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1
p. [1263]-1267
LA BEAUTÉ ODE.
Début :
Quel spectacle s'offre à ma vûë ? [...]
Mots clefs :
Beauté, Attraits, Dieux, Traits
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texteReconnaissance textuelle : LA BEAUTÉ ODE.
LA BEAUTE
O DE.
Uel fpectacle s'offre à ma vie ?
Quel objet vient flatter mes fens !
Mon ame paroît toute émuë ;
D'où naît le trouble que je fens ?
Mon efprit étonné s'égare ;
Un charme inconnu s'en empare ,
Confus , inquiet , agité ,
II. Vol.
A ij Quelle
1264 MERCURE DE FRANCE
Quelle Divinité puiſſante
Me frappe , me ravit , m'enchante ?
Eft-ce toi , charmante Beauté ? ´
Mais qui pourroit te méconnoître.
Qui peut fe méprendre à ces traits ?
Déeffe , tu n'as qu'à paroître ,
Tout cede à tes divins attraits ;
Oui , l'Univers te rend hommage ;
On admire en toi i'affemblage
Des plus rares préfens des Dieux ,
Tout eft fous leur obéiffance ;
Mais tout l'éclat de leur puiffance
Cede à celui de deux beaux yeux,
Autrefois épris de tes charmes
On vit ces Maîtres des mortels
Te rendant à l'envi les armes
Venir encenſer tes Autels.-
›
En Satyre pour Antiope , *
En Taureau pour la belle Europe
On vit Jupiter fe changer ;
Bacchus d'un Raifin prend la forme ,
Neptune en Dauphin fe transforme
,
Le beau Phoebus devient Berger.
* Métamorphofe
d'Ovide . Liv. 7.
Mais II. Vol
JUIN. 1730 .
1265
Mais c'eft pea , du plus infenfible
Tu peux diffiper la froideur ;
De l'ennemi le plus terrible
Tu fçais défarmer la fureur ;
En calme tu changes l'orage ;
·Tu domptes le plus fier courage ;
Tu changes la haine en amour ;
Tu furmontes tous les obftacles;
Et pour enfanter des miracles ,
Tu n'as qu'à te montrer au jour.
L'Amour , ce fier Tyran qui brave
Le pouvoir des Dieux & des Rois ,
Devient lui-même ton Eſclave ;
Pfiché l'a foumis à tes Loix; '
Si tu ne lui prêtois des charmes
Ses traits feroient de vaines armes
Ils ne pourroient rien enflamer
Il faut du moins ton apparence
Pour faire pancher la balance
Vers l'objet dont il veut charmer.
De même qu'une fleur nouvelle
Qu'un Printems voit naître & mourir ,
On apperçoit dans la plus belle
Ton brillant éclat ſe flétrir .
Le tems qui n'épargne perfonne
II. Vol. A iij De
1266 MERCURE DE FRANCE
De fa cruelle faux moiffonne
Sans égard , tes Roſes , tes Lys ;
Mais fon inexorable rage
En penfant te faire un outrage
De tes dons augmente le prix.
Les Ris , les Graces , la Jeuneffe
Accompagnent par tout tes pas ;
Les plaifirs te fuivent ſans ceffe ,
Il n'en eft point où tu n'es pas ;
De fes Héros , Déeffe aimable ,
Tout l'Univers t'eft redevable ,
Il te doit leurs faits glorieux ;
Hercule eut Jupiter pour pere ;
Mais fans les attraits de fa mere
Auroit- il merité les Cieux ?
Grands Dieux ! quels cris fe font entendre !
Qu'apperçois -je de toutes parts !
Une Ville réduite en cendre
Vient de s'offrir à mes regards ;
Je frémis ! qui le pourroit croire
Décffe , on l'immole à ta gloire ,
C'est pour poffeder tes appas :
Oui l'on voit la fuperbe Troye
A la fureur des Grecs en proye
Pour l'Epoufe de Menelas.
I I. Vol.
Mais
JUIN. 1730. 1267
Mais infenfe , qu'ofai - je faire ?
Quel vain eſpoir peut me flater ?
Beauté , quelle ardeur temeraire
M'engage à vouloir te chanter ?
Ta vûë en dit plus que ma Lyre ,
Et malgré le feu qui m'infpire
Je peins mal tes divins attraits.
Heureux , pour prix d'un foible hommage ,
Si tu daignois fur mòn Ouvrage
Répandre quelqu'un de tes traits.
ParM. Richa rd de Ruffey , de Dijon.
O DE.
Uel fpectacle s'offre à ma vie ?
Quel objet vient flatter mes fens !
Mon ame paroît toute émuë ;
D'où naît le trouble que je fens ?
Mon efprit étonné s'égare ;
Un charme inconnu s'en empare ,
Confus , inquiet , agité ,
II. Vol.
A ij Quelle
1264 MERCURE DE FRANCE
Quelle Divinité puiſſante
Me frappe , me ravit , m'enchante ?
Eft-ce toi , charmante Beauté ? ´
Mais qui pourroit te méconnoître.
Qui peut fe méprendre à ces traits ?
Déeffe , tu n'as qu'à paroître ,
Tout cede à tes divins attraits ;
Oui , l'Univers te rend hommage ;
On admire en toi i'affemblage
Des plus rares préfens des Dieux ,
Tout eft fous leur obéiffance ;
Mais tout l'éclat de leur puiffance
Cede à celui de deux beaux yeux,
Autrefois épris de tes charmes
On vit ces Maîtres des mortels
Te rendant à l'envi les armes
Venir encenſer tes Autels.-
›
En Satyre pour Antiope , *
En Taureau pour la belle Europe
On vit Jupiter fe changer ;
Bacchus d'un Raifin prend la forme ,
Neptune en Dauphin fe transforme
,
Le beau Phoebus devient Berger.
* Métamorphofe
d'Ovide . Liv. 7.
Mais II. Vol
JUIN. 1730 .
1265
Mais c'eft pea , du plus infenfible
Tu peux diffiper la froideur ;
De l'ennemi le plus terrible
Tu fçais défarmer la fureur ;
En calme tu changes l'orage ;
·Tu domptes le plus fier courage ;
Tu changes la haine en amour ;
Tu furmontes tous les obftacles;
Et pour enfanter des miracles ,
Tu n'as qu'à te montrer au jour.
L'Amour , ce fier Tyran qui brave
Le pouvoir des Dieux & des Rois ,
Devient lui-même ton Eſclave ;
Pfiché l'a foumis à tes Loix; '
Si tu ne lui prêtois des charmes
Ses traits feroient de vaines armes
Ils ne pourroient rien enflamer
Il faut du moins ton apparence
Pour faire pancher la balance
Vers l'objet dont il veut charmer.
De même qu'une fleur nouvelle
Qu'un Printems voit naître & mourir ,
On apperçoit dans la plus belle
Ton brillant éclat ſe flétrir .
Le tems qui n'épargne perfonne
II. Vol. A iij De
1266 MERCURE DE FRANCE
De fa cruelle faux moiffonne
Sans égard , tes Roſes , tes Lys ;
Mais fon inexorable rage
En penfant te faire un outrage
De tes dons augmente le prix.
Les Ris , les Graces , la Jeuneffe
Accompagnent par tout tes pas ;
Les plaifirs te fuivent ſans ceffe ,
Il n'en eft point où tu n'es pas ;
De fes Héros , Déeffe aimable ,
Tout l'Univers t'eft redevable ,
Il te doit leurs faits glorieux ;
Hercule eut Jupiter pour pere ;
Mais fans les attraits de fa mere
Auroit- il merité les Cieux ?
Grands Dieux ! quels cris fe font entendre !
Qu'apperçois -je de toutes parts !
Une Ville réduite en cendre
Vient de s'offrir à mes regards ;
Je frémis ! qui le pourroit croire
Décffe , on l'immole à ta gloire ,
C'est pour poffeder tes appas :
Oui l'on voit la fuperbe Troye
A la fureur des Grecs en proye
Pour l'Epoufe de Menelas.
I I. Vol.
Mais
JUIN. 1730. 1267
Mais infenfe , qu'ofai - je faire ?
Quel vain eſpoir peut me flater ?
Beauté , quelle ardeur temeraire
M'engage à vouloir te chanter ?
Ta vûë en dit plus que ma Lyre ,
Et malgré le feu qui m'infpire
Je peins mal tes divins attraits.
Heureux , pour prix d'un foible hommage ,
Si tu daignois fur mòn Ouvrage
Répandre quelqu'un de tes traits.
ParM. Richa rd de Ruffey , de Dijon.
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Résumé : LA BEAUTÉ ODE.
Le poème 'La Beauté', publié dans le Mercure de France en juin 1730, exalte la beauté, personnifiée et divinisée par l'auteur. La beauté est décrite comme une puissance capable de charmer et de dominer tous les êtres, y compris les dieux. Jupiter, Bacchus, Neptune et Apollon se transforment pour séduire des mortels, illustrant ainsi son pouvoir irrésistible. La beauté peut apaiser la colère, transformer la haine en amour et surmonter tous les obstacles. Cependant, elle est éphémère, comparable à une fleur printanière. Malgré sa fugacité, elle est associée à des rires, des grâces et à la jeunesse, et inspire des plaisirs constants. L'auteur mentionne la destruction de Troie pour Hélène, soulignant que même les villes peuvent être sacrifiées pour la beauté. Il conclut en exprimant son admiration et son désir de chanter la beauté, tout en reconnaissant l'impuissance de ses mots à capturer pleinement ses charmes divins.
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2
p. 51-54
VERS DE M. LE PRESIDENT DE RUFFEY, A Messieurs de la Société Royale & Littéraire de Nancy. Sur le traité des dangers de l'esprit, composé par le Roi de Pologne, & inseré dans le tome V de l'Année littéraire, page 262.
Début :
Quel astre, par des traits d'une vive lumiere, [...]
Mots clefs :
Astre, Académie, Coeur, Esprit, Société royale et littéraire de Nancy
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texteReconnaissance textuelle : VERS DE M. LE PRESIDENT DE RUFFEY, A Messieurs de la Société Royale & Littéraire de Nancy. Sur le traité des dangers de l'esprit, composé par le Roi de Pologne, & inseré dans le tome V de l'Année littéraire, page 262.
VERS
DE M. LE PRESIDENT
DE RUFFEY ,
A Meffieurs de la Société Royale &
Littéraire de Nancy.
Sur le traité des dangers de l'efprit , compo-
Se par le Roi de Pologne , & infere dans le
tome V de l'Année littéraire , page 262.
QUel aftre , par, des traits d'une vive lumiere ,
Eclaire de l'efprit l'incertaine carriere ,
Vient montrer aux humains un fentier peu battu ,
Et du ſein de l'erreur les guide à la vertu !
J'apperçois fa fplendeur diffiper les ténebres ,
Découvrir des écueils en naufrages célébres ,
Régler les mouvemens d'un feu féditieux ,
Rendre utile aux mortels le plus beau don des
cieux .
Qu'heureux font les climats foumis à la puiffance
!
Cet aftre y fait fentir fa benigne influence ;
Il fçait les garantir des rigueurs des faiſons ,
Il fait naître leurs fruits , féconde leurs moiffons,
Cij
52 MERCURE
DE FRANCE
-Un jour pur & ferein conftamment les éclaire :
Quand cet aftre paroît leur fort devient profpere ,
On voit naître avec lui l'abondance & la paix ;
Son éclat l'annoncer bien moins que fes bienfaits.
Vous , Sçavans affemblés , honneur de l'Auftrafie
,
Que dirigent fes loix , qu'infpire fon génie ,
Aux traits de mon pinceau ne connoiffez -vous pas
Votre foutien , votre ame , en un mot , Staniſlas ?
Votre gloire eft la fienne , il en fait fes délices ,
De fon augufte amour vous goûtez les prémices ;
Il anime au combat de paiſibles guerriers ,
*
Il aime , avec les fiens , voir croître vos lauriers.
Quel plaifir pour vos coeurs , de l'entendre fans
ceffe
Dicter à l'univers des leçons de fageffe ;
De voir , par les écrits , le vice combattu ,
Et fon thrône fervir d'autel à la vertu !
Philofophe profond , fa divine morale
Sonde du coeur humain le tortueux dédale ;
De l'efprit , d'un oeil jufte , il faifit les défauts ,
Diftingue habilement le vrai d'avec le faux.
Accordant l'avantage à l'Etat monarchique ,
En maître , Staniſlas parle de politique ;
11 juge fes refforts peu dignes des grands Rois ,
Du bonheur des ſujets fait leurs fuprêmes loix ;
De leurs communs devoirs fçavamment il décide ;
* Prix fondéspar le Roi , que donne annuellement
P'Académie.
FEVRIER. 1755 . 53
Rien n'échappe aux clartés de fon cfprit folide.
Mais bientôt , le crayon & l'équerre à la main ,
De fuperbes palais il trace le deffein ;
Grand , hardi , créateur , il franchit les obftacles ,
Son génie & fon goût enfantent des iniracles ;
Et l'Artifte , en fon art deformais tout nouveau ,
S'étonne à fon aſpect de ſe voir au berceau .
De tous lieux l'étranger vient , le voit & l'admire
,
Son affable bonté dans fon palais l'attire ;
Par un heureux talent , par un charme vainqueur ,
Un feul mot lui fuffit pour conquérir un coeur.
Maisvous feule avez droit , illuftre Académie ,
De chanter dignement le héros d'Auſtraſie ,
Sa gloire , fes bienfaits , fa magnanimité ,
Sa conftance , fa foi , fa haute piété .
Appelles pouvoit feul autrefois entreprendre
De tracer le portrait du fameux Alexandre ;
Nul ne doit avec vous prendre le noble foin
De louer des vertus dont votre ceil eft témoin.
Mais daignez excufer ma Muſe téméraire ;
Admis par votre aveu dans votre fanctuaire ,
J'y puifai tout le feu qui m'anime aujourd'hui ;
A ma timide voix vous fervites d'appui :
J'y bégayai des fons fur la même matiere *
Que traite Staniſlas avec tant de lumiere .
* M. le Président de Ruffey étant à Nanci , lut
dans l'Affemblée de l'Académie du 4 Juillez 1744 ,
unepiece en vers fur l'Eſprit .
Cij
54 MERCURE DE FRANCE.
Vous parutes goûter mon zéle & mes travaux ,
Et pour Fencourager , le portrait du héros ,
Dont la postérité fait l'efpoir de la France ,
Fut , de mes foibles chants , la noble récompenfe.
Mon coeur , en confervant ce gage précieux ,
Garde le fouvenir d'un jour fi glorieux.
DE M. LE PRESIDENT
DE RUFFEY ,
A Meffieurs de la Société Royale &
Littéraire de Nancy.
Sur le traité des dangers de l'efprit , compo-
Se par le Roi de Pologne , & infere dans le
tome V de l'Année littéraire , page 262.
QUel aftre , par, des traits d'une vive lumiere ,
Eclaire de l'efprit l'incertaine carriere ,
Vient montrer aux humains un fentier peu battu ,
Et du ſein de l'erreur les guide à la vertu !
J'apperçois fa fplendeur diffiper les ténebres ,
Découvrir des écueils en naufrages célébres ,
Régler les mouvemens d'un feu féditieux ,
Rendre utile aux mortels le plus beau don des
cieux .
Qu'heureux font les climats foumis à la puiffance
!
Cet aftre y fait fentir fa benigne influence ;
Il fçait les garantir des rigueurs des faiſons ,
Il fait naître leurs fruits , féconde leurs moiffons,
Cij
52 MERCURE
DE FRANCE
-Un jour pur & ferein conftamment les éclaire :
Quand cet aftre paroît leur fort devient profpere ,
On voit naître avec lui l'abondance & la paix ;
Son éclat l'annoncer bien moins que fes bienfaits.
Vous , Sçavans affemblés , honneur de l'Auftrafie
,
Que dirigent fes loix , qu'infpire fon génie ,
Aux traits de mon pinceau ne connoiffez -vous pas
Votre foutien , votre ame , en un mot , Staniſlas ?
Votre gloire eft la fienne , il en fait fes délices ,
De fon augufte amour vous goûtez les prémices ;
Il anime au combat de paiſibles guerriers ,
*
Il aime , avec les fiens , voir croître vos lauriers.
Quel plaifir pour vos coeurs , de l'entendre fans
ceffe
Dicter à l'univers des leçons de fageffe ;
De voir , par les écrits , le vice combattu ,
Et fon thrône fervir d'autel à la vertu !
Philofophe profond , fa divine morale
Sonde du coeur humain le tortueux dédale ;
De l'efprit , d'un oeil jufte , il faifit les défauts ,
Diftingue habilement le vrai d'avec le faux.
Accordant l'avantage à l'Etat monarchique ,
En maître , Staniſlas parle de politique ;
11 juge fes refforts peu dignes des grands Rois ,
Du bonheur des ſujets fait leurs fuprêmes loix ;
De leurs communs devoirs fçavamment il décide ;
* Prix fondéspar le Roi , que donne annuellement
P'Académie.
FEVRIER. 1755 . 53
Rien n'échappe aux clartés de fon cfprit folide.
Mais bientôt , le crayon & l'équerre à la main ,
De fuperbes palais il trace le deffein ;
Grand , hardi , créateur , il franchit les obftacles ,
Son génie & fon goût enfantent des iniracles ;
Et l'Artifte , en fon art deformais tout nouveau ,
S'étonne à fon aſpect de ſe voir au berceau .
De tous lieux l'étranger vient , le voit & l'admire
,
Son affable bonté dans fon palais l'attire ;
Par un heureux talent , par un charme vainqueur ,
Un feul mot lui fuffit pour conquérir un coeur.
Maisvous feule avez droit , illuftre Académie ,
De chanter dignement le héros d'Auſtraſie ,
Sa gloire , fes bienfaits , fa magnanimité ,
Sa conftance , fa foi , fa haute piété .
Appelles pouvoit feul autrefois entreprendre
De tracer le portrait du fameux Alexandre ;
Nul ne doit avec vous prendre le noble foin
De louer des vertus dont votre ceil eft témoin.
Mais daignez excufer ma Muſe téméraire ;
Admis par votre aveu dans votre fanctuaire ,
J'y puifai tout le feu qui m'anime aujourd'hui ;
A ma timide voix vous fervites d'appui :
J'y bégayai des fons fur la même matiere *
Que traite Staniſlas avec tant de lumiere .
* M. le Président de Ruffey étant à Nanci , lut
dans l'Affemblée de l'Académie du 4 Juillez 1744 ,
unepiece en vers fur l'Eſprit .
Cij
54 MERCURE DE FRANCE.
Vous parutes goûter mon zéle & mes travaux ,
Et pour Fencourager , le portrait du héros ,
Dont la postérité fait l'efpoir de la France ,
Fut , de mes foibles chants , la noble récompenfe.
Mon coeur , en confervant ce gage précieux ,
Garde le fouvenir d'un jour fi glorieux.
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Résumé : VERS DE M. LE PRESIDENT DE RUFFEY, A Messieurs de la Société Royale & Littéraire de Nancy. Sur le traité des dangers de l'esprit, composé par le Roi de Pologne, & inseré dans le tome V de l'Année littéraire, page 262.
M. le Président de Ruffey adresse un poème à la Société Royale et Littéraire de Nancy, louant le traité des dangers de l'esprit, œuvre du Roi de Pologne Stanislas, publiée dans le tome V de l'Année littéraire. Le poème compare Stanislas à un astre lumineux guidant les hommes vers la vertu, la prospérité et la paix. Il met en avant les bienfaits de Stanislas pour la société, son amour pour la sagesse, et son rôle de guide moral et politique. Stanislas est décrit comme un philosophe profond, un créateur de monuments, et un homme de grande bonté. Ruffey exprime sa gratitude envers l'Académie pour le soutien et l'encouragement reçus concernant ses propres écrits sur Stanislas.
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3
p. 160-163
RÉPONSE de M. le Président DE RUFFEY, Vice Chancelier de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon, au discours de M. DE CLUGNY, reçu Académicien honoraire de la même Académie, le 7 août 1767.
Début :
MONSIEUR, CETTE Académie, devenue par ses travaux capable d'apprécier le [...]
Mots clefs :
Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, Patrie
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE de M. le Président DE RUFFEY, Vice Chancelier de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon, au discours de M. DE CLUGNY, reçu Académicien honoraire de la même Académie, le 7 août 1767.
REPONSE de M. le Préfident DE RUFFEY,
Vice Chancelier de l'Académie des Sciences
, Arts & Belles - Lettres de Dijon ,
au difcours de M. DE CLUGNY , reçu:
Académicien honoraire de la même Aca
démie , le 7 août 1767.
MONSTE
ONSIEUR
CETTE Académie , devenue par fes tra
vaux capable d'apprécier le mérite & les
talens en tout genre & en tous états , s'eſt
attachée particulierement depuis fa ré
forme , à s'affocier ceux de nos concitoyens
qui fefont rendus recommandables par ces
deux qualités. C'eft à ce titre que vous
venez prendreplace parmi nous . Les talens
que vous avez fait paroître dans l'exercice
des fonctions de la magiftrature , vous ont
mérité l'eftime & les regrets de votre patrie.
JUIN 1768. 161
Appellé dans un autre hémifphere par
les ordres d'un grand Roi , votre zèle pour
fon fervice vous a fait braver les hafards
d'une navigation périlleufe , où votre vie
& votre liberté ont été également exposées.
A quoi ne fe réfout pas une âme courageufe
excitée par les grands motifs du de :
voir & de l'honneur !
Vous avez , Monfieur , pleinement répondu
à la confiance du Souverain. Chargé
de rétablir l'ordre & la fubordination dans
un pays où l'éloignement favorife l'impunité
& autorife l'indépendance , votre
fermeté & votre exemple y ont rappellé la
bonne foi & la probité ; vertus que l'intérêt
& la cupidité fembloient en avoir
bannies.
Malgré les horreurs de la guerre, vorre
vigilance & votre activité ont fu maintenir
l'abondance dans une colonie qui , ne
produifant que du fuperflu , manque fouvent
du néceffaire , par l'interruption du
commerce . Si l'altération de votre fanté
ne vous a pas permis de confommer votre
ouvrage , vous avez du moins fourni à
vos fucceffeurs un plan de conduite & de
vues , dont il leur eft aifé de profiter pour
le bien de l'état.
Pour récompenfe de vos fervices , le Roi
vous a donné de nouvelles marques de fes
1
162 MERCURE DE FRANCE.
bontés , en vous appellant à fes Confeils ,
& vous confiant une des premières places
de fa marine. Quelqu'importantes qu'en
foient les fonctions , elles vous permettent
du moins de revoir votre patrie & des
amis auxquels une longue abfence vous a
rendu plus cher & plus précieux.
que
L'Académie , Monfieur , fe trouve ſenfiblement
flattée des marques d'eftime
vous venez de lui donner , en defirant d'y
occuper une place ; elle s'eft empreflée de
répondre à vos vues patriotiques ; fe propofe
d'entretenir d'utiles correfpondances
avec vous , & de profiter des connoiffances
que vous avez acquifes dans vos voyages
maritimes. Elle eft inftruite de votre goût
pour les fciences relatives au bien public ,
& du projet que vous avez conçu pour
le
rétabliffement de l'Académie de marine
en Bretagne. La guerre a fufpendu fes féances
& fes travaux : compofée d'Officiers
habiles & expérimentés , elle a donné d'excellens
mémoires fur la théorie & la perfection
de la navigation.
Il vous fera glorieux , Monfieur , de
concourir au rétabliffement d'une Compagnie
qui doit faire une des plus honorables
portions de votre département , &
dont la deftination intéreffe également la
gloire & la fûreté del'État.
JUIN 1768. 164
Les obſtacles ne doivent point vous arrêter
la conftance à vouloir fortement de
bonnes chofes , en affure néceffairement le
fuccès. Le bandeau de l'opiniâtreté , tout
épais qu'il eft , fe déchire ou s'ufe à la
longue . La mémoire de l'homme d'État
qui ne voulut que le bien public , eft en
vénération auffi long - tems que fubfiftent
les avantages inattendus qu'il a procurés.
Ce n'en eft pas un médiocre , Monfieur ,
que celui de vous compter parmi nous.
Vous avez témoigné le plus vif intérêt à
l'honneur & à la gloire de ce te Compagnie.
Puiffe ce motif , joint à l'amour de
votre patrie , vous rappeller fouvent ici
& nous procurer le plaifir de jouir de votre
préfence à nos affemblées!
Vice Chancelier de l'Académie des Sciences
, Arts & Belles - Lettres de Dijon ,
au difcours de M. DE CLUGNY , reçu:
Académicien honoraire de la même Aca
démie , le 7 août 1767.
MONSTE
ONSIEUR
CETTE Académie , devenue par fes tra
vaux capable d'apprécier le mérite & les
talens en tout genre & en tous états , s'eſt
attachée particulierement depuis fa ré
forme , à s'affocier ceux de nos concitoyens
qui fefont rendus recommandables par ces
deux qualités. C'eft à ce titre que vous
venez prendreplace parmi nous . Les talens
que vous avez fait paroître dans l'exercice
des fonctions de la magiftrature , vous ont
mérité l'eftime & les regrets de votre patrie.
JUIN 1768. 161
Appellé dans un autre hémifphere par
les ordres d'un grand Roi , votre zèle pour
fon fervice vous a fait braver les hafards
d'une navigation périlleufe , où votre vie
& votre liberté ont été également exposées.
A quoi ne fe réfout pas une âme courageufe
excitée par les grands motifs du de :
voir & de l'honneur !
Vous avez , Monfieur , pleinement répondu
à la confiance du Souverain. Chargé
de rétablir l'ordre & la fubordination dans
un pays où l'éloignement favorife l'impunité
& autorife l'indépendance , votre
fermeté & votre exemple y ont rappellé la
bonne foi & la probité ; vertus que l'intérêt
& la cupidité fembloient en avoir
bannies.
Malgré les horreurs de la guerre, vorre
vigilance & votre activité ont fu maintenir
l'abondance dans une colonie qui , ne
produifant que du fuperflu , manque fouvent
du néceffaire , par l'interruption du
commerce . Si l'altération de votre fanté
ne vous a pas permis de confommer votre
ouvrage , vous avez du moins fourni à
vos fucceffeurs un plan de conduite & de
vues , dont il leur eft aifé de profiter pour
le bien de l'état.
Pour récompenfe de vos fervices , le Roi
vous a donné de nouvelles marques de fes
1
162 MERCURE DE FRANCE.
bontés , en vous appellant à fes Confeils ,
& vous confiant une des premières places
de fa marine. Quelqu'importantes qu'en
foient les fonctions , elles vous permettent
du moins de revoir votre patrie & des
amis auxquels une longue abfence vous a
rendu plus cher & plus précieux.
que
L'Académie , Monfieur , fe trouve ſenfiblement
flattée des marques d'eftime
vous venez de lui donner , en defirant d'y
occuper une place ; elle s'eft empreflée de
répondre à vos vues patriotiques ; fe propofe
d'entretenir d'utiles correfpondances
avec vous , & de profiter des connoiffances
que vous avez acquifes dans vos voyages
maritimes. Elle eft inftruite de votre goût
pour les fciences relatives au bien public ,
& du projet que vous avez conçu pour
le
rétabliffement de l'Académie de marine
en Bretagne. La guerre a fufpendu fes féances
& fes travaux : compofée d'Officiers
habiles & expérimentés , elle a donné d'excellens
mémoires fur la théorie & la perfection
de la navigation.
Il vous fera glorieux , Monfieur , de
concourir au rétabliffement d'une Compagnie
qui doit faire une des plus honorables
portions de votre département , &
dont la deftination intéreffe également la
gloire & la fûreté del'État.
JUIN 1768. 164
Les obſtacles ne doivent point vous arrêter
la conftance à vouloir fortement de
bonnes chofes , en affure néceffairement le
fuccès. Le bandeau de l'opiniâtreté , tout
épais qu'il eft , fe déchire ou s'ufe à la
longue . La mémoire de l'homme d'État
qui ne voulut que le bien public , eft en
vénération auffi long - tems que fubfiftent
les avantages inattendus qu'il a procurés.
Ce n'en eft pas un médiocre , Monfieur ,
que celui de vous compter parmi nous.
Vous avez témoigné le plus vif intérêt à
l'honneur & à la gloire de ce te Compagnie.
Puiffe ce motif , joint à l'amour de
votre patrie , vous rappeller fouvent ici
& nous procurer le plaifir de jouir de votre
préfence à nos affemblées!
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Résumé : RÉPONSE de M. le Président DE RUFFEY, Vice Chancelier de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon, au discours de M. DE CLUGNY, reçu Académicien honoraire de la même Académie, le 7 août 1767.
M. le Président De Ruffey, Vice-Chancelier de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon, répond au discours de M. De Clugny, académicien honoraire, prononcé le 7 août 1767. L'Académie reconnaît les mérites et le courage de M. De Clugny lors de sa mission dans un autre hémisphère, où il a rétabli l'ordre et la subordination malgré les dangers. Il a assuré l'abondance dans une colonie et proposé un plan de conduite pour ses successeurs. En reconnaissance, le roi l'a nommé à ses Conseils et lui a confié une haute fonction dans la marine. L'Académie exprime sa satisfaction de compter M. De Clugny parmi ses membres et souhaite entretenir des correspondances utiles avec lui, bénéficiant de ses expériences maritimes. Elle note également son projet de rétablissement de l'Académie de marine en Bretagne. Le texte se conclut par un encouragement à persévérer face aux obstacles et par l'espoir de voir M. De Clugny participer activement aux assemblées de l'Académie.
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p. 1705-1708
EPITHALAME, De Madlle de la Briffe, fille de M. l'Intendant de Bourgogne, et de M. le Comte de Morges, Chevalier d'Honneur au Parlement de Dauphiné.
Début :
Pour ce beau jour, mon aimable Cousine, [...]
Mots clefs :
Hymen, De la Briffe, Amour, Époux
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texteReconnaissance textuelle : EPITHALAME, De Madlle de la Briffe, fille de M. l'Intendant de Bourgogne, et de M. le Comte de Morges, Chevalier d'Honneur au Parlement de Dauphiné.
EPITH ALAME,
De Madle de la Briffe , fille de M. l'Intendant de Bourgogne , et de M. le Comte
de Morges, Chevalier d'Honneur au Parlement de Dauphiné.
PourOur ce beau jour , mon aimable Cousine ,
Il faut des Vers , vous l'avez souhaité ,
Et le bonheur charmant , où l'hymen vous d'estine,
Merite bien d'être chanté ,
Mais ce sujet voudroit être traité ,
Par une main plus galante et plus fine ;
Car enfin quand je m'examine ,
Je n'ai point cette humeur badine ,
Qu'on voit briller dans les écrits ,
B v De
1706 MERCURE DE FRANCE
De ceux que l'aimable Cyprine ,
Bien mieux que Phoebus endoctrine
Et telles gens auront toujours leur prix.
A m'excuser plus ne m'obstine ,
Je vois bien que c'est vainement ,
Votre ordre enfin me détermine ,
Puisqu'il vous faut des Vers , sur la double Ce line ,
Je vais en chercher promptement,
Je vois Hymen , vers vous il s'achemine ;
Qu'il a bon air de Mirthes couronné ?
Vive allegresse en ses doux yeux domine ,
Et son flambeau de rares fleurs orné ,
Répand au loin une clarté divine ;
De cet Augure aisément je devine ,
Qu'aurez toujours parfait contentement ;
Amour le suit , la pudeur enfantine
Fait de son front le naïf ornement :
Mais que dit-il ? Car tout bas il rumine ,
C'est contre Hymen, au moins je l'imagine ,
Ces deux rivaux d'accord ne sont jamais ;
De lui ceder si gente Chérubine,
Il est dolent , voudroit que tels attraits.
Du Dieu goulu ne fussent la rapine ,
Desireroit en faire tous les frais.
Gentil
AOUST. 1732 1707
Gentil Amour , n'ayez l'ame chagrine ,
Rassurez-vous , hymen , avec vos traits ,
Prétend blesser la charmante Dorine ,
Et dans vos mains il met ses interêts ,
Amis , enfin soyez donc desormais ,
Et chassez loin toute haine intestine.
L'accord se fait , sous galante Courtine ,
Jà ces deux Dieux brillent de vous tenir ;
Or de ceci ne perdez souvenir,
Gardez-vous bien de faire la mutine ,
Quand ils voudront se servir de leurs droits
Depuis long temps on ne fait plus la mine ,
Qu'en pareil cas on faisoit autrefois ,
( D'où pouvez voir que sur tout on rafine. )
Ne la ferez , je crois ; de votre Epoux ,
L'air engageant , l'amour qu'il a pour vous,
M'en sont garants ; de tant bonne doctrine ,
Docilement profiter aimerez ,
Et plus que lui bien-tôt vous en sçaurezg
Car ce n'est rien enfin qu'une routine.
Que de plaisirs je lui vois préparez !
Il trouve en vous un maintien d'Héroïne ,
Esprit charmant , air doux et plein d'attraits
Pour tel Epoux , avec raison j'opine,
Que la nature aussi vous fit exprès ,
De m'y tromper bien-fort m'étonnerois ,
De licu trop bon , tirez votre origine.
B vi Que
1708 MERCURE DE FRANCE
Que de vertus vos illustres ayeux ,
N'ont-ils pas fait éclater en tous lieux !
De l'injustice ils furent la ruine ,
Pour en juger , n'en croions que nos yeux?
D'aimable Mere aussi la discipline,
Sçait vous former et les mœurs et l'esprit ;
Dans votre cœur vertus ont pris racine ,
De son exemple en vous on voit le fruit.
Pas ne me sens assez bonne poitrine ,
Pour dignement pouvoir chanter leur los
Quand même aurois l'éloquence de Pline ;
Or de m'en taire , il est plus à propos.
Qu'hymen pour vous , soit bonne Médecine
Jeune beauté , goutez un sort heureux.
Puissiez avoir rose , sans nulle épine ,
Puissiez enfin avant un an ou deux ,
Avoir besoin du secours de Lucine.
Mais ja l'hymen vous prenant par la main
Au benoit lit , veut vous mener soudain ;
Adieu vous dis , gentille pellerine ,
Vous m'en direz des nouvelles demain.
Par M. DE RUFFIX.
De Madle de la Briffe , fille de M. l'Intendant de Bourgogne , et de M. le Comte
de Morges, Chevalier d'Honneur au Parlement de Dauphiné.
PourOur ce beau jour , mon aimable Cousine ,
Il faut des Vers , vous l'avez souhaité ,
Et le bonheur charmant , où l'hymen vous d'estine,
Merite bien d'être chanté ,
Mais ce sujet voudroit être traité ,
Par une main plus galante et plus fine ;
Car enfin quand je m'examine ,
Je n'ai point cette humeur badine ,
Qu'on voit briller dans les écrits ,
B v De
1706 MERCURE DE FRANCE
De ceux que l'aimable Cyprine ,
Bien mieux que Phoebus endoctrine
Et telles gens auront toujours leur prix.
A m'excuser plus ne m'obstine ,
Je vois bien que c'est vainement ,
Votre ordre enfin me détermine ,
Puisqu'il vous faut des Vers , sur la double Ce line ,
Je vais en chercher promptement,
Je vois Hymen , vers vous il s'achemine ;
Qu'il a bon air de Mirthes couronné ?
Vive allegresse en ses doux yeux domine ,
Et son flambeau de rares fleurs orné ,
Répand au loin une clarté divine ;
De cet Augure aisément je devine ,
Qu'aurez toujours parfait contentement ;
Amour le suit , la pudeur enfantine
Fait de son front le naïf ornement :
Mais que dit-il ? Car tout bas il rumine ,
C'est contre Hymen, au moins je l'imagine ,
Ces deux rivaux d'accord ne sont jamais ;
De lui ceder si gente Chérubine,
Il est dolent , voudroit que tels attraits.
Du Dieu goulu ne fussent la rapine ,
Desireroit en faire tous les frais.
Gentil
AOUST. 1732 1707
Gentil Amour , n'ayez l'ame chagrine ,
Rassurez-vous , hymen , avec vos traits ,
Prétend blesser la charmante Dorine ,
Et dans vos mains il met ses interêts ,
Amis , enfin soyez donc desormais ,
Et chassez loin toute haine intestine.
L'accord se fait , sous galante Courtine ,
Jà ces deux Dieux brillent de vous tenir ;
Or de ceci ne perdez souvenir,
Gardez-vous bien de faire la mutine ,
Quand ils voudront se servir de leurs droits
Depuis long temps on ne fait plus la mine ,
Qu'en pareil cas on faisoit autrefois ,
( D'où pouvez voir que sur tout on rafine. )
Ne la ferez , je crois ; de votre Epoux ,
L'air engageant , l'amour qu'il a pour vous,
M'en sont garants ; de tant bonne doctrine ,
Docilement profiter aimerez ,
Et plus que lui bien-tôt vous en sçaurezg
Car ce n'est rien enfin qu'une routine.
Que de plaisirs je lui vois préparez !
Il trouve en vous un maintien d'Héroïne ,
Esprit charmant , air doux et plein d'attraits
Pour tel Epoux , avec raison j'opine,
Que la nature aussi vous fit exprès ,
De m'y tromper bien-fort m'étonnerois ,
De licu trop bon , tirez votre origine.
B vi Que
1708 MERCURE DE FRANCE
Que de vertus vos illustres ayeux ,
N'ont-ils pas fait éclater en tous lieux !
De l'injustice ils furent la ruine ,
Pour en juger , n'en croions que nos yeux?
D'aimable Mere aussi la discipline,
Sçait vous former et les mœurs et l'esprit ;
Dans votre cœur vertus ont pris racine ,
De son exemple en vous on voit le fruit.
Pas ne me sens assez bonne poitrine ,
Pour dignement pouvoir chanter leur los
Quand même aurois l'éloquence de Pline ;
Or de m'en taire , il est plus à propos.
Qu'hymen pour vous , soit bonne Médecine
Jeune beauté , goutez un sort heureux.
Puissiez avoir rose , sans nulle épine ,
Puissiez enfin avant un an ou deux ,
Avoir besoin du secours de Lucine.
Mais ja l'hymen vous prenant par la main
Au benoit lit , veut vous mener soudain ;
Adieu vous dis , gentille pellerine ,
Vous m'en direz des nouvelles demain.
Par M. DE RUFFIX.
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Résumé : EPITHALAME, De Madlle de la Briffe, fille de M. l'Intendant de Bourgogne, et de M. le Comte de Morges, Chevalier d'Honneur au Parlement de Dauphiné.
Le poème célèbre le mariage de Madle de la Briffe, fille de l'Intendant de Bourgogne, avec le Comte de Morges, Chevalier d'Honneur au Parlement de Dauphiné. L'auteur exprime sa joie pour cette union et reconnaît la valeur du sujet, bien qu'il se considère moins habile pour les vers galants. Il décrit l'arrivée de l'Hymen, symbolisant le mariage, accompagné d'allégresse et de clarté divine, suivi par Amour et pudeur. Le poème évoque la rivalité entre Amour et Hymen, mais conclut à leur accord et à l'harmonie future du couple. L'auteur loue les qualités de la jeune femme, son maintien héroïque, son esprit charmant et ses attraits, soulignant l'influence positive de ses illustres ancêtres et de sa mère. Il souhaite à la jeune mariée un mariage heureux et fécond, espérant qu'elle aura bientôt besoin de l'aide de Lucine, la déesse des accouchements. Le poème se termine par des vœux de bonheur et l'attente des nouvelles du lendemain.
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p. 18-19
VERS A M. DE RUFFEY, Président à la Chambre des Comptes de Bourgogne, sur la remise qu'il vient de faire au frere du Testateur d'une succession de cent mille livres que lui avoit laissée son cousin.
Début :
Dans ce siécle de fer on ne voit plus paroître [...]
Mots clefs :
Testateur, Remise
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texteReconnaissance textuelle : VERS A M. DE RUFFEY, Président à la Chambre des Comptes de Bourgogne, sur la remise qu'il vient de faire au frere du Testateur d'une succession de cent mille livres que lui avoit laissée son cousin.
VERS A M. DE RUFFEY ,
Préfident à la Chambre des Comptes de Bourgogne
, fur la remife qu'il vient de faire au
frere du Teftateur d'une fucceffion de cent
mille livres que lui avoit laiſſée fon confin .
DAns
Ans ce fiécle de fer on ne voit plus paroître
Les nobles fentimens que tu nous as fait voir :
L'intérêt dans les coeurs regne en fouverain maî
tre ;
Ce monftre fur le tien n'eut jamais de pouvoir,
Digne de l'âge d'or , Ruffey , tu le ramenes ;
Aftrée en ta faveur va defcendre des cieux :
Dans les jours vertueux & de Rome & d'Athenes ,
DECEMBRE. 1754. 19
On t'eût placé parmi les demi -Dieux.
Favori des neuf Soeurs , que faut- il à ta gloire ?
Leurs mains gravent ton nom au temple de Mémoire.
Honneur de ta patrie & de l'humanité ,
Ta généreuse probité
Vivra dans tous les coeurs de la race future :
Je goûte en l'admirant la douceur la plus pure ;
J'ofe la célébrer . Dans ce fiéele pervers ,
Qu'il eft beau de fervir d'exemple à l'univers !
Préfident à la Chambre des Comptes de Bourgogne
, fur la remife qu'il vient de faire au
frere du Teftateur d'une fucceffion de cent
mille livres que lui avoit laiſſée fon confin .
DAns
Ans ce fiécle de fer on ne voit plus paroître
Les nobles fentimens que tu nous as fait voir :
L'intérêt dans les coeurs regne en fouverain maî
tre ;
Ce monftre fur le tien n'eut jamais de pouvoir,
Digne de l'âge d'or , Ruffey , tu le ramenes ;
Aftrée en ta faveur va defcendre des cieux :
Dans les jours vertueux & de Rome & d'Athenes ,
DECEMBRE. 1754. 19
On t'eût placé parmi les demi -Dieux.
Favori des neuf Soeurs , que faut- il à ta gloire ?
Leurs mains gravent ton nom au temple de Mémoire.
Honneur de ta patrie & de l'humanité ,
Ta généreuse probité
Vivra dans tous les coeurs de la race future :
Je goûte en l'admirant la douceur la plus pure ;
J'ofe la célébrer . Dans ce fiéele pervers ,
Qu'il eft beau de fervir d'exemple à l'univers !
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Résumé : VERS A M. DE RUFFEY, Président à la Chambre des Comptes de Bourgogne, sur la remise qu'il vient de faire au frere du Testateur d'une succession de cent mille livres que lui avoit laissée son cousin.
Le poème célèbre la générosité de M. de Ruffey, Président à la Chambre des Comptes de Bourgogne, qui a renoncé à une succession de cent mille livres pour le frère du poète. Ruffey est comparé aux héros vertueux de l'Antiquité. Sa probité et sa générosité sont louées comme des exemples pour l'humanité, destinés à vivre dans les cœurs des générations futures.
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