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Liste
1
p. 238-242
Remede surprenant. [titre d'après la table]
Début :
S'il n'y a point de remede qui puisse nous empescher [...]
Mots clefs :
Remède, Mourir, Incurable, Soulagement, Goutte, Secret, Douleur, Membres, Aumônier
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texteReconnaissance textuelle : Remede surprenant. [titre d'après la table]
S'il n'y a point de remede
GALANT 239
qui puiffe nous empeſcher
de mourir , il n'eft point de
mal , quelque grand & incurable
qu'il foit , auquel on
ne puiffe aporter du foulagement
, puis qu'on en trouve
mefme pour la goute ,
qui de tous les maux qui ne
fe peuvent guerir , eſt eſtimé
le plus incurable . L'Aumonier
de M' le Marefchal
de Lorges , a trouvé le ſecret
, non feulement d'en apaiſer
la douleur , mais auffi
de l'arrefter , je n'ofe pas dire
pour quelques années , parce
que cela approcheroit
240 MERCURE
trop de la pleine guerifon.
Cependant il eft certain que
le Sieur Royer Serurrier, demeurant
rue Sainte Anne du
cofté de la rue S.Honoré, Paroiffe
S. Roch , qui avoit la
goute aux pieds & aux
mains, les doigts tout roides,
& qui depuis fort long- temps
avoit prefque efté toûjours
contraint de garder le lit ,
n'a fenty aucune atteinte de
goute depuis trois ans que
cét Aumonier le traite . II
marche aifément , & il fe
fert de fes mains pour le travail
de fa Profeffion . Je
parle
GALANT. 241
parle fur le raport de mes
yeux . J'ay veu ce Serrurier
qui a encore les mains toutes
contrefaites de la rigueur
de fon mal. Mr l'Abbé de la
Rocque l'a vû auffi , & en a
fait un article dans l'un de
Les Journaux des Sçavans .
Ce Gouteux qui a fouffert fi
long-temps , nous a confirmé
à l'un & à l'autre ce que -
nous avions appris du foulagement
qu'il avoit receu. Il
a dit la mefme choſe à plufieurs
Perfonnes de qualité
qui l'ont voulu voir , fur ce
qu'avoit dit cét Aumônier ,
Novembre 1685.
a
X
242 MERCURE
qui inftruira luy - mefme de
fes Remedes , & nommera
ceux qu'il a foulagez . Quand
on a recours à luy , il ne
s'engage qu'à faire ceffer la
douleur pour un an , s'il ne
guerit pas tout à fait. Son
attachement
ne luy permettant
pas de s'éloigner , il
ne fort point de Paris , ou
des lieux où eft la Cour.
GALANT 239
qui puiffe nous empeſcher
de mourir , il n'eft point de
mal , quelque grand & incurable
qu'il foit , auquel on
ne puiffe aporter du foulagement
, puis qu'on en trouve
mefme pour la goute ,
qui de tous les maux qui ne
fe peuvent guerir , eſt eſtimé
le plus incurable . L'Aumonier
de M' le Marefchal
de Lorges , a trouvé le ſecret
, non feulement d'en apaiſer
la douleur , mais auffi
de l'arrefter , je n'ofe pas dire
pour quelques années , parce
que cela approcheroit
240 MERCURE
trop de la pleine guerifon.
Cependant il eft certain que
le Sieur Royer Serurrier, demeurant
rue Sainte Anne du
cofté de la rue S.Honoré, Paroiffe
S. Roch , qui avoit la
goute aux pieds & aux
mains, les doigts tout roides,
& qui depuis fort long- temps
avoit prefque efté toûjours
contraint de garder le lit ,
n'a fenty aucune atteinte de
goute depuis trois ans que
cét Aumonier le traite . II
marche aifément , & il fe
fert de fes mains pour le travail
de fa Profeffion . Je
parle
GALANT. 241
parle fur le raport de mes
yeux . J'ay veu ce Serrurier
qui a encore les mains toutes
contrefaites de la rigueur
de fon mal. Mr l'Abbé de la
Rocque l'a vû auffi , & en a
fait un article dans l'un de
Les Journaux des Sçavans .
Ce Gouteux qui a fouffert fi
long-temps , nous a confirmé
à l'un & à l'autre ce que -
nous avions appris du foulagement
qu'il avoit receu. Il
a dit la mefme choſe à plufieurs
Perfonnes de qualité
qui l'ont voulu voir , fur ce
qu'avoit dit cét Aumônier ,
Novembre 1685.
a
X
242 MERCURE
qui inftruira luy - mefme de
fes Remedes , & nommera
ceux qu'il a foulagez . Quand
on a recours à luy , il ne
s'engage qu'à faire ceffer la
douleur pour un an , s'il ne
guerit pas tout à fait. Son
attachement
ne luy permettant
pas de s'éloigner , il
ne fort point de Paris , ou
des lieux où eft la Cour.
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Résumé : Remede surprenant. [titre d'après la table]
Le texte traite d'un remède contre la goutte, une maladie alors jugée incurable. L'aumônier du maréchal de Lorges aurait trouvé un traitement apaisant et stoppant la douleur de la goutte, mais son effet est limité à une année. Un certain Sieur Royer, serrurier résidant rue Sainte-Anne, souffrait de goutte aux pieds et aux mains, le contraignant à rester alité. Après avoir été soigné par cet aumônier, Royer n'a plus ressenti de symptômes depuis trois ans, retrouvant ainsi la capacité de marcher et d'utiliser ses mains pour son travail. Plusieurs personnes, dont l'abbé de La Roque et le narrateur, ont attesté de cette guérison. Cependant, l'aumônier, en raison de ses engagements, ne peut se déplacer en dehors de Paris ou des lieux où se trouve la cour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 25-35
EPITRE DE MADAME DES HOULIERES, A LA GOUTTE.
Début :
L'Illustre Madame des Houlieres qui ne suit jamais / Fille des plaisirs, triste Goutte, [...]
Mots clefs :
Goutte, Santé, Louis, Guerriers, Héros, Camp de Namur, Ennemis, Plaisir, Victorieux, Espérance
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE DE MADAME DES HOULIERES, A LA GOUTTE.
L'Illuftre Madame
S
des
Houlieres qui ne fuit jamais
la route commune & qui
donne toujours fujet d'admirer le furprenant & rare talent qu'elle a pour les Vers,
a trouvé un tour ingenieux
pour peindre les alarmes que
nous caufe l'intrepidité qui
porte le Roy à méprifer le
peril. Vous en conviendrez
quand vous aurez leu l'Ouvrage qui fuit.
Aoust 1692.
26 MERCURE
222252555222 22252
E PITRE
DE MADAME
DES HOULIERES,
A LA GOUTTE.
FIlle des plaifirs , trifte Goutte,
Qu'ondit que la Richeſſe accompagne
toujours,
Vous que jamais on ne redoute
Quandfous un toit ruftiqueon voit
couler fesjours ;
Je ne viens pas icy pleine d'impa- tience ,
Effayerpar des vœux d'ordinaire impuiffans,
GALANT. 27
D'adoucir voftre violence.
Goutte, le croirez- vous ? C'est par
reconnoiffance
Queje vous offre de l'encens
2
De cette nouveauté vous paroissez
charmée.
Faite pour n'infpirer que de durs
fentimens,
A de tendres remercimens .
Vous n'eftespas accoutumée.
Commencez à goûter cequ'ils ont de
douceurs.
Qu'on vous rende par tout defu
prêmes honneurs;
Qu'en bronze, qu'en marbre on
vous voye
Triomphante de la Santé
Rétablir dans nos cœurs le repos
la
joye.
شیخ
Acombien deperils LOVIS feroit em
(proye
Cij
28 MERCURE
Si vous n'aviez pas mis fesjours en
feureté !
2
Toutce qu'affrontoitfon courage
Enforçant deNamur les orgueilleux
Rampars ,
Peignoit l'effroy fur le vifage
Desgenereux Guerriers dont ce Heros
partage
Les penibles travaux , les glorieux
hazards.
Dans la crainte de luy déplaire
On n'ofoit condamnerfon ardeur témeraire,
Bien qu'elle puft nous mettre au comble du malheur.
Aforce de refpect on devenoit coupable.
Vous feule, Goutte fecourable,
Avez ofé donner un frein à favaleur.
GALANT. 29
2
Helas ! qui l'auroit dit , à voir
couler nos larmes
Dans ce temps que la paix confacroit
au repos ,
Où de vivesdouleurs attaquoient ce
Heros ,
Quefes maux quelque jourauroient'
pour nous des charmes?
Mais quel bruit quelle voix fe répard
dans les airs?
Quoy done , Meffagere inviſible
De tout ce qui fe fait dans ce vafte
Univers,
Auprés du grand Roy que tu fers
On voit couler le fang ! Evenement
terrible !
Quelle idée offrez- vous à mon cœur
agité?
Sur l'excés de valeur &d'intrepidité,
Plufieurs perfonnes bleffées auprés du Roy.
Cij
30 MERCURE
Ce Heros fera-t-il toujours incorrigi
ble?
28
Vousn'avez pas affez duré,
Goutte , dont j'eftois fi contente,,
Vous trompez ma plus douce attente ,
Vous en quij'efperois , &quej'avois
juré
De celebrer un jour par quelquegrandefefte ( Tefte ,
Si pour nous conferver une fi chere
Dansle Campde Namur vous aviez
mesuré
Vostre durée à fa conquefte.
S
Ab! que ne laiffe-t-il à son augufte
Fils
Dompterde mortels Ennemis
Fameuxpar leur rang, par leur.
nombre
GALANT. 31
Mais qu'à fuivre fon char le Ciel a
condamnez!
Qu'ilne nous quitte plus , qu'ilje
repose à l'ombre
Des Lauriers qu'il a moiffonnez.
N'eft-ilpoint las de wainore ? & ne
doit- il pas croire
Quefon nompour durertoujours
N'a plus affaire dufecours
De quelque nouvelle Victoire ?
Ces Grecs & ces Romains fi vantez
dans l'Hiftoire
Ont fauvé leurs noms du trépas
Par des faits moins brillans , moins
dignes de memoire.
Affreuse avidité degloire !
La fienne efface tout, & ne luyfuffit
pas.
S
De tant de Nations la chere & vaine
Idole
Cilj
32 MERCURE
Naffau , par plus d'un crime en Mo
narque érigé,
Dés qu'il fçait Namur affiegés
Fremit , raffemble tout, & vers la
Sambre vole ,
A voir fi prés de nous floter fes Etendars..
A quelque noble effort qui n'auroit
du s'attendre?
Mais toutfçavant qu'il eft dans le
Métier de Mars ,
Ilfemble n'eftre enfin venu que pour
apprendre
Le grand Art de forcer une Place à
Se rendresses
E1 pour fes Alliez toujours remply
d'égards ,
Lancerfur noftre Camp de menaçans.
regards ,
Eft tout ce qu'il ofe entreprendre.
GALANT.
33
2
Tout ce qui justifie &nourrit les terreurs ,
་
L'Art , la Nature, cent mille hommes ,
Et ce que l'byver a d'horreurs ;
Malgré lafaifon où nous fommess
Auront vainement entrepris
De rendre Namur imprenable,
Quand Louis l'attaque, il eftpris,
Etces amas de Rois que fa puiſſance
accable ,
Eft la Montagne de la Fable,
Quide l'attention fait passer au mépris.
2
Non, je ne mefuis point trompée,
Je voy courirle Peuple , & je lis dans
fesyeux
Que LOVIS eft victorieux.
Macrainte pourfa vie est enfindiffi
pée,
34 MERCURE
Etje n'afpire plus qu'à revoir dans
ces lieux
Ce Heros dont mon ame est toujours
occupée.
Goutte , qu'on vit trop toft finir ,
Et dontje viens d'avoir l'audace de
me plaindre
Puis que pour ce Vainqueur on n'a
plus rien à craindre,
Gardez-vous bien de revenir.
2.
Ne le dérobez point à noftre impatience.
Lors qu'il eft éloigné de nous
Tout est enfevely dans un morne fi- lence ,
Et le foible plaifir que donne l'efpe
rance,
Eft le feul plaifir qnifoit doux.
Mais , Goutte, s'il eft vray ce qu'on
nous ditfans ceffe ,
GALANT: 35
Que jusqu'à l'extrême vieillefe
Fous conduisez les jours lors que
vous ne venez
Qu'aprésqu'on apaßéhuitLuftres,
Pour des jours précieux , &toujours´
fortunez
Fours quifont tous marquezpar quelquesfaits illuftres ,
Quelle esperance vous donnez !
S
des
Houlieres qui ne fuit jamais
la route commune & qui
donne toujours fujet d'admirer le furprenant & rare talent qu'elle a pour les Vers,
a trouvé un tour ingenieux
pour peindre les alarmes que
nous caufe l'intrepidité qui
porte le Roy à méprifer le
peril. Vous en conviendrez
quand vous aurez leu l'Ouvrage qui fuit.
Aoust 1692.
26 MERCURE
222252555222 22252
E PITRE
DE MADAME
DES HOULIERES,
A LA GOUTTE.
FIlle des plaifirs , trifte Goutte,
Qu'ondit que la Richeſſe accompagne
toujours,
Vous que jamais on ne redoute
Quandfous un toit ruftiqueon voit
couler fesjours ;
Je ne viens pas icy pleine d'impa- tience ,
Effayerpar des vœux d'ordinaire impuiffans,
GALANT. 27
D'adoucir voftre violence.
Goutte, le croirez- vous ? C'est par
reconnoiffance
Queje vous offre de l'encens
2
De cette nouveauté vous paroissez
charmée.
Faite pour n'infpirer que de durs
fentimens,
A de tendres remercimens .
Vous n'eftespas accoutumée.
Commencez à goûter cequ'ils ont de
douceurs.
Qu'on vous rende par tout defu
prêmes honneurs;
Qu'en bronze, qu'en marbre on
vous voye
Triomphante de la Santé
Rétablir dans nos cœurs le repos
la
joye.
شیخ
Acombien deperils LOVIS feroit em
(proye
Cij
28 MERCURE
Si vous n'aviez pas mis fesjours en
feureté !
2
Toutce qu'affrontoitfon courage
Enforçant deNamur les orgueilleux
Rampars ,
Peignoit l'effroy fur le vifage
Desgenereux Guerriers dont ce Heros
partage
Les penibles travaux , les glorieux
hazards.
Dans la crainte de luy déplaire
On n'ofoit condamnerfon ardeur témeraire,
Bien qu'elle puft nous mettre au comble du malheur.
Aforce de refpect on devenoit coupable.
Vous feule, Goutte fecourable,
Avez ofé donner un frein à favaleur.
GALANT. 29
2
Helas ! qui l'auroit dit , à voir
couler nos larmes
Dans ce temps que la paix confacroit
au repos ,
Où de vivesdouleurs attaquoient ce
Heros ,
Quefes maux quelque jourauroient'
pour nous des charmes?
Mais quel bruit quelle voix fe répard
dans les airs?
Quoy done , Meffagere inviſible
De tout ce qui fe fait dans ce vafte
Univers,
Auprés du grand Roy que tu fers
On voit couler le fang ! Evenement
terrible !
Quelle idée offrez- vous à mon cœur
agité?
Sur l'excés de valeur &d'intrepidité,
Plufieurs perfonnes bleffées auprés du Roy.
Cij
30 MERCURE
Ce Heros fera-t-il toujours incorrigi
ble?
28
Vousn'avez pas affez duré,
Goutte , dont j'eftois fi contente,,
Vous trompez ma plus douce attente ,
Vous en quij'efperois , &quej'avois
juré
De celebrer un jour par quelquegrandefefte ( Tefte ,
Si pour nous conferver une fi chere
Dansle Campde Namur vous aviez
mesuré
Vostre durée à fa conquefte.
S
Ab! que ne laiffe-t-il à son augufte
Fils
Dompterde mortels Ennemis
Fameuxpar leur rang, par leur.
nombre
GALANT. 31
Mais qu'à fuivre fon char le Ciel a
condamnez!
Qu'ilne nous quitte plus , qu'ilje
repose à l'ombre
Des Lauriers qu'il a moiffonnez.
N'eft-ilpoint las de wainore ? & ne
doit- il pas croire
Quefon nompour durertoujours
N'a plus affaire dufecours
De quelque nouvelle Victoire ?
Ces Grecs & ces Romains fi vantez
dans l'Hiftoire
Ont fauvé leurs noms du trépas
Par des faits moins brillans , moins
dignes de memoire.
Affreuse avidité degloire !
La fienne efface tout, & ne luyfuffit
pas.
S
De tant de Nations la chere & vaine
Idole
Cilj
32 MERCURE
Naffau , par plus d'un crime en Mo
narque érigé,
Dés qu'il fçait Namur affiegés
Fremit , raffemble tout, & vers la
Sambre vole ,
A voir fi prés de nous floter fes Etendars..
A quelque noble effort qui n'auroit
du s'attendre?
Mais toutfçavant qu'il eft dans le
Métier de Mars ,
Ilfemble n'eftre enfin venu que pour
apprendre
Le grand Art de forcer une Place à
Se rendresses
E1 pour fes Alliez toujours remply
d'égards ,
Lancerfur noftre Camp de menaçans.
regards ,
Eft tout ce qu'il ofe entreprendre.
GALANT.
33
2
Tout ce qui justifie &nourrit les terreurs ,
་
L'Art , la Nature, cent mille hommes ,
Et ce que l'byver a d'horreurs ;
Malgré lafaifon où nous fommess
Auront vainement entrepris
De rendre Namur imprenable,
Quand Louis l'attaque, il eftpris,
Etces amas de Rois que fa puiſſance
accable ,
Eft la Montagne de la Fable,
Quide l'attention fait passer au mépris.
2
Non, je ne mefuis point trompée,
Je voy courirle Peuple , & je lis dans
fesyeux
Que LOVIS eft victorieux.
Macrainte pourfa vie est enfindiffi
pée,
34 MERCURE
Etje n'afpire plus qu'à revoir dans
ces lieux
Ce Heros dont mon ame est toujours
occupée.
Goutte , qu'on vit trop toft finir ,
Et dontje viens d'avoir l'audace de
me plaindre
Puis que pour ce Vainqueur on n'a
plus rien à craindre,
Gardez-vous bien de revenir.
2.
Ne le dérobez point à noftre impatience.
Lors qu'il eft éloigné de nous
Tout est enfevely dans un morne fi- lence ,
Et le foible plaifir que donne l'efpe
rance,
Eft le feul plaifir qnifoit doux.
Mais , Goutte, s'il eft vray ce qu'on
nous ditfans ceffe ,
GALANT: 35
Que jusqu'à l'extrême vieillefe
Fous conduisez les jours lors que
vous ne venez
Qu'aprésqu'on apaßéhuitLuftres,
Pour des jours précieux , &toujours´
fortunez
Fours quifont tous marquezpar quelquesfaits illuftres ,
Quelle esperance vous donnez !
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Résumé : EPITRE DE MADAME DES HOULIERES, A LA GOUTTE.
Le poème est dédié à Madame des Houlières et célèbre son talent poétique ainsi que son courage face aux dangers auxquels le roi Louis XIV est confronté. Il commence par louer Madame des Houlières pour son génie et sa bravoure, soulignant les périls que le roi affronte, notamment lors du siège de Namur. Le texte exprime une admiration profonde pour l'intrépidité du roi malgré les risques qu'il encourt. Le poème aborde également la maladie du roi, la 'Goutte', et exprime le souhait qu'elle ne revienne pas afin de permettre au roi de poursuivre ses exploits militaires. La 'Goutte' est personnifiée et implorée de ne pas revenir, afin que le roi puisse rester en bonne santé et continuer à triompher sur le champ de bataille. Le texte se termine par une expression d'espoir que la 'Goutte' ne revienne jamais, permettant ainsi au roi de rester victorieux et d'inspirer admiration et respect.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 153-175
DISSERTATION SUR la Goutte & le Rhumatisme, faite par Mr Dumont, Chirurgien Juré d'Auch.
Début :
Les hommes sont attaquez de tant de differentes maladiesqui leur font quitter ce monde [...]
Mots clefs :
Goutte, Dissertation, Rhumatisme, Sang, Jointures, Corps, Esprit, Chaleur, Douleurs, Tendons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DISSERTATION SUR la Goutte & le Rhumatisme, faite par Mr Dumont, Chirurgien Juré d'Auch.
Les hommes font attaquez
de tant de differentes maladies
qui leur font quitter ce monde
avant que d'atteindre à l'âge
où ils pourroient parvenir fans
leurs infirmitez , il ne faut. pas
s'eftonner s'il fe trouve tant
de perfonnes qui travaillent à
chercher des remedes pour la
guerifon des differentes maladies dont les hommes font attaquez. L'Auteur de la Piece
que vous allez lire eft de ce
nombre.
15 4 MERCURE
DISSERTATION SUR
la Goutte &le Rhumatiſme,
faite par Mr Dumont, Chi
rurgien Juré d'Auch.
>
*
Il y a des Auteurs fameux,
qui pretendent que la pituite e
les ferofitez acres , qui fe feparent
des humeurs par le tiffu des
parties membraneufes & glandu
leufes , font la caufe de la Gouite
& du Rhumatifme , lesquelles
s'épanchant fur l'habitude di
corps , deviennent la fource feconde des douleurs arthritiques &
rhumatiques , procedant du vice
CALANT 155
des filtrations , ordinairement
de celles qui fe font dans la tefte,
appellée pour ce fujet , la ſource
des maladies.
Cependant lefentiment le plus
fuivi eft , que le fang chargédes
fels acides , & des fels acres , épanchez hors des routes de la circulation , par les extrémitez , ou
par les pores de plus petites arteres dans les jointures ; auquel lieu,
ils ne peuventplus eftre repris par
les veines, ou diffipez , il forme
la matiere de la goutre par le dérangement es le mélange difproportionné de fes principes , & par
te relâchement des parties. C'eft
156 MERCURE
donc uniquement dans le vice, &
dans la conftitution dépravée du
fang, qu'ilfaut chercher lafource le levain de la goutte &
du rhumatisme de forte qu'on
n'en peut attendre la guerifon
`vant qu'on n'ait reftablyſa tiffure , & redonné de l'élasticité aux
parties , en renouvellant tout le
fiftême dufang, & en lefaiſant
changer de nature.
*
aSur ce principe , il eft aifé de
s'imaginer que ces fels acides
acres , extravafez par voye d'épanchement , fe gliffent entre les
membranes , qui enveloppent les
mufcles , jufques à ce qu'ilsfoient
GALANT 157
onduits par la circulation dans
les parties membraneufes , vers
les tendons ligamens des jointures , où ils trouvent des cavitez
qui les arreftent , dont il refte
tres-fouvent au fonds une espece
de marc ou de vafe , en forme de
plâtre, ou defel , qui forme des
concretions des nœuds prefque
indiffolubles , par la coagulation
de leur fynovie , jusques ày con- tracter avec le temps la fermeté
de la pierre ; c'eſt- là le levain
qui occafionne la rechûte & le
retour periodique de la goutte
nouée , dans le temps que ces fels.
viennent à fe fermenter.
158 MERCURE
estes Il eft vray de dire , que
felsacides & acres s'arreſtent fuivant leur determination dans les
jointures , &dans les parties qui
les touchent , & qu'ils y caufent
des irritations des divulfions
douloureufes ; ils piquent &
ébranlent les filers membraneux
nerveuxqui en derivent ; ils
compriment & preffent les tendons , les ligamens , les aiffeaux
fanguins , les vaiffeaux lympha
tiques, & les tuyaux excreteurs ;
parce moyen troublent &empêchent la circulation dufang, &
confequemment le cours des efprits
animaux; &par là ils entretien
GALANT 159
de
ment une fenfation douloureuse
pendant tout le cours de la maladienab sonnets
Le rhumatiſme eſt une espece
goutte vague , par diftinction
de la gouttefixe , qui a fon fiege
precifement dans les jointures &
articulations des parties , au lieu
que la vague afflige tout le corps;
c'est à-dire les espaces entre les articles , les mufcles , leurs membranes , toute l'habitude , avec
une douleur cruelle , faifant fentir des élancemens indifferemment
le long des parties , tantoft dans
l'un des bras , tantoft dans l'autre,
commefi ces douleurs eftoienc er
160 MERCURE
rantes , la caufe de cette goutte
vague eftant uneferofité empreinte d'un nîtrefulfureux, qui abonde dans la maffe du fang, qui eft
d'une grande acrimonie , fouvent
accompagnée de vents ; il faut que
cette ferofitéfoit telle , puiſqu'elle
fe faitfentir par des chaleurs
par des piqueures douloureufes
"dans les parties , les chaleurs venant du fouffre , & les piqueures
procedant dufel.
la
Le rhumatifme nediffere d'avec
goutte que par fon eſtenduë ;
car la goutte s'infinue dans les
parties des articles , où les os emboitezlaiffentquelque eſpace vui-
GALANT 161
de , au lieu que le rhumatisme eft
comme un débordement qui fe répandfurtoute l'habitude du corps,
oufur quelque partie en particulier ; de maniere que cette ferofité
demeure quelquefois engagée entre
lesparties membranenfes & mufculeufes , vers le milieu des membres; mais lorsqu'elle coule le long
des tendons des ligamens, elle
fe jette dans les jointures, & par
fon explosion caufe , ou le rhumatifme qui fe termine fouvent
par la goutte , ou la goutte qui fe
change fouvent en rhumatifme..
Il n'y a point de doute que
l'acide ne foit l'ennemy juré du
Janvier 1710.
162 MERCURE
de toutes les genre nerveux , &
parties du corps , excepté l'eſtomac,
felon Vanhelmont, en digriffant
trop la male du fang, & luy
donnant trop de confiftance & de
groffiereté ; de forte que la circulation devenant plus difficile &
plus lente , le fang imprime aux
parties folides un caractere qui
affoiblit toutes leurs actions ; de
maniere que les efprits animaux
ทุกขอ
font comme engourdis noyez
dans les humeurs , dont les couloirs fontfarcis ; de forte que les
recremens du fang nagent & cir
culent avec luy dans les parties,
&deviennent les femences fecon-
GALANT 153
des de la goutte & du rhumatifme, par la feparation des parties
fereufes du fang, d'avec les fibrenfes & par la vapidité er
appan vriffement des liqueurs, e
des parties balfamiques &Spiri
tueuses du fang
Cela eftant fuppose & fondé,
je fuisfürdes experiences conftantesaverées ; &jofe dire, que
le plus für moyende combattre la
matiere de la goutte , eſt la voye
des urines de la tranfpiration,
procuréepar l'Or Diaphoretique
horizontal ( que j'ay composé:)
car enfin , fi dans la tranſpiration
naturelle , les épanchemens des
&
Ŏ ij
164 MERCUDE
eſt
il
fels acides & acres dans les jointures, fe confument d'eux memes
par leur ardeur propre , &parle
nouveau degré de chaleur qu'ils
reçoivent de l'obſtruction , en s'évaporant à travers les pores ,
eft à prefumer raifonnablement,
que la tranfpiration artificielle ferad'un tres-puiffantfecours ; &
comme la chaleur naturelle de ceux
quifont avancez en âge, qui va
toûjours en s'affaibliſſant, ne peut
pas faire entierement tranfpirer
la matiere qui s'amaffe dans les
jointures , les nerfs, les tendons
les ligamens continuellement
imbiber fe relâchent , & con-
GALANT 165
tractant une foibleffe qui augmen
res
fure
que la
douleur
diminues Enfin , lorsque les atteinres de la gouttefefont multipliées,
les vaiffeaux tant de fois décolez , obeiffent à la moindre effufion ; deforte que ces ferofitezfe
forment un paffage libre, jufques
aux articles , qui s'élargit toûjours , nefe bouchejamais ; ce
quifait que lagoutte devient plus
cruelle , à mesure qu'elle vieillit,
prend toutefaforce de la va
l'appauvriffement du مریم pidité de
fang, & de la foibleffe des levains digeftifs, & durelâchement
des partiesfibreufes ; ce qui donne
166 MERCURE
occasion à une espece de crudité
dans les humeurs. Les perfonnes
neanmoins avancées en age , ne
doivent pas defefperer de voirfou
vent foulager , quelquefois
guerir à fonds lears maux, comme je l'ay experimenté fur un
homme feptuagenaire , travaillé
de la goutte, & furplufieurs autres de tous ages , dont les uns
eftoient attaquezde lagoutte , &
les autres d'un rhumatisme chronique e inveteré.
L'experience en effet , prouve
sous les jours , qu'il eft des perfonnesfexagenaires, qui ont leurs
fermens vigoureux , le tonus des
GALANT 167
parties ferme la riffure du
9.
fangrobufte. Cependantj'avouë,
que la goutte nouée ne cedera pas
toujours à ce remede , mais elle
deviendra moins frequente
moins cruelle c'est toujours un
grand bien d'eftre foulagé d'un
mal, dont on ne peut entierement
guerir , qu'en tacbant de corriger
de rectifier la crudité outrée
des humeurs, & deprimerl'exal
tation de l'acide , de lalymphe, du
fuc pancreatique & de la bile,
qui prend toutefa force de l'aigre
avec lequel elle fermente ; car
l'exaltation de ces liqueurs ne
vient quepar un trop long fe-
168 MERCURE
jour qu'elles ont fait dans les filtres , fou par le relâchement des
fibres deſtinées à en faire l'expreffion , foit enfin par le vice des
fermens qui fixent le fang ; c'eft
de cette crudité que naiffent dans
les premieres voyes , &dans le
fang mefme, tous les fels étrangers , qui occafionnent des attaques fi frequentes de la goutte &
du rhumatisme.
Nous voyons au contraire, que
les jeunes gens , &fur tout les
enfans , trouvent une heureuſe
exemption dans lajufteffe de leur
temperament, qui n'a fouffert encore aucune attaque , parce que
leurs
GALANT 169
leurs vaiffeaux toujours également remplis , eftant étroitement
inferez les uns dans les autres , la
ferofité ne trouve aucune iffuë.
pour s'extravafer, ou s'il s'en
échape quelques gouttes , les muf
cles joints & ferrez entr'eux
leur refuſent le paſſage ; ellesfont
plutoft diffipées par la tranſpiration , qu'elles ne font arrivées aux
jointures ; car dans le bel âge , le
fang eft riche en efprits , les fermens font vigoureux , & dans
lequel les Parties ont tout leur
tonus ; enfin s'il arrive alors quelque defordre dans le Systême du
Jang, & qu'il faffe quelque im
Janvier 1710.
P
170 MERCURE
la
preffion mauvaife fur les Parties,
la nature fe fert heureufement de
fes efprits qui rayonnent dans les
liqueurs , pour en chaffer ce qu'il
y a de fucsfalins étrangers dans
la maffe , qui en troublent l'aco
nomie , &déconcertent pour ainfi
dire la machine; c'est pourquoy
fuppreffion de l'infenfible tranfpiration , produit une infinité de maladies , tant aigues que chroniques ; car ce quife diffipe ordinairement de nos corps , foit par le
paffage de la matierefubtile , qui
en détache continuellement quelques parties , ou par les filtrations
des glandes cutanées , & tuyaux
GALANT 171
excreteurs , eft bienfenfible, puifque Sanctorius prétend qu'ilfurpaffe quinze fois le volume des
autres excretions.
Il faut donc fuivant mon ſyſftême de pratique , pour guerir la
goutte & le rhumatisme , fefervir de la voye d'attenuer les humeurs afin qu'en leur donnant
plus defluidité, elles puiffent ai
fementfe débaraffer, ou pour entrer dans la maffe dufang& fuivrefon cours ; ou enfin pour fe
perdre par l'infenfible tranfpiration ; ce qui s'obtiendra par des remedes fondans , diuretiques , dépurans abforbans , diaphorePij
172 MERCURE
tiques , pour combattre la goutte
&lerbumatisme ; enfin l'or dia
phoretique horisontal renferme
enfoy ces cinq qualitez , &par
confequent c'est un remede fpecifi
que a ces maux.
la
Onpeut dont conclurrefuivant
les Anciens &les Modernes , que
a goutte vient par le vice de l'eftomac , d'où s'enfuit une digeftion
aigrie & alterée , le chile devient
groffier , & acide en forte que
d'un chile aigri , il ne peut eftre
produit qu'un fang empreint de
particules acides , lesquelles eftant
portées aux articles , &ne pou
vant eftre digerées & évacuées
ر
GALANT 173
par les efprits fixes de ces parties ,
deviennent plus acides par le fejour qu'elles y font , & caufent
les douleurs de la goutte : ainfi la
veritable indication , pourla guerifonde cette maladie , eft de fortifier l'eftomach , d'en abforber l'acide , & diffiper l'humeur qui eft
dans lapartie; l'or diaphoretique,
horifontal, corrige repare ce défaut, ranime e rectifie leferment
digeftif de l'eftomach , affaifonne
le chile , proportionne les coctions
donne de lafluidité auxfucs , rend
·les couloirs libres , refout les craf
fes du fyftême des nerfs & des
Piij
174 MERCURE
glandes , fournit aufang des
parties huileufes , balfamiques &
Spirituenfes , afin qu'il reprenne
fa premierepureté, &fapremiere
-force.
Il est certain que j'aydonné de
ce remede à un grand nombre de
perfonnes de tous âges dans laplus
grande rigueur de l'Hiver, &
dans la plus grande chaleur
l'Efté , fans que l'ufage de ce remede ait caufeplus d'émotion , ny
de chaleur , quefi l'on n'avoit rien
pris. L'or diaphoretique horizontal n'eftpasfeulement un fpecifique pour la goutte , mais encorepour les maladies chroniques
GALANT 175
rebelles , dont la miffe du fang
eft tout à fait dérangée fuivant
les experiences que j'en ay faites
tant à Paris qu'en Province.
M³ Dumont , donnera à ceux
qui l'iront voir , des preuves
convaincantes , des heureufes
experiences qu'il a faites . Je
vous ay déja envoyé plufieurs
de fes Ouvrages dont les Journaux des Sçavans ont avantageufement parlé. Il loge au
Grand Turc , rue de la Huchette.
de tant de differentes maladies
qui leur font quitter ce monde
avant que d'atteindre à l'âge
où ils pourroient parvenir fans
leurs infirmitez , il ne faut. pas
s'eftonner s'il fe trouve tant
de perfonnes qui travaillent à
chercher des remedes pour la
guerifon des differentes maladies dont les hommes font attaquez. L'Auteur de la Piece
que vous allez lire eft de ce
nombre.
15 4 MERCURE
DISSERTATION SUR
la Goutte &le Rhumatiſme,
faite par Mr Dumont, Chi
rurgien Juré d'Auch.
>
*
Il y a des Auteurs fameux,
qui pretendent que la pituite e
les ferofitez acres , qui fe feparent
des humeurs par le tiffu des
parties membraneufes & glandu
leufes , font la caufe de la Gouite
& du Rhumatifme , lesquelles
s'épanchant fur l'habitude di
corps , deviennent la fource feconde des douleurs arthritiques &
rhumatiques , procedant du vice
CALANT 155
des filtrations , ordinairement
de celles qui fe font dans la tefte,
appellée pour ce fujet , la ſource
des maladies.
Cependant lefentiment le plus
fuivi eft , que le fang chargédes
fels acides , & des fels acres , épanchez hors des routes de la circulation , par les extrémitez , ou
par les pores de plus petites arteres dans les jointures ; auquel lieu,
ils ne peuventplus eftre repris par
les veines, ou diffipez , il forme
la matiere de la goutre par le dérangement es le mélange difproportionné de fes principes , & par
te relâchement des parties. C'eft
156 MERCURE
donc uniquement dans le vice, &
dans la conftitution dépravée du
fang, qu'ilfaut chercher lafource le levain de la goutte &
du rhumatisme de forte qu'on
n'en peut attendre la guerifon
`vant qu'on n'ait reftablyſa tiffure , & redonné de l'élasticité aux
parties , en renouvellant tout le
fiftême dufang, & en lefaiſant
changer de nature.
*
aSur ce principe , il eft aifé de
s'imaginer que ces fels acides
acres , extravafez par voye d'épanchement , fe gliffent entre les
membranes , qui enveloppent les
mufcles , jufques à ce qu'ilsfoient
GALANT 157
onduits par la circulation dans
les parties membraneufes , vers
les tendons ligamens des jointures , où ils trouvent des cavitez
qui les arreftent , dont il refte
tres-fouvent au fonds une espece
de marc ou de vafe , en forme de
plâtre, ou defel , qui forme des
concretions des nœuds prefque
indiffolubles , par la coagulation
de leur fynovie , jusques ày con- tracter avec le temps la fermeté
de la pierre ; c'eſt- là le levain
qui occafionne la rechûte & le
retour periodique de la goutte
nouée , dans le temps que ces fels.
viennent à fe fermenter.
158 MERCURE
estes Il eft vray de dire , que
felsacides & acres s'arreſtent fuivant leur determination dans les
jointures , &dans les parties qui
les touchent , & qu'ils y caufent
des irritations des divulfions
douloureufes ; ils piquent &
ébranlent les filers membraneux
nerveuxqui en derivent ; ils
compriment & preffent les tendons , les ligamens , les aiffeaux
fanguins , les vaiffeaux lympha
tiques, & les tuyaux excreteurs ;
parce moyen troublent &empêchent la circulation dufang, &
confequemment le cours des efprits
animaux; &par là ils entretien
GALANT 159
de
ment une fenfation douloureuse
pendant tout le cours de la maladienab sonnets
Le rhumatiſme eſt une espece
goutte vague , par diftinction
de la gouttefixe , qui a fon fiege
precifement dans les jointures &
articulations des parties , au lieu
que la vague afflige tout le corps;
c'est à-dire les espaces entre les articles , les mufcles , leurs membranes , toute l'habitude , avec
une douleur cruelle , faifant fentir des élancemens indifferemment
le long des parties , tantoft dans
l'un des bras , tantoft dans l'autre,
commefi ces douleurs eftoienc er
160 MERCURE
rantes , la caufe de cette goutte
vague eftant uneferofité empreinte d'un nîtrefulfureux, qui abonde dans la maffe du fang, qui eft
d'une grande acrimonie , fouvent
accompagnée de vents ; il faut que
cette ferofitéfoit telle , puiſqu'elle
fe faitfentir par des chaleurs
par des piqueures douloureufes
"dans les parties , les chaleurs venant du fouffre , & les piqueures
procedant dufel.
la
Le rhumatifme nediffere d'avec
goutte que par fon eſtenduë ;
car la goutte s'infinue dans les
parties des articles , où les os emboitezlaiffentquelque eſpace vui-
GALANT 161
de , au lieu que le rhumatisme eft
comme un débordement qui fe répandfurtoute l'habitude du corps,
oufur quelque partie en particulier ; de maniere que cette ferofité
demeure quelquefois engagée entre
lesparties membranenfes & mufculeufes , vers le milieu des membres; mais lorsqu'elle coule le long
des tendons des ligamens, elle
fe jette dans les jointures, & par
fon explosion caufe , ou le rhumatifme qui fe termine fouvent
par la goutte , ou la goutte qui fe
change fouvent en rhumatifme..
Il n'y a point de doute que
l'acide ne foit l'ennemy juré du
Janvier 1710.
162 MERCURE
de toutes les genre nerveux , &
parties du corps , excepté l'eſtomac,
felon Vanhelmont, en digriffant
trop la male du fang, & luy
donnant trop de confiftance & de
groffiereté ; de forte que la circulation devenant plus difficile &
plus lente , le fang imprime aux
parties folides un caractere qui
affoiblit toutes leurs actions ; de
maniere que les efprits animaux
ทุกขอ
font comme engourdis noyez
dans les humeurs , dont les couloirs fontfarcis ; de forte que les
recremens du fang nagent & cir
culent avec luy dans les parties,
&deviennent les femences fecon-
GALANT 153
des de la goutte & du rhumatifme, par la feparation des parties
fereufes du fang, d'avec les fibrenfes & par la vapidité er
appan vriffement des liqueurs, e
des parties balfamiques &Spiri
tueuses du fang
Cela eftant fuppose & fondé,
je fuisfürdes experiences conftantesaverées ; &jofe dire, que
le plus für moyende combattre la
matiere de la goutte , eſt la voye
des urines de la tranfpiration,
procuréepar l'Or Diaphoretique
horizontal ( que j'ay composé:)
car enfin , fi dans la tranſpiration
naturelle , les épanchemens des
&
Ŏ ij
164 MERCUDE
eſt
il
fels acides & acres dans les jointures, fe confument d'eux memes
par leur ardeur propre , &parle
nouveau degré de chaleur qu'ils
reçoivent de l'obſtruction , en s'évaporant à travers les pores ,
eft à prefumer raifonnablement,
que la tranfpiration artificielle ferad'un tres-puiffantfecours ; &
comme la chaleur naturelle de ceux
quifont avancez en âge, qui va
toûjours en s'affaibliſſant, ne peut
pas faire entierement tranfpirer
la matiere qui s'amaffe dans les
jointures , les nerfs, les tendons
les ligamens continuellement
imbiber fe relâchent , & con-
GALANT 165
tractant une foibleffe qui augmen
res
fure
que la
douleur
diminues Enfin , lorsque les atteinres de la gouttefefont multipliées,
les vaiffeaux tant de fois décolez , obeiffent à la moindre effufion ; deforte que ces ferofitezfe
forment un paffage libre, jufques
aux articles , qui s'élargit toûjours , nefe bouchejamais ; ce
quifait que lagoutte devient plus
cruelle , à mesure qu'elle vieillit,
prend toutefaforce de la va
l'appauvriffement du مریم pidité de
fang, & de la foibleffe des levains digeftifs, & durelâchement
des partiesfibreufes ; ce qui donne
166 MERCURE
occasion à une espece de crudité
dans les humeurs. Les perfonnes
neanmoins avancées en age , ne
doivent pas defefperer de voirfou
vent foulager , quelquefois
guerir à fonds lears maux, comme je l'ay experimenté fur un
homme feptuagenaire , travaillé
de la goutte, & furplufieurs autres de tous ages , dont les uns
eftoient attaquezde lagoutte , &
les autres d'un rhumatisme chronique e inveteré.
L'experience en effet , prouve
sous les jours , qu'il eft des perfonnesfexagenaires, qui ont leurs
fermens vigoureux , le tonus des
GALANT 167
parties ferme la riffure du
9.
fangrobufte. Cependantj'avouë,
que la goutte nouée ne cedera pas
toujours à ce remede , mais elle
deviendra moins frequente
moins cruelle c'est toujours un
grand bien d'eftre foulagé d'un
mal, dont on ne peut entierement
guerir , qu'en tacbant de corriger
de rectifier la crudité outrée
des humeurs, & deprimerl'exal
tation de l'acide , de lalymphe, du
fuc pancreatique & de la bile,
qui prend toutefa force de l'aigre
avec lequel elle fermente ; car
l'exaltation de ces liqueurs ne
vient quepar un trop long fe-
168 MERCURE
jour qu'elles ont fait dans les filtres , fou par le relâchement des
fibres deſtinées à en faire l'expreffion , foit enfin par le vice des
fermens qui fixent le fang ; c'eft
de cette crudité que naiffent dans
les premieres voyes , &dans le
fang mefme, tous les fels étrangers , qui occafionnent des attaques fi frequentes de la goutte &
du rhumatisme.
Nous voyons au contraire, que
les jeunes gens , &fur tout les
enfans , trouvent une heureuſe
exemption dans lajufteffe de leur
temperament, qui n'a fouffert encore aucune attaque , parce que
leurs
GALANT 169
leurs vaiffeaux toujours également remplis , eftant étroitement
inferez les uns dans les autres , la
ferofité ne trouve aucune iffuë.
pour s'extravafer, ou s'il s'en
échape quelques gouttes , les muf
cles joints & ferrez entr'eux
leur refuſent le paſſage ; ellesfont
plutoft diffipées par la tranſpiration , qu'elles ne font arrivées aux
jointures ; car dans le bel âge , le
fang eft riche en efprits , les fermens font vigoureux , & dans
lequel les Parties ont tout leur
tonus ; enfin s'il arrive alors quelque defordre dans le Systême du
Jang, & qu'il faffe quelque im
Janvier 1710.
P
170 MERCURE
la
preffion mauvaife fur les Parties,
la nature fe fert heureufement de
fes efprits qui rayonnent dans les
liqueurs , pour en chaffer ce qu'il
y a de fucsfalins étrangers dans
la maffe , qui en troublent l'aco
nomie , &déconcertent pour ainfi
dire la machine; c'est pourquoy
fuppreffion de l'infenfible tranfpiration , produit une infinité de maladies , tant aigues que chroniques ; car ce quife diffipe ordinairement de nos corps , foit par le
paffage de la matierefubtile , qui
en détache continuellement quelques parties , ou par les filtrations
des glandes cutanées , & tuyaux
GALANT 171
excreteurs , eft bienfenfible, puifque Sanctorius prétend qu'ilfurpaffe quinze fois le volume des
autres excretions.
Il faut donc fuivant mon ſyſftême de pratique , pour guerir la
goutte & le rhumatisme , fefervir de la voye d'attenuer les humeurs afin qu'en leur donnant
plus defluidité, elles puiffent ai
fementfe débaraffer, ou pour entrer dans la maffe dufang& fuivrefon cours ; ou enfin pour fe
perdre par l'infenfible tranfpiration ; ce qui s'obtiendra par des remedes fondans , diuretiques , dépurans abforbans , diaphorePij
172 MERCURE
tiques , pour combattre la goutte
&lerbumatisme ; enfin l'or dia
phoretique horisontal renferme
enfoy ces cinq qualitez , &par
confequent c'est un remede fpecifi
que a ces maux.
la
Onpeut dont conclurrefuivant
les Anciens &les Modernes , que
a goutte vient par le vice de l'eftomac , d'où s'enfuit une digeftion
aigrie & alterée , le chile devient
groffier , & acide en forte que
d'un chile aigri , il ne peut eftre
produit qu'un fang empreint de
particules acides , lesquelles eftant
portées aux articles , &ne pou
vant eftre digerées & évacuées
ر
GALANT 173
par les efprits fixes de ces parties ,
deviennent plus acides par le fejour qu'elles y font , & caufent
les douleurs de la goutte : ainfi la
veritable indication , pourla guerifonde cette maladie , eft de fortifier l'eftomach , d'en abforber l'acide , & diffiper l'humeur qui eft
dans lapartie; l'or diaphoretique,
horifontal, corrige repare ce défaut, ranime e rectifie leferment
digeftif de l'eftomach , affaifonne
le chile , proportionne les coctions
donne de lafluidité auxfucs , rend
·les couloirs libres , refout les craf
fes du fyftême des nerfs & des
Piij
174 MERCURE
glandes , fournit aufang des
parties huileufes , balfamiques &
Spirituenfes , afin qu'il reprenne
fa premierepureté, &fapremiere
-force.
Il est certain que j'aydonné de
ce remede à un grand nombre de
perfonnes de tous âges dans laplus
grande rigueur de l'Hiver, &
dans la plus grande chaleur
l'Efté , fans que l'ufage de ce remede ait caufeplus d'émotion , ny
de chaleur , quefi l'on n'avoit rien
pris. L'or diaphoretique horizontal n'eftpasfeulement un fpecifique pour la goutte , mais encorepour les maladies chroniques
GALANT 175
rebelles , dont la miffe du fang
eft tout à fait dérangée fuivant
les experiences que j'en ay faites
tant à Paris qu'en Province.
M³ Dumont , donnera à ceux
qui l'iront voir , des preuves
convaincantes , des heureufes
experiences qu'il a faites . Je
vous ay déja envoyé plufieurs
de fes Ouvrages dont les Journaux des Sçavans ont avantageufement parlé. Il loge au
Grand Turc , rue de la Huchette.
Fermer
Résumé : DISSERTATION SUR la Goutte & le Rhumatisme, faite par Mr Dumont, Chirurgien Juré d'Auch.
Le texte aborde les maladies de la goutte et du rhumatisme, fréquentes chez les personnes de tous âges. Ces affections sont causées par des humeurs acides et des substances irritantes qui se déposent dans les articulations, provoquant des douleurs arthritiques et rhumatismales. Une fois déposées, ces substances forment des concretions difficiles à dissoudre, entraînant des rechutes périodiques. Le rhumatisme est décrit comme une forme plus diffuse de goutte, affectant l'ensemble du corps plutôt que des articulations spécifiques. Les acides et les substances irritantes irritent les nerfs et compriment les tendons, perturbant la circulation sanguine et lymphatique, ce qui entraîne des douleurs persistantes. Le traitement proposé par M. Dumont, chirurgien juré d'Auch, consiste en un remède appelé 'Or Diaphorétique Horizontal'. Ce remède favorise la transpiration et l'élimination des substances acides par les urines, permettant ainsi de purifier le sang et de soulager les symptômes. L'auteur affirme avoir guéri plusieurs personnes, y compris des septuagénaires, grâce à ce remède. Il insiste sur l'importance de corriger la crudité des humeurs et de renforcer l'estomac pour prévenir les attaques de goutte et de rhumatisme. Le texte conclut en soulignant l'efficacité de ce remède pour traiter non seulement la goutte, mais aussi d'autres maladies chroniques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 355-356
Mort de S. A. S. Monsieur le Duc, [titre d'après la table]
Début :
S. A. S. Monsieur le Duc, estant morte à Paris, la nuit [...]
Mots clefs :
Mort, Goutte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mort de S. A. S. Monsieur le Duc, [titre d'après la table]
S. A. S. Monfieur le Duc ,
eftant morte à Paris , la nuit
du Lundy au Mardy 4. de ce
mois , d'une goute remontée ,
le Roy en ayant appris la nouvelle , donna à Monfieur le
Duc d'Enghien fon fils , tout
cc que le défunt tenoit de fa
356 MERCURE
bonté.. Vous jugez bien qu'il
me faut plus de temps pour
parler comme je dois , d'un fi
grand Prince. Je ſuis , Madamé, vôtre , &c.
AParis ce 5 Mars 17 10.
eftant morte à Paris , la nuit
du Lundy au Mardy 4. de ce
mois , d'une goute remontée ,
le Roy en ayant appris la nouvelle , donna à Monfieur le
Duc d'Enghien fon fils , tout
cc que le défunt tenoit de fa
356 MERCURE
bonté.. Vous jugez bien qu'il
me faut plus de temps pour
parler comme je dois , d'un fi
grand Prince. Je ſuis , Madamé, vôtre , &c.
AParis ce 5 Mars 17 10.
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5
p. 184-211
AVANTURE Tragi-comique, écrite par un Suisse de Soleure.
Début :
Ces jours-cy dans notre Ville Capitale, est mort de [...]
Mots clefs :
Mort de chagrin, Veuve, Amour, Suisse, Brutal, Vieillard, Épouser, Venger, Goutte, Billet, Pistolet, Disputer, Rage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVANTURE Tragi-comique, écrite par un Suisse de Soleure.
A VA NT U R E
Tragi-comique, écrite
par un Suisede SoImre.
CEsjours-cy dans nostreVille Capitale,est mort
de chagrin un homme de
quatre-vingt huit ans,
voicy l'avanture qui lui
causa l'an passé un fond
de melancolie, où il n'a
pû resister, quoy qu'avec
l'âge on doiveavoir acquis la force de l'esprit,
par
par habitude de surmonter les chagrins, & sur
tout ceux de l'amour;
cest pourtant un chagrin
d'amour, qui joint à quatre-vingt huit années, a
fait perdre patience
,,
Be
vie, àundes plus braves
Suisses de nos Cantons.
Voicyl'origine de ce
malheur.
Une Veuve François
estimée de tous nous autres pour sa rare, bonne
conduite & vertu, avoit
chez elle quantité de gens
d'esprit
,
de l'un & de
l'autre sexe
,comme il en
est beaucoup chez nous.
quoi qu'en dire les sots
cette Veuve approchoit
vers les trente ans,c'est
jeunesse encore en nos
pays, non comme en
France; en effet cette Veuvebrilloit tellement, que personne ne
pouvoit s'empescher de.
l'aimer, & elle menageoit tous ces
amours là
pour faire revivre la fortune
,
morte pour elle
avec feu son mary; entre
tous ceux qui l'aimoient
il n'en estoit que trois qui
eussent pour but le mariage, & tous les autres
qui avoient des veuës je
ne sçay quelles, furent
congediez
,
par cette
vertueuse Veuve.
Voici donc les trois restants. Le premier c'estoit
un jeune homme fait à
peindre, &C d'un esprit
aimable plein de raison,
maisn'ayant point de
bien, non plus que la
Veuve; ilsavoient resolu
tous deux de ne se plus,
voir, tous les jours ilsse
disoient adieu pour jamais
,
& le lendemain,
c'estoit à
recommencer~
maisle second amant qui,
estoit nostre homme de.
quatre-vingt tant d'années voulut un jour que.
leur adieu ne recomençast.
plus;& cela fut resolu.
fermement en sa presence, car il estoit revesche.
& brutal, ce vieil amant
resta seul à la Veuve pendant quelque temps, il
ne tenoitquasià rien qu'il
n'épousast, il n'attendoit
pourfaire la nopce que
quelqu'un de ses bons
jours où la goute & la
gravelle lui donnoient du
relasche, &. il lui venoit
presque tous les mois,
quelqu'un de ces bons.
jours où il souffoit;
moins
,
c'est ce qu'il attendoit pour Ce donner la
consolation du mariage.
Un autre Vieillard, à
peu prés du mesme âge,4
mais qui ne pouvoit plus
marcher, & qui se faisoit
porter tous les jours dans
l'Egliseen chaise à gouteux
,
y
avoit veu cette
belle personne
,
& en devint encore plus amoureux que n'estoitl'autre,
celuy-cy voyoit quelquefois le jeune hOlnlne, il
s'adressa à lui, le priant,
comme il connoissoit cete Veuve,d'obtenird'elle
qu'ill'allât visiter en chaise, & qu'elle permit que
sa chaise entrait jusques
danssachambre,pourl'inconvenient de ce qu'il
souffroit, & des cris qu'il
faisoit quand il l'enfalloit
tirer; cette proposition
fut accompagnée d'un
offre deviiilyt mille écus
d'abord à la Veuve, pour
souffrir l'incommodité de
cette visite, &C condition
offerte de luy livrer les
vingt mille écus francs,
si l'ayant veuë, il ne jugeoit par convenable de
l'épouser, mais que sielle
luy convenoit., ilvouloit
au lieu des vingt mille
écus, lui donner tout Ton
bien par un contrat de
mariage.
Cette proposition rendit attentif ce jeune
Amant,d'abord le desir
de se vanger du vieux
DON-
brutal qui l'avoitcbaftè
d'auprès de sa Maistresse
,
luy fit escouter ce rivalcy, & deplus, il vit un
avantage seur, pour celle
qu'il aimoit
)
il alla d'abord luy faire la proposition
,
à quoy elle respondit aprèsavoir un peu rêvé : mon Dieu que de
Vieillards; à quoy repartit lejeune,béc'est tant
mieux, jesouhaite que
celuy-cy vive long-temps
avec vous, maisenfin de
compte, vousJèreZj ricke:
la Veuve ne répondit
qu'en soupirant,elleregarda le jeune hoxnnjc^
& après un silence fort
tendre elle dit seulement,
hé bien faites venir le
Gouteuxenchaise.
Le jeune Amant fut
trouver le Gouteuxqu'il
réjouir fort par la bonne
nouvelle, laVeuve avoit
"- dit à sa servante unique,
de faire monter une chaise qui viendroit lavoir
cette aprèsmidy. Notez
que l'autre vieux Amant
n'estoit point venu depuis quelques jours,retenu au lit par gotfte&C
gravelle; maiss'enennuyant
,
il se fit, empaqueter chaudement dans
une chaise
,
& porter
chez samaistresse qui le
sçavoit au lit, &voulant
la surprendre agréablement parcettevisite inopinée fitouvrirla porté
d'en bas. dont il avoit le
passe-par-tout
,
& sans
estre veu dela servante
qui estoit dans sa chambre en haut, il entra tout
brandi jusqu'auprés du
feu de la Veuve où elle
revassoit aux vingt mille
écus de l'autre gouteux.
- Dans sa surprise la
Veuve (e levé en sursaut
de son fauteuil, & fait
des compliments à celuicy tels qu'elle les croyoit
faire à l'autre, jusqu'à ce
que s'appercevant de sa
mpric, elle se troubla.
Le bonhomme brutal aurait pris ce compliment
pour resverie, ayant veu
en entrant la Veuve comme endormie prés de son
feu. Mais le second gouteux dans la féconde chaise suivoit de prés, ayant
trouvé la porte ouverte,
ses porteurs en quatre enjambéesl'eurenttransporté dans la chambre. Enfin les deux chaises se
trouverent placées aux.
costez dela cheminée, &c
---.k Veuve
au milieu, les
porteurs évadez elle resta
entre ces deux vieillards.
Lorsaussi embarasséeque
le fut jadisSusanne, le premierprétendant brutal Se
emporté commença la
querelle, comme il n'avoit que la langue de libre aussi s'en servit
-
il de
merveilles, Se conclut
par des reproches, accusant la Veuve d'inconstance & d'ingratitude,
envers un amant premier
en date, dont elle trahiffoit l'amour. Il n'est point
tquçftion
,
reprit l'autre,
qui estoitpluscensé,ny
d'amour, ny de primauté
en date,ny d'inconstance,
avec de vieux gouteux
comme nous, & vous
,
avez tort de mettre vostre amour en ligne de
comptesiln'y a qu'une
chose à sçavoir, & qu'un
mot qui serve
3
j'apporte
vingt mille escus pour
ma premiere visite ,en
avez vous là trente? elle
vous preferera, & je ne
m'en plaindray point,
qu'elle me
-
congedie.
L'autre ne répondit à cela
qu'en appellant ses porteurs )
ôc menaçant furieusementsonrival, &l
jurant qu'il auroit de ses
nouvelles avant le soir.
On le remporta, Se l'autre après une visite trés
longue, promit d'époufer le lcpdenlain, mais
en arrivant chez luy le
[air, il trouva un billet
du brutal, qui luy escrivoit que la rage l'avoit
gueri de la goute, &C
qu'il avoit des pieds pour
aller hors les portes de la
Ville, &C une main pour
se battre,& qu'il ne manquait pas de sy trouver
dés la pointe du jour:
celuy-cy luy manda qu'il
n'avoir qu'une main, &
point de jambes
,
mais
qu'il vint le voir, ou qu'il
l'attendist chez luy, &C
qu'ils conviendraient de.
la forme du combat, l'autre y
vint une heure aprés.
Le plus raisonnable des
deux dit au brutal que
n'étant point en estat de
tirer l'espée ,ilne doutoit point qu'il ne consentist à se battre au pistolet.
Ils convinrent pour cela
que sous prétexte d'aller
prendre l'air,ils se feroient porter l'un & l'autre dans une maison de
campagne fort proche de
la Ville, & qu'ils emprunterent à un de leurs
amis sans luy dire pourquoy;ils se firent dresser
deux lits dans la mesme
chambre,& après y
avoir
couché la premiere nuit
fort tranquilles, ils foupercnt le soir ensemble
,
se
firent coucher par leurs
valets qui se retirerent ensuite, &C le lendemain htost que le jour fut assez
grand pour ce qu'ils
avoient à faire, ils s'accommoderent & se cantonnerent chacun sur son
lit ,& tinrent chacun
deux pistolets en évidence, à condition de les tirer alternativement. Ce
fut une cérémonie un peu
longue à qui tireroit le
premier, le brutal commença& manqua le premier coup, l'autre tira cC
manqua aussi le lien,
maisle brutal recommença & perça la poitrine à
l'autre; alors voyant celuy cy qui estoit fort mal,
illuy dit:tu ne feras plus
en estat de me disputer
ma belle Veuve. Ce dernier mot redoublant la jalousie du blessé,iltire (on
second coup, qui blessa
l'autreau bras, pendant
ce combat les valets accoururent aux coups, &
le brutal bravant tousjours l'autre sur ce qu'il
auroit la Veuve; celuycy demanda une plume
& de l'ancre; & pendant
qu'on alloitquérir du secoursil écrivit quelques
lignes & fit cacheter le
billetpar un valet affidé,
à qui il recommanda de
le donnerà la Veuve. Le
brutal cependant continuoit ses bravades, vous
faites bien luy dit-il, de
luy escrire un tendre
adieu, car je la possederay bien-tost. Une heure
aprés
,
le blessé à mort
mourut, les valets cache-
rent ce duel, ils estoient
seuls dans la maison, on
emporta le brutal chez
luy, & on fit croire que
l'autre s'estoit tué luymesme.
Quelques jours après
la Veuveayant receu le
billet, & le jeune homme
l'estantallé trouver pour
se plaindre avec elle de ce
que le riche vieillard la
devant espouser le lendemain
,
estoit mort trop
tost de quelques jours, le
brutal victorieux se fit
porter chez elle, estant
beaucoup mieux & se
voyant en estat de jouïr
du fruit de sa victoire ; en
arrivant il fulmina d'abord contre la Veuve &c
contre le jeune homme
à qui la jalousie luy fit
dire mille injures, mais
la Veuveluirépondit
tranquillementqu'ilavoit
eu tort d'insulter celuy
qu'il avoit tué, &quele
mourant justement irrité
avoit
avoit voulu du moins en
expirant luy oster les
moyens de triompher de
lui après sa mort en possedant sa maistresse, &C
qu'illui avoit envoyé un
billet qui estoit un testament par lequel il lui laissoit tout son bien, à elle
Se au jeune homme,à
condition qu'ils s'espouferoient, & qu'ainsi il
n'avoir qu'à se faire reporter chez lui. Jugez
qu'elle fut la rage de nos-
tre brutal, elle finit par
un appel à coup de pistolet qu'il fit au jeune hom- -
me,quiluidit qu'il lui
prefteroit volontiers le
colet l'espée à la main.
Levieuxappellants'écria
qu'iln'estoit pas en estat
de mettre l'espée à la
main, ne pouvant se tenir
sur les jambes, Se que la
partie n'estoit pas esgale;
puisque - vous voulez de
l'égalité répliqua la jeune
homme, attendez donc
que j'aye quatre-vingt
ans, & les goutes
,
car de
risquer à présent ma vie
contre la vostre
3
ce seroit
joiier trente contre un.
Tragi-comique, écrite
par un Suisede SoImre.
CEsjours-cy dans nostreVille Capitale,est mort
de chagrin un homme de
quatre-vingt huit ans,
voicy l'avanture qui lui
causa l'an passé un fond
de melancolie, où il n'a
pû resister, quoy qu'avec
l'âge on doiveavoir acquis la force de l'esprit,
par
par habitude de surmonter les chagrins, & sur
tout ceux de l'amour;
cest pourtant un chagrin
d'amour, qui joint à quatre-vingt huit années, a
fait perdre patience
,,
Be
vie, àundes plus braves
Suisses de nos Cantons.
Voicyl'origine de ce
malheur.
Une Veuve François
estimée de tous nous autres pour sa rare, bonne
conduite & vertu, avoit
chez elle quantité de gens
d'esprit
,
de l'un & de
l'autre sexe
,comme il en
est beaucoup chez nous.
quoi qu'en dire les sots
cette Veuve approchoit
vers les trente ans,c'est
jeunesse encore en nos
pays, non comme en
France; en effet cette Veuvebrilloit tellement, que personne ne
pouvoit s'empescher de.
l'aimer, & elle menageoit tous ces
amours là
pour faire revivre la fortune
,
morte pour elle
avec feu son mary; entre
tous ceux qui l'aimoient
il n'en estoit que trois qui
eussent pour but le mariage, & tous les autres
qui avoient des veuës je
ne sçay quelles, furent
congediez
,
par cette
vertueuse Veuve.
Voici donc les trois restants. Le premier c'estoit
un jeune homme fait à
peindre, &C d'un esprit
aimable plein de raison,
maisn'ayant point de
bien, non plus que la
Veuve; ilsavoient resolu
tous deux de ne se plus,
voir, tous les jours ilsse
disoient adieu pour jamais
,
& le lendemain,
c'estoit à
recommencer~
maisle second amant qui,
estoit nostre homme de.
quatre-vingt tant d'années voulut un jour que.
leur adieu ne recomençast.
plus;& cela fut resolu.
fermement en sa presence, car il estoit revesche.
& brutal, ce vieil amant
resta seul à la Veuve pendant quelque temps, il
ne tenoitquasià rien qu'il
n'épousast, il n'attendoit
pourfaire la nopce que
quelqu'un de ses bons
jours où la goute & la
gravelle lui donnoient du
relasche, &. il lui venoit
presque tous les mois,
quelqu'un de ces bons.
jours où il souffoit;
moins
,
c'est ce qu'il attendoit pour Ce donner la
consolation du mariage.
Un autre Vieillard, à
peu prés du mesme âge,4
mais qui ne pouvoit plus
marcher, & qui se faisoit
porter tous les jours dans
l'Egliseen chaise à gouteux
,
y
avoit veu cette
belle personne
,
& en devint encore plus amoureux que n'estoitl'autre,
celuy-cy voyoit quelquefois le jeune hOlnlne, il
s'adressa à lui, le priant,
comme il connoissoit cete Veuve,d'obtenird'elle
qu'ill'allât visiter en chaise, & qu'elle permit que
sa chaise entrait jusques
danssachambre,pourl'inconvenient de ce qu'il
souffroit, & des cris qu'il
faisoit quand il l'enfalloit
tirer; cette proposition
fut accompagnée d'un
offre deviiilyt mille écus
d'abord à la Veuve, pour
souffrir l'incommodité de
cette visite, &C condition
offerte de luy livrer les
vingt mille écus francs,
si l'ayant veuë, il ne jugeoit par convenable de
l'épouser, mais que sielle
luy convenoit., ilvouloit
au lieu des vingt mille
écus, lui donner tout Ton
bien par un contrat de
mariage.
Cette proposition rendit attentif ce jeune
Amant,d'abord le desir
de se vanger du vieux
DON-
brutal qui l'avoitcbaftè
d'auprès de sa Maistresse
,
luy fit escouter ce rivalcy, & deplus, il vit un
avantage seur, pour celle
qu'il aimoit
)
il alla d'abord luy faire la proposition
,
à quoy elle respondit aprèsavoir un peu rêvé : mon Dieu que de
Vieillards; à quoy repartit lejeune,béc'est tant
mieux, jesouhaite que
celuy-cy vive long-temps
avec vous, maisenfin de
compte, vousJèreZj ricke:
la Veuve ne répondit
qu'en soupirant,elleregarda le jeune hoxnnjc^
& après un silence fort
tendre elle dit seulement,
hé bien faites venir le
Gouteuxenchaise.
Le jeune Amant fut
trouver le Gouteuxqu'il
réjouir fort par la bonne
nouvelle, laVeuve avoit
"- dit à sa servante unique,
de faire monter une chaise qui viendroit lavoir
cette aprèsmidy. Notez
que l'autre vieux Amant
n'estoit point venu depuis quelques jours,retenu au lit par gotfte&C
gravelle; maiss'enennuyant
,
il se fit, empaqueter chaudement dans
une chaise
,
& porter
chez samaistresse qui le
sçavoit au lit, &voulant
la surprendre agréablement parcettevisite inopinée fitouvrirla porté
d'en bas. dont il avoit le
passe-par-tout
,
& sans
estre veu dela servante
qui estoit dans sa chambre en haut, il entra tout
brandi jusqu'auprés du
feu de la Veuve où elle
revassoit aux vingt mille
écus de l'autre gouteux.
- Dans sa surprise la
Veuve (e levé en sursaut
de son fauteuil, & fait
des compliments à celuicy tels qu'elle les croyoit
faire à l'autre, jusqu'à ce
que s'appercevant de sa
mpric, elle se troubla.
Le bonhomme brutal aurait pris ce compliment
pour resverie, ayant veu
en entrant la Veuve comme endormie prés de son
feu. Mais le second gouteux dans la féconde chaise suivoit de prés, ayant
trouvé la porte ouverte,
ses porteurs en quatre enjambéesl'eurenttransporté dans la chambre. Enfin les deux chaises se
trouverent placées aux.
costez dela cheminée, &c
---.k Veuve
au milieu, les
porteurs évadez elle resta
entre ces deux vieillards.
Lorsaussi embarasséeque
le fut jadisSusanne, le premierprétendant brutal Se
emporté commença la
querelle, comme il n'avoit que la langue de libre aussi s'en servit
-
il de
merveilles, Se conclut
par des reproches, accusant la Veuve d'inconstance & d'ingratitude,
envers un amant premier
en date, dont elle trahiffoit l'amour. Il n'est point
tquçftion
,
reprit l'autre,
qui estoitpluscensé,ny
d'amour, ny de primauté
en date,ny d'inconstance,
avec de vieux gouteux
comme nous, & vous
,
avez tort de mettre vostre amour en ligne de
comptesiln'y a qu'une
chose à sçavoir, & qu'un
mot qui serve
3
j'apporte
vingt mille escus pour
ma premiere visite ,en
avez vous là trente? elle
vous preferera, & je ne
m'en plaindray point,
qu'elle me
-
congedie.
L'autre ne répondit à cela
qu'en appellant ses porteurs )
ôc menaçant furieusementsonrival, &l
jurant qu'il auroit de ses
nouvelles avant le soir.
On le remporta, Se l'autre après une visite trés
longue, promit d'époufer le lcpdenlain, mais
en arrivant chez luy le
[air, il trouva un billet
du brutal, qui luy escrivoit que la rage l'avoit
gueri de la goute, &C
qu'il avoit des pieds pour
aller hors les portes de la
Ville, &C une main pour
se battre,& qu'il ne manquait pas de sy trouver
dés la pointe du jour:
celuy-cy luy manda qu'il
n'avoir qu'une main, &
point de jambes
,
mais
qu'il vint le voir, ou qu'il
l'attendist chez luy, &C
qu'ils conviendraient de.
la forme du combat, l'autre y
vint une heure aprés.
Le plus raisonnable des
deux dit au brutal que
n'étant point en estat de
tirer l'espée ,ilne doutoit point qu'il ne consentist à se battre au pistolet.
Ils convinrent pour cela
que sous prétexte d'aller
prendre l'air,ils se feroient porter l'un & l'autre dans une maison de
campagne fort proche de
la Ville, & qu'ils emprunterent à un de leurs
amis sans luy dire pourquoy;ils se firent dresser
deux lits dans la mesme
chambre,& après y
avoir
couché la premiere nuit
fort tranquilles, ils foupercnt le soir ensemble
,
se
firent coucher par leurs
valets qui se retirerent ensuite, &C le lendemain htost que le jour fut assez
grand pour ce qu'ils
avoient à faire, ils s'accommoderent & se cantonnerent chacun sur son
lit ,& tinrent chacun
deux pistolets en évidence, à condition de les tirer alternativement. Ce
fut une cérémonie un peu
longue à qui tireroit le
premier, le brutal commença& manqua le premier coup, l'autre tira cC
manqua aussi le lien,
maisle brutal recommença & perça la poitrine à
l'autre; alors voyant celuy cy qui estoit fort mal,
illuy dit:tu ne feras plus
en estat de me disputer
ma belle Veuve. Ce dernier mot redoublant la jalousie du blessé,iltire (on
second coup, qui blessa
l'autreau bras, pendant
ce combat les valets accoururent aux coups, &
le brutal bravant tousjours l'autre sur ce qu'il
auroit la Veuve; celuycy demanda une plume
& de l'ancre; & pendant
qu'on alloitquérir du secoursil écrivit quelques
lignes & fit cacheter le
billetpar un valet affidé,
à qui il recommanda de
le donnerà la Veuve. Le
brutal cependant continuoit ses bravades, vous
faites bien luy dit-il, de
luy escrire un tendre
adieu, car je la possederay bien-tost. Une heure
aprés
,
le blessé à mort
mourut, les valets cache-
rent ce duel, ils estoient
seuls dans la maison, on
emporta le brutal chez
luy, & on fit croire que
l'autre s'estoit tué luymesme.
Quelques jours après
la Veuveayant receu le
billet, & le jeune homme
l'estantallé trouver pour
se plaindre avec elle de ce
que le riche vieillard la
devant espouser le lendemain
,
estoit mort trop
tost de quelques jours, le
brutal victorieux se fit
porter chez elle, estant
beaucoup mieux & se
voyant en estat de jouïr
du fruit de sa victoire ; en
arrivant il fulmina d'abord contre la Veuve &c
contre le jeune homme
à qui la jalousie luy fit
dire mille injures, mais
la Veuveluirépondit
tranquillementqu'ilavoit
eu tort d'insulter celuy
qu'il avoit tué, &quele
mourant justement irrité
avoit
avoit voulu du moins en
expirant luy oster les
moyens de triompher de
lui après sa mort en possedant sa maistresse, &C
qu'illui avoit envoyé un
billet qui estoit un testament par lequel il lui laissoit tout son bien, à elle
Se au jeune homme,à
condition qu'ils s'espouferoient, & qu'ainsi il
n'avoir qu'à se faire reporter chez lui. Jugez
qu'elle fut la rage de nos-
tre brutal, elle finit par
un appel à coup de pistolet qu'il fit au jeune hom- -
me,quiluidit qu'il lui
prefteroit volontiers le
colet l'espée à la main.
Levieuxappellants'écria
qu'iln'estoit pas en estat
de mettre l'espée à la
main, ne pouvant se tenir
sur les jambes, Se que la
partie n'estoit pas esgale;
puisque - vous voulez de
l'égalité répliqua la jeune
homme, attendez donc
que j'aye quatre-vingt
ans, & les goutes
,
car de
risquer à présent ma vie
contre la vostre
3
ce seroit
joiier trente contre un.
Fermer
Résumé : AVANTURE Tragi-comique, écrite par un Suisse de Soleure.
Le texte décrit une tragi-comédie écrite par un Suisse nommé SoImre. L'intrigue commence avec la mort d'un homme suisse de 88 ans, victime d'un chagrin d'amour. Cet homme était épris d'une veuve française, âgée d'environ 30 ans, respectée pour sa vertu et sa bonne conduite. Plusieurs hommes souhaitaient l'épouser, notamment un jeune homme sans fortune, l'homme de 88 ans, et un autre vieillard impotent. Le vieillard impotent proposa à la veuve de lui rendre visite en chaise à porteurs et offrit une somme d'argent pour obtenir sa main. Le jeune homme, jaloux du vieillard brutal qui l'avait chassé, accepta la proposition du vieillard impotent. Ce dernier se fit porter chez la veuve, mais le vieillard brutal, se croyant invité, arriva également. Une querelle éclata entre les deux vieillards, chacun accusant la veuve d'inconstance. Le vieillard impotent proposa un duel au pistolet, auquel le vieillard brutal accepta. Lors du duel, le vieillard brutal blessa mortellement son rival. Avant de mourir, le vieillard impotent écrivit un testament laissant toute sa fortune à la veuve et au jeune homme, à condition qu'ils se marient. Le vieillard brutal, furieux, défia le jeune homme en duel, mais ce dernier refusa, arguant que la partie n'était pas égale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6
p. 347-348
Autre
Début :
Mademoiselle de Rezé demeurant ruë de la Comédie chez un [...]
Mots clefs :
Docteurs en médecine de la faculté de Paris, Goutte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre
Autre
Mademoiselle deRezé demeurant
ruë de laComedie chez un
Perruquier au ſecond , approuvéedes
Docteurs en Medecinela
348 MERCURE
.
Faculté de Paris donne un remede
composé de Simples ,qui
guerit &prſerve de la goute
d'une maniere fort aisée Sans
aucun danger Elle guerit auffi
avec un Beaume ſpecifique tous
les maux de dents pour toujours,
quelques gateés qu'elles forent ,
les conſerve , affermit celles qui
branlent , les blanchit. Elle
ades Boutons composez pour les
fluxions, maux de teste , migraine
&qui prefervent du mauvais air.
Mademoiselle deRezé demeurant
ruë de laComedie chez un
Perruquier au ſecond , approuvéedes
Docteurs en Medecinela
348 MERCURE
.
Faculté de Paris donne un remede
composé de Simples ,qui
guerit &prſerve de la goute
d'une maniere fort aisée Sans
aucun danger Elle guerit auffi
avec un Beaume ſpecifique tous
les maux de dents pour toujours,
quelques gateés qu'elles forent ,
les conſerve , affermit celles qui
branlent , les blanchit. Elle
ades Boutons composez pour les
fluxions, maux de teste , migraine
&qui prefervent du mauvais air.
Fermer
Résumé : Autre
Mademoiselle de Rezé, résidant rue de la Comédie, propose un remède approuvé par des docteurs pour guérir et prévenir la goutte. Elle offre aussi un baume pour traiter les maux de dents, renforcer et blanchir les dents. Elle vend des boutons composés contre les fluxions, maux de tête, migraines et les effets du mauvais air.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7
p. 554-557
EXTRAIT d'une Lettre de Marseille, sur la Goute.
Début :
Mr. Sicard, Medecin à Marseille, a découvert depuis quelques années un remede contre [...]
Mots clefs :
Goutte, Remède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de Marseille, sur la Goute.
EXTRAIT d'une Lettre de Marseille;
fur la Goute.
M
R. Sicard , Medecin à Marſeille , a décou
vert depuis quelques années un remede contre
la Goute ; il en a fait ici diverſes experiences
fur differens malades qui en ont été promtement
foulagés & infenfiblement gueris ; les uns plutôt,
les autres un peu plus tard. Ceux qui font gouteux
depuis long-tems , font quelquefois obligés
d'ufer deux ou trois fois de ce remede ; mais une
Goute recente eft pour l'ordinaire arrêtée &
guerie à la premiere application du topique. C'eſt
une eau de couleur de paille , qui fe conferve
long- tems , pourvû qu'on ait foin de tenir la
bouteille bien bouchée ; on en baffine la partie
fouffrante , & c'eft fur-tout dans le moment des
plus vives douleurs qu'il en faut faire l'application .
Cette eau ne détruit pas les nodofités , mais elle
fortifie la partie malade , & la defobftruë ; elle diwife
, elle fubtilife , & diffout la matiere gouteufe,
fans crainte de la repercuter dans la maffè du fang,
ni de procurer au malade cette Goute anomale ou
irreguliere , appellée en France Goute remontée ;
bien plus , par l'experience de plufieurs Gouteux
qui ont été gueris ici , on s'eft apperçû que l'application
de cette eau , fait ceffer les fymptomes.
qui fuivent ordinairement la Goute , comme la.
difficulté de refpirer , les douleurs de tête , la rougeur
du vifage , la fievre même , quelque violente
qu'elle foit , & cela fans faignée , fans purgatif,
& fans autre remede , moyennant pourtant
un régime de vie frugale.
Cette découverte a donné lieu à l'illuftre M.
Didier , Profeffeur Royal de Chymie , en la Faculté
de Medecine à Montpellier , de faire foûteniz
M. AR S. 1730 .
SS.S
air une Theſe pleine d'efprit & d'érudition , ou
après avoir parlé des mauvais effets de la faignée,
des purgatifs , des dieuretiques & des fudorifiques,
il fe retranche à conclure qu'il n'y a que le feul
topique qui peut être utile dans cette cruelle maladie
, & qu'il faut chercher un topique Hitomtrique
; c'eft ce que M. Sicard a cherché pendant.
long-tems avec grand foin , & ce qu'il fe flatte
enfin d'avoir heureuſement trouvé. Il n'y a qu'une
feule forte de malade qui ait reſiſté à l'efficacité
de fon remede , ce font ces Gouteux qui ont
les jambes enflées & hidropiques; l'hidropifie arrê
te l'effet du remede , & l'empêche de penetrer jufques
dans le centre du mal.
une écuelle
2. pour
Pour fe fervir de ce topique , il faut prendre
un linge ufé , le plier en double , & l'étendre fur
la partie fouffrante ; on l'attache avec un fil , one
verfe enfuite un peu d'eau Antipodragique dans
la faire tiedir, on y trempe une
petite éponge pour baigner le linge étendu fur la
partie malade , & dès que le linge eft prefque fec,
on le rebaigne comme auparavant , en continuant
ainfi jufqu'à la ceffation de la douleur. Cette fomentation
doit être continuée pendant tout le jour
& une partie de la nuit , excepté les heures du repos
jufqu'à une parfaite guerifon..
Si ce remede réuffit , ce fera une vraye trouvaille
pour le Public ; car l'eau en queftion n'eft
pas fort chere , & même M. Sicard qui eft trèsbon
Chymifte , s'en remettra à la difcretion des
malades.
fur la Goute.
M
R. Sicard , Medecin à Marſeille , a décou
vert depuis quelques années un remede contre
la Goute ; il en a fait ici diverſes experiences
fur differens malades qui en ont été promtement
foulagés & infenfiblement gueris ; les uns plutôt,
les autres un peu plus tard. Ceux qui font gouteux
depuis long-tems , font quelquefois obligés
d'ufer deux ou trois fois de ce remede ; mais une
Goute recente eft pour l'ordinaire arrêtée &
guerie à la premiere application du topique. C'eſt
une eau de couleur de paille , qui fe conferve
long- tems , pourvû qu'on ait foin de tenir la
bouteille bien bouchée ; on en baffine la partie
fouffrante , & c'eft fur-tout dans le moment des
plus vives douleurs qu'il en faut faire l'application .
Cette eau ne détruit pas les nodofités , mais elle
fortifie la partie malade , & la defobftruë ; elle diwife
, elle fubtilife , & diffout la matiere gouteufe,
fans crainte de la repercuter dans la maffè du fang,
ni de procurer au malade cette Goute anomale ou
irreguliere , appellée en France Goute remontée ;
bien plus , par l'experience de plufieurs Gouteux
qui ont été gueris ici , on s'eft apperçû que l'application
de cette eau , fait ceffer les fymptomes.
qui fuivent ordinairement la Goute , comme la.
difficulté de refpirer , les douleurs de tête , la rougeur
du vifage , la fievre même , quelque violente
qu'elle foit , & cela fans faignée , fans purgatif,
& fans autre remede , moyennant pourtant
un régime de vie frugale.
Cette découverte a donné lieu à l'illuftre M.
Didier , Profeffeur Royal de Chymie , en la Faculté
de Medecine à Montpellier , de faire foûteniz
M. AR S. 1730 .
SS.S
air une Theſe pleine d'efprit & d'érudition , ou
après avoir parlé des mauvais effets de la faignée,
des purgatifs , des dieuretiques & des fudorifiques,
il fe retranche à conclure qu'il n'y a que le feul
topique qui peut être utile dans cette cruelle maladie
, & qu'il faut chercher un topique Hitomtrique
; c'eft ce que M. Sicard a cherché pendant.
long-tems avec grand foin , & ce qu'il fe flatte
enfin d'avoir heureuſement trouvé. Il n'y a qu'une
feule forte de malade qui ait reſiſté à l'efficacité
de fon remede , ce font ces Gouteux qui ont
les jambes enflées & hidropiques; l'hidropifie arrê
te l'effet du remede , & l'empêche de penetrer jufques
dans le centre du mal.
une écuelle
2. pour
Pour fe fervir de ce topique , il faut prendre
un linge ufé , le plier en double , & l'étendre fur
la partie fouffrante ; on l'attache avec un fil , one
verfe enfuite un peu d'eau Antipodragique dans
la faire tiedir, on y trempe une
petite éponge pour baigner le linge étendu fur la
partie malade , & dès que le linge eft prefque fec,
on le rebaigne comme auparavant , en continuant
ainfi jufqu'à la ceffation de la douleur. Cette fomentation
doit être continuée pendant tout le jour
& une partie de la nuit , excepté les heures du repos
jufqu'à une parfaite guerifon..
Si ce remede réuffit , ce fera une vraye trouvaille
pour le Public ; car l'eau en queftion n'eft
pas fort chere , & même M. Sicard qui eft trèsbon
Chymifte , s'en remettra à la difcretion des
malades.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de Marseille, sur la Goute.
Le médecin marseillais R. Sicard a découvert un remède contre la goutte, une eau de couleur paille, efficace pour soulager et guérir rapidement les douleurs, notamment lors des crises aiguës. Ce remède fortifie la partie malade, dissout et élimine la matière goutteuse sans la répandre dans le sang. Il supprime également les symptômes associés comme la difficulté à respirer, les maux de tête, la rougeur du visage et la fièvre, sans nécessiter de jeûne ou de purgatif, à condition de suivre un régime frugal. L'illustre M. Didier, professeur de chimie à Montpellier, avait conclu en 1730 que seul un topique humoristique était utile contre la goutte. Sicard a trouvé ce topique après des recherches approfondies, bien que son efficacité soit limitée chez les goutteux avec des jambes enflées et hydropiques. L'application du remède consiste à imbiber un linge plié et appliqué sur la partie douloureuse avec une éponge trempée dans l'eau tiédie, en continu jusqu'à la cessation de la douleur. Ce remède, modéré en coût et disponible grâce à Sicard, pourrait être une véritable trouvaille pour le public.
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8
p. 1854-1855
EXTRAIT d'une Lettre écrite de l'Abbaye Royale d'Ambournay, Ordre de S. Benoît, Diocèse de Lyon, le 4 Août 1744, au sujet d'un Remede éprouvé contre la Goute invéterée, &c.
Début :
Apoticaire de ma Profession, & gouteux par tempérament, j'ai cherché par les secours de [...]
Mots clefs :
Remède, Abbaye, Goutte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de l'Abbaye Royale d'Ambournay, Ordre de S. Benoît, Diocèse de Lyon, le 4 Août 1744, au sujet d'un Remede éprouvé contre la Goute invéterée, &c.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de l'Abbaye
Royale d'Ambournay , Ordre de S. Benoît,
Diocèfe de Lyon , le 4 Août 1744 , au ſujet
d'un Remede éprouvé contre la Goute invéterée
, &c.
A
Potiquaire de ma Profeffion , & gouteux par
tempérament , j'ai cherché par les fecours de
PArt , à guérir de cette cruelle maladie ; la prétendue
impoffibilité ne m'a point rebuté. J'ai pensé ,
j'ai cherché , j'ai diffous , j'ai compofé , & c'eſt enfin
fur moi-même que j'ai fait mes Epreuves . Il eft
peu de perfonnes dont la Goute fût plus violente &
plus fréquente que la mienne. Ce n'étoit pas feulement
aux pieds , mais encore aux genoux & aux
mains qu'elle me tenoit tout à la fois , & pendant
des tems confidérables. Quelques prochaines qu'en
fuffent les attaques l'une de l'autre , je n'en ai eu
aucune , depuis que j'ai fait ufage du Remede que
j'ai inventé, & voici la fixième année qui court, fans
que j'aye eu le moindre reffentiment de ce mal.
Une Religieufe Bénédictine , gouteuſe , autant
qu'on puiffe l'être , dans l'efpérance d'une pareille
guérifon , ayant fait ufage de mon Opiate , s'eft
trouvée parfaitement délivrée du même mal , & deux
ans font déja expirés , fans qu'elle en ait fenti le
moindre retour.
Enfin , un Religieux de notre Abbaye , gouteux
depuis l'âge de quinze ans , & qui depuis
plufieurs années , en avoit deux attaques reglées , fe
trouve aujourd'hui radicalement guéri , & en état
d'attefter la bonté de mon Remede.
Perfuadé qu'il peut opérer auffi heureuſement fur
d'autres Sujets, en obfervant les regles faciles que
je fuis en état de prefcrire , j'ai cru qu'il étoit de
mon
THE NEW YORK
PUBLIC LIBRARY.
ASTOR LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS.
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
A O UST. 1744. 1855
mon devoir de l'annoncer au Public , s'agiffant d'un
bien général , avec d'autant plus de raifon , que la
Goute étant fouvent compliquée d'autres maux ,
comme Rhumatifme , Gravelle , & c . le même Remede
agit encore efficacement à cet égard , par la
nature de fa compofition.
看
Ceux qui voudront ufer de ce Remede , fe ferviront
de cette Adreffe , en affranchiffant les Lettres,
Au Frere Etienne Joubert , Apotiquaire de 1 Abbaye
Royale d'Ambournay , en Bugey , par S. Jean le Vieux ,
Route de Geneve.
Ou bien au même , chés M. Franquon , Marchand
Droguifte , ruë de l'Enfant qui piſſe , à Lyon.
Il donnera avec le Remede , l'Inftruction néceffaire
pour l'employer utilement.
Royale d'Ambournay , Ordre de S. Benoît,
Diocèfe de Lyon , le 4 Août 1744 , au ſujet
d'un Remede éprouvé contre la Goute invéterée
, &c.
A
Potiquaire de ma Profeffion , & gouteux par
tempérament , j'ai cherché par les fecours de
PArt , à guérir de cette cruelle maladie ; la prétendue
impoffibilité ne m'a point rebuté. J'ai pensé ,
j'ai cherché , j'ai diffous , j'ai compofé , & c'eſt enfin
fur moi-même que j'ai fait mes Epreuves . Il eft
peu de perfonnes dont la Goute fût plus violente &
plus fréquente que la mienne. Ce n'étoit pas feulement
aux pieds , mais encore aux genoux & aux
mains qu'elle me tenoit tout à la fois , & pendant
des tems confidérables. Quelques prochaines qu'en
fuffent les attaques l'une de l'autre , je n'en ai eu
aucune , depuis que j'ai fait ufage du Remede que
j'ai inventé, & voici la fixième année qui court, fans
que j'aye eu le moindre reffentiment de ce mal.
Une Religieufe Bénédictine , gouteuſe , autant
qu'on puiffe l'être , dans l'efpérance d'une pareille
guérifon , ayant fait ufage de mon Opiate , s'eft
trouvée parfaitement délivrée du même mal , & deux
ans font déja expirés , fans qu'elle en ait fenti le
moindre retour.
Enfin , un Religieux de notre Abbaye , gouteux
depuis l'âge de quinze ans , & qui depuis
plufieurs années , en avoit deux attaques reglées , fe
trouve aujourd'hui radicalement guéri , & en état
d'attefter la bonté de mon Remede.
Perfuadé qu'il peut opérer auffi heureuſement fur
d'autres Sujets, en obfervant les regles faciles que
je fuis en état de prefcrire , j'ai cru qu'il étoit de
mon
THE NEW YORK
PUBLIC LIBRARY.
ASTOR LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS.
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
A O UST. 1744. 1855
mon devoir de l'annoncer au Public , s'agiffant d'un
bien général , avec d'autant plus de raifon , que la
Goute étant fouvent compliquée d'autres maux ,
comme Rhumatifme , Gravelle , & c . le même Remede
agit encore efficacement à cet égard , par la
nature de fa compofition.
看
Ceux qui voudront ufer de ce Remede , fe ferviront
de cette Adreffe , en affranchiffant les Lettres,
Au Frere Etienne Joubert , Apotiquaire de 1 Abbaye
Royale d'Ambournay , en Bugey , par S. Jean le Vieux ,
Route de Geneve.
Ou bien au même , chés M. Franquon , Marchand
Droguifte , ruë de l'Enfant qui piſſe , à Lyon.
Il donnera avec le Remede , l'Inftruction néceffaire
pour l'employer utilement.
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9
p. 233-234
LETTRE de M. Morand, à M. Fréron, sur le Reméde contre la Goutte, de M. Chavy De Mongerbet, dans l'Année Littéraire de Janvier 1760.
Début :
Je vous avoue, Monsieur, qu'en lisant le Mémoire de M. Chavy de Mongerbet, Médecin à Bourg en Bresse, [...]
Mots clefs :
Médecin, Goutte, Témoignage, Mémoire, Remèdes, Tisanes, Plantes, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Morand, à M. Fréron, sur le Reméde contre la Goutte, de M. Chavy De Mongerbet, dans l'Année Littéraire de Janvier 1760.
LETTRE de M. MORAND , à M. FRERON ,
fur le Reméde contre la Goutte, de M. CHAVY -
DE MONGERBET , dans l'Année Littéraire de
Janvier 1760 .
JE vous avoue , Monfieur , qu'en lifant le Mémoire
de M. Chavy de Mongerbet , Médecin à
Bourg en Breffe , fur la Goutte , je nefus pas plus
perfuadé que vous : mais ce Médecin eft venu à Paris;
& plufieurs goutteux , entr'autres un très grand
Seigneur, ayant pris fes remédes ; j'ai eu des témoignages
très avantageux de leur effet , de lapart
de ces perfonnes fi intéressées à dire la vérité. Le
principal confifle en une ptifane que j'ai goûtée ,
qui n'eft point défagréable à prendre , & dont M. de
Mongerbet m'a très-honnêtement confié la compofi
tion . Je puis donc certifier, qu'il n'y a rien dans cette
ptifane qui doive en faire craindre l'ufage . Il n'y
entre aucune préparation tirée des minéraux ; elle
eft compofée dufuc de beaucoup de plantes , affezfinn
gulièrement afforties . ....
J'ai l'honneur d'être , & c . MORAnd .
Suite de la Feuille .
Après ce témoignage , il n'eft pas poffible ,
Monfieur , de douter des bons effets de la Ptifane
de M. de Mongerbet. M. Morand n'eſt pas le feul
à qui il ait donné la connoiffance de fon reméde :
ill'a auffi communiqué à M. Peſtalozzi , Médecin
de Lyon , très-célèbre & très- habile dans fon Art..
Ce procédé de M. Mongerbet , prouve qu'il agic
de bonne foi , & qu'il eft perfuadé que fa recette
procure des foulagemens réels. M. de Mongerbet
ne doit point être confondu avec les
234 MERCURE DE FRANCE.
Empyriques , qui inondent le Public de promeft
fes qui ne font éfficaces que pour eux . C'eſt un
Médecin qui a communiqué fa recette à d'habiles
perfonnes de l'Art , qui affurent qu'on peut s'en
fervir avec fruit ; ce que fes effets falutaires prouvent
encore mieux que leurs témoignages
quoiqu'ils foient d'une très-grande autorité.
fur le Reméde contre la Goutte, de M. CHAVY -
DE MONGERBET , dans l'Année Littéraire de
Janvier 1760 .
JE vous avoue , Monfieur , qu'en lifant le Mémoire
de M. Chavy de Mongerbet , Médecin à
Bourg en Breffe , fur la Goutte , je nefus pas plus
perfuadé que vous : mais ce Médecin eft venu à Paris;
& plufieurs goutteux , entr'autres un très grand
Seigneur, ayant pris fes remédes ; j'ai eu des témoignages
très avantageux de leur effet , de lapart
de ces perfonnes fi intéressées à dire la vérité. Le
principal confifle en une ptifane que j'ai goûtée ,
qui n'eft point défagréable à prendre , & dont M. de
Mongerbet m'a très-honnêtement confié la compofi
tion . Je puis donc certifier, qu'il n'y a rien dans cette
ptifane qui doive en faire craindre l'ufage . Il n'y
entre aucune préparation tirée des minéraux ; elle
eft compofée dufuc de beaucoup de plantes , affezfinn
gulièrement afforties . ....
J'ai l'honneur d'être , & c . MORAnd .
Suite de la Feuille .
Après ce témoignage , il n'eft pas poffible ,
Monfieur , de douter des bons effets de la Ptifane
de M. de Mongerbet. M. Morand n'eſt pas le feul
à qui il ait donné la connoiffance de fon reméde :
ill'a auffi communiqué à M. Peſtalozzi , Médecin
de Lyon , très-célèbre & très- habile dans fon Art..
Ce procédé de M. Mongerbet , prouve qu'il agic
de bonne foi , & qu'il eft perfuadé que fa recette
procure des foulagemens réels. M. de Mongerbet
ne doit point être confondu avec les
234 MERCURE DE FRANCE.
Empyriques , qui inondent le Public de promeft
fes qui ne font éfficaces que pour eux . C'eſt un
Médecin qui a communiqué fa recette à d'habiles
perfonnes de l'Art , qui affurent qu'on peut s'en
fervir avec fruit ; ce que fes effets falutaires prouvent
encore mieux que leurs témoignages
quoiqu'ils foient d'une très-grande autorité.
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Résumé : LETTRE de M. Morand, à M. Fréron, sur le Reméde contre la Goutte, de M. Chavy De Mongerbet, dans l'Année Littéraire de Janvier 1760.
Dans la lettre de M. Morand à M. Fréron, publiée dans l'Année Littéraire de janvier 1760, il est question du remède contre la goutte proposé par M. Chavy de Mongerbet, médecin à Bourg-en-Bresse. Initialement sceptique, M. Morand change d'avis après avoir entendu des témoignages positifs, y compris celui d'un grand seigneur. Le principal remède est une ptilane, dont la composition, partagée honnêtement par M. de Mongerbet, inclut diverses plantes et exclut toute préparation minérale, la rendant sûre à utiliser. M. Morand atteste donc de l'innocuité et de l'efficacité de ce traitement. De plus, M. de Mongerbet a partagé sa recette avec M. Pestalozzi, un médecin lyonnais renommé, démontrant ainsi sa bonne foi et sa conviction des bienfaits de son remède. Contrairement aux empiriques qui font des promesses fallacieuses, M. de Mongerbet a communiqué sa recette à des professionnels compétents, confirmant l'efficacité de son traitement.
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10
p. 234-236
LETTRE de M. Chavy De Mongerbet, Docteur en Médecine, à présent à l'Hôtel de Châtillon, rue Tournon, à Paris, à Messieurs les Goutteux.
Début :
Messieurs, j'ai voulu dissiper vos préjugés, & vous être réellement utile, [...]
Mots clefs :
Goutte, Remède, Composition, Médecin, Guérison, Découverte, Soulagement, Goût agréable
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Chavy De Mongerbet, Docteur en Médecine, à présent à l'Hôtel de Châtillon, rue Tournon, à Paris, à Messieurs les Goutteux.
LETTRE de M. CHAVY DE MONGERBET ,
Docteur en Médecine , à préſent à l'Hôtel de
Châtillon , rue de Tournon , à Paris, à Methieurs
les Goutteux .
MESSIEU
E SIEURS , j'ai voulu diffiper vos préju
gés , & vous être réellement utile , en confiant la
compofition de mon Reméde au célèbre M. Morand,
Chirurgien du Collège de Paris , Docteur en Méde
cine , Secrétaire perpétuel de l'Académie de Chirur
gie , Membre de l'Académie des Sciences de Paris ,
& de plufieurs autres de l'Europe ; & à M. Peſtalozzi
, Médecin de Lyon , très-diftingué , & précédemment
celui de fon Eminence Mgr le Cardinal de
Tencin , Archevêque de Lyon . Jefouhaite que vous
recherchiez , dans mon travail & mes découvertes ,
les foulagemens que vous devez en attendre , & que
mes progrès far de très-grands Seigneurs , me mettent
en droit de vous annoncer. Ceffez d'être les triftes
victimes de vos préjugés , & jouiffez des fruits que
mes foibles lumières peuvent vous procurer : en attendant
un temps plus heureux , où quelque Mé
decin beaucoup plus éclairé pourra vous propofet
une cure radicale , profitez des douceurs que vous
pourrez trouver dans l'ufage de ma Ptifane , qui
n'eft formée que de Simples , que j'envoye en pou
die , & dont chaque prife forme une bouteille , con
AVRIL. 1760 .. 235
formément à mon Ordonnance imprimée . Vous trouverez
le tout chez mes Correfpondans , qui auront
foin de l'annoncer, pour la commodité des differentes
Provinces . Ce Reméde , d'un goût agréable , n'agit
que par l'infenfible tranfpiration & les urines , routes
ordinaires de la Nature , qui n'expofe jamais à
aucun danger , & qui tend à purifier le fangpeu à
peu. Meffieurs , me fera-t-il permis d'infifierfur le
régime que je prefcris dans mon Ordonnance ? il intereffe
votre fanté ; il eft de conféquence pour les
progrès de mon Reméde ; & une conduite oppofée
deviendroit funefte à une infinité de vos Confrères ,
qui , comme vous , effuyent des tourmens affreux ,
& n'attendent que les fuccès pour y avoir recours.
Meffieurs , jufqu'à ce jour, l'on a exigé de mon Reméde
des qualités prèfque miraculeufes , & l'on a
prétendu qu'il devoit agir également fur des perfonnes
dont le tempérament ufe , & les differentes complications
de maux , paroiffoient ne les plus rendre
fufceptibles d'aucun foulagement. Je vous prends
pour mes Juges, & je me flatte que la Médecine ,
dont j'ai eu l'honneur d'être un Membre , me renira
la justice qu'elle accorde à tous ceux qui ont d'oit
de l'attendre , & qui agiſſent de bonne foi & en faveur
de l'Humanité . J'ai l'honneur d'être , &c.
CHAVY DE MONGERBET , D. M.
Le prix commun pour chaque bouteille de ma
ptifane , eft de ; liv . Les Seigneurs & autres
perfonnes à qui je donnerai mes foins particu
liers pendant l'année , proportionneront mes
honoraires à mes fervices , & c . Je laiffe au rebur
les Lettres qui ne font pas affranchies ; mes correfpondans
feront de même. J'ai oublié de dire
dans mon Ordonnance , que je reçois des Lettres
de plufieurs Goutteux qui me marquent que le
lair , ou les affoiblit, ou s'aigrit , quoiqu'il ait bien
236 MERCURE DE FRANCE.
paffé pendant plufieurs mois , &c. Je ne le regarde
point avec indifférence , & je n'en confeille
l'ufage , que quand on aura fait attention à fon
tempérament , à la qualité de l'air , & au genre
de vie que l'on obferve.
Docteur en Médecine , à préſent à l'Hôtel de
Châtillon , rue de Tournon , à Paris, à Methieurs
les Goutteux .
MESSIEU
E SIEURS , j'ai voulu diffiper vos préju
gés , & vous être réellement utile , en confiant la
compofition de mon Reméde au célèbre M. Morand,
Chirurgien du Collège de Paris , Docteur en Méde
cine , Secrétaire perpétuel de l'Académie de Chirur
gie , Membre de l'Académie des Sciences de Paris ,
& de plufieurs autres de l'Europe ; & à M. Peſtalozzi
, Médecin de Lyon , très-diftingué , & précédemment
celui de fon Eminence Mgr le Cardinal de
Tencin , Archevêque de Lyon . Jefouhaite que vous
recherchiez , dans mon travail & mes découvertes ,
les foulagemens que vous devez en attendre , & que
mes progrès far de très-grands Seigneurs , me mettent
en droit de vous annoncer. Ceffez d'être les triftes
victimes de vos préjugés , & jouiffez des fruits que
mes foibles lumières peuvent vous procurer : en attendant
un temps plus heureux , où quelque Mé
decin beaucoup plus éclairé pourra vous propofet
une cure radicale , profitez des douceurs que vous
pourrez trouver dans l'ufage de ma Ptifane , qui
n'eft formée que de Simples , que j'envoye en pou
die , & dont chaque prife forme une bouteille , con
AVRIL. 1760 .. 235
formément à mon Ordonnance imprimée . Vous trouverez
le tout chez mes Correfpondans , qui auront
foin de l'annoncer, pour la commodité des differentes
Provinces . Ce Reméde , d'un goût agréable , n'agit
que par l'infenfible tranfpiration & les urines , routes
ordinaires de la Nature , qui n'expofe jamais à
aucun danger , & qui tend à purifier le fangpeu à
peu. Meffieurs , me fera-t-il permis d'infifierfur le
régime que je prefcris dans mon Ordonnance ? il intereffe
votre fanté ; il eft de conféquence pour les
progrès de mon Reméde ; & une conduite oppofée
deviendroit funefte à une infinité de vos Confrères ,
qui , comme vous , effuyent des tourmens affreux ,
& n'attendent que les fuccès pour y avoir recours.
Meffieurs , jufqu'à ce jour, l'on a exigé de mon Reméde
des qualités prèfque miraculeufes , & l'on a
prétendu qu'il devoit agir également fur des perfonnes
dont le tempérament ufe , & les differentes complications
de maux , paroiffoient ne les plus rendre
fufceptibles d'aucun foulagement. Je vous prends
pour mes Juges, & je me flatte que la Médecine ,
dont j'ai eu l'honneur d'être un Membre , me renira
la justice qu'elle accorde à tous ceux qui ont d'oit
de l'attendre , & qui agiſſent de bonne foi & en faveur
de l'Humanité . J'ai l'honneur d'être , &c.
CHAVY DE MONGERBET , D. M.
Le prix commun pour chaque bouteille de ma
ptifane , eft de ; liv . Les Seigneurs & autres
perfonnes à qui je donnerai mes foins particu
liers pendant l'année , proportionneront mes
honoraires à mes fervices , & c . Je laiffe au rebur
les Lettres qui ne font pas affranchies ; mes correfpondans
feront de même. J'ai oublié de dire
dans mon Ordonnance , que je reçois des Lettres
de plufieurs Goutteux qui me marquent que le
lair , ou les affoiblit, ou s'aigrit , quoiqu'il ait bien
236 MERCURE DE FRANCE.
paffé pendant plufieurs mois , &c. Je ne le regarde
point avec indifférence , & je n'en confeille
l'ufage , que quand on aura fait attention à fon
tempérament , à la qualité de l'air , & au genre
de vie que l'on obferve.
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Résumé : LETTRE de M. Chavy De Mongerbet, Docteur en Médecine, à présent à l'Hôtel de Châtillon, rue Tournon, à Paris, à Messieurs les Goutteux.
M. Chavy de Mongerbet, docteur en médecine, adresse une lettre aux personnes souffrant de la goutte pour dissiper leurs préjugés et offrir un remède efficace. Ce remède, nommé 'Ptifane', a été élaboré par des experts renommés tels que M. Morand, chirurgien et membre de plusieurs académies, et M. Pestalozzi, médecin de Lyon. La Ptifane, présentée en poudre, agit par transpiration et urines pour purifier le sang sans danger. M. Chavy de Mongerbet souligne l'importance de suivre le régime prescrit pour maximiser les bénéfices du remède. Il reconnaît les attentes miraculeuses placées sur son remède mais invite les goutteux à juger de son efficacité. Il mentionne également le prix de la Ptifane et propose des honoraires proportionnels à ses services pour certains patients. Il note l'impact du climat sur les symptômes de la goutte et conseille de prendre en compte le tempérament et le mode de vie des patients.
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11
p. 194-195
DE DRESDE, le 28 Mai.
Début :
Le Maréchal de Daun a été indisposé pendant plusieurs jours, [...]
Mots clefs :
Maréchal Daun, Goutte, Malade, Rétablissement, Ennemis, Roi de Prusse, Magistrats, Condamnation financière, Taxe, Armée prussienne, Armée autrichienne, Mouvements des troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE DRESDE, le 28 Mai.
De DRESDE , le 28 Mai.
Le Maréchal de Daun a été indifpofé penJUILLET.
1760 . 195
dant
plufieurs jours , d'un violent accès de goutte ;
mais il est
aujourd'hui
parfaitement rétabli. Il
vifita
dernierement le pole de
Freyberg , & il
alla
reconnoître les portes avancés des
Ennemis.
Le
Général Comte de Lafcy a fon
quartier à
Neudorff , & le Baron de Beck eft pofté à Ullerfdorff.
On a appris,de Leipfick , que le Roi de Pruſſe a
condamné les
Magiftrats de cette Ville à payer
quarante mille écus , fous prétexte que
quelques
Négocians avoient
entrepris de faire paffer à
Drelde
quarante chariots qu'ils avoient déclaré
être deftinés pour Breflau. On
procéde , par
voie
d'exécution , à faire payer cette taxe .
L'Armée
Pruflienne fe difpofe à
abandonner
Ton camp de Meiffen . Une partie de cette Armée
s'eft replice fur Torgau , que l'on fortifie fans relâche.
Les portes de Léipfick font fermées depuis
quelques jours. On compte que cette Ville fera
incellamment
évacuée.
L'Armée
Autrichienne
paroît prête à
marcher fur Meiffen , où il ne
refte qu'un petit nombre de Pruffiens.
Le Maréchal de Daun a été indifpofé penJUILLET.
1760 . 195
dant
plufieurs jours , d'un violent accès de goutte ;
mais il est
aujourd'hui
parfaitement rétabli. Il
vifita
dernierement le pole de
Freyberg , & il
alla
reconnoître les portes avancés des
Ennemis.
Le
Général Comte de Lafcy a fon
quartier à
Neudorff , & le Baron de Beck eft pofté à Ullerfdorff.
On a appris,de Leipfick , que le Roi de Pruſſe a
condamné les
Magiftrats de cette Ville à payer
quarante mille écus , fous prétexte que
quelques
Négocians avoient
entrepris de faire paffer à
Drelde
quarante chariots qu'ils avoient déclaré
être deftinés pour Breflau. On
procéde , par
voie
d'exécution , à faire payer cette taxe .
L'Armée
Pruflienne fe difpofe à
abandonner
Ton camp de Meiffen . Une partie de cette Armée
s'eft replice fur Torgau , que l'on fortifie fans relâche.
Les portes de Léipfick font fermées depuis
quelques jours. On compte que cette Ville fera
incellamment
évacuée.
L'Armée
Autrichienne
paroît prête à
marcher fur Meiffen , où il ne
refte qu'un petit nombre de Pruffiens.
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Résumé : DE DRESDE, le 28 Mai.
Le 28 mai 1760, le maréchal de Daun, initialement indisponible en raison d'un accès de goutte, est désormais rétabli. Il a inspecté les positions de Freyberg et les portes avancées des ennemis. Le général comte de Laffy est à Neudorff, tandis que le baron de Beck est à Ullerfsdorff. À Leipzig, le roi de Prusse a imposé une taxe de quarante mille écus aux magistrats, accusant des négociants de vouloir acheminer des chariots vers Dresde. L'armée prussienne se prépare à quitter Meissen, une partie s'étant déjà repliée sur Torgau, où des fortifications sont en cours. Les portes de Leipzig sont fermées depuis quelques jours et la ville doit être évacuée prochainement. L'armée autrichienne se prépare à avancer sur Meissen, où seuls quelques Prussiens restent.
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12
p. 217-218
« Le Sr Roussel donne avis au Public qu'il a trouvé un secret pour les Glandes [...] »
Début :
Le Sr Roussel donne avis au Public qu'il a trouvé un secret pour les Glandes [...]
Mots clefs :
Glandes, Goutte, Rhumatisme, Maux de gorges, Pommade, Guérison
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texteReconnaissance textuelle : « Le Sr Roussel donne avis au Public qu'il a trouvé un secret pour les Glandes [...] »
Le Sr ROUSSEL donne avis au Public qu'il
trouvé un fecret pour les Glandes , la Goutte ,
Rhumatifmes & Maux de Gorge. C'est une Pommade
que
l'on applique extérieurement ; il faut
un papier brouillard , une compreffe & une bande
pardellus.
Sa demeure eft rue Jean-de- Lépine , près la
Grêve , chez M. Dumont , au Saint- Efprit.
Noms & demeures de quelques - unes des Perfonnes .
qui ont été guéries .
GLANDE S.
YO
M. de Gomicour , Commiffaire des Chevaux-
Légers de la Gardes, des Glandes au col..
La Fille- de-Chambre de Madame Poriquet ,
Procureur au Grand - Confeil , rue Baillet .
Mlle Toutain , qui en avoit vingt à la poitrine
, depuis fept ans , rue Quincampoix , vis -à- vis
la Porte de Loriens.
Madame le Prince , Fruitiere , au Marché S.
Germain.
M. Davenne , rue S. Martin , vis- à -vis S. Nicolas
des Champs .
I. Vol. K
218 MERCURE DE FRANCE.
Madame Chopin , rue de Varenne , vis - à-vis
l'Hôtel de M. de Biron .
La Fille du fieur Flechy , vis - à-vis S. François
de Sales , à Iffy.
GOUTTE S.
M. Toutain , Maître Eventaillifte , rue Quincampois
, vis-à-vis la Porte de Loriens .
Comtois , Cocher de M. le Lieutenant de Roi
aux Invalides ,
Le nommé Pereau , garçon à M. Martin , à la
Compagnie des Indes.
M. Robert , Entrepreneur de la Menuiserie des
Invalides.
Parce reméde on eft foulagé dans le quart d'heure.
trouvé un fecret pour les Glandes , la Goutte ,
Rhumatifmes & Maux de Gorge. C'est une Pommade
que
l'on applique extérieurement ; il faut
un papier brouillard , une compreffe & une bande
pardellus.
Sa demeure eft rue Jean-de- Lépine , près la
Grêve , chez M. Dumont , au Saint- Efprit.
Noms & demeures de quelques - unes des Perfonnes .
qui ont été guéries .
GLANDE S.
YO
M. de Gomicour , Commiffaire des Chevaux-
Légers de la Gardes, des Glandes au col..
La Fille- de-Chambre de Madame Poriquet ,
Procureur au Grand - Confeil , rue Baillet .
Mlle Toutain , qui en avoit vingt à la poitrine
, depuis fept ans , rue Quincampoix , vis -à- vis
la Porte de Loriens.
Madame le Prince , Fruitiere , au Marché S.
Germain.
M. Davenne , rue S. Martin , vis- à -vis S. Nicolas
des Champs .
I. Vol. K
218 MERCURE DE FRANCE.
Madame Chopin , rue de Varenne , vis - à-vis
l'Hôtel de M. de Biron .
La Fille du fieur Flechy , vis - à-vis S. François
de Sales , à Iffy.
GOUTTE S.
M. Toutain , Maître Eventaillifte , rue Quincampois
, vis-à-vis la Porte de Loriens .
Comtois , Cocher de M. le Lieutenant de Roi
aux Invalides ,
Le nommé Pereau , garçon à M. Martin , à la
Compagnie des Indes.
M. Robert , Entrepreneur de la Menuiserie des
Invalides.
Parce reméde on eft foulagé dans le quart d'heure.
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Résumé : « Le Sr Roussel donne avis au Public qu'il a trouvé un secret pour les Glandes [...] »
Le Sr ROUSSEL révèle au public un secret pour traiter les glandes, la goutte, les rhumatismes et les maux de gorge. Ce remède consiste en une pommade appliquée extérieurement, nécessitant un papier brouillard, une compresse et une bande pardellus. Le Sr ROUSSEL réside rue Jean-de-Lépine, près la Grève, chez M. Dumont, au Saint-Efprit. Plusieurs personnes ont été guéries grâce à ce remède. Parmi elles, M. de Gomicour, commissaire des Chevaux-Légers de la Garde, souffrant de glandes au cou ; la fille de chambre de Madame Poriquet, procureur au Grand-Conseil, rue Baillet ; Mlle Toutain, ayant vingt glandes à la poitrine depuis sept ans, rue Quincampoix ; Madame le Prince, fruitière au Marché Saint-Germain ; M. Davenne, rue Saint-Martin ; Madame Chopin, rue de Varenne ; et la fille du sieur Flechy, à Issy. Pour la goutte, les personnes guéries incluent M. Toutain, maître éventailliste, rue Quincampoix ; Comtois, cocher de M. le Lieutenant du Roi aux Invalides ; le nommé Pereau, garçon à M. Martin, à la Compagnie des Indes ; et M. Robert, entrepreneur de la menuiserie des Invalides. Le soulagement est rapide, intervenant dans le quart d'heure suivant l'application du remède.
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13
p. 119-120
TRAITÉ de la Goute, augmenté de nouvelles Observations théoriques & pratiques pour calmer ses accès, empêcher ses révolutions, & en éloigner les retours.
Début :
M. de Mongerbet, Médecin ordinaire des Bâtimens du Roi, instruit par une [...]
Mots clefs :
Goutte, Accès, Pieds, Traité, Hydromel
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texteReconnaissance textuelle : TRAITÉ de la Goute, augmenté de nouvelles Observations théoriques & pratiques pour calmer ses accès, empêcher ses révolutions, & en éloigner les retours.
TRAITÉ de la Goute, augmenté de
nouvelles Observations théoriques &
pratiques pour calmer ses accès, empêcher
ses révolutions, & en éloigner
les retours.
M. de Mongerbet, Médecin ordinaire
des Bâtimens du Roi, instruit par une
pratique anffi heureufe que continuée
traite aujourd'hui la Goute par la mé-
thode la plus fimple & la plus relative à
cette humeur ; & ce traitement eſt pro-
pre à tout âge , à tout féxe , & à tous les
tempéramens.
Dans les accès , il en calme la vivacité
par la Poudre balfamique dont l'on fait
120 MERCURE DE FRANCE.
un Hydromel , qui procure une dépura-
tion par les urines , & par une tranſpira-
tion douce & égale. Cet Hydromel a des
qualités particulières pour l'eftomach. En
même temps il donne une Pâte que l'on
délaye dans de l'eau chaude , & c. qui
forme un bain des pieds , pour retirer la
Goute des parties fupérieures , & la faire
tranſpirer par les pieds. Ce bain eft un
fpécifique parfait , quand il faut une dé-
rivation aux pieds.
Hors des accès , il ordonne le Baume
végétal trois jours confécutifs de chaque
mois , pour tenir les premières voyes li-
bres , fortifier l'eftomac , faciliter les di-
geftions, & détruire peu-à-peu cet amas
d'humeurs , qui développent le principe
de la Goute , & forment les difpofitions
des maladies.
Il eft indifpenfable de lire fon Ouvrage
qui fe vend chez M. Pankoucke , Librai-
re, rue & près la Comédie Françoife ,
au Parnaffe , à Paris.
L'on peut le confulter fur les Rhuma-
tifmes & les Sciatiques les plus invétérés ;
il les guérit radicalement , par le moyen
d'un Ptifanne & d'une Pommade.
Il ne reçoit éxactement que les Lettres
affranchies : il loge petite rue S. Roch
quartier Montmartre , à Paris.
nouvelles Observations théoriques &
pratiques pour calmer ses accès, empêcher
ses révolutions, & en éloigner
les retours.
M. de Mongerbet, Médecin ordinaire
des Bâtimens du Roi, instruit par une
pratique anffi heureufe que continuée
traite aujourd'hui la Goute par la mé-
thode la plus fimple & la plus relative à
cette humeur ; & ce traitement eſt pro-
pre à tout âge , à tout féxe , & à tous les
tempéramens.
Dans les accès , il en calme la vivacité
par la Poudre balfamique dont l'on fait
120 MERCURE DE FRANCE.
un Hydromel , qui procure une dépura-
tion par les urines , & par une tranſpira-
tion douce & égale. Cet Hydromel a des
qualités particulières pour l'eftomach. En
même temps il donne une Pâte que l'on
délaye dans de l'eau chaude , & c. qui
forme un bain des pieds , pour retirer la
Goute des parties fupérieures , & la faire
tranſpirer par les pieds. Ce bain eft un
fpécifique parfait , quand il faut une dé-
rivation aux pieds.
Hors des accès , il ordonne le Baume
végétal trois jours confécutifs de chaque
mois , pour tenir les premières voyes li-
bres , fortifier l'eftomac , faciliter les di-
geftions, & détruire peu-à-peu cet amas
d'humeurs , qui développent le principe
de la Goute , & forment les difpofitions
des maladies.
Il eft indifpenfable de lire fon Ouvrage
qui fe vend chez M. Pankoucke , Librai-
re, rue & près la Comédie Françoife ,
au Parnaffe , à Paris.
L'on peut le confulter fur les Rhuma-
tifmes & les Sciatiques les plus invétérés ;
il les guérit radicalement , par le moyen
d'un Ptifanne & d'une Pommade.
Il ne reçoit éxactement que les Lettres
affranchies : il loge petite rue S. Roch
quartier Montmartre , à Paris.
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14
p. 197-199
SUPPLÉMENT à l'Art. des Sciences MÉDECINE. Gouttes sciatiques & Rhumatismes.
Début :
AUTANT le traitement de la Goutte effrayoit ceux qui en font affligés, [...]
Mots clefs :
Goutte, Remède, Maux, Soulagement, Poudre balsamique, Baume végétal, Effets positifs, Fièvre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT à l'Art. des Sciences MÉDECINE. Gouttes sciatiques & Rhumatismes.
SUPPLÉMENT à l'Art . des Sciences
MÉDECINE.
Gouttes fciatiques & Rhumatifmes.
AUTANT UTANT le traitement de la Goutte
éffrayoit ceux qui en font affligés , &
trouvoit des contradicteurs , autant les
fuccès répétés depuis dix années d'une
pratique auffi douce que fimple & méthodique,
portent le calme & la confiance
dans les efprits prévenus. Les maux des
Goutteux ne fe bornoient pas à la feule
violence des tourmens & des révolutions
les plus funeffes ; le plus cruel de tous
étoit le défaut d'aucune efpéce de foulagement
. Je dois leur mettre fous les
yeux ce que l'expérience m'a appris
en leur faveur.
La Poudre balfantique infufée dans de
l'eau , en forme de thé , ou dans une
eau de veau conformément au tempé
rament de chacun , calme les accès les
plus vifs , & agit uniquement par les
urines & par une tranfpiration un peu
augmentée fans fueur ; les fuccès plus
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
,
ou moins prompts dépendent de l'ad
miniftration propre à chacun. Ce réméde
empêche que les nodofités fe
forment & s'oppofe aux révolutions
fuivant l'attention qu'on apporte dans
fon ufage. Le Baume végétal , par fes
qualités propres à l'eftomach , rend les
digeftions parfaites forme un fang
bien travaillé & donne du reffort ; c'eſt
par ce moyen qu'il éloigne les accès ;
fon action n'échauffe point , & il eſt
parfait anti - fcorbutique. Ceux qui ne
peuvent fe gêner fur rien pendant qu'ils
en font ufage , ou qui ont des complications
qu'ils ne déclarent point
font dans le cas d'en recevoir peu d'effets.
Le fruit que j'ai tiré de ma pratique
, eft une connoiffance particulière
des effets des différens remédes employés
en Europe ; leur danger , leur
inutilité , ou leurs vrais moyens , ce qui
forme l'objet le plus intéreffant par les
funeftes accidens qui en résultent. Je
me flatte par mes foins continués de
rendre de jour en jour le traitement
de la Goutte auffi familier que celui
des fiévres intermittentes ; c'est -à - dire ,
d'affurer les moyens calmans dans tous
les cas , & ceux d'éloigner les accès ; ·
c'est tout ce que l'on peut propo fer
NOVEMBRE. 1764. 199
il faut être précis & net fur fon état
en me confultant. Je ne reçois que les
Lettres affranchies. Je loge rue du Gros
Chenet , Quartier Montmartre , à Paris.
C. DE MONGERBET , Médecin du
Roi & Ordinaire de fes Bâtimens .
MÉDECINE.
Gouttes fciatiques & Rhumatifmes.
AUTANT UTANT le traitement de la Goutte
éffrayoit ceux qui en font affligés , &
trouvoit des contradicteurs , autant les
fuccès répétés depuis dix années d'une
pratique auffi douce que fimple & méthodique,
portent le calme & la confiance
dans les efprits prévenus. Les maux des
Goutteux ne fe bornoient pas à la feule
violence des tourmens & des révolutions
les plus funeffes ; le plus cruel de tous
étoit le défaut d'aucune efpéce de foulagement
. Je dois leur mettre fous les
yeux ce que l'expérience m'a appris
en leur faveur.
La Poudre balfantique infufée dans de
l'eau , en forme de thé , ou dans une
eau de veau conformément au tempé
rament de chacun , calme les accès les
plus vifs , & agit uniquement par les
urines & par une tranfpiration un peu
augmentée fans fueur ; les fuccès plus
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
,
ou moins prompts dépendent de l'ad
miniftration propre à chacun. Ce réméde
empêche que les nodofités fe
forment & s'oppofe aux révolutions
fuivant l'attention qu'on apporte dans
fon ufage. Le Baume végétal , par fes
qualités propres à l'eftomach , rend les
digeftions parfaites forme un fang
bien travaillé & donne du reffort ; c'eſt
par ce moyen qu'il éloigne les accès ;
fon action n'échauffe point , & il eſt
parfait anti - fcorbutique. Ceux qui ne
peuvent fe gêner fur rien pendant qu'ils
en font ufage , ou qui ont des complications
qu'ils ne déclarent point
font dans le cas d'en recevoir peu d'effets.
Le fruit que j'ai tiré de ma pratique
, eft une connoiffance particulière
des effets des différens remédes employés
en Europe ; leur danger , leur
inutilité , ou leurs vrais moyens , ce qui
forme l'objet le plus intéreffant par les
funeftes accidens qui en résultent. Je
me flatte par mes foins continués de
rendre de jour en jour le traitement
de la Goutte auffi familier que celui
des fiévres intermittentes ; c'est -à - dire ,
d'affurer les moyens calmans dans tous
les cas , & ceux d'éloigner les accès ; ·
c'est tout ce que l'on peut propo fer
NOVEMBRE. 1764. 199
il faut être précis & net fur fon état
en me confultant. Je ne reçois que les
Lettres affranchies. Je loge rue du Gros
Chenet , Quartier Montmartre , à Paris.
C. DE MONGERBET , Médecin du
Roi & Ordinaire de fes Bâtimens .
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Résumé : SUPPLÉMENT à l'Art. des Sciences MÉDECINE. Gouttes sciatiques & Rhumatismes.
Le texte, rédigé par C. de Mongerbet, médecin du Roi, traite du traitement de la goutte, une maladie douloureuse et invalidante. Mongerbet propose une méthode douce et méthodique, éprouvée au fil des années. Il recommande l'utilisation de la Poudre balfantique, infusée dans de l'eau ou une eau de veau, pour calmer les accès violents et favoriser l'élimination des toxines par les urines et la transpiration. Ce remède prévient également la formation de nodules et les crises suivantes, à condition d'un usage attentif. Le Baume végétal est suggéré pour améliorer la digestion, renforcer l'organisme et éloigner les accès sans effet chauffant, tout en étant antiscorbutique. Cependant, son efficacité peut être réduite chez ceux qui ne suivent pas les recommandations ou ont des complications non déclarées. Mongerbet affirme posséder une connaissance approfondie des remèdes européens et vise à rendre le traitement de la goutte aussi familier que celui des fièvres intermittentes. Il insiste sur la nécessité de consulter précisément et de manière franche. Il loge rue du Gros Chenet, Quartier Montmartre, à Paris, et ne reçoit que des lettres affranchies.
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15
p. 50-53
ÉNIGMES.
Début :
Lecteur, si vous avez une compagne aimable, [...]
Mots clefs :
Goutte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ÉNIGMES.
É NIGMES.
LECTEUR , fivous avez une compagne aimable ;
De qui l'humeur douce , agréable ,
Yous fait paffer des jours dignes de l'âge d'or ,
Que de maris vous porteront envie !
DECEMBRE 1766. St
Puiffiez-vous , toute votre vie ,
Pofféder ce rare tréfor !
Mais file Ciel , dans fa colère ,
Vous fit préfent d'une mégère ,
Qui me reffemble par l'humeur ;
Faites des voeux , mon cher Lecteur ¿
Pour qu'il daigne vous en défaire ,
Ou que de Job far fon fumier
Il vous donne la patience.
D'après la propre expérience ,
Oui , malheur à celui qui peut certifier
Qu'il n'eft de Paris juſqu'à Rome
Femelle qui tourmente autant que moi fon
homme ,
J'excepte l'honefta : quoi , balanceriez -vous ,
S'il falloit opter entre nous
A me donner la préférenee ?
Non , fans doute , avec moi vous aurez l'efpérance,
En me prenant par la douceur ,
D'avoir quelque répit , de vaincre mon humeur ;
Rien ne pourroit vaincre la fienne .
Lorfque l'on fouffre de la mienne ,
On ne doit pas toujours s'en prendre à moi.
Cher Lecteur , il faut être jufte ;
Oui , dans certains momens , fi je vous tarabufte
Convenez - en de bonne foi ,
Souvent c'eſt auffi votre faute .
Lecteur , vous comptez fans votre hôte ;
.
C ij
52
MERCURE DE FRANCE.
Si vous comptez qu'impunément ,
Sans nul égard pour moi , fans nul ménagement 7
Vous irez en bonne fortune ,
Dans quelque petite mailon ,
Où , comme vifite importune ,
Ainfi que moi dame Raiſon ,
A la porte bien confignée ,
}
A vos déréglemens ne mettra point de frein.
Pour prendre un vilage ferein ,
C'eft- là que vous quittez la mine renfrognée
Qu'avec moi vous avez fouvent.
Plus joyeux qu'un tendron dans fa quinzième
annće ,
Qui , déja laſſe du couvent ,
Quitte pour un mari la troupe embéguinée.
Oui , plus émouftillé , dans un petit foupé ,
Allis entre Bacchus & Penfant de Cythère ,
De deux beaux yeux très occupé ,
De moi vous ne le ferez guère.
Lorfque vous en fortez , de plaifir excédé ;
Si nous avons maille à partir enſemble ,
A vous plaindre de moi ferez - vous bien fondé ?
Mon cher Lecteur , que vous en femble ?
Vous ferez prudemment , qui , je vous en préviens ,
De filer doux , car je deviens ,
Pour peu que l'on m'irrite , encor plus furieufe ,
Et d'autant plus impérieuſe ,
Lecteur ( le croiroit - on ? ) peut-être en ce moment
Je ſuis à vos genoux ; encor plus humblement
DECEMBRE 1766. 53
Jufqu'à vos pieds je m'abaiffe peut - être.
Tel eft l'amour , ce petit traître ,
Lorfqu'à ceux d'une belle il paroît fi foumis !
Se relevant avec audace ,
A
Redoutable tyran , il fe croit tout permis.
Oui , comme lui , changeant de place ,
Lorfque j'ofe me relever ,
Comme lui je deviens un hôte affez à craindre.
D'en avoir de pareils , hélas , qu'on eft à plaindre!
Heureux qui peut s'en préferver.
LECTEUR , fivous avez une compagne aimable ;
De qui l'humeur douce , agréable ,
Yous fait paffer des jours dignes de l'âge d'or ,
Que de maris vous porteront envie !
DECEMBRE 1766. St
Puiffiez-vous , toute votre vie ,
Pofféder ce rare tréfor !
Mais file Ciel , dans fa colère ,
Vous fit préfent d'une mégère ,
Qui me reffemble par l'humeur ;
Faites des voeux , mon cher Lecteur ¿
Pour qu'il daigne vous en défaire ,
Ou que de Job far fon fumier
Il vous donne la patience.
D'après la propre expérience ,
Oui , malheur à celui qui peut certifier
Qu'il n'eft de Paris juſqu'à Rome
Femelle qui tourmente autant que moi fon
homme ,
J'excepte l'honefta : quoi , balanceriez -vous ,
S'il falloit opter entre nous
A me donner la préférenee ?
Non , fans doute , avec moi vous aurez l'efpérance,
En me prenant par la douceur ,
D'avoir quelque répit , de vaincre mon humeur ;
Rien ne pourroit vaincre la fienne .
Lorfque l'on fouffre de la mienne ,
On ne doit pas toujours s'en prendre à moi.
Cher Lecteur , il faut être jufte ;
Oui , dans certains momens , fi je vous tarabufte
Convenez - en de bonne foi ,
Souvent c'eſt auffi votre faute .
Lecteur , vous comptez fans votre hôte ;
.
C ij
52
MERCURE DE FRANCE.
Si vous comptez qu'impunément ,
Sans nul égard pour moi , fans nul ménagement 7
Vous irez en bonne fortune ,
Dans quelque petite mailon ,
Où , comme vifite importune ,
Ainfi que moi dame Raiſon ,
A la porte bien confignée ,
}
A vos déréglemens ne mettra point de frein.
Pour prendre un vilage ferein ,
C'eft- là que vous quittez la mine renfrognée
Qu'avec moi vous avez fouvent.
Plus joyeux qu'un tendron dans fa quinzième
annće ,
Qui , déja laſſe du couvent ,
Quitte pour un mari la troupe embéguinée.
Oui , plus émouftillé , dans un petit foupé ,
Allis entre Bacchus & Penfant de Cythère ,
De deux beaux yeux très occupé ,
De moi vous ne le ferez guère.
Lorfque vous en fortez , de plaifir excédé ;
Si nous avons maille à partir enſemble ,
A vous plaindre de moi ferez - vous bien fondé ?
Mon cher Lecteur , que vous en femble ?
Vous ferez prudemment , qui , je vous en préviens ,
De filer doux , car je deviens ,
Pour peu que l'on m'irrite , encor plus furieufe ,
Et d'autant plus impérieuſe ,
Lecteur ( le croiroit - on ? ) peut-être en ce moment
Je ſuis à vos genoux ; encor plus humblement
DECEMBRE 1766. 53
Jufqu'à vos pieds je m'abaiffe peut - être.
Tel eft l'amour , ce petit traître ,
Lorfqu'à ceux d'une belle il paroît fi foumis !
Se relevant avec audace ,
A
Redoutable tyran , il fe croit tout permis.
Oui , comme lui , changeant de place ,
Lorfque j'ofe me relever ,
Comme lui je deviens un hôte affez à craindre.
D'en avoir de pareils , hélas , qu'on eft à plaindre!
Heureux qui peut s'en préferver.
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