Résultats : 21932 texte(s)
Détail
Liste
7701
p. 275-280
ENIGME.
Début :
Si l'on m'en avoit envoyé encore une, j'aurois / Nous sommes trois compagnons [...]
Mots clefs :
Seringue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Si l'on m'en avoit envoyé
encore une , j'aurois
refervé celle- cy pour un
276 MERCURE
autre mois ; mais on ne
la pas fait ,& je n'ay pas
le temps d'attendre qu'on
le faffe.
XENIGME
2 i
Noussommes trois compagnons
M
Qui de fort prés nous joignons,
Composant un tout femelle
De taille telle que telle ,
Et qu'on ne peut définir
Parce qu'aller & venir
Défigurent un peusa taille
GALANT. 277
Qui franchement n'est rien
qui vaille ,
L'un de nous est fort mal
coëffé
L'autre est un peu mieux
etoffe
Le troifiéme par avanture
dont le beau sexe eft cum
rieux
Eft par fois parfumé ,
blanc , poli , gracieux,
Pour luy plaire par fon
allure,
Quelquefois de mille
beautez
278 MERCURE
Il est temoin , mais non
pas oculaire ,
De ce qu'il ne voit point
un peu vous vous
doutez
Lesçavoir mieux n'est pas
trop neceffaire,
Pour deviner l'Enigme
en question
Mais procedons à la conclufion
1
Tantoſt l'un de nous trois
des deux autres s'arrasche
Celuy-cy dans l'autre ſe
GALANT . 279
LIM cache 3
Et se recache aprés dans
un plaisant reduit
Et quand l'autre est cacké
dans celuy qui le ſuit
Tous trois nous nous cachons
ensemble
Dans un autre réduit
qu'on cache aprés auffi
Qui sommes nous , que
vous en femble
Quel mot feul fait en racourcy
Des maſles Compagnons
que cette Enigme indi
280 MERCURE !
que
Le nom unique.
encore une , j'aurois
refervé celle- cy pour un
276 MERCURE
autre mois ; mais on ne
la pas fait ,& je n'ay pas
le temps d'attendre qu'on
le faffe.
XENIGME
2 i
Noussommes trois compagnons
M
Qui de fort prés nous joignons,
Composant un tout femelle
De taille telle que telle ,
Et qu'on ne peut définir
Parce qu'aller & venir
Défigurent un peusa taille
GALANT. 277
Qui franchement n'est rien
qui vaille ,
L'un de nous est fort mal
coëffé
L'autre est un peu mieux
etoffe
Le troifiéme par avanture
dont le beau sexe eft cum
rieux
Eft par fois parfumé ,
blanc , poli , gracieux,
Pour luy plaire par fon
allure,
Quelquefois de mille
beautez
278 MERCURE
Il est temoin , mais non
pas oculaire ,
De ce qu'il ne voit point
un peu vous vous
doutez
Lesçavoir mieux n'est pas
trop neceffaire,
Pour deviner l'Enigme
en question
Mais procedons à la conclufion
1
Tantoſt l'un de nous trois
des deux autres s'arrasche
Celuy-cy dans l'autre ſe
GALANT . 279
LIM cache 3
Et se recache aprés dans
un plaisant reduit
Et quand l'autre est cacké
dans celuy qui le ſuit
Tous trois nous nous cachons
ensemble
Dans un autre réduit
qu'on cache aprés auffi
Qui sommes nous , que
vous en femble
Quel mot feul fait en racourcy
Des maſles Compagnons
que cette Enigme indi
280 MERCURE !
que
Le nom unique.
Fermer
7702
p. 270-276
LE BAL DE L'OPERA, CANTATE. OU ODE ALLEGORIQUE
Début :
Recitatif. Dans un séjour brillant, consacré par les Belles, [...]
Mots clefs :
Amour, Coeur, Amants, Dieu, Sujets, Époux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE BAL DE L'OPERA, CANTATE. OU ODE ALLEGORIQUE
LE BAL DE L'OPERA,
CANTATE.
ou
ODE ALLEGORIQUE
Recirauf
DAns unséjour brillant, con-
Jacrépar les Belles,
L'ingeniehx Cm faverMt d.
mour3
Pour combler ses sujets de ses
grâces nouvelles,
Vient d'établir une nouvelle
Cour.
Là le déguisement des aimablesmortelle
Eflfatal aux Epoux:mais propice
aux Amant;
Et la divinitéqui prejide sur elles
Invite les coeurs asesamufemens*
Air.
Amans
t accoure% à nosfêtcs,
Leurs plaîfrs ne font que pour
vous,
Mine tendresbeaute^fontprêtes
A 'Vous lesfairegoûter tous.
Les Ris, les Amours, e les
Graves>
Yvolent au gré des drfirs,
Suives de si0charmantes traces
ElUs contyifent aux pUtfirs.
Amans, &c.
Récitatif.
L'amour qui dans ces lieuxA
forméson EmpIre,
jdrme des plus doux traits vole
dans tous les coeurs :
Quipourroitreiffleraux tranfyorts
quilinfyireï ",
Quand devant luy les jeux an*
noncent sesfaveurs.
-
Sous mille diverjes images,
Si l'amour vous paroît hideux , Rajfàre^-vous
; ce, Dieu ne voile
les vijages
Que pour recompenser plus [ûre.
mentvos feux.
Air.
Mille heatite% habites
Sous un mafcjue trompeur, N)font les difficiles
Que pourmieux prendre uncoeuA
Sous, un masquef/opicc. --.à,p
Qui cache la laideur,
Plus-d'une Cleonicc
Satisfait son ardeur.
-
Chaque Amant syJeguije
Pour Je comcbre mieuxt
Il nejt point de méprise
Qui n'aitunfort heureux.
La, de leur dessinee,
Les Epoux font inflruits :
Sujets de fHymenie
Ils en trouvent les fruits.
Mille beautez, &c.
Récitatif.
Ce Templese conjacre a la félicité.
LAmoury fait goûter sa plus
vive tendrejji
, -
Hebcrépand par tout un NtElar
enchanté,
Therpjtcorejregne sans cesse,
Momusyfait briUer l'art en luy
si vanté.
Dans ces lieux enchanteurs*
tout charme, tout tngage )
Tous les Dieux de la volupté
Yrevivent fms cesse un éclatant
hommage;
Le Dieu de l'Hymenée efl leful
maltraité.
Air.
Dansce séjourfertile
L'amour Offreunakile
Pour s'aimer.
Tout (flutile
Pours"exprimer,
Le secrettfîfacile
De s'enflamer;
Et l'on en trouve mille
Pour charmer.
CANTATE.
ou
ODE ALLEGORIQUE
Recirauf
DAns unséjour brillant, con-
Jacrépar les Belles,
L'ingeniehx Cm faverMt d.
mour3
Pour combler ses sujets de ses
grâces nouvelles,
Vient d'établir une nouvelle
Cour.
Là le déguisement des aimablesmortelle
Eflfatal aux Epoux:mais propice
aux Amant;
Et la divinitéqui prejide sur elles
Invite les coeurs asesamufemens*
Air.
Amans
t accoure% à nosfêtcs,
Leurs plaîfrs ne font que pour
vous,
Mine tendresbeaute^fontprêtes
A 'Vous lesfairegoûter tous.
Les Ris, les Amours, e les
Graves>
Yvolent au gré des drfirs,
Suives de si0charmantes traces
ElUs contyifent aux pUtfirs.
Amans, &c.
Récitatif.
L'amour qui dans ces lieuxA
forméson EmpIre,
jdrme des plus doux traits vole
dans tous les coeurs :
Quipourroitreiffleraux tranfyorts
quilinfyireï ",
Quand devant luy les jeux an*
noncent sesfaveurs.
-
Sous mille diverjes images,
Si l'amour vous paroît hideux , Rajfàre^-vous
; ce, Dieu ne voile
les vijages
Que pour recompenser plus [ûre.
mentvos feux.
Air.
Mille heatite% habites
Sous un mafcjue trompeur, N)font les difficiles
Que pourmieux prendre uncoeuA
Sous, un masquef/opicc. --.à,p
Qui cache la laideur,
Plus-d'une Cleonicc
Satisfait son ardeur.
-
Chaque Amant syJeguije
Pour Je comcbre mieuxt
Il nejt point de méprise
Qui n'aitunfort heureux.
La, de leur dessinee,
Les Epoux font inflruits :
Sujets de fHymenie
Ils en trouvent les fruits.
Mille beautez, &c.
Récitatif.
Ce Templese conjacre a la félicité.
LAmoury fait goûter sa plus
vive tendrejji
, -
Hebcrépand par tout un NtElar
enchanté,
Therpjtcorejregne sans cesse,
Momusyfait briUer l'art en luy
si vanté.
Dans ces lieux enchanteurs*
tout charme, tout tngage )
Tous les Dieux de la volupté
Yrevivent fms cesse un éclatant
hommage;
Le Dieu de l'Hymenée efl leful
maltraité.
Air.
Dansce séjourfertile
L'amour Offreunakile
Pour s'aimer.
Tout (flutile
Pours"exprimer,
Le secrettfîfacile
De s'enflamer;
Et l'on en trouve mille
Pour charmer.
Fermer
7703
p. 272-279
Extrait de differentes Lettres du Camp devant Fribourg, du 23. Octobre.
Début :
Notre batterie en richochet estoit hier au soir comme inondée [...]
Mots clefs :
Place, Attaque, Ennemis, Brèche, En ricochet, Ouvrage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait de differentes Lettres du Camp devant Fribourg, du 23. Octobre.
Extrait de différentes Lettres
du Camp
devant
Fribourg,
du13. Oclolpfe.
Notre batterie en richochet
estoit hier au foir comme
inondée; mais comme
on ne s'en servoie pius, cela
ne nous a pas causé un grand
préjudice. Il cft vray qu'on
a détourné la riviere dans le
commencement du Siege;
mais les ennemis se sont
conservé une écluse par le
moyen de laquelle ils remplisent
leurs fossez d'eau
quand ils souhaitent, sans
pouvoir cependant la faire
entrer dans la Ville pour
faire aller leurs moutins; on
ne pense pas à saigner le
forte, mais.à y construire six
Ponts. Il ne s'est rien passé
lanuitdu 21. au tt. à l'attaque
du Fort ni à celle de la
Ville. Les ennemis continuënt
à faire un grand feu.
On croit qu'on sera obligé
de changer de place quelques
unes de nos batteries, parce
quelles pourroient nuire à
ceux qui travaillent aux
Ponts sur les Fossez.
Comme on ne peut pas
grimper au Fort S. Pierre par ,
l'endroit qu'on attaque, on
va travailler àdes mines pour
faire fauter une partie du
Roc, & se pratiquer par là
une espece de degré. La
brèche (e fait aux deux bas-
..::t
tions de la Ville que l'on bat
malgré le feu des ennemis.
On devoit commencer le
22. au foir les Pontsdefascinés
sur le Fosse; il y en aura
un à chaque face des deux
bastions que l'on attaque &
deux à la demielune, tout
le monde croit que cela pourra
aller jusqu'au 17. On espereaussique
les Forts feront
rendus en même-temps que
la Place, afin de conserver
vingt-un bataillons qui seroient
pri sonniers de guerre.
Oll a attaché depuis trois
jours le Mineur à laredoute
du chemin couvert.
On mande de Landau
du 17. Octobre qu'un parti
de soixante Dragons prés de
l'armée ennemie ayant passé
le Rhin à Philisbourg s'avança
la nuit du 15.au 16. à
portée de cette Place, dans
le dessein de surprendre cent
hommes que nous avons
dans l'ouvrage de la Justice
qui est la plus avancée, Mr
de Vieux Pont qui y commande
ayanr esté averti par
un Païsan de leur approche,
envoya cent cinquante Grenadiers
à leur rencontre; ils
trouvèrent les ennemis à la
petite pointe du jour, à la
pottéedu canon de l'ouvrage
avec des échelles ils se jetterent
inopinément sur eux
& les enveloperent, ils en
tuerent dix, & firent quarante
deux prisonniers, entre
lesquels est leur Commandant
qui est Lieutenant Colonel
,on les a amenéici.
On écrit de Brifac du
1 8:.
que nos Troupes sont au
pied de la banquette, le long
de laquelle elles ont étendu
les logemens. On batenbrèche
la demie lune & les deux
bastions de la Place où il y
avoir le 17. une brèche
de dix toi les qui alloit jus:
qu'au cordon, il y a aussi
brèche à la demie-lune, &
cetre nuit on y doit attacher
le Mineur. On va aussi travailler
à combler le Foissé.
Les Assiegez sonttoûjours
grand feu cependant il n'y a
que leurs pierricrs qui incommodent
les Troupes, il vient
presque tous les jours desdeferteurs.
A l'attaque du Fort
on a poussé les travaux contre
un ouvrage en forme
de lunette qui ne peut --
eftrc
infultéc par le canon estant
enterée dans le Roc, &
comme elle ne peut-estre
emportée que par escalade,
on cherche les moyens dela
pouvoir miner.
du Camp
devant
Fribourg,
du13. Oclolpfe.
Notre batterie en richochet
estoit hier au foir comme
inondée; mais comme
on ne s'en servoie pius, cela
ne nous a pas causé un grand
préjudice. Il cft vray qu'on
a détourné la riviere dans le
commencement du Siege;
mais les ennemis se sont
conservé une écluse par le
moyen de laquelle ils remplisent
leurs fossez d'eau
quand ils souhaitent, sans
pouvoir cependant la faire
entrer dans la Ville pour
faire aller leurs moutins; on
ne pense pas à saigner le
forte, mais.à y construire six
Ponts. Il ne s'est rien passé
lanuitdu 21. au tt. à l'attaque
du Fort ni à celle de la
Ville. Les ennemis continuënt
à faire un grand feu.
On croit qu'on sera obligé
de changer de place quelques
unes de nos batteries, parce
quelles pourroient nuire à
ceux qui travaillent aux
Ponts sur les Fossez.
Comme on ne peut pas
grimper au Fort S. Pierre par ,
l'endroit qu'on attaque, on
va travailler àdes mines pour
faire fauter une partie du
Roc, & se pratiquer par là
une espece de degré. La
brèche (e fait aux deux bas-
..::t
tions de la Ville que l'on bat
malgré le feu des ennemis.
On devoit commencer le
22. au foir les Pontsdefascinés
sur le Fosse; il y en aura
un à chaque face des deux
bastions que l'on attaque &
deux à la demielune, tout
le monde croit que cela pourra
aller jusqu'au 17. On espereaussique
les Forts feront
rendus en même-temps que
la Place, afin de conserver
vingt-un bataillons qui seroient
pri sonniers de guerre.
Oll a attaché depuis trois
jours le Mineur à laredoute
du chemin couvert.
On mande de Landau
du 17. Octobre qu'un parti
de soixante Dragons prés de
l'armée ennemie ayant passé
le Rhin à Philisbourg s'avança
la nuit du 15.au 16. à
portée de cette Place, dans
le dessein de surprendre cent
hommes que nous avons
dans l'ouvrage de la Justice
qui est la plus avancée, Mr
de Vieux Pont qui y commande
ayanr esté averti par
un Païsan de leur approche,
envoya cent cinquante Grenadiers
à leur rencontre; ils
trouvèrent les ennemis à la
petite pointe du jour, à la
pottéedu canon de l'ouvrage
avec des échelles ils se jetterent
inopinément sur eux
& les enveloperent, ils en
tuerent dix, & firent quarante
deux prisonniers, entre
lesquels est leur Commandant
qui est Lieutenant Colonel
,on les a amenéici.
On écrit de Brifac du
1 8:.
que nos Troupes sont au
pied de la banquette, le long
de laquelle elles ont étendu
les logemens. On batenbrèche
la demie lune & les deux
bastions de la Place où il y
avoir le 17. une brèche
de dix toi les qui alloit jus:
qu'au cordon, il y a aussi
brèche à la demie-lune, &
cetre nuit on y doit attacher
le Mineur. On va aussi travailler
à combler le Foissé.
Les Assiegez sonttoûjours
grand feu cependant il n'y a
que leurs pierricrs qui incommodent
les Troupes, il vient
presque tous les jours desdeferteurs.
A l'attaque du Fort
on a poussé les travaux contre
un ouvrage en forme
de lunette qui ne peut --
eftrc
infultéc par le canon estant
enterée dans le Roc, &
comme elle ne peut-estre
emportée que par escalade,
on cherche les moyens dela
pouvoir miner.
Fermer
Résumé : Extrait de differentes Lettres du Camp devant Fribourg, du 23. Octobre.
Le texte relate des événements militaires devant Fribourg et à d'autres localités. Le 13 octobre, une batterie a été inondée sans causer de dommages majeurs. Les ennemis ont détourné une rivière pour remplir leurs fossés, mais ne peuvent inonder la ville. Des travaux sont en cours pour construire six ponts sur les fossés. La nuit du 21 au 22 octobre, aucune attaque n'a eu lieu contre le fort ou la ville, mais les ennemis continuent de tirer. Certaines batteries doivent être déplacées pour éviter de nuire aux travailleurs des ponts. Des mines sont préparées pour accéder au Fort Saint-Pierre. Des brèches sont faites dans les bastions de la ville malgré le feu ennemi. Les ponts de fascines sur les fossés doivent commencer le 22 octobre, et on espère que les forts seront rendus en même temps que la place pour éviter des prisonniers de guerre. À Landau, le 17 octobre, un parti de dragons ennemis a été repoussé, avec dix tués et quarante-deux prisonniers, dont leur commandant. À Brisach, le 18 octobre, les troupes françaises battent brèche sur la demi-lune et les bastions, avec une brèche prévue de dix toises. Les assiégés maintiennent un feu intense, mais seuls leurs pierriers incommodent les troupes. Des défecteurs arrivent presque quotidiennement. Les travaux pour attaquer le fort se concentrent sur un ouvrage en forme de lunette, nécessitant une escalade ou des mines.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7704
p. 272-280
SUPPLEMENT aux Nouvelles.
Début :
Les Lettres de Londres du 16. Juillet portent que la [...]
Mots clefs :
Reine, Chevalier, Parlement, Gouverneur, Cérémonie, Élection, Troupes, Adresse, Fête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLEMENT aux Nouvelles.
SUPPLEMENT
aux Nouvelles.
Les Lettres de Londres
du 16. Juillet portent que
la Reine a honoré du Tirrc
de Chevalier Baronnec le
sieur Thomas Cross, Brasseur
fort riche, un des De- 1
putez au Parlement pour Jar
Ville de Westminster, ^ue
le sieur Huggins grand
Bailly de la même Ville a
esté fair Gouverneur de la
Prison de la Flore à la place
du Colonel Leigthon more
depuis peu. Que lc
1 3.
JailleclesMiniltrcs Ecrangers
surent invitez par la
Cour & par lc Lord-Maire,
a la Ceremonie de Taftion
de grace à S Paul, y ayanc
des places reservees pour cux,
& que les quatre Compagnies
de Gardes du Corps
de la Reine & la Compagnie
des Grenadiers à cheval
avec deux bataillons de Gar*
des a pied lone QUlII commandez
pour ce sujet
D'autres Lettres marquent
qu'on avoic presence uneadresse
a la Reine pour
la prier qu'il luy plur pour
plus grande seureté, demeurer
en possession des Villes
de Flandres qu'ellc occupe
jusqu'a ce que ceux qui auront
taSouveraincre des Paisb.
is Espagnols ayant approuvclcs
Articles du Commerce
& confcnci qu'ilfoitegaI3 à
ccluy detouce autre Nation;
qu'on avoit fait l'Election des
Shcrifs pour la Ville de
Londres, & lc Comté de
Míddesex, qu'il y avoit
quatre concurrents qui faisoient
de grandes brigues,
sçavoir, les sieurs Francois
For bes,MarchandChapelier,.
& Josue Sharpe, Marc hand
de Cuir, du partis desToris,
le Chevalier Rodolphe Kinpe
Hodogeur,& Jean Chad.
wick Tailleur, du partis des
Whigs; mais que les deux
premiers l'avoient emporte
d'un grand nombre de voix ;
& que lesWhigs avoient demandé
le scrutin qu'on leur
accolda, que le 4. de ce
mois le Due d' Aumont avoitM
donne une
magnifiqueFecc^
sur la Riviere, à un
grand
nombre de Seigneurs & de
Dames, qui eltoiencdans
une Berger dans deux autres j
qui la joignirent, outre deux:
aucres où estoient la Mufiquc
& les aucres Instrumens.
Les dernieres Lettres de
Londres portent que les
Seigneurs avoient presence
une adresse à la Reine pour
la prier de faire instance aupres
Duc de Lorraire & de
ses autres Alliez, de ne point
donner dans leurs Etats de
retraite au Prétendant, afin
de reconnoistre ceux qui luy
estoient contraires ou favorables,
& cette adresse fut
approuvée, aprés quel ques
contestations. La Chambre
basse presenta une pareille
adresse à Sa Majesté.
On écrit de Madrid du 10.
Juillet que les Troupes de
Sa MajestéCatholique doivent
entrer le 12. à Barcelonne
commandées par le
Duc de Popoli pour en prendre
possession, & que dans
un Conseil tenu par les trois
Etats de la Principauté, on
avoit résolu de le mettre à
la clemence du Roy pour
en obtenir le pardon & marquer
leur attachement à sa
MajestéCatholique.
Des Lettres de Catalognc
du 8. portent que le Comte
de Staremberg avoir fait
embarquer son Infanterie au
nombre de 8000 hommes,
& que sa Cavalerie devoit
s'embarquer du costé de
Tarragonne & faire voile le
Ij.
On ajoûte que les Miquelets
s'étoient jettez dans
Cardone dans la Seu d'Urgel,
& dans quelques autres
postes à mesure que les Allemans
en sortoient; mais
qu'il y avoit des divisions
entr'eux, les uns voulant se
soumettre, & les autres le
refu sant, en forte que dans
quelques combats deux de
leurs Chefs avoient esté
tucz.
On voit par les Lettres
de Girone du17. Juilletque
le Comte de Ruallis veut
rendre de bonne foy aux
Espagnols Tarragone &
Ostalrick. Le sieur Nobot
s'étant presenté devant Tarragone
avec mille Miquelets
& Paysans & deux ou trois
cent chevaux, on luy a fait
dire ques'il ne se retiroit on
le recevroit à coup de canon
& le sieur Basset estant venu
à Ostalrick avec neuf cent
hommes & environ quatrevingt
chevaux; on luy a
fait dire de ne point approcher.
aux Nouvelles.
Les Lettres de Londres
du 16. Juillet portent que
la Reine a honoré du Tirrc
de Chevalier Baronnec le
sieur Thomas Cross, Brasseur
fort riche, un des De- 1
putez au Parlement pour Jar
Ville de Westminster, ^ue
le sieur Huggins grand
Bailly de la même Ville a
esté fair Gouverneur de la
Prison de la Flore à la place
du Colonel Leigthon more
depuis peu. Que lc
1 3.
JailleclesMiniltrcs Ecrangers
surent invitez par la
Cour & par lc Lord-Maire,
a la Ceremonie de Taftion
de grace à S Paul, y ayanc
des places reservees pour cux,
& que les quatre Compagnies
de Gardes du Corps
de la Reine & la Compagnie
des Grenadiers à cheval
avec deux bataillons de Gar*
des a pied lone QUlII commandez
pour ce sujet
D'autres Lettres marquent
qu'on avoic presence uneadresse
a la Reine pour
la prier qu'il luy plur pour
plus grande seureté, demeurer
en possession des Villes
de Flandres qu'ellc occupe
jusqu'a ce que ceux qui auront
taSouveraincre des Paisb.
is Espagnols ayant approuvclcs
Articles du Commerce
& confcnci qu'ilfoitegaI3 à
ccluy detouce autre Nation;
qu'on avoit fait l'Election des
Shcrifs pour la Ville de
Londres, & lc Comté de
Míddesex, qu'il y avoit
quatre concurrents qui faisoient
de grandes brigues,
sçavoir, les sieurs Francois
For bes,MarchandChapelier,.
& Josue Sharpe, Marc hand
de Cuir, du partis desToris,
le Chevalier Rodolphe Kinpe
Hodogeur,& Jean Chad.
wick Tailleur, du partis des
Whigs; mais que les deux
premiers l'avoient emporte
d'un grand nombre de voix ;
& que lesWhigs avoient demandé
le scrutin qu'on leur
accolda, que le 4. de ce
mois le Due d' Aumont avoitM
donne une
magnifiqueFecc^
sur la Riviere, à un
grand
nombre de Seigneurs & de
Dames, qui eltoiencdans
une Berger dans deux autres j
qui la joignirent, outre deux:
aucres où estoient la Mufiquc
& les aucres Instrumens.
Les dernieres Lettres de
Londres portent que les
Seigneurs avoient presence
une adresse à la Reine pour
la prier de faire instance aupres
Duc de Lorraire & de
ses autres Alliez, de ne point
donner dans leurs Etats de
retraite au Prétendant, afin
de reconnoistre ceux qui luy
estoient contraires ou favorables,
& cette adresse fut
approuvée, aprés quel ques
contestations. La Chambre
basse presenta une pareille
adresse à Sa Majesté.
On écrit de Madrid du 10.
Juillet que les Troupes de
Sa MajestéCatholique doivent
entrer le 12. à Barcelonne
commandées par le
Duc de Popoli pour en prendre
possession, & que dans
un Conseil tenu par les trois
Etats de la Principauté, on
avoit résolu de le mettre à
la clemence du Roy pour
en obtenir le pardon & marquer
leur attachement à sa
MajestéCatholique.
Des Lettres de Catalognc
du 8. portent que le Comte
de Staremberg avoir fait
embarquer son Infanterie au
nombre de 8000 hommes,
& que sa Cavalerie devoit
s'embarquer du costé de
Tarragonne & faire voile le
Ij.
On ajoûte que les Miquelets
s'étoient jettez dans
Cardone dans la Seu d'Urgel,
& dans quelques autres
postes à mesure que les Allemans
en sortoient; mais
qu'il y avoit des divisions
entr'eux, les uns voulant se
soumettre, & les autres le
refu sant, en forte que dans
quelques combats deux de
leurs Chefs avoient esté
tucz.
On voit par les Lettres
de Girone du17. Juilletque
le Comte de Ruallis veut
rendre de bonne foy aux
Espagnols Tarragone &
Ostalrick. Le sieur Nobot
s'étant presenté devant Tarragone
avec mille Miquelets
& Paysans & deux ou trois
cent chevaux, on luy a fait
dire ques'il ne se retiroit on
le recevroit à coup de canon
& le sieur Basset estant venu
à Ostalrick avec neuf cent
hommes & environ quatrevingt
chevaux; on luy a
fait dire de ne point approcher.
Fermer
Résumé : SUPPLEMENT aux Nouvelles.
Le document, supplément aux Nouvelles, contient des lettres de Londres datées du 16 juillet. La Reine a anobli Thomas Cross, un brasseur et député de Westminster. Huggins a été nommé gouverneur de la prison de la Flore. Les ministres étrangers ont été invités à la cérémonie de l'Ascension à Saint-Paul, avec la participation des gardes du corps de la Reine et des bataillons de gardes à pied. Une adresse à la Reine demande de conserver les villes de Flandres jusqu'à l'approbation des articles du commerce par les Pays-Bas espagnols. François Forbes et Josue Sharpe ont remporté les élections des shérifs pour Londres et Middlesex. Le duc d'Aumont a organisé une fête somptueuse sur la rivière. Une autre adresse à la Reine demande au duc de Lorraine et à ses alliés de ne pas soutenir le prétendant. Les troupes du roi catholique doivent entrer à Barcelone sous le commandement du duc de Popoli. En Catalogne, le comte de Starhemberg a embarqué 8 000 hommes d'infanterie, et des divisions existent parmi les Miquelets. À Girone, le comte de Rualis souhaite rendre Tarragone et Ostalrick aux Espagnols, mais les tentatives de Nobot et Basset ont été repoussées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7705
p. 249-258
EXPLICATION D'une Médaille de l'Empereur Hadrien.
Début :
On trouve communément dans Hadrien une Médaille de grand Bronze, [...]
Mots clefs :
Hadrien, Médaille, Hilaritas, Enfants, Femme, Aelius, Empire, Prince, Joie, Adoption
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXPLICATION D'une Médaille de l'Empereur Hadrien.
EXPLICATION
D'une Médaille de l'Empereur Hadrien.
N trouve communément dans Ha
drien une Médaille de grand Bronze
, où d'un côté est la tête de ce Prince ;
sans Couronne, avec HADRIANUS AUGUS
TUS pour Légende ; et dont le Revers est
chargé d'une femme debout , tenant de
la main droite une longue Palme , apd
Ciij puyés
250 MERCURE DE FRANCE
puyée contre terre , et de la main gauche
une Corne d'abondance ; à ses pieds sont
deux petites figures d'enfans ; la Légende
HILARITAS. P. R.Dans l'Exergue . cos. III .
et dans le Champ de la Médaille , s . c.
Tristan i et Angelloni 2 qui nous ont
donné cette Médaille , l'ont expliquée
diversement,
Le premier , fondé sur un Passage d'Artemidore
, où il est dit que les Palmes
veuës en songe sont des Pronostics
d'une heureuse fécondité , a cru que le
Senat en faisant frapper une Médaille à
Hadrien, avec la Déesse HILARITAS , dont
le Symbole ordinaire est une Palme, avoit
voulu marquer la joie du Peuple Romain
, dans l'esperance où tout l'Empire
étoit que Sabine , femme de ce Prince ,
lui donneroit des Heritiers. Les deux enfans
qu'on voit dans la Médaille , appuyent
ce sentiment ; mais comme cette
Médaille n'est pas du commencement
du Regne d'Hadrien , ce qui se reconnoit
par le titre uni d'HADRIANUS
AUGUSTUS , qu'on y lit , et par la Note
de son troisiéme Consulat pour peu
qu'on fasse d'attention à la maniere dont
1 Comment. Histor. pag. 480. du Tom. 1
La Historia Augusta , pag. 140. de l'Edit. de
Rome, 1631 .
Hadrien
FEVRIER. 1733. 257
Hadrien et Sabine vivoient ensemble , il
n'y a pas beaucoup d'apparence qu'on le
flatat sur ce sujet . Hadrien regardoit Sabine,
comme une femme fâcheuse 1 , dont
l'humeur lui étoit insupportable, et qu'îl
eut répudiée s'il n'eut été que simple particulier.
On prétend même que cette
Princesse ne mourut que du 2 Poison que
son mari lui fit donner. Elle de son côté
lui rendoit bien le change ; on en peut
juger par ce qu'elle disoit elle-même pu
bliquement : 3 Qu'elle avoit toujours fait
tous ses efforts pour n'avoir aucuns, enfans
de son mari , le fruit de pareils embrassemens
ne pouvant être que funeste à
l'Empire. Dans de pareilles conjoncttires
il n'y a pas lieu de croire que le Senat
ait voulu faire frapper une Médaille, qui ,
à l'expliquer comme fait Tristan , auroit
pu passer pour une Satire véritable , ou ,
qui du moins , n'auroit pas manqué d'ap
prêter à rire aux Courtisans assez enclins
déja à la raillerie.
Angelloni n'a gueres mieux réussi . Selon
lui , la Médaille est un monument
dia
I Uxorem etiam ut morosam et asperam
missurus , ut ipse dicebat , si privatusfuisset.Ælius
Spartian. in vita Hadriani .
2 Spartien.
3 Aurel. Victor,
Ciiij de
252 MERCURE DE FRANCE.
de la joie que tout Rome ressentit lorsqu'Hadrien
revint dans cette Ville , après
avoir parcouru toutes les Provinces de
l'Empire. Mais , 1 °.ce retour d'Hadrien est
marqué d'une maniere assez distincte sur
d'autres Médailles . ADVENTUS . AUG . ADVENTUI
AUG. ITALIA , pour ne pas en
chercher des monumens ailleurs . 2 °.Il est
difficile de trouver quelque rapport entre
ces Enfans , gravez sur la Médaille , et
l'arrivée d'un Prince. Angelloni a beau
dire que la joie étant plus particuliere
aux Enfans , on a pu par ce motif les representericy
: Come pure stanno i fanciulli
sempre allegri. Son explication est trop
generale ; et comme elle peut convenir à
tous les succès favorables , elle ne convient
à aucun en particulier.
Pour dire donc quelque chose de plus
précis , je ferai observer qu'HILARITAS ,
avec l'adjonction de P. R. Populi Romani,
ne se trouve que sur les Médailles d'Hadrien
, et sur celles d'Elius - César son
fils adoptif , avec néanmoins quelque
difference dans le Type . La Déesse HILARITAS
, sur les Médailles de ce dernier ,
portant une branche de quelque arbre
au lieu d'une Palme , et n'ayant point
d'Enfans à ses côtez . Cette différence, que
je tâcherai néanmoins d'expliquer , n'a
rapFEVRIER.
1733. 253
rapport qu'à quelques circonstances qui
ne font rien au motif qui a fait frapper
ces Médailles , que je crois toutes les
deux,avoir été pour l'adoption d'Ælius ; er
pour le prouver,je commence par la Médaille
de ce Prince , dont la connoissance
entraînera aisément celle de la Médaille
d'Hadrien.
Les fatigues qu'Hadrien avoit essuiées
dans ses longs voyages , sur tout mar
chant toujours la tête nue dans les saisons
même les plus rigoureuses de l'année
, affoiblirent extrêmement sa santé ;
il tomba dans une maladie , qui diminuant
tous les jours ses forces , le fit
. penser à se choisir un Successeur . Après
avoir jetté les yeux sur plusieurs , que sa
politique lui fit immoler ensuite , lorsque
sa maladie paroissoit moins dangeil
s'arrêta enfin sur Ceionius Com-
´modus , qu'il adoptat , le fit César et lui
changea son nom en celui d'Alius. Ce
dernier ne jouit pas long- temps de ces
écoulé une ne s'étant pas
année depuis son adoption jusqu'à sa
mort ; encore dans ce peu de temps futil
toujours si incommodé , qu'il ne put
pas même remercier Hadrien en plein
Sénat , de l'honneur qu'il lui avoit fait.
Dans un si court espace , ce Prince ma-
Cv Ladif
reuse ,
avantages ,
A
254 MERCURE DE FRANCE
ladif ne put gueres fournir de sujets qui
méritassent d'être consacrez sur les Monnoies.
Aussi toutes celles de ce Prince
ont - elles rapport à son adoption. Qu'y
voit-on en effet , sinon la bonne intelligence
du nouveau César , avec l'Empereur
? CONCORDIA. Son soin à rendre graces
aux Dieux de son élevation ? PIETAS.
TR. L'esperance que les Peuples avoient
conçue de lui , et le bonheur qu'ils attendoient
de son Regne , dans la Médaille
où ces deux Divinitez sont représentées ?
Enfin le Symbole de la Pannonie , Province
dont il avoit eu le Gouvernement,
et qui semble le féliciter sur son avenement
à l'Empire ? PANNONIA . Parmi toutes
ces Médailles , y en a- t-il quelqu'une
qui convienne mieux à son adoption , que
celle où la joie du Peuple Romain est
marquée : HILARITAS. P. R. Les largesses
qu'Hadrien fit à cette occasion au Peuple
et aux Soldats ; les Fêtes qu'il donna dans
le Cirque , en font foy. Dans ces Fêtes ,
dit Spartien , rien ne fut oublié de tout
ce qui pouvoit contribuer à la joie puplique
: Neque quicquam prætermissum quod
posset letitiam publicam frequentare.Ce Passage
semble fait pour la Médaille et fait
connoître , à n'en point douter , que le
motif qui la fit frappér , fut la joie de
tout
FEVRIER. 1733. 255
tout le Peuple Romain pour l'adoption
d'Elius, qui en assurant un Successeur à
l'Empire , assuroit en même temps la
Paix et la tranquillité de ce vaste Corps.
· La Médaille d'Ælius expliquée , celle
d'Hadrien se la trouve aussi; la même occasion
les a fait naître toutes deux , il ne s'a
git que de la difference qui se trouve dans
le Type dont je vais rendre raison .
Hadrien , à son avenement à l'Empire
après la mort de Trajan , fut obligé
avant même de se rendre à Rome,de
que
faire mourir quelques Personnages Consulaires.
Ces éxécutions , quoique justes et
necessaires , indisposerent extrêmement
cette Capitale contre lui. Aussi son premier
soin après s'être rendu au plutôt
dans cette Ville , fut de tâcher par toute
sorte de moyens de dissiper les mauvaises
impressions qu'on avoit conçûës. Pour cet
effet il fit de grandes liberalitez , et entr'autres
Spartien remarque , qu'il augmenta
les sommes que Trajan avoit assi
gnées aux Enfans. Pueris ac puellis quibus
etiam Trajanus alimenta detulerat incrementa
liberalitatis adjecit, Il y a beaucoup d'apparence
, que dans l'adoption d'Elius , où
l'on voit les mêmes Fêtes et les mêmes liberalitez
, Hadrien songea pareillement
aux Enfans , ces largesses étoient nous
Cvj velles
256 MERCURE DE FRANCE
velles , Trajan étoit le premier qui les eut
faites , et elles étoient trop agréables aut
peuple pour les negliger.
Quoi donc de plus naturel , que de fai
re paroître ces Enfans dans une Médaille
frappée pour conserver la mémoire de ces
largesses ? et s'ils ne paroissent point dans
la Médaille d'Ælius , c'est que les largesses
étant faites par Hadrien en vue de ce
Prince , c'étoit à Hadrien que toute la reconnoissance
devoit s'en rapporter ; mais
la joye du Peuple Romain pour l'adoption
d'Ælius éclatoit également en faveur
de ces deux Princes , et devoit par consé
quent paroître également sur les Monnoyes
de l'un et de l'autre , HILARItas.
P. R.
La difference d'un Rameau à une lon
gue palme on branche de quelque arbre ,
ne peut arrêter en aucune maniere ; l'un
et l'autre conviennent parfaitement à la
joye , ainsi qu'on le peut voir par ces
deux Vers , l'un de Rutilius et l'autre de
Juvenal :
Exornent virides communia gaudia Rami į
Ornentur postes , et grandi janua Lauro.
On peut me faire deux Objections aus
quelles je vais répondre.
La
FEVRIER. 1733. 257
La premiere est , qu'il se trouve une
Médaille de Lucille , femme d'Ælius , avec
HILARITAS au revers , qu'on ne peut expliquer
autrement qu'en la rapportant à
la fécondité de cette Princesse , ainsi qu'on
fait de toutes les Médailles des autres impératrices
où cette Legendè se rencontre.
Que l'explication de la Médaille de la
femme emporte l'explication de celle du
mari , et par une conséquence celle d'Hadrien
. Pour répondre à ce raisonnement ,
Outre le que PR qui donne aux Médailles
d'Hadrien et d'Elius quelque chose de
particulier et de relatif entr'elles , ne se
rencontre point sur celles de Lucille , les
Médailles qu'on nous donne pour être
de la femme d'Ælius , sont toutes de Lucille
, femme de L. Vere , ainsi qu'il est
aisé de s'en convaincre si l'on veut se
donner la peine de lire ce que j'ai écrit
sur ce sujet dans le Mercure du mois
d'Août dernier , ainsi l'Objection tombe
d'elle- même.
La seconde Objection est par rapport
à une Médaille d'Hadrien qu'on trouve
gravée dans Oiselius et dans Ant. Augustin
, où l'on voit sous la Legende HILARITAS
. P. R. une femme debout te
nant avec ses deux mains un voile qu'elle
a sur la tête. Ce Type ne peut avoir aus
cune
258 MERCURE DE FRÂNCE
cune convenance avec l'explication que
je donne. Il est vrai que ce revers est extraordinaire
, et que la figure qui y est
représentée , a beaucoup plus de rapport
avec la Pudeur ou la Pieté qu'avec la
Déesse de la Joye ; mais au lieu que cet
emblême peut avoir rapport à quelque
usage , quelque cerémonie qui se pratiquoit
dans les Fêtes publiques , et que
nous ignorons. Il me suffit que la Legende
HILARITAS. P. R. s'y rencontre, puisque
c'est cette joye universelle du Peuple
Romain que j'explique , et non pas toutes
les differentes manieres dont il se servoit
pour la représenter sur ses Monnoyes.
D. P.
A Orleans , ce & Novembre 1732.
D'une Médaille de l'Empereur Hadrien.
N trouve communément dans Ha
drien une Médaille de grand Bronze
, où d'un côté est la tête de ce Prince ;
sans Couronne, avec HADRIANUS AUGUS
TUS pour Légende ; et dont le Revers est
chargé d'une femme debout , tenant de
la main droite une longue Palme , apd
Ciij puyés
250 MERCURE DE FRANCE
puyée contre terre , et de la main gauche
une Corne d'abondance ; à ses pieds sont
deux petites figures d'enfans ; la Légende
HILARITAS. P. R.Dans l'Exergue . cos. III .
et dans le Champ de la Médaille , s . c.
Tristan i et Angelloni 2 qui nous ont
donné cette Médaille , l'ont expliquée
diversement,
Le premier , fondé sur un Passage d'Artemidore
, où il est dit que les Palmes
veuës en songe sont des Pronostics
d'une heureuse fécondité , a cru que le
Senat en faisant frapper une Médaille à
Hadrien, avec la Déesse HILARITAS , dont
le Symbole ordinaire est une Palme, avoit
voulu marquer la joie du Peuple Romain
, dans l'esperance où tout l'Empire
étoit que Sabine , femme de ce Prince ,
lui donneroit des Heritiers. Les deux enfans
qu'on voit dans la Médaille , appuyent
ce sentiment ; mais comme cette
Médaille n'est pas du commencement
du Regne d'Hadrien , ce qui se reconnoit
par le titre uni d'HADRIANUS
AUGUSTUS , qu'on y lit , et par la Note
de son troisiéme Consulat pour peu
qu'on fasse d'attention à la maniere dont
1 Comment. Histor. pag. 480. du Tom. 1
La Historia Augusta , pag. 140. de l'Edit. de
Rome, 1631 .
Hadrien
FEVRIER. 1733. 257
Hadrien et Sabine vivoient ensemble , il
n'y a pas beaucoup d'apparence qu'on le
flatat sur ce sujet . Hadrien regardoit Sabine,
comme une femme fâcheuse 1 , dont
l'humeur lui étoit insupportable, et qu'îl
eut répudiée s'il n'eut été que simple particulier.
On prétend même que cette
Princesse ne mourut que du 2 Poison que
son mari lui fit donner. Elle de son côté
lui rendoit bien le change ; on en peut
juger par ce qu'elle disoit elle-même pu
bliquement : 3 Qu'elle avoit toujours fait
tous ses efforts pour n'avoir aucuns, enfans
de son mari , le fruit de pareils embrassemens
ne pouvant être que funeste à
l'Empire. Dans de pareilles conjoncttires
il n'y a pas lieu de croire que le Senat
ait voulu faire frapper une Médaille, qui ,
à l'expliquer comme fait Tristan , auroit
pu passer pour une Satire véritable , ou ,
qui du moins , n'auroit pas manqué d'ap
prêter à rire aux Courtisans assez enclins
déja à la raillerie.
Angelloni n'a gueres mieux réussi . Selon
lui , la Médaille est un monument
dia
I Uxorem etiam ut morosam et asperam
missurus , ut ipse dicebat , si privatusfuisset.Ælius
Spartian. in vita Hadriani .
2 Spartien.
3 Aurel. Victor,
Ciiij de
252 MERCURE DE FRANCE.
de la joie que tout Rome ressentit lorsqu'Hadrien
revint dans cette Ville , après
avoir parcouru toutes les Provinces de
l'Empire. Mais , 1 °.ce retour d'Hadrien est
marqué d'une maniere assez distincte sur
d'autres Médailles . ADVENTUS . AUG . ADVENTUI
AUG. ITALIA , pour ne pas en
chercher des monumens ailleurs . 2 °.Il est
difficile de trouver quelque rapport entre
ces Enfans , gravez sur la Médaille , et
l'arrivée d'un Prince. Angelloni a beau
dire que la joie étant plus particuliere
aux Enfans , on a pu par ce motif les representericy
: Come pure stanno i fanciulli
sempre allegri. Son explication est trop
generale ; et comme elle peut convenir à
tous les succès favorables , elle ne convient
à aucun en particulier.
Pour dire donc quelque chose de plus
précis , je ferai observer qu'HILARITAS ,
avec l'adjonction de P. R. Populi Romani,
ne se trouve que sur les Médailles d'Hadrien
, et sur celles d'Elius - César son
fils adoptif , avec néanmoins quelque
difference dans le Type . La Déesse HILARITAS
, sur les Médailles de ce dernier ,
portant une branche de quelque arbre
au lieu d'une Palme , et n'ayant point
d'Enfans à ses côtez . Cette différence, que
je tâcherai néanmoins d'expliquer , n'a
rapFEVRIER.
1733. 253
rapport qu'à quelques circonstances qui
ne font rien au motif qui a fait frapper
ces Médailles , que je crois toutes les
deux,avoir été pour l'adoption d'Ælius ; er
pour le prouver,je commence par la Médaille
de ce Prince , dont la connoissance
entraînera aisément celle de la Médaille
d'Hadrien.
Les fatigues qu'Hadrien avoit essuiées
dans ses longs voyages , sur tout mar
chant toujours la tête nue dans les saisons
même les plus rigoureuses de l'année
, affoiblirent extrêmement sa santé ;
il tomba dans une maladie , qui diminuant
tous les jours ses forces , le fit
. penser à se choisir un Successeur . Après
avoir jetté les yeux sur plusieurs , que sa
politique lui fit immoler ensuite , lorsque
sa maladie paroissoit moins dangeil
s'arrêta enfin sur Ceionius Com-
´modus , qu'il adoptat , le fit César et lui
changea son nom en celui d'Alius. Ce
dernier ne jouit pas long- temps de ces
écoulé une ne s'étant pas
année depuis son adoption jusqu'à sa
mort ; encore dans ce peu de temps futil
toujours si incommodé , qu'il ne put
pas même remercier Hadrien en plein
Sénat , de l'honneur qu'il lui avoit fait.
Dans un si court espace , ce Prince ma-
Cv Ladif
reuse ,
avantages ,
A
254 MERCURE DE FRANCE
ladif ne put gueres fournir de sujets qui
méritassent d'être consacrez sur les Monnoies.
Aussi toutes celles de ce Prince
ont - elles rapport à son adoption. Qu'y
voit-on en effet , sinon la bonne intelligence
du nouveau César , avec l'Empereur
? CONCORDIA. Son soin à rendre graces
aux Dieux de son élevation ? PIETAS.
TR. L'esperance que les Peuples avoient
conçue de lui , et le bonheur qu'ils attendoient
de son Regne , dans la Médaille
où ces deux Divinitez sont représentées ?
Enfin le Symbole de la Pannonie , Province
dont il avoit eu le Gouvernement,
et qui semble le féliciter sur son avenement
à l'Empire ? PANNONIA . Parmi toutes
ces Médailles , y en a- t-il quelqu'une
qui convienne mieux à son adoption , que
celle où la joie du Peuple Romain est
marquée : HILARITAS. P. R. Les largesses
qu'Hadrien fit à cette occasion au Peuple
et aux Soldats ; les Fêtes qu'il donna dans
le Cirque , en font foy. Dans ces Fêtes ,
dit Spartien , rien ne fut oublié de tout
ce qui pouvoit contribuer à la joie puplique
: Neque quicquam prætermissum quod
posset letitiam publicam frequentare.Ce Passage
semble fait pour la Médaille et fait
connoître , à n'en point douter , que le
motif qui la fit frappér , fut la joie de
tout
FEVRIER. 1733. 255
tout le Peuple Romain pour l'adoption
d'Elius, qui en assurant un Successeur à
l'Empire , assuroit en même temps la
Paix et la tranquillité de ce vaste Corps.
· La Médaille d'Ælius expliquée , celle
d'Hadrien se la trouve aussi; la même occasion
les a fait naître toutes deux , il ne s'a
git que de la difference qui se trouve dans
le Type dont je vais rendre raison .
Hadrien , à son avenement à l'Empire
après la mort de Trajan , fut obligé
avant même de se rendre à Rome,de
que
faire mourir quelques Personnages Consulaires.
Ces éxécutions , quoique justes et
necessaires , indisposerent extrêmement
cette Capitale contre lui. Aussi son premier
soin après s'être rendu au plutôt
dans cette Ville , fut de tâcher par toute
sorte de moyens de dissiper les mauvaises
impressions qu'on avoit conçûës. Pour cet
effet il fit de grandes liberalitez , et entr'autres
Spartien remarque , qu'il augmenta
les sommes que Trajan avoit assi
gnées aux Enfans. Pueris ac puellis quibus
etiam Trajanus alimenta detulerat incrementa
liberalitatis adjecit, Il y a beaucoup d'apparence
, que dans l'adoption d'Elius , où
l'on voit les mêmes Fêtes et les mêmes liberalitez
, Hadrien songea pareillement
aux Enfans , ces largesses étoient nous
Cvj velles
256 MERCURE DE FRANCE
velles , Trajan étoit le premier qui les eut
faites , et elles étoient trop agréables aut
peuple pour les negliger.
Quoi donc de plus naturel , que de fai
re paroître ces Enfans dans une Médaille
frappée pour conserver la mémoire de ces
largesses ? et s'ils ne paroissent point dans
la Médaille d'Ælius , c'est que les largesses
étant faites par Hadrien en vue de ce
Prince , c'étoit à Hadrien que toute la reconnoissance
devoit s'en rapporter ; mais
la joye du Peuple Romain pour l'adoption
d'Ælius éclatoit également en faveur
de ces deux Princes , et devoit par consé
quent paroître également sur les Monnoyes
de l'un et de l'autre , HILARItas.
P. R.
La difference d'un Rameau à une lon
gue palme on branche de quelque arbre ,
ne peut arrêter en aucune maniere ; l'un
et l'autre conviennent parfaitement à la
joye , ainsi qu'on le peut voir par ces
deux Vers , l'un de Rutilius et l'autre de
Juvenal :
Exornent virides communia gaudia Rami į
Ornentur postes , et grandi janua Lauro.
On peut me faire deux Objections aus
quelles je vais répondre.
La
FEVRIER. 1733. 257
La premiere est , qu'il se trouve une
Médaille de Lucille , femme d'Ælius , avec
HILARITAS au revers , qu'on ne peut expliquer
autrement qu'en la rapportant à
la fécondité de cette Princesse , ainsi qu'on
fait de toutes les Médailles des autres impératrices
où cette Legendè se rencontre.
Que l'explication de la Médaille de la
femme emporte l'explication de celle du
mari , et par une conséquence celle d'Hadrien
. Pour répondre à ce raisonnement ,
Outre le que PR qui donne aux Médailles
d'Hadrien et d'Elius quelque chose de
particulier et de relatif entr'elles , ne se
rencontre point sur celles de Lucille , les
Médailles qu'on nous donne pour être
de la femme d'Ælius , sont toutes de Lucille
, femme de L. Vere , ainsi qu'il est
aisé de s'en convaincre si l'on veut se
donner la peine de lire ce que j'ai écrit
sur ce sujet dans le Mercure du mois
d'Août dernier , ainsi l'Objection tombe
d'elle- même.
La seconde Objection est par rapport
à une Médaille d'Hadrien qu'on trouve
gravée dans Oiselius et dans Ant. Augustin
, où l'on voit sous la Legende HILARITAS
. P. R. une femme debout te
nant avec ses deux mains un voile qu'elle
a sur la tête. Ce Type ne peut avoir aus
cune
258 MERCURE DE FRÂNCE
cune convenance avec l'explication que
je donne. Il est vrai que ce revers est extraordinaire
, et que la figure qui y est
représentée , a beaucoup plus de rapport
avec la Pudeur ou la Pieté qu'avec la
Déesse de la Joye ; mais au lieu que cet
emblême peut avoir rapport à quelque
usage , quelque cerémonie qui se pratiquoit
dans les Fêtes publiques , et que
nous ignorons. Il me suffit que la Legende
HILARITAS. P. R. s'y rencontre, puisque
c'est cette joye universelle du Peuple
Romain que j'explique , et non pas toutes
les differentes manieres dont il se servoit
pour la représenter sur ses Monnoyes.
D. P.
A Orleans , ce & Novembre 1732.
Fermer
Résumé : EXPLICATION D'une Médaille de l'Empereur Hadrien.
Le texte décrit une médaille de bronze de l'empereur Hadrien. Sur une face, la tête d'Hadrien est représentée sans couronne, accompagnée de la légende 'HADRIANUS AUGUSTUS'. Sur l'autre face, une femme debout tient une palme et une corne d'abondance, avec deux enfants à ses pieds. La légende indique 'HILARITAS P. R.' et 'cos. III' dans l'exergue, ainsi que 's. c.' dans le champ. Deux historiens, Tristan et Angelloni, ont proposé des interprétations différentes de cette médaille. Tristan suggère que la médaille célèbre la joie du peuple romain à l'idée que Sabine, femme d'Hadrien, pourrait donner des héritiers à l'empereur. Cependant, cette hypothèse est remise en question par les relations conflictuelles entre Hadrien et Sabine. Angelloni propose que la médaille commémore le retour d'Hadrien à Rome après ses voyages dans les provinces de l'Empire. Toutefois, cette interprétation est également contestée, notamment en raison de la présence des enfants sur la médaille, qui ne semble pas directement liée à un retour triomphal. L'auteur du texte avance une autre explication : la médaille célèbre l'adoption d'Ælius César, fils adoptif d'Hadrien. Cette adoption a suscité une grande joie parmi le peuple romain, car elle assurait la continuité de l'Empire et la paix. Les largesses et les fêtes organisées par Hadrien à cette occasion sont mentionnées comme des éléments de cette célébration. La présence des enfants sur la médaille est justifiée par les libéralités accordées aux enfants par Hadrien, une pratique initiée par Trajan et poursuivie par Hadrien pour renforcer la popularité de son fils adoptif.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7706
p. 274-295
Nouvelles de Paris. [titre d'après la table]
Début :
Les grands évenements sont ordinairement suivis ou precedez [...]
Mots clefs :
Roi, Royaume, Parlement, Duc, Sa Majesté, Deuil, Duc d'Orléans, Régent, Cardinal, Baron, Officiers, Gardes du corps, Mort, Louis XIV, Louis XV
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Paris. [titre d'après la table]
Les grands événements sont
ordinairement suivis ou précédez
de quelques desordres.
Laconfusion qui fl otte les ef
- prits inquiets, & l'espoir de
l'impunité semblentalors autoriser
lalicence.
Il ne pouvoir pas en effet
arriver de plus grand évenement
en France, que celuy de
la mort du Roy Louis XIVv
mais pendant les cinq jour que.
le bruit de sa mort a couru,&
après qu'il a eu les yeux fermez,
les sages précautions du
Prince que le Ciel nous destinon
pour Regent, & la vigilance
& les foins des Ministres
qu'il a honoré de ses ordres ,
ont entretenu cette grande
(,
Ville &tout le Royaume dans
une tranquillitéaussi parfaite,
que s'il nyfut rien arrivé d'extraordinaire.
Tous les yeux à l'instant se
sont ouverts pour admirer la
conduite de nostre Regent,
* JL'JLiyijrvjc. qui peu de moments après la
mort du Roy arrivée le premier
de ce mois, fut rendre ses
refpeéts àMonfeigneur leDauphin,
maintenant le RoyLoüis,
XV. Il luy presentaenmême
temps les Princes & les Seigneurs
qui se trouverent alors
a Ver sailles.
Le lendemain il vint en
cette Ville, où il prit possession
de sa qualité de Regent deuë à
Ion rang,& à sa naissance,
dans la grande Chambre du
Palais,où pour cet effets'étoientaffemb!
cz le Parlement,
les Pairs du Royaume,les Marêchaux
de France,& les Gouverneurs
& Lieutenants Généraux
desProvinces, chacun
dans les rangs qui convenoienc
à leurs dignitez.
Cette ceremonie finie, le
peuple qui setrouva dans les
Places, sur le Pont Neuf
, &
dans les ruës par où passa Son
: Altesse Royale Monseigneur
le Duc d'Orleans,jetta mille
cris de joye & de benediction
de se voir un si digne Successeur
à l'autorité du grand Roy
qu'il venoit de perdre.Sa generosité
réponditsur le champ
à ces acclamations. ic; »
L'a près dîneilretourna au
Parlement,0111!piopofa avec
zeleles destins pour procurer
le payement aû des Troupes
,
le soulagement des peuples,&
enmême tems le projet
qu'il avoit formé de changer
la face du Gouvernement
qui luy paroissoit onereuse à
l'Etat, avec les intentions qu'il
avoit de contribuer de tout
son pouvoir, à la seureté,à
l'avantage, & à la tranquillité
du Royaume.
Le 4 de cemoisleClergé, le
Parlement
,
la Chambre des
Comptes&lesautres Compagnies
turent tendre leurs tcljie&
s au nouveauRoy.
Le 7. onenreg stra au Par-
,
lement uneDeclarationdu
Roy,parlaquelle de l'avisde
MMooniiffcciigo,nnccuurt le DDuucc-. dd''OOrr-.
leans, de Monsieur le Duc &
autres grands Personnages du
Royaume, Sa Majesté a prorogélesSéances
du Parlement
jusqu'au ii. de ce mois pour
le jugement de toutes les affaircs
particulieres,&, jurqu'au.
Octobre pour toutes les affailes
publiques & generales qui
pourront y estre portées par
sesordres. --
Lep.le Roy parut de Verfailles
accompagnéde Monsei
gneur le Ducd'Orléans; de
Monsieur le Duc, de Monsieur
le Duc du Maine & de Monsieurle
Comte de ':T-ouloùfc',
pour aller faire sonséjourau
Château de Vincennes.
»
3Lefoirdu même jour le
Corpsdu Roy fut porté à S.
Denis. Le Corps fut levé par
le Cardinal deRohan Grand
AumosnierdeFrance,en presence
de Monsieur le Duc,
Grand Maistre de la Maison
du;Roy.> & porté par les Gardes
de la CompagnieEscossoise
sur
sur un chariot d'armes, couvert
d'un poesle croisé de moire
d'argent, puis on marcha
en cet ordre. Le Capitaine des
Guides de la Maison du Roy,
quelques carosses des principaux
Officiers: celuy du Maî
tre des Ceremonies :celuy du
Grand Maistre des Ceremonies,
les Mousquetairesnoirs,
les Mousqueraires gris, les
Chevaux Legers de la Garde,
lesOfficiers de la Chambre &
de la Garderobe : un Carosse
du Roy, où étoient des Aumôniers
de Sa Majesté
,
son
Confesseur&le Curé de Versailles
:uncarolle du R.dy. ,ou
étoient Monsi ur le Duc, le
Cardinal de Rohan, le Duc
de Threfmes
, premier Gentilhomme
de la Chambre en
service, le Duc de la Tremoille
& leDuc de Mortemar, aussi
premiers Gentilshommesde la
Chambre ,le Duc de la Ra.
chefoucault
,
Grand MnllrCL
de la Garderobe
,
& le Chevalier
de Dampierre
,
premier
Escuyer de Monficur le Duc-.
les Trompettes de la Chambre
,
les Herauts d'armes , le Grand Maistre
,
le M-i-iftrt
& l'Aide des Ceremonies , le
Charlot &quatreAumôniers
àchevalportant les coins du
pofl;,1e Prince Charles de
Lorraine
,
Grand Elcuyer de
France&leDuc de Villeroy,
Capitaine desGardes duCorps
àcheval, les Gardes du Roy&
les Gendarmes. La marche
étoit fermée par le carosse de
Monsieur le Duc & par ceux
du Cardinal de Rohan,&
des Ducs de la Tremoille
,
de
la Rochefoucauld ,de Morttemar&
de Thresme. Le Convoy
arrivant à une demie lieue
de Saint Denis
, y fut joint
par un grand nombre d'Officiers
des sept Officesà pied,par
les Gardes de la Prevosté de
rHoftel,& par lesCent Suisses;
de la Garde,& à quelque distance,
ontrouva les Religieux
de l'Abbaye Royale de S. Denis
, au nombre d'environ six
vingt reveflus de chappes de
velours noir, & precedez par
les Paroisses
,
les Recollets &
les Officiers de Justice de la
Ville. A près les prieres ordinaires
, tous les Ecclesiastiques
precederent processionnellement
le chariot jusqu'à la
porte de l'Abbaye,oùle Cardinal
le presenta au Prieur ,
par un discours touchant, &
éloquent Le Corps fut placé
dansleChoeur de l'Eglise,entouré
de cierges, & les Religieux
commencerent à faire
autour des prieres jour & nuit.
Le lendemain les Religieuxcelebrerent
un Service, auquel
assisterent tous les Officiers qui
avoient accompagnéle Con
voy. '1 , - ,Le 12 le Roy partit de
Vincennes, pour venir au Parlement
tenir son Lit de Justice.
Il étoit precedé des deux Compagnies
de Mousquetaires &
des Chevaux Legers de laGaI
de
, ayant dans lou carosse
M^'siur le Duc d'Orleans,
Ml'f){jeur le Duc, Monsieur
le Duc du Maine
,
Madame
la Duchelle de Vantadour
Gouvernante de la personne
de Sa Mjllé
,
& le Marc*
chIlqc Villeroy. Le carouc:
étoit suivi des Gardes du
Corps & des Gendarmes. A
l'extremité du Fauxbourg
,
les Gardes de la Prevosté &
les Cent Suisses se joignirent
à la marc he i & encet ordre ,
le Duc de Thresmes, Gouverneur
deParis,luypresenta
lePrevost dtsM.u.,baod'qui,
luy si oncomr>i»mtn& à la
tête des Echevins
un genoux
en teireLes ruesestoient bordées
des Régimens des Gardes
Funçoi les& Suiflcs,juC^aju-
Palais. Le Roy entra à la
Sainte Chapelle
,
où il fut
receu & complimenté par
l'Abbé de Champigny
,
Tre-
[orier) a la têtedu Chapitre.
Quitte Presi lents & six Conseillers
,
vinrent recevoir Sa
Majestéàla Sainte Chapelle,
le conduisirent à la Grande
Chambre où il s'assit fous le
~Dis dans son Lit de Justice.
Toutes les séances eûant prises
en la maniere ordinaire,
leRoyditqu'il venoic à son
Parlement pour l'assûrer de
son affection & que son Chancelier
diroit le reste. Ensuite
le Chancelier de France expliqua
le su jet de la venuë du
Roy,après quoy ,
il prononça
l'Arrest, par lequel laRegence
,
pleine & entiere du
Royaume est deferée à Monsieur
le Duc d'Orleans.
Le 16. M.le Baron deSpaar
Ambassadeur Extraordinaire
du Roy de Suéde
, accompagn$
é de M deCronstroom son
Envoyé Ordinaire
,
firent des
compliments
compliments de condoleance
à SaMajesté sur la mort du feu
Roy.
f- ,
Le 17. le Nonce ordinaire
duPape
,
cût audiance du
Roy,conduit par M.le Baron
de Breteüil, quiestoitengrand
manteau de deüil. Le Nonce
futreceu par le Duc de Villeroy
,
Capitaine des Gardes
du Corpsen grand manteau
de deüil
,
à l'entrée de la salle
des Gardes du Corps, qui
étoient sous les armes. Monsieur
le Duc d'Orleans, Regent
du Royaume, les Princes
du Sang&les grands Officiers
quisont auprés du Roy dans
ces forres de Ceremonies,
étoient aussi en manteau de
deüil.
Le Comte de Rivazzo Envoyé
du Duc de Parme, le
Baron Simeoni
,
Envoyé de
l'Electeur de Cologne, le
Comte Bardi
,
Envoyé de
Toscane
,
le sieur du Mont
Envoyé de Holstein Gortorp
,
&le Baron d'Imhoff,Envoyé
de Brunswich
-
Woifenbutel
,
tous en grand manteau de
deüil eurent audianceduRoy.
L'Ambassadeur de Portugal
& l'AmbassadeurdeSicile,
en grand manteau de deüil
, eurentaussiaudiance du Roy,
& firent de pareils complimens
de condoleance à Sa
Majesté.
Le 16. de ce mois,on enregistra
au Par lement une
Déclaration du Roy, qui ordonne
que lorsque des Ordonnances
,
Edits, Declarations,
Lettres Patentes emanèes de
la feule autorité de Sa Majesté
feront adressées au Parlement
, avec des Lettres de
cachet pour les faire enregistrer,
le Parlement avant que
d'y procéder
, pourra representer
à Sa Majesté ce qu'il
jugeraà propos pour le bicn_
,public du Royaume. Sa Majessé
voulant donner cette
marque de sa confiance à la
Cour de Parlement ,à cause
de la fidelité, du zele & de la
soumission
, avec lesquels elle
a toujours servi le Roy son
Bjfyreul
,
sur tout dans urj
tempsou les avis d'une Compagnic
aussi rage qu'éclairée,
pueutv-einltliutyées.trbed'une.g.rande -
Lemêmejour, une autre
Pp:ljiration fut enregistrée
,
FÏ-;Lafléll_e le Roy outre le
Conseil General de Regence,
en établit six autres particuliers
, composez chacun d'un
nombre convenable de Conseillers
& de Secrétaires : ravoir
le Conseil de Conscience,
pour les affairesEcclesiastiques:
leConseil des affaires Estrangeres
:
le Conseil de guerre ,
& de tout ce qui y a rapport:
le Conseil de Finances: le
Conseil de Marine
,
& de
tout ce qui en dépend: le
Conseildes affaires du dedans
du Royaume, qui estoient
cy devant portées au Conseil
des Depesches, sans rieninnover
à l'égard du Conseil Privé,
& sans que les affaires dont la
connoissance appartient aux
Cours & aux Tribunaux du
Royaume
,
puissent estre portées
dans lesditsConseils.
Le18. le Scrutin del'Hostel
de Ville de Paris, sur presenté
au Roy,par M. le Picart
Conseiller au Parlement:
Meilleurs Fayolle &Foucault
Lschevins, nouvellementélus
presterent ferment entrt les
mains de Sa Majesté
, en prefcnce
de Monsieur le Duc
d'Orleans : M. le Prevost des
Marchands & les Eschevins
furent ensuite en Robe de
ceremonie rendre leurs ref- .s, à Son AltesseRoyale,
comme Regent. Le 19ilsont
aussi rendu leurs respects à
Madaçw
,
& à Madame la
Duchesse d'Orléans. •leRoya donné à M.leDuc
d'Albret, la charge de grand
Çhajntx11an de France, vacance
par la demissionqu''en
avoit faite M. LeDuc de Boüllon
son pere.
ordinairement suivis ou précédez
de quelques desordres.
Laconfusion qui fl otte les ef
- prits inquiets, & l'espoir de
l'impunité semblentalors autoriser
lalicence.
Il ne pouvoir pas en effet
arriver de plus grand évenement
en France, que celuy de
la mort du Roy Louis XIVv
mais pendant les cinq jour que.
le bruit de sa mort a couru,&
après qu'il a eu les yeux fermez,
les sages précautions du
Prince que le Ciel nous destinon
pour Regent, & la vigilance
& les foins des Ministres
qu'il a honoré de ses ordres ,
ont entretenu cette grande
(,
Ville &tout le Royaume dans
une tranquillitéaussi parfaite,
que s'il nyfut rien arrivé d'extraordinaire.
Tous les yeux à l'instant se
sont ouverts pour admirer la
conduite de nostre Regent,
* JL'JLiyijrvjc. qui peu de moments après la
mort du Roy arrivée le premier
de ce mois, fut rendre ses
refpeéts àMonfeigneur leDauphin,
maintenant le RoyLoüis,
XV. Il luy presentaenmême
temps les Princes & les Seigneurs
qui se trouverent alors
a Ver sailles.
Le lendemain il vint en
cette Ville, où il prit possession
de sa qualité de Regent deuë à
Ion rang,& à sa naissance,
dans la grande Chambre du
Palais,où pour cet effets'étoientaffemb!
cz le Parlement,
les Pairs du Royaume,les Marêchaux
de France,& les Gouverneurs
& Lieutenants Généraux
desProvinces, chacun
dans les rangs qui convenoienc
à leurs dignitez.
Cette ceremonie finie, le
peuple qui setrouva dans les
Places, sur le Pont Neuf
, &
dans les ruës par où passa Son
: Altesse Royale Monseigneur
le Duc d'Orleans,jetta mille
cris de joye & de benediction
de se voir un si digne Successeur
à l'autorité du grand Roy
qu'il venoit de perdre.Sa generosité
réponditsur le champ
à ces acclamations. ic; »
L'a près dîneilretourna au
Parlement,0111!piopofa avec
zeleles destins pour procurer
le payement aû des Troupes
,
le soulagement des peuples,&
enmême tems le projet
qu'il avoit formé de changer
la face du Gouvernement
qui luy paroissoit onereuse à
l'Etat, avec les intentions qu'il
avoit de contribuer de tout
son pouvoir, à la seureté,à
l'avantage, & à la tranquillité
du Royaume.
Le 4 de cemoisleClergé, le
Parlement
,
la Chambre des
Comptes&lesautres Compagnies
turent tendre leurs tcljie&
s au nouveauRoy.
Le 7. onenreg stra au Par-
,
lement uneDeclarationdu
Roy,parlaquelle de l'avisde
MMooniiffcciigo,nnccuurt le DDuucc-. dd''OOrr-.
leans, de Monsieur le Duc &
autres grands Personnages du
Royaume, Sa Majesté a prorogélesSéances
du Parlement
jusqu'au ii. de ce mois pour
le jugement de toutes les affaircs
particulieres,&, jurqu'au.
Octobre pour toutes les affailes
publiques & generales qui
pourront y estre portées par
sesordres. --
Lep.le Roy parut de Verfailles
accompagnéde Monsei
gneur le Ducd'Orléans; de
Monsieur le Duc, de Monsieur
le Duc du Maine & de Monsieurle
Comte de ':T-ouloùfc',
pour aller faire sonséjourau
Château de Vincennes.
»
3Lefoirdu même jour le
Corpsdu Roy fut porté à S.
Denis. Le Corps fut levé par
le Cardinal deRohan Grand
AumosnierdeFrance,en presence
de Monsieur le Duc,
Grand Maistre de la Maison
du;Roy.> & porté par les Gardes
de la CompagnieEscossoise
sur
sur un chariot d'armes, couvert
d'un poesle croisé de moire
d'argent, puis on marcha
en cet ordre. Le Capitaine des
Guides de la Maison du Roy,
quelques carosses des principaux
Officiers: celuy du Maî
tre des Ceremonies :celuy du
Grand Maistre des Ceremonies,
les Mousquetairesnoirs,
les Mousqueraires gris, les
Chevaux Legers de la Garde,
lesOfficiers de la Chambre &
de la Garderobe : un Carosse
du Roy, où étoient des Aumôniers
de Sa Majesté
,
son
Confesseur&le Curé de Versailles
:uncarolle du R.dy. ,ou
étoient Monsi ur le Duc, le
Cardinal de Rohan, le Duc
de Threfmes
, premier Gentilhomme
de la Chambre en
service, le Duc de la Tremoille
& leDuc de Mortemar, aussi
premiers Gentilshommesde la
Chambre ,le Duc de la Ra.
chefoucault
,
Grand MnllrCL
de la Garderobe
,
& le Chevalier
de Dampierre
,
premier
Escuyer de Monficur le Duc-.
les Trompettes de la Chambre
,
les Herauts d'armes , le Grand Maistre
,
le M-i-iftrt
& l'Aide des Ceremonies , le
Charlot &quatreAumôniers
àchevalportant les coins du
pofl;,1e Prince Charles de
Lorraine
,
Grand Elcuyer de
France&leDuc de Villeroy,
Capitaine desGardes duCorps
àcheval, les Gardes du Roy&
les Gendarmes. La marche
étoit fermée par le carosse de
Monsieur le Duc & par ceux
du Cardinal de Rohan,&
des Ducs de la Tremoille
,
de
la Rochefoucauld ,de Morttemar&
de Thresme. Le Convoy
arrivant à une demie lieue
de Saint Denis
, y fut joint
par un grand nombre d'Officiers
des sept Officesà pied,par
les Gardes de la Prevosté de
rHoftel,& par lesCent Suisses;
de la Garde,& à quelque distance,
ontrouva les Religieux
de l'Abbaye Royale de S. Denis
, au nombre d'environ six
vingt reveflus de chappes de
velours noir, & precedez par
les Paroisses
,
les Recollets &
les Officiers de Justice de la
Ville. A près les prieres ordinaires
, tous les Ecclesiastiques
precederent processionnellement
le chariot jusqu'à la
porte de l'Abbaye,oùle Cardinal
le presenta au Prieur ,
par un discours touchant, &
éloquent Le Corps fut placé
dansleChoeur de l'Eglise,entouré
de cierges, & les Religieux
commencerent à faire
autour des prieres jour & nuit.
Le lendemain les Religieuxcelebrerent
un Service, auquel
assisterent tous les Officiers qui
avoient accompagnéle Con
voy. '1 , - ,Le 12 le Roy partit de
Vincennes, pour venir au Parlement
tenir son Lit de Justice.
Il étoit precedé des deux Compagnies
de Mousquetaires &
des Chevaux Legers de laGaI
de
, ayant dans lou carosse
M^'siur le Duc d'Orleans,
Ml'f){jeur le Duc, Monsieur
le Duc du Maine
,
Madame
la Duchelle de Vantadour
Gouvernante de la personne
de Sa Mjllé
,
& le Marc*
chIlqc Villeroy. Le carouc:
étoit suivi des Gardes du
Corps & des Gendarmes. A
l'extremité du Fauxbourg
,
les Gardes de la Prevosté &
les Cent Suisses se joignirent
à la marc he i & encet ordre ,
le Duc de Thresmes, Gouverneur
deParis,luypresenta
lePrevost dtsM.u.,baod'qui,
luy si oncomr>i»mtn& à la
tête des Echevins
un genoux
en teireLes ruesestoient bordées
des Régimens des Gardes
Funçoi les& Suiflcs,juC^aju-
Palais. Le Roy entra à la
Sainte Chapelle
,
où il fut
receu & complimenté par
l'Abbé de Champigny
,
Tre-
[orier) a la têtedu Chapitre.
Quitte Presi lents & six Conseillers
,
vinrent recevoir Sa
Majestéàla Sainte Chapelle,
le conduisirent à la Grande
Chambre où il s'assit fous le
~Dis dans son Lit de Justice.
Toutes les séances eûant prises
en la maniere ordinaire,
leRoyditqu'il venoic à son
Parlement pour l'assûrer de
son affection & que son Chancelier
diroit le reste. Ensuite
le Chancelier de France expliqua
le su jet de la venuë du
Roy,après quoy ,
il prononça
l'Arrest, par lequel laRegence
,
pleine & entiere du
Royaume est deferée à Monsieur
le Duc d'Orleans.
Le 16. M.le Baron deSpaar
Ambassadeur Extraordinaire
du Roy de Suéde
, accompagn$
é de M deCronstroom son
Envoyé Ordinaire
,
firent des
compliments
compliments de condoleance
à SaMajesté sur la mort du feu
Roy.
f- ,
Le 17. le Nonce ordinaire
duPape
,
cût audiance du
Roy,conduit par M.le Baron
de Breteüil, quiestoitengrand
manteau de deüil. Le Nonce
futreceu par le Duc de Villeroy
,
Capitaine des Gardes
du Corpsen grand manteau
de deüil
,
à l'entrée de la salle
des Gardes du Corps, qui
étoient sous les armes. Monsieur
le Duc d'Orleans, Regent
du Royaume, les Princes
du Sang&les grands Officiers
quisont auprés du Roy dans
ces forres de Ceremonies,
étoient aussi en manteau de
deüil.
Le Comte de Rivazzo Envoyé
du Duc de Parme, le
Baron Simeoni
,
Envoyé de
l'Electeur de Cologne, le
Comte Bardi
,
Envoyé de
Toscane
,
le sieur du Mont
Envoyé de Holstein Gortorp
,
&le Baron d'Imhoff,Envoyé
de Brunswich
-
Woifenbutel
,
tous en grand manteau de
deüil eurent audianceduRoy.
L'Ambassadeur de Portugal
& l'AmbassadeurdeSicile,
en grand manteau de deüil
, eurentaussiaudiance du Roy,
& firent de pareils complimens
de condoleance à Sa
Majesté.
Le 16. de ce mois,on enregistra
au Par lement une
Déclaration du Roy, qui ordonne
que lorsque des Ordonnances
,
Edits, Declarations,
Lettres Patentes emanèes de
la feule autorité de Sa Majesté
feront adressées au Parlement
, avec des Lettres de
cachet pour les faire enregistrer,
le Parlement avant que
d'y procéder
, pourra representer
à Sa Majesté ce qu'il
jugeraà propos pour le bicn_
,public du Royaume. Sa Majessé
voulant donner cette
marque de sa confiance à la
Cour de Parlement ,à cause
de la fidelité, du zele & de la
soumission
, avec lesquels elle
a toujours servi le Roy son
Bjfyreul
,
sur tout dans urj
tempsou les avis d'une Compagnic
aussi rage qu'éclairée,
pueutv-einltliutyées.trbed'une.g.rande -
Lemêmejour, une autre
Pp:ljiration fut enregistrée
,
FÏ-;Lafléll_e le Roy outre le
Conseil General de Regence,
en établit six autres particuliers
, composez chacun d'un
nombre convenable de Conseillers
& de Secrétaires : ravoir
le Conseil de Conscience,
pour les affairesEcclesiastiques:
leConseil des affaires Estrangeres
:
le Conseil de guerre ,
& de tout ce qui y a rapport:
le Conseil de Finances: le
Conseil de Marine
,
& de
tout ce qui en dépend: le
Conseildes affaires du dedans
du Royaume, qui estoient
cy devant portées au Conseil
des Depesches, sans rieninnover
à l'égard du Conseil Privé,
& sans que les affaires dont la
connoissance appartient aux
Cours & aux Tribunaux du
Royaume
,
puissent estre portées
dans lesditsConseils.
Le18. le Scrutin del'Hostel
de Ville de Paris, sur presenté
au Roy,par M. le Picart
Conseiller au Parlement:
Meilleurs Fayolle &Foucault
Lschevins, nouvellementélus
presterent ferment entrt les
mains de Sa Majesté
, en prefcnce
de Monsieur le Duc
d'Orleans : M. le Prevost des
Marchands & les Eschevins
furent ensuite en Robe de
ceremonie rendre leurs ref- .s, à Son AltesseRoyale,
comme Regent. Le 19ilsont
aussi rendu leurs respects à
Madaçw
,
& à Madame la
Duchesse d'Orléans. •leRoya donné à M.leDuc
d'Albret, la charge de grand
Çhajntx11an de France, vacance
par la demissionqu''en
avoit faite M. LeDuc de Boüllon
son pere.
Fermer
7707
p. 3-39
CRITIQUE SUR L'EXAMEN PACIFIQUE DE M. L'ABBÉ DE FOURMONT. Supplément du Mercure de Decembre 1715. NOUVELLES LITTERAIRES.
Début :
Il y a environ six semaines que je vois au coin [...]
Mots clefs :
Madame Dacier, Homère, M. de la Motte, Jugement, Ouvrages, Traduction, Livre, Chevaux, Traduction, Critique, Examen, Auteur, Esprit, Génie, Lettres, Pacificateur, Homme, Langues, Admiration, Public
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CRITIQUE SUR L'EXAMEN PACIFIQUE DE M. L'ABBÉ DE FOURMONT. Supplément du Mercure de Decembre 1715. NOUVELLES LITTERAIRES.
CRITIQUE
SUR
L'EXAMEN PACIFIQUE
DE M. DE FOURMONT .
Supplément duMercuredeDecembre
4715.
NOUVELLES LITTERAIRES .
Ly a environ fix femaines
que je vois au
coin des ruës la longue
Affiche d'un Livre qui a
pour titre :
Decembre 1715. A ij
Examen pacifique de la querelle
de Madame Dacier de
M. de la Motte ſur Homere ,
avec unTraitéſur le Poëme Epique
, la Critique des deux Liades
de pluſieurs autres Poëmes
; parM. Fourmont, Profef-
Seuren LangueArabiqueau CollegeRoyaldeFrance
, &Afforé
de l'Académie Royale des Infcriptions.
J'ay demandé à un grand
nombre de gens de Lettres ce
qu'ils penſoient de cet Ouvrage
, je n'en ay trouvé qu'un
Teul qui m'ait avoüé l'avoir lû
d'un bout à l'autre , je m'imaginay
qu'il alloit m'en dire fon
fentiment ; point du tout , il
me refuſa la confidence , & me
dit pour raiſon de ſon refus ,
qu'il étoit juſte que j'achetaſſe
auſſi cherement que luy , le
droit d'en pouvoir parler .
Il eſt de mon devoir d'annoncer
les Livres nouveaux &
de rendre compte de l'accueil
qu'ils ont reçû du public.Com.
ment puis - je parler de celui cy
puiſque le public ne l'a point
encore qualifié , auendronsnous
qu'il plaiſe aux gens de
Lettres de le lire &d'en parler :
non, il ne faut pas qu'il nous
A iij
1
échape ,jugrons le nous meme
, l'Auteur nous en tiendra
compte de quelque maniere
que nous le faffions , il aura
eſtéparlé de ſon Livre.
Jelay donc lû ce Livre,&
d'un bout à l'autre. Je commençay
, comme de raiſon ,
par le titre , qui me prevint
dereſpect pour l'Auteur.Enfin
me difois je à moy même ,
voicy l'Ange de paix qui , par
des jugements refpectables ,
varenfermer les droits de Madame
Dacier & de M. de la
Motte dans leurs veritables
bornes , les déciſions de ce
:
grandArbitre feront des Arreſts
Souverains pour l'un &
l'autre Emule ;mais fa miſſion
ne ſe borne pas à pacifier
noſtre Parnaſſe , il va dicter des
Loixinvariables qui guideront
àjamais les Poëtes ; nous allons
voir un traité ſur le Poëme
Epique dont, fans doute , tous
les preceptes feront autant
d'axiomes pour les races futu-
J'avoüe bonnement icy le
penchant que j'ay àme laiffer
ſéduire aux promeſſes hardies ,
j'eſpererois peut eſtre en qui
me promettroit l'impoſſible ,
8
mais je reconnois enfin les
vrais & les faux Prophetes à
l'Ouvrage.
L'Ouvrage de M. Fourmont
m'a , je l'avoie , pleinement
détrompé ,je m'inſcrivis
en faux contre ſa miffion , &
j'ofe avancer qu'il ne ſouſtient
aucun des titres dont il s'eft
décoré dans ſa ſuperbe affiche,
Il ſe donne pour Examinateur
pacifique de la querelle
qui diviſe Madame Dacier &
M. de la Motte. Il y a dans ce
peu de mois bien des engage
mentss
1. Pour ofer juger d'office
une pareille difpute entre deux
و
Auteurs tels que ceux- cy , il
ſcroit bon qu'on joüit dans le
monde d'une réputation ſuperieure
qui ſauva le reproche
d'inconfideration & quiaffûra
le mediateur de la reſpectueuſe
déference desContendans.
Il
2°. Il faudroit à l'Arbitre
unerailon ferme , à l'épreuve
des prejugezles plus imperieux
feroit à propos qu'il
ſfeeffuut familiariſe avec les Ouvrages
de genie , tant de notre
fiecle que des fiecles anterieurs,
qu'il ſecut les ſentir ,& rendre
compre de fon gouft en atteftant
les regles immuables que
10
laraiſon ſeule a droit de pref
crire à toutes les productions
de l'eſprit.
うに、
4. Je voudrois qu'il foû
rint le titre de pacificateur ,
enn'employant dans ſa negociation
que des paroles de paix
&de concorde. よこ
Examinons M. Fourmont
fur ces quatre points , &&&
voyons s'il a bonne grace à
diriger hos Mufestyl
Quand on voit M. Fourmont
entre M. de la Motte&
Madame Dacier , les endoctri
nant comme ſes difciples , il
n'ya perſonne qui ne demande
r
quelles font donc les rares
connoiſſances , les hauts talens
du Pedagogue ? ſes amis répondent
, qu'il a la clef des
Langues ſçavantes , qu'il ſçais
éminemment la LangueGreque,
même l'Arabique.On in
ſiſte,a t il donnédes preuvesde
gouft&de genie par d'excellens
Ouvrages ſoit d'éloquence,
foit de Poëſie ? on répond
qu'il ſçait éminemment la Lan
gue Greque , même l'Arabique.
Mais de grace , Meffieurs ,
de quelle utilitépeut eſtteicyà
M. Fourmont le don des Lan12
gues; la connoiſſance des Langues
eft neceffaire à tout homme
qui veut traduire luy même,
ou qui veut ſeulement ju
ger de la ſervile conformité
d'une traduction à ſon texte.
Il ne s'agit point de cela entre
M. de la Motte & Madame
Dacier. Que faut il donc àM.
Fourmont , pour juger la con.
troverſe litteraire dont il eſt
queſtion, il faut qu'il connoille
lamarche de la droite raiſon ,
il faut qu'il foic armé de principes
qui ſe faffentreſpecter , il
luy faut un certain courage
qui ne ſcachepoint plier ſous
13
l'autorité contre l'évidence.
des
On trouve rarement ces richeffes
dans un Scoliaſte , ces
Meffieurs,ont pour la pluſpart,
paffé leur vie à apprendre
mots & des glofes pueriles ,
ils ontvoüez tous leurs travaux
à leur memoire , & croyent
avoir liberalement pourvû aux
droits de leur jugement , en
luylaiſſant pour tout exercice,
une déference reſpectueufe ,
une foy conſtante aux opinions
des Commentateurs
leurs ayeuls ,&une admiration
religieuſe pour tous lesOuvrages
antiques dont ils ont fait
14
leur propre merite.
M. Fourmont nous dira
qu'il eſt une exception à la
regle; c'eſt à dire , qu'il eſt
Grammairien , fans préjudice
des avantages que fa profeffion
ſemble exclurre. C'eft ce qu'il
infinuë par ces paroles de fon
Livre. vol.1. page 34 Tous les
Scoliaftes nefont pasſtupides ,
parmyle Peuple Commentateur il
ya des Sages &des Philofophes.
Vôtre Livre nous dira ,
Monfieur ,fi vous eſtes dans
le cas de l'exception par vous
propoſéestout Commentateur
qui metunOuvrage au jour ,
15
produit fon jugement, onſçait
ſur le vû des pieces à quoys'en
tenir fur fon compre. Il y a
longtems queMadameDacier
a fourni ſes preuves , & je ne
ſçais pourquoy vous penſez
qu'elle a beſoin du témoignageque
vous rendez d'elle.Vol.
1. page 31.
Ne croyez pas , dites-vous ,
que cette illustre Scavante aitfait
d'auffi belles Etudes fans philoſopher
; elle connoît auſſi-bien que
M.de laMotte la nouvellePhilofophie,
pour cela elle n'a cu be
fain que de lire e d'unjugement
fain à l'égard de l'ancienne ,
Rub
16
,
fes. Ouvrages nous fourniffent
des preuves qui , de ce costé là
l'ont mise , ily a longtemps , à
couvert de toutfoupçon , ceferoit
beaucoup fi l'on en pouvoit dire
autant de M. de la Morte.
Qu'entendez -vous , Monfieur,
par Philofophie Ancienne
& Moderne ? M. de la
Motte & Madame Dacier
n'ont écrit ni l'une ni l'autre
fur des matieres purementPhilofophiques
, comment donc
fçavez vous queM . delaMorte
eſt PhilofopheCartefien, comment
preſumez vous queMadame
Dacier efſt ſi conſomméc
dans
17
dans l'une&dans l'autre Doctrine
; vous en jugez par les
Ouvrages de Litterature qu'ils
ont l'une& l'autre donnez au
public. Vous reconnoiffez
donc , Monfieur , que la Philoſophie
eft de quelqu'uſage
dans les Ouvrages de genie ;
mais en quel ſens s'y fait elle
ſentir , c'eſt ce que vous ne
nous direz pas , nous allons
tâcher de vous le faire entendrc
.
Qüy, Monfieur , on reconnoît
le Philoſophe dans lebon
Orateur , dans l'excellent Poëtc.
Les Ouvrages de M. de la
Decembre 1715. B
18
Motte nous apprennent , par
exemple , qu'il eſt Philoſophe
Carthefien. Voicy à quoy nous
le remarquons .... à certaine
methode qui le guide fi heureuſement
au vray dans toutes
les matieres qu'il traite , àcette
ſage circonſpection qui mefure
ſa confiance ou fa rete
nuë , à l'évidence ou à la fimple
probabiliré de ſes vûës , à
cette hardieſſe de jugement
que les préjugez les plus fuperbes
n'ébranlent point , à
cet amour vif de la verité qui
le rend fi prompt à luy faire
hommage lors même que ſes
19
Adverſaires la luy preſentent.
Si vous voulez encore , à cette
genereuſe indifference , à ce
mépris conſtant , qu'il oppoſe
aux infolents procedez de ſes
Adverſaires.
It me ſemble , Monfieur
que nous nous faiſons entendre
, ſervez nous de même, &
expliquez nous de grace , ( fi
neanmoins cela ſe peut faire
poliment, ) quelles preuvesles
Ouvrages de Madame Dacier
vous fourniſſent qu'elle eſtPhiloſophe
de l'ancienne Ecole ?
Mais encore un mot ,
4
s'il
vous plaift , Monfieur , il ne
Bij
ΣΟ
/
faut, dites- vous , que ſçavoir
lire & avoir le jugement fain
pour devenir Philofophe Carthefie.
n Qu'entendez-vous par
jugement fain ?Vous parlez-là
d'une choſe plus rare que vous
ne penſez. Ce que vous regardez
apparemment comme
un merite commun , nous au
tres Modernes nous le regardonscomme
un don trés- rare.
Qu'il me foit permis d'avancer
àmontouruunnee verité
demontrée dans les Ecoles
Carthefiennes.
Nous loûtenons hautement
contre tous venants , qu'il ne
2E
faut que ſçavoir lire & avoir
de la memoire pour apprendre
les Langues ; nous en di
ſons à peu présautant de l'ancienne
Philofophie , de ce vain
ſyſtême de mots , de cette
Science chimerique qui neporte
aucune lumiere à l'efprit ,
&qui eſtd'autant plus cultivéc
&reſpectée des foibles eſprits,
qu'ils font moins capablesd'en
appercevoir la mifere.....
Il n'en eſt pas à beaucoup
prés de même de l'EcoleGarthefienne
, elle éclaire l'eſprit ,
elle exerce la raiſon , elle apprend
à ſecouër le joug info22
lent desfaux Sages. Mais cette
fiere Ecole n'adopte pas tous
ſes Diſciples , elle n'avoue &
neprend fur fon compte que
ceux qui fontvenus à elle avec
un eſprit lumineux , avec un
jugement courageux & difeiplinable.
Revenons à voſtreOuvrage,
Monfieur , & fans nous em
barraffer fi vous êtes en effet,
auſſi verſé que vous l'infinuez ,
dans les Myfteres Philofophiques
; voyons ſeulement fi
vous nous y ſemblerez connoître
la marche de la droite
raifongul
23
Vous conviendrez , je pen
ſe , que lorſqu'on veut enfan
ter deuxgrosVolumes fur une
Controverſe Litteraire , il faut
d'abord ſe mettre au fait de
cette Controverſe , avoir lû
avec attention les Ecrits contradictoires
, & poſer ſeurement
enſuite le veritable état
de la queſtion ſur laquelle on
veut prononcer. Or , je vous
avertis , Monfieur , que vous
avez groffierement manqué à
ce premier devoir. Ecoutez
vous vous-même Vol. 1. pag.
34
Je veux bien croireque Ma24
dame Dacier aporté fon admiration
pour Homere trop loin ; hé
bien , il en faut rabattre quelque
chofe ,
mais ne trouver rien de
beau dans un Auteur àqui ellea
crû devoir donnerdes élogesfiexceffifs
, ne feroit- ce pas une autre
extrémité ? comment une Dame
d'aneſcience auſſi étenduë , d'un
goûtauffi exquis, aura- t elle loué
d'une maniere auſſi outrée, ce qui
est absolument &fans restriction
miferable?on ne lepeut concevoir.
Ily a là quelquefecret que nôtre
curiofuéveut naturellement penetrer.
Si les écrits de M. de la
Motte
25
Motte n'eſtoient pas auffi
connus qu'ils le ſont des gens
de Lettres ,vous feriez penſer
icy , que le Critique n'auroit
rien trouvé de loüable dans
Homere, qu'il auroit foûtenu ,
(pour me ſervir de vostermes)
que le Poëte Grec eft abſolument
&fans restriction miserable
.Jeſtilpoffible , Monficur
, que vous n'ayez pas
ſenti en lifant M. dela Motte,
que faCritiquefait infiniment
plus d'honneur àHomere,que
toutes vos Apologies , eſt il
polubic
poſſible que vous n'ayez rien
entendu des loüanges magnifi-
Décembre 1715. C
26
ques qu'il prodigue au Pere
des Poëres. Il vient une gene.
ration voüée au regne de la rai.
fon , qui peſera dans la même
balance les Ecrits anciens , &
ceux de notre âge, elle ne ſera
pas la dupe des Commentateurs
, mais je crains que les
Eloges exceffifs que M. de la
Motte a donnez à Homere ,
peut-eſtre un peu par indulgence
pour les Scoliaftes ,
la rendent trop timide à prononcer
ſur cevieil Ouvrage au
gré de l'exacte juſtice.
ne
Voulez-vous donc , Monſieur
, que je vous donne la clef
27
€
dufecret que vostre curiofitéveur
naturellement penetrer , lifez la
Preface deM. de la Motte, &
ſes réponſes aMadameDacier.
Ilme ſemble que vous vous
étiez ,par vôtre ſuppoſition ,
ouvert une carriere bien facile.
Iln'est pas malheureux d'avoir
à reprimer deux Adverſaires
que la paffion a jetté dans les
deux excés contraires,il yavoit
entre les deux extrêmes de vos
Diſciples , un vaſte eſpace où
vous pouviez mettre vos deux
Volumes àl'aiſe; je ſuis étonné
que vous n'ayez pas ſçû profiter
de cet avantage. Madame
Cij
28
Dacier , dites-vous ,porté trop
loin ſon admiration pourHomere,
il en faut rabattre quelque
chofc. Mais qu'en rabattezvous
, de grace , Monfieur ,
vous encheriſſez ſur ſon excés
même. Vous êtes beaucoup
plus intraitable , vous ne vous
contentez pas d'excuser ,vous
loüez , vous adorez tout , jufqu'aux
bevuës les plus énor-
Entre les fortiſes les plus
inexcufables de l'Iliade , M.de
la Motte avoit cité les Harangues
familieres que les Heros
yadreſſent à leurs Chevaux ,je
19
ne croyois pas qu'il y cût aujourd'huy
un ſeul homme
dont le zele , pour Homere ,
put aller juſqu'à rompre une
lance en faveur de ces Haran
gues ; M. Fourmont les prend
ſous ſa protection .... Il eſt
vray qu'il n'adopte pas la Traduction
de Madame Dacier à
cet égard , mais il n'a pas plû
toſt traduit luy même ces traits
manquez par elle , qu'ils deviennent
admirables .... En
voicy la preuve ,Vol. 2. page
178.
Madame Dacier , dit il , n'a
pas éré affez circonspecte dans le
Cij
30
discours d'Antiloque à fes Chevaux
, il ne dit rien de femblable
,ou plutôt il le dit d'une maniere
qui ne bleſſe point...Voicy
donc comme je le traduis.
Avancez , dic Antiloque
parlant à ſesCheyaux , avancez,
allons ,qu'on s'étende ,je ne
demande pas de paßer les Chevaux
de Diomede : Minervefa
Protectrice augmente fans doute
lear viseffe , er luy donne aujourd'huy
toute la gloire ; allons , qu'-
on atteigne au moins aujourd'huy
les Chevaux de Menelas. Vite,
qu'on n'ait point labontede voir
paßerpar Atha une Cavale, des
:
31
Chevaux auffi vigoureux que
vous , je lejure , &cela arrivera,
finous n'avons que le dernier
Prix; iln'y aura plus à manger
pour vous chez leRoy Neftor , il
vous percera defon épée. Allons
donc ,fuivez , avancez : mais
une pensée qui me vient , ilfaut
que je détourne par le chemin
étroit , il ( le but ) ne me
feraplus caché.
C'eſt dommage que M.
Fourmont n'ait pas traduit
toute l'Iliade , combien d'affronts
il cût ſauvé à Homere ?
voyez ce que devient , dans ſa
Traduction,une des plus gran.
Ciiij
32
des fortiſes du Poëte Grec;
M. Fourmont eſt luy-même
furpris du prodige .... Tout
homme , dit il , qui ſçait ce que
c'est qu'une Poësie animée , apperçoit
icy Antiloque en vingt
fituations , au desespoir , reprenant
courage,avançant, arrêté,
continuant, en fureur , s'avisant
d'une rufe ; en un mot , le Vers
marche comme le Char , & c'est
une peinture admirable: mais d'où
vient que M. de la Motte est inſenſible
à ces beautez, qu'ils'explique
de nouveau là-deſſus. Vol.
2. page 178.
Vous ne faites pas atten
33
tion,Monfieur, que M. de la
Motte ne connoffoit la Ha
rangue d'Antiloque,que par la
Traduction de Madame Dacier
; s'il avoit vû la voſtre it
cût crié auſſi haut que vous ,
ah la merveille ! quecette confideration
vous fafle excuſer
auſſi ſa remarque contre le
Cheval , parlant d'Achile .....
Vous dites page 178.A l'égard
duChevald'Achile qui parle,
prophetiſe même au dix neuvieme
Livrede l'Iliade. L'endroit eft
charmant bien menagé.
Ala verité M. de la Morte
aun peu manqué de reſpect
34
pour le Prophète; mais peuteſtre
auffi Madame Dacier
avoit-t-elle manqué ſon caractere
dans ſa traduction.
Vous ne le manqueriez feurementpas
, ſi vous vouliez luy
prêter voſtre plume. C'eſt ce
que nous attendons pour rétracter
nos fenfures.
Vous nous difiez tantoft ,
Monfieur ,qu'il y avoit quel.
que choſe à rabattre des Elo
ges exceffifs,que Madame Dacieravoit
donnez à Homere ,
mais dans les détails de voftre
examen , je vous vois de moitié
de tous ſes jugemens. Je
35
vous en loue , au reſte vous ne
ſçauriez mieux faire que de
prendre l'ordre d'elle,lors qu'il
vousprendra envie de prononcer
ſur quelque matiere que
ce ſoit; mais enfin , il n'étoit
pas neceſſaire de faire deux
gros volumes , ſi vous n'aviez
rien de nouveau ànous appren.
dre. Et d'ailleurs en vous mertant
de moitié des jugements
deMadame Dacier fur l'Iliade,
il falloir au mapins , pour foû .
tenir le caractere de Pacificateur
, defavoüer le procedé
injurieux de cette Scavante
envers fon adverfaire,
36
M. Fourmont , vol. 2. page
208. aprés avoir juſtifiéde ſon
mieux les excés injurieux de
Madame Dacier , remarque
que M. de la Motte , loin de
répondre àtant d'injures , s'eſt
contentéde les raſſembler confuſement
dans un Chapitre
exprés de fa réponſe pour en
fairehonte à ſon adverſaire .
Cette conduite de M. de la
Motte , fait naître au pacificateur
deux réfl xions , dont il
eſt juſte que je luy faſſe honneur.
Premiere reflexion Selon
M. de la Motte,les injures par37
tent d'une paſſion qui n'entend
pointſes veritables interefts , &il
acrûfans doute entendre lesfiens,
ennous les mettantſous lesyeux;
fuite de contradictions dans M.
de la Motte. Si Madame Dacier
va elle-même contreſes interêts .
pourquoy s'en plaindre ? il devoit
s'en rejoüir.
Seconde reflexion & digne
dela premiere. Les injures ne
toûchent- elles ordinairement
que des eſprits mal faits&peu
inſtruits ; mais fi cela eſt , M.
de laMotte avec ſa liſte,regarde
par avance ſesLecteurscom.
meignorans& mauvais Juges,
38
&cen'étoit pasunbonmoyen
de lesprévenir en la faveur.en
Aprés avoir lû ces deux
reflexions , peut-on difconvenir
que M. Fourmont n'ait
bonne grace à ſoûtenir que
tous les Scoliaftes ne ſont pas
ſtupides०१५
Mais faiſons encore honneur
àM. Fourmontdu jugementqu'il
porte de M. de la
Motte , vol. 2. page 323 .
M. de la Motte,dans les Sieclesfuturs
, tiendra par rapport à
Racine & Defpreaux , le rang
qu'Appollonius de Rhodes tient
chez les Grees par rapport àHo39
1 mere. Son tyle eft obfcur , ambi
gu,scabreux,plein d'biperbates ;
il est aff Eté,il cherche desjeux de
mot's , iimanque de naïveté&de
force, pleng
Ce n'eſt point là unjugement
nonréflécht& fans conſequence
, M. Fourmont prétend
le juſufier par des Critiques
qui démontrent que M.
dela Motte en a impoſe à tout
fon Siecle. Examinons quelques-
unes de ces Critiques , &
retractons noftre eſtime , fi
l'on nous prouve que M. de
la Motte l'a ſurpriſe.
SUR
L'EXAMEN PACIFIQUE
DE M. DE FOURMONT .
Supplément duMercuredeDecembre
4715.
NOUVELLES LITTERAIRES .
Ly a environ fix femaines
que je vois au
coin des ruës la longue
Affiche d'un Livre qui a
pour titre :
Decembre 1715. A ij
Examen pacifique de la querelle
de Madame Dacier de
M. de la Motte ſur Homere ,
avec unTraitéſur le Poëme Epique
, la Critique des deux Liades
de pluſieurs autres Poëmes
; parM. Fourmont, Profef-
Seuren LangueArabiqueau CollegeRoyaldeFrance
, &Afforé
de l'Académie Royale des Infcriptions.
J'ay demandé à un grand
nombre de gens de Lettres ce
qu'ils penſoient de cet Ouvrage
, je n'en ay trouvé qu'un
Teul qui m'ait avoüé l'avoir lû
d'un bout à l'autre , je m'imaginay
qu'il alloit m'en dire fon
fentiment ; point du tout , il
me refuſa la confidence , & me
dit pour raiſon de ſon refus ,
qu'il étoit juſte que j'achetaſſe
auſſi cherement que luy , le
droit d'en pouvoir parler .
Il eſt de mon devoir d'annoncer
les Livres nouveaux &
de rendre compte de l'accueil
qu'ils ont reçû du public.Com.
ment puis - je parler de celui cy
puiſque le public ne l'a point
encore qualifié , auendronsnous
qu'il plaiſe aux gens de
Lettres de le lire &d'en parler :
non, il ne faut pas qu'il nous
A iij
1
échape ,jugrons le nous meme
, l'Auteur nous en tiendra
compte de quelque maniere
que nous le faffions , il aura
eſtéparlé de ſon Livre.
Jelay donc lû ce Livre,&
d'un bout à l'autre. Je commençay
, comme de raiſon ,
par le titre , qui me prevint
dereſpect pour l'Auteur.Enfin
me difois je à moy même ,
voicy l'Ange de paix qui , par
des jugements refpectables ,
varenfermer les droits de Madame
Dacier & de M. de la
Motte dans leurs veritables
bornes , les déciſions de ce
:
grandArbitre feront des Arreſts
Souverains pour l'un &
l'autre Emule ;mais fa miſſion
ne ſe borne pas à pacifier
noſtre Parnaſſe , il va dicter des
Loixinvariables qui guideront
àjamais les Poëtes ; nous allons
voir un traité ſur le Poëme
Epique dont, fans doute , tous
les preceptes feront autant
d'axiomes pour les races futu-
J'avoüe bonnement icy le
penchant que j'ay àme laiffer
ſéduire aux promeſſes hardies ,
j'eſpererois peut eſtre en qui
me promettroit l'impoſſible ,
8
mais je reconnois enfin les
vrais & les faux Prophetes à
l'Ouvrage.
L'Ouvrage de M. Fourmont
m'a , je l'avoie , pleinement
détrompé ,je m'inſcrivis
en faux contre ſa miffion , &
j'ofe avancer qu'il ne ſouſtient
aucun des titres dont il s'eft
décoré dans ſa ſuperbe affiche,
Il ſe donne pour Examinateur
pacifique de la querelle
qui diviſe Madame Dacier &
M. de la Motte. Il y a dans ce
peu de mois bien des engage
mentss
1. Pour ofer juger d'office
une pareille difpute entre deux
و
Auteurs tels que ceux- cy , il
ſcroit bon qu'on joüit dans le
monde d'une réputation ſuperieure
qui ſauva le reproche
d'inconfideration & quiaffûra
le mediateur de la reſpectueuſe
déference desContendans.
Il
2°. Il faudroit à l'Arbitre
unerailon ferme , à l'épreuve
des prejugezles plus imperieux
feroit à propos qu'il
ſfeeffuut familiariſe avec les Ouvrages
de genie , tant de notre
fiecle que des fiecles anterieurs,
qu'il ſecut les ſentir ,& rendre
compre de fon gouft en atteftant
les regles immuables que
10
laraiſon ſeule a droit de pref
crire à toutes les productions
de l'eſprit.
うに、
4. Je voudrois qu'il foû
rint le titre de pacificateur ,
enn'employant dans ſa negociation
que des paroles de paix
&de concorde. よこ
Examinons M. Fourmont
fur ces quatre points , &&&
voyons s'il a bonne grace à
diriger hos Mufestyl
Quand on voit M. Fourmont
entre M. de la Motte&
Madame Dacier , les endoctri
nant comme ſes difciples , il
n'ya perſonne qui ne demande
r
quelles font donc les rares
connoiſſances , les hauts talens
du Pedagogue ? ſes amis répondent
, qu'il a la clef des
Langues ſçavantes , qu'il ſçais
éminemment la LangueGreque,
même l'Arabique.On in
ſiſte,a t il donnédes preuvesde
gouft&de genie par d'excellens
Ouvrages ſoit d'éloquence,
foit de Poëſie ? on répond
qu'il ſçait éminemment la Lan
gue Greque , même l'Arabique.
Mais de grace , Meffieurs ,
de quelle utilitépeut eſtteicyà
M. Fourmont le don des Lan12
gues; la connoiſſance des Langues
eft neceffaire à tout homme
qui veut traduire luy même,
ou qui veut ſeulement ju
ger de la ſervile conformité
d'une traduction à ſon texte.
Il ne s'agit point de cela entre
M. de la Motte & Madame
Dacier. Que faut il donc àM.
Fourmont , pour juger la con.
troverſe litteraire dont il eſt
queſtion, il faut qu'il connoille
lamarche de la droite raiſon ,
il faut qu'il foic armé de principes
qui ſe faffentreſpecter , il
luy faut un certain courage
qui ne ſcachepoint plier ſous
13
l'autorité contre l'évidence.
des
On trouve rarement ces richeffes
dans un Scoliaſte , ces
Meffieurs,ont pour la pluſpart,
paffé leur vie à apprendre
mots & des glofes pueriles ,
ils ontvoüez tous leurs travaux
à leur memoire , & croyent
avoir liberalement pourvû aux
droits de leur jugement , en
luylaiſſant pour tout exercice,
une déference reſpectueufe ,
une foy conſtante aux opinions
des Commentateurs
leurs ayeuls ,&une admiration
religieuſe pour tous lesOuvrages
antiques dont ils ont fait
14
leur propre merite.
M. Fourmont nous dira
qu'il eſt une exception à la
regle; c'eſt à dire , qu'il eſt
Grammairien , fans préjudice
des avantages que fa profeffion
ſemble exclurre. C'eft ce qu'il
infinuë par ces paroles de fon
Livre. vol.1. page 34 Tous les
Scoliaftes nefont pasſtupides ,
parmyle Peuple Commentateur il
ya des Sages &des Philofophes.
Vôtre Livre nous dira ,
Monfieur ,fi vous eſtes dans
le cas de l'exception par vous
propoſéestout Commentateur
qui metunOuvrage au jour ,
15
produit fon jugement, onſçait
ſur le vû des pieces à quoys'en
tenir fur fon compre. Il y a
longtems queMadameDacier
a fourni ſes preuves , & je ne
ſçais pourquoy vous penſez
qu'elle a beſoin du témoignageque
vous rendez d'elle.Vol.
1. page 31.
Ne croyez pas , dites-vous ,
que cette illustre Scavante aitfait
d'auffi belles Etudes fans philoſopher
; elle connoît auſſi-bien que
M.de laMotte la nouvellePhilofophie,
pour cela elle n'a cu be
fain que de lire e d'unjugement
fain à l'égard de l'ancienne ,
Rub
16
,
fes. Ouvrages nous fourniffent
des preuves qui , de ce costé là
l'ont mise , ily a longtemps , à
couvert de toutfoupçon , ceferoit
beaucoup fi l'on en pouvoit dire
autant de M. de la Morte.
Qu'entendez -vous , Monfieur,
par Philofophie Ancienne
& Moderne ? M. de la
Motte & Madame Dacier
n'ont écrit ni l'une ni l'autre
fur des matieres purementPhilofophiques
, comment donc
fçavez vous queM . delaMorte
eſt PhilofopheCartefien, comment
preſumez vous queMadame
Dacier efſt ſi conſomméc
dans
17
dans l'une&dans l'autre Doctrine
; vous en jugez par les
Ouvrages de Litterature qu'ils
ont l'une& l'autre donnez au
public. Vous reconnoiffez
donc , Monfieur , que la Philoſophie
eft de quelqu'uſage
dans les Ouvrages de genie ;
mais en quel ſens s'y fait elle
ſentir , c'eſt ce que vous ne
nous direz pas , nous allons
tâcher de vous le faire entendrc
.
Qüy, Monfieur , on reconnoît
le Philoſophe dans lebon
Orateur , dans l'excellent Poëtc.
Les Ouvrages de M. de la
Decembre 1715. B
18
Motte nous apprennent , par
exemple , qu'il eſt Philoſophe
Carthefien. Voicy à quoy nous
le remarquons .... à certaine
methode qui le guide fi heureuſement
au vray dans toutes
les matieres qu'il traite , àcette
ſage circonſpection qui mefure
ſa confiance ou fa rete
nuë , à l'évidence ou à la fimple
probabiliré de ſes vûës , à
cette hardieſſe de jugement
que les préjugez les plus fuperbes
n'ébranlent point , à
cet amour vif de la verité qui
le rend fi prompt à luy faire
hommage lors même que ſes
19
Adverſaires la luy preſentent.
Si vous voulez encore , à cette
genereuſe indifference , à ce
mépris conſtant , qu'il oppoſe
aux infolents procedez de ſes
Adverſaires.
It me ſemble , Monfieur
que nous nous faiſons entendre
, ſervez nous de même, &
expliquez nous de grace , ( fi
neanmoins cela ſe peut faire
poliment, ) quelles preuvesles
Ouvrages de Madame Dacier
vous fourniſſent qu'elle eſtPhiloſophe
de l'ancienne Ecole ?
Mais encore un mot ,
4
s'il
vous plaift , Monfieur , il ne
Bij
ΣΟ
/
faut, dites- vous , que ſçavoir
lire & avoir le jugement fain
pour devenir Philofophe Carthefie.
n Qu'entendez-vous par
jugement fain ?Vous parlez-là
d'une choſe plus rare que vous
ne penſez. Ce que vous regardez
apparemment comme
un merite commun , nous au
tres Modernes nous le regardonscomme
un don trés- rare.
Qu'il me foit permis d'avancer
àmontouruunnee verité
demontrée dans les Ecoles
Carthefiennes.
Nous loûtenons hautement
contre tous venants , qu'il ne
2E
faut que ſçavoir lire & avoir
de la memoire pour apprendre
les Langues ; nous en di
ſons à peu présautant de l'ancienne
Philofophie , de ce vain
ſyſtême de mots , de cette
Science chimerique qui neporte
aucune lumiere à l'efprit ,
&qui eſtd'autant plus cultivéc
&reſpectée des foibles eſprits,
qu'ils font moins capablesd'en
appercevoir la mifere.....
Il n'en eſt pas à beaucoup
prés de même de l'EcoleGarthefienne
, elle éclaire l'eſprit ,
elle exerce la raiſon , elle apprend
à ſecouër le joug info22
lent desfaux Sages. Mais cette
fiere Ecole n'adopte pas tous
ſes Diſciples , elle n'avoue &
neprend fur fon compte que
ceux qui fontvenus à elle avec
un eſprit lumineux , avec un
jugement courageux & difeiplinable.
Revenons à voſtreOuvrage,
Monfieur , & fans nous em
barraffer fi vous êtes en effet,
auſſi verſé que vous l'infinuez ,
dans les Myfteres Philofophiques
; voyons ſeulement fi
vous nous y ſemblerez connoître
la marche de la droite
raifongul
23
Vous conviendrez , je pen
ſe , que lorſqu'on veut enfan
ter deuxgrosVolumes fur une
Controverſe Litteraire , il faut
d'abord ſe mettre au fait de
cette Controverſe , avoir lû
avec attention les Ecrits contradictoires
, & poſer ſeurement
enſuite le veritable état
de la queſtion ſur laquelle on
veut prononcer. Or , je vous
avertis , Monfieur , que vous
avez groffierement manqué à
ce premier devoir. Ecoutez
vous vous-même Vol. 1. pag.
34
Je veux bien croireque Ma24
dame Dacier aporté fon admiration
pour Homere trop loin ; hé
bien , il en faut rabattre quelque
chofe ,
mais ne trouver rien de
beau dans un Auteur àqui ellea
crû devoir donnerdes élogesfiexceffifs
, ne feroit- ce pas une autre
extrémité ? comment une Dame
d'aneſcience auſſi étenduë , d'un
goûtauffi exquis, aura- t elle loué
d'une maniere auſſi outrée, ce qui
est absolument &fans restriction
miferable?on ne lepeut concevoir.
Ily a là quelquefecret que nôtre
curiofuéveut naturellement penetrer.
Si les écrits de M. de la
Motte
25
Motte n'eſtoient pas auffi
connus qu'ils le ſont des gens
de Lettres ,vous feriez penſer
icy , que le Critique n'auroit
rien trouvé de loüable dans
Homere, qu'il auroit foûtenu ,
(pour me ſervir de vostermes)
que le Poëte Grec eft abſolument
&fans restriction miserable
.Jeſtilpoffible , Monficur
, que vous n'ayez pas
ſenti en lifant M. dela Motte,
que faCritiquefait infiniment
plus d'honneur àHomere,que
toutes vos Apologies , eſt il
polubic
poſſible que vous n'ayez rien
entendu des loüanges magnifi-
Décembre 1715. C
26
ques qu'il prodigue au Pere
des Poëres. Il vient une gene.
ration voüée au regne de la rai.
fon , qui peſera dans la même
balance les Ecrits anciens , &
ceux de notre âge, elle ne ſera
pas la dupe des Commentateurs
, mais je crains que les
Eloges exceffifs que M. de la
Motte a donnez à Homere ,
peut-eſtre un peu par indulgence
pour les Scoliaftes ,
la rendent trop timide à prononcer
ſur cevieil Ouvrage au
gré de l'exacte juſtice.
ne
Voulez-vous donc , Monſieur
, que je vous donne la clef
27
€
dufecret que vostre curiofitéveur
naturellement penetrer , lifez la
Preface deM. de la Motte, &
ſes réponſes aMadameDacier.
Ilme ſemble que vous vous
étiez ,par vôtre ſuppoſition ,
ouvert une carriere bien facile.
Iln'est pas malheureux d'avoir
à reprimer deux Adverſaires
que la paffion a jetté dans les
deux excés contraires,il yavoit
entre les deux extrêmes de vos
Diſciples , un vaſte eſpace où
vous pouviez mettre vos deux
Volumes àl'aiſe; je ſuis étonné
que vous n'ayez pas ſçû profiter
de cet avantage. Madame
Cij
28
Dacier , dites-vous ,porté trop
loin ſon admiration pourHomere,
il en faut rabattre quelque
chofc. Mais qu'en rabattezvous
, de grace , Monfieur ,
vous encheriſſez ſur ſon excés
même. Vous êtes beaucoup
plus intraitable , vous ne vous
contentez pas d'excuser ,vous
loüez , vous adorez tout , jufqu'aux
bevuës les plus énor-
Entre les fortiſes les plus
inexcufables de l'Iliade , M.de
la Motte avoit cité les Harangues
familieres que les Heros
yadreſſent à leurs Chevaux ,je
19
ne croyois pas qu'il y cût aujourd'huy
un ſeul homme
dont le zele , pour Homere ,
put aller juſqu'à rompre une
lance en faveur de ces Haran
gues ; M. Fourmont les prend
ſous ſa protection .... Il eſt
vray qu'il n'adopte pas la Traduction
de Madame Dacier à
cet égard , mais il n'a pas plû
toſt traduit luy même ces traits
manquez par elle , qu'ils deviennent
admirables .... En
voicy la preuve ,Vol. 2. page
178.
Madame Dacier , dit il , n'a
pas éré affez circonspecte dans le
Cij
30
discours d'Antiloque à fes Chevaux
, il ne dit rien de femblable
,ou plutôt il le dit d'une maniere
qui ne bleſſe point...Voicy
donc comme je le traduis.
Avancez , dic Antiloque
parlant à ſesCheyaux , avancez,
allons ,qu'on s'étende ,je ne
demande pas de paßer les Chevaux
de Diomede : Minervefa
Protectrice augmente fans doute
lear viseffe , er luy donne aujourd'huy
toute la gloire ; allons , qu'-
on atteigne au moins aujourd'huy
les Chevaux de Menelas. Vite,
qu'on n'ait point labontede voir
paßerpar Atha une Cavale, des
:
31
Chevaux auffi vigoureux que
vous , je lejure , &cela arrivera,
finous n'avons que le dernier
Prix; iln'y aura plus à manger
pour vous chez leRoy Neftor , il
vous percera defon épée. Allons
donc ,fuivez , avancez : mais
une pensée qui me vient , ilfaut
que je détourne par le chemin
étroit , il ( le but ) ne me
feraplus caché.
C'eſt dommage que M.
Fourmont n'ait pas traduit
toute l'Iliade , combien d'affronts
il cût ſauvé à Homere ?
voyez ce que devient , dans ſa
Traduction,une des plus gran.
Ciiij
32
des fortiſes du Poëte Grec;
M. Fourmont eſt luy-même
furpris du prodige .... Tout
homme , dit il , qui ſçait ce que
c'est qu'une Poësie animée , apperçoit
icy Antiloque en vingt
fituations , au desespoir , reprenant
courage,avançant, arrêté,
continuant, en fureur , s'avisant
d'une rufe ; en un mot , le Vers
marche comme le Char , & c'est
une peinture admirable: mais d'où
vient que M. de la Motte est inſenſible
à ces beautez, qu'ils'explique
de nouveau là-deſſus. Vol.
2. page 178.
Vous ne faites pas atten
33
tion,Monfieur, que M. de la
Motte ne connoffoit la Ha
rangue d'Antiloque,que par la
Traduction de Madame Dacier
; s'il avoit vû la voſtre it
cût crié auſſi haut que vous ,
ah la merveille ! quecette confideration
vous fafle excuſer
auſſi ſa remarque contre le
Cheval , parlant d'Achile .....
Vous dites page 178.A l'égard
duChevald'Achile qui parle,
prophetiſe même au dix neuvieme
Livrede l'Iliade. L'endroit eft
charmant bien menagé.
Ala verité M. de la Morte
aun peu manqué de reſpect
34
pour le Prophète; mais peuteſtre
auffi Madame Dacier
avoit-t-elle manqué ſon caractere
dans ſa traduction.
Vous ne le manqueriez feurementpas
, ſi vous vouliez luy
prêter voſtre plume. C'eſt ce
que nous attendons pour rétracter
nos fenfures.
Vous nous difiez tantoft ,
Monfieur ,qu'il y avoit quel.
que choſe à rabattre des Elo
ges exceffifs,que Madame Dacieravoit
donnez à Homere ,
mais dans les détails de voftre
examen , je vous vois de moitié
de tous ſes jugemens. Je
35
vous en loue , au reſte vous ne
ſçauriez mieux faire que de
prendre l'ordre d'elle,lors qu'il
vousprendra envie de prononcer
ſur quelque matiere que
ce ſoit; mais enfin , il n'étoit
pas neceſſaire de faire deux
gros volumes , ſi vous n'aviez
rien de nouveau ànous appren.
dre. Et d'ailleurs en vous mertant
de moitié des jugements
deMadame Dacier fur l'Iliade,
il falloir au mapins , pour foû .
tenir le caractere de Pacificateur
, defavoüer le procedé
injurieux de cette Scavante
envers fon adverfaire,
36
M. Fourmont , vol. 2. page
208. aprés avoir juſtifiéde ſon
mieux les excés injurieux de
Madame Dacier , remarque
que M. de la Motte , loin de
répondre àtant d'injures , s'eſt
contentéde les raſſembler confuſement
dans un Chapitre
exprés de fa réponſe pour en
fairehonte à ſon adverſaire .
Cette conduite de M. de la
Motte , fait naître au pacificateur
deux réfl xions , dont il
eſt juſte que je luy faſſe honneur.
Premiere reflexion Selon
M. de la Motte,les injures par37
tent d'une paſſion qui n'entend
pointſes veritables interefts , &il
acrûfans doute entendre lesfiens,
ennous les mettantſous lesyeux;
fuite de contradictions dans M.
de la Motte. Si Madame Dacier
va elle-même contreſes interêts .
pourquoy s'en plaindre ? il devoit
s'en rejoüir.
Seconde reflexion & digne
dela premiere. Les injures ne
toûchent- elles ordinairement
que des eſprits mal faits&peu
inſtruits ; mais fi cela eſt , M.
de laMotte avec ſa liſte,regarde
par avance ſesLecteurscom.
meignorans& mauvais Juges,
38
&cen'étoit pasunbonmoyen
de lesprévenir en la faveur.en
Aprés avoir lû ces deux
reflexions , peut-on difconvenir
que M. Fourmont n'ait
bonne grace à ſoûtenir que
tous les Scoliaftes ne ſont pas
ſtupides०१५
Mais faiſons encore honneur
àM. Fourmontdu jugementqu'il
porte de M. de la
Motte , vol. 2. page 323 .
M. de la Motte,dans les Sieclesfuturs
, tiendra par rapport à
Racine & Defpreaux , le rang
qu'Appollonius de Rhodes tient
chez les Grees par rapport àHo39
1 mere. Son tyle eft obfcur , ambi
gu,scabreux,plein d'biperbates ;
il est aff Eté,il cherche desjeux de
mot's , iimanque de naïveté&de
force, pleng
Ce n'eſt point là unjugement
nonréflécht& fans conſequence
, M. Fourmont prétend
le juſufier par des Critiques
qui démontrent que M.
dela Motte en a impoſe à tout
fon Siecle. Examinons quelques-
unes de ces Critiques , &
retractons noftre eſtime , fi
l'on nous prouve que M. de
la Motte l'a ſurpriſe.
Fermer
7708
p. 50
SECONDE ENIGME.
Début :
Assez sot pour servir de modele en bêtise, [...]
Mots clefs :
Oie
7710
p. 52-53
PORTRAIT DE L'AUTEUR.
Début :
On a surpris à M. Boudier de Mantes, Poëte plus / Sans avoir jamais dû d'Envie, [...]
Mots clefs :
Honneur, Esprit, Muse, Portrait
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PORTRAIT DE L'AUTEUR.
N a furpris à M. Boudier de
Mantes , Poëte plus qu'émérite
les Epigrammes fuivantes : 11
feroit à ſouhaiter , qu'il voulut bien
abandonner fon Porte- feüille à l'Aureur
du Mercure. Le Public lui en anroit
obligation : On lui connoît furtout
des Satyres,qui vont de pair avec
se que nous avors de meilleur dans ce
genre. Le Portrait qu'il va faire de lui ,
eft tout à fait conforme à l'Original.
PORTRAIT DE L'AUTEUR .
d'Envie ,
Ans avoirjamais u
D'Emplois , d'Honneneuurrss,, ni de
fors ;
Je touche à la fin de ma vie ,
Tranquile d' Esprit,ſain de Corps.
Dans mon humeur indifférente ,
Tré
D'AOUST.
53
Peu m'a paru toujours aſſez;
J'ai quatre vingt trois ans paſſez ,
MaMusen'enparoît pas trente;
Quoiqu'elle n'ait en bonnefoy ,
Que quinze onſeize ans moins que moi,
Mantes , Poëte plus qu'émérite
les Epigrammes fuivantes : 11
feroit à ſouhaiter , qu'il voulut bien
abandonner fon Porte- feüille à l'Aureur
du Mercure. Le Public lui en anroit
obligation : On lui connoît furtout
des Satyres,qui vont de pair avec
se que nous avors de meilleur dans ce
genre. Le Portrait qu'il va faire de lui ,
eft tout à fait conforme à l'Original.
PORTRAIT DE L'AUTEUR .
d'Envie ,
Ans avoirjamais u
D'Emplois , d'Honneneuurrss,, ni de
fors ;
Je touche à la fin de ma vie ,
Tranquile d' Esprit,ſain de Corps.
Dans mon humeur indifférente ,
Tré
D'AOUST.
53
Peu m'a paru toujours aſſez;
J'ai quatre vingt trois ans paſſez ,
MaMusen'enparoît pas trente;
Quoiqu'elle n'ait en bonnefoy ,
Que quinze onſeize ans moins que moi,
Fermer
7711
p. 246-248
EPITRE. A M. d'Arnaud, sur la Mort de son Frere.
Début :
D'Arnaud, c'est trop verser de pleurs, [...]
Mots clefs :
Frère, Soupirs, Douleur, François Barrême, Voltaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE. A M. d'Arnaud, sur la Mort de son Frere.
EP ITR E.
A M. d'Arnaud, sur la Mort de son Frere .
D'Arnaud , c'est trop verser de pleurs ,
Ils ne te rendront pas ton Frere ;
L'inflexible Plúton , ni la Parque sévere ,
N'ont point égard à nos douleurs.
De ces Lieux fortunés où son Ombre legere
S'égare au gré de ses desirs ,
I
Si ton Frere entend tes soupirs ,
Il blâme la douleur amere
Qui t'arrache aux plus doux plaisirs .
Mais non, crois m'en, il n'entend point tes plaintes;,
Et res larmes , aux yeux des hommes corrompus ,
Ne sont rien que des larmes feintes ,
Et tes soupirs , que des soupirs perdus.
Cependant la Troupe immortelle ,
Que tu charmois par tes accords ,
A de nouveaux accords t'apelle ,,
Tandis qu'à ta douleur fidelle ,
Tu soupires autour des demeures des Morts..
Eloigne - t'en . Vois Apollon , qui t'aime ,.
Te présenter les Lauriers immortels ,
Dont il se couronne lui- même.
Qu'atEEVRIER.
1770 247
Qu'attens-tu donc ? Mérite des Autels .
Mais quoi ! charmé de l'opulence ,
Tu cours après Plutus ! tu quittes Apollon ,
Les honneurs du sacré Vallon
Te flatent moins que ceux de la Finance !
Du vain éclat de l'or es tu si satisfait ,
Que tu négliges l'art de charmer & de plaire à
Barême , avec son Compte fait ,
T'amuse-t'il plus que VOLTAIRE ?
D'où vient un goût si dépravé ?
Ce que tu vas chercher , en feuilletant Barême ;
L'estime , la grandeur suprême ,
Avec bien plus d'honneur VOLTAIRE la trouvé¿ ,
En suivant maint Auteur sublime.
Quel est le Riche qu'on estime
Comme ce Poëte vanté ?
Quelqu'un peut-il être flaté
Des biens que d'ordinaire on acquiert par le crime t
Je crois te voir au fond de ton Bureau ,
Dès l'aube du matin jusqu'à la nuit fermée ,
Calculer par tes doigts , te creuser le cerveau ,
Pour assouvir l'avarice affamée ,
Qui té couvre déja les yeux de son bandeau ,
Pour t'empêcher de voir cette veuve allarmée ..
Cet orphelin ... De cet affreux tableau ,
Avec raison , les Muses indignées
M'arrachent des mains le Pinceau .
Cvj Rapelles
248 MERCURE DE FRANCE
Rapelle - toi tes premieres années ,
Remplis tes nobles destinées . ·
Les Anciens , les Poëtes nouveaux ,
Les Horaces , & les Virgiles ,
Les Racines , les Despreaux ,
Te reçoivent déja dans leurs sacrés aziles
A ton âge qu'avoient- ils fait ?
S'étoient - ils acquis quelque gloire ?
Ton nom au Temple de Mémoire
Est déja lû du Public satisfait.
Poursuis , à toi - même sembable ,
Travaille pour te surpasser ;
Bannis la douleur qui t'accable ;
Ou le desir insatiable
De t'enrichir , & d'amasser
Un bien , hélas , trop peu durable ;
Reviens dans le sacré Vallon ;
Viens-y faire une ample moisson
Des fleurs , qui renaissent sans cesse,
Que ce soit ton unique emploi ;
Le soin d'un Bureau , d'une Quaisse ,
Est au- dessous d'un homme tel que toi
A M. d'Arnaud, sur la Mort de son Frere .
D'Arnaud , c'est trop verser de pleurs ,
Ils ne te rendront pas ton Frere ;
L'inflexible Plúton , ni la Parque sévere ,
N'ont point égard à nos douleurs.
De ces Lieux fortunés où son Ombre legere
S'égare au gré de ses desirs ,
I
Si ton Frere entend tes soupirs ,
Il blâme la douleur amere
Qui t'arrache aux plus doux plaisirs .
Mais non, crois m'en, il n'entend point tes plaintes;,
Et res larmes , aux yeux des hommes corrompus ,
Ne sont rien que des larmes feintes ,
Et tes soupirs , que des soupirs perdus.
Cependant la Troupe immortelle ,
Que tu charmois par tes accords ,
A de nouveaux accords t'apelle ,,
Tandis qu'à ta douleur fidelle ,
Tu soupires autour des demeures des Morts..
Eloigne - t'en . Vois Apollon , qui t'aime ,.
Te présenter les Lauriers immortels ,
Dont il se couronne lui- même.
Qu'atEEVRIER.
1770 247
Qu'attens-tu donc ? Mérite des Autels .
Mais quoi ! charmé de l'opulence ,
Tu cours après Plutus ! tu quittes Apollon ,
Les honneurs du sacré Vallon
Te flatent moins que ceux de la Finance !
Du vain éclat de l'or es tu si satisfait ,
Que tu négliges l'art de charmer & de plaire à
Barême , avec son Compte fait ,
T'amuse-t'il plus que VOLTAIRE ?
D'où vient un goût si dépravé ?
Ce que tu vas chercher , en feuilletant Barême ;
L'estime , la grandeur suprême ,
Avec bien plus d'honneur VOLTAIRE la trouvé¿ ,
En suivant maint Auteur sublime.
Quel est le Riche qu'on estime
Comme ce Poëte vanté ?
Quelqu'un peut-il être flaté
Des biens que d'ordinaire on acquiert par le crime t
Je crois te voir au fond de ton Bureau ,
Dès l'aube du matin jusqu'à la nuit fermée ,
Calculer par tes doigts , te creuser le cerveau ,
Pour assouvir l'avarice affamée ,
Qui té couvre déja les yeux de son bandeau ,
Pour t'empêcher de voir cette veuve allarmée ..
Cet orphelin ... De cet affreux tableau ,
Avec raison , les Muses indignées
M'arrachent des mains le Pinceau .
Cvj Rapelles
248 MERCURE DE FRANCE
Rapelle - toi tes premieres années ,
Remplis tes nobles destinées . ·
Les Anciens , les Poëtes nouveaux ,
Les Horaces , & les Virgiles ,
Les Racines , les Despreaux ,
Te reçoivent déja dans leurs sacrés aziles
A ton âge qu'avoient- ils fait ?
S'étoient - ils acquis quelque gloire ?
Ton nom au Temple de Mémoire
Est déja lû du Public satisfait.
Poursuis , à toi - même sembable ,
Travaille pour te surpasser ;
Bannis la douleur qui t'accable ;
Ou le desir insatiable
De t'enrichir , & d'amasser
Un bien , hélas , trop peu durable ;
Reviens dans le sacré Vallon ;
Viens-y faire une ample moisson
Des fleurs , qui renaissent sans cesse,
Que ce soit ton unique emploi ;
Le soin d'un Bureau , d'une Quaisse ,
Est au- dessous d'un homme tel que toi
Fermer
7712
p. 272-274
Chapitre admirable des Enigmes. [titre d'après la table]
Début :
Des Chansons aux Enigmes, je croy qu'il n'y a qu'un [...]
Mots clefs :
Guerre, Énigmes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Chapitre admirable des Enigmes. [titre d'après la table]
Des Chanſons aux Enigmes
, je croy qu'il n'y a qu un
pas à faire.
Je vous l'ay bien dit le mois
paflé ,Moffieurs , que la guerre
ne manqueroit pas de ſe déclarer
entre M. Anceau & M.
Dumoulin , pourvû que les
traits n'en retombent pas fur
GALANT . 273
moy , je nem'en foucie guere.
Si cependant elle s'échauffe
plus que de raiſon , je m'offre
à eſtre le mediateur de leur
paix. En attendant le fuccés
de cette avanture , voyons
comment M.. Dumoulin ſe
vange de l'envoy de M. Anccau.
Tout le monde n'est pas
obligé de réver,
Le genie estsouvent fort
mal avec l'adreſſe ,
Et l'on doit aider la
• foibleffe
274 MERCURE
De gens dont l'ignorance
est facile àprouver.
Ortoy,qui viens m'infulter
dans tes rimes ,
Anceau , veux- tu sçavoir
pour quoy
Tu trouveſitot mes Enigmes
,
C'est que j'ay travaillé
pour to
, je croy qu'il n'y a qu un
pas à faire.
Je vous l'ay bien dit le mois
paflé ,Moffieurs , que la guerre
ne manqueroit pas de ſe déclarer
entre M. Anceau & M.
Dumoulin , pourvû que les
traits n'en retombent pas fur
GALANT . 273
moy , je nem'en foucie guere.
Si cependant elle s'échauffe
plus que de raiſon , je m'offre
à eſtre le mediateur de leur
paix. En attendant le fuccés
de cette avanture , voyons
comment M.. Dumoulin ſe
vange de l'envoy de M. Anccau.
Tout le monde n'est pas
obligé de réver,
Le genie estsouvent fort
mal avec l'adreſſe ,
Et l'on doit aider la
• foibleffe
274 MERCURE
De gens dont l'ignorance
est facile àprouver.
Ortoy,qui viens m'infulter
dans tes rimes ,
Anceau , veux- tu sçavoir
pour quoy
Tu trouveſitot mes Enigmes
,
C'est que j'ay travaillé
pour to
Fermer
Résumé : Chapitre admirable des Enigmes. [titre d'après la table]
Le texte relate une rivalité littéraire entre M. Anceau et M. Dumoulin. L'auteur reste indifférent mais propose de médier si nécessaire. Il réfléchit sur les différences de capacités et l'aide nécessaire pour pallier l'ignorance. Il précise que ses énigmes sont conçues pour être résolues par Anceau.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7713
p. 274-275
« Ceux qui n'aiment point à faire des reflexions inutiles, ne [...] »
Début :
Ceux qui n'aiment point à faire des reflexions inutiles, ne [...]
Mots clefs :
Chanson
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Ceux qui n'aiment point à faire des reflexions inutiles, ne [...] »
Ceux qui n'aiment point à
faire des reflexions inutiles , ne
s'aviſeront point de chercher
des reſſemblancesdans les perſonnages
de cette hiſtoire ; au
1
GALANT. 275
contraire ils me ſçauront gré
du foin que je prends de les
faire pafferàproposàquelque
choſe qui puiffe les amufer
d'unefaçon cent fois plus agréabie
, quene pourroient l'être
tous les creux raiſonnemens
du monde. Ma Chanſon d'abord
vient à mon deſſein.
faire des reflexions inutiles , ne
s'aviſeront point de chercher
des reſſemblancesdans les perſonnages
de cette hiſtoire ; au
1
GALANT. 275
contraire ils me ſçauront gré
du foin que je prends de les
faire pafferàproposàquelque
choſe qui puiffe les amufer
d'unefaçon cent fois plus agréabie
, quene pourroient l'être
tous les creux raiſonnemens
du monde. Ma Chanſon d'abord
vient à mon deſſein.
Fermer
7714
p. 275-278
NOUVELLES.
Début :
On mande de Catalogne, qu'on attendoit à Barcelonne des côtes [...]
Mots clefs :
Catalogne, Barcelone, Lettres, Cour de Vienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES.
NOVVELLES.
">
On mande de Catalogne,
qu'on attendoit-à Barcelonne
des côtes d'Italie
l'escadre Angloise, & un
grand nombre de bâtimens.
de transport, avec un Commissaire
general Anglais,
qui devoit assisteràl'évacuation
de h Catalogne;
que le Comte de Staremberg
avoir revoqué toutes
les Commissions & Passeports
que d'autresGeneraux
ou Chefs de volontaires
auroient accordez;qu'il
avoit fait venir le Colonel
Nebor & les Gouverneurs
d'Urgel & de la Montagne,
& les tenoit en arrêt à Barcelone,
pour avoir pillé &
ravagé le pays. Les lettres
d'Allemagne portentqu'on
travaille aux levées pour
faire la guerre à la France;
que les regimens de cavalerie
deGronfeld &deRabutin,
& celui d'infanterie
de Neubourg,s'étoientmis
en marche de Hongrie
pour aller vers le haut
Rhin; que le Prince Eugene,
quidoit commander
enchefl'arméedel'Empi,
rc, ne pourra partir que
vers le 10. May. Celles de
Londres portent que l'ordre
a été envoyé en Flandres
de faire entrer dans
Nieuport trois regimens
Anglois pour garder cette * place, jusqua ce que la
Cour de Vienne ait accepté
les offres de la France, &
donné(atisfadlion aux Electeurs
de Cologne & de
Baviere , que le regiment
du General Palmes avoit
étédonné au Sieur Blakvvel,
qui en étoit Lieutenant
Colonel; & celui que
commandoit le Chevalier
Richard Temple au Gene.
ral Hill. La Charge qu'avoit
Mylord Cholmondley
à Mylord Langsdovvn,
Controlleur de la même
milon; que le Sieur Bridges
,
Payeur general des armées
darts les pays étrangers,
avoir été privé de son
employ,& que le Duc d'Or.
mond avoit été fait Gouverneur
du Comté de Nortfolk.
">
On mande de Catalogne,
qu'on attendoit-à Barcelonne
des côtes d'Italie
l'escadre Angloise, & un
grand nombre de bâtimens.
de transport, avec un Commissaire
general Anglais,
qui devoit assisteràl'évacuation
de h Catalogne;
que le Comte de Staremberg
avoir revoqué toutes
les Commissions & Passeports
que d'autresGeneraux
ou Chefs de volontaires
auroient accordez;qu'il
avoit fait venir le Colonel
Nebor & les Gouverneurs
d'Urgel & de la Montagne,
& les tenoit en arrêt à Barcelone,
pour avoir pillé &
ravagé le pays. Les lettres
d'Allemagne portentqu'on
travaille aux levées pour
faire la guerre à la France;
que les regimens de cavalerie
deGronfeld &deRabutin,
& celui d'infanterie
de Neubourg,s'étoientmis
en marche de Hongrie
pour aller vers le haut
Rhin; que le Prince Eugene,
quidoit commander
enchefl'arméedel'Empi,
rc, ne pourra partir que
vers le 10. May. Celles de
Londres portent que l'ordre
a été envoyé en Flandres
de faire entrer dans
Nieuport trois regimens
Anglois pour garder cette * place, jusqua ce que la
Cour de Vienne ait accepté
les offres de la France, &
donné(atisfadlion aux Electeurs
de Cologne & de
Baviere , que le regiment
du General Palmes avoit
étédonné au Sieur Blakvvel,
qui en étoit Lieutenant
Colonel; & celui que
commandoit le Chevalier
Richard Temple au Gene.
ral Hill. La Charge qu'avoit
Mylord Cholmondley
à Mylord Langsdovvn,
Controlleur de la même
milon; que le Sieur Bridges
,
Payeur general des armées
darts les pays étrangers,
avoir été privé de son
employ,& que le Duc d'Or.
mond avoit été fait Gouverneur
du Comté de Nortfolk.
Fermer
Résumé : NOUVELLES.
Le texte présente plusieurs nouvelles provenant de diverses régions. En Catalogne, l'arrivée de l'escadre anglaise et de bâtiments de transport à Barcelone était attendue, supervisée par un commissaire général anglais pour l'évacuation de la région. Le Comte de Staremberg avait révoqué les commissions et passeports délivrés par d'autres généraux et arrêté plusieurs personnes pour pillage et ravages. En Allemagne, des levées étaient en cours pour préparer la guerre contre la France. Les régiments de cavalerie de Gronfeld et de Rabutin, ainsi que celui d'infanterie de Neubourg, se dirigeaient vers le haut Rhin. Le Prince Eugène, destiné à commander l'armée de l'Empire, ne pouvait partir avant le 10 mai. À Londres, des ordres avaient été envoyés en Flandre pour faire entrer trois régiments anglais à Nieuport. Plusieurs changements dans les commandements militaires étaient mentionnés, notamment les transmissions des régiments du Général Palmes et du Chevalier Richard Temple. Mylord Cholmondley avait cédé sa charge à Mylord Langsdovvn, et le Sieur Bridges avait été démis de ses fonctions de payeur général des armées. Le Duc d'Ormond avait été nommé Gouverneur du Comté de Norfolk.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7715
p. 271-274
Nouvelles d'Allemagne.
Début :
On a reçu des Nouvelles de Hollande dont la Cour [...]
Mots clefs :
Allemagne, Guerre, Lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Allemagne.
Nouvelles d'Allemagne,
On a
reçudesNouvelles
de Hollande dont la Cour
ne paroist pas être satisfaite y
& on en attend d'Angleterre touchant lesCommissions
dont le Prince Eugene est
chargé;le Comte de Gallach qui enest revenu assure
qu'il luy fera tres difficile
d'engager les Anglois à
continuer la guerre.
Les Lettres de Pologne;.
de Transylvanie& des Frontières de Turquie, consir-
ment que la guerre a
esié
déclarée à Constantinople
contre les Moscovites. On
travaille à la levée des Recruës & à une augmentation de dix hommes par
Compagnie, & d'une Compagnie de Grenadiers par
Regiment.
Les Lettres de Constantinople portent que leGrand
Seigneur avoit dessein d'aller
en Campagne avec une Armée beaucoup plus nombreuse que celle de l'année
derniere. Il a
fait dire à Sa
Majesté Sucdoisequ'il pour-
roit rester à Bender autant
qu'il luy plairoit, & que
quand il en voudroit partir
elle n'auroit qu'à luy faire
sçavoir, qu'illuy envoyeroit
un grand Corps de Troupes
pour l'accompagner par la
Pologne jusques dans ses
Etats.
Les avis de Belgradeconfirment la resolution prisc
par le Grand Seigneur de
faire de nouveau la guerre
aux Moscovires.
Le Bacha de Belgrade a
ordre de se préparer pour
aller avec ses Troupes join.
drc l'Armée du Grand Seigneur.
Le Hospodar de Valaquie a
ordre de fournir au
Roy de Suede trois mille
hommes & cent cinquante
mille écus. Le desseinestde
faire la guerre detrois côtez
à la fois.
Les Tartares doivent faire une irruption en Moscovie tandis que l'Armée Ottomane entrera en Ukraine,
& le Roy de Suede en Pologne.
On a
reçudesNouvelles
de Hollande dont la Cour
ne paroist pas être satisfaite y
& on en attend d'Angleterre touchant lesCommissions
dont le Prince Eugene est
chargé;le Comte de Gallach qui enest revenu assure
qu'il luy fera tres difficile
d'engager les Anglois à
continuer la guerre.
Les Lettres de Pologne;.
de Transylvanie& des Frontières de Turquie, consir-
ment que la guerre a
esié
déclarée à Constantinople
contre les Moscovites. On
travaille à la levée des Recruës & à une augmentation de dix hommes par
Compagnie, & d'une Compagnie de Grenadiers par
Regiment.
Les Lettres de Constantinople portent que leGrand
Seigneur avoit dessein d'aller
en Campagne avec une Armée beaucoup plus nombreuse que celle de l'année
derniere. Il a
fait dire à Sa
Majesté Sucdoisequ'il pour-
roit rester à Bender autant
qu'il luy plairoit, & que
quand il en voudroit partir
elle n'auroit qu'à luy faire
sçavoir, qu'illuy envoyeroit
un grand Corps de Troupes
pour l'accompagner par la
Pologne jusques dans ses
Etats.
Les avis de Belgradeconfirment la resolution prisc
par le Grand Seigneur de
faire de nouveau la guerre
aux Moscovires.
Le Bacha de Belgrade a
ordre de se préparer pour
aller avec ses Troupes join.
drc l'Armée du Grand Seigneur.
Le Hospodar de Valaquie a
ordre de fournir au
Roy de Suede trois mille
hommes & cent cinquante
mille écus. Le desseinestde
faire la guerre detrois côtez
à la fois.
Les Tartares doivent faire une irruption en Moscovie tandis que l'Armée Ottomane entrera en Ukraine,
& le Roy de Suede en Pologne.
Fermer
Résumé : Nouvelles d'Allemagne.
Le texte relate diverses nouvelles politiques et militaires en Europe et dans les régions voisines. En Hollande, la cour attend des informations d'Angleterre concernant les commissions du Prince Eugène. Le Comte de Gallach estime que les Anglais auront du mal à poursuivre la guerre. En Pologne, en Transylvanie et aux frontières de la Turquie, la guerre a été déclarée contre les Moscovites. Des recrutements supplémentaires sont en cours, avec une augmentation de dix hommes par compagnie et une compagnie de grenadiers par régiment. À Constantinople, le Grand Seigneur prévoit une campagne avec une armée plus nombreuse que l'année précédente. Il a informé le roi de Suède qu'il peut rester à Bender et qu'il enverra des troupes pour l'escorter. Les avis de Belgrade confirment la résolution du Grand Seigneur de faire la guerre aux Moscovites. Le Bacha de Belgrade doit se préparer à rejoindre l'armée ottomane. Le Hospodar de Valachie doit fournir au roi de Suède trois mille hommes et cent cinquante mille écus. Le plan est de mener la guerre sur trois fronts simultanément : les Tartares attaqueront la Moscovie, l'armée ottomane entrera en Ukraine, et le roi de Suède en Pologne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7716
p. 2144-2148
LE SINGE, HERITIER PRESOMPTIF DU LION. FABLE.
Début :
La soif de l'or souvent démasque un politique [...]
Mots clefs :
Singe, Lion, Or, Envie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE SINGE, HERITIER PRESOMPTIF DU LION. FABLE.
LE SINGE,
HERITIER PRESOMPTIF
DU LION.
FABLE.
LA soif de l'or souvent démasque un politique :
Sous ce voile , grands Dieux , que l'homme es
different !
D'être ami genereux tel hardiment se pique ,
Qui
O.CTOBRE 1732. 2145
Qui n'est , mis au creuzet , qu'un avide rent.
Mais à ce propos veritable ,
S'il faut un exemple ajoûter ;
Sur ce point le Singe en ma Fable
Ne laisse rien à souhaiter.
>
Seigneur Lion au plus fort de son âge,
Avoit trois Châteaux à choisir
Hôtel en ville ; avec tel appanage ,
On peut varier son plaisir.
Item , chez lui table friande
Où l'on trouvoit tout à foison ,
Mets exquis , Gibier de saison
Vins délicats , bonne provende ;
Au reste point de successeur ,
Foible ressource de la vie ,
Mais qui sert de frein à l'envie
Contre un paisible possesseur.
Enfin , parmi sa parentelle ,
Un Singe étoit collateral ;
Singe amusant , mais animal
Manquant quelquefois de cervelle,
Je dis quelquefois seulement ;
Car le matois jouoit son rôle
Pour l'ordinaire habilement
Et manioit bien la parole.
Jamais , à l'entendre parler ,
APlutus ne fit la courbette ;
paz
C Hon
2146 MERCURE
DE FRANCE
Honneurs et fortune complette
N'avoient rien qui pût l'ébranler.
Soins empressés , minauderies ,
Caresses , jeux et singeries ,
S'adressoient à son cher Parent
Et rien du tout àson argent.
Arriva pourtant le contraire :
Unjour que le Seigneur Lion
Aux champs étoit , où nulle affaire
Ne l'attiroit que la belle saison ,
Le Singe en ville entend à ses oreilles
Par un frelon ces trois mots bourdonner.
Lion est mort ! Singe de s'étonner !
Bien-tôt après de s'écrier merveilles !
Ce coup flate trop ses desirs ;
Pas un doute sur la nouvelle !
Il n'apperçoit que des plaisirs.
Est-ce-là cet ami fidelle ?
Le perfide à l'instant quitte table et fats
teuil ,
Se compose et se met en deuil ,
Demande pour escorte un supôt de justice ;
D'abord , l'Ours du quartier requis pour cet of
fice ,
Accourt chez notre Singe , arrive mal leché ,
Pour Scribe suit un Chat d'une plume har
naché ,
L'heritier avec eux monte en leste équipage ,
Où Levriers déja sont mis en attelage ;
2
•
OCTOBRE. 1732. 2147
Un Barbet sur le siege assis grotesquement ,
Prend les renes fouette et fond chez le pa
rent.
>
Un Dogue grommelant se présente à la porte ,
Demande ce que veut la vorace cohorte ?
On l'instruit , on l'effraie , il deffend son pa lier ,
Le grand nombre l'accable , on gagne l'esca- lier.
D'un Cabinet bien- tôt les effets on cachete ;
Paroît dans le moment un Renard , fine tête ,
Qui voit qu'en étourdis l'on procede en ce lieu ,
Dit : Messieurs , cessez.... vîte et nous dites
adieu.
Il faut premierement constater l'aventure ,
Et prouver par extrait la mort la sépul
ture.
>
Pour sçavoir ce qu'il craint , il
tient ;
part impa
Il trouve le Lion gros , gras , se bien por- tant.
Menageant sa harangue en Orateur habile ,
Lui dit deux nors du tour qu'on lui jouoit en ville ,
Et ces deux mots allumerent sa bile.
Le Renard très - joyeux s'en retourne aussi- tôt ,
Dit que notre défunt mange et boit comme il
faut ;
Cij Qu'en
2148 MERCURE
DE FRANCE
Qu'en dépit de l'envie il est encor des nô-.
tres ;*
Qu'il ne veut chez Pluton si-tôt suivre tant
d'autres. La joye au même instant fut chez tous les voisins , Et Bacchus tout au mieux fit l'honneur de ses
vins. A la tristesse enfin , loin de ces lieux bannie
Succederent les ris , les jeux et l'harmonie,
Chacun fut satisfait , mais le. Singe chagrin ,
Bien penaut , ruminoit , craignoit fâcheux des
tin ;
Pour prévenir l'orage , il va demander grace ,
Mais une telle faute aisément ne s'efface ;
A peine on l'apperçoit qu'on lui lâche mi
raut ;
Celui- ci n'est pas seul ,. arrive encor Brifaut ;
Le Singe délogea sans Tambour ni Trompete
tes ,
Et ses chausses de peur n'en sont pas encor
nettes.
HERITIER PRESOMPTIF
DU LION.
FABLE.
LA soif de l'or souvent démasque un politique :
Sous ce voile , grands Dieux , que l'homme es
different !
D'être ami genereux tel hardiment se pique ,
Qui
O.CTOBRE 1732. 2145
Qui n'est , mis au creuzet , qu'un avide rent.
Mais à ce propos veritable ,
S'il faut un exemple ajoûter ;
Sur ce point le Singe en ma Fable
Ne laisse rien à souhaiter.
>
Seigneur Lion au plus fort de son âge,
Avoit trois Châteaux à choisir
Hôtel en ville ; avec tel appanage ,
On peut varier son plaisir.
Item , chez lui table friande
Où l'on trouvoit tout à foison ,
Mets exquis , Gibier de saison
Vins délicats , bonne provende ;
Au reste point de successeur ,
Foible ressource de la vie ,
Mais qui sert de frein à l'envie
Contre un paisible possesseur.
Enfin , parmi sa parentelle ,
Un Singe étoit collateral ;
Singe amusant , mais animal
Manquant quelquefois de cervelle,
Je dis quelquefois seulement ;
Car le matois jouoit son rôle
Pour l'ordinaire habilement
Et manioit bien la parole.
Jamais , à l'entendre parler ,
APlutus ne fit la courbette ;
paz
C Hon
2146 MERCURE
DE FRANCE
Honneurs et fortune complette
N'avoient rien qui pût l'ébranler.
Soins empressés , minauderies ,
Caresses , jeux et singeries ,
S'adressoient à son cher Parent
Et rien du tout àson argent.
Arriva pourtant le contraire :
Unjour que le Seigneur Lion
Aux champs étoit , où nulle affaire
Ne l'attiroit que la belle saison ,
Le Singe en ville entend à ses oreilles
Par un frelon ces trois mots bourdonner.
Lion est mort ! Singe de s'étonner !
Bien-tôt après de s'écrier merveilles !
Ce coup flate trop ses desirs ;
Pas un doute sur la nouvelle !
Il n'apperçoit que des plaisirs.
Est-ce-là cet ami fidelle ?
Le perfide à l'instant quitte table et fats
teuil ,
Se compose et se met en deuil ,
Demande pour escorte un supôt de justice ;
D'abord , l'Ours du quartier requis pour cet of
fice ,
Accourt chez notre Singe , arrive mal leché ,
Pour Scribe suit un Chat d'une plume har
naché ,
L'heritier avec eux monte en leste équipage ,
Où Levriers déja sont mis en attelage ;
2
•
OCTOBRE. 1732. 2147
Un Barbet sur le siege assis grotesquement ,
Prend les renes fouette et fond chez le pa
rent.
>
Un Dogue grommelant se présente à la porte ,
Demande ce que veut la vorace cohorte ?
On l'instruit , on l'effraie , il deffend son pa lier ,
Le grand nombre l'accable , on gagne l'esca- lier.
D'un Cabinet bien- tôt les effets on cachete ;
Paroît dans le moment un Renard , fine tête ,
Qui voit qu'en étourdis l'on procede en ce lieu ,
Dit : Messieurs , cessez.... vîte et nous dites
adieu.
Il faut premierement constater l'aventure ,
Et prouver par extrait la mort la sépul
ture.
>
Pour sçavoir ce qu'il craint , il
tient ;
part impa
Il trouve le Lion gros , gras , se bien por- tant.
Menageant sa harangue en Orateur habile ,
Lui dit deux nors du tour qu'on lui jouoit en ville ,
Et ces deux mots allumerent sa bile.
Le Renard très - joyeux s'en retourne aussi- tôt ,
Dit que notre défunt mange et boit comme il
faut ;
Cij Qu'en
2148 MERCURE
DE FRANCE
Qu'en dépit de l'envie il est encor des nô-.
tres ;*
Qu'il ne veut chez Pluton si-tôt suivre tant
d'autres. La joye au même instant fut chez tous les voisins , Et Bacchus tout au mieux fit l'honneur de ses
vins. A la tristesse enfin , loin de ces lieux bannie
Succederent les ris , les jeux et l'harmonie,
Chacun fut satisfait , mais le. Singe chagrin ,
Bien penaut , ruminoit , craignoit fâcheux des
tin ;
Pour prévenir l'orage , il va demander grace ,
Mais une telle faute aisément ne s'efface ;
A peine on l'apperçoit qu'on lui lâche mi
raut ;
Celui- ci n'est pas seul ,. arrive encor Brifaut ;
Le Singe délogea sans Tambour ni Trompete
tes ,
Et ses chausses de peur n'en sont pas encor
nettes.
Fermer
Résumé : LE SINGE, HERITIER PRESOMPTIF DU LION. FABLE.
La fable 'Le Singe, héritier présomptif du Lion' relate l'histoire d'un singe, parent du Lion, qui simule l'amitié et la loyauté envers ce dernier. Le Lion, propriétaire de trois châteaux et d'une table abondante, n'a pas de successeur, ce qui suscite l'envie du Singe. Un jour, le Singe apprend la fausse nouvelle de la mort du Lion et se rend chez lui avec une escorte composée d'un Ours, d'un Chat, de lévriers et d'un Barbet. Il est arrêté par un Dogue. Un Renard, découvrant la supercherie, informe le Lion de la tentative du Singe. Furieux, le Lion chasse le Singe, qui s'enfuit pris de peur. La fable met en lumière la cupidité et la perfidie du Singe, démasquées par la ruse du Renard.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7717
p. 273-277
PROROGATION De la Suspension d'Armes entre la France & l'Angleterre.
Début :
Comme un Traité de Suspension d'Armes tant par Terre [...]
Mots clefs :
Prorogation, Traite, Suspension d'armes, Terre, Mer
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROROGATION De la Suspension d'Armes entre la France & l'Angleterre.
PROROGATION
1 Il
De la Suspension d'Armes en.
tre la France & l*Angle-*
terre. c Omme un Traité Je
Suspension d'Armes
tant par Terre que par Mer»
ou autres Eaux a
été fait
entre leurs Majestez TresChrétienne & Britannique
1
& signé à Paris le dix-neuf
d'Aoust 1712 pour leter-
me de quatre mois, à commencer le vingt- deuxiéme
dudic mois d'Aoust: Et
comme ladite Suspension
expirera le vingt-déuxiéme
jour de ce present mois de
Decembre, nouveau Rylet
leursMajestez le Roy TresChrétien, & la Reine de la
Grande Bretagne, étant du
même sentiment qu'elles
étoient alors, & ayant les
mêmes vûës pour le bonheur de la Chrétienté, ont
,jugé necessaire de prévenir
tous les évenemens de la
Guerre, capables de trou-
bler les mesures qui ont été
prises pour parvenir au bien
général qu'Elles se proposent: Et pour ces raisons&
autres, ontag
réerconfen- autres) ont agree &. conlcn..
ti, comme elles agréent&
confcntent par ces Presentes, de prolonger&continuer ladite surpension d'Armes pour le terme de quatre
mois, à commencer dudic
vingt- deuxieme de ce present mois de Dccembrenouveaustyle,& à durerjusqu'au
vingt-deuxième dumoisd' Avril de l'an 1713. nouveau
style
,
en forte que ledit
Traité de Suspension d'Armesconclu à Paris le jour
susdit, fera continué&prolongéen toutes manieres;
sans aucune interruption ou
obstruction pour le terme
fus mentionne, comme s'il
étoitrenouvellé & inseré ici
de mot à mot.
En foy de quoi Nous
avons figné les Presentes,
& y avons apposé les sceaux
de nos Armes. Fait à Verfailles le quatorziémeDécembre, & à Londresle2 6. -
Novembre 7 Décembre
mil sept cens douze.
(L.S.) COLBERT DE
TORCY.
(L.S.)BOLINGBROKE
1 Il
De la Suspension d'Armes en.
tre la France & l*Angle-*
terre. c Omme un Traité Je
Suspension d'Armes
tant par Terre que par Mer»
ou autres Eaux a
été fait
entre leurs Majestez TresChrétienne & Britannique
1
& signé à Paris le dix-neuf
d'Aoust 1712 pour leter-
me de quatre mois, à commencer le vingt- deuxiéme
dudic mois d'Aoust: Et
comme ladite Suspension
expirera le vingt-déuxiéme
jour de ce present mois de
Decembre, nouveau Rylet
leursMajestez le Roy TresChrétien, & la Reine de la
Grande Bretagne, étant du
même sentiment qu'elles
étoient alors, & ayant les
mêmes vûës pour le bonheur de la Chrétienté, ont
,jugé necessaire de prévenir
tous les évenemens de la
Guerre, capables de trou-
bler les mesures qui ont été
prises pour parvenir au bien
général qu'Elles se proposent: Et pour ces raisons&
autres, ontag
réerconfen- autres) ont agree &. conlcn..
ti, comme elles agréent&
confcntent par ces Presentes, de prolonger&continuer ladite surpension d'Armes pour le terme de quatre
mois, à commencer dudic
vingt- deuxieme de ce present mois de Dccembrenouveaustyle,& à durerjusqu'au
vingt-deuxième dumoisd' Avril de l'an 1713. nouveau
style
,
en forte que ledit
Traité de Suspension d'Armesconclu à Paris le jour
susdit, fera continué&prolongéen toutes manieres;
sans aucune interruption ou
obstruction pour le terme
fus mentionne, comme s'il
étoitrenouvellé & inseré ici
de mot à mot.
En foy de quoi Nous
avons figné les Presentes,
& y avons apposé les sceaux
de nos Armes. Fait à Verfailles le quatorziémeDécembre, & à Londresle2 6. -
Novembre 7 Décembre
mil sept cens douze.
(L.S.) COLBERT DE
TORCY.
(L.S.)BOLINGBROKE
Fermer
Résumé : PROROGATION De la Suspension d'Armes entre la France & l'Angleterre.
Le document annonce la prorogation d'un traité de suspension d'armes entre la France et la Grande-Bretagne. Ce traité, signé à Paris le 19 août 1712, prévoyait une suspension des hostilités par terre et par mer pour quatre mois, à partir du 22 août 1712. À l'approche de l'expiration de cette trêve le 22 décembre 1712, les monarques des deux nations ont décidé de la prolonger pour une nouvelle période de quatre mois, débutant le 22 décembre 1712 et se terminant le 22 avril 1713. Cette prolongation vise à prévenir les troubles potentiels et à favoriser les mesures prises pour le bien général de la chrétienté. Le document est signé à Versailles le 14 décembre 1712 et à Londres le 26 novembre/7 décembre 1712 par Colbert de Torcy et Bolingbroke.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7718
p. 31-35
Extrait d'une autre Lettre de Vienne du 24. Octobre.
Début :
Le Comte de Welzek partit d'icy le 17. pour aller en Saxe, [...]
Mots clefs :
Vienne, Troupes, Roi de Suède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une autre Lettre de Vienne du 24. Octobre.
Extrait d'une autre cttrr,
de Vienne du 2..4.OÛ4te.
Le Comte de 1Vel^ek.partt'i
iicy le 17. pour aller en Saxe,
en qualitéd'Envoyé extraordinaireauprés
du C^ar> Ër
le Comte de Schlik, partit pour
aller à Presbourg avec une
Commission de l'Impératrice
Regente ponr régler vtc les
Etraatus d'Hongrie,!^'tiers
d'hiver eT la fuLyji >r? des
Troupes. Le 20. un Courrier
extraordinaire aporta le nouvelle
quel'Archidur etoit ar-
,1 T? J' rivé les Il Falo n'ayant été
que euke jours ay passer de
Barcelonne; que le douze il
voitdébarquéàSaint Pierre
d'Arena prés de Genes d'où il
étoit parjt le dou'{e & que le
lendemain il étoit arrivé à
Milan où il devoit rtftcr quelques
jours: qi/il devoit se
rendre directement àJuspruk
, & de- la à Francfort. Le
Comte de ÎVeltç partit le lendemain
en poste pour aller complimenter
ce Prince de la part
de l'Impératrice Regente : il
fut accompagnépar le Comte
de Nojlit% envoyé par L'lm.
peratrice WillelmineAmelie;
par le Baron de Weiberg, Envoyé
de Dedannmarck.
, par
le Comte François de Wurmb,
EnvoyéduDucdeWirtemberg
& par plusieurs autres Seigneurs.
Les Bagages & les
Livrées pour la Couronnement
de ce Prince ont été embarquez
sur le Dannube pour estre conduits
à Ratisbonne en attendant
de nouveaux ordres. On
à choisîcinquante Archers &
Trabans auxquels on aordonné
.de se tenir prests à tri archer lors
qu'on les avertira du lieu où
ils devrontse rendre. Les dernieres
Lettres qu'on a reçûës de
la Walaquieassurent que le
grand Visir étoit encore campé
avec son Armée à la raucbe
du Dannube au de-là de ce
Fleuve;qu'il avoit reçu ordre
du Grand S;igneur
,
de faire
trancher la teste à tous -"ceux
qui entreprendroient de les repasser
; que le Roy de Suede étoit
encore à Benàet sans sçavoir
encore letemps auquel ilen devoit
partir, & que le Grand
Seigneur avoit envoyé un Bétcha
pourcommander en Moldavie
, ne voulant plusy mettre
de Prince ou Hospodar.
L'E!rfl.'ur de Mayence est
tombé malade à Francfort.
de Vienne du 2..4.OÛ4te.
Le Comte de 1Vel^ek.partt'i
iicy le 17. pour aller en Saxe,
en qualitéd'Envoyé extraordinaireauprés
du C^ar> Ër
le Comte de Schlik, partit pour
aller à Presbourg avec une
Commission de l'Impératrice
Regente ponr régler vtc les
Etraatus d'Hongrie,!^'tiers
d'hiver eT la fuLyji >r? des
Troupes. Le 20. un Courrier
extraordinaire aporta le nouvelle
quel'Archidur etoit ar-
,1 T? J' rivé les Il Falo n'ayant été
que euke jours ay passer de
Barcelonne; que le douze il
voitdébarquéàSaint Pierre
d'Arena prés de Genes d'où il
étoit parjt le dou'{e & que le
lendemain il étoit arrivé à
Milan où il devoit rtftcr quelques
jours: qi/il devoit se
rendre directement àJuspruk
, & de- la à Francfort. Le
Comte de ÎVeltç partit le lendemain
en poste pour aller complimenter
ce Prince de la part
de l'Impératrice Regente : il
fut accompagnépar le Comte
de Nojlit% envoyé par L'lm.
peratrice WillelmineAmelie;
par le Baron de Weiberg, Envoyé
de Dedannmarck.
, par
le Comte François de Wurmb,
EnvoyéduDucdeWirtemberg
& par plusieurs autres Seigneurs.
Les Bagages & les
Livrées pour la Couronnement
de ce Prince ont été embarquez
sur le Dannube pour estre conduits
à Ratisbonne en attendant
de nouveaux ordres. On
à choisîcinquante Archers &
Trabans auxquels on aordonné
.de se tenir prests à tri archer lors
qu'on les avertira du lieu où
ils devrontse rendre. Les dernieres
Lettres qu'on a reçûës de
la Walaquieassurent que le
grand Visir étoit encore campé
avec son Armée à la raucbe
du Dannube au de-là de ce
Fleuve;qu'il avoit reçu ordre
du Grand S;igneur
,
de faire
trancher la teste à tous -"ceux
qui entreprendroient de les repasser
; que le Roy de Suede étoit
encore à Benàet sans sçavoir
encore letemps auquel ilen devoit
partir, & que le Grand
Seigneur avoit envoyé un Bétcha
pourcommander en Moldavie
, ne voulant plusy mettre
de Prince ou Hospodar.
L'E!rfl.'ur de Mayence est
tombé malade à Francfort.
Fermer
Résumé : Extrait d'une autre Lettre de Vienne du 24. Octobre.
Au début du XVIIIe siècle, plusieurs mouvements diplomatiques et militaires ont marqué l'Europe. Le Comte de Veltek a été envoyé en Saxe le 17 octobre pour représenter l'impératrice régente auprès du futur empereur. Le Comte de Schlik a été dépêché à Presbourg pour régler les affaires des états d'Hongrie, notamment les frais d'hiver et le fourrage des troupes. Le 20 octobre, un courrier a annoncé l'arrivée de l'archiduc à Milan après un voyage de Barcelone à Saint-Pierre d'Arena, puis à Milan. Le Comte de Veltek a quitté Vienne le lendemain pour complimenter l'archiduc, accompagné de plusieurs envoyés étrangers. Les préparatifs pour le couronnement ont été expédiés sur le Danube vers Ratisbonne, et cinquante archers et trabans ont été mis en alerte. En Valachie, le grand vizir a campé avec son armée au-delà du Danube, recevant l'ordre de décapiter ceux tentant de traverser. Le roi de Suède était encore à Bénat, et le Grand Seigneur a nommé un bétcha pour gouverner la Moldavie. Par ailleurs, l'électeur de Mayence est tombé malade à Francfort.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7719
p. 275-282
Au Camp devant Landau le 20. Aoust 1713.
Début :
Avant hier je montay ma huitiéme tranchée qui fait la [...]
Mots clefs :
Camp, Tranchée, Grenadiers, Contre-gardes, Drapeau blanc, Otages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Au Camp devant Landau le 20. Aoust 1713.
An Camp devant Landau le
2.0. AvuftJ713.
Avanthier je montay ma
huitiéme tranchée qui fait
la cinquante-huitième du
Siège: L'on attaqua les deux
Contre Gardes; sçavoir celle
du Réduit & celle de la
demie-lune;la premiere fut
attaquée par les deux Compagnies
de Grenadiers de
mon Regiment,soûtenuë
d'une de Daguillc & une de
NIce.) qui sortirenr par le
Pasté & passerent le long du
Bâtardeau qui est à l'Angle
de l'ouvrage où l'on avoit
mis de clayes; nos Grenadiers
gagnerent cet Angle
& monterent dans l'ouvrage,
leur ordre estoit de fuir
vre le long de l'épaule jusqu'à
la communication du
chemin couvert qui cft à la
droite de nostre attaque., &
en même temps deux Compagnies
de Grenadiers de
Surbeck passerent la rivicre
au-dessous du Pont qui avoit
esté rompû & monteent
dans le même ouvrage
our nettoyer l'épaule gau..
hc; cela a estéexecuté avec
ne valedr inconcevable &
os Grenadiers se sont renus
maistres de tout jusqua
i premiere place d'armes du
hemin couvert malgré la
a resistance qu'ont fait les
nnemis, à quatre trrverses
lui estoient avant cette placc
l'armes des six Officiers de
Grenadiersde mon Régien
ayeû deux
-.
de tuez ôc
rois de blessez nous avons
raic nostre logement entier;
çavoir, coupé l'ouvrage de
la gorge le long du fosé du
Reduit & deux boyaux parale
lles aux deux Flancs de
l'ouvrage; l'autre Contre-
Garde de la demie-lune, aprés
avoir fait joüé deuxmines
aux deux épaules, ont
esté attaquez par deux Compagnies
de Xaintonges d'une
part & de l'autre par la
troisîéme de Sui beck, &les
deux de Bur bon, ouvrage
a esté emporté comme l'autre,
à la reserve que les- A[--
úegcz ont gardé deux tra
ver sèss dont nous ne no
lommes pas rendus Maiftrifl
Le Comte de Sczane& Mr
de Gonlaque eftoiem les Généraux
de tranchéej Mr de
Cebret, Brigadier, & moy
nous avons esté chargez de
l'attaque de la droite. Mr
Houet, Capitaine aux Gardes
montant comme Brigadier
avec Mr de Lemellc
Colonel à la fuite de Sorbcck,
de celle de l'autre demie-
lune; ils ont perdu un
Capitaine de Grenadiers tué,
&un bkfle5& un Lieutenant
& environ soixante-six Grenadiers
; à nostre attaque un
Capitaine de mon Régiment
& un Lieutenant tuez, ci
Capitaines blessez, qua
Lieutenants ou Sous-Liei
nants & environ quat
vingt Grenadiers dont il
a dix-neufd'une Compagi
& dix-sepe de l'autre. Il)
eu environ cent travaillel
tuez; nous avons pris à h
taque de mon Regiment 6
prisonniers avec un Capit;
n:. Les Affiegezavoientcei
Grenadiers, cent Fufilie
dans cet ouvrage & cer
pour les foûrenir; cette bc
sogne a elle faite de fiiço
que Meilleurs les tvlard
chaux ont esté très-contents,
ils ne lont pas moins cilé
lors qu'ils ont [û qu'à neuf
heures les, Assiegez avoienc
arboré le Drapeau blanc &
demandoient des otages,jy
ay esté envoyé avec unLieutenant
Colonel, un Major;
ils ont d'abord demandez la mc Capitulation que Mr
leMaréschal de Tallard avoir
accordé au Comte de Frize;
elle leur a elle rerufee, nos - Mareschaux les voulant prilanniers
de guerre. Ils demandèrent
ensuite celle que
le Prince Eugene avoir accordec
a Tournay, elle leur a
encore cfté refusée; enfin à
huit heures nous recommençâmes
à tirer,& cette nuit
ils ont fait un feu enragé ;
mlis au moment que je vous
écrit on me vient dire qu'ils
ont arboré le Drapeau sur la
2.0. AvuftJ713.
Avanthier je montay ma
huitiéme tranchée qui fait
la cinquante-huitième du
Siège: L'on attaqua les deux
Contre Gardes; sçavoir celle
du Réduit & celle de la
demie-lune;la premiere fut
attaquée par les deux Compagnies
de Grenadiers de
mon Regiment,soûtenuë
d'une de Daguillc & une de
NIce.) qui sortirenr par le
Pasté & passerent le long du
Bâtardeau qui est à l'Angle
de l'ouvrage où l'on avoit
mis de clayes; nos Grenadiers
gagnerent cet Angle
& monterent dans l'ouvrage,
leur ordre estoit de fuir
vre le long de l'épaule jusqu'à
la communication du
chemin couvert qui cft à la
droite de nostre attaque., &
en même temps deux Compagnies
de Grenadiers de
Surbeck passerent la rivicre
au-dessous du Pont qui avoit
esté rompû & monteent
dans le même ouvrage
our nettoyer l'épaule gau..
hc; cela a estéexecuté avec
ne valedr inconcevable &
os Grenadiers se sont renus
maistres de tout jusqua
i premiere place d'armes du
hemin couvert malgré la
a resistance qu'ont fait les
nnemis, à quatre trrverses
lui estoient avant cette placc
l'armes des six Officiers de
Grenadiersde mon Régien
ayeû deux
-.
de tuez ôc
rois de blessez nous avons
raic nostre logement entier;
çavoir, coupé l'ouvrage de
la gorge le long du fosé du
Reduit & deux boyaux parale
lles aux deux Flancs de
l'ouvrage; l'autre Contre-
Garde de la demie-lune, aprés
avoir fait joüé deuxmines
aux deux épaules, ont
esté attaquez par deux Compagnies
de Xaintonges d'une
part & de l'autre par la
troisîéme de Sui beck, &les
deux de Bur bon, ouvrage
a esté emporté comme l'autre,
à la reserve que les- A[--
úegcz ont gardé deux tra
ver sèss dont nous ne no
lommes pas rendus Maiftrifl
Le Comte de Sczane& Mr
de Gonlaque eftoiem les Généraux
de tranchéej Mr de
Cebret, Brigadier, & moy
nous avons esté chargez de
l'attaque de la droite. Mr
Houet, Capitaine aux Gardes
montant comme Brigadier
avec Mr de Lemellc
Colonel à la fuite de Sorbcck,
de celle de l'autre demie-
lune; ils ont perdu un
Capitaine de Grenadiers tué,
&un bkfle5& un Lieutenant
& environ soixante-six Grenadiers
; à nostre attaque un
Capitaine de mon Régiment
& un Lieutenant tuez, ci
Capitaines blessez, qua
Lieutenants ou Sous-Liei
nants & environ quat
vingt Grenadiers dont il
a dix-neufd'une Compagi
& dix-sepe de l'autre. Il)
eu environ cent travaillel
tuez; nous avons pris à h
taque de mon Regiment 6
prisonniers avec un Capit;
n:. Les Affiegezavoientcei
Grenadiers, cent Fufilie
dans cet ouvrage & cer
pour les foûrenir; cette bc
sogne a elle faite de fiiço
que Meilleurs les tvlard
chaux ont esté très-contents,
ils ne lont pas moins cilé
lors qu'ils ont [û qu'à neuf
heures les, Assiegez avoienc
arboré le Drapeau blanc &
demandoient des otages,jy
ay esté envoyé avec unLieutenant
Colonel, un Major;
ils ont d'abord demandez la mc Capitulation que Mr
leMaréschal de Tallard avoir
accordé au Comte de Frize;
elle leur a elle rerufee, nos - Mareschaux les voulant prilanniers
de guerre. Ils demandèrent
ensuite celle que
le Prince Eugene avoir accordec
a Tournay, elle leur a
encore cfté refusée; enfin à
huit heures nous recommençâmes
à tirer,& cette nuit
ils ont fait un feu enragé ;
mlis au moment que je vous
écrit on me vient dire qu'ils
ont arboré le Drapeau sur la
Fermer
Résumé : Au Camp devant Landau le 20. Aoust 1713.
Le 20 octobre 1713, lors du siège de Landau, l'auteur a supervisé la construction de sa 58ème tranchée. Les troupes ont attaqué les deux contre-gardes, celle du réduit et celle de la demi-lune. La première contre-garde a été prise par les grenadiers du régiment de l'auteur, soutenus par des compagnies de Daguille et de Nice. Ils ont sécurisé un angle de l'ouvrage et nettoyé l'épaule gauche. Simultanément, deux compagnies de grenadiers de Surbeck ont traversé la rivière et pris la première place d'armes malgré la résistance ennemie. Les pertes incluent deux officiers de grenadiers tués et trois blessés dans le régiment de l'auteur. Les travaux de sape ont coupé l'ouvrage et creusé des boyaux parallèles. La deuxième contre-garde a été attaquée par des compagnies de Xaintonges, de Suibek et de Burbon, mais les assiégés ont gardé deux traverses. Les généraux de tranchée étaient le Comte de Szeane et Monsieur de Gonlaque, tandis que Monsieur de Cebret et l'auteur dirigeaient l'attaque de la droite. Les pertes ennemies incluent un capitaine de grenadiers tué et environ soixante-six grenadiers. Les assiégés ont arboré le drapeau blanc à neuf heures, demandant des otages, mais leurs demandes de capitulation ont été refusées. À huit heures, les tirs ont repris et les assiégés ont continué à résister.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7720
p. 674-683
REPLIQUE à la Réponse de M.L.B. sur son Explication de l'Inscription d'Auxerre.
Début :
J'ay lû ce que M.L.B. oppose aux Remarques que [...]
Mots clefs :
Inscription d'Auxerre, Ovinius, Monnaies antiques, Ouvrage, M. L. B., Association, Guerre, Alexandre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPLIQUE à la Réponse de M.L.B. sur son Explication de l'Inscription d'Auxerre.
REPLIQUE àla Réponse de M, L. B
sur son Explication de l'Inscription d'Auxerre.
Ay lû ce que M. L. B. oppose aux
Remarques que j'ai données dans le
mois de Juillet dernier , sur son Explication de l'Inscription d'Auxerre. Sa Réponse est d'un homme du métier qui
écrit d'une maniere aussi spirituelle que
sçavante;
AVRIL. 1732. 675
sçavante ; mais les raisonnemens qu'il
employe pour soutenir sa prétendue association d'Ovinius , ne me paroissent pas
solides , et il m'accuse d'ailleurs assez légerement de lui faire dire au sujet de la
Guerre d'Allemagne , ce qu'il ne dit pas,
et cela dans la vûë de combattre son sentiment ; il me permettra donc , s'il lui
plaît, de m'expliquer sur ces deux articles.
Premierement,pour ce qui regarde Ovinius , je soutiens , comme je l'ai déja fait,
que la lecturo seule du Texte de Lampride , qui nous rapporte l'association de ce
Sénateur à l'Empire , suffit pour nous
convaincre de la fausseté de cet Evenement. En effet a-t'on jamais vû qu'un
Prince puissant et paisible , à la premiere
nouvelle qu'un de ses Sujets est dans le
dessein de brouiller l'Etat , ait aussi- tôt .
sans autre consideration et par une foiblesse indigne , partagé avec lui son pouvoir , l'ait associé au Trône, et lui ait voulû de plus laisser le commandement des
Armées , c'est-à-dire en bon François
se livrer entierement à sa discretion. Voilà
pourtant la conduite de Severe Alexandre , si l'on s'en rapporte à Lampride.
Cum quidam Ovinius ... rebellare voluisset...participem imperii appellavit ... &
eam expeditio barbarica esset nunciata
Ciij vel
676 MERCURE DE FRANCE
vel ipsum, si vellet ire, vel ut secum proficis ceretur hortatus est. Un tel récit révolte le
Lecteur le plus crédule , aussi ne suis-je
pas le seul qui le révoque en doute. It
me suffira pour la de preuve, rapporter
ici les paroles de M. de Tillemont , sur
l'action qui fait la dispute. Nous ne vou
lons pas omettre ici , ( dit cet Auteur , p.
214. du Tome 3. de l'Hist. des Empereurs ) un Evenement qui semble apparte
nir plus que tout autre à l'an 228. S'il est
veritable dans toutes les circonstances que
l'on en dit ; car il est vrai qu'il y en a qui
paroissent tenir de la fable.
Secondement, non-seulement les Auteurs qui vivoient sous Severe Alexandre
et dont les Ouvrages sont parvenus jusqu'à nous , comme Dion et Herodien, (a)
ne nous disent rien de l'Association d'O
vinius ; mais par la maniere dont ils nous
marquent que Severe Alexandre agit dans
des temps de Révolte , il nous font assez
connoître ce que nous devons penser du
(a) En citant Herodien , je réponds incidemment à une Observation de M. L. B. qui prétend
que le silence des Historiens sur le sujet d'Ovinius , ne vient que de ce que ces Auteurs n'ont
écrit que de simples abregez. Herodien seurement ne passera jamais pour un Epitomiste , et le silence d'un Ecrivain aussi exact , balancera toujours l'autorité de Lampride,
récit
AVRIL. 1732.
677
récit de Lampride. Puisque chez eux Se- vere Alexandre est un Prince ferme et
vigilant , qui au premier bruit de quel¬
que entreprise contre son autorité , a
soin de la réprimer avec courage et d'en
punir les auteurs. Conduite qui convient
parfaitement à un Empereur , que M.L.B.
lui-même compare à Trajan. Voici les
Passages des Auteurs que j'ai citez . Per
id tempus ( dit Dion ) multa rebellionesfacte
sunt , quarum cum fuissent formidolosa ,
repressa ac restincta sunt. Et selon Hérodien: Nequi non in Syria res novas contra
Imperium moliti alii , sed universioppressi
statim supplicioque affecti sunt.
En troisiéme lieu , ce qui s'observoit
d'abord dans l'association d'un Prince à
l'Empire , étoit de frapper des Monnoyes
(a) au coin du nouveau Souverain , ç'a
été un usageconstamment gardé sous tous
les Empereurs ; soit que ces Associations
ayent été libres , comme celles de Trajan
par Nerva, d'Elius par Hadrien , soit
qu'elles ayent.été forcées , comme quand
Balbin et Puppien furent obligez de déclarer Cesar le jeune Gordien , ou que
(a) Et vero simul Imperii summam adepti erant ,
Imperatores ) prima hac cura fuit nummos sua ,
mox conjugum denique et liberorum effigie insignire.
Anton, Augustinus. Dial. T. de Vet. Num. antiq..
Cij Ma-
678 MERCURE DE FRANCE
Maximien Hercule fut contraint par Galere , d'accorder le même titre à Severe.
Il nous reste des Médailles de tous ces
Princes. Ovinius seroit- il le seul pour qui
on eut négligé une coûtume si essentielle
et si continue? Sur tout ce Sénateur ayant
vécu plus de 7 ans , après sa prétendue
association , si l'on s'en rapporte à M.L.B.
qui ne le fait mourir qu'après Severe
Aléxandre.
Enfin pour me servir des armes que
M. L. B. me fournit lui-même, je ferai
remarquer que si Ovinius avoit effectivement été associé par Severe Alexandre;
les Loix que ce dernier donna la même
année de cet Evénement , n'auroient pas
manqué de faire mention d'Ovinius , ou
nommément ou en nom collectif , ce qui
n'est pas., Severe Aléxandre y étant seul
nommé , et cela contre la Regle générale , s'il avoit cu un Collégue ; puisque
nous voyons dans toutes les Loix des Empereurs qui nous restent , le nombre des
Augustes qui regnoient,' exactement marqué. Divi FRATRES AA. IMP. Severus
ET ANTON. A.A. IMPP.GRATIANUS VALENS
ET THEODOSIUS AAA.
Mais , dit M. L. B. l'association d'Ovinius nous est racontée par un Auteur de
réputation , qui vivoit seulement cent ans
après
AVRIL 17320 679
après Severe Alexandre , et qui comme il
le dit lui-même , avoit emprunté ce fait
des Mémoires de quatre Courtisans de ce
Prince; en faut-il davantage pour autoriser cet Evenement ? Je réponds , que ces
quatre Auteurs n'étant point connus autrement que par ce que nous en dit Lampride , ou les autres Auteurs de l'Histoire
Auguste on n'en sçauroit tirer aucun avantage , s'il est vrai qu'on soit en droit de
révoquer en doute ce que ces Ecrivains
avancent, quand il ne se trouve pas d'ail
leurs confirmé , du moins pour le fonds;.
et c'est ce qu'il est aisé de prouver.
teurs ,
Le corps d'Histoire,appellée Auguste, est
l'ouvrage d'un Compilateur , demi sçavant, qui sans choix , et sans ordre , a
mêlé ensemble les Narrations des Audont son Recueil porte les noms
et de quelques autres , peut-être encore ,
qui nous sont inconnus. C'est le sentiment
de ( a ) Casaubon , de ( b ) Saumaise , et
de M. de ( c) Tillemont , qui suffit pour
nous convaincre, qu'à moins que les faitsqu'on trouve dans cette compilation , ne
se rencontrent ailleurs , on est toujours
(a ) Casaub. Pref. in Hist. Augustë”-
(b ) Saum. Idem .
(c) Till. tom. 4. pag. 66.
Cly bien
680 MERCURE DE FRANCE
reçu , comme je l'ai dit, à ne les point bien
recevoir comme véritables.
د
Mais M. L. B. qui veut absolument
donner la Pourpre à Ovinius , a trouvé
une maniere de le faire , sans inter
resser le Prince. C'est de dire que du côté
de Severe Alexandre , l'association d'O
vinius pouvoit n'être que simulée. J'ai
honte de rapporter un expédient aussi
foible et qui tout mysterieux qu'il est , s'il
étoit même véritable , ne changeoit rien .
aux inconveniens , que n'auroit pas manqué d'emporter avec elle une action aussi
publique , et d'une aussi grande consé→
quence , du moins pour les peuples , qui
conduit par les apparences , auroient tou
jours été dans la bonne foy.
Je passe donc à la seconde partie de la
réponse de M. L. B. mais je dois conve
nir auparavant avec lui,que le mot Vulgi,
que j'ai cité dans ma Lettre du mois de
Juillet , se rapporte moins à l'associa
tion d'Ovinius, qu'au temps où elle peutavoir été faite , sous Trajan ou sous Seve
re Alexandre. C'est un manque d'atten
tion de mapart , mais qui n'ôte rien à mes
preuves , et que je ne veux pas excuser.
M. L. B. nous dit que par l'expedition
qui suivit l'association d'Ovinius, il a entendu la guerre d'Illyrie , qu'on peut appeller :
AVRIL. 1732. 681
peller la Guerre d'Allemagne , et que je
suppose que c'est de la derniere guerre
d'Allemagne dans laquelle périt Severe
Alexandre , dont il a voulu parler. Qu'il
me soit permis de dire que jamais repro
che ne fut plus mal fondé. 1º . En parlant
simplement d'une guerre contre les Allemans , comme a fait M. L. B. dans sa
Lettre du mois de May , il est naturel
`d'entendre la derniere contre ces peuples,
comme la plus considérable , et celle où
ils sont désignez par leur nom dans Lam- "
pride. 2°. C'est , qu'en suivant cet Auteur , comme il a fait , on ne peut l'en- "
rendre autrement. Je m'explique : Lampride nous dit que Severe Alexandre "
ayant appris l'irruption de quelques Barbares sur les Terres de l'Empire , marcha
en personne contre eux , et que dans ce
voyage il mena Ovinius ; or cecy ne peut
convenir à l'expédition d'Illyrie où ce
Prince ne se trouva pas , et qui fut conduite par ses Généraux ; le Texte de Lam
pride y est précis. Acta sunt res feliciter et
in Mauretania per Durium Celsum , et in
Illyrico per Varium Macrinum. Ainsi , s'il
s'agit d'Allemans , et que Severe Alexan- 1
dre ait marché contre eux ; ce ne peutêtre
que dans la seconde guerre , et j'ai euraison d'avancer que quand même l'associa
Cvj tion
682 MERCURE DE FRANCE
tion d'Ovinius ne seroit pas insoutenable. M. L. B. se seroit toujours trompé à
cet égard.
Voilà ce que j'avois à dire pour madeffence ; mais avant que de finir,je dois rapporter une Inscription , qui fait , au sujet
qui nous divise, M. L. B. et moi. Elle se
trouve à Rome , dans les Jardins du Palais Giustiniani , et c'est Reinesius qui la
rapporte.
Syntag. Inscrip. Antiq. cxIx. Part. I.
FORTVNE AVG..
PRO. SAL VTE FERENDINE
DOMINORVM. NN.
SEVERI. PIL. AV G.
FIL. IVLIÆ. AVG. MATRIS
و
Dans cette Inscription , comme on le
voit, Antonin Caracalle et Julie sa mere
sont appellez Domini nostri, ce qui est une
confirmation tout- à- fait décisive de l'ex-.
plication que j'ai donnée de Dominorum
nostrorum , de l'Inscription d'Auxerre , en
l'entendant de Severe Alexandre et de:
Mammée , mere de ce Prince. Tout est
semblable dans ces deux Monumens ; j'ajoute seulement que quoiqu'il semble d'abord qu'on puisse aussi- bien expliquer
celle
AVRIL. 17320 6·831
celle d'Auxerre par rapport à Severe Alexandre et à Sallustia Bårbia Osbiana " son.
épouse ; et que je paroisse en quelque façon donner dans mes Remarques l'alternative sur ce sujet. Je suis néanmoins trèspersuadé que c'est de Mammée seule, que.
I'Inscription peut parler, parce que les(a)
Médailles Grecques qui nous restent d'Orbiana , et qui sont marquées des années.
du Regne de son Mary, nous offrent seu--
lement la cinquième année de ce Prince ;
et comme l'Inscription a été posée la septiéme, il n'y a pas d'apparence d'y trou
ver Orbiana, que Herodion, sans la nommer, nous dit avoir été renvoyée peu de
temps après son mariage , aux instances
de sa belle-mere, j'alouse qu'une autre
partageat avec elle les honneurs de la
Cour. Dedit autem ( Mammée ) filio in matrimoniumpuellam... eadempaulo post aula
per omnem contumeliam exegit , et quum ipsa
tantum vocari angusta vellet , &c.
A Orleans , ce 7 Fev. 1732.D.P..
(a)Vaillant. Nusmism. Graca
sur son Explication de l'Inscription d'Auxerre.
Ay lû ce que M. L. B. oppose aux
Remarques que j'ai données dans le
mois de Juillet dernier , sur son Explication de l'Inscription d'Auxerre. Sa Réponse est d'un homme du métier qui
écrit d'une maniere aussi spirituelle que
sçavante;
AVRIL. 1732. 675
sçavante ; mais les raisonnemens qu'il
employe pour soutenir sa prétendue association d'Ovinius , ne me paroissent pas
solides , et il m'accuse d'ailleurs assez légerement de lui faire dire au sujet de la
Guerre d'Allemagne , ce qu'il ne dit pas,
et cela dans la vûë de combattre son sentiment ; il me permettra donc , s'il lui
plaît, de m'expliquer sur ces deux articles.
Premierement,pour ce qui regarde Ovinius , je soutiens , comme je l'ai déja fait,
que la lecturo seule du Texte de Lampride , qui nous rapporte l'association de ce
Sénateur à l'Empire , suffit pour nous
convaincre de la fausseté de cet Evenement. En effet a-t'on jamais vû qu'un
Prince puissant et paisible , à la premiere
nouvelle qu'un de ses Sujets est dans le
dessein de brouiller l'Etat , ait aussi- tôt .
sans autre consideration et par une foiblesse indigne , partagé avec lui son pouvoir , l'ait associé au Trône, et lui ait voulû de plus laisser le commandement des
Armées , c'est-à-dire en bon François
se livrer entierement à sa discretion. Voilà
pourtant la conduite de Severe Alexandre , si l'on s'en rapporte à Lampride.
Cum quidam Ovinius ... rebellare voluisset...participem imperii appellavit ... &
eam expeditio barbarica esset nunciata
Ciij vel
676 MERCURE DE FRANCE
vel ipsum, si vellet ire, vel ut secum proficis ceretur hortatus est. Un tel récit révolte le
Lecteur le plus crédule , aussi ne suis-je
pas le seul qui le révoque en doute. It
me suffira pour la de preuve, rapporter
ici les paroles de M. de Tillemont , sur
l'action qui fait la dispute. Nous ne vou
lons pas omettre ici , ( dit cet Auteur , p.
214. du Tome 3. de l'Hist. des Empereurs ) un Evenement qui semble apparte
nir plus que tout autre à l'an 228. S'il est
veritable dans toutes les circonstances que
l'on en dit ; car il est vrai qu'il y en a qui
paroissent tenir de la fable.
Secondement, non-seulement les Auteurs qui vivoient sous Severe Alexandre
et dont les Ouvrages sont parvenus jusqu'à nous , comme Dion et Herodien, (a)
ne nous disent rien de l'Association d'O
vinius ; mais par la maniere dont ils nous
marquent que Severe Alexandre agit dans
des temps de Révolte , il nous font assez
connoître ce que nous devons penser du
(a) En citant Herodien , je réponds incidemment à une Observation de M. L. B. qui prétend
que le silence des Historiens sur le sujet d'Ovinius , ne vient que de ce que ces Auteurs n'ont
écrit que de simples abregez. Herodien seurement ne passera jamais pour un Epitomiste , et le silence d'un Ecrivain aussi exact , balancera toujours l'autorité de Lampride,
récit
AVRIL. 1732.
677
récit de Lampride. Puisque chez eux Se- vere Alexandre est un Prince ferme et
vigilant , qui au premier bruit de quel¬
que entreprise contre son autorité , a
soin de la réprimer avec courage et d'en
punir les auteurs. Conduite qui convient
parfaitement à un Empereur , que M.L.B.
lui-même compare à Trajan. Voici les
Passages des Auteurs que j'ai citez . Per
id tempus ( dit Dion ) multa rebellionesfacte
sunt , quarum cum fuissent formidolosa ,
repressa ac restincta sunt. Et selon Hérodien: Nequi non in Syria res novas contra
Imperium moliti alii , sed universioppressi
statim supplicioque affecti sunt.
En troisiéme lieu , ce qui s'observoit
d'abord dans l'association d'un Prince à
l'Empire , étoit de frapper des Monnoyes
(a) au coin du nouveau Souverain , ç'a
été un usageconstamment gardé sous tous
les Empereurs ; soit que ces Associations
ayent été libres , comme celles de Trajan
par Nerva, d'Elius par Hadrien , soit
qu'elles ayent.été forcées , comme quand
Balbin et Puppien furent obligez de déclarer Cesar le jeune Gordien , ou que
(a) Et vero simul Imperii summam adepti erant ,
Imperatores ) prima hac cura fuit nummos sua ,
mox conjugum denique et liberorum effigie insignire.
Anton, Augustinus. Dial. T. de Vet. Num. antiq..
Cij Ma-
678 MERCURE DE FRANCE
Maximien Hercule fut contraint par Galere , d'accorder le même titre à Severe.
Il nous reste des Médailles de tous ces
Princes. Ovinius seroit- il le seul pour qui
on eut négligé une coûtume si essentielle
et si continue? Sur tout ce Sénateur ayant
vécu plus de 7 ans , après sa prétendue
association , si l'on s'en rapporte à M.L.B.
qui ne le fait mourir qu'après Severe
Aléxandre.
Enfin pour me servir des armes que
M. L. B. me fournit lui-même, je ferai
remarquer que si Ovinius avoit effectivement été associé par Severe Alexandre;
les Loix que ce dernier donna la même
année de cet Evénement , n'auroient pas
manqué de faire mention d'Ovinius , ou
nommément ou en nom collectif , ce qui
n'est pas., Severe Aléxandre y étant seul
nommé , et cela contre la Regle générale , s'il avoit cu un Collégue ; puisque
nous voyons dans toutes les Loix des Empereurs qui nous restent , le nombre des
Augustes qui regnoient,' exactement marqué. Divi FRATRES AA. IMP. Severus
ET ANTON. A.A. IMPP.GRATIANUS VALENS
ET THEODOSIUS AAA.
Mais , dit M. L. B. l'association d'Ovinius nous est racontée par un Auteur de
réputation , qui vivoit seulement cent ans
après
AVRIL 17320 679
après Severe Alexandre , et qui comme il
le dit lui-même , avoit emprunté ce fait
des Mémoires de quatre Courtisans de ce
Prince; en faut-il davantage pour autoriser cet Evenement ? Je réponds , que ces
quatre Auteurs n'étant point connus autrement que par ce que nous en dit Lampride , ou les autres Auteurs de l'Histoire
Auguste on n'en sçauroit tirer aucun avantage , s'il est vrai qu'on soit en droit de
révoquer en doute ce que ces Ecrivains
avancent, quand il ne se trouve pas d'ail
leurs confirmé , du moins pour le fonds;.
et c'est ce qu'il est aisé de prouver.
teurs ,
Le corps d'Histoire,appellée Auguste, est
l'ouvrage d'un Compilateur , demi sçavant, qui sans choix , et sans ordre , a
mêlé ensemble les Narrations des Audont son Recueil porte les noms
et de quelques autres , peut-être encore ,
qui nous sont inconnus. C'est le sentiment
de ( a ) Casaubon , de ( b ) Saumaise , et
de M. de ( c) Tillemont , qui suffit pour
nous convaincre, qu'à moins que les faitsqu'on trouve dans cette compilation , ne
se rencontrent ailleurs , on est toujours
(a ) Casaub. Pref. in Hist. Augustë”-
(b ) Saum. Idem .
(c) Till. tom. 4. pag. 66.
Cly bien
680 MERCURE DE FRANCE
reçu , comme je l'ai dit, à ne les point bien
recevoir comme véritables.
د
Mais M. L. B. qui veut absolument
donner la Pourpre à Ovinius , a trouvé
une maniere de le faire , sans inter
resser le Prince. C'est de dire que du côté
de Severe Alexandre , l'association d'O
vinius pouvoit n'être que simulée. J'ai
honte de rapporter un expédient aussi
foible et qui tout mysterieux qu'il est , s'il
étoit même véritable , ne changeoit rien .
aux inconveniens , que n'auroit pas manqué d'emporter avec elle une action aussi
publique , et d'une aussi grande consé→
quence , du moins pour les peuples , qui
conduit par les apparences , auroient tou
jours été dans la bonne foy.
Je passe donc à la seconde partie de la
réponse de M. L. B. mais je dois conve
nir auparavant avec lui,que le mot Vulgi,
que j'ai cité dans ma Lettre du mois de
Juillet , se rapporte moins à l'associa
tion d'Ovinius, qu'au temps où elle peutavoir été faite , sous Trajan ou sous Seve
re Alexandre. C'est un manque d'atten
tion de mapart , mais qui n'ôte rien à mes
preuves , et que je ne veux pas excuser.
M. L. B. nous dit que par l'expedition
qui suivit l'association d'Ovinius, il a entendu la guerre d'Illyrie , qu'on peut appeller :
AVRIL. 1732. 681
peller la Guerre d'Allemagne , et que je
suppose que c'est de la derniere guerre
d'Allemagne dans laquelle périt Severe
Alexandre , dont il a voulu parler. Qu'il
me soit permis de dire que jamais repro
che ne fut plus mal fondé. 1º . En parlant
simplement d'une guerre contre les Allemans , comme a fait M. L. B. dans sa
Lettre du mois de May , il est naturel
`d'entendre la derniere contre ces peuples,
comme la plus considérable , et celle où
ils sont désignez par leur nom dans Lam- "
pride. 2°. C'est , qu'en suivant cet Auteur , comme il a fait , on ne peut l'en- "
rendre autrement. Je m'explique : Lampride nous dit que Severe Alexandre "
ayant appris l'irruption de quelques Barbares sur les Terres de l'Empire , marcha
en personne contre eux , et que dans ce
voyage il mena Ovinius ; or cecy ne peut
convenir à l'expédition d'Illyrie où ce
Prince ne se trouva pas , et qui fut conduite par ses Généraux ; le Texte de Lam
pride y est précis. Acta sunt res feliciter et
in Mauretania per Durium Celsum , et in
Illyrico per Varium Macrinum. Ainsi , s'il
s'agit d'Allemans , et que Severe Alexan- 1
dre ait marché contre eux ; ce ne peutêtre
que dans la seconde guerre , et j'ai euraison d'avancer que quand même l'associa
Cvj tion
682 MERCURE DE FRANCE
tion d'Ovinius ne seroit pas insoutenable. M. L. B. se seroit toujours trompé à
cet égard.
Voilà ce que j'avois à dire pour madeffence ; mais avant que de finir,je dois rapporter une Inscription , qui fait , au sujet
qui nous divise, M. L. B. et moi. Elle se
trouve à Rome , dans les Jardins du Palais Giustiniani , et c'est Reinesius qui la
rapporte.
Syntag. Inscrip. Antiq. cxIx. Part. I.
FORTVNE AVG..
PRO. SAL VTE FERENDINE
DOMINORVM. NN.
SEVERI. PIL. AV G.
FIL. IVLIÆ. AVG. MATRIS
و
Dans cette Inscription , comme on le
voit, Antonin Caracalle et Julie sa mere
sont appellez Domini nostri, ce qui est une
confirmation tout- à- fait décisive de l'ex-.
plication que j'ai donnée de Dominorum
nostrorum , de l'Inscription d'Auxerre , en
l'entendant de Severe Alexandre et de:
Mammée , mere de ce Prince. Tout est
semblable dans ces deux Monumens ; j'ajoute seulement que quoiqu'il semble d'abord qu'on puisse aussi- bien expliquer
celle
AVRIL. 17320 6·831
celle d'Auxerre par rapport à Severe Alexandre et à Sallustia Bårbia Osbiana " son.
épouse ; et que je paroisse en quelque façon donner dans mes Remarques l'alternative sur ce sujet. Je suis néanmoins trèspersuadé que c'est de Mammée seule, que.
I'Inscription peut parler, parce que les(a)
Médailles Grecques qui nous restent d'Orbiana , et qui sont marquées des années.
du Regne de son Mary, nous offrent seu--
lement la cinquième année de ce Prince ;
et comme l'Inscription a été posée la septiéme, il n'y a pas d'apparence d'y trou
ver Orbiana, que Herodion, sans la nommer, nous dit avoir été renvoyée peu de
temps après son mariage , aux instances
de sa belle-mere, j'alouse qu'une autre
partageat avec elle les honneurs de la
Cour. Dedit autem ( Mammée ) filio in matrimoniumpuellam... eadempaulo post aula
per omnem contumeliam exegit , et quum ipsa
tantum vocari angusta vellet , &c.
A Orleans , ce 7 Fev. 1732.D.P..
(a)Vaillant. Nusmism. Graca
Fermer
Résumé : REPLIQUE à la Réponse de M.L.B. sur son Explication de l'Inscription d'Auxerre.
L'auteur répond à M. L. B. concernant l'interprétation d'une inscription d'Auxerre. Il conteste l'idée que Ovinius aurait été associé à l'Empire sous Sévère Alexandre, comme le suggère M. L. B. Selon l'auteur, la lecture du texte de Lampride, qui mentionne cet événement, suffit à en prouver la fausseté. Un prince puissant et pacifique n'aurait pas partagé son pouvoir avec un sujet rebelle sans considération préalable. L'auteur cite également M. de Tillemont, qui exprime des doutes sur la véracité de cet événement. Les historiens contemporains de Sévère Alexandre, tels que Dion et Hérode, ne font aucune mention de cette association et décrivent l'empereur comme un prince ferme et vigilant. L'auteur souligne que les empereurs avaient l'habitude de frapper des monnaies à l'effigie des nouveaux souverains associés, ce qui n'a pas été fait pour Ovinius. L'auteur réfute également l'argument de M. L. B. selon lequel l'association d'Ovinius pourrait avoir été simulée. Il corrige une erreur concernant l'interprétation d'un mot dans sa lettre précédente. Enfin, il présente une inscription romaine qui confirme son interprétation de l'inscription d'Auxerre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7721
p. 273-286
RENONCIATION de Monseigneur le Duc d'Orleans, à la Couronne d'Espagne.
Début :
Philippe petit fils de France, Duc d'Orleans, de Valois, de Chartres [...]
Mots clefs :
Neveu, Renonciation, Couronne, Philippe, Espagne, Catholique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RENONCIATION de Monseigneur le Duc d'Orleans, à la Couronne d'Espagne.
RENONCIATION
de Monseigneur le Duc
d'Orléans
3
à la Couronne
d'Espagne.
Philippepetit fils de
France, Duc d'Orléans,
de Valois, de Chartres &
de Nemours ; à tous Rois,
Princes, Republiques
,
Potentats,& Communautez,
Faisons sçavoir par
ces Presentes, que la
crainte de l'union desCouronnes
de France & d'Espagne
ayant cite le principal
motif de la guerre, &
les autres Puissances de
l'Europe ayant tousjours
apprehendé, ne fussent sur
une mesme teste, on a posé
pour fondement de la
Paix que l'on traitte presentement,&
qu'on espere
cimenter de plus en plus
pour le repos de tant d'Estats
qui se sont saçrifïez
comme autant de victimes
pour soppofer au péril
dont ils se croyoientmenacez
,
qu'il falloit establir
une espece d'égalité & d'équilibre
entre les Princes
qui estoient en dispute.
Que dans la veuë d'establir
cette égalité la Reine
de la Grande Bretagne a
proposé, & sur ses instancesil
aesté convenu par
le Roy nostre très honoré
Seigneur & oncle, & par
le Roy Catholique nostre
cher neveu, que pour éviter
en quelque temps que
ce soit l'union des Couronnes
Lfpao,,ne & de France,
il seroit fait des renonciations
reci proques
,
ravoir
par le Roy Catholique
Philippe V. nostre neveu
pour lui &pour tous ses de-fcendants
à la succession de
laCourone de France,commeaussipar
leDuc de Berri
nostre cher neveu,& par
nous pour tous nos descendants
à la Couronne
d'Espagne
,
à condition
auni que la Maison d'Austriche
ni aucun de ses deI:
cendants ne pourront facceder
à la Couronne d'Espagne
par cette maison
mesme qui sans l'union de
l'Empire seroit formidable
, si elle a joustoit une
nouvelle puissance à ses
anciens Domaines; pour
arriver à la fin qu'on
se propose
,
&: au moyen
de ce que sa Majesté Catholique
a de sa parc fait
par sa renonciation le J.
du présent lTIois, nous
consentons qu'au défaut
de Philippe V. nostre Neveu
&de ses descendants,
la Couronne d'Espagne
passe à la Maisondu Duc
de Savoye ; dont tous les
droits sont clairs & comme
d'autant qu'il descend
de l'Infante Catherine
Fillede Philippe II. & desirant
de nostrecosté concourir
à la glorieuse fin
qu'on se propose derestablir
la tranquillité publique,
à prévenir les craintes
que pourroient causer
les droits de nostre naissance
, ou tous autres qui
pourroient nous appartenir
, nous avons resolu de
faire ce desistement & cette
renonciation de tous
nos droits, pour nous&
pour nos successeurs ôc
descendants
, nous decla,.
rons & nous tenons dès
à present nous, nos enfans,
descendants pour exclus
& inhabilles absolument
& à jamais
,
de toute
action & tout droit à la
Couronne d'Espagne ;
nous voulons ôc consentons
pour nous & nos descendants,
que dés maintenant
& pour tousjours, on
nous tienne, nous & les
nostres pour exclus Be. inhabile
en quelque degré
que nous nous trouvions,
& de quelque maniéré
que la succession puisse arriver
à nostre ligne;nous,
ni nos déscendants ne devons
plus estre considerez
comme ayans aucun
fondement de representation
active ou passive, ou
faifanr une continuation
de ligne effective ou contentieuse
de substance
fang , ou qualité, ni tirer
droit de nostre descendance
de la Reine Anne
d'Austriche nostre très honorée
norée Dame& ayeule,ni
des glorieux Roys ses Ancestres
j au contraire, nous
ratifions la renonciation
que ladite Dame Reine
Anne a faite,& toutes les
clauses que les Rois Philippe
111. & Philippe IV.
ont inserées dans leurs testaments
; nous renonçons
pareillement à tous les
droits qui nous peuvent
appartenir, & ànos enfans
& descendants, &en vertu
de la déclaration faite à
Madridlevingt neuviéme
Octobre 1703. par Philippe
V. Roy d'Espagne nostre
neveu , & quelque
droic qui nous puisse appartenir
pour nous & nos
descendants
, nous nous
en desistons
, & y renonçons
pour nous & pour
eux, nous renonçons absolument
& en particulier
à la lesion évidente, énorme
& très énorme qui se
peut trouver en la renonciation
à lasuccession de
ladite Couronne d'Espagne,
& voulons qu'aucuns
desdits moyens ne nous
fervent ni puissent nous
valoir, & que tous ce prétexte
nous voulions nous
emparer dudit Royaume
d'Espagne à force d'armes,
la guerre que nous ferions
& exceuterions, foit tenue
pour injuste, illicite &induement
entreprise
,
ôc
qu'au contraire celle que
nous feroit celuy qui en
vertu de cette renonciation
auroit droit de succeder
à la Couronne d'Esagne
,
foit teuë pour permise
ôc juste ôcc.
Et pour plus grande sureté
de c que nous disons
& promettons au nom de
nos sccesseurs & descendants,
nous juronssolemnellement
sur les saints Evangiles
contenus en ce
Missel sur lequelnousmettonsla
main droite, que
nous le garderons , maintiendrons,&
accomplirons
en tout & par tout, & que
nous ne demanderons jamais
de nous en faire relever
-
: nous jurons & promettons
encore que nous
n'ayons fait niferons en
public ni en secret aucune
protestation nireclamation
contraire qui puisseenpescher
ce qui est contenu dans
ces presentes
, & pour plus
grande fureté, nous avons passé
& passons ce présent Acte
de renonciation d'abdication
& de désistement
,
pardevanc
Maistres Antoine le Moyne; & Alexandre le Fevre Conseillersdu
Roy, Notaires Gardes-
Nottes,&c. & Garde
Scels au Chastelet de Paris fouffignez ,
, en nostre Palais
RoyalàParis l'an 1712. le 19.
Novembre avant midi, & pour
faire insinuer ces prefentespar.
tout où il appartiendra, nous
avons constitué pour nostre
Procureur lePorteur
,
&avons
signécesPrésentés & leur Minute
demeurée en la possession
dudit le Fevre Notaire. Signé
PHILIPPE D'ORLEANS, le
Moine, le Fevre
3
& à costé
scelléledit jour.
de Monseigneur le Duc
d'Orléans
3
à la Couronne
d'Espagne.
Philippepetit fils de
France, Duc d'Orléans,
de Valois, de Chartres &
de Nemours ; à tous Rois,
Princes, Republiques
,
Potentats,& Communautez,
Faisons sçavoir par
ces Presentes, que la
crainte de l'union desCouronnes
de France & d'Espagne
ayant cite le principal
motif de la guerre, &
les autres Puissances de
l'Europe ayant tousjours
apprehendé, ne fussent sur
une mesme teste, on a posé
pour fondement de la
Paix que l'on traitte presentement,&
qu'on espere
cimenter de plus en plus
pour le repos de tant d'Estats
qui se sont saçrifïez
comme autant de victimes
pour soppofer au péril
dont ils se croyoientmenacez
,
qu'il falloit establir
une espece d'égalité & d'équilibre
entre les Princes
qui estoient en dispute.
Que dans la veuë d'establir
cette égalité la Reine
de la Grande Bretagne a
proposé, & sur ses instancesil
aesté convenu par
le Roy nostre très honoré
Seigneur & oncle, & par
le Roy Catholique nostre
cher neveu, que pour éviter
en quelque temps que
ce soit l'union des Couronnes
Lfpao,,ne & de France,
il seroit fait des renonciations
reci proques
,
ravoir
par le Roy Catholique
Philippe V. nostre neveu
pour lui &pour tous ses de-fcendants
à la succession de
laCourone de France,commeaussipar
leDuc de Berri
nostre cher neveu,& par
nous pour tous nos descendants
à la Couronne
d'Espagne
,
à condition
auni que la Maison d'Austriche
ni aucun de ses deI:
cendants ne pourront facceder
à la Couronne d'Espagne
par cette maison
mesme qui sans l'union de
l'Empire seroit formidable
, si elle a joustoit une
nouvelle puissance à ses
anciens Domaines; pour
arriver à la fin qu'on
se propose
,
&: au moyen
de ce que sa Majesté Catholique
a de sa parc fait
par sa renonciation le J.
du présent lTIois, nous
consentons qu'au défaut
de Philippe V. nostre Neveu
&de ses descendants,
la Couronne d'Espagne
passe à la Maisondu Duc
de Savoye ; dont tous les
droits sont clairs & comme
d'autant qu'il descend
de l'Infante Catherine
Fillede Philippe II. & desirant
de nostrecosté concourir
à la glorieuse fin
qu'on se propose derestablir
la tranquillité publique,
à prévenir les craintes
que pourroient causer
les droits de nostre naissance
, ou tous autres qui
pourroient nous appartenir
, nous avons resolu de
faire ce desistement & cette
renonciation de tous
nos droits, pour nous&
pour nos successeurs ôc
descendants
, nous decla,.
rons & nous tenons dès
à present nous, nos enfans,
descendants pour exclus
& inhabilles absolument
& à jamais
,
de toute
action & tout droit à la
Couronne d'Espagne ;
nous voulons ôc consentons
pour nous & nos descendants,
que dés maintenant
& pour tousjours, on
nous tienne, nous & les
nostres pour exclus Be. inhabile
en quelque degré
que nous nous trouvions,
& de quelque maniéré
que la succession puisse arriver
à nostre ligne;nous,
ni nos déscendants ne devons
plus estre considerez
comme ayans aucun
fondement de representation
active ou passive, ou
faifanr une continuation
de ligne effective ou contentieuse
de substance
fang , ou qualité, ni tirer
droit de nostre descendance
de la Reine Anne
d'Austriche nostre très honorée
norée Dame& ayeule,ni
des glorieux Roys ses Ancestres
j au contraire, nous
ratifions la renonciation
que ladite Dame Reine
Anne a faite,& toutes les
clauses que les Rois Philippe
111. & Philippe IV.
ont inserées dans leurs testaments
; nous renonçons
pareillement à tous les
droits qui nous peuvent
appartenir, & ànos enfans
& descendants, &en vertu
de la déclaration faite à
Madridlevingt neuviéme
Octobre 1703. par Philippe
V. Roy d'Espagne nostre
neveu , & quelque
droic qui nous puisse appartenir
pour nous & nos
descendants
, nous nous
en desistons
, & y renonçons
pour nous & pour
eux, nous renonçons absolument
& en particulier
à la lesion évidente, énorme
& très énorme qui se
peut trouver en la renonciation
à lasuccession de
ladite Couronne d'Espagne,
& voulons qu'aucuns
desdits moyens ne nous
fervent ni puissent nous
valoir, & que tous ce prétexte
nous voulions nous
emparer dudit Royaume
d'Espagne à force d'armes,
la guerre que nous ferions
& exceuterions, foit tenue
pour injuste, illicite &induement
entreprise
,
ôc
qu'au contraire celle que
nous feroit celuy qui en
vertu de cette renonciation
auroit droit de succeder
à la Couronne d'Esagne
,
foit teuë pour permise
ôc juste ôcc.
Et pour plus grande sureté
de c que nous disons
& promettons au nom de
nos sccesseurs & descendants,
nous juronssolemnellement
sur les saints Evangiles
contenus en ce
Missel sur lequelnousmettonsla
main droite, que
nous le garderons , maintiendrons,&
accomplirons
en tout & par tout, & que
nous ne demanderons jamais
de nous en faire relever
-
: nous jurons & promettons
encore que nous
n'ayons fait niferons en
public ni en secret aucune
protestation nireclamation
contraire qui puisseenpescher
ce qui est contenu dans
ces presentes
, & pour plus
grande fureté, nous avons passé
& passons ce présent Acte
de renonciation d'abdication
& de désistement
,
pardevanc
Maistres Antoine le Moyne; & Alexandre le Fevre Conseillersdu
Roy, Notaires Gardes-
Nottes,&c. & Garde
Scels au Chastelet de Paris fouffignez ,
, en nostre Palais
RoyalàParis l'an 1712. le 19.
Novembre avant midi, & pour
faire insinuer ces prefentespar.
tout où il appartiendra, nous
avons constitué pour nostre
Procureur lePorteur
,
&avons
signécesPrésentés & leur Minute
demeurée en la possession
dudit le Fevre Notaire. Signé
PHILIPPE D'ORLEANS, le
Moine, le Fevre
3
& à costé
scelléledit jour.
Fermer
Résumé : RENONCIATION de Monseigneur le Duc d'Orleans, à la Couronne d'Espagne.
Le document est une renonciation du Duc d'Orléans à la couronne d'Espagne. Philippe, petit-fils de France et Duc d'Orléans, explique que la crainte de l'union des couronnes de France et d'Espagne a été le principal motif de la guerre. Pour éviter cette union et établir un équilibre entre les princes en dispute, il a été convenu que des renonciations réciproques seraient faites. Philippe V, neveu du Duc d'Orléans, renonce à la succession de la couronne de France, ainsi que le Duc de Berry, autre neveu. En retour, le Duc d'Orléans renonce à la couronne d'Espagne pour lui et ses descendants. Cette renonciation vise à prévenir les craintes des autres puissances européennes et à établir la tranquillité publique. Le Duc d'Orléans jure solennellement de respecter cette renonciation et déclare qu'il ne revendiquera jamais ses droits sur la couronne d'Espagne. Le document est signé à Paris le 19 novembre 1712 en présence de notaires et scellé par le Duc d'Orléans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7722
p. 272-287
Quatrieme Article des morts, [titre d'après la table]
Début :
J'aurois du vous parler plutost des Morts dont vous allez [...]
Mots clefs :
Renommée, Paris, Morts, Lieux éloignés, Marquis de Choisy, Antoine le Mairat, René de Savonnières, N... de Greslé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Quatrieme Article des morts, [titre d'après la table]
'aurois du vous parler plutoft des Morts dont vous allez
lire les Articles , mais quoyque
la Renommée apprenne bientoft la mort des perfonnes de
GALANT 273
diftinction qui font decedéés, il
faut neanmoins fouvent beaucoup de temps pour apprendre ce que l'on en doit dire ,
& fur tout de celles qui font
mortes dans des lieux éloignez
de Paris. Mais quand leur mort
feroit arrivée à Paris même
je ne laiffe
quefois befoin de beaucoup
de temps pour m'informer à
fond de ce que je vous en dois
apprendre.
ге
pas d'avoir quelMie Antoine le Mairat Chevalier Seigneur de Nogent , eft
mort âgé de 68. ans Il eftoit
Mailtre ordinaire de la Chamt
274 MERCURE
bre des Comptes ; il fut reç
en cette Charge en l'anné
1663. n'ayant encore qué 21 .
ans ; & il eftoit prefque à la
tefte de cette Compagnie, puifqu'il eftoit immediatement
aprés M Bailly de la Croix
qui en elt Sous- Doyen. Il
eftoit du Semeftre d hiver ; &
il avoit acquis dans l'exercice
de cet employ beaucoup de
réputation Il cft frere de Mr
le Mayrat , fi connu par fon
merite & par les lumieres de
fon efprit ; & couſin germain
de M Voifin & de M deTrudaine Intendant de Dijon. Il
t
$
GALANT 275
laiffe plufieurs enfans ; l'aîné eft
Maistre des Requeftes & foû
tient avec honneur dans le
Confeil la réputation que fes
ancêtres ont acquife dans la
Robe depuis deux ou trois ficcles . Mrs le Mairat font connus à Paris depuis le regne de
Philippes le Long. Ce Prince
avoit auprés de luy un Officier
de ce nom qui luy donna de
frequentes preuves de fa fidelité. Nous devons au petit fils
de ce même Officier la publication de l'excellent ouvrage de Fuller qui a pour titre
Pharmacopoeia ex temporanea 1
276 MERCURE
Un Religieux Benedictin du
même nom & de la même fa- .
mille qui brilla dans fon Ordre
vers le milieu du quinziéme
ficcle, agitaune queftion qu'on
a renouvellée en ces derniers
temps , & qui ne fit pas alors
moins de bruit qu'elle en fait
à prefent entre un fçivant Je
fuité & un illuftre Auteur : il
s'agilloir de fçavoir files dé
mons eftoient les Auteurs des
Oracles du Paganifme ; le Religieux Benedictin prit le mê
me parti qu'a pris le Pere Battus, & prétendit qu'en cela il
n'y avoit aucune fupercherie
GALANT 277
ད
de la part des Preftres du Paganifme. Les Actes de la Difpute de Dom le Mairat ne furent pas rendus publics , mais
on en voit divers fragmens
dans quelques Abbayes de
Champagne & de Normandie.
Mr le Marquis de Choify ,
Gouverneur de Saar- Louis ,
eſt decédé âgé de 78. ans. Il
eftoit Lieutenant General des
Armées du Roy ; & il fut
nommé le premier dans la
nombreuſe, promotion du
26. Octobre de l'année
1704. Ce Marquis avoit
fervi pendant la plus grande
*
<
278S
MERCURE
partie de fa vie dans l'Infanterie , & il s'eftoit peu paffé
d'actions d'éclat de fon temps,
oùil n'euft donnédes marques
de fon courage & de fon
experience dant l'Art de la
Guerre. Il avoit efté Gouverneur de la Citadelle de Cambray &deThionville, &il avoit
eu l'honneur de commander
l'Armée du Roy au Siege de
Rhinfeld. Il eftoit proche pa
rent de Mrs de l'Hôpital , &
il fortoit d'une ancienne Maifon qui s'est toujours diftinguée par fon zele pour le ferVice de fes Princes ; il s'eftoit
GALANT 279
attiré par les manieres civiles
& bienfaifantes les cœurs de
tout le Peuple , & de la Nobleffe de fon Gouvernement
fa mort y a caufé de grands
regrets. Mr de Varennes Maréchal de Camp , & Licurenant de Roy de Saar Louis
Mr de Montmelian Major
& Mr Deſchamps Aide- major
de la même Place , firent faire
pourluy un Service magnifique dans la principale Eglife
de Saar- Louis ,› peu de jours
aprés fa mort ; & Mr de
Flamicourt Capitaine des
Portes de la même Place , en
280 MERCURE
fait faire un en fon particulier
pour marquer d'une maniere
plus finguliere l'attachement
refpectueux qu'il conferve
pour la memoire de cet illuftre
Gouverneur.
une Fortereffe que le Roy fit
bâtir en l'année 1680. elle
eft fituée dansle Duché de Bar ,
& prés de Longwi , & de
Marfal ; & à peu prés dans la
même diſtance de Stenay.
Saar Louis eft
Mre René de Savonnieres ,
Chevalier Seigneur de Linieres,
Confeiller en la grand' Chambre , eft mort fort regretté
dans le Parlement , où il avoit
GALANT 281
acquis beaucoup de réputation par fa probité , & par l'é
tenduë de fes lumieres. Il y a
quarante trois ans que Mr de
Savonnieres eftoit Confeiller.
au Parlement , y ayant eſté reçu le 12. Mars 1667. & il eftoit
devenu par fon ancienneté le
dixiéme Confeiller de la grand
Chambre. Il eftoit d'une ancienne famille connue dans le
Parlement il y a prés de deux
fiecles. Sous François I. il y
avoit déja dans cet augufte
Corps des Magiftrats de ce.
nom , & fous les regnes túmultueux des petits fils de ce PrinMars 1710.
A a
282 MERCURE
ce , ils fe diftinguerent par leur
fidelité & par leur zele pour le
fervice de nos Rois. Mr de Savonnieres eftoit parent de Mr
Ribaudon du Monceau Confeiller en la troifiéme Chambre des Enqueftes , & de Mr
Bence Confeiller en la même
Chambre. Mr de Savonnieres
fon grand pere fe rendit celebre vers le commencement du
dernier fiecle par les progrés
qu'il fit dans les Sciences humaines , & fur tout dans la
Phyfique experimentale , où il
fit de belles & de curieufes découvertes. Il eftoit auffi tres-
GALANT 283
verfé dans la Geometrie &
1'Algebre fpecieufe ; plufieurs
grands hommes qui ont paru
depuis avec éclat , ont profité
avec fuccés de fes écrits & de
fes obfervations. Mr Reland
dont on a de fi belles Differtations fur les Antiquitez Samaritaines , a ſouvent avoué qu'il
avoit obligation à ce fçavant
homme d'une grande partie
des lumieres qu'il avoit acqui
fe dans les Antiquitez Orientales , & fut tout dans les Medailles Samaritaines, upda
Mre N... de Greflé Confeiller du Roy & Auditeur en
A a ij
284 MERCURE
fa Chambre des Compres
eſt mort dans un âge peu
avancé. Il n'y avoit que neuf
ans qu'il eftoit Officier de
cette Compagnie , n'y ayant
efté reçu qu'en l'année 1701.
il eftoit du Semestre d'Hyver.
Mr de Greflé eftoit d'uneancienne famille de la Robbe
connu dans le Parlement peu
de temps aprés qu'il eut efté
rendu fedentaire par le Roy
Philippe le Bel , & il eftoit
proche parent de Mrs Coufin
Paye n, & Chavigné , Maiſtres
des Comptes ; mais fon merite
perfonnel le diftinguoit plus
GALANT 285
que tous ces avantages parti-..
culiers. I joignoit un goût
fûr & unefprit jufte aux lumie
res profondes qu'il avoit pui
fées dans une longue étude des
Sciences les plus difficiles ; il
avoit fait de grands progrés
dansles Mathemiques. L'attachement qu'il avoit eu dés
fa jeunelle pour cette Science j
l'avoit lié avec feu Mtle Marb
quis de l'Hôpital quel'on a
regardé dans ces derniers
temps comme un des premiers.
hommes de ce fiecle pour la
Geometrie. Plufieurs Sçavans
s'affembloient un jour de
286 MERCURE
chaque femaine chezMr Greflé
& traitoient dans des conferences reglées les queftions les
plus épineufes & les moins
développées des Mathematiques. Il n'eft pas le feul de
fa famillesqui fe foit rendu
celebre dans le Republique des
Lettres ; un Pere Greflé de
l'Ordre de Saint François , fuc
dans le penultieme fiecle un
des plus grands Theologiens
de fontemps. Il s'eftoit appliqué avec fuccés à l'étude de
l'Ecriture Sainte ;il avoit même
fait un Commentaire fur les
Evangiles , que l'on conferve
GALANT 287
manufcrit dans quelques Bibliotheques & qui auroit cfté .
d'une grande utilité s'il eur
parû. On croit que le Pere
Janton le pourra publier
lire les Articles , mais quoyque
la Renommée apprenne bientoft la mort des perfonnes de
GALANT 273
diftinction qui font decedéés, il
faut neanmoins fouvent beaucoup de temps pour apprendre ce que l'on en doit dire ,
& fur tout de celles qui font
mortes dans des lieux éloignez
de Paris. Mais quand leur mort
feroit arrivée à Paris même
je ne laiffe
quefois befoin de beaucoup
de temps pour m'informer à
fond de ce que je vous en dois
apprendre.
ге
pas d'avoir quelMie Antoine le Mairat Chevalier Seigneur de Nogent , eft
mort âgé de 68. ans Il eftoit
Mailtre ordinaire de la Chamt
274 MERCURE
bre des Comptes ; il fut reç
en cette Charge en l'anné
1663. n'ayant encore qué 21 .
ans ; & il eftoit prefque à la
tefte de cette Compagnie, puifqu'il eftoit immediatement
aprés M Bailly de la Croix
qui en elt Sous- Doyen. Il
eftoit du Semeftre d hiver ; &
il avoit acquis dans l'exercice
de cet employ beaucoup de
réputation Il cft frere de Mr
le Mayrat , fi connu par fon
merite & par les lumieres de
fon efprit ; & couſin germain
de M Voifin & de M deTrudaine Intendant de Dijon. Il
t
$
GALANT 275
laiffe plufieurs enfans ; l'aîné eft
Maistre des Requeftes & foû
tient avec honneur dans le
Confeil la réputation que fes
ancêtres ont acquife dans la
Robe depuis deux ou trois ficcles . Mrs le Mairat font connus à Paris depuis le regne de
Philippes le Long. Ce Prince
avoit auprés de luy un Officier
de ce nom qui luy donna de
frequentes preuves de fa fidelité. Nous devons au petit fils
de ce même Officier la publication de l'excellent ouvrage de Fuller qui a pour titre
Pharmacopoeia ex temporanea 1
276 MERCURE
Un Religieux Benedictin du
même nom & de la même fa- .
mille qui brilla dans fon Ordre
vers le milieu du quinziéme
ficcle, agitaune queftion qu'on
a renouvellée en ces derniers
temps , & qui ne fit pas alors
moins de bruit qu'elle en fait
à prefent entre un fçivant Je
fuité & un illuftre Auteur : il
s'agilloir de fçavoir files dé
mons eftoient les Auteurs des
Oracles du Paganifme ; le Religieux Benedictin prit le mê
me parti qu'a pris le Pere Battus, & prétendit qu'en cela il
n'y avoit aucune fupercherie
GALANT 277
ད
de la part des Preftres du Paganifme. Les Actes de la Difpute de Dom le Mairat ne furent pas rendus publics , mais
on en voit divers fragmens
dans quelques Abbayes de
Champagne & de Normandie.
Mr le Marquis de Choify ,
Gouverneur de Saar- Louis ,
eſt decédé âgé de 78. ans. Il
eftoit Lieutenant General des
Armées du Roy ; & il fut
nommé le premier dans la
nombreuſe, promotion du
26. Octobre de l'année
1704. Ce Marquis avoit
fervi pendant la plus grande
*
<
278S
MERCURE
partie de fa vie dans l'Infanterie , & il s'eftoit peu paffé
d'actions d'éclat de fon temps,
oùil n'euft donnédes marques
de fon courage & de fon
experience dant l'Art de la
Guerre. Il avoit efté Gouverneur de la Citadelle de Cambray &deThionville, &il avoit
eu l'honneur de commander
l'Armée du Roy au Siege de
Rhinfeld. Il eftoit proche pa
rent de Mrs de l'Hôpital , &
il fortoit d'une ancienne Maifon qui s'est toujours diftinguée par fon zele pour le ferVice de fes Princes ; il s'eftoit
GALANT 279
attiré par les manieres civiles
& bienfaifantes les cœurs de
tout le Peuple , & de la Nobleffe de fon Gouvernement
fa mort y a caufé de grands
regrets. Mr de Varennes Maréchal de Camp , & Licurenant de Roy de Saar Louis
Mr de Montmelian Major
& Mr Deſchamps Aide- major
de la même Place , firent faire
pourluy un Service magnifique dans la principale Eglife
de Saar- Louis ,› peu de jours
aprés fa mort ; & Mr de
Flamicourt Capitaine des
Portes de la même Place , en
280 MERCURE
fait faire un en fon particulier
pour marquer d'une maniere
plus finguliere l'attachement
refpectueux qu'il conferve
pour la memoire de cet illuftre
Gouverneur.
une Fortereffe que le Roy fit
bâtir en l'année 1680. elle
eft fituée dansle Duché de Bar ,
& prés de Longwi , & de
Marfal ; & à peu prés dans la
même diſtance de Stenay.
Saar Louis eft
Mre René de Savonnieres ,
Chevalier Seigneur de Linieres,
Confeiller en la grand' Chambre , eft mort fort regretté
dans le Parlement , où il avoit
GALANT 281
acquis beaucoup de réputation par fa probité , & par l'é
tenduë de fes lumieres. Il y a
quarante trois ans que Mr de
Savonnieres eftoit Confeiller.
au Parlement , y ayant eſté reçu le 12. Mars 1667. & il eftoit
devenu par fon ancienneté le
dixiéme Confeiller de la grand
Chambre. Il eftoit d'une ancienne famille connue dans le
Parlement il y a prés de deux
fiecles. Sous François I. il y
avoit déja dans cet augufte
Corps des Magiftrats de ce.
nom , & fous les regnes túmultueux des petits fils de ce PrinMars 1710.
A a
282 MERCURE
ce , ils fe diftinguerent par leur
fidelité & par leur zele pour le
fervice de nos Rois. Mr de Savonnieres eftoit parent de Mr
Ribaudon du Monceau Confeiller en la troifiéme Chambre des Enqueftes , & de Mr
Bence Confeiller en la même
Chambre. Mr de Savonnieres
fon grand pere fe rendit celebre vers le commencement du
dernier fiecle par les progrés
qu'il fit dans les Sciences humaines , & fur tout dans la
Phyfique experimentale , où il
fit de belles & de curieufes découvertes. Il eftoit auffi tres-
GALANT 283
verfé dans la Geometrie &
1'Algebre fpecieufe ; plufieurs
grands hommes qui ont paru
depuis avec éclat , ont profité
avec fuccés de fes écrits & de
fes obfervations. Mr Reland
dont on a de fi belles Differtations fur les Antiquitez Samaritaines , a ſouvent avoué qu'il
avoit obligation à ce fçavant
homme d'une grande partie
des lumieres qu'il avoit acqui
fe dans les Antiquitez Orientales , & fut tout dans les Medailles Samaritaines, upda
Mre N... de Greflé Confeiller du Roy & Auditeur en
A a ij
284 MERCURE
fa Chambre des Compres
eſt mort dans un âge peu
avancé. Il n'y avoit que neuf
ans qu'il eftoit Officier de
cette Compagnie , n'y ayant
efté reçu qu'en l'année 1701.
il eftoit du Semestre d'Hyver.
Mr de Greflé eftoit d'uneancienne famille de la Robbe
connu dans le Parlement peu
de temps aprés qu'il eut efté
rendu fedentaire par le Roy
Philippe le Bel , & il eftoit
proche parent de Mrs Coufin
Paye n, & Chavigné , Maiſtres
des Comptes ; mais fon merite
perfonnel le diftinguoit plus
GALANT 285
que tous ces avantages parti-..
culiers. I joignoit un goût
fûr & unefprit jufte aux lumie
res profondes qu'il avoit pui
fées dans une longue étude des
Sciences les plus difficiles ; il
avoit fait de grands progrés
dansles Mathemiques. L'attachement qu'il avoit eu dés
fa jeunelle pour cette Science j
l'avoit lié avec feu Mtle Marb
quis de l'Hôpital quel'on a
regardé dans ces derniers
temps comme un des premiers.
hommes de ce fiecle pour la
Geometrie. Plufieurs Sçavans
s'affembloient un jour de
286 MERCURE
chaque femaine chezMr Greflé
& traitoient dans des conferences reglées les queftions les
plus épineufes & les moins
développées des Mathematiques. Il n'eft pas le feul de
fa famillesqui fe foit rendu
celebre dans le Republique des
Lettres ; un Pere Greflé de
l'Ordre de Saint François , fuc
dans le penultieme fiecle un
des plus grands Theologiens
de fontemps. Il s'eftoit appliqué avec fuccés à l'étude de
l'Ecriture Sainte ;il avoit même
fait un Commentaire fur les
Evangiles , que l'on conferve
GALANT 287
manufcrit dans quelques Bibliotheques & qui auroit cfté .
d'une grande utilité s'il eur
parû. On croit que le Pere
Janton le pourra publier
Fermer
Résumé : Quatrieme Article des morts, [titre d'après la table]
Le texte relate les décès de plusieurs personnalités éminentes et les difficultés rencontrées pour obtenir des informations précises et rapides sur ces décès, même à Paris. Voici les principales personnalités mentionnées : Antoine le Mairat, Chevalier Seigneur de Nogent, est décédé à l'âge de 68 ans. Il occupait le poste de Maître ordinaire de la Chambre des Comptes depuis 1663 et était connu pour son travail et ses relations familiales, notamment avec Mr le Mayrat, ainsi que des personnalités telles que Mr Voisin et Mr de Trudaine. Il laisse plusieurs enfants, dont l'aîné est Maître des Requêtes. Mr le Marquis de Choisy est décédé à 78 ans. Il était Lieutenant Général des Armées du Roi et avait servi avec distinction, notamment lors du siège de Rhinfeld. Sa mort a suscité de grands regrets parmi le peuple et la noblesse. Mr René de Savonnières, Chevalier Seigneur de Linières, est décédé après 43 ans de service comme Conseiller au Parlement. Il était reconnu pour sa probité et ses lumières. Sa famille était distinguée depuis plusieurs siècles et avait fidèlement servi les rois de France. Mr de Greflé est décédé à un âge peu avancé. Il était Officier de la Chambre des Comptes depuis 1701 et provenait d'une famille ancienne et distinguée. Il était réputé pour ses connaissances en mathématiques et ses contributions aux sciences, et était lié avec des savants comme Mr Marquis de l'Hôpital.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7723
p. 275
LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis un mot très-court, mais peut-être l'unique [...]
Mots clefs :
Pie
7724
p. 215
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du mois de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu ,par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le Mercure du mois de Mars , & je n'y ai rien
trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion. A
Paris , ce 27 Avril 1757.
GUIROY.
J'ai lu ,par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le Mercure du mois de Mars , & je n'y ai rien
trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion. A
Paris , ce 27 Avril 1757.
GUIROY.
Fermer
7725
p. 53
EPIGRAMMES.
Début :
Notre esprit n'agit qu'à tâtons, [...]
Mots clefs :
Hasard, Sublime, Esprit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMMES.
EPIGRAMMES.-
NOtre espritn'agit qu'àtâtons,
C'esltehazard qui le diſpoſe
Fait-il,foit en Vers , ſoit en Prose ,
Toujours comme nous souhaittons?
Tantôt rampant , tantôtfublime ;
Tout ce qu'il penſe & qu'il exprime .
Lui vient d'un hazard inconnu :
Bon , on mauvais , tel qu'il se donne ;
Si quelque Bon m'étoit venu ,
CetteEpigrammeferoit bonne...
NOtre espritn'agit qu'àtâtons,
C'esltehazard qui le diſpoſe
Fait-il,foit en Vers , ſoit en Prose ,
Toujours comme nous souhaittons?
Tantôt rampant , tantôtfublime ;
Tout ce qu'il penſe & qu'il exprime .
Lui vient d'un hazard inconnu :
Bon , on mauvais , tel qu'il se donne ;
Si quelque Bon m'étoit venu ,
CetteEpigrammeferoit bonne...
Fermer
7726
p. 53
AUTRE
Début :
De Traits, ni, d'Air, ni de Maniére, [...]
Mots clefs :
Manières, Père, Ressemblance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE
AUTRE
DE Traits , ni , d'Air , ni de Mas
niére,
Lesfils de Madame du Bout
Nese reffemblent point du tout :
Chacun d'eux roffemble à fon Pere.
DE Traits , ni , d'Air , ni de Mas
niére,
Lesfils de Madame du Bout
Nese reffemblent point du tout :
Chacun d'eux roffemble à fon Pere.
Fermer
7728
p. 53
CHANSON.
Début :
De la vive & jeune Aurore [...]
Mots clefs :
Chanson, Charmes, Beauté, Tableau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON.
De la vive & jeune Aurore
Peignez l'air & les attraits ;
Aux charmes brillans de Flore ,
D'Hébé joignez tous les traits.
Pour former Beauté complette ,
Quel que ſoit votre pinceau ,
Si vous n'avez vu Ninette
Recommencez le tableau .
,
Paroles & Muſique de M. D. L. P.
De la vive & jeune Aurore
Peignez l'air & les attraits ;
Aux charmes brillans de Flore ,
D'Hébé joignez tous les traits.
Pour former Beauté complette ,
Quel que ſoit votre pinceau ,
Si vous n'avez vu Ninette
Recommencez le tableau .
,
Paroles & Muſique de M. D. L. P.
Fermer
7729
p. 274-275
Du Camp de Ferembacq, le 25 Septembre.
Début :
M. le Maréchal de Villars a marché avec 4000. Chevaux [...]
Mots clefs :
Maréchal de Villars, Ferembacq, Chevaux, Danube
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Camp de Ferembacq, le 25 Septembre.
Du Camp de Ferembacq,
- le 25 Septembre.
M. le Maréchal de Villars
a marché avec 4000.
Chevaux & 2000. Grenadiers.
Nous campâmes hier
sur Holgraben où les Ennemis
avoient un Fort 8c
leurs secondes Lignes. Le
General Vaubonne n'a pas
osé se rallier à ce lles
-
là
aprés avoir étéforcé dans,
les premieres. M. le Maréchal
de Villars a envoyé
le Colonel Ratzky avec
500. Chevaux au- delà de
Volingue. M. le Comte de
Coigny.le soustient avec
JOoo. Dragons , & nous
sommes venus prés de Ferembac
à lateste des fources
duDanube. On envoye
des Mandemens pour les
contributions à 30. lieuës.
dans l'Empire qui est ouvertànos
Partis. C'est pour
la troisiéme fois que ce
Maréchal mene lesArmées
v
du Roy sur le Danube.
- le 25 Septembre.
M. le Maréchal de Villars
a marché avec 4000.
Chevaux & 2000. Grenadiers.
Nous campâmes hier
sur Holgraben où les Ennemis
avoient un Fort 8c
leurs secondes Lignes. Le
General Vaubonne n'a pas
osé se rallier à ce lles
-
là
aprés avoir étéforcé dans,
les premieres. M. le Maréchal
de Villars a envoyé
le Colonel Ratzky avec
500. Chevaux au- delà de
Volingue. M. le Comte de
Coigny.le soustient avec
JOoo. Dragons , & nous
sommes venus prés de Ferembac
à lateste des fources
duDanube. On envoye
des Mandemens pour les
contributions à 30. lieuës.
dans l'Empire qui est ouvertànos
Partis. C'est pour
la troisiéme fois que ce
Maréchal mene lesArmées
v
du Roy sur le Danube.
Fermer
Résumé : Du Camp de Ferembacq, le 25 Septembre.
Le 25 septembre, une lettre au Maréchal de Villars rapporte sa marche avec 4 000 chevaux et 2 000 grenadiers. La veille, les troupes ont campé près d'un fort ennemi à Holgraben. Le Général Vaubonne n'a pas pu se rallier. Le Maréchal a envoyé le Colonel Ratzky et le Comte de Coigny avec des dragons vers Volingue. Les forces se sont déplacées près de Ferembac. Des mandements sont envoyés pour des contributions dans l'Empire. C'est la troisième fois que le Maréchal mène les armées du roi sur le Danube.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7730
p. 55-56
FEBRIFUGE DE FEU M. L'AISNÉ.
Début :
Bachus venoit m'offrir un essai de Tocâne, [...]
Mots clefs :
Bacchus, Breuvage, Fièvre, Bouteille, Verre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : FEBRIFUGE DE FEU M. L'AISNÉ.
FEBRIFUGE
DE FEU M. L'AISNE'.
B Achus venoit m'offrir un eſſai
de Tocâne ,
Il vit la fiévre , & FAGON fur
mon lit ,
Prêt à me faire prendre un breuvage
prophane ;
A cet afpect ,
de dépit ,
ce Dieu frémiſſant
D'un coup de Thyrfe qu'il
rompit ,
Renverse Bouillons & Ti-
Jane,
Parmi ce fracas & ce bruit ;
le friffon
Lafiévre fort
fuit ,.
56 LE
MERCURE
L'Aifné s'éveille ,
Un Ris , un jeu folâtre , un fatyre
badin ,
Lui font baifer une bouteille ;
Et tandis qu'il verſe le vin ,
Une SANTE' vermeille
Lui met le verre en main.
DE FEU M. L'AISNE'.
B Achus venoit m'offrir un eſſai
de Tocâne ,
Il vit la fiévre , & FAGON fur
mon lit ,
Prêt à me faire prendre un breuvage
prophane ;
A cet afpect ,
de dépit ,
ce Dieu frémiſſant
D'un coup de Thyrfe qu'il
rompit ,
Renverse Bouillons & Ti-
Jane,
Parmi ce fracas & ce bruit ;
le friffon
Lafiévre fort
fuit ,.
56 LE
MERCURE
L'Aifné s'éveille ,
Un Ris , un jeu folâtre , un fatyre
badin ,
Lui font baifer une bouteille ;
Et tandis qu'il verſe le vin ,
Une SANTE' vermeille
Lui met le verre en main.
Fermer
7731
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Vers contre le proverbe, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
VERS contre le proverbe , tous Songes font
menfonges
Le Moyen infaillible , anecdote ,
Vers à Madame B ***i ,
Lettre de M. de Voltaire , à M. T...
Ode ,
Effai fur l'Opera , par M. Algarotti ,
Vers à M. le Kain ,
page s
7
34
35
38
40
63
Réflexions fur les devoirs & les qualités d'un
Officier ,
Epître de Zayde , à Madame de M ***
Lettre à l'Auteur du Mercure ,
64
> 68
70
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
fecond Mercure d'Avril ,
Enigme & Logogryphe ,
Chanfon ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
75
ibid.
76
Précis ou Indications de livres nouveaux ,
Extraits des Difcours prononcés dans l'Académie
Françoiſe le 31 Mars 1757,
77
139
216
Sujets propofés par l'Académie de Pau , 153
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Hiftoire. Lettre fur la Bataille de Crécy , ISS
Phyfique.
183
Médecine.
186
Séance publique de l'Académie des Belles- Lettres,
& de l'Académie royale des Sciences , 188
ART. IV. BIAUX-ARTS.
Mufique.
Gravure ,
191
192
ART. V. SPECTACLES.
-Opera ,
193
Comédie Françoiſe , 196
Comédie Italienne ,
197
Concert Spirituel ,
ibid.
ARTICLE VI
Nouvelles étrangeres ,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &C.
201
211
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
VERS contre le proverbe , tous Songes font
menfonges
Le Moyen infaillible , anecdote ,
Vers à Madame B ***i ,
Lettre de M. de Voltaire , à M. T...
Ode ,
Effai fur l'Opera , par M. Algarotti ,
Vers à M. le Kain ,
page s
7
34
35
38
40
63
Réflexions fur les devoirs & les qualités d'un
Officier ,
Epître de Zayde , à Madame de M ***
Lettre à l'Auteur du Mercure ,
64
> 68
70
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
fecond Mercure d'Avril ,
Enigme & Logogryphe ,
Chanfon ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
75
ibid.
76
Précis ou Indications de livres nouveaux ,
Extraits des Difcours prononcés dans l'Académie
Françoiſe le 31 Mars 1757,
77
139
216
Sujets propofés par l'Académie de Pau , 153
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Hiftoire. Lettre fur la Bataille de Crécy , ISS
Phyfique.
183
Médecine.
186
Séance publique de l'Académie des Belles- Lettres,
& de l'Académie royale des Sciences , 188
ART. IV. BIAUX-ARTS.
Mufique.
Gravure ,
191
192
ART. V. SPECTACLES.
-Opera ,
193
Comédie Françoiſe , 196
Comédie Italienne ,
197
Concert Spirituel ,
ibid.
ARTICLE VI
Nouvelles étrangeres ,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &C.
201
211
Fermer
Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles divisée en six sections principales. L'Article Premier rassemble des pièces fugitives en vers et en prose, incluant des poèmes, des lettres, des essais et des réflexions. Parmi les œuvres notables, on trouve des vers contre un proverbe, une anecdote, une lettre de Voltaire, une ode, un essai sur l'opéra, et des réflexions sur les devoirs d'un officier. L'Article II traite des nouvelles littéraires, avec des précisions sur les livres nouveaux et des extraits de discours académiques. L'Article III aborde les sciences et les belles-lettres, incluant des sujets historiques, physiques et médicaux, ainsi qu'une séance publique des académies des Belles-Lettres et des Sciences. L'Article IV se concentre sur les beaux-arts, mentionnant la musique et la gravure. L'Article V liste les spectacles, tels que l'opéra, la comédie française et italienne, et les concerts spirituels. Enfin, l'Article VI contient les nouvelles étrangères et les nouvelles de la cour et de Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7732
p. 274-275
AU ROY EIPGRAMME.
Début :
Grand Roy que l'Europe revere, [...]
Mots clefs :
Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROY EIPGRAMME.
AU ROY
EIPCRAMME.
GRand Roy que l'Europe
revere,
Villars a fait pour vous d'une
bouche sincere
Un discours éloquent, fin,
juste, bien suivi,
Plus on le lit, plus on l'admire,
En un mot, Grand Roy,
c'est tout dire,
Villars vous a loüé, comme
il vous a servi.
DE LAMONOYE.
EIPCRAMME.
GRand Roy que l'Europe
revere,
Villars a fait pour vous d'une
bouche sincere
Un discours éloquent, fin,
juste, bien suivi,
Plus on le lit, plus on l'admire,
En un mot, Grand Roy,
c'est tout dire,
Villars vous a loüé, comme
il vous a servi.
DE LAMONOYE.
Fermer
7733
p. 273-274
AUTRE.
Début :
L'Oyseau se plaît dans son . . . ramage, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Feragus.
L'oyseau Seplaît dans son
ramage ,
L'homme de Cour dans le fracas
L'Agioteur dans le
Et le Guerrier dans le
tracas ,
tapage.
L'Huiſtre cheritson coquillage ,
Un vieux comme un autre Calchas
Aime à reciter d'anciens
cas,
Le Hollandois vent du fromage ,
Le Graveurfon burin
Et le Manoeuvrefon .
pointu,
têtu
1
274 MERCURE
Desfriandsfont pour l'Alloüette;
Des Devotes pour leur minon
X
Et moy j'aspire , ma
A te tenir dans ma
Toinon
couchette.
Feragus.
L'oyseau Seplaît dans son
ramage ,
L'homme de Cour dans le fracas
L'Agioteur dans le
Et le Guerrier dans le
tracas ,
tapage.
L'Huiſtre cheritson coquillage ,
Un vieux comme un autre Calchas
Aime à reciter d'anciens
cas,
Le Hollandois vent du fromage ,
Le Graveurfon burin
Et le Manoeuvrefon .
pointu,
têtu
1
274 MERCURE
Desfriandsfont pour l'Alloüette;
Des Devotes pour leur minon
X
Et moy j'aspire , ma
A te tenir dans ma
Toinon
couchette.
Fermer
7734
p. 53-54
SUR le tombeau du Cardinal DE FLEURY, fait par M. LEMOINE.
Début :
QUAND Praxitèle aux yeux d'Athène, [...]
Mots clefs :
Amour, Cardinal de Fleury, Jean-Baptiste Lemoyne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR le tombeau du Cardinal DE FLEURY, fait par M. LEMOINE.
SUR le tombeau du Cardinal DE FLEURY,
fait par M. LEMOÍNE .
Q
U AND Praxitèle aux yeux d'Athène ,
Offroit un chef d'oeuvre nouveau ,
La voix des arts , l'amour du beau
Rempliffoient l'air d'une chaleur foudaine ;
Et vous dormez , poëtes indolents !
Et votre oeil , dans un temple augufte ,
Par le génie & les talens ,
Voit redonner la vie à l'homme fage & jufte
Qui nous protégea fi long- temps ,
*
A ce miniftre humain , doux & fidèle ,
Que la patrie & Louis ont perdu !
Vous vous taifez quand Lemoine a paru ,
Quand , aux efforts de fa main immortelle,
L'effort de votre verve eft dû !
Eh quoi toujours la danfeufe ou l'actrice ,
Occuperont vos pinceaux libertins?
Toujours des foupirs de couliffe ,
Des Sultanes de publicains ,
Toujours l'amour gâté par l'artifice ,
Ou préfenté par l'avarice ,
Aux foupers de nos Arétins ?
1
Toujours chanter , toujours peindre le vice ?
C iij
54
MERCURE DE FRANCE.
Je ne reconnois plus les enfans des neuf Soeurs 3
Du plus fameux des lâches raviffeurs
Ils ont choifi la lyre foible & molle ,
Et leurs petits vers corrupteurs ,
Bleffant la décence & les moeurs ,
Ont quelque Hélene pour idôle.
La gloire pour eux fans appas.
Eft fans doute un être frivole ;
La gloire n'eft jamais où la vertu n'eft pas.
Par M. BRet.
fait par M. LEMOÍNE .
Q
U AND Praxitèle aux yeux d'Athène ,
Offroit un chef d'oeuvre nouveau ,
La voix des arts , l'amour du beau
Rempliffoient l'air d'une chaleur foudaine ;
Et vous dormez , poëtes indolents !
Et votre oeil , dans un temple augufte ,
Par le génie & les talens ,
Voit redonner la vie à l'homme fage & jufte
Qui nous protégea fi long- temps ,
*
A ce miniftre humain , doux & fidèle ,
Que la patrie & Louis ont perdu !
Vous vous taifez quand Lemoine a paru ,
Quand , aux efforts de fa main immortelle,
L'effort de votre verve eft dû !
Eh quoi toujours la danfeufe ou l'actrice ,
Occuperont vos pinceaux libertins?
Toujours des foupirs de couliffe ,
Des Sultanes de publicains ,
Toujours l'amour gâté par l'artifice ,
Ou préfenté par l'avarice ,
Aux foupers de nos Arétins ?
1
Toujours chanter , toujours peindre le vice ?
C iij
54
MERCURE DE FRANCE.
Je ne reconnois plus les enfans des neuf Soeurs 3
Du plus fameux des lâches raviffeurs
Ils ont choifi la lyre foible & molle ,
Et leurs petits vers corrupteurs ,
Bleffant la décence & les moeurs ,
Ont quelque Hélene pour idôle.
La gloire pour eux fans appas.
Eft fans doute un être frivole ;
La gloire n'eft jamais où la vertu n'eft pas.
Par M. BRet.
Fermer
Résumé : SUR le tombeau du Cardinal DE FLEURY, fait par M. LEMOINE.
L'épitaphe dédiée au Cardinal de Fleury, écrite par M. Lemoîne, critique les poètes contemporains pour leur manque d'inspiration et leur indifférence face à la mort du cardinal. Le poète reproche aux artistes de privilégier des sujets frivoles tels que des danseuses ou des actrices plutôt que des figures respectables. Il déplore l'abandon de la véritable inspiration et de la vertu par les poètes modernes, qui produisent des œuvres indécentes et immorales. Le texte souligne que la vraie gloire est intrinsèquement liée à la vertu, affirmant que la gloire authentique ne peut exister sans elle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7735
p. 262-263
REPONSE. Par Mr de Chen...
Début :
La jalousie des Maris est plus soupçonneuse ; celle des Amants [...]
Mots clefs :
Jalousie, Amant, Mari
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPONSE. Par Mr de Chen...
REPONSE.
ParMrdeChen.
La jalousie des Maris
est plus soupçonneuse;
celle desAmants
est plus capricieuse.
Les jalousies des Maris
sont souvent mieux
fondées que celle des
Amants;& par con sequent
celles des Amai^
ts fontplus bizarres
&: plus injustes,car
ilestplusvray-semblaible
, vertuà part,qu'- uneMaiftrelfeloitfidel*
le qu'une Femme.
ParMrdeChen.
La jalousie des Maris
est plus soupçonneuse;
celle desAmants
est plus capricieuse.
Les jalousies des Maris
sont souvent mieux
fondées que celle des
Amants;& par con sequent
celles des Amai^
ts fontplus bizarres
&: plus injustes,car
ilestplusvray-semblaible
, vertuà part,qu'- uneMaiftrelfeloitfidel*
le qu'une Femme.
Fermer
7736
p. 272-273
SONNET en bout rimez, par le Suisse.
Début :
Qu'un manan la main à la ... herce [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET en bout rimez, par le Suisse.
SONNET
en bout rimez
) par
le SuiÊre. ~U~
manan la main à
la herce
Quun galant toutsortant du
bain
D'attaquer une Iris tous deux
ayentdes- sein
Le manan l'or en main bientosll'autre
traverse.
Nos belles nefont plus pour un
tendre commerce
Telle a Mars pour espoux qui
cherira Vulcatn,
Qui mesme le suivra dans un
pays lointain
S'il étale àfesyeux les trésors
de la.. Perse.
Maigre l'ennui que cause un hommerasibus,
Cent mille écus de re venus
Feront aimer un Origene.
Le Sexe a pris desLeçons
de Laïsj
Et maintenant le beau Pâris
Vnide d'argent degouste- roit Helene.
en bout rimez
) par
le SuiÊre. ~U~
manan la main à
la herce
Quun galant toutsortant du
bain
D'attaquer une Iris tous deux
ayentdes- sein
Le manan l'or en main bientosll'autre
traverse.
Nos belles nefont plus pour un
tendre commerce
Telle a Mars pour espoux qui
cherira Vulcatn,
Qui mesme le suivra dans un
pays lointain
S'il étale àfesyeux les trésors
de la.. Perse.
Maigre l'ennui que cause un hommerasibus,
Cent mille écus de re venus
Feront aimer un Origene.
Le Sexe a pris desLeçons
de Laïsj
Et maintenant le beau Pâris
Vnide d'argent degouste- roit Helene.
Fermer
7738
p. 273-275
Chapitre des Enigmes. [titre d'après la table]
Début :
Je me trouve si pressé par le temps, & par la matiere, [...]
Mots clefs :
Mouchoir, Pierre à fusil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Chapitre des Enigmes. [titre d'après la table]
de celle qui luy plaira.
Je me trouve ſi preſfé par
le temps , & par la matiere ,
1
274 MERCURE
que je me vois malheureuſement
obligé de donner prefque
fans préambule , le reſte
des pieces qui doivent me
fervir à remplir le Journal de
ce mois. Quoyque je fois affez
babillard de mon naturel , je
dois préferer à cette demangeaiſon
de parler , ceux qui
veulent avoir leur tour.
Le mot des Enigmes du
mois paflé eſtoit le Mouchoir
&la Pierre à fufil , les noms
de ceux qui les ont deviné ,
font ,Chere mere, Blanc Blanc ,
la Maîtreſſe à Follette , la belle
Clio , le Buveur éternel 2
GALANT. 275
l'Invincible à table , le Poltron
à la guerre , Madame de
la Haye ,l'aimable Comteffe ,
la Beauté de la rue Saint Ho.
noré, la charmante petite veuve
, & des Moulins le cader
quim'a envoyé ſous le ſceau
du ſecret les deux Enigmes fuivantes
: je n'ay pas eû de peine
à le faire convenir qu'elles ne
valoient pas grande choſe
il a répondu à cela qu'il ne s'en
foucioit guere ,je croy volontiers
que tout lemonde luy
reffemble.
Je me trouve ſi preſfé par
le temps , & par la matiere ,
1
274 MERCURE
que je me vois malheureuſement
obligé de donner prefque
fans préambule , le reſte
des pieces qui doivent me
fervir à remplir le Journal de
ce mois. Quoyque je fois affez
babillard de mon naturel , je
dois préferer à cette demangeaiſon
de parler , ceux qui
veulent avoir leur tour.
Le mot des Enigmes du
mois paflé eſtoit le Mouchoir
&la Pierre à fufil , les noms
de ceux qui les ont deviné ,
font ,Chere mere, Blanc Blanc ,
la Maîtreſſe à Follette , la belle
Clio , le Buveur éternel 2
GALANT. 275
l'Invincible à table , le Poltron
à la guerre , Madame de
la Haye ,l'aimable Comteffe ,
la Beauté de la rue Saint Ho.
noré, la charmante petite veuve
, & des Moulins le cader
quim'a envoyé ſous le ſceau
du ſecret les deux Enigmes fuivantes
: je n'ay pas eû de peine
à le faire convenir qu'elles ne
valoient pas grande choſe
il a répondu à cela qu'il ne s'en
foucioit guere ,je croy volontiers
que tout lemonde luy
reffemble.
Fermer
Résumé : Chapitre des Enigmes. [titre d'après la table]
L'auteur se trouve contraint de publier rapidement les pièces restantes pour compléter le journal du mois, malgré son désir de discuter davantage. Il laisse donc la parole à d'autres. Les solutions des énigmes du mois précédent étaient 'Mouchoir' et 'Pierre à fusil'. Les personnes ayant correctement résolu ces énigmes sont : Chère mère, Blanc Blanc, la Maîtresse à Follette, la belle Clio, le Buveur éternel, le Galant invincible à table, le Poltron à la guerre, Madame de la Haye, l'aimable Comtesse, la Beauté de la rue Saint Honoré, la charmante petite veuve, et des Moulins le cadet. Ce dernier a proposé deux nouvelles énigmes, mais l'auteur les estime de faible qualité. Le cadet a exprimé son indifférence quant à cette évaluation, et l'auteur suppose que beaucoup partageront cet avis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7739
p. 271-273
ENIGME.
Début :
La nouvelle Enigme que je vous envoye, merite l'application / Il le faut avoüer, mon destin est bien rude ; [...]
Mots clefs :
Soulier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
La nouvelle Enigme que je
yous envoye , merite l'appli
cation de vos Amies pour en
découvrir le ſens.
ENIGM E.
IL lefaut avouer, men deſtin eft
bien rude ;
Ċeax mème qui par moy fe voyent
élever,
Pour la plus baffe fervitude
S'obftinent à me referver.
De m'opprimerfans ceße ils ont pris
khabitude
Z iiij
272 MERCURE
Cependant les plus grands , dans
leur haute fplendeur ,
Ne mepeuventnierfans quelque ingratitude
Que je neferve à leur grandeur.
Des injures du temps je préferve une
plante,
Qui dans tous les climats eft affez,
abondante ,
Et dont l'ufage eft fouverain.
Quoy que l'odeur n'enfoitguere charmante
,
Ellefe faitprifer parfa vertu puiffante
Qui foutient tout le genre humain.
Pourfuivre des François les manieres
changeantes >
Sous mille formes differentes
Il a fallu chez eux fort fouvent me
ranger.
Quoy que par une loy qui paroift éternelle
GALANT. 273
Faye une regle naturelle
Qui devroit pour toujours m'empêcher
de changer.
Il faut eftre bien fou fans doute , on
bien auftere,
Pour croire que fans moy l'on pust
coulerfes jours.
Pourtant fi Plutarque eftfinceres
Des Sages , des Heros , onteu cette
chimere
De refufer mon utile fecours.
Cette belle manie eft maintenant ceffee,
Et tout homme aujourd'buy par la
commune loy
Pafferoitpour avoir la cervelle bleffée
,
S'il vouloit fe paffer de moy.
yous envoye , merite l'appli
cation de vos Amies pour en
découvrir le ſens.
ENIGM E.
IL lefaut avouer, men deſtin eft
bien rude ;
Ċeax mème qui par moy fe voyent
élever,
Pour la plus baffe fervitude
S'obftinent à me referver.
De m'opprimerfans ceße ils ont pris
khabitude
Z iiij
272 MERCURE
Cependant les plus grands , dans
leur haute fplendeur ,
Ne mepeuventnierfans quelque ingratitude
Que je neferve à leur grandeur.
Des injures du temps je préferve une
plante,
Qui dans tous les climats eft affez,
abondante ,
Et dont l'ufage eft fouverain.
Quoy que l'odeur n'enfoitguere charmante
,
Ellefe faitprifer parfa vertu puiffante
Qui foutient tout le genre humain.
Pourfuivre des François les manieres
changeantes >
Sous mille formes differentes
Il a fallu chez eux fort fouvent me
ranger.
Quoy que par une loy qui paroift éternelle
GALANT. 273
Faye une regle naturelle
Qui devroit pour toujours m'empêcher
de changer.
Il faut eftre bien fou fans doute , on
bien auftere,
Pour croire que fans moy l'on pust
coulerfes jours.
Pourtant fi Plutarque eftfinceres
Des Sages , des Heros , onteu cette
chimere
De refufer mon utile fecours.
Cette belle manie eft maintenant ceffee,
Et tout homme aujourd'buy par la
commune loy
Pafferoitpour avoir la cervelle bleffée
,
S'il vouloit fe paffer de moy.
Fermer
7740
p. 298-300
Autre Avis, dont l'usage me paroist assez impraticable.
Début :
Le Sieur Sireul, Valet de Chambre Tailleur de S. A R. [...]
Mots clefs :
Tailleur, Diamants, Altesses royales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre Avis, dont l'usage me paroist assez impraticable.
jiutre Avis, dont l'usage me
paroijl ajtz impraticable.
,
Le Sieur Sireul
,
Valet de
Chambre TailleurdeS. A R.
Monsiegneur leDucd'Orléans
&deMoonseigneur le Duc de
Chartres,juge à propos de
vous apprendre qu'il est l'Auteur
des habits ébloüissants de
richesses & de diamants que
leurs Altcffcs Royales ont porté
le jour de l'Audience de
l'Ambassadeur de Per seà Versailles.
Il devoit ajoûter à cet
avis,qu'il en fait de pareilsà
juste prix, & vous donner son
adresse.
Je sçay un autre Tailleur
quin'est pas à beaucoup prés
de cette volée; il n'en csi cependant
pas moins un des plus
habiles hommes qu'il y ait à
Paris dans ce genre. Sa coupe
elt admirable,& ses desseins
en broderie &engallons fonc
nouveaux encres ingenieux. Il
s'appelle Henry Mestin. Il demeure
chez un Cordonnier,
prés l'Hostel de Mantouë, ruë
Betizy.
paroijl ajtz impraticable.
,
Le Sieur Sireul
,
Valet de
Chambre TailleurdeS. A R.
Monsiegneur leDucd'Orléans
&deMoonseigneur le Duc de
Chartres,juge à propos de
vous apprendre qu'il est l'Auteur
des habits ébloüissants de
richesses & de diamants que
leurs Altcffcs Royales ont porté
le jour de l'Audience de
l'Ambassadeur de Per seà Versailles.
Il devoit ajoûter à cet
avis,qu'il en fait de pareilsà
juste prix, & vous donner son
adresse.
Je sçay un autre Tailleur
quin'est pas à beaucoup prés
de cette volée; il n'en csi cependant
pas moins un des plus
habiles hommes qu'il y ait à
Paris dans ce genre. Sa coupe
elt admirable,& ses desseins
en broderie &engallons fonc
nouveaux encres ingenieux. Il
s'appelle Henry Mestin. Il demeure
chez un Cordonnier,
prés l'Hostel de Mantouë, ruë
Betizy.
Fermer
7741
p. 2083-2085
LE TRIOMPHE D' AMPHITRITE, CANTATE.
Mots clefs :
Hymen, Regard languissant, Soupir doux, Vainqueurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE TRIOMPHE D' AMPHITRITE, CANTATE.
LE
TRIOMPHE
D' AMPHITRITE ,
CANTATE.
Depuis le jour qu'aux yeux d'une brillant
Cour ,
Venus parut et si fiere et si belle ,
Lorsque l'Hymen de concert avec ellt ,
La menoit à Cythere établir son séjour ,
Amphitrite rêveuse , inquiéte et jalouse ,
Des honneurs qu'on rendoit à la nouvelle épouse,
Pressoit le Dieu des Eaux de vouloir à son tour ,
Attacher à son Char l'Hymenée et l'Amour ;
Un regard languissant, un soupir doux et tendre
Qui s'échappoit à tout moment ,
De ses souhaits instruisoit son Amant ,
Et Neptune amoureux , ne pouvant se deffendrej
Contre un si juste empressement,
Ne différa plus de s'y rendre.
Que ne peuvent point sur nos coeurs ,
Les appas riants et flatteurs ,
D'une Nymphe jeune et charmante ?
Ce sont de trop puissans vainqueurs ,
Tout nous séduit , tout nous enchante.
B. vj Hymen
2084 MERCURE DE FRANCE
Hymen , que ton joug est charmant ,
Quand c'est la Maîtresse et l'Amant
Qui s'y sont engagez sans peine ;
Mais il n'est heureux qu'un moment ;
Si l'Amour n'en serre la chaîne .
Que ne peuvent point , &c .
'Amphitrite paroît sur la face des Eaux ,
Là, brille de son Char , la pompe triomphale ;
1
Les Nymphes quittent leurs Roseaux ,
Pour venir de Venus honorer la Rivale ;
Les Tritons , tous les Dieux des Mèrs ,
S'assemblent pour la voir des bouts de l'Univers;
Eblouis , charmez de sa gloire.
Leurs cris de joye éclattent jusqu'aux Cieux,
Tous à l'envi celebrent sa victoire ,
Par ce Concert mélodieux.
Triomphez , aimable Déesse ;
Joüissez des plus grands bienfaits,
Qu'a mérité votre tendresse ,
Et qui sont dus à vos attraits.
De l'Element le plus terrible ;
Les Jeux , les Ris et les Amours >
Ont fait un séjour si paisible ,
Que le calme y regne toûjours.
Triomphez , aimable Déesse , &c.
Cc's
SEPTEMBRE. 1731. 2005
Ces transports , ces chants d'allegresse ,
Qu'on entend redoubler sans cesse
Ce triomphe éclatant , ce superbe appareil ,.
Troublent l'Aurore à son réveil ,-
SEt
les brulants coursiers du Dieu de la lumiere:
Sortant de l'humide Element ,
Apeine ouvrent-ils leur paupiere ;
Qu'ils sont saisis d'étonnement.
Les Aquilons retiennent leur haleine
Ravis de cet enchantement ;
1 disparut , helas ! et la liquide Plaine ,
Ne redonna jamais ce spectable charmant.
L'Amour forcé ne sçauroit plaire ;
Eût-il mille fois plus d'appas ;
Confus , il s'envole à Cythere ,,
L'Amour ne se commande pas
Les plaisirs d'une amour nouvelle
Sont des plaisirs plus ravissants ,
Chaque Printemps les renouvelle ,
Ceux de l'Hymen sont languissants.
L'Amour forcé ne sçauroit plaire , &Co
TRIOMPHE
D' AMPHITRITE ,
CANTATE.
Depuis le jour qu'aux yeux d'une brillant
Cour ,
Venus parut et si fiere et si belle ,
Lorsque l'Hymen de concert avec ellt ,
La menoit à Cythere établir son séjour ,
Amphitrite rêveuse , inquiéte et jalouse ,
Des honneurs qu'on rendoit à la nouvelle épouse,
Pressoit le Dieu des Eaux de vouloir à son tour ,
Attacher à son Char l'Hymenée et l'Amour ;
Un regard languissant, un soupir doux et tendre
Qui s'échappoit à tout moment ,
De ses souhaits instruisoit son Amant ,
Et Neptune amoureux , ne pouvant se deffendrej
Contre un si juste empressement,
Ne différa plus de s'y rendre.
Que ne peuvent point sur nos coeurs ,
Les appas riants et flatteurs ,
D'une Nymphe jeune et charmante ?
Ce sont de trop puissans vainqueurs ,
Tout nous séduit , tout nous enchante.
B. vj Hymen
2084 MERCURE DE FRANCE
Hymen , que ton joug est charmant ,
Quand c'est la Maîtresse et l'Amant
Qui s'y sont engagez sans peine ;
Mais il n'est heureux qu'un moment ;
Si l'Amour n'en serre la chaîne .
Que ne peuvent point , &c .
'Amphitrite paroît sur la face des Eaux ,
Là, brille de son Char , la pompe triomphale ;
1
Les Nymphes quittent leurs Roseaux ,
Pour venir de Venus honorer la Rivale ;
Les Tritons , tous les Dieux des Mèrs ,
S'assemblent pour la voir des bouts de l'Univers;
Eblouis , charmez de sa gloire.
Leurs cris de joye éclattent jusqu'aux Cieux,
Tous à l'envi celebrent sa victoire ,
Par ce Concert mélodieux.
Triomphez , aimable Déesse ;
Joüissez des plus grands bienfaits,
Qu'a mérité votre tendresse ,
Et qui sont dus à vos attraits.
De l'Element le plus terrible ;
Les Jeux , les Ris et les Amours >
Ont fait un séjour si paisible ,
Que le calme y regne toûjours.
Triomphez , aimable Déesse , &c.
Cc's
SEPTEMBRE. 1731. 2005
Ces transports , ces chants d'allegresse ,
Qu'on entend redoubler sans cesse
Ce triomphe éclatant , ce superbe appareil ,.
Troublent l'Aurore à son réveil ,-
SEt
les brulants coursiers du Dieu de la lumiere:
Sortant de l'humide Element ,
Apeine ouvrent-ils leur paupiere ;
Qu'ils sont saisis d'étonnement.
Les Aquilons retiennent leur haleine
Ravis de cet enchantement ;
1 disparut , helas ! et la liquide Plaine ,
Ne redonna jamais ce spectable charmant.
L'Amour forcé ne sçauroit plaire ;
Eût-il mille fois plus d'appas ;
Confus , il s'envole à Cythere ,,
L'Amour ne se commande pas
Les plaisirs d'une amour nouvelle
Sont des plaisirs plus ravissants ,
Chaque Printemps les renouvelle ,
Ceux de l'Hymen sont languissants.
L'Amour forcé ne sçauroit plaire , &Co
Fermer
Résumé : LE TRIOMPHE D' AMPHITRITE, CANTATE.
Le texte présente la cantate 'Le Triomphe d'Amphitrite'. Amphitrite, jalouse des honneurs rendus à Vénus lors de son mariage, souhaite que Neptune célèbre leur union. Ému par ses regards et soupirs, Neptune accepte. La cantate célèbre ensuite le triomphe d'Amphitrite, qui apparaît sur les eaux avec une pompe triomphale, accompagnée des nymphes, des tritons et des dieux des mers. Tous célèbrent sa victoire et la paix qu'elle apporte. Cependant, le texte souligne que l'amour forcé ne peut plaire et que les plaisirs d'un nouvel amour sont plus ravissants que ceux de l'Hymen. L'Amour est décrit comme incontrôlable et les plaisirs de l'Hymen comme languissants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7742
p. 1739-1742
EPITRE A *** Sur le Retour d'un Voyage.
Début :
De mon départ rétroactif, [...]
Mots clefs :
Voyage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE A *** Sur le Retour d'un Voyage.
EPITRE
DE
A
** *
Sur le Retour d'un Voyage.
mon départ rétroactif,
Jufqu'à ce moment inclufif,
Voici tout le récitatif ,
Fidele , fincere & naïf.
Plus à vous qu'aux Turcs n'eft Captif,
De vous quitter point trop hâtif,
Par un effort réfolutif ,
Ayant fait le diſpoſitif ,
De mon bagage portatif,
Et pris votre avis décifif ,
Après un dîné nutritif ,
Et notre adieu trifte & plaintif ;
Sur un cheval point trop retif,
Inceffamment en vous penfif ,
J'arrive à Betz d'un pas fort vif,
Sain & fans être maladif,
Fors du derriere un peu paſſif.
Là reçu d'un air affectif,
D'un Prieur gros , gras , fubftantif,
Franc , genereux , habile , actif,
Et d'efprit doux , très attractif ;
Après propos récréatif,
C ij E
(1740 MERCURE DE FRANCE
Et compliment perſuaſif ,
Le tout d'un ton fort expreffif,
Dans fon Jardin auprès d'un If,
J'ai trouvé le préparatif ,
Et le charmant expofitif,
D'un repas dont tout l'oblatif,
Si mieux vous n'aimez le datif,
Ou bien plutôt le donatif ,
Me parut très-excitatif.
Bien ordonné , exquifitif,
Et dont tout Pilluminatif ,
Fut en cire & non pas en fuif.
D'abord, comme homme expeditif ,
D'un couteau mieux que d'un canif,
Ayant coupé fans être oifif,
J'ai mangé comme un franc pouffif;
Puis d'un vin corroboratif,
De boire à vous ne fus tardif,
Et Bacchus étant correctif ,
Du chagrin noir & corrofif,
Que caufe à mon coeur fenfitif ,
Notre Eloignement afflictif,
De fon doux jus confolatif,
J'ai tant pris de confortatif ,
Que plein de ce préſervatif ,
Pour n'aller jufqu'au vomitif,
J'euffe eu befoin d'un lenitif ,
Emoliant & déterfif,
Pour
A O UST. 1730. 174
1
Pour faire en bas tout l'attractif,
Si Monfieur mon gros Pofitif , '
D'un naturel aperitif ,
N'eût par un ample lexatif ,
Fait de tout un prompt expulfif;
Ce qui m'eft un indicatif ,
Certain & fignificatif,
D'un fommeil réfrigeratif ,
Tranquille & très-foporatif.
Ainfi avant mon dormitif ,
Je vais prier Dieu , non en Juif ;
Mais en Chrétien contemplatif,
En pecheur touché jufqu'au vif ;
Qu'il veuille être confervatif ,
De moi , fon enfant adoptif,
Et puis vous affurer en if,
Qu'à votre moindre imperatif ,
Je ferai trés-expeditif,
Sans y jamais être fautif,
Et que mon plus grand optatif ,
Sera d'être à l'infinitif,
Avec privilege exclufif ,
Et fans aucun diminutif ,
Mais plutôt avec adjectif ,
Votre ami le plus effectif ,
Le plus vrai , le plus affectif,
A tous autres fuperlatif ,
Et fans aucun comparatif.
12
Cilj Voulez
1742 MERCURE DE FRANCE
Voulez- vous plus de mots en if?
'Apprenez-m'en le vocatif,
Ou plutôt le nominatif ,
Car j'en ai vuidé mon Tarif ,
Et vous fais humble accuſatif ,
Que plus n'en fuis mémoratif.
L'Abbé L .:
DE
A
** *
Sur le Retour d'un Voyage.
mon départ rétroactif,
Jufqu'à ce moment inclufif,
Voici tout le récitatif ,
Fidele , fincere & naïf.
Plus à vous qu'aux Turcs n'eft Captif,
De vous quitter point trop hâtif,
Par un effort réfolutif ,
Ayant fait le diſpoſitif ,
De mon bagage portatif,
Et pris votre avis décifif ,
Après un dîné nutritif ,
Et notre adieu trifte & plaintif ;
Sur un cheval point trop retif,
Inceffamment en vous penfif ,
J'arrive à Betz d'un pas fort vif,
Sain & fans être maladif,
Fors du derriere un peu paſſif.
Là reçu d'un air affectif,
D'un Prieur gros , gras , fubftantif,
Franc , genereux , habile , actif,
Et d'efprit doux , très attractif ;
Après propos récréatif,
C ij E
(1740 MERCURE DE FRANCE
Et compliment perſuaſif ,
Le tout d'un ton fort expreffif,
Dans fon Jardin auprès d'un If,
J'ai trouvé le préparatif ,
Et le charmant expofitif,
D'un repas dont tout l'oblatif,
Si mieux vous n'aimez le datif,
Ou bien plutôt le donatif ,
Me parut très-excitatif.
Bien ordonné , exquifitif,
Et dont tout Pilluminatif ,
Fut en cire & non pas en fuif.
D'abord, comme homme expeditif ,
D'un couteau mieux que d'un canif,
Ayant coupé fans être oifif,
J'ai mangé comme un franc pouffif;
Puis d'un vin corroboratif,
De boire à vous ne fus tardif,
Et Bacchus étant correctif ,
Du chagrin noir & corrofif,
Que caufe à mon coeur fenfitif ,
Notre Eloignement afflictif,
De fon doux jus confolatif,
J'ai tant pris de confortatif ,
Que plein de ce préſervatif ,
Pour n'aller jufqu'au vomitif,
J'euffe eu befoin d'un lenitif ,
Emoliant & déterfif,
Pour
A O UST. 1730. 174
1
Pour faire en bas tout l'attractif,
Si Monfieur mon gros Pofitif , '
D'un naturel aperitif ,
N'eût par un ample lexatif ,
Fait de tout un prompt expulfif;
Ce qui m'eft un indicatif ,
Certain & fignificatif,
D'un fommeil réfrigeratif ,
Tranquille & très-foporatif.
Ainfi avant mon dormitif ,
Je vais prier Dieu , non en Juif ;
Mais en Chrétien contemplatif,
En pecheur touché jufqu'au vif ;
Qu'il veuille être confervatif ,
De moi , fon enfant adoptif,
Et puis vous affurer en if,
Qu'à votre moindre imperatif ,
Je ferai trés-expeditif,
Sans y jamais être fautif,
Et que mon plus grand optatif ,
Sera d'être à l'infinitif,
Avec privilege exclufif ,
Et fans aucun diminutif ,
Mais plutôt avec adjectif ,
Votre ami le plus effectif ,
Le plus vrai , le plus affectif,
A tous autres fuperlatif ,
Et fans aucun comparatif.
12
Cilj Voulez
1742 MERCURE DE FRANCE
Voulez- vous plus de mots en if?
'Apprenez-m'en le vocatif,
Ou plutôt le nominatif ,
Car j'en ai vuidé mon Tarif ,
Et vous fais humble accuſatif ,
Que plus n'en fuis mémoratif.
L'Abbé L .:
Fermer
Résumé : EPITRE A *** Sur le Retour d'un Voyage.
L'épître décrit le retour d'un voyageur à Betz. Le narrateur exprime son regret de quitter son destinataire et relate un départ marqué par un adieu triste. Arrivé à Betz en bonne santé, sauf pour une légère douleur au dos, il est accueilli par un prieur généreux et actif. Ce dernier lui offre un repas délicieux dans un jardin près d'un if. Le narrateur mange avec appétit et boit du vin pour apaiser son chagrin dû à la séparation. Après le repas, il se repose grâce à un sommeil réparateur. Avant de dormir, il prie Dieu pour sa protection et exprime son désir de rester toujours avec son destinataire, se déclarant son ami le plus affectueux et véritable. Il mentionne avoir épuisé son vocabulaire en 'if' et se met humblement à la disposition de son destinataire pour en apprendre davantage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7743
p. 275-281
MORTS.
Début :
Dame Marie de la Baume le Blanc, veuve de Messire [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Dame Marie de la Baume
le Blanc , veuve de Meffire
Erard du Chafteler , Maréchal
de Lorraine & Barrois ,
& auparavant veuve de
Meffire Charles Bruneau
Marquis de la Rabateliere ,
mourut le 27. Decembre
1712. âgéc de 88, ans.
Dame Marie - Joſephe
Euphemie Drummont de
Melfort, époufe de Dom176
MERCURE
Joſeph de Rozas , Comte
de Caftelblanco , Chevalier
de l'Ordre d'Alcantara ,
mourut à Paris le 28. Decembre
1712. en fa 20.
année , aprés eftre accouchée
de
deux
garçons,
Dame Jeanne de Geneft ,
feconde femme & veuve de
Meffire Guy de Bar , Lieutenant
General des Armées
du Roy , Gouverneur &
grand Bailly d'Amiens ,
mourut le 30.. Decembre
1712. ayant eu N. de Bar ,
Colonel & Brigadier de Ca
valerie , Gouverneur d'AGALANT.
277
miens , tué à la Bataille de
Ramelis , fans laiffer de pofterité
de Dame Françoife le
Dangereux de Maillé.
Le P. François Chauchemer,
Docteur de Sorbonne,
Prédicateur ordinaire du
'
Roy, Ancien Profeffeur en
Theologie, & Ancien Prieur
des Jacobins de la rue S.
Jacques , y mourut le 6
Fanvier 1713. âgé de 75
ans , en reputation d'un des
plus grands hommes de fon
Ordre.
Meffire Jofeph Camus des
Touches , Controlleur Ge278
MERCURE
neral de l'Artillerie de
France , mourut le
vier
1713.
Jan-
Dame Marie Godefroy
veuve de Nicolas Baillet
S' de la Cour , Mere de Madame
la Ducheffe de Grammont
, mourut le 12. Janvier
1713. âgée de 88. ans.
Meffire François Maf..
cranni , Marquis de Parey ,
Seigneur d'Hermé , &c.
mourut le 1 2. Janvier 1713.
laiffant un fils Confeiller au
grand Confeil
.
Jean- Baptifte Theodon ,
Sculpteur ordinaire du Roy,
GALANT. 279
Profeffeur en fon Academic
Royale de Peinture & Sculp
ture , cy- devant Directeur
de l'Academic que le Roy
entretient à Rome , & Pre
fet de l'Academie Italienne ,
mourut le 18. Janvier 171-3 .
Dame Catherine Hya
cinthe d'Aubuffon , épouſe
de Meffire François de Verthamon
, Seigneur de Villemenon
& de la Ville aux
Clercs , Confeiller de la
grande Chambre du Parle
ment , & auparavant veuve
de Meffire Henry Guillaume
de Razes , Seigneur de Mo280
MERCURE
nimes , mourut le 18. Janvier
1713 .
Dame Genevieve Loys,
veuve de Meffire Nicolas
Hatte , Chevalier , Seigneur
de Chevilly , Montizambert
, & c. Ancien Receveur
General des Finances , mourut
le 19. Janvier 1713 .
laiffant entr'autres enfans
un fils Confeiller de la Cour
des Aydes .
Meffice Michel Saulnier ,
Seigneur du Comté en Brie ,
Prefident de la Cour des
Aydes , mourut le 20. Jah-b
vier âgé de 69. laiffant
pofterité.
$
GALANT. 281
Meffire Henry Louis de
Fourcy , Chevalier , Seigneur
de Cheffi , Chevalier,
Jublins , &c. Maiftte des
Requeftes , mourut le 22 .
Janvier 1713.
Magdelaine le Cas Religieufe
de la Congregation
de Nofte- Dame à Soiffons .
と
mourut le 3 Janvier , âgée
de cent fept ans .
Dame Marie de la Baume
le Blanc , veuve de Meffire
Erard du Chafteler , Maréchal
de Lorraine & Barrois ,
& auparavant veuve de
Meffire Charles Bruneau
Marquis de la Rabateliere ,
mourut le 27. Decembre
1712. âgéc de 88, ans.
Dame Marie - Joſephe
Euphemie Drummont de
Melfort, époufe de Dom176
MERCURE
Joſeph de Rozas , Comte
de Caftelblanco , Chevalier
de l'Ordre d'Alcantara ,
mourut à Paris le 28. Decembre
1712. en fa 20.
année , aprés eftre accouchée
de
deux
garçons,
Dame Jeanne de Geneft ,
feconde femme & veuve de
Meffire Guy de Bar , Lieutenant
General des Armées
du Roy , Gouverneur &
grand Bailly d'Amiens ,
mourut le 30.. Decembre
1712. ayant eu N. de Bar ,
Colonel & Brigadier de Ca
valerie , Gouverneur d'AGALANT.
277
miens , tué à la Bataille de
Ramelis , fans laiffer de pofterité
de Dame Françoife le
Dangereux de Maillé.
Le P. François Chauchemer,
Docteur de Sorbonne,
Prédicateur ordinaire du
'
Roy, Ancien Profeffeur en
Theologie, & Ancien Prieur
des Jacobins de la rue S.
Jacques , y mourut le 6
Fanvier 1713. âgé de 75
ans , en reputation d'un des
plus grands hommes de fon
Ordre.
Meffire Jofeph Camus des
Touches , Controlleur Ge278
MERCURE
neral de l'Artillerie de
France , mourut le
vier
1713.
Jan-
Dame Marie Godefroy
veuve de Nicolas Baillet
S' de la Cour , Mere de Madame
la Ducheffe de Grammont
, mourut le 12. Janvier
1713. âgée de 88. ans.
Meffire François Maf..
cranni , Marquis de Parey ,
Seigneur d'Hermé , &c.
mourut le 1 2. Janvier 1713.
laiffant un fils Confeiller au
grand Confeil
.
Jean- Baptifte Theodon ,
Sculpteur ordinaire du Roy,
GALANT. 279
Profeffeur en fon Academic
Royale de Peinture & Sculp
ture , cy- devant Directeur
de l'Academic que le Roy
entretient à Rome , & Pre
fet de l'Academie Italienne ,
mourut le 18. Janvier 171-3 .
Dame Catherine Hya
cinthe d'Aubuffon , épouſe
de Meffire François de Verthamon
, Seigneur de Villemenon
& de la Ville aux
Clercs , Confeiller de la
grande Chambre du Parle
ment , & auparavant veuve
de Meffire Henry Guillaume
de Razes , Seigneur de Mo280
MERCURE
nimes , mourut le 18. Janvier
1713 .
Dame Genevieve Loys,
veuve de Meffire Nicolas
Hatte , Chevalier , Seigneur
de Chevilly , Montizambert
, & c. Ancien Receveur
General des Finances , mourut
le 19. Janvier 1713 .
laiffant entr'autres enfans
un fils Confeiller de la Cour
des Aydes .
Meffice Michel Saulnier ,
Seigneur du Comté en Brie ,
Prefident de la Cour des
Aydes , mourut le 20. Jah-b
vier âgé de 69. laiffant
pofterité.
$
GALANT. 281
Meffire Henry Louis de
Fourcy , Chevalier , Seigneur
de Cheffi , Chevalier,
Jublins , &c. Maiftte des
Requeftes , mourut le 22 .
Janvier 1713.
Magdelaine le Cas Religieufe
de la Congregation
de Nofte- Dame à Soiffons .
と
mourut le 3 Janvier , âgée
de cent fept ans .
Fermer
Résumé : MORTS.
Le texte énumère les décès survenus entre décembre 1712 et janvier 1713. Dame Marie de la Baume, veuve d'Erard du Chasteler et de Charles Bruneau, est décédée le 27 décembre 1712 à 88 ans. Dame Marie-Josèphe Euphemie Drummond de Melfort, épouse de Joseph de Rozas, Comte de Castelblanco, est morte à Paris le 28 décembre 1712 à 20 ans, après avoir accouché de deux garçons. Dame Jeanne de Genest, veuve de Guy de Bar, Lieutenant Général des Armées du Roy, est décédée le 30 décembre 1712. Le Père François Chauchemer, Docteur de Sorbonne et Prédicateur ordinaire du Roy, est mort le 6 janvier 1713 à 75 ans. Joseph Camus des Touches, Contrôleur Général de l'Artillerie de France, est décédé le 1er janvier 1713. Dame Marie Godefroy, veuve de Nicolas Baillet et mère de la Duchesse de Grammont, est morte le 12 janvier 1713 à 88 ans. François Mascranni, Marquis de Parey, a laissé un fils Conseiller au grand Conseil. Jean-Baptiste Théodon, Sculpteur ordinaire du Roy et Professeur à l'Académie Royale de Peinture et Sculpture, est décédé le 18 janvier 1713. Dame Catherine Hyacinthe d'Aubuffon, épouse de François de Verthamon, est morte le 18 janvier 1713. Dame Geneviève Loys, veuve de Nicolas Hatte, Ancien Receveur Général des Finances, est décédée le 19 janvier 1713, laissant un fils Conseiller de la Cour des Aydes. Michel Saulnier, Président de la Cour des Aydes, est mort le 20 janvier 1713 à 69 ans. Henry Louis de Fourcy, Chevalier et Maître des Requêtes, est décédé le 22 janvier 1713. Magdelaine le Cas, Religieuse de la Congrégation de Notre-Dame à Soissons, est morte le 3 janvier 1713 à 107 ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7744
p. 265-273
Plusieurs Abjurations, [titre d'après la table]
Début :
Il s'est fait une Abjuration fort remarquable par les circonstances [...]
Mots clefs :
Abjurations, Religion prétendue réformée, Familles, Hérésie, Lumières, Religieuses, Déclaration, Calvin, Gentilhomme, Controverse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Plusieurs Abjurations, [titre d'après la table]
Il s'eft fait une Abjuration
fort remarquable par
les circonftances dont elle
a efté accompagnée. Ce
que j'ay à vous en dire eft
arrivé à Orbec,Ville en Normandie,
où il y a
y a Bailliage.
Le Seigneur du lieu eft de
la Religion Prétenduë Reformée,
dont quantité d'Habitans
font profeffion. La
commodité d'un Prefche,
où l'exercice public s'en fait
Novembre 1681. Z
266 MERCVRE
dans ce mefme lieu , eft caufe
que beaucoup de Familles
anciennes reftent dans l'erreur.
Celle de M Defpars
Avocat d'Orbec eft de ce
nombre. Il a dix ou douze
Enfans qu'il a pris garnd
foin de bien inftruire dans
Heréfie qu'il profeffe. Ses
,
inftructions n'ont pourtant
point empefché que les lumieres
d'Enhaut n'ayent é
clairé l'une de fes Filles , qui
quoy qu'elle n'ait qu'onze
ans & demy , a l'eſprit tresmeûr
& fort avancé. Cette
jeune Fille tenant fa Reli
GALANT 267
1.
gion fufpecte , fe refolut de
quitter ſon Pere , pour ſe retirer
dans un Convent
de
Religieufes
qui font à Orbec.
Elle y alla le huitiéme
de Juillet , & n'y fut receuè
qu'après que Abbeffe du
Convent le vit appuyée de
l'autorité
de la Juftice
cut l'approbation
de fes Parens
Catholiques
. Mde
Touteville
, Juge en femai-
Gentilhomme
tres - zelé
ne ,
&
pour l'intereft de l'Eglife , luy
evint faire ouvrir les Portes,
en préfence de Meffieurs le
Burgois & de la Guerriere
Z ij
268 MERCVRE
Pere & Fils , Gentilshommes
de mérite : & proches
Parens de la Demoiselle.
Son Pere auffi furpris qu'affligé
de fi retraite , préfenta
Requelle aux Juges , dont
il poffedoit affez l'efprit, afin
que fa Fille luy fuſt rendue.
Il remontroit que fuivant la
Declaration de Sa Majefté
de 1669 11ile luy pouvoit
eftre permis de changer de
Religion , puis
usbuis qu'elle n'avot
point encor atteint
l'âge de douze ans. M' de
Touteville s'oppofa de tour
fon pouvoir à fa Requeſte
;
GALANT 269
mais quoy qu'il pût faire, il
euft efté difficile d'en empef
cher fort long- temps l'effet,
fi heureufement on n'euft
receu par la Pofte une nouvelle
Declaration du Roy,
verifiée le mefme jour 8 .
Juillet , qui permet à tous
Enfans au deffus de fept années,
de quitter Calvin pour
fe faire Catholiques. Ce fut
une grande joye pour cette
Fille , qui cut pleine liberté
de refter dans le Convent ,
& d'y recevoir les inftrutions
qui luy eftoient neceffaires.
Elle abjura il y a
Z iij
270 MEROVRE
un mois ou deux dans la
principale Eglife d'Orbec ,
entre les mains de Mle
Grand Vicaire de Lifieux .
Le Clergé avec tout le Corps
de la Juſtice , alla la prendre
au Convent des Religieufes
Madame de Touteville
eftoit avec elle , &
l'accompagna à l'Eglife, ainfque
plufieurs Demoifelles
qui portoient chacune
un Cierge blanc à la main .
Voyez , Madame , comme
le Roy fournit tous les jours
de nouveaux moyens pour
extirper l'Hérefie . En effet ,
GALANT: 271
2
il femble que Sa Declara
tion du 8. de Juillet ait efté
faite pour autoriſer la sconverfion
de cette jeune Perfonne.
On dit que M ' Def
pars ſon Pere commence à
ouvrir les yeux fur l'aveuglement
où il a toujours vêcu
. Ce feroit un grand bonheur
pour tous
ceux
de sfa
Famille
, & pour
beaucoup
d'autres
, à qui
fon
exemple
donneroit
fujet
d'examiner
plus
à fond
le funefte
engagement
ou
les
amis
leur
naiffancem
zussion
ab
JM
de Roffin
Gentilhom-
Z iiij
272 MERCVRE
me de Champagne, fort ef
timés de tous ceux qui le
connoiffent , pour les belles
lumieres de fon eſprit , a
fait auffi abjuration depuis
quelques jours entre les
mains du PereAlexis du Buc
Theatin , qui s'applique fans
relâche à la Converfion des
Herétiques , & qui le premier
Dimanche de ce mois ,
commença la Controverfe
par l'Eloge de fa Majefté.
Il dit , que cet invincible Mo
narque travailloit fans ceffe par.
la grandeur de fes Actions , &
par l'équité defes Arreſts , à reGALANT.
273
mettre dans l'Eglife ceux quir
s'en font feparez qu'il venoit
de rétablir le vray Culte dans
une Ville , d'où la tyrannie de
l'Hérefie l'avoit banny depuis
plus d'unfiecle : qu'il avoit pris
Soin de redreffer des Autels que
l'Impieté avoit abatus , qu'il
avoit fait entrer le veritable
Paſteur dans la Bergerie , dont
de faux Pafteurs s'effoient rendus
maiftres ; & que ces prodigesfaifoient
affez voir que rien
n'eftoit impoffible à un Prince
que le zele de la Maifondu Seigneur
devoroitzub
fort remarquable par
les circonftances dont elle
a efté accompagnée. Ce
que j'ay à vous en dire eft
arrivé à Orbec,Ville en Normandie,
où il y a
y a Bailliage.
Le Seigneur du lieu eft de
la Religion Prétenduë Reformée,
dont quantité d'Habitans
font profeffion. La
commodité d'un Prefche,
où l'exercice public s'en fait
Novembre 1681. Z
266 MERCVRE
dans ce mefme lieu , eft caufe
que beaucoup de Familles
anciennes reftent dans l'erreur.
Celle de M Defpars
Avocat d'Orbec eft de ce
nombre. Il a dix ou douze
Enfans qu'il a pris garnd
foin de bien inftruire dans
Heréfie qu'il profeffe. Ses
,
inftructions n'ont pourtant
point empefché que les lumieres
d'Enhaut n'ayent é
clairé l'une de fes Filles , qui
quoy qu'elle n'ait qu'onze
ans & demy , a l'eſprit tresmeûr
& fort avancé. Cette
jeune Fille tenant fa Reli
GALANT 267
1.
gion fufpecte , fe refolut de
quitter ſon Pere , pour ſe retirer
dans un Convent
de
Religieufes
qui font à Orbec.
Elle y alla le huitiéme
de Juillet , & n'y fut receuè
qu'après que Abbeffe du
Convent le vit appuyée de
l'autorité
de la Juftice
cut l'approbation
de fes Parens
Catholiques
. Mde
Touteville
, Juge en femai-
Gentilhomme
tres - zelé
ne ,
&
pour l'intereft de l'Eglife , luy
evint faire ouvrir les Portes,
en préfence de Meffieurs le
Burgois & de la Guerriere
Z ij
268 MERCVRE
Pere & Fils , Gentilshommes
de mérite : & proches
Parens de la Demoiselle.
Son Pere auffi furpris qu'affligé
de fi retraite , préfenta
Requelle aux Juges , dont
il poffedoit affez l'efprit, afin
que fa Fille luy fuſt rendue.
Il remontroit que fuivant la
Declaration de Sa Majefté
de 1669 11ile luy pouvoit
eftre permis de changer de
Religion , puis
usbuis qu'elle n'avot
point encor atteint
l'âge de douze ans. M' de
Touteville s'oppofa de tour
fon pouvoir à fa Requeſte
;
GALANT 269
mais quoy qu'il pût faire, il
euft efté difficile d'en empef
cher fort long- temps l'effet,
fi heureufement on n'euft
receu par la Pofte une nouvelle
Declaration du Roy,
verifiée le mefme jour 8 .
Juillet , qui permet à tous
Enfans au deffus de fept années,
de quitter Calvin pour
fe faire Catholiques. Ce fut
une grande joye pour cette
Fille , qui cut pleine liberté
de refter dans le Convent ,
& d'y recevoir les inftrutions
qui luy eftoient neceffaires.
Elle abjura il y a
Z iij
270 MEROVRE
un mois ou deux dans la
principale Eglife d'Orbec ,
entre les mains de Mle
Grand Vicaire de Lifieux .
Le Clergé avec tout le Corps
de la Juſtice , alla la prendre
au Convent des Religieufes
Madame de Touteville
eftoit avec elle , &
l'accompagna à l'Eglife, ainfque
plufieurs Demoifelles
qui portoient chacune
un Cierge blanc à la main .
Voyez , Madame , comme
le Roy fournit tous les jours
de nouveaux moyens pour
extirper l'Hérefie . En effet ,
GALANT: 271
2
il femble que Sa Declara
tion du 8. de Juillet ait efté
faite pour autoriſer la sconverfion
de cette jeune Perfonne.
On dit que M ' Def
pars ſon Pere commence à
ouvrir les yeux fur l'aveuglement
où il a toujours vêcu
. Ce feroit un grand bonheur
pour tous
ceux
de sfa
Famille
, & pour
beaucoup
d'autres
, à qui
fon
exemple
donneroit
fujet
d'examiner
plus
à fond
le funefte
engagement
ou
les
amis
leur
naiffancem
zussion
ab
JM
de Roffin
Gentilhom-
Z iiij
272 MERCVRE
me de Champagne, fort ef
timés de tous ceux qui le
connoiffent , pour les belles
lumieres de fon eſprit , a
fait auffi abjuration depuis
quelques jours entre les
mains du PereAlexis du Buc
Theatin , qui s'applique fans
relâche à la Converfion des
Herétiques , & qui le premier
Dimanche de ce mois ,
commença la Controverfe
par l'Eloge de fa Majefté.
Il dit , que cet invincible Mo
narque travailloit fans ceffe par.
la grandeur de fes Actions , &
par l'équité defes Arreſts , à reGALANT.
273
mettre dans l'Eglife ceux quir
s'en font feparez qu'il venoit
de rétablir le vray Culte dans
une Ville , d'où la tyrannie de
l'Hérefie l'avoit banny depuis
plus d'unfiecle : qu'il avoit pris
Soin de redreffer des Autels que
l'Impieté avoit abatus , qu'il
avoit fait entrer le veritable
Paſteur dans la Bergerie , dont
de faux Pafteurs s'effoient rendus
maiftres ; & que ces prodigesfaifoient
affez voir que rien
n'eftoit impoffible à un Prince
que le zele de la Maifondu Seigneur
devoroitzub
Fermer
Résumé : Plusieurs Abjurations, [titre d'après la table]
En novembre 1681, à Orbec, une ville normande avec un bailliage, une jeune fille de onze ans et demi, fille de l'avocat Defpars, quitta sa famille pour entrer dans un couvent de religieuses catholiques. Son père, protestant, tenta de la récupérer en se basant sur une déclaration royale de 1669 qui permettait aux enfants de moins de douze ans de changer de religion. Cependant, une nouvelle déclaration royale du 8 juillet 1681 autorisait les enfants de plus de sept ans à se convertir au catholicisme. La jeune fille abjura donc le protestantisme quelques semaines plus tard dans l'église principale d'Orbec, en présence du clergé et des autorités locales. Parallèlement, Monsieur de Roffin, un gentilhomme de Champagne, fit également abjuration grâce aux efforts du Père Alexis du Buc, un théatin reconnu pour ses conversions. Le Père Alexis exprima sa gratitude envers le roi pour ses initiatives visant à restaurer le culte catholique dans les régions protestantes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7745
p. 253-263
OBSERVATIONS sur la Méthode d'Accompagnement pour le Clavecin qui est en usage, & qu'on appelle Echelle ou Regle de l'Octave.
Début :
Les premiers élemens de la rgele de l'Octave consistent à donner aux [...]
Mots clefs :
Octave, Musique, Accords, Règles, Exceptions, Musicien, Triton
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : OBSERVATIONS sur la Méthode d'Accompagnement pour le Clavecin qui est en usage, & qu'on appelle Echelle ou Regle de l'Octave.
OBSERF ATIONS fur U Mé
thode d' Accompagnement four le Cla~,
vecin qui est en usage , & qu'on ap
pelle Echelle ou Règle de l'Ottave.
LEs premiers Siemens de la règle de
i' Octave consistent à donner aux
doigts des habitudes conformes aux ac
cords qu'elle prescrit Xur jes degrés xonscíutifs
d'un Mode.
Cette règle renferme quelque chose
de bon ; mais elle est tellement bornée,
qu'il faut dans Ja fuite y faire un nom
bre infini d'exceptions , que les Maîtres
se réservent d'enseigner, à mesure que
les cas s'en présentent.
Le détail de ces exceptions est prodi
gieux i la.connoiflance & la pratique en
font- remplies de difficultés presque in
surmontables , par la multiplicité des ac
cords , par la variation infinie de leurs
Accorhpagnemens , par la surprise où
jettent sans cesse les différentes formes
de succession dont chaque accord en
particulier est susceptible , & qui sont sou
vent contraires aux habitudes déja for
mées , par la confusion des règles fondaoiçntíks
syeç ççUes de gout , par le
154 MERCURE DE FRANCE,
vuide que l'harmonie y souffre le plus
íbuvent , par le peu de ressource que I'ot
reille y trouve pour se former aux. véri
tables progrès des sons , par l'assujetifsement
trop servile aux chifres souvent
fautifs , enfin par les fausses applications
auxquelles des règles de détail éc des ex
ceptions innombrables ne peuvent man
quer d'être sujettes.
La Règle de l'Octave, avec ses excep»
tions , contient 12. Accords dans cha
que Mode , dont yoici l'énumération ca
abrégé. • -
U Accord parfait , la 6e , la 6* ÔC 4 e,
la 7e , la petite 7e , la fausse 5e , la petite
6e , le Triton , la 7e superflue' , la $e su
perflue , la 2e , la 6e'& 5e, la $e com-
{úette , la 9e simple , la 4e , la 9e & 4e,
5ejía 2e superflue , la 7 e dimi
nuée , la 6e majeure avec la fausse j* , le
Triton avec la 5 e mineure, & la 7e super
flue avec la 6e mineure , fans parler de la
<?e doublée, ôc encore moins de la 6e
mineure avec la je majeure , que quelques-
iins ont introduit assez mal à pro
pos , de lâ 6* superflue , que le gont au.
torife depuis quelque tems , ni de la j«
supe-fliië avec la 4 e -, qui pourroit plu
tôt avoir lieu que les deux derniirs.
Chacun de ces accords a ses Accompagnemens
difterens , qui consistent en
FEVRÏEft. 1730. 35s
«leux ou trois intcrvalcs de plus que ceux
dont ces Accords portent le nom ; dtì
forte qu'à la vûë du chiffre , ou par le
moyen de quelques autres notions , il
faut fe représenter tous les intervales qui
composent l'Accord , & y porter incon^
tinent les doigts.
Chaque Accord a d'ailleurs trois faces'
ou permutations fur le Clavier ; & tel
qui connoît la première n'en est pas beau
coup plus avancé pour la seconde , nì
après celle-ci pour la troisième , quanc
à la pratique ; chacun des 2 2 . Accords
exprimés en produit donc trois differens
dans l'execution , ce qui fait k nombre
de 66*
Outre cela , il f a Ì4. Modes i & ft
l'on veut être en état d'accompagner
toute forte de Musique , ou de transpo
ser-,, il faut absolument fe procurer un©
connoiffance locale des 6 6. Accords précedens
dans chacun de ces Modes , car
tel «qui fçait toucher les Accords d'u»
Mode a encore bien à faire pour trouveç
ceux d'un autre j il faut donc multiplier
les tftf». Accords ci- dessus par 24. ce qui
fait le nombre de i584.fi ce n'est pour
ì'esprit , du moins pour' les doigts.
Chacun des- 2 2. Accords primitifs a f*
tegle patticulicfc -, tant pour ce qui doic
ïe préceder, que pour ce qui doit le
C ù\ suivre
9 jtf MERCURE DE FRANCB;
suivre ; par exemple , il faut faire la pe*
tite 6 e pour descendre sur V Accord par
fait , sur 1* 7e ou sur la 4e , il ne faut
{dus faire que la 6e , sil?on descend sûr
a petite 6e , Si si l'on passe en montant
par les mêmes accords, tout change;
ce détail ne finit point. Comment la
mémoire , le jugement &c les doigts peuvent-
ils fur le champ , & tout à la_fois ,
suffire à tant de règles ?
On dira peut-être que la connoiíTance
-du Mode soulage l'Accompagnateur en
pareil cas , puisque la règle spécifie que
tel Accord se fait sur une telle Note du
Mode , en montant ou en 'descendant ;
mais si tant est quron eonnoisse le Modey
ne faut il pas découvrir aussi-tôt quel rang
y tient la Note présente , puis son Accord,
puis les DUz.es ou les- Bémols affectés à ce
Moie , 8c si eníìn on parvient à se rendre
tout cela présent dans la promtitude de
l'execlition , qu'a t'on gagné , si la Note
en question ne porte point l'Accord atta
ché au rang qu'elle tient dans le Mode ?
car , par exemple , au lieu de Y Accord
f>arfait au premier degré, aurrement dit
a Note tonitfnt-, il peut y avoir la 64&
5e , la 5e Sc 4*, la 4e & 3* , la :e Ott
la ?' superflu* , même avec la 6e mineure,
pareillement au lieu de la petite 6e au
deuxième degré , il peut se trouver la 7'
ou
F E V R î É R. ttltì. ìff
étì la 9e tk 4e , ainsi de tous les autre»
degrés , excepté le septième , appelle Nu*
te sensible. 11 faut donc ki bien des ex*
ceptions aux règles que l'on s'est efíbrc«
d'apprendre , & présumer encore que les
doigts accoutumés à n'enchaîner que dans
le mérae ordre leí Accords qu'elles ten*
ferment , prendront facilement la route
contraire que demandent toutes les suc
cessions différentes , dont chaque Accord
est susceptible.
Les chiffres , ajoutera- t'on j doivent
suppléer ici au deffaut de la règle ; mais*
peut-on s'assurer que le Compositeur les?
aura mis régulièrement par tout s & que
íe Copiste ou l'Imprimeur n'J' aura rietï
oublié. Oh a fait voir dans \t nouveau
sistême de Musique que le plus habile
Compositeur de notre siécle n'avoit pas
été exemt de méprise à cet égard ; & c'en,
est assez pour bannir la trop grande con
fiance dans les chiffres ; au reste , qu'estte
qu'une Méthode qui nous rend escla
ves des erreurs d'autrui , ne devroit-elltf
pas plutôt nous enseigner à les rectifier ;
niais bien loin de cela , dans quel em
barras ne met- elle pas l'AccompagnateUir
lorsqu'il n'y a point de chiffres ? le chant"
du Dessus lui indiquera-t'il les Accords?
fi ce chant , par exemple , fait la j* de
la Baffe , cette 3e pourra être accompa-
C iiij, gnéof
iÇS MERCURE 0E FRANCE;
gnéede la 4e , de la 5e , de la 6e , de I»
7e ou de la 9e ; or quelle raison de pré
férence pourra-t'il tirer d'une multiplicité
de règles !
D'ailleurs , on surcharge les comment
çans par le mélange de certaines règles
de gout avec celles de fond , fans penser
que celles -ci font la baze Ôc le modelé
de celles-là ,,& qu'elles seules peuvent
* former essentiellement l'oreille , procurée
aux doigts des habitudes générales ôc ré
gulières , & mettre dans l'esprit la cer
titude avec laquelle Poreille peut secon
der l'exeeution. Ces> règles de gout ne
font pas simplement les harpegemens-,
les fredons 5c te choix des faces , dont
quelque échantillon fait pour certaine*
personnes tout le mérite ôc rout le char
me de P Accompagnement. C'est fur-tout
la règle qui deffend deux Oílaves de fuite,,
desquelles on fait un monstre , Sc dònt la
prohibition , pour éviter une faute ima
ginaire , en fait commettre de véritables.
Pour ne pas blesser ce prejugédes deux
Octaves de fuite , on fait retrancher celle
de la Basse dans presque tous les Accords
dissonans , d'où il arrive que si la Basse
parcourt successivement toutes les Notes
d'un même Accord , il faut à chacune de
ces Notes deux opérations , l'une de lé
ser lc doigt de l'Òctave , l'autre de remetus
FEVRIER. 1730. âyj
mettre celui qu'on a levé précédemment
si l'on ne veut en denuer Pharmonie ,
ce qui varie à tous momens les Accom
pagnement d'un même Accord , & le
présente sans cesse fous des dénominations
diffetentes; or quel retardement cela n'apporte-
t'il pas à la connoissance , 8c quel
préjudice n'est-ce pas pour Pexecution ?
car si les positions changent si fréquem
ment ,.& qu'en même-tems toutes les
faces du Clavier ne soient pas également
familières , il arrive souvent que les
doigts.fe refusent à l'accord qui doit suc
céder à un autre dans une certaine face ;
d'où l'on est obligé de faire aller la main
par sauts , & de la porter précipitamment
à l'endroic où la face est plus familière &
plus commode , ce qui ne se fait point
encore sans le désagrément de partager
continuellement sa- vue" entre le Pupitre
& le Clavier.
Le retranchement de l'Octave multiplie
un même accord jusqu'à cinq ou six , tant
pour l'esptit que pour les doigts , & la
forme de succession naturelle à cet Ac
cord est multipliée à proportion ; si cet
Accord en admet cinq ou six autres diffe- *
rens dans fa succession , ce sonr pour cha
cun autant de successions différentes fut
le Clavier , & autant de nouvelles règlesà-
observer ,.ce qui accable les doigts de
C y tan?
4<îo MERCURE DE FRANCE.' v
tant de positions , & de marches diffé
rentes , qu'il est impossible de ne s'y pas
tromper le plus souvent ; c'est une vérité
dont presque tous les amateurs , & mê
me plusieurs Maîtres peuvent rendre té»
moignage , pour peu qu'ils soient sincè
res. Combien de fois ont-ils senti en ac
compagnant certaines Musiques que leur»
règles , leurs connoiflances , leur oreille
même , Ôc leurs doigts se trouvoient ert
desfaut ?
On peut juger aisément de là que l'o*
reille , de concert avec Les doigts , fè
formeroit bfcn plus sûrement, Ôc s'accoutumeroit
bien plutôt à une successions
Uniforme d'accords qu'elle ne le peut fair$
à plusieurs successions , qui lui paroiflene:
différentes les unes des autres , Ôc qu'elfeprésente
même comme telles- à Pesprit ;
car suivant toutes les Méthodes d'Ac
compagnement qui ont paru jufqu'icr,:
nos Musiciens pratiquent comme diffé
rentes , plusieurs successions d'Accords*
qui dans le fond ne font qu'une , & ils
ont établi en conséquence plusieurs règles;
qui se réduisent toutes à une feule*, par
exemple, quand on dit que leTritan doit
être fauve de la 6e, la fausse 5e de 1a je
la 6e majeure- de la 8e ou de la 6e , lá 7e
/Stperfi 'f de la 8e , la ^'superflue de la-
4e,. & la z* superflue de la ^ consonantey
'*. -, tout
FEVRIER. 1730. 2Í-1
*>ut cela se réunie dans l'Accord de 1*
Note sensible qui doit être suivi de l'Ac
cord parfait de la Note tonique ; mais il
ne saur pas s'étonner du grand nombre de
règles instituées jusqu'à présent sur la
succession des Accords 5 le Muíicien que
le sentiment seul a conduit pendant si long
tems , n?en a décidé que relativement à
l'impression que les différentes dispositions*-
d'un même Accord faifoient fut son oreil
le ; la réunion de toutes ces successions'
en une feule pasloit la portée de cet or
gane.
Au reste , il n'y a presque pas une de"
ces dernieres règles de détail qui ne soit
fausse en cettains cas , puisque si les intervales
de Triton, de fau/se 5e , de 6e ma*
je ure , de 3 e rnajf.ure & de 7 e superflue' t
se trouvent dans un autre Accord que
dans le sensible , comme il arrive trèssouvent
, tantôt ils font consonans , tan--
rôt de dissonances majeures ilv deviennentdissonances
mineures , & tantôt ils font
diflonans fans être foumiïà la succession;
déterminée en premier lieu. Que devien*
fient alors les susdites règles , &c dequoi
fers encore leur multiplicité ? Tel qui
entreprendra de contester ces vérités ne
scra pas Musicien , ou se perdra dans des
distinctions frivoles & dans des éxeep"
tions- fans fin»
.. Gvj; om
ZSi MERCURE DE FRANCE."
On pourroit rapporter plusieurs autreí
exemples des difsererís cas où ces régies
échouent; mais pour achever de prouver
combien elles font vagues , & même pré
judiciables , il suffira de Pexception qu'il
faut faire à l'égard du Triton , qui selon sa
regle,doit être sauvé de la 6e en montant,
&qui selon d'autres règles que l'experience
oblige de suivre à préfent.rcste furie mêmedegré
pour former la 8e , la }e , la 6e ou.
la 5e ; ne voilà Vil pas un conflit de rè
gles opposées ? & ne font- elles pas réci
proquement sujettes à de "fausses applir
cations, vâ que l'une peut se présenter às
Tesprit ^lorsqu'il est question de l'autre?
Cette Méthode , si l'on peut qualifiée
ainsi un amas confus de règles , ne sembleroit
pas un labirinte , & ne rebuteroit
pas tant de personnes de l'Accompagnement
, si elle, étoit plus instructive du.
fond ; cependant on ne doit pas nier qu'il
ne foie possible de posséder entièrement
toutes les regles-du détail & toutes leurs
exceptions , d'en faite la juste applica
tion , & de les mettre en pratique fur les
I58 4. Accords , dont elle exige la conaoissànce.
Mais quel tems &c quels tra
vaux ne faut-il pas pour cela ? D'ailleurs
quelle confusion pour l'esprit ! quelle
charge à la mémoire , & même quel
•bstacle à la précision de l'exeCution ì
FEVRIER; t7yoï *<f?
On donnera dans le Mercure prochai*
le Plan d'une nouvelle Méthode fur le
même sujet.
thode d' Accompagnement four le Cla~,
vecin qui est en usage , & qu'on ap
pelle Echelle ou Règle de l'Ottave.
LEs premiers Siemens de la règle de
i' Octave consistent à donner aux
doigts des habitudes conformes aux ac
cords qu'elle prescrit Xur jes degrés xonscíutifs
d'un Mode.
Cette règle renferme quelque chose
de bon ; mais elle est tellement bornée,
qu'il faut dans Ja fuite y faire un nom
bre infini d'exceptions , que les Maîtres
se réservent d'enseigner, à mesure que
les cas s'en présentent.
Le détail de ces exceptions est prodi
gieux i la.connoiflance & la pratique en
font- remplies de difficultés presque in
surmontables , par la multiplicité des ac
cords , par la variation infinie de leurs
Accorhpagnemens , par la surprise où
jettent sans cesse les différentes formes
de succession dont chaque accord en
particulier est susceptible , & qui sont sou
vent contraires aux habitudes déja for
mées , par la confusion des règles fondaoiçntíks
syeç ççUes de gout , par le
154 MERCURE DE FRANCE,
vuide que l'harmonie y souffre le plus
íbuvent , par le peu de ressource que I'ot
reille y trouve pour se former aux. véri
tables progrès des sons , par l'assujetifsement
trop servile aux chifres souvent
fautifs , enfin par les fausses applications
auxquelles des règles de détail éc des ex
ceptions innombrables ne peuvent man
quer d'être sujettes.
La Règle de l'Octave, avec ses excep»
tions , contient 12. Accords dans cha
que Mode , dont yoici l'énumération ca
abrégé. • -
U Accord parfait , la 6e , la 6* ÔC 4 e,
la 7e , la petite 7e , la fausse 5e , la petite
6e , le Triton , la 7e superflue' , la $e su
perflue , la 2e , la 6e'& 5e, la $e com-
{úette , la 9e simple , la 4e , la 9e & 4e,
5ejía 2e superflue , la 7 e dimi
nuée , la 6e majeure avec la fausse j* , le
Triton avec la 5 e mineure, & la 7e super
flue avec la 6e mineure , fans parler de la
<?e doublée, ôc encore moins de la 6e
mineure avec la je majeure , que quelques-
iins ont introduit assez mal à pro
pos , de lâ 6* superflue , que le gont au.
torife depuis quelque tems , ni de la j«
supe-fliië avec la 4 e -, qui pourroit plu
tôt avoir lieu que les deux derniirs.
Chacun de ces accords a ses Accompagnemens
difterens , qui consistent en
FEVRÏEft. 1730. 35s
«leux ou trois intcrvalcs de plus que ceux
dont ces Accords portent le nom ; dtì
forte qu'à la vûë du chiffre , ou par le
moyen de quelques autres notions , il
faut fe représenter tous les intervales qui
composent l'Accord , & y porter incon^
tinent les doigts.
Chaque Accord a d'ailleurs trois faces'
ou permutations fur le Clavier ; & tel
qui connoît la première n'en est pas beau
coup plus avancé pour la seconde , nì
après celle-ci pour la troisième , quanc
à la pratique ; chacun des 2 2 . Accords
exprimés en produit donc trois differens
dans l'execution , ce qui fait k nombre
de 66*
Outre cela , il f a Ì4. Modes i & ft
l'on veut être en état d'accompagner
toute forte de Musique , ou de transpo
ser-,, il faut absolument fe procurer un©
connoiffance locale des 6 6. Accords précedens
dans chacun de ces Modes , car
tel «qui fçait toucher les Accords d'u»
Mode a encore bien à faire pour trouveç
ceux d'un autre j il faut donc multiplier
les tftf». Accords ci- dessus par 24. ce qui
fait le nombre de i584.fi ce n'est pour
ì'esprit , du moins pour' les doigts.
Chacun des- 2 2. Accords primitifs a f*
tegle patticulicfc -, tant pour ce qui doic
ïe préceder, que pour ce qui doit le
C ù\ suivre
9 jtf MERCURE DE FRANCB;
suivre ; par exemple , il faut faire la pe*
tite 6 e pour descendre sur V Accord par
fait , sur 1* 7e ou sur la 4e , il ne faut
{dus faire que la 6e , sil?on descend sûr
a petite 6e , Si si l'on passe en montant
par les mêmes accords, tout change;
ce détail ne finit point. Comment la
mémoire , le jugement &c les doigts peuvent-
ils fur le champ , & tout à la_fois ,
suffire à tant de règles ?
On dira peut-être que la connoiíTance
-du Mode soulage l'Accompagnateur en
pareil cas , puisque la règle spécifie que
tel Accord se fait sur une telle Note du
Mode , en montant ou en 'descendant ;
mais si tant est quron eonnoisse le Modey
ne faut il pas découvrir aussi-tôt quel rang
y tient la Note présente , puis son Accord,
puis les DUz.es ou les- Bémols affectés à ce
Moie , 8c si eníìn on parvient à se rendre
tout cela présent dans la promtitude de
l'execlition , qu'a t'on gagné , si la Note
en question ne porte point l'Accord atta
ché au rang qu'elle tient dans le Mode ?
car , par exemple , au lieu de Y Accord
f>arfait au premier degré, aurrement dit
a Note tonitfnt-, il peut y avoir la 64&
5e , la 5e Sc 4*, la 4e & 3* , la :e Ott
la ?' superflu* , même avec la 6e mineure,
pareillement au lieu de la petite 6e au
deuxième degré , il peut se trouver la 7'
ou
F E V R î É R. ttltì. ìff
étì la 9e tk 4e , ainsi de tous les autre»
degrés , excepté le septième , appelle Nu*
te sensible. 11 faut donc ki bien des ex*
ceptions aux règles que l'on s'est efíbrc«
d'apprendre , & présumer encore que les
doigts accoutumés à n'enchaîner que dans
le mérae ordre leí Accords qu'elles ten*
ferment , prendront facilement la route
contraire que demandent toutes les suc
cessions différentes , dont chaque Accord
est susceptible.
Les chiffres , ajoutera- t'on j doivent
suppléer ici au deffaut de la règle ; mais*
peut-on s'assurer que le Compositeur les?
aura mis régulièrement par tout s & que
íe Copiste ou l'Imprimeur n'J' aura rietï
oublié. Oh a fait voir dans \t nouveau
sistême de Musique que le plus habile
Compositeur de notre siécle n'avoit pas
été exemt de méprise à cet égard ; & c'en,
est assez pour bannir la trop grande con
fiance dans les chiffres ; au reste , qu'estte
qu'une Méthode qui nous rend escla
ves des erreurs d'autrui , ne devroit-elltf
pas plutôt nous enseigner à les rectifier ;
niais bien loin de cela , dans quel em
barras ne met- elle pas l'AccompagnateUir
lorsqu'il n'y a point de chiffres ? le chant"
du Dessus lui indiquera-t'il les Accords?
fi ce chant , par exemple , fait la j* de
la Baffe , cette 3e pourra être accompa-
C iiij, gnéof
iÇS MERCURE 0E FRANCE;
gnéede la 4e , de la 5e , de la 6e , de I»
7e ou de la 9e ; or quelle raison de pré
férence pourra-t'il tirer d'une multiplicité
de règles !
D'ailleurs , on surcharge les comment
çans par le mélange de certaines règles
de gout avec celles de fond , fans penser
que celles -ci font la baze Ôc le modelé
de celles-là ,,& qu'elles seules peuvent
* former essentiellement l'oreille , procurée
aux doigts des habitudes générales ôc ré
gulières , & mettre dans l'esprit la cer
titude avec laquelle Poreille peut secon
der l'exeeution. Ces> règles de gout ne
font pas simplement les harpegemens-,
les fredons 5c te choix des faces , dont
quelque échantillon fait pour certaine*
personnes tout le mérite ôc rout le char
me de P Accompagnement. C'est fur-tout
la règle qui deffend deux Oílaves de fuite,,
desquelles on fait un monstre , Sc dònt la
prohibition , pour éviter une faute ima
ginaire , en fait commettre de véritables.
Pour ne pas blesser ce prejugédes deux
Octaves de fuite , on fait retrancher celle
de la Basse dans presque tous les Accords
dissonans , d'où il arrive que si la Basse
parcourt successivement toutes les Notes
d'un même Accord , il faut à chacune de
ces Notes deux opérations , l'une de lé
ser lc doigt de l'Òctave , l'autre de remetus
FEVRIER. 1730. âyj
mettre celui qu'on a levé précédemment
si l'on ne veut en denuer Pharmonie ,
ce qui varie à tous momens les Accom
pagnement d'un même Accord , & le
présente sans cesse fous des dénominations
diffetentes; or quel retardement cela n'apporte-
t'il pas à la connoissance , 8c quel
préjudice n'est-ce pas pour Pexecution ?
car si les positions changent si fréquem
ment ,.& qu'en même-tems toutes les
faces du Clavier ne soient pas également
familières , il arrive souvent que les
doigts.fe refusent à l'accord qui doit suc
céder à un autre dans une certaine face ;
d'où l'on est obligé de faire aller la main
par sauts , & de la porter précipitamment
à l'endroic où la face est plus familière &
plus commode , ce qui ne se fait point
encore sans le désagrément de partager
continuellement sa- vue" entre le Pupitre
& le Clavier.
Le retranchement de l'Octave multiplie
un même accord jusqu'à cinq ou six , tant
pour l'esptit que pour les doigts , & la
forme de succession naturelle à cet Ac
cord est multipliée à proportion ; si cet
Accord en admet cinq ou six autres diffe- *
rens dans fa succession , ce sonr pour cha
cun autant de successions différentes fut
le Clavier , & autant de nouvelles règlesà-
observer ,.ce qui accable les doigts de
C y tan?
4<îo MERCURE DE FRANCE.' v
tant de positions , & de marches diffé
rentes , qu'il est impossible de ne s'y pas
tromper le plus souvent ; c'est une vérité
dont presque tous les amateurs , & mê
me plusieurs Maîtres peuvent rendre té»
moignage , pour peu qu'ils soient sincè
res. Combien de fois ont-ils senti en ac
compagnant certaines Musiques que leur»
règles , leurs connoiflances , leur oreille
même , Ôc leurs doigts se trouvoient ert
desfaut ?
On peut juger aisément de là que l'o*
reille , de concert avec Les doigts , fè
formeroit bfcn plus sûrement, Ôc s'accoutumeroit
bien plutôt à une successions
Uniforme d'accords qu'elle ne le peut fair$
à plusieurs successions , qui lui paroiflene:
différentes les unes des autres , Ôc qu'elfeprésente
même comme telles- à Pesprit ;
car suivant toutes les Méthodes d'Ac
compagnement qui ont paru jufqu'icr,:
nos Musiciens pratiquent comme diffé
rentes , plusieurs successions d'Accords*
qui dans le fond ne font qu'une , & ils
ont établi en conséquence plusieurs règles;
qui se réduisent toutes à une feule*, par
exemple, quand on dit que leTritan doit
être fauve de la 6e, la fausse 5e de 1a je
la 6e majeure- de la 8e ou de la 6e , lá 7e
/Stperfi 'f de la 8e , la ^'superflue de la-
4e,. & la z* superflue de la ^ consonantey
'*. -, tout
FEVRIER. 1730. 2Í-1
*>ut cela se réunie dans l'Accord de 1*
Note sensible qui doit être suivi de l'Ac
cord parfait de la Note tonique ; mais il
ne saur pas s'étonner du grand nombre de
règles instituées jusqu'à présent sur la
succession des Accords 5 le Muíicien que
le sentiment seul a conduit pendant si long
tems , n?en a décidé que relativement à
l'impression que les différentes dispositions*-
d'un même Accord faifoient fut son oreil
le ; la réunion de toutes ces successions'
en une feule pasloit la portée de cet or
gane.
Au reste , il n'y a presque pas une de"
ces dernieres règles de détail qui ne soit
fausse en cettains cas , puisque si les intervales
de Triton, de fau/se 5e , de 6e ma*
je ure , de 3 e rnajf.ure & de 7 e superflue' t
se trouvent dans un autre Accord que
dans le sensible , comme il arrive trèssouvent
, tantôt ils font consonans , tan--
rôt de dissonances majeures ilv deviennentdissonances
mineures , & tantôt ils font
diflonans fans être foumiïà la succession;
déterminée en premier lieu. Que devien*
fient alors les susdites règles , &c dequoi
fers encore leur multiplicité ? Tel qui
entreprendra de contester ces vérités ne
scra pas Musicien , ou se perdra dans des
distinctions frivoles & dans des éxeep"
tions- fans fin»
.. Gvj; om
ZSi MERCURE DE FRANCE."
On pourroit rapporter plusieurs autreí
exemples des difsererís cas où ces régies
échouent; mais pour achever de prouver
combien elles font vagues , & même pré
judiciables , il suffira de Pexception qu'il
faut faire à l'égard du Triton , qui selon sa
regle,doit être sauvé de la 6e en montant,
&qui selon d'autres règles que l'experience
oblige de suivre à préfent.rcste furie mêmedegré
pour former la 8e , la }e , la 6e ou.
la 5e ; ne voilà Vil pas un conflit de rè
gles opposées ? & ne font- elles pas réci
proquement sujettes à de "fausses applir
cations, vâ que l'une peut se présenter às
Tesprit ^lorsqu'il est question de l'autre?
Cette Méthode , si l'on peut qualifiée
ainsi un amas confus de règles , ne sembleroit
pas un labirinte , & ne rebuteroit
pas tant de personnes de l'Accompagnement
, si elle, étoit plus instructive du.
fond ; cependant on ne doit pas nier qu'il
ne foie possible de posséder entièrement
toutes les regles-du détail & toutes leurs
exceptions , d'en faite la juste applica
tion , & de les mettre en pratique fur les
I58 4. Accords , dont elle exige la conaoissànce.
Mais quel tems &c quels tra
vaux ne faut-il pas pour cela ? D'ailleurs
quelle confusion pour l'esprit ! quelle
charge à la mémoire , & même quel
•bstacle à la précision de l'exeCution ì
FEVRIER; t7yoï *<f?
On donnera dans le Mercure prochai*
le Plan d'une nouvelle Méthode fur le
même sujet.
Fermer
Résumé : OBSERVATIONS sur la Méthode d'Accompagnement pour le Clavecin qui est en usage, & qu'on appelle Echelle ou Regle de l'Octave.
Le texte aborde la méthode d'accompagnement au clavecin appelée 'Règle de l'Octave'. Cette méthode vise à familiariser les doigts avec les accords spécifiques de chaque degré d'un mode. Cependant, elle présente de nombreuses limitations et exceptions, rendant son apprentissage complexe et propice aux erreurs. La Règle de l'Octave inclut 12 accords par mode, chacun ayant plusieurs accompagnements et permutations sur le clavier. Chaque accord doit être maîtrisé dans 24 modes différents, ce qui totalise 1584 accords à mémoriser. Les règles sont souvent contradictoires et dépendent des successions des accords, des indications du compositeur et des habitudes déjà acquises. Les exceptions et les règles de goût ajoutent encore à la complexité, posant des défis pour la mémoire, le jugement et la dextérité des doigts. Le texte critique également l'interdiction des deux octaves de fuite, qui engendre des complications inutiles et des erreurs dans l'exécution. Enfin, il annonce la présentation d'une nouvelle méthode plus instructive et moins confuse dans un prochain numéro du Mercure de France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7746
p. 671-681
DESCRIPTION des Curiositez Naturelles et autres, du Cabinet de M. Capperon, ancien Doyen de S. Maxent, dans la Ville d'Eu en Normandie.
Début :
J'avois addressé à un de mes amis à Paris, un Détail de mon Cabinet pour [...]
Mots clefs :
Cabinet, Curiosités, Pierres, Pierre, Caillou, Cailloux, Suc pétrifiant, Coquille, Coquilles, Morceaux, Morceau, Empreinte, Cristallin, Poisson, Curieux, Roche, Étoiles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DESCRIPTION des Curiositez Naturelles et autres, du Cabinet de M. Capperon, ancien Doyen de S. Maxent, dans la Ville d'Eu en Normandie.
DESCRIPTION des Curiositez
Naturelles et autres , du Cabinet de
M. Capperon , ancien Doyen de S. Maxent
, dans la Ville d'Eu en Normandie.
'Avois addressé à un de mes amis à
Paris , un Détail de mon Cabinet pour
sa satisfaction particuliere , et j'étois fort
éloigné de croire que ce Détail méritât
d'être publié. Mon ami et plusieurs personnes
éclairées sur ces sortes de choses
en ont jugé autrement , et m'ont engagé
à le laisser imprimer.J'espere du moins
que cela pourra exciter d'autres Curieux
qui possedent des raretez considerables ,
à en donner connoissance au Public par
la même voye , ce qui fera plaisir , sans
doute , à beaucoup de personnes , et en
excitera d'autres à faire de semblables Recherches
, capables de faire admirer les
Pro-
1 C iij
672 MERCURE DE FRANCE
Productions singulieres de la Nature et
l'immensité de la sagesse de son Auteur..
MINERA U X.
Un morceau de Mine d'argent , de la
grosseur d'un oeuf, où sont quantité de
filets d'argent qui sortent de la Pierre ;
deux morceaux de Mine de Cuivre ; deux
autres où le Cuivre se trouve incorporé
dans de la pierre d'Ardoise ; deux morceaux
de Mine d'Etain de Cornouaille ;
plusieurs morceaux de Mine de Fer.
Pierres précieuses on curieuses.
Deux morceaux d'Emeraude brute, dont
P'un est gros comme un oeuf de Pigeon .
Plusieurs morceaux de Turquoise brute.
Un morceau d'Ametiste brute. Pierre
d'Hyacinthe brute. Plusieurs Grenats .
Autres Grenats de Bohême . Diverses Agathes
de differentes couleurs , dont quelques-
unes sont gravées. Pierre d'Azur.
Pierre de Jade. La Pierre Selenite , qui
se couppe par filets argentez , dont les
Turcs font des Aigrettes . Des Pierres ,
dites de la Croix . Plusieurs morceaux de
la Pierre Hematite. Des Pierres Crapau
dines. Plusieurs Pierres d'Hirondelles . Des.
Pierres Judaïques. Differentes Pierres Stel
laires. Trois Pierres nommées Cornes
d'Ammon;
手画
AVRIL. 1733 .
873
Ammon , à l'une desquelles il se trouve
une Coquille fossile attachée; ce qui prouve
la verité de ce qui a été dit à l'Académie
des Sciences , que ces Pierres ne
sont formées que par le suc pétrifiant
qui s'est introduit dans le creux d'une
sorte de Coquille , où il s'est durci en
pierre, et moulé selon la figure interieure
de la Coquille. J'ai plusieurs Cailloux
qui prouvent la même chose , gardant la
figure des Coquilles dans lesquelles ils se
sont formez . Plusieurs Pierres nommées
Pyrites , toutes hérissées de pointes trèsaiguës,
en forme de pointes de Diamans.-
Deux de ces Pierres fort grosses , attachées
à de gros Cailloux , sur lesquels
elles se sont formées . Autres Pierres qu'on
peut nommer Cerebellites , parce qu'elles
ont la figure du Cerveau humain . Quatre
differentes sortes de Pierres d'Aigles ,
dont quelques- unes se nomment Geodes.
Plusieurs Pierres où paroissent diverses
figures peintes au naturel , qu'on nomme
Camayeux. La premiere représente
un Lyon entier. La 2. un Christ , dont
les lineamens du visage , du nez , des
yeux , de la bouche ; les cheveux sont
tracez par la Nature seule. La 3. un homme
avec un bonnet de couleur diferente,
ayant les mains croisées. La 4. une autre
C iiij formée
374 MERCURE DE FRANCE
formée en buste . La 5. une femme avec
sa coëffure très - bien faite. La 6. autre
figure d'homme avec un long bonnet. La
7. une tête de Loup très- naturelle . La
8. une tête de Cochon aussi très - naturelle.
La 9. une autre où la Nature seule
a peint d'un côté une Vipere , et de
l'autre côté un Brochet. La 10. une Pierre
dite de Florence , où est représentée
une Ville. La Pierre nommée Dendrite ,
où sont représentées naturellement des
herbes très -menuës. Enfin une Pierre
d'Aiman armée , dont la force est sensible
à deux pieds de distance.
Le Systême de la formation des Pierres
parfaitement démontré par les Pierres
mêmes , rangées pour cela sur une Tablette.
On voit premierement un Caillou ,
au centre duquel est la Coquille d'un
Oursin ou Hérisson de Mer totalement
devenue Caillou , par la raison que le suc
pétrifiant qui a formé le Caillou , l'ayant
enveloppée, il s'est insinué dans cette Coquille
par les deux trous qui y sont naturellement
, et l'ayant par ce moyen remplie
, il en a fait un Caillou parfait , qui
ne tenoit au Caillou qui l'enveloppoit
que par ces deux endroits , ayant par là
une même continuité ; ce qui démontre
qu'il
AVRIL. 1733. 675
qu'il y a dans la terre un suc pétrifiant
ou Cristalin , lequel étant d'abord liquide
se durcit et se congele ensuite , et
forme par ce moyen les Pierres et les Cailloux.
Une Pierre de Grez , où sont plusieurs
petits Cailloux de differentes couleurs
et séparez , laquelle Pierre s'est formée
par le suc pétrifiant , qui s'étant insinué
dans du sable où étoient ces petits
Cailloux , en a fait une seule masse de
pierre. Divers Cailloux où sont differentes
empreintes . Dans le premier est une
très- belle empreinte de six especes de
boutons , et quatre longues figures d'éguilles.
Un autre où est l'empreinte d'une
Coquille. Trois autres cù sont les empreintes
des Coquilles des Hérissons de
Mer ou Oursins . Autre où est une belle
empreinte d'une portion de Coquille singuliere.
Autre Pierre comme l'Ardoise
venant de l'Ifle d'Acadie , où est l'empreinte
d'une espece de Fougere d'un côté,
et de l'autre est l'empreinte de deux Plantes
de Capilaire. Toutes ces empreintes
justifient que les Pierres sont formées
d'un suc pétrifiant , lequel se congelant
contre certains corps , en prend la figure
et l'empreinte.
Un morceau de Cristal de Roche , gros
comme une balle de Jeu de Paume , for-
Cy mé
376 MERCURE DE FRANCE
mé en pointe et à six pans. Autre sorte
de Cristal de Roche formé par éguilles ;
ce qui n'est autre chose que le suc pétrifiant
et Cristalin congelé dans toute
sa pureté . Autre morceau de Cristal de
Roche , formé aussi à six pans , et coloré
de verd en partie ; ce qui démontre que
toutes les Pierres précieuses , sont formées
de suc cristalin très- pur , lequel se
colore diversement , suivant les Métaux
et autres corps sur lesquels il lesquels passe. Autre
Caillou , pierre à fusil , haut de trois
pouces et de pareille largeur , d'où le
suc pétrifiant , ayant abondamment exu-`
dé et comme vegeté , a formé plusieurs
branches rondes et grosses comme le petit
deigt. Autre semblable Caillou , où
ce suc a exudé en élevations rondes
comme la Gomme exude quelquefois des
Cerisiers. Plusieurs autres semblables Cailloux
, dans le creux desquels se voyent
une infinité de brillants ; ce qui vient
de ce que le suc cristalin ayant exudé
du Caillou , au centre duquel il se trouvoit
de l'eau , ce suc s'est cristalisé à facettes
, ce qui lui arrive toutes les fois
qu'il se cristalise , se formant toujours à
six pans dans sa cristalisation. Suivent
diverses congellations de ce suc , tant sur
des pierres , que sur des Coquilles . En-
,
fin
AVRIL. 1733
677
in paroissent differentes pétrifications ,
qui viennent de ce que le suc pétrifiant
s'étant rencontré dans la terre où étoient
certains corps , et les ayant penetrez comme
le sucre pénetre une Confiture seche ,
les a durcis et pétrifiez .
Pétrifications.
Un morceau de bois de Hêtre parfaitiement
pétrifié , jettant du feu comme
un autre Caillou . Autre morceau de bois
pourri pétrifié. Un Caillou qui paroît
avoir été une branche d'arbre pétrifiée.
Autre , qui paroît une Poire pétrifiée.
Une Figue parfaitement pétrifiée . Une
Huitre entiere parfaitement pétrifiée.
Quatre ou cinq autres moins parfaites.
Grand nombre d'autres Coquillages dans
tout leur entier , parfaitement pétrifiés ,
dont plusieurs sont encore attachez aux
Cailloux. Des Cupules de glands pétrifiez ,
Herbe espece de Coraline pétrifiée , dont
une est attachée au Caillou . Grand nombre
de têtes de l'herbe nommée Presle ,
et autres fragmens de la même Herbe
pétrifiée. Noyau de Prune séparé en deux
parties , pétrifié. Oeil et Dent de Serpent
pétrifiez. Plusieurs Glossopetres , qu'on
dit être des Langues de Serpents pétrifiées
; mais qui sont plutôt des Dents du
C vj Poisson
678 MERCURE DE FRANCE
Poisson nommé Requein , comme il m'est
aisé de le justifier. Trois Ossemens de
Morts , faisant partie du Tibia , pétrifiez ; -
sur l'un desquels sont attachez des fragmens
de Coquilles , également pétrifiez.
Une Plante Marine, espece d'Ortie de Mer
pétrifiée. Garnd nombre de très - petites
Etoiles qui se trouvent dans une Fontaine
proche d'Alençon et ailleurs , que je crois
être des Embrions des Etoiles de Mer
pétrifiées .
Plantes pierreuses de la Mer.
Une Plante de Corail. Deux Madre
ports de differentes façons . Autre Plante
pierreuse nommée Rétepore . Autre d'un
beau rouge , formée de differens petits
tuyaux , couchez les uns sur les autres ;
elle se nomme Tabularia. Autre plus
grosse , de couleur grise et dont les tubes
sont rangez par ordre comme les
tuyaux des Orgues , pourquoi on peut
la nommer Orgue de Mer. Autre blanche
, formée sur un petit Caillou , qui est
agréablement frisée. Autre , formée en
vrai Champignon , qu'on peut justement
nommer Champignon de Mer. Deux Ombilics
de Mer , venant de la Méditerranée.
Quantité d'une sorte de Rocaille, couleur
de gris - de-lin , qu'on peut dire être une
espece
AVRIL 1733 679
espece de Corail. Il y en a aussi de blancs.
Differentes pieces d'autres Rocailles formées
de Tubes , où se nichent certains
Vers dans la Mer.
Coquillages.
Plusieurs Coquillages qu'il seroit en
nuyeux de nommer les uns après les
autres ; il y a entr'autres un beau Burgos
de la plus belle Nacre. Un Nautile ,
travaillé , sur lequel on a laissé une espece
de filigramme et qu'on a couppe
de sorte qu'il s'y trouve un Casque parfait.
La grande et la petite Pinna , &c.
11 y a aussi quantité de Coquilles fossilles
differentes , que j'ai trouvées dans
le creux des Montagnes , qualquefois
20. et 30. toises de profondeur , dont
plusieurs sont encore attachées aux Cailloux
et aux moilons , qui ne sont pas
connues ici. J'ai fait quelques Dissertations
sur l'origine de ces Coquilles , qui
ont été inserées dans les Mercures.
Poissons
Un petit Requein entier. La mâchoire
d'un autre plus gros , avec le nombre
prodigieux de ses dents. Des Orbes à Bouclier
, en Latin Orbis Scutatus. Un Polipe
desseché. Une grande Aragnée de
Mer
680 MERCURE DE FRANCE
Mer. Une autre plus petite , sur le dos
de laquelle plusieurs Ecailles d'Huitres se
trouvent attachées et incorporées. Differentes
especes d'Etoiles belles et curieuses,
sorte de Poisson . Plusieurs grandes et petites
Coquilles de l'Oursin , nommé en
Latin Echinus Spatagus.Des Poissons nommez
Eguilles de Mer , dont le corps n'est
pas rond, mais à plusieurs pans. Il y a aussi
quelques Plantes curieuses de la Mer , et des
Plumes de Mer , qui se tirent du dos du
Poisson nommé pour cela Calamar ; parce
qu'il a en même-temps dans le corps de
l'Encre dont on peut écrire. L'Oyseau
nommé dans Jonstons Anser Magellanicus
, lequel , quoique beaucoup plus gros
qu'une Oye , a des aîles qui n'ont que 4 .
pouces de longueur ; il m'a été envoyé de
Dieppe depuis peu .
Animaux differens.
Un petit Crocodile long de trois pieds
bien conservé. Quelques Ecailles de Tortuës
, très belles. Ecaille du dos de l'Armadillo
, Animal des Indes. Deux Senembys
ou Iguana , Lézard du Bresil . Une
Salamandre . Un Crapau à queue. Une
figure d'Aspic , qui paroît naturel. Plusieurs
petits Chevaux Marins. Un petit
Canard à deux têtes , desseché. Le Sauelete
AVRIL. 1733. 681
lete d'une Grenoüille. Le Taureau volant
du Brezil , sorte de gros Insecte .
Plusieurs autres Insectes curieux. Un Papillon
dont les aîles étendües ont quatre
pouces de longueur , qui a sur le dos la
figure d'une tête de Mort , et qui étant
vivant , pousse un cri assez haut. Un Lezard
singulier qui se conserve dans de
l'esprit de vin,
Autres choses curieuses .
Une espece de Passement fait avec l'Amiante
ou Lin incombustible. Racine
singuliere , dont toutes les fibres sont séparées
et à jour. Deux Oeufs d'Autruche.
Un grand Verre ardent et un Miroir
ardent. Une Urne Sépulchrale , et
les Portraits des 12. Césars , en Email.
Plusieurs differens Microscopes avec lesquels
j'ai trouvé la méthode de voir quels
sont les Sels qui sont dans l'air ; et les
figures specifiques de tous les Sels . Plusieurs
figures de Fruits. Un Dévidoir et
une grosse tête de Pavot , dans deux Bouteilles
de verre , dont le goulot est fort
étroit , de ma façon , Un Portefeuille rempli
de belles Estampes et Desseins curieux.
Une petite Ecuelle faite d'Ecorce
d'arbre proprement travaillée à l'usage
des Sauvages.
Le reste pour le prochain Mercure.
Naturelles et autres , du Cabinet de
M. Capperon , ancien Doyen de S. Maxent
, dans la Ville d'Eu en Normandie.
'Avois addressé à un de mes amis à
Paris , un Détail de mon Cabinet pour
sa satisfaction particuliere , et j'étois fort
éloigné de croire que ce Détail méritât
d'être publié. Mon ami et plusieurs personnes
éclairées sur ces sortes de choses
en ont jugé autrement , et m'ont engagé
à le laisser imprimer.J'espere du moins
que cela pourra exciter d'autres Curieux
qui possedent des raretez considerables ,
à en donner connoissance au Public par
la même voye , ce qui fera plaisir , sans
doute , à beaucoup de personnes , et en
excitera d'autres à faire de semblables Recherches
, capables de faire admirer les
Pro-
1 C iij
672 MERCURE DE FRANCE
Productions singulieres de la Nature et
l'immensité de la sagesse de son Auteur..
MINERA U X.
Un morceau de Mine d'argent , de la
grosseur d'un oeuf, où sont quantité de
filets d'argent qui sortent de la Pierre ;
deux morceaux de Mine de Cuivre ; deux
autres où le Cuivre se trouve incorporé
dans de la pierre d'Ardoise ; deux morceaux
de Mine d'Etain de Cornouaille ;
plusieurs morceaux de Mine de Fer.
Pierres précieuses on curieuses.
Deux morceaux d'Emeraude brute, dont
P'un est gros comme un oeuf de Pigeon .
Plusieurs morceaux de Turquoise brute.
Un morceau d'Ametiste brute. Pierre
d'Hyacinthe brute. Plusieurs Grenats .
Autres Grenats de Bohême . Diverses Agathes
de differentes couleurs , dont quelques-
unes sont gravées. Pierre d'Azur.
Pierre de Jade. La Pierre Selenite , qui
se couppe par filets argentez , dont les
Turcs font des Aigrettes . Des Pierres ,
dites de la Croix . Plusieurs morceaux de
la Pierre Hematite. Des Pierres Crapau
dines. Plusieurs Pierres d'Hirondelles . Des.
Pierres Judaïques. Differentes Pierres Stel
laires. Trois Pierres nommées Cornes
d'Ammon;
手画
AVRIL. 1733 .
873
Ammon , à l'une desquelles il se trouve
une Coquille fossile attachée; ce qui prouve
la verité de ce qui a été dit à l'Académie
des Sciences , que ces Pierres ne
sont formées que par le suc pétrifiant
qui s'est introduit dans le creux d'une
sorte de Coquille , où il s'est durci en
pierre, et moulé selon la figure interieure
de la Coquille. J'ai plusieurs Cailloux
qui prouvent la même chose , gardant la
figure des Coquilles dans lesquelles ils se
sont formez . Plusieurs Pierres nommées
Pyrites , toutes hérissées de pointes trèsaiguës,
en forme de pointes de Diamans.-
Deux de ces Pierres fort grosses , attachées
à de gros Cailloux , sur lesquels
elles se sont formées . Autres Pierres qu'on
peut nommer Cerebellites , parce qu'elles
ont la figure du Cerveau humain . Quatre
differentes sortes de Pierres d'Aigles ,
dont quelques- unes se nomment Geodes.
Plusieurs Pierres où paroissent diverses
figures peintes au naturel , qu'on nomme
Camayeux. La premiere représente
un Lyon entier. La 2. un Christ , dont
les lineamens du visage , du nez , des
yeux , de la bouche ; les cheveux sont
tracez par la Nature seule. La 3. un homme
avec un bonnet de couleur diferente,
ayant les mains croisées. La 4. une autre
C iiij formée
374 MERCURE DE FRANCE
formée en buste . La 5. une femme avec
sa coëffure très - bien faite. La 6. autre
figure d'homme avec un long bonnet. La
7. une tête de Loup très- naturelle . La
8. une tête de Cochon aussi très - naturelle.
La 9. une autre où la Nature seule
a peint d'un côté une Vipere , et de
l'autre côté un Brochet. La 10. une Pierre
dite de Florence , où est représentée
une Ville. La Pierre nommée Dendrite ,
où sont représentées naturellement des
herbes très -menuës. Enfin une Pierre
d'Aiman armée , dont la force est sensible
à deux pieds de distance.
Le Systême de la formation des Pierres
parfaitement démontré par les Pierres
mêmes , rangées pour cela sur une Tablette.
On voit premierement un Caillou ,
au centre duquel est la Coquille d'un
Oursin ou Hérisson de Mer totalement
devenue Caillou , par la raison que le suc
pétrifiant qui a formé le Caillou , l'ayant
enveloppée, il s'est insinué dans cette Coquille
par les deux trous qui y sont naturellement
, et l'ayant par ce moyen remplie
, il en a fait un Caillou parfait , qui
ne tenoit au Caillou qui l'enveloppoit
que par ces deux endroits , ayant par là
une même continuité ; ce qui démontre
qu'il
AVRIL. 1733. 675
qu'il y a dans la terre un suc pétrifiant
ou Cristalin , lequel étant d'abord liquide
se durcit et se congele ensuite , et
forme par ce moyen les Pierres et les Cailloux.
Une Pierre de Grez , où sont plusieurs
petits Cailloux de differentes couleurs
et séparez , laquelle Pierre s'est formée
par le suc pétrifiant , qui s'étant insinué
dans du sable où étoient ces petits
Cailloux , en a fait une seule masse de
pierre. Divers Cailloux où sont differentes
empreintes . Dans le premier est une
très- belle empreinte de six especes de
boutons , et quatre longues figures d'éguilles.
Un autre où est l'empreinte d'une
Coquille. Trois autres cù sont les empreintes
des Coquilles des Hérissons de
Mer ou Oursins . Autre où est une belle
empreinte d'une portion de Coquille singuliere.
Autre Pierre comme l'Ardoise
venant de l'Ifle d'Acadie , où est l'empreinte
d'une espece de Fougere d'un côté,
et de l'autre est l'empreinte de deux Plantes
de Capilaire. Toutes ces empreintes
justifient que les Pierres sont formées
d'un suc pétrifiant , lequel se congelant
contre certains corps , en prend la figure
et l'empreinte.
Un morceau de Cristal de Roche , gros
comme une balle de Jeu de Paume , for-
Cy mé
376 MERCURE DE FRANCE
mé en pointe et à six pans. Autre sorte
de Cristal de Roche formé par éguilles ;
ce qui n'est autre chose que le suc pétrifiant
et Cristalin congelé dans toute
sa pureté . Autre morceau de Cristal de
Roche , formé aussi à six pans , et coloré
de verd en partie ; ce qui démontre que
toutes les Pierres précieuses , sont formées
de suc cristalin très- pur , lequel se
colore diversement , suivant les Métaux
et autres corps sur lesquels il lesquels passe. Autre
Caillou , pierre à fusil , haut de trois
pouces et de pareille largeur , d'où le
suc pétrifiant , ayant abondamment exu-`
dé et comme vegeté , a formé plusieurs
branches rondes et grosses comme le petit
deigt. Autre semblable Caillou , où
ce suc a exudé en élevations rondes
comme la Gomme exude quelquefois des
Cerisiers. Plusieurs autres semblables Cailloux
, dans le creux desquels se voyent
une infinité de brillants ; ce qui vient
de ce que le suc cristalin ayant exudé
du Caillou , au centre duquel il se trouvoit
de l'eau , ce suc s'est cristalisé à facettes
, ce qui lui arrive toutes les fois
qu'il se cristalise , se formant toujours à
six pans dans sa cristalisation. Suivent
diverses congellations de ce suc , tant sur
des pierres , que sur des Coquilles . En-
,
fin
AVRIL. 1733
677
in paroissent differentes pétrifications ,
qui viennent de ce que le suc pétrifiant
s'étant rencontré dans la terre où étoient
certains corps , et les ayant penetrez comme
le sucre pénetre une Confiture seche ,
les a durcis et pétrifiez .
Pétrifications.
Un morceau de bois de Hêtre parfaitiement
pétrifié , jettant du feu comme
un autre Caillou . Autre morceau de bois
pourri pétrifié. Un Caillou qui paroît
avoir été une branche d'arbre pétrifiée.
Autre , qui paroît une Poire pétrifiée.
Une Figue parfaitement pétrifiée . Une
Huitre entiere parfaitement pétrifiée.
Quatre ou cinq autres moins parfaites.
Grand nombre d'autres Coquillages dans
tout leur entier , parfaitement pétrifiés ,
dont plusieurs sont encore attachez aux
Cailloux. Des Cupules de glands pétrifiez ,
Herbe espece de Coraline pétrifiée , dont
une est attachée au Caillou . Grand nombre
de têtes de l'herbe nommée Presle ,
et autres fragmens de la même Herbe
pétrifiée. Noyau de Prune séparé en deux
parties , pétrifié. Oeil et Dent de Serpent
pétrifiez. Plusieurs Glossopetres , qu'on
dit être des Langues de Serpents pétrifiées
; mais qui sont plutôt des Dents du
C vj Poisson
678 MERCURE DE FRANCE
Poisson nommé Requein , comme il m'est
aisé de le justifier. Trois Ossemens de
Morts , faisant partie du Tibia , pétrifiez ; -
sur l'un desquels sont attachez des fragmens
de Coquilles , également pétrifiez.
Une Plante Marine, espece d'Ortie de Mer
pétrifiée. Garnd nombre de très - petites
Etoiles qui se trouvent dans une Fontaine
proche d'Alençon et ailleurs , que je crois
être des Embrions des Etoiles de Mer
pétrifiées .
Plantes pierreuses de la Mer.
Une Plante de Corail. Deux Madre
ports de differentes façons . Autre Plante
pierreuse nommée Rétepore . Autre d'un
beau rouge , formée de differens petits
tuyaux , couchez les uns sur les autres ;
elle se nomme Tabularia. Autre plus
grosse , de couleur grise et dont les tubes
sont rangez par ordre comme les
tuyaux des Orgues , pourquoi on peut
la nommer Orgue de Mer. Autre blanche
, formée sur un petit Caillou , qui est
agréablement frisée. Autre , formée en
vrai Champignon , qu'on peut justement
nommer Champignon de Mer. Deux Ombilics
de Mer , venant de la Méditerranée.
Quantité d'une sorte de Rocaille, couleur
de gris - de-lin , qu'on peut dire être une
espece
AVRIL 1733 679
espece de Corail. Il y en a aussi de blancs.
Differentes pieces d'autres Rocailles formées
de Tubes , où se nichent certains
Vers dans la Mer.
Coquillages.
Plusieurs Coquillages qu'il seroit en
nuyeux de nommer les uns après les
autres ; il y a entr'autres un beau Burgos
de la plus belle Nacre. Un Nautile ,
travaillé , sur lequel on a laissé une espece
de filigramme et qu'on a couppe
de sorte qu'il s'y trouve un Casque parfait.
La grande et la petite Pinna , &c.
11 y a aussi quantité de Coquilles fossilles
differentes , que j'ai trouvées dans
le creux des Montagnes , qualquefois
20. et 30. toises de profondeur , dont
plusieurs sont encore attachées aux Cailloux
et aux moilons , qui ne sont pas
connues ici. J'ai fait quelques Dissertations
sur l'origine de ces Coquilles , qui
ont été inserées dans les Mercures.
Poissons
Un petit Requein entier. La mâchoire
d'un autre plus gros , avec le nombre
prodigieux de ses dents. Des Orbes à Bouclier
, en Latin Orbis Scutatus. Un Polipe
desseché. Une grande Aragnée de
Mer
680 MERCURE DE FRANCE
Mer. Une autre plus petite , sur le dos
de laquelle plusieurs Ecailles d'Huitres se
trouvent attachées et incorporées. Differentes
especes d'Etoiles belles et curieuses,
sorte de Poisson . Plusieurs grandes et petites
Coquilles de l'Oursin , nommé en
Latin Echinus Spatagus.Des Poissons nommez
Eguilles de Mer , dont le corps n'est
pas rond, mais à plusieurs pans. Il y a aussi
quelques Plantes curieuses de la Mer , et des
Plumes de Mer , qui se tirent du dos du
Poisson nommé pour cela Calamar ; parce
qu'il a en même-temps dans le corps de
l'Encre dont on peut écrire. L'Oyseau
nommé dans Jonstons Anser Magellanicus
, lequel , quoique beaucoup plus gros
qu'une Oye , a des aîles qui n'ont que 4 .
pouces de longueur ; il m'a été envoyé de
Dieppe depuis peu .
Animaux differens.
Un petit Crocodile long de trois pieds
bien conservé. Quelques Ecailles de Tortuës
, très belles. Ecaille du dos de l'Armadillo
, Animal des Indes. Deux Senembys
ou Iguana , Lézard du Bresil . Une
Salamandre . Un Crapau à queue. Une
figure d'Aspic , qui paroît naturel. Plusieurs
petits Chevaux Marins. Un petit
Canard à deux têtes , desseché. Le Sauelete
AVRIL. 1733. 681
lete d'une Grenoüille. Le Taureau volant
du Brezil , sorte de gros Insecte .
Plusieurs autres Insectes curieux. Un Papillon
dont les aîles étendües ont quatre
pouces de longueur , qui a sur le dos la
figure d'une tête de Mort , et qui étant
vivant , pousse un cri assez haut. Un Lezard
singulier qui se conserve dans de
l'esprit de vin,
Autres choses curieuses .
Une espece de Passement fait avec l'Amiante
ou Lin incombustible. Racine
singuliere , dont toutes les fibres sont séparées
et à jour. Deux Oeufs d'Autruche.
Un grand Verre ardent et un Miroir
ardent. Une Urne Sépulchrale , et
les Portraits des 12. Césars , en Email.
Plusieurs differens Microscopes avec lesquels
j'ai trouvé la méthode de voir quels
sont les Sels qui sont dans l'air ; et les
figures specifiques de tous les Sels . Plusieurs
figures de Fruits. Un Dévidoir et
une grosse tête de Pavot , dans deux Bouteilles
de verre , dont le goulot est fort
étroit , de ma façon , Un Portefeuille rempli
de belles Estampes et Desseins curieux.
Une petite Ecuelle faite d'Ecorce
d'arbre proprement travaillée à l'usage
des Sauvages.
Le reste pour le prochain Mercure.
Fermer
Résumé : DESCRIPTION des Curiositez Naturelles et autres, du Cabinet de M. Capperon, ancien Doyen de S. Maxent, dans la Ville d'Eu en Normandie.
Le texte présente le cabinet de curiosités de M. Capperon, ancien doyen de Saint-Maxent, situé à Eu en Normandie. Initialement destiné à un ami parisien, la description du cabinet a été publiée à la demande de personnes éclairées, dans l'espoir d'inciter d'autres collectionneurs à partager leurs découvertes. Le cabinet de M. Capperon renferme une variété de minéraux, pierres précieuses et objets naturalistes. Parmi les minéraux, on trouve des échantillons de mines d'argent, de cuivre, d'étain et de fer. Les pierres précieuses incluent des émeraudes, turquoises, améthystes, grenats, agates, ainsi que des pierres comme la pierre d'hyacinthe, la pierre d'azur, la pierre de jade et la pierre sélénite. Des pierres spécifiques telles que les cornes d'Ammon, les pyrites, les cérébellites et les géodes sont également présentes. Le texte décrit des pierres avec des figures naturelles, représentant des animaux et des personnages, et explique leur formation par un suc pétrifiant qui se durcit et se congèle. Des cristaux de roche, des pierres à fusil et des pétrifications de bois et de coquillages sont également mentionnés. Le cabinet comprend aussi une collection de coquillages, de poissons et d'animaux divers, comme un petit crocodile, des écailles de tortue, des lézards et des insectes curieux. Parmi les autres curiosités, on trouve des œufs d'autruche, des microscopes, des estampes et des objets artisanaux. La description se termine par une mention de la suite des curiosités à paraître dans le prochain Mercure de France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7747
p. 263-287
EPITHALAME POUR LES NOCES DE MONSIEUR LE DUC DE BOURBON, ET DE MADEMOISELLE DE NANTES.
Début :
L'Epithalame qui suit est de M. l'Abbé Genest, dont je viens / Voicy les momens desirez. [...]
Mots clefs :
Noces, Duc de Bourbon, Nymphes, Divinités, Hymen, Charmant, Immortelle, Époux, Épouse, Fête, Beauté, Douceur, Déesse, Coeur, Larmes, Douleur, Liberté, Sentiments, Destin, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITHALAME POUR LES NOCES DE MONSIEUR LE DUC DE BOURBON, ET DE MADEMOISELLE DE NANTES.
L'Epithalame
qui fuit eſt de M.
l'Abbé Geneft , dont je viens
de vous parler.Il a fait quantité
d'autres beauxOuvrages
,
dont les grands fuccez font
connus de tout le monde .
274 MERCURE
$25:52:55S :SSEESSSE
EPITHALAME
POUR LES NOPCES
DE MONSIEUR
LE DUC DE BOURBON,
ET DE
MADEMOISELLE DE NANTES.
DE
TROUPE DE DIVINITÉZ DE
VERSAILLES , TROUPE
JEUNES NYMPHES , TROUPE
DE JEUNES NYMPHES.
V
UN DIEU chante.
Oicy les momens defirez.
Venez , charmant Himen , venez , dose
Himenée ;
Allamez vos flambeaux facrez.
Heureux
GALANT. 275
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
CHOEUR .
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée ,
LE DIEU.
Couronne de fleurs immortelles
Triomphez avec les Amours ;
Amenez des plaifirs qui renaiffent toûjours
,
Des tendreffes toûjours nouvelles.
Chantez, Silvains , Nymphes , chantez ,
La jeune Epoufe & fes Beautez ,
Le jeune Epoux & fa Conquefte.
Famais en de fi beaux lieux
Une fi belle Fefte
N'affembla les Dieux.
LE CHOEUR .
Jamais en de fi beaux lieux
Une fi belle Fefte
N'affembla les Dieux..
Aouft 1685.
Ꮓ
276 MERCURE
LE DIEU & LE CHOEUR.
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
Quels doux plaifirs préparez - vous
A ces jeunes Epoux ?
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez, doux
Himenée .
LES DIVINITEZ DE VERSAILLES
danfent , & l'on chante ce Menuet.
Rien n'eft fi doux
Que l'Himen qui vous lie,
Rien n'eft fi doux
Pour deux jeunes Epoux.
O fort heureux ! ô douceur infinie
Pour deux coeurs l'un de l'autre charmez
!
O fort heureux ! ô douceur infinie
Quand ces Noeuds par l'Amourfont
formez.
UNE JEUNE NYMPHE
fe détache de fa Troupe , & chante.
Fefte que l'on trouve fi belle ·
GALANT. 277
Que tu nous fembles cruelle !
Tu viens ravir à nos jeux innocens
La Deeffe
De la Jeuneſſe.
Tu viens ravir à nos jeux innocens
Ses Attraits encore naifans.
EN
Verrons - nous fans verfer des larmes
Qu'on nous enleve fon coeur ?
Qu'on livre fi-toft fes charmes
Aux transports d'un jeune Vainqueur?
Quelle rigueur!
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelles !
LE CHOEUR.
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelle !
UN JEUNE SILVAIN
fe détache auffi de fa Troupe, & chante.
Nymphes , fi l'éclat de fes yeux
Alloit embellir d'autres lieux,
Voftre douleur feroit plus juſte.
Mille Eftats , mille Rois
A
Zij
278 MERCURE
Auroient brigué l'honneur de vivre
fous fes loix ;
Mais LOUIS par un plus beau choix
Veut qu'elle orne fa Cour Augufte.
Ce Roy , l'Arbitre des Mortels ,
L'arrefte fur ces bords par des noeuds
eternels.
L'Amour le feconde,
L'Olimpe aplaudit ;
Et c'est le plus beau Sang du monde
Qui fe mefle & se reunit.
LE CHOEUR.
L'Amour le feconde ,
L'Olimpe aplaudit ;
Et c'eft le plus beau Sang du monde
Qui ſe meſe & ſe réunit.
UNE NYMPHE.
Comme eu la plaine_odorante
La Rofe Reine des fleurs ,
Eft vive & riante
Tant qu'une chaleur brûlante
N'offenfe point fes couleurs ;
De mefme une Beauté tendre
Conferve un éclat charmant ,
GALANT. 279
Tant qu'elle fçait fe defendre
Des ardeurs d'un jeune Amant.
UN SILVAIN.
Comme en ces lieux où la glace
Dure trop long- temps ,
Flore fans appas & fans grace
Languit au milieu du Printemps 5
Ainfi la Beauté la plus rare
Languit & ne peut charmer ,
Si l'Amour ne la pare ,
Et de fes feux ne la vient animer.
CHOEUR DES NYMPHES.
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelle !
UNE NYMPHE .
Un jeune coeur doit eftre épouvante
Des nouds où l'Himen engage.
Peut- on quitter l'avantage
D'une douce liberté ?
Un jeune coeur doit eftre épouvante
Des nænds on l'Himen engage .
Penfe-t-on dans l'Esclavage
Trouver la felicité ?
Un jeune coeur doit eftre épouvanté
Z iij
280 MERCURE
Des nænds ou l'Himen engage.
UN SILVAIN.
Nymphes , vous aurez votre tour s
Quand par ces plaintes
Vous blamez l'Himen & l'Amour,
Ce font des feintes.
Le fort que vous déplorez ,
En fecret vous le defirez.
UN AUTRE SILVAIN .
Entre la crainte le defir ,
Une jeune Beauté curieufe & timide
Tremble au nom d'un Epoux qu'on parle
de cheifir ,
Mais elle écoute avec plaifir.
En attendant
que
le choix fe decide,
Son coeur laiffe échaper plus d'un fon
pir
Entre la crainte & le defir.
UNE NYMPHE .
Folle erreur!
SILVAIN.
Feintes vaines !
NYMPHE .
Trompeurs Jugemens !
GALANT. 281
SILVAIN.
Faux fentimens !
NYMPH E.
Redoutables chaines !
SILVAIN.
Noeuds charmans !
ENSEMBLE .
Noeuds cruels ! Redoutables chaines !
Nauds charmans ! Agreables chames!
LE DIEU qui a chanté le premier.
Cedez Nymphes , rendez- vous .
Uniffons tous nos voix , & chantez
Avec nous.
De ces jeunes Amans le parfait af
Semblage
Des Deftins & des Dieux eft l'immortel
ouvrage.
Celebrons ce neud glorieux ,
C'est l'Ouvrage immortel des Deftins
& des Dieux .
LES NYMPHES & LES SILVAINS.
Celebrons ce noeud glorieux ,
Z iiij
282 MERCURE
C'est l'Ouvrage immortel des Deftins
& des Dieux.
LES NYMPHES & LES SILVAINS
danſent .
LES NYMPHES.
Divins accords ! celeftes flames !
LES SILVAINS.
Heureux liens ! douces ardeurs !
LES NYMPHES.
Jamais des neuds plus beaux n'ont
attaché deux ames. '
LES SILVAINS.
Famais de plus beaux feux n'ont embraze
deux coeurs.
TOUS ENSEMBLE.
Famais des noeuds plus beaux n'ont
attaché deux ames ,
Famais de plus beaux feux n'ont embrazé
deux cours.`
UN SILVAIN , UNE NYMPHE.
Quelles fplendeurs les environnent !
Que de Ris & de Feux accompagnent ›
leurs pas !
1
Y
GALANT. 283
Que d'attraits,de charmes, d'appas !
De quels dons précieux les Graces les
couronnent !
UN SILVAIN & UNE NYMPHE .
A voir tant d'agremens
Nos yeux doutent toûjours ,
Si ce font deux Amans ,
Ou deux Amours .
UN SILVAIN & UNE NYMPHE.
Nos yeux doutent toûjours
A voir tant d'agremens,
Si ce font deux Amours ,
Ou deux Amans .
TOUS ENSEMBLE
Repetent ce couplet des deux façons ,
& l'on danfe dans les intervalles .
LE DIEU.
Nous qu'un fort immortelfixe fur ces
rivages ,
Songeons qu'en leurs Deferts inconnus
& fauvages
Nous eftions ensevelis.
Mais aujourd'huy l'Olimpe mefme
Pourroit-il furpaffer cette ſplendeur ſuprême
284 MERCURE
Dont nos bords font embellis ?
UNE NYMPHE.
Rendons grace au Heros , qui de ces
grands spectacles
Charme nos efprits & nos yeux.
UN SILVAIN.
Celebrons , beniffons le Regne glorieux
Où naiffent tant de Miracles.
UNE NYMPHE.
LOUIS eft le Maistre des Rois ,
Ilfoûmet tout à l'Empire François .
On le craint , on l'implore , on le revere,
on l'aime.
Sa Bontéfeule arrefte fes Exploits :
Plus grand par fes V'ertus que par fen
Diademe,
Vainqueur des Nations , & Vainqueur
de luy- mefme.
LOUIS eft le Maiftre des Rois.
UN SILVAIN.
Semblable au Dieu qui lance le Tonnerre
,
LOUIS eft le Maistre des Rois.
Tous les Dieux de la Terre
GALANT. 285
Obeiffent à fa voix ;
Ils viennent à genoux reconnoiſtre ſes
Loix.
Semblable au Dieu qui lance le Tonnerre
,
LOUIS eft le Maiftre des Rois.
UNE NYMPHE.
De cette Majefté fur fon front reverée,
La jeune Epouse a pris des traits ,
Et les Graces l'ont parée
De leurs divins Attraits.
UN SILVAIN.
Le jeune Epoux animé
D'un Sang par la gloire enflame ,
Plein des grands Noms de fa Race ,
Du choix de ce grand Roy, defes Bontez
charmé ,
Sent redoubler fa belle audace ,
Et meflera bien - toft au gré de tous
fes voeux
Les Lauriers de Bellonne aux Mir
thes amoureux.
CHOEUR .
Heureux Amans ! heureuſe deſtinée !
286 MERCURE
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
TOUT DANSE.
UNE NYMPHE & UN SILVAIN.
chantent l'un après l'autre.
A quoy fert la resistance ;
A quoy fervent les rigueurs ,
L'Amour doit fous fa puiſſance
Toft ou tard ranger vos coeurs ,
Sans le craindre
Sans vous plaindre ,
Cedez , cedez à fes traits vainqueurs.
CHOEUR.
Heureux Amans ! heureufe deftinée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
UNE NYMPHE & UN SILVAIN.
Venez , jeunes Amans , que ces noeuds
pleins d'attraits
Qui commencent ſi - toſt ne finiſſent jamais
;
Que tous les jours les Deftins favora
} bles
Redoublent vos contentemens.
GALANT. 287
Vivez , vivez toûjours Amans ,
Tous les jours plus aimez , tous les jours
plus aimables ,
Que vos plaifirs foient auſſi durables
Qu'ils font charmans ;
Que les fiecles pour vous ne foient que
des
momens ,
Vivez , vivez heureux Amans.
LES TROIS CHOEURS.
Vivez , vivez , heureux Amans ,
Qu'uneflame fi belle
Soit immortelle ,
Que ces vives ardeurs
A jamais , à jamais triomphent dans
Vos coeurs.
qui fuit eſt de M.
l'Abbé Geneft , dont je viens
de vous parler.Il a fait quantité
d'autres beauxOuvrages
,
dont les grands fuccez font
connus de tout le monde .
274 MERCURE
$25:52:55S :SSEESSSE
EPITHALAME
POUR LES NOPCES
DE MONSIEUR
LE DUC DE BOURBON,
ET DE
MADEMOISELLE DE NANTES.
DE
TROUPE DE DIVINITÉZ DE
VERSAILLES , TROUPE
JEUNES NYMPHES , TROUPE
DE JEUNES NYMPHES.
V
UN DIEU chante.
Oicy les momens defirez.
Venez , charmant Himen , venez , dose
Himenée ;
Allamez vos flambeaux facrez.
Heureux
GALANT. 275
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
CHOEUR .
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée ,
LE DIEU.
Couronne de fleurs immortelles
Triomphez avec les Amours ;
Amenez des plaifirs qui renaiffent toûjours
,
Des tendreffes toûjours nouvelles.
Chantez, Silvains , Nymphes , chantez ,
La jeune Epoufe & fes Beautez ,
Le jeune Epoux & fa Conquefte.
Famais en de fi beaux lieux
Une fi belle Fefte
N'affembla les Dieux.
LE CHOEUR .
Jamais en de fi beaux lieux
Une fi belle Fefte
N'affembla les Dieux..
Aouft 1685.
Ꮓ
276 MERCURE
LE DIEU & LE CHOEUR.
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
Quels doux plaifirs préparez - vous
A ces jeunes Epoux ?
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez, doux
Himenée .
LES DIVINITEZ DE VERSAILLES
danfent , & l'on chante ce Menuet.
Rien n'eft fi doux
Que l'Himen qui vous lie,
Rien n'eft fi doux
Pour deux jeunes Epoux.
O fort heureux ! ô douceur infinie
Pour deux coeurs l'un de l'autre charmez
!
O fort heureux ! ô douceur infinie
Quand ces Noeuds par l'Amourfont
formez.
UNE JEUNE NYMPHE
fe détache de fa Troupe , & chante.
Fefte que l'on trouve fi belle ·
GALANT. 277
Que tu nous fembles cruelle !
Tu viens ravir à nos jeux innocens
La Deeffe
De la Jeuneſſe.
Tu viens ravir à nos jeux innocens
Ses Attraits encore naifans.
EN
Verrons - nous fans verfer des larmes
Qu'on nous enleve fon coeur ?
Qu'on livre fi-toft fes charmes
Aux transports d'un jeune Vainqueur?
Quelle rigueur!
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelles !
LE CHOEUR.
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelle !
UN JEUNE SILVAIN
fe détache auffi de fa Troupe, & chante.
Nymphes , fi l'éclat de fes yeux
Alloit embellir d'autres lieux,
Voftre douleur feroit plus juſte.
Mille Eftats , mille Rois
A
Zij
278 MERCURE
Auroient brigué l'honneur de vivre
fous fes loix ;
Mais LOUIS par un plus beau choix
Veut qu'elle orne fa Cour Augufte.
Ce Roy , l'Arbitre des Mortels ,
L'arrefte fur ces bords par des noeuds
eternels.
L'Amour le feconde,
L'Olimpe aplaudit ;
Et c'est le plus beau Sang du monde
Qui fe mefle & se reunit.
LE CHOEUR.
L'Amour le feconde ,
L'Olimpe aplaudit ;
Et c'eft le plus beau Sang du monde
Qui ſe meſe & ſe réunit.
UNE NYMPHE.
Comme eu la plaine_odorante
La Rofe Reine des fleurs ,
Eft vive & riante
Tant qu'une chaleur brûlante
N'offenfe point fes couleurs ;
De mefme une Beauté tendre
Conferve un éclat charmant ,
GALANT. 279
Tant qu'elle fçait fe defendre
Des ardeurs d'un jeune Amant.
UN SILVAIN.
Comme en ces lieux où la glace
Dure trop long- temps ,
Flore fans appas & fans grace
Languit au milieu du Printemps 5
Ainfi la Beauté la plus rare
Languit & ne peut charmer ,
Si l'Amour ne la pare ,
Et de fes feux ne la vient animer.
CHOEUR DES NYMPHES.
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelle !
UNE NYMPHE .
Un jeune coeur doit eftre épouvante
Des nouds où l'Himen engage.
Peut- on quitter l'avantage
D'une douce liberté ?
Un jeune coeur doit eftre épouvante
Des nænds on l'Himen engage .
Penfe-t-on dans l'Esclavage
Trouver la felicité ?
Un jeune coeur doit eftre épouvanté
Z iij
280 MERCURE
Des nænds ou l'Himen engage.
UN SILVAIN.
Nymphes , vous aurez votre tour s
Quand par ces plaintes
Vous blamez l'Himen & l'Amour,
Ce font des feintes.
Le fort que vous déplorez ,
En fecret vous le defirez.
UN AUTRE SILVAIN .
Entre la crainte le defir ,
Une jeune Beauté curieufe & timide
Tremble au nom d'un Epoux qu'on parle
de cheifir ,
Mais elle écoute avec plaifir.
En attendant
que
le choix fe decide,
Son coeur laiffe échaper plus d'un fon
pir
Entre la crainte & le defir.
UNE NYMPHE .
Folle erreur!
SILVAIN.
Feintes vaines !
NYMPHE .
Trompeurs Jugemens !
GALANT. 281
SILVAIN.
Faux fentimens !
NYMPH E.
Redoutables chaines !
SILVAIN.
Noeuds charmans !
ENSEMBLE .
Noeuds cruels ! Redoutables chaines !
Nauds charmans ! Agreables chames!
LE DIEU qui a chanté le premier.
Cedez Nymphes , rendez- vous .
Uniffons tous nos voix , & chantez
Avec nous.
De ces jeunes Amans le parfait af
Semblage
Des Deftins & des Dieux eft l'immortel
ouvrage.
Celebrons ce neud glorieux ,
C'est l'Ouvrage immortel des Deftins
& des Dieux .
LES NYMPHES & LES SILVAINS.
Celebrons ce noeud glorieux ,
Z iiij
282 MERCURE
C'est l'Ouvrage immortel des Deftins
& des Dieux.
LES NYMPHES & LES SILVAINS
danſent .
LES NYMPHES.
Divins accords ! celeftes flames !
LES SILVAINS.
Heureux liens ! douces ardeurs !
LES NYMPHES.
Jamais des neuds plus beaux n'ont
attaché deux ames. '
LES SILVAINS.
Famais de plus beaux feux n'ont embraze
deux coeurs.
TOUS ENSEMBLE.
Famais des noeuds plus beaux n'ont
attaché deux ames ,
Famais de plus beaux feux n'ont embrazé
deux cours.`
UN SILVAIN , UNE NYMPHE.
Quelles fplendeurs les environnent !
Que de Ris & de Feux accompagnent ›
leurs pas !
1
Y
GALANT. 283
Que d'attraits,de charmes, d'appas !
De quels dons précieux les Graces les
couronnent !
UN SILVAIN & UNE NYMPHE .
A voir tant d'agremens
Nos yeux doutent toûjours ,
Si ce font deux Amans ,
Ou deux Amours .
UN SILVAIN & UNE NYMPHE.
Nos yeux doutent toûjours
A voir tant d'agremens,
Si ce font deux Amours ,
Ou deux Amans .
TOUS ENSEMBLE
Repetent ce couplet des deux façons ,
& l'on danfe dans les intervalles .
LE DIEU.
Nous qu'un fort immortelfixe fur ces
rivages ,
Songeons qu'en leurs Deferts inconnus
& fauvages
Nous eftions ensevelis.
Mais aujourd'huy l'Olimpe mefme
Pourroit-il furpaffer cette ſplendeur ſuprême
284 MERCURE
Dont nos bords font embellis ?
UNE NYMPHE.
Rendons grace au Heros , qui de ces
grands spectacles
Charme nos efprits & nos yeux.
UN SILVAIN.
Celebrons , beniffons le Regne glorieux
Où naiffent tant de Miracles.
UNE NYMPHE.
LOUIS eft le Maistre des Rois ,
Ilfoûmet tout à l'Empire François .
On le craint , on l'implore , on le revere,
on l'aime.
Sa Bontéfeule arrefte fes Exploits :
Plus grand par fes V'ertus que par fen
Diademe,
Vainqueur des Nations , & Vainqueur
de luy- mefme.
LOUIS eft le Maiftre des Rois.
UN SILVAIN.
Semblable au Dieu qui lance le Tonnerre
,
LOUIS eft le Maistre des Rois.
Tous les Dieux de la Terre
GALANT. 285
Obeiffent à fa voix ;
Ils viennent à genoux reconnoiſtre ſes
Loix.
Semblable au Dieu qui lance le Tonnerre
,
LOUIS eft le Maiftre des Rois.
UNE NYMPHE.
De cette Majefté fur fon front reverée,
La jeune Epouse a pris des traits ,
Et les Graces l'ont parée
De leurs divins Attraits.
UN SILVAIN.
Le jeune Epoux animé
D'un Sang par la gloire enflame ,
Plein des grands Noms de fa Race ,
Du choix de ce grand Roy, defes Bontez
charmé ,
Sent redoubler fa belle audace ,
Et meflera bien - toft au gré de tous
fes voeux
Les Lauriers de Bellonne aux Mir
thes amoureux.
CHOEUR .
Heureux Amans ! heureuſe deſtinée !
286 MERCURE
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
TOUT DANSE.
UNE NYMPHE & UN SILVAIN.
chantent l'un après l'autre.
A quoy fert la resistance ;
A quoy fervent les rigueurs ,
L'Amour doit fous fa puiſſance
Toft ou tard ranger vos coeurs ,
Sans le craindre
Sans vous plaindre ,
Cedez , cedez à fes traits vainqueurs.
CHOEUR.
Heureux Amans ! heureufe deftinée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
UNE NYMPHE & UN SILVAIN.
Venez , jeunes Amans , que ces noeuds
pleins d'attraits
Qui commencent ſi - toſt ne finiſſent jamais
;
Que tous les jours les Deftins favora
} bles
Redoublent vos contentemens.
GALANT. 287
Vivez , vivez toûjours Amans ,
Tous les jours plus aimez , tous les jours
plus aimables ,
Que vos plaifirs foient auſſi durables
Qu'ils font charmans ;
Que les fiecles pour vous ne foient que
des
momens ,
Vivez , vivez heureux Amans.
LES TROIS CHOEURS.
Vivez , vivez , heureux Amans ,
Qu'uneflame fi belle
Soit immortelle ,
Que ces vives ardeurs
A jamais , à jamais triomphent dans
Vos coeurs.
Fermer
Résumé : EPITHALAME POUR LES NOCES DE MONSIEUR LE DUC DE BOURBON, ET DE MADEMOISELLE DE NANTES.
Le texte présente un épithalame composé par l'Abbé Genest pour célébrer les noces du Duc de Bourbon et de Mademoiselle de Nantes. Ce poème met en scène diverses divinités, nymphes et sylvains de Versailles qui chantent et dansent pour honorer l'événement. L'épithalame commence par l'invocation d'Hyménée, le dieu du mariage, et célèbre la beauté et la félicité des jeunes époux. Les divinités expriment leur joie et leur admiration pour cette union, soulignant qu'une telle fête n'a jamais réuni autant de dieux. Les nymphes et les sylvains alternent entre regret pour la jeunesse perdue et admiration pour l'amour des mariés. Le texte se conclut par une célébration joyeuse et harmonieuse de l'union des époux, mettant en avant la beauté et la perfection de leur amour. Par ailleurs, le texte décrit une scène théâtrale célébrant la grandeur et la majesté du roi Louis XIV. Les personnages, incluant des dieux, des nymphes et des sylvains, expriment leur admiration et leur gratitude envers le roi. Ils soulignent sa bonté, ses exploits militaires et son autorité sur les nations, le comparant à un dieu respecté et adoré par tous. La jeune épouse du roi est également louée pour sa majesté et ses grâces. La scène se termine par des chants et des danses célébrant l'amour et le bonheur des amants, avec des vœux pour une vie longue et heureuse. Les personnages invitent les jeunes amants à céder à l'amour et à vivre dans le bonheur éternel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7748
p. 1731-1747
DÉFENSE du Cartésianisme, par M. le Gendre de S. Aubin ; contre les accusations des Docteurs Cudwort et Ray.
Début :
Un zèle indiscret est souvent l'occasion d'un scandale ; c'est l'idée qu'on [...]
Mots clefs :
Dieu, Cause, Sagesse, Mécanisme, Ray, Création, Physique, Mouvement, Nature, Lois, Corps, Causes, Principes, Cartésianisme, Descartes, Philosophie, Système, Phénomènes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DÉFENSE du Cartésianisme, par M. le Gendre de S. Aubin ; contre les accusations des Docteurs Cudwort et Ray.
DEFENSE du Cartesianisme, par M. le
Gendre de S. Aubin ; contre les accusations
des Docteurs Cudwort et Ray.
UN
N zéle indiscret est souvent l'occasion
d'un scandale;c'est l'idée qu'on
doit se former des accufations intentées
par les Docteurs Cudwort et Ray , contre
le Cartesianisme. Elles sont contenuës
dans un Livre Anglois , intitulé : L'Existenca
" 1732 MERCURE DE FRANCE
sence et la Sagesse de Dieu, manifestées dans
les Oeuvres de la Création ; par le sieur
Ray,Membre de la Société Royale. La Traduction
Françoise , imprimée à Utrecht,
en 1723. se débite depuis peu à Paris.
On est étonné qu'un Philosophe , qui
écrit uniquement en vûë de manifester la
Sagesse de Dieu dans la Création, débute,
page 5. par approuver un sentiment qu'il
atribue à des Philosophes judicieux ; sçavoir
, que plus les genres , ou les ordres
des Etres sont imparfaits , plus les especes
en sont nombreuses . Est- ce là un
préambule convenable à un Panégyriste
de la Sagesse de Dieu dans la Création ?
Ne devoit il pas plutôt dire que ce qui
paroît imparfait aux vues bornées de notre
entendement , a son utilité et sa destination
dans les Décrets éternels de la Providence
? Ce seroit là un beau champ
pour les Cartésiens qu'il attaque d'une
maniere outrageante ; ne pourroient- ils
pas le traiter de prévaricateur dans une
cause si évidente , et qu'il soutient si
mal ?
Pour faire éclater , dit il , page 12. la
grandeur et l'étendue infinie de l'esprit
de Dieu , il observe que rien ne marque
davantage la supériorité du génie , que
d'inventer des Machines differentes , qui
pros
AOU'ST. 1733. 1733
E
4
€
>
produisent le même effet , et soient destinées
aux mêmes fins . Mais suivant les notions
les plus saines et les plus communes ,
rien ne marque davantage la sagesse
de
l'ouvrier que le Méchanisme le plus simple
et le moins chargé de ressorts . C'est donc
sur une sorte de Méchanisme qu'il fonde
la sagesse de Dieu dans la Création, mais
sur un Mechanisme de détail , qu'il présente
à la pensée , d'une maniere aussi
basse , que celui des Cartésiens est sublime.
Quoique le sieur Ray tâche de décrier
le Cartesianisme sans ménagement, il établit
, pages 2 et 3. comme le sentiment le
plus universellement
reçu , tout ce que
cette Philosophie dans sa nouveauté parut
avoir de plus difficile à concilier avec la
Religion ; sçavoir, l Hypothèse des Tourbillons
, suivant laquelle chaque Etoile ,
pour me servir des propres termes du
Traducteur , est un Soleil ou un Corps
semblable à cet astre , environné de même
d'un Choeur de Planetes , qui tournent
autour de lui. Il avance de plus , qu'il
n'y a aucune de ces Planétes qui ne soit
remplie, selon toutes les apparences , d'une
grande variété de créatures corporelles ,
animées et inanimées . Personne n'ignore
que cette partie de la Physique nouvelle
fut
1734 MERCURE DE FRANCE
fut exposée à la censure , et allarma quelques
personnes pieuses , qui trouvoient
ce systême peu conforme à ce qui nous
cst enseigné sur la Création dans la Genése
; mais il a été reçu depuis comme
une hypothese , sur laquelle on écrit et
on dispute publiquement , et il y a longtemps
que tous les scrupules sont levez à
cet égard.
A la maniére dont le S Ray fait connoître
quels sont les principes de sa Phylosophie
, qui ne le prendroit pour un
Cartésien ? Sectateur de cette Physique ,
il va néanmoins lui imputer les intentions
les plus criminelles. » Il semble
» dit-il, pag. 28.qu'il soit necessaire d'exa-
>> miner un peu les principes d'une Secte
» de Déïstes de profession; j'entends celle
» de Descartes et de ses Disciples , qui
» ont pour but d'éluder et de détruire un
» argument qui a eu tant de force dans
» tous les siècles , pour prouver l'exis-
» tence d'un Dieu . Le premier grief d'une
accusation si grave , est que Descartes
exclud de la Physique toute la considération
des causes finales . Le Sr Ray cite ,
pages 29 et 30. les Passages des Méditations
Métaphysiques , des principes de
Philosophie , et de la quatrième Réponse
aux Objections de Gassendi , où Descartes
dit
AOUST. 1733 1735
1
dit
que toutes
les causes
qu'on
a accoutumé
de tirer
de la fin , ne sont
d'aucun
usage
dans
la Physique
,puisqu'on
ne sçauroit
se persuader
, sans
témérité
, qu'on
puisse
pénétrer
dans
les fins
que
Dieu
s'est proposées
. Il est facile
de répondre
à
cette
objection
, que
la raison
alléguée
par Descartes
, pour
ne pas expliquer
les effets
naturels
par
les fins que
Dieu s'est
proposées
, est trèspieuse
et trèsédifiante
, et qu'il
auro
t pû se contenter
d'établir
en général
, que la Physique
étant
une
recherche
des causes
naturelles
, ce
n'est
pas
parler
en Physicien
, que
de
donner
pour
cause
de la production
d'un Phénoméne
, que Dieu
a eu en vûë
de le
produire
. Car
c'est
ce que tout
Chrétien
sçait
, sans
étudier
la Physique
; cette
science
de tres
- bornée
qu'elle
est , deviendroit
infiniment
étenduë
, si l'on
recevoit
au nombre
des explications
Physiques
, qu'un
efft
naturel
arrive
, parce
qu'il
est conforme
à la fin que Dieu
s'est proposée
. Je suppose
que pour
expliquer
la construction
d'une
Montre
, on s'avisat
de dire
que
ce qui cause
les mouvemens
réglez
de cette
machine
, c'est
l'intention
de l'ouvrier
qui l'a faite
dans
le
dessein
de marquer
les heures
; cette
cause
finale
en Physique
ne seroit
comptée
G
pour
1736 MERCURE DE FRANCE
pour rien ; et on ne pourroit prouver
mieux que cette Montre est l'ouvrage
d'un Artiste , et non l'effet du hazard
qu'en faisant observer l'action du ressort,
le tirage de la chaîne , les engrainures des
rouës , et sur tout la proportion et le concours
des mouvemens. Quel est donc le
véritable objet de la Physique ,? C'est de
déduire les Phénoménes , des Loix géné
rales de la nature , établies par Dieu , et
rapportées au Créateur . Une pareille Philosophie
peut- elle donner lieu aux inveçtives
de l'Auteur Anglois » Les Carthé
» siens , dit- il , page 34. tâchent de dé-
» truire notre grand argument , en pré-
»tendant résoudre tous les Phénomènes
» de la nature , et rendre compte de la
» production et de la formation de l'Uni-
» vers , et de tous les Etres corporels qu'il
» contient , soit celestes ou terrestres ; ani-
» mez ou inanimcz , même sans en exclunre
les animaux , et cela par une foible
»hypothèse de la matiere divisée, et mise
» en mouvement de telle ct telle maniés
» re. . . . . De maniére que Dieu n'a eu
» autre chose à faire qu'à créer la matiére ,
»la diviser en partics , et la mettre en
»mouvement , suivant un petit nombre
de certaines Loix , et que cela ne pouvoit
manquer de produite de soi-même
...
12
AOUST. 1733 : 1737
le monde et toutes les créatures qui y
sont contenues. Pour la réfutation de
cette hypothése ,, continue cet Auteur ,
n'aurois qu'à renvoyer le Lecteur au
» systême du Docteur Cudwort ; mais
» pour lui épargner cette peine, je vais en
transcrire les paroles..... Dieuse con
tentant de regarder en spectateur in-
» différents ce Lusus Atomorum , ou cette
» danse agréable des Atômes , et les différents
effets qui en résultent. Non con-
» tens de cela , ces Déïstes méchaniques
» ont excédé et surpassé en ceci les Athées
» atomiques , par une extravagance plus
oursée que la leur ; car les Athées de
profession n'ont jamais osé affirmer que
» ce systéme régulier des choses fut le ré-
» sultat d'un mouvement fortuit d'Atomes
au commencement , avant d'avoir
produit pendant bien du temps des
combinaisons ineptes ou des assembla-
» ges de choses particulières , et des sys-
» têmes ridicules du tout. Ils supposoient
» même que la régularité des choses de ce
monde ne subsisteroit pas toujours , et
» que la confusion et le désordre s'y re-
> mettroient avec le temps ; qu'outre le
monde que nous habitons , il y en a encore
en ce moment un nombre inexprimable
d'autres irréguliers , dont il
Cij n'y
1738 MERCURE DE FRANCE
» n'y en a pas d'un entre mille et dix mil-
» le , qui ait une régularité pareille au
» nôtre ...... Mais nos Déïstes micha
» niques prétendent que leurs Atomes
» n'ont jamais bronché dans leurs mou-
» vemens, ni produit aucun systéme inep-
» te , ni aucunes formes impropres , et
» qu'ils se sont placez et rangez dès le
commencement avec tant d'ordre et de
» méthode , que la sagesse même n'auroit
» pû le faire mieux , ni avec plus d'exactitude.
C'est par cette raison que çes
» Déi tes re ettent absolument le grand
» a gument qui prouve l'Existence de
Dicu , tiré du Phénoméne de la nature
n artificielle des choses , sur lequel on a si
» fort insisé dans tous les siècles , et qui
» fait ordinairement le plus d'effet sur l'es-
» prit humain. Les Athées s'applaudissent
» cependant en secret , er triomphent de
>> voir la cause du Déïsme trahie de cette
» maniere par ses partisans et ses défen-
» seurs les plus zélez , et le grand argu-
» ment éludé pour favoriser leur cause.
Rien ne sçauroit marquer une plus gran
» de dépravation d'esprit , ni plus de folic
et de stupidité dans les Déïstes pré.en-
» dus , que de n'avoir aucun égard à la
forme régulière et artificielle des cho
ses , ni aux impressions de l'art et de
AOUST . 1733 . 1739
wla
sagesse divine , et de ne regarder
» le Monde et les productions de la Na-
» ture , qu'avec des yeux de boeuf ou de
» cheval.
Le sieur Ray , dans la fureur qui le
transporte , n'entend pas les termes dont
il se sert car qu'est- ce qu'un Déïste , suivant
la notion génerale ? C'est un impiet
qui ne suit aucune Religion particuliere ,
qui reconnoît , à la verité , l'existence de
Dieu mais qui refuse de croire les Mysteres
que Dieu a révelez. Or ces Deïstes qui refusent
de se rendre à l'évidence de la révé.
lation , ne sont pas ceux qui font le moins
valoir le grand argument de l'existence
de Dieu , tiré de sa sagesse dans la Création.
On ne sçait ce que le sieur Ray
veut dire par ces paroles : » Les Athées
» s'applaudissent cependant en secret , et
» triomphent de voir la cause du Déïsme
>>trahie de cette maniere par ses Parti-
» sans et ses Deffenseurs les plus zelez .
Il prend ici la cause du Déïsme pour une
bonne cause trahie , et il semble appli
quer aux Carthésiens les termes de Partis
sans et de Deffenseurs les plus zelez de
la bonne cause. Mais c'est bien plutôt
cet Auteur qui trahit la cause qu'il entreprend
de soutenir , par la foiblesse
avec laquelle il traite son sujet . S'il eût
Ciij fair
1740 MERCURE DE FRANCE
ა
fait remarquer , comme les Carthésiensces
Loix générales dont l'uniformité produit
un Monde si diversifié ; s'il se fût
élevé jusqu'à un méchanisme sublime
qui donnât une idée de la Création proportionnée
à ce que notre foible esprit
peut concevoir de plus grand et de plus
magnifique ; si en s'attachant à ce qu'il.
ya de plus merveilleux dans la Nature
il eût observé , comme ceux qu'il appelle-
Deistes , que cette multitude immense
de mouvemens des Corps Celestes , que
révolutions si constantes des Astres ,
que cette fécondité si riche et si brillan-.
te de l'Univers , que tous ces Phénomenes
si utiles à l'homme , et qui étalent
à ses yeux un spectacle digne du Créateur
, qu'enfin la beauté ravissante de
toutes les Oeuvres de Dieu , est un
témoignage continuel et invincible de sa
sagesse et de sa toute- puissance dans la
Création , par la simplicité et l'ordre des
ressorts qui y sont employez , il eût rem--
pli son sujet avec la dignité convenable ,
mais il ne s'arrête qu'à un petit détail ,
et ne présente par tout que des images.
basses et imparfaites d'un sujet qui surpasse
ses forces.
C'est favoriser l'athéïsme et le syste
me du hazard , que de rejetter le méchaA
O UST. 173′3 ; 1741
chanisme de la Nature , par lequel les
Carthésiens n'entendent autre chose que
les loix generales du mouvement établics
par le Créateur. Que chaque Philosophe
conçoive et suppose ces Loix
générales à son gré , que
differens Phisiciens
suivent des vues systématiquesfort
éloignées ; tous au moins doivent
convenir que ce n'est pas une pensée raisonnable
sur l'Etre suprême , de croire
que l'uniformité et la simplicité manquent
à ses Productions . Le principal but
de la Physique est donc de rapporter tous
les raisonnemens à ces principes. C'est à
quoi les Carthésiens ont beaucoup mieux
réussi qu'aucune autre Secte de Philosophes
, ayant mieux expliqué le méchanisme
general de la Nature; et ' on peut
dire que ceux qui tâchent d'étendre et
de pousser plus loin ce méchanisme , sont
ceux qui pensent et qui s'expliquent le
mieux au sujet de la sagesse et de la toùte-
puissance de Dieu dans la Création . A
la verité , le Philosophe rempli de pré
somption , se persuade qu'il peut concevoir
et faire entendre aux autres cet ordre
admirable établi dans les Ouvrages
de Dieu ; au lieu que le Physitien modeste
, qui connoît la foiblesse et l'incer
titude de ses lumieres , ne regarde tous
Ciij les
742 MERCURE DE FRANCE
les raisonnemens physiques que comme
des hypothéses.
>>
Continuons de rapporter la censure de
la Philosophie Carthésienne par l'Auteur
Anglois. Il se trouve , dit-il , pag. 35 .
» plusieurs Phénomenes dans la Ñature ,
» lesquels étant en partie au- dessus de la
»force et de la portée , et en partie con-
>> traires aux Loix du Méchanisme , ils
» ne sçauroient se résoudre sans avoir re-
>> cours aux causes finales et à quelques
» principes de vie ; par exemple , ce-
» lui de la gravité ou du penchant que
» les corps ont à descendre , le mouve-
» ment du diaphragme dans la respira-
» tion , la systole et la diastole du coeur ,
» qui n'est autre chose qu'une contraction
et un relâchement des muscles ,
» et par consequent ne sçauroit être un
» mouvement méchanique , mais un prin-
» cipe de vie. Nous pourrions encore
» ajoûter à cela entre plusieurs autres
» choses , l'intersection des plans de l'E-
» quateur et de l'Ecliptique ou du mou-
» vement diurne ou journalier de la Ter-
» re sur un axe qui n'est pas parallele à
celui de l'écliptique , ni perpendiculaire
à son plan ..... On ne sçauroit
» donc attribuer la continuation de ce
» double mouvement annuel et diurne
nde
23
A O UST. 17337 1748
de la Terre sur des axes non paralleles,
» à autre chose qu'à une cause finale ou
» mentale , ou rò fixTisov , parce qu'il
étoit à propos que cela fût ainsi , la
» varieté des saisons de l'année en dé
» pendant. Mais le plus considerable de
» tous les Phénoménes pir içuliers est la
»formation et l'organisation des corps
>> des animaux , remplis de tant de varietez
et de merveilles , que ces Philo-
» sophes méchaniques n'en pouvant faire
»la solution par le mouvement nécessaire
» de la matiere , sans qu'elle fût dirigée
par l'esprit à de certaines fins , ont pru-
» demment interrompu leur systéme en
» cet endroit , où ils devoient traiter des
» animaux , et n'en ont pas touché un
» seul mot.
23
On connoît clairement par cette critique
, que le sieur Ray est aussi peu
versé dans la Philosophie Carthésienne
qu'il est injuste dans l'accusation qu'il
intente contre elle. Nous avons vû plus
haut qu'il attribuë aux Carthésiens un
systéme d'Atomes , quoique les trois Elemens
de Descartes soient divisibles à l'infini
, et que par conséquent Descartes
rejette les Atomes , qui signifient des Elemens
indivisibles. Le sieur Ray ne se
trompe pas moins, en disant que dans les
C v Phé1744
MERCURE DE FRANCE
:
Phénomenes qu'il cite , il y a de la contrarieté
au Mechanisme de la Nature. Il
est vrai que les loix générales du mouvement
n'expliquent pas la construction
du corps des animaux , ni la forme de
ces organes merveilleux qui servent aux
differentes fonctions du principe qui les
anime. Le mouvement circulaire des
trois Elémens de Descartes ne peut faires
concevoir , par exemple, comment ont
été produits les instrumens de la faculté
visuelle ; mais les Carthésiens doivent :
seulement avouer que leur méchanisme ,
quoiqu'il n'y ait aucune contrarieté , est
insuffisant pour expliquer tous les Phé
noménes , et sur tout l'organisation admirable
des animaux ,, les corps animezz
et inanimez étant vrai- semblable--
ment produits suivant des loix differen--
tes, ou plutôt dont nous n'appercevons
pas la liaison. * Il ne s'ensuit pas de ce
que la Créature est incapable de conce
voir entierement le grand Ouvrage de :
la Création , qu'il lui soit defendu de rechercher
les causes physiques et naturel
+
La plupart même des Carthésiens estiment aun
aujet de l'organisation continuelle et toujours
cemblable , des Plantes et des Animaux , que tous :
res corps formez en même-temps par le Souve
fain Etre , dans les graines ou dans les oeufs , nesont
que se développer successivement,
leas
A O UST. 1733. 17455
les , suivant les principes les plus géné
caux et les plus simples , en les rappor
tánt à la sagesse et à la toute- puissance
du Créateur.
Les difficultez qui se trouveut sur la
pesanteur , ne peuvent se résoudre par
des principes de vie qui n'ont aucun rapport
avec elle , ou par des causes finales ,.
qui ne sont en aucune maniere des causes
physiques ; et si les explications que
Descartes a données de la pesanteur , ont
été attaquées par de fortes objections ,
tous les Philosophes se sont au moins
accordez à tirer ces Explications d'un '
méchanisme général de la Nature. Le
'steur Ray est si peu d'accord avec luid
même au sujet de la respiration et de la¹
systole et diastole du coeur, qu'après avoir
affirmé que ces mouvemens ne peuvent
être méchaniques , il regarde ailleurs com
me une question douteuse de sçavoir si
les bêtes sont des vrayes machines , ou
s'il convient de leur attribuer la vie et le
sentiment.
cliptiqueant
à l'intersection
de l'é-
1
de l'équateur , on en peut donner
plusieurs raisons qui n'ont rien de
contraire au systéme Carthésien . L'obli
quité de l'écliptique par rapport à l'équateur
, dont l'axe conserve toujours
son parallelisme est assurément la cause
av de
1746 MERCURE DE FRANCE
de la varieté des Saisons , mais cette cause
finale , encore une fois , ne peut passer
pour une cause phisique. L'Explication
naturelle de ce phénoméne peut se rapporter
, suivant les principes d'un Méchanisme
général , ou aux particules cannelées
, qui traversant les pores du G'obe
Terrestre d'un certain sens , déterminent
sa position , ou à la qualité du fluide qui
emporte la Terre par un mouvement
circulaire , ou à la pression des tourbillons
voisins , ou à la résistance que tout
corps solide apporte à l'impression du
mouvement qu'il reçoit , ou à toutes ces
causes réunis , ou aux differentes hypotheses
que la sagacité du Physicien lui
fera inventer. Dieu permet à l'homme
de faire quelques raisonnemens assez vraisemblables
sur les Corps Celestes , si prodigieusement
éloignez de nous ,
afin que
cette étude éleve notre esprit à la Majesté
de l'Etre suprême , en même - temps
que la présomption de l'homme est domptée
par la profonde ignorance où il est
de ce qui est au- dedans de lui - même et
de ce qui fait partie de sa propre substance.
C'est une calomnie insoutenable de
dire que les Carthésiens rejettent absolument
le grand argument qui prouve
» l'eA
O UST. 1733 1747
» l'éxistence de Dieu , tiré du phénoméne
de la forme artificielle des choses .
Nulle Philosophie au contraire ne donne
des idées aussi sublimes de la sagesse
de Dieu dans la Création ; nulle Physique
ne ramene davantage l'esprit au
Créateur , en rapportant tous les phénoménes
qu'elle peut expliquer à des loix
simples et génerales émanées nécessairement
de la Toute puissance divine . C'est
l'argument le plus invincible contre l'Athéïsme
, c'est l'exclusion la plus forte du
hazard , dont la régularité et l'uniformité
ne peuvent être les productions . Plus l'idée
d'un méchanisme est générale , constante
et uniforme , comme dans le Carthésianisme
, plus elle est inséparable des
idées de dessein et de sagesse. Ces Re-
Aléxions suffisent pour prouver des veritez
si évidentes, d'autant plus que pour
détruire l'Athéïsme par le raisonnement ,
il faudroit que quelque homme qui raisonne
fût capable d'Athéïsme , ce qui est
impossible. Il est donc certain que l'accusation
du Carthésianisme par les Docteurs
Cudwort et Ray , est au fond trèsfrivole
et très mal fondée , injurieuse à
plusieurs saints et sçavans personnages ,
qui ont soutenu cette Philosophie , et aux
Écoles qui l'enseignent publiquement.
Gendre de S. Aubin ; contre les accusations
des Docteurs Cudwort et Ray.
UN
N zéle indiscret est souvent l'occasion
d'un scandale;c'est l'idée qu'on
doit se former des accufations intentées
par les Docteurs Cudwort et Ray , contre
le Cartesianisme. Elles sont contenuës
dans un Livre Anglois , intitulé : L'Existenca
" 1732 MERCURE DE FRANCE
sence et la Sagesse de Dieu, manifestées dans
les Oeuvres de la Création ; par le sieur
Ray,Membre de la Société Royale. La Traduction
Françoise , imprimée à Utrecht,
en 1723. se débite depuis peu à Paris.
On est étonné qu'un Philosophe , qui
écrit uniquement en vûë de manifester la
Sagesse de Dieu dans la Création, débute,
page 5. par approuver un sentiment qu'il
atribue à des Philosophes judicieux ; sçavoir
, que plus les genres , ou les ordres
des Etres sont imparfaits , plus les especes
en sont nombreuses . Est- ce là un
préambule convenable à un Panégyriste
de la Sagesse de Dieu dans la Création ?
Ne devoit il pas plutôt dire que ce qui
paroît imparfait aux vues bornées de notre
entendement , a son utilité et sa destination
dans les Décrets éternels de la Providence
? Ce seroit là un beau champ
pour les Cartésiens qu'il attaque d'une
maniere outrageante ; ne pourroient- ils
pas le traiter de prévaricateur dans une
cause si évidente , et qu'il soutient si
mal ?
Pour faire éclater , dit il , page 12. la
grandeur et l'étendue infinie de l'esprit
de Dieu , il observe que rien ne marque
davantage la supériorité du génie , que
d'inventer des Machines differentes , qui
pros
AOU'ST. 1733. 1733
E
4
€
>
produisent le même effet , et soient destinées
aux mêmes fins . Mais suivant les notions
les plus saines et les plus communes ,
rien ne marque davantage la sagesse
de
l'ouvrier que le Méchanisme le plus simple
et le moins chargé de ressorts . C'est donc
sur une sorte de Méchanisme qu'il fonde
la sagesse de Dieu dans la Création, mais
sur un Mechanisme de détail , qu'il présente
à la pensée , d'une maniere aussi
basse , que celui des Cartésiens est sublime.
Quoique le sieur Ray tâche de décrier
le Cartesianisme sans ménagement, il établit
, pages 2 et 3. comme le sentiment le
plus universellement
reçu , tout ce que
cette Philosophie dans sa nouveauté parut
avoir de plus difficile à concilier avec la
Religion ; sçavoir, l Hypothèse des Tourbillons
, suivant laquelle chaque Etoile ,
pour me servir des propres termes du
Traducteur , est un Soleil ou un Corps
semblable à cet astre , environné de même
d'un Choeur de Planetes , qui tournent
autour de lui. Il avance de plus , qu'il
n'y a aucune de ces Planétes qui ne soit
remplie, selon toutes les apparences , d'une
grande variété de créatures corporelles ,
animées et inanimées . Personne n'ignore
que cette partie de la Physique nouvelle
fut
1734 MERCURE DE FRANCE
fut exposée à la censure , et allarma quelques
personnes pieuses , qui trouvoient
ce systême peu conforme à ce qui nous
cst enseigné sur la Création dans la Genése
; mais il a été reçu depuis comme
une hypothese , sur laquelle on écrit et
on dispute publiquement , et il y a longtemps
que tous les scrupules sont levez à
cet égard.
A la maniére dont le S Ray fait connoître
quels sont les principes de sa Phylosophie
, qui ne le prendroit pour un
Cartésien ? Sectateur de cette Physique ,
il va néanmoins lui imputer les intentions
les plus criminelles. » Il semble
» dit-il, pag. 28.qu'il soit necessaire d'exa-
>> miner un peu les principes d'une Secte
» de Déïstes de profession; j'entends celle
» de Descartes et de ses Disciples , qui
» ont pour but d'éluder et de détruire un
» argument qui a eu tant de force dans
» tous les siècles , pour prouver l'exis-
» tence d'un Dieu . Le premier grief d'une
accusation si grave , est que Descartes
exclud de la Physique toute la considération
des causes finales . Le Sr Ray cite ,
pages 29 et 30. les Passages des Méditations
Métaphysiques , des principes de
Philosophie , et de la quatrième Réponse
aux Objections de Gassendi , où Descartes
dit
AOUST. 1733 1735
1
dit
que toutes
les causes
qu'on
a accoutumé
de tirer
de la fin , ne sont
d'aucun
usage
dans
la Physique
,puisqu'on
ne sçauroit
se persuader
, sans
témérité
, qu'on
puisse
pénétrer
dans
les fins
que
Dieu
s'est proposées
. Il est facile
de répondre
à
cette
objection
, que
la raison
alléguée
par Descartes
, pour
ne pas expliquer
les effets
naturels
par
les fins que
Dieu s'est
proposées
, est trèspieuse
et trèsédifiante
, et qu'il
auro
t pû se contenter
d'établir
en général
, que la Physique
étant
une
recherche
des causes
naturelles
, ce
n'est
pas
parler
en Physicien
, que
de
donner
pour
cause
de la production
d'un Phénoméne
, que Dieu
a eu en vûë
de le
produire
. Car
c'est
ce que tout
Chrétien
sçait
, sans
étudier
la Physique
; cette
science
de tres
- bornée
qu'elle
est , deviendroit
infiniment
étenduë
, si l'on
recevoit
au nombre
des explications
Physiques
, qu'un
efft
naturel
arrive
, parce
qu'il
est conforme
à la fin que Dieu
s'est proposée
. Je suppose
que pour
expliquer
la construction
d'une
Montre
, on s'avisat
de dire
que
ce qui cause
les mouvemens
réglez
de cette
machine
, c'est
l'intention
de l'ouvrier
qui l'a faite
dans
le
dessein
de marquer
les heures
; cette
cause
finale
en Physique
ne seroit
comptée
G
pour
1736 MERCURE DE FRANCE
pour rien ; et on ne pourroit prouver
mieux que cette Montre est l'ouvrage
d'un Artiste , et non l'effet du hazard
qu'en faisant observer l'action du ressort,
le tirage de la chaîne , les engrainures des
rouës , et sur tout la proportion et le concours
des mouvemens. Quel est donc le
véritable objet de la Physique ,? C'est de
déduire les Phénoménes , des Loix géné
rales de la nature , établies par Dieu , et
rapportées au Créateur . Une pareille Philosophie
peut- elle donner lieu aux inveçtives
de l'Auteur Anglois » Les Carthé
» siens , dit- il , page 34. tâchent de dé-
» truire notre grand argument , en pré-
»tendant résoudre tous les Phénomènes
» de la nature , et rendre compte de la
» production et de la formation de l'Uni-
» vers , et de tous les Etres corporels qu'il
» contient , soit celestes ou terrestres ; ani-
» mez ou inanimcz , même sans en exclunre
les animaux , et cela par une foible
»hypothèse de la matiere divisée, et mise
» en mouvement de telle ct telle maniés
» re. . . . . De maniére que Dieu n'a eu
» autre chose à faire qu'à créer la matiére ,
»la diviser en partics , et la mettre en
»mouvement , suivant un petit nombre
de certaines Loix , et que cela ne pouvoit
manquer de produite de soi-même
...
12
AOUST. 1733 : 1737
le monde et toutes les créatures qui y
sont contenues. Pour la réfutation de
cette hypothése ,, continue cet Auteur ,
n'aurois qu'à renvoyer le Lecteur au
» systême du Docteur Cudwort ; mais
» pour lui épargner cette peine, je vais en
transcrire les paroles..... Dieuse con
tentant de regarder en spectateur in-
» différents ce Lusus Atomorum , ou cette
» danse agréable des Atômes , et les différents
effets qui en résultent. Non con-
» tens de cela , ces Déïstes méchaniques
» ont excédé et surpassé en ceci les Athées
» atomiques , par une extravagance plus
oursée que la leur ; car les Athées de
profession n'ont jamais osé affirmer que
» ce systéme régulier des choses fut le ré-
» sultat d'un mouvement fortuit d'Atomes
au commencement , avant d'avoir
produit pendant bien du temps des
combinaisons ineptes ou des assembla-
» ges de choses particulières , et des sys-
» têmes ridicules du tout. Ils supposoient
» même que la régularité des choses de ce
monde ne subsisteroit pas toujours , et
» que la confusion et le désordre s'y re-
> mettroient avec le temps ; qu'outre le
monde que nous habitons , il y en a encore
en ce moment un nombre inexprimable
d'autres irréguliers , dont il
Cij n'y
1738 MERCURE DE FRANCE
» n'y en a pas d'un entre mille et dix mil-
» le , qui ait une régularité pareille au
» nôtre ...... Mais nos Déïstes micha
» niques prétendent que leurs Atomes
» n'ont jamais bronché dans leurs mou-
» vemens, ni produit aucun systéme inep-
» te , ni aucunes formes impropres , et
» qu'ils se sont placez et rangez dès le
commencement avec tant d'ordre et de
» méthode , que la sagesse même n'auroit
» pû le faire mieux , ni avec plus d'exactitude.
C'est par cette raison que çes
» Déi tes re ettent absolument le grand
» a gument qui prouve l'Existence de
Dicu , tiré du Phénoméne de la nature
n artificielle des choses , sur lequel on a si
» fort insisé dans tous les siècles , et qui
» fait ordinairement le plus d'effet sur l'es-
» prit humain. Les Athées s'applaudissent
» cependant en secret , er triomphent de
>> voir la cause du Déïsme trahie de cette
» maniere par ses partisans et ses défen-
» seurs les plus zélez , et le grand argu-
» ment éludé pour favoriser leur cause.
Rien ne sçauroit marquer une plus gran
» de dépravation d'esprit , ni plus de folic
et de stupidité dans les Déïstes pré.en-
» dus , que de n'avoir aucun égard à la
forme régulière et artificielle des cho
ses , ni aux impressions de l'art et de
AOUST . 1733 . 1739
wla
sagesse divine , et de ne regarder
» le Monde et les productions de la Na-
» ture , qu'avec des yeux de boeuf ou de
» cheval.
Le sieur Ray , dans la fureur qui le
transporte , n'entend pas les termes dont
il se sert car qu'est- ce qu'un Déïste , suivant
la notion génerale ? C'est un impiet
qui ne suit aucune Religion particuliere ,
qui reconnoît , à la verité , l'existence de
Dieu mais qui refuse de croire les Mysteres
que Dieu a révelez. Or ces Deïstes qui refusent
de se rendre à l'évidence de la révé.
lation , ne sont pas ceux qui font le moins
valoir le grand argument de l'existence
de Dieu , tiré de sa sagesse dans la Création.
On ne sçait ce que le sieur Ray
veut dire par ces paroles : » Les Athées
» s'applaudissent cependant en secret , et
» triomphent de voir la cause du Déïsme
>>trahie de cette maniere par ses Parti-
» sans et ses Deffenseurs les plus zelez .
Il prend ici la cause du Déïsme pour une
bonne cause trahie , et il semble appli
quer aux Carthésiens les termes de Partis
sans et de Deffenseurs les plus zelez de
la bonne cause. Mais c'est bien plutôt
cet Auteur qui trahit la cause qu'il entreprend
de soutenir , par la foiblesse
avec laquelle il traite son sujet . S'il eût
Ciij fair
1740 MERCURE DE FRANCE
ა
fait remarquer , comme les Carthésiensces
Loix générales dont l'uniformité produit
un Monde si diversifié ; s'il se fût
élevé jusqu'à un méchanisme sublime
qui donnât une idée de la Création proportionnée
à ce que notre foible esprit
peut concevoir de plus grand et de plus
magnifique ; si en s'attachant à ce qu'il.
ya de plus merveilleux dans la Nature
il eût observé , comme ceux qu'il appelle-
Deistes , que cette multitude immense
de mouvemens des Corps Celestes , que
révolutions si constantes des Astres ,
que cette fécondité si riche et si brillan-.
te de l'Univers , que tous ces Phénomenes
si utiles à l'homme , et qui étalent
à ses yeux un spectacle digne du Créateur
, qu'enfin la beauté ravissante de
toutes les Oeuvres de Dieu , est un
témoignage continuel et invincible de sa
sagesse et de sa toute- puissance dans la
Création , par la simplicité et l'ordre des
ressorts qui y sont employez , il eût rem--
pli son sujet avec la dignité convenable ,
mais il ne s'arrête qu'à un petit détail ,
et ne présente par tout que des images.
basses et imparfaites d'un sujet qui surpasse
ses forces.
C'est favoriser l'athéïsme et le syste
me du hazard , que de rejetter le méchaA
O UST. 173′3 ; 1741
chanisme de la Nature , par lequel les
Carthésiens n'entendent autre chose que
les loix generales du mouvement établics
par le Créateur. Que chaque Philosophe
conçoive et suppose ces Loix
générales à son gré , que
differens Phisiciens
suivent des vues systématiquesfort
éloignées ; tous au moins doivent
convenir que ce n'est pas une pensée raisonnable
sur l'Etre suprême , de croire
que l'uniformité et la simplicité manquent
à ses Productions . Le principal but
de la Physique est donc de rapporter tous
les raisonnemens à ces principes. C'est à
quoi les Carthésiens ont beaucoup mieux
réussi qu'aucune autre Secte de Philosophes
, ayant mieux expliqué le méchanisme
general de la Nature; et ' on peut
dire que ceux qui tâchent d'étendre et
de pousser plus loin ce méchanisme , sont
ceux qui pensent et qui s'expliquent le
mieux au sujet de la sagesse et de la toùte-
puissance de Dieu dans la Création . A
la verité , le Philosophe rempli de pré
somption , se persuade qu'il peut concevoir
et faire entendre aux autres cet ordre
admirable établi dans les Ouvrages
de Dieu ; au lieu que le Physitien modeste
, qui connoît la foiblesse et l'incer
titude de ses lumieres , ne regarde tous
Ciij les
742 MERCURE DE FRANCE
les raisonnemens physiques que comme
des hypothéses.
>>
Continuons de rapporter la censure de
la Philosophie Carthésienne par l'Auteur
Anglois. Il se trouve , dit-il , pag. 35 .
» plusieurs Phénomenes dans la Ñature ,
» lesquels étant en partie au- dessus de la
»force et de la portée , et en partie con-
>> traires aux Loix du Méchanisme , ils
» ne sçauroient se résoudre sans avoir re-
>> cours aux causes finales et à quelques
» principes de vie ; par exemple , ce-
» lui de la gravité ou du penchant que
» les corps ont à descendre , le mouve-
» ment du diaphragme dans la respira-
» tion , la systole et la diastole du coeur ,
» qui n'est autre chose qu'une contraction
et un relâchement des muscles ,
» et par consequent ne sçauroit être un
» mouvement méchanique , mais un prin-
» cipe de vie. Nous pourrions encore
» ajoûter à cela entre plusieurs autres
» choses , l'intersection des plans de l'E-
» quateur et de l'Ecliptique ou du mou-
» vement diurne ou journalier de la Ter-
» re sur un axe qui n'est pas parallele à
celui de l'écliptique , ni perpendiculaire
à son plan ..... On ne sçauroit
» donc attribuer la continuation de ce
» double mouvement annuel et diurne
nde
23
A O UST. 17337 1748
de la Terre sur des axes non paralleles,
» à autre chose qu'à une cause finale ou
» mentale , ou rò fixTisov , parce qu'il
étoit à propos que cela fût ainsi , la
» varieté des saisons de l'année en dé
» pendant. Mais le plus considerable de
» tous les Phénoménes pir içuliers est la
»formation et l'organisation des corps
>> des animaux , remplis de tant de varietez
et de merveilles , que ces Philo-
» sophes méchaniques n'en pouvant faire
»la solution par le mouvement nécessaire
» de la matiere , sans qu'elle fût dirigée
par l'esprit à de certaines fins , ont pru-
» demment interrompu leur systéme en
» cet endroit , où ils devoient traiter des
» animaux , et n'en ont pas touché un
» seul mot.
23
On connoît clairement par cette critique
, que le sieur Ray est aussi peu
versé dans la Philosophie Carthésienne
qu'il est injuste dans l'accusation qu'il
intente contre elle. Nous avons vû plus
haut qu'il attribuë aux Carthésiens un
systéme d'Atomes , quoique les trois Elemens
de Descartes soient divisibles à l'infini
, et que par conséquent Descartes
rejette les Atomes , qui signifient des Elemens
indivisibles. Le sieur Ray ne se
trompe pas moins, en disant que dans les
C v Phé1744
MERCURE DE FRANCE
:
Phénomenes qu'il cite , il y a de la contrarieté
au Mechanisme de la Nature. Il
est vrai que les loix générales du mouvement
n'expliquent pas la construction
du corps des animaux , ni la forme de
ces organes merveilleux qui servent aux
differentes fonctions du principe qui les
anime. Le mouvement circulaire des
trois Elémens de Descartes ne peut faires
concevoir , par exemple, comment ont
été produits les instrumens de la faculté
visuelle ; mais les Carthésiens doivent :
seulement avouer que leur méchanisme ,
quoiqu'il n'y ait aucune contrarieté , est
insuffisant pour expliquer tous les Phé
noménes , et sur tout l'organisation admirable
des animaux ,, les corps animezz
et inanimez étant vrai- semblable--
ment produits suivant des loix differen--
tes, ou plutôt dont nous n'appercevons
pas la liaison. * Il ne s'ensuit pas de ce
que la Créature est incapable de conce
voir entierement le grand Ouvrage de :
la Création , qu'il lui soit defendu de rechercher
les causes physiques et naturel
+
La plupart même des Carthésiens estiment aun
aujet de l'organisation continuelle et toujours
cemblable , des Plantes et des Animaux , que tous :
res corps formez en même-temps par le Souve
fain Etre , dans les graines ou dans les oeufs , nesont
que se développer successivement,
leas
A O UST. 1733. 17455
les , suivant les principes les plus géné
caux et les plus simples , en les rappor
tánt à la sagesse et à la toute- puissance
du Créateur.
Les difficultez qui se trouveut sur la
pesanteur , ne peuvent se résoudre par
des principes de vie qui n'ont aucun rapport
avec elle , ou par des causes finales ,.
qui ne sont en aucune maniere des causes
physiques ; et si les explications que
Descartes a données de la pesanteur , ont
été attaquées par de fortes objections ,
tous les Philosophes se sont au moins
accordez à tirer ces Explications d'un '
méchanisme général de la Nature. Le
'steur Ray est si peu d'accord avec luid
même au sujet de la respiration et de la¹
systole et diastole du coeur, qu'après avoir
affirmé que ces mouvemens ne peuvent
être méchaniques , il regarde ailleurs com
me une question douteuse de sçavoir si
les bêtes sont des vrayes machines , ou
s'il convient de leur attribuer la vie et le
sentiment.
cliptiqueant
à l'intersection
de l'é-
1
de l'équateur , on en peut donner
plusieurs raisons qui n'ont rien de
contraire au systéme Carthésien . L'obli
quité de l'écliptique par rapport à l'équateur
, dont l'axe conserve toujours
son parallelisme est assurément la cause
av de
1746 MERCURE DE FRANCE
de la varieté des Saisons , mais cette cause
finale , encore une fois , ne peut passer
pour une cause phisique. L'Explication
naturelle de ce phénoméne peut se rapporter
, suivant les principes d'un Méchanisme
général , ou aux particules cannelées
, qui traversant les pores du G'obe
Terrestre d'un certain sens , déterminent
sa position , ou à la qualité du fluide qui
emporte la Terre par un mouvement
circulaire , ou à la pression des tourbillons
voisins , ou à la résistance que tout
corps solide apporte à l'impression du
mouvement qu'il reçoit , ou à toutes ces
causes réunis , ou aux differentes hypotheses
que la sagacité du Physicien lui
fera inventer. Dieu permet à l'homme
de faire quelques raisonnemens assez vraisemblables
sur les Corps Celestes , si prodigieusement
éloignez de nous ,
afin que
cette étude éleve notre esprit à la Majesté
de l'Etre suprême , en même - temps
que la présomption de l'homme est domptée
par la profonde ignorance où il est
de ce qui est au- dedans de lui - même et
de ce qui fait partie de sa propre substance.
C'est une calomnie insoutenable de
dire que les Carthésiens rejettent absolument
le grand argument qui prouve
» l'eA
O UST. 1733 1747
» l'éxistence de Dieu , tiré du phénoméne
de la forme artificielle des choses .
Nulle Philosophie au contraire ne donne
des idées aussi sublimes de la sagesse
de Dieu dans la Création ; nulle Physique
ne ramene davantage l'esprit au
Créateur , en rapportant tous les phénoménes
qu'elle peut expliquer à des loix
simples et génerales émanées nécessairement
de la Toute puissance divine . C'est
l'argument le plus invincible contre l'Athéïsme
, c'est l'exclusion la plus forte du
hazard , dont la régularité et l'uniformité
ne peuvent être les productions . Plus l'idée
d'un méchanisme est générale , constante
et uniforme , comme dans le Carthésianisme
, plus elle est inséparable des
idées de dessein et de sagesse. Ces Re-
Aléxions suffisent pour prouver des veritez
si évidentes, d'autant plus que pour
détruire l'Athéïsme par le raisonnement ,
il faudroit que quelque homme qui raisonne
fût capable d'Athéïsme , ce qui est
impossible. Il est donc certain que l'accusation
du Carthésianisme par les Docteurs
Cudwort et Ray , est au fond trèsfrivole
et très mal fondée , injurieuse à
plusieurs saints et sçavans personnages ,
qui ont soutenu cette Philosophie , et aux
Écoles qui l'enseignent publiquement.
Fermer
Résumé : DÉFENSE du Cartésianisme, par M. le Gendre de S. Aubin ; contre les accusations des Docteurs Cudwort et Ray.
Le texte est une défense du cartésianisme contre les critiques des docteurs Cudworth et Ray, exprimées dans leur ouvrage 'L'Existence et la Sagesse de Dieu, manifestées dans les Oeuvres de la Création'. Le défenseur du cartésianisme reproche à Ray d'avoir commencé son livre en approuvant l'idée que les êtres imparfaits sont plus nombreux que les parfaits, ce qui est jugé inapproprié pour un panégyriste de la sagesse divine. Ray est également critiqué pour avoir fondé la sagesse divine sur un mécanisme de détail, jugé bas et imparfait comparé au mécanisme sublime des cartésiens. Malgré ses attaques contre le cartésianisme, Ray reconnaît certaines hypothèses cartésiennes, comme celle des tourbillons et la diversité des créatures sur les planètes. Le défenseur du cartésianisme répond aux accusations de Ray en expliquant que Descartes exclut les causes finales de la physique pour se concentrer sur les causes naturelles. Il argue que cette approche est pieuse et édifiante, et que la physique doit déduire les phénomènes des lois générales de la nature établies par Dieu. Le texte critique Ray pour avoir accusé les cartésiens de détruire l'argument de l'existence de Dieu en réduisant la création à des lois mécaniques. Le défenseur du cartésianisme conclut que les cartésiens ont mieux expliqué le mécanisme général de la nature et la sagesse divine que toute autre secte philosophique. Le texte discute également de divers phénomènes naturels, comme la gravité, la respiration, les mouvements du cœur, et les mouvements de la Terre, qui semblent défier les lois du mécanisme et nécessitent l'intervention de causes finales ou de principes de vie. Il critique l'incapacité des philosophes mécanistes à expliquer l'organisation des corps animaux, soulignant que ces philosophes interrompent leur système lorsqu'ils abordent ce sujet. Les cartésiens reconnaissent l'insuffisance de leur mécanisme pour expliquer tous les phénomènes, notamment l'organisation des animaux, mais estiment que les corps animés et inanimés sont produits selon des lois différentes. Le texte aborde des difficultés spécifiques comme la pesanteur, la respiration, et les mouvements du cœur, soulignant que les explications cartésiennes, bien que critiquées, restent mécanistes. Il mentionne l'obliquité de l'écliptique par rapport à l'équateur et les diverses causes possibles de ce phénomène, tout en insistant sur le fait que les causes finales ne peuvent être des causes physiques. Enfin, le texte réfute l'accusation selon laquelle les cartésiens rejettent l'argument de la forme artificielle des choses pour prouver l'existence de Dieu. Il affirme que la philosophie cartésienne donne des idées sublimes de la sagesse divine et constitue un argument fort contre l'athéisme. Le texte conclut en dénonçant les accusations frivoles et mal fondées contre le cartésianisme.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7749
p. 54
SUR LA MORT DE SA FEMME.
Début :
Quand la Mort nous déparia, [...]
Mots clefs :
Mort, Manoir, Troupe, Honneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA MORT DE SA FEMME.
SUR LA MORT DE SA FEMME.
2
Uandla Mort nous déparia ,
Mafemme dans leManoirfombre,
Rencontrant Porcie , Arria ,
Et leur Troupe en trés petit nombre ,
Leur dit : je viens me joindre à vous
Moitiés dignes de vos Epoux ,
Honneur du Sexe ,femmes fortes :
Seals ilsfaisoient tout votre bien
C'est pour Eux que vous êtes mortes,
Je n'ai vécuque pour le Mien.
2
Uandla Mort nous déparia ,
Mafemme dans leManoirfombre,
Rencontrant Porcie , Arria ,
Et leur Troupe en trés petit nombre ,
Leur dit : je viens me joindre à vous
Moitiés dignes de vos Epoux ,
Honneur du Sexe ,femmes fortes :
Seals ilsfaisoient tout votre bien
C'est pour Eux que vous êtes mortes,
Je n'ai vécuque pour le Mien.
Fermer