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1
p. 47-72
« Une fort aimable Marquise, qui valoit bien l'attachement entier [...] »
Début :
Une fort aimable Marquise, qui valoit bien l'attachement entier [...]
Mots clefs :
Cavalier, Amitié, Régal, Veuve, Fête, Musique, Billet, Avare, Conseiller, Amour, Jardin, Lettre
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texteReconnaissance textuelle : « Une fort aimable Marquise, qui valoit bien l'attachement entier [...] »
Une fort aimable Marquiſe,qui va- loit bien l'attachement entier
GALANT. 3:7
d'un honneſte,Homme, avoit
étably une amitié de confiance &d'eſtime avec un Cavalier qui la meritoit. Il joignoit àbeaucoup d'eſprit le don d'eſtre auffi galant qu'aucum
autre qui ait jamais eu de la complaifance pour le beau Sexe;&unedes conditions de
leur amitié fut qu'ils ne ſe cacheroient rien l'un à l'autre.
Cependant il eut du panchant
pour une jeune Veuve qui
qui avoit autant de naiſſance
que de merite , ce panchant approchoit un peu del'amour,
& il en fit miftere à la Mar- quiſe. La belle Veuvequiai- moit les Gens d'eſprit , n'eut
point de chagrin de ſes vifites ; tout ce qui flate plaît, il
luy ditdes douceurs , & elle
38 LE MERCURE ne crût pas avoir ſujet des'en gendarmer. Le Cavalier qui ſçavoit que les Femmes ſe laif- fent toucher par tout ce qui fe fait de bonne grace,ſe mon- tre empreſſfé à la divertir. Il la veut régaler , tâche à la tirer de chez elle , luy propoſed'a- greables parties , mais tout ce- la inutilement. LaBelle étoit
ſcrupuleuſe , elle haïfſoit l'é- clat ,&ne vouloit pointdon- ner àparler.Une de ſes Amies,
qui l'étoit auffi du Cavalier,
trouvamoyende concilier les
choſes. Elle convint qu'il em- prunteroit quelque Maiſon à
une lieuë de Paris , fans dire
pour qui, qu'il luy apporteroit un Billet portant ordre au Conciergede recevoir quatre Dames à l'exclufion de tous
GALANT. 39
3
autres(car la belle Veuve vou
loit des Témoins qui éloignaf- fent l'idée d'un Rendez-vous
trop particulier ) qu'il pren- droit ſes meſures pour le Ré- gal,& qu'il ne ſe ſcandalife- roit pas ſi onluyentémoignoir de la ſurpriſe, &même un peu de colere , felon que le cas échéeroit La Veuve étoit fie HÈQUE re,& ne fouffroit pas volont VOR
tiers qu on ſe mit en frais pour elle. Tout cela ſe faifoit fous
pretexte de promenade , &
elle ne devoit rien fçavoir de plus. Il n'en falloit pas dire davantage au Cavalier. Il'ari rêté le jour , envoye le Biller,
donne les ordres pour le Ré- gal;&afinde faire les choſes plus galamment , il ſe réſout à
ne s'y trouver que fur la fin
40 LE MERCURE
Cela luy donnoit lieu de def- avoüer qu'il fût l'Autheur de
la Feſte , & on ne l'auroit pas moins crû pour cela. Lejour choiſi arrive ; le Concierge avoit efté averty par ſon Maî- tre,de ne laifſfer entrer que les
quatreDamesqui luy montre- roient un Billet de ſa main.
Pour le Cavalier il avoit tout pouvoir, & dés lejour prece- dent il avoit diſposé ce qui eſtoit neceffaire à fondeſſein,
mais par malheur pour luy la belle Veuve ſe trouva cejour là même dans un engagement indiſpenſable de monter en Caroffe à dix heures du ma
tin,pour ne revenir qu'au foir.
Son Amie écrit promptement.
au Cavalier de remettre la
partie aulendemain , de faire
GALAN T. 41
changer le Billet d'entrée qu'on luy renvoye ( car le jour yeſtoit marqué ) & d'eſtre af- ſeuré qu'il n'y auroit plus de
changement. On donne la Lettre à un Laquais ; le La- quais perd la Lettre en la por- tant; &de peur d'eſtre batu,
il revient dire qu'il l'a donnée
au Portier,parce que le Cava- lier venoit de ſortir. La Veuve
&fon Amiepartent; leCava- lier va chez la Marquiſe. On l'y veut retenir à dîner,il s'excuſe ſur un embaras d'affaires
chagrinantes qu'il ne peut re- mettre, & il attend impatiem- ment que le ſoir arrive pour voir le fuccés de ſon Regal. Il eſt à peine forty,
que la Suivante de la Marqui- ſe vientdire en riant àſa Maîtreſſe , qu'elle avoit bien des
42 LE MERCURE
4
nouvelles à luy conter. Ces nouvelles eſtoient, qu'un Laquais marchoit devant elle dans la Ruë , qu'il avoit laiſſé tomberun Billet,qu'elle l'avoit ramaffé , que ce Billet s'adreffoit au Cavalier,& que le deffus eſtoit d'une écriture de
femme. La Marquiſe l'ouvre,
trouve l'ordre au Concierge de recevoir quatre Fem- mes ce jour là , &reconnoît ſeulement la main de celuy qui l'avoit écrit. C'eſtoit un Conſeiller d'un âge affez a- vancé , &en réputationd'u- ne avarice conſommée. Il
venoit quelquefois chez elle,
ſa Maiſon de Campagne luy eſtoit connue , & il ne reſtoit plus qu'à découvrir pour qui la partie ſe faifoit. Elle
GALANT.
43 refléchit fur le refus que le Cavalier luy avoit fait dedîner avec elle , fur les preſſantes affaires qui luy en avoient fer- vy d'excuſe, & rapportant ce- la auBillet perdu , elle ne dou- te point qu'on ne luy faſſe fi- neſſe de quelque Intrigue.L'é- clairciſſement ne luy en ſcau- roit rien coûter. Elle dîne
promptement,va prendretrois de ſes Amies , monte enCarroffe , fort de Paris , & les me- ne à la Maiſon du Conſeiller.
Onla refuſe ſur l'ordre reçeu de ne laiſſer entrer perſonne.
Elle ſoûrit , dit que l'ordre ne
doit pas eſtre pour elle , mon- tre le Billet ; grandes excuſes,
tout luy eſt ouvert, & le Con- cierge l'affure qu'il n'eſt là quepourluy obeïr. Ce début
44 LE MERCURE
contente aſſez la Marquiſe ,
elle entre dans le Jardin avec
ſes Amies, leur fait fairequel- ques tours d'Allée , & les ayant conviées às'aſſeoir dans un Cabinet de verdure ( car puis qu'on la laiſſoit maîtrefſe de la Maiſon , c'eſtoit à elle
àen faire les honneurs ) elles n'ont pas plûtôt pris pla- qu'elles entendent des Voix toutes charmantes foûtenuës de Theorbes & de
Claveſſins. La Marquiſe re- garde les Dames , elles ne ſçavent toutes que penſer , la reception eſt merveilleufe, &
ces préparatifs n'ont pas êté faits en vain. Apres que cet- te agreable Muſique a cef- sé , elles ſe levent & pren- nent une autre Allée qui ſe
ce,
GALAN Τ. 45
terminoit dansun petit Bois ;
elles yentrent. Autre divertiſſement. C'eſt un Concert
merveilleux de Muſetes , de
Flûtes douces , & de Hautbois. Cela va le mieux du
monde;mais il faut voir à quoy tout aboutira. Le plus grand étonnementdes Dames eſt de
ne voir perſone qui s'intéreſſe
à cette Feſte. Elles ſortent
du Jardin ; le Concierge qui les attend à la porte , les prie de vouloir entrer dans la Salle , & elles y trouvent une
Collation ſervie avec une
magnificence qui ne ſe peut exprimer. La Marquiſe qui avoit êté bien-aiſe de jouir des Hautbois&de la Muſique,uſe de quelque referve fur l'article dela Collatió.Elle dit qu'aſſu
46 LE MERCURE rément on ſe méprenoit , que tant d'apprêts n'avoient point eſté faits pout elle ; & on luy proteſte tant de fois qu'autre qu'elle n'entreroit das laMai- fon de tout lejour , qu'elle est obligée de ſe rendre. Quoy qu'elle ne doute point que cette mépriſe ne ſoit l'effet du Billet perdu , & qu'elle voye clairement que le Régal vient du Cavalier , qui com- me j'ay dit étoit fort galant ,
elle prie qu'au moins on luy apprenne à qui elle est obli gée d'une honneſteté ſi ſur+
prennante. Acela point d'au tre réponſe que de la prier de s'aſſeoir. Voila doncles Dames à table ; elles mangent toûjours à bon compte , au hazard de ce qui peut arriver;
GALANT. 47
e
4
& les Violons qui les viennent divertir pendant la Collation , font l'achevement de
la Feſte. Enfin le Cavalier arrive , on luy dit qu'il y a qua- tre Dames àtable. Il entend
les Violons,&n'ayant point à
douter que ce neſoit ſa belle Veuve,il ſe prépare à luy fai- re la guerre de la manierela plus enjoüée,de ce qu'elle luy a fait fineſſe du Régal qu'on luy donnoit. Il entre dans la Salle en criant , voila qui eft
bien honnefte , & n'a pas ache véce peu demots, que reconnoiffant la Marquiſe , il croit eſtre tombé des nuës , & ne
rien voir detout cequ'il voit.
LaMarquiſe l'obſerve.ſe cons firme dans ce qu'elle croit par le trouble où il eſt, &feignant
48 LE MERCURE de n'y rien penetrer ; que je fuis ravie de voir, luy dit-elle !
parquel privilege eſtes-vous icy ? car on n'y laiſſe entrer aujourd'huy perſonne. Venez , mettez- vous aupres de moy; Monfieur le Conſeiller qui me reçoit avec lamagni- ficence que vous voyez, vou- dra bien que je vous faſſe prendre part à la Feſte. Ces paroles jettent le Cavalier dans un embarras nouveau. Il
ne ſçait ſi le Coſeiller le jouë,
ou ſi c'eſt la Veuve qui luy fait piece; & ne pouvant de- viner par quelle avanture il trouve la Marquiſe dans un lieu où il ne l'attendoit pas, il tâche à luy cacher ſa ſurpriſe,
pour ne luy pas apprendre ce qu'elle peut ignorer ; maisila
beau
GALANT. 49
-
e
S
T
1
لا
1
1
F
a
1
beau ſe vouloir mettre de
bonne humeur , ſa gayeré pa- roît forcée , & la malicieuſe Marquiſe ſe fait un plaiſir merveilleux de ſon deſordre.
S'il reſve un moment,elle veut
qu'il ſoit jaloux de ce qu'un autre que luy la régale d'une maniere ſi galante , &luy dit plaiſamment qu'il faut quintel
ait de bons Eſpions , pour avoir aſté averty de tout fi à
point nommé. Il répond qu'à pres s'être tiré de ſon affaire chagrine qui n'alloit pas com- me il ſouhaitoit, il avoit appris qu'on luy avoit veu prendre la route de cette Maiſon où ils
s'eſtoient ſouvent promenez enſemble , qu'il l'y eſtoit ve- nu chercher , & qu'il avoit eu biende la peine à ſe faire Tom. 3 . C
50 LE MERCURE
ouvrir. La Marquiſe feint de
croire ce qu'il lui dit,&lui par- lãt àdemi bas, mais affez haut pour être entenduë des Dames , n'admirez- vous pas , lui dit-elle , ce que fait faire l'amour ? car il faut de neceſſité
que Monfieur le Conſeiller m'aime ſans me l'avoirosédire. Voyez de quelle maniere
il me fait recevoir chez luy.
Il eſt leplus avare de tous les
Hommes, &cependant il n'y a point de profufion pareille àla ſienne. Nous avons eſté
déja régaléesdans leJardinde Voix,de Hautbois,&de Concerts ; c'eſt une galanterie achevée,&je croy que je l'ai- meray s'il continuë. Le Cava- lier perdoit patience, & il fut tenté vingtfois des'expliquer,
GALAN T. 51
i
e
1.
es
e
é
e
-
e
dans la penſée que ſonſecret eſtoit découvert; mais il pouvoit ne l'eſtre pas , & c'eſtoit affez pour le retenir. Le jour s'abaiſſoit, on remonte en Carroffe. Le Cavalier prend pla- cedans celui de la Marquiſe,
qui le mene ſouper chez elle,
&ne le laiſſe ſortir qu'à mi- nuit. Ce n'eſtoit point aſſez,
la Piece pouvoit eſtre pouffée plus loin , & c'eſt à quoy la Marquiſe nemanque pas. Elle ſçait par le Billet perdu , que lesDames inconnues s'attendoient à eſtre régalées le len- demain. Elle fonge à mettre le Cavalier hors d'eſtat de s'éclaircir,&par conféquent de
t
fatisfaire les Belles. Elle luy envoye pour cela de fort bon matin deux de ſes Amis
Cij
52 LE MERCURE qui l'arreſtent, juſqu'à ce qu'- elle paſſe chez luy elle mé- me, &fait ſi bien, que malgré qu'il en ait, elle l'engage pour tout le reſte du jour. Ce n'eſt pas ſans plaiſanter plus d'une
:
fois ſur la prétenduë galante- rie du Conſeiller. Mais tandis que la Marquiſe ſe diver- tit agreablement; on s'ennuye chez la belle Veuve de n'avoir point de nouvelles du Cavalier. L'heure de la prome- nade ſe paſſant , on s'imagine qu'il s'eſt piqué de ce qu'on avoit remis la Partie , on le
traite de bizarre , & on prote- ſte fort qu'on ne luy donnera jamais lieu d'exercer ſa mé- chante humeur. Il rend viſite le lendemain , débute par quelque plainte ; & labelle
GALANT. 53
DE
LA
le
Veuve qui ne luy explique rien , ſe contente de luy ré- pondre fort froidement. Son
Amie plus impatiente querelle de les avoir fait at- tendre tout le jour ; la cho- ſe s'éclaircit , on fait venir
le Laquais. Le Laquais ſou- tient qu'il a donné le Billet à ſon Portier ; & alors le Cavalier ne doute plus qu'il n'ait été remis entre les mains de la Marquiſe , quoy qu'il ne ſcache comment. Il conjure la belle Veuve de choifir tel autrejour qu'il luy plai- ra , & il n'en peut rien obtenir. Il retourne chez la Marquiſe , qui luy demande s'il a fait ſa paix avec les Belles qu'il a manqué à régaler le jour precedent. Il ſe plaint de
Ciij
1
$4
54 LE MERCURE ſa maniere d'agir avec luy; el- lereproche le ſecret qu'il lui a
fait de ſes Intrigues contre les loix de leur amitié. Ils ſe ſeparent en grondant , & je croy qu'ils grondent encor preſentement. J'ay ſçeutou- tes les circonstances de l'Hiſtoire , d'un des plus parti- culiers Amis du Cavalier. La
Marquiſe veut qu'il lui nom- me la Dame pour qui ſe fai- foit la Feſte , & le Cavalier
veut eſtre difcret. Voila l'obſtacle du racommodement
GALANT. 3:7
d'un honneſte,Homme, avoit
étably une amitié de confiance &d'eſtime avec un Cavalier qui la meritoit. Il joignoit àbeaucoup d'eſprit le don d'eſtre auffi galant qu'aucum
autre qui ait jamais eu de la complaifance pour le beau Sexe;&unedes conditions de
leur amitié fut qu'ils ne ſe cacheroient rien l'un à l'autre.
Cependant il eut du panchant
pour une jeune Veuve qui
qui avoit autant de naiſſance
que de merite , ce panchant approchoit un peu del'amour,
& il en fit miftere à la Mar- quiſe. La belle Veuvequiai- moit les Gens d'eſprit , n'eut
point de chagrin de ſes vifites ; tout ce qui flate plaît, il
luy ditdes douceurs , & elle
38 LE MERCURE ne crût pas avoir ſujet des'en gendarmer. Le Cavalier qui ſçavoit que les Femmes ſe laif- fent toucher par tout ce qui fe fait de bonne grace,ſe mon- tre empreſſfé à la divertir. Il la veut régaler , tâche à la tirer de chez elle , luy propoſed'a- greables parties , mais tout ce- la inutilement. LaBelle étoit
ſcrupuleuſe , elle haïfſoit l'é- clat ,&ne vouloit pointdon- ner àparler.Une de ſes Amies,
qui l'étoit auffi du Cavalier,
trouvamoyende concilier les
choſes. Elle convint qu'il em- prunteroit quelque Maiſon à
une lieuë de Paris , fans dire
pour qui, qu'il luy apporteroit un Billet portant ordre au Conciergede recevoir quatre Dames à l'exclufion de tous
GALANT. 39
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autres(car la belle Veuve vou
loit des Témoins qui éloignaf- fent l'idée d'un Rendez-vous
trop particulier ) qu'il pren- droit ſes meſures pour le Ré- gal,& qu'il ne ſe ſcandalife- roit pas ſi onluyentémoignoir de la ſurpriſe, &même un peu de colere , felon que le cas échéeroit La Veuve étoit fie HÈQUE re,& ne fouffroit pas volont VOR
tiers qu on ſe mit en frais pour elle. Tout cela ſe faifoit fous
pretexte de promenade , &
elle ne devoit rien fçavoir de plus. Il n'en falloit pas dire davantage au Cavalier. Il'ari rêté le jour , envoye le Biller,
donne les ordres pour le Ré- gal;&afinde faire les choſes plus galamment , il ſe réſout à
ne s'y trouver que fur la fin
40 LE MERCURE
Cela luy donnoit lieu de def- avoüer qu'il fût l'Autheur de
la Feſte , & on ne l'auroit pas moins crû pour cela. Lejour choiſi arrive ; le Concierge avoit efté averty par ſon Maî- tre,de ne laifſfer entrer que les
quatreDamesqui luy montre- roient un Billet de ſa main.
Pour le Cavalier il avoit tout pouvoir, & dés lejour prece- dent il avoit diſposé ce qui eſtoit neceffaire à fondeſſein,
mais par malheur pour luy la belle Veuve ſe trouva cejour là même dans un engagement indiſpenſable de monter en Caroffe à dix heures du ma
tin,pour ne revenir qu'au foir.
Son Amie écrit promptement.
au Cavalier de remettre la
partie aulendemain , de faire
GALAN T. 41
changer le Billet d'entrée qu'on luy renvoye ( car le jour yeſtoit marqué ) & d'eſtre af- ſeuré qu'il n'y auroit plus de
changement. On donne la Lettre à un Laquais ; le La- quais perd la Lettre en la por- tant; &de peur d'eſtre batu,
il revient dire qu'il l'a donnée
au Portier,parce que le Cava- lier venoit de ſortir. La Veuve
&fon Amiepartent; leCava- lier va chez la Marquiſe. On l'y veut retenir à dîner,il s'excuſe ſur un embaras d'affaires
chagrinantes qu'il ne peut re- mettre, & il attend impatiem- ment que le ſoir arrive pour voir le fuccés de ſon Regal. Il eſt à peine forty,
que la Suivante de la Marqui- ſe vientdire en riant àſa Maîtreſſe , qu'elle avoit bien des
42 LE MERCURE
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nouvelles à luy conter. Ces nouvelles eſtoient, qu'un Laquais marchoit devant elle dans la Ruë , qu'il avoit laiſſé tomberun Billet,qu'elle l'avoit ramaffé , que ce Billet s'adreffoit au Cavalier,& que le deffus eſtoit d'une écriture de
femme. La Marquiſe l'ouvre,
trouve l'ordre au Concierge de recevoir quatre Fem- mes ce jour là , &reconnoît ſeulement la main de celuy qui l'avoit écrit. C'eſtoit un Conſeiller d'un âge affez a- vancé , &en réputationd'u- ne avarice conſommée. Il
venoit quelquefois chez elle,
ſa Maiſon de Campagne luy eſtoit connue , & il ne reſtoit plus qu'à découvrir pour qui la partie ſe faifoit. Elle
GALANT.
43 refléchit fur le refus que le Cavalier luy avoit fait dedîner avec elle , fur les preſſantes affaires qui luy en avoient fer- vy d'excuſe, & rapportant ce- la auBillet perdu , elle ne dou- te point qu'on ne luy faſſe fi- neſſe de quelque Intrigue.L'é- clairciſſement ne luy en ſcau- roit rien coûter. Elle dîne
promptement,va prendretrois de ſes Amies , monte enCarroffe , fort de Paris , & les me- ne à la Maiſon du Conſeiller.
Onla refuſe ſur l'ordre reçeu de ne laiſſer entrer perſonne.
Elle ſoûrit , dit que l'ordre ne
doit pas eſtre pour elle , mon- tre le Billet ; grandes excuſes,
tout luy eſt ouvert, & le Con- cierge l'affure qu'il n'eſt là quepourluy obeïr. Ce début
44 LE MERCURE
contente aſſez la Marquiſe ,
elle entre dans le Jardin avec
ſes Amies, leur fait fairequel- ques tours d'Allée , & les ayant conviées às'aſſeoir dans un Cabinet de verdure ( car puis qu'on la laiſſoit maîtrefſe de la Maiſon , c'eſtoit à elle
àen faire les honneurs ) elles n'ont pas plûtôt pris pla- qu'elles entendent des Voix toutes charmantes foûtenuës de Theorbes & de
Claveſſins. La Marquiſe re- garde les Dames , elles ne ſçavent toutes que penſer , la reception eſt merveilleufe, &
ces préparatifs n'ont pas êté faits en vain. Apres que cet- te agreable Muſique a cef- sé , elles ſe levent & pren- nent une autre Allée qui ſe
ce,
GALAN Τ. 45
terminoit dansun petit Bois ;
elles yentrent. Autre divertiſſement. C'eſt un Concert
merveilleux de Muſetes , de
Flûtes douces , & de Hautbois. Cela va le mieux du
monde;mais il faut voir à quoy tout aboutira. Le plus grand étonnementdes Dames eſt de
ne voir perſone qui s'intéreſſe
à cette Feſte. Elles ſortent
du Jardin ; le Concierge qui les attend à la porte , les prie de vouloir entrer dans la Salle , & elles y trouvent une
Collation ſervie avec une
magnificence qui ne ſe peut exprimer. La Marquiſe qui avoit êté bien-aiſe de jouir des Hautbois&de la Muſique,uſe de quelque referve fur l'article dela Collatió.Elle dit qu'aſſu
46 LE MERCURE rément on ſe méprenoit , que tant d'apprêts n'avoient point eſté faits pout elle ; & on luy proteſte tant de fois qu'autre qu'elle n'entreroit das laMai- fon de tout lejour , qu'elle est obligée de ſe rendre. Quoy qu'elle ne doute point que cette mépriſe ne ſoit l'effet du Billet perdu , & qu'elle voye clairement que le Régal vient du Cavalier , qui com- me j'ay dit étoit fort galant ,
elle prie qu'au moins on luy apprenne à qui elle est obli gée d'une honneſteté ſi ſur+
prennante. Acela point d'au tre réponſe que de la prier de s'aſſeoir. Voila doncles Dames à table ; elles mangent toûjours à bon compte , au hazard de ce qui peut arriver;
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& les Violons qui les viennent divertir pendant la Collation , font l'achevement de
la Feſte. Enfin le Cavalier arrive , on luy dit qu'il y a qua- tre Dames àtable. Il entend
les Violons,&n'ayant point à
douter que ce neſoit ſa belle Veuve,il ſe prépare à luy fai- re la guerre de la manierela plus enjoüée,de ce qu'elle luy a fait fineſſe du Régal qu'on luy donnoit. Il entre dans la Salle en criant , voila qui eft
bien honnefte , & n'a pas ache véce peu demots, que reconnoiffant la Marquiſe , il croit eſtre tombé des nuës , & ne
rien voir detout cequ'il voit.
LaMarquiſe l'obſerve.ſe cons firme dans ce qu'elle croit par le trouble où il eſt, &feignant
48 LE MERCURE de n'y rien penetrer ; que je fuis ravie de voir, luy dit-elle !
parquel privilege eſtes-vous icy ? car on n'y laiſſe entrer aujourd'huy perſonne. Venez , mettez- vous aupres de moy; Monfieur le Conſeiller qui me reçoit avec lamagni- ficence que vous voyez, vou- dra bien que je vous faſſe prendre part à la Feſte. Ces paroles jettent le Cavalier dans un embarras nouveau. Il
ne ſçait ſi le Coſeiller le jouë,
ou ſi c'eſt la Veuve qui luy fait piece; & ne pouvant de- viner par quelle avanture il trouve la Marquiſe dans un lieu où il ne l'attendoit pas, il tâche à luy cacher ſa ſurpriſe,
pour ne luy pas apprendre ce qu'elle peut ignorer ; maisila
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beau ſe vouloir mettre de
bonne humeur , ſa gayeré pa- roît forcée , & la malicieuſe Marquiſe ſe fait un plaiſir merveilleux de ſon deſordre.
S'il reſve un moment,elle veut
qu'il ſoit jaloux de ce qu'un autre que luy la régale d'une maniere ſi galante , &luy dit plaiſamment qu'il faut quintel
ait de bons Eſpions , pour avoir aſté averty de tout fi à
point nommé. Il répond qu'à pres s'être tiré de ſon affaire chagrine qui n'alloit pas com- me il ſouhaitoit, il avoit appris qu'on luy avoit veu prendre la route de cette Maiſon où ils
s'eſtoient ſouvent promenez enſemble , qu'il l'y eſtoit ve- nu chercher , & qu'il avoit eu biende la peine à ſe faire Tom. 3 . C
50 LE MERCURE
ouvrir. La Marquiſe feint de
croire ce qu'il lui dit,&lui par- lãt àdemi bas, mais affez haut pour être entenduë des Dames , n'admirez- vous pas , lui dit-elle , ce que fait faire l'amour ? car il faut de neceſſité
que Monfieur le Conſeiller m'aime ſans me l'avoirosédire. Voyez de quelle maniere
il me fait recevoir chez luy.
Il eſt leplus avare de tous les
Hommes, &cependant il n'y a point de profufion pareille àla ſienne. Nous avons eſté
déja régaléesdans leJardinde Voix,de Hautbois,&de Concerts ; c'eſt une galanterie achevée,&je croy que je l'ai- meray s'il continuë. Le Cava- lier perdoit patience, & il fut tenté vingtfois des'expliquer,
GALAN T. 51
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dans la penſée que ſonſecret eſtoit découvert; mais il pouvoit ne l'eſtre pas , & c'eſtoit affez pour le retenir. Le jour s'abaiſſoit, on remonte en Carroffe. Le Cavalier prend pla- cedans celui de la Marquiſe,
qui le mene ſouper chez elle,
&ne le laiſſe ſortir qu'à mi- nuit. Ce n'eſtoit point aſſez,
la Piece pouvoit eſtre pouffée plus loin , & c'eſt à quoy la Marquiſe nemanque pas. Elle ſçait par le Billet perdu , que lesDames inconnues s'attendoient à eſtre régalées le len- demain. Elle fonge à mettre le Cavalier hors d'eſtat de s'éclaircir,&par conféquent de
t
fatisfaire les Belles. Elle luy envoye pour cela de fort bon matin deux de ſes Amis
Cij
52 LE MERCURE qui l'arreſtent, juſqu'à ce qu'- elle paſſe chez luy elle mé- me, &fait ſi bien, que malgré qu'il en ait, elle l'engage pour tout le reſte du jour. Ce n'eſt pas ſans plaiſanter plus d'une
:
fois ſur la prétenduë galante- rie du Conſeiller. Mais tandis que la Marquiſe ſe diver- tit agreablement; on s'ennuye chez la belle Veuve de n'avoir point de nouvelles du Cavalier. L'heure de la prome- nade ſe paſſant , on s'imagine qu'il s'eſt piqué de ce qu'on avoit remis la Partie , on le
traite de bizarre , & on prote- ſte fort qu'on ne luy donnera jamais lieu d'exercer ſa mé- chante humeur. Il rend viſite le lendemain , débute par quelque plainte ; & labelle
GALANT. 53
DE
LA
le
Veuve qui ne luy explique rien , ſe contente de luy ré- pondre fort froidement. Son
Amie plus impatiente querelle de les avoir fait at- tendre tout le jour ; la cho- ſe s'éclaircit , on fait venir
le Laquais. Le Laquais ſou- tient qu'il a donné le Billet à ſon Portier ; & alors le Cavalier ne doute plus qu'il n'ait été remis entre les mains de la Marquiſe , quoy qu'il ne ſcache comment. Il conjure la belle Veuve de choifir tel autrejour qu'il luy plai- ra , & il n'en peut rien obtenir. Il retourne chez la Marquiſe , qui luy demande s'il a fait ſa paix avec les Belles qu'il a manqué à régaler le jour precedent. Il ſe plaint de
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54 LE MERCURE ſa maniere d'agir avec luy; el- lereproche le ſecret qu'il lui a
fait de ſes Intrigues contre les loix de leur amitié. Ils ſe ſeparent en grondant , & je croy qu'ils grondent encor preſentement. J'ay ſçeutou- tes les circonstances de l'Hiſtoire , d'un des plus parti- culiers Amis du Cavalier. La
Marquiſe veut qu'il lui nom- me la Dame pour qui ſe fai- foit la Feſte , & le Cavalier
veut eſtre difcret. Voila l'obſtacle du racommodement
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Résumé : « Une fort aimable Marquise, qui valoit bien l'attachement entier [...] »
Le texte relate l'histoire d'une Marquise et d'un Cavalier, amis proches ayant convenu de ne rien se cacher. Le Cavalier développe un penchant pour une jeune Veuve et l'invite à une fête sans révéler son identité. Une amie de la Veuve propose un plan pour organiser cette rencontre dans une maison louée à une lieue de Paris. Cependant, le jour de la fête, la Veuve est indisponible. Un laquais perd le billet d'invitation, qui est ramassé par la Marquise. Intriguée, elle découvre que le billet est destiné au Cavalier et organise une visite à la maison du Conseiller, propriétaire des lieux. Elle y trouve une fête préparée pour elle et ses amies. Le Cavalier, arrivant en retard, est surpris de voir la Marquise. Cette dernière, feignant l'ignorance, profite de la situation pour le taquiner. Le Cavalier, embarrassé, tente de cacher sa surprise. La Marquise l'invite à souper chez elle et l'empêche de voir la Veuve le lendemain. La Veuve, mécontente, refuse de revoir le Cavalier. La Marquise et le Cavalier se séparent en se disputant, chacun reprochant à l'autre de ne pas avoir respecté leur accord de transparence.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 191-193
Mort de Madame de Montauglan. [titre d'après la table]
Début :
Cette gloire dont nos Descendans heritent, est la plus forte [...]
Mots clefs :
Madame de Montauglan, Conseiller, Mari
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texteReconnaissance textuelle : Mort de Madame de Montauglan. [titre d'après la table]
Cettegloiredont nos - Deſcendans heritent , eſt la plus forte conſolation qui puiſſe les ſoulager dans degrandes pertes.
Cellede Madame de Montauglan a eſté fort ſenſible à ſes Amis. Elle eſt mortedepuis peu de jours , &n'a laiſſe qu'une
Fij
124 LE MERCVRE Fille âgée de fix ans , qu'on tient qui ſera un Party de plus de huit censmille livres. Elle eſtoit
Fille de Monfieur de la Barde
qui a eſté Ambaſſadeur en Suif- fe , &Sœur de M l'Abbé de la
Barde Conſeiller en la Cour, &
de Madame de Brion , dont le Mary eſt auſſi Confeiller. Feu M. le Comte fon Mary , vivant Conſeiller du Parlement , eſtoit
Fils de M'le Comte Seigneurde Montauglan & deGermonvil- le , qui eft mort Conſeiller de laGrandChambre, apres s'eſtre allié dans la Maiſon deM. Bou- langer , ancienne Famille de la Robe , Mrs le Comte ontauſſi eu alliance dans la Maiſon de Longueval , tres-ancienne &confi- dérable enPicardie, &dans cel le deRupierre , qui ne l'eſt pas moins en Normandie.
Cellede Madame de Montauglan a eſté fort ſenſible à ſes Amis. Elle eſt mortedepuis peu de jours , &n'a laiſſe qu'une
Fij
124 LE MERCVRE Fille âgée de fix ans , qu'on tient qui ſera un Party de plus de huit censmille livres. Elle eſtoit
Fille de Monfieur de la Barde
qui a eſté Ambaſſadeur en Suif- fe , &Sœur de M l'Abbé de la
Barde Conſeiller en la Cour, &
de Madame de Brion , dont le Mary eſt auſſi Confeiller. Feu M. le Comte fon Mary , vivant Conſeiller du Parlement , eſtoit
Fils de M'le Comte Seigneurde Montauglan & deGermonvil- le , qui eft mort Conſeiller de laGrandChambre, apres s'eſtre allié dans la Maiſon deM. Bou- langer , ancienne Famille de la Robe , Mrs le Comte ontauſſi eu alliance dans la Maiſon de Longueval , tres-ancienne &confi- dérable enPicardie, &dans cel le deRupierre , qui ne l'eſt pas moins en Normandie.
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Résumé : Mort de Madame de Montauglan. [titre d'après la table]
Madame de Montauglan est décédée, laissant une fille de six ans et une fortune de plus de huit cent mille livres. Elle était la fille de Monsieur de la Barde, ancien ambassadeur en Suède, et la sœur de l'abbé de la Barde et de Madame de Brion. Son mari, le défunt Comte de Montauglan, était conseiller au Parlement. Les Comtes de Montauglan sont alliés aux familles Boulanger, Longueval et Rupierre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 16-40
Histoire de Roüen. [titre d'après la table]
Début :
Il faudroit n'estre pas Homme pour n'en point avoir [...]
Mots clefs :
Rouen, Chevalier, Mort, Maîtresse, Surprise, Château, Conseiller, Amour, Procès, Fantôme, Abbé, Ombre, Mariages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire de Roüen. [titre d'après la table]
Il faudroit n'eſtre
pas Homme pour n'en point avoir ; mais elle a quelquefois des effets bien dangereux , &
vous l'allez voir par ce qui eft arrivé depuis peu de temps à
une aimable Heritiere d'une des
meilleures Familles de Roüen.
Elle avoit pris de la tendreſſe
pour un jeune Chevalier qui
GALANT. 1.3
Laimoit avec paffion. Soit pour la naiſſance , foit pour le bien,
ils eſtoient aſſez le fait l'un de
l'autre; & comme l'Amour s'en
meſloit , il n'auroit pas eſté dif- ficile au Chevalier de ſe rendre
heureux, fi l'employ qu'il avoit à l'Armée ne l'euft obligé d'at- tendre à demander. l'agrément de ſes Parens au retour de la
Campagne , qu'il ne ſe pouvoit diſpenſer de faire. Il ſervoit en Allemagne fous Monfieur le Mareſchal de Créquy , &ayant eſté commandé dans une oсcaſion où nous perdîmes quel- que monde, il fut compte au nombre des Morts, La nouvelle
s'en répandit dans la Province.
Elle vint aux oreilles de laDemoifelle qui en fut inconfolable.
Elle pleura , foûpira, parla con- tinuellement de ſes bonnes qua
14 LE MERCVRE
litez , & ſe le mit ſi fortement dans l'eſprit, qu'elle croyoit le voir paroiſtre devant elle à tous
momens. Pour divertir un peu ſa douleur , on l'envoya chez une Dame de ſes Parentes qui avoit un Chaſteau au Païs de
Caux. C'eſtoitune Veuve d'un
eſprit fort agreable , &qui ayant encorde la jeuneffe & de la beauté , attiroit chez elle tout ce qu'il y avoit d'honneſtes Gens
dansſon voiſinage. LabelleAf- Aigée ytrouva quelquefoulage- ment à ſes déplaiſirs , elle n'en pût oublier la cauſe , &elle ſe déroboit tous les jours pour ve- nir reſver ſolitairement dans le
Jardin à la perte qu'elle avoit faite. Cependant le Chevalier n'eſtoit pas ſi bienmort, qu'il ne fit connoiſtre preſque auffi-toft qu'il avoit encor part àla vie.On
GALAN T. 15 viſita ſes bleſſures. Elles furent
trouvées dangereuſes , mais non pas de telle forte qu'il n'en puſt guerir. On en prit ſoin , &il fut eneſtat de quiter l'Armée dans
le temps que les Troupes entroient en Quartier d'Hyver. II
revient en Normandie. Grande
joye pour ſes Amis qui l'ont pleuré mort. Il s'informe de ſa Maiſtreſſe. On luy apprend où elle eft, &à quelles extremitez ſa douleur l'avoit portée. Son amour redouble par la connoif- fancequ'onluydonne deſes dé- plaiſirs. Il meurt d'impatience de la revoir , &luy veut porter luy-meſme la nouvelle de ſon retour à la vie. Comme il s'en
connoiſt fortement aimé , il ſe
faitunejoyeſenſiblede l'agrea- ble ſurpriſe que ſa veuëluy doit caufer,& fans la faire tirer de
16 LE MERCVRE
l'erreur où le bruit de ſa fauffe
mort l'a miſe , il part de Roüen avec un Confeiller &un Abbé
de ſes Amis. Aucun d'eux ne
connoiſſoit la Dame chez qui elle eſtoit , &ceła faciliteledeffein qu'ils ont de faire paſſer pour une rencontre du hazard ce qui est une occafion recher- chée. Il pouvoiteſtre onze heu- res du foir. Ils arriventau Chaſteau , feignent d'ignorer à qui il eft , le demandent au Portier
qui leur vient ouvrir; &ſur ſa -réponſe , ils le prient de fairedi- re àla Dame , qu'un Conſeiller duParlementqui s'eſt égaré en allant à Dieppe , la ſupplie de luy vouloir donner une Cham- bre à luy & à deuxde ſes Amis,
..poury attendre le jour. La Dame avoit un Procés ,& le cre
dit d'un Conſeiller qui peut ou
GALANT. I17 eſtre fon Juge , ou folliciter pour elle , luy paroiſt un ſecours en- voyéduCiel. Elle leur fait faire excuſe de ce qu'eſtant déja coit- chée,elle est contrainte d'attendre juſqu'au lendemain à les voir. Cependant les ordres ſe donnent , & on n'oublie rien
pourles recevoir obligeamment.
La nuit ſe paffe. Ils demandent à quelle heure ils pourront re- mercier la Dame de ſes bontez..
On leur répond qu'elle s'habil- le; &pendant ce temps,le Con feiller & l'Abbé defcendent à
l'Ecurie pour ſçavoir ſi on a en ſoinde leurs Chevaux. Le Chevalier qui ne fonge qu'à fon amour , obferve la ſituationdes
lieux qui font habitez , & ayant pris garde qu'ils donnent fur le Jardin , il y entre dans l'eſperan- ce que faMaiſtreſſe paroiſtra à
18 LE MERCVRE
4
quelque feneftre. Iln'y apas fait trente pas qu'il lavoit fortird'u- ne Allée couverte. Elley eftoit venuë comme elle avoit accouſtumé de le faire tous les matins,&dans ce momentelle effuyoit quelques larmes qu'elle avoit encor données au ſouvenirde ſa mort. Il s'avance. Elle
l'apperçoit ; &comme elle en avoit l'imagination toute rem- plie , elle le prend pour fon Phantoſme, fait des cris épou- vantables , & s'enfuit vers une
Salle qu'elle avoit laiſſée ouver- te. Il court apres elle pour taf- cher de l'arreſter , mais fa diligence eſt vaine. Elle redouble fes cris , & a plûtoſt fermé la Porte qu'il ne l'a pû joindre.
Cette action est remarquée d'un Domeſtique qui entroit dans le
Jardin. Il enva donneravis àla
GALANT. 19
Dame. Elle deſcend dans la
Salle , trouve ſa belle Parente
- évanoüie; & comme elle estoit
Heritiere , & qu'on avoit déja fait courir le bruit de quelque projet pour l'enlever , elle ne doute point qu'on n'ait voulu enveniràl'execution ,&que ce qu'on luy eſt venu dire le jour precedent du Conſeiller égaré,
n'ait efté un artifice pour don- ner une entrée aux Raviſſeurs.
Tout la confirme dans cette
croyance. On a ven courir un
Homme apres la Demoiselle quine s'en eſt ſauvée qu'en s'en- fermant , & on la trouve évanoüie de frayeurs. Ses deux A- mis qui s'arreſtent à voir leurs
Chevaux , femblent avoir eu deſſein de ſe tenir preſts à fuir quand il ſeroit venu à bout de
fon entrepriſe , & il n'y a rien
-
20 LE MERCVRE
I
autre choſe àpenſer de ce qui s'eſt fait. Tandis qu'on prend foin de la belle Evanoüie , la
Dame envoye chercher du Se- cours , fait armer ſes Gens , &
enmoins de rien vingt. Hom- mes , avec des Moufquetons &
des Halebardes vont àl'Ecurie,
oùle Chevalier eſtoit venu ren
de compte à ſes deuxAmísde la rencontre qu'ilavoit faite. Ils font ſurpris de ſe voir coucher enjouë,&d'entendre dire qu'il n'y a pointde quartier pour eux s'ils neſe laiſſent conduire dans
-un Cabinet grillé oùla Dame a
-donnéordre qu'on les enferme.
Ils ont beau demander la cauſe
de l'infulte qu'on leur fait , & fe
plaindre du peu dereſpect qu'on apourunConſeiller.Ce nomde
Conſeiller qui avoit fait de ſi
grands effets quand ils arrive-
GALANT. 21
rent,n'eſt plus d'aucune confi- deration ,&ils font à peine dans leCabineroù cette Troupe mu- tine les garde , que la Dame leur vient dire qu'apres les avoir fait recevoir chez elle de la maniere la plus obligeante , elle n'auroit jamais creu qu'ils euf- ſent voulu luy faire l'outrage dont elle prétend reparation. Le Conſeiller prend la parole , &
s'eſtant plaint ſans trop d'ai- greur de la violence qu'on luy a
faite , il adjoûte qu'il ne voit pas de quel mauvais deſſein on a pû le tenir ſuſpect , quand il vient avecunAbbé dont le caractere le doit faire croire incapable d'y preſter la main. La Dame répond que la partie ef- toit bien- faite , &qu'on ne vou- loit pas aller loin ſans mettre les choſes en estat deſe pacifier par
22 LE MERCVRE
le Mariage. Cette réponſe &
quelques autres paroles luy font comprendre qu'on les ſoupçon- nede n'eſtre venusau Chaſteau
quepour enlever ſa Parente. Le Chevalier qui ne devine point pourquoy on leurimpute cedef- fein ſur la frayeur qu'il ſçait que ſa veuë a cauſée àſaMaiſtreſſe,
dit qu'il eſt vray qu'une Demoi- ſelle a pris la fuite toute effrayée de l'avoir trouvé dans le Jardin,
mais qu'on la luy faſſe voir , &
qu'il eſt fort aſſuré qu'elle ne le reconnoiſtra point pour un Ra- viſſeur. Il conjure la Dame avee tant d'inſtance de luy accorder cette grace , qu'elle les quitte pour aller ſçavoir ſi ſa Parente eſt enestatde venir.Elle la trouve revenuë de fon Evanoüiffement , mais ſi interdite de ce
qu'elle a veu , quele troublede
GALANT. 23
ſon ameparoiſt encorpeintdans ſes regards. Cette belle Perſon- ne la prévient , &d'abord qu'el- le lavoit entrer elle luy dit qu'el- le ne ſçait comme elle eſt de- meurée vivante apres quel'Om- bre du Chevalier qu'elle a tant aimé luy eſt apparuë. LaDame perfuadéeque la frayeur qu'elle a euë de la pourſuite d'un Ra- viſſeur afait égarer ſa raiſon , la prie dela fuivre , &l'affurequ'- elle luy fera faire entiere ſatis- faction de l'injure qu'elle a re- çeuë. Elle entre dans leCabinet ſans ſçavoir pourquoyſa prefen- ce yeft neceſſaire , & elle n'a pas plûtoſt jetté les yeux fur leChe- valier qu'elle pouffe de nouveaux cris , & retombe preſque dans le meſme eſtat d'où elle
vientd'eſtre retirée. LeChevaliers'approche, & ſe plaint d'u-
,
24 LE MERCVRE
ne maniere fi tendredu malheur
qu'il a de ne pouvoir paroiſtre devat elle fans l'éfrayer,qu'enfin quoy qu'avec beaucoupde pei- ne , elle trouve affez de voix
pourluydemanders'il peuteſtre vray qu'il ne ſoit pas mort. Il répond qu'il ne ſçait ſi elle a
donné un ordre abſolu de le tuer à ceux qui l'ont amené dans le Cabinet avecdes Halebardes &
des Mousquetons , mais que fi elle veut bien conſentir qu'il vi- ve , il vivra tout à elle comme il
a fait juſque là , &toûjours dans les ſentimens paſſionnez qu'elle ne condamnoit pas avant qu'il la quittât pour l'Armée. Il n'en fallut pas davantage pour faire connoiſtre àla Dame ce qu'elle n'avoit pû démeſler d'abord. Ju- gez de ſa ſurpriſe. Elle entend nommerle Chevalier, & voyantla
GALANT. 25 joye éclater ſur le viſage de ſa Parente , elle tombe dans une
confufion dont elle ne fort que par les choſes agreables que le Conſeiller commence à luydire fur cettemépriſe. Elle luy en fait mille excuſes , &ſe ſertpource- la de termes ſi obligeans , que commeelle eſtoit tres-bien faite
de ſa perſonne, le Conſeiller s'en laiſſe toucher. Elle le prie de re- mettre ſon Voyage de Dieppe,
& de demeurer quelques jours chez elle pour luy donner lieu dereparer ce que fon inconfide- rée précipitation luy avoit fait faire d'injuſte. Outre que c'ef- toit ce que le Conſeiller avoit pretendu , il trouvoit tant d'ef- prit & d'agrément dans l'aima- ble Veuve , qu'il ne fut pas fa- ché de faire pour elle ce qu'un commencement d'amour luy
Tome IX. B
26 LE MERCVRE
faiſoit déja ſecrettement ſouhai- ter. Il paſſa donctrois ou quatre jours dans le Chaſteau , & l'en- tretiende cette aimable Perſonne eurde fi doux charmes pour luy, qu'iln'yparoiffoit pasmoins attaché que le Chevalier l'eſtoit àrenouveller àſa Maiſtreſſe les
proteſtations du plus tendre amour. L'Abbé s'aperçeut de l'engagement que le Confeiller prenoit pour la Dame ; & com- me il ne pouvoitſemettredela converfation d'aucun coſté fans
troubler un teſte-a-teſte , il leur dit enfin en riant qu'il s'ennu- yoit d'eſtre ſans employ , tandis qu'il les voyoit tousquatre ff agreablement occupez. Je ne ſçay ſi cet avis donna lieu au Conſeillerde s'expliquer ſerien- ſement , mais l'intelligence con- tinua ,les affaires ſe conclurent,
GALAINT.
27 & l'Abbé fut appellé quelque temps apres pour la Ceremonie des deux Mariages. Le grand oüy qu'il a fait prononcer à ces quatresAmans, les amisdans un eftat fi heureux , quepourl'en récompenfer il luy ſouhaitent tous les jours une Mitre
pas Homme pour n'en point avoir ; mais elle a quelquefois des effets bien dangereux , &
vous l'allez voir par ce qui eft arrivé depuis peu de temps à
une aimable Heritiere d'une des
meilleures Familles de Roüen.
Elle avoit pris de la tendreſſe
pour un jeune Chevalier qui
GALANT. 1.3
Laimoit avec paffion. Soit pour la naiſſance , foit pour le bien,
ils eſtoient aſſez le fait l'un de
l'autre; & comme l'Amour s'en
meſloit , il n'auroit pas eſté dif- ficile au Chevalier de ſe rendre
heureux, fi l'employ qu'il avoit à l'Armée ne l'euft obligé d'at- tendre à demander. l'agrément de ſes Parens au retour de la
Campagne , qu'il ne ſe pouvoit diſpenſer de faire. Il ſervoit en Allemagne fous Monfieur le Mareſchal de Créquy , &ayant eſté commandé dans une oсcaſion où nous perdîmes quel- que monde, il fut compte au nombre des Morts, La nouvelle
s'en répandit dans la Province.
Elle vint aux oreilles de laDemoifelle qui en fut inconfolable.
Elle pleura , foûpira, parla con- tinuellement de ſes bonnes qua
14 LE MERCVRE
litez , & ſe le mit ſi fortement dans l'eſprit, qu'elle croyoit le voir paroiſtre devant elle à tous
momens. Pour divertir un peu ſa douleur , on l'envoya chez une Dame de ſes Parentes qui avoit un Chaſteau au Païs de
Caux. C'eſtoitune Veuve d'un
eſprit fort agreable , &qui ayant encorde la jeuneffe & de la beauté , attiroit chez elle tout ce qu'il y avoit d'honneſtes Gens
dansſon voiſinage. LabelleAf- Aigée ytrouva quelquefoulage- ment à ſes déplaiſirs , elle n'en pût oublier la cauſe , &elle ſe déroboit tous les jours pour ve- nir reſver ſolitairement dans le
Jardin à la perte qu'elle avoit faite. Cependant le Chevalier n'eſtoit pas ſi bienmort, qu'il ne fit connoiſtre preſque auffi-toft qu'il avoit encor part àla vie.On
GALAN T. 15 viſita ſes bleſſures. Elles furent
trouvées dangereuſes , mais non pas de telle forte qu'il n'en puſt guerir. On en prit ſoin , &il fut eneſtat de quiter l'Armée dans
le temps que les Troupes entroient en Quartier d'Hyver. II
revient en Normandie. Grande
joye pour ſes Amis qui l'ont pleuré mort. Il s'informe de ſa Maiſtreſſe. On luy apprend où elle eft, &à quelles extremitez ſa douleur l'avoit portée. Son amour redouble par la connoif- fancequ'onluydonne deſes dé- plaiſirs. Il meurt d'impatience de la revoir , &luy veut porter luy-meſme la nouvelle de ſon retour à la vie. Comme il s'en
connoiſt fortement aimé , il ſe
faitunejoyeſenſiblede l'agrea- ble ſurpriſe que ſa veuëluy doit caufer,& fans la faire tirer de
16 LE MERCVRE
l'erreur où le bruit de ſa fauffe
mort l'a miſe , il part de Roüen avec un Confeiller &un Abbé
de ſes Amis. Aucun d'eux ne
connoiſſoit la Dame chez qui elle eſtoit , &ceła faciliteledeffein qu'ils ont de faire paſſer pour une rencontre du hazard ce qui est une occafion recher- chée. Il pouvoiteſtre onze heu- res du foir. Ils arriventau Chaſteau , feignent d'ignorer à qui il eft , le demandent au Portier
qui leur vient ouvrir; &ſur ſa -réponſe , ils le prient de fairedi- re àla Dame , qu'un Conſeiller duParlementqui s'eſt égaré en allant à Dieppe , la ſupplie de luy vouloir donner une Cham- bre à luy & à deuxde ſes Amis,
..poury attendre le jour. La Dame avoit un Procés ,& le cre
dit d'un Conſeiller qui peut ou
GALANT. I17 eſtre fon Juge , ou folliciter pour elle , luy paroiſt un ſecours en- voyéduCiel. Elle leur fait faire excuſe de ce qu'eſtant déja coit- chée,elle est contrainte d'attendre juſqu'au lendemain à les voir. Cependant les ordres ſe donnent , & on n'oublie rien
pourles recevoir obligeamment.
La nuit ſe paffe. Ils demandent à quelle heure ils pourront re- mercier la Dame de ſes bontez..
On leur répond qu'elle s'habil- le; &pendant ce temps,le Con feiller & l'Abbé defcendent à
l'Ecurie pour ſçavoir ſi on a en ſoinde leurs Chevaux. Le Chevalier qui ne fonge qu'à fon amour , obferve la ſituationdes
lieux qui font habitez , & ayant pris garde qu'ils donnent fur le Jardin , il y entre dans l'eſperan- ce que faMaiſtreſſe paroiſtra à
18 LE MERCVRE
4
quelque feneftre. Iln'y apas fait trente pas qu'il lavoit fortird'u- ne Allée couverte. Elley eftoit venuë comme elle avoit accouſtumé de le faire tous les matins,&dans ce momentelle effuyoit quelques larmes qu'elle avoit encor données au ſouvenirde ſa mort. Il s'avance. Elle
l'apperçoit ; &comme elle en avoit l'imagination toute rem- plie , elle le prend pour fon Phantoſme, fait des cris épou- vantables , & s'enfuit vers une
Salle qu'elle avoit laiſſée ouver- te. Il court apres elle pour taf- cher de l'arreſter , mais fa diligence eſt vaine. Elle redouble fes cris , & a plûtoſt fermé la Porte qu'il ne l'a pû joindre.
Cette action est remarquée d'un Domeſtique qui entroit dans le
Jardin. Il enva donneravis àla
GALANT. 19
Dame. Elle deſcend dans la
Salle , trouve ſa belle Parente
- évanoüie; & comme elle estoit
Heritiere , & qu'on avoit déja fait courir le bruit de quelque projet pour l'enlever , elle ne doute point qu'on n'ait voulu enveniràl'execution ,&que ce qu'on luy eſt venu dire le jour precedent du Conſeiller égaré,
n'ait efté un artifice pour don- ner une entrée aux Raviſſeurs.
Tout la confirme dans cette
croyance. On a ven courir un
Homme apres la Demoiselle quine s'en eſt ſauvée qu'en s'en- fermant , & on la trouve évanoüie de frayeurs. Ses deux A- mis qui s'arreſtent à voir leurs
Chevaux , femblent avoir eu deſſein de ſe tenir preſts à fuir quand il ſeroit venu à bout de
fon entrepriſe , & il n'y a rien
-
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autre choſe àpenſer de ce qui s'eſt fait. Tandis qu'on prend foin de la belle Evanoüie , la
Dame envoye chercher du Se- cours , fait armer ſes Gens , &
enmoins de rien vingt. Hom- mes , avec des Moufquetons &
des Halebardes vont àl'Ecurie,
oùle Chevalier eſtoit venu ren
de compte à ſes deuxAmísde la rencontre qu'ilavoit faite. Ils font ſurpris de ſe voir coucher enjouë,&d'entendre dire qu'il n'y a pointde quartier pour eux s'ils neſe laiſſent conduire dans
-un Cabinet grillé oùla Dame a
-donnéordre qu'on les enferme.
Ils ont beau demander la cauſe
de l'infulte qu'on leur fait , & fe
plaindre du peu dereſpect qu'on apourunConſeiller.Ce nomde
Conſeiller qui avoit fait de ſi
grands effets quand ils arrive-
GALANT. 21
rent,n'eſt plus d'aucune confi- deration ,&ils font à peine dans leCabineroù cette Troupe mu- tine les garde , que la Dame leur vient dire qu'apres les avoir fait recevoir chez elle de la maniere la plus obligeante , elle n'auroit jamais creu qu'ils euf- ſent voulu luy faire l'outrage dont elle prétend reparation. Le Conſeiller prend la parole , &
s'eſtant plaint ſans trop d'ai- greur de la violence qu'on luy a
faite , il adjoûte qu'il ne voit pas de quel mauvais deſſein on a pû le tenir ſuſpect , quand il vient avecunAbbé dont le caractere le doit faire croire incapable d'y preſter la main. La Dame répond que la partie ef- toit bien- faite , &qu'on ne vou- loit pas aller loin ſans mettre les choſes en estat deſe pacifier par
22 LE MERCVRE
le Mariage. Cette réponſe &
quelques autres paroles luy font comprendre qu'on les ſoupçon- nede n'eſtre venusau Chaſteau
quepour enlever ſa Parente. Le Chevalier qui ne devine point pourquoy on leurimpute cedef- fein ſur la frayeur qu'il ſçait que ſa veuë a cauſée àſaMaiſtreſſe,
dit qu'il eſt vray qu'une Demoi- ſelle a pris la fuite toute effrayée de l'avoir trouvé dans le Jardin,
mais qu'on la luy faſſe voir , &
qu'il eſt fort aſſuré qu'elle ne le reconnoiſtra point pour un Ra- viſſeur. Il conjure la Dame avee tant d'inſtance de luy accorder cette grace , qu'elle les quitte pour aller ſçavoir ſi ſa Parente eſt enestatde venir.Elle la trouve revenuë de fon Evanoüiffement , mais ſi interdite de ce
qu'elle a veu , quele troublede
GALANT. 23
ſon ameparoiſt encorpeintdans ſes regards. Cette belle Perſon- ne la prévient , &d'abord qu'el- le lavoit entrer elle luy dit qu'el- le ne ſçait comme elle eſt de- meurée vivante apres quel'Om- bre du Chevalier qu'elle a tant aimé luy eſt apparuë. LaDame perfuadéeque la frayeur qu'elle a euë de la pourſuite d'un Ra- viſſeur afait égarer ſa raiſon , la prie dela fuivre , &l'affurequ'- elle luy fera faire entiere ſatis- faction de l'injure qu'elle a re- çeuë. Elle entre dans leCabinet ſans ſçavoir pourquoyſa prefen- ce yeft neceſſaire , & elle n'a pas plûtoſt jetté les yeux fur leChe- valier qu'elle pouffe de nouveaux cris , & retombe preſque dans le meſme eſtat d'où elle
vientd'eſtre retirée. LeChevaliers'approche, & ſe plaint d'u-
,
24 LE MERCVRE
ne maniere fi tendredu malheur
qu'il a de ne pouvoir paroiſtre devat elle fans l'éfrayer,qu'enfin quoy qu'avec beaucoupde pei- ne , elle trouve affez de voix
pourluydemanders'il peuteſtre vray qu'il ne ſoit pas mort. Il répond qu'il ne ſçait ſi elle a
donné un ordre abſolu de le tuer à ceux qui l'ont amené dans le Cabinet avecdes Halebardes &
des Mousquetons , mais que fi elle veut bien conſentir qu'il vi- ve , il vivra tout à elle comme il
a fait juſque là , &toûjours dans les ſentimens paſſionnez qu'elle ne condamnoit pas avant qu'il la quittât pour l'Armée. Il n'en fallut pas davantage pour faire connoiſtre àla Dame ce qu'elle n'avoit pû démeſler d'abord. Ju- gez de ſa ſurpriſe. Elle entend nommerle Chevalier, & voyantla
GALANT. 25 joye éclater ſur le viſage de ſa Parente , elle tombe dans une
confufion dont elle ne fort que par les choſes agreables que le Conſeiller commence à luydire fur cettemépriſe. Elle luy en fait mille excuſes , &ſe ſertpource- la de termes ſi obligeans , que commeelle eſtoit tres-bien faite
de ſa perſonne, le Conſeiller s'en laiſſe toucher. Elle le prie de re- mettre ſon Voyage de Dieppe,
& de demeurer quelques jours chez elle pour luy donner lieu dereparer ce que fon inconfide- rée précipitation luy avoit fait faire d'injuſte. Outre que c'ef- toit ce que le Conſeiller avoit pretendu , il trouvoit tant d'ef- prit & d'agrément dans l'aima- ble Veuve , qu'il ne fut pas fa- ché de faire pour elle ce qu'un commencement d'amour luy
Tome IX. B
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faiſoit déja ſecrettement ſouhai- ter. Il paſſa donctrois ou quatre jours dans le Chaſteau , & l'en- tretiende cette aimable Perſonne eurde fi doux charmes pour luy, qu'iln'yparoiffoit pasmoins attaché que le Chevalier l'eſtoit àrenouveller àſa Maiſtreſſe les
proteſtations du plus tendre amour. L'Abbé s'aperçeut de l'engagement que le Confeiller prenoit pour la Dame ; & com- me il ne pouvoitſemettredela converfation d'aucun coſté fans
troubler un teſte-a-teſte , il leur dit enfin en riant qu'il s'ennu- yoit d'eſtre ſans employ , tandis qu'il les voyoit tousquatre ff agreablement occupez. Je ne ſçay ſi cet avis donna lieu au Conſeillerde s'expliquer ſerien- ſement , mais l'intelligence con- tinua ,les affaires ſe conclurent,
GALAINT.
27 & l'Abbé fut appellé quelque temps apres pour la Ceremonie des deux Mariages. Le grand oüy qu'il a fait prononcer à ces quatresAmans, les amisdans un eftat fi heureux , quepourl'en récompenfer il luy ſouhaitent tous les jours une Mitre
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Résumé : Histoire de Roüen. [titre d'après la table]
Le texte relate l'histoire d'une jeune héritière de Rouen qui sombre dans le désespoir après avoir appris la mort de son amant, un jeune chevalier. Pour la distraire, on l'envoie chez une parente veuve, réputée pour son esprit agréable et sa beauté, qui attire de nombreuses personnes honorables. Malgré les efforts pour la divertir, la jeune femme continue de pleurer la perte de son amant. Cependant, le chevalier n'est pas mort et, après avoir guéri de ses blessures, il revient en Normandie. Apprenant la douleur de sa maîtresse, il décide de lui annoncer son retour en personne. Accompagné d'un conseiller et d'un abbé, il se rend au château de la parente, se faisant passer pour un conseiller égaré. La dame, pensant qu'il s'agit d'un ravisseur, les enferme après que la jeune femme, en voyant le chevalier, s'évanouit de frayeur. Le chevalier explique la situation, et la dame, comprenant la méprise, s'excuse. La jeune femme, revenue à elle, reconnaît son amant et se réjouit. Le conseiller, charmé par la veuve, décide de rester et finit par se marier avec elle. L'abbé, témoin de la situation, suggère une solution qui aboutit à deux mariages. Par ailleurs, le texte mentionne une cérémonie organisée par une personne pour quatre amoureux, qui prononcent des vœux. Ces amoureux se trouvent dans un état de bonheur extrême. En guise de récompense pour cet acte, ils expriment chaque jour le souhait que cette personne obtienne une mitre, un couvre-chef ecclésiastique symbolisant une haute dignité religieuse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 253-254
Mort de M. de Miramion. [titre d'après la table]
Début :
Mr de Miramion est mort presque dans le mesme temps. [...]
Mots clefs :
Monsieur de Miramion, Conseiller
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texteReconnaissance textuelle : Mort de M. de Miramion. [titre d'après la table]
Monfieur de Miramion eſt
mort preſque dans le meſme temps. On l'appelloit Sevinde Miramion. Il eſtoit de ces
Sevins qui font d'une des plus anciennes & des meilleures
Maiſons dela Robe. LaCharge de Confeiller du Grand Conſeil qu'il aexercée vingt-unan,
luy avoit acquis la réputation d'un tres - bon & tres - juſte Juge , & il n'eſtoit pas moins aimé de ſa Compagnie , qu'- eſtimé de tous ceux dont il
avoit cu les affaires entre les
mains.
mort preſque dans le meſme temps. On l'appelloit Sevinde Miramion. Il eſtoit de ces
Sevins qui font d'une des plus anciennes & des meilleures
Maiſons dela Robe. LaCharge de Confeiller du Grand Conſeil qu'il aexercée vingt-unan,
luy avoit acquis la réputation d'un tres - bon & tres - juſte Juge , & il n'eſtoit pas moins aimé de ſa Compagnie , qu'- eſtimé de tous ceux dont il
avoit cu les affaires entre les
mains.
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5
p. 124-126
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Le Samedy 2. de ce mois, une Famille toute entiere d'un riche [...]
Mots clefs :
Famille, Bourgeoisie, Abjuration, Conversion, Marquis de Vaisley, Vérité catholique, Zèle, Difficulté, Grand-vicaire, Conseiller
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texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Le Samedy 2. de ce mois,
une Famille toute entiere
d'un riche Bourgeois de
Châlons fur Sône, compoſée
du Pere âgé de ſoixante ans;
dala Mere, de cinquante-fix ;
d'un Fils , de trente ; & de
cinq Filles dont la plus jeune
a quinze ans , abjura l'Hé
réfie de Calvin dans la Paroiffe
de St Jean de Dijon.
Leur converfion eft l'effet
des foins, & de l'extréme application
de M. le Marquis
de Vaifley à les convaincre
des VeritezCatholiques. Les
difficultez qu'ils luy ont opGALANT.
125
pofées pendant trois ans
n'ont point rebuté fon zele ,
& il eft enfin venu à bout
de ce glorieux ouvrage. Il
y a déja quelques années
que ce Marquis demeure
à Châlons , fon peu de fanté
luy ayant
vice dans lequel il s'eft toû
jours diftingué. Il est tout
percé de coups . Ce font d'aflez
fortes preuves de fa bravoure.
L'abjuration
dont j'ay
commencé de vous parler
s'eft fait
publiquement, &
avec beaucoup de pompe,
entre les mains de M. Arfait
quiter le Ser-
Liij
126 MERCVRE
mat ,
>
Grand- Vicaire de M.
de Langres. Il eftoit accompagné
de M. Bouhier Official
, ancien Confeiller au
Parlement de Dijon &
Doyen de la Sainte Chapelle
, & de M: Buiſſon Promoteur
, Chanoine de la
Chapelle aux Riches de la
mefme Ville.
une Famille toute entiere
d'un riche Bourgeois de
Châlons fur Sône, compoſée
du Pere âgé de ſoixante ans;
dala Mere, de cinquante-fix ;
d'un Fils , de trente ; & de
cinq Filles dont la plus jeune
a quinze ans , abjura l'Hé
réfie de Calvin dans la Paroiffe
de St Jean de Dijon.
Leur converfion eft l'effet
des foins, & de l'extréme application
de M. le Marquis
de Vaifley à les convaincre
des VeritezCatholiques. Les
difficultez qu'ils luy ont opGALANT.
125
pofées pendant trois ans
n'ont point rebuté fon zele ,
& il eft enfin venu à bout
de ce glorieux ouvrage. Il
y a déja quelques années
que ce Marquis demeure
à Châlons , fon peu de fanté
luy ayant
vice dans lequel il s'eft toû
jours diftingué. Il est tout
percé de coups . Ce font d'aflez
fortes preuves de fa bravoure.
L'abjuration
dont j'ay
commencé de vous parler
s'eft fait
publiquement, &
avec beaucoup de pompe,
entre les mains de M. Arfait
quiter le Ser-
Liij
126 MERCVRE
mat ,
>
Grand- Vicaire de M.
de Langres. Il eftoit accompagné
de M. Bouhier Official
, ancien Confeiller au
Parlement de Dijon &
Doyen de la Sainte Chapelle
, & de M: Buiſſon Promoteur
, Chanoine de la
Chapelle aux Riches de la
mefme Ville.
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
Le 2 octobre, une famille de riches bourgeois de Châlons-sur-Saône, composée du père (60 ans), de la mère (56 ans), d'un fils (30 ans) et de cinq filles (la plus jeune ayant 15 ans), a abjuré l'hérésie calviniste dans la paroisse de Saint-Jean de Dijon. Cette conversion, obtenue après trois années d'efforts, est attribuée au Marquis de Vaifley, résidant à Châlons depuis plusieurs années et connu pour son zèle et sa bravoure, illustrés par ses nombreuses blessures. L'abjuration s'est déroulée publiquement et solennellement en présence de l'Archevêque de Sens, Grand-Vicaire de M. de Langres, de M. Bouhier, Officiel et ancien Conseiller au Parlement de Dijon, et de M. Buisson, Promoteur et Chanoine de la Chapelle aux Riches de Dijon.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 29-34
Abjuration de M. de Bardonnenche, [titre d'après la table]
Début :
Mr le Camus, Evesque de Grenoble, dont vous connoissez la pieté [...]
Mots clefs :
Évêque de Grenoble, Piété, Zèle, Abjuration, Conseiller, Prétendus réformés, Conversion, Calvin, Lumières, Inspiration , Généalogie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Abjuration de M. de Bardonnenche, [titre d'après la table]
-Il tutcheràVlaPatrie,habile
dans les Lettres, & genéralement
connu pour un des
plus braves & des plus dignes
sujets de l'Etat.
M'te Camus, Evesque de
Grenoble, dont vous connoissez
la pieté & le zele
pour les intérests de Dieu, a
eu depuis peu une joye des
plussensibles, en recevant
le 5. de ce mois l'Abjuration
de Messire Aléxandre de
Bardonnenche, Seigneur de
Thorane, de Trésane, de
S. Martin, de Clelles, Vicomte
deClermonten Triéves,
& cy-devant Conseiller
au Parlement de Dauphiné.
Ce changement a surpris les
plus considérables des Prétendus
Réformez de cette
Province, qui le connoisfane
pour un Homme cTciprit&
dejugement, ne peuvent
raisonner à leur maniere,
ny chercher les motifs
de sa conversion dans
l'intérest ou dans la foiblesse.
Il n'a plus sa Charge de Conseiller.
Ainsi s'il a renoncé à
suivre Calvin, ce n'a point
esté pour la conserver à U
Famille. Ce qui fait d'ailleurs
connoistre qu'il ne s'est
rendu qu'à la connoissance
de la Verité, c'est qu'il y a
deux Chargessemblables
vacantes dans la mesme
Compagnie, & que Mr l'Evesque
de Grenoble, & Mr
d'Herbigny Intendant de la
Province, l'ayant pressé d'en
prendre une, avec offre de
la part du Roy d'en payer
une partie de la finance, &
de luy conserver
-
son rang
d'ancienneté, comme l'on
eust pû attribuer l'action
, qu'il vient de faire aux ré-
• compenses & aux bienfaits,
il a refusé ces offres, & pu- • blié qu'il ne veut devoir son
salutqu'aux vives lumieres :
qui l'ont inipiré. Sa Famille
est fort ancienne, &nousest
connuë par les soins de Mr le :
Président Allard, qui en a
marqué la Genéalogie dans
le troisiéme Volume de celles
qu'il acomposées pour les
Maisons nobles de Dauphiné.
Ungrand Bourg luy
a donné le nom qu'il porte,
dans le tempsque les Familles
se (ont fait des noms
heréditaires. A ynard, Seigneur
de Bardonncnche, vivoit
l'an 1210. C'est de luy
que par quinze degrez d'-
Ayeux qui ont succedé les
uns aux autres, & dont la
plûpartsesontsignalez dans
les ArméesdesDauphins de
Viennois,& des Roys Dauphins
, est descenduMrde
Bardonnenche dont je vous
apprens laconversion. Il a
eu le BrévetdeConseiller
d'Etat; & dans les Emplois
qui luy ont estéconfiez pendant
qu'il estoit Officier au
Parlement de Grenoble, il
s'est toûjours distingué par
sa conduite & par sa prudence.
Il a des Fils dans le
service, qui commandent
des Compagnies, & porte,
d'argent auTreillis degueulles,
cloüé d'or, auChefd'or, chargé
d'unAigle naissantdesable.
dans les Lettres, & genéralement
connu pour un des
plus braves & des plus dignes
sujets de l'Etat.
M'te Camus, Evesque de
Grenoble, dont vous connoissez
la pieté & le zele
pour les intérests de Dieu, a
eu depuis peu une joye des
plussensibles, en recevant
le 5. de ce mois l'Abjuration
de Messire Aléxandre de
Bardonnenche, Seigneur de
Thorane, de Trésane, de
S. Martin, de Clelles, Vicomte
deClermonten Triéves,
& cy-devant Conseiller
au Parlement de Dauphiné.
Ce changement a surpris les
plus considérables des Prétendus
Réformez de cette
Province, qui le connoisfane
pour un Homme cTciprit&
dejugement, ne peuvent
raisonner à leur maniere,
ny chercher les motifs
de sa conversion dans
l'intérest ou dans la foiblesse.
Il n'a plus sa Charge de Conseiller.
Ainsi s'il a renoncé à
suivre Calvin, ce n'a point
esté pour la conserver à U
Famille. Ce qui fait d'ailleurs
connoistre qu'il ne s'est
rendu qu'à la connoissance
de la Verité, c'est qu'il y a
deux Chargessemblables
vacantes dans la mesme
Compagnie, & que Mr l'Evesque
de Grenoble, & Mr
d'Herbigny Intendant de la
Province, l'ayant pressé d'en
prendre une, avec offre de
la part du Roy d'en payer
une partie de la finance, &
de luy conserver
-
son rang
d'ancienneté, comme l'on
eust pû attribuer l'action
, qu'il vient de faire aux ré-
• compenses & aux bienfaits,
il a refusé ces offres, & pu- • blié qu'il ne veut devoir son
salutqu'aux vives lumieres :
qui l'ont inipiré. Sa Famille
est fort ancienne, &nousest
connuë par les soins de Mr le :
Président Allard, qui en a
marqué la Genéalogie dans
le troisiéme Volume de celles
qu'il acomposées pour les
Maisons nobles de Dauphiné.
Ungrand Bourg luy
a donné le nom qu'il porte,
dans le tempsque les Familles
se (ont fait des noms
heréditaires. A ynard, Seigneur
de Bardonncnche, vivoit
l'an 1210. C'est de luy
que par quinze degrez d'-
Ayeux qui ont succedé les
uns aux autres, & dont la
plûpartsesontsignalez dans
les ArméesdesDauphins de
Viennois,& des Roys Dauphins
, est descenduMrde
Bardonnenche dont je vous
apprens laconversion. Il a
eu le BrévetdeConseiller
d'Etat; & dans les Emplois
qui luy ont estéconfiez pendant
qu'il estoit Officier au
Parlement de Grenoble, il
s'est toûjours distingué par
sa conduite & par sa prudence.
Il a des Fils dans le
service, qui commandent
des Compagnies, & porte,
d'argent auTreillis degueulles,
cloüé d'or, auChefd'or, chargé
d'unAigle naissantdesable.
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Résumé : Abjuration de M. de Bardonnenche, [titre d'après la table]
Messire Alexandre de Bardonnenche, seigneur de plusieurs domaines et ancien conseiller au Parlement de Dauphiné, s'est converti à une nouvelle foi religieuse le 5 du mois en cours. Cette conversion a été saluée par Monseigneur Camus, évêque de Grenoble, réputé pour sa piété et son zèle. Bardonnenche, connu pour son esprit et son jugement, a démissionné de sa charge de conseiller par conviction religieuse, déclinant des offres de postes et d'avantages financiers. Issu d'une famille noble et ancienne, ses origines sont documentées par les travaux du Président Allard. Il a servi avec distinction au Parlement de Grenoble et compte des descendants dans le service militaire. Ses armoiries représentent un aigle naissant.
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7
p. 148-149
Mort de M. de Nointel, [titre d'après la table]
Début :
Messire François Olier de Nointel est mort icy sur la [...]
Mots clefs :
Messire, Décès, Parlement, Conseiller, Ambassadeur, Constantinople
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mort de M. de Nointel, [titre d'après la table]
Meffire François Olier de
Nointel eſt mort icy ſur la
fin du dernier mois. Il avoit
eſte Confeiller au Parlement
de Paris , & Ambaſſadeur ,
GALANT. 149
pour Sa Majesté à Conſtantinople.
Nointel eſt mort icy ſur la
fin du dernier mois. Il avoit
eſte Confeiller au Parlement
de Paris , & Ambaſſadeur ,
GALANT. 149
pour Sa Majesté à Conſtantinople.
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8
p. 60-66
Morts, [titre d'après la table]
Début :
Il y a eu depuis peu de temps plusieurs Morts considérables, [...]
Mots clefs :
Seigneur, Parlement, Madame, Duchesse, Capitaine, Maisons, Décès, Conseiller, Monsieur de Manicamp
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts, [titre d'après la table]
Il y a eu depuis peu de temps
plufieurs Morts confidérables ,
dont voicy les noms .
Meffire lean Louis l'Etang de
Fromentieres , Evefque d'Aire.
Il eftoit d'une illuftre Maifon du
Maine , & digne de l'Epifcopat ,
par fa naiffance , par fa vertu , &
par fon érudition. Vous fçavez ,
Madame , qu'il avoit prefché
>
dans les meilleures Chaires de
Paris,& à la Cour, avec de grands
applaudiffement , & que le fuccés
qu'il Y avoit eu luy avoit
acquis le nom d'un des plus
grands Prédicateurs qu'on euft
entendus. Il eft mort dans fom
Diocéfe.
GALANT. 61
Monfieur de Manicamp . II
eftoit Frere de Madame la Maréchale
Ducheffe d'Eftrées , Fils
de Charles de Longueval , Seigneur
de Manicamp , Meftre de
Camp du Regiment de Normandie
, & Maréchal des Camps &
Armées du Roy , & Petit- fils de
Phillippe de Longueval , Seigneur
de Manicamp, & d'Ifabeau
de Tou . La Maifon de Longueval
, qui eft divifée en plufieurs
Branches , qui font celles de Buquoy
, Tenelles , Anaucourt ,
Creffy , & Manicamp , eft une
des plus anciennes & des plus
illuftres de Picardie. Elle a commencé
à paroiftre il y a quatre ou
cinq fiécles. Plufieurs Seigneurs
de ce nom ont efté à la Terre
Sainte, où ils ont fait des actions
mémorables . Quelques - uns fe
font diftinguez à des Batailles ,
62 MERCURE
comme à celles de Courtra , & ·
d'Azincourt . L'un d'eux qui étoit
Gouverneur de Luxembourg,en
foûtint le Siege en 1643. & fut
fait enfuite Gouverneur , Lieutenant
Genéral en Champagne.
Dela Branche de Buquoy , étoit
ce grand Capitaine le Comte de
Buquoy , qui fit tant de belles
chofes fous Charles- Quint dans
les Païs- Bas . Cette Branche de
Buquoy eft celebre en France ,
& fort attachée aux Princes du
Païs Bas Espagnol . La Maifon
de Longueval porte pour Armes ,
Bande de verd & de gueule de
fix pièces , & a pris Alliance dans
celles de Montmorency , Beaumart
, Auxis , Melun , Divion ,
Mailly, Lamdas , Flandres , Comte
, Eftourmel , Aumale , Mifcocq
, Vignancourt , Etrées ,
Bourbon , Maridor & autres
GALANT. 63
Monfieur de Manicamp eft mortavec
beaucoup de réfignation , &
apres avoir reçeu tous les Sacremens.
Meffire Jacques Defpériers ,
Preftre , Docteur en Theologie ,
de la Maiſon & Societé de Sor
bonne , mort le 28. du dernier
mois. Il eftoit Profeffeur du Roy
aux Ecoles de la méme Maiſon
de Sorbonne , & Principal du
Collège de Lifieux . Il a enfeigné
long temps la Philofophie , & l'on
s'empreffoit à faire fon Cours
fous luy.
>
Meffire Jacques Charton ;
Preftre Docteur en Theolo
gie , de la maifon & Societé de
Sorbonne , mort le premier jour
de cette année . Il eftoit Chanoine
& Grand Pénitentier de l'Eglife
de Paris. Monfieur l'Archevefque
a donné fa Chanoinie à
Monfieur l'Abbé Robert , Fils
64 MERCURE
d'un fameux Avocat , & Frere
de Monfieur Robert , Procureur
du Roy au Châtelet . Ie ne vous
dis point , Madame , que Mon-
Geur Robert , demeuré feul
Procureur du Roy , eft fage , intelligent
, & fort eftimé de Sa
Majefté , & dans fa Compagnie,
Ce font des chofes que tout le
monde connoift .
Meffire Louis de Faure , Baron
de Dampmard , Seigneur de
Puifieux , de Brumiers , & de Clamare
en partie , mort le 8. de ce
mois , âgé de foixante & douze
ans. Il eftoit de la Grand'Chambre
, & avoit efté receu Confeiller
au Parlement de Paris le 11.
May 1640. apres l'avoir efté au
Parlement de Grenoble. Meffire
lean de Faure , fon Pere , Seigneur
de Brumiers & d'Orme ,
eftoit Fils d'un autre lean de FauGALANT.
65
re , Secretaire du Roy , & proche
Parent de Meffieurs de Bezons
, Perrot , Malo , Doujat ,
Philippes de Gilly , Tronçon ,
Cognard , tous Confeillers au
parlement , & allié de Meffieurs
de Seve , Boulanger , Gobelin ,
Clapiffon , & de plufieurs autres
des premieres Familles de la Robe
. Monfieur de Faure, qui vient
de mourir , a laiffé cinq Enfans ,
trois Fils , & deux Filles & beaucoup
de Bien. Ses Armes font
fix Couronnes d'argent en champ de
gueules , qui traverſent l'Ecu
trois Cornets d'or en champ d'azur
, trois Grenades rouges auffi
en champ d'azur , un Chevron
d'or rompu , & une Couronne de
Baron au deffus, Monfieur de
Flos eft monté à la Grand'Chambre
en la place de Monfieur
Faure .
66 MERCURE
Jacques Pouffet, Ecuyer , Sieur
de Montaubau , mort le 16. de ce
mois . Il eftoit ancien Avocat au
Parlement , où il avoit paru avec
éclat , & ancien Echevin de Paris.
Son heureux génie ne l'avoit pas
feulement fait diftinguer dans les
chofes du Barreau , mais encore
dans ce qui regarde le Theatre.
Nous avons de luy plufieursTragédies
, qui ont efté reçues tresfavorablement
du Public .
On fait des Hyvers comme des
Printemps . En voicy un d'un
habile Maiftre . Les paroles font
de Monfieur Diéreville .
plufieurs Morts confidérables ,
dont voicy les noms .
Meffire lean Louis l'Etang de
Fromentieres , Evefque d'Aire.
Il eftoit d'une illuftre Maifon du
Maine , & digne de l'Epifcopat ,
par fa naiffance , par fa vertu , &
par fon érudition. Vous fçavez ,
Madame , qu'il avoit prefché
>
dans les meilleures Chaires de
Paris,& à la Cour, avec de grands
applaudiffement , & que le fuccés
qu'il Y avoit eu luy avoit
acquis le nom d'un des plus
grands Prédicateurs qu'on euft
entendus. Il eft mort dans fom
Diocéfe.
GALANT. 61
Monfieur de Manicamp . II
eftoit Frere de Madame la Maréchale
Ducheffe d'Eftrées , Fils
de Charles de Longueval , Seigneur
de Manicamp , Meftre de
Camp du Regiment de Normandie
, & Maréchal des Camps &
Armées du Roy , & Petit- fils de
Phillippe de Longueval , Seigneur
de Manicamp, & d'Ifabeau
de Tou . La Maifon de Longueval
, qui eft divifée en plufieurs
Branches , qui font celles de Buquoy
, Tenelles , Anaucourt ,
Creffy , & Manicamp , eft une
des plus anciennes & des plus
illuftres de Picardie. Elle a commencé
à paroiftre il y a quatre ou
cinq fiécles. Plufieurs Seigneurs
de ce nom ont efté à la Terre
Sainte, où ils ont fait des actions
mémorables . Quelques - uns fe
font diftinguez à des Batailles ,
62 MERCURE
comme à celles de Courtra , & ·
d'Azincourt . L'un d'eux qui étoit
Gouverneur de Luxembourg,en
foûtint le Siege en 1643. & fut
fait enfuite Gouverneur , Lieutenant
Genéral en Champagne.
Dela Branche de Buquoy , étoit
ce grand Capitaine le Comte de
Buquoy , qui fit tant de belles
chofes fous Charles- Quint dans
les Païs- Bas . Cette Branche de
Buquoy eft celebre en France ,
& fort attachée aux Princes du
Païs Bas Espagnol . La Maifon
de Longueval porte pour Armes ,
Bande de verd & de gueule de
fix pièces , & a pris Alliance dans
celles de Montmorency , Beaumart
, Auxis , Melun , Divion ,
Mailly, Lamdas , Flandres , Comte
, Eftourmel , Aumale , Mifcocq
, Vignancourt , Etrées ,
Bourbon , Maridor & autres
GALANT. 63
Monfieur de Manicamp eft mortavec
beaucoup de réfignation , &
apres avoir reçeu tous les Sacremens.
Meffire Jacques Defpériers ,
Preftre , Docteur en Theologie ,
de la Maiſon & Societé de Sor
bonne , mort le 28. du dernier
mois. Il eftoit Profeffeur du Roy
aux Ecoles de la méme Maiſon
de Sorbonne , & Principal du
Collège de Lifieux . Il a enfeigné
long temps la Philofophie , & l'on
s'empreffoit à faire fon Cours
fous luy.
>
Meffire Jacques Charton ;
Preftre Docteur en Theolo
gie , de la maifon & Societé de
Sorbonne , mort le premier jour
de cette année . Il eftoit Chanoine
& Grand Pénitentier de l'Eglife
de Paris. Monfieur l'Archevefque
a donné fa Chanoinie à
Monfieur l'Abbé Robert , Fils
64 MERCURE
d'un fameux Avocat , & Frere
de Monfieur Robert , Procureur
du Roy au Châtelet . Ie ne vous
dis point , Madame , que Mon-
Geur Robert , demeuré feul
Procureur du Roy , eft fage , intelligent
, & fort eftimé de Sa
Majefté , & dans fa Compagnie,
Ce font des chofes que tout le
monde connoift .
Meffire Louis de Faure , Baron
de Dampmard , Seigneur de
Puifieux , de Brumiers , & de Clamare
en partie , mort le 8. de ce
mois , âgé de foixante & douze
ans. Il eftoit de la Grand'Chambre
, & avoit efté receu Confeiller
au Parlement de Paris le 11.
May 1640. apres l'avoir efté au
Parlement de Grenoble. Meffire
lean de Faure , fon Pere , Seigneur
de Brumiers & d'Orme ,
eftoit Fils d'un autre lean de FauGALANT.
65
re , Secretaire du Roy , & proche
Parent de Meffieurs de Bezons
, Perrot , Malo , Doujat ,
Philippes de Gilly , Tronçon ,
Cognard , tous Confeillers au
parlement , & allié de Meffieurs
de Seve , Boulanger , Gobelin ,
Clapiffon , & de plufieurs autres
des premieres Familles de la Robe
. Monfieur de Faure, qui vient
de mourir , a laiffé cinq Enfans ,
trois Fils , & deux Filles & beaucoup
de Bien. Ses Armes font
fix Couronnes d'argent en champ de
gueules , qui traverſent l'Ecu
trois Cornets d'or en champ d'azur
, trois Grenades rouges auffi
en champ d'azur , un Chevron
d'or rompu , & une Couronne de
Baron au deffus, Monfieur de
Flos eft monté à la Grand'Chambre
en la place de Monfieur
Faure .
66 MERCURE
Jacques Pouffet, Ecuyer , Sieur
de Montaubau , mort le 16. de ce
mois . Il eftoit ancien Avocat au
Parlement , où il avoit paru avec
éclat , & ancien Echevin de Paris.
Son heureux génie ne l'avoit pas
feulement fait diftinguer dans les
chofes du Barreau , mais encore
dans ce qui regarde le Theatre.
Nous avons de luy plufieursTragédies
, qui ont efté reçues tresfavorablement
du Public .
On fait des Hyvers comme des
Printemps . En voicy un d'un
habile Maiftre . Les paroles font
de Monfieur Diéreville .
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Résumé : Morts, [titre d'après la table]
Le texte évoque plusieurs décès récents de personnalités notables. Jean Louis l'Étang de Fromentières, évêque d'Aire, provenait d'une famille illustre du Maine et était réputé pour ses talents de prédicateur à Paris et à la cour. Monsieur de Manicamp, frère de la maréchale d'Estrées, appartenait à la maison de Longueval, une ancienne et distinguée famille picarde. Il est décédé après avoir reçu les sacrements. Jacques Despériers, professeur au Collège de Lisieux et docteur en théologie à la Sorbonne, est également décédé. Jacques Charton, chanoine et grand pénitencier de l'église de Paris, a été remplacé par l'abbé Robert. Louis de Faure, baron de Dampmard et conseiller au Parlement de Paris, laisse derrière lui cinq enfants et une importante fortune. Jacques Pouffet, ancien avocat au Parlement et échevin de Paris, était connu pour ses tragédies théâtrales. Le texte mentionne également une œuvre littéraire intitulée 'Les Hyvers comme des Printemps', écrite par un maître habile avec des paroles de Monsieur Diéreville.
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9
p. 133-137
Morts, [titre d'après la table]
Début :
Je croy, Madame, que vous apprendrez avec déplaisir la perte [...]
Mots clefs :
Morts, François le Boults, Conseiller, Charge, Maison de la Chefnaye, Veuve, Soeur, Fils, Chancelière Daligre
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texteReconnaissance textuelle : Morts, [titre d'après la table]
Je croy , Madame , que vous
aprendrez avec déplaifir la
perte que le Parlement a faite
en la perfonne de Meffire
François le Boults , Seigneur
Dobuois , Confeiller en la feconde
Chambre des Requêtes
du Palais , mort le 5. de ce
mois . Son merite le fait regreter
de tout Paris . Il étoit
éclairé, penétrant , laborieux,
& le dernier de quatre Freres,
qui tous ayant eu des Charges
dans la Robe , les ont
exercées avec beaucoup de
crédit , d'éclat , & d'eftime.
Mellire Noël le Boults , Sei134
MERCURE
gneur de Chaumot , étoit l'aî
né. Il fut Cófeiller en la Grand'
Chambre , & mourut l'année
derniere. M' le Boults , à
preſent Confeiller en la troiféme
des Enqueftes
, & M *
l'Abbé le Boults Aumônier
du Roy , font fes Fils . Feu
Meffire Luc le Boults , Maître
des Comptes à Paris , étoit
le fecond. Il avoit pris alliance
dans la Maifon de la Chef
naye , & a laiffé plufieurs Enfans.
Le troifiéme eft Meffire
Louis le Boults , Seigneur de
Roncerey , Maiſtre des Requeſtes
, cy-devant ConfeilGALANT.
135
ler au Parlement de Metz.
Il a des Enfans de Dame
Marie Françoiſe Charreton ,
Fille unique du premier lit
de M le Prefident Charreton
, mort Doyen du Parlement
de Paris . C'eft le feul
qui refte des quatre Freres,
Meffire François le Boults,
Confeiller en la feconde des
Requestes du Palais , & auparavant
Conſeiller au Parlement
de Dijon , s'étoit allié à
la Maiſon de Choart , & laiffe
plufieurs Enfans. M's le
Boults avoient deux Soeurs ,
l'une mariée à M ' Blondeau ,
136 MERCURE
Prefident de la Chambre des
Comptes à Paris , dont font
ifflues Madame Daligre d'aujourd'huy
, Veuve du Maiſtre
des Requeftes , Fils aîné de
feu M le Chancelier d'Aligre
, & Madame de Fieubet-
Launac,Femme duConſeiller
d'Etat . L'autre Soeur époufa
Meffire Charles duTronchey,
Préfident aux Enquestes du
Parlement de Paris . On voit
fort peu de Familles , qui
ayent poffedé en meſme
temps tant de belles Charges ,
& fait des Alliances confiderables.
Auffi celle - cy eft elle
GALANT. 137
Elle vi--
des plus puifsátes de la Robe..
Madame la Chanceliere
Daligre , appellée Elizabet
Luillier, eft morte dans fa 78 .
année , quatre jours apres M *
le Boults. C'étoit la feconde
Femme de feu M' Daligre ,,
Chancelier , & Garde des
Sceaux de France .
voit dans de grandes pratiques
de pieté , & avoit fais :
bâtir un lieu au Fauxbourg .
S. Antoine , pour les Enfans :
trouvez , où elle demeuroit,,
& où elle a efté enterrée
aprendrez avec déplaifir la
perte que le Parlement a faite
en la perfonne de Meffire
François le Boults , Seigneur
Dobuois , Confeiller en la feconde
Chambre des Requêtes
du Palais , mort le 5. de ce
mois . Son merite le fait regreter
de tout Paris . Il étoit
éclairé, penétrant , laborieux,
& le dernier de quatre Freres,
qui tous ayant eu des Charges
dans la Robe , les ont
exercées avec beaucoup de
crédit , d'éclat , & d'eftime.
Mellire Noël le Boults , Sei134
MERCURE
gneur de Chaumot , étoit l'aî
né. Il fut Cófeiller en la Grand'
Chambre , & mourut l'année
derniere. M' le Boults , à
preſent Confeiller en la troiféme
des Enqueftes
, & M *
l'Abbé le Boults Aumônier
du Roy , font fes Fils . Feu
Meffire Luc le Boults , Maître
des Comptes à Paris , étoit
le fecond. Il avoit pris alliance
dans la Maifon de la Chef
naye , & a laiffé plufieurs Enfans.
Le troifiéme eft Meffire
Louis le Boults , Seigneur de
Roncerey , Maiſtre des Requeſtes
, cy-devant ConfeilGALANT.
135
ler au Parlement de Metz.
Il a des Enfans de Dame
Marie Françoiſe Charreton ,
Fille unique du premier lit
de M le Prefident Charreton
, mort Doyen du Parlement
de Paris . C'eft le feul
qui refte des quatre Freres,
Meffire François le Boults,
Confeiller en la feconde des
Requestes du Palais , & auparavant
Conſeiller au Parlement
de Dijon , s'étoit allié à
la Maiſon de Choart , & laiffe
plufieurs Enfans. M's le
Boults avoient deux Soeurs ,
l'une mariée à M ' Blondeau ,
136 MERCURE
Prefident de la Chambre des
Comptes à Paris , dont font
ifflues Madame Daligre d'aujourd'huy
, Veuve du Maiſtre
des Requeftes , Fils aîné de
feu M le Chancelier d'Aligre
, & Madame de Fieubet-
Launac,Femme duConſeiller
d'Etat . L'autre Soeur époufa
Meffire Charles duTronchey,
Préfident aux Enquestes du
Parlement de Paris . On voit
fort peu de Familles , qui
ayent poffedé en meſme
temps tant de belles Charges ,
& fait des Alliances confiderables.
Auffi celle - cy eft elle
GALANT. 137
Elle vi--
des plus puifsátes de la Robe..
Madame la Chanceliere
Daligre , appellée Elizabet
Luillier, eft morte dans fa 78 .
année , quatre jours apres M *
le Boults. C'étoit la feconde
Femme de feu M' Daligre ,,
Chancelier , & Garde des
Sceaux de France .
voit dans de grandes pratiques
de pieté , & avoit fais :
bâtir un lieu au Fauxbourg .
S. Antoine , pour les Enfans :
trouvez , où elle demeuroit,,
& où elle a efté enterrée
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Résumé : Morts, [titre d'après la table]
Le texte annonce la mort de François Le Boults, Seigneur Dubois, Conseiller à la seconde Chambre des Requêtes du Palais, survenue le 5 du mois. Sa disparition est déplorée par tout Paris en raison de ses qualités d'homme éclairé, pénétrant et laborieux. Il était le dernier survivant de quatre frères, tous ayant occupé des charges prestigieuses dans la Robe. Noël Le Boults, Seigneur de Chaumot, aîné des frères, était Conseiller à la Grand' Chambre et est décédé l'année précédente. Les autres frères sont un Conseiller à la troisième des Enquêtes, l'Abbé Le Boults, Aumônier du Roi, Louis Le Boults, Seigneur de Roncerey, Maître des Requestes, et François Le Boults, également Conseiller aux Requêtes du Palais. Ce dernier avait des alliances notables, notamment avec la Maison de Choart, et a laissé plusieurs enfants. La famille comptait aussi deux sœurs, l'une mariée à Monsieur Blondeau, Président de la Chambre des Comptes à Paris, et l'autre à Monsieur Charles Du Tronchey, Président aux Enquêtes du Parlement de Paris. Madame la Chanceliere Daligre, Élisabeth Luillier, seconde femme du défunt Chancelier Daligre, est également décédée à l'âge de 78 ans, quatre jours après Monsieur Le Boults. Elle était connue pour ses pratiques de piété et avait fait construire un lieu pour les enfants trouvés au Faubourg Saint-Antoine, où elle résidait et a été enterrée.
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10
p. 286-287
Mariage, [titre d'après la table]
Début :
Mr le Marquis de Courcy, Fils de Mr de Bullion, Conseiller [...]
Mots clefs :
Mariage, Marquis de Courcy, Conseiller, Mademoiselle de Charmoy, Piété
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texteReconnaissance textuelle : Mariage, [titre d'après la table]
Mile Marquis de Courcy,
Fils de M de Bullion , Confeiller
en la Grand Chambre,
& Neveu de M. de Bullion,
Miniftre d'Etat, & Sur- Inten
GALANT. 287
dant des Finances , a épousé
Mademoiſelle de Charmoy,
Fille de M de Charmoy,
Maistre des Comptes , & Secretaire
des Commandemens
de Madame de Guife . On dit
beaucoup de bien de cette
nouvelle Mariée . C'eft une
jeune Brune des plus aimables
, & qui fe fait diftinguer
par fa Pieté.
Fils de M de Bullion , Confeiller
en la Grand Chambre,
& Neveu de M. de Bullion,
Miniftre d'Etat, & Sur- Inten
GALANT. 287
dant des Finances , a épousé
Mademoiſelle de Charmoy,
Fille de M de Charmoy,
Maistre des Comptes , & Secretaire
des Commandemens
de Madame de Guife . On dit
beaucoup de bien de cette
nouvelle Mariée . C'eft une
jeune Brune des plus aimables
, & qui fe fait diftinguer
par fa Pieté.
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11
p. 299-308
Morts, [titre d'après la table]
Début :
J'ay encore quelques morts à vous apprendre. Je commence [...]
Mots clefs :
Morts, Marquis de Vitry, Baron, Seigneur, Ambassade de Pologne, Duc, Chevalier, Capitaine, Maison de Lhôpital, Charges, Gouverneurs, Marquis de Vandeuvre, Décès, Fils, Filles, Conseiller, Parlement, Seigneur de Villebon
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texteReconnaissance textuelle : Morts, [titre d'après la table]
Jay encore quelques morts
à vous apprendre. Je com
mence par celle de Meffire
300 MERCURE
Nicolas Louis de Lhôpital,
Marquis de Vitry , Baron du
Pleffis aux Tournelles , Seigneur
de Morvilliers , & c. Il
a fait connoiftre fon efprit
& fa conduite en divers Employs
, qu'il a pleu au Roy de
luy confier , & fur tout en fon
Ambaffade de Pologne . Il n'a
point laiffé d'Enfans , le ſeul
Fils qu'il avoit eu étant mort
en fon bas âge . Il étoit Frere
du dernier Duc de Vitry , qui
n'a laiffé qu'une Fille , Marie
Françoife Elizabeth de Lhôpital
, mariée à M' le Marquis
de Torcy , de la Maiſon de la
GALANT. 301
Tour, un Fils qu'il avoit étant
mort avant luy par un accident
funcfte. Ce Duc & ce
Marquis de Vitry , étoient
tous deux Fils de Meffire Nicolas
de Lhôpital , Marquis,
puis Duc de Vitry , Maréchal
de France , Chevalier des Ordres
du Roy , & Gouverneur
de Provence. Il avoit efté auparavant
Capitaine des Gardes
de Sa Majefté, & avoit un
Frere connu fous le nom du
Maréchal de Lhôpital , Gouverneur
de Paris , & Chevalier
des Ordres du Roy , qui avoit
auffi efté Capitaine des Gar302
MERCURE
des du Corps . Le Pere de ces
deux Maréchaux de France,
étoit Meffire Louis de Lhô.
pital , Seigneur de Vitry , Capitaine
des Gardes du Corps.
La Branche des Seigneurs de
Vitry , eft la derniere de la
Maiſon de Lhôpital, dont les
Ainez font Marquis & Comtes
de Lhôpital. Les Marquis
de Sainte Meſme , en font les
premiers Cadets. Cette Maifon
eft trés ancienne, établie
en France il y a prés de quatre
fiécles . On la croit iffue
des anciens Seigneurs de
Lhôpitalet , au Royaume de
•
GALANT. 303
Naples . Elle a eu en France
de tres grands employs , &
l'on y trouve des Chambellans
de nos Roys , des Grands
Mailtres des Eaux & Forefts ,
un grand Maiſtre de la Reyne
Ifabeau de Baviere , des Generaux
d'Armées , des Gou
verneurs de Villes & de Provinces
, des Capitaines de
Gendarmes , des Chevaliers
des Ordres , des Confeillers
de Roys , des Gouverneurs
des Enfans de France , des
Chevaliers d'Honneur des
Reynes , des Maréchaux de
France , &c. Elle eft alliée
304 MERCURE
aux plus illuftres Maiſon's du
Royaume , comme Bracque ,
le Bouteiller de Senslis ,
Courtenay- Blaineau , Rou
hauft , Laval , Coffe , Bruges,
Beauvau , la Mark , Mouſtiers,
Montmirail Huraut
, la
Tour , Do , la Chaftre , Brichanteau
, Levis , Pot , & c.
Ses Armies font , De gueule au
Coq d'argent , armé, cretté,
barbelé d'or. Les diverfes Branches
ont pris diverſes brifu
res .
I
>
عوم
Meffire Jean François de
Megrigny , Marquis de Vandeuvre
, Baron de Couchey,
GALANT. 305
Vicomte de Troye , Cornetre-
Blanche de France , & cy
devant Grand Tranchant du
Roy , eft mort auffi depuis
peu de temps. Il laiffe un Fils
& deux Filles , de feue Dame.
Françoiſe Henriette du Mefnil-
Simon de Beaujeu , fçavoir
Charles Hubert de Megrigny,
Marquis de Vandeuvre , Baron
de Beaujeu , Gabrielle de
Megrigny , & Marie Françoife
de Megrigny.. M' le Marquis
de Vandeuvre qui vient
de mourir , étoit Fils de Mef
fire Jean de Megrigny , Marquis
de Vandeuvre, Vicomte
Fevrier 1685.
Cc
306 MERCURE
de Troye , Baron de Colom
bey , premier Preſident au
Parlement de Provence , puis
Confeiller d'Etat, & de Dame
Renée de Bucy , & petit Fils
de Jean de Megrigny , Vicomte
de Troye & de Briel,
& de Dame Marie Bouguier
Fille de Chriſtophe Bouguier;
Seigneur d'Echarfon , Confeiller
au Parlement , & de
Dame Marie Chartier , Dame
d'Alainville , de la Famille
des Fondateurs , de la Maifon
& College de Boiffy.
Feu M' de Mégrigny , Confeiller
d'Etat , avoit cinq Fre
GALANT. 307
res; Louis de Mégrigny,Chevalier
de Malte ; Jacques de
Mégrigny , Baron de Bonivet,
Préfident au Mortier du
Parlement de Paris, puis Con
feiller d'Honneur dans le même
Parlement ; Mathieu de
Mégrigny , Abbé de Pontigny
, Nicolas de Mégrigny,
Prieur de Souvigny , Chanoine
de l'Eglife de Paris ,,
Avocat Genéral en la Cour
des Aydes ; & François de
Mégrigny , Comte de Briel,
& d'Alainville
, De Mégrigny
porte d'argent au Lion de
fable...
Cc ij
3c8 MERCURE
Ces morts ont efté fuivies
de celle de Meffire Chriftophe
de Mallebranche , Seigneur
de Villebon . Il eftoit
Frere de M' de Mallebranche
Confeiller au Parlement , fi
eftimé par l'exacte aplication
qu'il a aux Affaires , & du
Pere de Mallebranche , Prêtre
de l'Oratoire , que tant
de doctes Ecrits ont rendu
celebre .
à vous apprendre. Je com
mence par celle de Meffire
300 MERCURE
Nicolas Louis de Lhôpital,
Marquis de Vitry , Baron du
Pleffis aux Tournelles , Seigneur
de Morvilliers , & c. Il
a fait connoiftre fon efprit
& fa conduite en divers Employs
, qu'il a pleu au Roy de
luy confier , & fur tout en fon
Ambaffade de Pologne . Il n'a
point laiffé d'Enfans , le ſeul
Fils qu'il avoit eu étant mort
en fon bas âge . Il étoit Frere
du dernier Duc de Vitry , qui
n'a laiffé qu'une Fille , Marie
Françoife Elizabeth de Lhôpital
, mariée à M' le Marquis
de Torcy , de la Maiſon de la
GALANT. 301
Tour, un Fils qu'il avoit étant
mort avant luy par un accident
funcfte. Ce Duc & ce
Marquis de Vitry , étoient
tous deux Fils de Meffire Nicolas
de Lhôpital , Marquis,
puis Duc de Vitry , Maréchal
de France , Chevalier des Ordres
du Roy , & Gouverneur
de Provence. Il avoit efté auparavant
Capitaine des Gardes
de Sa Majefté, & avoit un
Frere connu fous le nom du
Maréchal de Lhôpital , Gouverneur
de Paris , & Chevalier
des Ordres du Roy , qui avoit
auffi efté Capitaine des Gar302
MERCURE
des du Corps . Le Pere de ces
deux Maréchaux de France,
étoit Meffire Louis de Lhô.
pital , Seigneur de Vitry , Capitaine
des Gardes du Corps.
La Branche des Seigneurs de
Vitry , eft la derniere de la
Maiſon de Lhôpital, dont les
Ainez font Marquis & Comtes
de Lhôpital. Les Marquis
de Sainte Meſme , en font les
premiers Cadets. Cette Maifon
eft trés ancienne, établie
en France il y a prés de quatre
fiécles . On la croit iffue
des anciens Seigneurs de
Lhôpitalet , au Royaume de
•
GALANT. 303
Naples . Elle a eu en France
de tres grands employs , &
l'on y trouve des Chambellans
de nos Roys , des Grands
Mailtres des Eaux & Forefts ,
un grand Maiſtre de la Reyne
Ifabeau de Baviere , des Generaux
d'Armées , des Gou
verneurs de Villes & de Provinces
, des Capitaines de
Gendarmes , des Chevaliers
des Ordres , des Confeillers
de Roys , des Gouverneurs
des Enfans de France , des
Chevaliers d'Honneur des
Reynes , des Maréchaux de
France , &c. Elle eft alliée
304 MERCURE
aux plus illuftres Maiſon's du
Royaume , comme Bracque ,
le Bouteiller de Senslis ,
Courtenay- Blaineau , Rou
hauft , Laval , Coffe , Bruges,
Beauvau , la Mark , Mouſtiers,
Montmirail Huraut
, la
Tour , Do , la Chaftre , Brichanteau
, Levis , Pot , & c.
Ses Armies font , De gueule au
Coq d'argent , armé, cretté,
barbelé d'or. Les diverfes Branches
ont pris diverſes brifu
res .
I
>
عوم
Meffire Jean François de
Megrigny , Marquis de Vandeuvre
, Baron de Couchey,
GALANT. 305
Vicomte de Troye , Cornetre-
Blanche de France , & cy
devant Grand Tranchant du
Roy , eft mort auffi depuis
peu de temps. Il laiffe un Fils
& deux Filles , de feue Dame.
Françoiſe Henriette du Mefnil-
Simon de Beaujeu , fçavoir
Charles Hubert de Megrigny,
Marquis de Vandeuvre , Baron
de Beaujeu , Gabrielle de
Megrigny , & Marie Françoife
de Megrigny.. M' le Marquis
de Vandeuvre qui vient
de mourir , étoit Fils de Mef
fire Jean de Megrigny , Marquis
de Vandeuvre, Vicomte
Fevrier 1685.
Cc
306 MERCURE
de Troye , Baron de Colom
bey , premier Preſident au
Parlement de Provence , puis
Confeiller d'Etat, & de Dame
Renée de Bucy , & petit Fils
de Jean de Megrigny , Vicomte
de Troye & de Briel,
& de Dame Marie Bouguier
Fille de Chriſtophe Bouguier;
Seigneur d'Echarfon , Confeiller
au Parlement , & de
Dame Marie Chartier , Dame
d'Alainville , de la Famille
des Fondateurs , de la Maifon
& College de Boiffy.
Feu M' de Mégrigny , Confeiller
d'Etat , avoit cinq Fre
GALANT. 307
res; Louis de Mégrigny,Chevalier
de Malte ; Jacques de
Mégrigny , Baron de Bonivet,
Préfident au Mortier du
Parlement de Paris, puis Con
feiller d'Honneur dans le même
Parlement ; Mathieu de
Mégrigny , Abbé de Pontigny
, Nicolas de Mégrigny,
Prieur de Souvigny , Chanoine
de l'Eglife de Paris ,,
Avocat Genéral en la Cour
des Aydes ; & François de
Mégrigny , Comte de Briel,
& d'Alainville
, De Mégrigny
porte d'argent au Lion de
fable...
Cc ij
3c8 MERCURE
Ces morts ont efté fuivies
de celle de Meffire Chriftophe
de Mallebranche , Seigneur
de Villebon . Il eftoit
Frere de M' de Mallebranche
Confeiller au Parlement , fi
eftimé par l'exacte aplication
qu'il a aux Affaires , & du
Pere de Mallebranche , Prêtre
de l'Oratoire , que tant
de doctes Ecrits ont rendu
celebre .
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Résumé : Morts, [titre d'après la table]
Le texte évoque plusieurs décès notables au sein de familles illustres. Nicolas Louis de Lhôpital, Marquis de Vitry, est décédé. Il a occupé diverses fonctions royales, notamment celle d'ambassadeur en Pologne. Il n'a pas laissé de descendance, son fils unique étant mort en bas âge. Il était le frère du dernier Duc de Vitry, qui avait une fille, Marie Françoise Élisabeth de Lhôpital, mariée au Marquis de Torcy. Leur père, Nicolas de Lhôpital, avait été Duc de Vitry, Maréchal de France et Gouverneur de Provence. La famille de Lhôpital est une maison ancienne en France, établie depuis près de quatre siècles, et a occupé de hautes fonctions, y compris des maréchaux de France et des gouverneurs. Le texte mentionne également la mort de Jean François de Megrigny, Marquis de Vandeuvre, qui laisse un fils et deux filles. Enfin, Christophe de Mallebranche, Seigneur de Villebon, est décédé. Il était le frère d'un conseiller au Parlement et le père d'un prêtre de l'Oratoire connu pour ses écrits doctes.
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12
p. 156-159
Autres Morts, [titre d'après la table]
Début :
Mr Bordel, Seigneur de Viantais, Meherry, le Heaume, la Brereche, [...]
Mots clefs :
Seigneur, Avocat au parlement, Décès, Capitaine aux gardes françaises, Noblesse, Prévôt des marchands, Dame, Conseiller, Commissaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autres Morts, [titre d'après la table]
M' Bordel , Seigneur de
Viantais , Meherry , le HeauGALANT.
157
me, la Breteche , eft mort fur
la fin du dernier mois. C'étoit
un des plus anciens Avocats
du Parlement , mais plus attaché
à la Cour des Aydes
qu'ailleurs. Il travailloit pour
la plufpart des Gens d'affaires
, & avoit une parfaite intelligence
dans tout ce qui
les regardoit.
Ces morts ont efté fuivies
de celle de plufieurs autres
Perfonnes dont voicy les
noms. Meffire Jean de Séve,
Seigneur de Gomerville , cydevant
Capitaine aux Gardes
Françoiſes , mort le dixiéme
158 MERCURE
de ce mois. Il étoit d'une
bonne Nobleffe deLyonnois,
Fils de M' de Séve , quia efté
Prevoft des Marchands , &
eft mort Conſeiller d'Etat , &
Frere de M' l'Evefque d'Ar
ras .
Meffire Charles Petit, Com .
te de la Selle , Bailly & Gouverneur
des Ville & Château
de Montargis , mort le
ziéme de ce mois .
quin-
Meffire Hilaire Marcez,
Maistre des Comptes , mort
le feiziéme de ce mois.
Dame Anne Hinfelin , morte
le dix. huit . Elle étoit veuve
GALANT. 159.
de Meffire Charles Hoüel ,
Gouverneur & Lieutenant
General pour le Roy , des
Ifles de la Gardeloupe en
l'Ameriqué , Marquis & Seigneur
proprietaire des mel
mes Ifles , de Varenne , Petit-
Pré , & autres lieux .
On m'apprend auffi la
mort de Meffire Hierôme
Palluau , Confeiller au Parle
ment , & Commiffaire aux
Requeſtes du Palais .
Viantais , Meherry , le HeauGALANT.
157
me, la Breteche , eft mort fur
la fin du dernier mois. C'étoit
un des plus anciens Avocats
du Parlement , mais plus attaché
à la Cour des Aydes
qu'ailleurs. Il travailloit pour
la plufpart des Gens d'affaires
, & avoit une parfaite intelligence
dans tout ce qui
les regardoit.
Ces morts ont efté fuivies
de celle de plufieurs autres
Perfonnes dont voicy les
noms. Meffire Jean de Séve,
Seigneur de Gomerville , cydevant
Capitaine aux Gardes
Françoiſes , mort le dixiéme
158 MERCURE
de ce mois. Il étoit d'une
bonne Nobleffe deLyonnois,
Fils de M' de Séve , quia efté
Prevoft des Marchands , &
eft mort Conſeiller d'Etat , &
Frere de M' l'Evefque d'Ar
ras .
Meffire Charles Petit, Com .
te de la Selle , Bailly & Gouverneur
des Ville & Château
de Montargis , mort le
ziéme de ce mois .
quin-
Meffire Hilaire Marcez,
Maistre des Comptes , mort
le feiziéme de ce mois.
Dame Anne Hinfelin , morte
le dix. huit . Elle étoit veuve
GALANT. 159.
de Meffire Charles Hoüel ,
Gouverneur & Lieutenant
General pour le Roy , des
Ifles de la Gardeloupe en
l'Ameriqué , Marquis & Seigneur
proprietaire des mel
mes Ifles , de Varenne , Petit-
Pré , & autres lieux .
On m'apprend auffi la
mort de Meffire Hierôme
Palluau , Confeiller au Parle
ment , & Commiffaire aux
Requeſtes du Palais .
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Résumé : Autres Morts, [titre d'après la table]
Le texte mentionne plusieurs décès récents. Maître Bordel, Seigneur de Viantais, avocat du Parlement spécialisé dans les affaires des gens d'affaires, est décédé à la fin du mois précédent. Me Jean de Sève, Seigneur de Gomerville et ancien capitaine des Gardes Françaises, est mort le dixième du mois. Il appartenait à une noble famille du Lyonnais et était fils de Monsieur de Sève, ancien prévôt des Marchands et conseiller d'État, ainsi que frère de l'évêque d'Arras. Monsieur Charles Petit, Comte de la Selle, Bailly et Gouverneur de Montargis, est également décédé le même jour. Monsieur Hilaire Marcez, Maître des Comptes, est mort le seizième du mois. Dame Anne Hinfelin, veuve de Monsieur Charles Houël, Gouverneur des îles de la Guadeloupe, Marquis et Seigneur de Varenne et Petit-Pré, est décédée le dix-huit. Enfin, Monsieur Jérôme Palluau, Conseiller au Parlement et Commissaire aux Requestes du Palais, est également mentionné comme étant décédé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13
p. 164-169
Mariage de M. le Marquis de Novion avec Mademoiselle de Montauglan, [titre d'après la table]
Début :
Enfin, Madame, le Mariage de Mr le Marquis de Novion [...]
Mots clefs :
Mariage, Marquis de Novion, Mademoiselle de Montauglan, Fils, Fille, Famille, Conseiller
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariage de M. le Marquis de Novion avec Mademoiselle de Montauglan, [titre d'après la table]
Enfin , Madame , le Maria
GALANT. 165.
ge de M' le Marquis de No.
vion avec Mademoiſelle de
Montauglan , s'eft fait au
commencement de ce mois.
La part que je fçay que vous
prenez en tout ce qui regar
de M le premier Préfident,.
me fait vous donner cette
Nouvelle avec plaifir, & vous
dire qu'il ne fe peut rien de
mieux afforty que les Maricz..
M' le Marquis de Novion eft
un jeune Homme fort bien
fait, qui a beaucoup d'esprit,
& qui fouftient dignement
tous les avantages de fon
rang & de ſa naiſſance . Quoy
166 MERCURE
qu'il ne foit pas encore dans
fa vingtiéme année , il fe voit
à la tefte du Regiment de
Bretagne , dont il eſt Colonel
, & a toute la conduite
d'un Homme confommé par
l'uſage du Monde & l'experience.
Il eft fecond Fils de
feu M de Novion , Maiftre
des Requeftes , Fils aîné de
M' le premier Préſident. La
Famille de Novion Potier
vous eft fi connuë , que je
ne vous en diray icy rien
autre chofe , finon que de
puis deux cens ans qu'il y a
qu'on la voir paroiftre avec
GALANT. 167
éclat , elle a eu tous les a
vantages & toutes les diftinctions
d'honneur que l'on
peut avoir , & qu'elle s'eft allée
aux premieres Maiſons de
la Cour & de la Ville. Mademoiſelle
de Montauglan eft
une jeune & belle Perfonne.
qui entre dans fa quinziéme
année. Je me fouviens de
vous avoir mandé dans quelqu'une
de mes Lettres , que
c'étoit une des plus riches
Heritieres de Paris , ayant pres
d'un million de bien , & de
grands retours encore à ef
perer , tant de la Maifon de la
168 MERCURE
Barde , que de Madame Regnoüard
fa grand' Tante,.
une des plus riches veuves de
Paris. Elle eft Fille de feu M
Montauglan , Conſeiller de
au Parlement de Paris , & .
d'une Fille de M de la Barde,.
qui a efté Ambaſſadeur extraordinaire
en Suiffe . Il eft
encore vivant , & conferve.
dans une vieilleffe de quatrevingt
- quatre ans un efprite
admirable & auffi vif, &
prefent, qu'il l'a fait voir autrefois
dans le maniment
qu'il a eu des affaires d'Etat..
La Maiſon de Montauglan
efti
GALANT. 169
eft fort ancienne dans la
Robe, & eft alliée à celles de
Manicamp , Longueval , Rupierre
, de la Barde , Charreton
, Regnoüard, Boulanger,
Bouthillier , Chavigny , & à
plufieurs autres fort confiderables
de l'Epée & de la
Robe.
GALANT. 165.
ge de M' le Marquis de No.
vion avec Mademoiſelle de
Montauglan , s'eft fait au
commencement de ce mois.
La part que je fçay que vous
prenez en tout ce qui regar
de M le premier Préfident,.
me fait vous donner cette
Nouvelle avec plaifir, & vous
dire qu'il ne fe peut rien de
mieux afforty que les Maricz..
M' le Marquis de Novion eft
un jeune Homme fort bien
fait, qui a beaucoup d'esprit,
& qui fouftient dignement
tous les avantages de fon
rang & de ſa naiſſance . Quoy
166 MERCURE
qu'il ne foit pas encore dans
fa vingtiéme année , il fe voit
à la tefte du Regiment de
Bretagne , dont il eſt Colonel
, & a toute la conduite
d'un Homme confommé par
l'uſage du Monde & l'experience.
Il eft fecond Fils de
feu M de Novion , Maiftre
des Requeftes , Fils aîné de
M' le premier Préſident. La
Famille de Novion Potier
vous eft fi connuë , que je
ne vous en diray icy rien
autre chofe , finon que de
puis deux cens ans qu'il y a
qu'on la voir paroiftre avec
GALANT. 167
éclat , elle a eu tous les a
vantages & toutes les diftinctions
d'honneur que l'on
peut avoir , & qu'elle s'eft allée
aux premieres Maiſons de
la Cour & de la Ville. Mademoiſelle
de Montauglan eft
une jeune & belle Perfonne.
qui entre dans fa quinziéme
année. Je me fouviens de
vous avoir mandé dans quelqu'une
de mes Lettres , que
c'étoit une des plus riches
Heritieres de Paris , ayant pres
d'un million de bien , & de
grands retours encore à ef
perer , tant de la Maifon de la
168 MERCURE
Barde , que de Madame Regnoüard
fa grand' Tante,.
une des plus riches veuves de
Paris. Elle eft Fille de feu M
Montauglan , Conſeiller de
au Parlement de Paris , & .
d'une Fille de M de la Barde,.
qui a efté Ambaſſadeur extraordinaire
en Suiffe . Il eft
encore vivant , & conferve.
dans une vieilleffe de quatrevingt
- quatre ans un efprite
admirable & auffi vif, &
prefent, qu'il l'a fait voir autrefois
dans le maniment
qu'il a eu des affaires d'Etat..
La Maiſon de Montauglan
efti
GALANT. 169
eft fort ancienne dans la
Robe, & eft alliée à celles de
Manicamp , Longueval , Rupierre
, de la Barde , Charreton
, Regnoüard, Boulanger,
Bouthillier , Chavigny , & à
plufieurs autres fort confiderables
de l'Epée & de la
Robe.
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Résumé : Mariage de M. le Marquis de Novion avec Mademoiselle de Montauglan, [titre d'après la table]
Le mariage entre le Marquis de Novion et Mademoiselle de Montauglan a eu lieu au début du mois. Le Marquis de Novion, âgé de moins de vingt ans, commande le Régiment de Bretagne et est reconnu pour son intelligence et sa dignité. Il est le second fils de feu Monsieur de Novion, Maître des Requêtes, et petit-fils de Monsieur le Premier Président. La famille de Novion Potier est distinguée et alliée à des maisons prestigieuses depuis plus de deux cents ans. Mademoiselle de Montauglan, âgée de quinze ans, est l'une des héritières les plus riches de Paris, possédant près d'un million de biens et des revenus supplémentaires attendus de la maison de la Barde et de Madame Regnoüard, une veuve riche de Paris. Elle est la fille de feu Monsieur Montauglan, Conseiller au Parlement de Paris, et d'une fille de Monsieur de la Barde, ancien ambassadeur en Suisse. Son grand-père paternel, âgé de quatre-vingt-quatre ans, possède un esprit vif. La maison de Montauglan est ancienne dans la Robe et alliée à plusieurs familles notables, tant de l'Épée que de la Robe.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14
p. 169-171
Autre Mariage, [titre d'après la table]
Début :
Messire Loüis du Tillet, Seigneur de Montramé, Chalostre & Boug, [...]
Mots clefs :
Mariage, Louis du Tillet, Mademoiselle Belot, Mariage, Maison du Tillet, Chevalier, Conseiller, Alliance, Armes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre Mariage, [titre d'après la table]
Meffire Louis du Tiller,
Seigneur de Montramé, Chaloftre
& Boug, Fils de Meffire
Jacques du Tillet , Maiſtre
des Requeftes . Seigneur de
Montramé , a époulé Mademoiſelle
Belot , Fille de M
Belot , Ancien Maistre des
Mars 1685.
P
170 MERCURE
Comtes , Bailly du Palais,
Seigneur de Serreuſe , Guiné
& autres lieux . C'est une tresbelle
Perfonne qui fe fait di
ftinguer par une vertu peu
ordinaire à celles de fon âge.
La Famille de M's du Tiller
eft une des plus anciennes &
des plus confiderables de Paris.
Elle a donné des Chevaliers
à Malte , des Conſeillers
& des Prefidens au Parle
ment , des Maiftres des Requeftes
au Confeil , des Evelques
à l'Eglife , & s'eft alliée
avec les Maîſons d'Angoulefme
, de Jarnac , de Chabot,
GALANT. 171
des Seguiers , des le Maiſtre,
des Bragelones & des Daurars.
Par ce Mariage , elle
entre dans l'Alliance des
Briffonets & des Sevins , qui
font fort Illuftres dans la
Robe. Ses Armes , écartelé
au 1. tt) 4. d'Azur, au Chevron
d'or , accompagné de trois Molettes
d'Efperon de mefme. Au 2.
3. d'or , à trois Chabots de
Gueules : fur le tout , d'or à la
Croix parée & alaizée de
Gueules : tout l'Ecu entouré d'une
Bordure de Gueules , chargée
de huit Befans d'Or.
Seigneur de Montramé, Chaloftre
& Boug, Fils de Meffire
Jacques du Tillet , Maiſtre
des Requeftes . Seigneur de
Montramé , a époulé Mademoiſelle
Belot , Fille de M
Belot , Ancien Maistre des
Mars 1685.
P
170 MERCURE
Comtes , Bailly du Palais,
Seigneur de Serreuſe , Guiné
& autres lieux . C'est une tresbelle
Perfonne qui fe fait di
ftinguer par une vertu peu
ordinaire à celles de fon âge.
La Famille de M's du Tiller
eft une des plus anciennes &
des plus confiderables de Paris.
Elle a donné des Chevaliers
à Malte , des Conſeillers
& des Prefidens au Parle
ment , des Maiftres des Requeftes
au Confeil , des Evelques
à l'Eglife , & s'eft alliée
avec les Maîſons d'Angoulefme
, de Jarnac , de Chabot,
GALANT. 171
des Seguiers , des le Maiſtre,
des Bragelones & des Daurars.
Par ce Mariage , elle
entre dans l'Alliance des
Briffonets & des Sevins , qui
font fort Illuftres dans la
Robe. Ses Armes , écartelé
au 1. tt) 4. d'Azur, au Chevron
d'or , accompagné de trois Molettes
d'Efperon de mefme. Au 2.
3. d'or , à trois Chabots de
Gueules : fur le tout , d'or à la
Croix parée & alaizée de
Gueules : tout l'Ecu entouré d'une
Bordure de Gueules , chargée
de huit Befans d'Or.
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Résumé : Autre Mariage, [titre d'après la table]
Le texte relate le mariage entre Meffire Louis du Tiller, seigneur de Montramé, Chaloftre et Boug, fils de Meffire Jacques du Tillet, maître des requêtes, et Mademoiselle Belot, fille de M. Belot, ancien maître des marches, célébré en mars 1685. La famille du Tiller est l'une des plus anciennes et respectées de Paris, comptant parmi ses membres des chevaliers de Malte, des conseillers et présidents au Parlement, des maîtres des requêtes au Conseil, et des évêques. Elle s'est alliée à plusieurs maisons nobles, telles que celles d'Angoulême, de Jarnac, de Chabot, des Seguier, des Le Maistre, des Bragelonne et des Durras. Ce mariage renforce les alliances avec les familles Briffonets et Sevin, distinguées dans la robe. Les armoiries de la famille du Tiller sont décrites comme écartelées, avec des éléments spécifiques tels qu'un chevron d'or, des molettes d'éperon, des chabots de gueules, une croix parée et alaisée de gueules, et une bordure de gueules chargée de huit bourdons d'or.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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15
p. 213-232
Affaires d'Angleterre, [titre d'après la table]
Début :
Tant de Personnes m'ont témoigné avoir leu avec plaisir les [...]
Mots clefs :
Angleterre, Roi, Malheurs, Apoplexie, Décès, Trône, Vengeance, Héritier, Joies, Peuple, Confiance, Grandeur, Tranquillité, Couronnement, Cérémonie, Westminster, Fonctions, Titres, Élections, Assemblées, Liste des élus, Duc, Serment, Conseiller, Royaume, Désordres, Voleurs, Proclamation, Sûreté publique, Larron, Récompenses, Guillaume Bridgeman
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Affaires d'Angleterre, [titre d'après la table]
Tant de Perſonnes m'ont
témoigné avoir leu avec plai.
fir les Nouvelles d'Angleterre
, qui font des Articles importans
dans mes deux dernieres
Lettres , que je puis
croire que vous me parlez
fincerement quand vous
m'aſſeurez que vous en eſtes
contente . L'Hiſtoire des malheurs
du Roy , dont je vous
ay fait un abregé , pouvoit ſe
trouver ſéparément en plu
ſieurs Volumes , mais peuteſtre
toutes les Relations qui
ont couru ne vous auroient
pas fourny le triſte Journal
و
ال
214 MERCURE
de ce qui s'eſtoit paſſé dans
le peu de temps qu'a duré ſa
maladie , ſi je n'avois eu le
foin d'en ramaffer les plus remarquables
circonstances.
Elle a commencé par une attaque
d'Apoplexie , contre
laquelle l'Art des Medecins 2.
efté ſans force. Il ſemble que
comme ſa vie avoit eſté extraordinaire
, il falloit auffi
que ſa mort le fuft. Je vous
envoye un Sonnet qui a esté
fait ſur cette penſée..
GALANT. 215
SUR LA MORT
DU ROY D'ANGLETERRE.
Q
Vinesçait de ceRoy l'étonnan-.
temifere!
Ses malheurs purent-ils abairefon.
grand coeur?
Un Trônequi fumoit encor dufang
d'un Pere
Poury monterfi- 10ft luyfaisoit trop
d'horreur.
Ledefirdevangeruneteftesi chere
Al'Univers entier exprimafa dou-
Ieur.
Qu'ily fatisfitbien quandle Cicl 業
moins contraire
Enfindansfes Etatsle ramena vainqueur!
Mais belas ! iln'estplus ; l'impitoyable
Parque
216 MERCURE
Vientde trancher lefildesjours de ce
..... Monarque..
C'auroit estétrop peu cependant pour
lefort
Qui d'abord lefoûmit aux fureurs
de l'envie,
D'avoirpar de grands traits voulu
marquersaviesa :
S'il n'eust faitremarquer le genre de
Samort.
Je vous ay appris avec
quelle fermeté fon Auguste
Succeffeur s'eſt déclaré Ca
tholique. Sa fincerité a efte
heureuſe. Les Peuples ont
eu de la joye de voir qu'il ne
cherchoit point à les trom
per , & qu'il s'en croyoit affez
aimé,
GALANT. 217
aimé , pour leur confier un
fecret de cette importance,
ſans qu'il en deuſt rien apprehender
de fâcheux. La
confiance qu'il a cuë dans l'amour
de ſes Sujets , a produit
l'effet qu'il en avoit attendu.
L'intrepidité en toutes chofes
leur paroiffant digne d'un
Monarque né pour leur donner
des Loix , ils ont eſtimé
en luy cette grandeur d'ame
✓ qui l'engage à foûtenir l'indépendance
du rang ou le
Ciel l'a élevé. Puis qu'il leur
laiſſe une entiere liberté de
confcience , il la doit avoir
Avril 1685. T
218 MERCURE
comme eux , & il feroit bien
injuſte qu'il ne joüiſt pas
d'un Privilege qu'il veut bien
leur accorder. Toutes les
Lettres qui viennent de ce
Pays là ne parlent que de la
tranquilité où tout le monde
s'y trouve , des Adreſſes pleines
de ſoûmiffion & de ref
pect , qu'on préſente de toutes
partsau nouveau Roy , &
du choix des Députez pour
le prochain Parlement. Le
16. du dernier mois on expedia
un ordre pour fignifier à
tous les Pairs du Royaume &
à leurs Femmes , de ſe trou
GALANT. 219
ver au Couronnement du
Royavec leurs Robes deCe
remonies & leurs Couron
nes. Les Barons & leurs Femmestauront
des Robes de
Velours Cramoiſy , de meſ
me que les Vicomtes & les
autres Pairs d'une dignité
plus relevée. On a nommé
le Docteur Turner Eveſque
d'Ely , pour preſcher en préſence
de leurs Majeſtez le
jourde cette ceremonie. Les
circonstances en ont eſté ré
ſoluës devant le Roy par le
Conſeil Privé qui s'eſt aſſemblépour
les regler. Les Com-
Tij
220 MERCURE
miſſaires que l'on a choiſis
pour citer tous ceux que le
devoir de leurs Charges , ou
les redevances de leurs Fiefs
obligent à faire quelques
fonctions auCouronnement,
s'affemblerent le 3. de ce
mois dans la Chambre Peinte
du Palais de Westminster,
&commencerent à recevoir
les Requeſtes de ceux qui
prétendent avoir droit de faire
ces fonctions. Ils s'occupentà
verifier lesTitres qu'on
leur préſente , pour accorder
àchacun la fonction qui luy
appartient. Sa Majeſté a fait
GALANT. 221
donner de nouvelles Lettres
à tous les Lords Lieutenans,
ou Gouverneurs des Provinces
que le feu Roy avoit établis.
Les Affemblées pour
les Elections des Députez
qui doivent entrer au Parlement,
ſe font par tout avec
beaucoup de tranquilité.
Ces Elections ont déja eſté
faites par l'Univerſité de
Cambridge , par celle d'OK--
ford , par les Comtez de Bedford
, de Brecon , de Kenr,
deHamp , de Middleſer , de
Durban , de Glocefter , de
Hereford, de Sommerſet, de
Tiij
222 MERCURE
Cambridge , de Suffer , de
Leiceſter , de Hartford , de
Chefter , de Lincoln , de
Huntington , de Darby,
de Radnor , & par les Villes
de Cantorbury , de Darby,
de Shaftsbury , de Wood.
ſtocke , de Midhurst de
Steyning , de Bedvvyn , d'Amodesham
, d'Aileſbury , de
Ludgerſtall , d'Andover , de
Durham , de Warvvicke , de
Leiceſter , de Reading , de
Devvntom , de Heddon , de
Corfe , de Shoreham , de
Stamford , de Brecon , de
Winchester , de Chippin
GALANT. 223
Wicomb , de Chippenham,
d'Ipſvvich , de Hindon , de
Peterboroug , de Southamptom
, de Limmington ,
Westminster , d'Yorc , de
Neſtingham , de Wendover
, d'Eaft-Grimſtead ,
de
d'Abington
,, ddee LLyymm ,, de Covventry
, d'Orford , de Tornes
, de Poole , de Warcham
, de Sbareham , de
Weoby , de Petersfield , de
Nevvcastle , de Borróbridge,
d'Albroug , de Thirske , du
Grand Yarmouth , de Colcheſter
, d'Huſlemere , de
Hereford , de Lempſter , do
T iiij.
224 MERCURE
1
Cardiffe , de Marleboroug,
d'Ilcheſter , de Nevv- Sarum,
de Castle- Rifing , de Tavi
ſtocke , de Chriſt Church,
de Rygate , de Windfor , de
Malton , deNorthallerten,
Nevvarke, de Richmond, de
de
Beverley , de Pontefract, de
Leaverpoole , de Stafford, de
Sandvvick de Cirenceſter, de
Weymouth, de Melcomb, de
Devices , de Hasting , de
Norfolk , de Higham-Ferfars
, de Hetsbury , de Thet
ford & de Dunvvich. Tous
ceux que l'on a choiſis font
Gens d'une grande probité,
GALANT. 225
&dont la pluſpart ont fair
paroiſtre un attachement in
violable au feu Roy dans
les temps les plus difficiles .
Le 6. de ce mois le Duc de
Queenſborouhg grand Trefo
rier , & préſentement grand
Commiſſaire de Sa Majesté
au Royaume d'Ecoffe , & le
Comte de Perth , grand
Chacelier du meſme Royaume
, preſtérent les Sermens
accoûtumez , en qualité de
Conſeillers d'Etat du Conseil
Privé du Roy , & prirent
ſeance au Conſeil ſelon leur
rang . Peu de jours aprés le
226 MERCURE
Duc d'Ormond arriva d'Irlande.
Plus de quarante Carroſſes
à fix Chevaux allerent
au devant de luy, avec quantitéde
Nobleſſe à Cheval. Il alla
auſſi-toſt ſaluer le Roy,& il en
receut un accueil tres -favorable.
Ce Monarque luy donna
en meſme temps le Bâton
de la Charge de Lord Stevvard
, ou Grand Maiſtre de ſa
Maiſon,qu'il poſſedoit ſous le
Roy Charles II. Comme il
employe tous ſes ſoins à éta.
blir la tranquilité de fon
Royaume , & à reprimer tous
les defordres qu'y pourGALANT.
227
}
C
roient commettre lesVoleurs
de grand chemin , il fit publier
le mois paſſe la Proclamation
dont voicy les termes.
A la Courde VVitheal.
DE PAR LE ROY,
& les Seigneurs de ſon Confeil
Privé.
TERoy voulant pourvoir à
lafeureté de fes Sujets dans
les Voyages qu'ils font en ce
Royaume , pour vaquer à leurs
affaires , a ordonné aujourd'huy
228 MERCURE
eſtant en fon Confeil , & il est
ordonné par ces Preſentes à tous
fes Officiers de Justice , &à tous
ſes autres amez Sujets de faire
leurs efforts , & d'user de dili
gence , pour apprehender tous
Larrons & Voleurs de grand
chemin , afin qu'on puiſſe proceceder
contr'eux felon les Loix; &
pour encourager ceux qui appre
benderont lesdits Voleurs , il est
de plus ordonné par Sa Majesté,
que l'on donnera une récompense
de dix livres sterling pour chaque
Voleur arreſté , à celuy ou à ceux
qui en quelque temps que ce ſoit,
depuis le jour de la date des pré
> GALANT. 229
fentes , jusqu'à ce qu'il plaiſe à
Sa Majesté de rappeller cét ordre
par proclamation , ou par un autre
ordre fait en ſon Confeil,
prendront ou apprehenderont aucun
Larron ou Voleur de grand
chemin , & le feront mettre en
lieu de ſeureté. Laquelle ſomme
de dix livres sterling leur fera
payée quinze jours aprés que ledit
Voleur aura esté convaincu ou
prouvé eſtre tel. Et il est enjoint
par ces Préfentes à tous les Sherifs
des Comtez , or autres dans
L'étenduë de leur Jurisdiction ou
telle conviction aura estéfaite ,de
payer à celuy ou à ceux qui ap-
い
230 MERCURE
ON
prehenderont de tels Malfai-
Eteurs,la recompenſeſuſdite dans
le temps cy-deſſus ſpecifié , pour
chaque Voleur ainſi pris &convaincu
,furle Certificat dufuge
ou de deux , ou davantage defuges
de Paix , devant lequel,
lesquels tel Voleur aura efté convaincu.
Laquelle ſomme d'argent
ils prendront des deniers de
Sa Majesté , par eux receus dans
leComté ou telle conviction aura
eſté faite , & laquelle leur fera
paffée encompte, lors qu'ils viendront
rendre leurs comptes à l'Echiquier,
ou Chambre des Finances.
Et le GrandTreforierd'An
GALANT. 231
:
gleterre est autorisé par ces Préſentes
, & a pouvoir de donner
des ordres aux Officiers de l'Echi
quier , de paffer lesdits deniers en
compte aufdits Sherifs selon le
préſent ordre. Il est encore ordonné
àtous Gouverneurs, Lientenans
Gouverneurs , Fuges de
Paix, Maires , Sherifs , Baillis,
&autres Officiers & Perſonnes
de quelque qualité & condition
qu'elles foient , de prendre cond
- noiſſance du préfent ordre &y
obeïr , comme auffi de prefter fecours
& affistance en tout ce qui
regardera l'execution , ſur peine
d'encourir le déplaisir de SaMa
232 MERCURE
jesté,&d'estre poursuivis comme
contempteurs defon Autorité
Royale.
GUILLAUME BRIDGEMAN.
témoigné avoir leu avec plai.
fir les Nouvelles d'Angleterre
, qui font des Articles importans
dans mes deux dernieres
Lettres , que je puis
croire que vous me parlez
fincerement quand vous
m'aſſeurez que vous en eſtes
contente . L'Hiſtoire des malheurs
du Roy , dont je vous
ay fait un abregé , pouvoit ſe
trouver ſéparément en plu
ſieurs Volumes , mais peuteſtre
toutes les Relations qui
ont couru ne vous auroient
pas fourny le triſte Journal
و
ال
214 MERCURE
de ce qui s'eſtoit paſſé dans
le peu de temps qu'a duré ſa
maladie , ſi je n'avois eu le
foin d'en ramaffer les plus remarquables
circonstances.
Elle a commencé par une attaque
d'Apoplexie , contre
laquelle l'Art des Medecins 2.
efté ſans force. Il ſemble que
comme ſa vie avoit eſté extraordinaire
, il falloit auffi
que ſa mort le fuft. Je vous
envoye un Sonnet qui a esté
fait ſur cette penſée..
GALANT. 215
SUR LA MORT
DU ROY D'ANGLETERRE.
Q
Vinesçait de ceRoy l'étonnan-.
temifere!
Ses malheurs purent-ils abairefon.
grand coeur?
Un Trônequi fumoit encor dufang
d'un Pere
Poury monterfi- 10ft luyfaisoit trop
d'horreur.
Ledefirdevangeruneteftesi chere
Al'Univers entier exprimafa dou-
Ieur.
Qu'ily fatisfitbien quandle Cicl 業
moins contraire
Enfindansfes Etatsle ramena vainqueur!
Mais belas ! iln'estplus ; l'impitoyable
Parque
216 MERCURE
Vientde trancher lefildesjours de ce
..... Monarque..
C'auroit estétrop peu cependant pour
lefort
Qui d'abord lefoûmit aux fureurs
de l'envie,
D'avoirpar de grands traits voulu
marquersaviesa :
S'il n'eust faitremarquer le genre de
Samort.
Je vous ay appris avec
quelle fermeté fon Auguste
Succeffeur s'eſt déclaré Ca
tholique. Sa fincerité a efte
heureuſe. Les Peuples ont
eu de la joye de voir qu'il ne
cherchoit point à les trom
per , & qu'il s'en croyoit affez
aimé,
GALANT. 217
aimé , pour leur confier un
fecret de cette importance,
ſans qu'il en deuſt rien apprehender
de fâcheux. La
confiance qu'il a cuë dans l'amour
de ſes Sujets , a produit
l'effet qu'il en avoit attendu.
L'intrepidité en toutes chofes
leur paroiffant digne d'un
Monarque né pour leur donner
des Loix , ils ont eſtimé
en luy cette grandeur d'ame
✓ qui l'engage à foûtenir l'indépendance
du rang ou le
Ciel l'a élevé. Puis qu'il leur
laiſſe une entiere liberté de
confcience , il la doit avoir
Avril 1685. T
218 MERCURE
comme eux , & il feroit bien
injuſte qu'il ne joüiſt pas
d'un Privilege qu'il veut bien
leur accorder. Toutes les
Lettres qui viennent de ce
Pays là ne parlent que de la
tranquilité où tout le monde
s'y trouve , des Adreſſes pleines
de ſoûmiffion & de ref
pect , qu'on préſente de toutes
partsau nouveau Roy , &
du choix des Députez pour
le prochain Parlement. Le
16. du dernier mois on expedia
un ordre pour fignifier à
tous les Pairs du Royaume &
à leurs Femmes , de ſe trou
GALANT. 219
ver au Couronnement du
Royavec leurs Robes deCe
remonies & leurs Couron
nes. Les Barons & leurs Femmestauront
des Robes de
Velours Cramoiſy , de meſ
me que les Vicomtes & les
autres Pairs d'une dignité
plus relevée. On a nommé
le Docteur Turner Eveſque
d'Ely , pour preſcher en préſence
de leurs Majeſtez le
jourde cette ceremonie. Les
circonstances en ont eſté ré
ſoluës devant le Roy par le
Conſeil Privé qui s'eſt aſſemblépour
les regler. Les Com-
Tij
220 MERCURE
miſſaires que l'on a choiſis
pour citer tous ceux que le
devoir de leurs Charges , ou
les redevances de leurs Fiefs
obligent à faire quelques
fonctions auCouronnement,
s'affemblerent le 3. de ce
mois dans la Chambre Peinte
du Palais de Westminster,
&commencerent à recevoir
les Requeſtes de ceux qui
prétendent avoir droit de faire
ces fonctions. Ils s'occupentà
verifier lesTitres qu'on
leur préſente , pour accorder
àchacun la fonction qui luy
appartient. Sa Majeſté a fait
GALANT. 221
donner de nouvelles Lettres
à tous les Lords Lieutenans,
ou Gouverneurs des Provinces
que le feu Roy avoit établis.
Les Affemblées pour
les Elections des Députez
qui doivent entrer au Parlement,
ſe font par tout avec
beaucoup de tranquilité.
Ces Elections ont déja eſté
faites par l'Univerſité de
Cambridge , par celle d'OK--
ford , par les Comtez de Bedford
, de Brecon , de Kenr,
deHamp , de Middleſer , de
Durban , de Glocefter , de
Hereford, de Sommerſet, de
Tiij
222 MERCURE
Cambridge , de Suffer , de
Leiceſter , de Hartford , de
Chefter , de Lincoln , de
Huntington , de Darby,
de Radnor , & par les Villes
de Cantorbury , de Darby,
de Shaftsbury , de Wood.
ſtocke , de Midhurst de
Steyning , de Bedvvyn , d'Amodesham
, d'Aileſbury , de
Ludgerſtall , d'Andover , de
Durham , de Warvvicke , de
Leiceſter , de Reading , de
Devvntom , de Heddon , de
Corfe , de Shoreham , de
Stamford , de Brecon , de
Winchester , de Chippin
GALANT. 223
Wicomb , de Chippenham,
d'Ipſvvich , de Hindon , de
Peterboroug , de Southamptom
, de Limmington ,
Westminster , d'Yorc , de
Neſtingham , de Wendover
, d'Eaft-Grimſtead ,
de
d'Abington
,, ddee LLyymm ,, de Covventry
, d'Orford , de Tornes
, de Poole , de Warcham
, de Sbareham , de
Weoby , de Petersfield , de
Nevvcastle , de Borróbridge,
d'Albroug , de Thirske , du
Grand Yarmouth , de Colcheſter
, d'Huſlemere , de
Hereford , de Lempſter , do
T iiij.
224 MERCURE
1
Cardiffe , de Marleboroug,
d'Ilcheſter , de Nevv- Sarum,
de Castle- Rifing , de Tavi
ſtocke , de Chriſt Church,
de Rygate , de Windfor , de
Malton , deNorthallerten,
Nevvarke, de Richmond, de
de
Beverley , de Pontefract, de
Leaverpoole , de Stafford, de
Sandvvick de Cirenceſter, de
Weymouth, de Melcomb, de
Devices , de Hasting , de
Norfolk , de Higham-Ferfars
, de Hetsbury , de Thet
ford & de Dunvvich. Tous
ceux que l'on a choiſis font
Gens d'une grande probité,
GALANT. 225
&dont la pluſpart ont fair
paroiſtre un attachement in
violable au feu Roy dans
les temps les plus difficiles .
Le 6. de ce mois le Duc de
Queenſborouhg grand Trefo
rier , & préſentement grand
Commiſſaire de Sa Majesté
au Royaume d'Ecoffe , & le
Comte de Perth , grand
Chacelier du meſme Royaume
, preſtérent les Sermens
accoûtumez , en qualité de
Conſeillers d'Etat du Conseil
Privé du Roy , & prirent
ſeance au Conſeil ſelon leur
rang . Peu de jours aprés le
226 MERCURE
Duc d'Ormond arriva d'Irlande.
Plus de quarante Carroſſes
à fix Chevaux allerent
au devant de luy, avec quantitéde
Nobleſſe à Cheval. Il alla
auſſi-toſt ſaluer le Roy,& il en
receut un accueil tres -favorable.
Ce Monarque luy donna
en meſme temps le Bâton
de la Charge de Lord Stevvard
, ou Grand Maiſtre de ſa
Maiſon,qu'il poſſedoit ſous le
Roy Charles II. Comme il
employe tous ſes ſoins à éta.
blir la tranquilité de fon
Royaume , & à reprimer tous
les defordres qu'y pourGALANT.
227
}
C
roient commettre lesVoleurs
de grand chemin , il fit publier
le mois paſſe la Proclamation
dont voicy les termes.
A la Courde VVitheal.
DE PAR LE ROY,
& les Seigneurs de ſon Confeil
Privé.
TERoy voulant pourvoir à
lafeureté de fes Sujets dans
les Voyages qu'ils font en ce
Royaume , pour vaquer à leurs
affaires , a ordonné aujourd'huy
228 MERCURE
eſtant en fon Confeil , & il est
ordonné par ces Preſentes à tous
fes Officiers de Justice , &à tous
ſes autres amez Sujets de faire
leurs efforts , & d'user de dili
gence , pour apprehender tous
Larrons & Voleurs de grand
chemin , afin qu'on puiſſe proceceder
contr'eux felon les Loix; &
pour encourager ceux qui appre
benderont lesdits Voleurs , il est
de plus ordonné par Sa Majesté,
que l'on donnera une récompense
de dix livres sterling pour chaque
Voleur arreſté , à celuy ou à ceux
qui en quelque temps que ce ſoit,
depuis le jour de la date des pré
> GALANT. 229
fentes , jusqu'à ce qu'il plaiſe à
Sa Majesté de rappeller cét ordre
par proclamation , ou par un autre
ordre fait en ſon Confeil,
prendront ou apprehenderont aucun
Larron ou Voleur de grand
chemin , & le feront mettre en
lieu de ſeureté. Laquelle ſomme
de dix livres sterling leur fera
payée quinze jours aprés que ledit
Voleur aura esté convaincu ou
prouvé eſtre tel. Et il est enjoint
par ces Préfentes à tous les Sherifs
des Comtez , or autres dans
L'étenduë de leur Jurisdiction ou
telle conviction aura estéfaite ,de
payer à celuy ou à ceux qui ap-
い
230 MERCURE
ON
prehenderont de tels Malfai-
Eteurs,la recompenſeſuſdite dans
le temps cy-deſſus ſpecifié , pour
chaque Voleur ainſi pris &convaincu
,furle Certificat dufuge
ou de deux , ou davantage defuges
de Paix , devant lequel,
lesquels tel Voleur aura efté convaincu.
Laquelle ſomme d'argent
ils prendront des deniers de
Sa Majesté , par eux receus dans
leComté ou telle conviction aura
eſté faite , & laquelle leur fera
paffée encompte, lors qu'ils viendront
rendre leurs comptes à l'Echiquier,
ou Chambre des Finances.
Et le GrandTreforierd'An
GALANT. 231
:
gleterre est autorisé par ces Préſentes
, & a pouvoir de donner
des ordres aux Officiers de l'Echi
quier , de paffer lesdits deniers en
compte aufdits Sherifs selon le
préſent ordre. Il est encore ordonné
àtous Gouverneurs, Lientenans
Gouverneurs , Fuges de
Paix, Maires , Sherifs , Baillis,
&autres Officiers & Perſonnes
de quelque qualité & condition
qu'elles foient , de prendre cond
- noiſſance du préfent ordre &y
obeïr , comme auffi de prefter fecours
& affistance en tout ce qui
regardera l'execution , ſur peine
d'encourir le déplaisir de SaMa
232 MERCURE
jesté,&d'estre poursuivis comme
contempteurs defon Autorité
Royale.
GUILLAUME BRIDGEMAN.
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Résumé : Affaires d'Angleterre, [titre d'après la table]
Le texte relate la réception favorable des 'Nouvelles d'Angleterre' et la satisfaction des articles récents. La mort rapide du roi d'Angleterre, due à une attaque d'apoplexie, est soulignée, malgré les efforts des médecins. Un sonnet célèbre la vie et la mort extraordinaire du roi. Le successeur du roi a fait une déclaration catholique sincère et inspire confiance. Le peuple reste calme et soumis, et les préparatifs pour le couronnement sont en cours, incluant les robes cérémonielles et la nomination de l'évêque pour le sermon. Les élections des députés pour le Parlement se déroulent paisiblement. Le duc de Queensborough est nommé grand trésorier et commissaire du roi. Il prête serment en tant que conseiller d'État, ainsi que le comte de Perth, tous deux siégeant au Conseil Privé du Roi. Le duc d'Ormond, arrivé d'Irlande, est nommé Lord Steward et œuvre à maintenir la tranquillité en réprimant les désordres. Une proclamation royale ordonne la capture des voleurs de grand chemin, offrant une récompense de dix livres sterling pour chaque arrestation. Les shérifs des comtés sont responsables de payer cette récompense, qui sera comptabilisée à l'Échiquier. Tous les officiers doivent obéir à cet ordre sous peine de sanctions royales.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16
p. 88-89
Mr Faure est receu Conseiller au Parlement. [titre d'après la table]
Début :
Le 20. du dernier mois, Messire Jean Faure, Baron de [...]
Mots clefs :
Baron, Fils aîné, Conseiller, Grand Chambre, Charge, Nomination
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texteReconnaissance textuelle : Mr Faure est receu Conseiller au Parlement. [titre d'après la table]
Le 20. du dernier mois,
Meffire Jean Faure , Baron
de Dampmard , Fils aifné de
feu Meffire Louis Faure,
auffi Baron de Dampmard,
Confeiller en la Grand
Chambre , fut receu au Parlement
à la Charge de Confeiller
qu'avoit poffedé M.
GALANT. 89
fon Pere , aprés en avoir eu
l'agrément de Sa Majeſté.
Meffire Jean Faure , Baron
de Dampmard , Fils aifné de
feu Meffire Louis Faure,
auffi Baron de Dampmard,
Confeiller en la Grand
Chambre , fut receu au Parlement
à la Charge de Confeiller
qu'avoit poffedé M.
GALANT. 89
fon Pere , aprés en avoir eu
l'agrément de Sa Majeſté.
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17
p. 316-319
Morts. [titre d'après la table]
Début :
Dame Aimée Eleonor de Plas, mourut en Auvergne le 28 du dernier [...]
Mots clefs :
Décès, Dame, Vertu, Pauvres, Ministre, Maisons, Curé, Abbé, Conseiller, Grand Chambre
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texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
Dame Aimée Eleonor de
Plas , mourut en Auvergne
le 28. du dernier mois , aprés
avoir donné durant la vie &
GALANT. 317
à fa mort des marques folides
d'une vertu , & d'une
pieté confommée . Elle eſt
regretée de toute cette Province
, & fur tout des Pauvres
, à qui elle a toujours
fervy de mere. Elle eftoit
Femme de M. le Comte de
Rouffille - Fontanges , dont
l'antiquité de la Maiſon eft
affez connuë.
M. le Pelletier Miniftre
d'Eftat , & Controlleur general
des Finances , a perdu
un de Ms fes Fils au commencement
de ce mois. Il
eftoit dans une tres grande
Ddiij
218 MERCURE
devotion, & vouloit entierement
renoncer au monde ,
en fe confacrant à Dieu, dans
une des Maiſons les plus aufteres
qu'il y ait en France.
Peu de jours aprés mourut
Meffire Nicolas Mazure,
ancien Curé de l'Eglife de
Saint Paul, Docteur &Doyen
de la Faculté de Theologie
de Paris. Il eftoit Abbé de
Saint Jean en Vallée deChartres,
& avoit efte grand Maitre
de l'Oratoire de Sa Majetté.
M. Perrot de la Malmaifon
, Confeiller de la Grand'
GALANT. 319
Chambre , eſt mort dans ce
mefme temps en ſa 76 année.
Il eftoit Beaupere de
M. Barentin , premier Prefident
du Grand Confeil .
Plas , mourut en Auvergne
le 28. du dernier mois , aprés
avoir donné durant la vie &
GALANT. 317
à fa mort des marques folides
d'une vertu , & d'une
pieté confommée . Elle eſt
regretée de toute cette Province
, & fur tout des Pauvres
, à qui elle a toujours
fervy de mere. Elle eftoit
Femme de M. le Comte de
Rouffille - Fontanges , dont
l'antiquité de la Maiſon eft
affez connuë.
M. le Pelletier Miniftre
d'Eftat , & Controlleur general
des Finances , a perdu
un de Ms fes Fils au commencement
de ce mois. Il
eftoit dans une tres grande
Ddiij
218 MERCURE
devotion, & vouloit entierement
renoncer au monde ,
en fe confacrant à Dieu, dans
une des Maiſons les plus aufteres
qu'il y ait en France.
Peu de jours aprés mourut
Meffire Nicolas Mazure,
ancien Curé de l'Eglife de
Saint Paul, Docteur &Doyen
de la Faculté de Theologie
de Paris. Il eftoit Abbé de
Saint Jean en Vallée deChartres,
& avoit efte grand Maitre
de l'Oratoire de Sa Majetté.
M. Perrot de la Malmaifon
, Confeiller de la Grand'
GALANT. 319
Chambre , eſt mort dans ce
mefme temps en ſa 76 année.
Il eftoit Beaupere de
M. Barentin , premier Prefident
du Grand Confeil .
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Résumé : Morts. [titre d'après la table]
Le texte mentionne plusieurs décès notables. Dame Aimée Eleonor de Plas, épouse du Comte de Rouffille-Fontanges, est décédée en Auvergne le 28 du dernier mois. Elle était reconnue pour sa vertu et sa piété, et était particulièrement appréciée des pauvres qu'elle considérait comme ses enfants. M. le Pelletier, Ministre d'État et Contrôleur général des Finances, a perdu un de ses fils au début du mois. Ce fils était très dévot et souhaitait se retirer dans une maison austère en France pour se consacrer à Dieu. Par ailleurs, Meffire Nicolas Mazure, ancien curé de l'Église de Saint-Paul, Docteur et Doyen de la Faculté de Théologie de Paris, est également décédé. Il occupait les fonctions d'Abbé de Saint-Jean-en-Vallée de Chartres et de grand Maître de l'Oratoire de Sa Majesté. Enfin, M. Perrot de la Malmaison, Conseiller à la Grand' Chambre, est mort à l'âge de 76 ans. Il était le beau-père de M. Barentin, premier Président du Grand Conseil.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18
p. 319-320
Intendances données par Sa Majesté. [titre d'après la table]
Début :
M. de Baville a succedé à M. d'Aguesseau, Conseiller d'Etat, dans [...]
Mots clefs :
Intendance, Conseiller, Président, Conversion, Maître des requêtes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Intendances données par Sa Majesté. [titre d'après la table]
M. de Baville a fuccedé à
M. d'Agueffeau , Conſeiller
d'Etat, dans l'Intendance de
Languedoc . Il eft Fils de
feu M. le premier Prefident
de Lamoignon, & Frere de
M. Lamoignon Avocat Genéral.
Il parle tres-bien , &
s'eft acquité avec un tresgrand
fuccez de l'Intendance
de Poitou , où il a contribué
à quantité de Converfions.
M. Foucault va remplir
fa place dans cette Intendance.
Vous fçavez l'eftime
qu'il s'eft acquife dans cel
320 MERCURE
les de Montauban & de
Bearn. Je vous ay écrit fi
amplement de ce qu'il a fait
de glorieux & d'utile dans
l'une & dans l'autre , queje
n'ay rien à y ajoûter.
M. de Vaubourg Maiſtre
des Requeſtes , elt Intendant
de Bearn . Il eſt d'un
merite genéralement connu
& Frere de M. l'Abbé
Defmarefts, dont je viens de
vous parler.
M. d'Agueffeau , Conſeiller
d'Etat, dans l'Intendance de
Languedoc . Il eft Fils de
feu M. le premier Prefident
de Lamoignon, & Frere de
M. Lamoignon Avocat Genéral.
Il parle tres-bien , &
s'eft acquité avec un tresgrand
fuccez de l'Intendance
de Poitou , où il a contribué
à quantité de Converfions.
M. Foucault va remplir
fa place dans cette Intendance.
Vous fçavez l'eftime
qu'il s'eft acquife dans cel
320 MERCURE
les de Montauban & de
Bearn. Je vous ay écrit fi
amplement de ce qu'il a fait
de glorieux & d'utile dans
l'une & dans l'autre , queje
n'ay rien à y ajoûter.
M. de Vaubourg Maiſtre
des Requeſtes , elt Intendant
de Bearn . Il eſt d'un
merite genéralement connu
& Frere de M. l'Abbé
Defmarefts, dont je viens de
vous parler.
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Résumé : Intendances données par Sa Majesté. [titre d'après la table]
M. de Baville succède à M. d'Agueffeau comme Conseiller d'État et Intendant du Languedoc. Fils du Premier Président de Lamoignon et frère de M. Lamoignon, il est reconnu pour ses compétences oratoires et ses succès en Poitou. M. Foucault, expérimenté dans les intendances de Montauban et de Béarn, le remplace. M. de Vaubourg, Maître des Requêtes, est Intendant de Béarn et frère de l'Abbé Desmarets.
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19
p. 252-256
Survivance accordée par le Roy à Mr de Maupeou. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a accordé à Mr de Maupeou, Conseiller en la Quatriéme [...]
Mots clefs :
Conseiller, Parlement, Évêque, Famille, Capitaine, Procession, Fonctions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Survivance accordée par le Roy à Mr de Maupeou. [titre d'après la table]
Le Roy a accordé à M
de Maupeou , Confeiller en
la
Quatrième des Enqueftes
du Parlement, la furvivance
de la Charge de Prefident en
la
Premiere des
Enqueftes
,.
dont Mr fon Pere eft pourGALANT.
253
veu. Sa Majefté avoit déja
accordé la mefme grace
Mr de Maupeou fon Frere ,
aujourd'huy Evefque de Caftres
, dans le temps qu'il eftoit
Avocat General au Grád
Confeil
. Toutes les graces
que Sa Majefté fait à cette
Famille , font fingulieres ;
auffi peut - on dire qu'elles
font deues au zele & à la fi
delité dont M le Prefident
de Maupeou a donné tant de
glorieuſes marques depuis
cinquante ans , & aux fervi
ces de quatre de ſes Freres
Capitaines aux Gardes , dont
254 MERCURE
le dernier eftoit Gouverneur
d'Ath. Ce qu'il y a de fort remarquable
, c'eft qu'il femble
qu'ils naiffent tous également
propres à toutes fortes
de Profeffions , lors qu'il s'agit
de fervir le Roy. Le Fils
aifné eftoit pourveu de la
Charge d'Avocat General au
Grand Confeil , qu'il a exercée
pendant fix ans , avec
l'approbation du Public ; &
aprés ſa mort , le ſecond qui
eftoit Docteur de Sorbonne ,
& qui a efté fait Evefque de
Caftres, prit la meſme Charge
, & s'en acquitta avec le
GALANT 255
mefme fuccés que s'il n'avoit
jamais embraſſé une autre
profeffion. Celuy qui eft
prefentement Confeiller, eftoit
auparavant Chevalier
de Malte , & en cette qualité
il a fait fes Caravanes.
Son Cadet , qui eftoit Sous-
Lieutenant aux Gardes dés
l'âge de dix-fept ans , ayant
efté tué dans le fervice, il luy
fucceda en cet Employ; mais
eftant reftéfeul dans le ionde,
Sa Majefté luy permit de
changer d'eſtat , & de prendre
la Robe. Si cette Famille
eft Illuftre du cofté de M
256 MERCURE
le Preſident , elle ne l'eft pas
moins du cofté de Madame
la Prefidente , qui eft Soeur
de M' Doujat Confeiller de
la Grand' Chambre .
de Maupeou , Confeiller en
la
Quatrième des Enqueftes
du Parlement, la furvivance
de la Charge de Prefident en
la
Premiere des
Enqueftes
,.
dont Mr fon Pere eft pourGALANT.
253
veu. Sa Majefté avoit déja
accordé la mefme grace
Mr de Maupeou fon Frere ,
aujourd'huy Evefque de Caftres
, dans le temps qu'il eftoit
Avocat General au Grád
Confeil
. Toutes les graces
que Sa Majefté fait à cette
Famille , font fingulieres ;
auffi peut - on dire qu'elles
font deues au zele & à la fi
delité dont M le Prefident
de Maupeou a donné tant de
glorieuſes marques depuis
cinquante ans , & aux fervi
ces de quatre de ſes Freres
Capitaines aux Gardes , dont
254 MERCURE
le dernier eftoit Gouverneur
d'Ath. Ce qu'il y a de fort remarquable
, c'eft qu'il femble
qu'ils naiffent tous également
propres à toutes fortes
de Profeffions , lors qu'il s'agit
de fervir le Roy. Le Fils
aifné eftoit pourveu de la
Charge d'Avocat General au
Grand Confeil , qu'il a exercée
pendant fix ans , avec
l'approbation du Public ; &
aprés ſa mort , le ſecond qui
eftoit Docteur de Sorbonne ,
& qui a efté fait Evefque de
Caftres, prit la meſme Charge
, & s'en acquitta avec le
GALANT 255
mefme fuccés que s'il n'avoit
jamais embraſſé une autre
profeffion. Celuy qui eft
prefentement Confeiller, eftoit
auparavant Chevalier
de Malte , & en cette qualité
il a fait fes Caravanes.
Son Cadet , qui eftoit Sous-
Lieutenant aux Gardes dés
l'âge de dix-fept ans , ayant
efté tué dans le fervice, il luy
fucceda en cet Employ; mais
eftant reftéfeul dans le ionde,
Sa Majefté luy permit de
changer d'eſtat , & de prendre
la Robe. Si cette Famille
eft Illuftre du cofté de M
256 MERCURE
le Preſident , elle ne l'eft pas
moins du cofté de Madame
la Prefidente , qui eft Soeur
de M' Doujat Confeiller de
la Grand' Chambre .
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Résumé : Survivance accordée par le Roy à Mr de Maupeou. [titre d'après la table]
Le roi a accordé à M. de Maupeou, conseiller à la Quatrième des Enquêtes du Parlement, la survivance de la charge de Président à la Première des Enquêtes, détenue par son père. Cette faveur avait déjà été accordée à son frère, ancien Avocat Général au Grand Conseil et actuel Évêque de Castres. Les faveurs royales envers la famille de Maupeou soulignent le zèle et la fidélité de M. le Président de Maupeou, ainsi que les services de quatre de ses frères, tous capitaines aux Gardes. Le fils aîné avait exercé la charge d'Avocat Général au Grand Conseil pendant six ans. Après sa mort, le second frère, docteur de Sorbonne et Évêque de Castres, a repris cette charge avec succès. Le conseiller actuel était auparavant chevalier de Malte. Leur cadet, sous-lieutenant aux Gardes, a été tué en service. Un autre frère, après une vie mondaine, a obtenu la permission royale de devenir avocat. La famille est également illustre du côté de Madame la Présidente, sœur de M. Doujat, conseiller à la Grand' Chambre.
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20
p. 308-309
Mariage. [titre d'après la table]
Début :
Mr Bignon Conseiller au Parlement, a épousé depuis peu de [...]
Mots clefs :
Conseiller, Mariage, Soeur, Mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariage. [titre d'après la table]
Mr Bignon Conſeiller an
Parlement , a épousé depuis
peu de jours Mademoifelle
Billard , Soeur de Madame
GALANT 309
C
de Chauvelin , dont je vous
ay parlé pluſieurs fois. Il eſt
Fils de M Bignon Confeil,
ler d'Etat , fur les pas duquel
il marche. Il a efté Avocat
du Roy au Chaftelet , & a
fait paroistre dans cette
Charge , une grande intelligence
pour les Affaires , &
beaucoup de penétration .
Parlement , a épousé depuis
peu de jours Mademoifelle
Billard , Soeur de Madame
GALANT 309
C
de Chauvelin , dont je vous
ay parlé pluſieurs fois. Il eſt
Fils de M Bignon Confeil,
ler d'Etat , fur les pas duquel
il marche. Il a efté Avocat
du Roy au Chaftelet , & a
fait paroistre dans cette
Charge , une grande intelligence
pour les Affaires , &
beaucoup de penétration .
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21
p. 240-251
Morts. [titre d'après la table]
Début :
J'oubliay de vous parler dans le mesme mois de la mort [...]
Mots clefs :
Décès, Marquis, Maitre de camp, Colonel, Duc, Conseiller, Abbé, Cardinal, Dame, Régiment de la cavalerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
J'oubliay de vous parler
dans le mesme mois de la
mort de Mrle Marquis de
Graveline. C'estoitunhomme
d'un très- grand merite
qui dés sa jeunessefut fait
Mestre
Mestre de Camp d'un Regimentd'Infanterie.
En 1642.
le feu Roy l'envoya en Portugal
,en qualité de Colonel
Generaldes François, pour
secourir le Duc de Bragance
qu'on venoit de mettre sur le
Trône. Il fit là de si belles actions
, que Sa Majesté luy
donna le titre de Marquis. Il
se signala encore en Catalogne,
& à laBataille de Lens
sous Mrle Prince.Quoy qu'il
ne fust que Cadet de sa Maison,
qui est l'ancienne& illustreMaison
de la Roque BudosdeGuyenne
,sa valeur&
ion mente l'éleverent aux
plus grands emplois,&le firent
entrer dans des alliances
tres -
considerables. Il époufa
en premieres Noces Judith
de Clermont, dont il eut
de tres -
grands biens; & en
secondes, Mademoiselle de
Bussi Paquier, C'est une personne
fort jeune, bienfaite &
spirituelle, &qui s'est acquis
par sa sagesse &par l'exacte régularité
de sa conduite beaucoup
d'effinie & de réputation.
Aussi Mrle Marquis de
Graveline luy a-t-il fait tous
les avantagesqu'il a pu. Ilest
mortâgé de 75 ans, &a laissé
une Fille qui n'en a que quatre.
MessireOmer-LouisVoisin,
Seigneur du Plessisaux
Bois, Conseiller au Chastelet,
est mort de la petite verole
au commencement de
ce mois. Il estoit Fils de Mr
Voisin Conseiller d'Estat,
dont presenrement Madame
de Lamoignon
,
Femme de
Mrl'AvocatGeneral,est Fille
unique.
Cette mort a esté suivie
de celle de Mrl'AbbéSiri,
- Historiographe du Roy. Il
avoit elle de la confidence
de feu Mrle Cardinal Mazarin,
& employé par luy en
beaucoup d'Affaires, auiIibien
que Mr l'Abbé Ondedei,
qui est mort Evesque de
Frejus. Il pouédoicFAbbayc
de Valmagne,qu'il resigna
il y a quelques années à Mr
le Cardinal de Bonzi
, avec
l'agrément du Roy,s'en estant
conservé le revenu. Il
avoit une grande connoissance
des Affaires generales
de l'Europe; aussi venoit-il
peu d'Etrangers de marque
en France, qui ne luyrendit
sent visite
; ce quiestoitcause
qu'on en voyoit souvent
famaifon remplie,aussi-bien
que d'Ambassadeurs & d'Envoyez.
Il est mort âgé de 77.
ans, après avoir donne au Public
plusieurs Volumes de
l'Histoirede ce Siecle
,
qu'il
a composez en Italien.
Madame Marin, Femme
de Messire Pierre Marin,Seigneur
dela Trousserie, Maître
des Requestes, est morte
environ dans le même tem ps*
Elle s'appelloit Catherine
Bouhier
,
& estoitveuve en
premieres Noces de Messire
BenigneJolly,Seigneurd'Escutigny,
Greffier en Chef du
Parlement, & des Etats de
Bourgogne.
J'ayaussi à vous apprendre
la mort de Dame Catherine
le Boullanger, Femme
de Messire Anne Pinon, Seigneur
Vicomte deQuincy,
Conseiller au Grand Conseil.
J'apprens tout presentement,
que Mr le Comte de
la Fare-la Salle, dontje vous
ay parlé dans quelqu'une de
mes Lettres, mourut le 20.
du mois palfé^d^ns une de ses
Maisons près de la Ville d'Alés,
Capitale des Cevenes,
après avoircité vingt jours
malade d'une retention d'urine
causée par la pierre. Il
souffrit pendant ce temps-là
d'extrêmes douleurs, avec
une patience presque incroyable,
&fit paroistreune
entiere fermeté quand on luy
vint dire qu'il falloit mourir.
Aussiavoit-il souvent affronté
la mort,pendant qu'il avoit
servy le Roy dans ses
Armées. Il y alla à l'âge de
treize ans; & ayant esté fait
ensuite Cornete de la Mettre
de Camp du Regiment de
Cavalerie de Mrle Maréchal
,e,le laMeilleraye,ilne fut long pas -temps sans se distinguer
; ce qui luy fit obtenir
une Compagnie, tirée dece
-Regiment par ordre du Roy
en 1647. pour estre incorporée
dans le Regiment de M'
le Cardinal de SainteCecile.
Sa Majesté voulant récompenser
son merite & ses services,
luy donna en 1653. un
Regiment de Cavalerie, vacant
par la mort de Mrle Baron
d'Alais, dont il épousa la
Fille. Ils'acquitbeaucoup de
reputation à la teste de ce
Régiment, qui fut reformé
en 1664. le Roy n'ayant pas
voulu conserverun si grand
nombre deTroupes entemps
de Paix. Il est mort dans sa
57. année, après avoir receu
tous sesSacremés avec beaucoup
de resignation, & a
laisse une Veuve avec treize
Enfans. L'Aisné qui a esté
Page chez le Roy, eH: à present
Capitaine de Cavalerie
reformé dans le Regiment
tie Villeneuve. Le second est
Capitaine d'Infanterie dans
le Regiment d'Enguien. Il y
en a un troisiémequi a esté
Cornete de son Frere, & un
quatrième Abbé; les autres
sont en bas âge. Mr le Comte
de la Fare de la Salle,estoit
OOnncclleeddeeMrv1rrllee Mlvlaarrqquuiissde - la Fare, Capitaine des Gardes
de Monsieur. Il portoit pour
Armesdeuxécusjoints&
accollez
ensemble
> au premier d'azurà
trois Flambeaux ou Farel;
d'orallumez degueule mis enpal ;
& pour brizeure de Cadet, un
lambel d'argent à trois pendans;
dqu'oirest de la Fare; ausecond
deux lyons affrontez desable
élewz ou rampans contre un
pin definopleJ qui est de Carru
-')
bis Baron d'Alais,Maison de
sa Femme
, avec la Couronne
de Comte, & deux palmes pour
supports.
dans le mesme mois de la
mort de Mrle Marquis de
Graveline. C'estoitunhomme
d'un très- grand merite
qui dés sa jeunessefut fait
Mestre
Mestre de Camp d'un Regimentd'Infanterie.
En 1642.
le feu Roy l'envoya en Portugal
,en qualité de Colonel
Generaldes François, pour
secourir le Duc de Bragance
qu'on venoit de mettre sur le
Trône. Il fit là de si belles actions
, que Sa Majesté luy
donna le titre de Marquis. Il
se signala encore en Catalogne,
& à laBataille de Lens
sous Mrle Prince.Quoy qu'il
ne fust que Cadet de sa Maison,
qui est l'ancienne& illustreMaison
de la Roque BudosdeGuyenne
,sa valeur&
ion mente l'éleverent aux
plus grands emplois,&le firent
entrer dans des alliances
tres -
considerables. Il époufa
en premieres Noces Judith
de Clermont, dont il eut
de tres -
grands biens; & en
secondes, Mademoiselle de
Bussi Paquier, C'est une personne
fort jeune, bienfaite &
spirituelle, &qui s'est acquis
par sa sagesse &par l'exacte régularité
de sa conduite beaucoup
d'effinie & de réputation.
Aussi Mrle Marquis de
Graveline luy a-t-il fait tous
les avantagesqu'il a pu. Ilest
mortâgé de 75 ans, &a laissé
une Fille qui n'en a que quatre.
MessireOmer-LouisVoisin,
Seigneur du Plessisaux
Bois, Conseiller au Chastelet,
est mort de la petite verole
au commencement de
ce mois. Il estoit Fils de Mr
Voisin Conseiller d'Estat,
dont presenrement Madame
de Lamoignon
,
Femme de
Mrl'AvocatGeneral,est Fille
unique.
Cette mort a esté suivie
de celle de Mrl'AbbéSiri,
- Historiographe du Roy. Il
avoit elle de la confidence
de feu Mrle Cardinal Mazarin,
& employé par luy en
beaucoup d'Affaires, auiIibien
que Mr l'Abbé Ondedei,
qui est mort Evesque de
Frejus. Il pouédoicFAbbayc
de Valmagne,qu'il resigna
il y a quelques années à Mr
le Cardinal de Bonzi
, avec
l'agrément du Roy,s'en estant
conservé le revenu. Il
avoit une grande connoissance
des Affaires generales
de l'Europe; aussi venoit-il
peu d'Etrangers de marque
en France, qui ne luyrendit
sent visite
; ce quiestoitcause
qu'on en voyoit souvent
famaifon remplie,aussi-bien
que d'Ambassadeurs & d'Envoyez.
Il est mort âgé de 77.
ans, après avoir donne au Public
plusieurs Volumes de
l'Histoirede ce Siecle
,
qu'il
a composez en Italien.
Madame Marin, Femme
de Messire Pierre Marin,Seigneur
dela Trousserie, Maître
des Requestes, est morte
environ dans le même tem ps*
Elle s'appelloit Catherine
Bouhier
,
& estoitveuve en
premieres Noces de Messire
BenigneJolly,Seigneurd'Escutigny,
Greffier en Chef du
Parlement, & des Etats de
Bourgogne.
J'ayaussi à vous apprendre
la mort de Dame Catherine
le Boullanger, Femme
de Messire Anne Pinon, Seigneur
Vicomte deQuincy,
Conseiller au Grand Conseil.
J'apprens tout presentement,
que Mr le Comte de
la Fare-la Salle, dontje vous
ay parlé dans quelqu'une de
mes Lettres, mourut le 20.
du mois palfé^d^ns une de ses
Maisons près de la Ville d'Alés,
Capitale des Cevenes,
après avoircité vingt jours
malade d'une retention d'urine
causée par la pierre. Il
souffrit pendant ce temps-là
d'extrêmes douleurs, avec
une patience presque incroyable,
&fit paroistreune
entiere fermeté quand on luy
vint dire qu'il falloit mourir.
Aussiavoit-il souvent affronté
la mort,pendant qu'il avoit
servy le Roy dans ses
Armées. Il y alla à l'âge de
treize ans; & ayant esté fait
ensuite Cornete de la Mettre
de Camp du Regiment de
Cavalerie de Mrle Maréchal
,e,le laMeilleraye,ilne fut long pas -temps sans se distinguer
; ce qui luy fit obtenir
une Compagnie, tirée dece
-Regiment par ordre du Roy
en 1647. pour estre incorporée
dans le Regiment de M'
le Cardinal de SainteCecile.
Sa Majesté voulant récompenser
son merite & ses services,
luy donna en 1653. un
Regiment de Cavalerie, vacant
par la mort de Mrle Baron
d'Alais, dont il épousa la
Fille. Ils'acquitbeaucoup de
reputation à la teste de ce
Régiment, qui fut reformé
en 1664. le Roy n'ayant pas
voulu conserverun si grand
nombre deTroupes entemps
de Paix. Il est mort dans sa
57. année, après avoir receu
tous sesSacremés avec beaucoup
de resignation, & a
laisse une Veuve avec treize
Enfans. L'Aisné qui a esté
Page chez le Roy, eH: à present
Capitaine de Cavalerie
reformé dans le Regiment
tie Villeneuve. Le second est
Capitaine d'Infanterie dans
le Regiment d'Enguien. Il y
en a un troisiémequi a esté
Cornete de son Frere, & un
quatrième Abbé; les autres
sont en bas âge. Mr le Comte
de la Fare de la Salle,estoit
OOnncclleeddeeMrv1rrllee Mlvlaarrqquuiissde - la Fare, Capitaine des Gardes
de Monsieur. Il portoit pour
Armesdeuxécusjoints&
accollez
ensemble
> au premier d'azurà
trois Flambeaux ou Farel;
d'orallumez degueule mis enpal ;
& pour brizeure de Cadet, un
lambel d'argent à trois pendans;
dqu'oirest de la Fare; ausecond
deux lyons affrontez desable
élewz ou rampans contre un
pin definopleJ qui est de Carru
-')
bis Baron d'Alais,Maison de
sa Femme
, avec la Couronne
de Comte, & deux palmes pour
supports.
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Résumé : Morts. [titre d'après la table]
Le texte mentionne plusieurs décès notables. Le Marquis de Graveline, issu de la maison de La Roque Budos de Guyenne, fut envoyé en Portugal en 1642 comme Colonel Général des Français pour soutenir le Duc de Bragance. Il se distingua également en Catalogne et à la Bataille de Lens. Il épousa successivement Judith de Clermont et Mademoiselle de Bussi Paquier, et décéda à l'âge de 75 ans, laissant une fille de quatre ans. Messire Omer-Louis Voisin, Seigneur du Plessis-aux-Bois et Conseiller au Châtelet, mourut de la petite vérole. Son père était Monsieur Voisin, Conseiller d'État, et sa petite-fille est Madame de Lamoignon, femme de l'Avocat Général. L'Abbé Siri, historiographe du Roi et confident du Cardinal Mazarin, décéda à l'âge de 77 ans, laissant plusieurs volumes d'histoire du siècle écrits en italien. Madame Marin, épouse de Messire Pierre Marin, Maître des Requestes, décéda également. Elle était veuve en premières noces de Messire Benigne Jolly. Dame Catherine Le Boullanger, femme de Messire Anne Pinon, Vicomte de Quincy, mourut également. Enfin, Monsieur le Comte de la Fare-la Salle décéda à 57 ans après une maladie de vingt jours causée par la pierre. Il servit le Roi dès l'âge de treize ans et obtint plusieurs distinctions militaires, laissant une veuve et treize enfants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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22
p. 127-161
Emplois, services & mort de Mr le Chancelier. [titre d'après la table]
Début :
Vous voyez par cette Ode les choses generales qui sont [...]
Mots clefs :
Chancelier, Grand Ministre, Emplois, Conseiller, Procureur du roi, Zèle, Altesse royale, Charges, Auguste monarque, Souverain, Armée, Règne, Négociations, Louanges, Chancellerie, Moeurs, Maladie, Chrétien, Éloge funèbre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Emplois, services & mort de Mr le Chancelier. [titre d'après la table]
Vous voyez par cette Ode
les chofes generales qui font
venues à la connoiffance de
M' Magnin, & qui n'ont efté
ignorées prefque de perfonne.
Il y en a tant d'autres à
dire dans une vie auffi longue
Liiij
128 MERCURE
& auffi illuftre qu'a efté celle
de ce Grand Miniftre , que
ma Lettre entiere ne fuffi
roit pas , fi je voulois entrer
en quelque détail des actions
remarquables qui luy ont
fait meriter l'admiration qu'il
s'eft attirée . Ainfi je vay
feulement vous rapporter la
fuite de fes Emplois , dans .
chacun defquels il a rendu
de grands & continuels fervices
à Sa Majefté & à l'Etat ..
Il fut Confeiller au Grand
Confeil en 1623. c'eſt à dire
que dés qu'il eut l'âge porté
par les Ordonnances pour
GALANT. 129
pouvoir adminiſtrer la Juſtice
, il fut pourveu de cette.
Charge . Comme il eftoit encore
jeune , il demeura huit
ans au Confeil . Sa prudence,
fa moderation & fon affiduité
dans un âge fi peu avancé,
firent juger dés lors de ce
qu'il feroit un jour. On vit
bien- toft des effets de cette
grande capacité , puis qu'il
fut enfuite Procureur du Roy
au Chaſtelet . Tout le monde
fçait que c'eft une Charge
qui demande un homme intelligent
, vif, & de probité.
Il eut plufieurs Commiflions
130 MERCURE
importantes ; & la maniere
dont il s'en acquitta
, ayant
fait connoître fon merite, il
fut quelque temps aprés Maî
tre des Requeftes , & le zele
qu'il continua de faire écla
ter dans cette Charge , le
fit nommer Intendant de Ju
ftice dans l'Armée d'Italie
puis Ambaffadeur auprés de
Leurs Alteffes Royales de Sa
voye. Comme les fervices
qu'il rendit en Italie font
connus , & que les Hiftoires
en font pleines, je ne vous en
diray rien.
A fon retour , le feu Ray
GALANT. 131
qui connoiffoit l'entiere application
qu'il avoit euë à
s'acquitter dignement de
tous ces Emplois, & qui voufoit
luy donner d'éclatantes
marques de la pleine fatisfaction
qu'il en avoit , l'honora
de la Charge de Secretaire
d'Etat, vacante par la démiſfion
de M' des-Noyers. Il eut
le Département de la Guerre
, & fervit dans cette Charge
d'une maniere fi utile à
PEtat , & fi agréable aux Generaux
& auxOfficiers, qu'on
luy remit bien - toft tout le
foin desAffaires de la Guerre.
1
132 MERCURE
Il entra enfuite dans le Con
feil , en qualité de Miniftre.
Sa prudence & fon zele ont
toûjours éclaté , pour tout ce
qui a regardé l'auguſte Monarque,
fous l'heureux Regne
duquel nous avons le bonheur
de vivre. Il a fervy ce
Prince pendant les temps les
plus difficiles, avec une fidelité
à l'épreuve de toutes choſes
, & la maniere dont il a
vefcu avec ceux qui s'écartoient
de ce qu'ils devoient
à leur Souverain , leur a toûjours
fait apprehender fes re
montrances. Lors qu'ils ont
GALANT. 133
1
voulu rentrer dans leur de
voir , ils ont tâché plufieurs
fois d'obtenir leur pardon
fon moyen , ne connoiffant
perfonne à qui l'on puft
confier fon honneur & fa vie
par
avec plus de feureté. Je ne
dois pas oublier icy.que pendant
les defordres de Guyenne
, le Roy qui le laiffa au--
prés de feu Monfieur le Duc
d'Orleans , luy donna pouvoir
de figner en ſon abſence
tout ce qui feroit reſolu
pour fon fervice , & qu'il eut
le mefme pouvoir pour le
fecours d'Arras, pendant que
134 MERCURE
les Ennemis eftoient devant
cette Place , le Roy eſtant
alors attaché au Siege de Stenay.
Comme il eftoit d'une
tres - grande importance à
l'Etat de conferver Arras , il
falloit y faire entrer du Secours
, & la Commiſſion de
ce fage & vigilant Miniſtre
fut ample pour tout ce qu'il
jugeroit neceffaire au bien
de la France. Il pourveut a->
vec tant de ponctualité & de
prudence aux preſſans befoins
des Affiegez & des Generaux
de l'Armée , que la
Place fut fecouruë , & les EnGALANT.
135
nemis défaits. Ses manieres
honneftes & obligeantes luy
avoient acquis dés ce tempslà
une eſtime ſi generale, que
pour en eftre convaincu ,ilne
falloit qu'entendre tous les
Officiers dont il avoit fi fouvent
les interefts entre les
mains. Il n'y en avoit aucun
qui ne fe loüaſt de ſa bonté,
& ce n'eftoit pas une petite
preuve de l'humeur bien fai
fante avec laquelle il eſtoit
né, que d'avoir pû contenter
tout le monde dans un cmploy
auffi difficile que le Département
de la Guerre. Ses
136 MERCURE
par
grandes qualitez luy avoient
fait meriter l'entiere confidence
de la ReineMere ,dont
il a receu de glorieuſes marques
par fon Teftament ,, &
les dernieres Actions de
fa vie. Cette Princeſſe avoit
de grandes lumieres, & le difcernement
jufte fur le vray
merite . Si les fecrets du Cabinet
n'eſtoient pas des miſteres
, qui ne peuvent eftre dévoilez
, & fur tout en France
depuis le Regne du Roy , que
nous verrions de fagès confeils
donnez par le grand Miniftre
dontje vous parle: Que
GALANT. 137
de zele pour la gloire de l'Etat
& du Roy, & que de bontez
pour fes Sujets ! Les évenemens
nous ont donné ſujet
d'en juger. Nous avons veu
les caufes qui les ont produits
, mais le refte eft impénetrable
, & ce font des fecrets
qu'on ne peut percer.
Si les Miniftres Etrangers qui
l'ont veu dans les Negotiations
, & ont connu la péne
tration de fon efprit , fa bonté
& fa juftice, vouloient parler
, la feule expofition de la
verité feroit fon Eloge , Si les
grands Sujets du Roy qu'il a :
Novembre 1685. MA
138 MERCURE
ramenez à leur devoir , fi fes:
Particuliers qu'il a fervis , fi
les Malheureux qu'il a ſecourus
, publioient tout ce qu'il
a fait en leur faveur , on n'entendroit
par tout que les
louanges de ce zelé & judicieux
Miniftre. Le Roy , qui
connoift mieux que perfonne
le merite des grandsHommes
de fon Royaume, & qui
n'ignoroit rien de tout ce
que je viens de vous dire ,
nomma Monfieur le Tellier
Chancelier & Garde des
Seaux de France , fur la fin de
l'année 1677. Ce choix fut ge
GALANT. 139
fut
neralement applaudy , & ne
pas moins à la gloire de
Sa Majeſté , qu'à l'avantage
de ce Miniftre. Quelque
temps aprés, M le Procureur
General prefenta fes Lettres
de Chancelier au Parlement,
afin qu'elles fuffent enregiſ
trées. Elles y furent leuës
tout haut , & receuës avec un
applaudiffement
qui ne fe
peut concevoir. Elles contenoient
les grands & importans
fervices que ce Miniftre
a rendus à l'Etat , en
Italie pendant le Regne du
feu Roy , en France pendant
Mij
140 MERCURE
la Regence , & enfuite fous
LOUIS le Grand . Parmy
tous les Eloges dont ces Let
tres eftoient remplies , il y
eſtoit expreſſément
marqué
,
Que par fesfoins & par fa prudence
, il avoit beaucoup fervy à
pacifier les Troubles de l'Etat. Mr
le Procureur General fit un
Elogè fort court de ce Miniftre
; mais il dit beaucoup
en peu de paroles , & fit voir
entr'autres chofes , Que M
le Tellier eftoit heureux , d'eftre
né avec toutes les qualitez qui
le rendoient recommandable; heu
reux d'avoir trouvé tant d'occa
GALANT. 141
.
fions de s'employer pour l'Etat ;
heureux de fe voir Chef d'une
Famille qui fecondoit fi bien fon
Zele dans les fervices qu'il ren--
doit inceffamment à ſon Prince ;
heureux d'avoir efté choify pour
remplir la Charge de Chancelier
de France , de l'avoir eftépar
un Roy , dont le juſte diſcernement
eft la marque la plus incontestable
du vray merite ; & heureux enfin
pardeffus toutes chofes , de s'eftre
montré digne des avantages qu'il
poffedoit. Il fut complimenté
de tous les Corps, & M¹ l'Ab
bé Fléchier qui porta la parole
pour l'Academie Fran142
MERCURE
çoiſe , fe fit admirer. Je ne
vous rapporteray point icy .
fon Difcours ; mais feulement
un endroit qui luy attira
beaucoup d'aplaudiffemens.
Il dit de la maniere du monde
la plus délicate , Que fi
M' le Tellier avoit confervé une
pénetration d'efprit , quiſembloir
ne devoir plus eftre de fon age
M de Louvois dés fon entrée
aux Affaires , avoit prévenu par
des connoiffances avantageuses ,
ce qu'il n'y avoit qu'une longue
experience qui luy duft faire acquerir.
M' le Tellier eut à peine !
GALANT . 143
commencé les fonctions de
fa Charge de Chancellier,
qu'il parut auſſi inſtruit des
Affaires de la Chancellerie,
& de tout ce qui les regarde
, que s'il'euft exercé toute
fa vie cette Charge de
Chef de la Juftice . Il s'attacha
fur tout à ſe garentir
des furpriſes , parce que
de grandes précautions , &
fans une application tresexacte
, on eft fouvent expofé
à fceller beaucoup de
chofes , qu'une fevere Juftice
, la Religion & les bonnes
moeurs , obligent à rejetfans
144 MERCURE
ter. Quoy qu'il fuft déja
d'un âge fort avancé , ſes
années ne luy ont point
fervy de pretexte pour fe
donner moins entier à toutes
les fonctions de fa Charhe.
Son efprit a eſté toûjours
égal , & quoy qu'il enviſageaft
fa mort comme
prochaine , & qu'il fuſt toûjours
preparé à la recevoir ,
il marquoit affez par une
heureufe tranquillité qu'il ne
l'apprehendoit pas. On ne
doit point en eftre furpris ,
puis qu'il avoit toûjours vêcu
avec beaucoup de moderation
,
GALANT. 145
deration , & qu'il avoit fait
connoiftre par toutes fes
actions , qu'il n'eftoit attaché
à la vie, qu'autant qu'elle
luy avoit fourny les occafions
de fervir l'Etat & fon
Souverain .
Prefque dans le mefme
temps qu'il fut attaqué de
la maladie dont il eft mort,
il feella ce fameux Edit ,
dont la poſterité n'entendra
parler qu'avec étonnemens
, & qui ouvre le chemin
du Ciel à tant d'Ames ,
à qui l'Herefie l'avoit fermé.
C'eſt ce qui a fait dire
Novembre
1685. N
146 MERCURE
à tout le monde , qu'aprés
avoir feellé cét Edit , M le
Chancellier pouvoit s'écrier
avec raiſon , comme fit S.
Simeon , lors qu'il eut veu
le Fils de Dieu entre fes
bras : Nunc dimittis fervum
tuum Domine. Si S. Simeon
n'avoit plus rien à defirer, M
le Chancelier n'avoit plus
rien à faire ; c'eſt à dire qu'aprés
s'eftre fervy du Sceau
que le Roy luy avoit confié
pour feeller le falut de
tant de milliers d'hommes .
il ne devoit plus rien feeller
, parce qu'il ne pouvoit
:
GALANT. 147
plus imprimer le facré dépoft
que Sa Majeſté luy avoit
remis entre les mains ,
fur aucune choſe qui puſt
eftre fi utile au Monde Chrêtien
. Il femble que Dieu ait
voulu luy donner cette fatisfaction
avant que de l'appeller
à luy , afin qu'il puft
voir les approches de la mort
avec joye , au lieu de les
regarder avec chagrin . S'il
n'avoit eu l'ame grande &
élevée , & s'il n'avoit eſté
preparé à tout comme le
Sage , il auroit fenty toutes
les craintes & tous les fre-
Nij
148 MERCURE
miffemens que donne ordinairemét
ce dernier paffage
,
à ceux qui font affurez qu'ils
n'ont plus que quelques
momens
à vivre , puis qu'il a
veu approcher
la mort , n'étant
point dans fon lit, ayant
le jugement
auffi libre que
s'il euft jouy d'une parfaite
.
fanté , & ne fentant prefque
point de mal. Ce fut ce qui
l'obligea
à demander
à Mª
Fagon , Premier
Medecin
de la feuë Reyne
à qui il fe
confioit
, S'il eftoit poffible
que
l'Ame fe feparaft
du Corpsfans
qu'onfentift plus de mal qu'iln'en
GALANT. 149
fouffroit. Cét habile Medecin
luy ayant fait connoiſtre par
un raiſonnement qui luy
fembla jufte , que cela fe
pouvoit faire , il n'en parut
ny plus agité ny moins tranquile
. Cependant l'eftat où
il fe trouvoit , eft un eſtat
bien plus violent que lors
qu'on eft accablé d'une forte
maladie . Quoy qu'elle
foit telle qu'elle falle croire
aux Medecins qu'on n'en
doit pas échaper , on n'eſt
point fi abfolument condamné
que ce Miniftre l'etoit.
Ainfi tant quo'n ne l'eft
Niij
150 MERCURE
,
point entierement , l'efpoir
qui refte & qui eft fi naturel
à tous les hommes , fait
voir de l'incertitude dans la
mort & en combat les
frayeurs. D'ailleurs l'abatement
où l'on eft dans une
maladie qui accable , empêche
qu'on n'envifage tout ce
que l'on en doit craindre ,
mais Mile Chancelier étant
dans l'eftat que je viens de
vous marquer , voyoit approcher
la mort avec toutés
Îes horreurs qui l'accompagnent
, & c'eft par la ferme.
té qu'il a fait paroiftre dans
GALANT. 151
ce terrible moment qu'il a
rendu fa mort auffi remarquable
que fa vie .Quoy qu'il
fuft fort affuré que la fin en
eftoit proche , iln'a pas laiſſé
de travailler en de certains
temps pour le bien de l'Etat,
& pour des Affaires aufquelles
il eft permis à un
Chreftien de penfer , lors
qu'il fçait qu'il va rendre
compte de toutes fes actions
. Sçachant un jour que
Madame la Chanceliere étoit
à l'Eglife , il dit , qu'elle
eftoit fans doute allé demander
à Dieu le retour de få fanté ,
N iiij
152 MERCURE
mais qu'elle feroit mieux de prier
pour fon falut . Il y penſoit
fans ceffe & difoit , qu'il avoit
peur d'eftre furpris , & de n'avoir
pas tout le jugement necef.
faire quand ce dernier inftant arriveroit.
Il dit à un de fes Amis
qui eft d'un âge fort
avancé & qui le vint voir
en cér eftat , qu'ilfe preparoit
autant qu'il pouvoit au paffage
qu'il alloit faire ; que peut estre
ce feroit bien- toft fon tour , t
qu'il devoit faire encore mieux
que luy. Quelques momens
avant qu'il mouruſt , comme
on le croyoit paffé , &
GALANT. 153
qu'il entendoit que chacun
difoit qu'il eftoit mort , il
prononça d'un air fort tranquille,
quelques paroles d'un
Pleaume , qui faifoient connoiftre
qu'il comprenoit ce
que l'on penfoit de luy . Une
fi jufte application eſt une
marque de l'habitude qu'il
s'eftoit faite d'une lecture fi
fainte. Ainfi il eft mort avec
la mefine tranquillité qu'il a
vêcu , & l'on a toûjours admiré
en luy une moderation
fans exemple , que la fortune
& les grands honneurs
ont efté incapables de cor
154 MERCURE
rompre. Aufſi a - t- il joüy en
mourant du feul avantage
qu'un homme auffi moderé
que luy pouvoit defirer
qui eft de fe voir heureux
dans fa pofterité , & de fçavoir
avant fon trépas le chagrin
que l'on auroit de fa
mort , puifque pendant fes
maladies precedentes
comme
dans cette derniere , le
Peuple eft venu plufieurs
fois en foule à fa porte demander
des nouvelles de fon
mal , & marquer par fes gemiffemens
& fes larmes , la
crainte qu'on avoit qu'il ne
GALANT. 155
1.
mouruft. C'eft un effet de
fa douceur , & de la patience
avec laquelle ce Miniſtre
écoutoit tous les particuliers
, & de l'attachement
qu'il avoit à leur rendre Już
ftice , & à examiner à fond
les affaires qui les regar
doient. Ses grandes charitez
ne contribuoient pas peu
auffi à la douleur de tant
d'ames affligées ; mais il feroit
bien difficile de les bien
mettre icy dans leur jour ,
puis qu'il pratiquoit ce que
' Ecriture enfeigne , & que
fa main gauche ne fçavoit
16 MERCURE
pas ce que fa droite faifoit.
En effet la plus part de ceux
qui recevoient
fes dons, ignoroient
à qui ils en eſtoient
obligez ; mais comme il eſt
difficile que les actions de
cette nature foient entie-
3
rement cachées,parce qu'on
ne peut foulager tant de
malheureux , fans fe fervir
de quelqu'un à qui l'on eft
obligé de fe confier ; il en
échape toûjours quelque
chofe , qui fait que les Inrereffez
penetrent ce qu'on
veut ofter à leur connoif
fance, Comme la vanité n'a
GALANT. 157
jamais rien pû fur l'efprit de
ce modefteMiniftre , & qu'il
fuyoit l'éclat dans les chofes
mefme où il pouvoit en fairé
paroiftre , il avoit quantité
de grandes qualitez &
de vertus cachées , qu'il a
toûjours taché de dérober
aux yeux du public . Je laiffe :
à ceux qui fe font chargez
de fon Eloge Funebre , non
feulement à les découvrir ,
mais à leur donner toute l'é
tendue que demandent de
fi glorieufes veritez . Elles
doivent eftre connues de
tout le monde , afin qu'elles
158 MERCURE
fervent d'exemple à ceux qui
font en eftat de pratiquer les
mefines vertus , & qui étant
entrainez par des panchans
contraires , ont de la peine à
y refifter. Mr le Chancelier
eft mort le 30. du mois d'Octobre
âgé de quatre -vingt
trois ans , aprés avoir donné
des marques d'une refignation
, & d'une fermeté d'ame
qu'il feroit difficile de
bien exprimer. La pieté de
toute fa Famille parut aufſi
en cette occafion , puis qu'avec
toute la pompe requife ,
& le refpect , l'humilité , &
GALANT. 159
la veneration que tous les
vrays Chreftiens doivent avoir
en ces rencontres là, elle
accompagna à pied le Saint
Sacrement, lors qu'on aporta
le Viatique à Mile Chancelier
, & le reconduifit juſqu'à
la Paroiffe , de forte que l'on
fut beaucoup édifié du trifte
éclat , & des manieres humbles
& devotes avec laquelle
cette Ceremonie ſe paſſa . Je
finis pour laiffer parler les
autres , puiſque dans les bornes
que je me fuis prefcrites ,
je n'aurois pas affez d'eſpace
pour ébaucher feulement
160 MERCURE
une vie qui a efté auſſi glorieufe
que longue.
ge
Le Roy qui eftimoit ce fa-
Miniitre , non feulement
à caufe des grands fervices
qu'il luy rendoit , mais encore
parce qu'il eftoit parfaitement
honnefte homme , a
fait voir avant fa mort combien
fa perte luy feroit fen .
fible . Si - toft que Sa Majeſté
en eut receu la nouvelle , Elle
témoigna à ſa Famille , avec
les manieres les plus obligeantes
, la part qu'elle prenoit
à fon déplaifir , & le cas
qu'Elle faifoit du merite de
GALANT. 161
-
feu M le Tellier , & de ce
qui reftoit de fon fang.
les chofes generales qui font
venues à la connoiffance de
M' Magnin, & qui n'ont efté
ignorées prefque de perfonne.
Il y en a tant d'autres à
dire dans une vie auffi longue
Liiij
128 MERCURE
& auffi illuftre qu'a efté celle
de ce Grand Miniftre , que
ma Lettre entiere ne fuffi
roit pas , fi je voulois entrer
en quelque détail des actions
remarquables qui luy ont
fait meriter l'admiration qu'il
s'eft attirée . Ainfi je vay
feulement vous rapporter la
fuite de fes Emplois , dans .
chacun defquels il a rendu
de grands & continuels fervices
à Sa Majefté & à l'Etat ..
Il fut Confeiller au Grand
Confeil en 1623. c'eſt à dire
que dés qu'il eut l'âge porté
par les Ordonnances pour
GALANT. 129
pouvoir adminiſtrer la Juſtice
, il fut pourveu de cette.
Charge . Comme il eftoit encore
jeune , il demeura huit
ans au Confeil . Sa prudence,
fa moderation & fon affiduité
dans un âge fi peu avancé,
firent juger dés lors de ce
qu'il feroit un jour. On vit
bien- toft des effets de cette
grande capacité , puis qu'il
fut enfuite Procureur du Roy
au Chaſtelet . Tout le monde
fçait que c'eft une Charge
qui demande un homme intelligent
, vif, & de probité.
Il eut plufieurs Commiflions
130 MERCURE
importantes ; & la maniere
dont il s'en acquitta
, ayant
fait connoître fon merite, il
fut quelque temps aprés Maî
tre des Requeftes , & le zele
qu'il continua de faire écla
ter dans cette Charge , le
fit nommer Intendant de Ju
ftice dans l'Armée d'Italie
puis Ambaffadeur auprés de
Leurs Alteffes Royales de Sa
voye. Comme les fervices
qu'il rendit en Italie font
connus , & que les Hiftoires
en font pleines, je ne vous en
diray rien.
A fon retour , le feu Ray
GALANT. 131
qui connoiffoit l'entiere application
qu'il avoit euë à
s'acquitter dignement de
tous ces Emplois, & qui voufoit
luy donner d'éclatantes
marques de la pleine fatisfaction
qu'il en avoit , l'honora
de la Charge de Secretaire
d'Etat, vacante par la démiſfion
de M' des-Noyers. Il eut
le Département de la Guerre
, & fervit dans cette Charge
d'une maniere fi utile à
PEtat , & fi agréable aux Generaux
& auxOfficiers, qu'on
luy remit bien - toft tout le
foin desAffaires de la Guerre.
1
132 MERCURE
Il entra enfuite dans le Con
feil , en qualité de Miniftre.
Sa prudence & fon zele ont
toûjours éclaté , pour tout ce
qui a regardé l'auguſte Monarque,
fous l'heureux Regne
duquel nous avons le bonheur
de vivre. Il a fervy ce
Prince pendant les temps les
plus difficiles, avec une fidelité
à l'épreuve de toutes choſes
, & la maniere dont il a
vefcu avec ceux qui s'écartoient
de ce qu'ils devoient
à leur Souverain , leur a toûjours
fait apprehender fes re
montrances. Lors qu'ils ont
GALANT. 133
1
voulu rentrer dans leur de
voir , ils ont tâché plufieurs
fois d'obtenir leur pardon
fon moyen , ne connoiffant
perfonne à qui l'on puft
confier fon honneur & fa vie
par
avec plus de feureté. Je ne
dois pas oublier icy.que pendant
les defordres de Guyenne
, le Roy qui le laiffa au--
prés de feu Monfieur le Duc
d'Orleans , luy donna pouvoir
de figner en ſon abſence
tout ce qui feroit reſolu
pour fon fervice , & qu'il eut
le mefme pouvoir pour le
fecours d'Arras, pendant que
134 MERCURE
les Ennemis eftoient devant
cette Place , le Roy eſtant
alors attaché au Siege de Stenay.
Comme il eftoit d'une
tres - grande importance à
l'Etat de conferver Arras , il
falloit y faire entrer du Secours
, & la Commiſſion de
ce fage & vigilant Miniſtre
fut ample pour tout ce qu'il
jugeroit neceffaire au bien
de la France. Il pourveut a->
vec tant de ponctualité & de
prudence aux preſſans befoins
des Affiegez & des Generaux
de l'Armée , que la
Place fut fecouruë , & les EnGALANT.
135
nemis défaits. Ses manieres
honneftes & obligeantes luy
avoient acquis dés ce tempslà
une eſtime ſi generale, que
pour en eftre convaincu ,ilne
falloit qu'entendre tous les
Officiers dont il avoit fi fouvent
les interefts entre les
mains. Il n'y en avoit aucun
qui ne fe loüaſt de ſa bonté,
& ce n'eftoit pas une petite
preuve de l'humeur bien fai
fante avec laquelle il eſtoit
né, que d'avoir pû contenter
tout le monde dans un cmploy
auffi difficile que le Département
de la Guerre. Ses
136 MERCURE
par
grandes qualitez luy avoient
fait meriter l'entiere confidence
de la ReineMere ,dont
il a receu de glorieuſes marques
par fon Teftament ,, &
les dernieres Actions de
fa vie. Cette Princeſſe avoit
de grandes lumieres, & le difcernement
jufte fur le vray
merite . Si les fecrets du Cabinet
n'eſtoient pas des miſteres
, qui ne peuvent eftre dévoilez
, & fur tout en France
depuis le Regne du Roy , que
nous verrions de fagès confeils
donnez par le grand Miniftre
dontje vous parle: Que
GALANT. 137
de zele pour la gloire de l'Etat
& du Roy, & que de bontez
pour fes Sujets ! Les évenemens
nous ont donné ſujet
d'en juger. Nous avons veu
les caufes qui les ont produits
, mais le refte eft impénetrable
, & ce font des fecrets
qu'on ne peut percer.
Si les Miniftres Etrangers qui
l'ont veu dans les Negotiations
, & ont connu la péne
tration de fon efprit , fa bonté
& fa juftice, vouloient parler
, la feule expofition de la
verité feroit fon Eloge , Si les
grands Sujets du Roy qu'il a :
Novembre 1685. MA
138 MERCURE
ramenez à leur devoir , fi fes:
Particuliers qu'il a fervis , fi
les Malheureux qu'il a ſecourus
, publioient tout ce qu'il
a fait en leur faveur , on n'entendroit
par tout que les
louanges de ce zelé & judicieux
Miniftre. Le Roy , qui
connoift mieux que perfonne
le merite des grandsHommes
de fon Royaume, & qui
n'ignoroit rien de tout ce
que je viens de vous dire ,
nomma Monfieur le Tellier
Chancelier & Garde des
Seaux de France , fur la fin de
l'année 1677. Ce choix fut ge
GALANT. 139
fut
neralement applaudy , & ne
pas moins à la gloire de
Sa Majeſté , qu'à l'avantage
de ce Miniftre. Quelque
temps aprés, M le Procureur
General prefenta fes Lettres
de Chancelier au Parlement,
afin qu'elles fuffent enregiſ
trées. Elles y furent leuës
tout haut , & receuës avec un
applaudiffement
qui ne fe
peut concevoir. Elles contenoient
les grands & importans
fervices que ce Miniftre
a rendus à l'Etat , en
Italie pendant le Regne du
feu Roy , en France pendant
Mij
140 MERCURE
la Regence , & enfuite fous
LOUIS le Grand . Parmy
tous les Eloges dont ces Let
tres eftoient remplies , il y
eſtoit expreſſément
marqué
,
Que par fesfoins & par fa prudence
, il avoit beaucoup fervy à
pacifier les Troubles de l'Etat. Mr
le Procureur General fit un
Elogè fort court de ce Miniftre
; mais il dit beaucoup
en peu de paroles , & fit voir
entr'autres chofes , Que M
le Tellier eftoit heureux , d'eftre
né avec toutes les qualitez qui
le rendoient recommandable; heu
reux d'avoir trouvé tant d'occa
GALANT. 141
.
fions de s'employer pour l'Etat ;
heureux de fe voir Chef d'une
Famille qui fecondoit fi bien fon
Zele dans les fervices qu'il ren--
doit inceffamment à ſon Prince ;
heureux d'avoir efté choify pour
remplir la Charge de Chancelier
de France , de l'avoir eftépar
un Roy , dont le juſte diſcernement
eft la marque la plus incontestable
du vray merite ; & heureux enfin
pardeffus toutes chofes , de s'eftre
montré digne des avantages qu'il
poffedoit. Il fut complimenté
de tous les Corps, & M¹ l'Ab
bé Fléchier qui porta la parole
pour l'Academie Fran142
MERCURE
çoiſe , fe fit admirer. Je ne
vous rapporteray point icy .
fon Difcours ; mais feulement
un endroit qui luy attira
beaucoup d'aplaudiffemens.
Il dit de la maniere du monde
la plus délicate , Que fi
M' le Tellier avoit confervé une
pénetration d'efprit , quiſembloir
ne devoir plus eftre de fon age
M de Louvois dés fon entrée
aux Affaires , avoit prévenu par
des connoiffances avantageuses ,
ce qu'il n'y avoit qu'une longue
experience qui luy duft faire acquerir.
M' le Tellier eut à peine !
GALANT . 143
commencé les fonctions de
fa Charge de Chancellier,
qu'il parut auſſi inſtruit des
Affaires de la Chancellerie,
& de tout ce qui les regarde
, que s'il'euft exercé toute
fa vie cette Charge de
Chef de la Juftice . Il s'attacha
fur tout à ſe garentir
des furpriſes , parce que
de grandes précautions , &
fans une application tresexacte
, on eft fouvent expofé
à fceller beaucoup de
chofes , qu'une fevere Juftice
, la Religion & les bonnes
moeurs , obligent à rejetfans
144 MERCURE
ter. Quoy qu'il fuft déja
d'un âge fort avancé , ſes
années ne luy ont point
fervy de pretexte pour fe
donner moins entier à toutes
les fonctions de fa Charhe.
Son efprit a eſté toûjours
égal , & quoy qu'il enviſageaft
fa mort comme
prochaine , & qu'il fuſt toûjours
preparé à la recevoir ,
il marquoit affez par une
heureufe tranquillité qu'il ne
l'apprehendoit pas. On ne
doit point en eftre furpris ,
puis qu'il avoit toûjours vêcu
avec beaucoup de moderation
,
GALANT. 145
deration , & qu'il avoit fait
connoiftre par toutes fes
actions , qu'il n'eftoit attaché
à la vie, qu'autant qu'elle
luy avoit fourny les occafions
de fervir l'Etat & fon
Souverain .
Prefque dans le mefme
temps qu'il fut attaqué de
la maladie dont il eft mort,
il feella ce fameux Edit ,
dont la poſterité n'entendra
parler qu'avec étonnemens
, & qui ouvre le chemin
du Ciel à tant d'Ames ,
à qui l'Herefie l'avoit fermé.
C'eſt ce qui a fait dire
Novembre
1685. N
146 MERCURE
à tout le monde , qu'aprés
avoir feellé cét Edit , M le
Chancellier pouvoit s'écrier
avec raiſon , comme fit S.
Simeon , lors qu'il eut veu
le Fils de Dieu entre fes
bras : Nunc dimittis fervum
tuum Domine. Si S. Simeon
n'avoit plus rien à defirer, M
le Chancelier n'avoit plus
rien à faire ; c'eſt à dire qu'aprés
s'eftre fervy du Sceau
que le Roy luy avoit confié
pour feeller le falut de
tant de milliers d'hommes .
il ne devoit plus rien feeller
, parce qu'il ne pouvoit
:
GALANT. 147
plus imprimer le facré dépoft
que Sa Majeſté luy avoit
remis entre les mains ,
fur aucune choſe qui puſt
eftre fi utile au Monde Chrêtien
. Il femble que Dieu ait
voulu luy donner cette fatisfaction
avant que de l'appeller
à luy , afin qu'il puft
voir les approches de la mort
avec joye , au lieu de les
regarder avec chagrin . S'il
n'avoit eu l'ame grande &
élevée , & s'il n'avoit eſté
preparé à tout comme le
Sage , il auroit fenty toutes
les craintes & tous les fre-
Nij
148 MERCURE
miffemens que donne ordinairemét
ce dernier paffage
,
à ceux qui font affurez qu'ils
n'ont plus que quelques
momens
à vivre , puis qu'il a
veu approcher
la mort , n'étant
point dans fon lit, ayant
le jugement
auffi libre que
s'il euft jouy d'une parfaite
.
fanté , & ne fentant prefque
point de mal. Ce fut ce qui
l'obligea
à demander
à Mª
Fagon , Premier
Medecin
de la feuë Reyne
à qui il fe
confioit
, S'il eftoit poffible
que
l'Ame fe feparaft
du Corpsfans
qu'onfentift plus de mal qu'iln'en
GALANT. 149
fouffroit. Cét habile Medecin
luy ayant fait connoiſtre par
un raiſonnement qui luy
fembla jufte , que cela fe
pouvoit faire , il n'en parut
ny plus agité ny moins tranquile
. Cependant l'eftat où
il fe trouvoit , eft un eſtat
bien plus violent que lors
qu'on eft accablé d'une forte
maladie . Quoy qu'elle
foit telle qu'elle falle croire
aux Medecins qu'on n'en
doit pas échaper , on n'eſt
point fi abfolument condamné
que ce Miniftre l'etoit.
Ainfi tant quo'n ne l'eft
Niij
150 MERCURE
,
point entierement , l'efpoir
qui refte & qui eft fi naturel
à tous les hommes , fait
voir de l'incertitude dans la
mort & en combat les
frayeurs. D'ailleurs l'abatement
où l'on eft dans une
maladie qui accable , empêche
qu'on n'envifage tout ce
que l'on en doit craindre ,
mais Mile Chancelier étant
dans l'eftat que je viens de
vous marquer , voyoit approcher
la mort avec toutés
Îes horreurs qui l'accompagnent
, & c'eft par la ferme.
té qu'il a fait paroiftre dans
GALANT. 151
ce terrible moment qu'il a
rendu fa mort auffi remarquable
que fa vie .Quoy qu'il
fuft fort affuré que la fin en
eftoit proche , iln'a pas laiſſé
de travailler en de certains
temps pour le bien de l'Etat,
& pour des Affaires aufquelles
il eft permis à un
Chreftien de penfer , lors
qu'il fçait qu'il va rendre
compte de toutes fes actions
. Sçachant un jour que
Madame la Chanceliere étoit
à l'Eglife , il dit , qu'elle
eftoit fans doute allé demander
à Dieu le retour de få fanté ,
N iiij
152 MERCURE
mais qu'elle feroit mieux de prier
pour fon falut . Il y penſoit
fans ceffe & difoit , qu'il avoit
peur d'eftre furpris , & de n'avoir
pas tout le jugement necef.
faire quand ce dernier inftant arriveroit.
Il dit à un de fes Amis
qui eft d'un âge fort
avancé & qui le vint voir
en cér eftat , qu'ilfe preparoit
autant qu'il pouvoit au paffage
qu'il alloit faire ; que peut estre
ce feroit bien- toft fon tour , t
qu'il devoit faire encore mieux
que luy. Quelques momens
avant qu'il mouruſt , comme
on le croyoit paffé , &
GALANT. 153
qu'il entendoit que chacun
difoit qu'il eftoit mort , il
prononça d'un air fort tranquille,
quelques paroles d'un
Pleaume , qui faifoient connoiftre
qu'il comprenoit ce
que l'on penfoit de luy . Une
fi jufte application eſt une
marque de l'habitude qu'il
s'eftoit faite d'une lecture fi
fainte. Ainfi il eft mort avec
la mefine tranquillité qu'il a
vêcu , & l'on a toûjours admiré
en luy une moderation
fans exemple , que la fortune
& les grands honneurs
ont efté incapables de cor
154 MERCURE
rompre. Aufſi a - t- il joüy en
mourant du feul avantage
qu'un homme auffi moderé
que luy pouvoit defirer
qui eft de fe voir heureux
dans fa pofterité , & de fçavoir
avant fon trépas le chagrin
que l'on auroit de fa
mort , puifque pendant fes
maladies precedentes
comme
dans cette derniere , le
Peuple eft venu plufieurs
fois en foule à fa porte demander
des nouvelles de fon
mal , & marquer par fes gemiffemens
& fes larmes , la
crainte qu'on avoit qu'il ne
GALANT. 155
1.
mouruft. C'eft un effet de
fa douceur , & de la patience
avec laquelle ce Miniſtre
écoutoit tous les particuliers
, & de l'attachement
qu'il avoit à leur rendre Już
ftice , & à examiner à fond
les affaires qui les regar
doient. Ses grandes charitez
ne contribuoient pas peu
auffi à la douleur de tant
d'ames affligées ; mais il feroit
bien difficile de les bien
mettre icy dans leur jour ,
puis qu'il pratiquoit ce que
' Ecriture enfeigne , & que
fa main gauche ne fçavoit
16 MERCURE
pas ce que fa droite faifoit.
En effet la plus part de ceux
qui recevoient
fes dons, ignoroient
à qui ils en eſtoient
obligez ; mais comme il eſt
difficile que les actions de
cette nature foient entie-
3
rement cachées,parce qu'on
ne peut foulager tant de
malheureux , fans fe fervir
de quelqu'un à qui l'on eft
obligé de fe confier ; il en
échape toûjours quelque
chofe , qui fait que les Inrereffez
penetrent ce qu'on
veut ofter à leur connoif
fance, Comme la vanité n'a
GALANT. 157
jamais rien pû fur l'efprit de
ce modefteMiniftre , & qu'il
fuyoit l'éclat dans les chofes
mefme où il pouvoit en fairé
paroiftre , il avoit quantité
de grandes qualitez &
de vertus cachées , qu'il a
toûjours taché de dérober
aux yeux du public . Je laiffe :
à ceux qui fe font chargez
de fon Eloge Funebre , non
feulement à les découvrir ,
mais à leur donner toute l'é
tendue que demandent de
fi glorieufes veritez . Elles
doivent eftre connues de
tout le monde , afin qu'elles
158 MERCURE
fervent d'exemple à ceux qui
font en eftat de pratiquer les
mefines vertus , & qui étant
entrainez par des panchans
contraires , ont de la peine à
y refifter. Mr le Chancelier
eft mort le 30. du mois d'Octobre
âgé de quatre -vingt
trois ans , aprés avoir donné
des marques d'une refignation
, & d'une fermeté d'ame
qu'il feroit difficile de
bien exprimer. La pieté de
toute fa Famille parut aufſi
en cette occafion , puis qu'avec
toute la pompe requife ,
& le refpect , l'humilité , &
GALANT. 159
la veneration que tous les
vrays Chreftiens doivent avoir
en ces rencontres là, elle
accompagna à pied le Saint
Sacrement, lors qu'on aporta
le Viatique à Mile Chancelier
, & le reconduifit juſqu'à
la Paroiffe , de forte que l'on
fut beaucoup édifié du trifte
éclat , & des manieres humbles
& devotes avec laquelle
cette Ceremonie ſe paſſa . Je
finis pour laiffer parler les
autres , puiſque dans les bornes
que je me fuis prefcrites ,
je n'aurois pas affez d'eſpace
pour ébaucher feulement
160 MERCURE
une vie qui a efté auſſi glorieufe
que longue.
ge
Le Roy qui eftimoit ce fa-
Miniitre , non feulement
à caufe des grands fervices
qu'il luy rendoit , mais encore
parce qu'il eftoit parfaitement
honnefte homme , a
fait voir avant fa mort combien
fa perte luy feroit fen .
fible . Si - toft que Sa Majeſté
en eut receu la nouvelle , Elle
témoigna à ſa Famille , avec
les manieres les plus obligeantes
, la part qu'elle prenoit
à fon déplaifir , & le cas
qu'Elle faifoit du merite de
GALANT. 161
-
feu M le Tellier , & de ce
qui reftoit de fon fang.
Fermer
Résumé : Emplois, services & mort de Mr le Chancelier. [titre d'après la table]
Michel Le Tellier, ministre distingué, a connu une carrière riche en responsabilités et en honneurs. En 1623, il débuta comme conseiller au Grand Conseil. Par la suite, il occupa les postes de Procureur du Roi au Châtelet, Maître des Requêtes, Intendant de Justice en Italie, et Ambassadeur auprès des Altesses Royales de Savoie. À son retour, il fut nommé Secrétaire d'État chargé de la Guerre, où il se démarqua par son efficacité. Il devint ministre et servit loyalement le roi durant des périodes tumultueuses, jouant un rôle clé dans la défense de la Guyenne et d'Arras. Sa gestion du Département de la Guerre fut particulièrement saluée. En 1677, il fut promu Chancelier et Garde des Sceaux de France, une nomination unanimement applaudie. Le procureur général et l'abbé Fléchier vantèrent ses qualités, son esprit perspicace, et ses services rendus en Italie, en France durant la régence, et sous Louis XIV. Malgré son grand âge, Le Tellier continua à exercer ses fonctions avec zèle. Il signa l'Édit de Fontainebleau peu avant son décès, survenu paisiblement le 30 octobre à l'âge de quatre-vingt-trois ans. Respecté pour sa modération et sa vertu, il fut pleuré par le peuple et sa famille, qui soulignèrent ses services et son intégrité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
23
p. 161-190
Choix que le Roy fait de Mr de Boucherat, pour remplir la place de Chancelier de France, avec tout ce qui regarde cet article, & ce qui a suivy ce choix. [titre d'après la table]
Début :
L'assiduité laborieuse & toute reguliere avec laquelle ce Prince [...]
Mots clefs :
Louis Boucherat, Chancelier, Parlement, Conseiller, Emplois, Maître des requêtes, Justice, Chambres, Prince, Dignité, Commissaires, Honneur, Intendant, Monarque, Mérite, Famille, Comptes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Choix que le Roy fait de Mr de Boucherat, pour remplir la place de Chancelier de France, avec tout ce qui regarde cet article, & ce qui a suivy ce choix. [titre d'après la table]
L'affiduité laboricufe &
toute reguliere avec laquelle
ce Prince s'attache au gouvernement
de fon Etat , luy
donne une connoiffance par
faite de tous les grands Hom
mes de fon Royaume ; & if
en juge par les chofes qu'il
leur voit faire , & qu'il leur
entend dire dans les Confeils
où il eft prefent , par le
zele qu'ils témoignent en
s'acquittant des emplois qu'il
leur confie , par le rapport
qu'ils font des grandes affai
*
Novembre 1685 . O
162 MERCURE
res dont il les charge , & par
mille autres endroits que
nous ne connoiſſons
pas, &
par lefquels ce Monarque
éprouve la capacité, le merite
, & l'exacte maniere de
rendre juſtice de ceux qu'il
veut élever aux plus hautes
Dignitez. Ces raiſons qui
font extremément
glorieufes
à Mr Boucherat , n'ont pas
laiffé long- temps balancer le
Roy fur le choix d'un nouveau
Chancelier
. Comme ce
grand Prince fait toutes chofes
de fon propre mouvement
, qu'il ne veut point de
GALANT. 163
brigues , & qu'on n'ofe pas
meſme en faire , parce qu'on
fçait que non feulement elles
feroient inutiles auprés
de luy , mais encore qu'il les
condamneroit avec une jufte
ſeverité , chacun attendoit
que Sa Majefté declaraft fon
choix qu'Elle fçavoit feule ,
& M de Boucherat mefme
dormoit tranquillement lorf
que le Roy l'envoya querir à
neuf heures du foir , ce qui
fait connoiftre qu'il n'avoit
point l'efprit agité de ces
cruelles inquietudes que dóne
un devorant defir de s'é-
O ij
164 MERCURE
·
lever , qui ne fouffre de repos
ny nuit ny jour à ceux
qui font attaquez d'une paffion
fi violete , M' Boucherat
fe leva, & vint trouver leRoy,
qui fans ceffe occupé des affaires
de fon Etat , travailloit
feul dans fon Cabinet. Sa
Majefté luy declara qu'Elle
le faifoit Chancelier de France,
& en mefme temps luy
donna les Seaux. Ce Prince
ne faifant jamais de Dons
qu'il ne les accompagne de
paroles obligeantes , & d'agrémens
qui en augmentent
encore le prix , quelques
GALANT. 165
grands qu'ils puiffent eftre ,
il dit à M' Boucherat , Qu'en
le faifant Chancelier, il luy demandoit
une chofe , qui eftoit de
l'eftre long-temps. Ce nouveau
Chancelier
fe jetta aux genoux
de Sa Majefté , pour
luy faire les tres-humbles remerciemens
, & ne fongea
point en ce moment à la
grandeur de la Dignité où
ce Prince l'élevoit , mais
au glorieux avantage qu'il
avoit d'eftre choify par
un Roy , dont le difcernement
eft fi jufte , & dont
les choix font fi applau
166 MERCURE
dis . En effet , eftre nommé
Chef de la Juſtice par
LOUIS le Grand , c'eſt un
titre qui le fera diftinguer à
la Pofterité de tous les Chan:
celiers qui n'ont pas efté de
ce regne des miracles. S'il eſtoit
permis d'entrer dans les
fecrets mouvemens du coeur,
je dirois que peut- eſtre en
cet inftant il s'en falut peu
que M Boucherat ne fe cruft
en luy-mefme le plus grand
de tous les Hommes , puis
qu'il recevoit de fi éclatantes
marques d'eftime du plus.
grand de tous les Rois .
GALANT. 167
Aprés vous avoir parlé du
choix de Sa Majefté , il faut
vous faire connoiftre les divers
Emplois , & la Maiſon
de ce nouveau Chancelier.
Il fe nomme Louis Boucherat
, & eft Seigneur de Compans
en France . Il fut d'abord
Correcteur en la Chambre
des Comptes , puis Confeiller
au Parlement de Paris , &
Commiffaire aux Requeſtes
du Palais en 1641. & enfuite
Maistre des Requeftes, Inten
dant de Juftice à Soiffons , &
en Languedoc , Confeiller
d'Etat ordinaire , Confeiller
(
168 MERCURE
d'Honneur au Parlement de
Paris , & Confeiller au Cons
feil Royal des Finances de Sa
Majeſté en 1681. Son zele pour
le fervice du Roy , & l'intereft
du Public , a éclaté dans
rous ces emplois avec une
approbation generale ; ce qui
a fait que depuis l'année 1657,
jufqu'en 1679. il a eſté auffi
Commiffaire de Sa Majefté
aux Etats de Bretagne . En
1670. il fut un des Commiffaires
établis pour la recher
che des Ufurpateurs du titre
de Nobleffe ; & au mois de
Mars 1672. il eut l'honneur
d'eftre
1
GALANT
. 199
d'eftre un des fix Confeillers
d'Etat que Sa Majesté nomma
pour l'affifter lors qu'Elle
tenoit le Sceau en perfonne.
En 1673. il fut étably un des
Commiffaires de la Chambre
Royale,pour la Réunion des
Biens de l'Ordre de Saint Lazare
, & en 1679 , il en fut fait
Prefident. Il fut auffi un des
Commiffaires choifis en 1674
pour juger fouverainement
fe Procez des Acufez de Crimes
contre l'Etat, & en 1679.
il fut Commiffaire & Prefident
de la Chambre Souveraine
établie à l'Arſenal pour
Novembre
1685. P
170 MERCURE
la recherche des Crimes de
Poiſon. En 1683. Sa Majeſté
le fit Chef de la Commiffion
pour le Procez des Treforiers
Provinciaux des Guerres , &
le premier de ce mois , Elle
l'a nommé Chancelier &Garde
des Sceaux de France.
Mr Boucherat , qui vient
d'eftre revétu d'une Dignité
fi éminente, a eu deux Filles
d'Anne Marchant fa premiere
Femme. La premiere eſt
Magdeleine Boucherat,Fem
me d'Henry de Fourcy , Prefident
en la troifiéme Cham
bre des Enquestes du ParleGALANT.
171
ment , & Prevoft des Marchands
de la Ville de Paris.
La feconde eft Catherine
Boucherat , Femme en premicres
Noces d'Henry de
Nefmond S de Saint Difan ,
Maistre des Requeſtes , Intendant
de Juftice à Limoges
; & en fecondes Noces
d'Antoine Barillon S' de Morangis
, Maiſtre des Requeſtes
, Intendant à Caën, & cydevant.
Intendant à Metz &
Alençon , Frere de Paul de
Barillon de Morangis, Confeiller
d'Etat ordinaire , &
Ambafladeur Extraordinaire
Pij
172 MERCUR- E
de Sa Majefté en Angleterre,
De la feconde Femme de M
le Chancelier , nommée Anne
Françoiſe de Lomenie ,
Veuve de Jean de Bretel S
de Gremonville, Maiftre des
Requeſtes , & Intendant en
Champagne , d'une Famille
qui a donné divers Secretaires
d'Eftat , eft venuë Françoife
-Louife-Marie Boucherat,
mariée à Nicolas - Augufte
de Harlay, Comte de Coeli
, & Seigneur de Bonnoeil,
Maiſtre des Requeſtes , Intendant
de Juftice en Bourgogne
, cy - devant l'un des
GALANT. 173
deux Ambaffadeurs Extraor
dinaires & Plenipotentiaires
de France à l'Affemblée de
Francfort , & aux Conferences
de l'Empire. Le Pere de
Mile Chancelier, eftoit Jean
Boucherat s d'Athis prés
Lonjumeau, Doyen des Maî
tres des Comptes de Paris ; &
fon Aycul , Guillaume Boucherat
Auditeur des Comptes
.
Cette Famille porte d'azur
au Cog d'or , & defcend de
Pierre Boucherat S ' de la For
geValcon, Procureur du Roy
à Troyes , l'an 1420. Elle a
Piij
174 MERCURE
donné diverſes perſonnes de
confideration . Nicolas Boucherat
Docteur en Theolo
gie de la Faculté de Paris, Religieux
& Procureur general
de l'Ordre de Citeaux , fut deputé
au Concile de Trente,
où il fit paroiftre fa doctrine
& fa prudence , & obtint la
confirmation des Droits &
Privileges de fon Ordre. Enfuite
il fut éleu Abbé & General
de l'Ordre de Citeaux,
&Confeiller né au Parlement
de Dijon. Il fit divers voyages
vers les Papes Pie V. &
Gregoire XIII . defquels il ob
-
GALANT. 175
tint divers Droits à l'avantage
de fon Ordre. Charles IX.
& Henry III . l'honorerent
de leur eftime , & luy donnerent
diverfes Commiffions
en Bourgogne , dont il s'acquitta
avecfuccés . Il mourut
le 12. Mars 1596. & fut inhu
mé prés le grand Autel de
l'Eglife de Citeaux . Nicolas
Boucherat fon Neveu , Docteur
en Theologie de la Faculté
de Paris, Religieux auffi
de Citeaux, paffa à l'imitation
de fon Oncle, par les principales
Dignitez de cet Ordre.
Il fut Prieur de Citeaux, Ab-
P iiij
176 MERCURE
bé de Vaucelles , Coadjuteur
du General de Citeaux, & en
1604. Abbé & General de cet
Ordre , & Confeiller né au
Parlement de Dijon . Pendant
fon Adminiſtration , il vifita
les Monafteres de fon Ordre
en France , Franche- Comté
Suiffe,haute & baffe Allema
gne , Boheme , Hongrie &
Pais-bas. Il les reforma par
fon exemple , & y établit une
exacte rectitude de la Vie
Monaſtique , & une abſtinence
continuelle de viande.
Il fut deputé diverfes fois
vers les Rois Henry le Grand
"
GALANT. 177
& Louis le Jufte, prefida aux
Etats de Bourgogne , affifta
aux Etats generaux de Fran
ce , tint cinq Chapitres ge
neraux de fon Ordre, & infti
tua le Seminaire de Dole. II
mourut le 3. May 1625. & fut
inhumé auprés de fon Oncle.
Denys Boucherat Abbé
de Pontigny en Bourgogne,
fut Vicaire general de l'Ordre
de Citeaux. Claude Bou+
cherat a efté auffi Abbé de
Pontigny. Jacques Boucherat
fut homme d'armes de la
Compagnie d'Ordonnance
du feu Roy, fous la conduite
178 MERCURE
•
de M' de Pralin , & enfuite
Maiftre d'Hoſtel de Sa Ma
jefté. Jean Boucherat S de
Nogent , a efté Capitaine au
Regiment de Duras . Edmont
Boucherat celebre Avocat
au Parlement de Paris,
fut enfuite Avocat General
au mefme Parlement fous
Henry II . Guillaume Boucherat
fut pourveu de la
Charge de Prefident aux Enqueftes
du Parlement de Paris
, & mourut avant qu'il y
fuft receu. Edmond Bouche
rat 5' de la Mothe,a efté Confeiller
au Grand Confeil
GALANT. 179
Guillaume Boucherat Abbé
de Saint Sever & Prieur de
Nenteuil , fut receu Confeiller
au Parlement de Paris en
1646.La Mere de M' le Chancelier
fe nommoit Catherine
de Machault , d'une ancienne
Famille , qui a donné divers
Prefidens & Confeillers
aux Parlement de Paris ,Grad
Confeil , Cour des Aides , &
autres Compagnies Supe
rieures , divers Confeillers
d'Etat , Maiftres des Reques
queftes , & Intendans de Ju
ftice . Son Aycule Marie Perrot
, eftoit d'une Famille qui
180 MERCURE
}
a donné divers Confeillers
au Parlement. Sa Bifayeule
Louife le Coq , Femme de
Baptifte de Machault Confeiller
au Parlement , eftoit
Fille de Charles le Coq Prefident
en la Cour des Mon.
noyes , & defcendoit du celebre
Jean le Coq Avocat
General au Parlement de
Paris , qui a laiffé un Traité
confiderable des Decifions
du Parlement de fon temps,
& cette Famille a donné di
vers Maiſtres des Requeſtes
& Confeillers au Parlement.
Il y a peu de Familles qui
GALANT. 181
fe puiffent vanter d'autant
d'avantages , foit du coſté de
la naiffance & des alliances ,
foit du cofté des Dignitez
Ecclefiaftiques , ou de celles
de Robe & d'Epée, & de plus
d'ancienneté
à l'égard de ces
Dignitez , qui ont rendu illuftre
le nom de Boucherat ,fur
tout dans le plus augufte Senat
du monde , & dans les
Conciles generaux. Mais il
n'eftoit pas befoin que Mr.
Boucherat tiraft tant de gloire
du cofté de ſes Anceſtres,
puis qu'il ne doit qu'à luymefme
la premiere Dignité
182 MERCURE
de la Robe, dont Sa Majefté
le vient d'honorer. Il ne faut
pour cela que jetter les yeux
fur les diferens Emplois qu
Elle luy a confiez , pour lef
quels il devoit avoir l'intelligence
parfaite de toutes fortes
de Loix , fçavoir les Coûtumes
des Provinces , connoître
à fonds les Finances ,
ne rien ignorer de tout ce
qui regarde les matieres Civiles
& Criminelles , avoir
une forte pénetration d'ef
prit , & eftre porté à rendre
la plus exacte juftice.Le Roy
ayant connu par les diffeGALANT.
183
ress Emplois que M ' de Boucherata
exercez , & par ceux
de confiance qu'il luy a donnez
, qu'il poffedoit toutes
les qualitez qu'on peut fou .
haiter dans un Chancelier de
France, il ne faut pas s'étonner
fi Sa Majeſté ayant ainſi
éprouvé fa capacité & fon
merite , l'a élevé à la haute
Dignité où tout le monde le
voit avec joye. Quoy que
tant de grands & divers emplois
l'ayent toûjours extremément
occupé , il n'a pas
laifféde donner beaucoup de
temps à l'étude , & il a au-
•
184 MERCURE
tant d'érudition que de
politeſſe. Sa pieté eſt connuë,
& chacun fçait combien
les interefts de la Religion
luy ont efté chers quad
il s'eft agy de les foûtenir . II
eft civil & obligeant
, & a
toûjours efté au devant des
occafions de faire plaifir aux
perfonnes de merite. Le fien
eft fi grand, & fa capacité fi
folidement établie , que Meffieurs
de la Chambre des
Comptes en eſtant convaincus
dés le temps qu'il fe prefenta
pour la Charge de Correcteur
, ordonnerent qu'il
GALANT. 18%
y
feroit receu fans Examen.
a lieu d'efperer qu'on le
verra long-temps Chancelier
, puis qu'on affeure que
Mr Boucherat fon Pere , qui
a efté Doyen de cette Chambre
, eft mort âgé de quatre--
vingt-douze ans.
A peine fceut - on que le
Roy l'avoit honoré de cette
importante Charge, que tous
les Corps de Juftice & autres,
fe préparerent à luy en aller
faire leurs Complimens. Les
grands Emplois qui luy ont
efté confiez en divers temps,
leur en fourniffant une am-
Novembre 1685. Q
186 MERCURE
3
ple matiere , ils furent bien
toft en eftat de s'acquitter
d'un devoir fi jufte . La
Chambre
des Comptes
, &
le Grand Confeil y allerent.
Le Parlement, & la Cour des
Aydes, n'y doivent aller qu'-
aprés que les Lettres auront
efté prefentées au Parlement.
On ne peut trop admirer la
memoire & la preſence d'ef
prit de ce digne Chef de la
Juſtice , qui pour répondre à
chaque Compliment , en reprenoit
tout le fens , & s'expliquoit
fur tous les articles
avec une netteté furprenanGALANT.
187
te. Il fit plus , & marqua mefme
à quelques Chefs de ces
Corps , mais d'une maniere
fort honnefte , qu'il fçavoir
qu'il s'y eftoit gliffé des
abus aufquels il falloit remedier
. L'Univerfité l'ayant ha
rangué en Latin , il répondit
qu'ayant l'honneur d'eſtre
chargé de la Parole du Roy ,
il ne devoit parler que la Lan .
gue de ce Monarque; & pour
faire voir que la Latine ne
laiffoit pas de luy eftre fami
liere , il s'en fervit fur la fin
de fa réponſe , avec des expreffions
qui faifoient con-
Q ij.
188 MERCURE
noiftre qu'il la poffedoit parfaitement.
Il a pareillement
receu les Complimens de la
Cour des Monnoyes . M' de
Chauvry qui en eft premier
Prefident , porta la parole .
Les Treforiers de France fe
font auffi acquittez du mef
me devoir par la bouche de
M' de Varoquier, Doyen des
Chevaliers de Saint Michel,
& Prefident au Bureau des
Finances. Il eft d'une naiſſan
ce diftinguée . M' de l'Academie
Françoiſe l'ont auffi
complimenté. M* Boyer,qui
eft prefentement Chancelier
GALANT. 189
de leur Compagnie , parla
avec la jufteffe ordinaire aux
Academiciens. Je vous entretiendray
plus amplement
le mois prochain de tous ces
Complimens , & vous en envoyeray
quelques -uns . J'oubliois
à vous marquer , que
la premiere fois que M³ le
Chancelier donnaSceau, il fit
voir que quoy qu'il ne duft
pas encore avoir toutes les
fumieres que donne une longue
foction dans cette Charge,
il ne pouvoit ñeanmoins
eftre furpris ; il refuſa de
feeller quantité de choſes ,
190 MERCURE
qui n'eftoient pas confor
mes aux Ordonnances .
toute reguliere avec laquelle
ce Prince s'attache au gouvernement
de fon Etat , luy
donne une connoiffance par
faite de tous les grands Hom
mes de fon Royaume ; & if
en juge par les chofes qu'il
leur voit faire , & qu'il leur
entend dire dans les Confeils
où il eft prefent , par le
zele qu'ils témoignent en
s'acquittant des emplois qu'il
leur confie , par le rapport
qu'ils font des grandes affai
*
Novembre 1685 . O
162 MERCURE
res dont il les charge , & par
mille autres endroits que
nous ne connoiſſons
pas, &
par lefquels ce Monarque
éprouve la capacité, le merite
, & l'exacte maniere de
rendre juſtice de ceux qu'il
veut élever aux plus hautes
Dignitez. Ces raiſons qui
font extremément
glorieufes
à Mr Boucherat , n'ont pas
laiffé long- temps balancer le
Roy fur le choix d'un nouveau
Chancelier
. Comme ce
grand Prince fait toutes chofes
de fon propre mouvement
, qu'il ne veut point de
GALANT. 163
brigues , & qu'on n'ofe pas
meſme en faire , parce qu'on
fçait que non feulement elles
feroient inutiles auprés
de luy , mais encore qu'il les
condamneroit avec une jufte
ſeverité , chacun attendoit
que Sa Majefté declaraft fon
choix qu'Elle fçavoit feule ,
& M de Boucherat mefme
dormoit tranquillement lorf
que le Roy l'envoya querir à
neuf heures du foir , ce qui
fait connoiftre qu'il n'avoit
point l'efprit agité de ces
cruelles inquietudes que dóne
un devorant defir de s'é-
O ij
164 MERCURE
·
lever , qui ne fouffre de repos
ny nuit ny jour à ceux
qui font attaquez d'une paffion
fi violete , M' Boucherat
fe leva, & vint trouver leRoy,
qui fans ceffe occupé des affaires
de fon Etat , travailloit
feul dans fon Cabinet. Sa
Majefté luy declara qu'Elle
le faifoit Chancelier de France,
& en mefme temps luy
donna les Seaux. Ce Prince
ne faifant jamais de Dons
qu'il ne les accompagne de
paroles obligeantes , & d'agrémens
qui en augmentent
encore le prix , quelques
GALANT. 165
grands qu'ils puiffent eftre ,
il dit à M' Boucherat , Qu'en
le faifant Chancelier, il luy demandoit
une chofe , qui eftoit de
l'eftre long-temps. Ce nouveau
Chancelier
fe jetta aux genoux
de Sa Majefté , pour
luy faire les tres-humbles remerciemens
, & ne fongea
point en ce moment à la
grandeur de la Dignité où
ce Prince l'élevoit , mais
au glorieux avantage qu'il
avoit d'eftre choify par
un Roy , dont le difcernement
eft fi jufte , & dont
les choix font fi applau
166 MERCURE
dis . En effet , eftre nommé
Chef de la Juſtice par
LOUIS le Grand , c'eſt un
titre qui le fera diftinguer à
la Pofterité de tous les Chan:
celiers qui n'ont pas efté de
ce regne des miracles. S'il eſtoit
permis d'entrer dans les
fecrets mouvemens du coeur,
je dirois que peut- eſtre en
cet inftant il s'en falut peu
que M Boucherat ne fe cruft
en luy-mefme le plus grand
de tous les Hommes , puis
qu'il recevoit de fi éclatantes
marques d'eftime du plus.
grand de tous les Rois .
GALANT. 167
Aprés vous avoir parlé du
choix de Sa Majefté , il faut
vous faire connoiftre les divers
Emplois , & la Maiſon
de ce nouveau Chancelier.
Il fe nomme Louis Boucherat
, & eft Seigneur de Compans
en France . Il fut d'abord
Correcteur en la Chambre
des Comptes , puis Confeiller
au Parlement de Paris , &
Commiffaire aux Requeſtes
du Palais en 1641. & enfuite
Maistre des Requeftes, Inten
dant de Juftice à Soiffons , &
en Languedoc , Confeiller
d'Etat ordinaire , Confeiller
(
168 MERCURE
d'Honneur au Parlement de
Paris , & Confeiller au Cons
feil Royal des Finances de Sa
Majeſté en 1681. Son zele pour
le fervice du Roy , & l'intereft
du Public , a éclaté dans
rous ces emplois avec une
approbation generale ; ce qui
a fait que depuis l'année 1657,
jufqu'en 1679. il a eſté auffi
Commiffaire de Sa Majefté
aux Etats de Bretagne . En
1670. il fut un des Commiffaires
établis pour la recher
che des Ufurpateurs du titre
de Nobleffe ; & au mois de
Mars 1672. il eut l'honneur
d'eftre
1
GALANT
. 199
d'eftre un des fix Confeillers
d'Etat que Sa Majesté nomma
pour l'affifter lors qu'Elle
tenoit le Sceau en perfonne.
En 1673. il fut étably un des
Commiffaires de la Chambre
Royale,pour la Réunion des
Biens de l'Ordre de Saint Lazare
, & en 1679 , il en fut fait
Prefident. Il fut auffi un des
Commiffaires choifis en 1674
pour juger fouverainement
fe Procez des Acufez de Crimes
contre l'Etat, & en 1679.
il fut Commiffaire & Prefident
de la Chambre Souveraine
établie à l'Arſenal pour
Novembre
1685. P
170 MERCURE
la recherche des Crimes de
Poiſon. En 1683. Sa Majeſté
le fit Chef de la Commiffion
pour le Procez des Treforiers
Provinciaux des Guerres , &
le premier de ce mois , Elle
l'a nommé Chancelier &Garde
des Sceaux de France.
Mr Boucherat , qui vient
d'eftre revétu d'une Dignité
fi éminente, a eu deux Filles
d'Anne Marchant fa premiere
Femme. La premiere eſt
Magdeleine Boucherat,Fem
me d'Henry de Fourcy , Prefident
en la troifiéme Cham
bre des Enquestes du ParleGALANT.
171
ment , & Prevoft des Marchands
de la Ville de Paris.
La feconde eft Catherine
Boucherat , Femme en premicres
Noces d'Henry de
Nefmond S de Saint Difan ,
Maistre des Requeſtes , Intendant
de Juftice à Limoges
; & en fecondes Noces
d'Antoine Barillon S' de Morangis
, Maiſtre des Requeſtes
, Intendant à Caën, & cydevant.
Intendant à Metz &
Alençon , Frere de Paul de
Barillon de Morangis, Confeiller
d'Etat ordinaire , &
Ambafladeur Extraordinaire
Pij
172 MERCUR- E
de Sa Majefté en Angleterre,
De la feconde Femme de M
le Chancelier , nommée Anne
Françoiſe de Lomenie ,
Veuve de Jean de Bretel S
de Gremonville, Maiftre des
Requeſtes , & Intendant en
Champagne , d'une Famille
qui a donné divers Secretaires
d'Eftat , eft venuë Françoife
-Louife-Marie Boucherat,
mariée à Nicolas - Augufte
de Harlay, Comte de Coeli
, & Seigneur de Bonnoeil,
Maiſtre des Requeſtes , Intendant
de Juftice en Bourgogne
, cy - devant l'un des
GALANT. 173
deux Ambaffadeurs Extraor
dinaires & Plenipotentiaires
de France à l'Affemblée de
Francfort , & aux Conferences
de l'Empire. Le Pere de
Mile Chancelier, eftoit Jean
Boucherat s d'Athis prés
Lonjumeau, Doyen des Maî
tres des Comptes de Paris ; &
fon Aycul , Guillaume Boucherat
Auditeur des Comptes
.
Cette Famille porte d'azur
au Cog d'or , & defcend de
Pierre Boucherat S ' de la For
geValcon, Procureur du Roy
à Troyes , l'an 1420. Elle a
Piij
174 MERCURE
donné diverſes perſonnes de
confideration . Nicolas Boucherat
Docteur en Theolo
gie de la Faculté de Paris, Religieux
& Procureur general
de l'Ordre de Citeaux , fut deputé
au Concile de Trente,
où il fit paroiftre fa doctrine
& fa prudence , & obtint la
confirmation des Droits &
Privileges de fon Ordre. Enfuite
il fut éleu Abbé & General
de l'Ordre de Citeaux,
&Confeiller né au Parlement
de Dijon. Il fit divers voyages
vers les Papes Pie V. &
Gregoire XIII . defquels il ob
-
GALANT. 175
tint divers Droits à l'avantage
de fon Ordre. Charles IX.
& Henry III . l'honorerent
de leur eftime , & luy donnerent
diverfes Commiffions
en Bourgogne , dont il s'acquitta
avecfuccés . Il mourut
le 12. Mars 1596. & fut inhu
mé prés le grand Autel de
l'Eglife de Citeaux . Nicolas
Boucherat fon Neveu , Docteur
en Theologie de la Faculté
de Paris, Religieux auffi
de Citeaux, paffa à l'imitation
de fon Oncle, par les principales
Dignitez de cet Ordre.
Il fut Prieur de Citeaux, Ab-
P iiij
176 MERCURE
bé de Vaucelles , Coadjuteur
du General de Citeaux, & en
1604. Abbé & General de cet
Ordre , & Confeiller né au
Parlement de Dijon . Pendant
fon Adminiſtration , il vifita
les Monafteres de fon Ordre
en France , Franche- Comté
Suiffe,haute & baffe Allema
gne , Boheme , Hongrie &
Pais-bas. Il les reforma par
fon exemple , & y établit une
exacte rectitude de la Vie
Monaſtique , & une abſtinence
continuelle de viande.
Il fut deputé diverfes fois
vers les Rois Henry le Grand
"
GALANT. 177
& Louis le Jufte, prefida aux
Etats de Bourgogne , affifta
aux Etats generaux de Fran
ce , tint cinq Chapitres ge
neraux de fon Ordre, & infti
tua le Seminaire de Dole. II
mourut le 3. May 1625. & fut
inhumé auprés de fon Oncle.
Denys Boucherat Abbé
de Pontigny en Bourgogne,
fut Vicaire general de l'Ordre
de Citeaux. Claude Bou+
cherat a efté auffi Abbé de
Pontigny. Jacques Boucherat
fut homme d'armes de la
Compagnie d'Ordonnance
du feu Roy, fous la conduite
178 MERCURE
•
de M' de Pralin , & enfuite
Maiftre d'Hoſtel de Sa Ma
jefté. Jean Boucherat S de
Nogent , a efté Capitaine au
Regiment de Duras . Edmont
Boucherat celebre Avocat
au Parlement de Paris,
fut enfuite Avocat General
au mefme Parlement fous
Henry II . Guillaume Boucherat
fut pourveu de la
Charge de Prefident aux Enqueftes
du Parlement de Paris
, & mourut avant qu'il y
fuft receu. Edmond Bouche
rat 5' de la Mothe,a efté Confeiller
au Grand Confeil
GALANT. 179
Guillaume Boucherat Abbé
de Saint Sever & Prieur de
Nenteuil , fut receu Confeiller
au Parlement de Paris en
1646.La Mere de M' le Chancelier
fe nommoit Catherine
de Machault , d'une ancienne
Famille , qui a donné divers
Prefidens & Confeillers
aux Parlement de Paris ,Grad
Confeil , Cour des Aides , &
autres Compagnies Supe
rieures , divers Confeillers
d'Etat , Maiftres des Reques
queftes , & Intendans de Ju
ftice . Son Aycule Marie Perrot
, eftoit d'une Famille qui
180 MERCURE
}
a donné divers Confeillers
au Parlement. Sa Bifayeule
Louife le Coq , Femme de
Baptifte de Machault Confeiller
au Parlement , eftoit
Fille de Charles le Coq Prefident
en la Cour des Mon.
noyes , & defcendoit du celebre
Jean le Coq Avocat
General au Parlement de
Paris , qui a laiffé un Traité
confiderable des Decifions
du Parlement de fon temps,
& cette Famille a donné di
vers Maiſtres des Requeſtes
& Confeillers au Parlement.
Il y a peu de Familles qui
GALANT. 181
fe puiffent vanter d'autant
d'avantages , foit du coſté de
la naiffance & des alliances ,
foit du cofté des Dignitez
Ecclefiaftiques , ou de celles
de Robe & d'Epée, & de plus
d'ancienneté
à l'égard de ces
Dignitez , qui ont rendu illuftre
le nom de Boucherat ,fur
tout dans le plus augufte Senat
du monde , & dans les
Conciles generaux. Mais il
n'eftoit pas befoin que Mr.
Boucherat tiraft tant de gloire
du cofté de ſes Anceſtres,
puis qu'il ne doit qu'à luymefme
la premiere Dignité
182 MERCURE
de la Robe, dont Sa Majefté
le vient d'honorer. Il ne faut
pour cela que jetter les yeux
fur les diferens Emplois qu
Elle luy a confiez , pour lef
quels il devoit avoir l'intelligence
parfaite de toutes fortes
de Loix , fçavoir les Coûtumes
des Provinces , connoître
à fonds les Finances ,
ne rien ignorer de tout ce
qui regarde les matieres Civiles
& Criminelles , avoir
une forte pénetration d'ef
prit , & eftre porté à rendre
la plus exacte juftice.Le Roy
ayant connu par les diffeGALANT.
183
ress Emplois que M ' de Boucherata
exercez , & par ceux
de confiance qu'il luy a donnez
, qu'il poffedoit toutes
les qualitez qu'on peut fou .
haiter dans un Chancelier de
France, il ne faut pas s'étonner
fi Sa Majeſté ayant ainſi
éprouvé fa capacité & fon
merite , l'a élevé à la haute
Dignité où tout le monde le
voit avec joye. Quoy que
tant de grands & divers emplois
l'ayent toûjours extremément
occupé , il n'a pas
laifféde donner beaucoup de
temps à l'étude , & il a au-
•
184 MERCURE
tant d'érudition que de
politeſſe. Sa pieté eſt connuë,
& chacun fçait combien
les interefts de la Religion
luy ont efté chers quad
il s'eft agy de les foûtenir . II
eft civil & obligeant
, & a
toûjours efté au devant des
occafions de faire plaifir aux
perfonnes de merite. Le fien
eft fi grand, & fa capacité fi
folidement établie , que Meffieurs
de la Chambre des
Comptes en eſtant convaincus
dés le temps qu'il fe prefenta
pour la Charge de Correcteur
, ordonnerent qu'il
GALANT. 18%
y
feroit receu fans Examen.
a lieu d'efperer qu'on le
verra long-temps Chancelier
, puis qu'on affeure que
Mr Boucherat fon Pere , qui
a efté Doyen de cette Chambre
, eft mort âgé de quatre--
vingt-douze ans.
A peine fceut - on que le
Roy l'avoit honoré de cette
importante Charge, que tous
les Corps de Juftice & autres,
fe préparerent à luy en aller
faire leurs Complimens. Les
grands Emplois qui luy ont
efté confiez en divers temps,
leur en fourniffant une am-
Novembre 1685. Q
186 MERCURE
3
ple matiere , ils furent bien
toft en eftat de s'acquitter
d'un devoir fi jufte . La
Chambre
des Comptes
, &
le Grand Confeil y allerent.
Le Parlement, & la Cour des
Aydes, n'y doivent aller qu'-
aprés que les Lettres auront
efté prefentées au Parlement.
On ne peut trop admirer la
memoire & la preſence d'ef
prit de ce digne Chef de la
Juſtice , qui pour répondre à
chaque Compliment , en reprenoit
tout le fens , & s'expliquoit
fur tous les articles
avec une netteté furprenanGALANT.
187
te. Il fit plus , & marqua mefme
à quelques Chefs de ces
Corps , mais d'une maniere
fort honnefte , qu'il fçavoir
qu'il s'y eftoit gliffé des
abus aufquels il falloit remedier
. L'Univerfité l'ayant ha
rangué en Latin , il répondit
qu'ayant l'honneur d'eſtre
chargé de la Parole du Roy ,
il ne devoit parler que la Lan .
gue de ce Monarque; & pour
faire voir que la Latine ne
laiffoit pas de luy eftre fami
liere , il s'en fervit fur la fin
de fa réponſe , avec des expreffions
qui faifoient con-
Q ij.
188 MERCURE
noiftre qu'il la poffedoit parfaitement.
Il a pareillement
receu les Complimens de la
Cour des Monnoyes . M' de
Chauvry qui en eft premier
Prefident , porta la parole .
Les Treforiers de France fe
font auffi acquittez du mef
me devoir par la bouche de
M' de Varoquier, Doyen des
Chevaliers de Saint Michel,
& Prefident au Bureau des
Finances. Il eft d'une naiſſan
ce diftinguée . M' de l'Academie
Françoiſe l'ont auffi
complimenté. M* Boyer,qui
eft prefentement Chancelier
GALANT. 189
de leur Compagnie , parla
avec la jufteffe ordinaire aux
Academiciens. Je vous entretiendray
plus amplement
le mois prochain de tous ces
Complimens , & vous en envoyeray
quelques -uns . J'oubliois
à vous marquer , que
la premiere fois que M³ le
Chancelier donnaSceau, il fit
voir que quoy qu'il ne duft
pas encore avoir toutes les
fumieres que donne une longue
foction dans cette Charge,
il ne pouvoit ñeanmoins
eftre furpris ; il refuſa de
feeller quantité de choſes ,
190 MERCURE
qui n'eftoient pas confor
mes aux Ordonnances .
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Résumé : Choix que le Roy fait de Mr de Boucherat, pour remplir la place de Chancelier de France, avec tout ce qui regarde cet article, & ce qui a suivy ce choix. [titre d'après la table]
En novembre 1685, Louis XIV nomma Louis Boucherat, seigneur de Compans, au poste de Chancelier de France. Cette nomination fut justifiée par les compétences, le mérite et le dévouement de Boucherat, démontrés à travers diverses fonctions prestigieuses telles que correcteur à la Chambre des Comptes, conseiller au Parlement de Paris, maître des requêtes, et intendant de justice. Boucherat avait également servi comme commissaire pour la recherche des usurpateurs de titres nobles et conseiller d'État. Sa nomination reflétait une haute estime royale. Boucherat eut trois filles : deux de son premier mariage avec Anne Marchant et une de son second mariage avec Anne Françoise de Lomenie. La famille Boucherat est distinguée et remonte à Pierre Boucherat, procureur du roi à Troyes en 1420. Parmi les membres notables, on trouve Nicolas Boucherat, docteur en théologie et député au Concile de Trente, et son neveu, également nommé Nicolas, Abbé et Général de l'Ordre de Citeaux. D'autres membres illustres incluent Denis Boucherat, Abbé de Pontigny, Jacques Boucherat, homme d'armes, et Edmond Boucherat, avocat célèbre au Parlement de Paris. La mère du chancelier, Catherine de Machault, appartenait à une famille distinguée ayant produit plusieurs présidents et conseillers au Parlement de Paris. En tant que Chancelier, Boucherat fut apprécié pour son caractère civil et obligeant, ainsi que pour sa grande réputation et ses capacités. Sa nomination fut accueillie favorablement par divers corps de justice et institutions. Boucherat impressionna par sa mémoire et sa présence d'esprit, soulignant certains abus nécessitant des remèdes et insistant sur l'usage de la langue française dans ses fonctions officielles. Il reçut des félicitations de plusieurs institutions, dont la Cour des Monnoyes, les Trésoriers de France, et l'Académie Française. Lors de sa première utilisation du sceau, Boucherat montra une connaissance approfondie des ordonnances, refusant de sceller des documents non conformes.
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24
p. 25-35
Morts. [titre d'après la table]
Début :
Outre les Morts dont je vous parlay la derniere fois, on a [...]
Mots clefs :
Décès, Messire, Famille, Seigneur, De Vyon, Conseiller, Parlement, Maître des requêtes, Dame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
Outre les Morts dont je
vous parlay la derniere fois,
on a perdu pendant le mois
de Novembre quelques autres
Perfonnes confiderables,
dont voicy les Noms.
' D
ecembre 1685. C
20 MERCURE
Meffire François de Vyon,
S'de Teffancourt . Il avoit
époufe Gabrielle leCoigneux,
dont il a eu René de Vyon,
St de Teffancourt , & Jean-
François de Vyon, Chevalier
de l'Ordre de S. Jean de Jerufalem.
Cette Famille , qui
eft originaire de Bourgogne,
eſt établie au Vexin , depuis
deux cens ans. Entre ceux qui
en font fortis , & qui ont fignalé
leur nom , fe trouvent
Louis de Vyon , Seigneur
Chaſtelain de Vaux prés de
Meulan , qui fous le Regne
de Charles VIII . fut fait CheGALANT.
27
-
les
valier au Siege de Theroüenne.
Denys de Vyon , qui
ayant eſté receu Chevalier
de Malte en 1594. fut enfuite
grand Prieur de Champagne
; Denys de Vyon fon
Neveu , receu Chevalier de
Malte en 1630. & tué par
Turcs en 1638. à la prife de
deux Galeres d'un Renegat
de Marſeille. Guillaume de
Vyon St de Chandon , fut
tué à la priſe de Ham en 1595.
De Vyon , qui porte de
gueules à trois Aigles d'argent ,
eft allié aux de Barville , de
Damas , de Joigny , de Ja-
C ij
28 MERCURE
nailhac, de Marconville , Bochart-
Champigny , Dailly,
de la Fontaine , de Saint Simon
, de Piennes , & autres ,
De cette Famille eft M de
Vyon S ' d'Herouval , ſi recommandable
par les Recherches
de l'Antiquité de
noftre Hiftoire, dont il a fait
part au public.
Quant à Gabrielle le Coigneux
, Femme de M' de
Vyon de Teffancourt , elle
porte d'azur à trois Porcs- épics
d'or. Elle eft Fille de Jacques
leCoigneux S¹ de Bezonville,
& de Marie Garnier , petite
GALANT. 29
Fille d'Edoüart lê Coigneux
S* de Bezonville , Confeiller
au Parlement de Paris , &
d'Elizabeth Bourdin : & arriere
petite Fille de Jacques
le Coigneux , S de Sandricourt,
Confeiller en la Grand
Chambre du Parlement de
Paris , & de Geneviefve
de
Montholon
, Fille de François
de Montholon , Seigneur
d'Auberviliers
, Garde des
Seaux de France , & de Geneviefve
Chartier Dame Patronne
de Vaugirard .
Cette Famille de le Coigneux
, a donné deux Prefi-
C iij
30 MERCURE
dens au Mortier , & divers
Confeillers au Parlement de
Paris , un Chancelier de feu
Monfieur le Duc d'Orleans ,
des Maiſtres des Requeſtes ,
divers Officiers en la Chambre
des Comptes , Grand
Confeil , & Chaftelet de Paris.
La Famille des le Coigneux
, eſt aliée aux le Gendre
de Villeroy, de Longueil,
de Montholon, Chippard-de
la Grand-maiſon , Daloigny,
Cerifier , Bitault , de Chaumont
, Hurault , Particelli
de Thoré, Marefchal, Sachot ,
& autres.
GALÂNT. · 31
1
Meffire François le Maiſtre
S' de Belocq de Perfac, Confeiller
en la Grand Chambre
du Parlement, mort environ
dans le mefme temps. Il fut
receu le 11. Juillet 1653. & di-,
ftribué en la cinquiéme Chabre
des Enquestes. Son Pere
eftoit Gilles le Maiftre S' de
Ferrieres Confeiller au Parlement
; fon Ayeul Gilles le
Maistre S ' de Ferrieres , Capitaine
d'une Compagnie de
Chevaux Legers ; fon Bifayeul
Jean le Maiſtre , Maî
tre des Requeftes ; fon Trifayeul
Gilles le Maiſtre, Avo-
C iiij
32 MERCURE
cat General , puis premier ,
Prefident au Parlement de
Paris , fous le Regne deHenry
fecond . Sa Mere fe nommoit
Marie Paftoureau , Fille
de François Paftoureau Baron
de Sanfac Confeiller
en la Grand Chambre. Son
Ayeule eftoit Marie Hennequin
, Fille de Claude Henquin
S de Bermainville
Maistre des Requeſtes ; fa
Bifayeule Catherine Herbelot
Dame de Ferrieres , Fille
de Nicolas Herbelot Seigneur
de Ferrieres , & Maître
des Comptes à Paris, & fa
GALANT. 33
Trifayeule. Marie Sapin, Fille
de Jean Sepin Seigneur de
Rozieres & de la Bretaiche .
M' le Maiſtre de Belocq de
Perfac, qui vient de mourir,
avoit fon Frere aifné Jean le
Maitre S' de Ferrieres , Confeiller
au Parlement de Paris ,
qui de Dame Renée Davy de
la Fautriere , Fille de Laurent
Davy, Seigneur de la Fautriere
en Anjou, Maiftre des Requeftes
, à laiffé un Fils nommé
Gilles le Maiſtre S'de Ferrieres
, qui fait paroiſtre fa
capacité par les Plaidoyez .
qu'il fait en la fonction d'A34
MERCURE
vocat au Parlement , & plufieurs
Filles , dont l'une eft
Chanoineffe , & l'autre a époufé
Louis de Lafferé , Confeiller
en la deuxième Chambre
des Requeſtes du Palais,
le Maistre porté d'azur à trois
foucis d'or. Par le deceds de M
le Maiftre , Meffire Jean Bo
chart S de Sarron , Doyen des
Confeillers de la cinquiénte
Chambre des Enqueſtes , où
il fut receu le 3. Aouſt 1653 .
eft monté à la Grand Chambre.
Meffire Jean de la Guillau
mie , Secretaire du Roy , &
GALANT
35
Greffier du Confeil Privé, eft
mort auffi depuis quelque
temps dans fa 68. année . Il
avoit époufé Catherine Laement
, Fille de Pierre Lalement
Maiftre des Requeftes,
& de Marie Brodeau . Îl a laiffé
deux Fils & trois Filles.
L'aînée des Filles , Marie- Ane
de la Guillaumie eft mariée
à Charles -François de
Montholon, Seigneur d'Aubervilliers
, Confeiller au
Grand Confeil . La Guillaumie,
porte d'azur du Chevron
d'or accompagné de trois Croif-
Fans montans de mesme.
vous parlay la derniere fois,
on a perdu pendant le mois
de Novembre quelques autres
Perfonnes confiderables,
dont voicy les Noms.
' D
ecembre 1685. C
20 MERCURE
Meffire François de Vyon,
S'de Teffancourt . Il avoit
époufe Gabrielle leCoigneux,
dont il a eu René de Vyon,
St de Teffancourt , & Jean-
François de Vyon, Chevalier
de l'Ordre de S. Jean de Jerufalem.
Cette Famille , qui
eft originaire de Bourgogne,
eſt établie au Vexin , depuis
deux cens ans. Entre ceux qui
en font fortis , & qui ont fignalé
leur nom , fe trouvent
Louis de Vyon , Seigneur
Chaſtelain de Vaux prés de
Meulan , qui fous le Regne
de Charles VIII . fut fait CheGALANT.
27
-
les
valier au Siege de Theroüenne.
Denys de Vyon , qui
ayant eſté receu Chevalier
de Malte en 1594. fut enfuite
grand Prieur de Champagne
; Denys de Vyon fon
Neveu , receu Chevalier de
Malte en 1630. & tué par
Turcs en 1638. à la prife de
deux Galeres d'un Renegat
de Marſeille. Guillaume de
Vyon St de Chandon , fut
tué à la priſe de Ham en 1595.
De Vyon , qui porte de
gueules à trois Aigles d'argent ,
eft allié aux de Barville , de
Damas , de Joigny , de Ja-
C ij
28 MERCURE
nailhac, de Marconville , Bochart-
Champigny , Dailly,
de la Fontaine , de Saint Simon
, de Piennes , & autres ,
De cette Famille eft M de
Vyon S ' d'Herouval , ſi recommandable
par les Recherches
de l'Antiquité de
noftre Hiftoire, dont il a fait
part au public.
Quant à Gabrielle le Coigneux
, Femme de M' de
Vyon de Teffancourt , elle
porte d'azur à trois Porcs- épics
d'or. Elle eft Fille de Jacques
leCoigneux S¹ de Bezonville,
& de Marie Garnier , petite
GALANT. 29
Fille d'Edoüart lê Coigneux
S* de Bezonville , Confeiller
au Parlement de Paris , &
d'Elizabeth Bourdin : & arriere
petite Fille de Jacques
le Coigneux , S de Sandricourt,
Confeiller en la Grand
Chambre du Parlement de
Paris , & de Geneviefve
de
Montholon
, Fille de François
de Montholon , Seigneur
d'Auberviliers
, Garde des
Seaux de France , & de Geneviefve
Chartier Dame Patronne
de Vaugirard .
Cette Famille de le Coigneux
, a donné deux Prefi-
C iij
30 MERCURE
dens au Mortier , & divers
Confeillers au Parlement de
Paris , un Chancelier de feu
Monfieur le Duc d'Orleans ,
des Maiſtres des Requeſtes ,
divers Officiers en la Chambre
des Comptes , Grand
Confeil , & Chaftelet de Paris.
La Famille des le Coigneux
, eſt aliée aux le Gendre
de Villeroy, de Longueil,
de Montholon, Chippard-de
la Grand-maiſon , Daloigny,
Cerifier , Bitault , de Chaumont
, Hurault , Particelli
de Thoré, Marefchal, Sachot ,
& autres.
GALÂNT. · 31
1
Meffire François le Maiſtre
S' de Belocq de Perfac, Confeiller
en la Grand Chambre
du Parlement, mort environ
dans le mefme temps. Il fut
receu le 11. Juillet 1653. & di-,
ftribué en la cinquiéme Chabre
des Enquestes. Son Pere
eftoit Gilles le Maiftre S' de
Ferrieres Confeiller au Parlement
; fon Ayeul Gilles le
Maistre S ' de Ferrieres , Capitaine
d'une Compagnie de
Chevaux Legers ; fon Bifayeul
Jean le Maiſtre , Maî
tre des Requeftes ; fon Trifayeul
Gilles le Maiſtre, Avo-
C iiij
32 MERCURE
cat General , puis premier ,
Prefident au Parlement de
Paris , fous le Regne deHenry
fecond . Sa Mere fe nommoit
Marie Paftoureau , Fille
de François Paftoureau Baron
de Sanfac Confeiller
en la Grand Chambre. Son
Ayeule eftoit Marie Hennequin
, Fille de Claude Henquin
S de Bermainville
Maistre des Requeſtes ; fa
Bifayeule Catherine Herbelot
Dame de Ferrieres , Fille
de Nicolas Herbelot Seigneur
de Ferrieres , & Maître
des Comptes à Paris, & fa
GALANT. 33
Trifayeule. Marie Sapin, Fille
de Jean Sepin Seigneur de
Rozieres & de la Bretaiche .
M' le Maiſtre de Belocq de
Perfac, qui vient de mourir,
avoit fon Frere aifné Jean le
Maitre S' de Ferrieres , Confeiller
au Parlement de Paris ,
qui de Dame Renée Davy de
la Fautriere , Fille de Laurent
Davy, Seigneur de la Fautriere
en Anjou, Maiftre des Requeftes
, à laiffé un Fils nommé
Gilles le Maiſtre S'de Ferrieres
, qui fait paroiſtre fa
capacité par les Plaidoyez .
qu'il fait en la fonction d'A34
MERCURE
vocat au Parlement , & plufieurs
Filles , dont l'une eft
Chanoineffe , & l'autre a époufé
Louis de Lafferé , Confeiller
en la deuxième Chambre
des Requeſtes du Palais,
le Maistre porté d'azur à trois
foucis d'or. Par le deceds de M
le Maiftre , Meffire Jean Bo
chart S de Sarron , Doyen des
Confeillers de la cinquiénte
Chambre des Enqueſtes , où
il fut receu le 3. Aouſt 1653 .
eft monté à la Grand Chambre.
Meffire Jean de la Guillau
mie , Secretaire du Roy , &
GALANT
35
Greffier du Confeil Privé, eft
mort auffi depuis quelque
temps dans fa 68. année . Il
avoit époufé Catherine Laement
, Fille de Pierre Lalement
Maiftre des Requeftes,
& de Marie Brodeau . Îl a laiffé
deux Fils & trois Filles.
L'aînée des Filles , Marie- Ane
de la Guillaumie eft mariée
à Charles -François de
Montholon, Seigneur d'Aubervilliers
, Confeiller au
Grand Confeil . La Guillaumie,
porte d'azur du Chevron
d'or accompagné de trois Croif-
Fans montans de mesme.
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Résumé : Morts. [titre d'après la table]
En novembre 1685, plusieurs personnalités notables ont décédé, parmi lesquelles François de Vyon, seigneur de Tessancourt. Il avait épousé Gabrielle Le Coigneux, avec qui il eut René de Vyon, seigneur de Tessancourt, et Jean-François de Vyon, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. La famille Vyon, originaire de Bourgogne, s'est installée dans le Vexin deux siècles auparavant. Parmi ses membres illustres, on compte Louis de Vyon, chevalier lors du siège de Théroüenne sous Charles VIII, Denys de Vyon, grand prieur de Champagne, et Guillaume de Vyon, mort à la prise de Ham en 1595. La famille Vyon est alliée à plusieurs maisons nobles, notamment les Barville, Damas et Saint-Simon. Gabrielle Le Coigneux, épouse de François de Vyon, porte les armes d'azur à trois porcs-épics d'or. Elle est la fille de Jacques Le Coigneux, seigneur de Bezonville, et de Marie Garnier. La famille Le Coigneux a fourni deux présidents au Mortier et divers conseillers au Parlement de Paris, et est alliée aux familles Montholon et Hurault. François Le Maistre, seigneur de Belocq de Perfac et conseiller au Parlement, est également décédé. Il était le fils de Gilles Le Maistre, seigneur de Ferrières, et le petit-fils de Jean Le Maistre, maître des Requêtes. Sa mère était Marie Pastoureau, fille de François Pastoureau, baron de Sanfac. La famille Le Maistre compte plusieurs membres ayant occupé des postes importants, tels qu'avocats généraux et présidents au Parlement de Paris. Jean Bochart, seigneur de Sarron et doyen des conseillers de la cinquième Chambre des Enquêtes, a succédé à Le Maistre.
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25
p. 108-114
Morts. [titre d'après la table]
Début :
Nous avons perdu sur la fin du dernier mois quelques [...]
Mots clefs :
Conseiller, Parlement, Paris, Chambre, Secrétaire, Président, Balthazar Phélypeaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
Nous avons perdu sur la
fin du dernier mois quelques
Personnes considerables,dont
voicy les noms.
Messire François Gatien.)
receu le 13. Juillet 1685. Conseiller
au Parlement de Paris,
en la feconde Chambre des
Requestes du Palais. Il avoic
esté auparavant Conseiller au
Chastelet.
Messire Louis Rose de
Coye, Secretaire du Cabinet
du Roy, & Conseiller au
Parlement de Mets. lialaisse
des Enfans de Dame de
IluLFilie de Messire Louis
deBailleul, Marquis de Chasteau-
Gontierj & President au
Mortier au Parlement de Paris,
& petite-Fille de Messire
Nicolas de Bailleul
)
aussi President
au Mortier dans le même
Parlement, & Surintendant
des Finances de France.
M. de Coyeestoit Fils de
MessireToussaintRose
,
President
en la Chambre des
Comptes de Paris, & Secrétaire
du Cabinet du Roy.
Ceil: un homme d'un merite
tres distingué; vous sçavez
qu'il est de l'Academie Françoise.
Dame Madeleine Danguechin.
Elle estoitVeuve de
Messire Paul Hay, Marquis
du Chatelet, Conseiller d'Etat
ordinaire
,
qui elloit de
l'Academie Françoise,& d'une
ancienneFamille de Bcetagne.
La Famille des £)a£Lguea
chin a donné divers Officiers
auParlement & plusieurs
Procureurs Generaux à la
Cour des Aides -de Paris3 &
gorte d'argent à trois testes de
Corbeaux, de fable.. •**
MessireBaltazar Phelypèaux
cTH-rbault. Il estoit AumônierduRoy,
AbbédeBourgmoyen
de Blois, & de Saint
Laurent lez Cone, & Fils de
MelEre Baltazar PhelIpeux,
Sieur d'Herbault >mort Confciller-
d'Estac> & de Dame
Marielc Feron,Fille de Raoul
leFeton? Maistredes Comptes,
&deRenée Hennequin.
Son Ayeulestoit Remond
Phelypeaux" S' d'Herbault &
de la Vrilliere, Secretaire
d'Etat, & son A yeule, Claude
Gobelin, Fille deBaltazar
Gobelin, President en la
Chambre des Comptes. Il y
a eu plusieurs Secrétaires d'Etat
de ce nom qui ont trèsfidellement
servy nos Rois,
& se font rendus considerables
par leur merite particulier
, qu'ils ont fait paroistre
en diversesNégociations impl'aovrtaannttaegse)
où *ils ont réfussîà
de cette CouronJile.
Mr l'Abbéd'Herbault
quivient de mourir, estoit
Neveu de feu Messire Louïs
Phelypeaux de la Vrilliere,
Secretaire d'Etat, PeredeMr
deChateauneuf
, digne Succdlèur
de cette Charge. Il
laisseun Frere, Messire François
Phelypeaux, , St d'Herbaulet
Conseiller honoraire
en la Grand Chambre du
Parlement de Paris, dont la
Jïille Marie-AnnePhelypeaux
est morte peu de jours après
[sonOOnnccl-lee.. pPheellypeeaauuxx portrte
JcArtelé auI. 4--aurfcmê
de aiAJLtre feuilles d'argent ail
franc d'Hermines, au 2. & 3.
d'argent à trois lezards de Sinople.
Ils sont alliez aux de Rochechoüart,
deTonnecharante,
du Bléd'Uxelles
,
de
Buade-de Palluau-de Frontenac?
Crevant- d'Humieres,
Garrault, de Beau- harnois-de
Miramion, le Feron, Henncquin,
Loisel, Mangot-de-Villarceau,
Talon
,
Bignon,Habert-
de-Montmort
,
Gobelin,
de Raconis, de Neufville-
Bury
,
de Fourcy, Particelly-
d'Hemery
,
de Hodicqde-
Marly, de Ville bois) &
autres.
fin du dernier mois quelques
Personnes considerables,dont
voicy les noms.
Messire François Gatien.)
receu le 13. Juillet 1685. Conseiller
au Parlement de Paris,
en la feconde Chambre des
Requestes du Palais. Il avoic
esté auparavant Conseiller au
Chastelet.
Messire Louis Rose de
Coye, Secretaire du Cabinet
du Roy, & Conseiller au
Parlement de Mets. lialaisse
des Enfans de Dame de
IluLFilie de Messire Louis
deBailleul, Marquis de Chasteau-
Gontierj & President au
Mortier au Parlement de Paris,
& petite-Fille de Messire
Nicolas de Bailleul
)
aussi President
au Mortier dans le même
Parlement, & Surintendant
des Finances de France.
M. de Coyeestoit Fils de
MessireToussaintRose
,
President
en la Chambre des
Comptes de Paris, & Secrétaire
du Cabinet du Roy.
Ceil: un homme d'un merite
tres distingué; vous sçavez
qu'il est de l'Academie Françoise.
Dame Madeleine Danguechin.
Elle estoitVeuve de
Messire Paul Hay, Marquis
du Chatelet, Conseiller d'Etat
ordinaire
,
qui elloit de
l'Academie Françoise,& d'une
ancienneFamille de Bcetagne.
La Famille des £)a£Lguea
chin a donné divers Officiers
auParlement & plusieurs
Procureurs Generaux à la
Cour des Aides -de Paris3 &
gorte d'argent à trois testes de
Corbeaux, de fable.. •**
MessireBaltazar Phelypèaux
cTH-rbault. Il estoit AumônierduRoy,
AbbédeBourgmoyen
de Blois, & de Saint
Laurent lez Cone, & Fils de
MelEre Baltazar PhelIpeux,
Sieur d'Herbault >mort Confciller-
d'Estac> & de Dame
Marielc Feron,Fille de Raoul
leFeton? Maistredes Comptes,
&deRenée Hennequin.
Son Ayeulestoit Remond
Phelypeaux" S' d'Herbault &
de la Vrilliere, Secretaire
d'Etat, & son A yeule, Claude
Gobelin, Fille deBaltazar
Gobelin, President en la
Chambre des Comptes. Il y
a eu plusieurs Secrétaires d'Etat
de ce nom qui ont trèsfidellement
servy nos Rois,
& se font rendus considerables
par leur merite particulier
, qu'ils ont fait paroistre
en diversesNégociations impl'aovrtaannttaegse)
où *ils ont réfussîà
de cette CouronJile.
Mr l'Abbéd'Herbault
quivient de mourir, estoit
Neveu de feu Messire Louïs
Phelypeaux de la Vrilliere,
Secretaire d'Etat, PeredeMr
deChateauneuf
, digne Succdlèur
de cette Charge. Il
laisseun Frere, Messire François
Phelypeaux, , St d'Herbaulet
Conseiller honoraire
en la Grand Chambre du
Parlement de Paris, dont la
Jïille Marie-AnnePhelypeaux
est morte peu de jours après
[sonOOnnccl-lee.. pPheellypeeaauuxx portrte
JcArtelé auI. 4--aurfcmê
de aiAJLtre feuilles d'argent ail
franc d'Hermines, au 2. & 3.
d'argent à trois lezards de Sinople.
Ils sont alliez aux de Rochechoüart,
deTonnecharante,
du Bléd'Uxelles
,
de
Buade-de Palluau-de Frontenac?
Crevant- d'Humieres,
Garrault, de Beau- harnois-de
Miramion, le Feron, Henncquin,
Loisel, Mangot-de-Villarceau,
Talon
,
Bignon,Habert-
de-Montmort
,
Gobelin,
de Raconis, de Neufville-
Bury
,
de Fourcy, Particelly-
d'Hemery
,
de Hodicqde-
Marly, de Ville bois) &
autres.
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Résumé : Morts. [titre d'après la table]
À la fin du dernier mois, plusieurs personnalités notables sont décédées. Parmi elles, Messire François Gatien, ancien conseiller au Châtelet et conseiller au Parlement de Paris. Messire Louis Rose de Coye, secrétaire du Cabinet du Roi et conseiller au Parlement de Metz, laisse des enfants et une petite-fille de Messire Nicolas de Bailleul, président au Parlement de Paris. Messire Louis Rose de Coye était fils de Messire Toussaint Rose et membre de l'Académie Française. Dame Madeleine Danguechin, veuve de Messire Paul Hay, marquis du Châtelet et conseiller d'État, appartenait à une famille ayant fourni divers officiers au Parlement et procureurs généraux à la Cour des Aides de Paris. Messire Baltazar Phelypeaux d'Herbault, aumônier du Roi et abbé de Bourgmoyen de Blois, était fils de Messire Baltazar Phelypeaux et de Dame Marie Ferron. Sa famille compte plusieurs secrétaires d'État. Il était neveu de Messire Louis Phelypeaux de la Vrilliere et laissait un frère, Messire François Phelypeaux, ainsi que sa fille Marie-Anne Phelypeaux, tous deux récemment décédés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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26
p. 9-51
LE MARIAGE PAR INTEREST, OU LA FILLE A L'ENCHERE.
Début :
Un Pere avare, qui ne pensoit qu'à marier richement [...]
Mots clefs :
Fille, Père, Mariage, Homme, Marquis, Amour, Ami, Conseiller, Enchère, Jalousie
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texteReconnaissance textuelle : LE MARIAGE PAR INTEREST, OU LA FILLE A L'ENCHERE.
LE MARIAGE
PAR INTEREST,
ou
LA FILLE
A L'ENCHERE. UN Pereavare, qui
ne penloit qu'à
marier richement sa
fille, avoit déja rompu
plusieurs affaires, cro-
* yant toûjours trouver
un- nouveau Gendre
plus riche que lespremiers;
il retiroit fà"pàrole.
aussi facilement
qûTI l'avoit donnée,&
ce caractère luy avoit
attiré un ridicule,que
quelquesvoisines,jaloules
de la vertu desa
fille, faisoient retoixw
ber malignement sur
elle; elles l'appelloient
la Fille à revehere; Ce
Pere ridicule disoitluimême
: Ma fille est à
cent mil francs, elle ne
sortira pas de chez moy
à moins, mais je préférerai
celui qui en aura
cent cinquante. Il le
fit comme il le disoit,
car tout prêt à concl ure
avec un jeune Marquis
dont sa Fille étoit aimée
& qu'elle aimoit,
un Gentilhomme plus
riche vint mettre enchere
; & te pere luy
ad jugea la fille, ce qui
fit imaginer au Marquis
desesperé - un
moyen de retarder au
moins ce dernier mariage.
Persuadé qu'il ne
s'agissort que de faire
paroistreun nouvel en*
chenfïèur, il alla trouver
un de ses intimes
amis
, cet ami s'appelloit
Damon, il étoit
très riche, & on le
comoi(Toit- pour tel; le
Marquis le pria d'aller
faire des offresau pere
pour l'amuser & gagnerdutemps.
Damon
rebuta d'abord son ami,
cette feinte ne lui convenoit
point,c'étoit un
des plushonnêtes hommes
du monde: mais
l'autre étoit un des plus
vifs ,& des plus deraisonnables
Marquis de
la Ville : il presse, il
conjure,ilsedesespere.
Non,lui dit Damon
,
non, rien ne peut mengager
à faire une telle
démarche; cependant
s'il ne s'agissoit que de
faire connoissance avec
ta maistresse, on ditque
c'est une des plus aimables
personnesdu
monde, en luy disant
que je la trouve telle,
jenecommettroispoint
ma sincerité:en un mot
si le pere peut concevoir
quelque esperance
surmon assiduité auprés
de sa fille, je laverrai,
à cela ne tienne,que
je ne terende service:
mais je t'avertis que si
l'on me veut faire expliquer,
je parlerai sincerement.
Tout ce que
je puis faire pour toy,
c'est d'éviter l'explication.
Le Marquis se
contenta de ce qu'il
pouvoit exiger, & dés
le même jour Damon
fit connoissanceavecla
fille, & la vit ensuite
pédant quelques jours.
-
Lucie
,
c'étoit le
nom de cette charmante
persnne,Lucie étoit
dune delicaresse scrupuleuse
sur tous ses devoirs,
& quoyqu'elle
eust de l'inclination
pour le Marquis, elle
obéissoit aveuglement
à son pere ;cependant
elle avoit conçu
une aversioneffroyable
pour le Gentilhomme,
a quielle étoit promise
en dernier lieu: elle
eust beaucoup mieux
aimé Damon,si elleeust
pû
,
pû aimer quelqu'autre
que le Marquis
J.
&
Damon de soncôtéla
trouva si belle, si vertueuse
& si affligée,
qu'il sentit bientost
pourelleunepitié fort
tendre, & cette ten-
:
dresse augmentant de
jour en jour,il s'apper-
£ut enfinqu'il étoit le
rival de son amy. Je
croirois bien que malgré
sa probité, il ne
s'aperçut de cetamour
que le plustard qu'il
put: mais enfin se trouvant
à peu prés dans la
situation où l'auteur
de Don Quixote met
l'ami du Curieux Impertinent,
& ne pouvant
plus se cacher son
amour à uy-meme, il
crut ne devoir pas le
cacher à son ami. Je ne
veux plus voir Lucie,
lui dit-il un jour, je
fuis trop honnête homme
pour vouloirmen
faire aimera je n'ai pas lecouragedeservirson
amour en lavoyant. Le
Marquis, quoyqu'un
peu extravagant d'ailleurs,
ne [ç fut pas assez
pour exiger deson ami
unservice sidangèl'eux.
Damon cessa de
voir Lucie,& le pere
quiavoit déjà ses vues
sur lui, futallarmé de
ne le plus voir: mais
la destinée de ce pere
.avare vouloirqu'il luy
vînt coup sur coup des
offres toutes plus avantageuses
les unes que
les autres:Voicy un
nouvel encherisseur
plusriche que les precedens
,
c'étoitun Conseiller
de Province,qui
étoit devenu passionnement
amoureux de
Lucie, chez une parente
où ill'avoitvûë
plusieurs fois. Abregeons
le recit des poursuitesde
cet amant,&
des chagrins qu'en eut
Lucie ;le peresedétermina
absolument pour
celui-ci : voila les articles
dressez,& le Conseillerafifuré
qu'il possedera
bientôt la fille
du monde la plus aimable
, &C la plus sage
Icyetf ce qui letouchoit
davantage car il étoit
naturellement fort jaloux.
«
""1'11--', est bon de faire
ici attention surla
sagesse de Lucie, 6C
sur la jalousie du Conseiller,
pour mieux ccm.,
prendre la surprise où
fut ce jaloux en trouvant
sur la table de sa
maitresseune lettredécachetée:
cette lettre qu'-
il crut avoir déja droit
de lire luy parut être
: d'unCavalier fort amoureux
de Lucie, &:
qui lui écrivoit d'un
stile d'amant ajlné.Ah,
WÀ chere Lucie, disoit
la lettre
,
faut-ilquun
triste devoirnous separe!
Que jesuis à plaindrey
& que <voui Î, es aplaindre
vous-même d'être
sacrifiée par un pire injujle
à un homme que
- VOl« ne pourrez, jamais
aimer,à un incotïjmode,
,- à un fâcheux. en un
mot le Conseiller voit
qu'on parle de luicomme
s'il étoitdéja mari
»
&C qu'aparemment Lucie
estdemoitiédumér
pris que ce rival témoii
gne pour lui;imaginezvous
l'effet d'une pareille
avanrure sur un
jaloux.Ce n'est pas tout
la lettre marquait ques
le Cavalier ne manqueroit
pasde se trouver
onze heures du foir*
chez Lucie pour la.
consoler, & qu'il y seroit
reçupar la porte
d'un jardin, par où la
maison tenoit à une petite
rue écartée. Enfin
tout
tout étoit si bien circonstancié
dans la lettre,
que le Conseiller resolut
d'atendre l'heurede
ce rendezvous pousséclaircir
, avant que de
prend re la dessus un parti
violent digne d'un
homme tres - vindicatif
, Se qui n'avoit
d'autre merite que celuy
d'être riche & amoureux
d'une personne
qui meritoit d'être
aimée.
Après avoir attendu
l'heure du rendez vous
avec impudence, nôA -
tre jaloux se trouve dãs
la petite ruë, par où
devoit arriver le Marquis,
carc'étoirluyqui
avoit écrit la Lettre;
que vous diraije, l'heure
sonne, le Marquis
vient, on lui ouvre une
petite porte, on la referme,
& le ja loux restant
au guet ju hlu'an
matin, eut tout le loisir
de se convaincre que le
galandn'étoit pas entré
chez Lucie pour une
conversation passagere,
ce fut pendant ces heures
si cruelles à passer,
qu'ilmédira contre Lucie
une vengeance inoüie,
voicy comment
il s'y prit. irmn
,il On devoit signer le
contrat le lendemain
au soir, il fit préparer
un souper magnifique,
cC prit foin pendant le
jour de rassembler toute
la famille de Lucie,
qui étoit nombreuse;
il y joignit quantitéde
femmes qu'il choisir exprés
les plus médisantes
qu'il pût, sans compter
les hommes, qui
sont encore plus dangereux
que les femmes,
parce qu'on les croit
moins médifans.
Le soir venu le Conseiller
fit remettre la
signature du Contrat
a près le sou per,& les
deux concradas furent
placez solemnellement
au bout de la table, le
repas fut fort serieux,
parce qu'on voyoit les
époux futurs fort taciturnes,&
enfin quand
on fut prest à forcir de
table, le Conseiller addressa
la paroleau Pere.
Monsieur, luy dit-il,
enélevant lavoix,afin
que toute l'assemblée
pût l'entendre: Je n'ai
jamais manqné, de paro
l e a personne, c'efb
pourquay j'ay -voulu
avoir icy grand nom- bretémoins des justes
raisons qui m'en
sontmanquer pour la
premiere fois,
Ce debut parue singulier
à toute l'assemblée,
on fut curieux
d'entendre ce qu'alloit
prononcer ce grave Juge
de Province, tout le
monde scaitcoiità-luat-
il, que vous avez
manqué de parole à
trois ou quatre Gendres
de suite, vous m'en
manqueriez aussi sans
doute s' il s'en pre sentoit
un plus riche que
fmiloOyY>)vvoouussmmeenmlceppri1i--
feriez, ainsi je fuis en
droit demépriservôtre
fille"1puisque j'en trouve
une plus sage qu'-
elle.
A ce discours on crut
d'abord que le vin de
la Noce avoit troublé
le cerveau du Conseiller,
le profond si lence
où l'on étoit, lui donna
le laillr de lire aux
convives la Lettre du
Marquis, & de cjrcon..
stancier il bien le rendez-
vous nocturne
qu'alors on ne l'accusa
plus que d'avoirpoulsé
trop loin sa vengeance,
tous les parens de
cette fille de s- honorée
baissent les yeux ou
s'entre-regardent sans
oser ouvrir la bouche,
les uns s'affligent de
bonne 'foy;"les autres
n'osentrireencore de
ce qui réjouit leur malignité
, ceux-cy feignent
de douter, afin
qu'on-leur en aprenne
encor davantage, quelques-
uns excusent, la
plûpartblâment,mais
presque tous ont les
yeux sur Lucie, qui
devenue immobile, pâh?
& défaite estpreste
à tomber en foiblesse.
Cependant le Conseiller
est dé-ja bien
loin, il avoir médité
son départ pour la Province,
une Chaise de
poste l'attendoit, & il
étoit sorti de la Sale
sans que pcrfonne eut
eu le courage de le retenir.
On alloit se separer,
& quelques-uns commençoient
àdéfilerlors
qu'un nouveau su jet
d'attention les rassembla
tous: C'était le jeune
Marquis, aut heur
de la Lettre, il avoit
vu partirsonrival, &C
seroit sans doute entré
triomphant, del'avoir
fait fuir par un coup de
sa rêre
,
mais a y ant a ppris
l'éclat quecebrutalvenoit
de faire,il
accouroit pour reparer
l'honneur de sa Maîtresse,
pendant que l'assemblée
étoit encore-ntière
; il dit d'abord
pour justifier Lucie ce
qui étoit vray, c'est
que la connoissant trop
scrupuleuse pour entier
d^o-ns- foa projet il
savoit gagné sa femme
de chac3mbre pour luy
aider à donner tie violens
soupçons au Conseiller
jaloux; en un
mot la Femme de
chambre à l'insçû de sa
-
maistresseavoit joüé le
stratagême de la lettre,
& se doutant bien que
le Conseiller voudroit .- approfondir la circonstance
du rendezvous,
avoit introduit le Marquis
par la petite porte
du jardin, mais il en
étoic sorti à l'instant
par la grande.
Aprés cette explication
le jeune Marquis
t pour se justifierluymême,
s'écria, pardonnez,
belle Lucie, à 1amour,&
audesespoir,je
sçavois bien continuat-
il, que mon rival estoit
allez jaloux pour
rompre l'affaire: mais
jene lecroyoispasassez
vindicatifpour la rompre
a," c tclat.
Pendant tout cedifcours
Lucieavoir pa- ruagitée hors d'ellemême,&
sacolere fut
prête - d'éclater contre
ce Marquis extravagant,
quil'avoit sicruelI.
ment offensée : mais
tout à coup on la vit
redevenir tranquile
comme une personne
qui a pris son parry ;
les femmes seules sont
ca pa bles de prend re à
l'instant le bon pary
quand ellesont i'elpriC
bon ;celles qui prenent
de mauvais partis les
prennent avec la même
vivacité, & c'est
,.
encore un avantage
qu'elles ont surnous;
car leurs fautes estant
moins reflec hies que
celles des hommes,elles
font plus excusables.
Le Marquis après
avoir parlé à toute l'assemblée,
se jetta aux
pieds deLucie,bien
feur d'obtenir pardon
d'une personne qui luy
avoitavoüé qu'elle l'aimoit
; il lui representa
que la justification la
plus authentique qu'une
fille put desirer,C"étoit
toit que celui qui avoit
fait soupçonner sa ver- tuprouvât en épousant
qu'ilcroyoit cette vertu
horsdesoupçon.
• Un murmure d'approbation
qui s'éleva
dans toute l'assemblée ,marqua qu on jugeoit
ce mariage necessaire;
la familleàl'instant
exigea du pere qu'il y
consentit, & la joye
qu'il avoit de voir sa
fille justifiée, le rendit
en ce moment moins
avare qu'iln'avoit jamais
elté; il se tourna
vers safille, & luy dit
qu'illui laissoit le choix
de sadessinée.
Puisque vous avez
la bontéarépondit modestement
Lucie, de
remettre à mon choix
la maniere de me justifier,
je veux estre justifiée
le plusparfaitement
qu'il se pourra;
il est clair que le MarKjuisme
justifie en quelque
façon par ses offres;
car il est rare qu'un
homme épQufe volontiers
celle qu'il auroit
deshonorée : mais il cO:
encore plus rarequ'une
fille refuse de pareilles
offres de celui pour
qui elle auroit eu quelque
foiblesse, ainsi je
me crois plus parfaitement
justifïée en declarant
que je n'épouserasjamais
un homme
qui a esté capable de
sacrifîer ma réputation
à son caprice.
Le Marquis futconfondu
par la fermeté de
cette resolution, tout
le monde, & le pere
même la trouvant sensée,
approuvoic le parti
que Lucie venoit de
prendre, lorsqu'on vit
paroistre Damon, qui
avoit suivi le Marquis
pour voir comment sa
justification feroit receuë,
indigné de l'imprudence
de cet amy, voici comment il parla:
Puisque mon amy,
dit-il à Lucie, a perdu
par sa faute les droits
qu'il avoitsur vostre
coeur, je crois ne devoir
plus avoir d'égards
que pour vostre justifïcation,
vous avezdéclaré
que vous choisiriez la
plus parfaite de toutes,
daignez donc comparer
aux deux autres
celle que je vais vous
proposer.
Il est rare, comme
vous l'avez dit, qu'on
fasse des offres telles
qu'en a fait le Marquis;
il est rare aussiqu'en pareil
cas une fille à marier
refuse de pareilles
offres: mais il est sans
doute encore plus rare
qu'après l'éclat que
vient de faire ce Conseiller
, un homme
aussiriche que moy3
qui passe pour homme
sensé, & quise pique
de delicatesse sur l'honneur
,prouve en offrant
de vous époufer qu'il
est assez feur de vostre
vertu pour croire rneme
que vous oublierez
entièrement le Marquis.
Tout le monde fut
attentif à cette derniere
justification on attendoit
la decision de
Lucie, oui, Monsieur,
dit- elle à Damon
, me
croirecapable d'oublîer
par estime pour vous,
un homme que j'ai eu
la foiblesse d'aimer c'est
meriter mon coeur aussi-
bien que mon estime.
Aprés avoir ainsî
parlé, Lucie tourna les
yeux vers son pere qui
n'avoit garde d'oublier
en cette occasion que
Damon étoit le plus
riche de tous ceux qui
Scs'étoient
presenté, exceptéleConseiller
5,
one joyeunanimedécida
pour Damon, &C
les plaintes du Marquis
se perdirent parmi les
applaudissemens de
toute l'assemblée.
Ceux qui soupçonneront
cettehistoriette
d'avoir esté imaginée,
diront que l'amour en
devoit faire le dénoument,
on pourroit leur
répondre qu'undénoument
fait par la raison,
est encore plus beau
felon les moeurs ,d'autant
plus que le Marquis
a méritéd'estre
puni; il est vnry qu'il
peut rester à Lucie
quelque tendresse pour
luy : mais celle qui a
fçû sacrifiercette tendresse,
à l'estimesolide
qu'elle a pour Damon , sçaurabien acheverce
qu'elle a commencé;
en tout cas c'est l'affaire
de Lucie, si l'histoire
est veritable, & si
elle est feinte, c'est l'affaire
de l'auteur, de répondre
à la critique
qu'on pourroit faire de
ton dénoûment.
PAR INTEREST,
ou
LA FILLE
A L'ENCHERE. UN Pereavare, qui
ne penloit qu'à
marier richement sa
fille, avoit déja rompu
plusieurs affaires, cro-
* yant toûjours trouver
un- nouveau Gendre
plus riche que lespremiers;
il retiroit fà"pàrole.
aussi facilement
qûTI l'avoit donnée,&
ce caractère luy avoit
attiré un ridicule,que
quelquesvoisines,jaloules
de la vertu desa
fille, faisoient retoixw
ber malignement sur
elle; elles l'appelloient
la Fille à revehere; Ce
Pere ridicule disoitluimême
: Ma fille est à
cent mil francs, elle ne
sortira pas de chez moy
à moins, mais je préférerai
celui qui en aura
cent cinquante. Il le
fit comme il le disoit,
car tout prêt à concl ure
avec un jeune Marquis
dont sa Fille étoit aimée
& qu'elle aimoit,
un Gentilhomme plus
riche vint mettre enchere
; & te pere luy
ad jugea la fille, ce qui
fit imaginer au Marquis
desesperé - un
moyen de retarder au
moins ce dernier mariage.
Persuadé qu'il ne
s'agissort que de faire
paroistreun nouvel en*
chenfïèur, il alla trouver
un de ses intimes
amis
, cet ami s'appelloit
Damon, il étoit
très riche, & on le
comoi(Toit- pour tel; le
Marquis le pria d'aller
faire des offresau pere
pour l'amuser & gagnerdutemps.
Damon
rebuta d'abord son ami,
cette feinte ne lui convenoit
point,c'étoit un
des plushonnêtes hommes
du monde: mais
l'autre étoit un des plus
vifs ,& des plus deraisonnables
Marquis de
la Ville : il presse, il
conjure,ilsedesespere.
Non,lui dit Damon
,
non, rien ne peut mengager
à faire une telle
démarche; cependant
s'il ne s'agissoit que de
faire connoissance avec
ta maistresse, on ditque
c'est une des plus aimables
personnesdu
monde, en luy disant
que je la trouve telle,
jenecommettroispoint
ma sincerité:en un mot
si le pere peut concevoir
quelque esperance
surmon assiduité auprés
de sa fille, je laverrai,
à cela ne tienne,que
je ne terende service:
mais je t'avertis que si
l'on me veut faire expliquer,
je parlerai sincerement.
Tout ce que
je puis faire pour toy,
c'est d'éviter l'explication.
Le Marquis se
contenta de ce qu'il
pouvoit exiger, & dés
le même jour Damon
fit connoissanceavecla
fille, & la vit ensuite
pédant quelques jours.
-
Lucie
,
c'étoit le
nom de cette charmante
persnne,Lucie étoit
dune delicaresse scrupuleuse
sur tous ses devoirs,
& quoyqu'elle
eust de l'inclination
pour le Marquis, elle
obéissoit aveuglement
à son pere ;cependant
elle avoit conçu
une aversioneffroyable
pour le Gentilhomme,
a quielle étoit promise
en dernier lieu: elle
eust beaucoup mieux
aimé Damon,si elleeust
pû
,
pû aimer quelqu'autre
que le Marquis
J.
&
Damon de soncôtéla
trouva si belle, si vertueuse
& si affligée,
qu'il sentit bientost
pourelleunepitié fort
tendre, & cette ten-
:
dresse augmentant de
jour en jour,il s'apper-
£ut enfinqu'il étoit le
rival de son amy. Je
croirois bien que malgré
sa probité, il ne
s'aperçut de cetamour
que le plustard qu'il
put: mais enfin se trouvant
à peu prés dans la
situation où l'auteur
de Don Quixote met
l'ami du Curieux Impertinent,
& ne pouvant
plus se cacher son
amour à uy-meme, il
crut ne devoir pas le
cacher à son ami. Je ne
veux plus voir Lucie,
lui dit-il un jour, je
fuis trop honnête homme
pour vouloirmen
faire aimera je n'ai pas lecouragedeservirson
amour en lavoyant. Le
Marquis, quoyqu'un
peu extravagant d'ailleurs,
ne [ç fut pas assez
pour exiger deson ami
unservice sidangèl'eux.
Damon cessa de
voir Lucie,& le pere
quiavoit déjà ses vues
sur lui, futallarmé de
ne le plus voir: mais
la destinée de ce pere
.avare vouloirqu'il luy
vînt coup sur coup des
offres toutes plus avantageuses
les unes que
les autres:Voicy un
nouvel encherisseur
plusriche que les precedens
,
c'étoitun Conseiller
de Province,qui
étoit devenu passionnement
amoureux de
Lucie, chez une parente
où ill'avoitvûë
plusieurs fois. Abregeons
le recit des poursuitesde
cet amant,&
des chagrins qu'en eut
Lucie ;le peresedétermina
absolument pour
celui-ci : voila les articles
dressez,& le Conseillerafifuré
qu'il possedera
bientôt la fille
du monde la plus aimable
, &C la plus sage
Icyetf ce qui letouchoit
davantage car il étoit
naturellement fort jaloux.
«
""1'11--', est bon de faire
ici attention surla
sagesse de Lucie, 6C
sur la jalousie du Conseiller,
pour mieux ccm.,
prendre la surprise où
fut ce jaloux en trouvant
sur la table de sa
maitresseune lettredécachetée:
cette lettre qu'-
il crut avoir déja droit
de lire luy parut être
: d'unCavalier fort amoureux
de Lucie, &:
qui lui écrivoit d'un
stile d'amant ajlné.Ah,
WÀ chere Lucie, disoit
la lettre
,
faut-ilquun
triste devoirnous separe!
Que jesuis à plaindrey
& que <voui Î, es aplaindre
vous-même d'être
sacrifiée par un pire injujle
à un homme que
- VOl« ne pourrez, jamais
aimer,à un incotïjmode,
,- à un fâcheux. en un
mot le Conseiller voit
qu'on parle de luicomme
s'il étoitdéja mari
»
&C qu'aparemment Lucie
estdemoitiédumér
pris que ce rival témoii
gne pour lui;imaginezvous
l'effet d'une pareille
avanrure sur un
jaloux.Ce n'est pas tout
la lettre marquait ques
le Cavalier ne manqueroit
pasde se trouver
onze heures du foir*
chez Lucie pour la.
consoler, & qu'il y seroit
reçupar la porte
d'un jardin, par où la
maison tenoit à une petite
rue écartée. Enfin
tout
tout étoit si bien circonstancié
dans la lettre,
que le Conseiller resolut
d'atendre l'heurede
ce rendezvous pousséclaircir
, avant que de
prend re la dessus un parti
violent digne d'un
homme tres - vindicatif
, Se qui n'avoit
d'autre merite que celuy
d'être riche & amoureux
d'une personne
qui meritoit d'être
aimée.
Après avoir attendu
l'heure du rendez vous
avec impudence, nôA -
tre jaloux se trouve dãs
la petite ruë, par où
devoit arriver le Marquis,
carc'étoirluyqui
avoit écrit la Lettre;
que vous diraije, l'heure
sonne, le Marquis
vient, on lui ouvre une
petite porte, on la referme,
& le ja loux restant
au guet ju hlu'an
matin, eut tout le loisir
de se convaincre que le
galandn'étoit pas entré
chez Lucie pour une
conversation passagere,
ce fut pendant ces heures
si cruelles à passer,
qu'ilmédira contre Lucie
une vengeance inoüie,
voicy comment
il s'y prit. irmn
,il On devoit signer le
contrat le lendemain
au soir, il fit préparer
un souper magnifique,
cC prit foin pendant le
jour de rassembler toute
la famille de Lucie,
qui étoit nombreuse;
il y joignit quantitéde
femmes qu'il choisir exprés
les plus médisantes
qu'il pût, sans compter
les hommes, qui
sont encore plus dangereux
que les femmes,
parce qu'on les croit
moins médifans.
Le soir venu le Conseiller
fit remettre la
signature du Contrat
a près le sou per,& les
deux concradas furent
placez solemnellement
au bout de la table, le
repas fut fort serieux,
parce qu'on voyoit les
époux futurs fort taciturnes,&
enfin quand
on fut prest à forcir de
table, le Conseiller addressa
la paroleau Pere.
Monsieur, luy dit-il,
enélevant lavoix,afin
que toute l'assemblée
pût l'entendre: Je n'ai
jamais manqné, de paro
l e a personne, c'efb
pourquay j'ay -voulu
avoir icy grand nom- bretémoins des justes
raisons qui m'en
sontmanquer pour la
premiere fois,
Ce debut parue singulier
à toute l'assemblée,
on fut curieux
d'entendre ce qu'alloit
prononcer ce grave Juge
de Province, tout le
monde scaitcoiità-luat-
il, que vous avez
manqué de parole à
trois ou quatre Gendres
de suite, vous m'en
manqueriez aussi sans
doute s' il s'en pre sentoit
un plus riche que
fmiloOyY>)vvoouussmmeenmlceppri1i--
feriez, ainsi je fuis en
droit demépriservôtre
fille"1puisque j'en trouve
une plus sage qu'-
elle.
A ce discours on crut
d'abord que le vin de
la Noce avoit troublé
le cerveau du Conseiller,
le profond si lence
où l'on étoit, lui donna
le laillr de lire aux
convives la Lettre du
Marquis, & de cjrcon..
stancier il bien le rendez-
vous nocturne
qu'alors on ne l'accusa
plus que d'avoirpoulsé
trop loin sa vengeance,
tous les parens de
cette fille de s- honorée
baissent les yeux ou
s'entre-regardent sans
oser ouvrir la bouche,
les uns s'affligent de
bonne 'foy;"les autres
n'osentrireencore de
ce qui réjouit leur malignité
, ceux-cy feignent
de douter, afin
qu'on-leur en aprenne
encor davantage, quelques-
uns excusent, la
plûpartblâment,mais
presque tous ont les
yeux sur Lucie, qui
devenue immobile, pâh?
& défaite estpreste
à tomber en foiblesse.
Cependant le Conseiller
est dé-ja bien
loin, il avoir médité
son départ pour la Province,
une Chaise de
poste l'attendoit, & il
étoit sorti de la Sale
sans que pcrfonne eut
eu le courage de le retenir.
On alloit se separer,
& quelques-uns commençoient
àdéfilerlors
qu'un nouveau su jet
d'attention les rassembla
tous: C'était le jeune
Marquis, aut heur
de la Lettre, il avoit
vu partirsonrival, &C
seroit sans doute entré
triomphant, del'avoir
fait fuir par un coup de
sa rêre
,
mais a y ant a ppris
l'éclat quecebrutalvenoit
de faire,il
accouroit pour reparer
l'honneur de sa Maîtresse,
pendant que l'assemblée
étoit encore-ntière
; il dit d'abord
pour justifier Lucie ce
qui étoit vray, c'est
que la connoissant trop
scrupuleuse pour entier
d^o-ns- foa projet il
savoit gagné sa femme
de chac3mbre pour luy
aider à donner tie violens
soupçons au Conseiller
jaloux; en un
mot la Femme de
chambre à l'insçû de sa
-
maistresseavoit joüé le
stratagême de la lettre,
& se doutant bien que
le Conseiller voudroit .- approfondir la circonstance
du rendezvous,
avoit introduit le Marquis
par la petite porte
du jardin, mais il en
étoic sorti à l'instant
par la grande.
Aprés cette explication
le jeune Marquis
t pour se justifierluymême,
s'écria, pardonnez,
belle Lucie, à 1amour,&
audesespoir,je
sçavois bien continuat-
il, que mon rival estoit
allez jaloux pour
rompre l'affaire: mais
jene lecroyoispasassez
vindicatifpour la rompre
a," c tclat.
Pendant tout cedifcours
Lucieavoir pa- ruagitée hors d'ellemême,&
sacolere fut
prête - d'éclater contre
ce Marquis extravagant,
quil'avoit sicruelI.
ment offensée : mais
tout à coup on la vit
redevenir tranquile
comme une personne
qui a pris son parry ;
les femmes seules sont
ca pa bles de prend re à
l'instant le bon pary
quand ellesont i'elpriC
bon ;celles qui prenent
de mauvais partis les
prennent avec la même
vivacité, & c'est
,.
encore un avantage
qu'elles ont surnous;
car leurs fautes estant
moins reflec hies que
celles des hommes,elles
font plus excusables.
Le Marquis après
avoir parlé à toute l'assemblée,
se jetta aux
pieds deLucie,bien
feur d'obtenir pardon
d'une personne qui luy
avoitavoüé qu'elle l'aimoit
; il lui representa
que la justification la
plus authentique qu'une
fille put desirer,C"étoit
toit que celui qui avoit
fait soupçonner sa ver- tuprouvât en épousant
qu'ilcroyoit cette vertu
horsdesoupçon.
• Un murmure d'approbation
qui s'éleva
dans toute l'assemblée ,marqua qu on jugeoit
ce mariage necessaire;
la familleàl'instant
exigea du pere qu'il y
consentit, & la joye
qu'il avoit de voir sa
fille justifiée, le rendit
en ce moment moins
avare qu'iln'avoit jamais
elté; il se tourna
vers safille, & luy dit
qu'illui laissoit le choix
de sadessinée.
Puisque vous avez
la bontéarépondit modestement
Lucie, de
remettre à mon choix
la maniere de me justifier,
je veux estre justifiée
le plusparfaitement
qu'il se pourra;
il est clair que le MarKjuisme
justifie en quelque
façon par ses offres;
car il est rare qu'un
homme épQufe volontiers
celle qu'il auroit
deshonorée : mais il cO:
encore plus rarequ'une
fille refuse de pareilles
offres de celui pour
qui elle auroit eu quelque
foiblesse, ainsi je
me crois plus parfaitement
justifïée en declarant
que je n'épouserasjamais
un homme
qui a esté capable de
sacrifîer ma réputation
à son caprice.
Le Marquis futconfondu
par la fermeté de
cette resolution, tout
le monde, & le pere
même la trouvant sensée,
approuvoic le parti
que Lucie venoit de
prendre, lorsqu'on vit
paroistre Damon, qui
avoit suivi le Marquis
pour voir comment sa
justification feroit receuë,
indigné de l'imprudence
de cet amy, voici comment il parla:
Puisque mon amy,
dit-il à Lucie, a perdu
par sa faute les droits
qu'il avoitsur vostre
coeur, je crois ne devoir
plus avoir d'égards
que pour vostre justifïcation,
vous avezdéclaré
que vous choisiriez la
plus parfaite de toutes,
daignez donc comparer
aux deux autres
celle que je vais vous
proposer.
Il est rare, comme
vous l'avez dit, qu'on
fasse des offres telles
qu'en a fait le Marquis;
il est rare aussiqu'en pareil
cas une fille à marier
refuse de pareilles
offres: mais il est sans
doute encore plus rare
qu'après l'éclat que
vient de faire ce Conseiller
, un homme
aussiriche que moy3
qui passe pour homme
sensé, & quise pique
de delicatesse sur l'honneur
,prouve en offrant
de vous époufer qu'il
est assez feur de vostre
vertu pour croire rneme
que vous oublierez
entièrement le Marquis.
Tout le monde fut
attentif à cette derniere
justification on attendoit
la decision de
Lucie, oui, Monsieur,
dit- elle à Damon
, me
croirecapable d'oublîer
par estime pour vous,
un homme que j'ai eu
la foiblesse d'aimer c'est
meriter mon coeur aussi-
bien que mon estime.
Aprés avoir ainsî
parlé, Lucie tourna les
yeux vers son pere qui
n'avoit garde d'oublier
en cette occasion que
Damon étoit le plus
riche de tous ceux qui
Scs'étoient
presenté, exceptéleConseiller
5,
one joyeunanimedécida
pour Damon, &C
les plaintes du Marquis
se perdirent parmi les
applaudissemens de
toute l'assemblée.
Ceux qui soupçonneront
cettehistoriette
d'avoir esté imaginée,
diront que l'amour en
devoit faire le dénoument,
on pourroit leur
répondre qu'undénoument
fait par la raison,
est encore plus beau
felon les moeurs ,d'autant
plus que le Marquis
a méritéd'estre
puni; il est vnry qu'il
peut rester à Lucie
quelque tendresse pour
luy : mais celle qui a
fçû sacrifiercette tendresse,
à l'estimesolide
qu'elle a pour Damon , sçaurabien acheverce
qu'elle a commencé;
en tout cas c'est l'affaire
de Lucie, si l'histoire
est veritable, & si
elle est feinte, c'est l'affaire
de l'auteur, de répondre
à la critique
qu'on pourroit faire de
ton dénoûment.
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Résumé : LE MARIAGE PAR INTEREST, OU LA FILLE A L'ENCHERE.
Le texte relate l'histoire d'un père avare déterminé à marier sa fille Lucie au plus offrant. Plusieurs fiançailles sont rompues, attirant ainsi le ridicule et des rumeurs malveillantes sur Lucie. Un jeune Marquis, amoureux de Lucie, voit sa demande rejetée au profit d'un gentilhomme plus riche. Désespéré, le Marquis demande à son ami Damon, un homme riche et honnête, de faire une offre pour gagner du temps. Damon accepte à contrecœur et rencontre Lucie, qu'il trouve charmante et vertueuse. Il finit par tomber amoureux d'elle, mais décide de ne plus la voir pour éviter de trahir son ami. Lucie est ensuite promise à un Conseiller de Province, mais elle est horrifiée par cette perspective. Le Conseiller, jaloux, découvre une lettre d'amour prétendument écrite par un autre homme, ce qui le pousse à quitter Lucie. Le Marquis révèle alors que la lettre était un stratagème pour éloigner le Conseiller. Lucie, offensée par l'imprudence du Marquis, refuse de l'épouser. Damon, présent lors de cette révélation, propose alors de l'épouser pour la justifier pleinement. Lucie accepte, impressionnée par la délicatesse et l'estime de Damon. Le père, voyant l'unanimité en faveur de Damon, consent au mariage. Le texte se termine par l'approbation générale de cette union, soulignant la sagesse et la raison qui ont guidé la décision de Lucie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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27
p. 3-45
LA BLONDE BRUNE femme & maistresse.
Début :
Une Dame jolie, enjoüée, & de beaucoup d'esprit, vertueuse [...]
Mots clefs :
Blonde, Brune, Languedoc, Mari absent, Galanterie, Maîtresse, Soupçon, Amant jaloux, Convalescence, Paris, Abbesse, Conseiller, Amour, Carrosse, Abbaye, Veuve, Couvent, Tromperie, Jalousie, Cheveux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA BLONDE BRUNE femme & maistresse.
LA BLONDE BRUNE
femme & maistreffe.
UNeDame jolie , enjouée , & de beaucoup
d'efprit , vertueufe dans
le fond , mais aimant le
Septembre 1712. Aij
4 MERCURE
monde , & les amufe->
ments d'une galanterie
fans vice , ne put s'empefcher de fuivre cette
maniere de vie pendant
l'abfence de fon mary ,
que d'importantes affai
res avoient appellé dans
le Languedoc pour quelque temps. Il eftoit tresnouveau marić , & avoit
épousé la femme par un
accommodement de famille , & ne l'avoit pas
veuë plus de deux outrois
GALANT.
jours avant ſon mariage,
& avoit efté contraint de
partir peu de jours après.
Il aima d'abord cette
femme ; mais foit jaloufic , foit delicateffe fcrupuleufe fur le point
d'honneuril eftoit un
peu trop fevere für fa
conduite ; & il luy recommanda en partant
une regularité devivie
fort efloignée des innocentes libertez qu'elle s'eftoit donnée eftant fille ,
Aiij
6 MERCURE
& qu'elle s'eftoit promis
de continuer après fon
mariage , ainfi fe voyant
maitreffe de fes actions
par ce départ , elle oùblia tous les fcrupules
qu'onlui avoit donnez en
partant , elle eftoit née
pour la vie agréable ,
l'occafion eftoit belle
elle crut qu'il luy eftoit
permis de s'en fervir ,
pourveu qu'elle évitaft
l'éclat ; elle ne vouloit
point recevoir de vifites
GALANT.
7
chez elle , mais elle avoit
des amis & des amies de
fon humeur , on la vit ,
elle plut & n'en fut point
fafchée. On lui fit de tendres déclarations , elle les
reçeut en femme d'efprit
qui veut eftre aimée &
ne point aimer, elle ne fe
faſchoit de rien, pourveu
qu'onne paffaft point les
bornes qu'elles s'eftoit
prefcrites conformément
à un fond de fageffe qui
ne pourroit eftre alteré ,
*
A iiij
8 MERCURE
les plus médifans one
pouvoient avoir que des
foupçons mal fondez , &
ceux qui eftoient les plus
entreprenans s'aperceurent bien - toft qu'il n'y
avoit à efperer d'elle que
l'agrément de la focieté
generale , ils l'en eſtimerent davantage & n'en
curent pas moins d'empreffement à la voir, car
elle plaifoit , mefme aux
femmes qui fe fentoient
un merite inferieur au
GALANT
fien , tout alloit bien jufque là mais un de ces
jeunes conquerants qui
ne veulent des femmes
que la gloire de s'en eſtre
fait aimer , prétendit un
jour eftre aimé d'elle
plus férieufement qu'elle
ne vouloit , elle le regarada fierement , changea
de ftile , prit un air fevere
& rabbatit tellement fa
vanité , qu'elle s'en fit un
ennemi tres- dangereux
il examina de prés toutes
10 MERCURE
fes demarches , la vit de
facile accès à tous ceux
qu'il regardoit comme
fes rivaux , & fans fonger qu'ils ne luy avoient
pas donné les mefmes fujets de plainte que luy , il
les mit tous fur fon compte , il prit confeil de fa
jaloufie , & ne fongea
plus qu'à fe vanger , il en
trouva une occafion toute autre qu'il ne l'efpe
roit.
La Dame eftoit allée à
GALANT.
IF
une Campagne pour
quelques jours avec une
amie;
par malheur pour
elle fon mary revint
justement de Languedoc le lendemain du
départ de fa femme , &
fut fort défagreablement
furpris de nela point
trouver chez elle en arrivant. Le premier homme qu'il vit en fortant
de chez luy ce fut l'amant jaloux , avec qui
il avoit toujours vécu
12 MERCURE
affez familierement , le
mary luy confia le chagrin qu'il avoit contre ſa
femme; il prit cette occafionpour la juftifier de la
maniere dont les prudes
medifent ordinairement
de leurs émules , c'eſtà- dire en excufant malignement les fautes qu'on
ignoreroit fans elle; il entra dans le détail de toutes les connoiffances qu
elleavoit faites depuisfon
départ , & de toutes les
GALANT. 13
parties où elles'étoit trouvée, en louant une vertu
qui pouvoit eftre à l'épreuve de tout cela , mais
cette vertu eftoit ce qui
frappoit moins le mary
les épreuves où elle s'eftoit mife le frappoient
bien davantage , en un
motil l'enviſageacomme
tres-coupable, il s'emporte, il fulmine, & il auroit
pris quelque refolution
violente, fi quelques amis
mieux intentionnez
MERCURE
n'cuffent un peu adouci
le venin que le premier
avoit infinue dans le
cœur de ce pauvre mari ,
cependant tout ce que
ceux- cy purent gagner
ce fut qu'en attendant
un éclairciſſement plus
ample cette femme iroit,
fous quelque prétexte
qu'ils trouverent , paffer
quelques femaines dans
un Couvent à quinze
lieues de Paris , dont par
bonheur l'Abeffe fe trouE
GALANT. S
foeur d'un de ces prudents amis , & la femme
va
executa cette retraite demivolontaire dès qu'elle
fut de retour ; & deux
parentes du maryfechargerent de l'y conduire.
La voila donc dans le
Couvent , fes manieres
engageantes & flateufes
la rendirent bien- toft intime amie de l'Abbeffe ,
elle fe fit aimer de tout le
Couvent, c'eftoit une neceffité pour elle que la
stoleg
16 MERCURE
vie gaye , elle fe fit des
plaifirs de tout ce qui en
peut donner dans la retraite , & elle fit amitié
avec une jeune Provençale, parente de l'Abbeſſe
qui eftoit aufli dans le
Couvent pour paſſer la
premiere année de fon
veuvage, mais elle eftoit
auffi gaye que celle - cy
qui n'eftoit pas veuve
celle - cy eut une fantaifie fi forte d'apprendre
le Provençal qu'elle le
parloit
GALANT. 17
parloit au bout de quelque temps auffi bien que
cette veuve qu'elle ne
quittoit pas d'un moment.
Le temps de cette retraite dura prés d'une an
née au lieu de quelques
femaines › parce que le
mary fut obligé de retourner en Languedoc
& qu'il ne voulut pas la
laiffer feule à Paris une
feconde fois. Pendant ce
temps là elle eut la petite
Septembre 1712. B
18 MERCURE
verole , & n'en fut prefque point marquée, mais
il fe fit un petit changementdans les traits defon
de temps vifage , en peu
la convalefcence joignit
de l'embonpoint à fa taille qui eftoit fort menuë ;
& fon teint s'éclaircit
beaucoup , elle perdit de
beaux cheveux blonds
qu'elle avoit , en forte
que mettant un jour en
badinant une coifure de
la veuve , qui eftoit bru
GALANT 19
ne , elle fe trouva fi jolic
en brun & en mefme
temps fi diférente de ce
qu'elle eftoit en blond
avant fa petite verolo
que joignant à cela le
langage Provençal, qu'el
le s'eftoit rendu naturel ,
ellecrutpouvoir fatisfaire
une fantaiſie qui luyvint;
c'eftoit d'accompagner
fan amie dans un pe
tit voyage qu'elle alloit
faire à Paris , & d'y paſfer
incognito pour une Pra
Bij
20 MERCURE
vençale parente de cette
veuve , elle en obtint la
permiffion de l'Abbeffe
& du frere de cetteAbbef
fe, qui eftoit, commej'ay
dit , le vray ami de confiance du mary , & qui
avoit mefme affez d'af1
cendant fur luy pour ſe
charger de ce qui pourroit arriver , lorſque par
hazard elle feroit reconnuë par quelqu'un. En
unmot , il ne put refuſer
cette petite confolation
GALANT. 28
d'aller voir Paris , à une
femme qu'il fçavoit innocente , & que fon mary qui menaçoit d'eftre
encore trois mois en Lan
guedoc, avoit déja laiffé
un an dans le Couvent ,
il partit donc avec la veritable & la fauffe brune,
qu'il mena en arrivant à
Paris chez unvieux Confeiller dont la femme eftoit tres vertueuse , il ne
pouvoit la placer mieux
pour la fureté du mary.
22 MERCURE
Il fit croire aifément au
vieux Confeiller & à fa
femme qu'elle eftoit Provençale & parente de la
veuve.
Nos deux brunes firent pendant quelques
jours l'admiration du petit nombre de gens que
voyoit la Confeillere , &
elles eftoient un jourtoutes trois avec le Confeiller dans fon Cabinet en
fortant de Table , lorfqu'un Soliciteur impa
}
GALANT. 27
que
tes
tient ne trouvant perfonne pour l'annoncer, parce
gens difnoient
entra dans le Cabinet du
Confeiller. Qui pourroit
imaginer la bizarerie de
cette incident , le mary
jaloux eftoit revenu en
poſté pour un procèsimportant dont ce Confeil
ler venoit d'eftre nommé
Rapporteur , il eſtoit encore aux compliments
avec le Confeiller quand
la parole luy manqua
&
24 MERCURE
tout à coup , par la ref
femblance eftonnante
qui le frappa malgré les
changemens dont j'ay
parlé ; le Conſeiller luy
dit ce qu'il croyoit de
bonne foy , que cette
belle Provençale eftoit
arrivée de Provence depuis deux jours avec la
veuve. Le mary ne put
s'empefcher contre lá
bienséance mefme de s'avancer vers les deux Dames , il leur marqua là
caufe
GALANT.
caufedefoneftonnement,
& il cuftfansdoutereconneu fa femme fans la préfence d'efprit qu'elle cut
de neparler que Provençal , comme fi elle n'euft
pas fceu bien parler
François , ce jargon dépayfa encore le mary qui
s'en tint à l'eftonnement
d'une telle reffemblance
entre une brune & fa
femme qui eftoit blonde.
En ce moment l'ami qui
avoit difné avec les DaSeptembre 1712, C
26 MERCURE
mes, & qui eftoit reſté un
moment dans le Jardin ,
fut eftonnéen remontant
de trouver dans l'antichambre un Laquais de
fon ami qu'il croyoit encore en Languedoc , &
fut bien plus furpris encore quand ce Laquais
lui dit que fon Maiſtre
eftoit dans le Cabinet du
Confeiller , il entra fort
allarmé , mais la fcene
qu'il y trouva l'ayant un
peu raffuré , lui fit naiſtre
GALANT
. 17
en grossune idée qu'il
perfectionna dans la fuite , & aprés avoir appuyé
ta folicitation de fon ami
auprès du Conſeiller , il
fortit avec luy , le fortifia dans l'idée de la
reffemblance , & lui promit pour la rareté dufait
de luy faire voir le lende-
-main cette brune, & dès
le foir mefme il prévint
ola Confeillere en lui contant la verité de tout , &
luy faiſant approuver le
C ij
& MERCURE
deffein qu'il avoit , car
foupçonnoit desja le mary d cftre un peu amoureux de fa femme traveftie. ?
La vifite du lendemain
fe pafla plus gayement
que la premiere entreveuë, car la femme ayant
concertéfon perfonnage,
le fouftint à merveille, &
dit à fon mary en langage Provençal cent jolies
chofes , que la veuve lui
interpretoit à mefure ,
GALANT. 29
elle interpretoit enfuite
la femme ce que fon mary lui difoit bon François : ce jeu donna à l'amyla fene du monde la
en
plus divertiflante , & le
maryfortit delà fì amouBeux , que fon amy n'en
douta plus ; mais il fe
garda bien de lui tefmoi
gner qu'il s'en apperceut,
de peur de le de le contraindre. Le fingulier de cett
avanture , c'eft qu'en certains momens le maryreCij
30 MERCURE
connoiffoit fi fort fa femme, que cela refroidiffoit
un peueu fon amour, toutes les differences qu'il
trouvoit le frappant , enfuite fon amour redoubloit , & les fcrupules lui
prenoient , il vit ainfi plufieurs fois fa femme, mais
le jour de fon départ eftoit arrivé , on dit hautement qu'elle retournoit
en Provence, & elle partit
pour fe rendre au Cou
vent.
ALANT 31
Ce départ mit le mary
dans un tel abbatement
qu'il ne put s'empeſcher
de faire confidence àa fon
amy du cruel cftat où
cette feparation l'avoit
que
mis. Alors Famylui confeilla de profiter de la reffemblance, de taſcher
fa femme remplaçaft cette perte dans fon cœur.
Ils partirent tous deux
pour aller au Couvent ,
où la femme redevenue
blonde , prit des ajuſte
C iiij
32 MERCURI
ments if differents de
ceux qu'elle avoit cftant
brune , que le mary crup
voirune autre perfonne ,
il y trouvoit pourtant
quelques uns des mefmes
charmes , mais celle - cy
ne fervoit qu'à lui faire
regreter l'autre , en lus
en reveillant lidée. vio
Sur ces entrefaites un
courier vint apporter une
lettre à l'amy & cette
lettre eftoit de la veuve,
qui de concert avec lui
CALANTI #
cftoit allée à une terre
qu'avoit le Confeiller à
quatre lieues du Cou
vent, cette lettre portoit,
que la belle brune s'erant
trouvée indifposée &
cette femme fe trouvant
fur la route du Langue
doc elle y séjourneroit
deux où trois jours. Il
montra le commencement de cette lettre au
mary , qui en lut en mef.
me temps la fin , où la
veuve marquoit à l'amy
34 MERCURE
comme par une espece de
confidence , que l'indif
pofition de la brune n'eftoit qu'un prétexte pour
taſcher de retournerà Paris , pour revoir fon amy
pour qui elle avoit le
cœur pris. Jugez de l'effet que cette fin de lettre
fit fur le pauvre mary .
l'amy reprit fa lettre fans
lui parler davantage de
la veuve ni de fa compagne , & dit enfuite qu'ef
tant obligé de refter deux
GALANT. 35
ou trois jours avec la
foeur Abbeffe ; il lui
donnoit fon Caroffe pour
s'en retourner à Paris ; le
mary fut charmé de cet
incident & profita du
Caroffe , il gagna le Cocher & marcha droit
vers la terre où il croyoit
trouver la brune , & c'eft
ce que l'amy avoit prévû,
la blonde partit àl'inftant
par un chemin de traverfe avec une Chaife de
pofte , & l'amy à Che-
36 MERCURE
val , ils arriverent une
heure avant le Caroffe
dont le Cocher avoit ordre d'aller fort douce,
ment, & la blonde cut
tout le loifir de le faire
brune ,
avant que fon
maryfuftarrivé, l'amyfe
fit cacher dans le Chaf
teau , & cette entreveuë
fut fi vive qu'il y eut déclaration d'amour depart
&
d'autre , car le mary
eut la tefte fi troublée de
puis la lecture de la lettre,
GALANT. 37-
qu'il fut incapable d'aucune reflexion fur l'infi- .
delitéqu'il faifoit à fa femme dans le moment
qu'ils eftoient dans le fort
de leur tendreffe l'amy
parut , la brune feignit
?
d'eftre furpriſe & troublée , fe retira avec précipitation & laiffa les
deux amis feuls enfemble , alors l'amy prenant
un ton fort fevere , dite
au mary qu'il s'etoit bien
douté de l'infidelité qu'il
38 MERCURE
vouloit faire à fa femme,
& qu'il lui avoit exprés
laiffé fon Carroffe pour
avoir lieu de le furprendre , & de lui faire cent
reproches des mauvais
procedez qu'il avoit eus
avec fa femme fur de
fimples apparences , lorf
qu'il eftoit réellement infidelle. Ce mary fut tres
honteux , fon amy avoit
beaucoupd'afcendant fur
fon efprit , il lui fit promettre qu'il ne reverroit
CALANT. 39
pas
་
jamaistla brune ?, ible
promit , mais ce n'eftoit
là ce qu'on vouloit
de lui , l'amy reprit avec
lui le chemin de l'Abbaye , & le détermina à
reprendre fa femme pour
la remener à Paris , il le
promit , mais il eut befoin de toute fa raiſon &
de toute celle de fon amy
pour faire un tel effort
fur lui-mefme. Il arriva à
l'Abbaye dans un eſtat
qui cuft fait pitié à tout
40 MERCURE
a
autre qu'à cet amy. Ils
prirent leurs mefures en
arrivant à l'Abbaye pour
pouvoir partir le lendemain pour Paris , la femme eftoit à l'Abbaye avant eux , & par le mefme chemin qu'elle avoit
pris pour aller , elle en
eftoit revenue , & reparut en blonde , mais ce
n'eftoit plus cette blonde
foumife , gracieuſe , &
fuppliante que le maryy
avoit laiffée le matin , elle
prit
GALANT 41
prit un autre ton , elle fit
la ferme jaloufe , & en
prétence de l'Abbofle dé
clara qu'elle fçavoit l'in ,
fidelité de fon mary , l'amy & l'Abbele joue
rent fr bien leur perfonnage , & feconderent fi
bien les juftes reproches
de la femme irritée , quo
le mary veritablement
convaincu de fon tort refolut fincerement de tafa
cher debien vivre avec fa
femme & d'oublier la
Septembre 1712.
D.
42 MERCURE
Provençale , il le promit,
mais la femme feignit de
ne fe fier pas à fes promeffes , de vouloir refter
au Couvent , & fe retira
fierement. L'Abbeffe, l'a
my, & le mary difnerent
fort triftement , & on le
fit refter à table autant de
temps qu'il fallut pour
donner le loifir à la blonde de redevenir brune ;
elle n'oublia rien cette
derniere fois pour plaire
à fon amant mary , il fut
GALANT
fort furpris de la voir entrer dans le parloir où ils
mangcoient, l'Abbeffe &
l'amyfeignirent auffi d'eftre furpris , la fcene qui
fe paffa s'imagine mieux
qu'elle ne fe peut écrire ,
jamais mary ne s'eft trou
vé dans un pareil embar
ras , car l'Abbeffe & l'amyne pouvoient traiter
la chofe fi férieuſement
qu'ils ne leur échapaft
quelques éclats de rire ,
ils eftoient dans cette fi
Dij
44 MERCURE
tuation lorfque la Pro
vençale commença à par
ler bon François , & à
déclarer ouvertementfon
amour , fans lui dire encore qu'elle eftoit fa fenrme, & ils firentprudem
ment de tromper le mari
par degrez, car s'ileuft appris tout d'un coup que
celle qu'il aimoit fi pafs
fionnément alloit eftre en
fa poffeffion , il en feroit
mort de joye. Enfin le
dénouement fut mené
GALANT. 45
de maniere , que le mary
fut auffi amoureux aprés
Féclairciffement , & mef
me plus qu'il ne l'avoit
eftéavant & dans la fuitele mary devenant
moins amoureux &
moins jaloux , & la femme devenant plus refervée cela fit un très bon
menage : enfin l'amy fut
remercié de la tromperie
innocente comme du
meilleure office qu'il
pouvoit rendre au mary
& à la femme
femme & maistreffe.
UNeDame jolie , enjouée , & de beaucoup
d'efprit , vertueufe dans
le fond , mais aimant le
Septembre 1712. Aij
4 MERCURE
monde , & les amufe->
ments d'une galanterie
fans vice , ne put s'empefcher de fuivre cette
maniere de vie pendant
l'abfence de fon mary ,
que d'importantes affai
res avoient appellé dans
le Languedoc pour quelque temps. Il eftoit tresnouveau marić , & avoit
épousé la femme par un
accommodement de famille , & ne l'avoit pas
veuë plus de deux outrois
GALANT.
jours avant ſon mariage,
& avoit efté contraint de
partir peu de jours après.
Il aima d'abord cette
femme ; mais foit jaloufic , foit delicateffe fcrupuleufe fur le point
d'honneuril eftoit un
peu trop fevere für fa
conduite ; & il luy recommanda en partant
une regularité devivie
fort efloignée des innocentes libertez qu'elle s'eftoit donnée eftant fille ,
Aiij
6 MERCURE
& qu'elle s'eftoit promis
de continuer après fon
mariage , ainfi fe voyant
maitreffe de fes actions
par ce départ , elle oùblia tous les fcrupules
qu'onlui avoit donnez en
partant , elle eftoit née
pour la vie agréable ,
l'occafion eftoit belle
elle crut qu'il luy eftoit
permis de s'en fervir ,
pourveu qu'elle évitaft
l'éclat ; elle ne vouloit
point recevoir de vifites
GALANT.
7
chez elle , mais elle avoit
des amis & des amies de
fon humeur , on la vit ,
elle plut & n'en fut point
fafchée. On lui fit de tendres déclarations , elle les
reçeut en femme d'efprit
qui veut eftre aimée &
ne point aimer, elle ne fe
faſchoit de rien, pourveu
qu'onne paffaft point les
bornes qu'elles s'eftoit
prefcrites conformément
à un fond de fageffe qui
ne pourroit eftre alteré ,
*
A iiij
8 MERCURE
les plus médifans one
pouvoient avoir que des
foupçons mal fondez , &
ceux qui eftoient les plus
entreprenans s'aperceurent bien - toft qu'il n'y
avoit à efperer d'elle que
l'agrément de la focieté
generale , ils l'en eſtimerent davantage & n'en
curent pas moins d'empreffement à la voir, car
elle plaifoit , mefme aux
femmes qui fe fentoient
un merite inferieur au
GALANT
fien , tout alloit bien jufque là mais un de ces
jeunes conquerants qui
ne veulent des femmes
que la gloire de s'en eſtre
fait aimer , prétendit un
jour eftre aimé d'elle
plus férieufement qu'elle
ne vouloit , elle le regarada fierement , changea
de ftile , prit un air fevere
& rabbatit tellement fa
vanité , qu'elle s'en fit un
ennemi tres- dangereux
il examina de prés toutes
10 MERCURE
fes demarches , la vit de
facile accès à tous ceux
qu'il regardoit comme
fes rivaux , & fans fonger qu'ils ne luy avoient
pas donné les mefmes fujets de plainte que luy , il
les mit tous fur fon compte , il prit confeil de fa
jaloufie , & ne fongea
plus qu'à fe vanger , il en
trouva une occafion toute autre qu'il ne l'efpe
roit.
La Dame eftoit allée à
GALANT.
IF
une Campagne pour
quelques jours avec une
amie;
par malheur pour
elle fon mary revint
justement de Languedoc le lendemain du
départ de fa femme , &
fut fort défagreablement
furpris de nela point
trouver chez elle en arrivant. Le premier homme qu'il vit en fortant
de chez luy ce fut l'amant jaloux , avec qui
il avoit toujours vécu
12 MERCURE
affez familierement , le
mary luy confia le chagrin qu'il avoit contre ſa
femme; il prit cette occafionpour la juftifier de la
maniere dont les prudes
medifent ordinairement
de leurs émules , c'eſtà- dire en excufant malignement les fautes qu'on
ignoreroit fans elle; il entra dans le détail de toutes les connoiffances qu
elleavoit faites depuisfon
départ , & de toutes les
GALANT. 13
parties où elles'étoit trouvée, en louant une vertu
qui pouvoit eftre à l'épreuve de tout cela , mais
cette vertu eftoit ce qui
frappoit moins le mary
les épreuves où elle s'eftoit mife le frappoient
bien davantage , en un
motil l'enviſageacomme
tres-coupable, il s'emporte, il fulmine, & il auroit
pris quelque refolution
violente, fi quelques amis
mieux intentionnez
MERCURE
n'cuffent un peu adouci
le venin que le premier
avoit infinue dans le
cœur de ce pauvre mari ,
cependant tout ce que
ceux- cy purent gagner
ce fut qu'en attendant
un éclairciſſement plus
ample cette femme iroit,
fous quelque prétexte
qu'ils trouverent , paffer
quelques femaines dans
un Couvent à quinze
lieues de Paris , dont par
bonheur l'Abeffe fe trouE
GALANT. S
foeur d'un de ces prudents amis , & la femme
va
executa cette retraite demivolontaire dès qu'elle
fut de retour ; & deux
parentes du maryfechargerent de l'y conduire.
La voila donc dans le
Couvent , fes manieres
engageantes & flateufes
la rendirent bien- toft intime amie de l'Abbeffe ,
elle fe fit aimer de tout le
Couvent, c'eftoit une neceffité pour elle que la
stoleg
16 MERCURE
vie gaye , elle fe fit des
plaifirs de tout ce qui en
peut donner dans la retraite , & elle fit amitié
avec une jeune Provençale, parente de l'Abbeſſe
qui eftoit aufli dans le
Couvent pour paſſer la
premiere année de fon
veuvage, mais elle eftoit
auffi gaye que celle - cy
qui n'eftoit pas veuve
celle - cy eut une fantaifie fi forte d'apprendre
le Provençal qu'elle le
parloit
GALANT. 17
parloit au bout de quelque temps auffi bien que
cette veuve qu'elle ne
quittoit pas d'un moment.
Le temps de cette retraite dura prés d'une an
née au lieu de quelques
femaines › parce que le
mary fut obligé de retourner en Languedoc
& qu'il ne voulut pas la
laiffer feule à Paris une
feconde fois. Pendant ce
temps là elle eut la petite
Septembre 1712. B
18 MERCURE
verole , & n'en fut prefque point marquée, mais
il fe fit un petit changementdans les traits defon
de temps vifage , en peu
la convalefcence joignit
de l'embonpoint à fa taille qui eftoit fort menuë ;
& fon teint s'éclaircit
beaucoup , elle perdit de
beaux cheveux blonds
qu'elle avoit , en forte
que mettant un jour en
badinant une coifure de
la veuve , qui eftoit bru
GALANT 19
ne , elle fe trouva fi jolic
en brun & en mefme
temps fi diférente de ce
qu'elle eftoit en blond
avant fa petite verolo
que joignant à cela le
langage Provençal, qu'el
le s'eftoit rendu naturel ,
ellecrutpouvoir fatisfaire
une fantaiſie qui luyvint;
c'eftoit d'accompagner
fan amie dans un pe
tit voyage qu'elle alloit
faire à Paris , & d'y paſfer
incognito pour une Pra
Bij
20 MERCURE
vençale parente de cette
veuve , elle en obtint la
permiffion de l'Abbeffe
& du frere de cetteAbbef
fe, qui eftoit, commej'ay
dit , le vray ami de confiance du mary , & qui
avoit mefme affez d'af1
cendant fur luy pour ſe
charger de ce qui pourroit arriver , lorſque par
hazard elle feroit reconnuë par quelqu'un. En
unmot , il ne put refuſer
cette petite confolation
GALANT. 28
d'aller voir Paris , à une
femme qu'il fçavoit innocente , & que fon mary qui menaçoit d'eftre
encore trois mois en Lan
guedoc, avoit déja laiffé
un an dans le Couvent ,
il partit donc avec la veritable & la fauffe brune,
qu'il mena en arrivant à
Paris chez unvieux Confeiller dont la femme eftoit tres vertueuse , il ne
pouvoit la placer mieux
pour la fureté du mary.
22 MERCURE
Il fit croire aifément au
vieux Confeiller & à fa
femme qu'elle eftoit Provençale & parente de la
veuve.
Nos deux brunes firent pendant quelques
jours l'admiration du petit nombre de gens que
voyoit la Confeillere , &
elles eftoient un jourtoutes trois avec le Confeiller dans fon Cabinet en
fortant de Table , lorfqu'un Soliciteur impa
}
GALANT. 27
que
tes
tient ne trouvant perfonne pour l'annoncer, parce
gens difnoient
entra dans le Cabinet du
Confeiller. Qui pourroit
imaginer la bizarerie de
cette incident , le mary
jaloux eftoit revenu en
poſté pour un procèsimportant dont ce Confeil
ler venoit d'eftre nommé
Rapporteur , il eſtoit encore aux compliments
avec le Confeiller quand
la parole luy manqua
&
24 MERCURE
tout à coup , par la ref
femblance eftonnante
qui le frappa malgré les
changemens dont j'ay
parlé ; le Conſeiller luy
dit ce qu'il croyoit de
bonne foy , que cette
belle Provençale eftoit
arrivée de Provence depuis deux jours avec la
veuve. Le mary ne put
s'empefcher contre lá
bienséance mefme de s'avancer vers les deux Dames , il leur marqua là
caufe
GALANT.
caufedefoneftonnement,
& il cuftfansdoutereconneu fa femme fans la préfence d'efprit qu'elle cut
de neparler que Provençal , comme fi elle n'euft
pas fceu bien parler
François , ce jargon dépayfa encore le mary qui
s'en tint à l'eftonnement
d'une telle reffemblance
entre une brune & fa
femme qui eftoit blonde.
En ce moment l'ami qui
avoit difné avec les DaSeptembre 1712, C
26 MERCURE
mes, & qui eftoit reſté un
moment dans le Jardin ,
fut eftonnéen remontant
de trouver dans l'antichambre un Laquais de
fon ami qu'il croyoit encore en Languedoc , &
fut bien plus furpris encore quand ce Laquais
lui dit que fon Maiſtre
eftoit dans le Cabinet du
Confeiller , il entra fort
allarmé , mais la fcene
qu'il y trouva l'ayant un
peu raffuré , lui fit naiſtre
GALANT
. 17
en grossune idée qu'il
perfectionna dans la fuite , & aprés avoir appuyé
ta folicitation de fon ami
auprès du Conſeiller , il
fortit avec luy , le fortifia dans l'idée de la
reffemblance , & lui promit pour la rareté dufait
de luy faire voir le lende-
-main cette brune, & dès
le foir mefme il prévint
ola Confeillere en lui contant la verité de tout , &
luy faiſant approuver le
C ij
& MERCURE
deffein qu'il avoit , car
foupçonnoit desja le mary d cftre un peu amoureux de fa femme traveftie. ?
La vifite du lendemain
fe pafla plus gayement
que la premiere entreveuë, car la femme ayant
concertéfon perfonnage,
le fouftint à merveille, &
dit à fon mary en langage Provençal cent jolies
chofes , que la veuve lui
interpretoit à mefure ,
GALANT. 29
elle interpretoit enfuite
la femme ce que fon mary lui difoit bon François : ce jeu donna à l'amyla fene du monde la
en
plus divertiflante , & le
maryfortit delà fì amouBeux , que fon amy n'en
douta plus ; mais il fe
garda bien de lui tefmoi
gner qu'il s'en apperceut,
de peur de le de le contraindre. Le fingulier de cett
avanture , c'eft qu'en certains momens le maryreCij
30 MERCURE
connoiffoit fi fort fa femme, que cela refroidiffoit
un peueu fon amour, toutes les differences qu'il
trouvoit le frappant , enfuite fon amour redoubloit , & les fcrupules lui
prenoient , il vit ainfi plufieurs fois fa femme, mais
le jour de fon départ eftoit arrivé , on dit hautement qu'elle retournoit
en Provence, & elle partit
pour fe rendre au Cou
vent.
ALANT 31
Ce départ mit le mary
dans un tel abbatement
qu'il ne put s'empeſcher
de faire confidence àa fon
amy du cruel cftat où
cette feparation l'avoit
que
mis. Alors Famylui confeilla de profiter de la reffemblance, de taſcher
fa femme remplaçaft cette perte dans fon cœur.
Ils partirent tous deux
pour aller au Couvent ,
où la femme redevenue
blonde , prit des ajuſte
C iiij
32 MERCURI
ments if differents de
ceux qu'elle avoit cftant
brune , que le mary crup
voirune autre perfonne ,
il y trouvoit pourtant
quelques uns des mefmes
charmes , mais celle - cy
ne fervoit qu'à lui faire
regreter l'autre , en lus
en reveillant lidée. vio
Sur ces entrefaites un
courier vint apporter une
lettre à l'amy & cette
lettre eftoit de la veuve,
qui de concert avec lui
CALANTI #
cftoit allée à une terre
qu'avoit le Confeiller à
quatre lieues du Cou
vent, cette lettre portoit,
que la belle brune s'erant
trouvée indifposée &
cette femme fe trouvant
fur la route du Langue
doc elle y séjourneroit
deux où trois jours. Il
montra le commencement de cette lettre au
mary , qui en lut en mef.
me temps la fin , où la
veuve marquoit à l'amy
34 MERCURE
comme par une espece de
confidence , que l'indif
pofition de la brune n'eftoit qu'un prétexte pour
taſcher de retournerà Paris , pour revoir fon amy
pour qui elle avoit le
cœur pris. Jugez de l'effet que cette fin de lettre
fit fur le pauvre mary .
l'amy reprit fa lettre fans
lui parler davantage de
la veuve ni de fa compagne , & dit enfuite qu'ef
tant obligé de refter deux
GALANT. 35
ou trois jours avec la
foeur Abbeffe ; il lui
donnoit fon Caroffe pour
s'en retourner à Paris ; le
mary fut charmé de cet
incident & profita du
Caroffe , il gagna le Cocher & marcha droit
vers la terre où il croyoit
trouver la brune , & c'eft
ce que l'amy avoit prévû,
la blonde partit àl'inftant
par un chemin de traverfe avec une Chaife de
pofte , & l'amy à Che-
36 MERCURE
val , ils arriverent une
heure avant le Caroffe
dont le Cocher avoit ordre d'aller fort douce,
ment, & la blonde cut
tout le loifir de le faire
brune ,
avant que fon
maryfuftarrivé, l'amyfe
fit cacher dans le Chaf
teau , & cette entreveuë
fut fi vive qu'il y eut déclaration d'amour depart
&
d'autre , car le mary
eut la tefte fi troublée de
puis la lecture de la lettre,
GALANT. 37-
qu'il fut incapable d'aucune reflexion fur l'infi- .
delitéqu'il faifoit à fa femme dans le moment
qu'ils eftoient dans le fort
de leur tendreffe l'amy
parut , la brune feignit
?
d'eftre furpriſe & troublée , fe retira avec précipitation & laiffa les
deux amis feuls enfemble , alors l'amy prenant
un ton fort fevere , dite
au mary qu'il s'etoit bien
douté de l'infidelité qu'il
38 MERCURE
vouloit faire à fa femme,
& qu'il lui avoit exprés
laiffé fon Carroffe pour
avoir lieu de le furprendre , & de lui faire cent
reproches des mauvais
procedez qu'il avoit eus
avec fa femme fur de
fimples apparences , lorf
qu'il eftoit réellement infidelle. Ce mary fut tres
honteux , fon amy avoit
beaucoupd'afcendant fur
fon efprit , il lui fit promettre qu'il ne reverroit
CALANT. 39
pas
་
jamaistla brune ?, ible
promit , mais ce n'eftoit
là ce qu'on vouloit
de lui , l'amy reprit avec
lui le chemin de l'Abbaye , & le détermina à
reprendre fa femme pour
la remener à Paris , il le
promit , mais il eut befoin de toute fa raiſon &
de toute celle de fon amy
pour faire un tel effort
fur lui-mefme. Il arriva à
l'Abbaye dans un eſtat
qui cuft fait pitié à tout
40 MERCURE
a
autre qu'à cet amy. Ils
prirent leurs mefures en
arrivant à l'Abbaye pour
pouvoir partir le lendemain pour Paris , la femme eftoit à l'Abbaye avant eux , & par le mefme chemin qu'elle avoit
pris pour aller , elle en
eftoit revenue , & reparut en blonde , mais ce
n'eftoit plus cette blonde
foumife , gracieuſe , &
fuppliante que le maryy
avoit laiffée le matin , elle
prit
GALANT 41
prit un autre ton , elle fit
la ferme jaloufe , & en
prétence de l'Abbofle dé
clara qu'elle fçavoit l'in ,
fidelité de fon mary , l'amy & l'Abbele joue
rent fr bien leur perfonnage , & feconderent fi
bien les juftes reproches
de la femme irritée , quo
le mary veritablement
convaincu de fon tort refolut fincerement de tafa
cher debien vivre avec fa
femme & d'oublier la
Septembre 1712.
D.
42 MERCURE
Provençale , il le promit,
mais la femme feignit de
ne fe fier pas à fes promeffes , de vouloir refter
au Couvent , & fe retira
fierement. L'Abbeffe, l'a
my, & le mary difnerent
fort triftement , & on le
fit refter à table autant de
temps qu'il fallut pour
donner le loifir à la blonde de redevenir brune ;
elle n'oublia rien cette
derniere fois pour plaire
à fon amant mary , il fut
GALANT
fort furpris de la voir entrer dans le parloir où ils
mangcoient, l'Abbeffe &
l'amyfeignirent auffi d'eftre furpris , la fcene qui
fe paffa s'imagine mieux
qu'elle ne fe peut écrire ,
jamais mary ne s'eft trou
vé dans un pareil embar
ras , car l'Abbeffe & l'amyne pouvoient traiter
la chofe fi férieuſement
qu'ils ne leur échapaft
quelques éclats de rire ,
ils eftoient dans cette fi
Dij
44 MERCURE
tuation lorfque la Pro
vençale commença à par
ler bon François , & à
déclarer ouvertementfon
amour , fans lui dire encore qu'elle eftoit fa fenrme, & ils firentprudem
ment de tromper le mari
par degrez, car s'ileuft appris tout d'un coup que
celle qu'il aimoit fi pafs
fionnément alloit eftre en
fa poffeffion , il en feroit
mort de joye. Enfin le
dénouement fut mené
GALANT. 45
de maniere , que le mary
fut auffi amoureux aprés
Féclairciffement , & mef
me plus qu'il ne l'avoit
eftéavant & dans la fuitele mary devenant
moins amoureux &
moins jaloux , & la femme devenant plus refervée cela fit un très bon
menage : enfin l'amy fut
remercié de la tromperie
innocente comme du
meilleure office qu'il
pouvoit rendre au mary
& à la femme
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Résumé : LA BLONDE BRUNE femme & maistresse.
Le texte raconte l'histoire d'une femme mariée, décrite comme jolie, enjouée et spirituelle, mais vertueuse. En septembre 1712, son mari, nouvellement marié et parti pour le Languedoc, lui recommande de mener une vie régulière. Libérée de la surveillance de son mari, la femme oublie les recommandations et profite de sa liberté tout en évitant les scandales. Elle reçoit des déclarations d'amour mais reste maîtresse de ses actions. Un jeune homme, jaloux et offensé par son refus, décide de se venger en révélant au mari les fréquentations de sa femme. Furieux, le mari envoie sa femme dans un couvent. Là, elle se lie d'amitié avec une jeune veuve provençale et apprend le provençal. Après avoir contracté la variole, elle change d'apparence et décide de se faire passer pour une Provençale. Avec l'aide de l'abbé et du frère de l'abbesse, elle retourne à Paris incognito. Par un hasard extraordinaire, son mari la rencontre sans la reconnaître. Grâce à une lettre trompeuse, le mari découvre la supercherie et retrouve sa femme. L'histoire se termine par une réconciliation et une déclaration d'amour entre les époux. Parallèlement, une intrigue complexe implique le mari, sa femme et un ami. Lors d'un moment d'intimité entre le mari et sa femme, cette dernière, déguisée en brune, feint la surprise et se retire, laissant les deux amis seuls. L'ami, prenant un ton sévère, accuse le mari d'infidélité et lui révèle qu'il a laissé son carrosse pour le surprendre. Le mari, honteux, promet de ne plus revoir la brune. L'ami le convainc de reprendre sa femme pour la ramener à Paris. À l'abbaye, la femme, désormais blonde, joue la jalouse et accuse son mari d'infidélité. L'ami et l'abbé jouent leur rôle pour convaincre le mari de son tort. La femme feint de ne pas croire aux promesses du mari et se retire au couvent. Pendant le dîner, la femme redevient brune et surprend son mari. L'ami et l'abbesse parviennent à tromper le mari par degrés, révélant progressivement l'amour de la femme. Finalement, le mari devient encore plus amoureux après l'éclaircissement. La situation évolue vers un ménage harmonieux, avec le mari moins jaloux et la femme plus réservée. L'ami est remercié pour sa tromperie innocente, considérée comme un service précieux rendu au couple.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
28
p. 157-158
RECEPTIONS de Conseillers.
Début :
Le Vendredy 17. Monsieur Roüillé de Joüy fils du Maistre [...]
Mots clefs :
Conseiller, Réceptions, Maître des requêtes, Procureur général, Grand audiencier, Parquet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RECEPTIONS de Conseillers.
RECEPTIONS
de Conseillers.
TiE Vendredy 17. Mon^
sieurRoiiillc de Joüy fils
du Mastree des Requestes,
& frere du Conseiller, fut
receu Conseiller au Parle,,
ment. Le mesme jour Monsieur
Pajoc de Nozereau
Substitud de Monsieur le
Procureur General) fils de
Monsieur Pajot le grand
Audiencier
,
fut aussi receu
Conseiller au Parlement,
qui par sa reception
£t voir qu'il avoit sceu bien
profiter du peu de temps
qu'il aelléau Parquet.
de Conseillers.
TiE Vendredy 17. Mon^
sieurRoiiillc de Joüy fils
du Mastree des Requestes,
& frere du Conseiller, fut
receu Conseiller au Parle,,
ment. Le mesme jour Monsieur
Pajoc de Nozereau
Substitud de Monsieur le
Procureur General) fils de
Monsieur Pajot le grand
Audiencier
,
fut aussi receu
Conseiller au Parlement,
qui par sa reception
£t voir qu'il avoit sceu bien
profiter du peu de temps
qu'il aelléau Parquet.
Fermer
29
s. p.
AVANTURE, ou Historiette nouvelle. LES DÉDITS.
Début :
Comme il ne faut jurer de rien, aussi ne doit-on jamais [...]
Mots clefs :
Dédit, Veuve, Mariage, Conseiller, Cavalier, Inconstance, Caprices, Argent, Tromperie, Amitié
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVANTURE, ou Historiette nouvelle. LES DÉDITS.
AVANTURE,
ou Historiette nouvelle.
LES DEDITS.
Ommc il ne faut
juier de rien
,
aussi
ïlc doit-on jamais faire
ded.édits confiderables. -
Lavolonté des hommes
est trop changeante,celle
des femmes l'est encore
plus ; M de toutes les
femmes que j'ai jamais
connues, la plus sujetta
à changer,c'est certaine
veuve, dont je vais vous
conter l'avanture.
Cette veuve erolttresvive
dans ses desirs
, SC
dans lesaffaires qui dépsndoient
de sa têteelle
ne laissoit aucun intervale.
entre la volonté s
l'execution > en moins
de rien en elle tout devenoit
passion, jusqu'à
ses vertus: en un mot
elle étoit excessive en
tout, hors en confiance.
Un jour cette veuve
capricieuse se prit d'amitié
dés la premicre
vûë pourune autre veuve
qu'ellc rencontra
chez une personne de sa
connoissance. Cette séconde
veuve étoit d'une
humeur gaye, enjoüéc,
ne cherchoit qua se rejoüir,
§£ l'unique chagrin
quelle eûtrepenti,
cetoic la morede son mari,
encore ne dura-t-il
guercs, & n'empêcha;
pas qu'elle ne devinft amoureuse
d'un jeune
homme aimable. Elle en
fut passionnément aimée.
Elle relit bien voulu
époufer : mais elle avoit
si peu de bien, qu'.
elle n'ellc pas pû le mettre
à son aire, lui qui
n'avoit rien du tout. Ils
se plaignoient un jour
l'un à l'autre de l'injustice
de la fortune, qui
ne leur donnoit pas seulement
de quoy contenter
leurs desirs sages &
reglez, pendant que l'autre
veuve étoit assez riche
pour fuivrc à grands
frais ses idées les plus extravagantes.
La veuve
enjouée,mais qui pensoit
serieusement au solide,
imagina un moyen
de mettre à profit les ca;
prices de la riche veuve.
Puil quelle veut lier sicteté
avec moy , dit-elle
à son amant,ilfautque
cesoit elle qui mus marie
Il ses dépens. Hé comment
cela, répondit le
Cavalier? felon le portrait
que vous m'en faites,
elle nest pas femme
à faire plaisir à personne,
que par rapportà ses
fantaisies.C'estpourcela
reprit la veuve, que je
ne serai pas grand férupule
de tirer parti de ses
caprices. Apres avoir rêve
un moment, la veuve
enjoüée fie un projet,
& voici comment elle
commença à executer.
-
Premièrement elle reçut
avec beaucoup de
froideur les avances d'amitié
que lui fie l'autre
veuve, que nous nommerons
Belise, pour cacher
son veritable nom.
Belise donc fit à celle-ci
toutes les avances de l'a- -~
miriéla plus tendre,
L'autre veuve reçut sesj
offres d'amitié avec
unef
indifférence, une froi-j
deur qui eût rebuté Belife,
si elle n'eût pas été
d'un caraétere a s'animer
par les difficultez.
Elle fut d'autant plus
empressée au prèsdecet- -
te nouvelle amie, qu'-
elle la trouva insensible
à Ces empressemens. Enfin
poussee à bout par
son indolence affecte,
elle la conjura de lui diire
pourquoy elle ne répondoit
point,du moins
parpolitesse, aux avances
d'amitié qu'elle lui falfoit. lui répondit
la veuve enjoüée,
parce que je ne veux point
être de ruas amies. L'aveu
est brusque, lui dit
Belife. Et sincere, repartit
la veuve. Qu'avez-
vous donc trouvé
enmoy,répliquaBelise,
qui puisse m'attirer un
pareil mépris? Loin de
vous méprtftr> reprit la
veuve, ce(l parce queje
vous estime trop que je
veux rompre av,c 'vous;
car quand je fais tant
que de m'attacher, ceji
pour long-temps. Je (ça;
que vous rictes pas capable
d'une amitie durable:
mais supposé que vous
Irvous fixassiez, pour moy,
il me resteroit encore une
raison plus forte dene me
point attacher à vousi ceji que vous pensez, diton,
à vousremarier , &
je ne veux point être Camie
d'une femme mariee.
Ce discours parut bigearre
à Belise, qui lui
dit qu'elle ne pensoit
point àCe remarier:mais
que quand elle se remarieroit,
elle ne comprenoit
pas que cela pût
faireobstacle à leur amitié.
C'en est un invincibleyreprit
brusquement
la veuve folâtre; ep-cë
qu'unefemme mariée peut
avoirdes amies ?avec une
femmemariéeplus desocieté,
plus dejoye, son humeur
saigrit9son esprits'émous-
Je3 &soncoeurs'endurcit.
Belise protesta que jamais
un mari ne la feroit
changer d'humeur, &:
qu'elle: en avoit déjà fait
l'experience.
Ilm'importe, continua
; l'autre, st) pour mon reposseul
à moy je ne veux
point m'atacheraunefemmemariée
; il mefaudroit
partager avec elle tous les
soinsde son ménage, j'en
auroti la tête pleine , je
seroispresqueaussi mariée
qu'elle; elle se prendrait à
moy des brusqueries deson
mari , & son mari me
rendroit responsable des
bigearrertes desa femme;
il me faudroit être conswolatrice
perpétuelle de leurs
chagrins, si) pige assiduè
de leurs querelles dome-
(tiques s & en voulant
les remettre bien Funavec
l'autre, je me ferois
hllir de tous les deux.
Cette veuve continua
ainsi en riant de faire à
l'autre un tableau siaffreux
du mariage, quelle
commença à l'en dégoûter,
& lui donna en
deux ou trois jours tant
d'aversion pour les maris
, qu'elle se voüa au
veuvage avec tout le zele
& toute la ferveur
dont elle étoit susceptible
ble dans ses nouveaux
entêtemens. La veuve
rusée feignit d'être de
moitié dans un voeu qui
devoit rendre leur amitié
durable, 8£ proposa
à l'autre de faire entr'elles
un dédit de trente
mille francs pour ce lle
qui voudroit rompre un
voeu si prudent, Le dédit
fut resolu, & elles
choisirent pour dépositaire
un ami commun,
ou-
plutôt un ami tout
dévoué à la veuve, SC
qui ne connoissoit Belife
que parce que l'autre
lui en avoit ménagé la
connoissance pour venir
à bout de ses desseins.
Voila donc le dédit
fait & consigné ; il s'agit
à present de le faire
payer à Belise, & pour
cela elle trouva moyen
de lui faire voir son amant,
dont nous avons
déja parlé. C'etoit un
jeune hommeaimable,
insinuant, & capable de
faire tourner la tête à
toutes les veuves qu'il
entreprenoit.Il trouva
la riche Belife digne d'être
dupée: mais il avoit
peine à se resoudreà
tromper. Il refusa d'abord
lacommission:mais
son amante luidit qu'en
unbesoin elle lui permettroit
de vouloir serieusement
époufer Belise
; qu'il n'avoit qu'à
lui plaire dans cette intention,
pour ôter tout
scrupule.Enfin,sans plus
examiner ce cas de conscience,
il s'attacha à Belise;
il ne fut pas longtemps
sans la faire repentir
du voeu qu'elle
avoit fait de ne se point
remarier. Elle n'osaconfier
son amour à son a,-
mie, jugeant bien qu'-
elle feroit sans quartier
sur le dédit: mais enfin
cet amour devint si violent
, qu'ellepria son
amie de vouloir bien
composer avec elle & la
quitter du dédit pour
moitié. L'amie rusée lui
jura que dans un autre
tems elle n'en auroit pas
rabattu une obole: mais
qu'un procés important,
pour lequel elle avoit befoin
incessamment de
vingt mille francs,l'obligeoitàluienremetre
dix.
On marchanda, ôc
l'on convint enfin que
Belise mettroit vingt
mille francs entre les
mains du dépositaire,
pour être remis après le
mariage dans celles de
l'amie;moyennantquoy
Belise prendroit desmesures
avec cet amant
pour le mariage. L'argent
pour le dédit fut
déposé, fous condition
qu'on ledélivreroit dans
huitaine à l'amie
,
aprés
lequel temps elle vouloit
les dix mille écus
entiers; ce fut la convention.
! Belife ne pouvoit avoir
aucun soupçon sur
le jeune amant: elle scavoit
qu'iln'étoit pas riche,
& ne croyoit pas
feulement qu'il connût
son amie. Elle se pressoit
donc de conclure dans la
huitaine prescrite: mais
l'amant lui faisoit naître
d'un jour à l'autre des sujets
de retardement si
vraisemblables
,
qu'elle
nepouvoit se défier de
lui. Enfinlahuitaine étant
échuë, le Cavalier
fit paroître un obstacle
insurmontable, qui differoit
le mariage de quelques
jours. Sur quoy l'amie
feignant d'estre fort
pressée pour son procés,
quitta le dédit pour les
vingt mille francs comptant,
& Belife les fic
livrer, dans la certitude
où elle étoit de son mariage,
pour ne pas donner
les dix mille écus entiers;
& ce fut déja une
partie
partie de la dot que cette
pauvre veuve destinoit
à son jeune amant,
en cas qu'il ne fust pas
obligé d'honneur à tenir
parole à Belife : maison
esperoit qu'elle romproit
la premiere, & ce fut
pour la mettre dans son
tort qu'on lui tendit un
fecond paneau.
Dés que la veuve eut
touché l'argent du premier
dédit, elle ne songea
plus qu'à en tirer
un second;&travaillant
en apparence à presser le
mariage de son amie Be
de son amant,elleleretardoiten
effet. Ceprocedé
n'étoit pas dans la
regle severe des bonnes
moeurs : mais l'amour
& la necessitérelâchent
souvent la morale. Nos
deux amans justifioient
tout ceci par leur intention;
car supposé, disoit
l'amant, que Belife persevere
dans son amour,
je ne puis en honneur
rompre avec elle, & il
faudra bien l'épouser. Et
siau contraire, disoit la
veuve ,
je fais que Belift
change la premiere,
il est juste qu'elle paye le
dédit de soninconstance.
Est-ce trop exiger d'el-
JeJ disoit l'amant, qu'un
mois de confiance? Il
faut absolument que je
fasse un voyage en Province
pour mes affaires:
si vous venez à bout de
la faire changer avant
mon retour, merite-telle
que je lui sacrifie l'amour
que j'aipour vous ?
2Sfon vraiment
,
répondit
la veuve ; voyons
doncsifkcon/lanceest à
l'épreuve, du paneau que
je vais lui tendre.
Aprés qu'ils eurent digeré
leur projet, le Cavalier
alla trouver Belife,
& la fit convenir
de la necessité de son
voyage. Quelques jours
aprés l'amie
,
qui commença
d'être la confidente
de ce mariage,
dit au Cavalier, en presence
de Belife, que puis
qu'il ne pouvoit pas époufer
avant son départ,
il faloitdumoins qu'il
lui signât une promesse
de mariage, avec un dédit.
La proposition fut
goutée par Belise ; on fit
le dédit de dix mil écus,
&leCavalier partit réellement
pour un voyage
necessairescar toute cette
intrigue se traitoit
moitiéfranchise, & moitié
tromperie de la part
des amans. Le Cavalier
vouloit de bonne foy
s'engager par ce dédit à
époufcr Belise, si elle
persistoit dans le dessein
de recevoir sa main. C'étoit
donc ici une véritable
crise pour nos amans
;car la jeune veuve
se voyoit dans la necessité
de rendre Be1
lise inconstante dans un
mois, ou de lui voir
épouser sonamant.
La jeune veuveavoit
été recherchée par un
jeune Conseiller trésaimable,
mais qu'elle n'avoit
jamais pû aimer.
Ce Conseiller étoitassez
mal dans ses affaires,
pour souhaiter de les rétablir
par un riche mariage.
Elle lui fit confidence
de tout ce qui s'étoitpassé,
& lui dit que
s'il vouloir longer serieusement
à se faire aimerde
Belise, elle pourroit
bien la lui faire époufer.
Le Conseiller,
dont l'amour étoit fort
ralenti, con senti t à tout
ce que luiprescrivitcelle
qu'il avoit fort aimée,
& voici le jeu qu'ils
joμüerent.
Un jour la jeune veuve
parut accablée de chagrin;
& Belife lui en demandant
lesujet,ellelui
dit, que quelque force
d'esprit &C quelquegayeté
qu'elle eust toujours
affc&é d'avoir elle ne
pouvoit surmonter une
forte patTion qu'elle avoit
- encore pour un
hommes dont l'indifference
la defoloit ; que
cet homme n'avoit jamais
rien aimé vi vement
, & n'etoit capable
que d'une amitié confiante
qu'il avoit encore
pourelle,inais quinesufsifoit
pas pour un coeur
sensible à Tàmour. Ce qui
m'asstige depuis quelques
joursyContwuxtc\\e>ct/l
qu'ilpenseàsétablir,~&
qHilepouseunefemme bïgearre;
avec qui je ne pourai
jamaisavoir aucune
haifbn ; il faudra que je
rompeaveccetamisolide.
Ensuite cette adroite
veuve fit un si beau portrait
du Conseiller à Belife,
qu'ellelui donna envie
de le voir. Elle ne
l'eut pas vû deux fois,
qu'illui parut plus aimable
que l'absent. Il s'attacha
à elle de meilleure
grace que l'autre, qui
tout occupé de son amour
pour sa veuve, n'avoit
pour Belise qu'une
politesseforcée. En un
mot le Conseiller fut aimé,&
parconsequent le
Cavalier absent fut haï;
car lavivacitédeBelise
la faisoit toûjours passer
d'une extrémité à
-
l'autre. La voila donc
entêtée du Conseiller,
& fort embarassée de
l'absent, quiarriva justement
pour se faire haïr
encore plus, en pressant
ce mariage. Alors Belife
ne peu saplus qu'aux
moyens de s'exempter
du dédit: elle con sulta
son amie, qui feignit
d'abord de croire la chose
impossible. Ce jeune
homme-la, luidit-elle,ne
iejt attachéà VOIN que
par interet : vous JugeZj
bien qu'ilprofitera de votre
inconstance pour gagner
dix mille écus, en se
débarassant d'un mariage
qui lui eut été à charge.
Ilmenafait une fois conjidence,
tt)je n'ose pas
vous dire mes sentimens
sur la folie que vous faites
s car vous êtes trop
occupée de vos entêtemens,
vous rompriez, avec moy. Alaù, continua-t-elle,
ily a bien plus; c'estque
depuis son retour il ma
paru prendre beaucoup de
plaisir à me confier ses
chagrins, &je me trompe
fort çln'a un peu de
goût pourmoy. Ohplust
au Ciel, reprit vivement
Belife, plust au
Ciel qu'il fust amoureux
de vous ; ce feroit
un moyen de l'obliger à
se dédire le premier,&
nous romprions but à
but.
Mais, répliqua la
veuve,faites-vous attention
qu'iln'est pasajftz,
riche pour avoir véritablement
envie de vous - quitter pourmoy? que
gagneroit-il en perdant
vos dixmil ecus ? Cette
conversation ne fut pas
poussée plus loin, & la
jeune veuve se contenta
dedisposerinsensîblement
Belise à payer le
déditavecmoins de peine.
LeConseiller redoubla
ses empressemens
pour elle ; & l'autre en
la pressant d'executer sa
promesse, lui dit qu'il
croyoit ecre engagé
d'honneur à lui declarer
qu'il étoit amoureux de
la jeune veuve; qu'il ne
vouloit pas la tromper
là-dessus: maisqu'en même
temps il lui declaroit
qu'il étoit tout prêt à ligner
un contrat malgré
cet amour. Les choses
resterent quelque temps
dans cet état: mais enfin
Belise
Belise impatiente se resolut
à donner un air de
generosité à la démarche
qu'il lui faloit faire: elle
alla trouver son amie,
& lui dit que si de bonne
foy elle étoit resoluë
d'épouser celui qui étoit
si passionné pour elle,
elle donneroit volontiers
les dixmil écus, non pas
commeun dédit,mais
comme un present de
noce à celle qui lui avoit
procuré la connoissance
de son cher Conseillers
Cette proposition ôta
tout scrupule à nos amans,
parce qu'en effet
ces deux mariages étant
faits, Belise fut si contente
des procédez de
son époux, qu'elle ne
regretta jamais les cinquante
mil francs qu'il
lui coûta pour avoir le
plaisîr de se dédiredeux,
fois.
ou Historiette nouvelle.
LES DEDITS.
Ommc il ne faut
juier de rien
,
aussi
ïlc doit-on jamais faire
ded.édits confiderables. -
Lavolonté des hommes
est trop changeante,celle
des femmes l'est encore
plus ; M de toutes les
femmes que j'ai jamais
connues, la plus sujetta
à changer,c'est certaine
veuve, dont je vais vous
conter l'avanture.
Cette veuve erolttresvive
dans ses desirs
, SC
dans lesaffaires qui dépsndoient
de sa têteelle
ne laissoit aucun intervale.
entre la volonté s
l'execution > en moins
de rien en elle tout devenoit
passion, jusqu'à
ses vertus: en un mot
elle étoit excessive en
tout, hors en confiance.
Un jour cette veuve
capricieuse se prit d'amitié
dés la premicre
vûë pourune autre veuve
qu'ellc rencontra
chez une personne de sa
connoissance. Cette séconde
veuve étoit d'une
humeur gaye, enjoüéc,
ne cherchoit qua se rejoüir,
§£ l'unique chagrin
quelle eûtrepenti,
cetoic la morede son mari,
encore ne dura-t-il
guercs, & n'empêcha;
pas qu'elle ne devinft amoureuse
d'un jeune
homme aimable. Elle en
fut passionnément aimée.
Elle relit bien voulu
époufer : mais elle avoit
si peu de bien, qu'.
elle n'ellc pas pû le mettre
à son aire, lui qui
n'avoit rien du tout. Ils
se plaignoient un jour
l'un à l'autre de l'injustice
de la fortune, qui
ne leur donnoit pas seulement
de quoy contenter
leurs desirs sages &
reglez, pendant que l'autre
veuve étoit assez riche
pour fuivrc à grands
frais ses idées les plus extravagantes.
La veuve
enjouée,mais qui pensoit
serieusement au solide,
imagina un moyen
de mettre à profit les ca;
prices de la riche veuve.
Puil quelle veut lier sicteté
avec moy , dit-elle
à son amant,ilfautque
cesoit elle qui mus marie
Il ses dépens. Hé comment
cela, répondit le
Cavalier? felon le portrait
que vous m'en faites,
elle nest pas femme
à faire plaisir à personne,
que par rapportà ses
fantaisies.C'estpourcela
reprit la veuve, que je
ne serai pas grand férupule
de tirer parti de ses
caprices. Apres avoir rêve
un moment, la veuve
enjoüée fie un projet,
& voici comment elle
commença à executer.
-
Premièrement elle reçut
avec beaucoup de
froideur les avances d'amitié
que lui fie l'autre
veuve, que nous nommerons
Belise, pour cacher
son veritable nom.
Belise donc fit à celle-ci
toutes les avances de l'a- -~
miriéla plus tendre,
L'autre veuve reçut sesj
offres d'amitié avec
unef
indifférence, une froi-j
deur qui eût rebuté Belife,
si elle n'eût pas été
d'un caraétere a s'animer
par les difficultez.
Elle fut d'autant plus
empressée au prèsdecet- -
te nouvelle amie, qu'-
elle la trouva insensible
à Ces empressemens. Enfin
poussee à bout par
son indolence affecte,
elle la conjura de lui diire
pourquoy elle ne répondoit
point,du moins
parpolitesse, aux avances
d'amitié qu'elle lui falfoit. lui répondit
la veuve enjoüée,
parce que je ne veux point
être de ruas amies. L'aveu
est brusque, lui dit
Belife. Et sincere, repartit
la veuve. Qu'avez-
vous donc trouvé
enmoy,répliquaBelise,
qui puisse m'attirer un
pareil mépris? Loin de
vous méprtftr> reprit la
veuve, ce(l parce queje
vous estime trop que je
veux rompre av,c 'vous;
car quand je fais tant
que de m'attacher, ceji
pour long-temps. Je (ça;
que vous rictes pas capable
d'une amitie durable:
mais supposé que vous
Irvous fixassiez, pour moy,
il me resteroit encore une
raison plus forte dene me
point attacher à vousi ceji que vous pensez, diton,
à vousremarier , &
je ne veux point être Camie
d'une femme mariee.
Ce discours parut bigearre
à Belise, qui lui
dit qu'elle ne pensoit
point àCe remarier:mais
que quand elle se remarieroit,
elle ne comprenoit
pas que cela pût
faireobstacle à leur amitié.
C'en est un invincibleyreprit
brusquement
la veuve folâtre; ep-cë
qu'unefemme mariée peut
avoirdes amies ?avec une
femmemariéeplus desocieté,
plus dejoye, son humeur
saigrit9son esprits'émous-
Je3 &soncoeurs'endurcit.
Belise protesta que jamais
un mari ne la feroit
changer d'humeur, &:
qu'elle: en avoit déjà fait
l'experience.
Ilm'importe, continua
; l'autre, st) pour mon reposseul
à moy je ne veux
point m'atacheraunefemmemariée
; il mefaudroit
partager avec elle tous les
soinsde son ménage, j'en
auroti la tête pleine , je
seroispresqueaussi mariée
qu'elle; elle se prendrait à
moy des brusqueries deson
mari , & son mari me
rendroit responsable des
bigearrertes desa femme;
il me faudroit être conswolatrice
perpétuelle de leurs
chagrins, si) pige assiduè
de leurs querelles dome-
(tiques s & en voulant
les remettre bien Funavec
l'autre, je me ferois
hllir de tous les deux.
Cette veuve continua
ainsi en riant de faire à
l'autre un tableau siaffreux
du mariage, quelle
commença à l'en dégoûter,
& lui donna en
deux ou trois jours tant
d'aversion pour les maris
, qu'elle se voüa au
veuvage avec tout le zele
& toute la ferveur
dont elle étoit susceptible
ble dans ses nouveaux
entêtemens. La veuve
rusée feignit d'être de
moitié dans un voeu qui
devoit rendre leur amitié
durable, 8£ proposa
à l'autre de faire entr'elles
un dédit de trente
mille francs pour ce lle
qui voudroit rompre un
voeu si prudent, Le dédit
fut resolu, & elles
choisirent pour dépositaire
un ami commun,
ou-
plutôt un ami tout
dévoué à la veuve, SC
qui ne connoissoit Belife
que parce que l'autre
lui en avoit ménagé la
connoissance pour venir
à bout de ses desseins.
Voila donc le dédit
fait & consigné ; il s'agit
à present de le faire
payer à Belise, & pour
cela elle trouva moyen
de lui faire voir son amant,
dont nous avons
déja parlé. C'etoit un
jeune hommeaimable,
insinuant, & capable de
faire tourner la tête à
toutes les veuves qu'il
entreprenoit.Il trouva
la riche Belife digne d'être
dupée: mais il avoit
peine à se resoudreà
tromper. Il refusa d'abord
lacommission:mais
son amante luidit qu'en
unbesoin elle lui permettroit
de vouloir serieusement
époufer Belise
; qu'il n'avoit qu'à
lui plaire dans cette intention,
pour ôter tout
scrupule.Enfin,sans plus
examiner ce cas de conscience,
il s'attacha à Belise;
il ne fut pas longtemps
sans la faire repentir
du voeu qu'elle
avoit fait de ne se point
remarier. Elle n'osaconfier
son amour à son a,-
mie, jugeant bien qu'-
elle feroit sans quartier
sur le dédit: mais enfin
cet amour devint si violent
, qu'ellepria son
amie de vouloir bien
composer avec elle & la
quitter du dédit pour
moitié. L'amie rusée lui
jura que dans un autre
tems elle n'en auroit pas
rabattu une obole: mais
qu'un procés important,
pour lequel elle avoit befoin
incessamment de
vingt mille francs,l'obligeoitàluienremetre
dix.
On marchanda, ôc
l'on convint enfin que
Belise mettroit vingt
mille francs entre les
mains du dépositaire,
pour être remis après le
mariage dans celles de
l'amie;moyennantquoy
Belise prendroit desmesures
avec cet amant
pour le mariage. L'argent
pour le dédit fut
déposé, fous condition
qu'on ledélivreroit dans
huitaine à l'amie
,
aprés
lequel temps elle vouloit
les dix mille écus
entiers; ce fut la convention.
! Belife ne pouvoit avoir
aucun soupçon sur
le jeune amant: elle scavoit
qu'iln'étoit pas riche,
& ne croyoit pas
feulement qu'il connût
son amie. Elle se pressoit
donc de conclure dans la
huitaine prescrite: mais
l'amant lui faisoit naître
d'un jour à l'autre des sujets
de retardement si
vraisemblables
,
qu'elle
nepouvoit se défier de
lui. Enfinlahuitaine étant
échuë, le Cavalier
fit paroître un obstacle
insurmontable, qui differoit
le mariage de quelques
jours. Sur quoy l'amie
feignant d'estre fort
pressée pour son procés,
quitta le dédit pour les
vingt mille francs comptant,
& Belife les fic
livrer, dans la certitude
où elle étoit de son mariage,
pour ne pas donner
les dix mille écus entiers;
& ce fut déja une
partie
partie de la dot que cette
pauvre veuve destinoit
à son jeune amant,
en cas qu'il ne fust pas
obligé d'honneur à tenir
parole à Belife : maison
esperoit qu'elle romproit
la premiere, & ce fut
pour la mettre dans son
tort qu'on lui tendit un
fecond paneau.
Dés que la veuve eut
touché l'argent du premier
dédit, elle ne songea
plus qu'à en tirer
un second;&travaillant
en apparence à presser le
mariage de son amie Be
de son amant,elleleretardoiten
effet. Ceprocedé
n'étoit pas dans la
regle severe des bonnes
moeurs : mais l'amour
& la necessitérelâchent
souvent la morale. Nos
deux amans justifioient
tout ceci par leur intention;
car supposé, disoit
l'amant, que Belife persevere
dans son amour,
je ne puis en honneur
rompre avec elle, & il
faudra bien l'épouser. Et
siau contraire, disoit la
veuve ,
je fais que Belift
change la premiere,
il est juste qu'elle paye le
dédit de soninconstance.
Est-ce trop exiger d'el-
JeJ disoit l'amant, qu'un
mois de confiance? Il
faut absolument que je
fasse un voyage en Province
pour mes affaires:
si vous venez à bout de
la faire changer avant
mon retour, merite-telle
que je lui sacrifie l'amour
que j'aipour vous ?
2Sfon vraiment
,
répondit
la veuve ; voyons
doncsifkcon/lanceest à
l'épreuve, du paneau que
je vais lui tendre.
Aprés qu'ils eurent digeré
leur projet, le Cavalier
alla trouver Belife,
& la fit convenir
de la necessité de son
voyage. Quelques jours
aprés l'amie
,
qui commença
d'être la confidente
de ce mariage,
dit au Cavalier, en presence
de Belife, que puis
qu'il ne pouvoit pas époufer
avant son départ,
il faloitdumoins qu'il
lui signât une promesse
de mariage, avec un dédit.
La proposition fut
goutée par Belise ; on fit
le dédit de dix mil écus,
&leCavalier partit réellement
pour un voyage
necessairescar toute cette
intrigue se traitoit
moitiéfranchise, & moitié
tromperie de la part
des amans. Le Cavalier
vouloit de bonne foy
s'engager par ce dédit à
époufcr Belise, si elle
persistoit dans le dessein
de recevoir sa main. C'étoit
donc ici une véritable
crise pour nos amans
;car la jeune veuve
se voyoit dans la necessité
de rendre Be1
lise inconstante dans un
mois, ou de lui voir
épouser sonamant.
La jeune veuveavoit
été recherchée par un
jeune Conseiller trésaimable,
mais qu'elle n'avoit
jamais pû aimer.
Ce Conseiller étoitassez
mal dans ses affaires,
pour souhaiter de les rétablir
par un riche mariage.
Elle lui fit confidence
de tout ce qui s'étoitpassé,
& lui dit que
s'il vouloir longer serieusement
à se faire aimerde
Belise, elle pourroit
bien la lui faire époufer.
Le Conseiller,
dont l'amour étoit fort
ralenti, con senti t à tout
ce que luiprescrivitcelle
qu'il avoit fort aimée,
& voici le jeu qu'ils
joμüerent.
Un jour la jeune veuve
parut accablée de chagrin;
& Belife lui en demandant
lesujet,ellelui
dit, que quelque force
d'esprit &C quelquegayeté
qu'elle eust toujours
affc&é d'avoir elle ne
pouvoit surmonter une
forte patTion qu'elle avoit
- encore pour un
hommes dont l'indifference
la defoloit ; que
cet homme n'avoit jamais
rien aimé vi vement
, & n'etoit capable
que d'une amitié confiante
qu'il avoit encore
pourelle,inais quinesufsifoit
pas pour un coeur
sensible à Tàmour. Ce qui
m'asstige depuis quelques
joursyContwuxtc\\e>ct/l
qu'ilpenseàsétablir,~&
qHilepouseunefemme bïgearre;
avec qui je ne pourai
jamaisavoir aucune
haifbn ; il faudra que je
rompeaveccetamisolide.
Ensuite cette adroite
veuve fit un si beau portrait
du Conseiller à Belife,
qu'ellelui donna envie
de le voir. Elle ne
l'eut pas vû deux fois,
qu'illui parut plus aimable
que l'absent. Il s'attacha
à elle de meilleure
grace que l'autre, qui
tout occupé de son amour
pour sa veuve, n'avoit
pour Belise qu'une
politesseforcée. En un
mot le Conseiller fut aimé,&
parconsequent le
Cavalier absent fut haï;
car lavivacitédeBelise
la faisoit toûjours passer
d'une extrémité à
-
l'autre. La voila donc
entêtée du Conseiller,
& fort embarassée de
l'absent, quiarriva justement
pour se faire haïr
encore plus, en pressant
ce mariage. Alors Belife
ne peu saplus qu'aux
moyens de s'exempter
du dédit: elle con sulta
son amie, qui feignit
d'abord de croire la chose
impossible. Ce jeune
homme-la, luidit-elle,ne
iejt attachéà VOIN que
par interet : vous JugeZj
bien qu'ilprofitera de votre
inconstance pour gagner
dix mille écus, en se
débarassant d'un mariage
qui lui eut été à charge.
Ilmenafait une fois conjidence,
tt)je n'ose pas
vous dire mes sentimens
sur la folie que vous faites
s car vous êtes trop
occupée de vos entêtemens,
vous rompriez, avec moy. Alaù, continua-t-elle,
ily a bien plus; c'estque
depuis son retour il ma
paru prendre beaucoup de
plaisir à me confier ses
chagrins, &je me trompe
fort çln'a un peu de
goût pourmoy. Ohplust
au Ciel, reprit vivement
Belife, plust au
Ciel qu'il fust amoureux
de vous ; ce feroit
un moyen de l'obliger à
se dédire le premier,&
nous romprions but à
but.
Mais, répliqua la
veuve,faites-vous attention
qu'iln'est pasajftz,
riche pour avoir véritablement
envie de vous - quitter pourmoy? que
gagneroit-il en perdant
vos dixmil ecus ? Cette
conversation ne fut pas
poussée plus loin, & la
jeune veuve se contenta
dedisposerinsensîblement
Belise à payer le
déditavecmoins de peine.
LeConseiller redoubla
ses empressemens
pour elle ; & l'autre en
la pressant d'executer sa
promesse, lui dit qu'il
croyoit ecre engagé
d'honneur à lui declarer
qu'il étoit amoureux de
la jeune veuve; qu'il ne
vouloit pas la tromper
là-dessus: maisqu'en même
temps il lui declaroit
qu'il étoit tout prêt à ligner
un contrat malgré
cet amour. Les choses
resterent quelque temps
dans cet état: mais enfin
Belise
Belise impatiente se resolut
à donner un air de
generosité à la démarche
qu'il lui faloit faire: elle
alla trouver son amie,
& lui dit que si de bonne
foy elle étoit resoluë
d'épouser celui qui étoit
si passionné pour elle,
elle donneroit volontiers
les dixmil écus, non pas
commeun dédit,mais
comme un present de
noce à celle qui lui avoit
procuré la connoissance
de son cher Conseillers
Cette proposition ôta
tout scrupule à nos amans,
parce qu'en effet
ces deux mariages étant
faits, Belise fut si contente
des procédez de
son époux, qu'elle ne
regretta jamais les cinquante
mil francs qu'il
lui coûta pour avoir le
plaisîr de se dédiredeux,
fois.
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Résumé : AVANTURE, ou Historiette nouvelle. LES DÉDITS.
Le texte 'AVANTURE, ou Historiette nouvelle' raconte l'histoire de deux veuves, Belise, riche et capricieuse, et une autre veuve rusée et enjouée. Cette dernière cherche à empêcher Belise de se remarier pour des raisons financières. Elle refuse d'abord les avances d'amitié de Belise, prétextant qu'elle ne veut pas être l'amie d'une femme mariée. Elle convainc ensuite Belise de signer un dédit de trente mille francs, engageant celle qui romprait son vœu de ne pas se remarier à payer cette somme. La veuve rusée organise une rencontre entre Belise et un jeune homme aimable, dont Belise tombe amoureuse. Elle souhaite se remarier, mais l'amant trouve des prétextes pour retarder le mariage. La veuve rusée feint de presser le mariage tout en le retardant en réalité. Elle convainc Belise de signer un second dédit de dix mille écus avec l'amant, qui part ensuite en voyage. Pour empêcher le mariage, la veuve rusée manipule Belise en lui présentant un jeune conseiller aimable. Belise tombe amoureuse du conseiller, ce qui la met dans l'embarras face à l'amant revenu. Elle cherche alors des moyens de se libérer du dédit, mais la veuve rusée la manipule encore en lui faisant croire que l'amant pourrait être amoureux d'elle. Finalement, Belise se retrouve piégée par ses propres caprices et inconstances, devant payer les dédits imposés par la veuve rusée. Dans une conversation ultérieure, une jeune veuve envisage de quitter son fiancé, un conseiller, mais se demande ce qu'il gagnerait en perdant une dot de dix mille écus. Belise est chargée de régler le dédit. Le conseiller, amoureux de la jeune veuve, exprime son désir de l'épouser tout en étant prêt à signer le contrat malgré ses sentiments. Belise décide de faire preuve de générosité en offrant les dix mille écus non pas comme un dédit, mais comme un présent de noces. Cette proposition lève les scrupules des deux amants, et les mariages sont célébrés. Belise est ensuite satisfaite de son époux et ne regrette pas les cinquante mille francs dépensés pour se dédire de deux engagements.
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30
p. 117-119
MORTS.
Début :
Messire Antoine le Févre, Chevalier, Seigneur de la Malmaison & de [...]
Mots clefs :
Décès, Chevalier, Conseiller, Héritage, Lieutenant, Cour
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MO R T S.
Messire Antoine le Févre-r
Chevalier,.. Scigntur de la*
Malmaison & de Bissy, Con.
seiller & Doyen de la Cour
des Aydes,âgé de 80- anSJ
moins deux mois, mourut
le 19May,ilavoir esté re^fr
Conseiller de la Cour des
Aydes le 29. May 1656.il
avoir épousé. le 30. Juillet
1663. Dame Anne Marguerite
Auzanet dont il a laissequatre
enfans, sçavoir, FrançoÍÍe
le Févre de la Malmaison,
Concilier au Parlement,
& Commissaire aux
Requestes du Palais; Antoine
leFévre de la Malmaison re.
çû Chevalier de Malte le 17.
Janvier 1688 Anne leFévrc
de la Malmaison, Religieuse
Professeenl'Abbaye de Lon..
champs, & Catherine le Févre
de la Malmaison, veuve
deN. de Bonnouil, Introducteur
des Ambassadeurs
dont elle a deuxenfans.
Messire Antoine Portail,
Chevaher, Conseiller honoraire
de la grande Chambre,
mourut le9 Juin1713. iletoit
Perc du PresidentPortail.
Messire Charles Marquis
de Gaucourt, Lieutenant de
Royen Berry
, mourut le 30.
May, laissant d Albertine
Brigide de laBaume sa seconde
femme un fils qui lui succede
en sa Charge de Lieutenant
de Roy.
DONS DU
Messire Antoine le Févre-r
Chevalier,.. Scigntur de la*
Malmaison & de Bissy, Con.
seiller & Doyen de la Cour
des Aydes,âgé de 80- anSJ
moins deux mois, mourut
le 19May,ilavoir esté re^fr
Conseiller de la Cour des
Aydes le 29. May 1656.il
avoir épousé. le 30. Juillet
1663. Dame Anne Marguerite
Auzanet dont il a laissequatre
enfans, sçavoir, FrançoÍÍe
le Févre de la Malmaison,
Concilier au Parlement,
& Commissaire aux
Requestes du Palais; Antoine
leFévre de la Malmaison re.
çû Chevalier de Malte le 17.
Janvier 1688 Anne leFévrc
de la Malmaison, Religieuse
Professeenl'Abbaye de Lon..
champs, & Catherine le Févre
de la Malmaison, veuve
deN. de Bonnouil, Introducteur
des Ambassadeurs
dont elle a deuxenfans.
Messire Antoine Portail,
Chevaher, Conseiller honoraire
de la grande Chambre,
mourut le9 Juin1713. iletoit
Perc du PresidentPortail.
Messire Charles Marquis
de Gaucourt, Lieutenant de
Royen Berry
, mourut le 30.
May, laissant d Albertine
Brigide de laBaume sa seconde
femme un fils qui lui succede
en sa Charge de Lieutenant
de Roy.
DONS DU
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Résumé : MORTS.
Le texte mentionne le décès et les informations biographiques de plusieurs personnalités. Messire Antoine le Fèvre, chevalier, seigneur de la Malmaison et de Bissy, conseiller et doyen de la Cour des Aydes, est décédé à 79 ans et 10 mois le 19 mai. Il avait été nommé conseiller en 1656 et avait épousé Dame Anne Marguerite Auzanet en 1663, avec qui il a eu quatre enfants : Françoise, conseillère au Parlement ; Antoine, chevalier de Malte ; Anne, religieuse à l'Abbaye de Longchamps ; et Catherine, veuve de N. de Bonnouil. Messire Antoine Portail, chevalier et conseiller honoraire de la grande Chambre, est décédé le 9 juin 1713. Il était le fils du président Portail. Messire Charles Marquis de Gaucourt, lieutenant du Roi en Berry, est décédé le 30 mai, laissant Albertine Brigitte de la Baume, sa seconde femme, et un fils qui lui succède dans sa charge.
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31
p. 165-168
MORTS.
Début :
Messire Edme Pirot Prêtre Docteur en Theologie de la Maison [...]
Mots clefs :
Mort, Chancelier, Vicaire, Conseiller
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Messire Edme Pirot Prê":
tre Docteur en Theologie
de la Maison & Societé de
Sorbonne, Chanoine &
Chancelier de l'Eglisede
Paris, Vicaire General de
S. E. Monseigneur le Cardinal
de Noailles & Abbé
d'Hermiere, mourut le 4
Aoust âgé de 79 ans.
M. Vivant Penitencier de
l'Eglise de Paris & Grand
Vicaire de Monseigneur le
Cardinal de Noailles, lui
succedeen laPlace de Chancelier.
Et M. de la Chasse son petit
neveu en son Canonicar.
Jean Loüis le Mairat Chevalier
Seigneur de Briere le
Chatel,&c.Conseiller du
Royenses Conseils & d'honneuren
sa Cour de Parlement,
mourut sans alliance
le
2, Aoust 1713 en sa 76 année.
Il avoit épousé Heleine
Baugier, qui mourut en 1701
âgée de 19 à20 ans. Il etoit
coufin germain de Charlotte
Lefpinette le Mairat se..
conde femme du premier
Presidentle Pelletier,&fils
d'Antoine Lespinette le Mairat
Maître des Comptes &
de Loüise Bourgoin.
Dame Loüise Therese Aubry
épouse de Messire Alexandre
le Fevre de la Faluere
Grand Maître des Eaux
& Forests au département
de France, mourut le 9
Aoust âgée de 32 ans. Elle
étoit fille de feu Messire Leonor
Aubry Maître des Comptes,
& soeur de M. Aubry
Conseiller de la premiere
des Requestes du Palais.
Dame Magdelaine Perrot,
veuve de Messire Loüis
Damas de Cormaillon, &
auparavant veuve de Messire
Jacques Honoré Barantin
premier & ancien President
au Grand Conseil, mourut
le 13 Aoust.
Messire Edme Pirot Prê":
tre Docteur en Theologie
de la Maison & Societé de
Sorbonne, Chanoine &
Chancelier de l'Eglisede
Paris, Vicaire General de
S. E. Monseigneur le Cardinal
de Noailles & Abbé
d'Hermiere, mourut le 4
Aoust âgé de 79 ans.
M. Vivant Penitencier de
l'Eglise de Paris & Grand
Vicaire de Monseigneur le
Cardinal de Noailles, lui
succedeen laPlace de Chancelier.
Et M. de la Chasse son petit
neveu en son Canonicar.
Jean Loüis le Mairat Chevalier
Seigneur de Briere le
Chatel,&c.Conseiller du
Royenses Conseils & d'honneuren
sa Cour de Parlement,
mourut sans alliance
le
2, Aoust 1713 en sa 76 année.
Il avoit épousé Heleine
Baugier, qui mourut en 1701
âgée de 19 à20 ans. Il etoit
coufin germain de Charlotte
Lefpinette le Mairat se..
conde femme du premier
Presidentle Pelletier,&fils
d'Antoine Lespinette le Mairat
Maître des Comptes &
de Loüise Bourgoin.
Dame Loüise Therese Aubry
épouse de Messire Alexandre
le Fevre de la Faluere
Grand Maître des Eaux
& Forests au département
de France, mourut le 9
Aoust âgée de 32 ans. Elle
étoit fille de feu Messire Leonor
Aubry Maître des Comptes,
& soeur de M. Aubry
Conseiller de la premiere
des Requestes du Palais.
Dame Magdelaine Perrot,
veuve de Messire Loüis
Damas de Cormaillon, &
auparavant veuve de Messire
Jacques Honoré Barantin
premier & ancien President
au Grand Conseil, mourut
le 13 Aoust.
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Résumé : MORTS.
En août 1713, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Messire Edme Pirot, Docteur en Théologie, Chanoine et Chancelier de l'Église de Paris, Vicaire Général du Cardinal de Noailles et Abbé d'Hermiere, est décédé le 4 août à l'âge de 79 ans. M. Vivant lui a succédé comme Chancelier, et M. de la Chasse a pris la place de Chanoine. Jean Louis le Mairat, Chevalier et Conseiller du Roi au Parlement, est mort sans alliance le 2 août à l'âge de 76 ans. Il avait épousé Hélène Baugier, décédée en 1701 à l'âge de 19 ou 20 ans, et était cousin germain de Charlotte Lefpinette le Mairat. Dame Louise Thérèse Aubry, épouse de Messire Alexandre le Fevre de la Faluere, Grand Maître des Eaux et Forêts, est décédée le 9 août à l'âge de 32 ans. Elle était fille de Messire Léonor Aubry et sœur de M. Aubry, Conseiller des Requêtes du Palais. Enfin, Dame Magdelaine Perrot, veuve de Messire Louis Damas de Cormaillon et auparavant de Messire Jacques Honoré Barantin, premier Président au Grand Conseil, est décédée le 13 août.
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32
p. 3-41
LES DOUZE AMANS. Avanture nouvelle.
Début :
Une veuve de condition mediocre, assez bonne, passablement bête, & [...]
Mots clefs :
Mère, Marquis, Thérèse, Dorimont, Amants, Fortune, Riche, Conseiller, Mariage, Chambre, Premier président, Amis, Lettre, Femme de chambre, Faux commissaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES DOUZE AMANS. Avanture nouvelle.
LES DOUZE AMANS.
Avanittre nouvelle.
Ne veuve de
condition mediocre,
assez bonne,
passablement bête,
& fort ambitieuse, fondoit
sa fortune sur la
beauté de sa fille unique.
Cette fille avoit
toutes les bonnes qualitez
qu'on peut joindre à
une beauté parfaite, &
meritoit la prévention
que sa mere avoit pour
elle.Peu après que cette
mere l'eut retirée du
Convent,il se presenta
un parti trés-convenable
: un jeune homme
aimable, qui avoit autant
de bien Se de naissance
qu'il en saloir, la
fit demander par Tes parens.
Lamere, à qui on
en fit la proposition, ne
put trouver d'autre raison
pour le refuser, finon
que cetoitdommage
de donner une fille
comme la tienne au premier
amant oui le presentoit,
&C que peut-être
s'en preicncefoit-il
de plus riche; enfinque
quand sa fille seroit une
fois pourvuë, elle ne
pourroit plus courir le
hazard d'une :', grande
fortune: qu'il faloit du
moins attendrequelques
années, après quoy elle
pourroit penser à lui si
elle ne trouvoit pas
mieux.
Pareils discours auroient
sans doute rebuté
l'amant, que nous appellerons
Doritnont : mais
il étoit devenu vcritablement
amant, &Thevese
( c'était le nom de
la fille) l'aima réciproquement
> & ils prirent
ensemble la resolution
de tromper innocemment
la mere, pour la
faire consentir à un marriage
qui lui étoit avantageux.
Dorimont soupant
un foiravec deux
de ses amis chez une
soeur mariée qu'il avoit,
setoit plaint à eux de
son malheur ; ce cette
soeur,qui avoitl'esprit
inventis& plaisant, concerra
avec les deux amis
& son frere ce que vous
allez voir dans la fuite.
Dés le lendemain l'un
de les amis
,
qui éroit un
jeune Conseiller à marier
&: plus riche que
Dorimonc, alla trouver
la mere, dont safamille
& ses biens étoient connus
, & luy demanda
Thereseen mariage. La
mere se tournant aussitôt
du côté de sa fille,
lui dit : Eh bien, ma
fille, tu vois qu'une fille
ne perd rien pour attendre.
Vous avez bien raison,
ma mere,répondit
Therese, & si nous àvions
acceptél'autre parti,
celui -ci, qui vaut
mieux, ne se feroit pas
presenté. C'est pourquoy,
reprit la mercen
parlant au Conseiller,
vous me permettrez de
vous faire attendrequelquesannées.
Je vous entends,
répondit le Conseiller,
s'il sepresente un
President, vous le prefcrerez
à moy qui ne fuis
que Conseiller : je ne
veux point attendre un
refus, &, jeme le tiens
pour dit, je n'y penserai
plus.
Le lendemainl'autre
ami deDorimont, qui
étoir d'une riche maison,
vintoffrir desbiens considerables
à la mere de
Therese,quis'applaudit
fort d'avoir refusé la
veille le Conseiller. Le
:
Chevalier fut reçû beaucoup
mieux que le Conseiller,
& on ne lui demanda
à lui que laclau-
: se des six mois; a près
quoy, s'il ne se pre sentoit
rien de mieux, on
se feroit honneur de l'aciCCPter
pour gendre.
Quelques jours après
Dorimont, quela veuven'avoit
presque point
vû,parcequ'ilavoirfait
demander Therese par
safamille,sefitdeblond
qu'il éroit, un brun à -
sourcilsreceints, & em- -
pruntant le nom & le-N
quipage d'unriche Marquis
qui étoit brun, .&
connu même par quelques
Dames fous le nom
du brun vif du Fauxbourg
saint Germain, il
alla faire le passionné de
Therese, se trouva à
quelques bals & autres
endroits, pour obliger
la mere à avoir quelque
ombrage des poursuites
qu'il faisoit sans parler
de mariage.Therefeun
jour en fit la fausse considenceà
sa mere , qui
étoit prête à lui en faire
des reproches, & Therese
lui promit de faire
expliquer le Marquis
brun à la premiere occation.
Cette premiere
occasion se presenta
quand Therese jugea à
propos deld'ire à sa mere, r- 1 quellesetoitpresentée,
& feignant d'être fort
affligée,elle, lui dit la
larme à I'oeil,qu'elle aimoit,
le Marquis, &qu'-
elle craignoit bien qu'il
- ne fut accepte que comme
les autres ,
à.conditiond'êtrelepis-
aller;
que ce Marquis étoit sier
& n'avait point voulu se
presenter qu'il ne fût
sur, d'autant qu'un pareil
refus lui feroit tort
dans le monde. Je m'en
çonsole, répondit la merc
car onma parlé ce
matin d'un Comte qui
eU bien plus riche que
lui. En effet, on avoit
fait parler par quelque
femme du quartier d'un
Comte Allemand, qui
etoit devenu amoureux,
disoit-on, de Thercfe à
un concerta & tout cela
étoit un jeu joué comme
te reste. Voila donc
déja sur les rangs le véritable
amànt Dorimont
Sele Marquisqû'ilreprefencoit
incognito;. le
Chevalier, le Conleiller
& le Comtey cela fait
déjàcinq amans que la
mere croit avoir à son
choix : voyons les autres.
La soeur de Dorimont
s'habilla en veuve, &
en grand équipage de
deuil alla trouver la mere
deTherese,& laconjura
de ne lui point donner
lechagrindaccepri
ter pour gendre un fils
uniunique
, riche héritier
de feu sonmari,& en
âge de se marier malgré
elle,&quidevoitluidcmander
sa fille en mariage
> & ce fut la fille
de chambre de la soeur
qui avec un habit d'heritier
en grand deüil fit
son personnage le foir
même, 8c lefit de façon
à faire presque consentir
sans delay la mere
: mais dans cemême
soirelle reçut une lettre
de Province, par laquelle
le premier President
de. qui avoit vû
safille au Convent, la
lui demandoiten mariage.
Cetétablissementsolide
la fit renoncer à la
poursuite de l'autre, &
elle attendit des nouvelles
du premier President
huit jours entiers, pendant
lesquels plusieurs
autres épouseurs,. tous
partant de la mêmesabrique,&£
tous enchetifTanî:
les uns sur les autres
en biens & en fortune.
Ils pen serent faire
tourner la tête à la mere
, &C la firent resoudre
à refuser cous ceux qui
se presenteroient, ne
doutant point que le
dernier quiviendroit ne
fût un Duc ou quelque
Prince étranger, & ne
voulant plus se determinerqu'à
ce prix.
:
Elle attendit le Prince
Se le Duc pendant
quinze jours, qui penserent
la faire mourir
d'inquietude & d'embarras;
cartous les amans
qui étoient, à ce qu'elle
croyoit, au nombre de
douze, se mirent à faire
des pourfuires si vives,
qu'à chaque heure du
jour, & même de lanuit,
elle recevoit une lettre
par des laquais de differentes
livrées , & chacun
envoyant aussi des
presens, non assez grands
pour lui faire plaisir,
mais en assez grand nombre
pour la fatiguer,
comme fruits, confitures,
gibier; & tous ces
valets de pied, pages,
laquais, gentilshommes
même la réveillant dés
la pointe du jour, elle
fut bientôt aussi laffedes
amans de sa fille, qu'un
homme à bonne fortune
affecte de l'estre de fcs
maîtresses.
Enfin elle resolut de
fermer sa porte,d'autant
plus que le Marquis
brun, dont elle
commençoit à se défier
beaucoup pour l'honneur
de sa fille, se servoit
de toutes ces allées
& venuës pour voir sa
fille dans les momens
dérobez 5 k Therese,
trés-reservée au fond
pourDorimont, feignoit
de ne l'estre pas
tant pour le Marquis
brun, dontDorimont
joüoit, le rôlepour arriver
au dénoûment que
nous verrons dans la
suite.
La galante fiétion du
Marquis brun allasiloin
auxyeux de la mere,
qu'elle le vit sortit un
jour avant l'aurore de la
chambre de sa fille 5 car
ayant eu de violens sou pçons
par degrcz
,
elle se
resolut àguetter le ga- lant, qui afFcéla de se
glisser mysterieusement
lenez dans un manteau,
pour aller gagner une petite
porte qui donnoit
d1ans.u.ne cour par où il étoit entré1 un quartd'heure
devant. Lamere
crut donc qu'il avoit pa la nuit dans la
chambre de sa fille
,
où
elle entra outrée de colere,
pour la maltraiter
du moins de paroles:
mais elle ne trouva point
sa fille dans sa chambre,
elle avoit pris la précaution
tion de passer la nuit
dans un appartement
voisin qu'occupoit une
Dame fort vertueufc
dans ce même logis,&
la fille prouva par alibi
qu'elle n'avoit point vû
l'amant à bonne fortune.
Cette preuve étoit suffisante
pour prouver un
jour à sa mere que tout
ce qu'elle avoit vû &
devoit voir dans la suite
n'étoit qu'une feinte innocente:
mais cette preuve
ne passa alors que pour
une fausse justification
d'une faute réelle; k
quelque bête que fùt
cette merc, elle crut
voir clairement qu'il étoit
temps de marier sa
fille avant qu'une pareille
avanture eût fait
éclat. Cela fit qu'elle
borna son ambition au
premier President de
Province, & lui écrivit
une lettre à l'adresse qui
lui avoit été donnée
dans la pretenduëlettre
quelle avoit reçûë de
lui. Cette lettre partie,
elle fut huit jours sans
avoir réponse, & voici
le jeu qu'on joüa pendant
ces huit jours.
l, La femme de chambre
de la iceur de Dorimont
s'habilla en devote
à grande manche, un
chapelet à sa ceinture
,
8c ses heures dans son
manchon, fuivic d'une
petite servante de la même
parure. Ellealla demander
à parler en particulierà
la mere deTherese
> & aprés tous les
préambules necessaires à
cellesqui veulent calomnier
par charité chrétienlie)
elle lui donna avis de
'iintrigue du Marquis
-
orun, & conseil en mê-
- me temps de marier sa
fille avant que la chose
ik sçûë de gens qui ne
seroient pas si discrets
u'elle.
Le même matin la mere
ayant mené Thercfc
à la3elle entendit
parler un peu haut deux
Dames qui
-
s'entretenoient
enfembie de l'intrigue
de sa fille, &disoient
l'avoir apprise de
la fausse devote. Vous
devinez bien que ces
deux femmes étoient la
soeur de Dorimont&sa
femme de chambre, qui
prirent bien garde de se
posterde maniereauprès
de la mere,que personne
qu'elle ne pût entendre
une conversation qui
eût fait tort à la fille.
Toutes deux retournerent
au logis fort desolées
,
la mere l'étant
réellement, &la hIIeaffectant
de l'estre, &
priant sa mere de presser
le President de Province,
parce quedés qu'-
une devote &deux fem-
Bles du monde sçavoient
son histoire, elle deviendroit
bientôt publique.
La mere n'eut pas
pour cette alarme seules;
on lui en donna de toutes
parts, & toutcela
partoit toûjours du petit
nombre d'amis de Dorimont
déguisez en plusieurs
façons. L'un des
amis enfin s'habilla en
Commissaire, & alla
- trouver la mere, pour
lui donner avis qu'on alloit
plaider une affaire
qui perdroit sa fille
d'honneur; qu'ily avoit
eu un homme blessé à !
mort par le Marquis
brun à bonne fortune,
dans le temps qu'il fortoit
de chez sa fille &
qu'un autre y vouloit
entrer. A ce rapport la
mere fût morte enfin de
saisissement aprés toutes
les autres alarmes dont
elle étoit troublée:mais
le faux Commissaire promit
de traîner cette affaire,
& de l'empescher
d'éclater pendant quelques
jours, afinqu'elle
cftc le loisir de marier sa
fillç avec toute sa bonne
renommée, SC que l'affaire
n'éc latant qu'aprés
le mariage, elle seroit
alors sur le compte du
mari.
La mere remercia le
faux Commissaire, qui
lui fit mesme voir, pour
combler la mesure,quelques
vaudevilles faits sur
cette avanture, & qu'il
avoit étouffez dés leur
naissance.
La mere alors serieusement
pressée, & n'entendant
point de nouvelles
du riche President,
on pressa tort l'amant le
plus riche après lui, duquel
n'ayant pas réponse
prompte, on alla au devant
de celui qui valoit
mieux que le Comte,
& du Comte au Chevalier.
Enfin les douze amans
furent par gradation
de richesses sollicitez
par les mesmes canaux
par où ils avoient
fait demander Therese
en mariage : mais point
de réponse ni des uns ni
des autres.
Cette mere abandonnée
par tous ceux qui la
recherchoient, crut bien
deviner la cause de la
retraite &du silence des
douze amans; elle crut
sa filleperduë d'honneur
publiquement, &nefortoit
point de chez elle
qu'elle ne crust que tous
ceux qui regardoient sa
fille parce qu'elle étoit
belle,ne la regardassent
pour en médire. On la
laissa quelques jours das
ce supplice, & Therese
la prioit incessamment
de la remettre dans le
Convent pour toute sa
vie: mais la mere ne
pouvant s'y resoudre,
prit un jour la resolution
d'aller chercher dans un
- pays étranger la fortune
qu'elle ne pouvoit plus
esperer en France; &
pe qui lui fit prendre ce
parti defcfperé, ce fut
le dernier jour de cette
Comedie, qui fut pour
elle le pluscruel de tous:
car tous ces messagers de
lifferentes livrées qui
l'avoient importunée par
des presens, vinrent en
un seul jour l'accabler de
lettres trés- polies, qui
lui enfonçoient autant
de fois le poignard dans
le sein,en lui faisant sentir
que les douze amans
cedoient Therese au
Marquis brun, qui envoya
aussi sa lettre de
refus, alleguant ses bonnes
fortunes pour excuse.
On laissa la mere desolée
vingt- quatre heures
dans cette situation
> & le lendemain parut le
fidele Dorimont, à qui
on n'avoit osé recourir,
parce qu'ilavoir paru le
plus offensé des preferences.
Il arriva donc,
comme ayant paffé tout
le mois en solitude à la
campagne,& comme ne
sçachant rien de tout ce
qui s'étoit passé, & n'accusant
que la mere d'infidelité.
Therefc affectant
une impatience vive
de prendre pour dupe
cet amant unique,
conseilla à sa mere de
ne le pas laisser sortir
sans conclure. Le contrat
se fit ce même soir,
on les maria la nuit, &
il demanda en grace
qu'il n'y eust au dîner
qu'on fit le lendemain
chez lui que ceux 6C
celles qui avoient été de
son complot; & ce fut
a ce dîner où tournant
en plaisanterie les douze
amans, il se declara le
Marquis brun, & la mère
ravie de retrouver sa
fille blanchecomme neigc.
ge, pardonna le tour
qu'on lui avoit jcüé pour
la guerir de sa folle ambition.,
Avanittre nouvelle.
Ne veuve de
condition mediocre,
assez bonne,
passablement bête,
& fort ambitieuse, fondoit
sa fortune sur la
beauté de sa fille unique.
Cette fille avoit
toutes les bonnes qualitez
qu'on peut joindre à
une beauté parfaite, &
meritoit la prévention
que sa mere avoit pour
elle.Peu après que cette
mere l'eut retirée du
Convent,il se presenta
un parti trés-convenable
: un jeune homme
aimable, qui avoit autant
de bien Se de naissance
qu'il en saloir, la
fit demander par Tes parens.
Lamere, à qui on
en fit la proposition, ne
put trouver d'autre raison
pour le refuser, finon
que cetoitdommage
de donner une fille
comme la tienne au premier
amant oui le presentoit,
&C que peut-être
s'en preicncefoit-il
de plus riche; enfinque
quand sa fille seroit une
fois pourvuë, elle ne
pourroit plus courir le
hazard d'une :', grande
fortune: qu'il faloit du
moins attendrequelques
années, après quoy elle
pourroit penser à lui si
elle ne trouvoit pas
mieux.
Pareils discours auroient
sans doute rebuté
l'amant, que nous appellerons
Doritnont : mais
il étoit devenu vcritablement
amant, &Thevese
( c'était le nom de
la fille) l'aima réciproquement
> & ils prirent
ensemble la resolution
de tromper innocemment
la mere, pour la
faire consentir à un marriage
qui lui étoit avantageux.
Dorimont soupant
un foiravec deux
de ses amis chez une
soeur mariée qu'il avoit,
setoit plaint à eux de
son malheur ; ce cette
soeur,qui avoitl'esprit
inventis& plaisant, concerra
avec les deux amis
& son frere ce que vous
allez voir dans la fuite.
Dés le lendemain l'un
de les amis
,
qui éroit un
jeune Conseiller à marier
&: plus riche que
Dorimonc, alla trouver
la mere, dont safamille
& ses biens étoient connus
, & luy demanda
Thereseen mariage. La
mere se tournant aussitôt
du côté de sa fille,
lui dit : Eh bien, ma
fille, tu vois qu'une fille
ne perd rien pour attendre.
Vous avez bien raison,
ma mere,répondit
Therese, & si nous àvions
acceptél'autre parti,
celui -ci, qui vaut
mieux, ne se feroit pas
presenté. C'est pourquoy,
reprit la mercen
parlant au Conseiller,
vous me permettrez de
vous faire attendrequelquesannées.
Je vous entends,
répondit le Conseiller,
s'il sepresente un
President, vous le prefcrerez
à moy qui ne fuis
que Conseiller : je ne
veux point attendre un
refus, &, jeme le tiens
pour dit, je n'y penserai
plus.
Le lendemainl'autre
ami deDorimont, qui
étoir d'une riche maison,
vintoffrir desbiens considerables
à la mere de
Therese,quis'applaudit
fort d'avoir refusé la
veille le Conseiller. Le
:
Chevalier fut reçû beaucoup
mieux que le Conseiller,
& on ne lui demanda
à lui que laclau-
: se des six mois; a près
quoy, s'il ne se pre sentoit
rien de mieux, on
se feroit honneur de l'aciCCPter
pour gendre.
Quelques jours après
Dorimont, quela veuven'avoit
presque point
vû,parcequ'ilavoirfait
demander Therese par
safamille,sefitdeblond
qu'il éroit, un brun à -
sourcilsreceints, & em- -
pruntant le nom & le-N
quipage d'unriche Marquis
qui étoit brun, .&
connu même par quelques
Dames fous le nom
du brun vif du Fauxbourg
saint Germain, il
alla faire le passionné de
Therese, se trouva à
quelques bals & autres
endroits, pour obliger
la mere à avoir quelque
ombrage des poursuites
qu'il faisoit sans parler
de mariage.Therefeun
jour en fit la fausse considenceà
sa mere , qui
étoit prête à lui en faire
des reproches, & Therese
lui promit de faire
expliquer le Marquis
brun à la premiere occation.
Cette premiere
occasion se presenta
quand Therese jugea à
propos deld'ire à sa mere, r- 1 quellesetoitpresentée,
& feignant d'être fort
affligée,elle, lui dit la
larme à I'oeil,qu'elle aimoit,
le Marquis, &qu'-
elle craignoit bien qu'il
- ne fut accepte que comme
les autres ,
à.conditiond'êtrelepis-
aller;
que ce Marquis étoit sier
& n'avait point voulu se
presenter qu'il ne fût
sur, d'autant qu'un pareil
refus lui feroit tort
dans le monde. Je m'en
çonsole, répondit la merc
car onma parlé ce
matin d'un Comte qui
eU bien plus riche que
lui. En effet, on avoit
fait parler par quelque
femme du quartier d'un
Comte Allemand, qui
etoit devenu amoureux,
disoit-on, de Thercfe à
un concerta & tout cela
étoit un jeu joué comme
te reste. Voila donc
déja sur les rangs le véritable
amànt Dorimont
Sele Marquisqû'ilreprefencoit
incognito;. le
Chevalier, le Conleiller
& le Comtey cela fait
déjàcinq amans que la
mere croit avoir à son
choix : voyons les autres.
La soeur de Dorimont
s'habilla en veuve, &
en grand équipage de
deuil alla trouver la mere
deTherese,& laconjura
de ne lui point donner
lechagrindaccepri
ter pour gendre un fils
uniunique
, riche héritier
de feu sonmari,& en
âge de se marier malgré
elle,&quidevoitluidcmander
sa fille en mariage
> & ce fut la fille
de chambre de la soeur
qui avec un habit d'heritier
en grand deüil fit
son personnage le foir
même, 8c lefit de façon
à faire presque consentir
sans delay la mere
: mais dans cemême
soirelle reçut une lettre
de Province, par laquelle
le premier President
de. qui avoit vû
safille au Convent, la
lui demandoiten mariage.
Cetétablissementsolide
la fit renoncer à la
poursuite de l'autre, &
elle attendit des nouvelles
du premier President
huit jours entiers, pendant
lesquels plusieurs
autres épouseurs,. tous
partant de la mêmesabrique,&£
tous enchetifTanî:
les uns sur les autres
en biens & en fortune.
Ils pen serent faire
tourner la tête à la mere
, &C la firent resoudre
à refuser cous ceux qui
se presenteroient, ne
doutant point que le
dernier quiviendroit ne
fût un Duc ou quelque
Prince étranger, & ne
voulant plus se determinerqu'à
ce prix.
:
Elle attendit le Prince
Se le Duc pendant
quinze jours, qui penserent
la faire mourir
d'inquietude & d'embarras;
cartous les amans
qui étoient, à ce qu'elle
croyoit, au nombre de
douze, se mirent à faire
des pourfuires si vives,
qu'à chaque heure du
jour, & même de lanuit,
elle recevoit une lettre
par des laquais de differentes
livrées , & chacun
envoyant aussi des
presens, non assez grands
pour lui faire plaisir,
mais en assez grand nombre
pour la fatiguer,
comme fruits, confitures,
gibier; & tous ces
valets de pied, pages,
laquais, gentilshommes
même la réveillant dés
la pointe du jour, elle
fut bientôt aussi laffedes
amans de sa fille, qu'un
homme à bonne fortune
affecte de l'estre de fcs
maîtresses.
Enfin elle resolut de
fermer sa porte,d'autant
plus que le Marquis
brun, dont elle
commençoit à se défier
beaucoup pour l'honneur
de sa fille, se servoit
de toutes ces allées
& venuës pour voir sa
fille dans les momens
dérobez 5 k Therese,
trés-reservée au fond
pourDorimont, feignoit
de ne l'estre pas
tant pour le Marquis
brun, dontDorimont
joüoit, le rôlepour arriver
au dénoûment que
nous verrons dans la
suite.
La galante fiétion du
Marquis brun allasiloin
auxyeux de la mere,
qu'elle le vit sortit un
jour avant l'aurore de la
chambre de sa fille 5 car
ayant eu de violens sou pçons
par degrcz
,
elle se
resolut àguetter le ga- lant, qui afFcéla de se
glisser mysterieusement
lenez dans un manteau,
pour aller gagner une petite
porte qui donnoit
d1ans.u.ne cour par où il étoit entré1 un quartd'heure
devant. Lamere
crut donc qu'il avoit pa la nuit dans la
chambre de sa fille
,
où
elle entra outrée de colere,
pour la maltraiter
du moins de paroles:
mais elle ne trouva point
sa fille dans sa chambre,
elle avoit pris la précaution
tion de passer la nuit
dans un appartement
voisin qu'occupoit une
Dame fort vertueufc
dans ce même logis,&
la fille prouva par alibi
qu'elle n'avoit point vû
l'amant à bonne fortune.
Cette preuve étoit suffisante
pour prouver un
jour à sa mere que tout
ce qu'elle avoit vû &
devoit voir dans la suite
n'étoit qu'une feinte innocente:
mais cette preuve
ne passa alors que pour
une fausse justification
d'une faute réelle; k
quelque bête que fùt
cette merc, elle crut
voir clairement qu'il étoit
temps de marier sa
fille avant qu'une pareille
avanture eût fait
éclat. Cela fit qu'elle
borna son ambition au
premier President de
Province, & lui écrivit
une lettre à l'adresse qui
lui avoit été donnée
dans la pretenduëlettre
quelle avoit reçûë de
lui. Cette lettre partie,
elle fut huit jours sans
avoir réponse, & voici
le jeu qu'on joüa pendant
ces huit jours.
l, La femme de chambre
de la iceur de Dorimont
s'habilla en devote
à grande manche, un
chapelet à sa ceinture
,
8c ses heures dans son
manchon, fuivic d'une
petite servante de la même
parure. Ellealla demander
à parler en particulierà
la mere deTherese
> & aprés tous les
préambules necessaires à
cellesqui veulent calomnier
par charité chrétienlie)
elle lui donna avis de
'iintrigue du Marquis
-
orun, & conseil en mê-
- me temps de marier sa
fille avant que la chose
ik sçûë de gens qui ne
seroient pas si discrets
u'elle.
Le même matin la mere
ayant mené Thercfc
à la3elle entendit
parler un peu haut deux
Dames qui
-
s'entretenoient
enfembie de l'intrigue
de sa fille, &disoient
l'avoir apprise de
la fausse devote. Vous
devinez bien que ces
deux femmes étoient la
soeur de Dorimont&sa
femme de chambre, qui
prirent bien garde de se
posterde maniereauprès
de la mere,que personne
qu'elle ne pût entendre
une conversation qui
eût fait tort à la fille.
Toutes deux retournerent
au logis fort desolées
,
la mere l'étant
réellement, &la hIIeaffectant
de l'estre, &
priant sa mere de presser
le President de Province,
parce quedés qu'-
une devote &deux fem-
Bles du monde sçavoient
son histoire, elle deviendroit
bientôt publique.
La mere n'eut pas
pour cette alarme seules;
on lui en donna de toutes
parts, & toutcela
partoit toûjours du petit
nombre d'amis de Dorimont
déguisez en plusieurs
façons. L'un des
amis enfin s'habilla en
Commissaire, & alla
- trouver la mere, pour
lui donner avis qu'on alloit
plaider une affaire
qui perdroit sa fille
d'honneur; qu'ily avoit
eu un homme blessé à !
mort par le Marquis
brun à bonne fortune,
dans le temps qu'il fortoit
de chez sa fille &
qu'un autre y vouloit
entrer. A ce rapport la
mere fût morte enfin de
saisissement aprés toutes
les autres alarmes dont
elle étoit troublée:mais
le faux Commissaire promit
de traîner cette affaire,
& de l'empescher
d'éclater pendant quelques
jours, afinqu'elle
cftc le loisir de marier sa
fillç avec toute sa bonne
renommée, SC que l'affaire
n'éc latant qu'aprés
le mariage, elle seroit
alors sur le compte du
mari.
La mere remercia le
faux Commissaire, qui
lui fit mesme voir, pour
combler la mesure,quelques
vaudevilles faits sur
cette avanture, & qu'il
avoit étouffez dés leur
naissance.
La mere alors serieusement
pressée, & n'entendant
point de nouvelles
du riche President,
on pressa tort l'amant le
plus riche après lui, duquel
n'ayant pas réponse
prompte, on alla au devant
de celui qui valoit
mieux que le Comte,
& du Comte au Chevalier.
Enfin les douze amans
furent par gradation
de richesses sollicitez
par les mesmes canaux
par où ils avoient
fait demander Therese
en mariage : mais point
de réponse ni des uns ni
des autres.
Cette mere abandonnée
par tous ceux qui la
recherchoient, crut bien
deviner la cause de la
retraite &du silence des
douze amans; elle crut
sa filleperduë d'honneur
publiquement, &nefortoit
point de chez elle
qu'elle ne crust que tous
ceux qui regardoient sa
fille parce qu'elle étoit
belle,ne la regardassent
pour en médire. On la
laissa quelques jours das
ce supplice, & Therese
la prioit incessamment
de la remettre dans le
Convent pour toute sa
vie: mais la mere ne
pouvant s'y resoudre,
prit un jour la resolution
d'aller chercher dans un
- pays étranger la fortune
qu'elle ne pouvoit plus
esperer en France; &
pe qui lui fit prendre ce
parti defcfperé, ce fut
le dernier jour de cette
Comedie, qui fut pour
elle le pluscruel de tous:
car tous ces messagers de
lifferentes livrées qui
l'avoient importunée par
des presens, vinrent en
un seul jour l'accabler de
lettres trés- polies, qui
lui enfonçoient autant
de fois le poignard dans
le sein,en lui faisant sentir
que les douze amans
cedoient Therese au
Marquis brun, qui envoya
aussi sa lettre de
refus, alleguant ses bonnes
fortunes pour excuse.
On laissa la mere desolée
vingt- quatre heures
dans cette situation
> & le lendemain parut le
fidele Dorimont, à qui
on n'avoit osé recourir,
parce qu'ilavoir paru le
plus offensé des preferences.
Il arriva donc,
comme ayant paffé tout
le mois en solitude à la
campagne,& comme ne
sçachant rien de tout ce
qui s'étoit passé, & n'accusant
que la mere d'infidelité.
Therefc affectant
une impatience vive
de prendre pour dupe
cet amant unique,
conseilla à sa mere de
ne le pas laisser sortir
sans conclure. Le contrat
se fit ce même soir,
on les maria la nuit, &
il demanda en grace
qu'il n'y eust au dîner
qu'on fit le lendemain
chez lui que ceux 6C
celles qui avoient été de
son complot; & ce fut
a ce dîner où tournant
en plaisanterie les douze
amans, il se declara le
Marquis brun, & la mère
ravie de retrouver sa
fille blanchecomme neigc.
ge, pardonna le tour
qu'on lui avoit jcüé pour
la guerir de sa folle ambition.,
Fermer
Résumé : LES DOUZE AMANS. Avanture nouvelle.
Le texte 'Les Douze Amans' relate l'histoire d'une veuve ambitieuse qui souhaite marier sa fille unique, Thérèse, à un parti riche et prestigieux. Thérèse, belle et vertueuse, reçoit une demande en mariage de Dorimont, un jeune homme aimable, mais sa mère refuse, espérant un parti plus fortuné. Dorimont et Thérèse décident alors de tromper la mère pour obtenir son consentement. Ils mettent en scène plusieurs prétendants, tous interprétés par les amis de Dorimont, incluant un conseiller, un chevalier, un marquis brun, un comte, et même un président de province. La mère, submergée par les demandes et les rumeurs, finit par accepter le premier président de province. Cependant, les amis de Dorimont continuent de semer la confusion avec des lettres et des visites, poussant la mère à croire que Thérèse est compromise. Désespérée, la mère décide de fuir à l'étranger. Finalement, Dorimont réapparaît et ils se marient. Lors d'un dîner, le personnage principal révèle son identité en plaisantant sur les douze amants. Le Marquis Brun se déclare, et la mère, ravie de retrouver sa fille, pardonne la ruse qui lui avait été jouée pour la guérir de sa folle ambition.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
33
p. 193-219
HISTORIETTE.
Début :
Il y auroit plus d'Amans heureux que l'on en voit, [...]
Mots clefs :
Amants, Marquis, Conseiller, Comte, Jeune héritière, Soeur, Parente, Coeur, Pouvoir, Amant, Mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HISTORIETTE.
HISTORIETTE,
IL y auroit plus d'Amans
heureux que l'on n'en voit
fi on laiffoit l'amour mail
tre de fes entrepriſes , mais
s'il peut toucher les coeurs
quand il luy plaiſt , il n'a
pas toûjours le pouvoir de
les unir. Des obftacles invincibles
renverfent fouvent
fes plus grands deffeins
, & ce qui eft le plus
chagrinant , c'eft qu'il fe
Mars
1714.
R
194 MERCURE
rencontre des occafions où
il fe nuit par luy même.
Un jeune Homme de qualité
, qui ayant un Marquifat
eftoit Marquis à bon titre,
devint amoureux d'une
des plus aimables Perfonnes
de la Ville où il demeuroit.
Elle eftoit d'une Famille
de Robe , & un Frere
unique qu'elle avoit
eftoit Confeiller au Parlement
de fa Province
mais il s'attendoit bien à
monter avec l'âge dans des
Charges plus confidéra-
Eles. Ce Frere eftoit alors
GALANT. 195
fur le point de revenir d'un
voyage d'Italie , & quoy
que fon retour fuft fort
proche , le Marquis nelaiffa
pas de faire affez de progrés
dans le coeur de cette
Belle , avant qu'il fuft revenu.
Elle eftoit vive naturel.
lement,, pleine de foins &
de zele pour ce qu'elle aimoit
, & fi fenfible à l'amitié
qu'on luy témoignoit
,
qu'il y avoit fujet d'efperer
que les empreffemens
de
l'amour ne luy feroient pas
indifférens
. Elle trouva le
Marquis affez aimable
Rij
196 MERCURE
>
pour le perfuader qu'elle
en pourroit eftre aimée , &
elle eftoit trop fincere pour
douter long- temps de la
fincerité des autres fur
tout quand ils eftoient agréables
. Enfin de la ma.
niere dont le Confeiller
vit les chofes difpofées à
fon retour
il jugea bien
qu'il ne feroit plus chargé
de fa Soeur , qu'autant que
des Articles de mariage à
regler le demanderoient
car elle ne dépendoit que
de luy. Le Marquis fit tous.
les pas neceffaires , & les
GALANT
* . 197
Amans alloient eftre heureux
, s'il n'y euft point eu
d'autre amour que le leur
dans leur Famille . Le Marquis
avoit une Couſine germaine
, qui eftoit demeurée
feule Heritiere d'un
grand Ben , par la mort
de fon Pere & de fa Mere.
Elle eftoit tombée fous fa
Tutelle , parce qu'un autre
Tuteur qu'elle avoit eu
d'abord , cftoit mort depuis
fix mois. C'eftoit au jeune
Tuteur à difpofer de fa jeu
ne Pupille ; mais elle avoit
difpofé elle mefme de fon
FR iij
198 MERCURE
coeur , fans avis de Parens .
Un Gentilhomme fort fpirituel
, & qui avoit affez
de naiffance , pour pouvoir
prendre le titre de Comte ,
avoit entrepris de plaire à
la Belle , & luy avoit plû.
Il avoit fait diverfes Campagnes
avec beaucoup de
dépenfe , & affez de réputation
. Cela ébloüiffoit fort:
l'aimable Héritiere
avoit le coeur tres - bien placé
. Par malheur pour le
Marquis , le Confeiller la
vit trop fouvent , & fon
coeur en fut touché. Elle
qui
THEQUE
GALANT.
BIBLIO
avoit tout l'air d'une
LY
BAD
DE
LA
VILLE
de naiſſance , une certain e
fierté qui luy feyoit bien ,
moins de beauté que de
manieres agréables , & un
art particulier de fe faire
extrémement valoir , fans
avoir pourtant d'orgueil
qui choquaft . Peut - eftre
auroit - il choqué dans une
Perfonne, qui cuft eu moins
de naiffance , moins de jeuneffe
, & moins de Bien .
Elle ne regardoit guére les
Hommes qu'avec une efpece
de dédain . Le Comre
eftoit le plus excepté ; en-
R iiij
200 MERCURE
core le traitoit elle quelquefois
comme les autres
, quand elle en avoit
envie . Tout cela charma
le Confeiller, Ileftoit affez
riche pour ne devoir pas
eftre foupçonné d'aimer la
jeune Heritiere pour fon
Bien. Cependant il ne laif
fa peut eft e pas d'avoir
quelques veues de ce coftélà.
Ce qui luy parut d'un
fort bon augure pour fa
paffion , ce fut l'amour du
Marquis & de fa Soeur. 11
trouvoit mefme quelque
chofe d'agréable à s'imaGALANT
. 201
giner la double alliance de
leurs Maifons , & l'échange
qu'elles ferojent entreelles
de ces deux jeunes
Perfonnes . Il découvrit fon
deffein au Marquis , & luy
exagera fort le plaifir qu'il
fe feroit de devenir fon
Coufin-germain , en mef
me temps qu'il deviendroit
fon Beau -frere . Le Marquis
ne reçût point cette
propofition avec autant de
joye qu'il euft dû naturellement
la recevoir . Il luy
parut auffi - toft , fans qu'il
fçuft trop pourquoy , que
202 MERCURE
4
c'eftoit une difficulté furvenue
à fes affaires il
euft beaucoup mieux aimé
qu'on n'euft parlé que d'une
alliance. Cependant
quand il y eut fait refléxion
, il ne trouva pas que
le mariage du Confeiller
avec la Parente , duft cftre
une chofe fi malaisée , &
it fe perfuada , ou il tâcha
de fe le perfuader que
quand mefme il ne fe feroit
pas , cela n'apportéroit
point d'obſtacle à fon
bonheur. Il alla donc propofer
le Confeiller à fa
.
GALANT. 103
Coufine , avec toute l'addreffe
dont fa paffion le
rendoit capable ; mais elle
luy fit connoiftre combien
elle eftoit peu difpofée à
fonger à ce Party . Il pric
encore trois ou quatre fois
le temps le plus favorable
qu'il put , pour traiter la
mefme matiere mais ce
fut toûjours inutilement .
Le Comte n'eftoit point
trop connu pour un Amant
de la Parente du Marquis ,
& moins encore pour un
Amant qu'elle aimaſt . Elle
avoit avec luy une manie-
>
204 MERCURE
re d'agir fi inégale , que
l'on eftoit bien embaraffé à
pouvoir juger de ce qui
eftoit entre eux . Ainfi le
Marquis ne fceut pas précifement
s'il devoit fe prendre
au Comte , de l'éloi
gnement que fa Coufine
montroit pour leConfeiller,
ou s'il ne devoit s'en pren
dre qu'au peu d'inclination
qu'elle faifoit voir en general
pour la Robe , ce qui
femblait eftre affez natu
rel à une jeune Perfonne ,
dont les yeux font plus fla
tez de l'équipage d'un Ca.
GALANT.
205
valier , que de celuy d'un
Magiftrat , & dont les oreilles
fe plaifent davantage au
récit d'une Campagne
qu'à celuy du jugement
d'un Procés. Le Marquis
fit entendre au Confeiller .
le plus honneftement qu'il
luy fur poffible , le mauvais
fuccés de fa négotiation. 11
ne luy en dit qu'un partie ,
pour l'accoûtumer douce
ment au déplaifir d'être refufé
, & il quita ce difcours
fort vifte , pour luy parler
de ce qui le regardoit
mais le Confeiller luy parut
206 MERCURE
fort refroidy fur le mariage
de fa Soeur , & le Marquis
jugea bien déflors qu'il auroit
de la peine à eftre le
Beau- frere du Confeiller ,
s'il ne devenoit auffi fon
Coufin. Il fit de nouveaux
efforts fur fa Parente , qui
luy parut toûjours moins
difpofée à faire ce qu'il
vouloit. Il loüa le Confeiller
& toute la Robe & dit
tout le mal qu'il put des
Gens d'Epée . Il alla meſme
jufqu'à tourner le Comte
en ridicule , & juſqu'à
le décrier , fans épargner
•
GALANT . 207
que fon nom ; mais tout
cela ne gagna rien fur cette
Parente . A la fin voyant
qu'il ne pouvoit luy donner
de gouft pour le Confeiller
, il crut devoir le dégoûter
d'elle . Il luy dit en confidence
qu'elle n'eftoit pas
d'une humeur aiſée , & qu'-
elle donneroit aſſez de peine
à un Mary ; que mefme
elle n'avoit pas autant de
Bien qu'on s'imaginoit ,
qu'il le fçavoit mieux qu'un
autre , puis qu'il eftoit fon`
Tuteur ; mais le Confeiller
ne fe rendit point à ces ar-
&
208 MERCURE
tifices . Il foupçonna que le
Marquis ne les employoit
que pour ſe diſpenſer de le
fervir de tout fon pouvoir ,
& dans l'humeur chagrine
où il fe trouva , il luy déclara
fort nettement que le
feul moyen d'obtenir la
Soeur , eftoit de le faire aimer
de fa Parente . Le Marquis
qui eftoit fort amoureux
, fut au défefpoir. Il
repréſenta au Confeiller ,
avec toute la force & toute
la vivacité imaginable
qu'il ne devoit pas eftre
puny des bizarreries de fa
Pupille
GALANT. 209
Pupille ; mais le Confeiller
fut inexorable
. Sa Soeur
commença
à fentir pour
la jeune Heritiere
, toute la
haine qu'elle euft pû avoir
pour une Rivale . Elle n'en
parloit jamais que comme
d'une Demoifelle de Campagne
, qu'une fierté ridicule
rendoit infuportable
par tout , & qui fe croyoit
d'une meilleure Maifon
qu'une autre , parce que
fes Parens n'avoient pas
coûtume de demeurer dans
les Villes . Le Comte eftoit
charmé de la réfiftance
Mars 1714.
"
S
110 MERCURE
qu'on faiſoit pour luy aux
volontez du Marquis ; mais
il fut au déſeſpoir , quand
le Marquis dit un jour à
fa Coufine , d'un ton ferme
& prefque abfolu , que
fi c'eftoit à caufe du Comte
'qu'elle refufoit le Confeiller
, elle devoit s'affeurer
qu'il s'oppoferoit toûjours
de tout fon pouvoir aux
prétentions de cet Amant.
Elle nia que le Comte fuft
fon Amant , & qu'elle l'euft
jamais regardé fur ce piedlà
. Le Comte qui vit fes
affaires en défordre , s'aviGALANT.
21I
fa d'un expédient affez extraordinaire
. Il confidera
qui s'il pouvoit rompre l'u
nion du Marquis & de l'aimable
Perfonne à qui il
eftoit fi fort attaché , le
Marquis ne s'obſtineroit
plus à vouloir donner fa
Parente au Conſeiller ;
mais comment mettre mal
enfemble deux Perfonnes
qui s'aimoient fi tendrement
1 eftoit entreprenant
ne défefperoit jamais
de rien , & fur tout
il comptoit beaucoup fur
l'inconftance des Femmes.
,
Sij
212 MERCURE
Ainfi de concert avec la
jeune Heritiere , il réfolut
de fe feindre Amant de la
Soeur du Confeiller , & de
la conduire à faire une infidélité
au Marquis . Il fe
rendit peu à peu & fans
marque d'affectation , plus
affidu à la voir. Comme il
n'eftoit pas Amant déclaré
de l'Heritiere , fa conduite
ne parut pas fi étrange.
Le Confeiller luy - mefme
qui le foupçonnoit d'eftre
fon Rival , eftoit bien - aiſe
de commencer à avoir lieu
d'en douter. L'Heritiere de
GALANT . 20:3
fon cofté , qui vouloit favorifer
les affiduitez du
Comte chez la Soeur du
Confeiller , recevoit le Confeiller
bien plus agréablement
, depuis que le Comte
alloit moins fouvent chez
elle . Ainfi il n'y ayoit que le
Marquis à qui le nouvel attachement
du Comte ne
plaifoit pas trop. Elle eftoit
née pour la tendreffe , mais
non pas pour la conftance.
Elle avoit un coeur qui recevoit
des impreffions affez
vivement mais encore plus
facilement . Enfin elle eftoit
214 MERCURE
faite comme la plupart des
Femmes ont accoûtumé de
l'eftre . Le Comte avoit de
l'aſcendant ſur le Marquis.ll
l'étoufoit , & l'empefchant
de paroiftre en fa préfence ,
il pouffoit la converſation
jufqu'à un ton de gayeté &
d'enjouëment , où le Marquis
ne pouvoit aller , &
avoit l'adreſſe de mettre
toujours fon Rival hors de
fon génie naturel . La diférence
qui eftoit entre - eux ,
frapoit trop les yeux de la
Belle pour nnee la pas déterminer
en faveur du Com-
3
GALANT .
215
te. D'abord elle luy applaudiffoit
bien plus qu'au
Marquis. Enfuite elle le
trouva beaucoup plus à dire
quand il n'eftoit pas chez
elle , que quand le Marquis
n'y eftoit pas. Enfin
foit par fes regards , foit par
fes manieres, elle luy donna
une préference fi viſible ,
que le Marquis , aprés plufieurs
plaintes qui furent
affez mal reçûës , ne pút
douter qu'il ne fuft trahy.
Le Confeiller qui fe crut
heureux , fur ce qu'il ne
trouvoit plus le Comte en
216
MERCURE
fon chemin , & qui s'apper- '
eevoit qu'il eftoit micux
dans l'efprit de l'Heritiere ,
s'imagina que
le
temps
eftoit favorable pour pref
fer le Marquis d'achever
ce qu'il avoit commencé ;
mais le Marquis luy répondit
léchement , que fa Soeur
avoit changé , qu'elle l'avoit
quitté pour un autre , qu'il
ne fongeoit plus à elle ; &
vous ne devez pas trouver
mauvais , pourfuivir - il , que
je vous redile ce que vous
m'avez dit fi fouvent , que
nous ne pouvons faire aucunc
GALANT. 217
>
cune alliance , fi nous n'en
faifons deux à la fois. Jamais
le Confeiller ne fut
plus furpris . Il querella fa
Soeur , & luy fit mille reproches
. Il éloigna tout- àfait
le Comte de chez luy
& de Comte en fut trescontent.
La Seur meſme
qui foupçonna quelque
trahison ; auroit fouhaité
de tout fon coeur fe raccommoder
avec le Marquis.
Le Confeiller y travailla
de tout fon pouvoir ;
mais le Marquis ne put digerer
l'injure qu'on luy
Mars
1714.
T
218
MERCURE
pas
;
avoit faite . Le Comte , qui
eftoit caufe de toute cette
révolution , ne fut pas plus
heureux que les autres . Son
deffein luy avoit paru plai
fant à imaginer , & à executer
mais il n'en avoit
bien préveu les fuites.
Le Marquis conceur pour
luy toute la haine que l'on
peut avoir pour un Rival.
il mit bon ordre à empef
cher qu'il ne put voir fouvent
la jeune Heritiere , &
il fouleva tellement toute
la Parenté contre luy >
qu'il n'auroit pas efté bien
GALANT .• 0219
receu à parler de Mariage .
Ainfi perfonne ne ſe maria ;
ce ne fut que divifion de
tous coftez. Peut - eftre
quand la belle Heritiere
fera en âge de difpofer
d'elle , elle fera choix du
Comte qui l'aime toujours
; mais dans le temps
qu'il faudra attendre , c'eſt
grande merveille , fi l'une
des deux paffions ne s'affoiblit.
Aprés tout pour
tant , elles pourront ne s'affoiblir
pas , car les deux
Amans ne fe voyent guére.
IL y auroit plus d'Amans
heureux que l'on n'en voit
fi on laiffoit l'amour mail
tre de fes entrepriſes , mais
s'il peut toucher les coeurs
quand il luy plaiſt , il n'a
pas toûjours le pouvoir de
les unir. Des obftacles invincibles
renverfent fouvent
fes plus grands deffeins
, & ce qui eft le plus
chagrinant , c'eft qu'il fe
Mars
1714.
R
194 MERCURE
rencontre des occafions où
il fe nuit par luy même.
Un jeune Homme de qualité
, qui ayant un Marquifat
eftoit Marquis à bon titre,
devint amoureux d'une
des plus aimables Perfonnes
de la Ville où il demeuroit.
Elle eftoit d'une Famille
de Robe , & un Frere
unique qu'elle avoit
eftoit Confeiller au Parlement
de fa Province
mais il s'attendoit bien à
monter avec l'âge dans des
Charges plus confidéra-
Eles. Ce Frere eftoit alors
GALANT. 195
fur le point de revenir d'un
voyage d'Italie , & quoy
que fon retour fuft fort
proche , le Marquis nelaiffa
pas de faire affez de progrés
dans le coeur de cette
Belle , avant qu'il fuft revenu.
Elle eftoit vive naturel.
lement,, pleine de foins &
de zele pour ce qu'elle aimoit
, & fi fenfible à l'amitié
qu'on luy témoignoit
,
qu'il y avoit fujet d'efperer
que les empreffemens
de
l'amour ne luy feroient pas
indifférens
. Elle trouva le
Marquis affez aimable
Rij
196 MERCURE
>
pour le perfuader qu'elle
en pourroit eftre aimée , &
elle eftoit trop fincere pour
douter long- temps de la
fincerité des autres fur
tout quand ils eftoient agréables
. Enfin de la ma.
niere dont le Confeiller
vit les chofes difpofées à
fon retour
il jugea bien
qu'il ne feroit plus chargé
de fa Soeur , qu'autant que
des Articles de mariage à
regler le demanderoient
car elle ne dépendoit que
de luy. Le Marquis fit tous.
les pas neceffaires , & les
GALANT
* . 197
Amans alloient eftre heureux
, s'il n'y euft point eu
d'autre amour que le leur
dans leur Famille . Le Marquis
avoit une Couſine germaine
, qui eftoit demeurée
feule Heritiere d'un
grand Ben , par la mort
de fon Pere & de fa Mere.
Elle eftoit tombée fous fa
Tutelle , parce qu'un autre
Tuteur qu'elle avoit eu
d'abord , cftoit mort depuis
fix mois. C'eftoit au jeune
Tuteur à difpofer de fa jeu
ne Pupille ; mais elle avoit
difpofé elle mefme de fon
FR iij
198 MERCURE
coeur , fans avis de Parens .
Un Gentilhomme fort fpirituel
, & qui avoit affez
de naiffance , pour pouvoir
prendre le titre de Comte ,
avoit entrepris de plaire à
la Belle , & luy avoit plû.
Il avoit fait diverfes Campagnes
avec beaucoup de
dépenfe , & affez de réputation
. Cela ébloüiffoit fort:
l'aimable Héritiere
avoit le coeur tres - bien placé
. Par malheur pour le
Marquis , le Confeiller la
vit trop fouvent , & fon
coeur en fut touché. Elle
qui
THEQUE
GALANT.
BIBLIO
avoit tout l'air d'une
LY
BAD
DE
LA
VILLE
de naiſſance , une certain e
fierté qui luy feyoit bien ,
moins de beauté que de
manieres agréables , & un
art particulier de fe faire
extrémement valoir , fans
avoir pourtant d'orgueil
qui choquaft . Peut - eftre
auroit - il choqué dans une
Perfonne, qui cuft eu moins
de naiffance , moins de jeuneffe
, & moins de Bien .
Elle ne regardoit guére les
Hommes qu'avec une efpece
de dédain . Le Comre
eftoit le plus excepté ; en-
R iiij
200 MERCURE
core le traitoit elle quelquefois
comme les autres
, quand elle en avoit
envie . Tout cela charma
le Confeiller, Ileftoit affez
riche pour ne devoir pas
eftre foupçonné d'aimer la
jeune Heritiere pour fon
Bien. Cependant il ne laif
fa peut eft e pas d'avoir
quelques veues de ce coftélà.
Ce qui luy parut d'un
fort bon augure pour fa
paffion , ce fut l'amour du
Marquis & de fa Soeur. 11
trouvoit mefme quelque
chofe d'agréable à s'imaGALANT
. 201
giner la double alliance de
leurs Maifons , & l'échange
qu'elles ferojent entreelles
de ces deux jeunes
Perfonnes . Il découvrit fon
deffein au Marquis , & luy
exagera fort le plaifir qu'il
fe feroit de devenir fon
Coufin-germain , en mef
me temps qu'il deviendroit
fon Beau -frere . Le Marquis
ne reçût point cette
propofition avec autant de
joye qu'il euft dû naturellement
la recevoir . Il luy
parut auffi - toft , fans qu'il
fçuft trop pourquoy , que
202 MERCURE
4
c'eftoit une difficulté furvenue
à fes affaires il
euft beaucoup mieux aimé
qu'on n'euft parlé que d'une
alliance. Cependant
quand il y eut fait refléxion
, il ne trouva pas que
le mariage du Confeiller
avec la Parente , duft cftre
une chofe fi malaisée , &
it fe perfuada , ou il tâcha
de fe le perfuader que
quand mefme il ne fe feroit
pas , cela n'apportéroit
point d'obſtacle à fon
bonheur. Il alla donc propofer
le Confeiller à fa
.
GALANT. 103
Coufine , avec toute l'addreffe
dont fa paffion le
rendoit capable ; mais elle
luy fit connoiftre combien
elle eftoit peu difpofée à
fonger à ce Party . Il pric
encore trois ou quatre fois
le temps le plus favorable
qu'il put , pour traiter la
mefme matiere mais ce
fut toûjours inutilement .
Le Comte n'eftoit point
trop connu pour un Amant
de la Parente du Marquis ,
& moins encore pour un
Amant qu'elle aimaſt . Elle
avoit avec luy une manie-
>
204 MERCURE
re d'agir fi inégale , que
l'on eftoit bien embaraffé à
pouvoir juger de ce qui
eftoit entre eux . Ainfi le
Marquis ne fceut pas précifement
s'il devoit fe prendre
au Comte , de l'éloi
gnement que fa Coufine
montroit pour leConfeiller,
ou s'il ne devoit s'en pren
dre qu'au peu d'inclination
qu'elle faifoit voir en general
pour la Robe , ce qui
femblait eftre affez natu
rel à une jeune Perfonne ,
dont les yeux font plus fla
tez de l'équipage d'un Ca.
GALANT.
205
valier , que de celuy d'un
Magiftrat , & dont les oreilles
fe plaifent davantage au
récit d'une Campagne
qu'à celuy du jugement
d'un Procés. Le Marquis
fit entendre au Confeiller .
le plus honneftement qu'il
luy fur poffible , le mauvais
fuccés de fa négotiation. 11
ne luy en dit qu'un partie ,
pour l'accoûtumer douce
ment au déplaifir d'être refufé
, & il quita ce difcours
fort vifte , pour luy parler
de ce qui le regardoit
mais le Confeiller luy parut
206 MERCURE
fort refroidy fur le mariage
de fa Soeur , & le Marquis
jugea bien déflors qu'il auroit
de la peine à eftre le
Beau- frere du Confeiller ,
s'il ne devenoit auffi fon
Coufin. Il fit de nouveaux
efforts fur fa Parente , qui
luy parut toûjours moins
difpofée à faire ce qu'il
vouloit. Il loüa le Confeiller
& toute la Robe & dit
tout le mal qu'il put des
Gens d'Epée . Il alla meſme
jufqu'à tourner le Comte
en ridicule , & juſqu'à
le décrier , fans épargner
•
GALANT . 207
que fon nom ; mais tout
cela ne gagna rien fur cette
Parente . A la fin voyant
qu'il ne pouvoit luy donner
de gouft pour le Confeiller
, il crut devoir le dégoûter
d'elle . Il luy dit en confidence
qu'elle n'eftoit pas
d'une humeur aiſée , & qu'-
elle donneroit aſſez de peine
à un Mary ; que mefme
elle n'avoit pas autant de
Bien qu'on s'imaginoit ,
qu'il le fçavoit mieux qu'un
autre , puis qu'il eftoit fon`
Tuteur ; mais le Confeiller
ne fe rendit point à ces ar-
&
208 MERCURE
tifices . Il foupçonna que le
Marquis ne les employoit
que pour ſe diſpenſer de le
fervir de tout fon pouvoir ,
& dans l'humeur chagrine
où il fe trouva , il luy déclara
fort nettement que le
feul moyen d'obtenir la
Soeur , eftoit de le faire aimer
de fa Parente . Le Marquis
qui eftoit fort amoureux
, fut au défefpoir. Il
repréſenta au Confeiller ,
avec toute la force & toute
la vivacité imaginable
qu'il ne devoit pas eftre
puny des bizarreries de fa
Pupille
GALANT. 209
Pupille ; mais le Confeiller
fut inexorable
. Sa Soeur
commença
à fentir pour
la jeune Heritiere
, toute la
haine qu'elle euft pû avoir
pour une Rivale . Elle n'en
parloit jamais que comme
d'une Demoifelle de Campagne
, qu'une fierté ridicule
rendoit infuportable
par tout , & qui fe croyoit
d'une meilleure Maifon
qu'une autre , parce que
fes Parens n'avoient pas
coûtume de demeurer dans
les Villes . Le Comte eftoit
charmé de la réfiftance
Mars 1714.
"
S
110 MERCURE
qu'on faiſoit pour luy aux
volontez du Marquis ; mais
il fut au déſeſpoir , quand
le Marquis dit un jour à
fa Coufine , d'un ton ferme
& prefque abfolu , que
fi c'eftoit à caufe du Comte
'qu'elle refufoit le Confeiller
, elle devoit s'affeurer
qu'il s'oppoferoit toûjours
de tout fon pouvoir aux
prétentions de cet Amant.
Elle nia que le Comte fuft
fon Amant , & qu'elle l'euft
jamais regardé fur ce piedlà
. Le Comte qui vit fes
affaires en défordre , s'aviGALANT.
21I
fa d'un expédient affez extraordinaire
. Il confidera
qui s'il pouvoit rompre l'u
nion du Marquis & de l'aimable
Perfonne à qui il
eftoit fi fort attaché , le
Marquis ne s'obſtineroit
plus à vouloir donner fa
Parente au Conſeiller ;
mais comment mettre mal
enfemble deux Perfonnes
qui s'aimoient fi tendrement
1 eftoit entreprenant
ne défefperoit jamais
de rien , & fur tout
il comptoit beaucoup fur
l'inconftance des Femmes.
,
Sij
212 MERCURE
Ainfi de concert avec la
jeune Heritiere , il réfolut
de fe feindre Amant de la
Soeur du Confeiller , & de
la conduire à faire une infidélité
au Marquis . Il fe
rendit peu à peu & fans
marque d'affectation , plus
affidu à la voir. Comme il
n'eftoit pas Amant déclaré
de l'Heritiere , fa conduite
ne parut pas fi étrange.
Le Confeiller luy - mefme
qui le foupçonnoit d'eftre
fon Rival , eftoit bien - aiſe
de commencer à avoir lieu
d'en douter. L'Heritiere de
GALANT . 20:3
fon cofté , qui vouloit favorifer
les affiduitez du
Comte chez la Soeur du
Confeiller , recevoit le Confeiller
bien plus agréablement
, depuis que le Comte
alloit moins fouvent chez
elle . Ainfi il n'y ayoit que le
Marquis à qui le nouvel attachement
du Comte ne
plaifoit pas trop. Elle eftoit
née pour la tendreffe , mais
non pas pour la conftance.
Elle avoit un coeur qui recevoit
des impreffions affez
vivement mais encore plus
facilement . Enfin elle eftoit
214 MERCURE
faite comme la plupart des
Femmes ont accoûtumé de
l'eftre . Le Comte avoit de
l'aſcendant ſur le Marquis.ll
l'étoufoit , & l'empefchant
de paroiftre en fa préfence ,
il pouffoit la converſation
jufqu'à un ton de gayeté &
d'enjouëment , où le Marquis
ne pouvoit aller , &
avoit l'adreſſe de mettre
toujours fon Rival hors de
fon génie naturel . La diférence
qui eftoit entre - eux ,
frapoit trop les yeux de la
Belle pour nnee la pas déterminer
en faveur du Com-
3
GALANT .
215
te. D'abord elle luy applaudiffoit
bien plus qu'au
Marquis. Enfuite elle le
trouva beaucoup plus à dire
quand il n'eftoit pas chez
elle , que quand le Marquis
n'y eftoit pas. Enfin
foit par fes regards , foit par
fes manieres, elle luy donna
une préference fi viſible ,
que le Marquis , aprés plufieurs
plaintes qui furent
affez mal reçûës , ne pút
douter qu'il ne fuft trahy.
Le Confeiller qui fe crut
heureux , fur ce qu'il ne
trouvoit plus le Comte en
216
MERCURE
fon chemin , & qui s'apper- '
eevoit qu'il eftoit micux
dans l'efprit de l'Heritiere ,
s'imagina que
le
temps
eftoit favorable pour pref
fer le Marquis d'achever
ce qu'il avoit commencé ;
mais le Marquis luy répondit
léchement , que fa Soeur
avoit changé , qu'elle l'avoit
quitté pour un autre , qu'il
ne fongeoit plus à elle ; &
vous ne devez pas trouver
mauvais , pourfuivir - il , que
je vous redile ce que vous
m'avez dit fi fouvent , que
nous ne pouvons faire aucunc
GALANT. 217
>
cune alliance , fi nous n'en
faifons deux à la fois. Jamais
le Confeiller ne fut
plus furpris . Il querella fa
Soeur , & luy fit mille reproches
. Il éloigna tout- àfait
le Comte de chez luy
& de Comte en fut trescontent.
La Seur meſme
qui foupçonna quelque
trahison ; auroit fouhaité
de tout fon coeur fe raccommoder
avec le Marquis.
Le Confeiller y travailla
de tout fon pouvoir ;
mais le Marquis ne put digerer
l'injure qu'on luy
Mars
1714.
T
218
MERCURE
pas
;
avoit faite . Le Comte , qui
eftoit caufe de toute cette
révolution , ne fut pas plus
heureux que les autres . Son
deffein luy avoit paru plai
fant à imaginer , & à executer
mais il n'en avoit
bien préveu les fuites.
Le Marquis conceur pour
luy toute la haine que l'on
peut avoir pour un Rival.
il mit bon ordre à empef
cher qu'il ne put voir fouvent
la jeune Heritiere , &
il fouleva tellement toute
la Parenté contre luy >
qu'il n'auroit pas efté bien
GALANT .• 0219
receu à parler de Mariage .
Ainfi perfonne ne ſe maria ;
ce ne fut que divifion de
tous coftez. Peut - eftre
quand la belle Heritiere
fera en âge de difpofer
d'elle , elle fera choix du
Comte qui l'aime toujours
; mais dans le temps
qu'il faudra attendre , c'eſt
grande merveille , fi l'une
des deux paffions ne s'affoiblit.
Aprés tout pour
tant , elles pourront ne s'affoiblir
pas , car les deux
Amans ne fe voyent guére.
Fermer
Résumé : HISTORIETTE.
Au début du XVIIIe siècle, une histoire d'amour complexe se déroule entre plusieurs personnages de la noblesse et de la robe. Un jeune marquis s'éprend d'une femme issue d'une famille de robe, dont le frère unique est conseiller au Parlement. Bien que le marquis fasse des progrès dans le cœur de cette femme, des obstacles surgissent. Le conseiller, de retour d'Italie, approuve l'union de sa sœur avec le marquis. Cependant, il est lui-même amoureux de la cousine germaine du marquis, une jeune héritière sous la tutelle de ce dernier. Cette héritière est éprise d'un comte spirituel et réputé. Le conseiller espère une double alliance et propose au marquis d'épouser l'héritière, mais celle-ci refuse. Pour faciliter son propre mariage, le comte tente de semer la discorde entre le marquis et sa bien-aimée en se faisant passer pour son amant. Cette manœuvre échoue, et les relations entre les familles se dégradent. Finalement, personne ne se marie, et les passions restent vives, bien que les amants ne se voient plus fréquemment.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
34
p. 3-79
AVANTURE nouvelle.
Début :
Un jeune Comte, d'une des meilleures Maisons du Royaume, [...]
Mots clefs :
Comte, Marquise , Conseiller, Amant, Coeur, Mari, Passion, Amour, Reproches, Monde, Liberté, Parti, Italien, Maîtresse, Caractère, Charmes, Mérite, Prétexte, Heureux, Colère, Jeu, Espérer, Nouvelles, Lettre, Campagne, Faveur, Commerce, Fidélité, Femmes, Raison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVANTURE nouvelle.
AVANTUR
nouvelle.
U
LYON
N jeune Comte ,
d'une des meilleures
Maifons
du Royaume , s'étant
nouvellement établi das
Avril 1714. A ij
4 MERCURE
un quartier où le jeu &
la galanterie regnoient
également , fut obligé
d'y prendre parti comme
les autres ; & parce
que fon coeur avoit des
engagemens ailleurs , il
fe declara pour le jeu ,
comme pour fa paffion
dominante mais le peu
d'empreffement qu'il y
avoit , faifoit affez voir
qu'il fe contraignoit , &
l'on jugea que c'étoir un
homme qui ne s'attaGALANT
.
S
choit à rien , & qui dans
la neceffité de choiſir
avoit encore mieux aimé
cet amuſement, que
de dire à quelque belle
ce qu'il ne fentoit pas .
Un jour une troupe de
jeunes Dames qui ne
joüoient point , l'entreprit
fur fon humeur indifferente.
Il s'en défendit
le mieux qu'il put ,
alleguant fon peu de
merite , & le peu d'ef
perance qu'il auroit d'ê-
A iij
6 MERCURE
tre heureux en amour :
mais on lui dit que
quand il fe connoîtroit
affez mal pour avoir une
fi méchante opinion de
lui - même , cette raiſon
feroit foible contre la
vûë d'une belle perfonne
; & là - deffus on le
menaça des charmes d'u
ne jeune Marquife , qui
demeuroit dans le voifinage
, & qu'on attendoit.
Il ne manqua pas de leur
repartir qu'elles-mêmes
GALANT.
7.
ne fe connoiffoient point
affez , & que s'il pouvoit
échaper au peril où il
fe trouvoit alors , il ne
devoit plus rien craindre
pour fon coeur . Pour
réponse à fa galanterie ,
elles lui montrerent la
Dame dont il étoit queftion
, qui entroit dans
ce moment . Nous parlions
de vous , Madame ,
lui dirent - elles en l'appercevant
. Voici un indifferent
que nous vous
A iiij
8 MERCURE
donnons à convertir :
Vous y êtes engagée
d'honneur ; car il femble
yous défier auffi - bien
que nous. La Dame &
le jeune Comte ſe reconnurent
, pour s'être
vûs quelquefois à la campagne
chez une de leurs
amies . Elle étoit fort convaincuë
qu'il ne meritoit
rien moins que le
reproche qu'on luy faifoit
, & il n'étoit que
trop ſenſible à ſon gré :
GALANT. 9
mais elle avoit les raifons
pour feindre de croire
ce qu'on lui difoit.
C'étoit une occafion de
commerce avec un homme
, fur lequel depuis
long - temps elle avoit
fait des deffeins qu'elle
n'avoit pû executer . Elle
lui trouvoit de l'efprit
& de l'enjouement , &
elle avoit hazardé des
complaisāces pour beaucoup
de gens qui afſurément
ne le valoient
to MERCURE
pas : mais fon plus grand
merite étoit l'opinion
qu'elle avoit qu'il fût aimé
d'une jeune Demoifelle
qu'elle haïffoit , &
dont elle vouloit fe vanger.
Elle prit donc fans
balancer le parti qu'on
lui offroit ; & aprés lui
avoit dit qu'il faloit qu'-
on ne le crût pas bien
endurci , puis qu'on s'adreffoit
à elle pour le
toucher , elle entreprit
de faire un infidele , fous
GALANT . 11
pretexte de convertir un
indifferent. Le Comte
aimoit paffionsément la
Demoiſelle dont on le
croyoit aimé, & il tenoit
à elle par des
engagemens
fi puiffans
, qu'il
ne craignoit
pas que rien
l'en pût détacher
. Sur
tout il fe croyoit
fort en
fûreté contre les charmes
de la Marquife. Il
la connoiffoit pour une
de ces coquettes de profeffion
qui veulent , à
12 MERCURE
quelque prix que ce ſoit ,
engager tout le monde ,
& qui ne trouvent rien
de plus honteux que de
manquer une conquête .
Il fçavoit encore quedepuis
peu elle avoit un
amant , dont la nouveauté
faifoit le plus grand
merite , & pour qui elle
avoit rompu avec un
autre qu'elle aimoit depuis
long - temps , & à
qui elle avoit des obligations
effentielles . Ces
と
GALANT .
13
connoiffances lui fmbloient
un remede affuré
contre les tentations
les plus preffantes. La
Dame l'avoit affez veu
pour connoître quel étoit
fon éloignement
pour des femmes
de fon
caractere
: mais cela ne
fit que flater fa vanité.
Elle trouva plus de gloire
à triompher
d'un
coeur qui devoit être fi
bien défendu. Elle lui
fit d'abord
des reproches
14 MERCURE
de ne l'eftre pas venu
voir depuis qu'il étoit
dans le quartier , & l'engagea
à reparer fa faute
dés le lendemain . Il
alla chez elle , & s'y fit
introduire par un Confeiller
de fes amis , avec
qui il logcoit , & qui
avoit des liaiſons étroites
avec le mari de la
Marquife, Les honneftetez
qu'elle lui fit l'obligerent
enfuite d'y aller
plufieurs fois fans inGALANT.
15
troducteur ; & à chaque
yifite la Dame mit en
ufage tout ce qu'elle
crut de plus propre à .
l'engager. Elle trouva
d'abord toute la refiftance
qu'elle avoit attendue.
Ses foins , loin .
de faire effet , ne lui attirerent
pas feulement
une parole qui tendît à
une declaration : mais
elle ne defefpera point
pour cela du pouvoir de
fes charmes ; ils l'avoient
16 MERCURE
fervie trop fidelement en
d'autres occafions
, pour
ne lui donner pas lieu
de fe flater d'un pareil
fuccés en celle - ci ; elle
crut mefme remarquer
bientôt qu'elle ne s'étoit
pas trompée. Les vifites
du Comte furent
plus frequentes : elle lui
trouvoit un enjouëment
que l'on n'a point quand
on n'a aucun deffein de
plaire.Mille railleries divertissantes
qu'il faifoit
fur
+
GALANT . 17
für fon nouvel amant ;
le chagrin qu'il témoignoit
quand il ne pouvoit
eftre feul avec elle ;
Fattention qu'il preftoit.
aux moindres chofes
qu'il luy voyoit faire :
tout cela lui parut d'un
augure merveilleux , &
il eft certain que fi elle
n'avoit pas encore le
coeur de ce pretendu indifferent
, elle occupoit.
du moins fon efprit . Ih
alloit plus rarement chez
Avril 1714. B :
18 MERCURE
la Demoiſelle qu'il aimoit
, & quand il étoit
avec elle, il n'avoit point
d'autre foin , que de faire
tomber le difcours fur
la Marquife . Il aimoit
mieux railler d'elle que
de n'en rien dire . Enfin
foit qu'il fût feul , ou
en compagnie , fon idée
ne l'abandonnoit jamais
. Quel dommage ,
difoit - il quelquefois
que le Ciel ait répandu
tant de graces dans une
,
GALANT . 19
coquette ? Faut - il que la
voyant fi aimable , on
ait tant de raiſon de ne
point l'aimer ? Il ne pouvoit
lui pardonner tous
fes charmes ; & plus il
lui en trouvoit , plus il
croyoit la haïr. Il s'oublia
même un foir jufques
à lui reprocher fa
conduite , mais avec une
aigreur qu'elle n'auroit,
pas ofé efperer fitoft. A
quoy bon , lui dit- il ,
Madame , toutes ces oil-
Bij
20 MERCURE
lades & ces manieres étu
diées que chacun regarde
, & dont tant de gens
fe donnent le droit de
parler Ces foins de
chercher à plaire à tout
le monde , ne font pardonnables
qu'à celles à
qui ils tiennent lieu de
beauté . Croyez - moy ,
Madame , quittez des
affectations qui font indignes
de vous. C'étoit
où on l'attendoit . La
Dame étoit trop habile
GALANT. 2ม1
pour ne diftinguer past
les confeils de l'amitié
des reproches de la jaloufie
. Elle lui en marqua
de la reconnoiſſance
, & tâcha enfuite de
lui perfuader que ce qui
paroiffoit coquetterie ,
n'étoit en elle que la
crainte
d'un veritable
attachement ; que du
naturel dont elle fe connoiffoit
, elle ne pourroit
être heureufe dans.
un engagement , parce
22 MERCURE
qu'elle ne ſe verroit jamais
aimée , ni avec la
même fincerité , ni avec
la même delicateſſe dont
elle fouhaiteroit de l'être
, & dont elle fçavoit
bien qu'elle aimeroit .
Enfin elle lui fit an faux
portrait de fon coeur , qui
fut pour lui un veritable
poifon. Il ne pouvoit
croire tout à fait qu'elle
fût fincere : mais il ne
pouvoit s'empefcher de
le fouhaiter. Il cherGALANT.
23
choit des
apparences
ce qu'elle
lui difoit , &
il lui rappelloit
mille actions
qu'il lui avoit vû
faire , afin qu'elle les juſtifiât
; & en effet , fe fervant
du pouvoir qu'elle
commençoit à prendre
fur lui , elle y donna
des couleurs qui diffiperent
une partie de fes
foupçons mais qui
pourtant n'auroient pas
trompé un homme qui
cuft moins fouhaité de
24 MERCURE
l'eftre. Cependant, ajouta-
t- elle d'un air enjoüé ,
je ne veux pas tout à fait
difconvenir d'un défaut
qui peut me donner lieu
de vous avoir quelque
obligation . Vous fçavez
ce que j'ai entrepris pour
vous corriger de celui
qu'on vous reprochoit .
Le peu de fuccés que j'ai
eu ne vous diſpenſe pas
de reconnoître mes bonnes
intentions , & vous
me devez les mefmes
foins.
GALANT. 25
foins . Voyons fi vous ne
ferez pas plus heureux à
fixer une inconftante ,
que je l'ay été à toucher
un infenfible. Cette propofition
, quoique faite
en riant , le fit rentrer en
lui - mefme , & alarma
d'abord fa fidelité . Il vit
qu'elle n'avoit peut - eftre
que trop reüffi dans
fon entrepriſe , & il reconnut
le danger où il
étoit : mais fon penchant
commençant à lui ren-
Avril 1714.
C
26 MERCURE
dre ces reflexions facheuſes
, il tâcha bientôt
à s'en délivrer . Il
penfa avec plaifir que fa
crainte étoit indigne de
lui , & de la perfonne
qu'il aimoit depuis fi
long- temps . Sa delicateffe
alla meſme juſqu'à
fe la reprocher
comme
une infidelité
; & aprés
s'eftre dit à foy- meſme
,
que c'étoit déja eſtre inconftant
que de craindre
de changer , il embraſſa
GALANT . 27
avec joye le parti qu'on
lui offroit . Ce fut un
commerce fort agreable
de part & d'autre. Le
pretexte qu'ils prenoient
rendant leur empreffement
un jeu , ils goutoient
des plaifirs qui
n'étoient troublez d'aucuns
fcrupules. L'Italien
, qu'ils fçavoient tous
deux , étoit l'interprete :
de leurs tendres fentimens.
Ils ne fe voyoient
jamais qu'ils n'euffent à
Cij
28 MERCURE
fe donner un billet en
cette langue ; car pour
plus grande feureté, ils
étoient convenus qu'ils
ne s'enverroient jamais
leurs lettres . Sur - tout
elle lui avoit défendu dé
parler de leur commerce
au Confeiller avec qui
il logcoit , parce qu'il
étoit beaucoup plus des
amis de fon mari que des
fiens , & qu'autrefois ,
fur de moindres apparences,
il lui avoit donné
GALANT . 29
des foupçons d'elle fort
defavantageux . Elle lui
marqua même des heures
où il pouvoit le moins
craindre de les rencontrer
chez elle l'un ou
l'autre , & ils convinrent
de certains fignes d'intelligence
pour les temps
qu'ilsyferoient. Cemyf
tere étoit un nouveau
charme pour le jeune
Comte. La Marquife
prit enfuite des manieres
fiéloignées d'une co-
C
iij
30 MERCURE
quette , qu'elle acheva
bientoft
de le perdre
.
Jufques là elle avoit eu
un de ces caracteres enjoüez
, qui reviennent
quafi à tout le monde ,
mais qui deſeſperent un
amant ; & elle le quitta
pour en prendre un tout
oppofé , fans le lui faire
valoir comme un facri.
fice . Elle écarta fon nouvel
amant , qui étoit un
Cavalier fort bien fait .
Enfin loin d'aimer l'éGALANT.
31
clat , toute fon application
étoit d'empêcher
qu'on ne s'apperçût de
l'attachement que le
Comte avoit pour elle :
mais malgré tous fes
foins, il tomba unjour de
ſes poches une lettre que
fon mari ramaffa fans
qu'elle y prît garde . 11
n'en connut point le caractere
, & n'en entendit
pas le langage : mais ne
doutant pas que ce ne
fût de l'Italien , il courut
Ciiij
32 MERCURE
chez le Conſeiller , qu'il
fçavoit bien n'être pas
chez lui , feignant de lui
vouloir
communiquer
quelque affaire . C'étoit
afin d'avoir occafion de
parler au Comte , qu'il
ne foupçonnoit point
d'être l'auteur de la lettre
, parce qu'elle étoit
d'une autre main. Pour
prévenir les malheurs
qui arrivent quelquefois
des lettres perduës , le
Comte faifoit écrire touGALANT
. 33
tes celles qu'il donnoit à
la Marquise par une perfonne
dont le caractere
étoit inconnu . Il lui avoit
porté le jour precedent
le billet Italien
dont il s'agiffoit. Il étoit
écrit fur ce qu'elle avoit
engagé le Confeiller à
lui donner
à fouper ce
même jour- là ; & parce
qu'elle avoit fçû qu'il
devoit aller avec fon mari
à deux lieuës de Paris
l'apréfdînée , & qu'ils
34 MERCURE
n'en reviendroient que
fort tard , elle étoit convenue
avec ſon amant
qu'elle fe rendroit chez
lui avant leur retour. La
lettre du Comte étoit
pour l'en faire fouvenir ,
& comme un avantgoût
de la fatisfaction qu'ils
promettoient cette fe
foirée. Le mari n'ayant
point trouvé le Confeiller
, demanda le Comte .
Dés qu'il le vit , il tira
de fa poche d'un air emGALANT
.
35
preffé quantité de papiers
, & le pria de les
lui remettre quand il
féroit revenu. Parmi ces
papiers étoit celui qui
lui donnoit tant d'agitation
. En voici un , lui
dit- il en feignant de s'être
mépris , qui n'en eſt
pas. Je ne fçai ce que
c'eft , voyez fi vous l'entendrez
mieux que moy :
& l'ayant ouvert , il en
lut lui - mefme les premie-i
res lignes , de peur que
36 MERCURE
le Comte
jettant les
yeux fur la fuite , ne connût
la part que la Marquife
y pouvoit avoir ,
& que la crainte de lui
apprendre de fâcheufes
nouvelles , ne l'obligeât
à lui déguifer la verité.
Le Comte fut fort furpris
quand il reconnut
fa lettre. Untrouble foudain
s'empara de fon efprit
, & il eut befoin que
le mari fût occupé de fa
lecture , pour lui donner
(
GALANT. 37
le temps de fe remettre .
Aprés en avoir entendu
le commencement : Voila
, dit - il , contrefaifant
¡ l'étonné , ce que je chersche
depuis long - temps .
C'est le rôle d'une fille
qui ne fçait que l'Italien ,
- & qui parle à ſon amant
qui ne l'entend pas . Vous
a
aurez veu cela dans une
Comedie Françoiſe qui
a paru cet hyver. Mille
gens me l'ont demandé ,
& il faut que vous me
38.
MERCURE
faffiez le plaifir de me
le laiffer. J'y confens , lui
répondit le mari , pourveu
que vous le rendiez
à ma femme , car je croy
qu'il eft à elle. Quand le
jeune Comte crut avoir
porté affez loin la crédulité
du mari , il n'y
eut pas un mot dans ce
prétendu rôle Italien ,
dont il ne lui voulût faire
entendre l'explication
: mais le mari ayant
ce qu'il fouhaitoit , béGALANT.
39
nit le Ciel en lui - mefme
de s'être trompé fi
heureuſement , & s'en
alla où l'appelloient fes
affaires . Auffitôt qu'il
e fut forti , le Comte courut
à l'Eglife , où il étoit
fûr de trouver la Dame ,
qu'il avertit par un bilelet
, qu'il lui donna ſecretement
, de ce qui ve-
-noit de fe paffer , & de
1
l'artifice dont il s'étoit
fervi pour retirer fa let
tre. Elle ne fut pas fitôt
40 MERCURE
rentrée chez elle , qu'elle
.mit tous les domeſtiques
à la quête du papier , &
fon mari étant de retour,
elle lui demanda . Il lui
avoüa qu'il l'avoit trouvé
, & que le Comte en
ayant beſoin , il lui avoit
laiffé entre les mains .
Me voyez- vous des curiofitez
femblables pour
les lettres que vous recevez
, lui répondit- elle
d'un ton qui faifoit paroître
un peu de colere ?
Si
GALANT 41
Si c'étoit un billet tendre
, fi c'étoit un rendezvous
que l'on me donnât
, feroit - il , agréable.
que vous nous vinffiez
troubler ? Son mari lui
dic en l'embraffant , qu'il
fçavoit fort bien ce que
c'étoit ; & pour l'empêcher
de croire qu'il l'eût
foupçonnée , il l'affura
qu'il avoit cru ce papier
à lui lors qu'il l'avoit ramaffe.
La Dame ne borna
pas fon reffentiment
Avril 1714. D
42 MERCURE
à une raillerie de cette
nature . Elle fe rendit
chez le Comte de meilleure
heure qu'elle n'auroit
fait . La commodité
d'un jardin dans cette
maiſon étoit un
pretexte
pour y aller avant le
temps du foupé. La jaloufie
dans un mari eft
un défaut fi blâmable ,
quand elle n'eft pas bien
fondée , qu'elle fe fit un
devoir de juftifier ce que
le fien lui en avoit fait
J
GALANT. 43
paroître. Tout favorifoit
un fi beau deffein ;
toutes fortes de témoins
étoient éloignez , & le
Comte & la Marquiſe
pouvoient le parler en
liberté. Ce n'étoit plus
par des lettres & par des
fignes qu'ils exprimoient
leur tendreffe . Loin d'avoir
recours à une langue
étrangere , à peine
trouvoient - ils qu'ils
fçuffent affez bien le
François pour fe dire
Dij
44 MERCURE
tout ce qu'ils fentoient ;
& la défiance du mari
leur rendant tout légitime
, la Dame eut des
complaifances pour le
jeune Comte , qu'il n'auroit
pas ofé efperer. Le
mari & le Confeiller étant
arrivez fort tard ,
leur firent de grandes excufes
de les avoir fait fi
long - temps attendre.
On n'eut pas de peine à
les recevoir
, parce que
jamais on ne
s'étoit
4.
GALANT . 45
moins impatienté . Pendant
le foupé leurs yeux
firent leur devoir admirablement
; & la contrainte
où ils fe trouvoient
par la préſence
de deux témoins incommodes
, prêtoit à leurs
regards une éloquence
qui les confoloit de ne
pouvoir s'expliquer avec
plus de liberté. Le mari :
gea
ayant quelque chofe à
dire au Comte
, l'engaà
venir faire avec lui
46 MERCURE
un tour de jardin . Le
Comte en marqua par
un coup d'oeil fon déplaifir
à la Dame , & la.
Dame lui fit connoître
par un autre figne combien
l'entretien du Confeiller
alloit la faire fouffrir.
On fe fepara . Jamais
le Comte n'avoit
trouvé de fi doux momens
que ceux qu'il paffa
dans fon tête - à - tête
avec la Marquife . Il la
quitta fatisfait au derGALANT
. 47
nier point :mais dés qu'il
fut ſeul , il ne put s'abandonner
à lui mefme
fans reffentir les plus
cruelles agitations. Que
n'eut- il point à fe dire
fur l'état où il furprenoit
fon coeur ! Il n'en étoit
pas à connoître que fon
trop de confiance lui avoit
fait faire plus de
chemin qu'il ne lui étoit
permis : mais il s'étoit
imaginé jufques là qu'-
un amuſement avec une
48 MERCURE
coquete ne pouvoit bleffer
en rien la fidelité qu'il
devoit à fa maîtreffe
. Il
s'étoit toujours repofé
fur ce qu'une femme qui
ne pourroit lui donner
qu'un coeur partagé , ne
feroit jamais capable
d'inſpirer au fien un vrai
amour ; & alors il commença
à voir que ce qu'il
avoit traité d'amufement
, étoit devenu une
paffion dont il n'étoit
plus le maitre. Aprés ce
qui
GALANT 49
qui s'étoit paffé avec la
Marquife
, il fe fût flaté
inutilement de l'efperance
de n'en être point
aimé uniquement , & de
bonne foy: Peut - être
même que des doutes
là - deffus auroient été
d'un foible fecours . Il
fongeoit fans ceffe à tout
ce qu'il lupavoit trouvé
de paffion , à cet air vif
& touchant qu'elle don-*
noit à toutes les actions ;
& 'ces réflexions enfin
Avril 1714.
*
E
fo MERCURE
jointes au peu de fuccés
qu'il avoit eu dans l'attachement
qu'il avoit
pris pour la premiere
maîtreffe , mirent fa raifon
dans le parti de fon
coeur, & diffiperent tous
fes remords. Ainfi il s'abandonna
fans fcrupule
à ſon penchant , & ne
fongea plus qu'à fe ménager
mille nouvelles
douceurs avec la Marquife
; mais la jalouſic
les vinte troubler lors
GALANT. S1
qu'il s'y étoit le moins
attendu. Un jour il la
furprit feule avec l'amant
qu'il croyoit qu'el
le cût banni ; & le Cavalier
ne l'eut pas fitôt
quittée , qu'il lui en fic
des reproches , comme
d'un outrage qui ne pouvoit
être pardonné . Vous
n'avez pû long - temps
vous démentir , lui ditil
, Madame. Lorfque
vous m'avez crû affez
engagé , vous avez cellé
E ij
52 MERCURE
de vous faire violence .
J'avoue que j'applaudif
fois à ma paſſion , d'avoir
pû changer vôtre
naturel ; mais des femmes
comme
vous ne
changent jamais. J'avois
tort d'efperer un miracle
en ma faveur . Il la pria
enfuite de ne ſe plus contraindre
pour lui , & l'aſfura
qu'il la laifferoit en
liberté de recevoir toutes
les vifites qu'il lui
plairoit . La Dame fe
GALANT.
$3
connoiffoit trop bien en
dépit , pour rien apprehender
de celui - là . Elle
en tira de nouvelles affurances
de fon pouvoir
fur le jeune Comte ; &
affectant une colere qu'-
elle n'avoit pas , elle lui
fic comprendre qu'elle
ne daignoit pas ſe juſtifier
, quoy qu'elle eût de
bonnes raifons , qu'elle
lui cachoit pour le punir.
Elle lui fit même
promettre plus pofitive-
E iij
$4 MERCURE
ment qc'il n'avoit fait ,
de ne plus revenir chez
elle. Ce fut là où il put
s'appercevoir combien il
étoit peu maître de ſa
paffion . Dans un moment
il fe trouva le feul
criminel ; & plus affligé
de l'avoir irritée par les
reproches , que de la trahifon
qu'il penfoit lui
eftre faite , il fe jetta à
fes genoux , trop heureux
de pouvoir efperer
le pardon , qu'il croyoit
GALANT .
$$
auparavant qu'on lui devoit
demander
. Par quelles
foumiffions ne tâcha
t- il point de le meriter !
Bien loin de lui remetles
tre devant les yeux
marques de paffion qu'il
avoit reçues d'elle , &
qui fembloient lui donner
le droit de ſe plaindre
, il paroiffoit les avoir
oubliées , ou s'il s'en
refſouvenoit , ce n'étoit
que pour le trouver cent
fois plus coupable . Il
E mij
56 MERCURE
n'alleguoit que l'excés
de fon amour qui le faifoit
ceder à la jalousie ,
& quien de pareilles occafions
ne s'explique jamais
mieux que par la
colere. Quand elle crut
avoir pouffé fon triomphe
affez loin , elle lui
jetta un regard plein de
douceur , qui en un moment
rendit à fon ame
toute fa tranquilité . C'eft
affez me contraindre ,
lui dit- elle ; auffi bien ma
•
"
GALANT. SZ
joye & mon amour commencent
à me trahir.
Non , mon cher Comte
, ne craignez point
que je me plaigne de vôtre
colere. Je me plaindrois
bien plutôt fi vous
n'en aviez point eu . Vos
reproches il est vrai ,
>
bleffent ma fidelité : mais
je leur pardonne ce qu'ils
ont d'injurieux , en faveur
de ce qu'ils ont de
paffionné. Ces affurances
de vôtre tendreffe m'é58
MERCURE
toient fi cheres , qu'elles
ont arrefté jufqu'ici l'im
patience que j'avois de
me juftifier. Là - deffus
elle lui fit connoître
combien ſes ſoupçons étoient
indignes d'elle &
de lui ; que n'ayant point
défendu au Cavalier de
venir chez elle , elle n'avoit
pu refufer de le voir;
qu'un tel refus auroit été
une faveur pour lui ; que.
s'il le
fouhaitoit pourtant
, elle lui défendroit
V
GALANT. 59
fa maiſon pour jamais :
mais qu'il confiderât
combien il feroit peu
agreable pour elle , qu'-
un homme de cette forte
s'allât vanter dans le
monde qu'elle cuft rompu
avec lui , & laiſsât
croire qu'il y euft des
gens à qui il donnoit de
l'ombrage. L'amoureux
Comte étoit fi touché
des marques de tendreſſe
qu'on venoit de lui donner
, qu'il ſe feroit vo60
MERCURE
>
lontiers payé d'une plus
méchante raiſon . Il eut
honte de fes foupçons ,
& la pria lui- meſine de
ne point changer de conduite
. Il paffa ainfi quelques
jours à recevoir fans
ceffe de nouvelles affurances
qu'il étoit aimé ,
& il merita dans peu
qu'on lui accordât une
entrevue fecrete la nuit .
Le mari étoit à la campagne
pour quelque
temps ; & la Marquife ,
*
1
GALANT. 61
maîtreffe alors d'ellemeſme
, ne voulut pas
perdre une occafion fi
favorable de voir fon a
mant avec liberté . Le
jour que le Comte étoit
attendu chez elle fur les
neuf heures du foir , le
Confeiller foupant avec
lui , ( ce qu'il faifoit fort
fouvent ) voulut le mener
à une affemblée de
femmes du voisinage ,
qu'on regaloit d'un concert
de voix & d'inftru62
MERCURE
mens. Le Comte s'en
excufa , & ayant laiffé
fortir le Confeiller , qui
le preffa inutilement de
venir jouir de ce regal ,
il fe rendit chez la Dame
, qui les reçut avec
beaucoup de marques
d'amour
. Aprés quatre
heures d'une converfation
trés-tendre , il falut
fe féparer. Le Comte cut
fait à peine dix pas dans
la ruë , qu'il ſe vit ſuivi
d'un homme qui avoit le
GALANT. 63
vifage envelopé d'un
manteau . Il marcha toujours
; & s'il le regarda
comme un efpion , il eut
du moins le plaifir de
remarquer
qu'il étoit
trop grand pour être le
mari de la Marquife . En
rentrant chez lui , il trouva
encore le pretendu
cfpion , qu'il reconnut
enfin pour le Confeiller.
Les refus du jeune Comte
touchant le concert
de voix , lui avoit fait
64 MERCURE
croire qu'il avoit un rendez-
vous. Il le foupçonnoit
déja d'aimer la Marquife
, & fur ce foupçon
il etoit venu l'attendre à
quelques pas de fa porte
, & l'avoit vû fe couler
chez elle. Il y avoit
frapé auffitôt , & la fui-:
vante lui étoit venu dire
de la part de fa maîtreffe,
qu'un grand mal de tête
l'obligeoit à fe coucher ,
& qu'il lui étoit impoffible
de le recevoir. Par
cette
GALANT. 65
cette réponſe il avoit
compris tout le myftere.
Il fuivit le Comte dans
fa chambre , & lui ayam
declaré ce qu'il avoit fait
depuis qu'ils s'étoient
quittez : Vous avez pris ,
lui dit - il , de l'engagement
pour la Marquife ;
il faut qu'en fincere ami
je vous la faffe connoître.
J'ai commencé à l'aimer
avant que vous yinfficz
loger avec moy , &
quand elle a fçû nôtre
Avril 1714.
F
66 MERCURE
liaifon , elle m'a fait promettre
par tant de fermens
, que je vous ferois
un fecret de cet amour ,
que je n'ai ofé vous en
parler . Vous fçavez , me
difoit - elle , qu'il aime
une perfonne qui me hait
mortellement . Il ne manquera
jamais de lui apprendre
combien mon
coeur eft foible pour
vous. La diſcretion qu'-
on doit à un ami ne tient
guere contre la joye que
GALANT. 67
l'on a quand on croit
pouvoir divertir une
maîtreffe. La perfide
vouloit même que je lui
fuffe obligé de ce qu'elle
conſentoit à recevoir
vos vifites. Elle me recommandoit
fans ceffe
de n'aller jamais la voir
avec vous ; & quand
vous arriviez , elle affectoit
un air chagrin dont
je me plaignois quelquefois
à elle , & qu'apparemment
elle vous laif,
F ij
68 MERCURE
foit expliquer favorablement
pour vous . Mille
fignes & mille geſtes ,
qu'elle faifoit dans ces
temps - là , nous étoient
t
fans doute communs . Je
rappelle préfentement
une infinité de chofes
que je croyois alors indifferentes
, & je ne doute
point qu'elle ne fe foit
fait un merite auprés de
vous , de la partie qu'elle
fit il y a quelque temps
de fouper ici . Cependant
GALANT . 69
quand elle vous vit engagé
dans le jardin avec
fon mari , quels tendres
reproches ne me fit- elle
point d'être revenu ' fi
tard de la campagne , &
de l'avoir laiffée filongtemps
avec un homme
qu'elle n'aimoit pas !
Hier même encore qu'-
elle me préparoit avec
vous une trahiſon ſi noire
elle eut le front de
vous faire porteur d'une
lettre , par laquelle elle
70 MERCURE
me donnoit un rendezvous
pour ce matin ,
vous difant que c'étoit
un papier que fon mari
l'avoit chargée en partant
de me remettre. Le
Comte étoit fi troublé
de tout ce que le Confeiller
lui difoit , qu'il
n'eut pas la force de l'interrompre.
Dés qu'il fut
remis , il lui apprit comme
fon amour au commencement
n'étoit qu'
un jeu , & comme dés
GALANT. 71
S
lors la Marquife lui avoit
fait les mêmes loix
de difcretion qu'à lui.
Ils firent enfuite d'autres
éclairciffemens , qui
découvrirent au Comte
qu'il ne devoit qu'à la
coquetterie de la Dame
ce qu'il croyoit devoir à
fa paffion ; car c'étoit le
Confeiller qui avoit exigé
d'elle qu'elle ne vît
plus tant de monde , &
fur- tout qu'elle éloignât
fon troifiéme amant ; &
72 MERCURE
ils trouverent que quand
elle l'eut rappellé , elle
avoit allegué le même
pretexte
au Confeiller
qu'au Comte , pour continuer
de le voir. Il n'y
a gueres
d'amour
à l'épreuve
d'une telle perfidie
; auffi ne fe piquerent-
ils pas de conftance
pour une femme qui la
méritoit fi peu . Le Comte
honteux de la trahifon
qui'l avoit faite à fa premiere
maitreſſe , refolut
de
GALANT .
73
de n'avoir plus d'affiduitez
que pour elle feule ,
& le Confeiller fut bientôt
determiné fur les mefures
qu'il avoit à prendre
mais quelque promeffe
qu'ils fe fillent l'un
à l'autre de ne plus voir
la Marquife , ils ne purent
fe refufer le foulagement
de lui faire des reproches.
Dés qu'il leur
parut qu'ils la trouveroient
levée , ils fe tendirent
chez elle . Le
Avril
1714.
G
74 MERCURE
Comte lui dit d'abord ,
que le Confeiller étant
fon ami , l'avoit voulu
faire profiter du rendezvous
qu'elle lui avoit
donné , & qu'ainſi elle
ne devoit pas s'étonner
s'ils venoient enſemble .
Le Conſeiller prit aufſi.
tôt la parole , & n'oublia
rien de tout ce qu'il
crut capable de faire
honte à la Dame , & de
le vanger de fon infidelité.
Il lui remit devant
M
GALANT . 75
les yeux l'ardeur fincere
avec laquelle il l'avoit
aimée , les marques de
paffion qu'il avoit reçûës
d'elle , & les fermens
: qu'elle lui avoit tant de
I fois reiterez de n'aimer
jamais que lui . Elle l'écouta
fans l'interrompre
; & ayant pris fon
parti pendant qu'il parloit
: Il eft vrai , lui ré-
#pondit - elle d'un air
moins embaraffé que jamais
, je vous avois pro-
Gij
76 MERCURE
mis de n'aimer que vous :
mais vous avez attiré
Monfieur le Comte dans
ce quartier , vous l'avez
amené chez moy , & il
eft venu à m'aimer .D'ailleurs
, de quoy pouvezvous
vous plaindre ?
Tout ce qui a dépendu
de moy pour vous rendre
heureux , je l'ai fait.
Vous fçavez vous - même
quelles précautions
j'ai prifes pour vous cacher
l'un à l'autre vôtre
GALANT . 77
paffion . Si vous l'aviez
fçûë , vôtre amitié vous
auroit coûté des violences
ou des remords , que
ma bonté & ma prudence
vous ont épargnez .
N'eft- il pas vrai qu'avant
cette nuit , que vous aviez
épić Monfieur le
Comte , vous étiez tous
deux les amans du monde
les plus contens ? Suisje
coupable de vôtre indifcrétion
Pourquoy me
venir chercher le foir ?
Giij
78 MERCURE
Ne vous avois - je pas averti
par une lettre que
je donnai à Monfieur le
Comte , de ne venir que
ce matin ? Tout cela fut
dit d'une maniere fi lipeu
déconcerbre
, &
fi
tée
, que
ce
trait
leur
fit
connoître la Dame encore
mieux qu'ils n'avoient
fait . Ils admirerent
un caractere fi particulier
, & laifferent à
qui le voulut la liberté
d'en être la dupe . La
"
GALANT. 79
Marquife fe confola de
leur perte , en faiſant
croire au troifieme amant
nouvellement rappellé
, qu'elle les avoit
bannis pour lui ; & comme
elle ne pouvoit vivre
fans intrigue , elle en fit
· bientôt une nouvelle .
nouvelle.
U
LYON
N jeune Comte ,
d'une des meilleures
Maifons
du Royaume , s'étant
nouvellement établi das
Avril 1714. A ij
4 MERCURE
un quartier où le jeu &
la galanterie regnoient
également , fut obligé
d'y prendre parti comme
les autres ; & parce
que fon coeur avoit des
engagemens ailleurs , il
fe declara pour le jeu ,
comme pour fa paffion
dominante mais le peu
d'empreffement qu'il y
avoit , faifoit affez voir
qu'il fe contraignoit , &
l'on jugea que c'étoir un
homme qui ne s'attaGALANT
.
S
choit à rien , & qui dans
la neceffité de choiſir
avoit encore mieux aimé
cet amuſement, que
de dire à quelque belle
ce qu'il ne fentoit pas .
Un jour une troupe de
jeunes Dames qui ne
joüoient point , l'entreprit
fur fon humeur indifferente.
Il s'en défendit
le mieux qu'il put ,
alleguant fon peu de
merite , & le peu d'ef
perance qu'il auroit d'ê-
A iij
6 MERCURE
tre heureux en amour :
mais on lui dit que
quand il fe connoîtroit
affez mal pour avoir une
fi méchante opinion de
lui - même , cette raiſon
feroit foible contre la
vûë d'une belle perfonne
; & là - deffus on le
menaça des charmes d'u
ne jeune Marquife , qui
demeuroit dans le voifinage
, & qu'on attendoit.
Il ne manqua pas de leur
repartir qu'elles-mêmes
GALANT.
7.
ne fe connoiffoient point
affez , & que s'il pouvoit
échaper au peril où il
fe trouvoit alors , il ne
devoit plus rien craindre
pour fon coeur . Pour
réponse à fa galanterie ,
elles lui montrerent la
Dame dont il étoit queftion
, qui entroit dans
ce moment . Nous parlions
de vous , Madame ,
lui dirent - elles en l'appercevant
. Voici un indifferent
que nous vous
A iiij
8 MERCURE
donnons à convertir :
Vous y êtes engagée
d'honneur ; car il femble
yous défier auffi - bien
que nous. La Dame &
le jeune Comte ſe reconnurent
, pour s'être
vûs quelquefois à la campagne
chez une de leurs
amies . Elle étoit fort convaincuë
qu'il ne meritoit
rien moins que le
reproche qu'on luy faifoit
, & il n'étoit que
trop ſenſible à ſon gré :
GALANT. 9
mais elle avoit les raifons
pour feindre de croire
ce qu'on lui difoit.
C'étoit une occafion de
commerce avec un homme
, fur lequel depuis
long - temps elle avoit
fait des deffeins qu'elle
n'avoit pû executer . Elle
lui trouvoit de l'efprit
& de l'enjouement , &
elle avoit hazardé des
complaisāces pour beaucoup
de gens qui afſurément
ne le valoient
to MERCURE
pas : mais fon plus grand
merite étoit l'opinion
qu'elle avoit qu'il fût aimé
d'une jeune Demoifelle
qu'elle haïffoit , &
dont elle vouloit fe vanger.
Elle prit donc fans
balancer le parti qu'on
lui offroit ; & aprés lui
avoit dit qu'il faloit qu'-
on ne le crût pas bien
endurci , puis qu'on s'adreffoit
à elle pour le
toucher , elle entreprit
de faire un infidele , fous
GALANT . 11
pretexte de convertir un
indifferent. Le Comte
aimoit paffionsément la
Demoiſelle dont on le
croyoit aimé, & il tenoit
à elle par des
engagemens
fi puiffans
, qu'il
ne craignoit
pas que rien
l'en pût détacher
. Sur
tout il fe croyoit
fort en
fûreté contre les charmes
de la Marquife. Il
la connoiffoit pour une
de ces coquettes de profeffion
qui veulent , à
12 MERCURE
quelque prix que ce ſoit ,
engager tout le monde ,
& qui ne trouvent rien
de plus honteux que de
manquer une conquête .
Il fçavoit encore quedepuis
peu elle avoit un
amant , dont la nouveauté
faifoit le plus grand
merite , & pour qui elle
avoit rompu avec un
autre qu'elle aimoit depuis
long - temps , & à
qui elle avoit des obligations
effentielles . Ces
と
GALANT .
13
connoiffances lui fmbloient
un remede affuré
contre les tentations
les plus preffantes. La
Dame l'avoit affez veu
pour connoître quel étoit
fon éloignement
pour des femmes
de fon
caractere
: mais cela ne
fit que flater fa vanité.
Elle trouva plus de gloire
à triompher
d'un
coeur qui devoit être fi
bien défendu. Elle lui
fit d'abord
des reproches
14 MERCURE
de ne l'eftre pas venu
voir depuis qu'il étoit
dans le quartier , & l'engagea
à reparer fa faute
dés le lendemain . Il
alla chez elle , & s'y fit
introduire par un Confeiller
de fes amis , avec
qui il logcoit , & qui
avoit des liaiſons étroites
avec le mari de la
Marquife, Les honneftetez
qu'elle lui fit l'obligerent
enfuite d'y aller
plufieurs fois fans inGALANT.
15
troducteur ; & à chaque
yifite la Dame mit en
ufage tout ce qu'elle
crut de plus propre à .
l'engager. Elle trouva
d'abord toute la refiftance
qu'elle avoit attendue.
Ses foins , loin .
de faire effet , ne lui attirerent
pas feulement
une parole qui tendît à
une declaration : mais
elle ne defefpera point
pour cela du pouvoir de
fes charmes ; ils l'avoient
16 MERCURE
fervie trop fidelement en
d'autres occafions
, pour
ne lui donner pas lieu
de fe flater d'un pareil
fuccés en celle - ci ; elle
crut mefme remarquer
bientôt qu'elle ne s'étoit
pas trompée. Les vifites
du Comte furent
plus frequentes : elle lui
trouvoit un enjouëment
que l'on n'a point quand
on n'a aucun deffein de
plaire.Mille railleries divertissantes
qu'il faifoit
fur
+
GALANT . 17
für fon nouvel amant ;
le chagrin qu'il témoignoit
quand il ne pouvoit
eftre feul avec elle ;
Fattention qu'il preftoit.
aux moindres chofes
qu'il luy voyoit faire :
tout cela lui parut d'un
augure merveilleux , &
il eft certain que fi elle
n'avoit pas encore le
coeur de ce pretendu indifferent
, elle occupoit.
du moins fon efprit . Ih
alloit plus rarement chez
Avril 1714. B :
18 MERCURE
la Demoiſelle qu'il aimoit
, & quand il étoit
avec elle, il n'avoit point
d'autre foin , que de faire
tomber le difcours fur
la Marquife . Il aimoit
mieux railler d'elle que
de n'en rien dire . Enfin
foit qu'il fût feul , ou
en compagnie , fon idée
ne l'abandonnoit jamais
. Quel dommage ,
difoit - il quelquefois
que le Ciel ait répandu
tant de graces dans une
,
GALANT . 19
coquette ? Faut - il que la
voyant fi aimable , on
ait tant de raiſon de ne
point l'aimer ? Il ne pouvoit
lui pardonner tous
fes charmes ; & plus il
lui en trouvoit , plus il
croyoit la haïr. Il s'oublia
même un foir jufques
à lui reprocher fa
conduite , mais avec une
aigreur qu'elle n'auroit,
pas ofé efperer fitoft. A
quoy bon , lui dit- il ,
Madame , toutes ces oil-
Bij
20 MERCURE
lades & ces manieres étu
diées que chacun regarde
, & dont tant de gens
fe donnent le droit de
parler Ces foins de
chercher à plaire à tout
le monde , ne font pardonnables
qu'à celles à
qui ils tiennent lieu de
beauté . Croyez - moy ,
Madame , quittez des
affectations qui font indignes
de vous. C'étoit
où on l'attendoit . La
Dame étoit trop habile
GALANT. 2ม1
pour ne diftinguer past
les confeils de l'amitié
des reproches de la jaloufie
. Elle lui en marqua
de la reconnoiſſance
, & tâcha enfuite de
lui perfuader que ce qui
paroiffoit coquetterie ,
n'étoit en elle que la
crainte
d'un veritable
attachement ; que du
naturel dont elle fe connoiffoit
, elle ne pourroit
être heureufe dans.
un engagement , parce
22 MERCURE
qu'elle ne ſe verroit jamais
aimée , ni avec la
même fincerité , ni avec
la même delicateſſe dont
elle fouhaiteroit de l'être
, & dont elle fçavoit
bien qu'elle aimeroit .
Enfin elle lui fit an faux
portrait de fon coeur , qui
fut pour lui un veritable
poifon. Il ne pouvoit
croire tout à fait qu'elle
fût fincere : mais il ne
pouvoit s'empefcher de
le fouhaiter. Il cherGALANT.
23
choit des
apparences
ce qu'elle
lui difoit , &
il lui rappelloit
mille actions
qu'il lui avoit vû
faire , afin qu'elle les juſtifiât
; & en effet , fe fervant
du pouvoir qu'elle
commençoit à prendre
fur lui , elle y donna
des couleurs qui diffiperent
une partie de fes
foupçons mais qui
pourtant n'auroient pas
trompé un homme qui
cuft moins fouhaité de
24 MERCURE
l'eftre. Cependant, ajouta-
t- elle d'un air enjoüé ,
je ne veux pas tout à fait
difconvenir d'un défaut
qui peut me donner lieu
de vous avoir quelque
obligation . Vous fçavez
ce que j'ai entrepris pour
vous corriger de celui
qu'on vous reprochoit .
Le peu de fuccés que j'ai
eu ne vous diſpenſe pas
de reconnoître mes bonnes
intentions , & vous
me devez les mefmes
foins.
GALANT. 25
foins . Voyons fi vous ne
ferez pas plus heureux à
fixer une inconftante ,
que je l'ay été à toucher
un infenfible. Cette propofition
, quoique faite
en riant , le fit rentrer en
lui - mefme , & alarma
d'abord fa fidelité . Il vit
qu'elle n'avoit peut - eftre
que trop reüffi dans
fon entrepriſe , & il reconnut
le danger où il
étoit : mais fon penchant
commençant à lui ren-
Avril 1714.
C
26 MERCURE
dre ces reflexions facheuſes
, il tâcha bientôt
à s'en délivrer . Il
penfa avec plaifir que fa
crainte étoit indigne de
lui , & de la perfonne
qu'il aimoit depuis fi
long- temps . Sa delicateffe
alla meſme juſqu'à
fe la reprocher
comme
une infidelité
; & aprés
s'eftre dit à foy- meſme
,
que c'étoit déja eſtre inconftant
que de craindre
de changer , il embraſſa
GALANT . 27
avec joye le parti qu'on
lui offroit . Ce fut un
commerce fort agreable
de part & d'autre. Le
pretexte qu'ils prenoient
rendant leur empreffement
un jeu , ils goutoient
des plaifirs qui
n'étoient troublez d'aucuns
fcrupules. L'Italien
, qu'ils fçavoient tous
deux , étoit l'interprete :
de leurs tendres fentimens.
Ils ne fe voyoient
jamais qu'ils n'euffent à
Cij
28 MERCURE
fe donner un billet en
cette langue ; car pour
plus grande feureté, ils
étoient convenus qu'ils
ne s'enverroient jamais
leurs lettres . Sur - tout
elle lui avoit défendu dé
parler de leur commerce
au Confeiller avec qui
il logcoit , parce qu'il
étoit beaucoup plus des
amis de fon mari que des
fiens , & qu'autrefois ,
fur de moindres apparences,
il lui avoit donné
GALANT . 29
des foupçons d'elle fort
defavantageux . Elle lui
marqua même des heures
où il pouvoit le moins
craindre de les rencontrer
chez elle l'un ou
l'autre , & ils convinrent
de certains fignes d'intelligence
pour les temps
qu'ilsyferoient. Cemyf
tere étoit un nouveau
charme pour le jeune
Comte. La Marquife
prit enfuite des manieres
fiéloignées d'une co-
C
iij
30 MERCURE
quette , qu'elle acheva
bientoft
de le perdre
.
Jufques là elle avoit eu
un de ces caracteres enjoüez
, qui reviennent
quafi à tout le monde ,
mais qui deſeſperent un
amant ; & elle le quitta
pour en prendre un tout
oppofé , fans le lui faire
valoir comme un facri.
fice . Elle écarta fon nouvel
amant , qui étoit un
Cavalier fort bien fait .
Enfin loin d'aimer l'éGALANT.
31
clat , toute fon application
étoit d'empêcher
qu'on ne s'apperçût de
l'attachement que le
Comte avoit pour elle :
mais malgré tous fes
foins, il tomba unjour de
ſes poches une lettre que
fon mari ramaffa fans
qu'elle y prît garde . 11
n'en connut point le caractere
, & n'en entendit
pas le langage : mais ne
doutant pas que ce ne
fût de l'Italien , il courut
Ciiij
32 MERCURE
chez le Conſeiller , qu'il
fçavoit bien n'être pas
chez lui , feignant de lui
vouloir
communiquer
quelque affaire . C'étoit
afin d'avoir occafion de
parler au Comte , qu'il
ne foupçonnoit point
d'être l'auteur de la lettre
, parce qu'elle étoit
d'une autre main. Pour
prévenir les malheurs
qui arrivent quelquefois
des lettres perduës , le
Comte faifoit écrire touGALANT
. 33
tes celles qu'il donnoit à
la Marquise par une perfonne
dont le caractere
étoit inconnu . Il lui avoit
porté le jour precedent
le billet Italien
dont il s'agiffoit. Il étoit
écrit fur ce qu'elle avoit
engagé le Confeiller à
lui donner
à fouper ce
même jour- là ; & parce
qu'elle avoit fçû qu'il
devoit aller avec fon mari
à deux lieuës de Paris
l'apréfdînée , & qu'ils
34 MERCURE
n'en reviendroient que
fort tard , elle étoit convenue
avec ſon amant
qu'elle fe rendroit chez
lui avant leur retour. La
lettre du Comte étoit
pour l'en faire fouvenir ,
& comme un avantgoût
de la fatisfaction qu'ils
promettoient cette fe
foirée. Le mari n'ayant
point trouvé le Confeiller
, demanda le Comte .
Dés qu'il le vit , il tira
de fa poche d'un air emGALANT
.
35
preffé quantité de papiers
, & le pria de les
lui remettre quand il
féroit revenu. Parmi ces
papiers étoit celui qui
lui donnoit tant d'agitation
. En voici un , lui
dit- il en feignant de s'être
mépris , qui n'en eſt
pas. Je ne fçai ce que
c'eft , voyez fi vous l'entendrez
mieux que moy :
& l'ayant ouvert , il en
lut lui - mefme les premie-i
res lignes , de peur que
36 MERCURE
le Comte
jettant les
yeux fur la fuite , ne connût
la part que la Marquife
y pouvoit avoir ,
& que la crainte de lui
apprendre de fâcheufes
nouvelles , ne l'obligeât
à lui déguifer la verité.
Le Comte fut fort furpris
quand il reconnut
fa lettre. Untrouble foudain
s'empara de fon efprit
, & il eut befoin que
le mari fût occupé de fa
lecture , pour lui donner
(
GALANT. 37
le temps de fe remettre .
Aprés en avoir entendu
le commencement : Voila
, dit - il , contrefaifant
¡ l'étonné , ce que je chersche
depuis long - temps .
C'est le rôle d'une fille
qui ne fçait que l'Italien ,
- & qui parle à ſon amant
qui ne l'entend pas . Vous
a
aurez veu cela dans une
Comedie Françoiſe qui
a paru cet hyver. Mille
gens me l'ont demandé ,
& il faut que vous me
38.
MERCURE
faffiez le plaifir de me
le laiffer. J'y confens , lui
répondit le mari , pourveu
que vous le rendiez
à ma femme , car je croy
qu'il eft à elle. Quand le
jeune Comte crut avoir
porté affez loin la crédulité
du mari , il n'y
eut pas un mot dans ce
prétendu rôle Italien ,
dont il ne lui voulût faire
entendre l'explication
: mais le mari ayant
ce qu'il fouhaitoit , béGALANT.
39
nit le Ciel en lui - mefme
de s'être trompé fi
heureuſement , & s'en
alla où l'appelloient fes
affaires . Auffitôt qu'il
e fut forti , le Comte courut
à l'Eglife , où il étoit
fûr de trouver la Dame ,
qu'il avertit par un bilelet
, qu'il lui donna ſecretement
, de ce qui ve-
-noit de fe paffer , & de
1
l'artifice dont il s'étoit
fervi pour retirer fa let
tre. Elle ne fut pas fitôt
40 MERCURE
rentrée chez elle , qu'elle
.mit tous les domeſtiques
à la quête du papier , &
fon mari étant de retour,
elle lui demanda . Il lui
avoüa qu'il l'avoit trouvé
, & que le Comte en
ayant beſoin , il lui avoit
laiffé entre les mains .
Me voyez- vous des curiofitez
femblables pour
les lettres que vous recevez
, lui répondit- elle
d'un ton qui faifoit paroître
un peu de colere ?
Si
GALANT 41
Si c'étoit un billet tendre
, fi c'étoit un rendezvous
que l'on me donnât
, feroit - il , agréable.
que vous nous vinffiez
troubler ? Son mari lui
dic en l'embraffant , qu'il
fçavoit fort bien ce que
c'étoit ; & pour l'empêcher
de croire qu'il l'eût
foupçonnée , il l'affura
qu'il avoit cru ce papier
à lui lors qu'il l'avoit ramaffe.
La Dame ne borna
pas fon reffentiment
Avril 1714. D
42 MERCURE
à une raillerie de cette
nature . Elle fe rendit
chez le Comte de meilleure
heure qu'elle n'auroit
fait . La commodité
d'un jardin dans cette
maiſon étoit un
pretexte
pour y aller avant le
temps du foupé. La jaloufie
dans un mari eft
un défaut fi blâmable ,
quand elle n'eft pas bien
fondée , qu'elle fe fit un
devoir de juftifier ce que
le fien lui en avoit fait
J
GALANT. 43
paroître. Tout favorifoit
un fi beau deffein ;
toutes fortes de témoins
étoient éloignez , & le
Comte & la Marquiſe
pouvoient le parler en
liberté. Ce n'étoit plus
par des lettres & par des
fignes qu'ils exprimoient
leur tendreffe . Loin d'avoir
recours à une langue
étrangere , à peine
trouvoient - ils qu'ils
fçuffent affez bien le
François pour fe dire
Dij
44 MERCURE
tout ce qu'ils fentoient ;
& la défiance du mari
leur rendant tout légitime
, la Dame eut des
complaifances pour le
jeune Comte , qu'il n'auroit
pas ofé efperer. Le
mari & le Confeiller étant
arrivez fort tard ,
leur firent de grandes excufes
de les avoir fait fi
long - temps attendre.
On n'eut pas de peine à
les recevoir
, parce que
jamais on ne
s'étoit
4.
GALANT . 45
moins impatienté . Pendant
le foupé leurs yeux
firent leur devoir admirablement
; & la contrainte
où ils fe trouvoient
par la préſence
de deux témoins incommodes
, prêtoit à leurs
regards une éloquence
qui les confoloit de ne
pouvoir s'expliquer avec
plus de liberté. Le mari :
gea
ayant quelque chofe à
dire au Comte
, l'engaà
venir faire avec lui
46 MERCURE
un tour de jardin . Le
Comte en marqua par
un coup d'oeil fon déplaifir
à la Dame , & la.
Dame lui fit connoître
par un autre figne combien
l'entretien du Confeiller
alloit la faire fouffrir.
On fe fepara . Jamais
le Comte n'avoit
trouvé de fi doux momens
que ceux qu'il paffa
dans fon tête - à - tête
avec la Marquife . Il la
quitta fatisfait au derGALANT
. 47
nier point :mais dés qu'il
fut ſeul , il ne put s'abandonner
à lui mefme
fans reffentir les plus
cruelles agitations. Que
n'eut- il point à fe dire
fur l'état où il furprenoit
fon coeur ! Il n'en étoit
pas à connoître que fon
trop de confiance lui avoit
fait faire plus de
chemin qu'il ne lui étoit
permis : mais il s'étoit
imaginé jufques là qu'-
un amuſement avec une
48 MERCURE
coquete ne pouvoit bleffer
en rien la fidelité qu'il
devoit à fa maîtreffe
. Il
s'étoit toujours repofé
fur ce qu'une femme qui
ne pourroit lui donner
qu'un coeur partagé , ne
feroit jamais capable
d'inſpirer au fien un vrai
amour ; & alors il commença
à voir que ce qu'il
avoit traité d'amufement
, étoit devenu une
paffion dont il n'étoit
plus le maitre. Aprés ce
qui
GALANT 49
qui s'étoit paffé avec la
Marquife
, il fe fût flaté
inutilement de l'efperance
de n'en être point
aimé uniquement , & de
bonne foy: Peut - être
même que des doutes
là - deffus auroient été
d'un foible fecours . Il
fongeoit fans ceffe à tout
ce qu'il lupavoit trouvé
de paffion , à cet air vif
& touchant qu'elle don-*
noit à toutes les actions ;
& 'ces réflexions enfin
Avril 1714.
*
E
fo MERCURE
jointes au peu de fuccés
qu'il avoit eu dans l'attachement
qu'il avoit
pris pour la premiere
maîtreffe , mirent fa raifon
dans le parti de fon
coeur, & diffiperent tous
fes remords. Ainfi il s'abandonna
fans fcrupule
à ſon penchant , & ne
fongea plus qu'à fe ménager
mille nouvelles
douceurs avec la Marquife
; mais la jalouſic
les vinte troubler lors
GALANT. S1
qu'il s'y étoit le moins
attendu. Un jour il la
furprit feule avec l'amant
qu'il croyoit qu'el
le cût banni ; & le Cavalier
ne l'eut pas fitôt
quittée , qu'il lui en fic
des reproches , comme
d'un outrage qui ne pouvoit
être pardonné . Vous
n'avez pû long - temps
vous démentir , lui ditil
, Madame. Lorfque
vous m'avez crû affez
engagé , vous avez cellé
E ij
52 MERCURE
de vous faire violence .
J'avoue que j'applaudif
fois à ma paſſion , d'avoir
pû changer vôtre
naturel ; mais des femmes
comme
vous ne
changent jamais. J'avois
tort d'efperer un miracle
en ma faveur . Il la pria
enfuite de ne ſe plus contraindre
pour lui , & l'aſfura
qu'il la laifferoit en
liberté de recevoir toutes
les vifites qu'il lui
plairoit . La Dame fe
GALANT.
$3
connoiffoit trop bien en
dépit , pour rien apprehender
de celui - là . Elle
en tira de nouvelles affurances
de fon pouvoir
fur le jeune Comte ; &
affectant une colere qu'-
elle n'avoit pas , elle lui
fic comprendre qu'elle
ne daignoit pas ſe juſtifier
, quoy qu'elle eût de
bonnes raifons , qu'elle
lui cachoit pour le punir.
Elle lui fit même
promettre plus pofitive-
E iij
$4 MERCURE
ment qc'il n'avoit fait ,
de ne plus revenir chez
elle. Ce fut là où il put
s'appercevoir combien il
étoit peu maître de ſa
paffion . Dans un moment
il fe trouva le feul
criminel ; & plus affligé
de l'avoir irritée par les
reproches , que de la trahifon
qu'il penfoit lui
eftre faite , il fe jetta à
fes genoux , trop heureux
de pouvoir efperer
le pardon , qu'il croyoit
GALANT .
$$
auparavant qu'on lui devoit
demander
. Par quelles
foumiffions ne tâcha
t- il point de le meriter !
Bien loin de lui remetles
tre devant les yeux
marques de paffion qu'il
avoit reçues d'elle , &
qui fembloient lui donner
le droit de ſe plaindre
, il paroiffoit les avoir
oubliées , ou s'il s'en
refſouvenoit , ce n'étoit
que pour le trouver cent
fois plus coupable . Il
E mij
56 MERCURE
n'alleguoit que l'excés
de fon amour qui le faifoit
ceder à la jalousie ,
& quien de pareilles occafions
ne s'explique jamais
mieux que par la
colere. Quand elle crut
avoir pouffé fon triomphe
affez loin , elle lui
jetta un regard plein de
douceur , qui en un moment
rendit à fon ame
toute fa tranquilité . C'eft
affez me contraindre ,
lui dit- elle ; auffi bien ma
•
"
GALANT. SZ
joye & mon amour commencent
à me trahir.
Non , mon cher Comte
, ne craignez point
que je me plaigne de vôtre
colere. Je me plaindrois
bien plutôt fi vous
n'en aviez point eu . Vos
reproches il est vrai ,
>
bleffent ma fidelité : mais
je leur pardonne ce qu'ils
ont d'injurieux , en faveur
de ce qu'ils ont de
paffionné. Ces affurances
de vôtre tendreffe m'é58
MERCURE
toient fi cheres , qu'elles
ont arrefté jufqu'ici l'im
patience que j'avois de
me juftifier. Là - deffus
elle lui fit connoître
combien ſes ſoupçons étoient
indignes d'elle &
de lui ; que n'ayant point
défendu au Cavalier de
venir chez elle , elle n'avoit
pu refufer de le voir;
qu'un tel refus auroit été
une faveur pour lui ; que.
s'il le
fouhaitoit pourtant
, elle lui défendroit
V
GALANT. 59
fa maiſon pour jamais :
mais qu'il confiderât
combien il feroit peu
agreable pour elle , qu'-
un homme de cette forte
s'allât vanter dans le
monde qu'elle cuft rompu
avec lui , & laiſsât
croire qu'il y euft des
gens à qui il donnoit de
l'ombrage. L'amoureux
Comte étoit fi touché
des marques de tendreſſe
qu'on venoit de lui donner
, qu'il ſe feroit vo60
MERCURE
>
lontiers payé d'une plus
méchante raiſon . Il eut
honte de fes foupçons ,
& la pria lui- meſine de
ne point changer de conduite
. Il paffa ainfi quelques
jours à recevoir fans
ceffe de nouvelles affurances
qu'il étoit aimé ,
& il merita dans peu
qu'on lui accordât une
entrevue fecrete la nuit .
Le mari étoit à la campagne
pour quelque
temps ; & la Marquife ,
*
1
GALANT. 61
maîtreffe alors d'ellemeſme
, ne voulut pas
perdre une occafion fi
favorable de voir fon a
mant avec liberté . Le
jour que le Comte étoit
attendu chez elle fur les
neuf heures du foir , le
Confeiller foupant avec
lui , ( ce qu'il faifoit fort
fouvent ) voulut le mener
à une affemblée de
femmes du voisinage ,
qu'on regaloit d'un concert
de voix & d'inftru62
MERCURE
mens. Le Comte s'en
excufa , & ayant laiffé
fortir le Confeiller , qui
le preffa inutilement de
venir jouir de ce regal ,
il fe rendit chez la Dame
, qui les reçut avec
beaucoup de marques
d'amour
. Aprés quatre
heures d'une converfation
trés-tendre , il falut
fe féparer. Le Comte cut
fait à peine dix pas dans
la ruë , qu'il ſe vit ſuivi
d'un homme qui avoit le
GALANT. 63
vifage envelopé d'un
manteau . Il marcha toujours
; & s'il le regarda
comme un efpion , il eut
du moins le plaifir de
remarquer
qu'il étoit
trop grand pour être le
mari de la Marquife . En
rentrant chez lui , il trouva
encore le pretendu
cfpion , qu'il reconnut
enfin pour le Confeiller.
Les refus du jeune Comte
touchant le concert
de voix , lui avoit fait
64 MERCURE
croire qu'il avoit un rendez-
vous. Il le foupçonnoit
déja d'aimer la Marquife
, & fur ce foupçon
il etoit venu l'attendre à
quelques pas de fa porte
, & l'avoit vû fe couler
chez elle. Il y avoit
frapé auffitôt , & la fui-:
vante lui étoit venu dire
de la part de fa maîtreffe,
qu'un grand mal de tête
l'obligeoit à fe coucher ,
& qu'il lui étoit impoffible
de le recevoir. Par
cette
GALANT. 65
cette réponſe il avoit
compris tout le myftere.
Il fuivit le Comte dans
fa chambre , & lui ayam
declaré ce qu'il avoit fait
depuis qu'ils s'étoient
quittez : Vous avez pris ,
lui dit - il , de l'engagement
pour la Marquife ;
il faut qu'en fincere ami
je vous la faffe connoître.
J'ai commencé à l'aimer
avant que vous yinfficz
loger avec moy , &
quand elle a fçû nôtre
Avril 1714.
F
66 MERCURE
liaifon , elle m'a fait promettre
par tant de fermens
, que je vous ferois
un fecret de cet amour ,
que je n'ai ofé vous en
parler . Vous fçavez , me
difoit - elle , qu'il aime
une perfonne qui me hait
mortellement . Il ne manquera
jamais de lui apprendre
combien mon
coeur eft foible pour
vous. La diſcretion qu'-
on doit à un ami ne tient
guere contre la joye que
GALANT. 67
l'on a quand on croit
pouvoir divertir une
maîtreffe. La perfide
vouloit même que je lui
fuffe obligé de ce qu'elle
conſentoit à recevoir
vos vifites. Elle me recommandoit
fans ceffe
de n'aller jamais la voir
avec vous ; & quand
vous arriviez , elle affectoit
un air chagrin dont
je me plaignois quelquefois
à elle , & qu'apparemment
elle vous laif,
F ij
68 MERCURE
foit expliquer favorablement
pour vous . Mille
fignes & mille geſtes ,
qu'elle faifoit dans ces
temps - là , nous étoient
t
fans doute communs . Je
rappelle préfentement
une infinité de chofes
que je croyois alors indifferentes
, & je ne doute
point qu'elle ne fe foit
fait un merite auprés de
vous , de la partie qu'elle
fit il y a quelque temps
de fouper ici . Cependant
GALANT . 69
quand elle vous vit engagé
dans le jardin avec
fon mari , quels tendres
reproches ne me fit- elle
point d'être revenu ' fi
tard de la campagne , &
de l'avoir laiffée filongtemps
avec un homme
qu'elle n'aimoit pas !
Hier même encore qu'-
elle me préparoit avec
vous une trahiſon ſi noire
elle eut le front de
vous faire porteur d'une
lettre , par laquelle elle
70 MERCURE
me donnoit un rendezvous
pour ce matin ,
vous difant que c'étoit
un papier que fon mari
l'avoit chargée en partant
de me remettre. Le
Comte étoit fi troublé
de tout ce que le Confeiller
lui difoit , qu'il
n'eut pas la force de l'interrompre.
Dés qu'il fut
remis , il lui apprit comme
fon amour au commencement
n'étoit qu'
un jeu , & comme dés
GALANT. 71
S
lors la Marquife lui avoit
fait les mêmes loix
de difcretion qu'à lui.
Ils firent enfuite d'autres
éclairciffemens , qui
découvrirent au Comte
qu'il ne devoit qu'à la
coquetterie de la Dame
ce qu'il croyoit devoir à
fa paffion ; car c'étoit le
Confeiller qui avoit exigé
d'elle qu'elle ne vît
plus tant de monde , &
fur- tout qu'elle éloignât
fon troifiéme amant ; &
72 MERCURE
ils trouverent que quand
elle l'eut rappellé , elle
avoit allegué le même
pretexte
au Confeiller
qu'au Comte , pour continuer
de le voir. Il n'y
a gueres
d'amour
à l'épreuve
d'une telle perfidie
; auffi ne fe piquerent-
ils pas de conftance
pour une femme qui la
méritoit fi peu . Le Comte
honteux de la trahifon
qui'l avoit faite à fa premiere
maitreſſe , refolut
de
GALANT .
73
de n'avoir plus d'affiduitez
que pour elle feule ,
& le Confeiller fut bientôt
determiné fur les mefures
qu'il avoit à prendre
mais quelque promeffe
qu'ils fe fillent l'un
à l'autre de ne plus voir
la Marquife , ils ne purent
fe refufer le foulagement
de lui faire des reproches.
Dés qu'il leur
parut qu'ils la trouveroient
levée , ils fe tendirent
chez elle . Le
Avril
1714.
G
74 MERCURE
Comte lui dit d'abord ,
que le Confeiller étant
fon ami , l'avoit voulu
faire profiter du rendezvous
qu'elle lui avoit
donné , & qu'ainſi elle
ne devoit pas s'étonner
s'ils venoient enſemble .
Le Conſeiller prit aufſi.
tôt la parole , & n'oublia
rien de tout ce qu'il
crut capable de faire
honte à la Dame , & de
le vanger de fon infidelité.
Il lui remit devant
M
GALANT . 75
les yeux l'ardeur fincere
avec laquelle il l'avoit
aimée , les marques de
paffion qu'il avoit reçûës
d'elle , & les fermens
: qu'elle lui avoit tant de
I fois reiterez de n'aimer
jamais que lui . Elle l'écouta
fans l'interrompre
; & ayant pris fon
parti pendant qu'il parloit
: Il eft vrai , lui ré-
#pondit - elle d'un air
moins embaraffé que jamais
, je vous avois pro-
Gij
76 MERCURE
mis de n'aimer que vous :
mais vous avez attiré
Monfieur le Comte dans
ce quartier , vous l'avez
amené chez moy , & il
eft venu à m'aimer .D'ailleurs
, de quoy pouvezvous
vous plaindre ?
Tout ce qui a dépendu
de moy pour vous rendre
heureux , je l'ai fait.
Vous fçavez vous - même
quelles précautions
j'ai prifes pour vous cacher
l'un à l'autre vôtre
GALANT . 77
paffion . Si vous l'aviez
fçûë , vôtre amitié vous
auroit coûté des violences
ou des remords , que
ma bonté & ma prudence
vous ont épargnez .
N'eft- il pas vrai qu'avant
cette nuit , que vous aviez
épić Monfieur le
Comte , vous étiez tous
deux les amans du monde
les plus contens ? Suisje
coupable de vôtre indifcrétion
Pourquoy me
venir chercher le foir ?
Giij
78 MERCURE
Ne vous avois - je pas averti
par une lettre que
je donnai à Monfieur le
Comte , de ne venir que
ce matin ? Tout cela fut
dit d'une maniere fi lipeu
déconcerbre
, &
fi
tée
, que
ce
trait
leur
fit
connoître la Dame encore
mieux qu'ils n'avoient
fait . Ils admirerent
un caractere fi particulier
, & laifferent à
qui le voulut la liberté
d'en être la dupe . La
"
GALANT. 79
Marquife fe confola de
leur perte , en faiſant
croire au troifieme amant
nouvellement rappellé
, qu'elle les avoit
bannis pour lui ; & comme
elle ne pouvoit vivre
fans intrigue , elle en fit
· bientôt une nouvelle .
Fermer
Résumé : AVANTURE nouvelle.
En avril 1714, un jeune comte, issu d'une famille prestigieuse du Royaume, s'installe dans un quartier de Lyon où le jeu et la galanterie dominent. Bien qu'il préfère le jeu, il n'y joue pas avec passion. Un groupe de jeunes dames tente de l'intéresser à l'amour, mais il se défend en invoquant son manque de mérite et d'espoir en amour. Elles lui parlent alors d'une jeune marquise voisine qu'elles attendent. Un jour, les jeunes dames montrent au comte la marquise en question, qui entre dans la pièce. Le comte et la marquise se reconnaissent, ayant déjà été présentés à la campagne chez une amie commune. La marquise, convaincue que le comte ne mérite pas les reproches qu'on lui fait, décide de profiter de cette occasion pour engager une relation avec lui. Elle voit en lui un homme d'esprit et d'enjouement, et elle est motivée par le désir de se venger d'une jeune demoiselle qu'elle hait et dont elle croit que le comte est amoureux. Le comte, quant à lui, est passionnément amoureux de cette demoiselle et ne craint pas de se laisser séduire par la marquise, qu'il connaît pour une coquette professionnelle. Cependant, la marquise, flattée par le défi, entreprend de le séduire. Elle l'invite chez elle et utilise divers stratagèmes pour le charmer. Le comte, malgré ses résistances initiales, finit par se laisser séduire par les attentions de la marquise. La marquise utilise des billets en italien pour communiquer avec le comte, évitant ainsi les soupçons. Elle prend des précautions pour éviter que leur relation ne soit découverte, notamment en fixant des heures où ils peuvent se voir sans risque. Le comte, de son côté, fait écrire ses lettres par une personne dont l'écriture est inconnue pour éviter les malentendus. Un jour, le mari de la marquise trouve une lettre italienne dans les poches de sa femme. Ne comprenant pas l'italien, il la montre au comte, feignant de ne pas savoir de quoi il s'agit. Le comte, pris de court, doit improviser une explication. La lettre est en réalité un message du comte à la marquise, lui rappelant un rendez-vous qu'ils doivent avoir. Le mari, sans se douter de la vérité, remet la lettre au comte, qui doit alors trouver une manière de se sortir de cette situation délicate. Le mari, un conseiller, découvre la liaison en suivant le comte jusqu'à la maison de la marquise. Il confronte le comte et révèle qu'il aime également la marquise depuis longtemps. Le comte est troublé mais apprend que la marquise avait imposé la discrétion à tous deux. Ils décident de clarifier leurs sentiments et leurs actions passées. La marquise avait été contrainte par le conseiller de se séparer de son troisième amant, mais elle avait continué à le voir en utilisant le même prétexte auprès du conseiller et du comte. Lorsque le comte et le conseiller découvrirent cette perfidie, ils décidèrent de ne plus avoir confiance en elle. Le comte, honteux de sa trahison envers sa première maîtresse, résolut de n'avoir plus d'attache que pour elle. Le conseiller prit également des mesures, mais malgré leurs promesses de ne plus voir la marquise, ils ne purent s'empêcher de lui faire des reproches.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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35
p. 128-144
MORTS.
Début :
Messire Jean Jacques de Surbechk Lieutenant General [...]
Mots clefs :
Morts, Roi, Fille, Fils, Marquis, Parlement, Lieutenant, Armées, Comte, Veuve, Conseiller, Comte, Enfants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT SO
Meffire Jean Jacques de
Surbechk Lieutenant Ge.
neral des armées du Roy ,
Colonel d'un Regiment
Suiffe , & Chevalier de
l'Ordre Militaire de Saint
Loüis , mourut le 4. May.
Il eſtoit Suiffe & s'eſtoit attaché
au ſervice de la France
dés ſa jeuneſſe , il avoit
Epousé Marie Magdelaine
Chapelier , Soeur de feu
GALANTA 129
Claude Chapelier mort
Doyen de l'Eglife Colle
giale de S. Germain l'Au
xerrois , & fille de Henry
Chapelier Avocat General
de la Cour des Aydes , &
de Catherine Brice , il en
a laiffé pour fille Magde
laine Anne de Surbechk
marice le Fevrier 1708.
avec Charles Comte de Berenger
Colonel du Regi
ment de Bugey tué au fiége
de S. Venant le 24. Sep
tembre 1711. fils de Mr le
Comte de Guast Berenger
Lieutenant General des ar
mées du Roy.
:
130 MERCURE
Dame,Marguerite Pic
ques Veuve de , Mellire
François le Maye Confeil
ler au grandConfeil, mourut
fans enfans le 10. May,
elle efloit filled Olivier Picques
Ecuyer Secretaire, du
Roy ,& fon mary effoit
frere de Mrle Maye Confeiller
au Parlement , & fils
de François le Maye Con
ſeiller de la Cour des Aydes
, mort l'an 1677. d'u
ne Famille originaire de
Tours,
Meffire Jean Joſeph de
Montulé Conſeiller au ParGALANT.
In
lement , & Doyen de la
premiere des Requeſtes au
Palais , mourut le 10. May,
il eſtoit fils de François de
Montulé, Maire de la Ville
deNantes& Auditeur en la
Chambre des Comptes de
Bretagne,& de Marc Regnier
, & avoit pour frere
Antoine deMontulé Abbé,
mort depuis pluſieurs an
nées , & pour ſoeur Marie
Anne de Montulé mariée
Lan 1662. avec Gilles de
Boiſbaudry Seigneur de
Langan , il fut receu Con
ſeiller au Parlement de Pay
132 MERCURE
ris le 26. Juin 1671. & eſpous
fa en premiere nopce le
26. Juin 1672. Magdelaine
Charlot fille de Claude
Charlot Seigneur de Prince
Secretaire du Roy ,
d'Anne Aymeret de Ga
zeau , elle mourut fans enfans
, au mois de Juin 1674.
&il fe remaria avec Agnes
Bouvard fille de Michel
&1
06
Bouvard Seigneur de Fourqueux
Conſeiller au Parle
ment , & de Catherine
Leſné , & Soeur de Mrde
Fourqueux, Procureur Ge29b
neral de la Chambre desm
Jiey acului siдла эка
DOG GALANT5
-le.
Je
re
Comptes de ce dernier
mariage il a laiſſé pour en
fans , Auguſte Joſephide
Montulé, qui a embraſſé le
parti de l'Eglife & eft
Doyen de l'Egliſe de Beau- b
vais , & Jean Baptifte de
Montulé , reçû Conſeiller
au Parlement le 17.Mars,
3
Meſſire Estienne de laGal
ſte Mareſchal des camps &
armées du Roy , cy - devant
Lieutenant & Ayde Major
des Gardes de ſa Majesté ,
mourut le 13. May b
Dame Anne Pithou veu134
MERCURE
ve de Meffire Loüis Charles
de la Rochefoucault , Marquis
deMontendre, mourut
le 14. May. Elle estoit fille
de Pierre Pithou Conſeiller
au Parlement , & de Chreftienne
Loizel ,& mere de
Mr le Marquis de MontendreCapitaine
des Suiſſes de
feuMonſeigneur le Ducde
Berry , & de Mr le Comte
de Jarnac , voyez pour la famille
des Pithoux la genealogiequi
en eſt dreſſée dans
le Nobiliaire de Champagne
, dreſſé par ordre de Mr
de Caumartin Intendant à
GALANT.
135
-
Chaalons en 1667. pour la
genealogie de la maiſon de
laRochefoucault , l'hiſtoire
des grands Officiers de la
Couronnendalsport
Dame MargueriteMorin
Oveuve de MeſſireJean Comte
d'Eſtrées ,premier Baron
du Boulonois, Chevalier des
Ordres du Roy , Mareſchal
& Vice- Amiral de France ,
Viceroy de l'Amerique ,
Gouverneur des Ville &
Chaſteau de Nantes , &
Lieutenant general pour ſa
Majesté au Comté de Nantois,
mourutle,16. May âgée
)
٢٤٢ THAJAD
136TMERCUREM
defoixante quinze ans. Elle
eſtoit fille de Jacques Morin
Secretaire du Roy,& mai
ftre d'hostel ordinaire de fa
Majoſté,&d'Anne Yvelin ,
elle cut pour enfans Victor-
MarieComte d'Eſtrées ,
le 30.1 Novembre 1660 à
preſent Mareſchal deFrance,
Jean Abbé d'Eltrées ,
cy-devant Ambaſſadeur
Portugal, puis en Eſpagne ,
Prélat Commandeur Prélat
en
de
l'Ordre du S. Elprit , recey
le Janvier 1705 Marie-
Anne Catherine d'Eſtrées ,
mariée le 28. Novembre 1661
GALANT. 137
i à Michel François leTel
lier , Marquis de Courten
vaux , Colonel des Cent
Suiffes de la garde du Corps
du Roy; Marie Anne d'EC
trées,Religieuse à l'Aſſomption
, & Eliſabeth Roſalie
d'Eſtrées Demoiselle de
Tourpes. Voyez pour la genealogie
de la maiſon d'Eftées
l'hiſtoire des grands
Officiers de la Courone au
chapitre des Mareſchaux
de France & des grands
Maiſtres de l'artillerie.T
Meffire Jean-François de
Blanche fort , Chevalier
May 1714, 1.83 M
S MERCURE
I
Baron d'Afnois , Saligny ,
S.Germaindes Bois , &c.
Gouverneur pour le Roy de
la province & pays de Gex ,
mourut le 16. May.
! Il eſtoit fils de Roger de
Blanchefort , Baron d'Af
nois , Lieutenant Colonel
duRegiment deNavarre,&
Maref hal des camps & armées
du Roy , petit fils de
François de Blanchefort ,
Barond'Aſnois auffi Maref
chal de camp & armées du
Roy , & arriere petit fils
d'Adrien de Blanchefort
Baron d'Afnois, gentilhom,
GALANT
139
me de la chambre de Monſieur
le Duc d'Alençon ,
Gouverneur des villes de
Nevers & de faint Jean de
Lofne, meſtre de camp d'un
Regiment , & député de la
Nobleffe de Nivernois aux
Eftats generaux de Paris ,
en 1614. & de Henriette
de Salazar Dame d'Aſnois.
Pierre de Blanchefort , Baron
d'Aſnois ſon tris ayeul ,
de l'Ordre du Roy , gentilhomme
ordinaire de fa
chambre , & député de la
Nobleſſe de Nivernois &
Donziois aux Eftats gene-
Mij
140 MERCURE
de
raux de Blas l'an 1577.e
toit perit fils d'Antoine
Blanchefort ſeigneur de
Beauregard en Roliergue ,
que quelques curieux pré.
tendent eſtre frere puilné
de Jean de Blanchefort feigneur
de S. Clement ,& S.
Janurin,duquel defcendent
les Ducs de Leſdiguieres &
de Crequin Monfieur de
Blanchefort qui vient de
mourir avoit épousé le 27.
Janvier 1702. Gabrielle-
Charlotte Bruſlart , fille de
Roger de Bruflart Mar
quis de Sillery & de Puis
GALANTM 14
Geux, Chevalier des Ordres
du Roy , Lieutenant gene
ral de fes armées, Confeill
ler d'Estatordinaire d'épée,
& Ambaſſadeur extraordinaire
en Suiffe, & deClaus
de Godet Dame de Renne
ville , dont il laiſſe un fils
unique tak toopub ans
Dame Susanne Guyonne
deCoëtlogon , veuve de
meffire Philippe - GuyMarl
quis de Coëtlogon , mous
rut le 22.May. 1σινο
abDame Eleonore du Gué,
veuve de meſſire Jean du
Noucy,ſeigneur del'Epine,
142 MERCURE
&c. Maistre des Comptes ,
mourut le 23 May âgée
de 95. ans. Elle estoit fille
de Gaspard duGué ſeigneur
de Bagnol , Treforier de
France à Lyon , tante de
Dreux Loüis du Gué , mort
Conſeiller d'Estat ordinai
re , pere de Mr du Gué de
Bagnol,receuConſeiller au
Parlement en 1703. & de
Madame la Comreffe de
Tillier. La famille de Mr
du Gué eft originaire de
Moulins en Bourbonnois,
& a donné pluſieurs Maif
tres des Requeſtes & Con
GALANT.
143
feillers au Parlement , un
Préfident des Comptes &
pluſieurs Maiſtres desCompres
à Paris витали
Mre Henry de Chaban
nes Marquis de Curton
ComtedeRochefort, mou
rut le 15. May. Il avoit ef
pouſé en premieres nopces
en 1680. Françoiſe deMontezun
de Baiſemeau ; & en
ſecondes en 1709. Catherine
Gasparde d'Eſcorailles
de Rouffil , Veuve de Sebastien
de Rofmadec Marquis
de Molac , & foeur de
feüe Madame la Duchefſe
144 MERCURE
de Fontanges. Il ne laiſſe
point d'enfans de ce dernier
mariage , mais du premier
il laiſſe entr'autres enfans
Mr le Marquisde Curton
marié en 1706. avec N.
Glueu, Veuve de Jacques
de Vaſſan Seigneur de la
Tournelle , Avocat Generalde
laChambre des Com .
ptes , & Françoiſe Gabriël
de Chabannes mariée le 2.
Juiller 1696. avec Jean Paul
de Rochechouard Marquis
de Faudras , aprés la mort
elle ſe fit Religieuſe aux
Benedictines de Montargis ,
ler . Otobre. 1701 .
Meffire Jean Jacques de
Surbechk Lieutenant Ge.
neral des armées du Roy ,
Colonel d'un Regiment
Suiffe , & Chevalier de
l'Ordre Militaire de Saint
Loüis , mourut le 4. May.
Il eſtoit Suiffe & s'eſtoit attaché
au ſervice de la France
dés ſa jeuneſſe , il avoit
Epousé Marie Magdelaine
Chapelier , Soeur de feu
GALANTA 129
Claude Chapelier mort
Doyen de l'Eglife Colle
giale de S. Germain l'Au
xerrois , & fille de Henry
Chapelier Avocat General
de la Cour des Aydes , &
de Catherine Brice , il en
a laiffé pour fille Magde
laine Anne de Surbechk
marice le Fevrier 1708.
avec Charles Comte de Berenger
Colonel du Regi
ment de Bugey tué au fiége
de S. Venant le 24. Sep
tembre 1711. fils de Mr le
Comte de Guast Berenger
Lieutenant General des ar
mées du Roy.
:
130 MERCURE
Dame,Marguerite Pic
ques Veuve de , Mellire
François le Maye Confeil
ler au grandConfeil, mourut
fans enfans le 10. May,
elle efloit filled Olivier Picques
Ecuyer Secretaire, du
Roy ,& fon mary effoit
frere de Mrle Maye Confeiller
au Parlement , & fils
de François le Maye Con
ſeiller de la Cour des Aydes
, mort l'an 1677. d'u
ne Famille originaire de
Tours,
Meffire Jean Joſeph de
Montulé Conſeiller au ParGALANT.
In
lement , & Doyen de la
premiere des Requeſtes au
Palais , mourut le 10. May,
il eſtoit fils de François de
Montulé, Maire de la Ville
deNantes& Auditeur en la
Chambre des Comptes de
Bretagne,& de Marc Regnier
, & avoit pour frere
Antoine deMontulé Abbé,
mort depuis pluſieurs an
nées , & pour ſoeur Marie
Anne de Montulé mariée
Lan 1662. avec Gilles de
Boiſbaudry Seigneur de
Langan , il fut receu Con
ſeiller au Parlement de Pay
132 MERCURE
ris le 26. Juin 1671. & eſpous
fa en premiere nopce le
26. Juin 1672. Magdelaine
Charlot fille de Claude
Charlot Seigneur de Prince
Secretaire du Roy ,
d'Anne Aymeret de Ga
zeau , elle mourut fans enfans
, au mois de Juin 1674.
&il fe remaria avec Agnes
Bouvard fille de Michel
&1
06
Bouvard Seigneur de Fourqueux
Conſeiller au Parle
ment , & de Catherine
Leſné , & Soeur de Mrde
Fourqueux, Procureur Ge29b
neral de la Chambre desm
Jiey acului siдла эка
DOG GALANT5
-le.
Je
re
Comptes de ce dernier
mariage il a laiſſé pour en
fans , Auguſte Joſephide
Montulé, qui a embraſſé le
parti de l'Eglife & eft
Doyen de l'Egliſe de Beau- b
vais , & Jean Baptifte de
Montulé , reçû Conſeiller
au Parlement le 17.Mars,
3
Meſſire Estienne de laGal
ſte Mareſchal des camps &
armées du Roy , cy - devant
Lieutenant & Ayde Major
des Gardes de ſa Majesté ,
mourut le 13. May b
Dame Anne Pithou veu134
MERCURE
ve de Meffire Loüis Charles
de la Rochefoucault , Marquis
deMontendre, mourut
le 14. May. Elle estoit fille
de Pierre Pithou Conſeiller
au Parlement , & de Chreftienne
Loizel ,& mere de
Mr le Marquis de MontendreCapitaine
des Suiſſes de
feuMonſeigneur le Ducde
Berry , & de Mr le Comte
de Jarnac , voyez pour la famille
des Pithoux la genealogiequi
en eſt dreſſée dans
le Nobiliaire de Champagne
, dreſſé par ordre de Mr
de Caumartin Intendant à
GALANT.
135
-
Chaalons en 1667. pour la
genealogie de la maiſon de
laRochefoucault , l'hiſtoire
des grands Officiers de la
Couronnendalsport
Dame MargueriteMorin
Oveuve de MeſſireJean Comte
d'Eſtrées ,premier Baron
du Boulonois, Chevalier des
Ordres du Roy , Mareſchal
& Vice- Amiral de France ,
Viceroy de l'Amerique ,
Gouverneur des Ville &
Chaſteau de Nantes , &
Lieutenant general pour ſa
Majesté au Comté de Nantois,
mourutle,16. May âgée
)
٢٤٢ THAJAD
136TMERCUREM
defoixante quinze ans. Elle
eſtoit fille de Jacques Morin
Secretaire du Roy,& mai
ftre d'hostel ordinaire de fa
Majoſté,&d'Anne Yvelin ,
elle cut pour enfans Victor-
MarieComte d'Eſtrées ,
le 30.1 Novembre 1660 à
preſent Mareſchal deFrance,
Jean Abbé d'Eltrées ,
cy-devant Ambaſſadeur
Portugal, puis en Eſpagne ,
Prélat Commandeur Prélat
en
de
l'Ordre du S. Elprit , recey
le Janvier 1705 Marie-
Anne Catherine d'Eſtrées ,
mariée le 28. Novembre 1661
GALANT. 137
i à Michel François leTel
lier , Marquis de Courten
vaux , Colonel des Cent
Suiffes de la garde du Corps
du Roy; Marie Anne d'EC
trées,Religieuse à l'Aſſomption
, & Eliſabeth Roſalie
d'Eſtrées Demoiselle de
Tourpes. Voyez pour la genealogie
de la maiſon d'Eftées
l'hiſtoire des grands
Officiers de la Courone au
chapitre des Mareſchaux
de France & des grands
Maiſtres de l'artillerie.T
Meffire Jean-François de
Blanche fort , Chevalier
May 1714, 1.83 M
S MERCURE
I
Baron d'Afnois , Saligny ,
S.Germaindes Bois , &c.
Gouverneur pour le Roy de
la province & pays de Gex ,
mourut le 16. May.
! Il eſtoit fils de Roger de
Blanchefort , Baron d'Af
nois , Lieutenant Colonel
duRegiment deNavarre,&
Maref hal des camps & armées
du Roy , petit fils de
François de Blanchefort ,
Barond'Aſnois auffi Maref
chal de camp & armées du
Roy , & arriere petit fils
d'Adrien de Blanchefort
Baron d'Afnois, gentilhom,
GALANT
139
me de la chambre de Monſieur
le Duc d'Alençon ,
Gouverneur des villes de
Nevers & de faint Jean de
Lofne, meſtre de camp d'un
Regiment , & député de la
Nobleffe de Nivernois aux
Eftats generaux de Paris ,
en 1614. & de Henriette
de Salazar Dame d'Aſnois.
Pierre de Blanchefort , Baron
d'Aſnois ſon tris ayeul ,
de l'Ordre du Roy , gentilhomme
ordinaire de fa
chambre , & député de la
Nobleſſe de Nivernois &
Donziois aux Eftats gene-
Mij
140 MERCURE
de
raux de Blas l'an 1577.e
toit perit fils d'Antoine
Blanchefort ſeigneur de
Beauregard en Roliergue ,
que quelques curieux pré.
tendent eſtre frere puilné
de Jean de Blanchefort feigneur
de S. Clement ,& S.
Janurin,duquel defcendent
les Ducs de Leſdiguieres &
de Crequin Monfieur de
Blanchefort qui vient de
mourir avoit épousé le 27.
Janvier 1702. Gabrielle-
Charlotte Bruſlart , fille de
Roger de Bruflart Mar
quis de Sillery & de Puis
GALANTM 14
Geux, Chevalier des Ordres
du Roy , Lieutenant gene
ral de fes armées, Confeill
ler d'Estatordinaire d'épée,
& Ambaſſadeur extraordinaire
en Suiffe, & deClaus
de Godet Dame de Renne
ville , dont il laiſſe un fils
unique tak toopub ans
Dame Susanne Guyonne
deCoëtlogon , veuve de
meffire Philippe - GuyMarl
quis de Coëtlogon , mous
rut le 22.May. 1σινο
abDame Eleonore du Gué,
veuve de meſſire Jean du
Noucy,ſeigneur del'Epine,
142 MERCURE
&c. Maistre des Comptes ,
mourut le 23 May âgée
de 95. ans. Elle estoit fille
de Gaspard duGué ſeigneur
de Bagnol , Treforier de
France à Lyon , tante de
Dreux Loüis du Gué , mort
Conſeiller d'Estat ordinai
re , pere de Mr du Gué de
Bagnol,receuConſeiller au
Parlement en 1703. & de
Madame la Comreffe de
Tillier. La famille de Mr
du Gué eft originaire de
Moulins en Bourbonnois,
& a donné pluſieurs Maif
tres des Requeſtes & Con
GALANT.
143
feillers au Parlement , un
Préfident des Comptes &
pluſieurs Maiſtres desCompres
à Paris витали
Mre Henry de Chaban
nes Marquis de Curton
ComtedeRochefort, mou
rut le 15. May. Il avoit ef
pouſé en premieres nopces
en 1680. Françoiſe deMontezun
de Baiſemeau ; & en
ſecondes en 1709. Catherine
Gasparde d'Eſcorailles
de Rouffil , Veuve de Sebastien
de Rofmadec Marquis
de Molac , & foeur de
feüe Madame la Duchefſe
144 MERCURE
de Fontanges. Il ne laiſſe
point d'enfans de ce dernier
mariage , mais du premier
il laiſſe entr'autres enfans
Mr le Marquisde Curton
marié en 1706. avec N.
Glueu, Veuve de Jacques
de Vaſſan Seigneur de la
Tournelle , Avocat Generalde
laChambre des Com .
ptes , & Françoiſe Gabriël
de Chabannes mariée le 2.
Juiller 1696. avec Jean Paul
de Rochechouard Marquis
de Faudras , aprés la mort
elle ſe fit Religieuſe aux
Benedictines de Montargis ,
ler . Otobre. 1701 .
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Résumé : MORTS.
Le texte relate plusieurs décès et biographies de personnalités françaises du début du XVIIIe siècle. Jean Jacques de Surbechk, lieutenant général des armées du Roy, colonel d'un régiment suisse et chevalier de l'Ordre Militaire de Saint-Louis, est décédé le 4 mai. Né en Suisse, il a servi la France dès sa jeunesse et a épousé Marie Magdelaine Chapelier. Leur fille, Magdeleine Anne de Surbechk, est mariée à Charles Comte de Berenger, colonel du régiment de Bugey, tué au siège de Saint-Venant le 24 septembre 1711. Dame Marguerite Piques, veuve de Meffire François le Maye, conseiller au grand conseil, est décédée sans enfants le 10 mai. Elle était fille d'Olivier Piques, écuyer secrétaire du Roy, et son mari était frère de Mr le Maye, conseiller au Parlement. Jean Joseph de Montulé, conseiller au Parlement et doyen de la première des Requestes au Palais, est décédé le 10 mai. Fils de François de Montulé, maire de Nantes et auditeur à la Chambre des Comptes de Bretagne, il a laissé pour enfants Auguste Joseph de Montulé, doyen de l'Église de Beauvais, et Jean Baptiste de Montulé, conseiller au Parlement. Estienne de la Galste, maréchal des camps et armées du Roy, ancien lieutenant et aide-major des Gardes de sa Majesté, est décédé le 13 mai. Dame Anne Pithou, veuve de Meffire Loüis Charles de la Rochefoucault, marquis de Montendre, est décédée le 14 mai. Elle était fille de Pierre Pithou, conseiller au Parlement, et mère de Mr le marquis de Montendre et de Mr le comte de Jarnac. Dame Marguerite Morin, veuve de Meffire Jean Comte d'Estrées, premier baron du Boulonois, chevalier des Ordres du Roy, maréchal et vice-amiral de France, est décédée le 16 mai à l'âge de soixante-quinze ans. Elle a laissé pour enfants Victor-Marie Comte d'Estrées, maréchal de France, Jean Abbé d'Estrées, prélat commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit, Marie-Anne Catherine d'Estrées, mariée à Michel François le Tellier, marquis de Courtenvaux, et Élisabeth Rosalie d'Estrées, demoiselle de Tourpes. Jean-François de Blanchefort, chevalier, baron d'Asnois, Saligny, Saint-Germain-des-Bois, gouverneur de la province et pays de Gex, est décédé le 16 mai. Fils de Roger de Blanchefort, baron d'Asnois, et petit-fils de François de Blanchefort, baron d'Asnois, il a épousé Gabrielle-Charlotte Bruslart, laissant un fils unique âgé de six ans. Dame Susanne Guyonne de Coëtlogon, veuve de Meffire Philippe marquis de Coëtlogon, est décédée le 22 mai. Dame Eleonore du Gué, veuve de Meffire Jean du Noucy, seigneur de l'Épine, maître des Comptes, est décédée le 23 mai à l'âge de 95 ans. Elle était fille de Gaspard du Gué, trésorier de France à Lyon, et tante de Dreux Louis du Gué, conseiller d'État ordinaire. Henry de Chabannes, marquis de Curton, comte de Rochefort, est décédé le 15 mai. Il a épousé en premières noces Françoise de Montezun de Baissemeau et en secondes noces Catherine Gasparde d'Escorailles de Rouffil, veuve de Sébastien de Rosmadec, marquis de Molac. Il a laissé plusieurs enfants de son premier mariage, dont le marquis de Curton et Françoise Gabrielle de Chabannes, mariée à Jean Paul de Rochechouard, marquis de Faudras.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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36
p. 123-143
MORTS.
Début :
Joseph Remy de Livron, Seigneur de Villenox & de [...]
Mots clefs :
Mort, Chevalier, Comte, Conseiller, Veuve, Seigneur, Roi, Fils, Dame, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Joſeph Remy de Livron,
Seigneur de Villenox & de
Cuile , dit le Marquis de
Livron , mourut fans alhance
le 8. May.
Il étoit frere de Jean-
Baptiſte Evrard de Livron ,
Bachelier de la Maiſon &
Societé de Sorbonne , lequel
a quitté l'Egliſe depuis
la mort de ſon frere ;
&de Marie- Françoiſe -Almodie
de Livron , mariée
le 21. Septembre 1705. avec
Lij
124
MERCURE
Marc- Antoine- Conſtantin
Valon , Seigneur de Montmain
, laquelle eſt decedée
en 1713. Il étoit fils de Joſeph-
Remy deLivron, dit le
Marquis de Livro, Colonel
d'unregimentde cavalerie,
mmoorrtteenni1687.&deFrançoiſe
Benigne de Belloix , Dame
de Villenox , & avoit pour
biſayculCharles de Livron,
Marquis deBourbone,Maréchal
desCamps&Armées
du Roy , Capitaine de so
hommes d'armes , Lieutenant
deRoy au Gouvernement
de Champagne , fait
GALANT.
125
Chevalier de l'Ordre du S.
Eſprit l'an 1633. Charles fon
ayeul , qui avoit épousé
Claude de Sallenoue , ſe fit
Prêtre aprés la mort de ſa
femme , qui mourut jeune.
Il cut l'Abbaye d'Ambournay
en Breffe. Son grandpere
maternel , M. de Villemonté
, Maître des Requêtes,
convint avec la femme
de quitter le monde ;
elley confentit ,elle ſe retira
dans un Convent : il ſe
fit Prêtre , & eut l'Evêché
de S. Malo , ſa femme vivante.
t
Liij
126 MERCURE
La maison de Livron ,
établie dans le Limoſin depuis
plus de 400. ans , eft
fortie des anciens Seigneurs
de Livron auprés de Valence
en Dauphiné , & elle
s'eſt alliée aux maiſons de
la Barre , d'Helie - Pompa.
dour, de Noailles, de Beaufremont
, de Thuiſy , de Gimel
, de Choiſeüil, d'Eſcars,
du Chatelet , de Baffompierre
, de Savigny , d'Anglure,&
autresmaiſons des
plus illuftres , tant de France
que de Lorraine. Voyez
la genealogie de Livron ,
GALANT.. 127
imprimée dans le Nobi
liaire de Champagne pa
ordre de M. de Caumartin .
Dame Genevieve - Thereſe
Chamillard , époufe de
Meffire Guy de Durfort ,
Duc de Lorge , Comte de
Quintin , mourut le 31.May
enſavingt-huitieme année.
laiſlant deux fils. Elle étoit
foeur du Marquis de Cani ,
deMadame de Dreux, femme
de M. de Dreux , grand
Maître des Ceremonies de
France , & de Madame la
Ducheſſe de la Feüillade;
Ling
128 MERCURE
tous enfans de Michel Chamillart
, Commandeur &
grandTreſorier des Ordres
du Roy , Miniſtre d'Etat ,
& ci-devant Controlleur
general des Finances , &
d'Elifabeth- Therese le Rebours.
M. de Chamillart
leur pere eſt fils de Guy
Chamillart, Maître des Requêtes
de l'Hôtel du Roy ,
mort l'an 1675. & petit- fils
de Pierre Chamillart , celebre
Avocat au Parlement
& Profeffeur en Droit,forti
d'une famille originaire de
la ville de Sens , ou des en
virons.
GALANT.
129
T
Dame Madeleine de Ri
queti, veuve de M. Jacques
du Chatelet , Seigneur de
Freſnier , Conſeiller duRoy
en fonGrandConfeil,mourut
le 3. Juin. Elle avoit été
mariée avec M. de Freſnier
en 1669. étant lors veuve de
Loüis Hurault, Seigneur de
ſaint Germain & du Cou--
dray ,& elle a eu , entre autres
enfans , Jacques du
Chatelet , Seigneur de Frefnier
, Conſeiller au Grand
Conſeil , duquel , & de Suzanne.
Genevieve Talon fa
femme, ſont ſortispluſieurs
130 MERCURE
enfans. Meſſieurs du Chatelet
ſont d'une ancienne
Nobleſſe originaire d'Artois
, alliée aux maiſons
de Rouvroy , de Choiſeuil ,
de Ligneville , de Grou
chepi , &c.
Meffire Archambaule
François Barjot d'Auneüil ,
Chanoine de la SainteChapelle
de Paris ,mourut le 9.
Juin. Il étoit fils de Loüis
Barjot, Seigneur d'Auneüil,
Maître d'Hôtel , & grand
Maître des Eaux & Forêts
de Lorraine , & Confeiller
GALANT.
131
d'Etat , & de Marie-Eliſabeth
de Baumont de ſaint
Estienne ; & pétit- fils de
Jean Barjot, Seigneur d'Auneüil
, reçû Maître des
Requêtes ordinaires de
l'Hôtel du Roy en 1587. &
depuis Conſeiller d'Etat ; &
arriere- petit fils de Philbert
| Barjot, Seigneur d'Auneüil,
Maître des Requêtes de
( l'Hôtel du Roy , & Prefident
au Grand Confeil ,
mort en 1570. & de Marie
Fernel, fille du celebre Jean
Fernel , premier Medecin
du Roy Henry II. & de
132 MERCURE
Catherine de Medicis. La
famille de Barjot eſt originaire
du Baujolois , & s'eſt
alliée aux maiſons de Beauveau
, de Broon , de Voyer
de Paulmy , & de Maillé.
Les Seigneurs d'Auneüil
font les ainez,& lesMarquis
deMoucy font les cadets.
M. Henry Jolly, Licutenant-
Colonel du regiment
de dragons de la Reine , &
Brigadier des armées du
Roy, mourut le 9. Juin.
Dame Catherine Hen
GALANT.
133
I riette d'Angennes , veuve
de Meffire Louis de la Tremoille
, Comte d'Olonne ,
mourut le 13. Juin. Elle
avoit été mariée dés l'an
1656. & avoit pour ſoeur
puînée Dame Madeleine
d'Angennes , morte depuis
peu , veuve du Maréchal
Duc de la Ferté. Elles é
toient filles de Charles
d'Angennes , Seigneur de
la Loupe , & de Marie du
Regnier de Droüé.
Meffire Claude de Saint
Georges , Archevêque &
-
34 MERCURE
Comte de Lyon , y mourut
le 9. Juin. Il avoit été d'abord
Evêque de Clermont,
puis Archevêque de Tours ,
&transferé àLyon en 1693.
Il étoit un des vingt enfans
ſortis dumariagedeClaude
de S. Georges , Seigneur de
Monceaux en Mâconnois
& de Marie de Cremeaux
d'Entragues. Il étoit frere
duChevalier de S.Georges,
Bailly de Lyon , del'Ordre
de Malte , & du Comte de
Saint Georges , Colonel du
regiment du Roy, tué à la
bataille de S. Denys en 1678.
GALANT .
138
Il étoit oncle de Marc-Antoine
de S. Georges , Seigneur
de Monceaux , marié
cn 1697. avec Claude-Eliſabeth
Apechon de Saint
André , de laquelle il a
pluſieurs enfans;& deMM.
de S. Georges , tous deux
Chanoines & Comtes de
Lyon. La maiſon dont il
étoit iſſue eſt diſtinguée par
ſon ancienneté & par ſes
alliances , & il y a grande
apparence qu'elle a la même
origine que celle des
Marquis de Verac en Poitou
, de laquelle étoit feu
136 MERCURE
M. le Marquis de Verac ,
Chevalier de l'Ordre du
S. Eſprit , pere du Marquis
de Verac d'aujourd'hui.
L'Evêque d'Autun,premier
Suffragant de l'Archevêché
de Lyon , joüit de tous les
revenus de l'Archevêché ,
en attendant que le Roy y
nomme.
M. Nicolas Meſnager
Chevalier de l'Ordre de S.
Michel , Conſeiller- Secretaire
du Roy , & ci - devant
ſon Ambaſſadeur extraor
dinaire & Plenipotentiaire
pour
3
GALANT. 137
pour la paix d'Utrecht ,
mourut le 15. Juin.
Le Chevalier de Coigni
âgé de fix ans , mourut le
18. Juin. Il étoit fils de M.
François de Franctor , Marquis
de Coigni , Colonel
general des dragons de
France , Maréchal des
Camps& Armées du Roy ,
Gouverneur & Bailly des
ville & château de Caën ,
& de Henriette de Monbourché
du Bordage ; &
petit- fils de feu M.le Comte
deCoigny, Gouverneur &
Juin 1714. M
138 MERCURE
Bailly de Caën, Lieutenant
general des armées du Roy;
& de Dame Marie - Françoiſe-
Uranie deMatignon.
Meſſieurs de Franctot d'une
famille diſtinguée dans la
Robe & dans l'Epée , & originaires
de Normandie , ſe
font alliez aux maiſons de
Montmorency , de Harcourt
,& à celles d'Ache &
de S. SimonCourtaumer, &
elle adonnédes Chevaliers
deMalthe au grandPrieuré
de France nó histoco
Dame Marie- Catherine
GALANT 139
d'Angennes , veuve de Philippe-
François Lhermite ,
Seigneur d'Hyeville de Ste
Barbe enAuge , de Mont
champ&deMelie en Normandie,
mourut le
laiſſant pour fille unique
Eliſabeth Lhermite,mariée
le Mars 1700.avec Pierre
de Monteſquiou d'Artagnan
, à preſent Maréchal
de France. Me d'Hyeville ,
qui vient de mourir , étoit
couſine-germaine de feuës
Mesdames les Comteffe
d'Olonne &Maréchale de
la Ferté , & fille de Jenn
Mij
340 MERCURE
d'Angennes , Seigneur de
Fontaine - Riant , & d'Iſabelle
Graffart ; & tante du
Comte d'Angennes , aujourd'hui
Colonel du regiment
de Normandie.
こ
: MeffireCharles Boucher,
Seigneur d'Orsay, Cóſeiller
d'Etat,& ancien Prevôt des
Marchands , mourut les.
Juin , en ſa 73. année.
Dame Marie Sebrette
Veuve de M. Jerôme Me.
reau Chevalier, Confeiller
de la Grand Chambre!
GALANT. Y
mourut le dix - ſept Juin
Dame Renée- Marie Henin,
veuve de M. de Monchalt ,
Conſeiller au Parlement , dont
la fille avoit épousé M. de Barantin
, Maître des Requêtes ,
mort Intendant de Dunkerque
, mourut le 16.de ce mois.
M. le Moyne,ancien Avocat ,
& fous-Doyen des Avocats du
Parlement de Paris , celebre
par ſa probité , & infatigable
dans le travail , mourut le 15.
M. Louis de Rochouart,Duc
deMortemar, PairdeFrance ,
Prince de Tonne- Charante
&c. prit feance au Parlement
Een qualité de Pair de France
142 MERCURE
1
le 14. Juin . Le Marquiſat de
Mortemar en Poitou fut érigé
en Duché & Pairie en faveur
de Gabriel de Rochouart , bif.
ayeul de M. le Duc de Mortemar
d'aujourd'hui , Chevalier
des Ordres du Roy , premier
Gentilhomme de ſa Chambre ,
& Gouverneur de Paris par
Lettres patentes du Roy Louis
XIV. 1653. verifiées au Parlement
le 15.Sept. 1663. La maison
de Rochouart eſt une des plus
anciennes &des plus illuſtres du
Royaume,& la genealogie s'en
trouve dans l'hiſtoire des grāds
Officiers de la Couronne , aux
chap. des Maréchaux de France
& des Generaux des galeres ,
& dans les additions aux Memoires
de Caſtelnau par le Laboureur,
GALANT. 143
Le 13. Juin Nicolas- Louis de
Bailleul , Marquis de Châteaugontier,
Confeiller au Parle
ment, fut reçû dans la Charge
de Preſident au Mortier , va-
- cante par la mort de M. fon
- pere ; & il eſt le quatrième de
pere en fils qui ait rempli cette
Charge,depuis NicolasdeBailleul
, Baron de Châteaugontier,
Chancelier de la Reine , & de-
- puis Surintendant des Finances
de France , qui y futreçû le as.
Septembre 1627410 231
M. le Pelletier des Forts, Intendant
des Financesa été
nommé Conſeiller d'Etatil
Joſeph Remy de Livron,
Seigneur de Villenox & de
Cuile , dit le Marquis de
Livron , mourut fans alhance
le 8. May.
Il étoit frere de Jean-
Baptiſte Evrard de Livron ,
Bachelier de la Maiſon &
Societé de Sorbonne , lequel
a quitté l'Egliſe depuis
la mort de ſon frere ;
&de Marie- Françoiſe -Almodie
de Livron , mariée
le 21. Septembre 1705. avec
Lij
124
MERCURE
Marc- Antoine- Conſtantin
Valon , Seigneur de Montmain
, laquelle eſt decedée
en 1713. Il étoit fils de Joſeph-
Remy deLivron, dit le
Marquis de Livro, Colonel
d'unregimentde cavalerie,
mmoorrtteenni1687.&deFrançoiſe
Benigne de Belloix , Dame
de Villenox , & avoit pour
biſayculCharles de Livron,
Marquis deBourbone,Maréchal
desCamps&Armées
du Roy , Capitaine de so
hommes d'armes , Lieutenant
deRoy au Gouvernement
de Champagne , fait
GALANT.
125
Chevalier de l'Ordre du S.
Eſprit l'an 1633. Charles fon
ayeul , qui avoit épousé
Claude de Sallenoue , ſe fit
Prêtre aprés la mort de ſa
femme , qui mourut jeune.
Il cut l'Abbaye d'Ambournay
en Breffe. Son grandpere
maternel , M. de Villemonté
, Maître des Requêtes,
convint avec la femme
de quitter le monde ;
elley confentit ,elle ſe retira
dans un Convent : il ſe
fit Prêtre , & eut l'Evêché
de S. Malo , ſa femme vivante.
t
Liij
126 MERCURE
La maison de Livron ,
établie dans le Limoſin depuis
plus de 400. ans , eft
fortie des anciens Seigneurs
de Livron auprés de Valence
en Dauphiné , & elle
s'eſt alliée aux maiſons de
la Barre , d'Helie - Pompa.
dour, de Noailles, de Beaufremont
, de Thuiſy , de Gimel
, de Choiſeüil, d'Eſcars,
du Chatelet , de Baffompierre
, de Savigny , d'Anglure,&
autresmaiſons des
plus illuftres , tant de France
que de Lorraine. Voyez
la genealogie de Livron ,
GALANT.. 127
imprimée dans le Nobi
liaire de Champagne pa
ordre de M. de Caumartin .
Dame Genevieve - Thereſe
Chamillard , époufe de
Meffire Guy de Durfort ,
Duc de Lorge , Comte de
Quintin , mourut le 31.May
enſavingt-huitieme année.
laiſlant deux fils. Elle étoit
foeur du Marquis de Cani ,
deMadame de Dreux, femme
de M. de Dreux , grand
Maître des Ceremonies de
France , & de Madame la
Ducheſſe de la Feüillade;
Ling
128 MERCURE
tous enfans de Michel Chamillart
, Commandeur &
grandTreſorier des Ordres
du Roy , Miniſtre d'Etat ,
& ci-devant Controlleur
general des Finances , &
d'Elifabeth- Therese le Rebours.
M. de Chamillart
leur pere eſt fils de Guy
Chamillart, Maître des Requêtes
de l'Hôtel du Roy ,
mort l'an 1675. & petit- fils
de Pierre Chamillart , celebre
Avocat au Parlement
& Profeffeur en Droit,forti
d'une famille originaire de
la ville de Sens , ou des en
virons.
GALANT.
129
T
Dame Madeleine de Ri
queti, veuve de M. Jacques
du Chatelet , Seigneur de
Freſnier , Conſeiller duRoy
en fonGrandConfeil,mourut
le 3. Juin. Elle avoit été
mariée avec M. de Freſnier
en 1669. étant lors veuve de
Loüis Hurault, Seigneur de
ſaint Germain & du Cou--
dray ,& elle a eu , entre autres
enfans , Jacques du
Chatelet , Seigneur de Frefnier
, Conſeiller au Grand
Conſeil , duquel , & de Suzanne.
Genevieve Talon fa
femme, ſont ſortispluſieurs
130 MERCURE
enfans. Meſſieurs du Chatelet
ſont d'une ancienne
Nobleſſe originaire d'Artois
, alliée aux maiſons
de Rouvroy , de Choiſeuil ,
de Ligneville , de Grou
chepi , &c.
Meffire Archambaule
François Barjot d'Auneüil ,
Chanoine de la SainteChapelle
de Paris ,mourut le 9.
Juin. Il étoit fils de Loüis
Barjot, Seigneur d'Auneüil,
Maître d'Hôtel , & grand
Maître des Eaux & Forêts
de Lorraine , & Confeiller
GALANT.
131
d'Etat , & de Marie-Eliſabeth
de Baumont de ſaint
Estienne ; & pétit- fils de
Jean Barjot, Seigneur d'Auneüil
, reçû Maître des
Requêtes ordinaires de
l'Hôtel du Roy en 1587. &
depuis Conſeiller d'Etat ; &
arriere- petit fils de Philbert
| Barjot, Seigneur d'Auneüil,
Maître des Requêtes de
( l'Hôtel du Roy , & Prefident
au Grand Confeil ,
mort en 1570. & de Marie
Fernel, fille du celebre Jean
Fernel , premier Medecin
du Roy Henry II. & de
132 MERCURE
Catherine de Medicis. La
famille de Barjot eſt originaire
du Baujolois , & s'eſt
alliée aux maiſons de Beauveau
, de Broon , de Voyer
de Paulmy , & de Maillé.
Les Seigneurs d'Auneüil
font les ainez,& lesMarquis
deMoucy font les cadets.
M. Henry Jolly, Licutenant-
Colonel du regiment
de dragons de la Reine , &
Brigadier des armées du
Roy, mourut le 9. Juin.
Dame Catherine Hen
GALANT.
133
I riette d'Angennes , veuve
de Meffire Louis de la Tremoille
, Comte d'Olonne ,
mourut le 13. Juin. Elle
avoit été mariée dés l'an
1656. & avoit pour ſoeur
puînée Dame Madeleine
d'Angennes , morte depuis
peu , veuve du Maréchal
Duc de la Ferté. Elles é
toient filles de Charles
d'Angennes , Seigneur de
la Loupe , & de Marie du
Regnier de Droüé.
Meffire Claude de Saint
Georges , Archevêque &
-
34 MERCURE
Comte de Lyon , y mourut
le 9. Juin. Il avoit été d'abord
Evêque de Clermont,
puis Archevêque de Tours ,
&transferé àLyon en 1693.
Il étoit un des vingt enfans
ſortis dumariagedeClaude
de S. Georges , Seigneur de
Monceaux en Mâconnois
& de Marie de Cremeaux
d'Entragues. Il étoit frere
duChevalier de S.Georges,
Bailly de Lyon , del'Ordre
de Malte , & du Comte de
Saint Georges , Colonel du
regiment du Roy, tué à la
bataille de S. Denys en 1678.
GALANT .
138
Il étoit oncle de Marc-Antoine
de S. Georges , Seigneur
de Monceaux , marié
cn 1697. avec Claude-Eliſabeth
Apechon de Saint
André , de laquelle il a
pluſieurs enfans;& deMM.
de S. Georges , tous deux
Chanoines & Comtes de
Lyon. La maiſon dont il
étoit iſſue eſt diſtinguée par
ſon ancienneté & par ſes
alliances , & il y a grande
apparence qu'elle a la même
origine que celle des
Marquis de Verac en Poitou
, de laquelle étoit feu
136 MERCURE
M. le Marquis de Verac ,
Chevalier de l'Ordre du
S. Eſprit , pere du Marquis
de Verac d'aujourd'hui.
L'Evêque d'Autun,premier
Suffragant de l'Archevêché
de Lyon , joüit de tous les
revenus de l'Archevêché ,
en attendant que le Roy y
nomme.
M. Nicolas Meſnager
Chevalier de l'Ordre de S.
Michel , Conſeiller- Secretaire
du Roy , & ci - devant
ſon Ambaſſadeur extraor
dinaire & Plenipotentiaire
pour
3
GALANT. 137
pour la paix d'Utrecht ,
mourut le 15. Juin.
Le Chevalier de Coigni
âgé de fix ans , mourut le
18. Juin. Il étoit fils de M.
François de Franctor , Marquis
de Coigni , Colonel
general des dragons de
France , Maréchal des
Camps& Armées du Roy ,
Gouverneur & Bailly des
ville & château de Caën ,
& de Henriette de Monbourché
du Bordage ; &
petit- fils de feu M.le Comte
deCoigny, Gouverneur &
Juin 1714. M
138 MERCURE
Bailly de Caën, Lieutenant
general des armées du Roy;
& de Dame Marie - Françoiſe-
Uranie deMatignon.
Meſſieurs de Franctot d'une
famille diſtinguée dans la
Robe & dans l'Epée , & originaires
de Normandie , ſe
font alliez aux maiſons de
Montmorency , de Harcourt
,& à celles d'Ache &
de S. SimonCourtaumer, &
elle adonnédes Chevaliers
deMalthe au grandPrieuré
de France nó histoco
Dame Marie- Catherine
GALANT 139
d'Angennes , veuve de Philippe-
François Lhermite ,
Seigneur d'Hyeville de Ste
Barbe enAuge , de Mont
champ&deMelie en Normandie,
mourut le
laiſſant pour fille unique
Eliſabeth Lhermite,mariée
le Mars 1700.avec Pierre
de Monteſquiou d'Artagnan
, à preſent Maréchal
de France. Me d'Hyeville ,
qui vient de mourir , étoit
couſine-germaine de feuës
Mesdames les Comteffe
d'Olonne &Maréchale de
la Ferté , & fille de Jenn
Mij
340 MERCURE
d'Angennes , Seigneur de
Fontaine - Riant , & d'Iſabelle
Graffart ; & tante du
Comte d'Angennes , aujourd'hui
Colonel du regiment
de Normandie.
こ
: MeffireCharles Boucher,
Seigneur d'Orsay, Cóſeiller
d'Etat,& ancien Prevôt des
Marchands , mourut les.
Juin , en ſa 73. année.
Dame Marie Sebrette
Veuve de M. Jerôme Me.
reau Chevalier, Confeiller
de la Grand Chambre!
GALANT. Y
mourut le dix - ſept Juin
Dame Renée- Marie Henin,
veuve de M. de Monchalt ,
Conſeiller au Parlement , dont
la fille avoit épousé M. de Barantin
, Maître des Requêtes ,
mort Intendant de Dunkerque
, mourut le 16.de ce mois.
M. le Moyne,ancien Avocat ,
& fous-Doyen des Avocats du
Parlement de Paris , celebre
par ſa probité , & infatigable
dans le travail , mourut le 15.
M. Louis de Rochouart,Duc
deMortemar, PairdeFrance ,
Prince de Tonne- Charante
&c. prit feance au Parlement
Een qualité de Pair de France
142 MERCURE
1
le 14. Juin . Le Marquiſat de
Mortemar en Poitou fut érigé
en Duché & Pairie en faveur
de Gabriel de Rochouart , bif.
ayeul de M. le Duc de Mortemar
d'aujourd'hui , Chevalier
des Ordres du Roy , premier
Gentilhomme de ſa Chambre ,
& Gouverneur de Paris par
Lettres patentes du Roy Louis
XIV. 1653. verifiées au Parlement
le 15.Sept. 1663. La maison
de Rochouart eſt une des plus
anciennes &des plus illuſtres du
Royaume,& la genealogie s'en
trouve dans l'hiſtoire des grāds
Officiers de la Couronne , aux
chap. des Maréchaux de France
& des Generaux des galeres ,
& dans les additions aux Memoires
de Caſtelnau par le Laboureur,
GALANT. 143
Le 13. Juin Nicolas- Louis de
Bailleul , Marquis de Châteaugontier,
Confeiller au Parle
ment, fut reçû dans la Charge
de Preſident au Mortier , va-
- cante par la mort de M. fon
- pere ; & il eſt le quatrième de
pere en fils qui ait rempli cette
Charge,depuis NicolasdeBailleul
, Baron de Châteaugontier,
Chancelier de la Reine , & de-
- puis Surintendant des Finances
de France , qui y futreçû le as.
Septembre 1627410 231
M. le Pelletier des Forts, Intendant
des Financesa été
nommé Conſeiller d'Etatil
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Résumé : MORTS.
Le texte présente une série de décès et de biographies de personnalités notables. Joseph Remy de Livron, Marquis de Livron, est décédé le 8 mai. Il était le frère de Jean-Baptiste Evrard de Livron et de Marie-Françoise-Almodie de Livron, mariée en 1705. Marc-Antoine-Constantin Valon, Seigneur de Montmain, est décédé en 1713. Il était le fils de Joseph-Remy de Livron, Colonel d'un régiment de cavalerie, décédé en 1687, et de Françoise Benigne de Belloix. La maison de Livron, établie en Limousin depuis plus de 400 ans, s'est alliée à plusieurs maisons illustres. Dame Geneviève-Thérèse Chamillard, épouse de Guy de Durfort, Duc de Lorge, est décédée le 31 mai à l'âge de 78 ans, laissant deux fils. Elle était la fille de Michel Chamillart, Ministre d'État et ancien Contrôleur général des Finances. Dame Madeleine de Riqueti, veuve de Jacques du Châtelet, est décédée le 3 juin. Elle avait été mariée en 1669 et avait plusieurs enfants. Messire Archambault-François Barjot d'Auneüil, Chanoine de la Sainte-Chapelle de Paris, est décédé le 9 juin. Il était issu d'une famille originaire du Baujolais, alliée à plusieurs maisons nobles. M. Henry Jolly, Lieutenant-Colonel et Brigadier des armées du Roi, est également décédé le 9 juin. Dame Catherine Henriette d'Angennes, veuve de Louis de La Trémoille, est décédée le 13 juin. Elle était la sœur de Dame Madeleine d'Angennes, veuve du Maréchal Duc de La Ferté. Messire Claude de Saint-Georges, Archevêque de Lyon, est décédé le 9 juin. Il était issu d'une famille distinguée par son ancienneté et ses alliances. Le Chevalier de Coigny, âgé de 56 ans, est décédé le 18 juin. Il était issu d'une famille distinguée dans la Robe et dans l'Épée, originaire de Normandie. Dame Marie-Catherine d'Angennes, veuve de Philippe-François Lhermite, est décédée laissant une fille unique, Élisabeth Lhermite, mariée à Pierre de Montesquiou d'Artagnan, Maréchal de France. Plusieurs autres personnalités, dont Charles Boucher, Seigneur d'Orsay, et Louis de Rochouart, Duc de Mortemar, sont également mentionnées pour leur décès ou leurs fonctions notables. Nicolas-Louis de Bailleul, Marquis de Châteaugontier, a été reçu dans la charge de Président au Mortier le 13 juin.
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37
p. 286-290
MORTS.
Début :
Marie Anne Mancini Duchesse de Boüillon mourue [...]
Mots clefs :
Comte, Auvergne, Conseiller, Parlement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Marie Anne Mancini Du
cheffe de Boüillon mourut
fubitement le 20 de ce
mois. Son corps fut porté
le 25. aux Theatins. Elle
avoit épousé le 20. Avril
1662. Godefroy Maurice de
la Tour Duc de Boüillon ,
Vicomte de Turenne , Duc
d'Albret & de Chasteau
GALANT. 287
Thierry , Comte d'Auvergne
, d'Evreux &c. Pair &
Grand Chambellan de
France , Gouverneur &
Lieutenant General du
haut & bas Auvergne ,
& eſtoir fille de Michel
Laurent Mancini , qui
avoit époufé Jeronime Mazarin
foeur puiſnée du Car .
dinal Mazarin , morte le
29. Decembre 1656. Leurs
enfans furent ; N. Comte
de Mancini , tué au combat
du Fauxbourg Saint Antoine
à Paris ; Philippe Julien
quijoignit à fon nomceluy
288 MERCURE
de Mazarin ; N. dit l'Abbé
Mancini , qui fut tué Malheureuſement
au College
en joüant avec ſes amis le
15. Decembre 1654. Alfonſe
mort le s. Janvier 1658.
âgé de 14. ans ; Laure alliée
le 4. Fevrier 1651. avec
Loüis Duc de Vendôme &
de Mercoeur , morte le 8.
Fevrier 1657. Olympe Sur-
Intendante de la Maiſon de
la Reine , mariée le 20 Fevrier
1657. à Eugene Maurice
de Savoye Comte de
Soiſſons , & Marie femme
de Laurent Colonne Conneftable
GALANT. 289
neſtable du Royaume de
Naples , Hortenſe qui ef
pouſa le 21. Fevrier 1661.
Armand Charles dela Porte
, Duc de la Meilleraye ,
ſubſtitué au nom & armes
de Mazarin , elle mourut
en Angleterre le 2. Juillet
1699. & Marie Anne Manncini
qui vient de mourir.
Paul Mancini Baron Romain
, aimoit les belles
Lettres , & fuft premier
Inſtituteur de l'Academie
des Humoristes , il vivoit
l'an 1600.
Dame Marie Ceberet ,
Juin 1714. Bb
$
190 MERCURE
Veuve de Mefire Hierofme
Merault , Conſeiller de la
Grande Chambre du Parlement,
mourut le 17. Juin
1714
MMeefſiirree François le Boultz
Seigneur d'Aubevois , Conſeiller
Clerc au Parlement
de Metz , mourut le 20,
Juin 1714.
• Nicolas Jean Geneſt de
Launay Secretaire du Roy,
&l'un des Fermier Generaux
de Sa Majesté , mourut
le
Marie Anne Mancini Du
cheffe de Boüillon mourut
fubitement le 20 de ce
mois. Son corps fut porté
le 25. aux Theatins. Elle
avoit épousé le 20. Avril
1662. Godefroy Maurice de
la Tour Duc de Boüillon ,
Vicomte de Turenne , Duc
d'Albret & de Chasteau
GALANT. 287
Thierry , Comte d'Auvergne
, d'Evreux &c. Pair &
Grand Chambellan de
France , Gouverneur &
Lieutenant General du
haut & bas Auvergne ,
& eſtoir fille de Michel
Laurent Mancini , qui
avoit époufé Jeronime Mazarin
foeur puiſnée du Car .
dinal Mazarin , morte le
29. Decembre 1656. Leurs
enfans furent ; N. Comte
de Mancini , tué au combat
du Fauxbourg Saint Antoine
à Paris ; Philippe Julien
quijoignit à fon nomceluy
288 MERCURE
de Mazarin ; N. dit l'Abbé
Mancini , qui fut tué Malheureuſement
au College
en joüant avec ſes amis le
15. Decembre 1654. Alfonſe
mort le s. Janvier 1658.
âgé de 14. ans ; Laure alliée
le 4. Fevrier 1651. avec
Loüis Duc de Vendôme &
de Mercoeur , morte le 8.
Fevrier 1657. Olympe Sur-
Intendante de la Maiſon de
la Reine , mariée le 20 Fevrier
1657. à Eugene Maurice
de Savoye Comte de
Soiſſons , & Marie femme
de Laurent Colonne Conneftable
GALANT. 289
neſtable du Royaume de
Naples , Hortenſe qui ef
pouſa le 21. Fevrier 1661.
Armand Charles dela Porte
, Duc de la Meilleraye ,
ſubſtitué au nom & armes
de Mazarin , elle mourut
en Angleterre le 2. Juillet
1699. & Marie Anne Manncini
qui vient de mourir.
Paul Mancini Baron Romain
, aimoit les belles
Lettres , & fuft premier
Inſtituteur de l'Academie
des Humoristes , il vivoit
l'an 1600.
Dame Marie Ceberet ,
Juin 1714. Bb
$
190 MERCURE
Veuve de Mefire Hierofme
Merault , Conſeiller de la
Grande Chambre du Parlement,
mourut le 17. Juin
1714
MMeefſiirree François le Boultz
Seigneur d'Aubevois , Conſeiller
Clerc au Parlement
de Metz , mourut le 20,
Juin 1714.
• Nicolas Jean Geneſt de
Launay Secretaire du Roy,
&l'un des Fermier Generaux
de Sa Majesté , mourut
le
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Résumé : MORTS.
Le texte mentionne plusieurs décès et informations biographiques. Marie Anne Mancini, duchesse de Bouillon, est décédée subitement le 20 du mois. Son corps a été porté aux Théatins le 25. Elle avait épousé Godefroy Maurice de La Tour, duc de Bouillon, le 20 avril 1662. Marie Anne Mancini était la fille de Michel Laurent Mancini et de Jeronime Mazarin, sœur du cardinal Mazarin, décédée le 29 décembre 1656. Parmi ses enfants, on compte plusieurs figures notables : un comte de Mancini tué au combat, Philippe Julien Mancini-Mazarin, l'abbé Mancini tué au collège, Alphonse décédé à 14 ans, Laure mariée au duc de Vendôme, Olympe mariée au comte de Soissons, Hortense mariée au duc de La Meilleraye et décédée en Angleterre, et Marie Anne Mancini elle-même. Paul Mancini, baron romain, était connu pour son amour des belles lettres et fut le premier instituteur de l'Académie des Humoristes. Le texte mentionne également le décès de Dame Marie Ceberet, veuve de Me Hierofme Merault, le 17 juin 1714, ainsi que celui de Mme Françoise Le Boultz, seigneur d'Aubevois, conseiller au Parlement de Metz, le 20 juin 1714, et de Nicolas Jean Genest de Launay, secrétaire du roi et fermier général.
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38
p. 241-245
Incendie, [titre d'après la table]
Début :
A propos de procez, la nuit du 26. au 27. Juin dernier [...]
Mots clefs :
Procès, Lieutenant, Conseiller, Incendie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Incendie, [titre d'après la table]
4partisduRoyaume.
A propos de procez ,
la
nuit du 16.au2.7. Juin dernier
entre minuit & une
heure, le feu prit chez Mr
Daguesseau Conseiller d'Estat,
par la négligence du
sieur Batincourt Secretaire
de Mr de Vallejoint Conseiller
au Parlement
, &
fÇrereedenMrelerParocu^reu,r.
Ce malheureux âged'environ
soixante & dix ans,
retire dans sa chambre au
troisiémeestage de la mai,,
son, approchasa chandelle
trop prés des papiers dont
sa table estoit couverte, &
le feu s'y communiquant
enuninstant, laflamme &
la fumée l'étoufferent dans
cette chambre qui estoit
remplie d'une infinité de
procez appartenantsadifférents
particuliers.
Les Religieux Augustins
s'apperceurent les premiers
de l'embrasement, ils sonnerent
d'abord letoscinqui
donna une sifurieuse allarme
à tout le quartier, qu'en
moins d'une heure tous les
voisins
,
les Commissaires
Bisoton,Deschau,Regnard,
& le Comte accoururentau
secours. Mr le Lieutenant
General de Police ,Mr le
Prevost des Marchands, 6c
Mrle Lieutenant Criminel
y arrivèrent presque en
mesmetemps.
4
Ces trois Magistracs donnèrent
aussi-tost des ordres
si justes, que les canaux des
ruës ouverts, les secours
d'eau & d'hommes multipliez,
les pompes de la ville
amenées, & le sieur Duperrier
tres- expert au ma";
niement desdites pompes,
arrivé, le remede fut presqueaussi
prompt que lemal.
:
Mrs Daguesseauquiont
perdu dans cetaccident
beaucoup de meubles, de
; beau linge, & des tapisse-
; ries de prix, sont infiniment
moins touchez de cette
perte, quedela mort mal-
•
heureuse de ce vieux Secrétaire,
que personne du" lo..
1 gis ne reconnoissoit plus,
j & dont le cadavre faifoic
-
horreur à voir.
A propos de procez ,
la
nuit du 16.au2.7. Juin dernier
entre minuit & une
heure, le feu prit chez Mr
Daguesseau Conseiller d'Estat,
par la négligence du
sieur Batincourt Secretaire
de Mr de Vallejoint Conseiller
au Parlement
, &
fÇrereedenMrelerParocu^reu,r.
Ce malheureux âged'environ
soixante & dix ans,
retire dans sa chambre au
troisiémeestage de la mai,,
son, approchasa chandelle
trop prés des papiers dont
sa table estoit couverte, &
le feu s'y communiquant
enuninstant, laflamme &
la fumée l'étoufferent dans
cette chambre qui estoit
remplie d'une infinité de
procez appartenantsadifférents
particuliers.
Les Religieux Augustins
s'apperceurent les premiers
de l'embrasement, ils sonnerent
d'abord letoscinqui
donna une sifurieuse allarme
à tout le quartier, qu'en
moins d'une heure tous les
voisins
,
les Commissaires
Bisoton,Deschau,Regnard,
& le Comte accoururentau
secours. Mr le Lieutenant
General de Police ,Mr le
Prevost des Marchands, 6c
Mrle Lieutenant Criminel
y arrivèrent presque en
mesmetemps.
4
Ces trois Magistracs donnèrent
aussi-tost des ordres
si justes, que les canaux des
ruës ouverts, les secours
d'eau & d'hommes multipliez,
les pompes de la ville
amenées, & le sieur Duperrier
tres- expert au ma";
niement desdites pompes,
arrivé, le remede fut presqueaussi
prompt que lemal.
:
Mrs Daguesseauquiont
perdu dans cetaccident
beaucoup de meubles, de
; beau linge, & des tapisse-
; ries de prix, sont infiniment
moins touchez de cette
perte, quedela mort mal-
•
heureuse de ce vieux Secrétaire,
que personne du" lo..
1 gis ne reconnoissoit plus,
j & dont le cadavre faifoic
-
horreur à voir.
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Résumé : Incendie, [titre d'après la table]
Le 16 juin dernier, vers minuit, un incendie s'est déclaré chez Monsieur Daguesseau, Conseiller d'État, à cause de la négligence de Monsieur Batincourt, secrétaire de Monsieur de Vallejoint, Conseiller au Parlement. Batincourt, âgé d'environ soixante-dix ans, a approché une chandelle trop près des papiers sur sa table, provoquant un feu rapide qui l'a étouffé dans sa chambre remplie de procès. Les Religieux Augustins ont été les premiers à remarquer l'incendie et ont sonné le tocsin, alertant tout le quartier. En moins d'une heure, les voisins et les commissaires Bisoton, Deschau, Regnard, ainsi que le Comte sont accourus pour porter secours. Monsieur le Lieutenant Général de Police, Monsieur le Prévost des Marchands et Monsieur le Lieutenant Criminel sont également arrivés rapidement. Ces magistrats ont donné des ordres efficaces pour ouvrir les canaux des rues, multiplier les secours d'eau et d'hommes, et amener les pompes de la ville. Le sieur Duperrier, expert en maniement des pompes, a contribué à maîtriser rapidement l'incendie. Monsieur Daguesseau a perdu de nombreux meubles, linge et tapisseries de valeur, mais est plus affecté par la mort tragique de son secrétaire que par la perte matérielle. Le cadavre de Batincourt était méconnaissable et inspirait l'horreur.
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39
p. 337-351
Mariages. [titre d'après la table]
Début :
J'ai vû l'heure que j'allois estre obligé de donner ce [...]
Mots clefs :
Mariage, Seigneur, Dame, Conseiller, Parlement, Comte, Généalogiste
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariages. [titre d'après la table]
J'ay vû l'heure que j'allois
eſtre obligé de donner ce
mois- cy un Mercure defiguré.
L'article des Mariages qui
eſt le plus beau & le meilleur
du Livre a penſé n'y pas eſtre ,
par la negligence de monGenealogiſte.
Je ſuis fi piqué
contre luy , que je ne peux
m'empeſcher de vous l'annoncer
, Meſſieurs, comme un des
plus extraordinaires mortels
qu'il y ait au monde : c'eſt en
un mot un vray Democrite
qui ſe moque de tout , de ſes
Genealogies ,de ſa propre perſonne
, de mon Mercure &
Septembre 1714 . F
338 MERCURE
de moy. Jugez s'il a tort , &
lifez àbon compte l'hiſtoire
des Mariages qu'il vient de
m'envoyer.
Jacques Papillon , Secretaire
du Roy , fils de M. Papillon
, époufa le 30. Aouſt
Damoifelle Renée- Françoiſe
Feydeau , fille de feu Meffire
Charles Feydeau , Capitaine
au Regiment deChampagne ,
& de Dame Marie Anne du
Pleſſis , petite fille de Pierre
Feydeau , Seigneur de Vaugien,
Secretaire du Roy , Receveur
general des Gabelles à
Paris , & de Catherine Vi
GALANT. 339
vien , & arriere petite fille
d'Antoine Feydeau reçû Conſeiller
au Parlement de Paris
en 1573. & d'Efter Baillif.
Ledit Antoine Feydeau , fils
de Guillaume Feydeau mort
le 15. Avril 1577. & enterré
à faint Medericoù ſe voitſon
Epitaphe. Feu M. Feydeau pere
de Mademoiselle Feydeau
qui vient de ſe marier , avoit
fait ſes preuves pour l'Ordre
de Malthe , & elles avoient
eſté admiſes .Cette famille s'eft
alliée à celles de Meſmes ,
d'Hennequin, le Camus,Maupeou
, Montholon , le Febvre
Ffij
340 MERCURE
d'Eaubonne , Voiſin , Roüillé
de Meſlay , de Machault , & à
laMaiſon de Daillon du Lude.
Meffire Jean - Auguſte le
Rebours , Conſeiller au Parlement
, fils de Meſſire Claude
le Rebours , Seigneur de ſaint
Mars , Conſeiller d'honneur
au Parlement , & de Dame
Jeanne Pantin de la Guerre ,
époufa le trois Septembre Marie-
Loüife Chuberé , fille de
Pierre Chuberé , Avocat au
Parlement ,Banquier Expedi
tionnaire enCour deRome,&
Secretaire du Roy , & de Marie
Regnault ſa ſeconde femGALANT.
341
me. M. le Rebours eft couſin
germain de M. Alexandre le
Rebours Intendant des Finances
, & de Dame Elizabeth-
Thereſe le Rebours , femme
de Meſſire MichelChamillart,
cy devant Miniſtre & Secretaire
d'Etat , Controlleur General
des Finances , Commandeur
& Grand- Treforier des
Ordres du Roy , & ils font
tous trois petits enfans d'Alexandre
le Rebours, Seigneur
de Bertherandfoſſe , Préſident
de la Cour des Aides , fils de
Guillaume le Rebours , Seigneur
de Bertherandfoſſe , Pré-
Ffiij
342 MERCURE
fident de la Cour des Aides,&
Conſeiller d'Etat , lequel étoir
fils de Germain le Rebours ,
Seigneur de Bertherandfoſſe ,
l'un des plus celebres Avocats
du Parlement de Paris , & le
plus employé de ſon temps.
M. le Comte de Roucy ,
Mestre de Camp d'un Regiment
de Cavalerie , épouſa le
4. Septembre Damoiſelle .....
Huguet, fille d'Alphonſe Denis
Huguet, Conſeiller auParlement
, & de Marguerite de
Turmenyes , & petite fillede
/ Simon Huguet mortSecretairedu
Roy en 1691. forty d'uGALANT.
343
ne famille de la Ville d'Orleans
, où elle ſubſiſte encore
-à preſent. M. le Comte de
Roucy eft fils de Moffire François
de la Rochefoucaud de
Roye,Comte de Roucy,Lieutenant
General des Armées du
Roy , cy devant Capitaine-
Lieutenant des Gendarmes
Ecoffois , & de Dame Catherine
Françoiſe d'Arpajon,fille
de feu M. le Duc d' Arpajon ,
petit fils de Frederic- Charles
de la Rochefoucaud de Roye ,
Comte de Roye & de Roucy ,
Lieutenant General des Armées
duRoy de France ,Ma-
Ffiij
344 MERCURE
réchal de Camp General des
Troupes du Roy de Dannemarck
, & Chevalier de ſon
Ordre de l'Elephant ; & de
Dame Iſabelle de Durfort-
Duras , arriere petit fils de
François de la Rochefoucaud
de Roye Comte de Roucy ;
&de Dame Julienne Catherine
de la Tour en Auvergne.
Ledit François de la Rochefoucaud
fils de Charles de la
Rochefoucaud de Roye
Comte de Roucy ; & de Claude
de Gontheau de Biron , &
,
د
petit fils de François de la Rochefoucaud
troiſiémedu nom
GALANT. 343
Comte de la Rochefoucaud
Prince de Marfillac,Chevalier
de l'Ordre du Roy , Capitaine
de so. Hommes d'Armes de
ſes Ordonnances ; & de Char
lotte de Roye ſa ſeconde femme
Comteffe de Roucy , foeur
puiſnée d'Eleonore de Roye,
femme de Louis de Bourbon
Prince de Condé. La Maiſon
de la Rochefoucaud , l'une
des plus illuftres du Royaume
, deſcend de Foucaud Seigneur
du Chateau de la Roche
en Angoumois , dit depuis,
de la Rochefoucaud, vivant
vers l'an 1000. & elle
346 MERCURE
s'eſt toûjours alliée aux plus
grandes Maiſons. Voyez la
Genealogie de cette Maiſon
dans l'Histoire des GrandsOf
ficiers de la Couronne.
M. le Prince de Soubize fils
de M. le Prince de Rohan
Lieutenant General des Armées
du Roy , Capitaine Lieurenant
des Gendarmes de
ſa Garde , Gouverneur de
Champagne , & de Brie ; &
de Dame Marie-Anne-Geneviéve
de Levis de Vantadour ,
a épousé Mademoiselle de
l'Eſpinoy , fille de feu Meſſire
Loüis de Melun , Prince de
GALANT. 347
l'Eſpinoy , & de Dame Eliſabeth
de Lorraine Liflebonne.
La Maiſon de Rohan eſtune
des plus illuſtres de laProvince
deBretagne ; & elleest connuë
depuis l'an 1100. que vivoir
Alinpremier du nom,Vicomte
de Rohan. M. le Princede
Guimené en eſt l'aîné ,& il a
pour cadets Meſſieurs les
Princes de Soubize : les Seigneurs
du Poulduc dans l'Evêché
de Vannes , fubfiftant
encoreà preſent en Bretagne
font auffi de cette Maiſon ,
comme on lepeut voir à la fin
de l'Hiſtoire du Maréchal de
ةيس
348 MERCURE
Guebrian par le ſieur le La
boureur ; voyez auffi pour
cette genealogie , la nouvelle
édition de l'Hiſtoire des
Grands Officiers de la Couronne
au Chapitre des Maréchaux
de France ; de même
que pour la genealogie de la
Maiſon de Melun qui eſt aufſiunedes
plus illuftres &des
plus anciennes du Royaume.
Meffire Mathieu de Montholon
Confeiller au Grand
Confeil , fils de Meffire Mathieu
de Montholon Conſeiller
au Chaſtelet ; & de Marie
Ravier , a épouféle Sep
GALANT. 349
tembre Damoiſelle Clotilde
le Doux de Melleville , fille
de feu Claude le Doux , Seigneur
deMelleville,Conſeiller
au Parlement ; & de Françoiſe
Nau ,petite fille de Claude
le Doux Seigneur deMelleville
, mort Conſeiller au
Parlement en 1652.& arriere
petite fille de Claude le Doux
Seigneur de Melleville Maiſtre
des Requeſtes ordinaire de
l'Hôtel du Roy en 1617. lequel
eſtoit fils de Jean le Doux
Seigneur de Melleville , Prefident
, Lieutenant General
Civil & Criminel de la Ville
350 MERCURE
d'Evreux,d'où cette famille eft
originaire. M. de Montholon
eſt frere puiſné de Meffire
François de Montholon Infpecteur
General de la Marine
& des Galeres , marié depuis
peu à Mademoiselle de Novion
, fille de M. le Preſident
de Novion ; & il a pour trifayeul
Meffire François de
Montholon Seigneur du Vivier&
d'Aubervilliers faitGardedes
Sceaux de France l'an
1542. & qui eut entre autres
fils François de Montholon
Seigneur d'Aubervilliers,aufli
Garde des Sceaux de France
1
GALANT. 351
1
en 1588. Voyez pour la genealogie
de cette famille qui
eſt originaire de la Villed'Autun
, l'Histoire des Grands
Officiers de la Couronne au
Chapitre des Chanceliers &
Gardes des Sceaux de France.
Meffire ... de Lataignant ,
Conſeiller au Parlement , fils
& petit fils de Meſſieurs de
Lataignant Conſeiller auParlement
, a épousé Mademoifelle
Miotte,fille de M. Miotte
Greffier du Confeil.
eſtre obligé de donner ce
mois- cy un Mercure defiguré.
L'article des Mariages qui
eſt le plus beau & le meilleur
du Livre a penſé n'y pas eſtre ,
par la negligence de monGenealogiſte.
Je ſuis fi piqué
contre luy , que je ne peux
m'empeſcher de vous l'annoncer
, Meſſieurs, comme un des
plus extraordinaires mortels
qu'il y ait au monde : c'eſt en
un mot un vray Democrite
qui ſe moque de tout , de ſes
Genealogies ,de ſa propre perſonne
, de mon Mercure &
Septembre 1714 . F
338 MERCURE
de moy. Jugez s'il a tort , &
lifez àbon compte l'hiſtoire
des Mariages qu'il vient de
m'envoyer.
Jacques Papillon , Secretaire
du Roy , fils de M. Papillon
, époufa le 30. Aouſt
Damoifelle Renée- Françoiſe
Feydeau , fille de feu Meffire
Charles Feydeau , Capitaine
au Regiment deChampagne ,
& de Dame Marie Anne du
Pleſſis , petite fille de Pierre
Feydeau , Seigneur de Vaugien,
Secretaire du Roy , Receveur
general des Gabelles à
Paris , & de Catherine Vi
GALANT. 339
vien , & arriere petite fille
d'Antoine Feydeau reçû Conſeiller
au Parlement de Paris
en 1573. & d'Efter Baillif.
Ledit Antoine Feydeau , fils
de Guillaume Feydeau mort
le 15. Avril 1577. & enterré
à faint Medericoù ſe voitſon
Epitaphe. Feu M. Feydeau pere
de Mademoiselle Feydeau
qui vient de ſe marier , avoit
fait ſes preuves pour l'Ordre
de Malthe , & elles avoient
eſté admiſes .Cette famille s'eft
alliée à celles de Meſmes ,
d'Hennequin, le Camus,Maupeou
, Montholon , le Febvre
Ffij
340 MERCURE
d'Eaubonne , Voiſin , Roüillé
de Meſlay , de Machault , & à
laMaiſon de Daillon du Lude.
Meffire Jean - Auguſte le
Rebours , Conſeiller au Parlement
, fils de Meſſire Claude
le Rebours , Seigneur de ſaint
Mars , Conſeiller d'honneur
au Parlement , & de Dame
Jeanne Pantin de la Guerre ,
époufa le trois Septembre Marie-
Loüife Chuberé , fille de
Pierre Chuberé , Avocat au
Parlement ,Banquier Expedi
tionnaire enCour deRome,&
Secretaire du Roy , & de Marie
Regnault ſa ſeconde femGALANT.
341
me. M. le Rebours eft couſin
germain de M. Alexandre le
Rebours Intendant des Finances
, & de Dame Elizabeth-
Thereſe le Rebours , femme
de Meſſire MichelChamillart,
cy devant Miniſtre & Secretaire
d'Etat , Controlleur General
des Finances , Commandeur
& Grand- Treforier des
Ordres du Roy , & ils font
tous trois petits enfans d'Alexandre
le Rebours, Seigneur
de Bertherandfoſſe , Préſident
de la Cour des Aides , fils de
Guillaume le Rebours , Seigneur
de Bertherandfoſſe , Pré-
Ffiij
342 MERCURE
fident de la Cour des Aides,&
Conſeiller d'Etat , lequel étoir
fils de Germain le Rebours ,
Seigneur de Bertherandfoſſe ,
l'un des plus celebres Avocats
du Parlement de Paris , & le
plus employé de ſon temps.
M. le Comte de Roucy ,
Mestre de Camp d'un Regiment
de Cavalerie , épouſa le
4. Septembre Damoiſelle .....
Huguet, fille d'Alphonſe Denis
Huguet, Conſeiller auParlement
, & de Marguerite de
Turmenyes , & petite fillede
/ Simon Huguet mortSecretairedu
Roy en 1691. forty d'uGALANT.
343
ne famille de la Ville d'Orleans
, où elle ſubſiſte encore
-à preſent. M. le Comte de
Roucy eft fils de Moffire François
de la Rochefoucaud de
Roye,Comte de Roucy,Lieutenant
General des Armées du
Roy , cy devant Capitaine-
Lieutenant des Gendarmes
Ecoffois , & de Dame Catherine
Françoiſe d'Arpajon,fille
de feu M. le Duc d' Arpajon ,
petit fils de Frederic- Charles
de la Rochefoucaud de Roye ,
Comte de Roye & de Roucy ,
Lieutenant General des Armées
duRoy de France ,Ma-
Ffiij
344 MERCURE
réchal de Camp General des
Troupes du Roy de Dannemarck
, & Chevalier de ſon
Ordre de l'Elephant ; & de
Dame Iſabelle de Durfort-
Duras , arriere petit fils de
François de la Rochefoucaud
de Roye Comte de Roucy ;
&de Dame Julienne Catherine
de la Tour en Auvergne.
Ledit François de la Rochefoucaud
fils de Charles de la
Rochefoucaud de Roye
Comte de Roucy ; & de Claude
de Gontheau de Biron , &
,
د
petit fils de François de la Rochefoucaud
troiſiémedu nom
GALANT. 343
Comte de la Rochefoucaud
Prince de Marfillac,Chevalier
de l'Ordre du Roy , Capitaine
de so. Hommes d'Armes de
ſes Ordonnances ; & de Char
lotte de Roye ſa ſeconde femme
Comteffe de Roucy , foeur
puiſnée d'Eleonore de Roye,
femme de Louis de Bourbon
Prince de Condé. La Maiſon
de la Rochefoucaud , l'une
des plus illuftres du Royaume
, deſcend de Foucaud Seigneur
du Chateau de la Roche
en Angoumois , dit depuis,
de la Rochefoucaud, vivant
vers l'an 1000. & elle
346 MERCURE
s'eſt toûjours alliée aux plus
grandes Maiſons. Voyez la
Genealogie de cette Maiſon
dans l'Histoire des GrandsOf
ficiers de la Couronne.
M. le Prince de Soubize fils
de M. le Prince de Rohan
Lieutenant General des Armées
du Roy , Capitaine Lieurenant
des Gendarmes de
ſa Garde , Gouverneur de
Champagne , & de Brie ; &
de Dame Marie-Anne-Geneviéve
de Levis de Vantadour ,
a épousé Mademoiselle de
l'Eſpinoy , fille de feu Meſſire
Loüis de Melun , Prince de
GALANT. 347
l'Eſpinoy , & de Dame Eliſabeth
de Lorraine Liflebonne.
La Maiſon de Rohan eſtune
des plus illuſtres de laProvince
deBretagne ; & elleest connuë
depuis l'an 1100. que vivoir
Alinpremier du nom,Vicomte
de Rohan. M. le Princede
Guimené en eſt l'aîné ,& il a
pour cadets Meſſieurs les
Princes de Soubize : les Seigneurs
du Poulduc dans l'Evêché
de Vannes , fubfiftant
encoreà preſent en Bretagne
font auffi de cette Maiſon ,
comme on lepeut voir à la fin
de l'Hiſtoire du Maréchal de
ةيس
348 MERCURE
Guebrian par le ſieur le La
boureur ; voyez auffi pour
cette genealogie , la nouvelle
édition de l'Hiſtoire des
Grands Officiers de la Couronne
au Chapitre des Maréchaux
de France ; de même
que pour la genealogie de la
Maiſon de Melun qui eſt aufſiunedes
plus illuftres &des
plus anciennes du Royaume.
Meffire Mathieu de Montholon
Confeiller au Grand
Confeil , fils de Meffire Mathieu
de Montholon Conſeiller
au Chaſtelet ; & de Marie
Ravier , a épouféle Sep
GALANT. 349
tembre Damoiſelle Clotilde
le Doux de Melleville , fille
de feu Claude le Doux , Seigneur
deMelleville,Conſeiller
au Parlement ; & de Françoiſe
Nau ,petite fille de Claude
le Doux Seigneur deMelleville
, mort Conſeiller au
Parlement en 1652.& arriere
petite fille de Claude le Doux
Seigneur de Melleville Maiſtre
des Requeſtes ordinaire de
l'Hôtel du Roy en 1617. lequel
eſtoit fils de Jean le Doux
Seigneur de Melleville , Prefident
, Lieutenant General
Civil & Criminel de la Ville
350 MERCURE
d'Evreux,d'où cette famille eft
originaire. M. de Montholon
eſt frere puiſné de Meffire
François de Montholon Infpecteur
General de la Marine
& des Galeres , marié depuis
peu à Mademoiselle de Novion
, fille de M. le Preſident
de Novion ; & il a pour trifayeul
Meffire François de
Montholon Seigneur du Vivier&
d'Aubervilliers faitGardedes
Sceaux de France l'an
1542. & qui eut entre autres
fils François de Montholon
Seigneur d'Aubervilliers,aufli
Garde des Sceaux de France
1
GALANT. 351
1
en 1588. Voyez pour la genealogie
de cette famille qui
eſt originaire de la Villed'Autun
, l'Histoire des Grands
Officiers de la Couronne au
Chapitre des Chanceliers &
Gardes des Sceaux de France.
Meffire ... de Lataignant ,
Conſeiller au Parlement , fils
& petit fils de Meſſieurs de
Lataignant Conſeiller auParlement
, a épousé Mademoifelle
Miotte,fille de M. Miotte
Greffier du Confeil.
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Résumé : Mariages. [titre d'après la table]
En septembre 1714, Jacques Papillon, secrétaire du roi, manifeste son insatisfaction envers son généalogiste pour avoir omis les articles sur les mariages dans le Mercure. Il reproche au généalogiste sa négligence et son attitude moqueuse. Plusieurs unions notables sont rapportées : Jacques Papillon a épousé Renée-Françoise Feydeau le 30 août. La famille Feydeau est liée à des maisons prestigieuses telles que Mesmes, Hennequin, Maupeou et Montholon. Jean-Auguste le Rebours, conseiller au Parlement, a uni sa vie à celle de Marie-Louise Chuberé le 3 septembre. Les deux familles sont distinguées, avec des ancêtres ayant occupé des postes importants au Parlement et à la Cour. Le Comte de Roucy, mestre de camp d'un régiment de cavalerie, a épousé une demoiselle Huguet, originaire d'Orléans. La famille de Roucy descend de François de la Rochefoucauld. Le Prince de Soubize, fils du Prince de Rohan, a épousé Mademoiselle de l'Espinoy. La maison de Rohan est illustre en Bretagne depuis l'an 1100. Mathieu de Montholon, conseiller au Grand Conseil, a épousé Clotilde le Doux de Melleville en septembre. Clotilde provient d'une famille de conseillers au Parlement et de magistrats. Mathieu de Montholon est le frère cadet de François de Montholon, inspecteur général de la Marine, récemment marié à Mademoiselle de Novion. Leur ancêtre, François de Montholon, fut Garde des Sceaux de France en 1542. Enfin, Meffire de Lataignant, conseiller au Parlement, a épousé Mademoiselle Miotte, fille de M. Miotte, greffier du Conseil.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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40
p. 281-301
Morts. [titre d'après la table]
Début :
Dame Magdelaine-Catherine de Villemontée veuve de M. Jean-Baptiste [...]
Mots clefs :
Seigneur, Marquis, Parlement, Roi, Veuve, Famille, Armée du roi, Parlement de Paris, Mariage, Parlement, Maréchal, Fils, Conseiller, Comte, Maître des requêtes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
Dame Magdelaine-Catherine
de Villemontée veuve
de M. Jean- Baptifte de Machault
Seigneur d'Arnouville,
Conſeiller au Parlement,&
Doyendes Requeſtes du Palais
mourut le 25. Septembre.
Elle estoit fille de François de
Villemontée , Conſeiller au
Parlement de Paris , & de Catherine
de Thumery deBouffi-
Octobre 1714. Aa
282 MERCURE
y
ze , & de ſon mariage avec feu
M. de Machaut , elle laiffe
pour fils unique Charles de
Machaut Seigneur d'Arnouville
, Maiſtre des Requeſtes ,
qui de fon mariage avec Françoiſe
Milon fille unique de M.
Milon Maiſtre des Requeſtes
a pluſieurs enfans : feuë Madame
de Machaut avoit pour
foeur puiſnée Dame Loüife-
Geneviève de Villemontée
mariée en premieres nôces avec
Adam - Pierre - Barthelemy
Seigneur de Biffy , Conſeiller
au Parlement , & en ſecondes
avec François de Brichanteau
>
GALANT . 283
Seigneur de Guerſy , cadet des
Marquis de Nangis , deſquels
elle a laiſſée des enfans . La famille
de Villemontée eſt originaire
d'Auvergne où elle eſt
connuë depuis long- temps
ſous le nom d'Authier , & elle
s'eſt alliée à Paris avec celles
de Texier , de Hautefoüille
de Sevin , de Maupcou , de
Grieu , &c. pour celle de
Machaut originaire du Rhetelois
, & elle eft connuë depuis
Simon de Machaut Seigneur
de l'Arbre-au-Vivier en Rhetelois
, pourveu d'un Office
d'Auditeur des Comptes à
1
ر
A a ij
284 MERCURE
:
Paris parLettres du 4.Septem
bre 1523. elle a donné pluſieurs
Maistres des Requeſtes ,
pluſieurs Conſeillers au Parlement
, au Grand Conſeil , des
Commandeurs de l'Ordre de
Malthe , & elle s'eſt alliée aux
familles de le Cocq , de Flexelles
, d'Aymeret , le Févre
de Caumartin , de Boucherat ,
de Colbert , d'Aligre ,de Feydeau
, & à la Maiſon de Rochechoüart.
Dame Marie Valence l'E-
1
cuyer veuve de M. Jacques
Amelot Seigneur deChaillou,
Doyen des Maiſtres des Re
GALANT. 285
queſtes de l'Hôtel du Roy ,
mourut le 26. Septembre.
Elle estoit fille unique de Pierrel'Eſcuyer
Seigneur de Chaumontel
, Secretaire du Roy ,
& de Loüife Godefroy ; &
elle a laiſſée pour fils Jean Denis
Amelot Seigneur deChaillou
, &de Chatillon fur In
de , Maiſtre des Requeſtes ,
qui de Philiberte Batillon fa
femme a pluſieurs enfans. La
famille d'Amelot eſt originaire
d'Orleans , & deſcend de
Jacques Amelot celebre Avocat
au Parlement , inhumé à
Saint Martin des Champs à
286 MERCURE
Paris , qui de ſon mariage
avec Jeanne de Vialart , fille
de Jean Maiſtre des Requeſtes
& Lieutenant Civil à Paris ,
puis Prefident au Parlement
de Roüen , laiſſa Jean Amelot
Seigneur de Carnetin , de
Beaulieu , & de Chaillou
Maiſtre des Requeſtes en
1573. puis Preſident des Enqueſtes
du Parlementde Paris,
duquel eſt iſſue toute la famille
dont l'aîné eſt M. MichelAmelot
, Marquis de Gournai ,
Conſeiller d'Etat , cy devant
Ambaſſadeur Extraordinaire
en Eſpagne , pere de M. MiGALANT
. 287
chel Charles Amelot de Gournai
, à preſent Preſident à
Mortier à Paris : elle a donné
pluſieurs Maiſtres des Requettes
, pluſieurs Preſidents
au Grand Confeil , & aux Enqueſtes
du Parlement de Paris,
& elle s'eſt alliée aux familles
de le Maître , de Briffonnet ,
de Nicolať , de Maignart , de
Bernieres , de Brulart , de Tonnelier
& aux Maiſons de Nettancourt
,
l'Hôpital , Vitry , d'Aumont ,
Vaubecourt , de
& de Beon du Maffez .
Dame Marie- Anne Roüillé
épouſe de M. Charles Denis
1
288 MERCURE
1
de Bullion ,Marquis de Gallardon
, Seigneur de Bonnelles ,
Eſclimont,&c.Prevôt deParis ,
& Gouverneur du Maine
Perche , & Comté de Laval ,
mourut le 29. Septembre
ayant eu de fon mariage pour
enfans , Jean Claude de Bullion
, Marquis de Bonnelles ,
Brigadier General des Armées
du Roy , tué à l'âge de 27.
ans pendant le Siege de Turin
le s. Septembre 1706. regretté
de tous les Officiers Generaux
; Anne Jacques de Bullion
, Marquis de Fervaques ,
Colonel du Regiment dePiémont
,
GALANT 289
+
mont ,& Brigadier des Camps
& Armées du Roy , lequel
aprés s'eſtre diftingué à la tête
de ſon Regiment dans toutes
les occafions où il s'étoit trou
vé , quitra le ſervice ſur la fin
de l'année 1710. Il a épousé
Dime Marie - Magdelaine
Hortenfe Gigault de Bellefonds
, fille de feu M. le Marquis
de Bellefonds , premier
Ecuyer de Madame la Dauphine
,Gouverneur & Capitaine
des Chaffes de Vincennes
,& de Dame Marie Olympe
Emanuelle de la Porte Mazariny
, & petite fille de Bet-
Octobre 1714. Bb
290 MERCURE
nardin Gigault Marquis de
Bellefonds , Maréchal de France
, & Chevalier des Ordres
du Roy; Auguſte - Leon de
Bullion Chevalier de Malthe
Colonel du Regiment de Dragons
de Bonnelles ; Gabriel-
Jerôme deBullion auffi Chevalier
de Malthe ; Anne Maric
Marguerite de Bullion
mariée le 13. Mars 1706 .
avec Jean-Charles de Crufſolles
Duc d'Uzés , premier Pair
de France , Gouverneur des
Provinces de Xaintonge , &
d'Angoumois ; & Elifabeth
Antoinette de Bullion , ma
GALANT. 291
riée le premier Decembre
1707. à Frederic - Guillaume
de la Tremoille , Prince de
Talmont , Lieutenant Gene
ral des Armées du Roy. M.
le Marquis de Bullion eſt fils
de Noël de Bullion Marquis
de Gallardon , Preſident à
Mortier au Parlement de
Paris ,Commandeur & Secretaire
des Ordres du Roy , &
de Dame Charlotte de Prié
Dame de Fervaques ,& petit
fils de Claude de Bullion Baron
de Gallardon , Sur Intendant
des Finances , Miniſtre
d'Etat , Commandeur &Gar-
Bbij
292 MERCURE
dedes Sceaux des Ordres du
Roy , & Preſident à Mortier
au Parlement de Paris . La famille
de Bullion , eſt originaire
deMâcon , où elle eſt connuë
depuis long temps : elle s'eſt
alliée aux familles de Bellievre,
d'Anjorran , de Bailly , de le
Maiſtre , & aux Maiſons de
Rochechoüart , de S. Nectain
la Ferté,de Beauvau , de Rouhaut
S. Valery , &c . Madame
de Bullion , qui vient de
mourir avoit pour frere M.
Jean-Baptifte Roüillé Comte
de Melay le Vidame , ancien
Confeiller au Parlement de
GALANT. 293
Paris , qui de feue Dame Anne
dela Briffe ſa femme n'a qu'un
fils , & pour foeur Dame Marguerite-
Thereſe Rouillé , mariée
en premieres nôces avec
Jean - Baptifte - François de
NoaillesMarquis de Noailles ,
&deMontelar, Maréchal, des
Camps & Armées du Roy ,
Lieutenant General au Gouvernement
de la Haute Auvergne
, frere de feu M. le
Maréchal Duc de Noailles ,
&de M. le Cardinal , & duquel
elle a eu Madamela Duceffe
de Fronſacq d'aujourd'huy
; & en ſecondes noces
1
Bb iij
294 MERCURE
avec Jean- Armand du Pleſſis
deWignerod , Ducde Richelieu
, Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roy. , &
DameElifabeth Roüillé , femme
de Meffire Etienne- Jean
Geach Bouche Marquis de Leffart ,
bou Conſeiller d'Etat , duquel elle
cheva Marie Elifabeth Claude Pe-
Goustier
tronille Boucher, mariée en
1706 avecRenéMans deFroulay
, Comte de Teffé , Grand
d'Eſpagne , fils aîné de M. le
Maréchal de Teffé. Madame
de Bullion étoit fille de Jean
Roüillé , Comte de Melay la
Vidame, Conſeiller d'Etat or
GALANT. 295
dinaire mort en 1698. & de
Marie Comans d'Altrie. La
famille de Roüillé l'une des
plus anciennes , des plus érenduës
& des mieux alliées de
Paris , eſt originaire de Bretagne,&
LoüisRouillé Seigneut
de la Grandcour , aujourdbuy
vivant , en eſt l'aîné......
Dame Magdelaine Colbert
veuve de Meffire Louis de
Bautru , Marquis de Nogent ,
Gouverneur de la Ville & Citadelle
de Sommieres , & auparavant
veuve de M. Loüis
Joffier,Seigneur de la Jonchere,
Treſorier General del Ex
Bb iiij
296 MERCURE
८
traordinaire desGuerres,mou
rut le 3. Octobre. Elle eſtoir
fille de Nicolas Colbert , Seigneur
de Turgis , Maiſtre des
Comptes , & de Magdelaine
Graſteau , & M. de Nogent
fon dernier mary eſtoit pére
de feu M. leMarquis de Vaubrun
, Lieutenant Generaldes
Armées du Roy , tué au combat
d'Altenheim en Allema
gne l'an 1675. pere de Madame
la Ducheſſe d'Eſtrées
d'aujourd'huy, &fils du Comte
de Nogent , Capitaine des
Gardes de la Porte. La famille
de Bautru eſt originaire d'AnGALANT.
297
gers ,& la Genealogie en eft
déduite tout au long dans la
vie de Guillaume Ayraut par
Mefnage.
(
M. Jacques Pollart , Seigneur
de Villequoy , Conſeiller
honoraire au Parlement ,
mourut le 7. Octobre. Il étoit
fils de Jacques Pollart , Fermier
General , & Secretaire du
Roy , & avoit épousé Marie-
Anne l'Archer morte en
1689. fille de Pierre l'Archer,
Préſident des Comptes ; il en
avoit eu pour enfans Marie-
Françoiſe Pollart , femme de
1
298 MERCURE
د
Pierre Doublet , Seigneur de
Crouy& de Bandeville,Conſeiller
au Parlement , morte
en 1707. & Pierre. Pollart ,
Seigneur de Villequoy , Confeiller
au Parlement mort
autli en 1707. ne laiſſant que
des filles de ſon mariage avec
Marie Guillaume de la Vieuville,
fille de feu M. de la Vieu.
ville , Maistre des Requeſtes.
Dame Catherine Brayer ,
EpouſedeM.Auguſte Henry
de Montigny , Chevalier
Marquis de Congis , mourut
le 10. Octobre. M. le Marquis
de Congis eft fils de feu
,
LA
FILLE
DION GALANT
M. le Marquis de Congts /993
Lieutenant General des Armées
du Roy , Capitaine &
Gouverneur duPalais desTuil.
leries , & d'une des plus anciennes
familles de Paris , defcenduë
de Jean le Boulanger ,
Seigneur deMontigny enBrie,
Premier Préfident au Parlement
de Paris en 1471. qui
eût pour petit fils Jean leBoulanger,
Seigneur deMontigny,
Confeiller & Chambellan de
François de France , Duc d'Alençon
, lequel avec Charles
& Gabriël le Boulanger ſes
freres obtint Lettres Patentes
300 MERCURE
• au mois d'Octobre 1573. par
leſquelles il leurs fut permis
&à leur poſterité de changer
le nom de Boulanger en celuy
deMontigny.
• Dame Marie de Pigray ,
veuve de M. Charles de Feffare
, Marquis de Beaucourt ,
Armancourt , &c. mourut le
17. Octobre âgée de 84. ans ,
laiſſant pour fille unique Dame
Marie Anne Feſſart , veuve
de M. EtienneClaude de l'Aubeſpine
, Marquis de Verderonne
, dont la fille a épousée
le .... M. le Comte dePontchartrain
, Secretaire d Etat & 1
GALANT. 301
Chevalier des Ordres duRoy.
de Villemontée veuve
de M. Jean- Baptifte de Machault
Seigneur d'Arnouville,
Conſeiller au Parlement,&
Doyendes Requeſtes du Palais
mourut le 25. Septembre.
Elle estoit fille de François de
Villemontée , Conſeiller au
Parlement de Paris , & de Catherine
de Thumery deBouffi-
Octobre 1714. Aa
282 MERCURE
y
ze , & de ſon mariage avec feu
M. de Machaut , elle laiffe
pour fils unique Charles de
Machaut Seigneur d'Arnouville
, Maiſtre des Requeſtes ,
qui de fon mariage avec Françoiſe
Milon fille unique de M.
Milon Maiſtre des Requeſtes
a pluſieurs enfans : feuë Madame
de Machaut avoit pour
foeur puiſnée Dame Loüife-
Geneviève de Villemontée
mariée en premieres nôces avec
Adam - Pierre - Barthelemy
Seigneur de Biffy , Conſeiller
au Parlement , & en ſecondes
avec François de Brichanteau
>
GALANT . 283
Seigneur de Guerſy , cadet des
Marquis de Nangis , deſquels
elle a laiſſée des enfans . La famille
de Villemontée eſt originaire
d'Auvergne où elle eſt
connuë depuis long- temps
ſous le nom d'Authier , & elle
s'eſt alliée à Paris avec celles
de Texier , de Hautefoüille
de Sevin , de Maupcou , de
Grieu , &c. pour celle de
Machaut originaire du Rhetelois
, & elle eft connuë depuis
Simon de Machaut Seigneur
de l'Arbre-au-Vivier en Rhetelois
, pourveu d'un Office
d'Auditeur des Comptes à
1
ر
A a ij
284 MERCURE
:
Paris parLettres du 4.Septem
bre 1523. elle a donné pluſieurs
Maistres des Requeſtes ,
pluſieurs Conſeillers au Parlement
, au Grand Conſeil , des
Commandeurs de l'Ordre de
Malthe , & elle s'eſt alliée aux
familles de le Cocq , de Flexelles
, d'Aymeret , le Févre
de Caumartin , de Boucherat ,
de Colbert , d'Aligre ,de Feydeau
, & à la Maiſon de Rochechoüart.
Dame Marie Valence l'E-
1
cuyer veuve de M. Jacques
Amelot Seigneur deChaillou,
Doyen des Maiſtres des Re
GALANT. 285
queſtes de l'Hôtel du Roy ,
mourut le 26. Septembre.
Elle estoit fille unique de Pierrel'Eſcuyer
Seigneur de Chaumontel
, Secretaire du Roy ,
& de Loüife Godefroy ; &
elle a laiſſée pour fils Jean Denis
Amelot Seigneur deChaillou
, &de Chatillon fur In
de , Maiſtre des Requeſtes ,
qui de Philiberte Batillon fa
femme a pluſieurs enfans. La
famille d'Amelot eſt originaire
d'Orleans , & deſcend de
Jacques Amelot celebre Avocat
au Parlement , inhumé à
Saint Martin des Champs à
286 MERCURE
Paris , qui de ſon mariage
avec Jeanne de Vialart , fille
de Jean Maiſtre des Requeſtes
& Lieutenant Civil à Paris ,
puis Prefident au Parlement
de Roüen , laiſſa Jean Amelot
Seigneur de Carnetin , de
Beaulieu , & de Chaillou
Maiſtre des Requeſtes en
1573. puis Preſident des Enqueſtes
du Parlementde Paris,
duquel eſt iſſue toute la famille
dont l'aîné eſt M. MichelAmelot
, Marquis de Gournai ,
Conſeiller d'Etat , cy devant
Ambaſſadeur Extraordinaire
en Eſpagne , pere de M. MiGALANT
. 287
chel Charles Amelot de Gournai
, à preſent Preſident à
Mortier à Paris : elle a donné
pluſieurs Maiſtres des Requettes
, pluſieurs Preſidents
au Grand Confeil , & aux Enqueſtes
du Parlement de Paris,
& elle s'eſt alliée aux familles
de le Maître , de Briffonnet ,
de Nicolať , de Maignart , de
Bernieres , de Brulart , de Tonnelier
& aux Maiſons de Nettancourt
,
l'Hôpital , Vitry , d'Aumont ,
Vaubecourt , de
& de Beon du Maffez .
Dame Marie- Anne Roüillé
épouſe de M. Charles Denis
1
288 MERCURE
1
de Bullion ,Marquis de Gallardon
, Seigneur de Bonnelles ,
Eſclimont,&c.Prevôt deParis ,
& Gouverneur du Maine
Perche , & Comté de Laval ,
mourut le 29. Septembre
ayant eu de fon mariage pour
enfans , Jean Claude de Bullion
, Marquis de Bonnelles ,
Brigadier General des Armées
du Roy , tué à l'âge de 27.
ans pendant le Siege de Turin
le s. Septembre 1706. regretté
de tous les Officiers Generaux
; Anne Jacques de Bullion
, Marquis de Fervaques ,
Colonel du Regiment dePiémont
,
GALANT 289
+
mont ,& Brigadier des Camps
& Armées du Roy , lequel
aprés s'eſtre diftingué à la tête
de ſon Regiment dans toutes
les occafions où il s'étoit trou
vé , quitra le ſervice ſur la fin
de l'année 1710. Il a épousé
Dime Marie - Magdelaine
Hortenfe Gigault de Bellefonds
, fille de feu M. le Marquis
de Bellefonds , premier
Ecuyer de Madame la Dauphine
,Gouverneur & Capitaine
des Chaffes de Vincennes
,& de Dame Marie Olympe
Emanuelle de la Porte Mazariny
, & petite fille de Bet-
Octobre 1714. Bb
290 MERCURE
nardin Gigault Marquis de
Bellefonds , Maréchal de France
, & Chevalier des Ordres
du Roy; Auguſte - Leon de
Bullion Chevalier de Malthe
Colonel du Regiment de Dragons
de Bonnelles ; Gabriel-
Jerôme deBullion auffi Chevalier
de Malthe ; Anne Maric
Marguerite de Bullion
mariée le 13. Mars 1706 .
avec Jean-Charles de Crufſolles
Duc d'Uzés , premier Pair
de France , Gouverneur des
Provinces de Xaintonge , &
d'Angoumois ; & Elifabeth
Antoinette de Bullion , ma
GALANT. 291
riée le premier Decembre
1707. à Frederic - Guillaume
de la Tremoille , Prince de
Talmont , Lieutenant Gene
ral des Armées du Roy. M.
le Marquis de Bullion eſt fils
de Noël de Bullion Marquis
de Gallardon , Preſident à
Mortier au Parlement de
Paris ,Commandeur & Secretaire
des Ordres du Roy , &
de Dame Charlotte de Prié
Dame de Fervaques ,& petit
fils de Claude de Bullion Baron
de Gallardon , Sur Intendant
des Finances , Miniſtre
d'Etat , Commandeur &Gar-
Bbij
292 MERCURE
dedes Sceaux des Ordres du
Roy , & Preſident à Mortier
au Parlement de Paris . La famille
de Bullion , eſt originaire
deMâcon , où elle eſt connuë
depuis long temps : elle s'eſt
alliée aux familles de Bellievre,
d'Anjorran , de Bailly , de le
Maiſtre , & aux Maiſons de
Rochechoüart , de S. Nectain
la Ferté,de Beauvau , de Rouhaut
S. Valery , &c . Madame
de Bullion , qui vient de
mourir avoit pour frere M.
Jean-Baptifte Roüillé Comte
de Melay le Vidame , ancien
Confeiller au Parlement de
GALANT. 293
Paris , qui de feue Dame Anne
dela Briffe ſa femme n'a qu'un
fils , & pour foeur Dame Marguerite-
Thereſe Rouillé , mariée
en premieres nôces avec
Jean - Baptifte - François de
NoaillesMarquis de Noailles ,
&deMontelar, Maréchal, des
Camps & Armées du Roy ,
Lieutenant General au Gouvernement
de la Haute Auvergne
, frere de feu M. le
Maréchal Duc de Noailles ,
&de M. le Cardinal , & duquel
elle a eu Madamela Duceffe
de Fronſacq d'aujourd'huy
; & en ſecondes noces
1
Bb iij
294 MERCURE
avec Jean- Armand du Pleſſis
deWignerod , Ducde Richelieu
, Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roy. , &
DameElifabeth Roüillé , femme
de Meffire Etienne- Jean
Geach Bouche Marquis de Leffart ,
bou Conſeiller d'Etat , duquel elle
cheva Marie Elifabeth Claude Pe-
Goustier
tronille Boucher, mariée en
1706 avecRenéMans deFroulay
, Comte de Teffé , Grand
d'Eſpagne , fils aîné de M. le
Maréchal de Teffé. Madame
de Bullion étoit fille de Jean
Roüillé , Comte de Melay la
Vidame, Conſeiller d'Etat or
GALANT. 295
dinaire mort en 1698. & de
Marie Comans d'Altrie. La
famille de Roüillé l'une des
plus anciennes , des plus érenduës
& des mieux alliées de
Paris , eſt originaire de Bretagne,&
LoüisRouillé Seigneut
de la Grandcour , aujourdbuy
vivant , en eſt l'aîné......
Dame Magdelaine Colbert
veuve de Meffire Louis de
Bautru , Marquis de Nogent ,
Gouverneur de la Ville & Citadelle
de Sommieres , & auparavant
veuve de M. Loüis
Joffier,Seigneur de la Jonchere,
Treſorier General del Ex
Bb iiij
296 MERCURE
८
traordinaire desGuerres,mou
rut le 3. Octobre. Elle eſtoir
fille de Nicolas Colbert , Seigneur
de Turgis , Maiſtre des
Comptes , & de Magdelaine
Graſteau , & M. de Nogent
fon dernier mary eſtoit pére
de feu M. leMarquis de Vaubrun
, Lieutenant Generaldes
Armées du Roy , tué au combat
d'Altenheim en Allema
gne l'an 1675. pere de Madame
la Ducheſſe d'Eſtrées
d'aujourd'huy, &fils du Comte
de Nogent , Capitaine des
Gardes de la Porte. La famille
de Bautru eſt originaire d'AnGALANT.
297
gers ,& la Genealogie en eft
déduite tout au long dans la
vie de Guillaume Ayraut par
Mefnage.
(
M. Jacques Pollart , Seigneur
de Villequoy , Conſeiller
honoraire au Parlement ,
mourut le 7. Octobre. Il étoit
fils de Jacques Pollart , Fermier
General , & Secretaire du
Roy , & avoit épousé Marie-
Anne l'Archer morte en
1689. fille de Pierre l'Archer,
Préſident des Comptes ; il en
avoit eu pour enfans Marie-
Françoiſe Pollart , femme de
1
298 MERCURE
د
Pierre Doublet , Seigneur de
Crouy& de Bandeville,Conſeiller
au Parlement , morte
en 1707. & Pierre. Pollart ,
Seigneur de Villequoy , Confeiller
au Parlement mort
autli en 1707. ne laiſſant que
des filles de ſon mariage avec
Marie Guillaume de la Vieuville,
fille de feu M. de la Vieu.
ville , Maistre des Requeſtes.
Dame Catherine Brayer ,
EpouſedeM.Auguſte Henry
de Montigny , Chevalier
Marquis de Congis , mourut
le 10. Octobre. M. le Marquis
de Congis eft fils de feu
,
LA
FILLE
DION GALANT
M. le Marquis de Congts /993
Lieutenant General des Armées
du Roy , Capitaine &
Gouverneur duPalais desTuil.
leries , & d'une des plus anciennes
familles de Paris , defcenduë
de Jean le Boulanger ,
Seigneur deMontigny enBrie,
Premier Préfident au Parlement
de Paris en 1471. qui
eût pour petit fils Jean leBoulanger,
Seigneur deMontigny,
Confeiller & Chambellan de
François de France , Duc d'Alençon
, lequel avec Charles
& Gabriël le Boulanger ſes
freres obtint Lettres Patentes
300 MERCURE
• au mois d'Octobre 1573. par
leſquelles il leurs fut permis
&à leur poſterité de changer
le nom de Boulanger en celuy
deMontigny.
• Dame Marie de Pigray ,
veuve de M. Charles de Feffare
, Marquis de Beaucourt ,
Armancourt , &c. mourut le
17. Octobre âgée de 84. ans ,
laiſſant pour fille unique Dame
Marie Anne Feſſart , veuve
de M. EtienneClaude de l'Aubeſpine
, Marquis de Verderonne
, dont la fille a épousée
le .... M. le Comte dePontchartrain
, Secretaire d Etat & 1
GALANT. 301
Chevalier des Ordres duRoy.
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Résumé : Morts. [titre d'après la table]
Le texte rapporte le décès de plusieurs dames et fournit des informations sur leurs familles respectives. Dame Magdelaine-Catherine de Villemontée, veuve de Jean-Baptiste de Machault, seigneur d'Arnouville et conseiller au Parlement, est décédée le 25 septembre. Elle était la fille de François de Villemontée et de Catherine de Thumery de Bouffy et a laissé un fils, Charles de Machault, seigneur d'Arnouville et maître des Requestes. Les familles de Villemontée et de Machault sont respectivement originaires d'Auvergne et du Rhettelois. Dame Marie Valence l'Ecuyer, veuve de Jacques Amelot, seigneur de Chaillou et doyen des maîtres des Requestes de l'Hôtel du Roy, est décédée le 26 septembre. Elle était la fille unique de Pierre l'Ecuyer, seigneur de Chaumontel, secrétaire du Roi, et de Louise Godefroy, et a laissé un fils, Jean-Denis Amelot, seigneur de Chaillou et de Chatillon-sur-Indre, maître des Requestes. La famille d'Amelot est originaire d'Orléans. Dame Marie-Anne Rouillé, épouse de Charles Denis de Bullion, marquis de Gallardon, prévôt de Paris et gouverneur du Maine, du Perche et du comté de Laval, est décédée le 29 septembre. Elle a eu plusieurs enfants, dont Jean-Claude de Bullion, marquis de Bonnelles, brigadier général des armées du Roi, tué lors du siège de Turin en 1706, et Anne-Jacques de Bullion, marquis de Fervaques, colonel du régiment de Piémont et brigadier des camps. Le texte mentionne également Marguerite-Thérèse Rouillé, fille d'un conseiller au Parlement de Paris, mariée deux fois et mère de Madame la Duchesse de Fronsac. Madame de Bullion appartenait à une famille ancienne et influente de Bretagne. Jacques Pollart, seigneur de Villequoy, conseiller honoraire au Parlement, est décédé le 7 octobre, laissant deux enfants. Dame Catherine Brayer, épouse de Auguste Henry de Montigny, marquis de Congis, est décédée le 10 octobre. Enfin, dame Marie de Pigray, veuve de Charles de Fessart, marquis de Beaucourt, est décédée à l'âge de 84 ans, laissant une fille unique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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41
p. 208-226
MORTS.
Début :
Dame Anne le Maire, Epouse de Messire Denis Simon de [...]
Mots clefs :
Dame, Seigneur, Conseiller, Épouse, Chevalier, Paris, Parlement, Mariage, Secrétaire, Cour des aides
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Dame Anne leMaite,Epouſe
de Meffire Denis Simon de
Mauroy , Chevalier de l'Ordre
Militaire de S. Loüis , Maréchal
de Camp , Maréchal
general des Logis & Armées
du Roy , Inſpecteur general
de ſa Cavalerie , & Gouverneurde
la Ville& du Château
de Taraſcon , mourut le 9. de
ce mois , laiſſant des enfants.
M. deMauroy ſon mary eſt
fils de Denis de Mauroy , Scigneur
de la Magdelaine , Au
diteur
GALANT. 209
diteur des Comptes à Paris ,
&de Françoiſe Hurlot , & petit
fils d'Honoré de Mauroy ,
Seigneur de Verrier ſur Seine ,
& de Batilli , Intendant du
Duc d'Epernon ,dont il a écrit
la vie ,& Secretaire du Roy ,
&de Bonne le Liévre.
Meffire François de S. Nec
taire , Marquis de S. Victour ,
Seigneur de Brillac , mourut
le 24 de ce mois. La Maiſon
de S. Nectaire , dont il étoir
forty , eſt originaire de la-Province
d'Auvergne ,& une des
plus anciennes & des plus illuftres
du Royaume ,&la ge
Mars 1715. S
210 MERCURE
nealogie eneſt rapportée dans
la derniere hiſtoire des grands
Officiers de la Couronne au
chapitre des Maréchaux de
France.
Leonard Forcet , Ecuyer
Conſeiller-Secretaire duRoy,
cy devant Fermier general, &
Treforier general des Bâtimens
de Sa Majesté , mourut
le 10. de ce mois. Il étoit fils
de Jacques Forcet , Maiſtre
dHoſtel du Roy , & de Catherine
d'Arbonne , & il laiffe
pluſieurs enfans de fon mariage
avec Charlote Blondel de
Joigny de Belle brune.
GALANT. 211
Dame Anne le Pileur
Epouſe de Meffire PierreMufnier
, Seigneur de Mauroy &
de S. Auguſtin , Correcteur
des Comptes , mourut le 17.
dece mois.
M. le Comte de Gizaucourt
Lieutenant de Roy au Gouvernement
de Champagne ,
ci-devant Sous- Lieutenant des
Gendarmes de la Reine , eft
mort le 3. Mars dernier , dans
fon Château de Gizaucourt,
-âgé de 64. ans. Il laiſſe plu-
- ſieurs enfans de Dame Marie-
Charlote du Walk ſon Epouſe,
fille du Conte de Dame
:
Sij
212 MERCURE
pierre,qui a été tué au Siege de
Candie. M. le Comte de Gizaucourt
eſtoit fils de feu
M de Gizaucourt , Conſeiller
d'Erat , & de Dame Marie de
Turin.
2 Pierre Dipy , Secretaire Interprete
ordinaire du Roy ,
& de S. A. S. Monfieur le
Comte de Toulouſe, mourut
le 11. Février 1715. Il avoic
fuccedé au ſieur Dipy ſon
oncle Arabe , fort verſé dans
lés Langues Orientales .
Dame Marie Elifabeth le
Moyne , Epouse de Meſſire
Loüis Idiſon ,Chevalier , anGALANT.
213
cien Grand Mailtre des Eaux
& Foreſts de France , au départementd'Orleans
, mourut
le 11. Février , laiſſant quelques
enfans dans le ſervice.
Jean Charles le Comte ,
Correcteur de la Chambre
des Comptes , mourut le 12 .
Février .
Frere Claude-Gabriël Teftu
de Balincourt,Chevalier de
l'Ordre de S Jean de Jerufalem
, mourut le 13. Février :
la Famille de Teſtu eſt originaire
de Normandie , &
également diftinguée dans la
Robe , & dans l'Epée ; elle a
114 MERCURE
donné pluſieurs Capitaines au
Regiment des Gardes Francoiſes
, pluſieurs Chevaliers de "
Malthe, & pluſieurs Confeillers
au Parlement de Paris &
auGrand Confeil , & la Charge
de Chevalier du Guet de
cette Ville a eſté longtemps
poſſedée de pere en fils par les
Seigneurs de Villers , cadets
des Seigneurs de Balincourt,
elle s'eſtalliée aux Maiſons de
d'Ailly d'Annery , de Chaumejan
, de Fourilles , de Broc
S. Mars , & aux Familles de
Barjot Mouſſi , de Sere , de
Maſparault , Bauquemare de
le Maître , &c.
GALANT.
f
11
Meſſire Denis Huguet,Con
feiller de la grande Chambre
du Parlement , mourut le 17 .
de Février, laiſſant deMarguerite
de Turmenyes de Nointel
, pour fille unique , Dame
Elifabeth - Marguerite
Huguet , riche heritiére , mariée
depuis peu à M. le Comte
de Roucy , de la Maiſon dela
Rochefoucault . Il eſtoit fils de
Simon Huguet , Secretaire du
Roy , & forty d'une famille
originaire de la Ville d'Orleans
, où elle fubſiſte encore
à prefent , &de laquelle font
auffi Meffieurs Huguetde Se-
ト
216 MERCURE
monville Conſeillers au Pari
lement..
M. de la Forest d'Armaillé
Conſeiller au Parlement , eſt
monté à la grandChambre à
la place de feu M. Huguet. H
eſt d'une famille de Bretagne
diftinguée dans la Robe.
Dame Suſanne Fornier de
Montagny , Epouſe de Meffire
René Mérault , Cheva
- lier Seigneur de Villeron , Im
merville , Montminard , &
Conſeiller de la grand Cham
bre du Parlement , mourut le
26. Février , laiſſant pluſieurs
enfans encore jeunes : elle
étoit
GALANT. 217
étoit foeur de M. Fornier de
Montagny, Conſeiller au Parlement
, &fille de Claude Fornier
, Seigneur deMontagny ,
Préſident des Treſoriers de
France , & grand Voyer de la
Generalité de Paris . M. Merault
a auſſi des enfans de fon
premier mariage avec Dame
Elizabeth le Boiſtel d'Ambriere
ſa premiere femme , &
il eſt d'une ancienne famille de
Paris qui a donné un Maiſtre
des Requeſtes , & pluſieurs
Conſeillers au Parlement , &
pluſieurs Maiſtres des Compres
,& elle s'eſt alliée aux fa-
Mars 1715 . T
218 MERCURE
milles de Colbert , de Guenegault
, de Sainte Marthe, l'Archer
, Brodeau , & autres confiderables
de laRobe.
Meffire Pierre d'Arros , Baron
d'Argelos , Brigadier des
Armées du Roy, mourut le 1 .
Mars. Il avoit toûjours ſervy
avec beaucoup de réputation ,
oùil fortit de la Maiſon d'Arros
en Bearn où eſt ſituée la
Terre de ce nom , l'une des
douze Baronnies de ce Pays ,
& qui eſt entrée par alliance
dans une branche cadette de
la Maiſon de Gontaud Biron
qui en porte encore le nom.
GALANT. 219
M. d'Argelos laufe un neveu
auſſi nomméleBaron d'Argelos
, Colonel du Regiment de
Languedoc.
M. Morin, Docteur Regent
de la Faculté de Medecine de
Paris , & l'un des Meſſieurs de
l'Académie Royale des Sciences,
mourut le 2.Mars.
Dame Marie de Hemant ;
veuve deCharles deRougeon,
Chevalier del Ordre Militaire
de S. Loüis , & cy-devantLieutenant
pour le Roy au Neuf
Briſack , mourut le 9. Mars .
Emmanuel - Theodoſe de
la Tour , Cardinal , Doyen du
Tij
220 MERCURE
Sacré College , Evêque d'Oltie
, & de Veletri , Docteur de
la Maiſon & Societé de Sorbonne
, Chanoine & grand
Prevoſt de l'Eglise de Liege ,
auſſi Chanoine de Strasbourg,
Abbé , Chef , & general Adminiſtrateur
de l'Ordre de
Cluny en Bourgogne , auffi
Abbé des Abbayes de faint
Oüen de Roüen , de S. Waaft
d'Arras , de S. Amanden Flandres
, de S. Martin de Pontriſe,
de Tournus en Bourgogne,
de Vicogne , & deS. Pierre de
Beaujeu , cy - devant grand
Aumônier de France , Com
GALANT. 221
mandeur des Ordres du Roy ,
mourut à Rome le 2. Mars. Il
étoit né le 24. Août 1644. fut
fait Cardinal à la recommandation
du Roy par le Pape
Clement IX. le 5. Août 1669 .
fut pourvû de la Charge de
grand Aumônier de France&
desOrdres du Roy le 10. Decembre
1671. devint Doyen
du Sacré College en 1700. Il
étoit frere puîné de M. le Duc
de Boüillon , & de feu M. le
Comte d'Auvergne . La Maifon
de la Tour eſt une des
plus illuftres & des plus anciennes
du Royaume , & je
Tij
222 MERCURE
vous en ay parlé amplement
dans mon dernier Journal à
l'occaſion du mariage de M.
le Comtede laTour qui en eſt
cader , avec Mademoiselle de
Sainctot .
Meffire Nicolas le Camus
Seigneur de la Grange de
Bligny , de la Fortelle , & de
Clin,ConſeillerduRoi en tous
fesConſeils,Premier Preſident
de la Cour des Aydes de Paris
mourut le en réputation
d'un des plus grands
Magiſtrats que la France ait
eû depuis long temps : il fut
fait Premier Prefident de cette
GALANT. 223
Cour en 1672. aprés avoir
exercé la Charge de Conſeiller
au grandConfeil , &grand
Rapporteur en la Chancellerie
de France , puis celle de
Procureur General de la même
Cour des Aydes : il étoit
fils de Nicolas le Camus aufli
Procureur General de laCour
des Aydes ,& Conſeiller d'Etat
; & de Marie de la Barre ,
& petit fils de Nicolas le Camus
Secretaire du Roy , puis
Confeiller d'Etat ;& de Marie
Colbert : il avoit épouléMarie-
Geneviève l'Archer morte
en 1686. fille de Michel l'Ar-
Tiiij
224 MERCURE
cherMarquis d'Efternay, Prefident
en la Chambre des
Comptes de Paris , & de Marie
Merault , & il en avoit cu
entre autres enfans Nicolas le
Camus Seigneur de la Grange
duMilieu,& deBligny,Mailtre
des Requeſtes , nommé Premier
Preſident dela Cour des
Aydes en furvivance de ſon
pere le 7. Juin 1707. mort le
14. Avril 1712, laiffant de
fon mariage avec Dame Maric
Elifabeth l'Anglois de Villevrard
, Nicolas leCamus Seigneur
de la Grange du Milieu
&de Bligny , Confeiller de la
GALANT. 225
Cour des Aydes , nommé Premier
Preſident de la même
Cour en ſurvivance de ſon
aycul le 13. Mars 1714. qui a
épousé depuis peu Mademoiſelle
Beaugier riche heritiere ,
fille de M. Beaugier Fermier
general du Roy. Feu M. le
Camus Premier Preſident de
la Cour des Aydes , eſtoit
frere aîné de Meffire Jean le
Camus , Seigneur de Beaumetz
du port , & de S. Mandé
lez Paris , Maistre des Requêtes
ordinairede l'Hôtel du Roy ,
& Lieutenant Civil à Paris ,
mort le 28. Juillet 1710.
dans la réputation d'un des
226 MERCURE
plus éclairez & des meilleurs
Juges de noſtre temps. La
famille de le Camus s'eſt alliéc
aux familles de Colbert
Feydeau , Hannivel , Mennevilette
, Dagueſſeau , Pellot ,
Nicolaï , l'Archer , &c .
Dame Anne leMaite,Epouſe
de Meffire Denis Simon de
Mauroy , Chevalier de l'Ordre
Militaire de S. Loüis , Maréchal
de Camp , Maréchal
general des Logis & Armées
du Roy , Inſpecteur general
de ſa Cavalerie , & Gouverneurde
la Ville& du Château
de Taraſcon , mourut le 9. de
ce mois , laiſſant des enfants.
M. deMauroy ſon mary eſt
fils de Denis de Mauroy , Scigneur
de la Magdelaine , Au
diteur
GALANT. 209
diteur des Comptes à Paris ,
&de Françoiſe Hurlot , & petit
fils d'Honoré de Mauroy ,
Seigneur de Verrier ſur Seine ,
& de Batilli , Intendant du
Duc d'Epernon ,dont il a écrit
la vie ,& Secretaire du Roy ,
&de Bonne le Liévre.
Meffire François de S. Nec
taire , Marquis de S. Victour ,
Seigneur de Brillac , mourut
le 24 de ce mois. La Maiſon
de S. Nectaire , dont il étoir
forty , eſt originaire de la-Province
d'Auvergne ,& une des
plus anciennes & des plus illuftres
du Royaume ,&la ge
Mars 1715. S
210 MERCURE
nealogie eneſt rapportée dans
la derniere hiſtoire des grands
Officiers de la Couronne au
chapitre des Maréchaux de
France.
Leonard Forcet , Ecuyer
Conſeiller-Secretaire duRoy,
cy devant Fermier general, &
Treforier general des Bâtimens
de Sa Majesté , mourut
le 10. de ce mois. Il étoit fils
de Jacques Forcet , Maiſtre
dHoſtel du Roy , & de Catherine
d'Arbonne , & il laiffe
pluſieurs enfans de fon mariage
avec Charlote Blondel de
Joigny de Belle brune.
GALANT. 211
Dame Anne le Pileur
Epouſe de Meffire PierreMufnier
, Seigneur de Mauroy &
de S. Auguſtin , Correcteur
des Comptes , mourut le 17.
dece mois.
M. le Comte de Gizaucourt
Lieutenant de Roy au Gouvernement
de Champagne ,
ci-devant Sous- Lieutenant des
Gendarmes de la Reine , eft
mort le 3. Mars dernier , dans
fon Château de Gizaucourt,
-âgé de 64. ans. Il laiſſe plu-
- ſieurs enfans de Dame Marie-
Charlote du Walk ſon Epouſe,
fille du Conte de Dame
:
Sij
212 MERCURE
pierre,qui a été tué au Siege de
Candie. M. le Comte de Gizaucourt
eſtoit fils de feu
M de Gizaucourt , Conſeiller
d'Erat , & de Dame Marie de
Turin.
2 Pierre Dipy , Secretaire Interprete
ordinaire du Roy ,
& de S. A. S. Monfieur le
Comte de Toulouſe, mourut
le 11. Février 1715. Il avoic
fuccedé au ſieur Dipy ſon
oncle Arabe , fort verſé dans
lés Langues Orientales .
Dame Marie Elifabeth le
Moyne , Epouse de Meſſire
Loüis Idiſon ,Chevalier , anGALANT.
213
cien Grand Mailtre des Eaux
& Foreſts de France , au départementd'Orleans
, mourut
le 11. Février , laiſſant quelques
enfans dans le ſervice.
Jean Charles le Comte ,
Correcteur de la Chambre
des Comptes , mourut le 12 .
Février .
Frere Claude-Gabriël Teftu
de Balincourt,Chevalier de
l'Ordre de S Jean de Jerufalem
, mourut le 13. Février :
la Famille de Teſtu eſt originaire
de Normandie , &
également diftinguée dans la
Robe , & dans l'Epée ; elle a
114 MERCURE
donné pluſieurs Capitaines au
Regiment des Gardes Francoiſes
, pluſieurs Chevaliers de "
Malthe, & pluſieurs Confeillers
au Parlement de Paris &
auGrand Confeil , & la Charge
de Chevalier du Guet de
cette Ville a eſté longtemps
poſſedée de pere en fils par les
Seigneurs de Villers , cadets
des Seigneurs de Balincourt,
elle s'eſtalliée aux Maiſons de
d'Ailly d'Annery , de Chaumejan
, de Fourilles , de Broc
S. Mars , & aux Familles de
Barjot Mouſſi , de Sere , de
Maſparault , Bauquemare de
le Maître , &c.
GALANT.
f
11
Meſſire Denis Huguet,Con
feiller de la grande Chambre
du Parlement , mourut le 17 .
de Février, laiſſant deMarguerite
de Turmenyes de Nointel
, pour fille unique , Dame
Elifabeth - Marguerite
Huguet , riche heritiére , mariée
depuis peu à M. le Comte
de Roucy , de la Maiſon dela
Rochefoucault . Il eſtoit fils de
Simon Huguet , Secretaire du
Roy , & forty d'une famille
originaire de la Ville d'Orleans
, où elle fubſiſte encore
à prefent , &de laquelle font
auffi Meffieurs Huguetde Se-
ト
216 MERCURE
monville Conſeillers au Pari
lement..
M. de la Forest d'Armaillé
Conſeiller au Parlement , eſt
monté à la grandChambre à
la place de feu M. Huguet. H
eſt d'une famille de Bretagne
diftinguée dans la Robe.
Dame Suſanne Fornier de
Montagny , Epouſe de Meffire
René Mérault , Cheva
- lier Seigneur de Villeron , Im
merville , Montminard , &
Conſeiller de la grand Cham
bre du Parlement , mourut le
26. Février , laiſſant pluſieurs
enfans encore jeunes : elle
étoit
GALANT. 217
étoit foeur de M. Fornier de
Montagny, Conſeiller au Parlement
, &fille de Claude Fornier
, Seigneur deMontagny ,
Préſident des Treſoriers de
France , & grand Voyer de la
Generalité de Paris . M. Merault
a auſſi des enfans de fon
premier mariage avec Dame
Elizabeth le Boiſtel d'Ambriere
ſa premiere femme , &
il eſt d'une ancienne famille de
Paris qui a donné un Maiſtre
des Requeſtes , & pluſieurs
Conſeillers au Parlement , &
pluſieurs Maiſtres des Compres
,& elle s'eſt alliée aux fa-
Mars 1715 . T
218 MERCURE
milles de Colbert , de Guenegault
, de Sainte Marthe, l'Archer
, Brodeau , & autres confiderables
de laRobe.
Meffire Pierre d'Arros , Baron
d'Argelos , Brigadier des
Armées du Roy, mourut le 1 .
Mars. Il avoit toûjours ſervy
avec beaucoup de réputation ,
oùil fortit de la Maiſon d'Arros
en Bearn où eſt ſituée la
Terre de ce nom , l'une des
douze Baronnies de ce Pays ,
& qui eſt entrée par alliance
dans une branche cadette de
la Maiſon de Gontaud Biron
qui en porte encore le nom.
GALANT. 219
M. d'Argelos laufe un neveu
auſſi nomméleBaron d'Argelos
, Colonel du Regiment de
Languedoc.
M. Morin, Docteur Regent
de la Faculté de Medecine de
Paris , & l'un des Meſſieurs de
l'Académie Royale des Sciences,
mourut le 2.Mars.
Dame Marie de Hemant ;
veuve deCharles deRougeon,
Chevalier del Ordre Militaire
de S. Loüis , & cy-devantLieutenant
pour le Roy au Neuf
Briſack , mourut le 9. Mars .
Emmanuel - Theodoſe de
la Tour , Cardinal , Doyen du
Tij
220 MERCURE
Sacré College , Evêque d'Oltie
, & de Veletri , Docteur de
la Maiſon & Societé de Sorbonne
, Chanoine & grand
Prevoſt de l'Eglise de Liege ,
auſſi Chanoine de Strasbourg,
Abbé , Chef , & general Adminiſtrateur
de l'Ordre de
Cluny en Bourgogne , auffi
Abbé des Abbayes de faint
Oüen de Roüen , de S. Waaft
d'Arras , de S. Amanden Flandres
, de S. Martin de Pontriſe,
de Tournus en Bourgogne,
de Vicogne , & deS. Pierre de
Beaujeu , cy - devant grand
Aumônier de France , Com
GALANT. 221
mandeur des Ordres du Roy ,
mourut à Rome le 2. Mars. Il
étoit né le 24. Août 1644. fut
fait Cardinal à la recommandation
du Roy par le Pape
Clement IX. le 5. Août 1669 .
fut pourvû de la Charge de
grand Aumônier de France&
desOrdres du Roy le 10. Decembre
1671. devint Doyen
du Sacré College en 1700. Il
étoit frere puîné de M. le Duc
de Boüillon , & de feu M. le
Comte d'Auvergne . La Maifon
de la Tour eſt une des
plus illuftres & des plus anciennes
du Royaume , & je
Tij
222 MERCURE
vous en ay parlé amplement
dans mon dernier Journal à
l'occaſion du mariage de M.
le Comtede laTour qui en eſt
cader , avec Mademoiselle de
Sainctot .
Meffire Nicolas le Camus
Seigneur de la Grange de
Bligny , de la Fortelle , & de
Clin,ConſeillerduRoi en tous
fesConſeils,Premier Preſident
de la Cour des Aydes de Paris
mourut le en réputation
d'un des plus grands
Magiſtrats que la France ait
eû depuis long temps : il fut
fait Premier Prefident de cette
GALANT. 223
Cour en 1672. aprés avoir
exercé la Charge de Conſeiller
au grandConfeil , &grand
Rapporteur en la Chancellerie
de France , puis celle de
Procureur General de la même
Cour des Aydes : il étoit
fils de Nicolas le Camus aufli
Procureur General de laCour
des Aydes ,& Conſeiller d'Etat
; & de Marie de la Barre ,
& petit fils de Nicolas le Camus
Secretaire du Roy , puis
Confeiller d'Etat ;& de Marie
Colbert : il avoit épouléMarie-
Geneviève l'Archer morte
en 1686. fille de Michel l'Ar-
Tiiij
224 MERCURE
cherMarquis d'Efternay, Prefident
en la Chambre des
Comptes de Paris , & de Marie
Merault , & il en avoit cu
entre autres enfans Nicolas le
Camus Seigneur de la Grange
duMilieu,& deBligny,Mailtre
des Requeſtes , nommé Premier
Preſident dela Cour des
Aydes en furvivance de ſon
pere le 7. Juin 1707. mort le
14. Avril 1712, laiffant de
fon mariage avec Dame Maric
Elifabeth l'Anglois de Villevrard
, Nicolas leCamus Seigneur
de la Grange du Milieu
&de Bligny , Confeiller de la
GALANT. 225
Cour des Aydes , nommé Premier
Preſident de la même
Cour en ſurvivance de ſon
aycul le 13. Mars 1714. qui a
épousé depuis peu Mademoiſelle
Beaugier riche heritiere ,
fille de M. Beaugier Fermier
general du Roy. Feu M. le
Camus Premier Preſident de
la Cour des Aydes , eſtoit
frere aîné de Meffire Jean le
Camus , Seigneur de Beaumetz
du port , & de S. Mandé
lez Paris , Maistre des Requêtes
ordinairede l'Hôtel du Roy ,
& Lieutenant Civil à Paris ,
mort le 28. Juillet 1710.
dans la réputation d'un des
226 MERCURE
plus éclairez & des meilleurs
Juges de noſtre temps. La
famille de le Camus s'eſt alliéc
aux familles de Colbert
Feydeau , Hannivel , Mennevilette
, Dagueſſeau , Pellot ,
Nicolaï , l'Archer , &c .
Fermer
42
p. 196-215
Morts. [titre d'après la table]
Début :
Messire Jean-Baptiste Roüillé, Comte de Meslay le Vidame, ancien [...]
Mots clefs :
Fils, Paris, Dame, Armées du roi, Parlement de Paris, Marquise , Veuve, Seigneur, Femme, Marquis, Conseiller
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texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
Meffire Jean-Baptiste Roüil
4
GALANT. 197
1
lé , Comte de Meſlay le Vidame
, ancien Conſeiller au Parlement
de Paris , où il fut receu
le 28. Juillet 1679. mourut
en ſon Chaſteau de Meflay en
Beaucele... Mai , laiſſant un
fils unique fres-riche de fon
mariage avec fenë Dame Anne
1 Catherine de la Briffe morte
11 le 22 Février 1701. filled Armand
de la Be, Marquis de
| Ferrieres , Focureur General
au Parlement de Paris , & de
Marthe-Agnés Potier de Novion
ſa premiere femme. M.
de Meſlay eſtoit frere de feuë
Dame Marie- Anne Roüillé ,
Riij
198 MERCURE
femme de Meffire Charles-
Denis de Bullion , Marquis de
Gallardon , Prevoft de Paris ,
&Gouverneur des Provinces
du Maine , Perche & Comté
de Laval, mourusle 29. Sep.
tembre 1714 lamant entre
autres enfans M. le Marquis de
Fervacques , Madame la Ducheſſe
d'Uzés , & Madame la
Princefle de Tatmond, deDa
meMarguerite ThereseRoüillé
, femme de Meflire Jean-
Baptifte François ,Marquis de
Noailles , puis de feu Meffire
Jan Armand du Pleflis deWignerot,
Duc de Richelieu,Pair
CALANT. 199
1
de France , Chevalier des Ordres
du Roy ,& mere de Madame
la Ducheffe de Fronfac
d'à preſent , & de Dame Elifabeth
Roüillé , femme de Meffire
Etienne JeanBouchu,Mar--
quis de Leſſart, Conſeiller d'EdeMadame
laComi
tat , mere
teffe de Teflé , Grande d'Eſpagne
, belle fille de M. leMarêchal
de Teffé. Il eſtoit fils de
feuMeſſire JeanRoüillé,Comte
deMeſlay le Vidame , Confeiller
d'Etat ordinaire mort
en 1698. & de Dame Marie
de Comans d'Aftrie ſa veuve.
Il eſt peu de familles à Paris
Riny
LYON
*1893 *
E
200 MERCURE
plus étenduës & auffi bien alliées
que celle de Roüillé le
fieur Roüillé de la Grandcour
là preſent vivant ſans Charge
&fansêtremarié en eſt lechef,
&il a pour cadets M. Roüillé
de Meſlay, fils de celui qui a
donné lieu à cet article, M.
Roüillédu Coudray ,Confeiller
d'Etat ordinaire , & ci- devant
Directeur general des Finances
, & M. Roüillé de Marbeuf,
Préſident augrand.Conſeil,
fils de feu M. Roüillé de
Marbeuf , Ambaſſadeur Extraordinaire
en Portugal.
DameGabrielledeGaribal,
GALANT. 201
veuve de Meſſire Gabriël Niscolas
, Seigneur de la Reynie ,
du Trelaye&de Vicen Limoafin,
ancien Lieutenantgenetal
de Police à Paris , mort Doïen.
des Conſeillers d'Etat le 14.
Mai 17093 mourutle . Mai
&fut/enterrée auprés de fon
| -mari dans leCimetiere de ſaint
Joſeph dépendant de la Paroiffe
S. Eustache ,ſans aucune
ceremonic , comme elle l'avoit
ordonné. Elle a laiſſe entre autres
enfans Dame Gabrielle
Nicolasde la Reynic,mariée en
1700. avec Jean Loüis Habert
202 MERCURE
deMontmort, Maiſtredes Re
queſtes ordinaire de l'Hoſtel
du Roi , & Intendant des Galeres
à Marseille. Elle étoit fille
'de Jean de Garibal , Baron de
S. Sulpice, Maiſtre des Requê.
tes,& Préſident au grandConfeil
, &de Jeanne Berthier de
Montrave. La Famille de Garibal
étoit autrefois confiderable
dans Toulouſe , & elle eft
à preſent éteinte ; pour celle
deNicolas elle est originaire de
Limoges.
Meſſire Antoine de Montlezun,
Baron deBuſca, Lieute-
J
GALANT . 203
nant General des Armées du
Roy , & Gouverneur d'Aiguemortes
, mourut le 27 .
May , aprés plus de 70. années
de ſervice : il eſtoit fils de François
de Montlezun , Baron de
Busca en Condomois & de
Liances en Boulonois , & de
Marie de Tuſtal: il avoit époufé
Marie Magdelaine Hamar
femme de chambre de S. A. R.
Madame,& fille de Jean Hamar
Gentilhomme ordinaire
de Monfieur le Duc d'Orleans
& Marie Bourde premiere
Nourrice de Monfieur , &
204 MERCURE
premiereFemme deChambre
de Madame , & il en laiſſe entre
autres enfans M. l'Abbé
de Buſca Abbé de Longuilliers
: Meffieursde Bufca font
enpoſſeſſion depuis un temps
affez confiderable, deporter le
nom& les armes de laMaiſon
de Montlezun , l'une des plus
puiſſantes de la Guyenne , &
fortie ſelon le témoignage de
pluſieurs bons Auteurs, des
anciens Rois de Navarre. 10
M Jean Faure Baron de
Dampmart & de Brumieres ,
Conſeiller au Parlement de PaGALANT.
205
S
ris , où il avoit été reçû le 20.
Juin 1685. mourut le 1. Juin ; il
avoit épousé Françoiſe de la
Dehors d'une ancienne famille
de Paris, & il étoit fils de Loüis
Faure Baron de Dampmart &
de Brumieres auſſi Conſeiller
auParlement mort en 168 5.&
de Maric Heiffin,&petit fils de
Jean Faure Sicur deBrumieres,
chaufecire de laChancellerie
de France,& de Peronne Targer.
shahang
Dame Anne Voillaud ,Damede
Meaucede Barge&& des
Granges, Veuve deM. Jean206
MERCURE
Baptiste de Merigot , Cheval
lier des Ordres Royaux &Militaires
de Nôtre Dame de
Mont Carmel & de Saint Lazare
mourut le 3. Meſſicurs
de Merigot établis dans la
Marche & dans le Bourbonnois
font d'une Nobleſſe diftingués.
All this toob
DameAnne Neyret de laRavoye
, femme de Meſſire Loüis
duPleſſis - Chaſtillon Marquis,
dudit lieu & de Nonant , Colonel
auRegiment deProvence
& Brigadier des Armées du
Roi , mourut le s. agée de21 .
GALANT. 207.
ans , laiſſant un fils unique :
elle a eſté generalement regret.
tée , & fur tout de Madame la
Marquiſe de Nonant ſa belle
mere quia donné hautement
degrandes éloges aux diſpoſitions
qu'elle avoit faites par fon
- Teſtament en faveur de fes
domeſtiques ;quoiqu'il n'y cut
que trois ans qu'ils étoient à
ſon ſervice. Elle estoit ſoeur de
Madamela Marquiſe de Lanmary
, femme du Marquis de
- ce nom , Grand Echançon de
France , & de Mademoiſelle
de la Ravoye mariée depuis
peu avec M'le Coigneux de
208 MERCURE
ai-
Belarbre Colonel d'un Regiment
de fon nom . La Mai
fon du Pleſſis Chaſtillonde laquelle
fort M' le Marquis du
Pleſſis Chaſtillon eſt originairedu
Mans, oùeſt ſituée la terre
de ce nom , & elle eſt du
nombre de celles qui ſans être
decoréed'aucunegrande charge
ne laiſſent pas par leur ancienneté
& leurs alliances d'ê .
tres miſes dans un rang confiderable.
Madame la Marquiſe de
Nonant ſa Mere eſt de la famille
de Fradet une des plus riches
&d spremieres delaVil-
2
Ic
GALANT. 209
1
コ
i
1
le de Bourgesen Berry , &par
le mariage que Jean Fradet ſon
pere Seigneur de S. Aouft Lieutenant
General de l'Artilleric
de France , cut l'honneur de
contracter avec Jeanne Maric
de S. Gelais , dite de Luzignan,
de l'ancienne Maiſonde S. Ge
lais en Poitou , elle a l'honneur
de même que Monfieur
fon fils d'être alliée à tout
Ice qu'il y a de grand &de plus
bbrriillllaanntt àlaCour.
Dame Deniſe Renée de la
Croix Veuve de Meffire Arnous
Marin , Seigneur de la
Chafteigneraye premier Prefi
Juin 1715. S
210 MERCURE
dent au Parlement de Provence
mort le 20. Avril 1699 .
mourut le 15. clle étoir fille de
Pierre de la Croix , Secretaire
du Roy & Receveur General
desFinances à Paris & de Jeanne
Guyon. Feu M². Marin fon
fon mary , avoit épousé en
premieres nocesDame.
de Fourbin , fille de Meſſire
•
Henry de Maynier de Fourbin
Baron d'Oppede , Premier
PrefidentaauuPPaarrlleemmeennttde Provence
& de Dame Marie
Thereſe de Pontevez ; & il en
avoir eu entre autres enfans le
د
S'.Matinde laChafteigneraye,
•
GALANT. 211
L
à preſent ſous Brigadier de la
premiere Compagnie des
Mouſquetaires & Chevalier
de l'Ordre Militaire de Saint
Loüis : il eſtoit fils de Denis
Marin St. de laChateigneraye
de Moulleron& d'Antigni , Intendant
des Finances & Confeiller
d'Etat ordinaire , mort
en 1678. il étoit natifd'Auxonne
en Bourgogne , & le
premierde ſa famille.
Meffire François de NefmondEvêque
de Bayeux, Ab
bédeS Pierre deChezy ,Prieur
rut le
de la Voute & de Rully , moude
ce mois , il avoir
Sij
212 MERCURE
eſté nommé à cet Evêché dés
l'an 1661. & eſtoit frere de
feu Guillaume de Neſmond
Seigneur de S. Dizan Preſident
àMortier au Parlementde Paris
, mort ſans enfans de Marguerite
de Beauharnois , &de
Henry de Neſmond Seigneur
de S. Dizan Maiſtre des Requeſtes
mort auſſi ſans enfans
de Catherine Boucherat ſa
femme , fille de Loüis Boucherat
mort Chancelier de
France. Ils eſtoient tous trois
fils de François Theodore de
Neſmond Seigneur de S. Di
zan Preſident à Mortier au
GALANT . 213
Parlement de Paris , & d'Anlement
d
ne de Lamoignon , petits fils
d'AndrédeNefmondSeigneur
deS. Dizan premier Preſident
au Parlement de Bordeaux ,&
arriere petit fils de François
de Neſmond pourvû d'un
Office de Prefident à Mortier
au Parlement de Bordeaux le
27. Aouſt 1572. roceolhoo
Feu M. l'Evêque de Bayeux
étoit oncle à la mode de Bre
ragne ,de Dame Marie Loüife
Catherine de Neſmond veuve
depuis peu de Meffire Louis
François d'Harcourt Comte
deSezanne, LieutenantGene**
4 MERCURE
ral des Armées du Roy &
Chevalier de la Toiſon d'or
frere puiſné de Mole Maréchal
Ducd'Harcourt, fille d'André
deNeſmond , fi connu fous
le nom du Marquis de Nefmond
Lieutenant General des
Armées Navalles , & Com.
mandeur de l'Ordre Militaire
de S. Louis.
La Famille de Neſmond
eſt originairede la Ville d'An
gouleſme , où elle ſubſiſte encore
dans les Seigneurs des
Etangs , de la Paignerie , & de
Brie-Neſmond , & outre les
alliances qu'elle a faites à Paris
1
GALANT. 215
$
S$
avec les familles de Lamoi
gnon &deBoucherat , elle en
a priſes dans l'Angoumois
avec les Maiſons de Rochechouart
de Voluire , de Lambertre
, de Chaſtaigner , &
dans celles de Montalambert,
de Caumont , Dadou , de la
Chetardie , & de Beaumont
Gibaut , &c.
4
GALANT. 197
1
lé , Comte de Meſlay le Vidame
, ancien Conſeiller au Parlement
de Paris , où il fut receu
le 28. Juillet 1679. mourut
en ſon Chaſteau de Meflay en
Beaucele... Mai , laiſſant un
fils unique fres-riche de fon
mariage avec fenë Dame Anne
1 Catherine de la Briffe morte
11 le 22 Février 1701. filled Armand
de la Be, Marquis de
| Ferrieres , Focureur General
au Parlement de Paris , & de
Marthe-Agnés Potier de Novion
ſa premiere femme. M.
de Meſlay eſtoit frere de feuë
Dame Marie- Anne Roüillé ,
Riij
198 MERCURE
femme de Meffire Charles-
Denis de Bullion , Marquis de
Gallardon , Prevoft de Paris ,
&Gouverneur des Provinces
du Maine , Perche & Comté
de Laval, mourusle 29. Sep.
tembre 1714 lamant entre
autres enfans M. le Marquis de
Fervacques , Madame la Ducheſſe
d'Uzés , & Madame la
Princefle de Tatmond, deDa
meMarguerite ThereseRoüillé
, femme de Meflire Jean-
Baptifte François ,Marquis de
Noailles , puis de feu Meffire
Jan Armand du Pleflis deWignerot,
Duc de Richelieu,Pair
CALANT. 199
1
de France , Chevalier des Ordres
du Roy ,& mere de Madame
la Ducheffe de Fronfac
d'à preſent , & de Dame Elifabeth
Roüillé , femme de Meffire
Etienne JeanBouchu,Mar--
quis de Leſſart, Conſeiller d'EdeMadame
laComi
tat , mere
teffe de Teflé , Grande d'Eſpagne
, belle fille de M. leMarêchal
de Teffé. Il eſtoit fils de
feuMeſſire JeanRoüillé,Comte
deMeſlay le Vidame , Confeiller
d'Etat ordinaire mort
en 1698. & de Dame Marie
de Comans d'Aftrie ſa veuve.
Il eſt peu de familles à Paris
Riny
LYON
*1893 *
E
200 MERCURE
plus étenduës & auffi bien alliées
que celle de Roüillé le
fieur Roüillé de la Grandcour
là preſent vivant ſans Charge
&fansêtremarié en eſt lechef,
&il a pour cadets M. Roüillé
de Meſlay, fils de celui qui a
donné lieu à cet article, M.
Roüillédu Coudray ,Confeiller
d'Etat ordinaire , & ci- devant
Directeur general des Finances
, & M. Roüillé de Marbeuf,
Préſident augrand.Conſeil,
fils de feu M. Roüillé de
Marbeuf , Ambaſſadeur Extraordinaire
en Portugal.
DameGabrielledeGaribal,
GALANT. 201
veuve de Meſſire Gabriël Niscolas
, Seigneur de la Reynie ,
du Trelaye&de Vicen Limoafin,
ancien Lieutenantgenetal
de Police à Paris , mort Doïen.
des Conſeillers d'Etat le 14.
Mai 17093 mourutle . Mai
&fut/enterrée auprés de fon
| -mari dans leCimetiere de ſaint
Joſeph dépendant de la Paroiffe
S. Eustache ,ſans aucune
ceremonic , comme elle l'avoit
ordonné. Elle a laiſſe entre autres
enfans Dame Gabrielle
Nicolasde la Reynic,mariée en
1700. avec Jean Loüis Habert
202 MERCURE
deMontmort, Maiſtredes Re
queſtes ordinaire de l'Hoſtel
du Roi , & Intendant des Galeres
à Marseille. Elle étoit fille
'de Jean de Garibal , Baron de
S. Sulpice, Maiſtre des Requê.
tes,& Préſident au grandConfeil
, &de Jeanne Berthier de
Montrave. La Famille de Garibal
étoit autrefois confiderable
dans Toulouſe , & elle eft
à preſent éteinte ; pour celle
deNicolas elle est originaire de
Limoges.
Meſſire Antoine de Montlezun,
Baron deBuſca, Lieute-
J
GALANT . 203
nant General des Armées du
Roy , & Gouverneur d'Aiguemortes
, mourut le 27 .
May , aprés plus de 70. années
de ſervice : il eſtoit fils de François
de Montlezun , Baron de
Busca en Condomois & de
Liances en Boulonois , & de
Marie de Tuſtal: il avoit époufé
Marie Magdelaine Hamar
femme de chambre de S. A. R.
Madame,& fille de Jean Hamar
Gentilhomme ordinaire
de Monfieur le Duc d'Orleans
& Marie Bourde premiere
Nourrice de Monfieur , &
204 MERCURE
premiereFemme deChambre
de Madame , & il en laiſſe entre
autres enfans M. l'Abbé
de Buſca Abbé de Longuilliers
: Meffieursde Bufca font
enpoſſeſſion depuis un temps
affez confiderable, deporter le
nom& les armes de laMaiſon
de Montlezun , l'une des plus
puiſſantes de la Guyenne , &
fortie ſelon le témoignage de
pluſieurs bons Auteurs, des
anciens Rois de Navarre. 10
M Jean Faure Baron de
Dampmart & de Brumieres ,
Conſeiller au Parlement de PaGALANT.
205
S
ris , où il avoit été reçû le 20.
Juin 1685. mourut le 1. Juin ; il
avoit épousé Françoiſe de la
Dehors d'une ancienne famille
de Paris, & il étoit fils de Loüis
Faure Baron de Dampmart &
de Brumieres auſſi Conſeiller
auParlement mort en 168 5.&
de Maric Heiffin,&petit fils de
Jean Faure Sicur deBrumieres,
chaufecire de laChancellerie
de France,& de Peronne Targer.
shahang
Dame Anne Voillaud ,Damede
Meaucede Barge&& des
Granges, Veuve deM. Jean206
MERCURE
Baptiste de Merigot , Cheval
lier des Ordres Royaux &Militaires
de Nôtre Dame de
Mont Carmel & de Saint Lazare
mourut le 3. Meſſicurs
de Merigot établis dans la
Marche & dans le Bourbonnois
font d'une Nobleſſe diftingués.
All this toob
DameAnne Neyret de laRavoye
, femme de Meſſire Loüis
duPleſſis - Chaſtillon Marquis,
dudit lieu & de Nonant , Colonel
auRegiment deProvence
& Brigadier des Armées du
Roi , mourut le s. agée de21 .
GALANT. 207.
ans , laiſſant un fils unique :
elle a eſté generalement regret.
tée , & fur tout de Madame la
Marquiſe de Nonant ſa belle
mere quia donné hautement
degrandes éloges aux diſpoſitions
qu'elle avoit faites par fon
- Teſtament en faveur de fes
domeſtiques ;quoiqu'il n'y cut
que trois ans qu'ils étoient à
ſon ſervice. Elle estoit ſoeur de
Madamela Marquiſe de Lanmary
, femme du Marquis de
- ce nom , Grand Echançon de
France , & de Mademoiſelle
de la Ravoye mariée depuis
peu avec M'le Coigneux de
208 MERCURE
ai-
Belarbre Colonel d'un Regiment
de fon nom . La Mai
fon du Pleſſis Chaſtillonde laquelle
fort M' le Marquis du
Pleſſis Chaſtillon eſt originairedu
Mans, oùeſt ſituée la terre
de ce nom , & elle eſt du
nombre de celles qui ſans être
decoréed'aucunegrande charge
ne laiſſent pas par leur ancienneté
& leurs alliances d'ê .
tres miſes dans un rang confiderable.
Madame la Marquiſe de
Nonant ſa Mere eſt de la famille
de Fradet une des plus riches
&d spremieres delaVil-
2
Ic
GALANT. 209
1
コ
i
1
le de Bourgesen Berry , &par
le mariage que Jean Fradet ſon
pere Seigneur de S. Aouft Lieutenant
General de l'Artilleric
de France , cut l'honneur de
contracter avec Jeanne Maric
de S. Gelais , dite de Luzignan,
de l'ancienne Maiſonde S. Ge
lais en Poitou , elle a l'honneur
de même que Monfieur
fon fils d'être alliée à tout
Ice qu'il y a de grand &de plus
bbrriillllaanntt àlaCour.
Dame Deniſe Renée de la
Croix Veuve de Meffire Arnous
Marin , Seigneur de la
Chafteigneraye premier Prefi
Juin 1715. S
210 MERCURE
dent au Parlement de Provence
mort le 20. Avril 1699 .
mourut le 15. clle étoir fille de
Pierre de la Croix , Secretaire
du Roy & Receveur General
desFinances à Paris & de Jeanne
Guyon. Feu M². Marin fon
fon mary , avoit épousé en
premieres nocesDame.
de Fourbin , fille de Meſſire
•
Henry de Maynier de Fourbin
Baron d'Oppede , Premier
PrefidentaauuPPaarrlleemmeennttde Provence
& de Dame Marie
Thereſe de Pontevez ; & il en
avoir eu entre autres enfans le
د
S'.Matinde laChafteigneraye,
•
GALANT. 211
L
à preſent ſous Brigadier de la
premiere Compagnie des
Mouſquetaires & Chevalier
de l'Ordre Militaire de Saint
Loüis : il eſtoit fils de Denis
Marin St. de laChateigneraye
de Moulleron& d'Antigni , Intendant
des Finances & Confeiller
d'Etat ordinaire , mort
en 1678. il étoit natifd'Auxonne
en Bourgogne , & le
premierde ſa famille.
Meffire François de NefmondEvêque
de Bayeux, Ab
bédeS Pierre deChezy ,Prieur
rut le
de la Voute & de Rully , moude
ce mois , il avoir
Sij
212 MERCURE
eſté nommé à cet Evêché dés
l'an 1661. & eſtoit frere de
feu Guillaume de Neſmond
Seigneur de S. Dizan Preſident
àMortier au Parlementde Paris
, mort ſans enfans de Marguerite
de Beauharnois , &de
Henry de Neſmond Seigneur
de S. Dizan Maiſtre des Requeſtes
mort auſſi ſans enfans
de Catherine Boucherat ſa
femme , fille de Loüis Boucherat
mort Chancelier de
France. Ils eſtoient tous trois
fils de François Theodore de
Neſmond Seigneur de S. Di
zan Preſident à Mortier au
GALANT . 213
Parlement de Paris , & d'Anlement
d
ne de Lamoignon , petits fils
d'AndrédeNefmondSeigneur
deS. Dizan premier Preſident
au Parlement de Bordeaux ,&
arriere petit fils de François
de Neſmond pourvû d'un
Office de Prefident à Mortier
au Parlement de Bordeaux le
27. Aouſt 1572. roceolhoo
Feu M. l'Evêque de Bayeux
étoit oncle à la mode de Bre
ragne ,de Dame Marie Loüife
Catherine de Neſmond veuve
depuis peu de Meffire Louis
François d'Harcourt Comte
deSezanne, LieutenantGene**
4 MERCURE
ral des Armées du Roy &
Chevalier de la Toiſon d'or
frere puiſné de Mole Maréchal
Ducd'Harcourt, fille d'André
deNeſmond , fi connu fous
le nom du Marquis de Nefmond
Lieutenant General des
Armées Navalles , & Com.
mandeur de l'Ordre Militaire
de S. Louis.
La Famille de Neſmond
eſt originairede la Ville d'An
gouleſme , où elle ſubſiſte encore
dans les Seigneurs des
Etangs , de la Paignerie , & de
Brie-Neſmond , & outre les
alliances qu'elle a faites à Paris
1
GALANT. 215
$
S$
avec les familles de Lamoi
gnon &deBoucherat , elle en
a priſes dans l'Angoumois
avec les Maiſons de Rochechouart
de Voluire , de Lambertre
, de Chaſtaigner , &
dans celles de Montalambert,
de Caumont , Dadou , de la
Chetardie , & de Beaumont
Gibaut , &c.
Fermer
43
p. 237-257
Morts. [titre d'après la table]
Début :
Messire Claude de Longüeil President à Mortier du Parlement, Marquis [...]
Mots clefs :
Président, Parlement, Seigneur, Chevalier, Gouverneur, Ambassadeur, Normandie, Empereur, Gouverneur, Femme, Frère, Roi, Conseiller
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texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
MessireClaudede Longueil
President à Mortier du Parlemené,
Marquis de Maisons
& de Poissy
,
&c. mourut à
Paris le 22..d'Aoustâgé de
47, ans. ,.
ilLa Maison de Longueil
est trèsancienne. La Terre de
Longueil est située en Normandieprés
de Dieppe.
Le I.decette Maison dont
les Historiens fassent mention
est Adam Sire de Longiivil
Chevalier Banneret qui accompagna
Guillaume le Conquêrant
Duc de Normandie
en saconqueste d'Angleterre
l'an 1066. (V.du PontHist.
des Princes Normands p. 1 5 1.
du Moulin histoire de Normandie
p. 188. A. du Chesne
p il6. Blanchart55.&c.
- Ileût pour fils Guillaume I.
Sire de Longüeil qui eût pour
femme Berthe de Villiers du
Haumer.
Richard I.fils de Guillaume,
Gouverneur de S. Valery
épousa Gervaise de Tournebus.
Richard II. Sire de Longüeil
épousa Blanche de Teville
,
il eûr pour fils Henry L Sire de
Lonoü,ll & de Rumeny qui
épousaMarie de S. Denis.
Adam II.sonfils Seigneur
de Longüeil Gouverneur ds
Lisieux & Capitaine de la Garde
du Roy Philippes Auguste,
& son Echanson
,
épousa
Marie d'Estouteville.
GuillaumeII. son fils Seigneur
de Logüeil Warengeville,
Offrainville,&c. Capitaine
de 50. Lances,Chambellan
de Charles de France
Roy de Naples & de Sicile ,
fÛC, de sa premiere femme
Christine de Coëtivy Jean I.
& Pierre de LongüeilEvêque
du Mans, Ambassadeur pour
Philippes le Bel, vers Henry
VII. Empereur; & vers le
Pape Jean XXII. il se trouva
au Concile General de Vienne
en 1310. &c. sa seconde
femme fut Briande de Saulx.
Jean I. du nom Gouverneurde
Normandie & Commandant
pour le Roy l'hilip.
pe* de Valois&Jeansonfils
Duc
Duc de Normandie, épousa
Peronelle Bourgot.
-
1
- Il cût pour fils Geoffroy
MarcelI. du nom Seigneur
des mêmeslieux Gouverneur
de Pontoise
,
Chevalier de
l'Ordre de l'Etoile
,
Vicomte
d'Auge; il épousa Isabelle
d'Auge: il fut tué àla bataille
dePoitiers en1356.avecdeux
de ses fils.
,
Guillaume III. son fils, Chevalier
Seigneur des mêmes
lieux,Gouverneur de Caën &
de Dieppe,tué avec son frere
& son fils aîné en la bataille
d'Azincourt. Il épousaen premieres
nôces Gillette Lalleman
de Cherville
,
dont il eût Jean
II. Ilépousaen secondes nôces
Catherine de Bourquenoble,
dont il ciu Richard Olivier
Cardinal du Titre de S. Eusebe
,
Premier Président de la
Chambre des Comptes
,
Ministre
d'Etat fous le RoisCharlesVII.&
LoüisXI.Evêquede
Coutances, &c. Député par le
Pape Calixte III. pour revoir
le Procés de la Pucelle d'Orleans.
Il eO: enterré dansla Basilique
de S. Pierre de Rome où
l'on voir encore son Epiraphe
& les Armes de sa Maison.Ses
Armessontaussi à la Statuë de
S. Pierre de Rome que ce Cardinal
fit faire de bronze.
Jean II. étoit Ecclesiastique
& Conseiller du Parlement,
lorsque son pere & ses freres
furent tuez à la bataille d'Azincourt;
il quittal'état Ecclesiastique
&épousa Jeanne de
Bouju: il fut fait Président à
Mortier duParlementen1418.
il est enterré avec sa femme
dans leurChapelle des Cordeliers
: c' est le premier qui ait
possedé le Marquisat de Maisons.
JeanIII.son fils,Chevalier
Sire de Longuëil, Marquis de
Maisons, &c. l'un desquatre
Maistres deRequestes de rHô'.
tel, Lieutenant CIvIl, Prtfïdent
aux Reqúcns du Palais,
Ambassadeur à Rome& à Venise,
épousa Marie de Morvilliers,
fille de Philippes de Morvilliers,
Premier Président du
Parlement,& soeur de Pierre,
Chancelier de France.Il eftqft
frere de Pierre de Longuëil,
Evêque d'Auxerre, Grand-
Maître de la Chapelle du Duc
de Bourgogne,vulgairement
appellé le bon Evêque,& Conseiller
du Parlement.
Jean de Longuëil IV. du
nom ,
Seigneur de Maisons,
&c. Conseiller au Parlement,
Ambassadeur en Angleterre,
épousa Marie de Marie, fille
d'Arnoul de Marie, Président
à Mortier duParlement.Il étoit
frere d'Antoine de Longuëil,
Evêque de Leon en Bretagne,
Chancelier&GrandAumônier
de la Reine Anne de Bretagne,
femme de Charles VIII & de
Loüis XII. Ambassadeur vers
l'Empereur Maximilien pour leDuc de Bretagne ,& puis
Ambassadeur pour le Roy
CharlesVIII. vers le même
Empereur,&ensuiteversFerdinand
V. Roy d'Espagne:il
conclud la Paix avec 1 Empereur
Maximilien, & fut pere
naturel du fameux Christophe
Longuëil qui s'est distingué
dans lesLettres.»*
jean-de Longuëil V. du
nom,Chevalier Seigneur de
Maisons, de Sevre, &c. Conseiller
du Parlement,épousa
Marie Clutin de Villeparisis :
il eût un frere
,
tige des fleurs
des Chenets, &c.
:
Jean de Longuëil VI.du
nom, &c. Conseiller au Parler
ment, Président aux Enquêtes,&
Conseiller d'Etat fous
H.^niy II.épousa Marie de
Dormans
,
fille de Guillaume
Premier Président au Par lement
de Bourgogne:il estoit
frere de Pierre de Longuëil,
Chevaliede l'Ordre deS.Jean
de Jerusalem
,
Grand Prieur de Champagne.
Il eût aussi pour frcre Jacques
de Longuëil
,
Chevalier
Seigneur de Sevre, Chevalier
de l'Ordre de S. Michel,Maître
d'Hostelordinaire du Roy,
lequel a fait la Branche des
Longuëil de Sevre, dont il y a
encore aujourd'huy MffitCMacé
de Longuëll, Chevalier 1
Seigneur de Sevre, &Messire
Nicolas, qui ont servi jusqu'à
la Paix de Riswick, ils n'ont
point d'enfans.
Jean de Longuëil VII. &c.
Conseiller au Parlement,épousa
Marche le Maître, fillede
Gilles, Premier Président du
Parlement de Paris.
Jean de Longuëil VIII. du
nom, Maître desComptes,
ensuiteConseiller d'Etat,épousa
Magdelaine l' Huilliet de
Boulencout, dont est issu
René de Longuëil I. du
nom,Marquis de Maisons,
Premier Président de la Cour
des Aides, Président à Mortier
du Parlement, Ministre d'Etat,
Sur-Intendant des Finances,
Gouverneur des Villes & Châteaux
d'Evreux
,
S. Germain
en Laye, & Verfailles, Capitainedes
Chasses desdits lieux.
Ilépousa MagdelaineBoulene
de Crevecoeur Damede Grisolles,
de laquelle ilaeu
Jean de Longuëil X. du
nom ,
MarquisdeMaisons,
Maistre des Requestes,PtefidentàMortierdu
Parlement,
Chancelier de la Reine Anne
,d'Auui<:hc
, Gouverneur des
Villes&Châteaux de S. Germain
en Laye,& Versailles : il
épousaLoüise de Fieubet, de
laquelle il a eu J:an de Longuël
XI. du nom, Marquis de
Poissy, Conseiller au Parlement,
mort sans posterité
,
&
ClaudedeLongueil, Murquis
de Maisons & dePoissy,
&c Président à Mortier,qui
avoit épouséD^moifclIcCharlote
Rocque de Varengeville.
Dontest iflj J.1n René de
Longueil ,Marquis de Maisons
& de Poissy ne le 14 de
Juillet 1699.aqui le Roya
accordé l'agrément de la ChargedePrésidentà
Mortier.
Messire Philippes d'Or-
-
leans
,
Marquis de Rothelin
,
mourut de la petite verole le
- 25Aoust âgé de 37. ans sans
estremarié,laisant pour ses
héritiers Meisseurs les Chevalier&
Abbé de Rochelin, ses
freres, le grand nom qu'il por
toit m'exempte d'entrer dans
aucun détail, généalogique sur
sonchapitre.
<
,
Dame Catherine. Pasquier
femme de Messire Henry de
Salis Comte de Labatut, mourut
le2.7. Aoust
,
elle étoit
1
fille de François Pasquier Seigneur
de BjIÎv Maîci ed'Hôtel
ordinaire du Roy; & de MargueriteHebert
duBuc, & petite
fîilc de Guy Pasquier Seigneur
de Bussy Auditeur des
Comptes & de Marie Roüillé.
Dame Catherine
-
Anne
Malon de Bercy veuve de
Messire André Potier Seigneur
de Novion Maître des Requêtes
& President au Parlement
en survivance
, mourut le premier
de ce mois )iujnc entr'autres
enfansMessire André
Potier de Novion aujourd'huy
PrésidentauPar lement.
Feu M. de Novion étoit fis de
MissireNicolas Potier Seigneur
de Novion Premier
Pi"si dent du Parlement,Secretaire
Greffier& Commandeur
de* Ordres du Roy, mortle
premier Septembre1693 &
petit fils d'André Potier ScigneurdeNovion
Présidentà
Mortier au Parlement
,
sorti
>d'une: des plus anciennes&des
plusillustres familles de Paris,
xlc laquelle M. le President de
Novion est chef, & M.le Duc
de Gesvres cadet,voyez-en la
w;-cnealogie dans l'Histoire des
des Présidens au Mortier
ci-dessus citée.
-
Feuë Madame de Novion
qui donne lieu à cet article
étoittante de M. de Bercy Intendant
desFinances,gendrede
M. DesmaretzContrôlleurGe
neral des Finances & Ministre
d'Etat, elleétoitfille d'Henry-
Charles Malon Seigneur de
Bercy Maître des Requestre &
Président au Grand Conseil
&petite fille deCharles Ma
lon Seigneur do Bercyaussi
Maître des Rêquestes & Presl
dent au Grand Conseil, (ail
d'une ancienne famille alkifl
aux plus illustres de la Rûhû
Messire Henry-Charles
Feydeau, President de la troisiéme
Chambre des Enquestes
du Par lement, mourut le 6.
de ce mois,en sa 36e.année.
Il étoit fils de Messire Henry
Feydeau Seigneur de Calendc,
President de la Quatrième des
Enquestes;&de Dame Marie
Fraguier; & petit fils de Charles
Feydeau Seigneur de Calende,
Maistre des Comptes à
Paris. La famille de Feydeau est
une des plus étendues & des
mieux alliées de la Robe.
Dame Marie Loüise de la
Chaussée d'Eu, Dame d'Atour
de Madame la Duchesse de
ij.,
Berry .rcmme de Messire René
François de LA VJCUVIIIC
Marquis de la Vieuville,Chevalier
d'honneur de la feuë
Reine
,
& Gouverneur de
Poitou,mourut le 10. de ce
mois; elle forroit d'un Maison
de Picardie, également
distinguée par son ancienneté
& par ses alliances. Pour celle
de la Vieuville
, comme je
vous en ay déja parlé dans
plusieurs de mes Journaux
trouvez bon que je vous y
renvoye ,
si mieux n'aimez
voir l'Histoire des Grands
Officiers de la Couronne au
Chapitre
Cha pitre des Maréchaux de
France
,
&c.-
N. Girardon Sculpteur
ordinaire du Roy ,Chancelier
& Recteur de l'Académie
Roy le de Peinture & de Sculpture,
mourut le ~i.de ce mois
en réputation d'un des plus
hsabsileis
President à Mortier du Parlemené,
Marquis de Maisons
& de Poissy
,
&c. mourut à
Paris le 22..d'Aoustâgé de
47, ans. ,.
ilLa Maison de Longueil
est trèsancienne. La Terre de
Longueil est située en Normandieprés
de Dieppe.
Le I.decette Maison dont
les Historiens fassent mention
est Adam Sire de Longiivil
Chevalier Banneret qui accompagna
Guillaume le Conquêrant
Duc de Normandie
en saconqueste d'Angleterre
l'an 1066. (V.du PontHist.
des Princes Normands p. 1 5 1.
du Moulin histoire de Normandie
p. 188. A. du Chesne
p il6. Blanchart55.&c.
- Ileût pour fils Guillaume I.
Sire de Longüeil qui eût pour
femme Berthe de Villiers du
Haumer.
Richard I.fils de Guillaume,
Gouverneur de S. Valery
épousa Gervaise de Tournebus.
Richard II. Sire de Longüeil
épousa Blanche de Teville
,
il eûr pour fils Henry L Sire de
Lonoü,ll & de Rumeny qui
épousaMarie de S. Denis.
Adam II.sonfils Seigneur
de Longüeil Gouverneur ds
Lisieux & Capitaine de la Garde
du Roy Philippes Auguste,
& son Echanson
,
épousa
Marie d'Estouteville.
GuillaumeII. son fils Seigneur
de Logüeil Warengeville,
Offrainville,&c. Capitaine
de 50. Lances,Chambellan
de Charles de France
Roy de Naples & de Sicile ,
fÛC, de sa premiere femme
Christine de Coëtivy Jean I.
& Pierre de LongüeilEvêque
du Mans, Ambassadeur pour
Philippes le Bel, vers Henry
VII. Empereur; & vers le
Pape Jean XXII. il se trouva
au Concile General de Vienne
en 1310. &c. sa seconde
femme fut Briande de Saulx.
Jean I. du nom Gouverneurde
Normandie & Commandant
pour le Roy l'hilip.
pe* de Valois&Jeansonfils
Duc
Duc de Normandie, épousa
Peronelle Bourgot.
-
1
- Il cût pour fils Geoffroy
MarcelI. du nom Seigneur
des mêmeslieux Gouverneur
de Pontoise
,
Chevalier de
l'Ordre de l'Etoile
,
Vicomte
d'Auge; il épousa Isabelle
d'Auge: il fut tué àla bataille
dePoitiers en1356.avecdeux
de ses fils.
,
Guillaume III. son fils, Chevalier
Seigneur des mêmes
lieux,Gouverneur de Caën &
de Dieppe,tué avec son frere
& son fils aîné en la bataille
d'Azincourt. Il épousaen premieres
nôces Gillette Lalleman
de Cherville
,
dont il eût Jean
II. Ilépousaen secondes nôces
Catherine de Bourquenoble,
dont il ciu Richard Olivier
Cardinal du Titre de S. Eusebe
,
Premier Président de la
Chambre des Comptes
,
Ministre
d'Etat fous le RoisCharlesVII.&
LoüisXI.Evêquede
Coutances, &c. Député par le
Pape Calixte III. pour revoir
le Procés de la Pucelle d'Orleans.
Il eO: enterré dansla Basilique
de S. Pierre de Rome où
l'on voir encore son Epiraphe
& les Armes de sa Maison.Ses
Armessontaussi à la Statuë de
S. Pierre de Rome que ce Cardinal
fit faire de bronze.
Jean II. étoit Ecclesiastique
& Conseiller du Parlement,
lorsque son pere & ses freres
furent tuez à la bataille d'Azincourt;
il quittal'état Ecclesiastique
&épousa Jeanne de
Bouju: il fut fait Président à
Mortier duParlementen1418.
il est enterré avec sa femme
dans leurChapelle des Cordeliers
: c' est le premier qui ait
possedé le Marquisat de Maisons.
JeanIII.son fils,Chevalier
Sire de Longuëil, Marquis de
Maisons, &c. l'un desquatre
Maistres deRequestes de rHô'.
tel, Lieutenant CIvIl, Prtfïdent
aux Reqúcns du Palais,
Ambassadeur à Rome& à Venise,
épousa Marie de Morvilliers,
fille de Philippes de Morvilliers,
Premier Président du
Parlement,& soeur de Pierre,
Chancelier de France.Il eftqft
frere de Pierre de Longuëil,
Evêque d'Auxerre, Grand-
Maître de la Chapelle du Duc
de Bourgogne,vulgairement
appellé le bon Evêque,& Conseiller
du Parlement.
Jean de Longuëil IV. du
nom ,
Seigneur de Maisons,
&c. Conseiller au Parlement,
Ambassadeur en Angleterre,
épousa Marie de Marie, fille
d'Arnoul de Marie, Président
à Mortier duParlement.Il étoit
frere d'Antoine de Longuëil,
Evêque de Leon en Bretagne,
Chancelier&GrandAumônier
de la Reine Anne de Bretagne,
femme de Charles VIII & de
Loüis XII. Ambassadeur vers
l'Empereur Maximilien pour leDuc de Bretagne ,& puis
Ambassadeur pour le Roy
CharlesVIII. vers le même
Empereur,&ensuiteversFerdinand
V. Roy d'Espagne:il
conclud la Paix avec 1 Empereur
Maximilien, & fut pere
naturel du fameux Christophe
Longuëil qui s'est distingué
dans lesLettres.»*
jean-de Longuëil V. du
nom,Chevalier Seigneur de
Maisons, de Sevre, &c. Conseiller
du Parlement,épousa
Marie Clutin de Villeparisis :
il eût un frere
,
tige des fleurs
des Chenets, &c.
:
Jean de Longuëil VI.du
nom, &c. Conseiller au Parler
ment, Président aux Enquêtes,&
Conseiller d'Etat fous
H.^niy II.épousa Marie de
Dormans
,
fille de Guillaume
Premier Président au Par lement
de Bourgogne:il estoit
frere de Pierre de Longuëil,
Chevaliede l'Ordre deS.Jean
de Jerusalem
,
Grand Prieur de Champagne.
Il eût aussi pour frcre Jacques
de Longuëil
,
Chevalier
Seigneur de Sevre, Chevalier
de l'Ordre de S. Michel,Maître
d'Hostelordinaire du Roy,
lequel a fait la Branche des
Longuëil de Sevre, dont il y a
encore aujourd'huy MffitCMacé
de Longuëll, Chevalier 1
Seigneur de Sevre, &Messire
Nicolas, qui ont servi jusqu'à
la Paix de Riswick, ils n'ont
point d'enfans.
Jean de Longuëil VII. &c.
Conseiller au Parlement,épousa
Marche le Maître, fillede
Gilles, Premier Président du
Parlement de Paris.
Jean de Longuëil VIII. du
nom, Maître desComptes,
ensuiteConseiller d'Etat,épousa
Magdelaine l' Huilliet de
Boulencout, dont est issu
René de Longuëil I. du
nom,Marquis de Maisons,
Premier Président de la Cour
des Aides, Président à Mortier
du Parlement, Ministre d'Etat,
Sur-Intendant des Finances,
Gouverneur des Villes & Châteaux
d'Evreux
,
S. Germain
en Laye, & Verfailles, Capitainedes
Chasses desdits lieux.
Ilépousa MagdelaineBoulene
de Crevecoeur Damede Grisolles,
de laquelle ilaeu
Jean de Longuëil X. du
nom ,
MarquisdeMaisons,
Maistre des Requestes,PtefidentàMortierdu
Parlement,
Chancelier de la Reine Anne
,d'Auui<:hc
, Gouverneur des
Villes&Châteaux de S. Germain
en Laye,& Versailles : il
épousaLoüise de Fieubet, de
laquelle il a eu J:an de Longuël
XI. du nom, Marquis de
Poissy, Conseiller au Parlement,
mort sans posterité
,
&
ClaudedeLongueil, Murquis
de Maisons & dePoissy,
&c Président à Mortier,qui
avoit épouséD^moifclIcCharlote
Rocque de Varengeville.
Dontest iflj J.1n René de
Longueil ,Marquis de Maisons
& de Poissy ne le 14 de
Juillet 1699.aqui le Roya
accordé l'agrément de la ChargedePrésidentà
Mortier.
Messire Philippes d'Or-
-
leans
,
Marquis de Rothelin
,
mourut de la petite verole le
- 25Aoust âgé de 37. ans sans
estremarié,laisant pour ses
héritiers Meisseurs les Chevalier&
Abbé de Rochelin, ses
freres, le grand nom qu'il por
toit m'exempte d'entrer dans
aucun détail, généalogique sur
sonchapitre.
<
,
Dame Catherine. Pasquier
femme de Messire Henry de
Salis Comte de Labatut, mourut
le2.7. Aoust
,
elle étoit
1
fille de François Pasquier Seigneur
de BjIÎv Maîci ed'Hôtel
ordinaire du Roy; & de MargueriteHebert
duBuc, & petite
fîilc de Guy Pasquier Seigneur
de Bussy Auditeur des
Comptes & de Marie Roüillé.
Dame Catherine
-
Anne
Malon de Bercy veuve de
Messire André Potier Seigneur
de Novion Maître des Requêtes
& President au Parlement
en survivance
, mourut le premier
de ce mois )iujnc entr'autres
enfansMessire André
Potier de Novion aujourd'huy
PrésidentauPar lement.
Feu M. de Novion étoit fis de
MissireNicolas Potier Seigneur
de Novion Premier
Pi"si dent du Parlement,Secretaire
Greffier& Commandeur
de* Ordres du Roy, mortle
premier Septembre1693 &
petit fils d'André Potier ScigneurdeNovion
Présidentà
Mortier au Parlement
,
sorti
>d'une: des plus anciennes&des
plusillustres familles de Paris,
xlc laquelle M. le President de
Novion est chef, & M.le Duc
de Gesvres cadet,voyez-en la
w;-cnealogie dans l'Histoire des
des Présidens au Mortier
ci-dessus citée.
-
Feuë Madame de Novion
qui donne lieu à cet article
étoittante de M. de Bercy Intendant
desFinances,gendrede
M. DesmaretzContrôlleurGe
neral des Finances & Ministre
d'Etat, elleétoitfille d'Henry-
Charles Malon Seigneur de
Bercy Maître des Requestre &
Président au Grand Conseil
&petite fille deCharles Ma
lon Seigneur do Bercyaussi
Maître des Rêquestes & Presl
dent au Grand Conseil, (ail
d'une ancienne famille alkifl
aux plus illustres de la Rûhû
Messire Henry-Charles
Feydeau, President de la troisiéme
Chambre des Enquestes
du Par lement, mourut le 6.
de ce mois,en sa 36e.année.
Il étoit fils de Messire Henry
Feydeau Seigneur de Calendc,
President de la Quatrième des
Enquestes;&de Dame Marie
Fraguier; & petit fils de Charles
Feydeau Seigneur de Calende,
Maistre des Comptes à
Paris. La famille de Feydeau est
une des plus étendues & des
mieux alliées de la Robe.
Dame Marie Loüise de la
Chaussée d'Eu, Dame d'Atour
de Madame la Duchesse de
ij.,
Berry .rcmme de Messire René
François de LA VJCUVIIIC
Marquis de la Vieuville,Chevalier
d'honneur de la feuë
Reine
,
& Gouverneur de
Poitou,mourut le 10. de ce
mois; elle forroit d'un Maison
de Picardie, également
distinguée par son ancienneté
& par ses alliances. Pour celle
de la Vieuville
, comme je
vous en ay déja parlé dans
plusieurs de mes Journaux
trouvez bon que je vous y
renvoye ,
si mieux n'aimez
voir l'Histoire des Grands
Officiers de la Couronne au
Chapitre
Cha pitre des Maréchaux de
France
,
&c.-
N. Girardon Sculpteur
ordinaire du Roy ,Chancelier
& Recteur de l'Académie
Roy le de Peinture & de Sculpture,
mourut le ~i.de ce mois
en réputation d'un des plus
hsabsileis
Fermer
44
p. 64-90
Histoire. [titre d'après la table]
Début :
Je vous rends mille graces, Madame de la bonté que [...]
Mots clefs :
Conseiller, Chevalier, Femme, Temps, Mari, Femme, Abbé, Voyage, Joie, Homme, Mari, Époux, Sommeil, Yeux, Nuit, Jaloux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire. [titre d'après la table]
Je vous rends mille graces,
Madame , de la bonté que
vous avez cûë de m'envoyer
une Hiftoire. Je vous affeure
que vous eftes l'unique perfonne
à qui j'ay cette obligation
, & que malgré mes inftances
, on m'a laiſſe impitoyablement
donner vingt - deux
volumes au Public , fans me
faire un pareil prefent . Ma reconnoiffance
proportionnée à
voftre generofité , trouvez bon
que je falle part aux lecteurs
du
A
GALANT.
65
du don que vous m'avez fait ..
Dans une Ville dont je ne
tairois pas le nom fi je ne
craignois que mon indifcretion
ne demafqua trop mes
Acteurs , une jeune Demoifelle
de qualité, belle à l'avenant ,
nommée Julie , époufa , il y
a quelque temps , par inclination
un homme de condition
qui luy donna bientoſt aprés
fujet de fe repentir du choix
imprudent de fon coeur. Il
devint fi extraordinairement
jaloux , qu'il fit toutes les extravagances
du plus bouru de
tous les hommes , & qu'il fut
Novembre
1715 . F
66
MERCURE
cent fois fur le point d'en ufer
avec fa femme felon l'ufage
que les maris jaloux pratiquene
fagement en Italie; mais cette
précaution n'auroit pas encore
fuffi pour mettre fon efprit
en repos. Cependant Julie
vivoit d'une façon qui ne luy
donnoit aucune prife fur fa
conduire ; mais comme c'eft
le propre de la jalouſic , de
rendre continuellement foup.
çonneux , la fageffe la plus
aultere n'oppole que de foibles
remparts contre les furcurs
d'un jaloux.
Il y avoit prés d'un an qu'ils
GALANT. 67
s'étoient volontairement fé-
4
parez de biens , & quoiqu'ils
habitaffent une même maiſon
ils ne fe voyoient que lorfque
les accez frenetiques de fa
jaloufic portoient cet homme
fâcheux à des excés qui pouffoient
à bout la patience de
Julie. Forcée de fouffrir fans
fe plaindre , elle gemiffoit
dans l'horreur de fon efclava-
`ge. Cette trifte victime de la
fureur d'un brutal n'avoit
pour tout appuy , qu'un frere.
qui put la mettre à l'abry de
fes violences ; mais malheureuſement
ce frere qu'elle ai-
Fij
63
MERCURE
elle
moit autant qu'elle en étoit
aimée , étant abfent
n'attendoit que du Ciel l'adouciffement
de fon fort : aprés
avoir longtemps langui dans
une condition fi miferable ,
elle fe vie tout d'un coup &
contre fon attente au moment
de gouter quelques
repos . Se
trouvant
un foir indifpofées
,
elle ordonna
à fa femme de
chambre
de laiffer bruler toute
la nuit de la bougie dans
fon appartement
. La chambre
de fan mary qui étoit vis -à - vis
de la fienne , le trouvant
éclai
rée par la reverberation
de la
j
je
in
fo
lun
tou
land
com
de
to
les
Pr
pas
m
Tang
GALANT . 69
lumiere , la nouveauté de cette
lueur furprit fort ce jaloux.
Comme le fommeil n'avoit
jamais d'empire fur les yeux , &
qu'auffi troublez que fon coeur
ils luy reprefentoient les objets
fuivant le rapport de fon
imagination , il trouve dans
fon raifonnement fur cette
lumiere , de quoy augmenter
tous fes foupçons , & fans balancer
un inftant , il fe leve
comme un furieux , il s'arme
de toutes pieces , il forme mille
projets qui ne rendoient
pas moins qu'à laver dans le
fang de Julic, la honte qu'il s'i70
MERCURE
maginoit eltre faite à lon honneur
;il arrive à l'appartement
.
de fa femme dont il trouve
la porte à demy ouverte ; alors
une étincelle de moderation
qui ne luy étoit pas ordinaire ,
fuccede
à fes emportements
,
il avance fans bruit jufqu'au
lit de Julie , tenant un Alimbeau
d'une main , & fon épée
de l'autre,qu'il laiffe tomber à
terre dans le moment qu'il
reconnoift le peu de befoin
qu'il en a ,
fans que le bruit
qu'elle fair en tombant réveille
fa Julie.
Le fommeil donne quelGALANT.
7-19
quefois de l'avantage , outre
que Julie étoit admirablement
belle , elle éroit alors
dans une fituation à faire naî
tre mille defirs , & fon cruel
époux a depuis cette avanture
, avoué cent fois , qu'elle
n'avoit jamais paru fi belle à
fes yeux ; il éteignit , dans le
plaifir de la regarder , toute la
fureur de fon dernier caprice ;
enfin il s'affic for fon lir où le .
bruit d'un rideau qu'il tira
avec affez de force l'arracha
des bras du fommeil. Il eft
difficile d'exprimer ce qu'elle
devint à la vûë de fon mari ;
72 MERCURE
mais conftamment une faïeur
mortelle s'empara de les lens ;
elle ne prefagea rien que de
funelte du fujet de cette vifite ,
& elle.crut que fon époux ne
la luy rendoit que pour luy
donner la mort ; alors le defefpoir
, ou la fermeté fuccedant
à fes noires inquietudes , elle
conjura fon époux en verfant
un torrent de larmes de luy
ravir enfin une miferable vie
qu'elle ne pouvoit plus traîner
dans de pareilles horreurs .Mais
ce mari éperdu n'eût garde
d'écouter une telle prière , il la
raffeura au contraire par des
paroles
GALANT . 73
paroles pleines de tendreffe ,
il luy demanda mille pardons
de l'indignité de ſes foupçons ,
il luy avoüa que cette même
nuit il en avoit conceu de fi
terribles qu'il ne pouvoit affez
fe reprocher l'injuftice qu'il
faifoit à fa vertu ; ilajouta que
quand il étoit capable de raifon
il gemifloit amerement
des folles erreurs où le plon;
geoit la jaloufie ; mais que
n'étant pas le maitre de fes
odieux
mouvements il la
prioit pour mettre fon efprit
& fa perfonne en repos , de
fe retirer dans un Convent ,
Novembre 1715. G
›
74 MERCURE
feulement pendant le temps
d'un voyage qu'il alloit entreprendre
, que ce voyage ne
dureroit pas plus de trois mois,
& qu'il efperoit qu'à fon retour
elle le trouveroit tel qu'il
devoit eftre pour meriter fa
confiance & fon amour.
Julie charmée de cette propofition
l'accepta avec joye ,
elle ne put affez admirer le
changement de fon mari , &
pour mieux cimenter cette
reconciliation , elle confentit
à luy laiffer paffer le reste de la
nuit avec elle , & oublia bientoft
dans les bras du fommeil ,
i
GALANT.
75
ou fi l'on veut même d'une
autre Divinité , tout ce qu'elle
avoit receu
d'outrages pendant
le cours de deux années .
Elle ne demanda qu'un jour
pour le preparer à entrer dans
un Convent qu'elle choisit à
dix lieues de fa Ville , fon mari
l'y conduifit avec toute la
démonstration de joye que
peut donner un homme content
, & il ne luy refufa rien de
tout ce qui luy
convenoit pour
la mettre en état de
paroiftre
avec
diftinction dans un endroit
où le fafte eft aufli- bien
établi , ou du moins cherche à
Gij
76 MERCURE
·
s'établir avec autant d'empire
que dans le monde. Leur féparation
fut touchante &
Julie pleurant de joye , cub
la confolation de voir fon
mari verfer des larmes de dout
leur en luy difant adieu
4
03
Il luy donna pendant fix
femaines exactement
de fes
nouvelles : nais le temps de la
faire fortir de fon Convent ,
étant preft d'expirer , fes empreffements
foralentirent
, fes
lettres devinrent moins frequefites
, & enfin il ne luy écrivit
plus. Julie n'auroiteû garde
de fe plaindre de l'inconfGALANT
77
1
tance de ſon époux , fi le
défaut des fecours les plus neceffaires
ne luy cut appris à
murmurerɔde la négligence.
D'ailleurs aune indifpofition
dont elle ne pouvoit pas connoiftre
la cauſe , & qui cependant
étoit vrayement une fuite
de la complaifance qu'elle
avoit cu dans fon dernier raccommodement
avec fon mari ,
neluy permit pas de refter davantage
dans fon Convent ;
la difette où elle commençoit
à fe voir , & la neceffité indif
penfable de veiller à ſa ſanté ,
en arracherent , elle retourna
Giij
78 MERCURE
à la Ville-dont elle étoit fortie
avec tant de joye , pour aller
fe mettre dans un faint azyle
à couvert des fureurs de fon
mari , qui de fon côté n'avoit
entrepris le voyage done on
a parlé , que pour avoir lieu
d'accufet la femme de luy'
avoir fait un prefent , qu'il
ne devoit qu'à la liberalité
d'une Maîtreffe qu'il entretenoit
depuis longtemps ; mais
c'eftoit fa femme qu'il vouloir
rendre de tous coûtez la victi
me de cette avanture.
< Sur ces entrefaités quelques
perfonnes touchées de fon
GALANT. 79
E
état luy donnerent avis que
fon mari formoit de funeftes
deffeins contre elle ; la jufte
haine qu'elle avoit conccuë
pour luy , & la crainte de fe
1 voir expofée à de pareilles
violences , la déterminerent à
prendre fon party , dés qu'elle
vit fa fanté un peu rétablie.
Comme elle n'étoit pas en
feureté dans fa Ville , fon
mary ayant obtenu une Lettre
de cachet pour la faire
honteufement enfermer , elle
fongea à fe mettre à couvert
des perquifitions qu'il ne
on manqueroit pas de faire con-
·
>
Giiij
80 MERCURE
tre elle , & fe fut à la faveur
d'un déguiſement qu'elle le
rendit dans la Capitale de la
Province. Elle s'infinua fous
le nom du Chevalier de l'Ile
dans toutes les compagnies où
l'on fe piquoit de recevoir le
beau monde ; elle paffa pour
un jeune Officier nouvellement
arrivé des Indes , heureufement
qu'elle en fçavoit la
carte , & répondoit fi pertinemment
à toutes les queftions
qu'on luy faifoit fur ce
chapitre , que l'on ne s'ayilat
jamais de la foupçonner de
menfonge ; fon mari s'y tromGALANT.
81
pa comme les autres , il s'étoit
douté qu'elle avoit choisi cette
Ville pour le lieu de la retraite ;
mais il ne l'auroit jamais cherchée
au milieu de tout ce qu'il
y avoit de jeunes gens dans les
affemblées , dans les caffez , &
au billard même , où elle luy
gagna un jour partie, revange ,
& le tour. Il eft vray que par
le fecours d'une pommade
elle s'étoit fi bien bruniele tein ,
qu'elle avoit auparavant d'une
blancheur éblouffante
, que
cela la rendoit entierement
méconnoiffable ; auffi ne l'auroit
on jamais reconnue fans
82
MERCURE
la trahison d'une femme de
chambre qui apprit à fon mari
toutes les circonstances de fon
déguisement.
Ce fut un coup de foudre
pour la pauvre Julie , quand
on l'avertit de fonger à s'éloigner
encore . Une feule perfonne
qui veilloit à fes interefts
auprés de fon mari , avoit découvert
que fon fecret étoit
éventé , & luy avoit fait dire
qu'il n'y avoit plus de ſcureté
pour elle à rester dans la Ville
où elle étoit Elle forma alors
le deffein de fe rendre à Paris
& prit en même temps une
GALANT.
83
ferme réfolution de ne jama s
paroiftre ce que fon fexe exigeoit
qu'elle parut.
Avant de quitter la Province
, elle fe rendir à l'affemblée
des Etats qui fe tenoient cette
année à ***. Une Dame de fes
amies qui avoit fon fecret , &
à qui elle avoit fait confidence
du deffein qu'elle avoit d'aller
à Paris , propofa à un jeune
Confeiller de fes parents de
faire ce voyage avec le Chevafier
de l'Ifle , ce que le Confeiller
accepta avec joye ; il
mit même de la particunAbbé
de fes camis , homme de fort
84 MERCURE
bonne mine , & de bonne
compagnie.
A la premiere couchée il ne
fe trouva que deux lits dans
l'Auberge , le Chevalier de
I'lfle voulut feul en occuper
un , l'Abbé prouva par bel &
bon argument fondé fur fon
embonpoint , qu'il devoit oc
cuper l'autre: c'eft à dire, Meffieurs
, dit le Confeiller , que
vous m'en deftinez un à la bel
le étoile ; les nuits font un peur
trop fraîches pour cela , ainfi
il eft à propos que le fort en
decide & me faffe au inoins
conchers avec l'unirde a vous
GALANT. 83
deux ; le Chevalier de l'lfle
n'eût pas le mot à repliquer ,
le fort tomba fur luy , & quel
que chofe qu'il fit pour le dé ,
fendre de coucher en compa
gnic il fallut en paſſer par là ,
ou découvrir des raifons que
fon interêt luy ordonnoit de
taire enfin aprés avoir bien
marchandé , chacun fe coucha
, il prit de temps en temps
de fi longues envies de rire au
Chevalier, qu'il luy fut impoffible
de fermer les yeux , & de
laiffer dormir fon camarade :
ces faillies le firent pafler dans
l'efprit du Confeiller pour un
86 MERCURE
P
tres mauvais coucheur , il dit
même le lendemain où il leur
arriva encore la même chofe
que la veille , qu'il ne tireroit
plus au fort , & qu'il vouloit
coucher feulà fon tour . L'Ab
be vit bien que le Chevalier
de l'Ifle alloit être fon camarade
pour cettes nuit ;
ils s'en
défendirent l'un & l'autre autant
qu'ils purent , mais il fallut
ceder au temps , & le Chevalier
fut obligé de coucher avec
l'Abbé ; la quantité de monde
que l'Affemblée des Etats avoit
attiré dans les Villes voifines
de celle où ils fe tenoient
, renGALANT.
87
doit par tout aux environs les
logemens fi rares , que pendant
quatre jours le Confeiller,
le Chevalier & l'Abbé fe virent
contraints tous les foirs
de coucher enſemble à tour
de rolle ; comme ils conti
nuoient leur route , Julie reçût
une lettre qui luy apprenoit
que fon mary à l'extrêmi
té , demandoir à la voir avec
beaucoup d'instance , pour luy
faire une réparation publique
du tort que luy avoit fait dans
le monde l'indignité de fes
foupçons . Elle n'auroit ajouté
aucune foy à cette nouvelle ,
88 MERCURE
fi elle n'avoit cu une confiance
entiere en la perfonne qui la
luy avoit écrite , & fi elle ne s'étoit
jufqu'à lors parfaitement
bien trouvée des confeils qu'
elle avoit reçû d'elle . Elle ne
perdit point de temps , elle
declara à l'Abbé , & au Confeiller
le fecret de ſon déguifement
; elle interrompit fon
voyage & le leur , & fe mit
enfin d'une façon à pouvoir
reparoiftre aux yeux de fon
mary ,qui heureufement pour
elle rendit l'ame entre fes bras,
le fur -lendemain de fon arrivéc,
aprés néanmoins luy avoir
faic
GALANT. 89
!
fait une ample amende honorable
, & luy avoir demandé
fincerement pardon de tous
les mauvais traitemens qu'il
luy avoit faits , Julie le regre
ta comme fi elle avoit cu toute
la vie fujet de s'en loüer ;
l'Abbé & le Confeiller l'allerent
voir , & la complimenterent
de la façon dont elle
étoit échapée de leurs mains ;
le Confeiller fur tout concut
tant d'eftime pour elle , qu'a
prés la premiere année de fon
deüil il luy propofa de l'époufer
, ce qu'elle accepta ; & voila
dequoy , dit l'Hiftoire, ils font
Novembre 1715.
H
90 MERCURE
encore trés - contens . Il n'y eut
que l'Abbé qui n'eut pas les
rieurs de fon colté , & qui
fit voeu de ne coucher avec
perfonne , fans s'informer ſi
c'étoit chair ou poiffon
Madame , de la bonté que
vous avez cûë de m'envoyer
une Hiftoire. Je vous affeure
que vous eftes l'unique perfonne
à qui j'ay cette obligation
, & que malgré mes inftances
, on m'a laiſſe impitoyablement
donner vingt - deux
volumes au Public , fans me
faire un pareil prefent . Ma reconnoiffance
proportionnée à
voftre generofité , trouvez bon
que je falle part aux lecteurs
du
A
GALANT.
65
du don que vous m'avez fait ..
Dans une Ville dont je ne
tairois pas le nom fi je ne
craignois que mon indifcretion
ne demafqua trop mes
Acteurs , une jeune Demoifelle
de qualité, belle à l'avenant ,
nommée Julie , époufa , il y
a quelque temps , par inclination
un homme de condition
qui luy donna bientoſt aprés
fujet de fe repentir du choix
imprudent de fon coeur. Il
devint fi extraordinairement
jaloux , qu'il fit toutes les extravagances
du plus bouru de
tous les hommes , & qu'il fut
Novembre
1715 . F
66
MERCURE
cent fois fur le point d'en ufer
avec fa femme felon l'ufage
que les maris jaloux pratiquene
fagement en Italie; mais cette
précaution n'auroit pas encore
fuffi pour mettre fon efprit
en repos. Cependant Julie
vivoit d'une façon qui ne luy
donnoit aucune prife fur fa
conduire ; mais comme c'eft
le propre de la jalouſic , de
rendre continuellement foup.
çonneux , la fageffe la plus
aultere n'oppole que de foibles
remparts contre les furcurs
d'un jaloux.
Il y avoit prés d'un an qu'ils
GALANT. 67
s'étoient volontairement fé-
4
parez de biens , & quoiqu'ils
habitaffent une même maiſon
ils ne fe voyoient que lorfque
les accez frenetiques de fa
jaloufic portoient cet homme
fâcheux à des excés qui pouffoient
à bout la patience de
Julie. Forcée de fouffrir fans
fe plaindre , elle gemiffoit
dans l'horreur de fon efclava-
`ge. Cette trifte victime de la
fureur d'un brutal n'avoit
pour tout appuy , qu'un frere.
qui put la mettre à l'abry de
fes violences ; mais malheureuſement
ce frere qu'elle ai-
Fij
63
MERCURE
elle
moit autant qu'elle en étoit
aimée , étant abfent
n'attendoit que du Ciel l'adouciffement
de fon fort : aprés
avoir longtemps langui dans
une condition fi miferable ,
elle fe vie tout d'un coup &
contre fon attente au moment
de gouter quelques
repos . Se
trouvant
un foir indifpofées
,
elle ordonna
à fa femme de
chambre
de laiffer bruler toute
la nuit de la bougie dans
fon appartement
. La chambre
de fan mary qui étoit vis -à - vis
de la fienne , le trouvant
éclai
rée par la reverberation
de la
j
je
in
fo
lun
tou
land
com
de
to
les
Pr
pas
m
Tang
GALANT . 69
lumiere , la nouveauté de cette
lueur furprit fort ce jaloux.
Comme le fommeil n'avoit
jamais d'empire fur les yeux , &
qu'auffi troublez que fon coeur
ils luy reprefentoient les objets
fuivant le rapport de fon
imagination , il trouve dans
fon raifonnement fur cette
lumiere , de quoy augmenter
tous fes foupçons , & fans balancer
un inftant , il fe leve
comme un furieux , il s'arme
de toutes pieces , il forme mille
projets qui ne rendoient
pas moins qu'à laver dans le
fang de Julic, la honte qu'il s'i70
MERCURE
maginoit eltre faite à lon honneur
;il arrive à l'appartement
.
de fa femme dont il trouve
la porte à demy ouverte ; alors
une étincelle de moderation
qui ne luy étoit pas ordinaire ,
fuccede
à fes emportements
,
il avance fans bruit jufqu'au
lit de Julie , tenant un Alimbeau
d'une main , & fon épée
de l'autre,qu'il laiffe tomber à
terre dans le moment qu'il
reconnoift le peu de befoin
qu'il en a ,
fans que le bruit
qu'elle fair en tombant réveille
fa Julie.
Le fommeil donne quelGALANT.
7-19
quefois de l'avantage , outre
que Julie étoit admirablement
belle , elle éroit alors
dans une fituation à faire naî
tre mille defirs , & fon cruel
époux a depuis cette avanture
, avoué cent fois , qu'elle
n'avoit jamais paru fi belle à
fes yeux ; il éteignit , dans le
plaifir de la regarder , toute la
fureur de fon dernier caprice ;
enfin il s'affic for fon lir où le .
bruit d'un rideau qu'il tira
avec affez de force l'arracha
des bras du fommeil. Il eft
difficile d'exprimer ce qu'elle
devint à la vûë de fon mari ;
72 MERCURE
mais conftamment une faïeur
mortelle s'empara de les lens ;
elle ne prefagea rien que de
funelte du fujet de cette vifite ,
& elle.crut que fon époux ne
la luy rendoit que pour luy
donner la mort ; alors le defefpoir
, ou la fermeté fuccedant
à fes noires inquietudes , elle
conjura fon époux en verfant
un torrent de larmes de luy
ravir enfin une miferable vie
qu'elle ne pouvoit plus traîner
dans de pareilles horreurs .Mais
ce mari éperdu n'eût garde
d'écouter une telle prière , il la
raffeura au contraire par des
paroles
GALANT . 73
paroles pleines de tendreffe ,
il luy demanda mille pardons
de l'indignité de ſes foupçons ,
il luy avoüa que cette même
nuit il en avoit conceu de fi
terribles qu'il ne pouvoit affez
fe reprocher l'injuftice qu'il
faifoit à fa vertu ; ilajouta que
quand il étoit capable de raifon
il gemifloit amerement
des folles erreurs où le plon;
geoit la jaloufie ; mais que
n'étant pas le maitre de fes
odieux
mouvements il la
prioit pour mettre fon efprit
& fa perfonne en repos , de
fe retirer dans un Convent ,
Novembre 1715. G
›
74 MERCURE
feulement pendant le temps
d'un voyage qu'il alloit entreprendre
, que ce voyage ne
dureroit pas plus de trois mois,
& qu'il efperoit qu'à fon retour
elle le trouveroit tel qu'il
devoit eftre pour meriter fa
confiance & fon amour.
Julie charmée de cette propofition
l'accepta avec joye ,
elle ne put affez admirer le
changement de fon mari , &
pour mieux cimenter cette
reconciliation , elle confentit
à luy laiffer paffer le reste de la
nuit avec elle , & oublia bientoft
dans les bras du fommeil ,
i
GALANT.
75
ou fi l'on veut même d'une
autre Divinité , tout ce qu'elle
avoit receu
d'outrages pendant
le cours de deux années .
Elle ne demanda qu'un jour
pour le preparer à entrer dans
un Convent qu'elle choisit à
dix lieues de fa Ville , fon mari
l'y conduifit avec toute la
démonstration de joye que
peut donner un homme content
, & il ne luy refufa rien de
tout ce qui luy
convenoit pour
la mettre en état de
paroiftre
avec
diftinction dans un endroit
où le fafte eft aufli- bien
établi , ou du moins cherche à
Gij
76 MERCURE
·
s'établir avec autant d'empire
que dans le monde. Leur féparation
fut touchante &
Julie pleurant de joye , cub
la confolation de voir fon
mari verfer des larmes de dout
leur en luy difant adieu
4
03
Il luy donna pendant fix
femaines exactement
de fes
nouvelles : nais le temps de la
faire fortir de fon Convent ,
étant preft d'expirer , fes empreffements
foralentirent
, fes
lettres devinrent moins frequefites
, & enfin il ne luy écrivit
plus. Julie n'auroiteû garde
de fe plaindre de l'inconfGALANT
77
1
tance de ſon époux , fi le
défaut des fecours les plus neceffaires
ne luy cut appris à
murmurerɔde la négligence.
D'ailleurs aune indifpofition
dont elle ne pouvoit pas connoiftre
la cauſe , & qui cependant
étoit vrayement une fuite
de la complaifance qu'elle
avoit cu dans fon dernier raccommodement
avec fon mari ,
neluy permit pas de refter davantage
dans fon Convent ;
la difette où elle commençoit
à fe voir , & la neceffité indif
penfable de veiller à ſa ſanté ,
en arracherent , elle retourna
Giij
78 MERCURE
à la Ville-dont elle étoit fortie
avec tant de joye , pour aller
fe mettre dans un faint azyle
à couvert des fureurs de fon
mari , qui de fon côté n'avoit
entrepris le voyage done on
a parlé , que pour avoir lieu
d'accufet la femme de luy'
avoir fait un prefent , qu'il
ne devoit qu'à la liberalité
d'une Maîtreffe qu'il entretenoit
depuis longtemps ; mais
c'eftoit fa femme qu'il vouloir
rendre de tous coûtez la victi
me de cette avanture.
< Sur ces entrefaités quelques
perfonnes touchées de fon
GALANT. 79
E
état luy donnerent avis que
fon mari formoit de funeftes
deffeins contre elle ; la jufte
haine qu'elle avoit conccuë
pour luy , & la crainte de fe
1 voir expofée à de pareilles
violences , la déterminerent à
prendre fon party , dés qu'elle
vit fa fanté un peu rétablie.
Comme elle n'étoit pas en
feureté dans fa Ville , fon
mary ayant obtenu une Lettre
de cachet pour la faire
honteufement enfermer , elle
fongea à fe mettre à couvert
des perquifitions qu'il ne
on manqueroit pas de faire con-
·
>
Giiij
80 MERCURE
tre elle , & fe fut à la faveur
d'un déguiſement qu'elle le
rendit dans la Capitale de la
Province. Elle s'infinua fous
le nom du Chevalier de l'Ile
dans toutes les compagnies où
l'on fe piquoit de recevoir le
beau monde ; elle paffa pour
un jeune Officier nouvellement
arrivé des Indes , heureufement
qu'elle en fçavoit la
carte , & répondoit fi pertinemment
à toutes les queftions
qu'on luy faifoit fur ce
chapitre , que l'on ne s'ayilat
jamais de la foupçonner de
menfonge ; fon mari s'y tromGALANT.
81
pa comme les autres , il s'étoit
douté qu'elle avoit choisi cette
Ville pour le lieu de la retraite ;
mais il ne l'auroit jamais cherchée
au milieu de tout ce qu'il
y avoit de jeunes gens dans les
affemblées , dans les caffez , &
au billard même , où elle luy
gagna un jour partie, revange ,
& le tour. Il eft vray que par
le fecours d'une pommade
elle s'étoit fi bien bruniele tein ,
qu'elle avoit auparavant d'une
blancheur éblouffante
, que
cela la rendoit entierement
méconnoiffable ; auffi ne l'auroit
on jamais reconnue fans
82
MERCURE
la trahison d'une femme de
chambre qui apprit à fon mari
toutes les circonstances de fon
déguisement.
Ce fut un coup de foudre
pour la pauvre Julie , quand
on l'avertit de fonger à s'éloigner
encore . Une feule perfonne
qui veilloit à fes interefts
auprés de fon mari , avoit découvert
que fon fecret étoit
éventé , & luy avoit fait dire
qu'il n'y avoit plus de ſcureté
pour elle à rester dans la Ville
où elle étoit Elle forma alors
le deffein de fe rendre à Paris
& prit en même temps une
GALANT.
83
ferme réfolution de ne jama s
paroiftre ce que fon fexe exigeoit
qu'elle parut.
Avant de quitter la Province
, elle fe rendir à l'affemblée
des Etats qui fe tenoient cette
année à ***. Une Dame de fes
amies qui avoit fon fecret , &
à qui elle avoit fait confidence
du deffein qu'elle avoit d'aller
à Paris , propofa à un jeune
Confeiller de fes parents de
faire ce voyage avec le Chevafier
de l'Ifle , ce que le Confeiller
accepta avec joye ; il
mit même de la particunAbbé
de fes camis , homme de fort
84 MERCURE
bonne mine , & de bonne
compagnie.
A la premiere couchée il ne
fe trouva que deux lits dans
l'Auberge , le Chevalier de
I'lfle voulut feul en occuper
un , l'Abbé prouva par bel &
bon argument fondé fur fon
embonpoint , qu'il devoit oc
cuper l'autre: c'eft à dire, Meffieurs
, dit le Confeiller , que
vous m'en deftinez un à la bel
le étoile ; les nuits font un peur
trop fraîches pour cela , ainfi
il eft à propos que le fort en
decide & me faffe au inoins
conchers avec l'unirde a vous
GALANT. 83
deux ; le Chevalier de l'lfle
n'eût pas le mot à repliquer ,
le fort tomba fur luy , & quel
que chofe qu'il fit pour le dé ,
fendre de coucher en compa
gnic il fallut en paſſer par là ,
ou découvrir des raifons que
fon interêt luy ordonnoit de
taire enfin aprés avoir bien
marchandé , chacun fe coucha
, il prit de temps en temps
de fi longues envies de rire au
Chevalier, qu'il luy fut impoffible
de fermer les yeux , & de
laiffer dormir fon camarade :
ces faillies le firent pafler dans
l'efprit du Confeiller pour un
86 MERCURE
P
tres mauvais coucheur , il dit
même le lendemain où il leur
arriva encore la même chofe
que la veille , qu'il ne tireroit
plus au fort , & qu'il vouloit
coucher feulà fon tour . L'Ab
be vit bien que le Chevalier
de l'Ifle alloit être fon camarade
pour cettes nuit ;
ils s'en
défendirent l'un & l'autre autant
qu'ils purent , mais il fallut
ceder au temps , & le Chevalier
fut obligé de coucher avec
l'Abbé ; la quantité de monde
que l'Affemblée des Etats avoit
attiré dans les Villes voifines
de celle où ils fe tenoient
, renGALANT.
87
doit par tout aux environs les
logemens fi rares , que pendant
quatre jours le Confeiller,
le Chevalier & l'Abbé fe virent
contraints tous les foirs
de coucher enſemble à tour
de rolle ; comme ils conti
nuoient leur route , Julie reçût
une lettre qui luy apprenoit
que fon mary à l'extrêmi
té , demandoir à la voir avec
beaucoup d'instance , pour luy
faire une réparation publique
du tort que luy avoit fait dans
le monde l'indignité de fes
foupçons . Elle n'auroit ajouté
aucune foy à cette nouvelle ,
88 MERCURE
fi elle n'avoit cu une confiance
entiere en la perfonne qui la
luy avoit écrite , & fi elle ne s'étoit
jufqu'à lors parfaitement
bien trouvée des confeils qu'
elle avoit reçû d'elle . Elle ne
perdit point de temps , elle
declara à l'Abbé , & au Confeiller
le fecret de ſon déguifement
; elle interrompit fon
voyage & le leur , & fe mit
enfin d'une façon à pouvoir
reparoiftre aux yeux de fon
mary ,qui heureufement pour
elle rendit l'ame entre fes bras,
le fur -lendemain de fon arrivéc,
aprés néanmoins luy avoir
faic
GALANT. 89
!
fait une ample amende honorable
, & luy avoir demandé
fincerement pardon de tous
les mauvais traitemens qu'il
luy avoit faits , Julie le regre
ta comme fi elle avoit cu toute
la vie fujet de s'en loüer ;
l'Abbé & le Confeiller l'allerent
voir , & la complimenterent
de la façon dont elle
étoit échapée de leurs mains ;
le Confeiller fur tout concut
tant d'eftime pour elle , qu'a
prés la premiere année de fon
deüil il luy propofa de l'époufer
, ce qu'elle accepta ; & voila
dequoy , dit l'Hiftoire, ils font
Novembre 1715.
H
90 MERCURE
encore trés - contens . Il n'y eut
que l'Abbé qui n'eut pas les
rieurs de fon colté , & qui
fit voeu de ne coucher avec
perfonne , fans s'informer ſi
c'étoit chair ou poiffon
Fermer
45
p. 185-189
ARTICLE DES MORTS.
Début :
Mre François de la Fonds, Seigneur de la Beuvriere, Colonel d'un [...]
Mots clefs :
Décès, Seigneur, Colonel, Dame, Duc, Chevalier, Conseiller, Familles, Prêtre, Lieutenant général
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE DES MORTS.
ARTICLE DES. MORTS.
Mre François de la Fonds, Seigneur
de la Beuvriere , Colonel d'un
Regiment d'infanterie , mourut le
25 Février 1717. Il étoit fils de
186 LE NOUVEAU
Mre Claude de la Fonds , Seigneur
de la Beuvriere,Maître des Requêtes
Ordinaire de l'Hôtel du Roy,
ci-devant Intendant de Juftice en
Franche Comté , puis és Armées
du Roy en Allemagne , puis en
Alface ; & de Dame Jeanne Bence ;
& petit fils de Jacques de la Fonds ,
Seigneur de la Beuvriere , Sécrétaire
du Roy , & Garde des Rolles
des Offices de Finance , mort
en 1679 , & de Marguerite Bauvelier
Il étoit neveu de Dame
Marguerite de la Fonds , femme de
Mre Philippes - Augufte le Hardy ",
Marquis de la Trouffe , Chevalier
des Ordres du Roy.
Dame Marie - Victoire- Armande
de la Tremoille , femme d'Emanuël
- Theodofe de la Tour , Duc
d'Albret , Pair & Grand Chambellan
de France , qu'elle avoit époufé
le premier Février 1696 ,
mourut le cinq Mars 1717 , en fa
quarantiéme année , laiffant, entr'autres
enfans deux fils , & une fille
mariée à Mr le Duc de Melun.
Elle étoit feur de Mr le Duc de
la Tremoille , & fille de feu CharMERCURE.
187
les Belgique - Hollande Duc de la
Tremoille , de Thouars , de Chaftelleraut
& de Loudun ' , Pair de
France , Chevalier des Ordres du
Roy , Premier Gentil-Homme de
la Chambre de S. M. & de Magdeleine
de Crequy. Les Noms de
la Tour en Auvergne , de la Tremoille
en Poitou , & de Crequy
en Picardie , font fi grands , & fi illuftres
; & par conféquent vous
doivent être fi connus , que je crois
pouvoir me difpenfer , de vous en
doner ici aucun détail Généalogique .
Mre François de Callieres Chevalier,
Seigneurde laRoche - Chellay,
& de Gigny , Confeiller ordinaire
du Roy en fes Confeils , Sécrétaire
du Cabinet de S. M. ,
l'un des quarante de l'Academie
Françoife , & ci-devant Ambafladeur
Extraordinaire
, & Plenipotentiaire
de France à Rifvvick , mourut
le 5 Mars 1717 , fans laiffer de
pofterité .
Dame N. de Riants , femme de
Mré Anne - Charles Goiflard , Seigueur
de Monfabert , Confeiller
au Parlement , mourut le 16 Mars
Qij
188 LE NOUVEAU
1717. Elle étoit fille de feu Armand
de RiantsComte de Regmalart,
& Baron de Voré au Perche , Cornette
général des Dragons de
France , & de feu Therefe Angelique
Bourlon , petite fille de
François de Riants , Maître des
Requêtes , & de Louife de Moucy
, & arriere petite fille de François
de Riants Seigneur de Houdangeau
au Perche , Maître des
Requêtes & Confeiller d'Etat , lequel
étoit fi's de Gilles de Riants ,
Baron de Villeray au Perche ,
Préfident-à-Mortier au Parlement
de Paris , & Chancelier de Mr le
le Duc d'Anjou , frere du Roy,
mort l'an 1597 , fils de Denis Riants
, Seigneur de Villeray , aufli
Préfident-à -Mortier au Parlementde
Paris. Outre l'avantage què
la famille de Riants a , d'être
décorée des premieres Charges de
la Robe depuis plus de 160 ans :
Elle a encore celui de s'être alliée
aux Maifons de Bloffet Torcy , de
Mariden , Champagne la Suze , de-
Beauxoncles , de Laval , d'Angennes
, le Comte Nonant , &
MERCURE 189
à plufieures familles diftinguées
dans la Robe.
Pour M Goiflard de Monfabert,
il eft fils de Mre Marc Anne Goiflard
auffi Confeiller au Parlement,
& de Dame Anne le Maiftre , Dame
de Monfabert , petit fils d'André
Goislard Maître des Comtes à
Paris , & arriere petit fils de Jacques
Goiflard reçû Secretaire du Roy, l'an
1608 , & de Marie Sevin,
Mr d'Albergoti Lieutenant Général
des Armées du Roy , & Chevalier
de fes Ordres , Gouverneur de.
Sar Louis , Colonel du Regiment
Royal Italien , mourut d'apoplexie
à Paris, le 23 de ce mois,âgé de 63ans,
étant né à Florence le 25 Mai 1654.
-
Mr le Marquis d'Albergoti fon
Neveu , a obtenu l'agrément pour
ce Regiment.
Le P. Hubert Prêtre de l'Oratoire
célébre Predicateur , mourut le 22
Mars 1717,
Mre François de la Fonds, Seigneur
de la Beuvriere , Colonel d'un
Regiment d'infanterie , mourut le
25 Février 1717. Il étoit fils de
186 LE NOUVEAU
Mre Claude de la Fonds , Seigneur
de la Beuvriere,Maître des Requêtes
Ordinaire de l'Hôtel du Roy,
ci-devant Intendant de Juftice en
Franche Comté , puis és Armées
du Roy en Allemagne , puis en
Alface ; & de Dame Jeanne Bence ;
& petit fils de Jacques de la Fonds ,
Seigneur de la Beuvriere , Sécrétaire
du Roy , & Garde des Rolles
des Offices de Finance , mort
en 1679 , & de Marguerite Bauvelier
Il étoit neveu de Dame
Marguerite de la Fonds , femme de
Mre Philippes - Augufte le Hardy ",
Marquis de la Trouffe , Chevalier
des Ordres du Roy.
Dame Marie - Victoire- Armande
de la Tremoille , femme d'Emanuël
- Theodofe de la Tour , Duc
d'Albret , Pair & Grand Chambellan
de France , qu'elle avoit époufé
le premier Février 1696 ,
mourut le cinq Mars 1717 , en fa
quarantiéme année , laiffant, entr'autres
enfans deux fils , & une fille
mariée à Mr le Duc de Melun.
Elle étoit feur de Mr le Duc de
la Tremoille , & fille de feu CharMERCURE.
187
les Belgique - Hollande Duc de la
Tremoille , de Thouars , de Chaftelleraut
& de Loudun ' , Pair de
France , Chevalier des Ordres du
Roy , Premier Gentil-Homme de
la Chambre de S. M. & de Magdeleine
de Crequy. Les Noms de
la Tour en Auvergne , de la Tremoille
en Poitou , & de Crequy
en Picardie , font fi grands , & fi illuftres
; & par conféquent vous
doivent être fi connus , que je crois
pouvoir me difpenfer , de vous en
doner ici aucun détail Généalogique .
Mre François de Callieres Chevalier,
Seigneurde laRoche - Chellay,
& de Gigny , Confeiller ordinaire
du Roy en fes Confeils , Sécrétaire
du Cabinet de S. M. ,
l'un des quarante de l'Academie
Françoife , & ci-devant Ambafladeur
Extraordinaire
, & Plenipotentiaire
de France à Rifvvick , mourut
le 5 Mars 1717 , fans laiffer de
pofterité .
Dame N. de Riants , femme de
Mré Anne - Charles Goiflard , Seigueur
de Monfabert , Confeiller
au Parlement , mourut le 16 Mars
Qij
188 LE NOUVEAU
1717. Elle étoit fille de feu Armand
de RiantsComte de Regmalart,
& Baron de Voré au Perche , Cornette
général des Dragons de
France , & de feu Therefe Angelique
Bourlon , petite fille de
François de Riants , Maître des
Requêtes , & de Louife de Moucy
, & arriere petite fille de François
de Riants Seigneur de Houdangeau
au Perche , Maître des
Requêtes & Confeiller d'Etat , lequel
étoit fi's de Gilles de Riants ,
Baron de Villeray au Perche ,
Préfident-à-Mortier au Parlement
de Paris , & Chancelier de Mr le
le Duc d'Anjou , frere du Roy,
mort l'an 1597 , fils de Denis Riants
, Seigneur de Villeray , aufli
Préfident-à -Mortier au Parlementde
Paris. Outre l'avantage què
la famille de Riants a , d'être
décorée des premieres Charges de
la Robe depuis plus de 160 ans :
Elle a encore celui de s'être alliée
aux Maifons de Bloffet Torcy , de
Mariden , Champagne la Suze , de-
Beauxoncles , de Laval , d'Angennes
, le Comte Nonant , &
MERCURE 189
à plufieures familles diftinguées
dans la Robe.
Pour M Goiflard de Monfabert,
il eft fils de Mre Marc Anne Goiflard
auffi Confeiller au Parlement,
& de Dame Anne le Maiftre , Dame
de Monfabert , petit fils d'André
Goislard Maître des Comtes à
Paris , & arriere petit fils de Jacques
Goiflard reçû Secretaire du Roy, l'an
1608 , & de Marie Sevin,
Mr d'Albergoti Lieutenant Général
des Armées du Roy , & Chevalier
de fes Ordres , Gouverneur de.
Sar Louis , Colonel du Regiment
Royal Italien , mourut d'apoplexie
à Paris, le 23 de ce mois,âgé de 63ans,
étant né à Florence le 25 Mai 1654.
-
Mr le Marquis d'Albergoti fon
Neveu , a obtenu l'agrément pour
ce Regiment.
Le P. Hubert Prêtre de l'Oratoire
célébre Predicateur , mourut le 22
Mars 1717,
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46
p. 207-213
ARTICLE DES MORTS.
Début :
Mre Paul François Vollant, Chevalier Seigneur de Berville, Capitaine [...]
Mots clefs :
Chevalier, Capitaine, Décès, Maitre de camp, Seigneur, Lieutenant, Conseiller, Veuve, Femme, Peintre, Comtesse, Duc
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texteReconnaissance textuelle : ARTICLE DES MORTS.
ARTICLE DES MORTS.
Mre Paul François Vollant , Chevalier
Seigneur de Berville , Capitaine
dans le Regiment Meftre de
Camp general de Cavalerie , mourut
le 24 Mars 1717.
Sij
208 LE MERCURE
Mre Germain Chriftophe Ollier
de Beffic Mestre de Camp , mourut
le 25 Mars , ayant eu entre autres
enfans un fils , & feuë Mada→
me le Cocq , femme du Confeiller
au Parlement de ce nom .
> &
Mre Alexandre-Honoré deGriller
Seigneur de Briffac , Maréchal de
Camp des Armées du Roy , Lieutenant
des Gardes du Corps
Gouverneur de Guife , mourut le
27. Mars âgé de 53. ans , fans enfans
de Dame N .. de Serre , fille
du Confeiller au Parlement de ce
nom. Il étoit neveu de feu Mre Albert
de Grillet de Briffac , Lieutenant
Général des Armées du Roy ,
Major des Gardes du Corps de S.
M. & Gouverneur de Guife , &
fortoit d'une Famille originaire de
Breffe , divifée en plufieures branches
établies dans le Comtat Veneflin
& ailleurs , toutes égallement
diftinguées par leurs Alliances
& leurs fervices.
De Marie Dorfon , femme de
Mr Jean de Romanet Confeiller ,
Sécrétaire du Roy , & l'un des Fermiers
Generaux de S. M. , mourut
le trente Mars . âgée de 72 ans ,
D'AVRIL. 209
ayant eu pour enfans M'de Romanet
Préfident au Grand Confeil , mort
en Janvier 1717 , & un fils Confeiller
au Parlement.
>
Mre Armand de Bethune , Duc de
Charôt , Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roy mourut
le premier Avril 1717 , laiffant entr'autres
enfans de feue De Marie
Fouquet fon Epoufe ,fille de Nicolas
Fouquet Vicomte de Vaux , Marquis
de Belle -Ifle , Procureur General
au Parlement de Paris , Miniftre
d'Etat , & Sur- Intendant des
Finances; Armand de Bethune Duc
de Charôt , Pair de France' , Capitaine
des Gardes du Corps du Roi,
pere de feu Mr le Marquis de Charôt
mort des bleffures qu'il reçût à
la Bataille de Malplaquet , & de
Mr le Marquis d'Ancenis . La Maifon
de Bethune eft une des plus
anciennes & des plus illuftres du
Royaume , comme on le peut voir
par l'Hiftoire qui nous en a été donnée
par le fieur Duchêne , & dans
l'Histoire des Grands Officiers de
la Couronne .
Mre Antoine Rancher , Chevalier,
Seigneur de Maudetour , Lieute-
Siij
210 LE MERCURE
1
nant de Roy en la Province & Gouvernement
de Berry , mourut le 3
Avril 1717. Il avoit épousé Geneviéve
Angelique de Machault , fille
de Louis de Machault Confeiller
au Parlement ; il étoit fils de feu
Mre Antoine Rancher , Seigneur de
Trefiemont, mort Sous - Doyen des
Confeillers au Parlement de Paris,
& de De Elifabeth Rubantel , la Famille
de Rancher eft originaire de
la Ville de Tours , & elle n'eſt
moins diftinguée dans la Robe par
fon ancienneté, que par fes Alliances.
pas
De Marie Nozereau Fagon, Femme
de Mre Guy- Crefcent Fagon
premier Médecin du feu Roy ,
mourut le 4 Avril 1717. Elle étoit
mere de Mr Fagon , Confeiller
d'Etat , & Confeiller au Confeil
Royal des Finances , & de Mre
Antoine Fagon Evêque de Lombés.
Mr Jouvenet Peintre ordinaire
du Roy , ancien Directeur & Recteur
perpetuel de l'Academic
Royale de Peinture & Sculpture ,
mourut le fix Avril.
Me Claude Jean Pepin , ancien
Correcteur des Comtes , mourut le
Sept Avril.
.
D'AVRIL . 211
Antoine Benoît Ecuyer , Pein
tre du Roy enfon Academie Royale,
& fon unique Sculpteur en cire ,
mourut le huit Avril.
De Armande de la Tour d'Auvergne
, Epoufe de Mre Louis de
Melun , Duc de Joyeuſe , Pair de
France , Prince d'Epinoy , Comte
de Saint Pol &c. Meftre de Camp
& Commandant le Régiment Royal
Cavalerie , moûrut en couches le
13 Avril 1717 , âgée de 19 ans , 7
mois. Elle étoit fille de Me Ema.
nuel Theodofe de la Tour , Duc
d'Albret , Pair & Grand Chambellant
de France & de Dame Marie
Victoire- Armande de la Tremoille ,
dont je vous appris la mort dans
mon dernier Journal. Les Maifons
de la Tour d'Auvergne & de Melun
font fi grandes & fi illuftres , & par
conféquent vous doivent être fi
connuës , , que je ne vous en donnerai
ici aucun détail .
De Louife - Madeleine de la
Marck , Comteffe de Braine , Baronne
de Pontarcy , Serignan , Mareüil
, la Vieille -Tour &c. veuve ,
de Mre Henry de Durfort , Duc de
Duras , mourut le 13 Avril , âgée
212 LE MERCURE
de 58 ans , laiffant pour fille Jeanne
Henriette de Durfort , mariée depuis
le 22 May 1709 , avec Henry
de Lorraine , Prince de Lambeſc ,
Petit fils de Mr le Comte d'Armagnac.
Elle étoit filled'Henry Robert
Efchalart de la Marck , Comte de
la Marck , Colonel du Régiment
de Picardie , & de Dame Jeanne
de Saveufe , & elle fortoit d'une
ancienne Maiſon originaire de Poitou
.
De Marie- Angelique de Cofnac ,
veuve de M. Procope - François
Comte d'Egmond , Duc de Gueldres
, de Juliers & de Eergues ,
Prince de Gaure & du S. Empire ,
Marquis de Renty , de la Longueville
&c. Grand d'Efpagne , Chevalier
de la Toifon d'or , General
de la Cavalerie , & des Dragons
de S. M. C. mourut le 14 Avril
1717 , âgée de 43 ans. Elle étoit
fille de M. François de Cofnac ,
Marquis de Cofnac , & de Dame
Locife d'Efparbes de Luffan , & petite
niéce de Daniel de Conafc
·Archevêque d'Aix , Commandeur
de l'Ordre de S. Efprit , & fortoit
d'une des plus anciennes & des plus
D'AVRIL . 213
illuftres Maifons du Limofin.
Mie Jean-Baptiste de Ribodon
Chevalier , Seigneur du Mouffeau ,
Liverdy &c. Confeiller de la Grande
Chambre du Parlement , mourut
le 15 Avril , âgé de 69 ans. Il
avoit été reçû Confeiller au Parlement
le 15 Janvier 1683. & étoit
fils de Claude Ribodon , Seigneur
du Mouffeau , & de Dame Cathe
rine Grangié de Liverdy.
De Marie Quatrehommes veuve
de M. Achille Barentin , Confeiller
du Roy en fa Cour de Parlement
& Grand Chambre d'icelle ,
fut enterrée Dimanche 26 , dans
l'Eglife du Grand Convent des
R. P. Auguftins.
Mre Paul François Vollant , Chevalier
Seigneur de Berville , Capitaine
dans le Regiment Meftre de
Camp general de Cavalerie , mourut
le 24 Mars 1717.
Sij
208 LE MERCURE
Mre Germain Chriftophe Ollier
de Beffic Mestre de Camp , mourut
le 25 Mars , ayant eu entre autres
enfans un fils , & feuë Mada→
me le Cocq , femme du Confeiller
au Parlement de ce nom .
> &
Mre Alexandre-Honoré deGriller
Seigneur de Briffac , Maréchal de
Camp des Armées du Roy , Lieutenant
des Gardes du Corps
Gouverneur de Guife , mourut le
27. Mars âgé de 53. ans , fans enfans
de Dame N .. de Serre , fille
du Confeiller au Parlement de ce
nom. Il étoit neveu de feu Mre Albert
de Grillet de Briffac , Lieutenant
Général des Armées du Roy ,
Major des Gardes du Corps de S.
M. & Gouverneur de Guife , &
fortoit d'une Famille originaire de
Breffe , divifée en plufieures branches
établies dans le Comtat Veneflin
& ailleurs , toutes égallement
diftinguées par leurs Alliances
& leurs fervices.
De Marie Dorfon , femme de
Mr Jean de Romanet Confeiller ,
Sécrétaire du Roy , & l'un des Fermiers
Generaux de S. M. , mourut
le trente Mars . âgée de 72 ans ,
D'AVRIL. 209
ayant eu pour enfans M'de Romanet
Préfident au Grand Confeil , mort
en Janvier 1717 , & un fils Confeiller
au Parlement.
>
Mre Armand de Bethune , Duc de
Charôt , Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roy mourut
le premier Avril 1717 , laiffant entr'autres
enfans de feue De Marie
Fouquet fon Epoufe ,fille de Nicolas
Fouquet Vicomte de Vaux , Marquis
de Belle -Ifle , Procureur General
au Parlement de Paris , Miniftre
d'Etat , & Sur- Intendant des
Finances; Armand de Bethune Duc
de Charôt , Pair de France' , Capitaine
des Gardes du Corps du Roi,
pere de feu Mr le Marquis de Charôt
mort des bleffures qu'il reçût à
la Bataille de Malplaquet , & de
Mr le Marquis d'Ancenis . La Maifon
de Bethune eft une des plus
anciennes & des plus illuftres du
Royaume , comme on le peut voir
par l'Hiftoire qui nous en a été donnée
par le fieur Duchêne , & dans
l'Histoire des Grands Officiers de
la Couronne .
Mre Antoine Rancher , Chevalier,
Seigneur de Maudetour , Lieute-
Siij
210 LE MERCURE
1
nant de Roy en la Province & Gouvernement
de Berry , mourut le 3
Avril 1717. Il avoit épousé Geneviéve
Angelique de Machault , fille
de Louis de Machault Confeiller
au Parlement ; il étoit fils de feu
Mre Antoine Rancher , Seigneur de
Trefiemont, mort Sous - Doyen des
Confeillers au Parlement de Paris,
& de De Elifabeth Rubantel , la Famille
de Rancher eft originaire de
la Ville de Tours , & elle n'eſt
moins diftinguée dans la Robe par
fon ancienneté, que par fes Alliances.
pas
De Marie Nozereau Fagon, Femme
de Mre Guy- Crefcent Fagon
premier Médecin du feu Roy ,
mourut le 4 Avril 1717. Elle étoit
mere de Mr Fagon , Confeiller
d'Etat , & Confeiller au Confeil
Royal des Finances , & de Mre
Antoine Fagon Evêque de Lombés.
Mr Jouvenet Peintre ordinaire
du Roy , ancien Directeur & Recteur
perpetuel de l'Academic
Royale de Peinture & Sculpture ,
mourut le fix Avril.
Me Claude Jean Pepin , ancien
Correcteur des Comtes , mourut le
Sept Avril.
.
D'AVRIL . 211
Antoine Benoît Ecuyer , Pein
tre du Roy enfon Academie Royale,
& fon unique Sculpteur en cire ,
mourut le huit Avril.
De Armande de la Tour d'Auvergne
, Epoufe de Mre Louis de
Melun , Duc de Joyeuſe , Pair de
France , Prince d'Epinoy , Comte
de Saint Pol &c. Meftre de Camp
& Commandant le Régiment Royal
Cavalerie , moûrut en couches le
13 Avril 1717 , âgée de 19 ans , 7
mois. Elle étoit fille de Me Ema.
nuel Theodofe de la Tour , Duc
d'Albret , Pair & Grand Chambellant
de France & de Dame Marie
Victoire- Armande de la Tremoille ,
dont je vous appris la mort dans
mon dernier Journal. Les Maifons
de la Tour d'Auvergne & de Melun
font fi grandes & fi illuftres , & par
conféquent vous doivent être fi
connuës , , que je ne vous en donnerai
ici aucun détail .
De Louife - Madeleine de la
Marck , Comteffe de Braine , Baronne
de Pontarcy , Serignan , Mareüil
, la Vieille -Tour &c. veuve ,
de Mre Henry de Durfort , Duc de
Duras , mourut le 13 Avril , âgée
212 LE MERCURE
de 58 ans , laiffant pour fille Jeanne
Henriette de Durfort , mariée depuis
le 22 May 1709 , avec Henry
de Lorraine , Prince de Lambeſc ,
Petit fils de Mr le Comte d'Armagnac.
Elle étoit filled'Henry Robert
Efchalart de la Marck , Comte de
la Marck , Colonel du Régiment
de Picardie , & de Dame Jeanne
de Saveufe , & elle fortoit d'une
ancienne Maiſon originaire de Poitou
.
De Marie- Angelique de Cofnac ,
veuve de M. Procope - François
Comte d'Egmond , Duc de Gueldres
, de Juliers & de Eergues ,
Prince de Gaure & du S. Empire ,
Marquis de Renty , de la Longueville
&c. Grand d'Efpagne , Chevalier
de la Toifon d'or , General
de la Cavalerie , & des Dragons
de S. M. C. mourut le 14 Avril
1717 , âgée de 43 ans. Elle étoit
fille de M. François de Cofnac ,
Marquis de Cofnac , & de Dame
Locife d'Efparbes de Luffan , & petite
niéce de Daniel de Conafc
·Archevêque d'Aix , Commandeur
de l'Ordre de S. Efprit , & fortoit
d'une des plus anciennes & des plus
D'AVRIL . 213
illuftres Maifons du Limofin.
Mie Jean-Baptiste de Ribodon
Chevalier , Seigneur du Mouffeau ,
Liverdy &c. Confeiller de la Grande
Chambre du Parlement , mourut
le 15 Avril , âgé de 69 ans. Il
avoit été reçû Confeiller au Parlement
le 15 Janvier 1683. & étoit
fils de Claude Ribodon , Seigneur
du Mouffeau , & de Dame Cathe
rine Grangié de Liverdy.
De Marie Quatrehommes veuve
de M. Achille Barentin , Confeiller
du Roy en fa Cour de Parlement
& Grand Chambre d'icelle ,
fut enterrée Dimanche 26 , dans
l'Eglife du Grand Convent des
R. P. Auguftins.
Fermer
47
p. 156-157
MARIAGE.
Début :
Mre François Ferrand d'Averne, Commandant de la Compagnie des [...]
Mots clefs :
Commandant, Seigneur, Mademoiselle , Fille, Conseiller
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
Mre François Ferrand d'Averne ,
Commandant de la Compagnie des
Canoniers des Côtes , fils de François
Ferrand d'Ecotay Seigneur d'Averne ,
Lieutenant Gènèral de l'Artillerie,Brigadier
des Armées du Roy & Chevalier
de l'Ordre Militaire de Saint
Louis , épouſa le 11 Aouſt Dlle Madeleine
de Flécelles , fille de Mre Jean-
Baptifte de Flécelles Comte de
Bregy ; & de Dame Madeleine de
Thumery
:
D'AOUST..
Thuméry de Boiſſize; petite fille de
Nolas de Fléçelles , Comte de Bregy
, Vicomte de Corbeil , Seigneur de
Tigery , Conſeiller au Parlement de
Paris puis Capitaine au Regiment
des Gardes Françoiſes , Capitaine des
Gardes de la Reyne Chriſtine de
Suede , Ambaſladeur extraordinaire
en Pologne , puis en Suéde , & Lieutenant
général des Armées du Roy ,
mort en 1689 ; & de Charlotte de Saumaiſe
de Chaſan l'une des Dames
d'honneur de la Reyne mere du Roy,.
& arriere petite fille de Jacques de
Fléçelles , Seigneur du Pleſſis au bois
Vicomte de Corbeil & de Tigery ,
Préſident en la Chambre des Compes
de Paris , & de Dame Camille
d'Elbene.
Mre François Ferrand d'Averne ,
Commandant de la Compagnie des
Canoniers des Côtes , fils de François
Ferrand d'Ecotay Seigneur d'Averne ,
Lieutenant Gènèral de l'Artillerie,Brigadier
des Armées du Roy & Chevalier
de l'Ordre Militaire de Saint
Louis , épouſa le 11 Aouſt Dlle Madeleine
de Flécelles , fille de Mre Jean-
Baptifte de Flécelles Comte de
Bregy ; & de Dame Madeleine de
Thumery
:
D'AOUST..
Thuméry de Boiſſize; petite fille de
Nolas de Fléçelles , Comte de Bregy
, Vicomte de Corbeil , Seigneur de
Tigery , Conſeiller au Parlement de
Paris puis Capitaine au Regiment
des Gardes Françoiſes , Capitaine des
Gardes de la Reyne Chriſtine de
Suede , Ambaſladeur extraordinaire
en Pologne , puis en Suéde , & Lieutenant
général des Armées du Roy ,
mort en 1689 ; & de Charlotte de Saumaiſe
de Chaſan l'une des Dames
d'honneur de la Reyne mere du Roy,.
& arriere petite fille de Jacques de
Fléçelles , Seigneur du Pleſſis au bois
Vicomte de Corbeil & de Tigery ,
Préſident en la Chambre des Compes
de Paris , & de Dame Camille
d'Elbene.
Fermer
48
p. 183-188
ARTICLE DES MORTS.
Début :
Messire Paul Estienne Brunet de Ranci Seigneur d'Evry-les-Châteaux, [...]
Mots clefs :
Messire, Comte, Colbert, Coadjuteur, Conseiller, Femme, Décès, Seigneur, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE DES MORTS.
ARTICLE DES MORTS.
M
Effire Paul Eſtienne Brunet de
Ranci Seigneur d'Evry- les-Chateaux
, mourut le 19 Aouſt laiffant de
Qijij
134 LE MERCURE
Ion mariage avec Genevieve Colbert
fille de Michel Colbert Maître des
Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy,
entre autres enfans , Gilles Brunet
de Rancy . Maiſtre des Requêtes
marié avec Françoiſe Suſanne Bignon,
fille de Meſſire Armand Roland
Bignon Intendant de Juſtice en laGénéralité
de Paris ,& d'Agnes Françoiſe
Hebert du Buc. Joſeph Brunet de Rancy
Capitaine au Régiment des Gardes
Françoiſes , Françoiſe Marguerite Brunet
de Rancy femme de Pierre Armand
de la Briffe Maistre des Requêtes&
Marie Brunet de Rancy mariće
depuis l'An 1711 , avec Loüis François
Henri Colbert Comte de Croiſſfy , Lieutenant
Général des Armées du Roy, cidevantAmbaffadeuren
Suéde . Meſſire
Brunet de Rancy qui vient de mourir
avoit pour freres ( Jean Baptiste Brunet
Seigneur de Chailly , Garde du Tréfor
Royal , mort en 1703 , pere deM.
Brunet de Chailly Préſident en la
Chambre des Compte de Paris , & de
Mesdames du Tillet de la Buffiere de
Villarceaux & Bignon de Blanzy. )
Gilles Brunet Confeiller au Parlement
de Paris , mort en 1709. Fran
-' DE SEPTEMBRE. 18.5
gois Brunet Seigneur de Mont- Ferrant,
Préſident en la Chambre des Comptes
de Parismort , fans eſtremarié en 1696.
Joſeph Brunet Abbé de Noſtre-Dame
de Baugerais , puis de Saint Creſpin
le Grand de Soiffons , Administrateur
de laCure de Saint Roch. Claude Brunet
Abbé de Noſtre-Dame du Boucher,
mort en 1693. Philberte Brunet femmede
Philbert Alexis Durand Seigneur
de Chaumont , Préſident de la Chambre
des Comptes en Bourgogne , &
Jeanne Magdelaine Brunet femme de
François Pierre Durey Secretaire du
Roy , Tréſorier Général de la Maiſon
du Roy , mort en 1710, &elle en 1706.
Tous enfans de Philbert Brunet reçû
Secretairedu Roy en 1667, & de Jeanne
Tavau.
:
Meffire François Jofeph de Grammont
Archevêque de Besançon , mourut
le21 Août. Ilavoit fuccedé en 1698,à
Meffire Antoine Pierre de Grammont
fonOncle duquel il eſtoit Coadjuteur: Il
eſtoit frere de Meſſieurs les Marquis
& Comte de Grammont , tous deux
Lieutenans Généraux des Armées du
Roy, & fortoit d'une Maiſon originaire
de Franche-Comté également diftin-
Qüj
186 LE MERCURE
guée par ſon ancienneté &par fesalliances.
Il vaque par la mort de M.
de Grammont l'Abbaye de Sainte Marie
duMont de 12 à 15000 livres de rente
,& le Prieuré de Mortault qui en
vaut autant.
Mre Geoffroy-Dominique de Bragelongne
, ci-devant Conſeiller en la
Cour des Aydes de Paris , mourut le
21 Septembre , en ſa 63º année. Il eſtoit
fils de Thomas de Bragelongne , Seigneur
d'Engenville , d'Iſſi & du petit
Tinionville , mort Premier Préſident
du Parlement de Metz en 1681 : Etde
Dame Marie Hector de Marle , &
petit- fils de Jean-François de Bragelongne
Seigneur de la Norville , re
çû Conſeiller au Parlement de Paris
en 1603 , & d'Anne l'Ffchaffier ; &
arriére petit-fils de Thomas de Bragelongne
, Seigneur de Norville , ancien
Préſident des Tréſorters - de
France à Paris & Sécrétaire du Roy,
mort en 1615 , ſorti d'une Famille
des plus diftinguées , des plus étendues
&des mieux alliées de la Robe .
N. d'Aydie femme de Mre
Antoine Comte d'Aydie & Dame da
Palais de Madame Ducheſſe de Beni,
DE SEPTEMBRE 187
mourut le 18 de ce mois , à l'âge
de 19 ans. Elle étoit foeur de M. le
Marquis de Ribérac & de M. le Comte
de Rions , & fille d'Amé- Blaiſe
d'Aydie Comte d'Aydie , Seigneur
des Bernardieres , & de Moncheüil ,
Comte de Beroge , & de Marguerite-
Loüife - Théreſe - Marie - Charlotte -
Dianne Bautru de Nogent. Elle avoir
épousé ſon proche parent ; & la Maifon
d'Aydie dont elle fortoit , eſt
des plus illuftres de Bearn.
unc
MreGilles de Beauveau Evêquede
Nantes depuis l'an 1577 , mourut le
fix de ce mois. La Maiſon de Beauvean
dont il fortoit , eſt originaire
d'Anjou & l'une des plus illuſtres &
des plus anciennes de cette Province.
Mre Pierre Gaillard Conſeiller en la
Cour desAydes de Paris , mourut le 20
Aouſt derrier , laiſſant des enfans.
Marie Elifabeth le Feuvre de Caumartin,
femme de Mre Pierre Delpech ,
Seigneur de Cailli , Avocat General
dela Courdes Avdes , mourut le 29
Aouft letnier. Elle épir fille de Loüis-
François e Fenvie de Caumartin ,
Marquis le Cailli & de Françoiſe-
Elifabeth de Brion ſa ſeconde femme,
388 LE MERCURE
perite- fille de Jacques le Feuvre Seigneur
de Saint- Port & Marquis de
Cailli Ambaſſadeur en Suiffe&Confeiller
d'Etat , & de Genéviéve de la
Barre ; & arriere petite-fille de Loüis
de Feuvre Baronde Saint Port, Seigneur
deCaumarrin&de soiffi , mort Gardedes
Sceaux de France en 1623 ; &
elle étoit coufine iffuë de germain de
Mrs de Caumartin&de Boiffi. Voyez
pour cette Généalogie , l'Histoire des
grands Officiers de la Couronne , au
Chapitre des Chanceliers , Gardesdes
Sceaux de France .
Dame Marguerite Felice de Levy
Vantadour veuve de Mre Jacques
Henry de Durfort Duc de Duras ,
Pair& Maréchal de France , Chevalier
des Ordres du Roy , Gouverneur
du Comté de Bourgogne , mourut le
deux de ce mois .
Je remets au mois prochain à par-
Actde la mort de M le Duc de Vanta .
dour ſon frere , arrivée le 18 ; comme
auſſide la mort de M. le Marquis
de Moncault Lieutenant Général des
Armées du Roy , dont M. le Marquis
d'Hautrey ſon fils, a épouséMiled Armenonville,
comme je le marque ci-aprés .
M
Effire Paul Eſtienne Brunet de
Ranci Seigneur d'Evry- les-Chateaux
, mourut le 19 Aouſt laiffant de
Qijij
134 LE MERCURE
Ion mariage avec Genevieve Colbert
fille de Michel Colbert Maître des
Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy,
entre autres enfans , Gilles Brunet
de Rancy . Maiſtre des Requêtes
marié avec Françoiſe Suſanne Bignon,
fille de Meſſire Armand Roland
Bignon Intendant de Juſtice en laGénéralité
de Paris ,& d'Agnes Françoiſe
Hebert du Buc. Joſeph Brunet de Rancy
Capitaine au Régiment des Gardes
Françoiſes , Françoiſe Marguerite Brunet
de Rancy femme de Pierre Armand
de la Briffe Maistre des Requêtes&
Marie Brunet de Rancy mariće
depuis l'An 1711 , avec Loüis François
Henri Colbert Comte de Croiſſfy , Lieutenant
Général des Armées du Roy, cidevantAmbaffadeuren
Suéde . Meſſire
Brunet de Rancy qui vient de mourir
avoit pour freres ( Jean Baptiste Brunet
Seigneur de Chailly , Garde du Tréfor
Royal , mort en 1703 , pere deM.
Brunet de Chailly Préſident en la
Chambre des Compte de Paris , & de
Mesdames du Tillet de la Buffiere de
Villarceaux & Bignon de Blanzy. )
Gilles Brunet Confeiller au Parlement
de Paris , mort en 1709. Fran
-' DE SEPTEMBRE. 18.5
gois Brunet Seigneur de Mont- Ferrant,
Préſident en la Chambre des Comptes
de Parismort , fans eſtremarié en 1696.
Joſeph Brunet Abbé de Noſtre-Dame
de Baugerais , puis de Saint Creſpin
le Grand de Soiffons , Administrateur
de laCure de Saint Roch. Claude Brunet
Abbé de Noſtre-Dame du Boucher,
mort en 1693. Philberte Brunet femmede
Philbert Alexis Durand Seigneur
de Chaumont , Préſident de la Chambre
des Comptes en Bourgogne , &
Jeanne Magdelaine Brunet femme de
François Pierre Durey Secretaire du
Roy , Tréſorier Général de la Maiſon
du Roy , mort en 1710, &elle en 1706.
Tous enfans de Philbert Brunet reçû
Secretairedu Roy en 1667, & de Jeanne
Tavau.
:
Meffire François Jofeph de Grammont
Archevêque de Besançon , mourut
le21 Août. Ilavoit fuccedé en 1698,à
Meffire Antoine Pierre de Grammont
fonOncle duquel il eſtoit Coadjuteur: Il
eſtoit frere de Meſſieurs les Marquis
& Comte de Grammont , tous deux
Lieutenans Généraux des Armées du
Roy, & fortoit d'une Maiſon originaire
de Franche-Comté également diftin-
Qüj
186 LE MERCURE
guée par ſon ancienneté &par fesalliances.
Il vaque par la mort de M.
de Grammont l'Abbaye de Sainte Marie
duMont de 12 à 15000 livres de rente
,& le Prieuré de Mortault qui en
vaut autant.
Mre Geoffroy-Dominique de Bragelongne
, ci-devant Conſeiller en la
Cour des Aydes de Paris , mourut le
21 Septembre , en ſa 63º année. Il eſtoit
fils de Thomas de Bragelongne , Seigneur
d'Engenville , d'Iſſi & du petit
Tinionville , mort Premier Préſident
du Parlement de Metz en 1681 : Etde
Dame Marie Hector de Marle , &
petit- fils de Jean-François de Bragelongne
Seigneur de la Norville , re
çû Conſeiller au Parlement de Paris
en 1603 , & d'Anne l'Ffchaffier ; &
arriére petit-fils de Thomas de Bragelongne
, Seigneur de Norville , ancien
Préſident des Tréſorters - de
France à Paris & Sécrétaire du Roy,
mort en 1615 , ſorti d'une Famille
des plus diftinguées , des plus étendues
&des mieux alliées de la Robe .
N. d'Aydie femme de Mre
Antoine Comte d'Aydie & Dame da
Palais de Madame Ducheſſe de Beni,
DE SEPTEMBRE 187
mourut le 18 de ce mois , à l'âge
de 19 ans. Elle étoit foeur de M. le
Marquis de Ribérac & de M. le Comte
de Rions , & fille d'Amé- Blaiſe
d'Aydie Comte d'Aydie , Seigneur
des Bernardieres , & de Moncheüil ,
Comte de Beroge , & de Marguerite-
Loüife - Théreſe - Marie - Charlotte -
Dianne Bautru de Nogent. Elle avoir
épousé ſon proche parent ; & la Maifon
d'Aydie dont elle fortoit , eſt
des plus illuftres de Bearn.
unc
MreGilles de Beauveau Evêquede
Nantes depuis l'an 1577 , mourut le
fix de ce mois. La Maiſon de Beauvean
dont il fortoit , eſt originaire
d'Anjou & l'une des plus illuſtres &
des plus anciennes de cette Province.
Mre Pierre Gaillard Conſeiller en la
Cour desAydes de Paris , mourut le 20
Aouſt derrier , laiſſant des enfans.
Marie Elifabeth le Feuvre de Caumartin,
femme de Mre Pierre Delpech ,
Seigneur de Cailli , Avocat General
dela Courdes Avdes , mourut le 29
Aouft letnier. Elle épir fille de Loüis-
François e Fenvie de Caumartin ,
Marquis le Cailli & de Françoiſe-
Elifabeth de Brion ſa ſeconde femme,
388 LE MERCURE
perite- fille de Jacques le Feuvre Seigneur
de Saint- Port & Marquis de
Cailli Ambaſſadeur en Suiffe&Confeiller
d'Etat , & de Genéviéve de la
Barre ; & arriere petite-fille de Loüis
de Feuvre Baronde Saint Port, Seigneur
deCaumarrin&de soiffi , mort Gardedes
Sceaux de France en 1623 ; &
elle étoit coufine iffuë de germain de
Mrs de Caumartin&de Boiffi. Voyez
pour cette Généalogie , l'Histoire des
grands Officiers de la Couronne , au
Chapitre des Chanceliers , Gardesdes
Sceaux de France .
Dame Marguerite Felice de Levy
Vantadour veuve de Mre Jacques
Henry de Durfort Duc de Duras ,
Pair& Maréchal de France , Chevalier
des Ordres du Roy , Gouverneur
du Comté de Bourgogne , mourut le
deux de ce mois .
Je remets au mois prochain à par-
Actde la mort de M le Duc de Vanta .
dour ſon frere , arrivée le 18 ; comme
auſſide la mort de M. le Marquis
de Moncault Lieutenant Général des
Armées du Roy , dont M. le Marquis
d'Hautrey ſon fils, a épouséMiled Armenonville,
comme je le marque ci-aprés .
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49
p. 214-216
MARIAGES.
Début :
N... Pignatelli Prince d'Egmond, fils de Nicolas Pignatelli, Duc [...]
Mots clefs :
Mariages, Prince, Colonel, Conseiller, Fille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES .
N...Pignatelli Prince d'Egmond ,
fils de Nicolas Pignatelli , Duc
de Bifaccia , & c. Napolitain ; & de
Marie d'Egmond four aînée de Procope-
François Prince d'Egmond , Chevalier
de la Toifon d'or , mort en 1707
fans enfans , de Marie- Angelique Marquife
de Cofnac , & qui inftitua fon
heritier N ... Pignatelli fon Neveu ,
fils de fa foeur aînée , qui prit le nom
de Prince d'Egmond ; époufa à Paris
Novembre , Henriette Julie de
Durfort , feconde fille de Jacques-
Henry , Duc de Duras , & de Loüife-
Madelaine de la Marck .
le 25 7
Meffire N.... Bouhier Chevalier ,
Prefident à Mortier au Parlement de
Bourgogne , vient de fe remarier avec
Mile Bouhier de Lantenay fa coufine :
Il eft frere de M. l'Abbé Bouhier ,
Docteur de Sorbonne , Archidiacre de
Dijon & Vicaire Général du Diocéſe
de. Langres , lequel fur la démiffion
de M. l'Abbé de S. Eftienne de Dijon
fon grand Oncle , fut nommé il y a quel
ques années par le Roy au Prieuré de
Pontallier ; de Madame la Marquife
de Rouvray , & de M. le Chevalier
1
DE NOVEMBRE. 225
Bouhier Colonel d'Infanterie ; tous enfans
de feu Mre N .... Bouhier Chevalier
, Seigneur de Savigny , Préfident
à Mortier au même Parlement ; lequel
ût pour frere cadet Mre N ... Bouhier
Chevalier , Marquis de Lantenay ,
Confeiller au Grand Confeil , pere de
M. l'Abbé Bouhier de Lantenay , Confeiller
d'Eglife au Parlement , Doyen,
de S. Ettienne de Dijon , Vicaire Général
& Official de Langres , & de M.
Bouhier de Lantenay , auffi Confeiller
au Parlement , qui a pour file unique
la nouvelle mariée. Meffieurs les Préfidents
Bouhier de Verfalieux & de
Chevigny , font encore de la même Famille
; & de cette branche font, M.
le Commandeur Bouhier Chevalier de:
Malthe , qui a tenu Galére & les Commanderies
de Robaicour en Lorraine ,
& de Belle- Croix prés de Châlons fur
Saône : M., l'ancien Prevôt de la Ste
Chapelle à Dijon : M. le Doyen de
cette Eglife , dont l'oncle a efté pareillement
Doyen : M. l'Abbé Bouhier de
Verfalieux leur neveu , Bachelier de
Sorbonne & Chanoine en la même
Eglife Madame la Marquife de Belaccueil
en Dauphiné & Madame:
215 LEMERCURE
d'Antoine femme du Confeiller de ce
nom au Parlement de Provence . Cette
Famille eft également diftinguée dans
le Parlement de Bourgogne , pár fon
ancienneté & par le nombre & la qualité
de fes Alliances ; mais elle ne l'eſt
pas moins , par l'amour des Belles- Lettres
qu'on y a toujours entretenu : On
y conferve depuis long- tems la belle
Bibliotheque qui eft citée en plufieurs
grands Ouvrages ; & M. le Préfident
Bouhier qui donne lieu à cet article ,
a grand foin de l'enrichir de plus en
plus.
N...Pignatelli Prince d'Egmond ,
fils de Nicolas Pignatelli , Duc
de Bifaccia , & c. Napolitain ; & de
Marie d'Egmond four aînée de Procope-
François Prince d'Egmond , Chevalier
de la Toifon d'or , mort en 1707
fans enfans , de Marie- Angelique Marquife
de Cofnac , & qui inftitua fon
heritier N ... Pignatelli fon Neveu ,
fils de fa foeur aînée , qui prit le nom
de Prince d'Egmond ; époufa à Paris
Novembre , Henriette Julie de
Durfort , feconde fille de Jacques-
Henry , Duc de Duras , & de Loüife-
Madelaine de la Marck .
le 25 7
Meffire N.... Bouhier Chevalier ,
Prefident à Mortier au Parlement de
Bourgogne , vient de fe remarier avec
Mile Bouhier de Lantenay fa coufine :
Il eft frere de M. l'Abbé Bouhier ,
Docteur de Sorbonne , Archidiacre de
Dijon & Vicaire Général du Diocéſe
de. Langres , lequel fur la démiffion
de M. l'Abbé de S. Eftienne de Dijon
fon grand Oncle , fut nommé il y a quel
ques années par le Roy au Prieuré de
Pontallier ; de Madame la Marquife
de Rouvray , & de M. le Chevalier
1
DE NOVEMBRE. 225
Bouhier Colonel d'Infanterie ; tous enfans
de feu Mre N .... Bouhier Chevalier
, Seigneur de Savigny , Préfident
à Mortier au même Parlement ; lequel
ût pour frere cadet Mre N ... Bouhier
Chevalier , Marquis de Lantenay ,
Confeiller au Grand Confeil , pere de
M. l'Abbé Bouhier de Lantenay , Confeiller
d'Eglife au Parlement , Doyen,
de S. Ettienne de Dijon , Vicaire Général
& Official de Langres , & de M.
Bouhier de Lantenay , auffi Confeiller
au Parlement , qui a pour file unique
la nouvelle mariée. Meffieurs les Préfidents
Bouhier de Verfalieux & de
Chevigny , font encore de la même Famille
; & de cette branche font, M.
le Commandeur Bouhier Chevalier de:
Malthe , qui a tenu Galére & les Commanderies
de Robaicour en Lorraine ,
& de Belle- Croix prés de Châlons fur
Saône : M., l'ancien Prevôt de la Ste
Chapelle à Dijon : M. le Doyen de
cette Eglife , dont l'oncle a efté pareillement
Doyen : M. l'Abbé Bouhier de
Verfalieux leur neveu , Bachelier de
Sorbonne & Chanoine en la même
Eglife Madame la Marquife de Belaccueil
en Dauphiné & Madame:
215 LEMERCURE
d'Antoine femme du Confeiller de ce
nom au Parlement de Provence . Cette
Famille eft également diftinguée dans
le Parlement de Bourgogne , pár fon
ancienneté & par le nombre & la qualité
de fes Alliances ; mais elle ne l'eſt
pas moins , par l'amour des Belles- Lettres
qu'on y a toujours entretenu : On
y conferve depuis long- tems la belle
Bibliotheque qui eft citée en plufieurs
grands Ouvrages ; & M. le Préfident
Bouhier qui donne lieu à cet article ,
a grand foin de l'enrichir de plus en
plus.
Fermer
50
p. 216-217
MORTS.
Début :
Mre Charl. Rodrigue Gonsalue de Forbin, Chev. d'Oppede, [...]
Mots clefs :
Chevalier, Lieutenant, Décès, Veuve, Empereur, Conseiller
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
Mre Charl. Rodrigue Gonfalue de
Forbin, Chev. d'Oppede , Exempt des
Gardes du Corps du Roy , mourut le
29 Octobre âgé de 33 ans..
Mre Pier. Magon de la Baluë , Lieu--
tenant au Regiment des Gardes Françoifes
, mourut le 11 Novembre âgé de
30 ans fans alliances .
Mre Charl . le Boulanger Conf. au G.
C.mourut fans alliances le 12 Nov.Ilêtoit
fils puifné de Mre Louis letBoulan-.
ger Seigneur d'Hacqueville, Mtre, des .
Requestes , mort en Sep. 1701 , & de-
Dame
DE NOVEMBRE.
217
Dame Catherine le Mérat , morte en
1693. Il avoit pour frere aifné Mre Louis
le Boulanger , Seigneur d'Hacqueville
auffi Mtre des Requeftes .
Dame Uranie de la Cropte, veuve du
Prince Louis Thomas de Savoye
Comte de Soiffons , frere aifné du Pr.
Eugéne de Savoye , Généraliffime des
Armées de l'Empereur , mourut le 14
Nov. au Monaftere des Dames R. de
Belle Chaffe , Fauxbourg S. Germain ,
où elle s'étoit retirée ; laiffant pour fils
aifné Emanuel Prince de Soiffons , Colonel
d'un régiment des Cuiraffiers de
l'Empereur , né en 1687 , qui a épousé
en 1713 Therefe Princeffe de Lichtenftein
Ducheffe de Nifcolsbourg.
N. Santere , Peintre ordinaire du Roy,
mourut le 21 Novembre .
Dame N. Jolly de Fleuri , qui avoit
époufé le 27 Avril dernier , M. Benoist
Bidal Marquis d'Asfeld , Lieutenant
Géneral des Armées du Roï , Commandeur
de l'Ordre de S. Louis , Chev.
de la Toifon d'Or & Confeiller au C.
de Guerre, mourut le 23 Nov. Je vous
entretins affez amplement dans mon
Journal du mois d'Avril dernier , de la
Famille de la deffunte.
Mre Charl. Rodrigue Gonfalue de
Forbin, Chev. d'Oppede , Exempt des
Gardes du Corps du Roy , mourut le
29 Octobre âgé de 33 ans..
Mre Pier. Magon de la Baluë , Lieu--
tenant au Regiment des Gardes Françoifes
, mourut le 11 Novembre âgé de
30 ans fans alliances .
Mre Charl . le Boulanger Conf. au G.
C.mourut fans alliances le 12 Nov.Ilêtoit
fils puifné de Mre Louis letBoulan-.
ger Seigneur d'Hacqueville, Mtre, des .
Requestes , mort en Sep. 1701 , & de-
Dame
DE NOVEMBRE.
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Dame Catherine le Mérat , morte en
1693. Il avoit pour frere aifné Mre Louis
le Boulanger , Seigneur d'Hacqueville
auffi Mtre des Requeftes .
Dame Uranie de la Cropte, veuve du
Prince Louis Thomas de Savoye
Comte de Soiffons , frere aifné du Pr.
Eugéne de Savoye , Généraliffime des
Armées de l'Empereur , mourut le 14
Nov. au Monaftere des Dames R. de
Belle Chaffe , Fauxbourg S. Germain ,
où elle s'étoit retirée ; laiffant pour fils
aifné Emanuel Prince de Soiffons , Colonel
d'un régiment des Cuiraffiers de
l'Empereur , né en 1687 , qui a épousé
en 1713 Therefe Princeffe de Lichtenftein
Ducheffe de Nifcolsbourg.
N. Santere , Peintre ordinaire du Roy,
mourut le 21 Novembre .
Dame N. Jolly de Fleuri , qui avoit
époufé le 27 Avril dernier , M. Benoist
Bidal Marquis d'Asfeld , Lieutenant
Géneral des Armées du Roï , Commandeur
de l'Ordre de S. Louis , Chev.
de la Toifon d'Or & Confeiller au C.
de Guerre, mourut le 23 Nov. Je vous
entretins affez amplement dans mon
Journal du mois d'Avril dernier , de la
Famille de la deffunte.
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