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1
p. 45-48
BALADE A MADAME DES HOULIERRES.
Début :
Quelle Musette, ou quel tendre Pipeau [...]
Mots clefs :
Contraindre, Génie, Chants, Ballade
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texteReconnaissance textuelle : BALADE A MADAME DES HOULIERRES.
BALADE
A MADAME
DES HOULIERRES.
O
Velle Mufette , ou quel tendre
Pipeau
Peut égaler les accens de Climene ?
Bien ellefait & Balade & Rondeau,
Chants qui foudain meferoient perdre baleine ,
Cequi memetdans une étrangepeine,
Car elle veut qu'aujourd'huy je l'étreine
D'une Balade, Air plaiſfant, quoy que
vieux ,
Mais peufçavant en pareille harmonie,
Je luy répons , noble Dame aux doux
yeux ,
Point on ne doit contraindre
fon Genie.
46 MERCURE
Tel que preffe d'un peniblefardeau
Le grand Fupinfitpour la Gent Hu- maine
Par rudes coups fortir defon cerveau
Docte Déffe , & des Arts Mere &
Reine;
Pourray je bien pour l'aimable Sireine
Qui m'a charmé , produire de ma
Veine
Chants auffi doux que fes Chants.
gracieux ?
Non , de l'oferferoit pure manie,
Lejeune Icare ainfi tombades Cieux;
Point on ne doit contraindre
fon Genie.
Sur Helicon , où maintfçavant
Troupeau
Sous verts Lauriers à pas lensfepro- mene ,
GALANT. 47
Et vient puifer feu divin dans cette cau
Qued'un chevalfit ruade foudaine
Iaillir d'un roc, & nommer Hippocrene ,
Phebus départ de fon docte Domaine
Trompettes, Luts , Pipeauxdelicieux,
Ildonne à l'un ce qu'à l'autre il dé- nie,
Et dit à tous ce Vers fententieux,
Point on ne doit contraindre
fon Genie.
Bien qu'en faveur de mon doux Chalumeau ,
De beaux efprits fameufe Quarantaine
Aitdécidéd'un prix rare &nouveau,
Quand de LOUIS , qu'Alger, Tunis& Gene
Virentpunirentrepriſe trop vaine,
48 MERCURE
L'eus publié puiffance fouveraine,
Maintien , témoin qu'il eft dufang:
des Dieux
Valeur , clemence , &fageſſe infinie,
Lyre & Clairon me duisent encor·
mieux
Point on ne doit contraindre
fon Genie.
Voila
ENVOY.
pourtant Balade ronde &
pleine,
Recoy la bien, Dame, quifur la Seine
Fais ouir chant enjoué, ferieux ,
Tendre, beroïque , &digne d'Uranie ;
Quant eft de moy ,je publie en tous lieux ,
Point on ne doit contraindre ·
fon Genie
A MADAME
DES HOULIERRES.
O
Velle Mufette , ou quel tendre
Pipeau
Peut égaler les accens de Climene ?
Bien ellefait & Balade & Rondeau,
Chants qui foudain meferoient perdre baleine ,
Cequi memetdans une étrangepeine,
Car elle veut qu'aujourd'huy je l'étreine
D'une Balade, Air plaiſfant, quoy que
vieux ,
Mais peufçavant en pareille harmonie,
Je luy répons , noble Dame aux doux
yeux ,
Point on ne doit contraindre
fon Genie.
46 MERCURE
Tel que preffe d'un peniblefardeau
Le grand Fupinfitpour la Gent Hu- maine
Par rudes coups fortir defon cerveau
Docte Déffe , & des Arts Mere &
Reine;
Pourray je bien pour l'aimable Sireine
Qui m'a charmé , produire de ma
Veine
Chants auffi doux que fes Chants.
gracieux ?
Non , de l'oferferoit pure manie,
Lejeune Icare ainfi tombades Cieux;
Point on ne doit contraindre
fon Genie.
Sur Helicon , où maintfçavant
Troupeau
Sous verts Lauriers à pas lensfepro- mene ,
GALANT. 47
Et vient puifer feu divin dans cette cau
Qued'un chevalfit ruade foudaine
Iaillir d'un roc, & nommer Hippocrene ,
Phebus départ de fon docte Domaine
Trompettes, Luts , Pipeauxdelicieux,
Ildonne à l'un ce qu'à l'autre il dé- nie,
Et dit à tous ce Vers fententieux,
Point on ne doit contraindre
fon Genie.
Bien qu'en faveur de mon doux Chalumeau ,
De beaux efprits fameufe Quarantaine
Aitdécidéd'un prix rare &nouveau,
Quand de LOUIS , qu'Alger, Tunis& Gene
Virentpunirentrepriſe trop vaine,
48 MERCURE
L'eus publié puiffance fouveraine,
Maintien , témoin qu'il eft dufang:
des Dieux
Valeur , clemence , &fageſſe infinie,
Lyre & Clairon me duisent encor·
mieux
Point on ne doit contraindre
fon Genie.
Voila
ENVOY.
pourtant Balade ronde &
pleine,
Recoy la bien, Dame, quifur la Seine
Fais ouir chant enjoué, ferieux ,
Tendre, beroïque , &digne d'Uranie ;
Quant eft de moy ,je publie en tous lieux ,
Point on ne doit contraindre ·
fon Genie
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Résumé : BALADE A MADAME DES HOULIERRES.
Le texte est une balade adressée à Madame des Houlières. L'auteur exprime son admiration pour la musique et les chants de Climène, mais refuse de contraindre son génie pour répondre à la demande de composer une balade. Il compare cette contrainte à celle du grand Jupiter, qui doit libérer des idées de son cerveau sous la pression d'un fardeau pénible. L'auteur se demande s'il peut produire des chants aussi doux que ceux de la sirène qui l'a charmé, mais conclut qu'il ne doit pas forcer son inspiration. Il évoque ensuite le mont Hélicon, où les Muses se promènent sous des lauriers verts, et où Phébus distribue ses dons artistiques de manière arbitraire. Malgré les honneurs reçus pour son chalumeau, l'auteur insiste sur le fait que le génie ne doit pas être contraint. Il loue les qualités de Louis, roi de France, et conclut en répétant que le génie ne doit pas être forcé. Enfin, il envoie la balade à Madame des Houlières, soulignant qu'il ne doit pas contraindre son génie.
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2
p. 66-72
Prologue de Melpomene & de Thalie, Sur un Heros.
Début :
Quittez, ma soeur, une arrogance vaine, [...]
Mots clefs :
Melpomène, Thalie, Héros, Gloire, Chants, Lauriers immortels, Exploits, Mémoire
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texteReconnaissance textuelle : Prologue de Melpomene & de Thalie, Sur un Heros.
Prologue de Melpomene
SedeThalîé^
SurunHeros.
MELPOMENE.
QUittez,
ma sœur ,une
arrogancevaine,
Osez-vouscomparer vos.
-
frivoles chansons
Aux nobles
,
aux sublimes
sons
Del'heroïque Melpomene?
- THALIE.
Hé de grace,ma sœur,treve
de vanité,
Vivez en paix avec Thalie;
Vous sçavezque vingt fois elle
a déconcerté
Pour une ennuyeuse folie
Vôtre ennuyeusegravité.
MELPOMENE.
Ma voix ressuscite lagloire
De mesantiques demiDieux,
Etje consacre la memoire
Dé ceux qui brillent à vos
yeux. THALIE.
Vos chantspar leur lugubre
accord
Fatiguentsouvent leuroreille,
Ma flute souvent les réveille,
Et vôtrelyre les endort.
MELPOMENE.
Croyez-vous que ce soit un
talent fortutile
, De badiner à
tout propos ?
TAH-AL1E.,
Vous imaginez-vous qu'il
soit si difficile :
De faire briller les Heros ?
MELPOMENE.
De lauriers immortels je
' couronne leurs têtes,
»
THALIE.
Jesçai les délasser par d'à.- greablefêtes. d a,«..-
MELPOMENE. Jevante leux exploits.
THALIE.
J'amuse leurs desirs,
MELPOMENE.
Je prens foin de leur gloire..
THALIE.
Et moy de leurs plaisirs..
MELPOMENE.
Je m'étonne qu'une Déesse,.
Qu'une Mufe se laisse à la
-
gloire entraîner;
L'amour propreest une soi- blesse
Qu'aux malheureuxmortels on doit abandonner.
'-' THALIE. Plusona le cœur grand, ôc
plus la gloire touche;
J'ai reçû comme vous ce
dangereux present:
Mais le mien est vif& plaifaut>
-- Etlevôtre est sombre&farouche.
MELPOMENE.
Vous êtes ma cadette, au
jugement de tous,
, Et l'on est modeste à vôtre
âge.
THALIE.
Si je fuis plus jeune qu:
vous,
Ne vousétonnez pas si je
plais davantage..
MELPOMENE.
Ne profanons point nôtre
voix
Par une odieuse querelle;
Des Herosle noble modele
Nous fournir de plus doux
emplois
:
Il a mille vertus dignes de
sanaissance,
Les Mufes dontil est l'appui
Doivent se consacrer à lui
Par zele & par reconnoiC
.- sance.
THALIE
A servir ce Heros bornons
nôtre desir.
MELPOMENE.
C'est le plus digne employ
des Filles de Memoire.
THALIE.
Que Melpomene veille à
celebrer sa gloire.
MELPOMENE.
Que Thalie ait le fbhid'oc<
cuper son loisir.
MELPOM. & THALIE.
Que Melpomene veille à
celebrer sa gloire,
Que Thalie ait le foin d'occuper son loisir
SedeThalîé^
SurunHeros.
MELPOMENE.
QUittez,
ma sœur ,une
arrogancevaine,
Osez-vouscomparer vos.
-
frivoles chansons
Aux nobles
,
aux sublimes
sons
Del'heroïque Melpomene?
- THALIE.
Hé de grace,ma sœur,treve
de vanité,
Vivez en paix avec Thalie;
Vous sçavezque vingt fois elle
a déconcerté
Pour une ennuyeuse folie
Vôtre ennuyeusegravité.
MELPOMENE.
Ma voix ressuscite lagloire
De mesantiques demiDieux,
Etje consacre la memoire
Dé ceux qui brillent à vos
yeux. THALIE.
Vos chantspar leur lugubre
accord
Fatiguentsouvent leuroreille,
Ma flute souvent les réveille,
Et vôtrelyre les endort.
MELPOMENE.
Croyez-vous que ce soit un
talent fortutile
, De badiner à
tout propos ?
TAH-AL1E.,
Vous imaginez-vous qu'il
soit si difficile :
De faire briller les Heros ?
MELPOMENE.
De lauriers immortels je
' couronne leurs têtes,
»
THALIE.
Jesçai les délasser par d'à.- greablefêtes. d a,«..-
MELPOMENE. Jevante leux exploits.
THALIE.
J'amuse leurs desirs,
MELPOMENE.
Je prens foin de leur gloire..
THALIE.
Et moy de leurs plaisirs..
MELPOMENE.
Je m'étonne qu'une Déesse,.
Qu'une Mufe se laisse à la
-
gloire entraîner;
L'amour propreest une soi- blesse
Qu'aux malheureuxmortels on doit abandonner.
'-' THALIE. Plusona le cœur grand, ôc
plus la gloire touche;
J'ai reçû comme vous ce
dangereux present:
Mais le mien est vif& plaifaut>
-- Etlevôtre est sombre&farouche.
MELPOMENE.
Vous êtes ma cadette, au
jugement de tous,
, Et l'on est modeste à vôtre
âge.
THALIE.
Si je fuis plus jeune qu:
vous,
Ne vousétonnez pas si je
plais davantage..
MELPOMENE.
Ne profanons point nôtre
voix
Par une odieuse querelle;
Des Herosle noble modele
Nous fournir de plus doux
emplois
:
Il a mille vertus dignes de
sanaissance,
Les Mufes dontil est l'appui
Doivent se consacrer à lui
Par zele & par reconnoiC
.- sance.
THALIE
A servir ce Heros bornons
nôtre desir.
MELPOMENE.
C'est le plus digne employ
des Filles de Memoire.
THALIE.
Que Melpomene veille à
celebrer sa gloire.
MELPOMENE.
Que Thalie ait le fbhid'oc<
cuper son loisir.
MELPOM. & THALIE.
Que Melpomene veille à
celebrer sa gloire,
Que Thalie ait le foin d'occuper son loisir
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Résumé : Prologue de Melpomene & de Thalie, Sur un Heros.
Le texte relate une dispute entre Melpomène, muse de la tragédie, et Thalie, muse de la comédie. Melpomène reproche à Thalie de comparer ses chansons frivoles aux chants héroïques qu'elle célèbre. Thalie défend ses chansons en affirmant qu'elles divertissent et réveillent les auditeurs, contrairement aux chants lugubres de Melpomène. Melpomène insiste sur le fait qu'elle célèbre la gloire des héros et des demi-dieux, tandis que Thalie se vante de pouvoir les détendre et amuser. La dispute porte sur la valeur de leurs talents respectifs. Melpomène critique l'amour-propre de Thalie, qui répond que la gloire touche ceux qui ont un grand cœur. Elles conviennent finalement de se consacrer à un héros, Melpomène en célébrant sa gloire et Thalie en occupant son loisir.
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3
p. 2273-2277
Le Caprice d'Erato, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le 28. Septembre, l'Académie Royale de Musique reprit l'Opera d'Alcione, [...]
Mots clefs :
Apollon, Académie royale de musique, Chants, Erato
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texteReconnaissance textuelle : Le Caprice d'Erato, &c. [titre d'après la table]
SPECTACLES.
E 28. Septembre , l'Académie Royale
de Mufique reprit l'Opera d'Alcione
dont on a donné l'Extrait dans le premier
volume du mois de Juin dernier ,
& le 8. de ce mois on en retrancha le Prologue,
& on donna à la place, à la fin de
la Piece , un Divertiffement d'un Acte ,
intitulé , Le Caprice d'Erato , lequel avoiť
été compofé l'année paffée à l'occafion
de la Naiffance de Monfeigneur le DAUPHIN.
Ce Divertiffement a été exccuté
plufieurs fois avec fuccès à la Cour , en
prefence de Leurs Majeftez : Les paroles
font de la compofition de M. Fufelier ,
& la Mufique de M. de Blamont , Sur- Intendant
de la Mufique du Roi ; voici en
peu de mots le Sujet :
Erato & fes Eleves font entendre leurs
Chants dans des lieux que le Heros de la
France honore fouvent de fa prefence ;
Apollon même anime leurs Concerts,
Minerve vient leur annoncer un nouveau
fujet de fête ; c'eft la Naiffance de Monfeigneur
le Dauphin . Elle s'exprime ainfi :
Louis, à vos Concerts offre un objet nouveau ;
Il
2274 MERCURE DE FRANCE
Il vous donne un Dauphin ; tous les Dieux-l'environnent
;
Les Vertus gardent fon Berceau ;
Les Graces le couronnent .
Apollon ranime Erato & fes Eleves par
ces deux Vers :
Chantez ; de votre fort celebrez les appas ;
Mortels , tous les plaiſirs vont voler fur vos pas.
Minerve fe joint à Apollon , & fait une
feconde Invitation ; le Choeur repete les
deux Vers qu'Apollon a chantez. Erato
commence la Fête par ces Vers , qu'elle
adreffe à fes Eleves.
+3
Par mille Chants nouveaux,fignalons notre hom
mage ;
C'eft ainfi qu'Erato peut exprimer fes voeux
Terpficore , venez , embelliffez nos jeux.
De cent objets divers traçons ici l'image ;
Exprimons nos tranſports dans un caprice heu
reux .
Ces derniers Vers font l'expofition du
Divertiffement ; Terpficore feconde les
Chants d'Erato par fes Danfes legeres.
Erato.
De la faifon nouvelle ,
Je vais vous peindre le retour;
´
De
OCTOBRE. 1730. 2275
De Bergers amoureux , qu'une Troupe fidele ,
Vienne avec moi celebrer ce beau jour.
Après quelques Chants & quelques
Danfes, une Bergere chante cet Air :
Le Printems regne enfin dans ce charmant féjour;
En faveur des plaiſirs il ranime l'ombrage ;
Et déja l'Amant ſuit l'Amour
Qui l'appelle fous le feuillage.
>
Le caprice d'Erato s'étend jufqu'aux Enfers
; mais comme cette Mufe juge bien
qu'une Fête infernale ne convient pas au
fujet qu'elle veut celebrer , elle dit :
Reftez, Monftres affreux , dans le fond des En
fers ;
Refpectez les plaisirs qui charment l'Univers.
Ce bruit infernal lui donne occafion"
de faire regner le fommeil qui doit fervir
à le calmer. Au fommeil fuccedent des
Bacchantes ; une Eleve d'Erato chante ces
quatre Vers :
Bacchus , ne tarde pas ; regne , viens nous faifir ,
De ta douce folie , heureux qui fent les charmes ,
A la trifte Raifon tu ne ravis les armes ,
Que pour les donner au Plaifir .
Erato ordonne une Symphonie qui imi-
το
2276 MERCURE DE FRANCE
te le chant des Oifeaux : elle chante ces
quatre Vers :
Oifeaux , que vos Concerts m'enchantent fur ces
bords !
Vous chantez le Dieu qui m'engage ;
Lorfqu'on a de l'Amour éprouvé les tranſports ,
On entend bien votre langage.
Diane vient le joindre à la Fête ; on entend
une Fanfare de Cors de Chaffe ; on
chante ces deux Couplets :
Diane , tes Jeux ont fçu plaire ,
Au plus charmant des Rois ;
Depuis qu'on le voit dans les Bois ,
Il a fait oublier Adonis dans Cythere.
Amour , vous volez fur les traces ,
Du plus charmant des Rois :
Depuis qu'on le voit dans les Bois ,
Venus dans fes Jardins ne trouve plus les Graces:
Apollon invite Erato & fes Eleves à
fignaler toujours leur zele pour le Roi .
La Fête finit par ces Vers que Minerve
chante :
Zéphirs , quittez la Cour de Flore ,
Pour le beau Lys qui vient d'éclores
L'éclat de ce Lys précieux ,
Dans
OCTOBRE . 1730. 2277
2.
Dans cent climats va fe répandre ;
La terre pouvoit- elle attendre ,
Un plus riche préfent des Cieux ?
Zéphirs , &c.
Auprès de cette aimable Fleur ,
Volez fur les bords de la Seine
Et que votre plus douce haleine
Conferve à jamais fa fraîcheur;
Zéphirs , &c.
Ces Couplets font fuivis d'un Choeur
dont Apollon fournit le fujet.
E 28. Septembre , l'Académie Royale
de Mufique reprit l'Opera d'Alcione
dont on a donné l'Extrait dans le premier
volume du mois de Juin dernier ,
& le 8. de ce mois on en retrancha le Prologue,
& on donna à la place, à la fin de
la Piece , un Divertiffement d'un Acte ,
intitulé , Le Caprice d'Erato , lequel avoiť
été compofé l'année paffée à l'occafion
de la Naiffance de Monfeigneur le DAUPHIN.
Ce Divertiffement a été exccuté
plufieurs fois avec fuccès à la Cour , en
prefence de Leurs Majeftez : Les paroles
font de la compofition de M. Fufelier ,
& la Mufique de M. de Blamont , Sur- Intendant
de la Mufique du Roi ; voici en
peu de mots le Sujet :
Erato & fes Eleves font entendre leurs
Chants dans des lieux que le Heros de la
France honore fouvent de fa prefence ;
Apollon même anime leurs Concerts,
Minerve vient leur annoncer un nouveau
fujet de fête ; c'eft la Naiffance de Monfeigneur
le Dauphin . Elle s'exprime ainfi :
Louis, à vos Concerts offre un objet nouveau ;
Il
2274 MERCURE DE FRANCE
Il vous donne un Dauphin ; tous les Dieux-l'environnent
;
Les Vertus gardent fon Berceau ;
Les Graces le couronnent .
Apollon ranime Erato & fes Eleves par
ces deux Vers :
Chantez ; de votre fort celebrez les appas ;
Mortels , tous les plaiſirs vont voler fur vos pas.
Minerve fe joint à Apollon , & fait une
feconde Invitation ; le Choeur repete les
deux Vers qu'Apollon a chantez. Erato
commence la Fête par ces Vers , qu'elle
adreffe à fes Eleves.
+3
Par mille Chants nouveaux,fignalons notre hom
mage ;
C'eft ainfi qu'Erato peut exprimer fes voeux
Terpficore , venez , embelliffez nos jeux.
De cent objets divers traçons ici l'image ;
Exprimons nos tranſports dans un caprice heu
reux .
Ces derniers Vers font l'expofition du
Divertiffement ; Terpficore feconde les
Chants d'Erato par fes Danfes legeres.
Erato.
De la faifon nouvelle ,
Je vais vous peindre le retour;
´
De
OCTOBRE. 1730. 2275
De Bergers amoureux , qu'une Troupe fidele ,
Vienne avec moi celebrer ce beau jour.
Après quelques Chants & quelques
Danfes, une Bergere chante cet Air :
Le Printems regne enfin dans ce charmant féjour;
En faveur des plaiſirs il ranime l'ombrage ;
Et déja l'Amant ſuit l'Amour
Qui l'appelle fous le feuillage.
>
Le caprice d'Erato s'étend jufqu'aux Enfers
; mais comme cette Mufe juge bien
qu'une Fête infernale ne convient pas au
fujet qu'elle veut celebrer , elle dit :
Reftez, Monftres affreux , dans le fond des En
fers ;
Refpectez les plaisirs qui charment l'Univers.
Ce bruit infernal lui donne occafion"
de faire regner le fommeil qui doit fervir
à le calmer. Au fommeil fuccedent des
Bacchantes ; une Eleve d'Erato chante ces
quatre Vers :
Bacchus , ne tarde pas ; regne , viens nous faifir ,
De ta douce folie , heureux qui fent les charmes ,
A la trifte Raifon tu ne ravis les armes ,
Que pour les donner au Plaifir .
Erato ordonne une Symphonie qui imi-
το
2276 MERCURE DE FRANCE
te le chant des Oifeaux : elle chante ces
quatre Vers :
Oifeaux , que vos Concerts m'enchantent fur ces
bords !
Vous chantez le Dieu qui m'engage ;
Lorfqu'on a de l'Amour éprouvé les tranſports ,
On entend bien votre langage.
Diane vient le joindre à la Fête ; on entend
une Fanfare de Cors de Chaffe ; on
chante ces deux Couplets :
Diane , tes Jeux ont fçu plaire ,
Au plus charmant des Rois ;
Depuis qu'on le voit dans les Bois ,
Il a fait oublier Adonis dans Cythere.
Amour , vous volez fur les traces ,
Du plus charmant des Rois :
Depuis qu'on le voit dans les Bois ,
Venus dans fes Jardins ne trouve plus les Graces:
Apollon invite Erato & fes Eleves à
fignaler toujours leur zele pour le Roi .
La Fête finit par ces Vers que Minerve
chante :
Zéphirs , quittez la Cour de Flore ,
Pour le beau Lys qui vient d'éclores
L'éclat de ce Lys précieux ,
Dans
OCTOBRE . 1730. 2277
2.
Dans cent climats va fe répandre ;
La terre pouvoit- elle attendre ,
Un plus riche préfent des Cieux ?
Zéphirs , &c.
Auprès de cette aimable Fleur ,
Volez fur les bords de la Seine
Et que votre plus douce haleine
Conferve à jamais fa fraîcheur;
Zéphirs , &c.
Ces Couplets font fuivis d'un Choeur
dont Apollon fournit le fujet.
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Résumé : Le Caprice d'Erato, &c. [titre d'après la table]
Le 28 septembre, l'Académie Royale de Musique a repris l'opéra 'Alcione'. Le 8 octobre, le prologue de cet opéra a été supprimé et remplacé par un divertissement intitulé 'Le Caprice d'Erato'. Ce divertissement avait été composé l'année précédente pour célébrer la naissance du Dauphin et avait déjà été exécuté avec succès à la cour en présence du roi et de la reine. Les paroles étaient de M. Fuzelier et la musique de M. de Blamont, surintendant de la musique du roi. Le sujet du divertissement met en scène Erato et ses élèves chantant dans des lieux honorés par le héros de la France. Apollon anime leurs concerts, tandis que Minerve annonce la naissance du Dauphin. Elle déclare que Louis offre un Dauphin, entouré de tous les dieux, avec les Vertus gardant son berceau et les Grâces le couronnant. Apollon et Minerve invitent à célébrer cet événement. Erato commence la fête en exprimant ses vœux et en invitant Terpsichore à embellir leurs jeux. Le divertissement inclut des chants et des danses, une bergère chantant un air sur le printemps, et une référence aux Enfers, rapidement écartée pour revenir aux plaisirs. Des Bacchantes apparaissent, suivies d'une symphonie imitant le chant des oiseaux. Diane rejoint la fête, et Apollon invite Erato et ses élèves à continuer leur zèle pour le roi. La fête se termine par des couplets chantés par Minerve, célébrant la naissance du Dauphin et invitant les Zéphyrs à protéger cette 'aimable Fleur'.
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4
p. 679-682
L'AMOUR MUSICIEN, CANTATE.
Début :
Prés d'un Temple fameux par son antiquité, [...]
Mots clefs :
Vénus, Amour, Cythère, Temple, Chants, Zéphyrs, Beautés, Maître, Cantate
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'AMOUR MUSICIEN, CANTATE.
L'AMOUR MUSICIEN ,
CANTAT E.
PRés d'un Temple fameux par son antiquité ,
Où les Mortels qui veulent plaire
A la Déesse de Cythere
Vont offrir leur encens à sa Divinité ,
Est une Forêt solitaire ,
Qu'environne une sombre et sainte obscurité :
C'est là qu'aux bords d'une Fontaine
Dans les bras du sommeil j'oubliois mes soucis
Lorsque Venus avec son fils
Vint par sa présence soudaine
Troubler l'heureux repos que goutoient mes esprits.
C iiij Les
680 MERCURE DE FRANCE
Les Ris , les Jeux suivoient ses traces ;
Les Amours voloient sur ses pas ;
Sa présence dans ces climats.
Leur donnoit de nouvelles graces.
Dans ces Bois sombres et charmans
A Venus tout rendoit hommage' ;
Les Oiseaux mêmes du Bocage
A l'envi redoubloient leurs Chants.
Les Jeux , les Ris suivoient ses traces ;
Les Amours voloient sur ses pas ;
Sa présence dans ces Climats
Leur donnoit de nouvelles graces.
Je veux me dit alors la Mere des Amours ; >
Que par tes soins mon fils apprene
Cet Art qui d'Arion a conservé les jours ,
Et du Chantre de Thrace a soulagé la peine."
Flatté du choix de Venus ,
Je chantai le combat de Pan et de Phoebus ,
Et Pallas d'Arachné punissant l'arrogance ;
Mais l'Amour dégouté de ces chants ennuyeux
! Chanta d'un ton harmonieux
Les Dieux et les Mortels soumis à fa puiffance.
Fixês
AVRIL:
1731 . 681
Fixés par ces accens ,
Les Zéphirs moins volages
Laifferent
pour un tems
Reposer les feuillages ,
Les hôtes de ces Bois
Devenus moins sauvages
Aux charmes de sa voix
Joignirent leurs ramages ;
Cachés sous les ombrages ,
Les échos d'alentour
Repetent aux Boccages
Les accens de l'amour.
Touché comme eux des chants de l'enfant de
Cypris ,
Je demeurai frappé de toutes ces merveilles ,
Confus , immobile , furpris ,
A peine en crus - je alors mes yeux et mes oreilles,
Et sans me rappeller les airs que je chantois ,
Je devins Ecolier de Maître que j'étois.
Jeunes Beautés , l'Amour est un grand Maître ,
Ce Dieu sçait tout sans avoir rien appris ;
Courez à lui , vous pourrez tout connoître ;
Rien n'eft caché pour un coeur bien épris.
Les autres Dieux ont chacun leur partage ,
Mars eft Guerrier , Phoebus eft Dieu des Vers;
Cv Le
882 MERCURE DE FRANCE.
Le feul Amour par un rare aſſemblage
Unit en lui tous leurs talens divers.
Jeunes Beautez &c.
CANTAT E.
PRés d'un Temple fameux par son antiquité ,
Où les Mortels qui veulent plaire
A la Déesse de Cythere
Vont offrir leur encens à sa Divinité ,
Est une Forêt solitaire ,
Qu'environne une sombre et sainte obscurité :
C'est là qu'aux bords d'une Fontaine
Dans les bras du sommeil j'oubliois mes soucis
Lorsque Venus avec son fils
Vint par sa présence soudaine
Troubler l'heureux repos que goutoient mes esprits.
C iiij Les
680 MERCURE DE FRANCE
Les Ris , les Jeux suivoient ses traces ;
Les Amours voloient sur ses pas ;
Sa présence dans ces climats.
Leur donnoit de nouvelles graces.
Dans ces Bois sombres et charmans
A Venus tout rendoit hommage' ;
Les Oiseaux mêmes du Bocage
A l'envi redoubloient leurs Chants.
Les Jeux , les Ris suivoient ses traces ;
Les Amours voloient sur ses pas ;
Sa présence dans ces Climats
Leur donnoit de nouvelles graces.
Je veux me dit alors la Mere des Amours ; >
Que par tes soins mon fils apprene
Cet Art qui d'Arion a conservé les jours ,
Et du Chantre de Thrace a soulagé la peine."
Flatté du choix de Venus ,
Je chantai le combat de Pan et de Phoebus ,
Et Pallas d'Arachné punissant l'arrogance ;
Mais l'Amour dégouté de ces chants ennuyeux
! Chanta d'un ton harmonieux
Les Dieux et les Mortels soumis à fa puiffance.
Fixês
AVRIL:
1731 . 681
Fixés par ces accens ,
Les Zéphirs moins volages
Laifferent
pour un tems
Reposer les feuillages ,
Les hôtes de ces Bois
Devenus moins sauvages
Aux charmes de sa voix
Joignirent leurs ramages ;
Cachés sous les ombrages ,
Les échos d'alentour
Repetent aux Boccages
Les accens de l'amour.
Touché comme eux des chants de l'enfant de
Cypris ,
Je demeurai frappé de toutes ces merveilles ,
Confus , immobile , furpris ,
A peine en crus - je alors mes yeux et mes oreilles,
Et sans me rappeller les airs que je chantois ,
Je devins Ecolier de Maître que j'étois.
Jeunes Beautés , l'Amour est un grand Maître ,
Ce Dieu sçait tout sans avoir rien appris ;
Courez à lui , vous pourrez tout connoître ;
Rien n'eft caché pour un coeur bien épris.
Les autres Dieux ont chacun leur partage ,
Mars eft Guerrier , Phoebus eft Dieu des Vers;
Cv Le
882 MERCURE DE FRANCE.
Le feul Amour par un rare aſſemblage
Unit en lui tous leurs talens divers.
Jeunes Beautez &c.
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Résumé : L'AMOUR MUSICIEN, CANTATE.
Le texte 'L'AMOUR MUSICIEN' relate une scène près d'un temple antique dédié à Vénus. Le narrateur, endormi au bord d'une fontaine, est réveillé par la déesse et son fils, l'Amour. La forêt sombre et mystérieuse se transforme en un lieu de célébration à leur arrivée. Les jeux, les rires et les amours suivent leurs pas, et les oiseaux redoublent leurs chants en hommage à Vénus. Vénus demande au narrateur d'enseigner à l'Amour l'art de la musique. Le narrateur chante des récits mythologiques, mais l'Amour préfère chanter les dieux et les mortels soumis à sa puissance. Les zéphyrs, les oiseaux et les échos répètent les chants de l'Amour, touchant profondément le narrateur. Émerveillé, le narrateur devient l'élève de l'Amour, reconnaissant la supériorité de ce dieu qui unit en lui les talents de tous les autres dieux. Le texte se conclut par une invitation aux jeunes beautés à se tourner vers l'Amour pour connaître toutes les merveilles du monde.
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5
p. [2051]-2053
ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume. Laudate Pueri, &c.
Début :
Enfans, publiez les loüanges, [...]
Mots clefs :
Louanges, Souverain, Chants, Créateur
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texteReconnaissance textuelle : ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume. Laudate Pueri, &c.
ODE SA CREE ,
E
Tirée du Pseaume.
Laudate Pueri , &c.
Nfans , publiez les louanges ;
Du Souverain Maître des Rois,
Et mêlez au Concert des Anges ,
Les tendres accents de vos voix,
Dès que le Soliel fait éclore ,
Les feux de la naissante Aurore ,
Vers le Ciel élevez yos Chants ;
A ij Jus
1052 MERCURE DE FRANCE
Jusqu'à ce qu'il rentre dans l'Onde ,
Louez le Créateur du Monde ;
Qu'on le celebre en tous les temps.
Du haut de la Vout azurée
Il gouverne tout l'Univers ;
C'est lui qui regle la durée ,
De tant de Royaumes divers ,
C'est lui qui lance le Tonnerre
Le Ciel et la Mer et la Terre ,
Sont remplis de sa Majesté ,
Des Rois il borne les conquêtes ;
Et lui seul commande aux Tempêtes}
Dont l'Ocean est agité.
dire ;
Nul autre que fui ne peut
Que son Trône est le Firmament
Et qu'il voit tout ce qui respire ,
Soumis à son commandeinent.
Souvent du sein de l'indigence ,
Il éleve l'humble innocence ,
Pour la placer aux plus hauts rangs
Et quelquefois des Bergers même ,
On a vu son pouvoir suprême ,
Faire d'illustres fuerants .
Tol
SEPTEMBRE . 1731 2053
Toi ,. qui commences d'être Mere ,
Dans l'âge de sterilité ,
C'est au Dieu qu'Israël revére ,
Que tu dois ta fécondité :
Par son ordre dans sa vieillesse ,
L'homme de bien plein d'allegresse
Se voit revivre en ses enfans ,
Pendant que sa juste vengeance ;
Fait périr dans l'adolescence ,
La posterité des méchans:
Par M. de Sainte Palaye , de Montfort
Lamaury.
E
Tirée du Pseaume.
Laudate Pueri , &c.
Nfans , publiez les louanges ;
Du Souverain Maître des Rois,
Et mêlez au Concert des Anges ,
Les tendres accents de vos voix,
Dès que le Soliel fait éclore ,
Les feux de la naissante Aurore ,
Vers le Ciel élevez yos Chants ;
A ij Jus
1052 MERCURE DE FRANCE
Jusqu'à ce qu'il rentre dans l'Onde ,
Louez le Créateur du Monde ;
Qu'on le celebre en tous les temps.
Du haut de la Vout azurée
Il gouverne tout l'Univers ;
C'est lui qui regle la durée ,
De tant de Royaumes divers ,
C'est lui qui lance le Tonnerre
Le Ciel et la Mer et la Terre ,
Sont remplis de sa Majesté ,
Des Rois il borne les conquêtes ;
Et lui seul commande aux Tempêtes}
Dont l'Ocean est agité.
dire ;
Nul autre que fui ne peut
Que son Trône est le Firmament
Et qu'il voit tout ce qui respire ,
Soumis à son commandeinent.
Souvent du sein de l'indigence ,
Il éleve l'humble innocence ,
Pour la placer aux plus hauts rangs
Et quelquefois des Bergers même ,
On a vu son pouvoir suprême ,
Faire d'illustres fuerants .
Tol
SEPTEMBRE . 1731 2053
Toi ,. qui commences d'être Mere ,
Dans l'âge de sterilité ,
C'est au Dieu qu'Israël revére ,
Que tu dois ta fécondité :
Par son ordre dans sa vieillesse ,
L'homme de bien plein d'allegresse
Se voit revivre en ses enfans ,
Pendant que sa juste vengeance ;
Fait périr dans l'adolescence ,
La posterité des méchans:
Par M. de Sainte Palaye , de Montfort
Lamaury.
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Résumé : ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume. Laudate Pueri, &c.
Le Psaume 113, intitulé 'Laudate Pueri', invite les enfants à louer le Souverain Maître des Rois. Ce poème religieux décrit Dieu comme le Créateur et gouverneur de l'univers, régissant les royaumes et commandant aux éléments naturels. Il souligne la majesté divine omniprésente dans le ciel, la mer et la terre, et la capacité de Dieu à limiter les conquêtes des rois. Le texte met en avant l'élévation des humbles et la transformation de bergers en personnages illustres. Il mentionne également une femme stérile à qui Dieu accorde la fécondité. Le poème contraste la bénédiction des justes avec la vengeance divine sur les méchants. Signé par M. de Sainte Palaye, de Montfort Lamaury, il est daté de septembre 1731.
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6
p. 1032-1036
EGLOGUE, Pour celebrer la Santé et le Retour du R. P. R. D. L. O.
Début :
Loin d'ici, noir chagrin, cherche un autre séjour; [...]
Mots clefs :
Bergers, Chants, Flore, Églogue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EGLOGUE, Pour celebrer la Santé et le Retour du R. P. R. D. L. O.
EGLOGUE
Pour celebrer la Santé et le Retour
du R. P. R. D. L. O. .
L
Silvandre.
Oin d'ici , noir chagrin , cherche un autre
séjour ;
Dans ces heureux climats Daphnis est de tetour,
Il est de nos hameaux, l'ornement & la joye ,
Benissons , Bergers , le Ciel qui nous l'envoyez
En ce jour solemnel que nos jeunes agneaux
sensibles , fassent voir leur aise par des sauts ;
Hâtez-vous de venir , solitaires Dryades ;
Ac-
MAY. 1732. 1033
Accourez , joignez - vous aux humides Nayades
Foulez l'herbe naissante au gré de nos desirs ;
Flore , reparoissez , ramenez les Zephirs.
Les Nymphes quitteront leur rétraite rustique
Pour être les témoins d'une Fête publique.
Damon.
Cher Silvandre , tirons des chants de nos hau→
bois ,
Tels qu'un Chantre fameux en fit entendre aux
bois ;
Les Frênes , les Ormeaux descendant des montagnes ,
Nous suivront attentifs dans nos vastes campagnes ,
Commencez ; c'est à vous , celebrons tour
. tour ,
De l'illustre Daphnis l'agréable retour ,
Les maux & les soucis que causa son absence ,
Et les plaisirs qu'on sent de sa convalescence.
Silvandre.
Ce qu'un Loup ravissant est à notre bercail ,
Un mal contagieux au debile bétail ,
Un pâtre mercenaire aux tristes bergerics ,"
Un fougueux Aquilon à l'émail des prairies ,
L'absence des brebis à leurs tendres agneaux ,
La langueur de Daphnis l'étoit à nos troupeaux,
Damon.
Ce que sont aux Jardins les larmes de l'Aurore,
I iiij .. Les
1034 MERCURE DE FRANCEぶ
Les amoureux Zephirs aux dons brillants de Flore ,
La Plante la plus verte aux meres des chevreaux ,
Aux Moissonneurs lassez le cristal des ruisseaux ;
Ce qu'est pour les Bergers l'ombrage frais d'un hêtre,
La santé de Daphnis l'est au bétail , au Maître,
Silvandre.
Depuis le jour fatal qu'il partit de ces lieux ,
On n'a plus entendu de son mélodieux ;
Ma Flute étoit sans voix , et ma tendre Mu
setre
Tristement suspenduë étoit toûjours muette ;
Nul Berger n'avoit soin d'enfler ses chalumeaux
Nos soupirs étoient seuls repetez des échos.
Damon.
Dès l'instant que Daphnis reparut dans nos
plaines ,
On vit tarir nos pleurs , on vit cesser nos pei--
nes ;
Par tes Airs les plus doux nous chantons son
retour ;
Pour signaler au loin sa gloire & mon amour;
Tous les ans de ce Dieu qui daigne nous le
* rendre ,
J'arroserai l'Autel du sang d'un Agneau tendre.
Silvandre.
Pour son heureux retour les Nymphes de ces lieux
MAY. 17.32.
1035
Par "
des accens plaintifs importunoient les Cieux,
Sensible à son départ , presqu'autant que le maî- tre ,
Le bétail negligeoit et de boire et de paître ,
La douleur arracha des plaintes d'un rocher ;
Apollon & Palès coururent se cacher.
Damon.
Le Tigre calme enfin sa fureur homicide :
Du sang, de nos Agneaux le Loup n'est plus avide ;
Le Serpent a perdu son venin dangereux ;
Avoir les doux transports de nos Troupeaux nombreux ,
On diroit que Pallas est en cette Contrée ,
Ou que nous revoyons l'heureux siecle d'Astrée.
Silvandre.
Au lieu du pur Froment l'yvroie & les chardons
S'élevoient sous nos yeux , et couvroient nos sillons ;
Tranquilles nous voyions la Terre sans parure ;
Nos Vignes sans façon , nos Vergers sans cul- ture ;
Les Fleuves , les Rochers , les Pins , les Arbris
seaux >
Vous rapelloient , Daphnis , auprès de nos troupeaux..
Damon.
Nos Prez sont tapissez d'une aimable verdure ร
Les
1026 MERCURE DE FRANCE
Les Arbres ont repris leur verte chevelure ;
Le Printemps , les Zephirs , Flore et toute sa Cour ,
Annoncent de Daphnis la santé , le retour ;
Pendant les belles nuits , Diane en nos Campagnes
Foule à pas cadencez l'herbe avec ses compagnes.
Silvandre.
Daphnis aime mes Vers , il aprouve mes Chants,
Il m'a dit plusieurs fois qu'il les trouve tou- chants :
Mes Sons , à beaucoup près , de lui ne sont pas
dignes ;
Je fais , comme un Oison , du bruit entre les
Cignes ,
J'imite nos Bergers , mais ce qui plaît le plus ,
C'est l'effort que je fais pour chanter ses vertus.
Damon.
•
Sur le mont Helicon pour Poëte on l'avoue ;
Il peut le disputer au Pasteur de Mantouë ,
Muses , qui protegez vos doctes Nourrissons
Pour lui faites couler du parfum, des buissons ;
Vous , Parques , filez-lui des jours d'or & de soye
Et les Bergers alois nageront dans la joye.
M. Chabaud.
Pour celebrer la Santé et le Retour
du R. P. R. D. L. O. .
L
Silvandre.
Oin d'ici , noir chagrin , cherche un autre
séjour ;
Dans ces heureux climats Daphnis est de tetour,
Il est de nos hameaux, l'ornement & la joye ,
Benissons , Bergers , le Ciel qui nous l'envoyez
En ce jour solemnel que nos jeunes agneaux
sensibles , fassent voir leur aise par des sauts ;
Hâtez-vous de venir , solitaires Dryades ;
Ac-
MAY. 1732. 1033
Accourez , joignez - vous aux humides Nayades
Foulez l'herbe naissante au gré de nos desirs ;
Flore , reparoissez , ramenez les Zephirs.
Les Nymphes quitteront leur rétraite rustique
Pour être les témoins d'une Fête publique.
Damon.
Cher Silvandre , tirons des chants de nos hau→
bois ,
Tels qu'un Chantre fameux en fit entendre aux
bois ;
Les Frênes , les Ormeaux descendant des montagnes ,
Nous suivront attentifs dans nos vastes campagnes ,
Commencez ; c'est à vous , celebrons tour
. tour ,
De l'illustre Daphnis l'agréable retour ,
Les maux & les soucis que causa son absence ,
Et les plaisirs qu'on sent de sa convalescence.
Silvandre.
Ce qu'un Loup ravissant est à notre bercail ,
Un mal contagieux au debile bétail ,
Un pâtre mercenaire aux tristes bergerics ,"
Un fougueux Aquilon à l'émail des prairies ,
L'absence des brebis à leurs tendres agneaux ,
La langueur de Daphnis l'étoit à nos troupeaux,
Damon.
Ce que sont aux Jardins les larmes de l'Aurore,
I iiij .. Les
1034 MERCURE DE FRANCEぶ
Les amoureux Zephirs aux dons brillants de Flore ,
La Plante la plus verte aux meres des chevreaux ,
Aux Moissonneurs lassez le cristal des ruisseaux ;
Ce qu'est pour les Bergers l'ombrage frais d'un hêtre,
La santé de Daphnis l'est au bétail , au Maître,
Silvandre.
Depuis le jour fatal qu'il partit de ces lieux ,
On n'a plus entendu de son mélodieux ;
Ma Flute étoit sans voix , et ma tendre Mu
setre
Tristement suspenduë étoit toûjours muette ;
Nul Berger n'avoit soin d'enfler ses chalumeaux
Nos soupirs étoient seuls repetez des échos.
Damon.
Dès l'instant que Daphnis reparut dans nos
plaines ,
On vit tarir nos pleurs , on vit cesser nos pei--
nes ;
Par tes Airs les plus doux nous chantons son
retour ;
Pour signaler au loin sa gloire & mon amour;
Tous les ans de ce Dieu qui daigne nous le
* rendre ,
J'arroserai l'Autel du sang d'un Agneau tendre.
Silvandre.
Pour son heureux retour les Nymphes de ces lieux
MAY. 17.32.
1035
Par "
des accens plaintifs importunoient les Cieux,
Sensible à son départ , presqu'autant que le maî- tre ,
Le bétail negligeoit et de boire et de paître ,
La douleur arracha des plaintes d'un rocher ;
Apollon & Palès coururent se cacher.
Damon.
Le Tigre calme enfin sa fureur homicide :
Du sang, de nos Agneaux le Loup n'est plus avide ;
Le Serpent a perdu son venin dangereux ;
Avoir les doux transports de nos Troupeaux nombreux ,
On diroit que Pallas est en cette Contrée ,
Ou que nous revoyons l'heureux siecle d'Astrée.
Silvandre.
Au lieu du pur Froment l'yvroie & les chardons
S'élevoient sous nos yeux , et couvroient nos sillons ;
Tranquilles nous voyions la Terre sans parure ;
Nos Vignes sans façon , nos Vergers sans cul- ture ;
Les Fleuves , les Rochers , les Pins , les Arbris
seaux >
Vous rapelloient , Daphnis , auprès de nos troupeaux..
Damon.
Nos Prez sont tapissez d'une aimable verdure ร
Les
1026 MERCURE DE FRANCE
Les Arbres ont repris leur verte chevelure ;
Le Printemps , les Zephirs , Flore et toute sa Cour ,
Annoncent de Daphnis la santé , le retour ;
Pendant les belles nuits , Diane en nos Campagnes
Foule à pas cadencez l'herbe avec ses compagnes.
Silvandre.
Daphnis aime mes Vers , il aprouve mes Chants,
Il m'a dit plusieurs fois qu'il les trouve tou- chants :
Mes Sons , à beaucoup près , de lui ne sont pas
dignes ;
Je fais , comme un Oison , du bruit entre les
Cignes ,
J'imite nos Bergers , mais ce qui plaît le plus ,
C'est l'effort que je fais pour chanter ses vertus.
Damon.
•
Sur le mont Helicon pour Poëte on l'avoue ;
Il peut le disputer au Pasteur de Mantouë ,
Muses , qui protegez vos doctes Nourrissons
Pour lui faites couler du parfum, des buissons ;
Vous , Parques , filez-lui des jours d'or & de soye
Et les Bergers alois nageront dans la joye.
M. Chabaud.
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Résumé : EGLOGUE, Pour celebrer la Santé et le Retour du R. P. R. D. L. O.
Le texte est une églogue célébrant le retour et la santé retrouvée du R. P. R. D. L. O., surnommé Daphnis. Deux bergers, Silvandre et Damon, expriment leur joie et leur soulagement à travers des dialogues poétiques. Silvandre invite à célébrer ce retour en conviant les Dryades et les Nayades à se joindre à la fête. Damon propose de chanter les maux causés par l'absence de Daphnis et les plaisirs de sa convalescence. Silvandre compare l'absence de Daphnis à divers maux affectant la nature et les bergers, tandis que Damon associe la santé de Daphnis à des éléments bénéfiques pour la nature et les bergers. Les deux bergers décrivent la tristesse et le silence qui ont régné pendant l'absence de Daphnis et la joie revenue avec son retour. Ils mentionnent également les transformations positives dans la nature, comme la verdure revenue et les animaux apaisés. Silvandre et Damon louent les talents poétiques de Daphnis et souhaitent qu'il soit protégé par les Muses et les Parques, afin que les bergers puissent vivre dans la joie.
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7
p. 2221-2224
La Mere Jalouse, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le 19 Septembre, l'Opera Comique, donna la premiere Représentation [...]
Mots clefs :
La Mère Jalouse, Mariage, Chants, Danses, Vaudeville, Opéra comique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : La Mere Jalouse, &c. [titre d'après la table]
Ldonna le premiere Représentation
E 19 Septembre , l'Opera Comique
d'une Piéce nouvelle en un Acte , qui a
pour titre la MereJalouse , dont voici le
sujet.
Pierot et Olivette expliquent d'abord le
Caractere de la MereJalouse , qui regarde
sa fille de travers à cause qu'elle est plus
jeune qu'elle , et qui a dessein de lui enlever Clitandre , son Amant. Araminte
mere d'Henriette paroît , et laisse voir à
Pierot et à Olivette son inclination pour
l'adorateur de sa fille ; Clitandre arrive et
parle à Araminte de son Mariage avec
Henriette , comme d'une cerémonie fort
prochaine la mere amoureuse soupire"
et enfin déclare sans façon son amour à
son Gendre futur , qui se retire fort chagrin et fort confus. Araminte confie ses
nouveaux tourmens à Olivette , qui ne
l'épargne pas , et lui remontre impitoyaFiij ble
222 MERCURE DE FRANCE
blement qu'Henriette convient mieux
qu'elle à Clitandre. Araminte sort , et
Henriette apprend, en arrivant, avec étonnement et avec douleur qu'elle a sa mere
pour Rivale. Clitandre survient ; ils tiennent conseil sur le péril que court leur
tendresse , et Henriette s'abandonne enticrement à la conduite de Clitandre , qui
ne sçait que résoudre ; il fait part de son
chagrin à un Financier de ses amis qui le
raille sur sa constance , et lui conseille le
célibat. Il chante sur l'air: Le plaisirpasse
la peine.
Reste garçon , mon cher Clitandre ,
L'Hymen n'est pas un Dieu bien tendre ;
La peine passe le plaisir.
Mais quand on méprise la chaîne
De ce Dieu qui fait tant souffrir ,
Le plaisir passe la peine.
Après les plaisanteries , le spirituel Fi
nancier propose à Clitandre de feindre
de l'amour pour Araminte , tandis que
lui demandera sa fille en mariage , et qu'il
arrangera cette intrigue avec le Notaire.
Cette idée se réalise dans le moment. Hen
riette qui n'est pas prévenuë en est accablée ; Araminte accorde sa fille au Financier, qui sort pour aller achever son projet.
OCTOBRE. 1732. 2223
jet. Clitandre reste seul troublé du cha
grin que sa feinte inconstance vient de
Causer à l'aimable Henriette. Olivette
l'avertit que sa Maîtresse est seule dans sa
chambre , et que sa mere est allée chez
le Notaire avec le Financier... l'Eveillé
Paysan du Château d'Araminte , qui est
venu pour la prier des Vendanges , apprend son Mariage avec Clitandre , et en
raisonne avec Olivette. Le Notaire dénoue l'intrigue en apportant le Contract,
où Araminte a signé comme mere d'Henriette qu'elle a marié à Clitandre , et le
Financier s'applaudit d'avoir imaginé cette ruse. Le Divertissement termine l'Acte
par des chants de Danses , et du Vaudeville dont voici les Couplets. Il est gravé
avec la Chanson.
Vieille,qui prend jeune Mari
Doit s'attendre au Charivari
Dans son ménage ;
Jeune,qui prend un v ieux barbon
N'a pas un meilleur carillon ,
C'est-là l'usage.
生
Femme,qui trompé son Mari ,
Ne fait jamais charivari
Dans son ménage :
Fiiij Fem
2224 MERCURE DE FRANCE
Femme, dont la vertu tient bon ,
A chaque instant fait carillon ;
C'est-là l'usage.
Un Traitant par tout est cheri ;
Il ne fait point charivari
Dans un ménage.
C'est le Perou d'une maison ,
11 paye faisant carillon ;
C'est-là l'usage.
M
L'Amant qui veut être Mari ,
Dit qu'il hait le charivari
Dans le ménage ;
Mais est- il époux tout de bon
Pour un rien il fait carillon
C'est- là l'usage.
Epoux , l'aspect d'un Favori ,
Cause toujours charivari
Dans un ménage.
Femmes, suivez cette leçon ;
A bas bruit faites carillon ;
C'est- là l'usage
E 19 Septembre , l'Opera Comique
d'une Piéce nouvelle en un Acte , qui a
pour titre la MereJalouse , dont voici le
sujet.
Pierot et Olivette expliquent d'abord le
Caractere de la MereJalouse , qui regarde
sa fille de travers à cause qu'elle est plus
jeune qu'elle , et qui a dessein de lui enlever Clitandre , son Amant. Araminte
mere d'Henriette paroît , et laisse voir à
Pierot et à Olivette son inclination pour
l'adorateur de sa fille ; Clitandre arrive et
parle à Araminte de son Mariage avec
Henriette , comme d'une cerémonie fort
prochaine la mere amoureuse soupire"
et enfin déclare sans façon son amour à
son Gendre futur , qui se retire fort chagrin et fort confus. Araminte confie ses
nouveaux tourmens à Olivette , qui ne
l'épargne pas , et lui remontre impitoyaFiij ble
222 MERCURE DE FRANCE
blement qu'Henriette convient mieux
qu'elle à Clitandre. Araminte sort , et
Henriette apprend, en arrivant, avec étonnement et avec douleur qu'elle a sa mere
pour Rivale. Clitandre survient ; ils tiennent conseil sur le péril que court leur
tendresse , et Henriette s'abandonne enticrement à la conduite de Clitandre , qui
ne sçait que résoudre ; il fait part de son
chagrin à un Financier de ses amis qui le
raille sur sa constance , et lui conseille le
célibat. Il chante sur l'air: Le plaisirpasse
la peine.
Reste garçon , mon cher Clitandre ,
L'Hymen n'est pas un Dieu bien tendre ;
La peine passe le plaisir.
Mais quand on méprise la chaîne
De ce Dieu qui fait tant souffrir ,
Le plaisir passe la peine.
Après les plaisanteries , le spirituel Fi
nancier propose à Clitandre de feindre
de l'amour pour Araminte , tandis que
lui demandera sa fille en mariage , et qu'il
arrangera cette intrigue avec le Notaire.
Cette idée se réalise dans le moment. Hen
riette qui n'est pas prévenuë en est accablée ; Araminte accorde sa fille au Financier, qui sort pour aller achever son projet.
OCTOBRE. 1732. 2223
jet. Clitandre reste seul troublé du cha
grin que sa feinte inconstance vient de
Causer à l'aimable Henriette. Olivette
l'avertit que sa Maîtresse est seule dans sa
chambre , et que sa mere est allée chez
le Notaire avec le Financier... l'Eveillé
Paysan du Château d'Araminte , qui est
venu pour la prier des Vendanges , apprend son Mariage avec Clitandre , et en
raisonne avec Olivette. Le Notaire dénoue l'intrigue en apportant le Contract,
où Araminte a signé comme mere d'Henriette qu'elle a marié à Clitandre , et le
Financier s'applaudit d'avoir imaginé cette ruse. Le Divertissement termine l'Acte
par des chants de Danses , et du Vaudeville dont voici les Couplets. Il est gravé
avec la Chanson.
Vieille,qui prend jeune Mari
Doit s'attendre au Charivari
Dans son ménage ;
Jeune,qui prend un v ieux barbon
N'a pas un meilleur carillon ,
C'est-là l'usage.
生
Femme,qui trompé son Mari ,
Ne fait jamais charivari
Dans son ménage :
Fiiij Fem
2224 MERCURE DE FRANCE
Femme, dont la vertu tient bon ,
A chaque instant fait carillon ;
C'est-là l'usage.
Un Traitant par tout est cheri ;
Il ne fait point charivari
Dans un ménage.
C'est le Perou d'une maison ,
11 paye faisant carillon ;
C'est-là l'usage.
M
L'Amant qui veut être Mari ,
Dit qu'il hait le charivari
Dans le ménage ;
Mais est- il époux tout de bon
Pour un rien il fait carillon
C'est- là l'usage.
Epoux , l'aspect d'un Favori ,
Cause toujours charivari
Dans un ménage.
Femmes, suivez cette leçon ;
A bas bruit faites carillon ;
C'est- là l'usage
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Résumé : La Mere Jalouse, &c. [titre d'après la table]
Le 19 septembre, l'Opéra Comique a présenté 'La Mère Jalouse', une pièce en un acte. L'intrigue tourne autour d'Araminte, la mère jalouse d'Henriette, qui convoite Clitandre, le fiancé de sa fille. Pierrot et Olivette révèlent le caractère possessif d'Araminte. Clitandre, en discutant avec Araminte de son mariage imminent avec Henriette, découvre les sentiments amoureux d'Araminte à son égard. Confuse et chagrinée, Araminte confie ses tourments à Olivette, qui lui rappelle que Henriette convient mieux à Clitandre. Henriette apprend avec douleur qu'Araminte est sa rivale. Clitandre, désemparé, consulte un financier qui lui suggère de feindre l'amour pour Araminte tout en arrangeant le mariage d'Henriette avec lui-même. Henriette est accablée par cette feinte, mais le financier obtient l'accord d'Araminte. Le notaire dénoue l'intrigue en révélant que le contrat de mariage unit Henriette et Clitandre. La pièce se termine par des chants et des danses, accompagnés d'un vaudeville commentant les usages matrimoniaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 119-120
Les Dons des Enfans de Latone, [titre d'après la table]
Début :
On vend chez De Saint, Libraire, ruë S. Jean de Beauvais : LES DONS DES ENFANS DE LATONE ; [...]
Mots clefs :
Chasse du cerf, Musique, Poèmes, Chants, Fanfares
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texteReconnaissance textuelle : Les Dons des Enfans de Latone, [titre d'après la table]
On vend chez De Saint , Libraire, rue S.Jean
de Beauvais : LES DONS DES ENFANS DE LA
TONE ; la Musique et la Chasse du Cerf, Poëmes.
dédiez au Roy. C'est un Ouvrage qui contient
plus de 4000 Vers , vol . in 8. ( nrichi de Tailles.
douces , dessinées par M. Oudry , er gravées par
le Sr Lebas , avec plusieurs autres gravures de
Musique .
L'Ouvrage est divisé en deux parties , la pre
miere regarde la Musique , et contient deux Poëmes
de 4 Chants chacun. Le premier a pour ti
tre: Apollon ou l'Origine des Spectacles , en Mu
sique ; et le second est une Epître qui parut avec
succès en 1714.contenant aussi 4 chants , revuë,
corrigée et augmentée. Ces deux Poëmes sont
suivis d'une Table Cronologique de tous les .
Opéra qui ont paru en France depuis l'année
1645. jusqu'à present, avec le nom des Auteurs ,
des Paroles et de la Musique..
La seconde Partie de l'Ouvrage est intimulée :
Diane ou les Loix de la Chasse du Cerf; Traduction
tirée d'un Poëme Latin, de Jacques Savary,
imprimé à Caen l'année 1659. accommodé à la
maniere de chasser le Cerf aujourd'hui .
Le Poëme est divisé en 6 chants, et peut contenir
1700 Vers,sans la Préface ; il est suivi d'un Dictionnaire
de tous les termes usitez à la Chasse du
Cerf , tirez de tous les Auteurs qui en ont écrit ,
et de l'usage present.
Pour reünir plus parfaitement les Dons , dés
Enfans de Latone , l'Auteur a jugé à propos d'y
joindre les Paroles d'une nouvelle Chasse du
Cerf , mise en Musique , qu'il compte apparem
ment donner au public, entierement Parodiées , à
ce qu'il dit,sur des Airs choisis des Opéra d'An◄
gleterre , de la composition du Sr Hendel , fameux
120 MERCURE DE FRANCE
meux compositeur , avec des Simphonies étran
geres des meilleurs Auteurs Italiens .
L'Ouvrage enfin est terminé par un Recueil
gravé de toutes les Fanfares connues à la Cour ,
sous différens noms , et composez par M. de
Dampierre , Gentilhomme des plaisirs du Roy ,
imaginés par lui pour servir de signaux à la
Chasse , et faire entendre aux Veneurs la nature
du Cerf que l'on court , ses mouvemens , et toutes
les differentes opérations de la Chasse , avec
tous les tons qu'il y a affectez; ces Fanfares sont
suivies de plusieurs autres nouvelles Fanfares ,
avec les Parodies qui en ont été faites par différentes
personnes; et le tout est réuni sous le titre
commun des Dons des Enfans de Latone.
Nous rendrons compte au public du détail de
chacun de ces Poëmes , dont la lecture fait un
extréme plaisir .
de Beauvais : LES DONS DES ENFANS DE LA
TONE ; la Musique et la Chasse du Cerf, Poëmes.
dédiez au Roy. C'est un Ouvrage qui contient
plus de 4000 Vers , vol . in 8. ( nrichi de Tailles.
douces , dessinées par M. Oudry , er gravées par
le Sr Lebas , avec plusieurs autres gravures de
Musique .
L'Ouvrage est divisé en deux parties , la pre
miere regarde la Musique , et contient deux Poëmes
de 4 Chants chacun. Le premier a pour ti
tre: Apollon ou l'Origine des Spectacles , en Mu
sique ; et le second est une Epître qui parut avec
succès en 1714.contenant aussi 4 chants , revuë,
corrigée et augmentée. Ces deux Poëmes sont
suivis d'une Table Cronologique de tous les .
Opéra qui ont paru en France depuis l'année
1645. jusqu'à present, avec le nom des Auteurs ,
des Paroles et de la Musique..
La seconde Partie de l'Ouvrage est intimulée :
Diane ou les Loix de la Chasse du Cerf; Traduction
tirée d'un Poëme Latin, de Jacques Savary,
imprimé à Caen l'année 1659. accommodé à la
maniere de chasser le Cerf aujourd'hui .
Le Poëme est divisé en 6 chants, et peut contenir
1700 Vers,sans la Préface ; il est suivi d'un Dictionnaire
de tous les termes usitez à la Chasse du
Cerf , tirez de tous les Auteurs qui en ont écrit ,
et de l'usage present.
Pour reünir plus parfaitement les Dons , dés
Enfans de Latone , l'Auteur a jugé à propos d'y
joindre les Paroles d'une nouvelle Chasse du
Cerf , mise en Musique , qu'il compte apparem
ment donner au public, entierement Parodiées , à
ce qu'il dit,sur des Airs choisis des Opéra d'An◄
gleterre , de la composition du Sr Hendel , fameux
120 MERCURE DE FRANCE
meux compositeur , avec des Simphonies étran
geres des meilleurs Auteurs Italiens .
L'Ouvrage enfin est terminé par un Recueil
gravé de toutes les Fanfares connues à la Cour ,
sous différens noms , et composez par M. de
Dampierre , Gentilhomme des plaisirs du Roy ,
imaginés par lui pour servir de signaux à la
Chasse , et faire entendre aux Veneurs la nature
du Cerf que l'on court , ses mouvemens , et toutes
les differentes opérations de la Chasse , avec
tous les tons qu'il y a affectez; ces Fanfares sont
suivies de plusieurs autres nouvelles Fanfares ,
avec les Parodies qui en ont été faites par différentes
personnes; et le tout est réuni sous le titre
commun des Dons des Enfans de Latone.
Nous rendrons compte au public du détail de
chacun de ces Poëmes , dont la lecture fait un
extréme plaisir .
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Résumé : Les Dons des Enfans de Latone, [titre d'après la table]
Le texte annonce la vente de l'ouvrage 'LES DONS DES ENFANS DE LA TONE' chez De Saint, Libraire, rue Saint-Jean de Beauvais. Cet ouvrage, dédié au roi, contient plus de 4000 vers et est illustré par des tailles douces dessinées par M. Oudry et gravées par le Sr Lebas, ainsi que des gravures musicales. Il est divisé en deux parties. La première traite de la musique et comprend deux poèmes de quatre chants chacun : 'Apollon ou l'Origine des Spectacles en Musique' et une épître publiée en 1714. Elle inclut également une table chronologique des opéras parus en France de 1645 à la date de publication, avec les noms des auteurs, des paroles et de la musique. La seconde partie, 'Diane ou les Lois de la Chasse du Cerf', est une traduction d'un poème latin de Jacques Savary, adapté à la chasse au cerf contemporaine. Ce poème, divisé en six chants, contient environ 1700 vers et est suivi d'un dictionnaire des termes de la chasse au cerf. L'auteur inclut aussi les paroles d'une nouvelle chasse au cerf mise en musique, parodiées sur des airs choisis des opéras anglais du Sr Hendel et des symphonies étrangères des meilleurs auteurs italiens. L'ouvrage se termine par un recueil gravé de toutes les fanfares connues à la cour, composées par M. de Dampierre, et de plusieurs autres nouvelles fanfares et leurs parodies.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 322-335
Les Dons des Enfans de Latone, &c. [titre d'après la table]
Début :
LES DONS DES ENFANS DE LATONE, la Musique est la Chasse du Cerf, Poëmes [...]
Mots clefs :
Musique, Apollon, Dieux, Chant, Amour, Auteur, Voix, Épître, Bergers, Chants, Inventer, Genre, Mortels, Latone, Enfants
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texteReconnaissance textuelle : Les Dons des Enfans de Latone, &c. [titre d'après la table]
LES DONS DES ENFANS DE LATONE ,
la Musique et la Chasse du Cerf, Poëmes
dédiez au Roy. A Paris , Quay de Gêvres
, ruë S. Jean de Beauvais , et Quay
des Augustins , chez Prault , Desaint , et
Guerin , 1734. in 8. de 330. pages , sans
l'Epitre et la Préface , et sans les Tons
de Chasse et Fanfares , à une et deux
Trompes , dont la Lettre et la Musique
sont gravées en 32. pages.
Epitre
FEVRIER 1734- 323
L'Epître au Roy commence ainsi .
Digne présent des Dieux , doux fruit de leur
Largesse ,
Grand Roy , dont la bonté , la grace , la Sa
gesse ,
Enchantent des François les regards et le coeur,
Pendant que ton nom vole et seme la terreur ,
Avant d'entrer au Char que t'aprête Bellone ,
Reçoi les dons flatteurs des Enfans de Latone,
Mais que ne dois- tu pas au zele d'Apollon ?
Est-il quelque détour dans le sacré Vallon,
Où de ses feux féconds la lumineuse trace ,
N'ait ouvert à tes yeux les trésors du Parnasse ›
Un guide que ce Dieu lui même t'a donné , -
Dans le champ des Beaux Arts longtemps t'a
promené ;
Il porta devant toi ce flambeau qui t'éclaire ,
Ta sagesse est son bien, ta gloire est son salaire.
Sans doute dans le cours de ses doctes leçons
Il ne fit point entrer la science des sons.
Phoebus se reservoit le droit de t'en instruire :
Ecoute les accents que vient t'offrir sa Lyre ;
D'une Muse empressée il soutient les efforts ,
Pour t'annoncer les Loix de ses divins accords.
Le premier Poëme est celui d'Apollon
ou de l'origine des Spectacles en Musi-
Fiiij que,
324
MERCURE DE FRANCE
que rien n'est plus ingenieux et mieux
conduit que la Fable dont l'Auteur s'est
servi pour établir les principes de la
Musique , la création successive de divers
Instrumens , quelques regles de la
composition ; et pour parvenir enfin à
l'établissement des Opéras , il a sçu mettre
en action tous les Dieux , dont Apollon
est le Héros, et dans une matiere qui
sembloit ne devoir étre que Didactique
il y met un mouvement si interessant
avec tant de clarté et rempli de tant
d'images agréables , qu'on ne s'apperçoit
plus qu'on s'instruit d'un art difficile.
Dans le premier Chant après avoir établi
les trois dons ; de voir , de parler et
d'entendre , accordez à l'homme par la
nature, dont on fait une description aussi
noble que singuliere , l'Auteur suppose
qu'Apollon déguisé en Berger d'Admete
trouvant les Bergers de l'Amphrise attroupez
pour entendre le concert des
Oyseaux , et se plaignant des Dieux d'avoir
refusé à l'homme un talent si merveilleux
, leur reproche leur injustice ,
et leur apprend que le don de la voix a
été accordé aux hommes d'une maniere
infiniment supérieure aux chants des Oiseaux
, qu'il ne leur manque que la connoissance
d'un art inventé pour les Dieux
СЕ
FEVRIER. 1734- 3.25
et dont il offre de leur faire part .
On ne sera pas fâché de voir ici comment
s'exprime l'Auteur dans les premieres
pages de son premier Chant .
"
L'air dans un sein fecond est à peine reçû ,
Que le son aussitôt repoussé que conçû ,
D'un flexible gosier s'ouvrant la trace humide
Se fait entendre du gré ûu souffle qui le guide ;
Des muscles , des tendons au passage attachez
En bordent les contours plus ou moins relâchez ;
S'ils se serrent , le son avec éclat s'élance ;
S'ils s'ouvrent , il grossit : de cette différence ,
Du grave ou de l'aigu nait le genre opposé ;
Entr'eux se forme encore un ordre composé ,
Dont les accens suivis , s'élevent ou descendent ;
Se détachent par bonds , voltigent , ou s'étendent
.
Pour l'homme c'étoit peu de parler et de voir ,
Si de s'oüir soi - même il n'eût eu le pouvoir :
Trois osselets legers que cet étuy renferme, ( a )
L'un par l'autre frappez , trouvent un nerfpour
terme.
Si-tôt que pénétrant ces tortueux détours ,
La voix jusques au fond a prolongé son cours ,
Du même mouvement dont elle fût poussée
Elle heurte des os la suite compassée.
か
(( a ); Latête,.
F * Le
326 MERCURE DE FRANCE
"Le premier sous la forme et le nom d'un mar,
1
teau ,
N'est pas plutôt frappé d'un froissement ˝nouvcau
,
Qu'il le rend à l'instant dans le même volume ,
Au second qui le suit et qui lui sert d'enclume.
Cette enclume à son tour fait frémir son sou
tien :
Là le nerf attaché par un leger lien ,
De cette impulsion sentant la violence ,
Du son dans le cerveau porte la connoissance ;
Qui tel qu'en une voute ou d'yvoire ou d'airain
,
Retentit et des voix forme l'écho certain.
Dans quarante Vers l'Auteur fait ensuite
un précis des principaux Elemens
de la Musique ; il les borne cependant
à la seule connoissance des modes naturels
, leur cache les transpositions par les
diezes et par les B. mols , et toutes les
fausses dissonances dont la sensibilité luf
paroît dangereuse , et pourroit troo
amollir: il dit :
Les Dieux seuls à leur gré vertueux , invincibles ,
Se reservent pour eux ces délices sensibles, &c.
C'est cette réserve qui fait le noud
du Poëme ; après les avoir suffisamment
instruits Apollon se fait connoître et
paroît
FEVRIER. 1734 327.
paroît aux Bergers revêtu de son éclat.
Ce Chant a du coûter à l'Auteur pour
rendre avec netteté les Elemens de la
Musique aussi est-ce le seul où on
trouve plus de didactique ; les trois
autres Chants sont en action , et
ne représentent que des images amusantes.
>
SECOND CHANT.
Les Bergers reconnoissans des bienfaits
d'Apollon , ne s'occupent plus qu'à
mettre en pratique leurs nouvelles connoissances
; Minerve devient jalouse du
culte rendu à Apollon , et , pour attirer
au sien les Bergers , elle imagine de former
un instrument des rozeaux qui se
trouvent sous sa main ; elle donne les
commencemens de la Flute à bec ; mais
elle s'apperçoit bien - tôt que les traits
de son visage en sont alterez .
Elle en rougit de honte , et quittant le rivage ,
Abandonne aux mortels le fruit de son ouvrage.
Pan l'apperçoit, en étudie les positions,
les découvre , et en fait usage avec succès
; en voicy la description.
Le Canal qui le perce , également concave ,
Sous l'empire des mains , y tient le son'esclave ;
F vj Sc
328 MERCURE DE FRANCE
Sa tête s’extenuë , en courbe finissant ;
L'autre bout évasé , Louvre en s'arrondiss ant ;
· Ses trous , daps un long ordre, arrangez par me-
..sure ,
Divisent de ce corps l'harmonique figure ;
Le premier plus ouvert , des autres détaché ,
Rend tout l'air qu'il reçoit et n'est jamais bouché.
Cette description finit par l'effet qu'elle
produit dans les Campagnes .
Il module avec art une chanson nouvelle ;
Non content de l'apprendre aux Echos des For
rêts ,
Il en veut dans les Champs étaler les attraits ;
A l'éclat de ses sons , les timides Bergeres ,
Les Faunes , les Sylvains , et les Nimphes légeres
Volent autour de lui , le suivent en tous lieux
Et forment , en dansant , un cercle gracieux.
L'Email , de mille fleurs , sous leurs pas se déploye
,
Et la terre paroît en tressaillir de joye..
Apollon devient jaloux à son tour de
Minerve , et pour la surpasser il invente
la Lyre ou le Violon toutes les parties:
en sont exprimées avec bien de la netteté
et de la précision . Le Lecteur en va juger.
DonFEVRIER.
1734 329
Donnons la voix aux Nerfs , et que le Bois
resonne.
T Ildit : Et le Laurier qu'un nouvel art façonne
D'un Instrument nouveau , prend la forme soudain
,
Deux Tables de ce bois , qu'a refendu sa main .
Répondent l'une à l'autre , et leur mesure égale,
A la vue , offriroit l'image d'un ovale ,
Si le trait transversal de deux cintres rentrans ,
De son juste milieu , ne recourboit les flancs,
Quatre Nerfs que Latone elle-même a filez ;
Inégaux en grosseur , par dégré redoublez ,
se roulent sur leurs Clefs , dociles à s'étendre ,
Et prompts à se prêter aux sons qu'ils doivent :
rendre.
Un Archet manque encor qu'il naisse du Lau
rier ,
Die Phoebus ; que Pégaze accoure y déployer ,.
Be son col argenté , l'étincelante Soye.
Icy on voit une brillante image de tous
les Dieux descendus du Ciel, pour enten →
dre jouer Apollon ; l'Amour s'en approche
de plus près , et le
de lui appresse
prendre et la Musique et l'Art de jouer
du Violon . Cette peinture est trop charmante
pour n'en pas mettre icy quelques.
raits.
330 MERCURE DE FRANCE
Sous un nuage épais , le Tiran de Cithere ,
L'Amour dormoit panché sur le sein de sa înere,
A ce bruit il s'éveille , et dessillant ses yeux ,
Va porter de plus près ses regards curieux.
Phoebus impatient , souffre à regret sa vuë ,
Il connoît d'un enfant , la main peu retenuë ;'
Il le fuit , mais en vain ; l'Amour pose cent
fois ,
Sur les Nerfs résonnans , ses téméraires doigts ;
Il interrompt le cours des divines cadences ,
L'accable imprudemment d'importunes instances
.
&c.
Phébus lui refuse les secrets de son Art,
et lui parle en ces termes :
La Lyre , répond-t - il, n'est point faite à Pusage
,
D'un Dieu , qui des humains , amollit le courage
;.
Elle ne doit servir qu'à chanter les Héros ,
Vainqueurs de la mollesse , ennemis du repos ,
Dont les noms sont gravez au Temple de mémoire
,
Ou , qu'à chanter des Dieux , les bienfaits et la
gloire .
Comme Apollon joüant devant les
Dieux, n'avoit rien caché de tous les mys
teres de son Art, qu'il avoit jusques-là jugé
FEVRIER 1734. 331
gé à propos de celer aux Mortels , l'Amour
se taît , et s'applique à en décou
vrir toute la finesse ; il apprend toutes les
transpositions par les Dièses et par les B
mols , et toutes les Dissonnances. Apollon
ne s'en apperçoit point ; les Dieux se
séparent , et l'Amour chargé de son nou
veau larcin , se prépare à s'en servir pour
augmenter ses conquêtes.
TROISIEME CHANT.
L'Amour va trouver Pan dans l'Arcadie,
il l'instruit de tous ses secrets , lui
apprend le different usage qu'on doit faire
des Dièzes et des B mols , pour remuer
, étonner ou amollir les coeurs des
Mortels , selon les passions différentes
qu'on leur veut inspirer.Leur union produit
bien- tôt un effet surprenant; tout cede
,tout se rend auxChansons amoureuses.
Minerve reparoît et indignée de la corruption
générale que font dans la Grece
les Chants effeminez de Pan et de l'Amour
, elle va trouver Apollon , lui expose
l'abus qu'on fait de son Art ; ils concertent
les moyens d'y remédier. Apollon
invente la Trompette , et la fait emboucher
par Bellone.
Bellonne vient , l'embouche , et court de toutes
parts
Ras
332 MERCURE DE FRANCE
Rassembler sur ses pas tous les peuples épars.
Tout céde aux sentimens que la Déesse inspire
Il n'est plus de Mortel qui d'un fatal dêlire ,
Par de cuisans remords , reconnoissant l'erreur
Ne brûle de donner des marques de valeur.
:
Tout est changé , l'Amour ne reçoit plus de
Fêtes ,
Il voit évanouir ses nouvelles conquêtes ,
V
Ses Autels sont déserts , il part ; et furieux ,
Au deffaut des Mortels va corrompre les Dieux.
Les Syrenes , filles d'Achelaüs , sont les
seules qui s'obstinent à ne point renoncer
aux Chansons amoureuses.
QUATRIEME CHANT.
Minerve irritée de l'obstination des Syrenes,
résout de les corriger ou de les perdre
; elle prend le temps d'un jour qu'elles
se promenoient sur la Mer , dans un
Esquif, où se croyant seules , elles se livróient
au plaisir de chanter des Chansons
libres et prophanes. Sous ; la forme
d'une Matrône Minerve les aborde dans
un pareil Esquif, leur reproche leur indécence
; elle est bien- tôt l'objet de leur
mépris; elle soûrit ; et changeant de forme
, d'un coup de sa Lance elle renverse
- leux:
FEVRIER. 1734. 333
leur Esquif. Les Syrenes reparoissent encore
, mais c'est pour être des Monstres ,
avec la tête seule d'une femme ; elles se
précipitent de honte dans les Flots , où
après avoir parcouru l'immensité des
Mers pendant long temps , elles fixent.
leur course et s'arrêtent aux bords de l'orageux
Pélore ; depuis plusieurs siècles
elles y avoient perdu la voix , lorsqu'Appollon
prend pitié de leur malheur : leur
pardonne leurs impiétez , leur rend la voix ,
mais leur prescrit l'usage qu'il faut faire
des Chants et de la Musique .
Il pousse plus loin sa bienveillance , il
forme le dessein de se servir d'elles pour
l'établissement d'un Théatre Lyrique ,
soumis aux Loix de Melpomene ; il leur
ordonne d'apprendre l'art du Chant aux
Tritons et aux Naïades ; il charge Circé sa
fille , d'offrir sur les Eaux un Spectacle
magnifique , orné de machines et de décorations
, et mêlé de toutes sortes de
danses , de caracteres différents Circé
fait d'abord paroître pour le Prologue le
sacré Vallon ; ce Prologue est fait à l'honneur
d'Appollon ; il est suivi d'une nouvelle
décoration , qui représente le Palais
de Proserpine où l'on doit celebrer son
enlevement par Pluton .
On choisit ce sujet préférablement à un
antre
334 MERCURE DE FRANCE
tre pour flatter les peuples de Sicile , qui
d'abord en sont les spectateurs,parce que
les Poëtes ont feint que Proserpine avoit
été enlevée dans cette Isle. C'est là qu'on
voit un détail exact et ingénieux de toutes
les différentes parties qui composent
l'Opéra.
Les peuples de Sicile en paroissent peu
enchantés , ils prennent bien - tôt la résolution
d'imiter ce genre de Spectacles
et de le porter dans leurs Villes , c'est
en imitation de ce premier Opera , representé
sur les Eaux que les Italiens ont
inventé et établi ce Spectacle pompeux.
Dans la suite des temps Lully étant né
parmi eux en a apporté l'idée en France
et c'est par lui qu'on a vû triompher
ce nouveau Spectacle dont il est regardé
comme second inventeur.
L'Epître sur la Musique est la troisiéme
Edition d'un Ouvrage déja reçu du Public
avec un applaudissement general.
Le premier Chant contient l'Histoire
de la Musique en France depuis 80 ans
l'Eloge détaillé de tous les Operas de
Lully et de Quinaut , dont les descriptions
ont reçu de grands Eloges de tous
les connoisseurs et par les Journaux et
par les Mercures.
Le
FEVRIER 1734- 335
Le deuxième, après avoir donné quelques
préceptes sur la Poësie et la Musique
des Operas, entre dans le détail de
tous les Operas nouveaux qui ont été faits
depuis Lully et avec une grande impartialité
porte de justes decisions sur le mérite
de chaque ouvrage.
Le troisiéme Chant expose en quoi
consiste le mérite des Operas d'Italie ,
quelle est la nature de leur bonne Musique
, leurs beautez , leurs deffauts et le
nom des Maîtres qui y ont le plus
excellé.
Le quatrième Chant parle du nouveau
genre de Musique que nous avons goûté
et imité des Italiens depuis quelques
années ; sçavoir , les Sonnates , et les
Cantates , on nomme les Auteurs qui
ont le mieux réussi dans ce genre , et
l'Auteur finit en proposant de réunir les
deux gouts ensemble pour donner à l'Art
de la Musique toute la perfection qu'elle
peut trouver dans les graces Françoises
et dans la science Italienne.
la Musique et la Chasse du Cerf, Poëmes
dédiez au Roy. A Paris , Quay de Gêvres
, ruë S. Jean de Beauvais , et Quay
des Augustins , chez Prault , Desaint , et
Guerin , 1734. in 8. de 330. pages , sans
l'Epitre et la Préface , et sans les Tons
de Chasse et Fanfares , à une et deux
Trompes , dont la Lettre et la Musique
sont gravées en 32. pages.
Epitre
FEVRIER 1734- 323
L'Epître au Roy commence ainsi .
Digne présent des Dieux , doux fruit de leur
Largesse ,
Grand Roy , dont la bonté , la grace , la Sa
gesse ,
Enchantent des François les regards et le coeur,
Pendant que ton nom vole et seme la terreur ,
Avant d'entrer au Char que t'aprête Bellone ,
Reçoi les dons flatteurs des Enfans de Latone,
Mais que ne dois- tu pas au zele d'Apollon ?
Est-il quelque détour dans le sacré Vallon,
Où de ses feux féconds la lumineuse trace ,
N'ait ouvert à tes yeux les trésors du Parnasse ›
Un guide que ce Dieu lui même t'a donné , -
Dans le champ des Beaux Arts longtemps t'a
promené ;
Il porta devant toi ce flambeau qui t'éclaire ,
Ta sagesse est son bien, ta gloire est son salaire.
Sans doute dans le cours de ses doctes leçons
Il ne fit point entrer la science des sons.
Phoebus se reservoit le droit de t'en instruire :
Ecoute les accents que vient t'offrir sa Lyre ;
D'une Muse empressée il soutient les efforts ,
Pour t'annoncer les Loix de ses divins accords.
Le premier Poëme est celui d'Apollon
ou de l'origine des Spectacles en Musi-
Fiiij que,
324
MERCURE DE FRANCE
que rien n'est plus ingenieux et mieux
conduit que la Fable dont l'Auteur s'est
servi pour établir les principes de la
Musique , la création successive de divers
Instrumens , quelques regles de la
composition ; et pour parvenir enfin à
l'établissement des Opéras , il a sçu mettre
en action tous les Dieux , dont Apollon
est le Héros, et dans une matiere qui
sembloit ne devoir étre que Didactique
il y met un mouvement si interessant
avec tant de clarté et rempli de tant
d'images agréables , qu'on ne s'apperçoit
plus qu'on s'instruit d'un art difficile.
Dans le premier Chant après avoir établi
les trois dons ; de voir , de parler et
d'entendre , accordez à l'homme par la
nature, dont on fait une description aussi
noble que singuliere , l'Auteur suppose
qu'Apollon déguisé en Berger d'Admete
trouvant les Bergers de l'Amphrise attroupez
pour entendre le concert des
Oyseaux , et se plaignant des Dieux d'avoir
refusé à l'homme un talent si merveilleux
, leur reproche leur injustice ,
et leur apprend que le don de la voix a
été accordé aux hommes d'une maniere
infiniment supérieure aux chants des Oiseaux
, qu'il ne leur manque que la connoissance
d'un art inventé pour les Dieux
СЕ
FEVRIER. 1734- 3.25
et dont il offre de leur faire part .
On ne sera pas fâché de voir ici comment
s'exprime l'Auteur dans les premieres
pages de son premier Chant .
"
L'air dans un sein fecond est à peine reçû ,
Que le son aussitôt repoussé que conçû ,
D'un flexible gosier s'ouvrant la trace humide
Se fait entendre du gré ûu souffle qui le guide ;
Des muscles , des tendons au passage attachez
En bordent les contours plus ou moins relâchez ;
S'ils se serrent , le son avec éclat s'élance ;
S'ils s'ouvrent , il grossit : de cette différence ,
Du grave ou de l'aigu nait le genre opposé ;
Entr'eux se forme encore un ordre composé ,
Dont les accens suivis , s'élevent ou descendent ;
Se détachent par bonds , voltigent , ou s'étendent
.
Pour l'homme c'étoit peu de parler et de voir ,
Si de s'oüir soi - même il n'eût eu le pouvoir :
Trois osselets legers que cet étuy renferme, ( a )
L'un par l'autre frappez , trouvent un nerfpour
terme.
Si-tôt que pénétrant ces tortueux détours ,
La voix jusques au fond a prolongé son cours ,
Du même mouvement dont elle fût poussée
Elle heurte des os la suite compassée.
か
(( a ); Latête,.
F * Le
326 MERCURE DE FRANCE
"Le premier sous la forme et le nom d'un mar,
1
teau ,
N'est pas plutôt frappé d'un froissement ˝nouvcau
,
Qu'il le rend à l'instant dans le même volume ,
Au second qui le suit et qui lui sert d'enclume.
Cette enclume à son tour fait frémir son sou
tien :
Là le nerf attaché par un leger lien ,
De cette impulsion sentant la violence ,
Du son dans le cerveau porte la connoissance ;
Qui tel qu'en une voute ou d'yvoire ou d'airain
,
Retentit et des voix forme l'écho certain.
Dans quarante Vers l'Auteur fait ensuite
un précis des principaux Elemens
de la Musique ; il les borne cependant
à la seule connoissance des modes naturels
, leur cache les transpositions par les
diezes et par les B. mols , et toutes les
fausses dissonances dont la sensibilité luf
paroît dangereuse , et pourroit troo
amollir: il dit :
Les Dieux seuls à leur gré vertueux , invincibles ,
Se reservent pour eux ces délices sensibles, &c.
C'est cette réserve qui fait le noud
du Poëme ; après les avoir suffisamment
instruits Apollon se fait connoître et
paroît
FEVRIER. 1734 327.
paroît aux Bergers revêtu de son éclat.
Ce Chant a du coûter à l'Auteur pour
rendre avec netteté les Elemens de la
Musique aussi est-ce le seul où on
trouve plus de didactique ; les trois
autres Chants sont en action , et
ne représentent que des images amusantes.
>
SECOND CHANT.
Les Bergers reconnoissans des bienfaits
d'Apollon , ne s'occupent plus qu'à
mettre en pratique leurs nouvelles connoissances
; Minerve devient jalouse du
culte rendu à Apollon , et , pour attirer
au sien les Bergers , elle imagine de former
un instrument des rozeaux qui se
trouvent sous sa main ; elle donne les
commencemens de la Flute à bec ; mais
elle s'apperçoit bien - tôt que les traits
de son visage en sont alterez .
Elle en rougit de honte , et quittant le rivage ,
Abandonne aux mortels le fruit de son ouvrage.
Pan l'apperçoit, en étudie les positions,
les découvre , et en fait usage avec succès
; en voicy la description.
Le Canal qui le perce , également concave ,
Sous l'empire des mains , y tient le son'esclave ;
F vj Sc
328 MERCURE DE FRANCE
Sa tête s’extenuë , en courbe finissant ;
L'autre bout évasé , Louvre en s'arrondiss ant ;
· Ses trous , daps un long ordre, arrangez par me-
..sure ,
Divisent de ce corps l'harmonique figure ;
Le premier plus ouvert , des autres détaché ,
Rend tout l'air qu'il reçoit et n'est jamais bouché.
Cette description finit par l'effet qu'elle
produit dans les Campagnes .
Il module avec art une chanson nouvelle ;
Non content de l'apprendre aux Echos des For
rêts ,
Il en veut dans les Champs étaler les attraits ;
A l'éclat de ses sons , les timides Bergeres ,
Les Faunes , les Sylvains , et les Nimphes légeres
Volent autour de lui , le suivent en tous lieux
Et forment , en dansant , un cercle gracieux.
L'Email , de mille fleurs , sous leurs pas se déploye
,
Et la terre paroît en tressaillir de joye..
Apollon devient jaloux à son tour de
Minerve , et pour la surpasser il invente
la Lyre ou le Violon toutes les parties:
en sont exprimées avec bien de la netteté
et de la précision . Le Lecteur en va juger.
DonFEVRIER.
1734 329
Donnons la voix aux Nerfs , et que le Bois
resonne.
T Ildit : Et le Laurier qu'un nouvel art façonne
D'un Instrument nouveau , prend la forme soudain
,
Deux Tables de ce bois , qu'a refendu sa main .
Répondent l'une à l'autre , et leur mesure égale,
A la vue , offriroit l'image d'un ovale ,
Si le trait transversal de deux cintres rentrans ,
De son juste milieu , ne recourboit les flancs,
Quatre Nerfs que Latone elle-même a filez ;
Inégaux en grosseur , par dégré redoublez ,
se roulent sur leurs Clefs , dociles à s'étendre ,
Et prompts à se prêter aux sons qu'ils doivent :
rendre.
Un Archet manque encor qu'il naisse du Lau
rier ,
Die Phoebus ; que Pégaze accoure y déployer ,.
Be son col argenté , l'étincelante Soye.
Icy on voit une brillante image de tous
les Dieux descendus du Ciel, pour enten →
dre jouer Apollon ; l'Amour s'en approche
de plus près , et le
de lui appresse
prendre et la Musique et l'Art de jouer
du Violon . Cette peinture est trop charmante
pour n'en pas mettre icy quelques.
raits.
330 MERCURE DE FRANCE
Sous un nuage épais , le Tiran de Cithere ,
L'Amour dormoit panché sur le sein de sa înere,
A ce bruit il s'éveille , et dessillant ses yeux ,
Va porter de plus près ses regards curieux.
Phoebus impatient , souffre à regret sa vuë ,
Il connoît d'un enfant , la main peu retenuë ;'
Il le fuit , mais en vain ; l'Amour pose cent
fois ,
Sur les Nerfs résonnans , ses téméraires doigts ;
Il interrompt le cours des divines cadences ,
L'accable imprudemment d'importunes instances
.
&c.
Phébus lui refuse les secrets de son Art,
et lui parle en ces termes :
La Lyre , répond-t - il, n'est point faite à Pusage
,
D'un Dieu , qui des humains , amollit le courage
;.
Elle ne doit servir qu'à chanter les Héros ,
Vainqueurs de la mollesse , ennemis du repos ,
Dont les noms sont gravez au Temple de mémoire
,
Ou , qu'à chanter des Dieux , les bienfaits et la
gloire .
Comme Apollon joüant devant les
Dieux, n'avoit rien caché de tous les mys
teres de son Art, qu'il avoit jusques-là jugé
FEVRIER 1734. 331
gé à propos de celer aux Mortels , l'Amour
se taît , et s'applique à en décou
vrir toute la finesse ; il apprend toutes les
transpositions par les Dièses et par les B
mols , et toutes les Dissonnances. Apollon
ne s'en apperçoit point ; les Dieux se
séparent , et l'Amour chargé de son nou
veau larcin , se prépare à s'en servir pour
augmenter ses conquêtes.
TROISIEME CHANT.
L'Amour va trouver Pan dans l'Arcadie,
il l'instruit de tous ses secrets , lui
apprend le different usage qu'on doit faire
des Dièzes et des B mols , pour remuer
, étonner ou amollir les coeurs des
Mortels , selon les passions différentes
qu'on leur veut inspirer.Leur union produit
bien- tôt un effet surprenant; tout cede
,tout se rend auxChansons amoureuses.
Minerve reparoît et indignée de la corruption
générale que font dans la Grece
les Chants effeminez de Pan et de l'Amour
, elle va trouver Apollon , lui expose
l'abus qu'on fait de son Art ; ils concertent
les moyens d'y remédier. Apollon
invente la Trompette , et la fait emboucher
par Bellone.
Bellonne vient , l'embouche , et court de toutes
parts
Ras
332 MERCURE DE FRANCE
Rassembler sur ses pas tous les peuples épars.
Tout céde aux sentimens que la Déesse inspire
Il n'est plus de Mortel qui d'un fatal dêlire ,
Par de cuisans remords , reconnoissant l'erreur
Ne brûle de donner des marques de valeur.
:
Tout est changé , l'Amour ne reçoit plus de
Fêtes ,
Il voit évanouir ses nouvelles conquêtes ,
V
Ses Autels sont déserts , il part ; et furieux ,
Au deffaut des Mortels va corrompre les Dieux.
Les Syrenes , filles d'Achelaüs , sont les
seules qui s'obstinent à ne point renoncer
aux Chansons amoureuses.
QUATRIEME CHANT.
Minerve irritée de l'obstination des Syrenes,
résout de les corriger ou de les perdre
; elle prend le temps d'un jour qu'elles
se promenoient sur la Mer , dans un
Esquif, où se croyant seules , elles se livróient
au plaisir de chanter des Chansons
libres et prophanes. Sous ; la forme
d'une Matrône Minerve les aborde dans
un pareil Esquif, leur reproche leur indécence
; elle est bien- tôt l'objet de leur
mépris; elle soûrit ; et changeant de forme
, d'un coup de sa Lance elle renverse
- leux:
FEVRIER. 1734. 333
leur Esquif. Les Syrenes reparoissent encore
, mais c'est pour être des Monstres ,
avec la tête seule d'une femme ; elles se
précipitent de honte dans les Flots , où
après avoir parcouru l'immensité des
Mers pendant long temps , elles fixent.
leur course et s'arrêtent aux bords de l'orageux
Pélore ; depuis plusieurs siècles
elles y avoient perdu la voix , lorsqu'Appollon
prend pitié de leur malheur : leur
pardonne leurs impiétez , leur rend la voix ,
mais leur prescrit l'usage qu'il faut faire
des Chants et de la Musique .
Il pousse plus loin sa bienveillance , il
forme le dessein de se servir d'elles pour
l'établissement d'un Théatre Lyrique ,
soumis aux Loix de Melpomene ; il leur
ordonne d'apprendre l'art du Chant aux
Tritons et aux Naïades ; il charge Circé sa
fille , d'offrir sur les Eaux un Spectacle
magnifique , orné de machines et de décorations
, et mêlé de toutes sortes de
danses , de caracteres différents Circé
fait d'abord paroître pour le Prologue le
sacré Vallon ; ce Prologue est fait à l'honneur
d'Appollon ; il est suivi d'une nouvelle
décoration , qui représente le Palais
de Proserpine où l'on doit celebrer son
enlevement par Pluton .
On choisit ce sujet préférablement à un
antre
334 MERCURE DE FRANCE
tre pour flatter les peuples de Sicile , qui
d'abord en sont les spectateurs,parce que
les Poëtes ont feint que Proserpine avoit
été enlevée dans cette Isle. C'est là qu'on
voit un détail exact et ingénieux de toutes
les différentes parties qui composent
l'Opéra.
Les peuples de Sicile en paroissent peu
enchantés , ils prennent bien - tôt la résolution
d'imiter ce genre de Spectacles
et de le porter dans leurs Villes , c'est
en imitation de ce premier Opera , representé
sur les Eaux que les Italiens ont
inventé et établi ce Spectacle pompeux.
Dans la suite des temps Lully étant né
parmi eux en a apporté l'idée en France
et c'est par lui qu'on a vû triompher
ce nouveau Spectacle dont il est regardé
comme second inventeur.
L'Epître sur la Musique est la troisiéme
Edition d'un Ouvrage déja reçu du Public
avec un applaudissement general.
Le premier Chant contient l'Histoire
de la Musique en France depuis 80 ans
l'Eloge détaillé de tous les Operas de
Lully et de Quinaut , dont les descriptions
ont reçu de grands Eloges de tous
les connoisseurs et par les Journaux et
par les Mercures.
Le
FEVRIER 1734- 335
Le deuxième, après avoir donné quelques
préceptes sur la Poësie et la Musique
des Operas, entre dans le détail de
tous les Operas nouveaux qui ont été faits
depuis Lully et avec une grande impartialité
porte de justes decisions sur le mérite
de chaque ouvrage.
Le troisiéme Chant expose en quoi
consiste le mérite des Operas d'Italie ,
quelle est la nature de leur bonne Musique
, leurs beautez , leurs deffauts et le
nom des Maîtres qui y ont le plus
excellé.
Le quatrième Chant parle du nouveau
genre de Musique que nous avons goûté
et imité des Italiens depuis quelques
années ; sçavoir , les Sonnates , et les
Cantates , on nomme les Auteurs qui
ont le mieux réussi dans ce genre , et
l'Auteur finit en proposant de réunir les
deux gouts ensemble pour donner à l'Art
de la Musique toute la perfection qu'elle
peut trouver dans les graces Françoises
et dans la science Italienne.
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Résumé : Les Dons des Enfans de Latone, &c. [titre d'après la table]
Le document présente une œuvre poétique intitulée 'Les Dons des Enfants de Latone', dédiée au roi de France et publiée en 1734. Cette œuvre comprend deux poèmes, 'La Musique' et 'La Chasse du Cerf', et se compose de 330 pages, excluant l'épître, la préface et les partitions de chasse et fanfares. L'épître, adressée au roi, loue sa bonté, sa grâce et sa sagesse, et lui offre les dons des enfants de Latone, Apollon et Diane. Le poème 'La Musique' raconte l'origine des spectacles musicaux et l'invention successive des instruments. Apollon, déguisé en berger, reproche aux dieux d'avoir refusé à l'homme le talent de chanter comme les oiseaux et lui apprend que le don de la voix est supérieur à celui des oiseaux. Le premier chant décrit les dons naturels de l'homme : voir, parler et entendre. Apollon explique les éléments de la musique, réservant certaines subtilités aux dieux. Les chants suivants narrent l'invention de la flûte par Minerve et de la lyre par Apollon. L'Amour, après avoir observé Apollon jouer, apprend les secrets de la musique et les utilise pour corrompre les cœurs. Minerve et Apollon réagissent en inventant la trompette pour inspirer la valeur et la vertu. Le troisième chant relate comment l'Amour enseigne ses secrets à Pan, corrompant ainsi la Grèce. Minerve et Apollon interviennent pour rétablir l'ordre. Le quatrième chant décrit la punition des Sirènes, qui persistaient à chanter des chansons amoureuses. Apollon leur pardonne et les charge d'enseigner l'art du chant aux Tritons et aux Naïades pour établir un théâtre lyrique. Circé organise un spectacle magnifique sur les eaux, marquant l'origine des opéras italiens. Le texte traite également de l'évolution de la musique en France et de l'influence de Jean-Baptiste Lully, considéré comme le second inventeur d'un nouveau spectacle musical. L'Épître sur la Musique, dans sa troisième édition, est acclamée par le public. Le premier chant de cet ouvrage retrace l'histoire de la musique en France au cours des 80 dernières années, en louant les opéras de Lully et de Quinault, qui ont reçu des éloges unanimes. Le deuxième chant offre des préceptes sur la poésie et la musique des opéras, et évalue de manière impartiale les opéras récents. Le troisième chant analyse le mérite des opéras italiens, leurs beautés et défauts, ainsi que les maîtres italiens les plus éminents. Le quatrième chant discute du nouveau genre de musique importé d'Italie, comme les sonates et les cantates, et propose de fusionner les goûts français et italiens pour perfectionner l'art musical.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 203-211
Extrait de Daphnis & Alcimadure.
Début :
Cet opéra nouveau nous rappelle le premier âge en France des lettres & des arts. [...]
Mots clefs :
Opéra, Amour, Coeur, Prologue, Langage, Chants, Peuple, Divertissement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait de Daphnis & Alcimadure.
Extrait de Daphnis & Alcimadure.
Cet opéra nouveau nous rappelle le premier
âge en France des lettres & des arts.
M. Mondonville , poëte tout à la fois &.
muficien , eft l'auteur des paroles & de
la mufique tels étoient autrefois nos fameux
Troubadours.
La paftorale eft écrite en langage Tou-,
loufain , le prologue l'eft en notre langue.
L'inftitution des Jeux Floraux , que nous,
devons à Clémence Ifaure , eft le fujet du
prologue , & ce perfonnage eft le feul
chantant qui y paroiffe. Ifaure eft entourée
de peuples , de jardiniers & de jardi
nieres , & elle dit :
Dans ce féjour riant & fortuné
Phébus , Flore & l'Amour ont fixé leur empire
On y voit de leurs mains le printems couronné
Les coeurs font adoucis par l'air qu'on y reſpire.
On n'y craint point la rigueur des hyvers ,
On n'y craint point l'inconftance des belles ;
Nos arbres y font toujours verds ,,
Et nos amans toujours fideles.
Ces chants d'Ifaure très- bien rendus pa
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
Mlle Chevalier , & coupés de danſes &
de choeurs , amenent le développement du
projet qu'elle a formé ; elle dit :
Peuples , il faut dans ce beau jour ,
D'un fiécle fi chéri tranſmettre la mémoire ,
Et je veux que des prix couronnent la victoire
De ceux qui fçauront mieux chanter le tendre
amour.
On voit paroître en effet les nobles , formant
une entrée , & portant les différens
prix que la célébre Académie de Toulouſe
diftribue tous les ans. Ifaure enfuite propofe
de retracer en langage du pays , les
amours de Daphnis & d'Alcimadure ; elle
dit :
Traçons par quel bonheur
Daphnis fçut attendrir la fiere Alcimadure :
De leur fimplicité la naïve peinture
Eft l'image de notre coeur ..
Les peuples lui répondent par des chants
de triomphe & d'allégreffe , & c'eft ainfi
que finit d'une maniere fort noble ce joli
prologue.
La Paftorale roule fur trois acteurs :
Daphnis , qui aime Alcimadure ; celle - ci
qui n'aime encore rien , & qui s'eft dé cidée
pour fuir toujours l'amour ; & Jean net
fon frere , perfonnage toujours gai , qui
prend vivement les intérêts de fa foeur
qui cherche en s'amufant à lui ménager un
&
DECEMBRE . 1754. 205
établiffement qu'il croit fort convenable.
Daphnis en fe montrant , développe la
fituation de fon ame par un monologue ,
dont le chant peint fort bien la tendreffe
naïve des paroles.
Hélas ! pauret que farey jou !
Tant m'a blaffat l'ou Dion d'amou.
Defpey que l'el d'Alcimadouro
A dedins mon cor amourous
Allucat milo fougairous ,
Souffri la peno la pu duro.
Hélas ! & c.
Alcimadure paroît , & il s'éloigne pour
découvrir ce qui l'amene . Voici la maniere
vive dont elle s'anonce.
Gazouillats , auzelets , à l'umbro del feuillatge ;
Quant bous fiulats moun cor es encantat.
Entendi bé qué din boftré lengatgé .
Bous célébrats la libertat .
El' es lou plazé de ma bido ,
Car y ou la canti coumo bous.
Tabé fan ceflo èlo mé crido
Qu'elo foulo pot rend' huroux .
Après cette ariette d'un chant léger &
très-agréable , Daphnis paroît , & ces deux
perfonnages foutiennent dans la fcene , l'un
le ton de la tendreffe , l'autre le ton de
gaieté que leurs monologues avoient annoncé.
Daphnis y déclare fon amour ; Alcimadure
l'écoute fans le croire , elle le
206 MERCURE DE FRANCE.
rebute même , & paroît refolue à le fuir ,
mais il l'arrête en lui propofant une petite
fête où l'on doit danfer pour elle , & court
chercher les bergers du village pour la lui
donner. Jeannet , frere d'Alcimadure , arrive
alors ; elle lui fait confidence d'un
amour dont elle fe feroit bien paffée. Il combat
cette répugnance , & trouve Daphnis
un parti fortable ; mais Alcimadure n'entend
point raifon fur ce point ; elle dit :
L'ou plazé de la bido
A cos la gayetat ;
E quand on fe marido
On perdla libertat ..
Et plus bas.
Nou boli pas douna moun cor
A qui pot de reni boulatgé.
Qui fe contento de fon for
Nou defiro res dabantagé.
Jeannet infifte , & il fe propofe s'il
rencontre Daphnis dont il n'eft pas connu ,
de l'éprouver fi bien , qu'il ne lui fera pas
poffible de le tromper . Alors le divertiffement
annoncé dans la fcene précédente
arrive. Il eft compofé de bergers & de
bergeres, & les chants qui coupent la danfe
font tous adroitement placés dans la bouche
de Daphnis , & relatifs à la fituation
de fon coeur.-
་
DECEMBRE . 1754. 207
Qui bey la bello Alcimaduro
Bey l'aftré lou pu bel ;
Per charma touto la naturo
Nou li cal qu'un cop d'el.
Per aquelo Benus noubelo
On bey lous amours enfantets
Boultija fan ceffo après elo
Coumo une troupo d'auzelets.
Cette jolie chanfon eft bientôt fuivie
d'une autre , qui peint une image tout auffi
agréable.
Bezets Pourmel per las flouretos
Boulega fous jouinés ramels.
Efcoutats des pichots auzels
Las amouroufos canfounetos.
Per tout charma lou Diu nenet
Tiro fan ceffo de l'arquet.
N'oublido res dins la naturo ,
Hormis lou cor d'Alcimaduro .
Daphnis ne fe laffe point de chanter
l'amour. Ce refrein paroît déplaire à Alcimadure
; elle interrompt brufquement la
fête , & prend pour prétexte qu'elle eft
obligée d'aller joindre fon frere , ce qui
termine le premier acte.
Le ſecond débute par une troupe de vil
lageois conduits par Jeannet , armés pour
une chaffe au loup. Iis s'animent par un
choeur brillant à la chaffe qu'ils doivent
faire , & Jeannet les renvoye après , en
leur difant fierement de l'avertir lofqu'it
208 MERCURE DE FRANCE.
faudra commencer d'entrer en danfe . Avec
les armes qu'il porte , il fe flate d'en impofer
affez à Daphnis pour éprouver fon
amour , & il fe propofe de le fervir auprès
de fa foeur , s'il le trouve fidéle . Daphnis
paroît ; l'explication fe fait par des difcours
naïfs de la part de l'un , & par des bravades
de la part de l'autre . M. M. pour varier
, a voulu jetter du comique dans ce
perfonnage fort bien chanté par M. Delatour.
Sur ce que Daphnis lui dit des
rigueurs qu'il éprouve , il lui répond :
On pot , quand on es malhuroux ,
Se difpenfa d'eftré fidelo .
'Anats , benets , paffejats bous ,
Arpentats coulinos , montagnos ;
Per eftr' encaro pus hurous
Fazets tres ou quatré campagnos.
Daphnis lui réplique :
A qué tout aquo ferbira ,
Per-tout l'amour me ſeguira.
Jeannet fait alors l'étonné. Quoi ! lui
dit-il , vous n'avez jamais vû de batailles ,
de canons , de bombes , &c ?
Daphnis.
Ni lous clarins , ni las troumpetos
Nou troublon pas noftrés hamels.
L'écho n'es rébeillat que per noftros muzetos
E lou ramargé des auzels :
DECEMBRE. 1754 209
Lous els fouls de las paftouretos
Blaffoun lou cor des paftourels.
L'éclairciffement arrive enfuite . Jeannet
feint d'être fur le point de fe marier
avec Alcimadure ; on juge de l'effet d'une
pareille confidence fur Daphnis . Il déclare
avec fermeté qu'il aime cette cruelle. Jeannet
veut le forcer à n'y plus penfer ; il
leve le bras & fon épieu pour l'y contraindre
: mais le berger fidele aime mieux mourir
.... Dans ce moment on entend crier
au fecours : c'eft Alcimadure poursuivie
par un loup prêt à la dévorer . Daphnis arrache
des mains de Jeannet , qui s'enfuit ,
l'épieu dont il étoit armé , combat le loup ,
le tue , revient , & trouve Alcimadure
évanouie. Il lui parle , lui dit que le loup eft
mort , & s'efforce de l'attendrir. Elle n'eft
que reconnoiffante & point tendre. Jeannet
furvient pour faire une nouvelle fanfaronade
tout le village le fuit , & il fe
forme alors un divertiffement qui a pour
objet de célébrer la valeur de Daphnis .
Alcimadure & Jeannet , par ce moyen , fe
trouvent chargés de toutes les chanfons
que M. M. y a placées. L'acte finit par le
projet d'aller préfenter Daphnis en triomphe
au Seigneur du village.
Alcimadure ouvre le troifiéme acte par
un monologue , dans lequel fon coeur dif210
MERCURE DE FRANCE.
pute encore contre l'amour. Jeannet qui
arrive , lui apprend qu'il a éprouvé fon
amant , tâche de vaincre fon indifférence
n'y réuffit pas , & fe retire appercevant
Daphnis. Celui ci fait de nouveaux efforts
, il parle de mourir : Alcimadure fe
trouble , & fe plaint d'avoir été quittée
par Jeannet. A ce nom , que Daphnis croit
être celui de fon rival , il fort au defef
poir , bien réfolu de ne plus vivre. C'eft
alors qu'Alcimadure ne fuit plus que les
mouvemens de fon coeur ; fon amour fe
déclare par fes craintes. Jeannet revient ,
& lui affure que Daphnis eft mort. Elle
ne fe poffede plus à cette nouvelle ; elle
part pour aller percer fon fein du même
couteau qui a percé le coeur de fon amant .
Daphnis paroît alors . Le defefpoir
d'Alcimadure fe change en une joie auffi
vive que tendre. Un duo charmant couronne
le plaifir que caufe tout cet acte ,
& un divertiffement formé par les compagnons
de Daphnis & les compagnes d'Alcimadure
, termine fort heureufement cet
ouvrage , qui joint le piquant de la fingularité
aux graces naïves d'un genre toutà-
fait inconnu . Nous avons déja dit la maniere
dont Mr Delatour s'eft acquitté du
rolle de Jeannet ; ceux d'Alcimadure & de
Daphnis ont été rendus par Mlle Fel & Mr
DE CEM BR E.
1754. 211
Jeliote. Ils font fi fupérieurs l'un & l'autre
, lorfqu'ils chantent le François , qu'il
eft aifé de juger du charme de leur voix ,
de la fineffe de leur expreffion , de la
fection de leurs traits , en rendant le langage
du pays riant auquel nous devons
leur naiffance.
Cet opéra nouveau nous rappelle le premier
âge en France des lettres & des arts.
M. Mondonville , poëte tout à la fois &.
muficien , eft l'auteur des paroles & de
la mufique tels étoient autrefois nos fameux
Troubadours.
La paftorale eft écrite en langage Tou-,
loufain , le prologue l'eft en notre langue.
L'inftitution des Jeux Floraux , que nous,
devons à Clémence Ifaure , eft le fujet du
prologue , & ce perfonnage eft le feul
chantant qui y paroiffe. Ifaure eft entourée
de peuples , de jardiniers & de jardi
nieres , & elle dit :
Dans ce féjour riant & fortuné
Phébus , Flore & l'Amour ont fixé leur empire
On y voit de leurs mains le printems couronné
Les coeurs font adoucis par l'air qu'on y reſpire.
On n'y craint point la rigueur des hyvers ,
On n'y craint point l'inconftance des belles ;
Nos arbres y font toujours verds ,,
Et nos amans toujours fideles.
Ces chants d'Ifaure très- bien rendus pa
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
Mlle Chevalier , & coupés de danſes &
de choeurs , amenent le développement du
projet qu'elle a formé ; elle dit :
Peuples , il faut dans ce beau jour ,
D'un fiécle fi chéri tranſmettre la mémoire ,
Et je veux que des prix couronnent la victoire
De ceux qui fçauront mieux chanter le tendre
amour.
On voit paroître en effet les nobles , formant
une entrée , & portant les différens
prix que la célébre Académie de Toulouſe
diftribue tous les ans. Ifaure enfuite propofe
de retracer en langage du pays , les
amours de Daphnis & d'Alcimadure ; elle
dit :
Traçons par quel bonheur
Daphnis fçut attendrir la fiere Alcimadure :
De leur fimplicité la naïve peinture
Eft l'image de notre coeur ..
Les peuples lui répondent par des chants
de triomphe & d'allégreffe , & c'eft ainfi
que finit d'une maniere fort noble ce joli
prologue.
La Paftorale roule fur trois acteurs :
Daphnis , qui aime Alcimadure ; celle - ci
qui n'aime encore rien , & qui s'eft dé cidée
pour fuir toujours l'amour ; & Jean net
fon frere , perfonnage toujours gai , qui
prend vivement les intérêts de fa foeur
qui cherche en s'amufant à lui ménager un
&
DECEMBRE . 1754. 205
établiffement qu'il croit fort convenable.
Daphnis en fe montrant , développe la
fituation de fon ame par un monologue ,
dont le chant peint fort bien la tendreffe
naïve des paroles.
Hélas ! pauret que farey jou !
Tant m'a blaffat l'ou Dion d'amou.
Defpey que l'el d'Alcimadouro
A dedins mon cor amourous
Allucat milo fougairous ,
Souffri la peno la pu duro.
Hélas ! & c.
Alcimadure paroît , & il s'éloigne pour
découvrir ce qui l'amene . Voici la maniere
vive dont elle s'anonce.
Gazouillats , auzelets , à l'umbro del feuillatge ;
Quant bous fiulats moun cor es encantat.
Entendi bé qué din boftré lengatgé .
Bous célébrats la libertat .
El' es lou plazé de ma bido ,
Car y ou la canti coumo bous.
Tabé fan ceflo èlo mé crido
Qu'elo foulo pot rend' huroux .
Après cette ariette d'un chant léger &
très-agréable , Daphnis paroît , & ces deux
perfonnages foutiennent dans la fcene , l'un
le ton de la tendreffe , l'autre le ton de
gaieté que leurs monologues avoient annoncé.
Daphnis y déclare fon amour ; Alcimadure
l'écoute fans le croire , elle le
206 MERCURE DE FRANCE.
rebute même , & paroît refolue à le fuir ,
mais il l'arrête en lui propofant une petite
fête où l'on doit danfer pour elle , & court
chercher les bergers du village pour la lui
donner. Jeannet , frere d'Alcimadure , arrive
alors ; elle lui fait confidence d'un
amour dont elle fe feroit bien paffée. Il combat
cette répugnance , & trouve Daphnis
un parti fortable ; mais Alcimadure n'entend
point raifon fur ce point ; elle dit :
L'ou plazé de la bido
A cos la gayetat ;
E quand on fe marido
On perdla libertat ..
Et plus bas.
Nou boli pas douna moun cor
A qui pot de reni boulatgé.
Qui fe contento de fon for
Nou defiro res dabantagé.
Jeannet infifte , & il fe propofe s'il
rencontre Daphnis dont il n'eft pas connu ,
de l'éprouver fi bien , qu'il ne lui fera pas
poffible de le tromper . Alors le divertiffement
annoncé dans la fcene précédente
arrive. Il eft compofé de bergers & de
bergeres, & les chants qui coupent la danfe
font tous adroitement placés dans la bouche
de Daphnis , & relatifs à la fituation
de fon coeur.-
་
DECEMBRE . 1754. 207
Qui bey la bello Alcimaduro
Bey l'aftré lou pu bel ;
Per charma touto la naturo
Nou li cal qu'un cop d'el.
Per aquelo Benus noubelo
On bey lous amours enfantets
Boultija fan ceffo après elo
Coumo une troupo d'auzelets.
Cette jolie chanfon eft bientôt fuivie
d'une autre , qui peint une image tout auffi
agréable.
Bezets Pourmel per las flouretos
Boulega fous jouinés ramels.
Efcoutats des pichots auzels
Las amouroufos canfounetos.
Per tout charma lou Diu nenet
Tiro fan ceffo de l'arquet.
N'oublido res dins la naturo ,
Hormis lou cor d'Alcimaduro .
Daphnis ne fe laffe point de chanter
l'amour. Ce refrein paroît déplaire à Alcimadure
; elle interrompt brufquement la
fête , & prend pour prétexte qu'elle eft
obligée d'aller joindre fon frere , ce qui
termine le premier acte.
Le ſecond débute par une troupe de vil
lageois conduits par Jeannet , armés pour
une chaffe au loup. Iis s'animent par un
choeur brillant à la chaffe qu'ils doivent
faire , & Jeannet les renvoye après , en
leur difant fierement de l'avertir lofqu'it
208 MERCURE DE FRANCE.
faudra commencer d'entrer en danfe . Avec
les armes qu'il porte , il fe flate d'en impofer
affez à Daphnis pour éprouver fon
amour , & il fe propofe de le fervir auprès
de fa foeur , s'il le trouve fidéle . Daphnis
paroît ; l'explication fe fait par des difcours
naïfs de la part de l'un , & par des bravades
de la part de l'autre . M. M. pour varier
, a voulu jetter du comique dans ce
perfonnage fort bien chanté par M. Delatour.
Sur ce que Daphnis lui dit des
rigueurs qu'il éprouve , il lui répond :
On pot , quand on es malhuroux ,
Se difpenfa d'eftré fidelo .
'Anats , benets , paffejats bous ,
Arpentats coulinos , montagnos ;
Per eftr' encaro pus hurous
Fazets tres ou quatré campagnos.
Daphnis lui réplique :
A qué tout aquo ferbira ,
Per-tout l'amour me ſeguira.
Jeannet fait alors l'étonné. Quoi ! lui
dit-il , vous n'avez jamais vû de batailles ,
de canons , de bombes , &c ?
Daphnis.
Ni lous clarins , ni las troumpetos
Nou troublon pas noftrés hamels.
L'écho n'es rébeillat que per noftros muzetos
E lou ramargé des auzels :
DECEMBRE. 1754 209
Lous els fouls de las paftouretos
Blaffoun lou cor des paftourels.
L'éclairciffement arrive enfuite . Jeannet
feint d'être fur le point de fe marier
avec Alcimadure ; on juge de l'effet d'une
pareille confidence fur Daphnis . Il déclare
avec fermeté qu'il aime cette cruelle. Jeannet
veut le forcer à n'y plus penfer ; il
leve le bras & fon épieu pour l'y contraindre
: mais le berger fidele aime mieux mourir
.... Dans ce moment on entend crier
au fecours : c'eft Alcimadure poursuivie
par un loup prêt à la dévorer . Daphnis arrache
des mains de Jeannet , qui s'enfuit ,
l'épieu dont il étoit armé , combat le loup ,
le tue , revient , & trouve Alcimadure
évanouie. Il lui parle , lui dit que le loup eft
mort , & s'efforce de l'attendrir. Elle n'eft
que reconnoiffante & point tendre. Jeannet
furvient pour faire une nouvelle fanfaronade
tout le village le fuit , & il fe
forme alors un divertiffement qui a pour
objet de célébrer la valeur de Daphnis .
Alcimadure & Jeannet , par ce moyen , fe
trouvent chargés de toutes les chanfons
que M. M. y a placées. L'acte finit par le
projet d'aller préfenter Daphnis en triomphe
au Seigneur du village.
Alcimadure ouvre le troifiéme acte par
un monologue , dans lequel fon coeur dif210
MERCURE DE FRANCE.
pute encore contre l'amour. Jeannet qui
arrive , lui apprend qu'il a éprouvé fon
amant , tâche de vaincre fon indifférence
n'y réuffit pas , & fe retire appercevant
Daphnis. Celui ci fait de nouveaux efforts
, il parle de mourir : Alcimadure fe
trouble , & fe plaint d'avoir été quittée
par Jeannet. A ce nom , que Daphnis croit
être celui de fon rival , il fort au defef
poir , bien réfolu de ne plus vivre. C'eft
alors qu'Alcimadure ne fuit plus que les
mouvemens de fon coeur ; fon amour fe
déclare par fes craintes. Jeannet revient ,
& lui affure que Daphnis eft mort. Elle
ne fe poffede plus à cette nouvelle ; elle
part pour aller percer fon fein du même
couteau qui a percé le coeur de fon amant .
Daphnis paroît alors . Le defefpoir
d'Alcimadure fe change en une joie auffi
vive que tendre. Un duo charmant couronne
le plaifir que caufe tout cet acte ,
& un divertiffement formé par les compagnons
de Daphnis & les compagnes d'Alcimadure
, termine fort heureufement cet
ouvrage , qui joint le piquant de la fingularité
aux graces naïves d'un genre toutà-
fait inconnu . Nous avons déja dit la maniere
dont Mr Delatour s'eft acquitté du
rolle de Jeannet ; ceux d'Alcimadure & de
Daphnis ont été rendus par Mlle Fel & Mr
DE CEM BR E.
1754. 211
Jeliote. Ils font fi fupérieurs l'un & l'autre
, lorfqu'ils chantent le François , qu'il
eft aifé de juger du charme de leur voix ,
de la fineffe de leur expreffion , de la
fection de leurs traits , en rendant le langage
du pays riant auquel nous devons
leur naiffance.
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Résumé : Extrait de Daphnis & Alcimadure.
L'opéra 'Daphnis & Alcimadure' de Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville illustre le premier âge des lettres et des arts en France. Mondonville, à la fois poète et musicien, en est l'auteur des paroles et de la musique, s'inspirant des troubadours d'antan. La pastorale est écrite en langage toulousain, tandis que le prologue est en français. Ce prologue célèbre l'institution des Jeux Floraux, fondée par Clémence Isaure, et la met en scène entourée de peuples, de jardiniers et de jardinières. Clémence Isaure propose de célébrer l'amour à travers des concours de chant et de poésie. L'intrigue se concentre sur trois personnages principaux : Daphnis, amoureux d'Alcimadure, Alcimadure, qui refuse l'amour, et Jeannet, le frère d'Alcimadure, toujours gai et bienveillant. Daphnis exprime son amour pour Alcimadure, qui le repousse initialement. Jeannet tente de convaincre Alcimadure des qualités de Daphnis, mais elle reste réticente, préférant sa liberté. Une fête est organisée, durant laquelle Daphnis chante son amour. Alcimadure interrompt la fête, prétextant devoir rejoindre son frère. Dans le second acte, Jeannet et des villageois partent chasser le loup. Jeannet rencontre Daphnis et le défie, mais finit par reconnaître la sincérité de son amour. Alcimadure est attaquée par un loup, et Daphnis la sauve. Le village célèbre alors la bravoure de Daphnis. Dans le troisième acte, Alcimadure lutte contre ses sentiments amoureux. Jeannet révèle à Alcimadure que Daphnis est mort, la poussant à vouloir se suicider. Daphnis réapparaît, et Alcimadure, folle de joie, lui avoue son amour. Un duo charmant et un divertissement final concluent l'opéra, mettant en scène les compagnons de Daphnis et les compagnes d'Alcimadure. Les rôles de Jeannet, Alcimadure et Daphnis sont interprétés par des artistes dont les performances sont saluées pour leur charme et leur authenticité.
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11
p. 70
CHANSON.
Début :
Tircis voyant que sa Lisette [...]
Mots clefs :
Amour, Musette, Chants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON.
Tircis voyant que fa Lifette
S'attendriffoit en l'écoutant ,
N'avoit recours qu'à ſa muſette ,
Et ne s'exprimoit qu'en chantant .
Tu m'enchantes , dit la folette ;
Mais veux-tu chanter tout le jour ?
Hé , quoi ! Tircis , le tendre amour
N'a-t-il donc pas d'autre interprête?
Vois-tu fous ce naiffant feuillage
Ces oifeaux badiner entr'eux ?
Ils interrompent leur ramage.
Pour prouver autrement leurs feux.
Tes tendres chants & ta mufette
Peuvent m'amufer à leur tour ,'
Mais , quoi ! Tircis , de tendre amour
N'a-t-il donc pas d'autre interprete ?
Sur l'Air du Majeur.
510
Amans , qui près d'une coquette
Croyez la charmer par vos fons ,
Sachez qu'ainfi que pour Lifette ,
Chanfons pour elle font chanſons.
Vos tendres chants , votre mufette ,
Peuvent l'amufer à leur tour ?
Mais pour mieux exprimer l'amour
Changez quelquefois d'interprete.
Tircis voyant que fa Lifette
S'attendriffoit en l'écoutant ,
N'avoit recours qu'à ſa muſette ,
Et ne s'exprimoit qu'en chantant .
Tu m'enchantes , dit la folette ;
Mais veux-tu chanter tout le jour ?
Hé , quoi ! Tircis , le tendre amour
N'a-t-il donc pas d'autre interprête?
Vois-tu fous ce naiffant feuillage
Ces oifeaux badiner entr'eux ?
Ils interrompent leur ramage.
Pour prouver autrement leurs feux.
Tes tendres chants & ta mufette
Peuvent m'amufer à leur tour ,'
Mais , quoi ! Tircis , de tendre amour
N'a-t-il donc pas d'autre interprete ?
Sur l'Air du Majeur.
510
Amans , qui près d'une coquette
Croyez la charmer par vos fons ,
Sachez qu'ainfi que pour Lifette ,
Chanfons pour elle font chanſons.
Vos tendres chants , votre mufette ,
Peuvent l'amufer à leur tour ?
Mais pour mieux exprimer l'amour
Changez quelquefois d'interprete.
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Résumé : CHANSON.
Tircis exprime son amour pour Lifette en jouant de la musette et en chantant. Lifette, séduite, suggère de varier les expressions d'amour, comme les oiseaux. La morale invite les amants à diversifier leurs moyens de charmer une coquette, au-delà des chansons et de la musette.
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12
p. 126-128
MUSIQUE. LETTRE de M. le LOUP, Éditeur des Récréations des POLHYMNIE, à l'Auteur du Mercure.
Début :
J'AI l'honneur de vous présenter le troisiéme Recueil de Polhymnie, dont [...]
Mots clefs :
Polymnie, Airs, Chants, Recueils
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texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE. LETTRE de M. le LOUP, Éditeur des Récréations des POLHYMNIE, à l'Auteur du Mercure.
MUSIQUE.
LETTRE de M. le LOUP , Éditeur des
Récréations des POLHYMNIE , à
l'Auteur du Mercure.
'AI l'honneur de vous préfenter le
troifiéme Recueil de Polhymnie , dont
la plupart des airs font ainfi que vous
l'avez annoncé , de la compofition de
M. Ponteau , Organifte de S. Jacques
de la Boucherie , & de S. Martin des
JANVIER. 1763 127
,
Champs. C'eſt un Eléve de feu M.
Forcroy , & qui a hérité des talens de
fon oncle , qui étoit célébre pour le
beau chant : vous jugerez en parcourant
fes airs . Il y en a auffi de M. le Jay
Maître de Mufique , ainfi que de M.
Hanot. Si j'en crois plufieurs perfonnes
de goût , ce recueil leur femble le meilleur
des trois . C'eſt au Public à en juger.
J'ofe vous fupplier feulement de
vouloir bien annoncer , que les marchands
de Province qui voudront s'adreffer
à moi pour les avoir , auront
lieu d'être fatisfaits des arrangemens que
je ferai avec eux . Je vous réitére mes
très-humbles remercimens de la manière
obligeante avec laquelle vous
avez annoncé ces recueils .
J'ai l'honneur d'être , & c.
LELOUP.
Premier Livre de piéces de clavecin
, compofé de fix fonates , par M.
Legrand , Organiſte de S. Germain des
Prés , prix , 9 liv.
Six divertiffemens , avec accompagnement
de deux violons ad libitum ,
par M. Wendenbochk , dédié à M.Jean-
François Kniff , premier Bourguemeftre
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
de la ville d'Anvers , prix , 12 livres.
Six due pour deux violons ou pardeffus
de viole , par M. Sebetosky ,
prix , 6 liv.
Méthode pour apprendre la Mufique ,
dont toutes les leçons font à deux parties
, par M. Rollay , prix , 9 liv .
.
Six Sonates pour le violoncelle , par
M. Natat-Refta , oeuvre premier . Prix ,
6. liv.
Le tout fe trouve à Paris , rue du
Roule , chez M. Lemenu , Marchand
de Mufique , à la clef d'or.
LETTRE de M. le LOUP , Éditeur des
Récréations des POLHYMNIE , à
l'Auteur du Mercure.
'AI l'honneur de vous préfenter le
troifiéme Recueil de Polhymnie , dont
la plupart des airs font ainfi que vous
l'avez annoncé , de la compofition de
M. Ponteau , Organifte de S. Jacques
de la Boucherie , & de S. Martin des
JANVIER. 1763 127
,
Champs. C'eſt un Eléve de feu M.
Forcroy , & qui a hérité des talens de
fon oncle , qui étoit célébre pour le
beau chant : vous jugerez en parcourant
fes airs . Il y en a auffi de M. le Jay
Maître de Mufique , ainfi que de M.
Hanot. Si j'en crois plufieurs perfonnes
de goût , ce recueil leur femble le meilleur
des trois . C'eſt au Public à en juger.
J'ofe vous fupplier feulement de
vouloir bien annoncer , que les marchands
de Province qui voudront s'adreffer
à moi pour les avoir , auront
lieu d'être fatisfaits des arrangemens que
je ferai avec eux . Je vous réitére mes
très-humbles remercimens de la manière
obligeante avec laquelle vous
avez annoncé ces recueils .
J'ai l'honneur d'être , & c.
LELOUP.
Premier Livre de piéces de clavecin
, compofé de fix fonates , par M.
Legrand , Organiſte de S. Germain des
Prés , prix , 9 liv.
Six divertiffemens , avec accompagnement
de deux violons ad libitum ,
par M. Wendenbochk , dédié à M.Jean-
François Kniff , premier Bourguemeftre
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
de la ville d'Anvers , prix , 12 livres.
Six due pour deux violons ou pardeffus
de viole , par M. Sebetosky ,
prix , 6 liv.
Méthode pour apprendre la Mufique ,
dont toutes les leçons font à deux parties
, par M. Rollay , prix , 9 liv .
.
Six Sonates pour le violoncelle , par
M. Natat-Refta , oeuvre premier . Prix ,
6. liv.
Le tout fe trouve à Paris , rue du
Roule , chez M. Lemenu , Marchand
de Mufique , à la clef d'or.
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Résumé : MUSIQUE. LETTRE de M. le LOUP, Éditeur des Récréations des POLHYMNIE, à l'Auteur du Mercure.
Le texte est une lettre de M. le Loup, éditeur des 'Récréations des Polhymnie', adressée à l'auteur du Mercure. Elle annonce la publication du troisième recueil de Polhymnie, principalement composé par M. Ponteau, organiste de Saint-Jacques de la Boucherie et de Saint-Martin. Ponteau est présenté comme un élève de feu M. Forcroy et héritier des talents de son oncle, connu pour son beau chant. Le recueil inclut également des airs de M. le Jay et M. Hanot. Plusieurs experts estiment ce recueil comme le meilleur des trois. M. le Loup propose des arrangements pour les marchands de province souhaitant acquérir ces recueils et remercie l'auteur du Mercure pour la promotion des précédents recueils. Le texte mentionne aussi plusieurs publications musicales disponibles à Paris, rue du Roule, chez M. Lemenu, marchand de musique. Ces publications incluent un premier livre de pièces de clavecin par M. Legrand, six divertissements avec accompagnement de deux violons par M. Wendenbochk, six duos pour deux violons ou pardessus de viole par M. Sebetosky, une méthode pour apprendre la musique par M. Rollay, et six sonates pour le violoncelle par M. Natat-Resta. Les prix de ces œuvres varient de 6 à 12 livres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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