AUTRE.
IL eft peu de gens fur la terre
Qui puiffent fe paffer de mon petit ſecours ;
C'est moi qui termine la guerre
Entre plufieurs enfans qui ſe brouillent toujours
C'est encor moi qui , par adreſſe ,
Leur faiſant ſentir mon pouvoir ,
Les relève fouvent du péché de pareffe ,
Et chacun à la fin fe range à fon devoir .
Lecteur , fi tu ne peux à ces traits me connoître ,
Et fi tu veux me voir bientôt paroître ,
Sans même beaucoup t'efcrimer ,
Prend la plume & puis décompofe ,
Et changeant ma métamorphofe ,
Tu verras que je fuis très-facile à nommer.
Afin qu'en me cherchant d'abord tu ne te laſſes ,
Et que tu fois bientôt orienté ,
Apprends qu'en moi , tout bien compté ,
Le nombre de mes pieds double celui des Grâces.
Tu trouveras enſuite un arbre allez fameux ;
Un arbriffeau fort maigre , & même dangereux ;
Un préfent de l'hiver que le Soleil efface ;
Un membre de ferrure ; un oiſeau fort vorace ;
Plus , un rayon de la divinité ;
Ce qui déplaît à notre liberté ;
OCTOBRE 1765.
Ce qui fur le plaifir exerce un dur empire ;
Enfin , Lecteur , n'ayant plus rien à dire ,
Je termine ici mon propos ;
Et toi , cherche mon nom compris dans ces huit
mots.
Par M. FABRE , en Languedoc.