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1
p. 73-74
Benedictions d'Abbesses, [titre d'après la table]
Début :
Le Lundy 8. de ce mois, Dame Marie Madeleine Urbine [...]
Mots clefs :
Abbesse, Bénédiction
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texteReconnaissance textuelle : Benedictions d'Abbesses, [titre d'après la table]
Le Lundy-8 . de ce mois , Dame
Marie Madeleine Urbine
Theréfe d'Ally , Soeur de Monfieur
le Duc de Chaunes , apres
avoir efté trente ans Coadjutrice
de l'Abbaïe aux Bois , y fut benite
en qualité d'Abbeffe par
Monfieur l'Archevefque de Paris.
Elle eftoit aſſiſtée de Madame
de Chaunes , Abbeffe de
Poiffy , fa Socur , & de Mada-
Janvier 1685.
D
74 MERCURE
me l'Abbeffe de Beaumont les
Tours. Quantité de perfonnes
d'une qualité diftinguée , & entre
autres plufieurs Prelats , fe
trouverent à cette Ceremonie .
Madame l'Abbeffe du Port
Royal de Paris eft morte depuis
quelque temps . Elle eftoit dela
Maifon de Perdreau de Maillé en
Anjou , & en grande eftime pour,
fa vertu & fa pieté . Madame de
Harlay de Chanvallon , Abbeffe
de la Virginité au Dioceſe du
Mans , a efté nommée pour luy
fucceder. C'eft une Dame d'un
mérite fingulier , & tres- digue
Soeur de Monfieur l'Archevel
que de Paris . Je croy vous dire
beaucoup par ce peu de mots ,
n'y ayant aucun éloge qui ne foit
dû à ce grand Prélat .
Marie Madeleine Urbine
Theréfe d'Ally , Soeur de Monfieur
le Duc de Chaunes , apres
avoir efté trente ans Coadjutrice
de l'Abbaïe aux Bois , y fut benite
en qualité d'Abbeffe par
Monfieur l'Archevefque de Paris.
Elle eftoit aſſiſtée de Madame
de Chaunes , Abbeffe de
Poiffy , fa Socur , & de Mada-
Janvier 1685.
D
74 MERCURE
me l'Abbeffe de Beaumont les
Tours. Quantité de perfonnes
d'une qualité diftinguée , & entre
autres plufieurs Prelats , fe
trouverent à cette Ceremonie .
Madame l'Abbeffe du Port
Royal de Paris eft morte depuis
quelque temps . Elle eftoit dela
Maifon de Perdreau de Maillé en
Anjou , & en grande eftime pour,
fa vertu & fa pieté . Madame de
Harlay de Chanvallon , Abbeffe
de la Virginité au Dioceſe du
Mans , a efté nommée pour luy
fucceder. C'eft une Dame d'un
mérite fingulier , & tres- digue
Soeur de Monfieur l'Archevel
que de Paris . Je croy vous dire
beaucoup par ce peu de mots ,
n'y ayant aucun éloge qui ne foit
dû à ce grand Prélat .
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Résumé : Benedictions d'Abbesses, [titre d'après la table]
Le 8 janvier 1685, Dame Marie Madeleine Urbine Théréfe d'Ally, sœur du Duc de Chaunes, fut bénite abbesse de l'Abbaye aux Bois après avoir été coadjutrice pendant trente ans. La cérémonie fut dirigée par l'Archevêque de Paris et en présence de Madame de Chaunes, abbesse de Poissy, et de Madame l'Abbesse de Beaumont-les-Tours. Plusieurs prélats et personnes de qualité y assistèrent. Par ailleurs, Madame l'Abbesse du Port Royal de Paris, membre de la maison de Perdreau de Maillé en Anjou, est récemment décédée. Elle était respectée pour sa vertu et sa piété. Madame de Harlay de Chanvallon a été nommée pour lui succéder en tant qu'abbesse de la Virginité au Diocèse du Mans. Elle est reconnue pour son mérite singulier et est la sœur de l'Archevêque de Paris.
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2
p. 176-182
Belle action, [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay mandé, Madame, dans l'un des Articles de cette [...]
Mots clefs :
Abbesse, Esprit, Abbaye, Archevêque, Honneur, Communauté, Prière, Désolation, Religieuses, Abjuration, Admiration
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texteReconnaissance textuelle : Belle action, [titre d'après la table]
Je vous ay mandé , madame,
dans l'un des Articles de cette
Lettre , que Madame de Harlay
de Chanvalon , Abbeffe de la
Virginité dans le Vendômois ,
illuftre par fa naiffance , par fon
efprit , & par la vertu , avoit eſté
nommée par le Roy à l'Abbaïe
de Port Royal de Paris. Cependant
cette Abbaie eft encore
vacante. Quoy qu'elle foit plus
confidérable & plus riche que
celle de Madame de la Virginité ,
dans la Ville Capitale du Royaume
, & fous la Jurifdiction de
Monfieur l'Archevefque de Paris
fon Frere , de fi puiffantes raisons
GALANT. 177
ont efté fans force pour ébranler
fa conftance . Elle a triomphe de
l'ambition , & des tendreffes du
fang , c'est à dire , de ce qui flate
davantage l'efprit & le coeur.
Elle a fuplié Monfieur de Paris,
de faire agréer au Roy fes treshumbles
excufes , & de luy témoigner
la douleur qu'elle a de
n'eftre pas en état d'obeïr à Sa
Majefté , & de recevoir le bienfait
dont il luy plaifoit de l'honorer
; Que fon âge qui paffe foixante
ans , & fa mauvaiſe fanté,
ne luy permettoient pas d'embraffer
l'étroite Obfervance établie
à Port Royal ; Qu'elle ne
croyoit pas pouvoir en lûreté de
confcience & avec honneur , fe
mettre à la tefte d'une Communauté
qu'elle ne prefcheroit que
de parole, & non pas d'exemple
Qu'elle auroit peur de tomber
HS
178 MERCURE
dans le blâme des Pharifiens , à
qui le Sauveur du Monde reproche,
qu'ils chargeoient les Hommes
de fardeaux pefans qu'ils
n'auroient pas voulu toucher du
bout du doigt. Elle a enfin reprefenté
à Monfieur l'Archevefque,
Qu'il y avoit cinquante ans qu'el
le eftoit dans l'Abbaïe de la Virginité
; trente , qu'elle en eftoit
Abbeffe ; Que la douleur & les
larmes de quarante Filles qu'elle
avoit toutes élevées , la touchoient
, & qu'elle ne pouvoir fe
refoudre à les abandonner. En
effet , auffi -toft qu'elles fçûrent.
Ja nomination du Roy , elles allerent
ſe jetter aux pieds de Madame
de la Virginité , pour la fuplier
de demeurer avec elles .
C'eftoit une defolation fi generale
, qu'il fembloit que chacune
eûr perdu ce qu'elle avoit de plus
GALAN T. 179
proche. Elles redoublérent leurs
Prieres , leurs Communions , leurs
Jeûnes,leurs Difciplines, & toutes
leurs mortifications , pour obtenir
de Dieu qu'il leur laiffaft leur incomparable
Abbeffe . C'eſt une
Communauté où il y a grand
nombre de Religieufes forties de
Maiſons nobles & confiderables .
La reputation,la vertu , la civilité ,
& toutes les manieres engageantes
de Madame de la Virginité,
ont porté plufieurs Perfonnes de
qualité à mettre leurs Filles fous
fa conduite , qui eft admirable .
Elle a étably dans fon Abbaïe une
exacte clôture, le frequent ufage
des Sacremens , l'exercice de l'Oraiſon
mentale , les Retraites annuelles
de dix jours , la pratique
du filence , l'éloignement des converfations
du monde, & plufieurs
Obfervances regulieres.On y fait
>
H 6
180 MERCURE
des aumônes qui ſemblent furpaffer
le revenu de la Maiſon .
C'est l'Azile des Filles qui veulent
quiter la Religion Pretenduë
Reformée , pour fe faire Catholiques.
Toutes celles qui fe font
converties dans le Vendômois depuis
qu'elle eft Abbeffe , s'y font
venues faire inftruire , y ont fait
leur Abjuration , y ont demeuré
les unes plufieurs mois , les autres
plufieurs années gratuitement ;
il y en a toûjours eu , & il y en a
encore en cette maniere . Les Religieufes
de la Virginité font tresvertueules,
& ont beaucoup d'efprit.
Après avoir efté ſenſibles à
la douleur , elles ne l'ont pas moins
efté à la joye de conferver leur
tréfor.Auffi toft qu'elles (çeurent
que Roy avoit la bonté de leur
laiffer leur illuftre & chere Abbeffe
, elles allérent à l'Eglife
le
GALANT. 181
chanter le Te Deum en Mufique
tres- folemnellement , au fon des
Cloches & au bruit du Canon .
Il y eût des Feux de joye allumez ,
depuis fept heures du matin , jufques
au foir , & le lendemain
la Meffe d'action de graces fut
chantée par Monfieur l'Abbé de
Château Renault , Frere de Monfeur
le Chevalier de Château-
Renault , Commandeur d'une
Efcadre de Vaiffeaux , & Oncle
de Monfieur le Marquis de Château-
Renault , Colonel du Regiment
de Cambrefis , qui y eftoit
prefent , avec plufieurs Gentilshommes
du Païs . Tout le refte de
la Nobleffe du Vendômois & des
Provinces voisines , eft venu les
jours fuivans à la Virginité , feliciter
cette Abbeffe fur fa genereuſe
reſolution , auffi bien que
Meffieurs les Curez & Ecclefiafti182
MERCURE
ques. Les Communautez de Religieux
en ont deputé de leurs
Corps , pour luy rendre leurs devoirs.
Le Bailly de Vendôme , tous
les Officiers de la Juftice de Vendôme
& de Montoire , luy font
venus faire compliment , fur la
joye de voir qu'elle demeuroit ,
de même qu'ils étoient venus luy
témoigner leur douleur de la
perdre , & avec elle l'édification
& l'admiration de toute la Province.
dans l'un des Articles de cette
Lettre , que Madame de Harlay
de Chanvalon , Abbeffe de la
Virginité dans le Vendômois ,
illuftre par fa naiffance , par fon
efprit , & par la vertu , avoit eſté
nommée par le Roy à l'Abbaïe
de Port Royal de Paris. Cependant
cette Abbaie eft encore
vacante. Quoy qu'elle foit plus
confidérable & plus riche que
celle de Madame de la Virginité ,
dans la Ville Capitale du Royaume
, & fous la Jurifdiction de
Monfieur l'Archevefque de Paris
fon Frere , de fi puiffantes raisons
GALANT. 177
ont efté fans force pour ébranler
fa conftance . Elle a triomphe de
l'ambition , & des tendreffes du
fang , c'est à dire , de ce qui flate
davantage l'efprit & le coeur.
Elle a fuplié Monfieur de Paris,
de faire agréer au Roy fes treshumbles
excufes , & de luy témoigner
la douleur qu'elle a de
n'eftre pas en état d'obeïr à Sa
Majefté , & de recevoir le bienfait
dont il luy plaifoit de l'honorer
; Que fon âge qui paffe foixante
ans , & fa mauvaiſe fanté,
ne luy permettoient pas d'embraffer
l'étroite Obfervance établie
à Port Royal ; Qu'elle ne
croyoit pas pouvoir en lûreté de
confcience & avec honneur , fe
mettre à la tefte d'une Communauté
qu'elle ne prefcheroit que
de parole, & non pas d'exemple
Qu'elle auroit peur de tomber
HS
178 MERCURE
dans le blâme des Pharifiens , à
qui le Sauveur du Monde reproche,
qu'ils chargeoient les Hommes
de fardeaux pefans qu'ils
n'auroient pas voulu toucher du
bout du doigt. Elle a enfin reprefenté
à Monfieur l'Archevefque,
Qu'il y avoit cinquante ans qu'el
le eftoit dans l'Abbaïe de la Virginité
; trente , qu'elle en eftoit
Abbeffe ; Que la douleur & les
larmes de quarante Filles qu'elle
avoit toutes élevées , la touchoient
, & qu'elle ne pouvoir fe
refoudre à les abandonner. En
effet , auffi -toft qu'elles fçûrent.
Ja nomination du Roy , elles allerent
ſe jetter aux pieds de Madame
de la Virginité , pour la fuplier
de demeurer avec elles .
C'eftoit une defolation fi generale
, qu'il fembloit que chacune
eûr perdu ce qu'elle avoit de plus
GALAN T. 179
proche. Elles redoublérent leurs
Prieres , leurs Communions , leurs
Jeûnes,leurs Difciplines, & toutes
leurs mortifications , pour obtenir
de Dieu qu'il leur laiffaft leur incomparable
Abbeffe . C'eſt une
Communauté où il y a grand
nombre de Religieufes forties de
Maiſons nobles & confiderables .
La reputation,la vertu , la civilité ,
& toutes les manieres engageantes
de Madame de la Virginité,
ont porté plufieurs Perfonnes de
qualité à mettre leurs Filles fous
fa conduite , qui eft admirable .
Elle a étably dans fon Abbaïe une
exacte clôture, le frequent ufage
des Sacremens , l'exercice de l'Oraiſon
mentale , les Retraites annuelles
de dix jours , la pratique
du filence , l'éloignement des converfations
du monde, & plufieurs
Obfervances regulieres.On y fait
>
H 6
180 MERCURE
des aumônes qui ſemblent furpaffer
le revenu de la Maiſon .
C'est l'Azile des Filles qui veulent
quiter la Religion Pretenduë
Reformée , pour fe faire Catholiques.
Toutes celles qui fe font
converties dans le Vendômois depuis
qu'elle eft Abbeffe , s'y font
venues faire inftruire , y ont fait
leur Abjuration , y ont demeuré
les unes plufieurs mois , les autres
plufieurs années gratuitement ;
il y en a toûjours eu , & il y en a
encore en cette maniere . Les Religieufes
de la Virginité font tresvertueules,
& ont beaucoup d'efprit.
Après avoir efté ſenſibles à
la douleur , elles ne l'ont pas moins
efté à la joye de conferver leur
tréfor.Auffi toft qu'elles (çeurent
que Roy avoit la bonté de leur
laiffer leur illuftre & chere Abbeffe
, elles allérent à l'Eglife
le
GALANT. 181
chanter le Te Deum en Mufique
tres- folemnellement , au fon des
Cloches & au bruit du Canon .
Il y eût des Feux de joye allumez ,
depuis fept heures du matin , jufques
au foir , & le lendemain
la Meffe d'action de graces fut
chantée par Monfieur l'Abbé de
Château Renault , Frere de Monfeur
le Chevalier de Château-
Renault , Commandeur d'une
Efcadre de Vaiffeaux , & Oncle
de Monfieur le Marquis de Château-
Renault , Colonel du Regiment
de Cambrefis , qui y eftoit
prefent , avec plufieurs Gentilshommes
du Païs . Tout le refte de
la Nobleffe du Vendômois & des
Provinces voisines , eft venu les
jours fuivans à la Virginité , feliciter
cette Abbeffe fur fa genereuſe
reſolution , auffi bien que
Meffieurs les Curez & Ecclefiafti182
MERCURE
ques. Les Communautez de Religieux
en ont deputé de leurs
Corps , pour luy rendre leurs devoirs.
Le Bailly de Vendôme , tous
les Officiers de la Juftice de Vendôme
& de Montoire , luy font
venus faire compliment , fur la
joye de voir qu'elle demeuroit ,
de même qu'ils étoient venus luy
témoigner leur douleur de la
perdre , & avec elle l'édification
& l'admiration de toute la Province.
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Résumé : Belle action, [titre d'après la table]
Madame de Harlay de Chanvalon, abbesse de l'abbaye de la Virginité dans le Vendômois, a été désignée par le roi pour diriger l'abbaye de Port Royal de Paris. Elle a toutefois décliné cette nomination malgré les pressions exercées. Madame de Harlay a justifié son refus en invoquant son âge avancé et sa mauvaise santé, qui l'empêchaient de suivre la stricte observance de Port Royal. Elle a également exprimé son refus de quitter les quarante filles qu'elle avait élevées, ces dernières étant en détresse à l'idée de la perdre. La communauté de la Virginité, composée de religieuses issues de familles nobles et respectées, a accueilli favorablement la décision du roi d'accepter le refus de Madame de Harlay. Elles ont célébré cet événement par des prières, des jeûnes et des actions de grâce. La réputation de Madame de Harlay pour sa vertu et sa conduite exemplaire a attiré de nombreuses personnes de qualité à confier leurs filles à son abbaye. L'abbaye de la Virginité sert également de refuge pour les filles souhaitant se convertir au catholicisme. La communauté a exprimé sa joie par des célébrations solennelles, des feux de joie et des messes d'action de grâce, en présence de la noblesse locale et des ecclésiastiques.
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3
p. 308-311
Entrée de Madame l'Abbesse de la Virginité à Port-Royal, [titre d'après la table]
Début :
Enfin Dieu s'est laissé fléchir aux larmes des Religieuses [...]
Mots clefs :
Dieu, Religieuses, Port Royal, Prières, Abbesse, Archevêque, Abbayes, Gouvernement, Satisfaction, Sagesse, Douceur, Gloire, Religion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Entrée de Madame l'Abbesse de la Virginité à Port-Royal, [titre d'après la table]
Enfin Dieu s'eft laiffé flé
chir aux larmes des Religieufes
de Port Royal , & a
exaucé leurs prieres . Elles
ont tant fait d'inftances &
GALANT. 309
de tres humbles fupplications
au Roy , afin d'avoir pour
leur Abbeffe Madame de la
Virginité , que Sa Majesté a
ordonné à M '
l'Archevefque
de la faire venir à Paris. Le
Roy a bien voulu luy don .
ner une année pour faire fon
option fur l'une des deux
Abbaies , défirant que: durant
cet intervalle elle prift
le gouvernement de Port-
Royal , fur une Commiffion
de M. l'Archevefque , & avec
le confentement de fes Supérieurs
. Elle a obeï aux commandemens
de Sa Majefté ;
310 MERCURE
•
& les Dames de Port Royal,
qui à l'ombre de fon nom
avoient commencé à joüir
d'une profonde paix , ont
maintenant la fatisfaction de
la voir affermie par fa préfence
. Cette illuftre Abbeffe
les conduit avec une fageffe
& une douceur qui les char-
Elles font tous me toutes.
leurs efforts pour la déterminer
en faveur de leur Maifon.
Cependant elle fe laiffe
aller à la volonté de fes Supérieurs
, perfuadée que c'eft
dans cette foûmiffion que
confifte le véritable efprit de
GALANT. ZIT
Religion , dont elle a fait
jufques icy tout fon bonheur
& toute fa gloire .
chir aux larmes des Religieufes
de Port Royal , & a
exaucé leurs prieres . Elles
ont tant fait d'inftances &
GALANT. 309
de tres humbles fupplications
au Roy , afin d'avoir pour
leur Abbeffe Madame de la
Virginité , que Sa Majesté a
ordonné à M '
l'Archevefque
de la faire venir à Paris. Le
Roy a bien voulu luy don .
ner une année pour faire fon
option fur l'une des deux
Abbaies , défirant que: durant
cet intervalle elle prift
le gouvernement de Port-
Royal , fur une Commiffion
de M. l'Archevefque , & avec
le confentement de fes Supérieurs
. Elle a obeï aux commandemens
de Sa Majefté ;
310 MERCURE
•
& les Dames de Port Royal,
qui à l'ombre de fon nom
avoient commencé à joüir
d'une profonde paix , ont
maintenant la fatisfaction de
la voir affermie par fa préfence
. Cette illuftre Abbeffe
les conduit avec une fageffe
& une douceur qui les char-
Elles font tous me toutes.
leurs efforts pour la déterminer
en faveur de leur Maifon.
Cependant elle fe laiffe
aller à la volonté de fes Supérieurs
, perfuadée que c'eft
dans cette foûmiffion que
confifte le véritable efprit de
GALANT. ZIT
Religion , dont elle a fait
jufques icy tout fon bonheur
& toute fa gloire .
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Résumé : Entrée de Madame l'Abbesse de la Virginité à Port-Royal, [titre d'après la table]
Le roi a décidé de faire venir Madame de la Virginité à Paris pour qu'elle choisisse entre deux abbayes. Les religieuses de Port-Royal avaient demandé au roi qu'elle devienne leur abbesse. Le roi a accordé une année à Madame de la Virginité pour prendre sa décision, durant laquelle elle gouvernerait Port-Royal avec l'accord de ses supérieurs et une commission de l'archevêque. Les religieuses de Port-Royal, ayant déjà trouvé la paix sous son influence, sont satisfaites de sa présence. Madame de la Virginité dirige les religieuses avec sagesse et douceur, ce qui les ravit. Elles tentent de la convaincre de rester, mais elle se soumet à la volonté de ses supérieurs, croyant que la soumission est essentielle à l'esprit religieux.
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4
p. 239-241
Madame de Villers-Canivet est benie Abbesse de ce Monastere, [titre d'après la table]
Début :
Sa Majesté ayant permis il y a quelque temps que [...]
Mots clefs :
Abbesse, Sa Majesté, Prieuré, Religieuses Bernardines, Abbaye, Nomination, Cérémonie, Noblesse
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texteReconnaissance textuelle : Madame de Villers-Canivet est benie Abbesse de ce Monastere, [titre d'après la table]
Sa Majeſté ayant permis il
y a quelque temps que le
Prieuré des Religieuſes Bernardines
de Villers- Canivet,
du Dioceſe de Sez en Normandie
, fuſt érigé en Abbaye
à la confideration de
Dame Anne de Souvré, dont
l'Illuſtre Maiſon eft connuë
de toute la France , & l'ayant
nommée pour en eſtre la premiere
Abbeffe , M' l'Evefque
de Bayeux aſſiſté d'un grand
nombre d'Eccleſiaſtiques, fit
le 4. de ce mois la Cerémo
240 MERCURE
nie de la benir dans l'Eglife
de cette Abbaye. Elle estoie
accompagnée des Dames
Abbeffes d'Almeneſche &
de Vignats.Tout ſe pafla dans
cette action avec unepompe
& une magnificence extraordinaire
, & quoy que la
plus confiderable Nobleſſe
du Pays ſe fuſt rendue dans
l'Eglife , & qu'ily fuſtaccouru
un Peuple innombrable,
ily eut un fi bon ordre , que
la grande foule n'apporta aucune
confufion. La Ceremo
nie fut terminée par un ſçavant
& fort beau Difcours
que
GALANT. 241
que prononça ce Prélat , ſur
les obligations & les devoirs
d'une Abbeſſe à l'égard de
ſes Religieuſes , aprés quoy
il fut régalé ſplendidement
avec toutes les Perſonnes de
marque qui estoient venuës
des environs.
y a quelque temps que le
Prieuré des Religieuſes Bernardines
de Villers- Canivet,
du Dioceſe de Sez en Normandie
, fuſt érigé en Abbaye
à la confideration de
Dame Anne de Souvré, dont
l'Illuſtre Maiſon eft connuë
de toute la France , & l'ayant
nommée pour en eſtre la premiere
Abbeffe , M' l'Evefque
de Bayeux aſſiſté d'un grand
nombre d'Eccleſiaſtiques, fit
le 4. de ce mois la Cerémo
240 MERCURE
nie de la benir dans l'Eglife
de cette Abbaye. Elle estoie
accompagnée des Dames
Abbeffes d'Almeneſche &
de Vignats.Tout ſe pafla dans
cette action avec unepompe
& une magnificence extraordinaire
, & quoy que la
plus confiderable Nobleſſe
du Pays ſe fuſt rendue dans
l'Eglife , & qu'ily fuſtaccouru
un Peuple innombrable,
ily eut un fi bon ordre , que
la grande foule n'apporta aucune
confufion. La Ceremo
nie fut terminée par un ſçavant
& fort beau Difcours
que
GALANT. 241
que prononça ce Prélat , ſur
les obligations & les devoirs
d'une Abbeſſe à l'égard de
ſes Religieuſes , aprés quoy
il fut régalé ſplendidement
avec toutes les Perſonnes de
marque qui estoient venuës
des environs.
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5
p. 1-13
Les Ambassadeurs vont à l'Abbaye de Dénin. Description de cette Abbaye, & ce qui s'y passe. [titre d'après la table]
Début :
J'AY finy la troisiéme Partie du Voyage des Ambassadeurs [...]
Mots clefs :
Abbaye de Denain, Chanoinesses, Roi, Dames, Abbesse, Habits, Chapitre, Toile, Corps, Gouverneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Les Ambassadeurs vont à l'Abbaye de Dénin. Description de cette Abbaye, & ce qui s'y passe. [titre d'après la table]
de Valenciennes.
Comme M² de Ma
A
2 IV. P. du Voyage
galotti , Gouverneur de cette
Place , leur avoit parlé des
Chanoineſſes de Denin , qui
ſont ſur le chemin de Doüay
où ils alloient , ils s'arreſterent
à cette Abbaye pour les
voir. Le Chapitre de Denin
a eſté fondé par Saint Aldebert
Comte d'Oftre-van , &
Sainte Reine ſa Femme , qui
eſtoit Niepce du Roy Pepin.
Ils eurent dix filles qui toutes
ont eſté canoniſées. L'ainée
nommée Renfroye a eſté la
premiere Abbeffe , & eft Patronne
de Denin. Ils donnerent
tous leurs biens à leurs
des Amb. de Siam. 3
filles , qui furent les premieres
Chanoineſſes , mais dans la
ſuitte du temps , on a perdu
une partie du bien , & la Souveraineté
du Comté d'Oftrevan
qui eſt au Roy , comme
Cotede Hainaut. Les Chanoineſſes
confervent ſeulement le
titre de Comteſſes d'Oſtrevan.
LeChapitre eſt compoféde 18.
Dames Chanoineſſes. Il n'y a
preſentement que 14. places
remplies par Meſd. de Tenre
monde , de Marq, de la Pierre,
de la Hamet , de Merigny , de
Bouvigny,de Nedonchel,de la
Sies , de Mache ,de Naudion,
Aij
4 IV P. du Voyage
de Lans , de Vaudregrac , de
Pergues -Vignacourt , & du
Bellay. Il n'y a que cette derniere
qui ſoit Françoiſe. Les
autres font des meilleures
Maiſons des Païs-bas & de
Picardie , & elles font toutes
preuve de Nobleſſe de 8. quartiers
, avec beaucoup plus d'exactitude
que les Chevaliers
de Malthe . Les quatre autres
places font vacantes. Le Service
ſe fait avec une entiere
regularité , & l'on y dit l'Office
Romain. Les habits des
Chanoineſſes font blancs, une
jupe blanche , avec une bordes
Amb. de Siam. 5
dure de petit gris en bas , un
furplis de toile fine , dont les
manehes &le corps font faits
comme des corps de robe ,
bordé de velours noir , & un
grandmanteau doublé d'Hermine
toute blanche ; celuy de
l'Abbeſſe eſt moucheté . Elles
ont deux voiles de gaze blanche,
mais eftroits& plus courts
que
que ceux des Religieuſes des
Convents , & un petit couvrechef.
Tous les voiles font
d'une toile claire & empefée,
qui fait comme une maniere
de couronne. Les jours de Feftes
folemnelles , elles portent
A iij
6 IV. P. du Voyage
de grandes manches auffi longues
& larges que celles de
P'habit de S.Benoiſt. Chacune
eft coëffée ſous ſon voile comme
il luy plaiſt , mais fans rubans
; elles ont de petits mouchoirs
de toile de ſoye. Il n'y
a point preſentement d'Abbeffe,
& le Roy par des confiderations
particulieres , a
conſenty que les Dames ne
procedaſſent à aucune élection.
Le revenu qui appartient
à l'Abbeffe , doit eftre
employé à payer les dettes qui
ont eſté faites pendant les
Guerres. Quand l'Abbeſſe eſt
des Amb. de Siam. 7
morte , & qu'il en faut élire
une nouvelle , c'eſt toûjours
une des Dames de la maiſon .
L'Intendant & le Gouverneur
de la Province ſe doivent
trouver à l'élection . Chaque
Chanoineſſe a trois voix qu'elle
donne à qui elle veut. On
en élit trois , & le Roy choifit
celle qu'il luy plaift. Elle
ne fait aucun voeu non ,plus
que les autres Chanoineſſes.
Lors qu'elles viennent à ſemarier
, elles ne font que remerqu'on
leur a fait. Les mariacier
le Chapitre de l'honneur
ges ne ſe font jamais dans la
Aiiij
8 IV. P. du Voyage
Maiſon. Quand ces Dames
font leurs preuves , on fait jurer
dans l'Egliſe un Gentilhomme
que les quartiers de
la nouvelle Chanoineſſe ſont
nobles , & qu'il les connoiſt ,
aprés quoy elle ſe met à genoux
,& demande pour l'amour
de Dieu , de la Vierge ,
& de Sainte Remfroye , le
pain de la Maiſon qu'on luy
accorde , & on luy met deux
grands pains entre les mains
qu'elle fait diftribuer
Pauvres . Les Dames font
quatre années d'école aprés
leur reception. C'eſt ce qu'on
aux
A
des Amb. de Siam. 9
appelle faire Rigoureuse dans
lesChapitres d'Hommes.Pendant
ces quatre ans , elles ne
peuvent ny manquer au
Choeur , ny fortir la Maiſon.
Aprés cela elles ont deux mois
tous les ans à s'aller promener.
Les jeunes Chanoineſſes demeurent
chez les Anciennes ,
que l'on appelle Aînées , &
leur payent penſion. Il y en a
quatre qui prennent connoifſance
des affaires , & auſquelles
l'on s'adreſſe quand il n'y
a pas d'Abbeffe . Čes Chanoineffes
qui ſortoient de l'Office,
receurent en Corps les
10 IV. P. du Voyage
Ambaſſadeurs à la porte de
leur Convent ; la nouveauté
de leurs habits les ſurprit d'abord.
On les conduifit dans la
maiſon de la plus ancienne ,
où ils confidererent fort ces
habits qui ont quelque chofe
de tres-agreable & de tres
majestueux. Ils dirent qu'ils
n'en avoient point encore veu de
plus beaux , & que les habits
blancs convenoient mieux aux
Dames que ceux de toute autre
couleur , enfin ce blanc leur
plût tout-à-fait , parce que
leur Talapoins font veſtus de
blanc. On leur expliqua tou
des Amb. de Siam. 11
tes les regles de ce Convent
qu'ils trouverent fort commodes.
Ils dirent que ces Chanoineſſes
avoient des avantages
bien plus confiderables que les autres
Religieuses , & que si elles
estoient en leur Pais , elles feroient
mariées ſi-toſt qu'elles auroient
l'âge ou le mariage ſe permet.
Ces Chanoineſſes voulurent
les regaler , mais ils ne
prirent que du Thé, parce que
l'heure de leur dîner approchoit.
Ils s'arrêterent pour cet
effetà unVillage nomé Creon,
où le Maiſtre d'Hoſtel qui a
foin de leur Table , les ſervir
12 IV. P du Voyage
à l'ordinaire, c'eſt à dire qu'ils
y trouverent un repas auffi
ſomptueux que dans les meilleures
Villes. On prit enſuite
le chemin de Doüay. C'eſt
une Ville trés-forte ſur la riviere
de Scarpe. On croit
qu'elle estoit la Capitale du
Pays des Cattuaques , dont
parle Cefar dans ſes Commentaires
; & qu'Aſcanalde,
Officier du RoyClovis,y fonda
l'Egliſe de Noftre- Dame,
dans le cinquiéme fiecle. Elle.
a deux Collegiales . Il y aUniverſité
, qui y fut fondée en
1563. par Philippes II. Roy
des Anb. de Siam. 13
d'Eſpagne, à l'inſtance du Pape
Pie IV. Le Roy la prit en
1667. & elle luy fut cedée l'année
ſuivante par laPaix d'Aixla-
Chapelle.
Comme M² de Ma
A
2 IV. P. du Voyage
galotti , Gouverneur de cette
Place , leur avoit parlé des
Chanoineſſes de Denin , qui
ſont ſur le chemin de Doüay
où ils alloient , ils s'arreſterent
à cette Abbaye pour les
voir. Le Chapitre de Denin
a eſté fondé par Saint Aldebert
Comte d'Oftre-van , &
Sainte Reine ſa Femme , qui
eſtoit Niepce du Roy Pepin.
Ils eurent dix filles qui toutes
ont eſté canoniſées. L'ainée
nommée Renfroye a eſté la
premiere Abbeffe , & eft Patronne
de Denin. Ils donnerent
tous leurs biens à leurs
des Amb. de Siam. 3
filles , qui furent les premieres
Chanoineſſes , mais dans la
ſuitte du temps , on a perdu
une partie du bien , & la Souveraineté
du Comté d'Oftrevan
qui eſt au Roy , comme
Cotede Hainaut. Les Chanoineſſes
confervent ſeulement le
titre de Comteſſes d'Oſtrevan.
LeChapitre eſt compoféde 18.
Dames Chanoineſſes. Il n'y a
preſentement que 14. places
remplies par Meſd. de Tenre
monde , de Marq, de la Pierre,
de la Hamet , de Merigny , de
Bouvigny,de Nedonchel,de la
Sies , de Mache ,de Naudion,
Aij
4 IV P. du Voyage
de Lans , de Vaudregrac , de
Pergues -Vignacourt , & du
Bellay. Il n'y a que cette derniere
qui ſoit Françoiſe. Les
autres font des meilleures
Maiſons des Païs-bas & de
Picardie , & elles font toutes
preuve de Nobleſſe de 8. quartiers
, avec beaucoup plus d'exactitude
que les Chevaliers
de Malthe . Les quatre autres
places font vacantes. Le Service
ſe fait avec une entiere
regularité , & l'on y dit l'Office
Romain. Les habits des
Chanoineſſes font blancs, une
jupe blanche , avec une bordes
Amb. de Siam. 5
dure de petit gris en bas , un
furplis de toile fine , dont les
manehes &le corps font faits
comme des corps de robe ,
bordé de velours noir , & un
grandmanteau doublé d'Hermine
toute blanche ; celuy de
l'Abbeſſe eſt moucheté . Elles
ont deux voiles de gaze blanche,
mais eftroits& plus courts
que
que ceux des Religieuſes des
Convents , & un petit couvrechef.
Tous les voiles font
d'une toile claire & empefée,
qui fait comme une maniere
de couronne. Les jours de Feftes
folemnelles , elles portent
A iij
6 IV. P. du Voyage
de grandes manches auffi longues
& larges que celles de
P'habit de S.Benoiſt. Chacune
eft coëffée ſous ſon voile comme
il luy plaiſt , mais fans rubans
; elles ont de petits mouchoirs
de toile de ſoye. Il n'y
a point preſentement d'Abbeffe,
& le Roy par des confiderations
particulieres , a
conſenty que les Dames ne
procedaſſent à aucune élection.
Le revenu qui appartient
à l'Abbeffe , doit eftre
employé à payer les dettes qui
ont eſté faites pendant les
Guerres. Quand l'Abbeſſe eſt
des Amb. de Siam. 7
morte , & qu'il en faut élire
une nouvelle , c'eſt toûjours
une des Dames de la maiſon .
L'Intendant & le Gouverneur
de la Province ſe doivent
trouver à l'élection . Chaque
Chanoineſſe a trois voix qu'elle
donne à qui elle veut. On
en élit trois , & le Roy choifit
celle qu'il luy plaift. Elle
ne fait aucun voeu non ,plus
que les autres Chanoineſſes.
Lors qu'elles viennent à ſemarier
, elles ne font que remerqu'on
leur a fait. Les mariacier
le Chapitre de l'honneur
ges ne ſe font jamais dans la
Aiiij
8 IV. P. du Voyage
Maiſon. Quand ces Dames
font leurs preuves , on fait jurer
dans l'Egliſe un Gentilhomme
que les quartiers de
la nouvelle Chanoineſſe ſont
nobles , & qu'il les connoiſt ,
aprés quoy elle ſe met à genoux
,& demande pour l'amour
de Dieu , de la Vierge ,
& de Sainte Remfroye , le
pain de la Maiſon qu'on luy
accorde , & on luy met deux
grands pains entre les mains
qu'elle fait diftribuer
Pauvres . Les Dames font
quatre années d'école aprés
leur reception. C'eſt ce qu'on
aux
A
des Amb. de Siam. 9
appelle faire Rigoureuse dans
lesChapitres d'Hommes.Pendant
ces quatre ans , elles ne
peuvent ny manquer au
Choeur , ny fortir la Maiſon.
Aprés cela elles ont deux mois
tous les ans à s'aller promener.
Les jeunes Chanoineſſes demeurent
chez les Anciennes ,
que l'on appelle Aînées , &
leur payent penſion. Il y en a
quatre qui prennent connoifſance
des affaires , & auſquelles
l'on s'adreſſe quand il n'y
a pas d'Abbeffe . Čes Chanoineffes
qui ſortoient de l'Office,
receurent en Corps les
10 IV. P. du Voyage
Ambaſſadeurs à la porte de
leur Convent ; la nouveauté
de leurs habits les ſurprit d'abord.
On les conduifit dans la
maiſon de la plus ancienne ,
où ils confidererent fort ces
habits qui ont quelque chofe
de tres-agreable & de tres
majestueux. Ils dirent qu'ils
n'en avoient point encore veu de
plus beaux , & que les habits
blancs convenoient mieux aux
Dames que ceux de toute autre
couleur , enfin ce blanc leur
plût tout-à-fait , parce que
leur Talapoins font veſtus de
blanc. On leur expliqua tou
des Amb. de Siam. 11
tes les regles de ce Convent
qu'ils trouverent fort commodes.
Ils dirent que ces Chanoineſſes
avoient des avantages
bien plus confiderables que les autres
Religieuses , & que si elles
estoient en leur Pais , elles feroient
mariées ſi-toſt qu'elles auroient
l'âge ou le mariage ſe permet.
Ces Chanoineſſes voulurent
les regaler , mais ils ne
prirent que du Thé, parce que
l'heure de leur dîner approchoit.
Ils s'arrêterent pour cet
effetà unVillage nomé Creon,
où le Maiſtre d'Hoſtel qui a
foin de leur Table , les ſervir
12 IV. P du Voyage
à l'ordinaire, c'eſt à dire qu'ils
y trouverent un repas auffi
ſomptueux que dans les meilleures
Villes. On prit enſuite
le chemin de Doüay. C'eſt
une Ville trés-forte ſur la riviere
de Scarpe. On croit
qu'elle estoit la Capitale du
Pays des Cattuaques , dont
parle Cefar dans ſes Commentaires
; & qu'Aſcanalde,
Officier du RoyClovis,y fonda
l'Egliſe de Noftre- Dame,
dans le cinquiéme fiecle. Elle.
a deux Collegiales . Il y aUniverſité
, qui y fut fondée en
1563. par Philippes II. Roy
des Anb. de Siam. 13
d'Eſpagne, à l'inſtance du Pape
Pie IV. Le Roy la prit en
1667. & elle luy fut cedée l'année
ſuivante par laPaix d'Aixla-
Chapelle.
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Résumé : Les Ambassadeurs vont à l'Abbaye de Dénin. Description de cette Abbaye, & ce qui s'y passe. [titre d'après la table]
Le texte décrit la visite des ambassadeurs de Siam à l'abbaye de Denin, située sur le chemin de Douai. Cette abbaye, fondée par Saint Aldebert et Sainte Reine, nièce du roi Pépin, abritait dix religieuses toutes canonisées. La première abbesse, Renfroye, est la patronne de Denin. Les chanoinesses de l'abbaye, au nombre de quatorze, proviennent des meilleures familles des Pays-Bas et de Picardie et doivent prouver une noblesse de huit quartiers. Leur habit est blanc, avec des accessoires spécifiques pour les jours de fêtes solennelles. Actuellement, l'abbaye n'a pas d'abbesse, et le roi a interdit toute élection. Les chanoinesses suivent un régime de vie régulier, incluant des périodes d'école et de promenade. Lors de leur réception, elles doivent prouver leur noblesse et distribuer du pain aux pauvres. Les ambassadeurs furent impressionnés par leurs habits et leurs règles de vie, les trouvant avantageuses comparées à d'autres religieuses. Après leur visite à Denin, les ambassadeurs se rendirent à Douai, une ville forte située sur la rivière Scarpe. Douai est connue pour son université, fondée en 1563 par Philippe II d'Espagne et cédée à la France en 1668.
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6
p. 287-290
Me de Chastillon est nommée par le Roy, Abbesse de la Deserte, [titre d'après la table]
Début :
L'Abbaye de la Deserte, située à Lyon ayant vacqué [...]
Mots clefs :
Abbaye de la Deserte, Madame de Quibly, Mort, Abbesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Me de Chastillon est nommée par le Roy, Abbesse de la Deserte, [titre d'après la table]
L'Abbaye de la Deferte ,
fituée à Lyon ayant vacqué
par la mort de Madame de
Quibly , derniere Abbeffe &
qui avoit cfté Coadjutrice de
feue Me fa tante
nomma il y a quelque temps
à cette Abbaye Mc de Chatillon , Religieufe de l'Abbayede Saint Pierre de la même
Ville. La nouvelle Abbeffe
eft fœur aînée de Me d'Hyle Roy
288 MERCURE
Yours dont le merite eft fi
connu dans le monde. Mr
l'Evêque de Châlons fur Sзone
fie quelque temps aprés la
Ceremoniede Benir cette nouvelle Abbeffe , dans l'Eglife
de la Deferte. Me de Roftaing
Abbeffe de Chazaut & Me
de la Tour- vidant Prieure
perpetuelle du Monaſtere de
Saint Benoift de la même Ville,
furent les Abbeffes, affiftantes ;
& la derniere futi appellée
faute d'autre Abbeffe.
l'Evêque de Saint Flour , qui
fe trouva alors à Lyon , affiſta -
à la Ceremonie en Camail &
Mr
en
m Wuwuu དང go: ཀྱ
GALANT 289
I
2
Mc en Rochet , de même que
l'ancien Abbé de Saint Antoi
ne. Toute la Nobleffe de Lyon
dont la meilleure partie appartient à la nouvelle Abbeffe
affifta à la Ceremonie , & Mr
l'Evêque de Chalons , fit ouvrir les portes du Convent qui
eft tres vafte & qui eft d'une
grande ancienneté, à tout ceux
qui y voulurent entrer. Me
de Châtillon eft d'une des
meilleures Maifons du Pays.
Elle eft alliée à la Maiſon de
la Chaize & à celle de Rochefort. Elle refifta long - temps
avant que d'accepter cette
Bb
•
Mars 1710.
290 MERCURE
Abbaye, & elle ne l'a fait que
par l'ordre exprés de fes Supericurs & defeüe Me l'Abbeffe
de Saint Pierre.
fituée à Lyon ayant vacqué
par la mort de Madame de
Quibly , derniere Abbeffe &
qui avoit cfté Coadjutrice de
feue Me fa tante
nomma il y a quelque temps
à cette Abbaye Mc de Chatillon , Religieufe de l'Abbayede Saint Pierre de la même
Ville. La nouvelle Abbeffe
eft fœur aînée de Me d'Hyle Roy
288 MERCURE
Yours dont le merite eft fi
connu dans le monde. Mr
l'Evêque de Châlons fur Sзone
fie quelque temps aprés la
Ceremoniede Benir cette nouvelle Abbeffe , dans l'Eglife
de la Deferte. Me de Roftaing
Abbeffe de Chazaut & Me
de la Tour- vidant Prieure
perpetuelle du Monaſtere de
Saint Benoift de la même Ville,
furent les Abbeffes, affiftantes ;
& la derniere futi appellée
faute d'autre Abbeffe.
l'Evêque de Saint Flour , qui
fe trouva alors à Lyon , affiſta -
à la Ceremonie en Camail &
Mr
en
m Wuwuu དང go: ཀྱ
GALANT 289
I
2
Mc en Rochet , de même que
l'ancien Abbé de Saint Antoi
ne. Toute la Nobleffe de Lyon
dont la meilleure partie appartient à la nouvelle Abbeffe
affifta à la Ceremonie , & Mr
l'Evêque de Chalons , fit ouvrir les portes du Convent qui
eft tres vafte & qui eft d'une
grande ancienneté, à tout ceux
qui y voulurent entrer. Me
de Châtillon eft d'une des
meilleures Maifons du Pays.
Elle eft alliée à la Maiſon de
la Chaize & à celle de Rochefort. Elle refifta long - temps
avant que d'accepter cette
Bb
•
Mars 1710.
290 MERCURE
Abbaye, & elle ne l'a fait que
par l'ordre exprés de fes Supericurs & defeüe Me l'Abbeffe
de Saint Pierre.
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Résumé : Me de Chastillon est nommée par le Roy, Abbesse de la Deserte, [titre d'après la table]
L'Abbaye de la Déferte à Lyon est devenue vacante après le décès de Madame de Quibly, dernière abbesse. Madame de Châtillon, sœur aînée de Madame d'Hyle Roy, a été nommée pour lui succéder. La cérémonie de bénédiction a eu lieu en mars 1710 en présence de l'évêque de Châlons-sur-Saône, de l'évêque de Saint-Flour, de Madame de Roftaing, abbesse de Chazaut, et de Madame de la Tour-Vidant, prieure perpétuelle du monastère de Saint-Benoît. Toute la noblesse lyonnaise, dont une grande partie est liée à la nouvelle abbesse, a assisté à l'événement. Madame de Châtillon, issue d'une famille prestigieuse, est alliée aux maisons de la Chaize et de Rochefort. Elle a accepté cette charge sur ordre de ses supérieurs et de la défunte abbesse de Saint-Pierre, après avoir longtemps résisté.
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7
p. 211-218
Me de Belzunce, benite Abbesse du Ronceray. [titre d'après la table]
Début :
Le 14. Septembre, Me de Belzunce, Abbesse de l'Abbaye [...]
Mots clefs :
Abbesse, Ronceray, Belzunce, Abbaye, Abbaye royale d'Angers, Religieuses, Lauzun, Procession
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Me de Belzunce, benite Abbesse du Ronceray. [titre d'après la table]
Le 14. septembre ,
Me de Belzunce
,
Abbesse
de l'Abbaye Royale d'A ngers,
dite du Ronceray
,
fut
bénite dans sonEgliseCollegiale
de la Trinité, par
Mr l'Evesque de Marseille,
son frere
, & assistée par
deux autres Abbesses, toutes
deux ses Tantes. La Trinité
est immédiatement
dépendante de l'Abbesse•
Dés que le Prélat eut
ptis ses ornements Pontificaux
, il alla chercher la
nouvelleAbbesse dans le
Choeur, d'où il vint en
procession.LesChanoines
en Chapes,les Chapelains
& autres Ecclesiastiques
au nombre de trente, en
Dalmatiques, précedoienc
l'Abbesse qui étoit suivie
de toute sa Communauté,
marchant deux à deux.
Elle avoit à son costé droit,
Me de Lauzun Abbesse de
Saintes, & à son costé gau- che, Me de Lauzun, ancienne
Abbesse de la mesme
Abbaye du Ronceray,
dont elle s'est démise en
faveur de sa Nièce. Dans
cet ordre la Procession sortit
du Choeur
,
traversa
l'Eglise Abbatiale; & se
rendit dans celle de la Trinité
qui la joint, au son
des Cloches des deux Eglises.
Après la Messe,la procession
se rendit dans le
Choeur du Ronceray, où
le Prélat ayant intronisé
l'Abbesse, il entonna le
Te Deum qui fut chanté en
Musique par les Religieuses.
Cette nouvelle Abbesse
est de la Maison deBelzunce
dont on a parlé lorsque
son frere fut nommé Evesque
deMarseille.
L'Abbaye Royale du
Ronceray d'Angers, est si
ancienne que l'on ignore
sa premiere fondation. On
sçait feulement qu'avant
que le Roy de Sicile Duc
d'Anjou l'eutrétablie dans
son premier lustre, & luy
eust fait prendre la Regle
de Saint Benoist
,
c'estoit
une AbbayedeChanoines.
ses, donr les Religieuses
ont gardé quelque chose de
l'habit, & quelques usages
particuliers pour les ceremonies
,
sur tout à leur
Prsession, aprèslaquelle
on fait la Bénédiction des
Vierges comme elle cil:
marquéedanslePontifical
Romain. On croit que les
feules Religieuses du Ronceray
,
& les Chartreuses
ont confervé cet usage.
Les Dames Religieuses
du Ronceray ne sont reçues
qu'après avoir fait les
mesmes preuves que l'on
exige à Malthe pour les
Chevaliers. Il y a huit
Prieurez que l'Abbesse
donne à des Religieuses
qui en sont Titulaires, &
les peuvent resigner.
Cette Abbaye a de grands
droics.L'Abbesse est Dame
d'une grande partie de la
Ville d'Angers, ce quiest
cause qu'elle s'appelloit
Dame d'Angers,jusqu'à ce
qu'uneStatuemiraculeuse
de la Sainte Vierge, trouvée
dans des Ronces, eust
fait donner le nom du
Ronceray à l'Abbaye où
l'on conferve avec beaucoup
de vénération cette
Image dans une Chapelle
très,ancienne qui est fous
terre, d'où il fort une Ronce,
ce,quiestverte en tout
temps.
Il y a eu des Abbesses
du Ronceray des Maisons
de Vantadour
,
deChampagne
, de Rohany&de la
Tremoille. Les dernieres
font Mesdames Simonne
& Ivonne de Maillé Brezé;
Antoinette du Puy,Charlotte
de Grammont qui vie
encore, &qui s'est démise.
Elleest Tante de Me de
Belzunce du codé de pere
& de mere ,
Françoise de
Caumont de Lauzun qui
demeure avec sa Nièce, en
faveur de qui elle s'est demire;
& enfin Anne-Marie-
Loüise de Belzunce qui
vient d'estre benite. Elle a
esté Grande-Prieure de
l'Abbaye de Saintes,Coadjutrice
du Ronceray le 10.
Février 1708. & Abbesse le
19.Mars de l'année suivante.
Elleestsoeur deMr
leMarquis deCastelron,
BrigadierdesArmées
du Roy, Capitaine des
Gendarmes de Monseigneur
le Duc de Bourgogne
, Se commandant actuellement
la Gendarmerie.
Me de Belzunce
,
Abbesse
de l'Abbaye Royale d'A ngers,
dite du Ronceray
,
fut
bénite dans sonEgliseCollegiale
de la Trinité, par
Mr l'Evesque de Marseille,
son frere
, & assistée par
deux autres Abbesses, toutes
deux ses Tantes. La Trinité
est immédiatement
dépendante de l'Abbesse•
Dés que le Prélat eut
ptis ses ornements Pontificaux
, il alla chercher la
nouvelleAbbesse dans le
Choeur, d'où il vint en
procession.LesChanoines
en Chapes,les Chapelains
& autres Ecclesiastiques
au nombre de trente, en
Dalmatiques, précedoienc
l'Abbesse qui étoit suivie
de toute sa Communauté,
marchant deux à deux.
Elle avoit à son costé droit,
Me de Lauzun Abbesse de
Saintes, & à son costé gau- che, Me de Lauzun, ancienne
Abbesse de la mesme
Abbaye du Ronceray,
dont elle s'est démise en
faveur de sa Nièce. Dans
cet ordre la Procession sortit
du Choeur
,
traversa
l'Eglise Abbatiale; & se
rendit dans celle de la Trinité
qui la joint, au son
des Cloches des deux Eglises.
Après la Messe,la procession
se rendit dans le
Choeur du Ronceray, où
le Prélat ayant intronisé
l'Abbesse, il entonna le
Te Deum qui fut chanté en
Musique par les Religieuses.
Cette nouvelle Abbesse
est de la Maison deBelzunce
dont on a parlé lorsque
son frere fut nommé Evesque
deMarseille.
L'Abbaye Royale du
Ronceray d'Angers, est si
ancienne que l'on ignore
sa premiere fondation. On
sçait feulement qu'avant
que le Roy de Sicile Duc
d'Anjou l'eutrétablie dans
son premier lustre, & luy
eust fait prendre la Regle
de Saint Benoist
,
c'estoit
une AbbayedeChanoines.
ses, donr les Religieuses
ont gardé quelque chose de
l'habit, & quelques usages
particuliers pour les ceremonies
,
sur tout à leur
Prsession, aprèslaquelle
on fait la Bénédiction des
Vierges comme elle cil:
marquéedanslePontifical
Romain. On croit que les
feules Religieuses du Ronceray
,
& les Chartreuses
ont confervé cet usage.
Les Dames Religieuses
du Ronceray ne sont reçues
qu'après avoir fait les
mesmes preuves que l'on
exige à Malthe pour les
Chevaliers. Il y a huit
Prieurez que l'Abbesse
donne à des Religieuses
qui en sont Titulaires, &
les peuvent resigner.
Cette Abbaye a de grands
droics.L'Abbesse est Dame
d'une grande partie de la
Ville d'Angers, ce quiest
cause qu'elle s'appelloit
Dame d'Angers,jusqu'à ce
qu'uneStatuemiraculeuse
de la Sainte Vierge, trouvée
dans des Ronces, eust
fait donner le nom du
Ronceray à l'Abbaye où
l'on conferve avec beaucoup
de vénération cette
Image dans une Chapelle
très,ancienne qui est fous
terre, d'où il fort une Ronce,
ce,quiestverte en tout
temps.
Il y a eu des Abbesses
du Ronceray des Maisons
de Vantadour
,
deChampagne
, de Rohany&de la
Tremoille. Les dernieres
font Mesdames Simonne
& Ivonne de Maillé Brezé;
Antoinette du Puy,Charlotte
de Grammont qui vie
encore, &qui s'est démise.
Elleest Tante de Me de
Belzunce du codé de pere
& de mere ,
Françoise de
Caumont de Lauzun qui
demeure avec sa Nièce, en
faveur de qui elle s'est demire;
& enfin Anne-Marie-
Loüise de Belzunce qui
vient d'estre benite. Elle a
esté Grande-Prieure de
l'Abbaye de Saintes,Coadjutrice
du Ronceray le 10.
Février 1708. & Abbesse le
19.Mars de l'année suivante.
Elleestsoeur deMr
leMarquis deCastelron,
BrigadierdesArmées
du Roy, Capitaine des
Gendarmes de Monseigneur
le Duc de Bourgogne
, Se commandant actuellement
la Gendarmerie.
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Résumé : Me de Belzunce, benite Abbesse du Ronceray. [titre d'après la table]
Le 14 septembre, Me de Belzunce fut bénite Abbesse de l'Abbaye Royale d'Angers, dite du Ronceray, par l'Évêque de Marseille, son frère, assisté de deux autres Abbesses, ses tantes. La cérémonie se déroula dans l'Église Collégiale de la Trinité, avec une procession incluant des Chanoines, des Chapelains et d'autres Ecclésiastiques. Me de Belzunce était accompagnée de Me de Lauzun, Abbesse de Saintes, et de l'ancienne Abbesse du Ronceray, qui s'était démise en sa faveur. Après la messe, l'Évêque intronisa Me de Belzunce et entonna le Te Deum. L'Abbaye Royale du Ronceray, d'origine inconnue, était initialement une Abbaye de Chanoinesses. Elle fut rétablie par le Roi de Sicile Duc d'Anjou. Les Religieuses du Ronceray conservent des usages particuliers et l'Abbesse est Dame d'une grande partie de la Ville d'Angers. L'Abbaye doit son nom à une statue miraculeuse de la Sainte Vierge trouvée dans des ronces. Me de Belzunce, sœur du Marquis de Castelron, fut Grande-Prieure de l'Abbaye de Saintes et Coadjutrice du Ronceray avant sa bénédiction.
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8
p. 3-45
LA BLONDE BRUNE femme & maistresse.
Début :
Une Dame jolie, enjoüée, & de beaucoup d'esprit, vertueuse [...]
Mots clefs :
Blonde, Brune, Languedoc, Mari absent, Galanterie, Maîtresse, Soupçon, Amant jaloux, Convalescence, Paris, Abbesse, Conseiller, Amour, Carrosse, Abbaye, Veuve, Couvent, Tromperie, Jalousie, Cheveux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA BLONDE BRUNE femme & maistresse.
LA BLONDE BRUNE
femme & maistreffe.
UNeDame jolie , enjouée , & de beaucoup
d'efprit , vertueufe dans
le fond , mais aimant le
Septembre 1712. Aij
4 MERCURE
monde , & les amufe->
ments d'une galanterie
fans vice , ne put s'empefcher de fuivre cette
maniere de vie pendant
l'abfence de fon mary ,
que d'importantes affai
res avoient appellé dans
le Languedoc pour quelque temps. Il eftoit tresnouveau marić , & avoit
épousé la femme par un
accommodement de famille , & ne l'avoit pas
veuë plus de deux outrois
GALANT.
jours avant ſon mariage,
& avoit efté contraint de
partir peu de jours après.
Il aima d'abord cette
femme ; mais foit jaloufic , foit delicateffe fcrupuleufe fur le point
d'honneuril eftoit un
peu trop fevere für fa
conduite ; & il luy recommanda en partant
une regularité devivie
fort efloignée des innocentes libertez qu'elle s'eftoit donnée eftant fille ,
Aiij
6 MERCURE
& qu'elle s'eftoit promis
de continuer après fon
mariage , ainfi fe voyant
maitreffe de fes actions
par ce départ , elle oùblia tous les fcrupules
qu'onlui avoit donnez en
partant , elle eftoit née
pour la vie agréable ,
l'occafion eftoit belle
elle crut qu'il luy eftoit
permis de s'en fervir ,
pourveu qu'elle évitaft
l'éclat ; elle ne vouloit
point recevoir de vifites
GALANT.
7
chez elle , mais elle avoit
des amis & des amies de
fon humeur , on la vit ,
elle plut & n'en fut point
fafchée. On lui fit de tendres déclarations , elle les
reçeut en femme d'efprit
qui veut eftre aimée &
ne point aimer, elle ne fe
faſchoit de rien, pourveu
qu'onne paffaft point les
bornes qu'elles s'eftoit
prefcrites conformément
à un fond de fageffe qui
ne pourroit eftre alteré ,
*
A iiij
8 MERCURE
les plus médifans one
pouvoient avoir que des
foupçons mal fondez , &
ceux qui eftoient les plus
entreprenans s'aperceurent bien - toft qu'il n'y
avoit à efperer d'elle que
l'agrément de la focieté
generale , ils l'en eſtimerent davantage & n'en
curent pas moins d'empreffement à la voir, car
elle plaifoit , mefme aux
femmes qui fe fentoient
un merite inferieur au
GALANT
fien , tout alloit bien jufque là mais un de ces
jeunes conquerants qui
ne veulent des femmes
que la gloire de s'en eſtre
fait aimer , prétendit un
jour eftre aimé d'elle
plus férieufement qu'elle
ne vouloit , elle le regarada fierement , changea
de ftile , prit un air fevere
& rabbatit tellement fa
vanité , qu'elle s'en fit un
ennemi tres- dangereux
il examina de prés toutes
10 MERCURE
fes demarches , la vit de
facile accès à tous ceux
qu'il regardoit comme
fes rivaux , & fans fonger qu'ils ne luy avoient
pas donné les mefmes fujets de plainte que luy , il
les mit tous fur fon compte , il prit confeil de fa
jaloufie , & ne fongea
plus qu'à fe vanger , il en
trouva une occafion toute autre qu'il ne l'efpe
roit.
La Dame eftoit allée à
GALANT.
IF
une Campagne pour
quelques jours avec une
amie;
par malheur pour
elle fon mary revint
justement de Languedoc le lendemain du
départ de fa femme , &
fut fort défagreablement
furpris de nela point
trouver chez elle en arrivant. Le premier homme qu'il vit en fortant
de chez luy ce fut l'amant jaloux , avec qui
il avoit toujours vécu
12 MERCURE
affez familierement , le
mary luy confia le chagrin qu'il avoit contre ſa
femme; il prit cette occafionpour la juftifier de la
maniere dont les prudes
medifent ordinairement
de leurs émules , c'eſtà- dire en excufant malignement les fautes qu'on
ignoreroit fans elle; il entra dans le détail de toutes les connoiffances qu
elleavoit faites depuisfon
départ , & de toutes les
GALANT. 13
parties où elles'étoit trouvée, en louant une vertu
qui pouvoit eftre à l'épreuve de tout cela , mais
cette vertu eftoit ce qui
frappoit moins le mary
les épreuves où elle s'eftoit mife le frappoient
bien davantage , en un
motil l'enviſageacomme
tres-coupable, il s'emporte, il fulmine, & il auroit
pris quelque refolution
violente, fi quelques amis
mieux intentionnez
MERCURE
n'cuffent un peu adouci
le venin que le premier
avoit infinue dans le
cœur de ce pauvre mari ,
cependant tout ce que
ceux- cy purent gagner
ce fut qu'en attendant
un éclairciſſement plus
ample cette femme iroit,
fous quelque prétexte
qu'ils trouverent , paffer
quelques femaines dans
un Couvent à quinze
lieues de Paris , dont par
bonheur l'Abeffe fe trouE
GALANT. S
foeur d'un de ces prudents amis , & la femme
va
executa cette retraite demivolontaire dès qu'elle
fut de retour ; & deux
parentes du maryfechargerent de l'y conduire.
La voila donc dans le
Couvent , fes manieres
engageantes & flateufes
la rendirent bien- toft intime amie de l'Abbeffe ,
elle fe fit aimer de tout le
Couvent, c'eftoit une neceffité pour elle que la
stoleg
16 MERCURE
vie gaye , elle fe fit des
plaifirs de tout ce qui en
peut donner dans la retraite , & elle fit amitié
avec une jeune Provençale, parente de l'Abbeſſe
qui eftoit aufli dans le
Couvent pour paſſer la
premiere année de fon
veuvage, mais elle eftoit
auffi gaye que celle - cy
qui n'eftoit pas veuve
celle - cy eut une fantaifie fi forte d'apprendre
le Provençal qu'elle le
parloit
GALANT. 17
parloit au bout de quelque temps auffi bien que
cette veuve qu'elle ne
quittoit pas d'un moment.
Le temps de cette retraite dura prés d'une an
née au lieu de quelques
femaines › parce que le
mary fut obligé de retourner en Languedoc
& qu'il ne voulut pas la
laiffer feule à Paris une
feconde fois. Pendant ce
temps là elle eut la petite
Septembre 1712. B
18 MERCURE
verole , & n'en fut prefque point marquée, mais
il fe fit un petit changementdans les traits defon
de temps vifage , en peu
la convalefcence joignit
de l'embonpoint à fa taille qui eftoit fort menuë ;
& fon teint s'éclaircit
beaucoup , elle perdit de
beaux cheveux blonds
qu'elle avoit , en forte
que mettant un jour en
badinant une coifure de
la veuve , qui eftoit bru
GALANT 19
ne , elle fe trouva fi jolic
en brun & en mefme
temps fi diférente de ce
qu'elle eftoit en blond
avant fa petite verolo
que joignant à cela le
langage Provençal, qu'el
le s'eftoit rendu naturel ,
ellecrutpouvoir fatisfaire
une fantaiſie qui luyvint;
c'eftoit d'accompagner
fan amie dans un pe
tit voyage qu'elle alloit
faire à Paris , & d'y paſfer
incognito pour une Pra
Bij
20 MERCURE
vençale parente de cette
veuve , elle en obtint la
permiffion de l'Abbeffe
& du frere de cetteAbbef
fe, qui eftoit, commej'ay
dit , le vray ami de confiance du mary , & qui
avoit mefme affez d'af1
cendant fur luy pour ſe
charger de ce qui pourroit arriver , lorſque par
hazard elle feroit reconnuë par quelqu'un. En
unmot , il ne put refuſer
cette petite confolation
GALANT. 28
d'aller voir Paris , à une
femme qu'il fçavoit innocente , & que fon mary qui menaçoit d'eftre
encore trois mois en Lan
guedoc, avoit déja laiffé
un an dans le Couvent ,
il partit donc avec la veritable & la fauffe brune,
qu'il mena en arrivant à
Paris chez unvieux Confeiller dont la femme eftoit tres vertueuse , il ne
pouvoit la placer mieux
pour la fureté du mary.
22 MERCURE
Il fit croire aifément au
vieux Confeiller & à fa
femme qu'elle eftoit Provençale & parente de la
veuve.
Nos deux brunes firent pendant quelques
jours l'admiration du petit nombre de gens que
voyoit la Confeillere , &
elles eftoient un jourtoutes trois avec le Confeiller dans fon Cabinet en
fortant de Table , lorfqu'un Soliciteur impa
}
GALANT. 27
que
tes
tient ne trouvant perfonne pour l'annoncer, parce
gens difnoient
entra dans le Cabinet du
Confeiller. Qui pourroit
imaginer la bizarerie de
cette incident , le mary
jaloux eftoit revenu en
poſté pour un procèsimportant dont ce Confeil
ler venoit d'eftre nommé
Rapporteur , il eſtoit encore aux compliments
avec le Confeiller quand
la parole luy manqua
&
24 MERCURE
tout à coup , par la ref
femblance eftonnante
qui le frappa malgré les
changemens dont j'ay
parlé ; le Conſeiller luy
dit ce qu'il croyoit de
bonne foy , que cette
belle Provençale eftoit
arrivée de Provence depuis deux jours avec la
veuve. Le mary ne put
s'empefcher contre lá
bienséance mefme de s'avancer vers les deux Dames , il leur marqua là
caufe
GALANT.
caufedefoneftonnement,
& il cuftfansdoutereconneu fa femme fans la préfence d'efprit qu'elle cut
de neparler que Provençal , comme fi elle n'euft
pas fceu bien parler
François , ce jargon dépayfa encore le mary qui
s'en tint à l'eftonnement
d'une telle reffemblance
entre une brune & fa
femme qui eftoit blonde.
En ce moment l'ami qui
avoit difné avec les DaSeptembre 1712, C
26 MERCURE
mes, & qui eftoit reſté un
moment dans le Jardin ,
fut eftonnéen remontant
de trouver dans l'antichambre un Laquais de
fon ami qu'il croyoit encore en Languedoc , &
fut bien plus furpris encore quand ce Laquais
lui dit que fon Maiſtre
eftoit dans le Cabinet du
Confeiller , il entra fort
allarmé , mais la fcene
qu'il y trouva l'ayant un
peu raffuré , lui fit naiſtre
GALANT
. 17
en grossune idée qu'il
perfectionna dans la fuite , & aprés avoir appuyé
ta folicitation de fon ami
auprès du Conſeiller , il
fortit avec luy , le fortifia dans l'idée de la
reffemblance , & lui promit pour la rareté dufait
de luy faire voir le lende-
-main cette brune, & dès
le foir mefme il prévint
ola Confeillere en lui contant la verité de tout , &
luy faiſant approuver le
C ij
& MERCURE
deffein qu'il avoit , car
foupçonnoit desja le mary d cftre un peu amoureux de fa femme traveftie. ?
La vifite du lendemain
fe pafla plus gayement
que la premiere entreveuë, car la femme ayant
concertéfon perfonnage,
le fouftint à merveille, &
dit à fon mary en langage Provençal cent jolies
chofes , que la veuve lui
interpretoit à mefure ,
GALANT. 29
elle interpretoit enfuite
la femme ce que fon mary lui difoit bon François : ce jeu donna à l'amyla fene du monde la
en
plus divertiflante , & le
maryfortit delà fì amouBeux , que fon amy n'en
douta plus ; mais il fe
garda bien de lui tefmoi
gner qu'il s'en apperceut,
de peur de le de le contraindre. Le fingulier de cett
avanture , c'eft qu'en certains momens le maryreCij
30 MERCURE
connoiffoit fi fort fa femme, que cela refroidiffoit
un peueu fon amour, toutes les differences qu'il
trouvoit le frappant , enfuite fon amour redoubloit , & les fcrupules lui
prenoient , il vit ainfi plufieurs fois fa femme, mais
le jour de fon départ eftoit arrivé , on dit hautement qu'elle retournoit
en Provence, & elle partit
pour fe rendre au Cou
vent.
ALANT 31
Ce départ mit le mary
dans un tel abbatement
qu'il ne put s'empeſcher
de faire confidence àa fon
amy du cruel cftat où
cette feparation l'avoit
que
mis. Alors Famylui confeilla de profiter de la reffemblance, de taſcher
fa femme remplaçaft cette perte dans fon cœur.
Ils partirent tous deux
pour aller au Couvent ,
où la femme redevenue
blonde , prit des ajuſte
C iiij
32 MERCURI
ments if differents de
ceux qu'elle avoit cftant
brune , que le mary crup
voirune autre perfonne ,
il y trouvoit pourtant
quelques uns des mefmes
charmes , mais celle - cy
ne fervoit qu'à lui faire
regreter l'autre , en lus
en reveillant lidée. vio
Sur ces entrefaites un
courier vint apporter une
lettre à l'amy & cette
lettre eftoit de la veuve,
qui de concert avec lui
CALANTI #
cftoit allée à une terre
qu'avoit le Confeiller à
quatre lieues du Cou
vent, cette lettre portoit,
que la belle brune s'erant
trouvée indifposée &
cette femme fe trouvant
fur la route du Langue
doc elle y séjourneroit
deux où trois jours. Il
montra le commencement de cette lettre au
mary , qui en lut en mef.
me temps la fin , où la
veuve marquoit à l'amy
34 MERCURE
comme par une espece de
confidence , que l'indif
pofition de la brune n'eftoit qu'un prétexte pour
taſcher de retournerà Paris , pour revoir fon amy
pour qui elle avoit le
cœur pris. Jugez de l'effet que cette fin de lettre
fit fur le pauvre mary .
l'amy reprit fa lettre fans
lui parler davantage de
la veuve ni de fa compagne , & dit enfuite qu'ef
tant obligé de refter deux
GALANT. 35
ou trois jours avec la
foeur Abbeffe ; il lui
donnoit fon Caroffe pour
s'en retourner à Paris ; le
mary fut charmé de cet
incident & profita du
Caroffe , il gagna le Cocher & marcha droit
vers la terre où il croyoit
trouver la brune , & c'eft
ce que l'amy avoit prévû,
la blonde partit àl'inftant
par un chemin de traverfe avec une Chaife de
pofte , & l'amy à Che-
36 MERCURE
val , ils arriverent une
heure avant le Caroffe
dont le Cocher avoit ordre d'aller fort douce,
ment, & la blonde cut
tout le loifir de le faire
brune ,
avant que fon
maryfuftarrivé, l'amyfe
fit cacher dans le Chaf
teau , & cette entreveuë
fut fi vive qu'il y eut déclaration d'amour depart
&
d'autre , car le mary
eut la tefte fi troublée de
puis la lecture de la lettre,
GALANT. 37-
qu'il fut incapable d'aucune reflexion fur l'infi- .
delitéqu'il faifoit à fa femme dans le moment
qu'ils eftoient dans le fort
de leur tendreffe l'amy
parut , la brune feignit
?
d'eftre furpriſe & troublée , fe retira avec précipitation & laiffa les
deux amis feuls enfemble , alors l'amy prenant
un ton fort fevere , dite
au mary qu'il s'etoit bien
douté de l'infidelité qu'il
38 MERCURE
vouloit faire à fa femme,
& qu'il lui avoit exprés
laiffé fon Carroffe pour
avoir lieu de le furprendre , & de lui faire cent
reproches des mauvais
procedez qu'il avoit eus
avec fa femme fur de
fimples apparences , lorf
qu'il eftoit réellement infidelle. Ce mary fut tres
honteux , fon amy avoit
beaucoupd'afcendant fur
fon efprit , il lui fit promettre qu'il ne reverroit
CALANT. 39
pas
་
jamaistla brune ?, ible
promit , mais ce n'eftoit
là ce qu'on vouloit
de lui , l'amy reprit avec
lui le chemin de l'Abbaye , & le détermina à
reprendre fa femme pour
la remener à Paris , il le
promit , mais il eut befoin de toute fa raiſon &
de toute celle de fon amy
pour faire un tel effort
fur lui-mefme. Il arriva à
l'Abbaye dans un eſtat
qui cuft fait pitié à tout
40 MERCURE
a
autre qu'à cet amy. Ils
prirent leurs mefures en
arrivant à l'Abbaye pour
pouvoir partir le lendemain pour Paris , la femme eftoit à l'Abbaye avant eux , & par le mefme chemin qu'elle avoit
pris pour aller , elle en
eftoit revenue , & reparut en blonde , mais ce
n'eftoit plus cette blonde
foumife , gracieuſe , &
fuppliante que le maryy
avoit laiffée le matin , elle
prit
GALANT 41
prit un autre ton , elle fit
la ferme jaloufe , & en
prétence de l'Abbofle dé
clara qu'elle fçavoit l'in ,
fidelité de fon mary , l'amy & l'Abbele joue
rent fr bien leur perfonnage , & feconderent fi
bien les juftes reproches
de la femme irritée , quo
le mary veritablement
convaincu de fon tort refolut fincerement de tafa
cher debien vivre avec fa
femme & d'oublier la
Septembre 1712.
D.
42 MERCURE
Provençale , il le promit,
mais la femme feignit de
ne fe fier pas à fes promeffes , de vouloir refter
au Couvent , & fe retira
fierement. L'Abbeffe, l'a
my, & le mary difnerent
fort triftement , & on le
fit refter à table autant de
temps qu'il fallut pour
donner le loifir à la blonde de redevenir brune ;
elle n'oublia rien cette
derniere fois pour plaire
à fon amant mary , il fut
GALANT
fort furpris de la voir entrer dans le parloir où ils
mangcoient, l'Abbeffe &
l'amyfeignirent auffi d'eftre furpris , la fcene qui
fe paffa s'imagine mieux
qu'elle ne fe peut écrire ,
jamais mary ne s'eft trou
vé dans un pareil embar
ras , car l'Abbeffe & l'amyne pouvoient traiter
la chofe fi férieuſement
qu'ils ne leur échapaft
quelques éclats de rire ,
ils eftoient dans cette fi
Dij
44 MERCURE
tuation lorfque la Pro
vençale commença à par
ler bon François , & à
déclarer ouvertementfon
amour , fans lui dire encore qu'elle eftoit fa fenrme, & ils firentprudem
ment de tromper le mari
par degrez, car s'ileuft appris tout d'un coup que
celle qu'il aimoit fi pafs
fionnément alloit eftre en
fa poffeffion , il en feroit
mort de joye. Enfin le
dénouement fut mené
GALANT. 45
de maniere , que le mary
fut auffi amoureux aprés
Féclairciffement , & mef
me plus qu'il ne l'avoit
eftéavant & dans la fuitele mary devenant
moins amoureux &
moins jaloux , & la femme devenant plus refervée cela fit un très bon
menage : enfin l'amy fut
remercié de la tromperie
innocente comme du
meilleure office qu'il
pouvoit rendre au mary
& à la femme
femme & maistreffe.
UNeDame jolie , enjouée , & de beaucoup
d'efprit , vertueufe dans
le fond , mais aimant le
Septembre 1712. Aij
4 MERCURE
monde , & les amufe->
ments d'une galanterie
fans vice , ne put s'empefcher de fuivre cette
maniere de vie pendant
l'abfence de fon mary ,
que d'importantes affai
res avoient appellé dans
le Languedoc pour quelque temps. Il eftoit tresnouveau marić , & avoit
épousé la femme par un
accommodement de famille , & ne l'avoit pas
veuë plus de deux outrois
GALANT.
jours avant ſon mariage,
& avoit efté contraint de
partir peu de jours après.
Il aima d'abord cette
femme ; mais foit jaloufic , foit delicateffe fcrupuleufe fur le point
d'honneuril eftoit un
peu trop fevere für fa
conduite ; & il luy recommanda en partant
une regularité devivie
fort efloignée des innocentes libertez qu'elle s'eftoit donnée eftant fille ,
Aiij
6 MERCURE
& qu'elle s'eftoit promis
de continuer après fon
mariage , ainfi fe voyant
maitreffe de fes actions
par ce départ , elle oùblia tous les fcrupules
qu'onlui avoit donnez en
partant , elle eftoit née
pour la vie agréable ,
l'occafion eftoit belle
elle crut qu'il luy eftoit
permis de s'en fervir ,
pourveu qu'elle évitaft
l'éclat ; elle ne vouloit
point recevoir de vifites
GALANT.
7
chez elle , mais elle avoit
des amis & des amies de
fon humeur , on la vit ,
elle plut & n'en fut point
fafchée. On lui fit de tendres déclarations , elle les
reçeut en femme d'efprit
qui veut eftre aimée &
ne point aimer, elle ne fe
faſchoit de rien, pourveu
qu'onne paffaft point les
bornes qu'elles s'eftoit
prefcrites conformément
à un fond de fageffe qui
ne pourroit eftre alteré ,
*
A iiij
8 MERCURE
les plus médifans one
pouvoient avoir que des
foupçons mal fondez , &
ceux qui eftoient les plus
entreprenans s'aperceurent bien - toft qu'il n'y
avoit à efperer d'elle que
l'agrément de la focieté
generale , ils l'en eſtimerent davantage & n'en
curent pas moins d'empreffement à la voir, car
elle plaifoit , mefme aux
femmes qui fe fentoient
un merite inferieur au
GALANT
fien , tout alloit bien jufque là mais un de ces
jeunes conquerants qui
ne veulent des femmes
que la gloire de s'en eſtre
fait aimer , prétendit un
jour eftre aimé d'elle
plus férieufement qu'elle
ne vouloit , elle le regarada fierement , changea
de ftile , prit un air fevere
& rabbatit tellement fa
vanité , qu'elle s'en fit un
ennemi tres- dangereux
il examina de prés toutes
10 MERCURE
fes demarches , la vit de
facile accès à tous ceux
qu'il regardoit comme
fes rivaux , & fans fonger qu'ils ne luy avoient
pas donné les mefmes fujets de plainte que luy , il
les mit tous fur fon compte , il prit confeil de fa
jaloufie , & ne fongea
plus qu'à fe vanger , il en
trouva une occafion toute autre qu'il ne l'efpe
roit.
La Dame eftoit allée à
GALANT.
IF
une Campagne pour
quelques jours avec une
amie;
par malheur pour
elle fon mary revint
justement de Languedoc le lendemain du
départ de fa femme , &
fut fort défagreablement
furpris de nela point
trouver chez elle en arrivant. Le premier homme qu'il vit en fortant
de chez luy ce fut l'amant jaloux , avec qui
il avoit toujours vécu
12 MERCURE
affez familierement , le
mary luy confia le chagrin qu'il avoit contre ſa
femme; il prit cette occafionpour la juftifier de la
maniere dont les prudes
medifent ordinairement
de leurs émules , c'eſtà- dire en excufant malignement les fautes qu'on
ignoreroit fans elle; il entra dans le détail de toutes les connoiffances qu
elleavoit faites depuisfon
départ , & de toutes les
GALANT. 13
parties où elles'étoit trouvée, en louant une vertu
qui pouvoit eftre à l'épreuve de tout cela , mais
cette vertu eftoit ce qui
frappoit moins le mary
les épreuves où elle s'eftoit mife le frappoient
bien davantage , en un
motil l'enviſageacomme
tres-coupable, il s'emporte, il fulmine, & il auroit
pris quelque refolution
violente, fi quelques amis
mieux intentionnez
MERCURE
n'cuffent un peu adouci
le venin que le premier
avoit infinue dans le
cœur de ce pauvre mari ,
cependant tout ce que
ceux- cy purent gagner
ce fut qu'en attendant
un éclairciſſement plus
ample cette femme iroit,
fous quelque prétexte
qu'ils trouverent , paffer
quelques femaines dans
un Couvent à quinze
lieues de Paris , dont par
bonheur l'Abeffe fe trouE
GALANT. S
foeur d'un de ces prudents amis , & la femme
va
executa cette retraite demivolontaire dès qu'elle
fut de retour ; & deux
parentes du maryfechargerent de l'y conduire.
La voila donc dans le
Couvent , fes manieres
engageantes & flateufes
la rendirent bien- toft intime amie de l'Abbeffe ,
elle fe fit aimer de tout le
Couvent, c'eftoit une neceffité pour elle que la
stoleg
16 MERCURE
vie gaye , elle fe fit des
plaifirs de tout ce qui en
peut donner dans la retraite , & elle fit amitié
avec une jeune Provençale, parente de l'Abbeſſe
qui eftoit aufli dans le
Couvent pour paſſer la
premiere année de fon
veuvage, mais elle eftoit
auffi gaye que celle - cy
qui n'eftoit pas veuve
celle - cy eut une fantaifie fi forte d'apprendre
le Provençal qu'elle le
parloit
GALANT. 17
parloit au bout de quelque temps auffi bien que
cette veuve qu'elle ne
quittoit pas d'un moment.
Le temps de cette retraite dura prés d'une an
née au lieu de quelques
femaines › parce que le
mary fut obligé de retourner en Languedoc
& qu'il ne voulut pas la
laiffer feule à Paris une
feconde fois. Pendant ce
temps là elle eut la petite
Septembre 1712. B
18 MERCURE
verole , & n'en fut prefque point marquée, mais
il fe fit un petit changementdans les traits defon
de temps vifage , en peu
la convalefcence joignit
de l'embonpoint à fa taille qui eftoit fort menuë ;
& fon teint s'éclaircit
beaucoup , elle perdit de
beaux cheveux blonds
qu'elle avoit , en forte
que mettant un jour en
badinant une coifure de
la veuve , qui eftoit bru
GALANT 19
ne , elle fe trouva fi jolic
en brun & en mefme
temps fi diférente de ce
qu'elle eftoit en blond
avant fa petite verolo
que joignant à cela le
langage Provençal, qu'el
le s'eftoit rendu naturel ,
ellecrutpouvoir fatisfaire
une fantaiſie qui luyvint;
c'eftoit d'accompagner
fan amie dans un pe
tit voyage qu'elle alloit
faire à Paris , & d'y paſfer
incognito pour une Pra
Bij
20 MERCURE
vençale parente de cette
veuve , elle en obtint la
permiffion de l'Abbeffe
& du frere de cetteAbbef
fe, qui eftoit, commej'ay
dit , le vray ami de confiance du mary , & qui
avoit mefme affez d'af1
cendant fur luy pour ſe
charger de ce qui pourroit arriver , lorſque par
hazard elle feroit reconnuë par quelqu'un. En
unmot , il ne put refuſer
cette petite confolation
GALANT. 28
d'aller voir Paris , à une
femme qu'il fçavoit innocente , & que fon mary qui menaçoit d'eftre
encore trois mois en Lan
guedoc, avoit déja laiffé
un an dans le Couvent ,
il partit donc avec la veritable & la fauffe brune,
qu'il mena en arrivant à
Paris chez unvieux Confeiller dont la femme eftoit tres vertueuse , il ne
pouvoit la placer mieux
pour la fureté du mary.
22 MERCURE
Il fit croire aifément au
vieux Confeiller & à fa
femme qu'elle eftoit Provençale & parente de la
veuve.
Nos deux brunes firent pendant quelques
jours l'admiration du petit nombre de gens que
voyoit la Confeillere , &
elles eftoient un jourtoutes trois avec le Confeiller dans fon Cabinet en
fortant de Table , lorfqu'un Soliciteur impa
}
GALANT. 27
que
tes
tient ne trouvant perfonne pour l'annoncer, parce
gens difnoient
entra dans le Cabinet du
Confeiller. Qui pourroit
imaginer la bizarerie de
cette incident , le mary
jaloux eftoit revenu en
poſté pour un procèsimportant dont ce Confeil
ler venoit d'eftre nommé
Rapporteur , il eſtoit encore aux compliments
avec le Confeiller quand
la parole luy manqua
&
24 MERCURE
tout à coup , par la ref
femblance eftonnante
qui le frappa malgré les
changemens dont j'ay
parlé ; le Conſeiller luy
dit ce qu'il croyoit de
bonne foy , que cette
belle Provençale eftoit
arrivée de Provence depuis deux jours avec la
veuve. Le mary ne put
s'empefcher contre lá
bienséance mefme de s'avancer vers les deux Dames , il leur marqua là
caufe
GALANT.
caufedefoneftonnement,
& il cuftfansdoutereconneu fa femme fans la préfence d'efprit qu'elle cut
de neparler que Provençal , comme fi elle n'euft
pas fceu bien parler
François , ce jargon dépayfa encore le mary qui
s'en tint à l'eftonnement
d'une telle reffemblance
entre une brune & fa
femme qui eftoit blonde.
En ce moment l'ami qui
avoit difné avec les DaSeptembre 1712, C
26 MERCURE
mes, & qui eftoit reſté un
moment dans le Jardin ,
fut eftonnéen remontant
de trouver dans l'antichambre un Laquais de
fon ami qu'il croyoit encore en Languedoc , &
fut bien plus furpris encore quand ce Laquais
lui dit que fon Maiſtre
eftoit dans le Cabinet du
Confeiller , il entra fort
allarmé , mais la fcene
qu'il y trouva l'ayant un
peu raffuré , lui fit naiſtre
GALANT
. 17
en grossune idée qu'il
perfectionna dans la fuite , & aprés avoir appuyé
ta folicitation de fon ami
auprès du Conſeiller , il
fortit avec luy , le fortifia dans l'idée de la
reffemblance , & lui promit pour la rareté dufait
de luy faire voir le lende-
-main cette brune, & dès
le foir mefme il prévint
ola Confeillere en lui contant la verité de tout , &
luy faiſant approuver le
C ij
& MERCURE
deffein qu'il avoit , car
foupçonnoit desja le mary d cftre un peu amoureux de fa femme traveftie. ?
La vifite du lendemain
fe pafla plus gayement
que la premiere entreveuë, car la femme ayant
concertéfon perfonnage,
le fouftint à merveille, &
dit à fon mary en langage Provençal cent jolies
chofes , que la veuve lui
interpretoit à mefure ,
GALANT. 29
elle interpretoit enfuite
la femme ce que fon mary lui difoit bon François : ce jeu donna à l'amyla fene du monde la
en
plus divertiflante , & le
maryfortit delà fì amouBeux , que fon amy n'en
douta plus ; mais il fe
garda bien de lui tefmoi
gner qu'il s'en apperceut,
de peur de le de le contraindre. Le fingulier de cett
avanture , c'eft qu'en certains momens le maryreCij
30 MERCURE
connoiffoit fi fort fa femme, que cela refroidiffoit
un peueu fon amour, toutes les differences qu'il
trouvoit le frappant , enfuite fon amour redoubloit , & les fcrupules lui
prenoient , il vit ainfi plufieurs fois fa femme, mais
le jour de fon départ eftoit arrivé , on dit hautement qu'elle retournoit
en Provence, & elle partit
pour fe rendre au Cou
vent.
ALANT 31
Ce départ mit le mary
dans un tel abbatement
qu'il ne put s'empeſcher
de faire confidence àa fon
amy du cruel cftat où
cette feparation l'avoit
que
mis. Alors Famylui confeilla de profiter de la reffemblance, de taſcher
fa femme remplaçaft cette perte dans fon cœur.
Ils partirent tous deux
pour aller au Couvent ,
où la femme redevenue
blonde , prit des ajuſte
C iiij
32 MERCURI
ments if differents de
ceux qu'elle avoit cftant
brune , que le mary crup
voirune autre perfonne ,
il y trouvoit pourtant
quelques uns des mefmes
charmes , mais celle - cy
ne fervoit qu'à lui faire
regreter l'autre , en lus
en reveillant lidée. vio
Sur ces entrefaites un
courier vint apporter une
lettre à l'amy & cette
lettre eftoit de la veuve,
qui de concert avec lui
CALANTI #
cftoit allée à une terre
qu'avoit le Confeiller à
quatre lieues du Cou
vent, cette lettre portoit,
que la belle brune s'erant
trouvée indifposée &
cette femme fe trouvant
fur la route du Langue
doc elle y séjourneroit
deux où trois jours. Il
montra le commencement de cette lettre au
mary , qui en lut en mef.
me temps la fin , où la
veuve marquoit à l'amy
34 MERCURE
comme par une espece de
confidence , que l'indif
pofition de la brune n'eftoit qu'un prétexte pour
taſcher de retournerà Paris , pour revoir fon amy
pour qui elle avoit le
cœur pris. Jugez de l'effet que cette fin de lettre
fit fur le pauvre mary .
l'amy reprit fa lettre fans
lui parler davantage de
la veuve ni de fa compagne , & dit enfuite qu'ef
tant obligé de refter deux
GALANT. 35
ou trois jours avec la
foeur Abbeffe ; il lui
donnoit fon Caroffe pour
s'en retourner à Paris ; le
mary fut charmé de cet
incident & profita du
Caroffe , il gagna le Cocher & marcha droit
vers la terre où il croyoit
trouver la brune , & c'eft
ce que l'amy avoit prévû,
la blonde partit àl'inftant
par un chemin de traverfe avec une Chaife de
pofte , & l'amy à Che-
36 MERCURE
val , ils arriverent une
heure avant le Caroffe
dont le Cocher avoit ordre d'aller fort douce,
ment, & la blonde cut
tout le loifir de le faire
brune ,
avant que fon
maryfuftarrivé, l'amyfe
fit cacher dans le Chaf
teau , & cette entreveuë
fut fi vive qu'il y eut déclaration d'amour depart
&
d'autre , car le mary
eut la tefte fi troublée de
puis la lecture de la lettre,
GALANT. 37-
qu'il fut incapable d'aucune reflexion fur l'infi- .
delitéqu'il faifoit à fa femme dans le moment
qu'ils eftoient dans le fort
de leur tendreffe l'amy
parut , la brune feignit
?
d'eftre furpriſe & troublée , fe retira avec précipitation & laiffa les
deux amis feuls enfemble , alors l'amy prenant
un ton fort fevere , dite
au mary qu'il s'etoit bien
douté de l'infidelité qu'il
38 MERCURE
vouloit faire à fa femme,
& qu'il lui avoit exprés
laiffé fon Carroffe pour
avoir lieu de le furprendre , & de lui faire cent
reproches des mauvais
procedez qu'il avoit eus
avec fa femme fur de
fimples apparences , lorf
qu'il eftoit réellement infidelle. Ce mary fut tres
honteux , fon amy avoit
beaucoupd'afcendant fur
fon efprit , il lui fit promettre qu'il ne reverroit
CALANT. 39
pas
་
jamaistla brune ?, ible
promit , mais ce n'eftoit
là ce qu'on vouloit
de lui , l'amy reprit avec
lui le chemin de l'Abbaye , & le détermina à
reprendre fa femme pour
la remener à Paris , il le
promit , mais il eut befoin de toute fa raiſon &
de toute celle de fon amy
pour faire un tel effort
fur lui-mefme. Il arriva à
l'Abbaye dans un eſtat
qui cuft fait pitié à tout
40 MERCURE
a
autre qu'à cet amy. Ils
prirent leurs mefures en
arrivant à l'Abbaye pour
pouvoir partir le lendemain pour Paris , la femme eftoit à l'Abbaye avant eux , & par le mefme chemin qu'elle avoit
pris pour aller , elle en
eftoit revenue , & reparut en blonde , mais ce
n'eftoit plus cette blonde
foumife , gracieuſe , &
fuppliante que le maryy
avoit laiffée le matin , elle
prit
GALANT 41
prit un autre ton , elle fit
la ferme jaloufe , & en
prétence de l'Abbofle dé
clara qu'elle fçavoit l'in ,
fidelité de fon mary , l'amy & l'Abbele joue
rent fr bien leur perfonnage , & feconderent fi
bien les juftes reproches
de la femme irritée , quo
le mary veritablement
convaincu de fon tort refolut fincerement de tafa
cher debien vivre avec fa
femme & d'oublier la
Septembre 1712.
D.
42 MERCURE
Provençale , il le promit,
mais la femme feignit de
ne fe fier pas à fes promeffes , de vouloir refter
au Couvent , & fe retira
fierement. L'Abbeffe, l'a
my, & le mary difnerent
fort triftement , & on le
fit refter à table autant de
temps qu'il fallut pour
donner le loifir à la blonde de redevenir brune ;
elle n'oublia rien cette
derniere fois pour plaire
à fon amant mary , il fut
GALANT
fort furpris de la voir entrer dans le parloir où ils
mangcoient, l'Abbeffe &
l'amyfeignirent auffi d'eftre furpris , la fcene qui
fe paffa s'imagine mieux
qu'elle ne fe peut écrire ,
jamais mary ne s'eft trou
vé dans un pareil embar
ras , car l'Abbeffe & l'amyne pouvoient traiter
la chofe fi férieuſement
qu'ils ne leur échapaft
quelques éclats de rire ,
ils eftoient dans cette fi
Dij
44 MERCURE
tuation lorfque la Pro
vençale commença à par
ler bon François , & à
déclarer ouvertementfon
amour , fans lui dire encore qu'elle eftoit fa fenrme, & ils firentprudem
ment de tromper le mari
par degrez, car s'ileuft appris tout d'un coup que
celle qu'il aimoit fi pafs
fionnément alloit eftre en
fa poffeffion , il en feroit
mort de joye. Enfin le
dénouement fut mené
GALANT. 45
de maniere , que le mary
fut auffi amoureux aprés
Féclairciffement , & mef
me plus qu'il ne l'avoit
eftéavant & dans la fuitele mary devenant
moins amoureux &
moins jaloux , & la femme devenant plus refervée cela fit un très bon
menage : enfin l'amy fut
remercié de la tromperie
innocente comme du
meilleure office qu'il
pouvoit rendre au mary
& à la femme
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Résumé : LA BLONDE BRUNE femme & maistresse.
Le texte raconte l'histoire d'une femme mariée, décrite comme jolie, enjouée et spirituelle, mais vertueuse. En septembre 1712, son mari, nouvellement marié et parti pour le Languedoc, lui recommande de mener une vie régulière. Libérée de la surveillance de son mari, la femme oublie les recommandations et profite de sa liberté tout en évitant les scandales. Elle reçoit des déclarations d'amour mais reste maîtresse de ses actions. Un jeune homme, jaloux et offensé par son refus, décide de se venger en révélant au mari les fréquentations de sa femme. Furieux, le mari envoie sa femme dans un couvent. Là, elle se lie d'amitié avec une jeune veuve provençale et apprend le provençal. Après avoir contracté la variole, elle change d'apparence et décide de se faire passer pour une Provençale. Avec l'aide de l'abbé et du frère de l'abbesse, elle retourne à Paris incognito. Par un hasard extraordinaire, son mari la rencontre sans la reconnaître. Grâce à une lettre trompeuse, le mari découvre la supercherie et retrouve sa femme. L'histoire se termine par une réconciliation et une déclaration d'amour entre les époux. Parallèlement, une intrigue complexe implique le mari, sa femme et un ami. Lors d'un moment d'intimité entre le mari et sa femme, cette dernière, déguisée en brune, feint la surprise et se retire, laissant les deux amis seuls. L'ami, prenant un ton sévère, accuse le mari d'infidélité et lui révèle qu'il a laissé son carrosse pour le surprendre. Le mari, honteux, promet de ne plus revoir la brune. L'ami le convainc de reprendre sa femme pour la ramener à Paris. À l'abbaye, la femme, désormais blonde, joue la jalouse et accuse son mari d'infidélité. L'ami et l'abbé jouent leur rôle pour convaincre le mari de son tort. La femme feint de ne pas croire aux promesses du mari et se retire au couvent. Pendant le dîner, la femme redevient brune et surprend son mari. L'ami et l'abbesse parviennent à tromper le mari par degrés, révélant progressivement l'amour de la femme. Finalement, le mari devient encore plus amoureux après l'éclaircissement. La situation évolue vers un ménage harmonieux, avec le mari moins jaloux et la femme plus réservée. L'ami est remercié pour sa tromperie innocente, considérée comme un service précieux rendu au couple.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 203-208
ELOGE de Madame de Bethune d'Orval, Abbesse de l'Abbaye Royale de N. D. du Val de Giff, Diocèse de Paris.
Début :
Depuis que nous avons publié la mort de cette illustre Dame dans [...]
Mots clefs :
Abbesse, Béthune d'Orval, Abbaye du Val-de-Gif, Mort, Piété, Religieuse, Gouvernement, Montglat, Amour, Mérite, Vertus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ELOGE de Madame de Bethune d'Orval, Abbesse de l'Abbaye Royale de N. D. du Val de Giff, Diocèse de Paris.
ELOGE de Madame de Bethune d'Or
val , Abbesse de l'Abbaye Royale de N.
D. du Val de Giff , Diocèse de Paris.
D nous
Epuis que nous avons publié la
mort de cette illustre Dame dans
le premier volume du Mercure de Décembre
dernier , nous avons eu communication
d'une Lettre , qui a été écrite
sur ce sujet par la Dame Prieure et Communauté
de la même Abbaye . Cette
Lettre nous a paru si édifiante et si digne
de considération en toute maniere ,
que nous avons crû devoir en raporter
du moins les traits les plus marquez , pour
rendre à la mémoire d'une Personne si
respectable une partie des devoirs que le
Public est en droit d'exiger de nous en
certaines occasions.
D. Anne Eleonor - Marie de Bethune
d'Orval, étoit fille de François de Bethu-
* Duc d'Orval , Pair de France
Chevalier des Ordres du Roy , Lieutenant
General de ses Armées , et du Pays Charne
,
"
* Le Duc d'Orval êtoit fils de Maximilien de
Bethune , Duc du Sully Pair et Maréchal de
France &c. Ministre d'Etat &c. et de Rachel de
Cachefilet , sa seconde femme.
A iiij train ,
204 MERCURE DE FRANCE
train , Premier Ecuyer de la Reine Anne
d'Autriche , et de Dame Anne de Harville
de Palaiseau .
Ce fut une de ces Ames privilegiées
sur lesquelles une Providence attentive
veille dès le berceau , et dont elle dirige
tous les pas vers le terme heureux qu'elle
leur a destiné dès l'Eternité . Elle fut
dérobée au monde avant qu'elle pût en
éprouver la corruption : dès l'âge de trois
ans,le Seigneur prit soin de la cacher dans
l'Abbaye de Royal- Lieu , comme dans
un azile assuré pour son innocence. Elle
y fut élevée sous les yeux de Madame
deVaucelas sa Tante qui en étoit Abbesse ;
et la premiere attention qu'on cut sur
cette jeune Plante , fût de lui interdire
avec une severité qui pouvoit paroître
excessive , toute délicatesse , toute marque
extérieure de distinction , tout ce
qui peut flater ce fond d'orgueil et d'amour
de nous-mêmes avec lequel nous
naissons tous et que nous portons jusqu'au
tombeau. Mais on ne négligea pas
de cultiver les heureuses dispositions
qu'on trouva dans son esprit , et on eût
soin de l'orner de toutes les connoissances
qui convenoient à son sexe , en même
tems qu'on s'appliquoit à répandre dans
son coeur les semences d'une pieté d'autant
FEVRIER 1734. 205
cant plus solide qu'elle seroit plus éclairée.
Elle n'hésita point sur le parti qu'elle
devoit prendre dès qu'elle en fût
en fût capable.
Tout ce que l'éclat de sa naissance
et plus encore ses qualitez personnelles ,
pouvoient lui promettre dans le monde ,
devint pour elle la matiere d'un sacrifice
très volontaire , et coûta peu à son coeur
déja détaché de tout.
Dès l'âge de quatorze ans elle entra au
Noviciat , et elle prit l'habit de Novice,
à quinze. Son année d'épreuve n'étoit pas
achevée lorsque Madame de Vaucelas fût
transferée à une autre Abbaye. Elle se
sépara de sa chere Tante sans s'ébranler,
et pouvant la suivre par toute sorte de
raisons , elle se fixa à Royal - Lieu , Maison
où Dieu l'avoit prévenuë de ses Bénédictions
, par la Profession Religieuse qu'elle
fit à seize ans entre les mains de la nouvelle
Abbesse.
Elle ne pensoit qu'à se sanctifier dans
l'état de simple Religieuse , ne prévoyant
rien qui peut l'obliger d'en sortir, Mais
Dieu avoit d'autres desseins sur elle . Son
mérite lui fit tort , quelque soin qu'elle
prit de le cacher: elle fut mise à de grandes
épreuves ; il fallut l'arracher enfin
d'une Maison qu'elle avoit choisie par
préférence à tout et de laquelle elle étoit
tendrement aimée. AT
1
206 MERCURE DE FRANCE
Elle se retira dans l'Abbaye de S. Pierre
de Reims auprès de Madame sa Soeur
qui en étoit Abbesse . Elle Y porta l'édiy
fication et l'exemple de toutes les vertus
Chrétiennes et Religieuses. Sa retraite
dans cette Abbaye fût de cinq années.
Cependant Madame de Clermont
Monglat , Abbesse de * Giff , voulant se
décharger d'un fardeau sous lequel ses
infirmitez et encore plus son humilité
la faisoient gémir , chercha avec soin un
sujet propre à la remplacer , et à affermir
l'ouvrage de l'étroite Observance de la
Regle de S. Bencft ,'elle le trouva dans
Madame de Bethune d'Orval ,
Teile fut la vocation de cette digne
Religieuse , âgée alors de vingt- neuf ans .
Nulle considération humaine n'y eût part;
et il parut bien - tôt que Dieu avoit béni
des veues aussi pures que celles de Madame
de Monglat , et que la nouvelle
Abbesse étoit pour le Monastere de Giff
un don de sa Miséricorde .
La mort de Madame de Monglat , qui
survecût près de quinze ans à sa demis-
Cette Abaye est nommée dans les anciens
Titres. Beata Maria Valis de Giffo . Maurice de
Sully Evêque de Paris , la fonda vers l'an 1140 .
sur la petite Riviere d'Yvette , à cinq lieues de
Paris. sion ,
FEVRIER 1734. 207
sion , ne fit que mettre dans un plus
grand jour le merite deMadame d'Orval,
er justifier de plus en plus le choix qu'elle
en avoit fait pour la remplacer. Il faudroit
entreprendre d'écrire un volume
entier pour donner l'Histoire de sa vie
et de son gouvernement avec le détail
qu'elle merite ce gouvernement a été
de quarante sept ans , pendant lesquels
la résidence de la pieuse Abbesse dans
son Monastere , n'a été interrompuë
qu'une seule fois pour peu de tems , et par
ordre exprès de M. l'Archevêque de
Paris.
4
Qu'il nous soit permis du moins pour
ne point excéder nos bornes , de tracer
ici en deux mots son caractere . Une pieté
tendre , mais éclairée et sans petitesse ;
une humilité profonde mais sans pussillanimité
, un amour universel de la penitence,
mais sans ostentation ; une charité
inépuisable , mais sins acception de
personnes ; un amour de l'Ordre et de
la Regle ferme , mais sans dureté une
regularité toujours égale et toujours
sourenue , un don d'exhorter et d'instruire
peu communj appuyé d'un exemple
encore plus éloquent er plus efficace :
ajoûtons qu'une politesse simple et
noble accompagnoit toutes ces grandes
vertus.
,
A vj
Arri
208 MERCURE DE FRANCE
Arrive à la fin de sa carriere , et étant
au lit de la mort , elle dit à ses filles
qu'elle pouvoit s'appliquer ce que S. Jean
dit de J. C. que les ayant aimées pendant
sa vie , elle les aimoit jusqu'à la fin , surquoi
elle leur fit un Discours digne de sa
grande pieté et de sa parfaite charité.
Elle a conservé jusqu'au dernier soupir
tout son jugement et sa présence d'esprit,
et elle en a fait un excellent usage, pour
mettre à profit ces momens d'autant plus
précieux qu'ils touchent à l'Eternité . Son
extréme patience dans une oppression longue
et très penible, la pieté avec laquelle
elle reçut encore une fois le S. Viatique ,
quelques heures avant sa mort, et un dernier
effort qu'elle fit après cette action
ne pouvant presque plus parler , pour
demander que la Communauté récitât
Hymne d'Actions de graces , pour celle
qu'elle venoit de recevor ,
terminerent
enfin une vie sainte et riche en vertus et
enbonnes oeuvres. Elle expira doucement
au milieu de ses Filles le soir du 28 de
Novembre dernier dans la soixanteseizième
année de son âge, la soixantiéme
de sa Profession Religieuse , et la qua
rante-septiéme de son gouvernement.
val , Abbesse de l'Abbaye Royale de N.
D. du Val de Giff , Diocèse de Paris.
D nous
Epuis que nous avons publié la
mort de cette illustre Dame dans
le premier volume du Mercure de Décembre
dernier , nous avons eu communication
d'une Lettre , qui a été écrite
sur ce sujet par la Dame Prieure et Communauté
de la même Abbaye . Cette
Lettre nous a paru si édifiante et si digne
de considération en toute maniere ,
que nous avons crû devoir en raporter
du moins les traits les plus marquez , pour
rendre à la mémoire d'une Personne si
respectable une partie des devoirs que le
Public est en droit d'exiger de nous en
certaines occasions.
D. Anne Eleonor - Marie de Bethune
d'Orval, étoit fille de François de Bethu-
* Duc d'Orval , Pair de France
Chevalier des Ordres du Roy , Lieutenant
General de ses Armées , et du Pays Charne
,
"
* Le Duc d'Orval êtoit fils de Maximilien de
Bethune , Duc du Sully Pair et Maréchal de
France &c. Ministre d'Etat &c. et de Rachel de
Cachefilet , sa seconde femme.
A iiij train ,
204 MERCURE DE FRANCE
train , Premier Ecuyer de la Reine Anne
d'Autriche , et de Dame Anne de Harville
de Palaiseau .
Ce fut une de ces Ames privilegiées
sur lesquelles une Providence attentive
veille dès le berceau , et dont elle dirige
tous les pas vers le terme heureux qu'elle
leur a destiné dès l'Eternité . Elle fut
dérobée au monde avant qu'elle pût en
éprouver la corruption : dès l'âge de trois
ans,le Seigneur prit soin de la cacher dans
l'Abbaye de Royal- Lieu , comme dans
un azile assuré pour son innocence. Elle
y fut élevée sous les yeux de Madame
deVaucelas sa Tante qui en étoit Abbesse ;
et la premiere attention qu'on cut sur
cette jeune Plante , fût de lui interdire
avec une severité qui pouvoit paroître
excessive , toute délicatesse , toute marque
extérieure de distinction , tout ce
qui peut flater ce fond d'orgueil et d'amour
de nous-mêmes avec lequel nous
naissons tous et que nous portons jusqu'au
tombeau. Mais on ne négligea pas
de cultiver les heureuses dispositions
qu'on trouva dans son esprit , et on eût
soin de l'orner de toutes les connoissances
qui convenoient à son sexe , en même
tems qu'on s'appliquoit à répandre dans
son coeur les semences d'une pieté d'autant
FEVRIER 1734. 205
cant plus solide qu'elle seroit plus éclairée.
Elle n'hésita point sur le parti qu'elle
devoit prendre dès qu'elle en fût
en fût capable.
Tout ce que l'éclat de sa naissance
et plus encore ses qualitez personnelles ,
pouvoient lui promettre dans le monde ,
devint pour elle la matiere d'un sacrifice
très volontaire , et coûta peu à son coeur
déja détaché de tout.
Dès l'âge de quatorze ans elle entra au
Noviciat , et elle prit l'habit de Novice,
à quinze. Son année d'épreuve n'étoit pas
achevée lorsque Madame de Vaucelas fût
transferée à une autre Abbaye. Elle se
sépara de sa chere Tante sans s'ébranler,
et pouvant la suivre par toute sorte de
raisons , elle se fixa à Royal - Lieu , Maison
où Dieu l'avoit prévenuë de ses Bénédictions
, par la Profession Religieuse qu'elle
fit à seize ans entre les mains de la nouvelle
Abbesse.
Elle ne pensoit qu'à se sanctifier dans
l'état de simple Religieuse , ne prévoyant
rien qui peut l'obliger d'en sortir, Mais
Dieu avoit d'autres desseins sur elle . Son
mérite lui fit tort , quelque soin qu'elle
prit de le cacher: elle fut mise à de grandes
épreuves ; il fallut l'arracher enfin
d'une Maison qu'elle avoit choisie par
préférence à tout et de laquelle elle étoit
tendrement aimée. AT
1
206 MERCURE DE FRANCE
Elle se retira dans l'Abbaye de S. Pierre
de Reims auprès de Madame sa Soeur
qui en étoit Abbesse . Elle Y porta l'édiy
fication et l'exemple de toutes les vertus
Chrétiennes et Religieuses. Sa retraite
dans cette Abbaye fût de cinq années.
Cependant Madame de Clermont
Monglat , Abbesse de * Giff , voulant se
décharger d'un fardeau sous lequel ses
infirmitez et encore plus son humilité
la faisoient gémir , chercha avec soin un
sujet propre à la remplacer , et à affermir
l'ouvrage de l'étroite Observance de la
Regle de S. Bencft ,'elle le trouva dans
Madame de Bethune d'Orval ,
Teile fut la vocation de cette digne
Religieuse , âgée alors de vingt- neuf ans .
Nulle considération humaine n'y eût part;
et il parut bien - tôt que Dieu avoit béni
des veues aussi pures que celles de Madame
de Monglat , et que la nouvelle
Abbesse étoit pour le Monastere de Giff
un don de sa Miséricorde .
La mort de Madame de Monglat , qui
survecût près de quinze ans à sa demis-
Cette Abaye est nommée dans les anciens
Titres. Beata Maria Valis de Giffo . Maurice de
Sully Evêque de Paris , la fonda vers l'an 1140 .
sur la petite Riviere d'Yvette , à cinq lieues de
Paris. sion ,
FEVRIER 1734. 207
sion , ne fit que mettre dans un plus
grand jour le merite deMadame d'Orval,
er justifier de plus en plus le choix qu'elle
en avoit fait pour la remplacer. Il faudroit
entreprendre d'écrire un volume
entier pour donner l'Histoire de sa vie
et de son gouvernement avec le détail
qu'elle merite ce gouvernement a été
de quarante sept ans , pendant lesquels
la résidence de la pieuse Abbesse dans
son Monastere , n'a été interrompuë
qu'une seule fois pour peu de tems , et par
ordre exprès de M. l'Archevêque de
Paris.
4
Qu'il nous soit permis du moins pour
ne point excéder nos bornes , de tracer
ici en deux mots son caractere . Une pieté
tendre , mais éclairée et sans petitesse ;
une humilité profonde mais sans pussillanimité
, un amour universel de la penitence,
mais sans ostentation ; une charité
inépuisable , mais sins acception de
personnes ; un amour de l'Ordre et de
la Regle ferme , mais sans dureté une
regularité toujours égale et toujours
sourenue , un don d'exhorter et d'instruire
peu communj appuyé d'un exemple
encore plus éloquent er plus efficace :
ajoûtons qu'une politesse simple et
noble accompagnoit toutes ces grandes
vertus.
,
A vj
Arri
208 MERCURE DE FRANCE
Arrive à la fin de sa carriere , et étant
au lit de la mort , elle dit à ses filles
qu'elle pouvoit s'appliquer ce que S. Jean
dit de J. C. que les ayant aimées pendant
sa vie , elle les aimoit jusqu'à la fin , surquoi
elle leur fit un Discours digne de sa
grande pieté et de sa parfaite charité.
Elle a conservé jusqu'au dernier soupir
tout son jugement et sa présence d'esprit,
et elle en a fait un excellent usage, pour
mettre à profit ces momens d'autant plus
précieux qu'ils touchent à l'Eternité . Son
extréme patience dans une oppression longue
et très penible, la pieté avec laquelle
elle reçut encore une fois le S. Viatique ,
quelques heures avant sa mort, et un dernier
effort qu'elle fit après cette action
ne pouvant presque plus parler , pour
demander que la Communauté récitât
Hymne d'Actions de graces , pour celle
qu'elle venoit de recevor ,
terminerent
enfin une vie sainte et riche en vertus et
enbonnes oeuvres. Elle expira doucement
au milieu de ses Filles le soir du 28 de
Novembre dernier dans la soixanteseizième
année de son âge, la soixantiéme
de sa Profession Religieuse , et la qua
rante-septiéme de son gouvernement.
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Résumé : ELOGE de Madame de Bethune d'Orval, Abbesse de l'Abbaye Royale de N. D. du Val de Giff, Diocèse de Paris.
Le texte rend hommage à Madame de Bethune d'Orval, Abbesse de l'Abbaye Royale de Val-de-Giff, dans le Diocèse de Paris. Après l'annonce de sa mort dans le Mercure de Décembre précédent, les auteurs reçoivent une lettre de la Dame Prieure et de la Communauté de l'Abbaye, qu'ils résument pour honorer sa mémoire. Madame Anne Éléonore-Marie de Bethune d'Orval était la fille de François de Bethune, Duc d'Orval, Pair de France, et de Dame Anne de Harville de Palaiseau. Son grand-père paternel était Maximilien de Bethune, Duc de Sully, Maréchal de France et Ministre d'État. Dès son jeune âge, elle fut placée à l'Abbaye de Royal-Lieu, où elle fut élevée par sa tante, Madame de Vaucelas, Abbesse de l'Abbaye. Elle y reçut une éducation basée sur la simplicité et la piété, tout en cultivant ses dispositions naturelles. À l'âge de quatorze ans, elle entra au Noviciat et prit l'habit de Novice à quinze ans. Elle fit sa Profession Religieuse à seize ans. Bien qu'elle souhaitât rester simple Religieuse, elle fut nommée Abbesse de l'Abbaye de Saint-Pierre de Reims, puis de l'Abbaye de Val-de-Giff à l'âge de vingt-neuf ans. Son gouvernement dura quarante-sept ans, caractérisé par une piété tendre et éclairée, une humilité profonde, une charité inépuisable, et un amour de l'Ordre et de la Règle. À sa mort, le 28 novembre, elle conserva jusqu'au dernier moment son jugement et sa présence d'esprit. Elle reçut le Saint Viatique avec piété et demanda à la Communauté de réciter un Hymne d'Actions de grâces. Elle s'éteignit à l'âge de soixante-six ans, après soixante ans de Profession Religieuse et quarante-sept ans de gouvernement.
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10
p. 206
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye de Bonnesaigne, Ordre de Saint [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre, Abbesse, Diocèse, Dame, Religieuse
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texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
A Majefté a donné l'Abbaye de Bonnefaigne
Ordre de Saint Benoît , Diocefe de Limoges , à la
Dame d'Uffel -de Chateauvert , Abbeffe des Allois ;
celle des Allois , même Ordre & même Dioceſe ,
à la Dame de Lentilhac , Religieufe du Monaftere
de la Regle , à Limoges ; & l'Abbaye de Buffiere.
Ordre de Citeaux , Dioceſe & ville de Bourges ,
la Dame de Bry d'Arcy , Religieufe de l'Abbaye
aux Bois , à Paris.
A Majefté a donné l'Abbaye de Bonnefaigne
Ordre de Saint Benoît , Diocefe de Limoges , à la
Dame d'Uffel -de Chateauvert , Abbeffe des Allois ;
celle des Allois , même Ordre & même Dioceſe ,
à la Dame de Lentilhac , Religieufe du Monaftere
de la Regle , à Limoges ; & l'Abbaye de Buffiere.
Ordre de Citeaux , Dioceſe & ville de Bourges ,
la Dame de Bry d'Arcy , Religieufe de l'Abbaye
aux Bois , à Paris.
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11
p. 212
Morts.
Début :
Le Sieur Pierre Loys de la Baume, Major de la Ville de Beziers, [...]
Mots clefs :
Marquis, Abbesse, Abbé, Morts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts.
Morts.
Le Sieur Pierre Loys de la Baume , Major de la
Ville de Beziers , mourut à Beziers le 9 de Février,
âgé de quatre- vingt- onze ans .
Meflite Antoine Antonin , Marquis de Longaunay
, Gouverneur de Carentan & Pondouvres , eft
mort en cette Ville le 13 , dans la foixante -uniéme
année de fon âge .
Dame Marie-Renée de Maupeou , Abbeffe de
l'Abbaye Royale de Farmoutier en Brie , Ordre de
S. Benoît , elt morte dans fon Abbaye le 15 , âgée
de foixante - trois ans.
Le fieur Rouault , Abbé de l'Abbaye de Saint-
Léonard de Chaume , Ordre de Citeaux , Diocèfe
de la Rochelle , mourut à la Rochefoucauld , le
16 , âgé de foixante-quinze ans.
Le fieur de Laire , Abbé Commendataire de
l'Abbaye d'Iffoire , Ordre de S. Benoît , Diocèſe
de Clermont , eft mort en fon Abbaye le premier
de Mars , dans la foixante-dix- huitieme année de
fon âge.
Le Sieur Pierre Loys de la Baume , Major de la
Ville de Beziers , mourut à Beziers le 9 de Février,
âgé de quatre- vingt- onze ans .
Meflite Antoine Antonin , Marquis de Longaunay
, Gouverneur de Carentan & Pondouvres , eft
mort en cette Ville le 13 , dans la foixante -uniéme
année de fon âge .
Dame Marie-Renée de Maupeou , Abbeffe de
l'Abbaye Royale de Farmoutier en Brie , Ordre de
S. Benoît , elt morte dans fon Abbaye le 15 , âgée
de foixante - trois ans.
Le fieur Rouault , Abbé de l'Abbaye de Saint-
Léonard de Chaume , Ordre de Citeaux , Diocèfe
de la Rochelle , mourut à la Rochefoucauld , le
16 , âgé de foixante-quinze ans.
Le fieur de Laire , Abbé Commendataire de
l'Abbaye d'Iffoire , Ordre de S. Benoît , Diocèſe
de Clermont , eft mort en fon Abbaye le premier
de Mars , dans la foixante-dix- huitieme année de
fon âge.
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Résumé : Morts.
Le texte énumère des décès survenus au début de l'année. Pierre Loys de la Baume, Major de Béziers, est décédé à 91 ans le 9 février. Méflite Antoine Antonin, Marquis de Longaunay et Gouverneur de Carentan et Pondouvres, est mort à 71 ans le 13 février. Marie-Renée de Maupeou, Abbesse de l'Abbaye Royale de Faremoutier, est décédée à 63 ans le 15 février. Rouault, Abbé de l'Abbaye de Saint-Léonard de Chaume, est mort à 75 ans le 16 février. Enfin, de Laire, Abbé Commendataire de l'Abbaye d'Issoire, est décédé à 78 ans le 1er mars.
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12
p. 208-210
MORTS.
Début :
Le 3 Avril, mourut dans son Abbaye, Madame Anne-Marie, Baronne [...]
Mots clefs :
Abbaye, Abbesse, Docteur, Veuve, Décès, Chanoine, Abbé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Le 3 Avril , mourut dans fon Abbaye, Madame
Anne-Marie , Baronne d'Eltz d'Ottange , Abbeffe
de l'Eglife Collégiale & féculière de Bouxière en
Lorraine , âgée de 9 ans. Elle étoit foeur de
M. le Baron d'Eltz , Maréchal des Camps & Armées
de Sa Majefté Très - Chrétienne , Coinmandeur
de l'Ordre Royal & Militaire de
Saint Louis . Elle fut prébendée dans ſon Cha
pitre , dès l'an 1663 , & élue Abbeffe , d'une
voiz unanime, en 17.6. La conftante férénité de
fon âme , l'égalité de fon humeur , la douceur
inaltérable de fon caractère , jointes à l'unifor
mité de fa vie , l'ont conduite à la plus heureuſe
vieilleffe ; au point , qu'exempre de toutes infirmi
tés , elle a lû & écrit fans lunettes jufqu'aux derpiers
momens d'une fi belle carrière . Ses rares
qualités de l'efprit & du coeur , lui ont mérité la
plus haute eftime , & les refpects les plus Lincères
de fon illuftre Chapitre & de tous ceux qui ont ev
l'avanage de la connoître.
MA 1. 1760. 209
Le fieur Jacques- Bénigne Winflow , de l'Académie
Royale des Sciences , de la Société Royale
de Berlin , Docteur-Régent de la Faculté de Médecine
de Paris , & Profeffeur d'Anatomie & de
Chirurgie , mourut le 4 de ce mois , âgé de 91
ans. Il étoit Danois. Jacques Bénigne Bofluet ,
Evêque de Meaux , lui avoit fait abjurer le Luthéranifme
, il y a 63 ans. Les découvertes que
le fieur Winflow a faites , en Anatomie , ont
rendu fon nom célébre parmi les Sçavans de
l'Europe. Il étoit le plus ancien des Médecins
de la Faculté de Paris.
Dame Marie Gilberte de la Motte d'Apremont,
veuve de Mellire N. de S. Evremont , mourut le
7 , dans la Maiſon Abbatiale de Corneville , près
Pont-Audemer , dans la 89 ° année de ſon âge.
Le fieur Jean Lebeuf , Chanome honoraire
d'Auxerre , Penfionnaire de l'Académie Royale
des Infcriptions & Belles- Lettres , eft mort le 10,
âgé de 73 ans. Il eſt Auteur d'un grand nombre
d'Ouvrages fçavans. Il a fait de grandes recherches
, fur les Antiquités Eccléfiaftiques.
Pierre-François de Chauvigny de Blot , Abbé
des Abbayes Royales de Celle- Frouin , Ordre de
S. Auguftin , & de Notre- Dame de Boras, Ordre
de Citeaux , Prieur Commendataire de Celly ,
Ordre de S. Benoît , Chanoine & Comte de Lyon ,
eft mort à Lyon dans les premiers jours d'Avril :
& le 12 du même mois , l'Abbé de Chabannes ,
Aumônier du Roi & Abbé de la Crete , Ordre de
Citeaux , Diocèfe de Langres , a été nommé par
le Chapitre , Comte de Lyon , à fa place.
Magdelaine le Danois,époufe du ficur de l'Ifle,
210 MERCURE DE FRANCE.
Aftronome- Géographe de la Marine , de l'Académie
Royale des Sciences , & Profeffeur au Col
lége Royal de France , eft morte à Paris le 22
Avril , âgée de quatre-vingt ans & quatre mois.
Le 3 Avril , mourut dans fon Abbaye, Madame
Anne-Marie , Baronne d'Eltz d'Ottange , Abbeffe
de l'Eglife Collégiale & féculière de Bouxière en
Lorraine , âgée de 9 ans. Elle étoit foeur de
M. le Baron d'Eltz , Maréchal des Camps & Armées
de Sa Majefté Très - Chrétienne , Coinmandeur
de l'Ordre Royal & Militaire de
Saint Louis . Elle fut prébendée dans ſon Cha
pitre , dès l'an 1663 , & élue Abbeffe , d'une
voiz unanime, en 17.6. La conftante férénité de
fon âme , l'égalité de fon humeur , la douceur
inaltérable de fon caractère , jointes à l'unifor
mité de fa vie , l'ont conduite à la plus heureuſe
vieilleffe ; au point , qu'exempre de toutes infirmi
tés , elle a lû & écrit fans lunettes jufqu'aux derpiers
momens d'une fi belle carrière . Ses rares
qualités de l'efprit & du coeur , lui ont mérité la
plus haute eftime , & les refpects les plus Lincères
de fon illuftre Chapitre & de tous ceux qui ont ev
l'avanage de la connoître.
MA 1. 1760. 209
Le fieur Jacques- Bénigne Winflow , de l'Académie
Royale des Sciences , de la Société Royale
de Berlin , Docteur-Régent de la Faculté de Médecine
de Paris , & Profeffeur d'Anatomie & de
Chirurgie , mourut le 4 de ce mois , âgé de 91
ans. Il étoit Danois. Jacques Bénigne Bofluet ,
Evêque de Meaux , lui avoit fait abjurer le Luthéranifme
, il y a 63 ans. Les découvertes que
le fieur Winflow a faites , en Anatomie , ont
rendu fon nom célébre parmi les Sçavans de
l'Europe. Il étoit le plus ancien des Médecins
de la Faculté de Paris.
Dame Marie Gilberte de la Motte d'Apremont,
veuve de Mellire N. de S. Evremont , mourut le
7 , dans la Maiſon Abbatiale de Corneville , près
Pont-Audemer , dans la 89 ° année de ſon âge.
Le fieur Jean Lebeuf , Chanome honoraire
d'Auxerre , Penfionnaire de l'Académie Royale
des Infcriptions & Belles- Lettres , eft mort le 10,
âgé de 73 ans. Il eſt Auteur d'un grand nombre
d'Ouvrages fçavans. Il a fait de grandes recherches
, fur les Antiquités Eccléfiaftiques.
Pierre-François de Chauvigny de Blot , Abbé
des Abbayes Royales de Celle- Frouin , Ordre de
S. Auguftin , & de Notre- Dame de Boras, Ordre
de Citeaux , Prieur Commendataire de Celly ,
Ordre de S. Benoît , Chanoine & Comte de Lyon ,
eft mort à Lyon dans les premiers jours d'Avril :
& le 12 du même mois , l'Abbé de Chabannes ,
Aumônier du Roi & Abbé de la Crete , Ordre de
Citeaux , Diocèfe de Langres , a été nommé par
le Chapitre , Comte de Lyon , à fa place.
Magdelaine le Danois,époufe du ficur de l'Ifle,
210 MERCURE DE FRANCE.
Aftronome- Géographe de la Marine , de l'Académie
Royale des Sciences , & Profeffeur au Col
lége Royal de France , eft morte à Paris le 22
Avril , âgée de quatre-vingt ans & quatre mois.
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Résumé : MORTS.
En avril 1760, plusieurs personnalités notables décédèrent. Le 3 avril, Madame Anne-Marie, Baronne d'Eltz d'Ottange, abbesse de l'église collégiale et séculière de Bouxières en Lorraine, mourut à 91 ans. Elle était reconnue pour sa sérénité et sa douceur. Le 4 avril, Jacques-Bénigne Winslow, membre de l'Académie Royale des Sciences et Professeur d'Anatomie et de Chirurgie, décéda à 91 ans. Ses découvertes en anatomie lui valurent une renommée européenne. Le 7 avril, Dame Marie Gilberte de la Motte d'Apremont, veuve de Mellire N. de S. Evremont, mourut à 89 ans. Le 10 avril, Jean Lebeuf, Chanoine honoraire d'Auxerre et Pensionnaire de l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres, décéda à 73 ans. Il était l'auteur de nombreux ouvrages savants. Pierre-François de Chauvigny de Blot, abbé des abbayes royales de Cellefrouin et de Notre-Dame de Boras, et Chanoine et Comte de Lyon, mourut à Lyon au début du mois. Le 12 avril, l'Abbé de Chabannes fut nommé Comte de Lyon à sa place. Enfin, Magdelaine Le Danois, épouse de l'astronome-géographe de la Marine et Professeur au Collège Royal de France, décéda à Paris le 22 avril à 80 ans et 4 mois.
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13
p. 202
De PARIS, le 5 Juillet.
Début :
Un Courier, arrivé de Lisbonne, en a apporté la nouvelle que, le 6 du mois [...]
Mots clefs :
Princesse, Mariage, Infant, Roi de Pologne, Duc de Lorraine, Dame, Élection, Abbesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 5 Juillet.
De PARIS , les Juillet.
Un Courier , arrivé de Lisbonne , en a apporté
la nouvelle que , le 6 du mois dernier, la Princelle
de Beyra a époufé l'Infant Don Pedre , fon oncle.
Le Roi de Pologne , Duc de Lorraine & de
Bar , a confirmé l'élection de la Dame Comteile
de Gouffier-Thois , en qualité d'Abbeffe du Cha
pitre de Bouxiere.
Un Courier , arrivé de Lisbonne , en a apporté
la nouvelle que , le 6 du mois dernier, la Princelle
de Beyra a époufé l'Infant Don Pedre , fon oncle.
Le Roi de Pologne , Duc de Lorraine & de
Bar , a confirmé l'élection de la Dame Comteile
de Gouffier-Thois , en qualité d'Abbeffe du Cha
pitre de Bouxiere.
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14
p. 200-204
De PARIS, le 20 Septembre.
Début :
Sa Majesté voulant mettre la Ville de Paris en état d'exécuter [...]
Mots clefs :
Embellissement, Ville, Revenus, Loterie, Lots, Royaume, Duc, Comte, Ministre, Audience du roi, Prince du sang, Nominations, Abbesse, Roi de Sardaigne, Traité, Liberté, Puissances, Provinces, Noblesse, Canada, Évêque de Québec, Décès, Loterie de l'école royale militaire, Tirage
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texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 20 Septembre.
De PARIS , le 20 Septembre.
Sa Majesté voulant mettre la Ville de Paris en
état d'exécuter différentes entreprifes projettées
pour l'utilité & pour l'embélillement de cette Capitale
, fans intervertir la deſtination de fes revenus
ordinaires , fpécialement affectés au payement
des rentes & des autres Charges dont Elle eft
tenue , vient de lui accorder pour trois années ,
une loterie de 2400000 livres , qui fera renouvellée
& tirée tous les deux mois . Cette loterie
fera compolée decent mille billets, chacun du prix
de
24 liv. Il y aura dix mille lots , dont le pre
OCTOBRE . 1760. 201
nier fera de 150000 livres , le fecond de 100000 ,
& le troifiéme de 50000. Parmi les antres lots , il
y en aura deux de 3000 livres , quatre de 15000,
vingt de rooco , cinquante de 3000 , cent neuf
de 2000 , deux cens onze de rooo , fix cens deux
de soo . Les autres au nombre de huit mille neuf
cens quatre- vingt dix neuf , feront de roo liv . à
l'exception d'un qui fera de 200. On retiendra fur
lefdits lots , dix pour cent , pour les frais & pour
le bénéfice de la loterie. Sa Majefté permet à toutes
perfonnes de s'y intéreller , même aux étrangers
non naturalifés demeurant dans le Royaume ,
ou hors du Royaume , fans excepter les Sujets des
Puiffances avec lesquelles Elle eft actuellement , &
ou Elle pourroit être en guerre ; & Elle renonce
en leur faveur à tous droits de dèshérence , bâtardile
, &c. fur les billets de ladité loterie , & fur
les lots qui pourroient leur écheoir .
Le 25 du mois dernier , Fête de Saint Louis , le
Gorps de Ville alla à Verſailles , & ayant à la tête
le Duc de Chevreuſe , Gouverneur de Paris , il
eur Audience du Roi . Il fut préfenté à Sa Majeſé
par le Comte de Saint Florentin , Miniftre & Secrétaire
d'Etat , & conduit par le fieur Defgranges ,
Maître des Cérémonies. Le fieur Camus de Pontcarré
de Viarme , Prévôt des Marchands , & les
feurs Darlu & Boyer , nouveaux Echevins , prê
terent le ferment , dont le Comte de Saint Florentin
' fit l'a lecture , ainfi que du fcrutin qui fur
préfenté par le fieur de la Briffe , Avocat du Roi
au Châtelet. Le Corps de Ville eut enfuite l'honneur
de rendre les refpects à la Reine , & à la Fa
mille Royale.
Le niême jour , la proceffion des Carmes dut
Grand Couvent fe rendit , felon la coutume , à la
Chapelle du Palais des Tuileries , où ces Religieu
chanterent la Melle:
I w
202 MERCURE DE FRANCE.
On célébra le premier de ce mois , dans l'Eglife
de l'Abbaye Royale de Saint Denis , le Service annuel
pour le repos de l'ame de Louis XIV . L'Evêque
de Comminges y officia pontificalement.
Le Duc de Penthiévre , & le Prince de Lamballe y
affiftérent , ainfi que le Maréchal Duc de Noail
les , & plufieurs autres Seigneurs de la Cour.
>
P
Marie Gabrielle Eléonore de Bourbon Condé ,
Princelle du Sang , Abbeffe de l'Abbaye Royale
de Saint Antoine de Paris mourut à la Sauffaye
le 28 du mois dernier , âgée de 69 ans , 8 mois &
6 jours. Elle étoit fille aînée de Louis , Duc de
Bourbon-Condé , Prince du Sang , Grand- Maître
de la Maifon du Roi , & Gouverneur du Duché
de Bourgogne , & de Louife- Françoiſe de Bourbon
, légitimée de France , fille du feu Roi ,
morte le 6 Juin 1743. Cette Princeffe avoit fait
fa profeffion dans l'Abbaye de Fontevrault , le
20 Mai 1707 , & Sa Majesté l'avoit nommée Abbeffe
de l'Abbaye Royale de Saint Antoine , le
Mai 1723. Elle a été transférée du Couvent de la
Saulaye le 3 de ce mois , à l'Abbaye Royale de
Saint Antoine , où elle a été inhumée le même
jour , avec toutes les cérémonies dues à fon rang.
Son corps avoit été préfenté à la Supérieure par
l'Abbé de Citeaux. La Cour a pris le deuil le 5 ,
pour douze jours , à l'occafion de la mort de
cette Princeffe.
و ت
Sa Majesté a conclu avec le Roi de Sardaigne
un traité , portant une fixation exacte , générale
& définitive des limites , qui doivent déformais
féparer leurs Etats , depuis la fortie du Rhône des
Terres de la Répub ique de Genève , juſqu'à l'em➡
bouchure du Var . Par ce traité , la Ville de Che
zery , fituće en-deçà du Rhône , ainsi que fes ap
partenances , depuis le pont de Grefin , jufqu'aux
OCTOBRE. 1760. 203
confins de la Franche-Comté , font cédées à la
France ; & en échange , une partie de la vallée
de Seiffel , & divers territoires fitués au- delà đu
Rhône , font réunis à la Savoye. La Provence acquiert
par cette fixation , quelques territoires ; &
quelques autres , ci -devant de la domination Francoife
, font cédés au Roi de Sardaigne . Et pour.ci
menter de plus en plus l'union & la correfpondance
, que les deux Rois defirent voir regner entre
leurs Sujets refpectifs , ils renoncent pour l'avenir
au droit d'Aubaine , & à tous autres qui
pourroient être contraires à la liberté des fucceffions
& difpofitions réciproques pour tous less
Etats des deux Puiffances , y compris les Duchés
de Lorraine & de Bar. Par le même traité , la
Nobleffe des Provinces de Breffe, Bugey , Valro
mey & Gex , eft confervée dans fes exemptions
relativement aux biens qu'elle poffède en Savoye
dès l'année 1738 ; & les mêmes priviléges font
affurés à la Nobleffe de Savoye , pour les biens
qu'elle pofféde dans les Provinces fufdites , dès la
même date. La même réciprocité d'exemptions:
aura lieu, à l'égard de la Nobleffe des Terres qui
viennent d'être échangées , & pour les biens:
qu'elle pofféde en franchife , à la date de ce traité..
Cette réciprocité d'exemptions n'aura lieu néanmoins
, à l'égard de la Nobleffe du Dauphiné &
de Savoye, qu'en faveur de ceux qui feront preuve
de Noblefle & de poffeffion fucceffive , dès le
Commencement de l'année 1600. Il eſt ſtipulé
par un autre article , que les hypothéques établiss
dans un des deux Etats , auront lieu dans l'autre ,,
& que les Cours Supérieures déféreront de part &
d'autre , aux réquifitoires qui leur ferontadreffés.
Ce traité été conclu & figné à Turin le 24
Mars de cette année , & ratifié par Sa Majesté le
10 du mois de Juillet.
On a appris par des Lettres du Canada dir moiss
Lvj
204 MERCURE DE FRANCE
dernier , que l'Evêque de Quebec étoit mort à
Montréal le 9 Juin ; il eft univerfellement regretté.
Ces mêmes Lettres ajoutent , que le Général
Amherst étoit retenu au Fort Saint Frederic,,
à caufe des Chiroquois , qui menaçoient les colonies
Angloifes; & que le Général Murray,Gouverneur
de Quebec , qui s'étoit avancé jusqu'au
Richelieu , avoit été battu au mois de Juillet dernier
par les Canadiens , joints aux troupes de la
colonie, commandées par le fieur Repantigny..
Le tirage de la loterie de l'Ecole Royale mili
taire , s'eft fait en la maniere accoutumée , dans
l'Hôtel de Ville de Paris , le 6. Les numeros qui:
font fortis de la roue de fortune , font 62 , 89, 28,
30 , 38. Le prochain tirage fe fera le 7 du mois .
d'Octobre..
Sa Majesté voulant mettre la Ville de Paris en
état d'exécuter différentes entreprifes projettées
pour l'utilité & pour l'embélillement de cette Capitale
, fans intervertir la deſtination de fes revenus
ordinaires , fpécialement affectés au payement
des rentes & des autres Charges dont Elle eft
tenue , vient de lui accorder pour trois années ,
une loterie de 2400000 livres , qui fera renouvellée
& tirée tous les deux mois . Cette loterie
fera compolée decent mille billets, chacun du prix
de
24 liv. Il y aura dix mille lots , dont le pre
OCTOBRE . 1760. 201
nier fera de 150000 livres , le fecond de 100000 ,
& le troifiéme de 50000. Parmi les antres lots , il
y en aura deux de 3000 livres , quatre de 15000,
vingt de rooco , cinquante de 3000 , cent neuf
de 2000 , deux cens onze de rooo , fix cens deux
de soo . Les autres au nombre de huit mille neuf
cens quatre- vingt dix neuf , feront de roo liv . à
l'exception d'un qui fera de 200. On retiendra fur
lefdits lots , dix pour cent , pour les frais & pour
le bénéfice de la loterie. Sa Majefté permet à toutes
perfonnes de s'y intéreller , même aux étrangers
non naturalifés demeurant dans le Royaume ,
ou hors du Royaume , fans excepter les Sujets des
Puiffances avec lesquelles Elle eft actuellement , &
ou Elle pourroit être en guerre ; & Elle renonce
en leur faveur à tous droits de dèshérence , bâtardile
, &c. fur les billets de ladité loterie , & fur
les lots qui pourroient leur écheoir .
Le 25 du mois dernier , Fête de Saint Louis , le
Gorps de Ville alla à Verſailles , & ayant à la tête
le Duc de Chevreuſe , Gouverneur de Paris , il
eur Audience du Roi . Il fut préfenté à Sa Majeſé
par le Comte de Saint Florentin , Miniftre & Secrétaire
d'Etat , & conduit par le fieur Defgranges ,
Maître des Cérémonies. Le fieur Camus de Pontcarré
de Viarme , Prévôt des Marchands , & les
feurs Darlu & Boyer , nouveaux Echevins , prê
terent le ferment , dont le Comte de Saint Florentin
' fit l'a lecture , ainfi que du fcrutin qui fur
préfenté par le fieur de la Briffe , Avocat du Roi
au Châtelet. Le Corps de Ville eut enfuite l'honneur
de rendre les refpects à la Reine , & à la Fa
mille Royale.
Le niême jour , la proceffion des Carmes dut
Grand Couvent fe rendit , felon la coutume , à la
Chapelle du Palais des Tuileries , où ces Religieu
chanterent la Melle:
I w
202 MERCURE DE FRANCE.
On célébra le premier de ce mois , dans l'Eglife
de l'Abbaye Royale de Saint Denis , le Service annuel
pour le repos de l'ame de Louis XIV . L'Evêque
de Comminges y officia pontificalement.
Le Duc de Penthiévre , & le Prince de Lamballe y
affiftérent , ainfi que le Maréchal Duc de Noail
les , & plufieurs autres Seigneurs de la Cour.
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P
Marie Gabrielle Eléonore de Bourbon Condé ,
Princelle du Sang , Abbeffe de l'Abbaye Royale
de Saint Antoine de Paris mourut à la Sauffaye
le 28 du mois dernier , âgée de 69 ans , 8 mois &
6 jours. Elle étoit fille aînée de Louis , Duc de
Bourbon-Condé , Prince du Sang , Grand- Maître
de la Maifon du Roi , & Gouverneur du Duché
de Bourgogne , & de Louife- Françoiſe de Bourbon
, légitimée de France , fille du feu Roi ,
morte le 6 Juin 1743. Cette Princeffe avoit fait
fa profeffion dans l'Abbaye de Fontevrault , le
20 Mai 1707 , & Sa Majesté l'avoit nommée Abbeffe
de l'Abbaye Royale de Saint Antoine , le
Mai 1723. Elle a été transférée du Couvent de la
Saulaye le 3 de ce mois , à l'Abbaye Royale de
Saint Antoine , où elle a été inhumée le même
jour , avec toutes les cérémonies dues à fon rang.
Son corps avoit été préfenté à la Supérieure par
l'Abbé de Citeaux. La Cour a pris le deuil le 5 ,
pour douze jours , à l'occafion de la mort de
cette Princeffe.
و ت
Sa Majesté a conclu avec le Roi de Sardaigne
un traité , portant une fixation exacte , générale
& définitive des limites , qui doivent déformais
féparer leurs Etats , depuis la fortie du Rhône des
Terres de la Répub ique de Genève , juſqu'à l'em➡
bouchure du Var . Par ce traité , la Ville de Che
zery , fituće en-deçà du Rhône , ainsi que fes ap
partenances , depuis le pont de Grefin , jufqu'aux
OCTOBRE. 1760. 203
confins de la Franche-Comté , font cédées à la
France ; & en échange , une partie de la vallée
de Seiffel , & divers territoires fitués au- delà đu
Rhône , font réunis à la Savoye. La Provence acquiert
par cette fixation , quelques territoires ; &
quelques autres , ci -devant de la domination Francoife
, font cédés au Roi de Sardaigne . Et pour.ci
menter de plus en plus l'union & la correfpondance
, que les deux Rois defirent voir regner entre
leurs Sujets refpectifs , ils renoncent pour l'avenir
au droit d'Aubaine , & à tous autres qui
pourroient être contraires à la liberté des fucceffions
& difpofitions réciproques pour tous less
Etats des deux Puiffances , y compris les Duchés
de Lorraine & de Bar. Par le même traité , la
Nobleffe des Provinces de Breffe, Bugey , Valro
mey & Gex , eft confervée dans fes exemptions
relativement aux biens qu'elle poffède en Savoye
dès l'année 1738 ; & les mêmes priviléges font
affurés à la Nobleffe de Savoye , pour les biens
qu'elle pofféde dans les Provinces fufdites , dès la
même date. La même réciprocité d'exemptions:
aura lieu, à l'égard de la Nobleffe des Terres qui
viennent d'être échangées , & pour les biens:
qu'elle pofféde en franchife , à la date de ce traité..
Cette réciprocité d'exemptions n'aura lieu néanmoins
, à l'égard de la Nobleffe du Dauphiné &
de Savoye, qu'en faveur de ceux qui feront preuve
de Noblefle & de poffeffion fucceffive , dès le
Commencement de l'année 1600. Il eſt ſtipulé
par un autre article , que les hypothéques établiss
dans un des deux Etats , auront lieu dans l'autre ,,
& que les Cours Supérieures déféreront de part &
d'autre , aux réquifitoires qui leur ferontadreffés.
Ce traité été conclu & figné à Turin le 24
Mars de cette année , & ratifié par Sa Majesté le
10 du mois de Juillet.
On a appris par des Lettres du Canada dir moiss
Lvj
204 MERCURE DE FRANCE
dernier , que l'Evêque de Quebec étoit mort à
Montréal le 9 Juin ; il eft univerfellement regretté.
Ces mêmes Lettres ajoutent , que le Général
Amherst étoit retenu au Fort Saint Frederic,,
à caufe des Chiroquois , qui menaçoient les colonies
Angloifes; & que le Général Murray,Gouverneur
de Quebec , qui s'étoit avancé jusqu'au
Richelieu , avoit été battu au mois de Juillet dernier
par les Canadiens , joints aux troupes de la
colonie, commandées par le fieur Repantigny..
Le tirage de la loterie de l'Ecole Royale mili
taire , s'eft fait en la maniere accoutumée , dans
l'Hôtel de Ville de Paris , le 6. Les numeros qui:
font fortis de la roue de fortune , font 62 , 89, 28,
30 , 38. Le prochain tirage fe fera le 7 du mois .
d'Octobre..
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Résumé : De PARIS, le 20 Septembre.
Le 20 septembre, le roi de France a instauré une loterie de 2 400 000 livres, renouvelée et tirée tous les deux mois pendant trois ans. Cette loterie, composée de 10 000 billets à 24 livres chacun, offre 10 000 lots, dont les principaux sont de 150 000, 100 000 et 50 000 livres. Les autres lots varient de 3 000 à 100 livres, avec une retenue de 10 % pour les frais et le bénéfice. Tous les résidents, y compris les étrangers non naturalisés, peuvent participer, sauf les sujets des puissances en guerre avec la France. Le 25 août, à la fête de Saint Louis, le corps de ville de Paris s'est rendu à Versailles pour une audience royale. Le duc de Chevreuse, gouverneur de Paris, a conduit la délégation, qui a prêté serment en présence du roi et de la famille royale. Le 1er octobre, un service annuel pour le repos de l'âme de Louis XIV a été célébré à l'abbaye royale de Saint-Denis, avec la participation de plusieurs personnalités de la cour. Marie Gabrielle Eléonore de Bourbon Condé, princesse du sang et abbesse de l'abbaye royale de Saint-Antoine de Paris, est décédée le 28 août à l'âge de 69 ans. Elle a été inhumée à l'abbaye royale de Saint-Antoine après une cérémonie appropriée à son rang. La cour a observé un deuil de douze jours à cette occasion. La France a conclu un traité avec le roi de Sardaigne fixant les limites entre leurs États, depuis le Rhône jusqu'à l'embouchure du Var. Ce traité prévoit des échanges territoriaux, notamment la cession de la ville de Chezery à la France et de territoires en Savoie. Les deux rois ont également renoncé au droit d'aubaine et assuré des exemptions réciproques pour les nobles des deux pays. Le traité a été signé à Turin le 24 mars et ratifié par le roi de France le 10 juillet. Des nouvelles du Canada indiquent la mort de l'évêque de Québec à Montréal le 9 juin. Le général Amherst était retenu au Fort Saint Frédéric en raison des menaces des Chiroquois, tandis que le général Murray, gouverneur de Québec, a été battu par les Canadiens et les troupes coloniales en juillet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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15
p. 197
De CLEVES, le 17 Octobre 1764.
Début :
Hedwige-Sophie Auguste, Princesse de Holstein-Gottorp, Soeur du Roi de [...]
Mots clefs :
Princesse, Soeur du roi, Abbesse, Décès
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texteReconnaissance textuelle : De CLEVES, le 17 Octobre 1764.
De CLEVES , le 17 Octobre 1764.
Hedwige- Sophie Augufte , Princeſſe de Holltein-
Gottorp , Soeur du Roi de Suéde , Abbelle
de Herworden & Prieure de Quedlinbourg , eft,
morte en fon Abbaye le 13 de ce mois , âgée de
cinquante-neuf ans.
Hedwige- Sophie Augufte , Princeſſe de Holltein-
Gottorp , Soeur du Roi de Suéde , Abbelle
de Herworden & Prieure de Quedlinbourg , eft,
morte en fon Abbaye le 13 de ce mois , âgée de
cinquante-neuf ans.
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16
p. 204-205
MORTS.
Début :
Louis de Mailly, Marquis de Nesse, Chevalier des Ordres du Roi, [...]
Mots clefs :
Chevalier, Marquis, Capitaine, Comte, Décès, Baron, Abbesse, Veuve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Louis de Mailly, Marquis de Nefle , Chevalier
des Ordres du Roi , & ancien Capitaine - Lieutenant
de la Compagnie des Gendarmes Ecoffois ,
eft mort à Dijon le 25 Octobre , âgé de foixantequinze
ans .
Jofeph - Hyacinthe de Rigaud , Marquis de
Vaudreuil , Grand'Croix , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , Capitaine des
Vailleaux du Roi , ancien Commandant Général
en Chef des Ifles Françoiles de l'Amérique fousle-
Vent , eft mort à Paris , le premier Novembre.
Hyacinthe- François Georges , Comte de Montecler
Maréchal de Camp , eft mort le s Octobre
à fa Terre de la Rongetre , au Maine , âgé
de quarante cinq ans.
Henri- Gabriel Amproux , Comte de la Mainais ,
Maréchal de Camp , eft mort à Paris le 7 Octobre
.
On a appris auffi la mort du Baron de Clofen ,
DECEMBRE . 1764. 205
&
auffi Maréchal de Camp des Armées du Roi ,
Général des Troupes des Deux- Ponts.
·
Charles Guillaume de la Croix de Poinly
Meftre-de-Camp de Cavalerie , ancien Exempt
des Gardes du Corps de la Compagnie de Villeroy
, eft mort au Château de Flambermont près
de Beauvais , le 30 Octobre , âgé de quatre- vingttrois
ans.
Louife-Françoiſe du Vivier de Tournefort , ancienne
Abbeffe de Sainte Perrine de Chaillor , &
Prieure perpétuelle du Prieuré Royal & Hôpital
de S. Nicolas de Pontoife , fondé par S. Louis ,
eft morte à fon Prieuré , le 18 Octobre , âgée de
foixante-treize ans .
-
Angélique Henriette Thérèfe Chauvelin ;
Epoule d'Anne-Claude de Thiard , Marquis de
Biffy , Lieutenant Général des Armées du Roi ,
Gouverneur des Villes & Château d'Auxonne ; &
ci-devant Miniftre Plénipotentiaire de France auprès
du Roi des Deux - Siciles , eft morte à Paris ,
23 Octobre , âgée de foixante dix- neuf ans. le
Marie- Gaëtanne de Mornay de Montchevreuil ,
veuve d'Anne Bretagne de Lannion , Lieutenant
Général des Armées du Roi , eft morte en fon
Château de Bois - Geoffroy auprès de Rennes en
Bretagne.
Bonne-Françoiſe d'Engelgent , veuve de Louis-
Laurent , Baron du Lau ,, Meftre - de- Camp de
Cavalerie , & premier Aide- Major de la Gendarmerie
, eft morte le 26 dans fon Château de
Bourchemin au Maine , dans la foixante fixiéme
année de fon âge .
Louis de Mailly, Marquis de Nefle , Chevalier
des Ordres du Roi , & ancien Capitaine - Lieutenant
de la Compagnie des Gendarmes Ecoffois ,
eft mort à Dijon le 25 Octobre , âgé de foixantequinze
ans .
Jofeph - Hyacinthe de Rigaud , Marquis de
Vaudreuil , Grand'Croix , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , Capitaine des
Vailleaux du Roi , ancien Commandant Général
en Chef des Ifles Françoiles de l'Amérique fousle-
Vent , eft mort à Paris , le premier Novembre.
Hyacinthe- François Georges , Comte de Montecler
Maréchal de Camp , eft mort le s Octobre
à fa Terre de la Rongetre , au Maine , âgé
de quarante cinq ans.
Henri- Gabriel Amproux , Comte de la Mainais ,
Maréchal de Camp , eft mort à Paris le 7 Octobre
.
On a appris auffi la mort du Baron de Clofen ,
DECEMBRE . 1764. 205
&
auffi Maréchal de Camp des Armées du Roi ,
Général des Troupes des Deux- Ponts.
·
Charles Guillaume de la Croix de Poinly
Meftre-de-Camp de Cavalerie , ancien Exempt
des Gardes du Corps de la Compagnie de Villeroy
, eft mort au Château de Flambermont près
de Beauvais , le 30 Octobre , âgé de quatre- vingttrois
ans.
Louife-Françoiſe du Vivier de Tournefort , ancienne
Abbeffe de Sainte Perrine de Chaillor , &
Prieure perpétuelle du Prieuré Royal & Hôpital
de S. Nicolas de Pontoife , fondé par S. Louis ,
eft morte à fon Prieuré , le 18 Octobre , âgée de
foixante-treize ans .
-
Angélique Henriette Thérèfe Chauvelin ;
Epoule d'Anne-Claude de Thiard , Marquis de
Biffy , Lieutenant Général des Armées du Roi ,
Gouverneur des Villes & Château d'Auxonne ; &
ci-devant Miniftre Plénipotentiaire de France auprès
du Roi des Deux - Siciles , eft morte à Paris ,
23 Octobre , âgée de foixante dix- neuf ans. le
Marie- Gaëtanne de Mornay de Montchevreuil ,
veuve d'Anne Bretagne de Lannion , Lieutenant
Général des Armées du Roi , eft morte en fon
Château de Bois - Geoffroy auprès de Rennes en
Bretagne.
Bonne-Françoiſe d'Engelgent , veuve de Louis-
Laurent , Baron du Lau ,, Meftre - de- Camp de
Cavalerie , & premier Aide- Major de la Gendarmerie
, eft morte le 26 dans fon Château de
Bourchemin au Maine , dans la foixante fixiéme
année de fon âge .
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Résumé : MORTS.
En octobre et novembre 1764, plusieurs personnalités notables sont décédées. Louis de Mailly, Marquis de Nefle et ancien Capitaine-Lieutenant des Gendarmes Ecoffois, est mort à Dijon le 25 octobre à l'âge de soixante-quinze ans. Joseph-Hyacinthe de Rigaud, Marquis de Vaudreuil, Grand'Croix de l'Ordre de Saint-Louis et ancien Commandant Général des îles françaises d'Amérique, est décédé à Paris le 1er novembre. Hyacinthe-François Georges, Comte de Montecler, Maréchal de Camp, est mort le 7 octobre à sa terre de la Rongetre, au Maine, à l'âge de quarante-cinq ans. Henri-Gabriel Amproux, Comte de la Mainais, Maréchal de Camp, est décédé à Paris le 7 octobre. Le Baron de Clofen, également Maréchal de Camp, est mort. Charles Guillaume de la Croix de Poinly, Maître-de-Camp de Cavalerie, est décédé au Château de Flambermont près de Beauvais le 30 octobre à l'âge de quatre-vingt-trois ans. Louise-Françoise du Vivier de Tournefort, ancienne Abbesse de Sainte Perrine de Chaillot et Prieure perpétuelle du Prieuré Royal de Saint-Nicolas de Pontoise, est morte à son Prieuré le 18 octobre à l'âge de soixante-treize ans. Angélique Henriette Thérèse Chauvelin, épouse d'Anne-Claude de Thiard, Marquis de Bissy, Lieutenant Général des Armées du Roi, est décédée à Paris le 23 octobre à l'âge de soixante-dix-neuf ans. Marie-Gaëtanne de Mornay de Montchevreuil, veuve d'Anne Bretagne de Lannion, Lieutenant Général des Armées du Roi, est morte en son Château de Bois-Geoffroy près de Rennes. Bonne-Françoise d'Engelgent, veuve de Louis-Laurent, Baron du Lau, Maître-de-Camp de Cavalerie, est décédée le 26 octobre dans son Château de Bourchemin au Maine à l'âge de soixante-six ans.
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