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1
p. 200-208
Autres Morts, [titre d'après la table]
Début :
On a eu icy avis de la mort de Monsieur le Commandeur [...]
Mots clefs :
Décès, Monsieur, Commandeur, Maison de Tressemanes Chasteuil, Siège, Distinction, Charges, Abbé, Chapitre, Obsèques, Seigneur, Conseiller au Parlement, Général, Lieutenant, Capitaine, Fils, Prêtre, Maison de Bruslard
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texteReconnaissance textuelle : Autres Morts, [titre d'après la table]
On a eu icy avis de la mort
de Monfieur le Commandeur de
Treffemanes Chateüil , qui s'eſt
fignalé avec beaucoup de diftinction
dans les Siéges de Sainte
Maure , & de Preveza. Il est
mort fur les Galeres au retour du
Voyage , apres feize jours d'une
maladie caufée par les grandes.
incommoditez foufertes pendant
ces deux Siéges, & dans les Cour
fes que l'on avoit faites dans l'Epire
, où il s'eftoit rendu recommandable
par fa conduite , par
vertu , & par le mépris qu'il faifoit
de fa vie pour une ſi juſte caufe
. Il eftoit de l'Auberge de Provence
, & d'une des meilleuresfa
GALANT. 201
73.
Maifons de cette Province , &
des plus anciennes dans l'Ordre.
Deux de fes grands Oneles en
ont efté , avec quatre de fes Oncles
, du nombre defquels eftoiɛ
Monfieur de Treffemanes-Chateuil
, Bailly de Manofque , qui
mourut il y a deux ans dans fa
année . Trois de fes Freres font
encore Chevaliers , & ils ont tous
I trois l'honneur d'eftre dans le
fervice du Roy. L'un eft fur les
Galeres de Sa Majefté ; l'autre ,
Capitaine dans le Régiment de
Champagne , où il eft fort eftimé ,
ayant embraffé la Profeffion
des Armes dés l'âge de quinze
ans ; & le troifiéme eft fon Lieutenant
. le paffe à d'atres Articles
de mefme nature .
8
Le R. P. Erard Florior , mort
le de ce mois , âgé de 63. ans ,
apres avoir exercé les Charges
14.
IS
202 MERCURE
les plus confiderables de fon Orcre.
Il avoit efté élû pour la fecon.
de fois au mois de Septemere
dernier , Abbé de Sainte Geneviève
du Mont & Superieur
Genéral des Chanoines Réguliers
de S. Auguftin , de la Congrégation
de France . Quand on
remplit ces fortes de Poftes par
Election , il faut qu'on ait un
fort grand mérite , puis que toute
une Communauté ne fe trompe
pas. Cet Abbé eftoit Frere de Madame
le Pelletier Femme de
Monfieur le Contrôleur Genéral .
Si tot qu'il fut mort , le Pere
Vvatrée , Premier Affiftant , qui
eftoit en droit de luy fucceder,
fut reconnu par le Chapitre , légitime
Abbé , & Supérieur Ge
néral , & en cette qualité reveſtu
des marques de fa Dignité nouvelle
. Il fit deux jours apres la
>
GALANT. 203
e
,
Cerémonie des Obféques de fon
Prédeceffeur , qui eft univerfel.
lement regreté de tous ceux qui
ont connu la vertu , & fes grandes
qualitez. En vous parlant de
cet Ordre , je croy ne devoir pas
oublier à vous dire , que Monfieur
Gaftier , l'un des Chanoines
Réguliers de Sainte Geneviève ,
quoy que jeune encore , a déja
remply les meilleures Chaires de
Paris , & qu'il s'eſt fait admirer à
S. Nicolas des Champs ; pendant
le dernier Avent.
Meffire Louis le Tonnellier
Breteuil , Seigneur de Boeffetes,
de Ruvire , & autres Lieux , mort
le 19.de ce mois. Ila efté fucceffivement
Confeiller aux Parlemens
de Bretagne & de Paris , enfuite
Maître des Requeſtes , Intendant
de la Province de Languedoc ,
& de la Generalité de Paris , Con-
I 6
204 MERCURE
trôleur Genéral des Finances ,
pendant dix années , & eft mort
Confeiller d'Etat ordinaire . Il a eü
fept Enfans mâles , dont fix font
encore vivans . Monfieur de Bruteül
l'aîné a efté Intendant en
Picardie & en Flandres , & des
Armées du Roy , & eft à prefent
Intendant des Finances , & Confeiller
d'Etat. Les Trois autres
font Chevaliers de Malte , dont
le premier eft Chef d'Eſcadre de
Galeres ; le cinquième eft Evelque
de Boulogne , & le fixiéme à
efté Envoyé Extraordinaire vers
les Princes d'Italie. Il a laiffé auffi
une Fille qui eft mariée à Monfieur
le Marquis de Simblimont,
d'une des plus Illuftres Maiſons
de Picardie.
Meffire Florimond Bruflard ,
Marquis de Genlis , Confeiller
d'Etat , & Capitaine Lieutenant
GALANT .
205
des Gensd'armes de feu Monfieur
le Duc d'Orleans , mort
le 20. de ce mois , en fa Terre
de Beaumont en Picardie , âgé
de 83. ans. La Maifon de Bruflard
eft tres - ancienne , & doit
fon éclat à Nicolas Bruflard ,
Seigneur de Sillery , Chancelier
de France dont l'éloge feroit
trop long à faire. Elle eft divifée
en trois branches , de Sillery , de
la Borde , & de Genlis . Les Marquis
de Sillery ont pris Alliance
avec les Familles de Neufville-
Villeroy & d'Etampes . La feconde
branche de cette Maifon s'eft
alliée avec celles de la Rochefoucaut
, Belliévre , & Dauvet , &
les Marquis de Genlis , avec celles
de Robertet , de Maillet , de Halluin
, Piennes , de Sainte Marie
aux Epaules , & de Brunetel-
Bethencourt. Monfieur le Mar206
MERCURE
quis de Genlis qui vient de mourir
étoit l'aîné de cette troifiéme
branche.
Meffire Guillaume Ifac Aubourg,
Marquis de Boury , mort
le 23. de ce mois . Il eftoit Fils de
Monfieur Aubourg , Secretaire
du Roy , & Garde des Rôles des
Offices de France.
Meffire Pancrace Betille , Prê--
tre , Docteur en Theologie , de
la Faculté de Paris , Doyen de la
mefme Faculté , & Sénieur de la
Maifon & Societé de Sorbonne,
mort le mefme jour par un accident
tres- déplorable . Ses Valets
T'ayant laiffé feul auprés du feu,
envelopé de fourrures à cauſe de
fon grand âge, une fort méchante
odeur que l'on fentit dans l'apartement
d'enhaut , obligea celuy
qui l'occupoit d'envoyer fçavoir
ce qui fe paffoit en bas.
GALANTA 207
Quelqu'un entra dans fa chambre
, & le trouva étouffé du feu ,
qui ayant confumé une partie de
fes habits , luy avoit déja brûlé
les cuiffes .
Meffire Louis Defmê de la
Chenaye , Aumônier du Roy,
Abbé de Noftre- Dame de Corneville,
& de Noftre- Dame d'Angle
, mort le 24. de ce mois . 11 a
refigné fes Benefices à un de fes
Neveux , Fils de Monfieur de la
Chefnaye , Gentilhomme de la
Manche de Monfeigneur le Dauphin,&
qui l'a efté du Roy. Monfieur
de la Chefnaye fon Pere ,
qui eft le Grand- Pere de celuy à
qui l'on a refigné les Benefices,
étoit auffi au Service du feu Roy,
& en étoit eftimé . Sa Majefté a
bien voulu agreér cette Refignation
en faveur des Services de
l'un & de l'autre , les Refigna208
MERCURE
tions d'Abbayes n'ayant jamais
lieu , fi Elle n'accorde fon confentement
.
de Monfieur le Commandeur de
Treffemanes Chateüil , qui s'eſt
fignalé avec beaucoup de diftinction
dans les Siéges de Sainte
Maure , & de Preveza. Il est
mort fur les Galeres au retour du
Voyage , apres feize jours d'une
maladie caufée par les grandes.
incommoditez foufertes pendant
ces deux Siéges, & dans les Cour
fes que l'on avoit faites dans l'Epire
, où il s'eftoit rendu recommandable
par fa conduite , par
vertu , & par le mépris qu'il faifoit
de fa vie pour une ſi juſte caufe
. Il eftoit de l'Auberge de Provence
, & d'une des meilleuresfa
GALANT. 201
73.
Maifons de cette Province , &
des plus anciennes dans l'Ordre.
Deux de fes grands Oneles en
ont efté , avec quatre de fes Oncles
, du nombre defquels eftoiɛ
Monfieur de Treffemanes-Chateuil
, Bailly de Manofque , qui
mourut il y a deux ans dans fa
année . Trois de fes Freres font
encore Chevaliers , & ils ont tous
I trois l'honneur d'eftre dans le
fervice du Roy. L'un eft fur les
Galeres de Sa Majefté ; l'autre ,
Capitaine dans le Régiment de
Champagne , où il eft fort eftimé ,
ayant embraffé la Profeffion
des Armes dés l'âge de quinze
ans ; & le troifiéme eft fon Lieutenant
. le paffe à d'atres Articles
de mefme nature .
8
Le R. P. Erard Florior , mort
le de ce mois , âgé de 63. ans ,
apres avoir exercé les Charges
14.
IS
202 MERCURE
les plus confiderables de fon Orcre.
Il avoit efté élû pour la fecon.
de fois au mois de Septemere
dernier , Abbé de Sainte Geneviève
du Mont & Superieur
Genéral des Chanoines Réguliers
de S. Auguftin , de la Congrégation
de France . Quand on
remplit ces fortes de Poftes par
Election , il faut qu'on ait un
fort grand mérite , puis que toute
une Communauté ne fe trompe
pas. Cet Abbé eftoit Frere de Madame
le Pelletier Femme de
Monfieur le Contrôleur Genéral .
Si tot qu'il fut mort , le Pere
Vvatrée , Premier Affiftant , qui
eftoit en droit de luy fucceder,
fut reconnu par le Chapitre , légitime
Abbé , & Supérieur Ge
néral , & en cette qualité reveſtu
des marques de fa Dignité nouvelle
. Il fit deux jours apres la
>
GALANT. 203
e
,
Cerémonie des Obféques de fon
Prédeceffeur , qui eft univerfel.
lement regreté de tous ceux qui
ont connu la vertu , & fes grandes
qualitez. En vous parlant de
cet Ordre , je croy ne devoir pas
oublier à vous dire , que Monfieur
Gaftier , l'un des Chanoines
Réguliers de Sainte Geneviève ,
quoy que jeune encore , a déja
remply les meilleures Chaires de
Paris , & qu'il s'eſt fait admirer à
S. Nicolas des Champs ; pendant
le dernier Avent.
Meffire Louis le Tonnellier
Breteuil , Seigneur de Boeffetes,
de Ruvire , & autres Lieux , mort
le 19.de ce mois. Ila efté fucceffivement
Confeiller aux Parlemens
de Bretagne & de Paris , enfuite
Maître des Requeſtes , Intendant
de la Province de Languedoc ,
& de la Generalité de Paris , Con-
I 6
204 MERCURE
trôleur Genéral des Finances ,
pendant dix années , & eft mort
Confeiller d'Etat ordinaire . Il a eü
fept Enfans mâles , dont fix font
encore vivans . Monfieur de Bruteül
l'aîné a efté Intendant en
Picardie & en Flandres , & des
Armées du Roy , & eft à prefent
Intendant des Finances , & Confeiller
d'Etat. Les Trois autres
font Chevaliers de Malte , dont
le premier eft Chef d'Eſcadre de
Galeres ; le cinquième eft Evelque
de Boulogne , & le fixiéme à
efté Envoyé Extraordinaire vers
les Princes d'Italie. Il a laiffé auffi
une Fille qui eft mariée à Monfieur
le Marquis de Simblimont,
d'une des plus Illuftres Maiſons
de Picardie.
Meffire Florimond Bruflard ,
Marquis de Genlis , Confeiller
d'Etat , & Capitaine Lieutenant
GALANT .
205
des Gensd'armes de feu Monfieur
le Duc d'Orleans , mort
le 20. de ce mois , en fa Terre
de Beaumont en Picardie , âgé
de 83. ans. La Maifon de Bruflard
eft tres - ancienne , & doit
fon éclat à Nicolas Bruflard ,
Seigneur de Sillery , Chancelier
de France dont l'éloge feroit
trop long à faire. Elle eft divifée
en trois branches , de Sillery , de
la Borde , & de Genlis . Les Marquis
de Sillery ont pris Alliance
avec les Familles de Neufville-
Villeroy & d'Etampes . La feconde
branche de cette Maifon s'eft
alliée avec celles de la Rochefoucaut
, Belliévre , & Dauvet , &
les Marquis de Genlis , avec celles
de Robertet , de Maillet , de Halluin
, Piennes , de Sainte Marie
aux Epaules , & de Brunetel-
Bethencourt. Monfieur le Mar206
MERCURE
quis de Genlis qui vient de mourir
étoit l'aîné de cette troifiéme
branche.
Meffire Guillaume Ifac Aubourg,
Marquis de Boury , mort
le 23. de ce mois . Il eftoit Fils de
Monfieur Aubourg , Secretaire
du Roy , & Garde des Rôles des
Offices de France.
Meffire Pancrace Betille , Prê--
tre , Docteur en Theologie , de
la Faculté de Paris , Doyen de la
mefme Faculté , & Sénieur de la
Maifon & Societé de Sorbonne,
mort le mefme jour par un accident
tres- déplorable . Ses Valets
T'ayant laiffé feul auprés du feu,
envelopé de fourrures à cauſe de
fon grand âge, une fort méchante
odeur que l'on fentit dans l'apartement
d'enhaut , obligea celuy
qui l'occupoit d'envoyer fçavoir
ce qui fe paffoit en bas.
GALANTA 207
Quelqu'un entra dans fa chambre
, & le trouva étouffé du feu ,
qui ayant confumé une partie de
fes habits , luy avoit déja brûlé
les cuiffes .
Meffire Louis Defmê de la
Chenaye , Aumônier du Roy,
Abbé de Noftre- Dame de Corneville,
& de Noftre- Dame d'Angle
, mort le 24. de ce mois . 11 a
refigné fes Benefices à un de fes
Neveux , Fils de Monfieur de la
Chefnaye , Gentilhomme de la
Manche de Monfeigneur le Dauphin,&
qui l'a efté du Roy. Monfieur
de la Chefnaye fon Pere ,
qui eft le Grand- Pere de celuy à
qui l'on a refigné les Benefices,
étoit auffi au Service du feu Roy,
& en étoit eftimé . Sa Majefté a
bien voulu agreér cette Refignation
en faveur des Services de
l'un & de l'autre , les Refigna208
MERCURE
tions d'Abbayes n'ayant jamais
lieu , fi Elle n'accorde fon confentement
.
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Résumé : Autres Morts, [titre d'après la table]
Le texte mentionne plusieurs décès notables. Le Commandeur de Treffemanes Châteuil, issu d'une illustre famille provençale, est décédé des suites d'une maladie contractée lors des sièges de Sainte Maure et de Preveza ainsi que des courses en Épire. Connu pour sa bravoure et sa vertu, il avait deux oncles et quatre cousins membres éminents de l'Ordre. Le Père Erard Florior, âgé de 63 ans, est décédé après avoir occupé des postes prestigieux au sein de l'Ordre des Chanoines Réguliers de Saint-Augustin, notamment en tant qu'abbé de Sainte-Geneviève du Mont et supérieur général. Il a été remplacé par le Père Vvatrée. Louis Le Tonnellier Breteuil, seigneur de plusieurs lieux, est décédé après avoir exercé diverses fonctions importantes, telles que conseiller aux Parlements de Bretagne et de Paris, maître des requêtes, intendant de province, contrôleur général des finances, et conseiller d'État. Il laisse sept enfants, dont six fils encore vivants, certains occupant des positions éminentes comme chevalier de Malte, chef d'escadre, évêque, et envoyé extraordinaire. Florimond Bruslard, marquis de Genlis, conseiller d'État et capitaine lieutenant des gens d'armes, est décédé à l'âge de 83 ans. Sa famille, très ancienne, compte parmi ses membres illustres Nicolas Bruslard, chancelier de France. Guillaume Isaac Aubourg, marquis de Boury, fils d'un secrétaire du roi, est également décédé. Pancrace Betille, doyen de la Faculté de Théologie de Paris, est mort accidentellement après s'être étouffé avec des vêtements enflammés. Enfin, Louis Desmê de la Chenaye, aumônier du roi et abbé de plusieurs monastères, est décédé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 44-87
III. LETTRE Concernant les Langues, les Lettres & les Ecritures. A Mr DE S.....SDIKS.
Début :
Je vous ay déja fait voir deux Lettres du sçavant Mr / Je réponds à la vostre, à la maniére du Cardinal [...]
Mots clefs :
Poète, Alexandre le Grand, Langue hébraïque, Livre, Verset, Ancien Testament, Prince barbare, Langue, Articulation, Voyelles, Consonnes, Prononciation, Lettres, Écho, Voix, Langue syriaque, Reliure, Imprimerie, Langue chinoise, Chapitre, Genèse
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texteReconnaissance textuelle : III. LETTRE Concernant les Langues, les Lettres & les Ecritures. A Mr DE S.....SDIKS.
Je vous ay déja fait voir
deux Lettres du fçavant M
Comiers fur les Langues. En
voicy une troifiéme
› que
vous ne trouverez pas moins
curieufe que les autres.
豬
GALANT 45
255:22222 2522: 2222
III.
LETTRE
Concernant les
Langues , les
Lettres
les
Ecritures.
A M' DE S..... SDIKS .
Imaniere
laco-
E répons à la veftre , à la
maniére du Cardinal d'Offat
, article par article ,
niquement , mais je m'explique
en telle forte , que vous n'avez
lien de dire comme S. Jerôme
, en lifant le Poëte Perfe . Si
tu ne veux pas eftre entendu,
tu ne dois pas eftre lû.
pas
46 MERCURE
que
les
Fe fouhaiterois vous pouvoir répondre
auffi brièvement
Lacedémoniens , qui par la feule
Lettre S , qui fignifie Non , répondirent
à la longue Epiftre dos
demandes de Philippe , Pere
d'Alexandre le Grand.
La Langue Sainte , c'est à
dire l'Hebraique , a 22 Lettres,
autant qu'il y a de Livres dans
l'ancien Teftament , dans lequel
l'ordre des Lettres Hebraïques y
eft repeté 21 fois.
L'ay remarqué dans la 273
page du 26 Tome extraordinairs
du Mercure Galant, que Les trois
versets 19, 20 & 21 du 14 char
GALANT. 47
pitre de l'Exode , contiennent
chacun 72 Lettres , par le mélange
defquelles les Kabaliftes forment
les 72 noms de Dieu , tous
terminez en AH ou en EL , c'eft
pourquoy aprés le nom de l'office
d'un Ange , la Sainte Ecriture
ajoûte ELi ainfi Michaël , Raphaël
, Gabriël.
Toutes les 22 Lettres Hebrai
ques font contenues dans le 25
verfet dus chapitre du Prophéte
Ifaye.
Toutes les Lettres Grecques,
font dans les verfets 19 & 20 du
3 chapitre de la premiere Epiftre
de S. Pierre
48 MERCURE
Toutes les Lettres Latines
font dans ce Vers.
Gaza frequens Lybicos duxit
Kartago triumphos.
Atticus le Fils du Sophifte
Herodes , ne pût jamais aprendre
l'Alphabet.
Un jeune Prince Barbare
eftant venu étudier dans Athénes,
ne pût aprendre que les trois
premieres Lettres de l'Alphabet,
qu'il prononça d'un ton fi digne
de fon efprit & de fa Nation ,
que le Préteur ceffa de haranguer;
c'est pourquoy les Barbares
ramenérent en Triomphe leur
Prince , difant qu'il avoit vaincu
le
GALANT. 49
Le plus éloquent d´s Grecs .
La langue est presque le principal
inftrument de l'articulation,
car les confones labiales n'ont pas
befoin de l'office de la langue,
elle a dix mouvemens , fix droits
en rond. Les levres ont
&
quatre
auſſi
jusques
à fix
mouvemens
differens
. Le Larinx
a auf
fes
mouvemens
pour
la Trachée
, qui
ouvre
le paffage
à l'air, que pouffent
les poulmons
.
La Lettre Afe prononce le gozier
& la bouche ouverte ,fans.
employer la langue ; elle est donc
la Lettre la plus facil à prononcer
, c'est pourquoy elle tient le
Ferrier 1685.
Ε
50 MERCURE
premier rang dans l'Alphabet.
On dir qu'il n'y a eu que Zoroafter
qui ait ry en naiffant , &
que les Mâles pleurent par
voyelle A, & les Filles par la
voyelle E , ce qui a donné lieu à
ce Diftique, sikin mo ay
la
Plorat adhuc proles quod commifere
parentes,
A genitor dat Adam : E dedit
Eva prior.
Comme les confones B, M, P,
font purement labiales , ellesfont
auffi tres -faciles à prononcer. Il
ne faut qu'ouvrir doucement les
lévres en prononçant A , c'eſt
pourquoy
les Enfans prononcent
GALANT. 51
facilement MaMa PaPa ,
.
parce que le P fe prononce par la
feule explofion de l'Air , en feparant
promptement les lévres,
fi vous prononcez P tout contre
la flamme de la Chandelle , elle
vous fera entendre cette explo
Sion.
O,fe prononce le gozier ouvert
, & la bouche un peu enflée
voutée, c'eft pourquoy les Puis,
les Caves , & les Antres profonds,
pour A, refléchiffent O.
E, fe prononcefermant un peu
la bouche , & aprochant la langue
du palais , ne laiffant qu'un
petit paffage en largeur , à l'air
E ij
52 MERCURE
pouffe par les poulmons.
I, fe prononce en appliquant
davantage la langue au palais,
pour ne laiffer qu'une petite iſſue
à l'air , & on ferme davantage
la bouche , & on joint preſque
les dents.
V, François ,fe prononce ayant
joint les dents la langue tout
contre le palais ferrant les
téores avancéespour ne laiffer à
l'air qu'une petite iffuë ronde ,
on reffent qu'il fe forme un tremblement
des lévres.
I
Il
ya
ftinguent
point
Va de Fa , & pour
a des Nations qui ne di-
Vin difent Fin ,
GALANT 53
>
A Siracufe , la Lettre M tirée
au fort , donnoit le droit de la
Harangue publique.
La pronontiation de la Lettre
L appartient à la langue , celle
de Dede S , aux dents , M ,
aux lévres , celle de N au nez,
fi vray que fi on ferre le nez,
ne peut prononcer Na , mais on
entend Da , d'où il est facile de
rendre raifon des noms qu'on a
impofé à ces Lettres.
on
La Lettre K eft gutturale. Les
Calomniateurs étoient marquez
aufront avec un fer chaud , des
Lettres K & C la raiſon eſt
facile.
E j
54 MERCURE
La Lettre Qeftoit auffi im.
primée au front de ceux qui épou
foient une feconde Femme , la
premiere eftant vivante. Cette
marque Qest affezfignificative
du crime, de mefme que celle d'Aftronomie
Qpour marquer la conjonction
de deux Planetes, & c.
Plufteurs Perfonnes , pour Q
prononcent T , & pour Qui-
Quonque, difent TiTonTe .
temps de François I. le Do
Du
Pere des belles Lettres , & Fondateur
de l'Académie ou College
Royal de Paris , la prononcia
tion de la Lettre Q eftoit celle
de la Lettre K d'apréfent ; car
GALANT. [ 55
pour Quifquis , on prononçoit
KisKis. Lafçavante Républi
que des Lettres est redevable à
P. Ramus , Doyen du College
Royal , qui a donné la naturelle
prononciation du Q M¹s de la
Sorbonne s'y oppoférent, & même
privérent un Ecclefiaftique de fes
Revenus , parce qu'il prononçoit
le Qcomme Meffieurs de l'Académie
du Roy. Le Procez fut
porté au Parlement , on Ramus
ayant luy- mefme plaidé pour la
nouvelle prononciation de la Lettre
Q, il fut permis par Arreft
folemnel de dire QuiſQuis , ou
KisKis , qui depuis eft devenu
E
iiij
56 MERCURE
un mot pour animer les Chiens
au combat. Je croy que la Cour
Souveraine fonda ſon Arreſtſur
ce que la Lettre Hébraïque Coph
K dans fa valeur. est Q
no- ·Plufieurs Perfonnes ,
tamment ceux qui ont le Filet, ne
peuvent prononcer la Lettre R ,
qui demande le tremblement de
la langue ; c'est pourquoy pour.
R , ils prononcent L.
Meffala , grand Orateur , fit
autrefois un Volume entier de la
Lettre S. Sa mauvaise prononciation
confta la vie à quarantedeux
mille Ephraemites , qui
furent égorgez par les Galaadites,
GALANT. 57
pour n'avoir fçû bien prononcer
dans le mot Schiboleth la Lettre
S , que les Hebreux nomment
Scin .
Appius Claudius trembloit
à la Lettre Z, lors qu'on la pro- .
nonçoit par TS, parce qu'elle exprime
le grincement
de dents d'un
Moribond.
Laprononciation de S, on ST,
fait un fiflement qui penétre , &
qui fertpour ordonner le filence.
L'Echo n'est pas toûjours la
veritable image de la voix articulée
, puis qu'elle ne peut pas
toujours redire ou refléchir la Let
tre S', car pour le mot Satan,
58 MERCURE
PEcho répond Vatan. Il n'en
eft pas de mefme des mots Sofia
in Solario , Soleas Sarciebat
Suas. Vous feavez que la voix
refléchie par l'Echo, employe deux
fois plus de temps que la voix
directe , laquelle dans la moitié
d'une demy -feconde de temps parcourt
690 pieds.
L'Echo du Palais Simoneta,
à un mille de Milan ,
repete
du moins
vingt
- quatre
fois
le mefme
mot.
La plus grande parleufe des
Echos , eft celle que je trouvay
il y a dixhuit ans à Taxily
une lieue de la Ville de Luzy
a
GALANT. 59
en Nivernois ; car eftant la nuit
dans le Fardin de la Cure , qui
dépend de noftre Chapitre de Ternant
, ayant le vifage tourné
contre la Colline de Nidi , elle
repétoit de fuite tres-fortement
tres - diftinctement tous ces
treize mots,
Arma virumque cano , Troja
quæ primus ab oris,
Arma virumque cano .
Il est auffi facile de rendre
raison pourquoy l'Echo pour Sa,
dit Va , que d'expliquer pourquoy
en tenant un doigt dans
chaque coin de la bouche , pour
la Lettre P, on prononce F.
60 MERCURE
La voyelle O. fe fait enten
dre de plus loin , c'est pourquoy
les noms des Chiens de Mutte fe
terminent en O.
Les voyelles O & E font les
plus fortes , puis qu'elles arrestent
les Chevaux au milieu de leur
course.
ω
Le Sauveur du Monde dans
l'Apocalipfe a pris pour Symboles
les deux Lettres A, & w, la
premiere la derniere Lettre
de l'Alphabet Grec , pourfigni
ifier qu'il eft le commencement &
La fin de toutes choses.
Judas , ce vaillant Capitaine
des Juifs futfurnommé MachaGALANT.
61
bée , pour avoir pris dans fon
Etendari cette Devife , Symbole ,
on Mot MA. CA. B. AI . compofé
des quatre premieres fyllabes
du xi. verfet du xv . chapitre
de l'Exode...
MA CAMOCHA BAELIM
JEHOVAH ?
Qui comme Toy entre les
Dieux Jehovah ?
Les
Romains prirent les qua
tre Lettres , S. P. QR . quifont
Les premieres
des quatre Mots
fuivans. Serva , Populum ,
Quem, Redemifti
, qu'une Sybille
avoit gravé fur une lame
d'acier, comme dit Corrafius.
62 MERCURE
:
L'Empereur Maximilian prít
pour Symbole les voyelles A. E.
1. O. V. pour fignifier Aquila
Electa Jufte Omnia Vincit.
Revenons à la Langue Sainte.
Les Juifs & les Samaritains ont
toûjours leu dans leurs Synago
"gues , la Sainte Ecriture en He
breu. La Bible des Samaritains
ne contient que le Pentateuque
,
qui font les cinq Livres de
Moife , parce qu'en l'année du
Monde 3971. c'est à dire 992.
ans avant l'Incarnation ,
n'avoit encore publié que te
Pentateuque lors que le
Royaume d'Ifraël fut divifé,
on
GALANT 63
m'étant resté au Fils de Salomon
que les Tribus de Juda & de
Benjamin , les dix autres Tribus
ayant obeï à Feroboam.
Le Peuple d'ISC. RAB. EL.
Hominis magni Dei , de
l'Homme du grand Dieu , ayant
depuis efté difperfé & contraint
d'habiter en Païs étrangers , il
perdit peu à peu l'usage de fa
Langue Hébraïque , c'est pourquoy
apres la Captivité de Baby
lone , on ne parla que la Langue
Syriaque dans Ferufalem ,
Langue Hebraïque y étoit comme
inconnuë; fi vray que
Princes des Preftres & des Phales
64 MERCURE
rifiens dirent aux Archers En
S. Iean chapitre 7. verfet 49.
Cette Populace ne fçait ce
que c'eft que la Loy. Ce qui
avoit obligé les Rabins on Docteurs
de la Loy , d'en faire des
Verfions en Langue vulgaire des
Pais où ils étoient Etrangers
.
Les Rabins Afiatiques firent à
Babylone , la plus ancienne & la
plus estimée des Paraphrafes ,
qui eft la Chaldaique, ou le Targum
Onkelos.
La Verfion Grecque du Pentateuque
, dont S. Ierôme au
premier chapitre de l'Epifire de
S. Paul à Titus , dit Scientia
GALANT. 65
l'Ordre >
ou dit
pietatis eft noffe Legem ,fur
faite 272. ans avant l'Incarnation
, en Alexandrie d'Egypte,
où les Iuifs avoient un Temple
comme en Ierufalem. Elle eft
furnommée des 70 parce qu'elle
fut faite par
moins aprouvée des 72 , qui compofoient
le Venerable Senat du
grand Sanhedrin. Tout ce qu'on
en a dit au delà , a esté fur la
bonne foy d'un Livre attribué à
Ariftée , l'un des 2. Interprétes,
qui ne firent que la Verfion des
cinq Livres de Moife , bien qu'il
ne foit nommé qu'en tierce Per-
Sonne.
Fevrier 1685 E
66) MERCURE
DESES LIVRES
leur ancienne Forme
99100100
L5
& Relieure.
S ,
Es luifs obfervoient de ne
mettre que 30. Lettres à
chaque ligne.
Les Anciens coloient au long
plufieurs feuilles de papier les
unes au bord des autres , & ils.
n'écrivoyent que d'un côté. Ils
inferoient le bout de la derniere
des feuilles dans la fente d'un
bâton cilindrique , autour duquel
on rouloit toutes les feuilles qui
compofoient ce Livre ou Volume.
Ce bâton avoit un Chapiteau
GALANT 67
une Baze , à la diſtance de
la largeur du papier. Toutes les
Biblioteques étoient composées de
femblables Rouleaux , chez les
Grecs chez les Latins , mefme
long-temps apres Ciceron. Les
Iuifs ont encore fur l'Autel de
chaque Synagogue , les Livres de
la Loyfur deuxfemblables Rou
leaux Cilindriques , & quand ils
ont lû une page , ils la roulent
autour du Cilindre qu'ils tiens
nent à la main droite. Fay trou
vé dans nos Archives du Chapi
tre de Ternant , fondée en l'année
1444. qui eft quatre ans apres
L'invention de l'Imprimerie
, dess
Fij
68 MERCURE
Enquestes fur des feuilles de pa-..
pier colées les unes au bas des autres
, écrites d'un feul côté.
Le Secret ayant efté trouvé de
préparer le parchemin , en forte ·
qu'on peut écrire des deux côtez:
Le Roy Attalus fit écrire &
relier quelques. Livres à la maniere
des noftres.
L'Imprimerie commença en
1440 à Mayence , & les Offices
de Ciceron , eft le premier Livre
qui ait efté Imprimé en Europe,
il est maintenant bien facile de ·
profiter de l'avis de l'Oracle , qui
dit à Zenon que , Pour bien vivre
, il faloit avoir commerce
GALANT 69
avec les Morts. C'eft dans le
mefme fentiment qu' Alphonfe
Roy d' Arragon difoit, Qu'ilfaut
confulter les morts comme les
plus fidéles Confeillers , car il
n'y a point d'Amy plus librequ'un
Livre.
DE LA DIFFICULTE
de lire l'Ecriture Chinoife,
& l'Hebraïque fans
Voyelles.
trouverez pas fi
Vetrange que l'Ecriture Chinoife
ait un Caractere different
pour chaque chofe , & qu'un.
mefme mot prononcé differem .
70 MERCURE
ment, fignifie diferentes chofes,
fi vous faites reflexion qu'en
noftre Langue , un mesme mot a
plufieurs fignifications : En voicy
un exemple, il faut que je vous
Conte , un Conte , d'un Conte,
duquel je ne fais pas grand
Conte. 190
A la fterilité de la Langue
Chinoife , oppofez la fecondité de
la Langue Arabe ; elle a 80 mots
pourfignifier le Miel ; 200 mots
pour fignifier le Serpent ; soo
pour fignifier le Lyon ; & 200.
pour fignifier l'Epée . Cela me
faitfouvenir des fix Versfurvans
d'un vieux Sonnet.
GALANT. 71
Il faut que par neuf fois la Lune
ait fait fon cours,
Avant que nous voyons la lumiere
du jour,
Qu'un cruel Ennemy nous a
bien-toft ravie..
Miférables Mortels , n'avons .
nous pas grand tort,
De faire tant d'Engins pour nous
donner la mort .
L'Ecriture Hebraïque n'avoit
originairement que les Lettres
Confonnes , car les Points qui tiennentlieu
de Voyelles , n'ont commencé
qu'en l'annéesos . de l'Incarnation
, & 436 ans apres que
Titus Vefpafian eut brûlé le Temple
de Terufalem le 8 Aouſt , &
72 MERCURE
la Ville le 8. Septembre en la 72.-
année de Iefus - Chrift . C'est
pourquoy il y a à preſent onze
cens foixante & dix-fept années
que les Docteurs Iuifs étant af
femblez à la Tyberiade , Ville
de la Paleftine , inventerent t
employerent les points ou voyelles»
fecrettes , afin de conferver à leur
Pofterité difperfée par tout le
Monde , la veritable lecture des
Livres Sacrez de l'ancien Teftale
Rabin
ment. C'est ce que
Helie Levite • rapporté dans fax
troifiéme Preface fur le Maffo
reth. C'est pourquoy pour bien
apprendre à lire l'Hebreu , jes
vous
GALANT. 73
vons renvoye à la Mazore , ou
Tradition de l'Ecole Tyberiade.
C'eft fans fujet que vous me
prenez pour un Gale Razaia,
Revelateur des chofes fecretes.
Vous me demandez mille chofes,
comme fi j'avois tout cela dans
mon Jalkur , ou Poche Rabini
que , ou que je fuffe le tout
fçavant Hippias Eleen metempficofe.
Merite t'on quelque chofe
pour beaucoup parler ? Avez
vous oublié que Plutarque loue
Epaminondas qui eftoit le plus
fçavant , & parloit le moins. Je
profite en bien des chofes du bon
mot de Socrate , qui étant inter-
Février 1685.
G
74 MERCURE
rogé pourquoy
il ne donnoit au
cun Ecrit au Public, répondit que
le papier vaudroit mieux que ce
qu'il faudroit dire. Pour vous
répondre à tant d'articles , il me
faudroit une mémoire auſſi heureufe
que celle d'Efdras , qui dicta
par coeur les Livres de l'Ancien
Teftament , tels que nous les
avons. Du Grec Carmides, qui di
foit par coeur ce qui eftoit contenu
dans quel Volume d'une Bibliotéque
qu'on fouhaitoit. De Cyrus,
ou de L. Scipion , qui fçavoient
le nom de tous leurs Soldats ; ou
la mémoire de Mithridate , de
Craffus , de Cyneas , de Themi
GALANT. 75
ftocle , ou celle de l'Empereur
Claude , qui fçavoit tout Homere
par coeur , de Salufte qui fçavoit
tout Demofthene , d'Avicenne
qui fçavoir auffi par coeur
toute la Metaphifique d'Ariftote.
Te nefuis ny Ciceron qui fe fou
venoit de tout ce qu'il avoit leu
ou entendu. Je n'ay pas la mémoire
de Senéque l'Orateur, qui affenre
dans la Préface du Livre des
Plaidoyés on Controverſes , qu'il ·
avoit la Mémoire fi heureuſe ,
qu'il redifoit deux mille noms
differents dans le mefme ordre
qu'ils avoient eftéprononcez, &
que dans l'Ecole plus de deux
ن م
Gij
76 MERCURE
cens perfonnes ayant dit chacun
un Vers, il les repéta en commen
çant par le dernierVers . Le Pape
Clement VI. ayant receu une
grande bleffure à la teſte , ſa mémoire
devint fi heureuſe , qu'il
ne put rien oublier de ce qu'il
avoit leu. Tay efté prefent aver
feu M ' le Marquis de S. André
Montbrun , Capitaine Genéral
des Armées du Roy ,
verneur du Nivernois , à un
femblable effay de Mémoire
entre M de la Barre , pour lors
Intendant du Bourbonnois , &
Mc Adam le Poëte Menuifier de
Nevers. Deplus, je n'aypas un
r
GouGALANT.
77
Secretaire fi expert dans la Tachigraphie
, que ceux dont
Martial difoit , lib. 14 .
Currant verba licet , manus eft
velocior illis ,
Nondum lingua , fuum dextra
peregit opus.
Je nyfuis pasfi exercé qu'Origene
, quand mefme je formerois
aufft mal mes Lettres que le
grand Quintilien , dont les lignes
fembloient des Serpens . Il eft
autant furprenant qu'avanta
geuxpour le bien public, qu'entre
tant de millions d'Ecritures , il ne
s'en rencontre pas deux tout àfair
femblables , quand mefme on an-
C.iij
78 MERCURE
Tite
roit apris à écrire fous un mefmè,
Maistre. Il en eft de l'Ecriture,
comme des Voix des Vifages,
qui font tous en quelque chofe
diferens. Il est vray que
Vefpafian le Fils , difoit ordinai_
rement qu'il auroit pú eftre le plus
grand Fauffaire de l'Empire Romain,
parce qu'ilfçavoit tres - bien,
contrefaire toutes les fignatures.
·Contentez- vous , Monfieur, de
cepeu que je vous envoyepour vos
Etrennes de l'année 1685. Je réponds
à vos autres demandes ,
comme les Juifs dans les Quefons
tres difficiles THIS BI,
JETHARES , KA SIOT,
GALANT. 79
Elie Thesbite , qui nãquit huit
ans avant la mort de Solomon,
les foudra.
que
La Kabale des Rabins auffibien
les deux Volumes de Viſions
Parfaites , ne contiennent que futulites
avec la Lettre R de trois'
Nations bien differentes , l'Itali
que , le Grec l'Hebreu , & à
tous ces Livres , il ne manque que
la Syllabe Grecque Noun.
Vous aprendrez dans 24 heures
la Langue Hebraïque , dans la
nouvelle Grammaire de Criftofori
Cellarii , imprimée Cizæ,
au commencement
de l'année
1684.
G iiij
80 MERCURE
Le manque de Voyelles dans
l'Ecriture Hebraique
, eft la caufe
que la Verfion Grecque de l'Ancien
Teftament
, faite par
les
72
Rabins en Alexandrie l'année
272. avant la naissance de Fefus-
Chrift , n'est pas toujours confor
me à l'Original Hebraïque, quoy.
qu'en ait dit l'Autheur du Livre
attribué à Ariftée l'un des 72:
Interpretes. Puis que cette Verfion
a des paffages mal expliquez,
bien des chofes oubliées ,
d'autres ajoûtées ,s comme dit..
S. Jerôme , qui mourut l'année
420 : c'est pourquoy la Verfion
Latine qu'on fit fur la Grecque,
GALANT. 81
du temps des Apoftres , ne peut
eftre meilleure , bien que nous
chantions les Pfeaumes fuivant
cette Verfion , parce que l'Eglife
yeftoit accoûtumée , lors quefaint
Jerome fit fa Verfion Latine de
Ancien Teftament , que nous
appellons la Vulgate.
Si la Langue Chinoife eft dif
ficile par la differentefignification
d'un mefme mot, la Langue Hebraïque
eft auffi difficile par la
mefme raifon ; car par exemple,
le mot ou Racine HHANAH ,
fignifie humilier , appauvrir ,
affliger, occuper, témoigner,
chanter , crier , parler , ré82
MERCURE
Le mot
pondre , exaucer.
HHALAL , fignifie eſtre la
cauſe , cauſer , rendre affligé,
envelopper , defigner , enlai
dir , vendanger , méprifer ,
méditer , tâcher , agir , cautionner.
Le mot HHARAB,
fignifie dreffer , embellir, plairre
, engager , négocier , mélanger
, s'obfcurcir , devenir
doux.
Par
Bien davantage , les mefmes
mots Hebreux ont fouvent deux
fignifications contraires.
exemple KDS , fignifie fanctifier
, prophaner. BRH fignifie,
benir , maudire. NCHM fignifie
GALANT. 83
10
a
ད
eftre confolé , eftre defolé.
SKN fignifie appauvrir , s'enrichir
, mille autres , par le
changement des conjugaisons
qu'ils appellent Binjanim , Stra
cture.
Par le manque des Voyelles ,
au lieu de lire CHOMER , qui
fignifie URNE , dans laquelle les
Hebreux gardoient la Manne;
les Payens ayant leu CHOMAR ,
qui fignifie ASNE , ils accuferent
lesJuifs , & enfuite les premiers
Chreftiens
d'un Afne dans le Sanctuaire du
Temple.
d'adorer la Tefta
Le 47 Chapitre de la Genefe
84 MERCURE
&
parlant de Faceb adorant Dieu ,
finit par ces mots Halrofch;
Ham , Mitthah , chevet du lit,
les 70 ayant leu Matthe ,
L'interpreterent Verge , ou bâton.
Dans le 11. chap . de Zacharies
verf.7. au mot Hebreu CHBLM ,,
lesfeptante-deux Interpretes leu
rent CHaваLIM, Cordanx :
fuivant les Points on Voyelles ,
depuis marquées par les Rabins
de Tyberiade
nous lifons:
CHOBELİM , qui fignifie Corrupteurs.
>
}
Les Septante leurent par les
3. Confonnes z KR, du 14. Verf.
du 26 Chap. d'Ifaye , le mot
GALANT. 85
ZakeR , qui fignifie Malle ;
S. Jerôme ayant leu ZakaR,
l'interpreta Memoire.
Les Septante dans le Chap. 3.
Verfet de leremie, leurent Reh
him , quifignifie Paſteurs. Et
S. Ierome ayant leu Rohhim,
l'interpreta Amateur, er dans le
Chapitre 9. Verfet 22', leurent
Deber, quifignifie la Mort. Et
S. Jerôme ayant leu Daber, l'interpreta
Parle. De mefme auffi
les Septante dans Oſée, Ch. 13.
Verfet 3 , leurent Harbeh , qui
fignifie Langouste , & S. Iérôleu
Habah , l'interme
ayant
preta
Cheminée
.
86 MERCURE
En voicy affez pour cette fois
& bien que l'Empereur Honorius
ait efté blámé de figner toutes
les Lettres que ces Officiers
luy prefentoientfans les lire , dequoy
fa Soeur Placidie le corri
gea , apres luy en avoirfait connoiftre
le peril , car elle fit gliffer
une Lettre à figner avec les autres
, par laquelle l'Empereur
promettoit Placidie en Mariage
un miferable Efclave. Ie me
fie pour ce coup à la bonne foy
de mon Scribe , plus Homme de
bien
que
le Notaire Lampo,
furnommé
Calamoſphacten
:
Je finis , vous affeurant de ma
GALANT. 87
main que je fuis , Monfieur,
Vostre , &c.
COMIERS.
deux Lettres du fçavant M
Comiers fur les Langues. En
voicy une troifiéme
› que
vous ne trouverez pas moins
curieufe que les autres.
豬
GALANT 45
255:22222 2522: 2222
III.
LETTRE
Concernant les
Langues , les
Lettres
les
Ecritures.
A M' DE S..... SDIKS .
Imaniere
laco-
E répons à la veftre , à la
maniére du Cardinal d'Offat
, article par article ,
niquement , mais je m'explique
en telle forte , que vous n'avez
lien de dire comme S. Jerôme
, en lifant le Poëte Perfe . Si
tu ne veux pas eftre entendu,
tu ne dois pas eftre lû.
pas
46 MERCURE
que
les
Fe fouhaiterois vous pouvoir répondre
auffi brièvement
Lacedémoniens , qui par la feule
Lettre S , qui fignifie Non , répondirent
à la longue Epiftre dos
demandes de Philippe , Pere
d'Alexandre le Grand.
La Langue Sainte , c'est à
dire l'Hebraique , a 22 Lettres,
autant qu'il y a de Livres dans
l'ancien Teftament , dans lequel
l'ordre des Lettres Hebraïques y
eft repeté 21 fois.
L'ay remarqué dans la 273
page du 26 Tome extraordinairs
du Mercure Galant, que Les trois
versets 19, 20 & 21 du 14 char
GALANT. 47
pitre de l'Exode , contiennent
chacun 72 Lettres , par le mélange
defquelles les Kabaliftes forment
les 72 noms de Dieu , tous
terminez en AH ou en EL , c'eft
pourquoy aprés le nom de l'office
d'un Ange , la Sainte Ecriture
ajoûte ELi ainfi Michaël , Raphaël
, Gabriël.
Toutes les 22 Lettres Hebrai
ques font contenues dans le 25
verfet dus chapitre du Prophéte
Ifaye.
Toutes les Lettres Grecques,
font dans les verfets 19 & 20 du
3 chapitre de la premiere Epiftre
de S. Pierre
48 MERCURE
Toutes les Lettres Latines
font dans ce Vers.
Gaza frequens Lybicos duxit
Kartago triumphos.
Atticus le Fils du Sophifte
Herodes , ne pût jamais aprendre
l'Alphabet.
Un jeune Prince Barbare
eftant venu étudier dans Athénes,
ne pût aprendre que les trois
premieres Lettres de l'Alphabet,
qu'il prononça d'un ton fi digne
de fon efprit & de fa Nation ,
que le Préteur ceffa de haranguer;
c'est pourquoy les Barbares
ramenérent en Triomphe leur
Prince , difant qu'il avoit vaincu
le
GALANT. 49
Le plus éloquent d´s Grecs .
La langue est presque le principal
inftrument de l'articulation,
car les confones labiales n'ont pas
befoin de l'office de la langue,
elle a dix mouvemens , fix droits
en rond. Les levres ont
&
quatre
auſſi
jusques
à fix
mouvemens
differens
. Le Larinx
a auf
fes
mouvemens
pour
la Trachée
, qui
ouvre
le paffage
à l'air, que pouffent
les poulmons
.
La Lettre Afe prononce le gozier
& la bouche ouverte ,fans.
employer la langue ; elle est donc
la Lettre la plus facil à prononcer
, c'est pourquoy elle tient le
Ferrier 1685.
Ε
50 MERCURE
premier rang dans l'Alphabet.
On dir qu'il n'y a eu que Zoroafter
qui ait ry en naiffant , &
que les Mâles pleurent par
voyelle A, & les Filles par la
voyelle E , ce qui a donné lieu à
ce Diftique, sikin mo ay
la
Plorat adhuc proles quod commifere
parentes,
A genitor dat Adam : E dedit
Eva prior.
Comme les confones B, M, P,
font purement labiales , ellesfont
auffi tres -faciles à prononcer. Il
ne faut qu'ouvrir doucement les
lévres en prononçant A , c'eſt
pourquoy
les Enfans prononcent
GALANT. 51
facilement MaMa PaPa ,
.
parce que le P fe prononce par la
feule explofion de l'Air , en feparant
promptement les lévres,
fi vous prononcez P tout contre
la flamme de la Chandelle , elle
vous fera entendre cette explo
Sion.
O,fe prononce le gozier ouvert
, & la bouche un peu enflée
voutée, c'eft pourquoy les Puis,
les Caves , & les Antres profonds,
pour A, refléchiffent O.
E, fe prononcefermant un peu
la bouche , & aprochant la langue
du palais , ne laiffant qu'un
petit paffage en largeur , à l'air
E ij
52 MERCURE
pouffe par les poulmons.
I, fe prononce en appliquant
davantage la langue au palais,
pour ne laiffer qu'une petite iſſue
à l'air , & on ferme davantage
la bouche , & on joint preſque
les dents.
V, François ,fe prononce ayant
joint les dents la langue tout
contre le palais ferrant les
téores avancéespour ne laiffer à
l'air qu'une petite iffuë ronde ,
on reffent qu'il fe forme un tremblement
des lévres.
I
Il
ya
ftinguent
point
Va de Fa , & pour
a des Nations qui ne di-
Vin difent Fin ,
GALANT 53
>
A Siracufe , la Lettre M tirée
au fort , donnoit le droit de la
Harangue publique.
La pronontiation de la Lettre
L appartient à la langue , celle
de Dede S , aux dents , M ,
aux lévres , celle de N au nez,
fi vray que fi on ferre le nez,
ne peut prononcer Na , mais on
entend Da , d'où il est facile de
rendre raifon des noms qu'on a
impofé à ces Lettres.
on
La Lettre K eft gutturale. Les
Calomniateurs étoient marquez
aufront avec un fer chaud , des
Lettres K & C la raiſon eſt
facile.
E j
54 MERCURE
La Lettre Qeftoit auffi im.
primée au front de ceux qui épou
foient une feconde Femme , la
premiere eftant vivante. Cette
marque Qest affezfignificative
du crime, de mefme que celle d'Aftronomie
Qpour marquer la conjonction
de deux Planetes, & c.
Plufteurs Perfonnes , pour Q
prononcent T , & pour Qui-
Quonque, difent TiTonTe .
temps de François I. le Do
Du
Pere des belles Lettres , & Fondateur
de l'Académie ou College
Royal de Paris , la prononcia
tion de la Lettre Q eftoit celle
de la Lettre K d'apréfent ; car
GALANT. [ 55
pour Quifquis , on prononçoit
KisKis. Lafçavante Républi
que des Lettres est redevable à
P. Ramus , Doyen du College
Royal , qui a donné la naturelle
prononciation du Q M¹s de la
Sorbonne s'y oppoférent, & même
privérent un Ecclefiaftique de fes
Revenus , parce qu'il prononçoit
le Qcomme Meffieurs de l'Académie
du Roy. Le Procez fut
porté au Parlement , on Ramus
ayant luy- mefme plaidé pour la
nouvelle prononciation de la Lettre
Q, il fut permis par Arreft
folemnel de dire QuiſQuis , ou
KisKis , qui depuis eft devenu
E
iiij
56 MERCURE
un mot pour animer les Chiens
au combat. Je croy que la Cour
Souveraine fonda ſon Arreſtſur
ce que la Lettre Hébraïque Coph
K dans fa valeur. est Q
no- ·Plufieurs Perfonnes ,
tamment ceux qui ont le Filet, ne
peuvent prononcer la Lettre R ,
qui demande le tremblement de
la langue ; c'est pourquoy pour.
R , ils prononcent L.
Meffala , grand Orateur , fit
autrefois un Volume entier de la
Lettre S. Sa mauvaise prononciation
confta la vie à quarantedeux
mille Ephraemites , qui
furent égorgez par les Galaadites,
GALANT. 57
pour n'avoir fçû bien prononcer
dans le mot Schiboleth la Lettre
S , que les Hebreux nomment
Scin .
Appius Claudius trembloit
à la Lettre Z, lors qu'on la pro- .
nonçoit par TS, parce qu'elle exprime
le grincement
de dents d'un
Moribond.
Laprononciation de S, on ST,
fait un fiflement qui penétre , &
qui fertpour ordonner le filence.
L'Echo n'est pas toûjours la
veritable image de la voix articulée
, puis qu'elle ne peut pas
toujours redire ou refléchir la Let
tre S', car pour le mot Satan,
58 MERCURE
PEcho répond Vatan. Il n'en
eft pas de mefme des mots Sofia
in Solario , Soleas Sarciebat
Suas. Vous feavez que la voix
refléchie par l'Echo, employe deux
fois plus de temps que la voix
directe , laquelle dans la moitié
d'une demy -feconde de temps parcourt
690 pieds.
L'Echo du Palais Simoneta,
à un mille de Milan ,
repete
du moins
vingt
- quatre
fois
le mefme
mot.
La plus grande parleufe des
Echos , eft celle que je trouvay
il y a dixhuit ans à Taxily
une lieue de la Ville de Luzy
a
GALANT. 59
en Nivernois ; car eftant la nuit
dans le Fardin de la Cure , qui
dépend de noftre Chapitre de Ternant
, ayant le vifage tourné
contre la Colline de Nidi , elle
repétoit de fuite tres-fortement
tres - diftinctement tous ces
treize mots,
Arma virumque cano , Troja
quæ primus ab oris,
Arma virumque cano .
Il est auffi facile de rendre
raison pourquoy l'Echo pour Sa,
dit Va , que d'expliquer pourquoy
en tenant un doigt dans
chaque coin de la bouche , pour
la Lettre P, on prononce F.
60 MERCURE
La voyelle O. fe fait enten
dre de plus loin , c'est pourquoy
les noms des Chiens de Mutte fe
terminent en O.
Les voyelles O & E font les
plus fortes , puis qu'elles arrestent
les Chevaux au milieu de leur
course.
ω
Le Sauveur du Monde dans
l'Apocalipfe a pris pour Symboles
les deux Lettres A, & w, la
premiere la derniere Lettre
de l'Alphabet Grec , pourfigni
ifier qu'il eft le commencement &
La fin de toutes choses.
Judas , ce vaillant Capitaine
des Juifs futfurnommé MachaGALANT.
61
bée , pour avoir pris dans fon
Etendari cette Devife , Symbole ,
on Mot MA. CA. B. AI . compofé
des quatre premieres fyllabes
du xi. verfet du xv . chapitre
de l'Exode...
MA CAMOCHA BAELIM
JEHOVAH ?
Qui comme Toy entre les
Dieux Jehovah ?
Les
Romains prirent les qua
tre Lettres , S. P. QR . quifont
Les premieres
des quatre Mots
fuivans. Serva , Populum ,
Quem, Redemifti
, qu'une Sybille
avoit gravé fur une lame
d'acier, comme dit Corrafius.
62 MERCURE
:
L'Empereur Maximilian prít
pour Symbole les voyelles A. E.
1. O. V. pour fignifier Aquila
Electa Jufte Omnia Vincit.
Revenons à la Langue Sainte.
Les Juifs & les Samaritains ont
toûjours leu dans leurs Synago
"gues , la Sainte Ecriture en He
breu. La Bible des Samaritains
ne contient que le Pentateuque
,
qui font les cinq Livres de
Moife , parce qu'en l'année du
Monde 3971. c'est à dire 992.
ans avant l'Incarnation ,
n'avoit encore publié que te
Pentateuque lors que le
Royaume d'Ifraël fut divifé,
on
GALANT 63
m'étant resté au Fils de Salomon
que les Tribus de Juda & de
Benjamin , les dix autres Tribus
ayant obeï à Feroboam.
Le Peuple d'ISC. RAB. EL.
Hominis magni Dei , de
l'Homme du grand Dieu , ayant
depuis efté difperfé & contraint
d'habiter en Païs étrangers , il
perdit peu à peu l'usage de fa
Langue Hébraïque , c'est pourquoy
apres la Captivité de Baby
lone , on ne parla que la Langue
Syriaque dans Ferufalem ,
Langue Hebraïque y étoit comme
inconnuë; fi vray que
Princes des Preftres & des Phales
64 MERCURE
rifiens dirent aux Archers En
S. Iean chapitre 7. verfet 49.
Cette Populace ne fçait ce
que c'eft que la Loy. Ce qui
avoit obligé les Rabins on Docteurs
de la Loy , d'en faire des
Verfions en Langue vulgaire des
Pais où ils étoient Etrangers
.
Les Rabins Afiatiques firent à
Babylone , la plus ancienne & la
plus estimée des Paraphrafes ,
qui eft la Chaldaique, ou le Targum
Onkelos.
La Verfion Grecque du Pentateuque
, dont S. Ierôme au
premier chapitre de l'Epifire de
S. Paul à Titus , dit Scientia
GALANT. 65
l'Ordre >
ou dit
pietatis eft noffe Legem ,fur
faite 272. ans avant l'Incarnation
, en Alexandrie d'Egypte,
où les Iuifs avoient un Temple
comme en Ierufalem. Elle eft
furnommée des 70 parce qu'elle
fut faite par
moins aprouvée des 72 , qui compofoient
le Venerable Senat du
grand Sanhedrin. Tout ce qu'on
en a dit au delà , a esté fur la
bonne foy d'un Livre attribué à
Ariftée , l'un des 2. Interprétes,
qui ne firent que la Verfion des
cinq Livres de Moife , bien qu'il
ne foit nommé qu'en tierce Per-
Sonne.
Fevrier 1685 E
66) MERCURE
DESES LIVRES
leur ancienne Forme
99100100
L5
& Relieure.
S ,
Es luifs obfervoient de ne
mettre que 30. Lettres à
chaque ligne.
Les Anciens coloient au long
plufieurs feuilles de papier les
unes au bord des autres , & ils.
n'écrivoyent que d'un côté. Ils
inferoient le bout de la derniere
des feuilles dans la fente d'un
bâton cilindrique , autour duquel
on rouloit toutes les feuilles qui
compofoient ce Livre ou Volume.
Ce bâton avoit un Chapiteau
GALANT 67
une Baze , à la diſtance de
la largeur du papier. Toutes les
Biblioteques étoient composées de
femblables Rouleaux , chez les
Grecs chez les Latins , mefme
long-temps apres Ciceron. Les
Iuifs ont encore fur l'Autel de
chaque Synagogue , les Livres de
la Loyfur deuxfemblables Rou
leaux Cilindriques , & quand ils
ont lû une page , ils la roulent
autour du Cilindre qu'ils tiens
nent à la main droite. Fay trou
vé dans nos Archives du Chapi
tre de Ternant , fondée en l'année
1444. qui eft quatre ans apres
L'invention de l'Imprimerie
, dess
Fij
68 MERCURE
Enquestes fur des feuilles de pa-..
pier colées les unes au bas des autres
, écrites d'un feul côté.
Le Secret ayant efté trouvé de
préparer le parchemin , en forte ·
qu'on peut écrire des deux côtez:
Le Roy Attalus fit écrire &
relier quelques. Livres à la maniere
des noftres.
L'Imprimerie commença en
1440 à Mayence , & les Offices
de Ciceron , eft le premier Livre
qui ait efté Imprimé en Europe,
il est maintenant bien facile de ·
profiter de l'avis de l'Oracle , qui
dit à Zenon que , Pour bien vivre
, il faloit avoir commerce
GALANT 69
avec les Morts. C'eft dans le
mefme fentiment qu' Alphonfe
Roy d' Arragon difoit, Qu'ilfaut
confulter les morts comme les
plus fidéles Confeillers , car il
n'y a point d'Amy plus librequ'un
Livre.
DE LA DIFFICULTE
de lire l'Ecriture Chinoife,
& l'Hebraïque fans
Voyelles.
trouverez pas fi
Vetrange que l'Ecriture Chinoife
ait un Caractere different
pour chaque chofe , & qu'un.
mefme mot prononcé differem .
70 MERCURE
ment, fignifie diferentes chofes,
fi vous faites reflexion qu'en
noftre Langue , un mesme mot a
plufieurs fignifications : En voicy
un exemple, il faut que je vous
Conte , un Conte , d'un Conte,
duquel je ne fais pas grand
Conte. 190
A la fterilité de la Langue
Chinoife , oppofez la fecondité de
la Langue Arabe ; elle a 80 mots
pourfignifier le Miel ; 200 mots
pour fignifier le Serpent ; soo
pour fignifier le Lyon ; & 200.
pour fignifier l'Epée . Cela me
faitfouvenir des fix Versfurvans
d'un vieux Sonnet.
GALANT. 71
Il faut que par neuf fois la Lune
ait fait fon cours,
Avant que nous voyons la lumiere
du jour,
Qu'un cruel Ennemy nous a
bien-toft ravie..
Miférables Mortels , n'avons .
nous pas grand tort,
De faire tant d'Engins pour nous
donner la mort .
L'Ecriture Hebraïque n'avoit
originairement que les Lettres
Confonnes , car les Points qui tiennentlieu
de Voyelles , n'ont commencé
qu'en l'annéesos . de l'Incarnation
, & 436 ans apres que
Titus Vefpafian eut brûlé le Temple
de Terufalem le 8 Aouſt , &
72 MERCURE
la Ville le 8. Septembre en la 72.-
année de Iefus - Chrift . C'est
pourquoy il y a à preſent onze
cens foixante & dix-fept années
que les Docteurs Iuifs étant af
femblez à la Tyberiade , Ville
de la Paleftine , inventerent t
employerent les points ou voyelles»
fecrettes , afin de conferver à leur
Pofterité difperfée par tout le
Monde , la veritable lecture des
Livres Sacrez de l'ancien Teftale
Rabin
ment. C'est ce que
Helie Levite • rapporté dans fax
troifiéme Preface fur le Maffo
reth. C'est pourquoy pour bien
apprendre à lire l'Hebreu , jes
vous
GALANT. 73
vons renvoye à la Mazore , ou
Tradition de l'Ecole Tyberiade.
C'eft fans fujet que vous me
prenez pour un Gale Razaia,
Revelateur des chofes fecretes.
Vous me demandez mille chofes,
comme fi j'avois tout cela dans
mon Jalkur , ou Poche Rabini
que , ou que je fuffe le tout
fçavant Hippias Eleen metempficofe.
Merite t'on quelque chofe
pour beaucoup parler ? Avez
vous oublié que Plutarque loue
Epaminondas qui eftoit le plus
fçavant , & parloit le moins. Je
profite en bien des chofes du bon
mot de Socrate , qui étant inter-
Février 1685.
G
74 MERCURE
rogé pourquoy
il ne donnoit au
cun Ecrit au Public, répondit que
le papier vaudroit mieux que ce
qu'il faudroit dire. Pour vous
répondre à tant d'articles , il me
faudroit une mémoire auſſi heureufe
que celle d'Efdras , qui dicta
par coeur les Livres de l'Ancien
Teftament , tels que nous les
avons. Du Grec Carmides, qui di
foit par coeur ce qui eftoit contenu
dans quel Volume d'une Bibliotéque
qu'on fouhaitoit. De Cyrus,
ou de L. Scipion , qui fçavoient
le nom de tous leurs Soldats ; ou
la mémoire de Mithridate , de
Craffus , de Cyneas , de Themi
GALANT. 75
ftocle , ou celle de l'Empereur
Claude , qui fçavoit tout Homere
par coeur , de Salufte qui fçavoit
tout Demofthene , d'Avicenne
qui fçavoir auffi par coeur
toute la Metaphifique d'Ariftote.
Te nefuis ny Ciceron qui fe fou
venoit de tout ce qu'il avoit leu
ou entendu. Je n'ay pas la mémoire
de Senéque l'Orateur, qui affenre
dans la Préface du Livre des
Plaidoyés on Controverſes , qu'il ·
avoit la Mémoire fi heureuſe ,
qu'il redifoit deux mille noms
differents dans le mefme ordre
qu'ils avoient eftéprononcez, &
que dans l'Ecole plus de deux
ن م
Gij
76 MERCURE
cens perfonnes ayant dit chacun
un Vers, il les repéta en commen
çant par le dernierVers . Le Pape
Clement VI. ayant receu une
grande bleffure à la teſte , ſa mémoire
devint fi heureuſe , qu'il
ne put rien oublier de ce qu'il
avoit leu. Tay efté prefent aver
feu M ' le Marquis de S. André
Montbrun , Capitaine Genéral
des Armées du Roy ,
verneur du Nivernois , à un
femblable effay de Mémoire
entre M de la Barre , pour lors
Intendant du Bourbonnois , &
Mc Adam le Poëte Menuifier de
Nevers. Deplus, je n'aypas un
r
GouGALANT.
77
Secretaire fi expert dans la Tachigraphie
, que ceux dont
Martial difoit , lib. 14 .
Currant verba licet , manus eft
velocior illis ,
Nondum lingua , fuum dextra
peregit opus.
Je nyfuis pasfi exercé qu'Origene
, quand mefme je formerois
aufft mal mes Lettres que le
grand Quintilien , dont les lignes
fembloient des Serpens . Il eft
autant furprenant qu'avanta
geuxpour le bien public, qu'entre
tant de millions d'Ecritures , il ne
s'en rencontre pas deux tout àfair
femblables , quand mefme on an-
C.iij
78 MERCURE
Tite
roit apris à écrire fous un mefmè,
Maistre. Il en eft de l'Ecriture,
comme des Voix des Vifages,
qui font tous en quelque chofe
diferens. Il est vray que
Vefpafian le Fils , difoit ordinai_
rement qu'il auroit pú eftre le plus
grand Fauffaire de l'Empire Romain,
parce qu'ilfçavoit tres - bien,
contrefaire toutes les fignatures.
·Contentez- vous , Monfieur, de
cepeu que je vous envoyepour vos
Etrennes de l'année 1685. Je réponds
à vos autres demandes ,
comme les Juifs dans les Quefons
tres difficiles THIS BI,
JETHARES , KA SIOT,
GALANT. 79
Elie Thesbite , qui nãquit huit
ans avant la mort de Solomon,
les foudra.
que
La Kabale des Rabins auffibien
les deux Volumes de Viſions
Parfaites , ne contiennent que futulites
avec la Lettre R de trois'
Nations bien differentes , l'Itali
que , le Grec l'Hebreu , & à
tous ces Livres , il ne manque que
la Syllabe Grecque Noun.
Vous aprendrez dans 24 heures
la Langue Hebraïque , dans la
nouvelle Grammaire de Criftofori
Cellarii , imprimée Cizæ,
au commencement
de l'année
1684.
G iiij
80 MERCURE
Le manque de Voyelles dans
l'Ecriture Hebraique
, eft la caufe
que la Verfion Grecque de l'Ancien
Teftament
, faite par
les
72
Rabins en Alexandrie l'année
272. avant la naissance de Fefus-
Chrift , n'est pas toujours confor
me à l'Original Hebraïque, quoy.
qu'en ait dit l'Autheur du Livre
attribué à Ariftée l'un des 72:
Interpretes. Puis que cette Verfion
a des paffages mal expliquez,
bien des chofes oubliées ,
d'autres ajoûtées ,s comme dit..
S. Jerôme , qui mourut l'année
420 : c'est pourquoy la Verfion
Latine qu'on fit fur la Grecque,
GALANT. 81
du temps des Apoftres , ne peut
eftre meilleure , bien que nous
chantions les Pfeaumes fuivant
cette Verfion , parce que l'Eglife
yeftoit accoûtumée , lors quefaint
Jerome fit fa Verfion Latine de
Ancien Teftament , que nous
appellons la Vulgate.
Si la Langue Chinoife eft dif
ficile par la differentefignification
d'un mefme mot, la Langue Hebraïque
eft auffi difficile par la
mefme raifon ; car par exemple,
le mot ou Racine HHANAH ,
fignifie humilier , appauvrir ,
affliger, occuper, témoigner,
chanter , crier , parler , ré82
MERCURE
Le mot
pondre , exaucer.
HHALAL , fignifie eſtre la
cauſe , cauſer , rendre affligé,
envelopper , defigner , enlai
dir , vendanger , méprifer ,
méditer , tâcher , agir , cautionner.
Le mot HHARAB,
fignifie dreffer , embellir, plairre
, engager , négocier , mélanger
, s'obfcurcir , devenir
doux.
Par
Bien davantage , les mefmes
mots Hebreux ont fouvent deux
fignifications contraires.
exemple KDS , fignifie fanctifier
, prophaner. BRH fignifie,
benir , maudire. NCHM fignifie
GALANT. 83
10
a
ད
eftre confolé , eftre defolé.
SKN fignifie appauvrir , s'enrichir
, mille autres , par le
changement des conjugaisons
qu'ils appellent Binjanim , Stra
cture.
Par le manque des Voyelles ,
au lieu de lire CHOMER , qui
fignifie URNE , dans laquelle les
Hebreux gardoient la Manne;
les Payens ayant leu CHOMAR ,
qui fignifie ASNE , ils accuferent
lesJuifs , & enfuite les premiers
Chreftiens
d'un Afne dans le Sanctuaire du
Temple.
d'adorer la Tefta
Le 47 Chapitre de la Genefe
84 MERCURE
&
parlant de Faceb adorant Dieu ,
finit par ces mots Halrofch;
Ham , Mitthah , chevet du lit,
les 70 ayant leu Matthe ,
L'interpreterent Verge , ou bâton.
Dans le 11. chap . de Zacharies
verf.7. au mot Hebreu CHBLM ,,
lesfeptante-deux Interpretes leu
rent CHaваLIM, Cordanx :
fuivant les Points on Voyelles ,
depuis marquées par les Rabins
de Tyberiade
nous lifons:
CHOBELİM , qui fignifie Corrupteurs.
>
}
Les Septante leurent par les
3. Confonnes z KR, du 14. Verf.
du 26 Chap. d'Ifaye , le mot
GALANT. 85
ZakeR , qui fignifie Malle ;
S. Jerôme ayant leu ZakaR,
l'interpreta Memoire.
Les Septante dans le Chap. 3.
Verfet de leremie, leurent Reh
him , quifignifie Paſteurs. Et
S. Ierome ayant leu Rohhim,
l'interpreta Amateur, er dans le
Chapitre 9. Verfet 22', leurent
Deber, quifignifie la Mort. Et
S. Jerôme ayant leu Daber, l'interpreta
Parle. De mefme auffi
les Septante dans Oſée, Ch. 13.
Verfet 3 , leurent Harbeh , qui
fignifie Langouste , & S. Iérôleu
Habah , l'interme
ayant
preta
Cheminée
.
86 MERCURE
En voicy affez pour cette fois
& bien que l'Empereur Honorius
ait efté blámé de figner toutes
les Lettres que ces Officiers
luy prefentoientfans les lire , dequoy
fa Soeur Placidie le corri
gea , apres luy en avoirfait connoiftre
le peril , car elle fit gliffer
une Lettre à figner avec les autres
, par laquelle l'Empereur
promettoit Placidie en Mariage
un miferable Efclave. Ie me
fie pour ce coup à la bonne foy
de mon Scribe , plus Homme de
bien
que
le Notaire Lampo,
furnommé
Calamoſphacten
:
Je finis , vous affeurant de ma
GALANT. 87
main que je fuis , Monfieur,
Vostre , &c.
COMIERS.
Fermer
Résumé : III. LETTRE Concernant les Langues, les Lettres & les Ecritures. A Mr DE S.....SDIKS.
Le texte discute des langues, des écritures et des lettres, en se concentrant particulièrement sur l'hébreu, le grec et le latin. L'auteur note que la langue hébraïque compte 22 lettres, correspondant aux 22 livres de l'Ancien Testament. Les kabbalistes utilisent les lettres des versets 19, 20 et 21 du chapitre 14 de l'Exode pour former les 72 noms de Dieu. Toutes les lettres hébraïques apparaissent dans le chapitre 25 du prophète Isaïe, les lettres grecques dans les versets 19 et 20 du chapitre 3 de la première épître de Pierre, et les lettres latines dans le vers 'Gaza frequens Lybicos duxit Kartago triumphos'. L'auteur relate également des anecdotes sur l'apprentissage des alphabets, comme celle d'un jeune prince barbare qui a impressionné les Athéniens en maîtrisant les trois premières lettres de l'alphabet grec. La lettre A est considérée comme la plus facile à prononcer et tient le premier rang dans l'alphabet. Des observations sur la prononciation des voyelles et des consonnes sont également faites, ainsi que des remarques sur l'écho et la prononciation des lettres dans différentes langues. Le texte aborde aussi l'histoire des écritures, mentionnant que les Juifs et les Samaritains lisaient la Sainte Écriture en hébreu dans leurs synagogues. Après la captivité de Babylone, la langue syriaque a remplacé l'hébreu à Jérusalem. Les rabbins ont traduit la Loi en langues vulgaires pour les Juifs dispersés. La version grecque du Pentateuque, faite à Alexandrie, est appelée la Septante et a été approuvée par le Sanhedrin. L'auteur discute également de la polysémie des mots dans différentes langues, illustrée par une phrase jouant sur les mots 'conte' en français. Il oppose la stérilité de la langue chinoise à la fécondité de la langue arabe, qui possède de nombreux mots pour désigner des concepts spécifiques comme le miel, le serpent, le lion et l'épée. L'écriture hébraïque originellement ne comportait que des consonnes. Les voyelles ont été ajoutées au IVe siècle, après la destruction du Temple de Jérusalem par Titus Vespasien, pour conserver la lecture correcte des livres sacrés. Le texte mentionne des figures historiques et des exemples de mémoires prodigieuses, comme celle d'Esdras ou de Sénèque, pour illustrer la difficulté de répondre à de nombreuses questions sans une mémoire exceptionnelle. Enfin, le texte discute des difficultés de la langue hébraïque, où un même mot peut avoir plusieurs significations contraires, et des erreurs d'interprétation dans les versions grecques et latines de l'Ancien Testament dues à l'absence de voyelles. Il conclut par des exemples de malentendus causés par ces ambiguïtés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 26-33
Compliment fait au Roy sur ce sujet, [titre d'après la table]
Début :
Le Roy écouta avec une bonté inconcevable le Compliment de / SIRE, Comme tous les Peuples qui ont le bon-heur de [...]
Mots clefs :
Compliment, Bonheur, Peuple, Gloire, Qualités, Monseigneur le Dauphin, Madame la Dauphine, Chapitre, Auditeur, Honneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Compliment fait au Roy sur ce sujet, [titre d'après la table]
Le Roy écouta avec une bonté
inconcevable le Compliment
de ces Peres , qui luy
fut fait en ces termes.
SIRE.
Comme tous les Peuples qui ont
le bon- heur de vivre fous le
Regne de V. M. s'intereffent à
fa gloire , nous efperons qu'Elle
ne trouvera pas mauvais que les
Minimes
Y prennent part. Le
nom qu'ils portent ne les doit pas
9
GALANT
27
2
de
priver de cet avantage , car bien
que cette gloire n'ait rien que
grand ,fon étendue demande toutefois
que les plus petits travail .
lent auffifur une matierefi vafte.
C'est parcette raifon , SIRE,
que nous avons pris la liberté de
vous dédier une Thefe , & nous
'avons creu que fi nos forces ne
nous permettoient pas de faire en
grand l'Eloge de V. M. dans
lequel nous puffions faire voir
toutes les grandes qualitez qu'-
Elle poffede dans un degréfi éminent
, Elle agréeroit néanmoins
le deffein que nous avons de le
faire en petit , par cette bontéqui
C
ij
28 MERCURE
Luy eft fi naturelle , & qui luy
fait toujours recevoir avec complaifance
, jufques aux plus petits
témoignages de noftre Zéle.
Nousfemmes d'ailleurs obli
gez de prendre un Interest parti
culier à la Gloire de V. M. Les
Minimes , SIRE , vous regar
dent non feulement comme leur
Protecteur, comme leur Bienfaicteur
, mais encore comme leur
Pere. 200
Ce fut Louis LE SAGE
qui les appella en France , c'eft
de fa liberalité qu'ils ont reçen
une grande partie des biensqu'ils
Y poffedent ;fes Succeffeurs conGALANT.
29
t : nous
firmerent tousfes dons , & les
augmenterent confiderablement ;
& vôtre auguste Ayeul HENRY
LE GRAND , & voftre Pere
LOUIS LE JUSTB de
Triomphante mémoire , nous ont
fait les mefmes Graces : mais
V. M. les a tous ſurpaſſez en
bonté en generofité
ayant comblez de fes Faveurs.
C'est pour vous en remercier,
SIRE , que. le Pere Charles
Guilber , Provincial de vos treshumbles
tres fidéles Sujets les
9.
Religieux Minimes , de voftre
Province de Provence , nous a
Députez au nom de tout l'Ordres
Cij
30 MERCURE
comme auffi pour vous prefenter
cette Thefe , & vous ſupplier
d'agréer qu'il la foûtienne fous:
voftre Augufte Nom , dans le
Chapitre General que nous devons
tenir dans vostre Ville de
Marſeille , fous le bon plaifir:
de V. M. l'affeurant que nous
n'oublierons jamais ces Graces,
pour lesquelles nous continuërons
de demander à Dieu , qu'il répande
fes Benedictions fur voftre
Perfonne Sacrée , fur la Famille
Royale , & fur tout voſtre Etat.
Le Roy les ayant congediez
apres une réponſe fort
GALANT. 31
nom ,
obligeante , ils allerent prefenter
cette mefme Thefe à
Monſeigneur le Dauphin , &
à Madame la Dauphine , qui
la reçeurent auffi avec beau
coup de bonté. Le Pere Guillet
dont vous venez de lire le
eft un Homme d'un
tres grand merite . C'eft luy
qui préfidera aux Thefes que
ces Députez ont prefentées
à Sa Majesté. Elles feront
l'ouverture du Chapitre General
que ces Peres doivent
tenir à Marſeille ' , aux Feftes
de la Pentecofte prochaine,,
ce qu'ils font de dix- huit en
C iiij
32 MERCURE
dix huit ans , le tenant alternativement
de fix ans en fix
ans en France, en Efpagne , &
en Italie . La Theologie que
ce Provincial poffede excellemment
bien , n'eft pas le
feul avantage qui le fait confiderer
dans fon Ordre. Il eft
encore grand Predicateur , &
a remply les meilleures Chaires
avec une entiere fatisfaction
de fes Auditeurs. C'eft
pour la feconde fois qu'il
efté fait Provincial. Le Pere
Madon , Religieux auffi eftimé
par fon efprit que par fa
vertu , doit avoir l'honneur
2
GALANT. 33
defoûtenir cette Thefe , fous
un Preſident de cette force:
On a tout ſujet d'efperer de
luy,qu'il fera voir aux Italiens
& auxEſpagnols qui l'ataqueront,
que les François ne craignent
les Nations Etrangeres
en aucune forte de Combat.
inconcevable le Compliment
de ces Peres , qui luy
fut fait en ces termes.
SIRE.
Comme tous les Peuples qui ont
le bon- heur de vivre fous le
Regne de V. M. s'intereffent à
fa gloire , nous efperons qu'Elle
ne trouvera pas mauvais que les
Minimes
Y prennent part. Le
nom qu'ils portent ne les doit pas
9
GALANT
27
2
de
priver de cet avantage , car bien
que cette gloire n'ait rien que
grand ,fon étendue demande toutefois
que les plus petits travail .
lent auffifur une matierefi vafte.
C'est parcette raifon , SIRE,
que nous avons pris la liberté de
vous dédier une Thefe , & nous
'avons creu que fi nos forces ne
nous permettoient pas de faire en
grand l'Eloge de V. M. dans
lequel nous puffions faire voir
toutes les grandes qualitez qu'-
Elle poffede dans un degréfi éminent
, Elle agréeroit néanmoins
le deffein que nous avons de le
faire en petit , par cette bontéqui
C
ij
28 MERCURE
Luy eft fi naturelle , & qui luy
fait toujours recevoir avec complaifance
, jufques aux plus petits
témoignages de noftre Zéle.
Nousfemmes d'ailleurs obli
gez de prendre un Interest parti
culier à la Gloire de V. M. Les
Minimes , SIRE , vous regar
dent non feulement comme leur
Protecteur, comme leur Bienfaicteur
, mais encore comme leur
Pere. 200
Ce fut Louis LE SAGE
qui les appella en France , c'eft
de fa liberalité qu'ils ont reçen
une grande partie des biensqu'ils
Y poffedent ;fes Succeffeurs conGALANT.
29
t : nous
firmerent tousfes dons , & les
augmenterent confiderablement ;
& vôtre auguste Ayeul HENRY
LE GRAND , & voftre Pere
LOUIS LE JUSTB de
Triomphante mémoire , nous ont
fait les mefmes Graces : mais
V. M. les a tous ſurpaſſez en
bonté en generofité
ayant comblez de fes Faveurs.
C'est pour vous en remercier,
SIRE , que. le Pere Charles
Guilber , Provincial de vos treshumbles
tres fidéles Sujets les
9.
Religieux Minimes , de voftre
Province de Provence , nous a
Députez au nom de tout l'Ordres
Cij
30 MERCURE
comme auffi pour vous prefenter
cette Thefe , & vous ſupplier
d'agréer qu'il la foûtienne fous:
voftre Augufte Nom , dans le
Chapitre General que nous devons
tenir dans vostre Ville de
Marſeille , fous le bon plaifir:
de V. M. l'affeurant que nous
n'oublierons jamais ces Graces,
pour lesquelles nous continuërons
de demander à Dieu , qu'il répande
fes Benedictions fur voftre
Perfonne Sacrée , fur la Famille
Royale , & fur tout voſtre Etat.
Le Roy les ayant congediez
apres une réponſe fort
GALANT. 31
nom ,
obligeante , ils allerent prefenter
cette mefme Thefe à
Monſeigneur le Dauphin , &
à Madame la Dauphine , qui
la reçeurent auffi avec beau
coup de bonté. Le Pere Guillet
dont vous venez de lire le
eft un Homme d'un
tres grand merite . C'eft luy
qui préfidera aux Thefes que
ces Députez ont prefentées
à Sa Majesté. Elles feront
l'ouverture du Chapitre General
que ces Peres doivent
tenir à Marſeille ' , aux Feftes
de la Pentecofte prochaine,,
ce qu'ils font de dix- huit en
C iiij
32 MERCURE
dix huit ans , le tenant alternativement
de fix ans en fix
ans en France, en Efpagne , &
en Italie . La Theologie que
ce Provincial poffede excellemment
bien , n'eft pas le
feul avantage qui le fait confiderer
dans fon Ordre. Il eft
encore grand Predicateur , &
a remply les meilleures Chaires
avec une entiere fatisfaction
de fes Auditeurs. C'eft
pour la feconde fois qu'il
efté fait Provincial. Le Pere
Madon , Religieux auffi eftimé
par fon efprit que par fa
vertu , doit avoir l'honneur
2
GALANT. 33
defoûtenir cette Thefe , fous
un Preſident de cette force:
On a tout ſujet d'efperer de
luy,qu'il fera voir aux Italiens
& auxEſpagnols qui l'ataqueront,
que les François ne craignent
les Nations Etrangeres
en aucune forte de Combat.
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Résumé : Compliment fait au Roy sur ce sujet, [titre d'après la table]
Le texte décrit une rencontre entre le roi et des pères minimes. Ces derniers expriment leur désir de contribuer à la gloire du roi, soulignant que leur modeste apport est motivé par leur zèle et leur reconnaissance. Ils rappellent que leur ordre a été appelé en France par Louis le Sage et a reçu des faveurs des successeurs royaux, notamment Henri IV et Louis XIII. Le roi actuel les a également comblés de faveurs par sa bonté et sa générosité. Le père Charles Guilbert, provincial des minimes de Provence, est chargé de présenter une thèse au roi, qui sera soutenue sous le nom du roi lors du chapitre général à Marseille. Les minimes assurent qu'ils prieront pour le roi, sa famille et son État. Après leur audience avec le roi, ils présentent la thèse au dauphin et à la dauphine, qui l'acceptent avec bonté. Le père Guilbert, reconnu pour ses compétences en théologie et en prédication, présidera les thèses. Le chapitre général, qui se tient tous les dix-huit ans en alternance entre la France, l'Espagne et l'Italie, verra le père Madon soutenir la thèse sous la présidence du père Guilbert.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 49-50
Chapitre general des Capucins, tenu à Rome. [titre d'après la table]
Début :
On a eu avis de Rome, que les Capucins y tinrent leur [...]
Mots clefs :
Rome, Capucins, Père, Procureur, Chapitre, Assemblée
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texteReconnaissance textuelle : Chapitre general des Capucins, tenu à Rome. [titre d'après la table]
On a eu avis de Rome, que
les Capucins y tinrent leur
Chapitre general le 8. du
dernier mois . Le Pere Char
les Marie de Macerate , Ita-
Juillet 1685.
E
5 MERCURE
lien , & le Pere Bonaventure
de Recanati y furent éleus ;
le premier , General de l'Ordre
, & le fecond, Procureur
general ; & le Pere Louis de
Jully , Provincial des Capucins
de la Province de Paris ,
fut choify une feconde fois
pour eftre Definiteur general
. Son grand merite , qui
le fait toujours diſtinguer
par tout , & dont je vous ay
parlé plufieurs fois, attira en
mefme temps les yeux & les
fuffrages de tous ceux qui
compofoient l'Aſſemblée .
les Capucins y tinrent leur
Chapitre general le 8. du
dernier mois . Le Pere Char
les Marie de Macerate , Ita-
Juillet 1685.
E
5 MERCURE
lien , & le Pere Bonaventure
de Recanati y furent éleus ;
le premier , General de l'Ordre
, & le fecond, Procureur
general ; & le Pere Louis de
Jully , Provincial des Capucins
de la Province de Paris ,
fut choify une feconde fois
pour eftre Definiteur general
. Son grand merite , qui
le fait toujours diſtinguer
par tout , & dont je vous ay
parlé plufieurs fois, attira en
mefme temps les yeux & les
fuffrages de tous ceux qui
compofoient l'Aſſemblée .
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Résumé : Chapitre general des Capucins, tenu à Rome. [titre d'après la table]
En juillet 1685, le chapitre général des Capucins à Rome a élu le Père Charles-Marie de Macerate comme Général de l'Ordre et le Père Bonaventure de Recanati comme Procureur général. Le Père Louis de Jully a été réélu Définiteur général, reconnu pour son mérite exceptionnel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 181-195
Affaires de Remiremont. [titre d'après la table]
Début :
Le 23. du dernier mois, Dame Elisabeth Gabrielle Françoise Rouxel [...]
Mots clefs :
Dame de Médavy, Serment, Parlement, Dignité, Abbaye de Remiremont, Assemblée, Fille, Baron, Princesse, Abbesse, Audiences, Érudition, Chapitre, Esprit, Vertu, Archevêque, Comte, Chanoinesses, Établissement, Doyenne, Habillement, Procession
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Affaires de Remiremont. [titre d'après la table]
Le 23. du dernier mois , Dame
Elifabeth GabrielleFrançoife
Rouxel de Medavy,
prefta Serment au Parlemết
de Mets , dans les formes ordinaires,
& en Habit de Ceremonie
pour la Dignité de
Secrette ou Sacriftine , de l'Illuftre
College , Chapitre , &
Abbaye de Remiremont , à
laquelle elle avoit eſté éleuë
dans l'Affemblée du 16. du
mefine mois , en conformité
& en conféquence d'un Arreft
rendu quelques jours
182 MERCURE
auparavant
par ce mefme
Parlement
. Comme
l'affaire
a fort éclaté , il ſera bon
de vous l'expliquer
en peu
de mots
.
Dame Anne de Malin de
Luz , Fille de M. le Baron de
Luz , Lieutenant Genéral de
la Province de Bourgogne
,
derniere Secrete de Remiremont
, eftant morte au mois
d'Avril 1684. aprés 48. ans de
paifible poffeffion de cette
Dignité de Secrette , Madame
la Princeffe de Salm Abbeffe
, appuya les intéreſts
de Madame la Princeffe
*
GALANT. 183
Chriftine de Salm fa Soeur,
Niece de Prébende , qui s'étant
pourveuë en Cour de
Rome obtint une Bulle
comme ayant expofé la Vacance
de ce Benéfice , dans
un mois du Pape , mais lors
qu'elle voulut en prendre
poffeffion , il y eut oppofition
formée de la part du
Chapitre , qui ayant éleu en
mefme temps tumultuairement
& fans formalitez
Madame de Médavy, luy fit
pareillement prendre pof
feffion le 18. Juillet de la
meſme année , malgré l'op184
MERCURE
pofition reciproqûe de Madame
la Princeffe Chriftine
de Salm . Le lendemain jour
fixé pour
l'Election , Madame
l'Abbeffe de Remiremont
fit élire en cas de befoin
, Madame la Princeſſe
Chriſtine
fa Soeur par quatre
ou cinq de fesDames & quelques
Niéces ; & les autres en
bien plus grand nombre,
avec Madame la Doyenne
à leur tefte , éleurent une feconde
fois Madame de Médavy
. Les longues conteftations
que l'on fit de part
& d'autres , furent enfin
GALANT. 185
portées au Parlement de
Mets , où M. Thorel parla
pour Madame de Médavy,
pendant quatre Audiences
avec autant de grace que
d'éloquence , & il fut fecon--
dé dans la cinquième
pour
l'intervention
du Chapitre
par M. Viry , un des plus fameux
Avocats de ce Parle--
ment , & incomparable pour
les matieres Ecclefiaftiques
.
La fixiéme & la feptiéme
Audience furent remplies
,
avec beaucoup d'érudition
& de politeffe , par M. Bour--
fier Avocat de Madame la
Aoust 1685. Q.
186 MERCURE
Princeffe Chriftine ; & enfin
aprés que les repliques eurent
efté achevées dans la
huitiéme Audience une
neufiéme termina la difficulté.
Elle fut dignement occupée
par le plaidoyé de MCorberon
, Procureur Genéral
, au milieu d'une foule
extraordinaire de Perfonnes
de tousSexes & de tousEtats .
Il feroit inutile de vous parler
de la netteté & de la force
de fon expreſſion , puis qu'il
ne peut rien fortir duConfeil
que d'achevé , & qu'aprés y
avoir porté avec fuccez la
GALANT. 187
i parole pour le Roy , on eft
toûjours affeuré de paroiftre
ailleurs avec éclat. Auffi la
Courfuivant fesConclufions
ordonna le fecond du dernier
mois,que faifat droit fur l'ln.
tervention du Chapitre de
Remiremót, il feroit mainte--
nu dás le pouvoir d'élire une
Secrete ; & que fans avoir
égard à la Bulle de Madame
la Princeffe Chriftine , ny à
l'Election prétendue faite
de fa . Perfonne , non plus
qu'aux deux autres Elections
pareillement prétendues faites
de la Perfonne de Mada--
Qij
188 MERCURE
me de Medavy ,il feroit procedé
le
15.
de Juillet à une
nouvelle Election d'une Secrette
en la maniere ordinai
re.Cette Electió fe fit de nouveau
ce jour là 15. de l'autre
mois en faveur de Madame
de Médavy, qui joint à une Illuftre
naiſſance un efprit des
plus éclairez , & une vertu
des plus confommées . Elle
eft Fille de Meffire Guillaume
de Rouxel de Médavy,
Comte de Marey , Frere de
feu M. le Maréchal de Grancey
, & de M. l'Archevefque
de Rouen d'aujour
GALANT. 189
d'huy , & de Dame Marie
d'Achey , Fille d'Antoine
d'Achey , Gouverneur de
la Ville de Dole . Ce Comte
de Marey , Maréchal
des Camps & Armées du
Roy mourut affez jeu,
ne ,
8
d'une bleffeure receuë
au Combat de Briare en
1652 .. M. le Comte de Médavy
marié depuis peu à Mademoiſelle
de Maulévrier
Colbert , eft Neveu à la mode
de Bretagne de Madame
de Médavy , Secrette de Remiremont.
M. le Comte de
Marey tué en Candie en
190 MERCURE
1
1668. eftoit fon Frere . L'Illu
ftre College , Chapitre &
Abbaye de Remiront eft
auffi ancien que fingulier.
Plus de cinquante Dames .
s'y trouvent encore aujour--
d'huy , toutes de tres - grande
qualité. On n'y peut en..
trer qu'aprés avoir fait les
mefmes preuves de Noblef
fe que font Ms les Comtes :
de S. Jean de Lyon ; auffi
donne -t'on à ces Dames le:
Titre de Chanoineffes Comteffes
de Remiremont , quii
eft une petite Ville des .
Montagnes de la Vauge fur.
GALANT. 191
ου la Riviere de Mozelle ,
le dernier Tremblement de
terre fit tant de ravage . Cette
Abbaye reconnoiſt pour
Fondateur Romaric Comte
d'Avent , qui eftoit l'un des
principaux Seigneurs de la
Cour du Roy de Mets . Il fe
dépouilla de fon Comté , &
de tous fes autres biens en
faveur de cét établiſſement,
au commencement du fixiéme
Siecle . Ces Dames Chanoineffes
Comteffes ne font
point de Voeux folemnels , à
la réſerve de l'Abbeffe . Elles
peuvent ſe marier quand
192 MERCURE
bon leur femble , & poffeder
tous leurs biens en propre,.
de mefme que fi elles n'avoient
jamais quitté la Maifon
de leurs Parens. Elles
ont droit aprés quelques an
nées de prendre chez elles
une ou plufieurs Dames de
tous âges , qu'elles appellent
Niéces de Prébende , &
qui attendent des places vacantes
. Les unes ny les autres
ne portent point d'habits
différens des Dames du :
monde , fi ce n'eft au Chour
où elles chantent , & paroiffent
comme nos Chanoines
Seculiers..
GALANT. 191
Seculiers. Un long Manteau
traînant couvre leurs
épaules , & ce Manteau ſe
nouë par devant . Les Di
gnitez , qui font l'Abbeffe,
la Doyenne & la Secrette,
portent outre cela ce qu'-
elles appellent le grand
Couvrechef. C'est une efpece
de Voile de toile empefée
, qui s'attache avec
leurs Coifes. Il prend derriere
la tefte , & pend juſ
qu'à terre. L'Abbeffe ajoûte.
à cela une bordure d'Hermine
à fon Manteau , à fa
Jupe , & aux coûtures de fon
Aoust 1685.
R
194 MERCURE
Corps , avec une Croix dé
Diamans penduë au col , &
la Croffe auprés d'elle dans
fon Trône . Il y a dans le
Pays , & mefme dans la Ville
de Mets quelques Maifons
de Dames d'Eglife,
( c'eſt ainſi qu'on les "appelle
) qui font de ce caractere.
Elles vont en Proceffion de
leurs Eglifes à celle de Saint
Eftienne , Cathedrale de
Mets , le jour de la Feſte , &
aprés avoir chanté en arrivant
un Motet au Pulpitre,
elles fe retirent dans une
Chapelle particuliere , d'où
GALANT. 195
elles ne fortent que lors que
la grande Meffe eft achevée
; ce qui eftant fait , elles
s'en retournent chez elles
dans le mefme ordre. La
derniere fois que cette Proceffion
fe fit , qui fut le troifiéme
de ce mois Fefte de
l'Invention dé Saint Eftienne;
une des plus groffes Clo
ches tomba fur les trois heures
aprés midy fans fe caffer,
ny faire aucun autre mal
que de rompre deux Planchers
, & s'enfoncer dans
le dernier , qui touche la
voûte de l'un des Collateraux
.
Elifabeth GabrielleFrançoife
Rouxel de Medavy,
prefta Serment au Parlemết
de Mets , dans les formes ordinaires,
& en Habit de Ceremonie
pour la Dignité de
Secrette ou Sacriftine , de l'Illuftre
College , Chapitre , &
Abbaye de Remiremont , à
laquelle elle avoit eſté éleuë
dans l'Affemblée du 16. du
mefine mois , en conformité
& en conféquence d'un Arreft
rendu quelques jours
182 MERCURE
auparavant
par ce mefme
Parlement
. Comme
l'affaire
a fort éclaté , il ſera bon
de vous l'expliquer
en peu
de mots
.
Dame Anne de Malin de
Luz , Fille de M. le Baron de
Luz , Lieutenant Genéral de
la Province de Bourgogne
,
derniere Secrete de Remiremont
, eftant morte au mois
d'Avril 1684. aprés 48. ans de
paifible poffeffion de cette
Dignité de Secrette , Madame
la Princeffe de Salm Abbeffe
, appuya les intéreſts
de Madame la Princeffe
*
GALANT. 183
Chriftine de Salm fa Soeur,
Niece de Prébende , qui s'étant
pourveuë en Cour de
Rome obtint une Bulle
comme ayant expofé la Vacance
de ce Benéfice , dans
un mois du Pape , mais lors
qu'elle voulut en prendre
poffeffion , il y eut oppofition
formée de la part du
Chapitre , qui ayant éleu en
mefme temps tumultuairement
& fans formalitez
Madame de Médavy, luy fit
pareillement prendre pof
feffion le 18. Juillet de la
meſme année , malgré l'op184
MERCURE
pofition reciproqûe de Madame
la Princeffe Chriftine
de Salm . Le lendemain jour
fixé pour
l'Election , Madame
l'Abbeffe de Remiremont
fit élire en cas de befoin
, Madame la Princeſſe
Chriſtine
fa Soeur par quatre
ou cinq de fesDames & quelques
Niéces ; & les autres en
bien plus grand nombre,
avec Madame la Doyenne
à leur tefte , éleurent une feconde
fois Madame de Médavy
. Les longues conteftations
que l'on fit de part
& d'autres , furent enfin
GALANT. 185
portées au Parlement de
Mets , où M. Thorel parla
pour Madame de Médavy,
pendant quatre Audiences
avec autant de grace que
d'éloquence , & il fut fecon--
dé dans la cinquième
pour
l'intervention
du Chapitre
par M. Viry , un des plus fameux
Avocats de ce Parle--
ment , & incomparable pour
les matieres Ecclefiaftiques
.
La fixiéme & la feptiéme
Audience furent remplies
,
avec beaucoup d'érudition
& de politeffe , par M. Bour--
fier Avocat de Madame la
Aoust 1685. Q.
186 MERCURE
Princeffe Chriftine ; & enfin
aprés que les repliques eurent
efté achevées dans la
huitiéme Audience une
neufiéme termina la difficulté.
Elle fut dignement occupée
par le plaidoyé de MCorberon
, Procureur Genéral
, au milieu d'une foule
extraordinaire de Perfonnes
de tousSexes & de tousEtats .
Il feroit inutile de vous parler
de la netteté & de la force
de fon expreſſion , puis qu'il
ne peut rien fortir duConfeil
que d'achevé , & qu'aprés y
avoir porté avec fuccez la
GALANT. 187
i parole pour le Roy , on eft
toûjours affeuré de paroiftre
ailleurs avec éclat. Auffi la
Courfuivant fesConclufions
ordonna le fecond du dernier
mois,que faifat droit fur l'ln.
tervention du Chapitre de
Remiremót, il feroit mainte--
nu dás le pouvoir d'élire une
Secrete ; & que fans avoir
égard à la Bulle de Madame
la Princeffe Chriftine , ny à
l'Election prétendue faite
de fa . Perfonne , non plus
qu'aux deux autres Elections
pareillement prétendues faites
de la Perfonne de Mada--
Qij
188 MERCURE
me de Medavy ,il feroit procedé
le
15.
de Juillet à une
nouvelle Election d'une Secrette
en la maniere ordinai
re.Cette Electió fe fit de nouveau
ce jour là 15. de l'autre
mois en faveur de Madame
de Médavy, qui joint à une Illuftre
naiſſance un efprit des
plus éclairez , & une vertu
des plus confommées . Elle
eft Fille de Meffire Guillaume
de Rouxel de Médavy,
Comte de Marey , Frere de
feu M. le Maréchal de Grancey
, & de M. l'Archevefque
de Rouen d'aujour
GALANT. 189
d'huy , & de Dame Marie
d'Achey , Fille d'Antoine
d'Achey , Gouverneur de
la Ville de Dole . Ce Comte
de Marey , Maréchal
des Camps & Armées du
Roy mourut affez jeu,
ne ,
8
d'une bleffeure receuë
au Combat de Briare en
1652 .. M. le Comte de Médavy
marié depuis peu à Mademoiſelle
de Maulévrier
Colbert , eft Neveu à la mode
de Bretagne de Madame
de Médavy , Secrette de Remiremont.
M. le Comte de
Marey tué en Candie en
190 MERCURE
1
1668. eftoit fon Frere . L'Illu
ftre College , Chapitre &
Abbaye de Remiront eft
auffi ancien que fingulier.
Plus de cinquante Dames .
s'y trouvent encore aujour--
d'huy , toutes de tres - grande
qualité. On n'y peut en..
trer qu'aprés avoir fait les
mefmes preuves de Noblef
fe que font Ms les Comtes :
de S. Jean de Lyon ; auffi
donne -t'on à ces Dames le:
Titre de Chanoineffes Comteffes
de Remiremont , quii
eft une petite Ville des .
Montagnes de la Vauge fur.
GALANT. 191
ου la Riviere de Mozelle ,
le dernier Tremblement de
terre fit tant de ravage . Cette
Abbaye reconnoiſt pour
Fondateur Romaric Comte
d'Avent , qui eftoit l'un des
principaux Seigneurs de la
Cour du Roy de Mets . Il fe
dépouilla de fon Comté , &
de tous fes autres biens en
faveur de cét établiſſement,
au commencement du fixiéme
Siecle . Ces Dames Chanoineffes
Comteffes ne font
point de Voeux folemnels , à
la réſerve de l'Abbeffe . Elles
peuvent ſe marier quand
192 MERCURE
bon leur femble , & poffeder
tous leurs biens en propre,.
de mefme que fi elles n'avoient
jamais quitté la Maifon
de leurs Parens. Elles
ont droit aprés quelques an
nées de prendre chez elles
une ou plufieurs Dames de
tous âges , qu'elles appellent
Niéces de Prébende , &
qui attendent des places vacantes
. Les unes ny les autres
ne portent point d'habits
différens des Dames du :
monde , fi ce n'eft au Chour
où elles chantent , & paroiffent
comme nos Chanoines
Seculiers..
GALANT. 191
Seculiers. Un long Manteau
traînant couvre leurs
épaules , & ce Manteau ſe
nouë par devant . Les Di
gnitez , qui font l'Abbeffe,
la Doyenne & la Secrette,
portent outre cela ce qu'-
elles appellent le grand
Couvrechef. C'est une efpece
de Voile de toile empefée
, qui s'attache avec
leurs Coifes. Il prend derriere
la tefte , & pend juſ
qu'à terre. L'Abbeffe ajoûte.
à cela une bordure d'Hermine
à fon Manteau , à fa
Jupe , & aux coûtures de fon
Aoust 1685.
R
194 MERCURE
Corps , avec une Croix dé
Diamans penduë au col , &
la Croffe auprés d'elle dans
fon Trône . Il y a dans le
Pays , & mefme dans la Ville
de Mets quelques Maifons
de Dames d'Eglife,
( c'eſt ainſi qu'on les "appelle
) qui font de ce caractere.
Elles vont en Proceffion de
leurs Eglifes à celle de Saint
Eftienne , Cathedrale de
Mets , le jour de la Feſte , &
aprés avoir chanté en arrivant
un Motet au Pulpitre,
elles fe retirent dans une
Chapelle particuliere , d'où
GALANT. 195
elles ne fortent que lors que
la grande Meffe eft achevée
; ce qui eftant fait , elles
s'en retournent chez elles
dans le mefme ordre. La
derniere fois que cette Proceffion
fe fit , qui fut le troifiéme
de ce mois Fefte de
l'Invention dé Saint Eftienne;
une des plus groffes Clo
ches tomba fur les trois heures
aprés midy fans fe caffer,
ny faire aucun autre mal
que de rompre deux Planchers
, & s'enfoncer dans
le dernier , qui touche la
voûte de l'un des Collateraux
.
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6
p. 278-296
Chapitre general de Cluny. [titre d'après la table]
Début :
Je ne vous ay point parlé du Chapitre general qui [...]
Mots clefs :
Abbaye, Chapitre, Cluny, Cardinal, Église, Ordre, Pape, Messe, Saints, Délibérations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Chapitre general de Cluny. [titre d'après la table]
Je ne vous ay point parlé
GALANT. 279
du Chapitre general qui a
efté tenu depuis deux mois
dans l'Abbaye de Cluny , parce
que les circonstances ne
in'en eftoient pas connuës.
Cette Abbaye a efté fondée
en 910. par Guillaume Duc
d'Aquitaine. Les Monaſteres
qui s'y foûmirent en meſme
temps , attirez par la fainteté
de cette Maiſon , formerent
prefque auffi- toft une Congregation
, qui fut la premiere
de l'Ordre de Saint Benoiſt.
Cette Congregation a
efté le foûtien de l'Egliſe pendant
deux cens ans , & luy a
280 MERCURE
fourny quatre Papes, & une
infinité de grands Hommes.
Elle avoit commencé à déchoir
du temps de Saint Bernard
, & depuis on a fait de
temps en temps divers efforts
pour luy rendre ſon premier
luftre , mais on peut dire que
ç'a efté inutilement . Le defaut
de Chapitres generaux,
fur tout dans ces derniers
temps , a efté en partie cauſe
de ce relâchement. C'eft ce
qui obligea le Roy , toûjours
fenfible aux maux de l'Eglife,
& toûjours appliqué à y procurer
les remedes , d'en faire
GALANT. 281
tenir deux à Paris en 1676. &
1678. pendant la vacance de
l'Abbaye de Cluny . Dans ces
deux Chapitres , on fit de fa
ges Reglemens , qui nean
moins n'ont pas eu tout le
fuccés que l'on s'en eftoit
promis, quelque zele & quelque
application qu'ayent eu
pour cela les Commiffaires
que le Roy avoit nommez
pour y affifter de fa part.
M' le Cardinal de Bouillon
ayant efté depuis élû Abbé
de cette Abbaye , & par là
eftant devenu Chef , Superieur
, & General Admini-
Decembre 1685. A a
282 MERCURE
ftrateur de tout l'Ordre , a
crû ne pouvoir mieux commencer
fon Adminiſtratinn ,
que par la tenuë d'un autre
Chapitre , dans lequel on
puft prendre les mesures neceffaires
pour entrer en execution
des Reglemens des
deux précedens , en former
de nouveaux , s'il eftoit befoin
, & enfin parvenir à une
fainte Reformation . I le
convoqua au Dimanche 21.
du mois d'Octobre dernier,
dans l'Abbaye de Cluny , où
l'on ne s'eftoit point affemblé
en corps de Chapitre de
GALANT. 283
puis celuy que Dom Claude
de Gurfe Abbé Regulier de
cette Abbaye , tint en 1600 .
Plufieurs Abbez, Prieurs, Officiers
, & autres Religieux
de cet Ordre ', fe rendirent
de toutes les Provinces du
Royaume , à cette Affemblée,
dont l'ouverture
fe fit par une
Meffe du Saint Efprit , folemnellement
celebrée par ce
Cardinal , en habits Pontifi
caux .
Tous les Religieux , mefmet
les Preftres , communierent
de fa main , aprés s'eftre donnez
le baifer de paix les uns
A a ij
284 MERCURE
aux autres , & avoir porté à
l'Offrande le Pain dont ils
devoient communier. Le
Chantre prefenta le Vin en
ceremonie. Tous les Officiers
de l'Autel communierent
auffi fous l'efpece du Vin ,
fuivant le premier ufage de
l'Eglife , qui a toûjours con
tinué dans ce celebre Monaftere
; ce qui peut eftre de
quelque edification pour les
nouveaux Convertis , qui doivent
connoiftre & eftre convaincus
par
glife eft éloignée d'avoir pour
l'ufage de la Coupe , les fen
là combien l'EGALANT.
285
timens que luy imputent les
Miniftres Proteftans , puifque
quelques raifons qu'ait
eues le Concile de Trente de
déclarer qu'elle n'erre point,
quand elle ne donne aux
Laïques la Communion que
fous l'efpece du pain , on
voit bien neanmoins qu'elle
veut bien conſerver toûjours
en quelques Eglifes l'ufage
de la donner encore fous
celle du vin .
Aprés la Meffe M' le Cardinal
de Bouillon , revêtu de
fa Chappe rouge , paffa par le
milieu du Choeur , où tous les
286 MERCURE
Religieux l'attendoient , &
alla au Chapitre fuivy premierement
des fix Enfans de
Choeur , puis des Abbez &
de Prieurs, & enfin de tous les
Religieux . Là un Religieux
du Monaftere fit un Difcours
en Latin , qui futfuivy
d'un autre de ce Cardinal,
dans lequel il fit connoiſtre
avec beaucoup d'éloquence
& de pieté le relachement
où la Difcipline de l'Ordre
eftoit tombée , témoignant
fa douleur de l'état où il le
voyoit , & empruntant pour
l'exprimer , les paroles des
GALANT. 287
Prophetes , lors qu'ils déplo
rent la ruïne & la défolation
e de Jerufalem ce qu'il fit
>
d'une maniere vive & touchante
, ayant exhorté enfuite
avec beaucoup de force
tous les Religieux à rentrer
dans la pureté de la Regle
de Saint Benoift , & à reprendre
l'efprit & les Inftitutions.
primitives de cét Ordre , autrefois
la gloire & la ſplendeur
de l'eftat Monaftique ,
ainfi que la joye & l'édification
de toute l'Eglife . On
lût enfuite les Noms des Définiteurs
du Chapitre prece288
MERCURE
dent , qui fortirent en meſme
temps avec M ' le Cardinal
de Bouillon , fuivy des
fix Enfans pour aller dans le
Définitoire , afin d'y élire de
nouveaux Définiteurs ; &
fit
pendant ce temps on lût les
noms des Religieux de l'Ordre
qui eftoient morts depuis
le dernier Chapitre , & on
pour eux les Prieres ordinaires
. M' le Cardinal de
Bouillon acccompagné des
Définiteurs
du Chapitre precedent
, & toûjours fuivy
des Enfans de Choeur , eftant
revenu du Définitoire ,
on
publia
GALANT. 289
publia les nouveaux qu'on
venoit d'élire , & enfuite on
alla au Définitoire , où tout
de monde mangea maigre ;
mefme les Anciens , qui par
un certain mouvement de
pieté , ne voulurent point,
malgré leurs difpenfes, ufer
de viande dans un lieu confa .
cré par l'abſtinence de leurs
Peres , & dans lequel un
contraire ufage n'avoit jamais
encore efte introduit,
à quoy ils furent mefme portez
par l'exemple de M le
Cardinal de Bouillon , qui ſe
trouva auffi- bien qu'eux au
Decembre 1685. Bb
290 MERCURE
Refectoire , où il fit toutes
les fonctions , ayant dit le
Benedicite & les Graces que
l'on finit dans le Chapitre ,
où l'on alla au fortir du Refectoire
, en chantant le Mi
ferere. L'aprés-midy les nouveaux
Définiteurs s'affemblerent
pour la premiere fois ,
& éleurent les Officiers du
Chapitre , fçavoir deux Secretaires
pris du nombre
meſme des Définiteurs , deux
Auditeurs des Cauſes , deux
Auditeurs des Excufes , &
deux Portiers . Ces Définiteurs
font au nombre de
GALANT. 291
» quinze , choifis d'entre les
Abbez ou Prieurs de l'Or
dre, ou Officiers de l'Abbaye
de Cluny , & ils agiffent toûjours
comme Déleguez du
Saint Siege , felon les Bulles
des Papes , en forte que tous
les Statuts & tous les Decrets
qu'ils forment pour le Reglement
de la Difcipline de
L'Ordre, font revêtus de l'Authorité
Apoftolique
. Il y en
avoit huit pris du Corps des
Anciens , & fept de celuy des
Reformez ; & à cela prés , il
yaa toûjours eu fort peu de
difference entre les deux Ob.
Bb ij
292 MERCURE
fervances pendant tout le
Chapitre , puifqu'ils ont pris
tous dans l'Eglife , dans le
Chapitre , dans le Refectoire
, & dans les autres lieux
d'Aſſemblée , le rang de leur
Veſture indifferemment , &
fans autre diftinction d'Obfervance
que celle de l'Habit
& de la Tonfure , furquoy
jufques icy on n'a pû
encore établir d'uniformité .
Le Lundy & les deux jours
fuivans , on tint le Définitoire
foir & matin. L'on y
prit plufieurs Déliberations
avantageufes au bien de l'OrGALANT.
293
\ ·
dre ; & entre autres le nouveau
Breviaire de cét Ordre ,
dont le projet avoit efté loüé
& approuvé déja dans les
precedens Chapitres . Il fut
prefenté tout imprimé par
Dom Paul Rabuffon Souf
chambrier de l'Abbaye de
Cluny , & Dom Claude Devers
Tréforier de la mefme
Abbaye , & trouvé conforme
à la Regle de Saint Benoiſt
, à l'efprit de l'Eglife ,
aux Decrets des Conciles ,
aux Capitulaires de nos
Roys , & à l'intention des
Papes , & particulierement
de Paul V. Bb iij
294 MERCURE
Le Jeudy on ne tint point
le
Définitoire , parce que
c'eftoit le jour de la Dedicace
de l'Eglife de Cluny.
Le grand Prieur de l'Abbaye
fit l'Office , & la Meffe fut
celebrée felon les Ceremo
nies de l'Ordre. Le Vendredy
on continua le Définitoire
, & l'on élut le Procureur
General de l'Ordre &
les Vifiteurs des Provinces .
Le Samedy aprés midy on
conclut le Chapitre par la
lecture des Statuts , & par
Benediction que donna M
le Cardinal de Bouillon.
GALANT. 295
Plufieurs Perfonnes des environs
fe font trouvées à
l'Ouverture de ce Chapirre,
entr-autres -M¹ l'Evefque de
Chaalons fur Saone,le Prieur
des Chartreux de Lyon , &
quelques Jefuites de la meſme
Ville , M. l'Abbé de Septfonds
, M' le Doyen de l'Eglife
d'Autun, quelques Chanoines
de Tournus , & M' de
Santeüil Chanoine Regulier
de l'Abbaye de Saint Victor
de Paris , dont les Hymnes
qu'il a composées
pour le
nouveau Breviaire de Cluny,
furent leues dans le Défini-
Bb iiij
296 MERCURE
toire avec reconnoiffance &
avec applaudiffement.
GALANT. 279
du Chapitre general qui a
efté tenu depuis deux mois
dans l'Abbaye de Cluny , parce
que les circonstances ne
in'en eftoient pas connuës.
Cette Abbaye a efté fondée
en 910. par Guillaume Duc
d'Aquitaine. Les Monaſteres
qui s'y foûmirent en meſme
temps , attirez par la fainteté
de cette Maiſon , formerent
prefque auffi- toft une Congregation
, qui fut la premiere
de l'Ordre de Saint Benoiſt.
Cette Congregation a
efté le foûtien de l'Egliſe pendant
deux cens ans , & luy a
280 MERCURE
fourny quatre Papes, & une
infinité de grands Hommes.
Elle avoit commencé à déchoir
du temps de Saint Bernard
, & depuis on a fait de
temps en temps divers efforts
pour luy rendre ſon premier
luftre , mais on peut dire que
ç'a efté inutilement . Le defaut
de Chapitres generaux,
fur tout dans ces derniers
temps , a efté en partie cauſe
de ce relâchement. C'eft ce
qui obligea le Roy , toûjours
fenfible aux maux de l'Eglife,
& toûjours appliqué à y procurer
les remedes , d'en faire
GALANT. 281
tenir deux à Paris en 1676. &
1678. pendant la vacance de
l'Abbaye de Cluny . Dans ces
deux Chapitres , on fit de fa
ges Reglemens , qui nean
moins n'ont pas eu tout le
fuccés que l'on s'en eftoit
promis, quelque zele & quelque
application qu'ayent eu
pour cela les Commiffaires
que le Roy avoit nommez
pour y affifter de fa part.
M' le Cardinal de Bouillon
ayant efté depuis élû Abbé
de cette Abbaye , & par là
eftant devenu Chef , Superieur
, & General Admini-
Decembre 1685. A a
282 MERCURE
ftrateur de tout l'Ordre , a
crû ne pouvoir mieux commencer
fon Adminiſtratinn ,
que par la tenuë d'un autre
Chapitre , dans lequel on
puft prendre les mesures neceffaires
pour entrer en execution
des Reglemens des
deux précedens , en former
de nouveaux , s'il eftoit befoin
, & enfin parvenir à une
fainte Reformation . I le
convoqua au Dimanche 21.
du mois d'Octobre dernier,
dans l'Abbaye de Cluny , où
l'on ne s'eftoit point affemblé
en corps de Chapitre de
GALANT. 283
puis celuy que Dom Claude
de Gurfe Abbé Regulier de
cette Abbaye , tint en 1600 .
Plufieurs Abbez, Prieurs, Officiers
, & autres Religieux
de cet Ordre ', fe rendirent
de toutes les Provinces du
Royaume , à cette Affemblée,
dont l'ouverture
fe fit par une
Meffe du Saint Efprit , folemnellement
celebrée par ce
Cardinal , en habits Pontifi
caux .
Tous les Religieux , mefmet
les Preftres , communierent
de fa main , aprés s'eftre donnez
le baifer de paix les uns
A a ij
284 MERCURE
aux autres , & avoir porté à
l'Offrande le Pain dont ils
devoient communier. Le
Chantre prefenta le Vin en
ceremonie. Tous les Officiers
de l'Autel communierent
auffi fous l'efpece du Vin ,
fuivant le premier ufage de
l'Eglife , qui a toûjours con
tinué dans ce celebre Monaftere
; ce qui peut eftre de
quelque edification pour les
nouveaux Convertis , qui doivent
connoiftre & eftre convaincus
par
glife eft éloignée d'avoir pour
l'ufage de la Coupe , les fen
là combien l'EGALANT.
285
timens que luy imputent les
Miniftres Proteftans , puifque
quelques raifons qu'ait
eues le Concile de Trente de
déclarer qu'elle n'erre point,
quand elle ne donne aux
Laïques la Communion que
fous l'efpece du pain , on
voit bien neanmoins qu'elle
veut bien conſerver toûjours
en quelques Eglifes l'ufage
de la donner encore fous
celle du vin .
Aprés la Meffe M' le Cardinal
de Bouillon , revêtu de
fa Chappe rouge , paffa par le
milieu du Choeur , où tous les
286 MERCURE
Religieux l'attendoient , &
alla au Chapitre fuivy premierement
des fix Enfans de
Choeur , puis des Abbez &
de Prieurs, & enfin de tous les
Religieux . Là un Religieux
du Monaftere fit un Difcours
en Latin , qui futfuivy
d'un autre de ce Cardinal,
dans lequel il fit connoiſtre
avec beaucoup d'éloquence
& de pieté le relachement
où la Difcipline de l'Ordre
eftoit tombée , témoignant
fa douleur de l'état où il le
voyoit , & empruntant pour
l'exprimer , les paroles des
GALANT. 287
Prophetes , lors qu'ils déplo
rent la ruïne & la défolation
e de Jerufalem ce qu'il fit
>
d'une maniere vive & touchante
, ayant exhorté enfuite
avec beaucoup de force
tous les Religieux à rentrer
dans la pureté de la Regle
de Saint Benoift , & à reprendre
l'efprit & les Inftitutions.
primitives de cét Ordre , autrefois
la gloire & la ſplendeur
de l'eftat Monaftique ,
ainfi que la joye & l'édification
de toute l'Eglife . On
lût enfuite les Noms des Définiteurs
du Chapitre prece288
MERCURE
dent , qui fortirent en meſme
temps avec M ' le Cardinal
de Bouillon , fuivy des
fix Enfans pour aller dans le
Définitoire , afin d'y élire de
nouveaux Définiteurs ; &
fit
pendant ce temps on lût les
noms des Religieux de l'Ordre
qui eftoient morts depuis
le dernier Chapitre , & on
pour eux les Prieres ordinaires
. M' le Cardinal de
Bouillon acccompagné des
Définiteurs
du Chapitre precedent
, & toûjours fuivy
des Enfans de Choeur , eftant
revenu du Définitoire ,
on
publia
GALANT. 289
publia les nouveaux qu'on
venoit d'élire , & enfuite on
alla au Définitoire , où tout
de monde mangea maigre ;
mefme les Anciens , qui par
un certain mouvement de
pieté , ne voulurent point,
malgré leurs difpenfes, ufer
de viande dans un lieu confa .
cré par l'abſtinence de leurs
Peres , & dans lequel un
contraire ufage n'avoit jamais
encore efte introduit,
à quoy ils furent mefme portez
par l'exemple de M le
Cardinal de Bouillon , qui ſe
trouva auffi- bien qu'eux au
Decembre 1685. Bb
290 MERCURE
Refectoire , où il fit toutes
les fonctions , ayant dit le
Benedicite & les Graces que
l'on finit dans le Chapitre ,
où l'on alla au fortir du Refectoire
, en chantant le Mi
ferere. L'aprés-midy les nouveaux
Définiteurs s'affemblerent
pour la premiere fois ,
& éleurent les Officiers du
Chapitre , fçavoir deux Secretaires
pris du nombre
meſme des Définiteurs , deux
Auditeurs des Cauſes , deux
Auditeurs des Excufes , &
deux Portiers . Ces Définiteurs
font au nombre de
GALANT. 291
» quinze , choifis d'entre les
Abbez ou Prieurs de l'Or
dre, ou Officiers de l'Abbaye
de Cluny , & ils agiffent toûjours
comme Déleguez du
Saint Siege , felon les Bulles
des Papes , en forte que tous
les Statuts & tous les Decrets
qu'ils forment pour le Reglement
de la Difcipline de
L'Ordre, font revêtus de l'Authorité
Apoftolique
. Il y en
avoit huit pris du Corps des
Anciens , & fept de celuy des
Reformez ; & à cela prés , il
yaa toûjours eu fort peu de
difference entre les deux Ob.
Bb ij
292 MERCURE
fervances pendant tout le
Chapitre , puifqu'ils ont pris
tous dans l'Eglife , dans le
Chapitre , dans le Refectoire
, & dans les autres lieux
d'Aſſemblée , le rang de leur
Veſture indifferemment , &
fans autre diftinction d'Obfervance
que celle de l'Habit
& de la Tonfure , furquoy
jufques icy on n'a pû
encore établir d'uniformité .
Le Lundy & les deux jours
fuivans , on tint le Définitoire
foir & matin. L'on y
prit plufieurs Déliberations
avantageufes au bien de l'OrGALANT.
293
\ ·
dre ; & entre autres le nouveau
Breviaire de cét Ordre ,
dont le projet avoit efté loüé
& approuvé déja dans les
precedens Chapitres . Il fut
prefenté tout imprimé par
Dom Paul Rabuffon Souf
chambrier de l'Abbaye de
Cluny , & Dom Claude Devers
Tréforier de la mefme
Abbaye , & trouvé conforme
à la Regle de Saint Benoiſt
, à l'efprit de l'Eglife ,
aux Decrets des Conciles ,
aux Capitulaires de nos
Roys , & à l'intention des
Papes , & particulierement
de Paul V. Bb iij
294 MERCURE
Le Jeudy on ne tint point
le
Définitoire , parce que
c'eftoit le jour de la Dedicace
de l'Eglife de Cluny.
Le grand Prieur de l'Abbaye
fit l'Office , & la Meffe fut
celebrée felon les Ceremo
nies de l'Ordre. Le Vendredy
on continua le Définitoire
, & l'on élut le Procureur
General de l'Ordre &
les Vifiteurs des Provinces .
Le Samedy aprés midy on
conclut le Chapitre par la
lecture des Statuts , & par
Benediction que donna M
le Cardinal de Bouillon.
GALANT. 295
Plufieurs Perfonnes des environs
fe font trouvées à
l'Ouverture de ce Chapirre,
entr-autres -M¹ l'Evefque de
Chaalons fur Saone,le Prieur
des Chartreux de Lyon , &
quelques Jefuites de la meſme
Ville , M. l'Abbé de Septfonds
, M' le Doyen de l'Eglife
d'Autun, quelques Chanoines
de Tournus , & M' de
Santeüil Chanoine Regulier
de l'Abbaye de Saint Victor
de Paris , dont les Hymnes
qu'il a composées
pour le
nouveau Breviaire de Cluny,
furent leues dans le Défini-
Bb iiij
296 MERCURE
toire avec reconnoiffance &
avec applaudiffement.
Fermer
7
p. 110-118
On trouvera une Description Historique de toutes les Places, dont les noms suivent avec un détail des honneurs que les Ambassadeurs y ont receus, & de tout ce qu'ils y ont vû, fait & dit, qu'on n'a pas jugé à propos de repeter à chaque article de Ville. / Beauvais. [titre d'après la table]
Début :
Le 15. ils dînerent à Tilliar, & coucherent à Beauvais. C'est une [...]
Mots clefs :
Beauvais, Ville, Comté, Fort, Église, Chapitre, Prébendes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : On trouvera une Description Historique de toutes les Places, dont les noms suivent avec un détail des honneurs que les Ambassadeurs y ont receus, & de tout ce qu'ils y ont vû, fait & dit, qu'on n'a pas jugé à propos de repeter à chaque article de Ville. / Beauvais. [titre d'après la table]
Lers.ils dînerent àTilliar,&
coucherét àBeauvais.C'eſtune
Ville fort confiderable ſur le
Therin,dansleGouvernement
de l'Iſle de France, & capitale
du petit Pays dit leBeauvoiſis .
Elle aBaillage,Prefidial &Evêché
, & fut foumiſe aux François
ſous Clovis. Tous les Autheurs
demeurent d'accord
qu'elle n'a jamais eſté priſe.
C'eſt ce qui fait que quelques-
uns la furnomment la
Pucelle. Les Anglois l'atta
desAmb. de Siam. 111
querent inutilement en 1443.
auffi bien que Charles le Temeraire,
dernier Duc deBourgogne
, en 1472. Cette Ville
eft trés- agreable , affez bien
bâtie , & entourée de foſſez
remplis de l'eau de la riviere
de Therin , dont une partie
fert aux Ouvriers qui y font
diverſes Etofes. Les rues en
font grandes & belles , & les
Etrangersy admirent le Marché
, qui paffe pour un des
plus grands &des plus beaux
du Royaume. Le Choeur de
l'Egliſe de S. Pierre ſa Cathe
drale , eſt un ouvrage admi
112 III. P. du Voyage
rable. Cette Egliſe eſt illuftre
par le Trefor des Reliques
qu'elle poſſede, par fa Bibliotheque
, & par ſon Chapitre
composé de fix Dignitez , de
quarante- deux Chanoines, de
fix demy-Prebendez, de quatre
Prebendez, de quatreMarguilleries
,& d'autres Chapelains,
Chantres, &c. Tous ces
Benefices ſont conferez par
l'Evêque. Le Doyen ſeul eſt
éleu par le Chapitre. Il y a
encore dansBeauvais fix Egli
fes Collegiales, treize Paroifſes
, & grand nombre d'autres
Maiſons Ecclefiaftiques&
desAmb. de Siam. 113
Monafteres, avec lesAbbayes
de S. Symphorien , de S. Lucien
& de S. Quentin. Le Palais
Epifcopal eſt trés-fort &
bienbâty. Le Comté de Beauvais
faiſoit autrefois parrie
de celuy de Vermandois, qui
fut uny au Comté deTroyes.
Eude I. Comte de Blois , fut
Pere d'Eude II. qui luy fucceda.
Roger fon cadet fut
Evêque de Beauvais en 996.
Il avoit eu Sancerre en Berry
pour fa part de l'heritage de
La Maiſon , & il l'échangea
avec ſon Frere pour leComté
de Beauvais, qu'il donna àfon
K
114 III. P. duVoyage
Eglife. Ainsi l'Eveſque decetteVille
eſt le veritable Comte
Patrimonial de Beauvais , &
en cette qualité il eſt le premier
des Comtes Pairs Eccle
fiaftiques , & Seigneur temporel
& fpirituel de la Ville
&du Domaine du Comré.
Toute la Bourgeoific eftoit
ſous les armes lorſque lesAm
baffadeursy entrerent , & fitoſt
qu'ils furent arrivez , ils
receurent les complimens &
les Prefens ordinaires. L'empreffement
fut grand pour les
voir fouper, & les plus belles
perfonnes de laVille s'en ef
}
des Amb. de Siam. 115
:
1
tant fait un plaifir, lesAmbaſſadeurs
s'en firent auſſi un
de les regaler de ce que lear
deſſert avoit de plus beau, &
de leur faire des honneſtetez .
Le lendemain 16. Mr de
Menars Intendant de Juſtice,
vint leur faire compliment.
Ils furent ravis de le voir,
non ſeulement à cauſe du
rang qu'il tient , & du merite
de fa perſonne , dont ils
avoient entendu parler ; mais
auſſi parcequ'il eſt parent de
Mª de Seignelay, tout ce qui
regarde eette Famille eftant
d'une grande confideration
Kij
116 III . P. du Voyage
auprés d'eux. Ils allerent enfuite
à l'Egliſe Cathedrale ,
où ils furent receus & complimentez
par le Chapitre afſemblé
, qui leur parut fort
nombreux, & dont ils furent
extrémement fatisfaits ; ce
qu'ils marquerent dans la réponſe
& dans les remercîmens
qu'ils luy firent. Ils virent
toute l'Eglife , & entrerent
dans le Choeur, qui leur
parut d'une trés-grande beauté.
Au fortir de l'Eglife , ils
trouverent les Grenadiers du
Roy, qu'ils avoient vûs le jour
precedent, lorſqu'ils estoient
des Amb. de Siam. 117
entrez dans la Ville. M Riotot
qui les commande , les
avoit fait monter à cheval,
& eſtoit à leur teſte. Il leur
fit faire des choſes que ceux
qui ne les avoient pas encore
vûës , avoient juſque-là crûës
impoſſibles , puiſque toutes
lleess éévvoolluuttiioonnss&tous lesmou.
vemens que l'Infanterie la
plus adroite & la mieux exercée
peut faire , ils les firent
à cheval , ainſi que pluſieurs
décharges de fufil ; aprés
quoy ils jetterent quantité
de Grenades . On ne peut
rien adjoûter à l'adreſſe & à
118 III. P. du Voyage
r
l'air tout martial de cette
Compagnie, ny donner trop
de loianges àM Riotot ; &
fi je ne m'étens pas d'avan
tage fur cet article , c'eſt que
je n'en ſçaurois affez dire au
gré de tous ceux qui ont efte
témoins de ce ſpectacle guerrier.
On peut aisément juger
du plaifir qu'yprirent lesAm
baſſadeurs.
coucherét àBeauvais.C'eſtune
Ville fort confiderable ſur le
Therin,dansleGouvernement
de l'Iſle de France, & capitale
du petit Pays dit leBeauvoiſis .
Elle aBaillage,Prefidial &Evêché
, & fut foumiſe aux François
ſous Clovis. Tous les Autheurs
demeurent d'accord
qu'elle n'a jamais eſté priſe.
C'eſt ce qui fait que quelques-
uns la furnomment la
Pucelle. Les Anglois l'atta
desAmb. de Siam. 111
querent inutilement en 1443.
auffi bien que Charles le Temeraire,
dernier Duc deBourgogne
, en 1472. Cette Ville
eft trés- agreable , affez bien
bâtie , & entourée de foſſez
remplis de l'eau de la riviere
de Therin , dont une partie
fert aux Ouvriers qui y font
diverſes Etofes. Les rues en
font grandes & belles , & les
Etrangersy admirent le Marché
, qui paffe pour un des
plus grands &des plus beaux
du Royaume. Le Choeur de
l'Egliſe de S. Pierre ſa Cathe
drale , eſt un ouvrage admi
112 III. P. du Voyage
rable. Cette Egliſe eſt illuftre
par le Trefor des Reliques
qu'elle poſſede, par fa Bibliotheque
, & par ſon Chapitre
composé de fix Dignitez , de
quarante- deux Chanoines, de
fix demy-Prebendez, de quatre
Prebendez, de quatreMarguilleries
,& d'autres Chapelains,
Chantres, &c. Tous ces
Benefices ſont conferez par
l'Evêque. Le Doyen ſeul eſt
éleu par le Chapitre. Il y a
encore dansBeauvais fix Egli
fes Collegiales, treize Paroifſes
, & grand nombre d'autres
Maiſons Ecclefiaftiques&
desAmb. de Siam. 113
Monafteres, avec lesAbbayes
de S. Symphorien , de S. Lucien
& de S. Quentin. Le Palais
Epifcopal eſt trés-fort &
bienbâty. Le Comté de Beauvais
faiſoit autrefois parrie
de celuy de Vermandois, qui
fut uny au Comté deTroyes.
Eude I. Comte de Blois , fut
Pere d'Eude II. qui luy fucceda.
Roger fon cadet fut
Evêque de Beauvais en 996.
Il avoit eu Sancerre en Berry
pour fa part de l'heritage de
La Maiſon , & il l'échangea
avec ſon Frere pour leComté
de Beauvais, qu'il donna àfon
K
114 III. P. duVoyage
Eglife. Ainsi l'Eveſque decetteVille
eſt le veritable Comte
Patrimonial de Beauvais , &
en cette qualité il eſt le premier
des Comtes Pairs Eccle
fiaftiques , & Seigneur temporel
& fpirituel de la Ville
&du Domaine du Comré.
Toute la Bourgeoific eftoit
ſous les armes lorſque lesAm
baffadeursy entrerent , & fitoſt
qu'ils furent arrivez , ils
receurent les complimens &
les Prefens ordinaires. L'empreffement
fut grand pour les
voir fouper, & les plus belles
perfonnes de laVille s'en ef
}
des Amb. de Siam. 115
:
1
tant fait un plaifir, lesAmbaſſadeurs
s'en firent auſſi un
de les regaler de ce que lear
deſſert avoit de plus beau, &
de leur faire des honneſtetez .
Le lendemain 16. Mr de
Menars Intendant de Juſtice,
vint leur faire compliment.
Ils furent ravis de le voir,
non ſeulement à cauſe du
rang qu'il tient , & du merite
de fa perſonne , dont ils
avoient entendu parler ; mais
auſſi parcequ'il eſt parent de
Mª de Seignelay, tout ce qui
regarde eette Famille eftant
d'une grande confideration
Kij
116 III . P. du Voyage
auprés d'eux. Ils allerent enfuite
à l'Egliſe Cathedrale ,
où ils furent receus & complimentez
par le Chapitre afſemblé
, qui leur parut fort
nombreux, & dont ils furent
extrémement fatisfaits ; ce
qu'ils marquerent dans la réponſe
& dans les remercîmens
qu'ils luy firent. Ils virent
toute l'Eglife , & entrerent
dans le Choeur, qui leur
parut d'une trés-grande beauté.
Au fortir de l'Eglife , ils
trouverent les Grenadiers du
Roy, qu'ils avoient vûs le jour
precedent, lorſqu'ils estoient
des Amb. de Siam. 117
entrez dans la Ville. M Riotot
qui les commande , les
avoit fait monter à cheval,
& eſtoit à leur teſte. Il leur
fit faire des choſes que ceux
qui ne les avoient pas encore
vûës , avoient juſque-là crûës
impoſſibles , puiſque toutes
lleess éévvoolluuttiioonnss&tous lesmou.
vemens que l'Infanterie la
plus adroite & la mieux exercée
peut faire , ils les firent
à cheval , ainſi que pluſieurs
décharges de fufil ; aprés
quoy ils jetterent quantité
de Grenades . On ne peut
rien adjoûter à l'adreſſe & à
118 III. P. du Voyage
r
l'air tout martial de cette
Compagnie, ny donner trop
de loianges àM Riotot ; &
fi je ne m'étens pas d'avan
tage fur cet article , c'eſt que
je n'en ſçaurois affez dire au
gré de tous ceux qui ont efte
témoins de ce ſpectacle guerrier.
On peut aisément juger
du plaifir qu'yprirent lesAm
baſſadeurs.
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Résumé : On trouvera une Description Historique de toutes les Places, dont les noms suivent avec un détail des honneurs que les Ambassadeurs y ont receus, & de tout ce qu'ils y ont vû, fait & dit, qu'on n'a pas jugé à propos de repeter à chaque article de Ville. / Beauvais. [titre d'après la table]
Le texte relate une visite à Beauvais, une ville située sur la rivière Therin, dans le Gouvernement de l'Isle de France et capitale du Beauvoisis. Beauvais est une ville importante dotée d'un Baillage, d'un Prévôt et d'un Évêché. Elle a été soumise aux Français sous le règne de Clovis et n'a jamais été conquise, ce qui lui a valu le surnom de 'Pucelle'. La ville a résisté à des attaques des Anglais en 1443 et de Charles le Téméraire en 1472. Beauvais est agréable, bien construite et entourée de fossés remplis d'eau. Elle est renommée pour son marché, l'un des plus grands et des plus beaux du royaume, ainsi que pour sa cathédrale Saint-Pierre, riche en reliques et en manuscrits. La ville compte également plusieurs églises collégiales, paroisses et monastères. Le comté de Beauvais était autrefois lié au comté de Vermandois et de Troyes. En 996, Roger, évêque de Beauvais, a échangé des terres pour obtenir le comté, qui est ainsi devenu patrimonial de l'évêché. Lors de la visite des ambassadeurs de Siam, la bourgeoisie était en armes et les ambassadeurs ont été reçus avec des compliments et des présents. Ils ont visité la cathédrale et ont été impressionnés par les grenadiers du roi, qui ont démontré leurs compétences militaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
8
p. 1-13
Les Ambassadeurs vont à l'Abbaye de Dénin. Description de cette Abbaye, & ce qui s'y passe. [titre d'après la table]
Début :
J'AY finy la troisiéme Partie du Voyage des Ambassadeurs [...]
Mots clefs :
Abbaye de Denain, Chanoinesses, Roi, Dames, Abbesse, Habits, Chapitre, Toile, Corps, Gouverneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Les Ambassadeurs vont à l'Abbaye de Dénin. Description de cette Abbaye, & ce qui s'y passe. [titre d'après la table]
de Valenciennes.
Comme M² de Ma
A
2 IV. P. du Voyage
galotti , Gouverneur de cette
Place , leur avoit parlé des
Chanoineſſes de Denin , qui
ſont ſur le chemin de Doüay
où ils alloient , ils s'arreſterent
à cette Abbaye pour les
voir. Le Chapitre de Denin
a eſté fondé par Saint Aldebert
Comte d'Oftre-van , &
Sainte Reine ſa Femme , qui
eſtoit Niepce du Roy Pepin.
Ils eurent dix filles qui toutes
ont eſté canoniſées. L'ainée
nommée Renfroye a eſté la
premiere Abbeffe , & eft Patronne
de Denin. Ils donnerent
tous leurs biens à leurs
des Amb. de Siam. 3
filles , qui furent les premieres
Chanoineſſes , mais dans la
ſuitte du temps , on a perdu
une partie du bien , & la Souveraineté
du Comté d'Oftrevan
qui eſt au Roy , comme
Cotede Hainaut. Les Chanoineſſes
confervent ſeulement le
titre de Comteſſes d'Oſtrevan.
LeChapitre eſt compoféde 18.
Dames Chanoineſſes. Il n'y a
preſentement que 14. places
remplies par Meſd. de Tenre
monde , de Marq, de la Pierre,
de la Hamet , de Merigny , de
Bouvigny,de Nedonchel,de la
Sies , de Mache ,de Naudion,
Aij
4 IV P. du Voyage
de Lans , de Vaudregrac , de
Pergues -Vignacourt , & du
Bellay. Il n'y a que cette derniere
qui ſoit Françoiſe. Les
autres font des meilleures
Maiſons des Païs-bas & de
Picardie , & elles font toutes
preuve de Nobleſſe de 8. quartiers
, avec beaucoup plus d'exactitude
que les Chevaliers
de Malthe . Les quatre autres
places font vacantes. Le Service
ſe fait avec une entiere
regularité , & l'on y dit l'Office
Romain. Les habits des
Chanoineſſes font blancs, une
jupe blanche , avec une bordes
Amb. de Siam. 5
dure de petit gris en bas , un
furplis de toile fine , dont les
manehes &le corps font faits
comme des corps de robe ,
bordé de velours noir , & un
grandmanteau doublé d'Hermine
toute blanche ; celuy de
l'Abbeſſe eſt moucheté . Elles
ont deux voiles de gaze blanche,
mais eftroits& plus courts
que
que ceux des Religieuſes des
Convents , & un petit couvrechef.
Tous les voiles font
d'une toile claire & empefée,
qui fait comme une maniere
de couronne. Les jours de Feftes
folemnelles , elles portent
A iij
6 IV. P. du Voyage
de grandes manches auffi longues
& larges que celles de
P'habit de S.Benoiſt. Chacune
eft coëffée ſous ſon voile comme
il luy plaiſt , mais fans rubans
; elles ont de petits mouchoirs
de toile de ſoye. Il n'y
a point preſentement d'Abbeffe,
& le Roy par des confiderations
particulieres , a
conſenty que les Dames ne
procedaſſent à aucune élection.
Le revenu qui appartient
à l'Abbeffe , doit eftre
employé à payer les dettes qui
ont eſté faites pendant les
Guerres. Quand l'Abbeſſe eſt
des Amb. de Siam. 7
morte , & qu'il en faut élire
une nouvelle , c'eſt toûjours
une des Dames de la maiſon .
L'Intendant & le Gouverneur
de la Province ſe doivent
trouver à l'élection . Chaque
Chanoineſſe a trois voix qu'elle
donne à qui elle veut. On
en élit trois , & le Roy choifit
celle qu'il luy plaift. Elle
ne fait aucun voeu non ,plus
que les autres Chanoineſſes.
Lors qu'elles viennent à ſemarier
, elles ne font que remerqu'on
leur a fait. Les mariacier
le Chapitre de l'honneur
ges ne ſe font jamais dans la
Aiiij
8 IV. P. du Voyage
Maiſon. Quand ces Dames
font leurs preuves , on fait jurer
dans l'Egliſe un Gentilhomme
que les quartiers de
la nouvelle Chanoineſſe ſont
nobles , & qu'il les connoiſt ,
aprés quoy elle ſe met à genoux
,& demande pour l'amour
de Dieu , de la Vierge ,
& de Sainte Remfroye , le
pain de la Maiſon qu'on luy
accorde , & on luy met deux
grands pains entre les mains
qu'elle fait diftribuer
Pauvres . Les Dames font
quatre années d'école aprés
leur reception. C'eſt ce qu'on
aux
A
des Amb. de Siam. 9
appelle faire Rigoureuse dans
lesChapitres d'Hommes.Pendant
ces quatre ans , elles ne
peuvent ny manquer au
Choeur , ny fortir la Maiſon.
Aprés cela elles ont deux mois
tous les ans à s'aller promener.
Les jeunes Chanoineſſes demeurent
chez les Anciennes ,
que l'on appelle Aînées , &
leur payent penſion. Il y en a
quatre qui prennent connoifſance
des affaires , & auſquelles
l'on s'adreſſe quand il n'y
a pas d'Abbeffe . Čes Chanoineffes
qui ſortoient de l'Office,
receurent en Corps les
10 IV. P. du Voyage
Ambaſſadeurs à la porte de
leur Convent ; la nouveauté
de leurs habits les ſurprit d'abord.
On les conduifit dans la
maiſon de la plus ancienne ,
où ils confidererent fort ces
habits qui ont quelque chofe
de tres-agreable & de tres
majestueux. Ils dirent qu'ils
n'en avoient point encore veu de
plus beaux , & que les habits
blancs convenoient mieux aux
Dames que ceux de toute autre
couleur , enfin ce blanc leur
plût tout-à-fait , parce que
leur Talapoins font veſtus de
blanc. On leur expliqua tou
des Amb. de Siam. 11
tes les regles de ce Convent
qu'ils trouverent fort commodes.
Ils dirent que ces Chanoineſſes
avoient des avantages
bien plus confiderables que les autres
Religieuses , & que si elles
estoient en leur Pais , elles feroient
mariées ſi-toſt qu'elles auroient
l'âge ou le mariage ſe permet.
Ces Chanoineſſes voulurent
les regaler , mais ils ne
prirent que du Thé, parce que
l'heure de leur dîner approchoit.
Ils s'arrêterent pour cet
effetà unVillage nomé Creon,
où le Maiſtre d'Hoſtel qui a
foin de leur Table , les ſervir
12 IV. P du Voyage
à l'ordinaire, c'eſt à dire qu'ils
y trouverent un repas auffi
ſomptueux que dans les meilleures
Villes. On prit enſuite
le chemin de Doüay. C'eſt
une Ville trés-forte ſur la riviere
de Scarpe. On croit
qu'elle estoit la Capitale du
Pays des Cattuaques , dont
parle Cefar dans ſes Commentaires
; & qu'Aſcanalde,
Officier du RoyClovis,y fonda
l'Egliſe de Noftre- Dame,
dans le cinquiéme fiecle. Elle.
a deux Collegiales . Il y aUniverſité
, qui y fut fondée en
1563. par Philippes II. Roy
des Anb. de Siam. 13
d'Eſpagne, à l'inſtance du Pape
Pie IV. Le Roy la prit en
1667. & elle luy fut cedée l'année
ſuivante par laPaix d'Aixla-
Chapelle.
Comme M² de Ma
A
2 IV. P. du Voyage
galotti , Gouverneur de cette
Place , leur avoit parlé des
Chanoineſſes de Denin , qui
ſont ſur le chemin de Doüay
où ils alloient , ils s'arreſterent
à cette Abbaye pour les
voir. Le Chapitre de Denin
a eſté fondé par Saint Aldebert
Comte d'Oftre-van , &
Sainte Reine ſa Femme , qui
eſtoit Niepce du Roy Pepin.
Ils eurent dix filles qui toutes
ont eſté canoniſées. L'ainée
nommée Renfroye a eſté la
premiere Abbeffe , & eft Patronne
de Denin. Ils donnerent
tous leurs biens à leurs
des Amb. de Siam. 3
filles , qui furent les premieres
Chanoineſſes , mais dans la
ſuitte du temps , on a perdu
une partie du bien , & la Souveraineté
du Comté d'Oftrevan
qui eſt au Roy , comme
Cotede Hainaut. Les Chanoineſſes
confervent ſeulement le
titre de Comteſſes d'Oſtrevan.
LeChapitre eſt compoféde 18.
Dames Chanoineſſes. Il n'y a
preſentement que 14. places
remplies par Meſd. de Tenre
monde , de Marq, de la Pierre,
de la Hamet , de Merigny , de
Bouvigny,de Nedonchel,de la
Sies , de Mache ,de Naudion,
Aij
4 IV P. du Voyage
de Lans , de Vaudregrac , de
Pergues -Vignacourt , & du
Bellay. Il n'y a que cette derniere
qui ſoit Françoiſe. Les
autres font des meilleures
Maiſons des Païs-bas & de
Picardie , & elles font toutes
preuve de Nobleſſe de 8. quartiers
, avec beaucoup plus d'exactitude
que les Chevaliers
de Malthe . Les quatre autres
places font vacantes. Le Service
ſe fait avec une entiere
regularité , & l'on y dit l'Office
Romain. Les habits des
Chanoineſſes font blancs, une
jupe blanche , avec une bordes
Amb. de Siam. 5
dure de petit gris en bas , un
furplis de toile fine , dont les
manehes &le corps font faits
comme des corps de robe ,
bordé de velours noir , & un
grandmanteau doublé d'Hermine
toute blanche ; celuy de
l'Abbeſſe eſt moucheté . Elles
ont deux voiles de gaze blanche,
mais eftroits& plus courts
que
que ceux des Religieuſes des
Convents , & un petit couvrechef.
Tous les voiles font
d'une toile claire & empefée,
qui fait comme une maniere
de couronne. Les jours de Feftes
folemnelles , elles portent
A iij
6 IV. P. du Voyage
de grandes manches auffi longues
& larges que celles de
P'habit de S.Benoiſt. Chacune
eft coëffée ſous ſon voile comme
il luy plaiſt , mais fans rubans
; elles ont de petits mouchoirs
de toile de ſoye. Il n'y
a point preſentement d'Abbeffe,
& le Roy par des confiderations
particulieres , a
conſenty que les Dames ne
procedaſſent à aucune élection.
Le revenu qui appartient
à l'Abbeffe , doit eftre
employé à payer les dettes qui
ont eſté faites pendant les
Guerres. Quand l'Abbeſſe eſt
des Amb. de Siam. 7
morte , & qu'il en faut élire
une nouvelle , c'eſt toûjours
une des Dames de la maiſon .
L'Intendant & le Gouverneur
de la Province ſe doivent
trouver à l'élection . Chaque
Chanoineſſe a trois voix qu'elle
donne à qui elle veut. On
en élit trois , & le Roy choifit
celle qu'il luy plaift. Elle
ne fait aucun voeu non ,plus
que les autres Chanoineſſes.
Lors qu'elles viennent à ſemarier
, elles ne font que remerqu'on
leur a fait. Les mariacier
le Chapitre de l'honneur
ges ne ſe font jamais dans la
Aiiij
8 IV. P. du Voyage
Maiſon. Quand ces Dames
font leurs preuves , on fait jurer
dans l'Egliſe un Gentilhomme
que les quartiers de
la nouvelle Chanoineſſe ſont
nobles , & qu'il les connoiſt ,
aprés quoy elle ſe met à genoux
,& demande pour l'amour
de Dieu , de la Vierge ,
& de Sainte Remfroye , le
pain de la Maiſon qu'on luy
accorde , & on luy met deux
grands pains entre les mains
qu'elle fait diftribuer
Pauvres . Les Dames font
quatre années d'école aprés
leur reception. C'eſt ce qu'on
aux
A
des Amb. de Siam. 9
appelle faire Rigoureuse dans
lesChapitres d'Hommes.Pendant
ces quatre ans , elles ne
peuvent ny manquer au
Choeur , ny fortir la Maiſon.
Aprés cela elles ont deux mois
tous les ans à s'aller promener.
Les jeunes Chanoineſſes demeurent
chez les Anciennes ,
que l'on appelle Aînées , &
leur payent penſion. Il y en a
quatre qui prennent connoifſance
des affaires , & auſquelles
l'on s'adreſſe quand il n'y
a pas d'Abbeffe . Čes Chanoineffes
qui ſortoient de l'Office,
receurent en Corps les
10 IV. P. du Voyage
Ambaſſadeurs à la porte de
leur Convent ; la nouveauté
de leurs habits les ſurprit d'abord.
On les conduifit dans la
maiſon de la plus ancienne ,
où ils confidererent fort ces
habits qui ont quelque chofe
de tres-agreable & de tres
majestueux. Ils dirent qu'ils
n'en avoient point encore veu de
plus beaux , & que les habits
blancs convenoient mieux aux
Dames que ceux de toute autre
couleur , enfin ce blanc leur
plût tout-à-fait , parce que
leur Talapoins font veſtus de
blanc. On leur expliqua tou
des Amb. de Siam. 11
tes les regles de ce Convent
qu'ils trouverent fort commodes.
Ils dirent que ces Chanoineſſes
avoient des avantages
bien plus confiderables que les autres
Religieuses , & que si elles
estoient en leur Pais , elles feroient
mariées ſi-toſt qu'elles auroient
l'âge ou le mariage ſe permet.
Ces Chanoineſſes voulurent
les regaler , mais ils ne
prirent que du Thé, parce que
l'heure de leur dîner approchoit.
Ils s'arrêterent pour cet
effetà unVillage nomé Creon,
où le Maiſtre d'Hoſtel qui a
foin de leur Table , les ſervir
12 IV. P du Voyage
à l'ordinaire, c'eſt à dire qu'ils
y trouverent un repas auffi
ſomptueux que dans les meilleures
Villes. On prit enſuite
le chemin de Doüay. C'eſt
une Ville trés-forte ſur la riviere
de Scarpe. On croit
qu'elle estoit la Capitale du
Pays des Cattuaques , dont
parle Cefar dans ſes Commentaires
; & qu'Aſcanalde,
Officier du RoyClovis,y fonda
l'Egliſe de Noftre- Dame,
dans le cinquiéme fiecle. Elle.
a deux Collegiales . Il y aUniverſité
, qui y fut fondée en
1563. par Philippes II. Roy
des Anb. de Siam. 13
d'Eſpagne, à l'inſtance du Pape
Pie IV. Le Roy la prit en
1667. & elle luy fut cedée l'année
ſuivante par laPaix d'Aixla-
Chapelle.
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Résumé : Les Ambassadeurs vont à l'Abbaye de Dénin. Description de cette Abbaye, & ce qui s'y passe. [titre d'après la table]
Le texte décrit la visite des ambassadeurs de Siam à l'abbaye de Denin, située sur le chemin de Douai. Cette abbaye, fondée par Saint Aldebert et Sainte Reine, nièce du roi Pépin, abritait dix religieuses toutes canonisées. La première abbesse, Renfroye, est la patronne de Denin. Les chanoinesses de l'abbaye, au nombre de quatorze, proviennent des meilleures familles des Pays-Bas et de Picardie et doivent prouver une noblesse de huit quartiers. Leur habit est blanc, avec des accessoires spécifiques pour les jours de fêtes solennelles. Actuellement, l'abbaye n'a pas d'abbesse, et le roi a interdit toute élection. Les chanoinesses suivent un régime de vie régulier, incluant des périodes d'école et de promenade. Lors de leur réception, elles doivent prouver leur noblesse et distribuer du pain aux pauvres. Les ambassadeurs furent impressionnés par leurs habits et leurs règles de vie, les trouvant avantageuses comparées à d'autres religieuses. Après leur visite à Denin, les ambassadeurs se rendirent à Douai, une ville forte située sur la rivière Scarpe. Douai est connue pour son université, fondée en 1563 par Philippe II d'Espagne et cédée à la France en 1668.
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9
p. 235-236
« De Paris le 10. Aoust. LE 10. AOUST, Mre Jean [...] »
Début :
De Paris le 10. Aoust. LE 10. AOUST, Mre Jean [...]
Mots clefs :
Bignon, Chapitre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De Paris le 10. Aoust. LE 10. AOUST, Mre Jean [...] »
De Parule10, Aoufl.
LE10 A OUST, Mre
Jean Paul Bignon, Abbé
deS. Quentin, Conseiller -
d'Estat ordinaire, a fr
possession du Doyenne de
S. Germain l'Auxerrois
5
vacant par lamort de Mr
l'Abbé Chapellier.
Le Mardy ti. Juillet,
le Chapitre s'estantassemblépourélireun
nouveau
Doyen,Mr l'Abbé Bignon
a ete él1ûA .
-
Ila eu toutes les voix,
à son élection comme il a
eu à sa reception celles de
tout Paris qui est venu en
foule applaudir au choix
du Chapitre.
LE10 A OUST, Mre
Jean Paul Bignon, Abbé
deS. Quentin, Conseiller -
d'Estat ordinaire, a fr
possession du Doyenne de
S. Germain l'Auxerrois
5
vacant par lamort de Mr
l'Abbé Chapellier.
Le Mardy ti. Juillet,
le Chapitre s'estantassemblépourélireun
nouveau
Doyen,Mr l'Abbé Bignon
a ete él1ûA .
-
Ila eu toutes les voix,
à son élection comme il a
eu à sa reception celles de
tout Paris qui est venu en
foule applaudir au choix
du Chapitre.
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10
p. 67-72
CHAPITRE où je voudrois bien réjoüir.
Début :
Ce seroit un tresor qu'un Chapitre comique qui suspendroit [...]
Mots clefs :
Comique, Jeux de mots, Chapitre, Bas comique, Quinquina
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHAPITRE où je voudrois bien réjoüir.
CHAPITRE
','
oùje voudrois bien P'
1:' réjoüir.
Ce feroit un tresor qu'-
un.Chapirre comique
qui suspendroit à coup
seur le chagrin, comme
le Quinquina suspend la
fièvre. Je vous composeray
pour le mois prochain
une prisede ce Quinquina
pour les chagrins;mais
afin qu'il puisse faire effet
sur tous les temperamens,
il faut faire entrer dans
cette composition toutes
fortes de drogues. Il y entrera
des boufonneries,
des équivoques; des jeux
de mots ; & peut-être du
bas Comique ; du Burlesque
; des Trivelinades;
des Arlequinades.
Il faut de tout cela quelques-
fois pour épanoüir
la Rate, Se le bon comique
ne fait rire que l'efprit.
Le premier Chapitre
de bas comique que je
vous donneray fera peutestre
extrait des plus ferieux
Auteurs Grecs &
Latins; on m'en a promis
bon nombre de traits
& j'enay déjà quelques.
uns,
Ceux d'entre ces Auteurs
anciens quiontdeliberé
des jeux de mots
dans leurs ouvrages, ne
dédaignoient pas apparemment
d'enrire.
Socrate rioit quelquefoisdes
plaisantes injures
que sa femme vomissoit
contre luy, & j'ay connu
un Socrate moderne, qui
par maniere de recreation
estimoit sa femme
jusqu'à l'irriter, parce
qu'elle avoit la colerecomique,
comme certains
yvrognes ont le coeur
gay.
Aprés avoir fait l'Apalogie
du bas comique, je
devrois vous en donner
icy tout du meilleur ;
mais jen'ay rien à present
dans ce genre-là, si ce
n'est une Lettre de jeux
de mots que je n'eusse jamais
osé placer dans un
Livre aussi grave qu'on
prétend que doit estre le
Mercure Galant; mais
je puis tout mettre dans
ce Chapitre-cy., car il est
privilegié: j'y proteste
contre la Critique.
11) Pour autoriser le stile
de la Lettre qui fuit,citons
icy un jeu deiiiotî,
Grec traduit d'un Au-
,
teur grave. Voicy la tra- j
duction dans ces quatre
Vers.
L'Escamoteur Doc/es"
un jourjetta la vûe
SuruneCouped'orqu'avoitLisimacus,
Aujfl-tojl que Docles
l'eutvue,
Lisimacus ne la vitplus..
','
oùje voudrois bien P'
1:' réjoüir.
Ce feroit un tresor qu'-
un.Chapirre comique
qui suspendroit à coup
seur le chagrin, comme
le Quinquina suspend la
fièvre. Je vous composeray
pour le mois prochain
une prisede ce Quinquina
pour les chagrins;mais
afin qu'il puisse faire effet
sur tous les temperamens,
il faut faire entrer dans
cette composition toutes
fortes de drogues. Il y entrera
des boufonneries,
des équivoques; des jeux
de mots ; & peut-être du
bas Comique ; du Burlesque
; des Trivelinades;
des Arlequinades.
Il faut de tout cela quelques-
fois pour épanoüir
la Rate, Se le bon comique
ne fait rire que l'efprit.
Le premier Chapitre
de bas comique que je
vous donneray fera peutestre
extrait des plus ferieux
Auteurs Grecs &
Latins; on m'en a promis
bon nombre de traits
& j'enay déjà quelques.
uns,
Ceux d'entre ces Auteurs
anciens quiontdeliberé
des jeux de mots
dans leurs ouvrages, ne
dédaignoient pas apparemment
d'enrire.
Socrate rioit quelquefoisdes
plaisantes injures
que sa femme vomissoit
contre luy, & j'ay connu
un Socrate moderne, qui
par maniere de recreation
estimoit sa femme
jusqu'à l'irriter, parce
qu'elle avoit la colerecomique,
comme certains
yvrognes ont le coeur
gay.
Aprés avoir fait l'Apalogie
du bas comique, je
devrois vous en donner
icy tout du meilleur ;
mais jen'ay rien à present
dans ce genre-là, si ce
n'est une Lettre de jeux
de mots que je n'eusse jamais
osé placer dans un
Livre aussi grave qu'on
prétend que doit estre le
Mercure Galant; mais
je puis tout mettre dans
ce Chapitre-cy., car il est
privilegié: j'y proteste
contre la Critique.
11) Pour autoriser le stile
de la Lettre qui fuit,citons
icy un jeu deiiiotî,
Grec traduit d'un Au-
,
teur grave. Voicy la tra- j
duction dans ces quatre
Vers.
L'Escamoteur Doc/es"
un jourjetta la vûe
SuruneCouped'orqu'avoitLisimacus,
Aujfl-tojl que Docles
l'eutvue,
Lisimacus ne la vitplus..
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Résumé : CHAPITRE où je voudrois bien réjoüir.
Le texte traite de la création d'un chapitre comique visant à apaiser le chagrin, similaire à l'effet du quinquina sur la fièvre. L'auteur prévoit d'y inclure diverses formes de comique, telles que des bouffonneries, des équivoques, des jeux de mots, du bas comique, du burlesque, des trivelinades et des arlequinades, afin de toucher tous les tempéraments. Le premier chapitre pourrait puiser des traits humoristiques chez les auteurs grecs et latins, qui utilisaient fréquemment des jeux de mots. Par exemple, Socrate riait des injures de sa femme, et un 'Socrate moderne' trouvait du divertissement à irriter sa femme colérique. L'auteur possède une lettre contenant des jeux de mots qu'il pourrait inclure, bien qu'il n'ait pas d'exemple de bas comique à offrir actuellement. Il cite un jeu de mots grec traduit pour justifier le style de cette lettre.
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11
p. 241-266
Dons du Roy.
Début :
Le Roy a nommé l'Evêque de Tournay à l'Archevêché de Toulouse [...]
Mots clefs :
Archevêché de Toulouse, Roi, Diocèse, Paroisses, Chapitre, Missions, Abbaye, Chanoines, Collèges, Évêque de Tournay
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons du Roy.
Dons du Roy.
Le Roy a nommé l'Evêque
de Tournay à l'Archevêché
de Toulouse. Cette
Ville est la Capitale du Languedoc
,elle est située sur la
Garonne
,
qui la divise en
deux parties fort inégales.
Sa Métropolitaine est Saint
Edenne.CetteEglise est considerable
par plusieurs belles
Chapelles.SonChapitre en
composé d'un Prevoit, d'un
grand Archidiacre, d'un Archidiacre
de Laugarais,&de
vingt quatre Chanoines. Le
Diocese avoit autrefois une
grandeétendue:mais depuis
que les Evéchez de Pamiers,
de Saint Papoul
,
de Lombez
& Lavaur, ont este démembrez,
il ne contient que
deux cent cinquante Paroisses
& six Abbayes. Aptes
cette Cathedrale fuitcelle de
Saint Sernin, qui estAbbatiale
,
Collegiale & l'ancien
Mausolée des Comtes de
Toulouse. Saint Sernin suc
le premier Eveque de l'Eglise
de Toulouse, que le Pape
Jean XXII. érigea en Ar
chevêche l'an 1317. luy donnant
pour Suffragans Pamiers,
Montauban, Mirepoix
Lavaur,Rieux, Lombez,
& S. Papoul. Le Parlement
de Toulouse après celuy
de Paris est le plus grand
du Royaume. Il fut institué
parPhilippes leBel en 1301.
&CharlesVII.lefitsedentaire
en 1443. H en partagé
en cinq Chambres,sçavoir;
la Grand'Chambre,laTournelle,
la Première, la Seconde,
& la Troisiéme des Enquestes,
& celle des Requêtes
que François I. institua
cri 1543. Henry II.la supprima
après 4. années la rétablieen
1558.François II. la
cassa de nouveau par son Edic
du mois de Juillet ijôo. mais
elle fut rétablie par Charles
IX. en 1573.LesConseillers
jouissent d'une prerogative
fort particulière qui est
d'avoir Séance au Parlement
deParis selon l'ordre de leur
reception ; ce qui n'est accordé
aux Conseillers d'aucun
autre Parlement. Ce
Parlement a dans son ressort
le haut &le bas Languedoc,
le Vivarais) le Velay le
Gevaudan
,
l'Albigeois, le
Rouergue
,
le Quercy, le
Lauraguais, le Pays de Foix,
& une partie de la baffe Gascogne.
Dans l'endroit où cil
le Palais estoit autrefois le
Chasteau des Comtes qui en
estoientSouverains. LaMaison
de Ville eil: fort magnifique.
On luy donne le
nom de Capirole, & les Echevins
ou Consuls
,
celuy de
Capitouls. L Université cil
composée de divers Collèges
,dont les principaux sont
ceux des Je suites, de Foix,
de Sainte Cat herine, de Saine
Nicolas & de Narbonne.
Les Ecoles de proie, de
Medecine & de Theologie,
font des plus renommées du
Royaume. Cette Université
fut fondée par le Pape Gre.
goire IX. en 1233. Le circuit
des murailles de cette
Ville est de six mille huit cent
pas communs, que l'on peut
faire en trois heures. Ceux
qui veulent tirer sa grandeur
du fang des Troyens, disent
qu'un de leursChefsnommé
Toulousain ,en jetta les fondemens
; d'autres donnent
cette gloire à un certain
Tholusde la race de Jophet,
ce qui arriva, disentils, six
cens ans avant la fondation
de Rome. Il y en a plusieurs
qui soutiennent qu'elle ait
pris son nom de Tolosa
femme de Polyphême, , qui
eut tant d'amour pour elle,
qu'afin d'éterniser sa mémoire,
il fit bâtir cette Ville II
y a plus d'apparence qu'elle
ait elle appellée des Tolofates,
qui suivirent les Tectosages
dans leurs expéditions,
& qu'on accusa d'avoir enlevé
du Temple de Delphes
cette prodigieusequantité
d'or qu'on failoit monter à
quarante millions
J que le
Romain Cæpio trouva prés
de cette Ville dans un Lac où
ils l'avoient jette par l'avis de
leurs Devins, qui leur annoncerent
que c'estoit le fcul
moyen de guerir d'une maladie
maligne qui les defoloit
, ce qui a donné lieu au
Proverbe de l'or de Toulouse.
Les Romainsenayant
fait une Colonie
,
luy choisirent
Minerve pour Protectrice,
d'où elle a esté quelquefois
nomméePalladia
)
ils l'embellirent d'un Amphiteatre
& d'un Capitole. Il
n'y a que Toulouse
,
Narbonne,&
Carthage la neuve
,
où ils ayent jamais fait
bâtir un Capirole. On ne
sçait pas même si CEghic de
de Nostre
- Dame n'estoit
point celuy de Jupiter, &
celle de Saint Quentin celuy
d'Apollon.
Toulouse fut longtemps
gouvernée par les Comtes
dont le premier fut Chorson
ou Torfin du temps de
Charlemagne, & dont le dernier
fut Alphonse frere de S.
Louis, & de Comte de Poitiers
,
après la mort duquel
& de Jeanne sa femme sans
cnfans en 1270. à leur retour
d'Affrique, la Comté.
de Toulouse fut réuni à la
Couronne de France) suivant
le Traité qui avoitesté
fait à Paris l'an 1228. avec le
Comte Raymond dernier de
ce nom,& pere deladite
Jeanne. La Feste des Jeux
Floraux elt une chose tresremarquable
en cette Ville.
lis furent instituez en 1 314.
par sept hommes de condition
de la Ville qui aimoient
les belles Lettres. & qui s'
tant assemblez dans un J ardin
au Fauxbourg de Saint-
Etienne, firent une Lettre
circulaire, par laquclleils
invitèrent tous les Trouvaires
ou Poëtes des environs,
de se rendre à Toulouse le
premier jour de May de la
même année , promettant
de donner une Violette d'or
pour Prix à celuy qui auroic
recité les plus beaux Vers;
cé projet plut tellement aux
Capitouls qu'il fut fefolú
qu'on l'executeroit toutes les
annéesauxdépens du public.
Pour donner quelque forme.
a cette Assemblée
, on créa
un Chancelier & un Secretaire.
Désce temps là les [cpt
qui avoientestécause decette
Institution prirentlenom
de Mainteneurs. On ajoûta
depuis à la Violette deux autres
fleurs, l'Eglantine & le
Soucy pour servir de second
& de troisiéme Prix.
Vers l'an 1540. une Dame
de Toulouse
,
appellée Clemence
I faure, forma le dessein
d'éterniser sa mémoire
par l'Institution d'une Feste
qui sut appellée les Jeux Floraux
,& qu'ellevoulue qu'on
cclebrast le premier & le
troisième jour de May. Elle
laissa pour cela la plusgrande
partie de son bien à Messieurs
de Ville, à condition
qu'ils feroient faire tous les
ans quatre fleurs de vermeil,
qui seroient l'Eglantine
,
le
Soucy
,
la Violette & l'Oeillet.
L'Hostel de Ville qui cft
très- beau estoit la Maison de
cette Dame, qu'elle leur donna
pour y celebrer ces Jeux;
avec la Place du Marché, appellée
la Pierre. Sa Satuë qui
est de marbre blanccouronnée
de fleurs & ceinte d'une
ceinture aussi de fleurs,cft
dans une niche contre la muraille
de la grande Salle de cet
Hostel. Le Roy par ses Lettres
Parentes du mois de Septembre
1694.érigea les Jeux
Floraux de Toulouse en Académie
de belles Lettres, avec
le Brevet de nomination
d'un Chancelier de ces Jeux
& de trente-cinq Académiciens.
Les Prix qui s'y
donnent à present font
une Amaranthe d'or
, une
Violette,une Eglantine, &
un Soucy d'argent.
L'Archevesque de Toulouse
se nomme René François
de Beauvau, fils de
Jacques de Beauvau 3e du
nom, Chevalier Marquis du
Rivau, & de Dame N/hric
de Campet de Saujon, son
épouse; il fut d'abord grand
Vicaire de Sarlat sous François
de Beauvau, Evcfquc
dudit lieu, son Oncle, puis
nommé Evesque de Bayonnc
le premier Novembre 1700.
au lieu de Messire Leon de la
Lanne, qui estoit mort la
nInc année, & fut sacré
à Paris le 17.Juillet 1701.
en l'Eglise du Noviciat des
Jesuites par l'Archevesque
d'Auch
,
son Metropolitain,
Armand Tristan de la Baume
de Suse, assisté de Messire
François de Clermont-
Tonnere,Evesque de Lan..
gres, Pair de France, son
parent, & de Messire François
de Kerhoen de Coëncafaô,
Evesqued'Avranche,
•
fut transféréàl'Evesché de
Tournay le jour de Pasques
24. Avril 1707. vaccant
par la mort de Louis Marcel
de Coetlogon, qui deceda à
Tournay le 18. Avril de ladite
année 1707 & enfin
transferé à l'Archevesché de
ToulouCc) le Juillet
1713.
La Maison de Beauvau en
tres illustre& tres-ancienne,
descenduë des Anciens
Comtes d'Anjou par Foulques
d'Anjou,Seigneur de
Briolan, & de Jirzé, que
l'on dit estre quatr iéme fils
de Foulques deuxiéme du
nom, Comte dAnjou & de
Ger berge de Bretagne. Il
fut pere de Foulques I1 du
nom, Seigneur de Beauvau
& de Jarzé, qui mourut à
Angers, trois jours aprés
Pasques, l'an 1000. c'est de
ce Foulques premier Seigneur
de Beauvau que toute
cette Maison descend par
vingt-deux generations jusques
à Mr l'Archevêque de
Toulouse, danslesquels degrez
il se rencontre des alliances
tres- considerables ,
& celle qui fait plus d'honneur
à cette Maison estcelle
qu'lfabeau de Beauveaucontractaen1454.
avec Jean
de Bourbon Comte de Vcndorme,
Prince du Sang
Royal de France, de laquelle
cil: descenduë toute la branche
Royale de Bourbon, &
par elle presque tous les
Princes & Princesses de l'Europeen
descendent,&l'honneur
qui en reste à la Maison
de Beauveau
,
c'est que
dans toutes les veines des
Princes& Prince sses del Europe
, le Sang de Beauveau
y circuleavec le leur, & se
trouve allié du 8 au2edegré
avec toutes les Testes couronnées,
Cette Maison s'est divisée
en quantité de branc hes
, dontl'aînéeest tom bée dans
la Maison de Bourbon;
comme j'ay dit cy -
dessus,
par le mariage d'Isabeau avec
le Prince Jean de Bourbon
Comte de la Marche
, auquel
elle apporta les Terres
de la Rocheguyon & de
Champigny. La seconde
Branche est celle de Manonville,
qui cil: en Lorraine
*
& qui subsiste en plusieurs
branches
,
dont 1aînée
subsiste en la per sonne
du Marquis de Beauveau Maréchal
de Lorraine, quia des
cnfans
, & le Marquis de
Craon grand Ecuyer de Lorraine
son frere, qui a aussi
des enfans. Cette branche
est divisée en quantité de rameaux;
sçavoir celles deNovian
,de Rollan
,
Depcnfc
, de Panges, de Lannan Reneuve
; de Begnipont
,
&
Sandaucourt. La troisiéme
branche cft celle de Precigny,
divisée en celles de Tigny,
& de S. Laurent de
Mortiers. Et la quatriéme
cft celle du Rivau
,
de laquelle
est l'Archevêque de
Toulouse, qui te divise en
deux rameaux ; sçavoir
,
le
Marquis de Beauveau le Rivau,
& les Seigneurs de Ri.
varennes.
L'Abbé Phelypeaux, Chanoine
de Nôtre- Dame à l'Evêché
de Riez. Cette villeest
dans la Provence, à onze
lieuës d'Aix:elle est située au
bas d'une montagne , entre
deux petites rivieres, qui fc
rendent par une même embouchure
dans le Verdon.
Son Evêché est suffragant de
la Métropole d'Aix, & forv
Eglise Cathedrale porte le
nom de S. Maxime & de S.
Theode. Son Chapitreest
composé d'un Prévôt, d'un
Archidiacre, d'un Sacristain,
d'un Capiscol, & de huit
Chanoines, dont l'un efl:
Theologal. Son Diocese n'est
pas de grande étenduë:il renferme
seulement cinquantequatre
Paroisses,& le Doyenné
de Valenfoles
, qui est uni
à la ManseAbbatiale de Cluny.
Le Roy a donné l'Abbaye
d'Hernieres
,
Ordre de Prémontré,
Diocese de Paris, à
l'Abbé Frison.
L'Abbaye de Beaulieu
,
à
l'Abbé Brossard, Grand Vicaire
de Limoges. Il y a en
France quatre Abbayes de ce
nom: deux de l'Ordre de S.
Benoist, dont l'uneest située
dans la Touraine,proche de
Loches, qui fut fondée au
commencement du onziéme
siecle
, par Foulques Nera,
Comte d'Anjou; l'autre est
dans le Limosin,aux confins
du Qiercy, proche la ville de-
Martel Capitale de la Vicomté
de Turenne: elle fut fondéeen
8jj. par Raoul, Archevêque
de BourgesJ&. qui
releve en foy & hommage de
cet Archevêché. Il y en a une
de l'Ordre de Citeaux
,
Docese
cesede Langres, proche le
Duché de - Bar; cette Abbaye
cil: fille deCharlier
: elle a été
fondée au mois de Juillet
1138. Laquatrième est dans
le Diocese de Troye, de l'Ordre
de Prémontré, dont elle
rcèût la Regle en 1140. S.
Bernard parle de cette Abbaye
dans l'Epitre252. -
L'Abbaye de Nôtre-Dame
de Meaux,Ordre de S. Belnoi\
t à»la Dîamne deéChaernis.ay L'Abbaye de Chaillor, Ordre
de S. Augustin, Diocese
de Paris, à la DamePrunclay
de Saint Germain.
L'Abbaye de la Saure, Or.
dre de S. Benoit, Diocese de
Nismes, à la Dame de Morangis.
Erle Prieuré ed Domfront,
à la Dame de Rezali.
Le Roy a nommé l'Evêque
de Tournay à l'Archevêché
de Toulouse. Cette
Ville est la Capitale du Languedoc
,elle est située sur la
Garonne
,
qui la divise en
deux parties fort inégales.
Sa Métropolitaine est Saint
Edenne.CetteEglise est considerable
par plusieurs belles
Chapelles.SonChapitre en
composé d'un Prevoit, d'un
grand Archidiacre, d'un Archidiacre
de Laugarais,&de
vingt quatre Chanoines. Le
Diocese avoit autrefois une
grandeétendue:mais depuis
que les Evéchez de Pamiers,
de Saint Papoul
,
de Lombez
& Lavaur, ont este démembrez,
il ne contient que
deux cent cinquante Paroisses
& six Abbayes. Aptes
cette Cathedrale fuitcelle de
Saint Sernin, qui estAbbatiale
,
Collegiale & l'ancien
Mausolée des Comtes de
Toulouse. Saint Sernin suc
le premier Eveque de l'Eglise
de Toulouse, que le Pape
Jean XXII. érigea en Ar
chevêche l'an 1317. luy donnant
pour Suffragans Pamiers,
Montauban, Mirepoix
Lavaur,Rieux, Lombez,
& S. Papoul. Le Parlement
de Toulouse après celuy
de Paris est le plus grand
du Royaume. Il fut institué
parPhilippes leBel en 1301.
&CharlesVII.lefitsedentaire
en 1443. H en partagé
en cinq Chambres,sçavoir;
la Grand'Chambre,laTournelle,
la Première, la Seconde,
& la Troisiéme des Enquestes,
& celle des Requêtes
que François I. institua
cri 1543. Henry II.la supprima
après 4. années la rétablieen
1558.François II. la
cassa de nouveau par son Edic
du mois de Juillet ijôo. mais
elle fut rétablie par Charles
IX. en 1573.LesConseillers
jouissent d'une prerogative
fort particulière qui est
d'avoir Séance au Parlement
deParis selon l'ordre de leur
reception ; ce qui n'est accordé
aux Conseillers d'aucun
autre Parlement. Ce
Parlement a dans son ressort
le haut &le bas Languedoc,
le Vivarais) le Velay le
Gevaudan
,
l'Albigeois, le
Rouergue
,
le Quercy, le
Lauraguais, le Pays de Foix,
& une partie de la baffe Gascogne.
Dans l'endroit où cil
le Palais estoit autrefois le
Chasteau des Comtes qui en
estoientSouverains. LaMaison
de Ville eil: fort magnifique.
On luy donne le
nom de Capirole, & les Echevins
ou Consuls
,
celuy de
Capitouls. L Université cil
composée de divers Collèges
,dont les principaux sont
ceux des Je suites, de Foix,
de Sainte Cat herine, de Saine
Nicolas & de Narbonne.
Les Ecoles de proie, de
Medecine & de Theologie,
font des plus renommées du
Royaume. Cette Université
fut fondée par le Pape Gre.
goire IX. en 1233. Le circuit
des murailles de cette
Ville est de six mille huit cent
pas communs, que l'on peut
faire en trois heures. Ceux
qui veulent tirer sa grandeur
du fang des Troyens, disent
qu'un de leursChefsnommé
Toulousain ,en jetta les fondemens
; d'autres donnent
cette gloire à un certain
Tholusde la race de Jophet,
ce qui arriva, disentils, six
cens ans avant la fondation
de Rome. Il y en a plusieurs
qui soutiennent qu'elle ait
pris son nom de Tolosa
femme de Polyphême, , qui
eut tant d'amour pour elle,
qu'afin d'éterniser sa mémoire,
il fit bâtir cette Ville II
y a plus d'apparence qu'elle
ait elle appellée des Tolofates,
qui suivirent les Tectosages
dans leurs expéditions,
& qu'on accusa d'avoir enlevé
du Temple de Delphes
cette prodigieusequantité
d'or qu'on failoit monter à
quarante millions
J que le
Romain Cæpio trouva prés
de cette Ville dans un Lac où
ils l'avoient jette par l'avis de
leurs Devins, qui leur annoncerent
que c'estoit le fcul
moyen de guerir d'une maladie
maligne qui les defoloit
, ce qui a donné lieu au
Proverbe de l'or de Toulouse.
Les Romainsenayant
fait une Colonie
,
luy choisirent
Minerve pour Protectrice,
d'où elle a esté quelquefois
nomméePalladia
)
ils l'embellirent d'un Amphiteatre
& d'un Capitole. Il
n'y a que Toulouse
,
Narbonne,&
Carthage la neuve
,
où ils ayent jamais fait
bâtir un Capirole. On ne
sçait pas même si CEghic de
de Nostre
- Dame n'estoit
point celuy de Jupiter, &
celle de Saint Quentin celuy
d'Apollon.
Toulouse fut longtemps
gouvernée par les Comtes
dont le premier fut Chorson
ou Torfin du temps de
Charlemagne, & dont le dernier
fut Alphonse frere de S.
Louis, & de Comte de Poitiers
,
après la mort duquel
& de Jeanne sa femme sans
cnfans en 1270. à leur retour
d'Affrique, la Comté.
de Toulouse fut réuni à la
Couronne de France) suivant
le Traité qui avoitesté
fait à Paris l'an 1228. avec le
Comte Raymond dernier de
ce nom,& pere deladite
Jeanne. La Feste des Jeux
Floraux elt une chose tresremarquable
en cette Ville.
lis furent instituez en 1 314.
par sept hommes de condition
de la Ville qui aimoient
les belles Lettres. & qui s'
tant assemblez dans un J ardin
au Fauxbourg de Saint-
Etienne, firent une Lettre
circulaire, par laquclleils
invitèrent tous les Trouvaires
ou Poëtes des environs,
de se rendre à Toulouse le
premier jour de May de la
même année , promettant
de donner une Violette d'or
pour Prix à celuy qui auroic
recité les plus beaux Vers;
cé projet plut tellement aux
Capitouls qu'il fut fefolú
qu'on l'executeroit toutes les
annéesauxdépens du public.
Pour donner quelque forme.
a cette Assemblée
, on créa
un Chancelier & un Secretaire.
Désce temps là les [cpt
qui avoientestécause decette
Institution prirentlenom
de Mainteneurs. On ajoûta
depuis à la Violette deux autres
fleurs, l'Eglantine & le
Soucy pour servir de second
& de troisiéme Prix.
Vers l'an 1540. une Dame
de Toulouse
,
appellée Clemence
I faure, forma le dessein
d'éterniser sa mémoire
par l'Institution d'une Feste
qui sut appellée les Jeux Floraux
,& qu'ellevoulue qu'on
cclebrast le premier & le
troisième jour de May. Elle
laissa pour cela la plusgrande
partie de son bien à Messieurs
de Ville, à condition
qu'ils feroient faire tous les
ans quatre fleurs de vermeil,
qui seroient l'Eglantine
,
le
Soucy
,
la Violette & l'Oeillet.
L'Hostel de Ville qui cft
très- beau estoit la Maison de
cette Dame, qu'elle leur donna
pour y celebrer ces Jeux;
avec la Place du Marché, appellée
la Pierre. Sa Satuë qui
est de marbre blanccouronnée
de fleurs & ceinte d'une
ceinture aussi de fleurs,cft
dans une niche contre la muraille
de la grande Salle de cet
Hostel. Le Roy par ses Lettres
Parentes du mois de Septembre
1694.érigea les Jeux
Floraux de Toulouse en Académie
de belles Lettres, avec
le Brevet de nomination
d'un Chancelier de ces Jeux
& de trente-cinq Académiciens.
Les Prix qui s'y
donnent à present font
une Amaranthe d'or
, une
Violette,une Eglantine, &
un Soucy d'argent.
L'Archevesque de Toulouse
se nomme René François
de Beauvau, fils de
Jacques de Beauvau 3e du
nom, Chevalier Marquis du
Rivau, & de Dame N/hric
de Campet de Saujon, son
épouse; il fut d'abord grand
Vicaire de Sarlat sous François
de Beauvau, Evcfquc
dudit lieu, son Oncle, puis
nommé Evesque de Bayonnc
le premier Novembre 1700.
au lieu de Messire Leon de la
Lanne, qui estoit mort la
nInc année, & fut sacré
à Paris le 17.Juillet 1701.
en l'Eglise du Noviciat des
Jesuites par l'Archevesque
d'Auch
,
son Metropolitain,
Armand Tristan de la Baume
de Suse, assisté de Messire
François de Clermont-
Tonnere,Evesque de Lan..
gres, Pair de France, son
parent, & de Messire François
de Kerhoen de Coëncafaô,
Evesqued'Avranche,
•
fut transféréàl'Evesché de
Tournay le jour de Pasques
24. Avril 1707. vaccant
par la mort de Louis Marcel
de Coetlogon, qui deceda à
Tournay le 18. Avril de ladite
année 1707 & enfin
transferé à l'Archevesché de
ToulouCc) le Juillet
1713.
La Maison de Beauvau en
tres illustre& tres-ancienne,
descenduë des Anciens
Comtes d'Anjou par Foulques
d'Anjou,Seigneur de
Briolan, & de Jirzé, que
l'on dit estre quatr iéme fils
de Foulques deuxiéme du
nom, Comte dAnjou & de
Ger berge de Bretagne. Il
fut pere de Foulques I1 du
nom, Seigneur de Beauvau
& de Jarzé, qui mourut à
Angers, trois jours aprés
Pasques, l'an 1000. c'est de
ce Foulques premier Seigneur
de Beauvau que toute
cette Maison descend par
vingt-deux generations jusques
à Mr l'Archevêque de
Toulouse, danslesquels degrez
il se rencontre des alliances
tres- considerables ,
& celle qui fait plus d'honneur
à cette Maison estcelle
qu'lfabeau de Beauveaucontractaen1454.
avec Jean
de Bourbon Comte de Vcndorme,
Prince du Sang
Royal de France, de laquelle
cil: descenduë toute la branche
Royale de Bourbon, &
par elle presque tous les
Princes & Princesses de l'Europeen
descendent,&l'honneur
qui en reste à la Maison
de Beauveau
,
c'est que
dans toutes les veines des
Princes& Prince sses del Europe
, le Sang de Beauveau
y circuleavec le leur, & se
trouve allié du 8 au2edegré
avec toutes les Testes couronnées,
Cette Maison s'est divisée
en quantité de branc hes
, dontl'aînéeest tom bée dans
la Maison de Bourbon;
comme j'ay dit cy -
dessus,
par le mariage d'Isabeau avec
le Prince Jean de Bourbon
Comte de la Marche
, auquel
elle apporta les Terres
de la Rocheguyon & de
Champigny. La seconde
Branche est celle de Manonville,
qui cil: en Lorraine
*
& qui subsiste en plusieurs
branches
,
dont 1aînée
subsiste en la per sonne
du Marquis de Beauveau Maréchal
de Lorraine, quia des
cnfans
, & le Marquis de
Craon grand Ecuyer de Lorraine
son frere, qui a aussi
des enfans. Cette branche
est divisée en quantité de rameaux;
sçavoir celles deNovian
,de Rollan
,
Depcnfc
, de Panges, de Lannan Reneuve
; de Begnipont
,
&
Sandaucourt. La troisiéme
branche cft celle de Precigny,
divisée en celles de Tigny,
& de S. Laurent de
Mortiers. Et la quatriéme
cft celle du Rivau
,
de laquelle
est l'Archevêque de
Toulouse, qui te divise en
deux rameaux ; sçavoir
,
le
Marquis de Beauveau le Rivau,
& les Seigneurs de Ri.
varennes.
L'Abbé Phelypeaux, Chanoine
de Nôtre- Dame à l'Evêché
de Riez. Cette villeest
dans la Provence, à onze
lieuës d'Aix:elle est située au
bas d'une montagne , entre
deux petites rivieres, qui fc
rendent par une même embouchure
dans le Verdon.
Son Evêché est suffragant de
la Métropole d'Aix, & forv
Eglise Cathedrale porte le
nom de S. Maxime & de S.
Theode. Son Chapitreest
composé d'un Prévôt, d'un
Archidiacre, d'un Sacristain,
d'un Capiscol, & de huit
Chanoines, dont l'un efl:
Theologal. Son Diocese n'est
pas de grande étenduë:il renferme
seulement cinquantequatre
Paroisses,& le Doyenné
de Valenfoles
, qui est uni
à la ManseAbbatiale de Cluny.
Le Roy a donné l'Abbaye
d'Hernieres
,
Ordre de Prémontré,
Diocese de Paris, à
l'Abbé Frison.
L'Abbaye de Beaulieu
,
à
l'Abbé Brossard, Grand Vicaire
de Limoges. Il y a en
France quatre Abbayes de ce
nom: deux de l'Ordre de S.
Benoist, dont l'uneest située
dans la Touraine,proche de
Loches, qui fut fondée au
commencement du onziéme
siecle
, par Foulques Nera,
Comte d'Anjou; l'autre est
dans le Limosin,aux confins
du Qiercy, proche la ville de-
Martel Capitale de la Vicomté
de Turenne: elle fut fondéeen
8jj. par Raoul, Archevêque
de BourgesJ&. qui
releve en foy & hommage de
cet Archevêché. Il y en a une
de l'Ordre de Citeaux
,
Docese
cesede Langres, proche le
Duché de - Bar; cette Abbaye
cil: fille deCharlier
: elle a été
fondée au mois de Juillet
1138. Laquatrième est dans
le Diocese de Troye, de l'Ordre
de Prémontré, dont elle
rcèût la Regle en 1140. S.
Bernard parle de cette Abbaye
dans l'Epitre252. -
L'Abbaye de Nôtre-Dame
de Meaux,Ordre de S. Belnoi\
t à»la Dîamne deéChaernis.ay L'Abbaye de Chaillor, Ordre
de S. Augustin, Diocese
de Paris, à la DamePrunclay
de Saint Germain.
L'Abbaye de la Saure, Or.
dre de S. Benoit, Diocese de
Nismes, à la Dame de Morangis.
Erle Prieuré ed Domfront,
à la Dame de Rezali.
Fermer
Résumé : Dons du Roy.
Le texte décrit diverses nominations et donations royales, ainsi que des informations historiques et géographiques sur plusieurs villes et institutions françaises. Le roi a nommé l'évêque de Tournay à l'archevêché de Toulouse, une ville capitale du Languedoc située sur la Garonne. La cathédrale Saint-Étienne de Toulouse est remarquable pour ses chapelles et son chapitre composé de dignitaires variés. Le diocèse de Toulouse, autrefois étendu, a été réduit après le démembrement de plusieurs évêchés. La basilique Saint-Sernin, ancienne abbatiale et mausolée des comtes de Toulouse, est également mentionnée. Le Parlement de Toulouse, après celui de Paris, est le plus grand du royaume. Institué par Philippe le Bel en 1301 et rendu sédentaire par Charles VII en 1443, il est divisé en cinq chambres. Les conseillers de ce parlement bénéficient de privilèges particuliers, notamment celui de siéger au Parlement de Paris. Le ressort du Parlement de Toulouse couvre plusieurs provinces, dont le Languedoc, le Vivarais et le Rouergue. Toulouse possède une maison de ville magnifique, appelée Capitole, et des écoles renommées en droit, médecine et théologie. La ville a une histoire riche, avec des fondations légendaires et des périodes de gouvernance par les comtes de Toulouse. Les Jeux Floraux, institués en 1324, sont une fête littéraire notable, érigée en académie de belles-lettres par le roi en 1694. L'archevêque de Toulouse, René François de Beauvau, est issu d'une famille illustre descendant des comtes d'Anjou. Il a occupé plusieurs postes ecclésiastiques avant sa nomination à Toulouse en 1713. Le texte mentionne également diverses abbayes et leurs nouvelles attributions, ainsi que des descriptions de villes comme Riez et leurs évêchés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 210-214
EPITRE DE M. MICHEL. A M ***, à qui il avoit promit le cocuage de M. ARROUET.
Début :
J'aurois bien souhaité que la Lettre précedente eut été moins / Beau Damoisel, ne dédaignez ce titre, [...]
Mots clefs :
Damoiselle, Chapitre, Cocuage, Leçon, Discours, Loyauté, Voltaire
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE DE M. MICHEL. A M ***, à qui il avoit promit le cocuage de M. ARROUET.
J'aurois bien fonhaité qu
la Lettre précedente eut été
moins longue ; fi elle a plu
elle aura parû courte ; en ce
cas là je fuis content mais
j'efpere qu'on ne le fera pas
moins des deux petites piéces
de Vers fuivantesMERCURE.
21 ,
EPITRE ,
DE M. MICHEL
A M ***
à qui il
avoit
promit
le cocuage
de
M. ARROUET.
B
,
Eau Damoifel , ne dédaignez
ce titre
D'autres affez je pourrois
vous donner ;
Mais par trop long en feroit
le Chapitre ,
i2 LE NOUVEAU
Sçavoirfauldroit louange affaifoner
vous , façonner Et comme
une Epitre :
Beau Damoifel adonques ,
vous diray
Qu'à la parfin demain vous
Tivreray
Demain fans plus , le gentil
Cocuage
Qu'avés promis à Dame cointe
, &fage ;
En attendant certes bien avez
pú
Trés
doulcement fur ce point
vous étendre ,
MERCURE. i
213
La mettre au fait s'entend,s´elle
a voulu ,
Pour en aprés la piece mieux,
comprendre :
Or eft ainfi,qu'en cas de telſçavoir
,
Executer convient pour bien.
apprendre.
·Leçon pratique a coûtume d'avoir
Ie ne fçais quoi , que mieuxs
fe fait entendre ;
Mais quefert-il alleguer tel
propos
A vous , Seigneur, qui fçavez
la Rubrique ,
214 LE NOUVEAU
Er qui feriez fur les Rits de
Paphos ,
Glofefubtile , autant que patétique
:
Doncques ne fault tant me
mettre en humeur ;
Ains devant vous m'affiert
humble filence
Plus que difcours , & vaine
pétulance ,
A tant me tais , & fuis vraiment
de coeur ,
Votre petit , mais loyal Serviteur.
la Lettre précedente eut été
moins longue ; fi elle a plu
elle aura parû courte ; en ce
cas là je fuis content mais
j'efpere qu'on ne le fera pas
moins des deux petites piéces
de Vers fuivantesMERCURE.
21 ,
EPITRE ,
DE M. MICHEL
A M ***
à qui il
avoit
promit
le cocuage
de
M. ARROUET.
B
,
Eau Damoifel , ne dédaignez
ce titre
D'autres affez je pourrois
vous donner ;
Mais par trop long en feroit
le Chapitre ,
i2 LE NOUVEAU
Sçavoirfauldroit louange affaifoner
vous , façonner Et comme
une Epitre :
Beau Damoifel adonques ,
vous diray
Qu'à la parfin demain vous
Tivreray
Demain fans plus , le gentil
Cocuage
Qu'avés promis à Dame cointe
, &fage ;
En attendant certes bien avez
pú
Trés
doulcement fur ce point
vous étendre ,
MERCURE. i
213
La mettre au fait s'entend,s´elle
a voulu ,
Pour en aprés la piece mieux,
comprendre :
Or eft ainfi,qu'en cas de telſçavoir
,
Executer convient pour bien.
apprendre.
·Leçon pratique a coûtume d'avoir
Ie ne fçais quoi , que mieuxs
fe fait entendre ;
Mais quefert-il alleguer tel
propos
A vous , Seigneur, qui fçavez
la Rubrique ,
214 LE NOUVEAU
Er qui feriez fur les Rits de
Paphos ,
Glofefubtile , autant que patétique
:
Doncques ne fault tant me
mettre en humeur ;
Ains devant vous m'affiert
humble filence
Plus que difcours , & vaine
pétulance ,
A tant me tais , & fuis vraiment
de coeur ,
Votre petit , mais loyal Serviteur.
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13
p. 146-166
NOUVELLES de Paris.
Début :
Le 30 du mois dernier, le Roy qui jouit d'une parfaite [...]
Mots clefs :
Chevaliers, Recteur de l'Université, Chapitre, Comte, Chancelier, Régence, Avocat général, Fête de la Purification de la Sainte Vierge, Roi, Éloge, Serment, Honneur, Déclarations, Ordre de Saint-Louis, Pensions, Messe, Monseigneur, Duchesse, Maréchal, Nominations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES de Paris.
NOUVELLES
de Paris .
qui jouit d'une parfaite fanté, fit
Chevaliers de l'Ordre Militaire de
S. Louis , plufieurs Seigneurs & Of.
ficiers , en confideration de leurs fervices.
Lé premier de ce mois , le fieur de
Montempuys , Recteur de l'Univerfité
, accompagné des Chefs, des Facultez
& des Nations , prefenta au
Roy , un Cierge , felon l'ancienne
coûtume.
Le Chapitre de faint Germain
l'Auxerrois , à la tête duquel eftoit
M. l'Abbé Bignon Confeiller d'Eftat,
& Doyen de cette Eglife , eût le même
honneur.
Le même jour les Chevaliers &
Commandeurs de l'Ordre du S. Ef
prit , tinrent Chapitre General dans
le Grand Cabinet du Roy, qui y affiſta,
MERCURE. 147
comme futur Grand - Maiſtre ; Mon
feigneur le Duc d'Orleans y eftoit
preſent. Louis Prince des Afturies
fut admis dans l'Ordre d'une commune
voix , ayant efté propofé le premier
Janvier. Ha efté réglé que le
Cordon de l'Ordre feroit porté inceffament
par quelque Seigneur au Roy
d'Efpagne , pour le donner au Prince
des Afturies .
M. le Comte des Marets Grand
Fauconnier de France a eu l'agrément
du Roy pour la furvivance de
fa charge , en faveur de fon Fils , âgé
de fix à fept ans. Madame la Comteffe
des Marets ayant efté remercier
Monfeigneur le Duc Regent , en reçut
cette réponse gratieufe ; Qu'il y avoit
trop long-tems que cette Charge
eftoit dans fa famille pour en
fortir.
M. le Chancelier Voifin mourut
fubitement la nuit du premier
au deux , il avoit affifté ce jourlà
même au Confeil de Regence , où
il dicta un Arreft , qui concernoit le
dedans du Royaume, il en fortit avec
οι
Nij
148 LE NOUVEAU
un vifage content , & ne reffentit aucune
incommodité pendant le jour..
Sur les 11 heures du foir,foupant avec
fa famille , il fut frappé d'apoplexiequi
l'emporta deux heures aprés .
Cette mort caufa de grands mouvemens
à la Cour , M. le Duc d'Orleans
, fur le premier avis qu'il en
reçût , envoya chercher M. Ďagueffeau
, pour lors Procureur General,
à qui il remit lesSceaux , & le nomma
Chancelier.
M.Joly de Fleury , Avocat General
, s'eftant rendu au Palais Royal,
M. le Duc Regent , lui confera la
Charge de Procureur General , & lui
accorda un Brevet de retenue de 300,
mille livres , afin qu'il fut en eſtat
de payer pareille fomme à M.le
Chancelier Dagueffeau : 11 eft entré
dans le Confeil de Conſcience à
la place de M. le Chancelier , qui eſt
monté au Confeil de Regence.
Le déux , Fefte de la Purification , le
Roy entendit laMeffe , & affifta à la benediction
des cierges , M le Cardinal
de Rohan lui en prefenta un ; le foir, S.
MERCURE.. 149
M. entendit le fermon du R. P.Terraffon
Prêtre de l'Oratoire ; ce célebre
Predicateur adrefla le compliment
fuivant au Roy ; il le plaça
dans l'exorde , aprés la divifion d'un
Sermon , qui avoit pour fujer , la neceffité
de fe rendrefidelle aux prat ques
exterieures de la Religion , & d'accompagner
ces pratiques , des difpofitions
interieures , dont elles empruntent
tout feur merite.
C'est ici un point de morale
qu'il eft d'autant plus important de
prêcher aux Rois , que l'exemple de
leur fidelité à le pratiquer , eft à l'égard
de leurs fujets , plus efficace que
la loy même ; mais qu'heureux eft le
Miniftre de l'Evangile , qui ayant
l'honneur de parler à celui qui fait
aujourd'hui nos plus douces efperances
, le trouve actuellement appliqué
aux devoirs aufquels il l'invite. Docile
aux fages confeils , il embraffe
avec grace toutes les pratiques de
pieté qui lui font propofees : mais ce
qui peut-être , ne feroit aujourd'hui
que l'éloge du digne Prince , charge
Nij
-150
LE NOUVEAU
de fon éducation dans un âge plus avancé
, fera le fien propre. Le feul
amour de fon devoir , aura tout le
merite de fa perfeverance le fuivre;
chaque jour nous dévelopera quelqu'une
de ces vertus Royales , qu'ont
tranfmis en lui fes Auguftes Ayeux ;
& qui , déja , fe laiffent entrevoir ,
fous le voile de fon aimable enfance
. Puifle,fon regne heureux , être le
durable fruit , de la plus fage & de la
plus douce Regence que la France air
admirée? puiflent nos voeux & notre
pieté, meriter la confervation de
ce tendre heritier de la couronne , &
de la gloire de nos Rois ? c'eſt la
grace , SIRE, que nous ne cellerons
de demander pour votre Majefté.
Le 3. M. le Chancelier Dagueffeau
ent l'honneur de faluer le Roy . If
prêtà Serment entre les mains de Sa
Majefté , en prefence de M. le Duc
d'Orleans , Regent du Royaume . Il
donna 8400 livres pour eftre diſtribuées
à la Chambre ,fçavoir un tiers
pour les premieres femmes de ChamMERCURE
15.7
bre , un autre tiers pour les premiers
Valets de Chambre du Roy , & l'autre
tiers pour les Officiers de la
Chambre & de l'Anti - Chambre ,
Le 4. le nouveau Chancelier eut
l'honneur de faluer Madame , qui
luy dit que le choix que venoit de
faire fon Fils , en le nommant Chancelier
, ne pouvoit que faire honneus
à fon difcernement.
Le s. fur les reprefentations de
Meffieurs les Premiers Gentilshommes
de la Chambre touchant leurs
droits ; Monfeigneur le Duc Regent
s'expliqua , qu'il ne changeroit rien
pendant la minorité du Roy , de ce
qui s'eftoit pratiqué fous le feu Roy.
Qu'ils joüiroient de tous les Privileges
& de tous les honneurs de la
Chambre ; qu'à l'égard des Premiers
Valets de Chambre , ils continueroient
de coucher dans la Chambre
du Roy.
S. M. accorda ce jour là même au
Prince de Rohan la furvivance de la
Charge de Capitaine Lieutenant des
Gendarmes de la Garde, pour M. le
52 LENOU VE AU
Prince de Soubife fon Fils ; avec un
Brevet de retenuë de quatre cent mille
livres fur les Gouvernemens de
Champagne & de Brie.
Le 6. on eut une Declaration du
Roy ; concernant les Penfions données
à Paris le 30 Janvier 1717.
Par cette Declaration , les Penfions
de 600 livres & au deffous reftent
fans diminution.
Penfions attribuées à l'Ordre de S.
Louis fans diminution .
Penfions accordées au Corps des
Troupes , celles dont jouiflent les
Officiers des Troupes de la Maiſon
du Roy, par forme d'appointement
ou de fuplément de folde , & qui
font attachées non pas à leur perfonne
, mais à leurs Emplois , & pareillement
celles qui font partie des
appointemens & attributions des
Charges de plufieurs Officiers des
Cours fans dimution .
Voici la réduction desfuivantes.
Les Penfons de 10 mille livres &
MERCURE.
153
au deffus , réduite aux trois cinquiémes
; celles dé 6 mille liv . juſques à
10 mille livres , aux deux tiers; celles
de trois mille livres jufques à 6 mille
livres , aux trois quarts ; celle de
mille livres , jufques à trois mille ,
aux quatre cinquiémes ; & celles aut
deffus de 600 livres , jufques à mille
livres , aux cinq fixièmes ; en forte
néanmoins , que lorfque par la rédution
cy-deffus marquée , les parties
excederont les dixaines de livres , ledit
excedant fera retranché .
Il ne fera accordé aucune nouvelle
penfion ou gratification ordinaire à
qui que ce puifle eftre , jufqu'à ce que
toutes celles qui fubfiftent actuelle.
ment,fe trouventreduites à la fomme
de deux millions par le decés des Penfionnaires
, ou par leur nomination
à d'autres Emplois . Monfeigneur le
Duc Regent fe referve un fond de 500
mil livres pour des gratifications.
Le même jour M. le Chancelier
alla rendre fes devoirs àMadame, Duchelle
de Berry.
Le 7. M. le Chancelier prefenta
$4 LE NOUVEAU
au Roy , Monfieur Joly de Fleury
Procureur General , qui fit un compliment
fort court à S. M.
Le 8. M. Roland , Gentil- Homme
Ordinaire , alla au Palais Royal , de
la part du Roy, pour annoncer à
Monfeigneur le Duc d'Orleans , que
S. M. iroit lui rendre viſite ; en effet,
fur les trois heures , le Roy accompagné
de M. le Duc du Maine , de
M. le Marefchal de Villeroy , & de
Madame la Duchefle de Vantadour
alla voir Monſeigneur le Duc Regent
.
Sur les 11 heures du matin , Mada .
me la Chanceliere Dagueffeau , eût
l'honneur de faluer le Roy , elle en
fut reçûë trés - favorablement.
Le jeune Comte des мarets , vint remercier
le Roy, de la furvivance que
S. M. avoit en la bonté de lui accorder
de la Charge de Grand Fauconnier
de France .
Le 10 , S, M. entendit la Melle
dans la Chapelle des Tuilleries , &
reçût les Cendres par les mains de
M. le Cardinal de Rohan , Grand
MERCURE.
ISS
Aumonier de France.
M. l'Abbé de Caftries premier
Aumonier de Madame Duchefle de
Berry , nommé à l'Archevêché de
Tours , a été admis au Confeil de
Conscience .
Le 13. le Roy fit Chevaliers de
l'ordre Militaire de S. Louis Mrle
Prince de Conty & quelques Officiers
.
1
Le même jour on ôta les Lizieres
au Roy. M. le Maréchal de Villeroy
prit la place de Madame de Vantadour
à dîner ; cette Ducheffe s'étant
éloignée pour éprouver , fi le
Roy s'accoutumeroit avec les hommes.
S. M. ne parut pas d'abord
fort furpriſe .
Le 13. M. le Chancellier alla prendre
Séance dans le Confeil de
Regence.
Le 14. le Roy étant habillé , les
Officiers de Garde-Robe demanderent
, s'il fouhaitoit qu'on lui remit
fes Lizieres , le Roy répondit non ,
non. Madame la Ducheffe de Vantadour
repliqua , le Roy ſe tient
1
156 LE NOUVEAU
tropidroit & marche fi fûrement, que
je n'ai pas deffein qu'on les lui remette
.
M. le Maréchal de Montefquiou
a acheté cinquante cinq mille
livres le Regiment d'Iflanghuien
pour M. fon fils , âgé de fept à huit
ans .
Le 14. au foir M. de S. Maurice
fut choifi par Monſeigneur le Duc
Régent , pour Commandant à la
Rochelle ; il étoit Lieutenant Colonel
du Regiment Royal infanterie,
& Brigadier d'Armée. Il eft Officier
de mérite & de diftinction ; on lui
donna fix mille livres fur les appointemens
du Gouverneur , qui
étoient de douze . La Ville y joint
encore quatre mille francs par an
outre le logement , les fourages ,
& quelques autres uftancils.
Le 15. eft une époque trop mé
morable par le nouveau changement
de Scene arrivé à la Cour , pour n'en
pas donner un détail auffi fidel qu'il
dépendra de moi ,
>
Ce jour là même auquel le Roy
enMER
CURE.
157
entroit dans fa huitième année , Monfeigneur
le Duc Régent fe rendit au
Palais des Thuilleries fur les 9 heu
res & demie du matin .
Madame la Ducheffe de Vantadour
ayant , felon l'ufage , fait examiner
le Roy quelques jours auparavant
par les Medecins & Chirurgiens
qui le trouverent très - bien conftitué
, le remit entre les mains de
Monfeigneur le Duc Régent , &
lui dit , Monfeigneur , voilà le Dépôt
que le feu Roy m'a confié , & que
vous m'avés continué ; j'en ai pris
tous les foins poffibles , & je le rend
en parfaite fanté. Monfeigneur le
Duc Régent lui témoigna › que le
Roy & tout l'Etat lui avoient une
obligation infinie de l'attention
qu'elle avoit apporté à préferver des
jours fi précieux de tout accident ;
il ajouta , qu'il inviteroit lui - même
le Roy à conferver la memoire de fes
fervices fi importans ; qu'à fon égard,
il n'oublieroit rien pour lui donner
des marques fenfibles de fa reconnoiffance.
Dans ce moment , S. A.R,
O
858 LE NOUVEAU
préfenta au Roy M.le Maréchal de
Villeroy pour fon Gouverneur , &
M. Fleury ancien Evêque de Frejus
pour fon Précepteur ; adreflant enfuite
la parole à M. le Ducdu Maine,
& à M.le Maréchal de Villeroy ; il
leur dit , Meffieurs , Ce facré Dépôt
vous regarde particulierement . Nous
efperons que vous répondrés parfaitement
à l'attente que toute la
France a concuë de vous , pour l'éducation
du Roi ; c'eft à vous à préfent
d'en avoir tout le foin que nous
nous promettons de votre zele & de
votre inclination pour S. M. & pour
P'Etat ; alors Madame la Duchelle
de Vantadour dit à S. A. R. Monfeigneur
, voilà mon miniftere fini ,
vous me permetrés de baiſer la main
du Roy , & de me retirer ; dans l'inf
tant elle prit la main du Roy & la
baifa ; mais ce fut avec tant de tendrefle
, qu'il ne lui fut pas poſſible
de retenir fes larmes . Le Roy attendri
, l'embraffa étroitement , &
mit fon chapeau devant les yeux ,
pour cacher les pleurs. Madame la
MERCURE. *159
Duchefle de Vantadour s'étant reti..
rée , le Roy en parut fi touché , qu'il
ne cella de pleurer ; on lui fit entendre
la Meffe dans fon Oratoire ;
mais tournant la tête , & ne voyant
plus Madame de Vantadour , les larmes
recommencérent ; aprés la Meffe
on tâcha de le confoler dans la petite
chambre du Billard , pendant
qu'on démeubloit fon Appartement ,
dont les meubles appartenoient pour
lors de droit à Madame de Vanta-
'dour. Le Roy demeura inconfolable
jufques à trois heures & demie ;
on lui donne de tems en teins à boire
pour le rafraichir ; il renvoya chercher
Madame de Vantadour , qui
de fon côté n'avoit ceffé de pleu
rer ; elle revint néanmoins , avec
un vifage ferain , pour faire reproche
au Roy , de ce qu'à l'âge de
huit ans , il manquoit de réfolution ;
Qu'il devoit au contraire être très
content de fe trouver fous la conduite
des hommes ; il repartit furle
champ à Madame de Vantadour ,
c'eft'parce que j'ai de la raiſon , Ma
Oij
160 LE NOUVEAU
ये
chere Mere , que j'ai regret de me
voir feparé de vous : Elle lui dit ,
mais , SIRE , vous n'avez pas mangé
; il lui repliqua , non , à préſent
que vous êtes auprès de moi , que
l'on m'en apporte ? il dina affés bien ,
Pendant qu'elle étoit auprès de S. M.
M le Marquis de la Vrilliere apporta
un préfent de Diamans de cent cinquante
- quatre mille livres , qu'il
mit fur la table du Roy piéce à
piéce c'étoient des bracelets
avec les Portraits de Monfeigneur
le Dauphin & de Madame la Dauphine
; pere & mere du Roy ; un
collier de perle , avec une croix de
diamant magnifique ; la bague du
feu dernier Monteigneur le Dauphin,
& quantité d'autres pierreries , entre
lefquelles il y a une pierre en
table de grand prix . Le Roy demanda
, eft - ce tout on lui repondit
oüi , SIRE ; c'eft bien peu , Ma
Bonne en merite davantage , par les
foins qu'elle a pris de moi . Madame
la Ducheffe de Ventadour y refta juf
ques à neuf heures le Roy fe
>
·
R
MERCURE . 161
coucha aflez tranquillement , lui
ayant fait promettre qu'elle reviendroit
le lendemain .
M. le Duc de la Tremoille Premier
Gentilhomme de la Chambre,
vint ce jour la remercier S, M. de la
furvivance de la Charge qu'il avoit
obtenue pour le Prince deTarente fon
fils âgé defix à fept ans , on y a attaché
un Brevet de retenue de soo
mille livres au cas que fon fils
vint à mourir , c'eft une grace
que meritoient fon affiduité au fervice
, fon merite & fa naiffance
ayant l'honneur d'eftre Coufin ifla
de Germain de Madame Doüairiere
d'Orleans , Madame fa Grand- Mere
eftant Palatine.
Le 16.le Roy à fon reveil , fut aver
ti par M. le Marefchal de Villeroy',
d'appeller M. le Duc de Mortemart
Premier Gentil Hmme de la cham
bre d'année , le Roy l'appella trois
fois : on le fit entrer , & s'étant prefenté
au lit du Roy , S. M. lui dit :
je veux me lever , Ce Seigneur lui prefenta
la robbede chambre & fes mul
Oij
162 LE NOUVEAU
les , & lui dit , V. M. ne fouhaite- 1
elle pas pafler dans fon cabinet pour
s'habiller. Auffi toft on fit entrer les
Seigneurs qui ont des Brevets d'entrée
, comme fous le feu Roy . S. M.
parut fort étonnée de voir tant
d'hommes autour de lui , M. le Duc
de Mortemart fit appeller la Cham -
'bre & la Garde robe ; alors un grand
nombre d'Officiers fe préfenta
pour faire leur devoir , le Roy fut
encore plus furpris d'en voir le nombre
augmenter. Il demanda cependant
fa chere Mere Madame la Ducheffe
de Vantadour , qui vint quelque
tems aprés en habit de voyageufe,
elle y retta une heure ;MonPrince,
lui dit-elle , je fuis obligée de vous
quitter & d'aller à faint Cyr voir
Madame de Maintenon , le Roy en
fut allarmé , & s'eſtant jerté à lon
col tendrement il donna de nouveau
, en cette occafion , des preuves
fenfibles de fon bon coeur. M. le Marefchal
de Villeroy ravi de contribuer
à l'éducation d'un Prince fi reconnoiffant,
ne pûtqu'admirer un fi excellent
>
MERCURE. 163
naturel Le Roy foupa fur les dix
heares , & repofa tranquillement
jufqu'à 10 heures du matin qu'il fe
leva avec toutes les ceremonies ordinaires
du fervice des hommes.
Le 17. on porta chez Madame la
Ducheffe de Vantadour la Vaiſelle
de vermeille de feu Monfeigneur' le
Dauphin & de Madame la Dauphine ,
elle pefe 400 marcs .
Meffieurs de Sommery & de Ruffe
, Sous - Gouverneurs du Roy, font
convenus entre - eux , pour
le fervi.
ce par femaine , & Meffieurs les
quatre Gentils -Hommes de la Chambre
, qui font , M. le Chevalier de
Pezé . M. d'Ozy , M. d'Arcy , & M.
de la Haye ,ferviront par moitié chaque
femaine.
Le 18. le Roy entendit la Mefle
dans fon Oratoire ; c'étoit le jour
de l'anniverfaire
de feu Monfeigneur
le Dauphin fon pere.
Le 19. M. le Marefchal de Villeroy
a fait donner une penfion de
720 livres au petit Furet , jeune en◄
fant, qui joue fouvent devant le Roy
164 LE NOUVEAU
& l'amufe , on lui a promis de plus
des habits de S. M.
Le 20. le Roy aprés fes exercices , a
diné à fon grand couvert. M. le
Comte de Livry Survivancier dans
la charge de Premier Maiftre d'Hôtel
, a porté le bâton , M. le Mareſchal
étoit auprés du Roy pour le faire
manger. M. le Duc de Noailles
comme Capitaine des Gardes, occupoit
le derriere u fauteüil , avec M.
le Duc de Mortemart comme Premier
Gentil-Homme de la Chambre.
La Nefétoit pofée fur la table
auprés de M. l'Abbé de Maulevrier
Aumônier , qui la decouvrit , pour
prefenter des ferviettes quand le Roy
fouhaitoit d'en changer .Aux deux côtez
de la table , eftoient les deux
Gardes de la Manche avec leurs Pertuifannes
; le long de la Salle fix Gardes
du Roy estoient rangez de chaque
côté la carabine fur l'épaule & le
chapeau fous le bras . les Brigadiers
des Gardes tenoient la porte , un
Huiffier de Salle alloit & venoit
pour le fervice , & les Gentilshom
mes fervants faifoient leur fonction
}
MERCUR E. 165
ordinaire ; le Roy parut fort attentif
à ce nouveau ceremonial, & témoigna
qu'il lui faifoit plaifir.
Le 23 les Miniftres étrangers furent
reçûs par le Roy dans le Grand
Cabinet de la Regence.
Ce jour là M. le Marefchal de Villeroy
fut fi content des études dů
Roy , qu'il luy demanda qu'elle récompenfe
il fouhaitoit pour
fon application
à fes exercices , il pria qu'on
luy fit venir fa chere Maman , on la
luy promit à condition cependant
qu'illa laiteroit retourner quand elle
le jugeroit à propos , il s'y engagea ;
lorfqu'il fut preft d'aller a la Priere,.
Madame la Ducheffe de Vantadour
prenant congé du Roy , dit en le
quittant , Adieu mon Maiftre , le
Roy répondit ,Adieu Ma chere Mere.
. M. de Vitteman a efté nommé
Sous- Précepteur en Charge, avec M.
l'Abbé Perrault ci- devant fon Inftituteur
, par commiffion. C'eft une
recompenfe qu'on a crû luy eftre
dûë , en faveur des foins infinis qu'il
a eu de l'éducation du Roy pendant
166 LE NOUVEAU
fa premiere enfance , luy ayant appris
les principes de la Religion ,
I'Hiftoire de France , la Gegraphie : ⚫
il eft vray que le Roy ayant une
difpofition admirable pour les fçiences
, rien ne peut eftre plus agréable
que de travailler à la perfection
d'un genie, dont les lumieres & l'é .
levation doivent faire la felicité de
les peuples.
M. Lambert a efté fait Secretaire
des études du Roy.
Les trois Valers de Chambre ordinaires
du Roy , & en même tems
de quartier , font Meffieurs Domingues
, Mayas & Bigot .
Le 16 M. le Chancelier a tenu le
Sceau pour la premiere fois . Le 18
fés Lettres ont efté enregistrées au
Parlement .
M. l'Abbé Dagueffeau fon Frere
s'eft chargé de l'inſpection de la Librairie.
M. Vigneron a efté continué Secretaire
de la Chancellerie , il eft
chargé du Sceau , & M. Fretteau
Avocat au Parlement , des Affaires du
Confeil,
de Paris .
qui jouit d'une parfaite fanté, fit
Chevaliers de l'Ordre Militaire de
S. Louis , plufieurs Seigneurs & Of.
ficiers , en confideration de leurs fervices.
Lé premier de ce mois , le fieur de
Montempuys , Recteur de l'Univerfité
, accompagné des Chefs, des Facultez
& des Nations , prefenta au
Roy , un Cierge , felon l'ancienne
coûtume.
Le Chapitre de faint Germain
l'Auxerrois , à la tête duquel eftoit
M. l'Abbé Bignon Confeiller d'Eftat,
& Doyen de cette Eglife , eût le même
honneur.
Le même jour les Chevaliers &
Commandeurs de l'Ordre du S. Ef
prit , tinrent Chapitre General dans
le Grand Cabinet du Roy, qui y affiſta,
MERCURE. 147
comme futur Grand - Maiſtre ; Mon
feigneur le Duc d'Orleans y eftoit
preſent. Louis Prince des Afturies
fut admis dans l'Ordre d'une commune
voix , ayant efté propofé le premier
Janvier. Ha efté réglé que le
Cordon de l'Ordre feroit porté inceffament
par quelque Seigneur au Roy
d'Efpagne , pour le donner au Prince
des Afturies .
M. le Comte des Marets Grand
Fauconnier de France a eu l'agrément
du Roy pour la furvivance de
fa charge , en faveur de fon Fils , âgé
de fix à fept ans. Madame la Comteffe
des Marets ayant efté remercier
Monfeigneur le Duc Regent , en reçut
cette réponse gratieufe ; Qu'il y avoit
trop long-tems que cette Charge
eftoit dans fa famille pour en
fortir.
M. le Chancelier Voifin mourut
fubitement la nuit du premier
au deux , il avoit affifté ce jourlà
même au Confeil de Regence , où
il dicta un Arreft , qui concernoit le
dedans du Royaume, il en fortit avec
οι
Nij
148 LE NOUVEAU
un vifage content , & ne reffentit aucune
incommodité pendant le jour..
Sur les 11 heures du foir,foupant avec
fa famille , il fut frappé d'apoplexiequi
l'emporta deux heures aprés .
Cette mort caufa de grands mouvemens
à la Cour , M. le Duc d'Orleans
, fur le premier avis qu'il en
reçût , envoya chercher M. Ďagueffeau
, pour lors Procureur General,
à qui il remit lesSceaux , & le nomma
Chancelier.
M.Joly de Fleury , Avocat General
, s'eftant rendu au Palais Royal,
M. le Duc Regent , lui confera la
Charge de Procureur General , & lui
accorda un Brevet de retenue de 300,
mille livres , afin qu'il fut en eſtat
de payer pareille fomme à M.le
Chancelier Dagueffeau : 11 eft entré
dans le Confeil de Conſcience à
la place de M. le Chancelier , qui eſt
monté au Confeil de Regence.
Le déux , Fefte de la Purification , le
Roy entendit laMeffe , & affifta à la benediction
des cierges , M le Cardinal
de Rohan lui en prefenta un ; le foir, S.
MERCURE.. 149
M. entendit le fermon du R. P.Terraffon
Prêtre de l'Oratoire ; ce célebre
Predicateur adrefla le compliment
fuivant au Roy ; il le plaça
dans l'exorde , aprés la divifion d'un
Sermon , qui avoit pour fujer , la neceffité
de fe rendrefidelle aux prat ques
exterieures de la Religion , & d'accompagner
ces pratiques , des difpofitions
interieures , dont elles empruntent
tout feur merite.
C'est ici un point de morale
qu'il eft d'autant plus important de
prêcher aux Rois , que l'exemple de
leur fidelité à le pratiquer , eft à l'égard
de leurs fujets , plus efficace que
la loy même ; mais qu'heureux eft le
Miniftre de l'Evangile , qui ayant
l'honneur de parler à celui qui fait
aujourd'hui nos plus douces efperances
, le trouve actuellement appliqué
aux devoirs aufquels il l'invite. Docile
aux fages confeils , il embraffe
avec grace toutes les pratiques de
pieté qui lui font propofees : mais ce
qui peut-être , ne feroit aujourd'hui
que l'éloge du digne Prince , charge
Nij
-150
LE NOUVEAU
de fon éducation dans un âge plus avancé
, fera le fien propre. Le feul
amour de fon devoir , aura tout le
merite de fa perfeverance le fuivre;
chaque jour nous dévelopera quelqu'une
de ces vertus Royales , qu'ont
tranfmis en lui fes Auguftes Ayeux ;
& qui , déja , fe laiffent entrevoir ,
fous le voile de fon aimable enfance
. Puifle,fon regne heureux , être le
durable fruit , de la plus fage & de la
plus douce Regence que la France air
admirée? puiflent nos voeux & notre
pieté, meriter la confervation de
ce tendre heritier de la couronne , &
de la gloire de nos Rois ? c'eſt la
grace , SIRE, que nous ne cellerons
de demander pour votre Majefté.
Le 3. M. le Chancelier Dagueffeau
ent l'honneur de faluer le Roy . If
prêtà Serment entre les mains de Sa
Majefté , en prefence de M. le Duc
d'Orleans , Regent du Royaume . Il
donna 8400 livres pour eftre diſtribuées
à la Chambre ,fçavoir un tiers
pour les premieres femmes de ChamMERCURE
15.7
bre , un autre tiers pour les premiers
Valets de Chambre du Roy , & l'autre
tiers pour les Officiers de la
Chambre & de l'Anti - Chambre ,
Le 4. le nouveau Chancelier eut
l'honneur de faluer Madame , qui
luy dit que le choix que venoit de
faire fon Fils , en le nommant Chancelier
, ne pouvoit que faire honneus
à fon difcernement.
Le s. fur les reprefentations de
Meffieurs les Premiers Gentilshommes
de la Chambre touchant leurs
droits ; Monfeigneur le Duc Regent
s'expliqua , qu'il ne changeroit rien
pendant la minorité du Roy , de ce
qui s'eftoit pratiqué fous le feu Roy.
Qu'ils joüiroient de tous les Privileges
& de tous les honneurs de la
Chambre ; qu'à l'égard des Premiers
Valets de Chambre , ils continueroient
de coucher dans la Chambre
du Roy.
S. M. accorda ce jour là même au
Prince de Rohan la furvivance de la
Charge de Capitaine Lieutenant des
Gendarmes de la Garde, pour M. le
52 LENOU VE AU
Prince de Soubife fon Fils ; avec un
Brevet de retenuë de quatre cent mille
livres fur les Gouvernemens de
Champagne & de Brie.
Le 6. on eut une Declaration du
Roy ; concernant les Penfions données
à Paris le 30 Janvier 1717.
Par cette Declaration , les Penfions
de 600 livres & au deffous reftent
fans diminution.
Penfions attribuées à l'Ordre de S.
Louis fans diminution .
Penfions accordées au Corps des
Troupes , celles dont jouiflent les
Officiers des Troupes de la Maiſon
du Roy, par forme d'appointement
ou de fuplément de folde , & qui
font attachées non pas à leur perfonne
, mais à leurs Emplois , & pareillement
celles qui font partie des
appointemens & attributions des
Charges de plufieurs Officiers des
Cours fans dimution .
Voici la réduction desfuivantes.
Les Penfons de 10 mille livres &
MERCURE.
153
au deffus , réduite aux trois cinquiémes
; celles dé 6 mille liv . juſques à
10 mille livres , aux deux tiers; celles
de trois mille livres jufques à 6 mille
livres , aux trois quarts ; celle de
mille livres , jufques à trois mille ,
aux quatre cinquiémes ; & celles aut
deffus de 600 livres , jufques à mille
livres , aux cinq fixièmes ; en forte
néanmoins , que lorfque par la rédution
cy-deffus marquée , les parties
excederont les dixaines de livres , ledit
excedant fera retranché .
Il ne fera accordé aucune nouvelle
penfion ou gratification ordinaire à
qui que ce puifle eftre , jufqu'à ce que
toutes celles qui fubfiftent actuelle.
ment,fe trouventreduites à la fomme
de deux millions par le decés des Penfionnaires
, ou par leur nomination
à d'autres Emplois . Monfeigneur le
Duc Regent fe referve un fond de 500
mil livres pour des gratifications.
Le même jour M. le Chancelier
alla rendre fes devoirs àMadame, Duchelle
de Berry.
Le 7. M. le Chancelier prefenta
$4 LE NOUVEAU
au Roy , Monfieur Joly de Fleury
Procureur General , qui fit un compliment
fort court à S. M.
Le 8. M. Roland , Gentil- Homme
Ordinaire , alla au Palais Royal , de
la part du Roy, pour annoncer à
Monfeigneur le Duc d'Orleans , que
S. M. iroit lui rendre viſite ; en effet,
fur les trois heures , le Roy accompagné
de M. le Duc du Maine , de
M. le Marefchal de Villeroy , & de
Madame la Duchefle de Vantadour
alla voir Monſeigneur le Duc Regent
.
Sur les 11 heures du matin , Mada .
me la Chanceliere Dagueffeau , eût
l'honneur de faluer le Roy , elle en
fut reçûë trés - favorablement.
Le jeune Comte des мarets , vint remercier
le Roy, de la furvivance que
S. M. avoit en la bonté de lui accorder
de la Charge de Grand Fauconnier
de France .
Le 10 , S, M. entendit la Melle
dans la Chapelle des Tuilleries , &
reçût les Cendres par les mains de
M. le Cardinal de Rohan , Grand
MERCURE.
ISS
Aumonier de France.
M. l'Abbé de Caftries premier
Aumonier de Madame Duchefle de
Berry , nommé à l'Archevêché de
Tours , a été admis au Confeil de
Conscience .
Le 13. le Roy fit Chevaliers de
l'ordre Militaire de S. Louis Mrle
Prince de Conty & quelques Officiers
.
1
Le même jour on ôta les Lizieres
au Roy. M. le Maréchal de Villeroy
prit la place de Madame de Vantadour
à dîner ; cette Ducheffe s'étant
éloignée pour éprouver , fi le
Roy s'accoutumeroit avec les hommes.
S. M. ne parut pas d'abord
fort furpriſe .
Le 13. M. le Chancellier alla prendre
Séance dans le Confeil de
Regence.
Le 14. le Roy étant habillé , les
Officiers de Garde-Robe demanderent
, s'il fouhaitoit qu'on lui remit
fes Lizieres , le Roy répondit non ,
non. Madame la Ducheffe de Vantadour
repliqua , le Roy ſe tient
1
156 LE NOUVEAU
tropidroit & marche fi fûrement, que
je n'ai pas deffein qu'on les lui remette
.
M. le Maréchal de Montefquiou
a acheté cinquante cinq mille
livres le Regiment d'Iflanghuien
pour M. fon fils , âgé de fept à huit
ans .
Le 14. au foir M. de S. Maurice
fut choifi par Monſeigneur le Duc
Régent , pour Commandant à la
Rochelle ; il étoit Lieutenant Colonel
du Regiment Royal infanterie,
& Brigadier d'Armée. Il eft Officier
de mérite & de diftinction ; on lui
donna fix mille livres fur les appointemens
du Gouverneur , qui
étoient de douze . La Ville y joint
encore quatre mille francs par an
outre le logement , les fourages ,
& quelques autres uftancils.
Le 15. eft une époque trop mé
morable par le nouveau changement
de Scene arrivé à la Cour , pour n'en
pas donner un détail auffi fidel qu'il
dépendra de moi ,
>
Ce jour là même auquel le Roy
enMER
CURE.
157
entroit dans fa huitième année , Monfeigneur
le Duc Régent fe rendit au
Palais des Thuilleries fur les 9 heu
res & demie du matin .
Madame la Ducheffe de Vantadour
ayant , felon l'ufage , fait examiner
le Roy quelques jours auparavant
par les Medecins & Chirurgiens
qui le trouverent très - bien conftitué
, le remit entre les mains de
Monfeigneur le Duc Régent , &
lui dit , Monfeigneur , voilà le Dépôt
que le feu Roy m'a confié , & que
vous m'avés continué ; j'en ai pris
tous les foins poffibles , & je le rend
en parfaite fanté. Monfeigneur le
Duc Régent lui témoigna › que le
Roy & tout l'Etat lui avoient une
obligation infinie de l'attention
qu'elle avoit apporté à préferver des
jours fi précieux de tout accident ;
il ajouta , qu'il inviteroit lui - même
le Roy à conferver la memoire de fes
fervices fi importans ; qu'à fon égard,
il n'oublieroit rien pour lui donner
des marques fenfibles de fa reconnoiffance.
Dans ce moment , S. A.R,
O
858 LE NOUVEAU
préfenta au Roy M.le Maréchal de
Villeroy pour fon Gouverneur , &
M. Fleury ancien Evêque de Frejus
pour fon Précepteur ; adreflant enfuite
la parole à M. le Ducdu Maine,
& à M.le Maréchal de Villeroy ; il
leur dit , Meffieurs , Ce facré Dépôt
vous regarde particulierement . Nous
efperons que vous répondrés parfaitement
à l'attente que toute la
France a concuë de vous , pour l'éducation
du Roi ; c'eft à vous à préfent
d'en avoir tout le foin que nous
nous promettons de votre zele & de
votre inclination pour S. M. & pour
P'Etat ; alors Madame la Duchelle
de Vantadour dit à S. A. R. Monfeigneur
, voilà mon miniftere fini ,
vous me permetrés de baiſer la main
du Roy , & de me retirer ; dans l'inf
tant elle prit la main du Roy & la
baifa ; mais ce fut avec tant de tendrefle
, qu'il ne lui fut pas poſſible
de retenir fes larmes . Le Roy attendri
, l'embraffa étroitement , &
mit fon chapeau devant les yeux ,
pour cacher les pleurs. Madame la
MERCURE. *159
Duchefle de Vantadour s'étant reti..
rée , le Roy en parut fi touché , qu'il
ne cella de pleurer ; on lui fit entendre
la Meffe dans fon Oratoire ;
mais tournant la tête , & ne voyant
plus Madame de Vantadour , les larmes
recommencérent ; aprés la Meffe
on tâcha de le confoler dans la petite
chambre du Billard , pendant
qu'on démeubloit fon Appartement ,
dont les meubles appartenoient pour
lors de droit à Madame de Vanta-
'dour. Le Roy demeura inconfolable
jufques à trois heures & demie ;
on lui donne de tems en teins à boire
pour le rafraichir ; il renvoya chercher
Madame de Vantadour , qui
de fon côté n'avoit ceffé de pleu
rer ; elle revint néanmoins , avec
un vifage ferain , pour faire reproche
au Roy , de ce qu'à l'âge de
huit ans , il manquoit de réfolution ;
Qu'il devoit au contraire être très
content de fe trouver fous la conduite
des hommes ; il repartit furle
champ à Madame de Vantadour ,
c'eft'parce que j'ai de la raiſon , Ma
Oij
160 LE NOUVEAU
ये
chere Mere , que j'ai regret de me
voir feparé de vous : Elle lui dit ,
mais , SIRE , vous n'avez pas mangé
; il lui repliqua , non , à préſent
que vous êtes auprès de moi , que
l'on m'en apporte ? il dina affés bien ,
Pendant qu'elle étoit auprès de S. M.
M le Marquis de la Vrilliere apporta
un préfent de Diamans de cent cinquante
- quatre mille livres , qu'il
mit fur la table du Roy piéce à
piéce c'étoient des bracelets
avec les Portraits de Monfeigneur
le Dauphin & de Madame la Dauphine
; pere & mere du Roy ; un
collier de perle , avec une croix de
diamant magnifique ; la bague du
feu dernier Monteigneur le Dauphin,
& quantité d'autres pierreries , entre
lefquelles il y a une pierre en
table de grand prix . Le Roy demanda
, eft - ce tout on lui repondit
oüi , SIRE ; c'eft bien peu , Ma
Bonne en merite davantage , par les
foins qu'elle a pris de moi . Madame
la Ducheffe de Ventadour y refta juf
ques à neuf heures le Roy fe
>
·
R
MERCURE . 161
coucha aflez tranquillement , lui
ayant fait promettre qu'elle reviendroit
le lendemain .
M. le Duc de la Tremoille Premier
Gentilhomme de la Chambre,
vint ce jour la remercier S, M. de la
furvivance de la Charge qu'il avoit
obtenue pour le Prince deTarente fon
fils âgé defix à fept ans , on y a attaché
un Brevet de retenue de soo
mille livres au cas que fon fils
vint à mourir , c'eft une grace
que meritoient fon affiduité au fervice
, fon merite & fa naiffance
ayant l'honneur d'eftre Coufin ifla
de Germain de Madame Doüairiere
d'Orleans , Madame fa Grand- Mere
eftant Palatine.
Le 16.le Roy à fon reveil , fut aver
ti par M. le Marefchal de Villeroy',
d'appeller M. le Duc de Mortemart
Premier Gentil Hmme de la cham
bre d'année , le Roy l'appella trois
fois : on le fit entrer , & s'étant prefenté
au lit du Roy , S. M. lui dit :
je veux me lever , Ce Seigneur lui prefenta
la robbede chambre & fes mul
Oij
162 LE NOUVEAU
les , & lui dit , V. M. ne fouhaite- 1
elle pas pafler dans fon cabinet pour
s'habiller. Auffi toft on fit entrer les
Seigneurs qui ont des Brevets d'entrée
, comme fous le feu Roy . S. M.
parut fort étonnée de voir tant
d'hommes autour de lui , M. le Duc
de Mortemart fit appeller la Cham -
'bre & la Garde robe ; alors un grand
nombre d'Officiers fe préfenta
pour faire leur devoir , le Roy fut
encore plus furpris d'en voir le nombre
augmenter. Il demanda cependant
fa chere Mere Madame la Ducheffe
de Vantadour , qui vint quelque
tems aprés en habit de voyageufe,
elle y retta une heure ;MonPrince,
lui dit-elle , je fuis obligée de vous
quitter & d'aller à faint Cyr voir
Madame de Maintenon , le Roy en
fut allarmé , & s'eſtant jerté à lon
col tendrement il donna de nouveau
, en cette occafion , des preuves
fenfibles de fon bon coeur. M. le Marefchal
de Villeroy ravi de contribuer
à l'éducation d'un Prince fi reconnoiffant,
ne pûtqu'admirer un fi excellent
>
MERCURE. 163
naturel Le Roy foupa fur les dix
heares , & repofa tranquillement
jufqu'à 10 heures du matin qu'il fe
leva avec toutes les ceremonies ordinaires
du fervice des hommes.
Le 17. on porta chez Madame la
Ducheffe de Vantadour la Vaiſelle
de vermeille de feu Monfeigneur' le
Dauphin & de Madame la Dauphine ,
elle pefe 400 marcs .
Meffieurs de Sommery & de Ruffe
, Sous - Gouverneurs du Roy, font
convenus entre - eux , pour
le fervi.
ce par femaine , & Meffieurs les
quatre Gentils -Hommes de la Chambre
, qui font , M. le Chevalier de
Pezé . M. d'Ozy , M. d'Arcy , & M.
de la Haye ,ferviront par moitié chaque
femaine.
Le 18. le Roy entendit la Mefle
dans fon Oratoire ; c'étoit le jour
de l'anniverfaire
de feu Monfeigneur
le Dauphin fon pere.
Le 19. M. le Marefchal de Villeroy
a fait donner une penfion de
720 livres au petit Furet , jeune en◄
fant, qui joue fouvent devant le Roy
164 LE NOUVEAU
& l'amufe , on lui a promis de plus
des habits de S. M.
Le 20. le Roy aprés fes exercices , a
diné à fon grand couvert. M. le
Comte de Livry Survivancier dans
la charge de Premier Maiftre d'Hôtel
, a porté le bâton , M. le Mareſchal
étoit auprés du Roy pour le faire
manger. M. le Duc de Noailles
comme Capitaine des Gardes, occupoit
le derriere u fauteüil , avec M.
le Duc de Mortemart comme Premier
Gentil-Homme de la Chambre.
La Nefétoit pofée fur la table
auprés de M. l'Abbé de Maulevrier
Aumônier , qui la decouvrit , pour
prefenter des ferviettes quand le Roy
fouhaitoit d'en changer .Aux deux côtez
de la table , eftoient les deux
Gardes de la Manche avec leurs Pertuifannes
; le long de la Salle fix Gardes
du Roy estoient rangez de chaque
côté la carabine fur l'épaule & le
chapeau fous le bras . les Brigadiers
des Gardes tenoient la porte , un
Huiffier de Salle alloit & venoit
pour le fervice , & les Gentilshom
mes fervants faifoient leur fonction
}
MERCUR E. 165
ordinaire ; le Roy parut fort attentif
à ce nouveau ceremonial, & témoigna
qu'il lui faifoit plaifir.
Le 23 les Miniftres étrangers furent
reçûs par le Roy dans le Grand
Cabinet de la Regence.
Ce jour là M. le Marefchal de Villeroy
fut fi content des études dů
Roy , qu'il luy demanda qu'elle récompenfe
il fouhaitoit pour
fon application
à fes exercices , il pria qu'on
luy fit venir fa chere Maman , on la
luy promit à condition cependant
qu'illa laiteroit retourner quand elle
le jugeroit à propos , il s'y engagea ;
lorfqu'il fut preft d'aller a la Priere,.
Madame la Ducheffe de Vantadour
prenant congé du Roy , dit en le
quittant , Adieu mon Maiftre , le
Roy répondit ,Adieu Ma chere Mere.
. M. de Vitteman a efté nommé
Sous- Précepteur en Charge, avec M.
l'Abbé Perrault ci- devant fon Inftituteur
, par commiffion. C'eft une
recompenfe qu'on a crû luy eftre
dûë , en faveur des foins infinis qu'il
a eu de l'éducation du Roy pendant
166 LE NOUVEAU
fa premiere enfance , luy ayant appris
les principes de la Religion ,
I'Hiftoire de France , la Gegraphie : ⚫
il eft vray que le Roy ayant une
difpofition admirable pour les fçiences
, rien ne peut eftre plus agréable
que de travailler à la perfection
d'un genie, dont les lumieres & l'é .
levation doivent faire la felicité de
les peuples.
M. Lambert a efté fait Secretaire
des études du Roy.
Les trois Valers de Chambre ordinaires
du Roy , & en même tems
de quartier , font Meffieurs Domingues
, Mayas & Bigot .
Le 16 M. le Chancelier a tenu le
Sceau pour la premiere fois . Le 18
fés Lettres ont efté enregistrées au
Parlement .
M. l'Abbé Dagueffeau fon Frere
s'eft chargé de l'inſpection de la Librairie.
M. Vigneron a efté continué Secretaire
de la Chancellerie , il eft
chargé du Sceau , & M. Fretteau
Avocat au Parlement , des Affaires du
Confeil,
Fermer
14
p. 177-179
« Le 27. les Députez des Etats de Bretagne, eurent Audience publique du [...] »
Début :
Le 27. les Députez des Etats de Bretagne, eurent Audience publique du [...]
Mots clefs :
Députés des États de Bretagne, Audience publique, Église de Notre-Dame de Paris, Décoration, Chapitre, Tableaux, Neffe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 27. les Députez des Etats de Bretagne, eurent Audience publique du [...] »
Le 27. les Députez des Etats de Breeurent Audience publique du
Roy, étant présentez par le Comte de Toulouse , Gouverneur de la Province ,
et par le Comte de S. Florentin , Secretaire d'Etat , et conduits par le Grand- Maître et le Maître des Ceremonies ; la
Députation étoit composée de l'Evêque
de S. Pol de Leon , pour le Clergé qui
porta la parole , du Comte de Kercado
pour la Noblesse , du Senechal du Quimper pour le Tiers Etat , et du Pré ident
de Bedé , Syndic de la Province. Ces Députez furent ensuite conduits à l'Audiance de la Reine, et à celles de Monseigneur
le Dauphin , de Monseigneur le Duc
d'Anjou et de Mesdames de France.
Il n'y a pas lieu d'être surpris de tous
les embellissemens qui se sont faits depuis un temps et qui se font encore dans
la celebre Eglise de Notre- Dame de Paris.
Son illustre Chapitre a toûjours eu grande attention sur ce qui regarde le culte
de Dieu , dans lequl est toujours renfermée la Décoration et la magnificence
de son Temple.
I C'est
178 MERCURE DE FRANCE
et
C'est à quoi il semble que ce Chapitre
se soit encore appliqué plus particulierement depuis un temps. Les soins et les
attentions des Abbez de la Croix , de
Fleury et de Cotte , Chanoines , et Intendans du Trésor et de la Fabrique ,
n'ont pas peu contribué à de si nobles er
de si pieuses entreprises ; et le bonheur a
voulu qu'ils ayent heureusement rencontré dans l'Abbé Colin' , Trésorier de cette
Eglise , une personne plus propre à rencherir sur leur zele , qu'à le diminuer.
Son ardeur pour tout ce qui regarde l'Eglise et sa décoration , est sans exemple
ainsi que sa vigilance et son activité.
La derniere réparation qu'on vient de
faire et qui a le plus frappé les yeux du
Public et des Curieux , est le nettoyementet la restauration de tousles Tableaux
de la Nef, qui , quoique des plus grands
Maîtres, avoient été de longue main aban.
donnez aux insultes du temps et de la
poussiere ; l'on n'y reconnoissoit plus.
rien, la plus grande partie pleins de troux
et tout écaillez. Il falloit une main legere
sçavante et habile pour les nettoyer sans
alteration et les repeindre sans qu'il y
parût, et ce fut pour cela que le sieur
Grégoire, jeune homme , Eleve de M.Reitout, neveu da celebre Jean Jouvenet
£us
JANVIER 1732. 179
1
1
fut choisi ; il s'en est acquitté si bien et
avec tant de prudence , qu'il a rendu à
tous ces Tableaux leur premier lustre et
leur ancien éclat , sans avoir rien alteré
des endroits mêmes les plus délicats. Il a
eû aussi la satisfaction de se voir applaudi , non-seulement du Public , mais même de M. Boulogne , premier Peintre du
Roy et Directeur de l'Académie , &c.
Un si, heureux succès fait esperer que
le sieur Grégoire ne se tirera pas moins
heureusement des Tableaux de la Croisée
de la même Eglise, qui sont, la plus grande partie , d'un prix infini.
Roy, étant présentez par le Comte de Toulouse , Gouverneur de la Province ,
et par le Comte de S. Florentin , Secretaire d'Etat , et conduits par le Grand- Maître et le Maître des Ceremonies ; la
Députation étoit composée de l'Evêque
de S. Pol de Leon , pour le Clergé qui
porta la parole , du Comte de Kercado
pour la Noblesse , du Senechal du Quimper pour le Tiers Etat , et du Pré ident
de Bedé , Syndic de la Province. Ces Députez furent ensuite conduits à l'Audiance de la Reine, et à celles de Monseigneur
le Dauphin , de Monseigneur le Duc
d'Anjou et de Mesdames de France.
Il n'y a pas lieu d'être surpris de tous
les embellissemens qui se sont faits depuis un temps et qui se font encore dans
la celebre Eglise de Notre- Dame de Paris.
Son illustre Chapitre a toûjours eu grande attention sur ce qui regarde le culte
de Dieu , dans lequl est toujours renfermée la Décoration et la magnificence
de son Temple.
I C'est
178 MERCURE DE FRANCE
et
C'est à quoi il semble que ce Chapitre
se soit encore appliqué plus particulierement depuis un temps. Les soins et les
attentions des Abbez de la Croix , de
Fleury et de Cotte , Chanoines , et Intendans du Trésor et de la Fabrique ,
n'ont pas peu contribué à de si nobles er
de si pieuses entreprises ; et le bonheur a
voulu qu'ils ayent heureusement rencontré dans l'Abbé Colin' , Trésorier de cette
Eglise , une personne plus propre à rencherir sur leur zele , qu'à le diminuer.
Son ardeur pour tout ce qui regarde l'Eglise et sa décoration , est sans exemple
ainsi que sa vigilance et son activité.
La derniere réparation qu'on vient de
faire et qui a le plus frappé les yeux du
Public et des Curieux , est le nettoyementet la restauration de tousles Tableaux
de la Nef, qui , quoique des plus grands
Maîtres, avoient été de longue main aban.
donnez aux insultes du temps et de la
poussiere ; l'on n'y reconnoissoit plus.
rien, la plus grande partie pleins de troux
et tout écaillez. Il falloit une main legere
sçavante et habile pour les nettoyer sans
alteration et les repeindre sans qu'il y
parût, et ce fut pour cela que le sieur
Grégoire, jeune homme , Eleve de M.Reitout, neveu da celebre Jean Jouvenet
£us
JANVIER 1732. 179
1
1
fut choisi ; il s'en est acquitté si bien et
avec tant de prudence , qu'il a rendu à
tous ces Tableaux leur premier lustre et
leur ancien éclat , sans avoir rien alteré
des endroits mêmes les plus délicats. Il a
eû aussi la satisfaction de se voir applaudi , non-seulement du Public , mais même de M. Boulogne , premier Peintre du
Roy et Directeur de l'Académie , &c.
Un si, heureux succès fait esperer que
le sieur Grégoire ne se tirera pas moins
heureusement des Tableaux de la Croisée
de la même Eglise, qui sont, la plus grande partie , d'un prix infini.
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Résumé : « Le 27. les Députez des Etats de Bretagne, eurent Audience publique du [...] »
Le 27 janvier 1732, les députés des États de Bretagne furent reçus en audience publique par le roi, en présence du comte de Toulouse et du comte de Saint-Florentin. La délégation comprenait l'évêque de Saint-Pol-de-Léon pour le clergé, le comte de Kercado pour la noblesse, le sénéchal de Quimper pour le tiers état, et le président de Bédé, syndic de la province. Ils rencontrèrent également la reine, le dauphin, le duc d'Anjou et Mesdames de France. Le texte évoque par ailleurs les travaux récents et en cours dans l'église Notre-Dame de Paris. Le chapitre de cette église a toujours accordé une grande importance au culte divin, à la décoration et à la magnificence du temple. Les abbés de la Croix, Fleury, Cotte et Colin, trésorier, ont particulièrement contribué à ces entreprises. La dernière réparation notable fut la restauration des tableaux de la nef par le sieur Grégoire, élève de M. Reitout et neveu de Jean Jouvenet. Grégoire a restauré les tableaux avec prudence, leur rendant leur lustre initial sans les altérer. Son travail a été salué par le public et par M. Boulogne, premier peintre du roi et directeur de l'Académie. Une restauration similaire est attendue pour les tableaux de la croisée de l'église.
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15
p. 1400-1404
Embellisemens faits à Notre-Dame de Paris, [titre d'après la table]
Début :
On sçait que l'Eglise de Notre-Dame de Paris [...]
Mots clefs :
Église de Notre-Dame de Paris, Chapitre, Louis XIV, Cardinal de Noailles, Voûte, Tableaux
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texteReconnaissance textuelle : Embellisemens faits à Notre-Dame de Paris, [titre d'après la table]
On sçait que l'Eglise de Notre- Dame
de Paris est en possession d'attirer l'admitation de tous les habitans de cette
grande Ville et des Etrangers ; mais depuis que son illustre Chapitre a fait mettre , pour ainsi dire , la derniere main à
ce superbe Edifice , en achevant ce que
LOUIS XIV. et le feu Cardinal de Noailles
avoient commencé avec tant de zele et de
magnificence , on peut dire qu'elle paroît
dans tout son éclats car cette belle et vas
te Fabrique semble sortir des mains de
l'Ouvrier. Nous croyons faire plaisir au
public de lui donner icy une idée en racourci de ces travaux, en attendant qu'ils
soient achevez, et qu'on puisse entrer dans
un plus grand détail,
II. Vol.
Sans
JUI N. 1732 1401
Sans entrer dans le détail de la premiere origine et des differentes fondations .
de cette Eglise, bâtie dans un goût Gothique , mais des plus majestueux dans sa
simplicité;nous dirons que ce grand Vaisseau a été commencé par Maurice de Sully , Evêque de Paris , vers le milieu du
12 siécle. La premiere pierre fut mise avec
beaucoup de solemnité, par le Pape Alexandre III . alors refugié en France, lequel
fit ensuite consacrer le Grand Autel l'an
1182. par Henry, Legat Apostolique.
Ce ne fut que bien avant dans le 13
siecle que ce vaste bâtiment fut achevé ;
sa longueur est de 65 toises , sa largeur
de 24, et sa hauteur de 17 , sous clef :
il est soutenu par 20 gros Pilliers. Les
deux grosses Tours quarrées, qui s'élevent
sur le frontispice , ont 34 toises de hauteur.
LOUIS XIII. ayant résolu d'orner cette
Eglise , en conséquence d'un vœu solemnel qui interressoit tout le Royaume ; on
devoit construire un Maître-Autel , qui
répondit à sa beauté ; ce qui n'a été exécuté que par LOUIS XIV. Ce Prince est
allé au-delà des intentions de Louis le ™
Juste son Pere. On peut voir la description qui en a été faite dans Felibien,Ger
main Brice , et Piganiol de Laforce.
11. Vol G Le
402 MERCURE DE FRANCE
Le Cardinal de Noailles , Archevêque
de Paris , voulant seconder de si pieux
desseins , se proposa de continuer les décorations de ce Temple. Il commença
par la construction de la Chapelle de la
Vierge , dont l'Autel est tout de Marbre ,
avec des Colonnes enrichies d'ornemens
de Bronze doré ; il la benit le 6 de May
1719.11 fit ensuite construire la Chapellle
de S.Denys, autrement dite des Martyrs,
de la même maniere que celle de la Vierge , et dela même simétrie.
La Voute du milieu de la Croisée dépérissant de jour en jour, et la Fléche qui
est au dessus, menaçant ruine, il employa
de grandes sommes pour l'entiere réparation de l'une et de l'autre , aussi - bien que
pour la Couverture en-Plomb, dont il'a fait
refaire à neufla plus grande partie, sous la
conduite de l'Abbé de la Croix , Chanoi- ;
ne,qui s'est toujours fait un devoir de Religion d'être le Coopérateur de tant de
pieux travaux.Il a aussi présidé au rétablissementde la grande Roze qui est ducôté
de l'Archevêché ; on prétend que cette ·
seule partie a coûté près de 80000 liv. Ce
fut Claude Pinet , Appareilleur , qui executa cette entreprise en 1727. sous les ofdresde M.de Bosfrant, Architecte du Roy.
Le Cardinal de Noailles a fait aussi tra11.1.2.
vailler
JUIN. 1732. 1403
vailler à la construction d'une grande.
partie de la Chapelle , destinée pour la
Sépulture de sa Famille.
On fait monter toutes les dépenses que
le Cardinal de Noailles a faites, soit pour
les réparations ou embellissemens , à des
sommes très considérables ; et ceux qui
les estiment le moins,les portent à plus de
300000 liv.
• C'est que marcher sur ses traces ,
pour
le Chapitre s'est déterminé à achever les
réparations et les embellissemens de cette
Eglise. Il a fait reblanchir tout le dedans
par le moyen d'Echaffaurs volants , dont
P'invention hardie a été d'un tres-grand
secours ; il a fait mettre tous les Vitraux
dela Nef en Verres blancs , et réparé la
Rose du dessus de l'Orgue , qui est d'un
travail aussi ingénieux que délicat. C'est
aussi au même Chapitre que l'Orgue doit
sa parfaite restauration , et une augmen-.
tion de 1400 Tuyaux , ce qui va faire un
des Orgues les plus parfaits , et le plus
fort qu'il y ait en Europe. Le St François
Thierry a été choisi comme le plus habile
Facteur pour ces sortes d'Ouvrages , et le
S Calvieres pour le toucher; on sçait qu'il
est un des plus habiles Organistes de ce
temps.
C'est aussi aux soins , et au zéle du mêII. Vol. Gij me
1404 MERCURE DE FRANCE
me Chapitre ( a ) , qu'on est redevable de
la restauration et du nettoyement des Tableaux de cette Eglise, qui étoient depuis
long-temps dans un fort mauvais état.
Le St Gregoire, Peintre, Eleve de M² Res
tout , qui a été choisi pour cela , s'en est
acquitté avec un succès merveilleux les
deux Certificats cy - joints en font foy.
C'est aussi lui qui a donné un nouvel
arrangement à ces mêmes Tableaux,
dont les sujets , tirez de l'Evangile et des
Actes des Apôtres, étoient confondus ensemble.Il a rangé tous les sujets de l'Evangile à main gauche, en entrant dans la
Nef par le grand Portail, et les Actes des
Apôtres , à droite.
de Paris est en possession d'attirer l'admitation de tous les habitans de cette
grande Ville et des Etrangers ; mais depuis que son illustre Chapitre a fait mettre , pour ainsi dire , la derniere main à
ce superbe Edifice , en achevant ce que
LOUIS XIV. et le feu Cardinal de Noailles
avoient commencé avec tant de zele et de
magnificence , on peut dire qu'elle paroît
dans tout son éclats car cette belle et vas
te Fabrique semble sortir des mains de
l'Ouvrier. Nous croyons faire plaisir au
public de lui donner icy une idée en racourci de ces travaux, en attendant qu'ils
soient achevez, et qu'on puisse entrer dans
un plus grand détail,
II. Vol.
Sans
JUI N. 1732 1401
Sans entrer dans le détail de la premiere origine et des differentes fondations .
de cette Eglise, bâtie dans un goût Gothique , mais des plus majestueux dans sa
simplicité;nous dirons que ce grand Vaisseau a été commencé par Maurice de Sully , Evêque de Paris , vers le milieu du
12 siécle. La premiere pierre fut mise avec
beaucoup de solemnité, par le Pape Alexandre III . alors refugié en France, lequel
fit ensuite consacrer le Grand Autel l'an
1182. par Henry, Legat Apostolique.
Ce ne fut que bien avant dans le 13
siecle que ce vaste bâtiment fut achevé ;
sa longueur est de 65 toises , sa largeur
de 24, et sa hauteur de 17 , sous clef :
il est soutenu par 20 gros Pilliers. Les
deux grosses Tours quarrées, qui s'élevent
sur le frontispice , ont 34 toises de hauteur.
LOUIS XIII. ayant résolu d'orner cette
Eglise , en conséquence d'un vœu solemnel qui interressoit tout le Royaume ; on
devoit construire un Maître-Autel , qui
répondit à sa beauté ; ce qui n'a été exécuté que par LOUIS XIV. Ce Prince est
allé au-delà des intentions de Louis le ™
Juste son Pere. On peut voir la description qui en a été faite dans Felibien,Ger
main Brice , et Piganiol de Laforce.
11. Vol G Le
402 MERCURE DE FRANCE
Le Cardinal de Noailles , Archevêque
de Paris , voulant seconder de si pieux
desseins , se proposa de continuer les décorations de ce Temple. Il commença
par la construction de la Chapelle de la
Vierge , dont l'Autel est tout de Marbre ,
avec des Colonnes enrichies d'ornemens
de Bronze doré ; il la benit le 6 de May
1719.11 fit ensuite construire la Chapellle
de S.Denys, autrement dite des Martyrs,
de la même maniere que celle de la Vierge , et dela même simétrie.
La Voute du milieu de la Croisée dépérissant de jour en jour, et la Fléche qui
est au dessus, menaçant ruine, il employa
de grandes sommes pour l'entiere réparation de l'une et de l'autre , aussi - bien que
pour la Couverture en-Plomb, dont il'a fait
refaire à neufla plus grande partie, sous la
conduite de l'Abbé de la Croix , Chanoi- ;
ne,qui s'est toujours fait un devoir de Religion d'être le Coopérateur de tant de
pieux travaux.Il a aussi présidé au rétablissementde la grande Roze qui est ducôté
de l'Archevêché ; on prétend que cette ·
seule partie a coûté près de 80000 liv. Ce
fut Claude Pinet , Appareilleur , qui executa cette entreprise en 1727. sous les ofdresde M.de Bosfrant, Architecte du Roy.
Le Cardinal de Noailles a fait aussi tra11.1.2.
vailler
JUIN. 1732. 1403
vailler à la construction d'une grande.
partie de la Chapelle , destinée pour la
Sépulture de sa Famille.
On fait monter toutes les dépenses que
le Cardinal de Noailles a faites, soit pour
les réparations ou embellissemens , à des
sommes très considérables ; et ceux qui
les estiment le moins,les portent à plus de
300000 liv.
• C'est que marcher sur ses traces ,
pour
le Chapitre s'est déterminé à achever les
réparations et les embellissemens de cette
Eglise. Il a fait reblanchir tout le dedans
par le moyen d'Echaffaurs volants , dont
P'invention hardie a été d'un tres-grand
secours ; il a fait mettre tous les Vitraux
dela Nef en Verres blancs , et réparé la
Rose du dessus de l'Orgue , qui est d'un
travail aussi ingénieux que délicat. C'est
aussi au même Chapitre que l'Orgue doit
sa parfaite restauration , et une augmen-.
tion de 1400 Tuyaux , ce qui va faire un
des Orgues les plus parfaits , et le plus
fort qu'il y ait en Europe. Le St François
Thierry a été choisi comme le plus habile
Facteur pour ces sortes d'Ouvrages , et le
S Calvieres pour le toucher; on sçait qu'il
est un des plus habiles Organistes de ce
temps.
C'est aussi aux soins , et au zéle du mêII. Vol. Gij me
1404 MERCURE DE FRANCE
me Chapitre ( a ) , qu'on est redevable de
la restauration et du nettoyement des Tableaux de cette Eglise, qui étoient depuis
long-temps dans un fort mauvais état.
Le St Gregoire, Peintre, Eleve de M² Res
tout , qui a été choisi pour cela , s'en est
acquitté avec un succès merveilleux les
deux Certificats cy - joints en font foy.
C'est aussi lui qui a donné un nouvel
arrangement à ces mêmes Tableaux,
dont les sujets , tirez de l'Evangile et des
Actes des Apôtres, étoient confondus ensemble.Il a rangé tous les sujets de l'Evangile à main gauche, en entrant dans la
Nef par le grand Portail, et les Actes des
Apôtres , à droite.
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Résumé : Embellisemens faits à Notre-Dame de Paris, [titre d'après la table]
La cathédrale Notre-Dame de Paris est renommée pour son architecture imposante et attire tant les Parisiens que les visiteurs étrangers. Le chapitre de la cathédrale a récemment terminé des travaux de restauration et d'embellissement, initiés par Louis XIV et le cardinal de Noailles. La construction de la cathédrale a été commencée par Maurice de Sully au milieu du XIIe siècle et consacrée en 1182 par le pape Alexandre III. Elle mesure 65 toises de longueur, 24 de largeur et 17 de hauteur sous clef, et est soutenue par 20 piliers. Les deux tours du frontispice atteignent 34 toises de hauteur. Louis XIII avait prévu d'orner l'église, mais c'est Louis XIV qui a réalisé ce projet. Le cardinal de Noailles a poursuivi les décorations en construisant la chapelle de la Vierge et celle de Saint-Denis, en réparant la voûte et la flèche, et en refaisant la couverture en plomb. Il a également restauré la grande rose et construit une chapelle pour la sépulture de sa famille. Les dépenses du cardinal pour les réparations et embellissements sont estimées à plus de 300 000 livres. Le chapitre de la cathédrale a continué les travaux en reblanchissant l'intérieur, en réparant les vitraux et la rose au-dessus de l'orgue, et en restaurant l'orgue en ajoutant 1400 tuyaux. Les tableaux de l'église, restaurés par le peintre Saint Grégoire, ont été réorganisés pour séparer les sujets de l'Évangile et des Actes des Apôtres.
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16
p. 472-480
LETTRE écrite à M. D. L. R. par M. L. B. Chanoine et Sous-Chantre d'Auxerre, sur l'usage des Habits Canoniaux et Militaires, à l'occasion de ce qui est rapporté dans le Mercure du mois de Juin dernier, de la Réception de M. le Comte de Chastellux.
Début :
J'aurois bien souhaité, Monsieur, que le Mémoire qu'on vous a envoyé touchant [...]
Mots clefs :
Église, Auxerre, Chanoine, Chapitre, Ecclesia, Cathédrale, Comte de Chastellux, Chanoines, Tournon, Utrecht, Habits canoniaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite à M. D. L. R. par M. L. B. Chanoine et Sous-Chantre d'Auxerre, sur l'usage des Habits Canoniaux et Militaires, à l'occasion de ce qui est rapporté dans le Mercure du mois de Juin dernier, de la Réception de M. le Comte de Chastellux.
LETTRE écrite à M. D. L. R. par
M. L. B. Chanoine et Sous -Chantre
d'Auxerre , sur l'usage des Habits Canoniaux
et Militaires , à l'occasion de
ce qui est rapporté dans le Mercure du
mois deJuin dernier , de la Réception de
M. le Comte de Chastellux.
J
' Aurois bien souhaité , Monsieur ,
que
le Mémoire qu'on vous a envoyé touchant
la Réception de M. le Comte de
Chastellux , en qualité de premier Chanoine
Hereditaire de notre Eglise , eût
été plus érendu , pour la satisfaction du
Public , qui goûte assez ces sortes de détails
de Ceremonies rares ; mais cela n'a
pas dépendu de moi , et il a fallu déferer
au sentiment de quelques personnes que
je respecte , qui avoient recommandé la
brieveté .
Je suis bien aise qu'au moins on y ait
inseré l'origine du droit de la Maison de
Chastellux , et qu'on y ait parié de la
Ville de Cravan ou Crevan , conformé
ment aux Titres du XV . Siecle. Le peu
qu'on en dit me confirme dans l'idée que
j'ai eue depuis que j'ai pris connoissance
de
MARS. 1733 .
473
de nos Antiquitez , qu'on a voulu l'honorer
dans l'Eglise d'Aux erre à perpetuité
, par ce droit de Restituteur de la
principale Terre du Chapitre , de même
qu'on y honote le Donateur par des marques
d'une veneration particuliere presque
tous les jours de l'année , depuis le
temps de sa mort , arrivée au X. Siecle.
Ce seroit en effet s'exposer à être taxé
d'ingratitude , que d'en agir autrement :
Alias de ingratitudinis vitio , quod abominabile
meritò judicatur , et à quibusvis
fidelibus , præsertim viris Ecclesiasticis debet
effectualiter abhorreri , possemus non immeritò
reprehendi , disoient nos
Predecesseurs.
Les mêmes personnes qui s'exprimoient
ainsi il y a trois cent ans , te
noient par tradition de ceux qui les
avoient précedez , les marques de gratitude
qu'ils nous ont transmises envers
l'Evêque Guy le Sénonois , le premier de
tous ceux qui ont eu l'Eglise Cathédrale
pour sépulture ; et sa mémoire ne pourra
jamais tomber dans l'oubli , quoique
quelques personnes ayent contribué de
nos jours par inadvertance et peutêtre
sans le vouloir , à faire perdre de
vûë les vestiges qui restent de la reconnoissance
de ce bienfait. Je ne dis rien
sur l'origine de cette donation , qui ne
soit
474 MERCURE DE FRANCE
soit déja tout publié , et dont l'on n'ait
la preuve dans l'Histoire imprimée des
Evêques d'Auxerre aux pages 445. et
446. du premier Volume de la Bibliotheque
des Manuscrits du P. Labbe ,
Jesuite ; et les Etrangers qui examinent
soigneusement les Peintures de l'Eglise
Cathédrale d'Auxerre , ne manquent pas
d'y lire sous la figure de ce Guy, Beatus
Guydo , et d'en conclure quelque chose.
Mais ceci M. n'est pas le sujet de l'apostille
que vous avez faite au Memoire
qui vous fut envoyé au mois de Juin.
Il paroit que vous souhaiteriez sçavoir
si l'usage de voir des habits Militaires ou
Seculiers réunis avec les habits Canoniaux
sur une même personne est ancien , et s'il
est à present singulier à l'Eglise d' Auxerre.
Je ne sçaurois vous parler de l'Antiquité
de cet usage qu'en vous apprenant
en même temps qu'autrefois il n'étoit
pas si rarequil l'est de nos jours . Il étoit
assez commun de voir de gros Seigneurs
Bienfacteurs d'une Eglise avoir rang parmi
les Chanoines et se placer au Choeur
en habit Militaire , même avec des Eperons
et des Armes. Les Statuts du Chapitre
de Toul , compilez l'an 1491. s'expliquent
ainsi au Chapitre IV . Nobiles
Scutiferi et Milites specialiter hujus Ecclesia
M.A R 6. 1733. 479
sia Vassalli , cùm intrant Chorum , admitts
debent portare calcaria et arma ; et collo
cantur inter Archidiaconos et Canonicos ,
quia Defensores sunt Ecclesia pro debito
sue Nobilitatis. Ce petit Monument rédigé
en Latin , n'est point encore si curieux
à lire que celui que M. Baluse a
publié dans ses Preuves de l'Histoire de
la Maison d'Auvergne , à la page 471 .
Pour vous épargner la peine de le consulter
dans le Livre même , je transcrirai
ici en entier la Notice qu'en a donnée
ce celebre Antiquaire .
Extrait des Memoires d'André Duchesne
» Acte en datte du xxvij. Noyembre
1405. en présence de Jean Guineau ,
» Clerc Notaire , par lequel il appert
» comme Noble et Puissant Messire Gui-
» chard Dauphin , Chevalier Baron de
» la Ferté- Chauderon , Seigneur de Jali-
" gny , se transportą à la Porte de l'E-
>> glise Cathédrale de Nevers , les Epe
>> rons dorez chaussez , l'Epée ceinte et
>> le Faucon sur le poing : où étant vin-
>> rent au-devant de lui le College de la
dite Eglise , Chanoines et Chapelains ,
revétus de Chappes , avec la Croix
» l'Eau - Benite et les Cierges allumez . Et
» Messire Pierre le Clerc , Archidiacre de
» Desise
476 MERCURE DE FRANCE
"
» Desise en ladite Eglise , le prenant par
» la main , le mena en l'état cy - dessus
en l'Eglise jusques devant le Grand-
» Autel. Puis la Grand'Messe étant dite ,
>>
le menerent dans le Chapitre , où ils
>> le reçurent pour leur Confrere et Cha-
» noine , ainsi qu'il avoit été fait à ses
» Prédecesseurs , après qu'il eut donné
» son Serment sur les saints Evangiles , et
protesté qu'il ne réveleroit jamais les se-
>> crets du Chapitre en choses qui lui
» pourroient préjudicier. Puis baisa à la
» bouche ledit Archidiacre , Messire Jacques
de Besson , Jean de Maurigny et
» autres Chanoines d'icelle Eglise. Puis
>> remenerent ledit Baron en l'Eglise , et
» le firent asseoir au quatriéme Siege du
» côté de l'Archidiacte de Nevers , présens
Nobles hommes Messire Pierre de
» Veaulce , Jean de Montagu le Belin
Joseph de Citin , et Claudin Bastard
» de Jaligny , Chevaliers , Philippes de
» Villaines , Guichard de Villiers , Etien-
>> ne de Poisson, Guillaume de Chevenon,
Jean Chauderon , Jean d'Aligny le jeu
» ne , et Antoine d'Armes , Ecuyers.
Etant tombé sur un Livre intitulé ,
Le Chanoine , composé par Vital Bernard,
Chanoine du Puy en Vellay , et imprimé
en 1645. j'y ai lû aux pages 8o. et 81 .
ce
MARS. 1733
477
ce qui suit. » Le Duc de Brabant est Cha-
» noine né de l'Eglise Archiepiscopale
» d'Utrecht. Charles V. Empereur et Roy
» d'Espagne ; en cette qualité de Duc ,
» ( comme il alloit recevoir la Couronne
Imperiale en la Ville d'Aix -la - Chapelle)
» passant à Utrecht , y prit le Surplis et
>> assista au Service , comme les autres
» Chanoines, le 13. Octobre 15 20. Même
» Privilege est acquis au Seigneur de Tour-
» non , en l'Eglise de S. Just de Lyon .
"
Ici l'Auteur déclare son sentiment sur
l'origine de ce droit du Seigneur de Tournon
qu'il fait venir d'une Fondation du
quatriéme Siecle ; mais je ne veux pas
en être garant. Puis il ajoûte ce trait , qui
test plus curieux . » Paradin , en son His-
» toire de Lyon , dit qu'il assista en 1542 .
à la Prise de Possession de ce Droit
» honorifique d'un Seigneur de Tournon ,
et que Jacques de Tournon , Evêque
de Valence , son frere , le voyant re
» vétu d'une courte Robbe de Damas
» avec un Surplis dessus , l'Aumusse au
» bras et l'Epée au côté. Voilà , mon frere ,
❤ ( dit- il en le raillant ) qui représente bien
les trois Etats.
Je ne m'étends point sur un droit assez
semblable, dont jouissent 4 ou 5 Seigneurs
dans l'Eglise Cathedrale d'Auch , si on en
croit
478 MERCURE DE FRANCE
croît le même Chanoine , parce que je
n'en connois point assez les circonstances
, non plus que sur les droits de certains
Seigneurs dans l'Eglise de S. Martin
de Tours , où l'on dit que le Comte d'Anjou
est Chanoine ; de consuetudine et habet
Prebendam in blado et vino et nummis ; en
mémoire du Comte d'Anjou Ingelger ,
qui fit rapporter d'Auxerre à Tours , le
Corps de S. Martin , au neuvième siècle.
Voyez encore Héméré , en son Histoire
de S. Quentin , à la page 201.
Au reste , plus ces Auteurs sont succincts
sur ces sortes de matieres , plus ils
laissent d'obscurité
après eux ; et c'est
pour cela que je croi que le Cérémonial
observé en ces occasions , ne sçauroit être
trop expliqué. Pouvez - vous , en off.t ,
comprendre
ce que veut dire Platina ,
quand il écrit que le jour que Charles-
Quint assista au Service , dans la Cathedrale
d'Utrecht , il étoit talari indutus
linteo et sacra amictus vesie ? Vital Bernard
a tort de traduire , talare linteum , par le
mot de Surplis ; ce doit être une Aube
traînanté jusqu'aux
talons . Il laisse aussi
à deviner ce qu'étoit ce Sacra vestis qui le
couvroit ; c'étoit apparemment
une Chape
ou une Dalmatique
.
Je vous ai fait remarquer , Monsieur ,
en
MAR S. 1733- 479
en.1726. que les Empereurs lisoient encore
à Rome au xiy siécle , une Leçon à
P'Office des Grandes Fêtes , la Chape sur
le Corps , et l'Epée nuë à la main a . J'y
ajoutai une remarque touchant les Trésoriers
de quelques Cathédrales , qui anciennement
pouvoient assister à l'Office
avec des marques de distinction , sembla
bles à celles de M. de Chastellux . C'est
tout ce qui est de ma connoissance dans
la matiere dont il s'agit ; cat il ne me
reste aucune preuve qu'un semblable usag
existe dans l'Eglise de Chartres , ainsį
qu'on l'avoit divulgué , et il ne faut pas
confondre avec notre usage , celui de
Chartres, de faire présenter à l'Offrande ,
le 15 jour d'Août , par un Officier de la
Terre de Maintenon , un Epervier , pre
nant Proye ; lequel Oyseau doit être porté
par le Diacre au Régent de la Prébende
, duquel les Officiers de Maintenon
le rachetent, Ce que vous avez lû ci-dessus
, tiré des Statuts du Chapitre de Toul ,
avec ce que nous voyons dans le Nécrologe
de l'Eglise d'Auxerre , écrit au xr et
XIe siècles , et publié en partie par Dom
Martene b , où quantité de Seigneur sont
ainsi désignez ; Obiit N... Miles Sancti
a Mercure , Janvier 1726. pag. 31 et 32,
b Ampliss, Colleic, Tom. 6
Stephani
48 MERCURE DE FRANCE
Stephani , ou bien , Miles hujus Ecclesia.
Tout cela , dis- je , peut appuyer la pensée
qui vient naturellement , que le Chanoine
revêtu du Canonicat héréditaire
d'Auxerre , est à peu près dans l'état
où se trouvoient- ces anciens Deffenseurs
et Protecteurs des biens de l'Eglise .
M. Ducange , qui avoit vû cet Ouvrage
en manuscrit , n'a pas oublié dans
son Glossaire , celui qui est qualifié au
4 jour d'Avril dans ce Nécrologe : Hujus
Ecclesia Vexillarius ; et il paroît que
ce Titre de Vexillarius n'étoit pas fort
commun , puisqu'il ne rapporte que cet
exemple de Léoteric , Vicomte d'Auxer
re , qu'il joint à celui de Jacques , Roy
d'Arragon , qualifié en 1309. S. Romana
Ecclesia Vexillarius.
A Auxerre , le 10 Decembre 1732.
M. L. B. Chanoine et Sous -Chantre
d'Auxerre , sur l'usage des Habits Canoniaux
et Militaires , à l'occasion de
ce qui est rapporté dans le Mercure du
mois deJuin dernier , de la Réception de
M. le Comte de Chastellux.
J
' Aurois bien souhaité , Monsieur ,
que
le Mémoire qu'on vous a envoyé touchant
la Réception de M. le Comte de
Chastellux , en qualité de premier Chanoine
Hereditaire de notre Eglise , eût
été plus érendu , pour la satisfaction du
Public , qui goûte assez ces sortes de détails
de Ceremonies rares ; mais cela n'a
pas dépendu de moi , et il a fallu déferer
au sentiment de quelques personnes que
je respecte , qui avoient recommandé la
brieveté .
Je suis bien aise qu'au moins on y ait
inseré l'origine du droit de la Maison de
Chastellux , et qu'on y ait parié de la
Ville de Cravan ou Crevan , conformé
ment aux Titres du XV . Siecle. Le peu
qu'on en dit me confirme dans l'idée que
j'ai eue depuis que j'ai pris connoissance
de
MARS. 1733 .
473
de nos Antiquitez , qu'on a voulu l'honorer
dans l'Eglise d'Aux erre à perpetuité
, par ce droit de Restituteur de la
principale Terre du Chapitre , de même
qu'on y honote le Donateur par des marques
d'une veneration particuliere presque
tous les jours de l'année , depuis le
temps de sa mort , arrivée au X. Siecle.
Ce seroit en effet s'exposer à être taxé
d'ingratitude , que d'en agir autrement :
Alias de ingratitudinis vitio , quod abominabile
meritò judicatur , et à quibusvis
fidelibus , præsertim viris Ecclesiasticis debet
effectualiter abhorreri , possemus non immeritò
reprehendi , disoient nos
Predecesseurs.
Les mêmes personnes qui s'exprimoient
ainsi il y a trois cent ans , te
noient par tradition de ceux qui les
avoient précedez , les marques de gratitude
qu'ils nous ont transmises envers
l'Evêque Guy le Sénonois , le premier de
tous ceux qui ont eu l'Eglise Cathédrale
pour sépulture ; et sa mémoire ne pourra
jamais tomber dans l'oubli , quoique
quelques personnes ayent contribué de
nos jours par inadvertance et peutêtre
sans le vouloir , à faire perdre de
vûë les vestiges qui restent de la reconnoissance
de ce bienfait. Je ne dis rien
sur l'origine de cette donation , qui ne
soit
474 MERCURE DE FRANCE
soit déja tout publié , et dont l'on n'ait
la preuve dans l'Histoire imprimée des
Evêques d'Auxerre aux pages 445. et
446. du premier Volume de la Bibliotheque
des Manuscrits du P. Labbe ,
Jesuite ; et les Etrangers qui examinent
soigneusement les Peintures de l'Eglise
Cathédrale d'Auxerre , ne manquent pas
d'y lire sous la figure de ce Guy, Beatus
Guydo , et d'en conclure quelque chose.
Mais ceci M. n'est pas le sujet de l'apostille
que vous avez faite au Memoire
qui vous fut envoyé au mois de Juin.
Il paroit que vous souhaiteriez sçavoir
si l'usage de voir des habits Militaires ou
Seculiers réunis avec les habits Canoniaux
sur une même personne est ancien , et s'il
est à present singulier à l'Eglise d' Auxerre.
Je ne sçaurois vous parler de l'Antiquité
de cet usage qu'en vous apprenant
en même temps qu'autrefois il n'étoit
pas si rarequil l'est de nos jours . Il étoit
assez commun de voir de gros Seigneurs
Bienfacteurs d'une Eglise avoir rang parmi
les Chanoines et se placer au Choeur
en habit Militaire , même avec des Eperons
et des Armes. Les Statuts du Chapitre
de Toul , compilez l'an 1491. s'expliquent
ainsi au Chapitre IV . Nobiles
Scutiferi et Milites specialiter hujus Ecclesia
M.A R 6. 1733. 479
sia Vassalli , cùm intrant Chorum , admitts
debent portare calcaria et arma ; et collo
cantur inter Archidiaconos et Canonicos ,
quia Defensores sunt Ecclesia pro debito
sue Nobilitatis. Ce petit Monument rédigé
en Latin , n'est point encore si curieux
à lire que celui que M. Baluse a
publié dans ses Preuves de l'Histoire de
la Maison d'Auvergne , à la page 471 .
Pour vous épargner la peine de le consulter
dans le Livre même , je transcrirai
ici en entier la Notice qu'en a donnée
ce celebre Antiquaire .
Extrait des Memoires d'André Duchesne
» Acte en datte du xxvij. Noyembre
1405. en présence de Jean Guineau ,
» Clerc Notaire , par lequel il appert
» comme Noble et Puissant Messire Gui-
» chard Dauphin , Chevalier Baron de
» la Ferté- Chauderon , Seigneur de Jali-
" gny , se transportą à la Porte de l'E-
>> glise Cathédrale de Nevers , les Epe
>> rons dorez chaussez , l'Epée ceinte et
>> le Faucon sur le poing : où étant vin-
>> rent au-devant de lui le College de la
dite Eglise , Chanoines et Chapelains ,
revétus de Chappes , avec la Croix
» l'Eau - Benite et les Cierges allumez . Et
» Messire Pierre le Clerc , Archidiacre de
» Desise
476 MERCURE DE FRANCE
"
» Desise en ladite Eglise , le prenant par
» la main , le mena en l'état cy - dessus
en l'Eglise jusques devant le Grand-
» Autel. Puis la Grand'Messe étant dite ,
>>
le menerent dans le Chapitre , où ils
>> le reçurent pour leur Confrere et Cha-
» noine , ainsi qu'il avoit été fait à ses
» Prédecesseurs , après qu'il eut donné
» son Serment sur les saints Evangiles , et
protesté qu'il ne réveleroit jamais les se-
>> crets du Chapitre en choses qui lui
» pourroient préjudicier. Puis baisa à la
» bouche ledit Archidiacre , Messire Jacques
de Besson , Jean de Maurigny et
» autres Chanoines d'icelle Eglise. Puis
>> remenerent ledit Baron en l'Eglise , et
» le firent asseoir au quatriéme Siege du
» côté de l'Archidiacte de Nevers , présens
Nobles hommes Messire Pierre de
» Veaulce , Jean de Montagu le Belin
Joseph de Citin , et Claudin Bastard
» de Jaligny , Chevaliers , Philippes de
» Villaines , Guichard de Villiers , Etien-
>> ne de Poisson, Guillaume de Chevenon,
Jean Chauderon , Jean d'Aligny le jeu
» ne , et Antoine d'Armes , Ecuyers.
Etant tombé sur un Livre intitulé ,
Le Chanoine , composé par Vital Bernard,
Chanoine du Puy en Vellay , et imprimé
en 1645. j'y ai lû aux pages 8o. et 81 .
ce
MARS. 1733
477
ce qui suit. » Le Duc de Brabant est Cha-
» noine né de l'Eglise Archiepiscopale
» d'Utrecht. Charles V. Empereur et Roy
» d'Espagne ; en cette qualité de Duc ,
» ( comme il alloit recevoir la Couronne
Imperiale en la Ville d'Aix -la - Chapelle)
» passant à Utrecht , y prit le Surplis et
>> assista au Service , comme les autres
» Chanoines, le 13. Octobre 15 20. Même
» Privilege est acquis au Seigneur de Tour-
» non , en l'Eglise de S. Just de Lyon .
"
Ici l'Auteur déclare son sentiment sur
l'origine de ce droit du Seigneur de Tournon
qu'il fait venir d'une Fondation du
quatriéme Siecle ; mais je ne veux pas
en être garant. Puis il ajoûte ce trait , qui
test plus curieux . » Paradin , en son His-
» toire de Lyon , dit qu'il assista en 1542 .
à la Prise de Possession de ce Droit
» honorifique d'un Seigneur de Tournon ,
et que Jacques de Tournon , Evêque
de Valence , son frere , le voyant re
» vétu d'une courte Robbe de Damas
» avec un Surplis dessus , l'Aumusse au
» bras et l'Epée au côté. Voilà , mon frere ,
❤ ( dit- il en le raillant ) qui représente bien
les trois Etats.
Je ne m'étends point sur un droit assez
semblable, dont jouissent 4 ou 5 Seigneurs
dans l'Eglise Cathedrale d'Auch , si on en
croit
478 MERCURE DE FRANCE
croît le même Chanoine , parce que je
n'en connois point assez les circonstances
, non plus que sur les droits de certains
Seigneurs dans l'Eglise de S. Martin
de Tours , où l'on dit que le Comte d'Anjou
est Chanoine ; de consuetudine et habet
Prebendam in blado et vino et nummis ; en
mémoire du Comte d'Anjou Ingelger ,
qui fit rapporter d'Auxerre à Tours , le
Corps de S. Martin , au neuvième siècle.
Voyez encore Héméré , en son Histoire
de S. Quentin , à la page 201.
Au reste , plus ces Auteurs sont succincts
sur ces sortes de matieres , plus ils
laissent d'obscurité
après eux ; et c'est
pour cela que je croi que le Cérémonial
observé en ces occasions , ne sçauroit être
trop expliqué. Pouvez - vous , en off.t ,
comprendre
ce que veut dire Platina ,
quand il écrit que le jour que Charles-
Quint assista au Service , dans la Cathedrale
d'Utrecht , il étoit talari indutus
linteo et sacra amictus vesie ? Vital Bernard
a tort de traduire , talare linteum , par le
mot de Surplis ; ce doit être une Aube
traînanté jusqu'aux
talons . Il laisse aussi
à deviner ce qu'étoit ce Sacra vestis qui le
couvroit ; c'étoit apparemment
une Chape
ou une Dalmatique
.
Je vous ai fait remarquer , Monsieur ,
en
MAR S. 1733- 479
en.1726. que les Empereurs lisoient encore
à Rome au xiy siécle , une Leçon à
P'Office des Grandes Fêtes , la Chape sur
le Corps , et l'Epée nuë à la main a . J'y
ajoutai une remarque touchant les Trésoriers
de quelques Cathédrales , qui anciennement
pouvoient assister à l'Office
avec des marques de distinction , sembla
bles à celles de M. de Chastellux . C'est
tout ce qui est de ma connoissance dans
la matiere dont il s'agit ; cat il ne me
reste aucune preuve qu'un semblable usag
existe dans l'Eglise de Chartres , ainsį
qu'on l'avoit divulgué , et il ne faut pas
confondre avec notre usage , celui de
Chartres, de faire présenter à l'Offrande ,
le 15 jour d'Août , par un Officier de la
Terre de Maintenon , un Epervier , pre
nant Proye ; lequel Oyseau doit être porté
par le Diacre au Régent de la Prébende
, duquel les Officiers de Maintenon
le rachetent, Ce que vous avez lû ci-dessus
, tiré des Statuts du Chapitre de Toul ,
avec ce que nous voyons dans le Nécrologe
de l'Eglise d'Auxerre , écrit au xr et
XIe siècles , et publié en partie par Dom
Martene b , où quantité de Seigneur sont
ainsi désignez ; Obiit N... Miles Sancti
a Mercure , Janvier 1726. pag. 31 et 32,
b Ampliss, Colleic, Tom. 6
Stephani
48 MERCURE DE FRANCE
Stephani , ou bien , Miles hujus Ecclesia.
Tout cela , dis- je , peut appuyer la pensée
qui vient naturellement , que le Chanoine
revêtu du Canonicat héréditaire
d'Auxerre , est à peu près dans l'état
où se trouvoient- ces anciens Deffenseurs
et Protecteurs des biens de l'Eglise .
M. Ducange , qui avoit vû cet Ouvrage
en manuscrit , n'a pas oublié dans
son Glossaire , celui qui est qualifié au
4 jour d'Avril dans ce Nécrologe : Hujus
Ecclesia Vexillarius ; et il paroît que
ce Titre de Vexillarius n'étoit pas fort
commun , puisqu'il ne rapporte que cet
exemple de Léoteric , Vicomte d'Auxer
re , qu'il joint à celui de Jacques , Roy
d'Arragon , qualifié en 1309. S. Romana
Ecclesia Vexillarius.
A Auxerre , le 10 Decembre 1732.
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Résumé : LETTRE écrite à M. D. L. R. par M. L. B. Chanoine et Sous-Chantre d'Auxerre, sur l'usage des Habits Canoniaux et Militaires, à l'occasion de ce qui est rapporté dans le Mercure du mois de Juin dernier, de la Réception de M. le Comte de Chastellux.
La lettre de M. L. B., chanoine et sous-chantre d'Auxerre, aborde l'usage des habits canoniaux et militaires lors de la réception de M. le Comte de Chastellux en tant que premier chanoine héréditaire de l'Église d'Auxerre. L'auteur exprime des regrets quant à la brièveté du mémoire sur cette réception mais s'y conforme. Il rappelle l'origine du droit de la Maison de Chastellux, lié à la ville de Cravan ou Crevan, conformément aux titres du XVe siècle. L'auteur exprime sa gratitude envers l'évêque Guy le Sénonois, premier à être inhumé dans la cathédrale d'Auxerre au Xe siècle, et insiste sur l'importance de ne pas oublier cette reconnaissance malgré les tentatives de certaines personnes d'effacer ces souvenirs. Concernant l'usage des habits militaires ou séculiers avec les habits canoniaux, l'auteur note que cette pratique n'était pas rare autrefois. Il cite des exemples historiques, comme les statuts du Chapitre de Toul en 1491 et des actes du XVe siècle où des seigneurs bienfaiteurs portaient des habits militaires au chœur. Des cas similaires sont également mentionnés dans d'autres églises, telles que celles de Nevers, Utrecht et Lyon. L'auteur conclut en affirmant que le chanoine héréditaire d'Auxerre se trouve dans une situation comparable à celle des anciens défenseurs et protecteurs des biens de l'Église. Il appuie cette idée en citant des exemples tirés du nécrologe de l'Église d'Auxerre et des travaux de M. Ducange.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17
p. 730-732
ADDITION à la Lettre, inserée dans le Mercure de Mars dernier, sur l'usage des Habits Canoniaux et Militaires, &c.
Début :
Permettez, Monsieur, que je vous fasse part de ce que j'ai encore trouvé [...]
Mots clefs :
Orléans, Chastellux, Saint-Agnan, Éperons, Épée, Chapitre, Réception, Cérémonie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ADDITION à la Lettre, inserée dans le Mercure de Mars dernier, sur l'usage des Habits Canoniaux et Militaires, &c.
ADDITION à la Lettre , inferée
dans le Mercure de Mars dernier , sur
P'usage des Habits Canoniaux et Militaires
, & c.
P
Ermettez , Monsieur , que je vous
fasse part de ce que j'ai encore trouvé
de ressemblant au droit de M. de
Chastellux , depuis que je vous ai envoyé
mes Observations sur l'habillement
des Chanoines Honoraires Laïques
M. Hubert rapporte parmi les Preuves de
son Histoire de l'Eglise Royale de Saint-
Agnan d'Orleans , à la page 142. la reception
de 2 Doyens de ce Chapitre. Le 1
nommé Louis de Villers , pourvu par
Madame la Duchesse d'Orleans , fut reçû.
le 31 May 1480. On lit que dans la
cérémonie de sa reception au Chapitre , on
lui donna une Ceinture dorée , une Epée
aussi dorée , une Gibeciere , des Eperons
dorez , et un Oiseau sur le poing. Cui
tradiderunt Zonam deauratam , enfem deauratum,
unam Gibessariam, et Calcaria deanrata
, et Avem fupra pugnum ut moris est ,
prastitisque folitis ... Juramentis , & c.
Ayant été fait Evêque de Beauvais au
bout de 17 ans , M. le Duc d'Orleans
conAVRIL.
1733 731
confera la même dignité à Jacques Hurault
, à la reception duquel furent pratiquées
les mêmes Ceremonies l'an 1497 .
le 20 Septembre. Vous appercevez , sans
doute , de la difference entre notre Chanoine
Honoraire , Hereditaire , qui est
Laïc ; et ce Doyen , qui est un homme
d'Eglise , et dont la dignité n'est point
héréditaire.Illy a encore cela de different,
que le Doyen de S. Agnan d'Orleans devoit
être revêtu de Robe longue, au lieu
que nos Messieurs de Chastellux sont en
habit court , quoique couvert du Surplis
. Mais quand la ressemblance seroit
plus grande , etet quand même elle seroit
entiere pour ce qui est de l'habillement , et
du droit successif , on ne pourroit de nos
jours , mettre ce Doyen en parallele avoc
M. de Chastellux , parce que les Doyens
de S. Agnan ne sont plus reçûs avec l'équipage
dont j'ai parlé. Le même M.Hubert
nous apprend qu'en l'an 1546.
Charles Guillard prit possession du
Doyenné , le 8 Octobre , avec le Surplis
et l'Aumusse seulement ; qu'il ne voulut
point être installé suivant l'ancienne
Cérémonie , et qu'il 'se contenta que le
Chapitre lui donnât une déclaration ,
comme le Doyen pouvoit être mis en
* Page tent onzième.
*
pos732
MERCURE DE FRANCE
possession avec l'Epée au côté , la Gibeciere
, les Eperons dorez et l'Oiseau sur le
poing. Il ajoute que depuis ce temps - là
cette maniere d'investiture a cessé d'être
en usage , et qu'il n'en paroît plus d'exemples
dans les Archives de S. Agnan.Quoiqu'elle
soit affez remarquable , je ne
la trouve point dans le grand nombre
d'exemples d'investiture , rapportez par
M. Ducange , ou par ses illustres Augmentateurs.
L'Epée et le Ceinturon ou la
Ceinture paroissent bien dans ces sortes
de ceremonie ; mais il n'y est fait aucu
ne mention de Gibeciere ni d'Oyseau , non
plus que d'Eperons .
dans le Mercure de Mars dernier , sur
P'usage des Habits Canoniaux et Militaires
, & c.
P
Ermettez , Monsieur , que je vous
fasse part de ce que j'ai encore trouvé
de ressemblant au droit de M. de
Chastellux , depuis que je vous ai envoyé
mes Observations sur l'habillement
des Chanoines Honoraires Laïques
M. Hubert rapporte parmi les Preuves de
son Histoire de l'Eglise Royale de Saint-
Agnan d'Orleans , à la page 142. la reception
de 2 Doyens de ce Chapitre. Le 1
nommé Louis de Villers , pourvu par
Madame la Duchesse d'Orleans , fut reçû.
le 31 May 1480. On lit que dans la
cérémonie de sa reception au Chapitre , on
lui donna une Ceinture dorée , une Epée
aussi dorée , une Gibeciere , des Eperons
dorez , et un Oiseau sur le poing. Cui
tradiderunt Zonam deauratam , enfem deauratum,
unam Gibessariam, et Calcaria deanrata
, et Avem fupra pugnum ut moris est ,
prastitisque folitis ... Juramentis , & c.
Ayant été fait Evêque de Beauvais au
bout de 17 ans , M. le Duc d'Orleans
conAVRIL.
1733 731
confera la même dignité à Jacques Hurault
, à la reception duquel furent pratiquées
les mêmes Ceremonies l'an 1497 .
le 20 Septembre. Vous appercevez , sans
doute , de la difference entre notre Chanoine
Honoraire , Hereditaire , qui est
Laïc ; et ce Doyen , qui est un homme
d'Eglise , et dont la dignité n'est point
héréditaire.Illy a encore cela de different,
que le Doyen de S. Agnan d'Orleans devoit
être revêtu de Robe longue, au lieu
que nos Messieurs de Chastellux sont en
habit court , quoique couvert du Surplis
. Mais quand la ressemblance seroit
plus grande , etet quand même elle seroit
entiere pour ce qui est de l'habillement , et
du droit successif , on ne pourroit de nos
jours , mettre ce Doyen en parallele avoc
M. de Chastellux , parce que les Doyens
de S. Agnan ne sont plus reçûs avec l'équipage
dont j'ai parlé. Le même M.Hubert
nous apprend qu'en l'an 1546.
Charles Guillard prit possession du
Doyenné , le 8 Octobre , avec le Surplis
et l'Aumusse seulement ; qu'il ne voulut
point être installé suivant l'ancienne
Cérémonie , et qu'il 'se contenta que le
Chapitre lui donnât une déclaration ,
comme le Doyen pouvoit être mis en
* Page tent onzième.
*
pos732
MERCURE DE FRANCE
possession avec l'Epée au côté , la Gibeciere
, les Eperons dorez et l'Oiseau sur le
poing. Il ajoute que depuis ce temps - là
cette maniere d'investiture a cessé d'être
en usage , et qu'il n'en paroît plus d'exemples
dans les Archives de S. Agnan.Quoiqu'elle
soit affez remarquable , je ne
la trouve point dans le grand nombre
d'exemples d'investiture , rapportez par
M. Ducange , ou par ses illustres Augmentateurs.
L'Epée et le Ceinturon ou la
Ceinture paroissent bien dans ces sortes
de ceremonie ; mais il n'y est fait aucu
ne mention de Gibeciere ni d'Oyseau , non
plus que d'Eperons .
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Résumé : ADDITION à la Lettre, inserée dans le Mercure de Mars dernier, sur l'usage des Habits Canoniaux et Militaires, &c.
Le document complète une lettre antérieure publiée dans le Mercure de Mars, traitant de l'usage des habits canoniaux et militaires. L'auteur ajoute des observations sur l'habillement des chanoines honoraires laïques, en se basant sur l'œuvre de M. Hubert concernant l'Église Royale de Saint-Agnan d'Orléans. Hubert décrit la réception de deux doyens : Louis de Villers en 1480 et Jacques Hurault en 1497, qui reçurent une ceinture dorée, une épée, une gibecière, des éperons dorés et un oiseau sur le poing. Ces doyens étaient des hommes d'Église, à la différence des chanoines honoraires laïques de Chastellux, qui sont héréditaires et portent un habit court sous le surplis. En 1546, Charles Guillard prit possession du doyenné avec seulement le surplis et l'aumusse, mettant fin à l'ancienne cérémonie d'investiture. Depuis, cette pratique n'est plus en usage, et aucun exemple similaire n'est trouvé dans les archives ou les œuvres de M. Ducange et ses augmentateurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18
p. 950-961
Traité de l'Opinion, &c. [titre d'après la table]
Début :
Nous avons promis dans le dernier Mercure de donner des Notions [...]
Mots clefs :
Chapitre, Histoire, Auteur, Esprit, Opinions, Temps, Livre, Philosophie, Hommes, Opinion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Traité de l'Opinion, &c. [titre d'après la table]
Ous avons promis dans le dernier
Mercure de donner des Notions
plus étendues du Traité de l'opinion.
C'est satisfaire à cet engagement
,
que nous allons insérer icy une partie de
l'Extrait de cet Ouvrage déja devenu célébre.
Le Titre est heureux et bien rempli
; la variété des matiéres et l'abondance
des recherches fournissent d'excellens
Mémoires pour servir à l'Histoire de
'Esprit humain ; et ces Mémoires tendent
naturellement à nous convaincre
que l'opinion domine dans le plus grand
nombre des travaux que l'efprit entreprend
MAY. 1733
951
prend. Ce Traité contient le précis des
opinions les plus remarquables sur chaque
science , joint à des réfléxions d'un
grand discernement , et à plusieurs choses
nouvelles. D'un côté , les découvertes et
les progrès de l'esprit humain embellissent
son histoire ; de l'autre , les sentimens
les plus outrez , les faits les moins
honorables à l'esprit sont tournez à son
instruction et à son avantage par le but
général que cette lecture lui propose; les
sciences occultes sont tirées de l'obscurité
où elles affectent de se cacher. » Un
» Poëte moderne , dit l'Auteur , a appel-
» lé les Bibliothéques :
Des sottises de l'homme orgueilleuses archives:
» L'Esprit verra icy au contraire les tres-
» humbles archives d'un grand nombre
» de ses égaremens ; le moyen de répri-
» mer une curiosité illicite , c'est de la dé-
» sabuser pleinement , et pour ainsi dire,
» de l'assouvir.
L'Auteur avertit à la fin du premier
Chapitre , qu'il citera simplement par
leurs noms tous les Auteurs décédez ; et
c'est un exemple qui peut affranchir les
Gens de lettres de la bizarrerie d'un usage
, qui sans aucun fondement , traite
certains noms avec plus de distinction et
F de
952 MERCURE
DE FRANCE
de politesse les uns que les autres.
Après plusieurs réfléxions très-sensées
sur l'usage de la Science , on trouve une
Dissertation curieuse sur les Auteurs.Les
exemples des Souverains et des Grands
Seigneurs qui ont composé desOuvrages,
font connoître que les Lettres n'ont pas
toujours été regardées comme un obstacle
aux vertus militaires.
Le quatrième Chapitre prouve que
l'Eloquence consiste dans l'opinion . Le
sentiment de Longin et de Montagne ,
que l'Eloquence ne se forme que dans les
Képubliques , y est réfuté. Le Chapitre
qui suit , expose les reproches faits à la
Poësie et sa deffense ; il est principalement
rempli des jugemens contraires des
Critiques , des caprices , des productions
de l'esprit , et des variations du goût. Le.
sixième Chapitre contient plusieurs exemples
du Pyrrhonisme de l'Histoire, sur les
faits les plus importans. On trouve dans
le dernier Chapitre un précis des Opinions
Chronologiques , et de la supputation
du temps chez différents peuples.
L'explication des Périodes Julienne et
Louise , dont la premiere est de l'invention
de Joseph Scaliger , et la seconde
du Pere Jean-Louis d'Amiens Capucin
finit par cette réfléxion . » Il ne manque à
» la
MAY. 1733 1959
5 la seconde Période, qu'un nouveau Sca-
» liger , pour lui donner cours ; car ce
» qui est présenté avec humilité et mo-
» destie , et qui n'est point revêtu de l'é-
» clat de l'autorité ou de la réputation
» n'a guéres plus de succès dans l'Empire
» des Lettres , que dans celui de la fortu
» ne , et l'opinion , à cet égard , domine
» presqu'autant sur les Sçavans , que sur
» le Peuple.
Le premier Chapitre du second Livre
remonte à la source de l'Histoire de la
Philosophie , et fait voir qu'elle a commencé
avec le monde . L'Auteur pénétre
dans l'Antiquité la plus reculée , pour
sauver du naufrage des temps ce qu'on
peut apprendre de la Philosophie des
Patriarches , des Egyptiens , des Chaldéens
, des Gymnosophistes , des Phéni
ciens , des Perses , des Libyens , des Chinois
, des Thraces , des Druides ; les différentes
opinions sur Mercure Trismégis
te et sur Zoroastre y sont exposées , et le
Chapitre est terminé par une Histoire
succinte des Sages de la Grèce.
Dans le second Chapitre , l'Auteur décrit
le commencement de la Philosophie
chez les Grecs ; sa division dans les
deux Ecoles , Jonienne et Italique , et
' Histoite de la Philosophie , depuis que
Fij Thales
954 MERCURE DE FRANCE
Thalés établit l'Ecole Jonienne à Miler
jusqu'à ce qu'Anaxagore la transféra à
Athénes .
Dans le troisiéme Chapitre , les temps
lumineux de la Philosophie commencent
par Socrate. Il y est trairé des cinq Sectes
, sorties de l'Ecole de Socrate , de Platon
et de ses disciples , des cinq Académies
, des plus célébres Platoniciens , et
des diverses opinions qui en différens
temps ont eu cours sur la Philosophic
Platonicienne.
L'Histoire d'Aristote , les louanges excessives
données à ce Philosophe , une
Dissertation sur la Logique, et les Révolutions
de la Secte Péripatéticienne remplissent
le quatrième Chapitre ..
Les Chapitres suivans contiennent
l'Histoire des Cyrénaïques , des Sectes
Erétrique et de Mégare , des Cyniques ,
des Stoïciens , des Pyrrhoniens , des Pythagoriciens
, de la Secte Eléate, des Epicuriens
, de la Secte Eclectique , de la
Phylosophie moderne ; et les deux derniers
Chapitres sur l'Histoire de l'Astronomie
et de la Médecine rendent cette
Histoire de la Philosophie complette et
tres-curieuse.
Dans le Chapitre quatorziéme, qui trai
te de la Philosophie moderne , il est ob
*
servé
MAY. 1733 955
>
servé que les Sciences ons passé trois fois
de la Gréce dans l'Occident ; la premiere
, lorsque les Romains les puisérent en
Gréce ; la seconde , lorsque les François ,
après avoir pris Constantinople , rapportérent
du Levant les Ecrits d'Aristote , avec
les Commentaires des Arabes ; la troisiéme
, lorsqu'après la destruction de l'Empire
d'Orient par Turcs les , les Sçavans
e de la Grèce chercherent une retraite en
Italie.
>>>
Nous nous servirons ( ajoute le judi-
» cieux Auteur ) de cette Epoque du ré-
» tablissement des Lettres , après la prise
» de Constantinople par les Turcs , dans
» le milieu du quinziéme siécle , comme
» d'une Epoque fixe , propre à séparer les
e » Anciens des Modernes, donnant la qualité
d'Anciens à tous ceux qui ont précédé
ce terme , et celle de Modernes à
>> ceux qui ont paru depuis.
-
Pour donner une idée du style de l'Oui
vrage , insérons icy ce Passage , tiré du
seizième Chapitre qui contient l'Histoire
de la Médecine. » Dans le même temps
» florissoit Asclepiade , originaire de Bithynie.
Nous avons observé que les des-
» cendans d'Esculape s'appelloient Asclépiades.
Ils portoient ce nom , comme
» issus d'Asclepius , qui est le nom Grec
>>
F iij
d'Es956
MERCURE DE FRANCE
d'Esculape. Asclepiade , originaire de
" Bithynie , n'eut rien de commun avec
cette famille , que sa profession et son
nom. Il vint s'établir à Rome ; il pro-
» mettoit de guérir sûrement , prompte.
» ment et agréablement ; c'est ce qui se-
» roit à souhaiter , dit Celse ; mais il y
» a ordinairement du danger à vouloir
» guérir trop vite , et à ne se servir que
» de remédes agréables. Asclepiade rejet-
» toit toute la doctrine d'Hippocrate ,
» qu'il appelloit une Méditation de mort.
» Il se faisoit un principe d'accommoder
» ses ordonnances aux désirs de ses mala-
» des ; il profita de l'exemple d'Archagantus
, qui s'étoit rendu odieux , environ
cent ans auparavant , par une Méthode
rigoureuse. Il suivit une route entiere-
» ment opposée ; il n'ordonnoit que des
choses faciles et communes , comme la
» diéte, l'abstinence du vin, le frottement
» du corps , l'exercice ; il mit en usage la
boisson rafraîchie , et se faisoit honneur
d'un titre , qui signifie le Médecin de
»la fraîcheur. Il - inventa des lits suspen-
» dus , où il faisoit bercer les malades
›
pour les exciter au sommeil ; il faisoit
aussi suspendre les bains , pour les rendre
plus salutaires et plus agréables par
le mouvement.Il évitoit soigneusement
les
MAY. 1733. 957
» les remedes pour lesquels la nature à
quelque aversion ; et au lieu que le com
» mun des Médecins traitoit la nature ,
» avec la sévérité d'un Ecuyer qui châtie
>> un Cheval qui bronche , Asclepiade en
» la flattant continuellement , l'invitoit à
>> reprendre son cours , & c.
Le troisiéme Livre , qui roule sur la
Métaphysique , retrace à l'esprit sa propre
Histoire concernant les opinions sur
substances spirituelles . Ce Livre commence
par les opinions monstrueuses de
l'idolatrie. L'Auteur établit ensuite qu'il
ne peut y avoir d'Athée de conviction ,
Il réfute les objections opposées à la preu
ve de la Divinité qui résulte du consentement
general des hommes à la recon
noître. Il examine le raisonnement que
Descartes a donné pour une démonstration
de l'Existence de Dieu , et la pensée
de Pascal sur le danger de ne point croi
re. On trouve à la fin du Chapitre une
exposition sommaire des preuves inving
cibles de la Religion Chrétienne .
Dans le Chapitre des Démons le récit
des Prodiges débitez par le Paganisme
tend au but general de l'Auteur, de montrer
à quel point on s'est joué dans tous
les temps de la crédulité des hommes..
L'Auteur indique seulement les sources
F iiij gene958
MERCURE DE FRANCE
generales de ces opinions . » Dans le grand
» nombre de faits merveilleux , dit- il
» racontez par l'Histoire prophane, et qui
» y sont traitez de Miracles , il est aisé de
»connoître que le plus grand nombre
» doit son origine à la politique des hom-
» mes d'Etat , à la flatterie des Courtisans
, aux artifices des Prêtres des faux
»Dieux , à la crédulité des Historiens , à
» la superstition des Peuples ; mais il est
»aussi tres- vrai- semblable que les Esprits
» de tenebres , occupez sans cesse à trom
per les hommes et à leur tendre des
piéges , ont suscité de temps en temps
» quelques illusions . Tout ce que les an-
» ciens Auteurs ont débité en ce genre ,
» peut être rapporté à ces différentes cau-
» ses . Je me contenterai d'assembler icy
>> les plus celebres de ces faits , laissant au
» Lecteur le choix des conjectures.
Le troisiéme Chapitre considere le
monde par rapport à sa création , à sa durée
, à la Providence qui le gouverne , et
autres objets immatériels. La Doctrine
des idées de Platon y est expliquée , et on
y voit eh abrégé les Mondes imaginaires
des Philosophes. La question si le monde
a été créé pour l'homme , y est tresdiserrement
trai ée , et les objections contre
la Providence réfutées. Le quatrième
ChaMAY.
1733. 959
Chapitre contient les trois Hypothéses
des modernes sur la communication qui
est entre l'esprit et le corps , les différens
sistêmes sur les propriétez de l'ame , sur
le lieu de sa résidence , les preuves de son
immortalité , les sentimens des Philosophes
sur l'état des ames après leur séparation
de leurs corps . L'Auteur examine
l'opinion de La Chambre sur la maniere
dont les substances spirituelles occupent
l'espace . Il met icy la plus subtile
Métaphysique à portée de tous les Lecteurs.
Le cinquiéme Chapitre eft une exposition
des opinions Philosophiques sur les
Bêtes , et des exemples de leur fidélité ,
de leur industrie et de leurs autres bonnes
qualitez . L'Auteur passe ensuite aux
Sciences occultes
Métaphysiques , ou
fondées sur le commerce des Esprits. Il
traite de la Magie , de la Cabale et des
Nombres ; des Oracles et des Sibylles ,
des Augures , des Présages , des Songes.
Il dévoile tous ces ridicules Mysteres
dont il rapporte les Préceptes et les Exemples.
Voicy entr'autres quelques Réflé
xions qu'il fait sur la Cabale. » Les noms
» des soixante et douze Anges et les Prié
res mystérieuses de la Cabale, sont dans'
» le troisiéme Livre de l'Art Cabaliste de
Fv » Reuchlin
960 MERCURE DE FRANCE
2
» Reuchlin , dédié au Pape Leon X. et
» dans les neuf cens propositions de Jean
» Pic, Comte de la Mirandole, dont les 72
dernieres roulent sur la Cabale , et il
finit par celle-cy : Que comme la veri-
» table Astrologie est la science de lire
» dans le Livre du ciel ; la véritable ca-
» bale est la science de lire dans le livre
de la Loy. Quel sujet d'étonnement
» que les hommes les plus sçavans de
»leur siécle , le Comte de la Mirandole ,
» Agrippa , Reuchlin ayent employé les
plus laborieuses recherches à des chi-
» meres si peu dignes de leur attention ?
» Le premier a été l'admiration de l'Uni-
» vers , par la vaste étendue des connoissances
qu'il avoit acquises à un âge aussi
» peu
avancé
que le sien. C'étoit
un Prin-
» ce Souverain
d'Italie
, qui
ne peut
être
soupçonné
d'avoir
voulu
dupper
des
esprits
foibles
, curieux
et crédules
; au
>> contraire
, il défrayoit
magnifique-
» ment
les Sçavans
qui venoient
de toutes
les Parties
du monde
disputer
contre
» lui sur les neuf
cens
propositions
qu'il
»soûtenoit
à Rome
; et il a été un pro-
» dige
sans
deffaut
. On ne peut
pas ce
pendant
l'exempter
à cet égard
de la
» vanité
de l'esprit
humain
qui
s'attache
avolontiers
à tout
ce qu'il
y a de plus
fri-
» vole
MAY. 1733. 961
» vole , pourvû qu'il soit misterieux et
inconnu aux autres hommes. C'est lui
de le ga-
» rendre un grand service que
rentir de cet écueil ; et c'est en quoi
consiste l'utilité de mettre au jour des
» choses qui ne mériteroient pas par elles
» mêmes d'être publiées.
Le dernier Chapitre du troisiéme Livre
est une Dissertation très-curieuse
concernant la Fortune et le Destin . Deux
principales qualitez d'un Ouvrage sont
d'épuiser les matiéres du côté du sçavoir,
er de donner à penser encore plus qu'il
n'exprime. L'Auteur du Traité de l'O
pinion si dans Fun et dans l'autre
genre.
Cet Ouvrage se débite aujourd'hui chez
Briasson , rue S. Jacques , 6 vol. in 12.
1733.
La suite dans le Mercure prochain.
Mercure de donner des Notions
plus étendues du Traité de l'opinion.
C'est satisfaire à cet engagement
,
que nous allons insérer icy une partie de
l'Extrait de cet Ouvrage déja devenu célébre.
Le Titre est heureux et bien rempli
; la variété des matiéres et l'abondance
des recherches fournissent d'excellens
Mémoires pour servir à l'Histoire de
'Esprit humain ; et ces Mémoires tendent
naturellement à nous convaincre
que l'opinion domine dans le plus grand
nombre des travaux que l'efprit entreprend
MAY. 1733
951
prend. Ce Traité contient le précis des
opinions les plus remarquables sur chaque
science , joint à des réfléxions d'un
grand discernement , et à plusieurs choses
nouvelles. D'un côté , les découvertes et
les progrès de l'esprit humain embellissent
son histoire ; de l'autre , les sentimens
les plus outrez , les faits les moins
honorables à l'esprit sont tournez à son
instruction et à son avantage par le but
général que cette lecture lui propose; les
sciences occultes sont tirées de l'obscurité
où elles affectent de se cacher. » Un
» Poëte moderne , dit l'Auteur , a appel-
» lé les Bibliothéques :
Des sottises de l'homme orgueilleuses archives:
» L'Esprit verra icy au contraire les tres-
» humbles archives d'un grand nombre
» de ses égaremens ; le moyen de répri-
» mer une curiosité illicite , c'est de la dé-
» sabuser pleinement , et pour ainsi dire,
» de l'assouvir.
L'Auteur avertit à la fin du premier
Chapitre , qu'il citera simplement par
leurs noms tous les Auteurs décédez ; et
c'est un exemple qui peut affranchir les
Gens de lettres de la bizarrerie d'un usage
, qui sans aucun fondement , traite
certains noms avec plus de distinction et
F de
952 MERCURE
DE FRANCE
de politesse les uns que les autres.
Après plusieurs réfléxions très-sensées
sur l'usage de la Science , on trouve une
Dissertation curieuse sur les Auteurs.Les
exemples des Souverains et des Grands
Seigneurs qui ont composé desOuvrages,
font connoître que les Lettres n'ont pas
toujours été regardées comme un obstacle
aux vertus militaires.
Le quatrième Chapitre prouve que
l'Eloquence consiste dans l'opinion . Le
sentiment de Longin et de Montagne ,
que l'Eloquence ne se forme que dans les
Képubliques , y est réfuté. Le Chapitre
qui suit , expose les reproches faits à la
Poësie et sa deffense ; il est principalement
rempli des jugemens contraires des
Critiques , des caprices , des productions
de l'esprit , et des variations du goût. Le.
sixième Chapitre contient plusieurs exemples
du Pyrrhonisme de l'Histoire, sur les
faits les plus importans. On trouve dans
le dernier Chapitre un précis des Opinions
Chronologiques , et de la supputation
du temps chez différents peuples.
L'explication des Périodes Julienne et
Louise , dont la premiere est de l'invention
de Joseph Scaliger , et la seconde
du Pere Jean-Louis d'Amiens Capucin
finit par cette réfléxion . » Il ne manque à
» la
MAY. 1733 1959
5 la seconde Période, qu'un nouveau Sca-
» liger , pour lui donner cours ; car ce
» qui est présenté avec humilité et mo-
» destie , et qui n'est point revêtu de l'é-
» clat de l'autorité ou de la réputation
» n'a guéres plus de succès dans l'Empire
» des Lettres , que dans celui de la fortu
» ne , et l'opinion , à cet égard , domine
» presqu'autant sur les Sçavans , que sur
» le Peuple.
Le premier Chapitre du second Livre
remonte à la source de l'Histoire de la
Philosophie , et fait voir qu'elle a commencé
avec le monde . L'Auteur pénétre
dans l'Antiquité la plus reculée , pour
sauver du naufrage des temps ce qu'on
peut apprendre de la Philosophie des
Patriarches , des Egyptiens , des Chaldéens
, des Gymnosophistes , des Phéni
ciens , des Perses , des Libyens , des Chinois
, des Thraces , des Druides ; les différentes
opinions sur Mercure Trismégis
te et sur Zoroastre y sont exposées , et le
Chapitre est terminé par une Histoire
succinte des Sages de la Grèce.
Dans le second Chapitre , l'Auteur décrit
le commencement de la Philosophie
chez les Grecs ; sa division dans les
deux Ecoles , Jonienne et Italique , et
' Histoite de la Philosophie , depuis que
Fij Thales
954 MERCURE DE FRANCE
Thalés établit l'Ecole Jonienne à Miler
jusqu'à ce qu'Anaxagore la transféra à
Athénes .
Dans le troisiéme Chapitre , les temps
lumineux de la Philosophie commencent
par Socrate. Il y est trairé des cinq Sectes
, sorties de l'Ecole de Socrate , de Platon
et de ses disciples , des cinq Académies
, des plus célébres Platoniciens , et
des diverses opinions qui en différens
temps ont eu cours sur la Philosophic
Platonicienne.
L'Histoire d'Aristote , les louanges excessives
données à ce Philosophe , une
Dissertation sur la Logique, et les Révolutions
de la Secte Péripatéticienne remplissent
le quatrième Chapitre ..
Les Chapitres suivans contiennent
l'Histoire des Cyrénaïques , des Sectes
Erétrique et de Mégare , des Cyniques ,
des Stoïciens , des Pyrrhoniens , des Pythagoriciens
, de la Secte Eléate, des Epicuriens
, de la Secte Eclectique , de la
Phylosophie moderne ; et les deux derniers
Chapitres sur l'Histoire de l'Astronomie
et de la Médecine rendent cette
Histoire de la Philosophie complette et
tres-curieuse.
Dans le Chapitre quatorziéme, qui trai
te de la Philosophie moderne , il est ob
*
servé
MAY. 1733 955
>
servé que les Sciences ons passé trois fois
de la Gréce dans l'Occident ; la premiere
, lorsque les Romains les puisérent en
Gréce ; la seconde , lorsque les François ,
après avoir pris Constantinople , rapportérent
du Levant les Ecrits d'Aristote , avec
les Commentaires des Arabes ; la troisiéme
, lorsqu'après la destruction de l'Empire
d'Orient par Turcs les , les Sçavans
e de la Grèce chercherent une retraite en
Italie.
>>>
Nous nous servirons ( ajoute le judi-
» cieux Auteur ) de cette Epoque du ré-
» tablissement des Lettres , après la prise
» de Constantinople par les Turcs , dans
» le milieu du quinziéme siécle , comme
» d'une Epoque fixe , propre à séparer les
e » Anciens des Modernes, donnant la qualité
d'Anciens à tous ceux qui ont précédé
ce terme , et celle de Modernes à
>> ceux qui ont paru depuis.
-
Pour donner une idée du style de l'Oui
vrage , insérons icy ce Passage , tiré du
seizième Chapitre qui contient l'Histoire
de la Médecine. » Dans le même temps
» florissoit Asclepiade , originaire de Bithynie.
Nous avons observé que les des-
» cendans d'Esculape s'appelloient Asclépiades.
Ils portoient ce nom , comme
» issus d'Asclepius , qui est le nom Grec
>>
F iij
d'Es956
MERCURE DE FRANCE
d'Esculape. Asclepiade , originaire de
" Bithynie , n'eut rien de commun avec
cette famille , que sa profession et son
nom. Il vint s'établir à Rome ; il pro-
» mettoit de guérir sûrement , prompte.
» ment et agréablement ; c'est ce qui se-
» roit à souhaiter , dit Celse ; mais il y
» a ordinairement du danger à vouloir
» guérir trop vite , et à ne se servir que
» de remédes agréables. Asclepiade rejet-
» toit toute la doctrine d'Hippocrate ,
» qu'il appelloit une Méditation de mort.
» Il se faisoit un principe d'accommoder
» ses ordonnances aux désirs de ses mala-
» des ; il profita de l'exemple d'Archagantus
, qui s'étoit rendu odieux , environ
cent ans auparavant , par une Méthode
rigoureuse. Il suivit une route entiere-
» ment opposée ; il n'ordonnoit que des
choses faciles et communes , comme la
» diéte, l'abstinence du vin, le frottement
» du corps , l'exercice ; il mit en usage la
boisson rafraîchie , et se faisoit honneur
d'un titre , qui signifie le Médecin de
»la fraîcheur. Il - inventa des lits suspen-
» dus , où il faisoit bercer les malades
›
pour les exciter au sommeil ; il faisoit
aussi suspendre les bains , pour les rendre
plus salutaires et plus agréables par
le mouvement.Il évitoit soigneusement
les
MAY. 1733. 957
» les remedes pour lesquels la nature à
quelque aversion ; et au lieu que le com
» mun des Médecins traitoit la nature ,
» avec la sévérité d'un Ecuyer qui châtie
>> un Cheval qui bronche , Asclepiade en
» la flattant continuellement , l'invitoit à
>> reprendre son cours , & c.
Le troisiéme Livre , qui roule sur la
Métaphysique , retrace à l'esprit sa propre
Histoire concernant les opinions sur
substances spirituelles . Ce Livre commence
par les opinions monstrueuses de
l'idolatrie. L'Auteur établit ensuite qu'il
ne peut y avoir d'Athée de conviction ,
Il réfute les objections opposées à la preu
ve de la Divinité qui résulte du consentement
general des hommes à la recon
noître. Il examine le raisonnement que
Descartes a donné pour une démonstration
de l'Existence de Dieu , et la pensée
de Pascal sur le danger de ne point croi
re. On trouve à la fin du Chapitre une
exposition sommaire des preuves inving
cibles de la Religion Chrétienne .
Dans le Chapitre des Démons le récit
des Prodiges débitez par le Paganisme
tend au but general de l'Auteur, de montrer
à quel point on s'est joué dans tous
les temps de la crédulité des hommes..
L'Auteur indique seulement les sources
F iiij gene958
MERCURE DE FRANCE
generales de ces opinions . » Dans le grand
» nombre de faits merveilleux , dit- il
» racontez par l'Histoire prophane, et qui
» y sont traitez de Miracles , il est aisé de
»connoître que le plus grand nombre
» doit son origine à la politique des hom-
» mes d'Etat , à la flatterie des Courtisans
, aux artifices des Prêtres des faux
»Dieux , à la crédulité des Historiens , à
» la superstition des Peuples ; mais il est
»aussi tres- vrai- semblable que les Esprits
» de tenebres , occupez sans cesse à trom
per les hommes et à leur tendre des
piéges , ont suscité de temps en temps
» quelques illusions . Tout ce que les an-
» ciens Auteurs ont débité en ce genre ,
» peut être rapporté à ces différentes cau-
» ses . Je me contenterai d'assembler icy
>> les plus celebres de ces faits , laissant au
» Lecteur le choix des conjectures.
Le troisiéme Chapitre considere le
monde par rapport à sa création , à sa durée
, à la Providence qui le gouverne , et
autres objets immatériels. La Doctrine
des idées de Platon y est expliquée , et on
y voit eh abrégé les Mondes imaginaires
des Philosophes. La question si le monde
a été créé pour l'homme , y est tresdiserrement
trai ée , et les objections contre
la Providence réfutées. Le quatrième
ChaMAY.
1733. 959
Chapitre contient les trois Hypothéses
des modernes sur la communication qui
est entre l'esprit et le corps , les différens
sistêmes sur les propriétez de l'ame , sur
le lieu de sa résidence , les preuves de son
immortalité , les sentimens des Philosophes
sur l'état des ames après leur séparation
de leurs corps . L'Auteur examine
l'opinion de La Chambre sur la maniere
dont les substances spirituelles occupent
l'espace . Il met icy la plus subtile
Métaphysique à portée de tous les Lecteurs.
Le cinquiéme Chapitre eft une exposition
des opinions Philosophiques sur les
Bêtes , et des exemples de leur fidélité ,
de leur industrie et de leurs autres bonnes
qualitez . L'Auteur passe ensuite aux
Sciences occultes
Métaphysiques , ou
fondées sur le commerce des Esprits. Il
traite de la Magie , de la Cabale et des
Nombres ; des Oracles et des Sibylles ,
des Augures , des Présages , des Songes.
Il dévoile tous ces ridicules Mysteres
dont il rapporte les Préceptes et les Exemples.
Voicy entr'autres quelques Réflé
xions qu'il fait sur la Cabale. » Les noms
» des soixante et douze Anges et les Prié
res mystérieuses de la Cabale, sont dans'
» le troisiéme Livre de l'Art Cabaliste de
Fv » Reuchlin
960 MERCURE DE FRANCE
2
» Reuchlin , dédié au Pape Leon X. et
» dans les neuf cens propositions de Jean
» Pic, Comte de la Mirandole, dont les 72
dernieres roulent sur la Cabale , et il
finit par celle-cy : Que comme la veri-
» table Astrologie est la science de lire
» dans le Livre du ciel ; la véritable ca-
» bale est la science de lire dans le livre
de la Loy. Quel sujet d'étonnement
» que les hommes les plus sçavans de
»leur siécle , le Comte de la Mirandole ,
» Agrippa , Reuchlin ayent employé les
plus laborieuses recherches à des chi-
» meres si peu dignes de leur attention ?
» Le premier a été l'admiration de l'Uni-
» vers , par la vaste étendue des connoissances
qu'il avoit acquises à un âge aussi
» peu
avancé
que le sien. C'étoit
un Prin-
» ce Souverain
d'Italie
, qui
ne peut
être
soupçonné
d'avoir
voulu
dupper
des
esprits
foibles
, curieux
et crédules
; au
>> contraire
, il défrayoit
magnifique-
» ment
les Sçavans
qui venoient
de toutes
les Parties
du monde
disputer
contre
» lui sur les neuf
cens
propositions
qu'il
»soûtenoit
à Rome
; et il a été un pro-
» dige
sans
deffaut
. On ne peut
pas ce
pendant
l'exempter
à cet égard
de la
» vanité
de l'esprit
humain
qui
s'attache
avolontiers
à tout
ce qu'il
y a de plus
fri-
» vole
MAY. 1733. 961
» vole , pourvû qu'il soit misterieux et
inconnu aux autres hommes. C'est lui
de le ga-
» rendre un grand service que
rentir de cet écueil ; et c'est en quoi
consiste l'utilité de mettre au jour des
» choses qui ne mériteroient pas par elles
» mêmes d'être publiées.
Le dernier Chapitre du troisiéme Livre
est une Dissertation très-curieuse
concernant la Fortune et le Destin . Deux
principales qualitez d'un Ouvrage sont
d'épuiser les matiéres du côté du sçavoir,
er de donner à penser encore plus qu'il
n'exprime. L'Auteur du Traité de l'O
pinion si dans Fun et dans l'autre
genre.
Cet Ouvrage se débite aujourd'hui chez
Briasson , rue S. Jacques , 6 vol. in 12.
1733.
La suite dans le Mercure prochain.
Fermer
Résumé : Traité de l'Opinion, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente un extrait du 'Mercure' de mai 1733, annonçant le 'Traité de l'opinion', un ouvrage déjà célèbre qui explore la domination de l'opinion dans les travaux de l'esprit humain. Ce traité inclut des mémoires sur l'histoire de l'esprit humain, des opinions remarquables sur chaque science, des réflexions discernantes et des découvertes nouvelles. Il aborde également les sciences occultes, les égarements de l'esprit et les curiosités illicites. Le traité est structuré en plusieurs chapitres. Le premier chapitre traite des opinions sur les sciences et des réflexions sur l'usage de la science. Le quatrième chapitre prouve que l'éloquence repose sur l'opinion, réfutant des sentiments de Longin et de Montaigne. Le cinquième chapitre discute des reproches faits à la poésie et de sa défense, en mettant en avant les jugements contraires des critiques. Le sixième chapitre présente des exemples de pyrrhonisme historique, et le dernier chapitre offre un précis des opinions chronologiques et de la supputation du temps chez différents peuples. Le second livre commence par l'histoire de la philosophie, remontant à ses origines avec les Patriarches, les Égyptiens, les Chaldéens et d'autres civilisations anciennes. Il décrit ensuite le début de la philosophie chez les Grecs, sa division en écoles, et l'histoire des principales sectes philosophiques, comme les Platoniciens, les Péripatéticiens, les Stoïciens et les Épicuriens. Le quatorzième chapitre observe que les sciences ont traversé trois périodes de transfert de la Grèce vers l'Occident. Le troisième livre traite de la métaphysique, des opinions sur les substances spirituelles et des preuves de la religion chrétienne. Il aborde également les démons, les prodiges du paganisme et les opinions philosophiques sur les animaux et les sciences occultes. Le dernier chapitre de ce livre traite de la fortune et du destin. L'auteur se distingue par deux principales qualités : épuiser les matières du côté du savoir et inciter à la réflexion au-delà de ce qui est exprimé. Le livre est disponible en six volumes in-12 chez Briasson, rue Saint-Jacques, et a été publié en 1733. Certaines parties du texte sont jugées peu dignes d'être publiées. La suite de l'information sera publiée dans le prochain numéro du Mercure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
19
p. 1822-1831
Imitation de J. C[.] traduite, &c. [titre d'après la table]
Début :
IMITATION DE JESUS-CHRIST, traduite et revûe par M. L. Dufresnoy D. de S. [...]
Mots clefs :
Monde, Anciennes éditions, Imitations ordinaires, Titre, Consolation, Jésus-Christ, Original, Chapitre, Richesses, Caractère, Temps passé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Imitation de J. C[.] traduite, &c. [titre d'après la table]
IMITATION DE JESUS - CHRIST , traduite
et revûe par M. L. Dufresnoy D. de S.
sur l'ancien Original François , d'où l'on
a tiré un Chapitre qui manque dans les
autres Editions , in 12. A Anvers , et se
vend , à Paris , chez Michel- Etienne David,
Quay des Augustins , à la Providenee,
et chez Antoine- Claude Briasson , ruë
S. Facques , à la Science.
Cette Edition qui est belle et bien faite
seroit très- capable de renouveller la celebre
dispute qu'il y eut vers le milieu dư
XVII . siecle , sur l'Auteur de l'Imitation de
J.C.Ilest surprenant que tous ceux qui ont
pris parti pour le celebre Gerson , n'ayent
pas
A O UST. 1732. 1823
pas connu l'Original François de cet Ouvrage
, qui auroit été d'un grand secours
pour appuyer leur sentiment. On trouve
dans ces antiques Editions un air original
, qui ne sent point la contrainte
et la gêne d'un Traducteur . Ce qui peut
faire croire que l'on n'aura pas pensé à
ce Livre au temps de cette dispute , est
le changement de titre et le renversement
des Livres. Le Titre general de ces anciennes
Editions est conçû en ces termes :
Le Livre intitulé Internelle consolation ,
nouvellement corrigée : Consolationes tua latificaverunt
animam meam.
L'ordre des Livres n'est pas le mêine
dans ces anciennes Editions et dans les
Editions ordinaires de l'Imitation de J.C.
Ce qui fait le premier Livre dans nos
Editions , fait le troisiéme dans ces anciennes.
Sous ce Titre : cy commence la
tierce partie de l'interiore et parfaite Imitation
de Notre Seigneur Jesus - Christ ; Qui
-sequitur me non ambulat in tenebris.
Le second Livre des l'Imitations ordinaires
fait le premier dans ces anciennes
Editions , et porte pour titre : cy commence
le Livre intitulé , Internelle consolation
, lequel est moult utile pour la
consolation de toute humaine Creature : et
premierement parle de l'interiore conversation,
1824 MERCURE DE FRANCE
doit
tion , c'est à - dire , comment la personne
selon l'ame. Regnum Dei intra vos est, dicin
Dominus.
Le troisiéme Livre de nos Imitations
ordinaires , fait le second dans ces anciennes
Editions , sous ce titre : Cy com- <
mence le Traité de l'interiore collocution do
Notre Sauveur Jesus - Christ à l'Ame_dévote
, et est la seconde Partie de ce présent
Livre : Audiam quid loquetur in me Dominus
Deus.
Enfin le quatriéme Livre conserve dans
toutes les Editions , le même rang , et
a pour titre dans les anciennes Editions :
Cy commence la quarte Partie du présent
Livre , qui est de ensuivir Jesu- Christ et
contemner le Monde ; et traite principalement
du Sacrement de l'Autel.
Voila , sans doute , ce qui a fait qu'on
n'a point pensé à comparer ce Livre avec
nos Imitations ordinaires ; mais il est toujours
temps de le faire.
En revoyant cet Ouvrage sur les Textes
François que l'on croit Originaux ,
on a eu soin dans cette nouvelle Edition
de rétablir l'ordre observé dans les Imitations
ordinaires et de faire un juste
parallele, des unes et des autres , afin de
ne rien omettre.
Mais pour faire mieux connoître le
caractere
A O UST. 1733. 1815
caractere de cette Edition , on rapportera
ce que le nouveau Traducteur dit
dans sa Préface . » Je dirai donc ( ce sont
» ses paroles ) ce que j'ai examiné par
» moi-même. Le hazard m'a fait rencon-
>> trer quatre Editions Françoises de cet ex-
» cellent Ouvrage , imprimées toutes en
» caractere Gothique , sous le titre de l'In-
» ternelle consolation , c'est - à -dire , de la
»Consolation interieure . Toutes ces Edi-
» tions ont été faites à Paris , l'une en 1531.
» la seconde en 1554. la troisième et la
» quatrième sans date , mais beaucoup
plus anciennes. Il ne paroît ni par le
» Titre ni par aucune autre marque , que-
» ce soit une Traduction ; circonstance
» neanmoins que nos Ancêtres étoient
fort jaloux de faire connoître , quand
>> effectivement ils avoient traduit un Ouvrage.
Celui cy même a l'air Original
» dans ces anciennes Editions ; et tout
» ce qui , dans les Imitations ordinaires ,
» est restraint aux Religieux , se trouve
>> dans ces Editions appliqué aux Chrétiens
en general. C'est peut- être ce qui
pourroit faire penser que le celebreGER-
>> SON auroit d'abord fait ce Livre en
» François , et que depuis il aura été tra-
» duit en Latin par THOMAS A Kempis ,
» mais avec quelques changemens , sur
» tout
1726 MERCURE DE FRANCE
" tout aux endroits où il fait des appli
» cations particulieres aux Religieux , où
>>
aux personnes vivant en Communauté .
» C'est de ces anciennes Editions que nous
» avons tiré le Chapitre XXVI. du pre-
" mier Livre qui manque dans les Imi-
» tations ordinainès de l'Imitation de Je
sus- Christ ; elles nous ont même servi
» à déterminer le sens du Latin , quand
» il nous a parû y avoir quelque ambiguité.
La seule Edition de 1554. con-
» tenoit le 4. Livre qui manque dans les
trois autres .
Comme ce XXVI . Chapitre est impor
tant et ne se trouve en aucune Edition
Latine , on l'inserera ici en son ancien
langage , et on en trouvera la Traduction
dans la nouvelle Edition dont il est
ici question .
Contre la vanité du Monde ,ChapitreXXVI.
>> Certainement griefve et trop péril
» leuse est la conversation de ce Monde's
» car en délices est périe chasteté , humilité
» en richesses , pitié en - Marchandises ,
» verité en trop parler , charité en ce
» maling siecle . Et comme il est diffi-
» cile que ung arbre planté auprès d'un
" chemin commun , puisse garder son
" fruit jusques à ce que il soit meur;
ainsi
A O UST. 1733. 1827
ainsi est- il difficile que ung homme qui
» converse selon la vie du Monde , puis-
» se en soi garder parfaite netteté et justice
, c'est à sçavoir qu'il n'offense Dicu
» en plusieurs manieres. O comme sont
» aveuglez ceux qui quierent et demandent
la gloire et loüenge du Monde !
» Quelle chose est la joye et liesse du
» Monde , fors mauvaistié et mauvaise
» vie non punie et non corrigée ! C'est
» à sçavoir vacquer à luxure et yvto-
כ
ور
que
gnise , à gourmandise et à toutes va-
>> nitez mondaines , et de toutes ces cho-
» ses ne souffrir point de repréhension ,
» ne de punition ou correction en ce
Monde ; car les mauvais vivans en leurs.
délices , cuident être assurez quand ils
» ne sont point corrigez ou reprins pour
»leurs iniquitez ; et ne considerent pas
» qu'il n'est rien plus malheureux en ce
monde la félicité des pécheurs ,
» par laquelle ils tumbent en maladie
incurable , et leur maulvaise volunté
» est confermée en mal. Car si tu quiers
» et desire prelation , et proposes en ton
>> cueur vivre et converser justement et
» sainctement ; je loüe et approuve le bon
» propos; mas j'en trouve peu de tel effect,
» c'est-à - dire qu'il en est bien peu qui
yayent ainsi justement et sainctement
>>
» vescu
1828 MERCURE DE FRANCE
39
» vescu . C'est sauvaige chose de hault de-
» gré et petit cueur ; c'est-à - dire , d'une
» personne qui est en grand état en sainc-
» te Eglise , et son cueur n'est pas eslevé
» en hault à Notre Seigneur , ne aux cho-
>> ses divines. C'est sauvaige chose d'avoir
le premier siege et la vie derniere , c'est
à - dire plus basses que les autres. Grande
infélicité est instabilité de cueur. Les
» Prélats sont dignes de tant de morts
» comme ils baillent de maulvais exem-
» ples à leurs povres Subjets , et ceulx
» qui leurs sont commis. Si tu demandes
» et veulx acquerir sagesse mondaine , à
» grand péril tu t'abandonnes ; car la sa
» gesse du monde est terrienne , brutale ,
diabolique , ennemie du saulvement ,
» meurtriere de vie et mere de cupidité.
" Et si d'aventure tu desires et veulx avoir
>> les pompes et orgueils du siecle , et ay-
» mes les délices de la chair , advise - toy
» et considere bien comment toutes ces
» choses sont vaines et de peu de profit ,
» et que toutes ces vanitez sont comme
un songe. Que a profité à tous ceulx
» qui aymoient ce monde leur orgueil et
>> ventance et confiance de richesses ? tou-
» tes ces choses sont passées comme une
umbre , et comme une nef qui passe
par une eau courant et flotant , de la-
»
» quelle
# A O UST. 1733. 1829
ܬܵܐ
quelle nef on ne peut tantût montrer
» le signe du chemin par où elle est pas-
" sée. Certainement ils sont consommez
et faillis en leur mauvaistié ; et la plus
» grant pertie d'eulx ont délaissé le sentier
et enseignement de vérité . Où sont
maintenant les Princes et grands Sei-
» gneurs qui ont été au temps passé , qui
avoient grande domination et Seigneurie
sur la Terre , qui ont assemblez
» grans trésors d'or et d'argent , qui ont
» construit et édifié Citez , Villes et Chas-
» teaulx , qui par force d'armes ont comn
battu , vaincu et surmonté Roys et
» Royaulmes ? Où sont les sages et grans.
» Clercs du temps passé , qui ont mesuré
net descript le Monde ? Où est le bel
Absalon ? Où est Sanson le fort ? Où
est Alexandre le Vaillant ? Où sont les
» puissans Empereurs ? Où sont les nobles
Roys et Princes ? Que leur a profité
» leur sagesse et litterature mondaine?
Que leur a profité leur beauté ,
» leur force , leur proesse , leur vail-
» lance , leur puissance , la noblesse de
» leur lignage , leur grant Train , leurs
»grans Etats , et la superfluité de toutes
» les déceptives richesses ? Où sont les vo-
» luptez et plaisances charnelles et délec-
❤tations de leurs concupissences ? Où
לכ
≫ song
1830 MERCURE DE FRANCE
» sont les esbatemens , passe temps et plai-
>> sirs qu'ils ont prins en ce monde ? Où
» est leur arrogance et oultrecuidance? Où
» est la vaine gloire et vanité dont ils ont
» été pleins Hélas ! tout est failli et passé,
» adnichilé et esvanouy , on n'en peut
» plus rien trouver , ne les Reliques d'i-
» ceuls parmi les autres congnoistre ou
» discerner ; pour ce que leurs
corps sont
en terre pourris et des vers devorez , et
» leurs ames reçoivent la joye ou la poine
qu'elles ont desservy. Laissons donc-
» ques les plaisirs exteriores et mondains ;
» et suivons les interiores et qui sont
» de l'esperit ; en nous convertissant et
» retournant à Dieu de tout notre cueur ;
» et en faisant la volunté d'icelui . Auquel
» seul Roy immortel, invisible, seul Dieu,
» soit toute gloire , tout honneur et ac-
» tion de graces ; qui seul est commen-
" cement , moyen et fin de notre inter-
» nelle consolation . Amen .
Il est étonnant que le Traducteur Latin
aitomis tout te Chapite , qui renferme
des maximes si sages et si Chrétiennes
et qui peuvent ramener l'ame à de
vrais sentimens d'humilité. Ainsi avec
tous ces avantages , cette Version doit
passer pour la plus complette que nous
ayons cue jusqu'ici , et on ne doit pas
s'étonner
•
AOUST. 1733. 1831
s'étonner si on la recherche , comme l'on
fait depuis qu'on en a connu le mérite .
et revûe par M. L. Dufresnoy D. de S.
sur l'ancien Original François , d'où l'on
a tiré un Chapitre qui manque dans les
autres Editions , in 12. A Anvers , et se
vend , à Paris , chez Michel- Etienne David,
Quay des Augustins , à la Providenee,
et chez Antoine- Claude Briasson , ruë
S. Facques , à la Science.
Cette Edition qui est belle et bien faite
seroit très- capable de renouveller la celebre
dispute qu'il y eut vers le milieu dư
XVII . siecle , sur l'Auteur de l'Imitation de
J.C.Ilest surprenant que tous ceux qui ont
pris parti pour le celebre Gerson , n'ayent
pas
A O UST. 1732. 1823
pas connu l'Original François de cet Ouvrage
, qui auroit été d'un grand secours
pour appuyer leur sentiment. On trouve
dans ces antiques Editions un air original
, qui ne sent point la contrainte
et la gêne d'un Traducteur . Ce qui peut
faire croire que l'on n'aura pas pensé à
ce Livre au temps de cette dispute , est
le changement de titre et le renversement
des Livres. Le Titre general de ces anciennes
Editions est conçû en ces termes :
Le Livre intitulé Internelle consolation ,
nouvellement corrigée : Consolationes tua latificaverunt
animam meam.
L'ordre des Livres n'est pas le mêine
dans ces anciennes Editions et dans les
Editions ordinaires de l'Imitation de J.C.
Ce qui fait le premier Livre dans nos
Editions , fait le troisiéme dans ces anciennes.
Sous ce Titre : cy commence la
tierce partie de l'interiore et parfaite Imitation
de Notre Seigneur Jesus - Christ ; Qui
-sequitur me non ambulat in tenebris.
Le second Livre des l'Imitations ordinaires
fait le premier dans ces anciennes
Editions , et porte pour titre : cy commence
le Livre intitulé , Internelle consolation
, lequel est moult utile pour la
consolation de toute humaine Creature : et
premierement parle de l'interiore conversation,
1824 MERCURE DE FRANCE
doit
tion , c'est à - dire , comment la personne
selon l'ame. Regnum Dei intra vos est, dicin
Dominus.
Le troisiéme Livre de nos Imitations
ordinaires , fait le second dans ces anciennes
Editions , sous ce titre : Cy com- <
mence le Traité de l'interiore collocution do
Notre Sauveur Jesus - Christ à l'Ame_dévote
, et est la seconde Partie de ce présent
Livre : Audiam quid loquetur in me Dominus
Deus.
Enfin le quatriéme Livre conserve dans
toutes les Editions , le même rang , et
a pour titre dans les anciennes Editions :
Cy commence la quarte Partie du présent
Livre , qui est de ensuivir Jesu- Christ et
contemner le Monde ; et traite principalement
du Sacrement de l'Autel.
Voila , sans doute , ce qui a fait qu'on
n'a point pensé à comparer ce Livre avec
nos Imitations ordinaires ; mais il est toujours
temps de le faire.
En revoyant cet Ouvrage sur les Textes
François que l'on croit Originaux ,
on a eu soin dans cette nouvelle Edition
de rétablir l'ordre observé dans les Imitations
ordinaires et de faire un juste
parallele, des unes et des autres , afin de
ne rien omettre.
Mais pour faire mieux connoître le
caractere
A O UST. 1733. 1815
caractere de cette Edition , on rapportera
ce que le nouveau Traducteur dit
dans sa Préface . » Je dirai donc ( ce sont
» ses paroles ) ce que j'ai examiné par
» moi-même. Le hazard m'a fait rencon-
>> trer quatre Editions Françoises de cet ex-
» cellent Ouvrage , imprimées toutes en
» caractere Gothique , sous le titre de l'In-
» ternelle consolation , c'est - à -dire , de la
»Consolation interieure . Toutes ces Edi-
» tions ont été faites à Paris , l'une en 1531.
» la seconde en 1554. la troisième et la
» quatrième sans date , mais beaucoup
plus anciennes. Il ne paroît ni par le
» Titre ni par aucune autre marque , que-
» ce soit une Traduction ; circonstance
» neanmoins que nos Ancêtres étoient
fort jaloux de faire connoître , quand
>> effectivement ils avoient traduit un Ouvrage.
Celui cy même a l'air Original
» dans ces anciennes Editions ; et tout
» ce qui , dans les Imitations ordinaires ,
» est restraint aux Religieux , se trouve
>> dans ces Editions appliqué aux Chrétiens
en general. C'est peut- être ce qui
pourroit faire penser que le celebreGER-
>> SON auroit d'abord fait ce Livre en
» François , et que depuis il aura été tra-
» duit en Latin par THOMAS A Kempis ,
» mais avec quelques changemens , sur
» tout
1726 MERCURE DE FRANCE
" tout aux endroits où il fait des appli
» cations particulieres aux Religieux , où
>>
aux personnes vivant en Communauté .
» C'est de ces anciennes Editions que nous
» avons tiré le Chapitre XXVI. du pre-
" mier Livre qui manque dans les Imi-
» tations ordinainès de l'Imitation de Je
sus- Christ ; elles nous ont même servi
» à déterminer le sens du Latin , quand
» il nous a parû y avoir quelque ambiguité.
La seule Edition de 1554. con-
» tenoit le 4. Livre qui manque dans les
trois autres .
Comme ce XXVI . Chapitre est impor
tant et ne se trouve en aucune Edition
Latine , on l'inserera ici en son ancien
langage , et on en trouvera la Traduction
dans la nouvelle Edition dont il est
ici question .
Contre la vanité du Monde ,ChapitreXXVI.
>> Certainement griefve et trop péril
» leuse est la conversation de ce Monde's
» car en délices est périe chasteté , humilité
» en richesses , pitié en - Marchandises ,
» verité en trop parler , charité en ce
» maling siecle . Et comme il est diffi-
» cile que ung arbre planté auprès d'un
" chemin commun , puisse garder son
" fruit jusques à ce que il soit meur;
ainsi
A O UST. 1733. 1827
ainsi est- il difficile que ung homme qui
» converse selon la vie du Monde , puis-
» se en soi garder parfaite netteté et justice
, c'est à sçavoir qu'il n'offense Dicu
» en plusieurs manieres. O comme sont
» aveuglez ceux qui quierent et demandent
la gloire et loüenge du Monde !
» Quelle chose est la joye et liesse du
» Monde , fors mauvaistié et mauvaise
» vie non punie et non corrigée ! C'est
» à sçavoir vacquer à luxure et yvto-
כ
ور
que
gnise , à gourmandise et à toutes va-
>> nitez mondaines , et de toutes ces cho-
» ses ne souffrir point de repréhension ,
» ne de punition ou correction en ce
Monde ; car les mauvais vivans en leurs.
délices , cuident être assurez quand ils
» ne sont point corrigez ou reprins pour
»leurs iniquitez ; et ne considerent pas
» qu'il n'est rien plus malheureux en ce
monde la félicité des pécheurs ,
» par laquelle ils tumbent en maladie
incurable , et leur maulvaise volunté
» est confermée en mal. Car si tu quiers
» et desire prelation , et proposes en ton
>> cueur vivre et converser justement et
» sainctement ; je loüe et approuve le bon
» propos; mas j'en trouve peu de tel effect,
» c'est-à - dire qu'il en est bien peu qui
yayent ainsi justement et sainctement
>>
» vescu
1828 MERCURE DE FRANCE
39
» vescu . C'est sauvaige chose de hault de-
» gré et petit cueur ; c'est-à - dire , d'une
» personne qui est en grand état en sainc-
» te Eglise , et son cueur n'est pas eslevé
» en hault à Notre Seigneur , ne aux cho-
>> ses divines. C'est sauvaige chose d'avoir
le premier siege et la vie derniere , c'est
à - dire plus basses que les autres. Grande
infélicité est instabilité de cueur. Les
» Prélats sont dignes de tant de morts
» comme ils baillent de maulvais exem-
» ples à leurs povres Subjets , et ceulx
» qui leurs sont commis. Si tu demandes
» et veulx acquerir sagesse mondaine , à
» grand péril tu t'abandonnes ; car la sa
» gesse du monde est terrienne , brutale ,
diabolique , ennemie du saulvement ,
» meurtriere de vie et mere de cupidité.
" Et si d'aventure tu desires et veulx avoir
>> les pompes et orgueils du siecle , et ay-
» mes les délices de la chair , advise - toy
» et considere bien comment toutes ces
» choses sont vaines et de peu de profit ,
» et que toutes ces vanitez sont comme
un songe. Que a profité à tous ceulx
» qui aymoient ce monde leur orgueil et
>> ventance et confiance de richesses ? tou-
» tes ces choses sont passées comme une
umbre , et comme une nef qui passe
par une eau courant et flotant , de la-
»
» quelle
# A O UST. 1733. 1829
ܬܵܐ
quelle nef on ne peut tantût montrer
» le signe du chemin par où elle est pas-
" sée. Certainement ils sont consommez
et faillis en leur mauvaistié ; et la plus
» grant pertie d'eulx ont délaissé le sentier
et enseignement de vérité . Où sont
maintenant les Princes et grands Sei-
» gneurs qui ont été au temps passé , qui
avoient grande domination et Seigneurie
sur la Terre , qui ont assemblez
» grans trésors d'or et d'argent , qui ont
» construit et édifié Citez , Villes et Chas-
» teaulx , qui par force d'armes ont comn
battu , vaincu et surmonté Roys et
» Royaulmes ? Où sont les sages et grans.
» Clercs du temps passé , qui ont mesuré
net descript le Monde ? Où est le bel
Absalon ? Où est Sanson le fort ? Où
est Alexandre le Vaillant ? Où sont les
» puissans Empereurs ? Où sont les nobles
Roys et Princes ? Que leur a profité
» leur sagesse et litterature mondaine?
Que leur a profité leur beauté ,
» leur force , leur proesse , leur vail-
» lance , leur puissance , la noblesse de
» leur lignage , leur grant Train , leurs
»grans Etats , et la superfluité de toutes
» les déceptives richesses ? Où sont les vo-
» luptez et plaisances charnelles et délec-
❤tations de leurs concupissences ? Où
לכ
≫ song
1830 MERCURE DE FRANCE
» sont les esbatemens , passe temps et plai-
>> sirs qu'ils ont prins en ce monde ? Où
» est leur arrogance et oultrecuidance? Où
» est la vaine gloire et vanité dont ils ont
» été pleins Hélas ! tout est failli et passé,
» adnichilé et esvanouy , on n'en peut
» plus rien trouver , ne les Reliques d'i-
» ceuls parmi les autres congnoistre ou
» discerner ; pour ce que leurs
corps sont
en terre pourris et des vers devorez , et
» leurs ames reçoivent la joye ou la poine
qu'elles ont desservy. Laissons donc-
» ques les plaisirs exteriores et mondains ;
» et suivons les interiores et qui sont
» de l'esperit ; en nous convertissant et
» retournant à Dieu de tout notre cueur ;
» et en faisant la volunté d'icelui . Auquel
» seul Roy immortel, invisible, seul Dieu,
» soit toute gloire , tout honneur et ac-
» tion de graces ; qui seul est commen-
" cement , moyen et fin de notre inter-
» nelle consolation . Amen .
Il est étonnant que le Traducteur Latin
aitomis tout te Chapite , qui renferme
des maximes si sages et si Chrétiennes
et qui peuvent ramener l'ame à de
vrais sentimens d'humilité. Ainsi avec
tous ces avantages , cette Version doit
passer pour la plus complette que nous
ayons cue jusqu'ici , et on ne doit pas
s'étonner
•
AOUST. 1733. 1831
s'étonner si on la recherche , comme l'on
fait depuis qu'on en a connu le mérite .
Fermer
Résumé : Imitation de J. C[.] traduite, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente une édition de l''Imitation de Jésus-Christ' traduite et révisée par M. L. Dufresnoy. Cette édition, publiée à Anvers et vendue à Paris, se distingue par son ancien original français, qui inclut un chapitre absent dans d'autres éditions. Elle pourrait raviver la dispute du XVIIe siècle concernant l'auteur de l'œuvre, notamment Jean Gerson. Les anciennes éditions françaises, imprimées en caractères gothiques et titrées 'Livre intitulé Internelle consolation', présentent un ordre des livres différent des éditions ordinaires. Le premier livre des éditions modernes correspond au troisième dans les anciennes, et ainsi de suite. Cette édition rétablit l'ordre des livres et offre un parallèle avec les éditions ordinaires. Le traducteur a découvert plusieurs éditions françaises anciennes, toutes sans indication de traduction, ce qui suggère qu'elles pourraient être des originaux. Un chapitre important, le XXVI du premier livre, manquant dans les éditions latines, est inclus dans cette édition. Ce chapitre traite de la vanité du monde et de la nécessité de suivre les valeurs chrétiennes. L'édition est considérée comme la plus complète disponible.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
20
p. 851-860
LETTRE du R. P. Dom Jacques Alexandre, Benedictin de la Congrégation de S. Maur, au sujet de son Traité general des Horloges, imprimé à Paris, chez Hypolite-Loüis Guerin, rue S. Jacques, vol. in 8. 1734.
Début :
Il est vrai, Monsieur, que le Public souhaitoit depuis long tems d'avoir [...]
Mots clefs :
Horloges, Traité, Article, Planche, Chapitre, Mouvement, Roues, Montres, Heures, Jours, Soleil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE du R. P. Dom Jacques Alexandre, Benedictin de la Congrégation de S. Maur, au sujet de son Traité general des Horloges, imprimé à Paris, chez Hypolite-Loüis Guerin, rue S. Jacques, vol. in 8. 1734.
LETTRE du R. P. Dom Jacques
Alexandre , Benedictin de la Congrégation
de S. Maur , au sujet de son Traité
general des Horloges , imprimé à Paris
, chez Hypolite- Louis Guerin
rue S. Jacques , vol. in 8. 1734.
I
L est vrai , Monsieur , que le Public
souhaitoit depuis long tems d'avoir
un Ouvrage entier sur les Horloges . J'ai
tâché de satisfaire à ce désir ; vous jugerez
si j'ai réussi par l'exposé que je vais
yous faire de mon Livre. Je le commence
par deux Articles Préliminaires.
Le premier marque la maniere dont les
'Anciens distinguoient les Années , et les
partageoient en Mois , Jours et Heures ,
et fait voir par la Description du Déluge
que Moïse a faite dans la Genese , que
l'année étoit composée de douze Mois
comme elle l'est encore aujourd'hui.
Le second Article contient une Histoire
generale des Horloges , depuis leur
commencement jusqu'au temps présent..
La plus ancienne Horloge est le Cadran
d'Achaz. Anaximandre fit ensuite des
Cadrans dans la Grece , lesquels furent
aussi
$54 MERCURE DE FRANCE
>
par le moyen d'un tambour qui descendant
pendant 24 ou 3 h ures peut
marquer distinctement toutes le. heures;
c'est dequoi je donne une explication
dans ce Chapitre par le moyen de la
huitiéme Planche.
Dans le troisiéme Chapirre il est parlé
des Horloges à roues de gros volume ;
d'abord on donne un abregé des termes
les plus ordinaires qui sont en usage chez
les Horlogers , et une neuviéme Planche
est destinée à représenter les Piéces qui
sont marquées par ces termes. On donne
ensuite la Méthode pour avoir la longueur
d'un Pendule et des vibrations que
l'on souhaite ; et pour s'épargner la peine.
des opérations qu'i faudroit faire , on
donne aussi une Table particuliére depuis
une vibration par heure usqu'à cinq vibracions
par heure , dont la longueur du
Pendule est d'un pouces lignes & points,
. Comme le P /ndule peut avoir quelque
petite irrégularité par rapport à la diver
sité de la température de l'air , on donne
pour y remedier la maniere de faire un
Pendule Isocrone , dont les , vibrations
sont d'une parfaire égalité de durée jet
qui sert à faire des Horloges , qui peu
vent marquer le moyen mouvement du'
Soleil & c. La Planché o représente en-
8
suite
MAY 1734.
755
suite la construction d'une grosse Horloge
, et les Planches 11 ct 12 font voir
la figure des roües.
Le Chapitre IV. traite des Horloges à
mouvement apparent. Quelque perfection
qu'on ait pû donner aux Horloges
les plus achevées , ce n'a été que pour
leur faire suivre le mouvement moyen
du Soleil , mais je crois avoir été plus
loin ; car dès l'année 1698. je representai
à Mrs de l'Académie Royale des Sciences
un projet qui fut aprouvé , pour faire des
Horloges qui suivroient le mouvement
aparent et vrai du Soleil . L'explication
est dans ce même Chapitre IV . qui contient
sur ce sujet trois Planches entieres.
>
sa
Dans le Chapitre V. on parle du mouvement
des Planetes, On trouve dans le
premier Article un précis de ce qui regarde
chaque Planete en particulier , son
diamétre , le temps de sa révolution
distance du Soleil &c. et une seizième
Planche qui contient le systême des Planetes
selon Copernic . Le second article
est pour le Soleil en particulier , lequel
fait une révolution en 365 jours heures
49 m. Dans toutes les Horloges qu'on a
faites jusqu'à présent , on a mis une roue
qui fait un tour en un an on n'y a employé
qu'une role qui fait le tour en 365.
jours ,
3
856 MERCURE DE FRANCE
jours ; c'est un mouvement qui est trop
court environ de 6 heures , et on n'a vù
encore personne qui ait travaillé à faire
une roue qui fasse un tour en 365 jours
S heures 49 , minutes car cela est impossible
en ne mettant que des roues dont
le nombre des dents soit moindre que
100. Mais puisque cela n'est pas possible,
du moins devroit - on tâcher d'en aprocher
autant que cela se pouvoit . C'est ce
que j'ai fait , et je donne ici une roue qui
fait un tour en 365 jours 5 heures 48 m.
58 secondes , de secondes qui est le
mouvement le plus aprochant quon ait
pû trouver jusqu'à présent. En voici le
Roüage. La roue de Cadran fait un tour
en 12 heures. - 7.50 7.69. 8 .
83.
་
2
38
4
-
On trouve en même tems toutes les
opérations qu'il a fallu faire pour arriver
à cette précision. Viennent ensuite plusieurs
roues faisant un tour conforme aux
révolutions de chaque Planete &c. Le
Lecteur consultera pour tout ce détail
les Planches 17. 18. et 19. et les Mecanistes
auront lieu d'être satisfaits en particulier
d'une Aiguille qui montre le lieu de
la Planete dans le Zodiaque, aiguille dont
les mouvements son fort différents , et
qui tire cependant toutes ces inégalitez
d'un
MAY. 1734.
857
d'un mouvement circulaire et uniforme
de l'Horloge.
Le Chapitre VI. destiné aux Horloges
de moyen volume , est accompagné de
la Planche 21. qui représente une Horloge
de cette espece , où l'on voit l'arangement
et la disposition des roües avec
une seconde et troisiéme figure pour la
Montre ou Cadran et pour la Cycloide .
Le détail de tout ce qui appartient à ce
Chapitre est contenu dans neuf Articles
différens , et représenté en diverses figures
de la Planche vingtiéme .
點
Les Horloges de petit volume ou les
Montres font la matiere du VII. Chapitre.
L'instrument le plus nécessaire aux
Horlogeurs de petit volume, est la Plateforme
, qui sert à marquer sur les roiies
le nombre des dents qu'on leur veut
donner . On explique d'abord la construction
de cette Piéce. Dans l'article suivant
on explique pareillement l'usage du Balancier
qui modére le mouvement des
Montres. On n'avoit point autrefois d'autre
moyen pour regler les Montres , que
de faire ce Balancier moins ou plus pesant
mais depuis que l'Abbé de Hautefeüille
a trouvé le secret important de
modérer ce Balancier par un petit ressort
droit , qui dans la suite a été changé en
B ressort
858 MERCURE DE FRANCE
ressort spiral par M. Hugens , les Montres
ont acquis un tel point de perfection,
que celles où on a mis ce ressort ont pris
le nom de Montres à Fendules , à cause
de leur justesse. On trouve dans l'article
troisiéme une Table où sont les rouages
ordinaires que l'on employe pour les
Montres ; et la Planche 22. représente la
structure entiere d'une Montre. Un article
entier qui est le huitième contient de
bons avis pour le choix des Montres.
Le Chapitre VIII . est pour la répetition
, et pour l'instrument à fendre les
roües. Dans le premier article se trouve
la Planche 23 , où son : gravées les principales
Piéces de la répetition , le Limaçon
et la détente graduée , qui fait sonmer
autant de coups qu'il est descendu
de dents de cette détente. Dans l'article
second on traite de l'Instrument à diviser
et fendre les roües et Pignons avec autant
de facilité que de justesse , ce qui
fait gagner aux Ouvriers beaucoup de
tems. La Planche 23 représente cette
Machine, dont la Piéce fondamentale est
la Plateforme on verra dans le Livre
l'explication de cette Machine qui seroit
trop longue ici pour une Lettre.
On donne ensuite les Quadratures des
repétitions qu'on employe aux Pendules
MAY. 1734. 859
et aux Montres de poche. On a mis dans
la Planche 24. les Piéces pour une repétition
de Pendule , et dans la Planche 25.
sont figurées les Piéces d'une repétition
de Montre de poche. L'explication en
seroit ici inutile ; car la bien compourn
prendre il faut avoir devant soi les figures
gravées.
Le Chapitre IX. et dernier , contient
une Bibliographic ou un Catalogue des
Auteurs , qui ont écrit sur les Horloges ,
avec une Analise des principaux Ouvrages
qui sont venus à ma connoissance.
Le premier article de ce Chapitre est, pour
les Cadrans où je me contente de mettre
le titre des Livres , le nom de l'Auteur
et l'Edition ; l'article second est
pour les Horloges de Sable et d'Eau
Le troisiéme est destiné aux Horloges à
roües. On trouve dans cet article non
seulement le titre des Livres , mais en-t
core des Extraits très amples de ces mêmes
Livres , avec quelques Réfléxions qui
ont paru nécessaires , et qui ne peuvent
offenser personne. Enfin le quatriéme article
est des Auteurs qui sont citez dans
l'Ouvrage.
J'ai tâché, au reste, d'écrire avec simplicité,
avec ordre et briéveté , les Curieux
trouveront ce Livre bien imprimé , et les
Bij 27
860 MERCURE DE FRANCE
27 Planches qui y entrent fort proprement
gravées. Je suis , Monsieur , &c.
A Orleans le 24 Mars 1734
Alexandre , Benedictin de la Congrégation
de S. Maur , au sujet de son Traité
general des Horloges , imprimé à Paris
, chez Hypolite- Louis Guerin
rue S. Jacques , vol. in 8. 1734.
I
L est vrai , Monsieur , que le Public
souhaitoit depuis long tems d'avoir
un Ouvrage entier sur les Horloges . J'ai
tâché de satisfaire à ce désir ; vous jugerez
si j'ai réussi par l'exposé que je vais
yous faire de mon Livre. Je le commence
par deux Articles Préliminaires.
Le premier marque la maniere dont les
'Anciens distinguoient les Années , et les
partageoient en Mois , Jours et Heures ,
et fait voir par la Description du Déluge
que Moïse a faite dans la Genese , que
l'année étoit composée de douze Mois
comme elle l'est encore aujourd'hui.
Le second Article contient une Histoire
generale des Horloges , depuis leur
commencement jusqu'au temps présent..
La plus ancienne Horloge est le Cadran
d'Achaz. Anaximandre fit ensuite des
Cadrans dans la Grece , lesquels furent
aussi
$54 MERCURE DE FRANCE
>
par le moyen d'un tambour qui descendant
pendant 24 ou 3 h ures peut
marquer distinctement toutes le. heures;
c'est dequoi je donne une explication
dans ce Chapitre par le moyen de la
huitiéme Planche.
Dans le troisiéme Chapirre il est parlé
des Horloges à roues de gros volume ;
d'abord on donne un abregé des termes
les plus ordinaires qui sont en usage chez
les Horlogers , et une neuviéme Planche
est destinée à représenter les Piéces qui
sont marquées par ces termes. On donne
ensuite la Méthode pour avoir la longueur
d'un Pendule et des vibrations que
l'on souhaite ; et pour s'épargner la peine.
des opérations qu'i faudroit faire , on
donne aussi une Table particuliére depuis
une vibration par heure usqu'à cinq vibracions
par heure , dont la longueur du
Pendule est d'un pouces lignes & points,
. Comme le P /ndule peut avoir quelque
petite irrégularité par rapport à la diver
sité de la température de l'air , on donne
pour y remedier la maniere de faire un
Pendule Isocrone , dont les , vibrations
sont d'une parfaire égalité de durée jet
qui sert à faire des Horloges , qui peu
vent marquer le moyen mouvement du'
Soleil & c. La Planché o représente en-
8
suite
MAY 1734.
755
suite la construction d'une grosse Horloge
, et les Planches 11 ct 12 font voir
la figure des roües.
Le Chapitre IV. traite des Horloges à
mouvement apparent. Quelque perfection
qu'on ait pû donner aux Horloges
les plus achevées , ce n'a été que pour
leur faire suivre le mouvement moyen
du Soleil , mais je crois avoir été plus
loin ; car dès l'année 1698. je representai
à Mrs de l'Académie Royale des Sciences
un projet qui fut aprouvé , pour faire des
Horloges qui suivroient le mouvement
aparent et vrai du Soleil . L'explication
est dans ce même Chapitre IV . qui contient
sur ce sujet trois Planches entieres.
>
sa
Dans le Chapitre V. on parle du mouvement
des Planetes, On trouve dans le
premier Article un précis de ce qui regarde
chaque Planete en particulier , son
diamétre , le temps de sa révolution
distance du Soleil &c. et une seizième
Planche qui contient le systême des Planetes
selon Copernic . Le second article
est pour le Soleil en particulier , lequel
fait une révolution en 365 jours heures
49 m. Dans toutes les Horloges qu'on a
faites jusqu'à présent , on a mis une roue
qui fait un tour en un an on n'y a employé
qu'une role qui fait le tour en 365.
jours ,
3
856 MERCURE DE FRANCE
jours ; c'est un mouvement qui est trop
court environ de 6 heures , et on n'a vù
encore personne qui ait travaillé à faire
une roue qui fasse un tour en 365 jours
S heures 49 , minutes car cela est impossible
en ne mettant que des roues dont
le nombre des dents soit moindre que
100. Mais puisque cela n'est pas possible,
du moins devroit - on tâcher d'en aprocher
autant que cela se pouvoit . C'est ce
que j'ai fait , et je donne ici une roue qui
fait un tour en 365 jours 5 heures 48 m.
58 secondes , de secondes qui est le
mouvement le plus aprochant quon ait
pû trouver jusqu'à présent. En voici le
Roüage. La roue de Cadran fait un tour
en 12 heures. - 7.50 7.69. 8 .
83.
་
2
38
4
-
On trouve en même tems toutes les
opérations qu'il a fallu faire pour arriver
à cette précision. Viennent ensuite plusieurs
roues faisant un tour conforme aux
révolutions de chaque Planete &c. Le
Lecteur consultera pour tout ce détail
les Planches 17. 18. et 19. et les Mecanistes
auront lieu d'être satisfaits en particulier
d'une Aiguille qui montre le lieu de
la Planete dans le Zodiaque, aiguille dont
les mouvements son fort différents , et
qui tire cependant toutes ces inégalitez
d'un
MAY. 1734.
857
d'un mouvement circulaire et uniforme
de l'Horloge.
Le Chapitre VI. destiné aux Horloges
de moyen volume , est accompagné de
la Planche 21. qui représente une Horloge
de cette espece , où l'on voit l'arangement
et la disposition des roües avec
une seconde et troisiéme figure pour la
Montre ou Cadran et pour la Cycloide .
Le détail de tout ce qui appartient à ce
Chapitre est contenu dans neuf Articles
différens , et représenté en diverses figures
de la Planche vingtiéme .
點
Les Horloges de petit volume ou les
Montres font la matiere du VII. Chapitre.
L'instrument le plus nécessaire aux
Horlogeurs de petit volume, est la Plateforme
, qui sert à marquer sur les roiies
le nombre des dents qu'on leur veut
donner . On explique d'abord la construction
de cette Piéce. Dans l'article suivant
on explique pareillement l'usage du Balancier
qui modére le mouvement des
Montres. On n'avoit point autrefois d'autre
moyen pour regler les Montres , que
de faire ce Balancier moins ou plus pesant
mais depuis que l'Abbé de Hautefeüille
a trouvé le secret important de
modérer ce Balancier par un petit ressort
droit , qui dans la suite a été changé en
B ressort
858 MERCURE DE FRANCE
ressort spiral par M. Hugens , les Montres
ont acquis un tel point de perfection,
que celles où on a mis ce ressort ont pris
le nom de Montres à Fendules , à cause
de leur justesse. On trouve dans l'article
troisiéme une Table où sont les rouages
ordinaires que l'on employe pour les
Montres ; et la Planche 22. représente la
structure entiere d'une Montre. Un article
entier qui est le huitième contient de
bons avis pour le choix des Montres.
Le Chapitre VIII . est pour la répetition
, et pour l'instrument à fendre les
roües. Dans le premier article se trouve
la Planche 23 , où son : gravées les principales
Piéces de la répetition , le Limaçon
et la détente graduée , qui fait sonmer
autant de coups qu'il est descendu
de dents de cette détente. Dans l'article
second on traite de l'Instrument à diviser
et fendre les roües et Pignons avec autant
de facilité que de justesse , ce qui
fait gagner aux Ouvriers beaucoup de
tems. La Planche 23 représente cette
Machine, dont la Piéce fondamentale est
la Plateforme on verra dans le Livre
l'explication de cette Machine qui seroit
trop longue ici pour une Lettre.
On donne ensuite les Quadratures des
repétitions qu'on employe aux Pendules
MAY. 1734. 859
et aux Montres de poche. On a mis dans
la Planche 24. les Piéces pour une repétition
de Pendule , et dans la Planche 25.
sont figurées les Piéces d'une repétition
de Montre de poche. L'explication en
seroit ici inutile ; car la bien compourn
prendre il faut avoir devant soi les figures
gravées.
Le Chapitre IX. et dernier , contient
une Bibliographic ou un Catalogue des
Auteurs , qui ont écrit sur les Horloges ,
avec une Analise des principaux Ouvrages
qui sont venus à ma connoissance.
Le premier article de ce Chapitre est, pour
les Cadrans où je me contente de mettre
le titre des Livres , le nom de l'Auteur
et l'Edition ; l'article second est
pour les Horloges de Sable et d'Eau
Le troisiéme est destiné aux Horloges à
roües. On trouve dans cet article non
seulement le titre des Livres , mais en-t
core des Extraits très amples de ces mêmes
Livres , avec quelques Réfléxions qui
ont paru nécessaires , et qui ne peuvent
offenser personne. Enfin le quatriéme article
est des Auteurs qui sont citez dans
l'Ouvrage.
J'ai tâché, au reste, d'écrire avec simplicité,
avec ordre et briéveté , les Curieux
trouveront ce Livre bien imprimé , et les
Bij 27
860 MERCURE DE FRANCE
27 Planches qui y entrent fort proprement
gravées. Je suis , Monsieur , &c.
A Orleans le 24 Mars 1734
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Résumé : LETTRE du R. P. Dom Jacques Alexandre, Benedictin de la Congrégation de S. Maur, au sujet de son Traité general des Horloges, imprimé à Paris, chez Hypolite-Loüis Guerin, rue S. Jacques, vol. in 8. 1734.
Le document est une lettre du R. P. Dom Jacques Alexandre, un bénédictin de la Congrégation de S. Maur, présentant son ouvrage sur les horloges, imprimé à Paris en 1734. L'auteur répond à une demande publique d'un traité complet sur les horloges et structure son livre en plusieurs chapitres. Le premier chapitre préliminaire explique comment les Anciens divisaient les années et les mois, en se référant à la description du Déluge dans la Genèse. Le second chapitre préliminaire offre une histoire générale des horloges, depuis les cadrans anciens jusqu'aux horloges modernes. L'ouvrage détaille divers types d'horloges, y compris les cadrans solaires, les horloges à roues, et les horloges à mouvement apparent. Il inclut des explications techniques sur la longueur des pendules, les vibrations, et les corrections pour les variations de température. Le livre traite également des horloges de moyen et petit volume, ainsi que des montres, en fournissant des tables et des planches illustratives. Un chapitre est dédié à la répétition et aux instruments pour diviser les roues. Enfin, le dernier chapitre présente une bibliographie des auteurs ayant écrit sur les horloges, avec des analyses des principaux ouvrages. L'auteur souligne la simplicité, l'ordre et la brièveté de son écriture, ainsi que la qualité de l'impression et des gravures des 27 planches incluses.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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22
p. 203-204
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye Réguliere de l'Etoile, Ordre de Cîteaux, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Diocèse, Ordre, Religieuse, Abbé, Chapitre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
SaMajesté a donné l'Abbaye Réguliere de l'Etoile
, Ordre de Citeaux , Diocese de Poitiers , à
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
M. l'Abbé de la Corne , Doyen du Chapitre de
Québec , & Conſeiller-Clerc au Conſeil Souve
rain de la même Ville ; & l'Abbaye de la Déferte,
Ordre de Saint Benoît , Dioceſe & Ville de Lyon ,
àla Dame de Monjouvent , Religieuſe Ursuline à
Bourg enBrefle..
SaMajesté a donné l'Abbaye Réguliere de l'Etoile
, Ordre de Citeaux , Diocese de Poitiers , à
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
M. l'Abbé de la Corne , Doyen du Chapitre de
Québec , & Conſeiller-Clerc au Conſeil Souve
rain de la même Ville ; & l'Abbaye de la Déferte,
Ordre de Saint Benoît , Dioceſe & Ville de Lyon ,
àla Dame de Monjouvent , Religieuſe Ursuline à
Bourg enBrefle..
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23
p. 204-206
DE VERSAILLES, le 28 Février, & jours suivans.
Début :
Le sieur Bignon, Commandeur, Prevôt, & Maître des Cérémonies des Ordres [...]
Mots clefs :
Prévôt, Cérémonies, Ordres du roi, Famille royale, Contrat de mariage, Colonel, Demoiselle, Chapitre, Nominations, Capitaine, Commandant, Chevalier, Abbé, Marquis, Prince de Condé, Abbaye, Prieuré
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 28 Février, & jours suivans.
De VERSAILLES , le 28 Février , & jours
L
fuivans.
E fieur Bignon , Commandeur , Prevôt , &
Maître des Cérémonies des Ordres du Roi , fon
Eibliothécaire , Maître des Requêtes , de l'Académie
Françoife , & honoraire de celle des Infcriptions
, a été chargé par Sa Majefté de porter au
Prince des Afturies , & à l'Infant . Don Louis , le
Collier , & les marques des ordres du Roi.
AVRIL. 1760. 205
Le 18 Février , le Roi , la Reine , & la Famille
Royale , fignerent le contrat de mariage du Marquis
de Juigné , Colonel du Régiment de Champagne
, avec Demoiſelle Thiroux de Chammeville
, fille du feur de Chammeville , l'un des
Adminiſtrateurs généraux des Poftes.
Le 2 , le Roi tint un Chapitre extraordinaire
de l'Ordre du S. Efprit , & il nomma Chevalier
de cet Ordre , le Roi des Deux - Siciles . Le 3 , Sa
Majefté tint le Sceau .
Le Roi a nommé le fieur de Sinety. , Capitaine
dans le Régiment des Gardes Françoifes , Sous-
Gouverneur de Monfeigneur le Duc de Berry ; &
il lui a accordé une penfion de retraite de fix
mille livres. Sa Majeſté a auffi nommé le Comte
de Montault & le Vicomte de Boisgelin , Gentilshommes
de la Manche du même Prince.
Le Roi a donné le commandement de la Province
de Rouergue , & de toute l'étendue des Evêchés
de Rhodes & de Vabre , au Baron de Tullier
, Meftre-de-Camp de Dragons , Inspecteur
des Milices Garde-côtes de Guyenne , & Gouverneur
de Rhodès.
Sa Majesté a accordé au Chevalier de Crancé,
Ecuyer de main de Madame la Dauphine , le
Gouvernement de Châlons en Champagne , vadepuis
la mort du Comte d'Estaing. cant
Le Roi a nommé l'Abbé Moftuejour , Grand-
Vicaire de Chartres , Sous- Précepteur de Monfeigneur
le Duc de Berry
Le 1 ,, le Roi , la Reine , & la Famille Royale ,
fignerent le contrat de mariage du Marquis de
Rougé . Colonel du Régiment de Foix , avec N..
d'Havré , fille du Duc de ce nom ; & celui du
Comte de Parabere , avec Dile de Perigni.
Le 17 , le Prince de Condé eut l'honneur de
faire les révérences au Roi , a la Reine , & a la ›
Famille Royale. Il étoit en manteau long , ainfi
206 MERCURE DE FRANCE.
que les Gentilshommes de fa fuite. Les Princes
qui l'ont accompagné à cette cérémonie , font le
Comte de Charolois & le Comte de Clermont.
Le 18 , Sa Majesté tint le Sceau .
Le Roi a donné l'Abbaye Royale & Séculière
de S. Pierre de Metz , à la Dame de Choiſeul ,
Chanoineffe de Remiremont.
Et le Prieuré des Filles- Dieu , Diocèfe & Ville
de Rouen , à la Dame Dutot de Beaunay , Religieufe
a l'Abbaye de Fontaine- Guérard .
L
fuivans.
E fieur Bignon , Commandeur , Prevôt , &
Maître des Cérémonies des Ordres du Roi , fon
Eibliothécaire , Maître des Requêtes , de l'Académie
Françoife , & honoraire de celle des Infcriptions
, a été chargé par Sa Majefté de porter au
Prince des Afturies , & à l'Infant . Don Louis , le
Collier , & les marques des ordres du Roi.
AVRIL. 1760. 205
Le 18 Février , le Roi , la Reine , & la Famille
Royale , fignerent le contrat de mariage du Marquis
de Juigné , Colonel du Régiment de Champagne
, avec Demoiſelle Thiroux de Chammeville
, fille du feur de Chammeville , l'un des
Adminiſtrateurs généraux des Poftes.
Le 2 , le Roi tint un Chapitre extraordinaire
de l'Ordre du S. Efprit , & il nomma Chevalier
de cet Ordre , le Roi des Deux - Siciles . Le 3 , Sa
Majefté tint le Sceau .
Le Roi a nommé le fieur de Sinety. , Capitaine
dans le Régiment des Gardes Françoifes , Sous-
Gouverneur de Monfeigneur le Duc de Berry ; &
il lui a accordé une penfion de retraite de fix
mille livres. Sa Majeſté a auffi nommé le Comte
de Montault & le Vicomte de Boisgelin , Gentilshommes
de la Manche du même Prince.
Le Roi a donné le commandement de la Province
de Rouergue , & de toute l'étendue des Evêchés
de Rhodes & de Vabre , au Baron de Tullier
, Meftre-de-Camp de Dragons , Inspecteur
des Milices Garde-côtes de Guyenne , & Gouverneur
de Rhodès.
Sa Majesté a accordé au Chevalier de Crancé,
Ecuyer de main de Madame la Dauphine , le
Gouvernement de Châlons en Champagne , vadepuis
la mort du Comte d'Estaing. cant
Le Roi a nommé l'Abbé Moftuejour , Grand-
Vicaire de Chartres , Sous- Précepteur de Monfeigneur
le Duc de Berry
Le 1 ,, le Roi , la Reine , & la Famille Royale ,
fignerent le contrat de mariage du Marquis de
Rougé . Colonel du Régiment de Foix , avec N..
d'Havré , fille du Duc de ce nom ; & celui du
Comte de Parabere , avec Dile de Perigni.
Le 17 , le Prince de Condé eut l'honneur de
faire les révérences au Roi , a la Reine , & a la ›
Famille Royale. Il étoit en manteau long , ainfi
206 MERCURE DE FRANCE.
que les Gentilshommes de fa fuite. Les Princes
qui l'ont accompagné à cette cérémonie , font le
Comte de Charolois & le Comte de Clermont.
Le 18 , Sa Majesté tint le Sceau .
Le Roi a donné l'Abbaye Royale & Séculière
de S. Pierre de Metz , à la Dame de Choiſeul ,
Chanoineffe de Remiremont.
Et le Prieuré des Filles- Dieu , Diocèfe & Ville
de Rouen , à la Dame Dutot de Beaunay , Religieufe
a l'Abbaye de Fontaine- Guérard .
Fermer
Résumé : DE VERSAILLES, le 28 Février, & jours suivans.
En février et avril 1760, plusieurs événements et nominations marquèrent la cour de France. Le 28 février, le sieur Bignon fut chargé de remettre le Collier et les marques des ordres du Roi au Prince des Asturies et à l'Infant Don Louis. Le 18 février, le Roi, la Reine et la Famille Royale signèrent le contrat de mariage du Marquis de Juigné avec Demoiselle Thiroux de Chammeville. Le 2 avril, le Roi organisa un Chapitre extraordinaire de l'Ordre du Saint-Esprit et nomma Chevalier le Roi des Deux-Siciles. Plusieurs nominations furent annoncées, dont celle du sieur de Sinety comme Sous-Gouverneur du Duc de Berry, du Baron de Tullier comme commandant de la Province de Rouergue, et du Chevalier de Crancé comme Gouverneur de Châlons en Champagne. L'Abbé Moftuejour fut nommé Sous-Précepteur du Duc de Berry. Le 1er avril, les contrats de mariage du Marquis de Rougé et du Comte de Parabere furent signés par le Roi, la Reine et la Famille Royale. Le 17 avril, le Prince de Condé fit les révérences au Roi, à la Reine et à la Famille Royale. Le Roi attribua l'Abbaye Royale de Saint-Pierre de Metz à la Dame de Choiseul et le Prieuré des Filles-Dieu de Rouen à la Dame Dutot de Beaunay.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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24
p. 215
DE MANHEIM.
Début :
Le 2 Février, jour de la Purification, l'Electeur Palatin tint Chapitre de l'Ordre de S. Hubert, [...]
Mots clefs :
Électeur, Chapitre, Chevalier, Chancelier, Princes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE MANHEIM.
De MANHEIM.
Le 2 Février , jour de la Purification , l'Electeur
Palatin tint Chapitre de l'Ordre de S. Hubert ,
dans lequel le Chancelier de l'Ordre ayant préfenté
les formalités remplies par les Chevaliers
nommés le 2 Février 1759 ; Son Alteffe Electorale
conféra le Collier au Prince Jean- Charles
de Büchenfelds , Comte Palatin du Rhin , Louis
Prince de Naffau Saarbruch, Charles Hyacinthe ,
Prince de Galléan des Idarts , Emmanuel , Prince
héréditaire de Heffe Hothenbourg , Jérôme ,
Prince de Nadzivil , Michel , Prince Sapicha , &
Staniftas , Prince Jablonouski.
Le 2 Février , jour de la Purification , l'Electeur
Palatin tint Chapitre de l'Ordre de S. Hubert ,
dans lequel le Chancelier de l'Ordre ayant préfenté
les formalités remplies par les Chevaliers
nommés le 2 Février 1759 ; Son Alteffe Electorale
conféra le Collier au Prince Jean- Charles
de Büchenfelds , Comte Palatin du Rhin , Louis
Prince de Naffau Saarbruch, Charles Hyacinthe ,
Prince de Galléan des Idarts , Emmanuel , Prince
héréditaire de Heffe Hothenbourg , Jérôme ,
Prince de Nadzivil , Michel , Prince Sapicha , &
Staniftas , Prince Jablonouski.
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Résumé : DE MANHEIM.
Le 2 février, l'Électeur Palatin organisa un chapitre de l'Ordre de Saint-Hubert. Le Chancelier présenta les formalités des Chevaliers nommés en 1759. Son Altesse remit le Collier de l'Ordre à plusieurs dignitaires, dont le Prince Jean-Charles de Büchenfelds, Louis Prince de Nassau-Saarbruch, et Emmanuel, Prince héréditaire de Hesse-Hombourg.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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25
p. 217-224
SUITE de l'état de la Vaisselle, portée à la Monnoie de Paris.
Début :
Du 31 Janvier 1760. Messieurs m. o. g. de l'Abbaye de Royaumont, Ordre de [...]
Mots clefs :
Vaisselle, Monnaie, Paris, Abbaye, Maréchal, Comte, Dame, Paroisse, Chapitre, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de l'état de la Vaisselle, portée à la Monnoie de Paris.
SUITE de l'état de la Vaiffelle , portée
à la Monnoie de Paris.
Meffieurs
Du 31 Janvier 1760 .
de l'Abbaye de Royaumont , Ordre
de Citeaux , diocèfe de Beauvais .
Meldames de l'Abbaye du Parc- aux-
Dames.
MM. de l'Abbaye de la Charmois.
Du Février.
Le fieur Perville , Lieutenant des
Maréchaux de France.
Notre-Dame de Melun.
L'Abbaye de Perfiegne , Ordre de
Citeaux.
Du 4 Février.
Morgan de Fricour , Négociant
d'Amiens.
Madlle le Doux,
Du 6 Février.
Le Comte de Ligny.
Madame de Chavigny , Bourgeoife.
La Paroille de Juvily.
Madame la Marquife d'Aubeterre .
M. Perinet d'Orval , intéreffé dans
les fermes des poudres.
En or. I m . 4 onc, 51 18 d.
ᏓᏆ Vol.
m. o.
K
SI 27
10 I S
12 4
St 4
2322
26 4 6
102 2
564
146 4 4
5447
II 7
22 2
218 MERCURE DE FRANCE.
Du 7 Février.
Meffieurs
Mefdames de la Congrégation de
Provins.
Didelot , Directeur des Aydes à
Châlons en Champagne.
MM. du Chapitre de S. Marcel ,
le Vicomte de Sebourg , Maréchal
de Camp.
MM. de l'Abbaye de Jouy , filiation
de Pontigny.
Du 8 Février.
La Paroiffe de Chomery , près
Fontainebleau .
Les Dames Hofpitalieres de Saint
Nicolas de Melun.
•
Du 9 Février,
Fricau , Secrétaire du Roi.
Touroude , Maître Doreur.
Du 11 Février.
le Prieur de l'Hôtel- Dieu de Paris.
les Dames Bernardines de Provins,
les Religieux Cordeliers de Provins.
la Paroiffe de Chenoife .
la Fabrique de Champreneſt.
la Fabrique deBetonbafoche , Election
de Provins .
Dupeyron , Directeur de la Monnoie
de Paris .
les Dames Religieufes de l'Abbaye
des Clerets , au Perche.
le Chapitre de S. Nicolas, de Provins.
le Chapitre de S. Guiriace , de Provins.
m. 0.
g.
21 4
30 16
18
36 4
30 4
371
3
5847
5576
12 33
275
4 14
13 7 1
476
235
722
100 4
17 -7
245
29 2
AVRIL. 1760. 219
Meffieurs
Du 12 Février.
Delpeche de Mérainville , Confeiller
au Parlement.
les Jacobins de Provins.
Du 13 Février.
l'Abbaye Royale de Saint Louis , de
Poitli .
les Chanoines Réguliers de S. Antoine.
les Jéfuites , de Sens.
m . o. g.
50 4
1275
545 I
4
47 2
7
3 20
les Religieufes de S. Antoine , de Sens . 45
l'Abbaye de S. Pierre le Vif , de Sens.
les Religieufes Urfulines , de Sens.
la Paroiffe de Chaumont.
la Paroiffe de S. Maximien , de Sens.
la Paroiffe de Villenaux , la petite ,
Diocèle de Sens.
le grand Séminaire de Sens .
la Fabrique de Saint Thibaut , de la
ville de Joigny , Diocèse de Sens .
1156
4 2 4
72
344
20 7 6
1066
les Religieufes Urfulines d'Argenteuil . 23 23
Du 14 Février.
les Chartreux de Bourgfontaine.
Dagueffeau de Frefne.
les Dames Religieufes de Colinance ,
en Valois , Ordre de Fontévrault.
Du 15 Février.
Freffend , Juré honoraire Porteur de
Sel de l'Ecole Royale Militaire.
les Bénédictins de Marmoutiers.
les Bénédictins de S. Calais.
88 5
269
3262
652
21 2 3
525 5
J
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 16 Février.
l'Abbaye de Royal- Lieu , Diocèfe de
Soiffons.
l'Hôtel-Dieu de S. Nicolas de Compiégne.
les Dames Carmelites , de Compiégne,
les Jéfuites de Compiègne.
les Dames Bernardines de l'Abbaye
Royale du Tréfor , Ordre de Cîteaux
.
1
la Paroiffe d'Aney , Diocèle de Sens.
Du 18 Février.
m. o. g.
79
41 7 3
33 34
so
158 4
3 5
Bernier , Marchand.
17 2 I
Du 21 dudit.
Maître , Bourgeois de Paris. 2346
1
Du 22 dudit.
Chapus , Contrôleur de la Maiſon
du Roi.
l'Abbaye de Reconfort , Ordre de
Câteaux .
Madame la veuve.de Barry.
25 4
564
356
du Tillet , Brigadier des Armées du Roi . so 6
Gançau , Receveur des Tailles à
Bar-fur-Aube.
Les Dames Religieufes de Renard ,
974
Ordre de S Benoît , Dioc. de Meaux. 23 5 3
La Paroiffe de Grand- Pui , Diocèfe
de Sens.
Ledagre de Mardreau , Ecuyer.
4 1 2
2275
8
Les Bénédictins de S.Pierre Lemoutier . 85 2
Les Dames Urfulines de Poiffy.
AVRIL. 1760.
221
Meffieurs
Poncel , Sculpteur.
Du 27. Février.
m. 0. g.
133
Du 28 dudit.
le Marquis de la Chenaye , Grand-
Ecuyer tranchant .
Boucot , Receveur de la Ville .
Mulot , Huiffier au Châtelet.
Du 29 dudit.
le Marquis de Genty , Officier aux
Gardes.
Madame Plaflier , Bourgeoife de Paris ,
à Provins.
La Paroiffe de S. Pierre , de Provins.
Lallemand de Lévignan , Intendant
d'Alençon.
Du 10 Mars.
l'Abbaye Royale de Ste . Trinité , de
Caen.
l'Abbaye de Coulombs , Congrégation
de S. Maur , Diocèle de Chartres .
Du dudit.
Le petit Séminaire de Sens , Maiſon
de Chaulmes , en Brie.
Du 13 dudit.
l'Abbaye de Frémont , ordre de Citeaux
, Diocèfe de Beauvais .
l'Abbaye de Lompont , Ordre de Cîteaux
, Diocèfe de Soiffons .
de Cormainville , Maréchal de Camp.
82 I
173 26
64
142 2 4
2954
2 2
77 4 4
835
6072
517
33 7
2542
18 1 7"
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 14 Mars.
Madame de Vaſſe , veuve du Doyen
des Sécretaires du Roi.
Cardon , Subftitut de M. le Procureur
général , au Grand- Confeil.
Les Minimes de Compiègne.
Les Dames de la Congrégation de
Notre-Dame de Compiègne.
Les Cordeliers de Compiègne.
Les Dames de la Vifitation de
Compiegne.
Les Bénédictins de l'Abbaye de la
Couture , au Mans.
La Cathédrale de Seez.
Du 15 dudit.
La Paroiffe de Château -Regnard ,
Election de Montargis .
La Parciffe de Baune , Election de
Némours .
La Paroiffe de Malezerbes , Election
de Pithiviers.
La Paroiffe de Chamy , Election de
Joigny.
La Paroiffe de Saint Julien de Seau ,
Election de Joigny .
La Paroiffe de Vallery , Diocèfe de
Sens.
Hauteclaire , Ingénieur des ponts &
chauffées.
Les Doyen , Chanoines , & Chapitre
de l'Eglife Métropolitaine de Sens ,
en or , 73 m 5. onc . 6 g . 18 d.
Du 27 dudit.
La Paroiffe de S. Cyr , de Vimpelle ,
Diocèle de Sens .
TR . 0.
5855
6676
17 6 3
37 3 4
37 3 4
51 2
21 2 I
2553
15 15
13 6 1
67
45 I
763
54
1556
75
AVRIL 1760. 223
Du 18 Mars .
Les Religieufes de Fontaines , près
Meaux , Ordre de Fonteveaux.
Mile Germain , Bourgeoile de Paris.
Du 19 dudit.
Les Dames de la Congrégation de
Notre-Dame de Némours, Diocèfe
m. 0.8
95 3
9152
de Sens.
2876
Du 20 dudit.
Meffieurs
m. o. g.
Dupleffis , Bourgeois de Paris.
26 42
Catholiques , de Paris. 14 7 6
La Communauté des Nouvelles-
Du 21 dudit.
L'Abbaye de S. Michel , de la Ferté-
Milon.
I
Du 22 dudit.
L'Eglife & Fabrique de Saint Clair ,
de Souppe , Diocèle de Sens.
Du 24 dudit.
Binet de la Bretonnière , Fermier du
Roi.
de Villebois , Capitaine au Régiment
d'Apchon.
Madame de Vaffe. ( Second envoi. )
Du 26 dudit.
La Paroiffe de S. Gervais , de Paris .
L'Abbaye de Vauluifant , Ordre de
Citeaux , Diocèle de Sens.
2.
15 4
953
50 2
353 I
923
97 I 3
26 1 S.
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE
Du 27 Mars
Meffieurs
Les Chanoines Réguliers de Sainte
Catherine , la Culture,
La Paroiffe de S. Landry , de Paris.
La Paroiffe de S. Paul , de Paris.
La Paroiffe de S. Jean en Grêve .
Du 28 dudit.
Mlle Angrand , Bourgeoife de Paris.
Les Dames Religieufes de la Vifitation
de Mélun.
Bronod , le Jeune , Notaire.
Les Urfulines de Montdidier , Diocèle
d'Amiens.
Du 31 dudit.
MM. Hachette , Notaire , & fon fils ,
Tréforier de France.
de la Salle , Receveur des Tailles à
Montargis.
L'Abbaye de S. Jean en Vallée , de
Chartres.
La Paroiffe & Fabrique de Logny , en
Perche , Diocèfe de Chartres.
Les Dames Religieufes Carmelites ,
de Chartres .
La Paroiffe de Saint Jacques de la
Boucherie , de Paris .
MM. les Marguilliers de la Fabrique
de Saint Jacques , de la Boucherie ,
pour la Confrérie du S. Sacrement.
à la Monnoie de Paris.
Meffieurs
Du 31 Janvier 1760 .
de l'Abbaye de Royaumont , Ordre
de Citeaux , diocèfe de Beauvais .
Meldames de l'Abbaye du Parc- aux-
Dames.
MM. de l'Abbaye de la Charmois.
Du Février.
Le fieur Perville , Lieutenant des
Maréchaux de France.
Notre-Dame de Melun.
L'Abbaye de Perfiegne , Ordre de
Citeaux.
Du 4 Février.
Morgan de Fricour , Négociant
d'Amiens.
Madlle le Doux,
Du 6 Février.
Le Comte de Ligny.
Madame de Chavigny , Bourgeoife.
La Paroille de Juvily.
Madame la Marquife d'Aubeterre .
M. Perinet d'Orval , intéreffé dans
les fermes des poudres.
En or. I m . 4 onc, 51 18 d.
ᏓᏆ Vol.
m. o.
K
SI 27
10 I S
12 4
St 4
2322
26 4 6
102 2
564
146 4 4
5447
II 7
22 2
218 MERCURE DE FRANCE.
Du 7 Février.
Meffieurs
Mefdames de la Congrégation de
Provins.
Didelot , Directeur des Aydes à
Châlons en Champagne.
MM. du Chapitre de S. Marcel ,
le Vicomte de Sebourg , Maréchal
de Camp.
MM. de l'Abbaye de Jouy , filiation
de Pontigny.
Du 8 Février.
La Paroiffe de Chomery , près
Fontainebleau .
Les Dames Hofpitalieres de Saint
Nicolas de Melun.
•
Du 9 Février,
Fricau , Secrétaire du Roi.
Touroude , Maître Doreur.
Du 11 Février.
le Prieur de l'Hôtel- Dieu de Paris.
les Dames Bernardines de Provins,
les Religieux Cordeliers de Provins.
la Paroiffe de Chenoife .
la Fabrique de Champreneſt.
la Fabrique deBetonbafoche , Election
de Provins .
Dupeyron , Directeur de la Monnoie
de Paris .
les Dames Religieufes de l'Abbaye
des Clerets , au Perche.
le Chapitre de S. Nicolas, de Provins.
le Chapitre de S. Guiriace , de Provins.
m. 0.
g.
21 4
30 16
18
36 4
30 4
371
3
5847
5576
12 33
275
4 14
13 7 1
476
235
722
100 4
17 -7
245
29 2
AVRIL. 1760. 219
Meffieurs
Du 12 Février.
Delpeche de Mérainville , Confeiller
au Parlement.
les Jacobins de Provins.
Du 13 Février.
l'Abbaye Royale de Saint Louis , de
Poitli .
les Chanoines Réguliers de S. Antoine.
les Jéfuites , de Sens.
m . o. g.
50 4
1275
545 I
4
47 2
7
3 20
les Religieufes de S. Antoine , de Sens . 45
l'Abbaye de S. Pierre le Vif , de Sens.
les Religieufes Urfulines , de Sens.
la Paroiffe de Chaumont.
la Paroiffe de S. Maximien , de Sens.
la Paroiffe de Villenaux , la petite ,
Diocèle de Sens.
le grand Séminaire de Sens .
la Fabrique de Saint Thibaut , de la
ville de Joigny , Diocèse de Sens .
1156
4 2 4
72
344
20 7 6
1066
les Religieufes Urfulines d'Argenteuil . 23 23
Du 14 Février.
les Chartreux de Bourgfontaine.
Dagueffeau de Frefne.
les Dames Religieufes de Colinance ,
en Valois , Ordre de Fontévrault.
Du 15 Février.
Freffend , Juré honoraire Porteur de
Sel de l'Ecole Royale Militaire.
les Bénédictins de Marmoutiers.
les Bénédictins de S. Calais.
88 5
269
3262
652
21 2 3
525 5
J
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 16 Février.
l'Abbaye de Royal- Lieu , Diocèfe de
Soiffons.
l'Hôtel-Dieu de S. Nicolas de Compiégne.
les Dames Carmelites , de Compiégne,
les Jéfuites de Compiègne.
les Dames Bernardines de l'Abbaye
Royale du Tréfor , Ordre de Cîteaux
.
1
la Paroiffe d'Aney , Diocèle de Sens.
Du 18 Février.
m. o. g.
79
41 7 3
33 34
so
158 4
3 5
Bernier , Marchand.
17 2 I
Du 21 dudit.
Maître , Bourgeois de Paris. 2346
1
Du 22 dudit.
Chapus , Contrôleur de la Maiſon
du Roi.
l'Abbaye de Reconfort , Ordre de
Câteaux .
Madame la veuve.de Barry.
25 4
564
356
du Tillet , Brigadier des Armées du Roi . so 6
Gançau , Receveur des Tailles à
Bar-fur-Aube.
Les Dames Religieufes de Renard ,
974
Ordre de S Benoît , Dioc. de Meaux. 23 5 3
La Paroiffe de Grand- Pui , Diocèfe
de Sens.
Ledagre de Mardreau , Ecuyer.
4 1 2
2275
8
Les Bénédictins de S.Pierre Lemoutier . 85 2
Les Dames Urfulines de Poiffy.
AVRIL. 1760.
221
Meffieurs
Poncel , Sculpteur.
Du 27. Février.
m. 0. g.
133
Du 28 dudit.
le Marquis de la Chenaye , Grand-
Ecuyer tranchant .
Boucot , Receveur de la Ville .
Mulot , Huiffier au Châtelet.
Du 29 dudit.
le Marquis de Genty , Officier aux
Gardes.
Madame Plaflier , Bourgeoife de Paris ,
à Provins.
La Paroiffe de S. Pierre , de Provins.
Lallemand de Lévignan , Intendant
d'Alençon.
Du 10 Mars.
l'Abbaye Royale de Ste . Trinité , de
Caen.
l'Abbaye de Coulombs , Congrégation
de S. Maur , Diocèle de Chartres .
Du dudit.
Le petit Séminaire de Sens , Maiſon
de Chaulmes , en Brie.
Du 13 dudit.
l'Abbaye de Frémont , ordre de Citeaux
, Diocèfe de Beauvais .
l'Abbaye de Lompont , Ordre de Cîteaux
, Diocèfe de Soiffons .
de Cormainville , Maréchal de Camp.
82 I
173 26
64
142 2 4
2954
2 2
77 4 4
835
6072
517
33 7
2542
18 1 7"
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 14 Mars.
Madame de Vaſſe , veuve du Doyen
des Sécretaires du Roi.
Cardon , Subftitut de M. le Procureur
général , au Grand- Confeil.
Les Minimes de Compiègne.
Les Dames de la Congrégation de
Notre-Dame de Compiègne.
Les Cordeliers de Compiègne.
Les Dames de la Vifitation de
Compiegne.
Les Bénédictins de l'Abbaye de la
Couture , au Mans.
La Cathédrale de Seez.
Du 15 dudit.
La Paroiffe de Château -Regnard ,
Election de Montargis .
La Parciffe de Baune , Election de
Némours .
La Paroiffe de Malezerbes , Election
de Pithiviers.
La Paroiffe de Chamy , Election de
Joigny.
La Paroiffe de Saint Julien de Seau ,
Election de Joigny .
La Paroiffe de Vallery , Diocèfe de
Sens.
Hauteclaire , Ingénieur des ponts &
chauffées.
Les Doyen , Chanoines , & Chapitre
de l'Eglife Métropolitaine de Sens ,
en or , 73 m 5. onc . 6 g . 18 d.
Du 27 dudit.
La Paroiffe de S. Cyr , de Vimpelle ,
Diocèle de Sens .
TR . 0.
5855
6676
17 6 3
37 3 4
37 3 4
51 2
21 2 I
2553
15 15
13 6 1
67
45 I
763
54
1556
75
AVRIL 1760. 223
Du 18 Mars .
Les Religieufes de Fontaines , près
Meaux , Ordre de Fonteveaux.
Mile Germain , Bourgeoile de Paris.
Du 19 dudit.
Les Dames de la Congrégation de
Notre-Dame de Némours, Diocèfe
m. 0.8
95 3
9152
de Sens.
2876
Du 20 dudit.
Meffieurs
m. o. g.
Dupleffis , Bourgeois de Paris.
26 42
Catholiques , de Paris. 14 7 6
La Communauté des Nouvelles-
Du 21 dudit.
L'Abbaye de S. Michel , de la Ferté-
Milon.
I
Du 22 dudit.
L'Eglife & Fabrique de Saint Clair ,
de Souppe , Diocèle de Sens.
Du 24 dudit.
Binet de la Bretonnière , Fermier du
Roi.
de Villebois , Capitaine au Régiment
d'Apchon.
Madame de Vaffe. ( Second envoi. )
Du 26 dudit.
La Paroiffe de S. Gervais , de Paris .
L'Abbaye de Vauluifant , Ordre de
Citeaux , Diocèle de Sens.
2.
15 4
953
50 2
353 I
923
97 I 3
26 1 S.
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE
Du 27 Mars
Meffieurs
Les Chanoines Réguliers de Sainte
Catherine , la Culture,
La Paroiffe de S. Landry , de Paris.
La Paroiffe de S. Paul , de Paris.
La Paroiffe de S. Jean en Grêve .
Du 28 dudit.
Mlle Angrand , Bourgeoife de Paris.
Les Dames Religieufes de la Vifitation
de Mélun.
Bronod , le Jeune , Notaire.
Les Urfulines de Montdidier , Diocèle
d'Amiens.
Du 31 dudit.
MM. Hachette , Notaire , & fon fils ,
Tréforier de France.
de la Salle , Receveur des Tailles à
Montargis.
L'Abbaye de S. Jean en Vallée , de
Chartres.
La Paroiffe & Fabrique de Logny , en
Perche , Diocèfe de Chartres.
Les Dames Religieufes Carmelites ,
de Chartres .
La Paroiffe de Saint Jacques de la
Boucherie , de Paris .
MM. les Marguilliers de la Fabrique
de Saint Jacques , de la Boucherie ,
pour la Confrérie du S. Sacrement.
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Résumé : SUITE de l'état de la Vaisselle, portée à la Monnoie de Paris.
Le document est un registre des transactions de vaisselle effectuées à la Monnaie de Paris entre le 31 janvier 1760 et le 31 mars 1760. Il répertorie diverses institutions religieuses, nobles et personnes privées ayant réalisé des transactions. Parmi les entités mentionnées figurent des abbayes, des chapitres, des paroisses, des congrégations, ainsi que des individus tels que des négociants, des bourgeois, des officiers et des membres de la noblesse. Les transactions sont détaillées avec des montants exprimés en livres, sous et deniers. Les dates des transactions sont précisées, couvrant la période du 31 janvier au 31 mars 1760. Le document inclut également des mentions des fonctions et titres des personnes impliquées, ainsi que des lieux géographiques associés à ces transactions.
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26
p. 250-251
DE PARIS, le 17 Mai.
Début :
On a appris que le 26 du mois dernier, à deux heures du matin [...]
Mots clefs :
Tonnerre, Incendie, Abbayes, Maréchal de France, Ordonnance, Discipline militaire, Chevalier, Chapitre, Affaires politiques, Tirage, Loterie de l'école royale militaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 17 Mai.
De PARIS , le 17 Mai.
On a appris que le 26 du mois dernier , à deux
heures du matin le tonnerre est tombé fur le clo
cher de l'Abbaye de Royaumont en Picardie , &
y a mis le feu ; la charpente , qui étoit d'un trèsbeau
bois de chataignier , à été entierement confumée
, & toutes les cloches ont été fondues. On
évalue ce dommage à plus de rocoso liv.
Le même jour , à cinq heures du matin , le tonnerre
eft aufli tombé fur le clocher de l'Abbaye
des Chanoines réguliers de Sainte Genevieve
de Ham en Picardie , & y a mis le feu ; quatre
groffes cloches font fondues , les deux clochers ,
la nef , les orgues , qui étoient fort belles , & deux
chapelles ont été confumés & le choeur a été endommagé.
Le 6 de ce mois , les Maréchaux de France fe
rendirent , en la forme ordinaire , en leur fiége
de la Connétablie du Palais.Ils y ont fait enregiſtrer
une ordonnance du Roifur la difcipline , la fubordination
& le fervice des Maréchauffées du Royaume;
ils y ont auffi reçu un Commiffaire ordinaire
des Guerres.
JUIN. 1760. 251
Le 8 , les Chevaliers de l'Ordre de Saint Michel
, tinrent un chapitre dans le grand Convent
des Religieux de l'Obfervance ; le Duc de Fleury ;
Pair de France , Chevalier des ordres du Roi , y
préfida en qualité de Commiffaire de Sa Majefté ,
il reçut Chevaliers le fieur d'Arthenay , ci-devant
chargé des affaires du Roi à Naples ; le fieur l'Englet
, Confeiller , fubdélégué général de l'Intendant
à l'Ifle en Flandre ; & le fieur Richard , Médecin
en chef de l'Armée du bas Rhin , Infpecteur
des Hôpitaux Militaires.
Le fieur de Saint- Germain ayant eu la hardieffe
de fe mêler , à la Haye , des affaires politiques
de Sa Majefé , le Comte d'Affry a préfenté un
Mémoire aux Etats généraux , par lequel il demande
, au nom du Roi , que cet Aventurier foir
arrêté & conduit à Anvers , fous bonne efcorte
pour être conduit de là en France , & y fubir la
peine due à cet attentat.
Le tirage de la Lotterie de l'Ecole Royale Militaire
, s'eft fait le 6 ; les numeros fortis de la
roue de fortune font 63 , 49 , 85 , 36 , 83 le proš
chain tirage fe fera le 6 du mois de Juin.
On a appris que le 26 du mois dernier , à deux
heures du matin le tonnerre est tombé fur le clo
cher de l'Abbaye de Royaumont en Picardie , &
y a mis le feu ; la charpente , qui étoit d'un trèsbeau
bois de chataignier , à été entierement confumée
, & toutes les cloches ont été fondues. On
évalue ce dommage à plus de rocoso liv.
Le même jour , à cinq heures du matin , le tonnerre
eft aufli tombé fur le clocher de l'Abbaye
des Chanoines réguliers de Sainte Genevieve
de Ham en Picardie , & y a mis le feu ; quatre
groffes cloches font fondues , les deux clochers ,
la nef , les orgues , qui étoient fort belles , & deux
chapelles ont été confumés & le choeur a été endommagé.
Le 6 de ce mois , les Maréchaux de France fe
rendirent , en la forme ordinaire , en leur fiége
de la Connétablie du Palais.Ils y ont fait enregiſtrer
une ordonnance du Roifur la difcipline , la fubordination
& le fervice des Maréchauffées du Royaume;
ils y ont auffi reçu un Commiffaire ordinaire
des Guerres.
JUIN. 1760. 251
Le 8 , les Chevaliers de l'Ordre de Saint Michel
, tinrent un chapitre dans le grand Convent
des Religieux de l'Obfervance ; le Duc de Fleury ;
Pair de France , Chevalier des ordres du Roi , y
préfida en qualité de Commiffaire de Sa Majefté ,
il reçut Chevaliers le fieur d'Arthenay , ci-devant
chargé des affaires du Roi à Naples ; le fieur l'Englet
, Confeiller , fubdélégué général de l'Intendant
à l'Ifle en Flandre ; & le fieur Richard , Médecin
en chef de l'Armée du bas Rhin , Infpecteur
des Hôpitaux Militaires.
Le fieur de Saint- Germain ayant eu la hardieffe
de fe mêler , à la Haye , des affaires politiques
de Sa Majefé , le Comte d'Affry a préfenté un
Mémoire aux Etats généraux , par lequel il demande
, au nom du Roi , que cet Aventurier foir
arrêté & conduit à Anvers , fous bonne efcorte
pour être conduit de là en France , & y fubir la
peine due à cet attentat.
Le tirage de la Lotterie de l'Ecole Royale Militaire
, s'eft fait le 6 ; les numeros fortis de la
roue de fortune font 63 , 49 , 85 , 36 , 83 le proš
chain tirage fe fera le 6 du mois de Juin.
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Résumé : DE PARIS, le 17 Mai.
Le 26 avril, la foudre a frappé les clochers de l'Abbaye de Royaumont et de l'Abbaye des Chanoines réguliers de Sainte Geneviève de Ham, en Picardie. À Royaumont, l'incendie a détruit la charpente et fondu les cloches, causant des dommages évalués à plus de 600 000 livres. À Ham, quatre cloches ont été fondues et plusieurs parties de l'abbaye endommagées. Le 6 mai, les Maréchaux de France ont enregistré une ordonnance royale concernant la discipline des Maréchaussées et reçu un Commissaire ordinaire des Guerres. Le 8 juin, les Chevaliers de l'Ordre de Saint-Michel ont tenu un chapitre au grand couvent des Religieux de l'Observance, où trois nouveaux Chevaliers ont été reçus. Par ailleurs, le sieur de Saint-Germain a été impliqué dans des affaires politiques à La Haye, menant à une demande d'arrestation par le Comte d'Affry. Le tirage de la Lotterie de l'École Royale Militaire a eu lieu le 6 juin, avec les numéros 63, 49, 85, 36 et 83.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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27
p. 64-65
LOGOGRYPHE.
Début :
Tous les trois ans, Lecteur, je reviens chez les Moines ; [...]
Mots clefs :
Chapitre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
Tous les trois ans , Lecteur , je reviens chez
les Moines ;
Dans mon choeur , chaque jour , je reçois les
Chanoines ;
Pour rendre moins confus les ouvrages abſtraits ,
De mes huit pieds on fait un très - fréquent ufage.
De fe fervir de moi les Vieillards ont la rage.
Tu ne me connois point à ces infignes traits :
Que te dirai -je donc ? fais de moi l'analyſe ,
Tu trouveras fans peine , un ornement d'Eglife ,
Et le nom de celui qui le porte en chantant ;
L'endroit où Cynéas ,, ce Confident unique ,
Defiroit que fon Roi vécût paisiblement ;
Un des Poiffons d'eau douce ; une Note en Muſ
que ;
Un attribut d'Eros ; une Ville en Afrique ;
Le fléau des Souris , un Oiſeau grand fripon ;
Ce qui fait réfonner le tendre Violon ;
AOUST. 1761. 68
Le vêtement pieux qu'endoffa Théodofe ;
La Nymphe que les Dieux , par la Métamor
phofe ,
Préſerverent du Phafe ; un Monarque François
Des Orateurs Chrétiens la Tribune divine ;
Le réfultat de l'eau mêlée à la Farine ;
Un adjectif piquant ; un grand Miniſtre Anglois
Un fruit verd & confit excellent en Salade ;
La machine fur quoi les Généraux Romains ,
Après une Victoire , étoient mis en parade ;
L'inftrument dont David tiroit des fons divins
La Mère du Soleil , d'Aurore & de la Lune ;
Le mot père en Latin ; une exclamation ,
Ce qui ternit le corps , la réputation ;
Un des Montres produits par la Terre & Neptune
;
Un crime que les Loix puniffent de la mort ;
Celui dont Apollon fondit les fauffes aîles ';
Un péché capital . Enfin je fuis au port.
M'ignores-tu , Lecteur , relis - moi de plus belles.
Par M. FORESTIER .
Tous les trois ans , Lecteur , je reviens chez
les Moines ;
Dans mon choeur , chaque jour , je reçois les
Chanoines ;
Pour rendre moins confus les ouvrages abſtraits ,
De mes huit pieds on fait un très - fréquent ufage.
De fe fervir de moi les Vieillards ont la rage.
Tu ne me connois point à ces infignes traits :
Que te dirai -je donc ? fais de moi l'analyſe ,
Tu trouveras fans peine , un ornement d'Eglife ,
Et le nom de celui qui le porte en chantant ;
L'endroit où Cynéas ,, ce Confident unique ,
Defiroit que fon Roi vécût paisiblement ;
Un des Poiffons d'eau douce ; une Note en Muſ
que ;
Un attribut d'Eros ; une Ville en Afrique ;
Le fléau des Souris , un Oiſeau grand fripon ;
Ce qui fait réfonner le tendre Violon ;
AOUST. 1761. 68
Le vêtement pieux qu'endoffa Théodofe ;
La Nymphe que les Dieux , par la Métamor
phofe ,
Préſerverent du Phafe ; un Monarque François
Des Orateurs Chrétiens la Tribune divine ;
Le réfultat de l'eau mêlée à la Farine ;
Un adjectif piquant ; un grand Miniſtre Anglois
Un fruit verd & confit excellent en Salade ;
La machine fur quoi les Généraux Romains ,
Après une Victoire , étoient mis en parade ;
L'inftrument dont David tiroit des fons divins
La Mère du Soleil , d'Aurore & de la Lune ;
Le mot père en Latin ; une exclamation ,
Ce qui ternit le corps , la réputation ;
Un des Montres produits par la Terre & Neptune
;
Un crime que les Loix puniffent de la mort ;
Celui dont Apollon fondit les fauffes aîles ';
Un péché capital . Enfin je fuis au port.
M'ignores-tu , Lecteur , relis - moi de plus belles.
Par M. FORESTIER .
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28
p. 174-180
MUSIQUE.
Début :
MUSIQUE. LE sieur de la Chevardière, rue du Roule à la Croix d'or, vient de mettre [...]
Mots clefs :
Mesure, Musique, Sonates, Recueil, Auteur, Opéra, Ponctuation, Chapitre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQUE.
E fieur de la Chevardière , rue du
Roule à la Croix d'or , vient de mettre
en vente les Ouvrages ſuivans.
" Troiſièine Recueil de Pièces Fran-
>>coiſes & Italiennes , Petits Airs , Ro-
>>>mances , Vaudevilles , choifies dans
,
:
JUIN. 1763 . 175
>> les Opéra- Comiques nouveaux , com-
>>> me le Bucheron , le Roi & le Fermier ,
» Sancho-Pança , le Guy de chêne , &
>>> autres , accommodés pour deux flûtes,
>> deux violons , ou deux pardeſſus -de-
» viole. Par M. Granier. Prix , 6 liv.
>> Ce Recueil forme la fuite de ceux qui
>> ont paru précédemment & qui contient
>>>les airs des Opéra un peu plus anciens.
>> 6 Symphonies à 4 parties obligées
>>> avec Hautbois & Cors-de-Chaffe ad
>>> libitum , compofées par M. Stamitz ,
>>>& mifes au jour par M. de la Chevar-
>> dière : ce font les dernières Sympho-
>>> nies qu'on a pu ramaffer de ce célé-
>>> bre Auteur : elles ont été éxécutées
>> au Concert ſpirituel la ſemaine ſainte ;
>>>on les vend 9 livres.
» 5 & 6 ° Livres de piéces de Clave-
>>cin compoſées par M. Ferdinando Pe-
» legrino , prix, 6 liv. chaque livre.
>> 7º Recueil de récréations chantantes
>>par M. Legat de Furcy , contenant des
>>airs détachés des Opéra - comiques
>> avec accompagnement de Violon ,
>>Flûtes ou pardeſſus-de-Viole , & ar-
>> rangés de façon qu'on peut les jouer
>> en Duo ſur tous les inftrumens ; prix ,
» 3 liv. Cet Ouvrage eſt périodique &
>>paroît tous les mois.
Hiv
1
T
176 MERCURE DE FRANCE.
4º Recueil des récréations de Polym
nie , ou choix d'ariettes & airs tendres
& légers , avecaccompagnement de
Violon , Flûte , Hautbois , Pardeſſusde-
Viole , &c . Ces airs feront auſſi trèsbien
à deux inſtrumens de deſſus au défaut
de la voix. Dédiés au beau ſexe ;
recueillis & mis en ordre par M. le
Loup , Maître de Flûte , Editeur de ces
Recueils . Il y adans celui-ci pluſieurs
ariettes & airs de la Sybille , Opéra-Comique
, Parodie des Fêtes d'Euterpe ,
par M. Gibert ; ainſi qu'un air de Soliman,
&c. Prix, 3 liv. chez l'Éditeur , rue
du Mouton , près la Grève , au Caffé
de la Paix , au coin de la rue de la Tixeranderie.
Ce nouveau recueil nous a paru d'un
bon choix , & s'il eſt poffible plus piquant
encore que les premiers. On y
trouve de plus une ariette nouvelle de
M. le Loup , miſe en Symphonie par
M. Ponteau , paroles de M. Pasquier ,
qui ſe vend ſi l'on veut ſéparément à la
même adreſſe.
Cleffacile & méthodique pour apprendre
en peu de temps à battre la meſure, à
diftinguer les modulations , à préluder
& à phrafer la muſique , par le moyen
JUIN. 1763. 177
de la Ponctuation grammaticale & typographique.
Ouvrage utile & intéreſſant
pourles commençans , ſuivi de 6 petites
Sonates méthodiques, fervant d'exemples
pour l'intelligence & la pratique de cette
méthode. Par M. Atys , Maître de Flûte.
OEuvre 5. A Paris , chez l'Auteur , dans
le paſſage de la rue Traverſière S. Honoréà
celle des Boucheries , & aux Adreſſes
ordinaires . Prix , 7 liv . 4 f.
On ne ſera peut-être pas fàché de voir
comment l'Auteur établit ſon ſyſtême ,
dans ſon Avant-propos .
La meſure dans la Muſique eſt l'effence
même de la mélodie & de l'harmonie
; les commençans doivent donc ,
fitôt les premières notions acquiſes , apprendre
à battre la meſure & à obſerver
exactement la valeur des notes , & ne
rien négliger poury parvenir. Sans cette
attention , il eſt impoſſible qu'ils faififfent
le caractère & le goût particulier
de la Piéce qu'ils chantent , ou qu'ils
éxécutent fur leur inſtrument & qu'ils
en ſentent toutes les beautés & les agrémens.
La Muſique a ſa proſodie ainſi
que le langage ; & fi l'on ne s'afſſujettit
àla meſure& à la valeur des notes , on
rend déſagréable le chant le plus flateur
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
& le plus mélodieux : il eſt donc trèsimportant
de battre la meſure avec toute
la juſteſſe requiſe .
On acquérera aisément cette juſteſſe
av ec un peu d'application , & à l'aide de
cepetit traité qui peut auffi fervir à ceux
qui ont déja avec les difpofitions naturelles
un commencement méthodique
, mais qui ne font pas à portée d'avoir
des Maîtres pour les continuer. Le
moyen d'en retirer l'utilité que j'en promets
, eſt de ſuivre ponctuellement les
exemples que j'ai poſés à côté de chaque
précepte & ceux que je donne d'une
manière plus étendue dans les fix
petites Sonates ci-après.
J'indique dans mon ſeptiéme Chapitre
un nouveau ſyſtême pour phrafer la
Muſique. Son utilité m'a frappé lorſque
l'obſervation la plus commune m'en fit
révenir l'idée. La ponctuation de l'Ecriture
meſure la marche & l'étendue du
difcours; ces fignes peuvent naturellement
produire le même effet dans la
Muſique , qui eſt faite pour parler à
l'oreille comme l'Ecriture parle aux
yeux. L'éffai que j'ai fait de ce projet
dans les petites Sonates qui terminent
cet ouvrage ſuffit pour faire concevoir
fans aucun travail toute l'étendue qu'on
JUIN. 1763 . 179
peut donner à cette idée ; car les inventions
les plus utiles & les plus fages
font prèſque toujours les plus intelligibles
& les plus fimples .
Outre cette ponctuation j'employe
encore dans les fix Sonates que je viens
d'annoncer , des marques ou des fignes
pour avertir d'augmenter ou de diminuer
le ſon lorſque le goût & la délicateſſe
l'exigent.
Enfin le huitiéme & dernier Chapitre
contient une expofition des vingt-quatre
Modes tels que la diviſion de la
Gamme ou Echelle diatonique ordinaire
les produit néceſſairement. La méthode
claire , préciſe & exacte avec laquelle
j'ai tâché de détailler cette expofition
apprendra à ceux qui me liront:
avec un peu d'attention, à diftinguer les
modulations , à connoître & à difcerner
en quel mode ou en quel ton ils
feront foit au commencement , foit dans.
le courant d'une Piece , ou même lorfqu'ils
s'éffſayeront à préluder , à décider
en un mot fi ce ton ou Mode eſt Majeur
ou Mineur.
Quant aux fix petites Sonates que je
viens d'annoncer & qui font à la fuite
de ce huitiéme Chapitre, j'avertis qu'on
doit les regarder comme une leçon gé
H vj
180 MERCURE DE FRANCE:
nérale où l'on appercevra aisément l'application
que je fais faire de ce que
j'enſeigne dans ce Traité.
SIX TRIO pour deux Violons & un
Violoncello,compoſés par le Signor Galeotti
de Gènes , dédiés à Madame la
Princeſſe de Monaco ; à Gènes , chez
l'Auteur ; & à Paris, aux adreſſes ordinaires
de Muſique. Prix , 9 liv. avec privilége.
Cet Ouvrage eſt digne de la ré
putation dont cet Auteur jouit en Italie
par ſes ouvrages & par ſon talent
connu pour le Violoncello .
E fieur de la Chevardière , rue du
Roule à la Croix d'or , vient de mettre
en vente les Ouvrages ſuivans.
" Troiſièine Recueil de Pièces Fran-
>>coiſes & Italiennes , Petits Airs , Ro-
>>>mances , Vaudevilles , choifies dans
,
:
JUIN. 1763 . 175
>> les Opéra- Comiques nouveaux , com-
>>> me le Bucheron , le Roi & le Fermier ,
» Sancho-Pança , le Guy de chêne , &
>>> autres , accommodés pour deux flûtes,
>> deux violons , ou deux pardeſſus -de-
» viole. Par M. Granier. Prix , 6 liv.
>> Ce Recueil forme la fuite de ceux qui
>> ont paru précédemment & qui contient
>>>les airs des Opéra un peu plus anciens.
>> 6 Symphonies à 4 parties obligées
>>> avec Hautbois & Cors-de-Chaffe ad
>>> libitum , compofées par M. Stamitz ,
>>>& mifes au jour par M. de la Chevar-
>> dière : ce font les dernières Sympho-
>>> nies qu'on a pu ramaffer de ce célé-
>>> bre Auteur : elles ont été éxécutées
>> au Concert ſpirituel la ſemaine ſainte ;
>>>on les vend 9 livres.
» 5 & 6 ° Livres de piéces de Clave-
>>cin compoſées par M. Ferdinando Pe-
» legrino , prix, 6 liv. chaque livre.
>> 7º Recueil de récréations chantantes
>>par M. Legat de Furcy , contenant des
>>airs détachés des Opéra - comiques
>> avec accompagnement de Violon ,
>>Flûtes ou pardeſſus-de-Viole , & ar-
>> rangés de façon qu'on peut les jouer
>> en Duo ſur tous les inftrumens ; prix ,
» 3 liv. Cet Ouvrage eſt périodique &
>>paroît tous les mois.
Hiv
1
T
176 MERCURE DE FRANCE.
4º Recueil des récréations de Polym
nie , ou choix d'ariettes & airs tendres
& légers , avecaccompagnement de
Violon , Flûte , Hautbois , Pardeſſusde-
Viole , &c . Ces airs feront auſſi trèsbien
à deux inſtrumens de deſſus au défaut
de la voix. Dédiés au beau ſexe ;
recueillis & mis en ordre par M. le
Loup , Maître de Flûte , Editeur de ces
Recueils . Il y adans celui-ci pluſieurs
ariettes & airs de la Sybille , Opéra-Comique
, Parodie des Fêtes d'Euterpe ,
par M. Gibert ; ainſi qu'un air de Soliman,
&c. Prix, 3 liv. chez l'Éditeur , rue
du Mouton , près la Grève , au Caffé
de la Paix , au coin de la rue de la Tixeranderie.
Ce nouveau recueil nous a paru d'un
bon choix , & s'il eſt poffible plus piquant
encore que les premiers. On y
trouve de plus une ariette nouvelle de
M. le Loup , miſe en Symphonie par
M. Ponteau , paroles de M. Pasquier ,
qui ſe vend ſi l'on veut ſéparément à la
même adreſſe.
Cleffacile & méthodique pour apprendre
en peu de temps à battre la meſure, à
diftinguer les modulations , à préluder
& à phrafer la muſique , par le moyen
JUIN. 1763. 177
de la Ponctuation grammaticale & typographique.
Ouvrage utile & intéreſſant
pourles commençans , ſuivi de 6 petites
Sonates méthodiques, fervant d'exemples
pour l'intelligence & la pratique de cette
méthode. Par M. Atys , Maître de Flûte.
OEuvre 5. A Paris , chez l'Auteur , dans
le paſſage de la rue Traverſière S. Honoréà
celle des Boucheries , & aux Adreſſes
ordinaires . Prix , 7 liv . 4 f.
On ne ſera peut-être pas fàché de voir
comment l'Auteur établit ſon ſyſtême ,
dans ſon Avant-propos .
La meſure dans la Muſique eſt l'effence
même de la mélodie & de l'harmonie
; les commençans doivent donc ,
fitôt les premières notions acquiſes , apprendre
à battre la meſure & à obſerver
exactement la valeur des notes , & ne
rien négliger poury parvenir. Sans cette
attention , il eſt impoſſible qu'ils faififfent
le caractère & le goût particulier
de la Piéce qu'ils chantent , ou qu'ils
éxécutent fur leur inſtrument & qu'ils
en ſentent toutes les beautés & les agrémens.
La Muſique a ſa proſodie ainſi
que le langage ; & fi l'on ne s'afſſujettit
àla meſure& à la valeur des notes , on
rend déſagréable le chant le plus flateur
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
& le plus mélodieux : il eſt donc trèsimportant
de battre la meſure avec toute
la juſteſſe requiſe .
On acquérera aisément cette juſteſſe
av ec un peu d'application , & à l'aide de
cepetit traité qui peut auffi fervir à ceux
qui ont déja avec les difpofitions naturelles
un commencement méthodique
, mais qui ne font pas à portée d'avoir
des Maîtres pour les continuer. Le
moyen d'en retirer l'utilité que j'en promets
, eſt de ſuivre ponctuellement les
exemples que j'ai poſés à côté de chaque
précepte & ceux que je donne d'une
manière plus étendue dans les fix
petites Sonates ci-après.
J'indique dans mon ſeptiéme Chapitre
un nouveau ſyſtême pour phrafer la
Muſique. Son utilité m'a frappé lorſque
l'obſervation la plus commune m'en fit
révenir l'idée. La ponctuation de l'Ecriture
meſure la marche & l'étendue du
difcours; ces fignes peuvent naturellement
produire le même effet dans la
Muſique , qui eſt faite pour parler à
l'oreille comme l'Ecriture parle aux
yeux. L'éffai que j'ai fait de ce projet
dans les petites Sonates qui terminent
cet ouvrage ſuffit pour faire concevoir
fans aucun travail toute l'étendue qu'on
JUIN. 1763 . 179
peut donner à cette idée ; car les inventions
les plus utiles & les plus fages
font prèſque toujours les plus intelligibles
& les plus fimples .
Outre cette ponctuation j'employe
encore dans les fix Sonates que je viens
d'annoncer , des marques ou des fignes
pour avertir d'augmenter ou de diminuer
le ſon lorſque le goût & la délicateſſe
l'exigent.
Enfin le huitiéme & dernier Chapitre
contient une expofition des vingt-quatre
Modes tels que la diviſion de la
Gamme ou Echelle diatonique ordinaire
les produit néceſſairement. La méthode
claire , préciſe & exacte avec laquelle
j'ai tâché de détailler cette expofition
apprendra à ceux qui me liront:
avec un peu d'attention, à diftinguer les
modulations , à connoître & à difcerner
en quel mode ou en quel ton ils
feront foit au commencement , foit dans.
le courant d'une Piece , ou même lorfqu'ils
s'éffſayeront à préluder , à décider
en un mot fi ce ton ou Mode eſt Majeur
ou Mineur.
Quant aux fix petites Sonates que je
viens d'annoncer & qui font à la fuite
de ce huitiéme Chapitre, j'avertis qu'on
doit les regarder comme une leçon gé
H vj
180 MERCURE DE FRANCE:
nérale où l'on appercevra aisément l'application
que je fais faire de ce que
j'enſeigne dans ce Traité.
SIX TRIO pour deux Violons & un
Violoncello,compoſés par le Signor Galeotti
de Gènes , dédiés à Madame la
Princeſſe de Monaco ; à Gènes , chez
l'Auteur ; & à Paris, aux adreſſes ordinaires
de Muſique. Prix , 9 liv. avec privilége.
Cet Ouvrage eſt digne de la ré
putation dont cet Auteur jouit en Italie
par ſes ouvrages & par ſon talent
connu pour le Violoncello .
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29
p. 179-181
De LIEGE, le 21 Avril 1763.
Début :
Voici la relation de ce qui s'est passé de la part du Commissaire Impérial, [...]
Mots clefs :
Commissaire Impérial, Chapitre, Élection, Comte, Relations, Capitulaires, Prince Clément de Saxe, Pape, Décisions, Église, Bailli, Schisme, Canonicité, Cathédrale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De LIEGE, le 21 Avril 1763.
De LIEGE , le 21 Avril 1763 .
Voici la relation de ce qui s'eft paffé de la part
du Commiffaire Impérial , à l'occafion de la
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
double élection faite par le Chapitre pour remplir
le Siege Epifcopal de cette Ville . Le jour
de l'élection ayant été fixé au 20 , le Comte de
Perghen , Commiflaire Impérial , s'eft rendu
hier au Palais avec fon cortége , vers les dix ou
onze heures du matin pour attendre , fuivant
l'ufage , que le Grand Chapitre lui fit notifier
dans les formes requifes le choix qui auroit été
fait. A environ une heure , quatre Capitulaires ,
revêtus de leur habit Eccléfiaftique , font venus
annoncer au Comte de Perghen , qu'une élection
non - Canonique ayant été faite en faveur du
Comte d'Outremont , eux & leur parti avoient
non-feulement protefté folemnellement contre
cet Acte , mais avoient fait auffi une élection Canonique
en faveur du Prince Clément de Saxe :
ils ont ajouté qu'ayant demandé pendant la tenue
du Chapitre qu'on enregistrât leur proteftation
& l'élection qu'ils avoient faite , & n'ayant pu
obtenir ni l'un ni l'autre , ils venoient réclamer ,
au nom de tout leur parti , l'autorité du Commiffaire
Impérial pour foutenir la réſolution
qu'ils avoient cru devoir prendre. Peu de temps
après , le Grand Bailli du Chapitre eft venu , au
nom de ce Corps , notifier au Commiffaire Impérial
que l'éleicton venoit de ſe faire , à la pluralité
des fuffrages , en faveur du Comte d'Outremont.
Comme le Grand Bailli ne faifoit aucune
mention de la proteſtation & de l'élection
faites en faveur du Prince Clément de Saxe ,
les quatre Capitulaires , qui étoient préfens , ont
renouvellé leur proteftation devant le Comte de
Ferghen , & ont foutenu que leur élection étoit
feule Canonique. Ils ont ajouté à cela qu'ils en
appelloient à la décifion du Pape , & ont prié le
Commiffaire Impérial de ne point approuver par
JUILLET. 1763. 181
fa préfence à l'Eglife la prétendue élection du
Comte d'Outremont. Il y a eu là - deſſus des conteftations
très- vives entre le Grand Bailli & les
quatre Capitulaires. Sur ces entrefaites , on a
appris que les deux partis du Chapitre venoient de
proclamer a l'Eglife , l'un le Comre d'Outremont ,
& l'autre le Prince Clément . Ces contrariétés ont
convaincu le Commillaire Impérial qu'il y avoit
un fchifme déclaré : il a témoigné aux quatre Capitulaires
& au Grand Bailli combien il devoit lui
être fenfible de n'avoir pû , malgré les exhortations
réitérées , réunir les efprits & prévenir toute
fciffion. Il a déclaré en même temps à tous que la
décifion fur la canonicité ou non-canonicité de
l'une & de l'autre de ces deux élections appartemant
au Saint Siége , il ne devoit , ni ne pouvoit ,
avant la décision du Juge compétent , reconnoître
pour Prince l'un des deux élus ; que par cette
railon , il s'abſtien froit de ſe rendre à la Cathédrale
pour la collation du Temporel . En conféquence
, le Comte de Perghen , fidéle à l'impartialité
que lui prefcrivoit fa commiffion , a pris
le parti de s'en retourner à fon Hôtel avec le cortége
qui l'avoit accompagné au Chapitre.
Voici la relation de ce qui s'eft paffé de la part
du Commiffaire Impérial , à l'occafion de la
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
double élection faite par le Chapitre pour remplir
le Siege Epifcopal de cette Ville . Le jour
de l'élection ayant été fixé au 20 , le Comte de
Perghen , Commiflaire Impérial , s'eft rendu
hier au Palais avec fon cortége , vers les dix ou
onze heures du matin pour attendre , fuivant
l'ufage , que le Grand Chapitre lui fit notifier
dans les formes requifes le choix qui auroit été
fait. A environ une heure , quatre Capitulaires ,
revêtus de leur habit Eccléfiaftique , font venus
annoncer au Comte de Perghen , qu'une élection
non - Canonique ayant été faite en faveur du
Comte d'Outremont , eux & leur parti avoient
non-feulement protefté folemnellement contre
cet Acte , mais avoient fait auffi une élection Canonique
en faveur du Prince Clément de Saxe :
ils ont ajouté qu'ayant demandé pendant la tenue
du Chapitre qu'on enregistrât leur proteftation
& l'élection qu'ils avoient faite , & n'ayant pu
obtenir ni l'un ni l'autre , ils venoient réclamer ,
au nom de tout leur parti , l'autorité du Commiffaire
Impérial pour foutenir la réſolution
qu'ils avoient cru devoir prendre. Peu de temps
après , le Grand Bailli du Chapitre eft venu , au
nom de ce Corps , notifier au Commiffaire Impérial
que l'éleicton venoit de ſe faire , à la pluralité
des fuffrages , en faveur du Comte d'Outremont.
Comme le Grand Bailli ne faifoit aucune
mention de la proteſtation & de l'élection
faites en faveur du Prince Clément de Saxe ,
les quatre Capitulaires , qui étoient préfens , ont
renouvellé leur proteftation devant le Comte de
Ferghen , & ont foutenu que leur élection étoit
feule Canonique. Ils ont ajouté à cela qu'ils en
appelloient à la décifion du Pape , & ont prié le
Commiffaire Impérial de ne point approuver par
JUILLET. 1763. 181
fa préfence à l'Eglife la prétendue élection du
Comte d'Outremont. Il y a eu là - deſſus des conteftations
très- vives entre le Grand Bailli & les
quatre Capitulaires. Sur ces entrefaites , on a
appris que les deux partis du Chapitre venoient de
proclamer a l'Eglife , l'un le Comre d'Outremont ,
& l'autre le Prince Clément . Ces contrariétés ont
convaincu le Commillaire Impérial qu'il y avoit
un fchifme déclaré : il a témoigné aux quatre Capitulaires
& au Grand Bailli combien il devoit lui
être fenfible de n'avoir pû , malgré les exhortations
réitérées , réunir les efprits & prévenir toute
fciffion. Il a déclaré en même temps à tous que la
décifion fur la canonicité ou non-canonicité de
l'une & de l'autre de ces deux élections appartemant
au Saint Siége , il ne devoit , ni ne pouvoit ,
avant la décision du Juge compétent , reconnoître
pour Prince l'un des deux élus ; que par cette
railon , il s'abſtien froit de ſe rendre à la Cathédrale
pour la collation du Temporel . En conféquence
, le Comte de Perghen , fidéle à l'impartialité
que lui prefcrivoit fa commiffion , a pris
le parti de s'en retourner à fon Hôtel avec le cortége
qui l'avoit accompagné au Chapitre.
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Résumé : De LIEGE, le 21 Avril 1763.
Le 21 avril 1763, à Liège, une double élection a eu lieu pour le siège épiscopal. Le 20 avril, le Comte de Perghen, Commissaire Impérial, attendait la notification du Chapitre. Quatre capitulaires ont annoncé l'élection non canonique du Comte d'Outremont et ont protesté en faveur du Prince Clément de Saxe, demandant l'autorité du Commissaire. Le Grand Bailli a ensuite notifié l'élection du Comte d'Outremont sans mentionner la protestation. Les capitulaires ont renouvelé leur protestation, affirmant la canonicité de leur élection et appelant à la décision du Pape. Des contestations ont éclaté entre le Grand Bailli et les capitulaires. Les deux partis ont proclamé leurs élus respectifs. Le Comte de Perghen a constaté un schisme et décidé de ne pas reconnaître l'un des élus avant la décision du Saint-Siège, restant impartial.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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30
p. 184-185
De MAYENCE, le 5 Juillet 1763.
Début :
Les différens partis qui divisoient le Chapitre se sont réunis en faveur [...]
Mots clefs :
Chapitre, Baron, Électeur, Partis, Élection
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texteReconnaissance textuelle : De MAYENCE, le 5 Juillet 1763.
De MAYENCE , le s Juillet 1763.
Les différens partis qui divifoient le Chapitre ſe
AOUST. 1763. 185
" font réunis en faveur du Baron de Burresheim
Grand- Doyen , qui vient d'être unanimement élu
& proclamé Electeur.
Les différens partis qui divifoient le Chapitre ſe
AOUST. 1763. 185
" font réunis en faveur du Baron de Burresheim
Grand- Doyen , qui vient d'être unanimement élu
& proclamé Electeur.
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31
p. 203-205
De COMPIEGNE, le 20 Août 1763.
Début :
Le 24 du mois dernier, la Duchesse de Richmond fut présentée à Leurs Majestés, [...]
Mots clefs :
Duchesse, Famille royale, Marquise , Contrat de mariage, Comte, Discours sur la paix, Honneur, Audience, Ministres, Régiment, Fête de l'Assomption, Procession, Chapitre, Église, Colonel, Religieux
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texteReconnaissance textuelle : De COMPIEGNE, le 20 Août 1763.
De COMPIEGNE , le 20 Août 1763 .
LE 24 du mois dernier , la Ducheſſe de Richmond
fut préfentée à Leurs Majeſtés , ainſi qu'à
la Famille Royale , par la Ducheffe de Fitz- James ,
& prit le tabouret chez la Reine. La Marquise de
Montmirel fut auffi préfentée par la Ducheffe de
Villequier.
Leurs Majeftés & la Famille Royale fignerent
le même jour , le contrat de Mariage du Comte
de Montchenu , Exempt des Gardes-du - Corps du
Roi , avec Demoiſelle de Bully , fille du fieur de
Buffy , Premier Préfident du Bureau des Finances
de la Généralité de Bourges.
Le Comte de Maillebois , a obtenu du Roi la
permiffion d'aller en Espagne pour les affaires particulieres
, & Sa Majefté a trouvé bon qu'il vînt
prendre congé d'elle avant que de partir.
Le 24 le fieur Fourneau , Recteur de l'Univerfité
, accompagné du fieur Mathieu , Principal du
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
College de Compiegne & de plufieurs Profeffeurs ,
eut l'honneur de préfenter au Roi , à Monſeigneur
le Dauphin , à Monfeigneur le Duc de Berry , &
AMonfeigneur le Comte de Provence , un Difcours
latin fur la Paix , qui a été prononcé par le fieur le
Beau le cadet, de l'Academie des Infcriptions &
Belles Lettres.
Dom Etienne , Religieux de S. Hubert , eur
auffi l'honneur de préfenter au Roi les Oiseaux &
les Chiens qu'il eft d'ufage d'envoyer de S. Hubert
en préfent a Sa Majefté.
Sa Majesté vient d'accorder les entrées de fa
Chambre au Marquis d'Armentieres. Le 2 de ce
mois , le fieur Neville - Neville eut une Audience
particuliere du Roi , dans laquelle il remit , en fa
qualité de Miniftre Plénipotentiaire de la Cour
d'Angleterre , fes Lettres de créance à Sa Majefté.
Le Comte de Wedelfriz , Envoyé extraordinaire de
Danemark , eut auffi le 4 une Audience particuliere,
dans laquelle il préfenta au Roi fes lettres
de rappel. Ces deux Miniftres furent conduits à
ces Audiences , ainfi qu'à celles de la Reine & de
Ja Famille Royale , par le fieur de la Live , Introducteur
des Ambaffadeurs .
1 Le 7 de ce mois , Leurs
Majeftés
ainsi que la
Famille
Royale
, fignerent
le Contrat
de Mariage
du feur Bourgeois
de Boynes
, Confeiller
d'Etat ,
avec Demoiſelle
Desgolz
.
Le Régiment de Salis , Grifon , faifant routepar
cette Ville pour fe rendre à fa deſtination , a paffé
en revue , le 8 de ce mois , devant le Roi qui étoit
accompagné de Monfeigneur le Dauphin , de
Madame la Dauphine , de Monfeigneur le Duc de
Berry , de Monfeigneur le Comte de Provence , de
Madame Adélaïde , de Meldames Victoires , Sophie
& Louife, du Duc de Chartres, du Prince de
7
OCTOBRE . 1763. 205
Condé , du Duc de Penthiévre & du Prince de
Lamballe. Ce Régiment a fait plufieurs évolutions
dont Sa Majesté a paru fort fatisfaite .
Le is , fête de l'Alfomption de la Sainte Vierge,
le Roi & la Reine accompagnés de Monfeigneur
le Dauphin , de Madame la Dauphine , de Ma
dame Adélaïde & des Mefdames Victoire , Sophie
& Louiſe , fe rendirent à l'Eglife de l'Abbaye
Royale de S. Corneille . Leurs Majeftés y affifiérent
aux Vêpres , & enfuite à la Proffeffion folemnelle
qui fe fait chaque année le même jour dans
tout le Royaume pour l'accompliffement du voeu
de Louis XIII. Dom Goudar , Grand Prieur de
l'Abbaye y Officia ; le Chapitre de S. Clément , le
Clergé des deux Paroitles , & tout le Clergé Régualier
s'y trouverent , ainfi que le Bailliage & le
Corps de Ville , qui eurent leur place dans le
Choeur le Chapitre de S. Clément & le Clergé des
deux Paroilles furent placés dans le Sanctuaire;
les deux Huifliers de la Chambre portoient leurs
Maffes devant le Roi. Après la Proceffion , Leurs
Majeftés entendirent le Salut dans la même Eglife.
Elles furent reçues & reconduites , avec les
cérémonies ordinaires , par le Grand - Prieur de
T'Abbaye , accompagné de fes Religieux.
Le 4 de ce mois , 'Leurs Majeftés , ainfi que la
Famille Royale fignerent le Contrat de Mariage
du Marquis de Crenolle & de Demo felle Mégrer
d'Etigny & le 17 celui du Marquis de Caraman,
Meftre-de-Camp du Régiment du Colonel-
Général Dragons , avec Demoiſelle de Monteffus
de Rully.
LE 24 du mois dernier , la Ducheſſe de Richmond
fut préfentée à Leurs Majeſtés , ainſi qu'à
la Famille Royale , par la Ducheffe de Fitz- James ,
& prit le tabouret chez la Reine. La Marquise de
Montmirel fut auffi préfentée par la Ducheffe de
Villequier.
Leurs Majeftés & la Famille Royale fignerent
le même jour , le contrat de Mariage du Comte
de Montchenu , Exempt des Gardes-du - Corps du
Roi , avec Demoiſelle de Bully , fille du fieur de
Buffy , Premier Préfident du Bureau des Finances
de la Généralité de Bourges.
Le Comte de Maillebois , a obtenu du Roi la
permiffion d'aller en Espagne pour les affaires particulieres
, & Sa Majefté a trouvé bon qu'il vînt
prendre congé d'elle avant que de partir.
Le 24 le fieur Fourneau , Recteur de l'Univerfité
, accompagné du fieur Mathieu , Principal du
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
College de Compiegne & de plufieurs Profeffeurs ,
eut l'honneur de préfenter au Roi , à Monſeigneur
le Dauphin , à Monfeigneur le Duc de Berry , &
AMonfeigneur le Comte de Provence , un Difcours
latin fur la Paix , qui a été prononcé par le fieur le
Beau le cadet, de l'Academie des Infcriptions &
Belles Lettres.
Dom Etienne , Religieux de S. Hubert , eur
auffi l'honneur de préfenter au Roi les Oiseaux &
les Chiens qu'il eft d'ufage d'envoyer de S. Hubert
en préfent a Sa Majefté.
Sa Majesté vient d'accorder les entrées de fa
Chambre au Marquis d'Armentieres. Le 2 de ce
mois , le fieur Neville - Neville eut une Audience
particuliere du Roi , dans laquelle il remit , en fa
qualité de Miniftre Plénipotentiaire de la Cour
d'Angleterre , fes Lettres de créance à Sa Majefté.
Le Comte de Wedelfriz , Envoyé extraordinaire de
Danemark , eut auffi le 4 une Audience particuliere,
dans laquelle il préfenta au Roi fes lettres
de rappel. Ces deux Miniftres furent conduits à
ces Audiences , ainfi qu'à celles de la Reine & de
Ja Famille Royale , par le fieur de la Live , Introducteur
des Ambaffadeurs .
1 Le 7 de ce mois , Leurs
Majeftés
ainsi que la
Famille
Royale
, fignerent
le Contrat
de Mariage
du feur Bourgeois
de Boynes
, Confeiller
d'Etat ,
avec Demoiſelle
Desgolz
.
Le Régiment de Salis , Grifon , faifant routepar
cette Ville pour fe rendre à fa deſtination , a paffé
en revue , le 8 de ce mois , devant le Roi qui étoit
accompagné de Monfeigneur le Dauphin , de
Madame la Dauphine , de Monfeigneur le Duc de
Berry , de Monfeigneur le Comte de Provence , de
Madame Adélaïde , de Meldames Victoires , Sophie
& Louife, du Duc de Chartres, du Prince de
7
OCTOBRE . 1763. 205
Condé , du Duc de Penthiévre & du Prince de
Lamballe. Ce Régiment a fait plufieurs évolutions
dont Sa Majesté a paru fort fatisfaite .
Le is , fête de l'Alfomption de la Sainte Vierge,
le Roi & la Reine accompagnés de Monfeigneur
le Dauphin , de Madame la Dauphine , de Ma
dame Adélaïde & des Mefdames Victoire , Sophie
& Louiſe , fe rendirent à l'Eglife de l'Abbaye
Royale de S. Corneille . Leurs Majeftés y affifiérent
aux Vêpres , & enfuite à la Proffeffion folemnelle
qui fe fait chaque année le même jour dans
tout le Royaume pour l'accompliffement du voeu
de Louis XIII. Dom Goudar , Grand Prieur de
l'Abbaye y Officia ; le Chapitre de S. Clément , le
Clergé des deux Paroitles , & tout le Clergé Régualier
s'y trouverent , ainfi que le Bailliage & le
Corps de Ville , qui eurent leur place dans le
Choeur le Chapitre de S. Clément & le Clergé des
deux Paroilles furent placés dans le Sanctuaire;
les deux Huifliers de la Chambre portoient leurs
Maffes devant le Roi. Après la Proceffion , Leurs
Majeftés entendirent le Salut dans la même Eglife.
Elles furent reçues & reconduites , avec les
cérémonies ordinaires , par le Grand - Prieur de
T'Abbaye , accompagné de fes Religieux.
Le 4 de ce mois , 'Leurs Majeftés , ainfi que la
Famille Royale fignerent le Contrat de Mariage
du Marquis de Crenolle & de Demo felle Mégrer
d'Etigny & le 17 celui du Marquis de Caraman,
Meftre-de-Camp du Régiment du Colonel-
Général Dragons , avec Demoiſelle de Monteffus
de Rully.
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Résumé : De COMPIEGNE, le 20 Août 1763.
En juillet et août 1763, plusieurs événements marquants eurent lieu à la cour royale. Le 24 juillet, la Duchesse de Richmond et la Marquise de Montmirel furent présentées à Leurs Majestés et à la Famille Royale par les Duchesses de Fitz-James et de Villequier, respectivement. Le même jour, le contrat de mariage du Comte de Montchenu avec Mademoiselle de Bully fut signé, et le Comte de Maillebois obtint la permission du Roi pour se rendre en Espagne. Le 24 août, le sieur Fourneau, Recteur de l'Université, accompagné de plusieurs professeurs, présenta un discours latin sur la paix au Roi, au Dauphin, au Duc de Berry et au Comte de Provence. Dom Étienne, Religieux de Saint-Hubert, offrit des oiseaux et des chiens au Roi. Le Marquis d'Armentières reçut les entrées de la Chambre du Roi, et le sieur Neville-Neville, Ministre Plénipotentiaire de la Cour d'Angleterre, remit ses lettres de créance au Roi. Le Comte de Wedelfriz, Envoyé extraordinaire du Danemark, présenta ses lettres de rappel. Le 7 août, le contrat de mariage du sieur Bourgeois de Boynes avec Mademoiselle Desgolz fut signé. Le 8 août, le Régiment de Salis-Salis passa en revue devant le Roi et la Famille Royale. Le 11 août, à l'occasion de la fête de l'Assomption de la Sainte Vierge, le Roi et la Reine assistèrent aux vêpres et à la procession solennelle à l'Abbaye Royale de Saint-Corneille. Le 4 août, le contrat de mariage du Marquis de Crenolle avec Demoiselle Méger d'Etigny fut signé. Le 17 août, ce fut au tour du Marquis de Caraman et de Demoiselle de Montessus de Rully.
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32
p. 235-237
De FRANCFORT, le 5 Janvier 1764.
Début :
Le Landgrave de Hesse-Cassel ayant résolu de rentrer dans le Corps du Cercle [...]
Mots clefs :
Landgrave de Hesle-Cassel, Mémoire, Régence, Chapitre, Baronne, Comte, Colonel, Exécuteur testamentaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De FRANCFORT, le 5 Janvier 1764.
De FRANCFORT , les Janvier 1764 .
Le Landgrave de Heſſe-Caffel ayant réſolu de
rentrer dans le Corps du Cercle du Haut-Rhin
comme Membre de ce Corps , dont ſa Maiſon
s'étoit détachée depuis pluſieurs années , a adreſſé
à ce ſujet une Lettre aux Etats du Cercle afdemblés
en cette Ville , par laquelle il leur fait part
de ſes intentions .
Il paroît ici un nouveau Mémoire dans lequel
les faits qui ont donné lieu à la détention du
Comte de Wartenſfleben ſont rapportés avec des
circonstances différentes de celles qui ſont contenues
dans l'Expoſé qu'a fait publier à ce ſujet la
Régence de Heſſe-Caffel. Suivant ce Mémoire,
la Baronne de Goerz légua tout ſon bien pour
établir dans ſa maiſon de Hombourg un Chapitre
deDames Nobles , & nomma le Comte de Wartenfleben
Exécuteur de ſon Testament avec des
pleins pouvoirs illimités , ratifiant d'avance tout
ce qu'il jugeroit à propos d'ordonner à ce ſujet.
L'Empereur confirma cette fondation & promit
d'accorder fa protection au Chapitre. La Baronne
de Goerz , que des ſujets de mécontentement
avoient déterminée à quitter la Heffe , exigea
1
236 MERCURE DE FRANCE.
du Comte de, Wartenſleben le ſerment de transférer
ce Chapitre dans un autre Pays Proteftant.
Le 26 Décembre , elle remit un blanc-ſeing au
Comte de Wartellenben pour revendiquer & emporter
trois coffres qu'elle avoit laiffés dans ſa
maiſon de Hombourg en Heſſe. Le Comte de
Wittgenstein , Colonel au ſervice de France ſe
chargea de les faire emporter : il arriva ſur les
lieux muni du blanc-ſeing que l'homme d'affaires
de la Baronne reconnut & en vertu duquel on lui
livra les coffres , pendant qu'on les chargeoit fur
une voiture , les Baillis de Hombourg ſurvinrent
&les firent enlever de force , ſous prétexte que
le plein-pouvoir étoit faux. La publication du
Teftament étant faite , la Ville de Francfort fit
délivrer à l'Exécuteur Teftamentaire tout ce qui
ſe trouvoit dans la maiſon de la Baronne : celuici
en fit faire un inventaire très-légal : il obſerva
les mêmes formalités vis-à-vis de la Régence de
Caffel& tranſporta publiquement une partie de
ces effets à Mayence. Après neuf mois de délai ,
le Bailli de Hombourg rendit les trois coffres que
le Comte de Wittgenstein avoit cachetés ; mais
le Comtede Wartenfleben éprouva plus de difficultés
à Caffel au ſujet de l'article du Teſtament
qui porte que la défunte deſtine ſa maiſonde
Hombourg à l'érection du Chapitre au cas que le
Landgrave veuille lui accorder les droits qui ſeront
demandés par le Directeur ; ſans néanmoins
que cette diſpoſtion empêche l'Exécuteur Teſta
mentaire de transférer ce Chapitre dans un autre
endroit , s'il le juge convenable , & ôte aux Dames
la liberté de pouvoir fortir du Pays quand elles
pourront s'établir ailleurs plus avantageuſement.
Surce ſujet, le Landgrave & la Régence enſuite ,
déclarerentqu'on n'admettroit de cet articleque
FEVRIER. 1764. 237
se qui regardoit l'établiſſement à Hombourg ,&
que tout le reſte étoit regardé comme nul. Enfin
on exigea que le Comte ſe ſoumît à cet égard
aux diſpoſitions de Son Alteſle Sérénitſime, &
qu'il lui rendît compte de ſon adminiſtration
Le Landgrave de Heſſe-Caffel ayant réſolu de
rentrer dans le Corps du Cercle du Haut-Rhin
comme Membre de ce Corps , dont ſa Maiſon
s'étoit détachée depuis pluſieurs années , a adreſſé
à ce ſujet une Lettre aux Etats du Cercle afdemblés
en cette Ville , par laquelle il leur fait part
de ſes intentions .
Il paroît ici un nouveau Mémoire dans lequel
les faits qui ont donné lieu à la détention du
Comte de Wartenſfleben ſont rapportés avec des
circonstances différentes de celles qui ſont contenues
dans l'Expoſé qu'a fait publier à ce ſujet la
Régence de Heſſe-Caffel. Suivant ce Mémoire,
la Baronne de Goerz légua tout ſon bien pour
établir dans ſa maiſon de Hombourg un Chapitre
deDames Nobles , & nomma le Comte de Wartenfleben
Exécuteur de ſon Testament avec des
pleins pouvoirs illimités , ratifiant d'avance tout
ce qu'il jugeroit à propos d'ordonner à ce ſujet.
L'Empereur confirma cette fondation & promit
d'accorder fa protection au Chapitre. La Baronne
de Goerz , que des ſujets de mécontentement
avoient déterminée à quitter la Heffe , exigea
1
236 MERCURE DE FRANCE.
du Comte de, Wartenſleben le ſerment de transférer
ce Chapitre dans un autre Pays Proteftant.
Le 26 Décembre , elle remit un blanc-ſeing au
Comte de Wartellenben pour revendiquer & emporter
trois coffres qu'elle avoit laiffés dans ſa
maiſon de Hombourg en Heſſe. Le Comte de
Wittgenstein , Colonel au ſervice de France ſe
chargea de les faire emporter : il arriva ſur les
lieux muni du blanc-ſeing que l'homme d'affaires
de la Baronne reconnut & en vertu duquel on lui
livra les coffres , pendant qu'on les chargeoit fur
une voiture , les Baillis de Hombourg ſurvinrent
&les firent enlever de force , ſous prétexte que
le plein-pouvoir étoit faux. La publication du
Teftament étant faite , la Ville de Francfort fit
délivrer à l'Exécuteur Teftamentaire tout ce qui
ſe trouvoit dans la maiſon de la Baronne : celuici
en fit faire un inventaire très-légal : il obſerva
les mêmes formalités vis-à-vis de la Régence de
Caffel& tranſporta publiquement une partie de
ces effets à Mayence. Après neuf mois de délai ,
le Bailli de Hombourg rendit les trois coffres que
le Comte de Wittgenstein avoit cachetés ; mais
le Comtede Wartenfleben éprouva plus de difficultés
à Caffel au ſujet de l'article du Teſtament
qui porte que la défunte deſtine ſa maiſonde
Hombourg à l'érection du Chapitre au cas que le
Landgrave veuille lui accorder les droits qui ſeront
demandés par le Directeur ; ſans néanmoins
que cette diſpoſtion empêche l'Exécuteur Teſta
mentaire de transférer ce Chapitre dans un autre
endroit , s'il le juge convenable , & ôte aux Dames
la liberté de pouvoir fortir du Pays quand elles
pourront s'établir ailleurs plus avantageuſement.
Surce ſujet, le Landgrave & la Régence enſuite ,
déclarerentqu'on n'admettroit de cet articleque
FEVRIER. 1764. 237
se qui regardoit l'établiſſement à Hombourg ,&
que tout le reſte étoit regardé comme nul. Enfin
on exigea que le Comte ſe ſoumît à cet égard
aux diſpoſitions de Son Alteſle Sérénitſime, &
qu'il lui rendît compte de ſon adminiſtration
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Résumé : De FRANCFORT, le 5 Janvier 1764.
En janvier 1764, le Landgrave de Hesse-Cassel a annoncé son intention de réintégrer le Corps du Cercle du Haut-Rhin. Parallèlement, un mémoire a relaté les événements menant à la détention du Comte de Wartensleben. La Baronne de Goerz avait légué ses biens pour créer un chapitre de dames nobles à Hombourg, nommant le Comte exécuteur testamentaire. L'Empereur a confirmé cette fondation. La Baronne a ensuite exigé le transfert du chapitre dans un autre pays protestant. Le 26 décembre, elle a remis un blanc-seing au Comte pour récupérer des coffres à Hombourg, saisis par les baillis locaux. Après la publication du testament, Francfort a délivré les biens de la Baronne à l'exécuteur, qui en a fait un inventaire et transporté des effets à Mayence. Neuf mois plus tard, les coffres ont été rendus au Comte, mais des désaccords sont survenus concernant la maison de Hombourg. Le Landgrave et la Régence ont refusé de valider l'intégralité du testament, exigeant que le Comte se soumette à leurs dispositions.
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33
p. 208-209
De RATISBONNE, le 19 Janvier 1764.
Début :
Le Prince Clément de Saxe, après avoir appris que la Cour de Rome [...]
Mots clefs :
Prince Clément de Saxe, Cour de Rome, Élection, Évêché, Chapitre, Bulle pontificale
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texteReconnaissance textuelle : De RATISBONNE, le 19 Janvier 1764.
De RATISBONNE , le 19 Janvier 1764 .
Le Prince Clément de Saxe , après avoir appris
que la Cour de Rome avoit confirmé l'élection
du Comte d'Outremont à l'Evêché de Liége , a
écrit à notre Chapitre une Lettre par laquelle
Son Altefle Royale déclare qu'elle accepte l'élection
qui a été faite de ſa perſonne pour l'Evê'
AVRIL. 1764. 209
ehéde cette Ville . On ne doute as que cePrince
ne vienne en prendre pofeſſion dès qu'il aura
reçu de Rome la Bulle de confirmation.
Le Prince Clément de Saxe , après avoir appris
que la Cour de Rome avoit confirmé l'élection
du Comte d'Outremont à l'Evêché de Liége , a
écrit à notre Chapitre une Lettre par laquelle
Son Altefle Royale déclare qu'elle accepte l'élection
qui a été faite de ſa perſonne pour l'Evê'
AVRIL. 1764. 209
ehéde cette Ville . On ne doute as que cePrince
ne vienne en prendre pofeſſion dès qu'il aura
reçu de Rome la Bulle de confirmation.
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34
p. 191
De FLORENCE, le 15 Juin 1764.
Début :
Les Religieux de l'Ordre des Minimes de Saint François de [...]
Mots clefs :
Religieux, Ordre, Chapitre, Général, Père
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texteReconnaissance textuelle : De FLORENCE, le 15 Juin 1764.
De FLORENCE , le 15 Juin 1764 .
Les Religieux de l'Ordre des Minimes de Saint
François de Paule ont tenu ici leur Chapitre le
jour de la Pentecôte , & ont élu pour leur Général
le Père Marini de Parme. Le Père de Vaux
François , à qui il ſuccéde, eſt parti avant- hier
pour retourner en Champagne ſa patrie.
Les Religieux de l'Ordre des Minimes de Saint
François de Paule ont tenu ici leur Chapitre le
jour de la Pentecôte , & ont élu pour leur Général
le Père Marini de Parme. Le Père de Vaux
François , à qui il ſuccéde, eſt parti avant- hier
pour retourner en Champagne ſa patrie.
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35
p. 79-81
LOGOGRYPHE.
Début :
Je dois mon existence aux béats tributaires [...]
Mots clefs :
Chapitre
37
p. 139-147
Code des Loix des Gentoux, ou Réglemens des Brames, traduit de l'Anglois, d'après les Versions faites de l'original écrit en Langue Samskrète, 1 vol. in-4to. A Paris, chez Stoupe, rue de la Harpe, 1778. SECOND EXTRAIT.
Début :
Ce Code, ce monument de Jurisprudence le plus singulier & le plus curieux qu'on [...]
Mots clefs :
Femme, Gentoux, Chapitre, Lois, Brames, Homme, Maison, Mari, Vie, Code
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Code des Loix des Gentoux, ou Réglemens des Brames, traduit de l'Anglois, d'après les Versions faites de l'original écrit en Langue Samskrète, 1 vol. in-4to. A Paris, chez Stoupe, rue de la Harpe, 1778. SECOND EXTRAIT.
Code des Loix des Gentoux , ou Réglemens
des Brames , traduit de l'Anglois , d'après
les Verfions faites de l'original écrit
en Langue Samskrète , vol. in-4to.
A Paris , chez Stoupe , rue de la Harpe
, 1778.
I
SECOND EXTRAIT *.
CE CODE , ce monument de Jurifprudence
le plus fingulier & le plus curieux qu'on
ait jamais publié , commence par un petit
difcours préliminaire où les Brames expofent
eux mêmes l'objet & l'utilité de cette
compilation . Ce morceau refpire le fentiment
, la nobleffe & la bienfaifance . La
tolérance eſt un dogme de la Religion des
Gentoux , fondé fur cet article de leur foi ,
que Dieu ne permettroit pas un fi grand
nombre de Religions , s'il n'avoit pas du
plaifir à contempler cette variété .
La première partie de l'introduction contient
l'Hiftoire de la Création , telle que
la croient les Gentoux : on y dit que les
quatre grandes tribus primitives provien-
* Voyez le premier Extrait , Mercure du 25 de Juin.
140
MERCURE
nent des quatre différens membres de Bra
ma ; & de la fonction principale attribuée
à ces quatre membres , fe déduifent les
devoirs , les travaux & le fort de chaque
cafte. Le Brame vient de la bouche (fageffe)
pour prier , lire & inftruire. Le Chehterée
vient du bras (force) , pour tirer l'arc ,
combattre & gouverner. Le Bice vient du
ventre & des cuiffes ( nourriture) pour pourvoir
aux befoins de la vie par l'agriculture
& le commerce. Le Sooder vient du pied
(fujétion) pour travailler , fervir , voyager.
Ces quatre grandes tribus comprennent les
divifions primitives d'un état bien gouverné.
Une cinquième tribu , nommée Burrun-
Sunker , eft formée des ouvriers & petits
Marchands de moindre importance ,
fervant plutôt au luxe qu'aux befoins de
la vie , & fe fubdivife prefqu'en autant de
caftes féparées qu'il y a de genres de travaux
& de trafics particuliers.
La feconde partie de l'introduction expofe
les qualités néceffaires à un Magiſtrat
, c'eſt-à- dire à celui qui gouverne , &
les devoirs de fa place. « Il doit être en état
"
de dominer fa concupifcence , fa colère ,
» fon avarice , fa folie & fon orgueil ; être
» bienfaifant , parler aux peuples en termes
tendres & affectueux ; être jufte &
» punir le crime ; avoir de l'indulgence &
» de la commifération pour les malheureux ,
DE FRANCE. 141
»
» partager les afflictions & les maux de tout
fon peuple. Il fe choifira fept ou huit
» Confeillers parmi ceux qui auront des
principes fages , de la pénétration & du
» jugement , des opinions faines , & l'a-
» mour des chofes louables. Il établira ,
» pour fon Secrétaire , un homme qui ait
» de l'honnêteté , de la fcience & de l'éloquence
, & qui n'ait point de mauvai-
» fes habitudes . » Tout ce début début que nous
regrettons de ne pouvoir tranfcrire en entier
, eft plein de chofes judicieuſes , dignes
du plus grand Législateur.
"3
Le Chapitre premier traite du prêt & de
l'emprunt. Le prêt est néceffaire & avantageux
au public , mais c'eft autant qu'il eft reftreint
dans de certaines bornes , & dirigé
par des réglemens qui maintiennent parmi
le peuple la fûreté , la confiance & l'équité.
Ce Chapitre eft divifé en fections
qui traitent en particulier de l'intérêt , des
gages , des cautions , de l'acquittement des
dettes , &c. En lifant les loix des Gentoux
fur cette matière comme fur plufieurs autres
, on eft étonné des Priviléges qu'elles
accordent à quelques Caftes , & de leur
extrême févérité à l'égard des autres . Cette
diftinction odieufe aux yeux du Philofophe
, ne l'eft point chez les Indoux , qui
font fi perfuadés de la fupériorité de la
nature des Brames , qu'ils ne murmurenţ
142 MERCURE
point du fort auquel ils font accoutumés
dès l'enfance .
Au Chapitre II , on détermine les droits
de fucceffion . Ici un homme eft regardé
comme tenant fa propriété feulement à
ferme pour la vie , & comme devant la
tranfmettre , ou plutôt la laiffer aller à fes
héritiers naturels . On y voit que , d'après
une coutume immémoriale en Orient , les
fils demandent leur Patrimoine durant la
vie de leur père qui eft obligé de le leur
accorder , quoiqu'il les connoiffe pour des
diffipateurs , ce qui explique l'hiftoire de
l'Enfant prodigue de l'Ecriture- Sainte.
Voici un paffage remarquable : « Si une
» veuve donne fa propriété & fes biens aux
» Brames pour des objets religieux , le don
» eft rigoureuſement valide (c'eft- à- dire
"
qu'il ne contredit pas la Loi) ; mais cette
» action n'eft pas convenable , & la femme
» eft digne de blâme. » Si cette cenfure
n'eſt pas une prohibition abfolue , c'eſt au
moins un avis fuffifant pour ceux qu'une
piété mal- entendue pourroit égarer, & une
preuve que la baffe avidité ne dominoit
point ces Prêtres légiflateurs.
Les Chapitres III , IV & fuivans , juſqu'au
IX , traitent de l'adminiſtration de
la Juftice , du Dépôt ou du Fidéi- Commis
, de la vente de la propriété d'un étranger
, c'est-à-dire d'une perfonne qui n'eft
DE FRANCE. 143
point alliée au vendeur ; des partages , des
donations , de la fervitude & des falaires.
Il y a une fection particulière des falaires
des danfeufes & des proftituées ; ce qui
prouve que les plus anciens Gouvernemens ,
comme les modernes , ont toléré la proftitution
& des lieux publics de débauche ,
en les foumettant à des réglemens d'autant
plus néceffaires , que le fexe & le métier
des proftituées les expofent davantage
aux infultes & aux mauvais traitemens.
2
Les loix contenues dans les huit Chapitres
qui fuivent concernent les baux &
locations , les achats & les ventes , les bornes
& limites , les partages dans la culture
des terres , la police des villes & des bourgs ,
les dommages faits à une récolte , les injures
, les violences qu'un homme pent faire
à un autre , le vol , &c. Les Législateurs
entrent dans de grands détails fur toutes
ces matières , & il faut convenir
que quel
ques- unes de ces loix portent l'empreinte
d'une profonde raifon qui feroit honneur
à nos tribunaux modernes , mais il y en a
de puériles , de contradictoires , d'abfurdes
même, qui cependant ne laiſſent pas d'être
en vigueur , parce qu'elles tiennent à des
préjugés auffi fortement enracinés dans les
efprits des Indoux , que les principes de la
plus faine morale dans l'ame du Sage. On
a écrit en Europe que le Code criminel
ques144
MERCURE
des Gentoux , extraordinairement doux ,
ne condamnoit prefque perfonne à perdre
la vie. On fera détrompé en lifant le Chapitre
du vol & quelques autres. On y verra
le voleur condamné en diverfes circonftances
à être ou crucifié , où étranglé , ou mutilé
& puis jeté au feu. Les Brames feuls ne
font pas foumis aux peines capitales , quel
que crime qu'ils commettent , mais la loi ,
dans tous les cas où elle porte peine de
mort contre tout autre , leur impofe des
châtimens fi terribles qu'on doit croire que
cette exemption de mort eft plutôt fondée
fur le refpect dû à la prééminence de lenr
nature , comme nous l'avons déjà dit , que
fur une injufte préférence que fe foient attribuée
ces Législateurs.
Le Chapitre XIX , intitulé de l'Adultère
, offre quelques idées contraires à notre
manière de penſer , & des crimes qui ne
font point défendus parmi nous : ce qu'il
faut attribuer fans doute à la différence des
moeurs. En Afie , dit M. Halhed dans fa
Préface , la virginité de la femme a toujours
été la condition la plus effentielle du
mariage : cette précaution eft une fuite de la
chaleur du tempérament des deux fexes ,
& de la jaloufie univerfellement répandue
parmi les hommes : le premier acte d'incontinence
a toujours été jugé fort dangereux
pour la fuite ; & Moyfe confidéroit
ce
DE FRANCE. 145
se crime fous un point de vue auffi férieux
que les Gentoux , puifqu'il ordonna de la
pider une fille qui ne fe trouveroit pas
vierge à fon mariage . Si les Indoux font
auffi délicats que les Juifs , il ne doit pas
paroître extraordinaire que leur Code con
damne tout ce qui peut violer la virgini
té , de quelque manière que ce foit ..
On lit au Chapitre XX un paffage bien
fort fur la débauche infatiable des femmes ,
& pourtant les Brames s'y expriment d'une
façon fi conforme à ce que dit Salomon
dans le Livre des proverbes , qu'on croiroit
qu'ils n'ont fait que le traduire littéralement.
Cette idée peu avantageufe de
la vertu des femmes , eft la fource de cette
difcipline dure & comme tyrannique à laquelle
le fexe a été affervi en Afie de temps
immémorial , fuivant les Ecrivains facrés &
profanes. Voici quelques particularités de la
Loi des Gentoux.
« Un homme doit le jour & la nuit con
tenir tellement fa femme dans la fou
» miffion , qu'elle ne puiffe rien faire de fa
"propre vvoolloonnttéé.. » La raiſon
La raifon que la Loi
donne d'un pareil commandement , c'eft
qu'une femme maîtresse de fes actions fe
comporte toujours mal. Il feroit difficile de
dire lequel eft le plus choquant & le plus
injufte , de la Loi ou du motif.
» Une femme qui , fuivant fon inclina-
15 Septembre 1778 .
G
146 MERCURE
» tion , va par-tout où il lui plaît , & ne
"
fait aucune attention à ce que lui dit fon
» maître , fera chaffée de la maifon de fon
» mari, 誓
» Une femme ne fortira jamais de la
maifon fans le confentement de fon ma-
» ri , & elle aura toujours le fein couvert ;
elle n'ira jamais dans la maifon d'un étran
» ger ; elle ne reftera point à la porte , &
» elle ne regardera jamais par la fenêtre.
» Une femme qui mange avant fon mari
» fera chaffée de la maifon.
»
»
» Si un homme va faire un voyage , fa
femme ne fe divertira pas par le jeu ; elle
» n'ira à aucun fpectacle public ; elle ne rira
point ; elle ne mettra ni fes bijoux ni fes
» beaux habits ; elle ne regardera point danfer
; elle n'exécutera point de mufique ;
» elle ne s'affiéra point à la fenêtre ; elle ne
montera point à cheval ; elle ne contem
» plera aucune curiofité , mais elle fermera
bien la porte de fa maifon ; elle vivra retirée
; elle ne mangera aucune friandife ;
» elle ne noircira point fes yeux avec de la
poudre à cil ; elle ne fe regardera pas
au miroir ; elle ne s'adonnera à aucun
» exercice agréable pendant l'abſence de
» fon mari.
»
ه د
» Il eft convenable qu'une femme fe
brûle avec le cadavre de fon mari. »
Quoique ce ne foit pas là un commande
DE FRANCE. 147
ment abfolu , cependant comme la Loi
ajoute que la femme qui fe brûlera ainfi
accompagnera fon mari en Paradis , il. paroît
que c'eft un devoir religieux ; & M.
Halhed nous affure que cette coutume n'eft
point tombée en défuétude , comme l'a: pu
blié un célèbre Ecrivain.
Enfin le XXI & dernier Chapitre contient
des réglemens fur divers objets , qui.
n'ont aucun rapport entre eux , tels que le
jeu , l'ufage de certains alimens , l'adoption
, & c. La Loi condamne au banniffement
un Brame qui mange volontairement
des oignons ou de l'ail ; fi un Sooder apprend
par coeur les Bedas , c'eft une profanation
qui mérite la mort . Cela eſt bien
dur.
des Brames , traduit de l'Anglois , d'après
les Verfions faites de l'original écrit
en Langue Samskrète , vol. in-4to.
A Paris , chez Stoupe , rue de la Harpe
, 1778.
I
SECOND EXTRAIT *.
CE CODE , ce monument de Jurifprudence
le plus fingulier & le plus curieux qu'on
ait jamais publié , commence par un petit
difcours préliminaire où les Brames expofent
eux mêmes l'objet & l'utilité de cette
compilation . Ce morceau refpire le fentiment
, la nobleffe & la bienfaifance . La
tolérance eſt un dogme de la Religion des
Gentoux , fondé fur cet article de leur foi ,
que Dieu ne permettroit pas un fi grand
nombre de Religions , s'il n'avoit pas du
plaifir à contempler cette variété .
La première partie de l'introduction contient
l'Hiftoire de la Création , telle que
la croient les Gentoux : on y dit que les
quatre grandes tribus primitives provien-
* Voyez le premier Extrait , Mercure du 25 de Juin.
140
MERCURE
nent des quatre différens membres de Bra
ma ; & de la fonction principale attribuée
à ces quatre membres , fe déduifent les
devoirs , les travaux & le fort de chaque
cafte. Le Brame vient de la bouche (fageffe)
pour prier , lire & inftruire. Le Chehterée
vient du bras (force) , pour tirer l'arc ,
combattre & gouverner. Le Bice vient du
ventre & des cuiffes ( nourriture) pour pourvoir
aux befoins de la vie par l'agriculture
& le commerce. Le Sooder vient du pied
(fujétion) pour travailler , fervir , voyager.
Ces quatre grandes tribus comprennent les
divifions primitives d'un état bien gouverné.
Une cinquième tribu , nommée Burrun-
Sunker , eft formée des ouvriers & petits
Marchands de moindre importance ,
fervant plutôt au luxe qu'aux befoins de
la vie , & fe fubdivife prefqu'en autant de
caftes féparées qu'il y a de genres de travaux
& de trafics particuliers.
La feconde partie de l'introduction expofe
les qualités néceffaires à un Magiſtrat
, c'eſt-à- dire à celui qui gouverne , &
les devoirs de fa place. « Il doit être en état
"
de dominer fa concupifcence , fa colère ,
» fon avarice , fa folie & fon orgueil ; être
» bienfaifant , parler aux peuples en termes
tendres & affectueux ; être jufte &
» punir le crime ; avoir de l'indulgence &
» de la commifération pour les malheureux ,
DE FRANCE. 141
»
» partager les afflictions & les maux de tout
fon peuple. Il fe choifira fept ou huit
» Confeillers parmi ceux qui auront des
principes fages , de la pénétration & du
» jugement , des opinions faines , & l'a-
» mour des chofes louables. Il établira ,
» pour fon Secrétaire , un homme qui ait
» de l'honnêteté , de la fcience & de l'éloquence
, & qui n'ait point de mauvai-
» fes habitudes . » Tout ce début début que nous
regrettons de ne pouvoir tranfcrire en entier
, eft plein de chofes judicieuſes , dignes
du plus grand Législateur.
"3
Le Chapitre premier traite du prêt & de
l'emprunt. Le prêt est néceffaire & avantageux
au public , mais c'eft autant qu'il eft reftreint
dans de certaines bornes , & dirigé
par des réglemens qui maintiennent parmi
le peuple la fûreté , la confiance & l'équité.
Ce Chapitre eft divifé en fections
qui traitent en particulier de l'intérêt , des
gages , des cautions , de l'acquittement des
dettes , &c. En lifant les loix des Gentoux
fur cette matière comme fur plufieurs autres
, on eft étonné des Priviléges qu'elles
accordent à quelques Caftes , & de leur
extrême févérité à l'égard des autres . Cette
diftinction odieufe aux yeux du Philofophe
, ne l'eft point chez les Indoux , qui
font fi perfuadés de la fupériorité de la
nature des Brames , qu'ils ne murmurenţ
142 MERCURE
point du fort auquel ils font accoutumés
dès l'enfance .
Au Chapitre II , on détermine les droits
de fucceffion . Ici un homme eft regardé
comme tenant fa propriété feulement à
ferme pour la vie , & comme devant la
tranfmettre , ou plutôt la laiffer aller à fes
héritiers naturels . On y voit que , d'après
une coutume immémoriale en Orient , les
fils demandent leur Patrimoine durant la
vie de leur père qui eft obligé de le leur
accorder , quoiqu'il les connoiffe pour des
diffipateurs , ce qui explique l'hiftoire de
l'Enfant prodigue de l'Ecriture- Sainte.
Voici un paffage remarquable : « Si une
» veuve donne fa propriété & fes biens aux
» Brames pour des objets religieux , le don
» eft rigoureuſement valide (c'eft- à- dire
"
qu'il ne contredit pas la Loi) ; mais cette
» action n'eft pas convenable , & la femme
» eft digne de blâme. » Si cette cenfure
n'eſt pas une prohibition abfolue , c'eſt au
moins un avis fuffifant pour ceux qu'une
piété mal- entendue pourroit égarer, & une
preuve que la baffe avidité ne dominoit
point ces Prêtres légiflateurs.
Les Chapitres III , IV & fuivans , juſqu'au
IX , traitent de l'adminiſtration de
la Juftice , du Dépôt ou du Fidéi- Commis
, de la vente de la propriété d'un étranger
, c'est-à-dire d'une perfonne qui n'eft
DE FRANCE. 143
point alliée au vendeur ; des partages , des
donations , de la fervitude & des falaires.
Il y a une fection particulière des falaires
des danfeufes & des proftituées ; ce qui
prouve que les plus anciens Gouvernemens ,
comme les modernes , ont toléré la proftitution
& des lieux publics de débauche ,
en les foumettant à des réglemens d'autant
plus néceffaires , que le fexe & le métier
des proftituées les expofent davantage
aux infultes & aux mauvais traitemens.
2
Les loix contenues dans les huit Chapitres
qui fuivent concernent les baux &
locations , les achats & les ventes , les bornes
& limites , les partages dans la culture
des terres , la police des villes & des bourgs ,
les dommages faits à une récolte , les injures
, les violences qu'un homme pent faire
à un autre , le vol , &c. Les Législateurs
entrent dans de grands détails fur toutes
ces matières , & il faut convenir
que quel
ques- unes de ces loix portent l'empreinte
d'une profonde raifon qui feroit honneur
à nos tribunaux modernes , mais il y en a
de puériles , de contradictoires , d'abfurdes
même, qui cependant ne laiſſent pas d'être
en vigueur , parce qu'elles tiennent à des
préjugés auffi fortement enracinés dans les
efprits des Indoux , que les principes de la
plus faine morale dans l'ame du Sage. On
a écrit en Europe que le Code criminel
ques144
MERCURE
des Gentoux , extraordinairement doux ,
ne condamnoit prefque perfonne à perdre
la vie. On fera détrompé en lifant le Chapitre
du vol & quelques autres. On y verra
le voleur condamné en diverfes circonftances
à être ou crucifié , où étranglé , ou mutilé
& puis jeté au feu. Les Brames feuls ne
font pas foumis aux peines capitales , quel
que crime qu'ils commettent , mais la loi ,
dans tous les cas où elle porte peine de
mort contre tout autre , leur impofe des
châtimens fi terribles qu'on doit croire que
cette exemption de mort eft plutôt fondée
fur le refpect dû à la prééminence de lenr
nature , comme nous l'avons déjà dit , que
fur une injufte préférence que fe foient attribuée
ces Législateurs.
Le Chapitre XIX , intitulé de l'Adultère
, offre quelques idées contraires à notre
manière de penſer , & des crimes qui ne
font point défendus parmi nous : ce qu'il
faut attribuer fans doute à la différence des
moeurs. En Afie , dit M. Halhed dans fa
Préface , la virginité de la femme a toujours
été la condition la plus effentielle du
mariage : cette précaution eft une fuite de la
chaleur du tempérament des deux fexes ,
& de la jaloufie univerfellement répandue
parmi les hommes : le premier acte d'incontinence
a toujours été jugé fort dangereux
pour la fuite ; & Moyfe confidéroit
ce
DE FRANCE. 145
se crime fous un point de vue auffi férieux
que les Gentoux , puifqu'il ordonna de la
pider une fille qui ne fe trouveroit pas
vierge à fon mariage . Si les Indoux font
auffi délicats que les Juifs , il ne doit pas
paroître extraordinaire que leur Code con
damne tout ce qui peut violer la virgini
té , de quelque manière que ce foit ..
On lit au Chapitre XX un paffage bien
fort fur la débauche infatiable des femmes ,
& pourtant les Brames s'y expriment d'une
façon fi conforme à ce que dit Salomon
dans le Livre des proverbes , qu'on croiroit
qu'ils n'ont fait que le traduire littéralement.
Cette idée peu avantageufe de
la vertu des femmes , eft la fource de cette
difcipline dure & comme tyrannique à laquelle
le fexe a été affervi en Afie de temps
immémorial , fuivant les Ecrivains facrés &
profanes. Voici quelques particularités de la
Loi des Gentoux.
« Un homme doit le jour & la nuit con
tenir tellement fa femme dans la fou
» miffion , qu'elle ne puiffe rien faire de fa
"propre vvoolloonnttéé.. » La raiſon
La raifon que la Loi
donne d'un pareil commandement , c'eft
qu'une femme maîtresse de fes actions fe
comporte toujours mal. Il feroit difficile de
dire lequel eft le plus choquant & le plus
injufte , de la Loi ou du motif.
» Une femme qui , fuivant fon inclina-
15 Septembre 1778 .
G
146 MERCURE
» tion , va par-tout où il lui plaît , & ne
"
fait aucune attention à ce que lui dit fon
» maître , fera chaffée de la maifon de fon
» mari, 誓
» Une femme ne fortira jamais de la
maifon fans le confentement de fon ma-
» ri , & elle aura toujours le fein couvert ;
elle n'ira jamais dans la maifon d'un étran
» ger ; elle ne reftera point à la porte , &
» elle ne regardera jamais par la fenêtre.
» Une femme qui mange avant fon mari
» fera chaffée de la maifon.
»
»
» Si un homme va faire un voyage , fa
femme ne fe divertira pas par le jeu ; elle
» n'ira à aucun fpectacle public ; elle ne rira
point ; elle ne mettra ni fes bijoux ni fes
» beaux habits ; elle ne regardera point danfer
; elle n'exécutera point de mufique ;
» elle ne s'affiéra point à la fenêtre ; elle ne
montera point à cheval ; elle ne contem
» plera aucune curiofité , mais elle fermera
bien la porte de fa maifon ; elle vivra retirée
; elle ne mangera aucune friandife ;
» elle ne noircira point fes yeux avec de la
poudre à cil ; elle ne fe regardera pas
au miroir ; elle ne s'adonnera à aucun
» exercice agréable pendant l'abſence de
» fon mari.
»
ه د
» Il eft convenable qu'une femme fe
brûle avec le cadavre de fon mari. »
Quoique ce ne foit pas là un commande
DE FRANCE. 147
ment abfolu , cependant comme la Loi
ajoute que la femme qui fe brûlera ainfi
accompagnera fon mari en Paradis , il. paroît
que c'eft un devoir religieux ; & M.
Halhed nous affure que cette coutume n'eft
point tombée en défuétude , comme l'a: pu
blié un célèbre Ecrivain.
Enfin le XXI & dernier Chapitre contient
des réglemens fur divers objets , qui.
n'ont aucun rapport entre eux , tels que le
jeu , l'ufage de certains alimens , l'adoption
, & c. La Loi condamne au banniffement
un Brame qui mange volontairement
des oignons ou de l'ail ; fi un Sooder apprend
par coeur les Bedas , c'eft une profanation
qui mérite la mort . Cela eſt bien
dur.
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Résumé : Code des Loix des Gentoux, ou Réglemens des Brames, traduit de l'Anglois, d'après les Versions faites de l'original écrit en Langue Samskrète, 1 vol. in-4to. A Paris, chez Stoupe, rue de la Harpe, 1778. SECOND EXTRAIT.
Le 'Code des Lois des Gentoux' est un ouvrage de jurisprudence traduit de l'anglais à partir de versions en langue samskrète, publié à Paris en 1778. Il commence par un discours préliminaire où les Brames expliquent l'objet et l'utilité de cette compilation, mettant en avant la tolérance religieuse et la diversité des croyances. L'introduction relate la création selon les Gentoux, décrivant les quatre grandes tribus primitives issues des membres de Brahma : les Brames, qui prient et instruisent ; les Chehterée, qui combattent et gouvernent ; les Bice, qui pourvoient aux besoins par l'agriculture et le commerce ; et les Sooder, qui travaillent et servent. Une cinquième tribu, les Burrun-Sunker, regroupe les ouvriers et petits marchands. Le texte décrit ensuite les qualités requises pour un magistrat, qui doit être juste, bienveillant et capable de dominer ses passions. Divers sujets juridiques sont abordés, tels que le prêt et l'emprunt, les droits de succession, l'administration de la justice, les dépôts, les ventes, les servitudes, les salaires, et même les prostituées. Les lois montrent une distinction marquée entre les castes, avec des privilèges pour certaines et une sévérité envers d'autres, reflétant la croyance en la supériorité des Brames. Le Code criminel des Gentoux est particulièrement sévère envers les voleurs, qui peuvent être crucifiés, étranglés ou mutilés. Les Brames échappent à la peine capitale mais subissent des châtiments sévères. Le Chapitre XIX traite de l'adultère et compare les mœurs européennes, où la virginité féminine est essentielle pour le mariage. Le Chapitre XX critique la débauche des femmes, justifiant une discipline stricte en Asie. Plusieurs lois détaillent les restrictions imposées aux femmes, comme l'interdiction de sortir sans consentement, de manger avant leur mari, ou de se divertir pendant l'absence de celui-ci. La coutume du sati est mentionnée comme un devoir religieux. Le Chapitre XXI réglemente divers sujets comme le jeu, l'alimentation, et l'adoption, avec des sanctions sévères pour certaines infractions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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