ce , mois un Mandement , par lequel ils inftituent
à perpétuité une Fête à l'honneur des Saints Anges
Gardiens , pour remercier Dieu d'avoir ſauvé
le Roi de l'horrible attentat commis contre fa
Perfonne. Cette Fête fera célébrée tous les ans le
5 Janvier , mais cependant fans être chomée.
M. l'Evêque de Caftres a fait éclater fon zele, en
faifant chanter un Te Deum en mufique dans fa
Cathédrale & en donnant à toutes les perfonnes
de marque , qui fe trouvoient dans la Ville , un
fplendide repas , pendant lequel vingt- quatre
Muficiens exécuterent un très- beau Concert. Au
fortir de table , ce Prélat diftribua deux cens médailles
, & fit tirer une Loterie , dont chaque
billet portoit un lot . En même temps , par ordre
des Officiers Municipaux de la Ville , plufieurs
AVRIL. 1757 . 189
fontaines de vin coulerent , & l'on diſtribua au
peuple un boeuf & plufieurs moutons.
Le 20 Février , M. le Duc de Mirepoix , Commandant
en chef dans le Languedoc , célébra à
Montpellier , par une fête des plus éclatantes , la
convalefcence du Roi . On chanta dans l'Eglife Cathédrale
un Te Deum en mufique, auquel l'Evêque
de cette Ville officia. M. le Duc de Mirepoix y
affifta , accompagné de toute la Nobleffe , & des
Officiers de la Garnifon. La Cour des Comptes ,
Aides & Finances , s'y rendit en robes de cérémonie
, & elle donna l'exemple à tous les autres
Corps , de concourir à la folemnité d'un acte de
piété , dans lequel tout étoit fi intéreflant. Après
le Te Deum , il y eut une triple falve de l'artille
rie de la Ville & de la Citadelle , ainfi que de la
moufqueterie de la Garniſon , qui étoit en bataille
fur le rempart, Dès que la nuit fut venue , on tira
un très-beau feu d'artifice dans la Place de l'Hôtel
de Ville , dont les avenues depuis l'Hôtel du
Gouvernement étoient ornées d'Arcs de Triomphe
éclairés par une prodigieufe quantité de pots
afeu. Toutes les façades de l'Hôtel du Gouverment
étoient illuminées, depuis le rez -de- chauffée
jufqu'au toit , par des lampions qui en deffinoient
l'architecture , & qui dans les divers maffifs formoient
alternativement le Chiffre & les Armes de
Sa Majefté. M. le Duc de Mirepoix fit fervir un
fouper fplendide. La principale table qui étoit de
cinquante couverts , & en fer à cheval , ne fut
remplie que par les Dames les plus qualifiées. Il y
eut plufieurs autres tables , & outre cela on avoit
dreffé dans diverfes Salles des Buffets , où l'on
trouvoit abondamment en mets chauds & froids
tout ce qu'on pouvoit defirer. Un Bal qui dura
jufqu'au jour , termina cette brillante fête , à lag
190 MERCURE DE FRANCE.
quelle tous les habitans de cette Ville s'emprefferent
d'ajouter un nouvel éclat , en illuminant entiérement
les façades de leurs maifons , la plupart
en flambeaux de cire blanche. Des fontaines de
vin coulerent dans différens quartiers pour le
peuple qui , par fes danfes & par les acclamations
réitérées , témoigna la vivacité de fon amour pour
fon Souverain M. le Duc de Mirepoix devoit
partir hier pour retourner à la Cour ; mais il a
différé fon voyage , afin d'affifter au Te Deum
que la Cour des Comptes , Aides & Finances , doit
faire chanter demain avec beaucoup de pompe
dans la Chapelle du Palais .
Le Roi ayant jugé à propos de retenir les Sceaux,
& de faire fceller en fa préſence , Sa Majeſté donna
le 26 Février un Réglement , par lequel Elle a
déclaré fes intentions fur ce qu'Elle vouloit être
obfervé en cette occafion. Par ce Réglement ,
Elle a fait choix de MM. Feydeau -de Brou
Dagueffeau , de Bernage , Dagueffeau - de Frefne,
Trudaine & Poulletier , Confeillers d'Etat ordinaires
, pour avoir féance & voix délibérativedans
ce Confeil , avec fix Maîtres des Requêtes ,
que Sa Majefté choifira au commencement de
chaque quartier , & avec le Confeiller du Grand
Confeil, grand Rapporteur, qui fe trouvera de fervice.
Le 4 Mars , le Roi tint le Sceau dans la piece qui
précede la Chambre de Sa Majesté , & qui avoit
été préparée à cet effet. En conféquence de ce que
Sa Majesté a réglé , les fix Confeillers d'Eta: ordinaires
, ci - deffus nommés y affifterent , étant
affis des deux côtés du Bureau fur des tabourets ;
fçavoir , à droite , MM. Feydeau- de Brou , de
Bernage & Trudaine ; à gauche , MM . Dagueffeau
, Dagueffeau- de Frefne & Poulletier. MM.
Gagnat de Longay , Bignon , Mérault-de VilleAVRIL
1757. 191
fit
ron , Pouyvet de la Bliniere , de Gourgues &
Turgot , Maîtres des Requêtes choifis par le Roi
pour rapporter au Sceau pendant ce trimestre , &
M. de Baraffy , Grand Rapporteur de Service
étoient debout autour du fauteuil de Sa Majeſté .
Les Huiffiers de la Chancellerie ont tenu les portes.
M. le Maréchal - Duc de Richelieu , premier
Gentilhomme de la Chambre du Roi , & M. le
Duc d'Ayen , Capitaine des Gardes du Corps ,
étoient derriere le fauteuil de Sa Majesté. M. Sauvage
, Grand Audiencier de France en quartier
qui étoit debout à droite après M. Trudaine ,
la préfentation des lettres dont il étoit chargé.
Les Maîtres des Requêtes & le Grand Rapporteur,
firent le rapport de celles qui les concernent.
M. Chupin , Garde des Rôles , & M. Brillon-
Duperon , Confervateur des Hypotheques , préfenterent
; le premier , les provifions pour charges
& offices , le fecond les lettres de ratification de
rentes fur les revenus du Roi. Puis les Secretaires du
Roi firent lecture des lettres de grace , lefquelles furent
délibérées par les Confeillers d'Etat & Maîtres
des Requêtes préfens au Sceau , & réfolues par le
Roi. Après les rapports faits , le Roi indiqua le
premier Sceau à la quinzaine. Les Sceaux ayant
été remis dans leur boete , M. de Champcenetz ,
premier Valet de Chambre du Roi , qui les avoit
apportés , les reprit fur le Bureau pour les remporter.
Sa Majefté fe leva , & fut reconduit à la
porte de fa chambre par les Confeillers d'Etat
Maîtres des Requêtes & Grands Officiers de la
Chancellerie . Ce Sceau eft le premier que le Roi
ait tenu depuis fon avénement à la Couronne.
Louis XIV en tint onze en 1672 , après la mort
du Chancelier Seguier.
Le 28 Février , M. Seguier , Avocat, Général
192 MERCURE DE FRANCE.
au Parlement de Paris , fut élu , pour remplir la
place vacante dans l'Académie Françoiſe par la
mort de M. de Fontenelle .
+ Le Roi a nommé Maréchaux de France MM . le
Marquis de Senecterre , le Marquis de la Tour- '
Maubourg , le Comte de Lautrec , le Duc de
Biron , le Duc de Luxembourg, le Comte d'Eſtrées,
le Lord Clare Comte de Thomond , & le Duc de
Mirepoix.
Le 10 Mars , pendant la Meffe du Roi , M. le
Prince Conftantin de Rohan , Premier Aumônier
de Sa Majefté , a prêté ferment , comme Evêque
de Strasbourg , entre les mains du Roi.
"
Le 6 Mars , l'Académie royale des Belles - Lettres
, conduite par M. le Comte de Saint - Florentin
, préſenta au Roi trois volumes de fes Mémoires.
M. de Guignes & M. d'Anville de cette Académie
, préfenterent en même temps à Sa Majeſté
, l'un, trois volumes de l'Hiftoire des Huns &
autres Nations Tartares ; l'autre , une nouvelle
Carte des côtes de la Grece & de l'Archipel , avec
un Mémoire relatif à cette Carte mis fouspreffe
à l'Imprimerie royale , & dans lequel l'Auteur
rend compte des moyens qui ont principalement
contribué à la compofition de l'Ouvrage .
>
Sa Majesté a accordé le Régiment d'Infanterie
royal Comtois , vacant par la promotion de M.
le Marquis de Roquépine au grade de Maréchal
de Camp , à M. le Comte de Puységur , Colonel
du Régiment de Forez ; le Régiment de Forez , à
M. le Marquis de Chaumont- Bernage , Colonel
dans les Grenadiers de France ; le Régiment de
Trainel , vacant par la promotion de M. le Marquis
de Trainel au grade de Maréchal de Camp ,
à M. le Comte de Brancas , Colonel dans les Grenadiers
de France ; le Régiment de Cavalerie
vacant
AVRIL. 1757. 193
vacant par la promotion de M. le Comte d'Egmont
au grade de Maréchal de Camp , à M. le Duc
de Charoft ; & les deux places de Colonels que
M. le Marquis de Chaumont-Bernage & M. le
Comte de Brancas rempliffoient dans les Grenadiers
de France , à M. Rouillé-de Roiffy & à M.'
le Comte de la Luzerne.
La Compagnie , qui vaquoit dans le Régiment
des Gardes Suiffes par la mort de M. de Caftella ,
a été donnée à M. de Caftella fon frere , Capitaine
au Régiment de Planta . MM. de Caſtella ont été
fept freres au ſervice de Sa Majefté , & trois y font
morts.
Le 6 du même mois , en action de graces de la
conſervation du Roi, on a chanté dans l'Eglife Mé,
tropolitaine , conformément au Mandement donné
par l'Archevêque de Paris , une Meffe folemnelle
, & enfuite le Te Deum, en mufique. M. l'Ab
bé de Saint-Exupery , Doyen , a officié. Le lendemain
, le Chapitre a fait remettre des aumônes
pour les pauvres aux Curés des huit Paroiffes de la
Cité , & de celles de ces Eglifes fujetes.
M. le Prince Conftantin-de Rohan , Evêque de
Strasbourg , fut facré le même jour dans la Chapelle
du Séminaire de Saint Sulpice , par M. le
Cardinal de la Rochefoucaud , affifté des Evêques
de Digne & de Saint - Omer.
Le 14, M. l'Evêque d'Autun fut reçu dans l'A
cadémie Françoiſe à la place de M. le Cardinal de
Soubife , & il prononça fon Difcours de remer
ciement , auquel M. Dupré-de S. Maur répondit
au nom de l'Académie. Après cette réponſe ,
M. d'Alembert lut des Réflexions fur l'ufage & fur
l'abus de la Philofophie dans les matieres de goût.
Nous donnerons un extrait des deux Diſcours
'dans le fecond Volume,
I.Vol, I
194 MERCURE DE FRANCE.
Le Corfaire le Don de Dieu , de Calais , y a
fait conduire le Brigantin Anglais les Trois Freres
, de Sunderland , chargé de charbon de terre ,
dont il s'eft emparé.
Un Navire Anglois , de 220 tonneaux , armé
de fix petits canons , ayant pour cargaison 1400
barrils de goudron , 4 barrils de thérébentine , des
merrains & quelques cuirs , a été pris par le Corfaire
le Saint - Louis , de Dunkerque , qui l'a conduit
à Boulogne.
Il eft arrivé dans le même Port un Bateau de
so tonneaux , chargé de fel , dont le Corfaire
le Marquis -de Vilequier s'eft rendu maître .
Le Capitaine Lamy , qui commande le Procu
veur , autre Corfaire de Boulogne , s'eft emparé
des Navires l'Espérance , de Yarmouth ; le Change
& la Chriftine , de Dyfant en Ecoffe ; & il les
a rançonnés pour $ 60 livres fterlings.
Les Navires Anglois le Comte d'Holderneſs ,
de
120 tonneaux , chargé de vin & de quelques autres
marchandifes ; la Bonne Intention , dont le
chargement confifte en orange & citrons ; & un
Bateau de 30 tonneaux , chargé de cidre & de
quelques paquets de poiffon fec , ont été conduits
au Havre par les Corſaires la Favorite &
l'Entreprenante , de ce Port.
Le Navire la France , d'Irlande , de 70 tonneaux
, chargé d'huile d'olive , d'oranges & de
citrons , a été pris par le Corfaire le Machault
de Granville , qui l'a conduit à Morlaix . Le même
Corfaire s'eft rendu maître d'un autre Navire,
Anglois de 100 tonneaux , chargé d'indigo , de
café , de bois pour teinture , & de drogues pour
la Médecine , qui eft arrivé à Roscoff,
Il a été conduit à Saint-Malo deux Bâtimens
Anglois , l'un chargé de citrons & d'oranges ,
AVRIL. 1757. 195
J
pris par le Corfaire la Sauterelle , de Breft ; &
Pautre chargé de fel , pris par les Corfaires la
Vengeance & la Comteffe de Bentheim.
Le Corfaire le Bart , de Calais , Capitaine
François Potier, s'eft emparé de deux petits Brigantins
Anglois , qu'il a rançonnés pour la fomme
de quatorze mille livres.
>
Le Corfaire le Machault , de Granville , ya'
envoyé le Navire la Providence , de Darmouth
de 100 tonneaux , venant de la Jamaïque avec
une cargaison qui confifte en 160 barrils de brai
250 barriques de ris , 14 boucauts de cafcarille
so planches & 8000 livres de bois des Indes.
>
Le Navire Anglois la Marie , de la Nouvelle
Yorck , de 150 tonneaux , chargé de café , d'indigo
, de dents d'élephant , de bois de Campeche,
&c. pris par le Corfaire le Scot , de Saint-Ma
lo , s'eft échoué le 23 du mois dernier à la côte de
Barfleur. On a fauvé fa cargaiſon.
Le même Corſaire a enlevé aux Anglois le Bateau
la Marguerite , de Cherbourg , chargé de
glaces brutes : ce Bateau s'étoit auffi échoué ,
mais il a été relevé & conduit à Barfleur.
Le fieur de Breville , commandant le Corfaire
la Vengeance, de Saint-Malo , s'eſt rendu maître
d'un Navire Anglois dont la cargaison , qui eft
eftimée deux cens mille livres , confifte en ballots
de foyeries, caiffes de drogues , & autres marchandifes
propres pour la traite des Negres.
On mande de Breft , que le Corfaire la Comteffe
de Bentheim, de Saint-Malo , a relâché dans ce pre
mier Port , où il a conduit le Navire Anglois
Affomption , allant de la Jamaïque à Londres
chargé de fucre & de café.
Le Navire l'Afrique , de Plymouth , chargé
dessobarriques de fardines , & de 130 barrils d'é
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
tain , a été pris par le Corfaire l'Intrépide , de
Bayonne , où il a été conduit.
Les lettres écrites de Bayonne , marquent que
le Corfaire l'Aurore , de ce port , Capitaine le
fieur Lavernis , a pris & y a conduit les Navires
Anglois la Rebecca , de Hul , de 200 tonneaux
armé de fix canons, chargé de 1400 barrils de goudron
; l'Entreprise , deLondres , de 160 tonneaux,
chargé de tabac en feuilles , & le Planter , de
Montfarrat , de 200 tonneaux , ayant pour
chargement
340 boucauts de fucre.
Le même Corfaire a fait conduire à Saint-Jeande-
Luz un autre Bâtiment Anglois , dont la cargaifon
eft compofée de 600 quintaux de morue
verte & féche.
Le Capitaine Jean Vergez , commandant le
Diligent , autre Corfaire de Bayonne , y a fait
conduire le Navire Anglois l'Edouard & Susanne,
de 160 tonneaux , chargé de fucre.
Le Capitaine Potier , commandant le Corfaire
l'Amiral Bart , de Calais , étant fur fa croifiere
près des côtes d'Angleterre découvrit un Brigantin
Anglois de cent cinquante tonneaux . A la vue du
Corfaire , ce Brigantin fe réfugia ſous le canon
des trois Forts de Haftings. Quoique le Capitaine
Potier n'eût que quatre canons , il attaqua le Bâtiment
ennemi , & il alloit l'aborder , lorſque l'équipage
Anglois prit le parti d'échouer . Sur ces
entrefaites parut un autre Navire que le Corfaire
enleva , & qu'il amena à Calais . Ce dernier Bâtiment
, qui fe nomme le Waterborn , eft de Boſton
dans la Nouvelle Angleterre. Il venoit de la Jamaïque
, & alloit à Londres. Sa charge eft eftimée
deux cens mille livres. C'eft la quatorzieme
prife qui ait été conduite à Calais depuis trois
mois , &la feptieme depuis le 18 jufqu'au 30 du
mois dernier.
AVRIL. 1757.
197
Ön mande de Marfeille , que le Corfaire le Colibry
, de 12 canons , & de 120 hommes d'équipage
, commandé par le Capitaine Georges-René
de Pleville-le Pelley , s'eft emparé des Navires Anglois
la Reine de Naples , allant de Gallipoly å
Londres , avec un chargement d'huile & de foie ;
le Guillaume , allant de Falmouth à Civita-Vecchia
, chargé d'étaim & de harengs , & la Marie
allant d'Yarmouth à Naples , & dont la charge
confiftoit en harengs & en plomb.
Selon des lettres de Toulon , un Grec établi depuis
quelques années en Provence s'embarqua der.
niérement fur une Tartane , dont l'équipage con
fiftoit feulement en trois François & trois Gênois.
Ce Bâtiment ayant été enlevé par un Corſaire Anglois
, monté de douze hommes ; le Capitaine du
Vaiffeau ennemi fit paffer le Grec & les trois Gênois
fur fon bord ; & y ayant laiffé trois Anglois ,
il monta fur la Tartane avec le refte de fon équipage.
Le Grec faifit une occafion favorable , qui
fe préfenta. Il tua lui feul les trois Anglois , à qui
leur Commandant avoit confié la garde du Corfaire.
Ayant abordé enſuite la Tartanne , il la reprit
avec le fecours des trois François & des trois Gênois.
Il a conduit à Toulon le Bâtiment , dont il
s'eft emparé.
On mande de Calais , que le Corfaire le Bart ;
de ce Port ' , commandé par le Capitaine Potier ,
y a conduit le Navire Anglois le Winterborn , de
130 tonneaux , chargé de fucre & d'autres marchandifes.
200
Le Corfaire le Duc d'Aumont , de Boulogne ,
s'eft rendu maître d'un Navire Anglois , de
tonneaux , qui revenoit de la Jamaïque avec une
cargaifon compofée de fucre , de tafia & de bois
d'Acajou.
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
Le Corfaire le Gros Thomas , du même Port , a
conduit à Calais le Navire l'Elifabeth & Catherine,
de 70 tonneaux , chargé de beurre & de
cuirs.
Le Tapageur & le Procureur , autres Corfaires
de Boulogne , fe font emparés , le premier de
deux Bâteaux Anglois , chargés l'un de bled ,
Pautre de charbon de terre , & le fecond du Navire
la Comteffe de Murray , de 90 tonneaux , chargé
de faumon falé .
Les Corfaires le Comte de Saint- Germain , de
Dunkerque , & le Don de Dieu , de Calais , ont
fait conduire à Boulogne un Bâteau de 70 tonneaux
, chargé d'oranges & de citrons , & le Brigantin
le Thomas David , de 120 tonneaux ,
chargé de grains.
Il eft arrivé à Fécamp un Navire Anglois de 220
tonneaux , armé de 8 canons , & de 37 hommes
d'équipage. Sa cargaiſon confifte en 1123 barrils
de poudre de guerre , en armes à feu de toutes
efpeces , en foyeries , clincailleries , & c. Ce Navire
a été pris par le Capitaine Canon , commandant
le Corfaire le Prince de Soubise , de Dunkerque.
Une prife Angloiſe faite par le Corſaire le Machault
, de Grandville , a échoué à la côte de
Langrune en Baffe Normandie ; mais on a fauvé
la cargaifon , compofée de 300 cuirs , de 2000
barrils de beurre , & de 1960 morues féches.
Le Corfaire le Comte de Clermont , de Saint-
Malo , commandé par le Capitaine Colin-de la
Brifelaine , s'eft emparé le troifieme jour de fa
croifiere , d'un Navire Anglois , de 240 tonneaux
, venant de la Jamaïque , & dont la charge
eft eftimée deux cens mille livres . Cette prife
que le Capitaine Brifelaine a conduite lui- même à
AVRIL. 1757. 199
k
Saint-Malo , avoit été faite d'abord par un Cor
faire de Bayonne , & lui avoit été enlevée par un
Armateur Anglois , fur qui le Corfaire le Comte
de Clermont l'a repriſe.
> Le Scott , autre Corfaire de Saint - Malo Capitaine
Pattard, s'eft auffi rendu maître du Navire
Anglois le Hardi , de 180 tonneaux , chargé de
fucre , de café , de coton & d'autres marchandifes
qu'il avoit prifes à la Nouvelle York .
On apprend par des lettres écrites de Bayonne,
que les Corfaires la Levrette & le Dauphin , de
ce Port , fe font emparés des Navires Anglois la
Suverne & le Louis , de Londres , de 250 tonneaux
chacun , & l'Owaftel , de Holt . Ces Bâtimens
font chargés , le premier de tabac & de fer ,
le fecond de fucre , de café & de tafia , & le troifieme
de tabac & de merrains.
de 70
Les Navires Anglois le Robert , de la Virginie ,
de 130 tonneaux , chargé de tabac , de fucre & de
pelleteries , & l'Endeavour , de Briſtol ,
tonneaux , dont la cargaifon eft composée d'hui
le , de poiffon & de morue verte , ont été pris
par les Corfaires l'Aimable Dauphin , de Ciboure
& l'Espérance , de Louisbourg , qui les ont
fait conduire à Bayonne.
>
Les Corfaires le Toulousain , le Faucon , le Té
lémaque & le Saint-Antoine , dit le Colibri , de
Marſeille , y ont conduit les Navires Anglois
l'Aigle , de Yarmouth , de 160 tonneaux , armé
de 2 canons , chargé de plomb & de harengs ; la
Vierge , de Bristol , de 130 tonneaux , chargé
de faumon & de morue ; le Harril , de Liverpool
, de 120 tonneaux , armé de 6 petits canons ,
chargé d'eau-de- vie & d'huile ; la Diane , de
Lynn , de 150 tonneaux , chargé de fromage , de
plomb & de harangs , & la Marie , qui a auffi
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
un chargement de harengs & de plomb.
On mande de Marfeille , que M. Pigache ;
Lieutenant de Vaiffeau , commandant le Vaiffeau
du Roi l'Hippopotame , armé en courfe , s'eft rendu
maître , à la hauteur de l'Ile Fromentiere
du Corfaire Anglois le Conftantin , de 18 canons ,
& de 130 hommes d'équipage.
>
Le Capitaine Macquet , qui commande le Corle
Don de Dieu , de Calais , a fait conduire à faire
Dunkerque le Navire Anglois les Trois Freres , de
110 tonneaux , chargé de charbon de terre , dont
il s'eft emparé.
Un Brigantin de 100 tonneaux , chargé d'eaude-
vie , de vin du Rhin , & de plufieurs autres
marchandiſes , a été pris par le Corfaire l'Epervier
, de Calais , & y a été conduit .
Le 17 Mars , les Actions de la Compagnie des
Indes étoient à quinze cens dix livres : les Billets
de la premiere Loterie Royal , à neuf cens quarante,
Ceux de la feconde & de la troisieme Loterie
n'avoient point de prix fixe.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le 15 février, à l'occasion de l'anniversaire du Roi, un Te Deum fut chanté à Notre-Dame et dans d'autres églises de Paris. Le Comte de Noailles, Gouverneur de Versailles, y assista avec les officiers du bailliage. Des feux et des salves de mousqueterie furent tirés par les Invalides, et les maisons furent illuminées. Le Roi accorda les honneurs de Grand-Croix de l'Ordre de Saint-Louis à M. de Crémille et ordonna l'équipement de chaque bataillon d'infanterie avec une pièce de canon suédoise. Le corps de la gendarmerie fut augmenté à 1240 hommes. M. le Comte de Saint-Florentin fut élu académicien honoraire à l'Académie Royale des Belles-Lettres, et M. Bertier de Sauvigny fut nommé Conseiller d'État et Intendant de la Généralité de Paris. Les évêques de Bretagne instituèrent une fête perpétuelle en l'honneur des Saints Anges Gardiens pour remercier Dieu d'avoir sauvé le Roi d'un attentat. Le Duc de Mirepoix célébra la convalescence du Roi à Montpellier par une fête incluant un Te Deum, des salves d'artillerie, un feu d'artifice et un bal. Le Roi régla les modalités de la tenue des Sceaux, nommant six Conseillers d'État et six Maîtres des Requêtes. Plusieurs Maréchaux de France furent nommés, dont le Duc de Mirepoix. L'Académie Royale des Belles-Lettres présenta au Roi des volumes de ses Mémoires et des ouvrages sur l'histoire des Huns et une carte des côtes de la Grèce. Divers régiments d'infanterie et de cavalerie furent accordés à plusieurs officiers promus. Des actions de grâce pour la conservation du Roi furent organisées, incluant une messe solennelle et le Te Deum à l'église métropolitaine. Le Prince Constantin de Rohan fut sacré évêque de Strasbourg. Plusieurs navires anglais furent capturés par des corsaires français. En avril 1757, plusieurs actions de corsaires français furent rapportées. À Roscoff, un navire de médecine arriva. Deux bâtiments anglais furent conduits à Saint-Malo, l'un chargé de citrons et d'oranges, l'autre de sel. Divers corsaires capturèrent des navires anglais chargés de marchandises variées, telles que du café, du sucre, du riz, du bois, et des produits pour la traite des nègres. À Marseille, plusieurs corsaires conduisirent des navires anglais chargés de plomb, de harengs, de saumon, de morue, d'eau-de-vie, d'huile et de fromage. Le 14 mars, M. l'Évêque d'Autun fut reçu à l'Académie Française, prononçant un discours de remerciement. Des réflexions sur l'usage et l'abus de la philosophie furent lues par M. d'Alembert.
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26
p. 203-205
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On va faire embarquer pour Embden quatre Compagnies d'anciennes Troupes [...]
Mots clefs :
Londres, Compagnies, Parlement, Dettes nationales, Dépenses, Soldats, Commandement, Tribunaux de l'Amirauté, Amérique, Pêche à la baleine, Commerce du nord, Corsaires, Suède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES, le 16 Juillet.
On va faire embarquer pour Embdem quatre
Compagnies d'anciennes Troupes qui remplaceront
le Régiment Anglois de Brudenell , actuellement
engarnison dans cette Place , & que l'on envoye
à l'armée d'Hanovre.
Suivant l'état remis au Parlement dans la derniere
ſéance,nos dettes nationales montoient le 11
Janvier dernier à ſoixante- dix- ſept millions ſeptcens
quatre-vingt mille trois cens quatre-vingtfix
livres ſterlings. Elles ont été augmentées depuis
decinq millions de livres , pour les dépenſes extraordinaires
de cette campagne. Ainfielles montent
actuellement à quatre-vingt-deux millions
fept cens quatre-vingt mille trois cens quatrevingt-
fix livres ſterlings , le tout non compris less
dettes de la Marine qui font ſeules un objet d'enron
deux millions de livres ſterlings .
Il paroît décidé que la Cour ne fera paſſer en
Allemagne que dix mille hommes , au lieu de
trente ou de vingt mille qu'on s'étoit d'abord propoſé
de joindre à l'armée d'Hanovre
Lecommandement de ces troupes é tant deſtiné
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
au Duc de Marlborough , on croit que le Comte
d'Ancram commandera celles qu'on a deſſein de
renvoyer ſur les côtes de France. On aſſure même
que le Prince Edouard Augufte , frere du Prince
de Galles , a obtenu de Sa Majesté la permiſſion
d'aller ſervir , en qualité de volontaire , dans l'expédition
qu'on doit tenter de nouveau ſur ces mêmes
côtes , & qu'il s'embarquera ſur la flotte du
Chefd'eſcadre Howe.
Les Tribunaux de l'Amirauté , établis dans nos
Iſles de l'Amérique , ont pris le parti , pour abréger
les procédures, de déclarer de bonne priſe tous
les vaiſſeaux Hollandois qu'on trouve munis de
permiffions données par les François. Ces permiffions
, ſuivant leur Jurisprudence , naturaliſent les
vaiſſeaux , & les rendent ſujets à confiſcation ,
comme s'ils appartenoient véritablement à l'ennemi.
La pêche de la Baleine a mal réuſſi cette année
dans les mers du Nord. Six vaiſſeaux Hollandois ,
& cinq des nôtres , y ont péri ; pluſieurs autres ont
beaucoup fouffert , & quelques-uns auront de la
peine à ſe dégager des glaces.
Notre commerce du Nord commence à ſe reſſentir
de la méſintelligence ſurvenue entre cette
Cour & celle de Suede. Aux priſes que nos Corſaires
ont faites de pluſieurs Navires Suédois , qui
n'ont point été reſtitués , on oppoſe ici le refus
que la Cour de Suede a fait d'admettre, en qualité
deMiniſtre , le Chevalier Goodrick, envoyé par le
Roi pour réſider à Stockolm. Mais dans un Mémoire
que le ſieur Wynants , Secretaire de Légation
de Suede , préſenta au Roi , avant que de ſe
retirer , on obſerve que le Chevalier Goodrick
ayant pris ſa route par Breſlaw , & ayant eu pluſieurs
conférences avec les ennemis des Puiſſances
AOUST. 1758 . 109
auxquelles eſt alliée la Suede , il étoit devenu juftement
ſuſpect ; que d'ailleurs , pendant tout le
temps que le ſieur Goodrick avoit mis au voyage
de Suede, la Cour de Londres avoit gardé le filence
ſur la miffion de ſon Miniſtre , & qu'on n'avoit
été inſtruit de ſa deſtination à Stockholm que par
des voies indirectes ; qu'au reſte , outre ces motifs
d'excluſion , ſuffiſamment juſtifiés par les circonftances,
le refus de ſa Majesté Suédoiſe étoit fondé
ſur le droit que tous les Souverains ont à cet
égard, & fur l'exemple qu'en a donné la Cour de
Londres à l'occaſion d'un Miniftre nommé il y a
quelques années par le Roi de Suede , & qu'elle
ne voulut point recevoir , quoique le cas fut bien
différent de celui qui ſe préſente aujourd'hui.
DE LONDRES, le 16 Juillet.
On va faire embarquer pour Embdem quatre
Compagnies d'anciennes Troupes qui remplaceront
le Régiment Anglois de Brudenell , actuellement
engarnison dans cette Place , & que l'on envoye
à l'armée d'Hanovre.
Suivant l'état remis au Parlement dans la derniere
ſéance,nos dettes nationales montoient le 11
Janvier dernier à ſoixante- dix- ſept millions ſeptcens
quatre-vingt mille trois cens quatre-vingtfix
livres ſterlings. Elles ont été augmentées depuis
decinq millions de livres , pour les dépenſes extraordinaires
de cette campagne. Ainfielles montent
actuellement à quatre-vingt-deux millions
fept cens quatre-vingt mille trois cens quatrevingt-
fix livres ſterlings , le tout non compris less
dettes de la Marine qui font ſeules un objet d'enron
deux millions de livres ſterlings .
Il paroît décidé que la Cour ne fera paſſer en
Allemagne que dix mille hommes , au lieu de
trente ou de vingt mille qu'on s'étoit d'abord propoſé
de joindre à l'armée d'Hanovre
Lecommandement de ces troupes é tant deſtiné
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
au Duc de Marlborough , on croit que le Comte
d'Ancram commandera celles qu'on a deſſein de
renvoyer ſur les côtes de France. On aſſure même
que le Prince Edouard Augufte , frere du Prince
de Galles , a obtenu de Sa Majesté la permiſſion
d'aller ſervir , en qualité de volontaire , dans l'expédition
qu'on doit tenter de nouveau ſur ces mêmes
côtes , & qu'il s'embarquera ſur la flotte du
Chefd'eſcadre Howe.
Les Tribunaux de l'Amirauté , établis dans nos
Iſles de l'Amérique , ont pris le parti , pour abréger
les procédures, de déclarer de bonne priſe tous
les vaiſſeaux Hollandois qu'on trouve munis de
permiffions données par les François. Ces permiffions
, ſuivant leur Jurisprudence , naturaliſent les
vaiſſeaux , & les rendent ſujets à confiſcation ,
comme s'ils appartenoient véritablement à l'ennemi.
La pêche de la Baleine a mal réuſſi cette année
dans les mers du Nord. Six vaiſſeaux Hollandois ,
& cinq des nôtres , y ont péri ; pluſieurs autres ont
beaucoup fouffert , & quelques-uns auront de la
peine à ſe dégager des glaces.
Notre commerce du Nord commence à ſe reſſentir
de la méſintelligence ſurvenue entre cette
Cour & celle de Suede. Aux priſes que nos Corſaires
ont faites de pluſieurs Navires Suédois , qui
n'ont point été reſtitués , on oppoſe ici le refus
que la Cour de Suede a fait d'admettre, en qualité
deMiniſtre , le Chevalier Goodrick, envoyé par le
Roi pour réſider à Stockolm. Mais dans un Mémoire
que le ſieur Wynants , Secretaire de Légation
de Suede , préſenta au Roi , avant que de ſe
retirer , on obſerve que le Chevalier Goodrick
ayant pris ſa route par Breſlaw , & ayant eu pluſieurs
conférences avec les ennemis des Puiſſances
AOUST. 1758 . 109
auxquelles eſt alliée la Suede , il étoit devenu juftement
ſuſpect ; que d'ailleurs , pendant tout le
temps que le ſieur Goodrick avoit mis au voyage
de Suede, la Cour de Londres avoit gardé le filence
ſur la miffion de ſon Miniſtre , & qu'on n'avoit
été inſtruit de ſa deſtination à Stockholm que par
des voies indirectes ; qu'au reſte , outre ces motifs
d'excluſion , ſuffiſamment juſtifiés par les circonftances,
le refus de ſa Majesté Suédoiſe étoit fondé
ſur le droit que tous les Souverains ont à cet
égard, & fur l'exemple qu'en a donné la Cour de
Londres à l'occaſion d'un Miniftre nommé il y a
quelques années par le Roi de Suede , & qu'elle
ne voulut point recevoir , quoique le cas fut bien
différent de celui qui ſe préſente aujourd'hui.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En 1758, la Grande-Bretagne prépare plusieurs opérations militaires. Quatre compagnies de troupes anciennes doivent se rendre à Emden pour remplacer le régiment de Brudenell à Hanovre. La dette nationale britannique a augmenté de 15 millions de livres sterling, atteignant 82 millions 780 000 livres sterling, sans inclure les dettes de la Marine, estimées à 2 millions de livres. La Cour britannique prévoit d'envoyer 10 000 hommes en Allemagne sous le commandement du Duc de Marlborough, tandis que le Comte d'Ancram dirigera les troupes sur les côtes de France. Le Prince Édouard Auguste, frère du Prince de Galles, s'embarquera avec la flotte du Chef d'escadre Howe. Les tribunaux de l'Amirauté en Amérique déclarent de bonne prise les vaisseaux hollandais munis de permissions françaises. La pêche à la baleine dans les mers du Nord a été désastreuse, avec la perte de vaisseaux hollandais et britanniques. Le commerce britannique avec la Suède est affecté par des tensions diplomatiques, notamment le refus de la Suède d'accepter le Chevalier Goodrick comme ministre britannique.
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27
p. 206-207
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron (I). Treizieme traitement depuis son établissement.
Début :
Le nommé Bouvet, Compagnie de la Ferriere, est entré le premier Juin, & est [...]
Mots clefs :
Maladies, Soldats, Compagnies, Guérison
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texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron (I). Treizieme traitement depuis son établissement.
Hôpital deM. le Maréchal-Duc de Biron (1).
5
Treizieme traitement depuis fon établiſſement .
Le nommé Bouvet , Compagnie de la Ferriere ,
eſt entré le premier Juin , & eſt forti le 18 Juillet.
L'on ne peut aſſurer la guériſon radicale de ce
foldat , parce que fa maladie étoit fort grave ,
auroit demandé qu'il reſtât encore une quinzaine
de jours à l'hôpital , & que par un entêtement
déplacé, il a voulu fortir abſolument. On le croit
cependant guéri.
( 1 ) J'ai reçu une Lettre anonyme contre leRemede
de M. Keyser. 1. Je ne ferai jamais aucun.
usage des Lettres anonymes , quand l'objet en ſeras
de quelque conséquence. 2°. L'on a vérifié les faits
contenus dans celle- ci , &j'ai en main les preuves
-de leur fauſſeté,
OCTOBRE. 1758 . 207
Le nommé Joſeph , de la Compagnie d'Obſonville,
eſt entré le 17 Juin , & eſt forti le 27 Juillet
parfaitement guéri .
Le nommé Marinigay , de la Compagnie de la
Tour , eft entré le 17 Juin. Ce ſoldat étoit dans
Pétat le plus fâcheux ; il avoit la poitrine affectée,
&crachoit le ſang. Il eſt ſorti le 25 Juillet parfaitement
guéri .
Le nommé Bavoyau , de la Compagnie de le
Camus , eft entré le 29 de Juin , & eſt forti le
8Août parfaitement guéri.
Le nommé le Blanc , de la Compagnie de Bouville
, eſt entré le 30 Juin , & eſt ſorti le 8 Août
parfaitement guéri .
Le nommé Mitouart , de la Compagnie de la
Sône , eſt entré le 13 Juillet , & eſt ſorti le 22
Août parfaitement guéri .
Le nommé Lagrenade , Compagnie de Tourville
, eſt entré le 20 Juillet , & eſt ſorti le 22 Août
parfaitement guéri ,
5
Treizieme traitement depuis fon établiſſement .
Le nommé Bouvet , Compagnie de la Ferriere ,
eſt entré le premier Juin , & eſt forti le 18 Juillet.
L'on ne peut aſſurer la guériſon radicale de ce
foldat , parce que fa maladie étoit fort grave ,
auroit demandé qu'il reſtât encore une quinzaine
de jours à l'hôpital , & que par un entêtement
déplacé, il a voulu fortir abſolument. On le croit
cependant guéri.
( 1 ) J'ai reçu une Lettre anonyme contre leRemede
de M. Keyser. 1. Je ne ferai jamais aucun.
usage des Lettres anonymes , quand l'objet en ſeras
de quelque conséquence. 2°. L'on a vérifié les faits
contenus dans celle- ci , &j'ai en main les preuves
-de leur fauſſeté,
OCTOBRE. 1758 . 207
Le nommé Joſeph , de la Compagnie d'Obſonville,
eſt entré le 17 Juin , & eſt forti le 27 Juillet
parfaitement guéri .
Le nommé Marinigay , de la Compagnie de la
Tour , eft entré le 17 Juin. Ce ſoldat étoit dans
Pétat le plus fâcheux ; il avoit la poitrine affectée,
&crachoit le ſang. Il eſt ſorti le 25 Juillet parfaitement
guéri .
Le nommé Bavoyau , de la Compagnie de le
Camus , eft entré le 29 de Juin , & eſt forti le
8Août parfaitement guéri.
Le nommé le Blanc , de la Compagnie de Bouville
, eſt entré le 30 Juin , & eſt ſorti le 8 Août
parfaitement guéri .
Le nommé Mitouart , de la Compagnie de la
Sône , eſt entré le 13 Juillet , & eſt ſorti le 22
Août parfaitement guéri .
Le nommé Lagrenade , Compagnie de Tourville
, eſt entré le 20 Juillet , & eſt ſorti le 22 Août
parfaitement guéri ,
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Résumé : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron (I). Treizieme traitement depuis son établissement.
En 1758, le treizième traitement à l'hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron a concerné plusieurs soldats. Bouvet, de la Compagnie de la Ferrière, est entré le 1er juin et sorti le 18 juillet, mais sa guérison complète n'a pu être assurée. Joseph, de la Compagnie d'Obsonville, est entré le 17 juin et sorti guéri le 27 juillet. Marinigay, de la Compagnie de la Tour, est entré le 17 juin avec une maladie grave affectant sa poitrine et crachant du sang, et est sorti guéri le 25 juillet. Bavoyau, de la Compagnie de Camus, est entré le 29 juin et sorti guéri le 8 août. Le Blanc, de la Compagnie de Bouville, est entré le 30 juin et sorti guéri le 8 août. Mitouart, de la Compagnie de la Sône, est entré le 13 juillet et sorti guéri le 22 août. Lagrenade, de la Compagnie de Tourville, est entré le 20 juillet et sorti guéri le 22 août. Par ailleurs, une lettre anonyme critiquant le remède de M. Keyser a été reçue, mais les faits ont été vérifiés et jugés faux.
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28
p. 209-214
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 18 Octobre, M. le Marquis de Conflans, Mestre de Camp [...]
Mots clefs :
Prince de Soubise, Divisions, Compagnies, Marquis, Troupes, Bataille, Ennemis, Force, Colonnes milliaires, Cavalerie, Résistance, Perte, Blessés et morts, Duc de Bourgogne, Problèmes de géométrie
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
FRANC E.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE 18 Octobre , M. le Marquis de Conflans ,
Meftre de Camp du Régiment d'Orleans , a ap
porté au Roi le détail de la bataille de Lutzelberg ,
gagnée par l'armée de Sa Majefté , commandée
par M. le Prince de Soubiſe.
La divifion de M. de Chevert , compofée de
vingt- cinq bataillons & dix- huit efcadrons , des.
Huffards de Berchiny , de la Légion Royale , & des
Volontaires de Flandre , arriva le 8 au camp fous
Caffel. 3
#1
Le 9 , celle aux ordres de M. le Duc de Filtz-
James , compofée de dix bataillons & de douze
efcadrons ; paffa la Fulde à la fuite de toute l'armée
. ¡ ་ "
M. le Prince de Soubife deftina la divifion dë
M. de Chevert à attaquer la gauche des ennemis ,
& M. le Marquis de Voyer fut détaché avec vingt
compagnies de Grenadiers , vingt Piquets , quatre
cents cinquante Carabiniers de la cavalerie , la Légion
Royale , les Volontaires de Flandre , & lé
corps de M. Fifcher , pour faire l'avant- garde de
cette divifion .
M. le Prince de Soubife fe propofant de faire
paffer à toute l'armée le ruiffeau de Benthenlagen ,,
& de la faire camper au- delà , chargea M. le Mar
210 MERCURE DE FRANCE.
quis de Voyer de faire fes difpofitions pour atta
quer le village d'Heligenrode ; mais les mouvemens
de l'ennemi déciderent M. le Prince de Soubife
à le faire tourner par fa gauche , & M. le Marquis
de Voyer fe porta en conféquence jufques fur
les hauteurs qui dominent le village d'Halem. Il
fut renforcé pendant la nuit de dix compagnies de
Grenadiers , de la Brigade des Palatins , & de celle
de Dauphin , cavalerie.
Le 10 , à la pointe du jour , on s'apperçut que
l'armée ennemie abandonnoit fon camp , pour occuper
une pofition plus reculée , fur des hauteurs
& dans des bois , qui couvroient également fon
front & fon flanc gauche , M. le Marquis de Voyer,
à la tête de fon avant- garde , palla dans ce même
inſtant le ravin de Dalem , & gagna les hauteurs
de Fifchenſtein ; il fit attaquer , par les Troupes
legeres , le hameau de Breck , & un bois de hautefutaye
qui eft en avant , dans le deffein d'avoir une
connoiffance exacte de la nouvelle pofition des
ennemis : il y eut un feu de moufqueterie fort vif,
& M. le Comte de Chabot repouffa Pennemi.
M. le Prince de Soubife , après avoir fait fes dif
pofitions , fit déboucher toutes les troupes. M. le
Duc de Broglie , à qui il avoit donné l'avant - garde
à commander , canonna l'armée ennemie & la
força de fe mettre en bataille.
x
5
Les troupes , qui avant l'arrivée de M. de Che
vert & de M. le Duc de Filtz James , compofoient
l'armée de M. le Prince de Soubife , fu ent defti¬
nées à attaquer le front de l'ennemi , tandis que
M. le Duc de Filtz- James en attaqueroit la gaus
che , & que M. de Chevert en tourneroit
flanc.
Toutes les troupes étant arrivées à leur point
de déboucher , les avant- gardes de M. le Duc de
NOVEMBRE. 1758. 217
Broglie , & de M. le Marquis de Voyer , rentrerent
dans les colonnes.
A deux heures trois quarts après midi , M. de
Chevert donna , par quatre coups de canon , le
fignal de l'attaque générale , ainfi qu'il en avoit
reçu l'ordre de M. le Prince de Soubife , & il dé❤
boucha en même temps pour marcher à l'ennemi.
Toutes les colonnes s'ébranlerent enfemble ; mais
ayant eu plus de chemin , ou plus d'obſtacles à furmonter
, le plus grand effort du combat fe fit à la
divifion de M. de Chevert.
Les ennemis le voyant entré dans le bois qui
couvroit leur flanc , & craignant , avec raiſon ,
pour leurs derrieres , dégarnirent leur droite , &
porterent la plus grande partie de leurs troupes
en équerre de ce côté là.
Ils fe préfenterent en force à la fortie du bois ,
que les troupes de M. de Chevert avoient traverfé
fur trois colonnes , dont deux d'infanterie , & la
cavalerie dans le centre.
Les ennemis fe voyant preffés par cette difpofition
, pritent le parti de faire avancer une colonne
nombreuſe , pour nous attaquer , & nous
empêcher de déboucher dans la plaine.
M. de Chevert , après l'a oir fait canonner par
fon artillerie , qui a été fervie pendant tout le courant
de la journée avec la plus grande vivacité &
le plus à propos , donna ordre à M. le Marquis de
Voyer , & à M,le Comte de Bellefont , qui étoient
à la tête de la Cavalerie , de charger cette colonne
; dans le moment elle fut attaquée & culbutée .
C'eſt à cette charge que M. le Marquis de Voyer
a été bleffé.
Il y avoit à la tête de chacune de ces colonnes
d'infanterie , une avant- garde de dix compagnies
de Grenadiers , commandée , fgavoir , celle de la
212 MERCURE DE FRANCE.
gauche , par M. le Comte de Salm , & celle de la
droite , par M. le Vicomte de Belfunce. Ce dernier
ayant été dangereufement bleffé , fut remplacé
par M. le Chevalier de Groflier.
La cavalerie , après ce premier combat , déboucha
dans la plaine, & s'y mit en bataille, pour
faire face à celle des ennemis , qui s'avançoit en
bon ordre , afin de favorifer la retraite de la colonne
d'infanterie , & de rétablir le combat ;
cette cavalerie fut bientôt pliée , & tant que la
bataille a duré , elle a toujours eu le même fort
à plufieurs repriſes différentes. Pendant ce temps,
M. le Comte de Luface , à la tête des Saxons ,
qui formoient la colonne de la gauche , attaqua
un gros corps d'ennemis poftés fur une hauteur ,
où ils avoient placé pluffeurs batteries , d'où ils
dominoient la plaine par laquelle nos colonnes
débouchoient. M. le Comte de Luface chargea
M : le Baron d'Hirne de prendre la hauteur à re
vers , tandis qu'il attaqueroit les ennemis de
front. La réfiftance de ceux-ci fut très - opiniâtre ;
mais M. le Comte de Luſace manoeuvra aveċ
tant d'habileté , & preffa l'attaque fi vivement ,
qu'il fe rendit maître de la hauteur , & du canon
que les ennemis y avoient établi . Alors la victoire
ne fut plus balancée , quoique les ennemis
fiffent encore plufieurs tentatives pour nous arrêter
, & favorifer leur retraite. Ils ont pris la
fuite par le village de Lutzelberg , & n'ont fauvé
les débris de leur armée , qu'à la faveur de la nuit.
Au premier moment de l'attaque de M. de Che
vert , M. le Prince de Soubife marcha de front à
l'ennemi , à la tête de fon armée , & la mit , par
la célérité de fes mouvemens , à portée de faire
un feu d'artillerie très-vif & très - fuivi fur l'àr
mée ennemie , qui fut contrainte de ſe jetter ,en
NOVEMBRE . 1758. 215
•
défordre , dans les bois qui bordent la Véra. Ce
Général fit marcher plufieurs détachemens de la
gauche de l'armée , qui ont pourfuivi les ennemis
jufqu'à trois heures du matin .
On ne peut encore rien dire de certain fur
leur perte, qui ne peut être moindre que de trois
à quatre mille hommes. Les troupes de notre
droite ont pris onze pieces de canon , & les Huf
fard de Berchiny , qui étoient fur le flanc gauche
de l'armée , en ont pris treize , avec plufieurs
drapeaux & étendards , & beaucoup de
bagages.
On ne fçait pas encore au jufte le nombre des
prifonniers ,, parce qu'on en amene à tous mo
momens , parmi lefquels il y a des Officiers de
tout grade. Notre perte ne paroît pas confidérable
on ne compte jufqu'à préfent qu'environ
cinq à fix cents hommes tués ou bleſſés . Les ennemis
fe font enfui dans le plus grand défordre ;
lorfqu'ils ont traverfé Munden , leur cavalerie
étoit confondue avec leur infanterie , & ils n'avoient
pas une feule piece de canon > ce qui fait
croire , qu'ils ont abandonné dans les bois ce qui
leur en reftoit.
Ce détail a été fait trop promptement , pour
pouvoir nommer tous ceux qui fe font diftingués
dans cette journée . On peut dire en général , que
toutes les troupes ont montré , à l'envi , une ardeur
& une fermeté digne des Saxons , des Palatins
, & des François ; tous les Commandans
généraux & particuliers leur ont montré l'exemple.
M. le Marquis de Crillon a été détaché avec
trois Brigades d'infanterie , & les troupes légeres
, pour fuivre les ennemis dans leur retraite,
Il s'eft porté jufqu'à Munden , où il a déja fait
quatre cents prifonniers. On ne fçauroit trop
. 114 MERCURE DE FRANCE.
louer les difpofitions générales de M. le Prince
de Soubife .
Monfeigneur le Duc de Bourgogne , âgé de fix
ans onze mois , a préſenté au Roi un Livre des
Problêmes de Géométrie , qu'il a conftruit luimême
, & mis au trait. Il y a ajouté le premier
trait d'un exagone fortifié avec le tracé dù foffé ,
du chemin couvert & du glacis . Ce Livre forme un
un petit in-4°.
Il feroit difficile de fe perfuader, vu l'exactitude
& la netteté avec laquelle ces Problêmes font exécutés,
qu'ils font abfolument l'ouvrage d'un Prince
à peine âgé de fept ans , fi l'on n'avoit des témoins
qu'on ne peut récufer . Monfeigneur le Duc de
Bourgogne , qui avoit travaillé à former ce petit
Ouvrage , dans le deffein de le préfenter au Roi ,
le lui a dédié. L'Epitre Dédicatoire eft de fa compofition
, & elle eft écrite de ſa main .
Ilya long- temps qu'on fçait que ce jeune Prince
s'amule beaucoup de la Géométrie. On a fçu lui
faire une espece de jeu des premieres opérations de
cette ſcience . Les marques fingulieres de jugement
& de pénétration qu'il donne dans un âge anffi
tendre , en font concevoir les plus flatteufes efpérances.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE 18 Octobre , M. le Marquis de Conflans ,
Meftre de Camp du Régiment d'Orleans , a ap
porté au Roi le détail de la bataille de Lutzelberg ,
gagnée par l'armée de Sa Majefté , commandée
par M. le Prince de Soubiſe.
La divifion de M. de Chevert , compofée de
vingt- cinq bataillons & dix- huit efcadrons , des.
Huffards de Berchiny , de la Légion Royale , & des
Volontaires de Flandre , arriva le 8 au camp fous
Caffel. 3
#1
Le 9 , celle aux ordres de M. le Duc de Filtz-
James , compofée de dix bataillons & de douze
efcadrons ; paffa la Fulde à la fuite de toute l'armée
. ¡ ་ "
M. le Prince de Soubife deftina la divifion dë
M. de Chevert à attaquer la gauche des ennemis ,
& M. le Marquis de Voyer fut détaché avec vingt
compagnies de Grenadiers , vingt Piquets , quatre
cents cinquante Carabiniers de la cavalerie , la Légion
Royale , les Volontaires de Flandre , & lé
corps de M. Fifcher , pour faire l'avant- garde de
cette divifion .
M. le Prince de Soubife fe propofant de faire
paffer à toute l'armée le ruiffeau de Benthenlagen ,,
& de la faire camper au- delà , chargea M. le Mar
210 MERCURE DE FRANCE.
quis de Voyer de faire fes difpofitions pour atta
quer le village d'Heligenrode ; mais les mouvemens
de l'ennemi déciderent M. le Prince de Soubife
à le faire tourner par fa gauche , & M. le Marquis
de Voyer fe porta en conféquence jufques fur
les hauteurs qui dominent le village d'Halem. Il
fut renforcé pendant la nuit de dix compagnies de
Grenadiers , de la Brigade des Palatins , & de celle
de Dauphin , cavalerie.
Le 10 , à la pointe du jour , on s'apperçut que
l'armée ennemie abandonnoit fon camp , pour occuper
une pofition plus reculée , fur des hauteurs
& dans des bois , qui couvroient également fon
front & fon flanc gauche , M. le Marquis de Voyer,
à la tête de fon avant- garde , palla dans ce même
inſtant le ravin de Dalem , & gagna les hauteurs
de Fifchenſtein ; il fit attaquer , par les Troupes
legeres , le hameau de Breck , & un bois de hautefutaye
qui eft en avant , dans le deffein d'avoir une
connoiffance exacte de la nouvelle pofition des
ennemis : il y eut un feu de moufqueterie fort vif,
& M. le Comte de Chabot repouffa Pennemi.
M. le Prince de Soubife , après avoir fait fes dif
pofitions , fit déboucher toutes les troupes. M. le
Duc de Broglie , à qui il avoit donné l'avant - garde
à commander , canonna l'armée ennemie & la
força de fe mettre en bataille.
x
5
Les troupes , qui avant l'arrivée de M. de Che
vert & de M. le Duc de Filtz James , compofoient
l'armée de M. le Prince de Soubife , fu ent defti¬
nées à attaquer le front de l'ennemi , tandis que
M. le Duc de Filtz- James en attaqueroit la gaus
che , & que M. de Chevert en tourneroit
flanc.
Toutes les troupes étant arrivées à leur point
de déboucher , les avant- gardes de M. le Duc de
NOVEMBRE. 1758. 217
Broglie , & de M. le Marquis de Voyer , rentrerent
dans les colonnes.
A deux heures trois quarts après midi , M. de
Chevert donna , par quatre coups de canon , le
fignal de l'attaque générale , ainfi qu'il en avoit
reçu l'ordre de M. le Prince de Soubife , & il dé❤
boucha en même temps pour marcher à l'ennemi.
Toutes les colonnes s'ébranlerent enfemble ; mais
ayant eu plus de chemin , ou plus d'obſtacles à furmonter
, le plus grand effort du combat fe fit à la
divifion de M. de Chevert.
Les ennemis le voyant entré dans le bois qui
couvroit leur flanc , & craignant , avec raiſon ,
pour leurs derrieres , dégarnirent leur droite , &
porterent la plus grande partie de leurs troupes
en équerre de ce côté là.
Ils fe préfenterent en force à la fortie du bois ,
que les troupes de M. de Chevert avoient traverfé
fur trois colonnes , dont deux d'infanterie , & la
cavalerie dans le centre.
Les ennemis fe voyant preffés par cette difpofition
, pritent le parti de faire avancer une colonne
nombreuſe , pour nous attaquer , & nous
empêcher de déboucher dans la plaine.
M. de Chevert , après l'a oir fait canonner par
fon artillerie , qui a été fervie pendant tout le courant
de la journée avec la plus grande vivacité &
le plus à propos , donna ordre à M. le Marquis de
Voyer , & à M,le Comte de Bellefont , qui étoient
à la tête de la Cavalerie , de charger cette colonne
; dans le moment elle fut attaquée & culbutée .
C'eſt à cette charge que M. le Marquis de Voyer
a été bleffé.
Il y avoit à la tête de chacune de ces colonnes
d'infanterie , une avant- garde de dix compagnies
de Grenadiers , commandée , fgavoir , celle de la
212 MERCURE DE FRANCE.
gauche , par M. le Comte de Salm , & celle de la
droite , par M. le Vicomte de Belfunce. Ce dernier
ayant été dangereufement bleffé , fut remplacé
par M. le Chevalier de Groflier.
La cavalerie , après ce premier combat , déboucha
dans la plaine, & s'y mit en bataille, pour
faire face à celle des ennemis , qui s'avançoit en
bon ordre , afin de favorifer la retraite de la colonne
d'infanterie , & de rétablir le combat ;
cette cavalerie fut bientôt pliée , & tant que la
bataille a duré , elle a toujours eu le même fort
à plufieurs repriſes différentes. Pendant ce temps,
M. le Comte de Luface , à la tête des Saxons ,
qui formoient la colonne de la gauche , attaqua
un gros corps d'ennemis poftés fur une hauteur ,
où ils avoient placé pluffeurs batteries , d'où ils
dominoient la plaine par laquelle nos colonnes
débouchoient. M. le Comte de Luface chargea
M : le Baron d'Hirne de prendre la hauteur à re
vers , tandis qu'il attaqueroit les ennemis de
front. La réfiftance de ceux-ci fut très - opiniâtre ;
mais M. le Comte de Luſace manoeuvra aveċ
tant d'habileté , & preffa l'attaque fi vivement ,
qu'il fe rendit maître de la hauteur , & du canon
que les ennemis y avoient établi . Alors la victoire
ne fut plus balancée , quoique les ennemis
fiffent encore plufieurs tentatives pour nous arrêter
, & favorifer leur retraite. Ils ont pris la
fuite par le village de Lutzelberg , & n'ont fauvé
les débris de leur armée , qu'à la faveur de la nuit.
Au premier moment de l'attaque de M. de Che
vert , M. le Prince de Soubife marcha de front à
l'ennemi , à la tête de fon armée , & la mit , par
la célérité de fes mouvemens , à portée de faire
un feu d'artillerie très-vif & très - fuivi fur l'àr
mée ennemie , qui fut contrainte de ſe jetter ,en
NOVEMBRE . 1758. 215
•
défordre , dans les bois qui bordent la Véra. Ce
Général fit marcher plufieurs détachemens de la
gauche de l'armée , qui ont pourfuivi les ennemis
jufqu'à trois heures du matin .
On ne peut encore rien dire de certain fur
leur perte, qui ne peut être moindre que de trois
à quatre mille hommes. Les troupes de notre
droite ont pris onze pieces de canon , & les Huf
fard de Berchiny , qui étoient fur le flanc gauche
de l'armée , en ont pris treize , avec plufieurs
drapeaux & étendards , & beaucoup de
bagages.
On ne fçait pas encore au jufte le nombre des
prifonniers ,, parce qu'on en amene à tous mo
momens , parmi lefquels il y a des Officiers de
tout grade. Notre perte ne paroît pas confidérable
on ne compte jufqu'à préfent qu'environ
cinq à fix cents hommes tués ou bleſſés . Les ennemis
fe font enfui dans le plus grand défordre ;
lorfqu'ils ont traverfé Munden , leur cavalerie
étoit confondue avec leur infanterie , & ils n'avoient
pas une feule piece de canon > ce qui fait
croire , qu'ils ont abandonné dans les bois ce qui
leur en reftoit.
Ce détail a été fait trop promptement , pour
pouvoir nommer tous ceux qui fe font diftingués
dans cette journée . On peut dire en général , que
toutes les troupes ont montré , à l'envi , une ardeur
& une fermeté digne des Saxons , des Palatins
, & des François ; tous les Commandans
généraux & particuliers leur ont montré l'exemple.
M. le Marquis de Crillon a été détaché avec
trois Brigades d'infanterie , & les troupes légeres
, pour fuivre les ennemis dans leur retraite,
Il s'eft porté jufqu'à Munden , où il a déja fait
quatre cents prifonniers. On ne fçauroit trop
. 114 MERCURE DE FRANCE.
louer les difpofitions générales de M. le Prince
de Soubife .
Monfeigneur le Duc de Bourgogne , âgé de fix
ans onze mois , a préſenté au Roi un Livre des
Problêmes de Géométrie , qu'il a conftruit luimême
, & mis au trait. Il y a ajouté le premier
trait d'un exagone fortifié avec le tracé dù foffé ,
du chemin couvert & du glacis . Ce Livre forme un
un petit in-4°.
Il feroit difficile de fe perfuader, vu l'exactitude
& la netteté avec laquelle ces Problêmes font exécutés,
qu'ils font abfolument l'ouvrage d'un Prince
à peine âgé de fept ans , fi l'on n'avoit des témoins
qu'on ne peut récufer . Monfeigneur le Duc de
Bourgogne , qui avoit travaillé à former ce petit
Ouvrage , dans le deffein de le préfenter au Roi ,
le lui a dédié. L'Epitre Dédicatoire eft de fa compofition
, & elle eft écrite de ſa main .
Ilya long- temps qu'on fçait que ce jeune Prince
s'amule beaucoup de la Géométrie. On a fçu lui
faire une espece de jeu des premieres opérations de
cette ſcience . Les marques fingulieres de jugement
& de pénétration qu'il donne dans un âge anffi
tendre , en font concevoir les plus flatteufes efpérances.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le 18 octobre, le Marquis de Conflans informa le roi de la victoire française à la bataille de Lutzelberg, dirigée par le Prince de Soubise. Le 8 octobre, la division de Chevert, composée de 25 bataillons et 18 escadrons, arriva au camp sous Cassel. Le 9 octobre, la division du Duc de Fitz-James, formée de 10 bataillons et 12 escadrons, traversa la Fulde. Le Prince de Soubise ordonna à Chevert d'attaquer la gauche ennemie et à Voyer de former l'avant-garde avec des grenadiers, des carabiniers, la Légion Royale et les Volontaires de Flandre. Le 10 octobre, l'armée ennemie se retira vers une position plus reculée. Voyer traversa le ravin de Dalem et atteignit les hauteurs de Fifchenstein, attaquant le hameau de Breck. À 14h30, le Prince de Soubise ordonna une attaque générale. Les ennemis, voyant Chevert dans le bois, renforcèrent leur gauche en dégarnissant leur droite. Chevert lança une charge de cavalerie, blessant le Marquis de Voyer. La cavalerie ennemie fut repoussée à plusieurs reprises. Le Comte de Lusace captura une hauteur stratégique, assurant la victoire. Les ennemis fuirent par Lutzelberg, abandonnant canons, drapeaux et bagages. Les pertes ennemies furent estimées entre 3 000 et 4 000 hommes, contre 500 à 600 pour les Français. Le Marquis de Crillon poursuivit les ennemis et captura 400 prisonniers à Munden. Par ailleurs, le Duc de Bourgogne, âgé de 6 ans, présenta au roi un livre de géométrie qu'il avait rédigé.
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29
p. 205
De Paris, le 10 Mars.
Début :
Le 2 de ce mois, le Roi fit dans la plaine des Sablons, la revue [...]
Mots clefs :
Gardes suisses, Lieutenant général, Armée du roi, Bataillons, Compagnies, Artillerie, Canons, Marquis
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texteReconnaissance textuelle : De Paris, le 10 Mars.
De Paris , le 10 Mars.
Le 2 de ce mois , le Roi fit dans la plaine des
Sablons , la revue du Régiment des Gardes-Françoifes
, & de celui des Gardes- Suiffes.
Le 28 Avril de l'année dernière , le fieur de
Lally , Lieutenant - Général des armées du Roi ,
débarqua à Pontichéry avec deux Bataillons de
fon Régiment , vers les deux heures après midi.
Le même jour à cinq heures , il détacha le
Comte d'Estaing avec deux Bataillons du Régiment
de Lorraine & trois cens hommes des Troupes
de l'Inde , pour aller inveftir Goudelour , &
partit dans la nuit avec un détachement du Corps
Royal de l'Artillerie , deux piéces de campagne ,
deux groffes piéces , & les deux Compagnies de
Grenadiers de fon Régiment , pour aller joindre
le Comte d'Estaing devant cette Ville , qui capitula
le quatrième jour.
Il fit tout de fuite inveftir le fort Saint-David;
& trois jour après fit emporter l'épée à la main
les trois forts qui en défendoient les approches. Les
difficultés du terrein ayant fufpendu l'arrivée
de l'Artillerie , il ne put faire ouvrir la tranchée
que le 20 Mai. Le fort Saint- David capitula le 2.
Juin , & la garnifon de fept ,cens vingt Anglois
& dix- fept cens Soldats noirs , a été faite priſonnière
de guerre.
Il envoya le même jour un détachement à onze
lieues du fort Saint- David à Divicottey , que la
garnifon Angloife avoit évacué.
Il s'eft trouvé cent quatre - vingt canons ou
mortiers , dans le fort Saint- David , & quatrevingt
piéces de canon dans Divicottey.
Le Marquis de Montmorency-Laval , Colonel
d'Infanterie , a été envoyé par le fieur de Lally ,
pour porter au Roi les détails de la prife des
forts.
Le 2 de ce mois , le Roi fit dans la plaine des
Sablons , la revue du Régiment des Gardes-Françoifes
, & de celui des Gardes- Suiffes.
Le 28 Avril de l'année dernière , le fieur de
Lally , Lieutenant - Général des armées du Roi ,
débarqua à Pontichéry avec deux Bataillons de
fon Régiment , vers les deux heures après midi.
Le même jour à cinq heures , il détacha le
Comte d'Estaing avec deux Bataillons du Régiment
de Lorraine & trois cens hommes des Troupes
de l'Inde , pour aller inveftir Goudelour , &
partit dans la nuit avec un détachement du Corps
Royal de l'Artillerie , deux piéces de campagne ,
deux groffes piéces , & les deux Compagnies de
Grenadiers de fon Régiment , pour aller joindre
le Comte d'Estaing devant cette Ville , qui capitula
le quatrième jour.
Il fit tout de fuite inveftir le fort Saint-David;
& trois jour après fit emporter l'épée à la main
les trois forts qui en défendoient les approches. Les
difficultés du terrein ayant fufpendu l'arrivée
de l'Artillerie , il ne put faire ouvrir la tranchée
que le 20 Mai. Le fort Saint- David capitula le 2.
Juin , & la garnifon de fept ,cens vingt Anglois
& dix- fept cens Soldats noirs , a été faite priſonnière
de guerre.
Il envoya le même jour un détachement à onze
lieues du fort Saint- David à Divicottey , que la
garnifon Angloife avoit évacué.
Il s'eft trouvé cent quatre - vingt canons ou
mortiers , dans le fort Saint- David , & quatrevingt
piéces de canon dans Divicottey.
Le Marquis de Montmorency-Laval , Colonel
d'Infanterie , a été envoyé par le fieur de Lally ,
pour porter au Roi les détails de la prife des
forts.
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Résumé : De Paris, le 10 Mars.
Le 2 mars, le Roi passa en revue les régiments des Gardes-Françoises et des Gardes-Suisses à la plaine des Sablons. En avril de l'année précédente, le lieutenant-général Thomas Arthur de Lally, baron de Tollendal, débarqua à Pondichéry avec deux bataillons de son régiment. Le même jour, il envoya le comte d'Estaing avec des troupes pour investir Goudelour, que d'Estaing prit le quatrième jour. Lally investit ensuite le fort Saint-David et prit trois forts environnants en trois jours. En raison des difficultés du terrain, l'artillerie n'arriva que le 20 mai. Le fort Saint-David capitula le 2 juin, rendant prisonniers 720 Anglais et 170 soldats noirs. Lally envoya également un détachement à Divicottey, où il trouva 180 canons ou mortiers et 80 pièces d'artillerie. Le marquis de Montmorency-Laval fut chargé d'informer le Roi de ces détails.
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30
p. 202-203
De VIENNE, le 2 Août. Extrait d'une Lettre de Vienne, du 29 Juillet.
Début :
Nous avons appris, le 27 de ce mois, la nouvelle de la prise de [...]
Mots clefs :
Prise d'une ville, Artillerie, Attaque, Compagnies, Bataillons, Garnison, Conquête, Impératrice, Provisions, Munitions, Soldats, Déserteurs, Général Laudon, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 2 Août. Extrait d'une Lettre de Vienne, du 29 Juillet.
De VIENNE , le 2 Août.
Extrait d'une Lettre de Vienne , du 29 Juillet.
Nous avons appris , le 27 de ce mois , la nouvelle
de la prife de Glatz . L'artillerie, confiftant
en quatre-vingt-deux canons & mortiers , diſtribuée
en quatorze batteries , n'avoit commencé à
tirer que le 26 à trois heures du matin . Le général
Laudon , qui étoit arrivé la veille pour juger
par lui- même des travaux & des progrès du fiége
, a fait attaquer à ſept heures du matin , par
deux Compagnies de Grenadiers , foutenues d'un
Bataillon , un ouvrage qui couvroit le chemin
couvert , & qui fut emporté fans réſiſtance . Les
Affiégeans ont pourfuivi les Pruffiens dans le chemin
couvert , & de là ils font entrés pêle-mêle
dans la Ville. Auflitôt la Garnifon s'eft rendue
à difciétion , & l'on s'eft emparé de la Ville &
du Château. Il reftoit encore un petit Fort , détaché
de la Place , qui eft abfolument dominé parle
Château , & qui s'eft rendu dans la journée .
La conquête de cette Place , ne coûte pas deux
cens hommes à l'Impératrice. L'artillerie n'a tiré
que pendant quatre heures , & l'emplacement
des batteries étoit fi bien choifi , & le feu fi bien
dirigé, que dans ce court efpace elle a caufé beaucoup
de dommage.
On a trouvé dans Glatz 22570 quintaux de farine
, 4.83 mefures de froment , 34828 mefures
d'avoine , 21870 quintaux de foin , & une grande
quantité d'autres provifions.
L'artillerie & les munitions de guerre confiftoient
en deux cens trois canons , mortiers ou
obufiers , avec quatre mille boulets , quatre mille
trois cens bombes , fix mille neuf cens grenades,
& dix-fept cens mille cartouches , tant de fufil
que de carabine.
SEPTEMBRE. 1760. 203
Lorfque nos troupes font entrées dans cette Pla
ce , la plupart des foldats qui compofoient la
garnion ont jetté bas les armes , & le font déclarés
déferteurs. Air fi , quoique leur nombre fût ,
au moment de la prife , de près de deux mille
cinq cens , nous n'avons pas fait plus de mille
prifonniers Pruſſiens .
Le Général Laudon a retiré fur le champ quinze
mille hommes des troupes employées au Siége
Pour renforcer fon armée , & dès aujourd'hui il
fe met en marche pour Breſlau.
Extrait d'une Lettre de Vienne , du 29 Juillet.
Nous avons appris , le 27 de ce mois , la nouvelle
de la prife de Glatz . L'artillerie, confiftant
en quatre-vingt-deux canons & mortiers , diſtribuée
en quatorze batteries , n'avoit commencé à
tirer que le 26 à trois heures du matin . Le général
Laudon , qui étoit arrivé la veille pour juger
par lui- même des travaux & des progrès du fiége
, a fait attaquer à ſept heures du matin , par
deux Compagnies de Grenadiers , foutenues d'un
Bataillon , un ouvrage qui couvroit le chemin
couvert , & qui fut emporté fans réſiſtance . Les
Affiégeans ont pourfuivi les Pruffiens dans le chemin
couvert , & de là ils font entrés pêle-mêle
dans la Ville. Auflitôt la Garnifon s'eft rendue
à difciétion , & l'on s'eft emparé de la Ville &
du Château. Il reftoit encore un petit Fort , détaché
de la Place , qui eft abfolument dominé parle
Château , & qui s'eft rendu dans la journée .
La conquête de cette Place , ne coûte pas deux
cens hommes à l'Impératrice. L'artillerie n'a tiré
que pendant quatre heures , & l'emplacement
des batteries étoit fi bien choifi , & le feu fi bien
dirigé, que dans ce court efpace elle a caufé beaucoup
de dommage.
On a trouvé dans Glatz 22570 quintaux de farine
, 4.83 mefures de froment , 34828 mefures
d'avoine , 21870 quintaux de foin , & une grande
quantité d'autres provifions.
L'artillerie & les munitions de guerre confiftoient
en deux cens trois canons , mortiers ou
obufiers , avec quatre mille boulets , quatre mille
trois cens bombes , fix mille neuf cens grenades,
& dix-fept cens mille cartouches , tant de fufil
que de carabine.
SEPTEMBRE. 1760. 203
Lorfque nos troupes font entrées dans cette Pla
ce , la plupart des foldats qui compofoient la
garnion ont jetté bas les armes , & le font déclarés
déferteurs. Air fi , quoique leur nombre fût ,
au moment de la prife , de près de deux mille
cinq cens , nous n'avons pas fait plus de mille
prifonniers Pruſſiens .
Le Général Laudon a retiré fur le champ quinze
mille hommes des troupes employées au Siége
Pour renforcer fon armée , & dès aujourd'hui il
fe met en marche pour Breſlau.
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Résumé : De VIENNE, le 2 Août. Extrait d'une Lettre de Vienne, du 29 Juillet.
Le 27 juillet, la prise de Glatz a été annoncée après une offensive rapide. L'artillerie, composée de quatre-vingt-deux canons et mortiers, a commencé à tirer le 26 juillet à trois heures du matin. Le général Laudon a ordonné une attaque à sept heures par deux compagnies de grenadiers soutenues par un bataillon. Un ouvrage couvrant le chemin couvert a été pris sans résistance, permettant l'entrée dans la ville. La garnison s'est rendue immédiatement, et la ville ainsi que le château ont été capturés. Un petit fort détaché s'est rendu dans la journée. La conquête de Glatz a coûté moins de deux cents hommes à l'Impératrice. L'artillerie a tiré pendant seulement quatre heures, causant des dommages significatifs grâce à un emplacement des batteries bien choisi et un tir précis. À Glatz, on a trouvé d'importantes provisions, dont 22 570 quintaux de farine, 4 83 mesures de froment, 34 828 mesures d'avoine, et 21 870 quintaux de foin. L'artillerie et les munitions comprenaient deux cent trois canons, mortiers ou obusiers, avec quatre mille boulets, quatre mille trois cents bombes, six mille neuf cents grenades, et dix-sept mille cartouches. Lors de l'entrée des troupes, la plupart des soldats de la garnison ont jeté leurs armes et se sont déclarés déserteurs. Sur environ deux mille cinq cents soldats présents, mille prisonniers prussiens ont été faits. Le général Laudon a retiré quinze mille hommes pour renforcer son armée et se dirige vers Breslau.
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31
p. 203-204
HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Vingt-deuxiéme Traitement consécutif, depuis son Etablissement.
Début :
Les nommés Compagnies. Duchateau, de Marsay. S. Flour, du Dreneuc. [...]
Mots clefs :
Traitement, Soldats, Compagnies, Maladies, Guérison, M. Keyser, Épreuves, Certificats, Médecins, Remèdes
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texteReconnaissance textuelle : HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Vingt-deuxiéme Traitement consécutif, depuis son Etablissement.
HOPITAL
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Vingt-deuxième Traitement confécutif, depuisfon
Etabliffement,
Les nommés
D UCHATEAU ,
Compagnies
de Marfay.
s. Flour ,
Vambre,
Prevost ,
S. Amour ,
Thibault
*
Brunet ,
Lapenfée ,
Dubois ,
Michaut ,
Flamand ,'
D'Orlay ,
du Dreneuc.
de Vifé .
de Voifenon.
d'Etrrieu.
de Launoy.
de Guer.
Colonelle.
de Voifenon.
de Guer
de Noliers.
Colonelle.
Ces douze Soldats font entrés à l'Hôpital dans
les mois de Mars & d'Avril , de la préſente année ,
attaqués des maladies les plus graves , & ont été
parfaitement guéris.
M. Keyfer a l'honneur d'informer le Public que
n'étant pas poffible de lui donner dans le préfent
Mercure , les détails des maladies traitées à Londres
, à l'Orient , & à Limoges , oùil s'eſt fait différentes
épreuves , il peur néanmoins lui certifier
publiquement que lesdites épreuves ont également
I vj
204 MERCURE DE FRANCE:
bien réuffi partout , & que les malades traités dans
ces trois endroits ont été parfaitement guéris au
rapport de Meffieurs les Médecins & Chirurgiens
deldits lieux , dont il a les certificats les plus authentiques.
Il le prévient en même temps , que
quoiqu'il plaife à plufieurs perfonnes de répandre
faullement & malignement que fon reméde ton
be de jour en jour , les cures qu'il opée n'en
font pas moins conftantes & continuelles , les malades
de fon hôpital n'en font pas moins abondans
& traités continuellement , & que la plus grande
preuve qu'il puiffe lui en donner , c'eft qu'il a plû
au Roi de vouloir bien accorder à cet hôpital des
Lettres - Fatentes qui ont été enregiſtrées au Parlement
& annoncées dans les Gazettes & les Ecrits
publics .
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Vingt-deuxième Traitement confécutif, depuisfon
Etabliffement,
Les nommés
D UCHATEAU ,
Compagnies
de Marfay.
s. Flour ,
Vambre,
Prevost ,
S. Amour ,
Thibault
*
Brunet ,
Lapenfée ,
Dubois ,
Michaut ,
Flamand ,'
D'Orlay ,
du Dreneuc.
de Vifé .
de Voifenon.
d'Etrrieu.
de Launoy.
de Guer.
Colonelle.
de Voifenon.
de Guer
de Noliers.
Colonelle.
Ces douze Soldats font entrés à l'Hôpital dans
les mois de Mars & d'Avril , de la préſente année ,
attaqués des maladies les plus graves , & ont été
parfaitement guéris.
M. Keyfer a l'honneur d'informer le Public que
n'étant pas poffible de lui donner dans le préfent
Mercure , les détails des maladies traitées à Londres
, à l'Orient , & à Limoges , oùil s'eſt fait différentes
épreuves , il peur néanmoins lui certifier
publiquement que lesdites épreuves ont également
I vj
204 MERCURE DE FRANCE:
bien réuffi partout , & que les malades traités dans
ces trois endroits ont été parfaitement guéris au
rapport de Meffieurs les Médecins & Chirurgiens
deldits lieux , dont il a les certificats les plus authentiques.
Il le prévient en même temps , que
quoiqu'il plaife à plufieurs perfonnes de répandre
faullement & malignement que fon reméde ton
be de jour en jour , les cures qu'il opée n'en
font pas moins conftantes & continuelles , les malades
de fon hôpital n'en font pas moins abondans
& traités continuellement , & que la plus grande
preuve qu'il puiffe lui en donner , c'eft qu'il a plû
au Roi de vouloir bien accorder à cet hôpital des
Lettres - Fatentes qui ont été enregiſtrées au Parlement
& annoncées dans les Gazettes & les Ecrits
publics .
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Résumé : HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Vingt-deuxiéme Traitement consécutif, depuis son Etablissement.
Le document relate un rapport sur les traitements réalisés à l'hôpital du maréchal duc de Birion. Douze soldats des compagnies de Marfay et du régiment du colonel de Voisenon ont été soignés pour des maladies graves en mars et avril de l'année en cours et ont été guéris. M. Keyfer mentionne des guérisons positives à Londres, à l'Orient et à Limoges, confirmées par les médecins et chirurgiens locaux. Il réfute les rumeurs sur l'inefficacité de son remède, affirmant des guérisons constantes. La reconnaissance royale est attestée par des lettres patentes enregistrées au Parlement et publiées dans les gazettes et écrits publics.
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32
s. p.
HÔTEL DES DEUX COMPAGNIES DES MOUSQUETAIRES.
Début :
M. De Saint-Foix va donner incessamment un Supplément à ses Essais [...]
Mots clefs :
Mousquetaires, Ouvrage, Ennemi, Attaque, Cavalerie, Gouverneur, Compagnies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HÔTEL DES DEUX COMPAGNIES DES MOUSQUETAIRES.
M.De Saint-Foixva donner inceffamment
un Supplément à fes Effais
hiftoriques fur Paris . On étoit étonné
qu'ayant fait mention de tant de palais
& d'hôtels de cette Capitale , il n'eût pas
parlé des deux hôtels des Moufquetaires ;
voici l'article qu'il nous a communiqué .
Quelle clarté , quelle netteté , quel ton
fimple , naturel & facile ! D'autres ont
A iij
6 MERCURE DE FRANCE .
marré ; M. de Saint- Foix peint. D'ail
leurs , il cite fes garans , à chaque fair
qu'il rapporté.
HÔTEL DES DEUX COMPAGNIES
DES MOUSQUETAÍRES .
Un Spartiate vantoit à un étranger
l'intrépidité avec laquelle les jeunes
gens de Sparte combattoient & s'expofoient
à tous les dangers : je ferois étonné
(a) , lui répondit cet étranger , qu'ils
ne cherchaffent pas la mort , attendu la
vie trifte , ennuyeufe & dure qu'ils menent
& que vous menez tous dans votre
république. On ne dira pas que les plaifirs
manquent à Paris ; qu'on y eft trifte
& morne comme à Lacédémone , &
que la nobleffe Françoife n'eft brave
que par mauvaiſe humeur contre la
vie.
9
La première Compagnie des Moufquétaires
fut créée en 1622, Elle fe
diftingua dans toutes les occafions. Ce
fut au pas de Suze , dont elle força les
trois retranchemens , l'épée à la main ,
que Louis XIII , qui y étoit en perfonne
, dit que ce qui lui plaifoit tou-
( a ) Vid. Craggium de Republ. Laced. Lib. 3.
Inftit. 8.
FEVRIER. 1763 . 7
jours dans fes Moufquetaires , c'étoit
cette gayeté célére avec laquelle ils marchoient
à tout ce qu'on leur difoit d'attaquer.
A la bataille des Dunes , le grand
Condé , qui fervoit alors contre la
France , les fit charger quatre fois par
des corps bien fupérieurs en nombre
fans pouvoir les dépofter du terrein
qu'ils occupoient.
La feconde Compagnie ne fut mife
fur le même pied que la première , & le
Roi ne s'en déclara le Capitaine qu'en
1665 .
2
La guerre entre la France & l'Efpagne
ayant recommencé en 1667`, à
Poccafion des droits de la Reine , les
Moufquetaires fuivirent le Roi en Flandres
, & continuerent d'y faire le fervice
à pied & à cheval à tous les fiéges. A
celui de Lille ils furent commandés
pour l'attaque de la demie-lune & l'emporterent
en moins d'un quart-d'heure .
Le lendemain le Gouverneur battit la
chamade ; & lorfque la capitulation fut
fignée , & que les Moufquetaires fe
furent emparés de la porte qu'il livroit ,
il fut étonné de voir que la plupart
étoient des jeunes gens de dix - fept , dixhuit
ou vingt ans .
En 1668 ils marcherent en Franche-
A iv
8 MERCURE DE FRANCE .
Comté : Dole fut la feule ville qui parut
vouloir foutenir un fiége ; mais à peine
avions -nous ouvert la tranchée
, que
trente ou quarante Moufquetaires (b)fe
jetterent dans le chemin couvert ; le
grand Condé arriva dans l'inftant &
voyant que leur audacieufe témérité en
avoit impofé à l'ennemi qui fuyoit , il
les fit foutenir par de l'infanterie &
réuffir dans une attaque où ils auroient
dû payer de leurs vies l'imprudence de
leur courage. Dole fe rendit le lendemain
.
,
En 1669 , Louis XIV joignit un
détachement de cent Moufquetaires aux
autres troupes qu'il envoyoit en Candie.
Ils fe fignalerent par tous les efforts
de la plus grande valeur dans la fortie
que fit le Duc de Navailles , & où la
cavalerie Turque fut mife dans une entiere
déroute . Deux jours après , ils défendirent
la brêche du côté de la Sabionnaire
, & repoufferent les Turcs à
tous les affauts qu'ils y donnerent. Deux
Maréchaux des logis & trente Moufquetaires
y furent bleffés , & deux Brigadiers
tués.
En. 1672 Louis XIV déclara la guerre
( b ) Journal de la conquête de la Franche- Comté
en 1668 .
FEVRIER. 1763. 9
la Hollande , & le 12 Juin les Moufquetaires
pafferent le Rhin à la nage
avec les autres efcadrons de la Maiſon.
Au fiége de Maſtrick , en 1673 , la
premiere Compagnie fut commandée
pour l'attaque de la demie-lune féche ,
tandis que la feconde attaqueroit les paliffades
entre cette demie-lune & l'ouvrage
à corne. On donne le fignal , elles
marchent ; & malgré la vigoureuſe réfiftance
de l'ennemi , malgré le feu des
fournaux qu'il fait jouer & les éclats terribles
des grenades qu'il jette fans ceffe ,
ces ouvrages furent emportés prefqu'en
même temps . L'action du lendemain fut
encore plus vive & plus meurtrière ; on
croyoit les logemens affurés & les
Moufquetaires étoient rentrés dans le
camp ;l'ennemi fit jouer tout-à- coup un
fourneau que nous n'avions pas découvert
dans la demie-lune ; on. dut crain --
dre qu'il n'y en eût d'autres. Farjaux ,
Gouverneur de la Place , qui s'étoit mis
à la tête des meilleures , troupes de fa
garnifon , profitant de ce moment d'al-
Farme , rentra dans cet ouvrage , en
chaffa nos foldats on commanda de
nouveau les Moufquétaires (c) pour le
2*
( o) Relation du Duc de Montmouth à Charles
II. Recueil depièces . p . 139.
Av
10 MERCURE DE FRANCE .
reprendre , & ils le reprirent ; mais
après un combat des plus fanglans &
des plus opiniâtres ; cinquante-trois
Moufquetaires y furent bleffés , trente .
fept tués avec le Comte d'Artagnan
Commandant de la première Compagnie.
Les Moufquetaires qui en revinrent
, dit Peliffon ( d ) , avoient tous
leurs épées fanglantes jufqu'aux gardes
, & fauffées des coups qu'ils avoient
donnés .
Deux fortes barricades & un retranchement
autour de l'Eglife de S. Etienne
, défendoient les approches de la citadelle
de Befançon ; les Moufquetaires ,
le 20 Mai 1674 , à dix heures du matin ,
marchent deux cens pas à découvert
fous tout le feu du canon & de la moufqueterie
de l'ennemi , forcent ces deux
barricades & ce retranchement , &
mettent nos travailleurs en état de commencer
le logement fur le glacis .
Louis XIV, le 21 Avril 1676, affiégea
Condé , une des plus fortes places du
Hainaut ; le prince d'Orange marcha
auffitôt pout la fecourir ; la communication
entre nos quartiers étoit très-difficile
à caufe de l'inondation , & nos
lignes embraffoient une fi grande éten-
( d ) T. 1. p. 325.
9
FEVRIER. 1763. 11
,
due de terrein , qu'il n'étoit pas poffible
de les défendre contre une armée , fut
elle-même bien inférieure à la nôtre ;
il falloit donc , ou marcher au devant de
l'ennemi & le combattre , ou preffer le
fiége par une attaque fi vive , que la
place fut obligée de fe rendre avant l'arrivée
du fecours. La nuit du 25 au 26
Avril , les deux Compagnies des Moufquetaires
, à la tête de plufieurs détachemens
d'infanterie , furent commandées
pour cette attaque ; fi jamais leur
valeur & l'émulation qu'elle infpire ;
ont rendu un fervice important , ce fut
en cette occafion : un jour de plus ou
de moins , dit Peliffon (e) , étoit de la
plus grande conféquence dans la conjoncture
des chofes ; ainfi les nôtres
ajoute-t-il , avoient ordre de ne fe point
arrêter , s'il fe pouvoit , que tout nefût
emporté. Tout le fut , les paliffades , le
foffé , la contrefcarpe , l'ouvrage avancé
, la feconde contrefcarpe avec des
redoutes fur fes angles faillans , & des
fourneaux au-deffous , les deux baſtions
détachés & leur courtine ; l'ennemi ,
dans aucun de ces ouvrages , ne put
foutenir l'impétuofité de nos affauts ;
( e) T. 3. p. 20 & 21 .
A vj
12 MERCURE DE FRANCE.
les (f) Moufquetaires , fuivis des Grenadiers
des régimens d'Artois & du
Maine , pénétrerent jufques dans lá
baffe ville ; le Gouverneur confterné fit
battre la chamade , envoya promptement
des ôtages , & fe rendit à difcrétion.
Dans ces différentes attaques , qui
furent fi vives qu'elles femblerent n'en
faire qu'une , il n'y eut qu'onze Moufquetaires
tués , & dix-fept bleffés ; la
Hoguette , Enfeigne de la premiere
Compagnie , y reçut un coup de pique
dans la cuiffe ; un des fourneaux fit
fauter Jauvelle , Capitaine-Lieutenant
de la feconde , & de Vins Sous- Lieutenant
; il en furent quittes pour quelques
meurtriffures.
De bonnes fortifications & bien entretenues
, des munitions de guerre &
des vivres en abondance ; une artillerie
des plus formidables für les remparts
& dans chaque ouvrage ; trois à quatre
mille hommes de garnifon ; la haine
des bourgeois contre la France , & leur
affection pour le gouvernement Efpagnol
tout fembloit annoncer que le
fiége de Valenciennes feroit long , pénible
& très-meurtrier. Le côté de la
( fJourna! du Maréchald'Humieres. Recueil de
pieces . p. 147.
FEVRIER. 1763. 13
étoit
ville qu'embraffoit notre attaque ,
défendu par une demie-lune à droite ,
& une autre à gauche , en avant d'un
ouvrage couronné , paliffadé , fraizé
& dont le foffé étoit coupé de plufieurs
traverſes. Dans cet ouvrage couronné ,
il y avoit encore une demie - lune avec
un bon foffé , le tout bien revêtu ; audelà
de cette demie-lune , un bras de
l'Eſcaut ; enfuite un ouvrage apellé le
pâté , & enfin le grand cours de l'Efcaut
, profond , rapide , coulant &
fervant de foflé entre le pâté & la muraille
de la ville dont les remparts , beaux
& larges , protégeoient par leur canon ,
& celui de deux baftions , toutes ces
défenſes extérieures . Le 9 Mars 1677
on avoit ouvert la tranchée. Le 16 au
foir , les Moufquetaires furent commandés
avec (g ) les Grenadiers de la Maifon
, & de gros détachemens du régiment
des Gardes & de celui de Picardie.
Le 17 , à neuf heures du matin ,
ils marcherent à l'attaque de l'ouvrage (h)
(g ) Les Grenadiers à Cheval , créés à la fin de
l'année 1676 , & unis à la Maifon du Roi. Cette
Compagnie ne fut d'abord que de quatre-vingtquatre
Maîtres . On les appelloit les Riotors du
nom de leur commandant.
( h) On palla derrière les deux demies- lunes
14 MERCURE DE FRANCE.
peu couronné , & l'emporterent en affez
de temps. Bientôt après , dit Peliffon
le Roi, à leurs habits rouges , diftingua
fort bien fes Moufquetaires (i) qui étoient
dans la demie-lune enfermée dans l'ouvrage
couronné ; cela paroiſſoit incroyable
, ajoute-t-il , car l'ordre étoit de fe
loger dans l'ouvrage couronné & de
s'arrêter là ; de quoi le Roi fe contentoit
pour cette fois. Si ce commencement
d'action parut incroyable , on dut être
encore bien plus étonné de la fuite. Il y
avoit , fur le petit bras de l'Eſcaut , un
pont qui communiquoit de cette demie
-lune au pâté , & à l'entrée de ce
pont , une barriere de groffes piéces de
bois pointues , avec un guichet au milieu
où il ne pouvoit paffer qu'un homme à la
fois. Tandis qu'une partie de ceux des
Moufquetaires qui y arriverent les premiers,
tâchoit d'en forcer l'entrée , les
autres monterent au haut de la barriere ,
bravant les coups de piques & de fufils ,
& fauterent de l'autre côté , l'épée à la
main ; l'ennemi épouvanté s'enfuit
avancées , fans les attaquer , parce qu'elles tomboient
d'elles- mêmes , & qu'on en devenoit les
maîtres en prenant l'ouvrage couronné qui les
dominoit.
( i ) T. 3. p. 172 .
FEVRIER. 1763. 15
.
abandonnant la défenfe du guichet ; on
le pourfuit fur le pont , on arrive au
pâté , on attaque cet ouvrage , & il fut
auffi rapidement emporté que l'ouvrage
couronné & la demie-lune ; mais on
alloit y être infailliblement écrasé par le
canon du rempart ; les Moufquetaires (k)
blancs apperçurent une petite porte qu'ils
enfoncerent ( 1) , & ils virent un
efcalier dérobé , pratiqué dans l'épaiffeur
du mur , & par lequel ils monterent
au haut du pâté ; ils y trouverent
une autre porte qui donnoit entrée dans
une galerie , conftruite fur le grand canal
de l'Efcaut , & qui les conduifit au
rempart , d'où ils defcendirent dans la
ville & enfilerent une rue au milieu
de laquelle étoit un pont fur un troifiéme
bras de l'Efcaut qui la traverſoit.
Moiffac , cornette , & la Barre , maréchal
des logis , qui étoient à leur tête
en logerent une partie dans les maifons
les plus proches , afin qu'ils puffent , des
fenêtres , protéger par leur feu ceux qui
défendroient le pont , & qui le défendirent
en effet avec une valeur incroyable
; la cavalerie de la garniſon ,
( k ) Ibid. 192 .
( 4 ) On les appelloit alors ainſi , à cauſe de
leurs chevaux blancs.
16 MERCURE DE FRANCE.
qui les affaillit jufqu'à trois fois , ne put
jamais les ébranler ni les enfoncer , mal--
gré leur petit nombre ; l'infanterie pou--
voit venir les prendre par derriere , en
paffant par le rempart ; mais elle y trouva
la plus grande partie des Moufquetaires
noirs , & les Grenadiers de la :
Maifon , qui la repoufferent vigoureufement.
La bourgeoifie s'étonnoit ;
l'Hôtel-de-Ville s'affembloit ; on entra
en quelque pour-parler avec Moiffac
qui reçut & donna des ôtages ; on députa
vers le Roi ; il en étoit temps
pour empêcher que la ville ne fut
pillée ; les foldats du régiment des Gardes
Françoifes , & de celui de Picardie
commençoient à y entrer en foule
quelques grenadiers de la Maiſon ayant
baiffé le (m) pont-levis du grand canal
de l'Efcaut. Je ne fais fi l'hiftoire , dit
Larrey , fournit bien des exemples d'une:
action fi brufque & fi heureufe , & de la
prife , en fi peu de temps , d'une grande
& forte ville qui ne manquoit de rien
(m ) J'ai dit que le grand cours ou canal de
l'Efcaut couloit & fervoit de follé entre la muraille
de la ville & le pâté ; les Moufquetaires ,.
ayant pris le pâté , feroient entrés dans la ville
pêle-mêle avec les fuyards , fi les affiégés n'avoient
pas promptement levé ce pont- levis·
17 FEVRIER. 1763.
pour fa défenfe. Tout en tient du prodige
, ajoute-t-il , & tout enfut attribué
à l'heureufe témérité des Moufquetaires.
Elle fut heureufe , parce que le fens
froid & la prudence acheverent ce que
l'ardeur & le feu du courage avoient
commencé. Tout y caractériſe la vraie
valeur , cette valeur qui éléve l'homme
au-deffus de lui-même , & qui fouvent
le fait triompher contre toute apparence .
& malgré le danger évident où il femble
s'être précipité.
Le 17 Mars 1677 , les Moufquetaires
avoient pris Valenciennes ; le 11 Avril
ils déciderent du gain de la bataille à
Caffel. Notre armée étoit commandée
par Monfieur , frere du Roi ; le Prin
ce d'Orange commandoit celle des ennemis
. Nous les prévînmes au paffage
d'un ruiffeau , & nous enfonçames &
mîmes en fuite les premieres troupes
qui fe préfenterent ; mais nous trouvâmes
aprèsplus de difficulté , dit (n) Peliffon ;
car quelques régimens d'infanterie , &
particulierement celui des gardes duPrince
d'Orange , fe firent tailler en pièces ,
fans que pas un foldat quitát fa place
&fon rang. Notre cavalerie , ajoute- t- il ,
qu'ils attendoient derriere des hayes , les
( a) T. 3.p.231.
18 MERCURE DE FRANCE.
piques baiffées , s'avanca , mais n'ofa
jamais les joindre , jufqu'à ce que les
Moufquetaires , pied à terre , deux bataillons
de Navarre & deux d'Humieres,
les allerent tous tuer , l'épée à la main.
Il dit dans une autre lettre que les Mouf
quetaires (o) étant defcendus de cheval ,
firent des merveilles , mais qu'en fe retirant
pour aller reprendre leurs chevaux,
ilsfaillirent à faire reculer quelques-
uns de nos bataillons qui lesfuivoient
, & qui crurent qu'ils avoient été
repouffés. Atravers cette narration féche
& peu exacte , repréfentons nous les
gardes du Prince d'Orange , foutenus
de deux autres bataillons , ayant devant
eux un foffé & des haies , leur premier
rang compofé de piquiers , & les
autres faifant un feu terrible fur notre
cavalerie qui tente de franchir le foffé
fe rompt deux fois & fe rebute ; on
commande les Moufquetaires , reffource
ordinaire (p) dans ces fortes d'occa-
( 0) T. 3. p. 289.
(p ) Au fiége d'Ypres , en 1678 , a l'attaque
de la contrefcarpe , nos troupes , dit Peliffon 2
( T. 3. p. 337. ) n'allerent point avec leur vigueur
ordinaire ; un détachement des Mousquetaires
ajoute- t-il , de cinquante feulement , rétablit l'affaire
; ilsfe mirent au-devant de tous , fans dire
FEVRIER. 1763. 19
fions ils mettent pied à terre , marchent
, & il femble que le foffé s'eft
applani , que les haies ont difparu devant
eux , & que leur impétueufe célérité
a devancé & rendu fans effet le feu
de l'ennemi ; ils joignent ces coloffes
armés de piques , les enfoncent , les terraffent
& font voir que la véritable
force dépend de la fupériorité de l'ame.
Laiffant enfuite achever la défaite & le
carnage aux bataillons qui les ont fuivis
, ils retournent promptement reprendre
leurs chevaux , & fe montrer
prêts à exécuter les nouveaux ordres
qu'on voudra leur donner. Ils ne tarderent
pas à en recevoir ; ils chargerent
& mirent en fuite ( q ) un corps affez
autre chofe que gare , comme s'il n'eût été queftion
que de paffer quelque chemin . Ils fe jetterent
dans la contrefcarpe , l'épée à la main , & forcerent
l'ennemi de l'abandonner. Ypres capitula le
lendemain .
En 1691 , au fiége de Mons , les deux batailfons
chargés de l'attaque de l'ouvrage à corhe ,
ayant été repouffés & paroiffant rebutés , Louis
XIV dit , avec quelque dépit , qu'il y enverroit
des troupes qui ne reculeroient pas. En effet les
Moufqueraires qu'il y envoya le lendemain , prirent
cet ouvrage.
(q ) Mémoires des expéditions Militaires de la
guerre de Hollande.
20 MERCURE DE FRANCE.
confidérable de cavalerie qui faifoit
différens mouvemens für leur gauche ,
& dont l'objet étoit de s'approcher de
S. Omer (r) & d'y jetter du fecours.
Le lendemain de cette mémorable
journée , Monfieur , en envoyant quelques
ordres aux commandans des deux
Compagnies , leur écrivit qu'elles avoient
ébauché la victoire & donné le branle à
toute l'affaire.
Je ne les fuivrai point aux fiéges d'Ypres
, de Courtrai , de Philifbourg , de
Mons , ( s ) de Namur ; les actions qu'ils
y firent ne méritent pas moins d'être
confacrées dans les faftes militaires de
la nation , que celles que je viens de
rapporter , mais mon deffein n'a pas été
d'entreprendre leur hiftoire , & il ne me
refte qu'à les confidérer dans ces momens
malheureux , ces circonstances fa→
tales qui font peut-être l'épreuve la plus
fure du vrai courage. La bataille de Ra-
( r ) Monfieur affiégeoit S. Omer , & avoit
marché au-devant du Prince d'Orange qui venoit
pour fecourir cette Place.
(s ) A l'attaque de la caffotte , M, de Mau--
pertuis leur dit que fi quelqu'un d'eux , avant
L'action engagée , fe précipitoit & avançoit hors de
fon rang , il avoit ordre de le tuer . le Roisi ayant
remarqué avec une extrême fenfibilité , que leur trop
Lardeur leur étoit quelquefois funefte.
FEVRIER. 1763 . 21
millies ſe donna le 23 Mai 1706, jour de
la Pentecôte. Notre armée étoit de quarante
mille hommes; celle des ennemis(t)
de foixante-cinq mille . LesGardes duRoi ,
les Gendarmes , les Chevaux- Légers
les Moufquetaires & les Grenadiers à
cheval compofoient la premiere ligne
de notre aîle droite ; ( u ) ils percerent
& enfoncerent quatre lignes de l'aîle
gauche des ennemis , firent des priſonniers
& prirent fix piéces de canon ;
mais il n'étoit que trop facile à Milord
Malboroug de leur arracher la victoire
en profitant des mauvaifes difpofitions
qu'avoient faites nos Généraux &
des fautes qu'il firent encore pendant
l'action fix bataillons , avec quelques
régimens de dragons , qu'ils avoient mis
dans le vallon de Tavieres , ne pouvoient
que foiblement protéger & couvrir
le flanc de notre aîle droite : un
marais impraticable entre notre aîle
gauche & l'aile droite de l'ennemi ,
empêchoit qu'elles ne puffent réciproquement
agir l'une contre l'autre : ainfi
Malboroug ne rifquant rien en dégarniffant
cette aîle droite , qui ne pouvoit
( t) Larrey.
(u ) Rapin de Toiras , continuat.
22 MERCURE DE FRANCE.
être attaquée , en tira cinquante eſcadrons
pour fortifier fon aîle gauche ; de
forte que la Maifon du Roi , qui avoit
percé & enfoncé , comme je l'ai dit ,
quatre lignes de cette aîle gauche , vit
tout-à-coup fe former devant elle des
efcadrons tout frais & derriere lefquels
fe rallioient les quatre lignes qu'elle
avoit battues & difperfées. Malboroug
fit en même temps attaquer , par toute
fa réſerve , les fix bataillons que nous
avions dans le vallon de Tavieress ;; ils ne
purent réfifter à la fupériorité du nombre
, & par leur déroute , tout le côté
de notre aile droite fe trouva découvert ;
la cavalerie qui compofoit la feconde
ligne de cette aîle , derriere la Maifon
du Roi , tenta de préfenter le front
en appuyant fur fa droite , & faifant un
mouvement par fa gauche ; mais cette
évolution ne put pas être affez prompte
devant un ennemi qui s'avançoit avec
rapidité & qui la prenoit en flanc ; les
efcadrons les plus proches furent culbutés
; les autres prirent la fuite ; la Maiſon
du Roi , attaquée de front , en flanc &
par derriere , fe fit jour & joignit notre
aile gauche. On voit que tandis que
Malboroug tiroit des troupes de fon
aile droite pour les porter à fon aîle
FEVRIER. 1763 . 23
>
gauche , fi nos généraux en avoient pareillement
tiré de leur aîle gauche pour
fortifier leur aîle droite , & furtout les
fix bataillons qui étoient dans le vallon
de Tavieres il y a toute apparence
que la victoire nous feroit demeurée . On
voit encore , par les relations mêmes
des ennemis , que la perte étoit à-peuprès
égale de part & d'autre ; qu'ils ne
penfoient point à nous pourſuivre; qu'ils
n'auroient donc remporté de toute cette
action que le ftérile honneur d'avoir
gagné le champ de bataille ; que notre
aîle gauche, avec la Maifon du Roi , fit
tranquillement fa retraite & ne fut
point entamée ; que même l'infanterie
& la cavalerie de l'aîle droite , quoique
battues , fe retiroient en affez bon
ordre , ( x ) lorsqu'un accident imprévu
rendit cette journée une des
plus funeftes pour la France ; quelques
chariots ayant rompu dans un
défilé , & le paffage étant embarraffé
elles crurent entendre l'ennemi qui les
pourſuivoit ; la difparution de leurs généraux
& le peu d'eftime qu'elles avoient
pour eux , ajouterent fans doute à cette
terreur panique ; elles fe débandent
& fuyent de tous côtés ; Malboroug
( x) Rapin de Toiras, continuat,
24
MERCURE
DE FRANCE
.
C
averti par les coureurs qu'il avoit en
avant , détache une partie de fa cavalerie
& fes dragons qui tombent fur
ces troupes en défordre , & ne font
des prifonniers que lorfqu'ils font las
de tuer ; bagages , artillerie , caiffons ,
tout fut pris.
Je n'entrerai en aucuns détails fur la
bataille de Malplaquet ; la Maifon du
Roi chargea quatre fois la cavalerie
des ennemis , & quatre fois la plia &
la renverfa fur fon infanterie ; quand
nous abandonnâmes le champ de bataille
, elle fit l'arriere- garde ; c'étoit le
lion bleffé qui fe retire ; dès que l'ennemi
qui nous fuivoit , s'avançoit de
trop près , elle fe retournoit , & auffitôt
il fe replioit. Les Moufquetaires firent
voir dans cette jonrnée à quel
point l'honneur fçait captiver le naturel
& commander au caractère ; cette troupe
qu'on peint fi vive fi ardente
toujours empreffée d'attaquer & frémiffant
d'impatience fous la main qui l'arrête
, refta pendant cinq heures expoſée
au feu d'une baterie de trente Piéces
de canon ; leur contenance parut toujours
ferme & tranquille dans cette
pofition & ces momens critiques où il
n'eft pas même permis de quitter fon
rang
FEVRIER . 1763. 25
rang pour s'élancer contre la foudre qui
s'allume , & n'en être du moins écrasé
qu'en marchant pour l'attaquer ; ce
mouvement fi naturel feroit regardé
comme un inftant de foibleffe ; il faut
refter immobile devant la mort , l'attendre
, l'enviſager , toujours prête à nous
frapper , & frappant fans ceffe autour
de nous. Au fiége de Philisbourg , en
1734 , quand on fit entrer la Maifon du
Roi dans les Lignes , les Moufquetaires
furent encore expofés à une canonade
très-vive , & la foutinrentavec le même
fang froid : cependant nous fortions
d'une longue paix , & la plupart voyoient
la guerre pour la première fois. Pourrions
- nous être avares d'éloges envers
une troupe dont l'honneur & la haute
réputation femblent s'imprimer dans
l'ame d'un jeune homme dès qu'il y
eft entré ? Lorfqu'à Ramillies , à Malplaquet
, à Etinguen , elle ramène fes
débris fanglans que l'ennemi n'oſe attaquer
, nous paroîtra-t-elle moins recommandable
que lorfqu'elle éleve des
trophées à fon Maître dans la plaine
de Fontenoi ?
un Supplément à fes Effais
hiftoriques fur Paris . On étoit étonné
qu'ayant fait mention de tant de palais
& d'hôtels de cette Capitale , il n'eût pas
parlé des deux hôtels des Moufquetaires ;
voici l'article qu'il nous a communiqué .
Quelle clarté , quelle netteté , quel ton
fimple , naturel & facile ! D'autres ont
A iij
6 MERCURE DE FRANCE .
marré ; M. de Saint- Foix peint. D'ail
leurs , il cite fes garans , à chaque fair
qu'il rapporté.
HÔTEL DES DEUX COMPAGNIES
DES MOUSQUETAÍRES .
Un Spartiate vantoit à un étranger
l'intrépidité avec laquelle les jeunes
gens de Sparte combattoient & s'expofoient
à tous les dangers : je ferois étonné
(a) , lui répondit cet étranger , qu'ils
ne cherchaffent pas la mort , attendu la
vie trifte , ennuyeufe & dure qu'ils menent
& que vous menez tous dans votre
république. On ne dira pas que les plaifirs
manquent à Paris ; qu'on y eft trifte
& morne comme à Lacédémone , &
que la nobleffe Françoife n'eft brave
que par mauvaiſe humeur contre la
vie.
9
La première Compagnie des Moufquétaires
fut créée en 1622, Elle fe
diftingua dans toutes les occafions. Ce
fut au pas de Suze , dont elle força les
trois retranchemens , l'épée à la main ,
que Louis XIII , qui y étoit en perfonne
, dit que ce qui lui plaifoit tou-
( a ) Vid. Craggium de Republ. Laced. Lib. 3.
Inftit. 8.
FEVRIER. 1763 . 7
jours dans fes Moufquetaires , c'étoit
cette gayeté célére avec laquelle ils marchoient
à tout ce qu'on leur difoit d'attaquer.
A la bataille des Dunes , le grand
Condé , qui fervoit alors contre la
France , les fit charger quatre fois par
des corps bien fupérieurs en nombre
fans pouvoir les dépofter du terrein
qu'ils occupoient.
La feconde Compagnie ne fut mife
fur le même pied que la première , & le
Roi ne s'en déclara le Capitaine qu'en
1665 .
2
La guerre entre la France & l'Efpagne
ayant recommencé en 1667`, à
Poccafion des droits de la Reine , les
Moufquetaires fuivirent le Roi en Flandres
, & continuerent d'y faire le fervice
à pied & à cheval à tous les fiéges. A
celui de Lille ils furent commandés
pour l'attaque de la demie-lune & l'emporterent
en moins d'un quart-d'heure .
Le lendemain le Gouverneur battit la
chamade ; & lorfque la capitulation fut
fignée , & que les Moufquetaires fe
furent emparés de la porte qu'il livroit ,
il fut étonné de voir que la plupart
étoient des jeunes gens de dix - fept , dixhuit
ou vingt ans .
En 1668 ils marcherent en Franche-
A iv
8 MERCURE DE FRANCE .
Comté : Dole fut la feule ville qui parut
vouloir foutenir un fiége ; mais à peine
avions -nous ouvert la tranchée
, que
trente ou quarante Moufquetaires (b)fe
jetterent dans le chemin couvert ; le
grand Condé arriva dans l'inftant &
voyant que leur audacieufe témérité en
avoit impofé à l'ennemi qui fuyoit , il
les fit foutenir par de l'infanterie &
réuffir dans une attaque où ils auroient
dû payer de leurs vies l'imprudence de
leur courage. Dole fe rendit le lendemain
.
,
En 1669 , Louis XIV joignit un
détachement de cent Moufquetaires aux
autres troupes qu'il envoyoit en Candie.
Ils fe fignalerent par tous les efforts
de la plus grande valeur dans la fortie
que fit le Duc de Navailles , & où la
cavalerie Turque fut mife dans une entiere
déroute . Deux jours après , ils défendirent
la brêche du côté de la Sabionnaire
, & repoufferent les Turcs à
tous les affauts qu'ils y donnerent. Deux
Maréchaux des logis & trente Moufquetaires
y furent bleffés , & deux Brigadiers
tués.
En. 1672 Louis XIV déclara la guerre
( b ) Journal de la conquête de la Franche- Comté
en 1668 .
FEVRIER. 1763. 9
la Hollande , & le 12 Juin les Moufquetaires
pafferent le Rhin à la nage
avec les autres efcadrons de la Maiſon.
Au fiége de Maſtrick , en 1673 , la
premiere Compagnie fut commandée
pour l'attaque de la demie-lune féche ,
tandis que la feconde attaqueroit les paliffades
entre cette demie-lune & l'ouvrage
à corne. On donne le fignal , elles
marchent ; & malgré la vigoureuſe réfiftance
de l'ennemi , malgré le feu des
fournaux qu'il fait jouer & les éclats terribles
des grenades qu'il jette fans ceffe ,
ces ouvrages furent emportés prefqu'en
même temps . L'action du lendemain fut
encore plus vive & plus meurtrière ; on
croyoit les logemens affurés & les
Moufquetaires étoient rentrés dans le
camp ;l'ennemi fit jouer tout-à- coup un
fourneau que nous n'avions pas découvert
dans la demie-lune ; on. dut crain --
dre qu'il n'y en eût d'autres. Farjaux ,
Gouverneur de la Place , qui s'étoit mis
à la tête des meilleures , troupes de fa
garnifon , profitant de ce moment d'al-
Farme , rentra dans cet ouvrage , en
chaffa nos foldats on commanda de
nouveau les Moufquétaires (c) pour le
2*
( o) Relation du Duc de Montmouth à Charles
II. Recueil depièces . p . 139.
Av
10 MERCURE DE FRANCE .
reprendre , & ils le reprirent ; mais
après un combat des plus fanglans &
des plus opiniâtres ; cinquante-trois
Moufquetaires y furent bleffés , trente .
fept tués avec le Comte d'Artagnan
Commandant de la première Compagnie.
Les Moufquetaires qui en revinrent
, dit Peliffon ( d ) , avoient tous
leurs épées fanglantes jufqu'aux gardes
, & fauffées des coups qu'ils avoient
donnés .
Deux fortes barricades & un retranchement
autour de l'Eglife de S. Etienne
, défendoient les approches de la citadelle
de Befançon ; les Moufquetaires ,
le 20 Mai 1674 , à dix heures du matin ,
marchent deux cens pas à découvert
fous tout le feu du canon & de la moufqueterie
de l'ennemi , forcent ces deux
barricades & ce retranchement , &
mettent nos travailleurs en état de commencer
le logement fur le glacis .
Louis XIV, le 21 Avril 1676, affiégea
Condé , une des plus fortes places du
Hainaut ; le prince d'Orange marcha
auffitôt pout la fecourir ; la communication
entre nos quartiers étoit très-difficile
à caufe de l'inondation , & nos
lignes embraffoient une fi grande éten-
( d ) T. 1. p. 325.
9
FEVRIER. 1763. 11
,
due de terrein , qu'il n'étoit pas poffible
de les défendre contre une armée , fut
elle-même bien inférieure à la nôtre ;
il falloit donc , ou marcher au devant de
l'ennemi & le combattre , ou preffer le
fiége par une attaque fi vive , que la
place fut obligée de fe rendre avant l'arrivée
du fecours. La nuit du 25 au 26
Avril , les deux Compagnies des Moufquetaires
, à la tête de plufieurs détachemens
d'infanterie , furent commandées
pour cette attaque ; fi jamais leur
valeur & l'émulation qu'elle infpire ;
ont rendu un fervice important , ce fut
en cette occafion : un jour de plus ou
de moins , dit Peliffon (e) , étoit de la
plus grande conféquence dans la conjoncture
des chofes ; ainfi les nôtres
ajoute-t-il , avoient ordre de ne fe point
arrêter , s'il fe pouvoit , que tout nefût
emporté. Tout le fut , les paliffades , le
foffé , la contrefcarpe , l'ouvrage avancé
, la feconde contrefcarpe avec des
redoutes fur fes angles faillans , & des
fourneaux au-deffous , les deux baſtions
détachés & leur courtine ; l'ennemi ,
dans aucun de ces ouvrages , ne put
foutenir l'impétuofité de nos affauts ;
( e) T. 3. p. 20 & 21 .
A vj
12 MERCURE DE FRANCE.
les (f) Moufquetaires , fuivis des Grenadiers
des régimens d'Artois & du
Maine , pénétrerent jufques dans lá
baffe ville ; le Gouverneur confterné fit
battre la chamade , envoya promptement
des ôtages , & fe rendit à difcrétion.
Dans ces différentes attaques , qui
furent fi vives qu'elles femblerent n'en
faire qu'une , il n'y eut qu'onze Moufquetaires
tués , & dix-fept bleffés ; la
Hoguette , Enfeigne de la premiere
Compagnie , y reçut un coup de pique
dans la cuiffe ; un des fourneaux fit
fauter Jauvelle , Capitaine-Lieutenant
de la feconde , & de Vins Sous- Lieutenant
; il en furent quittes pour quelques
meurtriffures.
De bonnes fortifications & bien entretenues
, des munitions de guerre &
des vivres en abondance ; une artillerie
des plus formidables für les remparts
& dans chaque ouvrage ; trois à quatre
mille hommes de garnifon ; la haine
des bourgeois contre la France , & leur
affection pour le gouvernement Efpagnol
tout fembloit annoncer que le
fiége de Valenciennes feroit long , pénible
& très-meurtrier. Le côté de la
( fJourna! du Maréchald'Humieres. Recueil de
pieces . p. 147.
FEVRIER. 1763. 13
étoit
ville qu'embraffoit notre attaque ,
défendu par une demie-lune à droite ,
& une autre à gauche , en avant d'un
ouvrage couronné , paliffadé , fraizé
& dont le foffé étoit coupé de plufieurs
traverſes. Dans cet ouvrage couronné ,
il y avoit encore une demie - lune avec
un bon foffé , le tout bien revêtu ; audelà
de cette demie-lune , un bras de
l'Eſcaut ; enfuite un ouvrage apellé le
pâté , & enfin le grand cours de l'Efcaut
, profond , rapide , coulant &
fervant de foflé entre le pâté & la muraille
de la ville dont les remparts , beaux
& larges , protégeoient par leur canon ,
& celui de deux baftions , toutes ces
défenſes extérieures . Le 9 Mars 1677
on avoit ouvert la tranchée. Le 16 au
foir , les Moufquetaires furent commandés
avec (g ) les Grenadiers de la Maifon
, & de gros détachemens du régiment
des Gardes & de celui de Picardie.
Le 17 , à neuf heures du matin ,
ils marcherent à l'attaque de l'ouvrage (h)
(g ) Les Grenadiers à Cheval , créés à la fin de
l'année 1676 , & unis à la Maifon du Roi. Cette
Compagnie ne fut d'abord que de quatre-vingtquatre
Maîtres . On les appelloit les Riotors du
nom de leur commandant.
( h) On palla derrière les deux demies- lunes
14 MERCURE DE FRANCE.
peu couronné , & l'emporterent en affez
de temps. Bientôt après , dit Peliffon
le Roi, à leurs habits rouges , diftingua
fort bien fes Moufquetaires (i) qui étoient
dans la demie-lune enfermée dans l'ouvrage
couronné ; cela paroiſſoit incroyable
, ajoute-t-il , car l'ordre étoit de fe
loger dans l'ouvrage couronné & de
s'arrêter là ; de quoi le Roi fe contentoit
pour cette fois. Si ce commencement
d'action parut incroyable , on dut être
encore bien plus étonné de la fuite. Il y
avoit , fur le petit bras de l'Eſcaut , un
pont qui communiquoit de cette demie
-lune au pâté , & à l'entrée de ce
pont , une barriere de groffes piéces de
bois pointues , avec un guichet au milieu
où il ne pouvoit paffer qu'un homme à la
fois. Tandis qu'une partie de ceux des
Moufquetaires qui y arriverent les premiers,
tâchoit d'en forcer l'entrée , les
autres monterent au haut de la barriere ,
bravant les coups de piques & de fufils ,
& fauterent de l'autre côté , l'épée à la
main ; l'ennemi épouvanté s'enfuit
avancées , fans les attaquer , parce qu'elles tomboient
d'elles- mêmes , & qu'on en devenoit les
maîtres en prenant l'ouvrage couronné qui les
dominoit.
( i ) T. 3. p. 172 .
FEVRIER. 1763. 15
.
abandonnant la défenfe du guichet ; on
le pourfuit fur le pont , on arrive au
pâté , on attaque cet ouvrage , & il fut
auffi rapidement emporté que l'ouvrage
couronné & la demie-lune ; mais on
alloit y être infailliblement écrasé par le
canon du rempart ; les Moufquetaires (k)
blancs apperçurent une petite porte qu'ils
enfoncerent ( 1) , & ils virent un
efcalier dérobé , pratiqué dans l'épaiffeur
du mur , & par lequel ils monterent
au haut du pâté ; ils y trouverent
une autre porte qui donnoit entrée dans
une galerie , conftruite fur le grand canal
de l'Efcaut , & qui les conduifit au
rempart , d'où ils defcendirent dans la
ville & enfilerent une rue au milieu
de laquelle étoit un pont fur un troifiéme
bras de l'Efcaut qui la traverſoit.
Moiffac , cornette , & la Barre , maréchal
des logis , qui étoient à leur tête
en logerent une partie dans les maifons
les plus proches , afin qu'ils puffent , des
fenêtres , protéger par leur feu ceux qui
défendroient le pont , & qui le défendirent
en effet avec une valeur incroyable
; la cavalerie de la garniſon ,
( k ) Ibid. 192 .
( 4 ) On les appelloit alors ainſi , à cauſe de
leurs chevaux blancs.
16 MERCURE DE FRANCE.
qui les affaillit jufqu'à trois fois , ne put
jamais les ébranler ni les enfoncer , mal--
gré leur petit nombre ; l'infanterie pou--
voit venir les prendre par derriere , en
paffant par le rempart ; mais elle y trouva
la plus grande partie des Moufquetaires
noirs , & les Grenadiers de la :
Maifon , qui la repoufferent vigoureufement.
La bourgeoifie s'étonnoit ;
l'Hôtel-de-Ville s'affembloit ; on entra
en quelque pour-parler avec Moiffac
qui reçut & donna des ôtages ; on députa
vers le Roi ; il en étoit temps
pour empêcher que la ville ne fut
pillée ; les foldats du régiment des Gardes
Françoifes , & de celui de Picardie
commençoient à y entrer en foule
quelques grenadiers de la Maiſon ayant
baiffé le (m) pont-levis du grand canal
de l'Efcaut. Je ne fais fi l'hiftoire , dit
Larrey , fournit bien des exemples d'une:
action fi brufque & fi heureufe , & de la
prife , en fi peu de temps , d'une grande
& forte ville qui ne manquoit de rien
(m ) J'ai dit que le grand cours ou canal de
l'Efcaut couloit & fervoit de follé entre la muraille
de la ville & le pâté ; les Moufquetaires ,.
ayant pris le pâté , feroient entrés dans la ville
pêle-mêle avec les fuyards , fi les affiégés n'avoient
pas promptement levé ce pont- levis·
17 FEVRIER. 1763.
pour fa défenfe. Tout en tient du prodige
, ajoute-t-il , & tout enfut attribué
à l'heureufe témérité des Moufquetaires.
Elle fut heureufe , parce que le fens
froid & la prudence acheverent ce que
l'ardeur & le feu du courage avoient
commencé. Tout y caractériſe la vraie
valeur , cette valeur qui éléve l'homme
au-deffus de lui-même , & qui fouvent
le fait triompher contre toute apparence .
& malgré le danger évident où il femble
s'être précipité.
Le 17 Mars 1677 , les Moufquetaires
avoient pris Valenciennes ; le 11 Avril
ils déciderent du gain de la bataille à
Caffel. Notre armée étoit commandée
par Monfieur , frere du Roi ; le Prin
ce d'Orange commandoit celle des ennemis
. Nous les prévînmes au paffage
d'un ruiffeau , & nous enfonçames &
mîmes en fuite les premieres troupes
qui fe préfenterent ; mais nous trouvâmes
aprèsplus de difficulté , dit (n) Peliffon ;
car quelques régimens d'infanterie , &
particulierement celui des gardes duPrince
d'Orange , fe firent tailler en pièces ,
fans que pas un foldat quitát fa place
&fon rang. Notre cavalerie , ajoute- t- il ,
qu'ils attendoient derriere des hayes , les
( a) T. 3.p.231.
18 MERCURE DE FRANCE.
piques baiffées , s'avanca , mais n'ofa
jamais les joindre , jufqu'à ce que les
Moufquetaires , pied à terre , deux bataillons
de Navarre & deux d'Humieres,
les allerent tous tuer , l'épée à la main.
Il dit dans une autre lettre que les Mouf
quetaires (o) étant defcendus de cheval ,
firent des merveilles , mais qu'en fe retirant
pour aller reprendre leurs chevaux,
ilsfaillirent à faire reculer quelques-
uns de nos bataillons qui lesfuivoient
, & qui crurent qu'ils avoient été
repouffés. Atravers cette narration féche
& peu exacte , repréfentons nous les
gardes du Prince d'Orange , foutenus
de deux autres bataillons , ayant devant
eux un foffé & des haies , leur premier
rang compofé de piquiers , & les
autres faifant un feu terrible fur notre
cavalerie qui tente de franchir le foffé
fe rompt deux fois & fe rebute ; on
commande les Moufquetaires , reffource
ordinaire (p) dans ces fortes d'occa-
( 0) T. 3. p. 289.
(p ) Au fiége d'Ypres , en 1678 , a l'attaque
de la contrefcarpe , nos troupes , dit Peliffon 2
( T. 3. p. 337. ) n'allerent point avec leur vigueur
ordinaire ; un détachement des Mousquetaires
ajoute- t-il , de cinquante feulement , rétablit l'affaire
; ilsfe mirent au-devant de tous , fans dire
FEVRIER. 1763. 19
fions ils mettent pied à terre , marchent
, & il femble que le foffé s'eft
applani , que les haies ont difparu devant
eux , & que leur impétueufe célérité
a devancé & rendu fans effet le feu
de l'ennemi ; ils joignent ces coloffes
armés de piques , les enfoncent , les terraffent
& font voir que la véritable
force dépend de la fupériorité de l'ame.
Laiffant enfuite achever la défaite & le
carnage aux bataillons qui les ont fuivis
, ils retournent promptement reprendre
leurs chevaux , & fe montrer
prêts à exécuter les nouveaux ordres
qu'on voudra leur donner. Ils ne tarderent
pas à en recevoir ; ils chargerent
& mirent en fuite ( q ) un corps affez
autre chofe que gare , comme s'il n'eût été queftion
que de paffer quelque chemin . Ils fe jetterent
dans la contrefcarpe , l'épée à la main , & forcerent
l'ennemi de l'abandonner. Ypres capitula le
lendemain .
En 1691 , au fiége de Mons , les deux batailfons
chargés de l'attaque de l'ouvrage à corhe ,
ayant été repouffés & paroiffant rebutés , Louis
XIV dit , avec quelque dépit , qu'il y enverroit
des troupes qui ne reculeroient pas. En effet les
Moufqueraires qu'il y envoya le lendemain , prirent
cet ouvrage.
(q ) Mémoires des expéditions Militaires de la
guerre de Hollande.
20 MERCURE DE FRANCE.
confidérable de cavalerie qui faifoit
différens mouvemens für leur gauche ,
& dont l'objet étoit de s'approcher de
S. Omer (r) & d'y jetter du fecours.
Le lendemain de cette mémorable
journée , Monfieur , en envoyant quelques
ordres aux commandans des deux
Compagnies , leur écrivit qu'elles avoient
ébauché la victoire & donné le branle à
toute l'affaire.
Je ne les fuivrai point aux fiéges d'Ypres
, de Courtrai , de Philifbourg , de
Mons , ( s ) de Namur ; les actions qu'ils
y firent ne méritent pas moins d'être
confacrées dans les faftes militaires de
la nation , que celles que je viens de
rapporter , mais mon deffein n'a pas été
d'entreprendre leur hiftoire , & il ne me
refte qu'à les confidérer dans ces momens
malheureux , ces circonstances fa→
tales qui font peut-être l'épreuve la plus
fure du vrai courage. La bataille de Ra-
( r ) Monfieur affiégeoit S. Omer , & avoit
marché au-devant du Prince d'Orange qui venoit
pour fecourir cette Place.
(s ) A l'attaque de la caffotte , M, de Mau--
pertuis leur dit que fi quelqu'un d'eux , avant
L'action engagée , fe précipitoit & avançoit hors de
fon rang , il avoit ordre de le tuer . le Roisi ayant
remarqué avec une extrême fenfibilité , que leur trop
Lardeur leur étoit quelquefois funefte.
FEVRIER. 1763 . 21
millies ſe donna le 23 Mai 1706, jour de
la Pentecôte. Notre armée étoit de quarante
mille hommes; celle des ennemis(t)
de foixante-cinq mille . LesGardes duRoi ,
les Gendarmes , les Chevaux- Légers
les Moufquetaires & les Grenadiers à
cheval compofoient la premiere ligne
de notre aîle droite ; ( u ) ils percerent
& enfoncerent quatre lignes de l'aîle
gauche des ennemis , firent des priſonniers
& prirent fix piéces de canon ;
mais il n'étoit que trop facile à Milord
Malboroug de leur arracher la victoire
en profitant des mauvaifes difpofitions
qu'avoient faites nos Généraux &
des fautes qu'il firent encore pendant
l'action fix bataillons , avec quelques
régimens de dragons , qu'ils avoient mis
dans le vallon de Tavieres , ne pouvoient
que foiblement protéger & couvrir
le flanc de notre aîle droite : un
marais impraticable entre notre aîle
gauche & l'aile droite de l'ennemi ,
empêchoit qu'elles ne puffent réciproquement
agir l'une contre l'autre : ainfi
Malboroug ne rifquant rien en dégarniffant
cette aîle droite , qui ne pouvoit
( t) Larrey.
(u ) Rapin de Toiras , continuat.
22 MERCURE DE FRANCE.
être attaquée , en tira cinquante eſcadrons
pour fortifier fon aîle gauche ; de
forte que la Maifon du Roi , qui avoit
percé & enfoncé , comme je l'ai dit ,
quatre lignes de cette aîle gauche , vit
tout-à-coup fe former devant elle des
efcadrons tout frais & derriere lefquels
fe rallioient les quatre lignes qu'elle
avoit battues & difperfées. Malboroug
fit en même temps attaquer , par toute
fa réſerve , les fix bataillons que nous
avions dans le vallon de Tavieress ;; ils ne
purent réfifter à la fupériorité du nombre
, & par leur déroute , tout le côté
de notre aile droite fe trouva découvert ;
la cavalerie qui compofoit la feconde
ligne de cette aîle , derriere la Maifon
du Roi , tenta de préfenter le front
en appuyant fur fa droite , & faifant un
mouvement par fa gauche ; mais cette
évolution ne put pas être affez prompte
devant un ennemi qui s'avançoit avec
rapidité & qui la prenoit en flanc ; les
efcadrons les plus proches furent culbutés
; les autres prirent la fuite ; la Maiſon
du Roi , attaquée de front , en flanc &
par derriere , fe fit jour & joignit notre
aile gauche. On voit que tandis que
Malboroug tiroit des troupes de fon
aile droite pour les porter à fon aîle
FEVRIER. 1763 . 23
>
gauche , fi nos généraux en avoient pareillement
tiré de leur aîle gauche pour
fortifier leur aîle droite , & furtout les
fix bataillons qui étoient dans le vallon
de Tavieres il y a toute apparence
que la victoire nous feroit demeurée . On
voit encore , par les relations mêmes
des ennemis , que la perte étoit à-peuprès
égale de part & d'autre ; qu'ils ne
penfoient point à nous pourſuivre; qu'ils
n'auroient donc remporté de toute cette
action que le ftérile honneur d'avoir
gagné le champ de bataille ; que notre
aîle gauche, avec la Maifon du Roi , fit
tranquillement fa retraite & ne fut
point entamée ; que même l'infanterie
& la cavalerie de l'aîle droite , quoique
battues , fe retiroient en affez bon
ordre , ( x ) lorsqu'un accident imprévu
rendit cette journée une des
plus funeftes pour la France ; quelques
chariots ayant rompu dans un
défilé , & le paffage étant embarraffé
elles crurent entendre l'ennemi qui les
pourſuivoit ; la difparution de leurs généraux
& le peu d'eftime qu'elles avoient
pour eux , ajouterent fans doute à cette
terreur panique ; elles fe débandent
& fuyent de tous côtés ; Malboroug
( x) Rapin de Toiras, continuat,
24
MERCURE
DE FRANCE
.
C
averti par les coureurs qu'il avoit en
avant , détache une partie de fa cavalerie
& fes dragons qui tombent fur
ces troupes en défordre , & ne font
des prifonniers que lorfqu'ils font las
de tuer ; bagages , artillerie , caiffons ,
tout fut pris.
Je n'entrerai en aucuns détails fur la
bataille de Malplaquet ; la Maifon du
Roi chargea quatre fois la cavalerie
des ennemis , & quatre fois la plia &
la renverfa fur fon infanterie ; quand
nous abandonnâmes le champ de bataille
, elle fit l'arriere- garde ; c'étoit le
lion bleffé qui fe retire ; dès que l'ennemi
qui nous fuivoit , s'avançoit de
trop près , elle fe retournoit , & auffitôt
il fe replioit. Les Moufquetaires firent
voir dans cette jonrnée à quel
point l'honneur fçait captiver le naturel
& commander au caractère ; cette troupe
qu'on peint fi vive fi ardente
toujours empreffée d'attaquer & frémiffant
d'impatience fous la main qui l'arrête
, refta pendant cinq heures expoſée
au feu d'une baterie de trente Piéces
de canon ; leur contenance parut toujours
ferme & tranquille dans cette
pofition & ces momens critiques où il
n'eft pas même permis de quitter fon
rang
FEVRIER . 1763. 25
rang pour s'élancer contre la foudre qui
s'allume , & n'en être du moins écrasé
qu'en marchant pour l'attaquer ; ce
mouvement fi naturel feroit regardé
comme un inftant de foibleffe ; il faut
refter immobile devant la mort , l'attendre
, l'enviſager , toujours prête à nous
frapper , & frappant fans ceffe autour
de nous. Au fiége de Philisbourg , en
1734 , quand on fit entrer la Maifon du
Roi dans les Lignes , les Moufquetaires
furent encore expofés à une canonade
très-vive , & la foutinrentavec le même
fang froid : cependant nous fortions
d'une longue paix , & la plupart voyoient
la guerre pour la première fois. Pourrions
- nous être avares d'éloges envers
une troupe dont l'honneur & la haute
réputation femblent s'imprimer dans
l'ame d'un jeune homme dès qu'il y
eft entré ? Lorfqu'à Ramillies , à Malplaquet
, à Etinguen , elle ramène fes
débris fanglans que l'ennemi n'oſe attaquer
, nous paroîtra-t-elle moins recommandable
que lorfqu'elle éleve des
trophées à fon Maître dans la plaine
de Fontenoi ?
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Résumé : HÔTEL DES DEUX COMPAGNIES DES MOUSQUETAIRES.
Un supplément aux Essais historiques sur Paris de M. de Saint-Foix a été publié, incluant un article sur les hôtels des Mousquetaires. L'auteur de ce texte salue la clarté et la précision de Saint-Foix, qui cite toujours ses sources. L'article aborde les deux compagnies des Mousquetaires, créées en 1622 et 1665. La première compagnie se distingua notamment au siège de Suze et à la bataille des Dunes. En 1667, lors de la guerre entre la France et l'Espagne, les Mousquetaires suivirent le roi en Flandres et participèrent à plusieurs sièges, comme ceux de Lille et de Dole. En 1669, ils combattirent en Candie aux côtés du duc de Navailles. En 1672, ils traversèrent le Rhin à la nage lors de la guerre contre la Hollande et participèrent à divers sièges, tels que ceux de Mastrick et de Besançon. En 1676, ils assiégèrent Condé et en 1677, Valenciennes, où ils montrèrent une grande bravoure et une stratégie efficace, permettant la prise rapide de la ville. Les Mousquetaires se distinguèrent par leur bravoure et leur discipline. Le 17 mars 1677, ils prirent Valenciennes et le 11 avril, ils jouèrent un rôle crucial dans la bataille de Cassel, où ils chargèrent à pied et repoussèrent les troupes ennemies malgré une forte résistance. Leur intervention permit de renverser le cours de la bataille. Ils se distinguèrent également lors des sièges d'Ypres, de Courtrai, de Philisbourg, de Mons et de Namur. Lors de la bataille de Ramillies en 1706, ils perçèrent les lignes ennemies mais furent finalement repoussés en raison de mauvaises dispositions stratégiques. À Malplaquet, ils montrèrent une grande discipline en restant immobiles sous le feu ennemi pendant cinq heures. Leur courage et leur dévouement furent également notables lors du siège de Philisbourg en 1734. Le texte met en avant leur valeur et leur capacité à surmonter les dangers, illustrant ainsi leur rôle essentiel dans les victoires militaires françaises.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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33
p. 193-201
De PARIS, le 18 Février 1763.
Début :
L'Académie Royale des Sciences ayant présenté au Roi les Sieurs [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Roi, Traité de paix, Duc, Ambassadeur, Statue, Loterie, Constitution, Cavalerie, Régiment, Compagnies, Comte, Colonel, Lieutenant, Soldats, Soldes, État-major, Ordonnance, Gardes, Grenadiers, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 18 Février 1763.
De PARIS , le 18 Février 1763.¨
L'Académie Royale des Sciences ayant préfenté
au Roi les Sieurs Bailli & J eaurat pour la
place d'Adjoint Aftronome , vacante par la mort
de l'Abbé de la Caille , S. M. les a nommés un
II. Vol, obim Indus »
194 MERCURE DE FRANCE.
:1
& l'autre , à la charge que la premiere place qui
vaquera dans cette Claffe ne fera point remplie.
Le Traité définitif de Paix a été figné le 10
de ce mois chez le fieur Duc de Bedfort , Ambaffadear
Extraordinaire & Plénipotentiaire du
Roi de la Grande- Bretagne , entre les Ambaffadeurs
& Plénipotentiaires qui ont figné les Préliminaires
à Fontainebleau te 3 Novembre de l'année
derniere. Le fieur de Mello , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi de Portugal près du Roi , &
fon Ambaffadeur pour les conférences de la Paix ,
a figné en même temps l'acte d'acceffion de Sa
Majefté très fidele au Traité définitif.
Le 29 du mois dernier , le fieur Gor , Commiffaire
Général des fontes de l'Artillerie , a coulé
en bronze à l'Arfenal la Statue pédestre du Roi ,
qui doit être érigée dans la Place Royale de
Rheims. Cette fonte a eu le même fuccès que
celle qui a été faite le 20 Novembre dernier des
deux Figures de dix pieds de proportion qui doivent
accompagner le Piédeftal . La figure du Roi
a onze pieds & demi de proportion , ce Monu
ment , que la Ville de Rheims confacre à la
gloire de S.M. eft de la compofition du Sr Pigalle.
Le Vingt- cinquiéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel-de-Ville s'eft fait le 25 du mois dernier ,
en la manière accoptumée. Le lot de cinquante
mille liv. eft échu au numero 53043 ; celui de
vingt mille liv. eft échu au numero 5 26 38 ; & les
deux de dix mille 1. aux numero 53005 & 58779 .
Les de ce mois , on a tiré la Loterie de l'Ecole
Royale Militaire . Les Numéros fortis de la roue
de fortune , font , 19 , 30 , 3 , 42 , 18. Le prochain
tirage le fera le Mars.
Le Roi ayant pris la réfolution de donner à
tout fon Brat Militaire une conftitution nouvelle ,
uniforme & conftante , vient de rendre une OrAVRIL
1763.
donnance , pour la Cavalerie , conçue fur le même
195
plan que celles qui a déja été publiée concernant
'Infanterie. Par cette nouvelle Ordonnance , darée
du 21 Décembre 1762 , Sa Majesté conferve
fur pied ,
indépendamment du Régiment des Carabiniers
de
Monfeigneur le Comte de Provence ,
les trente Régimens de Cavalerie fuivans ; le Colonel
- Général , le Meftre de- Camp- Général , le
Commiffaire-Général , Royal , du Roi , Royal-
Etranger , les Cuiratliers du Roi , Royal -Cravates ,
Royal- Rouillon , Royal-Piémont , Royal- Almand
, Royal- Pologne , Royal- Lorraine , Royal-
Picardie , Royal-
Champagne , Royal-Navarre ,
Royal
Normandie, la Reine, Dauphin,
Bourgogne ,
Berry , Artois , Orléans , Chartres , Condé, Bourbon
, Clermont , Conti , Penthiévre & Noailles,
Chacun de ces trente
Régimens fera composé en
tout temps de huit
Compagnies qui formeront quatre
efcadrons . On créera une place de Sous- Lieutenant
dans chaque
Compagnie , & le titre de
Cornette fera fupprimé , à la réserve de celui qui
eft attaché à la
compagnie du Colonel - Général
de la Cavalerie. La place de Maréchal - des - Logis
relle qu'elle eft
aujourd'hui , fera
fupprimée , &
il fera crée dans chaque
compagnie quatre places
de
Maréchal- des- Logis pour y remplir les
mêmes
fonctions que les Sergens dans l'Infanterie.
Chaque
compagnie de Cavalerie fera commandée
en tout temps par un
Capitaine y
Lieutenant & un- Sous-
Lieutenant , &
compofée
de quatre
Maréchaux -des- Logis , un Fourrier ,
huit
Brigadiers , huit
Carabiniers , trente- deux
Cavaliers & un
Trompette , tous montés . Ille-
Ta créé dans chacun des trente
Régimens de Cavalerie
deux charges de Sous -Aide Major & une
place de Tréforier ; il fera
pareillement établi
un
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
un Quartier- Maître dans chaque Régiment & un
Porte- Etendard par chaque Elcadron . Les difpofitions
qui regardent le choix , les rangs & les fon
Aions des Officiers , la police & la difcipline , l'adminiftration
de la caifle , le terme des engagemens
& des congés , &c , font les mêmes que
celles qui ont été établies pour l'Infanterie . Sa
Majeſté a auffi réglé une paye de paix & une
paye de guerre pour les troupes de fa Cavalerie
de la manière fuivante.
Compagnies. A chaque Capitaine , 2000 livres
par an en paix , & 3600 livres en guerre. Au
Capitaine Lieutenant des Compagnies Meſtrede
- Camp des Régimens du Meftre- de- Camp
Général & du Commiflaire- Général. A chaque
Lieutenant & au Sous- Lieutenant de la Compagnie
du Colonel- Général , 900 livres en paix &
1200 livres en guerre. A chacun des Cornettes
& Sous- Lieutenant des Compagnies du Colonel-
Général de Meftre- de- Camp- Général & du Commiffaire-
Général , 675 livres en paix & 900 livres
en guerre. A chaque Sous- Lieutenant , 600 livres
en paix & 800 livres en guerre. A chaque
Maréchal des Logis , 234 livres en paix & 270
livres en guerre. Au Fourrier , 216 livres en paix
>
252 livres en guerre. A chaque Brigadier
144 livres en paix & 180 livres en guerre. A
chaque Carabinier , 135 livres en paix & 171 livres
en guerre. A chaque Cavalier , Timbalier
ou Trompette , 126 livres en paix & 162 livres
en guerre.
Etat-Major. Au Meftre- de-Camp , indépendamment
de fes appointemens de Capitaine ,
2500 livres en paix & 3000 livres , en guerre.
A Chacun des Meftres-de- Camp- Commandans
des Régimens de Meftre- de-Camp- Général ,
AVRIL. 1763. 197
1
Commiffaire- Général & du Régiment Royal-
Allemand , 2500 livres en paix & 3000 livres
en guerre . Au Lieutenant- Colonel , indépendamment
de les appointemens de Capitaine , 1600 li
vres en paix & 1800 livres en guerre. Au Major
, 3000 livres en paix & 4500 livres en guerre.
A chaque Aide-Major , avec commiffion de Capitaine
, 1800 livres en paix & 3000 livres en
guerre. A chaque Aide- Major , fans commiffion
de Capitaine , 1500 livres en paix & 2000
livres en guerre. A chaque Sous - Aide - Major
1000 livres en paix & 1200 livres en guerre.
Au Quartier- Maître , 600 livres en paix & 800
livres en guerre. A chaque Porte- Etendard ,
480 livres en paix & 540 livres en guerre . Au-
Tréforier , 2000 livres en paix ,
& 3000 livres
en guerre . A l'Aumônier , 720 livres en temps
de guerre ſeulement. Au Chirurgien , 720 livres
en temps de guerre feulement .
Sa Majefte veut que la paye de guerre ne
foit donnée qu'à ceux defdits Régimens qui ferviront
en campagne , à commencer du jour de
leur arrivée à l'armée , juſqu'à celui de leur départ
de l'armée pour rentrer dans le Royaume ;
& que ceux qui demeureront en garniſon dans
le Royaume pendant la guerre ne touchent que
la paye réglée pour le temps de paix. Sa Majefté
établit les moyens de parvenir à la nouvelle
compofition & à la réforme preſcrites.
Cette Ordonnance eft terminée par un état de
l'uniforme réglé par le Roi pour l'habillement
& équipement des Régimens de fa Cavalerie.
Il paroît auffi trois autres Ordonnances du Roi.
Par la premiere , en date du 12 Décembre
1762 , & portant réduction dans les trente Compagnies
du Régiment des Gardes Françoiſes , Sa
ཙྩ
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
Majefté ordonne que ces trente Compagnies 3
qui font actuellement compofées de cent quarante
hommes , feront réduites au nombre de
cent vingt- fix , y compris fix Sergens , trois
Caporaux , neufAnfpeffades , quatre Tambours ,
& cent quatre Fusiliers .
Par la feconde & la troifiéme , du 21 du
même mois , Sa Majesté réforme la Compagnie
des Volontaires de Cambefort & le Régiment
de Cavalerie Allemande deNaffau-Wfingen.
Il paroît une Ordonnance du Roi , datée du 21 .
Décembre 1762 concernant les Régimens d'Infanterie
Irlandoife . Suivant cette Ordonnance , Sa
Majeſté conferve fur pied les Régimens de Bulkeley
, Clare , Dillon , Rothe & de Berwick ; le Régiment
Royal- Ecoffois & ceux d'Ogilvy & de Lally
feront fupprimés & incorporés dans les cinq qui
feront confervés , & dont chacun formera un bataillon
divifé en une Compagnie de Grenadiers
& huit de Fufiliers ; chacune des compagnies de
Grenadiers fera commandée en tout temps , ainfi
que chaque compagnie de Fufiliers , par un Capitaine
, un Lieutenant & un Sous - Lieutenant.
Celles des Grenadiers feront compofées chacune
de deux Sergens , d'un Fourrier, quatre Caporaux,
quatre Appointés , quarante Grenadiers , & d'un
Tambour ; celles des Fufiliers , en temps de paix ,
de quatre Sergens , d'un Fourrier , de huit Caporaux
, huit Appointés , quarante Fufiliers & de
deux Tambours : il fera créé dans chaque Régiment
un Sous-Aide- Major , un Tréſorier ,
Quartier-Maître, deur Porte -Drapeaux , un Tambour-
Major. Il continuera d'être entretenu un
Colonel en fecond dans le Régiment de Dillon .
Les difpofitions qui ont été établies pour l'Infanterie
& la Cavalerie Françoiſes feront exactement
fuivies relativement au choix , aux rangs & aux
un
AVRIL. 1763 . 199
fonctions des Officiers , à la police & à la difcipline
, ainfi qu'à l'adminiftration de la caiffe ,
&c. La paye de paix & la paye de guerre feront
réglées de la manière fuivante , & avec les mêmes
claufes que celles portées dans les précédentes
Ordonnances de Sa Majesté.
Compagnies de Grenadiers . A chaque Capitaine
, 2000 en paix , & 3000 livres ¿en guerre ;
au Lieutenant 900 livres en paix , & 1200 livres
en guerres au Sous-Lieutenant 500 livres
en paix , & 900 livres en guerre ; à chaque Sergent
, 222 livres en paix , & 228 livres en guerre ;
au Fourrier , 180 livres en paix , & 186 livres
en guerre à chaque Caporal , 156 livres en
paix , & 162 livres en guerre ; à chaque appointé ,
138 livres en paix , & 144 livres en guerre ; à
chaque Grenadier & au Tambour , 120 livres en
paix & 126 livres en guerre.
>
Compagnies de Fufilters . Au Capitaine , 1800
livres en paix , & 2400 livres en guerre au
Lieutenant 600 livres en paix , & 1000 en
guerres au Sous - Lieutenant 540 livres en
paix , & 800 livres en guerre à chaque Sergent
204 livres en paix , & 210 livres en guerre ,
au Fourrier , 162 livres en paix , & 168 en
guerre à chaque Caporal , 138 livres en paix .
& 144 livres en guerres à chaque Appointé
120 livres en paix 126 livres en guerres à cha-,
que Fufilier ou Tambour , 102 livres en paix
& 108 livres en guerre.
Etat-Major. Au Colonel , y compris les appointemens
de Capitaine , 12000 livres en tout
temps ; au Lieutenant colonel , indépendamment
de fes appointemens de Capitaine 1700.
livres en paix , & 3000 livres en guerre ; au
Major , 2880 livres en paix , & 4000 livres en
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
>
guerres à chaque Aide- Major , avec la commiffion
de Capitaine , 1800 livres en paix , &.
2400 livres en guerre ; à chaque Aide- Major ,
fans commiffion de Capitaine , 1200 livres en
paix , & 1860 livres én guerre ; à chaque Sous-
Aide- Major , 600 livres en paix , & 1200 livres
en guerres à chaque Porte- Drapeau , 450 livres
en paix , & 600 livres en guerre ; au Quartier-
Maître , 540 livres en paix & 800 livres en
guerres au Tréforier , 1200 livres en paix , &
2000 livres en guerre ; au Tambour- Major
252 livres en tout temps ; à l'Aumônier , soo
livres en paix , & 720 livres en guerre ; Au Chirurgien
, co livres en paix , & 720 livres en
guerre ; au Colonel en fecond du Régiment de
Dillon , 2400 liv . en paix , & 2880 liv . en guerre.
A
>
Les Officiers excédans le nombre préfcrit feront
reformés. Les Colonels qui feront dans ce cas
conferveront leurs appointemens en y comprenant
la gratification qui étoit attachée à leurs
charges. Les autres Officiers réformés & qui
feront étrangers , ou originaires Anglois , Ecoffois
& Irlandois , jouiront ; fçavoir , les Lieutenants-
Colonels , de 1800 livres de penſions
les Capitaines de Grenadiers de 1200 livres ; les
Capitaines de Fufiliers qui auront vingt ans de fervice
, & le Major , de 1050 livres ; les autres
Capitaines de Fufiliers , de 800 livres ; les Lieutenans
de 400 liv . & les Lieutenans en fecond
ou Enfeignes de 300 livres. Les Capitaines
ou Capitaines en fecond , qui feront François ,
jouiront en penfions fur le Tréfor Royal , s'ils
ont vingt ans de fervice , de 300 livres feulement.
Quant aux Lieutenans , Lieutenans en.
fecond ou Enfeignes qui feront François , its
fe retireront chez eux pour y attendre les em-
›
AVRIL. 1763.
201
plois auxquels Sa Majefté les deftine. Cette Ordonnance
eft terminée par un état de l'unifórme
réglé par Sa Majefté pour l'habillement
& équipement de ces cinq Régimens.
L'Académie Royale des Sciences ayant préfenté
au Roi les Sieurs Bailli & J eaurat pour la
place d'Adjoint Aftronome , vacante par la mort
de l'Abbé de la Caille , S. M. les a nommés un
II. Vol, obim Indus »
194 MERCURE DE FRANCE.
:1
& l'autre , à la charge que la premiere place qui
vaquera dans cette Claffe ne fera point remplie.
Le Traité définitif de Paix a été figné le 10
de ce mois chez le fieur Duc de Bedfort , Ambaffadear
Extraordinaire & Plénipotentiaire du
Roi de la Grande- Bretagne , entre les Ambaffadeurs
& Plénipotentiaires qui ont figné les Préliminaires
à Fontainebleau te 3 Novembre de l'année
derniere. Le fieur de Mello , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi de Portugal près du Roi , &
fon Ambaffadeur pour les conférences de la Paix ,
a figné en même temps l'acte d'acceffion de Sa
Majefté très fidele au Traité définitif.
Le 29 du mois dernier , le fieur Gor , Commiffaire
Général des fontes de l'Artillerie , a coulé
en bronze à l'Arfenal la Statue pédestre du Roi ,
qui doit être érigée dans la Place Royale de
Rheims. Cette fonte a eu le même fuccès que
celle qui a été faite le 20 Novembre dernier des
deux Figures de dix pieds de proportion qui doivent
accompagner le Piédeftal . La figure du Roi
a onze pieds & demi de proportion , ce Monu
ment , que la Ville de Rheims confacre à la
gloire de S.M. eft de la compofition du Sr Pigalle.
Le Vingt- cinquiéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel-de-Ville s'eft fait le 25 du mois dernier ,
en la manière accoptumée. Le lot de cinquante
mille liv. eft échu au numero 53043 ; celui de
vingt mille liv. eft échu au numero 5 26 38 ; & les
deux de dix mille 1. aux numero 53005 & 58779 .
Les de ce mois , on a tiré la Loterie de l'Ecole
Royale Militaire . Les Numéros fortis de la roue
de fortune , font , 19 , 30 , 3 , 42 , 18. Le prochain
tirage le fera le Mars.
Le Roi ayant pris la réfolution de donner à
tout fon Brat Militaire une conftitution nouvelle ,
uniforme & conftante , vient de rendre une OrAVRIL
1763.
donnance , pour la Cavalerie , conçue fur le même
195
plan que celles qui a déja été publiée concernant
'Infanterie. Par cette nouvelle Ordonnance , darée
du 21 Décembre 1762 , Sa Majesté conferve
fur pied ,
indépendamment du Régiment des Carabiniers
de
Monfeigneur le Comte de Provence ,
les trente Régimens de Cavalerie fuivans ; le Colonel
- Général , le Meftre de- Camp- Général , le
Commiffaire-Général , Royal , du Roi , Royal-
Etranger , les Cuiratliers du Roi , Royal -Cravates ,
Royal- Rouillon , Royal-Piémont , Royal- Almand
, Royal- Pologne , Royal- Lorraine , Royal-
Picardie , Royal-
Champagne , Royal-Navarre ,
Royal
Normandie, la Reine, Dauphin,
Bourgogne ,
Berry , Artois , Orléans , Chartres , Condé, Bourbon
, Clermont , Conti , Penthiévre & Noailles,
Chacun de ces trente
Régimens fera composé en
tout temps de huit
Compagnies qui formeront quatre
efcadrons . On créera une place de Sous- Lieutenant
dans chaque
Compagnie , & le titre de
Cornette fera fupprimé , à la réserve de celui qui
eft attaché à la
compagnie du Colonel - Général
de la Cavalerie. La place de Maréchal - des - Logis
relle qu'elle eft
aujourd'hui , fera
fupprimée , &
il fera crée dans chaque
compagnie quatre places
de
Maréchal- des- Logis pour y remplir les
mêmes
fonctions que les Sergens dans l'Infanterie.
Chaque
compagnie de Cavalerie fera commandée
en tout temps par un
Capitaine y
Lieutenant & un- Sous-
Lieutenant , &
compofée
de quatre
Maréchaux -des- Logis , un Fourrier ,
huit
Brigadiers , huit
Carabiniers , trente- deux
Cavaliers & un
Trompette , tous montés . Ille-
Ta créé dans chacun des trente
Régimens de Cavalerie
deux charges de Sous -Aide Major & une
place de Tréforier ; il fera
pareillement établi
un
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
un Quartier- Maître dans chaque Régiment & un
Porte- Etendard par chaque Elcadron . Les difpofitions
qui regardent le choix , les rangs & les fon
Aions des Officiers , la police & la difcipline , l'adminiftration
de la caifle , le terme des engagemens
& des congés , &c , font les mêmes que
celles qui ont été établies pour l'Infanterie . Sa
Majeſté a auffi réglé une paye de paix & une
paye de guerre pour les troupes de fa Cavalerie
de la manière fuivante.
Compagnies. A chaque Capitaine , 2000 livres
par an en paix , & 3600 livres en guerre. Au
Capitaine Lieutenant des Compagnies Meſtrede
- Camp des Régimens du Meftre- de- Camp
Général & du Commiflaire- Général. A chaque
Lieutenant & au Sous- Lieutenant de la Compagnie
du Colonel- Général , 900 livres en paix &
1200 livres en guerre. A chacun des Cornettes
& Sous- Lieutenant des Compagnies du Colonel-
Général de Meftre- de- Camp- Général & du Commiffaire-
Général , 675 livres en paix & 900 livres
en guerre. A chaque Sous- Lieutenant , 600 livres
en paix & 800 livres en guerre. A chaque
Maréchal des Logis , 234 livres en paix & 270
livres en guerre. Au Fourrier , 216 livres en paix
>
252 livres en guerre. A chaque Brigadier
144 livres en paix & 180 livres en guerre. A
chaque Carabinier , 135 livres en paix & 171 livres
en guerre. A chaque Cavalier , Timbalier
ou Trompette , 126 livres en paix & 162 livres
en guerre.
Etat-Major. Au Meftre- de-Camp , indépendamment
de fes appointemens de Capitaine ,
2500 livres en paix & 3000 livres , en guerre.
A Chacun des Meftres-de- Camp- Commandans
des Régimens de Meftre- de-Camp- Général ,
AVRIL. 1763. 197
1
Commiffaire- Général & du Régiment Royal-
Allemand , 2500 livres en paix & 3000 livres
en guerre . Au Lieutenant- Colonel , indépendamment
de les appointemens de Capitaine , 1600 li
vres en paix & 1800 livres en guerre. Au Major
, 3000 livres en paix & 4500 livres en guerre.
A chaque Aide-Major , avec commiffion de Capitaine
, 1800 livres en paix & 3000 livres en
guerre. A chaque Aide- Major , fans commiffion
de Capitaine , 1500 livres en paix & 2000
livres en guerre. A chaque Sous - Aide - Major
1000 livres en paix & 1200 livres en guerre.
Au Quartier- Maître , 600 livres en paix & 800
livres en guerre. A chaque Porte- Etendard ,
480 livres en paix & 540 livres en guerre . Au-
Tréforier , 2000 livres en paix ,
& 3000 livres
en guerre . A l'Aumônier , 720 livres en temps
de guerre ſeulement. Au Chirurgien , 720 livres
en temps de guerre feulement .
Sa Majefte veut que la paye de guerre ne
foit donnée qu'à ceux defdits Régimens qui ferviront
en campagne , à commencer du jour de
leur arrivée à l'armée , juſqu'à celui de leur départ
de l'armée pour rentrer dans le Royaume ;
& que ceux qui demeureront en garniſon dans
le Royaume pendant la guerre ne touchent que
la paye réglée pour le temps de paix. Sa Majefté
établit les moyens de parvenir à la nouvelle
compofition & à la réforme preſcrites.
Cette Ordonnance eft terminée par un état de
l'uniforme réglé par le Roi pour l'habillement
& équipement des Régimens de fa Cavalerie.
Il paroît auffi trois autres Ordonnances du Roi.
Par la premiere , en date du 12 Décembre
1762 , & portant réduction dans les trente Compagnies
du Régiment des Gardes Françoiſes , Sa
ཙྩ
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
Majefté ordonne que ces trente Compagnies 3
qui font actuellement compofées de cent quarante
hommes , feront réduites au nombre de
cent vingt- fix , y compris fix Sergens , trois
Caporaux , neufAnfpeffades , quatre Tambours ,
& cent quatre Fusiliers .
Par la feconde & la troifiéme , du 21 du
même mois , Sa Majesté réforme la Compagnie
des Volontaires de Cambefort & le Régiment
de Cavalerie Allemande deNaffau-Wfingen.
Il paroît une Ordonnance du Roi , datée du 21 .
Décembre 1762 concernant les Régimens d'Infanterie
Irlandoife . Suivant cette Ordonnance , Sa
Majeſté conferve fur pied les Régimens de Bulkeley
, Clare , Dillon , Rothe & de Berwick ; le Régiment
Royal- Ecoffois & ceux d'Ogilvy & de Lally
feront fupprimés & incorporés dans les cinq qui
feront confervés , & dont chacun formera un bataillon
divifé en une Compagnie de Grenadiers
& huit de Fufiliers ; chacune des compagnies de
Grenadiers fera commandée en tout temps , ainfi
que chaque compagnie de Fufiliers , par un Capitaine
, un Lieutenant & un Sous - Lieutenant.
Celles des Grenadiers feront compofées chacune
de deux Sergens , d'un Fourrier, quatre Caporaux,
quatre Appointés , quarante Grenadiers , & d'un
Tambour ; celles des Fufiliers , en temps de paix ,
de quatre Sergens , d'un Fourrier , de huit Caporaux
, huit Appointés , quarante Fufiliers & de
deux Tambours : il fera créé dans chaque Régiment
un Sous-Aide- Major , un Tréſorier ,
Quartier-Maître, deur Porte -Drapeaux , un Tambour-
Major. Il continuera d'être entretenu un
Colonel en fecond dans le Régiment de Dillon .
Les difpofitions qui ont été établies pour l'Infanterie
& la Cavalerie Françoiſes feront exactement
fuivies relativement au choix , aux rangs & aux
un
AVRIL. 1763 . 199
fonctions des Officiers , à la police & à la difcipline
, ainfi qu'à l'adminiftration de la caiffe ,
&c. La paye de paix & la paye de guerre feront
réglées de la manière fuivante , & avec les mêmes
claufes que celles portées dans les précédentes
Ordonnances de Sa Majesté.
Compagnies de Grenadiers . A chaque Capitaine
, 2000 en paix , & 3000 livres ¿en guerre ;
au Lieutenant 900 livres en paix , & 1200 livres
en guerres au Sous-Lieutenant 500 livres
en paix , & 900 livres en guerre ; à chaque Sergent
, 222 livres en paix , & 228 livres en guerre ;
au Fourrier , 180 livres en paix , & 186 livres
en guerre à chaque Caporal , 156 livres en
paix , & 162 livres en guerre ; à chaque appointé ,
138 livres en paix , & 144 livres en guerre ; à
chaque Grenadier & au Tambour , 120 livres en
paix & 126 livres en guerre.
>
Compagnies de Fufilters . Au Capitaine , 1800
livres en paix , & 2400 livres en guerre au
Lieutenant 600 livres en paix , & 1000 en
guerres au Sous - Lieutenant 540 livres en
paix , & 800 livres en guerre à chaque Sergent
204 livres en paix , & 210 livres en guerre ,
au Fourrier , 162 livres en paix , & 168 en
guerre à chaque Caporal , 138 livres en paix .
& 144 livres en guerres à chaque Appointé
120 livres en paix 126 livres en guerres à cha-,
que Fufilier ou Tambour , 102 livres en paix
& 108 livres en guerre.
Etat-Major. Au Colonel , y compris les appointemens
de Capitaine , 12000 livres en tout
temps ; au Lieutenant colonel , indépendamment
de fes appointemens de Capitaine 1700.
livres en paix , & 3000 livres en guerre ; au
Major , 2880 livres en paix , & 4000 livres en
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
>
guerres à chaque Aide- Major , avec la commiffion
de Capitaine , 1800 livres en paix , &.
2400 livres en guerre ; à chaque Aide- Major ,
fans commiffion de Capitaine , 1200 livres en
paix , & 1860 livres én guerre ; à chaque Sous-
Aide- Major , 600 livres en paix , & 1200 livres
en guerres à chaque Porte- Drapeau , 450 livres
en paix , & 600 livres en guerre ; au Quartier-
Maître , 540 livres en paix & 800 livres en
guerres au Tréforier , 1200 livres en paix , &
2000 livres en guerre ; au Tambour- Major
252 livres en tout temps ; à l'Aumônier , soo
livres en paix , & 720 livres en guerre ; Au Chirurgien
, co livres en paix , & 720 livres en
guerre ; au Colonel en fecond du Régiment de
Dillon , 2400 liv . en paix , & 2880 liv . en guerre.
A
>
Les Officiers excédans le nombre préfcrit feront
reformés. Les Colonels qui feront dans ce cas
conferveront leurs appointemens en y comprenant
la gratification qui étoit attachée à leurs
charges. Les autres Officiers réformés & qui
feront étrangers , ou originaires Anglois , Ecoffois
& Irlandois , jouiront ; fçavoir , les Lieutenants-
Colonels , de 1800 livres de penſions
les Capitaines de Grenadiers de 1200 livres ; les
Capitaines de Fufiliers qui auront vingt ans de fervice
, & le Major , de 1050 livres ; les autres
Capitaines de Fufiliers , de 800 livres ; les Lieutenans
de 400 liv . & les Lieutenans en fecond
ou Enfeignes de 300 livres. Les Capitaines
ou Capitaines en fecond , qui feront François ,
jouiront en penfions fur le Tréfor Royal , s'ils
ont vingt ans de fervice , de 300 livres feulement.
Quant aux Lieutenans , Lieutenans en.
fecond ou Enfeignes qui feront François , its
fe retireront chez eux pour y attendre les em-
›
AVRIL. 1763.
201
plois auxquels Sa Majefté les deftine. Cette Ordonnance
eft terminée par un état de l'unifórme
réglé par Sa Majefté pour l'habillement
& équipement de ces cinq Régimens.
Fermer
Résumé : De PARIS, le 18 Février 1763.
En février 1763, l'Académie Royale des Sciences a proposé les sieurs Bailli et Jeaurat pour le poste d'Adjoint Astronome, vacant après le décès de l'Abbé de la Caille. Le roi les a nommés à condition que la première place vacante dans cette classe ne soit pas remplie. Le 10 février, le traité définitif de paix a été signé chez le duc de Bedford, ambassadeur de Grande-Bretagne, par les ambassadeurs ayant signé les préliminaires à Fontainebleau le 3 novembre précédent. Le sieur de Mello, ministre plénipotentiaire du roi de Portugal, a également signé l'acte d'accession au traité définitif. Le 29 janvier, le sieur Gor, commissaire général des fontes de l'Artillerie, a coulé en bronze à l'Arsenal la statue pédestre du roi destinée à la Place Royale de Reims. Cette statue, de onze pieds et demi, est de la composition de M. Pigalle. La fonte des deux figures de dix pieds pour le piédestal, réalisée le 20 novembre précédent, a également réussi. Le 25 janvier, le vingt-cinquième tirage de la loterie de l'Hôtel-de-Ville a eu lieu. Les lots gagnants étaient : 50 000 livres pour le numéro 53043, 20 000 livres pour le numéro 52638, et 10 000 livres pour les numéros 53005 et 58779. Le tirage de la loterie de l'École Royale Militaire a également eu lieu, avec les numéros sortis : 19, 30, 3, 42, 18. Le prochain tirage est prévu pour mars. Le roi a décidé de réformer son bras militaire. Une ordonnance pour la cavalerie, datée du 21 décembre 1762, a été publiée. Elle conserve les trente régiments de cavalerie existants et supprime la place de maréchal-des-logis, remplacée par quatre maréchaux-des-logis par compagnie. Les soldes de paix et de guerre ont été réglées pour chaque grade. Trois autres ordonnances royales ont été publiées : une pour réduire les compagnies du régiment des Gardes Françaises à 126 hommes, et deux pour réformer la compagnie des Volontaires de Cambefort et le régiment de cavalerie allemande de Nassau-Weissen. Une ordonnance concernant les régiments d'infanterie irlandaise a également été publiée. Elle conserve les régiments de Bulkeley, Clare, Dillon, Rothe et de Berwick, et supprime les régiments Royal-Écossais, Ogilvy et de Lally, qui sont incorporés dans les cinq régiments conservés. Les soldes de paix et de guerre ont été réglées pour chaque grade. Les officiers excédentaires seront réformés et recevront des pensions selon leur grade et leur ancienneté.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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34
p. 206-211
DE PARIS, le 18 Mars 1763.
Début :
Le Comte de Monteynard, Enseigne de la seconde Compagnie des Mousquetaires, ayant [...]
Mots clefs :
Comte, Compagnie des Mousquetaires, Statue du roi, Place, Piédestal, Ordonnances du roi, Compagnies, Réduction, Grenadiers, Officiers réformés, Régiment, Infanterie, Dragons, Colonel, Général, Soldes, Paix, Guerre, Soldats, Pensions militaires, Congé, Archevêque, Duc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 18 Mars 1763.
DE PARIS. , le 18 Mars 1763.
Le Comte de Monteynard , Enſeigne de la
feconde Compagnie des Moufquetaires , ayant
obtenu du Roi la permifion de fe démettre de
cet emploi , Sa Majesté a diſpoſé de la cornette
vacante en faveur du Marquis du Hallay , Capitaine
au Régiment Royal- Etranger , Cavalerie.
Le 17 du mois dernier , fur les huit heures
du matin , le Statue du Roi , que Sa Majesté
a permis à la Ville de Paris de lui ériger , &
qui a été fondue fur le modéle du feu Sieur
Bouchardon , a commencé d'être conduite de
l'Attelier vers la place où elle doit être poſée ;
on avoit eu la précaution de la renfermer dans
une cage de charpente roulante ; par le moyen
< de Vindas & de mains d'hommes , on lui a fait
parcourir , dans l'espace de trois jours , le chemin
qu'elle avoit à tenir depuis la fortie de
l'Attelier , hors de la barrière du Fauxbourg
du Roule , jufqu'à la Place de Louis XV , en
lui faifant fuivre toute la rue dudit Fauxbourgi
& le 23 elle a été établie fur fon piedeſtal , aux
acclamations d'un grand concours de peuple.
Le fervice s'eft fait en préfence du Duc de Chevreuſe
, Gouverneur de Paris , du Prévôt des
Marchands & du Bureau de la Ville , avec tout
le fuccès que l'on pouvoit attendre des ſoins & de
l'intelligence des différentes perfonnes qui y
cétoient proposées , & en particulier du fieur
3
16
·M A 1. 1763. 207
2
'Herbette , Maître Charpentier à S. Denis , Entrepreneur
des Ponts & Chauffées & des Bâtimens
du Roi , Auteur des machines. En paffant devant
la porte de la maiſon où eft décédé le fieur Bouchardon
, on a fait une décharge de Canons &
de Boetes , pour honorer la mémoire d'un Ar
tifte fi excellent , qui par cet ouvrage immortel ,
s'eft afferé une gloire que la Nation partage
avec lui.
Il paroît quatre Ordonnances du Roi.
Par la première , en date du 21 Décembre dernier
,"Sa Majesté réduit à trente Compagnies les
quarante qui compofent actuellement le Régiment
des Carabiniers de Monfeigneur le Comte
de Provence. Les difpofitions qui concernent la
nouvelle compofition & la difcipline de ces Corps
font conformes à celles qui ont été établies par
P'Ordonnance de la Cavalerie.
Dans la feconde, du 20 Janvier 1763 , S. M.
réforme le Corps des Grenadiers- Royaux revenus
de la Martinique.
La troifiéme du 31 - da même mois , concerne
le traitement des Officiers réformés des Régimens
de Foix , de Boulonnois , de Quercy & d'Angoumois
, qui étoit de fervice à S. Domingue.
Par la quatrième , du même jour , S. M. réforme
les fx piquets d'Infanterie employés à S.
Domingue.
11 paroît encore quatres autres Ordonnances
du Roi datées du 21 Décembre dernier.
Par la première , concernant le Régiment
Royal- Italien , le Roi fupprime le Régiment d'In-
#fanterie Royal- Corfe dont les neuf Compagnies
feront incorporées dans le Régiment Royal d'Infanterie
Italienne , lequel , au n: oyen de cette inccorporation
, fera compofée de deux Bataillons."
208 MERCURE DE FRANCE.
Par la feconde , concernant les Régimens d'In
fanterie Allemande , Sa Majefté conferve fur pied
ceux d'Altace , d'Anhalt , la Marck , Royal- Bavière
, Royal - Suédois , Naffau , Royal - Deux- Ponts &
celui de Bouillon . Le Régiment d'Alface ne formera
plus que trois Bataillons ; chacun de ceux d'Anhalt
, la Marck , Royal- Bavière , Royal - Suédois ,
Naffau & Royal - Deux-Ponts ne feront compofés
que de deux , & celui de Bouillon d'un feulement
Le Bataillons excédens feront réformés & incorporés
dans ceux que Sa Majefté a jugé à propos
de conferver fur pied . Quant à ce qui concerne
la compofition des Bataillons & Compagnies ,
la création des nouvelles places , le choix & les
fonctions des Officiers , la paye de paix & de guerre
, le traitement des Officiers réformés , &c.
Les difpofitions de ces deux Ordonnances font
conformes à celles qui feront fuivies à l'égard de
l'Infanterie Françoife . Ces deux nouvelles Ordonnances
ont cela de particulier que S. M. accorde
un fol par jour avec une ration de pain aux
femmes des étrangers mariés qui voudront fervir
dans les fufdits Régimens ; mais ce traitement
n'aura lieu que tant qu'elles refteront au quartier
d'affemblée , & que leurs maris feront attachés
aux Régimens.
Par la troifiéme , Sa Majefté conferve fur
pied dix -fept Régimens de Dragons , fçavoir ,
Colonel - Général ; Meftrede Camp - Géné
ral , Royal , du Roi , de la Reine , Dauphin ,
Orléans , Bauffremont , Choifeul , d'Autichamp ,
Chabot , Coigny , Nicolaï , Chapt , Chabril
lant , Languedoc & Schomberg . Chacun de ces
Régimens fera compofé en tout temps de huit
compagnies celui de Schomberg confervera
les huit qui le compoſent ; & les feize de
MA I. 1763 . 208
shacun des autres Régimens feront doublées
pour n'en former également que huit. Chaque
compagnie fera compofée , en temps de paix
de quatre Maréchaux-des- Logis , un Fourrier ,
huit Brigadiers , huit Appointés , vingt-quatra
Dragons & un Tambour , formant quarante- fix
hommes , dont trente feront montés , & feize
refteront à pied. La paye de paix & de guerre.
eft fixée de la maniere fuivante,
COMPAGNIE S A chaque Capitaine ;
1800 livres en paix , & 3600 livres en guerre ;
à chaque Capitaine - Lieutenant des Compagnies ,
Colonel- Général & Meftre- de - Camp- Général , &
à chaque Lieutenant des autres Compagnies
800 livres en paix , & 1000 livres en guerres
au Sous- Lieutenant de la Compagnie du Colonel-
Général des Dragons , 600 livres en paix ,
& 800 livres en guerre ; au Cornette de ladite
Compagnie , 540 livres en paix , & 800 livres
en guerre ; au Sous- Lieutenant des autres Compagnies
, 500 livres en paix , & 800 livres en .
guerre à chaque Maréchal- des- Logis , 216
livres en paix , & 252 livres en guerre ; à chaque
Fourrier , 189 livres en paix , &-225 livres
en guerre ; à chaque Brigadier , 135 livres enpaix
, & 171 livres en guerre ; à chaque Appointé
, 126 livres en paix , & 162 livres en
guerre ; à chaque Dragon ou Tambour , 117
livres en paix , & 153 livres , en guerre. ETATMAJOR.
Au Meftre- de- Camp , y compris fes .
appointemens de Capitaine , 6000 livres en
paix , & 6600 livres en guerre; au Lieutenant-Colonel
, y compris fes appointemens de Capitai
ne , 3600 livres en paix , & 5400 livres en ½
guerre à chacun des Meftre- de- Camp en fe- ..
cond des Régimens du Meftre- de Camp Gé
210 MERCURE DE FRANCE.
néral , d'Orléans & de Schomberg , 2500 livres
en paix , & 3000 livres en guerre ; au Major ,
3000 livres en paix , & 4500 livres en guerre ;
à chaque Aide - Major , avec commiſſion de Capitaine
, 1800 livres en paix , & 3000 livres
en guerre à chaque Aide- Major , fans commillion
de Capitaine , 1500 livres en paix , &
2000 livres en guerre ; à chaque Sous - Aide-
Major , 1000 livres en paix , & 1200 livres en
guerre; au Quartier- Maître , 600 livres en paix ,
& 800 livres en guerre ; à chaque Porte - Guidon
, 480 livres en paix , & 540 livres en guerre
; au Tréforier , 2000 livres en paix , & 3.000
livres en guerre à l'Aumônier & au Chirurgien
, à chacun 720 livres en temps de guerre
feulement.
Les Capitaines réformés jouiront en penfion
fur le Tréfor Royal de soo livres ; les Lieutenans
, qui auront fervi dix ans , de 250 livres
; & les Cornettes , qui auront été Maréchaux-
des- Logis , de 150 livres. Quant aux Offi
ciers incorporés & réformés , à la fuite des Régimens
, ils fe retireront chez eux , & y toucheront
les appointemens qui leur ont été précédemment
accordés ; Sa Majesté ne voulant
plus entretenir d'Officiers incorporés ou réformés
à la fuite des Régimens de Dragons. Cette
* Ordonnance eft terminée par un état de l'uniforme
réglé par le Roi pour les Régimens cidefus.
Par la derniere , Sa Majesté conferve fur pied
les trois Régimens de Houflards de, Berchiny , de
Chamborant & de Royal - Naffau , dont chacun
fera composé de douze compagnies , formant
trois escadrons en temps de paix , & fix en
temps de guerre..Chaque compagnie fera comM
A I. 1763.
2.11
pofée de vingt- neuf hommes , dont dix monstés
, & dix -neuf à pied . Les Tymbales & Eten-.
dards de ces trois Régimens , ainfi que le Prevôt
qui eft dans le Régiment Royal - Nallau ,
feront fupprimés. Sa Majefté regle auffi pour
les Régimens confervés une paye de paix & une
paye de guerre , ainfi que l'uniforme de leur
habillement. L'Ordonnance de la Cavalerie fert
de regle aux deux nouvelles Ordonnances pour
ce qui concerne le choix , le rang & les fonctions
des Officiers , la fuppreffion de certaines
places , la création de nouvelles , l'adminiftration
de la caifle , le terme des engagemens &
la délivrance actuelle des congés , &c.
Le Comte de Taflo , jeune Seigneur Polonois ,
qui étoit en France depuis dix - huit mois , en est
reparti le deux de ce mois, pour retourner en Pologne
, après avoit eu l'honneur de prendre congé
de la Reine , qui luia marqué beaucoup de bonté.
Charles-Antoine de la Roche- Aymon Grand
Aumônier de France , ci-devant Archevêque de
Narbonne , aujourd'hui Archevêque de Rheims ,
& en cette qualité premier Pair Eccléfiaftique du
Royaume ; & le Duc de Sully , Prince d'Enrichemont
, ont été reçus le 14 de ce mois au Parlement,
& y ont pris féance en qualité de Pairs de
France. Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres ,
le Prince de Condé , le Prince de Conti , & le
Comte de la Marche , ont aſſiſté à leur récep-
Ation .
La fuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
Le Comte de Monteynard , Enſeigne de la
feconde Compagnie des Moufquetaires , ayant
obtenu du Roi la permifion de fe démettre de
cet emploi , Sa Majesté a diſpoſé de la cornette
vacante en faveur du Marquis du Hallay , Capitaine
au Régiment Royal- Etranger , Cavalerie.
Le 17 du mois dernier , fur les huit heures
du matin , le Statue du Roi , que Sa Majesté
a permis à la Ville de Paris de lui ériger , &
qui a été fondue fur le modéle du feu Sieur
Bouchardon , a commencé d'être conduite de
l'Attelier vers la place où elle doit être poſée ;
on avoit eu la précaution de la renfermer dans
une cage de charpente roulante ; par le moyen
< de Vindas & de mains d'hommes , on lui a fait
parcourir , dans l'espace de trois jours , le chemin
qu'elle avoit à tenir depuis la fortie de
l'Attelier , hors de la barrière du Fauxbourg
du Roule , jufqu'à la Place de Louis XV , en
lui faifant fuivre toute la rue dudit Fauxbourgi
& le 23 elle a été établie fur fon piedeſtal , aux
acclamations d'un grand concours de peuple.
Le fervice s'eft fait en préfence du Duc de Chevreuſe
, Gouverneur de Paris , du Prévôt des
Marchands & du Bureau de la Ville , avec tout
le fuccès que l'on pouvoit attendre des ſoins & de
l'intelligence des différentes perfonnes qui y
cétoient proposées , & en particulier du fieur
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·M A 1. 1763. 207
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'Herbette , Maître Charpentier à S. Denis , Entrepreneur
des Ponts & Chauffées & des Bâtimens
du Roi , Auteur des machines. En paffant devant
la porte de la maiſon où eft décédé le fieur Bouchardon
, on a fait une décharge de Canons &
de Boetes , pour honorer la mémoire d'un Ar
tifte fi excellent , qui par cet ouvrage immortel ,
s'eft afferé une gloire que la Nation partage
avec lui.
Il paroît quatre Ordonnances du Roi.
Par la première , en date du 21 Décembre dernier
,"Sa Majesté réduit à trente Compagnies les
quarante qui compofent actuellement le Régiment
des Carabiniers de Monfeigneur le Comte
de Provence. Les difpofitions qui concernent la
nouvelle compofition & la difcipline de ces Corps
font conformes à celles qui ont été établies par
P'Ordonnance de la Cavalerie.
Dans la feconde, du 20 Janvier 1763 , S. M.
réforme le Corps des Grenadiers- Royaux revenus
de la Martinique.
La troifiéme du 31 - da même mois , concerne
le traitement des Officiers réformés des Régimens
de Foix , de Boulonnois , de Quercy & d'Angoumois
, qui étoit de fervice à S. Domingue.
Par la quatrième , du même jour , S. M. réforme
les fx piquets d'Infanterie employés à S.
Domingue.
11 paroît encore quatres autres Ordonnances
du Roi datées du 21 Décembre dernier.
Par la première , concernant le Régiment
Royal- Italien , le Roi fupprime le Régiment d'In-
#fanterie Royal- Corfe dont les neuf Compagnies
feront incorporées dans le Régiment Royal d'Infanterie
Italienne , lequel , au n: oyen de cette inccorporation
, fera compofée de deux Bataillons."
208 MERCURE DE FRANCE.
Par la feconde , concernant les Régimens d'In
fanterie Allemande , Sa Majefté conferve fur pied
ceux d'Altace , d'Anhalt , la Marck , Royal- Bavière
, Royal - Suédois , Naffau , Royal - Deux- Ponts &
celui de Bouillon . Le Régiment d'Alface ne formera
plus que trois Bataillons ; chacun de ceux d'Anhalt
, la Marck , Royal- Bavière , Royal - Suédois ,
Naffau & Royal - Deux-Ponts ne feront compofés
que de deux , & celui de Bouillon d'un feulement
Le Bataillons excédens feront réformés & incorporés
dans ceux que Sa Majefté a jugé à propos
de conferver fur pied . Quant à ce qui concerne
la compofition des Bataillons & Compagnies ,
la création des nouvelles places , le choix & les
fonctions des Officiers , la paye de paix & de guerre
, le traitement des Officiers réformés , &c.
Les difpofitions de ces deux Ordonnances font
conformes à celles qui feront fuivies à l'égard de
l'Infanterie Françoife . Ces deux nouvelles Ordonnances
ont cela de particulier que S. M. accorde
un fol par jour avec une ration de pain aux
femmes des étrangers mariés qui voudront fervir
dans les fufdits Régimens ; mais ce traitement
n'aura lieu que tant qu'elles refteront au quartier
d'affemblée , & que leurs maris feront attachés
aux Régimens.
Par la troifiéme , Sa Majefté conferve fur
pied dix -fept Régimens de Dragons , fçavoir ,
Colonel - Général ; Meftrede Camp - Géné
ral , Royal , du Roi , de la Reine , Dauphin ,
Orléans , Bauffremont , Choifeul , d'Autichamp ,
Chabot , Coigny , Nicolaï , Chapt , Chabril
lant , Languedoc & Schomberg . Chacun de ces
Régimens fera compofé en tout temps de huit
compagnies celui de Schomberg confervera
les huit qui le compoſent ; & les feize de
MA I. 1763 . 208
shacun des autres Régimens feront doublées
pour n'en former également que huit. Chaque
compagnie fera compofée , en temps de paix
de quatre Maréchaux-des- Logis , un Fourrier ,
huit Brigadiers , huit Appointés , vingt-quatra
Dragons & un Tambour , formant quarante- fix
hommes , dont trente feront montés , & feize
refteront à pied. La paye de paix & de guerre.
eft fixée de la maniere fuivante,
COMPAGNIE S A chaque Capitaine ;
1800 livres en paix , & 3600 livres en guerre ;
à chaque Capitaine - Lieutenant des Compagnies ,
Colonel- Général & Meftre- de - Camp- Général , &
à chaque Lieutenant des autres Compagnies
800 livres en paix , & 1000 livres en guerres
au Sous- Lieutenant de la Compagnie du Colonel-
Général des Dragons , 600 livres en paix ,
& 800 livres en guerre ; au Cornette de ladite
Compagnie , 540 livres en paix , & 800 livres
en guerre ; au Sous- Lieutenant des autres Compagnies
, 500 livres en paix , & 800 livres en .
guerre à chaque Maréchal- des- Logis , 216
livres en paix , & 252 livres en guerre ; à chaque
Fourrier , 189 livres en paix , &-225 livres
en guerre ; à chaque Brigadier , 135 livres enpaix
, & 171 livres en guerre ; à chaque Appointé
, 126 livres en paix , & 162 livres en
guerre ; à chaque Dragon ou Tambour , 117
livres en paix , & 153 livres , en guerre. ETATMAJOR.
Au Meftre- de- Camp , y compris fes .
appointemens de Capitaine , 6000 livres en
paix , & 6600 livres en guerre; au Lieutenant-Colonel
, y compris fes appointemens de Capitai
ne , 3600 livres en paix , & 5400 livres en ½
guerre à chacun des Meftre- de- Camp en fe- ..
cond des Régimens du Meftre- de Camp Gé
210 MERCURE DE FRANCE.
néral , d'Orléans & de Schomberg , 2500 livres
en paix , & 3000 livres en guerre ; au Major ,
3000 livres en paix , & 4500 livres en guerre ;
à chaque Aide - Major , avec commiſſion de Capitaine
, 1800 livres en paix , & 3000 livres
en guerre à chaque Aide- Major , fans commillion
de Capitaine , 1500 livres en paix , &
2000 livres en guerre ; à chaque Sous - Aide-
Major , 1000 livres en paix , & 1200 livres en
guerre; au Quartier- Maître , 600 livres en paix ,
& 800 livres en guerre ; à chaque Porte - Guidon
, 480 livres en paix , & 540 livres en guerre
; au Tréforier , 2000 livres en paix , & 3.000
livres en guerre à l'Aumônier & au Chirurgien
, à chacun 720 livres en temps de guerre
feulement.
Les Capitaines réformés jouiront en penfion
fur le Tréfor Royal de soo livres ; les Lieutenans
, qui auront fervi dix ans , de 250 livres
; & les Cornettes , qui auront été Maréchaux-
des- Logis , de 150 livres. Quant aux Offi
ciers incorporés & réformés , à la fuite des Régimens
, ils fe retireront chez eux , & y toucheront
les appointemens qui leur ont été précédemment
accordés ; Sa Majesté ne voulant
plus entretenir d'Officiers incorporés ou réformés
à la fuite des Régimens de Dragons. Cette
* Ordonnance eft terminée par un état de l'uniforme
réglé par le Roi pour les Régimens cidefus.
Par la derniere , Sa Majesté conferve fur pied
les trois Régimens de Houflards de, Berchiny , de
Chamborant & de Royal - Naffau , dont chacun
fera composé de douze compagnies , formant
trois escadrons en temps de paix , & fix en
temps de guerre..Chaque compagnie fera comM
A I. 1763.
2.11
pofée de vingt- neuf hommes , dont dix monstés
, & dix -neuf à pied . Les Tymbales & Eten-.
dards de ces trois Régimens , ainfi que le Prevôt
qui eft dans le Régiment Royal - Nallau ,
feront fupprimés. Sa Majefté regle auffi pour
les Régimens confervés une paye de paix & une
paye de guerre , ainfi que l'uniforme de leur
habillement. L'Ordonnance de la Cavalerie fert
de regle aux deux nouvelles Ordonnances pour
ce qui concerne le choix , le rang & les fonctions
des Officiers , la fuppreffion de certaines
places , la création de nouvelles , l'adminiftration
de la caifle , le terme des engagemens &
la délivrance actuelle des congés , &c.
Le Comte de Taflo , jeune Seigneur Polonois ,
qui étoit en France depuis dix - huit mois , en est
reparti le deux de ce mois, pour retourner en Pologne
, après avoit eu l'honneur de prendre congé
de la Reine , qui luia marqué beaucoup de bonté.
Charles-Antoine de la Roche- Aymon Grand
Aumônier de France , ci-devant Archevêque de
Narbonne , aujourd'hui Archevêque de Rheims ,
& en cette qualité premier Pair Eccléfiaftique du
Royaume ; & le Duc de Sully , Prince d'Enrichemont
, ont été reçus le 14 de ce mois au Parlement,
& y ont pris féance en qualité de Pairs de
France. Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres ,
le Prince de Condé , le Prince de Conti , & le
Comte de la Marche , ont aſſiſté à leur récep-
Ation .
La fuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
Fermer
Résumé : DE PARIS, le 18 Mars 1763.
Le 18 mars 1763, le Comte de Monteynard, Enseigne des Mousquetaires, a obtenu la permission du Roi de démissionner. Le Marquis du Hallay, Capitaine au Régiment Royal-Étranger de Cavalerie, a été nommé pour le remplacer. Le 17 mars, la statue du Roi, fondue d'après le modèle du défunt Bouchardon, a été transportée de l'atelier à la Place de Louis XV. Installée sur son piédestal le 23 mars, elle a été acclamée par une grande foule en présence du Duc de Chevreuse et d'autres dignitaires. Le Maître Charpentier Herbette a supervisé les machines utilisées pour le transport. Quatre ordonnances royales ont été publiées. La première, datée du 21 décembre 1762, réduit le Régiment des Carabiniers de Monseigneur le Comte de Provence à trente compagnies. La deuxième, du 20 janvier 1763, réforme le Corps des Grenadiers-Royaux revenus de la Martinique. La troisième, du 31 janvier, concerne le traitement des officiers réformés des régiments de Foix, de Boulonnois, de Quercy et d'Angoumois, en service à Saint-Domingue. La quatrième réforme les six piquets d'infanterie employés à Saint-Domingue. Quatre autres ordonnances, datées du 21 décembre 1762, ont également été publiées. La première supprime le Régiment d'Infanterie Royal-Corse et incorpore ses compagnies dans le Régiment Royal d'Infanterie Italienne. La deuxième conserve plusieurs régiments d'infanterie allemande et réforme les bataillons excédentaires. La troisième conserve dix-sept régiments de Dragons et réforme leur composition et leur paye. La quatrième conserve trois régiments de Houzards et réforme leur composition et leur paye. Le Comte de Tarslo, un jeune seigneur polonais, a quitté la France le 2 mars pour retourner en Pologne après avoir pris congé de la Reine. Charles-Antoine de la Roche-Aymon, Grand Aumônier de France et Archevêque de Reims, et le Duc de Sully ont été reçus au Parlement le 14 mars et y ont pris séance en qualité de Pairs de France. Le Duc d'Orléans, le Duc de Chartres, le Prince de Condé, le Prince de Conti et le Comte de la Marche ont assisté à leur réception.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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35
p. 169-174
Suite des Nouvelles de VERSAILLES.
Début :
Le Roi ayant reconnu que la constitution solide qu'il veut donner à ses Troupes, [...]
Mots clefs :
Constitution, Ordonnance, Provinces, Régiments, Royaume, Compagnies, Capitaine, Paix, Commandant, Service, Duc, Commissaire, Incendie, Opéra, Académie royale, Église, Village, Loterie, Tirage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles de VERSAILLES.
Suite des Nouvelles de VERSAILLES.
L. Roi ayant reconnu que la conftitution ſolide
qu'il veut donner à fes Troupes , dépend
du premier choix des hommes qui la compoſent ,
a rendu une Ordonnance , datée du premier
Fevrier 1763 , par laquelle Sa Majesté établit
trente & un Régimens de recrue d'un Bataillon
, dans les Provinces de Picardie , de Champagne
, de Rouen , de Caen , d'Alençon , de
Moulins , d'Auvergne , de Flandre & d'Artois ,
de Montauban , d'Auch , de Bordeaux , de Poitiers
, de Lyonnois , de la Rochelle , de Tours,
du Dauphiné , de Paris , de Soiffons , de Limoges
, d'Orléans , de Bretagne , du Pays Melfin
, de Bourges , du Haynaut , d'Alface , de
Rouffillon , du Duché de Bourgogne , de Languedoc
, du Comté de Bourgogne , de la Provence
& de la Lorraine ; & un Régiment de
deux Bataillons de la Ville de Paris ; ces Régimens
feront défignés fous les noms des principales
Villes ou Généralités , & marcheront
entre eux fuivant le rang dans lequel ils font
infcrits ci-après : fçavoir , Régime nt d'Abbeville ,
de Châlons , de Rouen , de Caen , d'Alençon
de Moulins , de Riom , de Lille , de Montauban
, d'Auch , de Bordeaux , de Poitiers , de
Lyon , de la Rochelle , de Tours , de Gre noble
II. Vol.
H
170 MERCURE DE FRANCE .
de Sens , de Soiffons , de Limoges , de Blois ,
de Rennes , de Metz , de Bourges , de Valen
ciennes de Strasbourg , de Perpignan , de Dijon
, de Toulouſe de Befançon , d'Aiz , de
Nancy , & de la Ville de Paris . Chaque Régiment
fera compofé de huit Compagnies , lefquelles
feront commandées chacune , en temps de
paix , par un Capitaine & un Lieutenant , &
compofées de deux Sergens , quatre Caporaux ,
quatre Appointés & un Tambour , & d'un nombre
égal d'hommes proportionnément à celui
dont Sa Majefté aura ordonné chaque année
la levée dans chaque Département ; lefquels
feront exercés dans des quartiers particuliers ,
& mis par-là en état de remplacer les hommes
qui manqueront dans les Troupes de Sa Majefté.
En temps de guerre , chaque Compagnie
fera commandée par un Capitaine , un Lieutenant
& un Sous-Lieutenant , & compofé de quatre
Sergens , d'un Fourrier , de huit Caporaux , de
huit Appointés , un Tambour & d'autant d'hom❤
mes que les circonftances les requerront. Les
Officiers de ces Régimens feront choifis parmi
ceux qui viennent d'être réformés à l'occaſion
de la Paix , lefquels , en ce cas , & du jour
qu'ils recevront les appointemens , cefferont de
jouir des penfions de réforme qu'ils pourroient
avoir obtenues. Chaque Compagnie fera payée,
fur le pied fuivant ; à chaque Capitaine , 1080
1. par an ; à chaque Lieutenant , 450 1. à chaque,
Sous-Lieutenant , 360 1. à chaque Fourrier , 162 l.,
à chaque Caporal , 138 1. à chaque Appointé, 120.
1. à chaque homme , 102 l. au Tambour, 138.
1. ETAT-MAJOR. Au Commandant de chaque ,
Régiment , 1800 1. à l'Aide- Major , 1080l . au
Sous-Aide-Major, 450 1. au Chirurgien, 300 1. Le
JUILLET. 1763. 171
Lieutenant Général de Police de la Ville de Paris,
pour ce qui rgarde le Régiment de cette Ville ,
& les Intendans des Provinces , feront chargés fupérieurement
de la levée detdits Régimens , de
laquelle ils rendront compte au Secrétaire d'Etat
ayant le Département de la Guerre : ils établiront
à cet effet , un dépôt particulier dans leur Département.
Il y aura dans chaque Ville , Bourg
ou Village dépendant de chaque Généralité , des
prépofés à l'enrôlement & un prépofé principal
dans le chef- lieu où fera établi le dépôt parti
culier. Ces préposés n'employeront , pour les
enrôlemens , ni féduction , ni violence , ni fu
percherie , & n'admettront que des hommes de
dix-fept ans accomplis jufqu'à quarante pendant
la paix , & de l'âge de dix - huit jufqu'à quarante
cinq ans pendant la guerre , de la taille de
cinq pieds un pouce au moins en temps de guer
re , & de cinq pieds deux pouces en temps de
paix. Le temps de fervice fera de huit années ,
pendant lefquelles ils ne pourront s'abfenter fans
congé de leur troupe , à peine d'être pourful
vis & punis comme déferteurs ; & à l'expiration
deſdites huit années , ils auront leurs congés abfolus
en temps de guerre comme en temps de
paix. Si quelqu'un d'entr'eux eft admis à renouveller
fon engagement , il aura pour prix de ce
fecond engagement , fçavoir , 30 liv. à l'expiration
du premier, & 30 1. au commencement de
la cinquième année du fecond. Ces Régimen's fe
conformeront en tout aux Ordonnances concernant
l'Infanterie , mais ils ne feront alujettis ,
en temps de paix , à d'autre fervice qu'à celui
de fournir une garde de Police dans l'intérieur de
leur quartier. Lorfque des hommes de recrue
feront envoyés aux Régimens qui en auront be- ›
€
3
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
foin , il fera adreffé au Commandant du REgiment
de recrue les routes néceffaires pour
conduire lefdits hommes à leur deſtination . Cette
Ordonnance contient plufieurs autres difpofitions
particulieres , concernant le fervice , la dif
cipline , l'habillement , &c. de ces nouveaux Régimens.
Le Duc de Bedfort eft parti d'ici le 9 de ce
mois , pour le rendre en Angleterre. La commiflion
établie au Châtelet pour l'affaire du Canada
, a commencé fes Séances le 7 , pour le
jugement de cette affaire , au rapport du fieur
Dupont , Confeiller au Châtelet , Commiffaire-
Rapporteur de ce Procès.
Le 6 , entre les onze heures & midi , le feu prit
à la falle de l'Opéra & fe communiqua avec une
violence extrême à la partie du bâtiment qui tient
au Palais Royal. L'incendie fit en peu de temps
les plus terribles progrès , & la falle fut prèfque
confumée avant nême qu'il eût été poffible d'apporter
aucun fecours. Bientôt l'aîle de la première
Cour du Palais fut embrafée. Le feu fe communiquoit
au corps du bâtiment neuf & à celui qui
partage les deux cours ; & ce nefut que vers les
quatre heures qu'on parvint à arrêter le progrès
des flammes en mettant bas la charpente par laquelle
l'incendie eût infailliblement gagné l'appartement
du Duc d'Orléans, Le premier foin
dont on s'eft occupé à été d'enlever les Archives
& de mettre en fûreté la collection précieufe
des Tableaux du Palais Royal . Les Cours
& les Jardins de ce Palais étoient remplis de
meubles & d'effets tant du Duc d'Orléans que
des perfonnes qui lui font attachées & dont les
logemens étoient menacés d'embrâſement. Le
comble du grand efcaljer s'eft écroulé vers une
JUILLET. 1763. 173
:
heure & demie heureufement perfonne n'y a
péri. A neuf heures & demie du foir , toure
communication du feu a été coupée . Le foyer
n'étoit plus que dans les machines du Théâtre
de l'Opéra . Le Maréchal Duc de Biron , le
Duc de Chevreufe , le Prévôt des Marchands ,
le Lieutenant de Police , fe font tranfportés fur
le lieu , & ont donné tous les ordres néceffaires.
Les Gardes Françoifes & Suiffes , les Gens de
Police , des Religieux de différens Ordies , &
furtout les Peres Capucins fe font diftingués
par le zèle le plus courageux , par le travail
le plus infatigable. On ne tardera pas à conſtruire
une nouvelle Salle pour l'Opéra ; mais en attendant
, il paroît décidé que l'Académie Royale de
Mufique donnera fes repréſentations au Palais des
Thuilleries fur le Théâtre des machines qu'on
va difpofer pour cet objet.
Le 12 du mois dernier , il y eut à Effoyes
fur l'Ourſe , en Champagne , un incendie confidérable
qui , en moins de cinq heures , réduifit
en cendres deux cens foixante- dix maiſons .
Meubles , effets , denrées , proviſions , près de
de quatorze mille muids , tant de vin que d'eau
de vie , deux troupeaux confidérables de bêtes
à cornes , tour a été confumé : l'Eglife & le
Clocher ont été entiérement détruits , & les Cloches
fondues. Il ne refte fur pied dans tout le
Village que trente & une maiſons. Quatre perfonnes
ont péri dans les flâmes , & quatre autres
font mortes des impreffions du feu. Cet
accident réduit à la dernière mifère douze cens
perfonnes.
Dans la nuit du 12 au 13 , le feu a pris auffi
à une maison du Fauxbourg de Vervins en Thiéraches
, & le progrès des flammes a été fi rapide
H iij
174 MERCURE DE FRANCE .
qu'en quatre heures de temps elles ont confumé
tout ce Fauxbourg & un autre adjacent. Soixantedix
Maifons , neuf Granges pleines , fix Ecuries
particulières , & cinq Tanneries ont été détruites
, ainsi que les Meubles , Grains , Fourages ,
Beftiaux , Marchandifes , & autres effets qui y
étoient renfermés , & quatre perfonnes ont péri
dans les flammes.
Le 12 encore , le feu a pris au Village de Ste
Marie à Py , Election de Retel - Mazarin. Les
flammes étant excitées par la violence du Vent ,
confumèrent en peu de tems vingt - fept Maifons ,
trente & une Granges , & quatre-vingt- trois autres
petits Bâtimens, avec les meubles , les grains
& les provifions qui s'y trouvoient. Trente- cinq
Familles , dont treize de Laboureurs , le trouvent
par cet affreux événement fans habitation &
fans pain.
-
Le vingt - feptiéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel de Ville s'eft fait le 24 Mars , en la
manière accoutumée . Le Lot de cinquante-mille
livres eft échu au numero 98886 , celui de
vingt mille livres au numéro 98 09 , & les
deux de dix mille livres aux numéros 85968 &
97960.
Le 6 de ce mois , on a tiré la Loterie de l'École-
Royale-Militaire. Les numéros fortis de la roue
de fortune , font , 86 , 61 , 2 , 14.7. Le prom
chain tirage fe fera les Mai .
L. Roi ayant reconnu que la conftitution ſolide
qu'il veut donner à fes Troupes , dépend
du premier choix des hommes qui la compoſent ,
a rendu une Ordonnance , datée du premier
Fevrier 1763 , par laquelle Sa Majesté établit
trente & un Régimens de recrue d'un Bataillon
, dans les Provinces de Picardie , de Champagne
, de Rouen , de Caen , d'Alençon , de
Moulins , d'Auvergne , de Flandre & d'Artois ,
de Montauban , d'Auch , de Bordeaux , de Poitiers
, de Lyonnois , de la Rochelle , de Tours,
du Dauphiné , de Paris , de Soiffons , de Limoges
, d'Orléans , de Bretagne , du Pays Melfin
, de Bourges , du Haynaut , d'Alface , de
Rouffillon , du Duché de Bourgogne , de Languedoc
, du Comté de Bourgogne , de la Provence
& de la Lorraine ; & un Régiment de
deux Bataillons de la Ville de Paris ; ces Régimens
feront défignés fous les noms des principales
Villes ou Généralités , & marcheront
entre eux fuivant le rang dans lequel ils font
infcrits ci-après : fçavoir , Régime nt d'Abbeville ,
de Châlons , de Rouen , de Caen , d'Alençon
de Moulins , de Riom , de Lille , de Montauban
, d'Auch , de Bordeaux , de Poitiers , de
Lyon , de la Rochelle , de Tours , de Gre noble
II. Vol.
H
170 MERCURE DE FRANCE .
de Sens , de Soiffons , de Limoges , de Blois ,
de Rennes , de Metz , de Bourges , de Valen
ciennes de Strasbourg , de Perpignan , de Dijon
, de Toulouſe de Befançon , d'Aiz , de
Nancy , & de la Ville de Paris . Chaque Régiment
fera compofé de huit Compagnies , lefquelles
feront commandées chacune , en temps de
paix , par un Capitaine & un Lieutenant , &
compofées de deux Sergens , quatre Caporaux ,
quatre Appointés & un Tambour , & d'un nombre
égal d'hommes proportionnément à celui
dont Sa Majefté aura ordonné chaque année
la levée dans chaque Département ; lefquels
feront exercés dans des quartiers particuliers ,
& mis par-là en état de remplacer les hommes
qui manqueront dans les Troupes de Sa Majefté.
En temps de guerre , chaque Compagnie
fera commandée par un Capitaine , un Lieutenant
& un Sous-Lieutenant , & compofé de quatre
Sergens , d'un Fourrier , de huit Caporaux , de
huit Appointés , un Tambour & d'autant d'hom❤
mes que les circonftances les requerront. Les
Officiers de ces Régimens feront choifis parmi
ceux qui viennent d'être réformés à l'occaſion
de la Paix , lefquels , en ce cas , & du jour
qu'ils recevront les appointemens , cefferont de
jouir des penfions de réforme qu'ils pourroient
avoir obtenues. Chaque Compagnie fera payée,
fur le pied fuivant ; à chaque Capitaine , 1080
1. par an ; à chaque Lieutenant , 450 1. à chaque,
Sous-Lieutenant , 360 1. à chaque Fourrier , 162 l.,
à chaque Caporal , 138 1. à chaque Appointé, 120.
1. à chaque homme , 102 l. au Tambour, 138.
1. ETAT-MAJOR. Au Commandant de chaque ,
Régiment , 1800 1. à l'Aide- Major , 1080l . au
Sous-Aide-Major, 450 1. au Chirurgien, 300 1. Le
JUILLET. 1763. 171
Lieutenant Général de Police de la Ville de Paris,
pour ce qui rgarde le Régiment de cette Ville ,
& les Intendans des Provinces , feront chargés fupérieurement
de la levée detdits Régimens , de
laquelle ils rendront compte au Secrétaire d'Etat
ayant le Département de la Guerre : ils établiront
à cet effet , un dépôt particulier dans leur Département.
Il y aura dans chaque Ville , Bourg
ou Village dépendant de chaque Généralité , des
prépofés à l'enrôlement & un prépofé principal
dans le chef- lieu où fera établi le dépôt parti
culier. Ces préposés n'employeront , pour les
enrôlemens , ni féduction , ni violence , ni fu
percherie , & n'admettront que des hommes de
dix-fept ans accomplis jufqu'à quarante pendant
la paix , & de l'âge de dix - huit jufqu'à quarante
cinq ans pendant la guerre , de la taille de
cinq pieds un pouce au moins en temps de guer
re , & de cinq pieds deux pouces en temps de
paix. Le temps de fervice fera de huit années ,
pendant lefquelles ils ne pourront s'abfenter fans
congé de leur troupe , à peine d'être pourful
vis & punis comme déferteurs ; & à l'expiration
deſdites huit années , ils auront leurs congés abfolus
en temps de guerre comme en temps de
paix. Si quelqu'un d'entr'eux eft admis à renouveller
fon engagement , il aura pour prix de ce
fecond engagement , fçavoir , 30 liv. à l'expiration
du premier, & 30 1. au commencement de
la cinquième année du fecond. Ces Régimen's fe
conformeront en tout aux Ordonnances concernant
l'Infanterie , mais ils ne feront alujettis ,
en temps de paix , à d'autre fervice qu'à celui
de fournir une garde de Police dans l'intérieur de
leur quartier. Lorfque des hommes de recrue
feront envoyés aux Régimens qui en auront be- ›
€
3
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
foin , il fera adreffé au Commandant du REgiment
de recrue les routes néceffaires pour
conduire lefdits hommes à leur deſtination . Cette
Ordonnance contient plufieurs autres difpofitions
particulieres , concernant le fervice , la dif
cipline , l'habillement , &c. de ces nouveaux Régimens.
Le Duc de Bedfort eft parti d'ici le 9 de ce
mois , pour le rendre en Angleterre. La commiflion
établie au Châtelet pour l'affaire du Canada
, a commencé fes Séances le 7 , pour le
jugement de cette affaire , au rapport du fieur
Dupont , Confeiller au Châtelet , Commiffaire-
Rapporteur de ce Procès.
Le 6 , entre les onze heures & midi , le feu prit
à la falle de l'Opéra & fe communiqua avec une
violence extrême à la partie du bâtiment qui tient
au Palais Royal. L'incendie fit en peu de temps
les plus terribles progrès , & la falle fut prèfque
confumée avant nême qu'il eût été poffible d'apporter
aucun fecours. Bientôt l'aîle de la première
Cour du Palais fut embrafée. Le feu fe communiquoit
au corps du bâtiment neuf & à celui qui
partage les deux cours ; & ce nefut que vers les
quatre heures qu'on parvint à arrêter le progrès
des flammes en mettant bas la charpente par laquelle
l'incendie eût infailliblement gagné l'appartement
du Duc d'Orléans, Le premier foin
dont on s'eft occupé à été d'enlever les Archives
& de mettre en fûreté la collection précieufe
des Tableaux du Palais Royal . Les Cours
& les Jardins de ce Palais étoient remplis de
meubles & d'effets tant du Duc d'Orléans que
des perfonnes qui lui font attachées & dont les
logemens étoient menacés d'embrâſement. Le
comble du grand efcaljer s'eft écroulé vers une
JUILLET. 1763. 173
:
heure & demie heureufement perfonne n'y a
péri. A neuf heures & demie du foir , toure
communication du feu a été coupée . Le foyer
n'étoit plus que dans les machines du Théâtre
de l'Opéra . Le Maréchal Duc de Biron , le
Duc de Chevreufe , le Prévôt des Marchands ,
le Lieutenant de Police , fe font tranfportés fur
le lieu , & ont donné tous les ordres néceffaires.
Les Gardes Françoifes & Suiffes , les Gens de
Police , des Religieux de différens Ordies , &
furtout les Peres Capucins fe font diftingués
par le zèle le plus courageux , par le travail
le plus infatigable. On ne tardera pas à conſtruire
une nouvelle Salle pour l'Opéra ; mais en attendant
, il paroît décidé que l'Académie Royale de
Mufique donnera fes repréſentations au Palais des
Thuilleries fur le Théâtre des machines qu'on
va difpofer pour cet objet.
Le 12 du mois dernier , il y eut à Effoyes
fur l'Ourſe , en Champagne , un incendie confidérable
qui , en moins de cinq heures , réduifit
en cendres deux cens foixante- dix maiſons .
Meubles , effets , denrées , proviſions , près de
de quatorze mille muids , tant de vin que d'eau
de vie , deux troupeaux confidérables de bêtes
à cornes , tour a été confumé : l'Eglife & le
Clocher ont été entiérement détruits , & les Cloches
fondues. Il ne refte fur pied dans tout le
Village que trente & une maiſons. Quatre perfonnes
ont péri dans les flâmes , & quatre autres
font mortes des impreffions du feu. Cet
accident réduit à la dernière mifère douze cens
perfonnes.
Dans la nuit du 12 au 13 , le feu a pris auffi
à une maison du Fauxbourg de Vervins en Thiéraches
, & le progrès des flammes a été fi rapide
H iij
174 MERCURE DE FRANCE .
qu'en quatre heures de temps elles ont confumé
tout ce Fauxbourg & un autre adjacent. Soixantedix
Maifons , neuf Granges pleines , fix Ecuries
particulières , & cinq Tanneries ont été détruites
, ainsi que les Meubles , Grains , Fourages ,
Beftiaux , Marchandifes , & autres effets qui y
étoient renfermés , & quatre perfonnes ont péri
dans les flammes.
Le 12 encore , le feu a pris au Village de Ste
Marie à Py , Election de Retel - Mazarin. Les
flammes étant excitées par la violence du Vent ,
confumèrent en peu de tems vingt - fept Maifons ,
trente & une Granges , & quatre-vingt- trois autres
petits Bâtimens, avec les meubles , les grains
& les provifions qui s'y trouvoient. Trente- cinq
Familles , dont treize de Laboureurs , le trouvent
par cet affreux événement fans habitation &
fans pain.
-
Le vingt - feptiéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel de Ville s'eft fait le 24 Mars , en la
manière accoutumée . Le Lot de cinquante-mille
livres eft échu au numero 98886 , celui de
vingt mille livres au numéro 98 09 , & les
deux de dix mille livres aux numéros 85968 &
97960.
Le 6 de ce mois , on a tiré la Loterie de l'École-
Royale-Militaire. Les numéros fortis de la roue
de fortune , font , 86 , 61 , 2 , 14.7. Le prom
chain tirage fe fera les Mai .
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Résumé : Suite des Nouvelles de VERSAILLES.
En février 1763, le roi de France a émis une ordonnance visant à renforcer les troupes en créant trente-et-un nouveaux régiments de recrues, chacun composé d'un bataillon. Ces régiments portent les noms des principales villes ou généralités et sont organisés par ordre de rang. Chaque régiment est structuré en huit compagnies, dirigées par des officiers et des sous-officiers. Les effectifs varient selon les périodes de paix ou de guerre. Les officiers sont sélectionnés parmi ceux récemment réformés, ce qui entraîne la perte de leurs pensions de réforme. Les soldats doivent avoir entre 17 et 40 ans en temps de paix, et entre 18 et 45 ans en temps de guerre, avec une taille minimale de cinq pieds un pouce en temps de guerre et de cinq pieds deux pouces en temps de paix. Le service militaire dure huit ans, avec des congés absolus à l'expiration de cette période. Des dispositions spécifiques concernent le service, la discipline et l'habillement de ces nouveaux régiments. Par ailleurs, plusieurs incidents notables ont été rapportés. Le 6 juillet, un incendie a détruit une partie de l'Opéra et menacé le Palais Royal à Paris. Les secours ont permis de sauver les archives et les tableaux précieux. Le même mois, des incendies ont ravagé les villages d'Effoyes en Champagne, de Vervins en Thiérache, et de Sainte-Marie à Py, causant des destructions massives et des pertes humaines. Enfin, les résultats des tirages de la loterie de l'Hôtel de Ville et de l'École Royale Militaire ont été annoncés, avec des gains allant jusqu'à cinquante mille livres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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36
p. 127-128
HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Trente-huitiéme & trente-neuvième Traitement depuis son Etablissement.
Début :
Noms des Soldats. Compagnies. La Réjouissance, Pronleroy. La Fage, Rasilly. [...]
Mots clefs :
Hôpital, Duc de Biron, Louis-Antoine de Gontaut, Compagnies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Trente-huitiéme & trente-neuvième Traitement depuis son Etablissement.
HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON.
Trente-huitiéme & trente-neuvième Traitement depuis son Etablissement.
Noms des Soldats. Compagnies.
La Réjouissance, Pronleroy. La Fage, Rasilly.
La Fage ,
La Fortune ,
Goffray ,
Violet ,
Doré ,
Bar ,
127
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Le Febvre ,
Durs ,
Moter ,
Laverdure ,
Tardif ,
Clément ,
Julien ,
Dhalem ,
Compagnies.
Pronleroy.
Rafilly.
Pronleroy'
Dampierre.
Mithon .
Degraffe .
Pronleroy.
Dampierre.
Pronleroy.
Baudouin,
Dudreneuc
Dampierre.
Fiv
Villers.
Rafilly.
Viennay.
Viennay,
128 MERCURE DE FRANCE.
La Croix ,
Demoges,
Paben
Viennay.
Callem eau 9:
Viennay.
Ruelle
Demoges
Fauvel ,
Viennay.
Marc ,
Pronleroy.
Duval ,
Rafilly.
Lapierre ,
Viennay.
Robin ,
Coettrieu,
S. Etienne ,
Dudreneuc
Lamotte
Demoges
Marbré ,
Coettrieu.
Rouffeau ,
Viennay.
Croinier 2.
Demoges.
Ces 30 foldats ont été à l'ordinaire:
traités & guéris radicalement ; la plupart
étoient attaqués de maladies très - gra-
ves. Et onze d'entr'eux avoient été trai-
tés inutilement par les frictions.
Le nombre des foldats , cavaliers
& dragons traités & guéris jufqu'à ce
jour dans tous les Hôpitaux militaires
fe montent actuellement à 13244. Et il
paroît que plus on connoit & l'on fuit
les effets du reméde , plus la fatisfaction
devient générale.
Trente-huitiéme & trente-neuvième Traitement depuis son Etablissement.
Noms des Soldats. Compagnies.
La Réjouissance, Pronleroy. La Fage, Rasilly.
La Fage ,
La Fortune ,
Goffray ,
Violet ,
Doré ,
Bar ,
127
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Le Febvre ,
Durs ,
Moter ,
Laverdure ,
Tardif ,
Clément ,
Julien ,
Dhalem ,
Compagnies.
Pronleroy.
Rafilly.
Pronleroy'
Dampierre.
Mithon .
Degraffe .
Pronleroy.
Dampierre.
Pronleroy.
Baudouin,
Dudreneuc
Dampierre.
Fiv
Villers.
Rafilly.
Viennay.
Viennay,
128 MERCURE DE FRANCE.
La Croix ,
Demoges,
Paben
Viennay.
Callem eau 9:
Viennay.
Ruelle
Demoges
Fauvel ,
Viennay.
Marc ,
Pronleroy.
Duval ,
Rafilly.
Lapierre ,
Viennay.
Robin ,
Coettrieu,
S. Etienne ,
Dudreneuc
Lamotte
Demoges
Marbré ,
Coettrieu.
Rouffeau ,
Viennay.
Croinier 2.
Demoges.
Ces 30 foldats ont été à l'ordinaire:
traités & guéris radicalement ; la plupart
étoient attaqués de maladies très - gra-
ves. Et onze d'entr'eux avoient été trai-
tés inutilement par les frictions.
Le nombre des foldats , cavaliers
& dragons traités & guéris jufqu'à ce
jour dans tous les Hôpitaux militaires
fe montent actuellement à 13244. Et il
paroît que plus on connoit & l'on fuit
les effets du reméde , plus la fatisfaction
devient générale.
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37
p. 195-200
« Le 24 Février, l'Académie Royale de Peinture & de Sculpture tint [...] »
Début :
Le 24 Février, l'Académie Royale de Peinture & de Sculpture tint [...]
Mots clefs :
Académie royale de peinture et de sculpture, Assemblée, Ouvrages, Régiments, Gardes françaises, Services, Honneur, Officiers, Soldats, Ordonnance, Compagnies, Bataillons, Capitaines, Soldes, Uniforme, Règlement, Commandant, Loterie de l'école royale militaire, Loterie de l'Hôtel-de-ville, Tirage, Numéros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 24 Février, l'Académie Royale de Peinture & de Sculpture tint [...] »
L, 24 Février, l'Académie Royale de Peinture ,
& de Sculpture tint une Aſſem blée & reçut au
nombre des Aggrégés le ſieur Prince, Peintre
de l'Impératrice de Ruſſie, connu par différens
Onvrages qui lui ont acquis de la r lutation
I ij -
196 MERCURE DE FRANCE.
|
dans cette Cour , ainſi que dans celle de
Vienne & de Warſovie. Il a préſenté a l'Aca
démie quatre Tableaux & plufieurs deſſeins qui
ont mérité les ſuffrages de tous les Membres.
Le ſieur Briſſon, dc l'Académie Royale des
Sciences , commencera , le 14 de ce mois, un
cours de phyſique expérimentale , dans la Salie
des Machines au Collége de Navarre, & le
continuera les Lundis, Mercredis & Vendredis
de chaque ſemaine.
Sa Majeſté voulant donner au Régiment des
Gardes Françoiſes des marques de la ſatisfac
tion qu'Elle a des ſervices diſtingués que ce
Corps a rendus dans tous les temps & dans tou
tes les circonſtances , & lui régler en même
temps un traitement qui réponde à l'honneur
qu'il a d'être affecté d'une manière particulière
à la garde de ſa Perſonne, a réſolu de lui fi
xer une conſtitution ſolide & invariable, & d'ac
corder, tant aux Officiers qu'aux Soldats une
· augmentation de traitement. En conſéquence,
Sà Majeſté a rendu une Ordonnance, en date
du 29 Janvier dernier, ſuivant laquelle ce Ré
· giment continuera d'être compoſé de trois com
pagnies de Grenadiers & de trente compagnies de
Fuſiliers, leſquelles formeront ſix bataillons,
compoſé chacun d'une demie-compagnie de Gre
nadiers & de cinq compagnies de Fuſiliers.Chaque
compagnie de Grenadiers ſera commandée en
tout temps par un Capitaine , deux Lieutenans,
deux Sous-Lieutenans, & deux Enſeignes à Pique ;
& compoſée de quatre Sergens, d'un Sergent
d'Armes, d'un Sergent-Fourrier, de huit Capo
raux, d'un Caporal Aide-Fourrier, d'un Caporal
Aide-Magaſinier , de huit Appointés, d'un Ap
pointé-Aide-Magaſinier , d'un Appointé-Chirur
gien, de quatre-vingt Grenadiers & de quatre
J U I N. 1764. 1q7
Tambours. Chaque compagnie de Fuſiliers ſera
commandée en tout temps par un Capitaine, un
Lieutenant, deux Sous-Lieutenans, un Enſeigne
à Picque & une Enſeigne à Drapeau, & compoſée
en temps de paix, de quatre Sergens, d'un Sér
gent-d'Armes, d'un Sergent-Fourier, de huit Ca
poraux, d'un Caporal-Porte-Drapeau , d'un Ca
poral-Magaſinier , d'un Caporal-aide-Fourrier ,
d'un Caporal-Canonnier, de huit Appointés, d'un
Appointé-Aide-Magaſinier, d'un Appointé-Chi
rurgien , de denx Appointés-Apprentifs Canon
niers, de ſoixante - ſeize Fuſiliers & de quatre
Tambours: l'Etat-Major ſera compoſé d'un Colo
nel, d'un Lieutenant-Colonel, d'un Major, de
ſept Aides-Major , de ſept Sous-Aides Major, de
deux Sergens d'Ordre, dun Tambour-Major, de
deux Sous-Tambours-Majors, de deux Commiſ
ſaires, d'un Maréchal-des-Logis, d'un Aumônier,
de deux Chirurgiens Majors, d'un Prevôt, d'un
Lieutenant de Prévôt, d'un Greffier, d'un Juge-Au
diteur des Bandes, d'un Médecin, d'un Aide-Mé
decin, d'un Apothicaire, de douze Archers, d'un
Exécuteur & de ſeize Muſiciens.La même Ordon
nance aſſigne les fonctions de chacun des Officiers
& Bas-Officiers, & porte divers Réglemens ſur le
choix des Sergens & autres. Le terme des engage
mens ſera fixé à huit ans. Les Soldats qui, après
avoir ſetvi ſeize ans, ſe retireront chez eux & non
ailleurs, y toucheront la moitié de leur ſolde,
indépendamment d'un habit de l'uniforme qui
leur ſera délivré tous les huit ans : ceux qui
auront ſervi vingt-quatre ans auront le choix, ou
d'être reçus à l'Hôtel des Invalides ou de ſe retirer
chez eux & non ailleurs, avec leur ſolde entiere &
il leur ſera délivré tous les ſix ans un habit de l'uniforme.
Les appointemens & ſolde ſeront payés à
I iij
r98 MERCURE DE FRANCE.
fp
l'avenir aux Officiers & Soldats de la maniere ſui
vante. CoMPAGNIE DE GRENADIERs. Capitaine,
12 , ooo , liv. par an en tout temps ; Lieutenant ,
4, ooo : Sous-Lieutenant, 2 , ooo ; Enſeigne, r ,
zoe ; Sergent d'Armes, 85o ; Sergent-Fourrier ,
75 o ; Sergent, 6oo ; Caporal , 2 16 , Appointé,
Aide-Magafinier & Chirurgien, 19 3 ; Tambour,
2 1 6 ; Grenadiers, 18o. CoMPAGNIEs DE FUs1
LIERs. Capitaine, 11 ooo liv. Lieutenant, 3 , ooo ;
premier Sous-Lieutenant, 1 , 5oo; ſecond Sous
Lieutenant, 1 , 2oe ; Enſeigne à Pique, 8oo ;
Fnſeigne à Drapeau, 66o ;Sergent d'Armes, 8oo,
Sergent Fourrier, 7oo; Sergent, 54o ; Caporal,
Porte-Drapeau, Magaſinier , Aide-Fourrier &
Canonnier, 198 ; Appointé, Aide-Magaſinier,
Chirurgien & Apprentif-Canonnier, 18o ; Tam
bour, 193; Fuſilier, 162. ETAT-MAJoR. Colonel,
7o, coe liv. Lieutenant-Colonel, indépendam
ment de ſes appointemens de Capitaine, 11,75o ;
Major, 18, ooo ; premier Aide-Major, 5 , eoo ;
Aide Major,4 , 5oo; Sous-Aide-Major, 2 , 5oo,
Capitaine-Appointé, 1, 5oo; Sergent d'Ordre, 1,
2 oc;Tambour-Major, 8oo Sous-Tambour Major,
36o. Aumônier, 1 , ooo; Chirurgien Major, 1, ooo
Commifſaire des Guerres ayant la Police, 1 o,
287 ; ſecond Commiſſaire, 6 , 35 o ; Maréchal
des-Logis, 3 , ooo , Prevôt, 3 , 639 , Lieutenant
de Prevôt, 8oo , Greffier, 45 ° ; Juge-Auditeur
des Bandes, 6oo ; Archer, zoo , Exécuteur, 1 5o ;
Médecin, 8oo, Aide-Médecin, 5co; Apothicaire,
6oo ; Muſicien , 1 , 5oo. Les Capitaines ſeront à
l'avenir déchargés du ſoin de faire des recrues :
l'Etat-Major en ſera chargé pour toutes les com
pagnies moyennant 12oliv. par homme,les hom
mes ne ſeront agréés qu'autant qu'ils auront
moins de vingt-cinq ans & cinq pieds quatre pou
ces de taille , & qu'ils produiront un certificat
J U I N. 1764. 199
de bonnes moeurs & de domicile : ils prêteront
ſerment entre les mains du Major à la tête du Ré
giment en bataille ſur les Drapeaux qui ſeront
réunis à cet effet: là ils jureront d'obéir aux or
dre de leurs Officiers & Bas-Officiers, de ne jamais
déſerter, de ne jamais quitter leurs Drapeaux ſous
quelque prétexte que ce ſoit, & étant particuliere
ment deſtinés à l'honneur de garder Sa Majeſté,
ils promettront de la fervir avec zéle & fidélité,
& de veiller à ſa conſervation au péril de leur vie
Le Colonel ſeul ſera chargé de donner les congés
abſolus. Au moyen du nouveau traitement, les
penſions d'ancienneté & les gratifications atta
chées aux charges ſeront ſupprimées. En temps
de guerre ſeulement, la ſomme de 4 , ooo liv.
continuera d'être payée au Commandant du
Régiment, lorſqu'il fera la campagne en qualité
de Commandant de la brigade , ainſi que la ſom
me de, 1 , 5oo liv. à chacun de quatre Capitaines
Appointés dans la colonne des Capitaines. Le Ré
giment ſera caſerné dans trois ou ſix corps de
caſernes. A commencer du 1 Avril prochain , jour
fixé pour la nouvelle compoſition, les Capitaines
ſeront déchargés du ſoin des logemens dans les
différens quartiers de Paris : le Colonel en de
meurera ſeul chargé, ainſi que de la Police & de
la diſcipline des caſernes & de l'habillement &
uniforme du Régiment. Le Roi donne au Colonel
ſeul le pouvoir d'accorder aux Soldats de leur
compagnie la permiſſion de travailler dans Paris,
de ſe marier & de s'abſenter par congé ou autre
ment : le Régiment continuera de jouir de tous
ſes anciens Priviléges & prérogatives.
Le trente - huitiéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel de Ville s'eſt fait le 24 Mars, en la
manière accoutumée. Le lot de cinquante mille
I iv .
2oo MERCURE DE FRANCE.
livres eſt échu au numéro 13765, celui de vingr
mille livres au numéro 13 573 , & les deux de
dix mille livres aux numéres 1891 & 12 694.
Le 5 du même mois , on a tiré la Loterie
de l'Ecole Royale Militaire, les numéros ſortis
de la roue de fortune ſont 48 , 5 , 3o , 46, 36,
& de Sculpture tint une Aſſem blée & reçut au
nombre des Aggrégés le ſieur Prince, Peintre
de l'Impératrice de Ruſſie, connu par différens
Onvrages qui lui ont acquis de la r lutation
I ij -
196 MERCURE DE FRANCE.
|
dans cette Cour , ainſi que dans celle de
Vienne & de Warſovie. Il a préſenté a l'Aca
démie quatre Tableaux & plufieurs deſſeins qui
ont mérité les ſuffrages de tous les Membres.
Le ſieur Briſſon, dc l'Académie Royale des
Sciences , commencera , le 14 de ce mois, un
cours de phyſique expérimentale , dans la Salie
des Machines au Collége de Navarre, & le
continuera les Lundis, Mercredis & Vendredis
de chaque ſemaine.
Sa Majeſté voulant donner au Régiment des
Gardes Françoiſes des marques de la ſatisfac
tion qu'Elle a des ſervices diſtingués que ce
Corps a rendus dans tous les temps & dans tou
tes les circonſtances , & lui régler en même
temps un traitement qui réponde à l'honneur
qu'il a d'être affecté d'une manière particulière
à la garde de ſa Perſonne, a réſolu de lui fi
xer une conſtitution ſolide & invariable, & d'ac
corder, tant aux Officiers qu'aux Soldats une
· augmentation de traitement. En conſéquence,
Sà Majeſté a rendu une Ordonnance, en date
du 29 Janvier dernier, ſuivant laquelle ce Ré
· giment continuera d'être compoſé de trois com
pagnies de Grenadiers & de trente compagnies de
Fuſiliers, leſquelles formeront ſix bataillons,
compoſé chacun d'une demie-compagnie de Gre
nadiers & de cinq compagnies de Fuſiliers.Chaque
compagnie de Grenadiers ſera commandée en
tout temps par un Capitaine , deux Lieutenans,
deux Sous-Lieutenans, & deux Enſeignes à Pique ;
& compoſée de quatre Sergens, d'un Sergent
d'Armes, d'un Sergent-Fourrier, de huit Capo
raux, d'un Caporal Aide-Fourrier, d'un Caporal
Aide-Magaſinier , de huit Appointés, d'un Ap
pointé-Aide-Magaſinier , d'un Appointé-Chirur
gien, de quatre-vingt Grenadiers & de quatre
J U I N. 1764. 1q7
Tambours. Chaque compagnie de Fuſiliers ſera
commandée en tout temps par un Capitaine, un
Lieutenant, deux Sous-Lieutenans, un Enſeigne
à Picque & une Enſeigne à Drapeau, & compoſée
en temps de paix, de quatre Sergens, d'un Sér
gent-d'Armes, d'un Sergent-Fourier, de huit Ca
poraux, d'un Caporal-Porte-Drapeau , d'un Ca
poral-Magaſinier , d'un Caporal-aide-Fourrier ,
d'un Caporal-Canonnier, de huit Appointés, d'un
Appointé-Aide-Magaſinier, d'un Appointé-Chi
rurgien , de denx Appointés-Apprentifs Canon
niers, de ſoixante - ſeize Fuſiliers & de quatre
Tambours: l'Etat-Major ſera compoſé d'un Colo
nel, d'un Lieutenant-Colonel, d'un Major, de
ſept Aides-Major , de ſept Sous-Aides Major, de
deux Sergens d'Ordre, dun Tambour-Major, de
deux Sous-Tambours-Majors, de deux Commiſ
ſaires, d'un Maréchal-des-Logis, d'un Aumônier,
de deux Chirurgiens Majors, d'un Prevôt, d'un
Lieutenant de Prévôt, d'un Greffier, d'un Juge-Au
diteur des Bandes, d'un Médecin, d'un Aide-Mé
decin, d'un Apothicaire, de douze Archers, d'un
Exécuteur & de ſeize Muſiciens.La même Ordon
nance aſſigne les fonctions de chacun des Officiers
& Bas-Officiers, & porte divers Réglemens ſur le
choix des Sergens & autres. Le terme des engage
mens ſera fixé à huit ans. Les Soldats qui, après
avoir ſetvi ſeize ans, ſe retireront chez eux & non
ailleurs, y toucheront la moitié de leur ſolde,
indépendamment d'un habit de l'uniforme qui
leur ſera délivré tous les huit ans : ceux qui
auront ſervi vingt-quatre ans auront le choix, ou
d'être reçus à l'Hôtel des Invalides ou de ſe retirer
chez eux & non ailleurs, avec leur ſolde entiere &
il leur ſera délivré tous les ſix ans un habit de l'uniforme.
Les appointemens & ſolde ſeront payés à
I iij
r98 MERCURE DE FRANCE.
fp
l'avenir aux Officiers & Soldats de la maniere ſui
vante. CoMPAGNIE DE GRENADIERs. Capitaine,
12 , ooo , liv. par an en tout temps ; Lieutenant ,
4, ooo : Sous-Lieutenant, 2 , ooo ; Enſeigne, r ,
zoe ; Sergent d'Armes, 85o ; Sergent-Fourrier ,
75 o ; Sergent, 6oo ; Caporal , 2 16 , Appointé,
Aide-Magafinier & Chirurgien, 19 3 ; Tambour,
2 1 6 ; Grenadiers, 18o. CoMPAGNIEs DE FUs1
LIERs. Capitaine, 11 ooo liv. Lieutenant, 3 , ooo ;
premier Sous-Lieutenant, 1 , 5oo; ſecond Sous
Lieutenant, 1 , 2oe ; Enſeigne à Pique, 8oo ;
Fnſeigne à Drapeau, 66o ;Sergent d'Armes, 8oo,
Sergent Fourrier, 7oo; Sergent, 54o ; Caporal,
Porte-Drapeau, Magaſinier , Aide-Fourrier &
Canonnier, 198 ; Appointé, Aide-Magaſinier,
Chirurgien & Apprentif-Canonnier, 18o ; Tam
bour, 193; Fuſilier, 162. ETAT-MAJoR. Colonel,
7o, coe liv. Lieutenant-Colonel, indépendam
ment de ſes appointemens de Capitaine, 11,75o ;
Major, 18, ooo ; premier Aide-Major, 5 , eoo ;
Aide Major,4 , 5oo; Sous-Aide-Major, 2 , 5oo,
Capitaine-Appointé, 1, 5oo; Sergent d'Ordre, 1,
2 oc;Tambour-Major, 8oo Sous-Tambour Major,
36o. Aumônier, 1 , ooo; Chirurgien Major, 1, ooo
Commifſaire des Guerres ayant la Police, 1 o,
287 ; ſecond Commiſſaire, 6 , 35 o ; Maréchal
des-Logis, 3 , ooo , Prevôt, 3 , 639 , Lieutenant
de Prevôt, 8oo , Greffier, 45 ° ; Juge-Auditeur
des Bandes, 6oo ; Archer, zoo , Exécuteur, 1 5o ;
Médecin, 8oo, Aide-Médecin, 5co; Apothicaire,
6oo ; Muſicien , 1 , 5oo. Les Capitaines ſeront à
l'avenir déchargés du ſoin de faire des recrues :
l'Etat-Major en ſera chargé pour toutes les com
pagnies moyennant 12oliv. par homme,les hom
mes ne ſeront agréés qu'autant qu'ils auront
moins de vingt-cinq ans & cinq pieds quatre pou
ces de taille , & qu'ils produiront un certificat
J U I N. 1764. 199
de bonnes moeurs & de domicile : ils prêteront
ſerment entre les mains du Major à la tête du Ré
giment en bataille ſur les Drapeaux qui ſeront
réunis à cet effet: là ils jureront d'obéir aux or
dre de leurs Officiers & Bas-Officiers, de ne jamais
déſerter, de ne jamais quitter leurs Drapeaux ſous
quelque prétexte que ce ſoit, & étant particuliere
ment deſtinés à l'honneur de garder Sa Majeſté,
ils promettront de la fervir avec zéle & fidélité,
& de veiller à ſa conſervation au péril de leur vie
Le Colonel ſeul ſera chargé de donner les congés
abſolus. Au moyen du nouveau traitement, les
penſions d'ancienneté & les gratifications atta
chées aux charges ſeront ſupprimées. En temps
de guerre ſeulement, la ſomme de 4 , ooo liv.
continuera d'être payée au Commandant du
Régiment, lorſqu'il fera la campagne en qualité
de Commandant de la brigade , ainſi que la ſom
me de, 1 , 5oo liv. à chacun de quatre Capitaines
Appointés dans la colonne des Capitaines. Le Ré
giment ſera caſerné dans trois ou ſix corps de
caſernes. A commencer du 1 Avril prochain , jour
fixé pour la nouvelle compoſition, les Capitaines
ſeront déchargés du ſoin des logemens dans les
différens quartiers de Paris : le Colonel en de
meurera ſeul chargé, ainſi que de la Police & de
la diſcipline des caſernes & de l'habillement &
uniforme du Régiment. Le Roi donne au Colonel
ſeul le pouvoir d'accorder aux Soldats de leur
compagnie la permiſſion de travailler dans Paris,
de ſe marier & de s'abſenter par congé ou autre
ment : le Régiment continuera de jouir de tous
ſes anciens Priviléges & prérogatives.
Le trente - huitiéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel de Ville s'eſt fait le 24 Mars, en la
manière accoutumée. Le lot de cinquante mille
I iv .
2oo MERCURE DE FRANCE.
livres eſt échu au numéro 13765, celui de vingr
mille livres au numéro 13 573 , & les deux de
dix mille livres aux numéres 1891 & 12 694.
Le 5 du même mois , on a tiré la Loterie
de l'Ecole Royale Militaire, les numéros ſortis
de la roue de fortune ſont 48 , 5 , 3o , 46, 36,
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Résumé : « Le 24 Février, l'Académie Royale de Peinture & de Sculpture tint [...] »
Le 24 février, l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture a accueilli le sieur Prince, peintre de l'Impératrice de Russie, parmi les agrégés. Il a présenté quatre tableaux et plusieurs dessins, appréciés par les membres de l'Académie. Le sieur Brisson, de l'Académie Royale des Sciences, débutera un cours de physique expérimentale le 14 du mois suivant, les lundis, mercredis et vendredis au Collège de Navarre. Sa Majesté a exprimé sa satisfaction envers le Régiment des Gardes Françaises pour ses services distingués. Elle a décidé d'accorder une augmentation de traitement aux officiers et soldats, et a rendu une ordonnance le 29 janvier pour réorganiser le régiment. Ce dernier sera composé de trois compagnies de grenadiers et de trente compagnies de fusiliers, formant six bataillons. L'ordonnance précise la composition et les fonctions de chaque grade, ainsi que les conditions de service et les retraites. Les soldats ayant servi seize ans recevront la moitié de leur solde s'ils se retirent chez eux, tandis que ceux ayant servi vingt-quatre ans pourront choisir entre l'Hôtel des Invalides ou une retraite avec solde complète. Les traitements des officiers et soldats sont détaillés, et les capitaines seront déchargés du recrutement, remplacé par l'État-Major. Les nouvelles recrues devront avoir moins de vingt-cinq ans et une taille minimale de cinq pieds quatre pouces, avec un certificat de bonnes mœurs et de domicile. Le régiment continuera de jouir de ses anciens privilèges et prérogatives. Le 24 mars, le trente-huitième tirage de la Loterie de l'Hôtel de Ville a attribué un lot de cinquante mille livres au numéro 13765, un lot de vingt mille livres au numéro 13573, et deux lots de dix mille livres aux numéros 1891 et 12694. Le 5 mars, la Loterie de l'École Royale Militaire a également eu lieu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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38
p. 186-191
De PARIS, le 8 Juin 1764.
Début :
L'affection singulière du Roi pour cette Noblesse illustre qui [...]
Mots clefs :
Noblesse, Illustre, École militaire, Éducation, Collège, Enfants, Édits, Évêque, Lieutenant, Ordonnance du roi, Régiments, Compagnies, Capitaines, Bains chauds, Magistrats, Loterie de l'Hôtel-de-ville, Tirage, Loterie de l'école royale militaire, Numéros
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texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 8 Juin 1764.
De PARIS , le 8 Juin 1764. -
L'affection fingulière du Roi pour cette Nobleſſe
luftre qui fait la gloire & la force du Royau
JUILLET. 1764. 187
me , & le defir d'en perpétuer l'éclat & l'utilité
ont porté Sa Majesté à inftituer une Ecole Mili
taire pour y élever dans l'art des armes cinq cens
Gentilshommes . L'expérience ayant fait reconnoître
que l'éducation , qui ne fe rapporte qu'à
un feul objet , eſt ſouvent infructueuse , le Roi a
jugé que le cours des Etudes publiques deftinées à
préparer toutes fortes de profeffions devoit être le
fondement de l'éducation de ceux qui feroient
admis à l'Ecole Militaire ; mais ce premier dégré
d'inftitution ne pouvant le trouver que dans une
Ecole célébre & nombreufe , Sa Majefté a jetté
les yeux fur le Collége de le Fléche qui , par
l'étendue de fes bâtimens , la nobleffe de fon établiffement
& les grands biens dont il a été doté ,
a paru remplir l'objet que Sa Majesté le propofe.
En conféquence , le Roi a donné des Lettres - Patentes
, en date du 7 Avril dernier , contenant
quarante-trois Articles dont on donne ici la
fubftance.
y
Le College Royal de la Flêche fera & demeu
rera dorénavant & à perpétuité deſtiné à l'éducation
& à l'inſtruction des enfans de deux cens cinquante
Gentilshommes du Royaume : il ne pourra
être établi aucun autre Penfionnat ; mais toutes
les Claffes y feront publiques , & tous les Externes
feront admis gratuitement dans ces Claffes , ainfi
que dans les autres Colléges de plein exercice.
Lefdits enfans feront nommés par le Roi & choifis
dans la Nobleſſe , fur la préſentation qui lui en
fera faite par le Secrétaire d'Etat ayant le Département
de la Guèrre & de la Marine : ils pour
ront être admis à l'âge de huit à neuf ans jufqu'à
celui de dix à onze , & les orphelins jufqu'à
treize , avec les conditions prefcrites par les Edits
& Déclarations précédens concernant l'Ecole Mi488
MERCURE DE FRANCE .
litaire , tant par rapport aux preuves de Nobleſſe
qu'aux autres qualités qui y font requifes. Il ne
pourra être admis aux deux cens cinquante places
qui resteront à remplir dans l'Hôtel de l'Ecole
Royale Militaire que ceux defdits enfans de Gentilshommes
qui auront fait leuts Etudes dans ledit
College Royal & qui auront quatorze ans accomplis
: ceux d'entr'eux qui , par leurs difpofitions
particulières , fe trouveroient appellés à l'Etat
Eccléfiaftique ou de Magiftrature , ou à d'autres
profeflions nobles , pourront continuer d'y
faire leurs Etudes . Ce Collége fera régi & adminiftré
, fous l'infpection du Secrétaire d'Etat de
la Guerre & de la Marine , par un Bureau compofé
de l'Evêque Diocéfain , qui y préfidera , da
Lieutenant- Général & du Procureur du Roi en la
Sénéchauffée de la Flêche , de deux Notables
ehoifis par Sa Majefté parmi d'anciens Gentilshommes
retirés du ſervice , du Maire de la Ville
& du Principal dudit Collége. Il y fera établi un
Infpecteur chargé de rendre compte des moeurs
du caractère & des talens defdits enfans', & qui
aura féance & voix délibérative dans ledit Bureau
immédiatement après les deuxdits Gentilshommes.
Le College fera deffervi par des perfonnes
Eccléfiaftiques ou Séculières , & compofé d'un
Principal , d'un Sous-Principal , de deux Profeffeurs
de Philofophie , d'un de Rhétorique , de
cing Régens pour les Seconde , Troifiéme , Quatriéme
, Cinquiéme & Sixiéme Claffes , indépendamment
du nombre de Sous -Maîtres que le
Bureau d'Adminiſtration jugera néceffaire . Tous
les biens donnés audit College par les Rois prédéceffeurs
de Sa Majesté & par d'autres perfonnes
, & tous ceux en général qui doivent lui appartenir
au terme des Lettres - Patentes des 14
>
JUILLET. 1764. 189
Juin & 21 Novembre 1763 , & 30 Mars dernier
, lui feront & demeureront confervés , aux
charges portées par leldites Lettres , à l'exception
des rentes fur les Papegaux de Bretagne ,
qui feront employées au foutien des Colléges de
cette Province , & de la Terre de Bonnes , fur laquelle
Sa Majelté expliquera fes intentions. Comme
les revenus de ce Collége ne pourroient ſuffire
aux dépenfes néceffaires pour l'éducation &
l'entretien defdits deux cens cinquante Eléves
Gentilshommes , ce qui y manquera fera fuppléé
annuellement fur les revenus de l'Hôtel de l'Ecole
Royale Militaire , fur lefquels il fera auffi
pourvu aux frais nécellaires pour l'ameublemeut
dudit College & pour le premier établiſſement
defdics Eléves. Le College Royal de la Flêche
jouira de toutes les franchiſes , exemptions & immunités
accordées par Sa Majefté à l'Hôtel de
l'Ecole Royale Militaire. Il continuera d'être régi
en la forme portée par l'Edit du mois de Février
1763 jufqu'au premier Octobre prochain. Les
mêmes Lettres Patentes contiennent différentes
difpofitions fur le choix & les appointemens du
Principal , du Sous- Principal , des Profeffeurs ,
Régens , &c . ainfi que des Eccléfiaftiques qui feront
attachés à la Chapelle : elles portent auffi
plufieurs réglemens pour l'adminiſtration des
biens & revenus du Collège.
Il paroît une Ordonnance du Roi , datée du 10
Février dernier , fuivant laquelle chacun des trois
Régimens de Huffards de Berchény , de Chamborant
& de Royal- Naſſau , actuellement compofés
de douze Compagnies de vingt- neuf hommes
, fera réduit huit Compagnies de vingtcing
hommes , dont fera auffi compofé le qua
triéme Régiment que Sa Majefté à réfolu de
190 MERCURE DE FRANCE .
former , & dont elle a donné le Commandement
au freur d'Efterhafy en qualité de Meſtrede
Camp. Tous les Officiers & Huffards excédens
feront Licenciés : les Capitaines réformés
jouiront de 800 liv. en appointement de réforme,
les Lieutenans de soo liv. & les Sous-Lieutenans
de 400 liv. chacun des Huffards Licenciés retournera
chez lui avec fon habit uniforme , &
un bonnet , & il lui fera donné deux fols par
lieue pour s'y rendre. La même Ordonnance
fixe les divers arrangemens à prendre pour parvenir
à la nouvelle compofition du Régiment
d'Ellerhafy , & en régle l'uniforme.
On mande de Franche -Comté , que la Ville de
Luxeul a pris la réſolution de rétablir les bains
d'eau chaude qui étoient prèfque tombés en ruine:
le fieur de Lacorée , Intendant de la Province
, a fait drefler pour cet objet le plan d'un
bâtiment vafte & commode dont la première
pierre a été polée , avec un grand appareil , le
S de ce mois , par les Officiers du Magiftrat, le
Maire de la Ville étant à leur tête & portant un
rablier de Maçon -garni de rubans . Les bains de
Lexeu font très-anciens & ont été très renommés
; mais depuis Jules Célar en avoit fait réparer
le bâtiment , on avoit négligé de l'entretenir.
Les Prêtres de la Doctrine Chrétienne ont tenu ,
le 30 du mois dernier , dans leur Maiſon de S.
Charles une Aflemblée générale, dans laquelle ils
ont élu pour Supérieur Général de leur Congrégation
le Père Jean -Augufte- Louis Chaftener de
Puységur .
Le quarante & uniéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel -de - Ville s'eft fait , le 24 du mois dernier
, en la manière accoutumée. Le Lot de cinJUILLET.
1764. 191
quante mille livres eft échu au Numéro 76'41 ;
celui de vingt mille livres au Numéro 68786 ;
& les deux de dix mille livres aux Numéros
63983 & 71603 .
Les de ce mois , on a tiré la Loterie de l'Ecole
Royale Militaire . Les Numéros fortis de la roue
de fortune font 53 , 90 , 48,73 , 65 .
L'affection fingulière du Roi pour cette Nobleſſe
luftre qui fait la gloire & la force du Royau
JUILLET. 1764. 187
me , & le defir d'en perpétuer l'éclat & l'utilité
ont porté Sa Majesté à inftituer une Ecole Mili
taire pour y élever dans l'art des armes cinq cens
Gentilshommes . L'expérience ayant fait reconnoître
que l'éducation , qui ne fe rapporte qu'à
un feul objet , eſt ſouvent infructueuse , le Roi a
jugé que le cours des Etudes publiques deftinées à
préparer toutes fortes de profeffions devoit être le
fondement de l'éducation de ceux qui feroient
admis à l'Ecole Militaire ; mais ce premier dégré
d'inftitution ne pouvant le trouver que dans une
Ecole célébre & nombreufe , Sa Majefté a jetté
les yeux fur le Collége de le Fléche qui , par
l'étendue de fes bâtimens , la nobleffe de fon établiffement
& les grands biens dont il a été doté ,
a paru remplir l'objet que Sa Majesté le propofe.
En conféquence , le Roi a donné des Lettres - Patentes
, en date du 7 Avril dernier , contenant
quarante-trois Articles dont on donne ici la
fubftance.
y
Le College Royal de la Flêche fera & demeu
rera dorénavant & à perpétuité deſtiné à l'éducation
& à l'inſtruction des enfans de deux cens cinquante
Gentilshommes du Royaume : il ne pourra
être établi aucun autre Penfionnat ; mais toutes
les Claffes y feront publiques , & tous les Externes
feront admis gratuitement dans ces Claffes , ainfi
que dans les autres Colléges de plein exercice.
Lefdits enfans feront nommés par le Roi & choifis
dans la Nobleſſe , fur la préſentation qui lui en
fera faite par le Secrétaire d'Etat ayant le Département
de la Guèrre & de la Marine : ils pour
ront être admis à l'âge de huit à neuf ans jufqu'à
celui de dix à onze , & les orphelins jufqu'à
treize , avec les conditions prefcrites par les Edits
& Déclarations précédens concernant l'Ecole Mi488
MERCURE DE FRANCE .
litaire , tant par rapport aux preuves de Nobleſſe
qu'aux autres qualités qui y font requifes. Il ne
pourra être admis aux deux cens cinquante places
qui resteront à remplir dans l'Hôtel de l'Ecole
Royale Militaire que ceux defdits enfans de Gentilshommes
qui auront fait leuts Etudes dans ledit
College Royal & qui auront quatorze ans accomplis
: ceux d'entr'eux qui , par leurs difpofitions
particulières , fe trouveroient appellés à l'Etat
Eccléfiaftique ou de Magiftrature , ou à d'autres
profeflions nobles , pourront continuer d'y
faire leurs Etudes . Ce Collége fera régi & adminiftré
, fous l'infpection du Secrétaire d'Etat de
la Guerre & de la Marine , par un Bureau compofé
de l'Evêque Diocéfain , qui y préfidera , da
Lieutenant- Général & du Procureur du Roi en la
Sénéchauffée de la Flêche , de deux Notables
ehoifis par Sa Majefté parmi d'anciens Gentilshommes
retirés du ſervice , du Maire de la Ville
& du Principal dudit Collége. Il y fera établi un
Infpecteur chargé de rendre compte des moeurs
du caractère & des talens defdits enfans', & qui
aura féance & voix délibérative dans ledit Bureau
immédiatement après les deuxdits Gentilshommes.
Le College fera deffervi par des perfonnes
Eccléfiaftiques ou Séculières , & compofé d'un
Principal , d'un Sous-Principal , de deux Profeffeurs
de Philofophie , d'un de Rhétorique , de
cing Régens pour les Seconde , Troifiéme , Quatriéme
, Cinquiéme & Sixiéme Claffes , indépendamment
du nombre de Sous -Maîtres que le
Bureau d'Adminiſtration jugera néceffaire . Tous
les biens donnés audit College par les Rois prédéceffeurs
de Sa Majesté & par d'autres perfonnes
, & tous ceux en général qui doivent lui appartenir
au terme des Lettres - Patentes des 14
>
JUILLET. 1764. 189
Juin & 21 Novembre 1763 , & 30 Mars dernier
, lui feront & demeureront confervés , aux
charges portées par leldites Lettres , à l'exception
des rentes fur les Papegaux de Bretagne ,
qui feront employées au foutien des Colléges de
cette Province , & de la Terre de Bonnes , fur laquelle
Sa Majelté expliquera fes intentions. Comme
les revenus de ce Collége ne pourroient ſuffire
aux dépenfes néceffaires pour l'éducation &
l'entretien defdits deux cens cinquante Eléves
Gentilshommes , ce qui y manquera fera fuppléé
annuellement fur les revenus de l'Hôtel de l'Ecole
Royale Militaire , fur lefquels il fera auffi
pourvu aux frais nécellaires pour l'ameublemeut
dudit College & pour le premier établiſſement
defdics Eléves. Le College Royal de la Flêche
jouira de toutes les franchiſes , exemptions & immunités
accordées par Sa Majefté à l'Hôtel de
l'Ecole Royale Militaire. Il continuera d'être régi
en la forme portée par l'Edit du mois de Février
1763 jufqu'au premier Octobre prochain. Les
mêmes Lettres Patentes contiennent différentes
difpofitions fur le choix & les appointemens du
Principal , du Sous- Principal , des Profeffeurs ,
Régens , &c . ainfi que des Eccléfiaftiques qui feront
attachés à la Chapelle : elles portent auffi
plufieurs réglemens pour l'adminiſtration des
biens & revenus du Collège.
Il paroît une Ordonnance du Roi , datée du 10
Février dernier , fuivant laquelle chacun des trois
Régimens de Huffards de Berchény , de Chamborant
& de Royal- Naſſau , actuellement compofés
de douze Compagnies de vingt- neuf hommes
, fera réduit huit Compagnies de vingtcing
hommes , dont fera auffi compofé le qua
triéme Régiment que Sa Majefté à réfolu de
190 MERCURE DE FRANCE .
former , & dont elle a donné le Commandement
au freur d'Efterhafy en qualité de Meſtrede
Camp. Tous les Officiers & Huffards excédens
feront Licenciés : les Capitaines réformés
jouiront de 800 liv. en appointement de réforme,
les Lieutenans de soo liv. & les Sous-Lieutenans
de 400 liv. chacun des Huffards Licenciés retournera
chez lui avec fon habit uniforme , &
un bonnet , & il lui fera donné deux fols par
lieue pour s'y rendre. La même Ordonnance
fixe les divers arrangemens à prendre pour parvenir
à la nouvelle compofition du Régiment
d'Ellerhafy , & en régle l'uniforme.
On mande de Franche -Comté , que la Ville de
Luxeul a pris la réſolution de rétablir les bains
d'eau chaude qui étoient prèfque tombés en ruine:
le fieur de Lacorée , Intendant de la Province
, a fait drefler pour cet objet le plan d'un
bâtiment vafte & commode dont la première
pierre a été polée , avec un grand appareil , le
S de ce mois , par les Officiers du Magiftrat, le
Maire de la Ville étant à leur tête & portant un
rablier de Maçon -garni de rubans . Les bains de
Lexeu font très-anciens & ont été très renommés
; mais depuis Jules Célar en avoit fait réparer
le bâtiment , on avoit négligé de l'entretenir.
Les Prêtres de la Doctrine Chrétienne ont tenu ,
le 30 du mois dernier , dans leur Maiſon de S.
Charles une Aflemblée générale, dans laquelle ils
ont élu pour Supérieur Général de leur Congrégation
le Père Jean -Augufte- Louis Chaftener de
Puységur .
Le quarante & uniéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel -de - Ville s'eft fait , le 24 du mois dernier
, en la manière accoutumée. Le Lot de cinJUILLET.
1764. 191
quante mille livres eft échu au Numéro 76'41 ;
celui de vingt mille livres au Numéro 68786 ;
& les deux de dix mille livres aux Numéros
63983 & 71603 .
Les de ce mois , on a tiré la Loterie de l'Ecole
Royale Militaire . Les Numéros fortis de la roue
de fortune font 53 , 90 , 48,73 , 65 .
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Résumé : De PARIS, le 8 Juin 1764.
Le 8 juin 1764, le roi de France a créé une École Militaire pour former cinq cents gentilshommes à l'art des armes. Reconnaissant l'importance d'une éducation polyvalente, le roi a décidé que les élèves de cette école devraient d'abord suivre des études publiques destinées à préparer diverses professions. Pour cela, il a choisi le Collège de la Flèche, renommé pour ses bâtiments, son établissement noble et ses grands biens. Par des Lettres Patentes du 7 avril 1764, le Collège Royal de la Flèche a été désigné pour l'éducation de deux cent cinquante enfants de gentilshommes du royaume. Ces enfants seront nommés par le roi sur présentation du Secrétaire d'État de la Guerre et de la Marine et pourront être admis entre huit et treize ans. Ils devront avoir effectué leurs études au Collège Royal de la Flèche pour être admis à l'École Royale Militaire. Le collège sera administré par un bureau composé de l'évêque diocésain, du lieutenant-général, du procureur du roi, de deux notables choisis par le roi, du maire de la ville et du principal du collège. Un inspecteur sera chargé de surveiller les mœurs, le caractère et les talents des élèves. Le collège sera desservi par des personnes ecclésiastiques ou séculières, incluant un principal, un sous-principal, des professeurs de philosophie et de rhétorique, et des régents pour les différentes classes. Les biens du collège seront conservés, et les revenus nécessaires pour l'éducation et l'entretien des élèves seront complétés par les revenus de l'Hôtel de l'École Royale Militaire. Le collège jouira des mêmes franchises et exemptions que l'École Royale Militaire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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