Résultats : 75 texte(s)
Accéder à la liste des mots clefs.
Détail
Liste
1
p. 39-40
« Avoüez, Madame, que ces Vers ne sont pas indignes du [...] »
Début :
Avoüez, Madame, que ces Vers ne sont pas indignes du [...]
Mots clefs :
Héros, Vers, Beau sexe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Avoüez, Madame, que ces Vers ne sont pas indignes du [...] »
Avoüez , Madame, que ces Vers ne ſont pas indignes du Héros qui les a reçeus , qu'ils ontuntour facile, qu'il eſt ra- re de trouver dans ce qu'on
travaille avec trop d'étude, &
que pour leur donner vôtre approbation ,vousn'avez pas
GALANT. 31 beſoin de conſulter l'eſtime
que vous avez pour Madame le Camus , qui ſoûtient ſi no- blement les avantages de vô- tre beau Sexe.
travaille avec trop d'étude, &
que pour leur donner vôtre approbation ,vousn'avez pas
GALANT. 31 beſoin de conſulter l'eſtime
que vous avez pour Madame le Camus , qui ſoûtient ſi no- blement les avantages de vô- tre beau Sexe.
Fermer
2
p. 41-42
A MONSIEUR, SUR SES VICTOIRES. SONNET.
Début :
Que tu nous parois Grand dans la Lice de Mars, [...]
Mots clefs :
Victoires, Héros, Renom
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSIEUR, SUR SES VICTOIRES. SONNET.
A MONSIEUR ,
SUR SES VICTOIRES.
Q
SONNET.
De tu nous parois Grand
dans la LicedeMars,
Où ton Cœur &ton Bras moiſſfonnent tant de Gloire !
Oufaisant le Mestier du premier des Cefars ,
:
On te voit remporterVictore fur
Victoire!
TaValeur Sçait trouver dansles affreuxHazards,
Le Renom qu'aux Héros on conSacre en l'Histoire.
Tuſçais fur des débris d'Hommes
&de Remparts,
Toy- méme te baštir un Templede
Mémoire.
:
GALANT. 33
Apres tes grandsExploits, brillant, victorieux ,
Vien recevoir l'honneurqu'on doit
aux demy-Dieux........... Vien joüir du Triomphe & fi
doux &ſi juste.
LesMuses, àl'envy , te chantent dans leurs Vers, pour
Et font voler ton Nom aux bout de l'Universblyrataf
Avec le Nom fameux d'un Roy
plus grandqu'Auguste
SUR SES VICTOIRES.
Q
SONNET.
De tu nous parois Grand
dans la LicedeMars,
Où ton Cœur &ton Bras moiſſfonnent tant de Gloire !
Oufaisant le Mestier du premier des Cefars ,
:
On te voit remporterVictore fur
Victoire!
TaValeur Sçait trouver dansles affreuxHazards,
Le Renom qu'aux Héros on conSacre en l'Histoire.
Tuſçais fur des débris d'Hommes
&de Remparts,
Toy- méme te baštir un Templede
Mémoire.
:
GALANT. 33
Apres tes grandsExploits, brillant, victorieux ,
Vien recevoir l'honneurqu'on doit
aux demy-Dieux........... Vien joüir du Triomphe & fi
doux &ſi juste.
LesMuses, àl'envy , te chantent dans leurs Vers, pour
Et font voler ton Nom aux bout de l'Universblyrataf
Avec le Nom fameux d'un Roy
plus grandqu'Auguste
Fermer
Résumé : A MONSIEUR, SUR SES VICTOIRES. SONNET.
Le sonnet célèbre un héros victorieux, comparé à un grand chef militaire pour sa bravoure et ses succès. Il transforme les dangers en gloire et se construit une réputation héroïque. Après ses victoires, il reçoit les honneurs des demi-dieux. Les Muses chantent ses louanges, associant son nom à celui d'un roi plus grand qu'Auguste.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3
p. 212-213
POUR LE ROY. SONNET.
Début :
A Peine le Soleil dissipoit les frimats, [...]
Mots clefs :
Louis, Valeur, Exploits, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POUR LE ROY. SONNET.
POUR LE ROY.
SONNET.
Peine
TYON
EE
le Soleil dißipoit les Arimats,
Qu'on à veu de Loüis la Valeur
triomphante ,
95 %
Gv
156 LE MERCURE La Flandre defolée, &fes meil
leurs Soldats.
Arroufer de leur Sang l'Herbe à
peinenaiſſante.
६००३ LuySeul achangé l'art des Sieges , des Combats,
Dont jadis la mètode étoit douteuse &lente.
Ce Iupiterqui regne &qui tonne
icy bas ,
Lance en toute ſaiſon ſa foudre • impatiente Ses Exploits font toûjours auſſi
prompts qu'éclatans.
Ilsne releventpoint desregles ny
du temps.
Envainpour luy nos vœux appel- lent laVictoire..
Ce Héros dont l'ardeur ne
reste jamais
Sar
GALANT. 157 Sçait si bien abreger le chemin de la Gloire ,
Quefarapiditédevance nosfouhaits
SONNET.
Peine
TYON
EE
le Soleil dißipoit les Arimats,
Qu'on à veu de Loüis la Valeur
triomphante ,
95 %
Gv
156 LE MERCURE La Flandre defolée, &fes meil
leurs Soldats.
Arroufer de leur Sang l'Herbe à
peinenaiſſante.
६००३ LuySeul achangé l'art des Sieges , des Combats,
Dont jadis la mètode étoit douteuse &lente.
Ce Iupiterqui regne &qui tonne
icy bas ,
Lance en toute ſaiſon ſa foudre • impatiente Ses Exploits font toûjours auſſi
prompts qu'éclatans.
Ilsne releventpoint desregles ny
du temps.
Envainpour luy nos vœux appel- lent laVictoire..
Ce Héros dont l'ardeur ne
reste jamais
Sar
GALANT. 157 Sçait si bien abreger le chemin de la Gloire ,
Quefarapiditédevance nosfouhaits
Fermer
Résumé : POUR LE ROY. SONNET.
Le sonnet célèbre les victoires militaires du roi Louis en Flandre, où il a vaincu les ennemis. Louis a modernisé les sièges et les combats, rendant les méthodes plus efficaces. Comparé à Jupiter, il agit avec rapidité et éclat, indépendamment des saisons. Ses exploits surpassent les vœux de victoire de ses sujets.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4
p. 214-215
AU ROY, SUR SES CONQUESTES. SONNET.
Début :
Miraculeux Héros, Vainqueur inimitable, [...]
Mots clefs :
Conquêtes, Héros, Victoires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROY, SUR SES CONQUESTES. SONNET.
AURΟΥ.
SUR SES CONQUESTES.
S ONNET.
Miraculeux Iraculeux Héros , Vainqueur inimitable,
Partes fameux Exploits , tu te fais admirer.
A quel grand Conquerant te
peut-on comparer,
158 LE MERCURE
Dont la gloire necede àtonNom redoutable ?
A
Tu n'es plus qu'àtoy- même au- jourd'huy comparable.
L'Alexandre orgueilleux qui se fit adorer ,
Se verroit , s'il vivoit , réduit à
Soúpirer.
D'eſtre moins grand que toy, d'ê- tremoins adorable.
€ 3
Luy qui crut poſſeder la Gloire Sans Rivaux ,
Ne put entrer dans Tyr qu'enfix
mois de Travaux ,
Quoyque Tyr valut moins qu'une
detes Conquestes.
Mieux que Cefar, tu n'as qu'à venir ởqu'à voir .
GALANT. 159 Les Victoires,pourtoy,se trouvent toujours preftes.
Trois Villes en un mois tombent
Souston pouvoir.
SUR SES CONQUESTES.
S ONNET.
Miraculeux Iraculeux Héros , Vainqueur inimitable,
Partes fameux Exploits , tu te fais admirer.
A quel grand Conquerant te
peut-on comparer,
158 LE MERCURE
Dont la gloire necede àtonNom redoutable ?
A
Tu n'es plus qu'àtoy- même au- jourd'huy comparable.
L'Alexandre orgueilleux qui se fit adorer ,
Se verroit , s'il vivoit , réduit à
Soúpirer.
D'eſtre moins grand que toy, d'ê- tremoins adorable.
€ 3
Luy qui crut poſſeder la Gloire Sans Rivaux ,
Ne put entrer dans Tyr qu'enfix
mois de Travaux ,
Quoyque Tyr valut moins qu'une
detes Conquestes.
Mieux que Cefar, tu n'as qu'à venir ởqu'à voir .
GALANT. 159 Les Victoires,pourtoy,se trouvent toujours preftes.
Trois Villes en un mois tombent
Souston pouvoir.
Fermer
Résumé : AU ROY, SUR SES CONQUESTES. SONNET.
Le poème célèbre un héros miraculeux comparé à Alexandre le Grand. Alexandre avait conquis Tyr en six mois, mais le héros obtient des victoires plus prestigieuses en un mois. Trois villes tombent sous son pouvoir en un mois. Ses victoires sont toujours prêtes pour lui.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5
p. 216-217
POUR LE ROY. SONNET.
Début :
Admirons ce grand Roy, toûjours victorieux, [...]
Mots clefs :
Héros, Histoire, Gloire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POUR LE ROY. SONNET.
POVR LE ROY.
A
SONNET.
Dmirons ce grand Roy, tow- jours victorieux ,
Admirons ceHéros, si dignequ'on l'admire.
Regardons fon grandair, tel eft celuydes Dieux ,
Dont commeleurpareil,ilpartage l'Empire.
Ileſt ſage, vaillant, juste, laborieux,
Son grand cœur pour la Gloirein- ceſſamentSoûpire.
160 LE MERCURE
Toutesſes actions le rendent glorieux ,
Et l'Histoire aurapeine ànous les
bien décrire.
Seprivant du repos , s'éloignant
des plaiſirs ,
Vers cetteGloire austere il tourne
ſes defirs,
Et durant l'Hyver meſme il ouvre la Campagne.
8303- La Victoire auffi-toftse trouveà
fes costez ;
Elleluy faitpreſent de trois grandes Citez ,
Et laiffe àdeviner les fuites à
l'Espagne.
A
SONNET.
Dmirons ce grand Roy, tow- jours victorieux ,
Admirons ceHéros, si dignequ'on l'admire.
Regardons fon grandair, tel eft celuydes Dieux ,
Dont commeleurpareil,ilpartage l'Empire.
Ileſt ſage, vaillant, juste, laborieux,
Son grand cœur pour la Gloirein- ceſſamentSoûpire.
160 LE MERCURE
Toutesſes actions le rendent glorieux ,
Et l'Histoire aurapeine ànous les
bien décrire.
Seprivant du repos , s'éloignant
des plaiſirs ,
Vers cetteGloire austere il tourne
ſes defirs,
Et durant l'Hyver meſme il ouvre la Campagne.
8303- La Victoire auffi-toftse trouveà
fes costez ;
Elleluy faitpreſent de trois grandes Citez ,
Et laiffe àdeviner les fuites à
l'Espagne.
Fermer
Résumé : POUR LE ROY. SONNET.
Le sonnet célèbre un roi victorieux, héros admirable, sage, vaillant, juste et laborieux. Comparé aux dieux, il aspire à la gloire et se prive de repos. Ses actions glorieuses défient l'histoire. La victoire lui offre trois grandes cités, présageant des succès futurs pour l'Espagne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6
p. 31-35
EPISTRE AU ROY.
Début :
Sire je l'avouëray, la Gloire a bien des charmes: [...]
Mots clefs :
Guerriers, Gloire, Héros, Hommage, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPISTRE AU ROY.
EPISTRE AV ROY.
SIRE l'avoüeray , laGloire a
biendecharmes :
Il est beau de vous voir au milieu des
allarmes.
Voler àses côtez ; &triomphant tou
jours.
20 LE MERCVRE
Conter par vos Exploits le nombrede
vosjours.
Il est beau de vous voir ſacrifier pour
elle
Tout ce qu'on peutjamais attendre d'un
grandzele :
Mais pardonnez-moy , SIRE , &ne
murmurez pas.
Sije crainspour mon Royſes dangereux
appas.
Quand jeſonge auxperils, oùpour luy rendre hommage Voftre intrepide cœuràtoutebeure s'engage;
Carsi j'ofe aujourd'huy m'expliquer
avecvous,
LeSceptre , ny les Lys n'exemptent pointdes coups.
Cerangde Souverain , qui vous metfur nostestes ,
Nemet point vos beaux jours à l'abry des tempestes.
Le Canon , fi fatal aux plus braves
Guerriers ,
N'ajamais des Heros reſpecté les Lanriers ,
GALAN T. 21
น
!
t
J
Etceux,dont voſtrefront s'estfait une Couronne,
N'en garantiffent point voſtre Auguste Personne.
Ilnefautqu'un malheur .... Dieux!jen'oseypenser,
Ieſens à ce discours tout monsangse
glacer.
Ah, SIRE , c'en est trop , venezre- voir la Seine,
Voulez-vous à Madrid aller tout d'une
haleine ,
Et toûjous oublier ce qu'éloigné d'icy ;
ATherese , àl'Etat , vous caufez de foucy?
Vous avez en un mois mis trois Villes
en poudre,
Vostre cœur au repos nepeut-il ſe ré- -Soudre ;
Et ces fruits que la gloire a refervez
pourvous,
Lesgoûtantdans lecalme, enferont-ils moins doux?
Voussçavez qu'autrefois un Herosdont
l'Histoire
Confervera toûjourslapõpeuſe memoire,
22 LE MERCVRE
Aprés avoirfiny de moins nobles travaux.
Fit voir qu'on peut donner des bornes
auxHéros.
Quesi la noble ardeur de vostre ame
guerriere ,
Nepeutse retenirqu'au bout de lacarriere;
Sipourvous arreſter , vous voulezvoir
foûmis Tout ce qui peut encor vousrester d'Ennemis ,
Contentez-vous au moins de ces foins
politiques,
Qui fontplus que lefer fleurir les Re- publiques,
Inſtruisez vos Guerriers àmarcher fur
vospas,
Marquez l'heure , le temps , disposer des Combats.
Et fongez qu'un Grand Roy , qui fut nomméle Sage,
Fit deſon Cabinet trembler ſon voiſinage,
Tandis qu'en ſeureté , paisible danssa
Cour,
A
GALANT. 23
4
1
fut
Ildonnoitquelquefoisdesheures àl'A.
mour.
SIRE l'avoüeray , laGloire a
biendecharmes :
Il est beau de vous voir au milieu des
allarmes.
Voler àses côtez ; &triomphant tou
jours.
20 LE MERCVRE
Conter par vos Exploits le nombrede
vosjours.
Il est beau de vous voir ſacrifier pour
elle
Tout ce qu'on peutjamais attendre d'un
grandzele :
Mais pardonnez-moy , SIRE , &ne
murmurez pas.
Sije crainspour mon Royſes dangereux
appas.
Quand jeſonge auxperils, oùpour luy rendre hommage Voftre intrepide cœuràtoutebeure s'engage;
Carsi j'ofe aujourd'huy m'expliquer
avecvous,
LeSceptre , ny les Lys n'exemptent pointdes coups.
Cerangde Souverain , qui vous metfur nostestes ,
Nemet point vos beaux jours à l'abry des tempestes.
Le Canon , fi fatal aux plus braves
Guerriers ,
N'ajamais des Heros reſpecté les Lanriers ,
GALAN T. 21
น
!
t
J
Etceux,dont voſtrefront s'estfait une Couronne,
N'en garantiffent point voſtre Auguste Personne.
Ilnefautqu'un malheur .... Dieux!jen'oseypenser,
Ieſens à ce discours tout monsangse
glacer.
Ah, SIRE , c'en est trop , venezre- voir la Seine,
Voulez-vous à Madrid aller tout d'une
haleine ,
Et toûjous oublier ce qu'éloigné d'icy ;
ATherese , àl'Etat , vous caufez de foucy?
Vous avez en un mois mis trois Villes
en poudre,
Vostre cœur au repos nepeut-il ſe ré- -Soudre ;
Et ces fruits que la gloire a refervez
pourvous,
Lesgoûtantdans lecalme, enferont-ils moins doux?
Voussçavez qu'autrefois un Herosdont
l'Histoire
Confervera toûjourslapõpeuſe memoire,
22 LE MERCVRE
Aprés avoirfiny de moins nobles travaux.
Fit voir qu'on peut donner des bornes
auxHéros.
Quesi la noble ardeur de vostre ame
guerriere ,
Nepeutse retenirqu'au bout de lacarriere;
Sipourvous arreſter , vous voulezvoir
foûmis Tout ce qui peut encor vousrester d'Ennemis ,
Contentez-vous au moins de ces foins
politiques,
Qui fontplus que lefer fleurir les Re- publiques,
Inſtruisez vos Guerriers àmarcher fur
vospas,
Marquez l'heure , le temps , disposer des Combats.
Et fongez qu'un Grand Roy , qui fut nomméle Sage,
Fit deſon Cabinet trembler ſon voiſinage,
Tandis qu'en ſeureté , paisible danssa
Cour,
A
GALANT. 23
4
1
fut
Ildonnoitquelquefoisdesheures àl'A.
mour.
Fermer
Résumé : EPISTRE AU ROY.
L'épître au roi loue ses exploits et ses sacrifices pour la renommée, tout en exprimant des inquiétudes pour sa sécurité. L'auteur souligne que le sceptre et les lys ne le protègent pas des dangers, notamment les canons et les batailles. Il mentionne les récentes conquêtes du roi, comme la prise de trois villes en un mois, et suggère qu'il serait judicieux de profiter de la paix et de la gloire acquise. L'auteur cite l'exemple d'un héros historique qui sut se modérer après ses exploits. Il conseille au roi de se concentrer sur des actions politiques et stratégiques, telles que l'instruction de ses guerriers et la planification des combats, plutôt que de s'engager constamment dans des batailles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7
p. 128-132
STANCES.
Début :
Sous les deux Noms que l'on me donne, [...]
Mots clefs :
Prince, Amour, Lauriers, Héros, Victoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : STANCES.
STANCES.
Ons les deux Noms que l'on me Sordonne Je joins aux dons deMarsvos aima- blespreſens;
Ie preſide aux Héros, je preſide aux Sçavans,
Et ma maintouràtourde Lauriersles
Couronne ;
GALANT. 83
ONC
doo
ava
COL
YOU
O
-
201
in
H
L'ay fait du Grand Loüis le plus grand des Guerriers ,
I'ayremplypourvosArtsce Princede lumiere ;
Mais il faut que le Fils chercheicy desLauriers.
L'aylecüeilly Pere. tous les mienspour ron
LYOR
DesActionsſiſurprenantes ,
Obligent la Victoire àme les arracher;
Apeine pour ce Roy j'ay le temps d'en chercher,
Qu'ils me sont enbevez parsesmains triomphantes ;
Son bras fait des Exploits qu'on n'eust ofé penfer ,
Quand mesme ils font publics ,àpeine ilsfont croyables ;
Et ces Murs qu'en huit jours nous l'a- vonsvenforcer Avant que d'estre pris estoient crus im- prenables.
Mais c'est encor peu poursa gloire,
CeCambray si fameux qu'il réduit aux abois
84 LE MERCVRE
Auroit en moinsdetemps déjareçenfes
Loix,
Sil vouloit à demy remporter la vi- Etoire.
Saint Omer leva füivre , &monplus grand employ ,
C'estderenirtoûjours plusieurs Couron nesprestes ,
Ayez doncſoin du Prince ,&j'auray,
Soindu Roy ,
Travaillez pour l'Etude , &moy pour lesConquestes.
Mais quoy ! vous marquezde la crainte
Depuis qu'un si beau Prince est dans vostresejour ;
Muſes, vous leprenezpeut-estre pour l'Amour 2.. Et vuſtre liberté redoute quelque at- teinte ?
Non, non , défaites- vous de cette injuStepeur:
Quoyqu'il ait del'Amour les traits le visage,
Illustre Montanfierestantfon Gou verneur
GALANT. 85 Quandil feroit l'Amour ,auroit fait l'Amourſage ,
Mais vostre erreur est fans égale,
Si de ce Dien volage il a les agrémens,
Son ame a des attraits mille foisplus charmans
Queceux,que vous voyez queson via Sageétale... Elleestgrande,elle est belle ; &dans fonjeunecœur Naiſſentdes sentimens d'un ſi beau Ca- ractere 2.
Qu'enyreconnoiffant l'esprit du Gouverneur
Ony remarque auſſi la Maiesté du
Pere..
Tousvos Emploisfontſesdelices,
Son espritypenetre avecfacilité,
Etdanssa Cour sçavante onvoit àfon costé
Ceuxquifont les premiers danstous vος -
exercices;
H. vous rendbien l'éclat qu'ilreçoitde
vosArtsi
86 LE MERCVRE
Donnez-luy donc au moins fon rang Surle Parnaffe :
Vous avez élevé le plus grands des Cefars,
Ce Prince avec raiſon doit occuper leur
place.
Ons les deux Noms que l'on me Sordonne Je joins aux dons deMarsvos aima- blespreſens;
Ie preſide aux Héros, je preſide aux Sçavans,
Et ma maintouràtourde Lauriersles
Couronne ;
GALANT. 83
ONC
doo
ava
COL
YOU
O
-
201
in
H
L'ay fait du Grand Loüis le plus grand des Guerriers ,
I'ayremplypourvosArtsce Princede lumiere ;
Mais il faut que le Fils chercheicy desLauriers.
L'aylecüeilly Pere. tous les mienspour ron
LYOR
DesActionsſiſurprenantes ,
Obligent la Victoire àme les arracher;
Apeine pour ce Roy j'ay le temps d'en chercher,
Qu'ils me sont enbevez parsesmains triomphantes ;
Son bras fait des Exploits qu'on n'eust ofé penfer ,
Quand mesme ils font publics ,àpeine ilsfont croyables ;
Et ces Murs qu'en huit jours nous l'a- vonsvenforcer Avant que d'estre pris estoient crus im- prenables.
Mais c'est encor peu poursa gloire,
CeCambray si fameux qu'il réduit aux abois
84 LE MERCVRE
Auroit en moinsdetemps déjareçenfes
Loix,
Sil vouloit à demy remporter la vi- Etoire.
Saint Omer leva füivre , &monplus grand employ ,
C'estderenirtoûjours plusieurs Couron nesprestes ,
Ayez doncſoin du Prince ,&j'auray,
Soindu Roy ,
Travaillez pour l'Etude , &moy pour lesConquestes.
Mais quoy ! vous marquezde la crainte
Depuis qu'un si beau Prince est dans vostresejour ;
Muſes, vous leprenezpeut-estre pour l'Amour 2.. Et vuſtre liberté redoute quelque at- teinte ?
Non, non , défaites- vous de cette injuStepeur:
Quoyqu'il ait del'Amour les traits le visage,
Illustre Montanfierestantfon Gou verneur
GALANT. 85 Quandil feroit l'Amour ,auroit fait l'Amourſage ,
Mais vostre erreur est fans égale,
Si de ce Dien volage il a les agrémens,
Son ame a des attraits mille foisplus charmans
Queceux,que vous voyez queson via Sageétale... Elleestgrande,elle est belle ; &dans fonjeunecœur Naiſſentdes sentimens d'un ſi beau Ca- ractere 2.
Qu'enyreconnoiffant l'esprit du Gouverneur
Ony remarque auſſi la Maiesté du
Pere..
Tousvos Emploisfontſesdelices,
Son espritypenetre avecfacilité,
Etdanssa Cour sçavante onvoit àfon costé
Ceuxquifont les premiers danstous vος -
exercices;
H. vous rendbien l'éclat qu'ilreçoitde
vosArtsi
86 LE MERCVRE
Donnez-luy donc au moins fon rang Surle Parnaffe :
Vous avez élevé le plus grands des Cefars,
Ce Prince avec raiſon doit occuper leur
place.
Fermer
Résumé : STANCES.
Le poème 'Stances' célèbre les exploits du prince Louis, fils du roi Louis XIV. La muse narratrice, présidant aux héros et aux savants, souligne les victoires militaires du prince, notamment la prise de Cambrai et de Saint-Omer. Elle admire ses actions surprenantes et ses talents dans les arts et les conquêtes. Le narrateur encourage les muses à ne pas craindre le prince, malgré son jeune âge et son charme, car il incarne la grandeur de son gouverneur, le duc de Montausier, et la majesté de son père. Le poème se conclut par une invitation à reconnaître la place du prince parmi les plus grands Césars, soulignant son éclat et son esprit pénétrant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
8
p. 155-167
« Mais, Madame, il est temps que je vous ramene de [...] »
Début :
Mais, Madame, il est temps que je vous ramene de [...]
Mots clefs :
Père de Villiers, Héros, Collège de Clermont, Duc de Bourbon, Maisons de France, Bonheur, Exploits, Éloge, Prince
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Mais, Madame, il est temps que je vous ramene de [...] »
Mais , Madame, il eſt temps que je vous ramene de S. Omer à Paris, où je croy, que vous ne ſerez pas fachéed'accompagner Madame la Ducheſſe au CollegeClermont. LeursAlteſſesSereniffimes Monfieurle Prince&
Monfieur le Duc, qui ont bien.
voulu confier le jeune Duc de Bourbon aux Peres de ce ColE iij
102 LE MERCVRE
lege , pour y faire ſes Eſtudes,
l'y avoient amené depuis fix mois , & Madame la Ducheffe fut bien aiſe il y a quelque temps de leur venir témoigner elle meſme , qu'elle ſe tenoit obligéede leurs foins. Pluſieurs Damesde la premiere Qualité eftoient avec elle ; & lesJefuires, qui ſcavent toûjours bien faire les choses , répondirent à
T'honneurqu'elle leur faifoit par tous ceux qui font deus àune Perfonne de ſon rang. Ils ne ſe contenterent pas de luy mar- quer eux-mefines combien ils eftimoient la grace qu'il luy plai- foit de leur faire. Ils choiſirent
deuxdeleurs plus confiderables Penſionnaires , qui ſuivis de quantité d'autres des plus illu- ftres Maiſonsde France, buy vin- rent faire compliment, &ſe ſer41
GALAN Τ. 103
pl
virentpour cela des Vers que je vous envoye. Monfieur lePrince de Tingry commença par ceux-cy , & vous ne ſçauriez croire, Madame , avec combien
degrace il les prononça. C'eſt le Fils aîné de Monfieurde Lu- xembourg , & fon nom ſuffit pour vous faire concevoir à
quels importans Emplois il eſt un jour deſtiné par ſa naiſſance.
Il a tout à fait de l'eſprit, auffi- bien que M le Marquis de la Chaſtre , qui fut choiſi comme luypour cetEmploy, & ils mar- quent l'un& l'autre , je ne ſçay quoyde grand, qui répondpar- faitement à ce qu'ils font nez. :
Eux Princes , deux Héros , fa- D meux également,
Nous ont depuis fix mois fait un han- neursemblable Aceluy que de vous , Princeſſe incom
parable,
E iiij
104 LE MERCVRE
Nousrecevonspreſentement.
C'est unhonneur pour nous trop re- marquable,
Pour nepas enſçavoir le tempsprecifement :
Mais iln'est pasdefort grande im
portance Devous dire les Noms de cesHéros
fameux Iln'estpoint de Héros en France,
Plus grans &plus illustres qu'eux.. Enmille autres Pars on les connoit tous
deux,
Onlesconnoit en Flandre,en Alle
magne;
Etmesmedanstoute IEspagne On trouvepeu de Noms plusfameux
queleleur.
On doit l'avoir appris en plus d'une Campagne,
Caronſçait toûjours bien le Nomde Son Vainqueur.
Il n'en fautpoint de marques plus
certaines ,
Jedis affez leurNomnediſant quecela,
EtdesHéroscomme ceux-là
Nese trouventpaspardouzaines.
:
GALANT. πος L'accourus pour les voir , &j'y ferois
venu
Delaplus lointaine Province.
Ilsavoiei aveceux unjoly petitPrince,
Qui vous est aussifortconnu.
Déiadans toute sa maniere
Ilfait d'un vray Héros paroiſtre l'ame fiere:
Il a lesyeux brillans , pleins de fen pleinsd'efprit,
Etc'est le Portrait en petit
Deſon Ayeul&defon Pere.
Ce n'est pas tout que la fiertés Iereconnusd'abord en voyantfabeauté,
Qu'il pouvoit bien auſſi reffembler àfa Mere.
Auffi-tôt pourtout Compliment On recita des Vers de chaque espece :
Vousmeritez, grande Princeffe,
Qu'on enfaſſepourvousautant.
Maisnoussommesdes Gens étrages,
Nousvoyons peu de Princeſſes chez
nous
Et leCollege enfin n'apprend point de
Jouanges Pour dire aux Dames, comme vous.
Inousferoit moins difficile
E
2
106 LE MERCVRE
ploits,
De lover de Condé laforce &les ExNoussommes icy plus de mille ,
Preſts àdire pour luy tous les Vers que
Virgile Pourde moindres Héros compoſoit au- trefois.
Mais je ne pense pas que Virgile , он quelque autre Des mieux diſans dans l'Empire Latin,
Ait iamais fait un Eloge affez fin,
Pourenpouvoirtirer le modeleduvôtre.
AinfiScachant, comme iefais,
Qur le mieux quelquefois pour ſe tirer d'affaire,
C'estd'admirer&desetaire.
Princeffe j'admire &me tais.
ApresqueMonfieur le Prin- ce de Tingry eut fait ce Com- pliment àMadame la Ducheffe,
M' le Marquisde la Chaſtre luy fit le ſien par les Vers qui fui- vent, && regeut beaucoup de loüanges de la maniere dont il
GALANT. 107
#
4
A
1
:
les recita. Il eſt l'Aîné de la Maiſonde la Chaftre , & petit- fils de Monfieur le Comtede la Chaftre , Colonel General des
Suiffes.
7816
Vandle meriteeftveritable,
Qon ne peus is defavoritab *
Etl'on fçait toûjours bien loner Cequ'on trouve toûjours louable.
Ainsimoinsnous fommes verfez Dansl'Art qüe la Cour autorife,
DanscetArtflateur qui déguise Tous les defauts qu'on apensez,
Plus ,Princeſſe , pourvous nous avons d'éloquence :
Quandon peut dire cequ'onpenfes Onpeut toûjours en dire affez.
Cen'estdoncpoint en ces lieux ,que les Dames
Doiventattendre les douceurs,
Ettous les Elogesflateurs ,
Qui plaisent tant àla pluspart des Femmes.
Nous aimons trop laverité,
3
Pourbien sçavoir &Are des fleurettes,
D
Evj
108 LE MERCVRE
Nousne traitonspoint deparfaites Cellesdequilavanité Metleurmerite en leurfeule beauté.. Nouscherchons la vertu , l'esprit &le
comage;
ג
Etpour avoirdesloñanges de nous Princeſſe, il faut avoir leſolide avantage DesgrandesQualitez que l'on admire
envom.
C'est en vain que parmodestie Vous en cachez unepartie ,
LaRenommée enparle , &malgré less Emplois Que devos deux Héros elle reçoitfans ceffe ,
Quand l'infatigable Deeffe Et du Prince & du Duc aconté les
Exploits Elletrouve encor de la voix hdng
Pournous parlerde la Ducheffe.
Ilnefautdoncpoint employer LesLongs Preceptes de Science Pourfoutenir les esperances Que vans donne aujourd'huy vôsre. Illu AreEcolier.
GALANT. 109
C
14
1
-
Prince luy dira- t-on,imilezvotre Pere Etvôtre Ayeul, &vôtre Mere ,
Toûjours de leurs Vertus regardez la Portrait.
: Voilà, Prince,comme ilfautfaire Pourse rendre un Princeparfait.
On m'a dit que le Pere de
Villiers eſtoit l'Autheur de ces
Vers ; je n'ay pas de peine à le croire car ils font tres- agreablement tournez, & nous avons
veuquelques Pieces de luy qui fontaffez du caractere de celleсу.
Monfieur le Duc, qui ont bien.
voulu confier le jeune Duc de Bourbon aux Peres de ce ColE iij
102 LE MERCVRE
lege , pour y faire ſes Eſtudes,
l'y avoient amené depuis fix mois , & Madame la Ducheffe fut bien aiſe il y a quelque temps de leur venir témoigner elle meſme , qu'elle ſe tenoit obligéede leurs foins. Pluſieurs Damesde la premiere Qualité eftoient avec elle ; & lesJefuires, qui ſcavent toûjours bien faire les choses , répondirent à
T'honneurqu'elle leur faifoit par tous ceux qui font deus àune Perfonne de ſon rang. Ils ne ſe contenterent pas de luy mar- quer eux-mefines combien ils eftimoient la grace qu'il luy plai- foit de leur faire. Ils choiſirent
deuxdeleurs plus confiderables Penſionnaires , qui ſuivis de quantité d'autres des plus illu- ftres Maiſonsde France, buy vin- rent faire compliment, &ſe ſer41
GALAN Τ. 103
pl
virentpour cela des Vers que je vous envoye. Monfieur lePrince de Tingry commença par ceux-cy , & vous ne ſçauriez croire, Madame , avec combien
degrace il les prononça. C'eſt le Fils aîné de Monfieurde Lu- xembourg , & fon nom ſuffit pour vous faire concevoir à
quels importans Emplois il eſt un jour deſtiné par ſa naiſſance.
Il a tout à fait de l'eſprit, auffi- bien que M le Marquis de la Chaſtre , qui fut choiſi comme luypour cetEmploy, & ils mar- quent l'un& l'autre , je ne ſçay quoyde grand, qui répondpar- faitement à ce qu'ils font nez. :
Eux Princes , deux Héros , fa- D meux également,
Nous ont depuis fix mois fait un han- neursemblable Aceluy que de vous , Princeſſe incom
parable,
E iiij
104 LE MERCVRE
Nousrecevonspreſentement.
C'est unhonneur pour nous trop re- marquable,
Pour nepas enſçavoir le tempsprecifement :
Mais iln'est pasdefort grande im
portance Devous dire les Noms de cesHéros
fameux Iln'estpoint de Héros en France,
Plus grans &plus illustres qu'eux.. Enmille autres Pars on les connoit tous
deux,
Onlesconnoit en Flandre,en Alle
magne;
Etmesmedanstoute IEspagne On trouvepeu de Noms plusfameux
queleleur.
On doit l'avoir appris en plus d'une Campagne,
Caronſçait toûjours bien le Nomde Son Vainqueur.
Il n'en fautpoint de marques plus
certaines ,
Jedis affez leurNomnediſant quecela,
EtdesHéroscomme ceux-là
Nese trouventpaspardouzaines.
:
GALANT. πος L'accourus pour les voir , &j'y ferois
venu
Delaplus lointaine Province.
Ilsavoiei aveceux unjoly petitPrince,
Qui vous est aussifortconnu.
Déiadans toute sa maniere
Ilfait d'un vray Héros paroiſtre l'ame fiere:
Il a lesyeux brillans , pleins de fen pleinsd'efprit,
Etc'est le Portrait en petit
Deſon Ayeul&defon Pere.
Ce n'est pas tout que la fiertés Iereconnusd'abord en voyantfabeauté,
Qu'il pouvoit bien auſſi reffembler àfa Mere.
Auffi-tôt pourtout Compliment On recita des Vers de chaque espece :
Vousmeritez, grande Princeffe,
Qu'on enfaſſepourvousautant.
Maisnoussommesdes Gens étrages,
Nousvoyons peu de Princeſſes chez
nous
Et leCollege enfin n'apprend point de
Jouanges Pour dire aux Dames, comme vous.
Inousferoit moins difficile
E
2
106 LE MERCVRE
ploits,
De lover de Condé laforce &les ExNoussommes icy plus de mille ,
Preſts àdire pour luy tous les Vers que
Virgile Pourde moindres Héros compoſoit au- trefois.
Mais je ne pense pas que Virgile , он quelque autre Des mieux diſans dans l'Empire Latin,
Ait iamais fait un Eloge affez fin,
Pourenpouvoirtirer le modeleduvôtre.
AinfiScachant, comme iefais,
Qur le mieux quelquefois pour ſe tirer d'affaire,
C'estd'admirer&desetaire.
Princeffe j'admire &me tais.
ApresqueMonfieur le Prin- ce de Tingry eut fait ce Com- pliment àMadame la Ducheffe,
M' le Marquisde la Chaſtre luy fit le ſien par les Vers qui fui- vent, && regeut beaucoup de loüanges de la maniere dont il
GALANT. 107
#
4
A
1
:
les recita. Il eſt l'Aîné de la Maiſonde la Chaftre , & petit- fils de Monfieur le Comtede la Chaftre , Colonel General des
Suiffes.
7816
Vandle meriteeftveritable,
Qon ne peus is defavoritab *
Etl'on fçait toûjours bien loner Cequ'on trouve toûjours louable.
Ainsimoinsnous fommes verfez Dansl'Art qüe la Cour autorife,
DanscetArtflateur qui déguise Tous les defauts qu'on apensez,
Plus ,Princeſſe , pourvous nous avons d'éloquence :
Quandon peut dire cequ'onpenfes Onpeut toûjours en dire affez.
Cen'estdoncpoint en ces lieux ,que les Dames
Doiventattendre les douceurs,
Ettous les Elogesflateurs ,
Qui plaisent tant àla pluspart des Femmes.
Nous aimons trop laverité,
3
Pourbien sçavoir &Are des fleurettes,
D
Evj
108 LE MERCVRE
Nousne traitonspoint deparfaites Cellesdequilavanité Metleurmerite en leurfeule beauté.. Nouscherchons la vertu , l'esprit &le
comage;
ג
Etpour avoirdesloñanges de nous Princeſſe, il faut avoir leſolide avantage DesgrandesQualitez que l'on admire
envom.
C'est en vain que parmodestie Vous en cachez unepartie ,
LaRenommée enparle , &malgré less Emplois Que devos deux Héros elle reçoitfans ceffe ,
Quand l'infatigable Deeffe Et du Prince & du Duc aconté les
Exploits Elletrouve encor de la voix hdng
Pournous parlerde la Ducheffe.
Ilnefautdoncpoint employer LesLongs Preceptes de Science Pourfoutenir les esperances Que vans donne aujourd'huy vôsre. Illu AreEcolier.
GALANT. 109
C
14
1
-
Prince luy dira- t-on,imilezvotre Pere Etvôtre Ayeul, &vôtre Mere ,
Toûjours de leurs Vertus regardez la Portrait.
: Voilà, Prince,comme ilfautfaire Pourse rendre un Princeparfait.
On m'a dit que le Pere de
Villiers eſtoit l'Autheur de ces
Vers ; je n'ay pas de peine à le croire car ils font tres- agreablement tournez, & nous avons
veuquelques Pieces de luy qui fontaffez du caractere de celleсу.
Fermer
Résumé : « Mais, Madame, il est temps que je vous ramene de [...] »
Madame la Duchesse visita le Collège Clermont à Paris, accompagnée de plusieurs dames de haute qualité. Elle avait amené le jeune Duc de Bourbon pour ses études six mois auparavant. Les Jésuites, reconnaissants de la confiance accordée, organisèrent une réception en son honneur. Deux pensionnaires éminents, suivis de nombreux autres élèves issus de grandes familles françaises, lui rendirent hommage en récitant des vers. Le Prince de Tingry, fils aîné du Duc de Luxembourg, et le Marquis de la Chastre furent choisis pour prononcer ces vers. Ils louèrent les princes, comparant leur honneur à celui de la Duchesse. Les vers soulignèrent également la renommée des princes en France, en Flandre, en Allemagne et en Espagne, et mentionnèrent la présence du jeune prince, décrit comme ayant une âme fière et des traits ressemblant à ceux de ses ancêtres. Après les compliments, le Marquis de la Chastre récita à son tour des vers, recevant des éloges pour sa prestation. Il souligna l'importance de la vertu, de l'esprit et du courage, affirmant que les louanges doivent être méritées et non seulement basées sur la beauté. Le texte se conclut par des éloges adressés à la Duchesse et à ses héros, soulignant que les exploits des princes sont bien connus et admirés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9
p. 80-84
A MONSIEUR, Sur ses Conquestes.
Début :
Puis que nous sommes revenus à la Bataille de Cassel, / CASSEL estoit connu par ces grandes journées [...]
Mots clefs :
Cassel, Philippe, Héros, Victoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSIEUR, Sur ses Conquestes.
Puis que nous ſommes re- venus àlaBataille de Caſſel , il
faut que je vous faffe part de ces Vers qu'a faits M'Marti- net, Ayde des Ceremonies, fur les Victoires de Son Alteſſe
Royale.
骨骨や骨好好好好好炉炉炉炉
A MONSIEUR,
Sur les Conqueſtes.
C
ASSEL estoit connu partes
grandes journées ,
Qui couvrirent d'honneur deux
Teftes couronnées.
Sous lenomde PHILIPPE , égale- mentheureux ,
Si l'on vit triompher ces Princes
genereux ,
60 LE MERCVRE
Superbes de leur Nom , &jaloux
de leur Gloire ,
Comme eux d'un pas hardy tu
cours àla Victoire ;
Mais ta rare conduite a dequoy
nous charmer ,
Tu cherches l'Ennemy fans quitter Saint Omer.
Sans détacher les tiens du pied
de lamuraille ,
Tupréviens le Secours , tu gagnes
La Bataille,
Et tout couvert deSang, reviens
d'un pas vainqueur Donneraux Affiegeans de laforce
&ducœur.
Sevoyant hors d'estat de defendre
la Place ,
Déja les Aſſiegezont recours àta
grace:
D'une Ame fi Royale on doit tout
esperer ,
Et
GALANT. 61
8*
18939
Et ta Blemence est feûre à qui veut l'implorer.
Deces fameux Héros tu ranimes
la cendre,
On croit en te voyantvoir unautreAlexandre:
Ta Valeur admirable,&tes Faits
inoüis
Font reconnoiſtre en toy le par fang de Loürs.
Viens bannir de nos cœurs la
trainte&les alarmes ,
Au Vainqueur des Vainqueurs
viens consacrer tesArmes ,
Des Drapeaux Ennemis viens chargerſes Autels ,
Payeràses grandeurs des Tributs
immortels ,
Et par un humble aveu de Sa hautepuiſſance ,
Signaler & ton zele & tareconnoiffance.
Tome V. F
}
62 LE MERCVRE
٢٠
Sans elle un coup fatal cust rompu
les accords
Qui tiennent attachez & ton
ame & ton corps ;
Laiffe pour quelques jours refpirer ton Armée,
Ettandis que partout laprompte
Renommée
Ira femel le buit de tes travaux
guerriers ,
Viens respirer toy-mefme à l'ombre
des Lauriers.
faut que je vous faffe part de ces Vers qu'a faits M'Marti- net, Ayde des Ceremonies, fur les Victoires de Son Alteſſe
Royale.
骨骨や骨好好好好好炉炉炉炉
A MONSIEUR,
Sur les Conqueſtes.
C
ASSEL estoit connu partes
grandes journées ,
Qui couvrirent d'honneur deux
Teftes couronnées.
Sous lenomde PHILIPPE , égale- mentheureux ,
Si l'on vit triompher ces Princes
genereux ,
60 LE MERCVRE
Superbes de leur Nom , &jaloux
de leur Gloire ,
Comme eux d'un pas hardy tu
cours àla Victoire ;
Mais ta rare conduite a dequoy
nous charmer ,
Tu cherches l'Ennemy fans quitter Saint Omer.
Sans détacher les tiens du pied
de lamuraille ,
Tupréviens le Secours , tu gagnes
La Bataille,
Et tout couvert deSang, reviens
d'un pas vainqueur Donneraux Affiegeans de laforce
&ducœur.
Sevoyant hors d'estat de defendre
la Place ,
Déja les Aſſiegezont recours àta
grace:
D'une Ame fi Royale on doit tout
esperer ,
Et
GALANT. 61
8*
18939
Et ta Blemence est feûre à qui veut l'implorer.
Deces fameux Héros tu ranimes
la cendre,
On croit en te voyantvoir unautreAlexandre:
Ta Valeur admirable,&tes Faits
inoüis
Font reconnoiſtre en toy le par fang de Loürs.
Viens bannir de nos cœurs la
trainte&les alarmes ,
Au Vainqueur des Vainqueurs
viens consacrer tesArmes ,
Des Drapeaux Ennemis viens chargerſes Autels ,
Payeràses grandeurs des Tributs
immortels ,
Et par un humble aveu de Sa hautepuiſſance ,
Signaler & ton zele & tareconnoiffance.
Tome V. F
}
62 LE MERCVRE
٢٠
Sans elle un coup fatal cust rompu
les accords
Qui tiennent attachez & ton
ame & ton corps ;
Laiffe pour quelques jours refpirer ton Armée,
Ettandis que partout laprompte
Renommée
Ira femel le buit de tes travaux
guerriers ,
Viens respirer toy-mefme à l'ombre
des Lauriers.
Fermer
Résumé : A MONSIEUR, Sur ses Conquestes.
Le poème de M. Martinet célèbre les victoires du prince Philippe lors de la bataille de Cassel. L'auteur loue la stratégie et le courage du prince, soulignant que Cassel a été le théâtre de grandes journées honorant deux têtes couronnées. Sous le nom de Philippe, les princes ont triomphé, fiers de leur nom et de leur gloire. Le prince a cherché l'ennemi sans quitter Saint-Omer, a prévenu les secours, gagné la bataille et est revenu victorieux pour encourager les assiégés. Ces derniers, incapables de défendre la place, ont imploré la grâce du prince, connue pour sa bonté. Le prince est comparé à Alexandre pour sa valeur et ses exploits. Le poème appelle à bannir la crainte, à consacrer les armes au vainqueur et à offrir les drapeaux ennemis comme tribut à sa puissance. Enfin, il est conseillé au prince de laisser son armée se reposer et de profiter de sa renommée pour se reposer à l'ombre des lauriers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10
p. 100-103
Air de M. de Moliere sur des Paroles de M. de Frontiniere, chantées devant le Roy par Madem. Jacquier. [titre d'après la table]
Début :
Cet Article seroit mal finy, si je n'y joignois ces / Grand Roy. fameux Héros à qui tout est soûmis, [...]
Mots clefs :
Paroles, Roi, Héros, Opéra, Lully, Molière
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Air de M. de Moliere sur des Paroles de M. de Frontiniere, chantées devant le Roy par Madem. Jacquier. [titre d'après la table]
Cet Article ſeroit mal finy,
fi jen'y joignois ces Vers qui ont eſté chantez devant le
Roy avec une entiere fatisfa- ction de tous ceux qui ont eu le plaisir de les entendre.
Grand Roy , fameuxHéros à qui
tout estsoumis ,
G 2
76 LE MERCVRE
Tremblerons-nous toûjours comme
vos Ennemis ?
Nepourrons-nous jamais appren- drefans allarmes,
L'étonnantfuccésdevos armes?
Laiſſez porter la guerre en cent
Climats divers ,
Sansvous expoſerdavantage;
Mais vous ferez plûtoft Maistre
de l'Univers ,
Que de vostre Courage.
Ces Paroles ſont de Monfieur de Frontiniere. Il est fi
connude toutes les Perſonnes
de qualité qui ont le goût des bonnes chofes , qu'on ne ſcau- roit mieux loüer ce qu'il fait,
qu'en diſant qu'il en eſt l'Au- theur. C'eſt luy qui a fait l'O- péra de Narciffe , dont vous avez oüy dire tant de bien.
Monfieur de Lully y travaille
GALANT.. 77 avec beaucoup d'application;
& comme on ne peut douter que ſa Muſique ne réponde a
la douceur &à la beauté des
Vers , on a ſujet d'en attendre quelque choſe de merveil- leux. La plus grande partie des belles Paroles qui ont eſté miſes en Chant par Monfieur Lambertdepuis plufieurs an- nées , fontde ce meſmeMon--
fieur de Frontiniere. L'Air de
celles que je vous envoye , a
efté fait par M' Moliere. C'eſt un admirable Génie. Vous
voyez bien que je vous parle de celuy qu'on appelle icy communément lepetitMolie- re
fi jen'y joignois ces Vers qui ont eſté chantez devant le
Roy avec une entiere fatisfa- ction de tous ceux qui ont eu le plaisir de les entendre.
Grand Roy , fameuxHéros à qui
tout estsoumis ,
G 2
76 LE MERCVRE
Tremblerons-nous toûjours comme
vos Ennemis ?
Nepourrons-nous jamais appren- drefans allarmes,
L'étonnantfuccésdevos armes?
Laiſſez porter la guerre en cent
Climats divers ,
Sansvous expoſerdavantage;
Mais vous ferez plûtoft Maistre
de l'Univers ,
Que de vostre Courage.
Ces Paroles ſont de Monfieur de Frontiniere. Il est fi
connude toutes les Perſonnes
de qualité qui ont le goût des bonnes chofes , qu'on ne ſcau- roit mieux loüer ce qu'il fait,
qu'en diſant qu'il en eſt l'Au- theur. C'eſt luy qui a fait l'O- péra de Narciffe , dont vous avez oüy dire tant de bien.
Monfieur de Lully y travaille
GALANT.. 77 avec beaucoup d'application;
& comme on ne peut douter que ſa Muſique ne réponde a
la douceur &à la beauté des
Vers , on a ſujet d'en attendre quelque choſe de merveil- leux. La plus grande partie des belles Paroles qui ont eſté miſes en Chant par Monfieur Lambertdepuis plufieurs an- nées , fontde ce meſmeMon--
fieur de Frontiniere. L'Air de
celles que je vous envoye , a
efté fait par M' Moliere. C'eſt un admirable Génie. Vous
voyez bien que je vous parle de celuy qu'on appelle icy communément lepetitMolie- re
Fermer
Résumé : Air de M. de Moliere sur des Paroles de M. de Frontiniere, chantées devant le Roy par Madem. Jacquier. [titre d'après la table]
Le texte présente un article inachevé complété par des vers chantés devant le roi, qui ont été bien reçus. Ces vers, adressés à un 'Grand Roy, fameux Héros', expriment l'admiration pour ses exploits militaires et suggèrent qu'il pourrait dominer l'univers grâce à son courage plutôt que de se mettre en danger. Les paroles sont attribuées à Monsieur de Frontinière, connu pour son œuvre, notamment l'opéra 'Narcisse'. Monsieur de Lully travaille également sur cet opéra avec beaucoup d'application, et sa musique est attendue pour correspondre à la qualité des vers. La plupart des beaux textes mis en chant par Monsieur Lambert ces dernières années sont également de Monsieur de Frontinière. L'air des vers envoyés a été composé par Molière, décrit comme un 'admirable Génie'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
11
p. 265-271
PANEGYRIQUE DES ALLIEZ.
Début :
Cependant n'estes-vous point surprise des grands préparatifs qui se / Superbes Espagnols, Conquerans des deux Mondes, [...]
Mots clefs :
Héros, Alliés, Guerre, Louis, Philippe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PANEGYRIQUE DES ALLIEZ.
Cependant n'eftes point ſurpriſe des grands pre-
-
vous
paratifs qui ſe ſont faits depuis quatre mois du coſté de l'Al- lemagne, ſans que l'Armée des Alliez ait encor pû rien exe- cuter? Cette lenteur, ou plû- toft cette impuiſſance , a don- né lieu à ces Vers , que je ne veux pas diférer à vous faire
voir.
PANEGYRIQVE
DES ALLIEZ.
SVperbes Espagnols , Conquerans deux Mondes ,
Hollandois fi vantez &fi crainsfur les Ondes,
Allemands qui tenez l'Empire des Cefars2
184 LE MERCVRE Danois ,iffus des Gots qui bravoient les hazards,
Nobles Napolitains , Flamans nez
pour la Guerre,
Vous, enfin ,dont le Nomvapar tonte la Terre ,
Que n'aurez vous point fait vous
3
eſtant tousunis ? Epunis
Sans doute on aura veu mille Tyrans Cent Princes détronez , l'Univers en
alarmes , 1
LeTurc &le Sophy rendre bommageàvosarmes.
Dumoinstoute l' Europe abandonnant fesRois,
Doit les fers àla main s'estre offerte àvos Loix :
Carque ne peuvent point tant deHé ros ensemble ,
Héros aunom de qui tout s'abaiffe tout tremble ,
Héros l'effroydu Monde, &qui to
jours Vainqueurs Des plus fiers Ennemis glacent d'a bord les cœurs ?
Je n'exagere point ; qu'on life vos Histoires,
GALANT. 185 /
A
Etoires , [pouffez,
On verra du mesme air étaler vosVi
Ony verra par tout des Anglois re- Des Suedois batus , des François renverſez.
Mais par malheurpour vous ces Il- lustres Défaites N'ont pour tout fondement que vos fadesGazetes ,
Et tous vos Armemens , dans leur
grand appareil,
Sont de foibles Broüillards qu'écarte
LYO
le Soleil.
Déjadepuis fix ans malgré plusde
vingt Princes, *
Nos troupes ont toujours veſcu dane
८
vos Provinces.
Nos Neveux croiront-ilsque tantde
Potentats
Se foient chargezduſoin de nourrir nos Soldats ,
TroisRois , quatre Electeurs , Ducs,
Comtes , Republiques ?
IndignesCombatans , mal-adroits Politiques,
Avec tant d'arrogance &fi peu de
vertu
186 LE MERCURE
Vous meritiez l'affront que ves armes
ont eu
Loüis , le Grand Loüis parſaſeu- lepuiſſance ,
Rompt les honteux deſſeins d'une in- juste Alliance;
Il vadansvos Pais,la Victoire lefuit,
Esle coup estfiprompt qu'ildevance lebruit.
Mastric, Placefi forte &fi bien de- fenduë,
Eftpresque en mesme temps attaquée
renduë ,
Besançon,Dole, Gré, Salins , Limbourg, Bouchain,
Aire, Condé, Dinan, luy reſiſtent en vain.
Ces Triomphes font peu ; Cambray ,
Valencienne ,
Font enprenant ſes Loix leurgloire delafienne.
Defon costéPHILIPPE ardent àl'imiter
Conçoit un grand Deffein , &court l'executer.
Ilcombat, met enfuite , &les Lanriers qu'il gagne ,
Font
GALANT. 187 •Font perdre avec l'honneur Saint Omer àl'Espagne.
:
:
Maispourquiterl' Eſcant &la MeuSe la Lis Nostre Auguste Héros plante plus loinſes Lys.
La Sicile obeït à ses grands Capi taines,
La Catalogne voit Navailles dans ſesPlaines,
Dans l'Amerique, enfin , Cayenne &
Tabaco
Mettent tout enallarme àMexique
&Cufco.
C'est par defi grands coups , pardefi nobles marques,
Qu'ils'estacquis lenomduplus grand desMonarques,
Qu'on publie àl'envy dece Royglo- rieux.
Qu'estant ſeul contre tous ,il triom- pheentous lieux,
Etqu'entre les Humains avec de tels obstacles ,
Luy ſeul pouvoit fournir àfaire c
-
vous
paratifs qui ſe ſont faits depuis quatre mois du coſté de l'Al- lemagne, ſans que l'Armée des Alliez ait encor pû rien exe- cuter? Cette lenteur, ou plû- toft cette impuiſſance , a don- né lieu à ces Vers , que je ne veux pas diférer à vous faire
voir.
PANEGYRIQVE
DES ALLIEZ.
SVperbes Espagnols , Conquerans deux Mondes ,
Hollandois fi vantez &fi crainsfur les Ondes,
Allemands qui tenez l'Empire des Cefars2
184 LE MERCVRE Danois ,iffus des Gots qui bravoient les hazards,
Nobles Napolitains , Flamans nez
pour la Guerre,
Vous, enfin ,dont le Nomvapar tonte la Terre ,
Que n'aurez vous point fait vous
3
eſtant tousunis ? Epunis
Sans doute on aura veu mille Tyrans Cent Princes détronez , l'Univers en
alarmes , 1
LeTurc &le Sophy rendre bommageàvosarmes.
Dumoinstoute l' Europe abandonnant fesRois,
Doit les fers àla main s'estre offerte àvos Loix :
Carque ne peuvent point tant deHé ros ensemble ,
Héros aunom de qui tout s'abaiffe tout tremble ,
Héros l'effroydu Monde, &qui to
jours Vainqueurs Des plus fiers Ennemis glacent d'a bord les cœurs ?
Je n'exagere point ; qu'on life vos Histoires,
GALANT. 185 /
A
Etoires , [pouffez,
On verra du mesme air étaler vosVi
Ony verra par tout des Anglois re- Des Suedois batus , des François renverſez.
Mais par malheurpour vous ces Il- lustres Défaites N'ont pour tout fondement que vos fadesGazetes ,
Et tous vos Armemens , dans leur
grand appareil,
Sont de foibles Broüillards qu'écarte
LYO
le Soleil.
Déjadepuis fix ans malgré plusde
vingt Princes, *
Nos troupes ont toujours veſcu dane
८
vos Provinces.
Nos Neveux croiront-ilsque tantde
Potentats
Se foient chargezduſoin de nourrir nos Soldats ,
TroisRois , quatre Electeurs , Ducs,
Comtes , Republiques ?
IndignesCombatans , mal-adroits Politiques,
Avec tant d'arrogance &fi peu de
vertu
186 LE MERCURE
Vous meritiez l'affront que ves armes
ont eu
Loüis , le Grand Loüis parſaſeu- lepuiſſance ,
Rompt les honteux deſſeins d'une in- juste Alliance;
Il vadansvos Pais,la Victoire lefuit,
Esle coup estfiprompt qu'ildevance lebruit.
Mastric, Placefi forte &fi bien de- fenduë,
Eftpresque en mesme temps attaquée
renduë ,
Besançon,Dole, Gré, Salins , Limbourg, Bouchain,
Aire, Condé, Dinan, luy reſiſtent en vain.
Ces Triomphes font peu ; Cambray ,
Valencienne ,
Font enprenant ſes Loix leurgloire delafienne.
Defon costéPHILIPPE ardent àl'imiter
Conçoit un grand Deffein , &court l'executer.
Ilcombat, met enfuite , &les Lanriers qu'il gagne ,
Font
GALANT. 187 •Font perdre avec l'honneur Saint Omer àl'Espagne.
:
:
Maispourquiterl' Eſcant &la MeuSe la Lis Nostre Auguste Héros plante plus loinſes Lys.
La Sicile obeït à ses grands Capi taines,
La Catalogne voit Navailles dans ſesPlaines,
Dans l'Amerique, enfin , Cayenne &
Tabaco
Mettent tout enallarme àMexique
&Cufco.
C'est par defi grands coups , pardefi nobles marques,
Qu'ils'estacquis lenomduplus grand desMonarques,
Qu'on publie àl'envy dece Royglo- rieux.
Qu'estant ſeul contre tous ,il triom- pheentous lieux,
Etqu'entre les Humains avec de tels obstacles ,
Luy ſeul pouvoit fournir àfaire c
Fermer
Résumé : PANEGYRIQUE DES ALLIEZ.
Le texte critique la lenteur et l'impuissance de l'Armée des Alliés face aux préparatifs allemands. Il loue les capacités militaires des Espagnols, Hollandais, Allemands, Danois, Napolitains et Flamands, tout en soulignant que ces éloges sont exagérés et que les succès des alliés ne sont que des illusions propagées par leurs gazettes. Depuis six ans, les troupes françaises ont vécu aux dépens des provinces ennemies, soutenues par de nombreux potentats. Le texte dénonce l'arrogance et l'incompétence des alliés, affirmant que Louis XIV a contrecarré les desseins d'une alliance injuste. Il énumère les villes conquises par les Français, telles que Maastricht, Besançon et Cambrai, et mentionne les victoires de Philippe en Espagne. Les succès français en Sicile, en Catalogne et en Amérique sont également soulignés, affirmant que Louis XIV a triomphé malgré les obstacles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
12
p. 281-292
SUR L'EDUCATION de Monseigneur le DAUPHIN, & le soin que prend le ROY de dresser luy-mesme les Memoires de son Regne, pour servir d'instruction à ce jeune Prince.
Début :
Mille remercîmens, Madame, de ceux que vous me faites [...]
Mots clefs :
Académie française, Dauphin, Empire, Éducation, Pièces galantes, Prix, Leçons, France, Héros, Successeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR L'EDUCATION de Monseigneur le DAUPHIN, & le soin que prend le ROY de dresser luy-mesme les Memoires de son Regne, pour servir d'instruction à ce jeune Prince.
Mille remercîmens , Madame, de ceuxque vous me fai- tes de la part de vos Amies pour le Marqués de Monfieur de Fontenelle que je vous en- voyay la derniere fois. Je ſuis bien aiſe que vous luy ayez fait rendre juſtice dans voſtre Province , & fatisferay avec joye à l'ordre que vous me donnez de ramaſſer tout ce
queje pourray trouverdePie- ces Galantes de ſa façon. Ne croyez pas cependant qu'il ne ſoit propre qu'au Stile badin.
Quoyqu'il convienne mieux à
fon âgeque le ſérieux , voyez,
4
198 LE MERCURE
jevous prie, comme il ſe tire d'affaires quand il a de grandes matieres à traiter. Ses Amis
luy ayant conſeillé de travail- lerſur celle que Meſſieurs de l'Academie Françoiſe avoient choiſie pour le Prix qui s'y donne touslesdeux ans, il leur
envoya les Vers qui fuivent.
SUR L'EDUCATION
deMonſeigneur le DAUPHIN, &
✔le ſoin que prend le ROY de dreffer luy-meſme les Memoires
de fon Regne , pour ſervir d'in- ſtruction à ce Prince.
:
CRANCE , de ton pouvoir . F temple l'étenduë
conVoy de tes Ennemis l'Union confondue;
Ils n'ont fait après tout par leurs
vains attentats
Que
GALANT. 199 Que te donner le droit de dompter
leurs Etats.
Floriſſante au dedans , au dehors redoutée,
Enfin au plus haut point ta grandew estmontée.
Maisce rare bonheur , France , dont tujoüis;
Niroit pas au delà du Regne de
Loüis;
Ton Empire chargée des Donsde la
Victoire ,
Succomberoit un jour ſous l'amas de
fagloire,
Si Loüis dont les soins embraſſent l'avenir , [Soûtenir.
Ne te formoit un Roy qui ſçeuſt la Il faut tout un Héros pour le rang qu'il poſſede ,
Amoins qu'on ne l'imite en vain on
luyfuccede.
Que le Sceptre est pénible apres qu'il l'aporté!
Partant d'Etatsfoûmissonpoids s'est augmenté;
イ
Etpar unsi grand Royces Provinces conquiſes,
Tome VI. S
200 LE MERCURE
Dans les mains d'un grand Roy veu- lent estreremiſes.
Peut-estre estoit-ce affez pour remplir cedeſtin,
Quele Sangde Loüis nousdonnât
UN DAUPHIN.
Sorty d'une origine &fi noble &fi
pure,
Que de vertus en lay promettoit la Nature ,
Etqui nese fûtpas repoféſurſafoy?
Mais commeelle auroit pû nefaire en luy qu'unRoy,
Loüis fait un Héros si digne de l'Empire,
Que nous l'élirions tous s'il fe devoie
élire.
Peuples , le croirez-vous ? de cette mesmemain Dont le Foudre vangeur ne part jamaisen vain ,
Sous qui l'audace tremble , & l'or.
gueil s'humilie ,
Iltrace pource Fils l'Histoire de ſa
vie,
Ce long enchaînement bautsFaits,
ce tiffu de
GALANT. 201
Qu'aucuns momens oyſifs n'interrom
pentjamais ;
Ne nousfigurons point qu'il la borne àdécrire
Vn Empire nouveauqui groſſit nostre
Empire ,
Nos Drapeauxarborezfur ces fuper- bes Forts
D'où Cambray défioit nos plus vail lans efforts,
Etd'Espagnolsdéfaits ces Campagnes
couvertes,
Et la riche Sicile adjoûtée à leurs
pertes, [laiſfer Exploits trop publiez, &dont il veur L'exemple à tous les Roiss'ils l'ofent embraffer.
Maisles profondsſecrets desa baute Sagesse,
Ce n'est qu'àſon DAUPHIN que ce Hérosteslaiffe:
Tousces vaftes deffeins qu'execute un
instant,
Etdontil nenousvient que le bruit éclatant,
Lesyeux seulsde fon Fils découvrens teurnaiſſance.
Sij
202 LE MERCVRE
Il les voit lentement meurir dans le
filence,
Et recevoir toûjours d'inſenſiblesprogrés,
'Tant que tout à l'envy réponde dis Succés,
Etque de tous coſtez la Fortunefoû- mise Se trouve hors d'état de trahir l'entrepriſe.
Tremblez, fiers Espagnols; Belges,
reconnoissez Dequoyparces Leçons vous estes me-.
nacez.
Quand Loüis affrontant vos feux
vos machines ,
Devos murs abbatus entaſſe lesruïnes,
Querien nese dérobe àson juste conroux ,
Peut- estre n'est-il pas plus à craindre
pourvous ,
Que quand avec les Soins de l'amour paternelle ,
Ils'attache àformer fon Fils furfon
modele.
Dans ce Present qu'il fait àſes i en plescharmez2
GALANT. 203 Combien d'autres Preſensse trouvent
renfermez!
Ilnousdonne en luyfeuldes Victoires certaines,
Ilnous donne l'Ibere accablé de nos
chaînes.
Combien, heureuxFraçois,devez-vous
àLoüis 7
Pour toutes les vertus dont il orne co
Fils!
Maiss'il falloit encor, qu'à cesvertus
guerrieres ,
LesMuses, tes beaux Artspretaffent
leurslumieres,
Combienluy devez-vous pourlegrand
Montaufier,
Qu'à ce noble travail ildaigne af- focier!
Il est cent ¢ Rois dont peut-eftre l'Histoire,
Dans lafoule desRoiscacheroit lame
moire,
Si de leurs Succeſſeurs l'indigne lacheté, [pas merité;
Ne leur donnoit l'éclat qu'ils n'ont
Princés de qui les Noms avec gloire furvivent,
Sij
204 LE MERCURE
Parce qu'on les compare avec ceux qui lesſuivent.
Quelquefois mesme un Roy qui ne se répond pas Qued'affez longs regrets honorentfon trépas ,
Par un tourpolitiqueen ſecretſeménage D'un indigne Heritier le honteux .
anantage. [defau's;
Tibere deût l'Empire à ses beurenxx
Anguste eust pû d'ailleurs craindre pen de Rivaux;
1
<
Maisenfin aux Romainssa vertufut plus chere Quand elle eutleſecours desvicesde
Tibere :
Tudédaignes , Loüis , ces Maximes d'Etat,
Tu veux qu'un Succeffeur augmente ton éclat
Mais loin qu'à ses dépens ton grand Nomſe ſoutienne ,
Tu veux queparsagloire il augmente la tienne.. Animé de ton Sang, formé par tes Leçons
GALANT. 20
DeDisciple &de Fils reüniſſant les Noms ,
Quelleshautes vertuspeut- ilfaire pa- rolltre ,
Qu'il n'herite d'un Pere,ou n'apprenned'un Maistre?
Les Peuples conteront aurang de tes
bien-faits Lebonheurdontfamain comblera leurs Souhaits ;
Etpar fon bras vainqueur nos Ennemis en fuite ,
N'imputeront qu'à toy beur Puiſſance
détruite.
Déjatous nos François Spectateurs de
tes Soins ,
Dans ces voix d'allegreffe àl'envy se
font joins.
Noftre jeune DAUPHINdes beauxde
firs s'enflame,
1
Loüis par ses Leçons luy transmet
-fagrande ame Il attend qu'il le ſuive un jour d'un
pas égal,
Et dans son propre Filsſepromet un Rinal.
MBLANTR
queje pourray trouverdePie- ces Galantes de ſa façon. Ne croyez pas cependant qu'il ne ſoit propre qu'au Stile badin.
Quoyqu'il convienne mieux à
fon âgeque le ſérieux , voyez,
4
198 LE MERCURE
jevous prie, comme il ſe tire d'affaires quand il a de grandes matieres à traiter. Ses Amis
luy ayant conſeillé de travail- lerſur celle que Meſſieurs de l'Academie Françoiſe avoient choiſie pour le Prix qui s'y donne touslesdeux ans, il leur
envoya les Vers qui fuivent.
SUR L'EDUCATION
deMonſeigneur le DAUPHIN, &
✔le ſoin que prend le ROY de dreffer luy-meſme les Memoires
de fon Regne , pour ſervir d'in- ſtruction à ce Prince.
:
CRANCE , de ton pouvoir . F temple l'étenduë
conVoy de tes Ennemis l'Union confondue;
Ils n'ont fait après tout par leurs
vains attentats
Que
GALANT. 199 Que te donner le droit de dompter
leurs Etats.
Floriſſante au dedans , au dehors redoutée,
Enfin au plus haut point ta grandew estmontée.
Maisce rare bonheur , France , dont tujoüis;
Niroit pas au delà du Regne de
Loüis;
Ton Empire chargée des Donsde la
Victoire ,
Succomberoit un jour ſous l'amas de
fagloire,
Si Loüis dont les soins embraſſent l'avenir , [Soûtenir.
Ne te formoit un Roy qui ſçeuſt la Il faut tout un Héros pour le rang qu'il poſſede ,
Amoins qu'on ne l'imite en vain on
luyfuccede.
Que le Sceptre est pénible apres qu'il l'aporté!
Partant d'Etatsfoûmissonpoids s'est augmenté;
イ
Etpar unsi grand Royces Provinces conquiſes,
Tome VI. S
200 LE MERCURE
Dans les mains d'un grand Roy veu- lent estreremiſes.
Peut-estre estoit-ce affez pour remplir cedeſtin,
Quele Sangde Loüis nousdonnât
UN DAUPHIN.
Sorty d'une origine &fi noble &fi
pure,
Que de vertus en lay promettoit la Nature ,
Etqui nese fûtpas repoféſurſafoy?
Mais commeelle auroit pû nefaire en luy qu'unRoy,
Loüis fait un Héros si digne de l'Empire,
Que nous l'élirions tous s'il fe devoie
élire.
Peuples , le croirez-vous ? de cette mesmemain Dont le Foudre vangeur ne part jamaisen vain ,
Sous qui l'audace tremble , & l'or.
gueil s'humilie ,
Iltrace pource Fils l'Histoire de ſa
vie,
Ce long enchaînement bautsFaits,
ce tiffu de
GALANT. 201
Qu'aucuns momens oyſifs n'interrom
pentjamais ;
Ne nousfigurons point qu'il la borne àdécrire
Vn Empire nouveauqui groſſit nostre
Empire ,
Nos Drapeauxarborezfur ces fuper- bes Forts
D'où Cambray défioit nos plus vail lans efforts,
Etd'Espagnolsdéfaits ces Campagnes
couvertes,
Et la riche Sicile adjoûtée à leurs
pertes, [laiſfer Exploits trop publiez, &dont il veur L'exemple à tous les Roiss'ils l'ofent embraffer.
Maisles profondsſecrets desa baute Sagesse,
Ce n'est qu'àſon DAUPHIN que ce Hérosteslaiffe:
Tousces vaftes deffeins qu'execute un
instant,
Etdontil nenousvient que le bruit éclatant,
Lesyeux seulsde fon Fils découvrens teurnaiſſance.
Sij
202 LE MERCVRE
Il les voit lentement meurir dans le
filence,
Et recevoir toûjours d'inſenſiblesprogrés,
'Tant que tout à l'envy réponde dis Succés,
Etque de tous coſtez la Fortunefoû- mise Se trouve hors d'état de trahir l'entrepriſe.
Tremblez, fiers Espagnols; Belges,
reconnoissez Dequoyparces Leçons vous estes me-.
nacez.
Quand Loüis affrontant vos feux
vos machines ,
Devos murs abbatus entaſſe lesruïnes,
Querien nese dérobe àson juste conroux ,
Peut- estre n'est-il pas plus à craindre
pourvous ,
Que quand avec les Soins de l'amour paternelle ,
Ils'attache àformer fon Fils furfon
modele.
Dans ce Present qu'il fait àſes i en plescharmez2
GALANT. 203 Combien d'autres Preſensse trouvent
renfermez!
Ilnousdonne en luyfeuldes Victoires certaines,
Ilnous donne l'Ibere accablé de nos
chaînes.
Combien, heureuxFraçois,devez-vous
àLoüis 7
Pour toutes les vertus dont il orne co
Fils!
Maiss'il falloit encor, qu'à cesvertus
guerrieres ,
LesMuses, tes beaux Artspretaffent
leurslumieres,
Combienluy devez-vous pourlegrand
Montaufier,
Qu'à ce noble travail ildaigne af- focier!
Il est cent ¢ Rois dont peut-eftre l'Histoire,
Dans lafoule desRoiscacheroit lame
moire,
Si de leurs Succeſſeurs l'indigne lacheté, [pas merité;
Ne leur donnoit l'éclat qu'ils n'ont
Princés de qui les Noms avec gloire furvivent,
Sij
204 LE MERCURE
Parce qu'on les compare avec ceux qui lesſuivent.
Quelquefois mesme un Roy qui ne se répond pas Qued'affez longs regrets honorentfon trépas ,
Par un tourpolitiqueen ſecretſeménage D'un indigne Heritier le honteux .
anantage. [defau's;
Tibere deût l'Empire à ses beurenxx
Anguste eust pû d'ailleurs craindre pen de Rivaux;
1
<
Maisenfin aux Romainssa vertufut plus chere Quand elle eutleſecours desvicesde
Tibere :
Tudédaignes , Loüis , ces Maximes d'Etat,
Tu veux qu'un Succeffeur augmente ton éclat
Mais loin qu'à ses dépens ton grand Nomſe ſoutienne ,
Tu veux queparsagloire il augmente la tienne.. Animé de ton Sang, formé par tes Leçons
GALANT. 20
DeDisciple &de Fils reüniſſant les Noms ,
Quelleshautes vertuspeut- ilfaire pa- rolltre ,
Qu'il n'herite d'un Pere,ou n'apprenned'un Maistre?
Les Peuples conteront aurang de tes
bien-faits Lebonheurdontfamain comblera leurs Souhaits ;
Etpar fon bras vainqueur nos Ennemis en fuite ,
N'imputeront qu'à toy beur Puiſſance
détruite.
Déjatous nos François Spectateurs de
tes Soins ,
Dans ces voix d'allegreffe àl'envy se
font joins.
Noftre jeune DAUPHINdes beauxde
firs s'enflame,
1
Loüis par ses Leçons luy transmet
-fagrande ame Il attend qu'il le ſuive un jour d'un
pas égal,
Et dans son propre Filsſepromet un Rinal.
MBLANTR
Fermer
Résumé : SUR L'EDUCATION de Monseigneur le DAUPHIN, & le soin que prend le ROY de dresser luy-mesme les Memoires de son Regne, pour servir d'instruction à ce jeune Prince.
L'auteur d'une lettre et d'un poème exprime sa satisfaction que la dame à qui il écrit ait rendu hommage au marquis de Fontenelle dans sa province. Il accepte de rassembler des pièces galantes de Fontenelle, soulignant que ce dernier est capable de traiter des sujets sérieux malgré son style badin. Le poème, intitulé 'Sur l'éducation de Monseigneur le Dauphin', célèbre les vertus et les réalisations du roi Louis XIV et de son fils, le Dauphin. Il met en avant les succès militaires de la France sous Louis XIV, notamment la prise de Cambrai et de la Sicile. Le poème souligne également les soins que le roi prend pour éduquer le Dauphin, lui transmettant ses connaissances et ses victoires. Cette éducation vise à former le Dauphin selon le modèle de son père, afin qu'il puisse continuer et augmenter la gloire de la France. Le texte insiste sur l'importance de cette éducation, espérant que le Dauphin suivra les pas de son père et continuera à apporter bonheur et victoire à la France. Le poème se conclut par cet espoir, soulignant la transmission des valeurs et des succès militaires de Louis XIV à son fils.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
13
p. 10-12
SUR CE QUE LE ROY n'a point d'égal.
Début :
Le premier des trois Sonnets que j'ajoûte icy, est de Monsieur de Grammont / Dans chaque Age on a vû plus d'un grand Capitaine ; [...]
Mots clefs :
Histoire romaine, Louis, Paix, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR CE QUE LE ROY n'a point d'égal.
Le premier des trois Sonnets
que j'ajoûte icy , eft de Monfieur
de Grammont de Richelieu ; le
fecond , de Monfieur Louchaut,
& le troifiéme , de Monfieur de
Grivagere le jeune de Falaife.
SUR CE QUE LE ROY
n'a point d'égal .
D4
Ans chaque Age on a vû plus
d'ungrand Capitaine ;
Le plus grand eut toujours un Concurrent
fatal ;
3
Témoin ce qu'on nous dit dans l'Hiftoire
Romaine
GALANT. rt
Du fameux Scipion , & du grand
Annibal.
Marius & Sylla fe font fait de la
peine.
Céfar eut en Pompée un terrible
Rival:;
Marc Antoine amolly par l'Amour
de la Reine ,
S'ilne vainquit Augufte , il luyfit
bien du mal.
Quoy que l'on redoutaft de François
la vaillance,
Charles quint cependaas balança
Sa puissance.
LOVIS fans concurrent paroift feul
aujourd'huy.
Cherchez chez nos Voifins , courez
toute la Terre ,
Soit pour régir en Paix , ou triompher
en Guerre ,
A 6
7-
I 2 MERCURE
Où pourra- t- on trouver un Héros
comme luy ?
que j'ajoûte icy , eft de Monfieur
de Grammont de Richelieu ; le
fecond , de Monfieur Louchaut,
& le troifiéme , de Monfieur de
Grivagere le jeune de Falaife.
SUR CE QUE LE ROY
n'a point d'égal .
D4
Ans chaque Age on a vû plus
d'ungrand Capitaine ;
Le plus grand eut toujours un Concurrent
fatal ;
3
Témoin ce qu'on nous dit dans l'Hiftoire
Romaine
GALANT. rt
Du fameux Scipion , & du grand
Annibal.
Marius & Sylla fe font fait de la
peine.
Céfar eut en Pompée un terrible
Rival:;
Marc Antoine amolly par l'Amour
de la Reine ,
S'ilne vainquit Augufte , il luyfit
bien du mal.
Quoy que l'on redoutaft de François
la vaillance,
Charles quint cependaas balança
Sa puissance.
LOVIS fans concurrent paroift feul
aujourd'huy.
Cherchez chez nos Voifins , courez
toute la Terre ,
Soit pour régir en Paix , ou triompher
en Guerre ,
A 6
7-
I 2 MERCURE
Où pourra- t- on trouver un Héros
comme luy ?
Fermer
Résumé : SUR CE QUE LE ROY n'a point d'égal.
Le texte présente trois sonnets attribués à Monsieur de Grammont de Richelieu, Monsieur Louchaut et Monsieur de Grivagere. Le sonnet de Monsieur Louchaut compare des grands capitaines romains comme Scipion et Annibal, et des rois comme François Ier et Charles Quint. Il souligne que le roi Louis XIV n'a pas de rival, ni en temps de paix ni en temps de guerre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14
p. 12-13
SUR L'HERESIE aux abois.
Début :
Le Héros qui remplit l'Univers de terreur, [...]
Mots clefs :
Héros, Univers, Hérésie, Huguenots, Impiété , Chrétiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR L'HERESIE aux abois.
SUR L'HERESIE
aux abois.
L
E Héros qui remplit l'Univers
de terreur ,
A rendu l'Heréfic , & rampante, &
foumife;
Ses Armes, que le Ciel en tous lieux
authorife ,
Ont de l'impieté reprimé la fureur.
Parmy les Huguenots, ceux que Dieu
favorife
Regardent aujourd'huy leur Schifme
avec horreur ;
Et déteffant tout haut leur miférable
erreur ;
s'empreffent pour rentrer au giron
de l'Eglife.
GALANT . 13
Ce Triomphe déja fait trembler les
Enfers.
Ah! pour tout ces Chrétiens dout
vous brifez les fers.
Grand Roy , que de Lauriers , que de
Palmes font preftes !
La Pieté qui met la Victoire en vos
mains,
Va ravir au Démon fes funeftes
conquestes ,
Et rendre de nouveau le falut aux
Humains.
aux abois.
L
E Héros qui remplit l'Univers
de terreur ,
A rendu l'Heréfic , & rampante, &
foumife;
Ses Armes, que le Ciel en tous lieux
authorife ,
Ont de l'impieté reprimé la fureur.
Parmy les Huguenots, ceux que Dieu
favorife
Regardent aujourd'huy leur Schifme
avec horreur ;
Et déteffant tout haut leur miférable
erreur ;
s'empreffent pour rentrer au giron
de l'Eglife.
GALANT . 13
Ce Triomphe déja fait trembler les
Enfers.
Ah! pour tout ces Chrétiens dout
vous brifez les fers.
Grand Roy , que de Lauriers , que de
Palmes font preftes !
La Pieté qui met la Victoire en vos
mains,
Va ravir au Démon fes funeftes
conquestes ,
Et rendre de nouveau le falut aux
Humains.
Fermer
Résumé : SUR L'HERESIE aux abois.
Le texte relate la victoire des forces religieuses légitimes contre l'hérésie. Un héros, autorisé par le Ciel, a réprimé l'impieté. Les Huguenots favorables à Dieu rejettent désormais leur schisme. Le roi, par sa piété, obtient la victoire et libère les chrétiens. Sa piété est la source de son triomphe.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
15
p. 13-15
SUR LES EDITS contre les Prétendus Reformez.
Début :
Sur cent Peuples liguez esperer la Victoire. [...]
Mots clefs :
Peuple, Victoire, Louis, Héros, Église, Hérésie, Prétendus réformés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LES EDITS contre les Prétendus Reformez.
SUR LES EDITS
contre les Prétendus
Reformez .
Ur cent Peuples ligue efperer
La Victoire ,
50%
Et n'avoir que fon bras &fon coeur
pour garanti
14
MERCURE
Seul les vaincre en effet , ce qu'on a
peine à croire ,
Et par tout s'eriger en parfait Conquerant.
C'est du vaillant LOVIS la furprenante
Histoire,
A qui tout l'Univers donne le nom
de GRAND ;
C'eft LOVIS en un mot ,fifameux
par fa gloire,
Qu'entre tous les Heros Il tient le
premier rang.
Cependant, comme il eft Fils aîné de
iEglife,
Ilveut que fa grandeur luyfoit toûjours
foumife ,
Et que tousfes Sujets foient unis fous
fa Loy.
Deftruire l'Heréfie infolente & rebelle.
GALANT.
15
C'est l'unique Triomphe où prétend
ce grand Roy ,
Quel autre peut donner une gloire
plusbelle'?
contre les Prétendus
Reformez .
Ur cent Peuples ligue efperer
La Victoire ,
50%
Et n'avoir que fon bras &fon coeur
pour garanti
14
MERCURE
Seul les vaincre en effet , ce qu'on a
peine à croire ,
Et par tout s'eriger en parfait Conquerant.
C'est du vaillant LOVIS la furprenante
Histoire,
A qui tout l'Univers donne le nom
de GRAND ;
C'eft LOVIS en un mot ,fifameux
par fa gloire,
Qu'entre tous les Heros Il tient le
premier rang.
Cependant, comme il eft Fils aîné de
iEglife,
Ilveut que fa grandeur luyfoit toûjours
foumife ,
Et que tousfes Sujets foient unis fous
fa Loy.
Deftruire l'Heréfie infolente & rebelle.
GALANT.
15
C'est l'unique Triomphe où prétend
ce grand Roy ,
Quel autre peut donner une gloire
plusbelle'?
Fermer
Résumé : SUR LES EDITS contre les Prétendus Reformez.
Le texte célèbre Louis XIV, surnommé le 'Grand', pour sa victoire contre les prétendus réformés. Il le décrit comme un conquérant parfait et le plus grand des héros, reconnu mondialement. Louis XIV souhaite soumettre sa grandeur à la foi et unir ses sujets sous sa loi. Son objectif principal est de détruire l'hérésie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
16
p. 231-235
Comédie de l'Usurier, [titre d'après la table]
Début :
Le Théatre François ne nous a encore donné qu'une Piéce [...]
Mots clefs :
Théâtre, Nouvelles pièces, Ajax, L'Usurier, Tragédie, Comédie, Héros, Amour, Aventure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Comédie de l'Usurier, [titre d'après la table]
Le Théatre François ne nous
a encore donné qu'une Piéce
nouvelle , depuis le commencement
de l'Hyver ; c'est une Tragedie
intitulée Ajax ; elle eſt de
Monfieur de la Chapelle. Cer
232 MERCURE
Autheur a fait dans toutes fes
Piéces des Scenes fi brillantes
pour Monfieur Baron , que quoy
que cet excellent Acteur ait toûjours
eu beaucoup de réputation ,
il femble en avoir acquis une
nouvelle dans celle- cy . Les mêmes
Comediens promettent une
Piéce Comique fous le nom de
l'ufurier , & elle doit eftre reprefentée
l'un des premiers jours de
la Semaines prochaine. Le nom
de fon Heros me fait fouvenird'un
Mariage que fit ces jours.
paffez un Heros pareil . Cet.
Ufurier avoit prefté une fomme
tres confidérable à un
Homme qui faifoit une affez
bonne figure , & dont le Fils
étoit Amoureux de fa Fille .
Quelque temps apres , on luy
vint dire que fon Emprunteur
avoit fait banquetoute , & que
3
GALANT. 233
les chofes avoient tourné d'unc
maniere qui ne luy laiffoit aucune
espérance de rien retirer
de ce qu'il avoit prêté . Il imagina
mille expédiens pour ne pas
perdre toute fa fomme; & faifant
tout à coup réflexion que le Fils
de celuy dont les Affaires étoient
en defordre aimoit fa Fille , il
réfolut de luy propofer de la luy
donner en mariage & pour dot ,
F'argent que fon Pere luy faifoit
perdre , aimant mieux que fa
Fille fuft gueufe toute la vie ,
que de ne pas tirer
avantage
de
quelque maniere que ce fuft,
de l'argent qu'on luy avoit emporté.
Le Party fut accepté par
l'Amant ; le mariage fe fit ; il fut
confommé ; & l'Ufurier apprit
enfuite , que c'eftoit un tour
qu'on luy avoit joué pour l'obliger
à le faire , parce qu'il n'y auroit
234
MERCURE
cer
pas confenty fans cela ,
Amant ayant beaucoup moins
de bien que fa Fille . Cette Avanture
ne paroiftra pas dans la
Comédie de l'vfurier , dont le
hazard m'a fait trouver à une
lecture que l'Autheur en a faite;
mais l'on y découvre , fans choquer
perfonne , & en marquant
feulement les vices en general ,
tous les fecrets de la Banque ,
c'est à dire , à l'égard de ceux
qui prétent & qui empruntent
de l'argent à ufure ; car àl'égard
de ce qui touche le Commerce ,
on n'en parle point du tout. Ce
qui fait l'agrément de cette Comédie
, qui peut eſtre auffi - toft
appellée le Banquier, que l'Vfurier
eft que les Banquiers connoiffant
l'intérieurs des Affaires
Hommes , & principalement les
Gens de qualité , & les Perſondes
GALANT. 235
nes de toutes les Profeffions
ayant à faire à eux , on en voit
dans cette Piece un grand nombre
de diférens caracteres , &
l'on y remarque une perpétuelle
oppoſition de la Nobleffe gueuſe
à la riche Roture . Ainfi quoy
que cette Piece femble avoir un
Titre Bourgeois , elle ne laiffe
pas d'eftre pour toutes fortes
d'Etats .
a encore donné qu'une Piéce
nouvelle , depuis le commencement
de l'Hyver ; c'est une Tragedie
intitulée Ajax ; elle eſt de
Monfieur de la Chapelle. Cer
232 MERCURE
Autheur a fait dans toutes fes
Piéces des Scenes fi brillantes
pour Monfieur Baron , que quoy
que cet excellent Acteur ait toûjours
eu beaucoup de réputation ,
il femble en avoir acquis une
nouvelle dans celle- cy . Les mêmes
Comediens promettent une
Piéce Comique fous le nom de
l'ufurier , & elle doit eftre reprefentée
l'un des premiers jours de
la Semaines prochaine. Le nom
de fon Heros me fait fouvenird'un
Mariage que fit ces jours.
paffez un Heros pareil . Cet.
Ufurier avoit prefté une fomme
tres confidérable à un
Homme qui faifoit une affez
bonne figure , & dont le Fils
étoit Amoureux de fa Fille .
Quelque temps apres , on luy
vint dire que fon Emprunteur
avoit fait banquetoute , & que
3
GALANT. 233
les chofes avoient tourné d'unc
maniere qui ne luy laiffoit aucune
espérance de rien retirer
de ce qu'il avoit prêté . Il imagina
mille expédiens pour ne pas
perdre toute fa fomme; & faifant
tout à coup réflexion que le Fils
de celuy dont les Affaires étoient
en defordre aimoit fa Fille , il
réfolut de luy propofer de la luy
donner en mariage & pour dot ,
F'argent que fon Pere luy faifoit
perdre , aimant mieux que fa
Fille fuft gueufe toute la vie ,
que de ne pas tirer
avantage
de
quelque maniere que ce fuft,
de l'argent qu'on luy avoit emporté.
Le Party fut accepté par
l'Amant ; le mariage fe fit ; il fut
confommé ; & l'Ufurier apprit
enfuite , que c'eftoit un tour
qu'on luy avoit joué pour l'obliger
à le faire , parce qu'il n'y auroit
234
MERCURE
cer
pas confenty fans cela ,
Amant ayant beaucoup moins
de bien que fa Fille . Cette Avanture
ne paroiftra pas dans la
Comédie de l'vfurier , dont le
hazard m'a fait trouver à une
lecture que l'Autheur en a faite;
mais l'on y découvre , fans choquer
perfonne , & en marquant
feulement les vices en general ,
tous les fecrets de la Banque ,
c'est à dire , à l'égard de ceux
qui prétent & qui empruntent
de l'argent à ufure ; car àl'égard
de ce qui touche le Commerce ,
on n'en parle point du tout. Ce
qui fait l'agrément de cette Comédie
, qui peut eſtre auffi - toft
appellée le Banquier, que l'Vfurier
eft que les Banquiers connoiffant
l'intérieurs des Affaires
Hommes , & principalement les
Gens de qualité , & les Perſondes
GALANT. 235
nes de toutes les Profeffions
ayant à faire à eux , on en voit
dans cette Piece un grand nombre
de diférens caracteres , &
l'on y remarque une perpétuelle
oppoſition de la Nobleffe gueuſe
à la riche Roture . Ainfi quoy
que cette Piece femble avoir un
Titre Bourgeois , elle ne laiffe
pas d'eftre pour toutes fortes
d'Etats .
Fermer
Résumé : Comédie de l'Usurier, [titre d'après la table]
Le Théâtre François a présenté une nouvelle tragédie intitulée 'Ajax', écrite par Monsieur de la Chapelle, depuis le début de l'hiver. Cette pièce met en vedette Monsieur Baron, un acteur réputé dont la renommée a été accrue par cette œuvre. Les comédiens préparent également une pièce comique intitulée 'L'Usurier', prévue pour la semaine prochaine. Cette comédie ne traite pas d'une aventure spécifique mais révèle les secrets de la banque et des prêts à intérêt sans choquer le public. Elle met en scène divers personnages, notamment des banquiers connaissant les affaires intimes des hommes, et oppose la noblesse démunie à la roture riche. Bien que le titre semble bourgeois, la pièce est accessible à toutes les classes sociales.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17
p. 218-226
AUX POETES QUI ONT REMPORTÉ LE DERNIER PRIX DE VERS DE L'ACADEMIE FRANCOISE.
Début :
Lors que l'Académie Françoise proposa pour sujet du dernier / Nourrissons des Neufs-Soeurs, tout couverts de la gloire [...]
Mots clefs :
Académie française, Concours, Vers, Sujet, Louanges, Religion catholique, Roi, Victoire, Poète, Louis, Hérésie, Salut, Fortune, Erreur, Croix, Triomphe, Discorde, Moeurs, Ciel, Christ, Ange, Héros, Enfer
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUX POETES QUI ONT REMPORTÉ LE DERNIER PRIX DE VERS DE L'ACADEMIE FRANCOISE.
Lors que l'Académie Françoife pro
pofa pour fujet du dernier Prix de
Vers , les grandes Chofes que le Roy
faites enfaveur de la Religion Catholique
, le Berger du village de
Mont-Fallon y travailla , & n'eut pas
le temps de mettre la derniere main
fes Vers ,parce que des affaires importantes
attirérent tousfesfoins ailleurs .
Neanmoins comme il fe fait un plaifir
de donner des louanges à fon Prince,
dés qu'il a eu un peu plus de loifir,
il a mis la Piéce en l'état où je vous
l'envoye.
1
du
Mercure Galant.
-219
5252525252525252
AUX
POETES
QUI ONT
REMPORTE' LE
DERNIER
PRIX DE
VERS
DE
L'ACADEMIE
FRANCOISE.
Nour
3.
Ourriffons des Neuf- Soeurs , tout
couverts de la gloire
Qu'à jamais vous aquiert voftre illuftre
Victoire,
Permettez que ma voix fe mefle à ces
Concerts
Dont parvous
aujourd'huy
retentiſſent
les airs.
LOUIS, plein du beau feu qu'une Foy
vive inspire,
Terraffe
l'Heréfie en
cefameux Empire.
En effet, de ce Roy les Foudres élancez
Font voiren
plufieurs Lieux des
Temples
renverfezi
Tij
220 Extraordinaire
Et ces Foudres tournant vers tous les He
rétiques,
Caufent, pour leurfalut, leurs difgraces
publiques.
Lors
que
LOUIS les livre au Deftin
malheureux,
Il les chériroit moins , s'ilfaifoit moins
contre eux.
Cefavorable Autheur de leur douleur
commune,
Qui ne leur permet point d'encenfer la
Fortune,
D'ailleurs leur tend les bras, au moment
qu'il leur nuit.
Parfon ordre on confére, on difpute, on
inftruit:
Et ceux de qui les yeux s'ouvrent à la
lumiere,
Reçoivent fesfaveurs en plus d'une maniere.
Il leur donne des Biens , & leur bonheur
eft tel,
Qu'ils ont outre ces Biens part au Bien
Eternel.
du Mercure Galant.
221
Sur les Bords de la Seine ainfi LOUIS
s'applique
A diffiper l'Erreur , à domter l'Herétique.
Maisde peur que cette Hydre & ce Monftre
odieux,
2
Que l'Erreur quelque jour ne renaiſſe en
ces Lieux,
Son zéle écarte encor ces nouvelles Cabales
Dont les Livres adroits font de charmans.
Dédalles,
Qui pour mieux décevoir ont par tout des
douceurs,
Et qui cachent toûjours du venin fous des
fleurs.
Enfin de ce grand Roy la main toutepuif-
Sante
Fait que dans nos Climats la Croix eft
triomphante,
Et qu'il n'eft plus permis aux naiſſantes
Erreurs
D'habiter parmy nous , d'y forger nos
malheurs.
Comme fi l'Acheron cuft déchaîné fur
terre
Tüj
222 Extraordinaire
Ses Fillespour porter le Flambeau de la
Guerre,
Les Sectes des Errans femoient jadis
L'effroy,
La France en pâliſſoit ; mais, grace à
noftre Roy,
On ne craint plus les maux qu'ont endurê
nos Peres.
Verra-t-on la Difcorde , aux cheveux de
Vipéres,
S'unir al Heréfie, en emprunter la voix?
Tout eft calme, & l'on met l'Heréfie aux
abois.
LOUIS , comme un Soleil, dont l'aimable
influence
Procure un calme faint à la Nefde la
France ,
Diffipe de l'Erreur la nuit & les Bronil-
Lards,
Et répand la lumiere où tombent fes regards.
Nous , quifommes témoins de ces hautes
merveilles,
N'avons rien de plus doux pourcharmer
nos greilles.
du Mercure Galant.
223
Mais dans nos entretiens tairons - nous que
LOUIS,
Depuis le temps heureux qu'il gouverne
les Lys,
Redreffe en nous les moeurs , non moins que
la Doctrine?
Comme Fils de l'Eglife, avec elle ilfulmine
Par defeveres Loix contre le Libertin,
Le Brigand, le fureur, l' Athée, & l'AFfaffin.
Le Roy parle ; à l'inftant des coeurs chargez
de crimes
Deviennent pour le Ciel d'innocentes Vi
Etimes.
'La voix de ce Monarque arrefte tous les
coups
Qu'un Dieu vangeur peut- eftre aurois
lancez fur nous.
Sanspeine on obeit à LOUIS , à l'E
glife;
La Vertu dans ce Roy fur le Trône eft'
affife .
Mortels, qui loin de nous habitez l'Univers
224
Extraordinaire
Et quilonez ce Prince en langages divers,
Sans rien dire de trop, qui de vous ne peut
dire:
Ce Royne borne point fon zéle en fen
Empire,
Sous des Cieux Etrangers il n'en montre
pas moins?
Peuples, bien mieux que nous vous en eftes
témoins.
Parfon ordre en tout temps de l'un à l'autre
Pole,
Mille Atlétes facrez , armez de leur·
parole,
Vont combatrepour CHRIST, & domter
les Enfers .
La hauteur des Rochers, ny la vague des
Mers,
Nefont point un obstacle à l'ardeur de
leur zéle.
Donnerla vie à l'ame, éclairerl'Infidelle
Et le fouftraire au joug de l'Ange ténébreux,
C'est par tout ce quifert de matiere à leurs
feuxs
du Mercure Galant. 225
Ainfi donc dans la France, & hors defon
enceinte,
LOUISfait triompher la Croix, cette
Arche fainte.
Tout rit à ce Héros , lors que plufieurs
Mortels
N'ont d'Encens que pour Dieu, que pour
Dien des Autels.
Fadis un de nos Roys, au péril defa tefte,
De la Sainte Contrée entreprit la Conquefte.
Une nombreuſe Armée en ce lieu leſuivit
Le Nil en la voyant fe troubla dansfon
Lit.
Le Sultanfut vaincu : mais ce Roy plein
de gloire
Ne pût que peu de tempsfurvivre à fa
Victoire.
On vit fe relever le Sultan abatu ;
Sans prendre des Chrétiens les moeurs ng
la vertu.
Li eftoit refervé par la Bonté divine,
AuxBarbaresPaïs , où noftre Roy domine
Defubirfaintement le joug du Roy, dess
Roys
226
Extraordinaire
10
D'arborerfur leurs Bords l'Etendart de
la Croix,
Et d'y voir qu'un Héros que tout craint
fur la terre,
Mefme contre l'Enferfait faire encor la
guerre.
pofa pour fujet du dernier Prix de
Vers , les grandes Chofes que le Roy
faites enfaveur de la Religion Catholique
, le Berger du village de
Mont-Fallon y travailla , & n'eut pas
le temps de mettre la derniere main
fes Vers ,parce que des affaires importantes
attirérent tousfesfoins ailleurs .
Neanmoins comme il fe fait un plaifir
de donner des louanges à fon Prince,
dés qu'il a eu un peu plus de loifir,
il a mis la Piéce en l'état où je vous
l'envoye.
1
du
Mercure Galant.
-219
5252525252525252
AUX
POETES
QUI ONT
REMPORTE' LE
DERNIER
PRIX DE
VERS
DE
L'ACADEMIE
FRANCOISE.
Nour
3.
Ourriffons des Neuf- Soeurs , tout
couverts de la gloire
Qu'à jamais vous aquiert voftre illuftre
Victoire,
Permettez que ma voix fe mefle à ces
Concerts
Dont parvous
aujourd'huy
retentiſſent
les airs.
LOUIS, plein du beau feu qu'une Foy
vive inspire,
Terraffe
l'Heréfie en
cefameux Empire.
En effet, de ce Roy les Foudres élancez
Font voiren
plufieurs Lieux des
Temples
renverfezi
Tij
220 Extraordinaire
Et ces Foudres tournant vers tous les He
rétiques,
Caufent, pour leurfalut, leurs difgraces
publiques.
Lors
que
LOUIS les livre au Deftin
malheureux,
Il les chériroit moins , s'ilfaifoit moins
contre eux.
Cefavorable Autheur de leur douleur
commune,
Qui ne leur permet point d'encenfer la
Fortune,
D'ailleurs leur tend les bras, au moment
qu'il leur nuit.
Parfon ordre on confére, on difpute, on
inftruit:
Et ceux de qui les yeux s'ouvrent à la
lumiere,
Reçoivent fesfaveurs en plus d'une maniere.
Il leur donne des Biens , & leur bonheur
eft tel,
Qu'ils ont outre ces Biens part au Bien
Eternel.
du Mercure Galant.
221
Sur les Bords de la Seine ainfi LOUIS
s'applique
A diffiper l'Erreur , à domter l'Herétique.
Maisde peur que cette Hydre & ce Monftre
odieux,
2
Que l'Erreur quelque jour ne renaiſſe en
ces Lieux,
Son zéle écarte encor ces nouvelles Cabales
Dont les Livres adroits font de charmans.
Dédalles,
Qui pour mieux décevoir ont par tout des
douceurs,
Et qui cachent toûjours du venin fous des
fleurs.
Enfin de ce grand Roy la main toutepuif-
Sante
Fait que dans nos Climats la Croix eft
triomphante,
Et qu'il n'eft plus permis aux naiſſantes
Erreurs
D'habiter parmy nous , d'y forger nos
malheurs.
Comme fi l'Acheron cuft déchaîné fur
terre
Tüj
222 Extraordinaire
Ses Fillespour porter le Flambeau de la
Guerre,
Les Sectes des Errans femoient jadis
L'effroy,
La France en pâliſſoit ; mais, grace à
noftre Roy,
On ne craint plus les maux qu'ont endurê
nos Peres.
Verra-t-on la Difcorde , aux cheveux de
Vipéres,
S'unir al Heréfie, en emprunter la voix?
Tout eft calme, & l'on met l'Heréfie aux
abois.
LOUIS , comme un Soleil, dont l'aimable
influence
Procure un calme faint à la Nefde la
France ,
Diffipe de l'Erreur la nuit & les Bronil-
Lards,
Et répand la lumiere où tombent fes regards.
Nous , quifommes témoins de ces hautes
merveilles,
N'avons rien de plus doux pourcharmer
nos greilles.
du Mercure Galant.
223
Mais dans nos entretiens tairons - nous que
LOUIS,
Depuis le temps heureux qu'il gouverne
les Lys,
Redreffe en nous les moeurs , non moins que
la Doctrine?
Comme Fils de l'Eglife, avec elle ilfulmine
Par defeveres Loix contre le Libertin,
Le Brigand, le fureur, l' Athée, & l'AFfaffin.
Le Roy parle ; à l'inftant des coeurs chargez
de crimes
Deviennent pour le Ciel d'innocentes Vi
Etimes.
'La voix de ce Monarque arrefte tous les
coups
Qu'un Dieu vangeur peut- eftre aurois
lancez fur nous.
Sanspeine on obeit à LOUIS , à l'E
glife;
La Vertu dans ce Roy fur le Trône eft'
affife .
Mortels, qui loin de nous habitez l'Univers
224
Extraordinaire
Et quilonez ce Prince en langages divers,
Sans rien dire de trop, qui de vous ne peut
dire:
Ce Royne borne point fon zéle en fen
Empire,
Sous des Cieux Etrangers il n'en montre
pas moins?
Peuples, bien mieux que nous vous en eftes
témoins.
Parfon ordre en tout temps de l'un à l'autre
Pole,
Mille Atlétes facrez , armez de leur·
parole,
Vont combatrepour CHRIST, & domter
les Enfers .
La hauteur des Rochers, ny la vague des
Mers,
Nefont point un obstacle à l'ardeur de
leur zéle.
Donnerla vie à l'ame, éclairerl'Infidelle
Et le fouftraire au joug de l'Ange ténébreux,
C'est par tout ce quifert de matiere à leurs
feuxs
du Mercure Galant. 225
Ainfi donc dans la France, & hors defon
enceinte,
LOUISfait triompher la Croix, cette
Arche fainte.
Tout rit à ce Héros , lors que plufieurs
Mortels
N'ont d'Encens que pour Dieu, que pour
Dien des Autels.
Fadis un de nos Roys, au péril defa tefte,
De la Sainte Contrée entreprit la Conquefte.
Une nombreuſe Armée en ce lieu leſuivit
Le Nil en la voyant fe troubla dansfon
Lit.
Le Sultanfut vaincu : mais ce Roy plein
de gloire
Ne pût que peu de tempsfurvivre à fa
Victoire.
On vit fe relever le Sultan abatu ;
Sans prendre des Chrétiens les moeurs ng
la vertu.
Li eftoit refervé par la Bonté divine,
AuxBarbaresPaïs , où noftre Roy domine
Defubirfaintement le joug du Roy, dess
Roys
226
Extraordinaire
10
D'arborerfur leurs Bords l'Etendart de
la Croix,
Et d'y voir qu'un Héros que tout craint
fur la terre,
Mefme contre l'Enferfait faire encor la
guerre.
Fermer
Résumé : AUX POETES QUI ONT REMPORTÉ LE DERNIER PRIX DE VERS DE L'ACADEMIE FRANCOISE.
Un berger du village de Mont-Fallon a participé au concours de poésie organisé par l'Académie Française sur les grandes actions du roi en faveur de la religion catholique. Bien qu'il n'ait pas pu terminer son œuvre à temps en raison de diverses occupations, il a finalement envoyé sa pièce. Le poème célèbre le roi Louis pour ses actions contre l'hérésie et l'erreur. Il décrit comment le roi a fait renverser plusieurs temples hérétiques et a causé la disgrâce publique des hérétiques. Le roi est présenté comme un protecteur de la foi catholique, distribuant des biens et des faveurs à ceux qui se convertissent. Il lutte également contre les livres hérétiques et les nouvelles cabales, assurant la victoire de la Croix en France. Le roi est comparé à un soleil qui dissipe l'erreur et les brouillards, apportant la lumière et le calme. Il redresse les mœurs et la doctrine, combattant le libertinage, la briganderie, la fureur, l'athéisme et l'assassinat. Son zèle s'étend au-delà de son empire, inspirant des missionnaires à travers le monde pour combattre pour le Christ. Le texte mentionne également un roi précédent qui avait entrepris la conquête de la Sainte Contrée, mais qui n'avait pu en profiter longtemps. Il contraste cette victoire éphémère avec le règne durable de Louis, qui impose le joug du roi des rois et fait triompher la Croix même dans les pays barbares.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
18
p. 239-240
SUR CE QU'ON AVOIT promis pour le Prix le Portrait du Roy à celuy qui rempliroit le mieux ces Bouts-rimez.
Début :
Non, je n'entreprens point de rimer pour la gloire, [...]
Mots clefs :
Rimes, Gloire, Portrait, Héros, Victoire, Éloge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR CE QU'ON AVOIT promis pour le Prix le Portrait du Roy à celuy qui rempliroit le mieux ces Bouts-rimez.
SUR CE QU'ON AVOIT
promis pour Prix le Portrait
du Roy à celuy qui rempliroit
le mieux ces Bours-rimez.
No
On, jen entreprens point de rimer
pour la gloire,
Gagne qui le pourra le Portrait de mon
Roy.
D'un Héros qui foümer l'Univers àfai
loy
Ilfaut une autre voix pour chanter la
Victoire..
RA
Nos Neveux étonnez d'une fibelle Hiftoire,
Afes Faitsinous n'ajoûteront point foy,.
Le feul bruit de fon Nomfait tout tremblerd'effroy,
Et des Héros paffez efface la mémoire.
Q -
n'en ferois jamais un Eloge achevé,
Je l'éleverois mains qu'ilne s'eft élevé,
24.0%
Extraordinaire
Qui peut affez vanter ce Héros intréspide?
C
Que quelque autre le mette au rang des
Immortels;
Tandis qu'il le fera plus brave qu'un :
Alcide,
Je vais à ma Philis élever des Autels,
promis pour Prix le Portrait
du Roy à celuy qui rempliroit
le mieux ces Bours-rimez.
No
On, jen entreprens point de rimer
pour la gloire,
Gagne qui le pourra le Portrait de mon
Roy.
D'un Héros qui foümer l'Univers àfai
loy
Ilfaut une autre voix pour chanter la
Victoire..
RA
Nos Neveux étonnez d'une fibelle Hiftoire,
Afes Faitsinous n'ajoûteront point foy,.
Le feul bruit de fon Nomfait tout tremblerd'effroy,
Et des Héros paffez efface la mémoire.
Q -
n'en ferois jamais un Eloge achevé,
Je l'éleverois mains qu'ilne s'eft élevé,
24.0%
Extraordinaire
Qui peut affez vanter ce Héros intréspide?
C
Que quelque autre le mette au rang des
Immortels;
Tandis qu'il le fera plus brave qu'un :
Alcide,
Je vais à ma Philis élever des Autels,
Fermer
Résumé : SUR CE QU'ON AVOIT promis pour le Prix le Portrait du Roy à celuy qui rempliroit le mieux ces Bouts-rimez.
Le texte rassemble des poèmes et des réflexions sur un héros royal. Plusieurs auteurs expriment leur admiration et leur incapacité à rendre pleinement hommage au roi. Ils soulignent sa grandeur et la terreur qu'il inspire, tout en reconnaissant l'impossibilité de rendre justice à ses exploits. Un auteur se consacre à sa bien-aimée, Philis, plutôt qu'à l'éloge du roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
19
p. 42-44
SUR LES GRANDES ACTIONS DU ROY.
Début :
On dira de Louis, par l'éclat de sa vie, [...]
Mots clefs :
Louis, Héros, Conseil, Guerre, Invincible, Titus, Vertus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LES GRANDES ACTIONS DU ROY.
SUR LES GRANDES
ACTIONS DU ROY.
O
N dira de LOVIS, par l'éclat
de fa vie,
Qu'il est le feul Héros qu'on doit
appeller GRAND,,
GALANT. 43
Penetrant au Confeil , en Guerre
foudroyant,
Do tous les Poientats la terreur &
l'envie.
S&
Son nom afait trembler &l'Afrique
&PAfie;
Invinciblepar tout, & partout Conquérant,
Affable à fes Sujets, genéreux , bienfaifant,
C'est un autre TITUS , PERE DE LA
PATRIE.
$2
Rétablir le Trafic ,faire fleurir les
Arts,
Proteger les Autels, joindre Thémis
à Mars,
Sont des traits éclatans defa gloire
immortelle..
D jjj
44 MERCURE
S &
Aux fiécles à venirfes vertusferont
foy
Qu'ileuft efté des Roys leplus parfait
modelle,
Quandpar droit de naissance il n'cuft
pas efté Roy .
ACTIONS DU ROY.
O
N dira de LOVIS, par l'éclat
de fa vie,
Qu'il est le feul Héros qu'on doit
appeller GRAND,,
GALANT. 43
Penetrant au Confeil , en Guerre
foudroyant,
Do tous les Poientats la terreur &
l'envie.
S&
Son nom afait trembler &l'Afrique
&PAfie;
Invinciblepar tout, & partout Conquérant,
Affable à fes Sujets, genéreux , bienfaifant,
C'est un autre TITUS , PERE DE LA
PATRIE.
$2
Rétablir le Trafic ,faire fleurir les
Arts,
Proteger les Autels, joindre Thémis
à Mars,
Sont des traits éclatans defa gloire
immortelle..
D jjj
44 MERCURE
S &
Aux fiécles à venirfes vertusferont
foy
Qu'ileuft efté des Roys leplus parfait
modelle,
Quandpar droit de naissance il n'cuft
pas efté Roy .
Fermer
Résumé : SUR LES GRANDES ACTIONS DU ROY.
Le texte célèbre Louis, roi héroïque et guerrier, inspirant terreur et admiration. Son nom fait trembler l'Afrique et l'Asie. Généreux et bienfaisant, il est comparé à Titus. Il a rétabli le commerce, protégé les arts et la justice, et uni la guerre à la justice. Ses vertus feront foi aux siècles à venir, le présentant comme un modèle royal parfait.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
20
p. 20-22
« Quoy que le Sonnet en Bouts-rimez qui suit ces deux-cy, / Alexandre & César ont acquis moins de gloire [...] »
Début :
Quoy que le Sonnet en Bouts-rimez qui suit ces deux-cy, / Alexandre & César ont acquis moins de gloire [...]
Mots clefs :
Alexandre le Grand, César, Exploits, Roi, Victoire, Histoire, Mémoire, Héros, Vertus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Quoy que le Sonnet en Bouts-rimez qui suit ces deux-cy, / Alexandre & César ont acquis moins de gloire [...] »
Quoy que le Sonnet en
Bouts-rimez qui ſuit ces deuxcy
, ne parle qu'en genéral
de ce que le Roy a fait de
grand , il mérite bien d'avoir
place icy, par le tour heureux
que luy a donné Mª Blanchard
, Curé de Fiffé aux Environs
de Dijon..
César
ALexandre& Cefar ont acquis gloire
Parleurs Exploitsfameux, que nostre
augusteRoy;
Sa maniere de vaincre, &de donner
la Loy,
Fuſque chez les Vaincusfaitaimerſa
Victoire.
GALANT. 21
Se
Sès grandes Actions effacent leur
Hiftoire;
Uneseule Campagne enpourroitfaire
foy.
Son Nom porte partout ou l'amour ou
l'effroy,
Etpeutfeul occuperles Filles de Mèmoire.
Rome ne vit jamais Héros plus
achevé;
Son eſprit est en tout égal , vaste,
élevé,
Sa Fortune répond àson coeur intrépide.
25
L'ondoitàses vertus des honneurs
immortels;
22 MERCURE
L'Hydre aux abois faitvoir qu'il est
plus grandqu' Alcide,
Etcent Temples détruits luy valent
cent Autels .
Bouts-rimez qui ſuit ces deuxcy
, ne parle qu'en genéral
de ce que le Roy a fait de
grand , il mérite bien d'avoir
place icy, par le tour heureux
que luy a donné Mª Blanchard
, Curé de Fiffé aux Environs
de Dijon..
César
ALexandre& Cefar ont acquis gloire
Parleurs Exploitsfameux, que nostre
augusteRoy;
Sa maniere de vaincre, &de donner
la Loy,
Fuſque chez les Vaincusfaitaimerſa
Victoire.
GALANT. 21
Se
Sès grandes Actions effacent leur
Hiftoire;
Uneseule Campagne enpourroitfaire
foy.
Son Nom porte partout ou l'amour ou
l'effroy,
Etpeutfeul occuperles Filles de Mèmoire.
Rome ne vit jamais Héros plus
achevé;
Son eſprit est en tout égal , vaste,
élevé,
Sa Fortune répond àson coeur intrépide.
25
L'ondoitàses vertus des honneurs
immortels;
22 MERCURE
L'Hydre aux abois faitvoir qu'il est
plus grandqu' Alcide,
Etcent Temples détruits luy valent
cent Autels .
Fermer
Résumé : « Quoy que le Sonnet en Bouts-rimez qui suit ces deux-cy, / Alexandre & César ont acquis moins de gloire [...] »
Le sonnet de César, dédié à Louis XIV, compare ses exploits à ceux de César et Alexandre. Le roi inspire amour ou peur, et ses actions surpassent celles des autres héros. Son esprit vaste et courage intrépide méritent des honneurs immortels, comparables à ceux d'Hercule.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
21
p. 22-48
LETTRE.
Début :
Un Particulier ayant fait divers Ouvrages sur les dernieres Actions / Je me souviens, Monsieur, que vous avez voulu me persuader [...]
Mots clefs :
Approbation, Louis, Univers, Sentiments, Roi, Combats, Grandeur, Lois, Héros, Fortune, Monarque, Sage, Ennemis, Ambassadeur, Mérite, Guerre, Éloge, Honneur, Campagne militaire, Espagne, Vainqueur, Prudence, Courage, États, Audace, Sentiments, Conquérant, Trêve, Souverain, Armes, Peuple, Bonheur, Devise, Éclat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE.
Un Particulier ayant fait
divers Ouvrages ſur les dernieres
Actions de cet auguſte
Monarque , les a ramaffez
comme en un Recueil dans
cetteLettre qu'il m'aadreſſée.
5555 5552 55255522
LETTRE.
TE me souviens , Monfieur.
que vous avez voulu me perfuader
que j'avois merité quel
GALANT. 23
que approbation des bons Connoiffeurs
, lors que je dis ily a
quelques années.
On faitmal ce qu'on fait , onne
fait qu'une affaire,
Mais LOUIS partagé dans cent
emplois divers,
ةو
Sedonnant tout à tout , fait voir
al'Univers,
Et qu'il fait ce qu'il faut, &qu'il
ſçait bien le faire.
Vous avez mesme prétendu
que j'avois expliqué les fentimens
de tout ce qu'il y a d'hon .
nestesGens au monde en difant,
Que tous les noms des Grands
cedent au nom duRoy,
24 MERCURE
Les Cefars, les Cyrus, les Hectors,
les Achilles,
Ont eu moins de merite &donné
moins d'effroy,
Par cent Combats rendus, par
cent priſes de Villes .
Je vous ferois bien obligé , fi
vous vouliezfairesçavoir aupublic,
que je défie toute la Terrede
me difputer la verité de ceque je
vais dire.
SONNET
SVR LA GRANDEVR DV ROY.
L
OUIS eſt grand en tout ; il
regle les Finances,
Ilreforme les Loix, il fait fleurir
esArts , :
Mille
GALANT. 25
Mille Vaiſſeaux flottans,mille orguilleux
Rampars
Partagent tous les jours ſes ſoins,
& les dépenſes ;
Dans le particulier,dans les réjoüifſſances
Il eſt autant Heros , que dans le
champ deMars,
Findans leGabinet , ferme dans
leshazars,
Il fait plier ſous ſoy les plushautes
Puiſſances;
S2
Sa fortune répond par tout à
ſa valeur,
Par tout ſes grands exploits répondent
à fon coeur,
Ainſi que l'ont fait voir cent conqueſtes
de marque ;
Mars1685. C
1
26 MERCURE
52
Enfinnos Ennemis connoiffent
commemoy,
Que ſi tout 1 Univers ne vouloit
qu'unMonarque
Tout l'Univers devroit n'avoir
que luy pour Roy.
:
Je ſens bien que ce que je dis
là n'est rien de bon , mais il me
ſemble que c'est l'explication fincere
des pensées , qui doivent venir
naturellement à tous les Sages
qui ſont ſans paffion , & qui ont
du bon goust.
Ne croyez donc pas , Monſieur
, que ce soit une pure conje-
Eture ouseulement un effet de l'at(
GALANT: 27
tache desſentimens que j'ay pour
jeRoy qui m'afait dire :
Enfin nos Ennemis connoiffent
al commemoys, &c.
Vous en jugerez par une pefire
avanture que je vais vous
racontertelle qu'elle m'est arrivée
Je me rrauvay fur la route de
M'Ambassadeur d'Espagne
lors qu'ilse retiroit de France à
-pas comptez tant il marquoit
d'envie de n'en point fortir. Férois
chez une Perſonne de qualité
de merite , àl'heure qu'il luy
envoyaun de ses Gentilshommes
poursçavoir si elle se trouveroit
Cij
28 MERCURE
enétat de recevoirfa viſite. Com
me je vis par laréponse, queM
'Ambassadeur alloit venir , je
voulus luy faire place , mais la
Perſonne chez qui j'estois me
déclara , qu'elle vouloit abfo
lument que j'eusse part à cette
conversation , qui dura bien prés
de quatre heures. Vousne pouvezpas
douter, Monfieur, qu'on
neparlastd'Affaires d'Etat avec
un Ambassadeur,&que fa retraite
, & laGuerre qui nous menaçoitalors,
nefourniffent à l'en
tretien. Il nous dit cent chofes,qui
nous firent affezcomprendre qu'il
asust pas en de peine d'avoüer
1
GALANT. 29
nettement que le Roy estoit le plus
grand & le plus puiſſant Prince
du monde,s'il eustpu oublier qu'il
avoit un Maistre , &fe défaire
des préjugez Espagnols.
On doit neanmoins cette juſtice
à M l'Ambassadeur , que
fonbon sens &sa raiſon ne furentpoint
obscurcis par ces enteſtemens,
qui ſontſi ordinaires à ceux
deſa Nation. Il fu l'Eloge de la
France,des François, du Roy,
d'un air fort élevé, &qui marquoit
beaucoup de fincerité dans
ce qu'il diſoir ; mais dans les
loüanges qu'il donna àsa Ma
jesté , iln'oublia ny ce qu'il estoit
C iij
30 MERCURE
ny ce qu'il devoit à fon Prince.
Pretendant faire une galanterie
aux Dames , il dit qu'il vouloit
leur faire voir quelque chose de
fort beau.Il tira enfuite une riche
qui renfermoit Boëte, , diſoit-il,
lePortraitddee fa A
Ja MMaaiîttrreeffffee,qu'il
emporioit de France , & c'estoit
celuy du Roy , dont ſa Majesté
l'avoit honoré, & dont ilsefaifoit
en effet ungrandbonneur. La
Perſonne chez qui nous estions,
qui est fortfpirituelle,luy dit qu'il
devoit bien conferver ce gage,
qu'il fe feroit bien- toft en luy
une metamorphose furprenante,
parce qu'il estoit à croire que le
GALANT. 31
Portrait deSa Majesté ſe changeroit
en celuy de fon Maistre.
Aces paroles Ml'Ambassadeur
parut Espagnol , comme ſon devoir
l'y obligeoit. L'entretien
roula enfuite fur différentes matieres,
&fut longue & curieufe.
Je vous avovë , Monfieur,
que pendant tous les évenemens
de la derniere Campagne ,je me
ſuis toûjours ſouvenu des entretiens
de cét Ambaſſadeur. Ilnous
dit pofuivement qu'il y auroitdu
fang répandu; qu'il feroit difficile
d'arreſter les deſſeins du Roys
que ſes Ennemis ne pouvoient
C iiij
32 MERCURE
rien efperer que de l'inconstance
de la fortune ; & que l'Empire
&l'Espagne ne cherchoient qu'à
mettre leur bonneur à couvert,
en ne cedant pas sans avoir combattu.
Voila la Prophétie accomplie,&
nous en voyans la
té dans la diſpoſition des chofes
qui ſeſont paſſées la derniere année.
SONNET
Sur l'état des Affaires aprés la derniere
Campagne de France.
A
Lger encor fumat des Foudres
de la Guerre,
Vient ſe jetter aux pieds de fon
noble Vainqueur;
GALANT. 33
Et Gennes la ſuperbe eſt tremblante
de peur
Sous les éclats vengeurs de fon
bruyant tonnerre :
52
Luxembourg voit tomber ſes
hauts Ramparts par terre ,
Capd- e-Quiers attaqué ſe trouve
ſans vigueur;
La Hollande en Partis ralentit
fon ardeur
N'ayant pû ſoûlever les Peuples
d'Angleterre;
Se
Le Danemark amyreçoit nos
Etendars,
L'Empire ſe ménage & craint
tous les hazars,
L'Eſpagne plaint fes Forts qu'on
pille ou qu'on enleve;
34 MERCURE
52
Liége & Tréves foûmis ſçavent
faire leur Cour,
L'Europe attend la Paix en rece
vant laTréve,
Tout cedeau Grand LOUIS par
force ou par amour.
Je vois dans cette peinture tour
ce que l'Ambassadeur d'Espagne
craignoit , & tout ce que sa politique
luy faisoit prévoiravecchagrin.
Avoüez aprés cela , Monſieur,
que lafortune de LOUIS
le Grand doit eſtre bien conſtante
pour faire avec tant de bonheur
des choses fi admirables , puis que
tant de Heros , & tant de ſages
Monarques n'ont pu s'empescher
GALANT. 35
d'en eſtre abandonnez. Mais
avoüez aussi à mesme temps que
La prudence of le courage du Roy
font extraordinaires , puis qu'il
ſemble avoir réduit la Fortune
ſous les règles ,&s'estrefait une
methode de réüfſſiren tout.
Nepeut- on pas compter entre
fes bonnes fortunes la fecondité
de la Maiſon Royale ? Ce Fils
unique que le Ciel luy avoit laif-
Sé comme son premier don , plus
Il est grand , plus il nous faifoit
craindre. Vous voulûtes bien,
Monfieur, que mes pensées fufſent
celles de tous les honneſtes
Gensà la naiſſance de Monfei36
MERCURE
gneur le Duc de Bourgongne. Fo
voudrois à cette heure que vous
les engageaffiez à dire fur ta
naiſſance de Monseigneur leDuc
d'Anjou.
;
R
AURΟΥ.
SONNET.
Ecevez un Héros qui naiſt
de voſtre Race,
Grand LOUIS, deſormais le Ciel
veut tous les ans
Enrichir vos Etats de ſemblables
Préfens ,
Qui pourront mériter de remplir
voſtre place.
Se
Nous verrons de nos jours l'Allemagne
& la Thrace
GALANT 37
Ployer ſous les efforts du Pere&
des Enfans
Par tout dignes de Vous , & par
tour triomphans,
Detous nos Ennemis ils dompte.
-ront l'audace.
Se
t
Formez-les ſeulement dans l'Art
qui fait les Roys ,
Ils en apprendront plus par vos
nares Exploits, 29)
Qu'en lifant ce qu'ont fait lesFameux
de l'Histoire ;
22
'Et comme ils vous verront toujours
au- deffus d'eux ,
Chacun d'eux tâchera d'ateindre
àvoſtre gloire;
Mais nul n'y parviendra parmy
tous vos Neveux.
38 MERCURE
Ces ſentimens quifurentconceus
dans la joye qu'avoit toute
la France en celte rencontre
د. Se
produisent fort tard , mais ils ſeront
toûjours deſaiſon , ſi vous
voulez que ce foient des marques
éternelles de mon respect envers ce
Prince. Fay auſſi laissé paſſer le
temps où ces Bouts rimez estoient
àla mode. Cependant ce qu'ils
m'ont fait dire ne vieillira jamais
dans la memoire des Hommes,
puis que LOUIS le Grand aura
toûjours des admirateurs , qui
tomberont d'accord avecmoy de la
verité de mespensées.
GALANT. 39
CI
1.71.
I jamais Conquérant marcha
droit à la Glovre,
Sijamais Souverain mérita d'être
Roy,
- Si jamais Politique aux autres fit
la loy,
Sur tous les Concurrens LOUIS
ala victoire.
Se
Ses Faits feront paſſer pour Fable
fon Histoire, at
Apeine croira- t- on qu'ils foient
dignes defoy;
Les Siècles àvenir en ferontdans
L'effrey, pens
Et tout retentira du bruit de ſa
Mémoire,
52
رد
Lorsqu'on voudra former unHé.
ros achevé,
1
40 MERCURE
On en prendra les traits ſur ſon air
élevé,
Sur ſes Combats divers , ſur ſon
coeur intrépide.
Autrefois on l'eût mis au rang des
Immortels;
Et comme ſes hauts Faits effacent
ceux d'Alcide,
Alcideà fon Vainqueur euſt cedé
ſes Autels.
Vous trouverezpeut-estre quel
que conformité entre ce Sonnet,
un autre que vous avez publié.
Elle auroit efté plus grande
fi je ne l'avoisjamais veu. Je ne
fçay si l'autre a esté fait plûtoft
que le mien , mais je fuisſeur
3
GALANT. 41
que le mien n'a point esté fait fur
celuy-là. Ces Bouts rimeznauront
pas perdu tout- à-fait lagrace
de la nouveauté. Vous avez
dit il n'y a pas long-temps , qu'ils
estoient àla mode ,&lesujet n'en
est pas trop vieux.
SUR LA TREVE
que le Roy a faite.
Ο
N diſoit autrefois, Non licet
omnibus,
J'ofe le dire encore, & qui voudra
nolis'enfaches an và 120. "
LOUIS, de qui l'eſprit travaille
fans relâche,
Vient de faire luy feul quodnon
licet tribus .
Avril 1685, D
42 MERCURE
52
Nul d'entr'eux ne sçauroit parer
aux coups qu'il lache,
Parmy les Souverains il paroiſt un
Phoebus;
Il commande la Tréve , & vous
ſçavez quibus;
Tout ce qu'elle a de durpar avace
illeur mache.
Ils l'avalent enfin avec tous ſes
Item
Dans un profondreſpect ils chantent
Tuautem ,
Ravis de prévenir les effets de ſon
ire.
S&
Sidans le temps préſent ilsn'ont
pû dire amo,.
D
GALANT. 43
Peut- eftre qu'au futur ils auront
peine à lire
Ce qu'il leur fit figner currente
calamo.
Il n'y a point de Rimes ſi bi--
zarres &fi Burlesques, quon-nc
puiſſe remplir de quelque chose de
grandſur leſujet du Roy. Ilme:
femble donc qu'on pourroit bien
donner à celles- là encore un autre
tour presque fur la mesme ma
tiere..
SVR L'ENREGISTREMENT,,
&la Publication de la Tréve.
L
OUIS. le Conquérant fair
ſçavoir omnibus,
4
Qu'il annonce une Tréve, & qui
plaiſt,& qui fache;
C
Dij
44 MERCURE
Jamais de fes deſſeins en rien il ne
relâche,
Le coup qui le deſarme a fait la
loytribus.
52
Que s'il fuit les Combats , il ne
fuit point en Lache,
Dans le Meſtier de Mars il n'eſt
point E- Phoebus;
Ila du coeur,desGens,desArmes,
du quibus,
Et quand il faut donner, point la
Cire il ne mache.
52
Cependant il s'arreſte , il ſe modére,
item,
Sçachant bien comme il faut venir
au Tu autem,
Pour le bonheur public il com
mande àfon ire,
GALANT. 45
Se
Conjuguons- luy par coeur dans
tous les temps amo;
Et nos Neveux diront , lifant ce
qu'on va lire,
Que ce qu'il fit du Fer, il l'a fait
calamo.
Enfin , Monsieur, ily a treslong-
tempsquej'ayfait uneDevi
fepour le Roy ,furun deffein qui
aesté ſuſpendu. Si elle avoir esté
publiée dés ce temps-là, elle pourroit
paſſer à preſentpour une efpece
de Prophetie. Cesera pour
le moins une expreſſion allegorique
de ce que nous voyons. Le
corps de la Deviſe , c'eſtun Soleil
46 MERCURE
dansſon Zodiaque;l' Ame, cefont
ces paroles , Curro , fed tacito
motu. Si je ne craignois de choquer
les Maistres de l'Art, j'a
joûterois des Aſtronomes de toutes
lesNations , qui obferventle Søleil
avectoutes les fortes d'Inſtru--
mens dont on uſe pourcela. Ils ne
répondroient pas malà l'applica
tion que tous les Politiques de la
Terre donnent à penétrer la conduite
du Roy. Voicy l'explication :
de ma Deviſe.
'Univers attentif regarde ma
carriere,
Les eſprits appliquez à mefurer
moncours ,
! GALANT. 47
Obſervent avec ſoin mes tours&
mes détours :
Mais nul oeil ne peut voir ma rou.
te toute entiere ;.
८८
Mon éclat plus aux fiers fait
baiffer la paupiere ;
Mes differens afpects font les
nuits & les jour,
Tout languiroit fans moy , tour
attend mon fecours,
t
Etje porte par tout mes biens&
ma lumiere.
SS
Mille divers emplois partagent
mes momens,
Je ſuis toûjours reglé dans tous
mes mouvemens ,
On connoiſt mon pouvoir fur la
Terre & fur l'Onde.aranov
48 MERCURE
1
Jeme haſte; je cours; rien n'arreſtemes
pas,
J'acheveray bien-toſt le tour en
tier du Monde,
Ma démarche eſt cachée & l'on
ſçait où je vas .
Ilya affezlong-temps, Monfieur
, que je vous entretiens pour
me haſter de vous dire que je suis
vostre tres ,&c.
F. F. D. C. R. G.
divers Ouvrages ſur les dernieres
Actions de cet auguſte
Monarque , les a ramaffez
comme en un Recueil dans
cetteLettre qu'il m'aadreſſée.
5555 5552 55255522
LETTRE.
TE me souviens , Monfieur.
que vous avez voulu me perfuader
que j'avois merité quel
GALANT. 23
que approbation des bons Connoiffeurs
, lors que je dis ily a
quelques années.
On faitmal ce qu'on fait , onne
fait qu'une affaire,
Mais LOUIS partagé dans cent
emplois divers,
ةو
Sedonnant tout à tout , fait voir
al'Univers,
Et qu'il fait ce qu'il faut, &qu'il
ſçait bien le faire.
Vous avez mesme prétendu
que j'avois expliqué les fentimens
de tout ce qu'il y a d'hon .
nestesGens au monde en difant,
Que tous les noms des Grands
cedent au nom duRoy,
24 MERCURE
Les Cefars, les Cyrus, les Hectors,
les Achilles,
Ont eu moins de merite &donné
moins d'effroy,
Par cent Combats rendus, par
cent priſes de Villes .
Je vous ferois bien obligé , fi
vous vouliezfairesçavoir aupublic,
que je défie toute la Terrede
me difputer la verité de ceque je
vais dire.
SONNET
SVR LA GRANDEVR DV ROY.
L
OUIS eſt grand en tout ; il
regle les Finances,
Ilreforme les Loix, il fait fleurir
esArts , :
Mille
GALANT. 25
Mille Vaiſſeaux flottans,mille orguilleux
Rampars
Partagent tous les jours ſes ſoins,
& les dépenſes ;
Dans le particulier,dans les réjoüifſſances
Il eſt autant Heros , que dans le
champ deMars,
Findans leGabinet , ferme dans
leshazars,
Il fait plier ſous ſoy les plushautes
Puiſſances;
S2
Sa fortune répond par tout à
ſa valeur,
Par tout ſes grands exploits répondent
à fon coeur,
Ainſi que l'ont fait voir cent conqueſtes
de marque ;
Mars1685. C
1
26 MERCURE
52
Enfinnos Ennemis connoiffent
commemoy,
Que ſi tout 1 Univers ne vouloit
qu'unMonarque
Tout l'Univers devroit n'avoir
que luy pour Roy.
:
Je ſens bien que ce que je dis
là n'est rien de bon , mais il me
ſemble que c'est l'explication fincere
des pensées , qui doivent venir
naturellement à tous les Sages
qui ſont ſans paffion , & qui ont
du bon goust.
Ne croyez donc pas , Monſieur
, que ce soit une pure conje-
Eture ouseulement un effet de l'at(
GALANT: 27
tache desſentimens que j'ay pour
jeRoy qui m'afait dire :
Enfin nos Ennemis connoiffent
al commemoys, &c.
Vous en jugerez par une pefire
avanture que je vais vous
racontertelle qu'elle m'est arrivée
Je me rrauvay fur la route de
M'Ambassadeur d'Espagne
lors qu'ilse retiroit de France à
-pas comptez tant il marquoit
d'envie de n'en point fortir. Férois
chez une Perſonne de qualité
de merite , àl'heure qu'il luy
envoyaun de ses Gentilshommes
poursçavoir si elle se trouveroit
Cij
28 MERCURE
enétat de recevoirfa viſite. Com
me je vis par laréponse, queM
'Ambassadeur alloit venir , je
voulus luy faire place , mais la
Perſonne chez qui j'estois me
déclara , qu'elle vouloit abfo
lument que j'eusse part à cette
conversation , qui dura bien prés
de quatre heures. Vousne pouvezpas
douter, Monfieur, qu'on
neparlastd'Affaires d'Etat avec
un Ambassadeur,&que fa retraite
, & laGuerre qui nous menaçoitalors,
nefourniffent à l'en
tretien. Il nous dit cent chofes,qui
nous firent affezcomprendre qu'il
asust pas en de peine d'avoüer
1
GALANT. 29
nettement que le Roy estoit le plus
grand & le plus puiſſant Prince
du monde,s'il eustpu oublier qu'il
avoit un Maistre , &fe défaire
des préjugez Espagnols.
On doit neanmoins cette juſtice
à M l'Ambassadeur , que
fonbon sens &sa raiſon ne furentpoint
obscurcis par ces enteſtemens,
qui ſontſi ordinaires à ceux
deſa Nation. Il fu l'Eloge de la
France,des François, du Roy,
d'un air fort élevé, &qui marquoit
beaucoup de fincerité dans
ce qu'il diſoir ; mais dans les
loüanges qu'il donna àsa Ma
jesté , iln'oublia ny ce qu'il estoit
C iij
30 MERCURE
ny ce qu'il devoit à fon Prince.
Pretendant faire une galanterie
aux Dames , il dit qu'il vouloit
leur faire voir quelque chose de
fort beau.Il tira enfuite une riche
qui renfermoit Boëte, , diſoit-il,
lePortraitddee fa A
Ja MMaaiîttrreeffffee,qu'il
emporioit de France , & c'estoit
celuy du Roy , dont ſa Majesté
l'avoit honoré, & dont ilsefaifoit
en effet ungrandbonneur. La
Perſonne chez qui nous estions,
qui est fortfpirituelle,luy dit qu'il
devoit bien conferver ce gage,
qu'il fe feroit bien- toft en luy
une metamorphose furprenante,
parce qu'il estoit à croire que le
GALANT. 31
Portrait deSa Majesté ſe changeroit
en celuy de fon Maistre.
Aces paroles Ml'Ambassadeur
parut Espagnol , comme ſon devoir
l'y obligeoit. L'entretien
roula enfuite fur différentes matieres,
&fut longue & curieufe.
Je vous avovë , Monfieur,
que pendant tous les évenemens
de la derniere Campagne ,je me
ſuis toûjours ſouvenu des entretiens
de cét Ambaſſadeur. Ilnous
dit pofuivement qu'il y auroitdu
fang répandu; qu'il feroit difficile
d'arreſter les deſſeins du Roys
que ſes Ennemis ne pouvoient
C iiij
32 MERCURE
rien efperer que de l'inconstance
de la fortune ; & que l'Empire
&l'Espagne ne cherchoient qu'à
mettre leur bonneur à couvert,
en ne cedant pas sans avoir combattu.
Voila la Prophétie accomplie,&
nous en voyans la
té dans la diſpoſition des chofes
qui ſeſont paſſées la derniere année.
SONNET
Sur l'état des Affaires aprés la derniere
Campagne de France.
A
Lger encor fumat des Foudres
de la Guerre,
Vient ſe jetter aux pieds de fon
noble Vainqueur;
GALANT. 33
Et Gennes la ſuperbe eſt tremblante
de peur
Sous les éclats vengeurs de fon
bruyant tonnerre :
52
Luxembourg voit tomber ſes
hauts Ramparts par terre ,
Capd- e-Quiers attaqué ſe trouve
ſans vigueur;
La Hollande en Partis ralentit
fon ardeur
N'ayant pû ſoûlever les Peuples
d'Angleterre;
Se
Le Danemark amyreçoit nos
Etendars,
L'Empire ſe ménage & craint
tous les hazars,
L'Eſpagne plaint fes Forts qu'on
pille ou qu'on enleve;
34 MERCURE
52
Liége & Tréves foûmis ſçavent
faire leur Cour,
L'Europe attend la Paix en rece
vant laTréve,
Tout cedeau Grand LOUIS par
force ou par amour.
Je vois dans cette peinture tour
ce que l'Ambassadeur d'Espagne
craignoit , & tout ce que sa politique
luy faisoit prévoiravecchagrin.
Avoüez aprés cela , Monſieur,
que lafortune de LOUIS
le Grand doit eſtre bien conſtante
pour faire avec tant de bonheur
des choses fi admirables , puis que
tant de Heros , & tant de ſages
Monarques n'ont pu s'empescher
GALANT. 35
d'en eſtre abandonnez. Mais
avoüez aussi à mesme temps que
La prudence of le courage du Roy
font extraordinaires , puis qu'il
ſemble avoir réduit la Fortune
ſous les règles ,&s'estrefait une
methode de réüfſſiren tout.
Nepeut- on pas compter entre
fes bonnes fortunes la fecondité
de la Maiſon Royale ? Ce Fils
unique que le Ciel luy avoit laif-
Sé comme son premier don , plus
Il est grand , plus il nous faifoit
craindre. Vous voulûtes bien,
Monfieur, que mes pensées fufſent
celles de tous les honneſtes
Gensà la naiſſance de Monfei36
MERCURE
gneur le Duc de Bourgongne. Fo
voudrois à cette heure que vous
les engageaffiez à dire fur ta
naiſſance de Monseigneur leDuc
d'Anjou.
;
R
AURΟΥ.
SONNET.
Ecevez un Héros qui naiſt
de voſtre Race,
Grand LOUIS, deſormais le Ciel
veut tous les ans
Enrichir vos Etats de ſemblables
Préfens ,
Qui pourront mériter de remplir
voſtre place.
Se
Nous verrons de nos jours l'Allemagne
& la Thrace
GALANT 37
Ployer ſous les efforts du Pere&
des Enfans
Par tout dignes de Vous , & par
tour triomphans,
Detous nos Ennemis ils dompte.
-ront l'audace.
Se
t
Formez-les ſeulement dans l'Art
qui fait les Roys ,
Ils en apprendront plus par vos
nares Exploits, 29)
Qu'en lifant ce qu'ont fait lesFameux
de l'Histoire ;
22
'Et comme ils vous verront toujours
au- deffus d'eux ,
Chacun d'eux tâchera d'ateindre
àvoſtre gloire;
Mais nul n'y parviendra parmy
tous vos Neveux.
38 MERCURE
Ces ſentimens quifurentconceus
dans la joye qu'avoit toute
la France en celte rencontre
د. Se
produisent fort tard , mais ils ſeront
toûjours deſaiſon , ſi vous
voulez que ce foient des marques
éternelles de mon respect envers ce
Prince. Fay auſſi laissé paſſer le
temps où ces Bouts rimez estoient
àla mode. Cependant ce qu'ils
m'ont fait dire ne vieillira jamais
dans la memoire des Hommes,
puis que LOUIS le Grand aura
toûjours des admirateurs , qui
tomberont d'accord avecmoy de la
verité de mespensées.
GALANT. 39
CI
1.71.
I jamais Conquérant marcha
droit à la Glovre,
Sijamais Souverain mérita d'être
Roy,
- Si jamais Politique aux autres fit
la loy,
Sur tous les Concurrens LOUIS
ala victoire.
Se
Ses Faits feront paſſer pour Fable
fon Histoire, at
Apeine croira- t- on qu'ils foient
dignes defoy;
Les Siècles àvenir en ferontdans
L'effrey, pens
Et tout retentira du bruit de ſa
Mémoire,
52
رد
Lorsqu'on voudra former unHé.
ros achevé,
1
40 MERCURE
On en prendra les traits ſur ſon air
élevé,
Sur ſes Combats divers , ſur ſon
coeur intrépide.
Autrefois on l'eût mis au rang des
Immortels;
Et comme ſes hauts Faits effacent
ceux d'Alcide,
Alcideà fon Vainqueur euſt cedé
ſes Autels.
Vous trouverezpeut-estre quel
que conformité entre ce Sonnet,
un autre que vous avez publié.
Elle auroit efté plus grande
fi je ne l'avoisjamais veu. Je ne
fçay si l'autre a esté fait plûtoft
que le mien , mais je fuisſeur
3
GALANT. 41
que le mien n'a point esté fait fur
celuy-là. Ces Bouts rimeznauront
pas perdu tout- à-fait lagrace
de la nouveauté. Vous avez
dit il n'y a pas long-temps , qu'ils
estoient àla mode ,&lesujet n'en
est pas trop vieux.
SUR LA TREVE
que le Roy a faite.
Ο
N diſoit autrefois, Non licet
omnibus,
J'ofe le dire encore, & qui voudra
nolis'enfaches an và 120. "
LOUIS, de qui l'eſprit travaille
fans relâche,
Vient de faire luy feul quodnon
licet tribus .
Avril 1685, D
42 MERCURE
52
Nul d'entr'eux ne sçauroit parer
aux coups qu'il lache,
Parmy les Souverains il paroiſt un
Phoebus;
Il commande la Tréve , & vous
ſçavez quibus;
Tout ce qu'elle a de durpar avace
illeur mache.
Ils l'avalent enfin avec tous ſes
Item
Dans un profondreſpect ils chantent
Tuautem ,
Ravis de prévenir les effets de ſon
ire.
S&
Sidans le temps préſent ilsn'ont
pû dire amo,.
D
GALANT. 43
Peut- eftre qu'au futur ils auront
peine à lire
Ce qu'il leur fit figner currente
calamo.
Il n'y a point de Rimes ſi bi--
zarres &fi Burlesques, quon-nc
puiſſe remplir de quelque chose de
grandſur leſujet du Roy. Ilme:
femble donc qu'on pourroit bien
donner à celles- là encore un autre
tour presque fur la mesme ma
tiere..
SVR L'ENREGISTREMENT,,
&la Publication de la Tréve.
L
OUIS. le Conquérant fair
ſçavoir omnibus,
4
Qu'il annonce une Tréve, & qui
plaiſt,& qui fache;
C
Dij
44 MERCURE
Jamais de fes deſſeins en rien il ne
relâche,
Le coup qui le deſarme a fait la
loytribus.
52
Que s'il fuit les Combats , il ne
fuit point en Lache,
Dans le Meſtier de Mars il n'eſt
point E- Phoebus;
Ila du coeur,desGens,desArmes,
du quibus,
Et quand il faut donner, point la
Cire il ne mache.
52
Cependant il s'arreſte , il ſe modére,
item,
Sçachant bien comme il faut venir
au Tu autem,
Pour le bonheur public il com
mande àfon ire,
GALANT. 45
Se
Conjuguons- luy par coeur dans
tous les temps amo;
Et nos Neveux diront , lifant ce
qu'on va lire,
Que ce qu'il fit du Fer, il l'a fait
calamo.
Enfin , Monsieur, ily a treslong-
tempsquej'ayfait uneDevi
fepour le Roy ,furun deffein qui
aesté ſuſpendu. Si elle avoir esté
publiée dés ce temps-là, elle pourroit
paſſer à preſentpour une efpece
de Prophetie. Cesera pour
le moins une expreſſion allegorique
de ce que nous voyons. Le
corps de la Deviſe , c'eſtun Soleil
46 MERCURE
dansſon Zodiaque;l' Ame, cefont
ces paroles , Curro , fed tacito
motu. Si je ne craignois de choquer
les Maistres de l'Art, j'a
joûterois des Aſtronomes de toutes
lesNations , qui obferventle Søleil
avectoutes les fortes d'Inſtru--
mens dont on uſe pourcela. Ils ne
répondroient pas malà l'applica
tion que tous les Politiques de la
Terre donnent à penétrer la conduite
du Roy. Voicy l'explication :
de ma Deviſe.
'Univers attentif regarde ma
carriere,
Les eſprits appliquez à mefurer
moncours ,
! GALANT. 47
Obſervent avec ſoin mes tours&
mes détours :
Mais nul oeil ne peut voir ma rou.
te toute entiere ;.
८८
Mon éclat plus aux fiers fait
baiffer la paupiere ;
Mes differens afpects font les
nuits & les jour,
Tout languiroit fans moy , tour
attend mon fecours,
t
Etje porte par tout mes biens&
ma lumiere.
SS
Mille divers emplois partagent
mes momens,
Je ſuis toûjours reglé dans tous
mes mouvemens ,
On connoiſt mon pouvoir fur la
Terre & fur l'Onde.aranov
48 MERCURE
1
Jeme haſte; je cours; rien n'arreſtemes
pas,
J'acheveray bien-toſt le tour en
tier du Monde,
Ma démarche eſt cachée & l'on
ſçait où je vas .
Ilya affezlong-temps, Monfieur
, que je vous entretiens pour
me haſter de vous dire que je suis
vostre tres ,&c.
F. F. D. C. R. G.
Fermer
22
p. 149-162
LE TRIOMPHE DE VÉNUS.
Début :
Vous vous souvenez de la Dispute qui s'est élevée / Sur le bord de l'Arar, ma Muse solitaire, [...]
Mots clefs :
Statue, Vénus, Muse, Amour, Sommeil, Triomphe, Courtisans, Glorieux, Grâces, Jeux, Coeur, Grandeur, Lumière, Charme, Héros, Heureux, Louis le Grand
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE TRIOMPHE DE VÉNUS.
Vous vous ſouvenez de la
Diſpute qui s'eſt élevée entre
les Sçavans touchant la Statuë
de la Viile d'Arles , pour
fçavoir fi elle repreſentoit
Venus , ou Diane. La décifion
de Sa Majesté qui s'eft
déclarée pour la premiere,
ayant terminé ce differend,
M' Magnin de l'Academie
Royale d'Arles , a fait làdeſſus
le galantOuvrage que
je vous envoye.bon
Nij
150 MERCURE
?
:
52555255-52552 555
LE TRIOMPHE
DE VENUS .
Urte bord de l'Arar ,ma Mase
Jolitaire
Cher espoirde mes derniers jours
M'offroitde quelques vers leSterite
Lecours,
Et révoit à ſon ordinaire,
Quandles Feux,les Ris,lesAmours
Vinvent troubler en foule, avecque I
leursTambours رد مرا
Leurs chants, leur Haut-bois , lour
Musette,
Lefilence dema Retraite.
52
ол
LeDieu qui fait aimer , l'air gay , le
teintvermeil,
GALANT. 151
M'aborde, s'avanceà leurteste,
Etme dit,fors de cesommeil,
Qui,filoin des plaisirs , &t'endort,
&i'arreste.
Venus triomphe enfin,je t'invite à la
feſte;
Ala Cour de LOVIS, on enfait l'appareil,
Ettout en estjusqu'au Soleil.
Se
Dianeabeaufaire lafiere,
Ellen'a plusde Courtisans,
Etfesplus zelez Partiſans
Ontabandonnéla carriere.
S2
SurunSujetfi glorieux
Nous avons raisonné , mais foibles
quenoussommes,
Dis-je alors , n'est- cepas au plusparfaitdes
Hommes
Adireſon avissur l'interèt desDieux?
N iiij
152 MERCURE
LOVIS aprononcé, c'est à tuy de ré-
Soudre,
Il estdans un degréfihaut chez les
Humains,
Que quandmesme ces Dieux luy préteraient
lafoudre,
Apeine croiroit on qu'elle custchangé
demains.
Se
Aprésque ce Heros a vuidé la querolle
Ilnefautplus disputer,
Venus le doitemporter,
Les Muſes deformais vivront bien
avec elle..
Prés de LOVIS le Grand, eltesfont
enfaveur,
P
Les Graces pour Venus ont un zele
fidelte
Enſemble de ce vainqueur
Chantantlagloire immortelle
GALANT 153
Ellesfe feront honneur
Den'avoirqu'un mesme coeur.
Se :
Les Gracesme répondirent,
Ilnetiendrapoint ànous
Les Feux,les Ris repartirent,
Quepeut- on fairefansvous,
Fillesde Venus difcrettes ?
Tout ce que gouſtent de doux
Lesamours les plusparfaites ,
N'est-cepasvousquile faites?
Que peut onfairefans vous,
Filles de Venus difcrettes?
52
Entrez dans'le Palais du plusgrand
Roy du monde,
Admirezſaſageſſe , & tranquile&
profonde,
Entrez , Mere des Amours ,
Vous triomphez , & Diane
Qui vous traitoit de Propbanes
:
154 MERCURE
N'eutjamais de fibeauxjours.
८८
Aces cris d'allegreffe
LesMuſes à leurtour
Vinrent fendre la preſſe,
Etpourfaire leur cour
Meſlons nosvoix , dirent- elles,
Ala gloire du Heros,
Dont les grandeurs immortelles,
Nous donnent en cejour unsi noble
repos.
Se
Leparty plut d'abord , lesGraces l'ac
cepterent,
Etfan's perdre de temps en recitsfuflus,
Voicy comme elles chanterent
LeTriomphe de Venus.
LES GRACES.
Venus a l'airtouchant,&d'elleonpeut
apprendre
1
GALANT. 155
Amefler aux Lauriers les Myrthes
amoureux .
Venus ne gaste rien audeſtin des
heureux,
En eft.on moins Heros , pouravoir le
coeur tendre?
LES MUSES .
Quand on donnedes loix aux plus
grands des Humains,
Toûjours vainqueur, &toûjours
équitable,
Etque demille Souverains
On tient lefort entre ses mains,
Pour avoir l'amefiere, en est- on moins
aimable?
LES GRACES.
Dans un degréde gloire , ou rien ne
peutatteindre,
Ilfautsçavoirdécendre , il fautſca-
いいvoir charmer
Il est beau dese faire craindre
156 MERCURE
Ilestdoux dese faire aimer.
LES MUSES ...
Si Venus maintenant d'une Pomme
eftornée,
Del'air dont elle la tient
Onvoitqu'ellesefouvient
DuHeros qui l'a donnéc.
LES GRACES.
Celle qu'elle recent de ce Bergervolage
Qui causa d'Ilion lefuneste ravage
Eftoit- elle de ceprix?
LOUIS a le rare avantage
De ne pouvoir estresurpris;
Iljointpar unheureux , &charmant
affemblage
Alafiertéd' Hector les charmes de
Paris. 6
LES MUSES .
Son régnefiplein de merveilles
Est la gloire de l'Univers .
i
GALANT. 157
LES GRACES .
Il est l'entretien de vosveilles
Il estle charme de vos Vers.
LES MUSES .
:
Certesfafaveurfouveraine
Nous tient lieu detout aujourd'huy.
LES GRACES.
Il estAuguste , il est Macene,
Vous n'avez affaire qu'à luy.
LES MUSES .
Qui peut nous troubler ? de la
guerre
On a fermé les Esendars
LES GRACES .
Flore peut reduire en parterre
Tout le terrain du Champ de Mars.
LES MUSES .
Plusde Canons , plus de Carcaffes,
Ne troublent l'accord de nos voix.
MULES GRACES.
Ilfautlaiſſer rive les Graces,
158 MERCURE
LOVIS les remet dans leurs
droits.
LES MUSES .
Dianen'estpoint abaiffée ;
Que cede- t'elle icy dufien?
LES GRACES .
Elle estla premiereplacée,
Venusne luy dérobe rien.
LES MUSES .
Sous le Heros quiles aſſemble
Qu'elles aurontdejours heureux!
LES GRACES.
Puißent-elles toûjours enſemble
L'accompagner dans tous fes
vaux.
... LES MUSES.
Puiffent elles d'intelligence
De charmerdans ses petits Fils.
LES GRACES!
Puiffent- elles toûjours en France
Faire la culture des •
GALANT 159
LES MUSES .
Venez ,heureuſes Destinées
Venez ſeconderſes defirs.
LES GRACES .
Neveillez queſurſes années,
Neménagezqueses plaisirs.
LES MUSES .
Fieres Beautez , Venus vous preffe
Devous enflamer en ce jour.
LES GRACES.
Que toutse rendeà latendreſſe;
Quefaire d'un coeurfans amour?
LES MUSES .
-Sans amourseroit- il poſſible
D'avoir des plaiſirs accomplis?
LES GRACES.
QuAmarilisfoitinſenſible,
C'est tant pis pour Amarilis.
LES MUSES.
Venus triomphe, tout le monde
Doit estresoumis àses loix.
160 MERCURE
LES GRACES .
Elle enflame laterre & l'onde,
Peut - on avoir de plus grands
droits?
Se
Merucilledufiecle ou nnoouussfommes
Dit l'Amour , fi Venus voit rétablir
Ses droits,
N'est- ce pas par la voix
Du plus parfait des Hommes,
plus grand des Rois? Etdu
は
Son triomphe estfiny , Sa gloire estaccomplie
Sa place estoit marquée , &le fera
toujours,
Pouvoit elle eftre mieux remplie
rlaMeredes Que parla
Se
Amours?
Allez à vostre tour, allez prendre vos
GALANT. 161
!
Dans ce Palais auguſte , il ne vous
manque rien
Etpourfinirvoſtre entretien
Apprenez à tous ceux qui plaignoients
vos disgraces,
Que les Muses, &les Graces
Nefurentjamaissibien.
SS
Rag છે
Allez par toute laterre
Aſſemblervos Favoris,
Lebruit affreux de la guerre
Netroublera plus vos cris..
Signalons noftre allegreffe
Regnons dansce Siecle heureux,
C'estl'amourqui nous en preſſe,
Direntles Ris,&les feux.
Allonsfaire éclaterfur laTerre&fur
l'onde,
Allons , & ne tardóns plus,
Au nom du Maistre du monde
162 MERCURE
Le triomphe de venus.
S&
Acesmots ils difparurem wiel
Sur leurs pas les Zephirs de la Plaine
coarurent
A
Etreftantfeulje dis en soupirant,
Tropheureux qui vous peutfuivre
Dans cet airfi triomphant;
Mais plus beureux qui peutvivre
Auprés de LOUIS le Grand!
Diſpute qui s'eſt élevée entre
les Sçavans touchant la Statuë
de la Viile d'Arles , pour
fçavoir fi elle repreſentoit
Venus , ou Diane. La décifion
de Sa Majesté qui s'eft
déclarée pour la premiere,
ayant terminé ce differend,
M' Magnin de l'Academie
Royale d'Arles , a fait làdeſſus
le galantOuvrage que
je vous envoye.bon
Nij
150 MERCURE
?
:
52555255-52552 555
LE TRIOMPHE
DE VENUS .
Urte bord de l'Arar ,ma Mase
Jolitaire
Cher espoirde mes derniers jours
M'offroitde quelques vers leSterite
Lecours,
Et révoit à ſon ordinaire,
Quandles Feux,les Ris,lesAmours
Vinvent troubler en foule, avecque I
leursTambours رد مرا
Leurs chants, leur Haut-bois , lour
Musette,
Lefilence dema Retraite.
52
ол
LeDieu qui fait aimer , l'air gay , le
teintvermeil,
GALANT. 151
M'aborde, s'avanceà leurteste,
Etme dit,fors de cesommeil,
Qui,filoin des plaisirs , &t'endort,
&i'arreste.
Venus triomphe enfin,je t'invite à la
feſte;
Ala Cour de LOVIS, on enfait l'appareil,
Ettout en estjusqu'au Soleil.
Se
Dianeabeaufaire lafiere,
Ellen'a plusde Courtisans,
Etfesplus zelez Partiſans
Ontabandonnéla carriere.
S2
SurunSujetfi glorieux
Nous avons raisonné , mais foibles
quenoussommes,
Dis-je alors , n'est- cepas au plusparfaitdes
Hommes
Adireſon avissur l'interèt desDieux?
N iiij
152 MERCURE
LOVIS aprononcé, c'est à tuy de ré-
Soudre,
Il estdans un degréfihaut chez les
Humains,
Que quandmesme ces Dieux luy préteraient
lafoudre,
Apeine croiroit on qu'elle custchangé
demains.
Se
Aprésque ce Heros a vuidé la querolle
Ilnefautplus disputer,
Venus le doitemporter,
Les Muſes deformais vivront bien
avec elle..
Prés de LOVIS le Grand, eltesfont
enfaveur,
P
Les Graces pour Venus ont un zele
fidelte
Enſemble de ce vainqueur
Chantantlagloire immortelle
GALANT 153
Ellesfe feront honneur
Den'avoirqu'un mesme coeur.
Se :
Les Gracesme répondirent,
Ilnetiendrapoint ànous
Les Feux,les Ris repartirent,
Quepeut- on fairefansvous,
Fillesde Venus difcrettes ?
Tout ce que gouſtent de doux
Lesamours les plusparfaites ,
N'est-cepasvousquile faites?
Que peut onfairefans vous,
Filles de Venus difcrettes?
52
Entrez dans'le Palais du plusgrand
Roy du monde,
Admirezſaſageſſe , & tranquile&
profonde,
Entrez , Mere des Amours ,
Vous triomphez , & Diane
Qui vous traitoit de Propbanes
:
154 MERCURE
N'eutjamais de fibeauxjours.
८८
Aces cris d'allegreffe
LesMuſes à leurtour
Vinrent fendre la preſſe,
Etpourfaire leur cour
Meſlons nosvoix , dirent- elles,
Ala gloire du Heros,
Dont les grandeurs immortelles,
Nous donnent en cejour unsi noble
repos.
Se
Leparty plut d'abord , lesGraces l'ac
cepterent,
Etfan's perdre de temps en recitsfuflus,
Voicy comme elles chanterent
LeTriomphe de Venus.
LES GRACES.
Venus a l'airtouchant,&d'elleonpeut
apprendre
1
GALANT. 155
Amefler aux Lauriers les Myrthes
amoureux .
Venus ne gaste rien audeſtin des
heureux,
En eft.on moins Heros , pouravoir le
coeur tendre?
LES MUSES .
Quand on donnedes loix aux plus
grands des Humains,
Toûjours vainqueur, &toûjours
équitable,
Etque demille Souverains
On tient lefort entre ses mains,
Pour avoir l'amefiere, en est- on moins
aimable?
LES GRACES.
Dans un degréde gloire , ou rien ne
peutatteindre,
Ilfautsçavoirdécendre , il fautſca-
いいvoir charmer
Il est beau dese faire craindre
156 MERCURE
Ilestdoux dese faire aimer.
LES MUSES ...
Si Venus maintenant d'une Pomme
eftornée,
Del'air dont elle la tient
Onvoitqu'ellesefouvient
DuHeros qui l'a donnéc.
LES GRACES.
Celle qu'elle recent de ce Bergervolage
Qui causa d'Ilion lefuneste ravage
Eftoit- elle de ceprix?
LOUIS a le rare avantage
De ne pouvoir estresurpris;
Iljointpar unheureux , &charmant
affemblage
Alafiertéd' Hector les charmes de
Paris. 6
LES MUSES .
Son régnefiplein de merveilles
Est la gloire de l'Univers .
i
GALANT. 157
LES GRACES .
Il est l'entretien de vosveilles
Il estle charme de vos Vers.
LES MUSES .
:
Certesfafaveurfouveraine
Nous tient lieu detout aujourd'huy.
LES GRACES.
Il estAuguste , il est Macene,
Vous n'avez affaire qu'à luy.
LES MUSES .
Qui peut nous troubler ? de la
guerre
On a fermé les Esendars
LES GRACES .
Flore peut reduire en parterre
Tout le terrain du Champ de Mars.
LES MUSES .
Plusde Canons , plus de Carcaffes,
Ne troublent l'accord de nos voix.
MULES GRACES.
Ilfautlaiſſer rive les Graces,
158 MERCURE
LOVIS les remet dans leurs
droits.
LES MUSES .
Dianen'estpoint abaiffée ;
Que cede- t'elle icy dufien?
LES GRACES .
Elle estla premiereplacée,
Venusne luy dérobe rien.
LES MUSES .
Sous le Heros quiles aſſemble
Qu'elles aurontdejours heureux!
LES GRACES.
Puißent-elles toûjours enſemble
L'accompagner dans tous fes
vaux.
... LES MUSES.
Puiffent elles d'intelligence
De charmerdans ses petits Fils.
LES GRACES!
Puiffent- elles toûjours en France
Faire la culture des •
GALANT 159
LES MUSES .
Venez ,heureuſes Destinées
Venez ſeconderſes defirs.
LES GRACES .
Neveillez queſurſes années,
Neménagezqueses plaisirs.
LES MUSES .
Fieres Beautez , Venus vous preffe
Devous enflamer en ce jour.
LES GRACES.
Que toutse rendeà latendreſſe;
Quefaire d'un coeurfans amour?
LES MUSES .
-Sans amourseroit- il poſſible
D'avoir des plaiſirs accomplis?
LES GRACES.
QuAmarilisfoitinſenſible,
C'est tant pis pour Amarilis.
LES MUSES.
Venus triomphe, tout le monde
Doit estresoumis àses loix.
160 MERCURE
LES GRACES .
Elle enflame laterre & l'onde,
Peut - on avoir de plus grands
droits?
Se
Merucilledufiecle ou nnoouussfommes
Dit l'Amour , fi Venus voit rétablir
Ses droits,
N'est- ce pas par la voix
Du plus parfait des Hommes,
plus grand des Rois? Etdu
は
Son triomphe estfiny , Sa gloire estaccomplie
Sa place estoit marquée , &le fera
toujours,
Pouvoit elle eftre mieux remplie
rlaMeredes Que parla
Se
Amours?
Allez à vostre tour, allez prendre vos
GALANT. 161
!
Dans ce Palais auguſte , il ne vous
manque rien
Etpourfinirvoſtre entretien
Apprenez à tous ceux qui plaignoients
vos disgraces,
Que les Muses, &les Graces
Nefurentjamaissibien.
SS
Rag છે
Allez par toute laterre
Aſſemblervos Favoris,
Lebruit affreux de la guerre
Netroublera plus vos cris..
Signalons noftre allegreffe
Regnons dansce Siecle heureux,
C'estl'amourqui nous en preſſe,
Direntles Ris,&les feux.
Allonsfaire éclaterfur laTerre&fur
l'onde,
Allons , & ne tardóns plus,
Au nom du Maistre du monde
162 MERCURE
Le triomphe de venus.
S&
Acesmots ils difparurem wiel
Sur leurs pas les Zephirs de la Plaine
coarurent
A
Etreftantfeulje dis en soupirant,
Tropheureux qui vous peutfuivre
Dans cet airfi triomphant;
Mais plus beureux qui peutvivre
Auprés de LOUIS le Grand!
Fermer
23
p. 191-194
VIII.
Début :
Des affaires d'Estat heureux qui ne s'embroüille ! [...]
Mots clefs :
Affaires d'État, Lys, Loi salique, Politique, Quenouille, Héros, Bienfaisance, Capitaine, Étoile, Vengeance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VIII.
VIII. DEs affaires d'Efiat heureux qui ne
s'embrouille ! j
Quendites-vous
, mes chers Ajnis?
Le Royaume des Lys tombt-til enQuenouille
?
Non, la Salique Loy ne l'a jamais permis;
Et cette Politique utile
A pour fondement £Evangile. m
Hercule receut ( grandscandale! )
Des coups de canne & de chapellu
Pour /ef/re servy prés d'OmphaHe
De la Quenouille & dufuseau.
On na plm de refpeft ny plus d'amour
jtncerc
Pour un Heros qui dégénéré m
Jesçaybien que lacompldifanct
Ya bien loin se mettant en frais;
Mais faut-ilque cefo'tjamais
Aux dépens de labienseance?
Pour les vif/lins & pour les mrts
On a besoin-de garder les dehors, m
NIlrflsce fameux Cap:taine,
Q:Û dans la NationRomaine> Fut d'un mérité distingue,
Se voyant autrefois morgue
Par une injuste Imperiltrice
QHÎ luyrenditmauvaisoffice;
Et qui pour luy faireunprefent•<
Aux Braves qui nest pas plairant,
Et qui peut les mettre en bredouille,
Luyfit offre d'uneQuenoUille,
Tout à dejJè,'n de le railler,
JJinvitant à venirfiler
Stamboul ou ConftanÛnople,
Ville plm grande qu AndrinopleJ
Ou dans ces :emps-Jà,de la Cour-
JLfioit
Efloit tordinaire [ejoltr.
Ce Capitaine remply d'ire,
Percéjufqnau coeurJ luyfitdire*
Aprés ce fade compliment,
QiiLviendroit filer voirement;
Mais qu'il ourdiroit une toile
AHffifatale qu'une Efioife
D'une queue à faire trembler.
QlelleAuroit peine à demefler.
Cependant ce grandPersonnage
Brûlant de fureur & de rage,
Voyant si mal récômpensez.
Sesfoins& servicespassez.
( Car cefi luy qui de tItalie
Contrée admirable & jolie
jiux dépens de , tout (on repos,
Avoit chassé les Oflrogots,
Tuant Totila Roy barbare,
Q~ tout bntloit sans dire gare,
Traisnant par monts & par guerets
Cinq cens mille Coupe-jarrets.)
Poussé d'un esprit de vangeance,
Fit non sans grandediligence
Entrer dans le Pays Latin
Les Lombarls & leur Ch:fsiIbirt,
Roy, qui dune façon hardie
Sempara de la Lombardie,
Ou les Lombards fiers & puissans
,JUgnerent plus de deux censans.
C'estainsique l'onsebarbouille
Surlesujetd'nne Quenouille.
L.BOIICHET, ancien Curé de
Nogent le Roy.
s'embrouille ! j
Quendites-vous
, mes chers Ajnis?
Le Royaume des Lys tombt-til enQuenouille
?
Non, la Salique Loy ne l'a jamais permis;
Et cette Politique utile
A pour fondement £Evangile. m
Hercule receut ( grandscandale! )
Des coups de canne & de chapellu
Pour /ef/re servy prés d'OmphaHe
De la Quenouille & dufuseau.
On na plm de refpeft ny plus d'amour
jtncerc
Pour un Heros qui dégénéré m
Jesçaybien que lacompldifanct
Ya bien loin se mettant en frais;
Mais faut-ilque cefo'tjamais
Aux dépens de labienseance?
Pour les vif/lins & pour les mrts
On a besoin-de garder les dehors, m
NIlrflsce fameux Cap:taine,
Q:Û dans la NationRomaine> Fut d'un mérité distingue,
Se voyant autrefois morgue
Par une injuste Imperiltrice
QHÎ luyrenditmauvaisoffice;
Et qui pour luy faireunprefent•<
Aux Braves qui nest pas plairant,
Et qui peut les mettre en bredouille,
Luyfit offre d'uneQuenoUille,
Tout à dejJè,'n de le railler,
JJinvitant à venirfiler
Stamboul ou ConftanÛnople,
Ville plm grande qu AndrinopleJ
Ou dans ces :emps-Jà,de la Cour-
JLfioit
Efloit tordinaire [ejoltr.
Ce Capitaine remply d'ire,
Percéjufqnau coeurJ luyfitdire*
Aprés ce fade compliment,
QiiLviendroit filer voirement;
Mais qu'il ourdiroit une toile
AHffifatale qu'une Efioife
D'une queue à faire trembler.
QlelleAuroit peine à demefler.
Cependant ce grandPersonnage
Brûlant de fureur & de rage,
Voyant si mal récômpensez.
Sesfoins& servicespassez.
( Car cefi luy qui de tItalie
Contrée admirable & jolie
jiux dépens de , tout (on repos,
Avoit chassé les Oflrogots,
Tuant Totila Roy barbare,
Q~ tout bntloit sans dire gare,
Traisnant par monts & par guerets
Cinq cens mille Coupe-jarrets.)
Poussé d'un esprit de vangeance,
Fit non sans grandediligence
Entrer dans le Pays Latin
Les Lombarls & leur Ch:fsiIbirt,
Roy, qui dune façon hardie
Sempara de la Lombardie,
Ou les Lombards fiers & puissans
,JUgnerent plus de deux censans.
C'estainsique l'onsebarbouille
Surlesujetd'nne Quenouille.
L.BOIICHET, ancien Curé de
Nogent le Roy.
Fermer
24
p. 197-198
XI.
Début :
Quel affront ! & quel contretemps [...]
Mots clefs :
Affront, Épée, Quenouille, Coeur, Courage, Hercule, Mercure, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : XI.
& quel contretemps
En ce mois faites-vont, Mercure!
Beaucoup en feront mècontens.
Vintrautres ÀlciJoren gronde,pest't;ure.
Et toit croit- qu'il a bien rAison.,
Quoy ! dans dans le mesmejourquun
Mars, qu'un Apollon
Le choisit pour porter CT l'épée & la
ptque
Vous lay mettez, vont mesme une Quenouille
en main!
Tourquoycettnftrument? Quel est votre
dejfeln?
Efl-ce a cause qu'il estd'une humeur pacifique
Et q,u'ilestdecoeurhumble &douxr'
apprenez que pour estrefage
Il n'en a pat moins de courage.
Vne Qaenoiiiile,direz-vom,
Fut birndonnée au grand Achille,
, Et tonilit cefameuxGuerrier
Nepour la guerre & le laurier,
S'en serviren habit defille;
HeYculeenfit de mesme on ne peut l,
nier,
Mais tout cela ne peut appaiser noftrt
hile,
Lepresent efl trop bas, & paroist in*
sultant,
Mercure, vous déviez rendre plus de
jnftice
A nostre Gouverneur plut subtil qu'àig
-Vlife, Dontlechoixefl toujours prudent.
Si du brave Alcidorilfait un Capitaine,
Ilconnoijifm mérité, & veut que lon
.* apprenne '!!J!emalgrévostre don outrageHx, pt-l-l
Galant,
Il va dans les périls devenir un RolAnd.
Lemefmet
En ce mois faites-vont, Mercure!
Beaucoup en feront mècontens.
Vintrautres ÀlciJoren gronde,pest't;ure.
Et toit croit- qu'il a bien rAison.,
Quoy ! dans dans le mesmejourquun
Mars, qu'un Apollon
Le choisit pour porter CT l'épée & la
ptque
Vous lay mettez, vont mesme une Quenouille
en main!
Tourquoycettnftrument? Quel est votre
dejfeln?
Efl-ce a cause qu'il estd'une humeur pacifique
Et q,u'ilestdecoeurhumble &douxr'
apprenez que pour estrefage
Il n'en a pat moins de courage.
Vne Qaenoiiiile,direz-vom,
Fut birndonnée au grand Achille,
, Et tonilit cefameuxGuerrier
Nepour la guerre & le laurier,
S'en serviren habit defille;
HeYculeenfit de mesme on ne peut l,
nier,
Mais tout cela ne peut appaiser noftrt
hile,
Lepresent efl trop bas, & paroist in*
sultant,
Mercure, vous déviez rendre plus de
jnftice
A nostre Gouverneur plut subtil qu'àig
-Vlife, Dontlechoixefl toujours prudent.
Si du brave Alcidorilfait un Capitaine,
Ilconnoijifm mérité, & veut que lon
.* apprenne '!!J!emalgrévostre don outrageHx, pt-l-l
Galant,
Il va dans les périls devenir un RolAnd.
Lemefmet
Fermer
25
p. 285-2[89]
SENTIMENS SUR les trois premieres Questions proposées dans le XXIX Extraordinaire du Mercure Galant.
Début :
Si un Courtisan trompé dans ses esperances, est plus à plaindre [...]
Mots clefs :
Amant, Coeur, Amour, Courtisan, Tromperie, Passion, Héros, Chagrin, Maîtresse, Maux, Trahison, Beauté, Indiscrétion, Prodigalité, Avarice, Secourir, Misérables
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SENTIMENS SUR les trois premieres Questions proposées dans le XXIX Extraordinaire du Mercure Galant.
SENTIMENS. s-V'll
les trois premières Zuelfions pro.
foféesdms le XXIX,Extraordi-
-
- naire du Mercure Gdant.
Si un Courtisan trompé dans ses
esperances,est plus à plaindre
qu'un Amant passionné
,
qui
ne peut toucher le coeur de la
Personne qu'il aime. IL n'eflcharmant lrüJCj(¡J,'lIn LOVIS
dans le monde;
Lors ejuun Courtisandanssa Cour.
Surquelqueesperancesefonde, 1
Et qu'il ne voit jamais le jour
Qttecefameux Héros a ses defirsrépondt;
Je le p'ains centfois plus qu'un Amant
dont l'amour
Nepeuttoucher lecoeur desa Bruneousa
Blonde.
C'estunmortelchagrin pour luy,
Qui luyfait d'autantplus âennuJ
Qitilnytrouvepoint deremede.
Vnefaveurdu Royferoittomfèsplaifirr;
LAnobleambition qui toujours lepossede
L'empe!êh! deformer ailleurs d'autres
desirs.
A{AU un Amantquipourune MattreJlè
Pleu-re.,languit, &roupireranscefe,
Sans quesesmaux puissent toucherfsll
coeur,
Ne peut-il pas avec une aute Belle
Qui ne luy fera point cruelle
Seconsolerde
@
sonmalheur?
Il eneP tant defavorables
Jldais je fais malma couravouât charmante
Iris,
£>ui pbaleros,ijfez. toujours des plut impitoya-
Et qui n'avez, pourmoy que de cruels mépris.
Changez d'humeur, beautésevère,
TrAirez-moy plm humainement,
Et pour lors ilse pourra faire
Qu'on me verra changer mt/fi de sentiment.
Si l'Infidélité d'une Maistresse
peutautoriserun Amant trahy àestreindiscret.
O
VandcCunetendre pafilon
'AlcandrepourPkiltsfentque[on Al ame efi prist,fènt queson est
JQuoy que cettebeauté lefuye&le mé- prise
Quelle teillee eennff~inn Ppoouurr ltuy jjvujfrqquu'aà lIao ttrraa--
hison,
Soninfidéliténar'en qui l'authorife
Afaire a cette Belleune indifèretion.
Lesecret en Amour doit e/lre inviolable, Et lui nesçauroit le garder,
Merite peu ce quunob, etaimable
Afou amour peut accorder.
Tourse vanger ll/tle infidelle,
Tout ce ejut peutfaire un Amant,
Ccfimitant cettecruelle
Defaire unautreengagement.
SilacharmanteIris dontmonameejf
ravie,
Voitloitdunefaveursoulagermonamour.
Et me trahir le mesme jour,
Je nenparlerait de ma vie.
Si la Prodigalité est moins condamnablequel'Avarice.
J E condamne fort rAVttricc,
Dans les Hommes cejlun grand
vice.
Tel vsrroit tout languirauprès deset
tresors,
Sans enmettre un tessondehors.
Poursecourirun Misérable,
Et
Et luy-mesme d'argent toujours infajjùtblej
Avec tout ce qu'il a de bien,
Manque de tout, plutofl que dese donner
rien.
Est-il rien de plut condamnable?
Mais dans la Prodigalité
Je ne voy rien digne de blâme;
C'est une genérosité
Quinesçauroitsortirque d'unegrandeur
d'ame.
Etsi r excez. enfaitdu mal,
Ce nest rien qu'à celuy dont le coeur libéral
.A moins pour luy quep4ur les aH/ru,
Oude qui les biensfont les nofires.
Maisou je ne pourray jamais la soûtenir,
C'efl dans le coeur d'une beauté cruelle
Dtnt mes Rivauxsçavent tout obtenir
Quandje ne puis rien avoird'elle.
DIEREVILLE,
les trois premières Zuelfions pro.
foféesdms le XXIX,Extraordi-
-
- naire du Mercure Gdant.
Si un Courtisan trompé dans ses
esperances,est plus à plaindre
qu'un Amant passionné
,
qui
ne peut toucher le coeur de la
Personne qu'il aime. IL n'eflcharmant lrüJCj(¡J,'lIn LOVIS
dans le monde;
Lors ejuun Courtisandanssa Cour.
Surquelqueesperancesefonde, 1
Et qu'il ne voit jamais le jour
Qttecefameux Héros a ses defirsrépondt;
Je le p'ains centfois plus qu'un Amant
dont l'amour
Nepeuttoucher lecoeur desa Bruneousa
Blonde.
C'estunmortelchagrin pour luy,
Qui luyfait d'autantplus âennuJ
Qitilnytrouvepoint deremede.
Vnefaveurdu Royferoittomfèsplaifirr;
LAnobleambition qui toujours lepossede
L'empe!êh! deformer ailleurs d'autres
desirs.
A{AU un Amantquipourune MattreJlè
Pleu-re.,languit, &roupireranscefe,
Sans quesesmaux puissent toucherfsll
coeur,
Ne peut-il pas avec une aute Belle
Qui ne luy fera point cruelle
Seconsolerde
@
sonmalheur?
Il eneP tant defavorables
Jldais je fais malma couravouât charmante
Iris,
£>ui pbaleros,ijfez. toujours des plut impitoya-
Et qui n'avez, pourmoy que de cruels mépris.
Changez d'humeur, beautésevère,
TrAirez-moy plm humainement,
Et pour lors ilse pourra faire
Qu'on me verra changer mt/fi de sentiment.
Si l'Infidélité d'une Maistresse
peutautoriserun Amant trahy àestreindiscret.
O
VandcCunetendre pafilon
'AlcandrepourPkiltsfentque[on Al ame efi prist,fènt queson est
JQuoy que cettebeauté lefuye&le mé- prise
Quelle teillee eennff~inn Ppoouurr ltuy jjvujfrqquu'aà lIao ttrraa--
hison,
Soninfidéliténar'en qui l'authorife
Afaire a cette Belleune indifèretion.
Lesecret en Amour doit e/lre inviolable, Et lui nesçauroit le garder,
Merite peu ce quunob, etaimable
Afou amour peut accorder.
Tourse vanger ll/tle infidelle,
Tout ce ejut peutfaire un Amant,
Ccfimitant cettecruelle
Defaire unautreengagement.
SilacharmanteIris dontmonameejf
ravie,
Voitloitdunefaveursoulagermonamour.
Et me trahir le mesme jour,
Je nenparlerait de ma vie.
Si la Prodigalité est moins condamnablequel'Avarice.
J E condamne fort rAVttricc,
Dans les Hommes cejlun grand
vice.
Tel vsrroit tout languirauprès deset
tresors,
Sans enmettre un tessondehors.
Poursecourirun Misérable,
Et
Et luy-mesme d'argent toujours infajjùtblej
Avec tout ce qu'il a de bien,
Manque de tout, plutofl que dese donner
rien.
Est-il rien de plut condamnable?
Mais dans la Prodigalité
Je ne voy rien digne de blâme;
C'est une genérosité
Quinesçauroitsortirque d'unegrandeur
d'ame.
Etsi r excez. enfaitdu mal,
Ce nest rien qu'à celuy dont le coeur libéral
.A moins pour luy quep4ur les aH/ru,
Oude qui les biensfont les nofires.
Maisou je ne pourray jamais la soûtenir,
C'efl dans le coeur d'une beauté cruelle
Dtnt mes Rivauxsçavent tout obtenir
Quandje ne puis rien avoird'elle.
DIEREVILLE,
Fermer
26
p. 2[89]-[301]
DIALOGUE ENTRE LES MUSES DE L?ACADEMIE DE VILLEFRANCHE ET CUPIDON.
Début :
Il m'est tombé depuis peu entre les mains un ouvrage fort galant, / Les Muses. Petit Dieu de l'amour [...]
Mots clefs :
Muses, Cupidon, Dieu, Paix, Plaisirs, Empire, Amour, Coeur, Héros, Âme, Hymen, Compliments, Douceur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DIALOGUE ENTRE LES MUSES DE L?ACADEMIE DE VILLEFRANCHE ET CUPIDON.
il m'efltombê depuis peu entre les
mainsun Ouvrage fori galant, qui
futfait ily a quelques années ,sir le
mariage d'un Académicien de Villefranche
en Beaujolois. Il efl de M1
Mignêt de Bussy,de U mesme Académie.
DIALOGUE ENTRE LES
MUSES DE L'ACADEMIE
DE VLLLEFRANCHEET CUPIDON.
LES MUSES. P
Etit Dieu de £amour
Vous nom jouez, tout les jours quelque
tour:
Non content cCexercersur la terre &sur
Fonde
Vn empire AbJlIH.
Vout efles encore résolu
-'
De troubler le repos de nostre faix profonde:
Et mèprisant nos Chansons&vos
Jeux,
Vontvenez,près denos FontAines,
jivecque tous vosfeux
Pour en tarir les veines.
C UP IDON.
Belles & dottes Soeurs,pourquoy vont
plaignez-vous
Que dans voffresejourj'étende
ma puissance,
Têtu ceux quifontfournis a mon obèif*
sance,
Ont toujour' reffintylesplaisirslesplUl
doux?
llrieft point de lieuxsur Uterre
Qui ne reconlloij[ent mes Loix, JajfHiertü les plus grands Roys,
Et influes dans les Cieux le Maistre du
Tonnerre,
Ne ffauroit soùtenir mes plusfoibles
efforts,
Tlutonmesmeaumilieu du noirsejour
des morts, Bbij
OHtonne voit jamais que peine & que
martyre,
Reconnaît mon empire
Et mefait avecfoin sa cour.
Aprés cela les filles de mémoire,
Bleffint-elles leur gloire,
Defefoumettreau pouvoirdel'amour?
LES MUSES.
Non, non, filsde Venns, vos parolesfont
veinesy
On ne doit pointsur nostre Mont,
S*amuferkporterleschaînes^
D'un Dieu qui rarement a nos âprs répond,
Et cefi une pure chimere,
D'accorder les loixde Cithére,
Avec celles del'Hèlicon.
Ce riefi pat nostrefait dans nos douces
retraites,
D*estreamoureuses& coquettes;
Etst nom ressentons de tardeur dans nos
cfturs,
Ce nest que pour chanterteplus grand
des Painqnemrs,
Ilméritéseulnoflre zele,
Et ce rieft que pour luy quefont faits nos
Concerts,
Encore efi-ce bien peu riemployer tota nos
Airs,
A celèbrer les faits desa gloire immortelle,
Puis que tant d'autres coeurspleins de
force & etappas,
JnfcjHicy n'y fnfiffentpat.
Enfin des Mufes bien (enfîtes,
Doiventplntofldonnerleurschants &
leurs pensées,
jittxexploits glorieux cCun Héros triomphAnt
QriaHXVaintamusemens d'un jeune&
foible Enfant.
CUPiDo N.
Oüy, M'ifes, ie leconfeffe.
Ilfaut cjuinceffamment voflreTroupe
s'empresse,
Achanterde LOVlS,
Tous lesfaits inouïs:
Il riefi point de Héros qui par leur concurrence,
Bbiij
Puissent avecijue luy partager vos Chansons.
Les ayantfurpa/fezde toutes les façons,
Ilmérite luy seul•/avoir la préférence;
Et merme jurcjua moy,
Bien ro vntilafaitlaloy,
Quand par les vains efforts de mes traits,
derr.es chàrmes, ray voulu tingagtrau milieu des Hyvrrs,
Ou mes jeuxfont goûter mille plaisirs
divers;
Asuspendre le cours deses terribles armes.
Maisbiencjuavecraison ce plus grand
des Guerriers,
Meriteseuld'occuper leParnasse,
Mes Mirtes nefont pont de honteàses
Lauriers;
Maté ils leurs donnent plus de grace.
Les Chants
Quifont unis pourMars & pourma
A:ere,
Ne doivent pas moins plaire,
S'ilsn'enfont pat (ifiers, ils en font plut
touchans.
Ne vous fâchez, doncpasj Mufesprudes
& fages,
De me voirdansvostrefîjour,
Les Bellescomme vousa l'afpeElde lAmour
N'ont jamais estèsisauvages.
Je neveux point d'ailleurs
Faire bréche avos coeurs:
C'est un autre dessein qui vom plairasans
doute,
Si pour un seul moment
Vostre Troupe m'écoute.
Je ne viens feulement
Que pour votufaire part d'une douce nouvelle,
Unde vos Nourrlffons AUjJi tendrequheureux,
sceu par Cesfoins Amoureux,
Enflamerleceeitrd'une Belle: 1 Ilsdoivent au plutost s'unir des plus doux
noeuds,
Et l'Hymen se prépare à couronnerleurs-
- feux, « Bb iiij
Nereïentez-vou4 pas la joye,
Devoir un de vos chers Enfans,
Par des efforts heureux & triomphant
Maif/re d'une si riche proye,
Qf££ charge defiesferstantd'illuflres Captifs.
ji lafpeSi defts yeuxsi brillants &si
vifs,
Le Soleilaujji-tofl paroiss obscur &flm
bre,
Sesrayonsnefont pins qu'un nuage &
qu'une ombre,
Hé! quepo'irroit-ilfaireencet état fâcheux?
Ilfautbien malgré ly qu'un seul le cede
adeux,
Contre leurs doux regards ilneflpointde
coeur tendre
Qjtise puissedéfendre.
On diroit qu'elle <*fat au Lis comme an.
J'mm,
Un notable larcin;
PU;f que leur blancheurlllm égale,
Présdesonteinteiftoujoursfale,
La Rose mesmey perdson incarnat,
Vnautreplusviflesurmonte,
Et quoy quellefait rouge, en ce méchant
état
Onconnoit bien que ce nefl que de honte.
Sanscejje Fon yVoitl'image du Printemps,
Et certainspetitstrqui[ont surson
l'i'ége,
Font tazileasseuréque]aypris en partare
Pourmecouvrirdu mauvais temps.
Je sçay quelle a beaucoup d'autres beautez.
secrettes,
M;,s ce n'est pas dans vos retraites,
Où l';;nioit fairele portrait.
L'heureux Amant qui va s'en rendre
maiflre,
Voudra bien quelque jour peut-eflre,
YOUI en dépeindre quelque trait.
Pourcompoferun tout qui jette mille fiâmes
Danslesplusdures Amn,
L'esprit répond aux charmes deson corps,
Ma Aiere & la Nature en ont fait let
accords,
llneluy manquoit plus quun coeurunpen
fcnfible,
J'aytantfait parmesfoins,
Queje me fuisplacé dans toitssescoins,
Aprés quoyfen ayfait le poJfeJfenrpaisible,
Celuy qui tranrporté d'unesivive ardeur
Voui informe par moy d'unsi rare bonheur.
LES Muses.
Aimable Cupidtn, noj/re Troupe immortelle,
approuve le âeffein qui vom tient prés
deno-'M,
Et ressentaussibien quevous,
LepLiifirque produitvoflre douce nouvelle.
Nomvoulons par nos Airs celebrer le
brau jour,
Où l'Hymen rendra pinsdurables,
Les liensquaformel'Amour
Entre deux objets admirableç.
LOVISpendantun peudetemps
Notu permettra desuspendre les
chants,
Que nofire heureuse destinée,
NousfaitformerpourvanterfesExploit.^
Et nous pourrons donnertoutes nos vtix
Pour un sicharmant Himenée.
Cependant,petit Dieu,
Dépesche-vous d'abandonnerce lieu,
Allez plûtofl auprès de cette belle,
Aiderson tendre Amant a la rendrefidelle.
Allez.inrp'rera son coeur
L',ftime & la tendreJft"
Queméritentl'esprit, la douceur, la fitgejJe,
Deson heureux vainqueur.
Faites luy voir la vive image
Desafélicité,
Etlamoureux hommage,
QjSunsi digne Sujet va rendreasa
beduté.
Allez, dépefehez-vous, napportez plut d'exufes
C'est inutilement consumer tous vosfeux,
Et vos plus tendres jeux,
Ne peuvent qu'ennuyerles Mufes,
Vouiemploirez. bien mieux ces prètieux
momens,
Avecce beau couple£Amans
Sans Vous ils nefçauraient rienfaire,
Quelque (fortquehazarde en
leurfaveur,
Il n'a jammsassez. d'arleur,
Pourarriverau buJt.Iqui peut lesfatisfaire.
Compliment de Cupidon, fait à
Ja Belle.. de la partdes Miu
fcs, sur le sujet de son Mariage.
B
.'SlleJ quej'aimetendrement,
Parle ChoeurdesnenfSoeurs, ma bouche
efldestinée,
Four venirde leur part VOHSfaire compliment
Survofirecharmante Himenée.
Elles mesmes viendraient pour votale
faire en Corps,
Mais leurs jeuxsi paisibles
Ne leur rend pas loisibles,
De semblables efforts.
Depuis le temps qu'il cft, des Mufesy
Elles quittent peu leursejour,
Etsefont peur tfJûlOUrSexclufes
Desmyfieres d'amour.
Elles craindroient de voiriefurieux ravage,
Que tonferasur vos appas:
Mais quoy qu'ilsfnent mis au pillAge,
Belle Iris,n'en rougissez pa4,
Puts que les Mufes mesme,
Quelques grndes que soient leur crainte
& leurfro'deur,
Ne croiront pai offenserleurpudeur,
D'en avoirune joye extrémc;
Si ce ravageun jour pour leurs dosses lefons,
Peut leur fournirdes petits Nourriffons.
mainsun Ouvrage fori galant, qui
futfait ily a quelques années ,sir le
mariage d'un Académicien de Villefranche
en Beaujolois. Il efl de M1
Mignêt de Bussy,de U mesme Académie.
DIALOGUE ENTRE LES
MUSES DE L'ACADEMIE
DE VLLLEFRANCHEET CUPIDON.
LES MUSES. P
Etit Dieu de £amour
Vous nom jouez, tout les jours quelque
tour:
Non content cCexercersur la terre &sur
Fonde
Vn empire AbJlIH.
Vout efles encore résolu
-'
De troubler le repos de nostre faix profonde:
Et mèprisant nos Chansons&vos
Jeux,
Vontvenez,près denos FontAines,
jivecque tous vosfeux
Pour en tarir les veines.
C UP IDON.
Belles & dottes Soeurs,pourquoy vont
plaignez-vous
Que dans voffresejourj'étende
ma puissance,
Têtu ceux quifontfournis a mon obèif*
sance,
Ont toujour' reffintylesplaisirslesplUl
doux?
llrieft point de lieuxsur Uterre
Qui ne reconlloij[ent mes Loix, JajfHiertü les plus grands Roys,
Et influes dans les Cieux le Maistre du
Tonnerre,
Ne ffauroit soùtenir mes plusfoibles
efforts,
Tlutonmesmeaumilieu du noirsejour
des morts, Bbij
OHtonne voit jamais que peine & que
martyre,
Reconnaît mon empire
Et mefait avecfoin sa cour.
Aprés cela les filles de mémoire,
Bleffint-elles leur gloire,
Defefoumettreau pouvoirdel'amour?
LES MUSES.
Non, non, filsde Venns, vos parolesfont
veinesy
On ne doit pointsur nostre Mont,
S*amuferkporterleschaînes^
D'un Dieu qui rarement a nos âprs répond,
Et cefi une pure chimere,
D'accorder les loixde Cithére,
Avec celles del'Hèlicon.
Ce riefi pat nostrefait dans nos douces
retraites,
D*estreamoureuses& coquettes;
Etst nom ressentons de tardeur dans nos
cfturs,
Ce nest que pour chanterteplus grand
des Painqnemrs,
Ilméritéseulnoflre zele,
Et ce rieft que pour luy quefont faits nos
Concerts,
Encore efi-ce bien peu riemployer tota nos
Airs,
A celèbrer les faits desa gloire immortelle,
Puis que tant d'autres coeurspleins de
force & etappas,
JnfcjHicy n'y fnfiffentpat.
Enfin des Mufes bien (enfîtes,
Doiventplntofldonnerleurschants &
leurs pensées,
jittxexploits glorieux cCun Héros triomphAnt
QriaHXVaintamusemens d'un jeune&
foible Enfant.
CUPiDo N.
Oüy, M'ifes, ie leconfeffe.
Ilfaut cjuinceffamment voflreTroupe
s'empresse,
Achanterde LOVlS,
Tous lesfaits inouïs:
Il riefi point de Héros qui par leur concurrence,
Bbiij
Puissent avecijue luy partager vos Chansons.
Les ayantfurpa/fezde toutes les façons,
Ilmérite luy seul•/avoir la préférence;
Et merme jurcjua moy,
Bien ro vntilafaitlaloy,
Quand par les vains efforts de mes traits,
derr.es chàrmes, ray voulu tingagtrau milieu des Hyvrrs,
Ou mes jeuxfont goûter mille plaisirs
divers;
Asuspendre le cours deses terribles armes.
Maisbiencjuavecraison ce plus grand
des Guerriers,
Meriteseuld'occuper leParnasse,
Mes Mirtes nefont pont de honteàses
Lauriers;
Maté ils leurs donnent plus de grace.
Les Chants
Quifont unis pourMars & pourma
A:ere,
Ne doivent pas moins plaire,
S'ilsn'enfont pat (ifiers, ils en font plut
touchans.
Ne vous fâchez, doncpasj Mufesprudes
& fages,
De me voirdansvostrefîjour,
Les Bellescomme vousa l'afpeElde lAmour
N'ont jamais estèsisauvages.
Je neveux point d'ailleurs
Faire bréche avos coeurs:
C'est un autre dessein qui vom plairasans
doute,
Si pour un seul moment
Vostre Troupe m'écoute.
Je ne viens feulement
Que pour votufaire part d'une douce nouvelle,
Unde vos Nourrlffons AUjJi tendrequheureux,
sceu par Cesfoins Amoureux,
Enflamerleceeitrd'une Belle: 1 Ilsdoivent au plutost s'unir des plus doux
noeuds,
Et l'Hymen se prépare à couronnerleurs-
- feux, « Bb iiij
Nereïentez-vou4 pas la joye,
Devoir un de vos chers Enfans,
Par des efforts heureux & triomphant
Maif/re d'une si riche proye,
Qf££ charge defiesferstantd'illuflres Captifs.
ji lafpeSi defts yeuxsi brillants &si
vifs,
Le Soleilaujji-tofl paroiss obscur &flm
bre,
Sesrayonsnefont pins qu'un nuage &
qu'une ombre,
Hé! quepo'irroit-ilfaireencet état fâcheux?
Ilfautbien malgré ly qu'un seul le cede
adeux,
Contre leurs doux regards ilneflpointde
coeur tendre
Qjtise puissedéfendre.
On diroit qu'elle <*fat au Lis comme an.
J'mm,
Un notable larcin;
PU;f que leur blancheurlllm égale,
Présdesonteinteiftoujoursfale,
La Rose mesmey perdson incarnat,
Vnautreplusviflesurmonte,
Et quoy quellefait rouge, en ce méchant
état
Onconnoit bien que ce nefl que de honte.
Sanscejje Fon yVoitl'image du Printemps,
Et certainspetitstrqui[ont surson
l'i'ége,
Font tazileasseuréque]aypris en partare
Pourmecouvrirdu mauvais temps.
Je sçay quelle a beaucoup d'autres beautez.
secrettes,
M;,s ce n'est pas dans vos retraites,
Où l';;nioit fairele portrait.
L'heureux Amant qui va s'en rendre
maiflre,
Voudra bien quelque jour peut-eflre,
YOUI en dépeindre quelque trait.
Pourcompoferun tout qui jette mille fiâmes
Danslesplusdures Amn,
L'esprit répond aux charmes deson corps,
Ma Aiere & la Nature en ont fait let
accords,
llneluy manquoit plus quun coeurunpen
fcnfible,
J'aytantfait parmesfoins,
Queje me fuisplacé dans toitssescoins,
Aprés quoyfen ayfait le poJfeJfenrpaisible,
Celuy qui tranrporté d'unesivive ardeur
Voui informe par moy d'unsi rare bonheur.
LES Muses.
Aimable Cupidtn, noj/re Troupe immortelle,
approuve le âeffein qui vom tient prés
deno-'M,
Et ressentaussibien quevous,
LepLiifirque produitvoflre douce nouvelle.
Nomvoulons par nos Airs celebrer le
brau jour,
Où l'Hymen rendra pinsdurables,
Les liensquaformel'Amour
Entre deux objets admirableç.
LOVISpendantun peudetemps
Notu permettra desuspendre les
chants,
Que nofire heureuse destinée,
NousfaitformerpourvanterfesExploit.^
Et nous pourrons donnertoutes nos vtix
Pour un sicharmant Himenée.
Cependant,petit Dieu,
Dépesche-vous d'abandonnerce lieu,
Allez plûtofl auprès de cette belle,
Aiderson tendre Amant a la rendrefidelle.
Allez.inrp'rera son coeur
L',ftime & la tendreJft"
Queméritentl'esprit, la douceur, la fitgejJe,
Deson heureux vainqueur.
Faites luy voir la vive image
Desafélicité,
Etlamoureux hommage,
QjSunsi digne Sujet va rendreasa
beduté.
Allez, dépefehez-vous, napportez plut d'exufes
C'est inutilement consumer tous vosfeux,
Et vos plus tendres jeux,
Ne peuvent qu'ennuyerles Mufes,
Vouiemploirez. bien mieux ces prètieux
momens,
Avecce beau couple£Amans
Sans Vous ils nefçauraient rienfaire,
Quelque (fortquehazarde en
leurfaveur,
Il n'a jammsassez. d'arleur,
Pourarriverau buJt.Iqui peut lesfatisfaire.
Compliment de Cupidon, fait à
Ja Belle.. de la partdes Miu
fcs, sur le sujet de son Mariage.
B
.'SlleJ quej'aimetendrement,
Parle ChoeurdesnenfSoeurs, ma bouche
efldestinée,
Four venirde leur part VOHSfaire compliment
Survofirecharmante Himenée.
Elles mesmes viendraient pour votale
faire en Corps,
Mais leurs jeuxsi paisibles
Ne leur rend pas loisibles,
De semblables efforts.
Depuis le temps qu'il cft, des Mufesy
Elles quittent peu leursejour,
Etsefont peur tfJûlOUrSexclufes
Desmyfieres d'amour.
Elles craindroient de voiriefurieux ravage,
Que tonferasur vos appas:
Mais quoy qu'ilsfnent mis au pillAge,
Belle Iris,n'en rougissez pa4,
Puts que les Mufes mesme,
Quelques grndes que soient leur crainte
& leurfro'deur,
Ne croiront pai offenserleurpudeur,
D'en avoirune joye extrémc;
Si ce ravageun jour pour leurs dosses lefons,
Peut leur fournirdes petits Nourriffons.
Fermer
27
p. 74-85
ODE DE MADAME DES HOULIERES. AU ROY.
Début :
Madame des Houlieres ne s'est pas teuë sur cette Arrivée / Le croiras-tu, LOUIS ? à ta gloire attentive, [...]
Mots clefs :
Héros, Gloire, Doge, Roi, Louis, Siècle, France, Exploits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE DE MADAME DES HOULIERES. AU ROY.
adame des Houlieres ne
s'eft pas teuë fur cette Arrivée du Doge en France. Un
Evenement fi peu ordinaire
luy adonné lieu d'adrefferune
Ode au Roy. Elle a eu le
mefme fuccez que tous fes
autres Ouvrages, ce qui fait
connoiftre que fon talent eft
également heureux en toute
forte de genres d'écrire.
GALANT. 75
ODE
DE MADAME
DES HOULIERES.
AU ROY...
E croiras tu , LOUIS ? à ta
Legloire attentive,
Pour t'immortalifer, j'ay voulu mille
fois
Te chantercouronné de Lauriers &
d'olive,
Et millefois ma Lyre a languyfous
mes doigts.
Un Heros audeffin des Heros de la
Fable,
Eftpourqui le célebre un Heros redoutable,
Gij
76 MERCURE
Contrequi cent Nochers à mes yeux
ontbrifé.
Oiy, depuis que tu cours de victoire
en victoire,
Le Dieu qui des grands nomsfait durerla memoire,
Se feroit luy-meſme épuisé.
Se
Rejette donc , grand Roy, furunejufte crainte
Malenteur à parler de tesfaits inouis.
Impofons- nous , difois-je , une fage
contrainte,
N'immolons point magloire à celle de
LOUIS.
Quedirois-je en chantantfa valeur
triomphante,
Dont aux Siecles futurs plus d'une
mainfçavante
Avantmoy n'ait tracé defideles Tableaux?
GALANT. 77
Mais à quoy mon efpritſe laiſſe- t- il
Surprendre?
Quelle erreur ! Ah! de toy ne doit on
pas attendre
Toûjours des miracles nouveaux?
Sa
Duformidable Rhin le merveilleux
Paßage,
Endixjours la Comtépriſe aufort
des Hyvers,
L'Algérienforcé de rompre l'efclavage.
Des Chrétiens gemiffansfous le poids
defesfers,
Luxembourgaffervy fous cette Lop.
commune,
Sembloientavoir pour toyfatigué la
Fortune,
T
Onne concevoit rien de plus beau , de
plusdoux.
Güj
78 MERCURE
Cependant, dans les murs de ton fameux Versailles,
Tu vois , plus grand encor qu'au mi- lieu des Batailles,
Des Souverains à tes genoux.
$2
Ah! que de defefpoir , d'étonnement,
d'envie
Ce grand évenementjettera dans les
cœurs,
De tant de Roys jaloux de l'éclat de
ta vie!
De combien voudroient- ilspayerde
telshonneurs?
Maisleurs fouhaitsfont vains ; ces
éclatantesmarques.
N'illuftrerontjamais le Nom de ces
Monarques,
Grandsparle titrefeul dont ils font
revétus.
Toy quipourun Heros as tout ce qu'on
demande,
GALANT. 79
Toyqui les paffes tous, ilfaut quebe
Cielrende
Ta gloire égale à tes vertus,
Sa
Teldans un Siecle heureux on vit rea
gner Augufte,
Son nomfutadoré decent Peuples
divers.
Il eftoit comme toy,fage, intrépide,,
jufte,
Ettufais comme luy trembler tour
l'Univers.
Commetoytriomphantfur laTerre &
furl'onde,
Luy-mefme fe vainquit , donna la
paix au Monde,
Cultivales beaux Arts, fitrevivre les
Loix.
Maistre detous les coursdansfafuper
be Ville,
G iiij
80 MERCURE
Au milieu d'une Cour magnifiques
tranquille,
Afesgenoux il vit des Roys.
S&
Abondante en Amis , plus abondante
encore
Enhonneurs, entrefors, en Vaiffeaux,
en Guerriers,
Genes jusqu'au rivage où fe leve
l'Aurore.
Fit redouterfon Nom, & cücillit des Lauriers of
Cefertile Pays, fource de tant de
baines ,
Oùregnalebeau Sang qui coule dans
tes veines,
Naples , a veufes champsparfon or
envahis,
Et de lafage Ville époufe de Neptune,
Ses efforts auroient pu renverser la
fortune,
GALANT: 81
Silefortneles euft trahis.
$2
Fiere encore aujourd'huy de plus d'un
jufte Eloge,
Que des Siecles paffezfa gloire a mcrité,
Son Senatrefufoit de t'envoyerfon
Doge,
Implorerle pardondefa témerité;
Mais l'affreuxfouvenir de l'état déplorable,
Où n'agueres l'a mis ton couroux redoutable,
Aforcéfon orgueil àne plus contefter.
Certaine que tu peux ce qu'on te voit
réfoudre,
Elie craint que ta main ne reprenne la
foudre,
A quirien ne peut réſiſter.
S&
Quelle gloire pour toy ! quel plaifir
pourla France,
82 MERCURE
Devangeraujourd'huyfur ces Ambi
tieux,
Les divers attentats qu'avec tant
d'infolence
Leurs Peres ont formez contre tes
grands Ayeux!
•Accoûtumez àvoir leur audace impunie,
Ces Peuples n'employoient leurs tre
fors , leurgenie,
Qu'à tefaire par tout de nouveaux
Ennemis.
Ils penfoient t'accablerfous lefaix
des intrigues,
Et n'ontfait queremplirpar d'impuiffantesligues
Ce que les deftins t'ontpromis.
S&
Ainfi, quanddes Hyvers les terribles
orages
Centraignentun grand Fleuve àfor
tir defes bords
GALANT. 83
Dece Fleuve irrité, fameuxparfes
ravages,
Oncroitparune Digue arrefter les
efforts;
Maisbien loin quefon onde àce frein
s'accoûtume,
Sacolere s'accroift, ilmugit , il écume,
Il renverſe demain ce qu'il laiffe aujourd'huy,
Et plusfort que la Digue àſon cours
oppofée,
Elle n'eftfurla Rive où l'on l'avoit
pofée
Qu'unnouveau triomphepour luy.
Sa
Noncontent de vangertes Ayeux &
ta gloire,
Tudomptesl'Heréfie , elle expire à tes
yeux,
Tufais defon débrista plus chere.vi
Etoire,
84 MERCURE
Ardent à foûtenir la querelle des
Cieux.
Tule dois ; leursfaveurs , diverses,
continuës,
Famaisfur les Mortels ne furent répanduës
Si liberalementqu'elles le fontfurtoy.
Quoyque le Diademe ait de grand,
d'agréable,
Desprefens dontaux Cieux on te voit
redevable
Lemoindre eft de t'avoirfait Roy.
25
Mais le Dogeparoift ; que Genes la
Superbe
Eft uncharmant fpectacle attachée à.
ton Char!
Confuſe d'avoir veufes Tours plus
bas que l'herbe,
Elle n'ofe furtoy porter un feul regard,
"
GALANT. 85
Tongrandcœur eft touché des foupirs
qu'ellepouffe,
Tnrendras ,jele voy , fafortune plus
douce;
Millefois tes bontez ont bornétes
Exploits.
Tuverrois l'Universfoûmis à ta
puiſſance,
Sidepuis vingtmoiſſons , de ta fenle
clemence
Tu n'avois écouté la noix.
s'eft pas teuë fur cette Arrivée du Doge en France. Un
Evenement fi peu ordinaire
luy adonné lieu d'adrefferune
Ode au Roy. Elle a eu le
mefme fuccez que tous fes
autres Ouvrages, ce qui fait
connoiftre que fon talent eft
également heureux en toute
forte de genres d'écrire.
GALANT. 75
ODE
DE MADAME
DES HOULIERES.
AU ROY...
E croiras tu , LOUIS ? à ta
Legloire attentive,
Pour t'immortalifer, j'ay voulu mille
fois
Te chantercouronné de Lauriers &
d'olive,
Et millefois ma Lyre a languyfous
mes doigts.
Un Heros audeffin des Heros de la
Fable,
Eftpourqui le célebre un Heros redoutable,
Gij
76 MERCURE
Contrequi cent Nochers à mes yeux
ontbrifé.
Oiy, depuis que tu cours de victoire
en victoire,
Le Dieu qui des grands nomsfait durerla memoire,
Se feroit luy-meſme épuisé.
Se
Rejette donc , grand Roy, furunejufte crainte
Malenteur à parler de tesfaits inouis.
Impofons- nous , difois-je , une fage
contrainte,
N'immolons point magloire à celle de
LOUIS.
Quedirois-je en chantantfa valeur
triomphante,
Dont aux Siecles futurs plus d'une
mainfçavante
Avantmoy n'ait tracé defideles Tableaux?
GALANT. 77
Mais à quoy mon efpritſe laiſſe- t- il
Surprendre?
Quelle erreur ! Ah! de toy ne doit on
pas attendre
Toûjours des miracles nouveaux?
Sa
Duformidable Rhin le merveilleux
Paßage,
Endixjours la Comtépriſe aufort
des Hyvers,
L'Algérienforcé de rompre l'efclavage.
Des Chrétiens gemiffansfous le poids
defesfers,
Luxembourgaffervy fous cette Lop.
commune,
Sembloientavoir pour toyfatigué la
Fortune,
T
Onne concevoit rien de plus beau , de
plusdoux.
Güj
78 MERCURE
Cependant, dans les murs de ton fameux Versailles,
Tu vois , plus grand encor qu'au mi- lieu des Batailles,
Des Souverains à tes genoux.
$2
Ah! que de defefpoir , d'étonnement,
d'envie
Ce grand évenementjettera dans les
cœurs,
De tant de Roys jaloux de l'éclat de
ta vie!
De combien voudroient- ilspayerde
telshonneurs?
Maisleurs fouhaitsfont vains ; ces
éclatantesmarques.
N'illuftrerontjamais le Nom de ces
Monarques,
Grandsparle titrefeul dont ils font
revétus.
Toy quipourun Heros as tout ce qu'on
demande,
GALANT. 79
Toyqui les paffes tous, ilfaut quebe
Cielrende
Ta gloire égale à tes vertus,
Sa
Teldans un Siecle heureux on vit rea
gner Augufte,
Son nomfutadoré decent Peuples
divers.
Il eftoit comme toy,fage, intrépide,,
jufte,
Ettufais comme luy trembler tour
l'Univers.
Commetoytriomphantfur laTerre &
furl'onde,
Luy-mefme fe vainquit , donna la
paix au Monde,
Cultivales beaux Arts, fitrevivre les
Loix.
Maistre detous les coursdansfafuper
be Ville,
G iiij
80 MERCURE
Au milieu d'une Cour magnifiques
tranquille,
Afesgenoux il vit des Roys.
S&
Abondante en Amis , plus abondante
encore
Enhonneurs, entrefors, en Vaiffeaux,
en Guerriers,
Genes jusqu'au rivage où fe leve
l'Aurore.
Fit redouterfon Nom, & cücillit des Lauriers of
Cefertile Pays, fource de tant de
baines ,
Oùregnalebeau Sang qui coule dans
tes veines,
Naples , a veufes champsparfon or
envahis,
Et de lafage Ville époufe de Neptune,
Ses efforts auroient pu renverser la
fortune,
GALANT: 81
Silefortneles euft trahis.
$2
Fiere encore aujourd'huy de plus d'un
jufte Eloge,
Que des Siecles paffezfa gloire a mcrité,
Son Senatrefufoit de t'envoyerfon
Doge,
Implorerle pardondefa témerité;
Mais l'affreuxfouvenir de l'état déplorable,
Où n'agueres l'a mis ton couroux redoutable,
Aforcéfon orgueil àne plus contefter.
Certaine que tu peux ce qu'on te voit
réfoudre,
Elie craint que ta main ne reprenne la
foudre,
A quirien ne peut réſiſter.
S&
Quelle gloire pour toy ! quel plaifir
pourla France,
82 MERCURE
Devangeraujourd'huyfur ces Ambi
tieux,
Les divers attentats qu'avec tant
d'infolence
Leurs Peres ont formez contre tes
grands Ayeux!
•Accoûtumez àvoir leur audace impunie,
Ces Peuples n'employoient leurs tre
fors , leurgenie,
Qu'à tefaire par tout de nouveaux
Ennemis.
Ils penfoient t'accablerfous lefaix
des intrigues,
Et n'ontfait queremplirpar d'impuiffantesligues
Ce que les deftins t'ontpromis.
S&
Ainfi, quanddes Hyvers les terribles
orages
Centraignentun grand Fleuve àfor
tir defes bords
GALANT. 83
Dece Fleuve irrité, fameuxparfes
ravages,
Oncroitparune Digue arrefter les
efforts;
Maisbien loin quefon onde àce frein
s'accoûtume,
Sacolere s'accroift, ilmugit , il écume,
Il renverſe demain ce qu'il laiffe aujourd'huy,
Et plusfort que la Digue àſon cours
oppofée,
Elle n'eftfurla Rive où l'on l'avoit
pofée
Qu'unnouveau triomphepour luy.
Sa
Noncontent de vangertes Ayeux &
ta gloire,
Tudomptesl'Heréfie , elle expire à tes
yeux,
Tufais defon débrista plus chere.vi
Etoire,
84 MERCURE
Ardent à foûtenir la querelle des
Cieux.
Tule dois ; leursfaveurs , diverses,
continuës,
Famaisfur les Mortels ne furent répanduës
Si liberalementqu'elles le fontfurtoy.
Quoyque le Diademe ait de grand,
d'agréable,
Desprefens dontaux Cieux on te voit
redevable
Lemoindre eft de t'avoirfait Roy.
25
Mais le Dogeparoift ; que Genes la
Superbe
Eft uncharmant fpectacle attachée à.
ton Char!
Confuſe d'avoir veufes Tours plus
bas que l'herbe,
Elle n'ofe furtoy porter un feul regard,
"
GALANT. 85
Tongrandcœur eft touché des foupirs
qu'ellepouffe,
Tnrendras ,jele voy , fafortune plus
douce;
Millefois tes bontez ont bornétes
Exploits.
Tuverrois l'Universfoûmis à ta
puiſſance,
Sidepuis vingtmoiſſons , de ta fenle
clemence
Tu n'avois écouté la noix.
Fermer
Résumé : ODE DE MADAME DES HOULIERES. AU ROY.
Madame des Houlières a écrit une ode en l'honneur du roi Louis, suite à un événement marquant. Cette œuvre a connu un succès comparable à ses autres écrits, illustrant ainsi son talent diversifié. L'ode célèbre les victoires du roi et son influence durable. Elle évoque plusieurs exploits militaires et diplomatiques, tels que la traversée du Rhin, la soumission de l'Algérien et la victoire sur le Luxembourg. Madame des Houlières exprime également l'admiration des souverains étrangers et la jalousie des rois face à la gloire de Louis. Elle compare le roi à Auguste, mettant en avant ses vertus et ses triomphes. L'ode se conclut par la soumission de Gênes, qui implore le pardon du roi après avoir été vaincue par sa puissance.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
28
p. 39-46
IDYLE DE MADAME DES HOULIERES, Sur le retour de la Santé du Roy.
Début :
Les Vers que vous allez lire ne sont pas nouveaux, / Peuples, qui gemissez au pied de nos Autels, [...]
Mots clefs :
Santé, Roi, Louis, Soins, Héros, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IDYLE DE MADAME DES HOULIERES, Sur le retour de la Santé du Roy.
es Vers que vous allez
lire ne font pas nouveaux,
40 MERCURE
mais ils le feront pour vous,
puis que vous me dites qu'on
ne vous les a point encore
envoyez. D'ailleurs ils font
de Madame des Houlieres ,
& tout ce qu'elle fait eft fi
beau , qu'en tout temps on
le voit avec plaifir , Ils ont
efté faits fur le rétabliffement de la Santé du Roy ,
aprés le mal dont Sa Majeſté
a efté guerie avant les accés
qu'Elle a eus de Fiévre
quarte.
GALANT. 41.
S
11
-e
ב
1
I
IDTLE
DE MADAME
DES HOULIERESS
Sur le retour de la Santé
Paple
du
Roy.
Euples , qui gemiffez au pied -
de nos Autels,
Qui par des vœux ardens, des foùpirs & des larmes, ·
Demandez la fantédu plus grand?
des Mortels ,
Enplaifirs changez vos alarmes; ;
Couronnez vos teftes defleurs,.
LOVIS n'eft plus en proye à de
vives douleurs,
Septembre 1686.. D.
42 MERCURE
D'unefanté parfaite il goûte tous
les carmes.
Dés fes plusjeunes ans à vaincre
accoûtumé ,
Il a dompté les maux qui luỷfaifoient la guerre,
Ils n'ont fervy qu'à montrer à
la Terre
Combien LOVIS cft grand, com
lien left aimé.
ရ
Tand's que devorez par des crain
tes mortelles
Nous cherchions en tremblant d'agreabl s nouvelles ,
Tandis qu'il nous coutoit tant de
pleus , tant de cris ,
Lay, dont rien ne fçauroit ébranler
le courage ,
Regardoitfes douleurs avec unfier
mépris,
GALANT.
43
Elles ne paroiffoient que fur noftre
vifage.
Au milieu des plaifirs qu'enfante
un dux repos ,
- Eut-iljamaisl'esprit plus libre?
Vous le fçavez, Tamife , Elbe
Rin, Tage , Tibre;
Vous le fçavcz auffi , Mers, dons
iljoint les flots.
Ces foins qu'on voit toûjours
renaiftre,
Et dont , hors le.
Heros que nous
avons pour Maistre,
MulRay n'a porté Jeul le penible
fardeau ,
Les a-t-on veu ceffer dans fes douAdeurs cruelles
• Quoy qu'en des mains fages, fi
delles
Dij
44 MERCURE
Il eut pù confier le timon da
Vaiffeau?
Mais pourquoy dans des jours de
ftinez à lajoye
Rappeller des jours douloureux?
Iouiffons du bonheur que le Ciel
nous envoye,
LOVIS ne fouffre plus , nous
fommes trop beureux.
T
Que dans nos murs le travail
ceffe,
Que le vin coule, qu'ons'empreffe
D'allumer d'innombrablesfeux;
Qu'on lance dans les airs defi vi
ves eftoiles ,
Que leur éclat falſe pûlir v
Celles de qui pour s'embellir
La nuitfemefes fombres voiles,
E
GALANT.
45
Et vous,qui parun fage choix
Preferez vos ruftiques toits
Aces lambris dorez , fous qui la:
temperance,
La tranquillité , l'innocence,
Logent rarement avec nous ;
Bergers, pour qui la vie a fi peu
de dégoûs ; [penfe
Bergers, plus heureux qu'on ne
Quittez le foin de vos troupeaux,
De guirlandes parez vos teftes ,
Foulez l'herbe naiffante aufon des chalumeaux;
Que desjeux innocens, que d'agrea
bles feftes
-Ramenent les plaifirs que vous
aviezbannis ,
LOVIS ne fouffre plus ,nos malbeurs font finis.
Les Bergeres jeunes & belles,
46 MERCURE
Qui font regner l'amour, & qui
regnent par luy,
Sont feules à plaindre aujour
d'buyi
Ie fremis des malheurs queje prévay pour elles.
Ils font plus grands cent ¢
fuis ,
Quefi dans les plus fombres bois,
Sans chiens leurs m utens alloient
priftre,
Que fur leurs foibles cœurs elles
vellent touj urs ,
S'il eft vray que la joye eft mere
des Amours,
Lafanté de LOVIS en va plus
faire naiftre
Que le doux retour des beaux
jours.
lire ne font pas nouveaux,
40 MERCURE
mais ils le feront pour vous,
puis que vous me dites qu'on
ne vous les a point encore
envoyez. D'ailleurs ils font
de Madame des Houlieres ,
& tout ce qu'elle fait eft fi
beau , qu'en tout temps on
le voit avec plaifir , Ils ont
efté faits fur le rétabliffement de la Santé du Roy ,
aprés le mal dont Sa Majeſté
a efté guerie avant les accés
qu'Elle a eus de Fiévre
quarte.
GALANT. 41.
S
11
-e
ב
1
I
IDTLE
DE MADAME
DES HOULIERESS
Sur le retour de la Santé
Paple
du
Roy.
Euples , qui gemiffez au pied -
de nos Autels,
Qui par des vœux ardens, des foùpirs & des larmes, ·
Demandez la fantédu plus grand?
des Mortels ,
Enplaifirs changez vos alarmes; ;
Couronnez vos teftes defleurs,.
LOVIS n'eft plus en proye à de
vives douleurs,
Septembre 1686.. D.
42 MERCURE
D'unefanté parfaite il goûte tous
les carmes.
Dés fes plusjeunes ans à vaincre
accoûtumé ,
Il a dompté les maux qui luỷfaifoient la guerre,
Ils n'ont fervy qu'à montrer à
la Terre
Combien LOVIS cft grand, com
lien left aimé.
ရ
Tand's que devorez par des crain
tes mortelles
Nous cherchions en tremblant d'agreabl s nouvelles ,
Tandis qu'il nous coutoit tant de
pleus , tant de cris ,
Lay, dont rien ne fçauroit ébranler
le courage ,
Regardoitfes douleurs avec unfier
mépris,
GALANT.
43
Elles ne paroiffoient que fur noftre
vifage.
Au milieu des plaifirs qu'enfante
un dux repos ,
- Eut-iljamaisl'esprit plus libre?
Vous le fçavez, Tamife , Elbe
Rin, Tage , Tibre;
Vous le fçavcz auffi , Mers, dons
iljoint les flots.
Ces foins qu'on voit toûjours
renaiftre,
Et dont , hors le.
Heros que nous
avons pour Maistre,
MulRay n'a porté Jeul le penible
fardeau ,
Les a-t-on veu ceffer dans fes douAdeurs cruelles
• Quoy qu'en des mains fages, fi
delles
Dij
44 MERCURE
Il eut pù confier le timon da
Vaiffeau?
Mais pourquoy dans des jours de
ftinez à lajoye
Rappeller des jours douloureux?
Iouiffons du bonheur que le Ciel
nous envoye,
LOVIS ne fouffre plus , nous
fommes trop beureux.
T
Que dans nos murs le travail
ceffe,
Que le vin coule, qu'ons'empreffe
D'allumer d'innombrablesfeux;
Qu'on lance dans les airs defi vi
ves eftoiles ,
Que leur éclat falſe pûlir v
Celles de qui pour s'embellir
La nuitfemefes fombres voiles,
E
GALANT.
45
Et vous,qui parun fage choix
Preferez vos ruftiques toits
Aces lambris dorez , fous qui la:
temperance,
La tranquillité , l'innocence,
Logent rarement avec nous ;
Bergers, pour qui la vie a fi peu
de dégoûs ; [penfe
Bergers, plus heureux qu'on ne
Quittez le foin de vos troupeaux,
De guirlandes parez vos teftes ,
Foulez l'herbe naiffante aufon des chalumeaux;
Que desjeux innocens, que d'agrea
bles feftes
-Ramenent les plaifirs que vous
aviezbannis ,
LOVIS ne fouffre plus ,nos malbeurs font finis.
Les Bergeres jeunes & belles,
46 MERCURE
Qui font regner l'amour, & qui
regnent par luy,
Sont feules à plaindre aujour
d'buyi
Ie fremis des malheurs queje prévay pour elles.
Ils font plus grands cent ¢
fuis ,
Quefi dans les plus fombres bois,
Sans chiens leurs m utens alloient
priftre,
Que fur leurs foibles cœurs elles
vellent touj urs ,
S'il eft vray que la joye eft mere
des Amours,
Lafanté de LOVIS en va plus
faire naiftre
Que le doux retour des beaux
jours.
Fermer
Résumé : IDYLE DE MADAME DES HOULIERES, Sur le retour de la Santé du Roy.
En septembre 1686, le Mercure Galant célèbre le rétablissement de la santé du roi Louis XIV, après une fièvre quarte. Les auteurs expriment leur joie et leur soulagement, soulignant la grandeur et l'amour du roi, comparés à la résistance des grands fleuves et des héros. Le texte invite à des réjouissances publiques et privées, incluant les bergers et les bergères. Ces dernières sont décrites comme les plus à plaindre en raison des malheurs qu'elles prévoient. Le texte se conclut par l'annonce de la santé parfaite du roi et une invitation générale à se réjouir de ce bonheur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
29
p. 98-110
LOUIS. ECLOGUE.
Début :
Ce n'est point assez de vous avoir donné en Prose un abregé / Dans les vastes jardins de ce charmant Palais [...]
Mots clefs :
Iris, Yeux, Célimène, Dieu, Louis XIV, Gloire, Éloge, Louer, Plaisir, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOUIS. ECLOGUE.
Ce n'est point assez de vous
avoir donné en Prose un abre^é des surprenantes Mer
veilles du Regne du Roy ,, il
faut encore vous en fai.e voir
un Eloge en Vers dans une
Eclogue qui a l'approbation
de tous ceux qui s'y connoif,
09
sent. Elle: «ft de nllustrc
Madame des Houliercs. Ce
hom vous répond de lá beaiixé de rOuvrage. .> > .
mmmB$mm$mm
LÔ O í S.
"V,
È C L O G X3 E.
vastes jardins de ce
^ {ckâfmani Palais
- átSSf Á Zephirs , les Nayaits &
Flore i'..
n OntHfvlu de ne quitter jamiis,
Jj.p&ÇeUwne au lever de l' Au
rore
Qh/xntoient ainjt LQfVjS fous un
ombrage épais* , \...á
Iij
ìoo MERCURE
C ELI MENE.
Admirez^ cet amas superbe
D'Baux, de Marbres & d'Or qui
brillent à nos yeux, .,
Etde íAntiquité ces restes .précieux;
Cttte terre oà naguere à peine
croijsoit l'htrbe , " . ""'
QtíhnmeBoit feulement seau qui
tombe des Cieux ,»-.
Par leponvoir d'un Prince en tout
semblable aux Dieux ,
Renferme danssonsein mille &mìUe
: ; ' Noyades, , '. '>
Se pare des plus belles pleurs-*
Etpour elle Pomone & les pîamadryades
Sont prodigues de leurs faveurs.
-'' ZOV/S, plus grand qu'on ne
figure
Le Dieu qui préside aux Com
bats y
V : v
'»•'*
.'GALANT, ioi
De cent Peuples vaincus augmente
L. . 'ses Estais ,
Maisil est dans ces lieux Vainqueur
de la Nature.
IRIS. .
par ses rares Vertus yos yeux fout
éblouis$
Il faut en parler pour vous
.v * plaire^
On vous voity quoy qu'on fuisse
~1 . fan* i
Revenir toujours à ZOVlS.
CELIMENE,
D'un fijuste panchant bien loin dr
me défendre ,
^e fi**t. gloire de l'avouer,
fris y il est plus fort qu'on ne le peut
comprendre: ' [dre
Monpltis douxplaisir est d'enten-
%oiier ce Conquerantpar qui fçait
bien louer. ,.'.....
I H)
loi MERCURE
Malgré moy nepouvant hsuivre
Dans sesprompts &fameux Ex^
píoits y ... ; • .
jse ne pus me résoudre à vivre
Inutile au plus grand des Rois.
D'une noble audace animée
j4 fa gloire en secret jfi confacray.
mes jours 3
Et pour faire en tous lieux voler.
. fa renommée , t.
Des neuffcavantes Sœurs j'implaV ray le secours.
Tris , pour ces foins Heroïque*. .
Je negligeay les autres foins. '. ^
Mes infortunes' domestiques.
JEn'ftftt de fideHes témoins^
IRIS.
Le beàti xele qiti vous anime
Yvus empêche de voir quel
votes coures
GALANT, ioj
Vos •veilles , vos transports vous
rendent la v'iUime
De ce Roy que vow adorez^
CELsMENE» . •
Jíi! que fais-je four luyque
nivers ne faffe l
Depuis les Climats oi la glace
Enchaifne la fureur des Mers 3
jusque ddns les Climats oâ l'ar
deur est extrême,
Est.il un souple. qui ne fctime,
Etqui riait fas fur luy toujours les
yeux ouvertsì
IRIS.
jp U fcay. Cependantfi vous vjbh~
Uezjrìen croire.
CE LIME N E.
'^/fh ! changes dediscours , vosf*in£
font superflus ,
l
io4MER€URE ■
Avec moy celebrez^ fa gloire ,
Ou je ne vous écoute flus.
IRIS.
Hébien , deses hauts faits rappel
ions la memoire.
Qtfils font beaux , q» ils font
éclatans! .
ll a plus d'une fois foudroyé les
Titans.
Sa pieté rempórte, une pleine «jL
íknre
Sur un Monflrc orgueilleux que ref
'. fcitait le temps.
Il riefl pour luy rien d'impoJfìble>
Mais il efi plus charmant encor qu'il
n'est terrible,
Et jamais son abord ria fait de
Mècontcns. »
CELIMENE.
// Je laisse attendrir^ quefans crain
te on fe plaigne ,
GALANT, iof
Tous les malheureux font oììis.
Quel bonheur eCefire néfous son au*
guste Regne !
Que je fcay biengoâtcr ce bien dont
je jouis!
Quels que soient mes malheurs, je
' n'envie à pet sonne
Lefafie & les amis que la fortune
donne ,
Chanter ZOVlS LE GRAND
' borne tous mes dcjirs.
Ce plaisir oà je m'abandonne
Me tient lie» de tous les plaisirs*
iris. ; .
Un Roy de ces lointains Rivages
Que dore le Soleil de fes premiers
rayons >
Par de magnifiques hommages
Confirme de Z&V/S ce que nous:
en cryonSy
fol MERCURE
CELIMENE.
En vaindes diverses Provincer
Qui voudroient se soumettre aux,
Loix de ce Heros , . ^
Les jaloux &superbes Princes
S'unissent pour troublerfonglorieux
repos. . v
Si par des eforts témeraires
Ils violent la Paix dont LOVAIS
efttappuy,,
Quel Dieu peut les sauver de ces
vastes miseres
Que le fort des Vaincus traisne en
fouie après luyl
ÏRIS.
Qwnd U Ciel menaçait une teste.
fi chere
CELIMENE.
Ab! cruelle Iris, taifex^vous r
.%te renouvelle^ point une douleur
amere.
GALANT. 107
De tous fes mauxpaffez^je perce le?
myfierc.
Xl estoit regardé comme un Dicut
parmy nous s
Et de fes facrendroits jaloux
Ze Ciel nous afait voir unefi belle
Vt*.
Aux infirmitez^afsèrvïe.
Mais enfin que gagna son injuste
couroux ì
ZOljlS ne ploya point fous ces>
terribles coups..
A quelques projets qu'il s'atta-
.V . \. ehe y
Quelque soit le peril qui menace
"*; " .• ' fes jours , .*. '
On ne fçait oà l'homme se cache.
.Mais le Jieros paroist toujours t
«^» Pan ,fxtvy deplus d'un Satyre\r
A ces mots parut à leurs yeux*,,
ic8 MERCURE
Et leur donna l'effroy que la pudeur
inspire
\Au redoutable aspect de ces folafires Dieux.
Souffrez^que fous d'heureux frè~
sages > >\ », ;\ .
JTymphes , leur dit ce. Dieu des
Bois , .. ..
jfe mêle dans ces verds boccages
Mes doux concerts à vos char
mantes voix. .
Chantons le plus aimable & le plui
. grand des Rois.
Des Dieux mefmes LOVlS merix. .te les hommages^ ,
Rajjeurez^ vos esprits , ne craigne^
point d!outrages
•se ne suis point icy ce que je sui$
aittenrs , ;,.
ilfaut s y faire violence ,
De LOVlS íauguste presence
GALANT- 509
Est un terrible frein pour les mau
vaises mœurs.
Venez^ donc avec confiance
Chanter encore un Roy qui regne
fur les Cœurs.
Ahì fans la frayeur qui nuglacet
Luy dit lors Celimene avec unfies
,M foufris , \ . , .
J'oserois bien du chant vous difputer le prix.
2Tè condamnes point mon atedace, y;
Vos chalumeaux ont d'agreables
fonsi .
Mais quand ZOVlS ZE
ïGRAND anime mes chansons\
^Vi le disputerois me/me au Dieu
. du Parnasse. '
Alors plus vifie que le Fan
2Tefuit fardent Chasseur qui des
j " yeux le devore ,
ho MERCUR1
D'Iris suivie elle abandonna.
Pan y
Et fut refver ailleurs au^ Héros
qu'elle adore.
avoir donné en Prose un abre^é des surprenantes Mer
veilles du Regne du Roy ,, il
faut encore vous en fai.e voir
un Eloge en Vers dans une
Eclogue qui a l'approbation
de tous ceux qui s'y connoif,
09
sent. Elle: «ft de nllustrc
Madame des Houliercs. Ce
hom vous répond de lá beaiixé de rOuvrage. .> > .
mmmB$mm$mm
LÔ O í S.
"V,
È C L O G X3 E.
vastes jardins de ce
^ {ckâfmani Palais
- átSSf Á Zephirs , les Nayaits &
Flore i'..
n OntHfvlu de ne quitter jamiis,
Jj.p&ÇeUwne au lever de l' Au
rore
Qh/xntoient ainjt LQfVjS fous un
ombrage épais* , \...á
Iij
ìoo MERCURE
C ELI MENE.
Admirez^ cet amas superbe
D'Baux, de Marbres & d'Or qui
brillent à nos yeux, .,
Etde íAntiquité ces restes .précieux;
Cttte terre oà naguere à peine
croijsoit l'htrbe , " . ""'
QtíhnmeBoit feulement seau qui
tombe des Cieux ,»-.
Par leponvoir d'un Prince en tout
semblable aux Dieux ,
Renferme danssonsein mille &mìUe
: ; ' Noyades, , '. '>
Se pare des plus belles pleurs-*
Etpour elle Pomone & les pîamadryades
Sont prodigues de leurs faveurs.
-'' ZOV/S, plus grand qu'on ne
figure
Le Dieu qui préside aux Com
bats y
V : v
'»•'*
.'GALANT, ioi
De cent Peuples vaincus augmente
L. . 'ses Estais ,
Maisil est dans ces lieux Vainqueur
de la Nature.
IRIS. .
par ses rares Vertus yos yeux fout
éblouis$
Il faut en parler pour vous
.v * plaire^
On vous voity quoy qu'on fuisse
~1 . fan* i
Revenir toujours à ZOVlS.
CELIMENE,
D'un fijuste panchant bien loin dr
me défendre ,
^e fi**t. gloire de l'avouer,
fris y il est plus fort qu'on ne le peut
comprendre: ' [dre
Monpltis douxplaisir est d'enten-
%oiier ce Conquerantpar qui fçait
bien louer. ,.'.....
I H)
loi MERCURE
Malgré moy nepouvant hsuivre
Dans sesprompts &fameux Ex^
píoits y ... ; • .
jse ne pus me résoudre à vivre
Inutile au plus grand des Rois.
D'une noble audace animée
j4 fa gloire en secret jfi confacray.
mes jours 3
Et pour faire en tous lieux voler.
. fa renommée , t.
Des neuffcavantes Sœurs j'implaV ray le secours.
Tris , pour ces foins Heroïque*. .
Je negligeay les autres foins. '. ^
Mes infortunes' domestiques.
JEn'ftftt de fideHes témoins^
IRIS.
Le beàti xele qiti vous anime
Yvus empêche de voir quel
votes coures
GALANT, ioj
Vos •veilles , vos transports vous
rendent la v'iUime
De ce Roy que vow adorez^
CELsMENE» . •
Jíi! que fais-je four luyque
nivers ne faffe l
Depuis les Climats oi la glace
Enchaifne la fureur des Mers 3
jusque ddns les Climats oâ l'ar
deur est extrême,
Est.il un souple. qui ne fctime,
Etqui riait fas fur luy toujours les
yeux ouvertsì
IRIS.
jp U fcay. Cependantfi vous vjbh~
Uezjrìen croire.
CE LIME N E.
'^/fh ! changes dediscours , vosf*in£
font superflus ,
l
io4MER€URE ■
Avec moy celebrez^ fa gloire ,
Ou je ne vous écoute flus.
IRIS.
Hébien , deses hauts faits rappel
ions la memoire.
Qtfils font beaux , q» ils font
éclatans! .
ll a plus d'une fois foudroyé les
Titans.
Sa pieté rempórte, une pleine «jL
íknre
Sur un Monflrc orgueilleux que ref
'. fcitait le temps.
Il riefl pour luy rien d'impoJfìble>
Mais il efi plus charmant encor qu'il
n'est terrible,
Et jamais son abord ria fait de
Mècontcns. »
CELIMENE.
// Je laisse attendrir^ quefans crain
te on fe plaigne ,
GALANT, iof
Tous les malheureux font oììis.
Quel bonheur eCefire néfous son au*
guste Regne !
Que je fcay biengoâtcr ce bien dont
je jouis!
Quels que soient mes malheurs, je
' n'envie à pet sonne
Lefafie & les amis que la fortune
donne ,
Chanter ZOVlS LE GRAND
' borne tous mes dcjirs.
Ce plaisir oà je m'abandonne
Me tient lie» de tous les plaisirs*
iris. ; .
Un Roy de ces lointains Rivages
Que dore le Soleil de fes premiers
rayons >
Par de magnifiques hommages
Confirme de Z&V/S ce que nous:
en cryonSy
fol MERCURE
CELIMENE.
En vaindes diverses Provincer
Qui voudroient se soumettre aux,
Loix de ce Heros , . ^
Les jaloux &superbes Princes
S'unissent pour troublerfonglorieux
repos. . v
Si par des eforts témeraires
Ils violent la Paix dont LOVAIS
efttappuy,,
Quel Dieu peut les sauver de ces
vastes miseres
Que le fort des Vaincus traisne en
fouie après luyl
ÏRIS.
Qwnd U Ciel menaçait une teste.
fi chere
CELIMENE.
Ab! cruelle Iris, taifex^vous r
.%te renouvelle^ point une douleur
amere.
GALANT. 107
De tous fes mauxpaffez^je perce le?
myfierc.
Xl estoit regardé comme un Dicut
parmy nous s
Et de fes facrendroits jaloux
Ze Ciel nous afait voir unefi belle
Vt*.
Aux infirmitez^afsèrvïe.
Mais enfin que gagna son injuste
couroux ì
ZOljlS ne ploya point fous ces>
terribles coups..
A quelques projets qu'il s'atta-
.V . \. ehe y
Quelque soit le peril qui menace
"*; " .• ' fes jours , .*. '
On ne fçait oà l'homme se cache.
.Mais le Jieros paroist toujours t
«^» Pan ,fxtvy deplus d'un Satyre\r
A ces mots parut à leurs yeux*,,
ic8 MERCURE
Et leur donna l'effroy que la pudeur
inspire
\Au redoutable aspect de ces folafires Dieux.
Souffrez^que fous d'heureux frè~
sages > >\ », ;\ .
JTymphes , leur dit ce. Dieu des
Bois , .. ..
jfe mêle dans ces verds boccages
Mes doux concerts à vos char
mantes voix. .
Chantons le plus aimable & le plui
. grand des Rois.
Des Dieux mefmes LOVlS merix. .te les hommages^ ,
Rajjeurez^ vos esprits , ne craigne^
point d!outrages
•se ne suis point icy ce que je sui$
aittenrs , ;,.
ilfaut s y faire violence ,
De LOVlS íauguste presence
GALANT- 509
Est un terrible frein pour les mau
vaises mœurs.
Venez^ donc avec confiance
Chanter encore un Roy qui regne
fur les Cœurs.
Ahì fans la frayeur qui nuglacet
Luy dit lors Celimene avec unfies
,M foufris , \ . , .
J'oserois bien du chant vous difputer le prix.
2Tè condamnes point mon atedace, y;
Vos chalumeaux ont d'agreables
fonsi .
Mais quand ZOVlS ZE
ïGRAND anime mes chansons\
^Vi le disputerois me/me au Dieu
. du Parnasse. '
Alors plus vifie que le Fan
2Tefuit fardent Chasseur qui des
j " yeux le devore ,
ho MERCUR1
D'Iris suivie elle abandonna.
Pan y
Et fut refver ailleurs au^ Héros
qu'elle adore.
Fermer
Résumé : LOUIS. ECLOGUE.
Le texte présente une églogue en vers qui célèbre les mérites et les exploits du roi Louis XIV. Cette œuvre, approuvée par Madame des Houlières, est un éloge poétique des réalisations du règne du roi. L'action se déroule dans les jardins du château de Versailles, où des personnages mythologiques comme les Zephyrs, les Nymphes et Flore sont présents. Les personnages, tels que Célimène, Mercure, Iris et un Galant, admirent les beautés et les réalisations du roi. Ils décrivent les transformations spectaculaires des terres, les constructions magnifiques et les victoires militaires de Louis XIV. Le roi est comparé à un dieu, capable de vaincre la nature et de protéger son royaume contre les menaces. Célimène exprime son admiration et son amour pour le roi, soulignant que malgré les malheurs, elle ne peut qu'admirer son règne auguste. Mercure, après avoir hésité, décide de consacrer sa vie à servir le roi, négligeant ses propres intérêts. Iris et les autres personnages célèbrent les vertus et les exploits du roi, le comparant à des dieux et soulignant sa piété et sa grandeur. L'églogue se termine par une invitation à célébrer le roi, décrit comme le plus aimable et le plus grand des rois, méritant les hommages des dieux eux-mêmes. Les personnages expriment leur dévotion et leur admiration pour Louis XIV, le roi qui règne sur les cœurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
30
p. 10-21
RIMES EN AILLES. / RIMES EN EILLES. / RIMES EN ILLE.
Début :
Il ne faut pas s'étonner aprés cela si l'on entend / Toy qui depuis que du Cahos / Si ma voix avoit les doux sons / Femme d'un Dieu qui n'est pas beau, [...]
Mots clefs :
Célébrer, Rimes, Louis, Héros, Roi, Louer, Vers féminins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RIMES EN AILLES. / RIMES EN EILLES. / RIMES EN ILLE.
l ne
faut ,/ 1 pas s'étonnerapréscel
si l'on entend retentir se
louanges dans tous les ch.
matsdumonde,&si mesme
le beau sexe se fait un plaisir
de monter sur le Parnasse,
pour apprendre à celebrer les
merveilles de son regne dans
le langagedes Dieux. L'Illustre Madame Deshoulieres
cftune de celles qui le parlent le plus purement, le plus
souvent, & avec le plus d'approbation. Je vous envoyay
le mois passé un de les plus
beaux Ouvrages, danslequel
-
elle s'est assujettie aux rimes
enoüille dans tous les Vers
féminins. En voicy d'autres
de mesme nature, sur des rimes en ailles
,
en eles
,
& en.
ille, qui ont elleaussiapplaudis que le pre nier. Son genie est merveilleux en toutes
fortes dematieresmais sur
tout lors qu'elle entreprend
de loüer le Roy On connoist par là l'ardeur de son
zele.
RIMESENAILLES.
Toy qui depuis que du Cahos
On tira la Terre & les Flots,
EsApollonquand tu rimailles
3
Es le Soleil quand chaque jour
Dans un long & pénible tour
A nous éclairertu travailles
,
Si tu ne viens maider,jepers
L' honneur de bienfaire des Vers.
IlfautsurdesRimesenailles,
Rimes quifom pajlir d'ejfroy
Celebrer Louis
,
ce grand Roy
Quirejfcmble au Dieu des Batailles>
Ouiprend ce qu'il s'estproposé,
Sans que nulait encore ose
Vferfur luy de reprefaillcs;
Quivoit naiflre defortDauphin,
Dont la gloireferasansfin,
Quantitéd?j4uguftes Aiarmailles;
Qui àans ses Gardes neveutpat
Quilfoitenrolle deSoldats
Qui ne soient des plus hantes tailles;
Qui fait PdJJèr des soirs charmans
Damses vasles Appartemens
,
Parez.
J
non de vieillesclaincat'lies
De colifichets, de rocailles,
Mais de riches Ameublement,
Telsque ceux de ces vieux Romaus
Quaimoit tant à lire Fontraillesi
Quichez,leperfide Genois
BrifeTemple
,
Palais ,murailles.
Quitoujours heureux dansses choix9
EnMinièresfit des trouvailles;
Quidubruitdefiesgrands exploits
Remplit cellea qui
dans
cinq mois Ilfautconfier les semailles
3 Celle quepare le Printemps
De Fleurs (y:'" de vertesbrou-Jfailles
J
Celle donlfouillent les entrailles
Cbercheurs d'or d- de DiamanJ"
Et cette autre sur qui les Vents
Ont cause tant defanerailies,
Et dontlesmuets habitam
Ont le corps reveflu d'écaillés;
QuiviSlorieux des erreurs fait dans le bercail des Pafleurs
, Rentrer des millionsd'Ouailles
;
Quiseul son Empire conduit,
Qui tient dans un charmant réduit
Nombre d'eftrangeres volailles;
Qui deson Penple estsi chery,
Qu*auffi-tolfcjuon lesçeut guery Àdagifbats ,
,
Financiers,Canailles,
Toutfitchanter en divers lieux
Des TeDeummélodieux}
Tout mangea chapons) perdrixtcailles,
Et mitsur le cttlsesfutailles;
Veuillent nous preserver les Cieux
De plus voir de tellesgogailies.
Qui des fils de ses petitsfils
,
Si nossouhaitsfont accomplû.
Verra toutes les cpoufaiHes
;
Qii de ses héroïquesafits,
So:t dans laguerre ou dansla pdix"
A fs.itf<~aperforce Aiédai11rs
Tins belles quelesAntiquailles;
Qui dnmpte Alger & Tripoli,
Qiti dans Cagréable-Atariy,
Tait foHvcnt de grossesripailles,
Et quifera trembler de
peur
Le Royd'Efpagne&l*Empereur,
Dès qu'ilsortiradeVersailles..
RIMES EN EILLES.
s1 ma voix avoir les doux fins
Des Malherbes & des Corneilles,
Louis feraittoujours Vobjet de mes
Chansons.
Quel plus beau sujet pour mes veil.
les,
fJ..!!:un grand Roy de qui tous lei
jours
1
Ne font quun tissu de merveilles.
Et de qui l'air & les difeourt
Font entrer dans les cœurs vn million cfAmours,
Par les yeux&parlesoreilles?
m
Raison
,
toy que les Roysconsultent rarement
, Tusçais que ce Héros charmant
Nefait que ce que tu conseilles.
Nimphe,qui jamais ne somme'illes,
Tusçaisquavecque tes cent voix
Tu n'en a pas affit pour conter les
Exploits,
Et le nombre infini de vertus sans pa-(
veilles
JQui lefont le plusgranddesRoys.
Les champs ont moins cfépies, leruchesi
moinsetAbeilles,
Quil na receu du Ciel de charmesfedu-v
Eleurs.
Ah, courons ait Parnasse
,
& des plut)
belles fleurs
Pour couronnerson front remplirons detk
corbeilles.
uiffint aller mes Vers à Caide de fort
nom
)es bords où le matin la mere de
Memnon
Peint le Ciel de Couleurs vermeilles,
Iufijues à
ces tristesclimats
Ou ne peuvent croistre les treilles,
't dont les Habitans ne laissent pourtant pas
D'aimer à vuider les bouteilles.
RIMES ENjlle.
FEmme dtun Dieu qui rieft p/ti
beau,
Et qui ne va pointsans bfquille)
*Déejfe de qui le berceau
Fut une fnperbe cet/mile
,
V.e meresure pas Illljo$'frd'hJlJ tin rli
cours
,
bdtnne que des Jeux, des Ris, & des
jimours la tendre & galattte quadrille
Répande Jes attraits sur mon fo:ble
discours.
Venus
,
ren a] besoin
c. on veut que jebabille
De ce Héros qui feut a
tous les agremens
Dts deux plus chers de tes Amans.
*12ans[es ,, feux certain feu pétille
Quisouventa caufideglands embrlt..
femens.
Tel cjtoit ton Çhasseur dans ces heu,
renx moment
Où couché sur l'Oeillet. la Rose & Im
Jonquille
Tu daignas l'honorer de tes embrajfem
mens
,
5^jnmoinsftmblahle eu DivinDrillei
QHI vient au sortir des combats
Se delasser entre tes bras'
ZOVIS humilia l'orgueil de la (afitllc
Damptal'ingrat Tdtive cr vainqui,
le germain,
it tomber fous l'effort de cent bouches
d'airain)
omm, tombe en tflèCépj fous la fau*
eille,
le parjureGénois & le dur jifriquaim*
Ce ntflpasfeulement le tonnerre à la
main9,
2i4e ce Monarque efi grand, que fin
courage brille,
*0 l'avons-nous pas veu montrer un front serein
Vans Jevives douleurs
,
dansunperdcertain,
rt ne s'tnébranler non plut que la *Ba•
fiille i
Quel Sage
,
quel Héros ,fujî-il gre,
ou Romain,
Teutdupied de LOVIS-itteindreà
la cheville ?
Aussi du bout de J'YnifJefS
Les Ptttples que le Soleil grille
Travcrfentpourle voir le vafie fein
des tfliers*
jQue pour nous rendre heureux il
prend defoinsdivers!
Dans Jes vasles Eflats chèque Place
fourmille
De cent & cent ternes Çuerritrs,
.I2!!,'zt y met pour apprendre À cueillir
des Lauriers.
Dans un fnpcrbe Enclos plus d'une illujîre Fille
Trouve dés son enfance Un secoursfeur
& doux;
Dans un sge plus meur on luy donne un
Epcux,
Où ton met sa pudeur à l'abrjd'une
grille. 4
tredePs Sujets itnoumt, il hahille,jj
Ces malheureux Enfans qui nefontkt-l
ntiers .J, Que des titres fameux que des Sieell.
entiers j
Ont conftrfle{,
dans leur Famille.
tille des flots IImerl ?
agrcablcVenus»
Aqui les doAX tranfpcrts re font pas
inconnus
,
Crois-tu que defil tn aiguille,
Quand on voit t'op fouveut ce Roy
charmant à voir
9
On ne fajfc jamais en défit du devoir
,
Quelque legere peccadille?
faut ,/ 1 pas s'étonnerapréscel
si l'on entend retentir se
louanges dans tous les ch.
matsdumonde,&si mesme
le beau sexe se fait un plaisir
de monter sur le Parnasse,
pour apprendre à celebrer les
merveilles de son regne dans
le langagedes Dieux. L'Illustre Madame Deshoulieres
cftune de celles qui le parlent le plus purement, le plus
souvent, & avec le plus d'approbation. Je vous envoyay
le mois passé un de les plus
beaux Ouvrages, danslequel
-
elle s'est assujettie aux rimes
enoüille dans tous les Vers
féminins. En voicy d'autres
de mesme nature, sur des rimes en ailles
,
en eles
,
& en.
ille, qui ont elleaussiapplaudis que le pre nier. Son genie est merveilleux en toutes
fortes dematieresmais sur
tout lors qu'elle entreprend
de loüer le Roy On connoist par là l'ardeur de son
zele.
RIMESENAILLES.
Toy qui depuis que du Cahos
On tira la Terre & les Flots,
EsApollonquand tu rimailles
3
Es le Soleil quand chaque jour
Dans un long & pénible tour
A nous éclairertu travailles
,
Si tu ne viens maider,jepers
L' honneur de bienfaire des Vers.
IlfautsurdesRimesenailles,
Rimes quifom pajlir d'ejfroy
Celebrer Louis
,
ce grand Roy
Quirejfcmble au Dieu des Batailles>
Ouiprend ce qu'il s'estproposé,
Sans que nulait encore ose
Vferfur luy de reprefaillcs;
Quivoit naiflre defortDauphin,
Dont la gloireferasansfin,
Quantitéd?j4uguftes Aiarmailles;
Qui àans ses Gardes neveutpat
Quilfoitenrolle deSoldats
Qui ne soient des plus hantes tailles;
Qui fait PdJJèr des soirs charmans
Damses vasles Appartemens
,
Parez.
J
non de vieillesclaincat'lies
De colifichets, de rocailles,
Mais de riches Ameublement,
Telsque ceux de ces vieux Romaus
Quaimoit tant à lire Fontraillesi
Quichez,leperfide Genois
BrifeTemple
,
Palais ,murailles.
Quitoujours heureux dansses choix9
EnMinièresfit des trouvailles;
Quidubruitdefiesgrands exploits
Remplit cellea qui
dans
cinq mois Ilfautconfier les semailles
3 Celle quepare le Printemps
De Fleurs (y:'" de vertesbrou-Jfailles
J
Celle donlfouillent les entrailles
Cbercheurs d'or d- de DiamanJ"
Et cette autre sur qui les Vents
Ont cause tant defanerailies,
Et dontlesmuets habitam
Ont le corps reveflu d'écaillés;
QuiviSlorieux des erreurs fait dans le bercail des Pafleurs
, Rentrer des millionsd'Ouailles
;
Quiseul son Empire conduit,
Qui tient dans un charmant réduit
Nombre d'eftrangeres volailles;
Qui deson Penple estsi chery,
Qu*auffi-tolfcjuon lesçeut guery Àdagifbats ,
,
Financiers,Canailles,
Toutfitchanter en divers lieux
Des TeDeummélodieux}
Tout mangea chapons) perdrixtcailles,
Et mitsur le cttlsesfutailles;
Veuillent nous preserver les Cieux
De plus voir de tellesgogailies.
Qui des fils de ses petitsfils
,
Si nossouhaitsfont accomplû.
Verra toutes les cpoufaiHes
;
Qii de ses héroïquesafits,
So:t dans laguerre ou dansla pdix"
A fs.itf<~aperforce Aiédai11rs
Tins belles quelesAntiquailles;
Qui dnmpte Alger & Tripoli,
Qiti dans Cagréable-Atariy,
Tait foHvcnt de grossesripailles,
Et quifera trembler de
peur
Le Royd'Efpagne&l*Empereur,
Dès qu'ilsortiradeVersailles..
RIMES EN EILLES.
s1 ma voix avoir les doux fins
Des Malherbes & des Corneilles,
Louis feraittoujours Vobjet de mes
Chansons.
Quel plus beau sujet pour mes veil.
les,
fJ..!!:un grand Roy de qui tous lei
jours
1
Ne font quun tissu de merveilles.
Et de qui l'air & les difeourt
Font entrer dans les cœurs vn million cfAmours,
Par les yeux&parlesoreilles?
m
Raison
,
toy que les Roysconsultent rarement
, Tusçais que ce Héros charmant
Nefait que ce que tu conseilles.
Nimphe,qui jamais ne somme'illes,
Tusçaisquavecque tes cent voix
Tu n'en a pas affit pour conter les
Exploits,
Et le nombre infini de vertus sans pa-(
veilles
JQui lefont le plusgranddesRoys.
Les champs ont moins cfépies, leruchesi
moinsetAbeilles,
Quil na receu du Ciel de charmesfedu-v
Eleurs.
Ah, courons ait Parnasse
,
& des plut)
belles fleurs
Pour couronnerson front remplirons detk
corbeilles.
uiffint aller mes Vers à Caide de fort
nom
)es bords où le matin la mere de
Memnon
Peint le Ciel de Couleurs vermeilles,
Iufijues à
ces tristesclimats
Ou ne peuvent croistre les treilles,
't dont les Habitans ne laissent pourtant pas
D'aimer à vuider les bouteilles.
RIMES ENjlle.
FEmme dtun Dieu qui rieft p/ti
beau,
Et qui ne va pointsans bfquille)
*Déejfe de qui le berceau
Fut une fnperbe cet/mile
,
V.e meresure pas Illljo$'frd'hJlJ tin rli
cours
,
bdtnne que des Jeux, des Ris, & des
jimours la tendre & galattte quadrille
Répande Jes attraits sur mon fo:ble
discours.
Venus
,
ren a] besoin
c. on veut que jebabille
De ce Héros qui feut a
tous les agremens
Dts deux plus chers de tes Amans.
*12ans[es ,, feux certain feu pétille
Quisouventa caufideglands embrlt..
femens.
Tel cjtoit ton Çhasseur dans ces heu,
renx moment
Où couché sur l'Oeillet. la Rose & Im
Jonquille
Tu daignas l'honorer de tes embrajfem
mens
,
5^jnmoinsftmblahle eu DivinDrillei
QHI vient au sortir des combats
Se delasser entre tes bras'
ZOVIS humilia l'orgueil de la (afitllc
Damptal'ingrat Tdtive cr vainqui,
le germain,
it tomber fous l'effort de cent bouches
d'airain)
omm, tombe en tflèCépj fous la fau*
eille,
le parjureGénois & le dur jifriquaim*
Ce ntflpasfeulement le tonnerre à la
main9,
2i4e ce Monarque efi grand, que fin
courage brille,
*0 l'avons-nous pas veu montrer un front serein
Vans Jevives douleurs
,
dansunperdcertain,
rt ne s'tnébranler non plut que la *Ba•
fiille i
Quel Sage
,
quel Héros ,fujî-il gre,
ou Romain,
Teutdupied de LOVIS-itteindreà
la cheville ?
Aussi du bout de J'YnifJefS
Les Ptttples que le Soleil grille
Travcrfentpourle voir le vafie fein
des tfliers*
jQue pour nous rendre heureux il
prend defoinsdivers!
Dans Jes vasles Eflats chèque Place
fourmille
De cent & cent ternes Çuerritrs,
.I2!!,'zt y met pour apprendre À cueillir
des Lauriers.
Dans un fnpcrbe Enclos plus d'une illujîre Fille
Trouve dés son enfance Un secoursfeur
& doux;
Dans un sge plus meur on luy donne un
Epcux,
Où ton met sa pudeur à l'abrjd'une
grille. 4
tredePs Sujets itnoumt, il hahille,jj
Ces malheureux Enfans qui nefontkt-l
ntiers .J, Que des titres fameux que des Sieell.
entiers j
Ont conftrfle{,
dans leur Famille.
tille des flots IImerl ?
agrcablcVenus»
Aqui les doAX tranfpcrts re font pas
inconnus
,
Crois-tu que defil tn aiguille,
Quand on voit t'op fouveut ce Roy
charmant à voir
9
On ne fajfc jamais en défit du devoir
,
Quelque legere peccadille?
Fermer
Résumé : RIMES EN AILLES. / RIMES EN EILLES. / RIMES EN ILLE.
Le texte célèbre les éloges adressés au roi Louis, qui résonnent à travers le monde et même parmi les femmes, lesquelles montent sur le Parnasse pour chanter ses mérites. Madame Deshoulières est particulièrement mentionnée pour son talent en poésie, notamment dans des œuvres utilisant des rimes en ailles, en eles et en ille. Son génie est particulièrement admiré lorsqu'elle loue le roi. Les poèmes évoquent divers aspects de la grandeur du roi Louis, comparé à Apollon et au Soleil. Ils célèbrent ses victoires militaires, sa sagesse, et son amour pour son peuple. Les rimes en ailles décrivent le roi comme un guerrier invincible, victorieux contre ses ennemis, et comme un souverain juste et bienveillant. Les rimes en eles et en ille continuent de vanter ses qualités, soulignant son courage, sa générosité, et son amour pour les arts et la culture. Le texte se termine par des vœux pour que les descendants du roi perpétuent ses exploits et ses vertus.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
31
p. 270-303
Tout ce qui s'est passé à l'Academie Françoise le jour de Saint Loüis. [titre d'après la table]
Début :
Le 25. du mois passé, l'Academie Françoise solemnisa à son [...]
Mots clefs :
Académie française, Place, Messe, Cardinal Richelieu, Assemblée, Duc de Saint-Aignan, François-Timoléon de Choisy, Saint Louis, Prix d'éloquence et de poésie, Fontenelle, Discours, M. Perrault, Louis le Grand, Gloire, France, Esprit, Hommes, Monde, Paix, Piété, Secrétaire, Louanges, Compagnie, Honneur, Héros, Zèle, Maison, Europe, Lettres, Vertus, Admirable, Éloquence, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tout ce qui s'est passé à l'Academie Françoise le jour de Saint Loüis. [titre d'après la table]
Le 25. du mois passé, l'Academie Françoisesolemnisa
à son ordinaire la Feste de S.
Loüis Roy de France, dans la
Chapelle du Louvre. Mr l'Abbé de la Vau
,
l'un desquarante Academiciens, celebra
la Messe, pendant laquelle il
y eut une excellente Musique. Elle estoit dela composition de MrOudot qui fit
paroistre son habileté ce jourlà plus que jamais. Ensuite
Mr l'Abbé Courcier, Theolop-al de l'Eol
i
f
e
de Paris? prononça le Panegyriqne de S.
Loüis avec un succés qui
*
luy attira beaucoup de loüanges. Il remplit tout ce qu'on
pouvoit attendre d'un homme veritablement éloquent,
& lesrapports qu'il trouva des
achons de ce S. Roy à celles
deLOUIS LE GRAND,furent traitez avec tant d'esprit
& tant de delicatesse, qu'il n'y
eut personne qui n'en fust
charmé.L'Assemblée estoit
nombreuse mais en mesme
temps de gens choisis. Elle
ne le fut pas moins l'apresdinée dans la Seance publique
que tinrent Mrs de l'Académie, pour recevoir Mrl'Abbé deChoisy en la place de
Mr le Duc de Saint Aignan.
Vous connoissez son mérite,
& la Relation que je vous ay
envoyée de l'Ambassade de
MrleChevalier de Chaumont à Siam, vous a
fait voir,
combien Sa Majesté l'avoir
jugé propre aux négociations
qu'on avoit a y
traiter. Il
commença son remerciment
endisant
? que si les loix de
l'Academie le pouvoientper-
mettre, il garderoit le silence,
& ne songeroit qu'à se taire
jusqu'à ce que M" de l'Académie luy eussentappris à
bien parler. Il s'étendit enfuite sur les louanges de cette
sçavante Compagnie
,
dans
laquelle les premiers hommes de
l'Estatsedépoüillentde tout le
faste de la grandeur>(;) ne cherchent de distinction que par la
sublimité du genie é par la
profonde capacité, & dit agréablement, qu'il croyoit'- déja
sentir en luy l'esprit de l'Academie quil'élevoit au dessus de luy-mesme
,
& dont il
reconnnoissoit avoir besoin
pour reparer la perte de l'illustre Duc qu'elle regretoit.
Il prit de là occasion d'en
faire un portraitavantageux,
mais fort ressemblant,& après
avoir dit, que c~Af de
l'Academie
a marquer par des
traits immortels la gloire de ce
vrandHomme, dont la memoire
vivroit à jamais dans leurs Ouvrages
-'
puisque tout ce qui part
de leurs mains se sent du genie
sublime de leur Fondateur; il
ajouta quesil'on a
dit autrefois
que comme Cesar par ses Conquestes avoit augmentél'Empire
.le Rome
>
Ciceron par son e/o-~
quence avoitétendul'esprit des
Romains
5
on pouvoit dire que
le CardinaldeRichelieu seul,
avoit fait en France ce que Cesar £7- Ciceron anvoientfait à
Rome, & que si par les ressorts
d'unepolitiqueadmirable il avoit
reculé
nos Frontieres) il nous avoitélevé, poly
,
& si cela se
pouvoit dire, agrandy l'esprit
par l'établissement de l'Acade.
mie. Il poursuivit l'Eloge de
ce fameux Cardinal, parla de
la perte de M( le Chancelier
Seguier,qui fut après luy le
Protecteur del'Academie ,&
exagera ensuite la gloire dont
elle s'estoit Veuë comblée,
lors que le plus grand des
Rois, daignantagréerlemesme titre, avoit bien voulu
luy faire l'honneur de la recevoir dans son Palais, & de
l'égaler aux premieres Compagnies de son Royaume.
Par là, Messieurs
,
continuat-il, car je ne dois retrancher aucun des termes dont il
se servit en parlant de ce
grand Prince. ) Parlàdans
lesSieclesfuturs, vos noms devenus immortels marcheront à
lasuitedu sien
,
& vous pouue,-,
NOUS répondre avous-mesmes de
l'immortalité que vous sçavez
donnerauxautres. Vous lasçavez donner seurement
,
&vous
ladonnerezà LOUIS.Ilsefait
entre ce Prince & vous un
commerce de gloire, & si
sa protection vous fait tant
d'honneur
,
vous pouve% vous
flater de nestrepas inutiles afk
gloire. Oüy, Messieurs, ce prince
si necessaire à tous; à ses Sujets
qu'il a
rendus lesPeuples les plus
redoutables du monde, & qu'il
va achever de rendre plus
heureux
;
à ses Alliez à qui il
accorde par toutmeprotection si
puisante; àses Ennemis mesmes
dontilfaitle bonheurmalgréeux
enlesforçant à
demeureren paix,
ce Prince, qui à l'exemple de
Dieu dontilestl'image vivante
semblen'avoir besoinque de luymesme, il abesoindevouspour
sa gleire
,
&son nom, toutgrand
quil est
,
auroitpeine à passer
tout entierà la derniere posterite
sans vos Ouvrages. Vous y
travaillez, Messieurs. Déja plus
d'une fois vous l'ave^ montré
auxyeux des hommes également
granddans la Paix & dans la
Guerre. Mais qu'est-ce que la
valeur des plus grands Héros,
comparée à la pieté des verita
bles Chretiens? Il regne ce Roy
glorieux, & toujours attentifà
la reçonnoissance qu'il doit à
celuy dont iltient tout
>
ilsonge
continuellement à faireregner
dansson cœur &danssonRoyaume
,
ce Dieu qui depuis tant d'années répandsursapersonne une
si longue suite de prosperite
N'a-t-ilpasfait taire ces malheureux, qui malgré les lumieres
naturelles de l'ame, affectent
une impietéàlaquelle ilsnesçauroient parvenir? N'a-t-il pas
reprimé cette fureur de blasphême
assèz audacieusepouraller attaquerDieujusque dansson Tros-
m f Ilfaitplus; il s'embrase du
zele de la Maison de Dieu
,
il
n'épargne nysoins ny despense
four augmenter le Royaume du
Seigneur. Son zele traverse les
Mers, (jj* va chercher aux ex-
,tremitez de la Terre
,
desPeuples
ensevelis dans les tenebres de l'Idolatrie. Les premieres diffculte.-<
ne le rebutentpoint; ilsuit avec
constance un dessein
que le Ciel
luy a
inspiré
,
& si nos vœux
font exaucez
,
bien-tostfousses
auspices la foy du njray Dieu
fera triomphante dans les Royaumes de 1'0r1ent. Que diray-je
encore ? Ce Heros Chrestien at-
taque ouvertement ce Party
formidable de l'Heresie
,
qui
avoit fait trembler les Roisses
Predecesseurs.Ilacheve enmoins
d'uneannée, ce
quil/s n>a~
voient osé entreprendre depuis
prés de deux ~fc/,~rle Monstre infernal reduit aux abois
>
rentrepourjamais dans l'abisme,
d'où la malice des Novateurs,
&les mœurs corrompuës de nos
Ayeux l'avoient fait sortir.
Heureuse France,tu neverras plus tes Enfans déchirertes
entrailles.Une mesme Religion
leurfera prendre les mesmes in
teredts j&cejl à Louis -;
Grand que tu es redevable d'un
sigrand bien. Parlonsplusjuste,
c'est à Dieu,& le mesme Djetl
pour asseurernostrebonheur,vient
de nous conserver
ce Prince, &
de le rendre auxprieres ardente s
de toute l'Europe; car, Messieurs,lesfrancois ne font pas
les seuls qui s'interessent à
une
santési précieuse, &si quelques
Princes,jaloux de la gloire du
Roy
,
ont témoigné par de vains
projets de Ligues vouloirprofiter
de l'estatou ils le croyoient
,
leurs
Sujets mesmes
>
& tous les Peuples de l'Europe faisoient des
vœuxsecrets pour
luy
cachant
bien Men
saseulePersonne reside la tranquillitéuniverselleMais ou m'emporte mon
zele?
Apeine placé parmy vous,j'entreprens ce qui feroit trembler les
plus grands Orateurs,& sans
consulter mes forces,j'ose parler
d'un Roy dont il n'estpermis de
parler qu'à ceux3 qui comme
vous, Messieurs, le peuvent
faire d'une manieredigne de luy.
Aprés quelque temps laiïle
aux applaudissemens qui furent donnez à
ce Discours,
Mr deBergeret ,Secretaire du
Cabinet, & premier Commis
deMrdeCroissy,Ministre tk,
Secretaire d'Estat,pritlaparole pour y
répondre, & dit
à M l'Abbé de Choisy
,,
que
l'Academie ne luy pouvoit
donner
une marque plus honorable de l'estime qu'elle
faisoit de luy, qu'en le recevant en la place de Mrle Duc
pe S. Aignan. Dansle Portrait
qu'il fit de ce Duc, il fit voir,
Qu'ilaimoit les belles Lettres de
la mesme passion dont il aimoit
la gloire, & qu'ilavoit pris
tous les soinsnecessaires pour
avoir ce
qu'elles ont de plus utile
&deplusagreable. Il dit qu'il
çflyit bienéloigne de la vaine
erreur de ceux qui s'imaginent
que tout le meriteconsiste dans le
bazard d'estrené d'une ancienne
Maison, & qu'il ne regardoit
l'avantage d'avoirtantd'illustres
Ayeux, que comme une obligation indispensable J,'augmenter
l'éclat de leur nom par un merite
personnel; quese voyantattaché
au service d'un Prince,dont les
vertus beroiques donneront plus
d'employ auxLettres, que n'ont
fait tous les Heros de l'Antiquité,il en avoit pris encore plus
d'affection pourelles
;
qu'il s'estoit acquis une maniere de parler
&d'écrire noble,facile, élegante,
&qu'il avoit fait voir à la
France cette Urbanité Romaine,
qui estoit le caractere des Scipions &des plus illustres Romains. Jepasse beaucoup d'autres louanges qui furent écoutéesavec plaisir
,
& qu'il finit
en disant
>
Quesi M. le Duc de
S.Aignan estoit le Protecteur
d'une celebre Academiepar un
titre particulier
,
on pouvoir
dire encore qu'il l'estoit generalement de tous les
gens de
Lettres par une generosité qui
n'exceptoitpersonne; que lemerite, quelque étranger qu'ilfust,
Çy* de quelque part ~;//7~
Yiir„efloiiseur de trouveren luy
de l'appuy & de la protection;
qu'il recevoit avec des témoin
gnages d'affection tous ceux qui
avoient quelque talent
,
& qu'il
ne leurfaisoitsentirsourang èi;
sa dignité
,
que par les bons offices qu'ilseplaisoità leurrendre
Il parla ensuite de sa mort
chrestienne
,
&, de la confolation qu'il avoit euëen mou- lrant de laïsser après luy un
Fils illustre
,
qui s'estoit toujours dql-ingué' avec honneur &
sans affectation, dans lequel
onavoit toûjours veu decourageavecbeaucoupbeaucoup dedou-
crur, une admirable pureté de
mœurs, une parfaite uniformité
de conduite, de la penetration.
de l'application,de la ruigilancr.)
un cœur confiant pour la vérité
pour la justice, em sur tout
une solide pieté, qui le fait Agir
en secret & aux yeux de Dieu
seul,
comme s'il estoit veu de
tous les hommes. Il ajoûta, que
tantde vertus quiavoientmérité que dans un âge si peu avan~
cé, il eustestéfait Chef du Conseil d s
Finances, jufiifioient
chaque jour un si bon choix,(gjr
fdifoicn^ voir que le Royjufie
dijbenfateurde ses grâces "t'VO::
le don suprême de discernerles
esprits. Aprés cela Mr de Bergeret adressa de nouveau la
paroleàMrl'AbbédeChoi-
\yy&: luy dit, quequelque talent qu'il eust pour l'Eloquence
.J la nouvelle nouvelle obligationqu'il avoit o
bligationqu-'il
a-voit
de consacrerses veilles à lagloire de Louis le Grand, luy seroit
sentir de plus en plus combien il
est difficile de parler dignement
d'unPrince dont la vie est une
suite continuelle de prodiges. Les
Poëtes, poursuivit-il ,se plaignent den'avoir point d'expressionsassez fortes pourrepresenter
lemerveilleuxde sesexploits;
les Historiens au contraire de n'en
avoir point d'assi'{ simples, pour
empescher que tant de merveilles
ne passent pour autant defictions.
Quel art, quelle application,
quelle conduite ne faudra- t-il
point pour conserver la vraysemblance avec la grandeur des
choses qu.i! a
faites?Je
ne parle
point decette valeur étonnante,
qui a
pris comme en courant les
plusfortesVilles du monde, &
devant qui lesArmées les plus
nombreuses ont toujours fuy de
peur de * combattre. Je
ne pense
maintenant qu'à cette glorieuse
paix dont nous joueons., & qui
a tfl; faite dans un temps où l'on
ne voyoit de toutes parts que des
puissancesirritées de nos Viéloires, que des Estats ennemis declarez denosinterests, que des
Princesjaloux de nos avantages,
tous avec des pretentions différentes e- incompatibles. Comment donc parut tout d'un coup
cette Paix si heureuse ? C'est un
miracle de la sagesse de Louis le*
Grand
,
que la Politique neffau..
roit comprendre; & comme luy
seul a
pu la donner à toute 1"Euyope.) luy seul aussi peut la IUJl
conserver.Combien d*a£lion3de
pénétration, de prévoyance pour
faire que tant d'Etats libres, dm
dont les interestssontsi contraires,
demeurent dans les termes
qu'il leur a
prescrits? Il faut
voirégalement
ce qui •riefl plus
&ce quin'est pas encore, comme ce qui est. Il faut avoir un
genied'une force&d'une étenduë extraordinaire
,
que nulle affaire ne change, que nul objet
ne trompe, que nulle difficulté
n'arreste; telenfinqu'estle genie
de Louis le Grand
,
qui est répandu dans toutes les parties de
l'Estat, (fy qui n'yest pointrenfermé,agissant au dehors comme
au dedans avec une forceincon-
cevable. Il est jusque dans les
extrémitez du monde, où l'on a
-veit tant desaintesMissionssoutenues par les secours continuels
de sa puissance & de sa piété.
Il estsurlesFrontières duRoyalime
,
qu'il faitfortifier d'une maniere qui déconcerte ~(7 defj<:entous nos Ennemis. Il efi surles
Ports, ou il fait construire ces
Vaisseaux prodigieuxj qui portent par tout le monde la gloire
du nom François. Il est dans les
calemies de Guerre ~ù de Marine ,où la noble éducation jointe
à la Noblesse du sang,forme des
esprits & des courages également
capables du commandement v
de l'exécution dans les plus grandes entreprises Il est enfin par
tout, quifait que tout est reglé
cemme il doit l'estre.Les Garfiijbns toujours entretenues, les
Magasinstoujours pleins, les
Arsenaux toujours garnis
,
les
Troupes toujoursen baleine, v
aprésles travaux de laGuerre,
maintenant occupées à des Ouvragesmagnifiques, qui font les
fruits de la Paix.C'estainsi
que ce Grand Princeagissanten
mesmetempsde toutes parts,v
faisant des choses qui inspirent
continuellement de la terreur à
Jes Ennemis, de l'amour à Jes
Sujets de l'admiration à tout
le monde
,
il peut malgréleshaines
,
les jalousies, vles défiances, conserver la Paix qu'il a
faite3farce qu'il n'ya pointd'Etat
qui ne voye combien il seroit
dangereux de la vouloir rompre.
Quelques Princes de l'Empire
sembloient en avoir la prnsele)
& commencent à former des
Ligues nouvelles, mais le Roy
toujours également juste vsage,
ne voulant ny surprendre ny
estre surpris
:>
fit dire à l'Empereurj que si dans deux mois du
jourdesa Déclaration il ne rece-
voit de luy des asseurances poJiiives de l'observation de la Treve
,
il prendrait les mesuresqu'il
jugeroit necessaires pour le
bien
deson Efidt. Ses Troupes en même temps volentsur les Frontieres de l'Ailsnugne> (fff l'Empereur luy donne toutes les asseurancesqu'il pourvoit souhaiter.
Ainsil'Europe luy doit une seconde fois le repos & la tranquillité dont elle joüit.D'autre
part l'Espagneavoit fait une
mjujiice à nos
Marchands, (!Ï
les contraignoit de payer une taxeviolente
,
fous pretexte qu
'ils
negocioient dans les Indes contre
les Ordonnances. Le Roy3pour
arrester tout à coup ces commencemens de division
,
a
jugé à propos d'envoyer devant Cadix une
Flote capabledeconquérirtoutes
les Indes. dujfi-tost l'EJpdgne
alarmée, a
proYllÍs de rendre ce
qu'elle avoit pris e~ le Roy qui
s'en est contenté, a paru encore
plusgrand parsa moderationque
parsapuissance; car il est vray
que rienn'est si admirable sur la
Terre, que d'y voir un Prince,
qui pourvant tout ce
qu'il veuty
ne
veüille rien qui ne
soitjuste.
Maisc'est le caractere de Louis
le Grand. C'estlefond de cette
Ame heroiqne
>
où toutes les vertus font pures,sinceres
,
solides,
veritables, cm7ent toutesensemlie3 par une admirable union,
qu'il est non seulement le plus
grand de tous les Rois
,
mais encore
le plusparfait de tous les
Hommes.
Cette réponse fut interrompuëbeaucoup de fois par
des applaudissemens qui firent connoistre combien 1*ACsemblée estoit satisfaite de
l'Eloquence de MrdeBergeret. Il parut par là tres-digne
d'estre à la teile d'une si celebreCompagnie; & tout le
monde convint qu'il ne pouvoit mieux remplir la place
qu'iloccupoit. Mrl'Abbé de
Choisy a
fait connoistre par
un fort bel Ouvrage qu'il a
donné au Public depuissa reception,avec combien de justice il remplit la place qu'on
luy afait ocuper. Cet Ouvrage
est laViede Salomon. Il y
aquelquetemps qu'il fitaussiimprimer celle de David avec une
Paraphrase desPseaumes.Jene
vous dis rien de la beautéde
f- ses Livres. Vous pouvez juger
de quoy il est capable par ce
que vous venez de liredeson
Remerciment à PAcadeniieJ
Ces deuxDiscours ayantesté
prononcez ,
on distribua les
Prix d'Eloquence & dePoësie
& l'on declara que le premieravoir esté remporté par
Mrde Fontenelle,& le second
par Mademoiselle des Houlieres, Fille de l'illustre Ma..
dame desHoulieres,dontvous
avez veu tant de beauxOuvrages. Mrl'Abbé de la 'V'aU1
Secretaire de la Compagnie
en l'absence de Mr l'Abbé
Regnier des Marais, Secretaire perpetuel, leut ces deux
Pieces, dont l'uneestoit sur la
Patience, & l'autre sur l'Eduation de la jeune Noblesse
dans les Compagnies des Genilshommes
3
& dans la Maison de S. Cir, &toutes deux
furent écoutées avec l'artenion qu'elles meritoient. Je
vous en diray davantage une
autre fois. A cette lecture
ucceda celle d'un Discours
qu'avoit apporté M Hebert, le
l'Academie de Soissons,
pour sansfaire * 1à l'obligation
où sont ceux de cette Compagnie
,
suivant les Lettres
Patentes de leur établiffci-nelit,
d'enenvoyeruntous lesans,
en Prose ou en Vers,lejour de
S. Loüis
)
à l'Academie Françoise.On
y remarqua de grandes beautez
,
& M. Hébert
eut place parmy les Académiciens. Le sujet de ce Discours estoit, Que les Peuples
sont toujours heureux,lors qu'ils
sont gouvernez par un Prince,
qui a
dela pieté. Aprés cela,
on leut un Madrigal, à la
gloire de Mademoiselle des
Houliers,sur ce qu'elleavoit
remporté le Prix.M.leClerc
leut aussi quelqnes Ouvrages
dePoësie sur divers fujets>&j
la Scance finit par une
Lettré
en Vers de M. Perrault i,dans
laquelle le Siecle remercioit
le Roy de l'avantage qu'illuy
faisoit remportersur les autres Siec
à son ordinaire la Feste de S.
Loüis Roy de France, dans la
Chapelle du Louvre. Mr l'Abbé de la Vau
,
l'un desquarante Academiciens, celebra
la Messe, pendant laquelle il
y eut une excellente Musique. Elle estoit dela composition de MrOudot qui fit
paroistre son habileté ce jourlà plus que jamais. Ensuite
Mr l'Abbé Courcier, Theolop-al de l'Eol
i
f
e
de Paris? prononça le Panegyriqne de S.
Loüis avec un succés qui
*
luy attira beaucoup de loüanges. Il remplit tout ce qu'on
pouvoit attendre d'un homme veritablement éloquent,
& lesrapports qu'il trouva des
achons de ce S. Roy à celles
deLOUIS LE GRAND,furent traitez avec tant d'esprit
& tant de delicatesse, qu'il n'y
eut personne qui n'en fust
charmé.L'Assemblée estoit
nombreuse mais en mesme
temps de gens choisis. Elle
ne le fut pas moins l'apresdinée dans la Seance publique
que tinrent Mrs de l'Académie, pour recevoir Mrl'Abbé deChoisy en la place de
Mr le Duc de Saint Aignan.
Vous connoissez son mérite,
& la Relation que je vous ay
envoyée de l'Ambassade de
MrleChevalier de Chaumont à Siam, vous a
fait voir,
combien Sa Majesté l'avoir
jugé propre aux négociations
qu'on avoit a y
traiter. Il
commença son remerciment
endisant
? que si les loix de
l'Academie le pouvoientper-
mettre, il garderoit le silence,
& ne songeroit qu'à se taire
jusqu'à ce que M" de l'Académie luy eussentappris à
bien parler. Il s'étendit enfuite sur les louanges de cette
sçavante Compagnie
,
dans
laquelle les premiers hommes de
l'Estatsedépoüillentde tout le
faste de la grandeur>(;) ne cherchent de distinction que par la
sublimité du genie é par la
profonde capacité, & dit agréablement, qu'il croyoit'- déja
sentir en luy l'esprit de l'Academie quil'élevoit au dessus de luy-mesme
,
& dont il
reconnnoissoit avoir besoin
pour reparer la perte de l'illustre Duc qu'elle regretoit.
Il prit de là occasion d'en
faire un portraitavantageux,
mais fort ressemblant,& après
avoir dit, que c~Af de
l'Academie
a marquer par des
traits immortels la gloire de ce
vrandHomme, dont la memoire
vivroit à jamais dans leurs Ouvrages
-'
puisque tout ce qui part
de leurs mains se sent du genie
sublime de leur Fondateur; il
ajouta quesil'on a
dit autrefois
que comme Cesar par ses Conquestes avoit augmentél'Empire
.le Rome
>
Ciceron par son e/o-~
quence avoitétendul'esprit des
Romains
5
on pouvoit dire que
le CardinaldeRichelieu seul,
avoit fait en France ce que Cesar £7- Ciceron anvoientfait à
Rome, & que si par les ressorts
d'unepolitiqueadmirable il avoit
reculé
nos Frontieres) il nous avoitélevé, poly
,
& si cela se
pouvoit dire, agrandy l'esprit
par l'établissement de l'Acade.
mie. Il poursuivit l'Eloge de
ce fameux Cardinal, parla de
la perte de M( le Chancelier
Seguier,qui fut après luy le
Protecteur del'Academie ,&
exagera ensuite la gloire dont
elle s'estoit Veuë comblée,
lors que le plus grand des
Rois, daignantagréerlemesme titre, avoit bien voulu
luy faire l'honneur de la recevoir dans son Palais, & de
l'égaler aux premieres Compagnies de son Royaume.
Par là, Messieurs
,
continuat-il, car je ne dois retrancher aucun des termes dont il
se servit en parlant de ce
grand Prince. ) Parlàdans
lesSieclesfuturs, vos noms devenus immortels marcheront à
lasuitedu sien
,
& vous pouue,-,
NOUS répondre avous-mesmes de
l'immortalité que vous sçavez
donnerauxautres. Vous lasçavez donner seurement
,
&vous
ladonnerezà LOUIS.Ilsefait
entre ce Prince & vous un
commerce de gloire, & si
sa protection vous fait tant
d'honneur
,
vous pouve% vous
flater de nestrepas inutiles afk
gloire. Oüy, Messieurs, ce prince
si necessaire à tous; à ses Sujets
qu'il a
rendus lesPeuples les plus
redoutables du monde, & qu'il
va achever de rendre plus
heureux
;
à ses Alliez à qui il
accorde par toutmeprotection si
puisante; àses Ennemis mesmes
dontilfaitle bonheurmalgréeux
enlesforçant à
demeureren paix,
ce Prince, qui à l'exemple de
Dieu dontilestl'image vivante
semblen'avoir besoinque de luymesme, il abesoindevouspour
sa gleire
,
&son nom, toutgrand
quil est
,
auroitpeine à passer
tout entierà la derniere posterite
sans vos Ouvrages. Vous y
travaillez, Messieurs. Déja plus
d'une fois vous l'ave^ montré
auxyeux des hommes également
granddans la Paix & dans la
Guerre. Mais qu'est-ce que la
valeur des plus grands Héros,
comparée à la pieté des verita
bles Chretiens? Il regne ce Roy
glorieux, & toujours attentifà
la reçonnoissance qu'il doit à
celuy dont iltient tout
>
ilsonge
continuellement à faireregner
dansson cœur &danssonRoyaume
,
ce Dieu qui depuis tant d'années répandsursapersonne une
si longue suite de prosperite
N'a-t-ilpasfait taire ces malheureux, qui malgré les lumieres
naturelles de l'ame, affectent
une impietéàlaquelle ilsnesçauroient parvenir? N'a-t-il pas
reprimé cette fureur de blasphême
assèz audacieusepouraller attaquerDieujusque dansson Tros-
m f Ilfaitplus; il s'embrase du
zele de la Maison de Dieu
,
il
n'épargne nysoins ny despense
four augmenter le Royaume du
Seigneur. Son zele traverse les
Mers, (jj* va chercher aux ex-
,tremitez de la Terre
,
desPeuples
ensevelis dans les tenebres de l'Idolatrie. Les premieres diffculte.-<
ne le rebutentpoint; ilsuit avec
constance un dessein
que le Ciel
luy a
inspiré
,
& si nos vœux
font exaucez
,
bien-tostfousses
auspices la foy du njray Dieu
fera triomphante dans les Royaumes de 1'0r1ent. Que diray-je
encore ? Ce Heros Chrestien at-
taque ouvertement ce Party
formidable de l'Heresie
,
qui
avoit fait trembler les Roisses
Predecesseurs.Ilacheve enmoins
d'uneannée, ce
quil/s n>a~
voient osé entreprendre depuis
prés de deux ~fc/,~rle Monstre infernal reduit aux abois
>
rentrepourjamais dans l'abisme,
d'où la malice des Novateurs,
&les mœurs corrompuës de nos
Ayeux l'avoient fait sortir.
Heureuse France,tu neverras plus tes Enfans déchirertes
entrailles.Une mesme Religion
leurfera prendre les mesmes in
teredts j&cejl à Louis -;
Grand que tu es redevable d'un
sigrand bien. Parlonsplusjuste,
c'est à Dieu,& le mesme Djetl
pour asseurernostrebonheur,vient
de nous conserver
ce Prince, &
de le rendre auxprieres ardente s
de toute l'Europe; car, Messieurs,lesfrancois ne font pas
les seuls qui s'interessent à
une
santési précieuse, &si quelques
Princes,jaloux de la gloire du
Roy
,
ont témoigné par de vains
projets de Ligues vouloirprofiter
de l'estatou ils le croyoient
,
leurs
Sujets mesmes
>
& tous les Peuples de l'Europe faisoient des
vœuxsecrets pour
luy
cachant
bien Men
saseulePersonne reside la tranquillitéuniverselleMais ou m'emporte mon
zele?
Apeine placé parmy vous,j'entreprens ce qui feroit trembler les
plus grands Orateurs,& sans
consulter mes forces,j'ose parler
d'un Roy dont il n'estpermis de
parler qu'à ceux3 qui comme
vous, Messieurs, le peuvent
faire d'une manieredigne de luy.
Aprés quelque temps laiïle
aux applaudissemens qui furent donnez à
ce Discours,
Mr deBergeret ,Secretaire du
Cabinet, & premier Commis
deMrdeCroissy,Ministre tk,
Secretaire d'Estat,pritlaparole pour y
répondre, & dit
à M l'Abbé de Choisy
,,
que
l'Academie ne luy pouvoit
donner
une marque plus honorable de l'estime qu'elle
faisoit de luy, qu'en le recevant en la place de Mrle Duc
pe S. Aignan. Dansle Portrait
qu'il fit de ce Duc, il fit voir,
Qu'ilaimoit les belles Lettres de
la mesme passion dont il aimoit
la gloire, & qu'ilavoit pris
tous les soinsnecessaires pour
avoir ce
qu'elles ont de plus utile
&deplusagreable. Il dit qu'il
çflyit bienéloigne de la vaine
erreur de ceux qui s'imaginent
que tout le meriteconsiste dans le
bazard d'estrené d'une ancienne
Maison, & qu'il ne regardoit
l'avantage d'avoirtantd'illustres
Ayeux, que comme une obligation indispensable J,'augmenter
l'éclat de leur nom par un merite
personnel; quese voyantattaché
au service d'un Prince,dont les
vertus beroiques donneront plus
d'employ auxLettres, que n'ont
fait tous les Heros de l'Antiquité,il en avoit pris encore plus
d'affection pourelles
;
qu'il s'estoit acquis une maniere de parler
&d'écrire noble,facile, élegante,
&qu'il avoit fait voir à la
France cette Urbanité Romaine,
qui estoit le caractere des Scipions &des plus illustres Romains. Jepasse beaucoup d'autres louanges qui furent écoutéesavec plaisir
,
& qu'il finit
en disant
>
Quesi M. le Duc de
S.Aignan estoit le Protecteur
d'une celebre Academiepar un
titre particulier
,
on pouvoir
dire encore qu'il l'estoit generalement de tous les
gens de
Lettres par une generosité qui
n'exceptoitpersonne; que lemerite, quelque étranger qu'ilfust,
Çy* de quelque part ~;//7~
Yiir„efloiiseur de trouveren luy
de l'appuy & de la protection;
qu'il recevoit avec des témoin
gnages d'affection tous ceux qui
avoient quelque talent
,
& qu'il
ne leurfaisoitsentirsourang èi;
sa dignité
,
que par les bons offices qu'ilseplaisoità leurrendre
Il parla ensuite de sa mort
chrestienne
,
&, de la confolation qu'il avoit euëen mou- lrant de laïsser après luy un
Fils illustre
,
qui s'estoit toujours dql-ingué' avec honneur &
sans affectation, dans lequel
onavoit toûjours veu decourageavecbeaucoupbeaucoup dedou-
crur, une admirable pureté de
mœurs, une parfaite uniformité
de conduite, de la penetration.
de l'application,de la ruigilancr.)
un cœur confiant pour la vérité
pour la justice, em sur tout
une solide pieté, qui le fait Agir
en secret & aux yeux de Dieu
seul,
comme s'il estoit veu de
tous les hommes. Il ajoûta, que
tantde vertus quiavoientmérité que dans un âge si peu avan~
cé, il eustestéfait Chef du Conseil d s
Finances, jufiifioient
chaque jour un si bon choix,(gjr
fdifoicn^ voir que le Royjufie
dijbenfateurde ses grâces "t'VO::
le don suprême de discernerles
esprits. Aprés cela Mr de Bergeret adressa de nouveau la
paroleàMrl'AbbédeChoi-
\yy&: luy dit, quequelque talent qu'il eust pour l'Eloquence
.J la nouvelle nouvelle obligationqu'il avoit o
bligationqu-'il
a-voit
de consacrerses veilles à lagloire de Louis le Grand, luy seroit
sentir de plus en plus combien il
est difficile de parler dignement
d'unPrince dont la vie est une
suite continuelle de prodiges. Les
Poëtes, poursuivit-il ,se plaignent den'avoir point d'expressionsassez fortes pourrepresenter
lemerveilleuxde sesexploits;
les Historiens au contraire de n'en
avoir point d'assi'{ simples, pour
empescher que tant de merveilles
ne passent pour autant defictions.
Quel art, quelle application,
quelle conduite ne faudra- t-il
point pour conserver la vraysemblance avec la grandeur des
choses qu.i! a
faites?Je
ne parle
point decette valeur étonnante,
qui a
pris comme en courant les
plusfortesVilles du monde, &
devant qui lesArmées les plus
nombreuses ont toujours fuy de
peur de * combattre. Je
ne pense
maintenant qu'à cette glorieuse
paix dont nous joueons., & qui
a tfl; faite dans un temps où l'on
ne voyoit de toutes parts que des
puissancesirritées de nos Viéloires, que des Estats ennemis declarez denosinterests, que des
Princesjaloux de nos avantages,
tous avec des pretentions différentes e- incompatibles. Comment donc parut tout d'un coup
cette Paix si heureuse ? C'est un
miracle de la sagesse de Louis le*
Grand
,
que la Politique neffau..
roit comprendre; & comme luy
seul a
pu la donner à toute 1"Euyope.) luy seul aussi peut la IUJl
conserver.Combien d*a£lion3de
pénétration, de prévoyance pour
faire que tant d'Etats libres, dm
dont les interestssontsi contraires,
demeurent dans les termes
qu'il leur a
prescrits? Il faut
voirégalement
ce qui •riefl plus
&ce quin'est pas encore, comme ce qui est. Il faut avoir un
genied'une force&d'une étenduë extraordinaire
,
que nulle affaire ne change, que nul objet
ne trompe, que nulle difficulté
n'arreste; telenfinqu'estle genie
de Louis le Grand
,
qui est répandu dans toutes les parties de
l'Estat, (fy qui n'yest pointrenfermé,agissant au dehors comme
au dedans avec une forceincon-
cevable. Il est jusque dans les
extrémitez du monde, où l'on a
-veit tant desaintesMissionssoutenues par les secours continuels
de sa puissance & de sa piété.
Il estsurlesFrontières duRoyalime
,
qu'il faitfortifier d'une maniere qui déconcerte ~(7 defj<:entous nos Ennemis. Il efi surles
Ports, ou il fait construire ces
Vaisseaux prodigieuxj qui portent par tout le monde la gloire
du nom François. Il est dans les
calemies de Guerre ~ù de Marine ,où la noble éducation jointe
à la Noblesse du sang,forme des
esprits & des courages également
capables du commandement v
de l'exécution dans les plus grandes entreprises Il est enfin par
tout, quifait que tout est reglé
cemme il doit l'estre.Les Garfiijbns toujours entretenues, les
Magasinstoujours pleins, les
Arsenaux toujours garnis
,
les
Troupes toujoursen baleine, v
aprésles travaux de laGuerre,
maintenant occupées à des Ouvragesmagnifiques, qui font les
fruits de la Paix.C'estainsi
que ce Grand Princeagissanten
mesmetempsde toutes parts,v
faisant des choses qui inspirent
continuellement de la terreur à
Jes Ennemis, de l'amour à Jes
Sujets de l'admiration à tout
le monde
,
il peut malgréleshaines
,
les jalousies, vles défiances, conserver la Paix qu'il a
faite3farce qu'il n'ya pointd'Etat
qui ne voye combien il seroit
dangereux de la vouloir rompre.
Quelques Princes de l'Empire
sembloient en avoir la prnsele)
& commencent à former des
Ligues nouvelles, mais le Roy
toujours également juste vsage,
ne voulant ny surprendre ny
estre surpris
:>
fit dire à l'Empereurj que si dans deux mois du
jourdesa Déclaration il ne rece-
voit de luy des asseurances poJiiives de l'observation de la Treve
,
il prendrait les mesuresqu'il
jugeroit necessaires pour le
bien
deson Efidt. Ses Troupes en même temps volentsur les Frontieres de l'Ailsnugne> (fff l'Empereur luy donne toutes les asseurancesqu'il pourvoit souhaiter.
Ainsil'Europe luy doit une seconde fois le repos & la tranquillité dont elle joüit.D'autre
part l'Espagneavoit fait une
mjujiice à nos
Marchands, (!Ï
les contraignoit de payer une taxeviolente
,
fous pretexte qu
'ils
negocioient dans les Indes contre
les Ordonnances. Le Roy3pour
arrester tout à coup ces commencemens de division
,
a
jugé à propos d'envoyer devant Cadix une
Flote capabledeconquérirtoutes
les Indes. dujfi-tost l'EJpdgne
alarmée, a
proYllÍs de rendre ce
qu'elle avoit pris e~ le Roy qui
s'en est contenté, a paru encore
plusgrand parsa moderationque
parsapuissance; car il est vray
que rienn'est si admirable sur la
Terre, que d'y voir un Prince,
qui pourvant tout ce
qu'il veuty
ne
veüille rien qui ne
soitjuste.
Maisc'est le caractere de Louis
le Grand. C'estlefond de cette
Ame heroiqne
>
où toutes les vertus font pures,sinceres
,
solides,
veritables, cm7ent toutesensemlie3 par une admirable union,
qu'il est non seulement le plus
grand de tous les Rois
,
mais encore
le plusparfait de tous les
Hommes.
Cette réponse fut interrompuëbeaucoup de fois par
des applaudissemens qui firent connoistre combien 1*ACsemblée estoit satisfaite de
l'Eloquence de MrdeBergeret. Il parut par là tres-digne
d'estre à la teile d'une si celebreCompagnie; & tout le
monde convint qu'il ne pouvoit mieux remplir la place
qu'iloccupoit. Mrl'Abbé de
Choisy a
fait connoistre par
un fort bel Ouvrage qu'il a
donné au Public depuissa reception,avec combien de justice il remplit la place qu'on
luy afait ocuper. Cet Ouvrage
est laViede Salomon. Il y
aquelquetemps qu'il fitaussiimprimer celle de David avec une
Paraphrase desPseaumes.Jene
vous dis rien de la beautéde
f- ses Livres. Vous pouvez juger
de quoy il est capable par ce
que vous venez de liredeson
Remerciment à PAcadeniieJ
Ces deuxDiscours ayantesté
prononcez ,
on distribua les
Prix d'Eloquence & dePoësie
& l'on declara que le premieravoir esté remporté par
Mrde Fontenelle,& le second
par Mademoiselle des Houlieres, Fille de l'illustre Ma..
dame desHoulieres,dontvous
avez veu tant de beauxOuvrages. Mrl'Abbé de la 'V'aU1
Secretaire de la Compagnie
en l'absence de Mr l'Abbé
Regnier des Marais, Secretaire perpetuel, leut ces deux
Pieces, dont l'uneestoit sur la
Patience, & l'autre sur l'Eduation de la jeune Noblesse
dans les Compagnies des Genilshommes
3
& dans la Maison de S. Cir, &toutes deux
furent écoutées avec l'artenion qu'elles meritoient. Je
vous en diray davantage une
autre fois. A cette lecture
ucceda celle d'un Discours
qu'avoit apporté M Hebert, le
l'Academie de Soissons,
pour sansfaire * 1à l'obligation
où sont ceux de cette Compagnie
,
suivant les Lettres
Patentes de leur établiffci-nelit,
d'enenvoyeruntous lesans,
en Prose ou en Vers,lejour de
S. Loüis
)
à l'Academie Françoise.On
y remarqua de grandes beautez
,
& M. Hébert
eut place parmy les Académiciens. Le sujet de ce Discours estoit, Que les Peuples
sont toujours heureux,lors qu'ils
sont gouvernez par un Prince,
qui a
dela pieté. Aprés cela,
on leut un Madrigal, à la
gloire de Mademoiselle des
Houliers,sur ce qu'elleavoit
remporté le Prix.M.leClerc
leut aussi quelqnes Ouvrages
dePoësie sur divers fujets>&j
la Scance finit par une
Lettré
en Vers de M. Perrault i,dans
laquelle le Siecle remercioit
le Roy de l'avantage qu'illuy
faisoit remportersur les autres Siec
Fermer
Résumé : Tout ce qui s'est passé à l'Academie Françoise le jour de Saint Loüis. [titre d'après la table]
Le 25 du mois précédent, l'Académie Française a célébré la fête de Saint Louis, roi de France, dans la chapelle du Louvre. La messe, célébrée par l'abbé de la Vau, a été accompagnée d'une musique composée par Mr Oudot. L'abbé Courcier a prononcé un panégyrique de Saint Louis, comparant ses actions à celles de Louis le Grand avec esprit et délicatesse, ce qui a été très apprécié. L'après-midi, l'Académie a tenu une séance publique pour accueillir l'abbé de Choisy à la place du duc de Saint Aignan. L'abbé de Choisy a remercié l'Académie en soulignant son mérite et en évoquant son rôle dans l'ambassade du chevalier de Chaumont à Siam. Il a également rendu hommage au duc de Saint Aignan, louant son soutien aux lettres et son mérite personnel. L'abbé de Choisy a comparé le Cardinal de Richelieu à César et Cicéron, soulignant son rôle dans l'établissement de l'Académie et son influence sur l'esprit français. Mr de Bergeret, secrétaire du Cabinet, a répondu en soulignant les qualités du duc de Saint Aignan, notamment son soutien aux gens de lettres et sa générosité. Il a également parlé de la mort chrétienne du duc et de la continuation de son héritage par son fils. Mr de Bergeret a ensuite adressé un éloge à Louis le Grand, soulignant sa valeur, sa sagesse et sa capacité à maintenir la paix en Europe malgré les tensions. Il a également mentionné les missions saintes soutenues par le roi et les fortifications des frontières du royaume. Le texte décrit les actions et les qualités du roi Louis XIV, présenté comme un grand prince qui maintient la paix en Europe malgré les défis. Il agit avec justice et modération, inspirant admiration et respect. Par exemple, il menace de prendre des mesures contre l'empereur s'il ne respecte pas la trêve, mais accepte les excuses de l'Espagne concernant une injustice faite aux marchands français. Louis XIV est loué pour sa capacité à vouloir uniquement ce qui est juste, ce qui le distingue comme le plus grand et le plus parfait des hommes. Lors de la séance à l'Académie française, Monsieur de Bergerey est acclamé pour son éloquence. L'abbé de Choisy est félicité pour son ouvrage sur la vie de Salomon. Les prix d'éloquence et de poésie sont décernés à Monsieur de Fontenelle et à Mademoiselle des Houlières, respectivement. Un discours de Monsieur Hébert, envoyé par l'Académie de Soissons, est également lu et apprécié. La séance se termine par des lectures de poèmes et une lettre en vers de Monsieur Perrault, remerciant le roi pour les avantages qu'il apporte à son siècle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
32
p. 108-119
ODE Sur le soin que le Roy prend de l'éducation d[e] la Noblesse.
Début :
Depuis que les Prix ont esté donnez, on a sceu que / Toy, par qui les Mortels rendent leurs noms celebres, [...]
Mots clefs :
Éducation, Terreur, Prix de poésie, Roi, Noblesse, Héros, Écoles, Fils, Filles, Portrait, Louis, Bienfaits, Trône, Protecteur des arts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE Sur le soin que le Roy prend de l'éducation d[e] la Noblesse.
donnez, on a
sceu que
les deux Discours qui ont
Concouru sur cette mesme
matiere, estoient, l'un de Mcj l'AbbéRaguenet,& l'autre
de MrdeClervillç. Ils mentent tent l'un &c l'autreJde grandes louanges, ayant écrit
d'une maniérétres-noble, &
faitleportrait delaPatience
Chrestienne avec des traits
vifs qui la font aimer. Le
sujetsque Mrs de l'Academie
avoient donné pour le Prix
de Poësie,estoit l'éducation
de laNoblesse dans lesEcoles des Gentilshommes, &
dans la Maison de S. Cir,
Vous seriez contente de la
,.
--, - -,
-'
mianiere dont Mademoisel
le des Houlieres l'a traité»
quand mesme l'estime que
vous avez pour son nom &
l'interest que vous devez
prendre à tout ce qui fait ]
honneur à vostre Sexe, ne ]
vous engageroient pasà IirCJf
c.et Ouvrage avec plaisir.
ODE
Sur le foin que le Roy prend 4^ l'éducation da la Noblesse. T Oy, par qui les"Mortelsretî*
dent leurs noms célébrés,
Toy, quej'invoque icy pour la pre*
miere fois,
De mon ejprit confus dissipe les ter
nebres,
Etfoutiens ma timide voix,
teprojet queje faiscftbardy ,jâ
l'avoue
,
Il auroit effrayé le Pdfieur de Man.
touë
Etj'en connois tout le danger.
Mais9 Apollon, par toy si je fuk
inspirée
)
MesVerspourront desifens égaler
laduréei
Hasse-toy
,
viens m'snconwer*
»i,tf¿ dujour, tu me dois lesecours
que j'implore3
C'eficeHérossigrand,sicraint dans
irnivers,
te Protecteur des Arts, LOVIS que
l'on adose
,
[Fers.
Jî>ueje veux chanter dans mes
pepuis que chaque jour lufirs du
fein de l'onde,
1y n'as rien veu d'égal dans l'un
& l'autre monde,
Nysidigne dufoindesDieux.
,C'ejl peu pour enparler qu'un lan.
gageordinaire,
,
Etpour le bien louer, ce n-efipojnt
IlJlèZftire
Dés que l'on pourra faire mieux,
#
Ilsçait que triompher des erreurs &
desvices,
Répandre la terreur du Gange aux
flots glacez,
Elever en tous lieux de pompeux
Edifices,
Tour ungrandRoyn'efipas assiz.
Jî>uilfaut pourbien remplir cesi.
1
cre caraftere,
ght'au dessein d'arracherfin Peuple
-
a
la misere,
Cedent tous les autres projets,
Et que,quelque fierté que le Trône
demande,
bllfaut à tous momens quesa bonté
1 le rende
t
Le PeredetousifesSujets.
(1 peine a-t-il calme les troubles de
la Terre,
i
J^ue cefage Héros consulte avec la
Paix,
Les moyens deffacer les horreurs de
la Guerre
Par de mémorables bienfaits.
Il dérobe les cœursdesa jeune Nobkjji
Aux funefiesappas d'une indigne
molejfi
>
Compagne d'un trop long repos.
"France,quelsfoins pour toy prend'
ton au^ufieMaifire !
Ils s'en vont pourjamaisdans to& s
finfairenaifire
Vn nombre injiny de Heros.
Il établitpour eux des EcolesJille
vantes ( les mœurs\ ( Ou l'on régléa la sots le couUge &Î
D'où l'en les fait entrer dans
cesn
Mutes brillantes
G)ui menent aux plus grands
honncttrs.
On leur enseigne l'art de forcer des
murailles,
De bien asseoir un Camp3 de gagner
des batailles,
Etdedéfendre des remparts.
Dignes de commander au sortir de
l'enfance
,
-
ils verront Iii Victoireattachée à U
Erancê
Nefkivre que. fis Etendars?
Tel cet Eflre infinydonï LuFIS *cfil'Image,
Par lesifcrets ?effortsd'un pouvoir
,
atie,
Des dufferënspérils ou la mifire Desgage en-
»
1
SceutdcVvnrfion'Peuple
élu.
Long-tempsdans un Defiertfous de
fidelles Guides
il conduisitsespas vers les Vertus
solides,
Sources des grdndes allions,
Mtquand ileut acquis deparfaites
lumieresy
Il luyfîtfubjuguerdesNations entieres,
Terreur des autres Nations
Hais cyejt peu pour LOVIS d'élever
dansses Places
Les Fils de tantdevieux &sidelies
Guerriers,
.!<!!,i dans les champs de Mars
J
en
rnarchantsurses traces,
Ontfait des moiffins de lauriers,
four
feurs
Filles il montre autant de *
prévoyance
VMSmarne l'afilefiacrej]u'ildonne à l'in*
Contre tout ce qui la détruit;
Htpar les foins pieux d'une illufire
perflnne,
£)ue le Sort oHtrAgea, que la Vertu
couronne,
Vnsi beau dejjeinfut conduit.
Dans unsuperbe enclos ou lAflgeffi
habite,
Ou l'on fuit des rertus le sentier
épineux
,
D'un âge plein d'erreursmonfoiblc
Sexe évite
Les égarements dangereux.
D'enfans infortunez cent Familles
chargées,
Du foin de Uspourvoirse trouvent
fiulagées,
Jpjtelsecourscontreunfortingrat?
Pdr luy ce Héros paye en couronnant
leurspeines-
Lepingdont leurs AJeux ont épuisé
leurs veines
Tour la défense de l'Etat.
.dinfi dans les jardins l'on voit de
jeunes Plantes,
JZfu'on ne peut conserver que par
desfoins divers)
Vivre cf;. croiflre à l'abry des ardeurs
violentes
,
Etde la rigueurdes Hyvers.
far une habile main sans ceJlè cultivées
,
Et d'une eau vive dépure au besoin
abreuvées
,
Ellesflettriflènt dans leur temps:
Tandis qu'a la inercy des fatfons
orageuses
•
, Les autres au milieu des. campagxçs
pierrcùfes
Se flêtriffint dés leurPrintemps.
Mais quel brillant éclairvient de frâperma veuë!
.f<!!.i m'appelle? qu'entensje? &
qtt'efi-cequeje v»y?
Mon cœur efi transportéd'une joye
inconnue
,
,Zteets font ces presages pour
moy ?
Ne m'annoncent-ils point que je
verray la cheute
Des celebresRivaux avec qui je disi
pute
L'honneur de la lice où je cours?
.f<!je de gloire & quel prix! Ji le
Ciel me l'envoyé
>
Le Portrait de LOVIS à mes regards
en proye
Les occupera tousles jours.
sceu que
les deux Discours qui ont
Concouru sur cette mesme
matiere, estoient, l'un de Mcj l'AbbéRaguenet,& l'autre
de MrdeClervillç. Ils mentent tent l'un &c l'autreJde grandes louanges, ayant écrit
d'une maniérétres-noble, &
faitleportrait delaPatience
Chrestienne avec des traits
vifs qui la font aimer. Le
sujetsque Mrs de l'Academie
avoient donné pour le Prix
de Poësie,estoit l'éducation
de laNoblesse dans lesEcoles des Gentilshommes, &
dans la Maison de S. Cir,
Vous seriez contente de la
,.
--, - -,
-'
mianiere dont Mademoisel
le des Houlieres l'a traité»
quand mesme l'estime que
vous avez pour son nom &
l'interest que vous devez
prendre à tout ce qui fait ]
honneur à vostre Sexe, ne ]
vous engageroient pasà IirCJf
c.et Ouvrage avec plaisir.
ODE
Sur le foin que le Roy prend 4^ l'éducation da la Noblesse. T Oy, par qui les"Mortelsretî*
dent leurs noms célébrés,
Toy, quej'invoque icy pour la pre*
miere fois,
De mon ejprit confus dissipe les ter
nebres,
Etfoutiens ma timide voix,
teprojet queje faiscftbardy ,jâ
l'avoue
,
Il auroit effrayé le Pdfieur de Man.
touë
Etj'en connois tout le danger.
Mais9 Apollon, par toy si je fuk
inspirée
)
MesVerspourront desifens égaler
laduréei
Hasse-toy
,
viens m'snconwer*
»i,tf¿ dujour, tu me dois lesecours
que j'implore3
C'eficeHérossigrand,sicraint dans
irnivers,
te Protecteur des Arts, LOVIS que
l'on adose
,
[Fers.
Jî>ueje veux chanter dans mes
pepuis que chaque jour lufirs du
fein de l'onde,
1y n'as rien veu d'égal dans l'un
& l'autre monde,
Nysidigne dufoindesDieux.
,C'ejl peu pour enparler qu'un lan.
gageordinaire,
,
Etpour le bien louer, ce n-efipojnt
IlJlèZftire
Dés que l'on pourra faire mieux,
#
Ilsçait que triompher des erreurs &
desvices,
Répandre la terreur du Gange aux
flots glacez,
Elever en tous lieux de pompeux
Edifices,
Tour ungrandRoyn'efipas assiz.
Jî>uilfaut pourbien remplir cesi.
1
cre caraftere,
ght'au dessein d'arracherfin Peuple
-
a
la misere,
Cedent tous les autres projets,
Et que,quelque fierté que le Trône
demande,
bllfaut à tous momens quesa bonté
1 le rende
t
Le PeredetousifesSujets.
(1 peine a-t-il calme les troubles de
la Terre,
i
J^ue cefage Héros consulte avec la
Paix,
Les moyens deffacer les horreurs de
la Guerre
Par de mémorables bienfaits.
Il dérobe les cœursdesa jeune Nobkjji
Aux funefiesappas d'une indigne
molejfi
>
Compagne d'un trop long repos.
"France,quelsfoins pour toy prend'
ton au^ufieMaifire !
Ils s'en vont pourjamaisdans to& s
finfairenaifire
Vn nombre injiny de Heros.
Il établitpour eux des EcolesJille
vantes ( les mœurs\ ( Ou l'on régléa la sots le couUge &Î
D'où l'en les fait entrer dans
cesn
Mutes brillantes
G)ui menent aux plus grands
honncttrs.
On leur enseigne l'art de forcer des
murailles,
De bien asseoir un Camp3 de gagner
des batailles,
Etdedéfendre des remparts.
Dignes de commander au sortir de
l'enfance
,
-
ils verront Iii Victoireattachée à U
Erancê
Nefkivre que. fis Etendars?
Tel cet Eflre infinydonï LuFIS *cfil'Image,
Par lesifcrets ?effortsd'un pouvoir
,
atie,
Des dufferënspérils ou la mifire Desgage en-
»
1
SceutdcVvnrfion'Peuple
élu.
Long-tempsdans un Defiertfous de
fidelles Guides
il conduisitsespas vers les Vertus
solides,
Sources des grdndes allions,
Mtquand ileut acquis deparfaites
lumieresy
Il luyfîtfubjuguerdesNations entieres,
Terreur des autres Nations
Hais cyejt peu pour LOVIS d'élever
dansses Places
Les Fils de tantdevieux &sidelies
Guerriers,
.!<!!,i dans les champs de Mars
J
en
rnarchantsurses traces,
Ontfait des moiffins de lauriers,
four
feurs
Filles il montre autant de *
prévoyance
VMSmarne l'afilefiacrej]u'ildonne à l'in*
Contre tout ce qui la détruit;
Htpar les foins pieux d'une illufire
perflnne,
£)ue le Sort oHtrAgea, que la Vertu
couronne,
Vnsi beau dejjeinfut conduit.
Dans unsuperbe enclos ou lAflgeffi
habite,
Ou l'on fuit des rertus le sentier
épineux
,
D'un âge plein d'erreursmonfoiblc
Sexe évite
Les égarements dangereux.
D'enfans infortunez cent Familles
chargées,
Du foin de Uspourvoirse trouvent
fiulagées,
Jpjtelsecourscontreunfortingrat?
Pdr luy ce Héros paye en couronnant
leurspeines-
Lepingdont leurs AJeux ont épuisé
leurs veines
Tour la défense de l'Etat.
.dinfi dans les jardins l'on voit de
jeunes Plantes,
JZfu'on ne peut conserver que par
desfoins divers)
Vivre cf;. croiflre à l'abry des ardeurs
violentes
,
Etde la rigueurdes Hyvers.
far une habile main sans ceJlè cultivées
,
Et d'une eau vive dépure au besoin
abreuvées
,
Ellesflettriflènt dans leur temps:
Tandis qu'a la inercy des fatfons
orageuses
•
, Les autres au milieu des. campagxçs
pierrcùfes
Se flêtriffint dés leurPrintemps.
Mais quel brillant éclairvient de frâperma veuë!
.f<!!.i m'appelle? qu'entensje? &
qtt'efi-cequeje v»y?
Mon cœur efi transportéd'une joye
inconnue
,
,Zteets font ces presages pour
moy ?
Ne m'annoncent-ils point que je
verray la cheute
Des celebresRivaux avec qui je disi
pute
L'honneur de la lice où je cours?
.f<!je de gloire & quel prix! Ji le
Ciel me l'envoyé
>
Le Portrait de LOVIS à mes regards
en proye
Les occupera tousles jours.
Fermer
Résumé : ODE Sur le soin que le Roy prend de l'éducation d[e] la Noblesse.
Le texte présente deux discours sur la même matière, l'un de l'Abbé Raguenet et l'autre de Monsieur de Clervillç, tous deux loués pour leur style noble et leur description vivante de la patience chrétienne. Le sujet donné par les membres de l'Académie pour le prix de poésie était l'éducation de la noblesse, tant dans les écoles des gentilshommes que dans la Maison de Saint-Cyr. Une œuvre de Mademoiselle des Houlières sur ce sujet est également mentionnée, appréciée pour sa qualité intrinsèque indépendamment de la réputation de son auteur. Une ode suit, dédiée à l'éducation de la noblesse. L'auteur invoque Apollon pour dissiper ses doutes et inspirer sa voix. Il loue le roi Louis, protecteur des arts, et chante les bienfaits de son règne. Le roi est décrit comme un héros qui arrache son peuple à la misère, consulte avec la paix pour effacer les horreurs de la guerre, et établit des écoles illustres pour former la jeunesse noble. Ces écoles enseignent l'art de la guerre et préparent les jeunes nobles à commander et à défendre la France. Le roi est également loué pour sa prévoyance envers les filles, les protégeant des dangers et les conduisant vers la vertu. Le texte compare l'éducation des jeunes plantes dans un enclos protégé à celle des jeunes nobles formés par le roi. Enfin, l'auteur exprime sa joie à la vue du portrait du roi, qui occupera tous ses regards.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
33
p. 101-108
SUR LA MORT De Mr le Duc de Montausier. Idille
Début :
Cependant pour ne vous pas priver du plaisir de voir / Sur le bord d'un ruisseau paisible [...]
Mots clefs :
Muses, Duc de Montausier, Gloire, Vertus, Héros, Protecteur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA MORT De Mr le Duc de Montausier. Idille
Cependant
pour ne vous pas priver du
plaifir de voir ce qui s'eft
fait à la gloire de ce Duc,
dont les grandes qualitez ont
fait tant de bruit dans tout
le Royaume , je vous envoye un Ouvrage de Madame
des Houlieres , fur le malheur arrivé aux Mufes , qui
en le perdant , ont perdu leur
Protecteur.
i
I iij
102 MERCURE
T
§ 2552225222255SSS
SUR LA MORT
De Mile Duc de Montaufier.
I DILLE
Ur le bord d'un ruiſſeau paiSo
Sible
Olimpe fe livroit à de vives douleurs ,
Et malgré fes autres malheurs
Au fort de Montaufier attèntive &
fenfible ,
Difoit en répandant des pleurs :
Qu'allez- vous devenir , belles Infortunées,
Mufes, qu'il protegea dés fes jeunes
années ?
GALANT. 103
Qu'allez- vous devenir , Heroïques
Vertus ,
Vous qui tremblantes , éplorées,
Aprés vos Temples abbatus ,
Chez luy vous eftiez retirées ?
Lestitresprécieux dontfurent revêtus
Ces Grecs & ces Romains , ornemens
de l'Hiftoire ,
Sont dûs à ce Heres d'immortelle
memoire ,
Quipar des fentiers peu battus.
Marcha d'un pas égal vers lafolide
gloire.
2
Mufes , Vertus , helas ! qui fera voftre appuy?
Et qui regardera comme d'affreux
Spectacles
Voftre mifere & voftre ennuy ?
Qui vous écoutera ? Qui voudra
comme luy
I iiij
104 MERCURE
Vous conduire à travers d'innom
brables obftacles
Au grand Roy qui regne aujourd'buy ?
Ah , qu'une telle perte ouvre de
precipices !
Qu'elle va vous livrer à d'injuftes
caprices !
Que de dédains, que de dégoufts ?
Mafes , Vertus , helas ! l'Ignorance
ules Vices
Peut-etre par fa mort triompheront
de vous.
2
Injustice de la Nature !
Les arbres dont l'ombrage embellit
ces cofteaux ,
Ne craignent point des ans l'irreparable injure ;
Leur vieilleffe ne fert qu'à les rendre
plus beaux.
GALANT. 105
Aprés avoir d'un fiecle achevé la
mesure ,
Ils paffent bien avant dans des fiecles nouveaux.
Où voit-on quelque homme qui
dure
Autant que les fapins , les chefnes,
les ormeaux ?
S
Mais pourquoy m'amufer dans ma
douleur mortelle
Afaire à la nature une vaine querelle ?
Arbres qui vivezplus que nous
Foüiffez d'un deftin fi doux ;
Faybien d'autresfujets de murmurercontr'elle.
Puis-je voirfans blâmer des ordres
fi cruels ,
Qu'un de ces indignes Mortels
Queue dansfa pareffe elle forme
106 MERCURE
De ce qu'elle a de plus mauvais,
Plus tard qne Montaufier s'en.
dorme
De ce fatal fommeil qui ne finit
jamais ?
Un excés de douleur & de delica.
teffe
Porte ma colere plus loin.
Tout homme , quel qu'il foit , dont
elle a pris le foin
De conduire la vie à l'extrême vieilleffe ,
Quand il s'offre à mes yeux les
bleffe.
Non , je nefçaurois plus fouffrir
Que delafin d'un fiecle icy quel
qu'un approche,
Sans luy faire un fecret reproche
Du long-temps qu'il eft à mourir.
S
GALANT. 107
Vous , qu'avec une ardeur fincere
F'invoquois pourfauver une Teftefi chere ,
Dieux , quelquefois ingrats &
Sourds!
Seize luftres entiers ne firent pas le
Cours
D'une vie également belle,
Et qui devoit durer toujours
Sile merite eftoit un affeuré fecours
Contre une loy dure & cruelle.
Vous ne vouliez pas que fon cœur
Euft le plaifir de voir ce Prince dont
l'enfance
Fut confiée àfa prudence ,
Unefeconde fois Vainqueur
Des fieres Nations que l'Envie &
[Erreur
Ofent armer contre la France.
Vous eftes fatisfaits Satisfaits . Les barbares
efforts
108 MERCURE
De la Déeffe qui delie
Les invifibles nauds qui joignent
l'ame au corps,
Ont fait quefurles fombres bords
Montaufier a rejointfa divineJulie.
Tous deuxmalgré cette Eau qui fait
que tout s'oublie,
Sentent encor de doux tranſports ;
Et tous deux fontfuivis de as illuftres Morts ,
Quidans unefaifon aux Muſes plus
propice ,
Firent de leurs charmans accords
Retentirfi longtemps le Palais d'Artenice,
Tandis que des grands noms du Heros que je plains
Auxfiecles à venir on transmet la memoire ,
Etque les plus fçavantes mains
Elevent à l'envi des Temples à fa
gloire
pour ne vous pas priver du
plaifir de voir ce qui s'eft
fait à la gloire de ce Duc,
dont les grandes qualitez ont
fait tant de bruit dans tout
le Royaume , je vous envoye un Ouvrage de Madame
des Houlieres , fur le malheur arrivé aux Mufes , qui
en le perdant , ont perdu leur
Protecteur.
i
I iij
102 MERCURE
T
§ 2552225222255SSS
SUR LA MORT
De Mile Duc de Montaufier.
I DILLE
Ur le bord d'un ruiſſeau paiSo
Sible
Olimpe fe livroit à de vives douleurs ,
Et malgré fes autres malheurs
Au fort de Montaufier attèntive &
fenfible ,
Difoit en répandant des pleurs :
Qu'allez- vous devenir , belles Infortunées,
Mufes, qu'il protegea dés fes jeunes
années ?
GALANT. 103
Qu'allez- vous devenir , Heroïques
Vertus ,
Vous qui tremblantes , éplorées,
Aprés vos Temples abbatus ,
Chez luy vous eftiez retirées ?
Lestitresprécieux dontfurent revêtus
Ces Grecs & ces Romains , ornemens
de l'Hiftoire ,
Sont dûs à ce Heres d'immortelle
memoire ,
Quipar des fentiers peu battus.
Marcha d'un pas égal vers lafolide
gloire.
2
Mufes , Vertus , helas ! qui fera voftre appuy?
Et qui regardera comme d'affreux
Spectacles
Voftre mifere & voftre ennuy ?
Qui vous écoutera ? Qui voudra
comme luy
I iiij
104 MERCURE
Vous conduire à travers d'innom
brables obftacles
Au grand Roy qui regne aujourd'buy ?
Ah , qu'une telle perte ouvre de
precipices !
Qu'elle va vous livrer à d'injuftes
caprices !
Que de dédains, que de dégoufts ?
Mafes , Vertus , helas ! l'Ignorance
ules Vices
Peut-etre par fa mort triompheront
de vous.
2
Injustice de la Nature !
Les arbres dont l'ombrage embellit
ces cofteaux ,
Ne craignent point des ans l'irreparable injure ;
Leur vieilleffe ne fert qu'à les rendre
plus beaux.
GALANT. 105
Aprés avoir d'un fiecle achevé la
mesure ,
Ils paffent bien avant dans des fiecles nouveaux.
Où voit-on quelque homme qui
dure
Autant que les fapins , les chefnes,
les ormeaux ?
S
Mais pourquoy m'amufer dans ma
douleur mortelle
Afaire à la nature une vaine querelle ?
Arbres qui vivezplus que nous
Foüiffez d'un deftin fi doux ;
Faybien d'autresfujets de murmurercontr'elle.
Puis-je voirfans blâmer des ordres
fi cruels ,
Qu'un de ces indignes Mortels
Queue dansfa pareffe elle forme
106 MERCURE
De ce qu'elle a de plus mauvais,
Plus tard qne Montaufier s'en.
dorme
De ce fatal fommeil qui ne finit
jamais ?
Un excés de douleur & de delica.
teffe
Porte ma colere plus loin.
Tout homme , quel qu'il foit , dont
elle a pris le foin
De conduire la vie à l'extrême vieilleffe ,
Quand il s'offre à mes yeux les
bleffe.
Non , je nefçaurois plus fouffrir
Que delafin d'un fiecle icy quel
qu'un approche,
Sans luy faire un fecret reproche
Du long-temps qu'il eft à mourir.
S
GALANT. 107
Vous , qu'avec une ardeur fincere
F'invoquois pourfauver une Teftefi chere ,
Dieux , quelquefois ingrats &
Sourds!
Seize luftres entiers ne firent pas le
Cours
D'une vie également belle,
Et qui devoit durer toujours
Sile merite eftoit un affeuré fecours
Contre une loy dure & cruelle.
Vous ne vouliez pas que fon cœur
Euft le plaifir de voir ce Prince dont
l'enfance
Fut confiée àfa prudence ,
Unefeconde fois Vainqueur
Des fieres Nations que l'Envie &
[Erreur
Ofent armer contre la France.
Vous eftes fatisfaits Satisfaits . Les barbares
efforts
108 MERCURE
De la Déeffe qui delie
Les invifibles nauds qui joignent
l'ame au corps,
Ont fait quefurles fombres bords
Montaufier a rejointfa divineJulie.
Tous deuxmalgré cette Eau qui fait
que tout s'oublie,
Sentent encor de doux tranſports ;
Et tous deux fontfuivis de as illuftres Morts ,
Quidans unefaifon aux Muſes plus
propice ,
Firent de leurs charmans accords
Retentirfi longtemps le Palais d'Artenice,
Tandis que des grands noms du Heros que je plains
Auxfiecles à venir on transmet la memoire ,
Etque les plus fçavantes mains
Elevent à l'envi des Temples à fa
gloire
Fermer
Résumé : SUR LA MORT De Mr le Duc de Montausier. Idille
Le texte est un poème funèbre sur la mort du duc de Montausier. Il commence par une lettre de Madame des Houlières, qui évoque le malheur des Muses ayant perdu leur protecteur. Le poème exprime la douleur d'Olimpe face à cette perte, soulignant le rôle du duc comme protecteur des Muses et des vertus héroïques. Il déplore l'avenir incertain des Muses et des vertus sans son appui. Le texte critique l'injustice de la nature, qui permet aux arbres de vivre plus longtemps que les hommes. Il exprime une colère face à la mort prématurée du duc, comparée à celle des hommes indignes qui vivent plus longtemps. Le poème s'adresse ensuite aux dieux, reprochant leur ingratitude et leur refus de prolonger la vie du duc, malgré ses mérites et ses victoires. Il conclut en évoquant la réunion du duc avec sa divine Julie dans l'au-delà et la mémoire durable de ses exploits.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
34
p. 158-164
Lettre à Madame Deshoullieres. [titre d'après la table]
Début :
Rien n'est si commun que les Vers, rien n'est si rare / Permettez-moy Madame, de vous dire, que je suis [...]
Mots clefs :
Héros, Idées brillantes, Madame, Admiration
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre à Madame Deshoullieres. [titre d'après la table]
Rien n'eft fi.commun que
les Vers , & rien n'eft fi rare
que d'en trouver de bons.
Parmy unc infinité de per-
GALANT. 159
į
fonnes qui font leur plaifir
de cette occupation , à peine
en voit - on cinq ou fix qui fe
diftinguent. Si j'ofe mefler
mon fentiment avec celuy
de plufieurs perfonnes , du
jugement defquelles on ne
fçauroit appeller, M' de Senecé , premier Valet de Chambre de la feuë Reine , doit
eſtre mis de ce nombre. Vous
en jugerez par l'Idille de fa
façon que je vous envoye.
Le fujet qu'il a pris eft fort
fterile , de forte qu'il a eu be
foin de beaucoup d'invention , qui eft une des prin-
160 MERCURE 1
cipales parties de la Poëfie.
Ses pensées font belles`, bien
foutenues , & noblement exprimées , & fes Vers ont un
tour aifé qui fait plaifir. Il
feroit à fouhaiter qu'il en
vouluftfaire fouvent, Il eſt à
Mafcon, d'où il a envoyé fon
Idille à Madame Deshoulieres , en luy écrivant ce
que vous allez lire. Je croy
que vous ne ferez pas fachée
de voir comment parle en
Profe un homme qui fait
paroiftre tant d'efprit enVers.
GALANT. 161
I
A Mafcon. 16. Nov. 1690
Ermettez-moy , Madame,
de vous dire , que je fuis
de l'hameur de ces Héros de Comedie , qui dans les plus grandes
adverfitez, confervent toujours la
fierté de leur rang, &la fermeté
de leur courage. Cela veut dire,
que tout exilé que je fuis du
Royaume de l'efprit, & du bon
fens , je me fouviens toujours
que j'ay eu l'honneur d'estre
connu de vous, & d'avoir quelque part en voftre estime. C'est
un avantage que je ne puis jamais oublier ; mais , Madame,
Novembre 1690. O
162 MERCURE
comme vous n'avezpas les mef
mes raisons de penser à moy, je
ne puis refifter à la tentation de
vous en rappeller le fouvenir. Il
eft trop doux , il est trop glorieux,
pour pouvoir le negliger , de tenir
quelque place dans vostre esprit,
dans vostre memoire , parmy
ces idées brillantes,&fpirituelles,
quir font les delices & l'admiration de tout ce qui parle
François , je veux dire , de la
plus polie , de la plus nombreufe partie de la terre . Les .
agréables épanchemens de vostre
beureux genie , viennent fouwent jufqu'à nous de plufieurs
·
GALANT. 163
façons. Je vous avouë neantmoins que tout charméque j'en
fuis , je le ferois encore davantage, s'il en venoit quelque
chofe en droiture de vous à moy.
Je vous fuplie , Madame , d'ouvrir en ma faveur les Trefors
de voftre Cabinet, & de croire
que je conferve encore affez de
goust, pour faire d'un pareil
prefent , fi vous avez la bonté
de m'en enrichir , tout le cas
qu'il meritera. Pour exciter votre liberalité par la mienne , je
vous envoye un Idille de ma
façon, femblable en cela au Roy.
de Perfe , quifelon le recit des
O ij
164 MERCURË
Voyageurs envoye ordinairement aux Gouverneurs de fes
Provinces , quand ilsfe font
enrichis , quelque méchante vefte
des Indes, pour tirer de leur reConnoiſſance un prefent de deux.
ou trois mille Tomans. Au fond,
dans un pareil échange, qui
pourroit jamais vous fournir une
juste compenfation ? En tout cas,
quelque party que vous prenieZ,
j'auray toujours obtenu une partie de ce quejefouhaite,puifque je
vous auray fait reffouvenir que
je fuis , Madame, avec beaucoup
d'admiration de reſpects
Voftre tres, &c.
les Vers , & rien n'eft fi rare
que d'en trouver de bons.
Parmy unc infinité de per-
GALANT. 159
į
fonnes qui font leur plaifir
de cette occupation , à peine
en voit - on cinq ou fix qui fe
diftinguent. Si j'ofe mefler
mon fentiment avec celuy
de plufieurs perfonnes , du
jugement defquelles on ne
fçauroit appeller, M' de Senecé , premier Valet de Chambre de la feuë Reine , doit
eſtre mis de ce nombre. Vous
en jugerez par l'Idille de fa
façon que je vous envoye.
Le fujet qu'il a pris eft fort
fterile , de forte qu'il a eu be
foin de beaucoup d'invention , qui eft une des prin-
160 MERCURE 1
cipales parties de la Poëfie.
Ses pensées font belles`, bien
foutenues , & noblement exprimées , & fes Vers ont un
tour aifé qui fait plaifir. Il
feroit à fouhaiter qu'il en
vouluftfaire fouvent, Il eſt à
Mafcon, d'où il a envoyé fon
Idille à Madame Deshoulieres , en luy écrivant ce
que vous allez lire. Je croy
que vous ne ferez pas fachée
de voir comment parle en
Profe un homme qui fait
paroiftre tant d'efprit enVers.
GALANT. 161
I
A Mafcon. 16. Nov. 1690
Ermettez-moy , Madame,
de vous dire , que je fuis
de l'hameur de ces Héros de Comedie , qui dans les plus grandes
adverfitez, confervent toujours la
fierté de leur rang, &la fermeté
de leur courage. Cela veut dire,
que tout exilé que je fuis du
Royaume de l'efprit, & du bon
fens , je me fouviens toujours
que j'ay eu l'honneur d'estre
connu de vous, & d'avoir quelque part en voftre estime. C'est
un avantage que je ne puis jamais oublier ; mais , Madame,
Novembre 1690. O
162 MERCURE
comme vous n'avezpas les mef
mes raisons de penser à moy, je
ne puis refifter à la tentation de
vous en rappeller le fouvenir. Il
eft trop doux , il est trop glorieux,
pour pouvoir le negliger , de tenir
quelque place dans vostre esprit,
dans vostre memoire , parmy
ces idées brillantes,&fpirituelles,
quir font les delices & l'admiration de tout ce qui parle
François , je veux dire , de la
plus polie , de la plus nombreufe partie de la terre . Les .
agréables épanchemens de vostre
beureux genie , viennent fouwent jufqu'à nous de plufieurs
·
GALANT. 163
façons. Je vous avouë neantmoins que tout charméque j'en
fuis , je le ferois encore davantage, s'il en venoit quelque
chofe en droiture de vous à moy.
Je vous fuplie , Madame , d'ouvrir en ma faveur les Trefors
de voftre Cabinet, & de croire
que je conferve encore affez de
goust, pour faire d'un pareil
prefent , fi vous avez la bonté
de m'en enrichir , tout le cas
qu'il meritera. Pour exciter votre liberalité par la mienne , je
vous envoye un Idille de ma
façon, femblable en cela au Roy.
de Perfe , quifelon le recit des
O ij
164 MERCURË
Voyageurs envoye ordinairement aux Gouverneurs de fes
Provinces , quand ilsfe font
enrichis , quelque méchante vefte
des Indes, pour tirer de leur reConnoiſſance un prefent de deux.
ou trois mille Tomans. Au fond,
dans un pareil échange, qui
pourroit jamais vous fournir une
juste compenfation ? En tout cas,
quelque party que vous prenieZ,
j'auray toujours obtenu une partie de ce quejefouhaite,puifque je
vous auray fait reffouvenir que
je fuis , Madame, avec beaucoup
d'admiration de reſpects
Voftre tres, &c.
Fermer
Résumé : Lettre à Madame Deshoullieres. [titre d'après la table]
Le texte souligne la rareté des bons poètes parmi les nombreux auteurs. Il met en lumière M. de Sencé, premier valet de chambre de la reine défunte, comme un exemple de poète talentueux. Son idylle est appréciée pour son inventivité, ses pensées bien formulées et ses vers agréables. L'auteur espère que M. de Sencé écrira plus fréquemment. Une lettre de M. de Sencé à Madame Deshoulières, datée du 16 novembre 1690, est également mentionnée. Dans cette lettre, M. de Sencé compare sa situation à celle des héros de comédie conservant leur dignité malgré les adversités. Il exprime son honneur d'être connu et estimé par Madame Deshoulières et son désir de recevoir des nouvelles directes d'elle. Il lui envoie une idylle de sa composition, espérant en retour un présent littéraire de sa part. La lettre se conclut par des marques de respect et d'admiration.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
35
p. 25-35
EPITRE DE MADAME DES HOULIERES, A LA GOUTTE.
Début :
L'Illustre Madame des Houlieres qui ne suit jamais / Fille des plaisirs, triste Goutte, [...]
Mots clefs :
Goutte, Santé, Louis, Guerriers, Héros, Camp de Namur, Ennemis, Plaisir, Victorieux, Espérance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE DE MADAME DES HOULIERES, A LA GOUTTE.
L'Illuftre Madame
S
des
Houlieres qui ne fuit jamais
la route commune & qui
donne toujours fujet d'admirer le furprenant & rare talent qu'elle a pour les Vers,
a trouvé un tour ingenieux
pour peindre les alarmes que
nous caufe l'intrepidité qui
porte le Roy à méprifer le
peril. Vous en conviendrez
quand vous aurez leu l'Ouvrage qui fuit.
Aoust 1692.
26 MERCURE
222252555222 22252
E PITRE
DE MADAME
DES HOULIERES,
A LA GOUTTE.
FIlle des plaifirs , trifte Goutte,
Qu'ondit que la Richeſſe accompagne
toujours,
Vous que jamais on ne redoute
Quandfous un toit ruftiqueon voit
couler fesjours ;
Je ne viens pas icy pleine d'impa- tience ,
Effayerpar des vœux d'ordinaire impuiffans,
GALANT. 27
D'adoucir voftre violence.
Goutte, le croirez- vous ? C'est par
reconnoiffance
Queje vous offre de l'encens
2
De cette nouveauté vous paroissez
charmée.
Faite pour n'infpirer que de durs
fentimens,
A de tendres remercimens .
Vous n'eftespas accoutumée.
Commencez à goûter cequ'ils ont de
douceurs.
Qu'on vous rende par tout defu
prêmes honneurs;
Qu'en bronze, qu'en marbre on
vous voye
Triomphante de la Santé
Rétablir dans nos cœurs le repos
la
joye.
شیخ
Acombien deperils LOVIS feroit em
(proye
Cij
28 MERCURE
Si vous n'aviez pas mis fesjours en
feureté !
2
Toutce qu'affrontoitfon courage
Enforçant deNamur les orgueilleux
Rampars ,
Peignoit l'effroy fur le vifage
Desgenereux Guerriers dont ce Heros
partage
Les penibles travaux , les glorieux
hazards.
Dans la crainte de luy déplaire
On n'ofoit condamnerfon ardeur témeraire,
Bien qu'elle puft nous mettre au comble du malheur.
Aforce de refpect on devenoit coupable.
Vous feule, Goutte fecourable,
Avez ofé donner un frein à favaleur.
GALANT. 29
2
Helas ! qui l'auroit dit , à voir
couler nos larmes
Dans ce temps que la paix confacroit
au repos ,
Où de vivesdouleurs attaquoient ce
Heros ,
Quefes maux quelque jourauroient'
pour nous des charmes?
Mais quel bruit quelle voix fe répard
dans les airs?
Quoy done , Meffagere inviſible
De tout ce qui fe fait dans ce vafte
Univers,
Auprés du grand Roy que tu fers
On voit couler le fang ! Evenement
terrible !
Quelle idée offrez- vous à mon cœur
agité?
Sur l'excés de valeur &d'intrepidité,
Plufieurs perfonnes bleffées auprés du Roy.
Cij
30 MERCURE
Ce Heros fera-t-il toujours incorrigi
ble?
28
Vousn'avez pas affez duré,
Goutte , dont j'eftois fi contente,,
Vous trompez ma plus douce attente ,
Vous en quij'efperois , &quej'avois
juré
De celebrer un jour par quelquegrandefefte ( Tefte ,
Si pour nous conferver une fi chere
Dansle Campde Namur vous aviez
mesuré
Vostre durée à fa conquefte.
S
Ab! que ne laiffe-t-il à son augufte
Fils
Dompterde mortels Ennemis
Fameuxpar leur rang, par leur.
nombre
GALANT. 31
Mais qu'à fuivre fon char le Ciel a
condamnez!
Qu'ilne nous quitte plus , qu'ilje
repose à l'ombre
Des Lauriers qu'il a moiffonnez.
N'eft-ilpoint las de wainore ? & ne
doit- il pas croire
Quefon nompour durertoujours
N'a plus affaire dufecours
De quelque nouvelle Victoire ?
Ces Grecs & ces Romains fi vantez
dans l'Hiftoire
Ont fauvé leurs noms du trépas
Par des faits moins brillans , moins
dignes de memoire.
Affreuse avidité degloire !
La fienne efface tout, & ne luyfuffit
pas.
S
De tant de Nations la chere & vaine
Idole
Cilj
32 MERCURE
Naffau , par plus d'un crime en Mo
narque érigé,
Dés qu'il fçait Namur affiegés
Fremit , raffemble tout, & vers la
Sambre vole ,
A voir fi prés de nous floter fes Etendars..
A quelque noble effort qui n'auroit
du s'attendre?
Mais toutfçavant qu'il eft dans le
Métier de Mars ,
Ilfemble n'eftre enfin venu que pour
apprendre
Le grand Art de forcer une Place à
Se rendresses
E1 pour fes Alliez toujours remply
d'égards ,
Lancerfur noftre Camp de menaçans.
regards ,
Eft tout ce qu'il ofe entreprendre.
GALANT.
33
2
Tout ce qui justifie &nourrit les terreurs ,
་
L'Art , la Nature, cent mille hommes ,
Et ce que l'byver a d'horreurs ;
Malgré lafaifon où nous fommess
Auront vainement entrepris
De rendre Namur imprenable,
Quand Louis l'attaque, il eftpris,
Etces amas de Rois que fa puiſſance
accable ,
Eft la Montagne de la Fable,
Quide l'attention fait passer au mépris.
2
Non, je ne mefuis point trompée,
Je voy courirle Peuple , & je lis dans
fesyeux
Que LOVIS eft victorieux.
Macrainte pourfa vie est enfindiffi
pée,
34 MERCURE
Etje n'afpire plus qu'à revoir dans
ces lieux
Ce Heros dont mon ame est toujours
occupée.
Goutte , qu'on vit trop toft finir ,
Et dontje viens d'avoir l'audace de
me plaindre
Puis que pour ce Vainqueur on n'a
plus rien à craindre,
Gardez-vous bien de revenir.
2.
Ne le dérobez point à noftre impatience.
Lors qu'il eft éloigné de nous
Tout est enfevely dans un morne fi- lence ,
Et le foible plaifir que donne l'efpe
rance,
Eft le feul plaifir qnifoit doux.
Mais , Goutte, s'il eft vray ce qu'on
nous ditfans ceffe ,
GALANT: 35
Que jusqu'à l'extrême vieillefe
Fous conduisez les jours lors que
vous ne venez
Qu'aprésqu'on apaßéhuitLuftres,
Pour des jours précieux , &toujours´
fortunez
Fours quifont tous marquezpar quelquesfaits illuftres ,
Quelle esperance vous donnez !
S
des
Houlieres qui ne fuit jamais
la route commune & qui
donne toujours fujet d'admirer le furprenant & rare talent qu'elle a pour les Vers,
a trouvé un tour ingenieux
pour peindre les alarmes que
nous caufe l'intrepidité qui
porte le Roy à méprifer le
peril. Vous en conviendrez
quand vous aurez leu l'Ouvrage qui fuit.
Aoust 1692.
26 MERCURE
222252555222 22252
E PITRE
DE MADAME
DES HOULIERES,
A LA GOUTTE.
FIlle des plaifirs , trifte Goutte,
Qu'ondit que la Richeſſe accompagne
toujours,
Vous que jamais on ne redoute
Quandfous un toit ruftiqueon voit
couler fesjours ;
Je ne viens pas icy pleine d'impa- tience ,
Effayerpar des vœux d'ordinaire impuiffans,
GALANT. 27
D'adoucir voftre violence.
Goutte, le croirez- vous ? C'est par
reconnoiffance
Queje vous offre de l'encens
2
De cette nouveauté vous paroissez
charmée.
Faite pour n'infpirer que de durs
fentimens,
A de tendres remercimens .
Vous n'eftespas accoutumée.
Commencez à goûter cequ'ils ont de
douceurs.
Qu'on vous rende par tout defu
prêmes honneurs;
Qu'en bronze, qu'en marbre on
vous voye
Triomphante de la Santé
Rétablir dans nos cœurs le repos
la
joye.
شیخ
Acombien deperils LOVIS feroit em
(proye
Cij
28 MERCURE
Si vous n'aviez pas mis fesjours en
feureté !
2
Toutce qu'affrontoitfon courage
Enforçant deNamur les orgueilleux
Rampars ,
Peignoit l'effroy fur le vifage
Desgenereux Guerriers dont ce Heros
partage
Les penibles travaux , les glorieux
hazards.
Dans la crainte de luy déplaire
On n'ofoit condamnerfon ardeur témeraire,
Bien qu'elle puft nous mettre au comble du malheur.
Aforce de refpect on devenoit coupable.
Vous feule, Goutte fecourable,
Avez ofé donner un frein à favaleur.
GALANT. 29
2
Helas ! qui l'auroit dit , à voir
couler nos larmes
Dans ce temps que la paix confacroit
au repos ,
Où de vivesdouleurs attaquoient ce
Heros ,
Quefes maux quelque jourauroient'
pour nous des charmes?
Mais quel bruit quelle voix fe répard
dans les airs?
Quoy done , Meffagere inviſible
De tout ce qui fe fait dans ce vafte
Univers,
Auprés du grand Roy que tu fers
On voit couler le fang ! Evenement
terrible !
Quelle idée offrez- vous à mon cœur
agité?
Sur l'excés de valeur &d'intrepidité,
Plufieurs perfonnes bleffées auprés du Roy.
Cij
30 MERCURE
Ce Heros fera-t-il toujours incorrigi
ble?
28
Vousn'avez pas affez duré,
Goutte , dont j'eftois fi contente,,
Vous trompez ma plus douce attente ,
Vous en quij'efperois , &quej'avois
juré
De celebrer un jour par quelquegrandefefte ( Tefte ,
Si pour nous conferver une fi chere
Dansle Campde Namur vous aviez
mesuré
Vostre durée à fa conquefte.
S
Ab! que ne laiffe-t-il à son augufte
Fils
Dompterde mortels Ennemis
Fameuxpar leur rang, par leur.
nombre
GALANT. 31
Mais qu'à fuivre fon char le Ciel a
condamnez!
Qu'ilne nous quitte plus , qu'ilje
repose à l'ombre
Des Lauriers qu'il a moiffonnez.
N'eft-ilpoint las de wainore ? & ne
doit- il pas croire
Quefon nompour durertoujours
N'a plus affaire dufecours
De quelque nouvelle Victoire ?
Ces Grecs & ces Romains fi vantez
dans l'Hiftoire
Ont fauvé leurs noms du trépas
Par des faits moins brillans , moins
dignes de memoire.
Affreuse avidité degloire !
La fienne efface tout, & ne luyfuffit
pas.
S
De tant de Nations la chere & vaine
Idole
Cilj
32 MERCURE
Naffau , par plus d'un crime en Mo
narque érigé,
Dés qu'il fçait Namur affiegés
Fremit , raffemble tout, & vers la
Sambre vole ,
A voir fi prés de nous floter fes Etendars..
A quelque noble effort qui n'auroit
du s'attendre?
Mais toutfçavant qu'il eft dans le
Métier de Mars ,
Ilfemble n'eftre enfin venu que pour
apprendre
Le grand Art de forcer une Place à
Se rendresses
E1 pour fes Alliez toujours remply
d'égards ,
Lancerfur noftre Camp de menaçans.
regards ,
Eft tout ce qu'il ofe entreprendre.
GALANT.
33
2
Tout ce qui justifie &nourrit les terreurs ,
་
L'Art , la Nature, cent mille hommes ,
Et ce que l'byver a d'horreurs ;
Malgré lafaifon où nous fommess
Auront vainement entrepris
De rendre Namur imprenable,
Quand Louis l'attaque, il eftpris,
Etces amas de Rois que fa puiſſance
accable ,
Eft la Montagne de la Fable,
Quide l'attention fait passer au mépris.
2
Non, je ne mefuis point trompée,
Je voy courirle Peuple , & je lis dans
fesyeux
Que LOVIS eft victorieux.
Macrainte pourfa vie est enfindiffi
pée,
34 MERCURE
Etje n'afpire plus qu'à revoir dans
ces lieux
Ce Heros dont mon ame est toujours
occupée.
Goutte , qu'on vit trop toft finir ,
Et dontje viens d'avoir l'audace de
me plaindre
Puis que pour ce Vainqueur on n'a
plus rien à craindre,
Gardez-vous bien de revenir.
2.
Ne le dérobez point à noftre impatience.
Lors qu'il eft éloigné de nous
Tout est enfevely dans un morne fi- lence ,
Et le foible plaifir que donne l'efpe
rance,
Eft le feul plaifir qnifoit doux.
Mais , Goutte, s'il eft vray ce qu'on
nous ditfans ceffe ,
GALANT: 35
Que jusqu'à l'extrême vieillefe
Fous conduisez les jours lors que
vous ne venez
Qu'aprésqu'on apaßéhuitLuftres,
Pour des jours précieux , &toujours´
fortunez
Fours quifont tous marquezpar quelquesfaits illuftres ,
Quelle esperance vous donnez !
Fermer
Résumé : EPITRE DE MADAME DES HOULIERES, A LA GOUTTE.
Le poème est dédié à Madame des Houlières et célèbre son talent poétique ainsi que son courage face aux dangers auxquels le roi Louis XIV est confronté. Il commence par louer Madame des Houlières pour son génie et sa bravoure, soulignant les périls que le roi affronte, notamment lors du siège de Namur. Le texte exprime une admiration profonde pour l'intrépidité du roi malgré les risques qu'il encourt. Le poème aborde également la maladie du roi, la 'Goutte', et exprime le souhait qu'elle ne revienne pas afin de permettre au roi de poursuivre ses exploits militaires. La 'Goutte' est personnifiée et implorée de ne pas revenir, afin que le roi puisse rester en bonne santé et continuer à triompher sur le champ de bataille. Le texte se termine par une expression d'espoir que la 'Goutte' ne revienne jamais, permettant ainsi au roi de rester victorieux et d'inspirer admiration et respect.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
36
p. 175-216
Eloge Funebre de feuë S. A. S. Monsieur le Prince, prononcé à Bourges, avec un appareil qui sert à faire voir toutes les vertus et toutes les grandes qualitez de ce Prince. [titre d'après la table]
Début :
Ce qui suit est bien digne de vostre curiosité, & à quelques [...]
Mots clefs :
Éloge funèbre, Jésuites, Collège de Bourges, Orateur, Henri-Jules de Bourbon-Condé, Héros, Auditeur, Oraison, Tableau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Eloge Funebre de feuë S. A. S. Monsieur le Prince, prononcé à Bourges, avec un appareil qui sert à faire voir toutes les vertus et toutes les grandes qualitez de ce Prince. [titre d'après la table]
Ce qui fuit eft bien digne
P iiij
176 MERCURE
de voftre curiofité , & à quel
ques mots prés , je vous
l'envoye de la maniere qu'il
eft tombé entre mes mains
ceux qui ont écrit cette Relation à la quelle j'ay fait ferupule de toucher , eftant mieux
inftruits que moy desc hofes
dont il s'agit.
Les Peres Jefuites , du College de Bourges qui ont des
obligations particulieres à la
Maifon de Condé , ne ſe contenterent pas de celebrer les
Sacrez Mifteres pour l'ame de
3
GALANT 177
S. A. S. Henry Julles de Bourbon , fi to
dose
appris la mort de ce Prince ; ils .
voulurent encore donner des
marques fingulieres de leur
reconnoiffance par quelque
action publique qui fût entierement confacrée à fa memoire ; mais comme ils vouloient rendre la Ceremonie
celebre & que les Membres
des principaux Corps de la
Ville de Bourges
voient alors difperfez à la
campagne , ils remirent à
executer leur deffein juſqu'au
mois de Decembre dernier ,
fe trou-
178 MERCURE
oùtout le monde à coûtume
de fe raffembler dans la Ville ;
ce fut le 19. du même mois
qu'ils choifirent pour cerre
folemnité.
Le matin fut employé à
offrir le Saint Sacrifice fur
tous les Autels de leur Eglife ;
l'aprêdinée le Pere de Blainville , un des Profeffeurs de l'Elo.
quenceprononça en latin l'O
raifon funebre du Prince. M'
de Foullé , Intendant de Berry,
quatres Facultez de l'Univerfité enhabit de Ceremonie,
le Corps de Ville , les Magif
trats , les Superieurs d'Ordre ;
les
GALANT 179.
t
& prefque toutes les autres
perfonnes de diftinction de la
Ville formoient une Affemblée également nombreuſe &
choifie.
Le deffein de l'Orateur fut
de reprefenter Henry Jules
de Bourbon , comme un Prince accomply & qui poffedoit
toutes les qualitez d'un veritable Heros. Il fit voir que
fon Heros ne cédoit à aucun
autrepour les vertus du cocur
& que prefque aucun ne l'avoit égalé pour les qualitez de
l'efprit. Les preuves de la
premiere partie confifterent à
180 MERCURE
faire connoiftre qu'Henry Ju
les de Bourbon remplit toû
jours & en tout lieu les dep
voirsd'un Grand Prince ; c'eftà dire , qu'il fut à la Guerre
valeureux & intrepide ; à la
Cour fage également foumis
& fidele ; à la Ville & dans fa
famille , humain , complaifant , équitable. Ainfi les
vertus Militaires , celles qui
font propres d'un Prince à
la Cour , les civiles & les domeftiques firent le partage de
cette partie.
L'Orateur en parlant des
vertus Militaires fit fur tout
GALANT 181
valoir le paffage du Rhin , où
le Prince ne ceffa de combatre
que lorsqu'il eut vangé par la
mort ou la prife de tous les
Ennemis , la bleffure que fon
Pere y reçeut. L'Affemblée
applaudit beaucoup à cette
endroit & ne prit pas moins
de plaifir à entendre le recit
de la Bataille de Seneff , où le
Prince quoyque bleſſé en deux
endroits , &aprés avoir perdu
fon cheval , vint au fecours
de fon Pere le fauva des
mains des Ennemis , & en le
fauvant fut caufe de la Victoire & du falut de la France.
>
182 MERCURE
La prife de Limbourg, &
de plufieurs autres Places où
Henry Jules de Bourbon ,
fignála fa valeur , ne furent
pas oubliées.
Lorfqu'il vint aux vertus
que Monfieur le Prince avoit
pratiquées à la Cour , il loüa
fur tout fa fincerité , fa droiture , fon attachement à tous
fes devoirs , fon affiduité auprés du Roy , & fon attention à fe regler en tout fur les
volontez & fur les inclinations de Sa Majefté ; ce qui
parut plus glorieux pour le
Prince , fut la remarque qu'il
GALANT 183
fit • que toutes fes démarches
& toutes les actions n'eurent
jamais d'autre principe que
fon zele , fon amour & fon
eftime pour Louis le Grand.
Al'égard des vertus domeftiques & civiles , il s'étendit
particulierement fur la reconnoiffance & la pieté de Henry
Jules de Bourbon envers le
le grand Condé fon Pere , fur
fon foin pour l'éducation &
l'établiffement des Princes fes
enfans ; fur la protection qu'il
accorda toujours conftamment à la Province dont il
avoit le Gouvernement ; fur
184 MERCURE
a
fa bienveillance , fa charité , fa
clemence , pour tous ceux qui
curent recours ou qui curent
affaire à luy. Je ferois trop
long fi je vous raportois en
détail ce que dit l'Orateur fur
les fommes immenfes que
Henry Jules de Bourbon , fit
diftribuer aux Pauvres , aprés
la mort du Prince fon Pere ;
les Paroiffes qu'il fonda ; les
dettes qu'il acquita ; fur l'abondance qu'il conferva dans
la Bourgogne dans un temps
de famine ; fur fa facilité à
pardonner les injures ; ſa compaffion pour les malheureux ,
GALANY 185
quand même ils auroient efté
fes ennemis & fur la bonté de
fon cœur , qui alloit juſqu'à
luy faire répandre des larmes
au feul récit de quelque action
de pieté.
Mais l'endroit ou l'Auditeur témoigna le plus de joye,
fut lorfque l'Orateur , en parlant de l'amour paternel , fit
remarquer avec verité , que le
Prince n'avoit en fait pour
fes enfans , qu'il ne leur fuc
dû ; qu'ils meritoient encore plus que la fortune qu'il leur
avoit laiffée , & qu'à confideFer leurs vertus , il fembloit
Fanvier 1710.
186 MERCURE
même n'en avoir pas affez fait
pour eux. Ce fut à cette occafion que l'Orateur fit un caractere auffi jufte qu'avantageux de Son Alteffe Sereniffime Madame la Princeffe , qui
par fes exemples encore plus
que par fes leçons , a entretenu
tant de vertus heroïques dans
fon Augufte Famille.
Dansla feconde Partie, l'Orateur après avoir fait entendre,qu'on n'eft point veritablement Heros , fi on nejointaux
vertusdu cœur, les qualitez d'un
genie éminent , diftingua trois
fortes de connoiffances qu'un
GALANT 187
Prince doit avoir pour meriter la réputation d'un excellentefprit ; il dit que les premieres fervoient à deffendre & àfoutenir un Etat ; que les fecondes
contribuoient àfan embelliffement
&
àfa gloire ; que les troifiémes
fontneceffairespouryconferverla
Religion dans fa fplendeur , &
qu'Henry Jules de Bourbon n'avoit prefque point eu d'égal dans
ces troisfortes de connoiffances.
Entre les Sciences qui procurent le bien d'un Royaume,
comme la Militaire eft une des
principales , l'Orateur fans rien
repeterde ce qu'il avoit dit de
Q ij
188 MERCURE
la valeur du Prince , montra
combien il eftoit entendu dans
le mêtier de la guerre. On ne
peut expofer d'une maniere
plus variée qu'il fit , les dix
Campagnes où fon Heros s'eſt
fait remarquer par mille actions éclatantes , dans tous les
Sieges & tous les Combats differens dont la France fortoit
alors toûjours victorieufe.
Il ajoûta que Mr le Prince
ne fut pas moins admirable
dans les autres connoiffances ,
foit des chofes qui concernent
le dedans du Royaume , commeles Loix del Etat, les mœurs
ALANT 189
& les ufages des Peuples ; les
Coutumes & les Privileges des
Provinces ; foit celles qui appartiennent aux affaires Politiques , comme le genie & les
interefts des Nations étrangeres , les vues & les projets des
Princes. Il s'attacha fur tout à
faire le caractere particulier du
Prince en marquant l'étenduë
de ſon eſprit également capable des plus grandes & des plus
petites chofes. Le détail infini
où Son Alteffe entroit , foit
qu'il fallut mettre l'ordre dans
la on
du
Roy
, foit
qu'il
fallut regler la fienne pro-
190 MERCURE
pre , ou preſider aux Etats de
Bourgogne fut un des beaux
morceaux de la Harangue. 18
Il fut aîfé de montrer combien Henry Jules de Bourbon
excella dans la connoiffance de
tous les Arts qui contribuënt
à l'ornement & à la gloire d'un
Royaume. Le Portrait que
l'Orateur en fit comme d'un
Prince autant élevé par fa capacité que par fa naiffance ,
eftoit vif & donnoit une belle
idée de la fuperiorité de genie
que perfonne n'a jamais refufée au Prince de Condé.
Cefut avec la mêmefacilité
GALANT 191
qu'il fit voir que jamais perfonneneconnutmieux faReligion
& nefut plus docile à la fuivre.
Aprés une espece de Recapitulation que l'Orateur fit de
tant de rares qualitez , foit du
scœur , foit de l'efprit , il ne
craignit pas d'avancer qu'il
eftoit en quelque maniere de
la gloire de Dieu qu'un Heros
fi accompli mourut en parfait
Chreftien il dit qu'Henry-fules de Bourbon mourut en effet
avec une entiere connoiſſance , &
une fermeté inébranlable , muni
de tous les Sacremens de l'Eglife ,
qu'il reçut avec une pieté exem-
192 MERCURE
plaire , laiffant aprés ſa mort la
memoire d'un Prince encore plus
grand qu'il n'avoit paru pendant
fa vie..
Le lieu où cette Oraifon funebrefut prononcée eftoit une
grande Salle toute tenduë de
noir depuis le haut jufqu'au
bas , avec un appareil funebre
qui répondoit parfaitement au
deffein de l'Oraifon.
Dans un des fonds de la
Salle , à la droite de l'Orateur ,
on avoit élevé, un Dais magn fique fous lequel on avoit
placé un grand Tableau où
eftoient les armes du Prince ;
il
GALANT 193
il eftoit accompagné de chaque
côté de deux trophées , dont
l'un par divers inftrumens de
guerre, & l'autre par tous les
fymboles des Sciences , & des
Arts , marquoient que HenryJules de Bourbon eftoit également grand & dans la guerre
& dans la Paix ; au deffous on
avoit dreffé une grande table
parée d'un riche tapis : fur cette table eftoit la Couronne à
fleurs de lis , couverte d'un crefpe fur un carreau de velours
noir ; avec tous les ornemens
qui convenoient aux dignitez
Janvier 1710.
R
194 MERCURE
dontfeu Monfieur le Prince a
efté revêtu.
Dans l'autre fond de la Salle
eftoit élevé un autre tableau
de même grandeur , qui contedoit le chiffre du Prince , accompagné de deux trophées
differens des deux premiers.
Au- deffus de la tefte de l'O
rateur ou avoit placé un grand
Cartouche, qui reprefentoit un
Mars & unApollon foûtenant
les armes de la Maifon de Condé ; deux autres eftoient unpeu
au- deffous ; dans l'un du cofté
où eftoit Apollon , on avoit
peint un Parnaffe , où l'on
GALANT 195
voyoit toutes les Mufes qui
prefident aux Sciences & aux
beaux Arts ; dans l'autre on
avoit peint les differens Dieux
de la Fable , qui paffent pour
prefider à l'Art Militaire &
pour eftre les Inventeurs des
Inftrumens qui fervent à la
Guerre.
Aces trois Cartolesré
pondoit de l'autre coſté de la
Salle une nouvelle decoration ,
qui confiftoit en diverfes Figures , qui repreſentoient & les
vertus du cœur & les qualitez
de l'efprit , avec cette feule
Infcription , qui renfermoit
Rij
196 MERCURE
tout le deffein de l'Oraifon
& qui fe trouvoit juſtement
au milieu de la Salle & vis- à vis
l'Orateur.
PRINCIPI PERFECTO.
Au Prince accompli,
Àla droite de cette Infcription regnoient autour de la
Salle jufqu'à la Chaire de l'Orateur , des Infcriptions , des
Peintures & des Devifes, qui exprimoient les vertus du cœur
qui faifoient le fujet de la premiere partie de l'Oraiſon.
D'abord une Infcription
generale marquoit les vertus
Militaires ,
GALANT, 197
VIRTUTES BELLICA.
Au- deffous eftoient en formedequarré trois Infcriptions
particulieres & trois Tableaux
qui fe rapportoient à l'Infcription generale.
Premiere Infcription particuliere.
PATRIS ULTORI.
Au Vengeur de fon Pere:
Elle eftoit accompagnée
d'un grand Tableau où l'on
avoit dépeint le Paffage du
Rhin , avec ces mots : ad Rhenum , pour marquer que Mr le
Prince n'avoit point quitté la
mêlée, que la mort où la prife
R iij
198 MERCURE
de tous les ennemis ne l'eut
fon vengé de la bleffure que
Pere avoit requë dans le ComSeconde Infcriprion partibat.
culiere.
PATRIS ET GALLIE
CONSERVATORL.
AuConfervateur defon Pere
de la France.
Le Tableau repreſentoit la
Bataille de Seneff , avec ces.
mots : AdSeneffum , pour marquer qu'enfecourant fon Pere,
tombé de cheval dans unfoffé,
& en le retirant des mains de
l'Ennemi , il avoit en même
порный
THEQUE DE
DA GALANT
temps fauvé la France.
Troifiéme Infcription par
ticuliere.
SUIS AUSPICIIS TRIUMPHANTI
Au Vainqueur qui ne doit qu'à
lui-même fa Victoire.
Le Tableau reprefentoit la
Villede Limbourg & plufieurs
Forts affiegez & pris par le
Prince , avec ces mots : Ad.
Limburgum , &c.
La feconde Infcription generale marquoit les vertus que
ce Prince a pratiquées à la
Cour.
VIRTUTES AULICE..
R iiij
200 MERCURE
Au - deffous eftoient trois
autres Infcriptions particulieres & trois Deviſes qui formoient une figure quarrée
femblable à la premiere.
Premiere Infcription particuliere.
REGIS OBSERVANTISSIMO.
Il fut toûjous attaché &foûmis
àfon Roy.
La Devile qui exprimoit ce
zele & cet amour pour Sa Majefté eftoit un Girafol penché
du cofté du Soleil , avec ces
mots :
HOC QUOCUNQUE SEQUOR.
Fe le fuis par tout.
GALANT 201
Seconde Infcription particu
liere.
RECTI TENACISSIMO.
Iln'eut pour regle que la droiture
&la vertu.
Devife : Une Bouffole toûjours tournée vers le Nord ,
avec ces mots :
DUCOR AMORE POLI.
Mon inclination mè porte vers
le Pole.
Troifiéme Infcription par.
ticuliere.
SUI SEMPER SIMILLIMO.
Ilfut toûjours égal à lui- même.
Devife : Un Laurier qui conferve en tout temps fa ver-
202 MERCURE
dure , avec ces mots :
NIL ESTAS ADDIT , NIL
TOLLIT HYEMS.
L'Efté ne medonne rien , l'Hyver
nem❜ofte rien.
La troifiéme Infcription
generale marquoit les vertus
civiles &
domeftiques ;
VIRTUTES DOMESTICE AC
CIVILES.
Premiere Infcription particuliere.
PATRIA INDOLIS EFFIGIEM
RENOVANTI.
Ilfuivit les belles inclinations
defon Pere.
Devife: Un nouveau Phc-
GALANT 203
nix qu'on voit fortir des cendres de celuy qui l'a precedé ,
avec ces mots :
ALTER AB ILLO SURGIT.
Il s'en éleve un fecond ſemblable·
au premier.
Seconde Infcription particuliere.
PARENTI PROVIDENTISSIMO.
Il remplit tous les devoirs d'un
bon Pere.
fes enLa Devife qui exprimoit cette vigilance & cet amour paternel du Prince pour
fans , eftoit un Aigle occupé
à conftruire fon aire , avec
mots :
204 MERCURE
NON MEOS SED PROLIS IN
USUS.
Cen'eftpaspourmoymaispour
les miens queje travaille.
Troifiéme Infcription particuliere.
GUBENATORUM EXEMPLO.
Il fut l'exemple le modele
des Gouverneurs.
b
Devife : Un Soleil qui par
fa chaleur benigne fait porter
des fleurs & des fruits à des arbres qui font au- deffous de lui,
avec ces mots :
UBI PRÆEST , PRODEST.
Où il prefide, ilfait du bien.
Pour fignifier que M' le
GALANT 205
Prince a toûjours maintenu la
Bourgogne dans fes Privileges,
& qu'il y a confervé l'abondance dans les temps les plus
fâcheux.
A la gauche de la grande Inf
cription qui renfermoit tout
le fujet de l'Oraifon exprimé
par ces mots : Principi perfecto.
On avoit diftribué de la même
maniere trois autres quarrez ,
qui aboutiffoient pareillement
à la Chaire de l'Orateur , & qui
en reprefentant par de nouvelles Infcriptions & Devifes , les
diverfes connoiffances , qu'on
admira toujours dans le Prin-
206 MERCURE
ce de Condé , marquoient les
éminentes qualitez de fon efprit ;ce qui faifoit le ſujet de la
feconde Partie de l'Oraifon.
La premiere Infeription ge
nerale marquoit la connoiflance des Arts qui fervent à la
défenſe & au foutien des Empires.
ARTES REIPUBLICE
TUTELARES.
Premiere Infcription particuliere..
BELLI SCIENTISS IMO.
Ilfut tres experimenté dans
la Guerre.
Devife : une main fur un
GALANT 207
jeu d'Echecs , avec les pieces ,
& ces mots :
MIHI PRÆLIA LUDUS.
Les Combats font un
pour moy.
Fen
Seconde Infcription particuliere.
NATIONUM CONSSILIA
PERVADENTI.
Il connut parfaitement les interefts & les projets des differentes
Nations.
Devife : UneFléche volante
qui perce les nuës , avec ces
mots :
LONGE VOLAT ET PENETRAT.
C'eft fon propre de voler loin
&de penetrer.
208 MERCURE
Troifiéme Inſcription particuliere.
UTILITATI REGIA
CONSULENTI.
Il eut toûjours en vûël'utilité
du Roy.
Deviſe : Un Cadran expoſe
au Soleil , & placé ſur le Frontifpice d'un Palais Royal , avec
ces mots:
SOLE REGENTE, DOMUM
ORDINE.
Le Soleil eft ma regle , &je fuis
celle de toute la Maifon.
Pour faire allufion à l'ordre
admirable .que M' le Prince
avoit établi dans la Maiſondu
GALANT 2c9
Roy , dont il eftoit GrandMailtre.
La feconde Infcription generale marquoit la connoiffandes beaux Arts , qui contribuent à la gloire & à l'ornement d'un Royaume :
ARTES IMPERIIS GLORIOSÆ.
Premiere Infcription particuliere.
IMA ET ALTA COMPREHENDENTI.
Il fut également ce qu'ily a de
pluscommune deplusfublime.
Devife : Un Arc - en - Ciel
qui paroift par le milieu élevé
Fanvier 1710.
S
210 MERCURE
au deffus des airs , & dont les
extremitez femblent toucher
la terre , avec ces mos :
ASTRATENET, NEC SPERNIT
HUMUM.
Elevéjufqu'aux Cieux il ne
méprife point la Terre.
Seconde Infcription particuliere.
RERUM SINGULARUM ÆSTIMATORI SACAGISSIMO.
Il eut undifcernement exquis pour
juger de toutes chofes.
Devife : Une Balance fuf
penduë en l'air par une main
qui la foutient
mots :
avec ces
GALANT 201
NON REI MOLES , SED
GRAVITAS MOVET.
Ce n'est point le volume mais
le poids des chofes qui me font
pencher.
Troifiéme Infcription particuliere.
ELEGANTIARUM PATRI .
Ilfutcomme le Pere de l'Elegance
&de la Politeffe.
fa
Devife : Un Parterre couvert de fleurs differentes , &
au deffus un Soleil , qui par
lumiere forme l'agreable varieté de leurs couleurs ; avec
ces mots :
Sij
212 MERCURE
CUNCTA COLORAT.
Ildonne de la couleur & de l'éclat
à
tout.
La troifiéme Infcription generale marquoit la connoiffance des chofes qui appartiennent à la Religion.
Artes Religioni fervientes.
Premiere Infcription particuliere.
RELIGIONIS MYSTERIA
PERNOSCENTI.
Il approfondit les Mysteres
de la Religion.
Devife : Un Aigle au- deſſus
des nuës, qui regarde fixement
le Ciel , avec ces mots :
GALANT 213
ALTIORA VI DET.
Ses regards percentjuſqu'au plus
baut des Cieux.
Seconde Infcription particuliere.
RELIGIONIS INSTITUTA
PROFITENTI .
Il fe fir gloire en tout temps defa
Mind Religion.
Devife: UnVaiffeau qui fuit
toûjours dans fa courfe l'Etoile Polaire avec ces mots :
UBI FULSIT, UNAM
SEQUITUR.
Dés qu'elle paroift , il ne fuit
qu'elle.
214 MERCURE
Troifiéme Infcription parriculiere.
RELIGIONI ULTIMA
CONSECRANTI.
Il confacra fes derniers foupirs
à la Religion.
Devife: Un Encenfoir fur
un Autel , duquel on voit for
tir la fumée de l'Encens qui fe
confume , avec ces mots :
SOLVITUR NUMINI.
Il eft confumé à l'honneur du
vray Dieu.
Autour de la Salle , regnoit
en haut une longue rangée
d'Armoiries entre- melées de
Chiffres & au- deffous d'ef
GALANT 215
fix
pace en efpace pour remplir les
vuides qui eftoient entre les
quarrez que formoient les
Infcriptions & les Devifes , on
avoit placé des Tableaux qui
reprefentoient par differentes
figures , ce qu'on avoit déja
exprimé par ces mêmes Infcriptions & Devifes.
ས
Tout brilloit des lumieres ,
qu'on avoit diftribuées , de
maniere que chaque piece de
la décoration eftoit éclairée de
toutes parts par le moyen d'un
grandnombredeLuftresqu'onavoit fufpendus & de Plaques
qu'on avoit appliquées fur
216 MERCURE
la Tenture ce qui donnoit un
tres grand éclat à tout l'appareil.
P iiij
176 MERCURE
de voftre curiofité , & à quel
ques mots prés , je vous
l'envoye de la maniere qu'il
eft tombé entre mes mains
ceux qui ont écrit cette Relation à la quelle j'ay fait ferupule de toucher , eftant mieux
inftruits que moy desc hofes
dont il s'agit.
Les Peres Jefuites , du College de Bourges qui ont des
obligations particulieres à la
Maifon de Condé , ne ſe contenterent pas de celebrer les
Sacrez Mifteres pour l'ame de
3
GALANT 177
S. A. S. Henry Julles de Bourbon , fi to
dose
appris la mort de ce Prince ; ils .
voulurent encore donner des
marques fingulieres de leur
reconnoiffance par quelque
action publique qui fût entierement confacrée à fa memoire ; mais comme ils vouloient rendre la Ceremonie
celebre & que les Membres
des principaux Corps de la
Ville de Bourges
voient alors difperfez à la
campagne , ils remirent à
executer leur deffein juſqu'au
mois de Decembre dernier ,
fe trou-
178 MERCURE
oùtout le monde à coûtume
de fe raffembler dans la Ville ;
ce fut le 19. du même mois
qu'ils choifirent pour cerre
folemnité.
Le matin fut employé à
offrir le Saint Sacrifice fur
tous les Autels de leur Eglife ;
l'aprêdinée le Pere de Blainville , un des Profeffeurs de l'Elo.
quenceprononça en latin l'O
raifon funebre du Prince. M'
de Foullé , Intendant de Berry,
quatres Facultez de l'Univerfité enhabit de Ceremonie,
le Corps de Ville , les Magif
trats , les Superieurs d'Ordre ;
les
GALANT 179.
t
& prefque toutes les autres
perfonnes de diftinction de la
Ville formoient une Affemblée également nombreuſe &
choifie.
Le deffein de l'Orateur fut
de reprefenter Henry Jules
de Bourbon , comme un Prince accomply & qui poffedoit
toutes les qualitez d'un veritable Heros. Il fit voir que
fon Heros ne cédoit à aucun
autrepour les vertus du cocur
& que prefque aucun ne l'avoit égalé pour les qualitez de
l'efprit. Les preuves de la
premiere partie confifterent à
180 MERCURE
faire connoiftre qu'Henry Ju
les de Bourbon remplit toû
jours & en tout lieu les dep
voirsd'un Grand Prince ; c'eftà dire , qu'il fut à la Guerre
valeureux & intrepide ; à la
Cour fage également foumis
& fidele ; à la Ville & dans fa
famille , humain , complaifant , équitable. Ainfi les
vertus Militaires , celles qui
font propres d'un Prince à
la Cour , les civiles & les domeftiques firent le partage de
cette partie.
L'Orateur en parlant des
vertus Militaires fit fur tout
GALANT 181
valoir le paffage du Rhin , où
le Prince ne ceffa de combatre
que lorsqu'il eut vangé par la
mort ou la prife de tous les
Ennemis , la bleffure que fon
Pere y reçeut. L'Affemblée
applaudit beaucoup à cette
endroit & ne prit pas moins
de plaifir à entendre le recit
de la Bataille de Seneff , où le
Prince quoyque bleſſé en deux
endroits , &aprés avoir perdu
fon cheval , vint au fecours
de fon Pere le fauva des
mains des Ennemis , & en le
fauvant fut caufe de la Victoire & du falut de la France.
>
182 MERCURE
La prife de Limbourg, &
de plufieurs autres Places où
Henry Jules de Bourbon ,
fignála fa valeur , ne furent
pas oubliées.
Lorfqu'il vint aux vertus
que Monfieur le Prince avoit
pratiquées à la Cour , il loüa
fur tout fa fincerité , fa droiture , fon attachement à tous
fes devoirs , fon affiduité auprés du Roy , & fon attention à fe regler en tout fur les
volontez & fur les inclinations de Sa Majefté ; ce qui
parut plus glorieux pour le
Prince , fut la remarque qu'il
GALANT 183
fit • que toutes fes démarches
& toutes les actions n'eurent
jamais d'autre principe que
fon zele , fon amour & fon
eftime pour Louis le Grand.
Al'égard des vertus domeftiques & civiles , il s'étendit
particulierement fur la reconnoiffance & la pieté de Henry
Jules de Bourbon envers le
le grand Condé fon Pere , fur
fon foin pour l'éducation &
l'établiffement des Princes fes
enfans ; fur la protection qu'il
accorda toujours conftamment à la Province dont il
avoit le Gouvernement ; fur
184 MERCURE
a
fa bienveillance , fa charité , fa
clemence , pour tous ceux qui
curent recours ou qui curent
affaire à luy. Je ferois trop
long fi je vous raportois en
détail ce que dit l'Orateur fur
les fommes immenfes que
Henry Jules de Bourbon , fit
diftribuer aux Pauvres , aprés
la mort du Prince fon Pere ;
les Paroiffes qu'il fonda ; les
dettes qu'il acquita ; fur l'abondance qu'il conferva dans
la Bourgogne dans un temps
de famine ; fur fa facilité à
pardonner les injures ; ſa compaffion pour les malheureux ,
GALANY 185
quand même ils auroient efté
fes ennemis & fur la bonté de
fon cœur , qui alloit juſqu'à
luy faire répandre des larmes
au feul récit de quelque action
de pieté.
Mais l'endroit ou l'Auditeur témoigna le plus de joye,
fut lorfque l'Orateur , en parlant de l'amour paternel , fit
remarquer avec verité , que le
Prince n'avoit en fait pour
fes enfans , qu'il ne leur fuc
dû ; qu'ils meritoient encore plus que la fortune qu'il leur
avoit laiffée , & qu'à confideFer leurs vertus , il fembloit
Fanvier 1710.
186 MERCURE
même n'en avoir pas affez fait
pour eux. Ce fut à cette occafion que l'Orateur fit un caractere auffi jufte qu'avantageux de Son Alteffe Sereniffime Madame la Princeffe , qui
par fes exemples encore plus
que par fes leçons , a entretenu
tant de vertus heroïques dans
fon Augufte Famille.
Dansla feconde Partie, l'Orateur après avoir fait entendre,qu'on n'eft point veritablement Heros , fi on nejointaux
vertusdu cœur, les qualitez d'un
genie éminent , diftingua trois
fortes de connoiffances qu'un
GALANT 187
Prince doit avoir pour meriter la réputation d'un excellentefprit ; il dit que les premieres fervoient à deffendre & àfoutenir un Etat ; que les fecondes
contribuoient àfan embelliffement
&
àfa gloire ; que les troifiémes
fontneceffairespouryconferverla
Religion dans fa fplendeur , &
qu'Henry Jules de Bourbon n'avoit prefque point eu d'égal dans
ces troisfortes de connoiffances.
Entre les Sciences qui procurent le bien d'un Royaume,
comme la Militaire eft une des
principales , l'Orateur fans rien
repeterde ce qu'il avoit dit de
Q ij
188 MERCURE
la valeur du Prince , montra
combien il eftoit entendu dans
le mêtier de la guerre. On ne
peut expofer d'une maniere
plus variée qu'il fit , les dix
Campagnes où fon Heros s'eſt
fait remarquer par mille actions éclatantes , dans tous les
Sieges & tous les Combats differens dont la France fortoit
alors toûjours victorieufe.
Il ajoûta que Mr le Prince
ne fut pas moins admirable
dans les autres connoiffances ,
foit des chofes qui concernent
le dedans du Royaume , commeles Loix del Etat, les mœurs
ALANT 189
& les ufages des Peuples ; les
Coutumes & les Privileges des
Provinces ; foit celles qui appartiennent aux affaires Politiques , comme le genie & les
interefts des Nations étrangeres , les vues & les projets des
Princes. Il s'attacha fur tout à
faire le caractere particulier du
Prince en marquant l'étenduë
de ſon eſprit également capable des plus grandes & des plus
petites chofes. Le détail infini
où Son Alteffe entroit , foit
qu'il fallut mettre l'ordre dans
la on
du
Roy
, foit
qu'il
fallut regler la fienne pro-
190 MERCURE
pre , ou preſider aux Etats de
Bourgogne fut un des beaux
morceaux de la Harangue. 18
Il fut aîfé de montrer combien Henry Jules de Bourbon
excella dans la connoiffance de
tous les Arts qui contribuënt
à l'ornement & à la gloire d'un
Royaume. Le Portrait que
l'Orateur en fit comme d'un
Prince autant élevé par fa capacité que par fa naiffance ,
eftoit vif & donnoit une belle
idée de la fuperiorité de genie
que perfonne n'a jamais refufée au Prince de Condé.
Cefut avec la mêmefacilité
GALANT 191
qu'il fit voir que jamais perfonneneconnutmieux faReligion
& nefut plus docile à la fuivre.
Aprés une espece de Recapitulation que l'Orateur fit de
tant de rares qualitez , foit du
scœur , foit de l'efprit , il ne
craignit pas d'avancer qu'il
eftoit en quelque maniere de
la gloire de Dieu qu'un Heros
fi accompli mourut en parfait
Chreftien il dit qu'Henry-fules de Bourbon mourut en effet
avec une entiere connoiſſance , &
une fermeté inébranlable , muni
de tous les Sacremens de l'Eglife ,
qu'il reçut avec une pieté exem-
192 MERCURE
plaire , laiffant aprés ſa mort la
memoire d'un Prince encore plus
grand qu'il n'avoit paru pendant
fa vie..
Le lieu où cette Oraifon funebrefut prononcée eftoit une
grande Salle toute tenduë de
noir depuis le haut jufqu'au
bas , avec un appareil funebre
qui répondoit parfaitement au
deffein de l'Oraifon.
Dans un des fonds de la
Salle , à la droite de l'Orateur ,
on avoit élevé, un Dais magn fique fous lequel on avoit
placé un grand Tableau où
eftoient les armes du Prince ;
il
GALANT 193
il eftoit accompagné de chaque
côté de deux trophées , dont
l'un par divers inftrumens de
guerre, & l'autre par tous les
fymboles des Sciences , & des
Arts , marquoient que HenryJules de Bourbon eftoit également grand & dans la guerre
& dans la Paix ; au deffous on
avoit dreffé une grande table
parée d'un riche tapis : fur cette table eftoit la Couronne à
fleurs de lis , couverte d'un crefpe fur un carreau de velours
noir ; avec tous les ornemens
qui convenoient aux dignitez
Janvier 1710.
R
194 MERCURE
dontfeu Monfieur le Prince a
efté revêtu.
Dans l'autre fond de la Salle
eftoit élevé un autre tableau
de même grandeur , qui contedoit le chiffre du Prince , accompagné de deux trophées
differens des deux premiers.
Au- deffus de la tefte de l'O
rateur ou avoit placé un grand
Cartouche, qui reprefentoit un
Mars & unApollon foûtenant
les armes de la Maifon de Condé ; deux autres eftoient unpeu
au- deffous ; dans l'un du cofté
où eftoit Apollon , on avoit
peint un Parnaffe , où l'on
GALANT 195
voyoit toutes les Mufes qui
prefident aux Sciences & aux
beaux Arts ; dans l'autre on
avoit peint les differens Dieux
de la Fable , qui paffent pour
prefider à l'Art Militaire &
pour eftre les Inventeurs des
Inftrumens qui fervent à la
Guerre.
Aces trois Cartolesré
pondoit de l'autre coſté de la
Salle une nouvelle decoration ,
qui confiftoit en diverfes Figures , qui repreſentoient & les
vertus du cœur & les qualitez
de l'efprit , avec cette feule
Infcription , qui renfermoit
Rij
196 MERCURE
tout le deffein de l'Oraifon
& qui fe trouvoit juſtement
au milieu de la Salle & vis- à vis
l'Orateur.
PRINCIPI PERFECTO.
Au Prince accompli,
Àla droite de cette Infcription regnoient autour de la
Salle jufqu'à la Chaire de l'Orateur , des Infcriptions , des
Peintures & des Devifes, qui exprimoient les vertus du cœur
qui faifoient le fujet de la premiere partie de l'Oraiſon.
D'abord une Infcription
generale marquoit les vertus
Militaires ,
GALANT, 197
VIRTUTES BELLICA.
Au- deffous eftoient en formedequarré trois Infcriptions
particulieres & trois Tableaux
qui fe rapportoient à l'Infcription generale.
Premiere Infcription particuliere.
PATRIS ULTORI.
Au Vengeur de fon Pere:
Elle eftoit accompagnée
d'un grand Tableau où l'on
avoit dépeint le Paffage du
Rhin , avec ces mots : ad Rhenum , pour marquer que Mr le
Prince n'avoit point quitté la
mêlée, que la mort où la prife
R iij
198 MERCURE
de tous les ennemis ne l'eut
fon vengé de la bleffure que
Pere avoit requë dans le ComSeconde Infcriprion partibat.
culiere.
PATRIS ET GALLIE
CONSERVATORL.
AuConfervateur defon Pere
de la France.
Le Tableau repreſentoit la
Bataille de Seneff , avec ces.
mots : AdSeneffum , pour marquer qu'enfecourant fon Pere,
tombé de cheval dans unfoffé,
& en le retirant des mains de
l'Ennemi , il avoit en même
порный
THEQUE DE
DA GALANT
temps fauvé la France.
Troifiéme Infcription par
ticuliere.
SUIS AUSPICIIS TRIUMPHANTI
Au Vainqueur qui ne doit qu'à
lui-même fa Victoire.
Le Tableau reprefentoit la
Villede Limbourg & plufieurs
Forts affiegez & pris par le
Prince , avec ces mots : Ad.
Limburgum , &c.
La feconde Infcription generale marquoit les vertus que
ce Prince a pratiquées à la
Cour.
VIRTUTES AULICE..
R iiij
200 MERCURE
Au - deffous eftoient trois
autres Infcriptions particulieres & trois Deviſes qui formoient une figure quarrée
femblable à la premiere.
Premiere Infcription particuliere.
REGIS OBSERVANTISSIMO.
Il fut toûjous attaché &foûmis
àfon Roy.
La Devile qui exprimoit ce
zele & cet amour pour Sa Majefté eftoit un Girafol penché
du cofté du Soleil , avec ces
mots :
HOC QUOCUNQUE SEQUOR.
Fe le fuis par tout.
GALANT 201
Seconde Infcription particu
liere.
RECTI TENACISSIMO.
Iln'eut pour regle que la droiture
&la vertu.
Devife : Une Bouffole toûjours tournée vers le Nord ,
avec ces mots :
DUCOR AMORE POLI.
Mon inclination mè porte vers
le Pole.
Troifiéme Infcription par.
ticuliere.
SUI SEMPER SIMILLIMO.
Ilfut toûjours égal à lui- même.
Devife : Un Laurier qui conferve en tout temps fa ver-
202 MERCURE
dure , avec ces mots :
NIL ESTAS ADDIT , NIL
TOLLIT HYEMS.
L'Efté ne medonne rien , l'Hyver
nem❜ofte rien.
La troifiéme Infcription
generale marquoit les vertus
civiles &
domeftiques ;
VIRTUTES DOMESTICE AC
CIVILES.
Premiere Infcription particuliere.
PATRIA INDOLIS EFFIGIEM
RENOVANTI.
Ilfuivit les belles inclinations
defon Pere.
Devife: Un nouveau Phc-
GALANT 203
nix qu'on voit fortir des cendres de celuy qui l'a precedé ,
avec ces mots :
ALTER AB ILLO SURGIT.
Il s'en éleve un fecond ſemblable·
au premier.
Seconde Infcription particuliere.
PARENTI PROVIDENTISSIMO.
Il remplit tous les devoirs d'un
bon Pere.
fes enLa Devife qui exprimoit cette vigilance & cet amour paternel du Prince pour
fans , eftoit un Aigle occupé
à conftruire fon aire , avec
mots :
204 MERCURE
NON MEOS SED PROLIS IN
USUS.
Cen'eftpaspourmoymaispour
les miens queje travaille.
Troifiéme Infcription particuliere.
GUBENATORUM EXEMPLO.
Il fut l'exemple le modele
des Gouverneurs.
b
Devife : Un Soleil qui par
fa chaleur benigne fait porter
des fleurs & des fruits à des arbres qui font au- deffous de lui,
avec ces mots :
UBI PRÆEST , PRODEST.
Où il prefide, ilfait du bien.
Pour fignifier que M' le
GALANT 205
Prince a toûjours maintenu la
Bourgogne dans fes Privileges,
& qu'il y a confervé l'abondance dans les temps les plus
fâcheux.
A la gauche de la grande Inf
cription qui renfermoit tout
le fujet de l'Oraifon exprimé
par ces mots : Principi perfecto.
On avoit diftribué de la même
maniere trois autres quarrez ,
qui aboutiffoient pareillement
à la Chaire de l'Orateur , & qui
en reprefentant par de nouvelles Infcriptions & Devifes , les
diverfes connoiffances , qu'on
admira toujours dans le Prin-
206 MERCURE
ce de Condé , marquoient les
éminentes qualitez de fon efprit ;ce qui faifoit le ſujet de la
feconde Partie de l'Oraifon.
La premiere Infeription ge
nerale marquoit la connoiflance des Arts qui fervent à la
défenſe & au foutien des Empires.
ARTES REIPUBLICE
TUTELARES.
Premiere Infcription particuliere..
BELLI SCIENTISS IMO.
Ilfut tres experimenté dans
la Guerre.
Devife : une main fur un
GALANT 207
jeu d'Echecs , avec les pieces ,
& ces mots :
MIHI PRÆLIA LUDUS.
Les Combats font un
pour moy.
Fen
Seconde Infcription particuliere.
NATIONUM CONSSILIA
PERVADENTI.
Il connut parfaitement les interefts & les projets des differentes
Nations.
Devife : UneFléche volante
qui perce les nuës , avec ces
mots :
LONGE VOLAT ET PENETRAT.
C'eft fon propre de voler loin
&de penetrer.
208 MERCURE
Troifiéme Inſcription particuliere.
UTILITATI REGIA
CONSULENTI.
Il eut toûjours en vûël'utilité
du Roy.
Deviſe : Un Cadran expoſe
au Soleil , & placé ſur le Frontifpice d'un Palais Royal , avec
ces mots:
SOLE REGENTE, DOMUM
ORDINE.
Le Soleil eft ma regle , &je fuis
celle de toute la Maifon.
Pour faire allufion à l'ordre
admirable .que M' le Prince
avoit établi dans la Maiſondu
GALANT 2c9
Roy , dont il eftoit GrandMailtre.
La feconde Infcription generale marquoit la connoiffandes beaux Arts , qui contribuent à la gloire & à l'ornement d'un Royaume :
ARTES IMPERIIS GLORIOSÆ.
Premiere Infcription particuliere.
IMA ET ALTA COMPREHENDENTI.
Il fut également ce qu'ily a de
pluscommune deplusfublime.
Devife : Un Arc - en - Ciel
qui paroift par le milieu élevé
Fanvier 1710.
S
210 MERCURE
au deffus des airs , & dont les
extremitez femblent toucher
la terre , avec ces mos :
ASTRATENET, NEC SPERNIT
HUMUM.
Elevéjufqu'aux Cieux il ne
méprife point la Terre.
Seconde Infcription particuliere.
RERUM SINGULARUM ÆSTIMATORI SACAGISSIMO.
Il eut undifcernement exquis pour
juger de toutes chofes.
Devife : Une Balance fuf
penduë en l'air par une main
qui la foutient
mots :
avec ces
GALANT 201
NON REI MOLES , SED
GRAVITAS MOVET.
Ce n'est point le volume mais
le poids des chofes qui me font
pencher.
Troifiéme Infcription particuliere.
ELEGANTIARUM PATRI .
Ilfutcomme le Pere de l'Elegance
&de la Politeffe.
fa
Devife : Un Parterre couvert de fleurs differentes , &
au deffus un Soleil , qui par
lumiere forme l'agreable varieté de leurs couleurs ; avec
ces mots :
Sij
212 MERCURE
CUNCTA COLORAT.
Ildonne de la couleur & de l'éclat
à
tout.
La troifiéme Infcription generale marquoit la connoiffance des chofes qui appartiennent à la Religion.
Artes Religioni fervientes.
Premiere Infcription particuliere.
RELIGIONIS MYSTERIA
PERNOSCENTI.
Il approfondit les Mysteres
de la Religion.
Devife : Un Aigle au- deſſus
des nuës, qui regarde fixement
le Ciel , avec ces mots :
GALANT 213
ALTIORA VI DET.
Ses regards percentjuſqu'au plus
baut des Cieux.
Seconde Infcription particuliere.
RELIGIONIS INSTITUTA
PROFITENTI .
Il fe fir gloire en tout temps defa
Mind Religion.
Devife: UnVaiffeau qui fuit
toûjours dans fa courfe l'Etoile Polaire avec ces mots :
UBI FULSIT, UNAM
SEQUITUR.
Dés qu'elle paroift , il ne fuit
qu'elle.
214 MERCURE
Troifiéme Infcription parriculiere.
RELIGIONI ULTIMA
CONSECRANTI.
Il confacra fes derniers foupirs
à la Religion.
Devife: Un Encenfoir fur
un Autel , duquel on voit for
tir la fumée de l'Encens qui fe
confume , avec ces mots :
SOLVITUR NUMINI.
Il eft confumé à l'honneur du
vray Dieu.
Autour de la Salle , regnoit
en haut une longue rangée
d'Armoiries entre- melées de
Chiffres & au- deffous d'ef
GALANT 215
fix
pace en efpace pour remplir les
vuides qui eftoient entre les
quarrez que formoient les
Infcriptions & les Devifes , on
avoit placé des Tableaux qui
reprefentoient par differentes
figures , ce qu'on avoit déja
exprimé par ces mêmes Infcriptions & Devifes.
ས
Tout brilloit des lumieres ,
qu'on avoit diftribuées , de
maniere que chaque piece de
la décoration eftoit éclairée de
toutes parts par le moyen d'un
grandnombredeLuftresqu'onavoit fufpendus & de Plaques
qu'on avoit appliquées fur
216 MERCURE
la Tenture ce qui donnoit un
tres grand éclat à tout l'appareil.
Fermer
Résumé : Eloge Funebre de feuë S. A. S. Monsieur le Prince, prononcé à Bourges, avec un appareil qui sert à faire voir toutes les vertus et toutes les grandes qualitez de ce Prince. [titre d'après la table]
Le texte relate une cérémonie organisée par les Pères Jésuites du Collège de Bourges en mémoire de Henry Jules de Bourbon, fils du Prince de Condé. Initialement prévue après l'annonce de la mort du prince, la cérémonie fut reportée au mois de décembre pour permettre la présence des membres des principaux corps de la ville de Bourges. Le 19 décembre, une messe fut célébrée dans l'église des Jésuites, suivie d'un discours funèbre en latin prononcé par le Père de Blainville. L'orateur loua les qualités militaires, civiles et domestiques du prince, soulignant notamment son courage lors du passage du Rhin et de la bataille de Seneff. Il mit également en avant sa droiture, sa fidélité et son dévouement envers le roi Louis XIV. Le discours insista sur les vertus du cœur et les qualités de l'esprit du prince, le présentant comme un héros accompli. La salle où se déroula l'oraison était décorée de manière solennelle, avec des tableaux, des trophées et des inscriptions célébrant les vertus et les exploits du prince. Les inscriptions étaient organisées en trois parties principales : les vertus civiles et domestiques, la connaissance des arts utiles à la défense et au soutien des empires, et la connaissance des beaux-arts contribuant à la gloire et à l'ornement d'un royaume. La première inscription générale mettait en avant les vertus civiles et domestiques du prince. Les inscriptions particulières soulignaient ses belles inclinations héritées de son père, sa vigilance et son amour paternel, et son rôle de modèle pour les gouverneurs. Les devises accompagnantes illustraient ces qualités par des métaphores, comme un aigle construisant son aire ou un soleil faisant pousser des fleurs et des fruits. La deuxième inscription générale se concentrait sur la connaissance des arts de défense. Les inscriptions particulières montraient son expertise en guerre, sa compréhension des intérêts des nations, et son dévouement à l'utilité du roi. Les devises utilisaient des images comme un jeu d'échecs, une flèche volante, et un cadran solaire pour symboliser ces compétences. La troisième inscription générale traitait des beaux-arts. Les inscriptions particulières soulignaient sa compréhension des aspects communs et sublimes, son discernement exquis, et son rôle de père de l'élégance et de la politesse. Les devises incluaient un arc-en-ciel, une balance, et un parterre de fleurs pour représenter ces qualités. Enfin, la dernière inscription générale abordait la connaissance des choses religieuses. Les inscriptions particulières montraient son approfondissement des mystères de la religion, son respect des institutions religieuses, et sa consécration finale à la religion. Les devises utilisaient des images comme un aigle regardant le ciel, un vaisseau suivant l'étoile polaire, et de l'encens se consumant sur un autel. La salle était décorée de manière à illustrer ces inscriptions et devises par des armoiries, des chiffres, des tableaux, et un éclairage abondant, créant ainsi une présentation éclatante et détaillée des qualités du prince.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
37
p. 322-326
Empressement de Monsieur le Duc, pour faire la Campagne, avec plusieurs remarques curieuses sur ce sujet. [titre d'après la table]
Début :
Vous serez bien asie d'apprendre que la nouvelle qui [...]
Mots clefs :
Héros, Campagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Empressement de Monsieur le Duc, pour faire la Campagne, avec plusieurs remarques curieuses sur ce sujet. [titre d'après la table]
Vous ferez bien aife d'ap-
GALANT - 323
·
prendre que la nouvelle qui
court depuis quelque temps ,
que S. A. S. Monfieur le Duc,
fervira cette année eft pleinement confirmée, & vous n'aurez pas moins de plaifir d'apprendre que jamais Prince n'a
fait voir un plus grand empreffement de fervir , & ne l'a
demandé avec plus d'ardeur.
Ce grand defir ne s'eft point
dementy, & il n'a point ceffe
defolliciter & de prier le Roy,
en forte que S. M. qui jufqu'à
prefent avoit fait difficulté
d'accorder à fes preffantes
inftances ce qu'il demandoit ,
•
324 MERCURE
à caufe de la foibleffe de fon
âge , n'ayant pas encore dixhuit ans accomplis , s'eft enfin
laiffée perfuader. La joye que
ce Prince témoigna lors qu'il
reçut l'agrément du Roy de
faire cette Campagne , va audelà de toute imagination , &
ne fe peut exprimer. Il courut
dans tous fes Appartemens
pour annoncer luy-mefme cette nouvelle à tous fes Officiers
qui luy en témoignerent beaucoup de joye. Ce Prince donna ordre auffi-toft qu'on preparât fes Equipages. Son Intendant, luy envoya l'Etat de
GALANT 325
fa Maiſon , & aprés l'avoir
examiné , on fut furpris de
voir qu'il le doubla , & qu'il
refolut de fournir des Chevaux & des Equipages à tous
fes Gentilshommes , afin de
leur en épargner la dépenſe.
Ainfi, il n'a pas feulement donné en cette occafion des marques de la plus boüillante ardeur dont le cœur d'un Prince
puiffe eftre animé ; mais auſſi
d'une liberalité toute Royale,
ce qui ne luy attirera pas moins
que fa naiffance , l'amour & la
veneration des Troupes , &
fur tout du Corps à la teſte
326 MERCURE
duquel il fervira , & qui facrifiera toutfonfangpour le bien
de l'Etat, & pour la gloire d'un
Prince auffi genereux que
grand. Joignez à tout cela
l'effet que peut faire la preſence d'un Prince iffu des plus parfaits Heros. Il fervira pondant fa premiere Campagne , à
la tefte de fon Regiment de
Condé.
GALANT - 323
·
prendre que la nouvelle qui
court depuis quelque temps ,
que S. A. S. Monfieur le Duc,
fervira cette année eft pleinement confirmée, & vous n'aurez pas moins de plaifir d'apprendre que jamais Prince n'a
fait voir un plus grand empreffement de fervir , & ne l'a
demandé avec plus d'ardeur.
Ce grand defir ne s'eft point
dementy, & il n'a point ceffe
defolliciter & de prier le Roy,
en forte que S. M. qui jufqu'à
prefent avoit fait difficulté
d'accorder à fes preffantes
inftances ce qu'il demandoit ,
•
324 MERCURE
à caufe de la foibleffe de fon
âge , n'ayant pas encore dixhuit ans accomplis , s'eft enfin
laiffée perfuader. La joye que
ce Prince témoigna lors qu'il
reçut l'agrément du Roy de
faire cette Campagne , va audelà de toute imagination , &
ne fe peut exprimer. Il courut
dans tous fes Appartemens
pour annoncer luy-mefme cette nouvelle à tous fes Officiers
qui luy en témoignerent beaucoup de joye. Ce Prince donna ordre auffi-toft qu'on preparât fes Equipages. Son Intendant, luy envoya l'Etat de
GALANT 325
fa Maiſon , & aprés l'avoir
examiné , on fut furpris de
voir qu'il le doubla , & qu'il
refolut de fournir des Chevaux & des Equipages à tous
fes Gentilshommes , afin de
leur en épargner la dépenſe.
Ainfi, il n'a pas feulement donné en cette occafion des marques de la plus boüillante ardeur dont le cœur d'un Prince
puiffe eftre animé ; mais auſſi
d'une liberalité toute Royale,
ce qui ne luy attirera pas moins
que fa naiffance , l'amour & la
veneration des Troupes , &
fur tout du Corps à la teſte
326 MERCURE
duquel il fervira , & qui facrifiera toutfonfangpour le bien
de l'Etat, & pour la gloire d'un
Prince auffi genereux que
grand. Joignez à tout cela
l'effet que peut faire la preſence d'un Prince iffu des plus parfaits Heros. Il fervira pondant fa premiere Campagne , à
la tefte de fon Regiment de
Condé.
Fermer
Résumé : Empressement de Monsieur le Duc, pour faire la Campagne, avec plusieurs remarques curieuses sur ce sujet. [titre d'après la table]
Le texte décrit la confirmation de la participation du Duc à une campagne militaire. Bien que n'ayant pas encore dix-huit ans, le Duc a manifesté un grand empressement et une ardente demande pour servir. Le roi, initialement réticent en raison de sa jeunesse, a finalement accepté. À l'annonce de l'accord royal, le Duc a exprimé une immense joie et a immédiatement informé ses officiers et préparé ses équipages. Il a doublé les ressources de sa maison pour fournir des chevaux et des équipements à ses gentilshommes, évitant ainsi des dépenses supplémentaires. Cette générosité et cette ardeur royale lui attireront l'amour et la vénération des troupes. Le Duc servira pendant sa première campagne à la tête de son régiment de Condé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
38
p. 105-108
EPITHALAME.
Début :
Voicy une Epithalame que Mr Hervieux donna à S. A. S. / Parmy les voeux publics qu'on fait pour Vôtre Altesse, [...]
Mots clefs :
Héros, Mademoiselle d'Enguien, Mariage, Époux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITHALAME.
Voicy une Epithalame que
Mr Hervieux donna à S. A S.
Mademoiselle d'Enguien peu
avant son Mariage.
EPITHALAME.
Parmy les vœux publics qu'on)
fait pour Vôtre Alt ffe,
Permettez aujourd'huy
J
tres-illustre Princesse,
Qu'aupied de
nos
Autels le zele
de mon cœur
Offre pourvôtreHymen sapriere
au Seigneur,
Afin que d'un Heros, par d'heureux sacrifices,
Vous soyez pour long-temps l'amour cm les delices.
*
Des Peuples réjoüis les acclamatIons
,
Attireront sur vous les benedictions ;
De rares
qualitéz le Ciel ornant
vôtre amey
Veut d'un Epoux parfait recompenfr la flâme.
Vôtre merite acquis est digne du
haut rang
,
Que vous donne à la Cour l'honneur de vôtre Sang,
Au milieu des grandeurs vôtre
bontéprofonde;
Attire avec raisonlesyeux de
tout le monde;
Vôtre aimable douceur, &vôtre
pieté,
Accompagnent les foins de vôtre
charité;
Le nœud de vos grands cœursfaisant nôtre esperance,
Promet à
nos neveux unsoûtien
pour la France.
Vendôme aux Ennemisimprime
de l'effroy,
Son bras plus d'une fois leura
donné la loj
;
Ce Heros invincible aux travaux
de la guerre,
Quittant pour quelque temps
Mars avecson tonnerre,
Prend plaisirà se rendre aux doucours de l'Amour,
Qui du victorieuxtriomphent à
leurtour.
-
Vëuilleàjamais le cielcouronnant
sa viBoire>
Ala finde vos jours vous com- bler desa gloire.
Mr Hervieux donna à S. A S.
Mademoiselle d'Enguien peu
avant son Mariage.
EPITHALAME.
Parmy les vœux publics qu'on)
fait pour Vôtre Alt ffe,
Permettez aujourd'huy
J
tres-illustre Princesse,
Qu'aupied de
nos
Autels le zele
de mon cœur
Offre pourvôtreHymen sapriere
au Seigneur,
Afin que d'un Heros, par d'heureux sacrifices,
Vous soyez pour long-temps l'amour cm les delices.
*
Des Peuples réjoüis les acclamatIons
,
Attireront sur vous les benedictions ;
De rares
qualitéz le Ciel ornant
vôtre amey
Veut d'un Epoux parfait recompenfr la flâme.
Vôtre merite acquis est digne du
haut rang
,
Que vous donne à la Cour l'honneur de vôtre Sang,
Au milieu des grandeurs vôtre
bontéprofonde;
Attire avec raisonlesyeux de
tout le monde;
Vôtre aimable douceur, &vôtre
pieté,
Accompagnent les foins de vôtre
charité;
Le nœud de vos grands cœursfaisant nôtre esperance,
Promet à
nos neveux unsoûtien
pour la France.
Vendôme aux Ennemisimprime
de l'effroy,
Son bras plus d'une fois leura
donné la loj
;
Ce Heros invincible aux travaux
de la guerre,
Quittant pour quelque temps
Mars avecson tonnerre,
Prend plaisirà se rendre aux doucours de l'Amour,
Qui du victorieuxtriomphent à
leurtour.
-
Vëuilleàjamais le cielcouronnant
sa viBoire>
Ala finde vos jours vous com- bler desa gloire.
Fermer
Résumé : EPITHALAME.
Le texte est un épithalame composé par Monsieur Hervieux pour Mademoiselle d'Enguien à l'occasion de son mariage. L'auteur exprime ses vœux de bonheur pour le couple princier et prie pour que leur union soit bénie. Il souligne les qualités de la princesse, telles que sa bonté, sa douceur et sa piété, qui suscitent l'admiration générale. Le poème met en avant le mérite de la princesse, digne de son rang à la cour, et son union avec un époux parfait. Il évoque également le duc de Vendôme, connu pour ses exploits militaires, qui abandonne temporairement la guerre pour se consacrer à l'amour. Enfin, l'auteur souhaite que le ciel leur accorde gloire et bonheur jusqu'à la fin de leurs jours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
39
p. 208-250
Livres nouveaux, [titre d'après la table]
Début :
Il paroist depuis peu un Livre qui a pour titre : [...]
Mots clefs :
Fables, Héros, Histoire, Histoire ancienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Livres nouveaux, [titre d'après la table]
Livre qui a pour titre:
Explicationbiflorique des
Fables
y
où l'on découvre leur
origine & leur conformité
avec l'histoire ancienne, &' où
l'on rapporte les époques des
Héros,
Hérosj edes principaux événements
dont il estfait men- tion.- Si les Anciens revenoient
nous parler de
bonne foy
,
ils roien,tq,u-'iflsn'on*t pas
cru mettre dans leurs
Fables obscures toutes
les beautez que nous y
voyons. ( - - On y a trouvé tout ce
qu'on a voulu, dit l'Auteur;
le Physiçien y a ap- ;
perçu les mystere-s de la
Nature; k Politique
,
les
rafinements de la SageUey
le Philosophe
,
la Morale
laplus pure;& le Chymi- ;
fte y trouve les Secrets les :
plus importants de son;
Art,&c.; Quoyqu'on ne puissè i
;
douter que les Fables ne
renferment une partie de j
l'Histoire , il ne faut pas
1
croire cependant que tou-;
tes les circonstances yfassentallusion,
&c.i Les Poètes quiont esté.
les premiers Historiens, y
ont mêle la vérité avec les
vains oirnements de la. Fsh
ble.C'est lepremier estat,
Se pour ainsi direl'enfance
des Fables, &c.
Ccux qui dans la fuite
traitèrent des mesmes fujets
, y mêlerenc aussi plurieurs
- i circonstances par
rapport à leur Philosophie,
;'& à leur Religion; ainsi,
les mêmesFablesquin'estoient
d'abord qu'historiques
devinrent dans la
fuite, morales
,
theologiques,
& physiques
) &c.
r Les événements de ces
Fables n'ayantpas paruaux
Poètes assèz glorieux pour
les Héros qu'ils vouloient
chanter, ils y ont mêlé
millefictions pompeuses
qui ont passez pour des événementsréels.
C'est à les
développer, àles démêler,
& a voir ce qui peut y avoir
donné lieu
y que l'Auteur
de ce Livre stefi: uniquement
attaché,&c.
On peut distinguer dans
les Poëtes cinq fortes de
Fables. Les Fables historiques
font d'anciennes HLstoiresmêlées
avec plufielirs.
fiâions- telles font
celles qui nous parlent
d'Hercules, de Jason,&c.
Les Fables philosophiques
font cellesque les Anciens
ont inventées comme
des paraboles propresà envelopper
les my steres de
leur Philosophie ; comme
quand ils nousdépeignent
l'Ocean par des Fleoves &c. ,
Les allegoriques- font
aufil des paraboles où ils
cachent quelques sens myfterieux;
commecelle que
Platon racontede Porus$c
dePenie,ôcc..
Les morales font celles
qu'on a inventées pour debiter
quelques precepres
propres à regler les moeurs;
telles sonn les Fables defope,
& autres semblables
Apologues,&C..
Les Fables inventees a • plaisir font celles qui n'ont
daufre but que le divertit
sement ; comme celles de PlÎché. Generalemenc
parlant, il y atres- peu de
-Fables dans lesAnciensqui
ne renferment quelque
traitd'hiftoire^&c.
SourCe8 des Fables.
La vanité des hommes
est sans doute la premiere
source des Fables;lavérité
ne leur ayant pas tousjours
paru assez belle ni assez
amusante
,
ils ont cru que
pour paroistre elle avoit
besoin du merveilleux ôc
du sublime,&c.
Avant que l'usage des
lettres fut introduit dans la
Grece, les grands évenements
& les belles actions
n'avoient d'autres monumentsque
lamemoire des-,
hommes, ou tout au plus
quelques hiéroglyphes obscurs,
& dont le sens toûjours
ambigu pouvoit si- * gnifier tout ce qu'on vouloit
; de sorte que pour perpetuer
lesouvenirde leurs
faits éclatants, les peres les
racontoient aux enfants
lX. suivant la louable coutume
de ne dire jamais les
choses simplement aux jeunes
gens,ilsmêloient dans
le récit des avantures quel-
-
ques circonstances propres
à les y rendre attentifs, & aenfairesouvenir.Ainsise
remplissoit d'idées sublimes
la memoire & l'imagination
foible des enfants - :
,
qui 1
qui venant dans la fuite à
raconter les mesmes choses
à leur tour ,
yajoustoient
encore quelques autres circonstances,
ensorte que
quand on avoulu faire des
Annales deces Histoires,
on n'atrouvé d'autres monuments
que cette tradition
confuse & défigurée,
&c
Anciennementonavoit
coutume de loüer les Heros
après leur mort, & les
jours de leursfestes par
des Panegyriques estudiez,
r
où de jeunes Rheteuts
,
dont on vou loir éprouver
le genie par ces coups d'essay,
se donnoient une enticre
libertéde feindre ôc
d'inventer tout ce qui pouvoit
contribuer à la gloire
desHeros qu'ils representoient
non tels qu'ilsavoient
esté, mais tels qu'ils
auroient dû estre Ainsi
lorsque dans la suite on a
voulu faire l'histoirede ces
grandsHommes
, on n'a
pû travailler que sur des
memoires plus fabuleux
que verita bles, &c.
Les Voyageurs & les
Marchandsontaussi beaucoupgastél'histoire
par
leurs relations fabuleuses:
carcessortesdegensestant *
cy ordinairement ignorants
ou menteurssetrompent
eux-mêmes en voulant
tromper les autres, 'tcc.TX
'H! Ce qui a donné lieu à
la multiplication des Héros
,
c'est qu'on a partagé
entre plusieurs les actions
d'un seul sous differents
noms. Mercurepar exem-
,
ple qui s'appellpit Teutas
chez nos anciens Gaulois,
se nommoit Faune en Italie
, &: Hermés chez les
Grecs, &c.Aucontraire
on a multiplié les actions
d'un seul Heros en luy
attribuant celles de plusieurs
sous un même nom
comme dans l'histoire
d'Hercules de Thebes ou j
l'on a mêlé les voyages & 1
les actions d'HerculesPhenicien,
& de plusieurs autres
Heros de même nom,
&c.
1 Tous les hommes sestant
trouvées submergez
par les eaux du Deluge,
excepté Noé & sa famille
,
le monde ne pust estre repeuplé
que tres-longtemps
après. Mais quoyq e la
Syrie,la Palestine
,
l' Arabie,
l'Egypte, & lesautres
Pays les plus proches du
lieu où 1 Arches'arresta
furent repeuplez les premiers,&
long-tempsavant
les Provinces d'Occident,
cependant il ne laissoit pas
de s'échapper de temps en
temps quelques-uns des
plus hardis pouraller chercher
fortune ailleurs.Ceux
qui arriverent les premiers
dans la Grece, y vécurent
dans une ignorance & une
grossieretéestonnante, sans
Arts, sans Coutumes ; sans
Loix; se couvrant de seüilles
, & broutant l'herbe
commedes bestes. Quand
dans la fuite les estrangers
Egyptiens & Pheniciens
gens plus polis & plus sçavants,
y arrivèrent, ils tâchèrent
d'adoucir , l'humeur
feroce & barbare de
ces premiers habirancs
leur firent part de leurs
Couru mes &: de leurs Loix,
&leurapprirent la manierede
s'habiller, de se nourrir
& de cultiver la terre.
Cette nouvelle maniere de
vivre leur parut si belle,
que ne sçachant comment
leur,témoigner la reconnoissance
qu'ils en avoient,
ilsles prirentpour des
hommes envoyez du ciel ,
& les regarderentcomme
des Dieux à qui ils sacrifierent.
C'est ce qui a donné
lieu àla Fable qui dit que
Promethée avoir dérobe le
feu du ciel
,
c'est à
-
dire,
l'esprit divin,&c.., Ilya beaucou p d'apparence,
& la pluspart des
Sçavants en sont persuadez
, que presquetoutle
sublime & lesurnaturel
qui setrouve dans les ouvrages
fabuleux desPoëtes,
est tirédequelquescirconstances
de la vie de Noé,
: de Moyse, de Josué ,'&
de quelques autres Heros
de l'Ecriture Sainte l,AleC
quels
-1 ayant répandu le
bruit de leurs bellesactions
jusqu'en Egypte
, en Phenicie,
&: jJns plusieurs au- tres Pays, ces Peuplesidolatres,
& sur tout les Grecs
grands amateursdu sublime
& du surnaturel, ne
manquerent pas d'en emrbellir
dans la suite l'histoire
de leurs è-Iclos. Celles
d'Hercules &de Bacchus,
ont beaucoup de ressemblance
avec Josué & Moyse.
Celles de Deucalion U
deSaturne, avec Noëlle
Deluge,&c.
r'.
Pour ce quiregarde les
Arts & les Sciences,ils
substituent a tout propos
leurs Divinitez fabuleuses
a la place des anciens Patriarches
,quel'Ecriture
nous apprend en avoir esté
les premiers inventeurs. J
Jubal
,
par exemple
,
fut
l'inventeurde la Musique; : delà vicnt leur Apollon
qu'ilsfont encore inventeur
des Sciences au lieu de
Moyse. D'A bel qui le premier
a mené lavie piflorale,
ilsont fait Pan. Vulcain
pour Tubalcaïn a le
premier appris à forger le Fer. Cemesme Vulcain
qu'ils disent estre tombé
du Ciel n'est autre chose
que Moyse descendu de la
Montagne Au reste
l'histoi,r..,e des Grecs ne
commença à devenir un
peu raisonnable que du
tempsdesOlympiades, 6c
du temps d'Esdras
,
c'està-
dire,long-temps aprés
la guerre de Troye. Tout
ce qui se passa auparavant
n'estque confusion & que
chimère.
Les temps inconnus
font depuis la Creation
jusqu'au Deluge d'Ogigis.
arrive vers l'an 2240. Les
temps fabuleux renferment
ce qui s'est palle depuis
ce Deluge jusqu'à la
premiere Olympiade qui
tombe sur la 3203. Enfin
les temps historiques regardentcequis'est
écoulé
depuis l'establissement des
Olympiades, &c.
Le peu d'habileté qu'on
avoitdans l'Art de la Navigation
& dans la Geographie,
a donnélieu à
beaucoup de Fables aussibien
que le soin charitable
qu'onavoit de sauver
l'honneur des Dames galantes.
Lorsque quelques
Princesses avoit eu de la
foiblesse pourson Amant,
les flatteurs appelloient au
secours de sa reputation
quelque Divinité favorable,
qu 'on fuppofoit avoir
triomphé de son insensibilité.
Ces fortes de galanteriesestoient
mesme si honorables
,
qu'il n'y avoit
pas jusqu'aux Epoux qui
ne les favorisassent. L'histoire
deMundus & de Pauline
n'en est pas le seul
exemple,&c..
Apres avoir découvert
l'origine des Fables,
l'Autheur commence
l'histoire des Dieux.
Ilestbien difficile de
fixerl'époque del'idolatrie,&
de dire précisément
parquielle acommencé;
car qnoyque iTcrKure
nous apprenne que lesen-
:
fanes de Caïn tombèrent
dans l'idolatrie ellene.
nous dit riend'explicite
deces Idolatres.Ansi
iln'est pas moins difficile
dedéciderquel enaesté le j
premierobjet. l es uns pré-;
tendentqu'onacommencé !
paradorer lesAstres.D'autres
veulent que la plus ancienne
idolatriea esté celle
des deux Principes
,
c'està
dire de reconnoistre un
bon & un mauvais Genie
à qui on
sacrifia,àl'un
par
reconnoissance du bien
qu'on encroyoitrecevoir,
& à l'autre par la crainte
des maux qu'il pouvoit
causer,&c.. ~-t
D'autresontcruqueles
bonsAnges mediateursentre
Dieu & les hommes
avoient cft-c le premier
objet de l'idolatrie. Quoyqu'il
en soit, il est certain
quel'idolatrie ne fut pas
d'abord si grossiere qu'elle
le devint par degrez. On
n'adora au commencement
que lesAstres, &sur
tout le Soleil & la Lune
> delà on passa à l'adoration
des Elements,& ensuite à
celle des choses animées,
comme des Princes & des
autres hommes illustres
,
& enfin les choies inanimées
& mesmes les plus
viles devinrent l'objet du
culte des hommes.
Comme le nombre de
ces faux Dieux devint presque
infini, ils les diviserenten
plusieursclasses. La
premiere
premiere estoit de ceux
qu'ils appelloient majorum
gentium Dii. C'estoient des
Dieux estrangers ; comme
le Soleil & les autres Astres.
La seconde classe estoit
deceuxqu'ilsnommoient
minorumgentium & c'estoient
des Dieux dedifferents
Peuples.
On les * divisa ensuite
en grands Dieux ou Dieux
du Conseil. Les Grecs en
connoissoient douze de
cette forte; Junon, Vesta,
Minerve, Cerés
,
Diane,
Venus, Mars
,
Mercure,
Jupiter , Neptune
,
Vulcain,&
Apollon.
Les Romains y en joignirent
huit autres qu'ils
nommoienr Dieux choisis.
Sçavoir, Janus
,
Saturne, leGenie,leSoleil, la Lune,
Pluton, Bacchus, &
l'ancienneVesta
, ou la
Terre.
Ensuite venaient les
Dieux Senones, qu'on ne
croyoit pas assez grands
pour habiter dans le Ciel.
; IlYavoitaussi desDieux
communs quifavorisoient
les Partis, comme Mars,
Bellone&
Il y en avoir outre cela
dans chaque Pays qu'on
nommoit Indigetcs
, parce
qu'ils estoient rousjours
prestsàécouter.les besoins
de çeux qui avoient recoursàeux.
Il y avoir encore les
Dieux Cabbires
, comme
qui dirotc Associez. Les
Historiens en varient le
nombre.Quelques-uns n'en
admettent que deux :
sçovoir
; Jupiter & Bacc hus;
d'autresveulent qu'il y en
aie quatre qui fontCerés,
Proserpine, Pluton & Mercure.
OnenadoroitenSicile
d'une especeparticulière
qu'on nommoitPalices,&c
Enfinonconnoissoitdes
Dieux particulier, comme
les Dieux Penates,les Dieux
Lares
-%
que chacun adoroit
dans sa maison,&lesDieux
Compitales
,
qu'on adoroit
dans les Carrefours; sans
parler de la populace des
Dieux,comme les Nymphes
,les Syrenes, les. Satyres,&
c. On y peut joindre
encore des Dieux Animez
&desDieuxNaturels
Les premiers estoient ou
les Démons,ou les Ames
des grands Hommes
, ou
des Esprits bienfaisants.
Les autres n'estoient. que
les symboles fous lesquels
on adoroit ou la nature
entiere commePan ou
quelques-une de ses parties,
comme Apis,Dagon
,
&c.
Au reste pour donner
une idée generale de tous
ces Dieux, il n'ya qu'à
dire qu'ils estoientCelestes
ou Terrestres,Aquariques
-
ouInsernaux
La plupart des Dieux
n'ontcité que des hommes
illustres,&souvent plus
recommandables par leurs
vices que par leurs adions
heroïques. Coelus par
exemple
, ou Ouranos
qui estoit fils d'Agamemnon
& petit filsde Gomer,
se rendit maistre d'une
grande parrie de la Grece
par la bravoure. Il épousa
Tirée la soeur dont il eut
Titan, Hisperion Japher,
&Saturne.Celuy -cv quoyque
le plus jeune eut assez
d'esprit & d'intrigue pour
monter sur le tronc,au
préjudice deles aînez à
conditiontoutefois que
,Tiran
Titanvyr~e"Cm:1ioarn~t{rrooiittap;1 prèréssssaa
mort.Saturneayantépousé
sRahceraif(iaersàoeCuroe,lursessoolnuptedree.
toussesenfants mallies
, mais sa femme trouva le
moyen de sauver Jupiter
en substituant un autre en
sa placé, cequrobligea
Tiran à Ce revolcer contre
Saturne qui fut mis en prison.
-"
*î -t Mais Jupiter estant devenu
grand se fit des brigues,
&fit la guerre a son
oncle & aux Titans, 5z
restablis son pcrc sur le
trône; mais Saturne s'éslantbrouilléavec
Jupiter,
fut ensuite deposé par luy,
& obligé de s'enfuir en
Italie
,
ou quelque temps
aprèss'estant ligué avec les
Titans contre Jupiter, ce.
luy-cy les défit tous prés le
Tartesse & les chassa des
Gaules & des Espagnes, &
& enfin après soixante 5c
deux ans de regneil mourut
dans l'Ille de Crete, où
l'on voyoit anciennement
cette
cette Epitaphe sur son
Tombeau. Cy gist Zan que
l'on nommoitJupiter. Com-
! me il demeuroit ordinai-
I rement sur leMont Olymf
pe , on le regarda depuis
comme Dieu du Ciel. Ce
! qui a donné lieu auxPoëtes
l
de dire que Jupiter avoit
lperécipitez les Titans dans
Tartare) où Neptune les
tenoit enfermez
,
etfparcequ'il
les avoir defait prés
de Cadix qu'on regardoit
alors comme le bout du
monde. Neptune est dit
Dieu de la Mer parce qu'il
estoit Amiral de la flotte
de Jupiter.. Pluton n'a parte
pour
le
Roy des Enfers
,
que parce qu'il eut ce Pays
en partage,&qu'il faisoit
faisoit travail ler aux m
falfoit travailler -•* im<
ncs. •
Cette mesme guerre a j
donné lieu à lavable qui
.tiit que les Geans voulurent
détrôner JupiterJ
&c. 'J
La raison pourquoy on
les a fait passer pourles enfants
du Ciel & de la Terre,
c'est qu'ils estoient des- *
cendu d'Ouranus qui en
longue Grecque signifie
Ciel,& deTirée ou Titeia
qui en langue Celtique
veut dire Terre. Le
mot de Geant veut dire
pareillemment forti de
Terre, du Grec yti, terra ôc
Îd61
,
nascor.
Voilàledénouement
de toutes les Fables que
quelques-uns expliquent
autrementy disant que Saturne
est le mesme que
Noé,&queJupiter, Neptune
& Pluton n'ont esté
autres que Sem
,
Cham
Japhet, ôc que lacruauté
de Jupiter envers son pere, i
n'est qu'une imitation de 1
la curiositédeCham ou
Chanaan, mal interprétée.
Comme Mercure estoit
le plus braveSe le plus adroit
de tous les enfants de
Jupiter, ce Prince s'en fervoit
ordinairement pour
les négociations qu'il avoit
avec les Princes voisins.& 1
c'est sans doute ce qui l'a j
fait nommer Messager des
Dieux. Les Gaulois mesme
le regardaient comme l'inc?
venteur des beaux Arts.
&c.
Diodore nous apprend
que prés laVillede Memphis
est un Lac nommé
Acherusie,au delà duquel
on enterroit anciennement
les morts: de forte qu'aprés
lesavoir embaumez y
on les portoit sur le rivage
d'où l'on indiquoit aux
Juges le jour de leur passage.
Ils s'y rendoient pour
faire le Procez aux Morts
qui devoient passer
; on
examinoit la vie qu'ils
avoient mené, & s'ils es.
toient jugez dignes de fopulture
on faisoit. passer
leurs cadavres dans une
barque par un Batelier qui
en langue du Pays s'appelloit
Caron. Ceux qui estoient
jugez indignes de la <
pulture, ne passoient point
le Lac,&estoient jettez à
la voirie ou enterrez fecrettement.
Cettecoutumeestoit
aussi pratiquée a l'égard
des Princes mesmes,
ce qui ne contribuoit pas
peu à retenir les vivants
dans leur devoir. Comme
le Batelier prenoit quelque
droit pour le passage
, on
avoit coutume de mettre
une piece d'argent fous la
langue dumort. -'
Au-delà du Lac Acherusse
estoient des bois u
des bocages charmants
,
un Temple consacré à He-
CcttCyte deux autres fameux
Marais le Cocite & le Le-'
thé. Il y avoit encore prés
de là une autre Ville nommée
Achante, où un Pre..
stre versoit tous les jours
mysterieusement. de l'eau
du Nil dans un vaisseau
percé. Il y a grande apparence
que ces sepultures estoient
gardées par quelques
chiens de peur qu'on
ne vint déterrer ces Mo.
mies. Toutcelaa donné
cccasion à la Fabie des Poëtes
touchant le sejour des
Ames heureuses dans les
Champs Elisées, leur paffage
par la Barque à Caron,&
c. -:
Mais ce qui a fait appeller
Cerbere
,
le Chien
qui gardoit l'entrée de cet
Enfer, est un affreux Serpentou
Dragon qui habitoit
autrefois la Caverne
de Tenare. Parce qu'on regardoit
l'entrée de cette
1 Caverne comme la bouche
de l'Enfer, on a pris de là •
occasion de dire que ce
Dragon estoit le Portier de
ces tristes demeures. Voilà
le Chien des Enfers.
*ï& Pour ce qui est des Furies&
desParques
,
l'Autheur
en attribue l'origine
à l'imagination des Poëtes,
& dans tout le reste de son
Livre ,
il démêlesçavamment
la verité des évene.
ments historiques d'avec
les imaginations fabuleuses
qui les ont défigurez.
At. Ce Livre qui se vend à
Paris chez le Breton, au j
bout duPont- neuf, entre la
ruëDauphine & lar ruë 1
GGuenegaudd,a',étécomposé, ?
par M. L. B.
Explicationbiflorique des
Fables
y
où l'on découvre leur
origine & leur conformité
avec l'histoire ancienne, &' où
l'on rapporte les époques des
Héros,
Hérosj edes principaux événements
dont il estfait men- tion.- Si les Anciens revenoient
nous parler de
bonne foy
,
ils roien,tq,u-'iflsn'on*t pas
cru mettre dans leurs
Fables obscures toutes
les beautez que nous y
voyons. ( - - On y a trouvé tout ce
qu'on a voulu, dit l'Auteur;
le Physiçien y a ap- ;
perçu les mystere-s de la
Nature; k Politique
,
les
rafinements de la SageUey
le Philosophe
,
la Morale
laplus pure;& le Chymi- ;
fte y trouve les Secrets les :
plus importants de son;
Art,&c.; Quoyqu'on ne puissè i
;
douter que les Fables ne
renferment une partie de j
l'Histoire , il ne faut pas
1
croire cependant que tou-;
tes les circonstances yfassentallusion,
&c.i Les Poètes quiont esté.
les premiers Historiens, y
ont mêle la vérité avec les
vains oirnements de la. Fsh
ble.C'est lepremier estat,
Se pour ainsi direl'enfance
des Fables, &c.
Ccux qui dans la fuite
traitèrent des mesmes fujets
, y mêlerenc aussi plurieurs
- i circonstances par
rapport à leur Philosophie,
;'& à leur Religion; ainsi,
les mêmesFablesquin'estoient
d'abord qu'historiques
devinrent dans la
fuite, morales
,
theologiques,
& physiques
) &c.
r Les événements de ces
Fables n'ayantpas paruaux
Poètes assèz glorieux pour
les Héros qu'ils vouloient
chanter, ils y ont mêlé
millefictions pompeuses
qui ont passez pour des événementsréels.
C'est à les
développer, àles démêler,
& a voir ce qui peut y avoir
donné lieu
y que l'Auteur
de ce Livre stefi: uniquement
attaché,&c.
On peut distinguer dans
les Poëtes cinq fortes de
Fables. Les Fables historiques
font d'anciennes HLstoiresmêlées
avec plufielirs.
fiâions- telles font
celles qui nous parlent
d'Hercules, de Jason,&c.
Les Fables philosophiques
font cellesque les Anciens
ont inventées comme
des paraboles propresà envelopper
les my steres de
leur Philosophie ; comme
quand ils nousdépeignent
l'Ocean par des Fleoves &c. ,
Les allegoriques- font
aufil des paraboles où ils
cachent quelques sens myfterieux;
commecelle que
Platon racontede Porus$c
dePenie,ôcc..
Les morales font celles
qu'on a inventées pour debiter
quelques precepres
propres à regler les moeurs;
telles sonn les Fables defope,
& autres semblables
Apologues,&C..
Les Fables inventees a • plaisir font celles qui n'ont
daufre but que le divertit
sement ; comme celles de PlÎché. Generalemenc
parlant, il y atres- peu de
-Fables dans lesAnciensqui
ne renferment quelque
traitd'hiftoire^&c.
SourCe8 des Fables.
La vanité des hommes
est sans doute la premiere
source des Fables;lavérité
ne leur ayant pas tousjours
paru assez belle ni assez
amusante
,
ils ont cru que
pour paroistre elle avoit
besoin du merveilleux ôc
du sublime,&c.
Avant que l'usage des
lettres fut introduit dans la
Grece, les grands évenements
& les belles actions
n'avoient d'autres monumentsque
lamemoire des-,
hommes, ou tout au plus
quelques hiéroglyphes obscurs,
& dont le sens toûjours
ambigu pouvoit si- * gnifier tout ce qu'on vouloit
; de sorte que pour perpetuer
lesouvenirde leurs
faits éclatants, les peres les
racontoient aux enfants
lX. suivant la louable coutume
de ne dire jamais les
choses simplement aux jeunes
gens,ilsmêloient dans
le récit des avantures quel-
-
ques circonstances propres
à les y rendre attentifs, & aenfairesouvenir.Ainsise
remplissoit d'idées sublimes
la memoire & l'imagination
foible des enfants - :
,
qui 1
qui venant dans la fuite à
raconter les mesmes choses
à leur tour ,
yajoustoient
encore quelques autres circonstances,
ensorte que
quand on avoulu faire des
Annales deces Histoires,
on n'atrouvé d'autres monuments
que cette tradition
confuse & défigurée,
&c
Anciennementonavoit
coutume de loüer les Heros
après leur mort, & les
jours de leursfestes par
des Panegyriques estudiez,
r
où de jeunes Rheteuts
,
dont on vou loir éprouver
le genie par ces coups d'essay,
se donnoient une enticre
libertéde feindre ôc
d'inventer tout ce qui pouvoit
contribuer à la gloire
desHeros qu'ils representoient
non tels qu'ilsavoient
esté, mais tels qu'ils
auroient dû estre Ainsi
lorsque dans la suite on a
voulu faire l'histoirede ces
grandsHommes
, on n'a
pû travailler que sur des
memoires plus fabuleux
que verita bles, &c.
Les Voyageurs & les
Marchandsontaussi beaucoupgastél'histoire
par
leurs relations fabuleuses:
carcessortesdegensestant *
cy ordinairement ignorants
ou menteurssetrompent
eux-mêmes en voulant
tromper les autres, 'tcc.TX
'H! Ce qui a donné lieu à
la multiplication des Héros
,
c'est qu'on a partagé
entre plusieurs les actions
d'un seul sous differents
noms. Mercurepar exem-
,
ple qui s'appellpit Teutas
chez nos anciens Gaulois,
se nommoit Faune en Italie
, &: Hermés chez les
Grecs, &c.Aucontraire
on a multiplié les actions
d'un seul Heros en luy
attribuant celles de plusieurs
sous un même nom
comme dans l'histoire
d'Hercules de Thebes ou j
l'on a mêlé les voyages & 1
les actions d'HerculesPhenicien,
& de plusieurs autres
Heros de même nom,
&c.
1 Tous les hommes sestant
trouvées submergez
par les eaux du Deluge,
excepté Noé & sa famille
,
le monde ne pust estre repeuplé
que tres-longtemps
après. Mais quoyq e la
Syrie,la Palestine
,
l' Arabie,
l'Egypte, & lesautres
Pays les plus proches du
lieu où 1 Arches'arresta
furent repeuplez les premiers,&
long-tempsavant
les Provinces d'Occident,
cependant il ne laissoit pas
de s'échapper de temps en
temps quelques-uns des
plus hardis pouraller chercher
fortune ailleurs.Ceux
qui arriverent les premiers
dans la Grece, y vécurent
dans une ignorance & une
grossieretéestonnante, sans
Arts, sans Coutumes ; sans
Loix; se couvrant de seüilles
, & broutant l'herbe
commedes bestes. Quand
dans la fuite les estrangers
Egyptiens & Pheniciens
gens plus polis & plus sçavants,
y arrivèrent, ils tâchèrent
d'adoucir , l'humeur
feroce & barbare de
ces premiers habirancs
leur firent part de leurs
Couru mes &: de leurs Loix,
&leurapprirent la manierede
s'habiller, de se nourrir
& de cultiver la terre.
Cette nouvelle maniere de
vivre leur parut si belle,
que ne sçachant comment
leur,témoigner la reconnoissance
qu'ils en avoient,
ilsles prirentpour des
hommes envoyez du ciel ,
& les regarderentcomme
des Dieux à qui ils sacrifierent.
C'est ce qui a donné
lieu àla Fable qui dit que
Promethée avoir dérobe le
feu du ciel
,
c'est à
-
dire,
l'esprit divin,&c.., Ilya beaucou p d'apparence,
& la pluspart des
Sçavants en sont persuadez
, que presquetoutle
sublime & lesurnaturel
qui setrouve dans les ouvrages
fabuleux desPoëtes,
est tirédequelquescirconstances
de la vie de Noé,
: de Moyse, de Josué ,'&
de quelques autres Heros
de l'Ecriture Sainte l,AleC
quels
-1 ayant répandu le
bruit de leurs bellesactions
jusqu'en Egypte
, en Phenicie,
&: jJns plusieurs au- tres Pays, ces Peuplesidolatres,
& sur tout les Grecs
grands amateursdu sublime
& du surnaturel, ne
manquerent pas d'en emrbellir
dans la suite l'histoire
de leurs è-Iclos. Celles
d'Hercules &de Bacchus,
ont beaucoup de ressemblance
avec Josué & Moyse.
Celles de Deucalion U
deSaturne, avec Noëlle
Deluge,&c.
r'.
Pour ce quiregarde les
Arts & les Sciences,ils
substituent a tout propos
leurs Divinitez fabuleuses
a la place des anciens Patriarches
,quel'Ecriture
nous apprend en avoir esté
les premiers inventeurs. J
Jubal
,
par exemple
,
fut
l'inventeurde la Musique; : delà vicnt leur Apollon
qu'ilsfont encore inventeur
des Sciences au lieu de
Moyse. D'A bel qui le premier
a mené lavie piflorale,
ilsont fait Pan. Vulcain
pour Tubalcaïn a le
premier appris à forger le Fer. Cemesme Vulcain
qu'ils disent estre tombé
du Ciel n'est autre chose
que Moyse descendu de la
Montagne Au reste
l'histoi,r..,e des Grecs ne
commença à devenir un
peu raisonnable que du
tempsdesOlympiades, 6c
du temps d'Esdras
,
c'està-
dire,long-temps aprés
la guerre de Troye. Tout
ce qui se passa auparavant
n'estque confusion & que
chimère.
Les temps inconnus
font depuis la Creation
jusqu'au Deluge d'Ogigis.
arrive vers l'an 2240. Les
temps fabuleux renferment
ce qui s'est palle depuis
ce Deluge jusqu'à la
premiere Olympiade qui
tombe sur la 3203. Enfin
les temps historiques regardentcequis'est
écoulé
depuis l'establissement des
Olympiades, &c.
Le peu d'habileté qu'on
avoitdans l'Art de la Navigation
& dans la Geographie,
a donnélieu à
beaucoup de Fables aussibien
que le soin charitable
qu'onavoit de sauver
l'honneur des Dames galantes.
Lorsque quelques
Princesses avoit eu de la
foiblesse pourson Amant,
les flatteurs appelloient au
secours de sa reputation
quelque Divinité favorable,
qu 'on fuppofoit avoir
triomphé de son insensibilité.
Ces fortes de galanteriesestoient
mesme si honorables
,
qu'il n'y avoit
pas jusqu'aux Epoux qui
ne les favorisassent. L'histoire
deMundus & de Pauline
n'en est pas le seul
exemple,&c..
Apres avoir découvert
l'origine des Fables,
l'Autheur commence
l'histoire des Dieux.
Ilestbien difficile de
fixerl'époque del'idolatrie,&
de dire précisément
parquielle acommencé;
car qnoyque iTcrKure
nous apprenne que lesen-
:
fanes de Caïn tombèrent
dans l'idolatrie ellene.
nous dit riend'explicite
deces Idolatres.Ansi
iln'est pas moins difficile
dedéciderquel enaesté le j
premierobjet. l es uns pré-;
tendentqu'onacommencé !
paradorer lesAstres.D'autres
veulent que la plus ancienne
idolatriea esté celle
des deux Principes
,
c'està
dire de reconnoistre un
bon & un mauvais Genie
à qui on
sacrifia,àl'un
par
reconnoissance du bien
qu'on encroyoitrecevoir,
& à l'autre par la crainte
des maux qu'il pouvoit
causer,&c.. ~-t
D'autresontcruqueles
bonsAnges mediateursentre
Dieu & les hommes
avoient cft-c le premier
objet de l'idolatrie. Quoyqu'il
en soit, il est certain
quel'idolatrie ne fut pas
d'abord si grossiere qu'elle
le devint par degrez. On
n'adora au commencement
que lesAstres, &sur
tout le Soleil & la Lune
> delà on passa à l'adoration
des Elements,& ensuite à
celle des choses animées,
comme des Princes & des
autres hommes illustres
,
& enfin les choies inanimées
& mesmes les plus
viles devinrent l'objet du
culte des hommes.
Comme le nombre de
ces faux Dieux devint presque
infini, ils les diviserenten
plusieursclasses. La
premiere
premiere estoit de ceux
qu'ils appelloient majorum
gentium Dii. C'estoient des
Dieux estrangers ; comme
le Soleil & les autres Astres.
La seconde classe estoit
deceuxqu'ilsnommoient
minorumgentium & c'estoient
des Dieux dedifferents
Peuples.
On les * divisa ensuite
en grands Dieux ou Dieux
du Conseil. Les Grecs en
connoissoient douze de
cette forte; Junon, Vesta,
Minerve, Cerés
,
Diane,
Venus, Mars
,
Mercure,
Jupiter , Neptune
,
Vulcain,&
Apollon.
Les Romains y en joignirent
huit autres qu'ils
nommoienr Dieux choisis.
Sçavoir, Janus
,
Saturne, leGenie,leSoleil, la Lune,
Pluton, Bacchus, &
l'ancienneVesta
, ou la
Terre.
Ensuite venaient les
Dieux Senones, qu'on ne
croyoit pas assez grands
pour habiter dans le Ciel.
; IlYavoitaussi desDieux
communs quifavorisoient
les Partis, comme Mars,
Bellone&
Il y en avoir outre cela
dans chaque Pays qu'on
nommoit Indigetcs
, parce
qu'ils estoient rousjours
prestsàécouter.les besoins
de çeux qui avoient recoursàeux.
Il y avoir encore les
Dieux Cabbires
, comme
qui dirotc Associez. Les
Historiens en varient le
nombre.Quelques-uns n'en
admettent que deux :
sçovoir
; Jupiter & Bacc hus;
d'autresveulent qu'il y en
aie quatre qui fontCerés,
Proserpine, Pluton & Mercure.
OnenadoroitenSicile
d'une especeparticulière
qu'on nommoitPalices,&c
Enfinonconnoissoitdes
Dieux particulier, comme
les Dieux Penates,les Dieux
Lares
-%
que chacun adoroit
dans sa maison,&lesDieux
Compitales
,
qu'on adoroit
dans les Carrefours; sans
parler de la populace des
Dieux,comme les Nymphes
,les Syrenes, les. Satyres,&
c. On y peut joindre
encore des Dieux Animez
&desDieuxNaturels
Les premiers estoient ou
les Démons,ou les Ames
des grands Hommes
, ou
des Esprits bienfaisants.
Les autres n'estoient. que
les symboles fous lesquels
on adoroit ou la nature
entiere commePan ou
quelques-une de ses parties,
comme Apis,Dagon
,
&c.
Au reste pour donner
une idée generale de tous
ces Dieux, il n'ya qu'à
dire qu'ils estoientCelestes
ou Terrestres,Aquariques
-
ouInsernaux
La plupart des Dieux
n'ontcité que des hommes
illustres,&souvent plus
recommandables par leurs
vices que par leurs adions
heroïques. Coelus par
exemple
, ou Ouranos
qui estoit fils d'Agamemnon
& petit filsde Gomer,
se rendit maistre d'une
grande parrie de la Grece
par la bravoure. Il épousa
Tirée la soeur dont il eut
Titan, Hisperion Japher,
&Saturne.Celuy -cv quoyque
le plus jeune eut assez
d'esprit & d'intrigue pour
monter sur le tronc,au
préjudice deles aînez à
conditiontoutefois que
,Tiran
Titanvyr~e"Cm:1ioarn~t{rrooiittap;1 prèréssssaa
mort.Saturneayantépousé
sRahceraif(iaersàoeCuroe,lursessoolnuptedree.
toussesenfants mallies
, mais sa femme trouva le
moyen de sauver Jupiter
en substituant un autre en
sa placé, cequrobligea
Tiran à Ce revolcer contre
Saturne qui fut mis en prison.
-"
*î -t Mais Jupiter estant devenu
grand se fit des brigues,
&fit la guerre a son
oncle & aux Titans, 5z
restablis son pcrc sur le
trône; mais Saturne s'éslantbrouilléavec
Jupiter,
fut ensuite deposé par luy,
& obligé de s'enfuir en
Italie
,
ou quelque temps
aprèss'estant ligué avec les
Titans contre Jupiter, ce.
luy-cy les défit tous prés le
Tartesse & les chassa des
Gaules & des Espagnes, &
& enfin après soixante 5c
deux ans de regneil mourut
dans l'Ille de Crete, où
l'on voyoit anciennement
cette
cette Epitaphe sur son
Tombeau. Cy gist Zan que
l'on nommoitJupiter. Com-
! me il demeuroit ordinai-
I rement sur leMont Olymf
pe , on le regarda depuis
comme Dieu du Ciel. Ce
! qui a donné lieu auxPoëtes
l
de dire que Jupiter avoit
lperécipitez les Titans dans
Tartare) où Neptune les
tenoit enfermez
,
etfparcequ'il
les avoir defait prés
de Cadix qu'on regardoit
alors comme le bout du
monde. Neptune est dit
Dieu de la Mer parce qu'il
estoit Amiral de la flotte
de Jupiter.. Pluton n'a parte
pour
le
Roy des Enfers
,
que parce qu'il eut ce Pays
en partage,&qu'il faisoit
faisoit travail ler aux m
falfoit travailler -•* im<
ncs. •
Cette mesme guerre a j
donné lieu à lavable qui
.tiit que les Geans voulurent
détrôner JupiterJ
&c. 'J
La raison pourquoy on
les a fait passer pourles enfants
du Ciel & de la Terre,
c'est qu'ils estoient des- *
cendu d'Ouranus qui en
longue Grecque signifie
Ciel,& deTirée ou Titeia
qui en langue Celtique
veut dire Terre. Le
mot de Geant veut dire
pareillemment forti de
Terre, du Grec yti, terra ôc
Îd61
,
nascor.
Voilàledénouement
de toutes les Fables que
quelques-uns expliquent
autrementy disant que Saturne
est le mesme que
Noé,&queJupiter, Neptune
& Pluton n'ont esté
autres que Sem
,
Cham
Japhet, ôc que lacruauté
de Jupiter envers son pere, i
n'est qu'une imitation de 1
la curiositédeCham ou
Chanaan, mal interprétée.
Comme Mercure estoit
le plus braveSe le plus adroit
de tous les enfants de
Jupiter, ce Prince s'en fervoit
ordinairement pour
les négociations qu'il avoit
avec les Princes voisins.& 1
c'est sans doute ce qui l'a j
fait nommer Messager des
Dieux. Les Gaulois mesme
le regardaient comme l'inc?
venteur des beaux Arts.
&c.
Diodore nous apprend
que prés laVillede Memphis
est un Lac nommé
Acherusie,au delà duquel
on enterroit anciennement
les morts: de forte qu'aprés
lesavoir embaumez y
on les portoit sur le rivage
d'où l'on indiquoit aux
Juges le jour de leur passage.
Ils s'y rendoient pour
faire le Procez aux Morts
qui devoient passer
; on
examinoit la vie qu'ils
avoient mené, & s'ils es.
toient jugez dignes de fopulture
on faisoit. passer
leurs cadavres dans une
barque par un Batelier qui
en langue du Pays s'appelloit
Caron. Ceux qui estoient
jugez indignes de la <
pulture, ne passoient point
le Lac,&estoient jettez à
la voirie ou enterrez fecrettement.
Cettecoutumeestoit
aussi pratiquée a l'égard
des Princes mesmes,
ce qui ne contribuoit pas
peu à retenir les vivants
dans leur devoir. Comme
le Batelier prenoit quelque
droit pour le passage
, on
avoit coutume de mettre
une piece d'argent fous la
langue dumort. -'
Au-delà du Lac Acherusse
estoient des bois u
des bocages charmants
,
un Temple consacré à He-
CcttCyte deux autres fameux
Marais le Cocite & le Le-'
thé. Il y avoit encore prés
de là une autre Ville nommée
Achante, où un Pre..
stre versoit tous les jours
mysterieusement. de l'eau
du Nil dans un vaisseau
percé. Il y a grande apparence
que ces sepultures estoient
gardées par quelques
chiens de peur qu'on
ne vint déterrer ces Mo.
mies. Toutcelaa donné
cccasion à la Fabie des Poëtes
touchant le sejour des
Ames heureuses dans les
Champs Elisées, leur paffage
par la Barque à Caron,&
c. -:
Mais ce qui a fait appeller
Cerbere
,
le Chien
qui gardoit l'entrée de cet
Enfer, est un affreux Serpentou
Dragon qui habitoit
autrefois la Caverne
de Tenare. Parce qu'on regardoit
l'entrée de cette
1 Caverne comme la bouche
de l'Enfer, on a pris de là •
occasion de dire que ce
Dragon estoit le Portier de
ces tristes demeures. Voilà
le Chien des Enfers.
*ï& Pour ce qui est des Furies&
desParques
,
l'Autheur
en attribue l'origine
à l'imagination des Poëtes,
& dans tout le reste de son
Livre ,
il démêlesçavamment
la verité des évene.
ments historiques d'avec
les imaginations fabuleuses
qui les ont défigurez.
At. Ce Livre qui se vend à
Paris chez le Breton, au j
bout duPont- neuf, entre la
ruëDauphine & lar ruë 1
GGuenegaudd,a',étécomposé, ?
par M. L. B.
Fermer
Résumé : Livres nouveaux, [titre d'après la table]
Le livre 'Explication biflorique des Fables' examine l'origine et la conformité des fables avec l'histoire ancienne, ainsi que les époques des héros et des principaux événements mentionnés. L'auteur souligne que les Anciens n'ont pas intentionnellement caché des beautés dans leurs fables. Les fables ont été interprétées de diverses manières par les Physiciens, les Politiques, les Philosophes et les Chimistes, chacun y trouvant des mystères ou des secrets selon leur domaine. Elles mêlent vérité et fictions, évoluant au fil du temps pour inclure des aspects moraux, théologiques et physiques. L'auteur distingue cinq types de fables : historiques (comme celles d'Hercule et de Jason), philosophiques (utilisant des paraboles pour enseigner des mystères), allégoriques (cachant des sens mystérieux), morales (transmettant des préceptes) et celles inventées pour le divertissement. La plupart des fables anciennes contiennent des traits d'histoire. Les sources des fables incluent la vanité humaine, la nécessité de rendre les récits plus amusants et sublimes, et la tradition orale. Avant l'écriture, les événements étaient transmis oralement, enrichis de fictions pour captiver l'audience. Les panégyriques et les récits des voyageurs et marchands ont également contribué à la multiplication des fables. Les fables grecques et romaines ont souvent embelli les actions de héros comme Hercule et Bacchus, inspirées par des figures bibliques comme Noé, Moïse et Josué. Les arts et les sciences étaient souvent attribués à des divinités fabuleuses plutôt qu'à des patriarches bibliques. L'histoire grecque est devenue plus raisonnable à partir des Olympiades et du temps d'Esdras. Les temps sont classés en inconnus (jusqu'au Déluge), fabuleux (jusqu'à la première Olympiade) et historiques (après les Olympiades). La navigation et la géographie ont également influencé les fables, ainsi que le désir de protéger la réputation des dames galantes. Le texte explore ensuite les mythes grecs et leurs interprétations. Saturne, ayant épousé Rhéa, fut contraint par son père Titan de l'emprisonner. Rhéa sauva Jupiter en substituant un autre enfant à sa place, ce qui poussa Titan à se révolter contre Saturne. Jupiter, devenu adulte, fit la guerre à son oncle et aux Titans, rétablit son pouvoir et déposa Saturne, qui s'enfuit en Italie. Après une nouvelle rébellion avec les Titans, Jupiter les défit près du Tartesse et les chassa des Gaules et des Espagnes. Il régna soixante-deux ans et mourut en Crète. Les mythes expliquent que Jupiter fut considéré comme le dieu du Ciel, Neptune comme le dieu de la Mer, et Pluton comme le roi des Enfers. La guerre contre les Géants, enfants du Ciel et de la Terre, est également mentionnée. Le texte explore aussi les rôles de Mercure, considéré comme le messager des dieux et inventeur des beaux-arts chez les Gaulois. Diodore décrit des coutumes funéraires près de Memphis, où les morts étaient jugés avant d'être transportés par Caron. Ces pratiques ont inspiré des fables sur le séjour des âmes dans les Champs Élysées et le chien Cerbère gardant l'Enfer. L'auteur démêle la vérité historique des imaginations fabuleuses des poètes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
40
p. 49-75
EPITRE à Madame D**** sur le veritable Amour.
Début :
Du faux encens dédaigneuse ennemie, [...]
Mots clefs :
Dieux, Amour, Vertu, Paix, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE à Madame D**** sur le veritable Amour.
EPITRE
à Madame D ****
fur le veritable Amour.
Dufaux encens dédaigneuſe
ennemie
Qui dans le vray par l'e.
xemple affermic ,
Sçavez fi bien de tout éloge
plat ,
Diftinguer l'art d'un pinceau
délicat :
Sage Uranie , en qui le don
de plaire ,
Février 1711. Bb
50 PIECES
Eft joint au don de hair le
vulgaire ,
De démêler , libre en vos
fentimens ,
Les préjugez de fes faux
jugemens ;
Et d'abhorrer ces loüanges
guindées ,
Qui n'ont d'appuy que fes
folles idées :
Si quelqu'Auteur pour vous
faire fa cour ,
S'imaginant avoir pris un
beau tour
Vous décrivoit dans fes
peintures feiches ,
" Le Dieu d'Amour , fon carFUGITIVES.
St
quois , & fes fléches :
De la raifon ennemy
langoureux
,
Et de nos fens enchanteur
doucereux ,
Vous déploiant ces lieux
communs poftiches ,
Dont l'Opera brode fes
hemiſtiches :
Sur ce tableau frivolement
conceù ,
Probablement il feroit mal
receu ,
De vous chanter en rimes
indifcretes ,
Que cet Amour ne fe plaît
qu'où vous cftes ;
Bb ij
52 PIECES
Qu'il regne en vous , qu'il
fuit par tout vos pas ,
Et qu'il languit où l'on ne
vous voit pas.
Mais fi quelqu'un plus fage
& plus habile
Vous dépeignoit d'un
crayon moins fterile
Le même Amour
, non tel
qu'on l'avoit feint
Mais en effet , tel qu'il doit
eftre peint
:
Tel qu'autrefois l'ont vŷ
nos premiers fages ,
Lors qu'au Parnaffe attirang
leurs hommages ,
FUGITIVES . 53
cux de guirlan- Le Dieu
par
des orné ,
Fût dans la Grece en triomphe
amené ;
Si pourfuivant cette noble
peinture >
Il vous traçoit d'une main
libre & feure ,
Ces vifs rayons , ces fublimes
ardeurs
Ce feu divin qu'il répand
dans les coeurs ,
Dont la fplendeur les éclaire
& les guide
Dans les fentiers de la vertu
folide :
Vous faifant voir affis à fon
côté Bb iij
54
PIECES
L'Honneur , la Paix , la Vertu
, l'Equité ;
Peut -être alors à le bannir
moins prompte
Vous fouffririez , fans rougeur
, & fans honte ,
Que ce Dieu vint embellir
vôtre Cour :
Connoiffez donc ce que c'eſt
que l'Amour ;
Et deformais l'ame débarafféc
Des préjugez d'une troupe
infenfée ,
Qui ne l'a peint que fous de
faux portraits
;
Gardons nous bien d'en
FUGITIVES .
juger fur leurs traits
De le confondre avec ce
Dieu frivole ,
De qui l'erreur nous a fait
une Idole
Et qui n'épand que des feux
criminels.
Ces deux rivaux ennemis
érernels ,
L'un fils du Ciel ; l'autre né
de la Terre ,
Se font entre eux une immortelle
guerre ;
Plus fignalez en leur divifion
,
Que les Heros de Grece ,
& d'llion.
Bb iiij
66 PIECES
Quelqu'un peut - eftre à ce
début miſtique ,
Va me traiter de cerveau
fanatique
Et me voyant monter fur
ce haut ton >
Traiter l'Amour en ftile de
Platon ,
M'objectera qu'une jeune
Heroïne ,
Mériteroit un peu moins
de doctrine .
Mais fans répondre à ce
langage vain
Laiffons - le en paix fon
Cyrus à la main :
De nos raifons l'ame peu
combatue
,
FUGITIVES . 7
Du Dieu d'Amour encen
fer la ftatuë ,
Et poursuivons nos propos
commencez .
Jadis fans choix les humains
difperfez ,
Troupe feroce & nourrie au
carnage ,
Du feul inftinct fuivoient
la loy fauvage:
Se renfermoient dans les
autres cachez ;
Et des forêts par la faim
arrachez ,
Alloient errans au gré de la
nature
Avec les Ours difputer la
pâture.
58 PIECES
De ce cahos l'Amour répara
teur
Fût de leurs loix le premier
fondateur.
Il fçait fléchir leurs humeurs
indociles..
Les réunit dans l'enceinte
des Villes.
Leur enfeigna le fecours- des
moiffons
,
Des premiers arts leur donna
des leçons ,
Chez eux logea l'amitié fecourable
,
Avec la paix fa foeur infeparable:
› Et
devant tout dans les
terreftres
lieux
FUGITIVES
. 59
Fit refpecter
l'autorité
des
Dieux .
Tel fut ici le fiecle de Ci
belle
;
Mais à ce Dieu la Terre enfin
rebelle
Se rebuta d'une fi douce
Loy ,
Et de fes mains voulut fe
faire un Roy.
Tout auffi toft , évoqué par
la haine ;
Sort de fes flancs un montre
àforme humaine ,
Refte dernier de ces affreux
Tiphons ,
Jadis formé dans des gouffres
profonds ;
PIECES
D'un foible
enfant il a le
front
timide ,
Dans fes
yeux
brille une
douceur
perfide ,
Nouveau
Prothée à
toute
heure , en
tous lieux ,
Sous un
faux
mafque il a
bufe nos
yeux.
Dabord
voilé
d'une
crainte
ingenuë ,
Humble ,
captif, il
tremble,
il
s'infinuë ,
Puis tout à
coup
imperieux
vainqueur
Porte le
trouble &
l'effroy
dans le
coeur ;
Les
trahifons , la
noire tirannie
,
FUGITIVES. GE
Le
defefpoir , la peur , l'i
gnominic ,
Et le tumulte au regard effaré
Suivent fon char de foupçons
entouré.
Ce fut fur lui que la Terre
ennemic
De fa revolte appuya l'infamic
,
Bientoft feduits par les trom
peurs appas
Les fols humains marcherent
fur fes pas.
L'Amour par lui dépouillé
de puiffance
Remonte au Ciel ſéjour de
fa naiffance ,
62
PIECES
Et las de voir l'homme
fourd à fa voix ,
Il l'abandonne à fon malheureux
choix .
Alors enflé d'une nouvelle
audace ,
L'ufurpateur prend fon
nom & fa place :
Et fous ce nom l'erreur de
toutes parts
Fait ici bas , voler fes Etendarts
.
C'eft de ce temps que nous
vîmes éclore
Tous les malheurs envoyez
par Pandore ,
La jaloufic allumant fes flambeaux
FUGITIVES. 63
Creufa dés lors mille horribles
tombeaux ;
Et des forfaits de plus d'une
Medée
Plus d'un climat vit fa rive
innondée .
Un fiecle à l'autre enviant
Les furcurs
Imagina de nouvelles horreurs
;
Chaque âge vit augmen
ter fes miferes ,
Et nos ayeux plus méchans
que leurs peres ,
Nous firent naiſtre encor
plus méchans qu'eux ,
Bientoft fuivis par de pires
neveux.
64
-PIECES
Enfin le Ciel touché de nos
difgraces
Se réfolut d'en effacer les
traces ,
Et tous les Dieux convinrent
que l'Amour
Fut renvoyé dans ce mortel
fejour :
Chacun s'en forme un agreable
augure
,
Le feul Amour,l'Amour ſcul
en murmure.
Qu'a t- il commis, pourquoi
feul immolé
D'entre les Dieux fera t- il
exilé ?
Quittera til ces demeures
heureuſes,
FUGITIVES . 65
Ces regions pures & lumineufes
,
Sejour brillant de gloire &
de clarté ,
Lieux confacrez à la felicité,
Aux doux plaiſirs enfans de
l'innocence ,
Plaifirs qu'échauffe & nourrit
fa prefence ,
Vifs fans tumulte , éternels
fans ennuy
,
Et que les Dieux ne tiennent
que de lui ?
Quoi , difoit- il , de la troupe
celefte ,
J'irai defcendre en un ſejour
funeſte ?
Février
1711.
Cc
66 PIECES
Où l'impudence étale un
front ferain ,
Où les mortels au vifage
d'airain ,
De mon fantôme eſcortant
les bannieres ,
De
l'innocence ont
rompu
les barrieres ;
Et qui d'entr'eux voudra
fuivre mes pas ?
Amour , amour ne vous allarmez
pas
Venez à moi , je connois un
azile ,
Dont les vertus ont fait leur
domicile :
Un feur rempart , un lieu de
qui jamais
FUGITIVES. 67
Nos ennemis ne troubleront
la
paix .
Celui qui regne en ce ſejour
propice ,
En a banny le coupable artifice
,
La perfidie au coup d'oeil
emprunté ,
Et la malice au rire concerté
:
Amour dit vrai, candeur hereditaire
,
Dés le berceau marqua fon
caractere ,
!
Nourry formé
par
doctes foeurs ;
les neuf
Ainfi des arts épris de leurs
douceurs Ccij
68 PIECES
Le Dieu du Pinde & la fage
Minerve ,
De leurs trefors l'ont comblé
fans referve ;
Dans ce réduit des Mufes
habité
Prefide encore une divinité :
Car la beauté dont les Dieux'
l'ont formée,
D'un moindre nom feroit
trop prohanée.
Un doux accueil , un modefte
enjouëment {
Préte à fes traits un nouvel
agrément ;
D'Enfans aîlez une troupe
fidelle ,
FUGITIVES. 69
JPlaifirs
, Amours voltigent
autour d'elle ,
Et fans effort prés d'elle
retenus ,
Pour la fervir ont oublié
Venus.
Non , non Amour ce n'eft
point à Cithere ,
Ny dans les bois qu'Amatonthe
révere ,
Qu'il faut chercher & les
jeux & les ris ? 7
Si vous voulez de vos freres
cheris ;
Revoir un jour la troupe
réünic ,
N'hefitez point , volez chez
Uranic.
70 PIECES
Mais à qui vais - je étaler ces
propos ,
Puis -je penfer qu'un Dicu
qui du cahos ,
Débarafla cette machine
ronde >
Qui voit , qui meut tous les
eftres du monde ,
De fes refforts & l'ame &
l'inftrument
Puiffe ignorer fon plus bel
ornement !
Déja porté fur les ailes
d'Eole
,
Du haut des Cieux je le vois
qui s'envole ,
Plus glorieux d'obéïr en ſa
cour >
FUGITIVES. 71
Que de regner au celefte
féjour .
Confervez bien genereufe
Uranic ,
Ce Dieu puiffant ce celeſte
genie ,
Ame du monde , Auteur
de tous les biens ,
Par qui brifant les terreftres
liens ,
D'un vol hardi nos ames
élancées ,
Jufques au Ciel élévent leurs
penſées
;
Sans fa beauté, fans fes dons
precieux ,
La vertu même eft moins
belle ànos yeux
72 PIECES
Ila produit fous d'heureux
caracteres ,
La dépouillant de fes rides
feveres ,
De qui l'afpest effrayant
les mortels ,
Leur fait fouvent deferter
fes Autels ,
De fon flambeau les flammes
immortelles ,
Jettent en nous ces vives
éteincelles
,
Dont autrefois les Heros
embrafez ,
Malgré la mort fe font
éternifez
;
Cette chaleur fi promte & fi
rapide ,
Sceut
FUGITIVES 7
Sceut échauffer un Thefée ,
un Alcide ,
Arma leurs bras pour calmer
l'Univers ,
Et pour vanger l'équité
mife aux fers .
Telle eft l'ardeur dont ce
Dieu nous enflame .
Tel eft le feu qu'il alluma
dans l'ame ,
De ce Heros aux triomphes
inftruit
>
Dont vous tenez la clarté
qui vous luit ;
}
C'est cet amour impatient
de gloire ,
Février 1711 Dd
44 PIECES
Qui tant de fois affûra la
memoire
,
Luy fic braver les feux & le
trépas ,
Luy fit chercher la guerre
& les combats :
De Jupiter allumant le tonnere
,
Brifer l'orgueil des enfans
de la terre
,
Contre leur rage armer nos
boulevarts ,
Er foudroyer leurs plus fermės
remparts.
Puiffe-t- il voir les nombreu .
ſes années
Toûjours de gloire &
d'honneurs couronnées ,
FUGITIVES 7
Et quand la Paix reviendra
parmi nous,
Se confacrer à des travaux
plus doux:
Non moins heureux fous
l'Empire de Rhée
Que quand la terre à Bellonne
eft livrée.
à Madame D ****
fur le veritable Amour.
Dufaux encens dédaigneuſe
ennemie
Qui dans le vray par l'e.
xemple affermic ,
Sçavez fi bien de tout éloge
plat ,
Diftinguer l'art d'un pinceau
délicat :
Sage Uranie , en qui le don
de plaire ,
Février 1711. Bb
50 PIECES
Eft joint au don de hair le
vulgaire ,
De démêler , libre en vos
fentimens ,
Les préjugez de fes faux
jugemens ;
Et d'abhorrer ces loüanges
guindées ,
Qui n'ont d'appuy que fes
folles idées :
Si quelqu'Auteur pour vous
faire fa cour ,
S'imaginant avoir pris un
beau tour
Vous décrivoit dans fes
peintures feiches ,
" Le Dieu d'Amour , fon carFUGITIVES.
St
quois , & fes fléches :
De la raifon ennemy
langoureux
,
Et de nos fens enchanteur
doucereux ,
Vous déploiant ces lieux
communs poftiches ,
Dont l'Opera brode fes
hemiſtiches :
Sur ce tableau frivolement
conceù ,
Probablement il feroit mal
receu ,
De vous chanter en rimes
indifcretes ,
Que cet Amour ne fe plaît
qu'où vous cftes ;
Bb ij
52 PIECES
Qu'il regne en vous , qu'il
fuit par tout vos pas ,
Et qu'il languit où l'on ne
vous voit pas.
Mais fi quelqu'un plus fage
& plus habile
Vous dépeignoit d'un
crayon moins fterile
Le même Amour
, non tel
qu'on l'avoit feint
Mais en effet , tel qu'il doit
eftre peint
:
Tel qu'autrefois l'ont vŷ
nos premiers fages ,
Lors qu'au Parnaffe attirang
leurs hommages ,
FUGITIVES . 53
cux de guirlan- Le Dieu
par
des orné ,
Fût dans la Grece en triomphe
amené ;
Si pourfuivant cette noble
peinture >
Il vous traçoit d'une main
libre & feure ,
Ces vifs rayons , ces fublimes
ardeurs
Ce feu divin qu'il répand
dans les coeurs ,
Dont la fplendeur les éclaire
& les guide
Dans les fentiers de la vertu
folide :
Vous faifant voir affis à fon
côté Bb iij
54
PIECES
L'Honneur , la Paix , la Vertu
, l'Equité ;
Peut -être alors à le bannir
moins prompte
Vous fouffririez , fans rougeur
, & fans honte ,
Que ce Dieu vint embellir
vôtre Cour :
Connoiffez donc ce que c'eſt
que l'Amour ;
Et deformais l'ame débarafféc
Des préjugez d'une troupe
infenfée ,
Qui ne l'a peint que fous de
faux portraits
;
Gardons nous bien d'en
FUGITIVES .
juger fur leurs traits
De le confondre avec ce
Dieu frivole ,
De qui l'erreur nous a fait
une Idole
Et qui n'épand que des feux
criminels.
Ces deux rivaux ennemis
érernels ,
L'un fils du Ciel ; l'autre né
de la Terre ,
Se font entre eux une immortelle
guerre ;
Plus fignalez en leur divifion
,
Que les Heros de Grece ,
& d'llion.
Bb iiij
66 PIECES
Quelqu'un peut - eftre à ce
début miſtique ,
Va me traiter de cerveau
fanatique
Et me voyant monter fur
ce haut ton >
Traiter l'Amour en ftile de
Platon ,
M'objectera qu'une jeune
Heroïne ,
Mériteroit un peu moins
de doctrine .
Mais fans répondre à ce
langage vain
Laiffons - le en paix fon
Cyrus à la main :
De nos raifons l'ame peu
combatue
,
FUGITIVES . 7
Du Dieu d'Amour encen
fer la ftatuë ,
Et poursuivons nos propos
commencez .
Jadis fans choix les humains
difperfez ,
Troupe feroce & nourrie au
carnage ,
Du feul inftinct fuivoient
la loy fauvage:
Se renfermoient dans les
autres cachez ;
Et des forêts par la faim
arrachez ,
Alloient errans au gré de la
nature
Avec les Ours difputer la
pâture.
58 PIECES
De ce cahos l'Amour répara
teur
Fût de leurs loix le premier
fondateur.
Il fçait fléchir leurs humeurs
indociles..
Les réunit dans l'enceinte
des Villes.
Leur enfeigna le fecours- des
moiffons
,
Des premiers arts leur donna
des leçons ,
Chez eux logea l'amitié fecourable
,
Avec la paix fa foeur infeparable:
› Et
devant tout dans les
terreftres
lieux
FUGITIVES
. 59
Fit refpecter
l'autorité
des
Dieux .
Tel fut ici le fiecle de Ci
belle
;
Mais à ce Dieu la Terre enfin
rebelle
Se rebuta d'une fi douce
Loy ,
Et de fes mains voulut fe
faire un Roy.
Tout auffi toft , évoqué par
la haine ;
Sort de fes flancs un montre
àforme humaine ,
Refte dernier de ces affreux
Tiphons ,
Jadis formé dans des gouffres
profonds ;
PIECES
D'un foible
enfant il a le
front
timide ,
Dans fes
yeux
brille une
douceur
perfide ,
Nouveau
Prothée à
toute
heure , en
tous lieux ,
Sous un
faux
mafque il a
bufe nos
yeux.
Dabord
voilé
d'une
crainte
ingenuë ,
Humble ,
captif, il
tremble,
il
s'infinuë ,
Puis tout à
coup
imperieux
vainqueur
Porte le
trouble &
l'effroy
dans le
coeur ;
Les
trahifons , la
noire tirannie
,
FUGITIVES. GE
Le
defefpoir , la peur , l'i
gnominic ,
Et le tumulte au regard effaré
Suivent fon char de foupçons
entouré.
Ce fut fur lui que la Terre
ennemic
De fa revolte appuya l'infamic
,
Bientoft feduits par les trom
peurs appas
Les fols humains marcherent
fur fes pas.
L'Amour par lui dépouillé
de puiffance
Remonte au Ciel ſéjour de
fa naiffance ,
62
PIECES
Et las de voir l'homme
fourd à fa voix ,
Il l'abandonne à fon malheureux
choix .
Alors enflé d'une nouvelle
audace ,
L'ufurpateur prend fon
nom & fa place :
Et fous ce nom l'erreur de
toutes parts
Fait ici bas , voler fes Etendarts
.
C'eft de ce temps que nous
vîmes éclore
Tous les malheurs envoyez
par Pandore ,
La jaloufic allumant fes flambeaux
FUGITIVES. 63
Creufa dés lors mille horribles
tombeaux ;
Et des forfaits de plus d'une
Medée
Plus d'un climat vit fa rive
innondée .
Un fiecle à l'autre enviant
Les furcurs
Imagina de nouvelles horreurs
;
Chaque âge vit augmen
ter fes miferes ,
Et nos ayeux plus méchans
que leurs peres ,
Nous firent naiſtre encor
plus méchans qu'eux ,
Bientoft fuivis par de pires
neveux.
64
-PIECES
Enfin le Ciel touché de nos
difgraces
Se réfolut d'en effacer les
traces ,
Et tous les Dieux convinrent
que l'Amour
Fut renvoyé dans ce mortel
fejour :
Chacun s'en forme un agreable
augure
,
Le feul Amour,l'Amour ſcul
en murmure.
Qu'a t- il commis, pourquoi
feul immolé
D'entre les Dieux fera t- il
exilé ?
Quittera til ces demeures
heureuſes,
FUGITIVES . 65
Ces regions pures & lumineufes
,
Sejour brillant de gloire &
de clarté ,
Lieux confacrez à la felicité,
Aux doux plaiſirs enfans de
l'innocence ,
Plaifirs qu'échauffe & nourrit
fa prefence ,
Vifs fans tumulte , éternels
fans ennuy
,
Et que les Dieux ne tiennent
que de lui ?
Quoi , difoit- il , de la troupe
celefte ,
J'irai defcendre en un ſejour
funeſte ?
Février
1711.
Cc
66 PIECES
Où l'impudence étale un
front ferain ,
Où les mortels au vifage
d'airain ,
De mon fantôme eſcortant
les bannieres ,
De
l'innocence ont
rompu
les barrieres ;
Et qui d'entr'eux voudra
fuivre mes pas ?
Amour , amour ne vous allarmez
pas
Venez à moi , je connois un
azile ,
Dont les vertus ont fait leur
domicile :
Un feur rempart , un lieu de
qui jamais
FUGITIVES. 67
Nos ennemis ne troubleront
la
paix .
Celui qui regne en ce ſejour
propice ,
En a banny le coupable artifice
,
La perfidie au coup d'oeil
emprunté ,
Et la malice au rire concerté
:
Amour dit vrai, candeur hereditaire
,
Dés le berceau marqua fon
caractere ,
!
Nourry formé
par
doctes foeurs ;
les neuf
Ainfi des arts épris de leurs
douceurs Ccij
68 PIECES
Le Dieu du Pinde & la fage
Minerve ,
De leurs trefors l'ont comblé
fans referve ;
Dans ce réduit des Mufes
habité
Prefide encore une divinité :
Car la beauté dont les Dieux'
l'ont formée,
D'un moindre nom feroit
trop prohanée.
Un doux accueil , un modefte
enjouëment {
Préte à fes traits un nouvel
agrément ;
D'Enfans aîlez une troupe
fidelle ,
FUGITIVES. 69
JPlaifirs
, Amours voltigent
autour d'elle ,
Et fans effort prés d'elle
retenus ,
Pour la fervir ont oublié
Venus.
Non , non Amour ce n'eft
point à Cithere ,
Ny dans les bois qu'Amatonthe
révere ,
Qu'il faut chercher & les
jeux & les ris ? 7
Si vous voulez de vos freres
cheris ;
Revoir un jour la troupe
réünic ,
N'hefitez point , volez chez
Uranic.
70 PIECES
Mais à qui vais - je étaler ces
propos ,
Puis -je penfer qu'un Dicu
qui du cahos ,
Débarafla cette machine
ronde >
Qui voit , qui meut tous les
eftres du monde ,
De fes refforts & l'ame &
l'inftrument
Puiffe ignorer fon plus bel
ornement !
Déja porté fur les ailes
d'Eole
,
Du haut des Cieux je le vois
qui s'envole ,
Plus glorieux d'obéïr en ſa
cour >
FUGITIVES. 71
Que de regner au celefte
féjour .
Confervez bien genereufe
Uranic ,
Ce Dieu puiffant ce celeſte
genie ,
Ame du monde , Auteur
de tous les biens ,
Par qui brifant les terreftres
liens ,
D'un vol hardi nos ames
élancées ,
Jufques au Ciel élévent leurs
penſées
;
Sans fa beauté, fans fes dons
precieux ,
La vertu même eft moins
belle ànos yeux
72 PIECES
Ila produit fous d'heureux
caracteres ,
La dépouillant de fes rides
feveres ,
De qui l'afpest effrayant
les mortels ,
Leur fait fouvent deferter
fes Autels ,
De fon flambeau les flammes
immortelles ,
Jettent en nous ces vives
éteincelles
,
Dont autrefois les Heros
embrafez ,
Malgré la mort fe font
éternifez
;
Cette chaleur fi promte & fi
rapide ,
Sceut
FUGITIVES 7
Sceut échauffer un Thefée ,
un Alcide ,
Arma leurs bras pour calmer
l'Univers ,
Et pour vanger l'équité
mife aux fers .
Telle eft l'ardeur dont ce
Dieu nous enflame .
Tel eft le feu qu'il alluma
dans l'ame ,
De ce Heros aux triomphes
inftruit
>
Dont vous tenez la clarté
qui vous luit ;
}
C'est cet amour impatient
de gloire ,
Février 1711 Dd
44 PIECES
Qui tant de fois affûra la
memoire
,
Luy fic braver les feux & le
trépas ,
Luy fit chercher la guerre
& les combats :
De Jupiter allumant le tonnere
,
Brifer l'orgueil des enfans
de la terre
,
Contre leur rage armer nos
boulevarts ,
Er foudroyer leurs plus fermės
remparts.
Puiffe-t- il voir les nombreu .
ſes années
Toûjours de gloire &
d'honneurs couronnées ,
FUGITIVES 7
Et quand la Paix reviendra
parmi nous,
Se confacrer à des travaux
plus doux:
Non moins heureux fous
l'Empire de Rhée
Que quand la terre à Bellonne
eft livrée.
Fermer
Résumé : EPITRE à Madame D**** sur le veritable Amour.
L'épître est adressée à Madame D ****, en louant son discernement et sa sagesse dans la compréhension de l'amour véritable. L'auteur dénonce les représentations superficielles et trompeuses de l'amour, souvent décrit comme un dieu langoureux et capricieux. Il oppose ce faux amour à une vision noble et vertueuse, inspirée par les anciens sages qui voyaient en l'amour un guide vers la vertu, l'honneur et la paix. L'épître retrace l'histoire de l'amour, d'abord réparateur et civilisateur, puis corrompu par la Terre, qui engendra un amour tyrannique et destructeur. Ce faux amour provoqua des malheurs et des forfaits, menant à une dégradation morale des générations. Touchés par ces disgrâces, les Dieux décidèrent de renvoyer l'amour véritable sur Terre. L'auteur invite l'amour à se réfugier auprès de Madame D ****, dont la cour est un sanctuaire de vertu et de beauté. Il loue ses qualités, soutenues par les Muses et les arts, et la décrit comme un havre de paix et de candeur. L'épître se conclut par une célébration de l'amour véritable, source de gloire et de vertu, capable d'inspirer les héros et de guider les âmes vers le bien.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
41
p. 87-144
ARTICLE burlesque Suite du Parallele d'Homere & de Rablais.
Début :
De mesme qu'un coursier agile, drioit Homere, s' [...]
Mots clefs :
Homère, Rabelais, Parallèle, Coursier, Auteur, Temps, Livre, Boire, Prévention, Érudition, Antique, Peuple, Sublime, Hommes, Vin, Style, Grecs, Héros, Animal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE burlesque Suite du Parallele d'Homere & de Rablais.
ARTICLE
burlesque
Suite du Parallele d'Homere
& de Rablais.
De Mesmequ'un coursier
agile, drioit Homere
,
s'échappe quelquefois
de la jtiam fçanjante du
chartier tirannique, qui
Iattçwnt a[on Char,
l'ajjujeiuffott aux réglés
penïbles de L'art qu'inruentay
pour dompter les
chevaux le Centaure Peletroine.
De mesme un Autheur
peut s'échapper des regles
tiranniques qui donnent
tousjours des entraves
au genie, & quelquefois
des entorses au
bon fèqs.
De mesme encore que ce
Coursier échappé
,
foulant
lant d'un pied libertin
l'herbe tendredes prez
verdoyants,tantostpren-,
drasa courjè rapide ~es
legere
, comme lafleche,
qui part d'un arc,pour
volerdroit au but où l'oeil.
d'Apollon la guide., Ee
quetantost ce Coursier
bandissant,voltigeenl'airs
à.droite àgauche comme
la flamme. errante
d'une exhalaison -vagabonde
,échappéedufoudrede
fupiter.
De mesme en continuant
ce parallele j'iray
droit au but,oùje
m'en écarterayvolontairement.
De mesme encore que
ce Coursierparcourant a..
vec me[ine legerete
les plaines unies, les
montsescarpez, s'egaye
en bonds en ruades, Cf
atteint du pied lebaudet
attentif à fin chardon
sauvage.
De mesmej'attaque
ray en stile rablaisjien
quelque asnerie Homevienne
, pour delasserle
public d'une admiration
continuelle & gesnante
où l'on veut l'assujettir
en faveur des Anciens.
De mesme enfin que ce
Coursier tantost élevera
sa teste Juperbe jusqu'au
chesneJacré,pour en détacher.
de sa dent temeraire
quelque rameau
,verd
,
destinéacouronner
le Hérosy quetantost
ilbaisserahumblementsa
teste aux crinséparspour
brouter l'herbe rampante.
-
De mesme tantost sublime,
& tantostburlesque
,tantost Homere &
tantost Rablais., je parleray
leur langue en leur
donnant loüangeou blas
me sans fiel,& presque
sans prévention, je dis
presque cartous les
hommes sont nez prévenus,
oudumoinsils succent
la préventionavec
le lait.
, La préventionest litx
venin subtil,:ou,plutQ^
un animal venimeux
quiempoisonnetoutce
qu'il:mord,&' quimord,
sur tout ce qu'ilne voit,
pas:donnons-luy encore
àelle-mesmequelque;
coup de dentavant que
de commencer nostre pa-\
rallele
,
Rablais diroit
que la prévention est ui\
animal augmentatifdiminucif,
palliatif, deciissy
& rébarbatif: „or si
de cet animal
,
l'extrait
„ genealogique, sçavoir
»voulez. Sçachez-le>•
ne tient qu'à vous, il
3,
est déduit en ces Vers
„ cy-dessousinscrits :
ChezLuciserjadis eut
accointance
Messer orguëil avec dame
ignorance.
En lignegauche, jijït de
;, cette engence
Tille perverse en-fil foJ/ei
arrogance ,>
PrcventionfurjOn om
.., quejepensè,
Qr Dieuvousgarddesa,
p-rédominance.
Mais continueroit«
Rablais
, ventre beuf, «
voilà bien parler sans «
boire, je n'entends icy«
i
vocilonner à mes oreil- «
les que ce motpréven-«
tkon,,parcyprevention, «
par la prévention pour"-
les Grecs, prévention«
pour les Latins. Hola,
9y
hola) prévention,est
,
»Heresie, & ne veut
„ croirepersonneheretique
en belles Lettres
„ que ne m'ayez démon-
»tré par ou) comment,
„ & pourquoy:car quel
>y-motif mouvant peut
» démouvoir ces aucuns
'}' Letrez àpreconiser Se
35 proner à érripegosier
3i
les Ecrivains antiques,
3i qu'en revient-il à ces
,; preneurs? ',. -',
1 Le
A cela vais vous ré-cc
partir en bref, mais a-"
vant parler,veux ob-cc
ferver la premièrere- «
glè des éloquents par- «
leurs& harangueurs,«
toussir, cracher,& se «
silentier un moment,«
fmnfium cum virgula, «
pour reprendre haleine.
«
Je vais narrer veri-«
diquement ce qu'en«
c'est tout un , en fait
,,de Relations lointainyy
nes.
Au fond des Indes
„orientales ou occiden-
51
tales, ou imaginaires ;
,,car bonnement avoue-
,, ray que ne sçais autre
„
Geografie que des païs
à bons vignobles, où
,
yy
je voyage volontiers:
aux Indes donc, deux
yy
peuples y a, dont l'un
,,
desire sans cesse dominer
& ravillir l'autre;
parce que l'autre don- c?
ne jalousie à l'un, com-«
me Jun en donne à«
l'autre, sique ce Tau-ff
tre & ce 1 un, sont en «
guerre l'un contre l'au-«
tre. «
Or devinez ce qui cc
excite noise entre ces«
deux peuples, ce font"
des riens, petits riens, «
motifs de rien, comme«
qui diroit d'interest«
de gloire, &C devolup-«
té; ceux-cy se faschent«
,, que le terroir des au-
„ tres fertilise abondam-
", ment par son propre
„ fond, & sans engrais,
,, siqu'il produit soudai-
„ncmcr.r ,
& au rao-
"lllent que besoin est,
,,fruits fàvourtux, &
„ fleurs gentilles, que ne produit mie le ter-
„ roir des autres; mais
„ ceux dont le terroir est
„sterile, sont en recom-
,, pense, bons pourvo-
„ yeurs & grands provisionneurs;
si que ne re- c:
cuëillant rien de leur«
cru,sçavent tirer des
contrées estrangeres
, «
fruits & grains dont«.
ils emplissent granges, «
& fruitiers, & par ain-«
si sont plus, quoyque«.
non mieux, approvi-«
sionnez que ceux dont
leterroir produit. cc
Notez illec, ô Lecteur.
attentif, qu'en u- cc:
sant icy des mots deCf.
fruits, grains, & ter,,
mes pareils, c'est élo- ,,cution allegorique & „symbolique, qui signi-
;, fic belles productions
d'esprit, &solides oeu-
"vres de gens lettrez. ,,Disons donc que le ter- roir ,
id efi, les cer-
"vaúx & caboches de
;, l'un de ces peuples sont
;)--plus fertiles en produc-
„ tions, & que l'autre
„
peuple est opulent en
„
collections & maga-
„zins scientifiques.
iCe dernier peupleest
plus puissant que Tau-cc
tre ;' pource qu'il estcr
plus nombreux, & il
estplus nombreux t:
pource que plus de
gens ont faculté collec-(cc
tive, & moins de gens
ont facultéproductive,
selon la regle que plus
de gens ont ce qu'est
plus faciled'avoir,sont
toutefois grandelTICfitc
louables ces collecteurs
quant doctement& là-'
„gementsçavent user
",de leur talent collectif,
w-mais mieux louange-
„ ray certes, tel qui join-
„dra production à col- „leâion comme aucuns
»y a.
„ Les deux peuples dont
est questionsont nom- ,,mez par maint hifto-
„ riens les Produisants,
„ & les Eruditionnez.
„ Voyons maintenant ce
3,
qui rend si commune
"parnlY les Erudition.
nez,la maladie qu'on(C
appellepréventiongrec-«
que, c'est la mon tex-«
te.,Jay long tempstour «
noyé pour y venir :ab tc.
regeons matierede«.
peur que l'ennuy rie"
vousgagne. S'ilvous"
a desja atteint, beuvez«
un coup,bon vin de^r^
ennuye le Leéteur&j'«
l'Ecrivain;&devrait-«
on, pour écrire joyeu-«
sement,boire par apo* à
stille à chaque page, 1c
93 mais comme boire tant
& ne PUIS, au moins en ”parleray souvent, car
» le refrain & l'énergie
33
du langage Rablaifien,
c'est à boire à boire,
33 du vin du vin.
» Où en estions - nous,
«jay perdu la tramon-
» tane, vite vite ma bouf
” fole, prévention, pré-
” vention,voilà le mot:
33 pourquoy en sont
-
ils
» si embrelicoquez en-
” vers les Anciens? oh
c'est pour troismille «
quatre cents vingt-«
deux raisons & demie,«
ne vous en diray pour « lepresentque les deux «
& demie, car l' horlo-«
ge tonner c'est l'heu-"
re de boire.«
Primo les Erudition«
nez sont semblables «
aux taverniers
,
les«
quels les ans passez,«
s'estant munis de vins «
maintenant antiques,«
crient aux biberons
, «
„ plorez & deplorez la
»perte de ces vieux
33
septs de vigne,qui ja-
33
dis produisoient les
,,mirifiques vins, dont
„avons en cave les ori-
33 ginaux : helas n'en
„viendra plus de tels,
„car en l'an du grand
„hiver - font peris par
»gelée ces vieux sou-
„chons & sarments,
,,& avec iceux a peri
33 tout espoir de bonne „vendange.
Ainsi les Erudition-«
nneezzts'5éc'ércierinetnecnenddé-écce
criant toutes produc- ce
tions modernes pour cc
mieux s'acrediter, bc«
avoirdebit des vieilles
cc provisions& denrées
ce
antiques desquelles
cc leurs magazins fontcc
surchargez. «
Secundo Posons le casc,
que puisse y avoir, un ce
Eruditionné de petite ce
stature, il toutefois sece
ra ambitieusement dece
9j
fireux de paraître plus
» grand qu'un produis
33
sant de riche taille,
» que feral'Eruditionné
»ballet, Il grinpera sur
lesépaules d'un an-
33
cien, commesinge sur
»Eléfant, or ainsi grin-
»pé sur sur un ancien,.
33
Plus cet anciensera.
» grand, plus le grinpé-
» sus fera elevé, & plus
» dominera de haut en
» bas le produisant mo-
33
derne.
Voyez par la qu'Interest
eurent de proner «
antiques oeuvres, ence
tous les temps Pays & et
moeurs, les Erudition- »
nez. ce
ilsfont d'Homère
UnDràmadere, S'imaginant que sur son dos
montez
Haut élevez ,grimpez, juchez
%Zut'H^cK>
Ils prendront haute place
Au coupeau du Parnasse
S'associant à , cet Autheur fameux
,
Disantde luy toutce qu'ils
pensentd'eux;
ils l'éternisent,
Le divinisent
Puis par droit de societe
Partagentsadivinité.
Cesupposant tous bons Ecrits
modernes
Sont prés des leurshumaines
balivernes.
»
Parlons naturelle-
» ment, on a poussé
33
troploinl'entestement
»pour Homere ,on
93 ne peut nierque puis-
»
qu'on lalôiié dans tous
les
les temps.iln'aitme- «
rited'estreloüé
,
aussi «
le louerai je, l'admire- ICC
rai-je & l'aimerai
- je
jusquà l'adoration,ex«
clusivement.«
Homere est le Gargantua
des Erudition-«
rJe, ils le fontsi grand cc
qu'enrendant son me-«
rite gigantesque ; ils ccenostentla
vrai ressem «
blance.
; Rabelais a eu ses Eruditionmés
aussi bien.«.
, „ qu'Homere & si Ale-
,,
xandre avoit toujours
33 un Homere sous son
;, chevet, le Chancelier
»duPratportoittoûjours
un Rabelais dans sa
„ poche.
„ Alcibiades questio-
, nant un jour un Pro-
"fesseur sur quelques
Vers d'Homere.Le
yy
Professeurrespondit
;, qu'il ne le lisoit point,
»Alcibiades luy donna
»unsoufletpourlepunir
d'oser professer les ici-cf
ences ,
sans avoir chez«
luy le livre des Sça-«
vants le livreunique «
le livre par excellence. «
J, Le Cardinal du Belay
qu'on prioitd'admetre «
a sa Table certain«
Homme de Lettres,«
demanda en parlant«
de Rabelais qu'onap-!cc
peloit aussi le livre unique,
lelivre par Ex- «
silence, cet Homme«
que vousvoulezadmet«
33
tre àmaTabte a-t-illû;
33
le Livre. non-luy res
pondit on, qu'on le fas
33 se donc dineravec mes
33 gens, reprit le Cardin
33
liai ne croyant pa£
3,
qu'on putestreScavant
»sans avoir lû Rabelais
,,. Ces traits de préven-
»tions me paroissent en
»core plus forts pour »Rabelais qui vivoit alors
que pour Homere
33 qui du tempsd'Ale-
» xandre avoit deja plurieurs
siecles d'antiquité,
antiquité qui,com-«
me nous avons déjà dit
jete sur les ouvragesun«
voile obscur& favorable
aux Allegories.
Grande ressource à «
ceux qui veulent trou.cc,
ver du merveilleux &C «
du grand dans les pe-«
titesses mesme qui é- «
chapent aux plus ex""ci
celents Autheur. «
Rabelais a cela, de
communavec Homi,it
JI':}.
»re,quonacruvoir Al;.¡
» legoriojuement dans son
5> Livre des Sistemes en-
„ tiersd'Atfronomie, de
»Fi/îque
,
de la pièrre
MFilofofale même, que
» quelques Alchimistes
J) ont trouvédans notre
w Auteurcomique,com-
» me d'autres l'ont trou-
«vé dans le Prince de
»Poètes. w c-
J'ayconuun Rabelais
Pi lien outré, qui dans
» une tirade de deux cent
noms de jeux qu'on«
apprend à Pentagruel, «
croyoitvoirsurchaque «
mot une explication «
Historique, Allegori- «
que & Morale, il est,
pourtant visible que
Rabelais n'a eudessein «
en nommant tousces «
jeux que de faire voir «
qu'il les scavoit touss «
car dans ces temps où et lesScavans estoient «
rares, ils se faisoient«
bonneurde détaillerdeit
»dénombrer
,
de citer
» à tous propos, & d'é-
» tendre,pourainsidire,
»leurs Erudition, jus-
» que dans les moindres
»Arts.Il faut croire pour
la Juftificaticn d'Hor
»mere, qu'il vivoit dans
„ un temps a peu pres
» pareil, car il est grand
„ Enumerateur,&grand
»detailliste
,
diroit Ra-
» belais
,
Homere &moy
»pouvonsestreabon droit
»Paralellt(èz>,en ceque
Jommcs
sommes par ?iaiure tant
joit peu beaucoup digresfionneurs
&babillards.
Nous parlerons en
temps &lieu,c'est àdire,
quand l'occasion s'en
presentera
,
des digressîons,
& des énumerations
dont nos deux Autheurs
sont pleins;il yen aquelques-unes dansRabelais
dont chaque mot
porte son application
bonne ou mauvaise. , Ces titres de Livres par
exemple dont il compose
une Biblioteque critique.
LesfaribolesduDroit
L'Almanac desgouteux,
Le boutevent des Alchimisses
Le limassondes rimasseurs
Les pois au lard comme
comento
Le tirepet des Apotiquaires,
Lamusèliere de noblesse
De montardapost pran00
diumset-vienda>
Malagranatum viîiorum,
.,up11
Les Houseaux,alias les botes de patience
Decrotatoriu Scolarium.
Barbouilla-mentaScoti.
l'HistoiredesFarfadets.
Oncomprend bien qu'-
il peut y avoir parraport
au temps de Rabelais,
plus de selque nous n'en
sentons dans ces critiques
badines, mais la fadeur
, ÔC la platitude
d'uneinfinité d'autres
nous doivent faire conclure
que si Rabelais
estoitun excellent comiquéx:
n quelques endroits
ilestoit en quelques autres
tres mauvais plaisant.
Ces prévenus conclueront
au contraire
, que
le sublime incontestable
d'Homere
, nous est garant
de 1 excellenceoculte
de ce qui nous paroist
mediocre, ils ajousteront
que les endroits les plus
obscurs pour nous brillent
pour eux desplus
vives lumieres : ne soutiendront-
ils point audi
diroit Rabelais,qul^c^
mere ne laissoit pas de
voir clairquoyqu'ilfust
aveugle ?
Je viens de commencer
mon Parallele, par
la premiere idée qui s'est
presentée, je l'avois bien
promis, on ne meverra
point prendre d'un air
grave la balance en main
pour peser scrupuleusement
jusqu'aux moindres
parties qui doivent
entrer dans la composition
d'un poëme
,
je devois
examiner d'abord le
choix du sujet, l'ordonnance
,
les situations, les
caracteres, les pensées,le
stile,& tant d'autres
choses dont jene fais pas
mesme icy une énumeration
par ordre de peur
de paroistre troparrangé
dans un Parallele que
j'ay entrepris par amusement,
& qui nemeriteroit.
pas d'estre placé
dans mon article burlesque,
s'il estoitserieux &C
régulier.
Voicy donc la methode
que je vais suivre
dans cette composition.
J'ay sur ma table mon
Rabelais,& mon Homere
5
portons au hasard la
main surl'un ou sur l'autre
,
je tiens un Volume
qu'y trouvay je à l'uverture
du Livre, voyons
,c'est unpere qui
parle à son fils, devinez
si. cette éloquence est
d'Homere ou de Rabelais.
Je te rappelle auprès de
moy ,
j'interromps laferveur
de tes etudes,je l'
racheaureposFilosofique,
mais j'aibesoin de toy, Ç$9
je fuis ton pere,j'avois
esperé de voir couler doucement
en Paix mes dernveres
annees me confiant
en mes amisCfanciens
confederez , mais fèiïr
perfidie a jruflrelafetife- tidemavkiilejfejelleeif
lafatàledefïrneèdâVtibm*
me >
queplus ilsoit irt±
quiete, par ceux en qui
plus ilsereposoit : rvierts
donc, quitte tes Livres
pourvenirme defendre ,
car ainsi comme débité
font les armes au dehors,
otfrie conseiln'est dans la
mmfmyainsi vaine est
l'estude, & leconseil inutile
,
qui en temps oportunarvertu
ricji mil.
execution.
deMproavodqéuliebrémraatiisodn'raipeasi-t
ser, non a"assa,¡¡ir mais
de defendre, non de conquerir
maisdegardermes
feaux sujets
,
(jf terres
hereditaires contre mes
ennemis.
J'ay envoié vers eux
amiablement pour leurs
offrir tous ce que jej?uîs,
f5Plus quejene dois, &
n'ayanteu d'eux autre re- *ponse que de volontaire
& jalouse défiance, par
làjevois que tout droit
desgens est en eux deve.,
nu droit de force & de
bienseancesurmes terres,
donc je connois que les
Dieux les ont abandonné
à leurpropresens qui ne
peutproduirequedejJeini
iniques, si par inspiration
divine
,
nestconti-
&ueUernent guide.
Ne croyez vous pas entendre
parler icy le sage
Nestor dans le sublime
Homere
, ce n'est pourtant
que le pere de Gargantua
qui parle dans le
comique Rabelais.
Je n'y ay changé que
quelques mots du vieux
stile
, on peut juger parlàque
Rabelaiseustesté
un bon Autheurserieux.
Homere eust-il esté un
bon Autheur burlcA
que? Pourquoy non s'il
l'eust voulu, il la bien
elle quelquefois sans le
vouloir. Je pourray danslasuite
citeren badinant
quelqu'un deces endroits
burlesques
,
mais commençons
par admirer serieusementcet
excellent
homme qui a sçu concilier
dailSfan vaste genie,
lesfaillies les plus vives
de l'entousiasme poëtique
, avecle bon sens
& la sagesse de l'orateur,
le plus consommé.
Voicy comme il fait
parlerNestor pour appaifer
Achile en colere, &,
Agamemnon poussé à
bout, au moment qu'ils
alloient se porter l'un
contre l'autre à des extremitez
funesstes.
O quelle douleurpour
la Greces s'écrie touta coup
Nestor
,
if quelle joye
pour les Troyens, ils
viennentà apprendre lesl
dissènsionsdesdeux hom-1
mes quifont au dessus deI
tous les autres Grecs par
la prudence ifparle courage,
mais croyeZ moy
tous deux, car vouselles
plus jeunes, Çffmfrequente
autrefois des hommes
qui valoient mieux
que vous, fic.qui ne meprisoient
pas mesconfedsy
nonjenayjamaisveu&
ne verray jamais de si
grands personnages que
PirritousyPolifeme, égal
aux Dieux, Thess fils
d'Egéefemliableaux immorlelstjfc.
Voilalesplus
vaillans hommes que la
terre ait jamais port£{,
mais s'ils estoientvaillants,
ilscombatoientauJJi
contre des Ennemis trèsvaillants,
contre les Centaures
des montagnes
dont la defaite leursaacquis
un nom immortel,
tess avec cesgens là que fay vécu. Je tafchois de
lesegalerselon mesforces,
f5 parmy tous les tommesquifontaujoura'huy
il î,j en a pas un qpii
tufr op leur rien députer
terycependant quoyque jesulfefortjeune, ces
grands hommesecoutoient
mes conseils ,fui'vez.., leur
exemple, car cestle meilleur
parti, vous, Agamemnon,
quoique leplus
puissant, n'enle('1JeZpoint
a Achile la fille que les
Grecs lui ont donnee, f$
tV9usfils de Pelee, ne vous
attaquez, point au Roi,
car, de tous les Rois qui
ont portele Sceptre, eS
jue Jupiter a elevez, à
cette gloire, il riy en a
jamaiseu desigrandque
luysivous avezplus de
valeur, fj)Jî vous estes
fis d'une Deesse, il est
plus puissantparce qml
commande aplusdepevoples
;fils )Atne-¿¡ppair
fiZrvoftre cotere, es je
vaisprier Achile defur*
monter la sienne, caril
est le plusfermerampart.
des Grecs dans les fanglants
Combats.
Le début de ce discours
deNestor peut servir
de modelepour, Je
simple vrayment sublime,
avec quel art enfuite
Nçiflor impose t-ilà
ces deux Rois, en leur
insinuant que de plus
grands hommes qu'eux
ont cru sesconseils,
lors mesme qu'il estoit
encore tres jeune? La
Critique ordinaire qui a
si fort blâmé les invectives,
& les injuresqu'-
Homèremetsi souvent
dans la bouche de ses
Heros, trouvera Nestor
imprudentd'offenserluy
mesme ceux quil veut
reconcilier
, en leur disant
en face qu'il y a eu
de plus grandshommes
qu'eux, & a qui ils riauroient
ose rien disputer,
mais supposons qu'en ce
temps-là les hommesaccoutumez
adirer à s'entendre
dire des veritez
, eussent allez de bOl111eJ
foy & degrandeurdame
pour ne se point faf
cher qu'on reduifift leuc
heroisme à sa juste va
leur.
-
Cela supposé, quelle
force d'éloquence a Ne
stor, & quelle hauteur
de sèntiment ,d'humilier
ainsi Agamemnoii
ôcAchile, pour les foumettre
à' Ces conseils
Mais il nest pas vrayfeilblable,
dira-t-on que
des; Héros soussrissent
p^tiÊimnejftt une offense,
mais répondrai-je,
la vérité ne les offensoit
jamais,c'estoit les
moeurs de ce temps-là
ou du moins il estoit
beau a Homere de les
feindre telles, lesnostres
font bien plus polies; j'en
conviens, mais qu'est-ce
que la politesse ? la poli
tessen'est que l'art d'in.
sinuer la flaterie & le
mensonge,c'est l'art d'avilir
les âmes, & dénerver
l'heroifineGaulois,
dont: la grandeur consiste
à ne vouloir jamais
paroistre plus grand qu'
on n'est, & à ne point:
induire les autres à vouloir
paroistre plus grands
quilsnefont.
Voicy l'occasion d'examiner
si Homere a
bien conneu en quoy
doit consister la grandeur
d'un Héros. Mais
cela me meneroit plus
loin que je ne veux, j'iraipeut-
estre dans la suite
aussi loin que ce parallèlepouKiro'fne
mener:
mais te me fuisreftraint
alien cfqhijer dans-chaque
Mercurequ'à, peu
présautantqu'il adans el1 celui
- cy,. ma
tascheest remplie.
burlesque
Suite du Parallele d'Homere
& de Rablais.
De Mesmequ'un coursier
agile, drioit Homere
,
s'échappe quelquefois
de la jtiam fçanjante du
chartier tirannique, qui
Iattçwnt a[on Char,
l'ajjujeiuffott aux réglés
penïbles de L'art qu'inruentay
pour dompter les
chevaux le Centaure Peletroine.
De mesme un Autheur
peut s'échapper des regles
tiranniques qui donnent
tousjours des entraves
au genie, & quelquefois
des entorses au
bon fèqs.
De mesme encore que ce
Coursier échappé
,
foulant
lant d'un pied libertin
l'herbe tendredes prez
verdoyants,tantostpren-,
drasa courjè rapide ~es
legere
, comme lafleche,
qui part d'un arc,pour
volerdroit au but où l'oeil.
d'Apollon la guide., Ee
quetantost ce Coursier
bandissant,voltigeenl'airs
à.droite àgauche comme
la flamme. errante
d'une exhalaison -vagabonde
,échappéedufoudrede
fupiter.
De mesme en continuant
ce parallele j'iray
droit au but,oùje
m'en écarterayvolontairement.
De mesme encore que
ce Coursierparcourant a..
vec me[ine legerete
les plaines unies, les
montsescarpez, s'egaye
en bonds en ruades, Cf
atteint du pied lebaudet
attentif à fin chardon
sauvage.
De mesmej'attaque
ray en stile rablaisjien
quelque asnerie Homevienne
, pour delasserle
public d'une admiration
continuelle & gesnante
où l'on veut l'assujettir
en faveur des Anciens.
De mesme enfin que ce
Coursier tantost élevera
sa teste Juperbe jusqu'au
chesneJacré,pour en détacher.
de sa dent temeraire
quelque rameau
,verd
,
destinéacouronner
le Hérosy quetantost
ilbaisserahumblementsa
teste aux crinséparspour
brouter l'herbe rampante.
-
De mesme tantost sublime,
& tantostburlesque
,tantost Homere &
tantost Rablais., je parleray
leur langue en leur
donnant loüangeou blas
me sans fiel,& presque
sans prévention, je dis
presque cartous les
hommes sont nez prévenus,
oudumoinsils succent
la préventionavec
le lait.
, La préventionest litx
venin subtil,:ou,plutQ^
un animal venimeux
quiempoisonnetoutce
qu'il:mord,&' quimord,
sur tout ce qu'ilne voit,
pas:donnons-luy encore
àelle-mesmequelque;
coup de dentavant que
de commencer nostre pa-\
rallele
,
Rablais diroit
que la prévention est ui\
animal augmentatifdiminucif,
palliatif, deciissy
& rébarbatif: „or si
de cet animal
,
l'extrait
„ genealogique, sçavoir
»voulez. Sçachez-le>•
ne tient qu'à vous, il
3,
est déduit en ces Vers
„ cy-dessousinscrits :
ChezLuciserjadis eut
accointance
Messer orguëil avec dame
ignorance.
En lignegauche, jijït de
;, cette engence
Tille perverse en-fil foJ/ei
arrogance ,>
PrcventionfurjOn om
.., quejepensè,
Qr Dieuvousgarddesa,
p-rédominance.
Mais continueroit«
Rablais
, ventre beuf, «
voilà bien parler sans «
boire, je n'entends icy«
i
vocilonner à mes oreil- «
les que ce motpréven-«
tkon,,parcyprevention, «
par la prévention pour"-
les Grecs, prévention«
pour les Latins. Hola,
9y
hola) prévention,est
,
»Heresie, & ne veut
„ croirepersonneheretique
en belles Lettres
„ que ne m'ayez démon-
»tré par ou) comment,
„ & pourquoy:car quel
>y-motif mouvant peut
» démouvoir ces aucuns
'}' Letrez àpreconiser Se
35 proner à érripegosier
3i
les Ecrivains antiques,
3i qu'en revient-il à ces
,; preneurs? ',. -',
1 Le
A cela vais vous ré-cc
partir en bref, mais a-"
vant parler,veux ob-cc
ferver la premièrere- «
glè des éloquents par- «
leurs& harangueurs,«
toussir, cracher,& se «
silentier un moment,«
fmnfium cum virgula, «
pour reprendre haleine.
«
Je vais narrer veri-«
diquement ce qu'en«
c'est tout un , en fait
,,de Relations lointainyy
nes.
Au fond des Indes
„orientales ou occiden-
51
tales, ou imaginaires ;
,,car bonnement avoue-
,, ray que ne sçais autre
„
Geografie que des païs
à bons vignobles, où
,
yy
je voyage volontiers:
aux Indes donc, deux
yy
peuples y a, dont l'un
,,
desire sans cesse dominer
& ravillir l'autre;
parce que l'autre don- c?
ne jalousie à l'un, com-«
me Jun en donne à«
l'autre, sique ce Tau-ff
tre & ce 1 un, sont en «
guerre l'un contre l'au-«
tre. «
Or devinez ce qui cc
excite noise entre ces«
deux peuples, ce font"
des riens, petits riens, «
motifs de rien, comme«
qui diroit d'interest«
de gloire, &C devolup-«
té; ceux-cy se faschent«
,, que le terroir des au-
„ tres fertilise abondam-
", ment par son propre
„ fond, & sans engrais,
,, siqu'il produit soudai-
„ncmcr.r ,
& au rao-
"lllent que besoin est,
,,fruits fàvourtux, &
„ fleurs gentilles, que ne produit mie le ter-
„ roir des autres; mais
„ ceux dont le terroir est
„sterile, sont en recom-
,, pense, bons pourvo-
„ yeurs & grands provisionneurs;
si que ne re- c:
cuëillant rien de leur«
cru,sçavent tirer des
contrées estrangeres
, «
fruits & grains dont«.
ils emplissent granges, «
& fruitiers, & par ain-«
si sont plus, quoyque«.
non mieux, approvi-«
sionnez que ceux dont
leterroir produit. cc
Notez illec, ô Lecteur.
attentif, qu'en u- cc:
sant icy des mots deCf.
fruits, grains, & ter,,
mes pareils, c'est élo- ,,cution allegorique & „symbolique, qui signi-
;, fic belles productions
d'esprit, &solides oeu-
"vres de gens lettrez. ,,Disons donc que le ter- roir ,
id efi, les cer-
"vaúx & caboches de
;, l'un de ces peuples sont
;)--plus fertiles en produc-
„ tions, & que l'autre
„
peuple est opulent en
„
collections & maga-
„zins scientifiques.
iCe dernier peupleest
plus puissant que Tau-cc
tre ;' pource qu'il estcr
plus nombreux, & il
estplus nombreux t:
pource que plus de
gens ont faculté collec-(cc
tive, & moins de gens
ont facultéproductive,
selon la regle que plus
de gens ont ce qu'est
plus faciled'avoir,sont
toutefois grandelTICfitc
louables ces collecteurs
quant doctement& là-'
„gementsçavent user
",de leur talent collectif,
w-mais mieux louange-
„ ray certes, tel qui join-
„dra production à col- „leâion comme aucuns
»y a.
„ Les deux peuples dont
est questionsont nom- ,,mez par maint hifto-
„ riens les Produisants,
„ & les Eruditionnez.
„ Voyons maintenant ce
3,
qui rend si commune
"parnlY les Erudition.
nez,la maladie qu'on(C
appellepréventiongrec-«
que, c'est la mon tex-«
te.,Jay long tempstour «
noyé pour y venir :ab tc.
regeons matierede«.
peur que l'ennuy rie"
vousgagne. S'ilvous"
a desja atteint, beuvez«
un coup,bon vin de^r^
ennuye le Leéteur&j'«
l'Ecrivain;&devrait-«
on, pour écrire joyeu-«
sement,boire par apo* à
stille à chaque page, 1c
93 mais comme boire tant
& ne PUIS, au moins en ”parleray souvent, car
» le refrain & l'énergie
33
du langage Rablaifien,
c'est à boire à boire,
33 du vin du vin.
» Où en estions - nous,
«jay perdu la tramon-
» tane, vite vite ma bouf
” fole, prévention, pré-
” vention,voilà le mot:
33 pourquoy en sont
-
ils
» si embrelicoquez en-
” vers les Anciens? oh
c'est pour troismille «
quatre cents vingt-«
deux raisons & demie,«
ne vous en diray pour « lepresentque les deux «
& demie, car l' horlo-«
ge tonner c'est l'heu-"
re de boire.«
Primo les Erudition«
nez sont semblables «
aux taverniers
,
les«
quels les ans passez,«
s'estant munis de vins «
maintenant antiques,«
crient aux biberons
, «
„ plorez & deplorez la
»perte de ces vieux
33
septs de vigne,qui ja-
33
dis produisoient les
,,mirifiques vins, dont
„avons en cave les ori-
33 ginaux : helas n'en
„viendra plus de tels,
„car en l'an du grand
„hiver - font peris par
»gelée ces vieux sou-
„chons & sarments,
,,& avec iceux a peri
33 tout espoir de bonne „vendange.
Ainsi les Erudition-«
nneezzts'5éc'ércierinetnecnenddé-écce
criant toutes produc- ce
tions modernes pour cc
mieux s'acrediter, bc«
avoirdebit des vieilles
cc provisions& denrées
ce
antiques desquelles
cc leurs magazins fontcc
surchargez. «
Secundo Posons le casc,
que puisse y avoir, un ce
Eruditionné de petite ce
stature, il toutefois sece
ra ambitieusement dece
9j
fireux de paraître plus
» grand qu'un produis
33
sant de riche taille,
» que feral'Eruditionné
»ballet, Il grinpera sur
lesépaules d'un an-
33
cien, commesinge sur
»Eléfant, or ainsi grin-
»pé sur sur un ancien,.
33
Plus cet anciensera.
» grand, plus le grinpé-
» sus fera elevé, & plus
» dominera de haut en
» bas le produisant mo-
33
derne.
Voyez par la qu'Interest
eurent de proner «
antiques oeuvres, ence
tous les temps Pays & et
moeurs, les Erudition- »
nez. ce
ilsfont d'Homère
UnDràmadere, S'imaginant que sur son dos
montez
Haut élevez ,grimpez, juchez
%Zut'H^cK>
Ils prendront haute place
Au coupeau du Parnasse
S'associant à , cet Autheur fameux
,
Disantde luy toutce qu'ils
pensentd'eux;
ils l'éternisent,
Le divinisent
Puis par droit de societe
Partagentsadivinité.
Cesupposant tous bons Ecrits
modernes
Sont prés des leurshumaines
balivernes.
»
Parlons naturelle-
» ment, on a poussé
33
troploinl'entestement
»pour Homere ,on
93 ne peut nierque puis-
»
qu'on lalôiié dans tous
les
les temps.iln'aitme- «
rited'estreloüé
,
aussi «
le louerai je, l'admire- ICC
rai-je & l'aimerai
- je
jusquà l'adoration,ex«
clusivement.«
Homere est le Gargantua
des Erudition-«
rJe, ils le fontsi grand cc
qu'enrendant son me-«
rite gigantesque ; ils ccenostentla
vrai ressem «
blance.
; Rabelais a eu ses Eruditionmés
aussi bien.«.
, „ qu'Homere & si Ale-
,,
xandre avoit toujours
33 un Homere sous son
;, chevet, le Chancelier
»duPratportoittoûjours
un Rabelais dans sa
„ poche.
„ Alcibiades questio-
, nant un jour un Pro-
"fesseur sur quelques
Vers d'Homere.Le
yy
Professeurrespondit
;, qu'il ne le lisoit point,
»Alcibiades luy donna
»unsoufletpourlepunir
d'oser professer les ici-cf
ences ,
sans avoir chez«
luy le livre des Sça-«
vants le livreunique «
le livre par excellence. «
J, Le Cardinal du Belay
qu'on prioitd'admetre «
a sa Table certain«
Homme de Lettres,«
demanda en parlant«
de Rabelais qu'onap-!cc
peloit aussi le livre unique,
lelivre par Ex- «
silence, cet Homme«
que vousvoulezadmet«
33
tre àmaTabte a-t-illû;
33
le Livre. non-luy res
pondit on, qu'on le fas
33 se donc dineravec mes
33 gens, reprit le Cardin
33
liai ne croyant pa£
3,
qu'on putestreScavant
»sans avoir lû Rabelais
,,. Ces traits de préven-
»tions me paroissent en
»core plus forts pour »Rabelais qui vivoit alors
que pour Homere
33 qui du tempsd'Ale-
» xandre avoit deja plurieurs
siecles d'antiquité,
antiquité qui,com-«
me nous avons déjà dit
jete sur les ouvragesun«
voile obscur& favorable
aux Allegories.
Grande ressource à «
ceux qui veulent trou.cc,
ver du merveilleux &C «
du grand dans les pe-«
titesses mesme qui é- «
chapent aux plus ex""ci
celents Autheur. «
Rabelais a cela, de
communavec Homi,it
JI':}.
»re,quonacruvoir Al;.¡
» legoriojuement dans son
5> Livre des Sistemes en-
„ tiersd'Atfronomie, de
»Fi/îque
,
de la pièrre
MFilofofale même, que
» quelques Alchimistes
J) ont trouvédans notre
w Auteurcomique,com-
» me d'autres l'ont trou-
«vé dans le Prince de
»Poètes. w c-
J'ayconuun Rabelais
Pi lien outré, qui dans
» une tirade de deux cent
noms de jeux qu'on«
apprend à Pentagruel, «
croyoitvoirsurchaque «
mot une explication «
Historique, Allegori- «
que & Morale, il est,
pourtant visible que
Rabelais n'a eudessein «
en nommant tousces «
jeux que de faire voir «
qu'il les scavoit touss «
car dans ces temps où et lesScavans estoient «
rares, ils se faisoient«
bonneurde détaillerdeit
»dénombrer
,
de citer
» à tous propos, & d'é-
» tendre,pourainsidire,
»leurs Erudition, jus-
» que dans les moindres
»Arts.Il faut croire pour
la Juftificaticn d'Hor
»mere, qu'il vivoit dans
„ un temps a peu pres
» pareil, car il est grand
„ Enumerateur,&grand
»detailliste
,
diroit Ra-
» belais
,
Homere &moy
»pouvonsestreabon droit
»Paralellt(èz>,en ceque
Jommcs
sommes par ?iaiure tant
joit peu beaucoup digresfionneurs
&babillards.
Nous parlerons en
temps &lieu,c'est àdire,
quand l'occasion s'en
presentera
,
des digressîons,
& des énumerations
dont nos deux Autheurs
sont pleins;il yen aquelques-unes dansRabelais
dont chaque mot
porte son application
bonne ou mauvaise. , Ces titres de Livres par
exemple dont il compose
une Biblioteque critique.
LesfaribolesduDroit
L'Almanac desgouteux,
Le boutevent des Alchimisses
Le limassondes rimasseurs
Les pois au lard comme
comento
Le tirepet des Apotiquaires,
Lamusèliere de noblesse
De montardapost pran00
diumset-vienda>
Malagranatum viîiorum,
.,up11
Les Houseaux,alias les botes de patience
Decrotatoriu Scolarium.
Barbouilla-mentaScoti.
l'HistoiredesFarfadets.
Oncomprend bien qu'-
il peut y avoir parraport
au temps de Rabelais,
plus de selque nous n'en
sentons dans ces critiques
badines, mais la fadeur
, ÔC la platitude
d'uneinfinité d'autres
nous doivent faire conclure
que si Rabelais
estoitun excellent comiquéx:
n quelques endroits
ilestoit en quelques autres
tres mauvais plaisant.
Ces prévenus conclueront
au contraire
, que
le sublime incontestable
d'Homere
, nous est garant
de 1 excellenceoculte
de ce qui nous paroist
mediocre, ils ajousteront
que les endroits les plus
obscurs pour nous brillent
pour eux desplus
vives lumieres : ne soutiendront-
ils point audi
diroit Rabelais,qul^c^
mere ne laissoit pas de
voir clairquoyqu'ilfust
aveugle ?
Je viens de commencer
mon Parallele, par
la premiere idée qui s'est
presentée, je l'avois bien
promis, on ne meverra
point prendre d'un air
grave la balance en main
pour peser scrupuleusement
jusqu'aux moindres
parties qui doivent
entrer dans la composition
d'un poëme
,
je devois
examiner d'abord le
choix du sujet, l'ordonnance
,
les situations, les
caracteres, les pensées,le
stile,& tant d'autres
choses dont jene fais pas
mesme icy une énumeration
par ordre de peur
de paroistre troparrangé
dans un Parallele que
j'ay entrepris par amusement,
& qui nemeriteroit.
pas d'estre placé
dans mon article burlesque,
s'il estoitserieux &C
régulier.
Voicy donc la methode
que je vais suivre
dans cette composition.
J'ay sur ma table mon
Rabelais,& mon Homere
5
portons au hasard la
main surl'un ou sur l'autre
,
je tiens un Volume
qu'y trouvay je à l'uverture
du Livre, voyons
,c'est unpere qui
parle à son fils, devinez
si. cette éloquence est
d'Homere ou de Rabelais.
Je te rappelle auprès de
moy ,
j'interromps laferveur
de tes etudes,je l'
racheaureposFilosofique,
mais j'aibesoin de toy, Ç$9
je fuis ton pere,j'avois
esperé de voir couler doucement
en Paix mes dernveres
annees me confiant
en mes amisCfanciens
confederez , mais fèiïr
perfidie a jruflrelafetife- tidemavkiilejfejelleeif
lafatàledefïrneèdâVtibm*
me >
queplus ilsoit irt±
quiete, par ceux en qui
plus ilsereposoit : rvierts
donc, quitte tes Livres
pourvenirme defendre ,
car ainsi comme débité
font les armes au dehors,
otfrie conseiln'est dans la
mmfmyainsi vaine est
l'estude, & leconseil inutile
,
qui en temps oportunarvertu
ricji mil.
execution.
deMproavodqéuliebrémraatiisodn'raipeasi-t
ser, non a"assa,¡¡ir mais
de defendre, non de conquerir
maisdegardermes
feaux sujets
,
(jf terres
hereditaires contre mes
ennemis.
J'ay envoié vers eux
amiablement pour leurs
offrir tous ce que jej?uîs,
f5Plus quejene dois, &
n'ayanteu d'eux autre re- *ponse que de volontaire
& jalouse défiance, par
làjevois que tout droit
desgens est en eux deve.,
nu droit de force & de
bienseancesurmes terres,
donc je connois que les
Dieux les ont abandonné
à leurpropresens qui ne
peutproduirequedejJeini
iniques, si par inspiration
divine
,
nestconti-
&ueUernent guide.
Ne croyez vous pas entendre
parler icy le sage
Nestor dans le sublime
Homere
, ce n'est pourtant
que le pere de Gargantua
qui parle dans le
comique Rabelais.
Je n'y ay changé que
quelques mots du vieux
stile
, on peut juger parlàque
Rabelaiseustesté
un bon Autheurserieux.
Homere eust-il esté un
bon Autheur burlcA
que? Pourquoy non s'il
l'eust voulu, il la bien
elle quelquefois sans le
vouloir. Je pourray danslasuite
citeren badinant
quelqu'un deces endroits
burlesques
,
mais commençons
par admirer serieusementcet
excellent
homme qui a sçu concilier
dailSfan vaste genie,
lesfaillies les plus vives
de l'entousiasme poëtique
, avecle bon sens
& la sagesse de l'orateur,
le plus consommé.
Voicy comme il fait
parlerNestor pour appaifer
Achile en colere, &,
Agamemnon poussé à
bout, au moment qu'ils
alloient se porter l'un
contre l'autre à des extremitez
funesstes.
O quelle douleurpour
la Greces s'écrie touta coup
Nestor
,
if quelle joye
pour les Troyens, ils
viennentà apprendre lesl
dissènsionsdesdeux hom-1
mes quifont au dessus deI
tous les autres Grecs par
la prudence ifparle courage,
mais croyeZ moy
tous deux, car vouselles
plus jeunes, Çffmfrequente
autrefois des hommes
qui valoient mieux
que vous, fic.qui ne meprisoient
pas mesconfedsy
nonjenayjamaisveu&
ne verray jamais de si
grands personnages que
PirritousyPolifeme, égal
aux Dieux, Thess fils
d'Egéefemliableaux immorlelstjfc.
Voilalesplus
vaillans hommes que la
terre ait jamais port£{,
mais s'ils estoientvaillants,
ilscombatoientauJJi
contre des Ennemis trèsvaillants,
contre les Centaures
des montagnes
dont la defaite leursaacquis
un nom immortel,
tess avec cesgens là que fay vécu. Je tafchois de
lesegalerselon mesforces,
f5 parmy tous les tommesquifontaujoura'huy
il î,j en a pas un qpii
tufr op leur rien députer
terycependant quoyque jesulfefortjeune, ces
grands hommesecoutoient
mes conseils ,fui'vez.., leur
exemple, car cestle meilleur
parti, vous, Agamemnon,
quoique leplus
puissant, n'enle('1JeZpoint
a Achile la fille que les
Grecs lui ont donnee, f$
tV9usfils de Pelee, ne vous
attaquez, point au Roi,
car, de tous les Rois qui
ont portele Sceptre, eS
jue Jupiter a elevez, à
cette gloire, il riy en a
jamaiseu desigrandque
luysivous avezplus de
valeur, fj)Jî vous estes
fis d'une Deesse, il est
plus puissantparce qml
commande aplusdepevoples
;fils )Atne-¿¡ppair
fiZrvoftre cotere, es je
vaisprier Achile defur*
monter la sienne, caril
est le plusfermerampart.
des Grecs dans les fanglants
Combats.
Le début de ce discours
deNestor peut servir
de modelepour, Je
simple vrayment sublime,
avec quel art enfuite
Nçiflor impose t-ilà
ces deux Rois, en leur
insinuant que de plus
grands hommes qu'eux
ont cru sesconseils,
lors mesme qu'il estoit
encore tres jeune? La
Critique ordinaire qui a
si fort blâmé les invectives,
& les injuresqu'-
Homèremetsi souvent
dans la bouche de ses
Heros, trouvera Nestor
imprudentd'offenserluy
mesme ceux quil veut
reconcilier
, en leur disant
en face qu'il y a eu
de plus grandshommes
qu'eux, & a qui ils riauroient
ose rien disputer,
mais supposons qu'en ce
temps-là les hommesaccoutumez
adirer à s'entendre
dire des veritez
, eussent allez de bOl111eJ
foy & degrandeurdame
pour ne se point faf
cher qu'on reduifift leuc
heroisme à sa juste va
leur.
-
Cela supposé, quelle
force d'éloquence a Ne
stor, & quelle hauteur
de sèntiment ,d'humilier
ainsi Agamemnoii
ôcAchile, pour les foumettre
à' Ces conseils
Mais il nest pas vrayfeilblable,
dira-t-on que
des; Héros soussrissent
p^tiÊimnejftt une offense,
mais répondrai-je,
la vérité ne les offensoit
jamais,c'estoit les
moeurs de ce temps-là
ou du moins il estoit
beau a Homere de les
feindre telles, lesnostres
font bien plus polies; j'en
conviens, mais qu'est-ce
que la politesse ? la poli
tessen'est que l'art d'in.
sinuer la flaterie & le
mensonge,c'est l'art d'avilir
les âmes, & dénerver
l'heroifineGaulois,
dont: la grandeur consiste
à ne vouloir jamais
paroistre plus grand qu'
on n'est, & à ne point:
induire les autres à vouloir
paroistre plus grands
quilsnefont.
Voicy l'occasion d'examiner
si Homere a
bien conneu en quoy
doit consister la grandeur
d'un Héros. Mais
cela me meneroit plus
loin que je ne veux, j'iraipeut-
estre dans la suite
aussi loin que ce parallèlepouKiro'fne
mener:
mais te me fuisreftraint
alien cfqhijer dans-chaque
Mercurequ'à, peu
présautantqu'il adans el1 celui
- cy,. ma
tascheest remplie.
Fermer
Résumé : ARTICLE burlesque Suite du Parallele d'Homere & de Rablais.
Le texte compare les œuvres d'Homère et de Rabelais en utilisant la métaphore d'un coursier qui s'échappe des règles tyranniques pour exprimer sa liberté. Cette liberté est comparée à celle d'un écrivain qui se libère des contraintes littéraires, alternant entre styles sublime et burlesque. L'auteur critique la prévention, un préjugé favorisant les Anciens au détriment des modernes, illustré par l'allégorie des Indes où deux peuples, les Produisants et les Eruditionnez, sont en conflit. Les Eruditionnez, comparés à des taverniers, vantent les vins anciens pour écouler leurs stocks, refusant de reconnaître la valeur des productions modernes. L'auteur dénonce l'excès d'admiration pour Homère, considéré comme un géant littéraire, et compare cette adoration à celle que Rabelais a reçue de certains érudits. Il mentionne des anecdotes historiques, comme celles d'Alcibiade et du Cardinal du Bellay, qui considéraient Homère et Rabelais comme des références incontournables. Le texte souligne également les digressions et les énumérations présentes dans les œuvres de Rabelais, notant que certaines critiques badines peuvent être plus pertinentes à l'époque de Rabelais qu'aujourd'hui. L'auteur conclut que, bien que Rabelais soit un excellent comique, il peut aussi être un mauvais plaisant dans certains passages. Par ailleurs, le texte présente un parallèle entre un passage d'Homère et un passage de Rabelais où un père parle à son fils. L'auteur choisit au hasard un extrait dans chacun des deux ouvrages pour comparer leur style et leur contenu. Il cite un passage où un père appelle son fils à abandonner ses études pour le défendre contre des ennemis, soulignant que les conseils et les études sont inutiles face à l'action immédiate. L'auteur identifie ce passage comme appartenant à Rabelais, tout en notant que le style pourrait également convenir à Homère. Il admire la capacité de Rabelais à concilier enthousiasme poétique et sagesse oratoire. Le texte se poursuit avec un discours de Nestor dans l'Iliade, où Nestor tente de réconcilier Achille et Agamemnon en leur rappelant la valeur de ses conseils, même lorsqu'il était jeune. L'auteur analyse l'art rhétorique de Nestor et la force de son éloquence, tout en discutant des mœurs héroïques et de la politesse. Il conclut en mentionnant que son parallèle est entrepris par amusement et ne mérite pas d'être placé dans un article sérieux, se restreignant à examiner des extraits courts dans chaque édition de son parallèle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
42
p. 19-28
PROLOGUE, Qui fut chanté chez Mad. d'*** avant la representation de l'Ecole des Maris.
Début :
MELPOMÉNE, Muse de la Tragedie. Quittez, quittez ma soeur une [...]
Mots clefs :
Gloire, Muse, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROLOGUE, Qui fut chanté chez Mad. d'*** avant la representation de l'Ecole des Maris.
PROLOGUE,
Quifutchantéche%Mad.
avant la representation
de l'Ecole des
Maris.
MELPO ME'NE,
Muse de la Tragedie. QUittez
,
quittez
ma soeurune
arrogance vaine,
Osez -vous comparer
vos frivoles chansons
Aux nobles, aux sublimes
sons
De l'Heroïque Melpo-
1
méne? -
1 'q.
THALIE,
Muse de la Comedie.
Hé de grâce, ma soeur
tréve de vanité,
Vivez en paix avec Thalie,
Vous [avez que vingt
fois elle a déconcerté
Par une agrcable folie,
Uneennuyeuse gravité-
:
MELPOME'NE.
Ma voix resuscite la
gloire
De mes antiques demi
Dieux,
Et je consacre la mémoire
De ceux qui brillent à
vos yeux.
THALIE.
Voschants par leur lu-
,. gubre accord,
Fatiguent souvent leur
oreille,
Ma flute souvent les
réveille,
Et vôtreLyre les endort.
MELPOME'NE.
Croyez-vous que ce
foit un talent fort
utile
De badiner à tous propos?
THALIE.
Vous imaginez-vous
qu'il soir si difficile
De faire bailler les
Heros ?
ME.LPQ,ME"ÍNE.
De Lauriers immortels
je couronne leurs
têtes.
THALIE.
Je sçailes délasser par
dagreables fêtes.
MELPOME'NE.
Je vante leurs exploits.
THALIE,
J'amuse leurs desirs.
MELPOME'NE.
Jeprends foin de leur
gloire.
THALIE.
Et moy de leurs plaisirs.
MELPOME'NE.
Je m'étonne qu'une
Deesse
Qu'une Muse se laisse
à l'orgueil entraîner.
L'amour propre est une
foiblesse
Qu'aux mal-heureux
morte ls il faut abandonner.
THALIE.
Nevousytrompez pas,
le seul
le seul orgueil vous touche, J'ai reçû '},. comme vous
ce dangereux present,
Mais le mien est vif&
plaisant,
Et le vôtre est sombre
& farouche.
MELPOME'NE.
Vous estes ma cadette
au jugement derous,
Et l'on est modeste à
vôtreâge.
THALIE.
Si je fuis plus jeune
que vous,
Ne vous étonnez pas si
je plais davantage.
MELPOME'NE.
Ne profanons plus nôtre
voix
Par une odieuse querelle,
Un Prince des Heros
le plusnoble modele,
Nous fournit de plus
doux emplois,
Il a mille vertus dignes
desanaissance,
Les-Muses dont il est
l'appuy
Doivent se corlfacrcr
à luy
Par zele & par recon- noissance.
THALIE.
A servir ce Heros bornons
nôtre desir.
MELPOMENE,
C'est le plus digne cmploy
des filles de memoire.
THALIE.
Que Melpoméne veille
à celebrer sa gloire.
MELPOME)NE.
QueThalie ait le foin
d'occuper son loisir.
TOUTES DEUX.
Que Melpoméneveille1
à celebrer sa gloire.
Que Thalie ait le foin
d'occuper son loisir.
Quifutchantéche%Mad.
avant la representation
de l'Ecole des
Maris.
MELPO ME'NE,
Muse de la Tragedie. QUittez
,
quittez
ma soeurune
arrogance vaine,
Osez -vous comparer
vos frivoles chansons
Aux nobles, aux sublimes
sons
De l'Heroïque Melpo-
1
méne? -
1 'q.
THALIE,
Muse de la Comedie.
Hé de grâce, ma soeur
tréve de vanité,
Vivez en paix avec Thalie,
Vous [avez que vingt
fois elle a déconcerté
Par une agrcable folie,
Uneennuyeuse gravité-
:
MELPOME'NE.
Ma voix resuscite la
gloire
De mes antiques demi
Dieux,
Et je consacre la mémoire
De ceux qui brillent à
vos yeux.
THALIE.
Voschants par leur lu-
,. gubre accord,
Fatiguent souvent leur
oreille,
Ma flute souvent les
réveille,
Et vôtreLyre les endort.
MELPOME'NE.
Croyez-vous que ce
foit un talent fort
utile
De badiner à tous propos?
THALIE.
Vous imaginez-vous
qu'il soir si difficile
De faire bailler les
Heros ?
ME.LPQ,ME"ÍNE.
De Lauriers immortels
je couronne leurs
têtes.
THALIE.
Je sçailes délasser par
dagreables fêtes.
MELPOME'NE.
Je vante leurs exploits.
THALIE,
J'amuse leurs desirs.
MELPOME'NE.
Jeprends foin de leur
gloire.
THALIE.
Et moy de leurs plaisirs.
MELPOME'NE.
Je m'étonne qu'une
Deesse
Qu'une Muse se laisse
à l'orgueil entraîner.
L'amour propre est une
foiblesse
Qu'aux mal-heureux
morte ls il faut abandonner.
THALIE.
Nevousytrompez pas,
le seul
le seul orgueil vous touche, J'ai reçû '},. comme vous
ce dangereux present,
Mais le mien est vif&
plaisant,
Et le vôtre est sombre
& farouche.
MELPOME'NE.
Vous estes ma cadette
au jugement derous,
Et l'on est modeste à
vôtreâge.
THALIE.
Si je fuis plus jeune
que vous,
Ne vous étonnez pas si
je plais davantage.
MELPOME'NE.
Ne profanons plus nôtre
voix
Par une odieuse querelle,
Un Prince des Heros
le plusnoble modele,
Nous fournit de plus
doux emplois,
Il a mille vertus dignes
desanaissance,
Les-Muses dont il est
l'appuy
Doivent se corlfacrcr
à luy
Par zele & par recon- noissance.
THALIE.
A servir ce Heros bornons
nôtre desir.
MELPOMENE,
C'est le plus digne cmploy
des filles de memoire.
THALIE.
Que Melpoméne veille
à celebrer sa gloire.
MELPOME)NE.
QueThalie ait le foin
d'occuper son loisir.
TOUTES DEUX.
Que Melpoméneveille1
à celebrer sa gloire.
Que Thalie ait le foin
d'occuper son loisir.
Fermer
Résumé : PROLOGUE, Qui fut chanté chez Mad. d'*** avant la representation de l'Ecole des Maris.
Le prologue de 'L'École des Maris' met en scène Melpomène, Muse de la Tragédie, et Thalie, Muse de la Comédie. Melpomène exalte la noblesse et la sublimité de ses chants héroïques, célébrant la gloire des demi-dieux et des héros. Thalie, en revanche, met en avant l'utilité de la comédie pour distraire et amuser, contrastant avec la gravité de la tragédie. Melpomène critique l'orgueil de Thalie, tandis que Thalie accuse Melpomène de sombre farouche. Leur dispute s'apaise lorsqu'elles reconnaissent la nécessité de célébrer ensemble un héros noble. Elles conviennent que Melpomène veillera à célébrer sa gloire, tandis que Thalie s'occupera de distraire ses loisirs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
43
p. 34-47
ODE NOUVELLE à Monsieur de M.
Début :
O ! Muse, en ces momens, où libre en cette table, [...]
Mots clefs :
Muse, Peine, Héros, Esprit, Raison, Dieux, Cieux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE NOUVELLE à Monsieur de M.
ODENOUVELLE
à Monsieurde M. O !Muse, en ces
momens,
où libre en
cette table,
J'y voy mes airs suivis de
ce bruit favorable,,
Qui me rend aujourd'huy
le plus fier des. humains
,
Viens,toi-même, & metsmoi
la Lyre entre les
mains,
Que mes doigts en tirant
le son le plus aimable,
De tes pompeux accords, de tes accens divins
Rende l'usage à nos sestins.
*
Commençons; je connois
à l'ardeur quim'inspire
Que Pollymnie est en ces
lieux:
Oüi, je ce reconnois,&
chacun dans ses yeux
Avec transport me laisse
Ce que peuvent sur nous
* C'ctoiclacourume chezles Anciens
de chanter aprèsles grandsrepas.
- Cytharâ crinitus Iota:
Personat auratâ.
Virg.Hom.dansl'Iliade&l'Odyr.,
tes sons harmonieux,
Mais n'entreprenons point
de dire
Les exploits des Heros, la
naissance des Dieux:
Comment d'un seul regard
ébranlant son Empire
Jupiter fait trembler & la
terre & les Cieux;
Ce qui forme les vents, ce
qui fait le tonnere,
Comment chaque lasson a
partagé la terre,
Ce retour si confiant &
des nuits & desjours
Entre tant. de [ujets sublimes,
Que toy seul aujourdhuy
sois l'objet de nos rimes;
Chantonsla gloire deton.
cours.
Où fuis-je? & dans cette
carriere *
Doù je vois. s'élever fous
les pieds des chevaux
Cette épaisse & noble
poussiere
Dontse viennent couvrir
mille jeunes rivaux,
Quel mortel ** assis les
couronne?
Cette foule qui l'environne
* Jeux Olimpiques.
-** Pindare.
De sa voix leule attend le
prix de sestravaux.
Sur quel ton monte-t-il sa
lyre?
Et comment pourrai
-
je
décrire
Ses ambitieuses chan[onst
L'air s'ouvre devant luy de
l'un à l'autrePôle,
Comme un Cygne écla,
tant loin de nous il
s'envole,
Et la hauteur du Ciel est
celle de Tes fons.
Mufe, avec tant d'efforts
à peine turelpires,
Mais, aimable Sapho, je
t'entends, tu soupires,
~Tucedesàl'amour quiposfede
tes sens.
Bien Ppluisnddouacermee,nt que- ru fais que la raison s'é-
1 gare,
Bacchus nous ranime, &
pour plaire
Il prend cette lyre legere
Qu'Anacreontouche pour
luy,
A sa voix le plaisir se répand
surla
terre,
Et partout il livre la guerre
Aux soins, à la peine, à
l'ennui.
De ses sons le galantHorace
Parant sesaccords avec
grace,
- Aux bords les plus fleuris
va dérober le rhim,
Plus diligentque n'etf une
abeille au matin.
Que loüerai-je le plus,ou
sa cadence juste,
Ou de ses vers aisezle tour
ingenieux?
Par sa main l'immortel
Auguste
Boit le même nectar qu'-
Hebé
Hebé dispense aux
Dieux:
Mais sa lyre avec luy s'enferme
fous sa tombe;
En vain, sans qu'un beau
feu daigne au moins
l'éclairer,
Ronsard chez nos ayeux
cherche à la retirer:
Sous ses vains efforts il
succombe,
Et couvert du mépris plus
cruel que l'oubli,
Sous son obscure audace
il reste enseveli.
Mais l'ordre des arts pour
nouschange,
Lordre des temps enfin
& s'explique ôc s'arrange,
Et commençant l'éclat
du.
Parnasse François,
Nous donne de Malherbe
ôc l'oreille, & la
1.
voix.
Quels accords épurez
quels nombres pleins
de charmes,
Soit que,cos'manimbanat tausX,),
Il suive au milieu des aIJf'
larmes J"
Un Roy qui soumet tout
à l'effort de son bras;
Soit que triomphant de
l'envie,
Dans la paix des plaisirs
suivie
Il peigne ce Héros le front
orné de fleurs,
Et que luy faisantplaindre
uneamoureuse
peine
Il touche la Nymphe de
Seine
De fès incurables douleurs.
*
C'en est fait
,
& le Ciel
acheve;
De-ces Maîtres fameux
* Vers imitez de Malherbe.
je vois un jeune Eleve*
Qui fixe de nos airs &c
l'éclat &le son:
Espritjuste, esprit vrai,
aue sa force admirable
!
Du Pinde & du Lycée a
fait le nourisson,
Et qui nereconnoît pour:,
beauté veritable '?
Que celle qui veut bien
avoüer la raison.
Muse, joüis dans luy du
comble de la gloire;
Ce mortel si content au*
temple de Memoire 11
* M. dela Mothe.
Avec pompe en ce jour
à nos yeux est conduit;
Unimmortel éclat le
suit,
Il obtient à son gré cet
honneur qu'il desire;
Ah ! qu'on ouvre ce tempIe,
& que chacun
admire
Ces Héros que l'esprit y
rassemble à nos yeux:
* * * entr'eux place sa
lyre
Plus brillante en ces lieux
où le mérite aspire,
Que celled'Arion, qui
brille au haut des
Cieux.
M***
?
Estimateur aimable
Du mérite de nos écrits,
Qui prendroit bien des
tiens le tour inimitable,
Seroit sûr d'emporter le
prix.
Par toy déja deux fois admis
dans le mystere
De tes ouvrages si brillans,
J'ai vu pour les beaux arts
ton goût hereditaire,
Un naturel aisé, les plus
rares talens.
J'ai vû que, ta muse facile
Sur le Pinde avec grace
affermissant tes pas,
Tu ferois sans peine Virgile,
Si tu n)étois pas né du rang
de Mecoenas.
à Monsieurde M. O !Muse, en ces
momens,
où libre en
cette table,
J'y voy mes airs suivis de
ce bruit favorable,,
Qui me rend aujourd'huy
le plus fier des. humains
,
Viens,toi-même, & metsmoi
la Lyre entre les
mains,
Que mes doigts en tirant
le son le plus aimable,
De tes pompeux accords, de tes accens divins
Rende l'usage à nos sestins.
*
Commençons; je connois
à l'ardeur quim'inspire
Que Pollymnie est en ces
lieux:
Oüi, je ce reconnois,&
chacun dans ses yeux
Avec transport me laisse
Ce que peuvent sur nous
* C'ctoiclacourume chezles Anciens
de chanter aprèsles grandsrepas.
- Cytharâ crinitus Iota:
Personat auratâ.
Virg.Hom.dansl'Iliade&l'Odyr.,
tes sons harmonieux,
Mais n'entreprenons point
de dire
Les exploits des Heros, la
naissance des Dieux:
Comment d'un seul regard
ébranlant son Empire
Jupiter fait trembler & la
terre & les Cieux;
Ce qui forme les vents, ce
qui fait le tonnere,
Comment chaque lasson a
partagé la terre,
Ce retour si confiant &
des nuits & desjours
Entre tant. de [ujets sublimes,
Que toy seul aujourdhuy
sois l'objet de nos rimes;
Chantonsla gloire deton.
cours.
Où fuis-je? & dans cette
carriere *
Doù je vois. s'élever fous
les pieds des chevaux
Cette épaisse & noble
poussiere
Dontse viennent couvrir
mille jeunes rivaux,
Quel mortel ** assis les
couronne?
Cette foule qui l'environne
* Jeux Olimpiques.
-** Pindare.
De sa voix leule attend le
prix de sestravaux.
Sur quel ton monte-t-il sa
lyre?
Et comment pourrai
-
je
décrire
Ses ambitieuses chan[onst
L'air s'ouvre devant luy de
l'un à l'autrePôle,
Comme un Cygne écla,
tant loin de nous il
s'envole,
Et la hauteur du Ciel est
celle de Tes fons.
Mufe, avec tant d'efforts
à peine turelpires,
Mais, aimable Sapho, je
t'entends, tu soupires,
~Tucedesàl'amour quiposfede
tes sens.
Bien Ppluisnddouacermee,nt que- ru fais que la raison s'é-
1 gare,
Bacchus nous ranime, &
pour plaire
Il prend cette lyre legere
Qu'Anacreontouche pour
luy,
A sa voix le plaisir se répand
surla
terre,
Et partout il livre la guerre
Aux soins, à la peine, à
l'ennui.
De ses sons le galantHorace
Parant sesaccords avec
grace,
- Aux bords les plus fleuris
va dérober le rhim,
Plus diligentque n'etf une
abeille au matin.
Que loüerai-je le plus,ou
sa cadence juste,
Ou de ses vers aisezle tour
ingenieux?
Par sa main l'immortel
Auguste
Boit le même nectar qu'-
Hebé
Hebé dispense aux
Dieux:
Mais sa lyre avec luy s'enferme
fous sa tombe;
En vain, sans qu'un beau
feu daigne au moins
l'éclairer,
Ronsard chez nos ayeux
cherche à la retirer:
Sous ses vains efforts il
succombe,
Et couvert du mépris plus
cruel que l'oubli,
Sous son obscure audace
il reste enseveli.
Mais l'ordre des arts pour
nouschange,
Lordre des temps enfin
& s'explique ôc s'arrange,
Et commençant l'éclat
du.
Parnasse François,
Nous donne de Malherbe
ôc l'oreille, & la
1.
voix.
Quels accords épurez
quels nombres pleins
de charmes,
Soit que,cos'manimbanat tausX,),
Il suive au milieu des aIJf'
larmes J"
Un Roy qui soumet tout
à l'effort de son bras;
Soit que triomphant de
l'envie,
Dans la paix des plaisirs
suivie
Il peigne ce Héros le front
orné de fleurs,
Et que luy faisantplaindre
uneamoureuse
peine
Il touche la Nymphe de
Seine
De fès incurables douleurs.
*
C'en est fait
,
& le Ciel
acheve;
De-ces Maîtres fameux
* Vers imitez de Malherbe.
je vois un jeune Eleve*
Qui fixe de nos airs &c
l'éclat &le son:
Espritjuste, esprit vrai,
aue sa force admirable
!
Du Pinde & du Lycée a
fait le nourisson,
Et qui nereconnoît pour:,
beauté veritable '?
Que celle qui veut bien
avoüer la raison.
Muse, joüis dans luy du
comble de la gloire;
Ce mortel si content au*
temple de Memoire 11
* M. dela Mothe.
Avec pompe en ce jour
à nos yeux est conduit;
Unimmortel éclat le
suit,
Il obtient à son gré cet
honneur qu'il desire;
Ah ! qu'on ouvre ce tempIe,
& que chacun
admire
Ces Héros que l'esprit y
rassemble à nos yeux:
* * * entr'eux place sa
lyre
Plus brillante en ces lieux
où le mérite aspire,
Que celled'Arion, qui
brille au haut des
Cieux.
M***
?
Estimateur aimable
Du mérite de nos écrits,
Qui prendroit bien des
tiens le tour inimitable,
Seroit sûr d'emporter le
prix.
Par toy déja deux fois admis
dans le mystere
De tes ouvrages si brillans,
J'ai vu pour les beaux arts
ton goût hereditaire,
Un naturel aisé, les plus
rares talens.
J'ai vû que, ta muse facile
Sur le Pinde avec grace
affermissant tes pas,
Tu ferois sans peine Virgile,
Si tu n)étois pas né du rang
de Mecoenas.
Fermer
Résumé : ODE NOUVELLE à Monsieur de M.
Le texte est une ode dédiée à un muse, probablement un poète ou un musicien, célébrant sa gloire et son talent. L'auteur exprime sa fierté et son inspiration en présence de ce muse, le comparant à des figures mythologiques et historiques renommées pour leur maîtrise des arts. Il mentionne divers poètes et musiciens antiques et modernes, tels que Homère, Virgile, Pindare, Sapho, Anacréon, Horace, et Malherbe, soulignant leurs contributions et leurs styles distincts. L'auteur décrit ensuite l'évolution des arts et la transition vers la poésie française, mettant en lumière l'influence de Malherbe. Il célèbre un jeune élève, probablement un poète contemporain, qui incarne la perfection des arts et la raison. Ce jeune poète est conduit au temple de la Mémoire, où il est honoré pour son mérite et son talent. Enfin, l'auteur adresse des éloges à un estimateur des beaux-arts, soulignant son goût héréditaire et ses talents rares, et exprime son admiration pour ses œuvres brillantes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
44
p. 60-71
LA FAUSSE VALEUR. Par M. l'Abbé Mommenet. Ode qui vient de remporter le prix de Poësie des Jeux Floraux. Quis pacis inennt consilia, cos sequitur gaudium. Prov. 12.
Début :
Princes, qu'une gloire frivole [...]
Mots clefs :
Gloire, Combat, Vertus, Héros, Passions, Désir, Valeurs, Tyran, Honneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA FAUSSE VALEUR. Par M. l'Abbé Mommenet. Ode qui vient de remporter le prix de Poësie des Jeux Floraux. Quis pacis inennt consilia, cos sequitur gaudium. Prov. 12.
LA FAUSSE VALEUR
Par M. l'Abbé Mommenet.
Ole qui vient de remporter le prix .
de Poelie des Jeux Floraux.
Quipacis ineunt confilia , eos fequi--
tar gaudium: Prov. 12.
PRinces , qu'une gloire
frivole
Anime à chercher les combats ,
Qu'attendez-vous de cette:
Idole ,
Qu'un vain nom aprés le
trépas ?
GALANT.
Ignorez - vous quelles mi
feres
Mars &Bellone fanguinaires
Traînent aprés leurs chars
poudreux ?
Queje vous plains , fi la na
{ sture: V
N'excite en vous aucun
murmure ,
Quand vousfaites des mal
heureux !
#?
Loin du bruit des combats
terribles
Vigilans , au fein du repos ,
Cultivez les vertus paifibles,
62 MERCURE
Elles forment les vraisHe
ros.
Pourquoy faut-il que vôtré
épée
Dans le fang humain ſoit
trempée ,
.
Pour porter le nom de
vainqueur ?
Serez-vous moins couverts
de gloire ,
Si vous remportez la vićtoire
Sur les defirs de vôtre cœur?
Dequel droit ce Grec qu'on
admire.
Enyvré de fes paffions ,
GALANT.
Alla til defoler l'Empire
Des plus tranquilles nations?
Aprés cent combats homil
cides ,
Au gré de ſes defirs avides
C'étoit peu qu'un monde
foûmisdo
Auroit - il manqué d'exercice ,
S'il avoit fçû compter le
vice e
Au nombre de fes ennemis?
Malgré les trompeuſes ma-
.ximes
64 MERCURE
De cent lâches adulateurs ,
Sous de beaux noms les plus
grands crimes
Nous cachent des ufurpa
teurs.
Pleins de l'orgueil qui les
dévore ,
Du couchantjufques à l'aucomb orprore HeronA
On craint ces Rois ambiSortieux
-tieux.
Dans leurs mains gronde le
antonnerre ,
Ce n'eft qu'en ravageant la
terre
Qu'ils ofent s'en croire les
Dieux.
À
GALANT. 65
Adeux Tyrans de leur patrie ,
Soulez du plus beau fang
Romain,
Qui ne fçait que la flaterie
A prodigué le nom d'hu
main ?
Infenfez nous jugeons encore
De ces fantômes qu'elle a
doré
Par un faux éclat qui forz
prend.
Nous admirons fans retenue ,
LeTyran échape à la vûë¸,
May1712.
F.
66 MERCURE
On ne voit que le Conque
ranta
Ainfi de cette ardeur bru
tale
Que n'infpire point le devoir
Nôtreeftime aveugle &fatale
Accredite encor le pouvoir.
Al'afpect des villes enpou
dre ,
Des murs écrafez par la
foudre,
En vain nos yeux font of
frayez.
Victimes d'un honneur bis
zarre
GALANT 67
Nous encenfons la main
barbare
Par qui ces murs font fou
droyez.
Il en eft peu dont la pru
dence
De concertavec labonté
Renferme l'aveugle puif
fance
Dans les bornes de l'équi
τέ;
Qui forcez de prendre les
armes
Pefent & le sag &les larmes
Qu'un triomphe leur va
coûter,
Fij
68 MERCURE.
Et qui retenant leur cou-,
rage ;
Songent à diffiper Forage
Avant qu'onl'entende écla
ter.
Jadis guidé par la fageffe
Salomon, l'amour des mortels , rela
Condamna Forgüeilleufe
yvreffe el ens
A qui nous dreffons dés autels.
Sans s'armer d'un fer redoutable , T
Content de fon cœuréqui
cable,
GALANT. F69
Ses bienfaits étoient fes ex
ploits.
Il fut grand fans être terri↓
ble ,
Et ne ceffa d'être invincible.
Qu'en ceffant d'obferver less
loix.
N'eſt-il plus de ces regnes
calmes
Où les loix fervent de rem
parts?
Oùl'on n'aime à cueillir desi
palmes
Que dans la lice des beaux)
ihearts ; mid s
Qu le commerce & l'abon
dance ,
79 MERCURE
Sources de la magnificen
ce ,
Du citoyen comblent les
vœux ;..
Où la justice revérée
Semble encor du regne:
d'Aftréé
Renouveller le temps heu
reux.
Rends nous cette vie innocente ,
Douce paix , montre à ces
guerriers
Que ton olive bienfaifante
Vaut bien leurs funeftes
lauriers.
GALANT 70:
Fais de la main de ta rivale,
Tomber cette torche fa
tale "
Dont tant de cœurs font
embrafez.
Toy feule en defarmant fa
rage
Effaceras la trifte image f
De tous les maux qu'elle a
caufez....
Par M. l'Abbé Mommenet.
Ole qui vient de remporter le prix .
de Poelie des Jeux Floraux.
Quipacis ineunt confilia , eos fequi--
tar gaudium: Prov. 12.
PRinces , qu'une gloire
frivole
Anime à chercher les combats ,
Qu'attendez-vous de cette:
Idole ,
Qu'un vain nom aprés le
trépas ?
GALANT.
Ignorez - vous quelles mi
feres
Mars &Bellone fanguinaires
Traînent aprés leurs chars
poudreux ?
Queje vous plains , fi la na
{ sture: V
N'excite en vous aucun
murmure ,
Quand vousfaites des mal
heureux !
#?
Loin du bruit des combats
terribles
Vigilans , au fein du repos ,
Cultivez les vertus paifibles,
62 MERCURE
Elles forment les vraisHe
ros.
Pourquoy faut-il que vôtré
épée
Dans le fang humain ſoit
trempée ,
.
Pour porter le nom de
vainqueur ?
Serez-vous moins couverts
de gloire ,
Si vous remportez la vićtoire
Sur les defirs de vôtre cœur?
Dequel droit ce Grec qu'on
admire.
Enyvré de fes paffions ,
GALANT.
Alla til defoler l'Empire
Des plus tranquilles nations?
Aprés cent combats homil
cides ,
Au gré de ſes defirs avides
C'étoit peu qu'un monde
foûmisdo
Auroit - il manqué d'exercice ,
S'il avoit fçû compter le
vice e
Au nombre de fes ennemis?
Malgré les trompeuſes ma-
.ximes
64 MERCURE
De cent lâches adulateurs ,
Sous de beaux noms les plus
grands crimes
Nous cachent des ufurpa
teurs.
Pleins de l'orgueil qui les
dévore ,
Du couchantjufques à l'aucomb orprore HeronA
On craint ces Rois ambiSortieux
-tieux.
Dans leurs mains gronde le
antonnerre ,
Ce n'eft qu'en ravageant la
terre
Qu'ils ofent s'en croire les
Dieux.
À
GALANT. 65
Adeux Tyrans de leur patrie ,
Soulez du plus beau fang
Romain,
Qui ne fçait que la flaterie
A prodigué le nom d'hu
main ?
Infenfez nous jugeons encore
De ces fantômes qu'elle a
doré
Par un faux éclat qui forz
prend.
Nous admirons fans retenue ,
LeTyran échape à la vûë¸,
May1712.
F.
66 MERCURE
On ne voit que le Conque
ranta
Ainfi de cette ardeur bru
tale
Que n'infpire point le devoir
Nôtreeftime aveugle &fatale
Accredite encor le pouvoir.
Al'afpect des villes enpou
dre ,
Des murs écrafez par la
foudre,
En vain nos yeux font of
frayez.
Victimes d'un honneur bis
zarre
GALANT 67
Nous encenfons la main
barbare
Par qui ces murs font fou
droyez.
Il en eft peu dont la pru
dence
De concertavec labonté
Renferme l'aveugle puif
fance
Dans les bornes de l'équi
τέ;
Qui forcez de prendre les
armes
Pefent & le sag &les larmes
Qu'un triomphe leur va
coûter,
Fij
68 MERCURE.
Et qui retenant leur cou-,
rage ;
Songent à diffiper Forage
Avant qu'onl'entende écla
ter.
Jadis guidé par la fageffe
Salomon, l'amour des mortels , rela
Condamna Forgüeilleufe
yvreffe el ens
A qui nous dreffons dés autels.
Sans s'armer d'un fer redoutable , T
Content de fon cœuréqui
cable,
GALANT. F69
Ses bienfaits étoient fes ex
ploits.
Il fut grand fans être terri↓
ble ,
Et ne ceffa d'être invincible.
Qu'en ceffant d'obferver less
loix.
N'eſt-il plus de ces regnes
calmes
Où les loix fervent de rem
parts?
Oùl'on n'aime à cueillir desi
palmes
Que dans la lice des beaux)
ihearts ; mid s
Qu le commerce & l'abon
dance ,
79 MERCURE
Sources de la magnificen
ce ,
Du citoyen comblent les
vœux ;..
Où la justice revérée
Semble encor du regne:
d'Aftréé
Renouveller le temps heu
reux.
Rends nous cette vie innocente ,
Douce paix , montre à ces
guerriers
Que ton olive bienfaifante
Vaut bien leurs funeftes
lauriers.
GALANT 70:
Fais de la main de ta rivale,
Tomber cette torche fa
tale "
Dont tant de cœurs font
embrafez.
Toy feule en defarmant fa
rage
Effaceras la trifte image f
De tous les maux qu'elle a
caufez....
Fermer
Résumé : LA FAUSSE VALEUR. Par M. l'Abbé Mommenet. Ode qui vient de remporter le prix de Poësie des Jeux Floraux. Quis pacis inennt consilia, cos sequitur gaudium. Prov. 12.
Le poème 'La fausse valeur' de l'Abbé Mommenet, lauréat du prix de Poésie des Jeux Floraux, critique la quête de gloire frivole à travers les combats et les guerres. Il met en garde contre les conséquences destructrices de ces conflits et souligne que les véritables héros cultivent des vertus pacifiques. Le texte dénonce les tyrans ambitieux qui cherchent à dominer par la force, cachant leurs crimes sous des apparences trompeuses. Il exalte la sagesse et la justice, illustrées par des figures historiques comme Salomon. Le poème appelle à une vie paisible et juste, où la paix et l'abondance prévalent sur les lauriers de la guerre. Il se termine par un appel à la paix, présentée comme supérieure aux triomphes militaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
45
p. 265-283
LA BATAILLE de Villa-viciosa. ODE. Servant d'explication au feu d'artifice que M. le Duc d'Albe a fait tirer pour ce sujet.
Début :
Quelle vive ardeur étincelle [...]
Mots clefs :
Mort, Bataille, Conquête, Roi, Peuple, Soldat, Vainqueur, Héros, Duc de Vendôme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA BATAILLE de Villa-viciosa. ODE. Servant d'explication au feu d'artifice que M. le Duc d'Albe a fait tirer pour ce sujet.
On vient de m'aprendre
la mort d'un des plus grands
hommes de nôtre fiecle, c'eſt
Monfieur de Vendome ; cc
Juin 1712.
Z
+66 MERGURE
malheureux article merite
des Memoires que je ne
pourray
avoir que le mois
prochain
. Voicy
une Ode
faite par M. L. P. fur une
de fes conquêtes
.
T
LA BATAILLE
de Villa- viciofa.
ODE.I
Servant d'explication au fea
d'artifice que M. le Ďac
d'Albe a fait tirer pour
Dat
ce fujer.
Quelle vive ardeur
55,5 étincelle BauM
鉴
t
CALANT. 269
pour un Heros victorieux ?
c'eft l'amour d'un fujet
fidelle
qui s'ouvre un chemin
vers les Cicyx.
Seigneur, dit-il , Dieu "
fecourable,
voy toujours d'un œil "
A favorable
un Roy qui nous rend
triomphants ;
que toujours onl'aime, "
on le craigne ,
qu'il vive enfin , & "
Z ij
268 MERCURE
que fon
regne
s'éternife dans fes en
fants.
Subditionem obfequentiffimum
'Dux Alve
Vivat ®net,
Les Cieux fe declarent
propices ,
Dieu reçoit ces vœux
enflamez :
non , fous de plus heureux aufpices ,
jamais vœux ne furent
CALANT. 269
formez ,
vertus , Roy , ſujets , tout
confpire i
à deffendre un illuftre
Empire ,
fes fiers ennemis font
defaits ;
la terreur vole fur leurs
petraces : and han
Grand Dieu , que tes
premieres graces
nous prefagent d'autres
9 bienfaits.
fuyez , nations fremif
Z iij
470 MERGURE
fantes
que guide la rebellion ;
vos fureurs font trop inpuiffantes ,
fuyez , redoutez le Lion,
ne irritez pas davantage
refpectez un faint heritage
qui brave la flame & le
fera bos
c'eft cette pierre où tout
fe brife i
& que peuvent contre
l'Eglife
les portes mefmes de
1
GALANT. 178
l'enfer.
Fremuerunt gentes. On
Ecce vicit Leo,
i
Vains projets des Roys
de la terrex
Dieu les confond dans
un inftant
le fuccés d'une injuſte
guerre
perd les vainqueurs en
les flattant.
en vain la forrune prodigue
répand fes faveurs fur la
ligue ;
Z
ijij
72 MERGURE
ces monftres d'orgueil
ne font plus:
quel changement ! qui
l'eût pû croire ,
que tout le fruit de la
victoire
ne feroit que pour les
vaincus,?
Meditatifunt inania.
Pour calmer les juftes
allarmes
d'un peuple trahi par le
fort,
GALANT. 273
les vertus vont prendre
les armes ,
Lattendan tout de leur
effort :
qu'on me fuive , dit la "
Juftice ,
t
il faut que ma main “
accompliffe
l'ouvrage qu'elle a "
commencé ;
je n'ay befoin que
moy-mefime ,
de
pour maintenir le dia- "
dême
fur le front où je l'ay "s
274 MERCURE
5.La placé. vv 22
*
fedis tu Judicium prepratio
"
L
Mon fecours vous
eft neceffaire ,
dit la Conftance au
cœur d'airain ,
bientôt d'un fuperbe
adverfaire
la fureur n'aura plus
de frein ,
Gila foy des peuples
chancelle
GALANT. 275
c'eft moy qui répond “
de leur zele,
interrompt la Fidelité ,
l'Ibere manque - t - il
abd'audace , mop
quand la mort dont "
on le menace
luy promet l'immor- «
sb otalité. nolited ing
Non movebor in æternum.
Fideles in dilectione acquiefcent illi.
Mais quelle autre vertu
s'avance ?
276 MERGURE
quels honneurs ! quel
profond refpect ,
tout garde un augufte
filence
qu'impofe fon divin
alpect : ber
l'éclat de la Majeſté
fainte
qui brille au travers de
fa crainte
m'annonce la Religion ;
mais l'horreur dont elle
eft faifie ,
m'annonceencoremieux
l'Herefiere
GALANT. 277
•
elle en fuit la contagion,
Peuple , dit-elle ,
qu'on m'écoute :
le Ciel va vanger mon❝
affront ;
la foudre eft prête , &“
dans leur route
les prophanateurs periront :
Charles jufques aux
Autels m'affiege ,
lors que Philippe me
protege
qui des deux doit re
сс
278 MERCURE
gnerfur toyo
fouffrirois- tu la con- "
رو
currence ?
tu vois par cette
difference b !
lequel doit eftre ton
vray Roy.
Ꭵ
Iter impiorum peribit.
Elle dit , & le peuple
Zunvole,
tous brulent de remplir
Me fes voeux
on diroit que chaque
21parole
GALANT. 279
eft untrait de flâme
pour eux
tout eft foldat , tout fe
ranime ,
chaque bras choific fa
victime ; stroll
quels fleuves de fang
vont couler
l'ennemi tremblant
prend la fuite ; S
mais la mort prompte à
la pourfuite
va l'atteindre & va l'immoler. Mar
280 MERCURE
C'en eft fait dans
un fang impie
je vois par tout le fer
plongé
le noir facrilege s'expic,
l'outrage du Ciel eft
Cp vangé ; in
un faint4 zela entraîne
Philippe o took
au milieu des rangs qu'il
o diffiperom obvi
il s'abbandonnes à fon
grand coeur :
quel tranfport, Vendôme
luy mefme
GALANT 28F
s'étonne duperil extrême
où s'expofe un fi cher
vainqueur.
On doute alors fi de
l'armée
Vendôme eft le chef ou
Hele bras.
O combien fon ame
Jallarınée,
luy fait affronter de
trépás ?
quelle gloire ! quel nou
veau luſtre w
il acquiert dans ce champ
Juin 1712. Aa
282 MERCURE
illuftre
où dés l'enfance il s'eſt
nourri !
peut-il , ce fang de nos
Monarques,
montrer par de plus nobles marques
qu'il eft digne du grand
Henri.
Qu'un jour au crime
fi funefte
eſt ſuivi d'une prompte
nuit !
les ombres dérobent le
GALANT 283
refte
au fer vengeur qui le
pourfuit.
Mufe, borne icy ta car
riere ,
laiffe à la Parque meurtriere
le foin d'achever ce
projet ;
Et toy , feul Maistre de
la terre ,
grand Dieu , favorife
une guerre
qui n'a que le Ciel pour
objet.
la mort d'un des plus grands
hommes de nôtre fiecle, c'eſt
Monfieur de Vendome ; cc
Juin 1712.
Z
+66 MERGURE
malheureux article merite
des Memoires que je ne
pourray
avoir que le mois
prochain
. Voicy
une Ode
faite par M. L. P. fur une
de fes conquêtes
.
T
LA BATAILLE
de Villa- viciofa.
ODE.I
Servant d'explication au fea
d'artifice que M. le Ďac
d'Albe a fait tirer pour
Dat
ce fujer.
Quelle vive ardeur
55,5 étincelle BauM
鉴
t
CALANT. 269
pour un Heros victorieux ?
c'eft l'amour d'un fujet
fidelle
qui s'ouvre un chemin
vers les Cicyx.
Seigneur, dit-il , Dieu "
fecourable,
voy toujours d'un œil "
A favorable
un Roy qui nous rend
triomphants ;
que toujours onl'aime, "
on le craigne ,
qu'il vive enfin , & "
Z ij
268 MERCURE
que fon
regne
s'éternife dans fes en
fants.
Subditionem obfequentiffimum
'Dux Alve
Vivat ®net,
Les Cieux fe declarent
propices ,
Dieu reçoit ces vœux
enflamez :
non , fous de plus heureux aufpices ,
jamais vœux ne furent
CALANT. 269
formez ,
vertus , Roy , ſujets , tout
confpire i
à deffendre un illuftre
Empire ,
fes fiers ennemis font
defaits ;
la terreur vole fur leurs
petraces : and han
Grand Dieu , que tes
premieres graces
nous prefagent d'autres
9 bienfaits.
fuyez , nations fremif
Z iij
470 MERGURE
fantes
que guide la rebellion ;
vos fureurs font trop inpuiffantes ,
fuyez , redoutez le Lion,
ne irritez pas davantage
refpectez un faint heritage
qui brave la flame & le
fera bos
c'eft cette pierre où tout
fe brife i
& que peuvent contre
l'Eglife
les portes mefmes de
1
GALANT. 178
l'enfer.
Fremuerunt gentes. On
Ecce vicit Leo,
i
Vains projets des Roys
de la terrex
Dieu les confond dans
un inftant
le fuccés d'une injuſte
guerre
perd les vainqueurs en
les flattant.
en vain la forrune prodigue
répand fes faveurs fur la
ligue ;
Z
ijij
72 MERGURE
ces monftres d'orgueil
ne font plus:
quel changement ! qui
l'eût pû croire ,
que tout le fruit de la
victoire
ne feroit que pour les
vaincus,?
Meditatifunt inania.
Pour calmer les juftes
allarmes
d'un peuple trahi par le
fort,
GALANT. 273
les vertus vont prendre
les armes ,
Lattendan tout de leur
effort :
qu'on me fuive , dit la "
Juftice ,
t
il faut que ma main “
accompliffe
l'ouvrage qu'elle a "
commencé ;
je n'ay befoin que
moy-mefime ,
de
pour maintenir le dia- "
dême
fur le front où je l'ay "s
274 MERCURE
5.La placé. vv 22
*
fedis tu Judicium prepratio
"
L
Mon fecours vous
eft neceffaire ,
dit la Conftance au
cœur d'airain ,
bientôt d'un fuperbe
adverfaire
la fureur n'aura plus
de frein ,
Gila foy des peuples
chancelle
GALANT. 275
c'eft moy qui répond “
de leur zele,
interrompt la Fidelité ,
l'Ibere manque - t - il
abd'audace , mop
quand la mort dont "
on le menace
luy promet l'immor- «
sb otalité. nolited ing
Non movebor in æternum.
Fideles in dilectione acquiefcent illi.
Mais quelle autre vertu
s'avance ?
276 MERGURE
quels honneurs ! quel
profond refpect ,
tout garde un augufte
filence
qu'impofe fon divin
alpect : ber
l'éclat de la Majeſté
fainte
qui brille au travers de
fa crainte
m'annonce la Religion ;
mais l'horreur dont elle
eft faifie ,
m'annonceencoremieux
l'Herefiere
GALANT. 277
•
elle en fuit la contagion,
Peuple , dit-elle ,
qu'on m'écoute :
le Ciel va vanger mon❝
affront ;
la foudre eft prête , &“
dans leur route
les prophanateurs periront :
Charles jufques aux
Autels m'affiege ,
lors que Philippe me
protege
qui des deux doit re
сс
278 MERCURE
gnerfur toyo
fouffrirois- tu la con- "
رو
currence ?
tu vois par cette
difference b !
lequel doit eftre ton
vray Roy.
Ꭵ
Iter impiorum peribit.
Elle dit , & le peuple
Zunvole,
tous brulent de remplir
Me fes voeux
on diroit que chaque
21parole
GALANT. 279
eft untrait de flâme
pour eux
tout eft foldat , tout fe
ranime ,
chaque bras choific fa
victime ; stroll
quels fleuves de fang
vont couler
l'ennemi tremblant
prend la fuite ; S
mais la mort prompte à
la pourfuite
va l'atteindre & va l'immoler. Mar
280 MERCURE
C'en eft fait dans
un fang impie
je vois par tout le fer
plongé
le noir facrilege s'expic,
l'outrage du Ciel eft
Cp vangé ; in
un faint4 zela entraîne
Philippe o took
au milieu des rangs qu'il
o diffiperom obvi
il s'abbandonnes à fon
grand coeur :
quel tranfport, Vendôme
luy mefme
GALANT 28F
s'étonne duperil extrême
où s'expofe un fi cher
vainqueur.
On doute alors fi de
l'armée
Vendôme eft le chef ou
Hele bras.
O combien fon ame
Jallarınée,
luy fait affronter de
trépás ?
quelle gloire ! quel nou
veau luſtre w
il acquiert dans ce champ
Juin 1712. Aa
282 MERCURE
illuftre
où dés l'enfance il s'eſt
nourri !
peut-il , ce fang de nos
Monarques,
montrer par de plus nobles marques
qu'il eft digne du grand
Henri.
Qu'un jour au crime
fi funefte
eſt ſuivi d'une prompte
nuit !
les ombres dérobent le
GALANT 283
refte
au fer vengeur qui le
pourfuit.
Mufe, borne icy ta car
riere ,
laiffe à la Parque meurtriere
le foin d'achever ce
projet ;
Et toy , feul Maistre de
la terre ,
grand Dieu , favorife
une guerre
qui n'a que le Ciel pour
objet.
Fermer
Résumé : LA BATAILLE de Villa-viciosa. ODE. Servant d'explication au feu d'artifice que M. le Duc d'Albe a fait tirer pour ce sujet.
Le Mercure de Juin 1712 annonce la mort de Monsieur de Vendôme, décrit comme l'un des plus grands hommes de son siècle. L'article mentionne également une ode composée par M. L. P. pour célébrer une des conquêtes de Vendôme. Cette ode explique un feu d'artifice tiré par le duc d'Albe pour commémorer une victoire. Le texte décrit la bataille de Villaviciosa, exaltant les vertus du roi, la fidélité des sujets et la défaite des ennemis. Il met en avant des vertus telles que la Justice, la Constance, la Fidélité et la Religion, qui soutiennent le roi et le peuple contre les forces rebelles. La Religion appelle à la vengeance divine contre les profanateurs et exhorte le peuple à suivre Philippe, le véritable roi. Le texte se termine par une description de la bravoure de Vendôme et de son dévouement, comparant sa gloire à celle du grand Henri. Vendôme est présenté comme un modèle de courage et de loyauté, dont les actions ont contribué à la victoire et à la stabilité du royaume.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
46
p. 42-59
MONSIEUR LE DUC de Vendosme.
Début :
Louis Joseph Duc de Vendosme, Pair de France, Prince de [...]
Mots clefs :
Duc de Vendôme, Mort, Général, Apprentissage, Armée, Commandement, Espagne, Roi, Siège, Campagne, Combat, Valeur, Victoire, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MONSIEUR LE DUC de Vendosme.
Ona différé l'article de
la mort de Monsieur de Vendosme jtifcytes à ce mois
- cy
pour avoir les memoires fui..
vantsy ileustfallu le differer
trop long-temps pourrecevoirle
détail de toutes les belles agitons
qu'il a
faites.
MONSIEUR LE DUC
de Vendosme lLOU[S joseph Duc de
Vendosme,Pair de France,
Prince de Martigues,Chevalier des Ordres du Roy,
Grand Senechal & Gouverneur de la Provence,
General des Galeres, mourutàVinaros leII. dumois
de juin,âgé de cinquante
huitans, petit fils du plus
grand Roy qui ait veseu
avant Louis le Grand ,dû_'
quel il estoitune image
vivante par le trait de son
visage
,
plus encore par
ceux de son ameIl donna dès son enfance des marques de ses raresqualitez
,
qui dans les
Princes font au dessusdes
qualitez heroïques, deson
humanité affable, généreux, compatissant donnanttout &c.
Il s'appliqua dès sa plus
tendre jeunesse à ce grand
m'estier dont il s'est servy
depuis plusieurs fois si uti-
lement pourrestablir les
affaires dans tous les lieux
où il a
esté appelle.
Dés l'âge de dix-sept
ans, il fut à la teste d'un.
Regiment d'Infanterie,&
il servit avec la mesme assiduitéque s'il avoitesperé
delà sa fortune.
Il fit son chemin avec la
mesme lenteur d'un particulier, & passa par tousles
dégrez, ce qui le rendit un
si grand General.
Il fit son apprentissage
fous Monsieur de Turenne
,
qui à cet âge
-
là luy
donnoit mille marques de
saconfiance.
Il repoussales ennemis
ayant son seulRégiment,
au combat d'Althenem où
il fut grievement blessé.
Après la mort de Monsieur de Turenne, il eut
pour Maistre Monsieur le
Mareschal de Crequy
,
&
fit voir dans toutes forte4
d'occasions combien il avoitprofité des leçons de
ces deux grands Généraux.
Tous les temps de paix
ont esté signaléc par ses
magnificencesdans sa belle Maison d'Anet, où il
donnoit presque tous les
ans des sestes à Monseigneur le Dauphin qui l'honoroit d'une tendre ami-
"hé qui n'aefté ignorée de
perfonneJamais le Roy n'adonné
à personne de sa Cour
,
de si grandes marques de
sa confiance; & Sa Majesté le fie bien paroistre
par laLettre qu'Elle luy
fit l'honneur de luy escrire en rassemblant sur sa
telle le Generalat des Ga-
leresau Gouvernement de
Provence.
Il faudrait une histoire
commecelle de Mezerec, sil'onvouloirraconter toutes les astions particulières
qu'il afaites avant de commander en chef, en Allemagne fousMonseigneur,
& fous Messieurs les Mareschaux de Duras & de
Lorge; en Flandres fous
Monsieur de Luxemborg,
où toute l'armée vit avec
plaisir que le gain du combat de Steinkerque fut deu
à un avis qu'il avoit donné.
<
A la Marfaille Monsieur
le Mareschal de Catinat
publia que c'estoit Monsieur de Vendosme qui s'estoit avisé la veille de mettre la droite à la gauche,
&la gauche à la droite,
afin d'opposer par la la
Gendarmerie aux Cuirassiers de l'Empereur
,
& il
chargea le lendemain, &
fit des actions surprenantes à la teste de cette Gendarmerie.
Les commandements
dans la Vallée de BarceJonnette
,
à Nice, ôc en
Provence suffiroient pour faire l'éloge d'un autre,
mais voyonsle comman- der en chef.
Le Roy luy donne le
commandement de l'armée de Catalogne, il y
arrive, trouve nostre armée decouragée, nos Grenadiers tremblanrs devant
les Miquelets; son arrivée
restablit tout
,
&¡;en une
campagne;il fait lever le
siege de plusieurs places,
Palamos
,
Ostallery, Calcet- soüilles, &c.
Il bat un gros corps de
Cavalerie, commande par
le Prince d'Armée, & se
seroit mis en estac de faire
le siege de Barcelonne dès
cette campagne, si la Cour
n'avoit trouve à propos de
differer à la suivante.
Quelfut ce siege de Barcelonne! Une grandeVille
qui ne peut estre investiè
,
défendue par une garnison
au dedans qui estoit aussi
forte qu'unearmée, & et
tant assiege tuy.
-
mesme
au dehors par une armée
aussi forte que la sienne,
commandée par le Vice-
roy
,
il commence par le
battre, & le mettre entièrement en deroute; & aprés
cinquante deux jours de
tranchéeouverte
,
il se
rend maître de cette place.
Tout le monde se souvient
encore des aétions furprenances qui se passerent à ce
siege ; & c'est bien dommage que la paresse de
Monsieur Capiftron Tait
empefehéde lesescrire La
< prisede cette Ville fit faire
la paix de Rifwik.
L'affairede Cremonearrive,Monsieur deVendos-
me y vole, on tremiroit à
voir sur la Carte les pays
donc les Ennemis estoient
emparez
,
& dont il les
cbufTi depuisfaine Nazaro,
& de l'Etradel, jusques à
Goito au delà de Mancouë
que l'armée de l'Empereur
tenoit bloqué, & dont il fit
lever le blocus après avoir
pris chemin faisant cinq
ou six places ausquelles il
fallut ouvrir la tranchée, ilbattitcette même Campagne Vice-conty à la Victoria, & gagna fous les or- dres du Roy d'espagne la
fameuse bataille de Luzara.
La Campagne ensuite il
penetra jusqu'à Trente
aprèsavoir pris cinq ou six
Chasteaux qui paroissoient
im prenables par leur situation, & revient à la fin de
la Campagne, battre le
mesme Vice-conty à S.
Sebastien prés d'Alexandrie, laisse le commandement de l'armée dePiémont
à Monsieur le Grand Prieur
son frere, retourne à celle
deLombardie sur la Sequia,
d'où il partit pour suivre
1.
Nuremberg, & pendant
prés de quinze jours battre
tous les soirs fort arriere
garde, marche qui fut
égalertt£ri£glorieuse à la
respectable opiniatreté de
ses grands rivaux.
Que de Villes prises en
1704. Ivrée, Verceil
,
&:
toutes les places de Monsieur de Savoye
,
Veruë priseaucommencement
de 1705. & ce Prince réduit
au seul Turin.
Le Combat de Cassan
où sa seule valeur alla plusieursfois arracherJ^;vicr
toire dans les bataillons
des Ennemis.
Quelle ouverture pour
la Campagne de 1706. que
la glorieuseaffaire de Calsinat, il l'aprojette à Mantoüe, fait ses dispositions,
& profite de la rigueur de
l'hyverquile mettoit dans
l'impossibilité de les executer
,
pour venir faire sa
cour au Roy, qu'il n'avoit
eu l'honneur de voir depuis
quatre ans, & dont il ne
pouvoit plus vivre essoigné,
reçoit à Anet les applaudissements de toute la Fran-
ce ,qui l'y traita pendant
tous les six jours qu'ily fut
avec une magnificence qui
jusques là n'avoit point eu
d'exemple. Il part enfin de
ce sejour de delices pour
aller executer son dessein
sur Calsinat le mesme jour
qu'ill'avoit projette, &
Monsieur le Prince Eugene
y
arriva à
temps pour estre
le tesmoin de savictoire.
Il est rappelled'Italie
pour aller commander l'armée de Flandres après le
malheur de Ramilly. Il y
trouve le Generaldes En-
nemis enSe de ses prosperitez
,
& prometrant à son
armée de la mener à Paris;
il rabu si bien foi} audace,
que les soldats luy disoient
tout haut que Bruxelles
n'en estoit pas le chemin.
Sa valeur sur tousjours
la mesme, mais la victoire
l'abandonna à Oudenarde,
peut estre pour relever sa
gloire. On ne voir jamais
un Heros toutentier quand
on ne le voit que dans la
prosperité.
Tout ce qui s'est passé
en Espagne est si nouveau,
que je ferois tort d'en donner des Mémoires à celuy
qui prendra le foin d'escrire ce qu'il a
fait depuis son
dernier départ d'Anet jusqua sa mort. On travaille
à present au Journal exact
de cette suite de belles actions qui ont affermi la
Couronne du Roy d'Espagné, quand ce Journal serafaitj'en donnerai un extrait.
la mort de Monsieur de Vendosme jtifcytes à ce mois
- cy
pour avoir les memoires fui..
vantsy ileustfallu le differer
trop long-temps pourrecevoirle
détail de toutes les belles agitons
qu'il a
faites.
MONSIEUR LE DUC
de Vendosme lLOU[S joseph Duc de
Vendosme,Pair de France,
Prince de Martigues,Chevalier des Ordres du Roy,
Grand Senechal & Gouverneur de la Provence,
General des Galeres, mourutàVinaros leII. dumois
de juin,âgé de cinquante
huitans, petit fils du plus
grand Roy qui ait veseu
avant Louis le Grand ,dû_'
quel il estoitune image
vivante par le trait de son
visage
,
plus encore par
ceux de son ameIl donna dès son enfance des marques de ses raresqualitez
,
qui dans les
Princes font au dessusdes
qualitez heroïques, deson
humanité affable, généreux, compatissant donnanttout &c.
Il s'appliqua dès sa plus
tendre jeunesse à ce grand
m'estier dont il s'est servy
depuis plusieurs fois si uti-
lement pourrestablir les
affaires dans tous les lieux
où il a
esté appelle.
Dés l'âge de dix-sept
ans, il fut à la teste d'un.
Regiment d'Infanterie,&
il servit avec la mesme assiduitéque s'il avoitesperé
delà sa fortune.
Il fit son chemin avec la
mesme lenteur d'un particulier, & passa par tousles
dégrez, ce qui le rendit un
si grand General.
Il fit son apprentissage
fous Monsieur de Turenne
,
qui à cet âge
-
là luy
donnoit mille marques de
saconfiance.
Il repoussales ennemis
ayant son seulRégiment,
au combat d'Althenem où
il fut grievement blessé.
Après la mort de Monsieur de Turenne, il eut
pour Maistre Monsieur le
Mareschal de Crequy
,
&
fit voir dans toutes forte4
d'occasions combien il avoitprofité des leçons de
ces deux grands Généraux.
Tous les temps de paix
ont esté signaléc par ses
magnificencesdans sa belle Maison d'Anet, où il
donnoit presque tous les
ans des sestes à Monseigneur le Dauphin qui l'honoroit d'une tendre ami-
"hé qui n'aefté ignorée de
perfonneJamais le Roy n'adonné
à personne de sa Cour
,
de si grandes marques de
sa confiance; & Sa Majesté le fie bien paroistre
par laLettre qu'Elle luy
fit l'honneur de luy escrire en rassemblant sur sa
telle le Generalat des Ga-
leresau Gouvernement de
Provence.
Il faudrait une histoire
commecelle de Mezerec, sil'onvouloirraconter toutes les astions particulières
qu'il afaites avant de commander en chef, en Allemagne fousMonseigneur,
& fous Messieurs les Mareschaux de Duras & de
Lorge; en Flandres fous
Monsieur de Luxemborg,
où toute l'armée vit avec
plaisir que le gain du combat de Steinkerque fut deu
à un avis qu'il avoit donné.
<
A la Marfaille Monsieur
le Mareschal de Catinat
publia que c'estoit Monsieur de Vendosme qui s'estoit avisé la veille de mettre la droite à la gauche,
&la gauche à la droite,
afin d'opposer par la la
Gendarmerie aux Cuirassiers de l'Empereur
,
& il
chargea le lendemain, &
fit des actions surprenantes à la teste de cette Gendarmerie.
Les commandements
dans la Vallée de BarceJonnette
,
à Nice, ôc en
Provence suffiroient pour faire l'éloge d'un autre,
mais voyonsle comman- der en chef.
Le Roy luy donne le
commandement de l'armée de Catalogne, il y
arrive, trouve nostre armée decouragée, nos Grenadiers tremblanrs devant
les Miquelets; son arrivée
restablit tout
,
&¡;en une
campagne;il fait lever le
siege de plusieurs places,
Palamos
,
Ostallery, Calcet- soüilles, &c.
Il bat un gros corps de
Cavalerie, commande par
le Prince d'Armée, & se
seroit mis en estac de faire
le siege de Barcelonne dès
cette campagne, si la Cour
n'avoit trouve à propos de
differer à la suivante.
Quelfut ce siege de Barcelonne! Une grandeVille
qui ne peut estre investiè
,
défendue par une garnison
au dedans qui estoit aussi
forte qu'unearmée, & et
tant assiege tuy.
-
mesme
au dehors par une armée
aussi forte que la sienne,
commandée par le Vice-
roy
,
il commence par le
battre, & le mettre entièrement en deroute; & aprés
cinquante deux jours de
tranchéeouverte
,
il se
rend maître de cette place.
Tout le monde se souvient
encore des aétions furprenances qui se passerent à ce
siege ; & c'est bien dommage que la paresse de
Monsieur Capiftron Tait
empefehéde lesescrire La
< prisede cette Ville fit faire
la paix de Rifwik.
L'affairede Cremonearrive,Monsieur deVendos-
me y vole, on tremiroit à
voir sur la Carte les pays
donc les Ennemis estoient
emparez
,
& dont il les
cbufTi depuisfaine Nazaro,
& de l'Etradel, jusques à
Goito au delà de Mancouë
que l'armée de l'Empereur
tenoit bloqué, & dont il fit
lever le blocus après avoir
pris chemin faisant cinq
ou six places ausquelles il
fallut ouvrir la tranchée, ilbattitcette même Campagne Vice-conty à la Victoria, & gagna fous les or- dres du Roy d'espagne la
fameuse bataille de Luzara.
La Campagne ensuite il
penetra jusqu'à Trente
aprèsavoir pris cinq ou six
Chasteaux qui paroissoient
im prenables par leur situation, & revient à la fin de
la Campagne, battre le
mesme Vice-conty à S.
Sebastien prés d'Alexandrie, laisse le commandement de l'armée dePiémont
à Monsieur le Grand Prieur
son frere, retourne à celle
deLombardie sur la Sequia,
d'où il partit pour suivre
1.
Nuremberg, & pendant
prés de quinze jours battre
tous les soirs fort arriere
garde, marche qui fut
égalertt£ri£glorieuse à la
respectable opiniatreté de
ses grands rivaux.
Que de Villes prises en
1704. Ivrée, Verceil
,
&:
toutes les places de Monsieur de Savoye
,
Veruë priseaucommencement
de 1705. & ce Prince réduit
au seul Turin.
Le Combat de Cassan
où sa seule valeur alla plusieursfois arracherJ^;vicr
toire dans les bataillons
des Ennemis.
Quelle ouverture pour
la Campagne de 1706. que
la glorieuseaffaire de Calsinat, il l'aprojette à Mantoüe, fait ses dispositions,
& profite de la rigueur de
l'hyverquile mettoit dans
l'impossibilité de les executer
,
pour venir faire sa
cour au Roy, qu'il n'avoit
eu l'honneur de voir depuis
quatre ans, & dont il ne
pouvoit plus vivre essoigné,
reçoit à Anet les applaudissements de toute la Fran-
ce ,qui l'y traita pendant
tous les six jours qu'ily fut
avec une magnificence qui
jusques là n'avoit point eu
d'exemple. Il part enfin de
ce sejour de delices pour
aller executer son dessein
sur Calsinat le mesme jour
qu'ill'avoit projette, &
Monsieur le Prince Eugene
y
arriva à
temps pour estre
le tesmoin de savictoire.
Il est rappelled'Italie
pour aller commander l'armée de Flandres après le
malheur de Ramilly. Il y
trouve le Generaldes En-
nemis enSe de ses prosperitez
,
& prometrant à son
armée de la mener à Paris;
il rabu si bien foi} audace,
que les soldats luy disoient
tout haut que Bruxelles
n'en estoit pas le chemin.
Sa valeur sur tousjours
la mesme, mais la victoire
l'abandonna à Oudenarde,
peut estre pour relever sa
gloire. On ne voir jamais
un Heros toutentier quand
on ne le voit que dans la
prosperité.
Tout ce qui s'est passé
en Espagne est si nouveau,
que je ferois tort d'en donner des Mémoires à celuy
qui prendra le foin d'escrire ce qu'il a
fait depuis son
dernier départ d'Anet jusqua sa mort. On travaille
à present au Journal exact
de cette suite de belles actions qui ont affermi la
Couronne du Roy d'Espagné, quand ce Journal serafaitj'en donnerai un extrait.
Fermer
Résumé : MONSIEUR LE DUC de Vendosme.
Le texte relate la vie et les exploits militaires de Louis Joseph de Vendôme, Duc de Vendôme, Pair de France, Prince de Martigues, Chevalier des Ordres du Roy, Grand Sénéchal et Gouverneur de la Provence, et Général des Galères. Né petit-fils d'un grand roi, il montra dès son enfance des qualités rares telles que l'humanité, l'affabilité, la générosité et la compassion. Il s'illustra très tôt dans sa carrière militaire, servant avec assiduité et gravissant les échelons jusqu'à devenir un grand général. Sous la tutelle de Turenne et de Crequy, il participa à de nombreuses batailles, comme celle d'Altenheim où il fut grièvement blessé. Il se distingua également lors des sièges de Barcelone et de Cremone, et dans diverses campagnes en Allemagne, en Flandres et en Italie. Ses actions militaires, telles que la prise de plusieurs villes et la victoire à la bataille de Luzara, contribuèrent à affermir la couronne du Roi d'Espagne. Le Duc de Vendôme était également connu pour sa magnificence et son hospitalité, notamment lors des séjours du Dauphin à sa maison d'Anet. Il reçut de grandes marques de confiance du Roi, qui lui confia divers commandements importants. Sa carrière militaire fut marquée par des succès notables, bien que la victoire lui ait parfois échappé, comme à la bataille d'Oudenarde. Le texte mentionne également la préparation d'un journal détaillant ses actions en Espagne, soulignant l'impact de ses exploits sur la couronne espagnole.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
47
p. 73-86
LE SOUVERAIN, ODE.
Début :
Heros, qui vous vantez de l'estre, [...]
Mots clefs :
Héros, Gloire, Vertu, Autels, Histoire, Valeur, Vainqueur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE SOUVERAIN, ODE.
LE SOUVERAIN,
0 DE.
HEros,qui
vous vantez de l'estre,
Pour donner des Loix
aux Mortels,
Par vos vertus faites connoistre
Que nous vous devons
des Autels.
OUi, nous l'avoüons
,
nous ne sommes
Devant vous que de lim..
ples hommes
:
Mais estes-vous des Demidieux ?
Apprenez que la seule
Gloire,
Qui peut vous placer
dans l'Histoire,
N'éleve pas jusques aux
Cieux.
Voussçavez lancer le
Tonnerre,
Et vous brillez dans les
assauts
:
Mais cette valeur dans la
Guerre
Nous cache-telle vos
défauts?
Au retour des champs
de Bellone,
Cet éclat qui vous environne
S'évanoüit dans le repos.
Prompts à vous rendre à
la molefle,
Nous voyons que vostre
foiblesse
Efface à l'instant le Heros.
Loin d'icy ce meslange énorme
De superbe & de volupté
:
C'est la pure vertu qui
forme
Le grand Homme tant
respecté.
Sans elle
,
avec tout ce
,
faux lustre
A nos yeux ce phantosme illustre.,
Ce prétendu Heros n'est
rien.
Celuy. la ternit sa me-
moire
Qui pour aimer trop la
victoire
,
Neglige d'estre homme
de bien.
L'Héroïsmeseroitfacile
Si par de belliqueux ex-
, ploits,
Ou par quelque vertu
sterile
Vousmeritiez d'estre nos
Rois.
Ce César & cet Ale- -
xandre
N'eurent le droit de nous
surprendre
Que par des triomphes
nombreux
:
Je doute que dans la disgrace
, Ainsique CHARLE, avec
audace
Ils sceuffent estre malheureux.
En vain cette valeur
brillante
Fait valoir un heureux
Vainqueur;
Son mérite nous épouvante,
S'il n'est scellé par nostre cœur.
Loince Héros qui par
vengeance
Ofefaire une indigne
offense
A la gloire de (on Rival.
Souvent les Dieux dans
leur colere,
Pour nous plonger dans
la misere
, Nous font un present si
fatal.
Le vrai Héros est tousjours fage;
S'il triomphe, c'est pour
la Paix;
Elle estl'objet de son
courage ;
Nous le sommes de les
bienfaits.
Occupé de nostre fortune
,
Jamais Mortel ne l'importune ;
Il nous consacre les projets:
On le revere, on le con-
.,
tcmple>*v
Il sçait faire par son exemple
De vrais Héros de les
sujets.
Tout est sacré pour sa
grande ame,
Ses Loix,ses mœurs &
son honneur;
Et si quelque desir l'enflâme,
C'est de faire nostre bonheur.
Inviolable en sa parole,
Mille fois son grandcœur
s'immole
Au denousla tenir.
Du malheureux il est
l'asyle;
Chacun, en ses foyers
tranquille)
Est seur d'un heureux
avenir.
Son cœur au dessus du
vulgaire
o Rempli d'une noble
fierté)
N'eil: pas si grand quand
il prospere,
Qu'au comble de l'adverfité.
C'est alors que par sa
confiance,
Satisfait de sa conscience,
Il fait trembler ses ennemis
,
Et que par une vertu
ferme
Il reproche au Destin le
terme
Ou son injustice l'a mis.
C'est donc à
ces illuf-
très marques
, Héros qui voulez impofer,
Que je vous reconnois
Monarques;
Non à l'ardeur de tout
oser.
Le triomphe devient car- *•
nage
Lorsque rien ne nous dédommage
D'estrefournis à vostre
fort.
Point de Héros si l'on
ne l'aime,
S'il ne sçait se vaincre
luy
-
mesme,
S'il ne ressemble au Roy
du Nord.
L'exemple que je vous
propose
Est un prodige à runivers:
Jamais ce Prince ne repose
Dans l'éclat, ny dans les
revers.
C'est peu pour ce Héros
terrible
Qu'ilose tenter l'impôt
sible,
Quil ait vaillamment
combattu;
Malgré tous les traits de
l'Envie,
Il sçait pendant sa belle
vie
Joindre la Gloire à la
Vertu
0 DE.
HEros,qui
vous vantez de l'estre,
Pour donner des Loix
aux Mortels,
Par vos vertus faites connoistre
Que nous vous devons
des Autels.
OUi, nous l'avoüons
,
nous ne sommes
Devant vous que de lim..
ples hommes
:
Mais estes-vous des Demidieux ?
Apprenez que la seule
Gloire,
Qui peut vous placer
dans l'Histoire,
N'éleve pas jusques aux
Cieux.
Voussçavez lancer le
Tonnerre,
Et vous brillez dans les
assauts
:
Mais cette valeur dans la
Guerre
Nous cache-telle vos
défauts?
Au retour des champs
de Bellone,
Cet éclat qui vous environne
S'évanoüit dans le repos.
Prompts à vous rendre à
la molefle,
Nous voyons que vostre
foiblesse
Efface à l'instant le Heros.
Loin d'icy ce meslange énorme
De superbe & de volupté
:
C'est la pure vertu qui
forme
Le grand Homme tant
respecté.
Sans elle
,
avec tout ce
,
faux lustre
A nos yeux ce phantosme illustre.,
Ce prétendu Heros n'est
rien.
Celuy. la ternit sa me-
moire
Qui pour aimer trop la
victoire
,
Neglige d'estre homme
de bien.
L'Héroïsmeseroitfacile
Si par de belliqueux ex-
, ploits,
Ou par quelque vertu
sterile
Vousmeritiez d'estre nos
Rois.
Ce César & cet Ale- -
xandre
N'eurent le droit de nous
surprendre
Que par des triomphes
nombreux
:
Je doute que dans la disgrace
, Ainsique CHARLE, avec
audace
Ils sceuffent estre malheureux.
En vain cette valeur
brillante
Fait valoir un heureux
Vainqueur;
Son mérite nous épouvante,
S'il n'est scellé par nostre cœur.
Loince Héros qui par
vengeance
Ofefaire une indigne
offense
A la gloire de (on Rival.
Souvent les Dieux dans
leur colere,
Pour nous plonger dans
la misere
, Nous font un present si
fatal.
Le vrai Héros est tousjours fage;
S'il triomphe, c'est pour
la Paix;
Elle estl'objet de son
courage ;
Nous le sommes de les
bienfaits.
Occupé de nostre fortune
,
Jamais Mortel ne l'importune ;
Il nous consacre les projets:
On le revere, on le con-
.,
tcmple>*v
Il sçait faire par son exemple
De vrais Héros de les
sujets.
Tout est sacré pour sa
grande ame,
Ses Loix,ses mœurs &
son honneur;
Et si quelque desir l'enflâme,
C'est de faire nostre bonheur.
Inviolable en sa parole,
Mille fois son grandcœur
s'immole
Au denousla tenir.
Du malheureux il est
l'asyle;
Chacun, en ses foyers
tranquille)
Est seur d'un heureux
avenir.
Son cœur au dessus du
vulgaire
o Rempli d'une noble
fierté)
N'eil: pas si grand quand
il prospere,
Qu'au comble de l'adverfité.
C'est alors que par sa
confiance,
Satisfait de sa conscience,
Il fait trembler ses ennemis
,
Et que par une vertu
ferme
Il reproche au Destin le
terme
Ou son injustice l'a mis.
C'est donc à
ces illuf-
très marques
, Héros qui voulez impofer,
Que je vous reconnois
Monarques;
Non à l'ardeur de tout
oser.
Le triomphe devient car- *•
nage
Lorsque rien ne nous dédommage
D'estrefournis à vostre
fort.
Point de Héros si l'on
ne l'aime,
S'il ne sçait se vaincre
luy
-
mesme,
S'il ne ressemble au Roy
du Nord.
L'exemple que je vous
propose
Est un prodige à runivers:
Jamais ce Prince ne repose
Dans l'éclat, ny dans les
revers.
C'est peu pour ce Héros
terrible
Qu'ilose tenter l'impôt
sible,
Quil ait vaillamment
combattu;
Malgré tous les traits de
l'Envie,
Il sçait pendant sa belle
vie
Joindre la Gloire à la
Vertu
Fermer
Résumé : LE SOUVERAIN, ODE.
Le texte explore la véritable nature de l'héroïsme et de la royauté. Il met en garde contre les souverains qui se vantent de leurs exploits guerriers, soulignant que la valeur et les victoires ne suffisent pas à garantir le respect. La pure vertu est essentielle pour former un grand homme respecté. Le texte critique les héros qui privilégient la victoire à la vertu, citant César et Alexandre comme exemples de triomphes nombreux mais douteux en termes de véritable valeur. Le vrai héros est sage, cherche la paix et consacre ses projets au bien-être de ses sujets. Il est fidèle à sa parole, protecteur des malheureux et montre sa grandeur dans l'adversité. Les monarques doivent être reconnus non par leur audace, mais par leur capacité à se vaincre eux-mêmes et à incarner la vertu et la gloire, à l'image du roi du Nord.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
48
p. 49-56
MARIAGE. A Monsieur l'Evesque de S. Flour, à l'occasion du Mariage de M. de Monboissier de Canilac, qui a épouse Mademoiselle de Maillé-Brezé.
Début :
Destaing dont l'equité, le sçavoir & le zele. [...]
Mots clefs :
Mariage, Destaing, Héros, Honneur, Hymen
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE. A Monsieur l'Evesque de S. Flour, à l'occasion du Mariage de M. de Monboissier de Canilac, qui a épouse Mademoiselle de Maillé-Brezé.
ARIAGE.
A Monfieur l'Evefque
deS. Flour, à l'occafion
du Mariage de M.de
Monboiffierde Canil
Lac, qui a épouse Ma
demoiselle de MailléBreze.
DEftaingdont l'equité,
le fçavoir & le zele.
Aux Prélats à venir peut
fervi de modele
Tes ayeux autrefois par
Auguſte annoblis ,
Septembre 1712. E
sọ MERCURE
Ont tranfmis jufqu'àtoi,
leur gloire avec les lys , 1
Leur valeur pour briller
n'attendit pas Bovine ,
Mille travaux guerriers ,
& mille exploitsfameux
Désjá dans le paffé les
rendoit glorieux ,
Et fi d'un fang fi beau la
fource n'eft divine
Du moins il eft vrai qu'à
nos,yeux
Le temps cache ſon origine ,
Comme il cache celle
CALANTA ST
Mochides Dieux. 300
Les plus grands Heros
feront gloire , ad
De mefurer leurs faits
dans la fuite des temps
Acetteéclatantevictoire,
Qui valut à Deftaing ces
honneurs éclatans ,
Mais enfin du Public foulager la mifere,
A l'orphelin fervir de
Pere ,
Diſpenſer la juftice en
obfervant fes loix
Pourſuivre & démafquer
E ij
52 MERCURE
l'erreur qui fe déguife
N'eft- ce pas d'auffi beaux
exploits
A
Que ceux par qui ton
nom chez Mars s'immortalife. 3
Saillans , l'honneur de fes
ayeux ,
Saillans , dans l'ardeur
des batailles ,
Saillans , deffendant fes
murailles ,
N'a pas plusfait, que tu
fait à nos yeux.
Et tandis qu'à Namurfur
GALANT: $3
fesramparts tranquilles,
Il rit des vains efforts, des
ennemis vainqueurs ,
T'occupant à des foins
auffi nobles qu'utiles ,
Tu répand dans ces lieux
tes celeftes faveurs ,
Et tes foins pour gagner
nos cœurs
Valent bien ceux qu'il
prend pour conferver
nos villes.
Avec tant de vertus fi digne de memoire
Que peut - il manquer à
E iij
$4 MERCURE
ta gloire ,
Que de voir icy bas ton
foin récompensé ,
Mais le noble & chafte
himenée
Qui vient d'unir Montboiffier & Breze ,
Va déformais remplir ta
deftinée.
Ainfi pour t'exalter dif
putant la victoire ,
Et la gloire & l'himen,
Prélat femblent s'unir
La gloire, la folide gloire,
De tes nobles aycux
CALANT 35
maintiens le fouvenir,
Et l'himen aujourd'huy
couronnant leur memoire ,
Leur affure encore l'avenir.
Ouitupeux t'en former le
préfage agréable ,
Le paffé te reponds d'un
ML avenir heureux ,
Et le Ciel tousjours équitable
Le Ciel à qui pour toi ,
nous addreffons nos
vœux
E iiij
56 MERCURE
Pour la rendre à jamais
durable ,
N'a qu'à leur donner des
neveux .
A Monfieur l'Evefque
deS. Flour, à l'occafion
du Mariage de M.de
Monboiffierde Canil
Lac, qui a épouse Ma
demoiselle de MailléBreze.
DEftaingdont l'equité,
le fçavoir & le zele.
Aux Prélats à venir peut
fervi de modele
Tes ayeux autrefois par
Auguſte annoblis ,
Septembre 1712. E
sọ MERCURE
Ont tranfmis jufqu'àtoi,
leur gloire avec les lys , 1
Leur valeur pour briller
n'attendit pas Bovine ,
Mille travaux guerriers ,
& mille exploitsfameux
Désjá dans le paffé les
rendoit glorieux ,
Et fi d'un fang fi beau la
fource n'eft divine
Du moins il eft vrai qu'à
nos,yeux
Le temps cache ſon origine ,
Comme il cache celle
CALANTA ST
Mochides Dieux. 300
Les plus grands Heros
feront gloire , ad
De mefurer leurs faits
dans la fuite des temps
Acetteéclatantevictoire,
Qui valut à Deftaing ces
honneurs éclatans ,
Mais enfin du Public foulager la mifere,
A l'orphelin fervir de
Pere ,
Diſpenſer la juftice en
obfervant fes loix
Pourſuivre & démafquer
E ij
52 MERCURE
l'erreur qui fe déguife
N'eft- ce pas d'auffi beaux
exploits
A
Que ceux par qui ton
nom chez Mars s'immortalife. 3
Saillans , l'honneur de fes
ayeux ,
Saillans , dans l'ardeur
des batailles ,
Saillans , deffendant fes
murailles ,
N'a pas plusfait, que tu
fait à nos yeux.
Et tandis qu'à Namurfur
GALANT: $3
fesramparts tranquilles,
Il rit des vains efforts, des
ennemis vainqueurs ,
T'occupant à des foins
auffi nobles qu'utiles ,
Tu répand dans ces lieux
tes celeftes faveurs ,
Et tes foins pour gagner
nos cœurs
Valent bien ceux qu'il
prend pour conferver
nos villes.
Avec tant de vertus fi digne de memoire
Que peut - il manquer à
E iij
$4 MERCURE
ta gloire ,
Que de voir icy bas ton
foin récompensé ,
Mais le noble & chafte
himenée
Qui vient d'unir Montboiffier & Breze ,
Va déformais remplir ta
deftinée.
Ainfi pour t'exalter dif
putant la victoire ,
Et la gloire & l'himen,
Prélat femblent s'unir
La gloire, la folide gloire,
De tes nobles aycux
CALANT 35
maintiens le fouvenir,
Et l'himen aujourd'huy
couronnant leur memoire ,
Leur affure encore l'avenir.
Ouitupeux t'en former le
préfage agréable ,
Le paffé te reponds d'un
ML avenir heureux ,
Et le Ciel tousjours équitable
Le Ciel à qui pour toi ,
nous addreffons nos
vœux
E iiij
56 MERCURE
Pour la rendre à jamais
durable ,
N'a qu'à leur donner des
neveux .
Fermer
Résumé : MARIAGE. A Monsieur l'Evesque de S. Flour, à l'occasion du Mariage de M. de Monboissier de Canilac, qui a épouse Mademoiselle de Maillé-Brezé.
Le poème célèbre le mariage de M. de Monboiffier de Canillac avec Mademoiselle de Maillé-Brézé, qui a eu lieu en septembre 1712. Il met en avant les vertus et les exploits militaires des ancêtres de l'évêque de Saint-Flour. Le texte compare les actions passées des ancêtres à celles de l'évêque actuel, qui, bien qu'il n'ait pas combattu, se distingue par ses actions justes et utiles. Il mentionne notamment la défense de Namur et les efforts pour servir le public et les orphelins. Le mariage est présenté comme une union noble et chaste, destinée à assurer une postérité glorieuse. Le poème exprime le souhait que cette union apporte un avenir heureux et durable, avec la bénédiction du ciel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
49
p. 66-72
Prologue de Melpomene & de Thalie, Sur un Heros.
Début :
Quittez, ma soeur, une arrogance vaine, [...]
Mots clefs :
Melpomène, Thalie, Héros, Gloire, Chants, Lauriers immortels, Exploits, Mémoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prologue de Melpomene & de Thalie, Sur un Heros.
Prologue de Melpomene
SedeThalîé^
SurunHeros.
MELPOMENE.
QUittez,
ma sœur ,une
arrogancevaine,
Osez-vouscomparer vos.
-
frivoles chansons
Aux nobles
,
aux sublimes
sons
Del'heroïque Melpomene?
- THALIE.
Hé de grace,ma sœur,treve
de vanité,
Vivez en paix avec Thalie;
Vous sçavezque vingt fois elle
a déconcerté
Pour une ennuyeuse folie
Vôtre ennuyeusegravité.
MELPOMENE.
Ma voix ressuscite lagloire
De mesantiques demiDieux,
Etje consacre la memoire
Dé ceux qui brillent à vos
yeux. THALIE.
Vos chantspar leur lugubre
accord
Fatiguentsouvent leuroreille,
Ma flute souvent les réveille,
Et vôtrelyre les endort.
MELPOMENE.
Croyez-vous que ce soit un
talent fortutile
, De badiner à
tout propos ?
TAH-AL1E.,
Vous imaginez-vous qu'il
soit si difficile :
De faire briller les Heros ?
MELPOMENE.
De lauriers immortels je
' couronne leurs têtes,
»
THALIE.
Jesçai les délasser par d'à.- greablefêtes. d a,«..-
MELPOMENE. Jevante leux exploits.
THALIE.
J'amuse leurs desirs,
MELPOMENE.
Je prens foin de leur gloire..
THALIE.
Et moy de leurs plaisirs..
MELPOMENE.
Je m'étonne qu'une Déesse,.
Qu'une Mufe se laisse à la
-
gloire entraîner;
L'amour propreest une soi- blesse
Qu'aux malheureuxmortels on doit abandonner.
'-' THALIE. Plusona le cœur grand, ôc
plus la gloire touche;
J'ai reçû comme vous ce
dangereux present:
Mais le mien est vif& plaifaut>
-- Etlevôtre est sombre&farouche.
MELPOMENE.
Vous êtes ma cadette, au
jugement de tous,
, Et l'on est modeste à vôtre
âge.
THALIE.
Si je fuis plus jeune qu:
vous,
Ne vousétonnez pas si je
plais davantage..
MELPOMENE.
Ne profanons point nôtre
voix
Par une odieuse querelle;
Des Herosle noble modele
Nous fournir de plus doux
emplois
:
Il a mille vertus dignes de
sanaissance,
Les Mufes dontil est l'appui
Doivent se consacrer à lui
Par zele & par reconnoiC
.- sance.
THALIE
A servir ce Heros bornons
nôtre desir.
MELPOMENE.
C'est le plus digne employ
des Filles de Memoire.
THALIE.
Que Melpomene veille à
celebrer sa gloire.
MELPOMENE.
Que Thalie ait le fbhid'oc<
cuper son loisir.
MELPOM. & THALIE.
Que Melpomene veille à
celebrer sa gloire,
Que Thalie ait le foin d'occuper son loisir
SedeThalîé^
SurunHeros.
MELPOMENE.
QUittez,
ma sœur ,une
arrogancevaine,
Osez-vouscomparer vos.
-
frivoles chansons
Aux nobles
,
aux sublimes
sons
Del'heroïque Melpomene?
- THALIE.
Hé de grace,ma sœur,treve
de vanité,
Vivez en paix avec Thalie;
Vous sçavezque vingt fois elle
a déconcerté
Pour une ennuyeuse folie
Vôtre ennuyeusegravité.
MELPOMENE.
Ma voix ressuscite lagloire
De mesantiques demiDieux,
Etje consacre la memoire
Dé ceux qui brillent à vos
yeux. THALIE.
Vos chantspar leur lugubre
accord
Fatiguentsouvent leuroreille,
Ma flute souvent les réveille,
Et vôtrelyre les endort.
MELPOMENE.
Croyez-vous que ce soit un
talent fortutile
, De badiner à
tout propos ?
TAH-AL1E.,
Vous imaginez-vous qu'il
soit si difficile :
De faire briller les Heros ?
MELPOMENE.
De lauriers immortels je
' couronne leurs têtes,
»
THALIE.
Jesçai les délasser par d'à.- greablefêtes. d a,«..-
MELPOMENE. Jevante leux exploits.
THALIE.
J'amuse leurs desirs,
MELPOMENE.
Je prens foin de leur gloire..
THALIE.
Et moy de leurs plaisirs..
MELPOMENE.
Je m'étonne qu'une Déesse,.
Qu'une Mufe se laisse à la
-
gloire entraîner;
L'amour propreest une soi- blesse
Qu'aux malheureuxmortels on doit abandonner.
'-' THALIE. Plusona le cœur grand, ôc
plus la gloire touche;
J'ai reçû comme vous ce
dangereux present:
Mais le mien est vif& plaifaut>
-- Etlevôtre est sombre&farouche.
MELPOMENE.
Vous êtes ma cadette, au
jugement de tous,
, Et l'on est modeste à vôtre
âge.
THALIE.
Si je fuis plus jeune qu:
vous,
Ne vousétonnez pas si je
plais davantage..
MELPOMENE.
Ne profanons point nôtre
voix
Par une odieuse querelle;
Des Herosle noble modele
Nous fournir de plus doux
emplois
:
Il a mille vertus dignes de
sanaissance,
Les Mufes dontil est l'appui
Doivent se consacrer à lui
Par zele & par reconnoiC
.- sance.
THALIE
A servir ce Heros bornons
nôtre desir.
MELPOMENE.
C'est le plus digne employ
des Filles de Memoire.
THALIE.
Que Melpomene veille à
celebrer sa gloire.
MELPOMENE.
Que Thalie ait le fbhid'oc<
cuper son loisir.
MELPOM. & THALIE.
Que Melpomene veille à
celebrer sa gloire,
Que Thalie ait le foin d'occuper son loisir
Fermer
Résumé : Prologue de Melpomene & de Thalie, Sur un Heros.
Le texte relate une dispute entre Melpomène, muse de la tragédie, et Thalie, muse de la comédie. Melpomène reproche à Thalie de comparer ses chansons frivoles aux chants héroïques qu'elle célèbre. Thalie défend ses chansons en affirmant qu'elles divertissent et réveillent les auditeurs, contrairement aux chants lugubres de Melpomène. Melpomène insiste sur le fait qu'elle célèbre la gloire des héros et des demi-dieux, tandis que Thalie se vante de pouvoir les détendre et amuser. La dispute porte sur la valeur de leurs talents respectifs. Melpomène critique l'amour-propre de Thalie, qui répond que la gloire touche ceux qui ont un grand cœur. Elles conviennent finalement de se consacrer à un héros, Melpomène en célébrant sa gloire et Thalie en occupant son loisir.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
50
p. 89-93
A LEURS ALTESSES Serenissimes Mgr LE DUC & Me LA DUCHESSE. EPITALAME.
Début :
Illustres rejettons des Heros de la France, [...]
Mots clefs :
Altesses, Duc, Duchesse, Hymen, Alliance, Héros, Vertus, Amour, Sagesse, Gloire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A LEURS ALTESSES Serenissimes Mgr LE DUC & Me LA DUCHESSE. EPITALAME.
A LEURS ALTESSES
IScrcniflimcs Mgr LE Duc
& Me LA DUCHESSE.
[ EPITALAME. Llustres rejettons des Heros
I de la France,
..e Ciel vous refervoit cette digne
alliance;
2oeurs formez l'un pour l'autre,
aussi tendres quxe neufs-,
)e vôtre amour l'hymen vient
de serrer les noeuds,
Et de cant de vertus le brillant
assemblage, N'auroit pas de mon zele en ce
jour quelque hommage ?
Aux applaudissemens d'un aussi
noble choix
Muse, dans cette fêt,e entremêle
ta voix ; Signale tes transports, en chantant
l'hymenée
De ces jeunes amans qu'unit
cette journée.
PRINCE, dont labonté fait
tant d'honneur au rang,
Que la valeur distingue encor , plus que le sang; ®
Vous,de qui la sagesse a parû
dés l'enfance
Et dans qui le sçavoir ,égale la
naissance,
Quel bonheur pour vos feux
que tout a secondé
De trouver dans CONTI le
fang du grand CONDE', Et de revoir en vous tous les
traits de vos Peres,
Même esprit, même coeur, &
mêmes caratceres ? Quel secours, Couple auguste,
& quelle gloire un jour
L'Etat n'attend.il point des
° fruits de vôtre amour?
Vive image d'un pere élû Roy
par mente,
Fille du grand CONTI, des
grands Hommes l'elite,
Vous, que la pìeté, la raison,
la douceur
Elevent plus cent fois que toute
autre grandeur,
Pour le soûtien des lys dans a
paix, dans la guerre, Hâtez vous de donner des Heros
a la terre,
Qui jaloux du beau fang dont
ils seront sortis,
Fassent revivre en eux les
CONDE'S,lesCONTIS.
Pour vous, epoux charmans,
puissent les destinees
Filer un siecle entier de riantes
années!
De tourle monde aimez, de
vous seuls amoureux,
Puissiez-vous ne passer que des
momens heureux!, Que, pour rendre durable une : union si belle,
L'un à l'autre toujours soit conquête
nouvelle!
Que les ris, que les jeux s'empressenttouràtour
,
PRINCE, avec les plaisirs à
grossir vôtre cour!
Mais sur le Rhin déja j'entrevois
la victoire
[Jui la palme à la main vous
appelle à la gloire.
Allez par vôtre exemple échauffer
nos guerriers,
Chargé de myrte, allez mois- rfunner des lauriers.
IScrcniflimcs Mgr LE Duc
& Me LA DUCHESSE.
[ EPITALAME. Llustres rejettons des Heros
I de la France,
..e Ciel vous refervoit cette digne
alliance;
2oeurs formez l'un pour l'autre,
aussi tendres quxe neufs-,
)e vôtre amour l'hymen vient
de serrer les noeuds,
Et de cant de vertus le brillant
assemblage, N'auroit pas de mon zele en ce
jour quelque hommage ?
Aux applaudissemens d'un aussi
noble choix
Muse, dans cette fêt,e entremêle
ta voix ; Signale tes transports, en chantant
l'hymenée
De ces jeunes amans qu'unit
cette journée.
PRINCE, dont labonté fait
tant d'honneur au rang,
Que la valeur distingue encor , plus que le sang; ®
Vous,de qui la sagesse a parû
dés l'enfance
Et dans qui le sçavoir ,égale la
naissance,
Quel bonheur pour vos feux
que tout a secondé
De trouver dans CONTI le
fang du grand CONDE', Et de revoir en vous tous les
traits de vos Peres,
Même esprit, même coeur, &
mêmes caratceres ? Quel secours, Couple auguste,
& quelle gloire un jour
L'Etat n'attend.il point des
° fruits de vôtre amour?
Vive image d'un pere élû Roy
par mente,
Fille du grand CONTI, des
grands Hommes l'elite,
Vous, que la pìeté, la raison,
la douceur
Elevent plus cent fois que toute
autre grandeur,
Pour le soûtien des lys dans a
paix, dans la guerre, Hâtez vous de donner des Heros
a la terre,
Qui jaloux du beau fang dont
ils seront sortis,
Fassent revivre en eux les
CONDE'S,lesCONTIS.
Pour vous, epoux charmans,
puissent les destinees
Filer un siecle entier de riantes
années!
De tourle monde aimez, de
vous seuls amoureux,
Puissiez-vous ne passer que des
momens heureux!, Que, pour rendre durable une : union si belle,
L'un à l'autre toujours soit conquête
nouvelle!
Que les ris, que les jeux s'empressenttouràtour
,
PRINCE, avec les plaisirs à
grossir vôtre cour!
Mais sur le Rhin déja j'entrevois
la victoire
[Jui la palme à la main vous
appelle à la gloire.
Allez par vôtre exemple échauffer
nos guerriers,
Chargé de myrte, allez mois- rfunner des lauriers.
Fermer
Résumé : A LEURS ALTESSES Serenissimes Mgr LE DUC & Me LA DUCHESSE. EPITALAME.
Le texte est un épithalame célébrant l'union du Duc et de la Duchesse, deux nobles personnages. Il commence par une invocation aux illustres descendants des héros de France, soulignant l'honneur de leur alliance. Le poème loue la bonté, la valeur et la sagesse du Prince, et met en avant l'honneur de son union avec la fille du grand Conti. La Duchesse est décrite comme une figure de piété, de raison et de douceur, destinée à soutenir la paix et la guerre. Le poème exprime le souhait que leur union soit féconde et produise des héros dignes de leurs ancêtres. Il conclut par des vœux de bonheur et de succès militaires pour le Prince, l'encourageant à inspirer les guerriers et à revenir victorieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer