Auteur du texte (4)
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Résultats : 4 texte(s)
1
p. 11-22
ODE.
Début :
Vous, qui guidez nos pas au Temple de la Gloire, [...]
Mots clefs :
Gloire, Maroc, Louis, Ambassadeurs, Siam, Univers, Regards, Maure, Terre, Rois
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texteReconnaissance textuelle : ODE.
ODE. vOus
,
quiguideznos pasau
Temple de la Gloire,
fous ,
sans qui les Mortels font
d'impuissansefforts,
Sçavantes FillesdeMemoire,
Inspireznousicyvoscelstestransports.
On nousa veussans crainte au milieu
des alarmes
Faire entendre nos voix parmy le
bruit des armes,
Et chanterles combats du plus grand
des Vainqueurs.
Pourrions-nous demeurer dans u
honteux silence ,
J>)uand les Peuples surpris de
~j
magnificence
Viennent de toutes parts admirer~s
grandeurs?
9
C'estpeu qu'Alger tremblant, qt
Genes confonduë
,
Viennent à ses genlH." soumette
leurfierté;
c'est peu que l'Europe éperduë
Ait veu mille Ennemis implorer
bonté. ,
L OVIS, de ces ingrats dédaignat
les hommages
Demande à l'Univers de plus beau
témoignages
j^ue ceux que la frayeur~& le troi
ble ontformez.
Il veut dessentimens & d'amour
dejl'me.
;tej de voui- qu'ilAttend ce tribut
légitime
»
Peuples , quesa valeur n'a jamais
alarme'{;
~s
si-tostqu'avec centvoix laprompte
Messagere
Faitpar tout retentirsesfaits prodigieux,
De l'un & de l'autre hemisphere
chacun vient contempler ce Heros
glorieux.
Dans ces brulans Climats où bornant
sa carriere ( lumiere,
LeSoleilva dans l'onde éteindre sa
Le More * impatient ne peut plus
s'arrester.
il part,ilfend les eaux d'unecourse
rapide,
* LesAmbassadeurs de Maroc.
Et surpris à l'afpecl de ce nouvk
Alcide
Ilprefere , LOVIS,au Fils de Iupite,
~9
Sortez, *fiers Habitans des Çh
mats de l'Aurore,
Traversez pour le voir le vasteseir
des Mers,
Et vous direz avec le More
£)ue vous n'avez rien veu d'éga,
en l'Univers.
Le pompeux appareil desa gloire e.
datante
,
Son ejjritJsa honté,passeront vostre
attente,
Surson augustefront vous lirez ses
hautsfaits,
Vous verrez cette main qui lance le
Tonnerre,
* Les Ambassadeurs deSiam.
Afris avoircalmé les fureurs de la
Guerre,
Versermille faveurs dans lesein de
la Paix.
Quelspectacle déjàsurleborddela
Seine!
le vous vois observer ces Palais I.
orgueilleux,
2. Ces Rivages 3. & cette Plaine
Où Mars 4. offre un a7Jle au Soldat
malheureux. ( conde
Cette grande Citési belle~&sife-
I. Le Louvre, le College des
Quatre-Nations, &c.
2.. La Seine au sortirde Paris est
une des plusbelles choses du
vieilde.»
3. La Plaine de Grenelle.
4. L'Hôtel des Invalides.
Paris, vous paroist moins une Ville
qu'un Monde;
Cent miracles divers s'offrent de toutes
parts,
D'Archimedes 5. nouveaux une
Troupeéclairéey
Vous fait porter les yeux dans la
voûte Azurée
Où des feux 6. inconnus brillent à
vos regards.
~a
Tarmy tant de beautez que rien
ne vous arreste ,
N'yfixez,pas long-temps vos regards
curieux.
CequeVersailles vous appreste
5. L'Observatoire.
6. On fitvoir aux Ambassadeurs
de Siam les deux Satellites qu'on
a découvertsdepuis peu.
N'estpas moinssurprenant que le
Palais des Dieux.
Ce Louvre , ces lardins, ces Figures
charmantes,
Ces Travaux , ce Canal, ces Ondes
jaillissantes,
Ces Concerts, tout enchante en cet
heureuxséjour.
L'art tout puissanty sçait applanir
les Montagnes,
Etfait naistre des fleurs au milieu
desCampagnes
Où n'en pourroit formerle belAstre
du jour.
~3»
Maissi tout charme icyvosyeux
& vos oreilles, (ébloüis
,
Si dans ce beau séiour vous estes
A l'aspect de tant de merveilles,
J>)ue ne sera-ce point à l'aspect de
LOVIS?
HaflcT^vousd'approcher deson superbe
Trône,
Voyez à ses costez, & Minerve ~d
Bellone
Maintenir les beaux Arts dans un
parfait accord,
VIniufiice& l'erreur àsespieds encljainees,
Et toutes les Vertusparsa main couronnées,
Al'abrypourjamais des outrages du
Csi"r' e C'estainsiqu'adoré dans unepaix
profonde
Leplussage des Rois, le plus grand
des Mortels,
Salomon, vit la Terre& l'onde
AsahautesagesseéleverdesAutels.
Au bruit qn'en répandoitpar tout 14
Renommée
,
D'un genereux transport une Reyne
animée ( Etats.
Sortit pour l'admirer dufond deses
Quelseroit aujourd'huy l'excés de
safnrj'/ife,
Sises yeux pouvaientvoir ce que la
Terre éprise
Aprésunsi long âge admire en nos
Climats!
Mais quel troublesoudain
,
quelle
rnorne tristesse
Viennentforcer ("vos coeurs àpousser
dessoupirs
Tandis , qu'une viveallègresse
N'offre de tous costez que pompe &
que plaisirs?
Sans doute de LOFIS vostre ame
possedée
D'tt.1 trisse éloignement ne peutsouf
frir l'idée,
Vous quittez à regret des lieux si
pleins d'appas.
Mais un iuste devoir au retour nous
engage,
Et l'Asie a besoin de vostre témoignage
Pour croire des grandeurs qu'elle ne
comprendpas.
Allez, heureux témoins d'unesi
belle vie,
AuxyeuxdevojheVrinceentracer
le tableau,
lout l'orient brujle d'envie
D'apprendre le succés d'un voyage sibeau.
Etale7,, ces vertus> dont la vive
lumiere
Va d'un nouvel éclatembellir l'Inde
-
entiere,
Vous devez ce tresor à la pofleritéDe
rAugufte LOVIS éternisez la
gloire,
V9s noms avec le sien çonflcret
dans l'Histoire,
S'ouvriront un cheminàtimmortalité.
PRIERE POUR LE ROY.
Source éternelle de lumières
Seigneur, exauce ma priere l'invoque , ta bonté pour le plus
grand des Rois.
Répans toujours sur luy ta sagesse
profonde,
Et l'on ne verra riensur la terre c7
sur monde
Jj>ui nesoitfournisa tes loix.
Ce Prince qu'en tous lieux a suivy
la victoire,
Te consacretousses hauts faits ,
Et met son bonheur&sagloire
A te faire regner au coeur de ses
Sujets.
Quepourrions-nous ,
Seigneur, demander
davantage,
Sinon qu'aprés avoiraccomply ton
Ouvrage,
Tit ne l'abandonnesiamais ?
,
quiguideznos pasau
Temple de la Gloire,
fous ,
sans qui les Mortels font
d'impuissansefforts,
Sçavantes FillesdeMemoire,
Inspireznousicyvoscelstestransports.
On nousa veussans crainte au milieu
des alarmes
Faire entendre nos voix parmy le
bruit des armes,
Et chanterles combats du plus grand
des Vainqueurs.
Pourrions-nous demeurer dans u
honteux silence ,
J>)uand les Peuples surpris de
~j
magnificence
Viennent de toutes parts admirer~s
grandeurs?
9
C'estpeu qu'Alger tremblant, qt
Genes confonduë
,
Viennent à ses genlH." soumette
leurfierté;
c'est peu que l'Europe éperduë
Ait veu mille Ennemis implorer
bonté. ,
L OVIS, de ces ingrats dédaignat
les hommages
Demande à l'Univers de plus beau
témoignages
j^ue ceux que la frayeur~& le troi
ble ontformez.
Il veut dessentimens & d'amour
dejl'me.
;tej de voui- qu'ilAttend ce tribut
légitime
»
Peuples , quesa valeur n'a jamais
alarme'{;
~s
si-tostqu'avec centvoix laprompte
Messagere
Faitpar tout retentirsesfaits prodigieux,
De l'un & de l'autre hemisphere
chacun vient contempler ce Heros
glorieux.
Dans ces brulans Climats où bornant
sa carriere ( lumiere,
LeSoleilva dans l'onde éteindre sa
Le More * impatient ne peut plus
s'arrester.
il part,ilfend les eaux d'unecourse
rapide,
* LesAmbassadeurs de Maroc.
Et surpris à l'afpecl de ce nouvk
Alcide
Ilprefere , LOVIS,au Fils de Iupite,
~9
Sortez, *fiers Habitans des Çh
mats de l'Aurore,
Traversez pour le voir le vasteseir
des Mers,
Et vous direz avec le More
£)ue vous n'avez rien veu d'éga,
en l'Univers.
Le pompeux appareil desa gloire e.
datante
,
Son ejjritJsa honté,passeront vostre
attente,
Surson augustefront vous lirez ses
hautsfaits,
Vous verrez cette main qui lance le
Tonnerre,
* Les Ambassadeurs deSiam.
Afris avoircalmé les fureurs de la
Guerre,
Versermille faveurs dans lesein de
la Paix.
Quelspectacle déjàsurleborddela
Seine!
le vous vois observer ces Palais I.
orgueilleux,
2. Ces Rivages 3. & cette Plaine
Où Mars 4. offre un a7Jle au Soldat
malheureux. ( conde
Cette grande Citési belle~&sife-
I. Le Louvre, le College des
Quatre-Nations, &c.
2.. La Seine au sortirde Paris est
une des plusbelles choses du
vieilde.»
3. La Plaine de Grenelle.
4. L'Hôtel des Invalides.
Paris, vous paroist moins une Ville
qu'un Monde;
Cent miracles divers s'offrent de toutes
parts,
D'Archimedes 5. nouveaux une
Troupeéclairéey
Vous fait porter les yeux dans la
voûte Azurée
Où des feux 6. inconnus brillent à
vos regards.
~a
Tarmy tant de beautez que rien
ne vous arreste ,
N'yfixez,pas long-temps vos regards
curieux.
CequeVersailles vous appreste
5. L'Observatoire.
6. On fitvoir aux Ambassadeurs
de Siam les deux Satellites qu'on
a découvertsdepuis peu.
N'estpas moinssurprenant que le
Palais des Dieux.
Ce Louvre , ces lardins, ces Figures
charmantes,
Ces Travaux , ce Canal, ces Ondes
jaillissantes,
Ces Concerts, tout enchante en cet
heureuxséjour.
L'art tout puissanty sçait applanir
les Montagnes,
Etfait naistre des fleurs au milieu
desCampagnes
Où n'en pourroit formerle belAstre
du jour.
~3»
Maissi tout charme icyvosyeux
& vos oreilles, (ébloüis
,
Si dans ce beau séiour vous estes
A l'aspect de tant de merveilles,
J>)ue ne sera-ce point à l'aspect de
LOVIS?
HaflcT^vousd'approcher deson superbe
Trône,
Voyez à ses costez, & Minerve ~d
Bellone
Maintenir les beaux Arts dans un
parfait accord,
VIniufiice& l'erreur àsespieds encljainees,
Et toutes les Vertusparsa main couronnées,
Al'abrypourjamais des outrages du
Csi"r' e C'estainsiqu'adoré dans unepaix
profonde
Leplussage des Rois, le plus grand
des Mortels,
Salomon, vit la Terre& l'onde
AsahautesagesseéleverdesAutels.
Au bruit qn'en répandoitpar tout 14
Renommée
,
D'un genereux transport une Reyne
animée ( Etats.
Sortit pour l'admirer dufond deses
Quelseroit aujourd'huy l'excés de
safnrj'/ife,
Sises yeux pouvaientvoir ce que la
Terre éprise
Aprésunsi long âge admire en nos
Climats!
Mais quel troublesoudain
,
quelle
rnorne tristesse
Viennentforcer ("vos coeurs àpousser
dessoupirs
Tandis , qu'une viveallègresse
N'offre de tous costez que pompe &
que plaisirs?
Sans doute de LOFIS vostre ame
possedée
D'tt.1 trisse éloignement ne peutsouf
frir l'idée,
Vous quittez à regret des lieux si
pleins d'appas.
Mais un iuste devoir au retour nous
engage,
Et l'Asie a besoin de vostre témoignage
Pour croire des grandeurs qu'elle ne
comprendpas.
Allez, heureux témoins d'unesi
belle vie,
AuxyeuxdevojheVrinceentracer
le tableau,
lout l'orient brujle d'envie
D'apprendre le succés d'un voyage sibeau.
Etale7,, ces vertus> dont la vive
lumiere
Va d'un nouvel éclatembellir l'Inde
-
entiere,
Vous devez ce tresor à la pofleritéDe
rAugufte LOVIS éternisez la
gloire,
V9s noms avec le sien çonflcret
dans l'Histoire,
S'ouvriront un cheminàtimmortalité.
PRIERE POUR LE ROY.
Source éternelle de lumières
Seigneur, exauce ma priere l'invoque , ta bonté pour le plus
grand des Rois.
Répans toujours sur luy ta sagesse
profonde,
Et l'on ne verra riensur la terre c7
sur monde
Jj>ui nesoitfournisa tes loix.
Ce Prince qu'en tous lieux a suivy
la victoire,
Te consacretousses hauts faits ,
Et met son bonheur&sagloire
A te faire regner au coeur de ses
Sujets.
Quepourrions-nous ,
Seigneur, demander
davantage,
Sinon qu'aprés avoiraccomply ton
Ouvrage,
Tit ne l'abandonnesiamais ?
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Résumé : ODE.
Le poème célèbre les exploits et la grandeur du roi Louis XIV. Il commence par une invocation aux Muses pour inspirer le poète à chanter les victoires du roi. Le texte décrit les réactions des peuples et des nations face à la puissance et à la magnanimité de Louis XIV, notamment la soumission d'Alger et de Gênes, ainsi que l'admiration de l'Europe. Le roi est présenté comme un héros glorieux dont les exploits sont admirés dans le monde entier, y compris par les ambassadeurs du Maroc et de Siam. Le poème met en avant la beauté et la grandeur de Paris et de Versailles, soulignant les merveilles architecturales et artistiques présentes dans ces lieux. Des sites emblématiques comme le Louvre, l'Observatoire, et les jardins de Versailles sont mentionnés. Les ambassadeurs étrangers sont émerveillés par ces splendeurs et par la personne du roi lui-même, entouré de figures allégoriques telles que Minerve et Bellone, symbolisant respectivement la sagesse et la guerre. Le poème se conclut par une prière adressée à Dieu, demandant Sa protection et Sa sagesse pour le roi. Cette prière souhaite que les sujets vivent sous les lois divines et que le roi continue à régner avec justice et gloire. Les ambassadeurs sont invités à témoigner des grandeurs du roi en Asie, contribuant ainsi à perpétuer sa renommée et son immortalité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 86-91
SUR LA PRISE de Girone. Par Mr le D. de N. ODE.
Début :
Muses, sur la lyre éclatante, [...]
Mots clefs :
Gérone
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA PRISE de Girone. Par Mr le D. de N. ODE.
SURLAPRISE
de Girone.
Par Mr le D. de N.
ODE.
Mttfes,surla lyreéclatante,
Oif vous celebrezles vainqueurs,
Chantezlavaleur triomphante
D'un heros ami des neufSoeurs.
Mêlezvosfleurstousjours nouvelles
,
A ces couronnes immortelles,
Dont Mars ceintsonfront glorieux.
Noaille iJJu d'unsang illustre
Vient <£ajoufler un nouveau
Inftre
A la gloire deses Ayeux.
Impatient an jourcelebre
Oui doitaffermirungrand Roy,
Je le voisprés des bords de Ebrs
Où sa valeurseme l'effroy.
Il marche;il attaque GitoneJ
Et déjasafoudre qui tonne,
Frappe ces orgueilleux remparts,
Pour lesalut de l'Iberie
,
Prodiguedesa belle vie
Il , vole au milieu des hazards.
En v~sin des rochers formidables,
Oui sembloient braverJupiter, *
Surses bataillons indomptables
Fontpleuvoir la flame ~& lefer.
En vainsous cent formes terribles,
Ces boulevars inaccessibles
da*nIsl y a des Autheurs qui croyent oue c'est
cette partie de TEipacrac
, que les
Geants furent foudroyez.
Presentent le trouble & la mort.
Jcane héros
)
quelle barriere
Pourroit de ton ardeurguerriere
Arrester le nobletransport ?
Gironesansestreeffrayée
Voittombersessuperbes Tours,
presque abatuë &foudroyée
Elle espere & combat tousjours.
A te resister obstinée
Elle croit desa destinée
Reculer les momens prescrits.
Elle osedeses mains rebelles
Former des barrieres nouvelles,
Etfaireun murdeses débris.
Mais qu'apperçoy-je ? lavictoire
Prête à volersous tes Drapeaux
Voit le fort jaloux de ta gloire,
Liguer&les vents èj- les eaux.
Le
Le Terdébordédansla plaine,
Oppose à l'ardeur qui t'entraine
Des monts liquides ~&lfottans.
Maisanimépar lesobstacles,
Tu flan par de nouveaux miracles,
Triompherdu fort &- dît tems.
Tu commandes,&tes cohortei
Promptes à marcher surtespas,
Franchisent ces murs & ceîportes,
Que viens defoudroyerton bras'.
Victime de sa resistance ,
Girone, qui craint ta vengeance,
Reconnoiftsa temerité.
Arrefle vainqueurmagnanime;
Elle cede au feu qui t'anime,
N'écouteplus quetabonté.
Elleadissipélesalarmes,
Où s'abandonnaient les vaincu<r,
Surpris dupouvoirde tesarmes ,
De tes hontezils sont confus.
Tel on vit ton illustrePere,
De[amantsajuste colere,
Charmer ceux qu'ilavoitsoumis.
Làmesme,ou tu cours à lagloire
,
Le plus douxfruit de sa victoire
Fut d'épargnerses ennemis.
Fils genereux que l'onadmire,
Et dans la Guerre & dans la
Paix.
Soustiendel'IberiqueEmpire,
Quels feront un jour tes hauts
faits!
Formesurdesages maximes,
Deses connoissances sublimes,
Minerve instruitsit ta valeur.
EnnaissantfameuxCapitaine,
Une entreprisesihautaine
Est l'essaydetonjeunecoeur.
Remplis tes grandes destinées
Quiferontpajlir le Germain,
Leprélude de tes années
En estleprésage certain.
Nous te verrons avec Vendosme
Dans l'un &dans, l'autreRoyaume
Rappeller la Paix, d- les Jeux.
Gironeà Philippefourmise,
Garantitla haute entreprise,
Qui nous promet des jours heureux.
L.MAUMENE T.
de Girone.
Par Mr le D. de N.
ODE.
Mttfes,surla lyreéclatante,
Oif vous celebrezles vainqueurs,
Chantezlavaleur triomphante
D'un heros ami des neufSoeurs.
Mêlezvosfleurstousjours nouvelles
,
A ces couronnes immortelles,
Dont Mars ceintsonfront glorieux.
Noaille iJJu d'unsang illustre
Vient <£ajoufler un nouveau
Inftre
A la gloire deses Ayeux.
Impatient an jourcelebre
Oui doitaffermirungrand Roy,
Je le voisprés des bords de Ebrs
Où sa valeurseme l'effroy.
Il marche;il attaque GitoneJ
Et déjasafoudre qui tonne,
Frappe ces orgueilleux remparts,
Pour lesalut de l'Iberie
,
Prodiguedesa belle vie
Il , vole au milieu des hazards.
En v~sin des rochers formidables,
Oui sembloient braverJupiter, *
Surses bataillons indomptables
Fontpleuvoir la flame ~& lefer.
En vainsous cent formes terribles,
Ces boulevars inaccessibles
da*nIsl y a des Autheurs qui croyent oue c'est
cette partie de TEipacrac
, que les
Geants furent foudroyez.
Presentent le trouble & la mort.
Jcane héros
)
quelle barriere
Pourroit de ton ardeurguerriere
Arrester le nobletransport ?
Gironesansestreeffrayée
Voittombersessuperbes Tours,
presque abatuë &foudroyée
Elle espere & combat tousjours.
A te resister obstinée
Elle croit desa destinée
Reculer les momens prescrits.
Elle osedeses mains rebelles
Former des barrieres nouvelles,
Etfaireun murdeses débris.
Mais qu'apperçoy-je ? lavictoire
Prête à volersous tes Drapeaux
Voit le fort jaloux de ta gloire,
Liguer&les vents èj- les eaux.
Le
Le Terdébordédansla plaine,
Oppose à l'ardeur qui t'entraine
Des monts liquides ~&lfottans.
Maisanimépar lesobstacles,
Tu flan par de nouveaux miracles,
Triompherdu fort &- dît tems.
Tu commandes,&tes cohortei
Promptes à marcher surtespas,
Franchisent ces murs & ceîportes,
Que viens defoudroyerton bras'.
Victime de sa resistance ,
Girone, qui craint ta vengeance,
Reconnoiftsa temerité.
Arrefle vainqueurmagnanime;
Elle cede au feu qui t'anime,
N'écouteplus quetabonté.
Elleadissipélesalarmes,
Où s'abandonnaient les vaincu<r,
Surpris dupouvoirde tesarmes ,
De tes hontezils sont confus.
Tel on vit ton illustrePere,
De[amantsajuste colere,
Charmer ceux qu'ilavoitsoumis.
Làmesme,ou tu cours à lagloire
,
Le plus douxfruit de sa victoire
Fut d'épargnerses ennemis.
Fils genereux que l'onadmire,
Et dans la Guerre & dans la
Paix.
Soustiendel'IberiqueEmpire,
Quels feront un jour tes hauts
faits!
Formesurdesages maximes,
Deses connoissances sublimes,
Minerve instruitsit ta valeur.
EnnaissantfameuxCapitaine,
Une entreprisesihautaine
Est l'essaydetonjeunecoeur.
Remplis tes grandes destinées
Quiferontpajlir le Germain,
Leprélude de tes années
En estleprésage certain.
Nous te verrons avec Vendosme
Dans l'un &dans, l'autreRoyaume
Rappeller la Paix, d- les Jeux.
Gironeà Philippefourmise,
Garantitla haute entreprise,
Qui nous promet des jours heureux.
L.MAUMENE T.
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Résumé : SUR LA PRISE de Girone. Par Mr le D. de N. ODE.
Le poème 'SURLAPRISE de Girone' du Duc de N. célèbre les exploits militaires d'un héros lors du siège de Girone. Le texte met en lumière la bravoure et les stratégies employées pour vaincre la ville, malgré ses défenses imposantes et les obstacles naturels comme les fleuves en crue. Animé par un ardent désir de victoire, le héros surmonte tous les défis, y compris les fortifications. Girone, après une résistance acharnée, finit par se rendre, reconnaissant la supériorité de l'adversaire. Le poème souligne la clémence et la générosité du vainqueur, comparées à celles de son père, soulignant ainsi les qualités de leadership et de miséricorde du héros. Le texte se termine par des vœux pour un avenir glorieux du héros, espérant qu'il continuera à servir et à protéger l'Empire ibérique, tant en temps de guerre qu'en temps de paix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 60-71
LA FAUSSE VALEUR. Par M. l'Abbé Mommenet. Ode qui vient de remporter le prix de Poësie des Jeux Floraux. Quis pacis inennt consilia, cos sequitur gaudium. Prov. 12.
Début :
Princes, qu'une gloire frivole [...]
Mots clefs :
Gloire, Combat, Vertus, Héros, Passions, Désir, Valeurs, Tyran, Honneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA FAUSSE VALEUR. Par M. l'Abbé Mommenet. Ode qui vient de remporter le prix de Poësie des Jeux Floraux. Quis pacis inennt consilia, cos sequitur gaudium. Prov. 12.
LA FAUSSE VALEUR
Par M. l'Abbé Mommenet.
Ole qui vient de remporter le prix .
de Poelie des Jeux Floraux.
Quipacis ineunt confilia , eos fequi--
tar gaudium: Prov. 12.
PRinces , qu'une gloire
frivole
Anime à chercher les combats ,
Qu'attendez-vous de cette:
Idole ,
Qu'un vain nom aprés le
trépas ?
GALANT.
Ignorez - vous quelles mi
feres
Mars &Bellone fanguinaires
Traînent aprés leurs chars
poudreux ?
Queje vous plains , fi la na
{ sture: V
N'excite en vous aucun
murmure ,
Quand vousfaites des mal
heureux !
#?
Loin du bruit des combats
terribles
Vigilans , au fein du repos ,
Cultivez les vertus paifibles,
62 MERCURE
Elles forment les vraisHe
ros.
Pourquoy faut-il que vôtré
épée
Dans le fang humain ſoit
trempée ,
.
Pour porter le nom de
vainqueur ?
Serez-vous moins couverts
de gloire ,
Si vous remportez la vićtoire
Sur les defirs de vôtre cœur?
Dequel droit ce Grec qu'on
admire.
Enyvré de fes paffions ,
GALANT.
Alla til defoler l'Empire
Des plus tranquilles nations?
Aprés cent combats homil
cides ,
Au gré de ſes defirs avides
C'étoit peu qu'un monde
foûmisdo
Auroit - il manqué d'exercice ,
S'il avoit fçû compter le
vice e
Au nombre de fes ennemis?
Malgré les trompeuſes ma-
.ximes
64 MERCURE
De cent lâches adulateurs ,
Sous de beaux noms les plus
grands crimes
Nous cachent des ufurpa
teurs.
Pleins de l'orgueil qui les
dévore ,
Du couchantjufques à l'aucomb orprore HeronA
On craint ces Rois ambiSortieux
-tieux.
Dans leurs mains gronde le
antonnerre ,
Ce n'eft qu'en ravageant la
terre
Qu'ils ofent s'en croire les
Dieux.
À
GALANT. 65
Adeux Tyrans de leur patrie ,
Soulez du plus beau fang
Romain,
Qui ne fçait que la flaterie
A prodigué le nom d'hu
main ?
Infenfez nous jugeons encore
De ces fantômes qu'elle a
doré
Par un faux éclat qui forz
prend.
Nous admirons fans retenue ,
LeTyran échape à la vûë¸,
May1712.
F.
66 MERCURE
On ne voit que le Conque
ranta
Ainfi de cette ardeur bru
tale
Que n'infpire point le devoir
Nôtreeftime aveugle &fatale
Accredite encor le pouvoir.
Al'afpect des villes enpou
dre ,
Des murs écrafez par la
foudre,
En vain nos yeux font of
frayez.
Victimes d'un honneur bis
zarre
GALANT 67
Nous encenfons la main
barbare
Par qui ces murs font fou
droyez.
Il en eft peu dont la pru
dence
De concertavec labonté
Renferme l'aveugle puif
fance
Dans les bornes de l'équi
τέ;
Qui forcez de prendre les
armes
Pefent & le sag &les larmes
Qu'un triomphe leur va
coûter,
Fij
68 MERCURE.
Et qui retenant leur cou-,
rage ;
Songent à diffiper Forage
Avant qu'onl'entende écla
ter.
Jadis guidé par la fageffe
Salomon, l'amour des mortels , rela
Condamna Forgüeilleufe
yvreffe el ens
A qui nous dreffons dés autels.
Sans s'armer d'un fer redoutable , T
Content de fon cœuréqui
cable,
GALANT. F69
Ses bienfaits étoient fes ex
ploits.
Il fut grand fans être terri↓
ble ,
Et ne ceffa d'être invincible.
Qu'en ceffant d'obferver less
loix.
N'eſt-il plus de ces regnes
calmes
Où les loix fervent de rem
parts?
Oùl'on n'aime à cueillir desi
palmes
Que dans la lice des beaux)
ihearts ; mid s
Qu le commerce & l'abon
dance ,
79 MERCURE
Sources de la magnificen
ce ,
Du citoyen comblent les
vœux ;..
Où la justice revérée
Semble encor du regne:
d'Aftréé
Renouveller le temps heu
reux.
Rends nous cette vie innocente ,
Douce paix , montre à ces
guerriers
Que ton olive bienfaifante
Vaut bien leurs funeftes
lauriers.
GALANT 70:
Fais de la main de ta rivale,
Tomber cette torche fa
tale "
Dont tant de cœurs font
embrafez.
Toy feule en defarmant fa
rage
Effaceras la trifte image f
De tous les maux qu'elle a
caufez....
Par M. l'Abbé Mommenet.
Ole qui vient de remporter le prix .
de Poelie des Jeux Floraux.
Quipacis ineunt confilia , eos fequi--
tar gaudium: Prov. 12.
PRinces , qu'une gloire
frivole
Anime à chercher les combats ,
Qu'attendez-vous de cette:
Idole ,
Qu'un vain nom aprés le
trépas ?
GALANT.
Ignorez - vous quelles mi
feres
Mars &Bellone fanguinaires
Traînent aprés leurs chars
poudreux ?
Queje vous plains , fi la na
{ sture: V
N'excite en vous aucun
murmure ,
Quand vousfaites des mal
heureux !
#?
Loin du bruit des combats
terribles
Vigilans , au fein du repos ,
Cultivez les vertus paifibles,
62 MERCURE
Elles forment les vraisHe
ros.
Pourquoy faut-il que vôtré
épée
Dans le fang humain ſoit
trempée ,
.
Pour porter le nom de
vainqueur ?
Serez-vous moins couverts
de gloire ,
Si vous remportez la vićtoire
Sur les defirs de vôtre cœur?
Dequel droit ce Grec qu'on
admire.
Enyvré de fes paffions ,
GALANT.
Alla til defoler l'Empire
Des plus tranquilles nations?
Aprés cent combats homil
cides ,
Au gré de ſes defirs avides
C'étoit peu qu'un monde
foûmisdo
Auroit - il manqué d'exercice ,
S'il avoit fçû compter le
vice e
Au nombre de fes ennemis?
Malgré les trompeuſes ma-
.ximes
64 MERCURE
De cent lâches adulateurs ,
Sous de beaux noms les plus
grands crimes
Nous cachent des ufurpa
teurs.
Pleins de l'orgueil qui les
dévore ,
Du couchantjufques à l'aucomb orprore HeronA
On craint ces Rois ambiSortieux
-tieux.
Dans leurs mains gronde le
antonnerre ,
Ce n'eft qu'en ravageant la
terre
Qu'ils ofent s'en croire les
Dieux.
À
GALANT. 65
Adeux Tyrans de leur patrie ,
Soulez du plus beau fang
Romain,
Qui ne fçait que la flaterie
A prodigué le nom d'hu
main ?
Infenfez nous jugeons encore
De ces fantômes qu'elle a
doré
Par un faux éclat qui forz
prend.
Nous admirons fans retenue ,
LeTyran échape à la vûë¸,
May1712.
F.
66 MERCURE
On ne voit que le Conque
ranta
Ainfi de cette ardeur bru
tale
Que n'infpire point le devoir
Nôtreeftime aveugle &fatale
Accredite encor le pouvoir.
Al'afpect des villes enpou
dre ,
Des murs écrafez par la
foudre,
En vain nos yeux font of
frayez.
Victimes d'un honneur bis
zarre
GALANT 67
Nous encenfons la main
barbare
Par qui ces murs font fou
droyez.
Il en eft peu dont la pru
dence
De concertavec labonté
Renferme l'aveugle puif
fance
Dans les bornes de l'équi
τέ;
Qui forcez de prendre les
armes
Pefent & le sag &les larmes
Qu'un triomphe leur va
coûter,
Fij
68 MERCURE.
Et qui retenant leur cou-,
rage ;
Songent à diffiper Forage
Avant qu'onl'entende écla
ter.
Jadis guidé par la fageffe
Salomon, l'amour des mortels , rela
Condamna Forgüeilleufe
yvreffe el ens
A qui nous dreffons dés autels.
Sans s'armer d'un fer redoutable , T
Content de fon cœuréqui
cable,
GALANT. F69
Ses bienfaits étoient fes ex
ploits.
Il fut grand fans être terri↓
ble ,
Et ne ceffa d'être invincible.
Qu'en ceffant d'obferver less
loix.
N'eſt-il plus de ces regnes
calmes
Où les loix fervent de rem
parts?
Oùl'on n'aime à cueillir desi
palmes
Que dans la lice des beaux)
ihearts ; mid s
Qu le commerce & l'abon
dance ,
79 MERCURE
Sources de la magnificen
ce ,
Du citoyen comblent les
vœux ;..
Où la justice revérée
Semble encor du regne:
d'Aftréé
Renouveller le temps heu
reux.
Rends nous cette vie innocente ,
Douce paix , montre à ces
guerriers
Que ton olive bienfaifante
Vaut bien leurs funeftes
lauriers.
GALANT 70:
Fais de la main de ta rivale,
Tomber cette torche fa
tale "
Dont tant de cœurs font
embrafez.
Toy feule en defarmant fa
rage
Effaceras la trifte image f
De tous les maux qu'elle a
caufez....
Fermer
Résumé : LA FAUSSE VALEUR. Par M. l'Abbé Mommenet. Ode qui vient de remporter le prix de Poësie des Jeux Floraux. Quis pacis inennt consilia, cos sequitur gaudium. Prov. 12.
Le poème 'La fausse valeur' de l'Abbé Mommenet, lauréat du prix de Poésie des Jeux Floraux, critique la quête de gloire frivole à travers les combats et les guerres. Il met en garde contre les conséquences destructrices de ces conflits et souligne que les véritables héros cultivent des vertus pacifiques. Le texte dénonce les tyrans ambitieux qui cherchent à dominer par la force, cachant leurs crimes sous des apparences trompeuses. Il exalte la sagesse et la justice, illustrées par des figures historiques comme Salomon. Le poème appelle à une vie paisible et juste, où la paix et l'abondance prévalent sur les lauriers de la guerre. Il se termine par un appel à la paix, présentée comme supérieure aux triomphes militaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4
p. 124-128
LA SIMPLICITÉ CHRETIÉNNE. ODE. Par feu Mr l'Abbé MAUMENET.
Début :
Plein d'ignorance & de miseres, [...]
Mots clefs :
Misère, Mystères, Énigme, Secret, Ténèbres, Ardeur , Nature, Puissance, Sentiments, Onde
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA SIMPLICITÉ CHRETIÉNNE. ODE. Par feu Mr l'Abbé MAUMENET.
ATITICLE DES SPECTACLES.
Es Comédiens Italiens ayant
voulu faire l'effai d'une Piéce
purement héroïque, fans l'Arlequin,
reprefenterent avec applaudiffement
ces jours paffés , la Tragédie
de Merope qu'ils donnerent gratis.
Comme cette Troupe fe propofe
de la jouer cet Hiver , je me contenterai
d'en expofer fimple ment
la Fable , dégage de toutes réfléxions
critiques , les refervant pour
ce tems-là.
Le fujer de la Tragédie de Merope
eft tiré d'Apollodore ; mais , les
fituations font l'ouvrage du MarDE
MAY.
IIS
quis Scipion Maffei.
Crefphonte de la race des Héraclides
étoit Roy de Meffenie dans
l'Achaye. Il avoit eu trois fils de
Merope. Poliphonne,un de fes Sujets
, confpira contre lui , le détrôna
& fit impitoyablement
maffacrer
après lui , deux de ſes enfans.
Le troifiéme , à qui l'Auteur donne
le nom de Crefphonte
, & qu'Apollodore
appelle Ægyptus , fut
dérobé à la fureur du Tyran par
les foins de Merope , qui le remit
entre les mains d'un vieux ferviteur
, dont la fidélité lui étoit connuë.
Quinze ans fe pafferent, avant
que ce jeune Prince qui n'en avoit
que trois , lorfqu'il échappa à la
cruauté de Poliphonne , pût demander
raifon du Meurtre de fon
pere, & de fes freres , & de l'ufurpation
de les Etats. C'eft ici l'époque
de l'Action Théatrale . Polyphonne
voyant que les Peuples
de Meffene,Capitale du Royaume,
faifoient tous les jours des Conjurations
contre lui , forma le def716
LE MERCURE
fein d'époufer Merope , pour s'acquerir
un droit au Trône ufurpé .
L'infortunée Veuve de Crefphonte
fremit à cette propofition , & éclata
en fanglants reproches . Pendant
une fi aigre converfation , Adrafte
entiérement dévoué au Tyran ,
lui amena un jeune Païfan accufé
d'avoir tué un homme auprés de
Meffene , & de l'avoir jetté dans
un Fleuve , pour dérober la connoiffance
de fon crime . Le jeune
Païfan confeffa le Meurtre ; mais ,
il tacha de justifier fon intention ,
en difant , qu'il n'avoit fait que
défendre fa vie contre un Brigand
qui l'avoit attaqué . L'Accufateur
qui avoit interêt à le faire périr ,
parce qu'il avoit trouvé fur lui , une
Bague d'un grand prix , qui flatoit
fon avarice , n'oublia rien pour irriter
le Tyran contre lui : Mais ,
Merope attendrie par un fécret
preffentiment , demanda fa grace ,
& l'obtint de Poliphonne. Cependant
, comme le fouvenir de fon
fils l'occupoit fans ceffe , & la te-
1
DE MAY. 117
}
noit dans une agitation éternelle.
Elle s'imagina que le prétendu
Brigand que le Païfan avoit peint
à peu près de fon âge , qui convenoit
à celui du jeune Crefphonte ,
& armé d'une maffuë , Armes ordinaires
des defcendans d'Hercule ,
Elle s'imagina , dis -je , que ce pou--
voit bien être fon fils qui avoit été
tué & jetté dans le Fleuve : Elle"
n'eut point de repos qu'elle ne fut
éclaircie. Eurife attaché à fes interefts
, lui promit d'interoger Adrafte
qui étoit de fes Amis. Cela
fut éxécuté fi hûreufement , ou
plûtôt fi malhûreufement pour Merope
, qu'Eurife lui apporta la Bague
qu'Adrafte avoir trouvée fur
Egifte ( c'étoit le nom du jeune
Païfan ) A la vûë de cette fatale Bague
, Merope frémit , elle la reconnoit
pour la même qu'elle avoit
donnée autrefois au vieux Polidore,
& qui devoit fervir un jour , à lui
faire reconnoître fon cher Cref=
phonte. Elle ne douta point que
Te Meurtrier ne l'eut dérobée pour
118 LE MERCURE
prix de fon crime . Elle en jura la
vengeance , & s'étant fait amener
le malhûreux & innocent Egifte
elle le fit garotter à fes yeux , & fe
fit donner une lance pour lui percer
le coeur. A ces funeftes apprêts
Egifte témoigna ſon étonnement ;
ne pouvant fléchir la Reine irritée ,
prêt à recevoir le coup mortel ;
il lui échappa quelques plaintes ,
qui fufpendirent la vengeance de
Merope ,furtout le nom de Polidore
,forti de fa bouche , lui fut
d'un grand fecours . La Reine en
fut frapée , & quelques momens
qu'elle perdit en éclairciffemens ,
furent caufe que Polyphonne furvint
à cette terrible éxécution , &
l'empêcha , ou du moins la fit remettre
à une autre fois . Les plaintes
qu'Egifte fait au Tyran de l'injuftice
de Merope , qui fait perir
ceux à qui il fait grace ; la colere
du Tyran fur cette attentat , & la
protection qu'il accorde ouvertement
au prétendu Criminel , per
fuadent à la Reine une intelligence
DE MAY.
119
dont elle commençoit à fe douter.
Un nouveau défir de vengeance
s'allume dans fon fein , & le fort
lui fournit bientôt une occafion
de la
confommer. Egifte ayant tout
à craindre d'une Reine irritée , &
ne fe fentant coupable d'aucun
crime , cherche à fe juftifier dans
fon efprit. Il s'adreffà à ſa Confidente
, qui pour mieux l'attirer
dans le piége , lui dit , que Merope .
n'eft plus fi irritée contre lui ; elle
lui promit de lui en dire davantage
, dès qu'elle fe fera débaraffée
d'un foin preffant qui l'appelle
ailleurs , & le prie de l'attendre.
Egifte lui jure de ne point fortir
de cet Appartement, d'a-t-il y pafferla
nuit;accablé de laffitude de fes
derniers travaux , il s'endort. Pendant
fon fommeil , Polydore vient,
introduit dans le Palais par Eurife
qu'il prie de le laiffer feul. Il
découvre un homme endormi, dont
les habits lui font naître la curiofité
d'examiner les traits de fon viſage ;
il approche , mais, entendant venir
120 LE MERCURE
quelqu'un,il fe retire. A peine s'eftil
retiré qu'Eimere trouvant Egifte
endormi , appelle la Reine , en lui
difant que tout favorife fa vengeance
. Merope vient un Poignard à la
main ; mais prête à frapper Egitte ,
elle fe fent arrêtée par un homme
qui , par le cri qu'il fait , éveille
Egifte , & lui donne le tems de fe
fauver de la fureur de fon Ennemie.
Merope au defeſpoir d'avoir
manqué fon coup , le veut faire
retomber fur celui qui l'a fufpendu ;
mais , cette nouvelle Victime de
fa vengeance le fait reconnoître
à elle , pour ce même Polydore
à qui elle commit autrefois le foin
de fon cher Crefphonte , & lui apprend
en même tems , que c'étoit
Crefphonte-même qu'elle alloit
immoler. La Surpriſe , la Terreur.,
la Joye, fe fuccédent tour à tour
dans le coeur de Merope ; le premier
mouvement de la Nature la
porte à aller embraffer fon fils ;
mais , Polydore lui repréfente fagement
, que ce feroit l'étouffer
en
DE MAY 121
l'embraffant , & que le moindre
éclat mettroit la vie de fon tils
dans un danger évident. (Merope
fe rend à fes raifons .
Polydore lui
prommet
d'éclaircir au jeune Crefphonte
, le myftere de fa Naiffance.
Il accomplit fa promeffe , un
moment après ;
Crefphonte , qui
avoit toujours cru que Polydore
fut fon pere , fent couler le fang
d'Hercules dans ſes veines , à mefure
qu'il apprend fon véritable
fort ,il veut courir à la
vengeance
de fon pere & de fes freres égorgez
par le Tyran ; mais , Polydore fe
jettant à fes pieds , le fait confentir
à fuivre les confeils que fon
âge & fon expérience lui infpirent.
Polyphonte
perfite dans le deffein
d'époufer
Merope , & lui fait ordonner
par Adrafte fon cruel Emiffaire
, d'aller au Temple , fous
peine de voir périr à les yeux ,
toutes les perfonnes qui lui font
les plus cheres . Merope fe livre à
fes volontés , comme une Victime
qu'on entraîne à l'Autel , réfolue
May 177.
L
122 LE MERCURE
de fe donner la mort , plûtôt que
d'époufer le Meurtrier de fon Epoux
& de fes enfans. Elle n'en est
pas pourtant reduite à cette fatale
extrémité. Le jeune Crefphonte
fon fils , trouve le moyen de fe
foustraire aux yeux de Polydore ,
en le faifant confentir au défir curieux
qu'il a d'aller voir la Pompe
qui fe prépare au Temple. Apeine
y eut-il entré , qu'il voit Merope
fa mere, approcher de l'Autel , avec
une paleur qui lui perce l'ame . Il
court lui - même à cet Aurel
où elle est prête de s'immoler , &
fe faififfant du couteau facré , il
en frappe le Tyran & Adrafte.
Merope déclare aux Peuples affemblez
, que celui qui vient de les
tirer d'un efclavage qu'ils ne fupportoient
qu'à regret , eft leur véritable
Roi, fils du bon Crefphonte,
dont la mémoire leur eft fi chere ;
il n'en faut pas d'avantage pour lui
attirer tous les coeurs,il eft proclamé
Roi, &le Tiran détesté après la mort,
comme il l'avoit été pendantfa vie.
>
DE MAY . 123
Ans vouloir entrer dans les raiqui
ont engagé l'Auteur de
>
Semiramis à faire interrompre cette
Tragédie , qui avoit déja foûtenu
fept reprefentations , les Comédiens
François , pour confoler le
Public du plaifir qu'il avoit à la
fuivre , ont remis fur leur Théatre
le Flateur , Comédie de Mr Rouf-
-feau , qui parut pour la premiere
fois , il y a près de 20 ans ; quoique
les Acteurs faffent , pour rechauffer
cette Piéce & que Mr
Quinault l'aîné fe furpaffe dans
le Rôle du Aateur ; elle n'eft
cependant pas auffi fuivie qu'ils s'en
étoient flatés. Mlle le Couvreur ,
nouvelle Actrice , qui a joué à la
Cour de Lorraine & à Strasbourg,
a attiré beaucoup plus de Spectateurs
dans Electre elle a été fort
applaudie ; cependant , avant que
de porter aucun jugement fur fon
mérite Théatrale ; il faut attendre
que quelques autres Piéces en décident
.
Les changemens qui ont été faits
Lij
124 LE MERCURE
de la part du Poëte & du Muficien ,
dans Hypermetre qui avoit été
fufpendue , ont été fort bien receus
des Amateurs de l'Opera ;
on continue à la repréſenter avec
fuccés . M. Gervais Auteur de la
Mufique , doit être fatisfait de tout
le bien qu'en difent les Connoiffeurs.
Es Comédiens Italiens ayant
voulu faire l'effai d'une Piéce
purement héroïque, fans l'Arlequin,
reprefenterent avec applaudiffement
ces jours paffés , la Tragédie
de Merope qu'ils donnerent gratis.
Comme cette Troupe fe propofe
de la jouer cet Hiver , je me contenterai
d'en expofer fimple ment
la Fable , dégage de toutes réfléxions
critiques , les refervant pour
ce tems-là.
Le fujer de la Tragédie de Merope
eft tiré d'Apollodore ; mais , les
fituations font l'ouvrage du MarDE
MAY.
IIS
quis Scipion Maffei.
Crefphonte de la race des Héraclides
étoit Roy de Meffenie dans
l'Achaye. Il avoit eu trois fils de
Merope. Poliphonne,un de fes Sujets
, confpira contre lui , le détrôna
& fit impitoyablement
maffacrer
après lui , deux de ſes enfans.
Le troifiéme , à qui l'Auteur donne
le nom de Crefphonte
, & qu'Apollodore
appelle Ægyptus , fut
dérobé à la fureur du Tyran par
les foins de Merope , qui le remit
entre les mains d'un vieux ferviteur
, dont la fidélité lui étoit connuë.
Quinze ans fe pafferent, avant
que ce jeune Prince qui n'en avoit
que trois , lorfqu'il échappa à la
cruauté de Poliphonne , pût demander
raifon du Meurtre de fon
pere, & de fes freres , & de l'ufurpation
de les Etats. C'eft ici l'époque
de l'Action Théatrale . Polyphonne
voyant que les Peuples
de Meffene,Capitale du Royaume,
faifoient tous les jours des Conjurations
contre lui , forma le def716
LE MERCURE
fein d'époufer Merope , pour s'acquerir
un droit au Trône ufurpé .
L'infortunée Veuve de Crefphonte
fremit à cette propofition , & éclata
en fanglants reproches . Pendant
une fi aigre converfation , Adrafte
entiérement dévoué au Tyran ,
lui amena un jeune Païfan accufé
d'avoir tué un homme auprés de
Meffene , & de l'avoir jetté dans
un Fleuve , pour dérober la connoiffance
de fon crime . Le jeune
Païfan confeffa le Meurtre ; mais ,
il tacha de justifier fon intention ,
en difant , qu'il n'avoit fait que
défendre fa vie contre un Brigand
qui l'avoit attaqué . L'Accufateur
qui avoit interêt à le faire périr ,
parce qu'il avoit trouvé fur lui , une
Bague d'un grand prix , qui flatoit
fon avarice , n'oublia rien pour irriter
le Tyran contre lui : Mais ,
Merope attendrie par un fécret
preffentiment , demanda fa grace ,
& l'obtint de Poliphonne. Cependant
, comme le fouvenir de fon
fils l'occupoit fans ceffe , & la te-
1
DE MAY. 117
}
noit dans une agitation éternelle.
Elle s'imagina que le prétendu
Brigand que le Païfan avoit peint
à peu près de fon âge , qui convenoit
à celui du jeune Crefphonte ,
& armé d'une maffuë , Armes ordinaires
des defcendans d'Hercule ,
Elle s'imagina , dis -je , que ce pou--
voit bien être fon fils qui avoit été
tué & jetté dans le Fleuve : Elle"
n'eut point de repos qu'elle ne fut
éclaircie. Eurife attaché à fes interefts
, lui promit d'interoger Adrafte
qui étoit de fes Amis. Cela
fut éxécuté fi hûreufement , ou
plûtôt fi malhûreufement pour Merope
, qu'Eurife lui apporta la Bague
qu'Adrafte avoir trouvée fur
Egifte ( c'étoit le nom du jeune
Païfan ) A la vûë de cette fatale Bague
, Merope frémit , elle la reconnoit
pour la même qu'elle avoit
donnée autrefois au vieux Polidore,
& qui devoit fervir un jour , à lui
faire reconnoître fon cher Cref=
phonte. Elle ne douta point que
Te Meurtrier ne l'eut dérobée pour
118 LE MERCURE
prix de fon crime . Elle en jura la
vengeance , & s'étant fait amener
le malhûreux & innocent Egifte
elle le fit garotter à fes yeux , & fe
fit donner une lance pour lui percer
le coeur. A ces funeftes apprêts
Egifte témoigna ſon étonnement ;
ne pouvant fléchir la Reine irritée ,
prêt à recevoir le coup mortel ;
il lui échappa quelques plaintes ,
qui fufpendirent la vengeance de
Merope ,furtout le nom de Polidore
,forti de fa bouche , lui fut
d'un grand fecours . La Reine en
fut frapée , & quelques momens
qu'elle perdit en éclairciffemens ,
furent caufe que Polyphonne furvint
à cette terrible éxécution , &
l'empêcha , ou du moins la fit remettre
à une autre fois . Les plaintes
qu'Egifte fait au Tyran de l'injuftice
de Merope , qui fait perir
ceux à qui il fait grace ; la colere
du Tyran fur cette attentat , & la
protection qu'il accorde ouvertement
au prétendu Criminel , per
fuadent à la Reine une intelligence
DE MAY.
119
dont elle commençoit à fe douter.
Un nouveau défir de vengeance
s'allume dans fon fein , & le fort
lui fournit bientôt une occafion
de la
confommer. Egifte ayant tout
à craindre d'une Reine irritée , &
ne fe fentant coupable d'aucun
crime , cherche à fe juftifier dans
fon efprit. Il s'adreffà à ſa Confidente
, qui pour mieux l'attirer
dans le piége , lui dit , que Merope .
n'eft plus fi irritée contre lui ; elle
lui promit de lui en dire davantage
, dès qu'elle fe fera débaraffée
d'un foin preffant qui l'appelle
ailleurs , & le prie de l'attendre.
Egifte lui jure de ne point fortir
de cet Appartement, d'a-t-il y pafferla
nuit;accablé de laffitude de fes
derniers travaux , il s'endort. Pendant
fon fommeil , Polydore vient,
introduit dans le Palais par Eurife
qu'il prie de le laiffer feul. Il
découvre un homme endormi, dont
les habits lui font naître la curiofité
d'examiner les traits de fon viſage ;
il approche , mais, entendant venir
120 LE MERCURE
quelqu'un,il fe retire. A peine s'eftil
retiré qu'Eimere trouvant Egifte
endormi , appelle la Reine , en lui
difant que tout favorife fa vengeance
. Merope vient un Poignard à la
main ; mais prête à frapper Egitte ,
elle fe fent arrêtée par un homme
qui , par le cri qu'il fait , éveille
Egifte , & lui donne le tems de fe
fauver de la fureur de fon Ennemie.
Merope au defeſpoir d'avoir
manqué fon coup , le veut faire
retomber fur celui qui l'a fufpendu ;
mais , cette nouvelle Victime de
fa vengeance le fait reconnoître
à elle , pour ce même Polydore
à qui elle commit autrefois le foin
de fon cher Crefphonte , & lui apprend
en même tems , que c'étoit
Crefphonte-même qu'elle alloit
immoler. La Surpriſe , la Terreur.,
la Joye, fe fuccédent tour à tour
dans le coeur de Merope ; le premier
mouvement de la Nature la
porte à aller embraffer fon fils ;
mais , Polydore lui repréfente fagement
, que ce feroit l'étouffer
en
DE MAY 121
l'embraffant , & que le moindre
éclat mettroit la vie de fon tils
dans un danger évident. (Merope
fe rend à fes raifons .
Polydore lui
prommet
d'éclaircir au jeune Crefphonte
, le myftere de fa Naiffance.
Il accomplit fa promeffe , un
moment après ;
Crefphonte , qui
avoit toujours cru que Polydore
fut fon pere , fent couler le fang
d'Hercules dans ſes veines , à mefure
qu'il apprend fon véritable
fort ,il veut courir à la
vengeance
de fon pere & de fes freres égorgez
par le Tyran ; mais , Polydore fe
jettant à fes pieds , le fait confentir
à fuivre les confeils que fon
âge & fon expérience lui infpirent.
Polyphonte
perfite dans le deffein
d'époufer
Merope , & lui fait ordonner
par Adrafte fon cruel Emiffaire
, d'aller au Temple , fous
peine de voir périr à les yeux ,
toutes les perfonnes qui lui font
les plus cheres . Merope fe livre à
fes volontés , comme une Victime
qu'on entraîne à l'Autel , réfolue
May 177.
L
122 LE MERCURE
de fe donner la mort , plûtôt que
d'époufer le Meurtrier de fon Epoux
& de fes enfans. Elle n'en est
pas pourtant reduite à cette fatale
extrémité. Le jeune Crefphonte
fon fils , trouve le moyen de fe
foustraire aux yeux de Polydore ,
en le faifant confentir au défir curieux
qu'il a d'aller voir la Pompe
qui fe prépare au Temple. Apeine
y eut-il entré , qu'il voit Merope
fa mere, approcher de l'Autel , avec
une paleur qui lui perce l'ame . Il
court lui - même à cet Aurel
où elle est prête de s'immoler , &
fe faififfant du couteau facré , il
en frappe le Tyran & Adrafte.
Merope déclare aux Peuples affemblez
, que celui qui vient de les
tirer d'un efclavage qu'ils ne fupportoient
qu'à regret , eft leur véritable
Roi, fils du bon Crefphonte,
dont la mémoire leur eft fi chere ;
il n'en faut pas d'avantage pour lui
attirer tous les coeurs,il eft proclamé
Roi, &le Tiran détesté après la mort,
comme il l'avoit été pendantfa vie.
>
DE MAY . 123
Ans vouloir entrer dans les raiqui
ont engagé l'Auteur de
>
Semiramis à faire interrompre cette
Tragédie , qui avoit déja foûtenu
fept reprefentations , les Comédiens
François , pour confoler le
Public du plaifir qu'il avoit à la
fuivre , ont remis fur leur Théatre
le Flateur , Comédie de Mr Rouf-
-feau , qui parut pour la premiere
fois , il y a près de 20 ans ; quoique
les Acteurs faffent , pour rechauffer
cette Piéce & que Mr
Quinault l'aîné fe furpaffe dans
le Rôle du Aateur ; elle n'eft
cependant pas auffi fuivie qu'ils s'en
étoient flatés. Mlle le Couvreur ,
nouvelle Actrice , qui a joué à la
Cour de Lorraine & à Strasbourg,
a attiré beaucoup plus de Spectateurs
dans Electre elle a été fort
applaudie ; cependant , avant que
de porter aucun jugement fur fon
mérite Théatrale ; il faut attendre
que quelques autres Piéces en décident
.
Les changemens qui ont été faits
Lij
124 LE MERCURE
de la part du Poëte & du Muficien ,
dans Hypermetre qui avoit été
fufpendue , ont été fort bien receus
des Amateurs de l'Opera ;
on continue à la repréſenter avec
fuccés . M. Gervais Auteur de la
Mufique , doit être fatisfait de tout
le bien qu'en difent les Connoiffeurs.
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