Résultats : 21932 texte(s)
Détail
Liste
7601
p. 267-269
SONNET.
Début :
Il ne me reste plus, Monsieur, que quelques Sonnets sur / Comment diable veux-tu que je parte de . Furne, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET.
Il ne me reſte plus , Mon
Z ij
268 MERCURE
ſieur,que quelques Sonnets ſur
les bouts- rimez propoſez le
mois paflé , à vous donner.
SONNET.
Comment diable veux-tu que je
partede Furne ,
Pour aller à Corinthe y voir
Timoleon ,
Et puis au Vatican trouver •
Pantaleon ,
De chez Pantaleon au Palais du
grand Turne.
Et de là , traverser le rapide
Vulturne ,
Et monter fur la Mer où lefameux
Cleon,
GALANT. 269
Pirate inceſſamment du coſté de
Leon .
Tantoſt vers l'Italie où se sauva
Saturne ,
Tantoft vers les Cantons de Priam
&d' Hector .
Tu veux que j'aille encore à Pyle
chez Neftor
,
Queje revienne en France , à Paris,
à • Dunkerque ,
De France dansArgos au beau Palaisd'
Argus ;
Et puis en Portugal au Château
d Albukerque ;
Et tout cela pourquoy ? pour chercher
• • Feragus.
Z ij
268 MERCURE
ſieur,que quelques Sonnets ſur
les bouts- rimez propoſez le
mois paflé , à vous donner.
SONNET.
Comment diable veux-tu que je
partede Furne ,
Pour aller à Corinthe y voir
Timoleon ,
Et puis au Vatican trouver •
Pantaleon ,
De chez Pantaleon au Palais du
grand Turne.
Et de là , traverser le rapide
Vulturne ,
Et monter fur la Mer où lefameux
Cleon,
GALANT. 269
Pirate inceſſamment du coſté de
Leon .
Tantoſt vers l'Italie où se sauva
Saturne ,
Tantoft vers les Cantons de Priam
&d' Hector .
Tu veux que j'aille encore à Pyle
chez Neftor
,
Queje revienne en France , à Paris,
à • Dunkerque ,
De France dansArgos au beau Palaisd'
Argus ;
Et puis en Portugal au Château
d Albukerque ;
Et tout cela pourquoy ? pour chercher
• • Feragus.
Fermer
7602
p. 2157-2159
MADRIGAUX. Imitez de l'Italien du Guarini, par Mlle de Malcrais de la Vigne, du Croisic en Bretagne.
Début :
LA SEDE D'AMORE. Madrig. IV. / Dov'hai tu Nido, Amore, [...]
Mots clefs :
Amour, Coeur, Imitation, Battista Guarini
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAUX. Imitez de l'Italien du Guarini, par Mlle de Malcrais de la Vigne, du Croisic en Bretagne.
MADRIGAUX.
Imitez de l'Italien du Guarini
› par
Mlle de Malcrais de la Vigne , dn´
Croisic en Bretagne.
LA SEDE D'AMORE. Madrig. IV,
Dov'hai tu Nido , Amore ,
Nel viso di Madonna , o nel mio core ?
S'ia miro come splendi ,
Se' tutto in quel bel volto ;
Ma se poi come impiaghi , e come accendi ,
Se tutto in me raccolto.
V
Deb ! se mostrar le meraviglie vuoi ,
Del tuo poter in noi ;
Tal'hor cangia ricetto ,
Ed entra , à me nel viso , à lei nel petto.
La Demeure de l'Amour. Imitation ,
Amour, qui sous tes loix tiens mon ame asservie
Où loges-tu , cruel Amour ?
Est-ce sur le tein de Sylvie ?
.
Ou bien as-tu choisi mon coeur pour ton séjourt
Si je pense aux beautez dont l'éclat t'environne ,
Tu dois sur son visage avoir fondé ton Tròne;
Quand je pense au flambeau dont on t'a peint
ping ,
2158 FRCURE
DE FRANCE
Je sens que mon coeur allumé ,
Est la triste denture où s'exerce ta rage ;
Daigne faire un change, Amour , en ma fæyeur
;
Vien te placer sur mon visage ,
Et va te loger dans son coeur,
MIRAR MORTALE Madrig. LV.
To mi sento Morir , quando non miro
Colei , ch'è la mia vita ;
Poi se la miro , anco morir mi sento,
Perche del mio tormento
Non ha pietà la cruda , e non m'aità ,
E sa pur si l'adoro ,
Cosi mirando e non mirando i' more.
La vie de sa Maîtresse le met en danger
de sa vie , Imitation .
Aussi- tôt que je ne vois pas ,
Celle pour qui je voudrois vivre ,
Je sens approcher le trépas.
Quand je la voi , les maux où sa rigueur me
livre ,
Me menacent du même sort.
Ainsi la Belle que j'adore ,
Et qu'en vain ma douleur à chaque instant implore
,
Ne peut me donner que la mort.
FEDE
OCTOBRE. 1733 2159
FEDE GIUSTIFICATA . Madrig. XI.
To disleale ! ah cruda ,
Voi negate la fede' ,
Per non mi dar mercede.
Se non basta il languire ,
Provate mi al morire ;
E se ciù ricusate ,
Per che la fede negate ?
Che provar non volete
O provate , o credete.
La FIDELITE' JUSTIFIE'E , Imitation.
Moi je suis un perfide ! outrage ! ah ! cruauté!
Pour ne point accorder à ma persévérance ,
Le løyer qu'elle a mérité ,
Vous faignez de douter de ma fidelité .
Ah ! si mes tendres feux , mes tourmens , ma
constance
?
Si ces garans certains ne vous ssuufffisent pas ,
Pour vous en mieux convaincre, ordonnez mon
trépas.
}
Mais ne m'objectez point que l'épreuve est trop
dure ,
Vous dont la barbarie insulte à la Nature ;
Et lasse de me voir souffrir ,
Ou croyez-moy de grace, ou laissez-moi mourir .
Imitez de l'Italien du Guarini
› par
Mlle de Malcrais de la Vigne , dn´
Croisic en Bretagne.
LA SEDE D'AMORE. Madrig. IV,
Dov'hai tu Nido , Amore ,
Nel viso di Madonna , o nel mio core ?
S'ia miro come splendi ,
Se' tutto in quel bel volto ;
Ma se poi come impiaghi , e come accendi ,
Se tutto in me raccolto.
V
Deb ! se mostrar le meraviglie vuoi ,
Del tuo poter in noi ;
Tal'hor cangia ricetto ,
Ed entra , à me nel viso , à lei nel petto.
La Demeure de l'Amour. Imitation ,
Amour, qui sous tes loix tiens mon ame asservie
Où loges-tu , cruel Amour ?
Est-ce sur le tein de Sylvie ?
.
Ou bien as-tu choisi mon coeur pour ton séjourt
Si je pense aux beautez dont l'éclat t'environne ,
Tu dois sur son visage avoir fondé ton Tròne;
Quand je pense au flambeau dont on t'a peint
ping ,
2158 FRCURE
DE FRANCE
Je sens que mon coeur allumé ,
Est la triste denture où s'exerce ta rage ;
Daigne faire un change, Amour , en ma fæyeur
;
Vien te placer sur mon visage ,
Et va te loger dans son coeur,
MIRAR MORTALE Madrig. LV.
To mi sento Morir , quando non miro
Colei , ch'è la mia vita ;
Poi se la miro , anco morir mi sento,
Perche del mio tormento
Non ha pietà la cruda , e non m'aità ,
E sa pur si l'adoro ,
Cosi mirando e non mirando i' more.
La vie de sa Maîtresse le met en danger
de sa vie , Imitation .
Aussi- tôt que je ne vois pas ,
Celle pour qui je voudrois vivre ,
Je sens approcher le trépas.
Quand je la voi , les maux où sa rigueur me
livre ,
Me menacent du même sort.
Ainsi la Belle que j'adore ,
Et qu'en vain ma douleur à chaque instant implore
,
Ne peut me donner que la mort.
FEDE
OCTOBRE. 1733 2159
FEDE GIUSTIFICATA . Madrig. XI.
To disleale ! ah cruda ,
Voi negate la fede' ,
Per non mi dar mercede.
Se non basta il languire ,
Provate mi al morire ;
E se ciù ricusate ,
Per che la fede negate ?
Che provar non volete
O provate , o credete.
La FIDELITE' JUSTIFIE'E , Imitation.
Moi je suis un perfide ! outrage ! ah ! cruauté!
Pour ne point accorder à ma persévérance ,
Le løyer qu'elle a mérité ,
Vous faignez de douter de ma fidelité .
Ah ! si mes tendres feux , mes tourmens , ma
constance
?
Si ces garans certains ne vous ssuufffisent pas ,
Pour vous en mieux convaincre, ordonnez mon
trépas.
}
Mais ne m'objectez point que l'épreuve est trop
dure ,
Vous dont la barbarie insulte à la Nature ;
Et lasse de me voir souffrir ,
Ou croyez-moy de grace, ou laissez-moi mourir .
Fermer
Résumé : MADRIGAUX. Imitez de l'Italien du Guarini, par Mlle de Malcrais de la Vigne, du Croisic en Bretagne.
Le texte présente une série de madrigaux, des poèmes lyriques d'origine italienne, imités par Mlle de Malcrais de la Vigne, originaire du Croisic en Bretagne. Ces madrigaux explorent divers aspects de l'amour et de la souffrance amoureuse. Dans 'La Sède d'Amore' (La Demeure de l'Amour), le poète s'interroge sur la localisation de l'amour, qu'il soit sur le visage de la bien-aimée ou dans son propre cœur, décrivant l'amour comme une force changeante. Dans 'MIRAR MORTALE', le poète exprime son tourment en présence ou en absence de sa maîtresse, se sentant mourir lorsqu'il ne la voit pas et souffrant lorsqu'il la voit, car elle ne montre aucune pitié. Dans 'FEDE GIUSTIFICATA' (La Fidélité Justifiée), le poète se plaint de l'infidélité de sa bien-aimée, qui doute de sa fidélité malgré ses souffrances et sa constance, allant jusqu'à envisager la mort comme preuve ultime. Ces madrigaux illustrent les thèmes de l'amour, de la souffrance et de la fidélité, mettant en avant les tourments du poète face à l'indifférence ou à la cruauté de sa bien-aimée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7603
p. 271-273
ENIGME.
Début :
L'Enigme que je vous envoye merite l'application de / Hors de ma fonction, je suis fort maniable, [...]
Mots clefs :
Voile de navire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
L'Enigme que je vous envoye
merite l'application de
Z iiij
272 MERCURE
vos Amies , pour en découvrir
le fens.
H
ENIGM E,
Ors de mafonction , je fuisfort
maniable ,
On fait ce que l'on veut de moy 5
Mais , placée une fois , je fuisfi peu
traitable ,
Q'en vain mon Gouverneur veut
me donner la loy
Si l'on me voit enflée , au moins , c'eft
fans nulfaßte.
Fe fuis bien loin d'avoir un tel def
faut ,
On me voit bien souvent montée en
un lieu haut ,
1
Me promenant en un pays fart
vafte.
GALANT. 273
Tefuis foumife auxloix d'un bizare
étourdy,
Quine refpecte rien , & mefme eftfi
bardy ,
Qu'ilporte enbien des lieux le trouble
& le ravage .
Ilfe fait obéir , fans qu'on puiffe le
voir ;
Aſonſujet jefouffre unfi dur eſclavage,
Qu'on m'attache, & me pend , pour,
le mieux recevoir.
merite l'application de
Z iiij
272 MERCURE
vos Amies , pour en découvrir
le fens.
H
ENIGM E,
Ors de mafonction , je fuisfort
maniable ,
On fait ce que l'on veut de moy 5
Mais , placée une fois , je fuisfi peu
traitable ,
Q'en vain mon Gouverneur veut
me donner la loy
Si l'on me voit enflée , au moins , c'eft
fans nulfaßte.
Fe fuis bien loin d'avoir un tel def
faut ,
On me voit bien souvent montée en
un lieu haut ,
1
Me promenant en un pays fart
vafte.
GALANT. 273
Tefuis foumife auxloix d'un bizare
étourdy,
Quine refpecte rien , & mefme eftfi
bardy ,
Qu'ilporte enbien des lieux le trouble
& le ravage .
Ilfe fait obéir , fans qu'on puiffe le
voir ;
Aſonſujet jefouffre unfi dur eſclavage,
Qu'on m'attache, & me pend , pour,
le mieux recevoir.
Fermer
7604
p. 268-270
Article burlesque.
Début :
Je vous demande excuse de n'estre pas en humeur [...]
Mots clefs :
Burlesque, Chanson
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Article burlesque.
JA>e>'TvéoviÓisúJdsdeemria1natdldeècèxx^J
cuse de n'estre-pas,en
humeur de rire. Je 11ç
vousdonnerayque la
Chansonsuivante pour
tout burlesque. Ce titre
est necessaire pour autoriser
un jeu de mots sur
quoy roulent les refrains.
Encore un mot de digression;
j'ay tout privi-,
lege dans cet Article, -æ
pour vous dédommager
de ce que vous ne nez
point, je ve'u:x au-moins vousennuyer. J'ayfaitdepuisdixou
douze ansplus decent
Chansons, &depuisdix
ou douze ans j'ay la patienced'en
entendre es-
, ,- tropier les airs & lesparoles.
Ce n'esepas manqued'affectionpour
mes
Ouvrages , mais j'ay
toujours esteaussi paresseux
de les écrire que de
les chanter. Je me punis
assez de ma paresse
,
ç&r ilm'en couste à chaque
Mercure plusieurs Cou-
:plets nouveaux pour en
faire passer un vieux.
cuse de n'estre-pas,en
humeur de rire. Je 11ç
vousdonnerayque la
Chansonsuivante pour
tout burlesque. Ce titre
est necessaire pour autoriser
un jeu de mots sur
quoy roulent les refrains.
Encore un mot de digression;
j'ay tout privi-,
lege dans cet Article, -æ
pour vous dédommager
de ce que vous ne nez
point, je ve'u:x au-moins vousennuyer. J'ayfaitdepuisdixou
douze ansplus decent
Chansons, &depuisdix
ou douze ans j'ay la patienced'en
entendre es-
, ,- tropier les airs & lesparoles.
Ce n'esepas manqued'affectionpour
mes
Ouvrages , mais j'ay
toujours esteaussi paresseux
de les écrire que de
les chanter. Je me punis
assez de ma paresse
,
ç&r ilm'en couste à chaque
Mercure plusieurs Cou-
:plets nouveaux pour en
faire passer un vieux.
Fermer
Résumé : Article burlesque.
L'auteur, malgré une longue expérience de l'écriture de chansons, exprime sa réticence actuelle à en composer. Il justifie un jeu de mots dans les refrains par une chanson burlesque. Il avoue écrire des chansons depuis dix ou douze ans mais manque de motivation. Il se punit de sa paresse en fournissant régulièrement des couplets au Mercure, une publication périodique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7605
p. 273-275
ENIGME.
Début :
Vous proposerez à vos Amies l'Enigme nouvelle que je vous envoye. / Je me cache en Hiver, je me montre en Estè, [...]
Mots clefs :
Éventail
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Vous propoſerez à vos Amies
l'Enigme nouvelle que
je vous envoye...
ENIGME
Eme cache en Hiver,je me mon
JEmetre en Efte ,
Et malgré ma legereté
Je me fais constamment aimer de
mille belles.
Infenfible à leurs traits, je n'agis
quepour elles ,
Et fans qu'ilm'en coutedesvoeux
Iefolaſtre ſouventavecleurs beaux
cheveux,
Zeur bouche eſt de corail,je la touche&
la baife
+
274 MERCURE
Sur leur fein plein d'appasje repose
amon aise ,
Etfersà moderer leurs feux.
On me voità la Courrarement au
Village:
Ie ſuis toujours dans l'esclava.
ge.
Mon Pere me tient enchaiſne
Dès le moment que je fuis nè.
Fe ſuis blanc , je suis noir, grand ,
petit. On rafine
Am'habiller diverſement ,
Mais jamais je ne mis dans mon
ajustement .
Drap,panne, ny velours,ferge ny
papeline.
Les habits parſemezdefleurs ,
Demille diverſes couleurs ,
Sont les plus riches qu'onme donnes
T'en porte ſouvent de communs,
GALANT. 275
D'autres chargezd' Amours , d'emblèmes
, des parfums i
Ie me pique autant que perſonne
De ſuivre la mode du temps .
Et vieillis en moins de deux ans.
Alors ceux qui m'aimoient font ceux
qui me mépriſent .
Rarement les Amans me laiſſent en
repos,
Il en est peu qui neme nuiſent 3
Leles crains carfouvent ils me caf 2
ſent lesos,
A Et sefont par làdes querelles ,
Ialoux des privautezque m'accordent
leurs Belles.
l'Enigme nouvelle que
je vous envoye...
ENIGME
Eme cache en Hiver,je me mon
JEmetre en Efte ,
Et malgré ma legereté
Je me fais constamment aimer de
mille belles.
Infenfible à leurs traits, je n'agis
quepour elles ,
Et fans qu'ilm'en coutedesvoeux
Iefolaſtre ſouventavecleurs beaux
cheveux,
Zeur bouche eſt de corail,je la touche&
la baife
+
274 MERCURE
Sur leur fein plein d'appasje repose
amon aise ,
Etfersà moderer leurs feux.
On me voità la Courrarement au
Village:
Ie ſuis toujours dans l'esclava.
ge.
Mon Pere me tient enchaiſne
Dès le moment que je fuis nè.
Fe ſuis blanc , je suis noir, grand ,
petit. On rafine
Am'habiller diverſement ,
Mais jamais je ne mis dans mon
ajustement .
Drap,panne, ny velours,ferge ny
papeline.
Les habits parſemezdefleurs ,
Demille diverſes couleurs ,
Sont les plus riches qu'onme donnes
T'en porte ſouvent de communs,
GALANT. 275
D'autres chargezd' Amours , d'emblèmes
, des parfums i
Ie me pique autant que perſonne
De ſuivre la mode du temps .
Et vieillis en moins de deux ans.
Alors ceux qui m'aimoient font ceux
qui me mépriſent .
Rarement les Amans me laiſſent en
repos,
Il en est peu qui neme nuiſent 3
Leles crains carfouvent ils me caf 2
ſent lesos,
A Et sefont par làdes querelles ,
Ialoux des privautezque m'accordent
leurs Belles.
Fermer
7606
p. 268-272
Entrée du Duc d'Aumont, Ambassadeur Extraordinaire à la Cour de Londres.
Début :
Mercredy 12. Juillet le Duc d'Aumont, Ambassadeur Extraordinaire de France [...]
Mots clefs :
Duc d'Aumont, Londres, Ambassadeur extraordinaire, Cérémonie, Reine, Cavalcade, Carrosse, Acclamations, Audience Royale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Entrée du Duc d'Aumont, Ambassadeur Extraordinaire à la Cour de Londres.
Entrée du DHCijiumont,
dmbdfiadur Extraordinare
à la Cour de Londres.
Mercredy12. Juillet 1c
Duc d'Aumont, Ambassadeur
Extraordinaire de France
fit son Entrée publique à
Londres. Il fût recju à Greenvich
par le Comte dc;
Scarfdale que la Reine de la
Grande Breragne avoit nom
mé pour faire les honneurs
Il par le Maistrede Ceremonies;
ensuite il fut conduit
dans la Barge de la
Reine à la Tour,reçû &
complimenté par le Gouverneur.
& salué par une déchar
ge detoute l Artillerie.
La Cavalcade commença
vers les quatre heures aprés
midy a la Tour, & traver sa
la Ville. Le Ministre estoit
dans un Carosse de la Reine
avec le sieur Nadal, Secretaire
de l'Ambassade & lc
Ministre des Ceremonies.
Le Carosse estoit precedé
de huit Officiers de son Excellence
à cheval, de quatre
Suisses à Cheval, de trente
Valets de pieds, douze
Pages à Cheval, & d'un
grand nombrc de Gentilshommes
Cheval. l estoit suivi d'un autre
Carosse de la Reine aussi à
six chevaux, par cinq autres
tres-magnifiques de ce Ministre,
attelez chacun de
huit chevaux richement harnachez
, & par plus de cinquante,
à six chevaux, des
principaux Seigneurs.
II y avoir pres de cent:
hommes habillez d'une magnifiquc
livrec: Ccrrc En- ;
treeest une des plus belles
gp'on aic jamais vue.
Son Excellence arriva sur
les six heures au Palais de
Sommerset aux acclamations
d'un nombreindini de peuple
à qui il fit de grandes
largesses.
II fut reçû par le Capitaine
à la teste de la Garde
qui ettoit sous les armes, &
conduit dans l'appartement
par le Maistre des Ceremonies
où il fut complimenté
par Lord Windsor de la
part de la Reine, & regale
magnifiqucmcnt avec toute
sa suire pendant trois jours
aux dépens de sa Majesté.
Le 1 5 Sa Majeste la Reine
de la Grande Bretagne luy
donna Audiance au Palais
de S. James.
dmbdfiadur Extraordinare
à la Cour de Londres.
Mercredy12. Juillet 1c
Duc d'Aumont, Ambassadeur
Extraordinaire de France
fit son Entrée publique à
Londres. Il fût recju à Greenvich
par le Comte dc;
Scarfdale que la Reine de la
Grande Breragne avoit nom
mé pour faire les honneurs
Il par le Maistrede Ceremonies;
ensuite il fut conduit
dans la Barge de la
Reine à la Tour,reçû &
complimenté par le Gouverneur.
& salué par une déchar
ge detoute l Artillerie.
La Cavalcade commença
vers les quatre heures aprés
midy a la Tour, & traver sa
la Ville. Le Ministre estoit
dans un Carosse de la Reine
avec le sieur Nadal, Secretaire
de l'Ambassade & lc
Ministre des Ceremonies.
Le Carosse estoit precedé
de huit Officiers de son Excellence
à cheval, de quatre
Suisses à Cheval, de trente
Valets de pieds, douze
Pages à Cheval, & d'un
grand nombrc de Gentilshommes
Cheval. l estoit suivi d'un autre
Carosse de la Reine aussi à
six chevaux, par cinq autres
tres-magnifiques de ce Ministre,
attelez chacun de
huit chevaux richement harnachez
, & par plus de cinquante,
à six chevaux, des
principaux Seigneurs.
II y avoir pres de cent:
hommes habillez d'une magnifiquc
livrec: Ccrrc En- ;
treeest une des plus belles
gp'on aic jamais vue.
Son Excellence arriva sur
les six heures au Palais de
Sommerset aux acclamations
d'un nombreindini de peuple
à qui il fit de grandes
largesses.
II fut reçû par le Capitaine
à la teste de la Garde
qui ettoit sous les armes, &
conduit dans l'appartement
par le Maistre des Ceremonies
où il fut complimenté
par Lord Windsor de la
part de la Reine, & regale
magnifiqucmcnt avec toute
sa suire pendant trois jours
aux dépens de sa Majesté.
Le 1 5 Sa Majeste la Reine
de la Grande Bretagne luy
donna Audiance au Palais
de S. James.
Fermer
Résumé : Entrée du Duc d'Aumont, Ambassadeur Extraordinaire à la Cour de Londres.
Le 12 juillet, le Duc d'Aumont, Ambassadeur Extraordinaire de France, fit son entrée publique à Londres. Il fut d'abord reçu à Greenwich par le Comte de Scarfdale, nommé par la Reine de Grande-Bretagne. Ensuite, il fut conduit à la Tour de Londres, où il fut accueilli par le Gouverneur et salué par une décharge d'artillerie. Vers seize heures, la cavalcade débuta, traversant la ville. Le Duc d'Aumont voyageait dans un carrosse de la Reine, accompagné du sieur Nadal et du ministre des cérémonies. Le cortège comprenait huit officiers à cheval, quatre Suisses, trente valets de pied, douze pages à cheval, et de nombreux gentilshommes. Près de cent hommes étaient vêtus de livrées magnifiques. Le Duc arriva au Palais de Somerset vers dix-huit heures, acclamé par une foule à qui il fit de grandes largesses. Il fut reçu par le capitaine de la garde et complimenté par Lord Windsor au nom de la Reine. Il fut régalé magnifiquement pendant trois jours aux dépens de Sa Majesté. Le 15 juillet, la Reine de Grande-Bretagne accorda une audience au Duc d'Aumont au Palais de Saint James.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7607
p. 269-271
ENIGME.
Début :
La nouvelle Enigme que je vous envoye est de Mr Hutuge / Je crois parmy les Vegetaux, [...]
Mots clefs :
Mûrier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
La nouvelle Enigme que je
vous envoye eft de M Hutuge
d'Orleans.
Z iij
270 MERCURE
J
E crois
ENIGME.
parmy les Vegetaux
Et par une prudence extrême
Fe choifis lesjours les plus chauds,
Pour eftre utile à ceux que j'aime.
2
F'évite l'arriere faifon ;
Le Printemps n'a rien qui me plaifes
Fe laiffe paffer fans façon ,
Tous les frimats fort à leuraife.
3
F'affecte deparoistre tard,
De bonne heureje me retire ,
D'autant qu'à vous parler fansfaid,
Le mauvais temps fait mon martyre.
S
D'habiles & bons Ouvriers
Trouvent par moy leur nourriture ;
Les Temples tirent leur parure
安271
forte,
Fin
worte
Vous
ft fort
"DIRE
Frigne
FITTI
Frigne
uence maiiij
rla vigne,
Er la vigne Bachuspreser ue la sa
JE
Et
Fe cht
Pour
F'ér
+
Le Proientcou- lez : lez nous somme
Je lai
Tous
F'aff
De bon
D'auta
Le
man
D'hat
Trouve
*
os tonneaux et pour cette fai
Les Ter
tonneaux etpour cette faueur, no
GALANT. 271
Du travail qu'ils font à milliers .
S
Pour le luxe le plus étrange
Ils travaillent pareillement ,
-Se macquant de toute loüange ,
Et de tout blafme également.
$
Fe produis des biens d'autre forte,
Que l'on cherche dés le matin :
Mais de la main qui les emporte
Ils terniffent le blanc fatin.
vous envoye eft de M Hutuge
d'Orleans.
Z iij
270 MERCURE
J
E crois
ENIGME.
parmy les Vegetaux
Et par une prudence extrême
Fe choifis lesjours les plus chauds,
Pour eftre utile à ceux que j'aime.
2
F'évite l'arriere faifon ;
Le Printemps n'a rien qui me plaifes
Fe laiffe paffer fans façon ,
Tous les frimats fort à leuraife.
3
F'affecte deparoistre tard,
De bonne heureje me retire ,
D'autant qu'à vous parler fansfaid,
Le mauvais temps fait mon martyre.
S
D'habiles & bons Ouvriers
Trouvent par moy leur nourriture ;
Les Temples tirent leur parure
安271
forte,
Fin
worte
Vous
ft fort
"DIRE
Frigne
FITTI
Frigne
uence maiiij
rla vigne,
Er la vigne Bachuspreser ue la sa
JE
Et
Fe cht
Pour
F'ér
+
Le Proientcou- lez : lez nous somme
Je lai
Tous
F'aff
De bon
D'auta
Le
man
D'hat
Trouve
*
os tonneaux et pour cette fai
Les Ter
tonneaux etpour cette faueur, no
GALANT. 271
Du travail qu'ils font à milliers .
S
Pour le luxe le plus étrange
Ils travaillent pareillement ,
-Se macquant de toute loüange ,
Et de tout blafme également.
$
Fe produis des biens d'autre forte,
Que l'on cherche dés le matin :
Mais de la main qui les emporte
Ils terniffent le blanc fatin.
Fermer
7608
p. 268-272
CHANSON.
Début :
De Paris jusqu'au Missipi, [...]
Mots clefs :
Vénus, Triompher, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON.
DE Parisjusqu'au Miffit*>
- Est-ilrien qui charmeautant
que Pipi,
horfqueïAmour se sent assoupi
,
Pour se rcvùllcr il va voir
Pipi;
Elle le tente3
Elle l'enchante,
- pour peu-quiente,
Sa flamme tente,
Pour se reveiller il va voir
Pipi.
Dame Venus a beaucoupglapi,
De puis quesonFilsfréquente
pipi»
Dansfes beauxyeux ensecret
tapi
Il fait sur , Venus triompher
pipi.
Tousjours chezelle,
Grace nouvelle,
Et l'immortelle ,
En a dans ïaifie ,
Il faitsur Venus triompher
pipi. Z iij
Le blancsifin qui naist dans
l'Epi,
Le cede en blancheur au teint
de pipi:
Le lait, loeuffrais,lapomme
d,Api
Perdent leurcouleu, rauprès de
Pipi,
Lejasminmesme,
Y paroiss blesme,
Le Lys, la Rose,
A peine eclose
Perdent leurs coul,eurs auprès
de pipi.
Le coeur ria ni quartier, ni repi,
Quand lesyeux on vu l'aimable
Pipi ;
Cbe% la Guerbois, ni chez la
Cressy,
Nonrien ne ragouste autant
ctucpipiy
Perdrix, Poularde,
Faisans, Outarde
,
Soit qu'on les barde,
Ou qu'on les larde,
Non,rien ne ragouste autant
que Pipi.
La belle Pipi doit être
assez contente de ces couplets
, mais avec sa permission,
il m'arrive un Sonnée
qui s'écoit apparemment
égaré en chemin le mois
passé
; je sçai bien le rang
que je lui aurais donné s'il
estoit venu avec les autres;
mais il n'a rien perdu pour
attendre. SONNET
DE Parisjusqu'au Miffit*>
- Est-ilrien qui charmeautant
que Pipi,
horfqueïAmour se sent assoupi
,
Pour se rcvùllcr il va voir
Pipi;
Elle le tente3
Elle l'enchante,
- pour peu-quiente,
Sa flamme tente,
Pour se reveiller il va voir
Pipi.
Dame Venus a beaucoupglapi,
De puis quesonFilsfréquente
pipi»
Dansfes beauxyeux ensecret
tapi
Il fait sur , Venus triompher
pipi.
Tousjours chezelle,
Grace nouvelle,
Et l'immortelle ,
En a dans ïaifie ,
Il faitsur Venus triompher
pipi. Z iij
Le blancsifin qui naist dans
l'Epi,
Le cede en blancheur au teint
de pipi:
Le lait, loeuffrais,lapomme
d,Api
Perdent leurcouleu, rauprès de
Pipi,
Lejasminmesme,
Y paroiss blesme,
Le Lys, la Rose,
A peine eclose
Perdent leurs coul,eurs auprès
de pipi.
Le coeur ria ni quartier, ni repi,
Quand lesyeux on vu l'aimable
Pipi ;
Cbe% la Guerbois, ni chez la
Cressy,
Nonrien ne ragouste autant
ctucpipiy
Perdrix, Poularde,
Faisans, Outarde
,
Soit qu'on les barde,
Ou qu'on les larde,
Non,rien ne ragouste autant
que Pipi.
La belle Pipi doit être
assez contente de ces couplets
, mais avec sa permission,
il m'arrive un Sonnée
qui s'écoit apparemment
égaré en chemin le mois
passé
; je sçai bien le rang
que je lui aurais donné s'il
estoit venu avec les autres;
mais il n'a rien perdu pour
attendre. SONNET
Fermer
7609
p. 1884-1892
EXTRAIT d'une Lettre contenant une Relation de la défaite des Renards, Nation Sauvage, située au haut du Fleuve Mississipy, par les François de la Loüisiane et du Canada, au mois de Septembre 1730.
Début :
Les Renards, unis avec les Maskoutins et les Quikapons, faisoient depuis [...]
Mots clefs :
Renards, Défaite, Guerre, Sauvages Illinois, Détachements, Armes, Officiers français, Prisonniers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre contenant une Relation de la défaite des Renards, Nation Sauvage, située au haut du Fleuve Mississipy, par les François de la Loüisiane et du Canada, au mois de Septembre 1730.
EXTRAIT d'une Lettre contenant une
Relation de la défaite des Renards , Nation
Sauvage , située au baut du Fleuve
Mississipy , parles François de la Loüisiane
et du Canada , au mois de Septembre
1730 .
L
Es Renards , unis avec les Maskoutins
et les Quikapons, faisoient depuis
environ dix ans une Guerre ouverte aux
François et aux Sauvages Illinois . Ils
surprenoient et attaquoient nos détachements
A O UST. 1731.
1885
ments , ils enlevoient nos Voyageurs qui
se trouvoient en petit nombre , et ils
venoient même nous inquiéter jusques
dans nos habitations où nous ne pouvions
cultiver nos Terres que les Armes à la
main. On avoit tenté plusieurs fois de
les détruire ; mais le défaut de concert
entre les Officiers François qui commandoient
dans les postes avancés , se trouvant
joint à l'interest , et à la mauvaise
volonté de quelques-uns , avoient toujours
fait échouer les entreprises qui
avoient été formées en éxecution des Ordres
de la Cour. Un Evenement a enfin
causé la désunion de ces Sauvages et la
perte des Renards.
Au mois d'Octobre de l'année 1728.
un parti de Quikapons et de Maskoutins
arrêta sur le Mississipy dix - sept François
qui descendoient des Sioux aux Illinois.
Ces Sauvages délibererent. d'abord s'ils
brûleroient leurs Prisonniers ou s'ils
les remettroient entre les mains des Renards
; mais le Pere Guignas , Missionnaire
Jesuite , qui étoit du nombre de
çes François , leur fit comprendre qu'ils
avoient interêt de bien conserver leurs
Prisonniers , et il gagna tellement leur
confiance qu'il parvint ensuite à les déta
C cher
18 MERCURE DE FRANCE
cher des Renards, et à les porter à nous
demander la Paix.
Au bout de cinq mois de captivité ;
il vint lui même avec leurs députés auFort
de Chartres , Poste François , au Pays
des Illinois , où cette Paix fut concluë à
la satisfaction de ces Nations.
Les Renards déconcertés et fort affoi
blis par cette division , resolurent de se
refugier chez les Iroquois , alliez des Anglois
; en passant par le Pays des Onya
tanous , les Quikapons et Maskoutins qui
penétrerent leur dessein , en donnerent
avis dans tous les Postes François de la
Louisianne et du Canada ; mais on douta
de leur bonne foy , et M. de S. Ange
Officier commandant au Fort de Chartres
, ne put jamais déterminer les habitans
François à se mettre en Campagne!
Cependant les Illinois du Village des
Cahokias , vinrent au mois de Juillet
130. nous apprendre que les Renards
avoient fait des Prisonniers sur eux , ea
brûlé le fils de leur grand Chef auprès
du Rocher , sur la Riviere des Illinois
Ces nouvelles jointes à des avis que nous
avions reçus d'ailleurs , engagerent à
aller chercher l'ennemi, Nos Sauvages
animez à vanger leur sang, furent bientôt
en Campagne; M. de S. Ange se mit en
marche à la tête de tout ce qu'il put
rassembler de François , er le 10. d'Aoust
ceux-ci ayant joint 3 : à 400. Sauvages qui
les avoient devancés de quelques jours ,
notre petite Armée se trouva forte de 500.
hommes. Les Quikapons , Maskoutins et
Illinois du Rocher , s'étoient rendus maitres
des passages du côté du Nord Est
ce qui détermina ces Renards à construire
un Fort à une lieüe au dessous d'eux ,
pour se mettre à couvert de leurs insultes.
>
Le 12. nous eûmes des nouvelles des
Ennemis par un de nos Coureurs . Il
nous apprit où étoit leur Fort , et nous
dit qu'il y avoit compté cent onze Cabanes.
Nous n'en étions éloignés que
de deux ou trois journées ; nous conti
nuâmes notre marche par des Pays
couverts , et le 17. à la pointe du jour
nous vîmes la Retraite de l'Ennemi :
nous tombâmes sur un party de 40. hommes
qui sortoit pour la chasse et nous le
contraignîmes de regagner le Fort , qui
étoit un petit bouquet de bois , renfermé
de pieux , situé sur une ponte douce
qui s'elevoit du côté de l'Ouest et du
Nord- Ouest , le long d'une petite Riviere:
ensorte que du côté du Sud et du
Cij Sud
Sud- Est , on les voyoit à découvert .
Leurs Cabannes étoient fort petites et
pratiquées dans la Terre comme les Tanieres
des Renards dont ils portent le
nom .
Au bruit des premiers coups de Fusil
les Quikapons Maskoutins et Illinois
qui étoient souvent aux mains avec les
partis ennemis , et qui depuis un mois
attendoient du secours , vinrent nous
joindre au nombre de 200. hommes. On
se partagea suivant les ordres de M. de
S. Ange pour bloquer les Renards qui
ce jour- là firent deux sorties inutiles. Ôn
ouvrit la tranchée la nuit suivante , et
chacun travailla à se fortifier dans le
poste qui lui avoit été assigné.
Le 19. les Ennemis demanderent à
parler ils offrirent de rendre les Esclaves
qu'ils avoient fait autrefois sur les
Illinois , et en effet ils en renvoyerent
quelques uns '; mais comme on s'apperçut
qu'ils ne cherchoient qu'à nous amuser
dès le lendemain on recommença à tirer
sur eux .
Nous fumes joints les jours suivants
par so . à 60. François et soo . Sauvages
Poutouatamis et Sakis qui étoient sous la
conduite de M. Devilliers , Commandant
de la Riviere S, Joseph , du Gouver
nement
A O UST. 1731. 1889
nement de Canada . Il fut suivi de quel
ques Sauvages Ouyatanous et Peanguichias.
A son arrivée il y eut de nouvelles Confe
rences avec les Renards qui demanderent
la vie , les presens à la main . M. de Villiers
paroissoit tenté de la leur accorder ;
mais ses gens n'étoient pas les plus forts ,
et il ne pouvoit rien conclure sans le
consentement des François , et des Sauvages
Illinois , qui ne vouloient se prêter
à aucun accommodement.
Cependant on decouvrit que les Sakis ,
parents et alliez des Renards , traitoient
sous mains avec eux , leur fournissant
des munitions , et prenant des mesures
pour favoriser leur évasion : nos Sauva
ges qui s'en apperçurent s'ameuterent
le premier Septembre , et ils étoient sur
le point de donner sur les Sakis , lorsque
M. de S. Ange , à la tête de 100. François
, s'avança pour fermer toutes les
avenues du Fort du côté des Sakis , ce
qui y retablit le bon ordre.
Notre dessein étoit de dissimuler cette
perfidie jusqu'à l'arrivée de M. de Noyelle
, Commandant des Miamis , que nous
attendions ; mais il arriva le même jour
au Camp avec 1. François et 200. Sauvages.
Il apportoit des défenses de M. le
Ciij Gouverneur
1890 MERCURE DE FRANCE
Gouverneur du Canada de faire aucun
Traité avec les Renards.
Sur cela on tint un Conseil general ,
où les Sakis furent humiliés ; car toutes
les voix se réunirent pour la perte de
l'ennemi .
Cependant il y avoit déja plusieurs
jours que nous souffrions de la faim aussi
bien que les Renards ; nos Sauvages se
rebutoient et marquoient leur impatience.
Le 7. Septembre 200. Illinois deserterent
, et il y avoit tout à craindre de
ce mauvais exemple , qui n'eut pourtant
pas de suites ; car les Troupes de M. de
S. Ange construisoient à deux portées de
Pistolet des Renards un petit Fort qui
alloit leur couper la communication de
la Riviere , et qui paroissoit nous annoncer
une victoire complette et prochainc.
Le &. Septembre , des Tonneres terribles
et une pluye effroyable interrompirent
ros travaux , la nuit suivante fut
également pluvieuse , et outre cela trèsnoire
et très-froide ; les Renards profitant
de l'occasion sortirent de leur Fort ,
on s'en apperçut aussitôt par les cris des
enfants ; mais que faire par le tems qu'il
faisoit , il étoit impossible de se reconnoître
dans une si grande obscurité où l'on
SC
A O UST. 1731. 1898
se seroit exposé à tirer sur nos gens comme
sur l'ennemi : on ne sçavoit donc
quel party prendre ; cependant tout le
monde étoit sous les armes et les Sauvages
s'avançoient sur les deux aîles des
fuyards pour donner dessus dès que le
jour paroîtroit. Il parut enfin et chacun
se mit à les suivre ; nos Sauvages plus
frais et plus vigoureux qu'eux , les joi
gnirent bientôt.
Les Femmes , les Enfans et les Vicillards
marchoient à la tête , et les Guerriers
fermoient la marche pour les couvrir
; ils furent d'abord rempus et défaits ;
le nombre des morts et des prisonniers ,
s'est trouvé d'environ 300. Guerriers ;
Il n'est point question du nombre des.
Vieillards , des Femmes et des Enfans
qui tous ont été pris. Il ne s'est échapé
au plus que so. ou 6o, hommes qui se
sont sauvés sans Fusils er sans aucuns ustanciles
pour se procurer de quoy vivre.
Les Illinois du Rocher , les Maskoutins
et Quikapons , sont actuellement après
ce petit reste de Fuyards , et les premieres
nouvelles nous apprendront la destruction
totale de cette malheureuse Nation .
M. Perrier , Commandant General de
la Louisianne a beaucoup contribué à
sette Expédition par les bons ordres qu'il
C iiij avoit
1892 MERCURE DE FRANCE
avoit donnés à M. de S. Ange , et par le
soin qu'il avoit eu de lui envoyer environ
100. hommes , quoyqu'il eut alors un extrême
besoin de Troupes dans le bas de
la Colonie pour l'entreprise qu'il projettoit
contre les Matchez.
On donnera la Relation de la défaite de
cette derniere Nation dans le prochain Mer
cure.
Relation de la défaite des Renards , Nation
Sauvage , située au baut du Fleuve
Mississipy , parles François de la Loüisiane
et du Canada , au mois de Septembre
1730 .
L
Es Renards , unis avec les Maskoutins
et les Quikapons, faisoient depuis
environ dix ans une Guerre ouverte aux
François et aux Sauvages Illinois . Ils
surprenoient et attaquoient nos détachements
A O UST. 1731.
1885
ments , ils enlevoient nos Voyageurs qui
se trouvoient en petit nombre , et ils
venoient même nous inquiéter jusques
dans nos habitations où nous ne pouvions
cultiver nos Terres que les Armes à la
main. On avoit tenté plusieurs fois de
les détruire ; mais le défaut de concert
entre les Officiers François qui commandoient
dans les postes avancés , se trouvant
joint à l'interest , et à la mauvaise
volonté de quelques-uns , avoient toujours
fait échouer les entreprises qui
avoient été formées en éxecution des Ordres
de la Cour. Un Evenement a enfin
causé la désunion de ces Sauvages et la
perte des Renards.
Au mois d'Octobre de l'année 1728.
un parti de Quikapons et de Maskoutins
arrêta sur le Mississipy dix - sept François
qui descendoient des Sioux aux Illinois.
Ces Sauvages délibererent. d'abord s'ils
brûleroient leurs Prisonniers ou s'ils
les remettroient entre les mains des Renards
; mais le Pere Guignas , Missionnaire
Jesuite , qui étoit du nombre de
çes François , leur fit comprendre qu'ils
avoient interêt de bien conserver leurs
Prisonniers , et il gagna tellement leur
confiance qu'il parvint ensuite à les déta
C cher
18 MERCURE DE FRANCE
cher des Renards, et à les porter à nous
demander la Paix.
Au bout de cinq mois de captivité ;
il vint lui même avec leurs députés auFort
de Chartres , Poste François , au Pays
des Illinois , où cette Paix fut concluë à
la satisfaction de ces Nations.
Les Renards déconcertés et fort affoi
blis par cette division , resolurent de se
refugier chez les Iroquois , alliez des Anglois
; en passant par le Pays des Onya
tanous , les Quikapons et Maskoutins qui
penétrerent leur dessein , en donnerent
avis dans tous les Postes François de la
Louisianne et du Canada ; mais on douta
de leur bonne foy , et M. de S. Ange
Officier commandant au Fort de Chartres
, ne put jamais déterminer les habitans
François à se mettre en Campagne!
Cependant les Illinois du Village des
Cahokias , vinrent au mois de Juillet
130. nous apprendre que les Renards
avoient fait des Prisonniers sur eux , ea
brûlé le fils de leur grand Chef auprès
du Rocher , sur la Riviere des Illinois
Ces nouvelles jointes à des avis que nous
avions reçus d'ailleurs , engagerent à
aller chercher l'ennemi, Nos Sauvages
animez à vanger leur sang, furent bientôt
en Campagne; M. de S. Ange se mit en
marche à la tête de tout ce qu'il put
rassembler de François , er le 10. d'Aoust
ceux-ci ayant joint 3 : à 400. Sauvages qui
les avoient devancés de quelques jours ,
notre petite Armée se trouva forte de 500.
hommes. Les Quikapons , Maskoutins et
Illinois du Rocher , s'étoient rendus maitres
des passages du côté du Nord Est
ce qui détermina ces Renards à construire
un Fort à une lieüe au dessous d'eux ,
pour se mettre à couvert de leurs insultes.
>
Le 12. nous eûmes des nouvelles des
Ennemis par un de nos Coureurs . Il
nous apprit où étoit leur Fort , et nous
dit qu'il y avoit compté cent onze Cabanes.
Nous n'en étions éloignés que
de deux ou trois journées ; nous conti
nuâmes notre marche par des Pays
couverts , et le 17. à la pointe du jour
nous vîmes la Retraite de l'Ennemi :
nous tombâmes sur un party de 40. hommes
qui sortoit pour la chasse et nous le
contraignîmes de regagner le Fort , qui
étoit un petit bouquet de bois , renfermé
de pieux , situé sur une ponte douce
qui s'elevoit du côté de l'Ouest et du
Nord- Ouest , le long d'une petite Riviere:
ensorte que du côté du Sud et du
Cij Sud
Sud- Est , on les voyoit à découvert .
Leurs Cabannes étoient fort petites et
pratiquées dans la Terre comme les Tanieres
des Renards dont ils portent le
nom .
Au bruit des premiers coups de Fusil
les Quikapons Maskoutins et Illinois
qui étoient souvent aux mains avec les
partis ennemis , et qui depuis un mois
attendoient du secours , vinrent nous
joindre au nombre de 200. hommes. On
se partagea suivant les ordres de M. de
S. Ange pour bloquer les Renards qui
ce jour- là firent deux sorties inutiles. Ôn
ouvrit la tranchée la nuit suivante , et
chacun travailla à se fortifier dans le
poste qui lui avoit été assigné.
Le 19. les Ennemis demanderent à
parler ils offrirent de rendre les Esclaves
qu'ils avoient fait autrefois sur les
Illinois , et en effet ils en renvoyerent
quelques uns '; mais comme on s'apperçut
qu'ils ne cherchoient qu'à nous amuser
dès le lendemain on recommença à tirer
sur eux .
Nous fumes joints les jours suivants
par so . à 60. François et soo . Sauvages
Poutouatamis et Sakis qui étoient sous la
conduite de M. Devilliers , Commandant
de la Riviere S, Joseph , du Gouver
nement
A O UST. 1731. 1889
nement de Canada . Il fut suivi de quel
ques Sauvages Ouyatanous et Peanguichias.
A son arrivée il y eut de nouvelles Confe
rences avec les Renards qui demanderent
la vie , les presens à la main . M. de Villiers
paroissoit tenté de la leur accorder ;
mais ses gens n'étoient pas les plus forts ,
et il ne pouvoit rien conclure sans le
consentement des François , et des Sauvages
Illinois , qui ne vouloient se prêter
à aucun accommodement.
Cependant on decouvrit que les Sakis ,
parents et alliez des Renards , traitoient
sous mains avec eux , leur fournissant
des munitions , et prenant des mesures
pour favoriser leur évasion : nos Sauva
ges qui s'en apperçurent s'ameuterent
le premier Septembre , et ils étoient sur
le point de donner sur les Sakis , lorsque
M. de S. Ange , à la tête de 100. François
, s'avança pour fermer toutes les
avenues du Fort du côté des Sakis , ce
qui y retablit le bon ordre.
Notre dessein étoit de dissimuler cette
perfidie jusqu'à l'arrivée de M. de Noyelle
, Commandant des Miamis , que nous
attendions ; mais il arriva le même jour
au Camp avec 1. François et 200. Sauvages.
Il apportoit des défenses de M. le
Ciij Gouverneur
1890 MERCURE DE FRANCE
Gouverneur du Canada de faire aucun
Traité avec les Renards.
Sur cela on tint un Conseil general ,
où les Sakis furent humiliés ; car toutes
les voix se réunirent pour la perte de
l'ennemi .
Cependant il y avoit déja plusieurs
jours que nous souffrions de la faim aussi
bien que les Renards ; nos Sauvages se
rebutoient et marquoient leur impatience.
Le 7. Septembre 200. Illinois deserterent
, et il y avoit tout à craindre de
ce mauvais exemple , qui n'eut pourtant
pas de suites ; car les Troupes de M. de
S. Ange construisoient à deux portées de
Pistolet des Renards un petit Fort qui
alloit leur couper la communication de
la Riviere , et qui paroissoit nous annoncer
une victoire complette et prochainc.
Le &. Septembre , des Tonneres terribles
et une pluye effroyable interrompirent
ros travaux , la nuit suivante fut
également pluvieuse , et outre cela trèsnoire
et très-froide ; les Renards profitant
de l'occasion sortirent de leur Fort ,
on s'en apperçut aussitôt par les cris des
enfants ; mais que faire par le tems qu'il
faisoit , il étoit impossible de se reconnoître
dans une si grande obscurité où l'on
SC
A O UST. 1731. 1898
se seroit exposé à tirer sur nos gens comme
sur l'ennemi : on ne sçavoit donc
quel party prendre ; cependant tout le
monde étoit sous les armes et les Sauvages
s'avançoient sur les deux aîles des
fuyards pour donner dessus dès que le
jour paroîtroit. Il parut enfin et chacun
se mit à les suivre ; nos Sauvages plus
frais et plus vigoureux qu'eux , les joi
gnirent bientôt.
Les Femmes , les Enfans et les Vicillards
marchoient à la tête , et les Guerriers
fermoient la marche pour les couvrir
; ils furent d'abord rempus et défaits ;
le nombre des morts et des prisonniers ,
s'est trouvé d'environ 300. Guerriers ;
Il n'est point question du nombre des.
Vieillards , des Femmes et des Enfans
qui tous ont été pris. Il ne s'est échapé
au plus que so. ou 6o, hommes qui se
sont sauvés sans Fusils er sans aucuns ustanciles
pour se procurer de quoy vivre.
Les Illinois du Rocher , les Maskoutins
et Quikapons , sont actuellement après
ce petit reste de Fuyards , et les premieres
nouvelles nous apprendront la destruction
totale de cette malheureuse Nation .
M. Perrier , Commandant General de
la Louisianne a beaucoup contribué à
sette Expédition par les bons ordres qu'il
C iiij avoit
1892 MERCURE DE FRANCE
avoit donnés à M. de S. Ange , et par le
soin qu'il avoit eu de lui envoyer environ
100. hommes , quoyqu'il eut alors un extrême
besoin de Troupes dans le bas de
la Colonie pour l'entreprise qu'il projettoit
contre les Matchez.
On donnera la Relation de la défaite de
cette derniere Nation dans le prochain Mer
cure.
Fermer
Résumé : EXTRAIT d'une Lettre contenant une Relation de la défaite des Renards, Nation Sauvage, située au haut du Fleuve Mississipy, par les François de la Loüisiane et du Canada, au mois de Septembre 1730.
En septembre 1730, les Renards, alliés aux Maskoutins et aux Quikapons, combattaient les Français de la Louisiane et du Canada depuis environ dix ans. Ils attaquaient les détachements français et enlevaient des voyageurs. Plusieurs tentatives de destruction des Renards avaient échoué en raison du manque de coordination entre les officiers français et des intérêts divergents. En octobre 1728, des Quikapons et des Maskoutins capturèrent dix-sept Français sur le Mississippi. Le Père Guignas, missionnaire jésuite, convainquit ces tribus de libérer les prisonniers et de demander la paix, conclue au Fort de Chartres en mars 1729. Les Renards, déconcertés, se réfugièrent chez les Iroquois, alliés des Anglais. En juillet 1730, les Illinois signalèrent des attaques des Renards, incitant les Français et leurs alliés à se mobiliser. Le 10 août 1730, une armée française de 500 hommes, incluant des Quikapons, des Maskoutins et des Illinois, se mit en marche. Ils découvrirent le fort des Renards le 17 août et commencèrent à le bloquer. Les Renards tentèrent des sorties infructueuses et demandèrent des négociations, mais les Français refusèrent. Des renforts français et des tribus alliées arrivèrent, révélant que les Sakis soutenaient secrètement les Renards. Une révolte des alliés français fut évitée grâce à M. de Saint-Ange. M. de Noyelle, commandant des Miamis, arriva avec des instructions interdisant tout traité avec les Renards. Un conseil général décida de la perte des Renards, mais les troupes françaises et alliées souffraient de la faim, et 200 Illinois désertèrent. Les troupes françaises construisirent un fort pour couper la communication des Renards avec la rivière. Une tempête permit aux Renards de fuir. Le lendemain, les alliés français les poursuivirent et les battirent, capturant femmes, enfants et vieillards, et faisant environ 300 morts ou prisonniers parmi les guerriers. Les Illinois du Rocher, les Maskoutins et les Quikapons poursuivirent les fuyards restants. M. Perrier, commandant général de la Louisiane, soutint l'expédition en envoyant des renforts à M. de Saint-Ange malgré les besoins de troupes ailleurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7610
p. 268
ENIGME.
Début :
L'Enigme nouvelle que je vous envoye, vient de fort / J'ay la teste pesante & dure, [...]
Mots clefs :
Marteau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
L'Enigme nouvelle que j
vous envoye , vient de for
bon lieu.
ENIGME.
J.Ay la tefte pefance &dure
Je fuis fort peu fubtil ; cependant
l'Univers
Admire avec raifon mes ouvrages
divers ,
Où l' Art furpaffe la Nature ;
Mais s'il n'eft prefque rien dont je
ne vienne à bout ,
Je puis auffi détruire tout.
vous envoye , vient de for
bon lieu.
ENIGME.
J.Ay la tefte pefance &dure
Je fuis fort peu fubtil ; cependant
l'Univers
Admire avec raifon mes ouvrages
divers ,
Où l' Art furpaffe la Nature ;
Mais s'il n'eft prefque rien dont je
ne vienne à bout ,
Je puis auffi détruire tout.
Fermer
7611
p. 210
PAYS-BAS.
Début :
On a appris que le Baron de Domballe, Major Général des [...]
Mots clefs :
Bruxelles, Neuss, Baron de Domballe, Prise d'une ville, Prince de Soubise, Chevalier, Capitaine, Clèves, Commissaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PAYS-BAS.
PATS - BAS.
DE BRUXELLES , le 15 Avril.
On a appris que le Baron de Domballe , Ma
jor Général des troupes de l'Impératrice Reine ,
étoit entré le 6 dans Cleves avec trois batail
lons, Le 8-, un détachement des mêmes troupes
prit poffeffion , au nom de Sa Majefté , des ville
& citadelle de Wefel. Immédiatement après , ce
détachement y fut joint par un détachement d'in.
fanterie Françoife .
ว
DE NEUSS, le 12 Avril
Le Prince de Soubife, fe rendit le. 28 Mars à
Ruremonde , & étant defcendu chez le fieur de
Muller qui y commande , il figna un ordre au
Chevalier de Gibfon, Capitaine dans le Régiment
de Ligne , d'aller , avec cent hommes de ce Régiment
& quatre cens huffards François , occuper
Je Bailliage de Keffel , dans la Gueldre Pruffien
ne. Le 3 Avril , le Prince de Soubife vint établir
ici fon quartier général, Avant de quitter May
feik , il a mandé les Commiffaires du pays de
Cleves , afin de régler avec eux les livraifons des
vivres & des fourrages pour les troupes Francoifes.
Il a recommandé à ces Commiffaires , de
tranquillifer les habitans , & de faire ceifer les
impôts extraordinaires , dont ils ont été chargés
en dernier lieu . Il a affuré les mêmes Commiffaires
, que tous les Magiftrats & Officiers de la
Gueldre Pruffienne , fans diftinction de religion ,
feroient continués dans leurs emplois , en pactant
ferment de fidélité à l'Impératrice Reine.
DE BRUXELLES , le 15 Avril.
On a appris que le Baron de Domballe , Ma
jor Général des troupes de l'Impératrice Reine ,
étoit entré le 6 dans Cleves avec trois batail
lons, Le 8-, un détachement des mêmes troupes
prit poffeffion , au nom de Sa Majefté , des ville
& citadelle de Wefel. Immédiatement après , ce
détachement y fut joint par un détachement d'in.
fanterie Françoife .
ว
DE NEUSS, le 12 Avril
Le Prince de Soubife, fe rendit le. 28 Mars à
Ruremonde , & étant defcendu chez le fieur de
Muller qui y commande , il figna un ordre au
Chevalier de Gibfon, Capitaine dans le Régiment
de Ligne , d'aller , avec cent hommes de ce Régiment
& quatre cens huffards François , occuper
Je Bailliage de Keffel , dans la Gueldre Pruffien
ne. Le 3 Avril , le Prince de Soubife vint établir
ici fon quartier général, Avant de quitter May
feik , il a mandé les Commiffaires du pays de
Cleves , afin de régler avec eux les livraifons des
vivres & des fourrages pour les troupes Francoifes.
Il a recommandé à ces Commiffaires , de
tranquillifer les habitans , & de faire ceifer les
impôts extraordinaires , dont ils ont été chargés
en dernier lieu . Il a affuré les mêmes Commiffaires
, que tous les Magiftrats & Officiers de la
Gueldre Pruffienne , fans diftinction de religion ,
feroient continués dans leurs emplois , en pactant
ferment de fidélité à l'Impératrice Reine.
Fermer
Résumé : PAYS-BAS.
Le Baron de Domballe, Major Général des troupes de l'Impératrice Reine, a pris possession de Cleves le 6 avril avec trois bataillons. Le 8 avril, un détachement de ces troupes a conquis la ville et la citadelle de Wesel au nom de Sa Majesté, rejoint par un détachement d'infanterie française. Parallèlement, le Prince de Soubise s'est rendu à Ruremonde le 28 mars et a ordonné au Chevalier de Gibson de prendre le Bailliage de Kessel en Gueldre prussienne avec cent hommes du Régiment de Ligne et quatre cents hussards français. Le 3 avril, le Prince de Soubise a établi son quartier général à Neuss. Avant de quitter Maaseik, il a convoqué les Commissaires du pays de Cleves pour organiser les livraisons de vivres et de fourrages pour les troupes françaises. Il leur a recommandé de tranquilliser les habitants et de suspendre les impôts extraordinaires. Il a également assuré que tous les magistrats et officiers de la Gueldre prussienne, sans distinction de religion, seraient maintenus dans leurs fonctions en prêtant serment de fidélité à l'Impératrice Reine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7612
s. p.
« L'Air doit regarder la page 244. [...] »
Début :
L'Air doit regarder la page 244. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Air doit regarder la page 244. [...] »
L'Air doit regarder la page 244.
Fermer
7613
p. 50
HOROSCOPE de l'Enfant de M. PHILIDOR.
Début :
LE petit Philidor un jour deviendra grand : [...]
Mots clefs :
Horoscope, Talents, Charmes, Petit, Père, Mère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HOROSCOPE de l'Enfant de M. PHILIDOR.
HOROSCOPE de l'Enfant de M. PHILIDOR.
Le petit Philidor un E jour deviendra grand:
C'eſt dire qu'il aura les talens de ſon Père ;
Et je prédis encor , l'Amour m'en eſt garant ,
Qu'il y joindra les charmes de ſa Mère.
Par M. GuUICHARD .
LE
,
,
E mot de la premiere Enigme du
mois de Mai eſt la Charrue. Celui de la
ſeconde eſt Vinaigre. Celui du premier
Logogryphe eſt Printemps , où l'on
trouve Sem , re , mi , ſi , mître , rit
nitre , mine , ripe , mie , Pin , Pie , Serin
, Pré , Epi , Prét , Prime , Sire
Esprit ,
Le petit Philidor un E jour deviendra grand:
C'eſt dire qu'il aura les talens de ſon Père ;
Et je prédis encor , l'Amour m'en eſt garant ,
Qu'il y joindra les charmes de ſa Mère.
Par M. GuUICHARD .
LE
,
,
E mot de la premiere Enigme du
mois de Mai eſt la Charrue. Celui de la
ſeconde eſt Vinaigre. Celui du premier
Logogryphe eſt Printemps , où l'on
trouve Sem , re , mi , ſi , mître , rit
nitre , mine , ripe , mie , Pin , Pie , Serin
, Pré , Epi , Prét , Prime , Sire
Esprit ,
Fermer
Résumé : HOROSCOPE de l'Enfant de M. PHILIDOR.
Le document contient un horoscope pour l'enfant de M. Philidor, prédisant qu'il héritera des talents de son père et des charmes de sa mère. Il est signé par M. Guillichard. Le texte inclut aussi des solutions à des énigmes et logogriphes pour mai. Les mots des énigmes sont 'Charrue' et 'Vinaigre'. Le logogryphe 'Printemps' contient divers mots comme 'Sem', 're', 'mi', 'si', 'mître', 'rit', 'nitre', 'mine', 'ripe', 'mie', 'Pin', 'Pie', 'Serin', 'Pré', 'Epi', 'Prét', 'Prime', 'Sire' et 'Esprit'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7614
p. 270-271
« Je n'ay plus qu'un mot à dire de luy. Je luy suis [...] »
Début :
Je n'ay plus qu'un mot à dire de luy. Je luy suis [...]
Mots clefs :
Chanson, Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je n'ay plus qu'un mot à dire de luy. Je luy suis [...] »
Je n'ay plus qu'un
mot à dire de luy. Je luy ſuis
redevable du plaiſir que m'a
fait , & me fera long temps
1
GALANT. 271
la lecture de ſon Livre , &
c'eſt au chef- d'oeuvre de ſon
inconnu qu'eſt deuë l'idée de
laChanſonque je vais donner.
J'ay vû de ſi belles bouches
chanter les Chanfons que
j'ay miſes dans mes precedents
Mercures , que j'apporteray
doreſnavant tous mes ſoins à
chercher les plus jolis vers
qu'on puiſſe chanter.
mot à dire de luy. Je luy ſuis
redevable du plaiſir que m'a
fait , & me fera long temps
1
GALANT. 271
la lecture de ſon Livre , &
c'eſt au chef- d'oeuvre de ſon
inconnu qu'eſt deuë l'idée de
laChanſonque je vais donner.
J'ay vû de ſi belles bouches
chanter les Chanfons que
j'ay miſes dans mes precedents
Mercures , que j'apporteray
doreſnavant tous mes ſoins à
chercher les plus jolis vers
qu'on puiſſe chanter.
Fermer
7615
p. 242-243
MARIAGES.
Début :
Le 25. le Roy signa le Contrat de mariage du fils du Duc [...]
Mots clefs :
Mariage, Duc, Contrat de mariage, Procureur général, Nièce
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
E 23. le Roy figna le
LContrat de mariage du
As du Duc de Popoly avec Muc
MERCURE . 243
des
de Bouflers , en préſence de
l'Ambaſſadeur d'Efpagne .
Le 25 S. M. figna pareillement
celui de Mr Paviot , Procureur
General de la Chambre
Comptes & de la Cour des
Aydes deRouen , qui époufe
Mile le Pileur , Niéce de Mr
l'Evêque de Saintes , & petite
Niéce de Mr du Buiffon , cydevant
Intendant des Financés .
Le 16 le Roy fit le même
honneur à Mr le Pelletier ,
Préfident à Mortier , qui époufe
Mile d'Egvilly.
Mr le Marquis de Cormeliere
, fils du Prefident à Mortier
du Parlement de Bretagne,
a épousé Mile de la Tronchet ,
riche héritiere .
E 23. le Roy figna le
LContrat de mariage du
As du Duc de Popoly avec Muc
MERCURE . 243
des
de Bouflers , en préſence de
l'Ambaſſadeur d'Efpagne .
Le 25 S. M. figna pareillement
celui de Mr Paviot , Procureur
General de la Chambre
Comptes & de la Cour des
Aydes deRouen , qui époufe
Mile le Pileur , Niéce de Mr
l'Evêque de Saintes , & petite
Niéce de Mr du Buiffon , cydevant
Intendant des Financés .
Le 16 le Roy fit le même
honneur à Mr le Pelletier ,
Préfident à Mortier , qui époufe
Mile d'Egvilly.
Mr le Marquis de Cormeliere
, fils du Prefident à Mortier
du Parlement de Bretagne,
a épousé Mile de la Tronchet ,
riche héritiere .
Fermer
7616
p. 268-269
Mr le Vasseur Maistre des Comptes obtient l'agrement d'une Charge de Maistre d'Hôtel du Roy, [titre d'après la table]
Début :
Cependant je vous diray que le Roy ayant permis à Mr [...]
Mots clefs :
Mr Maréchal, Chirurgien, Mr le Vasseur, Maître des comptes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mr le Vasseur Maistre des Comptes obtient l'agrement d'une Charge de Maistre d'Hôtel du Roy, [titre d'après la table]
Cependant je vous diray
que le Roy ayant permis à Mr
Maréchal fon premier Chirur
gien de fe démettre de fa
Charge de Maître d'Hôtel
qu'il luy avoit donnée , il s'en
eft deffait en faveur de Mr le
Vaffeur Maistre des Comptes
qui a travaillé pendant trente
ans aux principales Affaires
de la Marine. Sa Majesté a
donnéfon agrément à Mr le
Vaffeur , avec des temoigna
,
GALANT 269
pr
gés de bonté & de fatisfaction
des fervices qu'il luy a rendus
fous les ordres de feu Mr le
Marquis de Seignelay , de Mr.
le Chancellier , & de Mr le
Comte de Pontchatrain
que le Roy ayant permis à Mr
Maréchal fon premier Chirur
gien de fe démettre de fa
Charge de Maître d'Hôtel
qu'il luy avoit donnée , il s'en
eft deffait en faveur de Mr le
Vaffeur Maistre des Comptes
qui a travaillé pendant trente
ans aux principales Affaires
de la Marine. Sa Majesté a
donnéfon agrément à Mr le
Vaffeur , avec des temoigna
,
GALANT 269
pr
gés de bonté & de fatisfaction
des fervices qu'il luy a rendus
fous les ordres de feu Mr le
Marquis de Seignelay , de Mr.
le Chancellier , & de Mr le
Comte de Pontchatrain
Fermer
Résumé : Mr le Vasseur Maistre des Comptes obtient l'agrement d'une Charge de Maistre d'Hôtel du Roy, [titre d'après la table]
Le roi a autorisé Monsieur Maréchal à démissionner de sa charge de Maître d'Hôtel. Monsieur le Vasseur, Maître des Comptes, a été nommé à sa place. Sa Majesté a approuvé cette décision, reconnaissant les trente années de services de Monsieur le Vasseur dans la Marine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7617
p. 264-265
Mr d'Argouges est nommé Conseiller d'Etat ordinaire, à la place de Mr Boucherat. [titre d'après la table]
Début :
Mr d'Argouges Conseiller d'Estat ordinaire, a eu au Conseil [...]
Mots clefs :
Mr d'Argouges, Conseiller d'État, Monsieur Boucherat, Mérite, Reine mère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mr d'Argouges est nommé Conseiller d'Etat ordinaire, à la place de Mr Boucherat. [titre d'après la table]
M' d'Argouges Conſeiller:
d'Eftat ordinaire , a eu au
Confeil Royal la place de
Monfieur Boucherat prefentement
Chancelier de
France. C'eft un Homme
d'un
GALANT 265
:
d'un fort grand merite, dont
je vous ay parlé plufieurs
fois. Il a efté Premier Prefi
dent au Parlement de Bretagne.
La ReineMere le confideroit
beaucoup.
d'Eftat ordinaire , a eu au
Confeil Royal la place de
Monfieur Boucherat prefentement
Chancelier de
France. C'eft un Homme
d'un
GALANT 265
:
d'un fort grand merite, dont
je vous ay parlé plufieurs
fois. Il a efté Premier Prefi
dent au Parlement de Bretagne.
La ReineMere le confideroit
beaucoup.
Fermer
7618
p. 257-258
BOUTS RIMEZ HEROIQUES ET CHAMPESTRES.
Début :
... Lauriers [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUTS RIMEZ HEROIQUES ET CHAMPESTRES.
Boutsrimez
HEROIQYES
ET
CHAMPESTRE S. MG10uuesrreiLteautrrieesrs •Lisette
: Cesars 0 Etendars •Houlette
Folette
intrépidité
immortalité
• ramages BOCARG€SF
HEROIQYES
ET
CHAMPESTRE S. MG10uuesrreiLteautrrieesrs •Lisette
: Cesars 0 Etendars •Houlette
Folette
intrépidité
immortalité
• ramages BOCARG€SF
Fermer
7619
p. 272-273
Explication de la premiere Enigme.
Début :
La Fable qu'Esope conta [...]
Mots clefs :
Fable
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Explication de la premiere Enigme.
Explication de la premiere
Enigme.
La Fable qu'Eſope conta
ADame Aminte la facha
Parce qu'il demasqua fon
vive
La comparant à l'Ecreviffe.
Maintes Amintes aujourd'huy
Semblable aux Damesde
Thrace
Se rueroient fortement fur
luy ,
GALANT
Sans respecter boffe ny
face
Tel ne craint point un fon
femblable
Qui au lieu de comparai
fans
DeSymbololeess&&ddee LLeeççoonnss
Donne à deviner le mot
FableAJ
Enigme.
La Fable qu'Eſope conta
ADame Aminte la facha
Parce qu'il demasqua fon
vive
La comparant à l'Ecreviffe.
Maintes Amintes aujourd'huy
Semblable aux Damesde
Thrace
Se rueroient fortement fur
luy ,
GALANT
Sans respecter boffe ny
face
Tel ne craint point un fon
femblable
Qui au lieu de comparai
fans
DeSymbololeess&&ddee LLeeççoonnss
Donne à deviner le mot
FableAJ
Fermer
7620
p. 266-267
« J'ai lû depuis peu quelques-uns des premiers Mercures [...] »
Début :
J'ai lû depuis peu quelques-uns des premiers Mercures [...]
Mots clefs :
Morts, Mariages, Liaisons, Mercures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « J'ai lû depuis peu quelques-uns des premiers Mercures [...] »
J'ay lu depuis peu quelques..
uns des premiers Mercures
qu'on ait faits, pour y prendre
à proportion de l'obligation
que je veux leur avoir, 1Arc
ddeeppaaffffcerrlléécgyecrfelcmrneennttdd'i'dinneemMa3--
tière à une autre. J'y ay en er-c
set trouvé des raifonnerncnsJi
qui m'ont quelque fois donnée
l'idée dece que je devoisl
dire; mais fauf le repect que
je dois àla memoire du pre
mier Auteur de ce Livre, je
i A" n'ay pas encore pu siaccosi
tumer à le voirpasser, de l'atf
cicle des Mariages à celuy de:
Morts, sans regarder son discours
comme un faut qu'il fait
faire à l'imagination: La
mienne Pest effrayée du péril
où elle se précipitoit immediatement
après avoir lû le plus
agréable chapitre du Mercure,
& ses reflexions faites, elle mà
conseillé pour dédommager
le Lecteur, ennuyéde tant de
billets d'enterrement, de ne
mettre doresnavant l'article
des Mariages qu'à la suite de
l'article des Morts.
uns des premiers Mercures
qu'on ait faits, pour y prendre
à proportion de l'obligation
que je veux leur avoir, 1Arc
ddeeppaaffffcerrlléécgyecrfelcmrneennttdd'i'dinneemMa3--
tière à une autre. J'y ay en er-c
set trouvé des raifonnerncnsJi
qui m'ont quelque fois donnée
l'idée dece que je devoisl
dire; mais fauf le repect que
je dois àla memoire du pre
mier Auteur de ce Livre, je
i A" n'ay pas encore pu siaccosi
tumer à le voirpasser, de l'atf
cicle des Mariages à celuy de:
Morts, sans regarder son discours
comme un faut qu'il fait
faire à l'imagination: La
mienne Pest effrayée du péril
où elle se précipitoit immediatement
après avoir lû le plus
agréable chapitre du Mercure,
& ses reflexions faites, elle mà
conseillé pour dédommager
le Lecteur, ennuyéde tant de
billets d'enterrement, de ne
mettre doresnavant l'article
des Mariages qu'à la suite de
l'article des Morts.
Fermer
Résumé : « J'ai lû depuis peu quelques-uns des premiers Mercures [...] »
L'auteur lit des numéros anciens du Mercure pour s'inspirer. Il trouve des raisonnements utiles mais peine à passer des mariages aux décès. Pour éviter l'ennui, il décide de placer les mariages après les décès afin de dédommager le lecteur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7621
p. 50-51
« LE mot de la premiere Enigme du mois de Mai est la Charrue. Celui de la [...] »
Début :
LE mot de la premiere Enigme du mois de Mai est la Charrue. Celui de la [...]
Mots clefs :
Charrue, Vinaigre, Printemps, Compagnie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LE mot de la premiere Enigme du mois de Mai est la Charrue. Celui de la [...] »
LE
,
,
E mot de la premiere Enigme du
mois de Mai eſt la Charrue. Celui de la
ſeconde eſt Vinaigre. Celui du premier
Logogryphe eſt Printemps , où l'on
trouve Sem , re , mi , ſi , mître , rit
nitre , mine , ripe , mie , Pin , Pie , Serin
, Pré , Epi , Prét , Prime , Sire
Esprit , ire , ris , mer , Pite , Temps ,
Emir , Reims , Nimes , Pife , Ipres
& Spire , Pifte , tiers ou troifiéme partie
d'un tout , rime , tri , mien , tien &
fien ; pinte ; ſept ; tenir , mentir , fentir
&miner. Celui du ſecond Logogryphe
eſt Compagnie. On y trouve Api ( pomme
) Ange , Ami , Noce , Ame , Aime ,
Main , Cain , Pan , Ane , Pacome ,
JUIN. 1763 . 51
Ignace , Jean , Mácon , Caën , Gap ,
Agen , Mai , Camp , Pie , Geai , Oie ,
Cane , Pigeon , Paon , Cigne , Japon ,
Païen , Game , Po , Aï , Pic , Amen.
,
,
E mot de la premiere Enigme du
mois de Mai eſt la Charrue. Celui de la
ſeconde eſt Vinaigre. Celui du premier
Logogryphe eſt Printemps , où l'on
trouve Sem , re , mi , ſi , mître , rit
nitre , mine , ripe , mie , Pin , Pie , Serin
, Pré , Epi , Prét , Prime , Sire
Esprit , ire , ris , mer , Pite , Temps ,
Emir , Reims , Nimes , Pife , Ipres
& Spire , Pifte , tiers ou troifiéme partie
d'un tout , rime , tri , mien , tien &
fien ; pinte ; ſept ; tenir , mentir , fentir
&miner. Celui du ſecond Logogryphe
eſt Compagnie. On y trouve Api ( pomme
) Ange , Ami , Noce , Ame , Aime ,
Main , Cain , Pan , Ane , Pacome ,
JUIN. 1763 . 51
Ignace , Jean , Mácon , Caën , Gap ,
Agen , Mai , Camp , Pie , Geai , Oie ,
Cane , Pigeon , Paon , Cigne , Japon ,
Païen , Game , Po , Aï , Pic , Amen.
Fermer
Résumé : « LE mot de la premiere Enigme du mois de Mai est la Charrue. Celui de la [...] »
En mai 1763, les énigmes proposent les mots 'Charrue' et 'Vinaigre'. Le logogryphe est 'Printemps', incluant des termes comme 'Sem', 're', 'mi', 'si', 'mître', 'rit', 'nitre', 'mine', 'ripe', 'mie', 'Pin', 'Pie', 'Serin', 'Pré', 'Epi', 'Prét', 'Prime', 'Sire', 'Esprit', 'ire', 'ris', 'mer', 'Pite', 'Temps', 'Emir', 'Reims', 'Nîmes', 'Pife', 'Ipres', 'Spire', 'Pifte', 'tiers', 'rime', 'tri', 'mien', 'tien', 'fien', 'pinte', 'sept', 'tenir', 'mentir', 'sentir' et 'miner'. En juin 1763, le logogryphe est 'Compagnie', avec des mots tels que 'Api', 'Ange', 'Ami', 'Noce', 'Âme', 'Aime', 'Main', 'Caïn', 'Pan', 'Âne', 'Pacôme', 'Ignace', 'Jean', 'Mâcon', 'Caën', 'Gap', 'Agen', 'Mai', 'Camp', 'Pie', 'Geai', 'Oie', 'Cane', 'Pigeon', 'Paon', 'Cygne', 'Japon', 'Païen', 'Game', 'Po', 'Aï', 'Pic' et 'Amen'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7622
p. 2140-2142
PALINODIE. Jamjam efficaci do manus scientia.
Début :
Oui, je crois à la Médecine, [...]
Mots clefs :
Médecine, Efficacité, Chimie, Infirmité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PALINODIE. Jamjam efficaci do manus scientia.
PALINO DIE.
Jamjam efficaci do manus scientia.
OUi , je crois à la Médecine ,
Et j'en sens l'efficacité ,
Depuis que la malignité
D'une humeur traîtresse ,
Une exhalaison du Lethé ,
assassine
Chez moi , glissée à la sourdine ,
Ayant tout d'un coup affecté ,
Tout un côté de ma Machine ;
Par Arrest de la Faculté.
Là cruelle enfin m'a quitté.
Contre ingrédiens de Chimie ,
Je chante la Palinodie ;
Et chez lui s'il fut ironie
Qu'il soit icy sincerité ,
Pour l'ami que je remercie.
Une affreuse Paralysic ,
Avoit subitement gâté ,
Le Siége de ma Poësie;
Mon œil de sa place écarté ,
Ma
OCTOBRE.
1732. 2148
Majoue horriblement bouffie;
Tournant ma bouche de côté,
D'une étrange difformité ,
Couvroient ma Phisionomie.
Un Rhumatisme aux reins planté ,
Et la Goutte , sa bonne amie ,
Travailloient en société ,
A borner le cours de ma vie.
Si près de ma caducité ,
Leur tâche étoit presque finic.
Par ce Livre bien inventé ,
Pour la publique utilité ,
Je veux que tout le monde sçache ,
Que de ces trois maux tourmenté ,
Je dois au celebre Vinache ,
Le doux retour de ma santé.
Qu'à ce fait plein de vérité ,
Ces petits Vers servent d'attache ,
C'est tout ce qui m'en a couté ;
Pour si peu , m'étant acquitté
A Dieu ne plaise que je cache
Ce trait de générosité,
Ni cet effet d'habileté.
Bien , est-il vrai qu'il m'est resté,
Quelque obstruction dans la veine ;
2142 MERCURE DE FRANCE
Ces Vers-cy ne sortent qu'à peine;
D'un Chef encor débilité ,
Mais à qui faut-il qu'on s'en prenne ?
Guérir de toute infirmité ,
Un Buveur des Eaux d'Hyppocrene
Lui rendre la tête bien saine ,
Quine l'a jamais trop été ,
Surpasse la science humaine;
C'est une impossibilité ;
Et c'est ce qu'il n'a pas tenté ,
Son entreprise eut été vaine.
6.
AUTREAU.
Jamjam efficaci do manus scientia.
OUi , je crois à la Médecine ,
Et j'en sens l'efficacité ,
Depuis que la malignité
D'une humeur traîtresse ,
Une exhalaison du Lethé ,
assassine
Chez moi , glissée à la sourdine ,
Ayant tout d'un coup affecté ,
Tout un côté de ma Machine ;
Par Arrest de la Faculté.
Là cruelle enfin m'a quitté.
Contre ingrédiens de Chimie ,
Je chante la Palinodie ;
Et chez lui s'il fut ironie
Qu'il soit icy sincerité ,
Pour l'ami que je remercie.
Une affreuse Paralysic ,
Avoit subitement gâté ,
Le Siége de ma Poësie;
Mon œil de sa place écarté ,
Ma
OCTOBRE.
1732. 2148
Majoue horriblement bouffie;
Tournant ma bouche de côté,
D'une étrange difformité ,
Couvroient ma Phisionomie.
Un Rhumatisme aux reins planté ,
Et la Goutte , sa bonne amie ,
Travailloient en société ,
A borner le cours de ma vie.
Si près de ma caducité ,
Leur tâche étoit presque finic.
Par ce Livre bien inventé ,
Pour la publique utilité ,
Je veux que tout le monde sçache ,
Que de ces trois maux tourmenté ,
Je dois au celebre Vinache ,
Le doux retour de ma santé.
Qu'à ce fait plein de vérité ,
Ces petits Vers servent d'attache ,
C'est tout ce qui m'en a couté ;
Pour si peu , m'étant acquitté
A Dieu ne plaise que je cache
Ce trait de générosité,
Ni cet effet d'habileté.
Bien , est-il vrai qu'il m'est resté,
Quelque obstruction dans la veine ;
2142 MERCURE DE FRANCE
Ces Vers-cy ne sortent qu'à peine;
D'un Chef encor débilité ,
Mais à qui faut-il qu'on s'en prenne ?
Guérir de toute infirmité ,
Un Buveur des Eaux d'Hyppocrene
Lui rendre la tête bien saine ,
Quine l'a jamais trop été ,
Surpasse la science humaine;
C'est une impossibilité ;
Et c'est ce qu'il n'a pas tenté ,
Son entreprise eut été vaine.
6.
AUTREAU.
Fermer
Résumé : PALINODIE. Jamjam efficaci do manus scientia.
Le texte décrit la guérison de l'auteur après avoir souffert de divers maux. Une humeur maligne avait paralysé un côté de son corps, affectant sa capacité à écrire de la poésie. En octobre 1732, il était également atteint d'une mâchoire bouffie, d'un rhumatisme aux reins et de la goutte, maladies qui semblaient le conduire vers la mort. Grâce à un livre inventé par le célèbre Vinache, l'auteur a recouvré la santé. Il exprime sa gratitude envers Vinache, bien qu'il lui reste quelques obstructions dans la veine. Il reconnaît que guérir complètement de toutes infirmités est une tâche impossible, même pour un buveur des eaux d'Hippocrate. Le texte se conclut par une reconnaissance de la générosité et de l'habileté de Vinache.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7623
p. 293-295
Autre Avis Litteraire.
Début :
On vend chez le Sieur Ribou, dont l'adresse est à la tête [...]
Mots clefs :
Livre nouveau, Mercure galant, Auteur du Mercure galant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre Avis Litteraire.
Autre Avis Littéraire.
On vend chez le Sieur Hibou,
dont l'adresse est à la tête
du Mercure
,
les Oeuvres de
Quinault
9
nouvellement imprimées
en six volumes in
douze.
Les Avantures de Gil-blas
de Santillanc
,
Livre nouveau
de M le Sage, se vendent au
même endroit.
Le Journal Historique du
Voyage & des Avantures de
MehemetRizaBeg
,
Ambassadeur
du Roy de Perse en
France,se vend chez D. Jollet,&
J. Lamesse ,au bout du
Pont S. Michel
,
du costé du
Marché neuf, au Livre Royal.
Ilest de lacomposition de
l'Auteur du Mercure Galant,
qui vous prie, Messieurs
,
de
ne le pas chicanner pour avoir
racourcy ce mois-cy son Mercure
,
qui auroit eu le nombre
de ses feüilles à l'ordinaire, si
deux bonnes rai sons ne s'étoient
pas opposées à ses intentions.
C'est premierement
la faute du mois qui en de deux
& trois jours plus court que
ses camarades. En second heu
il vous donne pour vous dedommager
de cette legerediminutioon
r>
,
deux Volumes au
lieu d'un. De quoypourtiezvous
vous plaindre.
On vend chez le Sieur Hibou,
dont l'adresse est à la tête
du Mercure
,
les Oeuvres de
Quinault
9
nouvellement imprimées
en six volumes in
douze.
Les Avantures de Gil-blas
de Santillanc
,
Livre nouveau
de M le Sage, se vendent au
même endroit.
Le Journal Historique du
Voyage & des Avantures de
MehemetRizaBeg
,
Ambassadeur
du Roy de Perse en
France,se vend chez D. Jollet,&
J. Lamesse ,au bout du
Pont S. Michel
,
du costé du
Marché neuf, au Livre Royal.
Ilest de lacomposition de
l'Auteur du Mercure Galant,
qui vous prie, Messieurs
,
de
ne le pas chicanner pour avoir
racourcy ce mois-cy son Mercure
,
qui auroit eu le nombre
de ses feüilles à l'ordinaire, si
deux bonnes rai sons ne s'étoient
pas opposées à ses intentions.
C'est premierement
la faute du mois qui en de deux
& trois jours plus court que
ses camarades. En second heu
il vous donne pour vous dedommager
de cette legerediminutioon
r>
,
deux Volumes au
lieu d'un. De quoypourtiezvous
vous plaindre.
Fermer
7624
p. 268-270
ENIGME Du Solitaire malgré lui de l'Isle Saint Loüis.
Début :
Mere des ris & des disputes, [...]
Mots clefs :
Bouteille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME Du Solitaire malgré lui de l'Isle Saint Loüis.
ENIGME
Du Solitaire malgré lui de l'Ifle
Saint Loüis .
Mere des ris & des disputes.
Rien ne peut reſiſter à mon vaste
pouapin, were
Quelquefois je fais naître aux
છ ૪
GALANT . 169
Shirt malheureux l'espoir
Deſe relever de leurs chutes.b
F'inſpire auxplus grofſfiersfonvent
de l'éloquence ,
Sans user de contrainte avec le
Duck plus difcret ,
Je lui ſçais arracher doucement
fonfecret,
Et donne au plus timide unepleine
asurance. lo247
En un mot j'ai de fi grands
charmes,
Que le petic couvre le grand
L'ignorant comme lesçavant ,
Merendent presque tous les armes.
Ziij
270 MERCURE
Mais ce n'estque dans magroffeffe
Que l'on fait de moi tant de cas ;
Cardés que monfruit estabas ,
Telqui m'avoit aimé me mépriſe
me laiße.
Du Solitaire malgré lui de l'Ifle
Saint Loüis .
Mere des ris & des disputes.
Rien ne peut reſiſter à mon vaste
pouapin, were
Quelquefois je fais naître aux
છ ૪
GALANT . 169
Shirt malheureux l'espoir
Deſe relever de leurs chutes.b
F'inſpire auxplus grofſfiersfonvent
de l'éloquence ,
Sans user de contrainte avec le
Duck plus difcret ,
Je lui ſçais arracher doucement
fonfecret,
Et donne au plus timide unepleine
asurance. lo247
En un mot j'ai de fi grands
charmes,
Que le petic couvre le grand
L'ignorant comme lesçavant ,
Merendent presque tous les armes.
Ziij
270 MERCURE
Mais ce n'estque dans magroffeffe
Que l'on fait de moi tant de cas ;
Cardés que monfruit estabas ,
Telqui m'avoit aimé me mépriſe
me laiße.
Fermer
7625
p. 269-272
Au Camp devant Fribourg, ce 19. Octobre.
Début :
La perte des ennemis à l'attaque du chemin couvert & [...]
Mots clefs :
Fribourg, Suspension d'armes, Canon, Mortiers, Défense, Barcelone
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Au Camp devant Fribourg, ce 19. Octobre.
Au Camp denjant Fiibouwa**
ce ip.Octobre.
La perte des ennemis à
l'attaque du chemin couvert
& de la lunette se monte à
plus de deux mille hommes
& la nostre à 1800 Il y a
eu une Suspension d'Armes
de part& d'autre pour retirer
les morts & les blessez,
qui a duré depuis neufheures
jusqu'à une heureaprès midy.
Nous avons actuellement
trente-six pieces de Canon
& vingt huit Mortiers sur le
,
chemin couvert. Nous esperons
entrer Samedy ou Dimanche
dans la Place, malgré
la grande defense des
Assiegez qui se descendent
toujours avec vigueur.
L'attaque du Chaiteau
n'avance pas comme nous le
souhaitons. Le Maréchal de
Villars a résolu de faire attaquer
la redoute de l'Escarg
Je2.l Mrle Duc doitmonrer
la tranchée le10.comme
dernier Maréchal de Camp.
Le Prince Eugene est
toujours campé à Rotteville
pour empêcher les contributions
& les courses de nos
partis.
On mande du Camp de.
vant Barcelone que toute la
Catalogne est soumise hors
le Chasteau de Cardonne
que l'onassure ne pouvoir
pas soûtenir long temps.
Monsieur de Vauvray
Intendant de Toulon, , mande
que l'on a eu nouvelle
que Nebot s'éroit retiré, lui
huitième dans Barcelone,
toutes les troupes estant dis.
per fées.
ce ip.Octobre.
La perte des ennemis à
l'attaque du chemin couvert
& de la lunette se monte à
plus de deux mille hommes
& la nostre à 1800 Il y a
eu une Suspension d'Armes
de part& d'autre pour retirer
les morts & les blessez,
qui a duré depuis neufheures
jusqu'à une heureaprès midy.
Nous avons actuellement
trente-six pieces de Canon
& vingt huit Mortiers sur le
,
chemin couvert. Nous esperons
entrer Samedy ou Dimanche
dans la Place, malgré
la grande defense des
Assiegez qui se descendent
toujours avec vigueur.
L'attaque du Chaiteau
n'avance pas comme nous le
souhaitons. Le Maréchal de
Villars a résolu de faire attaquer
la redoute de l'Escarg
Je2.l Mrle Duc doitmonrer
la tranchée le10.comme
dernier Maréchal de Camp.
Le Prince Eugene est
toujours campé à Rotteville
pour empêcher les contributions
& les courses de nos
partis.
On mande du Camp de.
vant Barcelone que toute la
Catalogne est soumise hors
le Chasteau de Cardonne
que l'onassure ne pouvoir
pas soûtenir long temps.
Monsieur de Vauvray
Intendant de Toulon, , mande
que l'on a eu nouvelle
que Nebot s'éroit retiré, lui
huitième dans Barcelone,
toutes les troupes estant dis.
per fées.
Fermer
Résumé : Au Camp devant Fribourg, ce 19. Octobre.
Le document décrit des événements militaires et des mouvements de troupes. Lors d'une récente attaque, les pertes ennemies dépassent deux mille hommes, tandis que les pertes propres s'élèvent à 1800 hommes. Une suspension d'armes a été observée de 9 heures à 13 heures pour récupérer les morts et les blessés. Les forces disposent actuellement de trente-six pièces de canon et vingt-huit mortiers sur le chemin couvert. Une entrée dans la place assiégée est prévue pour le samedi ou le dimanche, malgré la résistance des assiégés. L'attaque du château progresse moins bien que prévu. Le maréchal de Villars a décidé d'attaquer la redoute de l'Escargot. Le duc doit inspecter la tranchée le 10 octobre en tant que dernier maréchal de camp. Le prince Eugène est stationné à Rotteville pour empêcher les incursions ennemies. Devant Barcelone, toute la Catalogne est soumise, sauf le château de Cardonne, jugé incapable de résister longtemps. Monsieur de Vauvray, intendant de Toulon, rapporte que Nebot s'est retiré à Barcelone, toutes les troupes étant dispersées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7626
p. 246-249
HERO. CANTATE.
Début :
Près des Murs de Sestos, sur cette antique Rive, [...]
Mots clefs :
Fureur, Amant, Héro, Amour, Amante, Mer
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HERO. CANTATE.
HER Q
CANTAT E.
PRès des Murs de Sestos , sur cette antique
Rive ,
Que l'Hellespont blanchit de ses Flots écumeux
;*
Héro pâle , tremblante , et d'une voix plaine
tive ,
Déploroit d'un Amant le destin malheureux .
La nuit d'un sombre voile avoit couvert les
Ondes ;
Tous les Vents , échappez de leurs Grottes profondes
;
Sur l'humide Element exerçoient leur fureur ;
Quand cette triste Amante , en faveur de Léandre
,
Au Dieu de la mer fit entendre
Ces lugubres Accens que dictoit sa douleur.
Grand Dieu , si jadis dans ton ame ,
L'amour
FEVRIER:
247
1733-
L'amour alluma ses beaux feux ,
D'un Amant tendre et genereux ,
Seconde l'innocenté flame.
Des Aquilons impétueux
Retiens les bruyantes Haleines ;
Ne permets qu'aux Zéphirs heureux
D'agiter les humides Plaines.
VE
Tandis qu'aux noirs chagrins Héro livre son
coeur ,
Des fiers Enfans de l'Air la Cohorte insolente ,
Jusqu'au Sable profond va porter la terreur ,
Er du centre entr'ouvert de l'Onde turbulente
Eleve jusqu'aux Cieux la vague menaçante.
D'une effroyable nuit l'éclair perce l'horreur ;
L'affreux Tonnere gronde en une épaisse nuë ,
Le Rivage en fremit , la Terre en ést émuë ,
Les Tritons , sous les Eaux vont cacher leur
frayeur.
>
En vain , d'une intrépide ardeur ,
L'audacieux Léandre affronte la Tempête ;
Des Montagnes de Flots, s'écroulent sur sa tête ;
Il périt , et bien- tôt sensible à son malheur ,
Son Amante en ces mots , exhale sa fureur.
D'une agréable chaîne ,
Cij
Au
$48 MERCURE DE FRANCE
Au mépris de mes voeux ,
Ta fureur inhumaine
Vient de rompre les noeuds,
Divinité cruelle ,
Qu'une Amante fidele
De ta haine immortelle ,
Ressente tous les coups.
Tonne , frappe, Barbare ,
Contente ton courroux :
Quand on s'aime , il est doux
De s'unir au Tenare.
Déja le Dieu des Eaux , d'un coup de son Tris
dent ,
Avoit appaisé les orages ;
Dans les Antres profonds le Soleil en naissant,
Avoit précipité tous les sombres nuages ;
Lorsque sur les humides plages ,
Héro porta soudain ses regards amoureux .
Mais quel objet, Cieux ! quel Spectacle affreux
!
Quelle fureur ! quelle nouvelle rage !
Quand sur ce tragique Rivage
Elle apperçoit le corps d'un Amant malheureux.
Elle tremble , fremit , recule , arrête , avance ;
Dieux ennemis , Auteurs de mon tourment
Une victime encor manque à votre vengeance &
Elle
FEVRIER. 1733 . 249
Elle dit , et ses yeux fixez sur son Amant ,
Se jette dans la Mer pour le joindre en mourang
落
Amants intrépides ,
Ennemis du jour`,
Craignez de l'Amour ,
Les traits homicides.
Ses charmes trompeurs ,
Cachent ses rigueurs ,
A ceux qu'il engage ;
Les chagrins , les pleurs ,
Sont des tendres coeurs ,
Le triste partage.
M. HUART , Professeur à Senlisa
CANTAT E.
PRès des Murs de Sestos , sur cette antique
Rive ,
Que l'Hellespont blanchit de ses Flots écumeux
;*
Héro pâle , tremblante , et d'une voix plaine
tive ,
Déploroit d'un Amant le destin malheureux .
La nuit d'un sombre voile avoit couvert les
Ondes ;
Tous les Vents , échappez de leurs Grottes profondes
;
Sur l'humide Element exerçoient leur fureur ;
Quand cette triste Amante , en faveur de Léandre
,
Au Dieu de la mer fit entendre
Ces lugubres Accens que dictoit sa douleur.
Grand Dieu , si jadis dans ton ame ,
L'amour
FEVRIER:
247
1733-
L'amour alluma ses beaux feux ,
D'un Amant tendre et genereux ,
Seconde l'innocenté flame.
Des Aquilons impétueux
Retiens les bruyantes Haleines ;
Ne permets qu'aux Zéphirs heureux
D'agiter les humides Plaines.
VE
Tandis qu'aux noirs chagrins Héro livre son
coeur ,
Des fiers Enfans de l'Air la Cohorte insolente ,
Jusqu'au Sable profond va porter la terreur ,
Er du centre entr'ouvert de l'Onde turbulente
Eleve jusqu'aux Cieux la vague menaçante.
D'une effroyable nuit l'éclair perce l'horreur ;
L'affreux Tonnere gronde en une épaisse nuë ,
Le Rivage en fremit , la Terre en ést émuë ,
Les Tritons , sous les Eaux vont cacher leur
frayeur.
>
En vain , d'une intrépide ardeur ,
L'audacieux Léandre affronte la Tempête ;
Des Montagnes de Flots, s'écroulent sur sa tête ;
Il périt , et bien- tôt sensible à son malheur ,
Son Amante en ces mots , exhale sa fureur.
D'une agréable chaîne ,
Cij
Au
$48 MERCURE DE FRANCE
Au mépris de mes voeux ,
Ta fureur inhumaine
Vient de rompre les noeuds,
Divinité cruelle ,
Qu'une Amante fidele
De ta haine immortelle ,
Ressente tous les coups.
Tonne , frappe, Barbare ,
Contente ton courroux :
Quand on s'aime , il est doux
De s'unir au Tenare.
Déja le Dieu des Eaux , d'un coup de son Tris
dent ,
Avoit appaisé les orages ;
Dans les Antres profonds le Soleil en naissant,
Avoit précipité tous les sombres nuages ;
Lorsque sur les humides plages ,
Héro porta soudain ses regards amoureux .
Mais quel objet, Cieux ! quel Spectacle affreux
!
Quelle fureur ! quelle nouvelle rage !
Quand sur ce tragique Rivage
Elle apperçoit le corps d'un Amant malheureux.
Elle tremble , fremit , recule , arrête , avance ;
Dieux ennemis , Auteurs de mon tourment
Une victime encor manque à votre vengeance &
Elle
FEVRIER. 1733 . 249
Elle dit , et ses yeux fixez sur son Amant ,
Se jette dans la Mer pour le joindre en mourang
落
Amants intrépides ,
Ennemis du jour`,
Craignez de l'Amour ,
Les traits homicides.
Ses charmes trompeurs ,
Cachent ses rigueurs ,
A ceux qu'il engage ;
Les chagrins , les pleurs ,
Sont des tendres coeurs ,
Le triste partage.
M. HUART , Professeur à Senlisa
Fermer
Résumé : HERO. CANTATE.
Le texte narre la tragédie d'Héro et Léandre. Héro, près des murs de Sestos sur la rive de l'Hellespont, déplore le destin malheureux de son amant Léandre. Une nuit orageuse, marquée par des vents furieux et des vagues menaçantes, menace Léandre qui tente de traverser l'Hellespont pour la rejoindre. Héro prie le dieu de la mer de protéger Léandre, mais en vain. Léandre périt sous les flots déchaînés. Désespérée, Héro exprime sa douleur et sa colère contre la cruauté divine. Après l'accalmie, Héro découvre le corps de Léandre sur le rivage et, accablée par le chagrin, se jette à la mer pour le rejoindre dans la mort. Le texte se conclut par une mise en garde sur les dangers de l'amour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7627
p. 269-272
ARTICLE Ajoûté au Traité de Suspension d'Armes entre la France & l'Angleterre.
Début :
Comme il est porté par l'Article III. du Traité [...]
Mots clefs :
Article, Traite, Suspension d'armes, Mer
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE Ajoûté au Traité de Suspension d'Armes entre la France & l'Angleterre.
ARTICLE
Ajoûté ¿/. A..*au T:.raité de-, s, Sufpen- si.
sion d'Armes entre la France O* l'Angleterre.
Comme il estporté
par l'ArticleIII. du
Traité de Suspension d'Armes, que les Vaisseaux,Marchandises, ou autres effets
qui feroient pris de part &
d'autre par Mer au-delà de
la Ligne, & dans tous les
autres endroits du monde,
&c.suivant la derniere clause
dudit Article, a
prés l'expiration de six mois, seront
reciproquement restituez.
Pour prévenir tout équivoque & tout embarras qui
pourroient naistre, & toutes les difficultez qu'on pourroit former sur le fondement que la Suspensionn'étant que de quatre mois,
les Prises qui seront faites
dans lesdits endroits au bout
de sixmois, feront bonnes:
Il a
été convenu quesi malheureusement, ce qu'à Dieu
,
ne plaise, la Guerre rccoramençoit encore entre leurs
Majestez Tres
-
Chrétienne
& Britannique
,
la même
Suspension de quatre mois
fera observée au-delà de la
Ligne,&danslesautres
en- ',Ligne
,
& dans les autres cndroits marquez en gcneral
par la derniere claufc de
rArticle111. en forte que
ladite Suspensioncommencera dans ces mêmes endroits le vingt deux Février
1713. pour estre observée
jusques au vingt-deux Juin
de la même année 1713.
quoiqu'il arrive en Europe,
& les Ratifications de ce pre-l
sent Article seront échan-J
gées de part & d'autre dans:
le terme de quinze jours
ou ptûtôt s'il ca pofliblc.!
Fait à
-
Fontainebleau le
vingt quatre Aoust milfcpt
cens douze.
( L. S.)COLBERT DE
TORCY.
(L.S.) BOLINGBROKE
Ajoûté ¿/. A..*au T:.raité de-, s, Sufpen- si.
sion d'Armes entre la France O* l'Angleterre.
Comme il estporté
par l'ArticleIII. du
Traité de Suspension d'Armes, que les Vaisseaux,Marchandises, ou autres effets
qui feroient pris de part &
d'autre par Mer au-delà de
la Ligne, & dans tous les
autres endroits du monde,
&c.suivant la derniere clause
dudit Article, a
prés l'expiration de six mois, seront
reciproquement restituez.
Pour prévenir tout équivoque & tout embarras qui
pourroient naistre, & toutes les difficultez qu'on pourroit former sur le fondement que la Suspensionn'étant que de quatre mois,
les Prises qui seront faites
dans lesdits endroits au bout
de sixmois, feront bonnes:
Il a
été convenu quesi malheureusement, ce qu'à Dieu
,
ne plaise, la Guerre rccoramençoit encore entre leurs
Majestez Tres
-
Chrétienne
& Britannique
,
la même
Suspension de quatre mois
fera observée au-delà de la
Ligne,&danslesautres
en- ',Ligne
,
& dans les autres cndroits marquez en gcneral
par la derniere claufc de
rArticle111. en forte que
ladite Suspensioncommencera dans ces mêmes endroits le vingt deux Février
1713. pour estre observée
jusques au vingt-deux Juin
de la même année 1713.
quoiqu'il arrive en Europe,
& les Ratifications de ce pre-l
sent Article seront échan-J
gées de part & d'autre dans:
le terme de quinze jours
ou ptûtôt s'il ca pofliblc.!
Fait à
-
Fontainebleau le
vingt quatre Aoust milfcpt
cens douze.
( L. S.)COLBERT DE
TORCY.
(L.S.) BOLINGBROKE
Fermer
Résumé : ARTICLE Ajoûté au Traité de Suspension d'Armes entre la France & l'Angleterre.
Le document décrit un article ajouté au Traité de Suspension d'Armes entre la France et l'Angleterre. Selon l'Article III, les vaisseaux, marchandises ou autres effets capturés en mer au-delà de la Ligne et dans d'autres endroits du monde doivent être restitués réciproquement après six mois. Pour éviter toute confusion, il est convenu que si la guerre reprenait, une suspension de quatre mois serait observée dans ces mêmes endroits, commençant le 22 février 1713 et se terminant le 22 juin 1713. Les ratifications de cet article doivent être échangées dans un délai de quinze jours ou plus tôt si possible. Le document est signé à Fontainebleau le 24 août 1712 par Colbert de Torcy et Bolingbroke.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7628
p. 48-52
A Paris, le 16. Juillet 1717. REPONSE A LA LETTRE PRECEDENTE.
Début :
Nous avons par dévers nous, Monsieur, tant de marques redoublées [...]
Mots clefs :
Souvenir, Agrément, Plaisirs, Mérite, Attraits, Lois, Prudence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Paris, le 16. Juillet 1717. REPONSE A LA LETTRE PRECEDENTE.
A Paris , le 16. Juillet 1717.
REPONSE A LA LETTRE
PRECEDENTE .
Ous avons par dévers nous
doublées de vôtre ſouvenir ,que nous
commençons M² T. & moi , à devenir
tout- à-fait honteux, de n'y avoir point
encore répondu. Par rapport à ce qui
me regarde , je vous avouerai naturellement
, que dans l'envie de vous envoyer
quelque choſe qui ne fût pas
abſolument indigne , de tout ce que
vous nous avez écrit de charmant
j'attendois de jour à autre, quelque moment
d'inſpiration ; car je tiens que les
Vers doivent être inſpirez ; mais
comme
D'AQUST .
49
1
comme ce moment ne vient point ,
&que ma dette court toujours , j'aime
encore mieux l'acquitter mal , que
de ne le point faire du tout ; ainſi MTSτ
Tenés-vous pourdit par avance ,
Que je n'espére nullement ,
Atteindre à cette aimable aisance
Qui de vos Vers fait l'agrément :
Sans prétendre avec vous la moindre
Concurrence,
Je rime par reconnoissance ,
Et pour m'acquitterſeulement.
Vous vous faites , Mr, une idée trop
avantageuſe de nos plaiſirs : Ils ne
font pas à beaucoup près , ni ſi vifs,
ni ſi fréquens que vous les imaginés ;
mais vous avés ſongé à nous faire honneur
; il eſt juſte de vous tenir com
pre de vos Intentions.
Vous faites nôtre Lot partrop friand,
Beau Sire ,
Les Climénes enfont aussi :
Ce Point tout seul mérite un grandmercy
:
Mais quoy ! Venons aufait : Helas !
s'il faut le dire ,
1
Aoust 1717. E
50
LE MERCURE
Les Nôtres font à juſte prix ,
Et ne font pas de ces Climénes
Servans tout à la fois & Minerve &
Cypris
Telles qu'on les trouvoit au tems des la
Fontaines
Aimans fans interêt , Meſſieurs les
Beaux esprits ;
Et qui se contentoient du produit des
Domaines
Qu'au Farnaſſe ils avoient acquis .
On ne voit plus de ces Climénes;
La Race en est perdue : Il eſt , me dirés-
Vons ,
..... Il est pourtant une Uranie
D'acord: Qui leſçait mieux que nous?
Dans l'Empire d'Amour,Sa gloire eft
établie,
Comme dans celui d'Apollon ;
Mais ,fi l'un de ces Dieux est reçû chez,
la Belle ,
Qui vous dit que pour l'autre , il y
faffe aussi bon ?
Entre nous l'Amour se plaint
d'Elle
Il dit qu'elle lui prend ſes Charmes,
Ses Attraits ,
Et toujours à crédit ,ſans le payer ja
mais.
D'AOUS T. 53
J'oſe,comme vous voyés,loüer vôtre
Uranie , fans penſer que vous devés
avoir acquis un privilége exclufif
de la loüer,par la manière dont vous
l'avés fait juſqu'ici : C'eſt là un ſujet
tel qu'il vous le faut,au lieu de vous
amuſer à nous donner place dans vos
Vers...
Quand est de nôtre cher Voisin :
Depuis peu l'Ame de Chapelle
En guisedeDémon,a coulédansſonſein:
Bácus & Citherée y logent avec elle,
Et dés que fa Verve est entrain ,
De Rimes une Kirielle ,
Sansse faire chercher , ſe trouve ſous
Samain. ;
Je laiſſe à M.... le ſoin de vous entretenir
des Nouveautés de ce Païs- ci.
Ma Lettre ſe fait plus longue que de
raiſon ; il faut ymettre ordre. Un autrejour
je me hazarderai , ſi vous le
voulés , à vous mander auſſi des Nouvelles
, & de toutes les fortes.
:
Nous parlerons & des Dieux & des
Rois,
Sans déroger aux fages Loix ,
Qui fur ces grands Sujets nous impoо..
Sent filence
Eij
52 LE MERCURE
Car,fi dans nos difcours nous les mélons
par fois ,
Nous le ferons avec tant de prudence,
Que nous n'offenferons , ni les Dieux
ni les Rois.
REPONSE A LA LETTRE
PRECEDENTE .
Ous avons par dévers nous
doublées de vôtre ſouvenir ,que nous
commençons M² T. & moi , à devenir
tout- à-fait honteux, de n'y avoir point
encore répondu. Par rapport à ce qui
me regarde , je vous avouerai naturellement
, que dans l'envie de vous envoyer
quelque choſe qui ne fût pas
abſolument indigne , de tout ce que
vous nous avez écrit de charmant
j'attendois de jour à autre, quelque moment
d'inſpiration ; car je tiens que les
Vers doivent être inſpirez ; mais
comme
D'AQUST .
49
1
comme ce moment ne vient point ,
&que ma dette court toujours , j'aime
encore mieux l'acquitter mal , que
de ne le point faire du tout ; ainſi MTSτ
Tenés-vous pourdit par avance ,
Que je n'espére nullement ,
Atteindre à cette aimable aisance
Qui de vos Vers fait l'agrément :
Sans prétendre avec vous la moindre
Concurrence,
Je rime par reconnoissance ,
Et pour m'acquitterſeulement.
Vous vous faites , Mr, une idée trop
avantageuſe de nos plaiſirs : Ils ne
font pas à beaucoup près , ni ſi vifs,
ni ſi fréquens que vous les imaginés ;
mais vous avés ſongé à nous faire honneur
; il eſt juſte de vous tenir com
pre de vos Intentions.
Vous faites nôtre Lot partrop friand,
Beau Sire ,
Les Climénes enfont aussi :
Ce Point tout seul mérite un grandmercy
:
Mais quoy ! Venons aufait : Helas !
s'il faut le dire ,
1
Aoust 1717. E
50
LE MERCURE
Les Nôtres font à juſte prix ,
Et ne font pas de ces Climénes
Servans tout à la fois & Minerve &
Cypris
Telles qu'on les trouvoit au tems des la
Fontaines
Aimans fans interêt , Meſſieurs les
Beaux esprits ;
Et qui se contentoient du produit des
Domaines
Qu'au Farnaſſe ils avoient acquis .
On ne voit plus de ces Climénes;
La Race en est perdue : Il eſt , me dirés-
Vons ,
..... Il est pourtant une Uranie
D'acord: Qui leſçait mieux que nous?
Dans l'Empire d'Amour,Sa gloire eft
établie,
Comme dans celui d'Apollon ;
Mais ,fi l'un de ces Dieux est reçû chez,
la Belle ,
Qui vous dit que pour l'autre , il y
faffe aussi bon ?
Entre nous l'Amour se plaint
d'Elle
Il dit qu'elle lui prend ſes Charmes,
Ses Attraits ,
Et toujours à crédit ,ſans le payer ja
mais.
D'AOUS T. 53
J'oſe,comme vous voyés,loüer vôtre
Uranie , fans penſer que vous devés
avoir acquis un privilége exclufif
de la loüer,par la manière dont vous
l'avés fait juſqu'ici : C'eſt là un ſujet
tel qu'il vous le faut,au lieu de vous
amuſer à nous donner place dans vos
Vers...
Quand est de nôtre cher Voisin :
Depuis peu l'Ame de Chapelle
En guisedeDémon,a coulédansſonſein:
Bácus & Citherée y logent avec elle,
Et dés que fa Verve est entrain ,
De Rimes une Kirielle ,
Sansse faire chercher , ſe trouve ſous
Samain. ;
Je laiſſe à M.... le ſoin de vous entretenir
des Nouveautés de ce Païs- ci.
Ma Lettre ſe fait plus longue que de
raiſon ; il faut ymettre ordre. Un autrejour
je me hazarderai , ſi vous le
voulés , à vous mander auſſi des Nouvelles
, & de toutes les fortes.
:
Nous parlerons & des Dieux & des
Rois,
Sans déroger aux fages Loix ,
Qui fur ces grands Sujets nous impoо..
Sent filence
Eij
52 LE MERCURE
Car,fi dans nos difcours nous les mélons
par fois ,
Nous le ferons avec tant de prudence,
Que nous n'offenferons , ni les Dieux
ni les Rois.
Fermer
7629
p. 269-273
Extrait d'une Lettre de Fontainebleau le 25. Septembre.
Début :
Le Comte de Boissieu neveu de M. le Maréchal de [...]
Mots clefs :
Fontainebleau, Maréchal de Villars, Fribourg, Bataillons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Fontainebleau le 25. Septembre.
Extraitd'une Lettre de Fontainebleaule
2.Septembre.
LeComte de Boissieu
neveu de M. le Maréchal
de Villars apporta la nouvelle
suivante au Roy.
Le 10. le Maréchal de
Villars fit attaquer le Camp
par 40.Bataillons partrois
endroits différents. M. le
Comte du Bourg commandoit
la droite, M. d'Estrades
la gauche,& M. d'As..
selle centre, ( les Lignes
avoient quatre lieuës de
longueur. Il n'y a eu aucune
resistance à la droite,
& nos gens entrerent, sans
tirer un coup.
Au centre l'on y en fit.
Il y a eu un Colonel des
Ennemis fait prisonnier,
& environ 200. tuez ou
prisonniers;nous n'y avons
perdus que 50. Grenadiers
tuez ou blessez, deuxSubalternes
blessez. A la gauche
iLjry a pas eu de resistaneer
on compte en tout 4.
à 500. des ennemis tuez ou
prisonniers, & nous n'avons
presque rien perdu.
M. de Vaubonnes'étoit
retiré quelques jours avant
& n'avoit laissé dans ce
Camp retranché que 4. Bataillons
& 1500. hommes
detachez. Il s'estietté un de
ces Bataillons dans Fribourg
, le reste a pris la
fuite dans la Vallée de S.
Pierre, où le Maréchal a
envoyé trois mille chevaux
pour poursuivre le débris
du General Vaubonne.Le
Courier a rapporté qu'en
partant on alloit commencer
l'inve stiture de Fribourg
, & que l'on attend
doit de Brifac beaucoup
d'outils à remuer la terre.
Jamais nos Troupes n'ont
tant montré de vigueur
& ne cherchent qu'à pe*
netrer dans le pays.
L'attaque des Lignes cc.
toit commandée par le
Comte du Bourg, quiavoit
avec luy Meilleursd'Asses,
6c d'Estrades, Lieutenans
Generaux; pourMaréchaux
de Camp Messieurs de Silly,
de Guerchois, de Mortemar.
Le Comte de Coigny,&
le Chevalier de PeJ.-
feux ont aussi marchéavec
les Dragons.
2.Septembre.
LeComte de Boissieu
neveu de M. le Maréchal
de Villars apporta la nouvelle
suivante au Roy.
Le 10. le Maréchal de
Villars fit attaquer le Camp
par 40.Bataillons partrois
endroits différents. M. le
Comte du Bourg commandoit
la droite, M. d'Estrades
la gauche,& M. d'As..
selle centre, ( les Lignes
avoient quatre lieuës de
longueur. Il n'y a eu aucune
resistance à la droite,
& nos gens entrerent, sans
tirer un coup.
Au centre l'on y en fit.
Il y a eu un Colonel des
Ennemis fait prisonnier,
& environ 200. tuez ou
prisonniers;nous n'y avons
perdus que 50. Grenadiers
tuez ou blessez, deuxSubalternes
blessez. A la gauche
iLjry a pas eu de resistaneer
on compte en tout 4.
à 500. des ennemis tuez ou
prisonniers, & nous n'avons
presque rien perdu.
M. de Vaubonnes'étoit
retiré quelques jours avant
& n'avoit laissé dans ce
Camp retranché que 4. Bataillons
& 1500. hommes
detachez. Il s'estietté un de
ces Bataillons dans Fribourg
, le reste a pris la
fuite dans la Vallée de S.
Pierre, où le Maréchal a
envoyé trois mille chevaux
pour poursuivre le débris
du General Vaubonne.Le
Courier a rapporté qu'en
partant on alloit commencer
l'inve stiture de Fribourg
, & que l'on attend
doit de Brifac beaucoup
d'outils à remuer la terre.
Jamais nos Troupes n'ont
tant montré de vigueur
& ne cherchent qu'à pe*
netrer dans le pays.
L'attaque des Lignes cc.
toit commandée par le
Comte du Bourg, quiavoit
avec luy Meilleursd'Asses,
6c d'Estrades, Lieutenans
Generaux; pourMaréchaux
de Camp Messieurs de Silly,
de Guerchois, de Mortemar.
Le Comte de Coigny,&
le Chevalier de PeJ.-
feux ont aussi marchéavec
les Dragons.
Fermer
Résumé : Extrait d'une Lettre de Fontainebleau le 25. Septembre.
Le 2 septembre, le Comte de Boissieu informa le Roi de l'attaque menée par le Maréchal de Villars le 10 septembre contre le camp ennemi. Cette offensive impliquait 40 bataillons répartis en trois points. Le Comte du Bourg commandait la droite, M. d'Estrades la gauche, et M. d'Assas le centre. À droite, les troupes françaises entrèrent sans résistance. Au centre, elles rencontrèrent une résistance, capturant un colonel ennemi et environ 200 soldats, au prix de 50 grenadiers français tués ou blessés et deux subalternes blessés. À gauche, il n'y eut pas de résistance, avec 400 à 500 ennemis tués ou prisonniers et peu de pertes françaises. Le Général Vaubonne s'était retiré quelques jours auparavant, laissant 4 bataillons et 1500 hommes. Un bataillon se réfugia à Fribourg, tandis que le reste s'enfuit dans la vallée de Saint-Pierre, où le Maréchal envoya 3000 cavaliers pour les poursuivre. Les troupes françaises, dirigées par le Comte du Bourg, les Meilleurs d'Assas et d'Estrades, ainsi que plusieurs Maréchaux de camp, montrèrent une grande vigueur et cherchaient à pénétrer dans le pays.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7630
p. 48-58
« Les Lettres de Berlin portent que les Suedois ayant assemblé [...] »
Début :
Les Lettres de Berlin portent que les Suedois ayant assemblé [...]
Mots clefs :
Suédois, Artillerie, Roi du Danemark, Camp, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Lettres de Berlin portent que les Suedois ayant assemblé [...] »
Les Lettres deBerlin portent
que les Suedois ayant
assemblé des Troupes 6c
des Bastimens à Malmoé
,
pouraller tenter une descenre
dans l'ine de Zeeland, le
Comte du Guldenlew,
Commandant de la Flotte
Danoiiè,elloit allé lesattaquer
avec vingt Vaisseaux
de guerre; qu'il avoit pris
vingt-cinq
vingt-cinq de leurs BatHmens,
& fait échoüer plusieursautres,
ensuite dequoy
il avoit voulu bombarder
Malmoé ; mais sans avoir
pû y causer aucun dommage,
à cause du trop grand
éloignement; que le General
Lewendal qui marchoit
vers Bahus
, avoit reculé
pour seretrancher dans un
Poste avantageux, ayant eu
avis que le Comte de Steinbock
s'avançoit avec dix à
douze mille hommes pour
le combattre.
Celles de Pomeranie du
15.Septembre,disent que
les troupes Danoises, Saxones,&
Moscovitesn'avoiensts
encore rien entrepris sur
Stralzund, Weymar, &
rifls de Rugen;que le Roy
Auguste&leRoy de DannemarKavoientsouvent
des
Conferences, & que leurs
Troupes souffroient beaucoup
faute de subsistance
,
parce que les habitans de la
Campagne avoient retiré
leurs grains& leurs bestiaux
dans les Places fortes, ce
qui causoit une grande desertion
; que les Suedois
avoient brûlé les Fauxbourgs
de Stralzund ; que
le 12. ils estoient sortis de
laVille au nombre de cinq
cent Cavaliers ou Dragons,
& qu'ils enleverent plus de
cent chevaux, & plusieurs
Chariots chargez de fourage.
;
Que le17.avantle jour
la Garnison de Wismar sortit
avec de l'Artillerie & canonna
pendant plus de;deux*
heures le Camp des Danois
& la nuit du 18. au 19elle
sortir avec des Mortiers,
& bombarda le Camp de
maniere que les Danois furent
contraints de s'éloigner,
sans oser marcher aux
Suedois de crainte de tomber
dans quelqur,cnibufcade.
., Par lesLettres du n. on
a appris que laresolution
d'assieger cette Place avoit
elle changée dans une conferenceque
le Roy de Dannemark
avoit euë avec le
Roy Auguste, & quOBdévoit
entreprendre celuy de
Stralzund, parce que les
fortifications étoient moins
bonnes que celles de WiC.
mar ,& d'attaquer auparavant
l'Isle de Rugen, qui
n'est separée de la premiere
de ces Places que par un
petit bras de Mer; que néanmoins
on trouvoit de
grandes dificultez dans l'exccution
de ce projet, le
Camp retranché de devant
Stralzund ne pouvant estre
forcé sans avoir de grosse ,
Artillerie qui n'etoit point
encore arrivée acause des
mauvais chemins, & qu'il
n'y avoit plus de fourages
aux environs du Camp ,
inconvenient d'autant plus
considerable que la plus
part des Troupes Saxonnes
&CMaosvcovaitelslceonsrisitoeit e.n
Que cependant on devoit
attaquer cette place dés
que la grosse Artillerie seroit
arrivée; que pour cet effet le
Roy de Dannemark avoit
retiré l'Infanterie qui étoit
devant Wismar, à l'excption
de deux Bataillons, à
la Place de laquelle il avoit
envoyé la Cavallerie, afin
de continuer le blocus de
cette Place;qu'il avoit aussi
rapellé les Troupes qu'il
avoit mises dans les Villes
de Damgatten ; Rostok,
Demmin, Anclam, &
autres que les Suedois
avoient abandonnées acause
que ces Places ne sont pas
en état de soutenir un Siege:
que la Flotte Danoise, au
nombre de trente Vasseaux
de guerre s'etoitapprochée
de l'Mc de Rugen
,
afin
d'empecher les Suedois d'en
tirer aucunes commoditez.
Les lettres de Vienne du
12 Septembre portent que
la foudre étant tombée à
Weissembourg en Transylvanie
sur un Magasin à
poudre, lavoit fait fauter
avec deux autres où le feu
s'etoit communiqué,ce qui
avoir renversé une partie
des murailles de la Vi)ie &
prés de cent cinquante
Maisons.
Et par celles du 19. on
apprend que le Comte
Charles Maximilien de
Thurn, grand Maistre de la
Maison de L'imperatrice
Regente partit de cette Ville
pour aller en qualité de
Commissaire, asTiner à l'Election
d'un nouvel Evêque
d'Olmutz à la place du
Prince Charles de Lorrai.
ne, qui s'est démis de cet
Evesché, depuis qu'il a esté
revestu de la dignité d'Electeur
de Treves; que
l'Election a esté faite en
faveur du Comte de Schrottenbach
Doyen de la Cathedrale
de Faltzbourg, &
Chanoine d'Olmutz; que
le 14. il y eut une grande
reformeparmi les bas
Officiers du feu Empereur,
& particulierement de
Musiciens & de Chasseurs.
& qu'on retrancha encore.
un grand nombre de pensions,
m.e sme de cel les qui
ont ctte confirmées par
L'impératrice Regente; que
les Troupes qui fonr en
Transylvanie & qui avoient
c eu ordre de venir sur le
Rhin avoient reçu un contre
ordre, pour rester en ce
Pays là jusqu'àcequ'on cust
sçu qu'elles seroientles suites
du Traité de Paixcouclu
encre les Turcs & les
Moscovices.
que les Suedois ayant
assemblé des Troupes 6c
des Bastimens à Malmoé
,
pouraller tenter une descenre
dans l'ine de Zeeland, le
Comte du Guldenlew,
Commandant de la Flotte
Danoiiè,elloit allé lesattaquer
avec vingt Vaisseaux
de guerre; qu'il avoit pris
vingt-cinq
vingt-cinq de leurs BatHmens,
& fait échoüer plusieursautres,
ensuite dequoy
il avoit voulu bombarder
Malmoé ; mais sans avoir
pû y causer aucun dommage,
à cause du trop grand
éloignement; que le General
Lewendal qui marchoit
vers Bahus
, avoit reculé
pour seretrancher dans un
Poste avantageux, ayant eu
avis que le Comte de Steinbock
s'avançoit avec dix à
douze mille hommes pour
le combattre.
Celles de Pomeranie du
15.Septembre,disent que
les troupes Danoises, Saxones,&
Moscovitesn'avoiensts
encore rien entrepris sur
Stralzund, Weymar, &
rifls de Rugen;que le Roy
Auguste&leRoy de DannemarKavoientsouvent
des
Conferences, & que leurs
Troupes souffroient beaucoup
faute de subsistance
,
parce que les habitans de la
Campagne avoient retiré
leurs grains& leurs bestiaux
dans les Places fortes, ce
qui causoit une grande desertion
; que les Suedois
avoient brûlé les Fauxbourgs
de Stralzund ; que
le 12. ils estoient sortis de
laVille au nombre de cinq
cent Cavaliers ou Dragons,
& qu'ils enleverent plus de
cent chevaux, & plusieurs
Chariots chargez de fourage.
;
Que le17.avantle jour
la Garnison de Wismar sortit
avec de l'Artillerie & canonna
pendant plus de;deux*
heures le Camp des Danois
& la nuit du 18. au 19elle
sortir avec des Mortiers,
& bombarda le Camp de
maniere que les Danois furent
contraints de s'éloigner,
sans oser marcher aux
Suedois de crainte de tomber
dans quelqur,cnibufcade.
., Par lesLettres du n. on
a appris que laresolution
d'assieger cette Place avoit
elle changée dans une conferenceque
le Roy de Dannemark
avoit euë avec le
Roy Auguste, & quOBdévoit
entreprendre celuy de
Stralzund, parce que les
fortifications étoient moins
bonnes que celles de WiC.
mar ,& d'attaquer auparavant
l'Isle de Rugen, qui
n'est separée de la premiere
de ces Places que par un
petit bras de Mer; que néanmoins
on trouvoit de
grandes dificultez dans l'exccution
de ce projet, le
Camp retranché de devant
Stralzund ne pouvant estre
forcé sans avoir de grosse ,
Artillerie qui n'etoit point
encore arrivée acause des
mauvais chemins, & qu'il
n'y avoit plus de fourages
aux environs du Camp ,
inconvenient d'autant plus
considerable que la plus
part des Troupes Saxonnes
&CMaosvcovaitelslceonsrisitoeit e.n
Que cependant on devoit
attaquer cette place dés
que la grosse Artillerie seroit
arrivée; que pour cet effet le
Roy de Dannemark avoit
retiré l'Infanterie qui étoit
devant Wismar, à l'excption
de deux Bataillons, à
la Place de laquelle il avoit
envoyé la Cavallerie, afin
de continuer le blocus de
cette Place;qu'il avoit aussi
rapellé les Troupes qu'il
avoit mises dans les Villes
de Damgatten ; Rostok,
Demmin, Anclam, &
autres que les Suedois
avoient abandonnées acause
que ces Places ne sont pas
en état de soutenir un Siege:
que la Flotte Danoise, au
nombre de trente Vasseaux
de guerre s'etoitapprochée
de l'Mc de Rugen
,
afin
d'empecher les Suedois d'en
tirer aucunes commoditez.
Les lettres de Vienne du
12 Septembre portent que
la foudre étant tombée à
Weissembourg en Transylvanie
sur un Magasin à
poudre, lavoit fait fauter
avec deux autres où le feu
s'etoit communiqué,ce qui
avoir renversé une partie
des murailles de la Vi)ie &
prés de cent cinquante
Maisons.
Et par celles du 19. on
apprend que le Comte
Charles Maximilien de
Thurn, grand Maistre de la
Maison de L'imperatrice
Regente partit de cette Ville
pour aller en qualité de
Commissaire, asTiner à l'Election
d'un nouvel Evêque
d'Olmutz à la place du
Prince Charles de Lorrai.
ne, qui s'est démis de cet
Evesché, depuis qu'il a esté
revestu de la dignité d'Electeur
de Treves; que
l'Election a esté faite en
faveur du Comte de Schrottenbach
Doyen de la Cathedrale
de Faltzbourg, &
Chanoine d'Olmutz; que
le 14. il y eut une grande
reformeparmi les bas
Officiers du feu Empereur,
& particulierement de
Musiciens & de Chasseurs.
& qu'on retrancha encore.
un grand nombre de pensions,
m.e sme de cel les qui
ont ctte confirmées par
L'impératrice Regente; que
les Troupes qui fonr en
Transylvanie & qui avoient
c eu ordre de venir sur le
Rhin avoient reçu un contre
ordre, pour rester en ce
Pays là jusqu'àcequ'on cust
sçu qu'elles seroientles suites
du Traité de Paixcouclu
encre les Turcs & les
Moscovices.
Fermer
Résumé : « Les Lettres de Berlin portent que les Suedois ayant assemblé [...] »
Les Lettres de Berlin rapportent que les Suédois ont rassemblé des troupes et des bâtiments à Malmoë pour une descente sur l'île de Zeeland. Le Comte du Guldenlew, commandant de la flotte danoise, a attaqué avec vingt vaisseaux de guerre, capturant vingt-cinq bâtiments suédois et en détruisant plusieurs autres. Il a ensuite tenté de bombarder Malmoë sans succès en raison de l'éloignement. Le général Lewendal, marchant vers Bahus, a reculé pour se retrancher après avoir appris l'avancée du Comte de Steinbock avec dix à douze mille hommes. Les lettres de Pomeranie du 15 septembre indiquent que les troupes danoises, saxonnes et moscovites n'avaient pas encore agi contre Stralzund, Weimar et les îles de Rügen. Les rois Auguste et de Danemark tenaient des conférences, mais leurs troupes souffraient de la faim car les habitants avaient retiré leurs grains et bestiaux dans les places fortes, causant une grande désertion. Les Suédois avaient brûlé les faubourgs de Stralzund et, le 12 septembre, cinq cents cavaliers avaient enlevé plus de cent chevaux et plusieurs chariots de fourrage. Le 17 septembre, la garnison de Wismar avait canonné le camp des Danois pendant plus de deux heures. La nuit du 18 au 19, elle avait bombardé le camp avec des mortiers, forçant les Danois à se retirer. Les lettres du 19 septembre rapportent que la résolution d'assiéger Wismar avait changé lors d'une conférence entre les rois de Danemark et Auguste. Ils décidèrent d'attaquer Stralzund en raison de ses fortifications moins robustes et de prendre l'île de Rügen. Cependant, l'exécution du projet était difficile en raison de l'absence de grosse artillerie et de fourrage. Le roi de Danemark avait retiré l'infanterie de Wismar, à l'exception de deux bataillons, et rappelé les troupes des villes abandonnées par les Suédois. La flotte danoise, composée de trente vaisseaux de guerre, s'était approchée de l'île de Rügen pour empêcher les Suédois d'en tirer profit. Les lettres de Vienne du 12 septembre mentionnent qu'une foudre à Weissembourg en Transylvanie avait détruit un magasin à poudre, causant la destruction de près de cent cinquante maisons. Le 19 septembre, il est rapporté que le Comte Charles Maximilien de Thurn, grand maître de la Maison de l'impératrice régente, était parti pour l'élection d'un nouvel évêque d'Olmutz. L'élection a été faite en faveur du Comte de Schrottenbach. Il y a eu une grande réforme parmi les bas officiers de l'ancien empereur, avec la suppression de nombreuses pensions. Les troupes destinées à la Transylvanie ont reçu l'ordre de rester jusqu'à ce que les suites du traité de paix entre les Turcs et les Moscovites soient connues.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7631
p. 269-279
SUPPLEMENT aux Nouvelles de Hambourg.
Début :
L'armée des Princes confederez décampa du voisinage de Rensbourg [...]
Mots clefs :
Hambourg, Princes confédérés, Infanterie, Cavalerie, Général Steinbock, Tartares, Troupes ottomanes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLEMENT aux Nouvelles de Hambourg.
SUPPLEMENT
a,auuxx NNoouuvveelll•leess de HH»aapmÀbboouuorg. ,
L'armée des Princes confédérez
décampa du voisinage
de Rensbourg le 1r Février.
L'infanterie passa dans
la Ville, & la cavalerie traver
sal'Eyder à Oltereydc,
prenant l'une & l'autre la
route de la bruyere deCropper,
où le Roy de Dannr»
mark & le Czar se rendi.
rent le lendemain à desseins
de faire attaquer les Suédois
ducôté de Fredericstadr. Le
bruit avoir couru que dés le
mois dernier ils avoient fait
rétablir le pont de Hollingstede
sur la Trene mais on.
a appris que les Suedois l'avoient
confervé jusqu'au 4.,
Février qu'itss'etoïenrredré
avec leurartillerie, & que
le pont n'avoir pu être achevé
que le 8. au foir.
Le 3.'armée s'avança jusqu'au
grand Rayde malgrés
un vent violent & une pluie
continuelle, qui rompit les
chemins & rendit la marche
très penible.
Le 4. le General Bauditz
fut commandé avec trois
mille chevaux pour aller reconnoître
Fredericrtade,qu'-
on ne croyoit pas en état de
faire resistance : mais il trouva
que le General StatKelberg
qui y commande avoit
fait couper une digue de la
Trene qui avoit mondé les
environs de la place, le General
Bauditz fut contrains
de rejoindre l'armée, & napporta
que les avenues, de Frç*-
dericstadt étoient entierement
impraticables. Le Czar
ne pouvant le croire, voulut
y aller en personne avec un
corps de cavalerie, il entra
même dans l'inondation, il
la trouva si profonde qu'il
futobligéde revenir& de
changer le dessein d'attaquer
les Suedois de ce côté là qu'-
on croyoit le plus foible;
ainsi il fut resolu de faire
marcher l'armée du côté de
Husum, où l'onesperoit
trouver moins de dl£Iiculcé..
Le General Sreinbock paroît
resolu de se maintenir
dansle camp oùil est, & d'y
attendre l armée confédérée;
on assurequ'il a des vivres
pour trois ou quatre mois.
Il occupe du côté de Hufum
, une digue di ffenduë
par deux mille Suedois, où
il a faitconstruire un Fort,
il en a fait élever un autre
au deçà à Rentrum, & un
troisiéme à Schwabstedt sur
la Trene au dessus de Fredericstadt.
-Jt
,
Le General Steinbockenvoya
le 6. Février, un parti
de trois cens chevaux qui
passa à Husum & à Brcdûcdr,
&penetra jusqu'à Flesbourg
pour observer les ennemis
& obligerles païs mis àcontribution
de fournit les fou.
rages.
Le General Stackelberg
fait de son côté fortifier Fredericstadt
& les defilez qui
y conduisent.
On mande de Wismar
que le General Ducker y
étoit arrivé de Lubek entierement
gueri de la blessure
qu'ilavoit reçueau col à
la batailledeGidebusch,&
qu'il n'attendoit que l'occasion
d'aller joindre le Gene- PalSreinbock,
Les lettres de Stetin portent
que les prisonniers Danois
& Saxons y étoient bien
traitez, les soldats y étant
bien nourris, & les Officiers
ayans leurs épées & la permission
de se promener dans
la Ville, à la reserve du Major
Rose & d'un Capitaine,
tous deux Livoniens & sujets
du Roy de Suede
,
qui
font enfermez & gardez à
vue.
Les Lettres de
-
Pologne
portent qu'onavoit proposé
de pourvoir à la sureté
intérieure du Royaume~cfn
obligeant tous les membres
de la Republique à se réünit
auRoy Auguste, & déclarant
qu'autrement ils feroiebi
incessamment poursuivis,
leurs biensconfisquez & ~ou
condamnez comme traître à
la Patrie,néanmoins cette
affaire a été terminée, en leur
accordant le terme de six
mois pour venir reconnoître
ce Prince comme Roy legitime.
Que dans toutes lèsdisputes
qu'il avoic eu dans
la Chambres des Nonces,
on avoit fait de grandes
plaintes contre les Troupes
Saxoncs, que plusieurs
avoient demandé si on prétendoit
les comprendre dans
le nombre de celle de l'Armée
de la Couronne, &
dautres avoient proposé de
faire sortir du Royaume
toutes les Troupes auxiliaires
Saxoncs & Moscovites ; &
• comme il n'y avoit encore
rien de reglé, on croit que
la Diete fera prorogée d'autant
plus que le Roy Auguste
avoit resolu de retournet
incessamment en Saxe
On mande de Leopol du
2 1. que les Tartares étoient
en marche pour faire une
irrupnon en Moscovie, que
le Grand Seigneur continuait
de faire de grands préparanfs
pour la guerre ,
qu'il étaittoujoursdans le
dessein de se mettre à la
tcûc de son armée.
Plusieurs Bastimens arrivez
de Levant, ont apporté
des Lettres qui ont con.
firmé les nouvellesprecedentes,
touchant les grands
préparatifs de guerre que
faisoient les Turcs, dont la
principale arméedevait être
de cent cinquante mil hommes
& commandée par le
Sultan en personne & entrer
en Moscovie, pendant que
les Tattares, sous les ordres
du Roy de Suéde, marchcront
du costé de la Pologne.
Les Troupes Othomanes qui
étaient en quartier dans la
Bossine & dans l'Albanie
commencaient à marcher
pour aller vers Andrinople
où est le rendez-vous
général.
Suplement
a,auuxx NNoouuvveelll•leess de HH»aapmÀbboouuorg. ,
L'armée des Princes confédérez
décampa du voisinage
de Rensbourg le 1r Février.
L'infanterie passa dans
la Ville, & la cavalerie traver
sal'Eyder à Oltereydc,
prenant l'une & l'autre la
route de la bruyere deCropper,
où le Roy de Dannr»
mark & le Czar se rendi.
rent le lendemain à desseins
de faire attaquer les Suédois
ducôté de Fredericstadr. Le
bruit avoir couru que dés le
mois dernier ils avoient fait
rétablir le pont de Hollingstede
sur la Trene mais on.
a appris que les Suedois l'avoient
confervé jusqu'au 4.,
Février qu'itss'etoïenrredré
avec leurartillerie, & que
le pont n'avoir pu être achevé
que le 8. au foir.
Le 3.'armée s'avança jusqu'au
grand Rayde malgrés
un vent violent & une pluie
continuelle, qui rompit les
chemins & rendit la marche
très penible.
Le 4. le General Bauditz
fut commandé avec trois
mille chevaux pour aller reconnoître
Fredericrtade,qu'-
on ne croyoit pas en état de
faire resistance : mais il trouva
que le General StatKelberg
qui y commande avoit
fait couper une digue de la
Trene qui avoit mondé les
environs de la place, le General
Bauditz fut contrains
de rejoindre l'armée, & napporta
que les avenues, de Frç*-
dericstadt étoient entierement
impraticables. Le Czar
ne pouvant le croire, voulut
y aller en personne avec un
corps de cavalerie, il entra
même dans l'inondation, il
la trouva si profonde qu'il
futobligéde revenir& de
changer le dessein d'attaquer
les Suedois de ce côté là qu'-
on croyoit le plus foible;
ainsi il fut resolu de faire
marcher l'armée du côté de
Husum, où l'onesperoit
trouver moins de dl£Iiculcé..
Le General Sreinbock paroît
resolu de se maintenir
dansle camp oùil est, & d'y
attendre l armée confédérée;
on assurequ'il a des vivres
pour trois ou quatre mois.
Il occupe du côté de Hufum
, une digue di ffenduë
par deux mille Suedois, où
il a faitconstruire un Fort,
il en a fait élever un autre
au deçà à Rentrum, & un
troisiéme à Schwabstedt sur
la Trene au dessus de Fredericstadt.
-Jt
,
Le General Steinbockenvoya
le 6. Février, un parti
de trois cens chevaux qui
passa à Husum & à Brcdûcdr,
&penetra jusqu'à Flesbourg
pour observer les ennemis
& obligerles païs mis àcontribution
de fournit les fou.
rages.
Le General Stackelberg
fait de son côté fortifier Fredericstadt
& les defilez qui
y conduisent.
On mande de Wismar
que le General Ducker y
étoit arrivé de Lubek entierement
gueri de la blessure
qu'ilavoit reçueau col à
la batailledeGidebusch,&
qu'il n'attendoit que l'occasion
d'aller joindre le Gene- PalSreinbock,
Les lettres de Stetin portent
que les prisonniers Danois
& Saxons y étoient bien
traitez, les soldats y étant
bien nourris, & les Officiers
ayans leurs épées & la permission
de se promener dans
la Ville, à la reserve du Major
Rose & d'un Capitaine,
tous deux Livoniens & sujets
du Roy de Suede
,
qui
font enfermez & gardez à
vue.
Les Lettres de
-
Pologne
portent qu'onavoit proposé
de pourvoir à la sureté
intérieure du Royaume~cfn
obligeant tous les membres
de la Republique à se réünit
auRoy Auguste, & déclarant
qu'autrement ils feroiebi
incessamment poursuivis,
leurs biensconfisquez & ~ou
condamnez comme traître à
la Patrie,néanmoins cette
affaire a été terminée, en leur
accordant le terme de six
mois pour venir reconnoître
ce Prince comme Roy legitime.
Que dans toutes lèsdisputes
qu'il avoic eu dans
la Chambres des Nonces,
on avoit fait de grandes
plaintes contre les Troupes
Saxoncs, que plusieurs
avoient demandé si on prétendoit
les comprendre dans
le nombre de celle de l'Armée
de la Couronne, &
dautres avoient proposé de
faire sortir du Royaume
toutes les Troupes auxiliaires
Saxoncs & Moscovites ; &
• comme il n'y avoit encore
rien de reglé, on croit que
la Diete fera prorogée d'autant
plus que le Roy Auguste
avoit resolu de retournet
incessamment en Saxe
On mande de Leopol du
2 1. que les Tartares étoient
en marche pour faire une
irrupnon en Moscovie, que
le Grand Seigneur continuait
de faire de grands préparanfs
pour la guerre ,
qu'il étaittoujoursdans le
dessein de se mettre à la
tcûc de son armée.
Plusieurs Bastimens arrivez
de Levant, ont apporté
des Lettres qui ont con.
firmé les nouvellesprecedentes,
touchant les grands
préparatifs de guerre que
faisoient les Turcs, dont la
principale arméedevait être
de cent cinquante mil hommes
& commandée par le
Sultan en personne & entrer
en Moscovie, pendant que
les Tattares, sous les ordres
du Roy de Suéde, marchcront
du costé de la Pologne.
Les Troupes Othomanes qui
étaient en quartier dans la
Bossine & dans l'Albanie
commencaient à marcher
pour aller vers Andrinople
où est le rendez-vous
général.
Suplement
Fermer
Résumé : SUPPLEMENT aux Nouvelles de Hambourg.
Le 1er février, l'armée des Princes confédérés quitta Rensbourg et se dirigea vers la bruyère de Cropper. L'infanterie entra dans la ville tandis que la cavalerie traversa l'Eyder à Oltereydc. Le roi de Danemark et le czar planifièrent une attaque contre les Suédois à Fredericstadt. Des rumeurs indiquaient que les Suédois avaient rétabli un pont à Hollingstede, mais celui-ci ne fut achevé que le 8 février. Le 3 février, malgré des conditions météorologiques difficiles, l'armée avança jusqu'au grand Rayde. Le général Bauditz fut envoyé reconnaître Fredericstadt, mais découvrit que les environs étaient inondés en raison de la coupure d'une digue par le général Stackelberg. Le czar, incrédule, constata l'inondation et l'armée décida de se diriger vers Husum. Le général Steinbock se préparait à défendre sa position en occupant plusieurs points stratégiques et en construisant des forts à Rentrum et Schwabstedt. Le 6 février, il envoya des troupes observer les ennemis et réquisitionner des fournitures. De son côté, le général Stackelberg fortifiait Fredericstadt. À Wismar, le général Ducker, guéri de ses blessures, se préparait à rejoindre Steinbock. En Pologne, des mesures furent prises pour assurer la sécurité intérieure en obligeant les membres de la République à reconnaître le roi Auguste comme légitime. Des plaintes furent également formulées contre les troupes saxonnes et moscovites. Des nouvelles de Léopold indiquaient que les Tartares se préparaient à envahir la Moscovie, et que les Turcs faisaient de grands préparatifs de guerre. La principale armée turque, commandée par le sultan, devait entrer en Moscovie tandis que les Tartares, sous les ordres du roi de Suède, marcheraient vers la Pologne. Les troupes ottomanes se dirigeaient vers Andrinople pour le rassemblement général.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7632
p. 1764-1777
RÉPONSE de M. l'Abbé Berthault, Auteur du Quadrille des Enfans, à la Lettre de M. de Launay, insérée dans le Mercure de Janvier 1744.
Début :
MA Réponse à votre Lettre, M. vient un peu tard, mais n'en soyez point [...]
Mots clefs :
Méthode, Figures, Enfants, Ouvrage, Apprendre, Pierre Pipoulain-Delaunay, Lire, Lecture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE de M. l'Abbé Berthault, Auteur du Quadrille des Enfans, à la Lettre de M. de Launay, insérée dans le Mercure de Janvier 1744.
REPONSE de M. l'Abbé Berthault ,
Auteur du Quadrille des Enfans , à la Lettre
de M. de Launay , inferée dans le Mercure
de Fanvier 1744.
MA
A Réponse à votre Lettre , M. vient
un peu tard , mais n'en foyez point
fâché ; ce retardement m'a laiffé le loifir d'achever
un Ouvrage qui vous convaincra, de
même que le Public , que mon Syſtême de
lecture n'a pas la moindre reffemblance avec
celui dont vous avez hérité de M.votre Pere.
Vous êtes furpris de ce qu'en publiant l'idée
& le plan de na Méthode de lecture ,
je n'aye fait aucune mention de celle de
M. Py- Poulain de Launay , votre Pere ,
parce que vous prétendez que cette derniere
eft précisément celle que j'ai annoncée .
Je vous dirai d'abord qu'il ne feroit pas
étonnant que je n'euffe eu aucune connoiffancede
la Méthode de M. Py- Poulain , lorſque
je formai le plan de la mienne, Son Ouvrage
fut, imprimé en 1719 , mais il n'en
étoit pas content lui - même ; il mourut
avant que de le refondre ; le peu d'Exemplaires
qu'il en avoit fait imprimer,ne furent
pas débités , & fa Méthode demeura inconnu
A OUST. 1744.
1765
connue au Public. Je ne parle que d'après
vous. Ce ne fut qu'en 1742 qu'elle commença
à fe faire connoître par l'Edition
que vous en donnâtes , après l'avoir réformée
& perfectionnée , comme vous nous
l'avez appris vous-même . Mais le projet de
la mienne étoit conçû avant ce tems - là . **
Cela foit dit en paffant; paffons aux preuves
de votre accufation. 1 ° . Vous dites que
fi je fais prononcer be , ce , de , & c. au lieu
de bé , cé , dé , & c. M. votre Pere l'a fait de
même; premier point de reffemblance . Mais
M. de Launay eft-il le premier qui ait eu
cette idée ? Pourquoi voudriez - vous que
j'aye appris cela de lui,plutôt que de l'Auteur
de la Grammairegénérale & raisonnée, imprimée
en 1660 , qui peut-être a fervi de guide
en cela à M. votre Pere lui-même ? Car cet
Auteur dans le Chapitre 6 de la premiere
partie , donne aux Lettres cette dénomination
, & il a été fuivi par la plupart des Ecrivains
qui font venus après lui. Vous conviendrez
donc qu'on ne peut raisonnable-
*Voyez la Préface de cet Ouvrage , publié par les
foins de M. de Launay , fils , en 1742 , page 3.
** Cet Ouvrage eft intitulé , la Théorie & la Pratique
du nouveau Quadrille des Enfans , ou d'une nouvelle
Méthode pour apprendre à lire par le moyen de
160 Figures , contenues en 8 Planches , &c. Il fe vend
chés Jacques Vincent , ruë S. Severin , à l'Ange .
Cij
ment
1768 MERCURE DEFRANCE.
14
de Louvain , que je vous indique ; * depuis
la page 2 jufqu'à la 12 , vous en trouverez
plufieurs. L'Ouvrage a paru en 1717 , avant
celui de M. votre Pere , mais fi vous voulez
faire une plus ample moiffon , jettez les yeux
fur les Regles de la Prononciation pour la Lan-¸
gue Françoife, par M. B. Paris, 1711 ,fur les
Principes de l'Ortographe Françoife , Paris ,
1725 , & fur le Traité de l'Ortographe Françoife
du Sr le Roy, ou fi vous voulez , contentezvous
de parcourir le Livre de M. Hindret ,
imprimé en 1688 , fous ce titre : L'art de
prononcer & de bien parler la Langue Françoife
, & réimprimé en 1696 ; vous y remarquerez
prefque tous les fons de la Méthode
que vous avez fait connoître au Public , &
plufieurs autres dont vous pourrez faire votre
profit. C'est un Ouvrage que M. votre
Pere a pû confulter . L'accufera-t'on de plagiat
?
Secondement , fuffit- il que ma Méthode
employe quelques fons qui fe trouvent dans
celle de M. Py- Poulain , pour être en droit
d'affurer que ces deux Méthodes ne different
point ? L'ufage que j'en fais eft- il le même?
C'est ce qu'il faudroit montrer, & que vous
ne montrerez jamais . Non , M. ne croyez
* Principia Lingua Burgundica felectis Hiftoria exemplis
exornata per Anton. Francifc. de Pratel, &c. Brivellis,
1717.
pas
A O UST. 1744 . 1769
que
pas que mes Principes foient les mêmes
ceux de feu M. votre Pere . L'analogic qui
regne dans ma Méthode eft totalement differente
de celle qui domine dans l'Ouvrage
de M. Py- Poulain ; daignez faire la comparaifon
de celui que je publie , pour enfeigner
la théorie & la pratique de ma Méthode
, & du fien ; je fuis fûr que vous conviendrez
que notre plan n'eft pas le même ,
que nos vûës font tout-à-fait differentes , &
que nous fuivons l'un & l'autre une route
bien oppofée. Vous pourrez remarquer 1 °.
les combinaiſons dont une Lettre eft fufcep
tible . 2 °. Une infinité d'exemples
, pour affermir
les Enfans fur la diftinction des pluriers
& des finguliers , tant des Verbes que
des Noms adjectifs & fubftantifs. 3 ° . Des
Tables de mots , propres à donner auxEnfans
la facilité de joindre les nrots les uns
aux autres ; habitude qu'ils n'acquerroient
autrement qu'avec beaucoup de peine, 4°.
Tous les fons répétés , tant en Lettres majufcules
, qu'en Lettres Italiques , avec plufieurs
Piéces de Lecture , pour exercer les
Enfans fur ces deux Caractéres , afin d'éviter
les défauts de toutes les autres Méthodes
, qui m'apprennent aux Enfans qu'à lire
le Caractére Romain , défaut qui dégoûte le
Public de ces Méthodes , & dont la vôtre
C v n'eſt
1770 MERCURE DE FRANCE.
n'eft pas exempte . 4° . N'attendez de moi
aucune réponse à ce que vous ajoûtez , que
je combine & que j'arrange les fyllabes d'une
maniere differente de toutes les Méthodes qui
ont paru jufqu'ici , ce que M. votre Pere a
fait , dites- vous , de la même maniere . Car
je vous avouë que je ne fçais ce que vous.
voulez dire ; tout ce que je puis vous affûrer
, c'eft que ma Méthode eft auffi différen
te de celle de M. Py -Poulain , quoiqu'elle
renferme quelques fons qui me font communs
avec lui , que la fienne différe des anciennes
, quoiqu'elle en renferme tous les
fons.
5°. Nous voici arrivés à un article important
, & qui fait le caractere diftinctif de
ma Méthode de celles qui l'ont précédée ;
c'eft d'avoir imaginé de peindre en quelque
forte les fons & les fyllabes de la Langue
, pour les faire retenir par le moyen de
figures gravées ; mais , fi l'on vous en croit ,
je ne fuis encore ici que le Copiſte de M.
Py-Poulain car il y a plus de vingt - cing
ans , dites- vous , que M. de Launay , mon
Pere fe fervoit de figures pour apprendre à
lire.
Voilà une Anecdocte curieufe ; d'où l'avez-
vous déterrée ? Je fuis un peu furpris
que vous alléguiez ce fait , fans en donner
de
AOUS T. 1744. 17711
de
preuve ; vous nous renvoyez au Mémoire
de M. Danguy , & vous fçavezbien
que ce fait n'y eft nullement prouvé ;
vous voulez donc qu'on vous en croye fur
votre parole. Je ne m'y oppofe pas , pourvû
que vous ne mne faffiez pas un crime d'avoir
ignoré avec toute la terre , lorfque je publiai
le plan de ma Méthode , une chofe que
vous & M. Danguy deviez reveler dans
la fuite ; mais , M. eft- il bien poffible que
M. votre pere en faifant part au public de
fes idées , ait oublié de lui communiquer
cette partie de fon fyftême ? Car dans l'Ou
vrage qu'il a publié , il n'y a pas un feul miot,
qui puiffe faire foupçonner qu'il fe foit jamais
avifé de fe fervir de figures pour ap
prendre à lire ; vous avez vous- même donné
une feconde Edition de cet Ouvrage ; vous
avez réformé quelques-unes des idées de
F'Auteur , & en avez perfectionné quelques
autres. C'est vous-même qui nous l'apprenez
vous défapprouvez d'ailleurs l'ufage
des figures pour apprendre à lire , & vous
n'avez point averti que vous aviez réformé
le fyftême de M. votre pere fur un article
auffi important;que cela eft modefte ! Après
cela , pouvois-je fçavoir qu'en peignant les
fons de la Langue par des figures , dont les
objets font familiers aux Enfans , je ne fai-
Cvj
fois
1772 MERCURE DE FRANCE.
fois fuivre les traces de M. de Launay ? que
& avec quelle raifon pouvez - vous vous
plaindre , fi je ne lui
pas fait honneur
d'une découverte dont je ne pouvois fçavoir
qu'il fût le pere , & dont vraisembla
blement le Public refufera encore de lui accorder
la gloire , fi vous ne vous efforcez
de la lui affurer par des preuves convainquantes
?
Pour moi , je me contente de l'aveu que
vous faites , que les figures de feu M. votre
étoient differentes des miennes ; il fapere
tiguoit fans doute les Enfans mal- à- propos ,
en les obligeant à mettre dans leur tête deux
idées en même-tems , celle de la figure &
celle de la fyllabe ; peut- être fes figures
étoient tirées de la Fable ou de l'Hiftoire :
s'eft-il fervi d'un Janus à deux vifages pour
exprimer le fon ge , du Cefte de Venus pour
ft , d'Acteon changé en Cerf pour fe , de la
Barque à Caron pour que , comme dernierement
M.l'Abbé Danguy a voulu l'entreprendre,
contre les droits de mon privilége.Si cela
eft , je conviens que fa Méthode manquoit
de fimplicité , & qu'il furchargeoit inutile
ment la mémoire de fes éléves. C'étoit vouloir
leur apprendre une choſe par le moyen
d'une autre , qui ne leur étoit pas plus connuë
: il falloit leur apprendre plufieurs faits
Hif
AOUST. 1744. 1773
exempte
Hiftoriques ou Fabuleux pour leur faire re
tenir un feul fon de la Langue ; que d'idées
ne falloit- il pas mettre dans leur tête en
même-tems heureuſement ma Méthode eft
de ce défaut ; elle n'oblige point
Les Enfans à fe charger la mémoire de deux
idées en même- tems. Comme je n'employe
que des objets qui leur font familiers , tels
que font Eventail , Montre , Liv , Soleil
&c. elle ne fait que fe fervir des idées qu'ils
ont déja , fans que je m'en fois mêlé , pour
leur faire retenir des fons que je veux leur
apprendre. S'il eft vrai que M. de Eaunay
ait employé des figures pour apprendre
à lire , je fuis bien aife de l'avoir ignoré
& je m'eftime heureux que ma Méthode
foit en ce point fi différente de la fienne.
Que M. Py - Poulain jouiffe donc de
la gloire qu'il a méritée, en publiant ſa Méthode
de lecture , & vous de celle que vous
avez pû acquérir à la réformer & à la perfectionner
; je ne fuis point affés injufte pour
vouloir m'attribuer , ou partager avec vous
les éloges qu'elle a reçus de nos Sçavans ;
mais convenez auffi que ceux dont on a honoré
la Méthode que j'ai annoncée , ne vous
touchent ni directement ni indirectement ; des
Cenfeurs publics ne l'ont préconisée , que
parce qu'ils lui ont vû operer des merveilles ;
or , remarquez que ces prodiges , qui ont
étonné
1774 MERCURE DE FRANCE.
étonné , n'ont été opérés que par une Méthode
, qui , par l'ufage qu'on y fait de plufieurs
figures, n'eft propre , felon vous , qu'à
fatiguer inutilement les Enfans , & à retarder
leurs progrès à quoi penfiez -vous donc,
quand vous avez cru pouvoir faire honneur
à votre Méthode , & de ces Merveilles , &
des éloges qui en ont été la fuite ? Quelle
contradiction !
Vous me reprochez , après M. Dand'introduire
une réforme dans l'ortoguy
,
graphe , & d'écrire Cen pour Sang. Dange
pour Dogue. C'est une méprife qui ne vous
fait pas honneur ; en voici l'origine . Ces
fyllabes Ang & Og , quoique compofées de
différentes lettres , rendent le même fon
c'est pourquoi j'ai cru devoir les peindre
par une même figure. J'en dis autant de ces
autres , San & Cen. Mais il ne s'enfuit pas.
de-là que j'écrive Dangue , au lieu de Dogue ,
ni Cenguin , au lieu de Sanguin . Vous voyez
à quoi on s'expofe , quand on s'aviſe de
ler d'une matiere qu'on n'entend pas ; pour
moi je ne me fuis jamais avifé de réformer
fur cet article les anciens ufages , & il ne
m'arrivera certainement jamais de propofer
d'écrire Cien ,Cat , Ceval , jamê , Anglê , ils
èmê , Pijon , axès , fuxès , egziler , otorifer ,
& c. au lieu de Chien , Chat , Cheval, jamais,
par-
An
AOUST. 1744.
$775
Anglois , ils aimoient , Pigeon , accès , fuccès ,
exiler , autorifer , &c. comme vous l'avez
fait dans le Plan nouveau d'ortographe que
vous avez publié , pag. 178 , 179 , 182 ,
194 , 210.
Au refte , M. étoit-il néceffaire de troubler
la cendre des morts , & de faire paroître ſur
la Scéne une perfonne qui n'eft plus & que
je regrette , pour avoir occafion de lâcher
quelques traits de mauvaiſe plaifanterie ? à
Dieu ne plaife qu'elles me déterminent à
rompre le filence que je me fuis impofé du
vivant même de feu M. l'Abbé Danguy.
Un refte d'amitié pour un jeune homme à qui
je n'ai jamais ceffé de rendre tous les fervices
qui ont dépendu de moi ; l'efperance bien fondée
que j'avois conçue de fon retour , les regrets
•·qu'il a fait paroître àfa mort , pour en avoir fi
mal ufe avec moi , font des motifs trop preſſans,
qui m'obligent encore à me taire. J'avoue , qu'il
m'a beaucoup coûté dans le tems de me détermi
ner au filence , mais il me coûtera
pen
nant de le garder , & l'occafion favorable de
vous rendre vos plaifanteries , ne fera pas capable
de mele faire rompre.
mainte-
C'est même à regret que je releverai ce que
vous avancez , que M. D. a dit à des perfonnes
refpectables, que je lui avois avoué que
votre Méthode n'étoit autre que la mienne ;
qu'il
1776 MERCURE DE FRANCE.
qu'il l'ait dit , ou non , cela m'inquiéte fort
peu. Mais comment avez- vous ofe alleguer en
preuve des faits de cette nature , qu'il eft impoffible
de vérifier ? car enfin il s'agit defçavoir
s'il eft vrai quej'ayejamais fait un pareil aveu;
comment aurois-je pû le faire ? connoiſſois -je
affés peu les principes de ma Méthode & ceux
de la vôtre , pour ignorer l'extrême différence
qu'il y a entre les uns & les autres ?
Voilà , M. les réfléxions que j'ai cru devoir
publier pour répondre à votre Lettre ;
j'augure trop bien des difpofitions favora
bles où je vous vois maintenant à l'égard de
ma Méthode , puifque vous effayez de vous
l'approprier , pour ne pas les feconder ;
déja vous en goûtez le fond ; c'eft beaucoup ;
il ne vous refte plus qu'un pas à faire ; il ne
s'agit que d'approuver l'ufage que je fais des
figures ; rien n'eft plus aife ; le facrifice que
vous ferez pour cela de vos préjugés ne ſera
pas grand.
Je m'attens que bien- tôt vous ferez connoître
que vous êtes docile à la voix de la
Raifon , & que vous fçavez rendre hommage
à la vérité. Penfez - y. Je fuis , & c.
Je perfifte dans les mêmes fentimens que
je vous marquai dans une vifite dont vous
m'honorâtes un jour , fans vous faire connoître.
Vous voulûtes parier que je ne ferois
jamais
AOUST. 1744.
1777
jamais lire en un mois , par le moyen de ma
Méthode & de mes figures , comme je l'a
vois annoncé ; j'acceptai le défi , & vous
propofai de dépofer chacun pareille fomme
raifonnable chés un Notaire ; fi mon Effai
réuffit , vous difois-je , j'ai gagné , finon j'ai
perdu . Ne trouvez pas mauvais , s'il vous
plaît , que dorénavant je ne réponde point
vos Lettres , fi vous m'en adrellez encore ,
que vous n'acceptiez la propofition que
vous m'avez obligé de vous faire.
Je profite de cette occafion pour avertir
le public que ceux , qui enfeignent fuivant
les principes de ma Méthode , s'offrent d'enfeigner
gratis pendant quinze jours , & au
cas qu'au bout de ce tems- là les parens ne
foient pas contens des progrès , ils pourront
remercier les Maîtres : finon , ils feront
obligés de s'en tenir au marché dont ils feront
convenus. L'expérience confirme que
cette Méthode eft très-propre à apprendre
aux Etrangers à bien prononcer le François
, & à réformer leur accent en très- peu
de tems.
Voilà ma nouvelle adreſſe , au cas que vous
vouliez , M. me venir trouver pour m'annoncer
que vous acceptez le défi que je vous fais.
L'Abbé Berthaud , rue de Richelieu , visà-
vis celle de Villedot.
Auteur du Quadrille des Enfans , à la Lettre
de M. de Launay , inferée dans le Mercure
de Fanvier 1744.
MA
A Réponse à votre Lettre , M. vient
un peu tard , mais n'en foyez point
fâché ; ce retardement m'a laiffé le loifir d'achever
un Ouvrage qui vous convaincra, de
même que le Public , que mon Syſtême de
lecture n'a pas la moindre reffemblance avec
celui dont vous avez hérité de M.votre Pere.
Vous êtes furpris de ce qu'en publiant l'idée
& le plan de na Méthode de lecture ,
je n'aye fait aucune mention de celle de
M. Py- Poulain de Launay , votre Pere ,
parce que vous prétendez que cette derniere
eft précisément celle que j'ai annoncée .
Je vous dirai d'abord qu'il ne feroit pas
étonnant que je n'euffe eu aucune connoiffancede
la Méthode de M. Py- Poulain , lorſque
je formai le plan de la mienne, Son Ouvrage
fut, imprimé en 1719 , mais il n'en
étoit pas content lui - même ; il mourut
avant que de le refondre ; le peu d'Exemplaires
qu'il en avoit fait imprimer,ne furent
pas débités , & fa Méthode demeura inconnu
A OUST. 1744.
1765
connue au Public. Je ne parle que d'après
vous. Ce ne fut qu'en 1742 qu'elle commença
à fe faire connoître par l'Edition
que vous en donnâtes , après l'avoir réformée
& perfectionnée , comme vous nous
l'avez appris vous-même . Mais le projet de
la mienne étoit conçû avant ce tems - là . **
Cela foit dit en paffant; paffons aux preuves
de votre accufation. 1 ° . Vous dites que
fi je fais prononcer be , ce , de , & c. au lieu
de bé , cé , dé , & c. M. votre Pere l'a fait de
même; premier point de reffemblance . Mais
M. de Launay eft-il le premier qui ait eu
cette idée ? Pourquoi voudriez - vous que
j'aye appris cela de lui,plutôt que de l'Auteur
de la Grammairegénérale & raisonnée, imprimée
en 1660 , qui peut-être a fervi de guide
en cela à M. votre Pere lui-même ? Car cet
Auteur dans le Chapitre 6 de la premiere
partie , donne aux Lettres cette dénomination
, & il a été fuivi par la plupart des Ecrivains
qui font venus après lui. Vous conviendrez
donc qu'on ne peut raisonnable-
*Voyez la Préface de cet Ouvrage , publié par les
foins de M. de Launay , fils , en 1742 , page 3.
** Cet Ouvrage eft intitulé , la Théorie & la Pratique
du nouveau Quadrille des Enfans , ou d'une nouvelle
Méthode pour apprendre à lire par le moyen de
160 Figures , contenues en 8 Planches , &c. Il fe vend
chés Jacques Vincent , ruë S. Severin , à l'Ange .
Cij
ment
1768 MERCURE DEFRANCE.
14
de Louvain , que je vous indique ; * depuis
la page 2 jufqu'à la 12 , vous en trouverez
plufieurs. L'Ouvrage a paru en 1717 , avant
celui de M. votre Pere , mais fi vous voulez
faire une plus ample moiffon , jettez les yeux
fur les Regles de la Prononciation pour la Lan-¸
gue Françoife, par M. B. Paris, 1711 ,fur les
Principes de l'Ortographe Françoife , Paris ,
1725 , & fur le Traité de l'Ortographe Françoife
du Sr le Roy, ou fi vous voulez , contentezvous
de parcourir le Livre de M. Hindret ,
imprimé en 1688 , fous ce titre : L'art de
prononcer & de bien parler la Langue Françoife
, & réimprimé en 1696 ; vous y remarquerez
prefque tous les fons de la Méthode
que vous avez fait connoître au Public , &
plufieurs autres dont vous pourrez faire votre
profit. C'est un Ouvrage que M. votre
Pere a pû confulter . L'accufera-t'on de plagiat
?
Secondement , fuffit- il que ma Méthode
employe quelques fons qui fe trouvent dans
celle de M. Py- Poulain , pour être en droit
d'affurer que ces deux Méthodes ne different
point ? L'ufage que j'en fais eft- il le même?
C'est ce qu'il faudroit montrer, & que vous
ne montrerez jamais . Non , M. ne croyez
* Principia Lingua Burgundica felectis Hiftoria exemplis
exornata per Anton. Francifc. de Pratel, &c. Brivellis,
1717.
pas
A O UST. 1744 . 1769
que
pas que mes Principes foient les mêmes
ceux de feu M. votre Pere . L'analogic qui
regne dans ma Méthode eft totalement differente
de celle qui domine dans l'Ouvrage
de M. Py- Poulain ; daignez faire la comparaifon
de celui que je publie , pour enfeigner
la théorie & la pratique de ma Méthode
, & du fien ; je fuis fûr que vous conviendrez
que notre plan n'eft pas le même ,
que nos vûës font tout-à-fait differentes , &
que nous fuivons l'un & l'autre une route
bien oppofée. Vous pourrez remarquer 1 °.
les combinaiſons dont une Lettre eft fufcep
tible . 2 °. Une infinité d'exemples
, pour affermir
les Enfans fur la diftinction des pluriers
& des finguliers , tant des Verbes que
des Noms adjectifs & fubftantifs. 3 ° . Des
Tables de mots , propres à donner auxEnfans
la facilité de joindre les nrots les uns
aux autres ; habitude qu'ils n'acquerroient
autrement qu'avec beaucoup de peine, 4°.
Tous les fons répétés , tant en Lettres majufcules
, qu'en Lettres Italiques , avec plufieurs
Piéces de Lecture , pour exercer les
Enfans fur ces deux Caractéres , afin d'éviter
les défauts de toutes les autres Méthodes
, qui m'apprennent aux Enfans qu'à lire
le Caractére Romain , défaut qui dégoûte le
Public de ces Méthodes , & dont la vôtre
C v n'eſt
1770 MERCURE DE FRANCE.
n'eft pas exempte . 4° . N'attendez de moi
aucune réponse à ce que vous ajoûtez , que
je combine & que j'arrange les fyllabes d'une
maniere differente de toutes les Méthodes qui
ont paru jufqu'ici , ce que M. votre Pere a
fait , dites- vous , de la même maniere . Car
je vous avouë que je ne fçais ce que vous.
voulez dire ; tout ce que je puis vous affûrer
, c'eft que ma Méthode eft auffi différen
te de celle de M. Py -Poulain , quoiqu'elle
renferme quelques fons qui me font communs
avec lui , que la fienne différe des anciennes
, quoiqu'elle en renferme tous les
fons.
5°. Nous voici arrivés à un article important
, & qui fait le caractere diftinctif de
ma Méthode de celles qui l'ont précédée ;
c'eft d'avoir imaginé de peindre en quelque
forte les fons & les fyllabes de la Langue
, pour les faire retenir par le moyen de
figures gravées ; mais , fi l'on vous en croit ,
je ne fuis encore ici que le Copiſte de M.
Py-Poulain car il y a plus de vingt - cing
ans , dites- vous , que M. de Launay , mon
Pere fe fervoit de figures pour apprendre à
lire.
Voilà une Anecdocte curieufe ; d'où l'avez-
vous déterrée ? Je fuis un peu furpris
que vous alléguiez ce fait , fans en donner
de
AOUS T. 1744. 17711
de
preuve ; vous nous renvoyez au Mémoire
de M. Danguy , & vous fçavezbien
que ce fait n'y eft nullement prouvé ;
vous voulez donc qu'on vous en croye fur
votre parole. Je ne m'y oppofe pas , pourvû
que vous ne mne faffiez pas un crime d'avoir
ignoré avec toute la terre , lorfque je publiai
le plan de ma Méthode , une chofe que
vous & M. Danguy deviez reveler dans
la fuite ; mais , M. eft- il bien poffible que
M. votre pere en faifant part au public de
fes idées , ait oublié de lui communiquer
cette partie de fon fyftême ? Car dans l'Ou
vrage qu'il a publié , il n'y a pas un feul miot,
qui puiffe faire foupçonner qu'il fe foit jamais
avifé de fe fervir de figures pour ap
prendre à lire ; vous avez vous- même donné
une feconde Edition de cet Ouvrage ; vous
avez réformé quelques-unes des idées de
F'Auteur , & en avez perfectionné quelques
autres. C'est vous-même qui nous l'apprenez
vous défapprouvez d'ailleurs l'ufage
des figures pour apprendre à lire , & vous
n'avez point averti que vous aviez réformé
le fyftême de M. votre pere fur un article
auffi important;que cela eft modefte ! Après
cela , pouvois-je fçavoir qu'en peignant les
fons de la Langue par des figures , dont les
objets font familiers aux Enfans , je ne fai-
Cvj
fois
1772 MERCURE DE FRANCE.
fois fuivre les traces de M. de Launay ? que
& avec quelle raifon pouvez - vous vous
plaindre , fi je ne lui
pas fait honneur
d'une découverte dont je ne pouvois fçavoir
qu'il fût le pere , & dont vraisembla
blement le Public refufera encore de lui accorder
la gloire , fi vous ne vous efforcez
de la lui affurer par des preuves convainquantes
?
Pour moi , je me contente de l'aveu que
vous faites , que les figures de feu M. votre
étoient differentes des miennes ; il fapere
tiguoit fans doute les Enfans mal- à- propos ,
en les obligeant à mettre dans leur tête deux
idées en même-tems , celle de la figure &
celle de la fyllabe ; peut- être fes figures
étoient tirées de la Fable ou de l'Hiftoire :
s'eft-il fervi d'un Janus à deux vifages pour
exprimer le fon ge , du Cefte de Venus pour
ft , d'Acteon changé en Cerf pour fe , de la
Barque à Caron pour que , comme dernierement
M.l'Abbé Danguy a voulu l'entreprendre,
contre les droits de mon privilége.Si cela
eft , je conviens que fa Méthode manquoit
de fimplicité , & qu'il furchargeoit inutile
ment la mémoire de fes éléves. C'étoit vouloir
leur apprendre une choſe par le moyen
d'une autre , qui ne leur étoit pas plus connuë
: il falloit leur apprendre plufieurs faits
Hif
AOUST. 1744. 1773
exempte
Hiftoriques ou Fabuleux pour leur faire re
tenir un feul fon de la Langue ; que d'idées
ne falloit- il pas mettre dans leur tête en
même-tems heureuſement ma Méthode eft
de ce défaut ; elle n'oblige point
Les Enfans à fe charger la mémoire de deux
idées en même- tems. Comme je n'employe
que des objets qui leur font familiers , tels
que font Eventail , Montre , Liv , Soleil
&c. elle ne fait que fe fervir des idées qu'ils
ont déja , fans que je m'en fois mêlé , pour
leur faire retenir des fons que je veux leur
apprendre. S'il eft vrai que M. de Eaunay
ait employé des figures pour apprendre
à lire , je fuis bien aife de l'avoir ignoré
& je m'eftime heureux que ma Méthode
foit en ce point fi différente de la fienne.
Que M. Py - Poulain jouiffe donc de
la gloire qu'il a méritée, en publiant ſa Méthode
de lecture , & vous de celle que vous
avez pû acquérir à la réformer & à la perfectionner
; je ne fuis point affés injufte pour
vouloir m'attribuer , ou partager avec vous
les éloges qu'elle a reçus de nos Sçavans ;
mais convenez auffi que ceux dont on a honoré
la Méthode que j'ai annoncée , ne vous
touchent ni directement ni indirectement ; des
Cenfeurs publics ne l'ont préconisée , que
parce qu'ils lui ont vû operer des merveilles ;
or , remarquez que ces prodiges , qui ont
étonné
1774 MERCURE DE FRANCE.
étonné , n'ont été opérés que par une Méthode
, qui , par l'ufage qu'on y fait de plufieurs
figures, n'eft propre , felon vous , qu'à
fatiguer inutilement les Enfans , & à retarder
leurs progrès à quoi penfiez -vous donc,
quand vous avez cru pouvoir faire honneur
à votre Méthode , & de ces Merveilles , &
des éloges qui en ont été la fuite ? Quelle
contradiction !
Vous me reprochez , après M. Dand'introduire
une réforme dans l'ortoguy
,
graphe , & d'écrire Cen pour Sang. Dange
pour Dogue. C'est une méprife qui ne vous
fait pas honneur ; en voici l'origine . Ces
fyllabes Ang & Og , quoique compofées de
différentes lettres , rendent le même fon
c'est pourquoi j'ai cru devoir les peindre
par une même figure. J'en dis autant de ces
autres , San & Cen. Mais il ne s'enfuit pas.
de-là que j'écrive Dangue , au lieu de Dogue ,
ni Cenguin , au lieu de Sanguin . Vous voyez
à quoi on s'expofe , quand on s'aviſe de
ler d'une matiere qu'on n'entend pas ; pour
moi je ne me fuis jamais avifé de réformer
fur cet article les anciens ufages , & il ne
m'arrivera certainement jamais de propofer
d'écrire Cien ,Cat , Ceval , jamê , Anglê , ils
èmê , Pijon , axès , fuxès , egziler , otorifer ,
& c. au lieu de Chien , Chat , Cheval, jamais,
par-
An
AOUST. 1744.
$775
Anglois , ils aimoient , Pigeon , accès , fuccès ,
exiler , autorifer , &c. comme vous l'avez
fait dans le Plan nouveau d'ortographe que
vous avez publié , pag. 178 , 179 , 182 ,
194 , 210.
Au refte , M. étoit-il néceffaire de troubler
la cendre des morts , & de faire paroître ſur
la Scéne une perfonne qui n'eft plus & que
je regrette , pour avoir occafion de lâcher
quelques traits de mauvaiſe plaifanterie ? à
Dieu ne plaife qu'elles me déterminent à
rompre le filence que je me fuis impofé du
vivant même de feu M. l'Abbé Danguy.
Un refte d'amitié pour un jeune homme à qui
je n'ai jamais ceffé de rendre tous les fervices
qui ont dépendu de moi ; l'efperance bien fondée
que j'avois conçue de fon retour , les regrets
•·qu'il a fait paroître àfa mort , pour en avoir fi
mal ufe avec moi , font des motifs trop preſſans,
qui m'obligent encore à me taire. J'avoue , qu'il
m'a beaucoup coûté dans le tems de me détermi
ner au filence , mais il me coûtera
pen
nant de le garder , & l'occafion favorable de
vous rendre vos plaifanteries , ne fera pas capable
de mele faire rompre.
mainte-
C'est même à regret que je releverai ce que
vous avancez , que M. D. a dit à des perfonnes
refpectables, que je lui avois avoué que
votre Méthode n'étoit autre que la mienne ;
qu'il
1776 MERCURE DE FRANCE.
qu'il l'ait dit , ou non , cela m'inquiéte fort
peu. Mais comment avez- vous ofe alleguer en
preuve des faits de cette nature , qu'il eft impoffible
de vérifier ? car enfin il s'agit defçavoir
s'il eft vrai quej'ayejamais fait un pareil aveu;
comment aurois-je pû le faire ? connoiſſois -je
affés peu les principes de ma Méthode & ceux
de la vôtre , pour ignorer l'extrême différence
qu'il y a entre les uns & les autres ?
Voilà , M. les réfléxions que j'ai cru devoir
publier pour répondre à votre Lettre ;
j'augure trop bien des difpofitions favora
bles où je vous vois maintenant à l'égard de
ma Méthode , puifque vous effayez de vous
l'approprier , pour ne pas les feconder ;
déja vous en goûtez le fond ; c'eft beaucoup ;
il ne vous refte plus qu'un pas à faire ; il ne
s'agit que d'approuver l'ufage que je fais des
figures ; rien n'eft plus aife ; le facrifice que
vous ferez pour cela de vos préjugés ne ſera
pas grand.
Je m'attens que bien- tôt vous ferez connoître
que vous êtes docile à la voix de la
Raifon , & que vous fçavez rendre hommage
à la vérité. Penfez - y. Je fuis , & c.
Je perfifte dans les mêmes fentimens que
je vous marquai dans une vifite dont vous
m'honorâtes un jour , fans vous faire connoître.
Vous voulûtes parier que je ne ferois
jamais
AOUST. 1744.
1777
jamais lire en un mois , par le moyen de ma
Méthode & de mes figures , comme je l'a
vois annoncé ; j'acceptai le défi , & vous
propofai de dépofer chacun pareille fomme
raifonnable chés un Notaire ; fi mon Effai
réuffit , vous difois-je , j'ai gagné , finon j'ai
perdu . Ne trouvez pas mauvais , s'il vous
plaît , que dorénavant je ne réponde point
vos Lettres , fi vous m'en adrellez encore ,
que vous n'acceptiez la propofition que
vous m'avez obligé de vous faire.
Je profite de cette occafion pour avertir
le public que ceux , qui enfeignent fuivant
les principes de ma Méthode , s'offrent d'enfeigner
gratis pendant quinze jours , & au
cas qu'au bout de ce tems- là les parens ne
foient pas contens des progrès , ils pourront
remercier les Maîtres : finon , ils feront
obligés de s'en tenir au marché dont ils feront
convenus. L'expérience confirme que
cette Méthode eft très-propre à apprendre
aux Etrangers à bien prononcer le François
, & à réformer leur accent en très- peu
de tems.
Voilà ma nouvelle adreſſe , au cas que vous
vouliez , M. me venir trouver pour m'annoncer
que vous acceptez le défi que je vous fais.
L'Abbé Berthaud , rue de Richelieu , visà-
vis celle de Villedot.
Fermer
7633
p. 265-278
BENEFICES.
Début :
Le Roy a nommé à l'Evesché de Châlons sur Saone [...]
Mots clefs :
Évêque, Ordre, Diocèses, Chalon-sur-Saône
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES.
BENEFICES.
Le Royanomme à l'Evesché de Châlons furSaonc
Messire François Madot,
Evesque de Bellay.
L'Eglise Epifcopalc de
Châlons n'a que sa feule
antiquité de remarquable,
& rien de beau que ses deux
clochers au dessus du Portail,ses Cloîtres,& quelques
tombeaux des anciens Comtes de Châlons. Cette Eglise
autre fois de Sainr Estienne,
& aujourd'huy de Saint Vin-
cent, a
son Chapitre compote de vingt-cinq Chanoines parmy lesquels il y a
sept dignicez;le Doyen, le
Chancre, le Tresorier, &
quatre Archidiacres. Le
Dioceserenferme deux cens
quatre Paroisses partagées
en cinq Archiprestrez qui
font ceux de Montigny
, Migny, Bresle, Tornus
-, Ouches, avec six Abbayes.
L'Evesché en suffragantde
Lyon: Saint Marcel qui vinc
prêcher la Foy à Châlons,
l'an 179. accompagné de
Saint Valerin ou Valaien
„
fous l' Empereur Antonius
Verus,& qui y
souffrit le
Martyre par la Sentence de
Pritcus, Chef de la Justice
pour les Romains, en est
reconnu l'A pôtre. StSylveste sur fait: Evesque de
Châlons aprés le Bienheureux Jean vers l'an 45)o.
& ilmourut l'an 531. ou
553. S. Agricole, dit S-iint
Aregle Evesque du lieu,
mourutTan580. ilavoit
succedé à S. Sylvester. Saint
Grat futEvesquede Chalons
en 640. aptes Gelion successeur de S. Lou p.
Il y a
cû un Concile à
Chalons sur Saone; la dixhuitiémeannée de Gontran,
c'est- dire. en 5;'9. c'està où Sa
-
dire en 575?. ou Salonius Evesque d'Ambrun
& Sagittaire Evesque de
Cap, furent deposez. On
en peut voir les particularirez dans l'histoire Ecclesiastique de Monsieur Fleury
Tome 7. page 6oS/ri'
Sa Majestéadonné l'Abbaye de Maizieres,Ordre de
Cisteaux, Diocese de Chalons,à Mr l'Abbé dEgvilly.
Elle vacquoit par la more
deMsfiire Henry Felixde
..-.,. ,¿.
-
Tassy
,
dernier Evesque de
Chalons.
Celle de la Pièce, , Ordre de
Ç,Iflcaux,Diocese de Troyes
à Don Fitz Herbert.
Celle de Pralons, à Me
de Bussy Rabutin. Cette Abbaye de Eilles est de l'Ordre
de Saint Benoist, & dans 1g
Diocese de Langres.
Celle deNôtre-Dame des
Anges, aussi de Fllles, à
Me Carbonel de Canisi.
Elle est de l'Ordre de Saine
Benoist & du Diocese de
Coutances.
Celle d'Aumale
,
dite
aussi Saint Martind'Acy,
Ordre de Saine Benolit,
Diocese de Coutances, à
Mr l'Abbé Colbert, Chanoine & Grand Vicaire de
Tournay.
.,'
-
La VilledAumale: est
dans le païs de Caux, en
Normandie. Elle est fiiuéc
sur le penchant d'une colline
bornée d'unePrairie quiarrose la Bresle, & éloignée
dequatorzé leuës de Roüen,
de cinq de Neuchatel & de
Blangy,& de huit d'Amiens.
Il y a une Paroisse qui porte
letitre de Saint Pierre, &
une autre sous celuy de
Sainte Marguerite hors la
Ville, prés de l'Abbayede
saint Martin de l'Ordre de
lîaint Benoist. Les batimens
de cette Abbaye qui n'étoit
autrefois qu'un Prieuré conventuel dependant de saint
Lucien de Beauvais
,
étant,
tombez en ruine, & n'y
ayant plus qu'un Religieux,
Mr l'Abbé de l'Epinne,
Conseiller, Clerc au Parlement de Roüen, ancien
Chanoine de la Cathedrale,
homme d'esprit & de merire & qui mourut au mois
de Decembre 1711,y introduit la reforme des
Benedictins de la Congregation de saint Maur au commencement de l'année1704
Aumale où l'on trouve encore un Convent de Pcnitens & un de Dominicaines,
a Baillage,Vicomté, Maîtrise des Eaux & Forests,
Lieutenant de Police,
Maire, quatre Echevins &
autres Officiers de Ville.Son
commerce principal consiste
en Serges appellées Serges
d' Aumale, & qui font fore
recherchées. Cette Ville
etoic anciennement assez
bien fortisiée; mais on n'entretient plus ny les murailles
ny les fossez Elle a eu des
Comtes particuliers. Eudes
II. fils d'Henry dit,Etienne.,
Comte de Troyes & de
Meaux, épousa une sœur
uterine de Guillaume le Bâtard Duc. de Normandie,
& Roy d'Anglettrre, qui le
fie Comte d'Aumale. Ce
Comté entra depuis dans la
Maison de Ponthieu,& ensuite dans celle de Lorraine,
par le mariage de Marie
d'Harcourt, fille de Jean
VIII. Comte d'Aumale,
avec Antoine de Lorraine.
L'un de ces Comtes ayant
fondé l'Abbaye d'Aumale,
la Comtesse Ais ou Adclis
y
fit venir des Religieux de
faine Lucien de Beauvais,
& le Comte Etienne son
fils confirma l'an I I ij. tout
ce qui avoir été fait touchant la fondation de cette
Abbaye. La Ville d'Aumale
fut erigée en Duché l'an
1547.par leRoy Henry II.
en faveur de François de
Lorraine, fils ainé de Claude
de Lorraine Duc de Guise,
qui ceda ce Duché d'Aumale à Claude son frere
:
Ce dernier entrautres en-,
sans eut Claude de Lorraine
pere deCharles Duc d',Au..
ipalc*; -• •-
Sa-Maielle a
aussi donné
la Coadjutorerie de rAb..
baye de filles deVigniogou
Ordre de Cisteaux,1 Diocese
de Montpellier
,
à Me de
Bernis.
.Le Prieuré de Nôtre D,nne
QU Puy Chevrier, dit d'Entresin,vacquant par la more deMrl'AbbéPetitdeVilleneuve, ConseillerauParle-
mène, à Monsieur l'Abbé
Normande Docteur en
Theologie. Ce Prieuré est
du Diocese de Poitiers, 6c
de l'Ordre de Grammon.
Saint Estienne de Muret,
Comte de Thier, commença la fondation & la
reforme de cet Ordre dans
son propre païs : mais pour
se derober davantage au
monde, il alla choisir dans
le Diocese de Limoges, un
desert presque inaccessible,
entre Monime & Razés;
où il fit l'établissement qui
dure encore. Les Rois d'An-
gleterre, pour lors Maistres
de l'Aquitaine & du Limouzin
,
contribuerent à
cet établisement, & les
Seigneurs de Monime n'y
contribuerent pas moins,
& de pereen fils ils ont
continué dans tous les tems
de faire de grands dons à
cette Abbaye:leurs tombeaux y
sont aussi
; cette
Maisonest éteinte
,
leur
nom de famille étoit Razés.
Le 17. du mois paflTé
,
Monseigneur l'Evesque de
Grafie donna les premices
de son Episcopat à l'Eglise
Paroissiale de S. Jean l'Evangeliste du Cardinalle Moine
il ychanta le matin la gran de
Messe polit]ifcalcnient., & le :
foir il prêcha dans la mesme
Eglise d'une maniere fore
pathetique ,Mr Leulier
GrandMaistre du College
& Curé, n'oublia rien pour
rendre la ceremonie celebre.
Le Royanomme à l'Evesché de Châlons furSaonc
Messire François Madot,
Evesque de Bellay.
L'Eglise Epifcopalc de
Châlons n'a que sa feule
antiquité de remarquable,
& rien de beau que ses deux
clochers au dessus du Portail,ses Cloîtres,& quelques
tombeaux des anciens Comtes de Châlons. Cette Eglise
autre fois de Sainr Estienne,
& aujourd'huy de Saint Vin-
cent, a
son Chapitre compote de vingt-cinq Chanoines parmy lesquels il y a
sept dignicez;le Doyen, le
Chancre, le Tresorier, &
quatre Archidiacres. Le
Dioceserenferme deux cens
quatre Paroisses partagées
en cinq Archiprestrez qui
font ceux de Montigny
, Migny, Bresle, Tornus
-, Ouches, avec six Abbayes.
L'Evesché en suffragantde
Lyon: Saint Marcel qui vinc
prêcher la Foy à Châlons,
l'an 179. accompagné de
Saint Valerin ou Valaien
„
fous l' Empereur Antonius
Verus,& qui y
souffrit le
Martyre par la Sentence de
Pritcus, Chef de la Justice
pour les Romains, en est
reconnu l'A pôtre. StSylveste sur fait: Evesque de
Châlons aprés le Bienheureux Jean vers l'an 45)o.
& ilmourut l'an 531. ou
553. S. Agricole, dit S-iint
Aregle Evesque du lieu,
mourutTan580. ilavoit
succedé à S. Sylvester. Saint
Grat futEvesquede Chalons
en 640. aptes Gelion successeur de S. Lou p.
Il y a
cû un Concile à
Chalons sur Saone; la dixhuitiémeannée de Gontran,
c'est- dire. en 5;'9. c'està où Sa
-
dire en 575?. ou Salonius Evesque d'Ambrun
& Sagittaire Evesque de
Cap, furent deposez. On
en peut voir les particularirez dans l'histoire Ecclesiastique de Monsieur Fleury
Tome 7. page 6oS/ri'
Sa Majestéadonné l'Abbaye de Maizieres,Ordre de
Cisteaux, Diocese de Chalons,à Mr l'Abbé dEgvilly.
Elle vacquoit par la more
deMsfiire Henry Felixde
..-.,. ,¿.
-
Tassy
,
dernier Evesque de
Chalons.
Celle de la Pièce, , Ordre de
Ç,Iflcaux,Diocese de Troyes
à Don Fitz Herbert.
Celle de Pralons, à Me
de Bussy Rabutin. Cette Abbaye de Eilles est de l'Ordre
de Saint Benoist, & dans 1g
Diocese de Langres.
Celle deNôtre-Dame des
Anges, aussi de Fllles, à
Me Carbonel de Canisi.
Elle est de l'Ordre de Saine
Benoist & du Diocese de
Coutances.
Celle d'Aumale
,
dite
aussi Saint Martind'Acy,
Ordre de Saine Benolit,
Diocese de Coutances, à
Mr l'Abbé Colbert, Chanoine & Grand Vicaire de
Tournay.
.,'
-
La VilledAumale: est
dans le païs de Caux, en
Normandie. Elle est fiiuéc
sur le penchant d'une colline
bornée d'unePrairie quiarrose la Bresle, & éloignée
dequatorzé leuës de Roüen,
de cinq de Neuchatel & de
Blangy,& de huit d'Amiens.
Il y a une Paroisse qui porte
letitre de Saint Pierre, &
une autre sous celuy de
Sainte Marguerite hors la
Ville, prés de l'Abbayede
saint Martin de l'Ordre de
lîaint Benoist. Les batimens
de cette Abbaye qui n'étoit
autrefois qu'un Prieuré conventuel dependant de saint
Lucien de Beauvais
,
étant,
tombez en ruine, & n'y
ayant plus qu'un Religieux,
Mr l'Abbé de l'Epinne,
Conseiller, Clerc au Parlement de Roüen, ancien
Chanoine de la Cathedrale,
homme d'esprit & de merire & qui mourut au mois
de Decembre 1711,y introduit la reforme des
Benedictins de la Congregation de saint Maur au commencement de l'année1704
Aumale où l'on trouve encore un Convent de Pcnitens & un de Dominicaines,
a Baillage,Vicomté, Maîtrise des Eaux & Forests,
Lieutenant de Police,
Maire, quatre Echevins &
autres Officiers de Ville.Son
commerce principal consiste
en Serges appellées Serges
d' Aumale, & qui font fore
recherchées. Cette Ville
etoic anciennement assez
bien fortisiée; mais on n'entretient plus ny les murailles
ny les fossez Elle a eu des
Comtes particuliers. Eudes
II. fils d'Henry dit,Etienne.,
Comte de Troyes & de
Meaux, épousa une sœur
uterine de Guillaume le Bâtard Duc. de Normandie,
& Roy d'Anglettrre, qui le
fie Comte d'Aumale. Ce
Comté entra depuis dans la
Maison de Ponthieu,& ensuite dans celle de Lorraine,
par le mariage de Marie
d'Harcourt, fille de Jean
VIII. Comte d'Aumale,
avec Antoine de Lorraine.
L'un de ces Comtes ayant
fondé l'Abbaye d'Aumale,
la Comtesse Ais ou Adclis
y
fit venir des Religieux de
faine Lucien de Beauvais,
& le Comte Etienne son
fils confirma l'an I I ij. tout
ce qui avoir été fait touchant la fondation de cette
Abbaye. La Ville d'Aumale
fut erigée en Duché l'an
1547.par leRoy Henry II.
en faveur de François de
Lorraine, fils ainé de Claude
de Lorraine Duc de Guise,
qui ceda ce Duché d'Aumale à Claude son frere
:
Ce dernier entrautres en-,
sans eut Claude de Lorraine
pere deCharles Duc d',Au..
ipalc*; -• •-
Sa-Maielle a
aussi donné
la Coadjutorerie de rAb..
baye de filles deVigniogou
Ordre de Cisteaux,1 Diocese
de Montpellier
,
à Me de
Bernis.
.Le Prieuré de Nôtre D,nne
QU Puy Chevrier, dit d'Entresin,vacquant par la more deMrl'AbbéPetitdeVilleneuve, ConseillerauParle-
mène, à Monsieur l'Abbé
Normande Docteur en
Theologie. Ce Prieuré est
du Diocese de Poitiers, 6c
de l'Ordre de Grammon.
Saint Estienne de Muret,
Comte de Thier, commença la fondation & la
reforme de cet Ordre dans
son propre païs : mais pour
se derober davantage au
monde, il alla choisir dans
le Diocese de Limoges, un
desert presque inaccessible,
entre Monime & Razés;
où il fit l'établissement qui
dure encore. Les Rois d'An-
gleterre, pour lors Maistres
de l'Aquitaine & du Limouzin
,
contribuerent à
cet établisement, & les
Seigneurs de Monime n'y
contribuerent pas moins,
& de pereen fils ils ont
continué dans tous les tems
de faire de grands dons à
cette Abbaye:leurs tombeaux y
sont aussi
; cette
Maisonest éteinte
,
leur
nom de famille étoit Razés.
Le 17. du mois paflTé
,
Monseigneur l'Evesque de
Grafie donna les premices
de son Episcopat à l'Eglise
Paroissiale de S. Jean l'Evangeliste du Cardinalle Moine
il ychanta le matin la gran de
Messe polit]ifcalcnient., & le :
foir il prêcha dans la mesme
Eglise d'une maniere fore
pathetique ,Mr Leulier
GrandMaistre du College
& Curé, n'oublia rien pour
rendre la ceremonie celebre.
Fermer
Résumé : BENEFICES.
Le texte traite de l'Evêché de Châlons-sur-Saône et de diverses abbayes et prieurés. L'église épiscopale de Châlons-sur-Saône, dédiée à Saint Vincent, est notable pour son antiquité et ses deux clochers au-dessus du portail, ses cloîtres et les tombeaux des anciens comtes de Châlons. Elle possède un chapitre composé de vingt-cinq chanoines, incluant sept dignités : le Doyen, le Chancelier, le Trésorier et quatre Archidiacres. Le diocèse comprend deux cent quatre paroisses réparties en cinq archiprêtrés et six abbayes. L'Evêché est suffragant de Lyon et reconnaît Saint Marcel comme apôtre, qui a prêché la foi à Châlons en 179 avec Saint Valérien sous l'empereur Antonius Verus. Plusieurs évêques notables sont mentionnés, tels que Saint Sylvestre, Saint Agricole et Saint Grat. Un concile s'est tenu à Châlons-sur-Saône en 575, où Salonius et Sagittaire furent déposés. Le roi a attribué diverses abbayes à des personnalités, comme l'abbaye de Maizières à l'Abbé d'Egvilly et l'abbaye de Pralons à M. de Bussy Rabutin. Le texte décrit également la ville d'Aumale en Normandie, avec ses paroisses, ses bâtiments religieux et son histoire, notamment son érection en duché en 1547 par le roi Henri II en faveur de François de Lorraine. Des donations royales sont mentionnées, comme la coadjutorerie de l'abbaye de Vigniogoul et le prieuré de Notre-Dame du Puy Chevrier. Enfin, il est noté que Monseigneur l'Évêque de Grafie a célébré les prémices de son épiscopat à l'église paroissiale de Saint Jean l'Évangéliste.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7634
p. 270-299
Eloge de feu Mr de Corneille. [titre d'après la table]
Début :
Je vous tiens parole, & je m'acquitte de ce que je vous ay promis [...]
Mots clefs :
Éloge, Corneille, Académie française, Public, Comédies, Tragédies, Opéra, Troupe, Comédien, Éditions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Eloge de feu Mr de Corneille. [titre d'après la table]
Je vous tiens parole , &je
m'acquitte de ce que je vous
ay promis en vous envoyant
l'Eloge de feu Mr de Corneille, Ecuyer, mort à l'âge de 84.
ans. Il a porté le nom de
Jeune , dans un âge fort avancé , à caufe qu'il avoit un frere
plus âgé que luy , connu fous
le nom du grand Corneille , &
qui s'eftoit acquis ce furnom
a jufte titre. On avoit encore
donné au cadet le furnom
d'honneste homme , à caufe de la
GALANT 271-
droiture de fon cœur generalement connue. Il eftoit univerfellement aimé , & il n'a
pas paru qu'il ait jamais eu
aucun ennemy ni qu'il fe foit
brouillé avec perfonne. Il étoit
obligeant, d'une humeur douce, & fe faifoit un plaifir d'en
faire à tous ceux qui en fouhaitoient de luy.
Comme l'efprit eftoit hereditaire dans fa famille , il ne
faut pas s'eftonner s'il prit le
party des Lettres. Il eftoit univerfel , & la Poëſie n'a pas fait
fon unique occupation. Il a
donné cinq gros Volumes in
Z iiij
272 MERCURE
F
Folio au Public , dont je vous
parleray dans la fuite , ainfi
que d'autres ouvrages de Profe. Ses premiers ont efté des
preuves du talent qu'il avoit
pour la Poësie , & c'eft ordinairement par où les jeunes
gens commencent à exercet
leur efprit. Iltraduifit les Methamorphofes d'Ovide, &p'ufieurs autres Ouvrages de ce
galant Auteur en Vers François , dont on a fait un grand
nombre d'Editions. Ses Ouvrages de Theatre ont diverty
la Cour pendant tout le temps
de la Regence , & long- temps.
ป
GALANI 273
aptés , &parmy fes Comedies
& fes Tragedies , dont je ne
vous nommeray que quelquesunes , puifque le Recueil de
fes Pieces eft imprimé , il y en
a eu dont les fuccés ont furpaffe ceux des Pieces des plus
fameux Auteurs ; & entre fes
Comedies , Dom Bertrand de
Sigaralle , a cfté fi eftimé & fi
fuivy, que l'on a remarqué que
pendant un certain nombre
d'années , il a efté joué plus de
vingt fois à la Cour , fans les
reprefentations qui en ont efté
données au Public. Mr de
Corneille n'eftoit encore que
274 MERCURE
dans un âge tres-peu avancé,
lors qu'ilfit jouer fur le Theatre du Marais , le Tymocrate.
Nous n'avons point yû d'Ouvrage de nos jours qui ait efté
reprefenté fi long- temps de
fuite , puifque les reprefentations en furent continuées pendant un hyver entier ; & cette
Piece fit tant de bruit , que le
Roy l'alla voir fur le Theatre
du Marais. Le fujet de cette
Piece fut fi heureux , & cette
Tragedie fut fi intereſſante,
qu'on vit paroiftre auffi toſt
plufieurs Pieces, dont les Heros eftoient haïs fous un nom
GALANT 275
& aimez fous un autre. Comme la Troupe des Comediens
du Marais ne paffoit pas pour
eftre la meilleure de Paris , &
que celle de l'Hoſtel de Bourgogne la furpaffoit infiniment,
& qu'elle avoit toutes les voix,
cetteTroupe entreprit de jouer
cette Piece , à caufe de la reputation extraordinaire qu'el
le avoit euë ; mais comme
tout Paris la fçavoit par cœur,
cette Troupe n'eût pas tous
les applaudiffemens qu'elle at.
tendoit , & le grand nombre
de Reprefentations qu'en avoient donné les Comediens
+
276 MERCURE
du Marais , avoient fait qu'ils
poffedoient fi bien cette Piece , qu'il fut impoffible aux
Copies d'atteindre jufqu'à la
perfection des Originaux ; de
maniere que lors qu'il eftoit
queftion de la voir reprefenter on preferoit les Comediens du Marais à ceux del'Hôtel de Bourgogne.
Mr de Corneille fit jouer
quelque temps aprés la mort
de l'Empereur Comode fur le
mefine Theatre des Coinediens du Marais , où le Roy
& toute la Cour , fur le bruit
qui fe répandit des grands ap
GALANT 277
plaudiffemens que cette Piece
recevoit , allerent en voir la
reprefentation & quelque
temps aprés elle fut jouée fur
le Theatre du Louvre , où l'on
en donna encore enſuite plufieurs reprefentations.
Les Comediens de l'Hoftel
de Bourgogne , chagrins des
avantages que recevoient les
Comediens du Marais , mirent
tout en ufage pour s'acquerir
M'de Corneille , & il fe trouva obligé de travailler pour
eux , parce qu'ils avoient fait
entrer dans leur Troupe quelques Comediens du Marais ,
278 MERCURE
fans lefquels fes Pieces auroient
eſté mal jouées. Il fit donc reprefenter le Stilicon fur le
Theatre de l'Hoftel de Bourgogne. Je ne vous dis rien de
cette Piece. Perfonne n'ignore
qu'elle fut le charme de tout
Paris. M' de Corneille donna
enfuite Camma , Reine de Galatie , & la Cour & la Ville ſc
trouverent en fi grand nombre aux Repreſentions de cette Piece , que les Comediens
ne trouvoient pas de place fur
le Theatre pour pouvoir jouer
avec tranquilité , & il arriva
une chofe en ce temps- là qui
GALANT 279
n'avoit point encore eſté faite
par aucune Troupe. Les Comediensjufqu'à cette Piece n'avoient joué la Comedie que
les Dimanches , les Mardis , &
les Vendredis ; mais ils commencerent à caufe de la foule ,
à jouer les Jeudis , ce qui leur
arriva dans la fuite , lors que
les Pieces eftoient fort fuivies ,
ce qu'ils ont toûjours fait depuis, & ce qui leur a vallu beaucoup d'argent.
Parmi fes Tragedies on en
trouve une qui a paffé pour un
Chef-d'œuvre. Jamais Piece.
n'a efté plus touchante & plus
-
280 MERCURE
fuivie. C'eft de l'Ariane dont
je veux parler , & ce qui doit
furprendre tout le monde , eft
que M' de Corneille eftant retiré à la Campagne avoit fait
cette Piece en quarante jours.
Il n'avoit pas moins de facilité
à travailler à fes ouvrages de
Theatre, que de memoire pour
les retenir , & tous ceux qui
l'ont connu particulierement.
ont efté témoins que lors qu'il
eftoit prié delire fes Pieces dans
quelques Compagnies , ce qui
cftoit autrefois fort en ufage ,
il les recitoit mieux qu'aucun
Comedien n'auroit pû faire ,
GALANT 281
fans rien lire ; il eftoit fi fûr de
fa memoire , quefouvent il ne
portoit point fes Pieces avec
luy.
Les Comediens m'ayant
preffé avec de fortes inftances ,
de mettre aprés la mort de M
Voifin tout ce qui s'eftoit paf
fé chez elle pendant fa vie à
l'occafion du mêtier dont elle
s'eitoit mêlée , je fis un grand
nombre de Scenes qui auroient
pû fournir de la matiere pour
trois ou quatre Pieces ; mais
qui ne pouvoient former un
fujet parce qu'il eftoit trop uniforme, & qu'il nes'agiffoit que
Fanvier 1710. Aa
282 MERCURE
de gens qui alloient demander
leur bonne - avanture , & faire
des propofitions qui la regardoient ; mais toutes ces Scenes.
ne pouvant former le neud
d'une Comedie , parce que
toutes ces perfonnes ſe fuyant
& évitant de fe parler , il eftoit
impoffible de faire une liaifon
de Scenes , & que la Piece puſt
avoir unnœud ; je luy donnay
mes Scenes , & il en choifit un
nombre avec lefquelles il compofa un fujet dont le noud
parut des plus agreable , &qui
a efté regardé comme un Chefd'œuvre. Le fuccés de cette
GALANT 283
Piece qui a efté un des plus prodigieux du fiecle , en fait foy.
Le fuccés de la Comedie de
'Inconnu a efté auffi des plus
grands. Il y avoit des raifons
pour donner promptement
cette Piece au Public ; de maniere que pour avancer , je fis
toute la Piece en Profe , &
pendant que je faifois la Profe
du fecond Acte , il mettoit
celle du premier Acte en Vers ;
& comme la Profe eft plus facile que les Vers , j'eus le temps
de faire ceux des Divertiffemens , & fur tout du Dialogue
Aa ij
284 MERCURE
de l'Amour & de l'Amitié qui
n'a pas déplu au Public. Nous
avons fait encore enfemble la
fuperbe Piece de Machines de
Circé , de laquelle je n'ay fait
que les Divertiffemens. Les
Comediens avoient traité du
Theatre des Opera de feu M
le Marquis de Sourdeac ; &
comme tous les mouvemens
des Opera y eftoient reftez ,
je crus qu'en fe fervantedes
mefines mouvemens qui a
voient fervi aux Machines de
ces Opera , on pourroit faire
une Piece qui feroit recitées
GALANT 285
& non chantée , & nous
cherchâmes un fujet favora
ble à mettre ces Machines
dans leur jour. De maniere
que lorsque la Piece parut elle
ne reffembloit en rien aux Opera qui avoient eſté chantez
fur le même Theatre. Le fuccés de cette Piece fut fi prodigieux qu'elle fut jouée fans
interruption depuis le commencement du Carefme jufqu'au mois de Septembre ,
& les Reprefentations en auroient encore duré plus longtemps fi les intereſts d'un Par
ticulier n'en euffent point fait
286 MERCURE
retrancher les voix. Il eft à remarquer que pendant les fix
premieres femaines , la Salle de
la Comedie fe trouva toute
remplie dés midi ; & que com
me l'on n'y pouvoit trouver
de place on donnoit un demi
Louis d'or à la porte , feulement pour y avoir entrée , &
que l'on eftoit content quand
pour la même fomme que l'on
donnoit aux premieres Loges ,
on eftoit placé au troisième
rang. Je n'avance rien dontles
Regitres des Comediens ne
faffent foy.
Comme feu Mr de Cor-
GALANT 287
neille , avoit le bonheur de
réüffir dans tout ce qu'il entreprenoit & que l'Opera cût
efté étably au Palais Royal ,
il fut follicité d'y travailler ,
& il fit l'Opera de Bellerophon,
quifut auffi joué pendant prés
d'une année entiere. Outre
la beauté des Vers & de la
Mufique on remarqua dans
cette Piece ce qui ne s'eftoit
pas encore vu dans aucun Opera ; c'eft à- dire , un fujet auffi
plein & auffi intrigué qui fi la
Piece avoit eu quinze cens
Vers , quoyqu'à caufe de l'étenduëque donne la Mufique,
288 MERCURE
les Opera n'en contiennent
ordinairement que quatre 3
cinq cens. Son genie parut
encore dans l'Opera de Pfiché ;
ce fujet avoit efté mis en Comedie pour le Roy , avec des
Intermedes fi remplis & fi
fuperbes pour tout ce qui en
regardoit les ornemens , que
la France n'a rien vû de plus
beau que ce Spectacle qui avoit
eſté donné dans la fuperbe
Salle des Machines qui fe voit
dans le Palais des Thuileries.
-
Les Comediens voulurent
donner cette Piece au Public ,
en y laiffant les Intermedes , &
fans
GALANT 289
fans que le Corps de la Piece
fuft mife en Opera ; mais la
dificulté parut grande à tous
les Auteurs , car la Piece qui
avoit cité recitée avoit autant
de Vers que les Tragedies ordinaires , & il n'en falloit pas
le quart pour eftre chantée ,
& que cependant tout le fujet
yentraft ; c'eft de quoy Mr de
Corneille vint à bout , & il
fçut la reduire en Opera fans
rien changer du fujer de la'
Piece ; demaniere qu'en n'employant que quatre cens Vers ,
le Public vit les mêmes incidens qu'il avoit trouvez dans
Fanvier 1710.
Bb
290 MERCURE
la Piece de dix huit cens , ce
qui furprit tous les Auditeurs ,
& luy attira beaucoup de
loüanges.
Je nefinirois point cet Elogefi je voulois faire l'Hiftoire
de tous les Ouvrages de Theatre de Mr de Corneille , &
j'aurois quelque chofe de fingulier à vous dire fur chacune
de fes Pieces. La Poëfie cftoit
le moindre de les talens , &
on enjugera par Les Ouvrages
de Profe que je vais vous
raporter. Il fçavoit parfaitement la Langue. Rien ne luy
eftoit caché dans les Arts , &
GALANT 291
toute la terre luy eftoit connuë. Voicy des preuves ' parlantes & inconteftables de ces
trois chofes.
Les remarques que cet
homme univerfel a fait fur
Vaugelas font une preuve
fans replique qu'il connoiffoit
la Langue dans toutela pureté,
&l'on peut en lifant ce Livre
s'éclaircir des doutes que l'on
peut avoir lorfque l'on veut
écrire & parler jufte. Auffi
ce Livre eft il fort recherché
& confulté de ceux qui yeulent acquerirle nom de Puriftes,
.que feu Mr de Corneille , a
Bb ij
292 MERCURE
mieux merité que beaucoup
d'autres , & j'ay fouvent oui
dire à Mr l'Abbé de Dangcau ,
qui comme vous fçavez eft de
l'Academie Françoiſe , & qui
fe plaifoit à luy rendre juſtice ,
qu'il eftoit leur Maître.
Les deux Volumes in fulio
qu'il a donnez au Public fous .
le nom de Dictionnaire des
Arts, doivent faire connoiſtre,
fans qu'il foit befoin d'en dire
davantage, que tout ce qui les
regarde , luy eftoit parfaitementconnu. Il me faudroit faireun Volume, fi je voulois par-,
de tout ce qu'ils contien- jer
GALANT 293
nent ,& de tous les Intrumens
qui regardent les Arts. J'ajouteray feulement que que ces deux .
Volumes ont efté trouvez fi
beaux & fi utiles , que l'impreffion en a efté entierement
enlevée prefque dans le temps
qu'elle a paru , quoy qu'elle
fe foit vendue dans le temps
que l'Academic Françoiſe a
donné fon Dictionnaire au
Public. Il avoit beaucoup travaillé avant la mort, pour en
donner une feconde, Edition ;
& il eftoit ſi laborieux , qu'il
travailloit en mefme temps aux
trois gros Volumes in folio
Bb jij
294 MERCURE
qu'il a donnez au Public un
peu avant fa mort, & qui font
• connoiftre qu'il eftoit univerfel, & qu'il connoiffoit la Terre entiere. 曹 Ces Volumes ont
pour titre , Dictionnaire univerfel , Geographique & Hiftorique , contenant la Defcription
des Royaumes, Empires , Eftats,
Provinces , Pays, Contrées, Dea
ferts , Villes , Bourgs , Abbayes;
Chafteaux , Fortereffes , Mers,
Rivieres , Lacs , Bayes ; Golphes , Détroits , Caps , Ifles,
Prefqu'Ifles, Montagnes , Vallées ; lafituation , l'étendue , les
limites , les diftances de chaque
GALANT 295
Pays ; la Religion , les Mœurs,
les Coûtumes , le Commerce , lesCeremonies particulieres des Peuples , ce que l'Hiftoire fournit
de plus curieux touchant les chofes qui s'y font passées. Le tout
recueilly des meilleures Livres de
Voyages , autres qui agent
paru jusqu'à prefent , par
Corneille de l'Academie Frangoife , & de celle des Infcriptions
des Medailles. موع
Mr
Le Public eftoit tellement
perfuadé de la bonté de fes
Ouvrages , quedés qu'il apprenoit qu'il en avoit quelqu'un
fous la Preffe , il en retenoit &
Bb iiij
296 MERCURE
en payoit d'avance des Exemplaires , chacun témoignant
par cet empreffement le defir
qu'il avoit d'en avoir des premicrs ; de maniere que l'Edition de ce Dictionnaire s'eft
trouvée vendue prefque auffitoft qu'elle a efté achevée , &
Mr de Corneille, dans le temps
qu'il eft mort , avoit déja fait
beaucoup de remarques fur
fonOuvrage, & ramaffe beaucoup de chofes curieuſes pour
en compoſer une feconde Edition .
Je dois avoüer icy que je
tiens de luy tour ce que je
GALANT 297
fçay de la Langue Françoife,
& que pendant un affez grand
nombre d'années, j'ay foûmis
mes Ouvrages à fa correction;
ce qui a fait croire davantage,
& ce qui eftoit ceffé depuis
douze années , ce grand homme eftant affez occupé d'ail .
leurs , & beaucoup détourné
par des incommoditez que
années & un travail immenſe
& continuel luy avoienr attirées.ople
र
fes
Il avoit un grand fond de
probité , de droitute , de fageffe , de bonté , de modeftie,
de charité , & de vertu. Enne-
298 MERCURE
mi de la médifance , il ne pouvoitfouffrir les perfonnes dont
l'unique converfation eft de
faire inventaire des actions
d'autruy. Jamais homme n'a
eu plus de Religion , & n'eft
mort avec plus de refignation
aux volontez de Dieu , & il
voyoit tous les jours approcher la mort avec une fermeté
incroyable , fans ceffer neanmoins fon travail qui luy cftoit
neceffaire , parce que les gens
de Lettres ne font pas ordinairement les plus favorifez de
la fortune , & que l'Ecriture
dit , QUI LABORAT ORAT,
qui travaille prie.
THEQUE
GALANT
20
BIBLIO
ge VILLE
Ce grand homme efton res
commandable par tant d'endroits differens, que je ne doute point que celuy qui aura
le bonheur de remplir la place
qu'il occupoit dans l'Academie Françoife , ne trouve encore de nouveaux fujets d'en
faire un bel Eloge. Perfonne
n'ignore qu'il eftoit auffi de
l'Academie Royale des Medailles & Infcriptions.
Je crois pouvoir placer une
Chanfon aprés l'Eloge d'un
homme qui en a fait de fi belles ; elle eft du Solitaire du
Bois du Val- Dieu.
m'acquitte de ce que je vous
ay promis en vous envoyant
l'Eloge de feu Mr de Corneille, Ecuyer, mort à l'âge de 84.
ans. Il a porté le nom de
Jeune , dans un âge fort avancé , à caufe qu'il avoit un frere
plus âgé que luy , connu fous
le nom du grand Corneille , &
qui s'eftoit acquis ce furnom
a jufte titre. On avoit encore
donné au cadet le furnom
d'honneste homme , à caufe de la
GALANT 271-
droiture de fon cœur generalement connue. Il eftoit univerfellement aimé , & il n'a
pas paru qu'il ait jamais eu
aucun ennemy ni qu'il fe foit
brouillé avec perfonne. Il étoit
obligeant, d'une humeur douce, & fe faifoit un plaifir d'en
faire à tous ceux qui en fouhaitoient de luy.
Comme l'efprit eftoit hereditaire dans fa famille , il ne
faut pas s'eftonner s'il prit le
party des Lettres. Il eftoit univerfel , & la Poëſie n'a pas fait
fon unique occupation. Il a
donné cinq gros Volumes in
Z iiij
272 MERCURE
F
Folio au Public , dont je vous
parleray dans la fuite , ainfi
que d'autres ouvrages de Profe. Ses premiers ont efté des
preuves du talent qu'il avoit
pour la Poësie , & c'eft ordinairement par où les jeunes
gens commencent à exercet
leur efprit. Iltraduifit les Methamorphofes d'Ovide, &p'ufieurs autres Ouvrages de ce
galant Auteur en Vers François , dont on a fait un grand
nombre d'Editions. Ses Ouvrages de Theatre ont diverty
la Cour pendant tout le temps
de la Regence , & long- temps.
ป
GALANI 273
aptés , &parmy fes Comedies
& fes Tragedies , dont je ne
vous nommeray que quelquesunes , puifque le Recueil de
fes Pieces eft imprimé , il y en
a eu dont les fuccés ont furpaffe ceux des Pieces des plus
fameux Auteurs ; & entre fes
Comedies , Dom Bertrand de
Sigaralle , a cfté fi eftimé & fi
fuivy, que l'on a remarqué que
pendant un certain nombre
d'années , il a efté joué plus de
vingt fois à la Cour , fans les
reprefentations qui en ont efté
données au Public. Mr de
Corneille n'eftoit encore que
274 MERCURE
dans un âge tres-peu avancé,
lors qu'ilfit jouer fur le Theatre du Marais , le Tymocrate.
Nous n'avons point yû d'Ouvrage de nos jours qui ait efté
reprefenté fi long- temps de
fuite , puifque les reprefentations en furent continuées pendant un hyver entier ; & cette
Piece fit tant de bruit , que le
Roy l'alla voir fur le Theatre
du Marais. Le fujet de cette
Piece fut fi heureux , & cette
Tragedie fut fi intereſſante,
qu'on vit paroiftre auffi toſt
plufieurs Pieces, dont les Heros eftoient haïs fous un nom
GALANT 275
& aimez fous un autre. Comme la Troupe des Comediens
du Marais ne paffoit pas pour
eftre la meilleure de Paris , &
que celle de l'Hoſtel de Bourgogne la furpaffoit infiniment,
& qu'elle avoit toutes les voix,
cetteTroupe entreprit de jouer
cette Piece , à caufe de la reputation extraordinaire qu'el
le avoit euë ; mais comme
tout Paris la fçavoit par cœur,
cette Troupe n'eût pas tous
les applaudiffemens qu'elle at.
tendoit , & le grand nombre
de Reprefentations qu'en avoient donné les Comediens
+
276 MERCURE
du Marais , avoient fait qu'ils
poffedoient fi bien cette Piece , qu'il fut impoffible aux
Copies d'atteindre jufqu'à la
perfection des Originaux ; de
maniere que lors qu'il eftoit
queftion de la voir reprefenter on preferoit les Comediens du Marais à ceux del'Hôtel de Bourgogne.
Mr de Corneille fit jouer
quelque temps aprés la mort
de l'Empereur Comode fur le
mefine Theatre des Coinediens du Marais , où le Roy
& toute la Cour , fur le bruit
qui fe répandit des grands ap
GALANT 277
plaudiffemens que cette Piece
recevoit , allerent en voir la
reprefentation & quelque
temps aprés elle fut jouée fur
le Theatre du Louvre , où l'on
en donna encore enſuite plufieurs reprefentations.
Les Comediens de l'Hoftel
de Bourgogne , chagrins des
avantages que recevoient les
Comediens du Marais , mirent
tout en ufage pour s'acquerir
M'de Corneille , & il fe trouva obligé de travailler pour
eux , parce qu'ils avoient fait
entrer dans leur Troupe quelques Comediens du Marais ,
278 MERCURE
fans lefquels fes Pieces auroient
eſté mal jouées. Il fit donc reprefenter le Stilicon fur le
Theatre de l'Hoftel de Bourgogne. Je ne vous dis rien de
cette Piece. Perfonne n'ignore
qu'elle fut le charme de tout
Paris. M' de Corneille donna
enfuite Camma , Reine de Galatie , & la Cour & la Ville ſc
trouverent en fi grand nombre aux Repreſentions de cette Piece , que les Comediens
ne trouvoient pas de place fur
le Theatre pour pouvoir jouer
avec tranquilité , & il arriva
une chofe en ce temps- là qui
GALANT 279
n'avoit point encore eſté faite
par aucune Troupe. Les Comediensjufqu'à cette Piece n'avoient joué la Comedie que
les Dimanches , les Mardis , &
les Vendredis ; mais ils commencerent à caufe de la foule ,
à jouer les Jeudis , ce qui leur
arriva dans la fuite , lors que
les Pieces eftoient fort fuivies ,
ce qu'ils ont toûjours fait depuis, & ce qui leur a vallu beaucoup d'argent.
Parmi fes Tragedies on en
trouve une qui a paffé pour un
Chef-d'œuvre. Jamais Piece.
n'a efté plus touchante & plus
-
280 MERCURE
fuivie. C'eft de l'Ariane dont
je veux parler , & ce qui doit
furprendre tout le monde , eft
que M' de Corneille eftant retiré à la Campagne avoit fait
cette Piece en quarante jours.
Il n'avoit pas moins de facilité
à travailler à fes ouvrages de
Theatre, que de memoire pour
les retenir , & tous ceux qui
l'ont connu particulierement.
ont efté témoins que lors qu'il
eftoit prié delire fes Pieces dans
quelques Compagnies , ce qui
cftoit autrefois fort en ufage ,
il les recitoit mieux qu'aucun
Comedien n'auroit pû faire ,
GALANT 281
fans rien lire ; il eftoit fi fûr de
fa memoire , quefouvent il ne
portoit point fes Pieces avec
luy.
Les Comediens m'ayant
preffé avec de fortes inftances ,
de mettre aprés la mort de M
Voifin tout ce qui s'eftoit paf
fé chez elle pendant fa vie à
l'occafion du mêtier dont elle
s'eitoit mêlée , je fis un grand
nombre de Scenes qui auroient
pû fournir de la matiere pour
trois ou quatre Pieces ; mais
qui ne pouvoient former un
fujet parce qu'il eftoit trop uniforme, & qu'il nes'agiffoit que
Fanvier 1710. Aa
282 MERCURE
de gens qui alloient demander
leur bonne - avanture , & faire
des propofitions qui la regardoient ; mais toutes ces Scenes.
ne pouvant former le neud
d'une Comedie , parce que
toutes ces perfonnes ſe fuyant
& évitant de fe parler , il eftoit
impoffible de faire une liaifon
de Scenes , & que la Piece puſt
avoir unnœud ; je luy donnay
mes Scenes , & il en choifit un
nombre avec lefquelles il compofa un fujet dont le noud
parut des plus agreable , &qui
a efté regardé comme un Chefd'œuvre. Le fuccés de cette
GALANT 283
Piece qui a efté un des plus prodigieux du fiecle , en fait foy.
Le fuccés de la Comedie de
'Inconnu a efté auffi des plus
grands. Il y avoit des raifons
pour donner promptement
cette Piece au Public ; de maniere que pour avancer , je fis
toute la Piece en Profe , &
pendant que je faifois la Profe
du fecond Acte , il mettoit
celle du premier Acte en Vers ;
& comme la Profe eft plus facile que les Vers , j'eus le temps
de faire ceux des Divertiffemens , & fur tout du Dialogue
Aa ij
284 MERCURE
de l'Amour & de l'Amitié qui
n'a pas déplu au Public. Nous
avons fait encore enfemble la
fuperbe Piece de Machines de
Circé , de laquelle je n'ay fait
que les Divertiffemens. Les
Comediens avoient traité du
Theatre des Opera de feu M
le Marquis de Sourdeac ; &
comme tous les mouvemens
des Opera y eftoient reftez ,
je crus qu'en fe fervantedes
mefines mouvemens qui a
voient fervi aux Machines de
ces Opera , on pourroit faire
une Piece qui feroit recitées
GALANT 285
& non chantée , & nous
cherchâmes un fujet favora
ble à mettre ces Machines
dans leur jour. De maniere
que lorsque la Piece parut elle
ne reffembloit en rien aux Opera qui avoient eſté chantez
fur le même Theatre. Le fuccés de cette Piece fut fi prodigieux qu'elle fut jouée fans
interruption depuis le commencement du Carefme jufqu'au mois de Septembre ,
& les Reprefentations en auroient encore duré plus longtemps fi les intereſts d'un Par
ticulier n'en euffent point fait
286 MERCURE
retrancher les voix. Il eft à remarquer que pendant les fix
premieres femaines , la Salle de
la Comedie fe trouva toute
remplie dés midi ; & que com
me l'on n'y pouvoit trouver
de place on donnoit un demi
Louis d'or à la porte , feulement pour y avoir entrée , &
que l'on eftoit content quand
pour la même fomme que l'on
donnoit aux premieres Loges ,
on eftoit placé au troisième
rang. Je n'avance rien dontles
Regitres des Comediens ne
faffent foy.
Comme feu Mr de Cor-
GALANT 287
neille , avoit le bonheur de
réüffir dans tout ce qu'il entreprenoit & que l'Opera cût
efté étably au Palais Royal ,
il fut follicité d'y travailler ,
& il fit l'Opera de Bellerophon,
quifut auffi joué pendant prés
d'une année entiere. Outre
la beauté des Vers & de la
Mufique on remarqua dans
cette Piece ce qui ne s'eftoit
pas encore vu dans aucun Opera ; c'eft à- dire , un fujet auffi
plein & auffi intrigué qui fi la
Piece avoit eu quinze cens
Vers , quoyqu'à caufe de l'étenduëque donne la Mufique,
288 MERCURE
les Opera n'en contiennent
ordinairement que quatre 3
cinq cens. Son genie parut
encore dans l'Opera de Pfiché ;
ce fujet avoit efté mis en Comedie pour le Roy , avec des
Intermedes fi remplis & fi
fuperbes pour tout ce qui en
regardoit les ornemens , que
la France n'a rien vû de plus
beau que ce Spectacle qui avoit
eſté donné dans la fuperbe
Salle des Machines qui fe voit
dans le Palais des Thuileries.
-
Les Comediens voulurent
donner cette Piece au Public ,
en y laiffant les Intermedes , &
fans
GALANT 289
fans que le Corps de la Piece
fuft mife en Opera ; mais la
dificulté parut grande à tous
les Auteurs , car la Piece qui
avoit cité recitée avoit autant
de Vers que les Tragedies ordinaires , & il n'en falloit pas
le quart pour eftre chantée ,
& que cependant tout le fujet
yentraft ; c'eft de quoy Mr de
Corneille vint à bout , & il
fçut la reduire en Opera fans
rien changer du fujer de la'
Piece ; demaniere qu'en n'employant que quatre cens Vers ,
le Public vit les mêmes incidens qu'il avoit trouvez dans
Fanvier 1710.
Bb
290 MERCURE
la Piece de dix huit cens , ce
qui furprit tous les Auditeurs ,
& luy attira beaucoup de
loüanges.
Je nefinirois point cet Elogefi je voulois faire l'Hiftoire
de tous les Ouvrages de Theatre de Mr de Corneille , &
j'aurois quelque chofe de fingulier à vous dire fur chacune
de fes Pieces. La Poëfie cftoit
le moindre de les talens , &
on enjugera par Les Ouvrages
de Profe que je vais vous
raporter. Il fçavoit parfaitement la Langue. Rien ne luy
eftoit caché dans les Arts , &
GALANT 291
toute la terre luy eftoit connuë. Voicy des preuves ' parlantes & inconteftables de ces
trois chofes.
Les remarques que cet
homme univerfel a fait fur
Vaugelas font une preuve
fans replique qu'il connoiffoit
la Langue dans toutela pureté,
&l'on peut en lifant ce Livre
s'éclaircir des doutes que l'on
peut avoir lorfque l'on veut
écrire & parler jufte. Auffi
ce Livre eft il fort recherché
& confulté de ceux qui yeulent acquerirle nom de Puriftes,
.que feu Mr de Corneille , a
Bb ij
292 MERCURE
mieux merité que beaucoup
d'autres , & j'ay fouvent oui
dire à Mr l'Abbé de Dangcau ,
qui comme vous fçavez eft de
l'Academie Françoiſe , & qui
fe plaifoit à luy rendre juſtice ,
qu'il eftoit leur Maître.
Les deux Volumes in fulio
qu'il a donnez au Public fous .
le nom de Dictionnaire des
Arts, doivent faire connoiſtre,
fans qu'il foit befoin d'en dire
davantage, que tout ce qui les
regarde , luy eftoit parfaitementconnu. Il me faudroit faireun Volume, fi je voulois par-,
de tout ce qu'ils contien- jer
GALANT 293
nent ,& de tous les Intrumens
qui regardent les Arts. J'ajouteray feulement que que ces deux .
Volumes ont efté trouvez fi
beaux & fi utiles , que l'impreffion en a efté entierement
enlevée prefque dans le temps
qu'elle a paru , quoy qu'elle
fe foit vendue dans le temps
que l'Academic Françoiſe a
donné fon Dictionnaire au
Public. Il avoit beaucoup travaillé avant la mort, pour en
donner une feconde, Edition ;
& il eftoit ſi laborieux , qu'il
travailloit en mefme temps aux
trois gros Volumes in folio
Bb jij
294 MERCURE
qu'il a donnez au Public un
peu avant fa mort, & qui font
• connoiftre qu'il eftoit univerfel, & qu'il connoiffoit la Terre entiere. 曹 Ces Volumes ont
pour titre , Dictionnaire univerfel , Geographique & Hiftorique , contenant la Defcription
des Royaumes, Empires , Eftats,
Provinces , Pays, Contrées, Dea
ferts , Villes , Bourgs , Abbayes;
Chafteaux , Fortereffes , Mers,
Rivieres , Lacs , Bayes ; Golphes , Détroits , Caps , Ifles,
Prefqu'Ifles, Montagnes , Vallées ; lafituation , l'étendue , les
limites , les diftances de chaque
GALANT 295
Pays ; la Religion , les Mœurs,
les Coûtumes , le Commerce , lesCeremonies particulieres des Peuples , ce que l'Hiftoire fournit
de plus curieux touchant les chofes qui s'y font passées. Le tout
recueilly des meilleures Livres de
Voyages , autres qui agent
paru jusqu'à prefent , par
Corneille de l'Academie Frangoife , & de celle des Infcriptions
des Medailles. موع
Mr
Le Public eftoit tellement
perfuadé de la bonté de fes
Ouvrages , quedés qu'il apprenoit qu'il en avoit quelqu'un
fous la Preffe , il en retenoit &
Bb iiij
296 MERCURE
en payoit d'avance des Exemplaires , chacun témoignant
par cet empreffement le defir
qu'il avoit d'en avoir des premicrs ; de maniere que l'Edition de ce Dictionnaire s'eft
trouvée vendue prefque auffitoft qu'elle a efté achevée , &
Mr de Corneille, dans le temps
qu'il eft mort , avoit déja fait
beaucoup de remarques fur
fonOuvrage, & ramaffe beaucoup de chofes curieuſes pour
en compoſer une feconde Edition .
Je dois avoüer icy que je
tiens de luy tour ce que je
GALANT 297
fçay de la Langue Françoife,
& que pendant un affez grand
nombre d'années, j'ay foûmis
mes Ouvrages à fa correction;
ce qui a fait croire davantage,
& ce qui eftoit ceffé depuis
douze années , ce grand homme eftant affez occupé d'ail .
leurs , & beaucoup détourné
par des incommoditez que
années & un travail immenſe
& continuel luy avoienr attirées.ople
र
fes
Il avoit un grand fond de
probité , de droitute , de fageffe , de bonté , de modeftie,
de charité , & de vertu. Enne-
298 MERCURE
mi de la médifance , il ne pouvoitfouffrir les perfonnes dont
l'unique converfation eft de
faire inventaire des actions
d'autruy. Jamais homme n'a
eu plus de Religion , & n'eft
mort avec plus de refignation
aux volontez de Dieu , & il
voyoit tous les jours approcher la mort avec une fermeté
incroyable , fans ceffer neanmoins fon travail qui luy cftoit
neceffaire , parce que les gens
de Lettres ne font pas ordinairement les plus favorifez de
la fortune , & que l'Ecriture
dit , QUI LABORAT ORAT,
qui travaille prie.
THEQUE
GALANT
20
BIBLIO
ge VILLE
Ce grand homme efton res
commandable par tant d'endroits differens, que je ne doute point que celuy qui aura
le bonheur de remplir la place
qu'il occupoit dans l'Academie Françoife , ne trouve encore de nouveaux fujets d'en
faire un bel Eloge. Perfonne
n'ignore qu'il eftoit auffi de
l'Academie Royale des Medailles & Infcriptions.
Je crois pouvoir placer une
Chanfon aprés l'Eloge d'un
homme qui en a fait de fi belles ; elle eft du Solitaire du
Bois du Val- Dieu.
Fermer
Résumé : Eloge de feu Mr de Corneille. [titre d'après la table]
Le texte rend hommage à Thomas Corneille, frère cadet de Pierre Corneille, décédé à l'âge de 84 ans. Connu sous le surnom de 'Jeune' en raison de son frère aîné, Thomas Corneille était également surnommé 'honnête homme' pour sa droiture. Universellement aimé, il était obligeant et doux, toujours prêt à aider autrui. Héritier de l'esprit familial, il s'est distingué dans les lettres en publiant cinq volumes in-folio et plusieurs ouvrages de prose. Ses premières œuvres étaient des traductions, notamment les 'Métamorphoses' d'Ovide, qui ont connu de nombreuses éditions. Thomas Corneille a également écrit des pièces de théâtre qui ont diverti la cour pendant la Régence et longtemps après. Sa comédie 'Dom Bertrand de Sigaralle' a été particulièrement estimée et jouée plus de vingt fois à la cour. Ses tragédies, comme 'Le Tyrannicide', 'La Mort de l'Empereur Commode' et 'Stilicien', ont également connu un grand succès. Il a collaboré avec les comédiens de l'Hôtel de Bourgogne et du Marais, et ses œuvres ont souvent surpassé celles des auteurs les plus célèbres. En plus de ses œuvres théâtrales, Thomas Corneille a écrit des remarques sur Vaugelas, prouvant sa maîtrise de la langue. Il a également publié un 'Dictionnaire des Arts' et un 'Dictionnaire universel, géographique et historique', démontrant ses connaissances étendues et sa laboriosité. Ces ouvrages ont été très appréciés et rapidement épuisés. Le texte mentionne également que Corneille était membre de l'Académie Française et de l'Académie des Inscriptions et Médailles. Son dictionnaire, compilé à partir des meilleures sources de voyages, a été très attendu par le public. Corneille était décrit comme un homme de grande probité, droiture, sagesse, bonté, modestie, charité et vertu. Il était intolérant à la médisance et ne supportait pas les personnes qui critiquaient les actions des autres. Sa foi religieuse était profonde, et il a accepté la mort avec résignation, continuant son travail malgré sa santé déclinante. L'auteur exprime l'espoir que celui qui prendra sa place à l'Académie Française trouvera encore des sujets pour louer ses mérites.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7635
p. 278-315
TRADUCTION d'une description du Harem, ou de l'Appartement des Femmes du Grand Seigneur.
Début :
Dans le Harem où sont renfermées les femmes du Grand Seigneur [...]
Mots clefs :
Seigneur, Eunuques, Prince, Appartement, Vizir, Dames, Reine, Harem, Sultane, Sérail, Appartement, Reine, Princesse, Cheval, Esclaves, Cuisine, Grand vizir, Fourrure, Affaires, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TRADUCTION d'une description du Harem, ou de l'Appartement des Femmes du Grand Seigneur.
TRADUCTION
d'une description du Harem ,
ou de l'Appartement des Fem-
Appartemer
mes du Grand- Seigneur.
Dans le Harem où ſontrenfermées
les femmes duGrand-
C
GALANT. 279.
Seigneur , il y a trois principaux
appartements , outre сс
luy de ce Prince. Le premier
eſtceluy de la Sultane Validé ,
ou Reine Mere. Le ſecond celuy
de la Suliane Haffki , ou
Reine ; & le troſieme celuy
de la Kiaya Kadin , ou Sur- Intendante
des filles. La Kaya
Kadin a jurisdiction fur toutes
les filles eſclaves du Serrail;
c'eſt elle auſſi qui commande
auxquarante Boula. Les Boula
ſont des filles âgées qui ont
ſoin de faire le lit du Grand-
Seigneur,& de le ſervirquand
il eſt dans l'appartement des
280 MERCURE
1
femmes ; elles ſont ſur le même
pied que les quarante Pages
de la premiere chambre
qui fervent leGrand Seigneur
quand il eſt hors du Harem.
Dix de ces Boula font garde
pendant la nuit à la porte de
la chambre où le Grand Seigneur
couche. Ces Boula deviennent
par droit d'ancienneté
Hazinedar Oufta, ou Treforieres
,& enſuiteKaya Kadin.
La dignité de Kiaya Kadın
eſt la premiere : ſi quelque fille
veut repreſenter quelque choſe
au Grand Seigneur , elle
s'adreſſe à cette Sur- Intendante
,
GALANT. 281
te , & celle cy le fait ſçavoirà
ce Prince , parce qu'il n'y a
qu'elle , & les quarante Boula
qui ayent un libre accés auprés
de la perſonne duGrand-
Seigneur , auffi bien que la
Sultane Haffeki , & les quatre
premieres Kadins ou Dames.
La Kiaya Kadin a la direction
de toutes les filles qui ſont deftinées
pour les plaiſirs du
Grand- Seigneur ; il y en a une
centaine. Celles qui ont eu le
bonheur de plaire à ce Prince
s'appellent Odaliques , c'est- àdire
, filles de la chambre ; &
fi le Grand- Seigneur deman-
Novembre 1714. Aa
282 MERCURE
de quelqu'autre fille qui n'ait
pas encore eſté Odalique , c'eſt
la Kiaya Kadin qui l'introduir ,
aprés qu'elle en a cula permiffion
de la Sultane Validé. Ces
Princes ont cette déference
pour leurs meres.
La Sultane Haffeki , ou Reine
, eſt toûjours celle qui a cu
lapremiere un enfant mâle ;
elle porte une Couronne d'or
fur la tête. Elle & les quatre
premieres Dames qui ont eu
des enfans mâles , ou des filles ,
ont toutes leurs appartemens
leurs cuifines ,& offices à part;
elles ont des Eunuques pour
GALANT. 283
les ſervir dans le Serrail , &
pour les affaires du dehors elles
ont un Agent & des Baltagis
* du vieuxSerrail * qui leurs
font affectez . Elles vont auprés
duGrand Seigneur quand
elles veulent, ſans que laKiaya
Kadin en prenne connoiſſance,
&fice Prince veut aller chez
elles , il les fait ſeulement
avertir par une des Boula , &
alors elles ſe preparent,&vont
au devant de luy , baiſent la
Ce font ceux qui hors du Serrail
executent les commiſſions des Princes,
des femmes , &des Eunuques,
**Palais où on relegue les femmes du
Grand-Seigneur aprés ſa mort..
Aa ij
284 MERCURE
1
terre quand elles font en fa
prefence , le prennent en
fuite ſous les bras , & le conduiſent
dans leur chambre ;
tant que ce Prince reſte avec
ces Dames , ni la Kiaya Kadin ,
ni aucune Boula ne peut entrer
ſans qu'il ne les appelle...
On affigne à la SultaneHaf-
Seki pour appanage certains
fonds de terre quirendent environ
quarante , ou cinquanto
Yuk ou charges d'argent; chaque
charge vaut deux mille
cinq cent livres , on luydonne
encore une perſonne de
probité , & de confideration
GALANT. 285.
pour Agent , qui a ſoin des
affaires au dehors , & des appanages
, &qui en rend compte
au premier Eunuque , &
celuy cy à la Sultane Haffeki.
Celuy qui porte les ordres à
l'Agent aprés les avoir receu
du premier Eunuque , eſt le
Baltagi , qui eſt Kahuegi , ou
faiſeur du caffe de la Sultane.
On doit obſerver qu'il n'y
aqu'une Sultane Haßki , qui
comme j'ay dit eſt toûjours
celle qui accouche la premiere
d'un enfant mâle ; que fi
on ne luy donne point la
Couronne , on ne luy fair
:
2.86. MERCURE
point ſa Maiſon ,on ne l'ap
pelleque BacheKadin , premiere
Dame , & les autres Dames
Odaliques, qui ont enſuite des
enfans , font appellées la ſeconde
Dame , la troifiéme:
Dame ,& cela juſqu'à la neu
viéme ; parce que c'eſt la coû
tume qu'il peut y en avoir
juſqu'à neuf; mais elles n'ont
ni Maiſons à part , ni Appanages
; on leur affigne ſeulement
un certain nombre de
plats dela cuiſine Imperiale
on leur donne un ou deux
Eunuques pour les ſervir au
dedans,& quelques Baltagis,
ॐ
GALANT. 287
pour les fervir au dehors du
Serrail ;& outreles dépenſes.
tant pour leurs perſonnes .
que pour celle des Princes ou
Princeſſes leurs enfans le
Grand-Seigneur leur donne
une dizaine de bourſes , c'eſtà-
dire quinze mille livres pour
leurs menus plaiſirs.
Si parmi ces Dames qui ont
cudes enfans mâles , il y en a
quelqu'une que le Grand Scigneur
honore d'une bienveillance
particuliere , ce Prince
luy donne pour Appanage un
fonds de terre ſuffifantà faire
environ quinze ou vingt char288
MERCURE
ges d'argent,
Il n'en eſt pas de même à
l'égard de la Sultane Validé ,
dés que le Prince ſon fils eſt
fur le Trône , elle a en qualitéde
Reine Mere , fa Maifon
en particulier , elle a de gros
Appanages , elle a un Agent
au dehors ; & quand elle ordonne
au Grand- Viſir de faire
quelque choſe , ce premier
Miniſtre le repreſente au
Grand Seigneur , qui donne
aufſcoſt ſon confentement
par écrit :fi leGrand Seigneur
vient à mourir , & que fon &
fils monte fur le Trône , la
Sultane
GALANT. 289
Sultane Validé, comme grandmere
a toûjours les mêmes
honneurs ; mais elle ne ſe mêle
plus des affaires ,& la mere
du Prince n'eſt que la ſeconde
en dignitez , elle a pourtant
unemaiſon à part& les mêmes
Officiers que la grand'mere :
fi la grand' mere meurt, la Reine
devient abſoluë , & fi elle
vient à mourir, la Kiaya Kadın
prend fa place dans les affaires
qui regardent ſeulement l'appartement
des femmes , fans
ſe mêler des affaires du dehors.
Quand le Grand Seigneur
meurt , s'il n'a point de fils
Novembre 1714. Bb
290 MERCURE
pour luy fucceder د ou que
celuy qu'il a , ſoit trop jeune
pour regner , on met ſur le
Thrône le frere du Grand-
Seigneur , ou un autre Prince,
&alors la mere de ce Princedevient
Sultane Validé , &
on envoye au vieux Serrail
la Sultane Validé du Prince
mort , & elle y demeure juſqu'à
ſa mort fans pouvoir ſe
marier ; mais ſi le fils d'une
Sultane Haffeki ou d'une
autre Dame Odalique , vient à
mourir pendant que leGrand-
Seigneur ſon pere eſt en vie,
la mere du Prince ne reſte
,
1
GALANT. 291
point dans le Serrail , aprés
la mort du Grand- Seigneur ,
on la marie à quelque Viſir ,
ou on l'envoye au vieux Serrail.
Al'égard des Dames Odali
ques qui n'ont eu que des filles
, on les marie quelquefois
quand même leurs filles font
encore en vie , & du vivant
même du Grand Seigneur ;
cela ſepratique demême à l'égard
des Dames Odaliques qui
n'ont point eu d'enfans : mais
pour celles qui ont eu des enfans
mâles , on ne les marie
point , tant que leurs fils font
(
Bbij
292 MERCURE
en vie, on les envoye au vieux
Serrail. Dés que le Grand-Scigneur
vient à mourir , fi un
de ces Princes par ſucceſſion
de temps , devientGrand- Seigneur
, alors la mere de ce
Prince revient dans le Serrail
en qualité de Sultane Validé.
La Sultane Kalidé a plus de
cent filles eſclaves pour la fervir.
La premiere eſt la Hazinedar
Oufta , ou Treforiere ; &
la ſecondeKontongi Boula , qui
eſt celle qui eſt chargée de la
caffette aux bijoux; elle a deux
cuiſines , l'une dans l'appartement
des femmes , & l'autre
au dehors ; elle a trente ou
GALANT. 293
quarante Eunuques , dont le
chef s'appelle Bacha Aga ,ou
premier Aga , ce ſont ceux
qui ont ſoindes emplettes ,&
des affaires de toutes les eſclaves:
outre ce premier Aga , il
y en a encore deux autres
qu'on appelle ſecond & troifiémeAga
, & ces trois Aga
commandent les autres Eunuques.
Tous les Eunuques ſont
eſclaves : quand ils ſont vieux
on leur donne la liberté , &
on les envoye au Caire , en
leur donnant une paye par
jour depuis trente Paras *juf-
**Un Paras vaut 18. deniers de France.
ВБ ij
294 MERCURE
qu'à cent cinquante.
r
ว
La Maiſon de la Sultane
Haffeki est compoféede la même
maniere que cellede laSultane
Validé. Ily a environ fix
cent filles eſclaves dans l'appartement
des femmes ; les
unes deſtinées pour le Grand-
Seigneur ,& les autres pour le
ſervice de la Sultane Validé
pour celuyde la SultaneHaffeki
,&des autres Dames,quand
elles ont ſervy long temps ,
on les marie quelquefois à des
Agas , ou à des Secretaires de
laPorte ; mais la Kiaya Radin ,
& la Hazinedar Boula ouTreGALANT
. 295
foriere du Grand- Seigneur ,
reſtent juſqu'à leur mort dans
le Serrail.
Il y a trois ou quatre cent
Eunuques noirs qui ſervent
dans l'appartement des femmes
; leur chef s'appelle Kizlar
Aga. Celuy-cy les commande
tous , & fon pouvoir
eſt grand tant au dedans qu'au
dehors , il eſt toûjours auprés
de la perſonne du Grand Scigneur
, & on peut dire que ce
Prince n'a pas moins d'égard
pour luy , que pour leGrand-
Vifir.
Tous les Telhis ou Suppli
Bb iiij
296 MERCURE
ques & repreſentations que le
Grand-Vifir ou les autres Vifirs
veulent faire au Grand-
Seigneur, paſſent par les mains
dduuKiflar-Aga , & on ne peut
faire aucun preſent au Prince,
ni luy faire ſçavoir la moindre
choſe , ni avoir aucune réponſe
de luy fans ſa permiffion ,
& particulierement quand le
Grand- Seigneur eſt dansl'ap.
partement des femmes , &
ſuppoſé que le Kiflar-Aga cût
des affaires , il envoye à ſa
place le Hazinedar , ou Treforier
qui eſt auſſi unEunuque
noir , ou un des dix huit Eu-
}
e
ALANT. 2.97
nuques qu'on appelle Favoris,
&enfuite ils luy viennent rendrecomptede
ceque leGrand-
Seigneur a répondu. LeKiflar-
Aga eſt au-deſſus des autres
Viſirs , c'eſt pour cela que
dans les marches publiques
fon cheval a des chaînes d'or
au col comme celuy du
Grand-Seigneur &du Grand-
Viſir ; les chevaux des autres
Viſirs n'ont que des chaînes
d'argent,il porte auſſi les jours
de ceremonie la veſte de ſatin
blanc fourée de Martre Zibeline
, comme le Grand- Vizir ;
les autres Viſirs la portent
,
298 MERCURE
rouge , ou verte.
Enfin cet Officier eft toû
jours auprés du Grand Seigneur
, quand il eſt dans le
Harem ou au dehors , foit
,
ou que
qu'il monte à cheval pour aller
à la promenade ,
quelqu'un le traite ; il a accés
huprés du Grand- Seigneur en
quelqu'endroit qu'il foit , à
moins qu'il ne fût feul auprés
de la Sultane- Validé, de la Sultane-
Haff ki , ou de quelqu'autre
Dame Odalique , alors il
n'entre pas par refpect , &
quand même il auroit unTelhis
du Grand- Viſir , il n'entre
GALANT. 299
point àmoins qu'il ne ſoit appellé
, au lieu que le Hazinedar
&les autres Eunuques favoris
ne vont auprés de ce Prince
que quand ils font appellez ,
ou quand le KiflarAga les envoye
pour luy dire quelque
choſe. C'eſt luy qui a les clefs
des portes du Harem , & les
Eunuques de garde luy portent
les clefs , aprés qu'ils les
ont fermées , & le matin ils
reprennent les clefs pour les
ouvrir : fi le Grand Seigneur
veut fortir pendant la nuit
les Eunuques de garde avertiffent
le Kiflar-Aga , & alors
>
300 MERCURE
il va luy-mêmeouvrir la por
te.
Toutes les nuits il y a quarante
Eunuques de garde avec
deux favoris à la porte desap
partemens , & au dehors des
murailles du coſté desjardins ,
il y a toutes les nuits quatre
ou cinq cent Bostangis * qui
font la garde , & les uns , &
les autres font tous armez ; le
Kiflar-Aga fair quelquefois la
ronde pendant la nuit , & s'il
trouve quelqu'un des Gar-
* Ce font les Jardiniers qui compoſent
ceCorps , dont le Boſtangis-Bachi
eft le Chef.
GALANT. 301
des endormi , ou qui ne foit
point en ſon poſte , le lende
main il luy fait donner cing
cent coups de bâtons ſur la
plante des pieds , & l'envoye
au vieux Serrail .
L'appartement! du Kiflar-
Aga eſt auprés de la porte de
l'appartement des femmes, il
y a environ cent Eunuques ,
& cent Baltagis à ſon ſervice.,
les uns pour le ſervir en dedans
, & les autres au dehors.;
il y a auſſi une cuiſine au dehors
, & des Officiers juſqu'au
nombre de cent cinquante
perſonnes,ils dependent pour
302 MERCURE
tant du Chefde la cuiſine Imperiale
, & c'eſt le Kiflargi Bachi
ou Chefde la chambre de
l'Office du Grand - Seigneur
qui eſt leur Sur- Intendant ; ils
portent tous des bonnets
blancs faits en pain de ſucre ,
excepté que le bout eſt rond.
La Sultane Validé , la Sultane
Haffeki , & les autres Dames
Odaliques ont un certain nombre
de plats de la cuiſine du
Grand- Seigneur ; mais cela eſt
pour les filles qui font à leur
ſervice , car elles ne mangent
quece qui leur eſt preparédans
les cuiſines qu'elles ont dans
0
GALANT. 303
leurs appartements. Les viandes
pour le reſte des filles &
des Eunuques ſont preparées
dans la cuiſine du Kıflar-Aga.
Les Baltagis du vieux Serrail
compoſent unCorps d'environquatre
cens hommes ; ils
ont pour leur Chef le Baltagilar
Kiayaffi , qui les punit
quand ils fontquelques fautes.
Il porte une ceinture large de
brocard d'or ,& le bonnet de
feutre jaune pointu , & qui
eſt un peu plus grand qu'un
grand pain de ſucre ; les Bal.
tagis portent auſſi de ſemblables
bonnets de feutre jaune ,
304 MERCURE
ils ſervent les femmes du Serrail
du Grand-Seigneur , &
celles qui ſont dans le vieux
Serrail. Ce font eux qui font
toutes les emplettes&les commiſſions
au dehors , ils dependent
du Kiflar-Aga.
:
Quand les femmes du
Grand-Seigneur font en marche
pour aller d'un lieu à un
autre , ils marchent àpied au
tour des caroffes avec leurs
épécs , les Eunuques font à
cheval auffiarmez , & marchent
devant & derriere les
caroffes ; ily a aufli bon nombredeBostangis
, qui marchent
un
GALANT . 305 .
:
un peu éloignez , & conduiſent
de cette maniere les
femmes d'un gîte à l'autre.
Les Baltagis , ont ſoin de
charger & décharger le bagage.
Onfait le caffé de la Sultane
Validé,de la Sultane Haßeki ,
de la Bache Kadin , de la Kiaya
Kadin , & du Kiflar Aga , au
dehors ou à des chambres
particulieres pour cela deſſervies
par vingt ou trenteBaltagis
, & chacunes de ces chambres
a un chef qui eſt un
ancien Baltagi , qu'on appelle
Kahuegi Bachi.
Novembre 1714. Cc
306 MERCURE
Ces faiſeurs de caffé font
eſtimez parmi le corps des
Baltagis ,& quand ils ſortent
de-là on leur donne des employs
confiderables ou de
bons Ziamets * , ou on les fait
Capigis - Bachis.
Le Secretaire du Kiflar-Aga
eſt auſſi eſtimé , on l'appelle
Yazigi Effendi ,il eſt quelque
fois chargé des ordres du
Grand-Seigneur pour leGrand
Viſir , & il va toûjours auprés
de ce premier Miniftre
pour lesaffaires du KıflarAga.
Ce Secretaire eft pourtant
au- deſſous du BaltagisKiayaffi
* Fonds de terres
GALANT . 307
& porte un bonnet de feutre
jaune , comme celuy de ces
Officiers; mais dans les voyages
ils portent tous des bonnets
de draps rouges comme
ceux des Bostangis ;c'eſt leBaltagi
Larkiayaffi qui porte ordinairement
les Haticherifs ,
ou ordres duGrand Seigneur
tant par écrit que de bouche
au Grand Vıfır ,aux autres
Viſirs , & au Moufti : quand
ila ſervi long- temps , on le
fait Capigi Bachi , ou on luy
donne quelqu'autre employ
confiderable .
Les Baltagis peuvent deve
Ccij
308 MERCURE
nir Sphais , ou Cavaliers avec
dix-huit afpres * de paye par
jour ,ou bien Chaoux ; c'eſtàdire
Huiffier.
Autrefois quand les fils
des Grands Seigneurs eſtoient
devenus grands on leur donnoit
des Provinces à gouverner
, & on leur donnoit un
Viſir ſage & prudent pour
Kiaya ouLieutenant ; cesPrinces
apprenoient par là les affaires
du monde , & quand le
Grand Seigneur venoit à mourir
, les Officiers de la Porte ,
* Un Aſpre vaut dix-huit deniers de
Franse.
GALANT. 309
tous les Chefs des Corps des
Milices , & tous les Docteurs
de la Loy en donnoient avis
au Prince aîné , & à ſon arrivée
on l'inſtalloit à la place du
Grand Seigneur ſon pere.Dés
qu'il avoit l'autorité en main
il faiſoit revenir ſes freres , &
les mettoitdans les priſons qui
font deſtinées pour ces Princes
,&qui font dans l'appartement
des femmes , & on
leur donnoit pour les ſervir
quelques vieilles Boula
quelques Eunuques noirs avec
tout ce qu'il leur faut pour
Ieur nourriture& leur entre-
د
&
310 MERCURE
tien , & ils demeuroient enfermez
juſqu'à ce que leur
rang d'être Empereur , vint
ou que la mort les delivrat :&
fi quelqu'un de ces Princes ne
venoit point fe remettre en
prifon , on le pourfuivoit jufqu'à
ce qu'on le prit ,& on le
faiſoit enfuite mourir.Aujourd'huy
il n'en eft pas demême,
pendant que le Grand-Seigneur
leur pere eſt vivant , ils
font élevez auprés de luy , &
quand il meurt on met ſur le
Trône le premier né , & fes
autres freres dans les priſons
qui font dans l'appartement
し
GALANT. 311
des femmes ſous la garde de
la SultaneValidé ,& cela fe fait
de l'avisde tous les principaux
Officiers de l'Empire , & ils
prennent une declaration par
écrit de cette Princeffe , comme
il ne ſera fait aucun tort à
ces Princes. On donne auffi à
ces Princes quelques vieilles
Boula , & quelques Eunuques
pour les fervir dans leurs prifons,&
quelques Baltagis pour
les fervir au dehors .
Al'égard des Sultanes ou
filles des Grands- Seigneurs ,
c'eſt l'ordinaire qu'on les
maric environ à l'âge de
1
>
312 MERCURE
ſept ans , à quelque Viſir qui
ne ſoit point marié; quelques
jours aprés que le mariage a
été celebré , on conduit en
cérémonie cette Princeſſe avec.
ſa dot ; & fon trouffeau.
chez fon Epoux ; on luy don
ne auffi trente ou quarante
filles , & une vingtaine d'Eunuques
noirs pour la fervir.
Le Grand-Viſir , les Viſirs de
route , tous les principaux.
Docteurs de laLoy& generalement
tous les principaux
Officiers de la Porte marchent
à cheval au -devant des
Caroffes de la Princeffe , le
د
Kiflar
GALANT. 313
Kiflar-Aga & quelques Eunuques
favoris le précedent ;
Quand la Princeſſe eſt arrivée
chez ſon Epoux , le Kiflar-
Aga la luy remet entre les
mains ,& luy la conduit dans
fon appartement ,& la remet
entre les mains de ſa Kiaya-
Kadin, de fa nourrice , & de
ſes gouvernantes , il fort enſuite
de l'appartement de la
Princeffe , & traite tous les
principaux Officiers qui l'ont
accompagné ; aprés le repas
il donne au Grand Viſir , au
Kiflar-Aga , au Moufty , aux
deux Kadileskers , au Cadi de
Novembre 1714. Dd
314 MERCURE
Conftantinople ,& à tous les
les Viſirs de route à chacun
une fourrure de martre zibline;
il endonne à tous les autres
principaux Officiers de la
Caftanie; il donne auffi des
fourrures de martre zibline
auxEunuques favorisqui ont
accompagné le Kiflar-Aga ,&
diſtribuë de l'argent àtousles
autres chacun ſuivant ſa qualité,
& aprés que le Grand-
Vıfır , le Kflar-Aga, les autres
Viſirs , les Docteurs de la
Loy ont felicité le nouveau
marié, chacun ſe retire chez
ſoy. Le lendemain il va renGALANT.
315
dre ſa viſite au Grand-Viſir
qui luy donne une fourrure
de martre zibline ; le premier
Miniſtre l'envoye enfuite au
Grand- Seigneur , ce Prince
luy donne un Caftan de drap
d'or fourré de martre zibline ,
comme ſon gendre , il va
aprés chez le Kıflar- Aga où la
Reine Mere luy envoye une
fourrure de martre zibline ,
&puis il ſe retire chez luy.
d'une description du Harem ,
ou de l'Appartement des Fem-
Appartemer
mes du Grand- Seigneur.
Dans le Harem où ſontrenfermées
les femmes duGrand-
C
GALANT. 279.
Seigneur , il y a trois principaux
appartements , outre сс
luy de ce Prince. Le premier
eſtceluy de la Sultane Validé ,
ou Reine Mere. Le ſecond celuy
de la Suliane Haffki , ou
Reine ; & le troſieme celuy
de la Kiaya Kadin , ou Sur- Intendante
des filles. La Kaya
Kadin a jurisdiction fur toutes
les filles eſclaves du Serrail;
c'eſt elle auſſi qui commande
auxquarante Boula. Les Boula
ſont des filles âgées qui ont
ſoin de faire le lit du Grand-
Seigneur,& de le ſervirquand
il eſt dans l'appartement des
280 MERCURE
1
femmes ; elles ſont ſur le même
pied que les quarante Pages
de la premiere chambre
qui fervent leGrand Seigneur
quand il eſt hors du Harem.
Dix de ces Boula font garde
pendant la nuit à la porte de
la chambre où le Grand Seigneur
couche. Ces Boula deviennent
par droit d'ancienneté
Hazinedar Oufta, ou Treforieres
,& enſuiteKaya Kadin.
La dignité de Kiaya Kadın
eſt la premiere : ſi quelque fille
veut repreſenter quelque choſe
au Grand Seigneur , elle
s'adreſſe à cette Sur- Intendante
,
GALANT. 281
te , & celle cy le fait ſçavoirà
ce Prince , parce qu'il n'y a
qu'elle , & les quarante Boula
qui ayent un libre accés auprés
de la perſonne duGrand-
Seigneur , auffi bien que la
Sultane Haffeki , & les quatre
premieres Kadins ou Dames.
La Kiaya Kadin a la direction
de toutes les filles qui ſont deftinées
pour les plaiſirs du
Grand- Seigneur ; il y en a une
centaine. Celles qui ont eu le
bonheur de plaire à ce Prince
s'appellent Odaliques , c'est- àdire
, filles de la chambre ; &
fi le Grand- Seigneur deman-
Novembre 1714. Aa
282 MERCURE
de quelqu'autre fille qui n'ait
pas encore eſté Odalique , c'eſt
la Kiaya Kadin qui l'introduir ,
aprés qu'elle en a cula permiffion
de la Sultane Validé. Ces
Princes ont cette déference
pour leurs meres.
La Sultane Haffeki , ou Reine
, eſt toûjours celle qui a cu
lapremiere un enfant mâle ;
elle porte une Couronne d'or
fur la tête. Elle & les quatre
premieres Dames qui ont eu
des enfans mâles , ou des filles ,
ont toutes leurs appartemens
leurs cuifines ,& offices à part;
elles ont des Eunuques pour
GALANT. 283
les ſervir dans le Serrail , &
pour les affaires du dehors elles
ont un Agent & des Baltagis
* du vieuxSerrail * qui leurs
font affectez . Elles vont auprés
duGrand Seigneur quand
elles veulent, ſans que laKiaya
Kadin en prenne connoiſſance,
&fice Prince veut aller chez
elles , il les fait ſeulement
avertir par une des Boula , &
alors elles ſe preparent,&vont
au devant de luy , baiſent la
Ce font ceux qui hors du Serrail
executent les commiſſions des Princes,
des femmes , &des Eunuques,
**Palais où on relegue les femmes du
Grand-Seigneur aprés ſa mort..
Aa ij
284 MERCURE
1
terre quand elles font en fa
prefence , le prennent en
fuite ſous les bras , & le conduiſent
dans leur chambre ;
tant que ce Prince reſte avec
ces Dames , ni la Kiaya Kadin ,
ni aucune Boula ne peut entrer
ſans qu'il ne les appelle...
On affigne à la SultaneHaf-
Seki pour appanage certains
fonds de terre quirendent environ
quarante , ou cinquanto
Yuk ou charges d'argent; chaque
charge vaut deux mille
cinq cent livres , on luydonne
encore une perſonne de
probité , & de confideration
GALANT. 285.
pour Agent , qui a ſoin des
affaires au dehors , & des appanages
, &qui en rend compte
au premier Eunuque , &
celuy cy à la Sultane Haffeki.
Celuy qui porte les ordres à
l'Agent aprés les avoir receu
du premier Eunuque , eſt le
Baltagi , qui eſt Kahuegi , ou
faiſeur du caffe de la Sultane.
On doit obſerver qu'il n'y
aqu'une Sultane Haßki , qui
comme j'ay dit eſt toûjours
celle qui accouche la premiere
d'un enfant mâle ; que fi
on ne luy donne point la
Couronne , on ne luy fair
:
2.86. MERCURE
point ſa Maiſon ,on ne l'ap
pelleque BacheKadin , premiere
Dame , & les autres Dames
Odaliques, qui ont enſuite des
enfans , font appellées la ſeconde
Dame , la troifiéme:
Dame ,& cela juſqu'à la neu
viéme ; parce que c'eſt la coû
tume qu'il peut y en avoir
juſqu'à neuf; mais elles n'ont
ni Maiſons à part , ni Appanages
; on leur affigne ſeulement
un certain nombre de
plats dela cuiſine Imperiale
on leur donne un ou deux
Eunuques pour les ſervir au
dedans,& quelques Baltagis,
ॐ
GALANT. 287
pour les fervir au dehors du
Serrail ;& outreles dépenſes.
tant pour leurs perſonnes .
que pour celle des Princes ou
Princeſſes leurs enfans le
Grand-Seigneur leur donne
une dizaine de bourſes , c'eſtà-
dire quinze mille livres pour
leurs menus plaiſirs.
Si parmi ces Dames qui ont
cudes enfans mâles , il y en a
quelqu'une que le Grand Scigneur
honore d'une bienveillance
particuliere , ce Prince
luy donne pour Appanage un
fonds de terre ſuffifantà faire
environ quinze ou vingt char288
MERCURE
ges d'argent,
Il n'en eſt pas de même à
l'égard de la Sultane Validé ,
dés que le Prince ſon fils eſt
fur le Trône , elle a en qualitéde
Reine Mere , fa Maifon
en particulier , elle a de gros
Appanages , elle a un Agent
au dehors ; & quand elle ordonne
au Grand- Viſir de faire
quelque choſe , ce premier
Miniſtre le repreſente au
Grand Seigneur , qui donne
aufſcoſt ſon confentement
par écrit :fi leGrand Seigneur
vient à mourir , & que fon &
fils monte fur le Trône , la
Sultane
GALANT. 289
Sultane Validé, comme grandmere
a toûjours les mêmes
honneurs ; mais elle ne ſe mêle
plus des affaires ,& la mere
du Prince n'eſt que la ſeconde
en dignitez , elle a pourtant
unemaiſon à part& les mêmes
Officiers que la grand'mere :
fi la grand' mere meurt, la Reine
devient abſoluë , & fi elle
vient à mourir, la Kiaya Kadın
prend fa place dans les affaires
qui regardent ſeulement l'appartement
des femmes , fans
ſe mêler des affaires du dehors.
Quand le Grand Seigneur
meurt , s'il n'a point de fils
Novembre 1714. Bb
290 MERCURE
pour luy fucceder د ou que
celuy qu'il a , ſoit trop jeune
pour regner , on met ſur le
Thrône le frere du Grand-
Seigneur , ou un autre Prince,
&alors la mere de ce Princedevient
Sultane Validé , &
on envoye au vieux Serrail
la Sultane Validé du Prince
mort , & elle y demeure juſqu'à
ſa mort fans pouvoir ſe
marier ; mais ſi le fils d'une
Sultane Haffeki ou d'une
autre Dame Odalique , vient à
mourir pendant que leGrand-
Seigneur ſon pere eſt en vie,
la mere du Prince ne reſte
,
1
GALANT. 291
point dans le Serrail , aprés
la mort du Grand- Seigneur ,
on la marie à quelque Viſir ,
ou on l'envoye au vieux Serrail.
Al'égard des Dames Odali
ques qui n'ont eu que des filles
, on les marie quelquefois
quand même leurs filles font
encore en vie , & du vivant
même du Grand Seigneur ;
cela ſepratique demême à l'égard
des Dames Odaliques qui
n'ont point eu d'enfans : mais
pour celles qui ont eu des enfans
mâles , on ne les marie
point , tant que leurs fils font
(
Bbij
292 MERCURE
en vie, on les envoye au vieux
Serrail. Dés que le Grand-Scigneur
vient à mourir , fi un
de ces Princes par ſucceſſion
de temps , devientGrand- Seigneur
, alors la mere de ce
Prince revient dans le Serrail
en qualité de Sultane Validé.
La Sultane Kalidé a plus de
cent filles eſclaves pour la fervir.
La premiere eſt la Hazinedar
Oufta , ou Treforiere ; &
la ſecondeKontongi Boula , qui
eſt celle qui eſt chargée de la
caffette aux bijoux; elle a deux
cuiſines , l'une dans l'appartement
des femmes , & l'autre
au dehors ; elle a trente ou
GALANT. 293
quarante Eunuques , dont le
chef s'appelle Bacha Aga ,ou
premier Aga , ce ſont ceux
qui ont ſoindes emplettes ,&
des affaires de toutes les eſclaves:
outre ce premier Aga , il
y en a encore deux autres
qu'on appelle ſecond & troifiémeAga
, & ces trois Aga
commandent les autres Eunuques.
Tous les Eunuques ſont
eſclaves : quand ils ſont vieux
on leur donne la liberté , &
on les envoye au Caire , en
leur donnant une paye par
jour depuis trente Paras *juf-
**Un Paras vaut 18. deniers de France.
ВБ ij
294 MERCURE
qu'à cent cinquante.
r
ว
La Maiſon de la Sultane
Haffeki est compoféede la même
maniere que cellede laSultane
Validé. Ily a environ fix
cent filles eſclaves dans l'appartement
des femmes ; les
unes deſtinées pour le Grand-
Seigneur ,& les autres pour le
ſervice de la Sultane Validé
pour celuyde la SultaneHaffeki
,&des autres Dames,quand
elles ont ſervy long temps ,
on les marie quelquefois à des
Agas , ou à des Secretaires de
laPorte ; mais la Kiaya Radin ,
& la Hazinedar Boula ouTreGALANT
. 295
foriere du Grand- Seigneur ,
reſtent juſqu'à leur mort dans
le Serrail.
Il y a trois ou quatre cent
Eunuques noirs qui ſervent
dans l'appartement des femmes
; leur chef s'appelle Kizlar
Aga. Celuy-cy les commande
tous , & fon pouvoir
eſt grand tant au dedans qu'au
dehors , il eſt toûjours auprés
de la perſonne du Grand Scigneur
, & on peut dire que ce
Prince n'a pas moins d'égard
pour luy , que pour leGrand-
Vifir.
Tous les Telhis ou Suppli
Bb iiij
296 MERCURE
ques & repreſentations que le
Grand-Vifir ou les autres Vifirs
veulent faire au Grand-
Seigneur, paſſent par les mains
dduuKiflar-Aga , & on ne peut
faire aucun preſent au Prince,
ni luy faire ſçavoir la moindre
choſe , ni avoir aucune réponſe
de luy fans ſa permiffion ,
& particulierement quand le
Grand- Seigneur eſt dansl'ap.
partement des femmes , &
ſuppoſé que le Kiflar-Aga cût
des affaires , il envoye à ſa
place le Hazinedar , ou Treforier
qui eſt auſſi unEunuque
noir , ou un des dix huit Eu-
}
e
ALANT. 2.97
nuques qu'on appelle Favoris,
&enfuite ils luy viennent rendrecomptede
ceque leGrand-
Seigneur a répondu. LeKiflar-
Aga eſt au-deſſus des autres
Viſirs , c'eſt pour cela que
dans les marches publiques
fon cheval a des chaînes d'or
au col comme celuy du
Grand-Seigneur &du Grand-
Viſir ; les chevaux des autres
Viſirs n'ont que des chaînes
d'argent,il porte auſſi les jours
de ceremonie la veſte de ſatin
blanc fourée de Martre Zibeline
, comme le Grand- Vizir ;
les autres Viſirs la portent
,
298 MERCURE
rouge , ou verte.
Enfin cet Officier eft toû
jours auprés du Grand Seigneur
, quand il eſt dans le
Harem ou au dehors , foit
,
ou que
qu'il monte à cheval pour aller
à la promenade ,
quelqu'un le traite ; il a accés
huprés du Grand- Seigneur en
quelqu'endroit qu'il foit , à
moins qu'il ne fût feul auprés
de la Sultane- Validé, de la Sultane-
Haff ki , ou de quelqu'autre
Dame Odalique , alors il
n'entre pas par refpect , &
quand même il auroit unTelhis
du Grand- Viſir , il n'entre
GALANT. 299
point àmoins qu'il ne ſoit appellé
, au lieu que le Hazinedar
&les autres Eunuques favoris
ne vont auprés de ce Prince
que quand ils font appellez ,
ou quand le KiflarAga les envoye
pour luy dire quelque
choſe. C'eſt luy qui a les clefs
des portes du Harem , & les
Eunuques de garde luy portent
les clefs , aprés qu'ils les
ont fermées , & le matin ils
reprennent les clefs pour les
ouvrir : fi le Grand Seigneur
veut fortir pendant la nuit
les Eunuques de garde avertiffent
le Kiflar-Aga , & alors
>
300 MERCURE
il va luy-mêmeouvrir la por
te.
Toutes les nuits il y a quarante
Eunuques de garde avec
deux favoris à la porte desap
partemens , & au dehors des
murailles du coſté desjardins ,
il y a toutes les nuits quatre
ou cinq cent Bostangis * qui
font la garde , & les uns , &
les autres font tous armez ; le
Kiflar-Aga fair quelquefois la
ronde pendant la nuit , & s'il
trouve quelqu'un des Gar-
* Ce font les Jardiniers qui compoſent
ceCorps , dont le Boſtangis-Bachi
eft le Chef.
GALANT. 301
des endormi , ou qui ne foit
point en ſon poſte , le lende
main il luy fait donner cing
cent coups de bâtons ſur la
plante des pieds , & l'envoye
au vieux Serrail .
L'appartement! du Kiflar-
Aga eſt auprés de la porte de
l'appartement des femmes, il
y a environ cent Eunuques ,
& cent Baltagis à ſon ſervice.,
les uns pour le ſervir en dedans
, & les autres au dehors.;
il y a auſſi une cuiſine au dehors
, & des Officiers juſqu'au
nombre de cent cinquante
perſonnes,ils dependent pour
302 MERCURE
tant du Chefde la cuiſine Imperiale
, & c'eſt le Kiflargi Bachi
ou Chefde la chambre de
l'Office du Grand - Seigneur
qui eſt leur Sur- Intendant ; ils
portent tous des bonnets
blancs faits en pain de ſucre ,
excepté que le bout eſt rond.
La Sultane Validé , la Sultane
Haffeki , & les autres Dames
Odaliques ont un certain nombre
de plats de la cuiſine du
Grand- Seigneur ; mais cela eſt
pour les filles qui font à leur
ſervice , car elles ne mangent
quece qui leur eſt preparédans
les cuiſines qu'elles ont dans
0
GALANT. 303
leurs appartements. Les viandes
pour le reſte des filles &
des Eunuques ſont preparées
dans la cuiſine du Kıflar-Aga.
Les Baltagis du vieux Serrail
compoſent unCorps d'environquatre
cens hommes ; ils
ont pour leur Chef le Baltagilar
Kiayaffi , qui les punit
quand ils fontquelques fautes.
Il porte une ceinture large de
brocard d'or ,& le bonnet de
feutre jaune pointu , & qui
eſt un peu plus grand qu'un
grand pain de ſucre ; les Bal.
tagis portent auſſi de ſemblables
bonnets de feutre jaune ,
304 MERCURE
ils ſervent les femmes du Serrail
du Grand-Seigneur , &
celles qui ſont dans le vieux
Serrail. Ce font eux qui font
toutes les emplettes&les commiſſions
au dehors , ils dependent
du Kiflar-Aga.
:
Quand les femmes du
Grand-Seigneur font en marche
pour aller d'un lieu à un
autre , ils marchent àpied au
tour des caroffes avec leurs
épécs , les Eunuques font à
cheval auffiarmez , & marchent
devant & derriere les
caroffes ; ily a aufli bon nombredeBostangis
, qui marchent
un
GALANT . 305 .
:
un peu éloignez , & conduiſent
de cette maniere les
femmes d'un gîte à l'autre.
Les Baltagis , ont ſoin de
charger & décharger le bagage.
Onfait le caffé de la Sultane
Validé,de la Sultane Haßeki ,
de la Bache Kadin , de la Kiaya
Kadin , & du Kiflar Aga , au
dehors ou à des chambres
particulieres pour cela deſſervies
par vingt ou trenteBaltagis
, & chacunes de ces chambres
a un chef qui eſt un
ancien Baltagi , qu'on appelle
Kahuegi Bachi.
Novembre 1714. Cc
306 MERCURE
Ces faiſeurs de caffé font
eſtimez parmi le corps des
Baltagis ,& quand ils ſortent
de-là on leur donne des employs
confiderables ou de
bons Ziamets * , ou on les fait
Capigis - Bachis.
Le Secretaire du Kiflar-Aga
eſt auſſi eſtimé , on l'appelle
Yazigi Effendi ,il eſt quelque
fois chargé des ordres du
Grand-Seigneur pour leGrand
Viſir , & il va toûjours auprés
de ce premier Miniftre
pour lesaffaires du KıflarAga.
Ce Secretaire eft pourtant
au- deſſous du BaltagisKiayaffi
* Fonds de terres
GALANT . 307
& porte un bonnet de feutre
jaune , comme celuy de ces
Officiers; mais dans les voyages
ils portent tous des bonnets
de draps rouges comme
ceux des Bostangis ;c'eſt leBaltagi
Larkiayaffi qui porte ordinairement
les Haticherifs ,
ou ordres duGrand Seigneur
tant par écrit que de bouche
au Grand Vıfır ,aux autres
Viſirs , & au Moufti : quand
ila ſervi long- temps , on le
fait Capigi Bachi , ou on luy
donne quelqu'autre employ
confiderable .
Les Baltagis peuvent deve
Ccij
308 MERCURE
nir Sphais , ou Cavaliers avec
dix-huit afpres * de paye par
jour ,ou bien Chaoux ; c'eſtàdire
Huiffier.
Autrefois quand les fils
des Grands Seigneurs eſtoient
devenus grands on leur donnoit
des Provinces à gouverner
, & on leur donnoit un
Viſir ſage & prudent pour
Kiaya ouLieutenant ; cesPrinces
apprenoient par là les affaires
du monde , & quand le
Grand Seigneur venoit à mourir
, les Officiers de la Porte ,
* Un Aſpre vaut dix-huit deniers de
Franse.
GALANT. 309
tous les Chefs des Corps des
Milices , & tous les Docteurs
de la Loy en donnoient avis
au Prince aîné , & à ſon arrivée
on l'inſtalloit à la place du
Grand Seigneur ſon pere.Dés
qu'il avoit l'autorité en main
il faiſoit revenir ſes freres , &
les mettoitdans les priſons qui
font deſtinées pour ces Princes
,&qui font dans l'appartement
des femmes , & on
leur donnoit pour les ſervir
quelques vieilles Boula
quelques Eunuques noirs avec
tout ce qu'il leur faut pour
Ieur nourriture& leur entre-
د
&
310 MERCURE
tien , & ils demeuroient enfermez
juſqu'à ce que leur
rang d'être Empereur , vint
ou que la mort les delivrat :&
fi quelqu'un de ces Princes ne
venoit point fe remettre en
prifon , on le pourfuivoit jufqu'à
ce qu'on le prit ,& on le
faiſoit enfuite mourir.Aujourd'huy
il n'en eft pas demême,
pendant que le Grand-Seigneur
leur pere eſt vivant , ils
font élevez auprés de luy , &
quand il meurt on met ſur le
Trône le premier né , & fes
autres freres dans les priſons
qui font dans l'appartement
し
GALANT. 311
des femmes ſous la garde de
la SultaneValidé ,& cela fe fait
de l'avisde tous les principaux
Officiers de l'Empire , & ils
prennent une declaration par
écrit de cette Princeffe , comme
il ne ſera fait aucun tort à
ces Princes. On donne auffi à
ces Princes quelques vieilles
Boula , & quelques Eunuques
pour les fervir dans leurs prifons,&
quelques Baltagis pour
les fervir au dehors .
Al'égard des Sultanes ou
filles des Grands- Seigneurs ,
c'eſt l'ordinaire qu'on les
maric environ à l'âge de
1
>
312 MERCURE
ſept ans , à quelque Viſir qui
ne ſoit point marié; quelques
jours aprés que le mariage a
été celebré , on conduit en
cérémonie cette Princeſſe avec.
ſa dot ; & fon trouffeau.
chez fon Epoux ; on luy don
ne auffi trente ou quarante
filles , & une vingtaine d'Eunuques
noirs pour la fervir.
Le Grand-Viſir , les Viſirs de
route , tous les principaux.
Docteurs de laLoy& generalement
tous les principaux
Officiers de la Porte marchent
à cheval au -devant des
Caroffes de la Princeffe , le
د
Kiflar
GALANT. 313
Kiflar-Aga & quelques Eunuques
favoris le précedent ;
Quand la Princeſſe eſt arrivée
chez ſon Epoux , le Kiflar-
Aga la luy remet entre les
mains ,& luy la conduit dans
fon appartement ,& la remet
entre les mains de ſa Kiaya-
Kadin, de fa nourrice , & de
ſes gouvernantes , il fort enſuite
de l'appartement de la
Princeffe , & traite tous les
principaux Officiers qui l'ont
accompagné ; aprés le repas
il donne au Grand Viſir , au
Kiflar-Aga , au Moufty , aux
deux Kadileskers , au Cadi de
Novembre 1714. Dd
314 MERCURE
Conftantinople ,& à tous les
les Viſirs de route à chacun
une fourrure de martre zibline;
il endonne à tous les autres
principaux Officiers de la
Caftanie; il donne auffi des
fourrures de martre zibline
auxEunuques favorisqui ont
accompagné le Kiflar-Aga ,&
diſtribuë de l'argent àtousles
autres chacun ſuivant ſa qualité,
& aprés que le Grand-
Vıfır , le Kflar-Aga, les autres
Viſirs , les Docteurs de la
Loy ont felicité le nouveau
marié, chacun ſe retire chez
ſoy. Le lendemain il va renGALANT.
315
dre ſa viſite au Grand-Viſir
qui luy donne une fourrure
de martre zibline ; le premier
Miniſtre l'envoye enfuite au
Grand- Seigneur , ce Prince
luy donne un Caftan de drap
d'or fourré de martre zibline ,
comme ſon gendre , il va
aprés chez le Kıflar- Aga où la
Reine Mere luy envoye une
fourrure de martre zibline ,
&puis il ſe retire chez luy.
Fermer
Résumé : TRADUCTION d'une description du Harem, ou de l'Appartement des Femmes du Grand Seigneur.
Le harem ottoman est organisé autour de trois principaux appartements : celui de la Sultane Validé, celui de la Sultane Haffki et celui de la Kiaya Kadin. La Kiaya Kadin supervise les filles esclaves et les Boula, des femmes âgées au service du sultan. Ces dernières peuvent accéder à des rôles plus élevés, tels que Hazinedar Oufta ou Kiaya Kadin. La Sultane Haffki, reconnaissable à sa couronne d'or, ainsi que les quatre premières dames ayant des enfants mâles ou des filles, possèdent leurs propres appartements et eunuques. Elles ont également le privilège de voir le sultan sans intermédiaire. La Sultane Validé, après l'accession de son fils au trône, dispose d'une maison particulière et d'appanages. En cas de décès du sultan, la mère du nouveau sultan devient la principale figure féminine, suivie par la Sultane Validé, puis par la Kiaya Kadin. En l'absence d'héritier mâle, un frère ou un prince succède au sultan, et la mère du nouveau sultan devient Sultane Validé. La mère d'un prince décédé est envoyée au vieux serrail. Les odalisques sans enfants mâles peuvent être mariées, tandis que celles ayant des fils restent au serrail. La Sultane Validé est servie par de nombreux esclaves et eunuques, dirigés par le Kizlar Aga, qui contrôle l'accès au sultan et supervise les communications et les présents. L'organisation du palais comprend divers corps, tels que les Bostangis, supervisés par le Bostangis-Bachi, et les Baltagis, dirigés par le Baltagilar Kiayaffi. Ces derniers servent les femmes du harem et effectuent des tâches extérieures. Les cérémonies d'arrivée d'une princesse incluent des distributions de cadeaux et des visites protocolaires au Grand-Visir et à la Reine Mère.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7636
p. 1-48
Ordre de Bataille de l'Armée du Roy en Flandres.
Début :
GENERAUX. Mr le Mareschal, Duc de Villars. Mr le Mareschal [...]
Mots clefs :
Brigadiers, Roi, Duc, Cavalerie, Lieutenant, Ligne, Infanterie, Bataille, Dragons, Armée, Généraux, Ordre de bataille, Escadrons, Bataillons, Flandres, Officiers généraux, Réserve, Alliés, Allemagne, Détachement, Corps, Total
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ordre de Bataille de l'Armée du Roy en Flandres.
Ordre de BatailledeILArmée:
duRoy en Flandres.
GENERAUX.
Mr le Mareschal
,
Duc de
Villars.
Mr le Mareschal de Mon-
-
tesquiou.
Lieutenans Généraux de la
premiere ligne.
Mrs Gassion, Prince de
Rohan, Mezieres, la Valliere
,
Destain, Albergothy,
Croisy, Duc de Guiche
, Maulevrier
,
Hautefpre.
Maréchaux de Camp.
Mrs de Silly
,
le Vidame
,
Chasteau
-
Morand,
Choiseul, Rooth
,
Duc de
Mortemart, Nangis, Ravignan.
Brigadiers.
MrsBerville,Suzy, Castel-
Moron,laTremoille,
Krakemberg
,
Courtage
Choiseul, Saumery, Montbazon
,
Gassion,Dargelos,
Daubigné
,
Colandre,
Obrien
,
S. Simon, Bernholes,
Desrouville,Beaupuys,
Perissan,Seignelay,
PREMIERE LIGNE.
DRAGONS,
Colonelle Générale 3 crc.
Beautremont 3
G
CAVALERIE.
MaiConduRoy 13
13
Gendarmerie 8
8
Royal Picdmont 3
SrAgnan 2..
la Tremoille i
7
Royal Allemand 3 Rottembourg 2.
Dfûivpc i
7 Dauphin,
Prince Marfillae,.
2.
Montcil
, 1
7
Choiseul, 1
Courcillon, 2. Dalzeau, z
( 6-
Chcrizy, z*
Royal Roussillon, 3
Commilfairc Générale 3
z
8
62. efc.
IN FANTERIE.
Picardie)
3 bat.
Bourbon, :, i
Nice, 16
Navarre, 3
Bourgogne, 2.
Monroux, 1
6
Bourbonnois, z
Languedoc) 1
Aunis, 2,
-. 6
Royal, 3
Royal Comtois, 2,
Daunay, 1
6
Les Vaisséaux, 3
La Marck, 1
Royal Italien, 1 6Lee,1 Obricn, 1
Dorington, 1
Galmoy, 1
OdondelJ 1
5
Gardes Françoises, 4
Gardes Suisses, 2.
*
Alfacc,a 4
Vczin, 2.
6
La Reine, 3
Haynault) z
Vaugc, I
6
Le Roy, 4
Foix, 1
6
pont, Dreux, Brendle, Lée,
Geoffreville.
Maréchaux de Camp.
Mrs Beauveau, Comte
de Nille
,
Lessars
,
Isenghien,
Mouchy, Miromesnil,
la Mark
,
Chevalier de
Roye.
Brigadiers.
mrs S. Poange, Gaydon,
Daulcane
,
Sandru ky
, Rios
,
Capy, Montal, S.
Morel, Depinay, la Chaux,
May, Grenets, Mercy
,
Sury
,
Lionne, de Lisle,
Remirecourt
,
Gondrin
Beringhen, Meleun,Saa. ,
SECONDE LIGNE.
CAVALERIE.
Colonelle Generale, 3 efc.
S.Poanges, 2.
Ligondez, 2
7 Chartres, 3
Maifontiers, 2-
Clermont, 1
7
Daultannc9
Villiers, z
Grandmonc
2. Aubeterrc"
2.
8
Brabant, 1 S.Phal, 2
Caycux, 1
6
Efclainvilliers,
Rios,zz, S. BHmonrJ
6
Montauban., z
Capy, z :
Cravattes, 3
7
41cfc.
INFANTERIE.
Poitou) z bar.
Lorraine, t
Miromelnil
, 2,
6
Tourraine, z
Charollais) A
Bugey, 2.
6
Limofia,
LaChauxI2.
Boufflcrs,
2.
1 yiliiers Suiflc
, 3
May, 3
6
Brcnqle, 3
SLJrbeçk) 3
6
Gardes de Bavière, 4
4
HefTy, 3
Phiffcr, 3
6
RoyalRoussillon, 2. Lionne,.2.
Laonnois,2.
ÀC
La Fere, 1
Tourncfis., 1
Beauce, 1
6
Tourville, 2.
Barrois, z*
Agenois, i
6
Greder Allemand 2.
Solrc, i
Gondrin, t
6
G3 bac.
CAVALERIE
a Reine) 3 efc.
Seringhen 3
iftaniol
, 1
S
AUTRE RESERVE.
**
Lieutenant General.
Mr de Broglie. Brigadiers,
Mrs Tarneau, Combout,
Pasteur.
CAVALLERIE.
Le Roy, 3efc.
La Tour, z
Beauveau, z
Tarneau, z
9
Combous, z
DuBcflcy, i
Biron, x
6
Houssards de Nerville, I
Pasteur, Dragons, 2.
3
- 18efc.
CAMP SEPARE'.
Lieutenans Generaux.
Mrs Sailly
,
Conflans
Reichberg, duRoZwl,S.,
Fremont.
Maréchaux de Camp.
Mrs S. Morrany
,
Santigny
,Prince Charles.
Brigadiers.
Mrs Nugent, Gassé, Danumis,
Jouy, Girault, S.
Micault,Locatelly, Cloys,
Prince de Bergets, Midefars
,
Flavacourt.
CAVALLERIE.
Royal Etranger, 3 etc.
Villeroy, 3
Nugent fi
,\ S
Dauphin Etranger, y
Vauldray
, '1 2.
Mitignon, 2.
,L , Ir
Bourgogne, 3 Gesvres,t , Viilcquicr, i
7
Orléans, 3
Villeprcux, 1
,
S
Dumalnc, 5
Frczin, z
S Condé, 3
Bourbon, 3
6
Arcobau, 3
Loccelly, 2.
S
Carabiniers, 10
10
Gardes d'Espagne 1,
Gardes de Bavierc z
4
DRAGONS.
Royal, z
Flavacourc, z
5
Gzcfc.
RESERVE.
Brigadiers
Mrs Livry, Se brcr.
INFANTERIE.
Bcüil i bac.
MIrabeau, 1
Nivcrnois, x
1
6
Perche, i
Cambrcfis 1
Spaar, i
6
il
AUTRE CORPS.
Lieutenans Generaux.
Mrs laFiezclicre, Bouzols,
Davaray.
Maréchaux de Camp.
Mrs Costa.Mîmur.
Brigadiers.
MrsThourotte, Montjoye,
Livry.
CAVALLERIE.
Tbourotte, 2.
efc;
Pardeilhan, x Raigecourt, i
6
Cossa)Bav. 3
Posh,Bav. 2.
S
Prince Lambesc,
3
Livry, 2.
Mettre de Camp Gencrale.,
3
8
41efc.
Royal Artillerie, 2. bar.
Bombardiers,
1
3
HoussardsdeRasky 3 etc.
camperont au Quartier
General.
Total des Escadrons,1jl.
TOfl des Bataillons,161.
On a fait depuis plusieurs
détachemens pour l'Allemia9nc.--
Ordrede Bataille de tArmée
des Alliez en Flandres,
commandée par le Duc de
Marlborough.
GENERAUX.
Le Duc deMarlborough,
le Comte de Tilly, le Prince
hereditaire de Hesse, Dopsf,
Prince d'Orange,Bulleau,
Lumelly.
Lieutenans Generaux.
Hompesch , P. H.Hembery
,
P. G. de Hesse
,
Esbach,
Heyden, Murray,
Palland, Holstein
-
Beck
, Rantzau, Withers,Norsh,
Orknay
,
Scoulembourg
, Cadogan, Mans, Temple,
Rosse, Word.
Autres Officiers Généraux.
Kellun, Bothmar Peutz,
S. Laurent, Prifoofe
,
Euvars,
Sibourg, Subin,Vegelin
,
Ranch
,
Ivoy, Hamilton
,
Exk, Pritzelvaitz,
Wittemberg
,
Strakembourg,
Chanclos,Salxemkeylbourg
, Brelembach ,
Hagn, Duvel, Sillion, Russel,
Morisson
,
Hamilton ,
Du Breüil, Stutter,Rublereu
,
Berchoffer, Douglas,
Leinkesfeld,Vorst, Loohaux
,Glinsha
,
Lalech , Sairs,Maesbag.
ESCADRONS.
Royal Ecossois, 3 d.
Royal Irlandois) 3
Lauly, 3
Cadogan, 1
Harwich
) 2
Palmes,
2.
Woord, I
Betmard
, 4
Elle, 3
Wight, t
S.Laurent, 2.
Frecha pcllc, 1
Grosk
, 2.
Pcurz) 1
Sculembourg, 2.
L':"ib, 2.92 Hagn, 4d.
BJlow, 4
BATAILLONS.
Gardes Britanniques, 2.
Royal, 1
Subin, 1
Newton, i
Hasford
, 1
Royal, 1
Privrofc, 1
Erram, 1
Duvcl
, 1
Selvin, 1 Prcftion,i Suron
, 1
Ingolsby, 1
Vecbb, l
SPibnoukrga, abh,I1 Ecclc,I Noorth
, 1 Hamilton,i Wym, 1
Orrcry) i
Gauvin, i
Greck. 1 Milevillc,i Dixprcmbouck, 1
Belling, i
Du Brciiil
, i
Rantzau, i
OrangeJ i
Fagel, i
Holfteinbeck, 1
May, 1
Wigers, 1
Prince Maximilicn, I
Marquel, 1 Lircdal,l Croonsprios, t
Croonsfront,i Chambricr, 1
Wondebourg, 1
CDouoglals)lioc,i1 Muray, 1
Gardes Hollandoifes, 3;
ESCADRONS.
Vandcrnach^ 6-
Tl-J 2,
Oyeu, 1- viiiingosf, 1
Grouvtfiin, 2.
Wirtcmberg
) z
Cralingc, 2.
Chanclosy x
Lalech
, 2.
Er bach
, 2.
Prince bereditaire) 2.
Gardes bleues, 2.
Gardes du Corps, 1
Carabiniers, 4
Srnittcrm, 4
Gardes, j
Generaux de la secondeLigne.
Albemarle. Fagel. Prince
d'Anhalt. ZD
Lieutenans Generaux.
Oyeu,Vittentorf, Lalech,
Athlone, Dohna,Colliers,
Landerfrankenfleiiinatimer.
Autres Officiers Generaux.
Doisting, Hackemborn,
DuPortail, De Veyne Trossel, Berg, Croon,,
GaLJvin, Hasuvoudent
,
Vixou se,Westimiler,Koppel
, Grovenstein, Du Portail
,
Comre Moornay ,
Shemesan,Bechleren,Wauters,
Vandersbeck
,
Wichfurst
, Rador
,
Recdert
Cofcritz, Chambricr, , May,
Smettingh
,
Cronstroon
Wallesf, Benthen, Hum-,
neilicn
,
Bechleren, Wictemhorf.
ESCADRONS.
Leib, 4d.
Etlbreigc, 4
Souvelzi, 4
Anspach, 4
Dorsflinguc, 4
Panevilz, 3
Lcib, 3 9*
Croonrprins, 3
Prince Philippe, 3
Heyden 1
Portai, 3
Cac, 1
Bataillons.
Gardes, 1 :
Leib, zJjt
Croonfprins, 3
Albregl, 2.
Lollern, x
Erpprins, 1 Alsdhna, 1 ;
Varenne, i
Jouy Dhona) i
Hcydcn, 1
Anhn & Zclbz, i
DTenrheol,ler,t1 Gromhonn> t
Cofcritz, i Scamaifter,I
Lerkoors, • 1
Buldeuvin, i
Deticur, 1
Telkelembcrg, 1
Rantzau, 1
Albcrmarle, 1
Scrccshcn, 1
Elft, 1
NSig.clMin, arais, i i Chareause, 1
Inncns, i
Pariot, 1
Maurice, 1
Bugwillz, 1
- Mjçcrail
, r
Dobrobiky, 1 Hauler 1
Bernard, 1
Groy
, 1
Pallannc, 34
Heyden,
,. 2.
llangercberg
, - 2,:
ESCADRONS.
Walleff, i
Hoflcmhomb
, 2.
Saxcmhcylberg
) z
ECK, 1
Humnclben, 1
Guichel, 1
Sgrabemvoir
, z
Voorlt, i
Rechtcren, z
Briftzeelw, 1
Athlonc, 2
Prince dOranse t Gardes du Co0rps,i Dopff, 4
Ordre de Bataille de ïArmie
des Alliez en Flandre, commandée
par le Prince Eugene.
GENERAUX.
Le Prince Eugene
Le Duc de Wirtemberg
,
Le Comte de Velen.
Lieutenans Generaux.
Averoche, Gor dorf
Schwcuzel,Wilcke, Mer-,
y.
GenerauxMajors.
Cheuse, Wessenfelz
Milhan, boisset, , Prince de
Heirc Philipidal
,
Sachen
) d'Albert, Sechembach
, Bonneval
,
Statzfelt, Souchon,
Prince Lobkowirz,
ESCADRONS.
CFolodnitzz,Ho,u[6[ardsd, j Palafi, 6d
Wefterlo, 3
Mercy, 6
LVccylcbn,,33Vd
BATAILLONS.
Holftcin, t
Baadcn, z
Grenadiers, i
Taftring, 1
Dalbcrt, t
Fechembag
, 1
WandcrbCCK, 1
CaGel, 1
Erf Prince Woffcn) 1 Bren Wolffen
, 1
Gardes de Heffc
) 1
Eftcrdc, t
SErçf PhrinwceederHizdlce,l.,111
Romeleny, 1
Sugnen, * T i
Bonnard, [
Preccrnis,
4
Boitfcc.,L11
VanftoKer, 1
Gardes Danoises,i
ESCADRONS.
Leib, Saxon. 4 yt.
Rcmcchcc, 4
Lcib, f1 Alfy-
Weilfenfeiczt , Erf.Prince Hcflc, 4
Chcux, Danois. 2.
Kneyl, 2.
LClb, 2, yt.
Wirtemberg, s
General de lasecondeLigne.
Le Comte de Felz.
Lieutenans Generaux.
Lagnace
,
Caunstz, Vander
bCIK, Schellarr.
Generaux Majors.
Schemetteau,Heynflein,
Sechendorf, La Roche Sterrifelz, , Vtien.
ESCADRONS.
Spleny) HoulTards,J
S. Amour,6d.
Dandignercs, i d.
Wirtembcrg) 4dé
FalKcftcin,6d.
Halzfclr) 3
Shcllart) 3
BATAILLONS.
Grenadiers Pafloc, 1
Sulzbach
, 1
Saxemrneymcing, 1
Iffelbach, 1
Grenad. Wirieïnberg, t
Harinans, 1
SternfeltzJ 2.
Schwartz, t
Etrcrfelz, 1
Caves, 1
Radtnge, 1 Dcucheft, 1
Prince George de He(îe,t
Koomugmac, i
Wcifll-nfelz, 1
WaKerbart, 1
Schendorf, 1
Getz) 1
Furrtemberg, t
Charprins, I
Gardes Saxe, 2.
ESCADRONS.
MilKan,
Spicgçl,1 4z Boinebourg, z
Avcrchcs, 4
Brochcdorf, +
Schemettcau,
Wlrtemberg, 1
Grabo, 1
Rantzau, 2,
Total des deux Armées,
Bataillons, 148
EfèadronsJ2,56
Les Alliez ont aussi fait
des détachemens pour rAl.
lemagne.
duRoy en Flandres.
GENERAUX.
Mr le Mareschal
,
Duc de
Villars.
Mr le Mareschal de Mon-
-
tesquiou.
Lieutenans Généraux de la
premiere ligne.
Mrs Gassion, Prince de
Rohan, Mezieres, la Valliere
,
Destain, Albergothy,
Croisy, Duc de Guiche
, Maulevrier
,
Hautefpre.
Maréchaux de Camp.
Mrs de Silly
,
le Vidame
,
Chasteau
-
Morand,
Choiseul, Rooth
,
Duc de
Mortemart, Nangis, Ravignan.
Brigadiers.
MrsBerville,Suzy, Castel-
Moron,laTremoille,
Krakemberg
,
Courtage
Choiseul, Saumery, Montbazon
,
Gassion,Dargelos,
Daubigné
,
Colandre,
Obrien
,
S. Simon, Bernholes,
Desrouville,Beaupuys,
Perissan,Seignelay,
PREMIERE LIGNE.
DRAGONS,
Colonelle Générale 3 crc.
Beautremont 3
G
CAVALERIE.
MaiConduRoy 13
13
Gendarmerie 8
8
Royal Picdmont 3
SrAgnan 2..
la Tremoille i
7
Royal Allemand 3 Rottembourg 2.
Dfûivpc i
7 Dauphin,
Prince Marfillae,.
2.
Montcil
, 1
7
Choiseul, 1
Courcillon, 2. Dalzeau, z
( 6-
Chcrizy, z*
Royal Roussillon, 3
Commilfairc Générale 3
z
8
62. efc.
IN FANTERIE.
Picardie)
3 bat.
Bourbon, :, i
Nice, 16
Navarre, 3
Bourgogne, 2.
Monroux, 1
6
Bourbonnois, z
Languedoc) 1
Aunis, 2,
-. 6
Royal, 3
Royal Comtois, 2,
Daunay, 1
6
Les Vaisséaux, 3
La Marck, 1
Royal Italien, 1 6Lee,1 Obricn, 1
Dorington, 1
Galmoy, 1
OdondelJ 1
5
Gardes Françoises, 4
Gardes Suisses, 2.
*
Alfacc,a 4
Vczin, 2.
6
La Reine, 3
Haynault) z
Vaugc, I
6
Le Roy, 4
Foix, 1
6
pont, Dreux, Brendle, Lée,
Geoffreville.
Maréchaux de Camp.
Mrs Beauveau, Comte
de Nille
,
Lessars
,
Isenghien,
Mouchy, Miromesnil,
la Mark
,
Chevalier de
Roye.
Brigadiers.
mrs S. Poange, Gaydon,
Daulcane
,
Sandru ky
, Rios
,
Capy, Montal, S.
Morel, Depinay, la Chaux,
May, Grenets, Mercy
,
Sury
,
Lionne, de Lisle,
Remirecourt
,
Gondrin
Beringhen, Meleun,Saa. ,
SECONDE LIGNE.
CAVALERIE.
Colonelle Generale, 3 efc.
S.Poanges, 2.
Ligondez, 2
7 Chartres, 3
Maifontiers, 2-
Clermont, 1
7
Daultannc9
Villiers, z
Grandmonc
2. Aubeterrc"
2.
8
Brabant, 1 S.Phal, 2
Caycux, 1
6
Efclainvilliers,
Rios,zz, S. BHmonrJ
6
Montauban., z
Capy, z :
Cravattes, 3
7
41cfc.
INFANTERIE.
Poitou) z bar.
Lorraine, t
Miromelnil
, 2,
6
Tourraine, z
Charollais) A
Bugey, 2.
6
Limofia,
LaChauxI2.
Boufflcrs,
2.
1 yiliiers Suiflc
, 3
May, 3
6
Brcnqle, 3
SLJrbeçk) 3
6
Gardes de Bavière, 4
4
HefTy, 3
Phiffcr, 3
6
RoyalRoussillon, 2. Lionne,.2.
Laonnois,2.
ÀC
La Fere, 1
Tourncfis., 1
Beauce, 1
6
Tourville, 2.
Barrois, z*
Agenois, i
6
Greder Allemand 2.
Solrc, i
Gondrin, t
6
G3 bac.
CAVALERIE
a Reine) 3 efc.
Seringhen 3
iftaniol
, 1
S
AUTRE RESERVE.
**
Lieutenant General.
Mr de Broglie. Brigadiers,
Mrs Tarneau, Combout,
Pasteur.
CAVALLERIE.
Le Roy, 3efc.
La Tour, z
Beauveau, z
Tarneau, z
9
Combous, z
DuBcflcy, i
Biron, x
6
Houssards de Nerville, I
Pasteur, Dragons, 2.
3
- 18efc.
CAMP SEPARE'.
Lieutenans Generaux.
Mrs Sailly
,
Conflans
Reichberg, duRoZwl,S.,
Fremont.
Maréchaux de Camp.
Mrs S. Morrany
,
Santigny
,Prince Charles.
Brigadiers.
Mrs Nugent, Gassé, Danumis,
Jouy, Girault, S.
Micault,Locatelly, Cloys,
Prince de Bergets, Midefars
,
Flavacourt.
CAVALLERIE.
Royal Etranger, 3 etc.
Villeroy, 3
Nugent fi
,\ S
Dauphin Etranger, y
Vauldray
, '1 2.
Mitignon, 2.
,L , Ir
Bourgogne, 3 Gesvres,t , Viilcquicr, i
7
Orléans, 3
Villeprcux, 1
,
S
Dumalnc, 5
Frczin, z
S Condé, 3
Bourbon, 3
6
Arcobau, 3
Loccelly, 2.
S
Carabiniers, 10
10
Gardes d'Espagne 1,
Gardes de Bavierc z
4
DRAGONS.
Royal, z
Flavacourc, z
5
Gzcfc.
RESERVE.
Brigadiers
Mrs Livry, Se brcr.
INFANTERIE.
Bcüil i bac.
MIrabeau, 1
Nivcrnois, x
1
6
Perche, i
Cambrcfis 1
Spaar, i
6
il
AUTRE CORPS.
Lieutenans Generaux.
Mrs laFiezclicre, Bouzols,
Davaray.
Maréchaux de Camp.
Mrs Costa.Mîmur.
Brigadiers.
MrsThourotte, Montjoye,
Livry.
CAVALLERIE.
Tbourotte, 2.
efc;
Pardeilhan, x Raigecourt, i
6
Cossa)Bav. 3
Posh,Bav. 2.
S
Prince Lambesc,
3
Livry, 2.
Mettre de Camp Gencrale.,
3
8
41efc.
Royal Artillerie, 2. bar.
Bombardiers,
1
3
HoussardsdeRasky 3 etc.
camperont au Quartier
General.
Total des Escadrons,1jl.
TOfl des Bataillons,161.
On a fait depuis plusieurs
détachemens pour l'Allemia9nc.--
Ordrede Bataille de tArmée
des Alliez en Flandres,
commandée par le Duc de
Marlborough.
GENERAUX.
Le Duc deMarlborough,
le Comte de Tilly, le Prince
hereditaire de Hesse, Dopsf,
Prince d'Orange,Bulleau,
Lumelly.
Lieutenans Generaux.
Hompesch , P. H.Hembery
,
P. G. de Hesse
,
Esbach,
Heyden, Murray,
Palland, Holstein
-
Beck
, Rantzau, Withers,Norsh,
Orknay
,
Scoulembourg
, Cadogan, Mans, Temple,
Rosse, Word.
Autres Officiers Généraux.
Kellun, Bothmar Peutz,
S. Laurent, Prifoofe
,
Euvars,
Sibourg, Subin,Vegelin
,
Ranch
,
Ivoy, Hamilton
,
Exk, Pritzelvaitz,
Wittemberg
,
Strakembourg,
Chanclos,Salxemkeylbourg
, Brelembach ,
Hagn, Duvel, Sillion, Russel,
Morisson
,
Hamilton ,
Du Breüil, Stutter,Rublereu
,
Berchoffer, Douglas,
Leinkesfeld,Vorst, Loohaux
,Glinsha
,
Lalech , Sairs,Maesbag.
ESCADRONS.
Royal Ecossois, 3 d.
Royal Irlandois) 3
Lauly, 3
Cadogan, 1
Harwich
) 2
Palmes,
2.
Woord, I
Betmard
, 4
Elle, 3
Wight, t
S.Laurent, 2.
Frecha pcllc, 1
Grosk
, 2.
Pcurz) 1
Sculembourg, 2.
L':"ib, 2.92 Hagn, 4d.
BJlow, 4
BATAILLONS.
Gardes Britanniques, 2.
Royal, 1
Subin, 1
Newton, i
Hasford
, 1
Royal, 1
Privrofc, 1
Erram, 1
Duvcl
, 1
Selvin, 1 Prcftion,i Suron
, 1
Ingolsby, 1
Vecbb, l
SPibnoukrga, abh,I1 Ecclc,I Noorth
, 1 Hamilton,i Wym, 1
Orrcry) i
Gauvin, i
Greck. 1 Milevillc,i Dixprcmbouck, 1
Belling, i
Du Brciiil
, i
Rantzau, i
OrangeJ i
Fagel, i
Holfteinbeck, 1
May, 1
Wigers, 1
Prince Maximilicn, I
Marquel, 1 Lircdal,l Croonsprios, t
Croonsfront,i Chambricr, 1
Wondebourg, 1
CDouoglals)lioc,i1 Muray, 1
Gardes Hollandoifes, 3;
ESCADRONS.
Vandcrnach^ 6-
Tl-J 2,
Oyeu, 1- viiiingosf, 1
Grouvtfiin, 2.
Wirtcmberg
) z
Cralingc, 2.
Chanclosy x
Lalech
, 2.
Er bach
, 2.
Prince bereditaire) 2.
Gardes bleues, 2.
Gardes du Corps, 1
Carabiniers, 4
Srnittcrm, 4
Gardes, j
Generaux de la secondeLigne.
Albemarle. Fagel. Prince
d'Anhalt. ZD
Lieutenans Generaux.
Oyeu,Vittentorf, Lalech,
Athlone, Dohna,Colliers,
Landerfrankenfleiiinatimer.
Autres Officiers Generaux.
Doisting, Hackemborn,
DuPortail, De Veyne Trossel, Berg, Croon,,
GaLJvin, Hasuvoudent
,
Vixou se,Westimiler,Koppel
, Grovenstein, Du Portail
,
Comre Moornay ,
Shemesan,Bechleren,Wauters,
Vandersbeck
,
Wichfurst
, Rador
,
Recdert
Cofcritz, Chambricr, , May,
Smettingh
,
Cronstroon
Wallesf, Benthen, Hum-,
neilicn
,
Bechleren, Wictemhorf.
ESCADRONS.
Leib, 4d.
Etlbreigc, 4
Souvelzi, 4
Anspach, 4
Dorsflinguc, 4
Panevilz, 3
Lcib, 3 9*
Croonrprins, 3
Prince Philippe, 3
Heyden 1
Portai, 3
Cac, 1
Bataillons.
Gardes, 1 :
Leib, zJjt
Croonfprins, 3
Albregl, 2.
Lollern, x
Erpprins, 1 Alsdhna, 1 ;
Varenne, i
Jouy Dhona) i
Hcydcn, 1
Anhn & Zclbz, i
DTenrheol,ler,t1 Gromhonn> t
Cofcritz, i Scamaifter,I
Lerkoors, • 1
Buldeuvin, i
Deticur, 1
Telkelembcrg, 1
Rantzau, 1
Albcrmarle, 1
Scrccshcn, 1
Elft, 1
NSig.clMin, arais, i i Chareause, 1
Inncns, i
Pariot, 1
Maurice, 1
Bugwillz, 1
- Mjçcrail
, r
Dobrobiky, 1 Hauler 1
Bernard, 1
Groy
, 1
Pallannc, 34
Heyden,
,. 2.
llangercberg
, - 2,:
ESCADRONS.
Walleff, i
Hoflcmhomb
, 2.
Saxcmhcylberg
) z
ECK, 1
Humnclben, 1
Guichel, 1
Sgrabemvoir
, z
Voorlt, i
Rechtcren, z
Briftzeelw, 1
Athlonc, 2
Prince dOranse t Gardes du Co0rps,i Dopff, 4
Ordre de Bataille de ïArmie
des Alliez en Flandre, commandée
par le Prince Eugene.
GENERAUX.
Le Prince Eugene
Le Duc de Wirtemberg
,
Le Comte de Velen.
Lieutenans Generaux.
Averoche, Gor dorf
Schwcuzel,Wilcke, Mer-,
y.
GenerauxMajors.
Cheuse, Wessenfelz
Milhan, boisset, , Prince de
Heirc Philipidal
,
Sachen
) d'Albert, Sechembach
, Bonneval
,
Statzfelt, Souchon,
Prince Lobkowirz,
ESCADRONS.
CFolodnitzz,Ho,u[6[ardsd, j Palafi, 6d
Wefterlo, 3
Mercy, 6
LVccylcbn,,33Vd
BATAILLONS.
Holftcin, t
Baadcn, z
Grenadiers, i
Taftring, 1
Dalbcrt, t
Fechembag
, 1
WandcrbCCK, 1
CaGel, 1
Erf Prince Woffcn) 1 Bren Wolffen
, 1
Gardes de Heffc
) 1
Eftcrdc, t
SErçf PhrinwceederHizdlce,l.,111
Romeleny, 1
Sugnen, * T i
Bonnard, [
Preccrnis,
4
Boitfcc.,L11
VanftoKer, 1
Gardes Danoises,i
ESCADRONS.
Leib, Saxon. 4 yt.
Rcmcchcc, 4
Lcib, f1 Alfy-
Weilfenfeiczt , Erf.Prince Hcflc, 4
Chcux, Danois. 2.
Kneyl, 2.
LClb, 2, yt.
Wirtemberg, s
General de lasecondeLigne.
Le Comte de Felz.
Lieutenans Generaux.
Lagnace
,
Caunstz, Vander
bCIK, Schellarr.
Generaux Majors.
Schemetteau,Heynflein,
Sechendorf, La Roche Sterrifelz, , Vtien.
ESCADRONS.
Spleny) HoulTards,J
S. Amour,6d.
Dandignercs, i d.
Wirtembcrg) 4dé
FalKcftcin,6d.
Halzfclr) 3
Shcllart) 3
BATAILLONS.
Grenadiers Pafloc, 1
Sulzbach
, 1
Saxemrneymcing, 1
Iffelbach, 1
Grenad. Wirieïnberg, t
Harinans, 1
SternfeltzJ 2.
Schwartz, t
Etrcrfelz, 1
Caves, 1
Radtnge, 1 Dcucheft, 1
Prince George de He(îe,t
Koomugmac, i
Wcifll-nfelz, 1
WaKerbart, 1
Schendorf, 1
Getz) 1
Furrtemberg, t
Charprins, I
Gardes Saxe, 2.
ESCADRONS.
MilKan,
Spicgçl,1 4z Boinebourg, z
Avcrchcs, 4
Brochcdorf, +
Schemettcau,
Wlrtemberg, 1
Grabo, 1
Rantzau, 2,
Total des deux Armées,
Bataillons, 148
EfèadronsJ2,56
Les Alliez ont aussi fait
des détachemens pour rAl.
lemagne.
Fermer
Résumé : Ordre de Bataille de l'Armée du Roy en Flandres.
Le document expose les ordres de bataille des armées en Flandres, en détaillant les forces françaises et alliées. L'armée française est dirigée par le Maréchal Duc de Villars et le Maréchal de Montesquiou. Les lieutenants généraux de la première ligne incluent Gassion et le Prince de Rohan, parmi d'autres. Les maréchaux de camp et brigadiers sont également répertoriés. Les troupes de cavalerie et d'infanterie sont spécifiées, avec des régiments tels que les Dragons, la Gendarmerie, et divers régiments de cavalerie et d'infanterie comme Picardie, Bourbon, et les Gardes Françaises. L'armée française compte 111 escadrons et 161 bataillons. L'ordre de bataille de l'armée alliée, sous le commandement du Duc de Marlborough, inclut des généraux comme le Comte de Tilly et le Prince héritier de Hesse. Les lieutenants généraux et autres officiers généraux sont également mentionnés. Les escadrons et bataillons alliés sont listés, avec des régiments comme les Gardes Britanniques, les Royal Écossais, et les Royal Irlandois. Les Alliés ont également effectué des détachements pour l'Allemagne. L'ordre de bataille de l'armée alliée commandée par le Prince Eugène comprend des généraux comme le Duc de Wurtemberg et le Comte de Velen. Les lieutenants généraux et généraux majors sont également listés. Les escadrons et bataillons incluent des régiments comme les Holstein, les Baden, et les Grenadiers. Au total, les deux armées comptent 148 bataillons et 256 escadrons. Les Alliés ont également effectué des détachements pour l'Allemagne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7637
p. 269
« Ma Chanson vient à propos à la suite des Mariages. [...] »
Début :
Ma Chanson vient à propos à la suite des Mariages. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Ma Chanson vient à propos à la suite des Mariages. [...] »
Ma Chanson vient à propos à la suite des Mariages.
Fermer
7638
p. 269
CHANSON.
Début :
Ne vous piquez pas de constance [...]
Mots clefs :
Constance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON.
Ne vous piquez pas de conftance
Si vous nesçavez pas menager
les plaisirs ,
C'est en épuisant ſes defirs ,
Qu'un amour trop constant change
en indifference .
Ne vous piquez pas de conftance
Si vous nesçavez pas menager
les plaisirs ,
C'est en épuisant ſes defirs ,
Qu'un amour trop constant change
en indifference .
Fermer
7639
p. 277
ENIGME.
Début :
Apres avoir souffert & la rouê, & le feu, [...]
Mots clefs :
Pain bénit de paroisse
7640
p. 51
ENIGME.
Début :
Mes enfans, cher Lecteur, naissent selon tes voeux : [...]
Mots clefs :
Alphabet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
MEs enfans,cher Lecteur, naiſſent ſelon tes voeux:
Malgré leur figure difforme
Ils font plaiſir aux curieux.
Mais par un accident énorme
Dans un on en découvre deux,
Dans deux on en découvre quatre ,
Et dansdix on n'en voit que trois.
S'il arrive quelquefois
Que ces trois on veuille rabbattre ,
Parmi vingt
On n'en voit que cinq.
Par M. L. P. MOLINE.
MEs enfans,cher Lecteur, naiſſent ſelon tes voeux:
Malgré leur figure difforme
Ils font plaiſir aux curieux.
Mais par un accident énorme
Dans un on en découvre deux,
Dans deux on en découvre quatre ,
Et dansdix on n'en voit que trois.
S'il arrive quelquefois
Que ces trois on veuille rabbattre ,
Parmi vingt
On n'en voit que cinq.
Par M. L. P. MOLINE.
Fermer
7642
p. 253-254
« Le Roy a nommé Mr Girardin, qui a esté Lieutenant Civil, [...] »
Début :
Le Roy a nommé Mr Girardin, qui a esté Lieutenant Civil, [...]
Mots clefs :
Lieutenant civil, Prudence, Constantinople, Turquie, Langue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roy a nommé Mr Girardin, qui a esté Lieutenant Civil, [...] »
Le Roy a nommé M' Gi
rardin , qui a efté Lieutenant
Civil,pour aller remplir fa Place
à Conftantinople . C'eſt un
Homme qui a la prudence,
l'efprit , & la fermeté qui font
néceffaires pour bien foûtenirun
pareil employ . Ilaefté
294 MERCURE
déja en Turquie , & c'eſt un
avantage pour luy , puis qu'il
connoit le Pays , & la langue
Turque .
rardin , qui a efté Lieutenant
Civil,pour aller remplir fa Place
à Conftantinople . C'eſt un
Homme qui a la prudence,
l'efprit , & la fermeté qui font
néceffaires pour bien foûtenirun
pareil employ . Ilaefté
294 MERCURE
déja en Turquie , & c'eſt un
avantage pour luy , puis qu'il
connoit le Pays , & la langue
Turque .
Fermer
7643
p. 271-272
« Aprés vous avoir dit naturellement, & en peu de mots, [...] »
Début :
Aprés vous avoir dit naturellement, & en peu de mots, [...]
Mots clefs :
Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Aprés vous avoir dit naturellement, & en peu de mots, [...] »
Aprés vous avoir dit naturellement,&
en peu de mots ,
ce que jepenſe de ces Sonnets,
trouvez bon que j'en prie les
Auteurs de ne pas me ſçavoir
mauvais gré , ſi , en ſuivant
toûjours le texte de la Scenedu
Sonnet du Myſantrope , je
{
leur avoue que les quatre petits
vers qu'on valire ,meplaiſent
autant que tous les Sonnets
du monde. Ils font de la
façon d'une belle& fpirituelle
Ziiij
272 MERCURE
Dame qui les a faits par impromptu
à la loüange de Son
AlteſſeMademoiselle de Clermont
, Princeſſe de l'auguſte
Maiſon de Bourbon , & fe
chantent ſur l'air : Vivons comme
le Voisin vit.
L'Amour dit qu'il n'a plus
befoin
De carquois ni d'adreſſe
Il prendra ſeulement lefoin
Demontrer la Princeffe.
en peu de mots ,
ce que jepenſe de ces Sonnets,
trouvez bon que j'en prie les
Auteurs de ne pas me ſçavoir
mauvais gré , ſi , en ſuivant
toûjours le texte de la Scenedu
Sonnet du Myſantrope , je
{
leur avoue que les quatre petits
vers qu'on valire ,meplaiſent
autant que tous les Sonnets
du monde. Ils font de la
façon d'une belle& fpirituelle
Ziiij
272 MERCURE
Dame qui les a faits par impromptu
à la loüange de Son
AlteſſeMademoiselle de Clermont
, Princeſſe de l'auguſte
Maiſon de Bourbon , & fe
chantent ſur l'air : Vivons comme
le Voisin vit.
L'Amour dit qu'il n'a plus
befoin
De carquois ni d'adreſſe
Il prendra ſeulement lefoin
Demontrer la Princeffe.
Fermer
7644
p. 258-259
REPONSE. Par Mr de Gi**.
Début :
La jalousie des Amants dure moins que celle des Maris, [...]
Mots clefs :
Jalousie, Mari, Amant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPONSE. Par Mr de Gi**.
On a demandé enquoy
font différentes
la jaîoufïedun Maiy,
&C la jalousie d'un A-*j
mant.
*LA jalousie des A
mantsdure moins que
Celle des Maris, carun
Amant ell gueri de sa
jalouiîe en cédantdaimer
;mais un Mary ne
peut se guerir de sa jalousse
qu'en cessant d'estre
jaloux.
font différentes
la jaîoufïedun Maiy,
&C la jalousie d'un A-*j
mant.
*LA jalousie des A
mantsdure moins que
Celle des Maris, carun
Amant ell gueri de sa
jalouiîe en cédantdaimer
;mais un Mary ne
peut se guerir de sa jalousse
qu'en cessant d'estre
jaloux.
Fermer
7645
p. 273-275
ENIGME.
Début :
Autre nouvelle. Un Laquais vient de m'apporter un paquet / Je suis aussi poli, mais plus blanc que l'yvoire, [...]
Mots clefs :
Pot de chambre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Autre nouvelle. Un
Laquais vient de m'apporter
un paquet où je
trouve une longue lettre
&une courte Enigme :
274 MERCURE
on me recommande l'une
& l'autre , mais je m'en
tiens à l'Enigme, àla confideration
de Mr D. L.
qui me l'envoye.
1
ENIGME.
Jeſuis auſſipoli , mais plus
blanc que l'yvoire ,
Fapproche quelquefois de
la virginité , A
Jesuis un peu fragile , &
neſuispoint tenté ,
Souvent me fait la cour
quifouvent aime à boire.
GALANT. 275
Je suis plus recherché du
genre moins buveur
En mon employ ſervile on
me guide à l'honneur ,
Une jeune beauté frémiroit
dans fon ame
Augeste d'un brutal qui
s'approche de moy.
Fene fuis pointſenſible aux
faveurs d'un grand Roy ,
Fe rougis quelquefois de
২ celles d'une Dame.
Laquais vient de m'apporter
un paquet où je
trouve une longue lettre
&une courte Enigme :
274 MERCURE
on me recommande l'une
& l'autre , mais je m'en
tiens à l'Enigme, àla confideration
de Mr D. L.
qui me l'envoye.
1
ENIGME.
Jeſuis auſſipoli , mais plus
blanc que l'yvoire ,
Fapproche quelquefois de
la virginité , A
Jesuis un peu fragile , &
neſuispoint tenté ,
Souvent me fait la cour
quifouvent aime à boire.
GALANT. 275
Je suis plus recherché du
genre moins buveur
En mon employ ſervile on
me guide à l'honneur ,
Une jeune beauté frémiroit
dans fon ame
Augeste d'un brutal qui
s'approche de moy.
Fene fuis pointſenſible aux
faveurs d'un grand Roy ,
Fe rougis quelquefois de
২ celles d'une Dame.
Fermer
7646
p. 268-270
ENIGME.
Début :
Tout le monde est en peine, & chacun veut sçavoir [...]
Mots clefs :
Vent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
uvelle du Pere Arrange
,
dont je vous en aydéja envoyé
d'autres, ainsi que plusieurs
Articles qui vous ont paru dignes de vostre curiosité.
ENIGME.
Tout le monde est en
peine, &
chacun veutsçavoir
Si je fuis un esprit
,
ou bien un
corps sans ame,
Rien ne peut égaler ma force &
mon pouvoir,
Et ce qui vient de moysurprend
l'homme Cm lafemme.
De tout ce que jefais & dontje
fuis l'auteur
Je n'en ay cependant aucune connoissance
;
Aujourd'huy je menace & faits
trembler de peur,
Et demain je console & remplis
d'esperance.
Sansjamaisme lasserjecours tout
l'Univers,
Je vais cr je reviens de l'un à
l'autre Pole,
L'on connoist sans me voir mes
mouvemens divers
,
Et le bruit que je faits me tient
lieu de parole
,
dont je vous en aydéja envoyé
d'autres, ainsi que plusieurs
Articles qui vous ont paru dignes de vostre curiosité.
ENIGME.
Tout le monde est en
peine, &
chacun veutsçavoir
Si je fuis un esprit
,
ou bien un
corps sans ame,
Rien ne peut égaler ma force &
mon pouvoir,
Et ce qui vient de moysurprend
l'homme Cm lafemme.
De tout ce que jefais & dontje
fuis l'auteur
Je n'en ay cependant aucune connoissance
;
Aujourd'huy je menace & faits
trembler de peur,
Et demain je console & remplis
d'esperance.
Sansjamaisme lasserjecours tout
l'Univers,
Je vais cr je reviens de l'un à
l'autre Pole,
L'on connoist sans me voir mes
mouvemens divers
,
Et le bruit que je faits me tient
lieu de parole
Fermer
7647
p. 272-274
« Les commodité de voyager dans les Livres est fort douce, [...] »
Début :
Les commodité de voyager dans les Livres est fort douce, [...]
Mots clefs :
Lecteurs, Lecteur, Royaume
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les commodité de voyager dans les Livres est fort douce, [...] »
La commoditéde voyager
dans les Livres est fortdouce,
& ne coûte gueres
, on y pafTc
en un moment de l'Orient au
Couchant, du Nord au Sud,
& sansfatiguer ses Lecteurs,
un Auteur peut les transporter
à peu de frais, du fonds de lirais, dans le seindeParis
Ainsi les raisons quim'engagent
à vous y ramener brusquement,
sans vous proposer
le moindre rafraîchissement
dans les autres Royaumes de
l'Europe,sont d'une nature si
importance, que je fuis sûr
quetout le monde me dispensera
volontiers d'en rien dire
pour me laisserplûtôt la liberté
de l'entretenirde ce qui se
passeicy,mais comme les affaires
dont ils'agit, meritent
un, tresgranddétail, &que
leurs circonstancesfournissent
la matiere d'un Volume
,
je
prie le Lecteurde me permettredene
luy parler à present
que tres lupa hcidiement de
ceschoses, & devouloir bien
attendre jusqu'au dix ou au
douze du mois prochain, pour
voir (autant que cela dépendra
de moy ) sa curiosité amplement
satisfaitesurcetarticle.
dans les Livres est fortdouce,
& ne coûte gueres
, on y pafTc
en un moment de l'Orient au
Couchant, du Nord au Sud,
& sansfatiguer ses Lecteurs,
un Auteur peut les transporter
à peu de frais, du fonds de lirais, dans le seindeParis
Ainsi les raisons quim'engagent
à vous y ramener brusquement,
sans vous proposer
le moindre rafraîchissement
dans les autres Royaumes de
l'Europe,sont d'une nature si
importance, que je fuis sûr
quetout le monde me dispensera
volontiers d'en rien dire
pour me laisserplûtôt la liberté
de l'entretenirde ce qui se
passeicy,mais comme les affaires
dont ils'agit, meritent
un, tresgranddétail, &que
leurs circonstancesfournissent
la matiere d'un Volume
,
je
prie le Lecteurde me permettredene
luy parler à present
que tres lupa hcidiement de
ceschoses, & devouloir bien
attendre jusqu'au dix ou au
douze du mois prochain, pour
voir (autant que cela dépendra
de moy ) sa curiosité amplement
satisfaitesurcetarticle.
Fermer
7648
p. 269-272
Dons faits par le Roy d'Espagne, [titre d'après la table]
Début :
Le Roy d'Espagne a nommé Don Juan-Antonio de Amezaga [...]
Mots clefs :
Dons, Roi d'Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons faits par le Roy d'Espagne, [titre d'après la table]
Le Roy d'Efpagne a nommé Don Juan Antonio de
Amezaga Lieutenant general ,
pour fervir en Arragon fous les
ordres de Mrle Comte d'Aguilar , & le Gouvernement de
Malaga a cfté donné à Don
Baltazar de Amezaga fon frere Maréchal de Camp.
-
S. M. C. a auffi fait DonJuan
Ifidore de Padilla Gouverneur
Z iij
270 MERCURE
d'Orihuela Brigadier, en confi
deration de fes fervices.
DonJuan- Antonio de Amezaga a fervi toute fa vie
dans la Cavalerie , oùil s'est élevé par degrez ; ce qui prouve
qu'il ne doit le rang qu'il occupe à prefent qu'à fon feul merite & à fa feule valeur. Il eſt
d'une des meilleures Maifons
de Caftille , & il a l'honneur
d'eftre allié par les femmes à
Male Duc de Medina Céli .
Don Juan eft parent de Don
Jofeph de Amezaga Gouverneur d'une Place confiderable
de Caftille. Mrs d'Amezaga
+ GALANT
270
ont toûjours marqué beaucoup de zele pour les interefts
de Sa Majesté Catholique. Ces
~deux illuftres freres , tous deux
élevez fous ce regne aux premieres dignitez de la guerre ,
ont donné de frequentes marques qu'elles eftoient encore
plus dues à leur valeur & à leurs
fervices qu'à leur naiffance ,
quoy qu'elle foit des plus quaAifiées.
Don Ifidore de Padilla qui a
efté fair Brigadier , porte un
nom qui eft en veneration en
Efpagne. Loranzo Padilla Archidiacre de Malaga & qui viZ iiij
272 MERCURE
voit dans le feiziéme fiecle
fut Hiftoriographe de Charlequint. Il publia un Catalogue
des Saints d'Espagne. François
de Padilla fon neveu fe diftingua par fon fçavoir ; il enfei
gna la Theologie à Seville avec
un fuccés éclatant & fut Chanoine de Malaga ; il
fa une Hiftoire Ecclefiaftique
d'Espagne , & une Chronolo
gie des Conciles.
Amezaga Lieutenant general ,
pour fervir en Arragon fous les
ordres de Mrle Comte d'Aguilar , & le Gouvernement de
Malaga a cfté donné à Don
Baltazar de Amezaga fon frere Maréchal de Camp.
-
S. M. C. a auffi fait DonJuan
Ifidore de Padilla Gouverneur
Z iij
270 MERCURE
d'Orihuela Brigadier, en confi
deration de fes fervices.
DonJuan- Antonio de Amezaga a fervi toute fa vie
dans la Cavalerie , oùil s'est élevé par degrez ; ce qui prouve
qu'il ne doit le rang qu'il occupe à prefent qu'à fon feul merite & à fa feule valeur. Il eſt
d'une des meilleures Maifons
de Caftille , & il a l'honneur
d'eftre allié par les femmes à
Male Duc de Medina Céli .
Don Juan eft parent de Don
Jofeph de Amezaga Gouverneur d'une Place confiderable
de Caftille. Mrs d'Amezaga
+ GALANT
270
ont toûjours marqué beaucoup de zele pour les interefts
de Sa Majesté Catholique. Ces
~deux illuftres freres , tous deux
élevez fous ce regne aux premieres dignitez de la guerre ,
ont donné de frequentes marques qu'elles eftoient encore
plus dues à leur valeur & à leurs
fervices qu'à leur naiffance ,
quoy qu'elle foit des plus quaAifiées.
Don Ifidore de Padilla qui a
efté fair Brigadier , porte un
nom qui eft en veneration en
Efpagne. Loranzo Padilla Archidiacre de Malaga & qui viZ iiij
272 MERCURE
voit dans le feiziéme fiecle
fut Hiftoriographe de Charlequint. Il publia un Catalogue
des Saints d'Espagne. François
de Padilla fon neveu fe diftingua par fon fçavoir ; il enfei
gna la Theologie à Seville avec
un fuccés éclatant & fut Chanoine de Malaga ; il
fa une Hiftoire Ecclefiaftique
d'Espagne , & une Chronolo
gie des Conciles.
Fermer
Résumé : Dons faits par le Roy d'Espagne, [titre d'après la table]
Le roi d'Espagne a nommé Don Juan Antonio de Amezaga Lieutenant général en Aragon sous les ordres du Comte d'Aguilar. Don Baltazar de Amezaga, frère de Don Juan Antonio et Maréchal de Camp, a été désigné pour gouverner Malaga. De plus, Don Juan Isidore de Padilla a été nommé Gouverneur d'Orihuela et promu Brigadier. Don Juan Antonio de Amezaga, issu d'une famille noble de Castille alliée aux Ducs de Medina Céli, a passé sa carrière dans la cavalerie, gravissant les échelons par son mérite. Les Amezaga ont toujours montré un grand zèle pour les intérêts du roi. Les deux frères ont fréquemment démontré que leurs honneurs étaient dus à leur valeur et à leurs services. Don Isidore de Padilla, promu Brigadier, porte un nom vénéré en Espagne. Lorenzo Padilla, Archidiacre de Malaga au XVIe siècle, fut historiographe de Charles Quint. François de Padilla, neveu de Lorenzo, se distingua par son savoir et enseigna la théologie à Séville. Il écrivit une Histoire Ecclésiastique d'Espagne et une Chronologie des Conciles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7649
p. 211-214
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le Roi ayant jugé à propos de faire une promotion dans les différens grades [...]
Mots clefs :
Promotions, Officiers de la marine, Lieutenant, Chef d'escadre, Chevalier, Capitaine, Enseigne, Commandeurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
1
I E Roi ayant jugé à propos de faire une promotion
dans les différens grades des Officiers de la
Marine , Sa Majefté a nommé deux Lieutenans
Généraux des Armées Navales, cinq Chefs d'Efcadre
, cinquante- neuf Capitaines de Vaiffeaux , un
Capitaine d'Artillerie , foixante-quinze Lieutenans
de Vaiffeaux , cent vingt-fept Enfeignes.
Lieutenans-Généraux , MM. Perrier & le Com
te du Guay.
Chefs d'Efcadre. MM. de Courbon-Blenac ,
Saint- André du Verger , de Guefbriant de Budes ,
d'Aubigny, & de Bompar. Capitaines de Vaiffeaux. MM, Chevalier de
Beaudouvin , Defroches du Drefnay , du Rofel
de Beaumanoir , Belle- Ifle Pepin , de Flotte-Seillans
, Marchainville , Chevalier des Gouttes , de
l'Ile Taulanes , Chevalier de Ricoux , la Croix
de Mairargues , de Chierre , de Rambures , Cher
valier de Maillé-Brezé , la Guarigue - Savigny ,
Foucault , Caftellanne Saint-Jeurs , de Plas , lą
Monneraye , Chevalier de Graffe du Bar , Macarty
, Chevalier de Ségur- Cabanac , Fulconis ,
Chevalier d'Herlye , de Lyle- Calian , Saint - Vic,
toret , Rofmadec Saint- Allouarn , Mablan d'Ai,
miny , Blotfier , Braguemont , Jouffelin de Marigny
, Meyronnet Saint -Marc , Montcalm Saint-
Veran , Chevalier de Villeblanche , Chevalier de
Blois , Dandanne de Lincourt , de Fabreguesi
de Breugnon , Laccary , la Comté-Pigache , Dubois
de la Motte , Deshayes de Cry , Chevalier
212 MERCURE DE FRANCE.
de Courferac , Chevalier de Ruis, Chevalier de Lor.
geril , du Lefcoet , Cofte de Champeron , Fancher ,
d'Ile-Beauchaine , Bremoy , Bory , Chevalier du
Drefnay des Roches , Chevalier de Crefnay , Boulainvilliers
, Chevalier de Laugier- Beaucoufe , de
Moy, Lizardais , Chevalier de Forbin d'Oppede ,
Chevalier de Fabry & Vicomte de Rochechouart.
Capitaine d'Artillerie. M. Herpin.
Lieutenans de Vaiſſeaux. MM. Chevalier de
Monteclair , Maupin , Kervenkerfullec , Chevalier
de Landemont , Gourfelas , Valmenier-
Caqueray , Geraldin , Villers- Franffure de Briffaucourt
, Chevalier de Raymondis , Chevalier
de Veriffey , Chevalier de Village de Villevieille ,
Chevalier de Cobios-Dandiran, Chevalier de Cours
Luffaignet , Beaupoil Saint-Aulaire , de Grieu ,
Bonnefoi de Bretauville , Kerjankerjan , de Proiſfy
, de la Grandiere , Bois de la Motte- Rabeau
Chevalier de Villeneuve- Source , Janvry de Verneuil
, Chevalier de Coataudon , Kerguifiau de
Treleon , Keroullas de Cohars , Brue de Clerey ,
Giraud-Dagay , de Boades , la Porte-Vezins ,
Chevalier de Sobiratz , Guyonnet de Montbalen ,
Luppé de la Motte , Maffol de Vergy , Sorel
Freziers , la Garde- Payan , le Cardonie , de Vialis
, de Gantes , Chevalier de Cicé , Chevalier
de Novarin , Dumenez-Lezurec du Broffey-
Dumas , de la Clue , Chevalier de Douville , Neveu
, Marquis de Nieul- Ponte , Chevalier de
Goympy-Feuquieres , Villers de Graffy , Reynach
de Barre , Chevalier de Boisgelin , Chevalier
Diziers- Guyon , d'Erchigny de Clieu , Rouffel
de Preville , Comte de Châteaumorant , Duvergier-
Kerhorlay , Chevalier Bellot la Houffaye
, de Damas , Clapier Saint - Tropez ,, Penfentenyo
, le Foreftier , Longueval , Dampierre-
Cugnac , Marquis de Jons , Chevalier de Lordat,
MA I. 1757 . 213
Guinot de Lugeons , de Peynier , de Forefta-
Collongue , Defmeneuft- de Boisbriand , Framont
d'Ayron , Chevalier de Grimaldy , Beauffier- Châ
teauvert ; Lieutenans de Port , Tremigon & Val
menier.
·
Enfeignes, MM. Coyffier de Breuil , Cheva
lier de Glandevez - Caftellet , Kerfaufon de Goaf
melquin , la Borye Guittard , du Lac , Marquis
de la Maifonfort , Chevalier de Thierfanville
, Chevalier de Carcaradec , Darbaud , Cha
deau de la Clocheterie , Raymond d'Eaux, Marquis
de Treffemanes Brunet , Adhemar , Boisboiffel
, Kermorvant de Gouzillon , Dupin de
Bellugard , Froger de la Rigaudiere , Marin de
Saint- Palais , Bonneval la Farre , Chevalier de
Pontevez - Gien , Ma-Carty , Gourzelas , Chevalier
du Menez- Lezurec , Chevalier de la Salle
Saint-Got , Chevalier de Damas de Dantlezy ,
Defmoulins de Rochefort , de Malide , de Francheville
, Dagoult -Montmaur , Chappedelaine ,
Chevalier de la Tude , de Saliou de Chef- de-
Bois , de Coetilleau , Chevalier de Medine , Bidée
de Chavagne , Chevalier de Bournaud , Duhaffon,
Penanrun Geflin , Kerven Kerfullec , Chevalier
de Grezes , Girardin , Chevalier de Montalet ,
la Borde la Salle , Gayot de Cramahé , le Normant
de Champfley , Frottier du Perey , Chevalier
de la Voyrie , Defmeneuft de Boisbriant ;
Chevalier de Bernard de Marigny , Kergariou
de Rofconette , Sous.Lieutenant d'Artillerie ; du
Chilleau de la Roche , Desfarges de la Voltieres,
Chambona , Chevalier de la Pommeraye de Kerambar
, Duchefne Ferron , Chevalier de Vibraye
, le Moenne de Launay , Vidal de Lirac ,
Savignon de Saumaty , Chevalier de Ravenel ,
Boisbilly de Beaumanoir , Chevalier de Goyon
Taumatz , Bruny d'Entre-Cafteau , Chevalier de
214 MERCURE DE FRANCE.
Langan - Boisfevrier , la Salle Lezardiere , Vicomre
de Robien , Montgrand , de Gonidec , Brunet
de Guillier , Chevalier de Riviere , Chevalier de
la Briffolliere , Chambertran , Barbezieres , Ma-
Carty de Mortaigne , Chevalier Deſcars , Roffel,
Trogoff , Chevalier de Ligondés d'Avrilly , Du-.
pleffis Quelen , Marquis d'Aiguieres , l'Etang
Ery , de Cogolin , Duhaffon de l'Eftrediagot ,
Gignac Thaumas , Boisberthelot , d'Eftel d'Aren
, Pineau , Chevalier de Turique , de Chabanes
, Chevalier de Bonnes , Chevalier de Macnemara
, Chevalier de Ligniville , Chevalier de
Souvré , du Vignau , Braguemont , de Bonnal
Deftoures , Coetnempren Kerfaint , du Vivier
de Gourville , le Gardeur de Tilly , Sibon , la
Villeon , Macnemara l'aîné , Chevalier de Puyberneau
, Deydier de Pierre- Feu , Griffolet de
Roffy , Barlatier du Mas , Loëmaria , Chevalier
de Village , du Parc de Coatrefcar , Juchereau
de Saint- Denis , Dandlau , le Borgne de Villemeur
, d'Albertas de Jouques , Creflier Defapois
, Chevalier de Senneville , de Baudran
Villeneuve d'Efclapon , Chevalier d'Hautefeuil ,
Colbert de Poligny , Lammerville l'aîné , de
Siochant , Byhan de Goariva , de Moulon , Pic
de la Mirandolle , Chevalier de Lyrot , & Chevalier
de Fine.
Sa Majefté a difpofé en même temps de deux
Places de Commandeurs , à trois mille livres de
penfion , de l'Ordre Royal & Militaire de Saint-
Louis , qui étoient vacantes dans la Marine , en
faveur de M. le Chevalier de Folligny , Chef
Efcadre , qui étoit déja Commandeur Honoraire
de cet Ordre ; & M. de Montlouet , Chef d'Elcadre
. Sa Majefté a auffi nommé Chevaliers du mê
me Ordre trente-cing Lieutenans de Vaiſſeaux.
1
I E Roi ayant jugé à propos de faire une promotion
dans les différens grades des Officiers de la
Marine , Sa Majefté a nommé deux Lieutenans
Généraux des Armées Navales, cinq Chefs d'Efcadre
, cinquante- neuf Capitaines de Vaiffeaux , un
Capitaine d'Artillerie , foixante-quinze Lieutenans
de Vaiffeaux , cent vingt-fept Enfeignes.
Lieutenans-Généraux , MM. Perrier & le Com
te du Guay.
Chefs d'Efcadre. MM. de Courbon-Blenac ,
Saint- André du Verger , de Guefbriant de Budes ,
d'Aubigny, & de Bompar. Capitaines de Vaiffeaux. MM, Chevalier de
Beaudouvin , Defroches du Drefnay , du Rofel
de Beaumanoir , Belle- Ifle Pepin , de Flotte-Seillans
, Marchainville , Chevalier des Gouttes , de
l'Ile Taulanes , Chevalier de Ricoux , la Croix
de Mairargues , de Chierre , de Rambures , Cher
valier de Maillé-Brezé , la Guarigue - Savigny ,
Foucault , Caftellanne Saint-Jeurs , de Plas , lą
Monneraye , Chevalier de Graffe du Bar , Macarty
, Chevalier de Ségur- Cabanac , Fulconis ,
Chevalier d'Herlye , de Lyle- Calian , Saint - Vic,
toret , Rofmadec Saint- Allouarn , Mablan d'Ai,
miny , Blotfier , Braguemont , Jouffelin de Marigny
, Meyronnet Saint -Marc , Montcalm Saint-
Veran , Chevalier de Villeblanche , Chevalier de
Blois , Dandanne de Lincourt , de Fabreguesi
de Breugnon , Laccary , la Comté-Pigache , Dubois
de la Motte , Deshayes de Cry , Chevalier
212 MERCURE DE FRANCE.
de Courferac , Chevalier de Ruis, Chevalier de Lor.
geril , du Lefcoet , Cofte de Champeron , Fancher ,
d'Ile-Beauchaine , Bremoy , Bory , Chevalier du
Drefnay des Roches , Chevalier de Crefnay , Boulainvilliers
, Chevalier de Laugier- Beaucoufe , de
Moy, Lizardais , Chevalier de Forbin d'Oppede ,
Chevalier de Fabry & Vicomte de Rochechouart.
Capitaine d'Artillerie. M. Herpin.
Lieutenans de Vaiſſeaux. MM. Chevalier de
Monteclair , Maupin , Kervenkerfullec , Chevalier
de Landemont , Gourfelas , Valmenier-
Caqueray , Geraldin , Villers- Franffure de Briffaucourt
, Chevalier de Raymondis , Chevalier
de Veriffey , Chevalier de Village de Villevieille ,
Chevalier de Cobios-Dandiran, Chevalier de Cours
Luffaignet , Beaupoil Saint-Aulaire , de Grieu ,
Bonnefoi de Bretauville , Kerjankerjan , de Proiſfy
, de la Grandiere , Bois de la Motte- Rabeau
Chevalier de Villeneuve- Source , Janvry de Verneuil
, Chevalier de Coataudon , Kerguifiau de
Treleon , Keroullas de Cohars , Brue de Clerey ,
Giraud-Dagay , de Boades , la Porte-Vezins ,
Chevalier de Sobiratz , Guyonnet de Montbalen ,
Luppé de la Motte , Maffol de Vergy , Sorel
Freziers , la Garde- Payan , le Cardonie , de Vialis
, de Gantes , Chevalier de Cicé , Chevalier
de Novarin , Dumenez-Lezurec du Broffey-
Dumas , de la Clue , Chevalier de Douville , Neveu
, Marquis de Nieul- Ponte , Chevalier de
Goympy-Feuquieres , Villers de Graffy , Reynach
de Barre , Chevalier de Boisgelin , Chevalier
Diziers- Guyon , d'Erchigny de Clieu , Rouffel
de Preville , Comte de Châteaumorant , Duvergier-
Kerhorlay , Chevalier Bellot la Houffaye
, de Damas , Clapier Saint - Tropez ,, Penfentenyo
, le Foreftier , Longueval , Dampierre-
Cugnac , Marquis de Jons , Chevalier de Lordat,
MA I. 1757 . 213
Guinot de Lugeons , de Peynier , de Forefta-
Collongue , Defmeneuft- de Boisbriand , Framont
d'Ayron , Chevalier de Grimaldy , Beauffier- Châ
teauvert ; Lieutenans de Port , Tremigon & Val
menier.
·
Enfeignes, MM. Coyffier de Breuil , Cheva
lier de Glandevez - Caftellet , Kerfaufon de Goaf
melquin , la Borye Guittard , du Lac , Marquis
de la Maifonfort , Chevalier de Thierfanville
, Chevalier de Carcaradec , Darbaud , Cha
deau de la Clocheterie , Raymond d'Eaux, Marquis
de Treffemanes Brunet , Adhemar , Boisboiffel
, Kermorvant de Gouzillon , Dupin de
Bellugard , Froger de la Rigaudiere , Marin de
Saint- Palais , Bonneval la Farre , Chevalier de
Pontevez - Gien , Ma-Carty , Gourzelas , Chevalier
du Menez- Lezurec , Chevalier de la Salle
Saint-Got , Chevalier de Damas de Dantlezy ,
Defmoulins de Rochefort , de Malide , de Francheville
, Dagoult -Montmaur , Chappedelaine ,
Chevalier de la Tude , de Saliou de Chef- de-
Bois , de Coetilleau , Chevalier de Medine , Bidée
de Chavagne , Chevalier de Bournaud , Duhaffon,
Penanrun Geflin , Kerven Kerfullec , Chevalier
de Grezes , Girardin , Chevalier de Montalet ,
la Borde la Salle , Gayot de Cramahé , le Normant
de Champfley , Frottier du Perey , Chevalier
de la Voyrie , Defmeneuft de Boisbriant ;
Chevalier de Bernard de Marigny , Kergariou
de Rofconette , Sous.Lieutenant d'Artillerie ; du
Chilleau de la Roche , Desfarges de la Voltieres,
Chambona , Chevalier de la Pommeraye de Kerambar
, Duchefne Ferron , Chevalier de Vibraye
, le Moenne de Launay , Vidal de Lirac ,
Savignon de Saumaty , Chevalier de Ravenel ,
Boisbilly de Beaumanoir , Chevalier de Goyon
Taumatz , Bruny d'Entre-Cafteau , Chevalier de
214 MERCURE DE FRANCE.
Langan - Boisfevrier , la Salle Lezardiere , Vicomre
de Robien , Montgrand , de Gonidec , Brunet
de Guillier , Chevalier de Riviere , Chevalier de
la Briffolliere , Chambertran , Barbezieres , Ma-
Carty de Mortaigne , Chevalier Deſcars , Roffel,
Trogoff , Chevalier de Ligondés d'Avrilly , Du-.
pleffis Quelen , Marquis d'Aiguieres , l'Etang
Ery , de Cogolin , Duhaffon de l'Eftrediagot ,
Gignac Thaumas , Boisberthelot , d'Eftel d'Aren
, Pineau , Chevalier de Turique , de Chabanes
, Chevalier de Bonnes , Chevalier de Macnemara
, Chevalier de Ligniville , Chevalier de
Souvré , du Vignau , Braguemont , de Bonnal
Deftoures , Coetnempren Kerfaint , du Vivier
de Gourville , le Gardeur de Tilly , Sibon , la
Villeon , Macnemara l'aîné , Chevalier de Puyberneau
, Deydier de Pierre- Feu , Griffolet de
Roffy , Barlatier du Mas , Loëmaria , Chevalier
de Village , du Parc de Coatrefcar , Juchereau
de Saint- Denis , Dandlau , le Borgne de Villemeur
, d'Albertas de Jouques , Creflier Defapois
, Chevalier de Senneville , de Baudran
Villeneuve d'Efclapon , Chevalier d'Hautefeuil ,
Colbert de Poligny , Lammerville l'aîné , de
Siochant , Byhan de Goariva , de Moulon , Pic
de la Mirandolle , Chevalier de Lyrot , & Chevalier
de Fine.
Sa Majefté a difpofé en même temps de deux
Places de Commandeurs , à trois mille livres de
penfion , de l'Ordre Royal & Militaire de Saint-
Louis , qui étoient vacantes dans la Marine , en
faveur de M. le Chevalier de Folligny , Chef
Efcadre , qui étoit déja Commandeur Honoraire
de cet Ordre ; & M. de Montlouet , Chef d'Elcadre
. Sa Majefté a auffi nommé Chevaliers du mê
me Ordre trente-cing Lieutenans de Vaiſſeaux.
Fermer
Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le roi a pris plusieurs décisions concernant des promotions au sein de la Marine. Il a nommé deux lieutenants généraux des armées navales : MM. Perrier et le comte du Guay. Cinq chefs d'escadre ont également été désignés : MM. de Courbon-Blenac, Saint-André du Verger, de Guébriant de Budes, d'Aubigny et de Bompar. Cinquante-neuf capitaines de vaisseaux ont été promus, parmi lesquels figurent MM. Chevalier de Beaudouvin, Desroches du Drefnay et du Rosel de Beaumanoir. Un capitaine d'artillerie, M. Herpin, a également été nommé. Cent vingt-sept enseignes ont été promus. Divers lieutenants de vaisseaux ont été nommés, dont MM. Chevalier de Monteclair, Maupin et Kervenkerfullec. Deux places de commandeurs de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis ont été attribuées à MM. le Chevalier de Folligny et de Montlouet. Trente-cinq lieutenants de vaisseaux ont été nommés chevaliers du même ordre. Ces promotions reflètent une restructuration significative au sein de la Marine, visant à renforcer et à honorer les officiers méritants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7650
p. 269-272
ODE ANACREONTIQUE.
Début :
En attendant qu'on en fasse sur ce sujet, nous / Maudit soit le mortel avare [...]
Mots clefs :
Coeurs, Amour, Jour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE ANACREONTIQUE.
En attendant qu'on
en faſſe ſur ce ſujet
chanterons ſi vous voulez la
Chanſon ſuivante.
,
nous
ODE ANACREONTIQUE.
Maudit foitle mortel
avare
Qui de la terre tira l'ors
Etlejour où lefort barbare
Luy montra ce fatal
trésor.
Z iij
270 MERCURE
Avant ce jour la plus
fevere
Cedoit à de tendres langueurs
,
Ilnefalloit qu'aimer pour
plaire ,
Les coeurs estoient le prix
des coeurs. 1
Soupirs , transports , ardeursfidelles
,
C'en estfait n'esperez plus
rien ,
L'or est le feul maiſtre des
belles,
i
GALANT. 271
Il vous a voilé voſtre bien.
Avant ce jour , &c.
Depuis un an près de
Glycere,
Je perds te plus ardent
amour ,
Ce qu'un an d'amour n'a
pů faire,
L'or le vient de faire en
un jour ,
Avant ce jour , &c.
ॐ
Fatalité trop importune
Faut- il donc pour me
Zinj
272 MERCURE
faire aimer ,
Me refoudre à faire fortune.
Faime autant ne plus
m'erflamer.
Avant ce jour , &c.
en faſſe ſur ce ſujet
chanterons ſi vous voulez la
Chanſon ſuivante.
,
nous
ODE ANACREONTIQUE.
Maudit foitle mortel
avare
Qui de la terre tira l'ors
Etlejour où lefort barbare
Luy montra ce fatal
trésor.
Z iij
270 MERCURE
Avant ce jour la plus
fevere
Cedoit à de tendres langueurs
,
Ilnefalloit qu'aimer pour
plaire ,
Les coeurs estoient le prix
des coeurs. 1
Soupirs , transports , ardeursfidelles
,
C'en estfait n'esperez plus
rien ,
L'or est le feul maiſtre des
belles,
i
GALANT. 271
Il vous a voilé voſtre bien.
Avant ce jour , &c.
Depuis un an près de
Glycere,
Je perds te plus ardent
amour ,
Ce qu'un an d'amour n'a
pů faire,
L'or le vient de faire en
un jour ,
Avant ce jour , &c.
ॐ
Fatalité trop importune
Faut- il donc pour me
Zinj
272 MERCURE
faire aimer ,
Me refoudre à faire fortune.
Faime autant ne plus
m'erflamer.
Avant ce jour , &c.
Fermer
Résumé : ODE ANACREONTIQUE.
L'Ode Anacréontique déplore l'impact négatif de l'or sur les relations humaines. Avant sa découverte, les gens vivaient dans une société régie par l'amour et les sentiments authentiques. Depuis, l'or a remplacé ces valeurs, poussant les individus à rechercher la richesse. Le narrateur regrette cette transformation et relate avoir perdu l'amour de Glycère à cause de l'or.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer