Auteur du texte (15)
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Destinataire du texte (11)
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Détail
Liste
Résultats : 15 texte(s)
1
p. 42-43
MADRIGAL De Mademoiselle de Scudery, sur la Prise de Mastric.
Début :
En vous parlant des Vers qui ont esté faits sur la Prise / Mastric, quand de Louis vous recevez la loy, [...]
Mots clefs :
Prise de Maastricht, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL De Mademoiselle de Scudery, sur la Prise de Mastric.
vous parlant des Vers
qui ont este faits sur la Prise
de Mastric, j'ay oublié de
vous parler de ceux de Ma¬
demoisellle de Scudery.
Comme il ne sort rien de sa
Plume, qui ne soit conside¬
rable, je croy que vous ne
m'auriez pas pardonné
Elle a dit beaucoup en peu
de paroles, & voicy le Ma¬
drigal qu'elle a fait.
SOT.
GALANT.
43.
MADRIGAL
De Mademoiselle de Seudery, sur la
Prise de Mastric.
Astric, quand de Louis vous re¬
cevez la loy,
Soumettez vous avecque joye,
Vosre prise est un bien que le Cielvous
envoye:
Vous perdex cent Tyrans, & vous
gagnez un Roy,
Mais un Roy si puissant, si grand, s
redoutable,
Que son Nom seulement vous va
rendre imprenable.
qui ont este faits sur la Prise
de Mastric, j'ay oublié de
vous parler de ceux de Ma¬
demoisellle de Scudery.
Comme il ne sort rien de sa
Plume, qui ne soit conside¬
rable, je croy que vous ne
m'auriez pas pardonné
Elle a dit beaucoup en peu
de paroles, & voicy le Ma¬
drigal qu'elle a fait.
SOT.
GALANT.
43.
MADRIGAL
De Mademoiselle de Seudery, sur la
Prise de Mastric.
Astric, quand de Louis vous re¬
cevez la loy,
Soumettez vous avecque joye,
Vosre prise est un bien que le Cielvous
envoye:
Vous perdex cent Tyrans, & vous
gagnez un Roy,
Mais un Roy si puissant, si grand, s
redoutable,
Que son Nom seulement vous va
rendre imprenable.
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2
p. 367-368
« Il me reste encor à vous entretenir de l'Opéra / Apres tant de succés sur la Terre & sur l'Onde [...] »
Début :
Il me reste encor à vous entretenir de l'Opéra / Apres tant de succés sur la Terre & sur l'Onde [...]
Mots clefs :
Paix, Espagne, Hollande
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il me reste encor à vous entretenir de l'Opéra / Apres tant de succés sur la Terre & sur l'Onde [...] »
Il me reſte encor à vous en-
tretenir de l'Opéra deM' Boif-
ſet , qui fut repreſenté Lundy
dernier à S. Germain devant
Leurs Majeſtez, &de la mort
deMeſſieursd'Apremont,Rou-
jault , & Marin , mais je fuis
368
MER
.
GAL
.
4
obligé de remettre cesArticles,
ainſi que pluſieurs autres. Je
finis par celuy de la confirma-
tion de la Paix de l'Eſpagne &
de la Hollande. Je nedoute pas
que le bonheur dont elles vont
joüir, n'excite bientoſt tous les
Potentatsqui font en guerre, à
-conclure une Paix generale,
Comme ils ladévront au Roy,
toute l'Europe poura alors re-
tentirdu bruit de ces Vers.
Apres tantdeſuccèsfurlaTerre
&fur l'Onde,
Surses propres Exploits LOVIS
Sçait rencherirs
Cet Auguste Vainqueur donne la
Paix au Monde,
C'estplusquedele conquérir.
Jeſuis voſtre
tretenir de l'Opéra deM' Boif-
ſet , qui fut repreſenté Lundy
dernier à S. Germain devant
Leurs Majeſtez, &de la mort
deMeſſieursd'Apremont,Rou-
jault , & Marin , mais je fuis
368
MER
.
GAL
.
4
obligé de remettre cesArticles,
ainſi que pluſieurs autres. Je
finis par celuy de la confirma-
tion de la Paix de l'Eſpagne &
de la Hollande. Je nedoute pas
que le bonheur dont elles vont
joüir, n'excite bientoſt tous les
Potentatsqui font en guerre, à
-conclure une Paix generale,
Comme ils ladévront au Roy,
toute l'Europe poura alors re-
tentirdu bruit de ces Vers.
Apres tantdeſuccèsfurlaTerre
&fur l'Onde,
Surses propres Exploits LOVIS
Sçait rencherirs
Cet Auguste Vainqueur donne la
Paix au Monde,
C'estplusquedele conquérir.
Jeſuis voſtre
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3
p. 25-26
MADRIGAL SUR LA PAIX.
Début :
Vous avez eu raison d'aprouver le Quatrain qui finit / Jamais on n'avoit tantvanté [...]
Mots clefs :
Paix, Louis, Victoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL SUR LA PAIX.
Vous avez eu raifon
d'aprouver le Quatrain
qui finit ma derniere Letre,
Je vous lay envoyé
comme je l'avois confulément
entendu, mais jay
{ceu depuis que c'eftoit la
fin dun Madrigal de Mademoifelle
de Scudery. Je
vous l'envoye aujourd huy
entier, tout ce qui vient de
cette illuftre Perfonne cf
tant trop confidérable pour
en rien perdre,
Juillet. C
2.6 Mee MUN À
SUR LA PAIX.
Armais on R'avoil tantuante
E Ny Campagne a’ HTyver,ny
M Campugned Effe, .
XL OvzdLoiiis revenoit fuivy
dela Fill ire.
Quceile eff cette nouvelle gloire?
Sur fes propres Exploits a t-il px
Vehcherir,
Apres tant de fucces far la Terre
€^ furl’ Gude?
Oy, car donner la. Paix au
Afonde,
C'el plus que dele conquerir.
d'aprouver le Quatrain
qui finit ma derniere Letre,
Je vous lay envoyé
comme je l'avois confulément
entendu, mais jay
{ceu depuis que c'eftoit la
fin dun Madrigal de Mademoifelle
de Scudery. Je
vous l'envoye aujourd huy
entier, tout ce qui vient de
cette illuftre Perfonne cf
tant trop confidérable pour
en rien perdre,
Juillet. C
2.6 Mee MUN À
SUR LA PAIX.
Armais on R'avoil tantuante
E Ny Campagne a’ HTyver,ny
M Campugned Effe, .
XL OvzdLoiiis revenoit fuivy
dela Fill ire.
Quceile eff cette nouvelle gloire?
Sur fes propres Exploits a t-il px
Vehcherir,
Apres tant de fucces far la Terre
€^ furl’ Gude?
Oy, car donner la. Paix au
Afonde,
C'el plus que dele conquerir.
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4
p. 26-27
AU ROY.
Début :
Cette glorieuse Perte a donné lieu à Mademoiselle de Scudéry, / Faut-il donc toûjours vaincre, & forcer des Murailles ? [...]
Mots clefs :
Mademoiselle de Scudéry, Perte, Roi, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROY.
Cette glorieuse Perte a don-
né lieu à Mademoiselle de
Scudéry, de faire le Madri-
gal que j'adjoûte icy.
AU ROY.
F Aut-il donc toujours vaincre,
& forcer des Murailles?
N'aurons-nous des Héros que par
des Funérailles?
Non, pour Vous, GRAND LOÜIS,
tout devient glorieux;
Et le Monde étonné, doute quel vaut
le mieux,
Ou perdre des Procés, ou gagner
des Batailles.
né lieu à Mademoiselle de
Scudéry, de faire le Madri-
gal que j'adjoûte icy.
AU ROY.
F Aut-il donc toujours vaincre,
& forcer des Murailles?
N'aurons-nous des Héros que par
des Funérailles?
Non, pour Vous, GRAND LOÜIS,
tout devient glorieux;
Et le Monde étonné, doute quel vaut
le mieux,
Ou perdre des Procés, ou gagner
des Batailles.
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5
p. 163-165
A MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE.
Début :
Cette Naissance a fait faire quantité de Vers. Je vous en envoye / Venez, heureux Enfant, venez à la lumiere, [...]
Mots clefs :
Naissance, Duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE.
Cette
Naiffance a fait faire quantité
de Vers. Je vous en envoye
quelques-uns. En voicy de
l' illuflre Mademoiftlle de
Scudéry.
A ~f 0 ·N s Ê I G N E il R.
LE DUC DE BOURGOGNE,.
Enez,heureux E11f.1nt, venez
àla fttmiere,
Yom aU.ez... c~mmenccr t'ne ill1iflre
IJ
carrte,~e,
:Et le Soleil qui n4ift aux hords de
l'orient., ,
N'a PM d.. fà naiffence ''" écl,1t Ji•
yianr,,
Tout hriUe autour de ~or.JJ ; lts Jtux;
les Rû·, la Gloire,
]tartnt voflre Bercear'1 comme t1n.
Ch4r de Viél-oire.
M11Û, ô divitJ Enfant, IJ11and 1n fart
de Hér1s_,
on ne vit p~ /(}11-gtemps dan1 les
brM du Repos.
B1.JQe~-vo1u; qNe le c~rp,, l'ej}rit~
e(r le f Pttragc,
G A 1 A. T. 16.(9_i ~ ..ul . J
}(iJY{ClJ.t {es Loi.," dr1 t!WJf S , & les
Regles dei' lige; '. . _
PrJ.{/èz r11pidement les frivoles plat-
Jir1, .
Et concevez bie;ito1!f d~hfroïques ..
defirs.
P..oit-J l'ourrc z..J1N.rj1affir 111 ;.;.s les Pri;iceJ
~ ~
tii'n M onae ~
De vos prcn1iers Exploits rcmJ1lir
la terre & t~ondc;
Digne de vojlre N orn eftre adoré tle
f()U1'
Et vvir toeijo1J.r.s Lor I s, /,ien aa
de;/w de rvous,
Eclairer tous vos f a1, v~us jèr'lo'ir
de Mode f e;t
~ 1flre dtJ. Roy des .R.oys une Image
-hdeUe
J' 1 ' '
Le honhet1'r des Fr11ncoii, l'a.me dtJ
fis Etats,
Et l'exemple ctcrnct de tptJJ le,; Poi#....J
te1Jtats
Naiffance a fait faire quantité
de Vers. Je vous en envoye
quelques-uns. En voicy de
l' illuflre Mademoiftlle de
Scudéry.
A ~f 0 ·N s Ê I G N E il R.
LE DUC DE BOURGOGNE,.
Enez,heureux E11f.1nt, venez
àla fttmiere,
Yom aU.ez... c~mmenccr t'ne ill1iflre
IJ
carrte,~e,
:Et le Soleil qui n4ift aux hords de
l'orient., ,
N'a PM d.. fà naiffence ''" écl,1t Ji•
yianr,,
Tout hriUe autour de ~or.JJ ; lts Jtux;
les Rû·, la Gloire,
]tartnt voflre Bercear'1 comme t1n.
Ch4r de Viél-oire.
M11Û, ô divitJ Enfant, IJ11and 1n fart
de Hér1s_,
on ne vit p~ /(}11-gtemps dan1 les
brM du Repos.
B1.JQe~-vo1u; qNe le c~rp,, l'ej}rit~
e(r le f Pttragc,
G A 1 A. T. 16.(9_i ~ ..ul . J
}(iJY{ClJ.t {es Loi.," dr1 t!WJf S , & les
Regles dei' lige; '. . _
PrJ.{/èz r11pidement les frivoles plat-
Jir1, .
Et concevez bie;ito1!f d~hfroïques ..
defirs.
P..oit-J l'ourrc z..J1N.rj1affir 111 ;.;.s les Pri;iceJ
~ ~
tii'n M onae ~
De vos prcn1iers Exploits rcmJ1lir
la terre & t~ondc;
Digne de vojlre N orn eftre adoré tle
f()U1'
Et vvir toeijo1J.r.s Lor I s, /,ien aa
de;/w de rvous,
Eclairer tous vos f a1, v~us jèr'lo'ir
de Mode f e;t
~ 1flre dtJ. Roy des .R.oys une Image
-hdeUe
J' 1 ' '
Le honhet1'r des Fr11ncoii, l'a.me dtJ
fis Etats,
Et l'exemple ctcrnct de tptJJ le,; Poi#....J
te1Jtats
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6
p. 33-34
REPONSE DE SAPHO.
Début :
La Postérité curieuse [...]
Mots clefs :
Louis, Sapho, Postérité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPONSE DE SAPHO.
REPONSE DE SAPHO .
LA Poftérité curieuse
Nepourra pas douterdes Conquestes
du Roy;
Etle Rhin, que Strasbourgafoûmis
afa Loy, :
Inſtruira cette Soupçonneuse.
Tant de Combats fameux , tant de
Faits éclatans,
Tant d' Ennemis vaincus,font d'affiz
bons garands,
Leur témoignage enfin doit estre
irréprochable.
On nedouterapoint de leur fincerité,
Etcettegrande Verité
Aufenlnom du Hérosfera toûjours
croyable.
Comme il est des Autels leplusfolide
appuy,
34 MERCURE
LvDéeffe aux centvoix neſerapas
rebelle;
Saphodans tous les temps aurabesoin
de lay,
Et LOVIS est tropgrand pour avoir
besoin d'ellc
LA Poftérité curieuse
Nepourra pas douterdes Conquestes
du Roy;
Etle Rhin, que Strasbourgafoûmis
afa Loy, :
Inſtruira cette Soupçonneuse.
Tant de Combats fameux , tant de
Faits éclatans,
Tant d' Ennemis vaincus,font d'affiz
bons garands,
Leur témoignage enfin doit estre
irréprochable.
On nedouterapoint de leur fincerité,
Etcettegrande Verité
Aufenlnom du Hérosfera toûjours
croyable.
Comme il est des Autels leplusfolide
appuy,
34 MERCURE
LvDéeffe aux centvoix neſerapas
rebelle;
Saphodans tous les temps aurabesoin
de lay,
Et LOVIS est tropgrand pour avoir
besoin d'ellc
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7
p. 32
MADRIGAL
Début :
Ce Bras qui fit trembler tant de fiers Ennemis, [...]
Mots clefs :
Ennemis, Trembler
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL
MADRIGAL.
cE Brdi quifit trembler tintdt
fiers tnnemis,
Taitmaintenant tremblerUs Cœurs
les pltï<feûmisi
La France i'ddoroity &commence à
le plaindra
Maisnon! rendonsau Cieldesben-
neurs immort, Is,
Un Brds quifouticut lesAutels,
NeJçauroitatoir rien à crllindrt.
cE Brdi quifit trembler tintdt
fiers tnnemis,
Taitmaintenant tremblerUs Cœurs
les pltï<feûmisi
La France i'ddoroity &commence à
le plaindra
Maisnon! rendonsau Cieldesben-
neurs immort, Is,
Un Brds quifouticut lesAutels,
NeJçauroitatoir rien à crllindrt.
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8
p. 202-205
LA FAUVETTE, A SAPHO, Arrivant à son petit Bois le 25. Avril, selon sa coûtume.
Début :
Ces autres Vers, pour n'être pas adressez à Sa Majesté, / Apres l'Hyver rigoureux, [...]
Mots clefs :
Fauvette, Gloire, Bois, Acante, Roi, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA FAUVETTE, A SAPHO, Arrivant à son petit Bois le 25. Avril, selon sa coûtume.
Ces
autres
Vers
,
pour
n'ê-
tre
pas adreffez
à Sa Majeſté
,
ne
laiffent
pas
de
loüer ce
Grand
Monarque
.
Ils
font
de
l'illuftre
Mademoiſelle
deScudéry
.
Vous
fçavez
qu'elle
a
immortalifé
les
Fauvetes
par
le
langage
qu'elle leur
a
fait
tenir
.
Elle
a continué
,
&
voicy ce
que
la
Fauvete
defon
Bois a
dit cette
année
.
Les louanges redoublent
beaucoup de
prix
,
quand
la
maniere de
les
donner
eft
ingénicufe.
GALANT
.
203
LA FAUVETE.
A SAPHO
,
Arrivant
à
fon
petit
Bois
le
25
Avril
,
felon
la
coûtume
.
Α
Pres
l'Hyver
rigoureux
,
le
reviensfous
cet
ombrage
,
Are
Le
cœur
toûjours
amoureux
,
Et
preft
à vous
rendre
hommage
,
Selon
mon
foible
ramage
.
S2
Mais dans ces aimables Bois,
Dont la verdure m'enchante,
Ce n'eft plus comme autrefois,
Car l'ingénieux Acante
Ne répondplus à ma voix.
S &
Malgréfon
cruelfilence
,
204
MERCURE
Puis
qu'il
chanta
mes
amours
,
T'ay de la
reconnoiffance
,
Le
l'admireray toûjours
.
S&
I'ayfçeu dans malongue course,
Qu'iln'aime plus qu'un Grand Roy,
Quidu Levantjufqu'à l'ourſe
Porte l'amour, on l'effroy,
Etfoûmet tout à fa Loy.
$2
Quand
il
partit
de
verfailles
,
Je
vis
ce
Roy
fans
pareil
,
Tel
que
le
Dieu
des
Batailles
,
Plus
brillant
que
le
Soleil
.
SS
Ie penfay cent fois lefuivre,
Au lieu de venir à vous,
Etj'euffe bien voulu vivre
Aupres d'un Héros fi doux.
$2
Mais ayant veu la Victoire
GALANT
.
205
Qui
veloit
autour
de luy
,
Ie
connus
bien
que
la Gloire
Nous
l'arrachoit
aujourd'huy
.
Sa
Ie
crus
ouir
le
Tonnerre
,
Je
vis
briller
des
Eclairs
,
Ie
fentis
trembler
la
Terre
,
Erje
craignis
que
la
Guerre
N'allaft troubler
l'Univers
.
Sa
N'ayantpas
l'aile
affez
forte
Pour
cerapide Guerrier
,
Dans
le
zele
qui m'emporte
,
Je reviens
fur
mon
Meurier
,
Et
ne
ceffe
de
prier
Que
bientoft il
nous
apporte
,
Ou
l'olive
,
ou
le
Laurier
.
autres
Vers
,
pour
n'ê-
tre
pas adreffez
à Sa Majeſté
,
ne
laiffent
pas
de
loüer ce
Grand
Monarque
.
Ils
font
de
l'illuftre
Mademoiſelle
deScudéry
.
Vous
fçavez
qu'elle
a
immortalifé
les
Fauvetes
par
le
langage
qu'elle leur
a
fait
tenir
.
Elle
a continué
,
&
voicy ce
que
la
Fauvete
defon
Bois a
dit cette
année
.
Les louanges redoublent
beaucoup de
prix
,
quand
la
maniere de
les
donner
eft
ingénicufe.
GALANT
.
203
LA FAUVETE.
A SAPHO
,
Arrivant
à
fon
petit
Bois
le
25
Avril
,
felon
la
coûtume
.
Α
Pres
l'Hyver
rigoureux
,
le
reviensfous
cet
ombrage
,
Are
Le
cœur
toûjours
amoureux
,
Et
preft
à vous
rendre
hommage
,
Selon
mon
foible
ramage
.
S2
Mais dans ces aimables Bois,
Dont la verdure m'enchante,
Ce n'eft plus comme autrefois,
Car l'ingénieux Acante
Ne répondplus à ma voix.
S &
Malgréfon
cruelfilence
,
204
MERCURE
Puis
qu'il
chanta
mes
amours
,
T'ay de la
reconnoiffance
,
Le
l'admireray toûjours
.
S&
I'ayfçeu dans malongue course,
Qu'iln'aime plus qu'un Grand Roy,
Quidu Levantjufqu'à l'ourſe
Porte l'amour, on l'effroy,
Etfoûmet tout à fa Loy.
$2
Quand
il
partit
de
verfailles
,
Je
vis
ce
Roy
fans
pareil
,
Tel
que
le
Dieu
des
Batailles
,
Plus
brillant
que
le
Soleil
.
SS
Ie penfay cent fois lefuivre,
Au lieu de venir à vous,
Etj'euffe bien voulu vivre
Aupres d'un Héros fi doux.
$2
Mais ayant veu la Victoire
GALANT
.
205
Qui
veloit
autour
de luy
,
Ie
connus
bien
que
la Gloire
Nous
l'arrachoit
aujourd'huy
.
Sa
Ie
crus
ouir
le
Tonnerre
,
Je
vis
briller
des
Eclairs
,
Ie
fentis
trembler
la
Terre
,
Erje
craignis
que
la
Guerre
N'allaft troubler
l'Univers
.
Sa
N'ayantpas
l'aile
affez
forte
Pour
cerapide Guerrier
,
Dans
le
zele
qui m'emporte
,
Je reviens
fur
mon
Meurier
,
Et
ne
ceffe
de
prier
Que
bientoft il
nous
apporte
,
Ou
l'olive
,
ou
le
Laurier
.
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9
p. 160-161
MADRIGAL.
Début :
Les Muses ne sont pas demeurées muettes après la Prise / Fier Luxembourg, maintenant pitoyable, [...]
Mots clefs :
Prise de Luxembourg, Louis, Luxembourg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL.
Les,Muſes ne ſont pas
demeurées muettes apres la
PriſedeLuxembourg. Voicy
ce qu'elles ont fait dire à
GALANT. 161
P'illustre Mademoiselle de
Scudéry.
MADRIGAL.
AlerLuxcmsbourg,IerLuxembourg, maintenant
pitoyable,
Contre LOVIS vom n'avez på
tenir.
Consolez-vous d'unfort inévitable.
Vous vous trompiez devous croire
imprenable,
Maisenfes mains vous l'allez de.
(
venir.
demeurées muettes apres la
PriſedeLuxembourg. Voicy
ce qu'elles ont fait dire à
GALANT. 161
P'illustre Mademoiselle de
Scudéry.
MADRIGAL.
AlerLuxcmsbourg,IerLuxembourg, maintenant
pitoyable,
Contre LOVIS vom n'avez på
tenir.
Consolez-vous d'unfort inévitable.
Vous vous trompiez devous croire
imprenable,
Maisenfes mains vous l'allez de.
(
venir.
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10
p. 71-74
LA FAUVETE A SAPHO
Début :
Ces Vers me font souvenir de ceux que vous m'avez / Plus vîte qu'une Hyrondelle, [...]
Mots clefs :
Hirondelle, Amours, Troupeaux, Demi-dieux, Crime, Humilité, Doge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA FAUVETE A SAPHO
Ces Vers me font fouvenir
de ceux que vous m'avez
demandez de Mademoiſelle
de Scudery. Le trop de matiere
m'empefcha de vous les
envoyer la derniere fois .
72 MERCURE
LA FAUVETE
A SAPHO
En arrivant à fon petit Bois felon
fa coûtume, le Avril 1685.
15
Pieviens avec les beaux jours,.
Lus vite qu'une Hyrondelle,
Comme Fauvete fidelle,
Avant le mois des Amours.
SS
Jay trouvé fur mon paffage
Un Spectaclefort nouveau ;
Pour m'expliquer davantage,
C'est le Doge & fon Troupeau..
$ 2
Quoy, luy dis-je , entrer en France,
Et vous montrer en ces lieux!
Ony, dit- il, par la clémence
Du plus grand des Demy -Dieux.
Son
GALANT 73
Sa
Son coeur toujours magnanime,
Ne pouvant fe démentir,
Feut oublier noftre crime,
Voyant noftre repentir.
$2
Ab ! m'écriay-je ravie,
Ce Heros par fon grand coeur
Pardonne à qui s'humilie) 200
Et de luy mefme eft vainqueur.
Sa
Dieux ! quel bon -hour eft le vostre
D'aller recevoirfa loy!
Ie n'en voudrois jamais d'autre,
Mais ce bien n'eft pas pour moy.
$2
C'eft affez que ma Maiftreffe,
Souffre que mafoible voix
Chante & rechantefans ceffe,
Qu'ileft le Phoenix des Rois.
Juin 1685.
G
74 MERCURE
Sa
Allez , Doge , allez fans peine
Luy rendre grace à genoux;
La République Romaine
En cuft fait autant que vous.
de ceux que vous m'avez
demandez de Mademoiſelle
de Scudery. Le trop de matiere
m'empefcha de vous les
envoyer la derniere fois .
72 MERCURE
LA FAUVETE
A SAPHO
En arrivant à fon petit Bois felon
fa coûtume, le Avril 1685.
15
Pieviens avec les beaux jours,.
Lus vite qu'une Hyrondelle,
Comme Fauvete fidelle,
Avant le mois des Amours.
SS
Jay trouvé fur mon paffage
Un Spectaclefort nouveau ;
Pour m'expliquer davantage,
C'est le Doge & fon Troupeau..
$ 2
Quoy, luy dis-je , entrer en France,
Et vous montrer en ces lieux!
Ony, dit- il, par la clémence
Du plus grand des Demy -Dieux.
Son
GALANT 73
Sa
Son coeur toujours magnanime,
Ne pouvant fe démentir,
Feut oublier noftre crime,
Voyant noftre repentir.
$2
Ab ! m'écriay-je ravie,
Ce Heros par fon grand coeur
Pardonne à qui s'humilie) 200
Et de luy mefme eft vainqueur.
Sa
Dieux ! quel bon -hour eft le vostre
D'aller recevoirfa loy!
Ie n'en voudrois jamais d'autre,
Mais ce bien n'eft pas pour moy.
$2
C'eft affez que ma Maiftreffe,
Souffre que mafoible voix
Chante & rechantefans ceffe,
Qu'ileft le Phoenix des Rois.
Juin 1685.
G
74 MERCURE
Sa
Allez , Doge , allez fans peine
Luy rendre grace à genoux;
La République Romaine
En cuft fait autant que vous.
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Résumé : LA FAUVETE A SAPHO
En avril et juin 1685, une correspondance poétique relate une rencontre avec le Doge de Venise et sa troupe en France. L'auteur compare son arrivée rapide à celle d'une hirondelle au printemps. Le Doge justifie sa présence par la clémence de 'Louis XIV', surnommé le 'plus grand des Demi-Dieux', dont la générosité pardonne aux repentants. L'auteur exprime son admiration pour ce souverain et la joie de recevoir sa loyauté, bien que ce bonheur ne lui soit pas destiné. Elle évoque également sa maîtresse, qualifiée de 'Phoenix des Rois', à qui elle doit constamment chanter. Enfin, l'auteur invite le Doge à remercier la République Romaine pour ses actions.
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11
p. 21-22
SUR LA CONVERSION des Heretiques.
Début :
Mademoiselle de Scudery, qui a publié tant de fois la gloire / D'un Zele sans pareil j'ay chanté mille fois [...]
Mots clefs :
Zèle, Gloire, Louis, Exploits, Vertus, Dieu, Louanges au roi
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texteReconnaissance textuelle : SUR LA CONVERSION des Heretiques.
Mademoiſelle de Scudery , qui
a publié tant de fois la gloire du
Roy , n'a pû ſe taire dans une
occafion où elle entend parler
tout le monde. Voicy la Partie
qu'elle a tenue dans ce concert
de loüanges.
SUR LA CONVERSION
des Heretiques.
D'OnLele Sans pareil L'ay chan.
té mille fois
La gloire de LOUIS , &fesfameux
Exploits ,
รา MERCURE
Fay loüéfes vertus , j'ay vanté fon
courage ,
Et ma main fans trembler a tracé
fon Image ;
Mais cent Peuples rendus au Dieu
de l'Univers ,
Sont un trop grand fujet pour tous
nos foibles Vers.
La Terre doit fe taire : à de telles
loüanges
Ilfaut la voix du Ciel , & le con--
cert des Anges.
a publié tant de fois la gloire du
Roy , n'a pû ſe taire dans une
occafion où elle entend parler
tout le monde. Voicy la Partie
qu'elle a tenue dans ce concert
de loüanges.
SUR LA CONVERSION
des Heretiques.
D'OnLele Sans pareil L'ay chan.
té mille fois
La gloire de LOUIS , &fesfameux
Exploits ,
รา MERCURE
Fay loüéfes vertus , j'ay vanté fon
courage ,
Et ma main fans trembler a tracé
fon Image ;
Mais cent Peuples rendus au Dieu
de l'Univers ,
Sont un trop grand fujet pour tous
nos foibles Vers.
La Terre doit fe taire : à de telles
loüanges
Ilfaut la voix du Ciel , & le con--
cert des Anges.
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Résumé : SUR LA CONVERSION des Heretiques.
Mademoiselle de Scudery, célèbre pour ses écrits glorifiant le roi, a participé à un concert de louanges sur la conversion des hérétiques. Dans son poème, elle admire Louis et ses exploits, mais juge que la conversion des peuples au Dieu de l'Univers dépasse les capacités humaines. Elle estime que ces louanges méritent la voix du Ciel et le chant des anges.
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12
p. 3-4
SUR L'INDISPOSITION DE SA MAJESTÉ.
Début :
Trop penible Vertu, Patience importune, [...]
Mots clefs :
Douleurs, Patience, Roi
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texteReconnaissance textuelle : SUR L'INDISPOSITION DE SA MAJESTÉ.
SUR L'INDISPOSITlON
DE SA MAJESTE'.
TRop pénibleVertu, Patience
importune,
Portez vostre secours à quelque Ame
commune,
C'est aJJcZj pour LOVIS de vos aima-
blesSœurs,
-Eloignez,,vou-j de luy , mais avec les
douleurs,
Cherchez les malheureux; sa mer-
" veilleuseHistoire
N' a pa4 besoin de vous, ny de nou-
velle Gloire.
Plus vOUJ le rendez,Grand par sa
Tranquillité,
Plus nous sentons les maux dont il
esttourmenté
Vom charmez,ses douleurs,divine
Patience,
Mais toutesses douleurs sont celles de
la France,
Nousnevivons qu'enluy ,si ce Roy
genereux
Cern/If ses mauxpour rien, quand
l'Etat est heureux,
Nesentons plus aujji les biens qu'il
nous envoye,
Xi tant qu'ilsouffrira renonçons à lA
joye.
DE SA MAJESTE'.
TRop pénibleVertu, Patience
importune,
Portez vostre secours à quelque Ame
commune,
C'est aJJcZj pour LOVIS de vos aima-
blesSœurs,
-Eloignez,,vou-j de luy , mais avec les
douleurs,
Cherchez les malheureux; sa mer-
" veilleuseHistoire
N' a pa4 besoin de vous, ny de nou-
velle Gloire.
Plus vOUJ le rendez,Grand par sa
Tranquillité,
Plus nous sentons les maux dont il
esttourmenté
Vom charmez,ses douleurs,divine
Patience,
Mais toutesses douleurs sont celles de
la France,
Nousnevivons qu'enluy ,si ce Roy
genereux
Cern/If ses mauxpour rien, quand
l'Etat est heureux,
Nesentons plus aujji les biens qu'il
nous envoye,
Xi tant qu'ilsouffrira renonçons à lA
joye.
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13
p. 39-40
SAPHO A HOMERE.
Début :
Mademoiselle de Scudery répondit à ces Vers par ce Madrigal. / Homere, vous dormez encore, [...]
Mots clefs :
Héros, Grand, Homère, Iliade
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SAPHO A HOMERE.
Mademoiſelle de Scudery
répondit
à
ces
Vers par ce
Madrigal
.
40
MERCURE
SAPHO
A HOMERE
.
H
Le
Heros
Omere
,
vous
dormez
encore
,
Comme
vous dormiez
autre-
fois.
que la France adore
Eft
trop
grand
pour
ma
foible
voix
.
Si
vous
l'aviez
eu pour
modelle
Au
lieu
de
vos Heros
Gregeois
,
L'Iliade
en
feroit
plus
belle
s
Carfans
ce
grand Cheval de
bois
,
Et
par une plus
noble
voye
Il
vient
de
foumettre à
fes
Loix
Luxembourg
bienplus fort
que
Troye
,
Et
de
l'y
foumettre en
un
mois
répondit
à
ces
Vers par ce
Madrigal
.
40
MERCURE
SAPHO
A HOMERE
.
H
Le
Heros
Omere
,
vous
dormez
encore
,
Comme
vous dormiez
autre-
fois.
que la France adore
Eft
trop
grand
pour
ma
foible
voix
.
Si
vous
l'aviez
eu pour
modelle
Au
lieu
de
vos Heros
Gregeois
,
L'Iliade
en
feroit
plus
belle
s
Carfans
ce
grand Cheval de
bois
,
Et
par une plus
noble
voye
Il
vient
de
foumettre à
fes
Loix
Luxembourg
bienplus fort
que
Troye
,
Et
de
l'y
foumettre en
un
mois
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14
p. 68
MADRIGAL
Début :
Fiers Ennemis, il faut vous rendre, [...]
Mots clefs :
Ennemis, Éléments, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL
MADRIGAL.
FIers Ennemis , il faut vous
rendre
LaTerre& laMerfont pournous.
Sur quel autre Element pourriez-
vous vous défendre?
Dieu quiſoutient Louis,est leMaître
de tous
Mlle
deScudery
.
FIers Ennemis , il faut vous
rendre
LaTerre& laMerfont pournous.
Sur quel autre Element pourriez-
vous vous défendre?
Dieu quiſoutient Louis,est leMaître
de tous
Mlle
deScudery
.
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15
p. 222-224
SUR LA DEFAITE des Alliez en Piedmont.
Début :
Il auroit esté facheux pour la France qu'un si beau / Tous les Princes liguez sont prest de s'abismer. [...]
Mots clefs :
Turin, Louis, Victoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA DEFAITE des Alliez en Piedmont.
Ilauroit cfté facheux pour la France qu'un fi
beau morceau d Hiftoire cuft
efté ignoré de la Pofterité.
Cependant je vous envoye des
Vers qui ont efté faits fur la
GALANT. 223
derniere Bataille. Le premier
Madrigal cft de Mademoifelle de Scuderi .
SUR
LA DEFAITE
des Alliez en Piedmont.
Tous les Princes lignez fontprifts de s'abifmer .
L'un veut paffer le Pộ, l'autre paſſe
la mer.
Malgré leurs mouvemens , leurs projets , leurs menaces ,
Nous fauvons Pignerol , nous leur
prenons des Places;
Infpirez parLouis comme parle Dieu
Mars,
Aux partesde Turin unegrande Victoire
Tiiij
224 MERCURE
Couvre encor les François d'une nouvellegloire ,
Et nous voyons enfin vaincus de toutes parts
Les Aigles , les Lions , & les fiers
Leopards
beau morceau d Hiftoire cuft
efté ignoré de la Pofterité.
Cependant je vous envoye des
Vers qui ont efté faits fur la
GALANT. 223
derniere Bataille. Le premier
Madrigal cft de Mademoifelle de Scuderi .
SUR
LA DEFAITE
des Alliez en Piedmont.
Tous les Princes lignez fontprifts de s'abifmer .
L'un veut paffer le Pộ, l'autre paſſe
la mer.
Malgré leurs mouvemens , leurs projets , leurs menaces ,
Nous fauvons Pignerol , nous leur
prenons des Places;
Infpirez parLouis comme parle Dieu
Mars,
Aux partesde Turin unegrande Victoire
Tiiij
224 MERCURE
Couvre encor les François d'une nouvellegloire ,
Et nous voyons enfin vaincus de toutes parts
Les Aigles , les Lions , & les fiers
Leopards
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Résumé : SUR LA DEFAITE des Alliez en Piedmont.
Le texte relate une victoire militaire française en Piémont, malgré les efforts des princes étrangers. Inspirés par Louis XIV, les Français ont sauvé Pignerol et conquis d'autres places fortes. La bataille de Turin a été décisive, vainquant les symboles ennemis. Le poème, attribué à Madame de Scudéry, célèbre cette dernière bataille.
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Résultats : 11 texte(s)
1
p. 28-29
SUR LA PENSION donnée par le Roy à Mademoiselle de Scudery. I.
Début :
Sapho, ceux que LOUIS du comble de sa gloire [...]
Mots clefs :
Sapho, Louis, Temple de mémoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA PENSION donnée par le Roy à Mademoiselle de Scudery. I.
SUR LA PENSION
donnée par le Roy à Made-
-moiſelle de Scudery.
I.
SApho, ceux que
defagloire L
Favorifedeses regards,
4
du coble
Sans la faveur du Sort,ſansles travaux
de Mars,
Auront un rangillustre au Temple de
Mémoire:
GALANT. 29
Tout l'avenir dira de vous,
Contre elle le Deſtin déployoit
fon couroux,
Mais LOUIS corrigea fon Etoile
cruelle.
Plus grand que la grandeur dont
il fut reveſtu,
Il écoutoit toûjours la Verité
fidelle
Qui luy parloit pour laVertu .
donnée par le Roy à Made-
-moiſelle de Scudery.
I.
SApho, ceux que
defagloire L
Favorifedeses regards,
4
du coble
Sans la faveur du Sort,ſansles travaux
de Mars,
Auront un rangillustre au Temple de
Mémoire:
GALANT. 29
Tout l'avenir dira de vous,
Contre elle le Deſtin déployoit
fon couroux,
Mais LOUIS corrigea fon Etoile
cruelle.
Plus grand que la grandeur dont
il fut reveſtu,
Il écoutoit toûjours la Verité
fidelle
Qui luy parloit pour laVertu .
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2
p. 29-30
II.
Début :
Qu'on est heureux de voir couronner tes Ecrits ! [...]
Mots clefs :
Sapho, Louis, Mérite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : II.
II.
QU'on est heureux de voir cou-
ronner tes Ecrits!
Tout le monde, Sapho, te va rendre
visite,
Depuis que d'un Grand Roy l'eftime
en estle prix.
LOVIS qu'en ta faveur la gloire follicite,
Ciij
30 MERCURE
En récompenfant ton mérite,
A charmé tous les beaux Esprits.
QU'on est heureux de voir cou-
ronner tes Ecrits!
Tout le monde, Sapho, te va rendre
visite,
Depuis que d'un Grand Roy l'eftime
en estle prix.
LOVIS qu'en ta faveur la gloire follicite,
Ciij
30 MERCURE
En récompenfant ton mérite,
A charmé tous les beaux Esprits.
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3
p. 30
III.
Début :
La Fortune aujourd'huy se remet en crédit, [...]
Mots clefs :
Sapho, Louis, Mérite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : III.
III.
LA Fortune aujourd'huy se remet
en crédit,
On en avoit toûjours médit,
Souvent auvray
Mérite ellefaisoit outrage;
Mais enfin ils ont fait une étroite
union.
D'illustres mains devoient accomplir
cet Ouvrage,
LOVIS en estl'Autheur; Sapho, l'occafion.
LA Fortune aujourd'huy se remet
en crédit,
On en avoit toûjours médit,
Souvent auvray
Mérite ellefaisoit outrage;
Mais enfin ils ont fait une étroite
union.
D'illustres mains devoient accomplir
cet Ouvrage,
LOVIS en estl'Autheur; Sapho, l'occafion.
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4
p. 30-31
IV.
Début :
Sapho, cinq ou six beaux Esprits [...]
Mots clefs :
Sapho, Louis, Clélie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IV.
IV.
SApho, cing on fix beaux Ef- prits
Disputoient l'autrejour du prix
GALANT. 31
De tout ce qu'a produit ton excellent
génie;
Puis ayant balancé meûrement les
avis,
Ils prononcerent tous en faveur de
Clélie.
J'écoutayleur Arrest; apres quoy, je
leur dis
Sur tout ce qu'on a fait elle a de
l'avantage;
De Sapho cependant le plus
heureux Ouvrage,
. C'eſt d'avoir ſçeugagner l'eſtime
de LOUIS.
SApho, cing on fix beaux Ef- prits
Disputoient l'autrejour du prix
GALANT. 31
De tout ce qu'a produit ton excellent
génie;
Puis ayant balancé meûrement les
avis,
Ils prononcerent tous en faveur de
Clélie.
J'écoutayleur Arrest; apres quoy, je
leur dis
Sur tout ce qu'on a fait elle a de
l'avantage;
De Sapho cependant le plus
heureux Ouvrage,
. C'eſt d'avoir ſçeugagner l'eſtime
de LOUIS.
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5
p. 31-32
V.
Début :
La Postérité curieuse [...]
Mots clefs :
Sapho, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : V.
V.
LA Poftérité curieuse
Apprenant de LOVIS les Exploite
lesplus grands,
Trop incrédule&soupçonneuse,
Cij
32 MERCURE
N'ydonnerade foy quefur de bons
garands.
LaDivine Sapho, témoin irréprochable,
Dont l'esprit brille moins que lafincérité,
Fera direà laVerité
Ce quiparoiftra faux, ou du moins
incroyable.
LOVIS, tout grand qu'il eſt, aura
beſoind'appuy,
Sapho de tous les temps connoist l'efprit
rebelle;
Etfidanslepréſent elle a besoin de
luy,
Dans l'aveniril aura besoin d'elle.
LA Poftérité curieuse
Apprenant de LOVIS les Exploite
lesplus grands,
Trop incrédule&soupçonneuse,
Cij
32 MERCURE
N'ydonnerade foy quefur de bons
garands.
LaDivine Sapho, témoin irréprochable,
Dont l'esprit brille moins que lafincérité,
Fera direà laVerité
Ce quiparoiftra faux, ou du moins
incroyable.
LOVIS, tout grand qu'il eſt, aura
beſoind'appuy,
Sapho de tous les temps connoist l'efprit
rebelle;
Etfidanslepréſent elle a besoin de
luy,
Dans l'aveniril aura besoin d'elle.
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6
p. 241
Sur la Pension donnée à Mademoiselle de Scudery.
Début :
Sapho, depuis que de tes jours [...]
Mots clefs :
Pension, Sapho
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sur la Pension donnée à Mademoiselle de Scudery.
Sur la Penſion donnée à Mademoiſelle
de Scudery.
SApho, depuis que de tesjours Commença l'admirable cours,
En vain pour toy centfois cetteAvengle
chagrine,
Qui dufier Occeantirefon origine,
Avoulu s'accorder avecque la vertus
Ilfalloit un Soleil de ſplendeur
revestu,
Pourfurmonter ton Eloile maline.
de Scudery.
SApho, depuis que de tesjours Commença l'admirable cours,
En vain pour toy centfois cetteAvengle
chagrine,
Qui dufier Occeantirefon origine,
Avoulu s'accorder avecque la vertus
Ilfalloit un Soleil de ſplendeur
revestu,
Pourfurmonter ton Eloile maline.
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7
p. 200-202
A MADEMOISELLE DE SCUDERY, Sur l'Audience que le Roy luy a donnée.
Début :
Le Dieu, de qui l'éclat embellit tout le monde, [...]
Mots clefs :
Sapho, Audience, Apollon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADEMOISELLE DE SCUDERY, Sur l'Audience que le Roy luy a donnée.
A MADEMOISELLE
DE SCUDERY
,
Sur l'Audience que le Roy
luy a donnée.
L
E Dieu , de qui l'éclat embellia
tout le monde,
Unjour eftantforty du vaftefein de
l'onde,
Brillant de millefeux,
Abandonnefon Char, & defcend an
Parnaffe.
Mules, leur dit le Dieu , déguiſezmoy
de
grace,
Oftez-moy ces rayons, bruniſſez
mes cheveux ,
Je veux tromper Sapho, cette
admirable Fille.
GALANT. 201
Une Muſe auffitoft, & l'ajuste , &
l'habille;
Mais cet air tout divin, ces graces,
ces apas,
Quoy que bien déguisé, ne le quitterent
pas.
Alors dans un Palais , brillant &
magnifique,
Apollon enfecret, d'un air doux &
charmant,
Maispourtant héroïque ,
De l'illuftre Sapho reçeut le compliment.
Quellefut defon coeur l'agreable furprife!
Le plus puissant des Dieux, pour la
voir,fe déguife;
pût tromperfesyeux , maisjamais
fon efprit
Ne s'y méprits
D'un plaifir inconnu le charme inexplicable,
202 MERCURE
La fit fe récrier, Mortels audacieux
,
Malheur à vos apas , quand on a
veu les Dieux ,
On ne trouve plus rien d'aimable.
DE SCUDERY
,
Sur l'Audience que le Roy
luy a donnée.
L
E Dieu , de qui l'éclat embellia
tout le monde,
Unjour eftantforty du vaftefein de
l'onde,
Brillant de millefeux,
Abandonnefon Char, & defcend an
Parnaffe.
Mules, leur dit le Dieu , déguiſezmoy
de
grace,
Oftez-moy ces rayons, bruniſſez
mes cheveux ,
Je veux tromper Sapho, cette
admirable Fille.
GALANT. 201
Une Muſe auffitoft, & l'ajuste , &
l'habille;
Mais cet air tout divin, ces graces,
ces apas,
Quoy que bien déguisé, ne le quitterent
pas.
Alors dans un Palais , brillant &
magnifique,
Apollon enfecret, d'un air doux &
charmant,
Maispourtant héroïque ,
De l'illuftre Sapho reçeut le compliment.
Quellefut defon coeur l'agreable furprife!
Le plus puissant des Dieux, pour la
voir,fe déguife;
pût tromperfesyeux , maisjamais
fon efprit
Ne s'y méprits
D'un plaifir inconnu le charme inexplicable,
202 MERCURE
La fit fe récrier, Mortels audacieux
,
Malheur à vos apas , quand on a
veu les Dieux ,
On ne trouve plus rien d'aimable.
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8
p. 100-106
A Mlle DE SCUDERY.
Début :
Le croiras-tu, Sapho ? L'on veut que je m'engage [...]
Mots clefs :
Esprit, Vers, Épître, Sapho, Muse, Apollon, Vertu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Mlle DE SCUDERY.
A Mile DE SCUDERY.
Le queje
m'engage
E croiras - tu, Sapha ? L'on veut
A l'écrire une Epitre ; en ay je le
courage?
Ay je quelque Parterre, oùje trouve
des Fleurs .
Quifoientpeintes pour toy d'affez
vives couleurs ?
En ces Lieux reculez pres de la barbarie
,
Puis -je faire des Vers dignes de ton
génie?
En vain mon efprit rêve à quelques
traits nouveaux
A
Aux bords d'une Fontaine, au murmure
des Eaux.
1
GALANT. IOI
Loin du monde & du bruit, en vain
dans un Boisfombre
Ie confulte ma Muſe àla fraîcheur
de l'ombre,
Tous ces foins ne fçauroientfervir à
mon deffein.
Ce Bois eft éloigné de ceux de Sains
Germain,
Et les Eaux que répand cette claire
Fontaine,
Nefe vont pas mêler aux ondes de
la Seine.
Ainfi dois-je, Sapho, fans qu'il en 2
foit befoin,
Fatiguer mon efprit d'un inutile
Join ?
Pour lower tes vertus qu'Apollon
mesme chante,
Dois -je employer ma voix & grof
fiere & tremblante?
Non, je ne prétens pas d'un efprit
égaré
102 MERCURE
Faire aupied du Parnaffe un naufrage
affuré.
C'est ainsi que fur Mer un Nocher
iémeraire
Rend,feachant le danger, faperte
volontaire.
De mesfoibles efforts mon efprit
prévenu,
N'a garde de donner contre un écueil
connu .
Puis -je, aidéfoiblement des Filles
de Mémoire,
Toucher à tant d'endroits qui foùtiennent
la gloire?
Ce n'est paspar les voeux d'unefoule
d'Amans
,
Que ton Sexe reçoitfesplus beaux
ornemenss
Je ne compte pourrien qu'il tire par
fes charmes
Lefrivole tribut desfoupirs & des
larmes.
GALANT 103
Que ce Sexe eft orné defolides honneurs,
Quand lafeule vertu faitfes Adorateurs!
Que nete doit- il pas quand ta vertus
Sublime
T'auire des Sçavans le refpect légi
time?
< P >
Leurs efprits admirant tes Ouvrages
divers,
Sontinftruits par ta Profe, & charmez
par des Vers.
Quet eftten noblefeu ! quelle eft tare
politeffe !
La délicate Rome , & L'éloquente
Gréce ,
Ont elles plus montré d'attraits dans
Leur difcours
Qu'on en voit dans les tiens qui
brilléront toûjours?
Nom veux-tu prudemment remettre
en la mémoire
104 MERCURE
Lesplusgrands des Héros que célebre
l'Hiftoire
,
Ils ont dans tes Ecrits & leur air,
& leur tons
Céfarparle en Céfar, Caton parle en›
Caton.
Enfin quand il te plaift, ton efpritz
nous rameine
Et la vertu des Grecs, & la grandeur
Romaine.
Tu fais encore plus ; tes Ecrits im
martels
Sont dignes de LOVIS , ils parent
fes Autels.
Si tu veux quelquefois par une main
habile
Bedrefferde nos moeurs la route dif- ››
ficiles
Si tu veux, t'éloignant d'un fi grave,
projet,
De mille traits fleuris embellir un
Sujet,
GALANT 10
En quelques tours divèrs que tons
efprit fe plie,
Tu montres ton folide & fertile
génie,
Ilfe répand par tout, &ſon cours eft
heureux,
Semblable en cet état à ce FleuvC
fameux
Qui nefort defon litque pour rendre ,
féconde
Par le cours de fes eaux la Plaine
qu'il inonde..
Toute l'Europe fçait , Sapho, ce que
tu vaux.
Dois-je t'importuner par mes foibles:
travaux?
Le les connois affez ; n'est- ce pas à
bon titre
Queje n'ay pas voulu t'adreffer une
Epitre ?
Cependant jefinis, &je m'apperçois,
bien
106 MERCURE
Qu'ilfaut à ton efprit unplus noble
entretien.
Je n'ay tracé ces Vers, que pour te
pouvoir dire,poti bub
Mon illuftre Sapho , que je n'ofois
d'écrire.
Le queje
m'engage
E croiras - tu, Sapha ? L'on veut
A l'écrire une Epitre ; en ay je le
courage?
Ay je quelque Parterre, oùje trouve
des Fleurs .
Quifoientpeintes pour toy d'affez
vives couleurs ?
En ces Lieux reculez pres de la barbarie
,
Puis -je faire des Vers dignes de ton
génie?
En vain mon efprit rêve à quelques
traits nouveaux
A
Aux bords d'une Fontaine, au murmure
des Eaux.
1
GALANT. IOI
Loin du monde & du bruit, en vain
dans un Boisfombre
Ie confulte ma Muſe àla fraîcheur
de l'ombre,
Tous ces foins ne fçauroientfervir à
mon deffein.
Ce Bois eft éloigné de ceux de Sains
Germain,
Et les Eaux que répand cette claire
Fontaine,
Nefe vont pas mêler aux ondes de
la Seine.
Ainfi dois-je, Sapho, fans qu'il en 2
foit befoin,
Fatiguer mon efprit d'un inutile
Join ?
Pour lower tes vertus qu'Apollon
mesme chante,
Dois -je employer ma voix & grof
fiere & tremblante?
Non, je ne prétens pas d'un efprit
égaré
102 MERCURE
Faire aupied du Parnaffe un naufrage
affuré.
C'est ainsi que fur Mer un Nocher
iémeraire
Rend,feachant le danger, faperte
volontaire.
De mesfoibles efforts mon efprit
prévenu,
N'a garde de donner contre un écueil
connu .
Puis -je, aidéfoiblement des Filles
de Mémoire,
Toucher à tant d'endroits qui foùtiennent
la gloire?
Ce n'est paspar les voeux d'unefoule
d'Amans
,
Que ton Sexe reçoitfesplus beaux
ornemenss
Je ne compte pourrien qu'il tire par
fes charmes
Lefrivole tribut desfoupirs & des
larmes.
GALANT 103
Que ce Sexe eft orné defolides honneurs,
Quand lafeule vertu faitfes Adorateurs!
Que nete doit- il pas quand ta vertus
Sublime
T'auire des Sçavans le refpect légi
time?
< P >
Leurs efprits admirant tes Ouvrages
divers,
Sontinftruits par ta Profe, & charmez
par des Vers.
Quet eftten noblefeu ! quelle eft tare
politeffe !
La délicate Rome , & L'éloquente
Gréce ,
Ont elles plus montré d'attraits dans
Leur difcours
Qu'on en voit dans les tiens qui
brilléront toûjours?
Nom veux-tu prudemment remettre
en la mémoire
104 MERCURE
Lesplusgrands des Héros que célebre
l'Hiftoire
,
Ils ont dans tes Ecrits & leur air,
& leur tons
Céfarparle en Céfar, Caton parle en›
Caton.
Enfin quand il te plaift, ton efpritz
nous rameine
Et la vertu des Grecs, & la grandeur
Romaine.
Tu fais encore plus ; tes Ecrits im
martels
Sont dignes de LOVIS , ils parent
fes Autels.
Si tu veux quelquefois par une main
habile
Bedrefferde nos moeurs la route dif- ››
ficiles
Si tu veux, t'éloignant d'un fi grave,
projet,
De mille traits fleuris embellir un
Sujet,
GALANT 10
En quelques tours divèrs que tons
efprit fe plie,
Tu montres ton folide & fertile
génie,
Ilfe répand par tout, &ſon cours eft
heureux,
Semblable en cet état à ce FleuvC
fameux
Qui nefort defon litque pour rendre ,
féconde
Par le cours de fes eaux la Plaine
qu'il inonde..
Toute l'Europe fçait , Sapho, ce que
tu vaux.
Dois-je t'importuner par mes foibles:
travaux?
Le les connois affez ; n'est- ce pas à
bon titre
Queje n'ay pas voulu t'adreffer une
Epitre ?
Cependant jefinis, &je m'apperçois,
bien
106 MERCURE
Qu'ilfaut à ton efprit unplus noble
entretien.
Je n'ay tracé ces Vers, que pour te
pouvoir dire,poti bub
Mon illuftre Sapho , que je n'ofois
d'écrire.
Fermer
9
p. 34-39
HOMERE A MADEMOISELLE DE SCUDERY, En lui envoyant une Agathe où sa Figure est en relief.
Début :
Les vers qui suivent sont fort estimez. Ils furent faits / Si je pouvois, Sapho, m'éloigner de ces champs [...]
Mots clefs :
Galant, Sapho, Louis, Héros, Grand, Homère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HOMERE A MADEMOISELLE DE SCUDERY, En lui envoyant une Agathe où sa Figure est en relief.
Les Vers qui fuivent fontfort eftimez
.
Ils
furent faits
GALANT
.
35
dans
le
temps que
le
Roy
prit
Luxembourg
;
&
comme
cequi
eft
bon
,
eft
toûjours
nou-
veau
,
je
vous en
fais
part
,
ne
croyant
pas
que
vous
les
ayez
veus
.
GENERONDGATO DI COMED
HOMERE
A MADEMOISELLE
DE SCUDERY
,
En luy envoyant une Agathe
où la Figure eſt en relief.
Ije pouvois
,
Sapho
,
m'éloigner
de
ces
champs
Que
la
Parque a peuplez de nos
Ma-nes errans ,
36
MERCURE
courrois
à
mon
tour
à
voſtre
aimable
Fifte
,
De cent nouvelles fleurs j'ornerois vo-
ftre tefte ,
Et
j'irois
entouré des
eux
&
des
A-
mours
Pajjer encor
chez
vous
les
plus
beauxde mes
jours
.
Si Pluton oppofoit fes loix à mon
courage
,
Fe
volerois auffi
fur votre heureux
ri-
vage
,
Pour chanter d'un Heros les Explois
inou
.
Mais peindrois-je affz bien le Regne
de
LOUIS
,
Et
ma
trop foible
main
pourroit
elle
entreprendre
De dffiner l'Affiete ainfi que le Sca-
mandre ?
GALANT
.
37
C'est
vous qui par
des
traits
tous
nouveaux
,
tous
divers
,
Pouvez à
vostre
grémontrer
à
l'Uni-
vers
Durant
cette
Campagne
en
Lauriers
fi
fertile
,
LOVIS
plus
grand
qu'Hector
,
LOUIS
plus
grand
qu
'
Achille
.
Je
vous
rede
,
Sapho
;
vos Heros
font
mieux
peints
,
Leur
gloire
plus
brillante
augmente
entre
vos
mains
,
Et
vous
feule
pouvez
par
un
rare
avantage
,
Achever
de
LOUIS
une
éternelle
Image.
Mais comme
les
Heros
,
vous pei-
gnez
les
Amours
,
Et
Flore fous vos mains trouve
de
plus beaux jours
.
38
MERCURE
Tout
charme
en
vos
Portraits
,
&
les
Gracesplus
belles
"
Dés que vous les parez , ont des gra-
ces nouvelles.
Ah
!
fi
je
revenois encor
chez
les
Mortels
,
Ce
feroit
pourpouvoir vous
dreſſer
desAutels
,
Et peignant voftre Eſprit fi fameux
fur la Seine ,
Phabus
de
tout
fonfeu
rechauferoit
ma
Veine
;
Mais
un
fi
doux
plaiſir n'eflant
pas
un
des biens
Qu'une Ombre puiſſe attendre aux
Champs Eliziens,
Ce
que je puis
,
Sapho
,
pour
vous
marquer
mon
zele ,
C'eft
de vous envoyer
mon Image
fidelle
.
GALANT
.
39
(
Lyfippe , ce Sculpteurfi celebre autre-
fois
,
Quiluy mesme avec nous erre en nos
fombres Bois.
A
,
jufque
dans
le
cœur de
cette
Aga
the
dure
,
Sceu trouver tous mes traits , mon
air, & ma Figure.
Sa main nous fait revivre , & nous
remontre tous :
Mais rien ne peut tracer mon eftime
pour vous.
.
Ils
furent faits
GALANT
.
35
dans
le
temps que
le
Roy
prit
Luxembourg
;
&
comme
cequi
eft
bon
,
eft
toûjours
nou-
veau
,
je
vous en
fais
part
,
ne
croyant
pas
que
vous
les
ayez
veus
.
GENERONDGATO DI COMED
HOMERE
A MADEMOISELLE
DE SCUDERY
,
En luy envoyant une Agathe
où la Figure eſt en relief.
Ije pouvois
,
Sapho
,
m'éloigner
de
ces
champs
Que
la
Parque a peuplez de nos
Ma-nes errans ,
36
MERCURE
courrois
à
mon
tour
à
voſtre
aimable
Fifte
,
De cent nouvelles fleurs j'ornerois vo-
ftre tefte ,
Et
j'irois
entouré des
eux
&
des
A-
mours
Pajjer encor
chez
vous
les
plus
beauxde mes
jours
.
Si Pluton oppofoit fes loix à mon
courage
,
Fe
volerois auffi
fur votre heureux
ri-
vage
,
Pour chanter d'un Heros les Explois
inou
.
Mais peindrois-je affz bien le Regne
de
LOUIS
,
Et
ma
trop foible
main
pourroit
elle
entreprendre
De dffiner l'Affiete ainfi que le Sca-
mandre ?
GALANT
.
37
C'est
vous qui par
des
traits
tous
nouveaux
,
tous
divers
,
Pouvez à
vostre
grémontrer
à
l'Uni-
vers
Durant
cette
Campagne
en
Lauriers
fi
fertile
,
LOVIS
plus
grand
qu'Hector
,
LOUIS
plus
grand
qu
'
Achille
.
Je
vous
rede
,
Sapho
;
vos Heros
font
mieux
peints
,
Leur
gloire
plus
brillante
augmente
entre
vos
mains
,
Et
vous
feule
pouvez
par
un
rare
avantage
,
Achever
de
LOUIS
une
éternelle
Image.
Mais comme
les
Heros
,
vous pei-
gnez
les
Amours
,
Et
Flore fous vos mains trouve
de
plus beaux jours
.
38
MERCURE
Tout
charme
en
vos
Portraits
,
&
les
Gracesplus
belles
"
Dés que vous les parez , ont des gra-
ces nouvelles.
Ah
!
fi
je
revenois encor
chez
les
Mortels
,
Ce
feroit
pourpouvoir vous
dreſſer
desAutels
,
Et peignant voftre Eſprit fi fameux
fur la Seine ,
Phabus
de
tout
fonfeu
rechauferoit
ma
Veine
;
Mais
un
fi
doux
plaiſir n'eflant
pas
un
des biens
Qu'une Ombre puiſſe attendre aux
Champs Eliziens,
Ce
que je puis
,
Sapho
,
pour
vous
marquer
mon
zele ,
C'eft
de vous envoyer
mon Image
fidelle
.
GALANT
.
39
(
Lyfippe , ce Sculpteurfi celebre autre-
fois
,
Quiluy mesme avec nous erre en nos
fombres Bois.
A
,
jufque
dans
le
cœur de
cette
Aga
the
dure
,
Sceu trouver tous mes traits , mon
air, & ma Figure.
Sa main nous fait revivre , & nous
remontre tous :
Mais rien ne peut tracer mon eftime
pour vous.
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10
p. 67
A SAPHO.
Début :
Alexandre, il est vray, merite vostre Homere, [...]
Mots clefs :
Homère, Sapho, Alexandre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A SAPHO.
A
SAPHO
..
Lexandre
,
il
eft
vray
,
merite
voftre
Homere
,
Sapho
,
de
deux
coftez
j'admire
voftre
choix
iMais
ce
charmant
Heros
.
à
qui
vous voulez
plaire
.
"
Surpaffe
également d'une
commune
.
voix
,
Tout
ce
que
nous
faifons
&
tout
ce
que vous
faites
Lors que
vous luy donnez
le
plus
grand
des
Poëtes
,
Il vous rend
le
plus
grand
des
Rois
SAPHO
..
Lexandre
,
il
eft
vray
,
merite
voftre
Homere
,
Sapho
,
de
deux
coftez
j'admire
voftre
choix
iMais
ce
charmant
Heros
.
à
qui
vous voulez
plaire
.
"
Surpaffe
également d'une
commune
.
voix
,
Tout
ce
que
nous
faifons
&
tout
ce
que vous
faites
Lors que
vous luy donnez
le
plus
grand
des
Poëtes
,
Il vous rend
le
plus
grand
des
Rois
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11
p. 17-71
LETTRE D'UN PHILOSOPHE A MADEMOISELLE DE SCUDERY ; Sur les Maladies des Vapeurs.
Début :
Ce n'est pas sans raison, Mademoiselle, que j'ay peine [...]
Mots clefs :
Vapeurs, Chaleur, Parties, Maladie, Corps, Ventre, Matières, Médecins, Symptômes, Entrailles, Causes, Humeurs, Remèdes, Vie, Estomac, Cerveau, Veines, Esprit, Alambic, Expérience
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE D'UN PHILOSOPHE A MADEMOISELLE DE SCUDERY ; Sur les Maladies des Vapeurs.
LETTRE
D'UN PHILOSOPHE
A MADEMOISELLE
PE SCUDERY ;
C
Sur les Maladies
des
Vapeurs.
E n'eft pas fans raiſon
Mademoiselle,quejay peine
à me refoudre de donner au pu .
blic mes reflexions fur la ma-
Octobre 1691 .
B
18 MERCURE
ladie des Vapeurs , car fi tous
ceux qui mettent au jour des
fentimens qui ne font pas fort
éloignez de ceux du commun ;
ne laiffent pas de s'attirer fort
fouvent les traits piquants de la
critique , avec combien plus de
raifon dois-je les apprehender
puis que je m'éloigne entiere
ment du fentiment de l'Ecole ',
même de celuy de la pluspart
des hommes, & que je m'en
éloigne d'autant plus , que je táche
de defabufer le Public de
certaines preventions , qui ne font
guere moins difficiles à détruire ,
que s'il s'agiffoit d'un Article
GALANT. 19
de Foy ? Car quoy que l'intereft
de la vie foit un fort puiſſant
motif, pour porter le peuple à
faire quelque reflexion fur les
chofes qui la regardent › les Medecins
le tiennent tellement engagé
dans leurs opinions › qu'il
n'y ajoute pas moins de foy que
les Turcs à leur Alcoran. Ainfi
vous pouvez juger de la difficulté
de mon entrepriſe ; & commej'ay
les Anciens les Modernes
à combatre , & que
ple même a foufcrit à l'opinion
contre laquelle j'ay la hardieffe
de me declarer , jeje ne fçaurois
trouver parmy eux que
le
pessdes
Fu-
Bij
20 MERCURE
.
ges fufpects & des gens à ne ceder
ny à la raison , ny à l'expes
rience , à moins qu'ils n'y foient
portez par l'approbation d'un efprit
auffi éclairé que le vostre.
Ouy, Mademoiselle , c'est vous
feule , dont la vertu , le genie ,
le merite connus par toute
l'Europe , vous ont acquis une fi
jufte reputation , qui pouvezobliger
le Public à ne pas rejetter des
Sentimens qui font fondezfur la`
l'experience , & ày raifon
faire une meure reflexion , fans
s'arrefter aveuglement à des opinions
qui font aifées à détruire
quand on veut bien les examiGALANT.
21
>
ner de prés. Mr. Defcartes , ce
grand Philofophe , a euraifon de
dire , qu'à l'égard des matieres
phyfiques il falloit douter de
toutes chofes une fois en fa vie ,
pour en decouvrir la verité , car
'il n'y a que le doute qui nous
porte à faire des experiences ,&
ce n'est que l'experience qui nous
rend pleinement convaincus de
la verité d'une chofe . Si tous les
Medecins fuivoient la pensée de
ce Grand Homme , ils ne demeureroient
pas enfervelis dans des
erreurs , qui captivent fifort leur
entendement, qu'elles ne leur per
mettent pas de joüir des lumieres
22 MERCURE
qu'ils ont receuës de l'Auteur de
la Nature , & ce que je trouve
de plus extraordinaire , c'est que
malgré leur vaine pratique , ils
pretendent que leur art eft établi
fur l'experience & la raison , &
ne peuventfouffrir ceux qui fondezfur
de continuelles experiences,
raiſonnent autrement qu'eux.
Ils veulent qu'on foit aveugle
comme ils lefontes que l'on n'oppofe
rien à l'autorité des Anciens,
comme fi la Medecine , qui eft
le plus noble & le plus difficile
de tous les Arts , pouvoit avoir
acquis dans fon commencement
plus de perfection que tous les
GALANT.
23
que
autres , que nous voyons tous les
jours fe perfectionner. Ne fommes
nous pas en même droit , que
ceux qui font venus immediatement
aprés Hypocrate & Galien
, de verifier ce qu'ils ont
avancé dans leurs Ecrits ?
Y a- t-il rien de plus ridicule
d'alleguer qu'il eft impoffible que
tant d'habiles gens qui ont paru
avant nous , fe foient trompez ?
Pourquoy voulons- nous que ces
gens- là ayent decouvert plus que
nous, s'il est vray qu'ils en ayent
ufé de mefme que nous , & qu'ils
s'en foient entierement rapportez
à leurs Devanciers , fans y avoir
24 MERCURE
fait aucune reflexion ? Le nom-
"bre exceffifdes morts prématurées
la quantité des Malades
languiffans , non feulement des
femaines , des mois , & des années
entieres dans leur lit , mais mefme
toute leur vie , ne fourniſſent- ils
pas des preuves plus que fuffifantes
, pour faire connoiftre que
Medecine que l'on exerce à prefent
, n'eft qu'une ombre de celle
que Dieu a donnée à nos premiers
Peres ? Que fi je m'éloigne du
fentiment des Medecins fur la
nature de la maladie des Vapeurs ,
c'est que la raison & l'experience
me font connoiftre de jour en jour
la
GALANT.
25
la verité de mon hypothefe , &
pour ne pas tarder davantage à
vous decouvrir mon opinion , je
dis que la pretenduë maladie des
Vapeurs n'eft autre choſe que l'affection
hypocondriaque dont les
Anciens font mention . Mais
comme les Medecins croyent que
tous les fymptomes qui accompagnent
cette maladie, ne font qu'un
effet des vapeurs qui s'eflevent
des hypocondres jufques à la tefte,
ils ont nommé depuis quelque
temps cette maladie , Vapeurs , &
cela d'autant plus que ceux qui en
fon atteints ne peuvent fouffrir
ce nom d'affection hypocondria-
Oct. 1691.
C
26 MERCURE
que , comme fi cette maladie në
venoit pas de l'alteration des humeurs
comme les autres .
Il est certain que comme elle
est peu
de chofe dans fon commencement
il feroit aisé de
l'emporter fi l'on fe fervoit
des remedes convenables , mais
elle prend infenfiblement des ra
cines fi profondes que ceux qui
en font atteints fe voyent enfin
hors d'eftat de pouvoir guerir, ne
trouvant aucunfoulagement dans
l'ufage des remedes. Cela vient
de ce que les Medecins ne cherchent
qu'àrafraichir les entrailles
qu'ils croyent toujours embrafees,
GALANT.
27
**
au lieu de fortifier l'eftomach, &
d'empefcher la
generation des
humeurs
excrementeufes qui produifent
tous les
Symptomes 2
dont je feray le détail , & ce que
je trouve de plus pernicieux pour
les malades , c'eft la
prevention
de cette chaleur d'entrailles , dans
laquelle les Medecins les ont
tellement fortifiez par la comparaison
qu'ils leur font d'un
alembic au corps humain , qu'il
n'y a ny raifon ny experience à
laquelle ils veuillent ceder. Mais
pour vous faire voir la tromperie
de cette comparaison , je vais
faire la defcription d'un alembic.
Cij
28 MERCURE
de la maniere qu'on procede à
enfuite je la diftillation ,
feray voir fi les chofes fe paffent
dans le corps
un alembic.
humain comme dans
Un alembic eft un Vaiffeau
composé de deux parties , l'Inferieure
la Superieure . L'Inferieure
s'appelle Cucurbite , & la
Superieure Chapiteau . Ce Chapi
teau a un bec par où fort la liqueur
qui diftille . On met la matiere
dans la Cucurbite, on la
de fon chapiteau. On pofe cet a
lembic fur un trepied , ou fur un
Fourneau , fous lequel on met le
feu , qui ayant échaufe la Cucur
bite fait que l'humidité de la
couvre
GALANT. 29
matiere qu'elle contient s'éleve en
vapeurs , lesquelles paffant par le
col de la cucurbite , font portées
dans le Chapiteau , où par le moyen
de la froideur de l'air qui l'environne
, elles font condenfees en
eau, & cette eau diftille par le bec
du Chapiteau dans un recipiant.
Que s'il y avoit une ouverture
au col de la Cucurbite , les va
peurs pafferoient par cette ouverture
, ce qui eft à remarquer.
Cette comparaison qui a quel
que reffemblance dans fon exte
rieur , a eu l'applaudiffement de
tous ceux qui ne regardent que
l'écorce d'une chofe , mais je vais
Ciij
go MERCURE
faire voir qu'elle cloche dans
toutes fes parties , je commence
par l'operation du feu , premier
agent de la diftillation.
Tous les Medecins demeurent
le coeur est la partie
d'accord
que
la plus
chaude
du corps
, & par.
tant
il faudroit
pour
quadrer
à
leur
comparaison
, que le coeur
fût
placé
fous
le mefentere
, car eftant
placé
comme
il eft dans
la poitri
ne, il faut
de toute
neceffité
que
par
fa
chaleur
il precipite
les
vapeurs
en bas , de même
que
les Chymiftes
diftillent
certaines
matieres
par
depreffion
, ou per
defcenfum
, en mettant
le feu
GALANT.
31
la
allentour de la partie fuperieure
du vaiffeau qui contient la matiere.
Ils diront fans doute que
chaleur qui provient d'une bile
ou atrabile enflamée dans les entrailles
, eft beaucoup Superieure
à celle du coeur , & comme ils ne
peuvent donner aucune raison
qui faffe voir comment se fait
cette inflammation & chaleur
extraordinaire de bile , ils ont recours
aux diverfes effervescences
que les Chymiftes leur font remarquer
dans le meflange d'un
acide d'un alkali , & difent
que la bile fe meflant avec un
acide , il fe fait une grande effer-
Ciiij
32
22 MERCURE
le
vefcence , mais je les deffie , eux
tous les Anatomiftes , de trouver
dans le corps humain deux .
liqueurs qui meflées enfemble faffent
une effervescence tant foit
peu fenfible. Je fçay bien que
bas ventre n'est pas fans vapeurs,
mais je fçay bien auffi que ces
vapeurs ne peuvent pas eftre élevées
jufque dans le Cerveau , à
caufe des divers obftacles qui s'y
oppofent. Premierement le diaphragme
que la nature a eſtabli
fur le bas des coftes , tire au travers
du corps , jufques à l'efpine
du dos , tant pour aider à larefpiration
, que pour feparer les par
GALANT. 33
ties vitales d'avec les naturelles,
cela ne
& empefcher que les vapeurs des
excrements des vifceres naturels,
n'infectent les parties vitales ;
mais fuppofé , quoy que
foit pas , que ces vapeurs paffent
à travers le diaphragme , & entrent
dans la capacité de la poitrine
, par où fortiront- elles , puis
que la poitrine est revestuë d'une
membrane tres - épaiffe , qui ne
donne pas feulement paffage
l'air? Il faudra donc qu'elles foient
bumées é imbibées
par la
fuba
ftance molaffe des Poumons . Cela
eftant , elles feront jettées dehors
par la bouche en l'expiration .
34 MERCURE
Mais fuppofons , pour faire voir
plus amplement la fauffete de leur
hypothefe , qu'elles paſſent à travers
cette membrane qu'on nomme
plevre, & que les parties jugulaires
fi bien clofes , jointes &
uniesfous les clavicules ,foient af
Sez ouvertes
dilatées pour
que ces vapeurs y trouvent paffage
, quand elles auront paffé la
region du col , elles trouveront le
paffage de la bouche ouvert , par
lequel elles feront jettées dehors,
de mefme que fi un Alembic avoit
,
que
le
une ouverture plus bas
chapiteau , les vapeurs fortiroient
par cette ouverture , comme j'ay
GALANT.
35
dit cy-devant. Mais outre tous
ces obftacles , il y a l'os bafilaire
qui en eft un puiffant , & qui ne
leur donnant pas paffage , les
obligera à fortir par le nez. Mais
accordons leur , par fauſſe poſition
, un libre paffage par l'os bafilaire
, elles trouveront la dure
mere qui envelope le Cerveau ,
fi ferme , fiépaiffe , d'une tissure
fi bien battue , qu'elle ne donne
pas paffage à la moindre chofe,
pas même à l'efprit animal qui eft
d'une fubftance tres-fubtile.
Je croy avoir affez clairement
demonstré , que les vapeurs qui
pourroient s'eflever dans le bas
36 MERCURE
ventre , ne sçauroient eftre portées
jufque dans la tefte , à raison du
grand nombre des parties qui font
interpofées , lesquelles toutefois
donnent paffage à trois fortes de
vaißeaux , qui font les veines ,
les arteres , les nerfs , afin que
les humeurs neceffaires pour la
confervation de la vie puiffent
eftre portées dans toutes les parties
du corps . Puis qu'il n'y a
donc que ces trois conduits par
lefquels ce qui peut eftre porté à
la tete puiffe trouver paßage , il
faut de toute neceffité que ce foit
par leur capacité , ou partie interieure
, qui fe trouve pourtant fi
GALANT.
37
remplie de diverfes fubftances ,
qu'elle nesçauroit eftre affez va
fte pour donner paffage aux vapeurs
, car les veines font continuellement
pleines de fang. Les
arteres , quoy que moins remplies,
font encore moins capables de donner
paffage à des vapeurs , dont
la molleffe ne sçauroit penetrer
les fortes & epaiffes tuniques de
ces arteres , outre que quand même
elles y feroient entrées , elles
feroient diffipées confumées par
la grande ardeur du fang ) des
efprits vitaux. A l'egard des nerfs,
ils font fi remplis de la pulpe cerebrale
, qui eft plus condensée &
า
38 MERCURE
un peu plus feiche que n'eft le
corps du cerveau , que ces fubftances
vaporeuſes y trouveront enco
re moins de paffage que dans les
veines. Ajoutez à cela , que fi
ces vapeurs montoient par les
nerfs , elles s'y condenferoient en
eau , àraifon de la frigidité de ces
parties , qui eft beaucoup plus grande
celle du Cerveau.
que
Les Medecins tafchant d'éluder
la force de ce raisonnement
ne manqueront pas d'alleguer l'autorité
des Anciens lors que parlant
de l'épilepſie qui ſe fait par
Sympathie , ils difent que
peurmaligne monte dupiedpar les
ร
la va
GALANT:
39
les
parties mufculeufes &nerveuses
jufques à la tefte , ce qui ne pour
roit eftre , difent- ils , s'il n'y avoit
quelque efpace fuffifant en la
partie
interieure des nerfs pour luy
donner paffage. Fe fçay bien que
La fubftance maligne qui fait l'Epilepfie
, trouve paffage par
nerfspour monter jusques au cerveau
, mais il ne s'enfuit pas de
les vapeurs trouvent lies.
d'y paffer , car la fubftance maligne
qui fait l'Epilepfie , estant
auffi fubiile que celle de l'efprit
animal , eft bien differente de celle
des vapeurs qui eft groffiere comme
celle des vapeurs que nous
là
que
40 MERCURE
voyons s'élever de la terre. Mais
enfin files vapeurs du bus venire
montoient jufque dans la tefte,
nous aurions continuellement an
nez les odeurs puantes des matieres
excrementeufes , d'autant
plus que ces odeurs font d'une
fubftance beaucoup plus fubtile
les
que vapeurs.
Il eft facile de juger par ce que
je viens de dire , fi un alembic
dans lequel il n'y a nul obftacle
pour empefcher les vapeurs de
monter au chapiteau , fans parler
de la differente conftruction, peut
eftre comparé au corps humain ,
qui eft l'ouvrage vifible le plus
GALANT.
4I
admirable que Dieu ait fait ;
& pour voir que peu de choſe
change une operation , il n'y a
qu'à prendre du papier trempé
dans l'huile , ou une éponge , &
l'appliquer au fommet de la
cucurbite lors qu'on diftille du
vin , & l'on verra fi une chofe
interposée change l'operation :
car ce papier, ou cette éponge
laifferont paffer l'esprit du vin ,
& retiendront le phlegme , qui
s'éleve en vapeurs jusqu'à cette
interpofition . N'y ayant donc
pas de vapeurs qui montent jufque
dans la teste , non plus que
deprétendues effervescences d'en-
Oct. 1691. D
ந 4
42 MERCURE
trailles, il ne faut pas s'étonner
files Medecins ne peuvent guerir
ceux quifont atteints de cette
maladie , puis qu'ils n'en connoiffent
pas la caufe. Mais
afin que chacun puiffe mieux
juger de fa nature , je vais
faire un dénombrement des
Symptômes qui l'accompagnent,
enfuite je parleray de leur
cauſe.
Les fymptômes en general qui
accompagnent cette maladie, font
des rots aigres , des nauſées , vomiffemens
des chofes aigres , aufteres
, & acerbes
douleur &
onftipation de ventre , tenfion
→
GALANT.
43
aux hypocondres , palpitation de
coeur, compreffion des parties précordiales
refpiration difficile , &
quelquefois , crainte de fuffocation
& étranglement , de mesme
que les Femmes hyfleriques , pe-
Janteur & douleur de teste ,
bourdonnement aux oreilles , falivation
, ébloÿiſſement, vertige,
ardeur dans les hypocondres
bruit
vague
fiéures errantes ,
dans le ventre , laffitude fpontanée
, veilles ,fommeil interrompu,
crainte , triftoffe , chagrin , incon-
Stance & quelquefois convul
fions & delire. Tous ces fymptômes
ne ſe manifeftent pas à cha-
Dij
44 MERCURE
cun de ceux qui font atteints de
cette maladie ; car il ༧ en a qui
n'en reffentent qu'un , d'autres
deux , d'autres trois , & d'autres
davantage. Aux uns ces fymptômes
font fort legers , aux autres
fort violens felon la diverfe
dépravation du fang. & des efprits
; mais comme cette maladie
devient fort commune , je veux
tâcher de ne rien obmettre de ce
qui peut donner quelque lumiere
pour en connoiftre la vraye cause,
pour cet effet , je vous diray
qu'il y a certaines gens qui yfont
beaucoup plus fujets que
tres ; fçavoir ceux qui de naifd'auGALANT.
45
-
fance ont les vifceres naturels
debiles & mal conftituez ; ceux
qui fontfujets à la crapule ; ceux
qui mangent une grande divers
fité de viandes , menent une
vie fedentaire ; ceux qui travaillent
beaucoup d'esprit ,
principalement dès qu'ils ont pris
leur repas , & ceux qui perdent
quelque évacuation naturelle .
Toutes ces perfonnes - là font fu
jettes à des crudite d'eftomach,
qui font la fource de tous ces
Symptômes.
Ccux qui ont les viſceres nai
turels debiles & mal conftituez,
font fujets à cette maladie , parce
46 MERCURE
que
leurs vifceres ne faifant pas
bien leur for ction , à raifor de
leur foibleffe , les alimens ne reçoivent
pas une coction leüable ,
d'où procedent des humeurs excrementeufes
, cruës , acres , aufteres
, & acerbes , quife meflent
avec le fang, l'alterent ,forment
des obstructions , & caufent tous
les fymptômes dont nous avons
fait mention.
Ceux qui s'adonnent à la crapule
font fujets à cette maladie ,
parce que mangeant & beuvant.
à toute heure fans difcretion , &
fans que la digeftion foit faite,
il fe fait un mélange des parties.
GALANT.
47
ites du chile avec les cruës,
lesquelles eftant portées dans les
veines alterent le fang. & enfuite
les vifceres , & caufent ces
divers fymptômes.
Ceux qui mangent diverfité
de viandes ( quoy qu'is n'exce
dentpas en quantité ) menent
une vie fedentaire ,font fujets à
la même maladie, parce que quelques
petites parties trues des
viandes , moins fácilesà digerer,
étant entraînées par celles qui
font de facile digeftion , jufque
dans les veines ne sçauroient
eftre domptées par la chaleur naturelle
des parties , à raison
48 MERCURE
qu'elle est moins vigoureufe
ceux qui menent une vie fem
dentaire , qu'en ceux qui travaillent
, ce qui fait que ces pe
tites parties crues venant à fe
multiplier , caufent alteration
au fang & aux viſceres , &
produifent ces fymptômes.
Ceux qui travaillent beaucoup
de l'efprit , & fur tout immediatement
aprés le repas , ne
font pas moins fujets aux vaà
raison des crudite
peurs ,
qu'ils engendrent , parce que par
ta grande application & reflexion
fur quelque matiere , les
efprits des parties naturelles qui
doivent
GALANT
49
doivent s'occuper à la coction des
alimens,font attirez au cerveau,
ce qui fait que l'estomach fe
trouve dénué de la quantité neceffaire
des efprits pour faire la
coction des alimens , d'où s'enfuit
un chile crud , & indigefte , capable
de produire tous ces fymptômes
, par les raifons que j'ay
alleguées.
Ceux qui perdent quelque éva
cuation naturelle , comme les Filles
& les Femmes ,&les hommes
fujets au flux hémorrohidal , Se
trouvent auffi tourmentez de
vapeurs , parce que la maffe du
fang eftant purifiée de toutes les
Octobre 1691 . E
50 MERCURE
matieres fuperflues & heteroge
nes , par
le moyen de ces évacuations
, il
arrive que lors
qu'
elles viennent à ceſſer , le fang
& les efprits en restent alterez ,
& caufent divers fymptomes ,
comme l'on peut facilement remarquer
aux Filles & aux Femmes
qui perdent leurs menftruës
avant le temps.
On me pourra objecter qu'une
facheufe nouvelle de la mort
d'une perfonne que l'on aime
tendrement , ou de la ppeerrttee d'un
procés de confequence , peut produire
cette maladie , fans qu'on
en puiſſe attribuer la cause à
GALANT.
51
l'eftomach. Mais confiderez, s'il
vous plaift , les effets d'une facheufe
nouvelle, & vous verrez
que c'est l'estomach qui en pâtit
le premier ; car il eft conftant que
fi cette mauvaise nouvelle arrive
à un homme qui fe met à table
avec bon appetit , il le perd d'abord
,
parce que
les esprits eftant
agitez& troublezpar le rapport
qu'on luyfair, tiennent un mouvement
quipervertit l'oeconomie
de l'eftomach , d'où procedent enfiute
des cruditez,quietant aigres
coagulent le fang, embaraffent
les efprits , & caufent cette tri-
Steffe , qui fe manifefte fur le
E ij
52 MERCURE
vifage , & enfuite tous les autres
Symptomes.
Par toutes ces raisons il me
femble qu'on peut conclurre hardiment
, que la fource de cette maladie
eft à l'estomach , d'autant
plus que dans fon commencement,
ilfe manifefte des symptomes , qui
marquent affez que cette partie
est affectée , comme font les rots,
la nauſée , le vomiſſement & les
cruditez , fouvent pesanteur
à l'estomach aprés le repas . Il
faut maintenant examiner les
Symptomes , & principalement
ceux qui portent le plus les Medecins
à fe fervirde rafraichisans,
GALANT
53
comme font l'ardeur qu'on fent
aux entrailles , la conftipation
aftriction de ventre.
E
que ceux qui Il est constant
font atteints de cette maladie
fentent quelquefois une grande
ardeur aux entrailles ; mais il
eft vray de dire auffi que cette
ardeur n'est qu'un fymptome qui
nefuit pas mefme toujours cette
maladie. Cependant les Medecins
prétendent que c'est la chaleur
d'entrailles , foit qu'elle fe
manifefte oouu nnoonn ,, qui en eft
la caufe efficiente & c'est làdeffus
qu'ils fondent leur pratique
; mais malheur à ceux qui
E iij
54 MERCURE
par
ques
la fuivent. Fay fait affez voir
la Lettre que j'ay écrite à
"M Chapelas , Curé de S. Facde
la Boucherie , la verita
ble caufe des chaleurs extraor
dinaires que nous fentons , & il
feroit à fouhaiter que quelqu'un
de ces Meffieurs vouluſt prendre
la peine d'expliquer comme quoy
fe fait cette chaleur d'entrailles,
comment s'enflame la bile.
me ferois un grand plaifir de
leur repliquer, de leur faire
voir que cette chaleur est un effet
de l'indigeftion des cruditez ;
à quoy les rafraichiffans font
contraires , & ce n'est pas eftre
Fe
GALANT.
55
Medecin que de vouloir détruire
un fymptome par des remedes
tout- à-fait contraires à la cauſe
de la maladie du fymptome ;
&pour voir
fans font contraires à cette maladie
, quand me
que
les rafraichif
mesme
elle
proviendroit
d'une effervescence
caufée par le mélange de la bile
& d'un acide , il n'y a qu
confiderer que cet acide morbifi
que, qui est de qualité froide,provient
de l'indigeftion & des cru
ditez de l'eftomac , & partant
l'effet auffi- bien que fa caufe ,
demande des remedes chauds
pour aider la coction des alimens,
E iiij
56 MERCURE
& empefcher la generation de
l'acide , lequel estant détruit
il n'y fçauroit avoir aucune effervefcence
, comme ils fuppofent.
A l'égard de la conftipation du
ventre , ils pretendent auffi que
c'eſt un effet de la chaleur d'entrailles
, laquelle deffeche les matieres
excrementeufes ; mais fi
nous faifons reflexion fur ce qui
endurcit deffeche les matieres
humides , nous verrons qu'il
eft impoffible que la chaleur d'entrailles
puiffe endurcir &fecher
les matieres excrementeufes dans
les inteftins. Je remarque que
GALANT.
57
les fubftances molles & liquides
deviennent dures & feches par
trois voyes , fçavoir par la chaleur
qui en fait evaporer l'humidité
, ou par le froid qui en
arrefte le mouvement & les congele,
oupar l'intervention ou mélange,
de quelque matiere , qui en
lie & refferre les parties . Or
comme il n'y a dans le corps
main aucun feu materiel & vifible
, & que noftre feu interne
n'est que l'humide radical
qu'Hippocrate appelle ignis
mollis , qui fait toutes les fontions
&la chaleur du corps hu
main , il faut croire que
la
bucon58
MERCURE
ftipation du ventre exficcation
des matieres excrementeuses , ne
viennent pas d'une chaleur . Que
s'il y avoit unfeu dans le feu dans le corps
humain , capable de deffecher les
excrements fecaux , il est conftant
qu'il deffecheroit auparavant
les inteftins , car on ne peut
jamais deffecher une fubftance
humide dans un vaisseau humide
, que le vaiffeau ne foit
prealablement deffeché. Ainfi fi
les excrements fecaux étoient deffechezpar
la chaleur , il eft certain
qu'il faudroit que les inteftins
fuffent auparavant def-
Lechez ce qui ne peut arriver
f
7
59
GALANT.
qu'en perdant la vie . D'ailleurs
fi les matieres excrementeuses
étoient deffechées par la chaleur ,
l'humidité qui en evaporeroit
,
devroit infailliblement
paſſer par
l'eftomach
, enfuite fortir par
La bouche , par le nez &
ainfi caufer continuellement de
mauvaifes odeurs. Si la chaleur
eft la caufe de la conftipation du
ventre , d'où vient qu'il eft fou
vent trop libre , dans les fievres
les plus violentes ? Ce n'est pas
non plus la chaleur qui deffeche
les febricitans , c'est une era
reur de croire la
chaleur
qui
accompagne les hectiques , foit
que
60 MERCURE
caufe de leur ficcité & extenuation
, car cette chaleur n'eſt qu'un
Symptome auffi bien que laficcité,
qui provient de l'humeur excrementeuse
de la premiere digeftion ,
laquelle étant portée dans les veines
avec le chile , devient la caufe
occafionelle de la chaleur febrile
corrompant la maffe du
fang , la rend impropre pour la
nutrition des parties , lefquelles
ne pouvant jouir d'un aliment
convenable , pour reparer l'humide
radical qui fe confume continuellement,
il faut de toute necef
fité qu'elles fe deffechent , & remarquez
, s'il vous plaiſt , qu'un
GALANT. 61
arbre qui devient fec , eftant plan
té en terre , ne contracte pas cette
ficcité par l'ardeur du Soleil, mais
bien faute de pouvoir recevoir de
la terre fon aliment convenable.
Il me femble que jay fait
veir affez clairement que les matieres
excrementeufes ne font pas
durcies & fechées par le moyen
de la chaleur des entrailles , o
il ne me fera pas fort difficile de
perfuader qu'elles ne peuvent
estre durcies & coagulées par le
froid , parce qu'il n'y a qui que
ce foit qui ne fcache qu'un tel
degré de froideur dans le
humain cauferoit infailliblement
corps
62 MERCURE
la mort ; de forte que les matieres
excrementeufes ne pouvant
eftre durcies & fechées , ny par
la chaleur , ny par la froideur,
il faut donc que ce foit par le
mélange de quelque matiere qui
en lie & refferre les parties , de
mefme que nous voyons la liqueur
de Tartre & celle de l'Alum mêlées
enfemble former une craye
dure & feche, fans le fecours
d'aucune chaleur . Or comme nous
que
les bumeurs
avons fait voir
excrementeufes
de la premiere
coction font la caufe de tous les
Symptomes
qui accompagnent
cette maladie , & que
la confti2
63
GALANT.
que
pation de ventre en est un des
plus frequens , il eft vray de dire
les humeurs excrementeuses
qui proviennent de la premiere
coction eftant aigres , austeres
acerbes, font la cauſe de la conftipation
du ventre. Auffi voyonsnous
que le Vinaigre , les Coins ,
les Sorbes & le Verjus , qui font
aigres, austeres , & acerbes, font
astringens propres pour arrêter
les flux de ventre , & filon
confideroit que les fruits qui font
aigres , aufteres & acerbes avant
leur maturité , meuriffert & deviennent
doux par le moyen de
la chaleur du Soleil , on fe fer64
MERCURE
ture ,
viroit ,fuivant l'ordre de la na
des remedes chauds , ftomachiques
, & convenables pour
aider la coction de l'eftomach &
dulcifier ces humeurs aigres , aufteres
& acerbes , afin de les rendre
propres & utiles à la nutrition
des parties , & éviter tous
les fymptomes qu'elles produifent;
& mesme fi l'onfaifoit reflexion
fur l'ufage desClifteres rafraichif
fan on s'appercevroit bien qu'ils
ne font pas d'une grande utilité,
puis qu'en vuidant les inteftins,
ils les rendent plus propres à endurcir
les matieres excrementeufes.
Auffi l'on voit ordinairement
GALANT.
65
que ceux qui ufent ſouvent de
Clisteres , font toujours conftipez
du ventre , parce qu'ils refroidiffent
& refferrent les inteftins,
leur impriment une qualité
astringente.
Ayant affez verifié que ces
deux symptomes , fçavoir l'ardeur
des entrailles , & la conftipation
du ventre , viennent des
cruditez de la premiere coction ,
& partant qu'ils requierent des
remedes qui
échauffent & fortifient
l'eftomach, vous n'aurez pas
peine à croire que les naufées , les
vomiffemens , les rots aigres &
la falivation qui proviennent
O &. 1691. F
66 MERCURE
des humeurs cruës , indigestes &
acides de l'eftomach, & qui marquent
visiblement la foibleffe &
dépravation de la premiere coction
, veulent des remedes de la
mefme nature ; & quant aux
autres fymptomes, fi ces humeurs
excrementeuses font portées avec
le chile dans les veines , elles
affectent les parties où elles font
déchargées , & y cauſent divers
accidens , felon la diverfité des
parties & la qualité des humeurs .
Si c'est à la tefte , elles y caufent
douleur , vertige , bourdonnement
aux oreilles , & fi elle's
font portées à la poitrine , elles
GALANT: 67
caufent difficulté de respirer ,fuffocation
palpitation de coeur .Que
fi ellesfont portées au bas ventre ,
elles y caufent la colique , ardeur
, tenfion aux hypocondres ,
ainfi des autres parties . Mais
quelquefois par le fejour qu'el
les font dans quelque vifcere
elles acquiérent une malignité
dont les accidens font auffi dangereux
que ceux des plus pernicieux
poifons ; & ce qui est à
confidérer , c'est que ces humeurs
font capables de recevoir autant
d'impreffions malignes , qu'il y a
d'animaux , de vegetaux , & de
mineraux veneneux , & d'atta
Fij
68 MERCURE
quer
les mefmes parties du corps
humain que la fubstance maligne
de ces trois regnes attaque,
Car de mefme que l'Opium affoupit
les fens , que la Cantaride
bleffe particulièrement la veffie de
Purine ; & le Liévre marin , le
poumon ; & que la vertu de la
Torpille marine paffant à la main
du Pefcheur par la continuité du
bâton , dont il l'aura touchée , &
de la main au bras , puis confécutivement
au cerveau , caufe
une ftupeur engourdiffement
par tout le corps , & que le fouphre
arfenical des mineraux , caufe
des évacuations violentes par
GALANT.
69
2
haut & par bas , des fueurs froi
des & des fyncopes ; de mefme
ces - matieres excrementeuses
quand elles ont acquis la qualité
maligne de l'Opium , caufent les
affections comateuses . Si elles ac
quiérent la qualité des Cantarides
, elles caufent des ardeurs
d'urine , & ulceration à la
veffie. Si elles acquiérent la qualité
du Liévre marin , elles caufent
des Peripneumonies › Phtifies
, Aftmes , autres affections
des poumons . Si elles acquiérent
la qualité de la Torpille marine ,
elles caufent des Stupeurs & Pavalifies,
& fi elles acquiérent la
qualité du Souphre Arfenical
70 MERCURE
des Mineraux » elles cauſent des
fueursfroides, des fyncopes , des
vomiffemens , des diarrhées , &
cette dangereufe maladie qu'on
appelle Cholera morbus on Mi
ferere ; & ces Symptomes ve
nant de la mefme fource que
autres demandent les mefmes
remédes . Voila , Mademoiselle ,
quelles font mes reflexions fur
cette maladie , qui eft le fleau des
Medecins ; mais comme l'on n'ales
bandonne pasfacilement les préjugez,
& qu'on trouve toujours
quelques difficultez àoppofersj'of
fre de les refoudre à tous ceux qui
lefouhaiteront ; ils n'auront qu'à
GALANT . 71
prendre la peine de venir chez
moy , rue Bourtibourg › vis- à- vis
les Coches de Fontainebleau.
D'UN PHILOSOPHE
A MADEMOISELLE
PE SCUDERY ;
C
Sur les Maladies
des
Vapeurs.
E n'eft pas fans raiſon
Mademoiselle,quejay peine
à me refoudre de donner au pu .
blic mes reflexions fur la ma-
Octobre 1691 .
B
18 MERCURE
ladie des Vapeurs , car fi tous
ceux qui mettent au jour des
fentimens qui ne font pas fort
éloignez de ceux du commun ;
ne laiffent pas de s'attirer fort
fouvent les traits piquants de la
critique , avec combien plus de
raifon dois-je les apprehender
puis que je m'éloigne entiere
ment du fentiment de l'Ecole ',
même de celuy de la pluspart
des hommes, & que je m'en
éloigne d'autant plus , que je táche
de defabufer le Public de
certaines preventions , qui ne font
guere moins difficiles à détruire ,
que s'il s'agiffoit d'un Article
GALANT. 19
de Foy ? Car quoy que l'intereft
de la vie foit un fort puiſſant
motif, pour porter le peuple à
faire quelque reflexion fur les
chofes qui la regardent › les Medecins
le tiennent tellement engagé
dans leurs opinions › qu'il
n'y ajoute pas moins de foy que
les Turcs à leur Alcoran. Ainfi
vous pouvez juger de la difficulté
de mon entrepriſe ; & commej'ay
les Anciens les Modernes
à combatre , & que
ple même a foufcrit à l'opinion
contre laquelle j'ay la hardieffe
de me declarer , jeje ne fçaurois
trouver parmy eux que
le
pessdes
Fu-
Bij
20 MERCURE
.
ges fufpects & des gens à ne ceder
ny à la raison , ny à l'expes
rience , à moins qu'ils n'y foient
portez par l'approbation d'un efprit
auffi éclairé que le vostre.
Ouy, Mademoiselle , c'est vous
feule , dont la vertu , le genie ,
le merite connus par toute
l'Europe , vous ont acquis une fi
jufte reputation , qui pouvezobliger
le Public à ne pas rejetter des
Sentimens qui font fondezfur la`
l'experience , & ày raifon
faire une meure reflexion , fans
s'arrefter aveuglement à des opinions
qui font aifées à détruire
quand on veut bien les examiGALANT.
21
>
ner de prés. Mr. Defcartes , ce
grand Philofophe , a euraifon de
dire , qu'à l'égard des matieres
phyfiques il falloit douter de
toutes chofes une fois en fa vie ,
pour en decouvrir la verité , car
'il n'y a que le doute qui nous
porte à faire des experiences ,&
ce n'est que l'experience qui nous
rend pleinement convaincus de
la verité d'une chofe . Si tous les
Medecins fuivoient la pensée de
ce Grand Homme , ils ne demeureroient
pas enfervelis dans des
erreurs , qui captivent fifort leur
entendement, qu'elles ne leur per
mettent pas de joüir des lumieres
22 MERCURE
qu'ils ont receuës de l'Auteur de
la Nature , & ce que je trouve
de plus extraordinaire , c'est que
malgré leur vaine pratique , ils
pretendent que leur art eft établi
fur l'experience & la raison , &
ne peuventfouffrir ceux qui fondezfur
de continuelles experiences,
raiſonnent autrement qu'eux.
Ils veulent qu'on foit aveugle
comme ils lefontes que l'on n'oppofe
rien à l'autorité des Anciens,
comme fi la Medecine , qui eft
le plus noble & le plus difficile
de tous les Arts , pouvoit avoir
acquis dans fon commencement
plus de perfection que tous les
GALANT.
23
que
autres , que nous voyons tous les
jours fe perfectionner. Ne fommes
nous pas en même droit , que
ceux qui font venus immediatement
aprés Hypocrate & Galien
, de verifier ce qu'ils ont
avancé dans leurs Ecrits ?
Y a- t-il rien de plus ridicule
d'alleguer qu'il eft impoffible que
tant d'habiles gens qui ont paru
avant nous , fe foient trompez ?
Pourquoy voulons- nous que ces
gens- là ayent decouvert plus que
nous, s'il est vray qu'ils en ayent
ufé de mefme que nous , & qu'ils
s'en foient entierement rapportez
à leurs Devanciers , fans y avoir
24 MERCURE
fait aucune reflexion ? Le nom-
"bre exceffifdes morts prématurées
la quantité des Malades
languiffans , non feulement des
femaines , des mois , & des années
entieres dans leur lit , mais mefme
toute leur vie , ne fourniſſent- ils
pas des preuves plus que fuffifantes
, pour faire connoiftre que
Medecine que l'on exerce à prefent
, n'eft qu'une ombre de celle
que Dieu a donnée à nos premiers
Peres ? Que fi je m'éloigne du
fentiment des Medecins fur la
nature de la maladie des Vapeurs ,
c'est que la raison & l'experience
me font connoiftre de jour en jour
la
GALANT.
25
la verité de mon hypothefe , &
pour ne pas tarder davantage à
vous decouvrir mon opinion , je
dis que la pretenduë maladie des
Vapeurs n'eft autre choſe que l'affection
hypocondriaque dont les
Anciens font mention . Mais
comme les Medecins croyent que
tous les fymptomes qui accompagnent
cette maladie, ne font qu'un
effet des vapeurs qui s'eflevent
des hypocondres jufques à la tefte,
ils ont nommé depuis quelque
temps cette maladie , Vapeurs , &
cela d'autant plus que ceux qui en
fon atteints ne peuvent fouffrir
ce nom d'affection hypocondria-
Oct. 1691.
C
26 MERCURE
que , comme fi cette maladie në
venoit pas de l'alteration des humeurs
comme les autres .
Il est certain que comme elle
est peu
de chofe dans fon commencement
il feroit aisé de
l'emporter fi l'on fe fervoit
des remedes convenables , mais
elle prend infenfiblement des ra
cines fi profondes que ceux qui
en font atteints fe voyent enfin
hors d'eftat de pouvoir guerir, ne
trouvant aucunfoulagement dans
l'ufage des remedes. Cela vient
de ce que les Medecins ne cherchent
qu'àrafraichir les entrailles
qu'ils croyent toujours embrafees,
GALANT.
27
**
au lieu de fortifier l'eftomach, &
d'empefcher la
generation des
humeurs
excrementeufes qui produifent
tous les
Symptomes 2
dont je feray le détail , & ce que
je trouve de plus pernicieux pour
les malades , c'eft la
prevention
de cette chaleur d'entrailles , dans
laquelle les Medecins les ont
tellement fortifiez par la comparaison
qu'ils leur font d'un
alembic au corps humain , qu'il
n'y a ny raifon ny experience à
laquelle ils veuillent ceder. Mais
pour vous faire voir la tromperie
de cette comparaison , je vais
faire la defcription d'un alembic.
Cij
28 MERCURE
de la maniere qu'on procede à
enfuite je la diftillation ,
feray voir fi les chofes fe paffent
dans le corps
un alembic.
humain comme dans
Un alembic eft un Vaiffeau
composé de deux parties , l'Inferieure
la Superieure . L'Inferieure
s'appelle Cucurbite , & la
Superieure Chapiteau . Ce Chapi
teau a un bec par où fort la liqueur
qui diftille . On met la matiere
dans la Cucurbite, on la
de fon chapiteau. On pofe cet a
lembic fur un trepied , ou fur un
Fourneau , fous lequel on met le
feu , qui ayant échaufe la Cucur
bite fait que l'humidité de la
couvre
GALANT. 29
matiere qu'elle contient s'éleve en
vapeurs , lesquelles paffant par le
col de la cucurbite , font portées
dans le Chapiteau , où par le moyen
de la froideur de l'air qui l'environne
, elles font condenfees en
eau, & cette eau diftille par le bec
du Chapiteau dans un recipiant.
Que s'il y avoit une ouverture
au col de la Cucurbite , les va
peurs pafferoient par cette ouverture
, ce qui eft à remarquer.
Cette comparaison qui a quel
que reffemblance dans fon exte
rieur , a eu l'applaudiffement de
tous ceux qui ne regardent que
l'écorce d'une chofe , mais je vais
Ciij
go MERCURE
faire voir qu'elle cloche dans
toutes fes parties , je commence
par l'operation du feu , premier
agent de la diftillation.
Tous les Medecins demeurent
le coeur est la partie
d'accord
que
la plus
chaude
du corps
, & par.
tant
il faudroit
pour
quadrer
à
leur
comparaison
, que le coeur
fût
placé
fous
le mefentere
, car eftant
placé
comme
il eft dans
la poitri
ne, il faut
de toute
neceffité
que
par
fa
chaleur
il precipite
les
vapeurs
en bas , de même
que
les Chymiftes
diftillent
certaines
matieres
par
depreffion
, ou per
defcenfum
, en mettant
le feu
GALANT.
31
la
allentour de la partie fuperieure
du vaiffeau qui contient la matiere.
Ils diront fans doute que
chaleur qui provient d'une bile
ou atrabile enflamée dans les entrailles
, eft beaucoup Superieure
à celle du coeur , & comme ils ne
peuvent donner aucune raison
qui faffe voir comment se fait
cette inflammation & chaleur
extraordinaire de bile , ils ont recours
aux diverfes effervescences
que les Chymiftes leur font remarquer
dans le meflange d'un
acide d'un alkali , & difent
que la bile fe meflant avec un
acide , il fe fait une grande effer-
Ciiij
32
22 MERCURE
le
vefcence , mais je les deffie , eux
tous les Anatomiftes , de trouver
dans le corps humain deux .
liqueurs qui meflées enfemble faffent
une effervescence tant foit
peu fenfible. Je fçay bien que
bas ventre n'est pas fans vapeurs,
mais je fçay bien auffi que ces
vapeurs ne peuvent pas eftre élevées
jufque dans le Cerveau , à
caufe des divers obftacles qui s'y
oppofent. Premierement le diaphragme
que la nature a eſtabli
fur le bas des coftes , tire au travers
du corps , jufques à l'efpine
du dos , tant pour aider à larefpiration
, que pour feparer les par
GALANT. 33
ties vitales d'avec les naturelles,
cela ne
& empefcher que les vapeurs des
excrements des vifceres naturels,
n'infectent les parties vitales ;
mais fuppofé , quoy que
foit pas , que ces vapeurs paffent
à travers le diaphragme , & entrent
dans la capacité de la poitrine
, par où fortiront- elles , puis
que la poitrine est revestuë d'une
membrane tres - épaiffe , qui ne
donne pas feulement paffage
l'air? Il faudra donc qu'elles foient
bumées é imbibées
par la
fuba
ftance molaffe des Poumons . Cela
eftant , elles feront jettées dehors
par la bouche en l'expiration .
34 MERCURE
Mais fuppofons , pour faire voir
plus amplement la fauffete de leur
hypothefe , qu'elles paſſent à travers
cette membrane qu'on nomme
plevre, & que les parties jugulaires
fi bien clofes , jointes &
uniesfous les clavicules ,foient af
Sez ouvertes
dilatées pour
que ces vapeurs y trouvent paffage
, quand elles auront paffé la
region du col , elles trouveront le
paffage de la bouche ouvert , par
lequel elles feront jettées dehors,
de mefme que fi un Alembic avoit
,
que
le
une ouverture plus bas
chapiteau , les vapeurs fortiroient
par cette ouverture , comme j'ay
GALANT.
35
dit cy-devant. Mais outre tous
ces obftacles , il y a l'os bafilaire
qui en eft un puiffant , & qui ne
leur donnant pas paffage , les
obligera à fortir par le nez. Mais
accordons leur , par fauſſe poſition
, un libre paffage par l'os bafilaire
, elles trouveront la dure
mere qui envelope le Cerveau ,
fi ferme , fiépaiffe , d'une tissure
fi bien battue , qu'elle ne donne
pas paffage à la moindre chofe,
pas même à l'efprit animal qui eft
d'une fubftance tres-fubtile.
Je croy avoir affez clairement
demonstré , que les vapeurs qui
pourroient s'eflever dans le bas
36 MERCURE
ventre , ne sçauroient eftre portées
jufque dans la tefte , à raison du
grand nombre des parties qui font
interpofées , lesquelles toutefois
donnent paffage à trois fortes de
vaißeaux , qui font les veines ,
les arteres , les nerfs , afin que
les humeurs neceffaires pour la
confervation de la vie puiffent
eftre portées dans toutes les parties
du corps . Puis qu'il n'y a
donc que ces trois conduits par
lefquels ce qui peut eftre porté à
la tete puiffe trouver paßage , il
faut de toute neceffité que ce foit
par leur capacité , ou partie interieure
, qui fe trouve pourtant fi
GALANT.
37
remplie de diverfes fubftances ,
qu'elle nesçauroit eftre affez va
fte pour donner paffage aux vapeurs
, car les veines font continuellement
pleines de fang. Les
arteres , quoy que moins remplies,
font encore moins capables de donner
paffage à des vapeurs , dont
la molleffe ne sçauroit penetrer
les fortes & epaiffes tuniques de
ces arteres , outre que quand même
elles y feroient entrées , elles
feroient diffipées confumées par
la grande ardeur du fang ) des
efprits vitaux. A l'egard des nerfs,
ils font fi remplis de la pulpe cerebrale
, qui eft plus condensée &
า
38 MERCURE
un peu plus feiche que n'eft le
corps du cerveau , que ces fubftances
vaporeuſes y trouveront enco
re moins de paffage que dans les
veines. Ajoutez à cela , que fi
ces vapeurs montoient par les
nerfs , elles s'y condenferoient en
eau , àraifon de la frigidité de ces
parties , qui eft beaucoup plus grande
celle du Cerveau.
que
Les Medecins tafchant d'éluder
la force de ce raisonnement
ne manqueront pas d'alleguer l'autorité
des Anciens lors que parlant
de l'épilepſie qui ſe fait par
Sympathie , ils difent que
peurmaligne monte dupiedpar les
ร
la va
GALANT:
39
les
parties mufculeufes &nerveuses
jufques à la tefte , ce qui ne pour
roit eftre , difent- ils , s'il n'y avoit
quelque efpace fuffifant en la
partie
interieure des nerfs pour luy
donner paffage. Fe fçay bien que
La fubftance maligne qui fait l'Epilepfie
, trouve paffage par
nerfspour monter jusques au cerveau
, mais il ne s'enfuit pas de
les vapeurs trouvent lies.
d'y paffer , car la fubftance maligne
qui fait l'Epilepfie , estant
auffi fubiile que celle de l'efprit
animal , eft bien differente de celle
des vapeurs qui eft groffiere comme
celle des vapeurs que nous
là
que
40 MERCURE
voyons s'élever de la terre. Mais
enfin files vapeurs du bus venire
montoient jufque dans la tefte,
nous aurions continuellement an
nez les odeurs puantes des matieres
excrementeufes , d'autant
plus que ces odeurs font d'une
fubftance beaucoup plus fubtile
les
que vapeurs.
Il eft facile de juger par ce que
je viens de dire , fi un alembic
dans lequel il n'y a nul obftacle
pour empefcher les vapeurs de
monter au chapiteau , fans parler
de la differente conftruction, peut
eftre comparé au corps humain ,
qui eft l'ouvrage vifible le plus
GALANT.
4I
admirable que Dieu ait fait ;
& pour voir que peu de choſe
change une operation , il n'y a
qu'à prendre du papier trempé
dans l'huile , ou une éponge , &
l'appliquer au fommet de la
cucurbite lors qu'on diftille du
vin , & l'on verra fi une chofe
interposée change l'operation :
car ce papier, ou cette éponge
laifferont paffer l'esprit du vin ,
& retiendront le phlegme , qui
s'éleve en vapeurs jusqu'à cette
interpofition . N'y ayant donc
pas de vapeurs qui montent jufque
dans la teste , non plus que
deprétendues effervescences d'en-
Oct. 1691. D
ந 4
42 MERCURE
trailles, il ne faut pas s'étonner
files Medecins ne peuvent guerir
ceux quifont atteints de cette
maladie , puis qu'ils n'en connoiffent
pas la caufe. Mais
afin que chacun puiffe mieux
juger de fa nature , je vais
faire un dénombrement des
Symptômes qui l'accompagnent,
enfuite je parleray de leur
cauſe.
Les fymptômes en general qui
accompagnent cette maladie, font
des rots aigres , des nauſées , vomiffemens
des chofes aigres , aufteres
, & acerbes
douleur &
onftipation de ventre , tenfion
→
GALANT.
43
aux hypocondres , palpitation de
coeur, compreffion des parties précordiales
refpiration difficile , &
quelquefois , crainte de fuffocation
& étranglement , de mesme
que les Femmes hyfleriques , pe-
Janteur & douleur de teste ,
bourdonnement aux oreilles , falivation
, ébloÿiſſement, vertige,
ardeur dans les hypocondres
bruit
vague
fiéures errantes ,
dans le ventre , laffitude fpontanée
, veilles ,fommeil interrompu,
crainte , triftoffe , chagrin , incon-
Stance & quelquefois convul
fions & delire. Tous ces fymptômes
ne ſe manifeftent pas à cha-
Dij
44 MERCURE
cun de ceux qui font atteints de
cette maladie ; car il ༧ en a qui
n'en reffentent qu'un , d'autres
deux , d'autres trois , & d'autres
davantage. Aux uns ces fymptômes
font fort legers , aux autres
fort violens felon la diverfe
dépravation du fang. & des efprits
; mais comme cette maladie
devient fort commune , je veux
tâcher de ne rien obmettre de ce
qui peut donner quelque lumiere
pour en connoiftre la vraye cause,
pour cet effet , je vous diray
qu'il y a certaines gens qui yfont
beaucoup plus fujets que
tres ; fçavoir ceux qui de naifd'auGALANT.
45
-
fance ont les vifceres naturels
debiles & mal conftituez ; ceux
qui fontfujets à la crapule ; ceux
qui mangent une grande divers
fité de viandes , menent une
vie fedentaire ; ceux qui travaillent
beaucoup d'esprit ,
principalement dès qu'ils ont pris
leur repas , & ceux qui perdent
quelque évacuation naturelle .
Toutes ces perfonnes - là font fu
jettes à des crudite d'eftomach,
qui font la fource de tous ces
Symptômes.
Ccux qui ont les viſceres nai
turels debiles & mal conftituez,
font fujets à cette maladie , parce
46 MERCURE
que
leurs vifceres ne faifant pas
bien leur for ction , à raifor de
leur foibleffe , les alimens ne reçoivent
pas une coction leüable ,
d'où procedent des humeurs excrementeufes
, cruës , acres , aufteres
, & acerbes , quife meflent
avec le fang, l'alterent ,forment
des obstructions , & caufent tous
les fymptômes dont nous avons
fait mention.
Ceux qui s'adonnent à la crapule
font fujets à cette maladie ,
parce que mangeant & beuvant.
à toute heure fans difcretion , &
fans que la digeftion foit faite,
il fe fait un mélange des parties.
GALANT.
47
ites du chile avec les cruës,
lesquelles eftant portées dans les
veines alterent le fang. & enfuite
les vifceres , & caufent ces
divers fymptômes.
Ceux qui mangent diverfité
de viandes ( quoy qu'is n'exce
dentpas en quantité ) menent
une vie fedentaire ,font fujets à
la même maladie, parce que quelques
petites parties trues des
viandes , moins fácilesà digerer,
étant entraînées par celles qui
font de facile digeftion , jufque
dans les veines ne sçauroient
eftre domptées par la chaleur naturelle
des parties , à raison
48 MERCURE
qu'elle est moins vigoureufe
ceux qui menent une vie fem
dentaire , qu'en ceux qui travaillent
, ce qui fait que ces pe
tites parties crues venant à fe
multiplier , caufent alteration
au fang & aux viſceres , &
produifent ces fymptômes.
Ceux qui travaillent beaucoup
de l'efprit , & fur tout immediatement
aprés le repas , ne
font pas moins fujets aux vaà
raison des crudite
peurs ,
qu'ils engendrent , parce que par
ta grande application & reflexion
fur quelque matiere , les
efprits des parties naturelles qui
doivent
GALANT
49
doivent s'occuper à la coction des
alimens,font attirez au cerveau,
ce qui fait que l'estomach fe
trouve dénué de la quantité neceffaire
des efprits pour faire la
coction des alimens , d'où s'enfuit
un chile crud , & indigefte , capable
de produire tous ces fymptômes
, par les raifons que j'ay
alleguées.
Ceux qui perdent quelque éva
cuation naturelle , comme les Filles
& les Femmes ,&les hommes
fujets au flux hémorrohidal , Se
trouvent auffi tourmentez de
vapeurs , parce que la maffe du
fang eftant purifiée de toutes les
Octobre 1691 . E
50 MERCURE
matieres fuperflues & heteroge
nes , par
le moyen de ces évacuations
, il
arrive que lors
qu'
elles viennent à ceſſer , le fang
& les efprits en restent alterez ,
& caufent divers fymptomes ,
comme l'on peut facilement remarquer
aux Filles & aux Femmes
qui perdent leurs menftruës
avant le temps.
On me pourra objecter qu'une
facheufe nouvelle de la mort
d'une perfonne que l'on aime
tendrement , ou de la ppeerrttee d'un
procés de confequence , peut produire
cette maladie , fans qu'on
en puiſſe attribuer la cause à
GALANT.
51
l'eftomach. Mais confiderez, s'il
vous plaift , les effets d'une facheufe
nouvelle, & vous verrez
que c'est l'estomach qui en pâtit
le premier ; car il eft conftant que
fi cette mauvaise nouvelle arrive
à un homme qui fe met à table
avec bon appetit , il le perd d'abord
,
parce que
les esprits eftant
agitez& troublezpar le rapport
qu'on luyfair, tiennent un mouvement
quipervertit l'oeconomie
de l'eftomach , d'où procedent enfiute
des cruditez,quietant aigres
coagulent le fang, embaraffent
les efprits , & caufent cette tri-
Steffe , qui fe manifefte fur le
E ij
52 MERCURE
vifage , & enfuite tous les autres
Symptomes.
Par toutes ces raisons il me
femble qu'on peut conclurre hardiment
, que la fource de cette maladie
eft à l'estomach , d'autant
plus que dans fon commencement,
ilfe manifefte des symptomes , qui
marquent affez que cette partie
est affectée , comme font les rots,
la nauſée , le vomiſſement & les
cruditez , fouvent pesanteur
à l'estomach aprés le repas . Il
faut maintenant examiner les
Symptomes , & principalement
ceux qui portent le plus les Medecins
à fe fervirde rafraichisans,
GALANT
53
comme font l'ardeur qu'on fent
aux entrailles , la conftipation
aftriction de ventre.
E
que ceux qui Il est constant
font atteints de cette maladie
fentent quelquefois une grande
ardeur aux entrailles ; mais il
eft vray de dire auffi que cette
ardeur n'est qu'un fymptome qui
nefuit pas mefme toujours cette
maladie. Cependant les Medecins
prétendent que c'est la chaleur
d'entrailles , foit qu'elle fe
manifefte oouu nnoonn ,, qui en eft
la caufe efficiente & c'est làdeffus
qu'ils fondent leur pratique
; mais malheur à ceux qui
E iij
54 MERCURE
par
ques
la fuivent. Fay fait affez voir
la Lettre que j'ay écrite à
"M Chapelas , Curé de S. Facde
la Boucherie , la verita
ble caufe des chaleurs extraor
dinaires que nous fentons , & il
feroit à fouhaiter que quelqu'un
de ces Meffieurs vouluſt prendre
la peine d'expliquer comme quoy
fe fait cette chaleur d'entrailles,
comment s'enflame la bile.
me ferois un grand plaifir de
leur repliquer, de leur faire
voir que cette chaleur est un effet
de l'indigeftion des cruditez ;
à quoy les rafraichiffans font
contraires , & ce n'est pas eftre
Fe
GALANT.
55
Medecin que de vouloir détruire
un fymptome par des remedes
tout- à-fait contraires à la cauſe
de la maladie du fymptome ;
&pour voir
fans font contraires à cette maladie
, quand me
que
les rafraichif
mesme
elle
proviendroit
d'une effervescence
caufée par le mélange de la bile
& d'un acide , il n'y a qu
confiderer que cet acide morbifi
que, qui est de qualité froide,provient
de l'indigeftion & des cru
ditez de l'eftomac , & partant
l'effet auffi- bien que fa caufe ,
demande des remedes chauds
pour aider la coction des alimens,
E iiij
56 MERCURE
& empefcher la generation de
l'acide , lequel estant détruit
il n'y fçauroit avoir aucune effervefcence
, comme ils fuppofent.
A l'égard de la conftipation du
ventre , ils pretendent auffi que
c'eſt un effet de la chaleur d'entrailles
, laquelle deffeche les matieres
excrementeufes ; mais fi
nous faifons reflexion fur ce qui
endurcit deffeche les matieres
humides , nous verrons qu'il
eft impoffible que la chaleur d'entrailles
puiffe endurcir &fecher
les matieres excrementeufes dans
les inteftins. Je remarque que
GALANT.
57
les fubftances molles & liquides
deviennent dures & feches par
trois voyes , fçavoir par la chaleur
qui en fait evaporer l'humidité
, ou par le froid qui en
arrefte le mouvement & les congele,
oupar l'intervention ou mélange,
de quelque matiere , qui en
lie & refferre les parties . Or
comme il n'y a dans le corps
main aucun feu materiel & vifible
, & que noftre feu interne
n'est que l'humide radical
qu'Hippocrate appelle ignis
mollis , qui fait toutes les fontions
&la chaleur du corps hu
main , il faut croire que
la
bucon58
MERCURE
ftipation du ventre exficcation
des matieres excrementeuses , ne
viennent pas d'une chaleur . Que
s'il y avoit unfeu dans le feu dans le corps
humain , capable de deffecher les
excrements fecaux , il est conftant
qu'il deffecheroit auparavant
les inteftins , car on ne peut
jamais deffecher une fubftance
humide dans un vaisseau humide
, que le vaiffeau ne foit
prealablement deffeché. Ainfi fi
les excrements fecaux étoient deffechezpar
la chaleur , il eft certain
qu'il faudroit que les inteftins
fuffent auparavant def-
Lechez ce qui ne peut arriver
f
7
59
GALANT.
qu'en perdant la vie . D'ailleurs
fi les matieres excrementeuses
étoient deffechées par la chaleur ,
l'humidité qui en evaporeroit
,
devroit infailliblement
paſſer par
l'eftomach
, enfuite fortir par
La bouche , par le nez &
ainfi caufer continuellement de
mauvaifes odeurs. Si la chaleur
eft la caufe de la conftipation du
ventre , d'où vient qu'il eft fou
vent trop libre , dans les fievres
les plus violentes ? Ce n'est pas
non plus la chaleur qui deffeche
les febricitans , c'est une era
reur de croire la
chaleur
qui
accompagne les hectiques , foit
que
60 MERCURE
caufe de leur ficcité & extenuation
, car cette chaleur n'eſt qu'un
Symptome auffi bien que laficcité,
qui provient de l'humeur excrementeuse
de la premiere digeftion ,
laquelle étant portée dans les veines
avec le chile , devient la caufe
occafionelle de la chaleur febrile
corrompant la maffe du
fang , la rend impropre pour la
nutrition des parties , lefquelles
ne pouvant jouir d'un aliment
convenable , pour reparer l'humide
radical qui fe confume continuellement,
il faut de toute necef
fité qu'elles fe deffechent , & remarquez
, s'il vous plaiſt , qu'un
GALANT. 61
arbre qui devient fec , eftant plan
té en terre , ne contracte pas cette
ficcité par l'ardeur du Soleil, mais
bien faute de pouvoir recevoir de
la terre fon aliment convenable.
Il me femble que jay fait
veir affez clairement que les matieres
excrementeufes ne font pas
durcies & fechées par le moyen
de la chaleur des entrailles , o
il ne me fera pas fort difficile de
perfuader qu'elles ne peuvent
estre durcies & coagulées par le
froid , parce qu'il n'y a qui que
ce foit qui ne fcache qu'un tel
degré de froideur dans le
humain cauferoit infailliblement
corps
62 MERCURE
la mort ; de forte que les matieres
excrementeufes ne pouvant
eftre durcies & fechées , ny par
la chaleur , ny par la froideur,
il faut donc que ce foit par le
mélange de quelque matiere qui
en lie & refferre les parties , de
mefme que nous voyons la liqueur
de Tartre & celle de l'Alum mêlées
enfemble former une craye
dure & feche, fans le fecours
d'aucune chaleur . Or comme nous
que
les bumeurs
avons fait voir
excrementeufes
de la premiere
coction font la caufe de tous les
Symptomes
qui accompagnent
cette maladie , & que
la confti2
63
GALANT.
que
pation de ventre en est un des
plus frequens , il eft vray de dire
les humeurs excrementeuses
qui proviennent de la premiere
coction eftant aigres , austeres
acerbes, font la cauſe de la conftipation
du ventre. Auffi voyonsnous
que le Vinaigre , les Coins ,
les Sorbes & le Verjus , qui font
aigres, austeres , & acerbes, font
astringens propres pour arrêter
les flux de ventre , & filon
confideroit que les fruits qui font
aigres , aufteres & acerbes avant
leur maturité , meuriffert & deviennent
doux par le moyen de
la chaleur du Soleil , on fe fer64
MERCURE
ture ,
viroit ,fuivant l'ordre de la na
des remedes chauds , ftomachiques
, & convenables pour
aider la coction de l'eftomach &
dulcifier ces humeurs aigres , aufteres
& acerbes , afin de les rendre
propres & utiles à la nutrition
des parties , & éviter tous
les fymptomes qu'elles produifent;
& mesme fi l'onfaifoit reflexion
fur l'ufage desClifteres rafraichif
fan on s'appercevroit bien qu'ils
ne font pas d'une grande utilité,
puis qu'en vuidant les inteftins,
ils les rendent plus propres à endurcir
les matieres excrementeufes.
Auffi l'on voit ordinairement
GALANT.
65
que ceux qui ufent ſouvent de
Clisteres , font toujours conftipez
du ventre , parce qu'ils refroidiffent
& refferrent les inteftins,
leur impriment une qualité
astringente.
Ayant affez verifié que ces
deux symptomes , fçavoir l'ardeur
des entrailles , & la conftipation
du ventre , viennent des
cruditez de la premiere coction ,
& partant qu'ils requierent des
remedes qui
échauffent & fortifient
l'eftomach, vous n'aurez pas
peine à croire que les naufées , les
vomiffemens , les rots aigres &
la falivation qui proviennent
O &. 1691. F
66 MERCURE
des humeurs cruës , indigestes &
acides de l'eftomach, & qui marquent
visiblement la foibleffe &
dépravation de la premiere coction
, veulent des remedes de la
mefme nature ; & quant aux
autres fymptomes, fi ces humeurs
excrementeuses font portées avec
le chile dans les veines , elles
affectent les parties où elles font
déchargées , & y cauſent divers
accidens , felon la diverfité des
parties & la qualité des humeurs .
Si c'est à la tefte , elles y caufent
douleur , vertige , bourdonnement
aux oreilles , & fi elle's
font portées à la poitrine , elles
GALANT: 67
caufent difficulté de respirer ,fuffocation
palpitation de coeur .Que
fi ellesfont portées au bas ventre ,
elles y caufent la colique , ardeur
, tenfion aux hypocondres ,
ainfi des autres parties . Mais
quelquefois par le fejour qu'el
les font dans quelque vifcere
elles acquiérent une malignité
dont les accidens font auffi dangereux
que ceux des plus pernicieux
poifons ; & ce qui est à
confidérer , c'est que ces humeurs
font capables de recevoir autant
d'impreffions malignes , qu'il y a
d'animaux , de vegetaux , & de
mineraux veneneux , & d'atta
Fij
68 MERCURE
quer
les mefmes parties du corps
humain que la fubstance maligne
de ces trois regnes attaque,
Car de mefme que l'Opium affoupit
les fens , que la Cantaride
bleffe particulièrement la veffie de
Purine ; & le Liévre marin , le
poumon ; & que la vertu de la
Torpille marine paffant à la main
du Pefcheur par la continuité du
bâton , dont il l'aura touchée , &
de la main au bras , puis confécutivement
au cerveau , caufe
une ftupeur engourdiffement
par tout le corps , & que le fouphre
arfenical des mineraux , caufe
des évacuations violentes par
GALANT.
69
2
haut & par bas , des fueurs froi
des & des fyncopes ; de mefme
ces - matieres excrementeuses
quand elles ont acquis la qualité
maligne de l'Opium , caufent les
affections comateuses . Si elles ac
quiérent la qualité des Cantarides
, elles caufent des ardeurs
d'urine , & ulceration à la
veffie. Si elles acquiérent la qualité
du Liévre marin , elles caufent
des Peripneumonies › Phtifies
, Aftmes , autres affections
des poumons . Si elles acquiérent
la qualité de la Torpille marine ,
elles caufent des Stupeurs & Pavalifies,
& fi elles acquiérent la
qualité du Souphre Arfenical
70 MERCURE
des Mineraux » elles cauſent des
fueursfroides, des fyncopes , des
vomiffemens , des diarrhées , &
cette dangereufe maladie qu'on
appelle Cholera morbus on Mi
ferere ; & ces Symptomes ve
nant de la mefme fource que
autres demandent les mefmes
remédes . Voila , Mademoiselle ,
quelles font mes reflexions fur
cette maladie , qui eft le fleau des
Medecins ; mais comme l'on n'ales
bandonne pasfacilement les préjugez,
& qu'on trouve toujours
quelques difficultez àoppofersj'of
fre de les refoudre à tous ceux qui
lefouhaiteront ; ils n'auront qu'à
GALANT . 71
prendre la peine de venir chez
moy , rue Bourtibourg › vis- à- vis
les Coches de Fontainebleau.
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