Auteur du texte (31)
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Auteur probable (1)
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Détail
Liste
Résultats : 31 texte(s)
1
p. 383-385
ENIGME.
Début :
Je vous envoye deux Enigmes nouvelles. La premiere est de / De toutes les Saisons que l'on voit arriver, [...]
Mots clefs :
Écran
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Je vous envoye deux Enigmes
nouvelles. La premiere eſt de
Monfieur Diéréville du Pontleveſque.
4
ENIGME.
Detoutes les Saiſons que l'on
Commejeneſers qu'en Hyver,
Dans les autres l'on me mepriſe,
Ilfaut qu'ilvienne un vent de
bife
Pourme remettre dans mes droits.
Je me chauffe par toutfans brûler
: demonbois ,
Je nevais point chez la Canaille.
Ie ſuis d'une diforme taille ;
Mais qu'importe, tel queje suis,
Jeparle d'amouràcent Belles,
Ie
'GALANT.
273
Je leur fais de plaifans recits,
Et je voy que les plus cruelles
Ne peuvent pas me rebuter.
Quelquefois je les fais chanter ;
Et pour en dire davantage ,
Soit que je touche , ou non , leurs
coeurs ,
Dans nôtre innocent badinage ,
J'en ay toûjours quelquesfaveurs.
nouvelles. La premiere eſt de
Monfieur Diéréville du Pontleveſque.
4
ENIGME.
Detoutes les Saiſons que l'on
Commejeneſers qu'en Hyver,
Dans les autres l'on me mepriſe,
Ilfaut qu'ilvienne un vent de
bife
Pourme remettre dans mes droits.
Je me chauffe par toutfans brûler
: demonbois ,
Je nevais point chez la Canaille.
Ie ſuis d'une diforme taille ;
Mais qu'importe, tel queje suis,
Jeparle d'amouràcent Belles,
Ie
'GALANT.
273
Je leur fais de plaifans recits,
Et je voy que les plus cruelles
Ne peuvent pas me rebuter.
Quelquefois je les fais chanter ;
Et pour en dire davantage ,
Soit que je touche , ou non , leurs
coeurs ,
Dans nôtre innocent badinage ,
J'en ay toûjours quelquesfaveurs.
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2
p. 345-346
AUTRE ENIGME.
Début :
Je suis un Corps formé de diverses parties, [...]
Mots clefs :
Sinet
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME. J Esuis un Corpsformé de diverses
parties,
Toûjours assez bien assorties,
A les prendre ar lalongueur,
Car elles sont '/ù/tVC¡¡t de bizarre
couleur.
Elles ne tiennent qu'à ma teste
Etsont libres par le bas bout;
Ce qui fait que chacune efl presse,
Sans la quiter, d'allerpartout.
La matiere qui me compose,
Entre dans les Habits des Princes
&des Roys.
*>uoy que l'or &l'argentme parent
quelquefois
Celane va pas à grand'chose
Plaignez,l'étatouje mevois;
A maplace, Lecteur, vous mourriez
de triflcjji,
Je ne puism'acquiterde mes plut
beauxEmploisy >r(
Queje nesoistoûjours en prefe.
parties,
Toûjours assez bien assorties,
A les prendre ar lalongueur,
Car elles sont '/ù/tVC¡¡t de bizarre
couleur.
Elles ne tiennent qu'à ma teste
Etsont libres par le bas bout;
Ce qui fait que chacune efl presse,
Sans la quiter, d'allerpartout.
La matiere qui me compose,
Entre dans les Habits des Princes
&des Roys.
*>uoy que l'or &l'argentme parent
quelquefois
Celane va pas à grand'chose
Plaignez,l'étatouje mevois;
A maplace, Lecteur, vous mourriez
de triflcjji,
Je ne puism'acquiterde mes plut
beauxEmploisy >r(
Queje nesoistoûjours en prefe.
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3
p. 297-299
ENIGME.
Début :
Des deux nouvelles Enigmes que je vous envoye, la pr[e]miere / Vous autres Curieux qui voulez tout sçavoir, [...]
Mots clefs :
Surtout
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Des deux nouvelles Enigmes
que je vous envoye , la
298 MERCURE
prmiere eft de M' Diéreville
du Pont-l'Evefque , & la feconde
de Sylvie du Havre .
ENIGME.
V
Ous autres Curieux qui voulez
toutfçavoir,
il faut contenter voſtre envie .
Je fuis un nouveau né, brunet,grifon,
blanc, noir,
La couleur ne dépendque de lafantaifie,
Et chacun me diverfifie
Selon qu'il en a lepouvoir.
Fe fers aux Champs comme à la
Ville,
Etfuis de toutes les faifons;
Mais c'eft dans le temps des glacons
++;
GALANT. 299
Qu'on me trouve le plus utile.
Ie fais honneur à qui jefuis,
Ie le diftingue du vulgaire,
Ilfemble que je l'enrichis ,
Mais auffi quelquefois je cache fa
mifere.
Ceux qu'on voit aujourd'huyfou
Amis,
Par une catastrophe étrange,
Faifoient jadis fculs mon employs
Voyez unpeu comme tout change.
Ie nefuis pasjufte, il est vray,
Mais en celaje vous diray
Que la mode eft de ne pas l'eftre,
Et qu'ainfi je plais à mon Maiftre.
que je vous envoye , la
298 MERCURE
prmiere eft de M' Diéreville
du Pont-l'Evefque , & la feconde
de Sylvie du Havre .
ENIGME.
V
Ous autres Curieux qui voulez
toutfçavoir,
il faut contenter voſtre envie .
Je fuis un nouveau né, brunet,grifon,
blanc, noir,
La couleur ne dépendque de lafantaifie,
Et chacun me diverfifie
Selon qu'il en a lepouvoir.
Fe fers aux Champs comme à la
Ville,
Etfuis de toutes les faifons;
Mais c'eft dans le temps des glacons
++;
GALANT. 299
Qu'on me trouve le plus utile.
Ie fais honneur à qui jefuis,
Ie le diftingue du vulgaire,
Ilfemble que je l'enrichis ,
Mais auffi quelquefois je cache fa
mifere.
Ceux qu'on voit aujourd'huyfou
Amis,
Par une catastrophe étrange,
Faifoient jadis fculs mon employs
Voyez unpeu comme tout change.
Ie nefuis pasjufte, il est vray,
Mais en celaje vous diray
Que la mode eft de ne pas l'eftre,
Et qu'ainfi je plais à mon Maiftre.
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4
p. 313-314
ENIGME.
Début :
Au moment que je viens au monde, [...]
Mots clefs :
Vigne vierge
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME:
AV moment queje viens aa
monde.
mMaamMeerreemmee ddeevveouiieeadl'alavviirrog-iinniittel'l,,
Etjepasse mesjours dans lajlérilité,
Tanau que ma Soeureflféconde.
En rampantjemélevéencentmille
ftçQnSi
Et quoy quejenefois que de baffe naifsancey
Avecles flu4 grandes Maijôns
Jefais une étroite alliance.
Lors queje m'yfeux attacher,
Cett toujourspour toutemavie;
Partantde chaînesje my lie,
,9u'on nesçauroit men arracher.
JefùisAgrtAble a la vÙc;
C'cBfarcetendroitquejeplais.
Je feuxencorfaire goûterlefrais,
Selon lefens que jefuis ÛtiJdüe.
Mes chevfnxflroient toujours
verds,
Sij'eJ!ois insensible aux rigueurs des
Hyvers.
Cette Sailônpetirmoy cruelle
Me lesfaittomber tlm; mais malgré
cerêvers,
Je nefaroisjamaissibelle,
J>)ue dans le temps queje lesferds*
AV moment queje viens aa
monde.
mMaamMeerreemmee ddeevveouiieeadl'alavviirrog-iinniittel'l,,
Etjepasse mesjours dans lajlérilité,
Tanau que ma Soeureflféconde.
En rampantjemélevéencentmille
ftçQnSi
Et quoy quejenefois que de baffe naifsancey
Avecles flu4 grandes Maijôns
Jefais une étroite alliance.
Lors queje m'yfeux attacher,
Cett toujourspour toutemavie;
Partantde chaînesje my lie,
,9u'on nesçauroit men arracher.
JefùisAgrtAble a la vÙc;
C'cBfarcetendroitquejeplais.
Je feuxencorfaire goûterlefrais,
Selon lefens que jefuis ÛtiJdüe.
Mes chevfnxflroient toujours
verds,
Sij'eJ!ois insensible aux rigueurs des
Hyvers.
Cette Sailônpetirmoy cruelle
Me lesfaittomber tlm; mais malgré
cerêvers,
Je nefaroisjamaissibelle,
J>)ue dans le temps queje lesferds*
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5
p. 66-67
AIR NOUVEAU.
Début :
On fait des Hyvers comme des Printemps. En voicy un / Par vos cris, mes petits Moutons, [...]
Mots clefs :
Mouton, Hiver, Saison, Plaine, Amant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AIR NOUVEAU.
On fait des Hyvers comme des
Printemps . En voicy un d'un
habile Maiftre . Les paroles font
de Monfieur Diéreville .
P
Vous
AIR NOUVEAU.
Ar vos cris , mes petits Moutons
,
accufez l'Hyver d'une rigueur
cruelle ,
GALANT. 67
Lors qu'il vient vousforcer de quiter
ces Valons
lufqu'au retour de la Saifon nouvelle.
Ah ! j'ay bien plus fujet que vous
= De me plaindre de fon couroux.
Vous reviendrez bien toft paître
dans cette Plaine , 7
Sans y trouver de changement ;
Et moy , je nefuis pas certaine
D'y trouver encor mon Amant.
Printemps . En voicy un d'un
habile Maiftre . Les paroles font
de Monfieur Diéreville .
P
Vous
AIR NOUVEAU.
Ar vos cris , mes petits Moutons
,
accufez l'Hyver d'une rigueur
cruelle ,
GALANT. 67
Lors qu'il vient vousforcer de quiter
ces Valons
lufqu'au retour de la Saifon nouvelle.
Ah ! j'ay bien plus fujet que vous
= De me plaindre de fon couroux.
Vous reviendrez bien toft paître
dans cette Plaine , 7
Sans y trouver de changement ;
Et moy , je nefuis pas certaine
D'y trouver encor mon Amant.
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Résumé : AIR NOUVEAU.
Le texte compare les saisons aux émotions humaines, notamment la douleur de la séparation amoureuse. Il décrit des 'petits Moutons' contraints de quitter leurs vallées en hiver. Une femme exprime une tristesse plus grande, doutant de retrouver son amant au printemps. Le poème souligne la douleur de l'absence et l'incertitude de la réconciliation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 96
VII.
Début :
Pour Etrennes, belle Denise, [...]
Mots clefs :
Étrennes, Cerise, Saison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VII.
VII.
Our Etrennes, belle Denife,
L'illuftre Rault vous donne une Cerife..
Ne vous étonnez pas de voirunfi bean
Fruit
Dans une Saifon fi contraire;
C'eft fon efprit qui le produit,
Vousfçavez qu'ilfçait tout bienfaire.
DIEREVILLE .
Our Etrennes, belle Denife,
L'illuftre Rault vous donne une Cerife..
Ne vous étonnez pas de voirunfi bean
Fruit
Dans une Saifon fi contraire;
C'eft fon efprit qui le produit,
Vousfçavez qu'ilfçait tout bienfaire.
DIEREVILLE .
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7
p. 97
VIII.
Début :
Lors que dans nos Jardins on ne voit plus de Roses, [...]
Mots clefs :
Jardins, Fleurs, Cerise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VIII.
VIII.
Ors que dans nos Jardins on ne voit
plus de Rofes,
Et que l'Hyver cruel fait tout languir
aux Champs,
On voitfur voftre teint autant de Fleurs
éclofes,
QueFlore dans nos Prez en fait naiſtre au
Printemps.
Ces Fleurs, malgré le vert de Bife,
Nefont qu'embellir tous lesjours,
Et vous font paroiftre toûjours
Plus vermeille qu'une Cerife.
Iris , j'enfuis amoureux,
Mais d'une ardeurpeu commune.
Hélas! pourmerendreheureux,
Laiffez-m'en cueillir quelqu'une.
Le mefme .
Ors que dans nos Jardins on ne voit
plus de Rofes,
Et que l'Hyver cruel fait tout languir
aux Champs,
On voitfur voftre teint autant de Fleurs
éclofes,
QueFlore dans nos Prez en fait naiſtre au
Printemps.
Ces Fleurs, malgré le vert de Bife,
Nefont qu'embellir tous lesjours,
Et vous font paroiftre toûjours
Plus vermeille qu'une Cerife.
Iris , j'enfuis amoureux,
Mais d'une ardeurpeu commune.
Hélas! pourmerendreheureux,
Laiffez-m'en cueillir quelqu'une.
Le mefme .
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8
p. 157-163
SENTIMENS SUR TOUTES LES QUESTIONS PROPOSEES DANS LE DERNIER EXTRAORDINAIRE.
Début :
Quelle fortune est la plus satisfaisante en Amour, celle d'un Amant dont [...]
Mots clefs :
Sentiments, Fortune, Amant, Bonheur, Beauté, Martyre, Plaisirs, Larmes, Amour, Liberté, Voeux, Passion, Coeur, Agonie, Raison, Amitié
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SENTIMENS SUR TOUTES LES QUESTIONS PROPOSEES DANS LE DERNIER EXTRAORDINAIRE.
SENTIMENS
SUR TOUTES LES QUESTIONS
PROPOSEES DANS LE DERNIER
EXTRAORDINAIRE.
QUELLE FORTUNE EST
la plus fatisfaifante en Amour,
celle d'un Amant dont les foins
font receus d'abord agreablement
, & prefque auffi toft re.
compenfez , ou le bonheur de
celuy qui apres avoir aimé
quelque temps fans efpérance ,
trouve enfin le coeur de fa
Maiftreffe fenfible .
Lo
Ors que dans l'Amoureux Empire
Sans efpoir un Amant foûpire,
Et qu'enfin la Beauté qu'il aime tendrement
158
Extraordinaire
Paroiftfenfible à fon martyre,
Pour ce tendre & fidelle Amant
C'eft fans doute un plaifir charmant.
Cependant, ma chere Sylvie,
Ilne flatte point mon envies
Unplaifir en Amour trop long- temps
attendu
N'a pour moy que defoibles charmes ,
Je ne puis m'empêcher de fonger qu'il
m'eft dû
Apres de longs ennuis , des foûpirs, &.
des larmes.
Je commence à fentirpour vous
Tout ce qu'Amour a de plus doux,
Fen reffens en un mot toute la violence;
Si vous voulez de bonne intelligence
Me donner un plaifir divin,
C'eft de m'entémoigner voftre reconnoiffance
Aujourd'huyplûtoft que demain.
du Mercure Galant. 159
Si l'entiere liberté de le voir peut
long-temps entretenir l'Amour
dans toute fa force,
Quandje voyois Philis à toute heure
- Pour luy parlerde mon amour,
Rien ne s'oppofoit à ma flâme,
Je la voyoisfacilement,
Mais auffifentois-je en mon ame
Que c'eftoitfans empreſſement,
Et que l'amour que cette Belle
Avoitfçu m'inspirer pour elle,
Diminuoit fenfiblement.
Aujourd'huy c'est toute autre chofe,
Tout fait obftacle à mes plaifirs,
Et plus je reconnois qu'à mes voeux l'on
s'oppoſe,
Plus je fens croiftre mes defirs .
Un Amant eft bafty d'une certaine forte,
Qu'ilnepeut long-temps vivre enpaixi
Le trouble a pour luy tant d'attraits,
Qu'il rendfa paffion plusforte.
160 Extraordinaire
Il ne peut goufter la douceur
D'un bien qu'il poffe defans peine ;
Ilfaut qu'ilfoit traversé dans fa chaine,
Pour qu'il enfaffe fon bonheur.
Enfin je connois par moy-mefme,
Qu'un Amant dansfes fers vent eftre inquieté,
Et qu'il n'auroit jamais une conftance extréme
Parmy trop de tranquilité.
Si un honneſte Homme eft excufable
, d'eftre affez Efclave
de fa paffion pour continuer
d'aimér une Perfonne qui le
pouffe à faire une lâcheté.
J
Aime Philis de tout mon coeur,
Enfin autant qu'elle eſt aimable;
Mais malgré toute mon ardeur,
Je ne croiray jamais que jefuffe excufable,
Sipour tousfes appas je perdois mon bonneur.
Cetteperte eftindubitable
du Mercure Galant. 1611
Enfaifant une lâcheté,
Et qui plus eft, irréparable;
Ce n'eft pascomme une Beauté.
Je n'ay qu'un honneur en partage,
Des Maiftreffes, vingt ſi je veuxs :
Ainfi , lors que Philism'engage
A le perdre pourfesbeaux yeux,
Je ne puis, je croy , faire mieux,
Que de me titer d'esclavage.
Un Homme en mourant a deux
Amis auprés de luy , il en fait
retirer un parce que fa préfence
l'afflige , & il fait demeurer
l'autre , par ce que
préfence le confole . On demande
lequel il aime davantage.
J E ſuppoſe eſtre à l'agonie,
Car, Dieu-mercy, je mefens pleinde
vie;
Si j'eftois dans un bon Repas,
Q. de Fanvier 1685,
fa
162 Extraordinaire-
1
Ou-bien auprés de ma Sylvie,
Sans doute Lapétit ne me manqueroit pass
Enfin je ne croy point aller fi- teft là- bas.
Selon l'ordre de la Nature
Je franchirois trop vite un fi dangereux
Pas;
Mais toutes ces raisons ne me font rien.
conclure.
Ilfaut que je pofe le cas
Que la Parque me tend les bras ,
(O Ciel, quelle horrible figure! )
Et que deux bons Amis , Damon, & Licidas,
Sont les triftes Témoins dù tourment quej'endure.
Dans une telle occafion ·
Faygrand befoin de confolation,
Et quipeut m'en donner, m'obliges
C'eft Damon Licidas m'afflige,.
;
Lors que je n'ay déja que trop d'affliction.
Ainfi dans cet étatfunefte
Je lefais retirer, & l'autre feul me refte,.
L'en aimay-je mieux pour cela?
La Queftion eft difficiles
du Mercure Galant: 163
Je ne lefais demeurer là,
Que parce qu'il me femble utile .
Mon coeur pour Licidas s'intéreſſe plus
fort,
Jefens une Amitiéplus belle & plus conftante;
Et lors que je veux qu'il s'abfente,
C'est quedu coup tout preft à me donner la
mort
Je crains trop qu'il neſe reſſente.
DIEREVILLE
SUR TOUTES LES QUESTIONS
PROPOSEES DANS LE DERNIER
EXTRAORDINAIRE.
QUELLE FORTUNE EST
la plus fatisfaifante en Amour,
celle d'un Amant dont les foins
font receus d'abord agreablement
, & prefque auffi toft re.
compenfez , ou le bonheur de
celuy qui apres avoir aimé
quelque temps fans efpérance ,
trouve enfin le coeur de fa
Maiftreffe fenfible .
Lo
Ors que dans l'Amoureux Empire
Sans efpoir un Amant foûpire,
Et qu'enfin la Beauté qu'il aime tendrement
158
Extraordinaire
Paroiftfenfible à fon martyre,
Pour ce tendre & fidelle Amant
C'eft fans doute un plaifir charmant.
Cependant, ma chere Sylvie,
Ilne flatte point mon envies
Unplaifir en Amour trop long- temps
attendu
N'a pour moy que defoibles charmes ,
Je ne puis m'empêcher de fonger qu'il
m'eft dû
Apres de longs ennuis , des foûpirs, &.
des larmes.
Je commence à fentirpour vous
Tout ce qu'Amour a de plus doux,
Fen reffens en un mot toute la violence;
Si vous voulez de bonne intelligence
Me donner un plaifir divin,
C'eft de m'entémoigner voftre reconnoiffance
Aujourd'huyplûtoft que demain.
du Mercure Galant. 159
Si l'entiere liberté de le voir peut
long-temps entretenir l'Amour
dans toute fa force,
Quandje voyois Philis à toute heure
- Pour luy parlerde mon amour,
Rien ne s'oppofoit à ma flâme,
Je la voyoisfacilement,
Mais auffifentois-je en mon ame
Que c'eftoitfans empreſſement,
Et que l'amour que cette Belle
Avoitfçu m'inspirer pour elle,
Diminuoit fenfiblement.
Aujourd'huy c'est toute autre chofe,
Tout fait obftacle à mes plaifirs,
Et plus je reconnois qu'à mes voeux l'on
s'oppoſe,
Plus je fens croiftre mes defirs .
Un Amant eft bafty d'une certaine forte,
Qu'ilnepeut long-temps vivre enpaixi
Le trouble a pour luy tant d'attraits,
Qu'il rendfa paffion plusforte.
160 Extraordinaire
Il ne peut goufter la douceur
D'un bien qu'il poffe defans peine ;
Ilfaut qu'ilfoit traversé dans fa chaine,
Pour qu'il enfaffe fon bonheur.
Enfin je connois par moy-mefme,
Qu'un Amant dansfes fers vent eftre inquieté,
Et qu'il n'auroit jamais une conftance extréme
Parmy trop de tranquilité.
Si un honneſte Homme eft excufable
, d'eftre affez Efclave
de fa paffion pour continuer
d'aimér une Perfonne qui le
pouffe à faire une lâcheté.
J
Aime Philis de tout mon coeur,
Enfin autant qu'elle eſt aimable;
Mais malgré toute mon ardeur,
Je ne croiray jamais que jefuffe excufable,
Sipour tousfes appas je perdois mon bonneur.
Cetteperte eftindubitable
du Mercure Galant. 1611
Enfaifant une lâcheté,
Et qui plus eft, irréparable;
Ce n'eft pascomme une Beauté.
Je n'ay qu'un honneur en partage,
Des Maiftreffes, vingt ſi je veuxs :
Ainfi , lors que Philism'engage
A le perdre pourfesbeaux yeux,
Je ne puis, je croy , faire mieux,
Que de me titer d'esclavage.
Un Homme en mourant a deux
Amis auprés de luy , il en fait
retirer un parce que fa préfence
l'afflige , & il fait demeurer
l'autre , par ce que
préfence le confole . On demande
lequel il aime davantage.
J E ſuppoſe eſtre à l'agonie,
Car, Dieu-mercy, je mefens pleinde
vie;
Si j'eftois dans un bon Repas,
Q. de Fanvier 1685,
fa
162 Extraordinaire-
1
Ou-bien auprés de ma Sylvie,
Sans doute Lapétit ne me manqueroit pass
Enfin je ne croy point aller fi- teft là- bas.
Selon l'ordre de la Nature
Je franchirois trop vite un fi dangereux
Pas;
Mais toutes ces raisons ne me font rien.
conclure.
Ilfaut que je pofe le cas
Que la Parque me tend les bras ,
(O Ciel, quelle horrible figure! )
Et que deux bons Amis , Damon, & Licidas,
Sont les triftes Témoins dù tourment quej'endure.
Dans une telle occafion ·
Faygrand befoin de confolation,
Et quipeut m'en donner, m'obliges
C'eft Damon Licidas m'afflige,.
;
Lors que je n'ay déja que trop d'affliction.
Ainfi dans cet étatfunefte
Je lefais retirer, & l'autre feul me refte,.
L'en aimay-je mieux pour cela?
La Queftion eft difficiles
du Mercure Galant: 163
Je ne lefais demeurer là,
Que parce qu'il me femble utile .
Mon coeur pour Licidas s'intéreſſe plus
fort,
Jefens une Amitiéplus belle & plus conftante;
Et lors que je veux qu'il s'abfente,
C'est quedu coup tout preft à me donner la
mort
Je crains trop qu'il neſe reſſente.
DIEREVILLE
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Résumé : SENTIMENS SUR TOUTES LES QUESTIONS PROPOSEES DANS LE DERNIER EXTRAORDINAIRE.
Le texte, extrait du Mercure Galant de 1685, explore divers sentiments amoureux et dilemmes moraux. L'auteur compare deux types de bonheur en amour : celui d'un amant dont les désirs sont immédiatement satisfaits et celui qui, après avoir aimé sans espoir, voit finalement son amour réciproque. Il préfère le bonheur immédiat, trouvant peu d'attrait à un amour longuement attendu. L'auteur évoque ensuite sa relation avec Sylvie, exprimant son désir de voir sa reconnaissance sans délai. Il compare cette situation à son amour pour Philis, qu'il voyait librement mais sans empressement, contrairement à maintenant où les obstacles augmentent ses désirs. Il réfléchit sur la nature de l'amour, affirmant qu'un amant est troublé et que la passion est plus forte lorsqu'elle est contrariée. Il se demande si un homme est excusable de sacrifier son honneur pour l'amour, concluant qu'il ne le serait pas. Enfin, l'auteur utilise une métaphore de la mort pour illustrer la difficulté de choisir entre deux amis en fin de vie, soulignant que son cœur s'intéresse davantage à Licidas, malgré la présence de Damon. Il conclut que son choix est dicté par l'utilité et la crainte de blesser Licidas.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 240-241
EPITAPHE D'UN PERROQUET.
Début :
Cy gist un fort beau Perroquet, [...]
Mots clefs :
Perroquet, Parole, Mémoire, Mignon, Mort
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITAPHE D'UN PERROQUET.
EPITAPHE D'UN PERROQUET.
Y gift unfort beau Perroquet,
une C gravitéfansfeconde;
Il n'avoit point ce for caquet-
Qui ne fait qu'étourdir le monde..
Ilparloit agréablement,
On prenoit plaifir à l'entendre:
Et ce qu'on nefçauroit comprendre,
C'est qu'il retenoit aisément
Tout ce qu'on luy vouloit apprendre .
Il ne luy faloit qu'un moment.
Il n'eftoit point de tours d'adreffe
Qu'on ne luy viftfaire fans ceffe :
Souvent ce beau petit Mignon tr
Entroit en converfation,
a
Ett
du Mercure Galant. 241
1
Et parloit de tout à merveille;
Mais dés qu'il voyoit la Bouteille,
Ilne vouloit plus tant jaſer.
Toft, toft, difoit-il, que j'en goufte.
On nepouvoit le refufer,
Et le Drôle à tremper la croufte
Prenoit plaifir à s'amuser.
Quand il en avoit dans le cafque,
Ilreprenoitfon tonplus haut :
Iljouoit du Tambourde Bafque,
Et s'en acquitoit comme ilfaut.
Aux Belles il contoit fleurette,
Et leurdifoit la Chansonnette
Sansprendre jamais un tonfaux.
S'il entendoit la Symphonie,
Ilfoûtenoit bienfa Partie
Avec les Inftrumens d'accord.
Mais ce n'eftpoint là, quoy qu'on die,
Lesplus beaux endroits de fonfort.
Philis le chériffoit fifort,
Que je n'aurois point d'autre envie
Que de me voir apresfa mort
Ce qu'il eftoit pendantfavie.
Q. deFanvier 1685.
DIEREVILLE.
Y gift unfort beau Perroquet,
une C gravitéfansfeconde;
Il n'avoit point ce for caquet-
Qui ne fait qu'étourdir le monde..
Ilparloit agréablement,
On prenoit plaifir à l'entendre:
Et ce qu'on nefçauroit comprendre,
C'est qu'il retenoit aisément
Tout ce qu'on luy vouloit apprendre .
Il ne luy faloit qu'un moment.
Il n'eftoit point de tours d'adreffe
Qu'on ne luy viftfaire fans ceffe :
Souvent ce beau petit Mignon tr
Entroit en converfation,
a
Ett
du Mercure Galant. 241
1
Et parloit de tout à merveille;
Mais dés qu'il voyoit la Bouteille,
Ilne vouloit plus tant jaſer.
Toft, toft, difoit-il, que j'en goufte.
On nepouvoit le refufer,
Et le Drôle à tremper la croufte
Prenoit plaifir à s'amuser.
Quand il en avoit dans le cafque,
Ilreprenoitfon tonplus haut :
Iljouoit du Tambourde Bafque,
Et s'en acquitoit comme ilfaut.
Aux Belles il contoit fleurette,
Et leurdifoit la Chansonnette
Sansprendre jamais un tonfaux.
S'il entendoit la Symphonie,
Ilfoûtenoit bienfa Partie
Avec les Inftrumens d'accord.
Mais ce n'eftpoint là, quoy qu'on die,
Lesplus beaux endroits de fonfort.
Philis le chériffoit fifort,
Que je n'aurois point d'autre envie
Que de me voir apresfa mort
Ce qu'il eftoit pendantfavie.
Q. deFanvier 1685.
DIEREVILLE.
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Résumé : EPITAPHE D'UN PERROQUET.
En janvier 1685, Diereville rédigea une épitaphe pour un perroquet exceptionnel. Cet oiseau se distinguait par sa capacité à parler agréablement et à retenir facilement ce qu'on lui enseignait. Il maîtrisait divers tours et pouvait converser sur divers sujets, comme le rapportait le Mercure Galant. Cependant, à la vue d'une bouteille, il préférait boire plutôt que de parler. Après avoir bu, il reprenait la parole avec enthousiasme, jouait du tambour et chantait des chansons aux femmes sans jamais fausser une note. Il accompagnait également les symphonies avec les instruments. Malgré ces talents, Diereville exprimait son désir de posséder un perroquet aussi remarquable après sa mort, soulignant ainsi l'admiration et l'affection qu'il portait à l'oiseau.
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10
p. 254
I.
Début :
On ne m'attrape pas deux fois, [...]
Mots clefs :
Encre, Écriture, Imprimerie
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texteReconnaissance textuelle : I.
I.
N ne m'attrape pas deuxfois,
Galant Mercure ; l'autre mois
Fe manquay lafeconde Enigme,
Ne pouvantfaire un jufte choix
Duvrayfens que cachoit la Rime;
dis deux bons mots toutefois .
Pour la premiere Enigme aujourd'huy
j'en dis trois,
De peur de faire encorfolie.
C'est l'Encre, l'Ecriture, ou - bien l'Impri
merie;
Et c'est à ce dernier que je donne ma voix,
Mercure, fans fupercherie.
DIEREVILLE
N ne m'attrape pas deuxfois,
Galant Mercure ; l'autre mois
Fe manquay lafeconde Enigme,
Ne pouvantfaire un jufte choix
Duvrayfens que cachoit la Rime;
dis deux bons mots toutefois .
Pour la premiere Enigme aujourd'huy
j'en dis trois,
De peur de faire encorfolie.
C'est l'Encre, l'Ecriture, ou - bien l'Impri
merie;
Et c'est à ce dernier que je donne ma voix,
Mercure, fans fupercherie.
DIEREVILLE
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11
p. 267-268
IX.
Début :
L'Autre jour entre Chien & Loup, [...]
Mots clefs :
Énigme, Obscurité, Écriture, Lanterne, Secrets
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texteReconnaissance textuelle : IX.
I X.
Autre jour entre Chien & Loup,
Commeon fçait, à telle heure on ne voit
pas beaucoup
Z ij
268..
Extraordinaire
Le Galant & divin Mercure
Me fit voir une Enigme obfcure,
Voyez comme ilprenoit fon temps.
Bien loin d'en deviner lefens,
Apeineje pouvois difcerner l'écriture,
En un mot je n'y voyois pas
Nonplus que dans une Caverne,
Mais pour me tirer d'embarras,
Par bonheur à cinquante pas
Je vis paroistre une Lanterne .
Je feeus m'en approcher, & quandjefus
tout prés,
Je lus facilement Enigme,
Et fans trop refverfur la Rime,
Fen découvris tous les fecrets.
DIEREVILLE.
Autre jour entre Chien & Loup,
Commeon fçait, à telle heure on ne voit
pas beaucoup
Z ij
268..
Extraordinaire
Le Galant & divin Mercure
Me fit voir une Enigme obfcure,
Voyez comme ilprenoit fon temps.
Bien loin d'en deviner lefens,
Apeineje pouvois difcerner l'écriture,
En un mot je n'y voyois pas
Nonplus que dans une Caverne,
Mais pour me tirer d'embarras,
Par bonheur à cinquante pas
Je vis paroistre une Lanterne .
Je feeus m'en approcher, & quandjefus
tout prés,
Je lus facilement Enigme,
Et fans trop refverfur la Rime,
Fen découvris tous les fecrets.
DIEREVILLE.
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Résumé : IX.
L'auteur rencontre Mercure, qui lui présente une énigme illisible. Dans une caverne obscure, il distingue une lanterne à une cinquantaine de pas. En s'en approchant, il déchiffre facilement l'énigme. Le nom 'DIEREVILLE' est mentionné à la fin.
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12
p. 312-313
SENTIMENS D'UNE BELLE qui se repent de n'avoir pas conservé une Conqueste qu'elle avoit faite. / MADRIGAL.
Début :
Lors que Tircis bruloit d'amour, [...]
Mots clefs :
Amour, Art de plaire, Serments, Changement, Mal, Coeur, Vengeance, Martyre
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texteReconnaissance textuelle : SENTIMENS D'UNE BELLE qui se repent de n'avoir pas conservé une Conqueste qu'elle avoit faite. / MADRIGAL.
SENTIMENS D'UNE BELLE
qui fe repent de n'avoir pas confervé
une Conquefte qu'elle:
avoit faite.
MADRIGAL.
Ors
que
Queje
Tircis bruloit d'amour,
Que je le voyais chaque jour
Avec empressement chercher l' Art de me
plaire,
Et qu'il me paroiffoitfincere:
Que parmillefermens, mais fermensfu
perfluss
du Mercure Galant. 31
Il me juroit d'eftre fidelle & tendre,
Et queles yeux m'en difoient encor plus,
Il avoit beau parler, je ne daignois l'en...
tendre:
Et par un changement queje nepuis comprendre,
Si- toft que més mépris l'ont forcé de
changer,
L'Amour, pour le vanger,
M'afait connoistreque je l'aime,
Et je me veux un mal extréme,
D'avoir pû voirfon coeur fe dégager.
Je m'en repens , Amour , ceffe demou
trager,
Soulage unfi cruel martires,
Et fi jamais dans ton Empire
Fe puis charmer quelque Berger,
Je te promets, Amour , de le bien ménager.
DIEREVILLE
qui fe repent de n'avoir pas confervé
une Conquefte qu'elle:
avoit faite.
MADRIGAL.
Ors
que
Queje
Tircis bruloit d'amour,
Que je le voyais chaque jour
Avec empressement chercher l' Art de me
plaire,
Et qu'il me paroiffoitfincere:
Que parmillefermens, mais fermensfu
perfluss
du Mercure Galant. 31
Il me juroit d'eftre fidelle & tendre,
Et queles yeux m'en difoient encor plus,
Il avoit beau parler, je ne daignois l'en...
tendre:
Et par un changement queje nepuis comprendre,
Si- toft que més mépris l'ont forcé de
changer,
L'Amour, pour le vanger,
M'afait connoistreque je l'aime,
Et je me veux un mal extréme,
D'avoir pû voirfon coeur fe dégager.
Je m'en repens , Amour , ceffe demou
trager,
Soulage unfi cruel martires,
Et fi jamais dans ton Empire
Fe puis charmer quelque Berger,
Je te promets, Amour , de le bien ménager.
DIEREVILLE
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Résumé : SENTIMENS D'UNE BELLE qui se repent de n'avoir pas conservé une Conqueste qu'elle avoit faite. / MADRIGAL.
Le madrigal 'Sentimens d'une belle' relate les regrets d'une femme d'avoir repoussé Tircis, un homme amoureux. Après l'avoir dédaigné, elle réalise son amour pour lui. Elle supplie l'Amour de soulager ses souffrances et promet de mieux traiter un futur amant.
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13
p. 107
CHANSON A BOIRE.
Début :
Apres quantité de Chansons d'amour, je vous en envoye une / Pourquoy me dites-vous, Catin, [...]
Mots clefs :
Catin, Ivrogne, Cabaret, Bouteille, Verre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON A BOIRE.
Apres quantité de Chan
fons d'amour , je vous en envoye
une à Boire . Les paroles
font de M' Diéreville.
CHANSON A BOIRE..
P
Ourquoy me dites - vous; Catin
,
Queje nefuis plus qu'unYvrogne,
Et qu'on me voit toûjours avec ma.
rouge trogne
Au Cabaret le Verre en main ?
C'est voftre rigueurfans pareille
Qui mefait tant aimer le douxjus de
la Treille.
Que vostre coeurpour moy devienne
plus humain,
Et vous me verrez dés demain
Gaffermon Verre & ma.Bouteille.
fons d'amour , je vous en envoye
une à Boire . Les paroles
font de M' Diéreville.
CHANSON A BOIRE..
P
Ourquoy me dites - vous; Catin
,
Queje nefuis plus qu'unYvrogne,
Et qu'on me voit toûjours avec ma.
rouge trogne
Au Cabaret le Verre en main ?
C'est voftre rigueurfans pareille
Qui mefait tant aimer le douxjus de
la Treille.
Que vostre coeurpour moy devienne
plus humain,
Et vous me verrez dés demain
Gaffermon Verre & ma.Bouteille.
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14
p. 116-117
II.
Début :
Non, l'esprit n'est plus de saison, [...]
Mots clefs :
Esprit, Saison, Perruque, Hommes, Amant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : II.
II. NOn, ierpr;tn'efl plus defaison,
Les Belles rien font au,-un- copte,
Elles luypréfèrentsans honte
tJn Homme qui ria pas feulement la
raVon.
Tourveu qu'ilaitJAir du beau Monde,
Et qu'il rçache bien grimacer,
Sous la Perruque brune ou blonde,,
BellemontrelefaitpllJfèr.
Vn simant de ce carattere
SçaitadmirAbtementJe taire;
Sabeflife le ren idiferet,
Et cefl tout ce qu'on veut dans tAmoureux
mistere,
Tointdeplaisir, s'ilrieflfecret.
DnHommed'espritaucontraireEflfujet
àfairedes P*frs,
Et toncraint qu'à tout l'Vnivers,
Il nefajJe récitd'unesecrette affaire.
• Enfin ilse voit éprisé,
Lors qu'un Sot eftfAvorifé.
DIEREVILLE.
Les Belles rien font au,-un- copte,
Elles luypréfèrentsans honte
tJn Homme qui ria pas feulement la
raVon.
Tourveu qu'ilaitJAir du beau Monde,
Et qu'il rçache bien grimacer,
Sous la Perruque brune ou blonde,,
BellemontrelefaitpllJfèr.
Vn simant de ce carattere
SçaitadmirAbtementJe taire;
Sabeflife le ren idiferet,
Et cefl tout ce qu'on veut dans tAmoureux
mistere,
Tointdeplaisir, s'ilrieflfecret.
DnHommed'espritaucontraireEflfujet
àfairedes P*frs,
Et toncraint qu'à tout l'Vnivers,
Il nefajJe récitd'unesecrette affaire.
• Enfin ilse voit éprisé,
Lors qu'un Sot eftfAvorifé.
DIEREVILLE.
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Résumé : II.
Le texte critique les 'Belles' de la haute société, qui privilégient les hommes capables de dissimuler leurs émotions et de se conformer aux attentes sociales. Ces hommes, maîtrisant l'art de la manipulation, sont admirés pour leur silence et leur indifférence. Les hommes d'esprit, eux, craignent la révélation de leurs secrets et se sentent aimés seulement lorsque des individus stupides sont favorisés.
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15
p. 117-118
III.
Début :
On dit que depuis le Carême [...]
Mots clefs :
Perruque, Amant, Plaire, Galant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : III.
III.
N dit que depuisleCarême
Celimenefait voir unesagesse (xtrtme
Et ejuelle neveut plUl qu'on luyparled'4~
meur.
MonpawreRivall'antre jour,
La Perrtique-poudrée,& la barbe bien
faite,
Enfin comme un Amant qui veutfairefit,
coury
Mettoit toNtfin esprit à luy conterfleurette.
Jamais discours nefutplus touchant que i,
fien,
Sansqu'ilenpufî obtenir rien.
Ce quifgavoit jadis IHYplAire
Nefaisoit plus que l'irriter.
Vn changement a[es voeuxsicontraire
Entre les dents lefaifoit bien pester
Mais il nepûtse rebuter.
Ilvoulut voirla,fin de ce miflere,
Deufl-ilsefaire encor plusmaltraiter.
Ce qu'il craint arrive,deforte
Pue badinant comme autrefois,
La Belle contre luy s'emporte,
Et l'égrlltigne avec[es doigts
L'obligeant au plus vitea regagnerU
porte.
Queltraitementpourun Galant?
Fyd-un Amourjiviolent;
De la main de cette Cruelle
le ne veux point eflre blltH;
Ainsije croy quesavertu
Mf varendre aussifage auelle.
Lemesme,
N dit que depuisleCarême
Celimenefait voir unesagesse (xtrtme
Et ejuelle neveut plUl qu'on luyparled'4~
meur.
MonpawreRivall'antre jour,
La Perrtique-poudrée,& la barbe bien
faite,
Enfin comme un Amant qui veutfairefit,
coury
Mettoit toNtfin esprit à luy conterfleurette.
Jamais discours nefutplus touchant que i,
fien,
Sansqu'ilenpufî obtenir rien.
Ce quifgavoit jadis IHYplAire
Nefaisoit plus que l'irriter.
Vn changement a[es voeuxsicontraire
Entre les dents lefaifoit bien pester
Mais il nepûtse rebuter.
Ilvoulut voirla,fin de ce miflere,
Deufl-ilsefaire encor plusmaltraiter.
Ce qu'il craint arrive,deforte
Pue badinant comme autrefois,
La Belle contre luy s'emporte,
Et l'égrlltigne avec[es doigts
L'obligeant au plus vitea regagnerU
porte.
Queltraitementpourun Galant?
Fyd-un Amourjiviolent;
De la main de cette Cruelle
le ne veux point eflre blltH;
Ainsije croy quesavertu
Mf varendre aussifage auelle.
Lemesme,
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Résumé : III.
Pendant le Carême, N tente de séduire Célimène avec des discours touchants, mais elle le repousse. Lors d'une ultime rencontre, elle le griffe, le blessant. N décide alors de se venger en devenant aussi cruel qu'elle.
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16
p. 189-190
V.
Début :
La Quenoüille n'est plus l'appanage des femmes, [...]
Mots clefs :
Quenouille, Femmes, Filer, Arts, Écrevisse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : V.
Quenouillenest plus l'app4Mge
des femmes,
Cher Mercure
, pour un Galant
Cest malfaire (a cour aux Daines,
Qjte de leur en faireunpresent.
Il estvray quautrefoispar des loix trop
cruelles
On les obligeait àfiler,
Et cestoit-là tout ce qu'on vouloit dd''eelllleesr..
Mais aujourd'huy qu'on les voit exceller
Dans les Sciences les plus bel/es,
Ne peuvent-elles pas, estantuniverfellest
De toutes chosesse meflu?
Elles fontsispirituelles
Quelles triomphent dans les Arts,
Etmesme l'on en voit s'exposeraux hafards
Au.ffihardiment qu'aux ruelles; Enfin des hauts emplois descendant aux plus bas,
Desfoins de la maison avoir tout l'embarras.
Et jepuis dire enleurrendantjuflice,
Sansfaire tortaMeffieurs les Maris,
Que leménage iroitcomme va l'Ecrevillè,
Sans lef".cours de leurs esprits.
DIEREVILLE.
des femmes,
Cher Mercure
, pour un Galant
Cest malfaire (a cour aux Daines,
Qjte de leur en faireunpresent.
Il estvray quautrefoispar des loix trop
cruelles
On les obligeait àfiler,
Et cestoit-là tout ce qu'on vouloit dd''eelllleesr..
Mais aujourd'huy qu'on les voit exceller
Dans les Sciences les plus bel/es,
Ne peuvent-elles pas, estantuniverfellest
De toutes chosesse meflu?
Elles fontsispirituelles
Quelles triomphent dans les Arts,
Etmesme l'on en voit s'exposeraux hafards
Au.ffihardiment qu'aux ruelles; Enfin des hauts emplois descendant aux plus bas,
Desfoins de la maison avoir tout l'embarras.
Et jepuis dire enleurrendantjuflice,
Sansfaire tortaMeffieurs les Maris,
Que leménage iroitcomme va l'Ecrevillè,
Sans lef".cours de leurs esprits.
DIEREVILLE.
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Résumé : V.
Les femmes, autrefois limitées à des tâches comme le filage, excellent aujourd'hui dans divers domaines scientifiques et artistiques. Elles montrent courage et polyvalence, s'impliquant dans des responsabilités variées, des postes élevés aux tâches domestiques. Leur rôle est crucial, comparé à la gestion ordonnée d'un foyer, sans nuire à l'honneur des maris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17
p. 249-250
II.
Début :
Mercure pour le coup sur l'Enigme premiere [...]
Mots clefs :
Rat, Flux et reflux, Chagrin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : II.
11. Ercuye pourlecoupsurtEnigme
premiere layfaitdes tffrtt Superflus;
1*expliquerois plûtofl le Flux & le Reflux,
Qued'en deviner lemfière,
c malheur ne m"itrrive Ce m'arriveofJuueerrCeI,l
De chagrin mon esprit s'abat,
Ainsi je laisse IIIaerniere,
De peurde prendre encor un Rat.
ÎDIEREVILLE.
premiere layfaitdes tffrtt Superflus;
1*expliquerois plûtofl le Flux & le Reflux,
Qued'en deviner lemfière,
c malheur ne m"itrrive Ce m'arriveofJuueerrCeI,l
De chagrin mon esprit s'abat,
Ainsi je laisse IIIaerniere,
De peurde prendre encor un Rat.
ÎDIEREVILLE.
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18
p. 285-2[89]
SENTIMENS SUR les trois premieres Questions proposées dans le XXIX Extraordinaire du Mercure Galant.
Début :
Si un Courtisan trompé dans ses esperances, est plus à plaindre [...]
Mots clefs :
Amant, Coeur, Amour, Courtisan, Tromperie, Passion, Héros, Chagrin, Maîtresse, Maux, Trahison, Beauté, Indiscrétion, Prodigalité, Avarice, Secourir, Misérables
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SENTIMENS SUR les trois premieres Questions proposées dans le XXIX Extraordinaire du Mercure Galant.
SENTIMENS. s-V'll
les trois premières Zuelfions pro.
foféesdms le XXIX,Extraordi-
-
- naire du Mercure Gdant.
Si un Courtisan trompé dans ses
esperances,est plus à plaindre
qu'un Amant passionné
,
qui
ne peut toucher le coeur de la
Personne qu'il aime. IL n'eflcharmant lrüJCj(¡J,'lIn LOVIS
dans le monde;
Lors ejuun Courtisandanssa Cour.
Surquelqueesperancesefonde, 1
Et qu'il ne voit jamais le jour
Qttecefameux Héros a ses defirsrépondt;
Je le p'ains centfois plus qu'un Amant
dont l'amour
Nepeuttoucher lecoeur desa Bruneousa
Blonde.
C'estunmortelchagrin pour luy,
Qui luyfait d'autantplus âennuJ
Qitilnytrouvepoint deremede.
Vnefaveurdu Royferoittomfèsplaifirr;
LAnobleambition qui toujours lepossede
L'empe!êh! deformer ailleurs d'autres
desirs.
A{AU un Amantquipourune MattreJlè
Pleu-re.,languit, &roupireranscefe,
Sans quesesmaux puissent toucherfsll
coeur,
Ne peut-il pas avec une aute Belle
Qui ne luy fera point cruelle
Seconsolerde
@
sonmalheur?
Il eneP tant defavorables
Jldais je fais malma couravouât charmante
Iris,
£>ui pbaleros,ijfez. toujours des plut impitoya-
Et qui n'avez, pourmoy que de cruels mépris.
Changez d'humeur, beautésevère,
TrAirez-moy plm humainement,
Et pour lors ilse pourra faire
Qu'on me verra changer mt/fi de sentiment.
Si l'Infidélité d'une Maistresse
peutautoriserun Amant trahy àestreindiscret.
O
VandcCunetendre pafilon
'AlcandrepourPkiltsfentque[on Al ame efi prist,fènt queson est
JQuoy que cettebeauté lefuye&le mé- prise
Quelle teillee eennff~inn Ppoouurr ltuy jjvujfrqquu'aà lIao ttrraa--
hison,
Soninfidéliténar'en qui l'authorife
Afaire a cette Belleune indifèretion.
Lesecret en Amour doit e/lre inviolable, Et lui nesçauroit le garder,
Merite peu ce quunob, etaimable
Afou amour peut accorder.
Tourse vanger ll/tle infidelle,
Tout ce ejut peutfaire un Amant,
Ccfimitant cettecruelle
Defaire unautreengagement.
SilacharmanteIris dontmonameejf
ravie,
Voitloitdunefaveursoulagermonamour.
Et me trahir le mesme jour,
Je nenparlerait de ma vie.
Si la Prodigalité est moins condamnablequel'Avarice.
J E condamne fort rAVttricc,
Dans les Hommes cejlun grand
vice.
Tel vsrroit tout languirauprès deset
tresors,
Sans enmettre un tessondehors.
Poursecourirun Misérable,
Et
Et luy-mesme d'argent toujours infajjùtblej
Avec tout ce qu'il a de bien,
Manque de tout, plutofl que dese donner
rien.
Est-il rien de plut condamnable?
Mais dans la Prodigalité
Je ne voy rien digne de blâme;
C'est une genérosité
Quinesçauroitsortirque d'unegrandeur
d'ame.
Etsi r excez. enfaitdu mal,
Ce nest rien qu'à celuy dont le coeur libéral
.A moins pour luy quep4ur les aH/ru,
Oude qui les biensfont les nofires.
Maisou je ne pourray jamais la soûtenir,
C'efl dans le coeur d'une beauté cruelle
Dtnt mes Rivauxsçavent tout obtenir
Quandje ne puis rien avoird'elle.
DIEREVILLE,
les trois premières Zuelfions pro.
foféesdms le XXIX,Extraordi-
-
- naire du Mercure Gdant.
Si un Courtisan trompé dans ses
esperances,est plus à plaindre
qu'un Amant passionné
,
qui
ne peut toucher le coeur de la
Personne qu'il aime. IL n'eflcharmant lrüJCj(¡J,'lIn LOVIS
dans le monde;
Lors ejuun Courtisandanssa Cour.
Surquelqueesperancesefonde, 1
Et qu'il ne voit jamais le jour
Qttecefameux Héros a ses defirsrépondt;
Je le p'ains centfois plus qu'un Amant
dont l'amour
Nepeuttoucher lecoeur desa Bruneousa
Blonde.
C'estunmortelchagrin pour luy,
Qui luyfait d'autantplus âennuJ
Qitilnytrouvepoint deremede.
Vnefaveurdu Royferoittomfèsplaifirr;
LAnobleambition qui toujours lepossede
L'empe!êh! deformer ailleurs d'autres
desirs.
A{AU un Amantquipourune MattreJlè
Pleu-re.,languit, &roupireranscefe,
Sans quesesmaux puissent toucherfsll
coeur,
Ne peut-il pas avec une aute Belle
Qui ne luy fera point cruelle
Seconsolerde
@
sonmalheur?
Il eneP tant defavorables
Jldais je fais malma couravouât charmante
Iris,
£>ui pbaleros,ijfez. toujours des plut impitoya-
Et qui n'avez, pourmoy que de cruels mépris.
Changez d'humeur, beautésevère,
TrAirez-moy plm humainement,
Et pour lors ilse pourra faire
Qu'on me verra changer mt/fi de sentiment.
Si l'Infidélité d'une Maistresse
peutautoriserun Amant trahy àestreindiscret.
O
VandcCunetendre pafilon
'AlcandrepourPkiltsfentque[on Al ame efi prist,fènt queson est
JQuoy que cettebeauté lefuye&le mé- prise
Quelle teillee eennff~inn Ppoouurr ltuy jjvujfrqquu'aà lIao ttrraa--
hison,
Soninfidéliténar'en qui l'authorife
Afaire a cette Belleune indifèretion.
Lesecret en Amour doit e/lre inviolable, Et lui nesçauroit le garder,
Merite peu ce quunob, etaimable
Afou amour peut accorder.
Tourse vanger ll/tle infidelle,
Tout ce ejut peutfaire un Amant,
Ccfimitant cettecruelle
Defaire unautreengagement.
SilacharmanteIris dontmonameejf
ravie,
Voitloitdunefaveursoulagermonamour.
Et me trahir le mesme jour,
Je nenparlerait de ma vie.
Si la Prodigalité est moins condamnablequel'Avarice.
J E condamne fort rAVttricc,
Dans les Hommes cejlun grand
vice.
Tel vsrroit tout languirauprès deset
tresors,
Sans enmettre un tessondehors.
Poursecourirun Misérable,
Et
Et luy-mesme d'argent toujours infajjùtblej
Avec tout ce qu'il a de bien,
Manque de tout, plutofl que dese donner
rien.
Est-il rien de plut condamnable?
Mais dans la Prodigalité
Je ne voy rien digne de blâme;
C'est une genérosité
Quinesçauroitsortirque d'unegrandeur
d'ame.
Etsi r excez. enfaitdu mal,
Ce nest rien qu'à celuy dont le coeur libéral
.A moins pour luy quep4ur les aH/ru,
Oude qui les biensfont les nofires.
Maisou je ne pourray jamais la soûtenir,
C'efl dans le coeur d'une beauté cruelle
Dtnt mes Rivauxsçavent tout obtenir
Quandje ne puis rien avoird'elle.
DIEREVILLE,
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Résumé : SENTIMENS SUR les trois premieres Questions proposées dans le XXIX Extraordinaire du Mercure Galant.
Dans cet extrait du 'Mercure Galant', l'auteur compare la déception d'un courtisan à celle d'un amant passionné, jugeant le courtisan plus à plaindre car ses espoirs ne se réalisent jamais. Il exprime son chagrin face à l'indifférence de sa bien-aimée, Iris, qui le traite avec mépris. Le texte aborde ensuite l'infidélité en amour, justifiant l'indiscrétion de l'amant trahi tout en soulignant que les secrets amoureux doivent rester inviolables. L'auteur condamne l'avarice, qu'il considère comme un grand vice, décrivant l'avare comme quelqu'un qui accumule des trésors sans les partager, même pour aider les nécessiteux. À l'inverse, il voit la prodigalité comme une générosité née d'une grandeur d'âme, bien que les excès puissent être nuisibles. Enfin, il avoue son incapacité à soutenir cette prodigalité face à une beauté cruelle qui favorise ses rivaux.
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19
p. 163-165
A MONSIEUR LE PRESIDENT DE BAILLEUL.
Début :
Je vous parlay la derniere fois de la survivance à / Le service à la Cour n'est point sans récompense ; [...]
Mots clefs :
Réception, Mr le Président de Bailleul, Cour, Survivance, Mérite, Louis
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texteReconnaissance textuelle : A MONSIEUR LE PRESIDENT DE BAILLEUL.
Je vous parlay la derniere
fois de la furvivance à la
Charge de Preſident au Mor
tier que le Roy avoit accor
dée à M le Prefident de Bail
Teul pour M de Chasteau ,
Gontier for Fils . Il a efté re..
éeu depuis peu au Parlement ,
&ncette reception a donné
licu à M Dièreville de faife
Ces trois Madrigatx.
ij
:
164 MERCURE
A MONSIEUR
LE PRESIDENT DE BAILLEUL.
L'E
· Efervice à la Cour n'est point
fans récompenfe;
Parunebelle furvivance,
Lors que vous y pensez le moins,
Et qu'à la méritervous mettez tous
vos foins,
Vous en faites l'experience.
C'est ainsi que content du plus grand
des Bailleuls,
LOUIS qui fçait rendre juftice,
Enfaveurdefon Fils reconnoift le
·Service
Qu'à l'Etat ont renduſan Pere, &
Ses Ageuls
GALANT. 165-
Ah! quel plaifir encor dans vos belles;
annécs
De voir en ce cher Eils paffer was deftinées!
Qu'il nejouiffe pas fi- toft
De la gloire qu'il en eſpére;
On l'éleve àregret au degré le plus
baut
Quand on en voit tomberfon
<<Pere...
Pour rendre donc nos voeux con
tens ,
Occupez encore long-temps-
Une Place où l'on vous révére.
fois de la furvivance à la
Charge de Preſident au Mor
tier que le Roy avoit accor
dée à M le Prefident de Bail
Teul pour M de Chasteau ,
Gontier for Fils . Il a efté re..
éeu depuis peu au Parlement ,
&ncette reception a donné
licu à M Dièreville de faife
Ces trois Madrigatx.
ij
:
164 MERCURE
A MONSIEUR
LE PRESIDENT DE BAILLEUL.
L'E
· Efervice à la Cour n'est point
fans récompenfe;
Parunebelle furvivance,
Lors que vous y pensez le moins,
Et qu'à la méritervous mettez tous
vos foins,
Vous en faites l'experience.
C'est ainsi que content du plus grand
des Bailleuls,
LOUIS qui fçait rendre juftice,
Enfaveurdefon Fils reconnoift le
·Service
Qu'à l'Etat ont renduſan Pere, &
Ses Ageuls
GALANT. 165-
Ah! quel plaifir encor dans vos belles;
annécs
De voir en ce cher Eils paffer was deftinées!
Qu'il nejouiffe pas fi- toft
De la gloire qu'il en eſpére;
On l'éleve àregret au degré le plus
baut
Quand on en voit tomberfon
<<Pere...
Pour rendre donc nos voeux con
tens ,
Occupez encore long-temps-
Une Place où l'on vous révére.
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Résumé : A MONSIEUR LE PRESIDENT DE BAILLEUL.
Le texte évoque la nomination de Monsieur de Chasteau-Gontier, fils de Monsieur le Président de Bailleul, à la charge de président au Mortier, accordée par le roi. Cette nomination a été récemment validée au Parlement. Cet événement a inspiré à Monsieur Diereville la rédaction de trois madrigaux. Le premier madrigal adresse ses félicitations à Monsieur le Président de Bailleul, soulignant que le roi Louis récompense les services rendus à l'État par lui-même et ses ancêtres en favorisant son fils. Le second madrigal exprime la joie de voir le fils accéder aux responsabilités de son père, tout en espérant que cette ascension ne se fasse pas au détriment de la santé du père. Il formule également le souhait que Monsieur de Bailleul conserve encore longtemps sa position respectée.
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20
p. 165-167
A MONSIEUR LE MARQUIS DE CHASTEAU GONTIER.
Début :
Enfin le plus puissant des Roys [...]
Mots clefs :
Puissants, Roi, Muse, Ardeur , Ciel
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texteReconnaissance textuelle : A MONSIEUR LE MARQUIS DE CHASTEAU GONTIER.
A MONSIEUR
LE MARQUIS DE
CHASTEAU
CHASTEAU GONTIER.
ENfin le pluspuiffany des
Roys
166 MERCURE
Veut que le Fils àfon Pere furvive,
Dans un des auguftes Emplois,
Où Themis donne , & fait des
Lois.
Pourprendre part au bien qui vous
arrive,
Ma Mufe treblante, & craintive,
Au grand bruit des Moufques , des
Tambours , des Ham - bows,
N'ofa jamais joindre fa voix ..
Quand elle cuft pû fe faire ens.
tendre,
En euffiez- vous eu le toifir?
Tout le mondechez vous vint enfoule
Se rendre
Pour vous en témoigner fajoje &ſon:
plaifir.
Dans la belle ardeur qui l'anime,
Rien ne sçauroit plus long- temps
Barrefter,
Elle croiroit commettre un crims
GALANT. 167
·Endifferant àfefaire écouter.
Donnez-luy donc un moment d'audience
.
Si le Cielfatisfaitfes voeux les plus
preffans,
On verra mefmefurvivance
S'accorder comme à vous à tous vos
Defcendans.
LE MARQUIS DE
CHASTEAU
CHASTEAU GONTIER.
ENfin le pluspuiffany des
Roys
166 MERCURE
Veut que le Fils àfon Pere furvive,
Dans un des auguftes Emplois,
Où Themis donne , & fait des
Lois.
Pourprendre part au bien qui vous
arrive,
Ma Mufe treblante, & craintive,
Au grand bruit des Moufques , des
Tambours , des Ham - bows,
N'ofa jamais joindre fa voix ..
Quand elle cuft pû fe faire ens.
tendre,
En euffiez- vous eu le toifir?
Tout le mondechez vous vint enfoule
Se rendre
Pour vous en témoigner fajoje &ſon:
plaifir.
Dans la belle ardeur qui l'anime,
Rien ne sçauroit plus long- temps
Barrefter,
Elle croiroit commettre un crims
GALANT. 167
·Endifferant àfefaire écouter.
Donnez-luy donc un moment d'audience
.
Si le Cielfatisfaitfes voeux les plus
preffans,
On verra mefmefurvivance
S'accorder comme à vous à tous vos
Defcendans.
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Résumé : A MONSIEUR LE MARQUIS DE CHASTEAU GONTIER.
L'auteur félicite le Marquis de Chasteau Gontier pour sa promotion. Il exprime son désir de participer aux célébrations et mentionne que sa muse, bien que timide, souhaite également se manifester. Tous se réjouissent et se pressent chez le marquis. La muse espère obtenir une audience et prie pour que sa vie soit aussi longue que celle du marquis et de ses descendants.
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21
p. 167-168
A MADAME LA MARQUISE DE CHASTEAU GONTIER.
Début :
Qu'avez-vous plus de desirer, [...]
Mots clefs :
Désir, Charmant, Muse, Compliments, Dieux
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texteReconnaissance textuelle : A MADAME LA MARQUISE DE CHASTEAU GONTIER.
A MADAME
LA MARC
MARQUISE DE
CHASTEAU GONTIER.
Ο
V'avez- vous plus à de
firer,
Belle , & charmante Brune?
Lanaturefceur vous parer
Demille attraits qui vous font ad
mirer,
Etpourachever, lafortune –
168 MERCURE
Vousmetau plus haut rang où l'on
puiffe afpixer 49inc
Sur voftre dignité nouvelle
Chacun vient vous feliciter.
Ma Mufe dont l'ardeur eftplus noble,,
&plus belle AALMER JE
Vient auffi fefaire écouter
Elle eft fidelle , elle eft fincere,
Les complimens qu'on vient vous
faire
Finiront dans cinq ou fix jours,
Mais lefien des autres différen
Ilne tiendra qu'à vous de l'entendre
toûjours.
Elle emprunte des Dieux le fublime
langage,
Pourvous dire en tout temps queja
mais dignité
Ne pouvoitfe trouver avec plus de
beauté,
Que vous enavez en partage.
LA MARC
MARQUISE DE
CHASTEAU GONTIER.
Ο
V'avez- vous plus à de
firer,
Belle , & charmante Brune?
Lanaturefceur vous parer
Demille attraits qui vous font ad
mirer,
Etpourachever, lafortune –
168 MERCURE
Vousmetau plus haut rang où l'on
puiffe afpixer 49inc
Sur voftre dignité nouvelle
Chacun vient vous feliciter.
Ma Mufe dont l'ardeur eftplus noble,,
&plus belle AALMER JE
Vient auffi fefaire écouter
Elle eft fidelle , elle eft fincere,
Les complimens qu'on vient vous
faire
Finiront dans cinq ou fix jours,
Mais lefien des autres différen
Ilne tiendra qu'à vous de l'entendre
toûjours.
Elle emprunte des Dieux le fublime
langage,
Pourvous dire en tout temps queja
mais dignité
Ne pouvoitfe trouver avec plus de
beauté,
Que vous enavez en partage.
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Résumé : A MADAME LA MARQUISE DE CHASTEAU GONTIER.
L'auteur adresse une lettre poétique à Madame la Marquise de Chasteau Gontier, louant sa beauté et ses charmes. Il souligne sa haute position sociale et les félicitations qu'elle suscite. Sa muse, ardente et noble, assure sa fidélité et la durée de ses compliments. Elle compare la dignité de la marquise à une beauté divine.
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22
p. 100
II.
Début :
Mercure est un Galant Garçon [...]
Mots clefs :
Homme à cheval, Truite, Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : II.
IL MErcure efi un Galant Garçon
De nom donnerchair &poijfen;
Pour nout bien régaler il nepouvaitmieux
faire;
Cela s'appelle chere entiere.
La Truite efl le premier plat,
C'eflunmorceau fort délicAt.
-A luy seul auffl je marrefie,
Et laisse-la l'Homme à Cheval,
yMes dents neferont pointde mal
sî l'Homme non plus qu'à la Beste.
D1iersy.ilib.
De nom donnerchair &poijfen;
Pour nout bien régaler il nepouvaitmieux
faire;
Cela s'appelle chere entiere.
La Truite efl le premier plat,
C'eflunmorceau fort délicAt.
-A luy seul auffl je marrefie,
Et laisse-la l'Homme à Cheval,
yMes dents neferont pointde mal
sî l'Homme non plus qu'à la Beste.
D1iersy.ilib.
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23
p. 100
III.
Début :
Ce que vous imaginez, [...]
Mots clefs :
Homme à cheval
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : III.
11 E que vous vous imaginez
Aimable Bergen Fleurette^,
Et cfUa deviner vous donnez.,
Efl une Enigme assez. secrete.
Sans me donner beaucoupdemal,
jfay pourtant trouvé
1
ce miflere,
St vous me voyiez, achevai,
Serait-ce pas juste ïaffaireï
Le mefmflk
Aimable Bergen Fleurette^,
Et cfUa deviner vous donnez.,
Efl une Enigme assez. secrete.
Sans me donner beaucoupdemal,
jfay pourtant trouvé
1
ce miflere,
St vous me voyiez, achevai,
Serait-ce pas juste ïaffaireï
Le mefmflk
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24
p. 297-300
SENTIMENS SUR TOUTES LES QUESTIONS du dernier EXTRAORDINAIRE.
Début :
D'où vient que plusieurs Maris, qui ont de tres-belles [...]
Mots clefs :
Maris, Femmes, Iris, Âme, Laideur, Joie, Amant, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SENTIMENS SUR TOUTES LES QUESTIONS du dernier EXTRAORDINAIRE.
SENTIMENS
JUELTOUTES LES QUESTIONS
du dernier Extraordinaire.
O'aùvient que plusieurs Maris,
quiontde très-bellesFemmes,
en aiment fouvent, non seulement
de beaucoup moins belles,
maismesmedetres-laides. Edemeure d'accord avec vous, belle
W ,IrIS
Qu'on voit tous les jours des Maris
Posseder de tres-belles Femmes,
xlEt cependant aimer avec beaucoup dar"
deur
Des objets die qui la laideur
\1Êien'loin'de les charmer, & d'enflamer
lettrs ames,
Devroient a leurs jeuxsafre peur.
(De ce gÓujl dépravé dans- tampnr eux
empire, 1
Vom demandez,la catife ? Ht bien, fm
vais la dir.
Quoy que le défautfoit en mus,
'.AH beausexetoûioursilfautrendreiisflicc,
* C'efique ces Hommes-lafont foux,
Et n'aiment rien que parcaprice,
Je rrien rapporte a tous.
Maissi vous voulez, un Epoux |
Qui fo:t toujours fidelle & tendrer
Le Ciel masa;t ainsîpour vouss
Irie, vous riavez, qu-' a< meprendre. a<
Lequel donne plus de joye de féal
faire aimer d'une Belle fiere
qui sèmblen'avoiraucun pan--c
chant pour l'amour, ou de re..-
gagner le coeur d'une MaîtreC-3
fè justement irritée, & dontla
haine nous paroist invincible.. DEpais que je me fuis Attiré voflrew
haine.
Et que/'aymérité vos plus cruels mêpris&x
l'ay voulu, trop aimable Iris
Formerailleurs , une autre chaine.
Vhilis est mon objet
,
ses Attraits mont
charmé.
Elle efloitfiere
,
înltcæ/fible,
Et cependant aysceu la rendrefifenjîhle,
Quejefuis pres cTen eflre aimé.
Cependant, aimable Bevgeret Dans le temps que iedesespere
?epouvoir de mes jours regagner vofire
coeur,
rrite contre moydune jufie colere;
lelasp!lsai jie rpoeuv.ois recommencer de
Avogreoeil mon premier vainqueur,
J.eflimeroisplus selsimerotspluscceebboonnhheeuurr
Que toute autre conquefieàfaire*.
Si un Amant peut voir conti--1
nud lement la Maîtrelf fan¡'<il
s'ennuyer.
LOrs quun Amant
Aime bien tendrement,
uluprès de sa Silvie
Parlant deses amours, Ilpeut eflre toujours
Sansqu'il s'ennuye.
Dans un doux Entretien
De l'amoureux mdrtire,
Le temps ne dure rien,
On a tropa se Jill.
Tourmoy lors que je fuis auprès de m* t
Beauté,
Je plljJè sans ennuy les plus longs jours v riEsté
A luy témoigner que je faimei
Charmé de vivre fous sa loy,
Mêlas! s'il netenoit qu'a moy
J'y passerois les nuits de mefrne.
DlEREYIIL{.
JUELTOUTES LES QUESTIONS
du dernier Extraordinaire.
O'aùvient que plusieurs Maris,
quiontde très-bellesFemmes,
en aiment fouvent, non seulement
de beaucoup moins belles,
maismesmedetres-laides. Edemeure d'accord avec vous, belle
W ,IrIS
Qu'on voit tous les jours des Maris
Posseder de tres-belles Femmes,
xlEt cependant aimer avec beaucoup dar"
deur
Des objets die qui la laideur
\1Êien'loin'de les charmer, & d'enflamer
lettrs ames,
Devroient a leurs jeuxsafre peur.
(De ce gÓujl dépravé dans- tampnr eux
empire, 1
Vom demandez,la catife ? Ht bien, fm
vais la dir.
Quoy que le défautfoit en mus,
'.AH beausexetoûioursilfautrendreiisflicc,
* C'efique ces Hommes-lafont foux,
Et n'aiment rien que parcaprice,
Je rrien rapporte a tous.
Maissi vous voulez, un Epoux |
Qui fo:t toujours fidelle & tendrer
Le Ciel masa;t ainsîpour vouss
Irie, vous riavez, qu-' a< meprendre. a<
Lequel donne plus de joye de féal
faire aimer d'une Belle fiere
qui sèmblen'avoiraucun pan--c
chant pour l'amour, ou de re..-
gagner le coeur d'une MaîtreC-3
fè justement irritée, & dontla
haine nous paroist invincible.. DEpais que je me fuis Attiré voflrew
haine.
Et que/'aymérité vos plus cruels mêpris&x
l'ay voulu, trop aimable Iris
Formerailleurs , une autre chaine.
Vhilis est mon objet
,
ses Attraits mont
charmé.
Elle efloitfiere
,
înltcæ/fible,
Et cependant aysceu la rendrefifenjîhle,
Quejefuis pres cTen eflre aimé.
Cependant, aimable Bevgeret Dans le temps que iedesespere
?epouvoir de mes jours regagner vofire
coeur,
rrite contre moydune jufie colere;
lelasp!lsai jie rpoeuv.ois recommencer de
Avogreoeil mon premier vainqueur,
J.eflimeroisplus selsimerotspluscceebboonnhheeuurr
Que toute autre conquefieàfaire*.
Si un Amant peut voir conti--1
nud lement la Maîtrelf fan¡'<il
s'ennuyer.
LOrs quun Amant
Aime bien tendrement,
uluprès de sa Silvie
Parlant deses amours, Ilpeut eflre toujours
Sansqu'il s'ennuye.
Dans un doux Entretien
De l'amoureux mdrtire,
Le temps ne dure rien,
On a tropa se Jill.
Tourmoy lors que je fuis auprès de m* t
Beauté,
Je plljJè sans ennuy les plus longs jours v riEsté
A luy témoigner que je faimei
Charmé de vivre fous sa loy,
Mêlas! s'il netenoit qu'a moy
J'y passerois les nuits de mefrne.
DlEREYIIL{.
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Résumé : SENTIMENS SUR TOUTES LES QUESTIONS du dernier EXTRAORDINAIRE.
Le texte aborde les paradoxes de l'amour conjugal, soulignant que certains hommes préfèrent des femmes moins attrayantes à leurs épouses belles. Il explore les motivations derrière l'attirance pour une femme laide plutôt qu'une belle. Le narrateur suggère que l'amour véritable et la fidélité peuvent émerger dans des situations inattendues, comme gagner l'affection d'une femme fière ou irritée. Il exprime son admiration pour une femme nommée Iris, malgré ses cruels mépris, et avoue avoir réussi à la rendre sensible à son amour. Le narrateur compare également la joie de reconquérir un amour perdu à celle de conquérir une nouvelle personne. Enfin, il met en avant que l'amour véritable permet de passer du temps sans s'ennuyer, même dans les moments les plus longs, contrairement à la monotonie ressentie par un amant indifférent.
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25
p. 313-314
I.
Début :
I, & la lettre V, estoient le vray mot de la premiere Enigme / Vrayment oüy, vous parlez à nous, [...]
Mots clefs :
Berger, Rimes, Sens, I, V, Voyelle, Consonnes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : I.
I, & lA lettre V, estoient le vray
'ot de la pretniere Enigme du mois
¿oNH
,
& le Souflet ccluy de la
etnde. En voicy flufieurs Explic4.
ions en Yers.
I. vRayment oüy
, vous pllrle a nota,
Açreable Berqer de Flore,
Vont quartefiime & qu'on honore) en puis répondre icy pour tout.
Aiai*ffavez-vou* que par vos rimes
Votu embarrAssèz. trop les gens?
Sur vos plus faciles Enigmes
7faut rêver huit jours pour en trouver
le sens. JJ leu cent fois vojlre nouvelle
Avant que dy rien remarquer; ïnfîn votre trtijîcme& cinquième voyelle,
roflre I, vojlre V.. pour me mieuxexpli.
quer1
Xfontpensé tourner la cervelle,
je ne fçaurais vous le nier,
Berger, quand vous voudrez dansi
Galant Mercure
Nous exercer sur quelque Enigme cio
fcure,
Yo," en sçavez. bien le métier,
Donnez-nous un mot tout entier,
Il nous mettra bien moinsl'ejprit à
i 1
torture.
DIlREVILL:
'ot de la pretniere Enigme du mois
¿oNH
,
& le Souflet ccluy de la
etnde. En voicy flufieurs Explic4.
ions en Yers.
I. vRayment oüy
, vous pllrle a nota,
Açreable Berqer de Flore,
Vont quartefiime & qu'on honore) en puis répondre icy pour tout.
Aiai*ffavez-vou* que par vos rimes
Votu embarrAssèz. trop les gens?
Sur vos plus faciles Enigmes
7faut rêver huit jours pour en trouver
le sens. JJ leu cent fois vojlre nouvelle
Avant que dy rien remarquer; ïnfîn votre trtijîcme& cinquième voyelle,
roflre I, vojlre V.. pour me mieuxexpli.
quer1
Xfontpensé tourner la cervelle,
je ne fçaurais vous le nier,
Berger, quand vous voudrez dansi
Galant Mercure
Nous exercer sur quelque Enigme cio
fcure,
Yo," en sçavez. bien le métier,
Donnez-nous un mot tout entier,
Il nous mettra bien moinsl'ejprit à
i 1
torture.
DIlREVILL:
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26
p. 314-315
II.
Début :
Belle Iris, il est des Souflets [...]
Mots clefs :
Soufflet, Main, Visage, Sage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : II.
II.
BElle Iris, il ejf des Souflets
Qui pour nous promener ont de pu",
sans attraits,
Rien au monde n'ejf plus commode,
Et ceux-là font fort à la mode. -
Il en efl encor pour Valcain,
Et dont l'utilité me semble sans égal6h
Lors quefiant plus petits pour quelq^\
bon festin
, -
On en fait boüillir la Timhalle.
Mais lors qu'auprès de vous faisant tni
le badin,
BelleIris,vous leve la main,
Peur men donnersur le visage,
Cessouflets-là n'ont rien defain.
r peur d'en recevoir saime mieux eflre
fage.
L- e mei-me.
BElle Iris, il ejf des Souflets
Qui pour nous promener ont de pu",
sans attraits,
Rien au monde n'ejf plus commode,
Et ceux-là font fort à la mode. -
Il en efl encor pour Valcain,
Et dont l'utilité me semble sans égal6h
Lors quefiant plus petits pour quelq^\
bon festin
, -
On en fait boüillir la Timhalle.
Mais lors qu'auprès de vous faisant tni
le badin,
BelleIris,vous leve la main,
Peur men donnersur le visage,
Cessouflets-là n'ont rien defain.
r peur d'en recevoir saime mieux eflre
fage.
L- e mei-me.
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27
p. 317-318
AUTRE ENIGME.
Début :
Beautez dont la blancheur peut effacer les lis, [...]
Mots clefs :
Manchettes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME
B
Eantez dont la blancheur peut
effacer les lis ,
Nous sommes plufieurs Soeurs d'un
teint égal aux vôtres ,
Qui tenons dans nos fers (fans méprifer
les autres)
Les Amans les plus accomplis.
L'amourqu'on a pournous est pourtant;
fort commune ;
Et le plusfidelle amoureux
Dd iij
318 MERCURE
Ne fçauroitfe contenter d'une,
Ilfaut qu'il en ait toûjours deux.
Pourle charmer nousfommesfines,
Et nous pouvons dire de plus
Qu'on en trouve entre nous quelqu'unes
de malines ,
Ayant des yeux autant qu'Argus,
Nous n'avons pourtant point de
refte ,
Etnous n'avonsjamais qu'unpied,
Mais qu'importe , cela nous fied,
Et nous pouvons aider à faire une
conquefte.
Avec cette proprieté ,
Voyez la cruauté des hommes,
Le meilleur au temps où nous fommes
,
Nous réduit à l'extrémité.
B
Eantez dont la blancheur peut
effacer les lis ,
Nous sommes plufieurs Soeurs d'un
teint égal aux vôtres ,
Qui tenons dans nos fers (fans méprifer
les autres)
Les Amans les plus accomplis.
L'amourqu'on a pournous est pourtant;
fort commune ;
Et le plusfidelle amoureux
Dd iij
318 MERCURE
Ne fçauroitfe contenter d'une,
Ilfaut qu'il en ait toûjours deux.
Pourle charmer nousfommesfines,
Et nous pouvons dire de plus
Qu'on en trouve entre nous quelqu'unes
de malines ,
Ayant des yeux autant qu'Argus,
Nous n'avons pourtant point de
refte ,
Etnous n'avonsjamais qu'unpied,
Mais qu'importe , cela nous fied,
Et nous pouvons aider à faire une
conquefte.
Avec cette proprieté ,
Voyez la cruauté des hommes,
Le meilleur au temps où nous fommes
,
Nous réduit à l'extrémité.
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28
p. 303-305
AUTRE ENIGME.
Début :
Chaque chose a son temps, aujourd'huy j'ay le mien, [...]
Mots clefs :
Drap rayé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME.
1
Ca
Haque chofe a fon temps , aujourd
hayjay le mien,
Quoy que je ne fois pas plus qu'un
autre
commode
, C
Sans moy l'on ne peut eftre bien,
A l'envy Pon fuit ma metode.
L'ay commencé deparoiftre à la Cour,
Auffifuis-je un Enfant de France,
Etje dois mon eftre & le jour
Au Roy qui fait le plus redouterfa
puiffance.
Sur luy j'exerce mon employ ,
Et la Garde qui l'environne ,
N'approche pas fiprés que moy
Defon Augufte & Royalepersonne.
Comme il eftde fon Peuple autant
Pere que Roy
J
Il veut qu'à tous je fois utile,
Et je viens faire dans la ville
304 MERCURE
Comme à la Cour ce queje dop.
On me voit dans ces lieux de plus
d'une maniere ,
Et dans le temps que le Roy dey
Saifons
Brille avec moins d'éclat , répand
moins de Lumiere
C'est alors que je fais paroistre mes
rayons.
L'or & l'argent joints à mon luftre
En relevent beaucoup l'éclat,
Et je fuis l'ornement d'unfat
Comme celuy d'un homme illuftre.
l'ay pour charmes la nouveauté
Etj'ay touché le coeur de plus d'une
beauté;
utilité.
De chacun je touche l'envie,
Et je fuis auffi dans la vie
D'une tres-grande utili
Ad nirez des gens l'injustice ,
Quay quejefoispaifible & dons,
GALANT 305
on me perce de mille coups
Quand je dois rendre un bon
Service ,
On me fait piş encor on me taille en
morceaux
Et l'on me laiffe- là quand je fuis par
lambeaux
1
Ca
Haque chofe a fon temps , aujourd
hayjay le mien,
Quoy que je ne fois pas plus qu'un
autre
commode
, C
Sans moy l'on ne peut eftre bien,
A l'envy Pon fuit ma metode.
L'ay commencé deparoiftre à la Cour,
Auffifuis-je un Enfant de France,
Etje dois mon eftre & le jour
Au Roy qui fait le plus redouterfa
puiffance.
Sur luy j'exerce mon employ ,
Et la Garde qui l'environne ,
N'approche pas fiprés que moy
Defon Augufte & Royalepersonne.
Comme il eftde fon Peuple autant
Pere que Roy
J
Il veut qu'à tous je fois utile,
Et je viens faire dans la ville
304 MERCURE
Comme à la Cour ce queje dop.
On me voit dans ces lieux de plus
d'une maniere ,
Et dans le temps que le Roy dey
Saifons
Brille avec moins d'éclat , répand
moins de Lumiere
C'est alors que je fais paroistre mes
rayons.
L'or & l'argent joints à mon luftre
En relevent beaucoup l'éclat,
Et je fuis l'ornement d'unfat
Comme celuy d'un homme illuftre.
l'ay pour charmes la nouveauté
Etj'ay touché le coeur de plus d'une
beauté;
utilité.
De chacun je touche l'envie,
Et je fuis auffi dans la vie
D'une tres-grande utili
Ad nirez des gens l'injustice ,
Quay quejefoispaifible & dons,
GALANT 305
on me perce de mille coups
Quand je dois rendre un bon
Service ,
On me fait piş encor on me taille en
morceaux
Et l'on me laiffe- là quand je fuis par
lambeaux
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29
p. 222-227
A LA REINE d'Angleterre.
Début :
Voicy des Vers de Mr Diereville sur l'honneur que receurent / Lors que vous visitez cette illustre Maison, [...]
Mots clefs :
Reine d'Angleterre, Abbaye de Saint-Victor, Louis XIV, Saint Thomas
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A LA REINE d'Angleterre.
Voicy des Vers de Mr Diereville
sur l'honneur que receurent
Mrs de S. Victor, par
, la Visite de la Reine d'Angleterre.
Vous les devez regarder
selon la. situationoù
fc trouvoient les affaires lors
que l'Auteur lesa faits. Comme
elles peuvent changer
d'unmomentà l'autre, vous
ne luy devez rien imputer
si dans le temps que vous les.
lirez il s'y trouve quelque
chose qui ne soit pas juste.
A LA REINE
L d'Angleterre. Cr; que vous visitez cette il-
Lufire Mai/on,
Qui porte le glorieux nom -
Du Saint qui renversa de son pied
lesIdoles,
.:i!!!e ne vOJrZVOIIS dttnJ no*
coeurs 1
Les doux ravissemens qtiy clluflnl
tels honneurs!
Pour les bien exprimer iln'estpoint
de paroles.
Aux pieds de cesficre*{ Autels,
Où la Pieté vous amene, Ne nous croyezpas ,grandeReine,
Moinssensibles pour vous à vos destins
cruels.
Cesont les sentimens qu'un grand
merite inspire.
Sur ces rares vertus que dans vous
on admire,
Avec tant de douceur çfr tant de
majesté, [ ,trrejlt,
Par un charme jur'ffjntl\fprit cfl
Ce Peuple qui vous environne
) Estpourtant nioins attiré dans ce
lieu,
Par le desir de voir vostre auguste
Personne,
Quepoury demander à Dieu Qu'il
vous rende cette Couronne
Que ravit à fin oncle un indigne
Neveu.
Sous cette precieuse pierre,
Ousacrifioitsaint Thomas,
Qui, comme vous, contraint de
quitter l'Angleterre,
Vint chercher un asile en ces heureux
Climats,
Il mesemble entendreson Ombre,
Comme dans un Monumentsombre,
Prier le Dieu vivant d'exaucer tous
nos væux.
Ses décretssontimpenetrables
Quand il tardelong-temps , à punir
lescoupables
, C'estpour leurpreparer des tourmens
plus affreux.
Dufier Tiran qui vous opprime,
Telsera le funestesort;
Il tombera du Trône où l'a placé le
crime
Lors qu'il s'y croira le plusfort.
Deses pareils c'ejl la chute ordinaire
;
Sur cc TrôneleCiel Iny permet de
monter,
POlir faire voir ce temeraire
Deplus hautseprccipiter.
Vous le verrez,grande Princesse,
Ne cessez, point de l'esperer;
jjHiand LOVIS pour vous s'intertffe
Vous pouvez vous en asseurer.
Pourmettre lecomble àsagloire,
Le Ciel luy reservoit cette grande
Victoire.
C'estle Constantin de nosjours,
Dont ilsifirt poursa vangeance ; Il ne peut d'un Tiran souffrir la
violence ,
Et de fis attentats il va rompre Il
cours-
Ce granddeffenseur de l'Eglise,
Fameux partant d'exploits divers,
Pour unesi belle entreprise
Deses Vaisseaux couvre les Hers
Nous le verronssur la Ttlmife
Seconder vostreEpoux& mettre dam
lesfers
VEnnemy qui vous tirannife.
QueleDieuquisoûtientsonbras,
Anime toujoursfin COftrdge,
Et qt!'ilpuee bien-tost couronner
son ouvrage,
En vous rendant vos trois Etais.
sur l'honneur que receurent
Mrs de S. Victor, par
, la Visite de la Reine d'Angleterre.
Vous les devez regarder
selon la. situationoù
fc trouvoient les affaires lors
que l'Auteur lesa faits. Comme
elles peuvent changer
d'unmomentà l'autre, vous
ne luy devez rien imputer
si dans le temps que vous les.
lirez il s'y trouve quelque
chose qui ne soit pas juste.
A LA REINE
L d'Angleterre. Cr; que vous visitez cette il-
Lufire Mai/on,
Qui porte le glorieux nom -
Du Saint qui renversa de son pied
lesIdoles,
.:i!!!e ne vOJrZVOIIS dttnJ no*
coeurs 1
Les doux ravissemens qtiy clluflnl
tels honneurs!
Pour les bien exprimer iln'estpoint
de paroles.
Aux pieds de cesficre*{ Autels,
Où la Pieté vous amene, Ne nous croyezpas ,grandeReine,
Moinssensibles pour vous à vos destins
cruels.
Cesont les sentimens qu'un grand
merite inspire.
Sur ces rares vertus que dans vous
on admire,
Avec tant de douceur çfr tant de
majesté, [ ,trrejlt,
Par un charme jur'ffjntl\fprit cfl
Ce Peuple qui vous environne
) Estpourtant nioins attiré dans ce
lieu,
Par le desir de voir vostre auguste
Personne,
Quepoury demander à Dieu Qu'il
vous rende cette Couronne
Que ravit à fin oncle un indigne
Neveu.
Sous cette precieuse pierre,
Ousacrifioitsaint Thomas,
Qui, comme vous, contraint de
quitter l'Angleterre,
Vint chercher un asile en ces heureux
Climats,
Il mesemble entendreson Ombre,
Comme dans un Monumentsombre,
Prier le Dieu vivant d'exaucer tous
nos væux.
Ses décretssontimpenetrables
Quand il tardelong-temps , à punir
lescoupables
, C'estpour leurpreparer des tourmens
plus affreux.
Dufier Tiran qui vous opprime,
Telsera le funestesort;
Il tombera du Trône où l'a placé le
crime
Lors qu'il s'y croira le plusfort.
Deses pareils c'ejl la chute ordinaire
;
Sur cc TrôneleCiel Iny permet de
monter,
POlir faire voir ce temeraire
Deplus hautseprccipiter.
Vous le verrez,grande Princesse,
Ne cessez, point de l'esperer;
jjHiand LOVIS pour vous s'intertffe
Vous pouvez vous en asseurer.
Pourmettre lecomble àsagloire,
Le Ciel luy reservoit cette grande
Victoire.
C'estle Constantin de nosjours,
Dont ilsifirt poursa vangeance ; Il ne peut d'un Tiran souffrir la
violence ,
Et de fis attentats il va rompre Il
cours-
Ce granddeffenseur de l'Eglise,
Fameux partant d'exploits divers,
Pour unesi belle entreprise
Deses Vaisseaux couvre les Hers
Nous le verronssur la Ttlmife
Seconder vostreEpoux& mettre dam
lesfers
VEnnemy qui vous tirannife.
QueleDieuquisoûtientsonbras,
Anime toujoursfin COftrdge,
Et qt!'ilpuee bien-tost couronner
son ouvrage,
En vous rendant vos trois Etais.
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Résumé : A LA REINE d'Angleterre.
Le poème de M. Diereville célèbre la visite de la reine d'Angleterre en France. L'auteur invite à lire les vers en tenant compte du contexte politique de l'époque. Il admire les vertus et la majesté de la reine, tout en soulignant la souffrance du peuple anglais sous un tyran. Le texte mentionne saint Thomas Becket, qui, comme la reine, dut quitter l'Angleterre. Il prédit la chute du tyran et la restauration de la couronne de la reine, avec l'aide du roi Louis XIV, comparé à Constantin. Le poème se conclut par une prière pour que Dieu soutienne et couronne les efforts du roi Louis XIV, permettant à la reine de retrouver ses États.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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30
p. 333-334
ENIGME.
Début :
En voicy une nouvelle, dont Mr Diereville est l'Auteur. / Je dois ma naissance & mon estre [...]
Mots clefs :
Falbala
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
En voicy une nouvelle , dont Mr
Diereville eft l'Auteur ."
J
ENIGM E.
E dois ma naiffance & mon eftre
Moins à la Nature qu'à l'Arts
JeSuis un enfant du hazard
Que lefeul caprice a fait naître.
334 MERCURE
Le beau Sexe pour moy marque beau
coup d'amour.
Dans mon commencement j'avois pen
de Maîtreffes ,
Et j'en ay maintenant de toutes les
especes
Sans me donner le foin de leur faire
la cour.
Fay pourtant tous les airs de la Galanterie
;
Lorfque je fuis à leurs genoux ,
Je fuis humble , civil & doux ,
Et propre à la badinerie.
Des Beautez que je fers , vous qui
Suivez la loy,
Et que monfecret embaraſſe ,
Si l'on vous fouffroit à ma place,
Vous pourriez y trouverplus deplaifir
que moy..
Diereville eft l'Auteur ."
J
ENIGM E.
E dois ma naiffance & mon eftre
Moins à la Nature qu'à l'Arts
JeSuis un enfant du hazard
Que lefeul caprice a fait naître.
334 MERCURE
Le beau Sexe pour moy marque beau
coup d'amour.
Dans mon commencement j'avois pen
de Maîtreffes ,
Et j'en ay maintenant de toutes les
especes
Sans me donner le foin de leur faire
la cour.
Fay pourtant tous les airs de la Galanterie
;
Lorfque je fuis à leurs genoux ,
Je fuis humble , civil & doux ,
Et propre à la badinerie.
Des Beautez que je fers , vous qui
Suivez la loy,
Et que monfecret embaraſſe ,
Si l'on vous fouffroit à ma place,
Vous pourriez y trouverplus deplaifir
que moy..
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31
p. 272-274
ENIGME.
Début :
L'Enigme nouvelle que je vous envoye est de Mr Diéreville. / Encor que je naisse sans vie, [...]
Mots clefs :
Oeuf
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
L'Enigme nouvelle que je
vous envoye est de Mr Dicrc-
Ville.
ENIGME.
Ncor que jf naijjesans vie,
Je la donne à chaque vi
vant , . . .. **1
Et l'on me cherchefortsouvent
Dans le temps d une maladie.
Bien que je fois utile a[>rés) comme
devant.
Quelquefois je n ay point de
GALANT. vn
Alors je ne dois point mo nestre à
son amour ,
Etje nais fans blesser ma meret
Quoy qu'elle crie en me donnant
le jour. x'"' m'
Ce qui doit le plus vous sur
prendre, -.ìj
C'est que souvent par cQe on me
voit enfanté -V.
Sans perdre fa virginité ,
Comment pourre% - vous le
* . comprendre?
Comme une femme tUe accouche
en son lit.
La jeunesse est mon avantage,
Plut je vieillis ,plus on mefuit^
La robe blanche est mon pana.
274 MERCURE
Et je U forte, en tout temps joitr
&• nuit y '. î. .
// est pourtant certaine Veste
Où l'on me fait changer d'b*.
Et le ronge m'en prendfans avoir
une- teste. .
Devine^ qui je fuis , je vous en aj
tióp dit.
vous envoye est de Mr Dicrc-
Ville.
ENIGME.
Ncor que jf naijjesans vie,
Je la donne à chaque vi
vant , . . .. **1
Et l'on me cherchefortsouvent
Dans le temps d une maladie.
Bien que je fois utile a[>rés) comme
devant.
Quelquefois je n ay point de
GALANT. vn
Alors je ne dois point mo nestre à
son amour ,
Etje nais fans blesser ma meret
Quoy qu'elle crie en me donnant
le jour. x'"' m'
Ce qui doit le plus vous sur
prendre, -.ìj
C'est que souvent par cQe on me
voit enfanté -V.
Sans perdre fa virginité ,
Comment pourre% - vous le
* . comprendre?
Comme une femme tUe accouche
en son lit.
La jeunesse est mon avantage,
Plut je vieillis ,plus on mefuit^
La robe blanche est mon pana.
274 MERCURE
Et je U forte, en tout temps joitr
&• nuit y '. î. .
// est pourtant certaine Veste
Où l'on me fait changer d'b*.
Et le ronge m'en prendfans avoir
une- teste. .
Devine^ qui je fuis , je vous en aj
tióp dit.
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Résultats : 1 texte(s)
1
p. 202-203
III. A IRIS.
Début :
Dans la Fable à Mercure, on voit la verité. [...]
Mots clefs :
Fable, Grand Louis, Amour, Héros, Coeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : III. A IRIS.
AIIRIII. S.
DAns la Fable 4 MercllreJ 01'"
voit la verité.
Autrefois Genes la Superbe,
Rombpea,nte aujourd'huy comme ther-
AH.'t: pieds du GRAND LoürsAflHmilsa
fierté.
Contre luyles efforts font toujours inutiles,
De mesme que tAmour efllemaiflre des
coeurs,
Ce Héros invincible efl le Aiaiflre des
YiJles#-
7/ les br/tic. il les prend malgré leurs défendeurs.
Tripoli vient encor d'en sentir les ardeurst.
IrisJ depuis long tftnps je languis dllnJ
vos chaînes,
Vous méprisez.toujours le pouvoir de
CAmour;
Pour me vanner de tant de peines,
Craignez, que ce Dien quelque jour
Ne faJfe avcftre coeursentirle fort de
Genes.
DiEREVILH.
DAns la Fable 4 MercllreJ 01'"
voit la verité.
Autrefois Genes la Superbe,
Rombpea,nte aujourd'huy comme ther-
AH.'t: pieds du GRAND LoürsAflHmilsa
fierté.
Contre luyles efforts font toujours inutiles,
De mesme que tAmour efllemaiflre des
coeurs,
Ce Héros invincible efl le Aiaiflre des
YiJles#-
7/ les br/tic. il les prend malgré leurs défendeurs.
Tripoli vient encor d'en sentir les ardeurst.
IrisJ depuis long tftnps je languis dllnJ
vos chaînes,
Vous méprisez.toujours le pouvoir de
CAmour;
Pour me vanner de tant de peines,
Craignez, que ce Dien quelque jour
Ne faJfe avcftre coeursentirle fort de
Genes.
DiEREVILH.
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Résumé : III. A IRIS.
Le poème célèbre la puissance de Louis XIV, surnommé 'le Grand', qui a vaincu Gênes et Rome. Il compare cette domination à l'amour invincible. Tripoli a récemment subi cette puissance. Le poète exprime son tourment amoureux face à une personne insensible à l'amour, mettant en garde contre la résistance à ce pouvoir irrésistible.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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