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1
p. 1-5
Avant propos. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay promis, Madame, de vous mander le premier [...]
Mots clefs :
Paris, Nouvelles, Mercure, Lettre
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texteReconnaissance textuelle : Avant propos. [titre d'après la table]
E vous ay promis,
B Madame, de vous
manderle premier
jour de chaque Mois tout
ce qui feferoit pafTé déplus
curieux à Paris pendant le
Mois precedent, & tout ce
Tome z. A
K.
z LE
qu’on y
refte du
Pais Etrangers. J’ay fait
plus que vous n’attendiez
demoy, & vousavez reçeu
le premier d’Avril, non pas
une Lettre, mais le premier
Tome du Nouveau Mercure Galant, dans lequel
vous avez appris non feulcmenttout ce queParis a produit de plus remarquable
depuis le premier Ianvier
de l’année courante; mais
encor toutes les Nouvelles
quifont venues de mille endroits diférens. Ilne s’agit
MERCURE
auroit appris du
Royaume, & des
— J’ay fait
galant. 3
doncprefentement, que de
vous écrire tout ce qui s’eft
pafle depuis le commencement d’Avril-, maisque vous
mander de divertiftant, &
que peut-il s’eftre fait de
cette nature pendant un
Mois de Carefme, dont les
jours ont efté particulièrement deftinez à la Dévotion? Chacun s’eft privé des
DivertifTemens quil avoir
accouftumé de prendre.
Les Ouvrages Galans n’ont
point efté de faifon-, on a
peu fait de Mariages. Les
Modes nouvelles n’ont
Ai)
4 LE MERCURE
point paru, & elles font demeurées dans l’efprit des
Coquettes, dansla telle des
Marchands , & dans les
mains de leurs Ouvriers.
Pendant que chacun s’eftoit interdit tout ce qui
pouvoir contribuer à luy
donner du plaifir, la Dévotion dujubiléa régné dans
tout Paris ; celle de la
Reyne, & de Monfeigneur
le Dauphin a édifié tout le
monde, & l’exemple de
Moniteur de Paris, & des
plus grands Magillrats qui
ont vifité foixanteEglifes à
galant. 5
pied avec une pieté qui ne
peut atfezeftre eftimée,a
une nouvelle ardeur
nui travailloient à
leur falut avec le plus de
zele
B Madame, de vous
manderle premier
jour de chaque Mois tout
ce qui feferoit pafTé déplus
curieux à Paris pendant le
Mois precedent, & tout ce
Tome z. A
K.
z LE
qu’on y
refte du
Pais Etrangers. J’ay fait
plus que vous n’attendiez
demoy, & vousavez reçeu
le premier d’Avril, non pas
une Lettre, mais le premier
Tome du Nouveau Mercure Galant, dans lequel
vous avez appris non feulcmenttout ce queParis a produit de plus remarquable
depuis le premier Ianvier
de l’année courante; mais
encor toutes les Nouvelles
quifont venues de mille endroits diférens. Ilne s’agit
MERCURE
auroit appris du
Royaume, & des
— J’ay fait
galant. 3
doncprefentement, que de
vous écrire tout ce qui s’eft
pafle depuis le commencement d’Avril-, maisque vous
mander de divertiftant, &
que peut-il s’eftre fait de
cette nature pendant un
Mois de Carefme, dont les
jours ont efté particulièrement deftinez à la Dévotion? Chacun s’eft privé des
DivertifTemens quil avoir
accouftumé de prendre.
Les Ouvrages Galans n’ont
point efté de faifon-, on a
peu fait de Mariages. Les
Modes nouvelles n’ont
Ai)
4 LE MERCURE
point paru, & elles font demeurées dans l’efprit des
Coquettes, dansla telle des
Marchands , & dans les
mains de leurs Ouvriers.
Pendant que chacun s’eftoit interdit tout ce qui
pouvoir contribuer à luy
donner du plaifir, la Dévotion dujubiléa régné dans
tout Paris ; celle de la
Reyne, & de Monfeigneur
le Dauphin a édifié tout le
monde, & l’exemple de
Moniteur de Paris, & des
plus grands Magillrats qui
ont vifité foixanteEglifes à
galant. 5
pied avec une pieté qui ne
peut atfezeftre eftimée,a
une nouvelle ardeur
nui travailloient à
leur falut avec le plus de
zele
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Résumé : Avant propos. [titre d'après la table]
La lettre promet à une dame de lui envoyer mensuellement des nouvelles intéressantes de Paris et des étrangers y résidant. L'auteur a déjà envoyé le premier tome du Nouveau Mercure Galant, relatant des événements remarquables de Paris et des nouvelles de divers endroits depuis le 1er janvier. En avril, peu d'événements divertissants ont eu lieu en raison du Carême, une période de dévotion. Les ouvrages galants, mariages et nouvelles modes ont été rares. La dévotion du jubilé a dominé Paris, avec des exemples notables de piété de la Reine et du Dauphin, ainsi que de hauts magistrats visitant des églises à pied. Cette période de piété a inspiré une nouvelle ardeur chez ceux qui travaillaient à leur salut avec zèle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 44-46
« Tous ces Vers, & beaucoup d'autres encore, furent presentez [...] »
Début :
Tous ces Vers, & beaucoup d'autres encore, furent presentez [...]
Mots clefs :
Paris, Vers, Reine, Monarque
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texteReconnaissance textuelle : « Tous ces Vers, & beaucoup d'autres encore, furent presentez [...] »
Tous ces Vers , &beaucoup d'autres encor,furét pre- ſentez à Monfieur quelques jours apres ſon arrivée àParis. Ce Prince avant quede
partir pour ſe rendre en cette Ville, avoit eſté au devant de
Sa Majesté à Teroüanne. Le Roy le tint un demi quart d'heureembraffé,&luy témoi gna une ſi grande tendreſſe,
quetoute la Cour fut charmée
de l'air &dela maniere avec
laquelle ce Monarque le sen çeut. Le lendemain de fon ar
36 LE MERCURE rivée à Paris, la Reyne le vint
viſiter avant que d'aller aux Carmelites , & Leurs Alteſſes Royales furent en ſuite dîner avec elle
partir pour ſe rendre en cette Ville, avoit eſté au devant de
Sa Majesté à Teroüanne. Le Roy le tint un demi quart d'heureembraffé,&luy témoi gna une ſi grande tendreſſe,
quetoute la Cour fut charmée
de l'air &dela maniere avec
laquelle ce Monarque le sen çeut. Le lendemain de fon ar
36 LE MERCURE rivée à Paris, la Reyne le vint
viſiter avant que d'aller aux Carmelites , & Leurs Alteſſes Royales furent en ſuite dîner avec elle
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Résumé : « Tous ces Vers, & beaucoup d'autres encore, furent presentez [...] »
Le prince, après avoir rencontré le roi à Térouanne, arriva à Paris. Il fut chaleureusement accueilli par la reine et les Altesses Royales. Il présenta des œuvres à un certain Monsieur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 14-43
Histoire de la fausse Provençale. [titre d'après la table]
Début :
Si tout le monde suivoit ces Maximes, l'Amour ne causeroit [...]
Mots clefs :
Jaloux, Aventure, Fausse provençale, Dame, Absence, Occasion, Divertissement, Coquette, Venger, Couvent, Paris, Incognito, Mari, Outrage
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texteReconnaissance textuelle : Histoire de la fausse Provençale. [titre d'après la table]
Si tout le monde ſuivoit ces
Maximes , l'Amour ne cauſeroit
pas tant de malheurs , & l'em- portement inconſideré d'un Ja-
GALANT.
loux n'auroit pas donné lieu à
l'Avanture que vous allez entendre.
Une Dame bien faite , jolie,
ſpirituelle , enjoüée, vertueuſe dans le fond , mais ayant l'air du monde , & trouvant un plaifir ſenſible à s'entendre conter des
douceurs , ne pût s'empeſcher de s'abandonner à fon panc panchant
1
pendant l'absence de fonMary,
que d'importantes affaires a->
voient appellé pour quelques mois dans le Languedoc. II ai- thoit ſa Femme , & elle meritoit
bien qu'il l'aimaſt; mais foit ja- loufie,ſoit délicateſſe trop ſcru- puleuſe ſur le point-d'honneur,
il eſtoit ſevere pour ce qui regar- doit ſa conduite , &il l'obligeoit àvivre dans une regularite un peu eloignée des innocentes li- bertez qu'elle auroit crû pouvoir A vj
12 LE MERCVRE
s'accorder. Ainſi il ne faut pas eſtre ſurpris , ſi ſe voyant mai- ſtreſſe de ſes actions par ſon de- part , elle n'euſt pas tous les ſcru- pules qu'il avoit tâché de luy donner. Elle estoit née pour la joye , l'occafion estoit favorable,
& elle crût qu'il luy devoit eſtre permis de s'en fervir. Elle eut pourtant ſoin d'éviter l'éclat , &
ne voulut recevoir aucune viſite
chez elle; mais elle avoir des Amies,ces Amies voyoient le beau monde,& l'enjoûmentde ſon hu- meur joint aux agrémens de f
Perſonne,fit bientôt l'effet qu'er- lefouhaitoit. On la vit, elle plût,
on luy dit qu'elle estoit belle ,
fans qu'elle témoignaſt s'en fa- cher ; les tendres déclarations
ſuivirent, elle les reçeuten Fem-- me d'eſprit qui veut en profiter ſans ſe commettre; & là-deffus,
GALAN T. 13
grands deſſeins de s'en faire ai- mer. Promenades , Comédies ,
Opéra , Feſtes galantes , tout eft mis en uſage , & c'eſt tous les jours quelque nouveau Divertiſ- fement. Cette maniere de vie
auffi agreable que comode , avoit pour elle une douceur merveil- leuſe , & jamais Femme ne s'ac- commoda mieux de l'absence de
fon Mary. Les plus éclairez pour- tant en fait deGalanterie , s'ap- perceurentbientôtqu'il n'yavoit que des paroles à eſperer d'elle.. Hs l'en eſtimerent davantage , &
n'eneurentpas moins d'empref- ſement à ſe rendre où ils cro
yoientladevoirtrouver. Juſque-- làtoutalloit le mieuxdu monde;
mais cequi gaſta tout, ce fut un de ces Meſſieurs du bel air ,
qui fottement amoureux d'eux- mefmes fur leurs propres com
14 LE MERCVRE
1
plaiſances , s'imaginent qu'il n'y a point de Femmes à l'épreuve de leurs douceurs, quand ils dai- gnent ſe donner la peine d'en conter. Celuy-cy , dontune Per- ruque blonde , des Rubans bien compaſſez , & force Point de France répandu par tout , fai- foient le merite le pluséclatant,
ſe tenoit fi fort aſſuré des faveurs
delaBelledont il s'agit , ſurquel- ques Réponſes enjoüées qu'il n'avoit pas eu l'eſprit de com- prendre , qu'il ſe hazarda unjour àpouffer les affaires un peu trop loin. La Damele regarda fiere- ment, changea de ſtile , prit fon ſérieux , & rabatit tellement fa
vanité , qu'il endemeura incon- folable. Il ſe croyoit beau , &
troppleinduridicule entêtement qu'il avoit pour luy , il ne trou voit pas vray-femblable qu'il ſe
GALANT. IS fuſt offert ſans qu'on euſt ac- cepté leParty. Il examinade plus pres les manieres de la Dame, la vit de belle humeur avec ceux
qu'il regardoit comme ſes Ri- vaux; &fans fonger qu'ils ne luy avoient pas donné les meſmes ſujets de plainte que luy , impu- tant àquelque préoccupation de cœur ce qui n'eſtoit qu'un effet de ſa vertu , il prit conſeil de ſa jalousie ,&ne chercha plusque
ſe vangerde l'aveuglement qu'el le avoit de faire des Heureux
ſon préjudice. Il entrouva l'occa- fion &plus prompte & toute au- tre qu'il ne l'eſperoit. La Dame eſtoit allée àune Partie de Campagne pour quelques jours avec une Amie.Par malheur pour elle,
ſonMary revint inopinementde Laguedoc le lendemain de cette Partie.Il fut furpris de ne la point
16 LE MERCVRE
rencontrer en arrivant. Cellequi
l'avoit emmenée hors de Paris
eſtoit un peu en réputation de Coquete. Le chagrin le prit. II forma des ſoupçons , & il y fut confirmé par l'amant jaloux,qur ayant ſçeu ſon retour , fut des premiers à le voir. Comme ils avoient toûjours veſcu enſemble • avec affez de familiarité , le Mary ne luy cacha point la mau- vaife humeur où le mettoit l'imprudente Promenade de fa Fem- me. Cet infidelle Amy qui ne cherchoit qu'à ſe vanger d'elle,
crût qu'il ne pouvoit prendre mieux ſon temps. Illa juſtifie en apparence , & entrant dans le détail de toutes les Connoiffan
ces qu'elle a faitesdepuisſonde- part,pour prévenir,dit-il,les mé- chans contes que d'indifcrets Zélez luy enpourroient faire, il
GALANT. 17 டர்
is
e
t
S
S
a
{
les excuſe d'une maniere qui la rend coupable de tout ce qu'il feint de vouloirqu'il croye innocent. LeMary prend feu. Quel- ques petites railleries que d'au- tres luy font , &qui ont du ra port avec cette premiere accufa- tion, achevent de lebleſſer iufqu'au vif. Il s'emporte,il fulmine,
&il auroit pris quelque réfolu- tion violente , ſi ſes veritables Amisn'euffentdétournélecoup.
Tout ce qu'ils peuvent gagner pourtant , c'eſt qu'en attendant qu'il foit éclaircydes prétenduës galanteries de ſa Femme, elle ira fe mettredans unCouvent qu'il
feur nomme à douze ou quinze
lieuës de Paris. Deux Parétes des
plus prudes ſe chargent de luy porter l'ordre, & de le faire exe- cuter.La Dame qui connoiſſoit la
ſeverité de fon Mary, ne balance
18 LE MERCVRE
point àfaire ce qu'il fouhaite. La voilàdans le Couvent, dont heu- reuſement pour elle l'Abbeffe eſtoit Sœurd'un de ceuxqui luy en avoiét leplus conté,quoyque ce comercefut demeuréinconnu à l'Amant jaloux. Ainfi elle ne manqua pas de Lettres de faveur pour tous les Privileges qui pou- voient luy eſtre accordez. Elle p'avoit pas trop beſoin d'une re- commandation particuliere. Ses manieresengageantes & flaten- ſes en estoient une tres-forte
pour elle , &il ne falloit rien da- vantage pour la faire aimer de toutle Couvent. C'eſtoit une neceſſité pour elle d'y paſſer quel que temps , elle aimoit les plai- firs , &elle s'en fit de tout ce qui en peut donner dans la retraite.
Elle noüa fur tout amitié avec
une jeune Veuve Provençale ,
GALANT. 19
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Penſionaire du Couventcomme
elle. Son langage la charmatelle- ment ( iln'y en a point de plus agreable pour les Dames ) qu'elle s'attacha à l'étudier ; &comme il
ne faut quevouloir fortement les,
choſes poury réüſſir, elle s'y ren- dit ſi ſçavante entrois mois,qu'on l'eut priſe pour une Provençale originaire. Cependant il y en a- voit déja fix qu'elle estoit réclu-- ſe. Sa priſon l'ennuyoit , & elle fuccomba à la tentation de venir
à Paris incognito paſſer quinze jours avecſes Amies. L'Abbeſſe,
quoy qu'avec un peude peine,
luy accorda ce congé à l'inſtante follicitation de ſon Frere , à qui elle devoit ce qu'elle eſtoit. Elle ſe précautione pour n'eſtre point découverte. Une Amie avecqui elle concerte ſon deſſein , & qui ſe charge de luy faire donner
20 LE MERCVRE
tin Apartement en lieu où elle ne ſoit connue d'aucun Domeſtique , la va prendre à deux lieuës de Paris , &la mene chez la Femme d'un vieux Conſeiller,
qui ne l'ayant jamais veuë , la reçoit comme une Dame qui ar- rive nouvellementde Provence.
Grande amitié quiſe lie entr'el- les. Il n'eſt parlé quede la belle Provençale , c'eſt fous ce nom qu'on fonge à la divertir , & elle joüefi bien fon perſonnage, que ne voyant que trois ou quatre deſes plus particuliers Amisqui font avertis de tour , il eſt impoffible qu'on la ſoupçonne de n'eſtre pas ce qu'elle ſedit. Tout contribuë àmettre ſon ſecret en
aſſurance. Lequartier oùelle lo- ge eft fort éloigné deſon Mary,
elle ne fort jamais que maſquée avec la Femmedu Confeiller, &
GALANT. 21
T
quandelle fait quelque Partie de promenade avec ſon Amie , ce font tous Gens choiſfis qui en font , & leur indifcretion n'eſt
point à craindre pour elle. Trois ſemaines ſe paſſent de cette for- te. Elle prend ſes meſures pour toutes les choſes qui peuvent obliger ſon Mary à la rapeler au- pres de luy , & feignant tout-à- coup d'avoir reçeu des nouvel- les qui la preſſent de ſe rendre en Provence, elle ſe diſpoſeà s'aller renfermer dans le Couvent. Le
joureſt pris pour cela. Elle doit aller coucher avec ſon Amie à
cinq ou fix lieuës de Paris , &
les adieux ſont déja à demy-faits ſans qu'on ait rien découvert de ce qu'elle a intereſt à tenir ca- ché. Dans cettediſpoſition qui euſt pû prévoir ce qui luy arri-
:
ve ? SonMary avoit un Procés,
22 LE MERCVRE
le Conſeiller qui la loge en eft nommé Raporteur ; il cherche accés aupresde luy , & s'adreffe àunGentilhomme avec qui il a
fait connoiffance en Langue- doc , &qu'il ſçait eſtre le tout- puiſſant dans cette Maiſon. Le Gentilhomme prend volontiers cette occafion defaire valoir fon
credit , & ils vont enſemble chez
le Conſeiller le jour meſme que la fauſſe Provençale doit par tir. Le Conſeiller s'eſtoit enfermé dans ſon Cabinet au re
tourduPalais pour une Affaire qu'il falloit neceſſairement qu'il examinaſt ſur l'heure. Il eſtoit
queſtion d'attendre. Le Gentil- homme pour mieux fervir fon
Amy , le mene àl'Apartementde Madame qu'il veut mettre dans ſes intereſts. Commeil y entroit fansfaçon à toutes les heurés du
GALAN T. 23
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↑ jour , il y monte ſansqu'elle en ſoit avertie , & il la ſurprend avec la fauſſe Provençale , qui ne s'attendoit à rien moins qu'à une viſite de fon Mary. Jugez de t- la ſurpriſe de l'un &de l'autre.
Le Mary ne ſçait où il eneſt. Il regarde , reconnoiſt ſa Femme,
& troublé d'une rencontre fi
inopinée , il oublie ſon Procés,
&n'écoute preſque pointce que ſon Amyditen ſa faveur.La Da- men'eſt pas moins embaraffée de ſon coſté, mais comme elle voit le
pas dangereux pour elle , felle n'yremedieparſoneſprit, elle ne ſe déconcerte point , & parlant ProvençalauGentilhomme qu'- elle adéjaveu pluſieurs fois , elle luyditcentplaifanteries quimet- tent le Mary dans un embarras nouveau. Il demande tout bas à
fon Amyqui elleeft ,&il luy réコー
é
il
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1
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24 LE MERCVRE
pond de fi bonne foy ( comme il le croit ) que c'eſt une Dame de Provence venuë à Paris pour af- faires , que fon langage ſervant âconfirmer ce qu'il luy dit , il commence à croire que la ref- ſemblance des traits àpû le trom- per , &il nes'en fautgueremefmequ'il ne lestrouve moins ref- ſemblans qu'ils ne luy ont paru d'abord. Il s'approche d'elle, l'e- xamine, luy parle ; & le Gentil- homme luy ayant dit qu'il falloit qu'elle follicitaſt pour ſon Amy,
elle prometde s'y employercom- me si c'eſtoit ſon affaire propre.
Elle tientparole , & le Confeil .
ler entrant , c'eſt elle qui com- mence la follicitation; mais elle
lefait avectant de grace& avec une telle libertéd'eſprit , que ſon Mary ne peut croire que ſi elle eſtoit ſa Femme , elle euſt pû ſe poffe
GALANT. 25
د
poſſeder affez pourpouffer le dé- guiſementjuſque-là. Il fort tres- - fatisfait du Conſeiller ; & pour = n'avoir aucun ſcrupule d'eſtre la Dupedecerterencontre , il ſe ré- foutd'allerdésle lendemaintrouver ſa Femme au Couvent. Elle
y met ordre par la promptitude de fon retour &devinant ce
qu'il eſt capable de faire pour s'éclaircir , au lieu d'aller coucher où ſon Amie la devoit
ner , elle marche toute la nuit,
&arrive de tres-grand matin Couvent. L'Abbeſſe à qui elle rend compte de tout , inſtruit la Tourierede ce qu'elle doit dire,
ſi quelqu'un la vientdemander.
SonMary fait diligence , & arri- ve fix heures apres elle. Il vient au Parloir. Onlayditque faFem- men'a preſque point quité le Lit depuis huit jours , à cauſe d'une
Tome VII. B
26 LE MERCV RE
legere indiſpoſition , & elle pa- roît un quart-d'heure apres en coifure de Convalefcente. La fatigue du voyage , & le manque dedormir pendant toute la nuit paſſée , l'avoient un peu abatuë.
Cela vint le plus à propos du monde. Comme ſon Mary ne luy trouva nyles meſmes ajuſtemens,
nyla meſmevivacité de teint qui l'avoit ébloüy le jour précedent dans la Provençale , il fut aifé- mentperfuadé qu'il y avoit eude l'erreur dans ce qu'il s'en eſtoit figuréd'abord. Cependant il avoit remarqué tant de merite dans cette prétenduë Provençale , &
il en eſtoit tellement touché ; que ſe tenant trop heureux de poffe- derune Perſonne qui luy reffem- bloit , & eſtant d'ailleurs con- vaincuqu'il y avoit eu plus d'im- prudence que de crime dans la
GALANT. 27
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conduite de ſa Femme , il luy dit les chofes les plus touchantes pour luy faire oublier ce que fix
mois de clôture luy avoient pû cauſer de chagrin. Elle garde quelque temps ſon ſérieux avec luy, luy fait ſes plaintes en bon accent François de ſon injurieux procedé , & apres quelques feints refus de luy pardonner fi-toſt un outragequi avoit faittantde tort àſa reputation , elle ſe rend aux preſſans témoignages de ſa ten-- dreſſe , & retourne avec luy le lendemain à Paris. Il luy conte
e
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S l'Avanture de la Provençale qu'il
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prometde luy faire voir , & il de- meure un peu interdit , quand l'eſtant allé demander chez le
Conſeiller , il apprend que ſes
-
affaires l'avoient rapelée enPro- vence. Je ne ſçay ſi undepart 6
prompt luy a fait ſoupçonner
Bij
28 LE MERCVRE
quelque choſe , mais il en uſe tres-bien avec ſa Femme , & il
luy laiſſe mefme plus de liberté qu'il neluy enſoufroit avant fon voyagede Languedoc
Maximes , l'Amour ne cauſeroit
pas tant de malheurs , & l'em- portement inconſideré d'un Ja-
GALANT.
loux n'auroit pas donné lieu à
l'Avanture que vous allez entendre.
Une Dame bien faite , jolie,
ſpirituelle , enjoüée, vertueuſe dans le fond , mais ayant l'air du monde , & trouvant un plaifir ſenſible à s'entendre conter des
douceurs , ne pût s'empeſcher de s'abandonner à fon panc panchant
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pendant l'absence de fonMary,
que d'importantes affaires a->
voient appellé pour quelques mois dans le Languedoc. II ai- thoit ſa Femme , & elle meritoit
bien qu'il l'aimaſt; mais foit ja- loufie,ſoit délicateſſe trop ſcru- puleuſe ſur le point-d'honneur,
il eſtoit ſevere pour ce qui regar- doit ſa conduite , &il l'obligeoit àvivre dans une regularite un peu eloignée des innocentes li- bertez qu'elle auroit crû pouvoir A vj
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s'accorder. Ainſi il ne faut pas eſtre ſurpris , ſi ſe voyant mai- ſtreſſe de ſes actions par ſon de- part , elle n'euſt pas tous les ſcru- pules qu'il avoit tâché de luy donner. Elle estoit née pour la joye , l'occafion estoit favorable,
& elle crût qu'il luy devoit eſtre permis de s'en fervir. Elle eut pourtant ſoin d'éviter l'éclat , &
ne voulut recevoir aucune viſite
chez elle; mais elle avoir des Amies,ces Amies voyoient le beau monde,& l'enjoûmentde ſon hu- meur joint aux agrémens de f
Perſonne,fit bientôt l'effet qu'er- lefouhaitoit. On la vit, elle plût,
on luy dit qu'elle estoit belle ,
fans qu'elle témoignaſt s'en fa- cher ; les tendres déclarations
ſuivirent, elle les reçeuten Fem-- me d'eſprit qui veut en profiter ſans ſe commettre; & là-deffus,
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grands deſſeins de s'en faire ai- mer. Promenades , Comédies ,
Opéra , Feſtes galantes , tout eft mis en uſage , & c'eſt tous les jours quelque nouveau Divertiſ- fement. Cette maniere de vie
auffi agreable que comode , avoit pour elle une douceur merveil- leuſe , & jamais Femme ne s'ac- commoda mieux de l'absence de
fon Mary. Les plus éclairez pour- tant en fait deGalanterie , s'ap- perceurentbientôtqu'il n'yavoit que des paroles à eſperer d'elle.. Hs l'en eſtimerent davantage , &
n'eneurentpas moins d'empref- ſement à ſe rendre où ils cro
yoientladevoirtrouver. Juſque-- làtoutalloit le mieuxdu monde;
mais cequi gaſta tout, ce fut un de ces Meſſieurs du bel air ,
qui fottement amoureux d'eux- mefmes fur leurs propres com
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1
plaiſances , s'imaginent qu'il n'y a point de Femmes à l'épreuve de leurs douceurs, quand ils dai- gnent ſe donner la peine d'en conter. Celuy-cy , dontune Per- ruque blonde , des Rubans bien compaſſez , & force Point de France répandu par tout , fai- foient le merite le pluséclatant,
ſe tenoit fi fort aſſuré des faveurs
delaBelledont il s'agit , ſurquel- ques Réponſes enjoüées qu'il n'avoit pas eu l'eſprit de com- prendre , qu'il ſe hazarda unjour àpouffer les affaires un peu trop loin. La Damele regarda fiere- ment, changea de ſtile , prit fon ſérieux , & rabatit tellement fa
vanité , qu'il endemeura incon- folable. Il ſe croyoit beau , &
troppleinduridicule entêtement qu'il avoit pour luy , il ne trou voit pas vray-femblable qu'il ſe
GALANT. IS fuſt offert ſans qu'on euſt ac- cepté leParty. Il examinade plus pres les manieres de la Dame, la vit de belle humeur avec ceux
qu'il regardoit comme ſes Ri- vaux; &fans fonger qu'ils ne luy avoient pas donné les meſmes ſujets de plainte que luy , impu- tant àquelque préoccupation de cœur ce qui n'eſtoit qu'un effet de ſa vertu , il prit conſeil de ſa jalousie ,&ne chercha plusque
ſe vangerde l'aveuglement qu'el le avoit de faire des Heureux
ſon préjudice. Il entrouva l'occa- fion &plus prompte & toute au- tre qu'il ne l'eſperoit. La Dame eſtoit allée àune Partie de Campagne pour quelques jours avec une Amie.Par malheur pour elle,
ſonMary revint inopinementde Laguedoc le lendemain de cette Partie.Il fut furpris de ne la point
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rencontrer en arrivant. Cellequi
l'avoit emmenée hors de Paris
eſtoit un peu en réputation de Coquete. Le chagrin le prit. II forma des ſoupçons , & il y fut confirmé par l'amant jaloux,qur ayant ſçeu ſon retour , fut des premiers à le voir. Comme ils avoient toûjours veſcu enſemble • avec affez de familiarité , le Mary ne luy cacha point la mau- vaife humeur où le mettoit l'imprudente Promenade de fa Fem- me. Cet infidelle Amy qui ne cherchoit qu'à ſe vanger d'elle,
crût qu'il ne pouvoit prendre mieux ſon temps. Illa juſtifie en apparence , & entrant dans le détail de toutes les Connoiffan
ces qu'elle a faitesdepuisſonde- part,pour prévenir,dit-il,les mé- chans contes que d'indifcrets Zélez luy enpourroient faire, il
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les excuſe d'une maniere qui la rend coupable de tout ce qu'il feint de vouloirqu'il croye innocent. LeMary prend feu. Quel- ques petites railleries que d'au- tres luy font , &qui ont du ra port avec cette premiere accufa- tion, achevent de lebleſſer iufqu'au vif. Il s'emporte,il fulmine,
&il auroit pris quelque réfolu- tion violente , ſi ſes veritables Amisn'euffentdétournélecoup.
Tout ce qu'ils peuvent gagner pourtant , c'eſt qu'en attendant qu'il foit éclaircydes prétenduës galanteries de ſa Femme, elle ira fe mettredans unCouvent qu'il
feur nomme à douze ou quinze
lieuës de Paris. Deux Parétes des
plus prudes ſe chargent de luy porter l'ordre, & de le faire exe- cuter.La Dame qui connoiſſoit la
ſeverité de fon Mary, ne balance
18 LE MERCVRE
point àfaire ce qu'il fouhaite. La voilàdans le Couvent, dont heu- reuſement pour elle l'Abbeffe eſtoit Sœurd'un de ceuxqui luy en avoiét leplus conté,quoyque ce comercefut demeuréinconnu à l'Amant jaloux. Ainfi elle ne manqua pas de Lettres de faveur pour tous les Privileges qui pou- voient luy eſtre accordez. Elle p'avoit pas trop beſoin d'une re- commandation particuliere. Ses manieresengageantes & flaten- ſes en estoient une tres-forte
pour elle , &il ne falloit rien da- vantage pour la faire aimer de toutle Couvent. C'eſtoit une neceſſité pour elle d'y paſſer quel que temps , elle aimoit les plai- firs , &elle s'en fit de tout ce qui en peut donner dans la retraite.
Elle noüa fur tout amitié avec
une jeune Veuve Provençale ,
GALANT. 19
a
e
Penſionaire du Couventcomme
elle. Son langage la charmatelle- ment ( iln'y en a point de plus agreable pour les Dames ) qu'elle s'attacha à l'étudier ; &comme il
ne faut quevouloir fortement les,
choſes poury réüſſir, elle s'y ren- dit ſi ſçavante entrois mois,qu'on l'eut priſe pour une Provençale originaire. Cependant il y en a- voit déja fix qu'elle estoit réclu-- ſe. Sa priſon l'ennuyoit , & elle fuccomba à la tentation de venir
à Paris incognito paſſer quinze jours avecſes Amies. L'Abbeſſe,
quoy qu'avec un peude peine,
luy accorda ce congé à l'inſtante follicitation de ſon Frere , à qui elle devoit ce qu'elle eſtoit. Elle ſe précautione pour n'eſtre point découverte. Une Amie avecqui elle concerte ſon deſſein , & qui ſe charge de luy faire donner
20 LE MERCVRE
tin Apartement en lieu où elle ne ſoit connue d'aucun Domeſtique , la va prendre à deux lieuës de Paris , &la mene chez la Femme d'un vieux Conſeiller,
qui ne l'ayant jamais veuë , la reçoit comme une Dame qui ar- rive nouvellementde Provence.
Grande amitié quiſe lie entr'el- les. Il n'eſt parlé quede la belle Provençale , c'eſt fous ce nom qu'on fonge à la divertir , & elle joüefi bien fon perſonnage, que ne voyant que trois ou quatre deſes plus particuliers Amisqui font avertis de tour , il eſt impoffible qu'on la ſoupçonne de n'eſtre pas ce qu'elle ſedit. Tout contribuë àmettre ſon ſecret en
aſſurance. Lequartier oùelle lo- ge eft fort éloigné deſon Mary,
elle ne fort jamais que maſquée avec la Femmedu Confeiller, &
GALANT. 21
T
quandelle fait quelque Partie de promenade avec ſon Amie , ce font tous Gens choiſfis qui en font , & leur indifcretion n'eſt
point à craindre pour elle. Trois ſemaines ſe paſſent de cette for- te. Elle prend ſes meſures pour toutes les choſes qui peuvent obliger ſon Mary à la rapeler au- pres de luy , & feignant tout-à- coup d'avoir reçeu des nouvel- les qui la preſſent de ſe rendre en Provence, elle ſe diſpoſeà s'aller renfermer dans le Couvent. Le
joureſt pris pour cela. Elle doit aller coucher avec ſon Amie à
cinq ou fix lieuës de Paris , &
les adieux ſont déja à demy-faits ſans qu'on ait rien découvert de ce qu'elle a intereſt à tenir ca- ché. Dans cettediſpoſition qui euſt pû prévoir ce qui luy arri-
:
ve ? SonMary avoit un Procés,
22 LE MERCVRE
le Conſeiller qui la loge en eft nommé Raporteur ; il cherche accés aupresde luy , & s'adreffe àunGentilhomme avec qui il a
fait connoiffance en Langue- doc , &qu'il ſçait eſtre le tout- puiſſant dans cette Maiſon. Le Gentilhomme prend volontiers cette occafion defaire valoir fon
credit , & ils vont enſemble chez
le Conſeiller le jour meſme que la fauſſe Provençale doit par tir. Le Conſeiller s'eſtoit enfermé dans ſon Cabinet au re
tourduPalais pour une Affaire qu'il falloit neceſſairement qu'il examinaſt ſur l'heure. Il eſtoit
queſtion d'attendre. Le Gentil- homme pour mieux fervir fon
Amy , le mene àl'Apartementde Madame qu'il veut mettre dans ſes intereſts. Commeil y entroit fansfaçon à toutes les heurés du
GALAN T. 23
e
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a
-
e
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n
2
e
↑ jour , il y monte ſansqu'elle en ſoit avertie , & il la ſurprend avec la fauſſe Provençale , qui ne s'attendoit à rien moins qu'à une viſite de fon Mary. Jugez de t- la ſurpriſe de l'un &de l'autre.
Le Mary ne ſçait où il eneſt. Il regarde , reconnoiſt ſa Femme,
& troublé d'une rencontre fi
inopinée , il oublie ſon Procés,
&n'écoute preſque pointce que ſon Amyditen ſa faveur.La Da- men'eſt pas moins embaraffée de ſon coſté, mais comme elle voit le
pas dangereux pour elle , felle n'yremedieparſoneſprit, elle ne ſe déconcerte point , & parlant ProvençalauGentilhomme qu'- elle adéjaveu pluſieurs fois , elle luyditcentplaifanteries quimet- tent le Mary dans un embarras nouveau. Il demande tout bas à
fon Amyqui elleeft ,&il luy réコー
é
il
t
-
1
e
S
24 LE MERCVRE
pond de fi bonne foy ( comme il le croit ) que c'eſt une Dame de Provence venuë à Paris pour af- faires , que fon langage ſervant âconfirmer ce qu'il luy dit , il commence à croire que la ref- ſemblance des traits àpû le trom- per , &il nes'en fautgueremefmequ'il ne lestrouve moins ref- ſemblans qu'ils ne luy ont paru d'abord. Il s'approche d'elle, l'e- xamine, luy parle ; & le Gentil- homme luy ayant dit qu'il falloit qu'elle follicitaſt pour ſon Amy,
elle prometde s'y employercom- me si c'eſtoit ſon affaire propre.
Elle tientparole , & le Confeil .
ler entrant , c'eſt elle qui com- mence la follicitation; mais elle
lefait avectant de grace& avec une telle libertéd'eſprit , que ſon Mary ne peut croire que ſi elle eſtoit ſa Femme , elle euſt pû ſe poffe
GALANT. 25
د
poſſeder affez pourpouffer le dé- guiſementjuſque-là. Il fort tres- - fatisfait du Conſeiller ; & pour = n'avoir aucun ſcrupule d'eſtre la Dupedecerterencontre , il ſe ré- foutd'allerdésle lendemaintrouver ſa Femme au Couvent. Elle
y met ordre par la promptitude de fon retour &devinant ce
qu'il eſt capable de faire pour s'éclaircir , au lieu d'aller coucher où ſon Amie la devoit
ner , elle marche toute la nuit,
&arrive de tres-grand matin Couvent. L'Abbeſſe à qui elle rend compte de tout , inſtruit la Tourierede ce qu'elle doit dire,
ſi quelqu'un la vientdemander.
SonMary fait diligence , & arri- ve fix heures apres elle. Il vient au Parloir. Onlayditque faFem- men'a preſque point quité le Lit depuis huit jours , à cauſe d'une
Tome VII. B
26 LE MERCV RE
legere indiſpoſition , & elle pa- roît un quart-d'heure apres en coifure de Convalefcente. La fatigue du voyage , & le manque dedormir pendant toute la nuit paſſée , l'avoient un peu abatuë.
Cela vint le plus à propos du monde. Comme ſon Mary ne luy trouva nyles meſmes ajuſtemens,
nyla meſmevivacité de teint qui l'avoit ébloüy le jour précedent dans la Provençale , il fut aifé- mentperfuadé qu'il y avoit eude l'erreur dans ce qu'il s'en eſtoit figuréd'abord. Cependant il avoit remarqué tant de merite dans cette prétenduë Provençale , &
il en eſtoit tellement touché ; que ſe tenant trop heureux de poffe- derune Perſonne qui luy reffem- bloit , & eſtant d'ailleurs con- vaincuqu'il y avoit eu plus d'im- prudence que de crime dans la
GALANT. 27
--
11
e
it
S
11
conduite de ſa Femme , il luy dit les chofes les plus touchantes pour luy faire oublier ce que fix
mois de clôture luy avoient pû cauſer de chagrin. Elle garde quelque temps ſon ſérieux avec luy, luy fait ſes plaintes en bon accent François de ſon injurieux procedé , & apres quelques feints refus de luy pardonner fi-toſt un outragequi avoit faittantde tort àſa reputation , elle ſe rend aux preſſans témoignages de ſa ten-- dreſſe , & retourne avec luy le lendemain à Paris. Il luy conte
e
t
t
S l'Avanture de la Provençale qu'il
2
prometde luy faire voir , & il de- meure un peu interdit , quand l'eſtant allé demander chez le
Conſeiller , il apprend que ſes
-
affaires l'avoient rapelée enPro- vence. Je ne ſçay ſi undepart 6
prompt luy a fait ſoupçonner
Bij
28 LE MERCVRE
quelque choſe , mais il en uſe tres-bien avec ſa Femme , & il
luy laiſſe mefme plus de liberté qu'il neluy enſoufroit avant fon voyagede Languedoc
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Résumé : Histoire de la fausse Provençale. [titre d'après la table]
Le texte narre une aventure galante impliquant une dame vertueuse mais enjouée. Son mari, occupé par des affaires dans le Languedoc, impose une rigueur excessive. Pendant son absence, la dame, attirée par les douceurs et les compliments, s'abandonne à son penchant sans recevoir de visites chez elle mais en profitant de la compagnie de ses amies. Elle mène une vie agréable et discrète. Cependant, un galant trop présomptueux tente de la séduire, mais elle le repousse fermement. Jaloux et vexé, cet homme se venge en informant le mari des supposées galanteries de sa femme. Furieux, le mari envoie sa femme dans un couvent. Là-bas, aidée par l'abbesse et ses amies, elle noue des amitiés et apprend le provençal. Elle quitte ensuite le couvent incognito pour passer du temps à Paris avec ses amies, se faisant passer pour une Provençale. Son mari, ignorant tout, la découvre par hasard chez un conseiller, mais grâce à son esprit vif, elle parvient à le tromper. Convaincu de son erreur, le mari rappelle sa femme au bout de six mois, et ils retournent ensemble à Paris. Par ailleurs, le texte mentionne un homme nommé Bij qui, après un voyage en Languedoc, accorde plus de liberté à sa femme, sans fournir de détails supplémentaires sur la nature de ce qu'il a remarqué ou sur les circonstances exactes de son voyage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 182-184
« Si j'apprens à quoy auront abouty ces premieres dispositions [...] »
Début :
Si j'apprens à quoy auront abouty ces premieres dispositions [...]
Mots clefs :
Louanges, Mercure, Paris, Nom
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texteReconnaissance textuelle : « Si j'apprens à quoy auront abouty ces premieres dispositions [...] »
Si j'apprens à quoy auront abouty ces premieres diſpoſi- tions à faire une agreable con- noiſſance , je vous le feray ſça- voir. Cependant, Madame,vous voyez qu'on me fait un crime des loüanges queje ne croyja- mais donnerque fort juſtement;
&comme dans voſtre Campa- gne il ſe peut trover des Cen-
118 LE MERCVRE
ſeurs auffi -bien qu'icy , je vous prie de vouloir prendre mon party contre eux , & d'ajoûter aux raiſons de l'aimable Perfenne qui a défendu le Mercure ſans l'avoir veu , qu'il ne faut pas s'étonner ſi laFrance qui eſt fi peuplée , fournit tous les Mois quinze ou vingt Sujets loüables , fur toutdans un temps oùpar la force de ſes Armes elle
triomphe de la plusgrande par- tie de l'Europe liguée contre el- le ; que fila Cour & la moitié de Paris connoît ceux dont je
vous marque les Actions & les Familles , ily a une infinité de Perſonnes dans les Provinces
qui n'en ont jamais connu que le Nom , &qui me ſçavent bon gré du ſoin queje prensde leur apprendre ce qu'ils auroient peut-eſtre toûjours ignoré.
&comme dans voſtre Campa- gne il ſe peut trover des Cen-
118 LE MERCVRE
ſeurs auffi -bien qu'icy , je vous prie de vouloir prendre mon party contre eux , & d'ajoûter aux raiſons de l'aimable Perfenne qui a défendu le Mercure ſans l'avoir veu , qu'il ne faut pas s'étonner ſi laFrance qui eſt fi peuplée , fournit tous les Mois quinze ou vingt Sujets loüables , fur toutdans un temps oùpar la force de ſes Armes elle
triomphe de la plusgrande par- tie de l'Europe liguée contre el- le ; que fila Cour & la moitié de Paris connoît ceux dont je
vous marque les Actions & les Familles , ily a une infinité de Perſonnes dans les Provinces
qui n'en ont jamais connu que le Nom , &qui me ſçavent bon gré du ſoin queje prensde leur apprendre ce qu'ils auroient peut-eſtre toûjours ignoré.
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Résumé : « Si j'apprens à quoy auront abouty ces premieres dispositions [...] »
Dans une correspondance, l'auteur aborde les louanges et critiques qu'il a reçues. Il mentionne des initiatives prises pour faire connaître certaines personnes et souhaite partager les résultats. L'auteur se défend contre des accusations concernant les éloges qu'il a adressés, comparant ses censeurs à ceux qu'il pourrait rencontrer ailleurs. Il demande le soutien de son interlocutrice. L'auteur souligne que la France, en raison de sa population nombreuse et de ses succès militaires, produit chaque mois de nombreux sujets dignes d'éloges. Il note que, bien que la cour et une partie de Paris connaissent les personnes dont il parle, beaucoup de gens dans les provinces n'ont connaissance que de leurs noms. L'auteur se félicite de l'intérêt suscité en informant ces personnes sur des sujets qu'elles auraient pu ignorer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 227-229
« L'Opera de Roland qui avoit esté fait pour le Roy, [...] »
Début :
L'Opera de Roland qui avoit esté fait pour le Roy, [...]
Mots clefs :
Opéra, Divertissement, Paris, Public, Machines, Décorations, Déguisements, Acteurs, Troupe italienne
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texteReconnaissance textuelle : « L'Opera de Roland qui avoit esté fait pour le Roy, [...] »
L'Opera de Roland qui
avoit efté fait pour le Roy,
n'ayant pû eftre reprefenté à
Paris , avant que les divertif
femens de Verfailles euffent.
ceffé , fut donné pour la premiere
fois au Public , le huitiéme
de ce mois , accompagné
des Machines & des Décorations
qui n'avoient pû
228 MERCURE
luy fervir d'ornement à la
Cour , parce que le fuperbe
Théatre où ces grands fpe-
&tacles doivent paroiftre, n'ef
pas encore achevé . Ces Dé.
corations & ces Machines,
ont donné un nouvel éclat à
cet Opera. Ils font de M ' Berrin
, auffi bien que les deffeins
des habits des Maſcarades
& du Carouſel , dont je
viens de vous parler. La .
Troupe Italienne eît augmentée
d'un Acteur nouveau
, qui attire les applaudiffemens
de tout Paris , &
qui n'a pas moins plû à la
GALANT. 229
3 Cour qu'à la Ville . Il a une
agilité de corps furprenante,
& feconde admirablement
l'incomparable Arlequin.
avoit efté fait pour le Roy,
n'ayant pû eftre reprefenté à
Paris , avant que les divertif
femens de Verfailles euffent.
ceffé , fut donné pour la premiere
fois au Public , le huitiéme
de ce mois , accompagné
des Machines & des Décorations
qui n'avoient pû
228 MERCURE
luy fervir d'ornement à la
Cour , parce que le fuperbe
Théatre où ces grands fpe-
&tacles doivent paroiftre, n'ef
pas encore achevé . Ces Dé.
corations & ces Machines,
ont donné un nouvel éclat à
cet Opera. Ils font de M ' Berrin
, auffi bien que les deffeins
des habits des Maſcarades
& du Carouſel , dont je
viens de vous parler. La .
Troupe Italienne eît augmentée
d'un Acteur nouveau
, qui attire les applaudiffemens
de tout Paris , &
qui n'a pas moins plû à la
GALANT. 229
3 Cour qu'à la Ville . Il a une
agilité de corps furprenante,
& feconde admirablement
l'incomparable Arlequin.
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Résumé : « L'Opera de Roland qui avoit esté fait pour le Roy, [...] »
L'Opéra de Roland, initialement prévu pour le roi, a été représenté à Paris après les divertissements de Versailles. La première a eu lieu le huitième jour du mois, avec des machines et des décorations inédites conçues par Monsieur Berrin. La troupe italienne a été renforcée par un nouvel acteur acclamé pour son rôle d'Arlequin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 307-308
Divertissemens, [titre d'après la table]
Début :
Je ne vous dis rien de la maniere dont on a passé le [...]
Mots clefs :
Carnaval, Paris, Divertissements, Bals, Masques, Dames
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Divertissemens, [titre d'après la table]
Je ne vous dis rien de la .
manière dont on a paffé le
Carnaval à Paris. C'eft une
deſcription que l'on auroit
peine à faire . Only a pris tous
les Divertiffemens
qui fe peu ·
vent prendre dans une Ville,
où les Plaifirs fe trouvent en
abondance . Il y a eu force:
Bals , & force Mafques , &:
entr'autres Affemblées , celle :
quiſe fit en ce temps -là chez
Cc. ij
3c8 MERCURE
M' le Marquis de Pommereuil
, Maréchal de Camp, &
Gouverneur de Douay , eft
tres remarquable ; il donna
un fort grand Bal , où étoient
quantité de Dames , de la
premiere qualité. Il fut fuivy
d'une Collation des plus magnifiques
.
manière dont on a paffé le
Carnaval à Paris. C'eft une
deſcription que l'on auroit
peine à faire . Only a pris tous
les Divertiffemens
qui fe peu ·
vent prendre dans une Ville,
où les Plaifirs fe trouvent en
abondance . Il y a eu force:
Bals , & force Mafques , &:
entr'autres Affemblées , celle :
quiſe fit en ce temps -là chez
Cc. ij
3c8 MERCURE
M' le Marquis de Pommereuil
, Maréchal de Camp, &
Gouverneur de Douay , eft
tres remarquable ; il donna
un fort grand Bal , où étoient
quantité de Dames , de la
premiere qualité. Il fut fuivy
d'une Collation des plus magnifiques
.
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Résumé : Divertissemens, [titre d'après la table]
Le texte relate les festivités du Carnaval à Paris, avec divers divertissements. Plusieurs bals et mascarades ont eu lieu, dont un grand bal chez le Marquis de Pommereuil, Maréchal de Camp et Gouverneur de Douay. Cet événement a réuni de nombreuses dames de haute qualité, suivi d'une collation somptueuse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 23-27
Paris ancien & nouveau, [titre d'après la table]
Début :
Si par ces Estampes on voit ce que le Roy a fait [...]
Mots clefs :
Agrandissement, Embellissement, Paris, Ouvrage, Description, Édifices, Beauté, Remparts, Éloges, Bonté
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texteReconnaissance textuelle : Paris ancien & nouveau, [titre d'après la table]
Si par ces Eftampes on
voit ce que le Roy a fait
pour l'agrandiffement &
pour l'embelliſſement de fon
24 MERCURE
1
Royaume , on apprend ce que
Paris luy doit dans un Livre
qui fe vend depuis peu de
jours chez le Sieur Girard à
l'Enſeigne de l'Envie au Palais
. Il eft divifé en trois Volumes
, & porce pour Titre
Paris Ancien & Nouveau.
On y voit la fondation , les ac
croiffemens , le nombre dés Habitans
, des Maifons de cette
grande Ville , avec une Defcription
nouvelle de ce qu'il y a de
plus remarquable dans toutes les
Eglifes , Communautez & Colléges
, dans les Palais , Hoftels
Maifons des Particuliers,
dans
GALANT. 25
dans les Rues & dans les Places
publiques , & ce qu'il y a de
furprenant , c'eft qu'il s'eft
fait plus d'Edifices nouveaux,
& plus d'embelliſſemens à
Paris , depuis le glorieux Regne
de Sa Majefté , qu'il ne
s'y en eftoit fait auparavant en
plufieurs Siecles . Les grandes
actions de ce Monarque ont
eſté cauſe qu'on a rebâty pref
que toutes les Portes de cette
fuperbe Ville , afin de les y
marquer , & la beauté de ces
Portes a donné lieu de travailler
à l'embelliffement
, des
Ramparts , & à élargiffe,
May 1685.
C
26 MERCURE
ment des Ruës. On a fait
en mefme temps des Fontaines
nouvelles , & l'on a relevé
des Quays . On a fait des
Hôpitaux pour les Pauvres
Mandians , & le Roy a pris le
foin de tout ce qui a regardé
le logement & la ſubſiſtance
des Invalides . Tout cela fe
voit dans ces trois Volumes,
qui font un éloge d'autant
plus grand de ce Prince , fans
luy donner pourtant aucune
loüange , que les chofes par
lefquelles on auroit pû le
louer parlent elles- mefmes,
& n'ont pas befoin que
GALANT. 27
·
l'on ajoûte qu'elles font autant
d'effets de fa bonté pour
ſes Peuples , & de fa magnificence.
voit ce que le Roy a fait
pour l'agrandiffement &
pour l'embelliſſement de fon
24 MERCURE
1
Royaume , on apprend ce que
Paris luy doit dans un Livre
qui fe vend depuis peu de
jours chez le Sieur Girard à
l'Enſeigne de l'Envie au Palais
. Il eft divifé en trois Volumes
, & porce pour Titre
Paris Ancien & Nouveau.
On y voit la fondation , les ac
croiffemens , le nombre dés Habitans
, des Maifons de cette
grande Ville , avec une Defcription
nouvelle de ce qu'il y a de
plus remarquable dans toutes les
Eglifes , Communautez & Colléges
, dans les Palais , Hoftels
Maifons des Particuliers,
dans
GALANT. 25
dans les Rues & dans les Places
publiques , & ce qu'il y a de
furprenant , c'eft qu'il s'eft
fait plus d'Edifices nouveaux,
& plus d'embelliſſemens à
Paris , depuis le glorieux Regne
de Sa Majefté , qu'il ne
s'y en eftoit fait auparavant en
plufieurs Siecles . Les grandes
actions de ce Monarque ont
eſté cauſe qu'on a rebâty pref
que toutes les Portes de cette
fuperbe Ville , afin de les y
marquer , & la beauté de ces
Portes a donné lieu de travailler
à l'embelliffement
, des
Ramparts , & à élargiffe,
May 1685.
C
26 MERCURE
ment des Ruës. On a fait
en mefme temps des Fontaines
nouvelles , & l'on a relevé
des Quays . On a fait des
Hôpitaux pour les Pauvres
Mandians , & le Roy a pris le
foin de tout ce qui a regardé
le logement & la ſubſiſtance
des Invalides . Tout cela fe
voit dans ces trois Volumes,
qui font un éloge d'autant
plus grand de ce Prince , fans
luy donner pourtant aucune
loüange , que les chofes par
lefquelles on auroit pû le
louer parlent elles- mefmes,
& n'ont pas befoin que
GALANT. 27
·
l'on ajoûte qu'elles font autant
d'effets de fa bonté pour
ſes Peuples , & de fa magnificence.
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Résumé : Paris ancien & nouveau, [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Paris Ancien & Nouveau' publié chez le Sieur Girard décrit la fondation, les agrandissements et la population de Paris. Il est structuré en trois volumes et présente les églises, communautés, collèges, palais, hôtels, maisons particulières, rues et places notables de la ville. Le livre met en avant les nombreux travaux réalisés sous le règne du roi, tels que la reconstruction des portes de la ville, l'embellissement des remparts, l'élargissement des rues, la création de nouvelles fontaines, la construction de quais, et l'établissement d'hôpitaux pour les pauvres et les mendiants. Le souverain a également veillé au logement et à la subsistance des invalides. Les transformations urbaines illustrent la bienveillance et la grandeur du roi envers ses sujets.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 277-321
Relation contenant tout ce qui s'est passé depuis que les Ambassadeurs de Moscovie sont arrivés en France, jusques à leur depart. [titre d'après la table]
Début :
L'abondance des matieres qui remplissoient ma Lettre le dernier mois, [...]
Mots clefs :
Tsar, Ambassadeurs, Roi, Prince, Seigneur, Amitiés, Ducs, Audiences, Russie, Puissance, Carosse, Paris, Qualités, Mérite, Officiers, Moscovie, Voyage, Royaume
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Relation contenant tout ce qui s'est passé depuis que les Ambassadeurs de Moscovie sont arrivés en France, jusques à leur depart. [titre d'après la table]
L'abondance des matieres
qui remplifſoient ma Lettre
le dernier mois , fut caufe que
je ne vous parlay point des
Ambaffadeurs de Mofcovie.
J'ay accoutumé de traiter ces
fortes d'articles fi à fonds
que vous jugez bien que la
place me manquoit , pour
278 MERCURE
mettre dans une mefme Let :
tre tant de choſes confiderables
par elles - mefmes , & par
le grand nombre de circon-
Atances qui les accompagnent.
Avant que de vous
rien dire de l'Entrée de ces
Ambaffadeurs
à Paris , vous
voulez bien que je vous falfe
obferver , que les Mofcovites
n'en font jamais partir de
chez eux , que pour aller en diverfes
Cours en la mefme qualité;
parce qu'eftant deffrayez ,
& leur équipage voituré dans
tous les lieux où ils vont en
Ambaſſade, tout leur voyage
GALANT 279.
ne leur coute rien , ny pour
aller , ny pour revenir . Les
chofes fe font paffées autrement
, pour ce qui regarde
ces derniers Ambaffadeurs,
Comme il s'agiffoit de les envoyer
à un Monarque , qu'
admirent ceux mefme qui
font jaloux de fa gloire , les
Czars ont voulu qu'ils vinffent
tout droit en France,
fans faire la fonction d'Ambaffadeurs
dans aucune autre
Cour , & qu'ils retournaſſent
à Mofcou de la mefme maniere
, pour faire connoiftre
qu'ils en eftoient partis ex-
་
"
280 MERCURE
prés pour venir en France , &
qu'ils n'avoient rien à voir
aprés avoir veu le Roy. On
les a mefme preffez de partir,
avec des ordres de ne ſe point
arrefter dans leur voyage. La
jeuneffe des deux Czars , l'infirmité
de l'aifné , & les feditions
de cet Empire à peine
appaifées , ont fait dire à quel
ques-uns , que cette Ambaf
fade eftoit moins glorieuſe
pour le Prince à qui elle s'adreffoit
, que fi la Moſcovie
eftoit gouvernée par un feul
Maiftre , qui fuft grand Politique
& grand Conquerant,
GALANT. 281
Ceux qui parlent de la forte,
ne connoiffent pas les Czars ;
& ce que je vais vous en dire
, vous perfuadera aiſément
que la penetration de leur ef
prit, leur ayant fait concevoir
la grandeur & les admirables
qualitez du Roy , ils ont cru
ne pouvoir mieux faire que
de rechercher fon amitié
prefque auffi-toft qu'ils font:
montez fur le Trône. Quand
dans ma Lettre de Juillet 1682..
je vous parlay de la mort de
Theodore Alexouvits dernier .
Grand Duc , arrivée le 27.
Avril de la mefme année , je
A.a
282 MERCURE
L
vous dis qu'on avoit choifi
le Prince Pierre Alexouvits ,
fon frere puilné du fecond lit ,
qui n'avoit que dix ans , pour
luy fucceder , au prejudice de
Jean qui eftoit l'aifné , mais
que fes infirmitez rendoient
incapable du Gouvernement .
J'eftois alors mal informé de
fon âge , puifqu'il a prefente
ment feize ans , & le Prince
Jean dix - huit. Cependant
dans cette grande jeuneffe ,
ils ont déja fait voir par des
traits de politique , & d'amitié
fraternelle , qu'ils ont &
beaucoup de cet efprit necef
GALANT 283
faire pour regner , & beaucoup
de ces manieres qui font
Thonnefte homme, & qui engagent
les cours. Le dernier
Czar effant mort , & Pierre
fon frere puilné ayant eſté
choifi pour fon Succeffeur
des Sedicieux , qui n'ont nul
merite pour afpirer à une hau
te fortune , qui ne peuvent
s'établir felon l'ambition qui
les devore , que dans le de
fordre & dans le tumulte , &
qui fe mettent peu en peine
s'ils renverfent un Etat, pourveu
qu'ils s'élevent , engagerent
l'Armée à fe revolter,,
A a ij
284 MERCURE
fous pretexte qu'elle n'estoit
pas payée. Un de ces Seditieux
voyant les Troupes fatisfaites
, plûtoft qu'il n'avoit
crû qu'elles deuffent l'eftre ,
ce qui l'empefchoit de profiter
des troubles qu'il avoit excitez
, remua ſi bien , que par
le moyen de fa cabale , il vint
à bout de faire nommer à
l'Empire le Prince Jean , aifné
des deux Czars qui regnent
prefentement. C'est un Prince
fort incommodé , & quia
la veuë tres baffe. Les brigues.
qui furent grandes pour luy,
ayant éclaté tout d'un coup ,
GALANT 285
fon party fut le plus fort, par,
ce qu'on n'avoit pris aucune
précaution pour s'y oppoſer.
Les ambitieux crurent alors
qu'ils alloient devenir les
Maistres de l'Etat , & qu'il ne
leur manqueroit pour regner
que le nom de Souverains .
Cependantle cader desCzars ,
déja politique, quoy que dans
un âge fort peu avancé , &
prévenu d'eftime & d'amitié
pour fon Frere , les trompa
tous. Il s'unit avec le Prince
Jean fon aiſné, & luy dit qu'il
fouhaitoit regner avec luy,
Ce Prince charmé du merite
+
286 MERCURE
& de l'amitié de fon Cader,
luy répondit qu'il vouloir que
fa pofterité regnaft , & le pria
d'accepter une Femme de fa
main , & le Commandement
de fes Armées , quand les occafions
fe prefenteroient de
les faire agir pour fon ſervice.
Ce font ces deux Freres fil
unis , qui pénetrez de , la
Grandeur de Sa Majefté, ont
envoyé en France les Ambaffadeurs
, dont je vay vous
entretenir. Le Roy fçachant
qu'ils eftoient arrivez à Ham
bourg , & qu'ils devoient ve
nir débarquer à Calais,choiſit
GALANT 287
1
M'Torf, l'un des Gentilhommes
de fa Maiſon , pour les y
recevoir, parce qu'il s'eft toû
jours tres bien acquitté des
Commiffions
de cette nature,
& qu'il s'eft mefme diftingué
en beaucoup d'autres occafions.
On avoit envoyé avec
luy des Officiers pour les traiter
, & tout ce qui eftoit neceffaire
pour les conduire.
On apprit que le premier Ambaffadeur
fe nommoit Simeon
Jerafieuvits Almazovv,
qu'il commande l'une des
quatre Compagnies de Nobleffe
qui font à Mofcou , &
288 MERCURE
quine marchent que lors que
le Czar va en campagne , &
qu'il eft un de ceux qui por
tent les plats fur la table de
cet Empereur ; non pas en
qualité de Maiftre d'Hoftel,
mais parce que les plus
grands Seigneurs de Mofcovie
les portent fur la table de
leur Prince. Il a un Fils qui a
épousé la Soeur de la Femme
de celuy des Czars qui eft ma
rié. Le fecond Ambaffadeur
n'est pasVicechancelier.com
me on l'a crû , mais fon Em
ploy eft fort confiderable , &
c'eſt comme qui diroit icy
Chef
GALANT. 289
"
Chef d'un Bureau, dont d'au
tres Bureaux dépendroient .
Ces Ambaffadeurs avoient
avec eux un homme de beaucoup
de merite , & fort eſti
mé en ce Pays- là . Les Czars
luy donnerent un Gouverne
ment des plus importans, peu
de jours avant qu'ils euffent
nommé ces Ambaffadeurs
pour venir en France. Ce
nouveau Gouverneur l'ayant
appris , pria les Czars , ou de
lay permettre de demeurer quel.
que temps fans aller à ce Gouver
nement , ou de le reprendre ,
de fouffrin qu'il accompagnaft les
Juin 1685.
Bb ..
290 MERCURE
avoient
Ambaffadeurs qu'ils envoyoient
à l'Empereur des François afin
qu'il púſt voir ce grand Homme
dont on publioit tant de merveil
les. Les Czars furent bien ai
fes de voir que leurs Sujets
pour le
Roy
la mel
me estime qu'ils avoient euxmefmes
pour ce Monarque ;
& ils luy permirent avec plai
fir d'accompagner leurs Ambaffadeurs.
Le Gouverneur
de Smolenfco , l'une des plus
fortes Places qui appartien
nent aux Czars , entendant
continuellement parler de ce
que Sa Majesté fait de grand,
GALANT. 291
envoya auffi fon Fils avec ces
mefmes Amballadeurs , afin
qu'il luy rapportaft fi tout ce
qu'on en difoit étoit veritable ,
& il le chargea meſme de luy
aporter beaucoup de Portraits
reffemblans de ce Monarque
,
qu'il luy ordonna de faire fai
re. Ces Ambaffadeurs Extraordinaires
avoiet encore avec
eux quatre Secretaires , un Interprete
Latin, fort confideré
des Czars , & nommé par ces
Princes , & une Suite fort
nombreuſe. Ils arriverent le
12. de May à Saint Denys . Le
-16. M' de Bonneuil Introdų
Bb ij
292 MERCURE
cteur des Ambaffadeurs , alla
les vifiter de la part du Roy ;
& lery M le Maréchal de
Humieres , & le mefme M
de Bonneuil,allerent les prendre
dans les Caroffes de Sa
Majefté , & de Madame la.
Dauphine , & les amenerent
à Paris. Ces Caroffes eftoient.
fuivis de trois Caroffes de Mr
le Maréchal de Humieres , de
celuy de M de Bonneuil , &
de plufieurs autres pour la fui-.
te de ces Ambaffadeurs , qui
montoit environ à quatrevingt
perfonnes. Il y en avoit
plufieurs à cheval , parmy lef
GALANT. 293
quels fix Trompettes & un
Timbalier fe firent entendre.
Comme le Doge de la Republique
de Genes étoit alors ›
à Paris , & qu'il y avoit mef
me tres- peu de jours qu'il
avoit eu Audience du Roy ,
cesAmbaffadeurs qui avoient
oiy parler de ce qui s'eftoic
paffé entre la France & cette
Republique , demanderent à
en eftre plus particulierement
inftruits , & loin de marquer
de l'étonnement de voir icy
un Doge de Genes , ils dirent
qu'ils n'en eftoient point furpris.
& qu'il faloit que le Roy fuft
Bb iij
294 MERCURE
le plus grand Prince du monde ,
puifque les Czar's leurs Maistres
qui eftoient de fi puiffans Empe
reurs qui n'avoient jamais
recherché l'amitié d'aucun Sou
verain , demandoient la fienne :
& que file Roy & leurs Maitres
eftoient unis , ils pourroient
conquerir toute la Terre, L'envie
qu'ils avoient de paroistre devant
Sa Majefté, & de mander
aux Czars qu'ils avoient vû ce
Monarque , les obligea de
preffer leur Audience . Ils l'eu
rent le 22. de May. M' le Ma
réchal de Humieres , accom
pagné de M de Bonneuil ,
GALANT. 295
avec les Caroffes du Roy &
de Madame la Dauphine ,
les alla prendre à l'Hoftel
des Ambaffadeurs extraordinaires
, où ils eſtoient logez,
& nourris, & toujours accom
pagnez de M' Torf. Ils parti
rent dés le matin ; & aprés s'étre
repofez pendant quelque
temps , dans la Sale deſtinée
aux Ambaffadeurs qui vont
à Verfailles pour avoir Au
dience du Roy , ils allerent à
celle de Sa Majefté . Comme
ils furent receus avec les honneurs
qu'on rend aux Ambaffadeurs
des Teftes couron
Bb iiij
296 MERCURE
nées, les Compagnies des Regimens
des Gardes Françoi
les & Suiffes eftoient fous les
armes. Les Gardes de la Porte
& les Archers du Grand
Prevolt, cftoient en haye dans
la Court ; les Cent Suiffes fur
l'Escalier , & les Gardes du
Corps auffi en haye & fous les
armés dans leur Sale. M' le
Maréchal Duc de Duras , Capitaine
des Gardes en quarfier
, les receut à la porte , &
les conduifit jufques au pied
du Trône de Sa Majefté, où
aprés trois profondes reverences,
le premier de ces AniGALANT:
297
baffadeurs fit le difcours fuivant
en langue Mofcovite. Je
vous l'envoye traduit litteralement.
P
Ar la grace de Dieu en la
Trinité glorieufe , les tres-
Sereniffimes & tres - puiffans
Grands Seigneurs , Czars &
Grands Ducs , Joane Alexouvits
Peter Alexonvits de la gran
de , petite & blanche Ruffie,
Autocrateurs de Mofcovie , Kiovie
, VVolodimer & Nougorod,
Czars de Cafan, Czars d' Aftra
can , Czars de Siberie, Seigneurs:
de Plefcou , & Grands Ducs de
298 MERCURE
de
Smolenfco, de Tuerski, d'Ingorie,
de Permie ,de Beatra ,de Bulgarie,
d'autres; Seigneurs & Grands
Ducs de Norogrod , du Pays- bas
Quernigou , de Befan , de Ro
ftof , de Feresbaf, de Beloferie,
d'Obdorie, Condines , de toutes
les parties du Nord, Domina
teurs , Seigneurs du Pays d' Irerie,
de Carthalinie Gronfine,
Czars ; & de Cabardin , Terres
des Duchez de Circaffie , & de
Georgie , & de plufieurs autres
Seigneuries & Terres Orientales,
Occidentales & Septentrionales,
dont ils font heritiers de Pere en
Fils,poffeffeurs & Seigneurs ab
folus.
GALANT. 299
Tres Sereniffime & tres- Puif
fant , grand Prince , Seigneur
LOUIS XIV de Bourbon ,
par la grace de Dieu Empereur
de France & de Navarre , &
de plufieurs autres. Nos Mai
tres nous ont envoyez vers voftre
Royale Majefté , pour la falier
de leur part , & pour apprendre
l'état de fa fanté.
Le Roy ayant alors demandé
des nouvelles de la fanté des
Czars , les Ambaffadeurs répondirent,
Quand nousfommes
partis d'auprés de vos Freres, les
tres- Sereniffimes & tres puif-
கு
fans Seigneurs Czars & Grands
300 MERCURE
Ducs , Ils répeterent icy les
meſme titres , Nous les avons
laiffez en tres- parfaite fanté dans
leur grandeVille Royale de Mofcovie
>
Ils ajoûterent , en preſentant
leur Lettre de créance,
& repetant de nouveau les
titres des Czars .
Les Sereniffimes tres puiſſans
grands Seigneurs Czars ,
grands Ducs Joane & Peter Alex
uvits nous ont envoyés vers
Vous , Sire , leur Frere , pour
prefenter ces Lettres d'amitié à
voftre Royale Majefte.
Les tres- Sereniffimes¿ª trèsGALANT.
301
les
trespuiſſans
grands Seigneurs Czars
& grands Ducs nous ont commandé
de dire à leur Frere , par
la grace de Dieu Empereur de
France & de Navarre , que.
Ancestres des tres -grands
puiffans Czars , nos Seigneurs
nos Maiftres , ont toujours eu
pour votre Royale Majefté une
amitié fraternelle , un amour de
charité ,& une aimable corref
pondance , comme il aparu mefme
en la perfonne de Michaëlovuits
, d'heureuſe d'eternelle
memoire , Czar & grand Duc
de la grande , petite & blanche
Ruffie & Pere des tres puiffans
302 MERCURE
Seigneurs Czars de Mofcovie
, lequel a toujours confervé
pour veftre Royale Majesté une
amitié fraternelle un amour
de charité , par les amiables correſpondances
qu'il a enës avet
Elle pendant tout le
t tout le temps qu'il a
(t)
vécu aprés qu'Alexis Michaëlovvits
Souverain de la
&
grande , petite blanche Ruffie,
Pere des grands & puiffans Czars
de Mofcovie,futpaffé du Royaume
de la Terre en celuy du Ciel,
Theodore Alexovvits , frere des
tres-puffans Czars de Mofcovie,
eftant pour lors affis glorieufement
fur le Trône du Royaume des
1
GALANT. 303
Roxolans, & ayant fuccedé à la
Souveraineté de la grande , petite
& blanche Ruffie , aprés que
cent quatre- vingts- neuf ans fe
furent écoulez fans que les Czars
Les Prédeceffeurs euffent envoyé
en France , falua Voftre Royale
Majefté par Opifer, Pierre Pe
techin fes Ambaffadeurs
Eftienne Polchorum fon Vice
Chancelier, luy fit connoiftre
&
fon élevation fur le Trône de fes
Peres , la gloire de fon Régne ,
le defire l'inclination qu'il avoit
de vivre avec Elle en tres parfaite
intelligence. Mais Dieu tourpuiffant
, Modérateur de toutes
304 MERCURE
chofes , qui fait régner les Rois,
& qui par le repos eternel de fa
volonté fouveraine conferve les
Monarchies , ayant enlevé du
Trône de la Terre pour celuy du
Ciel le tres-puiffant Czar Theodore
Alexouvits , fit parfa grace
Toute puiffante & finguliere , que
Jean Alexouvits & Pierre Ale
xouvits fes freres , furent élevez
enfa place fur le Trône du
-glorieux Royaume des Roxolans ,
prenant enfemble le Sceptre de la
grande , petite blanche Ruffie,
& poffedant d'un commun accord
les grandes Dominations qu'ils
ont heritées de leur Pere & de
GALANT 305
ع و ن ل ا
leurs Ayeux dans l'Orient , l'Oc--
cident le Septentrion. Et de
pas aprés la mort du tres - puiffant
Prince Theodore Alexouvits
d'heureufe erernelle memoire, -
*
frere des Czars , ils ont envoyé
derechef leurs Ambaffadeurs vers -
voftre Royale Majefte , pour luy
prefenter des Lettres de lear part,,
par lesquelles extrautres chofes
zis la follicitoient à une plus ferme
&
plus inviolable focieté tou
chant les a
les affaires de l'une &
L'autre Couronne; & voftre Roya
le Majefté prit dès - lors refolution
de leur envoyer des Ambaſſa--
deurs.
Juin 16855
acc
de
306 MERCURE
標
les
Les tres puiffans Seigneurs &
grands Ducs Jean Alexouvits ,
Pierre Alexouvits , Princes
fouverains de la grande , petite
blanche Ruffie , voulant con
tinuer avec voftre Royale Ma
jefté l'amitié fraternelle
correfpondances que les Czars
leurs Prédeceffeurs avoient folli
cité & fouhaité d'obtenirparleurs
Ambaſſadeurs , nous ont envoyez
en cette qualité vers voftre Roya
le Majefte Frere, pour l'affeurer
de leur parfaite fanté , de
la gloire de leur Régne , de la joye
qu'ils ont d'apprendre l'estat de la
Tienne , la force de fes Armes ,
60
GALANT 307
*
tes fuccez furprenans de fes glorieufes
entrepriſes , & pour luy
faire connoiftre l'inclination extrême
que les Czars ont de vivre
avec Elle en bonne parfaite
intelligence enfin pour luy
propofer des affaires qui faffent
croistre de plus en plus l'amitié
fraternelle labonne intelligen
ce entre les Czars nos Maiftres
voftre Royale Majefté. Elle
aura donc la bonté , s'il luyplaift,
d'entrer avec nous en conference,
r de nous donner des Commif
faires , pour traiter avec eux des
affaires pour lefquelles nous fommes
envoyez, & pour en porter
308 MERCURE
la réponſe aux Czars nos Maî
tres & nos Seigneurstaan 49 65 6
Aprés ce difcours , cét
Ambaffadeur fit apporter des
Prefens par plus de cinquan
te perfonnes de fa fuite. Ils
confiftoient en plufieurs pies
ces de riches Ecofes & de ra
res Fourrures , un Sabre garny
de pierreries , uné Marte
Zibeline vivante , & un Oyfeau
de proye qui vole fur
l'Aigle. L'Audience eſtant
-finie , ces Ambaffadeurs furent
traitez magnifiquement
avec toute leur fuite par les
Officiers de Sa Majesté , & re
GALANT 309
conduits à Paris avec les mêmes
ceremonies .
Le premier de Juin , ils fe
rendirent à Versailles à l'ap
partement de M' Colbert de
Croify. Ce Miniftre les receut
dans fon Cabinet , & il
eut avec eux une longue Conference
fur le fujet de leur
Ambaffade . Vous fçavez que
de fecret eft impenetrable
en
France ; mais quand mais quand il y au
roit quelque facilité à le dé
-couvrir , ce n'eft point à moy
d'entrer dans les mysteres
d'Etat , & moins encore d'en
parler. Je ne fçaurois pour
310 MERCURE
tant m'empefcher de vous di
re pour la gloire du Roy, qu'il
paroift en cette occafion, que
ce Prince ayant donné la Paix
à l'Europe , ne veut rien faire
qui puiffe en alterer le repos
& que tous les avantages
qu '
on luy pourroit propofer , feroient
incapables de l'ébran
ler là deffus. Ces Ambaffa
deurs
,
demanderentm
grande inftance , que Sa Majefté
nommaſt un Ambaffadeur
, ou du moins un En
voyé, afin que leurs Maiftres
eaffent le plaifir d'avoir à leur
Cour un Miniftres d'un efi
d
GALANT 34
grand Monarque. Cette demande
fait voir que le Roy
n'y en avoit point dans le
temps que les jaloux de fa
gloire avoient leurs raifons
pour le publier. Le mefme
jour que ces Ambaſſadeurs
eurent audience de M' de
Croiffy , on leur fit voir les
Eaux , les Jardins , & les Ap
partemens du Château de
Verfailles. Rien ne fe peur
ajoûter aux termes dont ils
fe fervirent pour témoigner
leur étonnement
, il y en cut
on
ne mefme de fi forts ,
les peut rapporter icy. Ils di
312 MERCURE
rent entre autres choſes, que
ceux qui avoient l'avantage
d'y entrer , eftoient bien henreux
. M'Torfles voyant embaraffez
à retenir tant de chofes
, dont ils vouloient faire le
recit lorsqu'ils feroient retournez
en Moſcovie, leur fit prefent
des Estampes de toutes
lesMailons Royales . Ils ont vu
icy la plus grande partie de
tout ce qu'il y a de curieux.
Je ferois trop long fi je vous
rapportois tout ce qu'ils ont
dit fur chaque chofe. Je fuis
fort fouvent entré dâns des
détails de tette nature , tou-
4
T
chant
GALANT. 313
"
chant les Ambaffadeurs de
plufieurs Nations éloignées ;
& tout ce que chacun d'eux
a dit , a tant de rapport , qu'il
n'eft pas néceffaire de le re .
peter. Ceux - cy ont fur tout
admiré l'Exercice qu'ils ont
veu faire aux Moufquetaires ,
& ont dit , qu'ilfembloit qu'un
meſme reffort les faifoit agir
tous dans le mefme inftant , tant
leurs mouvemens avoient de juz
fteffe.L'Opera leur a auffi cau
fe beaucoup de furpriſe ; &
à peine a-t- on pû leur perfuader
qu'il n'y avoit point d'enchantement.
Le 3 de ce mois,
Juin 1685.
Dd
314 MERCURE
ils eurent leur Audience de
བ ༤ ས་
Congé du Roy, avec les mef
mes ceremonies qui avoient
efté obfervées à leur premiere
Audience. Le io . M ' de Bonneuil
porta à chacun
de la part de ce Monarque ,
les prefens qui fuivent.
à chacun d'eux ,
Une Boete à Portrait du
Roy , enrichie de diamans.
Une Tenture de Tapifle
rie des Gobelins , rehauffée
dor.
Une Pendule à repetition,
Une Horloge à Boëte d'or,
Une Montre à Boete d'or,
Un Fufil à double.canon,
1 .
GALANT. 315
orné de reliefs , & d'or de rapport.
Une paire de Pistolets
de mefme , le tout fort beau
3 & fort riche. Les Gens de
leurfuite eurent des Médail
les d'or & d'argent du Roy .
27 Le fecond Ambaffadeur
ayant receu le Portrait de
Sa Majefté , l'attacha à fon
Bonnet , & dit qu'il le porteroit
toutefavie , & ordonneroit àfa
Femme ,à fes Enfans mefme
à toute fa pofterite, dele porter
apréslugs
ນ
isLe &Gouverneur de Place
donr je vous aya pardėj zifut
Ddij
316 MERCURE
auffi honoré d'un Portrait du
Roy enrichy de Diamans , ce
qui luy fit demander, fi ce n'étoit
pas affez qu'il euft eu le plai
fir de voir ce Monarque,fans qu'il
L'accablaft encore de fes bien faits.
Ils partirent le lendemain ,
toûjours défrayez aux dépens
du Roy , & accompagnez
par M Torf, pour aller s'embarquer
à Dunquerque , &
paffer en Hollande , le Commerce
qui eft entre les Hol
landois , & les Sujets de leurs
Maiftres leur donnant lieu de
trouver facilement des Vail
feaux pour les conduire chez
La
"
GALANT. 317
=
eux. Ils ont efté receus par
tout où ils ont paffé avec les
honneurs deus à leur caraetere
, & on leur a fait dans
toutes les Villes les Prefens
accoûtumez. Le fecond Am
baffadeur dit , qu'il avoitfait
voeu en partant deſon Pays , de
donner cinq cens écus aux Pauores,
& que puis qu'il avoit cet
te fomme à diftribuer , il vouloit
la donner aux Sujets d'un Prin.
ce qui luy avoit fait du bien.
C'eft ce qu'il executa , ayant
fait des largeffes de cette
fomme depuis Paris jufques.
aDunquerque. Quelques
Dd iij
318 MERCURE
uns ont trouvé étrange que
ceux de leur Suite euffent
trafiqué icy de Pelleterie ,
mais ils ont accoûtumé de
le faire dans tous les lieux
où ils fe rencontrent , &
cela m'engage à vous faire
connoiftre par des remarques
affez curieuſes , que
c'est moins dans l'efprit de
trafiquer & de gagner qu'ils
font ce Commerce , que parce
que cette Pelleterie eft
pour ainfi dire leur argent,
La Siberie eftant un Pays
remply de Martes , & fous la
domination des Czars , on
GALANT. 219
+
condamne les Mofcovites qui
ont commis quelque faute,
à aller tuer des Martes dans
cette Province , comme l'on
condamne en France certains
Criminels à aller fervir fur les
Galeres. Ceux que l'on obli
ge à cette Chaffe, ſont diſtri
છે
buez
>
par cantons . Des Offic
ciers viennent
de temps en
temps pour enlever les Mari
tes & ceux qui en ont le
moins tué font feverement
punis . On aporte toutes ces
Martes au Trefor des Czars,
le Grand Treforier
y met le
prix , & l'on paye les Troupes
.
Dd iiij
320 MERCURE
རྒྱུན་ པ
& les Officiers des Grands
Ducs de Mofcovie, moitié de
ces peaux , & moitié d'une
petite monnoye de peu de
valeur , qui n'a cours qu'en
Mofcovie , & qui eft la feule
monnoye de cét Etat. On
peut connoiftre par là qu'il eſt
affez mal- aisé qu'ils portent
dans les Païs Etrangers ,
ils veulent faire des achats ,
autre chofe que ce qui leur
tient lieu d'argent . Ils vendent
ces Martes,& de l'argét qu'ils
en reçoivent , ils achetent les
chofes qui leur conviennent,
ou qui leur agréent le plus
Οι
GALANT: 321
Quelque grand debit qu'ils
en puiffent faire , il eſt rare
qu'ils emportent de l'argent,
puis qu'il n'auroit pas de
cours dans leur Païs.
qui remplifſoient ma Lettre
le dernier mois , fut caufe que
je ne vous parlay point des
Ambaffadeurs de Mofcovie.
J'ay accoutumé de traiter ces
fortes d'articles fi à fonds
que vous jugez bien que la
place me manquoit , pour
278 MERCURE
mettre dans une mefme Let :
tre tant de choſes confiderables
par elles - mefmes , & par
le grand nombre de circon-
Atances qui les accompagnent.
Avant que de vous
rien dire de l'Entrée de ces
Ambaffadeurs
à Paris , vous
voulez bien que je vous falfe
obferver , que les Mofcovites
n'en font jamais partir de
chez eux , que pour aller en diverfes
Cours en la mefme qualité;
parce qu'eftant deffrayez ,
& leur équipage voituré dans
tous les lieux où ils vont en
Ambaſſade, tout leur voyage
GALANT 279.
ne leur coute rien , ny pour
aller , ny pour revenir . Les
chofes fe font paffées autrement
, pour ce qui regarde
ces derniers Ambaffadeurs,
Comme il s'agiffoit de les envoyer
à un Monarque , qu'
admirent ceux mefme qui
font jaloux de fa gloire , les
Czars ont voulu qu'ils vinffent
tout droit en France,
fans faire la fonction d'Ambaffadeurs
dans aucune autre
Cour , & qu'ils retournaſſent
à Mofcou de la mefme maniere
, pour faire connoiftre
qu'ils en eftoient partis ex-
་
"
280 MERCURE
prés pour venir en France , &
qu'ils n'avoient rien à voir
aprés avoir veu le Roy. On
les a mefme preffez de partir,
avec des ordres de ne ſe point
arrefter dans leur voyage. La
jeuneffe des deux Czars , l'infirmité
de l'aifné , & les feditions
de cet Empire à peine
appaifées , ont fait dire à quel
ques-uns , que cette Ambaf
fade eftoit moins glorieuſe
pour le Prince à qui elle s'adreffoit
, que fi la Moſcovie
eftoit gouvernée par un feul
Maiftre , qui fuft grand Politique
& grand Conquerant,
GALANT. 281
Ceux qui parlent de la forte,
ne connoiffent pas les Czars ;
& ce que je vais vous en dire
, vous perfuadera aiſément
que la penetration de leur ef
prit, leur ayant fait concevoir
la grandeur & les admirables
qualitez du Roy , ils ont cru
ne pouvoir mieux faire que
de rechercher fon amitié
prefque auffi-toft qu'ils font:
montez fur le Trône. Quand
dans ma Lettre de Juillet 1682..
je vous parlay de la mort de
Theodore Alexouvits dernier .
Grand Duc , arrivée le 27.
Avril de la mefme année , je
A.a
282 MERCURE
L
vous dis qu'on avoit choifi
le Prince Pierre Alexouvits ,
fon frere puilné du fecond lit ,
qui n'avoit que dix ans , pour
luy fucceder , au prejudice de
Jean qui eftoit l'aifné , mais
que fes infirmitez rendoient
incapable du Gouvernement .
J'eftois alors mal informé de
fon âge , puifqu'il a prefente
ment feize ans , & le Prince
Jean dix - huit. Cependant
dans cette grande jeuneffe ,
ils ont déja fait voir par des
traits de politique , & d'amitié
fraternelle , qu'ils ont &
beaucoup de cet efprit necef
GALANT 283
faire pour regner , & beaucoup
de ces manieres qui font
Thonnefte homme, & qui engagent
les cours. Le dernier
Czar effant mort , & Pierre
fon frere puilné ayant eſté
choifi pour fon Succeffeur
des Sedicieux , qui n'ont nul
merite pour afpirer à une hau
te fortune , qui ne peuvent
s'établir felon l'ambition qui
les devore , que dans le de
fordre & dans le tumulte , &
qui fe mettent peu en peine
s'ils renverfent un Etat, pourveu
qu'ils s'élevent , engagerent
l'Armée à fe revolter,,
A a ij
284 MERCURE
fous pretexte qu'elle n'estoit
pas payée. Un de ces Seditieux
voyant les Troupes fatisfaites
, plûtoft qu'il n'avoit
crû qu'elles deuffent l'eftre ,
ce qui l'empefchoit de profiter
des troubles qu'il avoit excitez
, remua ſi bien , que par
le moyen de fa cabale , il vint
à bout de faire nommer à
l'Empire le Prince Jean , aifné
des deux Czars qui regnent
prefentement. C'est un Prince
fort incommodé , & quia
la veuë tres baffe. Les brigues.
qui furent grandes pour luy,
ayant éclaté tout d'un coup ,
GALANT 285
fon party fut le plus fort, par,
ce qu'on n'avoit pris aucune
précaution pour s'y oppoſer.
Les ambitieux crurent alors
qu'ils alloient devenir les
Maistres de l'Etat , & qu'il ne
leur manqueroit pour regner
que le nom de Souverains .
Cependantle cader desCzars ,
déja politique, quoy que dans
un âge fort peu avancé , &
prévenu d'eftime & d'amitié
pour fon Frere , les trompa
tous. Il s'unit avec le Prince
Jean fon aiſné, & luy dit qu'il
fouhaitoit regner avec luy,
Ce Prince charmé du merite
+
286 MERCURE
& de l'amitié de fon Cader,
luy répondit qu'il vouloir que
fa pofterité regnaft , & le pria
d'accepter une Femme de fa
main , & le Commandement
de fes Armées , quand les occafions
fe prefenteroient de
les faire agir pour fon ſervice.
Ce font ces deux Freres fil
unis , qui pénetrez de , la
Grandeur de Sa Majefté, ont
envoyé en France les Ambaffadeurs
, dont je vay vous
entretenir. Le Roy fçachant
qu'ils eftoient arrivez à Ham
bourg , & qu'ils devoient ve
nir débarquer à Calais,choiſit
GALANT 287
1
M'Torf, l'un des Gentilhommes
de fa Maiſon , pour les y
recevoir, parce qu'il s'eft toû
jours tres bien acquitté des
Commiffions
de cette nature,
& qu'il s'eft mefme diftingué
en beaucoup d'autres occafions.
On avoit envoyé avec
luy des Officiers pour les traiter
, & tout ce qui eftoit neceffaire
pour les conduire.
On apprit que le premier Ambaffadeur
fe nommoit Simeon
Jerafieuvits Almazovv,
qu'il commande l'une des
quatre Compagnies de Nobleffe
qui font à Mofcou , &
288 MERCURE
quine marchent que lors que
le Czar va en campagne , &
qu'il eft un de ceux qui por
tent les plats fur la table de
cet Empereur ; non pas en
qualité de Maiftre d'Hoftel,
mais parce que les plus
grands Seigneurs de Mofcovie
les portent fur la table de
leur Prince. Il a un Fils qui a
épousé la Soeur de la Femme
de celuy des Czars qui eft ma
rié. Le fecond Ambaffadeur
n'est pasVicechancelier.com
me on l'a crû , mais fon Em
ploy eft fort confiderable , &
c'eſt comme qui diroit icy
Chef
GALANT. 289
"
Chef d'un Bureau, dont d'au
tres Bureaux dépendroient .
Ces Ambaffadeurs avoient
avec eux un homme de beaucoup
de merite , & fort eſti
mé en ce Pays- là . Les Czars
luy donnerent un Gouverne
ment des plus importans, peu
de jours avant qu'ils euffent
nommé ces Ambaffadeurs
pour venir en France. Ce
nouveau Gouverneur l'ayant
appris , pria les Czars , ou de
lay permettre de demeurer quel.
que temps fans aller à ce Gouver
nement , ou de le reprendre ,
de fouffrin qu'il accompagnaft les
Juin 1685.
Bb ..
290 MERCURE
avoient
Ambaffadeurs qu'ils envoyoient
à l'Empereur des François afin
qu'il púſt voir ce grand Homme
dont on publioit tant de merveil
les. Les Czars furent bien ai
fes de voir que leurs Sujets
pour le
Roy
la mel
me estime qu'ils avoient euxmefmes
pour ce Monarque ;
& ils luy permirent avec plai
fir d'accompagner leurs Ambaffadeurs.
Le Gouverneur
de Smolenfco , l'une des plus
fortes Places qui appartien
nent aux Czars , entendant
continuellement parler de ce
que Sa Majesté fait de grand,
GALANT. 291
envoya auffi fon Fils avec ces
mefmes Amballadeurs , afin
qu'il luy rapportaft fi tout ce
qu'on en difoit étoit veritable ,
& il le chargea meſme de luy
aporter beaucoup de Portraits
reffemblans de ce Monarque
,
qu'il luy ordonna de faire fai
re. Ces Ambaffadeurs Extraordinaires
avoiet encore avec
eux quatre Secretaires , un Interprete
Latin, fort confideré
des Czars , & nommé par ces
Princes , & une Suite fort
nombreuſe. Ils arriverent le
12. de May à Saint Denys . Le
-16. M' de Bonneuil Introdų
Bb ij
292 MERCURE
cteur des Ambaffadeurs , alla
les vifiter de la part du Roy ;
& lery M le Maréchal de
Humieres , & le mefme M
de Bonneuil,allerent les prendre
dans les Caroffes de Sa
Majefté , & de Madame la.
Dauphine , & les amenerent
à Paris. Ces Caroffes eftoient.
fuivis de trois Caroffes de Mr
le Maréchal de Humieres , de
celuy de M de Bonneuil , &
de plufieurs autres pour la fui-.
te de ces Ambaffadeurs , qui
montoit environ à quatrevingt
perfonnes. Il y en avoit
plufieurs à cheval , parmy lef
GALANT. 293
quels fix Trompettes & un
Timbalier fe firent entendre.
Comme le Doge de la Republique
de Genes étoit alors ›
à Paris , & qu'il y avoit mef
me tres- peu de jours qu'il
avoit eu Audience du Roy ,
cesAmbaffadeurs qui avoient
oiy parler de ce qui s'eftoic
paffé entre la France & cette
Republique , demanderent à
en eftre plus particulierement
inftruits , & loin de marquer
de l'étonnement de voir icy
un Doge de Genes , ils dirent
qu'ils n'en eftoient point furpris.
& qu'il faloit que le Roy fuft
Bb iij
294 MERCURE
le plus grand Prince du monde ,
puifque les Czar's leurs Maistres
qui eftoient de fi puiffans Empe
reurs qui n'avoient jamais
recherché l'amitié d'aucun Sou
verain , demandoient la fienne :
& que file Roy & leurs Maitres
eftoient unis , ils pourroient
conquerir toute la Terre, L'envie
qu'ils avoient de paroistre devant
Sa Majefté, & de mander
aux Czars qu'ils avoient vû ce
Monarque , les obligea de
preffer leur Audience . Ils l'eu
rent le 22. de May. M' le Ma
réchal de Humieres , accom
pagné de M de Bonneuil ,
GALANT. 295
avec les Caroffes du Roy &
de Madame la Dauphine ,
les alla prendre à l'Hoftel
des Ambaffadeurs extraordinaires
, où ils eſtoient logez,
& nourris, & toujours accom
pagnez de M' Torf. Ils parti
rent dés le matin ; & aprés s'étre
repofez pendant quelque
temps , dans la Sale deſtinée
aux Ambaffadeurs qui vont
à Verfailles pour avoir Au
dience du Roy , ils allerent à
celle de Sa Majefté . Comme
ils furent receus avec les honneurs
qu'on rend aux Ambaffadeurs
des Teftes couron
Bb iiij
296 MERCURE
nées, les Compagnies des Regimens
des Gardes Françoi
les & Suiffes eftoient fous les
armes. Les Gardes de la Porte
& les Archers du Grand
Prevolt, cftoient en haye dans
la Court ; les Cent Suiffes fur
l'Escalier , & les Gardes du
Corps auffi en haye & fous les
armés dans leur Sale. M' le
Maréchal Duc de Duras , Capitaine
des Gardes en quarfier
, les receut à la porte , &
les conduifit jufques au pied
du Trône de Sa Majefté, où
aprés trois profondes reverences,
le premier de ces AniGALANT:
297
baffadeurs fit le difcours fuivant
en langue Mofcovite. Je
vous l'envoye traduit litteralement.
P
Ar la grace de Dieu en la
Trinité glorieufe , les tres-
Sereniffimes & tres - puiffans
Grands Seigneurs , Czars &
Grands Ducs , Joane Alexouvits
Peter Alexonvits de la gran
de , petite & blanche Ruffie,
Autocrateurs de Mofcovie , Kiovie
, VVolodimer & Nougorod,
Czars de Cafan, Czars d' Aftra
can , Czars de Siberie, Seigneurs:
de Plefcou , & Grands Ducs de
298 MERCURE
de
Smolenfco, de Tuerski, d'Ingorie,
de Permie ,de Beatra ,de Bulgarie,
d'autres; Seigneurs & Grands
Ducs de Norogrod , du Pays- bas
Quernigou , de Befan , de Ro
ftof , de Feresbaf, de Beloferie,
d'Obdorie, Condines , de toutes
les parties du Nord, Domina
teurs , Seigneurs du Pays d' Irerie,
de Carthalinie Gronfine,
Czars ; & de Cabardin , Terres
des Duchez de Circaffie , & de
Georgie , & de plufieurs autres
Seigneuries & Terres Orientales,
Occidentales & Septentrionales,
dont ils font heritiers de Pere en
Fils,poffeffeurs & Seigneurs ab
folus.
GALANT. 299
Tres Sereniffime & tres- Puif
fant , grand Prince , Seigneur
LOUIS XIV de Bourbon ,
par la grace de Dieu Empereur
de France & de Navarre , &
de plufieurs autres. Nos Mai
tres nous ont envoyez vers voftre
Royale Majefté , pour la falier
de leur part , & pour apprendre
l'état de fa fanté.
Le Roy ayant alors demandé
des nouvelles de la fanté des
Czars , les Ambaffadeurs répondirent,
Quand nousfommes
partis d'auprés de vos Freres, les
tres- Sereniffimes & tres puif-
கு
fans Seigneurs Czars & Grands
300 MERCURE
Ducs , Ils répeterent icy les
meſme titres , Nous les avons
laiffez en tres- parfaite fanté dans
leur grandeVille Royale de Mofcovie
>
Ils ajoûterent , en preſentant
leur Lettre de créance,
& repetant de nouveau les
titres des Czars .
Les Sereniffimes tres puiſſans
grands Seigneurs Czars ,
grands Ducs Joane & Peter Alex
uvits nous ont envoyés vers
Vous , Sire , leur Frere , pour
prefenter ces Lettres d'amitié à
voftre Royale Majefte.
Les tres- Sereniffimes¿ª trèsGALANT.
301
les
trespuiſſans
grands Seigneurs Czars
& grands Ducs nous ont commandé
de dire à leur Frere , par
la grace de Dieu Empereur de
France & de Navarre , que.
Ancestres des tres -grands
puiffans Czars , nos Seigneurs
nos Maiftres , ont toujours eu
pour votre Royale Majefté une
amitié fraternelle , un amour de
charité ,& une aimable corref
pondance , comme il aparu mefme
en la perfonne de Michaëlovuits
, d'heureuſe d'eternelle
memoire , Czar & grand Duc
de la grande , petite & blanche
Ruffie & Pere des tres puiffans
302 MERCURE
Seigneurs Czars de Mofcovie
, lequel a toujours confervé
pour veftre Royale Majesté une
amitié fraternelle un amour
de charité , par les amiables correſpondances
qu'il a enës avet
Elle pendant tout le
t tout le temps qu'il a
(t)
vécu aprés qu'Alexis Michaëlovvits
Souverain de la
&
grande , petite blanche Ruffie,
Pere des grands & puiffans Czars
de Mofcovie,futpaffé du Royaume
de la Terre en celuy du Ciel,
Theodore Alexovvits , frere des
tres-puffans Czars de Mofcovie,
eftant pour lors affis glorieufement
fur le Trône du Royaume des
1
GALANT. 303
Roxolans, & ayant fuccedé à la
Souveraineté de la grande , petite
& blanche Ruffie , aprés que
cent quatre- vingts- neuf ans fe
furent écoulez fans que les Czars
Les Prédeceffeurs euffent envoyé
en France , falua Voftre Royale
Majefté par Opifer, Pierre Pe
techin fes Ambaffadeurs
Eftienne Polchorum fon Vice
Chancelier, luy fit connoiftre
&
fon élevation fur le Trône de fes
Peres , la gloire de fon Régne ,
le defire l'inclination qu'il avoit
de vivre avec Elle en tres parfaite
intelligence. Mais Dieu tourpuiffant
, Modérateur de toutes
304 MERCURE
chofes , qui fait régner les Rois,
& qui par le repos eternel de fa
volonté fouveraine conferve les
Monarchies , ayant enlevé du
Trône de la Terre pour celuy du
Ciel le tres-puiffant Czar Theodore
Alexouvits , fit parfa grace
Toute puiffante & finguliere , que
Jean Alexouvits & Pierre Ale
xouvits fes freres , furent élevez
enfa place fur le Trône du
-glorieux Royaume des Roxolans ,
prenant enfemble le Sceptre de la
grande , petite blanche Ruffie,
& poffedant d'un commun accord
les grandes Dominations qu'ils
ont heritées de leur Pere & de
GALANT 305
ع و ن ل ا
leurs Ayeux dans l'Orient , l'Oc--
cident le Septentrion. Et de
pas aprés la mort du tres - puiffant
Prince Theodore Alexouvits
d'heureufe erernelle memoire, -
*
frere des Czars , ils ont envoyé
derechef leurs Ambaffadeurs vers -
voftre Royale Majefte , pour luy
prefenter des Lettres de lear part,,
par lesquelles extrautres chofes
zis la follicitoient à une plus ferme
&
plus inviolable focieté tou
chant les a
les affaires de l'une &
L'autre Couronne; & voftre Roya
le Majefté prit dès - lors refolution
de leur envoyer des Ambaſſa--
deurs.
Juin 16855
acc
de
306 MERCURE
標
les
Les tres puiffans Seigneurs &
grands Ducs Jean Alexouvits ,
Pierre Alexouvits , Princes
fouverains de la grande , petite
blanche Ruffie , voulant con
tinuer avec voftre Royale Ma
jefté l'amitié fraternelle
correfpondances que les Czars
leurs Prédeceffeurs avoient folli
cité & fouhaité d'obtenirparleurs
Ambaſſadeurs , nous ont envoyez
en cette qualité vers voftre Roya
le Majefte Frere, pour l'affeurer
de leur parfaite fanté , de
la gloire de leur Régne , de la joye
qu'ils ont d'apprendre l'estat de la
Tienne , la force de fes Armes ,
60
GALANT 307
*
tes fuccez furprenans de fes glorieufes
entrepriſes , & pour luy
faire connoiftre l'inclination extrême
que les Czars ont de vivre
avec Elle en bonne parfaite
intelligence enfin pour luy
propofer des affaires qui faffent
croistre de plus en plus l'amitié
fraternelle labonne intelligen
ce entre les Czars nos Maiftres
voftre Royale Majefté. Elle
aura donc la bonté , s'il luyplaift,
d'entrer avec nous en conference,
r de nous donner des Commif
faires , pour traiter avec eux des
affaires pour lefquelles nous fommes
envoyez, & pour en porter
308 MERCURE
la réponſe aux Czars nos Maî
tres & nos Seigneurstaan 49 65 6
Aprés ce difcours , cét
Ambaffadeur fit apporter des
Prefens par plus de cinquan
te perfonnes de fa fuite. Ils
confiftoient en plufieurs pies
ces de riches Ecofes & de ra
res Fourrures , un Sabre garny
de pierreries , uné Marte
Zibeline vivante , & un Oyfeau
de proye qui vole fur
l'Aigle. L'Audience eſtant
-finie , ces Ambaffadeurs furent
traitez magnifiquement
avec toute leur fuite par les
Officiers de Sa Majesté , & re
GALANT 309
conduits à Paris avec les mêmes
ceremonies .
Le premier de Juin , ils fe
rendirent à Versailles à l'ap
partement de M' Colbert de
Croify. Ce Miniftre les receut
dans fon Cabinet , & il
eut avec eux une longue Conference
fur le fujet de leur
Ambaffade . Vous fçavez que
de fecret eft impenetrable
en
France ; mais quand mais quand il y au
roit quelque facilité à le dé
-couvrir , ce n'eft point à moy
d'entrer dans les mysteres
d'Etat , & moins encore d'en
parler. Je ne fçaurois pour
310 MERCURE
tant m'empefcher de vous di
re pour la gloire du Roy, qu'il
paroift en cette occafion, que
ce Prince ayant donné la Paix
à l'Europe , ne veut rien faire
qui puiffe en alterer le repos
& que tous les avantages
qu '
on luy pourroit propofer , feroient
incapables de l'ébran
ler là deffus. Ces Ambaffa
deurs
,
demanderentm
grande inftance , que Sa Majefté
nommaſt un Ambaffadeur
, ou du moins un En
voyé, afin que leurs Maiftres
eaffent le plaifir d'avoir à leur
Cour un Miniftres d'un efi
d
GALANT 34
grand Monarque. Cette demande
fait voir que le Roy
n'y en avoit point dans le
temps que les jaloux de fa
gloire avoient leurs raifons
pour le publier. Le mefme
jour que ces Ambaſſadeurs
eurent audience de M' de
Croiffy , on leur fit voir les
Eaux , les Jardins , & les Ap
partemens du Château de
Verfailles. Rien ne fe peur
ajoûter aux termes dont ils
fe fervirent pour témoigner
leur étonnement
, il y en cut
on
ne mefme de fi forts ,
les peut rapporter icy. Ils di
312 MERCURE
rent entre autres choſes, que
ceux qui avoient l'avantage
d'y entrer , eftoient bien henreux
. M'Torfles voyant embaraffez
à retenir tant de chofes
, dont ils vouloient faire le
recit lorsqu'ils feroient retournez
en Moſcovie, leur fit prefent
des Estampes de toutes
lesMailons Royales . Ils ont vu
icy la plus grande partie de
tout ce qu'il y a de curieux.
Je ferois trop long fi je vous
rapportois tout ce qu'ils ont
dit fur chaque chofe. Je fuis
fort fouvent entré dâns des
détails de tette nature , tou-
4
T
chant
GALANT. 313
"
chant les Ambaffadeurs de
plufieurs Nations éloignées ;
& tout ce que chacun d'eux
a dit , a tant de rapport , qu'il
n'eft pas néceffaire de le re .
peter. Ceux - cy ont fur tout
admiré l'Exercice qu'ils ont
veu faire aux Moufquetaires ,
& ont dit , qu'ilfembloit qu'un
meſme reffort les faifoit agir
tous dans le mefme inftant , tant
leurs mouvemens avoient de juz
fteffe.L'Opera leur a auffi cau
fe beaucoup de furpriſe ; &
à peine a-t- on pû leur perfuader
qu'il n'y avoit point d'enchantement.
Le 3 de ce mois,
Juin 1685.
Dd
314 MERCURE
ils eurent leur Audience de
བ ༤ ས་
Congé du Roy, avec les mef
mes ceremonies qui avoient
efté obfervées à leur premiere
Audience. Le io . M ' de Bonneuil
porta à chacun
de la part de ce Monarque ,
les prefens qui fuivent.
à chacun d'eux ,
Une Boete à Portrait du
Roy , enrichie de diamans.
Une Tenture de Tapifle
rie des Gobelins , rehauffée
dor.
Une Pendule à repetition,
Une Horloge à Boëte d'or,
Une Montre à Boete d'or,
Un Fufil à double.canon,
1 .
GALANT. 315
orné de reliefs , & d'or de rapport.
Une paire de Pistolets
de mefme , le tout fort beau
3 & fort riche. Les Gens de
leurfuite eurent des Médail
les d'or & d'argent du Roy .
27 Le fecond Ambaffadeur
ayant receu le Portrait de
Sa Majefté , l'attacha à fon
Bonnet , & dit qu'il le porteroit
toutefavie , & ordonneroit àfa
Femme ,à fes Enfans mefme
à toute fa pofterite, dele porter
apréslugs
ນ
isLe &Gouverneur de Place
donr je vous aya pardėj zifut
Ddij
316 MERCURE
auffi honoré d'un Portrait du
Roy enrichy de Diamans , ce
qui luy fit demander, fi ce n'étoit
pas affez qu'il euft eu le plai
fir de voir ce Monarque,fans qu'il
L'accablaft encore de fes bien faits.
Ils partirent le lendemain ,
toûjours défrayez aux dépens
du Roy , & accompagnez
par M Torf, pour aller s'embarquer
à Dunquerque , &
paffer en Hollande , le Commerce
qui eft entre les Hol
landois , & les Sujets de leurs
Maiftres leur donnant lieu de
trouver facilement des Vail
feaux pour les conduire chez
La
"
GALANT. 317
=
eux. Ils ont efté receus par
tout où ils ont paffé avec les
honneurs deus à leur caraetere
, & on leur a fait dans
toutes les Villes les Prefens
accoûtumez. Le fecond Am
baffadeur dit , qu'il avoitfait
voeu en partant deſon Pays , de
donner cinq cens écus aux Pauores,
& que puis qu'il avoit cet
te fomme à diftribuer , il vouloit
la donner aux Sujets d'un Prin.
ce qui luy avoit fait du bien.
C'eft ce qu'il executa , ayant
fait des largeffes de cette
fomme depuis Paris jufques.
aDunquerque. Quelques
Dd iij
318 MERCURE
uns ont trouvé étrange que
ceux de leur Suite euffent
trafiqué icy de Pelleterie ,
mais ils ont accoûtumé de
le faire dans tous les lieux
où ils fe rencontrent , &
cela m'engage à vous faire
connoiftre par des remarques
affez curieuſes , que
c'est moins dans l'efprit de
trafiquer & de gagner qu'ils
font ce Commerce , que parce
que cette Pelleterie eft
pour ainfi dire leur argent,
La Siberie eftant un Pays
remply de Martes , & fous la
domination des Czars , on
GALANT. 219
+
condamne les Mofcovites qui
ont commis quelque faute,
à aller tuer des Martes dans
cette Province , comme l'on
condamne en France certains
Criminels à aller fervir fur les
Galeres. Ceux que l'on obli
ge à cette Chaffe, ſont diſtri
છે
buez
>
par cantons . Des Offic
ciers viennent
de temps en
temps pour enlever les Mari
tes & ceux qui en ont le
moins tué font feverement
punis . On aporte toutes ces
Martes au Trefor des Czars,
le Grand Treforier
y met le
prix , & l'on paye les Troupes
.
Dd iiij
320 MERCURE
རྒྱུན་ པ
& les Officiers des Grands
Ducs de Mofcovie, moitié de
ces peaux , & moitié d'une
petite monnoye de peu de
valeur , qui n'a cours qu'en
Mofcovie , & qui eft la feule
monnoye de cét Etat. On
peut connoiftre par là qu'il eſt
affez mal- aisé qu'ils portent
dans les Païs Etrangers ,
ils veulent faire des achats ,
autre chofe que ce qui leur
tient lieu d'argent . Ils vendent
ces Martes,& de l'argét qu'ils
en reçoivent , ils achetent les
chofes qui leur conviennent,
ou qui leur agréent le plus
Οι
GALANT: 321
Quelque grand debit qu'ils
en puiffent faire , il eſt rare
qu'ils emportent de l'argent,
puis qu'il n'auroit pas de
cours dans leur Païs.
Fermer
Résumé : Relation contenant tout ce qui s'est passé depuis que les Ambassadeurs de Moscovie sont arrivés en France, jusques à leur depart. [titre d'après la table]
En juin 1685, des ambassadeurs des Czars Pierre et Jean de Moscovie arrivèrent en France. Cette mission diplomatique avait été décidée par les jeunes Czars, influencés par les récentes séditions en Moscovie. Les ambassadeurs, Simeon Jerafieuvits Almazov et un haut fonctionnaire moscovite, furent accueillis à Calais par le gentilhomme Torf et arrivèrent à Saint-Denis le 12 mai. Ils furent reçus avec honneurs et eurent une audience avec le roi Louis XIV le 22 mai. Lors de cette audience, ils prononcèrent un discours en langue moscovite traduisant les salutations des Czars. Les ambassadeurs soulignèrent l'amitié historique entre leurs ancêtres et la monarchie française, exprimant le désir de la renforcer. Ils offrirent des présents somptueux, incluant des étoffes précieuses, des fourrures rares, un sabre orné et un oiseau de proie. Les ambassadeurs visitèrent également le château de Versailles, assistèrent à des démonstrations des Mousquetaires et à une représentation d'opéra. Lors de leur audience de congé, ils reçurent divers présents du roi, dont des boîtes à portraits enrichies de diamants et des armes ornées. Ils partirent ensuite pour la Hollande, distribuant des aumônes aux pauvres en chemin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 244-245
Election de 2 nouveaux Echevins. [titre d'après la table]
Début :
Vous sçavez, Madame, qu'on fait tous les ans deux nouveaux [...]
Mots clefs :
Échevins, Élection, Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Election de 2 nouveaux Echevins. [titre d'après la table]
Vous fçavez , Madame ,
qu'on fait tous les ans deux
nouveaux Echevins à Paris,
GALANT. 245
par Mef & qu'ils font élûs
fieurs de Ville. Je vous ay
déja mandé plufieurs fois, de
quelle maniere fe fait cette
élection . Ainfi c'eft un détail
où vous me difpenferez d'entrer
aujourd'huy.Sivous
voulez
vous en rafraifchir la memoire
, vous pouvez jetter
les yeux fur les Lettres dans
lefquelles je vous en ay par
lé les autres années.
qu'on fait tous les ans deux
nouveaux Echevins à Paris,
GALANT. 245
par Mef & qu'ils font élûs
fieurs de Ville. Je vous ay
déja mandé plufieurs fois, de
quelle maniere fe fait cette
élection . Ainfi c'eft un détail
où vous me difpenferez d'entrer
aujourd'huy.Sivous
voulez
vous en rafraifchir la memoire
, vous pouvez jetter
les yeux fur les Lettres dans
lefquelles je vous en ay par
lé les autres années.
Fermer
10
p. 245-252
Discours fait au Roy, par Mr le Févré d'Ormesson. [titre d'après la table]
Début :
Je vous diray seulement que le premier des deux Echevins / Sire, Vostre bonne Ville de Paris, en Vous presentant ses [...]
Mots clefs :
Discours, Sa Majesté, Paris, Magistrats, Actions, Bonté, Abondance, Libéralité, Règne, Éloges, Église, Exploits, Illustre, Mr d'Ormesson, Louanges, Serment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours fait au Roy, par Mr le Févré d'Ormesson. [titre d'après la table]
Je vous
diray feulement que le premier
des deux Echevins qui
ont efté élûs celle - cy , eft ·
M' Geoffroy , dont le Pere & .
le grand - Pere ont joüy de la
X
iij
246 MERCURE
mefme Dignité; & le fecond,
M' Gayot. Mile Févre d'Ormeffon
, Maiſtre des Requeftes
, & Neveu de M' le Prefident
de Fourcy Prevoft des
Marchands , les conduifit à
Verſailles le 19. du mois paffé
; il preſenta le Scrutin au
Roy , & fit à Sa Majeſté le
Difcours qui fuit .
IRE ,
S"
Vostre bonne Ville de Paris
, en Vous prefentant fes nouveaux
Magiftrats , trouve toû
jours de nouvelles actions de graces
à Vous rendre. Elle a fenty
GALANT. 247
pendant l'Hyver les effets de vo
tre Bonté & de vostre Prévoyan
ce paternelle. Ces bleds transpor
tez par les ordres de V. M. des
Parties de l'Europe les plus éloignées
, ont rendu l'abondance à
voftre Peuple , dans un temps où
Favarice du Marchand auroit pû
fe prévaloir de la neceffité pu
blique.
Paris voit encore les marques
de voftre Liberalité , dans l'embelliffement
de fes ramparts , où
tant de bras que l'indigence invitoit
au crime , font utilement occupez.
V. M. par une contrain.
te falutaire , faitfervir la partie
X
iiij
248 MERCURE
la plus inutile & la plus baffe
de fes Sujets à l'ornement de la
plus grande Ville du Monde, &r
aneantit par ce travail la pareffe
& la mendicité; fuccés que nous
n'aurions jamais osé efperer , ft
nous ne vivions fous un Regne
où les chofes autrefois eftimées
les plus impoffibles , deviennent
aisées dés qu'il plaift à V. M.
de les vouloir.
Que ne dirois-je point ſur ces
nouvelles marques de vostre magnificence
Royale , fi je n'estois
lié par le fang avec le premier
de vos Magiftrats, à quiV. M.
a confié la Direction de fes OnGALANT.
249
vrages publics ? Les justes Eloges
que l'on donne à vos grands Def-
Jeins , répandent toûjours quelque
éclatfur ceux qui les executent
; mais cependant , SIRE ,
dequoy puis-je mieux vous parler
au nom de vostre Ville Capitale,
que des graces que vous verſez
continuellement fur elle ? Oferoitelle
vousfairefouvenir de ces Vi
ctoires pleines de prodiges , que
vous avez remportées fur toute
l'Europe foulevée contre voftre
Entreprendroit - elle de Vous
feliciterfur le prompt fuccés avec
lequel Vous rappellez au fein de
l'Eglife tant de Peuples égarez ?
gloire?
250 MERCURE
Vous exprimeroit - elle les hautes
idées qu'elle a de cette Puiffance
invincible , laquelle aprés tant
d'exploits heroïques , vient encore
deforcer la plus fuperbe Vil
le de l'Italie , à mettre à vos
pieds
les marques de fa Puiſſance fouveraine
, & àrecevoir la Loy
que V. M. a voulu luy impofer ?
reprefenteroit-elle les Coftes
de l'Afrique en feu , les aziles
des Pirates reduits en cendre , les
Barbares dépoüillez d'une infinité
d'Efclaves qu'ils retenoient depuis
fi long- temps dans leurs fers.
Non , SIRE , ce font des
évenemens trop grands & trop
Vous
GALANT 251
illuftrespour n'eftre touchez qu'en
paffant ; & quand Paris voudroit
entreprendre de les publier,
comment pourrois-je répondre à
fon zele , moy qui ne puis trouver
d'expreffions pour vous marquer,
SIRE , la reconnoiffance infinie
dont je fuis pénerré , quand je
penfe à la grace que j'ay receuë
de V. M. grace que je tacheray
de meriter dans tous les momens
de ma vie , par une application
infatigable à vous continuer les
fervices de mes Peres , dans la
Charge dont V. M. m'a honoré,
me confiderant deformais comme
un Sujet qui Vous doit, SIRE,
252 MERCURE
tout ce qu'il eft , & qui ne peut
rien estre que par les Bontez de
Voftre Majesté.
Aprés que M' d'Ormeſſon
eut prononcé ce Difcours ,
qui luy attira beaucoup de
louanges, les deux nouveaux
Echevins preterent
le Serment
accoûtumé..
diray feulement que le premier
des deux Echevins qui
ont efté élûs celle - cy , eft ·
M' Geoffroy , dont le Pere & .
le grand - Pere ont joüy de la
X
iij
246 MERCURE
mefme Dignité; & le fecond,
M' Gayot. Mile Févre d'Ormeffon
, Maiſtre des Requeftes
, & Neveu de M' le Prefident
de Fourcy Prevoft des
Marchands , les conduifit à
Verſailles le 19. du mois paffé
; il preſenta le Scrutin au
Roy , & fit à Sa Majeſté le
Difcours qui fuit .
IRE ,
S"
Vostre bonne Ville de Paris
, en Vous prefentant fes nouveaux
Magiftrats , trouve toû
jours de nouvelles actions de graces
à Vous rendre. Elle a fenty
GALANT. 247
pendant l'Hyver les effets de vo
tre Bonté & de vostre Prévoyan
ce paternelle. Ces bleds transpor
tez par les ordres de V. M. des
Parties de l'Europe les plus éloignées
, ont rendu l'abondance à
voftre Peuple , dans un temps où
Favarice du Marchand auroit pû
fe prévaloir de la neceffité pu
blique.
Paris voit encore les marques
de voftre Liberalité , dans l'embelliffement
de fes ramparts , où
tant de bras que l'indigence invitoit
au crime , font utilement occupez.
V. M. par une contrain.
te falutaire , faitfervir la partie
X
iiij
248 MERCURE
la plus inutile & la plus baffe
de fes Sujets à l'ornement de la
plus grande Ville du Monde, &r
aneantit par ce travail la pareffe
& la mendicité; fuccés que nous
n'aurions jamais osé efperer , ft
nous ne vivions fous un Regne
où les chofes autrefois eftimées
les plus impoffibles , deviennent
aisées dés qu'il plaift à V. M.
de les vouloir.
Que ne dirois-je point ſur ces
nouvelles marques de vostre magnificence
Royale , fi je n'estois
lié par le fang avec le premier
de vos Magiftrats, à quiV. M.
a confié la Direction de fes OnGALANT.
249
vrages publics ? Les justes Eloges
que l'on donne à vos grands Def-
Jeins , répandent toûjours quelque
éclatfur ceux qui les executent
; mais cependant , SIRE ,
dequoy puis-je mieux vous parler
au nom de vostre Ville Capitale,
que des graces que vous verſez
continuellement fur elle ? Oferoitelle
vousfairefouvenir de ces Vi
ctoires pleines de prodiges , que
vous avez remportées fur toute
l'Europe foulevée contre voftre
Entreprendroit - elle de Vous
feliciterfur le prompt fuccés avec
lequel Vous rappellez au fein de
l'Eglife tant de Peuples égarez ?
gloire?
250 MERCURE
Vous exprimeroit - elle les hautes
idées qu'elle a de cette Puiffance
invincible , laquelle aprés tant
d'exploits heroïques , vient encore
deforcer la plus fuperbe Vil
le de l'Italie , à mettre à vos
pieds
les marques de fa Puiſſance fouveraine
, & àrecevoir la Loy
que V. M. a voulu luy impofer ?
reprefenteroit-elle les Coftes
de l'Afrique en feu , les aziles
des Pirates reduits en cendre , les
Barbares dépoüillez d'une infinité
d'Efclaves qu'ils retenoient depuis
fi long- temps dans leurs fers.
Non , SIRE , ce font des
évenemens trop grands & trop
Vous
GALANT 251
illuftrespour n'eftre touchez qu'en
paffant ; & quand Paris voudroit
entreprendre de les publier,
comment pourrois-je répondre à
fon zele , moy qui ne puis trouver
d'expreffions pour vous marquer,
SIRE , la reconnoiffance infinie
dont je fuis pénerré , quand je
penfe à la grace que j'ay receuë
de V. M. grace que je tacheray
de meriter dans tous les momens
de ma vie , par une application
infatigable à vous continuer les
fervices de mes Peres , dans la
Charge dont V. M. m'a honoré,
me confiderant deformais comme
un Sujet qui Vous doit, SIRE,
252 MERCURE
tout ce qu'il eft , & qui ne peut
rien estre que par les Bontez de
Voftre Majesté.
Aprés que M' d'Ormeſſon
eut prononcé ce Difcours ,
qui luy attira beaucoup de
louanges, les deux nouveaux
Echevins preterent
le Serment
accoûtumé..
Fermer
Résumé : Discours fait au Roy, par Mr le Févré d'Ormesson. [titre d'après la table]
Le texte décrit l'élection de deux échevins à Paris, M. Geoffroy et M. Gayot. Maître Février d'Ormesson, Maistre des Requêtes et neveu du Président de Fourcy, les accompagna à Versailles le 19 du mois précédent pour soumettre le scrutin au roi. Il prononça un discours en l'honneur du roi, mettant en avant les bienfaits royaux envers Paris, tels que l'approvisionnement en blé malgré la pénurie et l'emploi des indigents pour l'embellissement des remparts. Le discours évoqua également les victoires militaires du roi en Europe et la soumission de villes italiennes. Maître d'Ormesson exprima sa gratitude pour la charge qui lui avait été confiée et son engagement à servir le roi. Après le discours, les deux échevins prêtèrent serment.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
11
p. 265-295
Articles concernant tout ce qui s'est passé touchant les affaires de la Religion, & les Conversions depuis le mois dernier. [titre d'après la table]
Début :
Vous m'avez paru si satisfaite de ce que je vous ay [...]
Mots clefs :
Conversions, Hérésie, Religion prétendue réformée, Abjurations, Arrêts du conseil, Procès, Nouveaux convertis, Roi, Tuteurs, Déclaration, Erreurs, Calvin, Famille, Religion catholique, Paris, Provinces
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Articles concernant tout ce qui s'est passé touchant les affaires de la Religion, & les Conversions depuis le mois dernier. [titre d'après la table]
Vous m'avez paru fi fatisfaite
de ce que je vous ay
mandé dans ma derniere
Lettre , fur ce qui regarde la
Religion ; vous y avez veu
un fi grand nombre de Converfions
faites de bonne foy
par des perfonnes d'efprit ,
dont les lumieres en ont entrainé
d'autres , & mefme des
Villes ențieres , que je ne
Novembre 1685. Ꮓ
266 MERCURE
doute point que vous n'at
tendiez que je vous apprenne
aujourd'huy , que cette
Affaire , la plus importante
qui ait jamais eſté entrepriſe,
eft tout à fait confommée .
Elle eft dans des termes qui
donnent lieu de le croire ;
mais quoy que j'aye autant
de chofes à vous en dire que
le mois paffé , il me fera impoffible
de le faire , à cauſe
des grands Articles qui rempliffent
déja ma Lettre ; &
que quand elle feroit moins
avancée , il ne me reſteroit
pas encore affez de place
GALANT. 267
pour vous dire tout ce que
l'on m'a écrit fur cette matiere.
Ma premiere Lettre fuplera
à ce queje feray obligé
de referver. Depuis ma derniere
, on a publié trois Arrefts
du Confeil d'Etat du
Roy.
que
Le premier porte , Que les
Gentilshommes nouvellement convertis
à la Religion Catholique ,
reprendront dans les Eglifes les
meſmes Places Leurs Anceftres
y avoient avant qu'ils fe
fuffent laiffez infecter de l'Herefiey
jouiront de tous les
honneurs que Le changement de
Zij
268 MERCURE
Religion leur ont fait perdre , en
-forte que ceux qui s'en font mis en
poffeffion depuis ce temps - là , ſeront
obligez de les leurceder. Čet
Arreft eft tout remply de
prudence , puifqu'il épargne
toutes les Conteſtations &
les Procez qui pourroient
naître à l'égarddes marques
d'honneur, dont les Gentilshommes
'fe font toûjours
montrez fort jaloux .. Il eſt
bon d'ailleurs que les nouveaux
Convertis rentrant
dans leurs Droits , ayent la
fatisfaction pendant le Service
Divin, de fe voir placez
GALANT. * 269
en lieu d'où ils puiffent bien.
voir & entendre tout ce qui
concerne une Religion dans
laquelle ils peuvent n'eftre
pas encore entierement af
fermis. Cependant comme
le Roy eft fort jufte , & que
les perfonnes qui ont occupé
ces Places , & jouy de ces
honneurs , pendant que les
Gentilshommes qui viennent
de faire Abjuration , ont
profeffé la Religion Pretendue
Reformée, peuvent avoir
acquis quelque titre qui leur
donne droit de les conferver,
Sa Majesté les laiffe en pou-
:
Z.iij
270 MERCURE
voir d'agir par les voyes ordinaires
de la Juftice.
dé-
Le ſecond Arreſt porte
fenfes à tous Avocats , faifant
actuellement profeffion de la Re
ligion Pretendue Reformée , de
faire aucunes fonctions & Avocar
quelque Cour & Jurifdiction
que ce puiffe eftre. Sa Majefté
par fa Declaration du 11. Juilfet
dernier, avoit déja ordonné
qu'il ne feroit plus receu
aucun Avocat Religionnaire
; & ayant reconnu depuis
la publication du dernier Edit
, qui interdit dans tout le
Royaume l'Exercice de lac
GALANT. 271
Religion Pretenduë Reformée
, qu'il eftoit d'une dangereufe
confequence de laiffer
continuer les fonctions
d'Avocats à ceux qui étoient
déja receus , à caufe de l'abus
qu'ils pourroient faire du
credit que leur donne leur
profeffion fur ceux des Prétendus
Reformez qui leur
confient leurs Affaires , &
que
fe fervant contre eux
de leur confiance
, ils pourroient
les empeſcher de ſe
convertir , Elle a voulu y
7
pourvoir par l'Arreſt dont
je vous parle. Vous en voyez
Z iiij
272 MERCURE
les raifons , & elles vous pa
roiftront fans doute une fuite
de cette fageffe qui ne fe
dément jamais .
Letroifiéme eft uneInterpretation
de l'Arreſt du Confeil
d'Eftat , rendu le 18. Novembre
1680. par lequel le
Roy avoit accordé une furfeance
aux Marchands nouvellement
convertis . Sa Majeſté
ayant efté avertie qu'ils
pretendent fe fervir en tou
tes fortes d'Affaires du Penefice
qui leur a efté accordé,
& particulierementen celles
qui regarde leur Commerce
GALANT. 273
avec les Etrangers , ce qui
porteroit un préjudice notable
à celuy de fes Sujets , Elle
la
furfeance por- a ordonné
que
tée
par l'Arreft de r680. n'aura
& aucun lieu pour les Lettres
Billets de Change , ny pour les
affaires que les Marchands negotians
& Commiffaires Frangois
pourroient avoir avec les
Etrangers pour raison de leur
Commerce. Cette prévoyance
de Sa Majefté prévient quan
tite d'abus & de defordres ,
& marque la bonté qu'Elle a
pour les Etrangers
.
Il y a eu auffi deux Decla
274 MERCURE
rations du Roy , qui ont efte
enregistrées au Parlement le
17. de ce mois. L'une porte,
Qu'il nefera donné pour Tuteurs,
Subrogé- Tuteurs ou Curateurs
aux Enfans dont les Peres ou Meres
font morts on mourront de la
Religion Pretenduë Reformée ,
des perfonnes de la Religion
Catholique , pour avoir foin de
leur éducation & de leurs biens..
Sa Majesté toûjours équitable
& toûjours prudente , remedie
par là à de grands abus..
En effet , les Tuteurs Religionnaires
fe fervant de la
puiffance que cette qualité
que
GALANT. 275
leur donnoit fur leurs Pupilles,
les traitoient feverement
lors qu'ils témoignoiết queldeffein
de fe convertir ,
que
& leur refufoient mefme les
chofes les plus neceffaires
fous pretexte que l'eftat des
<
biens ou desaffaires de la fuci
ceffion de leurs Peres & Meres
ne permettoit pas qu'on
les élevaft fuiuant leur condition
. On a découvert auffr
que quelques -uns de ces Pu
pilles, n'ayant pas laiffé malgré
ces chagrins , d'abjurer
une Religion dans laquelle
ils ettoient perfuadez qu'ils
276 MERCURE
ne pouvoient
faire leur fa-
Fut , leurs Tuteurs en haine
de ce changement
, ont tellement
embaraffé leurs affai →
res , qu'ils en ont receu de
grands préjudices
lors qu'ils
ont eftéMajeurs
. Il étoit tresimportant
de remedier à ces
defordres , & c'eft ce que Sa
Majefté a fait par cette premiere
Declaration .
La feconde ordonne , Que
fi quelques Religionnaires fortent
du Royaume fans permiſſion , &
en dérobent la connoiſſance aux
Iuges ordinaires des Lieux , ceux
qui les découvriront ou dénonce
GALANT. 277
F
ront ,feront mis en poffeffion de la
moitié des fonds qu'ils auront dénoncez
dans les Pays où la Confifcation
a lieu; & que dans ceux
où elle n'eft pas receuë , la moitié
des fruits & revenus des biens
qu'ils découvriront leur fera donnée
, fans qu'on ait égard à ce qui
pourroit eftre opposé de lapart des
Parens & Heritiers de ceux des
Religionnaires qui fe ſeront ainſi
retirez. Cette Declaration remedie
à la negligence des
-Juges des Lieux , qui n'apportant
pas affez de foin pour
proceder contre les Pretendus
Reformez qui s'écha
278 MERCURE
pent du Royaume , font caufe
qu'ils continuent à joüir
des biens qu'ils y ont laif
fez ,foit au moyen des Contrats
de ventes , Ceffions ou
Tranſports fimulez faits au
profit de leurs Parens & Amis
, foit par
d'autres voyes
cachées . Un peu de rigueur
apparente pour ramener les
trop
faire
opiniaftres , eft avantageufe
à ceux à qui elle femble
nuire , & l'on ne fçauroit
pour les intereſts
de la vraye Religion .
Quoy que j'aye encore
à vous parler de Villes entieGALANT.
279
res converties , & que de fi
grands effets de la Grace &
des foins du Roy , duffent
me faire confondre les particuliers
avec la multitude ,
il y en a neanmoins beaucoup
qui doivent eſtre tirez
de la foule , & qui s'eftant
diſtinguez meritent de l'eftre
dans toutes les occafions
où leur exemple peut contribuer
au falut de leur prochain.
Mr Chardon fameux
Avocat eft de ce nombre.
S'il s'eft converty des derniers,
c'est parce qu'il a voulu
eftre fi bien éclaircy de la
28 > MERCURE
Religion qu'il fongeoit à
embraffer
> qu'il ne luy
reftaft aucun fcrupule. Il avouë
qu'eftant né dans une Religion
tolerée , ily eftoir demeuré;
fans avoir eu le temps juſqu'icy
den approfondir les erreurs ; mais
que lors qu'il y avoit fait refle
xion , il avoit fenty qu'une Religion
fi nouvelle ne pouvoit eftre
la veritable, & qu'il n'avoit pú
douter qu'elle n'euft le fort de ceuxe
qui ayant fait des fortunes trop
prodigieufes , fe trouvent élevez
fibaut , qu'il eftprefque impoffible
qu'ils ne retombent dans le
neant d'où ils font fortis. DeGALANT.
281
puis que ce celebre Avocat
a fait Abjuration , il a plaidé
la caufe de Dieu en plufieurs
endroits où il s'eft trouvé avec
desPretendus Reformez,
& leur a fait connoiftre qu'il
ne s'eſtoit converty qu'aprés
avoir examiné à loifir & ,
meurement tout ce qui regardoit
l'une & l'autre Religion
, & que s'il n'cuft pas
efté pleinement convaincu
des erreurs de celle de Calvin
, rien au monde n'auroit
efté capable de l'engager à
s'en feparer.
Nous avons encore eu icy
Aa Novembre 1685.
282 MERCURE
*
une Converfion qui a fait
beaucoupdebruit, & qui
fuivie de quantité d'autres.
a eſté
C'eft celle de M'Foreftier na
tifde Montpellier, qui ayant
eft en Hollande dés l'âge de
fix ans y fut élevé, & employé
par les Etats Generaux , premierement
auprés de M'le
Marquis de Monpoüillan ,
Lieutenant General de leur
Cavallerie; il eftoit auprésde
luy en qualité de Miniſtre
& il eut cette mefme qualité
auprés de leurs Ambaffadeurs
à
Conftantinople & à
Smirne, & en dernier lieu auGALANT.
283
prés de l'Ambaffadeur qu'ils
ont aujourd'huy en France.
Il a fait Abjuration entre les
mains de M' l'Archevefque
de Paris , & a proteſté qu'à
l'avenir , il confacreroit fa
vie au fervice de l'Eglife Romaine.
Quelques gens cha
grins de ce changement , &
qui d'ailleurs n'eftoient pas
trop fatisfaits de ce qu'il pe
netroit dans leur conduite
plus qu'il n'auroiết fouhaité,
F'ont accufé de quelques def
ordres afin de noircir la Con
verfion ; mais malgré tout
ce qu'on a pû faire , la verité
Aa ij
284 MERCURE
a efté connue , & il n'a aucun
befoin que je juftifie
fon innocence.
. LeLe 15. de ce mois , M¹ Frizes
, quia efté Receveur General
pour Sa Majefté dans
la Generalité de Montpellier,
fit Abjuration avec toute fa
Famille & les Domestiques
.
entre les maius de Mr l'Archevefque
de Paris . Il def
cend de feu Meffire Simeon
Frizes , Baron de Sauve en
Languedoc , qui fut Secretaire
d'Etat & des Comman
demens , fous les Regnes de
Charles IX. Henry III. &
GALANT. 285.
I Henry IV. Sa Converfion
qui s'eft faire en prefence de
quantité de perſonnes de
qualité & de merite , a efté
d'une grande édification , &
doit fervir d'autant plus
perfuader les plus obſtinez,
que M ' Frizes eftoit un des
vingt - quatre Anciens du
Confiftoire de Charenton. Il
avoit toûjours paru des plus
zelez pour la Religion de
Calvin , & il n'a épargné
aucuns efforts pour la foûtenir
tant qu'il la crue
bonne .
Dáns le temps que le Tom
286 MERCURE
beau du Marefchal de Gafſion
s'eſt trouvé enfevely
fous les raynes de Charenton
, la derniere perfonne de
ce nom a fait Abjuration de
l'Herefie entre les mains du
Pere Robinet Jefuite. Elle eft
du Diocefe de Bourges, Veuve
de Meffire Frederic Henry
de Gaffion , & s'appelle
Sufanne Durand . Elle ne s'eft
convertie qu'aprés s'eftre
fait inftruire pendant une
année entiere , & ayoir ellemefme
verifié tous les Paffages
de l'Ecriture , qui pouvoient
fervir à la détromper.
GALANT. 287
Mr & Madame la Marqui
fe de Loftange ont fait la
mefme chofe, & s'y font ſentis
tellement pouffez par la
verité de la Religion Catholique
, que l'Edit de Nantes
n'eftoit pas encore revoqué
lors qu'ils fe font convertis .
Le bruit que fit il y a un
an l'Abjuration de M d'Arbaut
, Gentilhomme
de Nifmes
de l'Academie Royale
d'Arlus , m'oblige à vous informer
des fuites qu'elle a
euës à l'égard de Mademoifelle
d'Arbaut fa Fille. C'eft
une jeune perfonne qui a un
288 MERCURE
merite & des qualitez auffi
diftinguées qu'il y en ait par
my celles de fon fexe qui
font estimées les plus accom
plies. Ce digne Pere , qui avoit
paffé dans les plus confiderables
Emplois dont ceux
de la R. P. R. favorifent les
plus zelez de leur Secte , &
qui ayant d'ailleurs des talens
extraordinaires , s'eftoit
toû ours trouvé dans les Af
faires les plus importantes &
les plus fecretes de cette
Religion , fut enfin aſſez
heureux pour eftre defabu
fé de fes erreurs par les forns
de
GALANT. 289
deM ' l'Evefque deMirepoix.
fon Abjuration
Il
s'attira par
l'eftime
des Etats de Languedoc
qui luy en marquerent
une extrême
joye ; mais
dans
ce bonheur
il eut le
chagrin
de ſe voir abandonné
de Madame
d'Arbaut
fa
Femme
, qui le quitta
avec
ſept ou huit de ſes Enfans
,
& ne luy laiffa
que Mademoiſelle
d'Arbaut
fa Fille
aifnée
, que fa prudence
&
d'autres
raifons
retinrent
auprés
de luy, fans qu'elle
donnaft
aucun
fujet
d'efperer
qu'on
puft luy rendre
fuf-
Bb
Novembre 1685.
290 MERCURE
pectes les Maximes de Calvin
, dans lesquelles elle paroiffoit
entierement invinci
ble. Une opiniâtreté
ſi peu
commune dans une jeune
perfonne , qui avoit devant
les yeux l'exemple d'un Pere
fçavant & habile , étonnoit
tous ceux qui tâchoient de
la combattre. Elle dura une
année , mais enfin M' d'Arbaut
, aprés des foins & des
remontraces inutiles , l'ayant
fait réfoudre de paffer quelques
jours à Arles auprés de
Madame l'Abbeffe de Saint
Cefaire , Soeur de M' Rofe ,
GALANT. 291
pendant qu'il alloit ailleurs
pour quelques affaires , on
gagna fur fon efprit , qui
eft d'une étendue , d'une délicateffe
, & d'une force admirable
, qu'elle entreroit
dans des converfations
aifées
, & fans contrainte , avec
quelque fçavant Ecclefiaftique
qu'elle choifiroit.
pour s'inftruire des veritez
de la Religion Catholique
.
Le Pere Theophile , qui a efté
Provincial des Carmes déchauffez
, tres habile Theologien
& Predicateur
, ayant
efté prié de la voir , luy fit fi
Bb ij
292 MERCURE
bien connoiftre l'erreur où
fa naiſſance l'avoit engagée,
qu'aprés plufieurs Conferen
ces fe fentant entierement
convaincuë , elle confentit à
faire Abjuration , & le fit
fçavoir à M' l'Archevefque
d'Arles. Il en eut une joye
qu'il feroit difficile d'exprimer
, & malgré fon âge extremément
avancé, il voulut
faire luy-même les Ceremonie
de cette Abjuration . Elles
furent faites la veille de
la Touffaints dans laChapelle
de fon Palais , qui quoy que
fort grande , ſe trouva toute
GALANT. 293
remplie d'un concours extraordinaire
de Perfonnes de
qualité. Ce Prelat reveſtu de
fes habits Pontificaux fit un
Difcours fi touchant , & fi
plein de force & d'érudition ,
& l'accompagna d'une fi
grande effufion de larmes
de tendreffe , qu'il fut impoffible
à toute la Compagnie
de s'empefcher d'en verfer.
Cette jeune Demoiſelle s'acquitta
de cette action d'une
maniere toute édifiante , &
fit fa Profeffion de Foy,avec
un zele qui ne laiffa point
douter qu'elle ne fuſt veri-
Bb iij
294 MERCURE
tablement penetrée des veritez
Catholiques .
Páris fuit l'exemple des
Provinces , & on y voit tous
les jours des Converfions
fans nombre. Il ne manquoit
aux Heretiques que d'écou
ter ce que leurs Miniftres
apprehendoient qu'on ne
leur expliquaft trop clairement,
parce qu'ils fçavoient
que la verité leur feroit bientoft
connuë. Jugez combien
ils doivent aux bontez du
Roy , qui les ayant mis en
quelque forte d'obligation
de fe faire inftruire , les a mis
GALANT, 295
en mefme temps dans la
voye du Salut. En effet la
plufpart avoüent qu'ils y feroient
entrez bien plûtoft ,
fi on ne les avoit pas dé
tournez d'entendre la verité
qu'ils reconnoiffent preſentement.
J'apprens que M' Amproux
Confeiller au Parlement de
Paris , furprit agreablement
tous ceux de fa Compagnie
en entrant parmy eux com~
meCatholique,le jour qu'on
fit la Mercuriale.
de ce que je vous ay
mandé dans ma derniere
Lettre , fur ce qui regarde la
Religion ; vous y avez veu
un fi grand nombre de Converfions
faites de bonne foy
par des perfonnes d'efprit ,
dont les lumieres en ont entrainé
d'autres , & mefme des
Villes ențieres , que je ne
Novembre 1685. Ꮓ
266 MERCURE
doute point que vous n'at
tendiez que je vous apprenne
aujourd'huy , que cette
Affaire , la plus importante
qui ait jamais eſté entrepriſe,
eft tout à fait confommée .
Elle eft dans des termes qui
donnent lieu de le croire ;
mais quoy que j'aye autant
de chofes à vous en dire que
le mois paffé , il me fera impoffible
de le faire , à cauſe
des grands Articles qui rempliffent
déja ma Lettre ; &
que quand elle feroit moins
avancée , il ne me reſteroit
pas encore affez de place
GALANT. 267
pour vous dire tout ce que
l'on m'a écrit fur cette matiere.
Ma premiere Lettre fuplera
à ce queje feray obligé
de referver. Depuis ma derniere
, on a publié trois Arrefts
du Confeil d'Etat du
Roy.
que
Le premier porte , Que les
Gentilshommes nouvellement convertis
à la Religion Catholique ,
reprendront dans les Eglifes les
meſmes Places Leurs Anceftres
y avoient avant qu'ils fe
fuffent laiffez infecter de l'Herefiey
jouiront de tous les
honneurs que Le changement de
Zij
268 MERCURE
Religion leur ont fait perdre , en
-forte que ceux qui s'en font mis en
poffeffion depuis ce temps - là , ſeront
obligez de les leurceder. Čet
Arreft eft tout remply de
prudence , puifqu'il épargne
toutes les Conteſtations &
les Procez qui pourroient
naître à l'égarddes marques
d'honneur, dont les Gentilshommes
'fe font toûjours
montrez fort jaloux .. Il eſt
bon d'ailleurs que les nouveaux
Convertis rentrant
dans leurs Droits , ayent la
fatisfaction pendant le Service
Divin, de fe voir placez
GALANT. * 269
en lieu d'où ils puiffent bien.
voir & entendre tout ce qui
concerne une Religion dans
laquelle ils peuvent n'eftre
pas encore entierement af
fermis. Cependant comme
le Roy eft fort jufte , & que
les perfonnes qui ont occupé
ces Places , & jouy de ces
honneurs , pendant que les
Gentilshommes qui viennent
de faire Abjuration , ont
profeffé la Religion Pretendue
Reformée, peuvent avoir
acquis quelque titre qui leur
donne droit de les conferver,
Sa Majesté les laiffe en pou-
:
Z.iij
270 MERCURE
voir d'agir par les voyes ordinaires
de la Juftice.
dé-
Le ſecond Arreſt porte
fenfes à tous Avocats , faifant
actuellement profeffion de la Re
ligion Pretendue Reformée , de
faire aucunes fonctions & Avocar
quelque Cour & Jurifdiction
que ce puiffe eftre. Sa Majefté
par fa Declaration du 11. Juilfet
dernier, avoit déja ordonné
qu'il ne feroit plus receu
aucun Avocat Religionnaire
; & ayant reconnu depuis
la publication du dernier Edit
, qui interdit dans tout le
Royaume l'Exercice de lac
GALANT. 271
Religion Pretenduë Reformée
, qu'il eftoit d'une dangereufe
confequence de laiffer
continuer les fonctions
d'Avocats à ceux qui étoient
déja receus , à caufe de l'abus
qu'ils pourroient faire du
credit que leur donne leur
profeffion fur ceux des Prétendus
Reformez qui leur
confient leurs Affaires , &
que
fe fervant contre eux
de leur confiance
, ils pourroient
les empeſcher de ſe
convertir , Elle a voulu y
7
pourvoir par l'Arreſt dont
je vous parle. Vous en voyez
Z iiij
272 MERCURE
les raifons , & elles vous pa
roiftront fans doute une fuite
de cette fageffe qui ne fe
dément jamais .
Letroifiéme eft uneInterpretation
de l'Arreſt du Confeil
d'Eftat , rendu le 18. Novembre
1680. par lequel le
Roy avoit accordé une furfeance
aux Marchands nouvellement
convertis . Sa Majeſté
ayant efté avertie qu'ils
pretendent fe fervir en tou
tes fortes d'Affaires du Penefice
qui leur a efté accordé,
& particulierementen celles
qui regarde leur Commerce
GALANT. 273
avec les Etrangers , ce qui
porteroit un préjudice notable
à celuy de fes Sujets , Elle
la
furfeance por- a ordonné
que
tée
par l'Arreft de r680. n'aura
& aucun lieu pour les Lettres
Billets de Change , ny pour les
affaires que les Marchands negotians
& Commiffaires Frangois
pourroient avoir avec les
Etrangers pour raison de leur
Commerce. Cette prévoyance
de Sa Majefté prévient quan
tite d'abus & de defordres ,
& marque la bonté qu'Elle a
pour les Etrangers
.
Il y a eu auffi deux Decla
274 MERCURE
rations du Roy , qui ont efte
enregistrées au Parlement le
17. de ce mois. L'une porte,
Qu'il nefera donné pour Tuteurs,
Subrogé- Tuteurs ou Curateurs
aux Enfans dont les Peres ou Meres
font morts on mourront de la
Religion Pretenduë Reformée ,
des perfonnes de la Religion
Catholique , pour avoir foin de
leur éducation & de leurs biens..
Sa Majesté toûjours équitable
& toûjours prudente , remedie
par là à de grands abus..
En effet , les Tuteurs Religionnaires
fe fervant de la
puiffance que cette qualité
que
GALANT. 275
leur donnoit fur leurs Pupilles,
les traitoient feverement
lors qu'ils témoignoiết queldeffein
de fe convertir ,
que
& leur refufoient mefme les
chofes les plus neceffaires
fous pretexte que l'eftat des
<
biens ou desaffaires de la fuci
ceffion de leurs Peres & Meres
ne permettoit pas qu'on
les élevaft fuiuant leur condition
. On a découvert auffr
que quelques -uns de ces Pu
pilles, n'ayant pas laiffé malgré
ces chagrins , d'abjurer
une Religion dans laquelle
ils ettoient perfuadez qu'ils
276 MERCURE
ne pouvoient
faire leur fa-
Fut , leurs Tuteurs en haine
de ce changement
, ont tellement
embaraffé leurs affai →
res , qu'ils en ont receu de
grands préjudices
lors qu'ils
ont eftéMajeurs
. Il étoit tresimportant
de remedier à ces
defordres , & c'eft ce que Sa
Majefté a fait par cette premiere
Declaration .
La feconde ordonne , Que
fi quelques Religionnaires fortent
du Royaume fans permiſſion , &
en dérobent la connoiſſance aux
Iuges ordinaires des Lieux , ceux
qui les découvriront ou dénonce
GALANT. 277
F
ront ,feront mis en poffeffion de la
moitié des fonds qu'ils auront dénoncez
dans les Pays où la Confifcation
a lieu; & que dans ceux
où elle n'eft pas receuë , la moitié
des fruits & revenus des biens
qu'ils découvriront leur fera donnée
, fans qu'on ait égard à ce qui
pourroit eftre opposé de lapart des
Parens & Heritiers de ceux des
Religionnaires qui fe ſeront ainſi
retirez. Cette Declaration remedie
à la negligence des
-Juges des Lieux , qui n'apportant
pas affez de foin pour
proceder contre les Pretendus
Reformez qui s'écha
278 MERCURE
pent du Royaume , font caufe
qu'ils continuent à joüir
des biens qu'ils y ont laif
fez ,foit au moyen des Contrats
de ventes , Ceffions ou
Tranſports fimulez faits au
profit de leurs Parens & Amis
, foit par
d'autres voyes
cachées . Un peu de rigueur
apparente pour ramener les
trop
faire
opiniaftres , eft avantageufe
à ceux à qui elle femble
nuire , & l'on ne fçauroit
pour les intereſts
de la vraye Religion .
Quoy que j'aye encore
à vous parler de Villes entieGALANT.
279
res converties , & que de fi
grands effets de la Grace &
des foins du Roy , duffent
me faire confondre les particuliers
avec la multitude ,
il y en a neanmoins beaucoup
qui doivent eſtre tirez
de la foule , & qui s'eftant
diſtinguez meritent de l'eftre
dans toutes les occafions
où leur exemple peut contribuer
au falut de leur prochain.
Mr Chardon fameux
Avocat eft de ce nombre.
S'il s'eft converty des derniers,
c'est parce qu'il a voulu
eftre fi bien éclaircy de la
28 > MERCURE
Religion qu'il fongeoit à
embraffer
> qu'il ne luy
reftaft aucun fcrupule. Il avouë
qu'eftant né dans une Religion
tolerée , ily eftoir demeuré;
fans avoir eu le temps juſqu'icy
den approfondir les erreurs ; mais
que lors qu'il y avoit fait refle
xion , il avoit fenty qu'une Religion
fi nouvelle ne pouvoit eftre
la veritable, & qu'il n'avoit pú
douter qu'elle n'euft le fort de ceuxe
qui ayant fait des fortunes trop
prodigieufes , fe trouvent élevez
fibaut , qu'il eftprefque impoffible
qu'ils ne retombent dans le
neant d'où ils font fortis. DeGALANT.
281
puis que ce celebre Avocat
a fait Abjuration , il a plaidé
la caufe de Dieu en plufieurs
endroits où il s'eft trouvé avec
desPretendus Reformez,
& leur a fait connoiftre qu'il
ne s'eſtoit converty qu'aprés
avoir examiné à loifir & ,
meurement tout ce qui regardoit
l'une & l'autre Religion
, & que s'il n'cuft pas
efté pleinement convaincu
des erreurs de celle de Calvin
, rien au monde n'auroit
efté capable de l'engager à
s'en feparer.
Nous avons encore eu icy
Aa Novembre 1685.
282 MERCURE
*
une Converfion qui a fait
beaucoupdebruit, & qui
fuivie de quantité d'autres.
a eſté
C'eft celle de M'Foreftier na
tifde Montpellier, qui ayant
eft en Hollande dés l'âge de
fix ans y fut élevé, & employé
par les Etats Generaux , premierement
auprés de M'le
Marquis de Monpoüillan ,
Lieutenant General de leur
Cavallerie; il eftoit auprésde
luy en qualité de Miniſtre
& il eut cette mefme qualité
auprés de leurs Ambaffadeurs
à
Conftantinople & à
Smirne, & en dernier lieu auGALANT.
283
prés de l'Ambaffadeur qu'ils
ont aujourd'huy en France.
Il a fait Abjuration entre les
mains de M' l'Archevefque
de Paris , & a proteſté qu'à
l'avenir , il confacreroit fa
vie au fervice de l'Eglife Romaine.
Quelques gens cha
grins de ce changement , &
qui d'ailleurs n'eftoient pas
trop fatisfaits de ce qu'il pe
netroit dans leur conduite
plus qu'il n'auroiết fouhaité,
F'ont accufé de quelques def
ordres afin de noircir la Con
verfion ; mais malgré tout
ce qu'on a pû faire , la verité
Aa ij
284 MERCURE
a efté connue , & il n'a aucun
befoin que je juftifie
fon innocence.
. LeLe 15. de ce mois , M¹ Frizes
, quia efté Receveur General
pour Sa Majefté dans
la Generalité de Montpellier,
fit Abjuration avec toute fa
Famille & les Domestiques
.
entre les maius de Mr l'Archevefque
de Paris . Il def
cend de feu Meffire Simeon
Frizes , Baron de Sauve en
Languedoc , qui fut Secretaire
d'Etat & des Comman
demens , fous les Regnes de
Charles IX. Henry III. &
GALANT. 285.
I Henry IV. Sa Converfion
qui s'eft faire en prefence de
quantité de perſonnes de
qualité & de merite , a efté
d'une grande édification , &
doit fervir d'autant plus
perfuader les plus obſtinez,
que M ' Frizes eftoit un des
vingt - quatre Anciens du
Confiftoire de Charenton. Il
avoit toûjours paru des plus
zelez pour la Religion de
Calvin , & il n'a épargné
aucuns efforts pour la foûtenir
tant qu'il la crue
bonne .
Dáns le temps que le Tom
286 MERCURE
beau du Marefchal de Gafſion
s'eſt trouvé enfevely
fous les raynes de Charenton
, la derniere perfonne de
ce nom a fait Abjuration de
l'Herefie entre les mains du
Pere Robinet Jefuite. Elle eft
du Diocefe de Bourges, Veuve
de Meffire Frederic Henry
de Gaffion , & s'appelle
Sufanne Durand . Elle ne s'eft
convertie qu'aprés s'eftre
fait inftruire pendant une
année entiere , & ayoir ellemefme
verifié tous les Paffages
de l'Ecriture , qui pouvoient
fervir à la détromper.
GALANT. 287
Mr & Madame la Marqui
fe de Loftange ont fait la
mefme chofe, & s'y font ſentis
tellement pouffez par la
verité de la Religion Catholique
, que l'Edit de Nantes
n'eftoit pas encore revoqué
lors qu'ils fe font convertis .
Le bruit que fit il y a un
an l'Abjuration de M d'Arbaut
, Gentilhomme
de Nifmes
de l'Academie Royale
d'Arlus , m'oblige à vous informer
des fuites qu'elle a
euës à l'égard de Mademoifelle
d'Arbaut fa Fille. C'eft
une jeune perfonne qui a un
288 MERCURE
merite & des qualitez auffi
diftinguées qu'il y en ait par
my celles de fon fexe qui
font estimées les plus accom
plies. Ce digne Pere , qui avoit
paffé dans les plus confiderables
Emplois dont ceux
de la R. P. R. favorifent les
plus zelez de leur Secte , &
qui ayant d'ailleurs des talens
extraordinaires , s'eftoit
toû ours trouvé dans les Af
faires les plus importantes &
les plus fecretes de cette
Religion , fut enfin aſſez
heureux pour eftre defabu
fé de fes erreurs par les forns
de
GALANT. 289
deM ' l'Evefque deMirepoix.
fon Abjuration
Il
s'attira par
l'eftime
des Etats de Languedoc
qui luy en marquerent
une extrême
joye ; mais
dans
ce bonheur
il eut le
chagrin
de ſe voir abandonné
de Madame
d'Arbaut
fa
Femme
, qui le quitta
avec
ſept ou huit de ſes Enfans
,
& ne luy laiffa
que Mademoiſelle
d'Arbaut
fa Fille
aifnée
, que fa prudence
&
d'autres
raifons
retinrent
auprés
de luy, fans qu'elle
donnaft
aucun
fujet
d'efperer
qu'on
puft luy rendre
fuf-
Bb
Novembre 1685.
290 MERCURE
pectes les Maximes de Calvin
, dans lesquelles elle paroiffoit
entierement invinci
ble. Une opiniâtreté
ſi peu
commune dans une jeune
perfonne , qui avoit devant
les yeux l'exemple d'un Pere
fçavant & habile , étonnoit
tous ceux qui tâchoient de
la combattre. Elle dura une
année , mais enfin M' d'Arbaut
, aprés des foins & des
remontraces inutiles , l'ayant
fait réfoudre de paffer quelques
jours à Arles auprés de
Madame l'Abbeffe de Saint
Cefaire , Soeur de M' Rofe ,
GALANT. 291
pendant qu'il alloit ailleurs
pour quelques affaires , on
gagna fur fon efprit , qui
eft d'une étendue , d'une délicateffe
, & d'une force admirable
, qu'elle entreroit
dans des converfations
aifées
, & fans contrainte , avec
quelque fçavant Ecclefiaftique
qu'elle choifiroit.
pour s'inftruire des veritez
de la Religion Catholique
.
Le Pere Theophile , qui a efté
Provincial des Carmes déchauffez
, tres habile Theologien
& Predicateur
, ayant
efté prié de la voir , luy fit fi
Bb ij
292 MERCURE
bien connoiftre l'erreur où
fa naiſſance l'avoit engagée,
qu'aprés plufieurs Conferen
ces fe fentant entierement
convaincuë , elle confentit à
faire Abjuration , & le fit
fçavoir à M' l'Archevefque
d'Arles. Il en eut une joye
qu'il feroit difficile d'exprimer
, & malgré fon âge extremément
avancé, il voulut
faire luy-même les Ceremonie
de cette Abjuration . Elles
furent faites la veille de
la Touffaints dans laChapelle
de fon Palais , qui quoy que
fort grande , ſe trouva toute
GALANT. 293
remplie d'un concours extraordinaire
de Perfonnes de
qualité. Ce Prelat reveſtu de
fes habits Pontificaux fit un
Difcours fi touchant , & fi
plein de force & d'érudition ,
& l'accompagna d'une fi
grande effufion de larmes
de tendreffe , qu'il fut impoffible
à toute la Compagnie
de s'empefcher d'en verfer.
Cette jeune Demoiſelle s'acquitta
de cette action d'une
maniere toute édifiante , &
fit fa Profeffion de Foy,avec
un zele qui ne laiffa point
douter qu'elle ne fuſt veri-
Bb iij
294 MERCURE
tablement penetrée des veritez
Catholiques .
Páris fuit l'exemple des
Provinces , & on y voit tous
les jours des Converfions
fans nombre. Il ne manquoit
aux Heretiques que d'écou
ter ce que leurs Miniftres
apprehendoient qu'on ne
leur expliquaft trop clairement,
parce qu'ils fçavoient
que la verité leur feroit bientoft
connuë. Jugez combien
ils doivent aux bontez du
Roy , qui les ayant mis en
quelque forte d'obligation
de fe faire inftruire , les a mis
GALANT, 295
en mefme temps dans la
voye du Salut. En effet la
plufpart avoüent qu'ils y feroient
entrez bien plûtoft ,
fi on ne les avoit pas dé
tournez d'entendre la verité
qu'ils reconnoiffent preſentement.
J'apprens que M' Amproux
Confeiller au Parlement de
Paris , furprit agreablement
tous ceux de fa Compagnie
en entrant parmy eux com~
meCatholique,le jour qu'on
fit la Mercuriale.
Fermer
Résumé : Articles concernant tout ce qui s'est passé touchant les affaires de la Religion, & les Conversions depuis le mois dernier. [titre d'après la table]
En novembre 1685, la France a connu de nombreuses conversions sincères au catholicisme, impliquant des personnalités influentes dont les décisions ont encouragé d'autres conversions, y compris celles de villes entières. Le roi de France a pris plusieurs mesures pour consolider ces conversions. Trois arrêts du Conseil d'État ont été publiés : le premier permet aux gentilshommes convertis de reprendre leurs places dans les églises ; le second interdit aux avocats protestants d'exercer ; le troisième clarifie une surseance accordée aux marchands convertis. Deux déclarations royales ont également été enregistrées au Parlement : l'une concerne la nomination de tuteurs catholiques pour les enfants de protestants décédés, et l'autre offre des récompenses pour la dénonciation des protestants quittant le royaume sans autorisation. Parmi les conversions notables, on compte Monsieur Chardon, avocat célèbre, Monsieur Foreftier, ancien ministre, Monsieur Frizes, receveur général, Madame Suzanne Durand, veuve de Frédéric Henry de Gassion, Monsieur et Madame la Marquise de Lostange, et Mademoiselle d'Arbaut. Ces conversions sont présentées comme des exemples édifiants. Le texte relate aussi l'histoire d'un père et de sa fille, tous deux impliqués dans des événements religieux significatifs. Le père, après avoir abjuré ses erreurs, vit sa fille, Mademoiselle d'Arbaut, se convertir au catholicisme après des discussions avec des ecclésiastiques. À Paris, plusieurs conversions ont également eu lieu, dont celle de Monsieur Amproux, conseiller au Parlement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 300-303
Article touchant le Legs que Mr de la Berchere fit en mourant à l'Hospital de la Charité. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay mandé que Mr le Goux de la Berchere, [...]
Mots clefs :
Hôpital de la charité , Paris, Legs, Biens, Argent, Mr le Goux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Article touchant le Legs que Mr de la Berchere fit en mourant à l'Hospital de la Charité. [titre d'après la table]
Je
vous ay mandé que
le Goux de la
Berchere , Mar-
ME
quis
d'Inteville , Comte de
Rochepot , & premier Prefident
au
Parlement de Dauphiné
, avoit laiffé de grands
biens à
l'Hofpital de la Charité
de Paris . Il eſt vray qu'il
l'a fait
Legataire
univerfel de
tous fes biens , aprés qu'on
aura payé fes debtes & fes
GALANT. 301
1
par
legs particuliers . On trouve
quefes debtes montent à plus
de vingt- cinq mille livres, &
fes legs particuliers à deux
cens quinze mille livres . Ainficet
Hofpital n'a encore tiré
aucun avantage de ce legs ,
qui a fait tant de bruit
toute la France .. Au contraire,
ce mefme legs qui ne foulage
en aucune forte les befoins
preffans où il fe trouve ,
l'a privé de beaucoup de fecours
& d'aumônes qu'on y
faifoit, & qui ont ceffé depuis
ce temps- là ; en quoy il fouffre
beaucoup , puifque fon
302 MERCURE
que
principal foûtien eſt fondé
fur les charitez des gens de
bien, qui croyent que ce legs
univerfel l'a mis à couvert de
tous befoins . On fera perſuadé
cela n'eft pas , fi l'on
fait reflexion qu'il eft partagé
avec les heritiers de M'de
la Berchere , qui en doivent
avoir plus de la moitié. Ce
qui en doit revenir à cet Hofpital
, confifte en effets qui
ne feront faciles à recouvrer
, & dont il y en a un de
prés de cent mille livres , qui
eft tout-à- fait perdu . On affeure
que fi quelqu'un voupas
GALANT. 303
•
loit traiter des pretentions de
cet Hoſpital , il les cederoit
pour cent mille frans. Il ne ſe
croit pas pour cela moins redevable
à fon Bienfaicteur ,
qui a cru luy faire de grands
avantages.
vous ay mandé que
le Goux de la
Berchere , Mar-
ME
quis
d'Inteville , Comte de
Rochepot , & premier Prefident
au
Parlement de Dauphiné
, avoit laiffé de grands
biens à
l'Hofpital de la Charité
de Paris . Il eſt vray qu'il
l'a fait
Legataire
univerfel de
tous fes biens , aprés qu'on
aura payé fes debtes & fes
GALANT. 301
1
par
legs particuliers . On trouve
quefes debtes montent à plus
de vingt- cinq mille livres, &
fes legs particuliers à deux
cens quinze mille livres . Ainficet
Hofpital n'a encore tiré
aucun avantage de ce legs ,
qui a fait tant de bruit
toute la France .. Au contraire,
ce mefme legs qui ne foulage
en aucune forte les befoins
preffans où il fe trouve ,
l'a privé de beaucoup de fecours
& d'aumônes qu'on y
faifoit, & qui ont ceffé depuis
ce temps- là ; en quoy il fouffre
beaucoup , puifque fon
302 MERCURE
que
principal foûtien eſt fondé
fur les charitez des gens de
bien, qui croyent que ce legs
univerfel l'a mis à couvert de
tous befoins . On fera perſuadé
cela n'eft pas , fi l'on
fait reflexion qu'il eft partagé
avec les heritiers de M'de
la Berchere , qui en doivent
avoir plus de la moitié. Ce
qui en doit revenir à cet Hofpital
, confifte en effets qui
ne feront faciles à recouvrer
, & dont il y en a un de
prés de cent mille livres , qui
eft tout-à- fait perdu . On affeure
que fi quelqu'un voupas
GALANT. 303
•
loit traiter des pretentions de
cet Hoſpital , il les cederoit
pour cent mille frans. Il ne ſe
croit pas pour cela moins redevable
à fon Bienfaicteur ,
qui a cru luy faire de grands
avantages.
Fermer
Résumé : Article touchant le Legs que Mr de la Berchere fit en mourant à l'Hospital de la Charité. [titre d'après la table]
Le texte décrit la situation complexe du legs laissé par le Gouvernement de la Berchère à l'Hôpital de la Charité de Paris. L'hôpital est désigné légataire universel des biens après le paiement des dettes et des legs particuliers, qui s'élèvent respectivement à plus de vingt-cinq mille livres et deux cent quinze mille livres. En conséquence, l'hôpital n'a pas encore reçu ce legs, ce qui a entraîné une diminution des secours et aumônes habituels. Les bienfaiteurs ont réduit leurs dons, croyant que le legs universel suffisait. Cependant, ce legs est partagé avec les héritiers de la Berchère, qui en reçoivent plus de la moitié. Les biens destinés à l'hôpital incluent des effets difficiles à récupérer, dont un montant de près de cent mille livres considéré comme perdu. L'hôpital serait prêt à céder ses prétentions pour cent mille francs si quelqu'un traitait cette affaire. Malgré tout, l'hôpital exprime sa reconnaissance envers son bienfaiteur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
13
p. 322-324
« L'abondance de matiere m'oblige de remettre à une [...] »
Début :
L'abondance de matiere m'oblige de remettre à une [...]
Mots clefs :
Roi, Paris, Lettre, Ambassadeurs siamois, Villes de France, Madame la Dauphine, Duc de Berry
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'abondance de matiere m'oblige de remettre à une [...] »
L'abondance de matiere
m'oblige de remettre à une
autre fois la troifiéme fuite
de l'Hiftoire des Eftampes.
GALANT. 323
J
1
¿
La fatisfaction que vous me
témoignez avoir receuë de
ce que je vous ay parlé fi
amplement & avec tant
d'exactitude de l'Ambaffade
de M' le Chevalier de
Chaumont auprés du Roy
de Siam dans les deux Vo.
lumes de Juillet , fera que
ma Lettre de Septembre aura
auffi deux Parties . La feconde
contiendra les Receptions
faites aux Ambaſſadeurs
Siamois dans toutes
les Villes de France depuis
Breft jufqu'à Paris , tout ce
qu'ils y ont veu , les Com-
(
324 MERCURE
plimens qui leur ont efté
faits , leurs refponſes , leur
Entrée en cette Ville , leur
Audience à Versailles &
tout ce qui la regardera , &
generalement tout ce qu'ils
diront & feront jufques à la
fin du mois prochain .
Aujourd'huy Samedy , dernier
jour d'Aouft , Madame
la Dauphine eft accouchée
d'un troifiéme Prince , à qui
le Roy à donné le nom de
Duc de Berry. Je fuis , Madame
, Voltre , &c.
A Paris ce 31. Aout 1586..
m'oblige de remettre à une
autre fois la troifiéme fuite
de l'Hiftoire des Eftampes.
GALANT. 323
J
1
¿
La fatisfaction que vous me
témoignez avoir receuë de
ce que je vous ay parlé fi
amplement & avec tant
d'exactitude de l'Ambaffade
de M' le Chevalier de
Chaumont auprés du Roy
de Siam dans les deux Vo.
lumes de Juillet , fera que
ma Lettre de Septembre aura
auffi deux Parties . La feconde
contiendra les Receptions
faites aux Ambaſſadeurs
Siamois dans toutes
les Villes de France depuis
Breft jufqu'à Paris , tout ce
qu'ils y ont veu , les Com-
(
324 MERCURE
plimens qui leur ont efté
faits , leurs refponſes , leur
Entrée en cette Ville , leur
Audience à Versailles &
tout ce qui la regardera , &
generalement tout ce qu'ils
diront & feront jufques à la
fin du mois prochain .
Aujourd'huy Samedy , dernier
jour d'Aouft , Madame
la Dauphine eft accouchée
d'un troifiéme Prince , à qui
le Roy à donné le nom de
Duc de Berry. Je fuis , Madame
, Voltre , &c.
A Paris ce 31. Aout 1586..
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Résumé : « L'abondance de matiere m'oblige de remettre à une [...] »
Le texte annonce le report de la publication d'une histoire des estampes en raison de l'abondance de matière. L'auteur se félicite de l'accueil favorable des deux volumes de juillet, qui relatent l'ambassade du Chevalier de Chaumont auprès du roi de Siam. La lettre de septembre sera également divisée en deux parties. La seconde partie détaillera les réceptions des ambassadeurs siamois dans diverses villes françaises, de Brest à Paris, ainsi que leurs activités, les compliments reçus, leurs réponses, leur entrée à Paris, leur audience à Versailles et leurs actions jusqu'à la fin du mois suivant. De plus, le texte mentionne la naissance du troisième prince de la Dauphine, nommé Duc de Berry, survenue le dernier jour d'août 1586.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14
s. p.
AU LECTEUR.
Début :
Ce Mercure est divisé en deux Volumes, parce que la [...]
Mots clefs :
Mercure, Histoire, Nouvelles, Public, Pièces, Ouvrages, Relation, Paris, Volumes, Particuliers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU LECTEUR.
AU
LECTEUR.
E
Mercure eft divifé
enn deux
Volumes
,parce
que la matiere qui le
remplit , n'auroit pu entrer
toute entiere dans un feul.
Quelques Particuliers , car
je feron tort au Public , fi
Tofois len accufer ,fe font
plaintsfouvent de ce que les
fecondesParties n'entroient
pas dans les
premieres, comme
fi deux Volumes d'une
â ij
Au LECTEUR.
feul. Ils
doit
égale groffeur , pouvoient
eftre reduits en un f
apportent pour raifon , que
lors que cette abondance de
matiere ferencontre, on
retrancher quelques Pieces
galantes & d'érudition. Il
y a deux réponses à cela ;
l'une , qu'ilfaut que le premier
Volume ait toujours
fon mélange ordinaire, parce
que le but que l'on a dans
cet Ouvrage eftant de le
vendre propre à toutes fortes
de perfonnes, il faut des
Au
LECTEUR.
Vers , des
Galanteries , e
des
Pieces
détachées pour
ceux qui
n'aiment pas les
Nouvelles des
Pieces d'érudition
pour les
Sçavans ,
& des
Nouvelles pour ceux
que ces fortes de
chofes ne
touchent
point.
Ainfi cha
cun eft content , ou doit le
fre du
moins en
partie; câr
les
Galans ne
voudroient
que des Vers 65 des
Hiftorres,
& les
Nouvell ftes que
des
Nouvelles
Maisquand
on
voudroit
fatisfaire ceuse
á j
Au LECTEUR .
qui demandent qu'on retranche
quelques Ouvrages
galans, lors qu'il fe rencontre
des fujets de fecondes
Parties , afin de les faire
entrer dans la premiere , le
pourroit on, e le quart tout
au plus d'un Volume qu'on
trouveroita retrancher ,
fourniroit il affez de place
pour en faire entrer un en
tier dansle mefm Volume?
On a tache de les contenter
"'il y a un mois ou deux, en
mettant la Relation du
Au
LECTEUR.
Voyage de M. le Chevalier
de
Chaumont à Siam , dans
le
Mercure; mais comme il
fut impoßible de la faire entrer
entiere , il falut avoir
recours à un fecond Volu
me que l'on vouloit éviter ;
ce qui a donné lieu au Public
de fe
plaindre de ce que
la Relation n'eftoit pas tou
te dans un feul Volume.
Cela eft cauſe qu'on s'arreflera
a lavis duplus grand
nombre
quand il fe
trouvera affez de belle maAu
LECTEUR.
&
tiere pour faire une feconde
Partie , on fatisfera le Pu
blic là- deffus. Ces feconds
Tomes font des Ouvrages
d'un grand travail ,
contiennent des détails fr
recherchez & fi curieux ,
que la pofterité ne les trouvera
pas ailleurs . Le Siege
de Vienne , l'Hiftoire du
Siege de Luxembourg , la
Relation de tout ces qui
s'eft fait devant Gennes
par l'Armée Navale du
Roy , le Mariage de MonAu
LECTEUR.
feigneur le
Dauphin , &
celuy de la
Reine
d'Efpagne
, font des
Morceaux
d'Hiftoire
traitez à fond ,
le
Public a
paru
ravy de
les
avoir
feparez,
pour n'efire
point
embarasse à les
chercher
parmy
Nouvelles du
Mercure Si
'ce qu'il en
couste à
quelques
Particuliers pour
avoir les
fecondes
Parties les
fait
parler , on peut leur
répondre
que l'on n'en
profite pas,
que les
Recherches
qu'on eft
1
les
autres
Au LECTEUR .
obligé de faire pour ces for
tes d'Ouvrages reviennent
à beaucoup , & que ceux
qui les font imprimer dans
les Pays Etrangersfur les
Exemplaires de Paris , &
quiles diftribuent dans tou
te l'Europe , en ont feuls
tout le profit ; de forte
qu'on ne les fait qu'afin
d'avoir le plaifir de foute
nir la gloire du Mercure ,
& pour montrer qu'il ne luy
échape rien. La feconde
Partie qu'on donne aujourAu
LECTEUR.
& buy a pourTitre ,
Voya
ge des
Ambaffadeurs
de
Siam en
France ,
contenant
laReception qui leur
a efté faite dans les
Villes
où ils ont paffé , leur Entrée
à Paris , les
Ceremonies
obfervées
dans
l'Audience
qu'ils ont euë du
Roy & de la
MaifonRoya
le , les
Complimens
qu'ils
ont faits , la
Defcription
des
Lieux où ils ont eſté ,
& ce qu'ils ont dit de remarquable
fur
tout ce
Au LECTEUR..
qu'ils ont vu. Ce Titre marque
affez les chofes curieufes
quece Volumerenferme,
& quand il n'y auroit rien
des Ambaffadeurs
de Siams
les Defcriptions
feules des
endroits de Paris où ils ont
efté, peuvent apprendre des
chofes dont jamais perfonne
ne s'est avifé de parler.
LECTEUR.
E
Mercure eft divifé
enn deux
Volumes
,parce
que la matiere qui le
remplit , n'auroit pu entrer
toute entiere dans un feul.
Quelques Particuliers , car
je feron tort au Public , fi
Tofois len accufer ,fe font
plaintsfouvent de ce que les
fecondesParties n'entroient
pas dans les
premieres, comme
fi deux Volumes d'une
â ij
Au LECTEUR.
feul. Ils
doit
égale groffeur , pouvoient
eftre reduits en un f
apportent pour raifon , que
lors que cette abondance de
matiere ferencontre, on
retrancher quelques Pieces
galantes & d'érudition. Il
y a deux réponses à cela ;
l'une , qu'ilfaut que le premier
Volume ait toujours
fon mélange ordinaire, parce
que le but que l'on a dans
cet Ouvrage eftant de le
vendre propre à toutes fortes
de perfonnes, il faut des
Au
LECTEUR.
Vers , des
Galanteries , e
des
Pieces
détachées pour
ceux qui
n'aiment pas les
Nouvelles des
Pieces d'érudition
pour les
Sçavans ,
& des
Nouvelles pour ceux
que ces fortes de
chofes ne
touchent
point.
Ainfi cha
cun eft content , ou doit le
fre du
moins en
partie; câr
les
Galans ne
voudroient
que des Vers 65 des
Hiftorres,
& les
Nouvell ftes que
des
Nouvelles
Maisquand
on
voudroit
fatisfaire ceuse
á j
Au LECTEUR .
qui demandent qu'on retranche
quelques Ouvrages
galans, lors qu'il fe rencontre
des fujets de fecondes
Parties , afin de les faire
entrer dans la premiere , le
pourroit on, e le quart tout
au plus d'un Volume qu'on
trouveroita retrancher ,
fourniroit il affez de place
pour en faire entrer un en
tier dansle mefm Volume?
On a tache de les contenter
"'il y a un mois ou deux, en
mettant la Relation du
Au
LECTEUR.
Voyage de M. le Chevalier
de
Chaumont à Siam , dans
le
Mercure; mais comme il
fut impoßible de la faire entrer
entiere , il falut avoir
recours à un fecond Volu
me que l'on vouloit éviter ;
ce qui a donné lieu au Public
de fe
plaindre de ce que
la Relation n'eftoit pas tou
te dans un feul Volume.
Cela eft cauſe qu'on s'arreflera
a lavis duplus grand
nombre
quand il fe
trouvera affez de belle maAu
LECTEUR.
&
tiere pour faire une feconde
Partie , on fatisfera le Pu
blic là- deffus. Ces feconds
Tomes font des Ouvrages
d'un grand travail ,
contiennent des détails fr
recherchez & fi curieux ,
que la pofterité ne les trouvera
pas ailleurs . Le Siege
de Vienne , l'Hiftoire du
Siege de Luxembourg , la
Relation de tout ces qui
s'eft fait devant Gennes
par l'Armée Navale du
Roy , le Mariage de MonAu
LECTEUR.
feigneur le
Dauphin , &
celuy de la
Reine
d'Efpagne
, font des
Morceaux
d'Hiftoire
traitez à fond ,
le
Public a
paru
ravy de
les
avoir
feparez,
pour n'efire
point
embarasse à les
chercher
parmy
Nouvelles du
Mercure Si
'ce qu'il en
couste à
quelques
Particuliers pour
avoir les
fecondes
Parties les
fait
parler , on peut leur
répondre
que l'on n'en
profite pas,
que les
Recherches
qu'on eft
1
les
autres
Au LECTEUR .
obligé de faire pour ces for
tes d'Ouvrages reviennent
à beaucoup , & que ceux
qui les font imprimer dans
les Pays Etrangersfur les
Exemplaires de Paris , &
quiles diftribuent dans tou
te l'Europe , en ont feuls
tout le profit ; de forte
qu'on ne les fait qu'afin
d'avoir le plaifir de foute
nir la gloire du Mercure ,
& pour montrer qu'il ne luy
échape rien. La feconde
Partie qu'on donne aujourAu
LECTEUR.
& buy a pourTitre ,
Voya
ge des
Ambaffadeurs
de
Siam en
France ,
contenant
laReception qui leur
a efté faite dans les
Villes
où ils ont paffé , leur Entrée
à Paris , les
Ceremonies
obfervées
dans
l'Audience
qu'ils ont euë du
Roy & de la
MaifonRoya
le , les
Complimens
qu'ils
ont faits , la
Defcription
des
Lieux où ils ont eſté ,
& ce qu'ils ont dit de remarquable
fur
tout ce
Au LECTEUR..
qu'ils ont vu. Ce Titre marque
affez les chofes curieufes
quece Volumerenferme,
& quand il n'y auroit rien
des Ambaffadeurs
de Siams
les Defcriptions
feules des
endroits de Paris où ils ont
efté, peuvent apprendre des
chofes dont jamais perfonne
ne s'est avifé de parler.
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Résumé : AU LECTEUR.
La lettre au lecteur explique la division du 'Mercure' en deux volumes en raison de l'abondance de matière. Certains lecteurs regrettent que les secondes parties ne soient pas incluses dans les premières, mais l'auteur justifie cette décision par la diversité des intérêts des lecteurs. Les premiers volumes contiennent des vers, des galanteries, des pièces d'érudition et des nouvelles, tandis que les seconds volumes incluent des sujets importants comme le voyage de M. le Chevalier de Chaumont à Siam. Les secondes parties offrent également des détails curieux et recherchés, tels que le siège de Vienne, l'histoire du siège de Luxembourg, et le mariage du Dauphin. L'auteur souligne que ces publications représentent un travail considérable et que les profits bénéficient principalement aux imprimeurs étrangers. La seconde partie actuelle se concentre sur le voyage des ambassadeurs de Siam en France, incluant leur réception, leur entrée à Paris, et les cérémonies observées lors de leur audience avec le roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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15
p. 70-73
Leur arrivée à Orleans. Beauté de la Ville. [titre d'après la table]
Début :
Ils coucherent le 25. à Orleans. C'est la Capitale d'un [...]
Mots clefs :
Orléans, Pont, Titre, Paris, Ville, Églises, Beauté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Leur arrivée à Orleans. Beauté de la Ville. [titre d'après la table]
Ils coucherent le 25. à
Orleans . C'eſt la Capitale
d'un petit Pays qui a titre
de Duché. Elle eft fur la
Loire ,& a un beau Pont
fur cette Riviere,fort feur,
& d'une grande commodité
pour le Negoce Elle
a auffi Univerſité & Prefilial
, & fon Evefque eft
Suffragant de Paris Cerre
Ville, qui eſt une des plus
belles &des plus anciennes
de France , eut titre
de Royaume fous nos
de Siam.
70
Rois de la premiere Race.
Ses Eveſques ont des Privileges
confiderables. Ils
delivrent des Prifonniers
le jour de leur Entrée , &
font portez à la Cathedra-
* le par les Barons d'Yeure,
de Chaſtel , de Sully , de
- Chery , d'Acheres , & de
Rougemont . Les ruës y
font belles , les Places
grandes, les Maiſons & les
- Eglifes magnifiques. Il y a
cinquante - neuf Chanoines
, & douze Dignitez
2. Voyage des Amb.
dans fa Cathedrale. Il y
a auffi à Orleans quatre
Eglifes Collegiales ,
vingt-deux Paroiſſes . La
Ville dont la ſituation eft
fur le panchant d'une
colline en forme d'Arc , a
une Terraſſe qui la fortifie
, & elle eft ceinte d'une
forte Muraille avec quarante
Tours. Elle a huit
Portes , & un Pont de feize
Arches , par lequel elle
eft jointe à un des Fauxbourgs.
On voit fur ce
Pont
de Siam.
73
Pont trois Statuës de
bronze. La premiere eſt
de la Vierge , & les deux
autres de Charles VII . &
de la Pucelle , qui s'eſt
renduë fi fameuſe . Les
Ambaſſadeurs acheverent
leur Voyage dans
des Caroffes que l'on envoya
au devant d'eux de
Paris à Orleans .
Orleans . C'eſt la Capitale
d'un petit Pays qui a titre
de Duché. Elle eft fur la
Loire ,& a un beau Pont
fur cette Riviere,fort feur,
& d'une grande commodité
pour le Negoce Elle
a auffi Univerſité & Prefilial
, & fon Evefque eft
Suffragant de Paris Cerre
Ville, qui eſt une des plus
belles &des plus anciennes
de France , eut titre
de Royaume fous nos
de Siam.
70
Rois de la premiere Race.
Ses Eveſques ont des Privileges
confiderables. Ils
delivrent des Prifonniers
le jour de leur Entrée , &
font portez à la Cathedra-
* le par les Barons d'Yeure,
de Chaſtel , de Sully , de
- Chery , d'Acheres , & de
Rougemont . Les ruës y
font belles , les Places
grandes, les Maiſons & les
- Eglifes magnifiques. Il y a
cinquante - neuf Chanoines
, & douze Dignitez
2. Voyage des Amb.
dans fa Cathedrale. Il y
a auffi à Orleans quatre
Eglifes Collegiales ,
vingt-deux Paroiſſes . La
Ville dont la ſituation eft
fur le panchant d'une
colline en forme d'Arc , a
une Terraſſe qui la fortifie
, & elle eft ceinte d'une
forte Muraille avec quarante
Tours. Elle a huit
Portes , & un Pont de feize
Arches , par lequel elle
eft jointe à un des Fauxbourgs.
On voit fur ce
Pont
de Siam.
73
Pont trois Statuës de
bronze. La premiere eſt
de la Vierge , & les deux
autres de Charles VII . &
de la Pucelle , qui s'eſt
renduë fi fameuſe . Les
Ambaſſadeurs acheverent
leur Voyage dans
des Caroffes que l'on envoya
au devant d'eux de
Paris à Orleans .
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Résumé : Leur arrivée à Orleans. Beauté de la Ville. [titre d'après la table]
Le texte présente Orléans, capitale d'un duché située sur la Loire. La ville est connue pour son pont crucial pour le commerce, son université, son prélat et son évêque suffragant de Paris. Orléans est l'une des plus anciennes et des plus belles villes de France, ayant autrefois été un royaume sous les rois de Siam. Elle compte 70 rois de la première race. Les évêques d'Orléans possèdent des privilèges notables, tels que la libération de prisonniers à leur entrée et le port d'un siège à la cathédrale par des barons locaux. La ville est bien organisée avec des rues élégantes, des places spacieuses, des maisons et des églises magnifiques. La cathédrale abrite 59 chanoines et 12 dignités. Orléans possède également quatre églises collégiales et 22 paroisses. La ville est construite sur une colline en forme d'arc, protégée par une terrasse et une muraille avec 40 tours, 8 portes et un pont de 13 arches reliant un faubourg. Ce pont est orné de trois statues de bronze représentant la Vierge, Charles VII et Jeanne d'Arc. Les ambassadeurs ont achevé leur voyage dans des carrosses envoyés de Paris à Orléans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16
p. 80-89
Leur arrivée à Vincennes, avec des remarques curieuses de ce qui s'y est passé pendant le sejour qu'ils y ont fait. [titre d'après la table]
Début :
On alla le soir coucher à Vincennes. Les Ambassadeurs auroient [...]
Mots clefs :
Roi de Siam, Vincennes, Chambre, Paris, Coucher, Ambassadeurs, Château de Vincennes, Storf, Père de La Chaise, Entrée publique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Leur arrivée à Vincennes, avec des remarques curieuses de ce qui s'y est passé pendant le sejour qu'ils y ont fait. [titre d'après la table]
On alla
le foir coucher à Vincennes.
Les Ambaſſadeurs
auroient couché dans le
Chaſteau , s'il n'euſt point
eſté remply d'Ouvriers
qui y travailloient à quel.
ques racommodemens .
de Siam. 81
On les logea dans la. Maifon
du lieu qu'on trouva
la plus commode . On avoit
marqué une chambre
pour le troifiéme Ambaſſadeur
au deſſus de
celle du premier . M² Storf
le mena voir cette chambre
, qui luy pleut beaucoup
à cauſe de la veuë.
Aprés qu'il l'eut bien confiderée
, & qu'il eut auffi
regardé Paris , & l'Arc de
Triomphe qui est hors la
Porte de S. Antoine , il
82 Voyage des Amb.
&
s'aviſa de demander qui
eſtoit celuy qui devoit
coucher au deſſous de
cette Chambre. On luy
répondit que c'eſtoit le
premier Ambaffadeur ,
auffi- toft changeant de
viſage , & ne pouvant déguiſer
le trouble qui l'agitoit
, il fortit avec précipitation
comme s'il luy
fuſt arrivé quelque malheur
extraordinaire . On
luy endemanda la cauſe ,
&il dit , Que la Lettre du
de Siam. 83
e
Roy de Siam devoit estre
dans la chambre qui estoit
au deffons de celle que l'on
vouloit luy donner , & que
devant eftre toûjours plus
3 bas que la Lettre, il n'avoit
garde de coucher au deffus
d'unlieu où il ſçavoit bien
qu'on la mettroit. Quoy
Y
10
qu'il ne fuſt pas aifé de
trouver une autre cham-
1. bre dans tout ce logis qui
convinſt à fadignitéd'Ame,
baſſadeur , il aima mieux
eftre incommodé & mal
84 Voyage des Amb.
logé, que de ne pas fatisfaire
à un reſpect qu'il regardoit
comme un devoir
indiſpenſable , & auquel
il ne pouvoit manquer
fans commettre un crime
capital. Le lendemain ils
allerent voir les Animaux
qui font gardez dans le
Parc . Ils virent auſſi le
Chaſteau , & ayant remarqué
d'abord que les
Appartemens en eſtoient
doubles , ils dirent que de
pareils Logemens eſtoient
de Siam. 85
fort commodes. Ils vifiterent
les Tours ,&firent
plufieurs queſtions , fur
tout ce qui leur parut digned'eſtre
examiné. Si toſt
qu'on eut ſçeu icy leur
arrivée à Vincennes , &
quele bruit ſe fut répandu
e qu'ils y devoient paffer
e quelque temps , les plus
curieux s'y rendirent pour
es les voir , croyant qu'il y
at auroit moins de foule
e qu'on n'en trouveroit
quand ils feroient à Paris .
86 Voyage des Amb.
Cependant le nombre de
ceux dont la curiofité ne
put fouffrir de retardement
ſe trouva fort
grand. Le Pere de la Chaife
, plein de reconnoiffance
de l'eſtime particuliere
que le Roy de Siam fait
de tous ceuxde fonOrdre,
des marques qu'il en a
données aux Jefuites qui
paffoient par ſes Etats
pour ſe rendreà la Chine ,
& de l'honneur qu'il a
fait à leur Societé , en dede
Siam. 87
mandant pluſieurs de
1 leurs Peres pour demeurer
dans fon Royaume ,
avec offre de leur faire
baſtir des Eglifes & des
Maiſons , alla leur faire
compliment à Vincennes.
Lors qu'ils eurent ſceu le
Trang que ce Pere tient en
France ,& fon merite perfonnel,
ils ſe tinrent extremement
honorez de fa
e viſite , & luy firent tous
les honneurs qu'ils purent
s'imaginer . A durnos
88 Voyage des Amb.
Comme les Balots qui
renfermoient leurs Preſens
, ne pouvoient fi- toſt
arriver icy, parce qu'aprés
avoir eſté débarquez , il
avoit falu les mettre à
Roüen dans des Bateaux
qui ſont obligez de remonter
la Riviere de Seine
pour venir à Paris , ce
qui demande beaucoup
de temps , les Ambaſſadeurs
voyant qu'ils ne
pourroient avoir fi promtement
Audience de Sa
de Siam. 89
1
Majesté , à cauſe que ces
Preſens devoient eftre
conduits à Versailles , &
expoſez dans le lieu de
l'Audience , fuivant l'uſage
de leur Pays , furent
bien aiſes de differer leur
Entrée publique à Paris.
le foir coucher à Vincennes.
Les Ambaſſadeurs
auroient couché dans le
Chaſteau , s'il n'euſt point
eſté remply d'Ouvriers
qui y travailloient à quel.
ques racommodemens .
de Siam. 81
On les logea dans la. Maifon
du lieu qu'on trouva
la plus commode . On avoit
marqué une chambre
pour le troifiéme Ambaſſadeur
au deſſus de
celle du premier . M² Storf
le mena voir cette chambre
, qui luy pleut beaucoup
à cauſe de la veuë.
Aprés qu'il l'eut bien confiderée
, & qu'il eut auffi
regardé Paris , & l'Arc de
Triomphe qui est hors la
Porte de S. Antoine , il
82 Voyage des Amb.
&
s'aviſa de demander qui
eſtoit celuy qui devoit
coucher au deſſous de
cette Chambre. On luy
répondit que c'eſtoit le
premier Ambaffadeur ,
auffi- toft changeant de
viſage , & ne pouvant déguiſer
le trouble qui l'agitoit
, il fortit avec précipitation
comme s'il luy
fuſt arrivé quelque malheur
extraordinaire . On
luy endemanda la cauſe ,
&il dit , Que la Lettre du
de Siam. 83
e
Roy de Siam devoit estre
dans la chambre qui estoit
au deffons de celle que l'on
vouloit luy donner , & que
devant eftre toûjours plus
3 bas que la Lettre, il n'avoit
garde de coucher au deffus
d'unlieu où il ſçavoit bien
qu'on la mettroit. Quoy
Y
10
qu'il ne fuſt pas aifé de
trouver une autre cham-
1. bre dans tout ce logis qui
convinſt à fadignitéd'Ame,
baſſadeur , il aima mieux
eftre incommodé & mal
84 Voyage des Amb.
logé, que de ne pas fatisfaire
à un reſpect qu'il regardoit
comme un devoir
indiſpenſable , & auquel
il ne pouvoit manquer
fans commettre un crime
capital. Le lendemain ils
allerent voir les Animaux
qui font gardez dans le
Parc . Ils virent auſſi le
Chaſteau , & ayant remarqué
d'abord que les
Appartemens en eſtoient
doubles , ils dirent que de
pareils Logemens eſtoient
de Siam. 85
fort commodes. Ils vifiterent
les Tours ,&firent
plufieurs queſtions , fur
tout ce qui leur parut digned'eſtre
examiné. Si toſt
qu'on eut ſçeu icy leur
arrivée à Vincennes , &
quele bruit ſe fut répandu
e qu'ils y devoient paffer
e quelque temps , les plus
curieux s'y rendirent pour
es les voir , croyant qu'il y
at auroit moins de foule
e qu'on n'en trouveroit
quand ils feroient à Paris .
86 Voyage des Amb.
Cependant le nombre de
ceux dont la curiofité ne
put fouffrir de retardement
ſe trouva fort
grand. Le Pere de la Chaife
, plein de reconnoiffance
de l'eſtime particuliere
que le Roy de Siam fait
de tous ceuxde fonOrdre,
des marques qu'il en a
données aux Jefuites qui
paffoient par ſes Etats
pour ſe rendreà la Chine ,
& de l'honneur qu'il a
fait à leur Societé , en dede
Siam. 87
mandant pluſieurs de
1 leurs Peres pour demeurer
dans fon Royaume ,
avec offre de leur faire
baſtir des Eglifes & des
Maiſons , alla leur faire
compliment à Vincennes.
Lors qu'ils eurent ſceu le
Trang que ce Pere tient en
France ,& fon merite perfonnel,
ils ſe tinrent extremement
honorez de fa
e viſite , & luy firent tous
les honneurs qu'ils purent
s'imaginer . A durnos
88 Voyage des Amb.
Comme les Balots qui
renfermoient leurs Preſens
, ne pouvoient fi- toſt
arriver icy, parce qu'aprés
avoir eſté débarquez , il
avoit falu les mettre à
Roüen dans des Bateaux
qui ſont obligez de remonter
la Riviere de Seine
pour venir à Paris , ce
qui demande beaucoup
de temps , les Ambaſſadeurs
voyant qu'ils ne
pourroient avoir fi promtement
Audience de Sa
de Siam. 89
1
Majesté , à cauſe que ces
Preſens devoient eftre
conduits à Versailles , &
expoſez dans le lieu de
l'Audience , fuivant l'uſage
de leur Pays , furent
bien aiſes de differer leur
Entrée publique à Paris.
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Résumé : Leur arrivée à Vincennes, avec des remarques curieuses de ce qui s'y est passé pendant le sejour qu'ils y ont fait. [titre d'après la table]
Le texte décrit l'arrivée des ambassadeurs de Siam à Vincennes. Initialement destinés à loger au château, ils furent hébergés dans une maison locale en raison des travaux. Le troisième ambassadeur insista pour ne pas loger au-dessus du premier, afin de respecter la hiérarchie imposée par la lettre du roi de Siam. Le lendemain, ils visitèrent les animaux du parc et le château, appréciant les appartements doubles. Leur arrivée suscita la curiosité des habitants. Le Père de la Chaise leur rendit visite, exprimant la gratitude du roi de Siam envers les Jésuites. Les ambassadeurs retardèrent leur entrée publique à Paris en attendant l'arrivée de leurs présents, nécessaires pour l'audience avec le roi de France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17
p. 132-145
Tout ce qui s'est passe le jour de leur Entrée publique à Paris, avec le compliment fait à M. de la Feuillade. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy ayant arresté que ces Ambassadeurs feroient leur entrée [...]
Mots clefs :
Roi, Carosses, Ambassadeurs, Madame la Dauphine, Duc de La Feuillade, Maison, Paris, Maison, Valets, Rois, Entrée publique à Paris, Maison de Rambouillet, Siam, Storf, Compliment
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texteReconnaissance textuelle : Tout ce qui s'est passe le jour de leur Entrée publique à Paris, avec le compliment fait à M. de la Feuillade. [titre d'après la table]
Le Roy ayant arreſté
que ces Ambaſſadeurs feroient
leur entréeà Paris
le 12. du mois paffé , ils
furent conduits à Ramboüillet,
qui eft une Maifon
fort agréable au bout
du Fauxbourg S.Antoine.
C'eſt en ce lieu là qu'on
va ordinairement recevoir
les Ambaſſadeurs des
Rois , & ceux des Souverains
qui font traitez comme
Teſtes couronnées.
Outre les Caroffes du
2
de Siam.
13
Roy , de Madame la Dauphine
, de Monfieur , de
- Madame , & des Princes
& Princeffes du Sang , il y
en eut beaucoup d'autres
qu'envoyerent pluſieurs
Perſonnes de marque , qui
font obligées à la Couronne
de Siam , comme
Ms de Chaumont , de
Lionne , de Choiſy , les
Jefuites , & les Miffionnaires
des Miffions Etrangeres
. Ceux de M'leMaréchal
Duc de la Feüilla
134 Voyage des Amb.
de, & de M² de Bonneüil,
Introducteur des Ambaffadeurs
, s'y joignirent , &
tout cela faifoit environ
foixante Caroffes à fix
chevaux. Vous pourriez
eftre ſurpriſe de n'en point
trouver de Monfeigneur
le Dauphin parmy ce
grand nombre , ſi vous
ignoriez que ce Prince eft
fervy par les Officiers du
Roy , & qu'il n'a point
d'autre Maiſon . Il y avoit
dans chaque Caroffe de
de Siam.
135
ceux qui en avoient en
voyé, un Ecuyer, ou quelque
autre Gentilhomme
- de la Maiſon. A meſure
i que ces Caroffes arrive-
- rent, tous les Ecuyers en
defcendirent , & furent
el preſentez par Mr Storf
aux Ambaſſadeurs.Ils leur
firent tous compliment
en peu de paroles de la
part de leurs Maiſtres, ou
or de leurs Maiſtreffes . Le
20 premier Ambaſſadeur ré-
{ pondit à tous , & quoy
9
136 Voyage des Amb.
qu'il n'euſt que des remer
ciemens à faire, onremarqua
qu'il y avoit quelque
choſe de different dans
tout ce qu'il dit. Tous les
complimens finis , M² le
Duc de la Feüillade arriva
avec les Caroffes du Roy,
de Madame la Dauphine,
de Monfieur& de Madame.
Il eſtoit accompagné
de pluſieurs Valets de
pied de Sa Majefté , &
d'un grand nombre des
fiens , avec une fort belle
deSiam.
137
ne Livrée & toute neuve. Il
al
01
y avoit auffi deux de ſes.
Caroffes remplis de Genan
tilshommes. Il fit unCompliment
fort court aux
Ambaſſadeurs fur leur
heureux Voyage , & fur
la joye qu'il avoit d'avoir
eſté nommé pour les redcevoir.
A quoy le premier
Ambaſſadeur répondit
Quesa valeur esſon me..
rite avoient paßé jusques
en Alie , &qu'onysçavoit
les victoires qu'il avoit
M
D
138 Voyagedes Amb.
2
remportées contre les Turcs.
On monta enfuite en Caroffe.
Le premier Ambaffadeur
fut placé dans le
fond de celuy du Roy
avec M. de la Feuillade ,
M.de Bonncüil & M.Storf
ſe mirent vis à vis d'eux.
Les deux autres Ambaffadeurs
eftoient dans le
Caroſse de Madame la
Dauphine avecM.Giraut,
les Mandarins dans ceux
de Monfieur & de Madame
, & les Secretaires &
deSiam
139
Valets de Chambre des
Ambaſſadeurs dans plufieurs
autres Caroffes. Le
Roy en avoit auffi envoyé
매 pour leurs Valets , & ces
e, Carroffes qui n'avoient
pourtant pointles Armes.
I de Sa Majesté , marche--
frent à la teſte de tout. Ils.
k furent ſuivis de douze
Trompetes du Royà che
val , qui precederent tous
☑les Carroffes dont je viens
de vous parler . On paffa
☆ par le Faux- bourg , & la
aa
Miy
140 Voyage des Amb.
Porte Saint Antoine. On
traverſa la rue du mefme
nom juques au Cimetiere
S. Jean , par lequel
on ſe rendit dans la ruë
de la Verrerie. On vint
enfuite par cellesde laFerronnerie
, de S. Honoré ,
& de l'Arbre-fec . On paffa
fur le Pont- neuf , &
dans la ruë Dauphine, &
l'on gagna la ruë de Tournon
où eſt l'Hostel des
Ambaſſadeurs. La foule
ſe trouva fi grande dans
de Siam. 141
On tout ce paffage , & il y avoit
ſur tout une fi grande
quantité de Caroffes
ad que les rues en estoient
bordées de chaque coſté ;
nt deforte que ceux des Amer.
baffadeurs ne pouvant
4, paffer , eſtoient ſouvent
af arreſtez pendant des
& quart- d'heures , & meſme
& des demy-heures entieres .
r. Ils reconnurent dans leur
les route les Dames qui ae
voient bien voulu leur
ns donner le plaifir de mon142
Voyage des Amb.
ter à cheval devant eux à
Berny, & ils les ſalüerent
d'un air qui marquoit la
joye qu'ils avoient de les
revoir Enfin aprés avoir
fait cette longue marche,
ils arriverent à l'Hoſtel
des Ambassadeurs. M le
Duc de la Feuillade les
accompagna juſque dans
leur Chambre , & n'eut
qu'une converſation fort
courte avec eux , aprés
quoy il les quitta. Ils l'accompagnerentjuſqu'àfon
deSiam. 143
es
רוז
Carofse , & fe retirerent
ſans vouloir voir perfonne.
Quoy que l'uſage ſoit
de détrayer les Ambaſsadeurs
des Rois dont les
Etats font hors de l'Europe
, & dene traiter que
| trois jours ceux des Rois
nos voiſins , on fuivit l'un
al & l'autre uſage pour les
Ambassadeurs de Siam
For car bien qu'ils euſsent eſté
Je
Cu
Ori
Siam,
traitez tous les jours par
A l'ordre & aux dépens de
Sa Majefté depuis leur
144 Voyage des Amb.
débarquement à Breſt , les
Pourvoyeurs du Roy ne
laiſscrent pas de fournir
eux-meſmes tout ce qui
eſtoit neceſsaire pour
leur traitement, pendant
les trois premiers jours
qui ſuivirent leur Entrée,
& M² de Chanteloup,
Maistre d'Hoſtel de quartier
, & un des Controleurs
de la Maiſon du
Roy auſſi de quartier
vinrent tous les matins
pendant ces trois jours,
faire
deSiam.
145
It faire là-deſsus ce qui estoit
de leur Charge.
que ces Ambaſſadeurs feroient
leur entréeà Paris
le 12. du mois paffé , ils
furent conduits à Ramboüillet,
qui eft une Maifon
fort agréable au bout
du Fauxbourg S.Antoine.
C'eſt en ce lieu là qu'on
va ordinairement recevoir
les Ambaſſadeurs des
Rois , & ceux des Souverains
qui font traitez comme
Teſtes couronnées.
Outre les Caroffes du
2
de Siam.
13
Roy , de Madame la Dauphine
, de Monfieur , de
- Madame , & des Princes
& Princeffes du Sang , il y
en eut beaucoup d'autres
qu'envoyerent pluſieurs
Perſonnes de marque , qui
font obligées à la Couronne
de Siam , comme
Ms de Chaumont , de
Lionne , de Choiſy , les
Jefuites , & les Miffionnaires
des Miffions Etrangeres
. Ceux de M'leMaréchal
Duc de la Feüilla
134 Voyage des Amb.
de, & de M² de Bonneüil,
Introducteur des Ambaffadeurs
, s'y joignirent , &
tout cela faifoit environ
foixante Caroffes à fix
chevaux. Vous pourriez
eftre ſurpriſe de n'en point
trouver de Monfeigneur
le Dauphin parmy ce
grand nombre , ſi vous
ignoriez que ce Prince eft
fervy par les Officiers du
Roy , & qu'il n'a point
d'autre Maiſon . Il y avoit
dans chaque Caroffe de
de Siam.
135
ceux qui en avoient en
voyé, un Ecuyer, ou quelque
autre Gentilhomme
- de la Maiſon. A meſure
i que ces Caroffes arrive-
- rent, tous les Ecuyers en
defcendirent , & furent
el preſentez par Mr Storf
aux Ambaſſadeurs.Ils leur
firent tous compliment
en peu de paroles de la
part de leurs Maiſtres, ou
or de leurs Maiſtreffes . Le
20 premier Ambaſſadeur ré-
{ pondit à tous , & quoy
9
136 Voyage des Amb.
qu'il n'euſt que des remer
ciemens à faire, onremarqua
qu'il y avoit quelque
choſe de different dans
tout ce qu'il dit. Tous les
complimens finis , M² le
Duc de la Feüillade arriva
avec les Caroffes du Roy,
de Madame la Dauphine,
de Monfieur& de Madame.
Il eſtoit accompagné
de pluſieurs Valets de
pied de Sa Majefté , &
d'un grand nombre des
fiens , avec une fort belle
deSiam.
137
ne Livrée & toute neuve. Il
al
01
y avoit auffi deux de ſes.
Caroffes remplis de Genan
tilshommes. Il fit unCompliment
fort court aux
Ambaſſadeurs fur leur
heureux Voyage , & fur
la joye qu'il avoit d'avoir
eſté nommé pour les redcevoir.
A quoy le premier
Ambaſſadeur répondit
Quesa valeur esſon me..
rite avoient paßé jusques
en Alie , &qu'onysçavoit
les victoires qu'il avoit
M
D
138 Voyagedes Amb.
2
remportées contre les Turcs.
On monta enfuite en Caroffe.
Le premier Ambaffadeur
fut placé dans le
fond de celuy du Roy
avec M. de la Feuillade ,
M.de Bonncüil & M.Storf
ſe mirent vis à vis d'eux.
Les deux autres Ambaffadeurs
eftoient dans le
Caroſse de Madame la
Dauphine avecM.Giraut,
les Mandarins dans ceux
de Monfieur & de Madame
, & les Secretaires &
deSiam
139
Valets de Chambre des
Ambaſſadeurs dans plufieurs
autres Caroffes. Le
Roy en avoit auffi envoyé
매 pour leurs Valets , & ces
e, Carroffes qui n'avoient
pourtant pointles Armes.
I de Sa Majesté , marche--
frent à la teſte de tout. Ils.
k furent ſuivis de douze
Trompetes du Royà che
val , qui precederent tous
☑les Carroffes dont je viens
de vous parler . On paffa
☆ par le Faux- bourg , & la
aa
Miy
140 Voyage des Amb.
Porte Saint Antoine. On
traverſa la rue du mefme
nom juques au Cimetiere
S. Jean , par lequel
on ſe rendit dans la ruë
de la Verrerie. On vint
enfuite par cellesde laFerronnerie
, de S. Honoré ,
& de l'Arbre-fec . On paffa
fur le Pont- neuf , &
dans la ruë Dauphine, &
l'on gagna la ruë de Tournon
où eſt l'Hostel des
Ambaſſadeurs. La foule
ſe trouva fi grande dans
de Siam. 141
On tout ce paffage , & il y avoit
ſur tout une fi grande
quantité de Caroffes
ad que les rues en estoient
bordées de chaque coſté ;
nt deforte que ceux des Amer.
baffadeurs ne pouvant
4, paffer , eſtoient ſouvent
af arreſtez pendant des
& quart- d'heures , & meſme
& des demy-heures entieres .
r. Ils reconnurent dans leur
les route les Dames qui ae
voient bien voulu leur
ns donner le plaifir de mon142
Voyage des Amb.
ter à cheval devant eux à
Berny, & ils les ſalüerent
d'un air qui marquoit la
joye qu'ils avoient de les
revoir Enfin aprés avoir
fait cette longue marche,
ils arriverent à l'Hoſtel
des Ambassadeurs. M le
Duc de la Feuillade les
accompagna juſque dans
leur Chambre , & n'eut
qu'une converſation fort
courte avec eux , aprés
quoy il les quitta. Ils l'accompagnerentjuſqu'àfon
deSiam. 143
es
רוז
Carofse , & fe retirerent
ſans vouloir voir perfonne.
Quoy que l'uſage ſoit
de détrayer les Ambaſsadeurs
des Rois dont les
Etats font hors de l'Europe
, & dene traiter que
| trois jours ceux des Rois
nos voiſins , on fuivit l'un
al & l'autre uſage pour les
Ambassadeurs de Siam
For car bien qu'ils euſsent eſté
Je
Cu
Ori
Siam,
traitez tous les jours par
A l'ordre & aux dépens de
Sa Majefté depuis leur
144 Voyage des Amb.
débarquement à Breſt , les
Pourvoyeurs du Roy ne
laiſscrent pas de fournir
eux-meſmes tout ce qui
eſtoit neceſsaire pour
leur traitement, pendant
les trois premiers jours
qui ſuivirent leur Entrée,
& M² de Chanteloup,
Maistre d'Hoſtel de quartier
, & un des Controleurs
de la Maiſon du
Roy auſſi de quartier
vinrent tous les matins
pendant ces trois jours,
faire
deSiam.
145
It faire là-deſsus ce qui estoit
de leur Charge.
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Résumé : Tout ce qui s'est passe le jour de leur Entrée publique à Paris, avec le compliment fait à M. de la Feuillade. [titre d'après la table]
Le roi a ordonné l'entrée des ambassadeurs de Siam à Paris le 12 du mois précédent. Ils ont été accueillis à Rambouillet, une résidence habituellement réservée aux ambassadeurs de haut rang. Leur cortège comprenait des carrosses du roi, de Madame la Dauphine, de Monsieur, de Madame, et de divers princes et princesses du sang, ainsi que des personnalités notables comme M. de Chaumont, de Lionne, de Choisy, les Jésuites, et les missionnaires des Missions Étrangères. Environ soixante carrosses à six chevaux, incluant ceux du maréchal Duc de La Feuillade et de M. de Bonneüil, ont accompagné les ambassadeurs. Notamment, aucun carrosse du Dauphin n'était présent, car ce dernier est servi par les officiers du roi et n'a pas de maison séparée. À leur arrivée, les écuyers et gentilshommes des maisons des envoyants ont présenté leurs compliments. Le Duc de La Feuillade, accompagné de valets de pied du roi et de nombreux laquais, a salué les ambassadeurs en soulignant la joie de les recevoir. Les ambassadeurs ont répondu en évoquant les victoires du roi contre les Turcs. Le cortège a ensuite traversé Paris, passant par divers quartiers et rues jusqu'à l'Hôtel des Ambassadeurs. La foule était si dense que les carrosses étaient souvent arrêtés. À leur arrivée, le Duc de La Feuillade a accompagné les ambassadeurs dans leur chambre et a eu une brève conversation avec eux avant de les quitter. Depuis leur débarquement à Brest, les ambassadeurs ont été traités quotidiennement, et les pourvoyeurs du roi ont assuré leur subsistance pendant les trois premiers jours suivant leur entrée à Paris.
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18
p. 145-171
Ce qu'ils ont fait & dit à Paris depuis le jour de leur Entrée jusques à celuy qu'ils ont eu Audience du Roy, où l'on voit ce qui s'est passé à Nostre-Dame le jour qu'ils y ont esté, & quantité d'autres choses curieuses. [titre d'après la table]
Début :
Comme les Ambassadeurs n'avoient pas encore eu Audience, ils [...]
Mots clefs :
Paris, France, Chine, Maladie du roi, Roi, Audience, Procession, Abbé de La Mothe, Office, Ambassadeurs, Entrer, Manger, Église, Parlement, Monde, Lettre, Femmes, Religion, Jardins, Père de La Chaise, Hôtel des ambassadeurs, Église de Notre-Dame de Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ce qu'ils ont fait & dit à Paris depuis le jour de leur Entrée jusques à celuy qu'ils ont eu Audience du Roy, où l'on voit ce qui s'est passé à Nostre-Dame le jour qu'ils y ont esté, & quantité d'autres choses curieuses. [titre d'après la table]
Comme les Ambaſsadeurs
n'avoient pas encore
eu Audience , ils crurent
ne devoir point pa
roiftre en public avant
que d'avoir falué Sa Majeſté
,& ainſi ils demanderent
qu'on ne laiſsaſt entrer
perſonne pour les
dvoir manger. L'ordre en
fut donné , & la connoif
fance qu'on en eur , empefcha
les curieux de fe
33 20 7653333330 27N 28
146 Voyage des Amb.
preſenter à la porte de
leur Hoſtel ; mais quoy
qu'ils euſſent reſolu de
n'en point fortir juſqu'au
jour de l'Audience , on jugea
neanmoins a propos
de leur faire voir la Proceffion
qu'on fait tous les
ans a Noftre-Dame le
jourde l'Aſsomption, parce
qu'elle édifie beaucoup
,& que ne ſe faiſant
qu'une fois l'année , ils
s'en retourneroient fans
la voir s'ils ne prenoient
pas cette occafion. On
de Siam. 147
laiſſa à M l'Abbé de la
Mothe , grand Archidiadf
cre , le ſoin de faire les
honneurs du Chapitre. Il
reſolut qu'avant que de
faire entrer les Ambaffa-
- deurs dans l'Eglife , ils
viendroient ſe repofer
| chez luy , & qu'ils y feroient
collation en atten-
0
ar
dant que l'Office fuſt preſt
■ à commencer . Il fit tout
1 preparer pour cela , mais
inutilement , car la foule
ſe trouva fi grande dans
Nij
148 Voyage des Amb.
le Cloiſtre , qu'il fut impoffible
d'approcher de
fon logis , de forte qu'il
falur aller droit à l'Eglife .
On les conduifit d'abord
devant le Grand Autel,
où voyant que M'l'Abbé
de la Mothe , & M² Stolf
s'agenouilloient , ils ſe mirent
auffi à genoux . On
monta enſuite au Jubé
que M'l'Abbé de la Mothe
avoit fait preparer
pour eux , & où l'on n'avoit
laiſſe entrer perfonne.
Ils confidererent toude
Siam. 149
tel'Eglife avec une applim
di
cation que je ne puis vous
repreſenter. Ils endemanderent
la hauteur , & la
largeur , & témoignerent
or
mefme qu'on leur feroit
-el
b
un fort grand plaifir fi on
leur en donnoit lePlan. La
ol
Muſique leur parut tres-
1 belle ,& ils firent par leur
11
b
10
r
Interprete pluſieurs quer
ſtions à M. l'Abbé de la
* Morhe , qui les éclaircit
de ce qu'ils fouhaitoient
12
UC
مح
fçavoir là- deſſus. Ils de-
Niij
150 Voyage des Amb.
manderent auſſi qu'on
leur expliquaſt quelques
Ceremonies , qui regardoient
l'Office , & l'on fatisfit
leur curiofité , auffibien
que celle qu'ils eurent
de vouloir apprendre
ce que c'eſt que l'Orgue
qu'ils écouterent avec
une grande attention,
& fur laquelle ils firent
des demandes pleines d'efprit.
Is firent mille remercimens
à M. l'Abbé de la
Mothe de la peine qu'il ſe
de Siam. ISE
1.
1-
Ia
1,
d
A
e
donnoit de leur expliquer
toutes ces chofes , & le
premier Ambaſſadeur luy
offrit du Betel , je vous
en ay déja parlé dans ma
Relation de Siam . Ils en
machent auſſi ſouvent ,
que prennent icy du Tabac
en poudre ceux qui
l'aiment davantage , &
qui ont toujours la Tabatiere
à la main . Le Be-
.tel fortifie l'estomach , ८
rend l'haleine plus douce.
L'Office eftant finy , on fir
Niiij
152 Voyage des Amb.
la Proceffion, ou fe trouvent
les Chanoines de fix
Chapitres de Paris , fans
compter ceux de Noftre-
Dame , avec le Parlement
&la Ville en Corps . Comme
cette Proceffion eft
fort celebre , & fort auguſte
, M' l'Archeveſque
de Paris y aſſiſte. Jamais
on n'a regardé plus attentivement
aucune Ceremonie
, que les Ambaſſadeurs
firent cette Proceffion
,&jamais on n'a fait
I
de Siam.
153
S
dequeſtions plus fpirituelles
que X celles qu'ils firent,
fur tout pour ſçavoir ce
e que fignifioit la difference
t
t
des habits des Prefidens
& des Confeillers , & de
ceux du Parlement & de
Meffieurs de Ville . Ils
n'en demeurerent pas là ;
car comme on leur parla
1. des differentes Chambres
e
2.
S
du Parlement , comme de
a. la grand Chambre , des
1. Enqueſtes , des Requeſtes,
it ainſi que de la Chambre
154- Voyagedes Amb.
des Comptes , & de la
Cour des Aydes , ils s'informerent
de la fonction
de tous ces Corps , ce
qui ne leur pût eſtre expliqué
qu'en peu de paroles
, à cauſe du peu de
temps que l'on avoit pour
cela ; M'le Doyen , &
pluſieurs Chanoines , les
vinrent falüer au Jubé, &
ils les receurent avec des
honneſtetez qu'il feroit
difficile d'exprimer . En
fortant ils ſe mirent à gede
Siam. 155
a
-
n
a.
汇
noux devant l'Autel de
la Vierge , & dirent qu'ils
avoient esté tellement édifiez
de ce qu'ils avoient
vû, &fur tout de l' air dont
M'l'Archevesque avoit
fait l'Office , que nonſeulement
ils estoient prefts de
demeurer pour l'entendre
encore, s'il vouloit recommencer,
maisque s'il officioit
quatre fois par jour , 5.
qu'ils puſſent y aßifter autant
de fois , ils le feroient
avec beaucoup de plaisir.
156 Voyage des Amb.
Ils s'en retournerent fi
fatisfaits , & fi remplis de
toutes les chofes qu'ils avoient
veuës , qu'ils employerent
quatre Secreraires
tout le foir , pour
écrire leurs remarques.
Je vous ay déja appris
que le ſecond Ambaffadeur
a eſté en Ambaffade
à la Chine de la part du
Roy de Siam. Comme
c'eft un homme de bon
efprit , fage& fort fincere
, on a voulu ſçavoir de
de Siam.
157
-
iluy la difference qu'il faifoit
de ces deux Erats . Il a
dit qu'il y avoit beaucoup
de monde en la Chine ; que
les bords des Rivieres y efsoient
beaucoup plus peuplez
que le reſte du Païs ,
5 que si la France estoit
à proportion außi peuplée
4 dans toutes ſes Campagnes
quelle l'estoit le long des
bords de la Loire qu'il avoit
vûs, il y avoit autant
de monde en France qu'en
S
1
la Chine , à proportion de
158 Voyage des Amb.
l'étendue de l'unes de l'autre
Etat ; que ſuivant même
ce qu'il venoit de dire ,
on devoit croire qu'ily en a
davantage en France; mais
que ce qui les égaloit , au
moins felon ce qu'il avoit
vû , estoit que la Chine luy
avoit paru peuplée , ainsi
que je viens de vous marquer,
quoy qu'il n'eust point
vû de Femmes , parce qu'-
elles ne s'y montrent point.
Il dit à l'égard de Paris ,
& de la Capitale de la
de Siam.
159
111
re
all
Chine , qu'il avoit vû autant
d'hommes à Pequin ,
qui est le nom de cette Cappiittaallee,,
que d'hommes es de
femmes ensemble à. Paris.
Il peut dire vray , mais il
peut auſſi ſe tromper,
1) n'ayant pas encore affez
vù Paris pour en juger.
Il en parle fur deux chofes
; fur ce qu'il a vû le
jour qu'il fit ſon Entrée ,
&ce qu'il vit dans Noſtre
me&aux environs le jour
nt
s
I de l'Afſomption . A l'égard
150 Voyage des Amb.
des Jardins , que ceux qui
ont fait imprimer des
Voyages de la Chine ,
vantent tant , il affcure
qu'ils font infiniment plus
beaux en France , comme
beaucoup d'autres chofes
. Il faut remarquer que
lors qu'il a parlé ainfi , il
n'avoit point eu Audience
, ny vù les Jardins
de Versailles & de Saint
Cloud;& que ce qu'il dit
à l'égarddu peuple de Paris
feulement , parce qu'il
de Siam. 161
ne l'a pas encore tout vù,
de eſt avantageux à la France
, puis que fa fincerité
ne
paroiffant par là ( au lieu
que d'autres flateroient
m
10
;
el
al
d
Pa
ceux du Pays où ils font )
fait connoiſtre qu'il dit
vray , lors qu'il nous donne
l'avantage fur d'autres
articles..
Quoy que lesAmbaffa
deurs euffent refolu de ne
manger en publicqu'aprés
avoir euAudienceduRoy,
ils ne laiſserentpas de voir
162 Voyage des Amb.
,
quelques Perſonnes diftinguées.
Ils font ſi reconnoifſans
que dés que
parmy beaucoup d'autres,
ils apercevoient quelqu'un
de ceux qui les avoient
reçeusſur leur rou
te avec plus d'affection
que
que d'autres, ils les demêloient
auſſi- toft , leur parloient
les premiers , &
leur faifoient cent careffes
. On ne peut exprimer
celles qu'ils firent à Madame
l'Intendante de
de Siam. 163
1
Je
U
a
UA
e
r
&
de
Breſt , lors qu'ils la virent
à Paris . Ils ne fe contentent
pas de trouver à leur
gouſt les Metsqu'on aprête
en France , ils veulent
ſçavoir de quoy ils font
compofez , & font aporter
devant eux tout ce
qui entre dans les Ragoufts
les plus délicats
non pour le defir d'avoir
de quoy manger délicatement,
mais pour ne s'em
pas retourner en leur Païs
fans y porter tout ce qui
O ij
164 Voyage des Amb.
regarde les Arts , & les
Coûtumes de France , &
afin de nerien oublier, ils
ont mefme greffé des Arbres
dans le Jardin de
l'Hoſtel des Ambaſſadeurs.
Ce qu'ils fouhairent
le plus d'emporter
d'icy , & qu'ils préferent
à ce qu'on leur pourroit
donner de plus précieux ,
& de plus riche , ce font
des Cartes du Royaume ,
des Plans des Places fortes
,&des Maiſons Royade
Siam. 165
les , des Tableaux ou des
3 Eſtampes , où le Roy
| foit à la teſte de ſes Armées,
d'autres qui leur redeprefentent
, les Armées
1. Navales de Sa Majefté,&
d'autres où ils puiſſent
et voir toutes fes Chaffes .Le
nt Pere de la Chaife , en leur
bit rendant une ſeconde vifite
à Paris , leur fit preſent
de liqueurs , & leur dit ,
2. Que le Roy avoit beaucoup
r. de joye , de ce qu'il entendoit
-2. dire tous les jours d'eux & a
166 Voyage des Amb.
de leur esprit. Lors qu'ils
eſtoient fur le point d'avoir
Audience , le Roy fut
attaqué d'une fiévre quarte,
& ce futalors qu'ils redoublerent
leurs inſtances
pour ne voir perfonne
; ils dirent Que voir du
monde d'eftoit se divertir,
qu'ils ne devoient prendre
aucun plaisir tant que la
Ma'adre du Roy dureroit .
S'ils en uſent de cette maniere
pour un Monarque
dont ils ne font pas nez
A
n
Dolinar Del F
de Siam.
167
Sujets , vous pouvezjuger
de ce qu'ils font pour leur
Souverain . Le profond
refpect qu'ils ont pour luy
leur en a fait rendre un
tres grand à la Lettre dont
il les avoit chargez , pour
l'apporter à Sa Majefté.
Elle estoit placée à l'Hô
tel des Ambaſſadeurs ,
dans le fond de la Ruelle
du Lit de Parade du premier
Ambaſſadeur , de la
maniere que vous la
yoyez dans la Planche
168 Voyage des Amb.
que je vous envoye , &
que j'ay fait deffiner exprés
fur le lieu. On l'avoit
enfermée dans trois
Boëtes . Celle de deffus étoit
de bois verny du Japon;
la feconde d'argent,
& la troifiéme d'or. La
Lettre qui estoit écrite
fur une Lame d'or roulée,
les Roys de Siam n'écrivant
jamais que fur l'or ,
eſtoit dans cette derniere .
Toutes cesBoëtes estoient
couvertes d'un Brocard
d'or
de Siam. 169
1
d'or , & fermées avec le
Sceau du premier Ambaffadeur
qui estoit en Cire
blanche. Les Ambaſſadeurs
mettoient tous les
jours des fleurs nouvelles
deffus ,& toutes les fois
qu'ils paffoient devant
cette Lettre , ils faifoient
de profondes inclinations .
Quoy qu'ils n'ayent point
icy de Talapoins , ils ne
laiſsent pas d'y faire des
exercices de leur Religion
. Ils se mettent à ge
0
P
170 Voyagedes Amb.
noux , élevent les mains
pluſieurs fois,& touchent
la terre de la teſte. Ils diſent
qu'on a rapporté
beaucoup de choſes de
leur Religion qui ne font
pas vrayes , qu'ils font
pluſieurs de Meditations
dont les principales font,
de faire reflexion fur ce
que le Mary doit à ſaFemme
, & la Femme à fon
Mary , le Pere à fon Fils ,
le Fils a fon Pere,& l'Amy
à fon Amy ,& que le plus
de Siam. 171
S
t
1
e
e
t
S
vertueux eft parmy eux
le plus ſaint.
n'avoient pas encore
eu Audience , ils crurent
ne devoir point pa
roiftre en public avant
que d'avoir falué Sa Majeſté
,& ainſi ils demanderent
qu'on ne laiſsaſt entrer
perſonne pour les
dvoir manger. L'ordre en
fut donné , & la connoif
fance qu'on en eur , empefcha
les curieux de fe
33 20 7653333330 27N 28
146 Voyage des Amb.
preſenter à la porte de
leur Hoſtel ; mais quoy
qu'ils euſſent reſolu de
n'en point fortir juſqu'au
jour de l'Audience , on jugea
neanmoins a propos
de leur faire voir la Proceffion
qu'on fait tous les
ans a Noftre-Dame le
jourde l'Aſsomption, parce
qu'elle édifie beaucoup
,& que ne ſe faiſant
qu'une fois l'année , ils
s'en retourneroient fans
la voir s'ils ne prenoient
pas cette occafion. On
de Siam. 147
laiſſa à M l'Abbé de la
Mothe , grand Archidiadf
cre , le ſoin de faire les
honneurs du Chapitre. Il
reſolut qu'avant que de
faire entrer les Ambaffa-
- deurs dans l'Eglife , ils
viendroient ſe repofer
| chez luy , & qu'ils y feroient
collation en atten-
0
ar
dant que l'Office fuſt preſt
■ à commencer . Il fit tout
1 preparer pour cela , mais
inutilement , car la foule
ſe trouva fi grande dans
Nij
148 Voyage des Amb.
le Cloiſtre , qu'il fut impoffible
d'approcher de
fon logis , de forte qu'il
falur aller droit à l'Eglife .
On les conduifit d'abord
devant le Grand Autel,
où voyant que M'l'Abbé
de la Mothe , & M² Stolf
s'agenouilloient , ils ſe mirent
auffi à genoux . On
monta enſuite au Jubé
que M'l'Abbé de la Mothe
avoit fait preparer
pour eux , & où l'on n'avoit
laiſſe entrer perfonne.
Ils confidererent toude
Siam. 149
tel'Eglife avec une applim
di
cation que je ne puis vous
repreſenter. Ils endemanderent
la hauteur , & la
largeur , & témoignerent
or
mefme qu'on leur feroit
-el
b
un fort grand plaifir fi on
leur en donnoit lePlan. La
ol
Muſique leur parut tres-
1 belle ,& ils firent par leur
11
b
10
r
Interprete pluſieurs quer
ſtions à M. l'Abbé de la
* Morhe , qui les éclaircit
de ce qu'ils fouhaitoient
12
UC
مح
fçavoir là- deſſus. Ils de-
Niij
150 Voyage des Amb.
manderent auſſi qu'on
leur expliquaſt quelques
Ceremonies , qui regardoient
l'Office , & l'on fatisfit
leur curiofité , auffibien
que celle qu'ils eurent
de vouloir apprendre
ce que c'eſt que l'Orgue
qu'ils écouterent avec
une grande attention,
& fur laquelle ils firent
des demandes pleines d'efprit.
Is firent mille remercimens
à M. l'Abbé de la
Mothe de la peine qu'il ſe
de Siam. ISE
1.
1-
Ia
1,
d
A
e
donnoit de leur expliquer
toutes ces chofes , & le
premier Ambaſſadeur luy
offrit du Betel , je vous
en ay déja parlé dans ma
Relation de Siam . Ils en
machent auſſi ſouvent ,
que prennent icy du Tabac
en poudre ceux qui
l'aiment davantage , &
qui ont toujours la Tabatiere
à la main . Le Be-
.tel fortifie l'estomach , ८
rend l'haleine plus douce.
L'Office eftant finy , on fir
Niiij
152 Voyage des Amb.
la Proceffion, ou fe trouvent
les Chanoines de fix
Chapitres de Paris , fans
compter ceux de Noftre-
Dame , avec le Parlement
&la Ville en Corps . Comme
cette Proceffion eft
fort celebre , & fort auguſte
, M' l'Archeveſque
de Paris y aſſiſte. Jamais
on n'a regardé plus attentivement
aucune Ceremonie
, que les Ambaſſadeurs
firent cette Proceffion
,&jamais on n'a fait
I
de Siam.
153
S
dequeſtions plus fpirituelles
que X celles qu'ils firent,
fur tout pour ſçavoir ce
e que fignifioit la difference
t
t
des habits des Prefidens
& des Confeillers , & de
ceux du Parlement & de
Meffieurs de Ville . Ils
n'en demeurerent pas là ;
car comme on leur parla
1. des differentes Chambres
e
2.
S
du Parlement , comme de
a. la grand Chambre , des
1. Enqueſtes , des Requeſtes,
it ainſi que de la Chambre
154- Voyagedes Amb.
des Comptes , & de la
Cour des Aydes , ils s'informerent
de la fonction
de tous ces Corps , ce
qui ne leur pût eſtre expliqué
qu'en peu de paroles
, à cauſe du peu de
temps que l'on avoit pour
cela ; M'le Doyen , &
pluſieurs Chanoines , les
vinrent falüer au Jubé, &
ils les receurent avec des
honneſtetez qu'il feroit
difficile d'exprimer . En
fortant ils ſe mirent à gede
Siam. 155
a
-
n
a.
汇
noux devant l'Autel de
la Vierge , & dirent qu'ils
avoient esté tellement édifiez
de ce qu'ils avoient
vû, &fur tout de l' air dont
M'l'Archevesque avoit
fait l'Office , que nonſeulement
ils estoient prefts de
demeurer pour l'entendre
encore, s'il vouloit recommencer,
maisque s'il officioit
quatre fois par jour , 5.
qu'ils puſſent y aßifter autant
de fois , ils le feroient
avec beaucoup de plaisir.
156 Voyage des Amb.
Ils s'en retournerent fi
fatisfaits , & fi remplis de
toutes les chofes qu'ils avoient
veuës , qu'ils employerent
quatre Secreraires
tout le foir , pour
écrire leurs remarques.
Je vous ay déja appris
que le ſecond Ambaffadeur
a eſté en Ambaffade
à la Chine de la part du
Roy de Siam. Comme
c'eft un homme de bon
efprit , fage& fort fincere
, on a voulu ſçavoir de
de Siam.
157
-
iluy la difference qu'il faifoit
de ces deux Erats . Il a
dit qu'il y avoit beaucoup
de monde en la Chine ; que
les bords des Rivieres y efsoient
beaucoup plus peuplez
que le reſte du Païs ,
5 que si la France estoit
à proportion außi peuplée
4 dans toutes ſes Campagnes
quelle l'estoit le long des
bords de la Loire qu'il avoit
vûs, il y avoit autant
de monde en France qu'en
S
1
la Chine , à proportion de
158 Voyage des Amb.
l'étendue de l'unes de l'autre
Etat ; que ſuivant même
ce qu'il venoit de dire ,
on devoit croire qu'ily en a
davantage en France; mais
que ce qui les égaloit , au
moins felon ce qu'il avoit
vû , estoit que la Chine luy
avoit paru peuplée , ainsi
que je viens de vous marquer,
quoy qu'il n'eust point
vû de Femmes , parce qu'-
elles ne s'y montrent point.
Il dit à l'égard de Paris ,
& de la Capitale de la
de Siam.
159
111
re
all
Chine , qu'il avoit vû autant
d'hommes à Pequin ,
qui est le nom de cette Cappiittaallee,,
que d'hommes es de
femmes ensemble à. Paris.
Il peut dire vray , mais il
peut auſſi ſe tromper,
1) n'ayant pas encore affez
vù Paris pour en juger.
Il en parle fur deux chofes
; fur ce qu'il a vû le
jour qu'il fit ſon Entrée ,
&ce qu'il vit dans Noſtre
me&aux environs le jour
nt
s
I de l'Afſomption . A l'égard
150 Voyage des Amb.
des Jardins , que ceux qui
ont fait imprimer des
Voyages de la Chine ,
vantent tant , il affcure
qu'ils font infiniment plus
beaux en France , comme
beaucoup d'autres chofes
. Il faut remarquer que
lors qu'il a parlé ainfi , il
n'avoit point eu Audience
, ny vù les Jardins
de Versailles & de Saint
Cloud;& que ce qu'il dit
à l'égarddu peuple de Paris
feulement , parce qu'il
de Siam. 161
ne l'a pas encore tout vù,
de eſt avantageux à la France
, puis que fa fincerité
ne
paroiffant par là ( au lieu
que d'autres flateroient
m
10
;
el
al
d
Pa
ceux du Pays où ils font )
fait connoiſtre qu'il dit
vray , lors qu'il nous donne
l'avantage fur d'autres
articles..
Quoy que lesAmbaffa
deurs euffent refolu de ne
manger en publicqu'aprés
avoir euAudienceduRoy,
ils ne laiſserentpas de voir
162 Voyage des Amb.
,
quelques Perſonnes diftinguées.
Ils font ſi reconnoifſans
que dés que
parmy beaucoup d'autres,
ils apercevoient quelqu'un
de ceux qui les avoient
reçeusſur leur rou
te avec plus d'affection
que
que d'autres, ils les demêloient
auſſi- toft , leur parloient
les premiers , &
leur faifoient cent careffes
. On ne peut exprimer
celles qu'ils firent à Madame
l'Intendante de
de Siam. 163
1
Je
U
a
UA
e
r
&
de
Breſt , lors qu'ils la virent
à Paris . Ils ne fe contentent
pas de trouver à leur
gouſt les Metsqu'on aprête
en France , ils veulent
ſçavoir de quoy ils font
compofez , & font aporter
devant eux tout ce
qui entre dans les Ragoufts
les plus délicats
non pour le defir d'avoir
de quoy manger délicatement,
mais pour ne s'em
pas retourner en leur Païs
fans y porter tout ce qui
O ij
164 Voyage des Amb.
regarde les Arts , & les
Coûtumes de France , &
afin de nerien oublier, ils
ont mefme greffé des Arbres
dans le Jardin de
l'Hoſtel des Ambaſſadeurs.
Ce qu'ils fouhairent
le plus d'emporter
d'icy , & qu'ils préferent
à ce qu'on leur pourroit
donner de plus précieux ,
& de plus riche , ce font
des Cartes du Royaume ,
des Plans des Places fortes
,&des Maiſons Royade
Siam. 165
les , des Tableaux ou des
3 Eſtampes , où le Roy
| foit à la teſte de ſes Armées,
d'autres qui leur redeprefentent
, les Armées
1. Navales de Sa Majefté,&
d'autres où ils puiſſent
et voir toutes fes Chaffes .Le
nt Pere de la Chaife , en leur
bit rendant une ſeconde vifite
à Paris , leur fit preſent
de liqueurs , & leur dit ,
2. Que le Roy avoit beaucoup
r. de joye , de ce qu'il entendoit
-2. dire tous les jours d'eux & a
166 Voyage des Amb.
de leur esprit. Lors qu'ils
eſtoient fur le point d'avoir
Audience , le Roy fut
attaqué d'une fiévre quarte,
& ce futalors qu'ils redoublerent
leurs inſtances
pour ne voir perfonne
; ils dirent Que voir du
monde d'eftoit se divertir,
qu'ils ne devoient prendre
aucun plaisir tant que la
Ma'adre du Roy dureroit .
S'ils en uſent de cette maniere
pour un Monarque
dont ils ne font pas nez
A
n
Dolinar Del F
de Siam.
167
Sujets , vous pouvezjuger
de ce qu'ils font pour leur
Souverain . Le profond
refpect qu'ils ont pour luy
leur en a fait rendre un
tres grand à la Lettre dont
il les avoit chargez , pour
l'apporter à Sa Majefté.
Elle estoit placée à l'Hô
tel des Ambaſſadeurs ,
dans le fond de la Ruelle
du Lit de Parade du premier
Ambaſſadeur , de la
maniere que vous la
yoyez dans la Planche
168 Voyage des Amb.
que je vous envoye , &
que j'ay fait deffiner exprés
fur le lieu. On l'avoit
enfermée dans trois
Boëtes . Celle de deffus étoit
de bois verny du Japon;
la feconde d'argent,
& la troifiéme d'or. La
Lettre qui estoit écrite
fur une Lame d'or roulée,
les Roys de Siam n'écrivant
jamais que fur l'or ,
eſtoit dans cette derniere .
Toutes cesBoëtes estoient
couvertes d'un Brocard
d'or
de Siam. 169
1
d'or , & fermées avec le
Sceau du premier Ambaffadeur
qui estoit en Cire
blanche. Les Ambaſſadeurs
mettoient tous les
jours des fleurs nouvelles
deffus ,& toutes les fois
qu'ils paffoient devant
cette Lettre , ils faifoient
de profondes inclinations .
Quoy qu'ils n'ayent point
icy de Talapoins , ils ne
laiſsent pas d'y faire des
exercices de leur Religion
. Ils se mettent à ge
0
P
170 Voyagedes Amb.
noux , élevent les mains
pluſieurs fois,& touchent
la terre de la teſte. Ils diſent
qu'on a rapporté
beaucoup de choſes de
leur Religion qui ne font
pas vrayes , qu'ils font
pluſieurs de Meditations
dont les principales font,
de faire reflexion fur ce
que le Mary doit à ſaFemme
, & la Femme à fon
Mary , le Pere à fon Fils ,
le Fils a fon Pere,& l'Amy
à fon Amy ,& que le plus
de Siam. 171
S
t
1
e
e
t
S
vertueux eft parmy eux
le plus ſaint.
Fermer
Résumé : Ce qu'ils ont fait & dit à Paris depuis le jour de leur Entrée jusques à celuy qu'ils ont eu Audience du Roy, où l'on voit ce qui s'est passé à Nostre-Dame le jour qu'ils y ont esté, & quantité d'autres choses curieuses. [titre d'après la table]
Les ambassadeurs de Siam, en attente de leur audience avec le roi de France, décidèrent de ne pas apparaître en public avant cette rencontre et demandèrent que personne ne les voie manger. Ils furent invités à assister à la procession annuelle de l'Assomption à Notre-Dame, où ils furent accueillis par l'abbé de la Mothe. La foule les obligea à se rendre directement à l'église. À l'intérieur, ils montrèrent un grand intérêt pour l'architecture de l'église, posant des questions sur sa hauteur et sa largeur et exprimant le désir d'obtenir un plan. Ils furent également impressionnés par la musique et l'orgue, posant des questions détaillées à l'abbé de la Mothe. Après l'office, ils observèrent attentivement les différences dans les habits des dignitaires et reçurent plusieurs d'entre eux avec honneur. Les ambassadeurs étaient très reconnaissants et curieux, posant des questions sur divers aspects de la religion et des cérémonies. Ils offrirent du bétel à l'abbé de la Mothe, expliquant ses bienfaits. Après la procession, ils s'agenouillèrent devant l'autel de la Vierge, déclarant qu'ils auraient aimé assister à d'autres offices. Ils employèrent quatre secrétaires pour noter toutes leurs observations. Le second ambassadeur, ayant été en mission en Chine, compara les deux pays, notant que la France semblait aussi peuplée que la Chine, bien qu'il n'ait pas vu de femmes en Chine. Il trouva les jardins français plus beaux que ceux de la Chine. Les ambassadeurs rencontrèrent plusieurs personnes distinguées et leur firent des marques d'affection, malgré leur résolution de ne pas manger en public avant l'audience royale. Ils étaient également intéressés par la composition des mets français et voulurent tout apprendre sur les arts et coutumes de France. Ils plantèrent même des arbres dans le jardin de leur hôtel pour ne rien oublier. Lorsqu'ils furent sur le point d'avoir audience, le roi tomba malade, et ils redoublèrent leurs instances pour ne voir personne, montrant un profond respect pour leur souverain. La lettre qu'ils devaient remettre au roi de France était placée dans trois boîtes emboîtées, la dernière en or, et était écrite sur une lame d'or. Ils faisaient des inclinations profondes chaque fois qu'ils passaient devant cette lettre. Malgré l'absence de talapoins en France, ils pratiquaient leur religion en se mettant à genoux et en touchant le sol avec leur tête. Ils méditaient sur les devoirs familiaux et amicaux, considérant la vertu comme la sainteté suprême.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19
p. 225-228
Ce qui s'est passé à Paris aprés leur retour. [titre d'après la table]
Début :
Ils estoient si satisfaits de l'avoir vû, & des [...]
Mots clefs :
Pierreries, Roi, Honneur, Ville, Storf, Feu d'artifice, Duc de Berry, Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ce qui s'est passé à Paris aprés leur retour. [titre d'après la table]
Ils eftoient fi
fatisfaits de l'avoir vû , &
des chofes obligeantes
qu'il leur avoirdites , qu'à
leur retour ils embraſſerent
M'Stolf pour loy en
témoigner leur joye , &
226 Voyagedes Amb.
comme on parla au premier
Ambaſſadeur , du
grand nombre de Pierreries
dont l'habit du Roy
eſtoit couvert , il dit , Que
tant qu'ilpourroit avoir le
meſme honneur qu'il avoit
reçû , quelques Pierreries
qu'eust SaMajesté, il neles
verroitjamais , parce qu'il
neregarderoit que le Roy ,
mais qu'il feroit bien aise
de les voir en particulier.
M' le Prevoſt des Marchands
les pria le lende
de Siam.
227
main qu'ils eurent eu Audience
, de ſe trouver à
l'Hôtel de Ville pour voir
le Feu d'Artifice que la
Ville faiſoit tirer pour fe
réjoüir de l'heureuſe Naiffance
de Monſeigneur le
Duc de Berry. Il répondit,
Qu'ils luy estoient extremement
obligez de l'honneur
qu'il leur faisoit , mais que
n'ayant point encore euAudience
du refte der la Mai-
Son Royale , ils ne croyoient
pas devoir aller en aucun
228 Voyage des Amb.
lieu public. Une Demoifelle
qui chante fort bien,
& qui a beaucoup de
charmes pour ſe faire regarder,
ayant eſté chanter
deuant eux on luy demanda
ce qu'il trouvoit
de ſa voix , & il répondit
Qu'il n'avoit point d'oreilles
quand il avoit beſoin de
tous fes yeux.
fatisfaits de l'avoir vû , &
des chofes obligeantes
qu'il leur avoirdites , qu'à
leur retour ils embraſſerent
M'Stolf pour loy en
témoigner leur joye , &
226 Voyagedes Amb.
comme on parla au premier
Ambaſſadeur , du
grand nombre de Pierreries
dont l'habit du Roy
eſtoit couvert , il dit , Que
tant qu'ilpourroit avoir le
meſme honneur qu'il avoit
reçû , quelques Pierreries
qu'eust SaMajesté, il neles
verroitjamais , parce qu'il
neregarderoit que le Roy ,
mais qu'il feroit bien aise
de les voir en particulier.
M' le Prevoſt des Marchands
les pria le lende
de Siam.
227
main qu'ils eurent eu Audience
, de ſe trouver à
l'Hôtel de Ville pour voir
le Feu d'Artifice que la
Ville faiſoit tirer pour fe
réjoüir de l'heureuſe Naiffance
de Monſeigneur le
Duc de Berry. Il répondit,
Qu'ils luy estoient extremement
obligez de l'honneur
qu'il leur faisoit , mais que
n'ayant point encore euAudience
du refte der la Mai-
Son Royale , ils ne croyoient
pas devoir aller en aucun
228 Voyage des Amb.
lieu public. Une Demoifelle
qui chante fort bien,
& qui a beaucoup de
charmes pour ſe faire regarder,
ayant eſté chanter
deuant eux on luy demanda
ce qu'il trouvoit
de ſa voix , & il répondit
Qu'il n'avoit point d'oreilles
quand il avoit beſoin de
tous fes yeux.
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Résumé : Ce qui s'est passé à Paris aprés leur retour. [titre d'après la table]
Lors d'une rencontre avec le roi, les ambassadeurs ont exprimé leur satisfaction et ont témoigné leur joie en embrassant M'Stoff. Une discussion sur les pierreries de l'habit royal a eu lieu, un ambassadeur déclarant qu'il préférait voir le roi mais aimerait également admirer les pierreries. Le Prévost des Marchands les a invités à un feu d'artifice à l'Hôtel de Ville pour célébrer la naissance du Duc de Berry, mais les ambassadeurs ont décliné, estimant qu'ils ne devaient pas se rendre en lieu public avant d'avoir eu audience avec l'ensemble de la Maison Royale. Lors d'une performance musicale par une demoiselle, un ambassadeur a répondu qu'il n'avait pas d'oreilles lorsqu'il avait besoin de tous ses yeux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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20
p. 283-287
Ce qui s'est passé à la Comedie Italienne la premiere fois qu'ils ont esté à ce Theatre. [titre d'après la table]
Début :
Quand ils allerent à la Comedie Italienne, & qu'on [...]
Mots clefs :
Comédie-Italienne, Interprète, Paris, Roi, France, Portugais, Compliment italien, Giovanni Veneroni
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ce qui s'est passé à la Comedie Italienne la premiere fois qu'ils ont esté à ce Theatre. [titre d'après la table]
Quand ils allerent à la
Comedie Italienne , &
qu'on leur voulut faire :
remarquer la Salle qui eft
tres-belle , ils dirent qu'el
le estoit à Paris es que cela
Suffifoit , Paris eftant ca
pable de produire tout ce
qu'on peut s'imaginer de
plus beau. Voicy à peu prés
le fujet du Compliments
Italien que leur fit M
Aaij
284 Voyage des Amb.
Cinthio . Il dit , Que c'étorent
de ſages & illustres
Minſtres , qui portoient
imprimée ſur leurfront la
grandeurde leur Roy , qu'ils
eftoient venus en France du
ford des Indes pour nous
découvrir les merveilles de
IAfie , que leur Royaume
eftoit divſé en onze Provinces
qu'onpouvoit appeller
autant de Royaumes, &
que tout estoit d'unfi grand
exemple dans le Gouvernement
de Siam , que si les
de Siam. 285
Ecoles de la Prudence &
de la Politique estoient neceffaires
en France , ils
pourroient en donner les
premiers enfeignemens ; à
quoy il ajouta , qu'il les
prioit defouffrirqu' au nom
de toute la Troupe , il leur
rend ft graces de l'honneur
qu'il leur avoit plû de faire
à leur Theatre , cơ quà
leurretour à Siam ils daignaſſont
dire à leur Souverain
Seigneur , que les Nations
les plus éloignées don
286 Voyage des Amb.
nent un tribut de loüanges
àſa grandeur, 5 reverent
fa Puiſſance , d'autant
plus confiderable qu'elle a
merité l'estime de noftre
Monarque , toûjours Invincible
LOUIS XIV. 5.
que cependant ils attendroient
d'eux de nouveaux
ordres ponr leur donner de
nouvelles marques de leur
zele & de leur obeiffance.
CeCompliment fut interpreté
en François parM
Veneroni , Interprete du
de Siam. 287
Roy en Langue Italienne,
qui parle Portugais auffibien
que l'Interprete des
Ambaffadeurs qui eft né à
Siam , & Fils d'un Portugais
qui s'y eft habitué.
Comedie Italienne , &
qu'on leur voulut faire :
remarquer la Salle qui eft
tres-belle , ils dirent qu'el
le estoit à Paris es que cela
Suffifoit , Paris eftant ca
pable de produire tout ce
qu'on peut s'imaginer de
plus beau. Voicy à peu prés
le fujet du Compliments
Italien que leur fit M
Aaij
284 Voyage des Amb.
Cinthio . Il dit , Que c'étorent
de ſages & illustres
Minſtres , qui portoient
imprimée ſur leurfront la
grandeurde leur Roy , qu'ils
eftoient venus en France du
ford des Indes pour nous
découvrir les merveilles de
IAfie , que leur Royaume
eftoit divſé en onze Provinces
qu'onpouvoit appeller
autant de Royaumes, &
que tout estoit d'unfi grand
exemple dans le Gouvernement
de Siam , que si les
de Siam. 285
Ecoles de la Prudence &
de la Politique estoient neceffaires
en France , ils
pourroient en donner les
premiers enfeignemens ; à
quoy il ajouta , qu'il les
prioit defouffrirqu' au nom
de toute la Troupe , il leur
rend ft graces de l'honneur
qu'il leur avoit plû de faire
à leur Theatre , cơ quà
leurretour à Siam ils daignaſſont
dire à leur Souverain
Seigneur , que les Nations
les plus éloignées don
286 Voyage des Amb.
nent un tribut de loüanges
àſa grandeur, 5 reverent
fa Puiſſance , d'autant
plus confiderable qu'elle a
merité l'estime de noftre
Monarque , toûjours Invincible
LOUIS XIV. 5.
que cependant ils attendroient
d'eux de nouveaux
ordres ponr leur donner de
nouvelles marques de leur
zele & de leur obeiffance.
CeCompliment fut interpreté
en François parM
Veneroni , Interprete du
de Siam. 287
Roy en Langue Italienne,
qui parle Portugais auffibien
que l'Interprete des
Ambaffadeurs qui eft né à
Siam , & Fils d'un Portugais
qui s'y eft habitué.
Fermer
Résumé : Ce qui s'est passé à la Comedie Italienne la premiere fois qu'ils ont esté à ce Theatre. [titre d'après la table]
Des ambassadeurs visitèrent la Comédie Italienne et admirèrent sa beauté, la comparant aux salles parisiennes. M. Aaij, représentant, les qualifia de sages et illustres ministres, soulignant la grandeur de leur roi. Il mentionna leur voyage depuis les Indes pour découvrir les merveilles de l'Asie et décrivit leur royaume, divisé en onze provinces ou royaumes, gouverné avec sagesse. M. Aaij exprima l'admiration pour leur gouvernement et demanda aux ambassadeurs de transmettre leurs louanges au souverain de Siam, Louis XIV. Le compliment fut interprété en français par M. Veneroni, interprète du roi en langue italienne et portugais, et par l'interprète des ambassadeurs, né à Siam et fils d'un Portugais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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21
p. 287-290
Ce qu'ils ont dit de Montmartre, de la Porte de S. Denis, de celle de S. Martin, & des nouveaux Ramparts. [titre d'après la table]
Début :
Comme ils veulent voir Paris par tous les endroits d'où [...]
Mots clefs :
Paris, Porte Saint-Denis, Porte Saint-Martin, Remparts
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texteReconnaissance textuelle : Ce qu'ils ont dit de Montmartre, de la Porte de S. Denis, de celle de S. Martin, & des nouveaux Ramparts. [titre d'après la table]
Comme ils veulent voir
Paris par tous les endroits
d'où l'on en peut remarquer
quelques parties
principales , ils ont efté fur
la Montagne de Montmartre.
Ils ont dit Que
Siam avoit autant d'éten
due que Paris , mais que
288 Voyage des Amb.
cependant à cause de la
hauteur des Maisons,Paris
estoit fix fois außi grand
que Siam. Ils allerent au
Convent & firent compliment
à Madame de
Montmartre. Ils y entendirent
Vefpres , trouverent
beaucoup de dou
ceur dans le chant des Religieufes,&
remarquerent
qu'elles n'avoient point
levé leur Voile pour les
regarder Le premier Ambaſſadeur
dit , Qu'il les ad
miroit
de Siam. 289
miroitſans en estre étonné ,
&qu'on en devoit uſer ainfi
quand on avoit une fois
quité l'exterieur pour l'interieur.
Ils allerent enfuite
voir la Porte Saint Denis
&la Porte Saint Martin ,
qu'ils trouverent tres-belles
, mais ils dirent , qu'auprés
de ces grandsOuvrages
ilfalloit de plus belles Mai-
Sons. Ils virent enfuite le
Rempart qui s'étend jufques
à la Porte Saint Antoine
, & ils dirent , Que
Bb
290 Voyage des Amb.
quand cét Ouvrage ſeroit
achevé , ilferoit digne de
Paris.
Paris par tous les endroits
d'où l'on en peut remarquer
quelques parties
principales , ils ont efté fur
la Montagne de Montmartre.
Ils ont dit Que
Siam avoit autant d'éten
due que Paris , mais que
288 Voyage des Amb.
cependant à cause de la
hauteur des Maisons,Paris
estoit fix fois außi grand
que Siam. Ils allerent au
Convent & firent compliment
à Madame de
Montmartre. Ils y entendirent
Vefpres , trouverent
beaucoup de dou
ceur dans le chant des Religieufes,&
remarquerent
qu'elles n'avoient point
levé leur Voile pour les
regarder Le premier Ambaſſadeur
dit , Qu'il les ad
miroit
de Siam. 289
miroitſans en estre étonné ,
&qu'on en devoit uſer ainfi
quand on avoit une fois
quité l'exterieur pour l'interieur.
Ils allerent enfuite
voir la Porte Saint Denis
&la Porte Saint Martin ,
qu'ils trouverent tres-belles
, mais ils dirent , qu'auprés
de ces grandsOuvrages
ilfalloit de plus belles Mai-
Sons. Ils virent enfuite le
Rempart qui s'étend jufques
à la Porte Saint Antoine
, & ils dirent , Que
Bb
290 Voyage des Amb.
quand cét Ouvrage ſeroit
achevé , ilferoit digne de
Paris.
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Résumé : Ce qu'ils ont dit de Montmartre, de la Porte de S. Denis, de celle de S. Martin, & des nouveaux Ramparts. [titre d'après la table]
Des ambassadeurs ont visité Paris et ont gravi la Montagne de Montmartre pour observer la ville. Ils ont comparé Paris à Siam, notant que Paris était six fois plus grand en raison de la hauteur des bâtiments. Ils se sont ensuite rendus au couvent de Montmartre, où ils ont salué Madame de Montmartre et assisté aux vêpres. Ils ont apprécié le chant des religieuses, qui n'avaient pas levé leur voile pour les regarder. Un ambassadeur a admiré les religieuses de Siam, soulignant leur concentration sur l'intérieur plutôt que sur l'extérieur. Les ambassadeurs ont ensuite visité les portes Saint-Denis et Saint-Martin, les trouvant belles mais suggérant que des maisons plus belles devraient les entourer. Ils ont également observé le rempart jusqu'à la porte Saint-Antoine, estimant que cet ouvrage, une fois achevé, serait digne de Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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22
p. 1-48
LIVRES NOUVEAUX qui se trouvent à Lyon chez le Sieur AMAULRY ; depuis l'année 1678. jusqu'a present.
Début :
Pratique de Pieté, ou les conduites pour tous les jours de [...]
Mots clefs :
Catalogue, Histoire, Nouvelle, Livre, Père, Traité, Nouvelles, Figures, Paris, Abbé
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texteReconnaissance textuelle : LIVRES NOUVEAUX qui se trouvent à Lyon chez le Sieur AMAULRY ; depuis l'année 1678. jusqu'a present.
LIVRES NOUVEAUX
qui fe trouveront à Lyon chez le Sieur
A MAUL RY ; depuis l'année 1678 .
jufqu'a prefent.
P
RATIQUE de Pieté , ou les confuites
pour tous les jours de
'anné fuivant les Maximes de
l'Evangile par le R. Pere le
Maître de la Compagnie de
Iesus , 2 2. vol . 30. fols.
L'art poëtique du Pere Lamy, 12.30. fols .
Les Nobles de Provinces , Comedie de
Monfieur de Haute Roche , 10. fols .
Le Comte d'Ulfeld , 12. 10 fols.
Memoire du Marquis d'Almachu , 12. 2.
vol . 2c. fols.
Les Livres de S. Auguftin de la maniere
d'enſeigner les principes de la Religion , 12 .
livres. 2.
Remarque fur un Ecrit dicté à Doüay , 12.
30. fols.
La Princeffe de Cleves. 12. 4. vol . 5. liv .
Idem la Critique , 12. 30. fols .
Idem la Contre- Critique 4o. f.
Nouvelles Amoureuſes & Galantes, indouze .
30. fols.
Heures en Vers de l'incomparable Sieur de
Corneille l'aîné , indouze. fig. 3. liv.
Architecture Navale , in 4. 6. liv.
CHEQUE
BRLA
LYON
*1995
VILLE
A
2 Catalogue.
De Lazarille de Tornes , Traduction nouvelle
, indouze , 2. vol . 4o. fols.
Ieu Royal de la Langue Latine avec les
Cartes , 8. 40. fuls,
Nouveau jeu de Carte du Blazon , 30. f.
Hiftoire de la Chancellerie
Teffereau , fol . 15. liv.
par Monfieur
Capitularia Regum Francorum Auctoris
Steph. Baluz, fol . 2. vol. 30. livr.
Phedre & Hippolite , Tragedie, ind . 15.f.
Origine des François , ind. 2. vol. 3. liv.
Hiftoire du Schifme d'Angleterre , in 12 .
Confeil de la Sageffe, ind. 2. vol. 3. liv.
Converfions des Pecheurs , ind. a . 1.
Methode de la Penitence, ind. 2. livr.
Maldonat, de Sacramentis , fol.9 . liv.
L'Art de Parler ,
ind. 30. fols.
L'Avocat des Pauvres de Monfieur Thiers,
indouze , 2. livr.
Recherches de la Verité, ind. 3. vol. 6, 1,
Nouveau Recueil de Comedies , ind. zo. f.
Theodori de Poenit. 4. 2. vol . 10. liv.
Medecin à la Cenfure, ind. 30, fols.
Recueil de l'Academie , indouze , 7. vo'.
10. livr , 10. fols .
Correction fraternelle , indouze, 2. liv.
Idée de la Morale Chrétienne, indouze, 2 .
vol 3. livres.
Prince de Perfe , Nouvelle Hiſtorique, indouze
, 10. fols .
La Rivale, Nouvelle Hiftorique , indouze,
10, fols.
Oeuvres de Monfieur d'Andilly , fol.3 . vol.
45. liv.
Catalogue. 3
La Vie de Sainte Gertrude, 8. 4. liv.
Expofition du S.Sacrement par M. Thiers ,
indouze , z . vol . 4.livr.
Défence de l'ancienne Tradition des Egli
fes de France, indouze , 40. fols .
Aftrée , indoze , Nouvelle Traduction.
Methodus Hiftoriarum Anatomico Medicarum
, indouze , 30. (ols.
Heroine Moufquetaire , indouze,
4. vol . 40. fols.
Iolande de Cicile , indouze,
2. vol. 10. fols.
Voyage de Fontainebleau ,
10. fols.
2
Ambitieufe Grenadine , indouze
, 10. fals.
Comte d'Effex , indouze, 2.
vol. 20, fols.
"
J
De M. de
Prefchac.
Les Preceptes Galands de M. Ferrier , indouze
, 20, fols.
Nouvelles & faciles inftructions pour réïnir
les Eglifes Pretenduës Reformées , 12.30.f
Reflexion Chreftienne fur les Principes de
la Morale , indouze , 30. fols.
Confolateur Chrêtien , ou Recueil de Lettre,
indouze, 30. fols.
Vie de S. Ambroiſe par M. Herman , inquarto
, 8. livr .
Nouvelles de Miguel de Cervantes , indouze
, 2. vol . 3. live.
Hift. des Amazones , 12. 2 , vol . 20 fols.
Les Promenades de Livri , 12. 2. vol. 20.f
Meroüé fils de France , 12 , 10.fols.
Alfrede Reyne d'Angleterre , 12. 10. fois ,
A &
1
4 Catalogue.
De l'Origine des Romans de Monfieur
Huer , indouze , 30 fols.
D. Iuan d'Autriche, indouze, 30.fols.
- Memoire d'Hollande , indouze , 30. fols :
La veritable forme du Sacrement de l'Euhariftie
, de M,Arnaut, 8.30.fols .
L'Academie des Sciences & des Arts pour
raiſonner de toutes chofes , 12.3 . V. 4. 1. 1o. f.
Critique du Voyage de Grece de M. Spon
Medecin & Antiquaire , indouze , avec une
Carte en taille douce , 30. fols .
Le Pilote de Londe- Vive , ou les Secrets ,
du Flux & Reflux de la Mer , contenant XXI.
Mouvemens & du Point fixe d'un Voyage
abregé des Indes , & de la Quadrature du
Cercle , compofez fur les Principes de la Nature
, nouvellement découvertes , & mis en
lumiere par Mathurin Eyquem , Sieur du
Martineau ; Outre que ce Livre montre par
des Syftemes nouveaux faciles & dont on
n'a jamais parlé , ces points qu'il eft fçavant.
curieux , & plaifant à lire. Les Doctes co
chofes naturelles croyent qu'il montre la
Medecine Univerfelle fous des figures &
des principes familiers , qui luy donne de
la reputation , ce Livre eft indouze , imprimé
à Paris , & fe vend 30. fols .
>
Defcription de tout le monde par d'Aviti .
fol. 6. vol. 60. livres.
Theologie affective de M. Bail infolio ,
12. livres.
Oeuvre fpiriruelle de Berulle fol . 8. liv.
Memoires de la Reyne Marguerite , indouce.
20. fols .
Devoir militaire des Officiers d'InfanteCatalogue
3
rie par le S. de la Fontaine , indouze 45.
fols.
Idem de Cavalerie , indouze , zo . fols.
-Idem d'Artillerie , indouze . 20 , fols.
LIVRES
L
NOUVEAUX
de l'Année 1679.
A Noble Venitienne , & le nouveau Ieu
de la baffere, par M. de Prechac. 11. 10. f.
Nouvelles Galantes du temps, contenant la
Ialoufe Flamande & le Mary heureux
Amant , de Monfieur de Prefchac , 12. 10. fols.
"
>
Les Exilez de Madame de Ville-Dieu , tour
rechangé & augmenté de deux Volumes in-
12.6.v. impreffion de Paris , 6.1 .
Idem impreffion de Lyon , bien impri
mé , les 6. vol. reliez en 3. 45. fols .
Les 5 & 6. Tom. feparez S fe vend, 20. fols.
Hift . du Serrail , auffi nouvelle Edition , augmenté
d'un tiers , 12.6 vol. 6. 1 .
Differtationes Philofophicæ in 12. 20. f.
Nouvelle Ameriquaine , Hiftoire verita
ble , indouze z vol, 20. fols.
Le nouveau jeu de l'Ombre , 12, 10. fols
La Princeffe de Montpenfier , indouze , de
Autheur de la Princeffe de Cleves , avec
des vers à la fin fur la Paix , par M. de Corneille
l'Aifné , ¡ 2.fols .
Les Oeuvres Chreftiennes & Spirituelles
de M. l'Abbé de S.Cyran, 12. 4. vol.6.liv.
Le 4. Tome fe fepare , indouze , 30. fols.
La Iournal des Saints du R. P. Grofez de
A
3
6
Catalogue.
la C. de Iefus reveu , corrigé ( & augmenté,
nouvelle Edition , indouze , 3. vol. 5o . fols.
Le vray Devot confidere à l'égard du Mariage
; & des peines qui s'y rencontrent indouze
, zo. fols.
1
>
Traité des Superftitions felon l'Ecriture
fainte. Les Decrets des Conciles , & les fentimens
des Saints Peres & des Theologiens
par M. Thiers indouze , 40 fols .
Hiftoire de Theodofe le Grand ,
2.3 . livres.
Voyage de la Terre Sainte, avec des remar
ques pour l'intelligence de la fainte Ecritu
indouze , 3. livr. re
Nouveaux Elemens des Sections Coniques
,lieux Geometriques , & c. par l'Acade
mie Royale des Sciences , indouze . so.fols.
Le Courrier d'Amour , indouze ,
10. f
L'Education des Filles , 12. 40. fols.
Cafimir Roy de Pologne , Hiftoire veritable
& nouvelle , indouze , 2. vol. 24. f.
Le Triomphe de l'amitié , par Monfieur
de Prechac , 12. 10 fols.
>
Voyage de Monfieur Pitard de Laval aux
Indes Orientales , Maldives , Moluques , &
au Brefil , & les divers accidens qui luy font
arrivez , inquarto , 6. livres.
Hift. Sainte de Gautruche , 12. 4 vol. 6. I.
Caffiodori opera , fol. 2. vol . 15. 1.
Réponfèà la Critique publiée par Monfieur
Guillet , für le voyage de Grece de lacob
Spon , avec quatre Lettres fur le même ſujet,
Le Journal d'Angleterre du Sieur Vernon , &
Ja Lifte des Erreurs commifes par M. Guiller
dans fon Athenes Ancienne & Nouvelle ,in
douze , zo fols.
Catalogue. 7
Regles de la Difcipline Ecclefiaftique , recueillie
des Conciles des Synodes de France
, & des Saints Peres indouze , 30. fols . ·
Inftruction Chreftiennes fur le Mariage
& fur l'éducation des Enfans , 12. 30. fols.
La vie de S. Ignace , par le P. Behoar lefuit.
La Foy des derniers fiecles , du Pere Ras
pin, indouze.
La Hardie Meffinoife , 12. 12. fols.
Dom Sebastien Roy de Portugal , 12. 15. f.
. Relation curieufe de l'état prefent de la
Ruffie indouze , 40.fols .
Arithmetique de le Gendre , inquarto, nouvelle
edition augmentée, 3. 1. ro fols .
Amours des grands hommes , de Made
moifeile de Ville- Dieu , 12.6. vol. reliez en
trois , 45 fols.
L'Hiltoire d'un Efclave qui a elté quatre
années prifonnier , to fols.
Origine du Biazon du Pere Menestrier , indouze
, 2. vol . 4. livres ..
Memoire de l'Empire Ottoman , indouze ,
2.vol . 26. fols .
Lettres Portugaifes , avec les réponſes , in
douze . 2. vol. 20.
Hiftoire de la Reünion de Portugal , ins
douze , 2. vol. 4. livres.
Les nouvelles de la Reyne d'Angleterre
indouze , vol. 2o.f.
La Ville & Republique de Venife , in 12 ...
Ce n'eſt pas l'Hiftoire de Veniſe de Nani ,
c'est l'Hiftoire de la ville & Republique de
- Venife , tres bien écrite , 40. to's.
La Devotion envers nôtre Seigneur Jesus
CHRIST , pour fervir de lecture à l'Homme.
8 Catalogue.
par
d'Oraiſon pendant tout le cours de l'année
le Reverend Pere Noüet , 4. 3. vol . 16. l .
Recueil de diverfes Retraites , premiere
fur la qualité d'enfant de Dieu ; La feconde
, fur l'Habitude de la prefence de Dieu ,
La troifieme , fur le dépouillement du vieil
Homme , indouze , 30.Tols.
LIVRES NOUVEAUX
de l'année 1680.
A veritable devotion envers la Sainte
Vierge , établie & défendue par le Pere
Craffet lefuite , inquarto , 5. livres.
La Devinereffe ou le faux Enchantement ,
par l'Autheur du Mercure Galant , indouze,
avecneuffigures , 30. fols.
Le Chretien , qui veut eftre fauvé,24.20..
L'Illuftre Parifienne de Monfieur de Pref
shac , indbuze , z . vol 10 fols.
Hiftoire de la Conquefte d'Espagne par les
Marces , indouze , 2 , vol.
Des obligations des Ecclefiaftiques , tirées
de l'Ecriture fainte & des Saints Peres de l'Eglife
& de S. Chrifoftome, 12.40.
Le Iournal Amoureux par Madame de Vil
le-Dieu , indouze , 6. vol. relié en trois , 45. f.
Federic Prince de Sicile , 12.3 . vol . 30. f.
Lettre d'un Ecclefiaftique à un Miniftro
de la Religion Pretendue Reformée pour
fervir de reponfe à diverfes Queſtions qui
buy ont efté faites par ce miniftre dans lef
quelles il traite & prouve plufieurs Points
Catalogue. 9
importans de la Religion par la doctrine de
S. Cyprien , avec une Differtation du méme
Ecclefiaftique , & d'un des principaux du
Confiftoire de Charanton & une litte trescurieufe
des Evéques de Rhodes & de Va
bres , indouze 12. fols .
Adelaïde de Champagne , 12 , 4 vol. 40. f.
Le Comte Genevois , indouze 10.fols.
Cleon ou le parfait confident. 12. 10. f.
La valife ouverte , in 12. Prêchac , 10. f.
Le voïage du Royaume de Congo, 12. 20.f.
Reflexions fur la Mifericorde de Dieu de
Madame la Valiere .
#
Les Madrigaux de M. la Sabliere , 12. f. *
Les Peintures Sacrées de la Bible indou
ze . 3 , vol . 4. livres. 10. fols figures.
>
Le Gridelia , dedié à Madame la Dau- }
phine , de Prechac , indouze , 10 fols .
Memoires touchant la Religion par Monfieur
du Pieffis Praflin Evefque de Tournay ,
indouze , 2.vol.30.fols.
Le Voyage de la Reyne d'Espagne , indouze
, .vol . Prechac. 20.f.
Converfations fur divers fujets par Mademoiſelle
Scudery , indouze , 2. vol 5o.f, de
Lyon, & 6. livres de Paris.
-Projet de Conference fur diverſes matieres
de Controverfe , 12. 30. fols.
Les Nouvelles de Dona Maria de Zayas
traduit de l'Espagnol en François , 12.5 . V. 6. 1 .
La Vie & Actions de Monfieur l'Evefque de
Munſter , indouze , 20. fols .
Les Penfées pieufes , troifiéme Edition , s.f.
Le Quinte- Curce de Vaugelas de Monfieur
d'Ablancourt , Nouvelle Edition , indouze ,
10
Catologue
2. vol . groffe letre , 4. livres.
Eclairciffement Apologetique de la morale
Chreftienne , touchant le choix des Opinions
avec des Reflexions fur des Remarques
du Sieur I. Remonde , compofé pat l'ordre
de M. l'Evefque de Grenoble , 12. 3. 1.
Le nouveau Praticien François , inquarto
, 4. livres.
Les Devifes du R, P. Meneftrier , in 8. 2. v.
5. livres.
Les Dominicales de Texier , in 8. 2. vol 6. 1 .
fdem les Panegyriques, oct. 2. vol.6.1.
Horlogiographie du Pere Peüillant de la
Magdelaine , nouvelle Ediction , octavo ,
sa fols.
Le Comte de Richemont , Hiftoire Galante,
indouze ; 12 fols.
Les Memoires Galans ou les Amours d'u
ne perfonne de qualité , 12. 12. fol.
Defcription de la France de du Val 12 , 10, f.
Revolution de l'Eftat populaire en Mo.
narchie , par le Different de Ĉefar & de Pompée
par Monfieur de Martignac , 12. 20. fols.
Antonij Dadini Altafferra , Notæ & Ob
fervationes in Anaftafium de vitis Romanorum
Pontificum , in 4. 50. f.
>
"
Le Voyage d'Italie nouveau avec deux
Liftes des Sçavans , & Curieux de route l'ltapar
Monfieur Spon , Docteur en Medecine
de Lyon , indouze vingt fols.
lie
Lettres Chrêtiennes & Spirituelles de M.
Vater Grand Vicaire de feu Monfieur de Con.
dren Archevêque de Sens , in 12. 3. vol. 6. liv.
Traité de la Grandeur en general , qui
comprend l'Arithmetique , l'Algebre , l'Ana
Catalogue.
TI
lyfe , & les principes de toutes les Sciences
qui ont la grandeur pour objet par le P. Lami
de l'Oratoire , indouze ; 40. fols .
Dictionarium novum Latinum & Gallicum
, par Monfieur l'Abbé d'Aner pour Monfeigneur
le Dauphin , augmenté d'un tiers à
cette nouvelle Edition, & mit le tout par
ordre Alphabetique inquarto , 6. liv.
Origine des Noms par Monfieur la Rocque
, indouze , 30.fols.
Hiftoires de Venife de Nani , traduit par
Monfieur l'Abbé Tallement,indouze 4. vol . 9.
livres.
Semaine Sainte de la bonne Traduction
de toutes grandeurs.
Inftruction Spirituelles pour la guerifon
& la confolation des Malades par le Pere
Craffer , indouze , 2. 3. liv.
Eloges des perfonnes llluftres de S. Benoît
in 4. 2. vol, fuitte de l'année benedictine ,
livres. 12.
Regles de S. Benoist , 15. 30. fols .
Efay de l'Hiftoire Monaftique d'Orient
par un Religieux de S. Maur , 4. 4. livres.
72
Catalague
.
LIVRES NOUVEAUX
de l'Année 1681.
L
Es Satyres de Iuvenal , in 12. 2. vol. Tra.
duction nouvelle , par M. l'Abbé de la
Valtrie , Paris , 5. livres & de Lyon, so . fols.
Le Grand Solliman , Tragedie , 12 15. fols,
L'Eglife Romaine reconnue toûjours des
Lutheriens , pour vraye Eglife de Jesus , iaoctavo
, 40. fols.
La Comete , Comedie . 15. fols.
Inftructions Chreftienne fur les Myfteres de
Noftre Seigneur Jefus Chrift Nouvelle Edition
, augmentée & corrigée en beaucoup
d'endroits in 8. 5. vol . Paris 18. liv.'de Lion 9 .
Moyens de fe guerir de l'Amour , Conver
fation galante , indouze , 15. fols.
Traité du droit de Chaffe , 12. 20 fols,
Zaïde , Tragedie par Monfieur l'Abbé la
Chapelle , 12.15 . fols.
De Marca Opufcula , in octavo 3 liv,
Cofmographic , aifée contenant la Sphere
l'ufage du Globe Terreftre , & la Geographie
en faveur de la Nobleffe , 12. 30. fols.
La Vie du Pere Charles Spinola , de la
Compagie de Jefus , indouze , 25. fols.
La Science & Pratique du Chrêtien par
Monfieur Boudon indouze 10 fols.
La Philofophe des Gens de Cour, 12.
Difcours fur l'Hiftoire Univerfelle , par M.
Bouffuet , Evefque de Condom , in 12 .
Les Carroffes d'Orleans Comedie , par
Monfieu
Catalogue. #3
Monfieur l'Abbé la Chapelle, 12 15.fols.
Philoſophia Vetus & Nova ad ufum Schola
accommodata , par M. l'Abbé Colbert, augmenté
d'untiers en cette nou. Edit.in 4.10.liv .
Les Lettres de Monfieur de Bongars , Latin
François , Nouvelle Edition , 12. 2. vol . 3. liv.
Hiftoire d'Henry I V. 12. Nouvelle Edition
, 40fols.
Methode pour lire Chrétiennement les
Poëtes fuivant l'Ecriture Sainte & les Peres
du Pere Tomaffin , 8. 3. vol . 10, livres . 10.fols.
Poëfies & Penfées Chrétiennes , par мonfieur
l'Abbe Gouffaut , 12.30. fols.
fols.
Difcours prononcé par Monfieur de Lau
nay, Advocat en Cour , indouze , 15.fols .
La vie du Duc de Guife , in 12. 30.
Ammiani Marcellini Opera , fol . 12 , livres.
Un nouvel Horace , de M. Acier , avec des
Remarques indouze , vol. 11.live. 5. fols.
L'Homere , Traduction nouvelle par
l'Abbé de la Valterie , 4. vol. 12. 10. l .
Difcours du Chevalier Digbi de fa Gueri
fon des Playes par la Poudre de Sympathie f
nouvelle Edition , indouze , 30. fols.
M.
Cicute Aquaticæ Hiftoria , & Nova Commentario
illuftratæ à Jacobo V Vephero , Med.
Doct.Scaphufiano , inquarto , 2. liv.
La Princeffe de Fez , 2. vol . 12. 1. livre.
Le beau Polonnois , par Monfieur de Prefchac
, 12.10. fols.
Remedes Charitables de Madame Fouquet ,
augmentez d'un tiers en cette nouvelle Edition,
20. fols . 1
Les Caprices de l'Amour , par Mademoifelle
de Ville- Dieu, a.vol.zo.f.
B
14
Catologue.
1
Artifices des Heretiques, 12.2.livres .
La Comparaison de Thucydide & de Tite-
Live , du P.Rapin , 12.30. fols . "
Memoires du Chevalier de Terlon, 2. v . 3. l.
Mariage du Duc de Savoye avec l'Infante
de Portugal , par l'Autheur du Mercure Ga
lant , 12. 20.fol .
Les entretiens Galans , 2. vol. 12. 30. fols. ›
Reprefentations en Mufique , du P. мeneftrier
12.30. fol.
Traité de la Clofture des Religieufos , de
Monfieur Thiers indouze , 40, fols.
Ecclefiæ Greca Monumenta , Tomus fel
cundus , Studio atqueOpera Ioannis Baptiſte
Cotelerij , inquato, 6. l."
La Circé de Jean- Baptifte Gelly , traduit
en François , indouze , 30. fols.
La Methode Latine de ces Meffieurs , nou
velle Edition augmentée, 8.4.liv.
La Beauté de l'Efprit ,comparée à celle du
Corps , Traduction nouvelle , 20.
Le Meflager Celefte , Extraordinaire de
M. de Blegny , 30. fols.
La Ducheffe de Milan , de Monfieur de
Prechac , indouze, 10.fols.
Des Ballets anciens & modernes felon les
Regles du Theatre , du P. Meneftrier , 12. 30.
fols.
Les Lettres Familieres de Monfieur Conrard
à Monfieur Felibien , r2 30. fols.
Le Prudent Voyageur , 12. 3. vol. 4. 1. 10.f.
Les Preuves de Nobleffe du R. P. Mene
Arier , indouze 2. vol. 4. livr.
Crifpin bel Efprit , Comedie , 12, 15. fols.
Catalogue. 35.
Les fragmens de Moliere, 12. 15. fols.
Theophili Antecefforis Inftitutionum ;
Libri quatuor , Auctore Doujacio , indouze , z .
V.4.1.
Marie d'Anjou Reyne de Majorque , du
Sieur S. Bremont Auteur du double Cocu , 12.
4. Vol. 40. fol.
Lettres de Monfieur le Chevalier de Méré ,
indouze, 2. vol.4.1 .
La Comteffe de Salisbury , Nouvelle d'Angletterre
, 2. vol. 12. 20 fols.
Voyageur de l'Europe , indouze 7. v. 12. L.
Jugement Canonique des Evefques , 4. 6. I.
Entretiens du S. Sacrement du Pere l'Alleman
, 12.25.
Hiftoire de Procope indouze 3. vol. 4, liv.
10. fols.
-Idem de Polibe , 12. 3. vol.4. liv. ro , l .
Idem de Tacite d'Ablancourt . in 12.
3. vol. 4. liv. 10. fols.
Les Lettres de S. Hicôme in octavo, 4.
livres.
Sentimens d'amour de Corbenilli
vol . 3. liv.
12. 2 .
Chimie de le Fevre, 12 2. vol 4. liv.
-Albertus Magnus de fecret , mulier , indouze ,
jo.fols.
Memoires du Suede par Monfieur Chanur,
indouze 3. vol . 6. liv.
-Bail de Triplici Examine , in octavo Paris ,
3. livres.
Officiers de Bouche , 12. 30,fols.
B 26
16
Catalogue
.
LIVRES NOUVEAUX
de l'année 1682.
Es poëfies d'Anacreon & de Sapho , Traduites
de Grec en François • avec des
Remarques , par Mademoiselle , le Fevre indouze
, Gree & François , 45. fols.
Poëme du Quinquina , de Monfieur de la
Fontaine , 12.45 . fols .
Perefius fuper Inftitut.12.45.fols.
La Cleopatre , Tragedie de Mr. de la Cha
pelle , 12. 15. fols.
Le Grand Hercule , Tragedie , 12.15.f.
Novelle explication de la Grangrene , pro
pofée & demandée par Meffieurs de l'Accade.
mie de Paris , inoctavo , 20. f.
Hiftoire de Mahomet , fecond Empereur
des Turcs , par Monfieur Guillet , indouze
2. vol 4 liv .
Nouvelle Methode Grecque , nouvelle
Ediction , inoctayo , 4. livr .
La connoiffance certaine , & la prompte &
facille guerifon des fievres , avec les particu
laritez , & utile fur le Remede Anglois , gar
Monfieur de Blegny , 12. 30. fols.
Biblia Maxima, Fol. 19. vol .
mes.
Idem Poliglotta folio fix volu
Le Commerce Galant , ou Lettre tendre &
Galante de la jeune Iris & de Timandre , indouze
, 3. liv.
Catalogue.
17
L'Hiftoire de Mahomet V. treiziéme Fmpereur
des Tures , traduit de l'Anglois du
fieur Ricaut , par le fieur de Rozemont , in
douze, 4.vol . 8. liv.
Hiftoire des Ufcoques , indouze , 40. f.
Reflexions fur le Portrait du Roy , par M.
Maréchal Avocat en Parlement , indouze , 12
fols.
La Ducheffe d'Eftramene , indouze , 2. vol .
25.fols.
Hiftoire de la Ville & de l'Eftar de Geneve
,par Mr. Spon , indouze , 2. vol. revû, corrigé
& augmenté, nouvelle Edition, avec plu
fieurs figutes en tailles douces, so . fols.
Le fameux Voyageur de Monfieur de Prefchac
, indouze, 10.8.
Epiftolarum innocentij II. Romani Pontificis
libri undecim , accedunt Geſta ejufdem Innocentij ,
primacollectio Decretalium compofita à Rainerio
Diacono,& Pompafiano,aut. Stephanum Balufius.
fol. 2.vol. 24. liv.
Les Saints des Mois qui fervent aux Congregations
par billets par le R. Pere Grofez
de la Compagnie de Jefus , 45.f, la main,
Academie Galante, indouze , 2.vol. 3. liv.
Recueil des Edits , Declarations & Arreſts ,
ont efté donnez fur diverses occurrences
concernant la juftice , depuis le premier Ianvier
1678.jufques au dernier de Mars . 1681 .
Traité de l'Euchariftie , ou Réponse à l'E
crit de Monfieur Claude Miniftre de Charanton
, fur la prefence Réelle , indouze , 10. f.
Les Voyages de Iean Struys , en Moſcovie ,
en Tartarie, en Perfe , aux Indes , & ca plufeurs
autres Païs Etrangers , accompagnez
B3
18
Catalogue.
de Remarques particulieres fur la Qualité , la
Religion , le Gouvernement , les Coûtumes.
& le Negoce, & c. Avec la Relation d'un naufrage
, dont les fuites ont produits des effets
extraordinaires , en 3. vol. indouze , avec 29.
figures en tailles douce , 4. liv .
Relation de la Riviere des Amazones , tra
duite par Mr. de Gomberville, de l'Academie
Françoife, avec uné Diflertation fur la même
Riviere , pour fervir de Preface , indouze , 4.
vol. 4. 1.
Zelohide Princeffe de Sparte, Tragedie';
indouze , zo, f.
La Raë S. Denis. , Comedie , indouze, 15.f.
L'Hiftoire de Dom Quichot de la Manche
, traduction nouvelles , avec 18. fig. ch
tailles douces , 6.1.
Traité de la Communion fous les deux
Efpeces , par Meffite Benigne Boffuet Evêque
de Meaux , indouze , 45. f.
Trois Traitez de Controverfes , par M,
Maimbourg , indouze , 45. f.
:
Abregé de la nouvelle Methode Grecque ,,
par ces Meffieurs , indouze , 30.1.
De l'Ame des Plantes , de leur naiffance , de
leur nourriture , & de leurs progrez , Ellay
de Phyfique , par M. de Du , Docteur en Medecine
de Montpellier, indouze , 15. fols.
Le nouveau Praticien François , de Mr. de
Ferriere , 4. s . liv ,
•
Les Inftituts de luftinian , par Mr. de Eerriere
, indouze , deux vol. 4. liv.
:
Hiftoire des Mazares de l'Abbaye Royale:
de l'Ile- Barbe les Lyon, par Mr.le Laboureat,
4. deux vol . 6, liv...
Catalague. 19.
Theatre de la Turquie , où font reprefensées
les chofes les plus remarquables qui s'y
paffent aujourd'huy , touchant les Moeurs , le
Gouvernement , les Coûtumes & la Religion
des Turcs , 4, 6. liv.
€
Nouvelle Methode pour dreffer les Che
vaux fuivant la Nature , & même la per
fectionnant par la fubtilité de l'Art , par Mr.
Soleifel, 44. liv.
Ceremonie des luifs , nouvelle Edition
Jugmenté de plus de la moitié , indouze , 40
fols:
La querelle des Dieux , fur la Groffeffe de
Madame la Dauphine , indouze , 20. f.
Vie des Saints , 4. de Meffieurs du Port
Royal , 5. I.
Voyage d'Italie , par Laffel , indouze , deux
vol. augmenté , 3. 1 .
Les oeuvres de Meffieurs de Corneille , indouze,
9.vol.nouvelle Edition , 18. liv .
Le Chrêtien en folitude , par le Pere Craf
fet , indouze , 40.f.
Art de Preſcher à un Abbé , 5. f.
Le Predicateur Evangelique, indouze , 7.vol.
#2. liv.
Ecclairciſſemens ſur le Diſcours de Zachée:
4. C. indouze , 20 , f.
Caractere de l'Homme fans paffions felon
les fentimens de Seneque , indouze , 30 , 1.
Des. Offices de Iudicature en general , indouze
, 30. f..
Poëfies nouvelles , indouze, r.l.
- Hift.de Baviere, par Mrale Blanc, indouze,
vol. 6.liv..
20
Catalogue.
Lettre fur la neceflité de la Retraite, écrite
à diverfes perfonnes , par le Pere le Valois,
Iefuite, indouze, deux vol . 45. f.
L'Optique , divifée en trois Livres , où l'on
demontre d'une maniere aiſée tout ce qui regarde
premierement la Propagation & les
proprietez de la lumiere. 2, La Viſion. 3. La
figure & la difpofition des verres qui fervent
à la perfectionner , par le Pere Hugo lefuite ,
indouze , 30. fols.
Heures nouvelles imprimées par ordre de
Madame la Dauphine , fans renvoy , feconde
Edition , augmenté, 40. f.
La Vie de fainte Geneviefve , par le Pere
L'Allemant , indouze , 1. live,
Hiftoire des Guerres Civiles de Grenade ,
indouze , 3. vol . 4. livr.
".
4.
Les Conferences de Caffien 8. dear
vol. liv.
3.
Les Hommes Illuftres avec plufieurs de figu
res, & tailles douces , 12.2 . vol . 4. liv.
Traité fingulier du Blafon des Familiers de
France par M. l'Abbé la Rocque, indonze , 30,
fols .
Hiftoire des grands Vifirs , in 12. 3. vol .
4. liv. 10. fols .
Introduction à l'Hiftoire , par Rocolle indouze
, 2. vol. 4. liv.
L
Le livre des Eleus du Pere S. Iure octavo ,
3livr
Oeuvres tragiques de M. de Pradon , 12-
so. fols.
Pleaume du Pere Mege , in- octavo , 4
Livr..
Catalogue.
212
Panegyrique des Saints de Planchet , 8. 2
vol. 3. liv.
Oeuvres de S. François de Sales , fol , & indouze
& toutes les oeuvres feparées en petits
volumes.j
Traité de la Valeur , 12. 2. livr.
Hiftoire de la Laponie, inquato avec plufieurs
figures , 5. livr .
LIVRES NOUVEAUX
de l'Année 1683 .
Iftoire du Triumvirat , indouze , 3. vol.
H4.1.10 . f.
Memoire de M. de Cirot , in 12. 2. vol. = 3 liv.:
Summa Chriftiana feu Ortodoxa Morum
Difciplina opera & ftudió boni Merbefij Prædicat.
Doct, Sorb . fol. 2. vol . 24. livr.
Vie reglée dans le monde , indouze, 2. liv.
Traité de l'organe de l'ouye, avec plufieurs
planches de Mr. Duvernay, indouze, 3.livг.10 .
fols,
La vie de Madame Helyot , femme d'an
Confeiller au Parlement de Paris , qui eft
morte à l'âge de 37. ans en odeur de fainteté,
8. 2.liv . 10.fols.
Les Recherches curieufes d'Antiquitez ,
contenues en plufieurs Differtations fur des
Medailles , Bas- reliefs , Statues Mofaïques ,
& Infcriptions antiques , enrichies de plufieurs
figures en taille douce , par Monfieur
Spon , 4. 6. livr .
22
Catalogue.
•
Oeuvres de M. Boileau , augmentées d'un
quart, indouze , 3.liv .
La Theologie Morale de M. de Genet , 6.
vol, indouze, augmentée d'un quart, » .l.Les 5 .
& 6. vol . fe vendent dans la même Boutique ;
3. liv.
-Preuves & préjugez pour la Religion Catholique,
de Mr. Diroys , 4. fl.
Dépouille des Curez ,par M. Thiers , 12. 2 .
liv.
Le Theologien dans la Converfation avec
les Sages & les Grands du monde , par l'Auteur
du Confeil de la Sageffe , 4. 6. liv.
•
La Politique des Amans , indouze, 2. v.3.l.
Artaxerce, Tragedie, indouze, 15. f.
L'Inftitution des Novices par S, Bonaventu
Le , & où les perfonnes du monde pourront
trouver des folides inftructions , indouze , z.v
liv.
Lettres diverfes de l'Auteur du Dialogue
des Morts, indouze , 1. l . 10.f.
Sentimens fur les Lettres & fur l'Hiftoire ,
avec des fcrupules fur le ftile , indouze , 30. f.
Mademoiſelle Dalençon, Nouvelle Galante,
par Madame de Villedieu , indouze, 15. f.
Telephonte Tragedie , par M. l'Abbé de
la Chapelle , 1. 1 .
1
•
Sonnet en Bout-rimez à la loüange du Roy
indouze ,{25. f,
Harangue faite en plein Sinode , par des
Miniftres convertis , indouze , 1. l.
Traité Chimique de la veritable connoiffance
des fiévres , pourpres peftilentes, indouze
par Mr. de Moreaux , 25. fols.
Catalogue. 23
La Comedie fans Titre , indouze , 1. 1 .
Confideration de Craffet , indouze , 3. v.6.
liv.
Petiti Philofophia , 8. 2. 1 .
Affociation en faveur des Ames du Purgatoire,
par le Pere Froment , indouze , 12. f.
Reflexions nouvelles fur l'Alcide & l'Alcali,
indouze,de Mr.Bertrand, Docteur en Mede
cine , aggregé au College de Medecine de
Marſeille, indouze , 20. f.
La Vie Monaftique , par Meffieurs de la¹
Trappe, indouze , 2. v. 5. l . 10. f.
Remarques fur le Livre du Miniftre Claude
, intitulé , Confiderations fur les Lettres
Circulaires de l'Affemblée du Clergé de Fran
ce , de l'année 1682. avec un examen de trois
endroits importans , du Livre de Mr. Burner
Proteftant Anglois ,fur le même ſujet , indouze ,
30. fols.
Hiftoire des Edits de Pacification , Tome
deuxième , contenant l'explication de l'Edir
de Nantes , de Mr. Bernard , avec des nouvelles
obfervations : & les nouveaux Edits , Declarations
& Arrefts donnez jufqu'à prefent ,
touchant la Religion Pretenduë Reformée ,
par Mr. Soulier Prêtre, 8. 3. livr.
"
"
Les nouveaux Dialogues des Morts , in
douze , deux volumes , Paris 3. 1. & de Lyon
30. f. le deuxième volume fe vend feparé.
Hiftoire d'Allemagne , ancienne & nouvelle
, de Monfieur de Prade, indouze ,2.vol. avec
plufieurs figures en Taille douce, 4. 1 .
La Chimie de l'Emeri , inoctavo , cinquié
me Edition , 3. 1.
I
24 Catalogue.
Oraifon Funebre de la Reine , par les Reverends
Pere Brenier & Grozez , de la Compagnie
de Jesus , octavo , s . 1. pieces .
Hiftoire Genealogique & Chronologique
des Dauphins de Viennois , par le Sieur Gaya,
12. 30. fols.
Relation fidelle & veritable du Siege de
Vienne , & la levée dudit Siege , avec une
grande Carte , indouze , 12. f.
Le Guide des Pecheurs , traduir par Mr Gi .
rard,inoctavo,nouvelle Ediction, tres- bien imprimée,
40. f.
Hiftoire de la Bible , par le fieur du Royaumont
, indouze , auffi tres bien imprimé , 30 .
fols.
Pratiques de Pieté ou les Veritables Devotions
, par le R. P. le Maiftre , de la Compagnie
de Iesus , indouze, quatriéme Edition, 15.
livr.
La Vie Chretienne par le R. P. le maître ,
de la Compagnie de Iefus , troifiéme Edi
tion , augmenté , 7.fols.
Hiftoire des Empereurs d'Occident , par
Mr. Coufin , indouze , 2. vol . 4. l. 10 , f.
Abregé Chronologique de l'Hiftoire Vniverfelle
, du R. P. Petau , traduit en François
par Monfieur Maucrois Chanoine de Reims ,
indouze , 2. vol . 4. I.
Les Commentaires de S. Auguftin, ſur le
Sermon de Nótre Seigneur fur la Montagne,
qui contiennet toutes les Regles de la morale
Chrétienne traduits en François , 12. 30.
fols.
Liber Pfalmorum cum Argumentis , Paraphiafi
Catalogue. 25
phrafi & Annotationibus , Auctore Ferandi. 4.
8. livres.
La Galante Hermaphroidite , Nouvelle
Amoureuse, par le fieur de Chavigni , 12.10. f.
Les Memoires de M. de la Croix , Secretaire
de l'Ambaſſade de m . de Nointel à la porte ,
indouze , 2. v. 3. livr.
Les Meditations de Dupont . 3. vol. 4. traduction
nouvelle , 18. liv .
Les Elemens de Geometrie , de ces Meffieurs
du Port Royal, nouvelle Edition , 4. 6. I.
De l'Adoration de l'Euchariftie, pour répondre
aux faux raifonnemens de Meffieurs de
la R. P. R. dans leur prefervatif contre le
changement de Religion , 12. 12.f.
Oraifon Funebre de la Reine , par M. de
***. inquarto , 15. f.
Les Decorations Funebres du P. Menestrier ,
8.2.1 . 10 fols.
La Chimie du Duncan , 8. 2. liv.
Anatomie de Bourdon , 12 30. f.
Anatomie de Malphigius , 12. 30. f.
Hippocrate de la Circulation du Sang , 11.
20.f
Medecine pretenduë , 12. 20. f.
Hift. des Ufcoques , 12. 40. fols.
La vie du R. Pere Beauvan de la Compagnie
de lɛsus , 12. 30. fols
Hiftoire de Sallufte traduite par M. l'Abbé
Caflagne , 12.4 5. fols.
Villis Traité des Urines , 12. 20.fols.
Critique de l'Hiftoire de France de lourdan ,
12.30. fols.
Millionnaire Apoftolique in octavo , 13. vol.
32. livres.
C
26
Catalogue.
Hiftoire des Guerres d'Italie , indouze 2.
vol. 3. livr.
Le Jardin des Racines Grecques , indouze ,
2. livr
Secret des Eaux de Vichi , indouze
fols.
20. ,
LIVRES
L
NOUVEAUX
de l'Année 1684 .
E Plutus & les Nuées d'Ariftophane , Comedies
Crecques , traduites en François
avec des Remarques & un Examen de chaque
Piece , felon les regles du Theatre , par Mademoiſelle
le Febvre , indouze , so .fols.
Les nouvelles Oeuvres de M. de Moliere ,
augmentées de 2. vol . indouze , 9. vol. avec
des tailles douces , 15. livг.
Dialogue de la Santé , indouze , 30. fols,
La Sainte Bible en François , fo!. Paris , 8.
livres.
Le Caractere de l'honnefte Homme › par
Monfieur l'Abbé de Gerard , indouze , 40. fols .
Triple Couronne de la Vierge , par l'Autheur
de l'année Benedictine , 4. 2.vol . 12.liv .
Hiftoire des Siecles , du P. Lenfant , indouze
, 6. vol. 8. livres .
Anatomic du Corps Humain . 8. tout rem
pli de Figures en taille douce , 4. liv . 10. fols
Oeuvres de Monfieur Poiffon , avec la Comedie
fans Titre , indouze , 2. vol . 3. livr.
Oeuvres de Monfieur Sarrafin , indouze , 2,
vol. 3. 1.
Catalogue.
27
De la Pureté d'Intention ? par Monfieur
l'Abbé de la Trappe , Autheur de la Vie Monaftique
, indouze , 30. fols.
Nova collectio Concilior. Balus . fol . 15. 1 .
Dogmata Theologica Thomafini fol . 15. 1 .
Carefme du Pere le Febvre Recolet , in 8.
2. vol. 5. livres.
Vérures de Religieux , in 8. 2. vol . 5. livr.
Traitté de l'Vfage du Lait , par M. Martin ,
indouze , 15. fols.
Pharmacopeé de Charras , 8 , 2. vol. augmentée
d'un tiers , 6. livr.
Nouvelle & facile Methode Italienne dans
fa derniere perfection , augmentée de la moi-,
tié , par Monfieur l'Enfredini , indouze , 30.
fols.
Advertiffemens de Vincent de Lerins , touchant
l'antiquité de la Foy Catholique , contre
les nouveautez profanes de tous les heretiques ,
indouze , 2. livr.
Methode facile pour apprendre l'Hiſtoire ,
indouze , 10. fols.
Oeuvres nouvelles de la Sufe , indouze , 4.
vol. 4. liv.
Le nouveau Ieu du Monde, avec douze Figures
en taille douce , indouze , 30. fols .
Ordonnance des Gens de Guerre , indouze ,
s . vol. 13. livr.
Le Prince Machiavel , traduit par Monfieur
Amelot de la Houffaye , indouze , 30. f,
Le nouveau Traité de Paix , 4 . 7. livr.
L'Oraifon du Coeur , ou la maniere de faire
l'Oraifon parmy les diftractions les plus
crucifiantes de l'efprit , par le R. P. Piny , indouze
, 25.fols
C &
28
Catalogue.
Exercices que le Roy a reglé pour toute fon
Infanterie , tant Françoife qu'Etrangere , &
pour les Compagnies des Moufquetaires , &
celles des Gentilhommes qui font à ſa folde ,
10. f.
lugement de Pluton fur les deux parties du
Dialogue des Morts , 12. 30. fols.
Sommaire de l'Histoire de France , par M.
Prade y compris l'Hiftoire de Louis XIV.
avec des Figures en taille douce , s . vol . 12. l.
Entretiens hiftoriques , moraux & politiques
, indouze , 40. fols.
Summa Conciliorum de Monfieur Bail fol.2 .
vol. 24. livr.
Oeuvres mflcées de S. Euremont , 12. 6.
vol. 9. livr..
La Retraite des Dames , par le R, P. Guil
liore , 12. 30. f.
"
Lettres fur la neceffité de la Retraite , par le
Pere Valois , Tome ſecond indouze , 30.
fols , le premier fe trouvera auffi pour 20. f.
l'Ecole de Chirurgie , 12. 20. f.
4
Obfervations fur les Fievres & les Febrifuges
de M. Spon , 11. 20.f.
Traité des Rapports en Chirurgie , fuivant
les nouvelles Ordonnances , par M. de Blegny,
indouze , 15. fols.
La Vie de Madame de Montmorency , Superieure
de la Vifitation de Sainte Marie de
Moulin , 8 , 2. liv . 10. f.
Réponse à M. Boffatran Miniftre , fur la Conferance
tenue à Niort , par M. l'Abbé de Chalucet
, 12. 30. f.
Hiftoire dela Ligue , de м, Maimbourg inCatalogue
.
29
douze , 2. vol . fur de tres beau papier fin . 3 .
livr.
Idem le Calvinifme , fur de tres- beau
papier , indouze , 2. v . 3.1..
Idem le même , 4. 6.1.
Ordonnance de Eaux & forefts , augmentées
d'un tiers avec les Edits & Declarations
jufque à 1684. indouze, 40. f.
Traité de Chevalerie , du R. P. Menetrier,.
indouze , 40. f.
Pontificale Romanum 12. Parifiis , 3. livr.
Tableau de la Penitence de Godeau , indouze
nouvelle edition , 3. livr.
Les Fables d'Efope nouvelle edition avec
plufieurs Figures en taille douce , indouze , 2.
vol . 3. livr.
Billets galants indouze , 20. f.
Academie Galante 12. tome fecond , 30, f.
le premier tomefe trouve pour le méme prix
dans la méme boutique.
Hiftoire du Siege de Luxembourg par
l'Autheur du Mercure Galant , indonze >
fols.
29.
Les amours du dernier grand Vifir Hiſtoire
galante par Monfieur de Prefchac , indouze 30 .
fols.
L'art des Emblémes , du R. Pere Menestrier
in octavo so, fols.
Hiftoire de la Loüifiane avec une figure en
taille douce , indouze , 40. fols.
Oratoire du Coeur indouze , 10. fols.
Traité de Chevalerie du R. Pere Meneftrier .
indouze 40. fols .
Oraifon Funebre de Mademoiſelle de Bouil
loninquarto 20, fols.
€ 3
30
Catalogue.
Virginie tragedie , 1. 15. fols.
Nouveau Dictionaire François Latin par
Monfieur l'Abbé d'Anet, 4.8 . livres .
Oeuvres fpirituelles du R. Pere Guilloré ,
infolio. 12. livr.
Iliftoire du vieux & nouveau Teftament
par Monfieur Lebret in octavo , 3. livres.
Inftruction d'un ieune Seigneur , indouze ,
2. vol. 2. livr.
12. 20,f. Idem d'une jeune Princeffe
Gonference avec Mr. de Meaux par le Miniftre
Claude in octavo , 3. livr.
La Cour Dialogue par Mr. de Prefchac , in
douze 12. fols.
Obfervations fur les maladies veneriennes
& fur un Remede qui les guerit feurement &
facilement par le Sieur Thuillier , Docteur en
Medecine in octavo 25. fols.
"
Hiftoire de l'Empire , contenant fon Origine,
fon Progrez , fes Revolutions la forme de fon
Gouvernement , fa Politique fes Alliances
, fes Negociations , & les nouveaux Reglemens
qui ont efté faits par les Traitez
de Vveftphalie ; Par le Sieur Heiff. Efcuyer ,
Confeiller , & Secretaire , intérprete du Roy en
Langue Allemande in 4. deux volumes , 11 , li-
Converfatidns nouvelles fur divers Sujets ,
par Mademoiſelle Scudery , indouze , 2. volames
, 6. liv .
L'Homme de Cour traduit de l'Espagnol
de Baltafar Gracien par le Sieur Amelot de la
Houffaye avec des notes , indouze 40. fols.
Relation Hiftorique de tout ce qui a été fait
devant Genes par l'Armée Navale de Sa Majeſté
Catalogue. 31
Tres-Chrétienne , avec une grande Figure en
taille douce , indouze , 20. fols .
Petit Abregé de l'Hiftoire Romaine , par Demandes
& Réponfes , indouze , 25. fols .
Traité de l'Infailibilité & du Pouvoir de
F'Eglife , dedié au Roy, indouze , 15. föls.
Les Eloges des Hommes Sçavans , tirez de
l'Hiftoire de Monfieur de Thou , avec des
Additions contenant l'Abregé de leur vie , le
lugement & le Catalogue de leurs Oavrages ;
Par le sieur Teiffier , Advocat au Prefidial
de Nifmes indouze deux volumes , 4:
liv.
>. >
Vie du Pere Iean Chrifoftome , Religieux
Penitent , inoctavo , 2. l . 10. lols ,
Oracles des Sibilles , augmenté d'une reponce
à la Critique par le P. Craffet , indouze
30. fols.
Traité du Nivelement , par M. Picard , de
l'Academie Royale des Sciences , indouze 30..
fols.
"
La Geometrie Pratique , par Monfieur Ozarian
Profeffeur en Mathematique , indouze ,.
30. fols.
Hiftoria Civilis & Ecclefiaftica , Authore
Perro Iofepho Cantelio , è Societatis Iesus ,
in 4. 5. liv.
Quatre dialogues fur l'Immortalité , par
Monfieur l'Abbé d'Engeau. , & Monfieur l'Abbé'
de Choifit in 12. 30, f.
L'Ecclefiaftique traduit en Francois , avec
une explication tirée des Saints Peres & des
Autheurs Ecclefiaftiques , par ces Meffieurs , in
octavo. 4. liv.
Traité de la volonté de fes principalesactions
32 Catalogue.
de fes Paffions & de fes Egaremens , divifé em
cinq Parties , indouze 30. fols .
Abregé de l'Hiftoire Bizantine , de S. Nice
phore Patriarche d'Alexandrie de Conftanti
nople traduite du Grec ; par le fieur Moret avec
des Remarques Hiftoriques , indouze 30.
fols.
des
Hiftoire Chronologique des Papes ,
Empereurs & des Rois qui ont regné en
Europe , depuis la Naiffance de I ES u s-
CHRIST , jufqu'à preſent , indouze 30.
fols.
La Doctrine des Maurs , qui Reprefente en
cent Tableaux en taille douces , la difference
des Paffions. Et enfeigne la maniere de parvenir
à la fageffe univerfelle ; par Monfieur de Gom
berville de l'Academie Françoife , indouze so.
fols.
Hiftoire des Hommes Illuftres de Monfieur
l'Abbé Tallemant avec plufieurs figures en:
taille douce , ou font leur Portrait ; Nouvelles
Edition , augmentée & recorrigée , indouze , 8 .
vol . 14. liv. papier fin & 12. liv. papier ordi
naire.
•
La vie des Saints , traduction de ces Meffeurs
y compris la vie des Patriarches , Nou
velle Edition , in octavo 5. vol . 7. liv...
Les Pretendus Reformez convaincus de
Schifme , pour fervir de réponſe à un écrit
intitulé confideration fur les Lettres circulaires
de l'Affemblée du Clergé de France , de:
l'Année 1682 par Monfieur Nicole , Autheur..
des Ellais de Morale, indouze 45. f.
Traitté de la Pratique des billets & du Preft
d'Argent entre les Negocians, par un Docteur.
Catalogue. 33
en Theologie , in- douze 3o . fols.
Difcours de Clement Alexandria , pour
exhorter les Payens à embraffer la religion
Chrétienne traduit par Monfieur Coufia , indouze
, 30, fols.
Dom Henrique de Caftro ou la Conquéte des
Indes indouze , 2. vol. 40. f.
De la Nature & de la caufe des Fiévres , indouze
, is. fols.
Methode pour bien prononcer un Difcours
& pour le bien ADimer , ouvrage tres - utile à
tous ceux qui parlent au Public & particuliere-
= ment aux Predicateurs & aux Advocats , par
Monfieur Bary indouze , 20. fols.
Paralleles Hiftorique , indouze , 40. f.
S. Fulgentij opera , inquarto 9. liv .
LIVRES
TR
NOUVEAUX
de l'Année 1685.
Raitté des Fortifications , contenant la
Demonſtration & l'Examen de tout ce qui
regarde l'Art de Fortifier les Places , tant regu
liéres qu'irreguliéres , fuivant ce qui fe pratique
aujourd'huy ? le tout d'une maniere abre
gée , & fort aifée pour l'Inftruction de la Ieuneffe
, par Monfieur Gautier de Nifmes ,
avec 23. Figures en taille douce , indouze , 25 .
fols.
Traité Hiftorique de l'Etabliſſement & des
Prérogatives de l'Eglife de Rome , & de fes
Evefques , par Monfieur Maimbourg, indouze ,
2. liv. 10. f.
34 Catologue.
Les diférens Caracteres de l'Amour , par un
Academicien François , in 12. 30. fols .
L'Hiftoire du Grand Seras- Kier Baffa , ou
la fuite de Hiftoire du Grand Vifir , contenant
toute la Relation de la levée du Siege de
Bude , & fes Amours , indouze , 30. fols .
Effais de Sermons pour tous les jours du
Caresme , contenant fix Difcours differens
pour chaque jour , & des fentences choifies
de la Sainte Ecriture & des Peres de l'Egli
fe pour chaque Difcours , avec la Traduction
de ces Sentences ; Ouvrage plein d'érudition ,
& neceffaire à toutes fortes de Perfonnes ,
in cctavo 3. Volumes , 12. livres.
Extraordinaire des Mercures Galant indouze,
30. fols. & les Mercure 20. f.
Agiatis ; Reyne de Sparte , ou les Guerres
Civiles des Lacedemoniens , fous les Rois
Agis & Leonidas indouze , 2. Volumes , 2 .
livres.
Morale de l'Evangile , in 12. nouvelle Edi .
tion , 40 fols.
Efais de Phyfique , indouze , z . Volumes ,
3. livres.
Mademoiſelle de larnac , Hiftoire du temps.
de la Princeffe de Cleves , in 12. trois vol . 3 .
liv . 10. fols .
Le Grand Sophi , nouvelle Allegorique , indouze
, te. fols.
Les Travaux de Mars , ou l'Art de la Guer
re , augmenté d'un quart nouvellement , par
Monfieur Mallet , inoctavo 3. volumes , 15. liv .
Les Dames Galantes , ou la Confidence reciproque
, en deux Tomes indouze , 2. livres,
10.fols .
Catalogue. 35
C
Relation d'un Voyage des Indes Orientales ,
par . M. Dellon, Docteur en Medecine , indouze,
2 . vol. 3. livres.
Armenius , Tragedie , indouze , 20. fols.
Illuftre Genoife , indouze , 20. fols.
Le Cocher Comedien , de M. de Hauteroche,
indouze 15. fols.
Relation du Royaume de Siam , indouze , 15.
fols.
Journal du Palais , complet , 10. vol. 60. liv.
Les Nombres & le d'Euteronome traduit en
François avec l'explication du fens Litteral &
du fens Spirituel , tirée des SS . Peres & des Autheurs
Ecclefiaftiques en 2. vol . in- octavo 5.
livr, & en 1. vol . 4. livr . 10 , fols .
Les Conferences Ecclefiaftiques du Diocefe
de M. de Luçon en 5. vol . indouze impref
fion de Paris 10. liv. & impreffion de Lyon ,
6. liv . & 5. fols l'on feparera les 4. & 5. vol . à
ceux qui auront les premiers pour le méme
prix.
Fables nouvelle en vers , in 12. 20. fols.
Traité de la vocation Chrétienne des Enfans,
in 12, 30. fols .
Hiftoire du Gouvernement de Venife
par M.
Amelot de la Houſſaye , nouvelle Edition augmenté
& corrigé de beaucoup , in 8. 5. liv.
Tibere difcours Politique fur Tacitepar M.
Amelot de la Houffaye , nouvelle Edition , in
octavo , 4. liv.
Veritable conduite de Confeffion & communion
de S. François de Sales , par M. Gam
bare Prêtre , in 18. 15. f. Impreffion de Paris.
Entretien fur le Carême du Pere Crailer ,
ndouze , 2. vol. 3. liv.
H.i
36
Catalogue
.
Caractere de la fauffe & veritable Pieté , 12 .
30. fols.
Defcription de l'Hôtel des Invalides avec
plufieurs figures en tailles douces tant les veuës
qu'autrement , fol . 15. liv.
Le Plan dudit Hôtel en deux feüilles , 2. liv.
10. fols.
Converfations Morales fur les Ieux & les divertiffemens
, indouze , 2. liv .
La feconde Philippique de Ciceron traduction
nouvelle , indoaze , 15. fols.
Nouveau voyage de M. Thevenot contenant
la Relation de l'Indoftan , des Nouveaux Mogols
& des autres Peuples & Païs des Indes ,
inquarto , 5. livr .
Inftructions Morales & de Controverfe par
demandes & par réponces , pour l'inftruction
des Catholiques & des Calviniftes nouvellement
convertis a divifées , en deux parties ,
dont la premiere contient la Doctrine de l'Eglife
Catholique , fur les Points conteftez ,
& non conteftez , la feconde contient des Ecclairciflemens
fur les Points de la Doctrine de
P'Eglife Catholique conteftez entre les Catholiques
& les Calviniftes , indouze
fols.
> 20.
Table des Sinus nouvelle Edition , avec la
Trigonometrie qui eft un Traitté nouveau ,
pour l'intelligence des Tables & facile pour les
Ecoliers , in- octavo , 2. livres .
Les Ocuvres du Poëte Lucrece , qui traitte
de la Nature des chofes avec des Remarques
fur les endroits les plus difficiles de la traduction
du Baron des Coutures un des plus beaux
Ouvrages qui ait paru depuis longtemps
tans
Catalogue. 37
C
tant pour la beauré du Stile , que pour les
Remarques , in 12. 2. vol. 4. liv . io, fols , >
Andronic Tragedie par M. Capiftron 20. f.
La Dame Invifibles , Comedie de M. de
Haute . Roche , indouze , 20. fols.
-Aphorifme d'Hippocrate traduit en François
en deux vol . 3. liv .
Meditations fur le Pater nofter , & fur le
Pleaume soloMiferere mei Deus , tirées des
oeuvres de terôme Savovarole , & traduit en
François , 20, fols.
Heures Chrétiennes tirées de l'Ecriture
Sainte & des faints Peres , traduction du Paras
difus . Anima Chriftianæ , 12. 3. liv. 10. f.
?
LIVRES NOUVEAUX
de l'année 1685 . .3
Hiftoire
Iftoire de la Conquefte de Flaride par les
Espagnols, fous Ferdinand de Soto, écrite
en Portugais par un Gentilhomme de la ville
d'Elvas , m 1. 30.fols.
Le Genie de la langue Françoife, 12.2.v.3.l.
Reponse à l'Apologie pour la reforma
tion , pour les Reformateurs & pour les Re-
1formez , où l'on traite de l'etat Monaſtique ,
des Veuves &rant Seculieres que Religieufes ,
des fecondes , troifiéme , quatrième , & autres
Nopces , des qualitez d'un veritable Mar
tir , des Ceremonies Ecclefiaftiques de la
Sainte Ecriture des Extafes & Difcours du
Celibat des Ecclefiaftiques, & quelques autres
vil.8 bab
D
38
Catalogue.
matiere de Religion , par Monfieur , Ferrand
12.40.fols.
Traité de l'Eglife contre les Heretiques
principalement contre les Calvinistes , par
Monfieur Ferrand . 12. 30. fols .
Theriaque d'Andromacus , traduction nouvelle
par Monfieur Charras, 12. 30.fols.
Comedie fans titre par Monfieur Poiſſon , indouze
, nouvelle édition, 15. fols.
Les Oeuvres de Barreme contenant fept
volumes & fe vendent feparé fçavoir L'arif
metique de foy- même . 5o. f. le Livre des
contes fait so. f. La Geometrie so. fols. Li
vre neceffaire , so . f. Le Livre des Aydes Domaine
de France , 45. f. Les Tarifs & contes
fait,3 . liv. to.f. & le feptiéme , le Grand Bar
quier , in octavo, 4.1.10.f.
Traduction nouvelles des Satires des Epi
tres & l'Art Poëtique d'Horace ,in 12. 45.f.
Les Ouvrages de Profej & de Poëfie des ficurs
de Maucroy & de la Fontaine , indouze , 1.
vol . 4. tiv. 1.3.0
Memoires contenant ce qui s'eft " paffé en
France de plus confiderables depuis l'année
1608. jufqu'en 1536. tirées des êcrits de
Monfieur le feu Duc d'Orleans , indouze ,
- 40. ር
Le Portrait de Foibleffes Humaines , par
Madame de Villedieu , 12. Paris 30. fols/ & de
Lyon 15, fan oneftium , esbrop.lion
Les Defordres de l'Amour de Madame de
Ville dieu, 12. 4. vol. relié en deux 30. fols.
Geographie de Robbé Nouvelle Edition ,
avec plufieurs Figures en taille douce , 12. 2.
Vol . 6.div. Idem Enluminés 8. liv .
Catalogue. 39
Ordonnances Synodales de Luçon , 10. f..
L'Art de chanter , ou methode facile pour
apprendre en fort peu de tems les vrays prin--
cipes du Plain Chant & de la Mufique par M.
Lancelot , inquarto´, 25. f.
Elemens de Geometrie , ou de la meſure du
corps , par le Pere l'Amy , in octavo , 45. f.
Voyage de Tartarie , 12. 15.
fols.
Vie deGonzague , 11. 25. fols.
Traité des Cadrans de Monfieur Ozanan
avec plufieurs figures en taille douce , 12, 30 ,
fols.
Corps & compilation de tous les Com
mentateurs Anciens & Modernes fur la Coutume
de Paris , enrichie de nouvelles obfer .
vations & de plufieurs queftions décidées
par les Arters des Cours Souveraines , avec
les Conferences des autres coûtumes , par
Monfieur Claude de Ferriere , Avocat an
Parlement en trois volumes , infolio , 35.
liv.
Oeuvres Diverfes de Monfieur Boileau ,
nouvelle Edition revûe & augmenté de beaucoup
avec les figures, indouze, 3. liv.
69 Eclairciffement de Monfieur Queras Grand
Vicaire de feu Monfeigneur l'Archevêque de
Sens, inoctavo , 4. liv.
Iournal Amoureux d'Espagne, par Madame
de Villedieu , indouze quatre volume , relié
en deux , 30, fols.
La vie de S. Philippe Nery Fondateur de
l'Ordre de l'Oratoire inoctavo 3. liv.
Theologie Morale de S. Auguftia , où le
precepte de l'amour de Dieu est traité à fond,
& les autres maximes de l'Evangile fe trou-
D3
40:
Catalogue
.
vent expliquées & demontrée indouze , 45. f.
La Morale d'Epicure avec des reflexions
par Monfieur le Baron des Coutures Aureur
de la traduction de Lucrece, indouze 40. fols.
La vie du Pere lean Rigoleng de la compa
gnie de lefus indouze , 30. fols.
12
La vie du Pape Sixte V. nouvéllé édition ,
indouze deux volumes 2. liv.
L'hiftoire du Royaume de Chypre par Mon.
heur le Pelletier Auteur de la vie de Sixte V.
indouze , 2. vol . 2. liv.
Actes de l'Affemblée generale du Clergé
de France concernant la Religion inquarto ,
20. fols. bet
Idem indouze avec le Catalogue des livres
deffendu , 30. fols .
Avis pour la fainte Communion , 7. fols.
La Relation du Caroffel de 1685. & 1686.
20. f. }
Ariofte Ancienne & Moderne on Roland
le furieux traduction nouvelle indouze, 4.vol .
3. liv.
L'ordinaire de lafainte Mefferavec l'explication
des principales ceremonies qui fi obfervent
augmenté des Vefpres & Complies en
Latin & en François & de plufieurs exercices
de picté Imprimé par l'ordre de Monteigneur
Evefque de la Rochelle , infeize is. f.
Hiftoire de la confpiration d'Angleterre
du Duc de Mont Mout , indouze 20. f.
Hiftoire des troubles de Hongrie & des defordres
arrivez dans ce Royaume , & les
progrés de la confpiration des quatres com
tes qui ont été executez , leur revolte y eft
amplement traittée avec trois cartes indouze,
4. vol. 6. liv.
Catalogue.
41
Lettre de S. Auguftin fur la Conformité de
la conduite de l'Eglife de France pour ramener
les proteftans avec celle de l'Eglife d'Affrique
pour ramener les Donatiftes indouze
jo. f.
La conduite du Roy à l'égard des Proteftans
femblables à la conduite de l'Empereur Honorius
& de S. Auguftin à l'égard des Dona
tiſtes avec un Abregé des memes Donatiftes
& l'explication des loix qu'Honorius publia
contr'eux-indouze , 19. f.
Traité de la Providence fur le miracle des
fept Pains tiré de l'Ecriture fainte & des Peres
indouze , 20. f.
Paraphrafe des Pfeaumes de David en vers
François par Monfieur Godeau & mis en
chant,nouvelle édition ,indouze 40. f.
Hiftoire d'Augufte contenant fes actions
avant & apres le trianvir jufqu'à ſa mot
avec les particularitez dela vie de Iule Ce
far par le même autheur du triumvirat indouze
deux volume , 2. 1.
Hiftoire du Pontificat de faint Gregoire le
Grand par Monfieur Mainbourg , inquarto
2. 1. indouze deux volumes , 3. 1. & de Lion.
2. liv.
Lutrigot ou la Critique contre Monfieus
Boileau indouze 15. f.
Les confeflions coupée , Impreffion de Paris
indouze 25. f.
Harangue de Monfeigneur le Coadjuteur
de Rouen au Roy inquarto . 7. L.
Harangue de Monfeigneur l'Evefque de
Valence au Roy inquarto 7. f.
·
D
3
42 Catalogne.
Hiftoire de Charies neuviéme
, in 12. 3.vol. 3.liv . 10.î.
De François premier , in 12 .
De Monfieur
vol . 6.1 . & in 4. 2.vol . 12.) . Įde Varillas.
Education de Charlequint ,
12. 2. v. 3.1.
Des Herefies , 12.7.1 . & in 4.12.1.J
LIVRES NOUVEAUX
de l'Année 1685 .
Iftoire de Guftave dit le Grand & de
Charles Guftave Comte Palatin , Roy
de Suede & de tout ce qui s'eft paffé en Allemagne
, depuis la mort du Grand Guitave j
par le fieur de Prade , indouze , 40. £
Charanton où l'Herefie détruite , inquarto
30. fols.
Catechifine pour les nouveaux Convertis
de Canifius, 12. 15. f.
La Morale de JESUS - CHRIST par le Pere Do
zeme de la Compagnie de Lesus , in 4, s . 1 .
Entretien fur la Pluralitez des Mondes, pat
FAutheur du Dialogue des Morts, 12. 30.fols.
Nouvelle Bibliotheque des Autheurs Ecclefiaftiques
contenant l'Hiftoire de leur vie ,
le Catalogue , là Critique & la Chronologie
de leurs Ouvrages , le fommaire de ce qu'ils
contienent unJugement fur leur ftile & ſur leur
doctrine & ce dénombrement des differentes
éditions de leurs Ouvrages, des Autheurs des
Trois premiers Siecles de l'Eglife , avec une
differtation préluminaire fur les Autheurs des.
Catalogue 143
Livres de la Bible , par M. L.Du Pin , Docteur
de la Maiſon de Paris , 8. 4. l.
Eftat de la France , où l'on voit tous les
Princes , Ducs & Pairs , Marechaux de Fran.
ce, & autres Officiers de la Couronne , des
Evêques , les Cours qui lugent en dernier Refort
, les Gouverneurs des Provinces , les Chevaliers
des Ordres & enfemble les noms de
tous les Offices de la maifon du Roy , & mai
fon des Princes jufqu'en 1686. indouze, 2.vol.
3. liv. 10, fols.
La fcience parfaite des Notaires , ou le
moyen de faire un parfait Notaire , contenant
les Ordonnances , Arreſt , & Reglement rendus
touchant la fonction des Notaires , par
Mé Claude de la Ferriève , feconde édition , &
augmenté d'un tiers , seliv..
L'Elprit de l'Ecriture Sainte , avec des Refle
xions , par Monfieur le Baron des Coutures ,,
1.2.2. V. 3.1.10 . f.
Reflexions ou Sentences & maximes Morales
, par Monfieur la Roche- Foucaut , aqgmentée
de plus de cent nouvelles maximes ,
12.30. £..
Les devoirs de la vie Civile , nouvelle édition
, revue , corrigée , augmentée , 12. 2. vol ..
3. liv...
La liberté des Dames , 12. 20. f..
Alcibiade Tragedie , par Monfieur Capi
fron , 12. 25 , ſols.
L'Homme à bonne fortune ,
Monfieur Baron , 25.fkt
I
Comedie par
A
La fcience & l'Att des Devifesy dreffez fur
-de nouvelles regles , avec fix cent devifés fur
les principaux evenemens de la vie du Roy &
44 Catalogue.
•
quatre cens devifes Sacrées , dont tous les
mots font tirez de l'Ecriture Sainte , par le
R. P. Meneftrier , inoctavo , 2. 1,
Petit Flambeau de la Mer , in 4. 3. l .
La Liturgie Sacrée où l'Antiquité , les Mifteres
& les ceremonies de la fainte Meſſe ,
12. 3. V. 4.l. 10.f.
Les delices de l'Efprit , par Monfieur Defmarêts
, nouvelle édition, avec plufieurs figu
res en taille douce , 12. 2. v. 3. l.
Inftruction Paftorales & Pratique pour la
conduite d'un jeune Curé , en forme d'entre
tien , 12. 30. f.
Traité des jeux & des divertiffemens qui
peuvent être permis , ou qui doivent étre défendus
aux Chrêtiens felon les Regles de l'Eglife
, & le fentimens des Perés , par Me
Jean Baptifte Thiers , Docteur en Theologie ,
12. 2. l. f. f.
Les deux derniers livres des Roys, 8.4.1.10.f.
Nouveau Recueil de tout ce qui s'est fait
pour & contre les Proteftans particulierement
en France , où l'on voit l'Eſtabliffement , le
Progrez , la Décadence & l'Extinction de la
R. P. R. dans ce Royaume par Me. lacques le
Febvre Docteur en Theologie , 4. 9.1.
Recueil de ce qui s'eft fait depuis la Revo
cation de l'Edit de Nantes , 4. 30. £.
Oeuvres Tragiques de Monfieur Capiſtron,
12. 4. liv.
Idem de la Tuillerie , 12. 3.l..
-Idem de la Chapelle , 12. 3. I ..
Idem de Pradon , 12. 50..f.
Su Hiftoire des Avanturiers qui fe font fignalez
. dans les Indes , contennant ce qu'ils ont
Gatalogue. 45
fait de plus remarquables depuis 20. Années ,
avec la vie , les moeurs , les coûtumes des habitans
de S. Dominique & de la Tortue &
une defcription exacte de ces lieux où l'on
voit l'établiffement d'une Chambre des Conees
dans les Indes & un état tiré de cette
Ghambre des Offices , tant Ecclefiaftiques"
que Seculiers , ou le Roy d'Espagne pourvoit
les revenus qu'il tire de l'Amerique, & ce que
les plus grands Princes de l'Europe y poffe.
dent , le touto enrichi de Cartes Geographi
ques & de plufieurs figures en taille douce ,
indouze , 2. vol. 4. 1 .
Apologie pour l'Eglife Catholique où l'on`
juftific fa croyance , fon culte & fon gouver
nement par les Principes même des Proteftans
par le fieur Vigne , cy- devant Miniftre à Gre
noble , 12. 30. f.
Entretiens affectifs de l'ame avec Dieu fur
les Pfeaumes de la Penitence , pour les nouveaux
Convertis , 12. 20. f.
Journal du Palais , inquarto , to.v. 60.liv.
le dixiême tome & les autres fe fepare pour
6. liv. auffi chaque volume. :
Pratique de Pieté ou Entretiens pour tous
les jours de l'Année , par le Pere le Maître de
la Compagnie de Iefus , augmenté en cette
toifiéme Edition , des Evangiles & de plu
fieurs points de Meditation , toutes tevûes &
recorrigée , 12. 4. vol . 5o . f. & relié en deux
2. liv .
C La Morale du Monde ou Converfations par
Mademoiſelle d: Scuderi , 12. 2. vol . 6. liv.
Les Amours du Comte Tekely , nouvelle
Historique , 12. 1. f
46
Catalogue
.
Relation de l'Amballade de Monfieur le
Chevalier de Chaumont à la Cour du Roy de
Siam avec ce qui s'eft paffé de plus remarquable
durant fon Voyage avec plufieurs fi
gures en tailles douce , 12.2. liv ..
Entretiens affectifs de l'Ame avec Dieu
pendant les huit jours des Exercices Spirituels
par Menfeigneur l'Evêque d'Alby , 12.
30. fols.
Le Rendez-vous des Thuilleries ou le Co
quet trompé Comedie , par Monfieur le Baron
, 12, 20.f.
Inftruction pour les nouveaux Catholiques:
ou tous les Points principaux de la Religion
font familierement expliquez par BEcriture,
les Conciles & les Peres , par Monseigneur
l'Evêque de Châlop , 12 , 40, Lov
2
J
7
Nouveau Sisteme des bains & eaux Minera-l
les de Vichy, fondé für plufieurs belies experiences
& fur la Doctrine de l'Acide & de
l'Alcali , par Monfieur Fouet , Docteur ca
Medecine 12.39. fam
Jugement des Sçavans fur les principaux
Ouvrages de ce temps , & fur les Poëtes depuis
Moïfe jufqu'à prefent , indouze , neuf
vollumes 18, livres , les cinq dernier vollume
fe vendent feparé pour 10. liv.:
La vie de faint François de Sales , par l'Au
theur de la vie de Madame de Montmorency ,
4. 5. liv. Dior 2 1 loa Mari§
Conference Ecclefiaftique du Dioceſe.de
Luçon feconde Edition , très- bien imprimé ,
12. 5. vol. 6.liv. 5. f.
Les fix & fepriéme tome fura la Penitence,
l'ordre & le mariage s'imprime¸
Gatalogue. 47
Vies des Saints , nouvelle Edition , fol. 2 .
vol. Paris grand papier 16. liv .
Idem de papier ordinaire, 11. liv. auſſi
de Paris, fol . z. vol.
Hiftoire de la Morée avec so , figures en
tailles douce de toutes les Villes que les Venitiens
ont emportées fur les Turcs , 8.4.liv .
L'Efpion du Grand Seigneur & fes Relations
fecrettes envoyées au Divan de Conſtantinople
découvertes à Paris , pendant le Regne
de Louis le Grand , contenant les évenemens
les plus confiderables de la Chrêtienté & de
la France depuis 1637. indouze , 4. vol . 6. liv .
les trois derniers vollumes fe vendent feparé
"pour 4.liv. of
.1
Hiftoire des Oracles par Monfieur de Fontenelle
, Autheur du Dialogue des Morts ,
$12.30.1.20
Voyage des Ambaffadeurs de Siam en France
, contenant lareception qui leur a efté faite
dans les Villes où ils ont paffé , leur entré à
Paris , les ceremonies oblervées dans l'Audiance
qu'ils ont eu du Roy & de la Maiſon
Royale , les complimens qu'ils ont faits , la
defcription des lieux où ils ont eſté , & c¢
qu'ils on dit de remarquablefur tout ce qu'ils
ont vu jufqu'à la fin de l'année 1686.12.2.vol .
49.folsle deuxième tome fe vend feparé pour
- 20.fols.
Iournal des Saints pour les Congregations,
qui fert de billets des Saints de mois en Latin
Ja main 45.1.& en François aufli 45.
L'Homme inftruit par fa raifon & par fa
Religion , Dialogue Moral & Chrêtien , 8.2.1 .
Le nouveau Negotiant , contenant les re48
Catalogue
.
C
ductions toutes faites des mesures , Poids &
Monnoyes de France , reduite aux meſmes
Poids & Monnoyes de diverfes Villes & Païs
concernant le Negoce , par le feur Ricard de
Bordeaux , inquarto , so. f.
L'Efprit de la Religion , ou l'abregé du Livre
de la Science univerfelle des faintes Ecri-
-tures , 12. 20. f. af.
Almanach de Milan 1587. 12. 20. fols ,
De Liege pour 1587. 15. f.-
Connoiffance des temps pour 1687. 20.1,
Hiftoire du Siege de Bude avec toutes les
particularitez fidelement écrite & circonftantié
le tout jour par jour , avec une grande fi
gure en taille douce , par l'Autheur du Mercufe
Galant , 12; 20. fo '
broM ob 23
Livres que l'on Imprime & que l'on don
nera inceffamment.
Les Grands Voyages de Monfieur Chardin ,
de la Perfe & des Indes Orientalles avec dixhuit
grandes figures en taille douce , 12. 2 .
gros vollumes.
Le bon ufage du Thé , du Caffé & du Chocholat
par M. de Blegny avec plufieurs figures
én taifle douce.
La Nouvelle Methode accomplie du Blafon
du.Pere Meneftrier , indouze, Le Pontificat de
S. Leon , de M. Maimbour , L'Hiftoire de
Louis douziéme de Varillas & la fuite des
Herefies auffi de M. Varillas , les Annales de
la Grece de Madame de Villedieu, & pluſieurs
autres dont je vous donneray Avis.
THE LA VILLE
FIN
qui fe trouveront à Lyon chez le Sieur
A MAUL RY ; depuis l'année 1678 .
jufqu'a prefent.
P
RATIQUE de Pieté , ou les confuites
pour tous les jours de
'anné fuivant les Maximes de
l'Evangile par le R. Pere le
Maître de la Compagnie de
Iesus , 2 2. vol . 30. fols.
L'art poëtique du Pere Lamy, 12.30. fols .
Les Nobles de Provinces , Comedie de
Monfieur de Haute Roche , 10. fols .
Le Comte d'Ulfeld , 12. 10 fols.
Memoire du Marquis d'Almachu , 12. 2.
vol . 2c. fols.
Les Livres de S. Auguftin de la maniere
d'enſeigner les principes de la Religion , 12 .
livres. 2.
Remarque fur un Ecrit dicté à Doüay , 12.
30. fols.
La Princeffe de Cleves. 12. 4. vol . 5. liv .
Idem la Critique , 12. 30. fols .
Idem la Contre- Critique 4o. f.
Nouvelles Amoureuſes & Galantes, indouze .
30. fols.
Heures en Vers de l'incomparable Sieur de
Corneille l'aîné , indouze. fig. 3. liv.
Architecture Navale , in 4. 6. liv.
CHEQUE
BRLA
LYON
*1995
VILLE
A
2 Catalogue.
De Lazarille de Tornes , Traduction nouvelle
, indouze , 2. vol . 4o. fols.
Ieu Royal de la Langue Latine avec les
Cartes , 8. 40. fuls,
Nouveau jeu de Carte du Blazon , 30. f.
Hiftoire de la Chancellerie
Teffereau , fol . 15. liv.
par Monfieur
Capitularia Regum Francorum Auctoris
Steph. Baluz, fol . 2. vol. 30. livr.
Phedre & Hippolite , Tragedie, ind . 15.f.
Origine des François , ind. 2. vol. 3. liv.
Hiftoire du Schifme d'Angleterre , in 12 .
Confeil de la Sageffe, ind. 2. vol. 3. liv.
Converfions des Pecheurs , ind. a . 1.
Methode de la Penitence, ind. 2. livr.
Maldonat, de Sacramentis , fol.9 . liv.
L'Art de Parler ,
ind. 30. fols.
L'Avocat des Pauvres de Monfieur Thiers,
indouze , 2. livr.
Recherches de la Verité, ind. 3. vol. 6, 1,
Nouveau Recueil de Comedies , ind. zo. f.
Theodori de Poenit. 4. 2. vol . 10. liv.
Medecin à la Cenfure, ind. 30, fols.
Recueil de l'Academie , indouze , 7. vo'.
10. livr , 10. fols .
Correction fraternelle , indouze, 2. liv.
Idée de la Morale Chrétienne, indouze, 2 .
vol 3. livres.
Prince de Perfe , Nouvelle Hiſtorique, indouze
, 10. fols .
La Rivale, Nouvelle Hiftorique , indouze,
10, fols.
Oeuvres de Monfieur d'Andilly , fol.3 . vol.
45. liv.
Catalogue. 3
La Vie de Sainte Gertrude, 8. 4. liv.
Expofition du S.Sacrement par M. Thiers ,
indouze , z . vol . 4.livr.
Défence de l'ancienne Tradition des Egli
fes de France, indouze , 40. fols .
Aftrée , indoze , Nouvelle Traduction.
Methodus Hiftoriarum Anatomico Medicarum
, indouze , 30. (ols.
Heroine Moufquetaire , indouze,
4. vol . 40. fols.
Iolande de Cicile , indouze,
2. vol. 10. fols.
Voyage de Fontainebleau ,
10. fols.
2
Ambitieufe Grenadine , indouze
, 10. fals.
Comte d'Effex , indouze, 2.
vol. 20, fols.
"
J
De M. de
Prefchac.
Les Preceptes Galands de M. Ferrier , indouze
, 20, fols.
Nouvelles & faciles inftructions pour réïnir
les Eglifes Pretenduës Reformées , 12.30.f
Reflexion Chreftienne fur les Principes de
la Morale , indouze , 30. fols.
Confolateur Chrêtien , ou Recueil de Lettre,
indouze, 30. fols.
Vie de S. Ambroiſe par M. Herman , inquarto
, 8. livr .
Nouvelles de Miguel de Cervantes , indouze
, 2. vol . 3. live.
Hift. des Amazones , 12. 2 , vol . 20 fols.
Les Promenades de Livri , 12. 2. vol. 20.f
Meroüé fils de France , 12 , 10.fols.
Alfrede Reyne d'Angleterre , 12. 10. fois ,
A &
1
4 Catalogue.
De l'Origine des Romans de Monfieur
Huer , indouze , 30 fols.
D. Iuan d'Autriche, indouze, 30.fols.
- Memoire d'Hollande , indouze , 30. fols :
La veritable forme du Sacrement de l'Euhariftie
, de M,Arnaut, 8.30.fols .
L'Academie des Sciences & des Arts pour
raiſonner de toutes chofes , 12.3 . V. 4. 1. 1o. f.
Critique du Voyage de Grece de M. Spon
Medecin & Antiquaire , indouze , avec une
Carte en taille douce , 30. fols .
Le Pilote de Londe- Vive , ou les Secrets ,
du Flux & Reflux de la Mer , contenant XXI.
Mouvemens & du Point fixe d'un Voyage
abregé des Indes , & de la Quadrature du
Cercle , compofez fur les Principes de la Nature
, nouvellement découvertes , & mis en
lumiere par Mathurin Eyquem , Sieur du
Martineau ; Outre que ce Livre montre par
des Syftemes nouveaux faciles & dont on
n'a jamais parlé , ces points qu'il eft fçavant.
curieux , & plaifant à lire. Les Doctes co
chofes naturelles croyent qu'il montre la
Medecine Univerfelle fous des figures &
des principes familiers , qui luy donne de
la reputation , ce Livre eft indouze , imprimé
à Paris , & fe vend 30. fols .
>
Defcription de tout le monde par d'Aviti .
fol. 6. vol. 60. livres.
Theologie affective de M. Bail infolio ,
12. livres.
Oeuvre fpiriruelle de Berulle fol . 8. liv.
Memoires de la Reyne Marguerite , indouce.
20. fols .
Devoir militaire des Officiers d'InfanteCatalogue
3
rie par le S. de la Fontaine , indouze 45.
fols.
Idem de Cavalerie , indouze , zo . fols.
-Idem d'Artillerie , indouze . 20 , fols.
LIVRES
L
NOUVEAUX
de l'Année 1679.
A Noble Venitienne , & le nouveau Ieu
de la baffere, par M. de Prechac. 11. 10. f.
Nouvelles Galantes du temps, contenant la
Ialoufe Flamande & le Mary heureux
Amant , de Monfieur de Prefchac , 12. 10. fols.
"
>
Les Exilez de Madame de Ville-Dieu , tour
rechangé & augmenté de deux Volumes in-
12.6.v. impreffion de Paris , 6.1 .
Idem impreffion de Lyon , bien impri
mé , les 6. vol. reliez en 3. 45. fols .
Les 5 & 6. Tom. feparez S fe vend, 20. fols.
Hift . du Serrail , auffi nouvelle Edition , augmenté
d'un tiers , 12.6 vol. 6. 1 .
Differtationes Philofophicæ in 12. 20. f.
Nouvelle Ameriquaine , Hiftoire verita
ble , indouze z vol, 20. fols.
Le nouveau jeu de l'Ombre , 12, 10. fols
La Princeffe de Montpenfier , indouze , de
Autheur de la Princeffe de Cleves , avec
des vers à la fin fur la Paix , par M. de Corneille
l'Aifné , ¡ 2.fols .
Les Oeuvres Chreftiennes & Spirituelles
de M. l'Abbé de S.Cyran, 12. 4. vol.6.liv.
Le 4. Tome fe fepare , indouze , 30. fols.
La Iournal des Saints du R. P. Grofez de
A
3
6
Catalogue.
la C. de Iefus reveu , corrigé ( & augmenté,
nouvelle Edition , indouze , 3. vol. 5o . fols.
Le vray Devot confidere à l'égard du Mariage
; & des peines qui s'y rencontrent indouze
, zo. fols.
1
>
Traité des Superftitions felon l'Ecriture
fainte. Les Decrets des Conciles , & les fentimens
des Saints Peres & des Theologiens
par M. Thiers indouze , 40 fols .
Hiftoire de Theodofe le Grand ,
2.3 . livres.
Voyage de la Terre Sainte, avec des remar
ques pour l'intelligence de la fainte Ecritu
indouze , 3. livr. re
Nouveaux Elemens des Sections Coniques
,lieux Geometriques , & c. par l'Acade
mie Royale des Sciences , indouze . so.fols.
Le Courrier d'Amour , indouze ,
10. f
L'Education des Filles , 12. 40. fols.
Cafimir Roy de Pologne , Hiftoire veritable
& nouvelle , indouze , 2. vol. 24. f.
Le Triomphe de l'amitié , par Monfieur
de Prechac , 12. 10 fols.
>
Voyage de Monfieur Pitard de Laval aux
Indes Orientales , Maldives , Moluques , &
au Brefil , & les divers accidens qui luy font
arrivez , inquarto , 6. livres.
Hift. Sainte de Gautruche , 12. 4 vol. 6. I.
Caffiodori opera , fol. 2. vol . 15. 1.
Réponfèà la Critique publiée par Monfieur
Guillet , für le voyage de Grece de lacob
Spon , avec quatre Lettres fur le même ſujet,
Le Journal d'Angleterre du Sieur Vernon , &
Ja Lifte des Erreurs commifes par M. Guiller
dans fon Athenes Ancienne & Nouvelle ,in
douze , zo fols.
Catalogue. 7
Regles de la Difcipline Ecclefiaftique , recueillie
des Conciles des Synodes de France
, & des Saints Peres indouze , 30. fols . ·
Inftruction Chreftiennes fur le Mariage
& fur l'éducation des Enfans , 12. 30. fols.
La vie de S. Ignace , par le P. Behoar lefuit.
La Foy des derniers fiecles , du Pere Ras
pin, indouze.
La Hardie Meffinoife , 12. 12. fols.
Dom Sebastien Roy de Portugal , 12. 15. f.
. Relation curieufe de l'état prefent de la
Ruffie indouze , 40.fols .
Arithmetique de le Gendre , inquarto, nouvelle
edition augmentée, 3. 1. ro fols .
Amours des grands hommes , de Made
moifeile de Ville- Dieu , 12.6. vol. reliez en
trois , 45 fols.
L'Hiltoire d'un Efclave qui a elté quatre
années prifonnier , to fols.
Origine du Biazon du Pere Menestrier , indouze
, 2. vol . 4. livres ..
Memoire de l'Empire Ottoman , indouze ,
2.vol . 26. fols .
Lettres Portugaifes , avec les réponſes , in
douze . 2. vol. 20.
Hiftoire de la Reünion de Portugal , ins
douze , 2. vol. 4. livres.
Les nouvelles de la Reyne d'Angleterre
indouze , vol. 2o.f.
La Ville & Republique de Venife , in 12 ...
Ce n'eſt pas l'Hiftoire de Veniſe de Nani ,
c'est l'Hiftoire de la ville & Republique de
- Venife , tres bien écrite , 40. to's.
La Devotion envers nôtre Seigneur Jesus
CHRIST , pour fervir de lecture à l'Homme.
8 Catalogue.
par
d'Oraiſon pendant tout le cours de l'année
le Reverend Pere Noüet , 4. 3. vol . 16. l .
Recueil de diverfes Retraites , premiere
fur la qualité d'enfant de Dieu ; La feconde
, fur l'Habitude de la prefence de Dieu ,
La troifieme , fur le dépouillement du vieil
Homme , indouze , 30.Tols.
LIVRES NOUVEAUX
de l'année 1680.
A veritable devotion envers la Sainte
Vierge , établie & défendue par le Pere
Craffet lefuite , inquarto , 5. livres.
La Devinereffe ou le faux Enchantement ,
par l'Autheur du Mercure Galant , indouze,
avecneuffigures , 30. fols.
Le Chretien , qui veut eftre fauvé,24.20..
L'Illuftre Parifienne de Monfieur de Pref
shac , indbuze , z . vol 10 fols.
Hiftoire de la Conquefte d'Espagne par les
Marces , indouze , 2 , vol.
Des obligations des Ecclefiaftiques , tirées
de l'Ecriture fainte & des Saints Peres de l'Eglife
& de S. Chrifoftome, 12.40.
Le Iournal Amoureux par Madame de Vil
le-Dieu , indouze , 6. vol. relié en trois , 45. f.
Federic Prince de Sicile , 12.3 . vol . 30. f.
Lettre d'un Ecclefiaftique à un Miniftro
de la Religion Pretendue Reformée pour
fervir de reponfe à diverfes Queſtions qui
buy ont efté faites par ce miniftre dans lef
quelles il traite & prouve plufieurs Points
Catalogue. 9
importans de la Religion par la doctrine de
S. Cyprien , avec une Differtation du méme
Ecclefiaftique , & d'un des principaux du
Confiftoire de Charanton & une litte trescurieufe
des Evéques de Rhodes & de Va
bres , indouze 12. fols .
Adelaïde de Champagne , 12 , 4 vol. 40. f.
Le Comte Genevois , indouze 10.fols.
Cleon ou le parfait confident. 12. 10. f.
La valife ouverte , in 12. Prêchac , 10. f.
Le voïage du Royaume de Congo, 12. 20.f.
Reflexions fur la Mifericorde de Dieu de
Madame la Valiere .
#
Les Madrigaux de M. la Sabliere , 12. f. *
Les Peintures Sacrées de la Bible indou
ze . 3 , vol . 4. livres. 10. fols figures.
>
Le Gridelia , dedié à Madame la Dau- }
phine , de Prechac , indouze , 10 fols .
Memoires touchant la Religion par Monfieur
du Pieffis Praflin Evefque de Tournay ,
indouze , 2.vol.30.fols.
Le Voyage de la Reyne d'Espagne , indouze
, .vol . Prechac. 20.f.
Converfations fur divers fujets par Mademoiſelle
Scudery , indouze , 2. vol 5o.f, de
Lyon, & 6. livres de Paris.
-Projet de Conference fur diverſes matieres
de Controverfe , 12. 30. fols.
Les Nouvelles de Dona Maria de Zayas
traduit de l'Espagnol en François , 12.5 . V. 6. 1 .
La Vie & Actions de Monfieur l'Evefque de
Munſter , indouze , 20. fols .
Les Penfées pieufes , troifiéme Edition , s.f.
Le Quinte- Curce de Vaugelas de Monfieur
d'Ablancourt , Nouvelle Edition , indouze ,
10
Catologue
2. vol . groffe letre , 4. livres.
Eclairciffement Apologetique de la morale
Chreftienne , touchant le choix des Opinions
avec des Reflexions fur des Remarques
du Sieur I. Remonde , compofé pat l'ordre
de M. l'Evefque de Grenoble , 12. 3. 1.
Le nouveau Praticien François , inquarto
, 4. livres.
Les Devifes du R, P. Meneftrier , in 8. 2. v.
5. livres.
Les Dominicales de Texier , in 8. 2. vol 6. 1 .
fdem les Panegyriques, oct. 2. vol.6.1.
Horlogiographie du Pere Peüillant de la
Magdelaine , nouvelle Ediction , octavo ,
sa fols.
Le Comte de Richemont , Hiftoire Galante,
indouze ; 12 fols.
Les Memoires Galans ou les Amours d'u
ne perfonne de qualité , 12. 12. fol.
Defcription de la France de du Val 12 , 10, f.
Revolution de l'Eftat populaire en Mo.
narchie , par le Different de Ĉefar & de Pompée
par Monfieur de Martignac , 12. 20. fols.
Antonij Dadini Altafferra , Notæ & Ob
fervationes in Anaftafium de vitis Romanorum
Pontificum , in 4. 50. f.
>
"
Le Voyage d'Italie nouveau avec deux
Liftes des Sçavans , & Curieux de route l'ltapar
Monfieur Spon , Docteur en Medecine
de Lyon , indouze vingt fols.
lie
Lettres Chrêtiennes & Spirituelles de M.
Vater Grand Vicaire de feu Monfieur de Con.
dren Archevêque de Sens , in 12. 3. vol. 6. liv.
Traité de la Grandeur en general , qui
comprend l'Arithmetique , l'Algebre , l'Ana
Catalogue.
TI
lyfe , & les principes de toutes les Sciences
qui ont la grandeur pour objet par le P. Lami
de l'Oratoire , indouze ; 40. fols .
Dictionarium novum Latinum & Gallicum
, par Monfieur l'Abbé d'Aner pour Monfeigneur
le Dauphin , augmenté d'un tiers à
cette nouvelle Edition, & mit le tout par
ordre Alphabetique inquarto , 6. liv.
Origine des Noms par Monfieur la Rocque
, indouze , 30.fols.
Hiftoires de Venife de Nani , traduit par
Monfieur l'Abbé Tallement,indouze 4. vol . 9.
livres.
Semaine Sainte de la bonne Traduction
de toutes grandeurs.
Inftruction Spirituelles pour la guerifon
& la confolation des Malades par le Pere
Craffer , indouze , 2. 3. liv.
Eloges des perfonnes llluftres de S. Benoît
in 4. 2. vol, fuitte de l'année benedictine ,
livres. 12.
Regles de S. Benoist , 15. 30. fols .
Efay de l'Hiftoire Monaftique d'Orient
par un Religieux de S. Maur , 4. 4. livres.
72
Catalague
.
LIVRES NOUVEAUX
de l'Année 1681.
L
Es Satyres de Iuvenal , in 12. 2. vol. Tra.
duction nouvelle , par M. l'Abbé de la
Valtrie , Paris , 5. livres & de Lyon, so . fols.
Le Grand Solliman , Tragedie , 12 15. fols,
L'Eglife Romaine reconnue toûjours des
Lutheriens , pour vraye Eglife de Jesus , iaoctavo
, 40. fols.
La Comete , Comedie . 15. fols.
Inftructions Chreftienne fur les Myfteres de
Noftre Seigneur Jefus Chrift Nouvelle Edition
, augmentée & corrigée en beaucoup
d'endroits in 8. 5. vol . Paris 18. liv.'de Lion 9 .
Moyens de fe guerir de l'Amour , Conver
fation galante , indouze , 15. fols.
Traité du droit de Chaffe , 12. 20 fols,
Zaïde , Tragedie par Monfieur l'Abbé la
Chapelle , 12.15 . fols.
De Marca Opufcula , in octavo 3 liv,
Cofmographic , aifée contenant la Sphere
l'ufage du Globe Terreftre , & la Geographie
en faveur de la Nobleffe , 12. 30. fols.
La Vie du Pere Charles Spinola , de la
Compagie de Jefus , indouze , 25. fols.
La Science & Pratique du Chrêtien par
Monfieur Boudon indouze 10 fols.
La Philofophe des Gens de Cour, 12.
Difcours fur l'Hiftoire Univerfelle , par M.
Bouffuet , Evefque de Condom , in 12 .
Les Carroffes d'Orleans Comedie , par
Monfieu
Catalogue. #3
Monfieur l'Abbé la Chapelle, 12 15.fols.
Philoſophia Vetus & Nova ad ufum Schola
accommodata , par M. l'Abbé Colbert, augmenté
d'untiers en cette nou. Edit.in 4.10.liv .
Les Lettres de Monfieur de Bongars , Latin
François , Nouvelle Edition , 12. 2. vol . 3. liv.
Hiftoire d'Henry I V. 12. Nouvelle Edition
, 40fols.
Methode pour lire Chrétiennement les
Poëtes fuivant l'Ecriture Sainte & les Peres
du Pere Tomaffin , 8. 3. vol . 10, livres . 10.fols.
Poëfies & Penfées Chrétiennes , par мonfieur
l'Abbe Gouffaut , 12.30. fols.
fols.
Difcours prononcé par Monfieur de Lau
nay, Advocat en Cour , indouze , 15.fols .
La vie du Duc de Guife , in 12. 30.
Ammiani Marcellini Opera , fol . 12 , livres.
Un nouvel Horace , de M. Acier , avec des
Remarques indouze , vol. 11.live. 5. fols.
L'Homere , Traduction nouvelle par
l'Abbé de la Valterie , 4. vol. 12. 10. l .
Difcours du Chevalier Digbi de fa Gueri
fon des Playes par la Poudre de Sympathie f
nouvelle Edition , indouze , 30. fols.
M.
Cicute Aquaticæ Hiftoria , & Nova Commentario
illuftratæ à Jacobo V Vephero , Med.
Doct.Scaphufiano , inquarto , 2. liv.
La Princeffe de Fez , 2. vol . 12. 1. livre.
Le beau Polonnois , par Monfieur de Prefchac
, 12.10. fols.
Remedes Charitables de Madame Fouquet ,
augmentez d'un tiers en cette nouvelle Edition,
20. fols . 1
Les Caprices de l'Amour , par Mademoifelle
de Ville- Dieu, a.vol.zo.f.
B
14
Catologue.
1
Artifices des Heretiques, 12.2.livres .
La Comparaison de Thucydide & de Tite-
Live , du P.Rapin , 12.30. fols . "
Memoires du Chevalier de Terlon, 2. v . 3. l.
Mariage du Duc de Savoye avec l'Infante
de Portugal , par l'Autheur du Mercure Ga
lant , 12. 20.fol .
Les entretiens Galans , 2. vol. 12. 30. fols. ›
Reprefentations en Mufique , du P. мeneftrier
12.30. fol.
Traité de la Clofture des Religieufos , de
Monfieur Thiers indouze , 40, fols.
Ecclefiæ Greca Monumenta , Tomus fel
cundus , Studio atqueOpera Ioannis Baptiſte
Cotelerij , inquato, 6. l."
La Circé de Jean- Baptifte Gelly , traduit
en François , indouze , 30. fols.
La Methode Latine de ces Meffieurs , nou
velle Edition augmentée, 8.4.liv.
La Beauté de l'Efprit ,comparée à celle du
Corps , Traduction nouvelle , 20.
Le Meflager Celefte , Extraordinaire de
M. de Blegny , 30. fols.
La Ducheffe de Milan , de Monfieur de
Prechac , indouze, 10.fols.
Des Ballets anciens & modernes felon les
Regles du Theatre , du P. Meneftrier , 12. 30.
fols.
Les Lettres Familieres de Monfieur Conrard
à Monfieur Felibien , r2 30. fols.
Le Prudent Voyageur , 12. 3. vol. 4. 1. 10.f.
Les Preuves de Nobleffe du R. P. Mene
Arier , indouze 2. vol. 4. livr.
Crifpin bel Efprit , Comedie , 12, 15. fols.
Catalogue. 35.
Les fragmens de Moliere, 12. 15. fols.
Theophili Antecefforis Inftitutionum ;
Libri quatuor , Auctore Doujacio , indouze , z .
V.4.1.
Marie d'Anjou Reyne de Majorque , du
Sieur S. Bremont Auteur du double Cocu , 12.
4. Vol. 40. fol.
Lettres de Monfieur le Chevalier de Méré ,
indouze, 2. vol.4.1 .
La Comteffe de Salisbury , Nouvelle d'Angletterre
, 2. vol. 12. 20 fols.
Voyageur de l'Europe , indouze 7. v. 12. L.
Jugement Canonique des Evefques , 4. 6. I.
Entretiens du S. Sacrement du Pere l'Alleman
, 12.25.
Hiftoire de Procope indouze 3. vol. 4, liv.
10. fols.
-Idem de Polibe , 12. 3. vol.4. liv. ro , l .
Idem de Tacite d'Ablancourt . in 12.
3. vol. 4. liv. 10. fols.
Les Lettres de S. Hicôme in octavo, 4.
livres.
Sentimens d'amour de Corbenilli
vol . 3. liv.
12. 2 .
Chimie de le Fevre, 12 2. vol 4. liv.
-Albertus Magnus de fecret , mulier , indouze ,
jo.fols.
Memoires du Suede par Monfieur Chanur,
indouze 3. vol . 6. liv.
-Bail de Triplici Examine , in octavo Paris ,
3. livres.
Officiers de Bouche , 12. 30,fols.
B 26
16
Catalogue
.
LIVRES NOUVEAUX
de l'année 1682.
Es poëfies d'Anacreon & de Sapho , Traduites
de Grec en François • avec des
Remarques , par Mademoiselle , le Fevre indouze
, Gree & François , 45. fols.
Poëme du Quinquina , de Monfieur de la
Fontaine , 12.45 . fols .
Perefius fuper Inftitut.12.45.fols.
La Cleopatre , Tragedie de Mr. de la Cha
pelle , 12. 15. fols.
Le Grand Hercule , Tragedie , 12.15.f.
Novelle explication de la Grangrene , pro
pofée & demandée par Meffieurs de l'Accade.
mie de Paris , inoctavo , 20. f.
Hiftoire de Mahomet , fecond Empereur
des Turcs , par Monfieur Guillet , indouze
2. vol 4 liv .
Nouvelle Methode Grecque , nouvelle
Ediction , inoctayo , 4. livr .
La connoiffance certaine , & la prompte &
facille guerifon des fievres , avec les particu
laritez , & utile fur le Remede Anglois , gar
Monfieur de Blegny , 12. 30. fols.
Biblia Maxima, Fol. 19. vol .
mes.
Idem Poliglotta folio fix volu
Le Commerce Galant , ou Lettre tendre &
Galante de la jeune Iris & de Timandre , indouze
, 3. liv.
Catalogue.
17
L'Hiftoire de Mahomet V. treiziéme Fmpereur
des Tures , traduit de l'Anglois du
fieur Ricaut , par le fieur de Rozemont , in
douze, 4.vol . 8. liv.
Hiftoire des Ufcoques , indouze , 40. f.
Reflexions fur le Portrait du Roy , par M.
Maréchal Avocat en Parlement , indouze , 12
fols.
La Ducheffe d'Eftramene , indouze , 2. vol .
25.fols.
Hiftoire de la Ville & de l'Eftar de Geneve
,par Mr. Spon , indouze , 2. vol. revû, corrigé
& augmenté, nouvelle Edition, avec plu
fieurs figutes en tailles douces, so . fols.
Le fameux Voyageur de Monfieur de Prefchac
, indouze, 10.8.
Epiftolarum innocentij II. Romani Pontificis
libri undecim , accedunt Geſta ejufdem Innocentij ,
primacollectio Decretalium compofita à Rainerio
Diacono,& Pompafiano,aut. Stephanum Balufius.
fol. 2.vol. 24. liv.
Les Saints des Mois qui fervent aux Congregations
par billets par le R. Pere Grofez
de la Compagnie de Jefus , 45.f, la main,
Academie Galante, indouze , 2.vol. 3. liv.
Recueil des Edits , Declarations & Arreſts ,
ont efté donnez fur diverses occurrences
concernant la juftice , depuis le premier Ianvier
1678.jufques au dernier de Mars . 1681 .
Traité de l'Euchariftie , ou Réponse à l'E
crit de Monfieur Claude Miniftre de Charanton
, fur la prefence Réelle , indouze , 10. f.
Les Voyages de Iean Struys , en Moſcovie ,
en Tartarie, en Perfe , aux Indes , & ca plufeurs
autres Païs Etrangers , accompagnez
B3
18
Catalogue.
de Remarques particulieres fur la Qualité , la
Religion , le Gouvernement , les Coûtumes.
& le Negoce, & c. Avec la Relation d'un naufrage
, dont les fuites ont produits des effets
extraordinaires , en 3. vol. indouze , avec 29.
figures en tailles douce , 4. liv .
Relation de la Riviere des Amazones , tra
duite par Mr. de Gomberville, de l'Academie
Françoife, avec uné Diflertation fur la même
Riviere , pour fervir de Preface , indouze , 4.
vol. 4. 1.
Zelohide Princeffe de Sparte, Tragedie';
indouze , zo, f.
La Raë S. Denis. , Comedie , indouze, 15.f.
L'Hiftoire de Dom Quichot de la Manche
, traduction nouvelles , avec 18. fig. ch
tailles douces , 6.1.
Traité de la Communion fous les deux
Efpeces , par Meffite Benigne Boffuet Evêque
de Meaux , indouze , 45. f.
Trois Traitez de Controverfes , par M,
Maimbourg , indouze , 45. f.
:
Abregé de la nouvelle Methode Grecque ,,
par ces Meffieurs , indouze , 30.1.
De l'Ame des Plantes , de leur naiffance , de
leur nourriture , & de leurs progrez , Ellay
de Phyfique , par M. de Du , Docteur en Medecine
de Montpellier, indouze , 15. fols.
Le nouveau Praticien François , de Mr. de
Ferriere , 4. s . liv ,
•
Les Inftituts de luftinian , par Mr. de Eerriere
, indouze , deux vol. 4. liv.
:
Hiftoire des Mazares de l'Abbaye Royale:
de l'Ile- Barbe les Lyon, par Mr.le Laboureat,
4. deux vol . 6, liv...
Catalague. 19.
Theatre de la Turquie , où font reprefensées
les chofes les plus remarquables qui s'y
paffent aujourd'huy , touchant les Moeurs , le
Gouvernement , les Coûtumes & la Religion
des Turcs , 4, 6. liv.
€
Nouvelle Methode pour dreffer les Che
vaux fuivant la Nature , & même la per
fectionnant par la fubtilité de l'Art , par Mr.
Soleifel, 44. liv.
Ceremonie des luifs , nouvelle Edition
Jugmenté de plus de la moitié , indouze , 40
fols:
La querelle des Dieux , fur la Groffeffe de
Madame la Dauphine , indouze , 20. f.
Vie des Saints , 4. de Meffieurs du Port
Royal , 5. I.
Voyage d'Italie , par Laffel , indouze , deux
vol. augmenté , 3. 1 .
Les oeuvres de Meffieurs de Corneille , indouze,
9.vol.nouvelle Edition , 18. liv .
Le Chrêtien en folitude , par le Pere Craf
fet , indouze , 40.f.
Art de Preſcher à un Abbé , 5. f.
Le Predicateur Evangelique, indouze , 7.vol.
#2. liv.
Ecclairciſſemens ſur le Diſcours de Zachée:
4. C. indouze , 20 , f.
Caractere de l'Homme fans paffions felon
les fentimens de Seneque , indouze , 30 , 1.
Des. Offices de Iudicature en general , indouze
, 30. f..
Poëfies nouvelles , indouze, r.l.
- Hift.de Baviere, par Mrale Blanc, indouze,
vol. 6.liv..
20
Catalogue.
Lettre fur la neceflité de la Retraite, écrite
à diverfes perfonnes , par le Pere le Valois,
Iefuite, indouze, deux vol . 45. f.
L'Optique , divifée en trois Livres , où l'on
demontre d'une maniere aiſée tout ce qui regarde
premierement la Propagation & les
proprietez de la lumiere. 2, La Viſion. 3. La
figure & la difpofition des verres qui fervent
à la perfectionner , par le Pere Hugo lefuite ,
indouze , 30. fols.
Heures nouvelles imprimées par ordre de
Madame la Dauphine , fans renvoy , feconde
Edition , augmenté, 40. f.
La Vie de fainte Geneviefve , par le Pere
L'Allemant , indouze , 1. live,
Hiftoire des Guerres Civiles de Grenade ,
indouze , 3. vol . 4. livr.
".
4.
Les Conferences de Caffien 8. dear
vol. liv.
3.
Les Hommes Illuftres avec plufieurs de figu
res, & tailles douces , 12.2 . vol . 4. liv.
Traité fingulier du Blafon des Familiers de
France par M. l'Abbé la Rocque, indonze , 30,
fols .
Hiftoire des grands Vifirs , in 12. 3. vol .
4. liv. 10. fols .
Introduction à l'Hiftoire , par Rocolle indouze
, 2. vol. 4. liv.
L
Le livre des Eleus du Pere S. Iure octavo ,
3livr
Oeuvres tragiques de M. de Pradon , 12-
so. fols.
Pleaume du Pere Mege , in- octavo , 4
Livr..
Catalogue.
212
Panegyrique des Saints de Planchet , 8. 2
vol. 3. liv.
Oeuvres de S. François de Sales , fol , & indouze
& toutes les oeuvres feparées en petits
volumes.j
Traité de la Valeur , 12. 2. livr.
Hiftoire de la Laponie, inquato avec plufieurs
figures , 5. livr .
LIVRES NOUVEAUX
de l'Année 1683 .
Iftoire du Triumvirat , indouze , 3. vol.
H4.1.10 . f.
Memoire de M. de Cirot , in 12. 2. vol. = 3 liv.:
Summa Chriftiana feu Ortodoxa Morum
Difciplina opera & ftudió boni Merbefij Prædicat.
Doct, Sorb . fol. 2. vol . 24. livr.
Vie reglée dans le monde , indouze, 2. liv.
Traité de l'organe de l'ouye, avec plufieurs
planches de Mr. Duvernay, indouze, 3.livг.10 .
fols,
La vie de Madame Helyot , femme d'an
Confeiller au Parlement de Paris , qui eft
morte à l'âge de 37. ans en odeur de fainteté,
8. 2.liv . 10.fols.
Les Recherches curieufes d'Antiquitez ,
contenues en plufieurs Differtations fur des
Medailles , Bas- reliefs , Statues Mofaïques ,
& Infcriptions antiques , enrichies de plufieurs
figures en taille douce , par Monfieur
Spon , 4. 6. livr .
22
Catalogue.
•
Oeuvres de M. Boileau , augmentées d'un
quart, indouze , 3.liv .
La Theologie Morale de M. de Genet , 6.
vol, indouze, augmentée d'un quart, » .l.Les 5 .
& 6. vol . fe vendent dans la même Boutique ;
3. liv.
-Preuves & préjugez pour la Religion Catholique,
de Mr. Diroys , 4. fl.
Dépouille des Curez ,par M. Thiers , 12. 2 .
liv.
Le Theologien dans la Converfation avec
les Sages & les Grands du monde , par l'Auteur
du Confeil de la Sageffe , 4. 6. liv.
•
La Politique des Amans , indouze, 2. v.3.l.
Artaxerce, Tragedie, indouze, 15. f.
L'Inftitution des Novices par S, Bonaventu
Le , & où les perfonnes du monde pourront
trouver des folides inftructions , indouze , z.v
liv.
Lettres diverfes de l'Auteur du Dialogue
des Morts, indouze , 1. l . 10.f.
Sentimens fur les Lettres & fur l'Hiftoire ,
avec des fcrupules fur le ftile , indouze , 30. f.
Mademoiſelle Dalençon, Nouvelle Galante,
par Madame de Villedieu , indouze, 15. f.
Telephonte Tragedie , par M. l'Abbé de
la Chapelle , 1. 1 .
1
•
Sonnet en Bout-rimez à la loüange du Roy
indouze ,{25. f,
Harangue faite en plein Sinode , par des
Miniftres convertis , indouze , 1. l.
Traité Chimique de la veritable connoiffance
des fiévres , pourpres peftilentes, indouze
par Mr. de Moreaux , 25. fols.
Catalogue. 23
La Comedie fans Titre , indouze , 1. 1 .
Confideration de Craffet , indouze , 3. v.6.
liv.
Petiti Philofophia , 8. 2. 1 .
Affociation en faveur des Ames du Purgatoire,
par le Pere Froment , indouze , 12. f.
Reflexions nouvelles fur l'Alcide & l'Alcali,
indouze,de Mr.Bertrand, Docteur en Mede
cine , aggregé au College de Medecine de
Marſeille, indouze , 20. f.
La Vie Monaftique , par Meffieurs de la¹
Trappe, indouze , 2. v. 5. l . 10. f.
Remarques fur le Livre du Miniftre Claude
, intitulé , Confiderations fur les Lettres
Circulaires de l'Affemblée du Clergé de Fran
ce , de l'année 1682. avec un examen de trois
endroits importans , du Livre de Mr. Burner
Proteftant Anglois ,fur le même ſujet , indouze ,
30. fols.
Hiftoire des Edits de Pacification , Tome
deuxième , contenant l'explication de l'Edir
de Nantes , de Mr. Bernard , avec des nouvelles
obfervations : & les nouveaux Edits , Declarations
& Arrefts donnez jufqu'à prefent ,
touchant la Religion Pretenduë Reformée ,
par Mr. Soulier Prêtre, 8. 3. livr.
"
"
Les nouveaux Dialogues des Morts , in
douze , deux volumes , Paris 3. 1. & de Lyon
30. f. le deuxième volume fe vend feparé.
Hiftoire d'Allemagne , ancienne & nouvelle
, de Monfieur de Prade, indouze ,2.vol. avec
plufieurs figures en Taille douce, 4. 1 .
La Chimie de l'Emeri , inoctavo , cinquié
me Edition , 3. 1.
I
24 Catalogue.
Oraifon Funebre de la Reine , par les Reverends
Pere Brenier & Grozez , de la Compagnie
de Jesus , octavo , s . 1. pieces .
Hiftoire Genealogique & Chronologique
des Dauphins de Viennois , par le Sieur Gaya,
12. 30. fols.
Relation fidelle & veritable du Siege de
Vienne , & la levée dudit Siege , avec une
grande Carte , indouze , 12. f.
Le Guide des Pecheurs , traduir par Mr Gi .
rard,inoctavo,nouvelle Ediction, tres- bien imprimée,
40. f.
Hiftoire de la Bible , par le fieur du Royaumont
, indouze , auffi tres bien imprimé , 30 .
fols.
Pratiques de Pieté ou les Veritables Devotions
, par le R. P. le Maiftre , de la Compagnie
de Iesus , indouze, quatriéme Edition, 15.
livr.
La Vie Chretienne par le R. P. le maître ,
de la Compagnie de Iefus , troifiéme Edi
tion , augmenté , 7.fols.
Hiftoire des Empereurs d'Occident , par
Mr. Coufin , indouze , 2. vol . 4. l. 10 , f.
Abregé Chronologique de l'Hiftoire Vniverfelle
, du R. P. Petau , traduit en François
par Monfieur Maucrois Chanoine de Reims ,
indouze , 2. vol . 4. I.
Les Commentaires de S. Auguftin, ſur le
Sermon de Nótre Seigneur fur la Montagne,
qui contiennet toutes les Regles de la morale
Chrétienne traduits en François , 12. 30.
fols.
Liber Pfalmorum cum Argumentis , Paraphiafi
Catalogue. 25
phrafi & Annotationibus , Auctore Ferandi. 4.
8. livres.
La Galante Hermaphroidite , Nouvelle
Amoureuse, par le fieur de Chavigni , 12.10. f.
Les Memoires de M. de la Croix , Secretaire
de l'Ambaſſade de m . de Nointel à la porte ,
indouze , 2. v. 3. livr.
Les Meditations de Dupont . 3. vol. 4. traduction
nouvelle , 18. liv .
Les Elemens de Geometrie , de ces Meffieurs
du Port Royal, nouvelle Edition , 4. 6. I.
De l'Adoration de l'Euchariftie, pour répondre
aux faux raifonnemens de Meffieurs de
la R. P. R. dans leur prefervatif contre le
changement de Religion , 12. 12.f.
Oraifon Funebre de la Reine , par M. de
***. inquarto , 15. f.
Les Decorations Funebres du P. Menestrier ,
8.2.1 . 10 fols.
La Chimie du Duncan , 8. 2. liv.
Anatomie de Bourdon , 12 30. f.
Anatomie de Malphigius , 12. 30. f.
Hippocrate de la Circulation du Sang , 11.
20.f
Medecine pretenduë , 12. 20. f.
Hift. des Ufcoques , 12. 40. fols.
La vie du R. Pere Beauvan de la Compagnie
de lɛsus , 12. 30. fols
Hiftoire de Sallufte traduite par M. l'Abbé
Caflagne , 12.4 5. fols.
Villis Traité des Urines , 12. 20.fols.
Critique de l'Hiftoire de France de lourdan ,
12.30. fols.
Millionnaire Apoftolique in octavo , 13. vol.
32. livres.
C
26
Catalogue.
Hiftoire des Guerres d'Italie , indouze 2.
vol. 3. livr.
Le Jardin des Racines Grecques , indouze ,
2. livr
Secret des Eaux de Vichi , indouze
fols.
20. ,
LIVRES
L
NOUVEAUX
de l'Année 1684 .
E Plutus & les Nuées d'Ariftophane , Comedies
Crecques , traduites en François
avec des Remarques & un Examen de chaque
Piece , felon les regles du Theatre , par Mademoiſelle
le Febvre , indouze , so .fols.
Les nouvelles Oeuvres de M. de Moliere ,
augmentées de 2. vol . indouze , 9. vol. avec
des tailles douces , 15. livг.
Dialogue de la Santé , indouze , 30. fols,
La Sainte Bible en François , fo!. Paris , 8.
livres.
Le Caractere de l'honnefte Homme › par
Monfieur l'Abbé de Gerard , indouze , 40. fols .
Triple Couronne de la Vierge , par l'Autheur
de l'année Benedictine , 4. 2.vol . 12.liv .
Hiftoire des Siecles , du P. Lenfant , indouze
, 6. vol. 8. livres .
Anatomic du Corps Humain . 8. tout rem
pli de Figures en taille douce , 4. liv . 10. fols
Oeuvres de Monfieur Poiffon , avec la Comedie
fans Titre , indouze , 2. vol . 3. livr.
Oeuvres de Monfieur Sarrafin , indouze , 2,
vol. 3. 1.
Catalogue.
27
De la Pureté d'Intention ? par Monfieur
l'Abbé de la Trappe , Autheur de la Vie Monaftique
, indouze , 30. fols.
Nova collectio Concilior. Balus . fol . 15. 1 .
Dogmata Theologica Thomafini fol . 15. 1 .
Carefme du Pere le Febvre Recolet , in 8.
2. vol. 5. livres.
Vérures de Religieux , in 8. 2. vol . 5. livr.
Traitté de l'Vfage du Lait , par M. Martin ,
indouze , 15. fols.
Pharmacopeé de Charras , 8 , 2. vol. augmentée
d'un tiers , 6. livr.
Nouvelle & facile Methode Italienne dans
fa derniere perfection , augmentée de la moi-,
tié , par Monfieur l'Enfredini , indouze , 30.
fols.
Advertiffemens de Vincent de Lerins , touchant
l'antiquité de la Foy Catholique , contre
les nouveautez profanes de tous les heretiques ,
indouze , 2. livr.
Methode facile pour apprendre l'Hiſtoire ,
indouze , 10. fols.
Oeuvres nouvelles de la Sufe , indouze , 4.
vol. 4. liv.
Le nouveau Ieu du Monde, avec douze Figures
en taille douce , indouze , 30. fols .
Ordonnance des Gens de Guerre , indouze ,
s . vol. 13. livr.
Le Prince Machiavel , traduit par Monfieur
Amelot de la Houffaye , indouze , 30. f,
Le nouveau Traité de Paix , 4 . 7. livr.
L'Oraifon du Coeur , ou la maniere de faire
l'Oraifon parmy les diftractions les plus
crucifiantes de l'efprit , par le R. P. Piny , indouze
, 25.fols
C &
28
Catalogue.
Exercices que le Roy a reglé pour toute fon
Infanterie , tant Françoife qu'Etrangere , &
pour les Compagnies des Moufquetaires , &
celles des Gentilhommes qui font à ſa folde ,
10. f.
lugement de Pluton fur les deux parties du
Dialogue des Morts , 12. 30. fols.
Sommaire de l'Histoire de France , par M.
Prade y compris l'Hiftoire de Louis XIV.
avec des Figures en taille douce , s . vol . 12. l.
Entretiens hiftoriques , moraux & politiques
, indouze , 40. fols.
Summa Conciliorum de Monfieur Bail fol.2 .
vol. 24. livr.
Oeuvres mflcées de S. Euremont , 12. 6.
vol. 9. livr..
La Retraite des Dames , par le R, P. Guil
liore , 12. 30. f.
"
Lettres fur la neceffité de la Retraite , par le
Pere Valois , Tome ſecond indouze , 30.
fols , le premier fe trouvera auffi pour 20. f.
l'Ecole de Chirurgie , 12. 20. f.
4
Obfervations fur les Fievres & les Febrifuges
de M. Spon , 11. 20.f.
Traité des Rapports en Chirurgie , fuivant
les nouvelles Ordonnances , par M. de Blegny,
indouze , 15. fols.
La Vie de Madame de Montmorency , Superieure
de la Vifitation de Sainte Marie de
Moulin , 8 , 2. liv . 10. f.
Réponse à M. Boffatran Miniftre , fur la Conferance
tenue à Niort , par M. l'Abbé de Chalucet
, 12. 30. f.
Hiftoire dela Ligue , de м, Maimbourg inCatalogue
.
29
douze , 2. vol . fur de tres beau papier fin . 3 .
livr.
Idem le Calvinifme , fur de tres- beau
papier , indouze , 2. v . 3.1..
Idem le même , 4. 6.1.
Ordonnance de Eaux & forefts , augmentées
d'un tiers avec les Edits & Declarations
jufque à 1684. indouze, 40. f.
Traité de Chevalerie , du R. P. Menetrier,.
indouze , 40. f.
Pontificale Romanum 12. Parifiis , 3. livr.
Tableau de la Penitence de Godeau , indouze
nouvelle edition , 3. livr.
Les Fables d'Efope nouvelle edition avec
plufieurs Figures en taille douce , indouze , 2.
vol . 3. livr.
Billets galants indouze , 20. f.
Academie Galante 12. tome fecond , 30, f.
le premier tomefe trouve pour le méme prix
dans la méme boutique.
Hiftoire du Siege de Luxembourg par
l'Autheur du Mercure Galant , indonze >
fols.
29.
Les amours du dernier grand Vifir Hiſtoire
galante par Monfieur de Prefchac , indouze 30 .
fols.
L'art des Emblémes , du R. Pere Menestrier
in octavo so, fols.
Hiftoire de la Loüifiane avec une figure en
taille douce , indouze , 40. fols.
Oratoire du Coeur indouze , 10. fols.
Traité de Chevalerie du R. Pere Meneftrier .
indouze 40. fols .
Oraifon Funebre de Mademoiſelle de Bouil
loninquarto 20, fols.
€ 3
30
Catalogue.
Virginie tragedie , 1. 15. fols.
Nouveau Dictionaire François Latin par
Monfieur l'Abbé d'Anet, 4.8 . livres .
Oeuvres fpirituelles du R. Pere Guilloré ,
infolio. 12. livr.
Iliftoire du vieux & nouveau Teftament
par Monfieur Lebret in octavo , 3. livres.
Inftruction d'un ieune Seigneur , indouze ,
2. vol. 2. livr.
12. 20,f. Idem d'une jeune Princeffe
Gonference avec Mr. de Meaux par le Miniftre
Claude in octavo , 3. livr.
La Cour Dialogue par Mr. de Prefchac , in
douze 12. fols.
Obfervations fur les maladies veneriennes
& fur un Remede qui les guerit feurement &
facilement par le Sieur Thuillier , Docteur en
Medecine in octavo 25. fols.
"
Hiftoire de l'Empire , contenant fon Origine,
fon Progrez , fes Revolutions la forme de fon
Gouvernement , fa Politique fes Alliances
, fes Negociations , & les nouveaux Reglemens
qui ont efté faits par les Traitez
de Vveftphalie ; Par le Sieur Heiff. Efcuyer ,
Confeiller , & Secretaire , intérprete du Roy en
Langue Allemande in 4. deux volumes , 11 , li-
Converfatidns nouvelles fur divers Sujets ,
par Mademoiſelle Scudery , indouze , 2. volames
, 6. liv .
L'Homme de Cour traduit de l'Espagnol
de Baltafar Gracien par le Sieur Amelot de la
Houffaye avec des notes , indouze 40. fols.
Relation Hiftorique de tout ce qui a été fait
devant Genes par l'Armée Navale de Sa Majeſté
Catalogue. 31
Tres-Chrétienne , avec une grande Figure en
taille douce , indouze , 20. fols .
Petit Abregé de l'Hiftoire Romaine , par Demandes
& Réponfes , indouze , 25. fols .
Traité de l'Infailibilité & du Pouvoir de
F'Eglife , dedié au Roy, indouze , 15. föls.
Les Eloges des Hommes Sçavans , tirez de
l'Hiftoire de Monfieur de Thou , avec des
Additions contenant l'Abregé de leur vie , le
lugement & le Catalogue de leurs Oavrages ;
Par le sieur Teiffier , Advocat au Prefidial
de Nifmes indouze deux volumes , 4:
liv.
>. >
Vie du Pere Iean Chrifoftome , Religieux
Penitent , inoctavo , 2. l . 10. lols ,
Oracles des Sibilles , augmenté d'une reponce
à la Critique par le P. Craffet , indouze
30. fols.
Traité du Nivelement , par M. Picard , de
l'Academie Royale des Sciences , indouze 30..
fols.
"
La Geometrie Pratique , par Monfieur Ozarian
Profeffeur en Mathematique , indouze ,.
30. fols.
Hiftoria Civilis & Ecclefiaftica , Authore
Perro Iofepho Cantelio , è Societatis Iesus ,
in 4. 5. liv.
Quatre dialogues fur l'Immortalité , par
Monfieur l'Abbé d'Engeau. , & Monfieur l'Abbé'
de Choifit in 12. 30, f.
L'Ecclefiaftique traduit en Francois , avec
une explication tirée des Saints Peres & des
Autheurs Ecclefiaftiques , par ces Meffieurs , in
octavo. 4. liv.
Traité de la volonté de fes principalesactions
32 Catalogue.
de fes Paffions & de fes Egaremens , divifé em
cinq Parties , indouze 30. fols .
Abregé de l'Hiftoire Bizantine , de S. Nice
phore Patriarche d'Alexandrie de Conftanti
nople traduite du Grec ; par le fieur Moret avec
des Remarques Hiftoriques , indouze 30.
fols.
des
Hiftoire Chronologique des Papes ,
Empereurs & des Rois qui ont regné en
Europe , depuis la Naiffance de I ES u s-
CHRIST , jufqu'à preſent , indouze 30.
fols.
La Doctrine des Maurs , qui Reprefente en
cent Tableaux en taille douces , la difference
des Paffions. Et enfeigne la maniere de parvenir
à la fageffe univerfelle ; par Monfieur de Gom
berville de l'Academie Françoife , indouze so.
fols.
Hiftoire des Hommes Illuftres de Monfieur
l'Abbé Tallemant avec plufieurs figures en:
taille douce , ou font leur Portrait ; Nouvelles
Edition , augmentée & recorrigée , indouze , 8 .
vol . 14. liv. papier fin & 12. liv. papier ordi
naire.
•
La vie des Saints , traduction de ces Meffeurs
y compris la vie des Patriarches , Nou
velle Edition , in octavo 5. vol . 7. liv...
Les Pretendus Reformez convaincus de
Schifme , pour fervir de réponſe à un écrit
intitulé confideration fur les Lettres circulaires
de l'Affemblée du Clergé de France , de:
l'Année 1682 par Monfieur Nicole , Autheur..
des Ellais de Morale, indouze 45. f.
Traitté de la Pratique des billets & du Preft
d'Argent entre les Negocians, par un Docteur.
Catalogue. 33
en Theologie , in- douze 3o . fols.
Difcours de Clement Alexandria , pour
exhorter les Payens à embraffer la religion
Chrétienne traduit par Monfieur Coufia , indouze
, 30, fols.
Dom Henrique de Caftro ou la Conquéte des
Indes indouze , 2. vol. 40. f.
De la Nature & de la caufe des Fiévres , indouze
, is. fols.
Methode pour bien prononcer un Difcours
& pour le bien ADimer , ouvrage tres - utile à
tous ceux qui parlent au Public & particuliere-
= ment aux Predicateurs & aux Advocats , par
Monfieur Bary indouze , 20. fols.
Paralleles Hiftorique , indouze , 40. f.
S. Fulgentij opera , inquarto 9. liv .
LIVRES
TR
NOUVEAUX
de l'Année 1685.
Raitté des Fortifications , contenant la
Demonſtration & l'Examen de tout ce qui
regarde l'Art de Fortifier les Places , tant regu
liéres qu'irreguliéres , fuivant ce qui fe pratique
aujourd'huy ? le tout d'une maniere abre
gée , & fort aifée pour l'Inftruction de la Ieuneffe
, par Monfieur Gautier de Nifmes ,
avec 23. Figures en taille douce , indouze , 25 .
fols.
Traité Hiftorique de l'Etabliſſement & des
Prérogatives de l'Eglife de Rome , & de fes
Evefques , par Monfieur Maimbourg, indouze ,
2. liv. 10. f.
34 Catologue.
Les diférens Caracteres de l'Amour , par un
Academicien François , in 12. 30. fols .
L'Hiftoire du Grand Seras- Kier Baffa , ou
la fuite de Hiftoire du Grand Vifir , contenant
toute la Relation de la levée du Siege de
Bude , & fes Amours , indouze , 30. fols .
Effais de Sermons pour tous les jours du
Caresme , contenant fix Difcours differens
pour chaque jour , & des fentences choifies
de la Sainte Ecriture & des Peres de l'Egli
fe pour chaque Difcours , avec la Traduction
de ces Sentences ; Ouvrage plein d'érudition ,
& neceffaire à toutes fortes de Perfonnes ,
in cctavo 3. Volumes , 12. livres.
Extraordinaire des Mercures Galant indouze,
30. fols. & les Mercure 20. f.
Agiatis ; Reyne de Sparte , ou les Guerres
Civiles des Lacedemoniens , fous les Rois
Agis & Leonidas indouze , 2. Volumes , 2 .
livres.
Morale de l'Evangile , in 12. nouvelle Edi .
tion , 40 fols.
Efais de Phyfique , indouze , z . Volumes ,
3. livres.
Mademoiſelle de larnac , Hiftoire du temps.
de la Princeffe de Cleves , in 12. trois vol . 3 .
liv . 10. fols .
Le Grand Sophi , nouvelle Allegorique , indouze
, te. fols.
Les Travaux de Mars , ou l'Art de la Guer
re , augmenté d'un quart nouvellement , par
Monfieur Mallet , inoctavo 3. volumes , 15. liv .
Les Dames Galantes , ou la Confidence reciproque
, en deux Tomes indouze , 2. livres,
10.fols .
Catalogue. 35
C
Relation d'un Voyage des Indes Orientales ,
par . M. Dellon, Docteur en Medecine , indouze,
2 . vol. 3. livres.
Armenius , Tragedie , indouze , 20. fols.
Illuftre Genoife , indouze , 20. fols.
Le Cocher Comedien , de M. de Hauteroche,
indouze 15. fols.
Relation du Royaume de Siam , indouze , 15.
fols.
Journal du Palais , complet , 10. vol. 60. liv.
Les Nombres & le d'Euteronome traduit en
François avec l'explication du fens Litteral &
du fens Spirituel , tirée des SS . Peres & des Autheurs
Ecclefiaftiques en 2. vol . in- octavo 5.
livr, & en 1. vol . 4. livr . 10 , fols .
Les Conferences Ecclefiaftiques du Diocefe
de M. de Luçon en 5. vol . indouze impref
fion de Paris 10. liv. & impreffion de Lyon ,
6. liv . & 5. fols l'on feparera les 4. & 5. vol . à
ceux qui auront les premiers pour le méme
prix.
Fables nouvelle en vers , in 12. 20. fols.
Traité de la vocation Chrétienne des Enfans,
in 12, 30. fols .
Hiftoire du Gouvernement de Venife
par M.
Amelot de la Houſſaye , nouvelle Edition augmenté
& corrigé de beaucoup , in 8. 5. liv.
Tibere difcours Politique fur Tacitepar M.
Amelot de la Houffaye , nouvelle Edition , in
octavo , 4. liv.
Veritable conduite de Confeffion & communion
de S. François de Sales , par M. Gam
bare Prêtre , in 18. 15. f. Impreffion de Paris.
Entretien fur le Carême du Pere Crailer ,
ndouze , 2. vol. 3. liv.
H.i
36
Catalogue
.
Caractere de la fauffe & veritable Pieté , 12 .
30. fols.
Defcription de l'Hôtel des Invalides avec
plufieurs figures en tailles douces tant les veuës
qu'autrement , fol . 15. liv.
Le Plan dudit Hôtel en deux feüilles , 2. liv.
10. fols.
Converfations Morales fur les Ieux & les divertiffemens
, indouze , 2. liv .
La feconde Philippique de Ciceron traduction
nouvelle , indoaze , 15. fols.
Nouveau voyage de M. Thevenot contenant
la Relation de l'Indoftan , des Nouveaux Mogols
& des autres Peuples & Païs des Indes ,
inquarto , 5. livr .
Inftructions Morales & de Controverfe par
demandes & par réponces , pour l'inftruction
des Catholiques & des Calviniftes nouvellement
convertis a divifées , en deux parties ,
dont la premiere contient la Doctrine de l'Eglife
Catholique , fur les Points conteftez ,
& non conteftez , la feconde contient des Ecclairciflemens
fur les Points de la Doctrine de
P'Eglife Catholique conteftez entre les Catholiques
& les Calviniftes , indouze
fols.
> 20.
Table des Sinus nouvelle Edition , avec la
Trigonometrie qui eft un Traitté nouveau ,
pour l'intelligence des Tables & facile pour les
Ecoliers , in- octavo , 2. livres .
Les Ocuvres du Poëte Lucrece , qui traitte
de la Nature des chofes avec des Remarques
fur les endroits les plus difficiles de la traduction
du Baron des Coutures un des plus beaux
Ouvrages qui ait paru depuis longtemps
tans
Catalogue. 37
C
tant pour la beauré du Stile , que pour les
Remarques , in 12. 2. vol. 4. liv . io, fols , >
Andronic Tragedie par M. Capiftron 20. f.
La Dame Invifibles , Comedie de M. de
Haute . Roche , indouze , 20. fols.
-Aphorifme d'Hippocrate traduit en François
en deux vol . 3. liv .
Meditations fur le Pater nofter , & fur le
Pleaume soloMiferere mei Deus , tirées des
oeuvres de terôme Savovarole , & traduit en
François , 20, fols.
Heures Chrétiennes tirées de l'Ecriture
Sainte & des faints Peres , traduction du Paras
difus . Anima Chriftianæ , 12. 3. liv. 10. f.
?
LIVRES NOUVEAUX
de l'année 1685 . .3
Hiftoire
Iftoire de la Conquefte de Flaride par les
Espagnols, fous Ferdinand de Soto, écrite
en Portugais par un Gentilhomme de la ville
d'Elvas , m 1. 30.fols.
Le Genie de la langue Françoife, 12.2.v.3.l.
Reponse à l'Apologie pour la reforma
tion , pour les Reformateurs & pour les Re-
1formez , où l'on traite de l'etat Monaſtique ,
des Veuves &rant Seculieres que Religieufes ,
des fecondes , troifiéme , quatrième , & autres
Nopces , des qualitez d'un veritable Mar
tir , des Ceremonies Ecclefiaftiques de la
Sainte Ecriture des Extafes & Difcours du
Celibat des Ecclefiaftiques, & quelques autres
vil.8 bab
D
38
Catalogue.
matiere de Religion , par Monfieur , Ferrand
12.40.fols.
Traité de l'Eglife contre les Heretiques
principalement contre les Calvinistes , par
Monfieur Ferrand . 12. 30. fols .
Theriaque d'Andromacus , traduction nouvelle
par Monfieur Charras, 12. 30.fols.
Comedie fans titre par Monfieur Poiſſon , indouze
, nouvelle édition, 15. fols.
Les Oeuvres de Barreme contenant fept
volumes & fe vendent feparé fçavoir L'arif
metique de foy- même . 5o. f. le Livre des
contes fait so. f. La Geometrie so. fols. Li
vre neceffaire , so . f. Le Livre des Aydes Domaine
de France , 45. f. Les Tarifs & contes
fait,3 . liv. to.f. & le feptiéme , le Grand Bar
quier , in octavo, 4.1.10.f.
Traduction nouvelles des Satires des Epi
tres & l'Art Poëtique d'Horace ,in 12. 45.f.
Les Ouvrages de Profej & de Poëfie des ficurs
de Maucroy & de la Fontaine , indouze , 1.
vol . 4. tiv. 1.3.0
Memoires contenant ce qui s'eft " paffé en
France de plus confiderables depuis l'année
1608. jufqu'en 1536. tirées des êcrits de
Monfieur le feu Duc d'Orleans , indouze ,
- 40. ር
Le Portrait de Foibleffes Humaines , par
Madame de Villedieu , 12. Paris 30. fols/ & de
Lyon 15, fan oneftium , esbrop.lion
Les Defordres de l'Amour de Madame de
Ville dieu, 12. 4. vol. relié en deux 30. fols.
Geographie de Robbé Nouvelle Edition ,
avec plufieurs Figures en taille douce , 12. 2.
Vol . 6.div. Idem Enluminés 8. liv .
Catalogue. 39
Ordonnances Synodales de Luçon , 10. f..
L'Art de chanter , ou methode facile pour
apprendre en fort peu de tems les vrays prin--
cipes du Plain Chant & de la Mufique par M.
Lancelot , inquarto´, 25. f.
Elemens de Geometrie , ou de la meſure du
corps , par le Pere l'Amy , in octavo , 45. f.
Voyage de Tartarie , 12. 15.
fols.
Vie deGonzague , 11. 25. fols.
Traité des Cadrans de Monfieur Ozanan
avec plufieurs figures en taille douce , 12, 30 ,
fols.
Corps & compilation de tous les Com
mentateurs Anciens & Modernes fur la Coutume
de Paris , enrichie de nouvelles obfer .
vations & de plufieurs queftions décidées
par les Arters des Cours Souveraines , avec
les Conferences des autres coûtumes , par
Monfieur Claude de Ferriere , Avocat an
Parlement en trois volumes , infolio , 35.
liv.
Oeuvres Diverfes de Monfieur Boileau ,
nouvelle Edition revûe & augmenté de beaucoup
avec les figures, indouze, 3. liv.
69 Eclairciffement de Monfieur Queras Grand
Vicaire de feu Monfeigneur l'Archevêque de
Sens, inoctavo , 4. liv.
Iournal Amoureux d'Espagne, par Madame
de Villedieu , indouze quatre volume , relié
en deux , 30, fols.
La vie de S. Philippe Nery Fondateur de
l'Ordre de l'Oratoire inoctavo 3. liv.
Theologie Morale de S. Auguftia , où le
precepte de l'amour de Dieu est traité à fond,
& les autres maximes de l'Evangile fe trou-
D3
40:
Catalogue
.
vent expliquées & demontrée indouze , 45. f.
La Morale d'Epicure avec des reflexions
par Monfieur le Baron des Coutures Aureur
de la traduction de Lucrece, indouze 40. fols.
La vie du Pere lean Rigoleng de la compa
gnie de lefus indouze , 30. fols.
12
La vie du Pape Sixte V. nouvéllé édition ,
indouze deux volumes 2. liv.
L'hiftoire du Royaume de Chypre par Mon.
heur le Pelletier Auteur de la vie de Sixte V.
indouze , 2. vol . 2. liv.
Actes de l'Affemblée generale du Clergé
de France concernant la Religion inquarto ,
20. fols. bet
Idem indouze avec le Catalogue des livres
deffendu , 30. fols .
Avis pour la fainte Communion , 7. fols.
La Relation du Caroffel de 1685. & 1686.
20. f. }
Ariofte Ancienne & Moderne on Roland
le furieux traduction nouvelle indouze, 4.vol .
3. liv.
L'ordinaire de lafainte Mefferavec l'explication
des principales ceremonies qui fi obfervent
augmenté des Vefpres & Complies en
Latin & en François & de plufieurs exercices
de picté Imprimé par l'ordre de Monteigneur
Evefque de la Rochelle , infeize is. f.
Hiftoire de la confpiration d'Angleterre
du Duc de Mont Mout , indouze 20. f.
Hiftoire des troubles de Hongrie & des defordres
arrivez dans ce Royaume , & les
progrés de la confpiration des quatres com
tes qui ont été executez , leur revolte y eft
amplement traittée avec trois cartes indouze,
4. vol. 6. liv.
Catalogue.
41
Lettre de S. Auguftin fur la Conformité de
la conduite de l'Eglife de France pour ramener
les proteftans avec celle de l'Eglife d'Affrique
pour ramener les Donatiftes indouze
jo. f.
La conduite du Roy à l'égard des Proteftans
femblables à la conduite de l'Empereur Honorius
& de S. Auguftin à l'égard des Dona
tiſtes avec un Abregé des memes Donatiftes
& l'explication des loix qu'Honorius publia
contr'eux-indouze , 19. f.
Traité de la Providence fur le miracle des
fept Pains tiré de l'Ecriture fainte & des Peres
indouze , 20. f.
Paraphrafe des Pfeaumes de David en vers
François par Monfieur Godeau & mis en
chant,nouvelle édition ,indouze 40. f.
Hiftoire d'Augufte contenant fes actions
avant & apres le trianvir jufqu'à ſa mot
avec les particularitez dela vie de Iule Ce
far par le même autheur du triumvirat indouze
deux volume , 2. 1.
Hiftoire du Pontificat de faint Gregoire le
Grand par Monfieur Mainbourg , inquarto
2. 1. indouze deux volumes , 3. 1. & de Lion.
2. liv.
Lutrigot ou la Critique contre Monfieus
Boileau indouze 15. f.
Les confeflions coupée , Impreffion de Paris
indouze 25. f.
Harangue de Monfeigneur le Coadjuteur
de Rouen au Roy inquarto . 7. L.
Harangue de Monfeigneur l'Evefque de
Valence au Roy inquarto 7. f.
·
D
3
42 Catalogne.
Hiftoire de Charies neuviéme
, in 12. 3.vol. 3.liv . 10.î.
De François premier , in 12 .
De Monfieur
vol . 6.1 . & in 4. 2.vol . 12.) . Įde Varillas.
Education de Charlequint ,
12. 2. v. 3.1.
Des Herefies , 12.7.1 . & in 4.12.1.J
LIVRES NOUVEAUX
de l'Année 1685 .
Iftoire de Guftave dit le Grand & de
Charles Guftave Comte Palatin , Roy
de Suede & de tout ce qui s'eft paffé en Allemagne
, depuis la mort du Grand Guitave j
par le fieur de Prade , indouze , 40. £
Charanton où l'Herefie détruite , inquarto
30. fols.
Catechifine pour les nouveaux Convertis
de Canifius, 12. 15. f.
La Morale de JESUS - CHRIST par le Pere Do
zeme de la Compagnie de Lesus , in 4, s . 1 .
Entretien fur la Pluralitez des Mondes, pat
FAutheur du Dialogue des Morts, 12. 30.fols.
Nouvelle Bibliotheque des Autheurs Ecclefiaftiques
contenant l'Hiftoire de leur vie ,
le Catalogue , là Critique & la Chronologie
de leurs Ouvrages , le fommaire de ce qu'ils
contienent unJugement fur leur ftile & ſur leur
doctrine & ce dénombrement des differentes
éditions de leurs Ouvrages, des Autheurs des
Trois premiers Siecles de l'Eglife , avec une
differtation préluminaire fur les Autheurs des.
Catalogue 143
Livres de la Bible , par M. L.Du Pin , Docteur
de la Maiſon de Paris , 8. 4. l.
Eftat de la France , où l'on voit tous les
Princes , Ducs & Pairs , Marechaux de Fran.
ce, & autres Officiers de la Couronne , des
Evêques , les Cours qui lugent en dernier Refort
, les Gouverneurs des Provinces , les Chevaliers
des Ordres & enfemble les noms de
tous les Offices de la maifon du Roy , & mai
fon des Princes jufqu'en 1686. indouze, 2.vol.
3. liv. 10, fols.
La fcience parfaite des Notaires , ou le
moyen de faire un parfait Notaire , contenant
les Ordonnances , Arreſt , & Reglement rendus
touchant la fonction des Notaires , par
Mé Claude de la Ferriève , feconde édition , &
augmenté d'un tiers , seliv..
L'Elprit de l'Ecriture Sainte , avec des Refle
xions , par Monfieur le Baron des Coutures ,,
1.2.2. V. 3.1.10 . f.
Reflexions ou Sentences & maximes Morales
, par Monfieur la Roche- Foucaut , aqgmentée
de plus de cent nouvelles maximes ,
12.30. £..
Les devoirs de la vie Civile , nouvelle édition
, revue , corrigée , augmentée , 12. 2. vol ..
3. liv...
La liberté des Dames , 12. 20. f..
Alcibiade Tragedie , par Monfieur Capi
fron , 12. 25 , ſols.
L'Homme à bonne fortune ,
Monfieur Baron , 25.fkt
I
Comedie par
A
La fcience & l'Att des Devifesy dreffez fur
-de nouvelles regles , avec fix cent devifés fur
les principaux evenemens de la vie du Roy &
44 Catalogue.
•
quatre cens devifes Sacrées , dont tous les
mots font tirez de l'Ecriture Sainte , par le
R. P. Meneftrier , inoctavo , 2. 1,
Petit Flambeau de la Mer , in 4. 3. l .
La Liturgie Sacrée où l'Antiquité , les Mifteres
& les ceremonies de la fainte Meſſe ,
12. 3. V. 4.l. 10.f.
Les delices de l'Efprit , par Monfieur Defmarêts
, nouvelle édition, avec plufieurs figu
res en taille douce , 12. 2. v. 3. l.
Inftruction Paftorales & Pratique pour la
conduite d'un jeune Curé , en forme d'entre
tien , 12. 30. f.
Traité des jeux & des divertiffemens qui
peuvent être permis , ou qui doivent étre défendus
aux Chrêtiens felon les Regles de l'Eglife
, & le fentimens des Perés , par Me
Jean Baptifte Thiers , Docteur en Theologie ,
12. 2. l. f. f.
Les deux derniers livres des Roys, 8.4.1.10.f.
Nouveau Recueil de tout ce qui s'est fait
pour & contre les Proteftans particulierement
en France , où l'on voit l'Eſtabliffement , le
Progrez , la Décadence & l'Extinction de la
R. P. R. dans ce Royaume par Me. lacques le
Febvre Docteur en Theologie , 4. 9.1.
Recueil de ce qui s'eft fait depuis la Revo
cation de l'Edit de Nantes , 4. 30. £.
Oeuvres Tragiques de Monfieur Capiſtron,
12. 4. liv.
Idem de la Tuillerie , 12. 3.l..
-Idem de la Chapelle , 12. 3. I ..
Idem de Pradon , 12. 50..f.
Su Hiftoire des Avanturiers qui fe font fignalez
. dans les Indes , contennant ce qu'ils ont
Gatalogue. 45
fait de plus remarquables depuis 20. Années ,
avec la vie , les moeurs , les coûtumes des habitans
de S. Dominique & de la Tortue &
une defcription exacte de ces lieux où l'on
voit l'établiffement d'une Chambre des Conees
dans les Indes & un état tiré de cette
Ghambre des Offices , tant Ecclefiaftiques"
que Seculiers , ou le Roy d'Espagne pourvoit
les revenus qu'il tire de l'Amerique, & ce que
les plus grands Princes de l'Europe y poffe.
dent , le touto enrichi de Cartes Geographi
ques & de plufieurs figures en taille douce ,
indouze , 2. vol. 4. 1 .
Apologie pour l'Eglife Catholique où l'on`
juftific fa croyance , fon culte & fon gouver
nement par les Principes même des Proteftans
par le fieur Vigne , cy- devant Miniftre à Gre
noble , 12. 30. f.
Entretiens affectifs de l'ame avec Dieu fur
les Pfeaumes de la Penitence , pour les nouveaux
Convertis , 12. 20. f.
Journal du Palais , inquarto , to.v. 60.liv.
le dixiême tome & les autres fe fepare pour
6. liv. auffi chaque volume. :
Pratique de Pieté ou Entretiens pour tous
les jours de l'Année , par le Pere le Maître de
la Compagnie de Iefus , augmenté en cette
toifiéme Edition , des Evangiles & de plu
fieurs points de Meditation , toutes tevûes &
recorrigée , 12. 4. vol . 5o . f. & relié en deux
2. liv .
C La Morale du Monde ou Converfations par
Mademoiſelle d: Scuderi , 12. 2. vol . 6. liv.
Les Amours du Comte Tekely , nouvelle
Historique , 12. 1. f
46
Catalogue
.
Relation de l'Amballade de Monfieur le
Chevalier de Chaumont à la Cour du Roy de
Siam avec ce qui s'eft paffé de plus remarquable
durant fon Voyage avec plufieurs fi
gures en tailles douce , 12.2. liv ..
Entretiens affectifs de l'Ame avec Dieu
pendant les huit jours des Exercices Spirituels
par Menfeigneur l'Evêque d'Alby , 12.
30. fols.
Le Rendez-vous des Thuilleries ou le Co
quet trompé Comedie , par Monfieur le Baron
, 12, 20.f.
Inftruction pour les nouveaux Catholiques:
ou tous les Points principaux de la Religion
font familierement expliquez par BEcriture,
les Conciles & les Peres , par Monseigneur
l'Evêque de Châlop , 12 , 40, Lov
2
J
7
Nouveau Sisteme des bains & eaux Minera-l
les de Vichy, fondé für plufieurs belies experiences
& fur la Doctrine de l'Acide & de
l'Alcali , par Monfieur Fouet , Docteur ca
Medecine 12.39. fam
Jugement des Sçavans fur les principaux
Ouvrages de ce temps , & fur les Poëtes depuis
Moïfe jufqu'à prefent , indouze , neuf
vollumes 18, livres , les cinq dernier vollume
fe vendent feparé pour 10. liv.:
La vie de faint François de Sales , par l'Au
theur de la vie de Madame de Montmorency ,
4. 5. liv. Dior 2 1 loa Mari§
Conference Ecclefiaftique du Dioceſe.de
Luçon feconde Edition , très- bien imprimé ,
12. 5. vol. 6.liv. 5. f.
Les fix & fepriéme tome fura la Penitence,
l'ordre & le mariage s'imprime¸
Gatalogue. 47
Vies des Saints , nouvelle Edition , fol. 2 .
vol. Paris grand papier 16. liv .
Idem de papier ordinaire, 11. liv. auſſi
de Paris, fol . z. vol.
Hiftoire de la Morée avec so , figures en
tailles douce de toutes les Villes que les Venitiens
ont emportées fur les Turcs , 8.4.liv .
L'Efpion du Grand Seigneur & fes Relations
fecrettes envoyées au Divan de Conſtantinople
découvertes à Paris , pendant le Regne
de Louis le Grand , contenant les évenemens
les plus confiderables de la Chrêtienté & de
la France depuis 1637. indouze , 4. vol . 6. liv .
les trois derniers vollumes fe vendent feparé
"pour 4.liv. of
.1
Hiftoire des Oracles par Monfieur de Fontenelle
, Autheur du Dialogue des Morts ,
$12.30.1.20
Voyage des Ambaffadeurs de Siam en France
, contenant lareception qui leur a efté faite
dans les Villes où ils ont paffé , leur entré à
Paris , les ceremonies oblervées dans l'Audiance
qu'ils ont eu du Roy & de la Maiſon
Royale , les complimens qu'ils ont faits , la
defcription des lieux où ils ont eſté , & c¢
qu'ils on dit de remarquablefur tout ce qu'ils
ont vu jufqu'à la fin de l'année 1686.12.2.vol .
49.folsle deuxième tome fe vend feparé pour
- 20.fols.
Iournal des Saints pour les Congregations,
qui fert de billets des Saints de mois en Latin
Ja main 45.1.& en François aufli 45.
L'Homme inftruit par fa raifon & par fa
Religion , Dialogue Moral & Chrêtien , 8.2.1 .
Le nouveau Negotiant , contenant les re48
Catalogue
.
C
ductions toutes faites des mesures , Poids &
Monnoyes de France , reduite aux meſmes
Poids & Monnoyes de diverfes Villes & Païs
concernant le Negoce , par le feur Ricard de
Bordeaux , inquarto , so. f.
L'Efprit de la Religion , ou l'abregé du Livre
de la Science univerfelle des faintes Ecri-
-tures , 12. 20. f. af.
Almanach de Milan 1587. 12. 20. fols ,
De Liege pour 1587. 15. f.-
Connoiffance des temps pour 1687. 20.1,
Hiftoire du Siege de Bude avec toutes les
particularitez fidelement écrite & circonftantié
le tout jour par jour , avec une grande fi
gure en taille douce , par l'Autheur du Mercufe
Galant , 12; 20. fo '
broM ob 23
Livres que l'on Imprime & que l'on don
nera inceffamment.
Les Grands Voyages de Monfieur Chardin ,
de la Perfe & des Indes Orientalles avec dixhuit
grandes figures en taille douce , 12. 2 .
gros vollumes.
Le bon ufage du Thé , du Caffé & du Chocholat
par M. de Blegny avec plufieurs figures
én taifle douce.
La Nouvelle Methode accomplie du Blafon
du.Pere Meneftrier , indouze, Le Pontificat de
S. Leon , de M. Maimbour , L'Hiftoire de
Louis douziéme de Varillas & la fuite des
Herefies auffi de M. Varillas , les Annales de
la Grece de Madame de Villedieu, & pluſieurs
autres dont je vous donneray Avis.
THE LA VILLE
FIN
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Résumé : LIVRES NOUVEAUX qui se trouvent à Lyon chez le Sieur AMAULRY ; depuis l'année 1678. jusqu'a present.
Le document présente un catalogue de livres disponibles à Lyon chez le Sieur A Maul Ry, depuis l'année 1678 jusqu'à la date de publication. Les ouvrages couvrent divers genres et sujets, incluant la piété, la poésie, le théâtre, l'histoire, la religion, la médecine, et les sciences. Parmi les titres notables, on trouve 'La Pratique de Piété' du Père Le Maître, 'L'Art poétique' du Père Lamy, 'La Princesse de Clèves', et des œuvres de Corneille. Le catalogue mentionne également des traductions, des mémoires, des traités théologiques, et des récits historiques. Les prix et les formats des livres (in-douze, in-quarto, in-folio) sont spécifiés, ainsi que les éditions récentes ou augmentées de certains ouvrages. Le document se conclut par une liste de livres nouveaux pour les années 1679 et 1680, incluant des œuvres sur la dévotion, la morale, et des récits de voyages. Le document présente également un catalogue de livres nouveaux des années 1681, 1682 et 1683. Les ouvrages couvrent divers genres et sujets, allant de la littérature religieuse à la poésie, en passant par l'histoire, la philosophie et les sciences. Parmi les titres notables, on trouve des œuvres de spiritualité comme les 'Instruction Spirituelles pour la guérison et la consolation des Malades' et les 'Éloges des personnes illustres de S. Benoît'. Des traductions de classiques anciens, telles que les 'Satires de Juvénal' et l''Homère', sont également mentionnées. Le catalogue inclut des tragédies comme 'Le Grand Solliman' et 'Zaïde', ainsi que des comédies telles que 'Les Carrosses d'Orléans' et 'La Raë S. Denis'. Des traités sur des sujets variés, comme le droit, la médecine et la géographie, sont également listés. Des ouvrages historiques, tels que 'Histoire d'Henry IV' et 'Histoire des Uscques', ainsi que des recueils de lettres et des mémoires, complètent la liste. Le document présente un catalogue de livres et d'ouvrages publiés en 1684. Il inclut divers genres tels que des tragédies, des nouvelles galantes, des traités médicaux, des ouvrages historiques, des recueils de lettres, et des textes religieux. Parmi les auteurs mentionnés figurent Madame de Villedieu, l'Abbé de la Chapelle, Monsieur de Moreaux, et le Père Froment. Les sujets abordés vont des instructions pour les novices à des réflexions sur l'histoire et la littérature, en passant par des traités sur la chimie et la médecine. Le catalogue comprend également des œuvres traduites, des biographies, et des ouvrages sur la théologie et la morale chrétienne. Les formats des livres varient, allant du in-douze au in-folio, avec des prix indiqués pour chaque ouvrage. Le document présente un catalogue de livres publiés en 1685. Parmi les ouvrages listés, on trouve des traductions de textes religieux et historiques, tels que 'La vie des Saints' et 'La vie des Patriarches'. Des traités théologiques et moraux sont également mentionnés, comme 'Traité de la Pratique des billets & du Prêt d'Argent entre les Negocians' et 'Methode pour bien prononcer un Discours & pour le bien ADmirer'. Le catalogue inclut des œuvres littéraires et dramatiques, telles que 'Dom Henrique de Castro' et 'Armenius, Tragedie'. Des ouvrages sur l'histoire et la politique sont également présents, comme 'Traité Hiftorique de l'Etablissement & des Prérogatives de l'Eglife de Rome' et 'Hiftoire du Gouvernement de Venife'. Des textes scientifiques et techniques sont également listés, tels que 'Raitté des Fortifications' et 'Table des Sinus'. Le catalogue comprend également des œuvres de fiction et des mémoires, comme 'Les Dames Galantes' et 'Memoires contenant ce qui s'eft paffé en France'. Enfin, des ouvrages sur la musique et la géographie sont mentionnés, tels que 'L'Art de chanter' et 'Geographie de Robbé'. Le texte présente un catalogue de divers ouvrages et documents historiques. Parmi les œuvres mentionnées, on trouve des traités théologiques et moraux, tels que 'La Morale de JESUS-CHRIST' par le Père Dozème de la Compagnie de Jésus et 'Les devoirs de la vie Civile'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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23
p. 31-70
Description de l'Observatoire, & de tout ce qu'il contient de curieux, & de Machines, avec les choses remarquables dites par les Ambassadeurs, [titre d'après la table]
Début :
Ils allerent le lendemain à l'Observatoire, & ils furent [...]
Mots clefs :
Observatoire, Description, Voir, Pieds, Machine, Tour, Verre, Lunettes, Hauteur, Ambassadeur, Bâtiment, Air, Machines, Soleil, Cassini, Paris, Ciel, Longueur, Tuyaux, Lune
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texteReconnaissance textuelle : Description de l'Observatoire, & de tout ce qu'il contient de curieux, & de Machines, avec les choses remarquables dites par les Ambassadeurs, [titre d'après la table]
Ils allerent le lendemain à
a l'Obfervatoire , & ils furent
ant receus à la grande Porte qui
C iij
30 Suite du Voyage
Mr
donne ſur une Terraſſe élevées
de vingt pieds , par
deCaffini,de la Hire, Borilli ,
Thevenot, Couplet , & Cufet
, qui ſont tous de l'Academie
Royale des Sciences .
Le Bâtiment ayant d'abord
frapé la veuë des Ambaſſadeurs
, ils s'attacherent à le
confiderer. Je croy que vous
ne ferez pas fâchéed'aprendre
beaucoup de choſes curieuſes
qui le regardent.
L'Obfervatoire que leRoy
a fait conſtruire , & qu'on appelle
par cette raiſon Obfervatoire
Royal , eſt ſitué à
un des bouts de Paris au lieu
des Amb. de Siam.
31
le plus élevé de la Ville &
M vers le Midy , afin que la
veuë des Aftres, & principale-
Oment des Planettes qui touates
font leur cour en cet endroit
du Ciel , me foit point
ON empechée par les vapeurs de
fla Riviere & par les fumées
qui s'élevent des Maiſons à
ous l'autre coſté.
en La figure de l'Edifice eſt
cr un quarré d'environ quinze
toiſes à chaque face , ayant
Rof deux Tours octogones aux
ap coins de la face du Midy de
fer ſept toiſes de diamettre , &
et une autre Tour quarée & un
Liet peu moins grande au milieu
C iiij
32 Suite du Voyage
de la face du Nord où eſt
l'entrée. Ces trois Tours font
de mefme hauteur que le
reſte du Baſtiment. Celle qui
eſt à l'Orient eſt ouverte depuis
le ſecond étage , & ces
deux faces oppofées & qui
regardent le Midy & le Septentrion
, font fenduës afin
de donner iſſuë à des Lunettes
de plus de cinquante
pieds pour pouvoir obferver
le paſſage des Planettes dans
le Cercle Meridien , & du
coſté du Nord le paſſage des
Etoiles fixes au meſme Meridien
audeſſus & audeſſous
du Pôle pour en conclure fon
des Amb. de Siam.
33
eft élevation fur noſtre Horizon .
ont La Tour quarrée qui eft dans
e la face Septentrionale du
qui Baſtiment eſt couverte en
de Plate- forme avec des cail
ces loux de pierres à feu , de mêqui
me que le Corps du Bafti-
Sep ment & la Tour Occidentaale.
La Plate - forme de cette
net Tour Septentrionale eft ou
antt verte au milieu , afin qu'éryer
tant dans la Chambre à cou-
Lans vert du vent , on puiffe obdu
ſerver les Aftres.
des Le Baſtiment qui ſans le
Mo bas comprend deux étages
Cous voûtez de pierres de taille
fon fur des murs de neuf pieds
Cv
34 Suite du Voyage
d'épaiſſeur , à ſoixante & fix
pieds de haut , en comprenant
l'appuy de la Plate-forme.
Le bas , ou demy érage
de tout leBaſtiment, eft adofſé
du coſté du Midy à une
terraſſe élevée de plus de
vingt pieds par deſſus la
Campagne;de forte que du
premier étage on entre comme
de plein pied ſur cette
terraſſe où eſt un mats qui
porte une Lunette de foixanté
& dix pieds de longueur ,
& une Tour de Charpente
qui a 130. pieds de hauteur.
Je vous en apprendray l'employ
dans la ſuite de cette
Lettre.
:
des Amb. de Siam.
35
X
e.
Tout ce qui paroiſt hors
des rez de chauffée du Baſtiment
, a dix toiſes & demie
de hauteur , & encore plus de
profondeur en terre à caunt
fe des Carrieres fur leſquelde
les il eſt baſty , & au fond
deſquelles on deſcend par un
de degré de pierre de taille
tourné en viz & fufpendu en
l'air par le milieu où il eſt
vuide , de 14. toiſes de profondeur.
Ce degré répond
taumilieu du Baftiment , &
pour cet effet on a fait des
uf ouvertures rondes d'environ
trois pieds de diametre , tant
à la voûte du plancher du
n
tre
36 Suite du Voyage
rez de chauffée qu'aux voûtes
des deux étages , comme auffi
à la Plate-forme. Les centres
de ces quatres ouvertures
font à plomb fur le centre
du vuide du degré à viz . Ainſi
tout cela ne fait que comme
un puits de vingt- quatre
toiſes & demie de profondeur.
Ce Puits de 147. pieds de
profondeur a ſes uſages ,
comme de ſervir à faire des
épreuves pour ſçavoir ſi pendant
le jour eſtant au fond
de ce Puits on verroit les E.
toiles au Zenit. Ilſert encore à
obſerver les degrez de l'accedes
Amb. de Siam.
37
תנ
atu
leration , de la cheute & defcente
des Corps en l'air & les
vibrations des Pendules au
deſſous de 147. pieds de longueur
, ſans craindre que le
mouvement de l'air y apporte
aucunes alterations. Il a
auſſi ſervy pour les Obfervations
des Barometres de plus
de 80. pieds de longueur ,
stant avec les Mercures ſeuls
qu'avec l'eau ſeule. Il a endcore
ſervy à experimenter
dans des tuyaux de fer blanc
ode mefme longueur , comsf
bien il faloit de hauteur d'eau
* pour éclater les tuyaux , d'où
aca l'on a tiré des connoiffances
bel
38 Suite du Voyage
dans ces
de la force que doivent avoir
les tuyaux par lefquels on
veut conduire les eaux qu'on
prend d'une hauteur , pour
Les élever àune ſemblable.
On a pratiqué
Carrieres des Chambres pour
connoiſtre ſi les grains &
les fruits s'y pourroient conſerver;
on a defcouvert differentes
qualitez de l'air enfermé
& fous-terrain & de
l'air découvert & libre ; ony a
fait cent experiences tant avecleThermometre
qu'avec
les Hydrometres , pour reconnoiftre
les differens ef
fets qui proviennent des dif-
7
des Amb. de Siam.
39
00
or ferens degrez de l'humide ,
duſec, du chaud & du froid,
or tant pendantl'hiver que penof
dant l'eſté , dont la Medecine
tirera un jour de grands a-
Co vantages.
OU De l'Appartement du rez
5 de chauffée on monte dans le
Cor premier & fecond étage ,&
dimeſme ſur la Plate forme de
en tout le Baſtiment par un Efcalier
auffi grand qu'il eſt
beau & hardy. Il eſt garny
d'une riche Balustrade de fer,
Lyd &paroiſt pendre en l'air, énya
re tant vuide par le milieu.
ef Comme les faces de ce ſuperdit
be Baftinent regardent dire40
Suite du Voyage
ctement les quatre parties du
Ciel,& que les feneftres du
ſecond étage ont chacune
huivo pieds de largeur , &
vingt- fix pieds de hauteur
d'appuy , elles permettent
aux Aftronomes de découvrir
tous les endroits duCiel ,
&de faire à couvert toutes
les Obervations qui n'ont
pas beſoin de plus grandes
Lunettes que de 15. ou 20.
pieds , & donnent lieu d'avoir
des Inſtrumens fixes &
inébranlables , eſtant ſcellées
dans les murs ; car pour les
Obſervationsqui demandent
de plus grandes Lunetes , elles
desAmb. de Siam.
41
du les ſe font ſur la Terrafle .
d Enfin ce Baſtiment eſt un
Magazin de tous les Inſtru-
,
e
mens neceſſaires aux Aſtrotell
nomes aux Geomettres ,
te aux Geographes , & à la
Cot Navigation. On y trouve
Ciel toutes les machines qui
uto concernent les Arts , avec
'on les machines de Guerre des
and Anciens , de forte qu'en peu
* de temps on y voit & on y
de apprend tout ce qui eft ner
esd ceffaire aux Ingenieurs ,& à
elle ceux qui dans les academies
tenſeignoient l'Art de fortiden
fier , & celuy de naviger.
, Monfieur Perrault qui a fait le
16 D
42 Suite du Voyage
Deſſein de la Façade du Louvre
, a été l'Architecte de
ceBaſtiment ,& ce qu'il fçait
de Medecine & de Mathematiques
, luy a donné licu
d'obſerver des choſes dans
da construction de cet Edifice
, que tous les autres architectes
ne ſont pas obligez
de ſeavoir. 5.
Aprés que les ambaffadeurs
curent conſideré ce
Baſtiment , dont la ſeule vûë
en dehors ne fait pas connoiſtre
toutes les choſes auf
quelles il eſt utile , ils entrerent
dans la premiere Sale, &
paſſerent dela dans la Tour
des Amb. de Siam.
43
he
마 Orientale , où ils virent didvers
Inftrumens pour obſerver
les Aftres , & admirerent
les prodigieux effets d'un
lia grand Miroir ardent de cinq
pieds de diametre , qui fur
Ed expofé au Soleil. Le feu prit
A à une barre de bois de pluige
fleurs pouces d'épaiffeur auffitoſt
qu'elle luy fut preſenaitée
, &le plomb fondit dans
l'inftant meſme qu'il fut exvu
poſée àfon foyer.
COP
A
Ils virent enſuite un Plaad
niſphere de M. de Caffini ,
qui coprend toutes les Etoiet
les viſibles fur l'Horiſon de e,
Tot Paris , & fert à trouver prom-
Dij
44 Suite du Voyage
ptement à chaque inſtant
leurs ſituations dans le Ciel.
Ils en comprirent aiſément
l'ufage , & prierent Monfieur
de Caffini de leur en faire
conſtruire de ſemblables pour
l'Horiſon de Siam. Ils firent
des Experiences ſur unBarometre
, & fur un Thermometre
, & conceurent les cauſes
Phyſiques de leurs mouvemens
, ſur lesquels ils s'entretinrent
long - temps , & ils
firent meſme quelques abjections
auſquelles ondrépondit.
On leur fit voir dans
cette même Tour des Lunettes
de differentes londesAmb.
de Siam.
45
am gueurs , & l'Ambaſſadeur s'é-
Cit tonna de la netteté d'une
en Lunette de vingt- cinq pieds,
ict avec laquelle il confidera
Fain les objets les plus éloignez, &
bot raifonna fur la difficulté d'en
ren avoir d'une extrême lon
aro gueur, comme de 200. pieds ,
oms qui étant braquées contre les
aufe Aftres , peuvent nonobſtant
uye la peſanteur de leurs tuyaux ,
garder leur rectitude , qui eft
abfolument neceffaire aux
ob Lunettes , & qui a toujours
te fait le chagrin des Aftronodan
mes ; mais M² Comiers ayant
Le experimenté qu'on peut fe
lor paffer de tuyaux , en publia
Diij
46 Suite du Voyage ...
l'invention en 1665. dans ſon
Livre de la nouvelle Science
de la nature & des préſages
des Cometes. Il a depuis en
1683.& 1684.inſeré ceTraité
de Lunettes dans les Tomes
des Mercures Extraordinaires.
Comme ils eſtoient fur
cette matiere , Mª Caffini leur
fit voir par experience que
l'on peut ſe ſervir de Lunettes
fans tuyaux , can ayant
placé àune feneſtreun Verre
objectif de 90.pieds de foyer,
au deçà duquel foyer il mit
un Verre oculaire , ils eurent
le plaiſir de regarder differeus
objets fortéloignez
des Amb. e
47 de Siam.
on C'eſt par dette maniere de
ne Lunettes ſans tuyau , que Mr
age Caffini à découvert depuis
5 peu deux nouveaux Satellites
cat de Saturne , qu'il a appellez
MO SIDERA LODOÏCE A.
na Ils entrerent dans ſon Appartement
, où ils virent une
let machine de cuivre compoqu
ſée des Cercles de la Sphere
and qui porte un verre objectif
yas de 140. pieds de longueur de
Vets foyer Solaire , & qui par le
by mouvement d'une Montre
mi ou Horloge à reffort , fait le
red mouvemet diurne de l'Aſtre,
Life lors que l'Aftre n'eſt élevé
gna fur l'Horison que de deux on
48 Suite du Voyage .
trois degrez. On met cette
machine à la hauteur de fix
àſept pieds , de telle maniere
que la furface du verre seſt
paralelle au diſque de l'Aftre
, & on s'en recule en ligne
droite de la longueur de
140. pieds où l'on place le
verre oculaire , en forte que
les quatre centres , ſçavoir
celuy de l'Aſtre , celuy de
la ſurface du verre objectif,
celuy du verre oculaire,& celuy
de l'ouverture de la prunelle
de l'oeil , foient en une
même ligne droite;& lorſque
Paſtre est beaucoup élevé
fur l'Horison , cette machine
des Amb. de Siam. 49
et ne eſt à proportion élevée en
el l'air par le moyen d'une cormit
de vers les Angles ou coins
de la Tour de bois de 150.
|| pieds de hauteur , qui eſt au
en devant de la face meridionaur
le de l'Obſervatoire ; mais il
ace faut- par un long uſage
red aprendre à ſuivre l'Aſtre aavec
le verre oculaire , en forayt
te que l'oeil décrive un cerject
cle preſque de 141. pieds de
& rayons , dont le verre eſt le
a pro centre.
en u Ils y virent encore un
arlos grand Anneau Aſtronomique
éles qui ſert à trouver par le Somachi
leil l'heure & la minute , auf-
#fibien que la déclinaiſon de
50 Snite du Voyage
l'Aiman pour l'uſage de la
Navigation. Ils firent experience
d'un Niveau Lunette
, qui ſe met promptement
en, équilibre. Ils confidererent
la figure de la Lune faite avec
une grande exactitude & les
concavitez , & éminences
que l'on voit dans ſa ſurface.
Ils entrerent enſuite dans
la Tour Occidentale , où Mr
deCaffini a fait faire unegráde
Carte Geographique, fondée
principalement ſur les
Obſervations des Eclipſes
de Lune , & des Satellites
de Jupiter , aprés avoir donné
la methode de les calcu
des Amb. de Siam .
51
ler. Cette Carte eft gravée
pt & pcinte ſur le pavé fait de
me pierres plates dans un Cera
cle gradué de 28. pieds de
ere diametre , noſtre Pôle ter
ak reſtre Septentrional eſtant
au centre dudu cercle de forte
end que c'eſt une projection fur
face la furface de l'Hemisphere
dr Septentrional, ſuppoſant l'oeil
ulau Pole celeſte du Nord, & bié
es que cette projection ne puiffe
to donner que la partie Septenur
trionale de la terre depuis l'EClip
quateur , on y a neanmoins aellt
jouté la deſcription & la figu-
-da re des terres & des mers qui
cals font meſme au delà du Tro-
1
E ij
52 Suite du Voyage
pique d'hyver , afin de voir
enſemble , & tout d'un coup,
toutes les parties de la terre
que nous connoiſſons habitables.
C'eſt pourquoy le
premier Ambaſſadeur , bien
qu'il n'ait aucune connoiffance
de nos lettres ou cara-
Eteres , reconnut d'abord le
Royaume de Siam , & les
Royaumes circonvoiſins. Il
diftingua l'amerique, & plufieurs
autres Parties du Mondequ'il
borna. Il fit la defcription
de leur voyage juſques
à Paris , dont il marqua la
route ſans hefiter , & fans ſe
méprendre , & fit voir qu'ils
des Amb. de Siam, 53
of avoient paffé au delà des
Azores quand les Pilotes ſe
crurent eſtre fort prés de la
br France. Il faut remarquer
+ que la Carte de l'Obſervaroi-
Die re ne met pas plus de diſtanof
ce entre Siam , & les Azores
ath que les autres Cartes en metdl
tent entre Siam , & les coſtes
de France , les Obferva-
5. tionsayant obligé M. de Cafpe
fini à diminuer toutes les diffor
ferences des longitudes dans
fort les continents , & à laiſſer à
que la Mer Paſſifique une étennal
duë beaucoup plus grande.
ns Ainfi le Royaume de Siam
qui ſe trouve trois cens lieuës
E iij
54 Suite du Voyage
moins éloigné de France que
toutes les anciennes Cartes &
les Globes de Hollande ne le
marquent. Cette correction
faite à la Geographie & à
l'Hydrographie a eſté confirmée
par les Obſervations que
l'on a faites depuis ,& particulierement
par celles des deux
Eclipſes de Lune de 1683 .
& 1685.faites à Paris& à Siam .
Les Péres deFontenay & Tachard
Jefuites , ont fait la derniere
en prefence du Roy de
Siam , & c'eſt ce qui a donné
lieu à ce Prince d'avoir un
Obſervatoire dans ſa Ville
Capitale , & de demander
des Amb. de Siam .
55
douze Jefuites pour vaquer
aux Obſervations. Cela pourera
leur donner occaſion de
id faire paroiſtre leur grand zele
pour la Foy.
Les Ambaſſadeurs monqu
terent enſuite fur la Plateforin
me dont je vous ay déja parlé
, & regarderent la Ville de
Paris tant à la veuë fimple
at qu'avec des Lunettes. Le
Premier Ambaſſadeur ayant
de demandé où étoit le Chafteau
de Berny afin de s'orien-
Hot ter , il reconnut Vincennes ,
Montmartre & Sceaux où il
avoit eſté , & quelques ennds
droits des plus remarquaru
E iiij
16 Suite du Voyage..
bles des environs de Paris,
qu'on luy avoit fait voir lors
qu'il eſtoit dans les lieux que
je viens de vous nommer. Cela
ſurprit tous ceux qui le remarquerent
, & luy attira
beaucoup de loüanges. Ils
deſcendirent aprés dans la
grande Salle qui eſt faite
pour la deſcription de la
Meridienne , & pour y marquer
le cours du Soleil. Ils
loüerent Monfieur de Caffini
à diverſes repriſes , & le Premier
Ambaſſadeur dit pluſieurs
fois , qu'il voudroit bien
qu'ily eust un monsieur de Caffini
à Siam. Apres avoir vu toudes
Amb. de Siam.
57
re
$ tes les choſes que je vous ay
marquées, ils entrerent dans
la Salle des Machines , où ils
en virent d'abord une qui
* donne les Eclipſes de Lune,
&de Soleil , dans tous les
| temps propoſez , leur juſte
grandeur , la partie du mon-
Fat de où elles ſe voyent , & l'Ael
pogée , & Perigée de la Lune
qui ſe voit dans chaque Lu-
| naiſon , d'une maniere aiſée
& en tournant ſeulement une
manivelle.L'Ambaſſadeur deph
manda à M. Couplet qui luy
faifoit voir cette Machine ,
Pre
l'Eclipse du 21. deMayde cettol
te année, qu'il trouva entour-
Ev
58 Suite du Voyage
د
nant luy-même la manivelle
& en cótinuant de la tourner,
il.faifoit remarquer ſi l'Eclipſe
que la Machine montroit
eſtoit ou de Soleil ou de Lune.
Il vit enſuite une Machine
pour les Planetes ſuivant
le Syſteme de Copernic
elle peut eſtre nommée Ephemeride
parlante pour
trouver l'état du Cielen quelque
temps qu'on le propoſe ,
ſçavoir paflé , preſent , & avenir
, la longitude , & la latitude
de chaque Planete , &
par confequent ſon vray
lieu dans le Ciel tel jour
qu'on voudra , en tournant
des Amb. de Siam.
59
, fimplement une manivelle
* ainſi que dans la Machine
I precedente. On y voit la vi-
10 teffe , & la lenteur de chaque
Planete , ſon excentricichte
, & lors qu'elle nous paroiſt
var ſtationnaire , ou retrogarde.
ic Cette Machine eft conſtruiel
te de telle maniere que nepo
ceſſairement elle fait tanqut
toſt la viteſſe , & tantoſt la
bok lenteur de chaque Planette
ſuivant qu'elle s'aproche ou
al s'éloigne du Soleil dans fon
e, Apogée & fon Perigée.
vr L'Ambaſſadeur fut longjot
temps à confiderer de comna
bien Saturne alloit plus len60
Suite du Voyage
tement que les autres Planetes.
Mr Couplet luy dit qu'il
estoit prés de trente ans àfairefon
cours , & que Mercure qu'il marquoit
allerſi viſte, n'étoit qu'environ
80. jours àfaire lefien.
Ces deux Machines ont eſté
faites par Me Thuret , Horlogeur
du Roy; dont la reputation
eſt repanduë dans
toutes le parties du monde
à cauſe de la bonté de ſes
Pendules .
L'Ambaſſadeur fit auſſi
mouvoir luy meſine dans la
Salle dont je vous viens de
parler une Machine qui fert
à ſcier pluſieurs pierres à la
desAmb. de Siam. 6г
ер
fois , & montra les actions
du moteur à ceux qui l'ac-
La cu- compagnoient.
# rioſité le porta juſqu'à démonter
une autre Machine
pour en voir l'interieur,& cofnoiſtre
par là ſi les pieces efſencielles
avoient du rapport
en a ce qu'il s'en eſtoit imaginé.
Il confidera toutes les diffe-
One rentes Machines ſervant aux
ef Mécaniques, que Me Perrault
a fait conſtruire , & deffiannées
dans ſon Traité de Vians
truve.
as On luy fit voir uneMachine
Pneufmatique avec laquelle
on fait des experiences du
62 Suite du Voyage
vuide. Il prit plaifir àconfiderer
deux autres Machines ,
l'une à faire des étofes, & l'autre
avec laquelle on dévide
cent bobines de ſoïe à la fois.
Il en fit aufli mouvoir une autre
propre à netoyer les Ports
de mer , ainſi que pluſieurs
autres & particulierement
celle qui eſt la Catapulte des
anciens , tirée auſſi de Vitruve
par Monfieur Perrault , & il
remarqua enfin les principaux
mouvemens de toutes
les Machines qui estoient
dans cette Salle , & qui luy
furent montrées , & expliquées
par Me Couplet , qu'il
des Amb. de Siam.
63
remercia avec beaucoup
$ d'honnêteté de toute la peine
qu'il s'étoit donnée.
10
2
Il vit avant que de fortir
e de cette Salle deux Trompettes
parlantes de differente figure
, qui étoient poſées ſur
its une fenêtre. Il pria que par le
e moyen de l'une de ces Tromed
pettes on fiſt arrêter un homrur
me qui paffoit à un demi-
& quart de lieuë de là ou enviinc
ron.On dit à cet homme qu'il
our ne paſſaſt point outre & il
Dit s'arrêta en regardant de tous
¡ coſtez d'où venoit la voix
xp qu'il avoit entenduë.
qui
Lors qu'ils furent defcen64
Suite du Voyage
dus fur la terraffe , ils regarderent
divers objets par une
Lunette de trente - quatre
pieds , & virent dans l'image
du Soleil fur le papier une
tache de cet Aftre qui paroiſſoit
depuis quelques jours.
L'Ambaſſadeur apres l'avoir
examinée dit en ſouriant , &
en faiſant alluſion aux mouches
dont ſe ſervent les femmes
, Que les Dames de France
avoient raiſon de mettre des taches
noires fur le roiſage , qu'il
n'en estoit plus surpris , & que
comme la beauté de la pluspart
d'elles approchoit déja de celle du
Soleil , il voyoit bien qu'elles vouloient
desAmb. de Siam.
υς
10
OU
loient luy reſſembler en tout , &
qu'elles aimoient tellement cet Aftre
qu'elles se faisoient un ornement
deſes taches mesmes. Iltê-
■ moigna enſuite à Me de Caffini
la fatisfaction qu'il avoit
euë de voir tout ce qu'il avoit
pris la peine de luy expliquer,
& luy dit qu'il reviendroit
un autre jour pour voir quelque
fet choſe au Ciel & pour conferer avec
luy ſur quelques pensées , que
des les entretiens qu'ils venoient d'avoir
luy avoient fait naiſtre. Je
ne vous raporte rien icy dont
je n'aye eſté temoin ; tout ce
que je vous cite de l'Ambaffadeur
, je l'ay entendu moyno
Loit
F
66 Suite du Voyage
mefme. Il auroit monté à
l'appartement de Monfieur de
la Hire , s'il n'euſt point été
preffé de fortir pour ſe rendre
où il eſtoit attendu , & il
y auroit vu des chofes dignes
de ſa curioſité , & capables
d'exercer ſon eſprit.Monfieur
Borelly , de l'Academie
des Sciences , s'étoit auſſi preparé
àluy en faire voir quantité
qui luy auroient donné
beaucoup de plaifir , mais les
mêmes raiſons l'empeſcherent
de s'arrêter plus longtemps.
a l'Obfervatoire , & ils furent
ant receus à la grande Porte qui
C iij
30 Suite du Voyage
Mr
donne ſur une Terraſſe élevées
de vingt pieds , par
deCaffini,de la Hire, Borilli ,
Thevenot, Couplet , & Cufet
, qui ſont tous de l'Academie
Royale des Sciences .
Le Bâtiment ayant d'abord
frapé la veuë des Ambaſſadeurs
, ils s'attacherent à le
confiderer. Je croy que vous
ne ferez pas fâchéed'aprendre
beaucoup de choſes curieuſes
qui le regardent.
L'Obfervatoire que leRoy
a fait conſtruire , & qu'on appelle
par cette raiſon Obfervatoire
Royal , eſt ſitué à
un des bouts de Paris au lieu
des Amb. de Siam.
31
le plus élevé de la Ville &
M vers le Midy , afin que la
veuë des Aftres, & principale-
Oment des Planettes qui touates
font leur cour en cet endroit
du Ciel , me foit point
ON empechée par les vapeurs de
fla Riviere & par les fumées
qui s'élevent des Maiſons à
ous l'autre coſté.
en La figure de l'Edifice eſt
cr un quarré d'environ quinze
toiſes à chaque face , ayant
Rof deux Tours octogones aux
ap coins de la face du Midy de
fer ſept toiſes de diamettre , &
et une autre Tour quarée & un
Liet peu moins grande au milieu
C iiij
32 Suite du Voyage
de la face du Nord où eſt
l'entrée. Ces trois Tours font
de mefme hauteur que le
reſte du Baſtiment. Celle qui
eſt à l'Orient eſt ouverte depuis
le ſecond étage , & ces
deux faces oppofées & qui
regardent le Midy & le Septentrion
, font fenduës afin
de donner iſſuë à des Lunettes
de plus de cinquante
pieds pour pouvoir obferver
le paſſage des Planettes dans
le Cercle Meridien , & du
coſté du Nord le paſſage des
Etoiles fixes au meſme Meridien
audeſſus & audeſſous
du Pôle pour en conclure fon
des Amb. de Siam.
33
eft élevation fur noſtre Horizon .
ont La Tour quarrée qui eft dans
e la face Septentrionale du
qui Baſtiment eſt couverte en
de Plate- forme avec des cail
ces loux de pierres à feu , de mêqui
me que le Corps du Bafti-
Sep ment & la Tour Occidentaale.
La Plate - forme de cette
net Tour Septentrionale eft ou
antt verte au milieu , afin qu'éryer
tant dans la Chambre à cou-
Lans vert du vent , on puiffe obdu
ſerver les Aftres.
des Le Baſtiment qui ſans le
Mo bas comprend deux étages
Cous voûtez de pierres de taille
fon fur des murs de neuf pieds
Cv
34 Suite du Voyage
d'épaiſſeur , à ſoixante & fix
pieds de haut , en comprenant
l'appuy de la Plate-forme.
Le bas , ou demy érage
de tout leBaſtiment, eft adofſé
du coſté du Midy à une
terraſſe élevée de plus de
vingt pieds par deſſus la
Campagne;de forte que du
premier étage on entre comme
de plein pied ſur cette
terraſſe où eſt un mats qui
porte une Lunette de foixanté
& dix pieds de longueur ,
& une Tour de Charpente
qui a 130. pieds de hauteur.
Je vous en apprendray l'employ
dans la ſuite de cette
Lettre.
:
des Amb. de Siam.
35
X
e.
Tout ce qui paroiſt hors
des rez de chauffée du Baſtiment
, a dix toiſes & demie
de hauteur , & encore plus de
profondeur en terre à caunt
fe des Carrieres fur leſquelde
les il eſt baſty , & au fond
deſquelles on deſcend par un
de degré de pierre de taille
tourné en viz & fufpendu en
l'air par le milieu où il eſt
vuide , de 14. toiſes de profondeur.
Ce degré répond
taumilieu du Baftiment , &
pour cet effet on a fait des
uf ouvertures rondes d'environ
trois pieds de diametre , tant
à la voûte du plancher du
n
tre
36 Suite du Voyage
rez de chauffée qu'aux voûtes
des deux étages , comme auffi
à la Plate-forme. Les centres
de ces quatres ouvertures
font à plomb fur le centre
du vuide du degré à viz . Ainſi
tout cela ne fait que comme
un puits de vingt- quatre
toiſes & demie de profondeur.
Ce Puits de 147. pieds de
profondeur a ſes uſages ,
comme de ſervir à faire des
épreuves pour ſçavoir ſi pendant
le jour eſtant au fond
de ce Puits on verroit les E.
toiles au Zenit. Ilſert encore à
obſerver les degrez de l'accedes
Amb. de Siam.
37
תנ
atu
leration , de la cheute & defcente
des Corps en l'air & les
vibrations des Pendules au
deſſous de 147. pieds de longueur
, ſans craindre que le
mouvement de l'air y apporte
aucunes alterations. Il a
auſſi ſervy pour les Obfervations
des Barometres de plus
de 80. pieds de longueur ,
stant avec les Mercures ſeuls
qu'avec l'eau ſeule. Il a endcore
ſervy à experimenter
dans des tuyaux de fer blanc
ode mefme longueur , comsf
bien il faloit de hauteur d'eau
* pour éclater les tuyaux , d'où
aca l'on a tiré des connoiffances
bel
38 Suite du Voyage
dans ces
de la force que doivent avoir
les tuyaux par lefquels on
veut conduire les eaux qu'on
prend d'une hauteur , pour
Les élever àune ſemblable.
On a pratiqué
Carrieres des Chambres pour
connoiſtre ſi les grains &
les fruits s'y pourroient conſerver;
on a defcouvert differentes
qualitez de l'air enfermé
& fous-terrain & de
l'air découvert & libre ; ony a
fait cent experiences tant avecleThermometre
qu'avec
les Hydrometres , pour reconnoiftre
les differens ef
fets qui proviennent des dif-
7
des Amb. de Siam.
39
00
or ferens degrez de l'humide ,
duſec, du chaud & du froid,
or tant pendantl'hiver que penof
dant l'eſté , dont la Medecine
tirera un jour de grands a-
Co vantages.
OU De l'Appartement du rez
5 de chauffée on monte dans le
Cor premier & fecond étage ,&
dimeſme ſur la Plate forme de
en tout le Baſtiment par un Efcalier
auffi grand qu'il eſt
beau & hardy. Il eſt garny
d'une riche Balustrade de fer,
Lyd &paroiſt pendre en l'air, énya
re tant vuide par le milieu.
ef Comme les faces de ce ſuperdit
be Baftinent regardent dire40
Suite du Voyage
ctement les quatre parties du
Ciel,& que les feneftres du
ſecond étage ont chacune
huivo pieds de largeur , &
vingt- fix pieds de hauteur
d'appuy , elles permettent
aux Aftronomes de découvrir
tous les endroits duCiel ,
&de faire à couvert toutes
les Obervations qui n'ont
pas beſoin de plus grandes
Lunettes que de 15. ou 20.
pieds , & donnent lieu d'avoir
des Inſtrumens fixes &
inébranlables , eſtant ſcellées
dans les murs ; car pour les
Obſervationsqui demandent
de plus grandes Lunetes , elles
desAmb. de Siam.
41
du les ſe font ſur la Terrafle .
d Enfin ce Baſtiment eſt un
Magazin de tous les Inſtru-
,
e
mens neceſſaires aux Aſtrotell
nomes aux Geomettres ,
te aux Geographes , & à la
Cot Navigation. On y trouve
Ciel toutes les machines qui
uto concernent les Arts , avec
'on les machines de Guerre des
and Anciens , de forte qu'en peu
* de temps on y voit & on y
de apprend tout ce qui eft ner
esd ceffaire aux Ingenieurs ,& à
elle ceux qui dans les academies
tenſeignoient l'Art de fortiden
fier , & celuy de naviger.
, Monfieur Perrault qui a fait le
16 D
42 Suite du Voyage
Deſſein de la Façade du Louvre
, a été l'Architecte de
ceBaſtiment ,& ce qu'il fçait
de Medecine & de Mathematiques
, luy a donné licu
d'obſerver des choſes dans
da construction de cet Edifice
, que tous les autres architectes
ne ſont pas obligez
de ſeavoir. 5.
Aprés que les ambaffadeurs
curent conſideré ce
Baſtiment , dont la ſeule vûë
en dehors ne fait pas connoiſtre
toutes les choſes auf
quelles il eſt utile , ils entrerent
dans la premiere Sale, &
paſſerent dela dans la Tour
des Amb. de Siam.
43
he
마 Orientale , où ils virent didvers
Inftrumens pour obſerver
les Aftres , & admirerent
les prodigieux effets d'un
lia grand Miroir ardent de cinq
pieds de diametre , qui fur
Ed expofé au Soleil. Le feu prit
A à une barre de bois de pluige
fleurs pouces d'épaiffeur auffitoſt
qu'elle luy fut preſenaitée
, &le plomb fondit dans
l'inftant meſme qu'il fut exvu
poſée àfon foyer.
COP
A
Ils virent enſuite un Plaad
niſphere de M. de Caffini ,
qui coprend toutes les Etoiet
les viſibles fur l'Horiſon de e,
Tot Paris , & fert à trouver prom-
Dij
44 Suite du Voyage
ptement à chaque inſtant
leurs ſituations dans le Ciel.
Ils en comprirent aiſément
l'ufage , & prierent Monfieur
de Caffini de leur en faire
conſtruire de ſemblables pour
l'Horiſon de Siam. Ils firent
des Experiences ſur unBarometre
, & fur un Thermometre
, & conceurent les cauſes
Phyſiques de leurs mouvemens
, ſur lesquels ils s'entretinrent
long - temps , & ils
firent meſme quelques abjections
auſquelles ondrépondit.
On leur fit voir dans
cette même Tour des Lunettes
de differentes londesAmb.
de Siam.
45
am gueurs , & l'Ambaſſadeur s'é-
Cit tonna de la netteté d'une
en Lunette de vingt- cinq pieds,
ict avec laquelle il confidera
Fain les objets les plus éloignez, &
bot raifonna fur la difficulté d'en
ren avoir d'une extrême lon
aro gueur, comme de 200. pieds ,
oms qui étant braquées contre les
aufe Aftres , peuvent nonobſtant
uye la peſanteur de leurs tuyaux ,
garder leur rectitude , qui eft
abfolument neceffaire aux
ob Lunettes , & qui a toujours
te fait le chagrin des Aftronodan
mes ; mais M² Comiers ayant
Le experimenté qu'on peut fe
lor paffer de tuyaux , en publia
Diij
46 Suite du Voyage ...
l'invention en 1665. dans ſon
Livre de la nouvelle Science
de la nature & des préſages
des Cometes. Il a depuis en
1683.& 1684.inſeré ceTraité
de Lunettes dans les Tomes
des Mercures Extraordinaires.
Comme ils eſtoient fur
cette matiere , Mª Caffini leur
fit voir par experience que
l'on peut ſe ſervir de Lunettes
fans tuyaux , can ayant
placé àune feneſtreun Verre
objectif de 90.pieds de foyer,
au deçà duquel foyer il mit
un Verre oculaire , ils eurent
le plaiſir de regarder differeus
objets fortéloignez
des Amb. e
47 de Siam.
on C'eſt par dette maniere de
ne Lunettes ſans tuyau , que Mr
age Caffini à découvert depuis
5 peu deux nouveaux Satellites
cat de Saturne , qu'il a appellez
MO SIDERA LODOÏCE A.
na Ils entrerent dans ſon Appartement
, où ils virent une
let machine de cuivre compoqu
ſée des Cercles de la Sphere
and qui porte un verre objectif
yas de 140. pieds de longueur de
Vets foyer Solaire , & qui par le
by mouvement d'une Montre
mi ou Horloge à reffort , fait le
red mouvemet diurne de l'Aſtre,
Life lors que l'Aftre n'eſt élevé
gna fur l'Horison que de deux on
48 Suite du Voyage .
trois degrez. On met cette
machine à la hauteur de fix
àſept pieds , de telle maniere
que la furface du verre seſt
paralelle au diſque de l'Aftre
, & on s'en recule en ligne
droite de la longueur de
140. pieds où l'on place le
verre oculaire , en forte que
les quatre centres , ſçavoir
celuy de l'Aſtre , celuy de
la ſurface du verre objectif,
celuy du verre oculaire,& celuy
de l'ouverture de la prunelle
de l'oeil , foient en une
même ligne droite;& lorſque
Paſtre est beaucoup élevé
fur l'Horison , cette machine
des Amb. de Siam. 49
et ne eſt à proportion élevée en
el l'air par le moyen d'une cormit
de vers les Angles ou coins
de la Tour de bois de 150.
|| pieds de hauteur , qui eſt au
en devant de la face meridionaur
le de l'Obſervatoire ; mais il
ace faut- par un long uſage
red aprendre à ſuivre l'Aſtre aavec
le verre oculaire , en forayt
te que l'oeil décrive un cerject
cle preſque de 141. pieds de
& rayons , dont le verre eſt le
a pro centre.
en u Ils y virent encore un
arlos grand Anneau Aſtronomique
éles qui ſert à trouver par le Somachi
leil l'heure & la minute , auf-
#fibien que la déclinaiſon de
50 Snite du Voyage
l'Aiman pour l'uſage de la
Navigation. Ils firent experience
d'un Niveau Lunette
, qui ſe met promptement
en, équilibre. Ils confidererent
la figure de la Lune faite avec
une grande exactitude & les
concavitez , & éminences
que l'on voit dans ſa ſurface.
Ils entrerent enſuite dans
la Tour Occidentale , où Mr
deCaffini a fait faire unegráde
Carte Geographique, fondée
principalement ſur les
Obſervations des Eclipſes
de Lune , & des Satellites
de Jupiter , aprés avoir donné
la methode de les calcu
des Amb. de Siam .
51
ler. Cette Carte eft gravée
pt & pcinte ſur le pavé fait de
me pierres plates dans un Cera
cle gradué de 28. pieds de
ere diametre , noſtre Pôle ter
ak reſtre Septentrional eſtant
au centre dudu cercle de forte
end que c'eſt une projection fur
face la furface de l'Hemisphere
dr Septentrional, ſuppoſant l'oeil
ulau Pole celeſte du Nord, & bié
es que cette projection ne puiffe
to donner que la partie Septenur
trionale de la terre depuis l'EClip
quateur , on y a neanmoins aellt
jouté la deſcription & la figu-
-da re des terres & des mers qui
cals font meſme au delà du Tro-
1
E ij
52 Suite du Voyage
pique d'hyver , afin de voir
enſemble , & tout d'un coup,
toutes les parties de la terre
que nous connoiſſons habitables.
C'eſt pourquoy le
premier Ambaſſadeur , bien
qu'il n'ait aucune connoiffance
de nos lettres ou cara-
Eteres , reconnut d'abord le
Royaume de Siam , & les
Royaumes circonvoiſins. Il
diftingua l'amerique, & plufieurs
autres Parties du Mondequ'il
borna. Il fit la defcription
de leur voyage juſques
à Paris , dont il marqua la
route ſans hefiter , & fans ſe
méprendre , & fit voir qu'ils
des Amb. de Siam, 53
of avoient paffé au delà des
Azores quand les Pilotes ſe
crurent eſtre fort prés de la
br France. Il faut remarquer
+ que la Carte de l'Obſervaroi-
Die re ne met pas plus de diſtanof
ce entre Siam , & les Azores
ath que les autres Cartes en metdl
tent entre Siam , & les coſtes
de France , les Obferva-
5. tionsayant obligé M. de Cafpe
fini à diminuer toutes les diffor
ferences des longitudes dans
fort les continents , & à laiſſer à
que la Mer Paſſifique une étennal
duë beaucoup plus grande.
ns Ainfi le Royaume de Siam
qui ſe trouve trois cens lieuës
E iij
54 Suite du Voyage
moins éloigné de France que
toutes les anciennes Cartes &
les Globes de Hollande ne le
marquent. Cette correction
faite à la Geographie & à
l'Hydrographie a eſté confirmée
par les Obſervations que
l'on a faites depuis ,& particulierement
par celles des deux
Eclipſes de Lune de 1683 .
& 1685.faites à Paris& à Siam .
Les Péres deFontenay & Tachard
Jefuites , ont fait la derniere
en prefence du Roy de
Siam , & c'eſt ce qui a donné
lieu à ce Prince d'avoir un
Obſervatoire dans ſa Ville
Capitale , & de demander
des Amb. de Siam .
55
douze Jefuites pour vaquer
aux Obſervations. Cela pourera
leur donner occaſion de
id faire paroiſtre leur grand zele
pour la Foy.
Les Ambaſſadeurs monqu
terent enſuite fur la Plateforin
me dont je vous ay déja parlé
, & regarderent la Ville de
Paris tant à la veuë fimple
at qu'avec des Lunettes. Le
Premier Ambaſſadeur ayant
de demandé où étoit le Chafteau
de Berny afin de s'orien-
Hot ter , il reconnut Vincennes ,
Montmartre & Sceaux où il
avoit eſté , & quelques ennds
droits des plus remarquaru
E iiij
16 Suite du Voyage..
bles des environs de Paris,
qu'on luy avoit fait voir lors
qu'il eſtoit dans les lieux que
je viens de vous nommer. Cela
ſurprit tous ceux qui le remarquerent
, & luy attira
beaucoup de loüanges. Ils
deſcendirent aprés dans la
grande Salle qui eſt faite
pour la deſcription de la
Meridienne , & pour y marquer
le cours du Soleil. Ils
loüerent Monfieur de Caffini
à diverſes repriſes , & le Premier
Ambaſſadeur dit pluſieurs
fois , qu'il voudroit bien
qu'ily eust un monsieur de Caffini
à Siam. Apres avoir vu toudes
Amb. de Siam.
57
re
$ tes les choſes que je vous ay
marquées, ils entrerent dans
la Salle des Machines , où ils
en virent d'abord une qui
* donne les Eclipſes de Lune,
&de Soleil , dans tous les
| temps propoſez , leur juſte
grandeur , la partie du mon-
Fat de où elles ſe voyent , & l'Ael
pogée , & Perigée de la Lune
qui ſe voit dans chaque Lu-
| naiſon , d'une maniere aiſée
& en tournant ſeulement une
manivelle.L'Ambaſſadeur deph
manda à M. Couplet qui luy
faifoit voir cette Machine ,
Pre
l'Eclipse du 21. deMayde cettol
te année, qu'il trouva entour-
Ev
58 Suite du Voyage
د
nant luy-même la manivelle
& en cótinuant de la tourner,
il.faifoit remarquer ſi l'Eclipſe
que la Machine montroit
eſtoit ou de Soleil ou de Lune.
Il vit enſuite une Machine
pour les Planetes ſuivant
le Syſteme de Copernic
elle peut eſtre nommée Ephemeride
parlante pour
trouver l'état du Cielen quelque
temps qu'on le propoſe ,
ſçavoir paflé , preſent , & avenir
, la longitude , & la latitude
de chaque Planete , &
par confequent ſon vray
lieu dans le Ciel tel jour
qu'on voudra , en tournant
des Amb. de Siam.
59
, fimplement une manivelle
* ainſi que dans la Machine
I precedente. On y voit la vi-
10 teffe , & la lenteur de chaque
Planete , ſon excentricichte
, & lors qu'elle nous paroiſt
var ſtationnaire , ou retrogarde.
ic Cette Machine eft conſtruiel
te de telle maniere que nepo
ceſſairement elle fait tanqut
toſt la viteſſe , & tantoſt la
bok lenteur de chaque Planette
ſuivant qu'elle s'aproche ou
al s'éloigne du Soleil dans fon
e, Apogée & fon Perigée.
vr L'Ambaſſadeur fut longjot
temps à confiderer de comna
bien Saturne alloit plus len60
Suite du Voyage
tement que les autres Planetes.
Mr Couplet luy dit qu'il
estoit prés de trente ans àfairefon
cours , & que Mercure qu'il marquoit
allerſi viſte, n'étoit qu'environ
80. jours àfaire lefien.
Ces deux Machines ont eſté
faites par Me Thuret , Horlogeur
du Roy; dont la reputation
eſt repanduë dans
toutes le parties du monde
à cauſe de la bonté de ſes
Pendules .
L'Ambaſſadeur fit auſſi
mouvoir luy meſine dans la
Salle dont je vous viens de
parler une Machine qui fert
à ſcier pluſieurs pierres à la
desAmb. de Siam. 6г
ер
fois , & montra les actions
du moteur à ceux qui l'ac-
La cu- compagnoient.
# rioſité le porta juſqu'à démonter
une autre Machine
pour en voir l'interieur,& cofnoiſtre
par là ſi les pieces efſencielles
avoient du rapport
en a ce qu'il s'en eſtoit imaginé.
Il confidera toutes les diffe-
One rentes Machines ſervant aux
ef Mécaniques, que Me Perrault
a fait conſtruire , & deffiannées
dans ſon Traité de Vians
truve.
as On luy fit voir uneMachine
Pneufmatique avec laquelle
on fait des experiences du
62 Suite du Voyage
vuide. Il prit plaifir àconfiderer
deux autres Machines ,
l'une à faire des étofes, & l'autre
avec laquelle on dévide
cent bobines de ſoïe à la fois.
Il en fit aufli mouvoir une autre
propre à netoyer les Ports
de mer , ainſi que pluſieurs
autres & particulierement
celle qui eſt la Catapulte des
anciens , tirée auſſi de Vitruve
par Monfieur Perrault , & il
remarqua enfin les principaux
mouvemens de toutes
les Machines qui estoient
dans cette Salle , & qui luy
furent montrées , & expliquées
par Me Couplet , qu'il
des Amb. de Siam.
63
remercia avec beaucoup
$ d'honnêteté de toute la peine
qu'il s'étoit donnée.
10
2
Il vit avant que de fortir
e de cette Salle deux Trompettes
parlantes de differente figure
, qui étoient poſées ſur
its une fenêtre. Il pria que par le
e moyen de l'une de ces Tromed
pettes on fiſt arrêter un homrur
me qui paffoit à un demi-
& quart de lieuë de là ou enviinc
ron.On dit à cet homme qu'il
our ne paſſaſt point outre & il
Dit s'arrêta en regardant de tous
¡ coſtez d'où venoit la voix
xp qu'il avoit entenduë.
qui
Lors qu'ils furent defcen64
Suite du Voyage
dus fur la terraffe , ils regarderent
divers objets par une
Lunette de trente - quatre
pieds , & virent dans l'image
du Soleil fur le papier une
tache de cet Aftre qui paroiſſoit
depuis quelques jours.
L'Ambaſſadeur apres l'avoir
examinée dit en ſouriant , &
en faiſant alluſion aux mouches
dont ſe ſervent les femmes
, Que les Dames de France
avoient raiſon de mettre des taches
noires fur le roiſage , qu'il
n'en estoit plus surpris , & que
comme la beauté de la pluspart
d'elles approchoit déja de celle du
Soleil , il voyoit bien qu'elles vouloient
desAmb. de Siam.
υς
10
OU
loient luy reſſembler en tout , &
qu'elles aimoient tellement cet Aftre
qu'elles se faisoient un ornement
deſes taches mesmes. Iltê-
■ moigna enſuite à Me de Caffini
la fatisfaction qu'il avoit
euë de voir tout ce qu'il avoit
pris la peine de luy expliquer,
& luy dit qu'il reviendroit
un autre jour pour voir quelque
fet choſe au Ciel & pour conferer avec
luy ſur quelques pensées , que
des les entretiens qu'ils venoient d'avoir
luy avoient fait naiſtre. Je
ne vous raporte rien icy dont
je n'aye eſté temoin ; tout ce
que je vous cite de l'Ambaffadeur
, je l'ay entendu moyno
Loit
F
66 Suite du Voyage
mefme. Il auroit monté à
l'appartement de Monfieur de
la Hire , s'il n'euſt point été
preffé de fortir pour ſe rendre
où il eſtoit attendu , & il
y auroit vu des chofes dignes
de ſa curioſité , & capables
d'exercer ſon eſprit.Monfieur
Borelly , de l'Academie
des Sciences , s'étoit auſſi preparé
àluy en faire voir quantité
qui luy auroient donné
beaucoup de plaifir , mais les
mêmes raiſons l'empeſcherent
de s'arrêter plus longtemps.
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Résumé : Description de l'Observatoire, & de tout ce qu'il contient de curieux, & de Machines, avec les choses remarquables dites par les Ambassadeurs, [titre d'après la table]
Les ambassadeurs de Siam ont visité l'Observatoire Royal de Paris, situé à l'extrémité sud de la ville. Cet observatoire, conçu pour offrir une vue dégagée des astres, évite les vapeurs de la Seine et les fumées des maisons. Le bâtiment est de forme carrée avec trois tours : deux octogonales aux coins sud et une carrée au nord. Ces tours abritent des lunettes astronomiques pour observer les planètes et les étoiles. La tour nord est équipée d'une plateforme pour les observations et d'une terrasse élevée pour les instruments. L'Observatoire comprend deux étages voûtés et un puits profond de 147 pieds, utilisé pour diverses expériences scientifiques, comme observer les étoiles au zénith ou tester la résistance des tuyaux. Les ambassadeurs ont admiré les instruments et les expériences, notamment un miroir ardent et un planisphère. Ils ont également vu des lunettes de différentes longueurs et ont appris l'utilisation des lunettes sans tuyaux pour découvrir de nouveaux satellites de Saturne. L'Observatoire abrite également une machine astronomique et un anneau astronomique pour déterminer l'heure et la déclinaison magnétique. Une grande carte géographique, basée sur les observations des éclipses et des satellites de Jupiter, est gravée sur le pavé. Les ambassadeurs ont reconnu leur royaume et d'autres parties du monde sur cette carte. L'architecte de l'Observatoire, Monsieur Perrault, a intégré des connaissances en médecine et en mathématiques dans la construction. Les observations astronomiques et les corrections apportées à la géographie et à l'hydrographie par M. de Cassini ont réduit la distance entre le Siam et les Azores, ainsi qu'entre le Siam et les côtes de France, confirmées par les éclipses de lune de 1683 et 1685. Les pères jésuites De Fontenay et Tachard ont joué un rôle clé dans ces observations, ce qui a conduit le roi de Siam à établir un observatoire et à demander des jésuites pour les observations. Les ambassadeurs ont également visité Paris et ont été impressionnés par les machines et les observations astronomiques. Ils ont vu des machines montrant les éclipses et les mouvements des planètes, construites par Me Thuret. Les ambassadeurs ont également examiné diverses machines mécaniques et pneumatiques, et ont été impressionnés par les trompetes parlantes capables de communiquer à distance. L'ambassadeur a exprimé sa satisfaction et a promis de revenir pour discuter davantage. Il a également fait des remarques sur les taches solaires, comparant les taches sur le visage des femmes à celles du Soleil.
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24
p. 58-59
Les Ambassadeurs vont pour la seconde fois voir la Maison de Monsieur à S. Cloud. [titre d'après la table]
Début :
Le jour qu'ils partirent de Versailles pour retourner à [...]
Mots clefs :
Monsieur, Maison de Saint-Cloud, Appartements, Paris
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texteReconnaissance textuelle : Les Ambassadeurs vont pour la seconde fois voir la Maison de Monsieur à S. Cloud. [titre d'après la table]
Le jour qu'ils partirent de
Verſailles pour retourner à
Paris , ils demanderent en
chemin, qu'on les fift paffer par
S. Cloud , afin qu'ils pûffent
voir encore la Maison de Monfieur,
qui leur avoit paru fi bel.
le le jour qu'ils curentAudiance
deMonfieur le Duc de Chartres,
&de Mademoiselle. Comme
ce jeune Prince n'y logeoit
pas alors, il ne s'y trouva aucune
perſonne de marque,
queM Aubert Introducteur
des Ambaſſadeurs auprés de
des Amb de Siam. 59
rerent ,
S. A. R. qni prit le ſoin de
leur faire voir tous les Appartemens
, & de faire jouër
toutes les eaux. Ils les admi
& fur tout la Caſcade
& le grand Jer. Les Appartemens
leur parurent plus
beaux que le premier jour,
&la nuit ſeule les pût arracher
d'un lieu fi delicieux ;
deſorte qu'ils arriverent fort
tard à Paris.
Verſailles pour retourner à
Paris , ils demanderent en
chemin, qu'on les fift paffer par
S. Cloud , afin qu'ils pûffent
voir encore la Maison de Monfieur,
qui leur avoit paru fi bel.
le le jour qu'ils curentAudiance
deMonfieur le Duc de Chartres,
&de Mademoiselle. Comme
ce jeune Prince n'y logeoit
pas alors, il ne s'y trouva aucune
perſonne de marque,
queM Aubert Introducteur
des Ambaſſadeurs auprés de
des Amb de Siam. 59
rerent ,
S. A. R. qni prit le ſoin de
leur faire voir tous les Appartemens
, & de faire jouër
toutes les eaux. Ils les admi
& fur tout la Caſcade
& le grand Jer. Les Appartemens
leur parurent plus
beaux que le premier jour,
&la nuit ſeule les pût arracher
d'un lieu fi delicieux ;
deſorte qu'ils arriverent fort
tard à Paris.
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Résumé : Les Ambassadeurs vont pour la seconde fois voir la Maison de Monsieur à S. Cloud. [titre d'après la table]
Lors d'un voyage de Versailles à Paris, les voyageurs s'arrêtèrent à Saint-Cloud pour revoir la Maison de Monsieur. Ils rencontrèrent Monsieur Aubert, qui leur fit visiter les appartements et les fontaines. Ils quittèrent les lieux tard dans la nuit, arrivant ainsi très tard à Paris.
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25
p. 68-70
Visite & conversation de Me de Sully. [titre d'après la table]
Début :
Pendant le séjour qu'ils ont fait à Paris, depuis leur retour [...]
Mots clefs :
Duchesse de Sully, Paris, Premier ambassadeur, Conversation, Hôtel de Sully
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texteReconnaissance textuelle : Visite & conversation de Me de Sully. [titre d'après la table]
Pendant le féjour qu'ils ont
fait à Paris, depuis leur retour
de Verſailles juſqu'à leur dé
partpour Flandres, ils ont re
des Amb. de Siam. 69
çûplaſieurs viſites des perfonnes
de la premiere qualité, &
entr'autres de Madame la Duchefſe
du Sully , qui leur dit ,
qu'elle avoit oüy dire tant de
bien d'eux, que quand elle devroit
leur estre incommode, elle ne pouvoit
s'empeſcher d'avoir l'hon
neur de les voir. Le premier
Ambaſſadeur répondit , que
lesſeules bontezqu'on avoit pour
eux, leur attiroient cet honneur.
Enſuite on lia une converſation
affez longue ſur ce qui
regarde la France, & particulierement
Paris ; & le premier
Ambaſſadeur marqua , qu'il
70 III . P. du Voyage
ſeſouvenoit d'avoir vù le jour
de ſon Entrée l'Hostel de Sully
dans la rüe S. Antoine. La converſation
fut longue, & il eft
aisé de s'imaginer qu'elle ne
pouvoit languir entre des perfonnes
d'efprit. Les Ambaffadeurs
ont fait voir depuis
qu'ils font en France , qu'ils
en ont beaucoup , & il y a
longtemps que celuy deMadame
deSully eft connu.
fait à Paris, depuis leur retour
de Verſailles juſqu'à leur dé
partpour Flandres, ils ont re
des Amb. de Siam. 69
çûplaſieurs viſites des perfonnes
de la premiere qualité, &
entr'autres de Madame la Duchefſe
du Sully , qui leur dit ,
qu'elle avoit oüy dire tant de
bien d'eux, que quand elle devroit
leur estre incommode, elle ne pouvoit
s'empeſcher d'avoir l'hon
neur de les voir. Le premier
Ambaſſadeur répondit , que
lesſeules bontezqu'on avoit pour
eux, leur attiroient cet honneur.
Enſuite on lia une converſation
affez longue ſur ce qui
regarde la France, & particulierement
Paris ; & le premier
Ambaſſadeur marqua , qu'il
70 III . P. du Voyage
ſeſouvenoit d'avoir vù le jour
de ſon Entrée l'Hostel de Sully
dans la rüe S. Antoine. La converſation
fut longue, & il eft
aisé de s'imaginer qu'elle ne
pouvoit languir entre des perfonnes
d'efprit. Les Ambaffadeurs
ont fait voir depuis
qu'ils font en France , qu'ils
en ont beaucoup , & il y a
longtemps que celuy deMadame
deSully eft connu.
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Résumé : Visite & conversation de Me de Sully. [titre d'après la table]
Pendant leur séjour à Paris, après leur retour de Versailles et avant leur départ pour la Flandre, les ambassadeurs de Siam ont reçu plusieurs visites de personnalités influentes, dont Madame la Duchesse du Sully. Cette dernière a exprimé son admiration pour les ambassadeurs, déclarant qu'elle avait entendu beaucoup de bien à leur sujet et souhaitait les rencontrer malgré l'inconfort que cela pourrait lui causer. L'ambassadeur principal a répondu que seules les bontés qu'on leur témoignait leur valaient cet honneur. La conversation a porté sur la France et particulièrement sur Paris. L'ambassadeur a mentionné avoir vu l'Hôtel de Sully lors de son entrée dans la rue Saint-Antoine. La discussion a été longue et animée, reflétant l'esprit des personnes présentes. Les ambassadeurs ont démontré leur intelligence et leur esprit durant leur séjour en France, et la visite de Madame de Sully est bien connue depuis longtemps.
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26
s. p.
AU LECTEUR.
Début :
L'Ambassade de Siam en France estant finie, & les quatre Volumes [...]
Mots clefs :
Voyage, Siam, France, Volume, Description, Lecteur, Villes, Paris, Roi, Ambassadeurs
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texteReconnaissance textuelle : AU LECTEUR.
AU LECTEUR.
L'Ambassade de Siam en France
estantfinie 3 & les quatre Volu
mes qui la coins osent , remplissant
' quatre secondes Partits de quatre
.Mercures , on a souhaite de voirácjr
en feu de paroles , & comme en un
seul.corps j tout ce que cette Ambas
sade contient , parce qu'on les prend
les uns pour les autres , quoy que lét
difference en soit grande. Ze pre
mier Volume a pour Titre ,
Voyage des Ambastàdeur s de Siam eu
France, contenanr la Reception qui. leur
a esté faite dans les Villes où ils onc pa£
fé , leur Entrée à Paris , les Ceremonies
ebservées dans l' Audience qu'ils ©nreuë
du Roy Sc de la Maison Royale, les
.ÇomgUmens q u ils ont faits , la Defisri .
AU LECTEUR.
ption des lieux oìi ils ont este ,& ce qu'ils
ont die de remarquable fur tout ce qu'ils
ont veu.
Le second Volume a pour Titre ,
Suite du Voyage des Ambassadeurs de Siam
en France , contenant ce qui s'est passé à l'Au
dience de Madame ia Dauphine , des Princesses
du Sang» & de MrsdeCroissy & dcSeignekyv
avec une Description exacte des Chasteaux,
Appartemtns j Jardins» , & Fontaines de Ver
sailles, S. Germain , Marly & Clagny ; de la
Machine de Marly , des Invalides, de l'Observatoire
, de S. Cyr , & de ce que ces Ambassa
deurs ont veu dans tous les autres lieux où ils
ont esté depuis la premiere Relation ; à quoy
l'en joint le Discours qu'ils ont fait au Róy .
Lt troijièmc Volume a pour Titre,
Troisième Partie du Voyage des Ambassa
deurs de S iam en France , contenant la fuite de
la De script ion de Versailles, celle des Chevaux
qui font dans les deux Ecuries du Roy , cc qui
s'est passe dans les Visites qui leur ont este renuè's
, les experiences de la pesanteur de l'air
faites devant eux , la Description de la Galerie
de Sceaux , & les Receptions avec toutes lés
Herangues qu'on leur a faites dans toutes les
Villes de Flandres.
Ze quatrième Volume a pour Titre,
Quatrième Sc derniere Partie du Voyage dis
AU LECTEUR.
Ambassadeurs de Siamen France , contenant là
fuite de kur Voyage de Flandres depuis Valenciennes
jusqu'à Paris , la Description des Villes
où ils ont passe , & les Harangues de tous les
Corps , ce qu'ils out veu à Paris depuis leur rc.
tour , avec une Description de tous les lieux où
ils ont esté> & de la Feste donnee par Monsiuur
à S. Cloud , leurs Voyages à Ver(âilles—> leur
Audience de conge , & les dix-sept Audiences'
qu'ils eurent lemesme jour > avec tous les Com.
Íiliniens qu'ils ont faits , la liste des Presens qui
euroiit cité donnez, ce qui s'est passe à leur
départi & les noms des Personnes distinguees
qui vont à Siam.
La moitié du Met cure de Jsuillce
de l'annèe derniere , & la seconde
Partie du mejme Mercure• , contien
nent une Relation du Voyage que
M. le Chevalier de Chaumont a
fait à Siam S en qualité d'Ambas
sadeur de Sa Majesté. On. y trouve
beaucoup de choses dont il n'a poiut
parlé dam celle qu'il a donnée au,
Public j & elle ne doit pas eftre cotlfonduë
avec les quatre Volumes du
Voyage des Ambassadeurs de Siam
eu prance.
L'Ambassade de Siam en France
estantfinie 3 & les quatre Volu
mes qui la coins osent , remplissant
' quatre secondes Partits de quatre
.Mercures , on a souhaite de voirácjr
en feu de paroles , & comme en un
seul.corps j tout ce que cette Ambas
sade contient , parce qu'on les prend
les uns pour les autres , quoy que lét
difference en soit grande. Ze pre
mier Volume a pour Titre ,
Voyage des Ambastàdeur s de Siam eu
France, contenanr la Reception qui. leur
a esté faite dans les Villes où ils onc pa£
fé , leur Entrée à Paris , les Ceremonies
ebservées dans l' Audience qu'ils ©nreuë
du Roy Sc de la Maison Royale, les
.ÇomgUmens q u ils ont faits , la Defisri .
AU LECTEUR.
ption des lieux oìi ils ont este ,& ce qu'ils
ont die de remarquable fur tout ce qu'ils
ont veu.
Le second Volume a pour Titre ,
Suite du Voyage des Ambassadeurs de Siam
en France , contenant ce qui s'est passé à l'Au
dience de Madame ia Dauphine , des Princesses
du Sang» & de MrsdeCroissy & dcSeignekyv
avec une Description exacte des Chasteaux,
Appartemtns j Jardins» , & Fontaines de Ver
sailles, S. Germain , Marly & Clagny ; de la
Machine de Marly , des Invalides, de l'Observatoire
, de S. Cyr , & de ce que ces Ambassa
deurs ont veu dans tous les autres lieux où ils
ont esté depuis la premiere Relation ; à quoy
l'en joint le Discours qu'ils ont fait au Róy .
Lt troijièmc Volume a pour Titre,
Troisième Partie du Voyage des Ambassa
deurs de S iam en France , contenant la fuite de
la De script ion de Versailles, celle des Chevaux
qui font dans les deux Ecuries du Roy , cc qui
s'est passe dans les Visites qui leur ont este renuè's
, les experiences de la pesanteur de l'air
faites devant eux , la Description de la Galerie
de Sceaux , & les Receptions avec toutes lés
Herangues qu'on leur a faites dans toutes les
Villes de Flandres.
Ze quatrième Volume a pour Titre,
Quatrième Sc derniere Partie du Voyage dis
AU LECTEUR.
Ambassadeurs de Siamen France , contenant là
fuite de kur Voyage de Flandres depuis Valenciennes
jusqu'à Paris , la Description des Villes
où ils ont passe , & les Harangues de tous les
Corps , ce qu'ils out veu à Paris depuis leur rc.
tour , avec une Description de tous les lieux où
ils ont esté> & de la Feste donnee par Monsiuur
à S. Cloud , leurs Voyages à Ver(âilles—> leur
Audience de conge , & les dix-sept Audiences'
qu'ils eurent lemesme jour > avec tous les Com.
Íiliniens qu'ils ont faits , la liste des Presens qui
euroiit cité donnez, ce qui s'est passe à leur
départi & les noms des Personnes distinguees
qui vont à Siam.
La moitié du Met cure de Jsuillce
de l'annèe derniere , & la seconde
Partie du mejme Mercure• , contien
nent une Relation du Voyage que
M. le Chevalier de Chaumont a
fait à Siam S en qualité d'Ambas
sadeur de Sa Majesté. On. y trouve
beaucoup de choses dont il n'a poiut
parlé dam celle qu'il a donnée au,
Public j & elle ne doit pas eftre cotlfonduë
avec les quatre Volumes du
Voyage des Ambassadeurs de Siam
eu prance.
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Résumé : AU LECTEUR.
La série de volumes relatant l'ambassade de Siam en France décrit les différentes étapes du voyage des ambassadeurs. Le premier volume, 'Voyage des Ambassadeurs de Siam en France', détaille leur réception dans diverses villes, leur entrée à Paris, et les cérémonies avec le roi et la maison royale. Le second volume, 'Suite du Voyage des Ambassadeurs de Siam en France', couvre les audiences avec Madame la Dauphine, les princesses du sang, et des dignitaires, ainsi que des descriptions des châteaux et jardins de Versailles, Saint-Germain, Marly et Clagny, et d'autres lieux comme la Machine de Marly et les Invalides. Le troisième volume, 'Troisième Partie du Voyage des Ambassadeurs de Siam en France', inclut des descriptions de Versailles, des écuries royales, des expériences scientifiques, et des réceptions en Flandres. Le quatrième volume, 'Quatrième et dernière Partie du Voyage des Ambassadeurs de Siam en France', relate le retour des ambassadeurs de Flandres à Paris, les observations sur les villes traversées, les harangues des corps, et les audiences de congé. De plus, le Mercure de Juillet contient une relation du voyage du Chevalier de Chaumont à Siam.
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27
p. 130-132
Arrivée des Ambassadeurs à Paris, & les remerciemens qu'ils font au Roy, à la maniere de leur Pays. [titre d'après la table]
Début :
Si-tost qu'ils furent de retour à Paris, & qu'ils se virent [...]
Mots clefs :
Paris, Roi, Remercier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Arrivée des Ambassadeurs à Paris, & les remerciemens qu'ils font au Roy, à la maniere de leur Pays. [titre d'après la table]
Si-toſt qu'ils furent de retour
à Paris , & qu'ils ſe virent
dans l'Apartement qu'ils
ont toûjours occupé à l'HôteldesAmbaſſadeurs
Extraordinaires,
ils ſe tournerent du
coſté de Verſailles , & firent
trois profondes inclinations
pour remercier leRoy, ſuivant
l'uſage de leur Pays. On leur
des Amb. de Siam, 131
demanda s'ils n'avoient point
eſté incommodez pendant
leur Voyage , &s'ils n'avoient
point ſenty de froid , & ils
répondirentqu'ils avoient toujours
eftéà couvert des vertus du
Roy. M Torf partit dés le
lendemain pour aller enCour
rendre compte de ceVoyage.
Les Ambaſſadeurs luy direne
que leur respect les empefchoit
de le prier de remercier le Roy
de leurpart ; mais qu'il les obligeroit
s'il remercioitM de Seignelay,
des ordres qu'il avoit
donnez pour leur reception dans
toutes les Villes de Flandres,
132 IV. P. du Voyage
jusqu'à ce qu'ils euſſent l'avantage
de l'en remercier eux-mesmes.
à Paris , & qu'ils ſe virent
dans l'Apartement qu'ils
ont toûjours occupé à l'HôteldesAmbaſſadeurs
Extraordinaires,
ils ſe tournerent du
coſté de Verſailles , & firent
trois profondes inclinations
pour remercier leRoy, ſuivant
l'uſage de leur Pays. On leur
des Amb. de Siam, 131
demanda s'ils n'avoient point
eſté incommodez pendant
leur Voyage , &s'ils n'avoient
point ſenty de froid , & ils
répondirentqu'ils avoient toujours
eftéà couvert des vertus du
Roy. M Torf partit dés le
lendemain pour aller enCour
rendre compte de ceVoyage.
Les Ambaſſadeurs luy direne
que leur respect les empefchoit
de le prier de remercier le Roy
de leurpart ; mais qu'il les obligeroit
s'il remercioitM de Seignelay,
des ordres qu'il avoit
donnez pour leur reception dans
toutes les Villes de Flandres,
132 IV. P. du Voyage
jusqu'à ce qu'ils euſſent l'avantage
de l'en remercier eux-mesmes.
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Résumé : Arrivée des Ambassadeurs à Paris, & les remerciemens qu'ils font au Roy, à la maniere de leur Pays. [titre d'après la table]
À Paris, les ambassadeurs du Siam inclinèrent trois fois vers Versailles pour remercier le roi. Ils affirmèrent être protégés par ses vertus. Le lendemain, M. Torf informa la cour. Les ambassadeurs demandèrent à remercier M. de Seignelay pour leur accueil en Flandres.
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28
p. 180-184
Present fait aux Ambassadeurs par Mr le President de Fourcy. [titre d'après la table]
Début :
Le lendemain de cette Fête, Mr le President de Fourcy [...]
Mots clefs :
Henri de Fourcy, Plan de Paris, Plan, Paris, Président, Prévôt des marchands
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Present fait aux Ambassadeurs par Mr le President de Fourcy. [titre d'après la table]
Le lendemain de cette Fête,
Mr le Preſident de Fourcy
Prevoſt des Marchands , qui
avoit ouy dire que les Ambaffadeurs
fouhaitoient avoir
des Amb. de Siam. 181.
un Plan de Paris, leur envoya
celuy que feu M'Blondel a
levé , qui eſt le plus beau , le
plus correct & le plus nouveau
que nous ayons. Il l'avoit
fait imprimer ſur du Satin
blanc au lieu de Papier.
Ce Plan eſtoit doublé d'un
tres- riche Brocard d'or , derriere
lequel pendoit un tafetas
vert qui retournoit par
deſſus pour le cacher quand
on vouloit le couvir. La gorge,
& le rouleau qui estoient
en haut & en bas eſtoient
de Sculpture dorée , & tous
couverts de Fleurs de Lys,
182 IV. P. du Voyage
L'Ambaſſadeur à qui ce pre
fent fut tres- agreable , ſe fit
aufli-tôt montrer pluſieurs
endroits de Paris. Il en reconnut
beaucoup où il avoit eſté,
& s'eftant fait expliquer en
quoy conſiſtoient ceux qu'il
n'avoit pas vûs, on peut dire
qu'en ce peu de temps , il
connut mieux cette grande
Ville que beaucoup d'autres
qui ont eſté pluſieurs mois à
étudier ce Plan. Il fit de
grands remerciments à ceux
qui le luy avoient preſenté ,
& les pria de dire à M. le
Prevoſt des Marchands , que
des Amb. de Siam. 183.
quand il luy auroit donné des
treſors , il luy auroit beaucoup
moins fait de plaisir qu'en luy
faiſant preſent de ce Plan ; qu'il
s'en souviendroit toute sa vie ,
qu'il le donneroit au Roy fon
Maistre , & qu'il croyoit que
de tout ce qu'il luy portoit, c'estoit
une des choses qui luy plairoit
davantage. Il fit enſuite donner
quelque argent , non pas
à ceux qui luy avoient preſenté
ce Plan , mais à ceux
qui l'avoient apporté ;& pendant
fon Voyage de Flandre,
il a ſouvent fait de pareilles
liberalitez. Tout ceux qui ſe
184 IV. P. dis Voyage
P
trouverent auprés de luy lors
qu'on luy fit ce preſent , ne
purent
purent s'empêcher de louer
galante magnificence
M. le Preſident de Fourcy ,
qui auroit pû envoyer ce Plan
imprimé fur du Papier,& fans
aucun ornement. Le même
Mr de Fourcy ayant appris
que l'Ambaſſadeur ſouhaitoit
avoir un abregé de l'Etat de
la Ville de Paris , luy en fit
faire un qu'il luy envoya
quelques jours aprés .
Mr le Preſident de Fourcy
Prevoſt des Marchands , qui
avoit ouy dire que les Ambaffadeurs
fouhaitoient avoir
des Amb. de Siam. 181.
un Plan de Paris, leur envoya
celuy que feu M'Blondel a
levé , qui eſt le plus beau , le
plus correct & le plus nouveau
que nous ayons. Il l'avoit
fait imprimer ſur du Satin
blanc au lieu de Papier.
Ce Plan eſtoit doublé d'un
tres- riche Brocard d'or , derriere
lequel pendoit un tafetas
vert qui retournoit par
deſſus pour le cacher quand
on vouloit le couvir. La gorge,
& le rouleau qui estoient
en haut & en bas eſtoient
de Sculpture dorée , & tous
couverts de Fleurs de Lys,
182 IV. P. du Voyage
L'Ambaſſadeur à qui ce pre
fent fut tres- agreable , ſe fit
aufli-tôt montrer pluſieurs
endroits de Paris. Il en reconnut
beaucoup où il avoit eſté,
& s'eftant fait expliquer en
quoy conſiſtoient ceux qu'il
n'avoit pas vûs, on peut dire
qu'en ce peu de temps , il
connut mieux cette grande
Ville que beaucoup d'autres
qui ont eſté pluſieurs mois à
étudier ce Plan. Il fit de
grands remerciments à ceux
qui le luy avoient preſenté ,
& les pria de dire à M. le
Prevoſt des Marchands , que
des Amb. de Siam. 183.
quand il luy auroit donné des
treſors , il luy auroit beaucoup
moins fait de plaisir qu'en luy
faiſant preſent de ce Plan ; qu'il
s'en souviendroit toute sa vie ,
qu'il le donneroit au Roy fon
Maistre , & qu'il croyoit que
de tout ce qu'il luy portoit, c'estoit
une des choses qui luy plairoit
davantage. Il fit enſuite donner
quelque argent , non pas
à ceux qui luy avoient preſenté
ce Plan , mais à ceux
qui l'avoient apporté ;& pendant
fon Voyage de Flandre,
il a ſouvent fait de pareilles
liberalitez. Tout ceux qui ſe
184 IV. P. dis Voyage
P
trouverent auprés de luy lors
qu'on luy fit ce preſent , ne
purent
purent s'empêcher de louer
galante magnificence
M. le Preſident de Fourcy ,
qui auroit pû envoyer ce Plan
imprimé fur du Papier,& fans
aucun ornement. Le même
Mr de Fourcy ayant appris
que l'Ambaſſadeur ſouhaitoit
avoir un abregé de l'Etat de
la Ville de Paris , luy en fit
faire un qu'il luy envoya
quelques jours aprés .
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Résumé : Present fait aux Ambassadeurs par Mr le President de Fourcy. [titre d'après la table]
Le lendemain de la Fête, Monsieur le Président de Fourcy, Prévost des Marchands, reçut la demande des Ambassadeurs pour un plan de Paris. Il leur envoya un plan récent et précis, réalisé par feu Monsieur Blondel, imprimé sur du satin blanc et doublé de brocart d'or. Ce plan était protégé par un tafetas vert et orné de sculptures dorées et de fleurs de lys. L'Ambassadeur, très satisfait, se fit montrer plusieurs lieux de Paris et reconnut des endroits déjà visités. Il exprima sa gratitude et promit de donner ce plan au Roi de Siam, le qualifiant de cadeau exceptionnel. Il fit également distribuer de l'argent aux porteurs du plan. La générosité et la magnificence de Monsieur de Fourcy furent louées, car il aurait pu envoyer un plan plus simple. Quelques jours plus tard, Monsieur de Fourcy fit préparer et envoyer un abrégé de l'état de la Ville de Paris à l'Ambassadeur.
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29
p. [2]59-261
Ils vont voir plusieurs belles Maisons à Paris. [titre d'après la table]
Début :
Un autre jour ils allerent voir la maison de Mr de [...]
Mots clefs :
Belles maisons, Relief, Places fortes, Palais des Tuileries, Paris, Maison de Monsieur de Louvois
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texteReconnaissance textuelle : Ils vont voir plusieurs belles Maisons à Paris. [titre d'après la table]
Un autre jour ils allerent
voir la maifon de M. de
Louvois àParis , & trouverent
que tout y estoit fi bien en-
Yij
260 IV.P. du Voyage
r
tendu , tant pour le bâtiment
que pour les meubles , qu'ils
dirent que l'esprit & la conduite
du Maistre paroifſſoit en
toutes choses. Ils allerent enfuite
chez Madame Colbert,
qu'ils ne trouverent pas : M
de Seignelay logeant dans le
même Hôtel , ils virent ſon
Cabinet, dont ils admirerent
les Tableaux. Ils virent en
s'en retournant la maiſon de
M de S. Poange , qu'ils trouverent
la plus agreable qu'ils
euffent encore veuë. M fon
fils lesy receut , & leur donna
une galanteCollation, ou
1
desAmb. de Siam. 261
pluſieurs fortes de liqueurs
Ieur furent ſervies. On leur
a fait voir les Places fortes qui
appartiennent au Roy , qui
font en relief au Palais des
Thuileries , & ils reconnurent
d'abord toutes celles où ils
sont eſté.
voir la maifon de M. de
Louvois àParis , & trouverent
que tout y estoit fi bien en-
Yij
260 IV.P. du Voyage
r
tendu , tant pour le bâtiment
que pour les meubles , qu'ils
dirent que l'esprit & la conduite
du Maistre paroifſſoit en
toutes choses. Ils allerent enfuite
chez Madame Colbert,
qu'ils ne trouverent pas : M
de Seignelay logeant dans le
même Hôtel , ils virent ſon
Cabinet, dont ils admirerent
les Tableaux. Ils virent en
s'en retournant la maiſon de
M de S. Poange , qu'ils trouverent
la plus agreable qu'ils
euffent encore veuë. M fon
fils lesy receut , & leur donna
une galanteCollation, ou
1
desAmb. de Siam. 261
pluſieurs fortes de liqueurs
Ieur furent ſervies. On leur
a fait voir les Places fortes qui
appartiennent au Roy , qui
font en relief au Palais des
Thuileries , & ils reconnurent
d'abord toutes celles où ils
sont eſté.
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Résumé : Ils vont voir plusieurs belles Maisons à Paris. [titre d'après la table]
Lors d'une visite à Paris, plusieurs personnes admirèrent la maison de M. de Louvois et ses meubles. Ils ne trouvèrent pas Madame Colbert mais rencontrèrent M. de Seignelay et ses tableaux. Ils visitèrent ensuite la maison de M. de Saint-Poange, jugée la plus agréable, et reçurent une collation. Enfin, ils reconnurent les places fortes du roi au Palais des Tuileries.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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30
p. 327-330
Ce qui s'est passé au moment de leur départ. [titre d'après la table]
Début :
Mr le Chevalier de Chaumont, les accompagna jusqu'à leur [...]
Mots clefs :
Départ, Voyage, Paris, France, Relation, Roi, Ambassadeurs, Storf, Monsieur de Ville, Chevalier de Chaumont, Alexandre de Chaumont
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texteReconnaissance textuelle : Ce qui s'est passé au moment de leur départ. [titre d'après la table]
Mle
Chevalier de Chaumont , les
accompagna juſqu'à leurCartofle,&
les vit partir , l'Am
328 IV . P. du Voyage
baffadeur parut fort touche.
Ils feront traités juſques à
Breft par M. de Ville , qui eſt
le Maître d'Hôtel que leRoy
leur a donné , de forte qu'en
quelque lieu que ce foit , ils
feront fervis de la meſme forte
qu'ils l'ont eſté à Paris , &
dans leVoyage qu'ils ont fait
en France , oula inagnificence
a toûjours efté égale. Je finis
cette Relation à leur départ
part de Paris, parce qu'ils vont
àBreft par le meſme chemin
qu'ils en font venus , & que
dans ma premiere Relation ,
je vous ay parlé de tout ce
'des Amb. de Siam, 329
qui regarde cette route. On
avoit eu deſſein de les faire
pafſer en Normandie , afinde
leur faire voir de nouvelles
Villes , mais les chemins n'étant
pas ſi praticables , & le
temps de l'embarquement
preffant , on a craint quelque
retardement qui les empefchaft
de faire voile au premier
vent favorable.
M. Torf , Gentilhomme
ordinaire de la Maiſon du
Roy, & dont je vous ay fouventparlédans
ces quatreRelations
, les doit conduire à
Breſt , où il a eſté les prendre.
Ee
330 IV. P. du Voyage
On ne peut mieux s'acquitten
que luy de ces fortes de fon-
Stions , & la maniere dont il
a remply cette derniere, marque
le bon choix du Roy. II
a fatisfait Sa Majesté , & les
Ambaſſadeurs , & l'on peut
dire qu'en faiſant ſon devoir,
il a trouvé moyen d'obligert
toute la France pendantneuf
mois.
Chevalier de Chaumont , les
accompagna juſqu'à leurCartofle,&
les vit partir , l'Am
328 IV . P. du Voyage
baffadeur parut fort touche.
Ils feront traités juſques à
Breft par M. de Ville , qui eſt
le Maître d'Hôtel que leRoy
leur a donné , de forte qu'en
quelque lieu que ce foit , ils
feront fervis de la meſme forte
qu'ils l'ont eſté à Paris , &
dans leVoyage qu'ils ont fait
en France , oula inagnificence
a toûjours efté égale. Je finis
cette Relation à leur départ
part de Paris, parce qu'ils vont
àBreft par le meſme chemin
qu'ils en font venus , & que
dans ma premiere Relation ,
je vous ay parlé de tout ce
'des Amb. de Siam, 329
qui regarde cette route. On
avoit eu deſſein de les faire
pafſer en Normandie , afinde
leur faire voir de nouvelles
Villes , mais les chemins n'étant
pas ſi praticables , & le
temps de l'embarquement
preffant , on a craint quelque
retardement qui les empefchaft
de faire voile au premier
vent favorable.
M. Torf , Gentilhomme
ordinaire de la Maiſon du
Roy, & dont je vous ay fouventparlédans
ces quatreRelations
, les doit conduire à
Breſt , où il a eſté les prendre.
Ee
330 IV. P. du Voyage
On ne peut mieux s'acquitten
que luy de ces fortes de fon-
Stions , & la maniere dont il
a remply cette derniere, marque
le bon choix du Roy. II
a fatisfait Sa Majesté , & les
Ambaſſadeurs , & l'on peut
dire qu'en faiſant ſon devoir,
il a trouvé moyen d'obligert
toute la France pendantneuf
mois.
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Résumé : Ce qui s'est passé au moment de leur départ. [titre d'après la table]
Le texte relate le départ des ambassadeurs de Siam de Paris, escortés par le Chevalier de Chaumont. M. de Ville, Maître d'Hôtel du Roi, garantit qu'ils seront traités avec le même soin qu'à Paris durant leur voyage en France. Leur itinéraire de retour à Brest suit le même chemin qu'à l'aller. Initialement, il était prévu de leur faire visiter la Normandie, mais des routes impraticables et l'urgence de l'embarquement ont rendu ce projet impossible. M. Torf, Gentilhomme ordinaire de la Maison du Roi, est chargé de les accompagner à Brest. Ses compétences ont été saluées par le Roi et les ambassadeurs, et il a su se rendre utile en France durant neuf mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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31
p. 1-337
JOURNAL DU VOYAGE DE SA MAJESTÉ A LUXEMBOURG.
Début :
Je vous l'ay promis, Madame. Il faut vous satisfaire [...]
Mots clefs :
Roi, Luxembourg, Sa Majesté, Prince, Place, Voyage, Ville, Cour, Gardes, Église, Verdun, François-Henri de Montmorency-Bouteville, Maison, Duc de Luxembourg, Honneur, Bonté, Paris, Comte, Fortifications, Troupes, Officiers, Évêché, Abbé, Versailles, France, Médailles, Corps, Personnes, Messe, Châlons-en-Champagne, Évêque, Marquis, Lieux, Régiment, Champagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : JOURNAL DU VOYAGE DE SA MAJESTÉ A LUXEMBOURG.
JOURNAL
1 DV VOYAGE
DE
SA MAJESTÉl
A LUXEMBOURG.
E vous l'aypromis
,
Madame. Il faut
vous satisfaire sur le
grand Article du Voyage
de Sa Majesté à Luxembourg,
Pc. comme vous m'avez ordonné
de n'enoublier aucune
des circonstances, elles
feront le sujet d'une Lettre
entière. Un pareil Journal
doit estre agréable aux Curieux
Tout le monde scait
que le Roy ne peut faire un
pas hors le lieu de sa résidence
ordinaire, que toute
l'Europe ne soit aussi-tost
en mouvement. Le bruit de
ce Voyage n'eut pas plûtost
Commencé à se répandre,
qu'elle fit paroistre de grandes
alarmes. Mais que pouvoit-
elle avoir à craindre?
Elle devoitestre persuadée,
que le Monarque qui luy a
donné la Paix? n'avoir aucun
dessein de la rompre.
C'est son ouvrage, & loin
de songer à le détruire,Sa
Majesté fera toûjours preste
à faire repentir ceux qui travailleront
à troubler le calme
qu'il a étably. Un pareil
dessein ne sçauroitestre
conceu que par des Ambitieux
opiniâtres, & trop constamment
jaloux de la grandeur
de ce Prince;mais c'est
àeux seuls à craindre, dans
letemps qu'ils veulent rendresuspectes
toutes ses démarches,
& jetter dans les
cfprits des frayeurs seditieuses,
afin d'exciter dans la
plus grande partie des Etats
voisinsle desordre & la confusion,
sans quoyils demeurent
dans une fâcheuse obsçuiipé?
qui leur est beaucoup
moins supportable que la
douleur que les Victoires du
Roy ont dû leur causer
, pour
ne pas dire, leurs continuelles
défaites. Comme il y a
peu de Regnes qui ne plaisent
,
a quelques chagrins
que l'on puisse estre exposé
en regnant ,ils voudroient
toûjours jouir de la tristesatisfaction
qu'ils ont de com*.
mander aux dépens de la
tranquillité de l'Europey
mais le Roy quien est leBienfai£
teur> & le Pere, voulant
luy conserver le repos qu'il
luy a si genereusement procuré,&
dontil lafait jodir.,
malgré lescontinuels obstacles
qu'on oppose inutilement
à sabonté, renverse
tous leurs desseins par sa prudente
conduite &: par sa perseverance.
Les défiances que
l'on a voulu donner de son
Voyage) donton pretendoit
que de secrets desseins estoient
les motifs, ont esté
une occasion au Roy de confondre
les Ennemis de sa
gloire. Il n'a pu soffrir qu'on
crustqu'il déguisast ses intentions
,8z pour empescher
que leur sincerité ne fust
foupçonnée
9
il a bien voulu
donner un éclaircissement,
quien faisant voir la bonté
qu'il a de'ne point chercher
à troubler l' Europe qu'il a
l, pris foin de pacifier, a servy
encore, par des assurances
publiques,& dont aucun
Prince ne pouvoir douter, à,
dissiper les frayeurs que les
.1n.1.1 intentionnez avoient
jettées dans les coeurs timides,
afin de parvenir à leur but.
Non seulement ils n'y sont
point parvenus ?
mais tout ce
qu'ils ont pû dire, n'a fait que
fairemieux voir combien le
pouvoir du Royest redoutable,
puisqu'ilsontété obligez
de faire connoistre eux-mêmes
par toutes les chosesqu'ils
ont avancées, qu'il suffitque
ce Monarque fasse une entreprise
pour y réiiflir
, & que
s'il veut vaincre, il n'a qu'à
combattre. On a sujet de les
croire. Ils n'ont pas eu desfein
de flater
,
&sur ce qui se
publie de cette nature ,
les
Ennemis sont plus croyables
que d'autres, puis que leur
sincerité ne peut estresoupçonnée.
Mais comme vous
pourriez douter de la mienne
lors que je vous parleai
& croire que je me suis formé
exprés des monstres pour
les combattre, en faisant paffer
mes conjectures pour des
veritez,à l'égard de tout ce
que je viens de vous dire dt.
l'inquietude que l'on a voulu
donner à la plus grande
partie de l'Europe, pour luy
faire prendre de l'ombrage
des desseins du Roy
?
voicy
une piece justificative.
Sa Majesté
,
à qui rien n'est
inconnu, tant à cause de sa
vive penetration
, que des
foins qu'elle prend sans cesse
pour bien s'acquiterde ce que
son rang demande,sçachant
ce qui se disoit du dessein
qu'Elle avoit pris de faire un
VoyageàLuxembourg, voulut
faire voir la mauvaise intention
de ceux qui en répandant
des bruits contraires
au repos public, pretcndoient
venir à bout de leurs entreprises.
Dans cette pensée, Elle
ordonna à Mrle Marquis de
Croissy Colbert
,
Ministre &
Secretaire d'Estat
, ayant le
département des affaires étrangeres,
d'écrire une Lettre
à Mrle Cardinal Ranuzzi,
Nonce de Sa Sainteté enFrance.
Voicy à peu prés le sujet
de cette Lettre. Ive de Croisfy
marquoit à ce Cardinal
que le Roy luy avoit commandé
d'informer son Eminence de la
resolution qu'ilavoit priscel'al.,
lerdans le mois de May à Luxembourg
, CJTouencore que Sa
Majcflr n'eustpas accoûtumé de
rendre raison de Jes actions,
comme Elle ne vouloit pas
néanmoins renouveller l'alarme
qu'on dvùitprise sans fondement
de l'ouverture qui a esté
faite du convertissement de la
Tréve en un TraitédePaix ; Elle
luy avoit ordonné de /'assurer de
sa part ,
qu'Elle ne faisoit ce
Voyage que pour satisfaire la
curiosité qu'Elle avoit de voir
Elle-mesme en quel estat estoit
otlors cette place;, d'oùelleseroit
de retour,troissemaines, ou tout
A-U plus tard un mois aprésqu'Elle
seroit partie de Versailles;
qu'Elle se promettoit que son
Eminence empescheroit par Je$
Lettres tant à Sa Sainteté que
par tout ailleurs où ellel'estimeroit
à propos , que ce Voyage ne
donnast de l'inquietude aux
Etats Voisins
, 0* qu'aucun
Prince ne pustprendre le pretexte
de la marche de Sa Majestéspour
refuseràl'Empereur lessecours
ausquels ilsseseroientengagez,
Sa Majesté n'ayantpas d'autre
dessein que celuy dontElle l'avoit
chargéde l'instruire.
Cette Lettre qui fut écrite
à Marly,estoitdattée du quatrièmed'Avril.
MrleNonce
qui s'apliqueavec tout le foin
imaginable à tout ce qui peut
maintenir la paix, la reçût
avec une extrêmejoye.Il en
envoya des copiesdans tous
les lieux, où ille crut necessaire
pour remettre les esprits,
& n'en refusa point aux Ministres
Etrangers qui sont à
Paris, ny mesme à tous ceux
qui prirent la libertédeluy
en demander ; de forte que
cesCopies s'estant multipliées
en fort peu de temps , cette
Lettre devint aussi-tost commune.
Chacun l'envoya à ses
Amis, &. elle courut incontinent
, non feulement dans
les Provinces de France;mais
encore dans les Pays Etrangers.
Comme le Roy na
jamais manqué à sa parole,
&que tout le monde en est
fortement persuadé
,
les esprits
qu'on avoit voulu inquicter
en leur faisant entendre
que le Voyage de Sa
Majestécouvroit des desseins,
€jui devoient troubler la tranqnilité
de l'Europe, furent
rassurez> & les ambitieux qui
ire cherchoient qu'à renouseller
la guerre en proposant
<de faire une Ligue pour l'éiriter
, demeurerent dans une
Extrême confusion par l'impossibilitéqu'il
y avoit de
venir à bout de leurs desseins.
On ne parla plus que du
Voyage, mais on en parla
d'une autre maniere qu'on
n'avoit fait jusque-là, & ceux
quiavoientvéritablement apprehendé
devoir le Roy à la
teste d'une Armée par les
soupçons qu'on avoit tâché
de jetter dans leurs esprits, se
proposerent de le venir admirer
lors qu'il feroit sur leurs
frontières
?
& ce fut pour eux
un fort grand sujet de joye
s d'esperer de voir de prés, &
de considerer avec toute l'attention
que demandoit leur
curiosité? un Prince qui remplit
tout l'Univers du bruit
de son naIn, & de ses vertus.
Pendant que la Noblessedes
Pays voisîns de Luxembourg:
goûtoit par avance le plaisir
qu'elle attendoit en voyant
le Koy & qu'elle en avoit
l'idée remplie,comme on l'a
ordinairement de toutes les
choses.guc l'onsouhaiteavec
passion, ceux qui estoient du
Voyage s'y preparoient; d'autres
en parloient & d'autres
écrivoient sur ce sujet.Voicy
une Devise deM Magnin de
l'Academie Royale d'Arles,
surceVoyage.Le Soleil estoit
alors au figne du Belier. Cette
Devise a pour mot
CURSUM INCHOAT
OMINE MITI.
Il renouvelle son cours
Sous de fortunezpresages;
Loin d'icy
)
sombres nuages,
Nous n'aurons que de beaux
jours.
Ces Vers convenoient a£-
sez à ce qu'on venoit de publier
touchant les desseins
cachez fous le Voyage du
Roy.
Voicy une autre Devise
de Mr Rault de Roüen, sur
ce mesme Voyage daSa Majesté,
allant visiter ses Conquestes
,&voir ses nouveaux
X Sujets. Cette Devise a pour
corps le Soleil en son midy
sansnuages & sans ombreJ
&jettant de benignes influences
sur les Regions par
où il passe. Ces mots en sontl'ame.
FELICI BEAT
ASPECTU.
Tel que paroist le Dieu du
jour
Porté dans son char de lu
miere
,
Quand par chaque Climat il
faitsonvaste tour
Pourvisiter la terre entiere
J
k
Et que parsesbrillansrayons
Il produit en tous lieux les biens
quenous voyons;
Tel l'Augure LOUIS ruifitant
ses Conquestes,
Quelque part qu'il porte les
yeux,
SurJes Sujets nouveaux qui s'offrent
en ces lieux,
Répandsesfaveurs toutesprefies,
Et quoy qu'il fajfe voir la fierté
du Dieu Mars
,
( Sesyeux nont que de doux
re7g,ardsoLe
temps du Voyage s'avançoit,
& l'on estoit presque
sur le point de partir,
lors que le Roy fut attaqué
d'un grand Rhume. Mais
loin que cet accident sist
prendre aucune résolution
contraire à ce qui avoit esté
arresté, Sa Majesté ne retrancha
pas mesme un quartd'heure
des Conseils qu'Elle
avoit accoûtumé de tenir-
Mr de Louvoispartit quelques
jours auparavant , pour
unVoyage de prés décrois-
-- - .-- - - - --
cens lieues,& Mr de Seignelay
partit de son costé pour
aller voir les Fortifications de
Dunkerque. Comme il faut
donner quelque ordre à cette
Relation, je ne parleray de
leur Voyage que quand je
vous marqueray leur retour
auprès du Roy, Je vous diray
cependant qu'en s'éloignant
de Sa Majesté,ils avoient
toujours la mesme
part aux affaires. Rien n'est
aujourd'huy épargné en
France pour le bien de l'Etat,
&.
& le Roy, par le moyen des
Courriers
> peut conferer tous
les jours avec ceux qui sont
éloignez de luy.MrdeCroissy
fut le seulMinistre qui
devoit accompagner Sa Majesté.
Le Controleur GeneraI,
dont la presence & les
foins font toûjours neccffaires
icy,ne fait jamais aucun
Voyageavec Elle. Mais comme
je viens de vous le marquer,
ceux qui ont affaire au
Roy,parlent, pour ainsi dire
i tous les jours à Sa Majesté
?
quelque longue distance
qui les en feparc ,rien n'estans
épargné pour cela, & les
Postes du Royaume n'ayant
jamais esté en si bon estat
qu'elles sont presentement.
Des raisons avantageuses à
la France empescherentMadame
la Dauphine de se préparer
à estre de ce Voyage.
Monsieur
, qui relevoit de
maladie resolut de prendre
l'air à Saint Cloud pendant
l'absence du Roy, & Madame
voulut tenir compagnie
à ce Prince, malgré le plaisir
qu'elle prend aux Voyages
& à la Chasse, cette Princesse
estantinfatigable dans
des exercices qui lassent quelquefois
les hommes les plus
robustes.
Le Roy ne voulant pas
fatiguer sa Cour pour un
Voyage qui ne devoit passer
que pour une promenade,
resolut d'aller à petites journées,&
de mener Monsieur le
Duc du Maine,&Monsieur
le Comte de Toulouse.Onne
peut trop tost leur faire voir
des. Fortifications; des Troupes,&
des Reveues,& l'on
peut dire que leur en faire
voir de cette maniere, c'est
commencer à leur apprendre
en les divertissant, tout ce
qu'ilsdoivent sçavoir? ce qui
cft cause souvent qu'ils y
prennent plus de plaisir, &
qu'ils s'y attachent davantage
dans la fuite. Ces jeunes
Princes estant du Voya,
ge )
il fut.arresté que les Dagacs
en seroient aussi;celles
qui furentnommées font
Madame la Duchesse, Madame
la Princesse de Conty,
Madame la Princesse d'Harcour)
Madame la Duchesse
de Chevreuse, Madame de
Maintenon, & Madame de
Croissy? avec les Dames, &
Filles d'honneur des Princesses.
Elles devoient toutes
aller, ou dans le Carosse
duCorps du Roy, ou dans
d'autres Carosses de Sa Majesté,
& avoir l'avantage de
manger avec ce Prince. C'est
un honneur qu'elles ont u
pendant tout le Voyage.
Il fut aussi arresté que le Regiment
desGardes ne marcheroit
point, & que suivant ce
qui s'est souvent pratiqué, le
Roy seroit gardé par l'Infanteriequi
se trouveroit dans
les Places, où Sa Majesté
passeroit, & que dans les lieux
où il n'y auroit point d'Infanterie
en garnison les
Mousquetaires mettroient
pied à terre,& feroient garde
autour
l.
du logis du Roy.
Comme les Gendarmes & les
Chevaux-Legers ne servent
que par quartier, de mesme
que les Officiers de sa Maison
, du nombre desquelsils
* sont, & que ces Corps ne
marchent entiers qu'en temps
de Guerre, & lors que Sa
Majestéfait quelque Camp
Elle ne voulut estre accompagnée
dans ce Voyage
) que
de ceux de ces Corps qui esroient
alors en quartier. A
l'égard des Gardes duCorps,
le Roy resolut de mener seulement
leGuet. Comme vous
pourriez ne pas sçavoir ce
que c'est que ce Guet, il fera
bon de vous l'expliquer. Les
Gardes du Corps font toûjours
dans le service, sans
estre néanmoins toûjoursauprés
du Roy. Ils ne fervent
point par quartier comme
les Gendarmes & les Chevaux-
Legers; mais comme
ils font en fort grand nombre,
on les fait loger en plusieurs
Villes? ce qui pourtant
ne s'appelle pas estre en garnsson
, puis qu'ils y font
moins pour garder ces Places,
que pour y attendre
qu'ils fervent auprèsduRoy,
ce qu'ils font alternativement.
On dit en parlant de
ceux qui ne font pas auprès
de Sa Majesté
,
qu'ils font
dans leurs quartiers, & l'on
appelle relever le Guet? lors
qu'il fort un nombre de Gardes
de ces quartiers
, pour
venir prendre la place de
ceux qui font auprésduRoy?
&: que ces derniers retournent
dans les quartiers où ils
estoient auparavant, Il y a
prés de dix-sept cens Gardes
du Corps, qui font divisez
en quatre Compagnies,& ces
CompagniesensixBrigades
chacune,qui font commandées
par six Officiers ; sçavoir
trois Lieutcnans & trois
Enseignes, Chaque Compagnie
elt reconnuë par les
Bandoulieres des Gardes,qui
font de couleurs differentes,
On reconnoist les Gardes de
la premiere Compagnie , au-"
trement>la Colonelle, commandée
par Mr le Duc de
Noailles, aux Bandoulieres
blanches, & aux Housses
rouges; les Gardes de la
Compagnie de Mr le Maréchal
Duc de Duras, aux Baudoulieres
- & aux Housses
bleuës; les Gardes de la Compagnie
de Mr le Duc de Luxembourg,
aux Bandoulieres
&aux Houssesvertes, 8c les
Gardes de la Compagnie de
Mr le Maréchal de Lorges,
aux Bandoulieres& aux
Housses jaunes. Cette derniere
Compagnie portoit
orangé dans son institution,
mais depuis, elle a changé
l'orangé en jaune. La Colonelle
seule a des Housses d'une
couleur différente de celle
desBandoulieres,& cela vient
de ce que le blanc n'etf pas
une couleur à estre employée
en Housses. Il est à remarquer
que le Guet des Gardes du
Corps qui sert auprès de Sa
Majesté, à pied,& à cheval,
est toûjours de deux cens
Gardes, dont une partie est
de Salle, & l'autre se repose
tour à tour. Ce Guet n'est
jamais d'une seule Compagnie
,
mais de plusieurs ensemble.
ainsi que les Officiers
qui les commandent;
de forte que le Capitaine des
Gardes qui est de quartier,
n'a jamais sousluy aucun Ofsicier
desa Compagnie quand
il est de serviceauprésduRoy.
Vousremarquerezencore que
le Guet ne sert qu'un mois
auprès du Roy> à moins qu'ij
n'y ait quelque force raison
pour le faire servir plus longtemps,
comme dans l'occasion
de quelque Voyage tel
que ccluy que l'on vient de
faire. Ce n'est pas que dans
un Voyage plus long le Guet
ne changeast de la mesme
fortequ'à Versailles
, parce
qu'alors on feroit suivre tous
les Gardes. Rien ne marque
tant la grandeur du Roy que
ce changement de deux cens
Gardes tous les mois. J'ar,
crû vous devoiraprendretoutes
ces choses , & que ce ne
feroit pas sortir de la matiere
que je me fuis proposée dans
cette Lettre? parce qu'autrement
vous n'auriez pas bien
compris ce que c'eil: que le
Guet, dont j'ay este oblige
de vous parler,pour vous faire
une Relation du Voyage
du Roy aussi exacte que celle
que j'ay entrepris de vous
envoyer.
Touteschoses estantainsi
arrestées
)
personne ne douta
du Voyage, parce qu'ontient
toûjours pour certain tout ce
que le Roy resout, &le jour
deson départ aprochant,ceux
qui ne devoient pas l'accompagner
redoublerent leurs
empressemens auprès de ce
Prince. Jamais on ne vit de
Cour si grosse. Les Ministres
Etrangers allerenr prendre
congé de Sa Majesté
,
ainsi
que les Chefs des Compagnies
superieures,& plusieurs
autres personnes distinguées
dans la Robe par leurs emplois,&
par leur mérite. Plusieurs
Etrangers se renditent
aussi à Versailles pendant les
derniers jours que le Roy y
devoit demeurer, & quantité
de Peuple de Paris y courut
pour avoir le plaisir de joüir
feulement quelques momens
de la veuë de ce Monarque'
lors qu'il iroità laMesse, ou
à la promenade, ou pendant
qu'il disneroit. Sa Majesté
devant partir un Samedy pour
aller coucher à Clayes, où la
Cour estoit obligéed'entendre
la Messe le lendemain.
parce qu'ilestoit Dimanche,
Elle eut la précaution de recommander
quelques jours
avant qu'Elle partist, qu'il s'y
rencontrait beaucoup de
Prestres pour en celebrer un
assez grand nombre, & fit
paroistre sa pieté par cet
ordre.
Le Voyage avoit esté arJ
resté d'abord pour le deuxiémede
May,mais la rougeole
quisurvinta Madame la
Duchese,fut cause que le
Roy le Temii au dixiéme dta
mesme mois. Ce jour estant
arrive, Sa Majesté
>
après avoir
entendu la Messe dans le
Chasteau de Versailles
, en
partit avec toutes les personnes
de distinction,&les
Troupes que jeviens de vous
nommer. Le nombre de celles
qui devoient faire le Voyage
estoit grand;cependant, celane
faisoit qu'une tres-petite
partie des Troupes de sa Maison
,puisque le Regimentdes
Gardes ne marchoit pas, &
qu'il n'y avoit qu'un quart des
Gendarmes
, & des Chevaux
Legers, avec la neufou dixiéme
partie des Gardes du
Corps ou environ. Il y avoit
outre cela, tous les Officiers
de sa Maison en quartier dont
je ne vous diray rien, tout ce
qui regarde cette Maison
n'estant inconnu à personne.
Comme le Roy devoit
passer à Paris, le Peuple impatient
de le voir occupa dés
le matin tous les lieux de son
passage, aimant mieux l'attendre
pendantplusieurs heul'es,
que de manquer à luy
souhaiter par ses acclamations
une longuevie, & un
heureux Voyage. Les Religieux
sortirentaussi de leurs
Convents, &: la pluspart des
Fenestres furent remplies de
personnesdistinguées.LeRoy
quis'est toûjours moins attiré
les coeurs par la grandeur
de son rang que par ses manieres
toutes engageantes, salüa presque toutes les Dames
qu'il vit aux fenestres.
Sa Majesté passa par la Place
des Victoires, où Mrle Duc
de la Feüillade & Mle Prevost
des Marchands l'attendoient
avec un grand nombre
de personnes de la premiere
qualité. Vous sçavez
sans doute qu'on n'a fait encore
qu'une partie duBastiment
qui doit embellir cette
Place. Cela fut cause qu'on
pria le Roy d'avoir la bonté
de dire de quelle maniere il
souhaitoit qu'on l'achevaft ,
& si on continueroit ce qu'on
avoit commencé , sur les
desseins de Mr Mansard son
premier Archirecte , c'est à
dire à l'égard de la figure de
la place, car les Bastimens onc
toûjours esté trouvez fort
beaux. Sa Majesté en parut
fort satisfaite, & jugea à proposque
l'on fuivift le dessein
qui avoit esté commencé.Mr
de laFeüilladeayant fait entierement
dorer la Figure du
Roy depuis que Sa Majesté
ne l'a veuë ,
Elle s'attacha à
la considerer attentivement.
Quelques-uns dirent qu'ils
l'auroient mieux aimée de
bronzerd'autresfurent d'un
sentiment contraire, &alleguerent
que la Statuë de
Marc Aurele que l'Antiquité
a tant vantée,& qui a esté
si estimée des Romains,avoit
esté dorée.Onrépondit que
ce n'estoit pas ce qui l'avoit
fait admirer,&quel'Empereur
Neron avoit fait dédorer
uneFigure d'Alexandre.Ceux
qui font profession d'estre
curieux ne prirent pas le party
île l'or, parce qu'il y a plus
de
<fcbronze que d'or dans leurs
Cabinets. Le Roy qui neparle
point sans se distinguer
,
dit
beaucoup en ne disant rien.
Il nevoulut chagriner personne,
& dit obligeamment
pourMrdela Feüillade,qu'il
nefalloitpas s'estonner qu'il eust
fait dorersa Figure
,
puisque si
l'onavoitpû la faire d'une matiere
plus precieuse
iI- & qu'il
-eujl eslé en estat d'en soûtenir ltt
dépense , il estoitpersuade qu'il
n'auraitrien épargnépourcela.
-
Je n'interprété gMnr ca.
paroles qui font voir tout le
bon sens & toute la delicatesse
d'esprit impaginable, &
dont la finesse consiste plus
en ce qu'elles font entendre,
qu'en ce qu'elles expliquent
àl'égard de la dorure.
Rienn'estant égal auzele
de Mrle Duc de la Foüillade,
qui tâche sans ccue de le faire
paroistre
,
par des augmentations
qu'il fait à tout ce qui
regarde la fiegure de la Place
es Victoires, & qui font autant
d'embellissemens nouveaux,
&: de témoins éclatans
delavive ardeur qu'il a pour
Sa Majesté
, on trouva huit
Inscriptions nouvelles écrites
en lettres dorées au feu, &
dans huit Cartouches de
bronze doré, attachezautour
du Piedestal
, qui porte cette
Figure couronnée par la Victoire.
Cette augmentation
de beautez
>
après l'estat où
Mr de la Feüillade a mis la
Figure, fait voir que lors qu'il
s'agit de faire quelque chose
qui regardelagloire du Roy
,
il n' y a rien d'assez grand
pour le pouvoir satisfaire,
Voicy ce qui remplit les huit
Cartouches.Les deux qui font
au dessous du Roy & entre les
deux Esclaves qui regardent
l'Hostel de laFeüillade
, contiennent
les paroles suivantes.
I. CARTOUCHE.
Il avoit sur pied deux cens
quarantemille hommes d'Infanterie
,
vsoixantemille chevaux
pins les Troupes de ses .drmées.
AItvalesjors qu'ildonna laPaix
à l¡''EEuropeen 1678(").
II. CARTOUCHE.
Sa fermetédans "/:,), douleurs
rassura les Peuples desolez au
mois de Novembre 1686.
Voicy ce qu'on lit dans
les deux Cartouches de la
face droite du Piedestal ,qui
est du costé de la ruë des Petits-
Champs.
III. CARTOUCHE.
Aprés avoir fait d'utiles Reglemenspour
le Commerce, (')
reformé les abus de laj'ijlicc> l
donna un grandexcnpled'équité
enjugeantcontresespropres ,jntfrests
en faveur des Habitans de
Paris dans une affaire de! sieurs millions.
IV. CARTOUCHE.
Six mille jeunes Gentilshommes
Jepa^e^ par Compagnies,
gardentsesCitadelles,ven remplacentdes
Ofifciersdeses Troupes
; & leur éducation rft dignt
de leur naissance.
Les deux Cartouches qui
font du costé de l'Eglise des
Religieux appellez les Petits-
Peres,fontvoir ce qui suit.
V.CARTOUCHE.
Deuxcens dix Places,Forts,
Citadelles
, Ports, v Ha'1-'(c5
fortifiez gjf revestusdepuis 1661»
jusques à 1086; cent quarante
mille hommesdepied, vtrentemilleChevaux
p.'ye^ par mois ;, assurent Jes Frontieres.
VI.CARTOUCHE.
Il a bastyplus de cinq cens Esqu'il a dottt'Sde riZ'c/itiy
considerables
, & il a estably
l'entretien dequatre censjeunes
Demoiselles dans la magnifique
Maison de S. Cir.
Voicy ce que renferment
les Cartouches du derriere du
piedestal qui regarde la ruë.
VII.CARTOUCHE.
Il a basty un superbe
j &*'
'Va/le édifice pour les Ofifciers &
Soldats que l'âge er les bltfju•*
res rendentincapablesdejervir^
mille livres de rente.
VIII. CARTOUCHE.
L? nombre desoixante mille.
Matelots enrolez,
,
dont vingt
miÜe fontemployer*sonservice
, (èj les quarante mille
Autres au commerce de ses Sujets,
marque la grandeur, dr le
bonordre delaMarine.
Vousvoyez Madame, que
ce qui est contenu dans ces
huit Cartouches donne uuç
haute idée de la vie du Roy,
&qu'onne peut dire plus de
choses en moins de paroles,
nyen faire concevoir davantage.
Chacun s'attacha à lire
ces Eloges,& l'on y prit beaucoup
de plaisir. Le Roy eut
ensuite la bonté d'aller voir
un des Fanaux qui font aux
quatre coins de la Place. Celuyoù
Sa Majefié alla, est le
seul qui soit achevé. Le nom
de Fanaux a estédonné à ces
ouvrages à cause des Fanaux
quifont au dessus. A chaque
endroit où ils ont esté placez,
il y a un groupe de trois colomnes
de Marbre sur un piedestal
de mesme matiere. Au
dessus de chaque groupe est
un Fanal composé de plusieurs
lampes, qui brulent
pendant toutes les nuits, &
pour l'entretien desquelles,
M le Duc de la Feüillade a
estably un fond. Enrre les
colomnes de chaque Fanal,
pendent six Médailles de
bronze
?
dans chacune desquelles
font representées
quelques actions du Roy, ce
JlUi fait vingt quatre Médailles
pour les quatre Fanaux.
Il y a dans le piedestal de chaque
groupe de colomnes , six.
Vers Latins; de maniéré que
le sujet de chaque Medaille.
cftexpliqué par deux de ces
Vers. Les lettres en font de
bronze doré au feu, ainsi que
les bordures & les autres ornemens
des Médailles.Voicy
lesavions deSaMajesté qui
font representées dans chacune
des six Médailles fonduës
en bronze. - - -
La premiere Médaille marque
la paix que le Roy a donné
à l'Europe en 1677. Elle est
expliquée par les Vers fuivans.
»
Teduce,te Domino, LODOIX,
prona omnia Gatio>
Urbesvicapere dociliquoqueparcere
captis.
La secondé represente le
passage du Raab, où les François
qui sauverent l'Allemagne
acquirent une gloire immortelle,
&: Mr de la Feüillade
une réputation
,
qui fera
vivre éternellement son n0111
dans l'Histoire, Les Vers qui
font connoistre cette grande
action, [one,
Et Traces sensere queat quid
Gallicavirtus,
Arrabo cæde tumens , &servata
Austria testis.
Onvoit dans la troisième
Medaille la grandeur, & la
magnificence des Baftimcns
duRoy, ce qui Ce reconuqi#
par les Vers suivans.
Quanta operum moles, &
-
-
quanto surgit ad auras
Vertice!sic positis LOVOIX
agit otia bellis.
Ces trois Medailles font
du costé de la Rue des Pc..
tirs-Champs, & font une
chute les unes sur les autres. ,Les trois autres font plus en
dedans de la Place
,- & en
regardent leBastiment. Elles
sontplacées de la me[mc
raani^te que celles dont jçL
viens de vous parler, c'est à
dire,qu'elles font entre deux
colomnes,&forment un rang
les unes sur les autres. La plus
élevée represente le Roy qui
ordonne qu'on rende les Places
qui ont estéprises à ses
Alliez. On n'a qu'à lire les
deux Vers suivanspourconnoistre
ce qu'elle contient.
Reddere Germanos LODOIX
regnataSueco
C> Arva jubet , Danosque
,
ladcr
~pe~ ~fflftupet Albis.
La Medaille qui suit fait
voir la jonction des deux
Mers
_j
ce que ces deux Vers
expliquent tres-bien.
Misceri tentata prius,Jeniferque
negata
Æquora,perpetuo LO D01Ji
dat foedere jungi.
On n'a qu'àjetter la veuë
sur la derniere de ces six Medailles,
pour y reconnoistre
d'abord l'Audience donnée
par le Roy aux Abassadeurs
xic Siam, & l'on n'a qu'à lire
les Vers suivans pour apprendre
que la renommée ayant
publié dans les Païs les plus
reculez, tout ce qui rend U
Roy l'admiration de l'Univers,
les Souverains de toutes
les Parties du monde, ont
envoyé des Ambassadeurs
pour estre témoins de sa
grandeur.
Ingentem Lodoicum armis,
ma^ne ,
fidemque
EgrejpimScitbia&Libit vt
nerentur~& Indi.
LLeeRoyaprès avoir consideré
avec une attention dignede
sa bonté, les changemens
qu'on avoit faits à la
Place des Victoires depuis le
jour que Sa Majesté y estoit
venuëj&:avoir fait à Mr de
la Feiiilladc»&àMr le Prévost
des Marchands tout
l'accueil qu'ils en pouvoient
cfpercr, partit aux cris de
Vive leRoy,mille&mille
foisréïterez
, car quoy que
la Place fust déjà fort remplie
de Peuple lors que Sa
Majesté y arriva, la foule
augmenta de telle forte sitost
qu'Elle y fut entrée,
qu'on auroit dit que tout
Paris y estoit,si sa grandeur
& le nombre prodigieux de
ses Habitans estoient moins
connus.
La pluspart des Officiers
qui ont accoutumé d'aller à
cheval, s'estant jointsensemble
pour prendre des Carosses,
afind'éviter la poudre qui iri1
commode beaucoup en cette
saison
)
& pour estre plus en
estat de servir le Roy, il y
tn avoit un nombre infiny
à la suite de la Cour, la dén
pense ne leur coutant rien
lors qu'il s'agit du service
d'un Monarque aussî agreable
à ceuxqui ont l'honneur
de l'approcher souvent, qu'il
est redoutable à ses Ennemis
& admiré de toute la Terre.
Je puis en parler ainsi sans
flaterie; & il merite tous M
jours de nouvelles loüanges.
par desendroits qui n'en ont
jamais attiré à aucun Prince.
Aussi peut-on dire que non
feulement il ne laisse jamais
échaper aucune occasion de
faire du bien, mais qu'il cherche
mesme de nouveaux
moyens d'en faire
, & qu'il
tft ingenieux à les trouver;
Ne croyez pas que cecy soit
avancé comme une loüange
vague. Je ne le dis que parce
que j'ay à parler d'un fait
sur ce sujet, qui découvre le
caractere de bonté du Roy,
autant que ses avions d'éclat
font connoistre sa puissance,
& la grandeur de son ame,
C'est icy le lieu demettreen
ion jour le fait qu'il faut que
Je
vous explique, puis qu'il
regarde la fuite de sonVoyage.
Je vous diray donc que
pendant toute la route? Sa
Majesté a presque toujours
dînédansdesVillages. Vous
allez sans doute vous imaginer
(& vostre sentiment fera
generalemeut suivy) que les
Villages
Villages les plus forts & lc^
plus riches ne leftoient pas
trop, pour avoir l'honneur
de recevoir un si grand Monarque.
C'estoit cependant
tout le contraire; le plus pauvre
avoit l'avantage d'estre
préferé, & l'on a veu cela
observé dans toute la route
avec une exactitude que je ,,'
ne sçaurois assez marquer.
Vous n'en pourrez douter,
lors que je vous auray dit
que Sa Majesté, qui ne fait
., point de Voyages sans avoir
la Carte des Païs où Elle va
examinoit tous les jours sur
celle qu'on luy avoit fournie,
les lieux par lesquels il falloit
qu'Elle passast. Elleyvoyoit
tous les Villages, Elle s'informoit
de leur estat, Ôc
nommoit ensuite le moins
accommodé, parce que la
Cour ne s'arreste en aucun
lieu sans y répandre beaucoup
d'argent. C'est ce qui
s'est fait dans tous les Villages
où l'on a este obligé de
s'arrester pendant ce dernier
Voyage. Le Roy dînoit
fous une Feüillée,&
l'onen dressoit aussi pour
les principales Tables de la
Cour. Ainsi tous lesPaïsans
estoientpayez pour couper
des branches de verdure, &
pour travailler à la construction
de ces Feüillées.Ils tiroient
ausside l'argent de
tout ce qu'il y avoit dans leur
Village qui pouvoit servir
aux Tables, & de tout ce
qu'ils avoient d'utile aux
é,quip- ages de la Cour, a.1insi
que de leur foin & de leur
avoine ; & le Roy ne laissoit
pas outre cela de leur faire
encore sentir ses liberalitez;
en forte que ces heureux Villages
le souviendront longtemps
d'avoir veu un Prince
qu'on vient tous les jours admirer
du fond des Climats
les plus reculez.
LeRoy estant sorty de la
Place des Victoires
, trouva
encore une infinité de peuple
dans les autres ruës de Paris.
qu'ilavoitàtraverser, Les dC4
monstrations d'allègresse ne
cesserent point, non plus que
les cris de Vive le Roy, de maniere
que cous les Peuples étant
animez duineline zelcon
eust dit que ces cris dejoye
n'estoient qu'un concert des
mesmes personnes, quoy qu'à
mesure que Saavançoit,
il fust formé par diverses
voix. Le Roydîna ce jour-là.
au Vllage de Bondy, (^ rencontra
sur le cheminM leBaron
deBeauvaisavec tous les
Gardes & les Officiers des
Chasses de sa Capitainerie,
dans toute l'étendue de laquelle
ce Prince luy permit de
l'entretenir à la portiere de
son Carosse. Les Plaines de
S. Denis dépendent de cette
Capitainerie. Mr le Prévost
des Bandes parut sur la même
route, & posta diverses
Brigadesauxenvirons des
Bois. Les Dames que je vous
ay marqué qui estoient du
Voyage, avoient l'honneur
de dîner avec Sa Majesté,
ainsi que Madame la Comtesse
de Gramont, & Madame
de Mornay, que je ne
vous ay pas nommées. Madame
de Moreüil, & Madame
de Bury? Dames d'honneur
de Madame la Duchesse,
& de Madame la Princesse
de Conty, eurent le mesme
avantage. Les Filles d'honneur
ne dînerent point avec
Sa Majesté,mais elles y souperent.
Il fut réglé ce jour-là
qu'il n'y auroit à l'avenir que
deux Filles d'honneur des
deux Princesses qui auroient
ce privilège. Le nombre des
Princesses auroit esté encore
plus grand dans ce Voyage,si
lors que le Roy partit, Mademoiselle
d'Orléans ne s'estoit
point trouvée àEu, &Madame
la Duchesse de Guise
,
aux Eaux de Bourbon. Madame
de Montespan auroit
aafli esté duVoyage, mais
le foin de sa santé l'avoit
obligée d'aller prendre de
ces mesmes Eaux. Monsieur
le Prince,Monsieur le Duc ,
lx, Monsieur le Prince de
Conty n'ont point quitté le
Roy.
Monseigneur leDauphin.
qui après avoir GÜy la Mette*
estoit party de Versailles des
le grand matin pour aller
chasser dans la Forcit de Livry
, yprit un loup des plus
vieux,&congédia Mr le Chevalier
d'Eudicour, Frere du
Grand Louvetier de France,
&toutl'équipage de la Louveterie;
à la teste duquel il
estoit.Le mesme jour,le Roy
aprèsavoirdîné alla chasser
dans les Plaines& sur les coteaux.
Sa Majesté
, a pris le
mesme divertissement pendant
toute la route, comme
je vous le diray dans la fuite
de cette Relation.
Monseigneur le Dauphin
arriva à Claye avant six heures
du soir, parce qu'ilsçavoit
que c'estoit à peu prés
l heure où le Roy devoit s'y
rendre. Il changea d'habit&
alla au devant de Sa Majesté,
On connoist par là combien
ce Prince est infatigable,qu'il
tn galant, & qu'il a beaucoup
de tendresse pour le Roy.
Sa Majestéarriva à Claye
à l'heure que je viens de vous
marquer, & fut commodementlogée
dans lamaison de7
M Enjorant, Avocat general
duGrand Conseil
>
& Seigneur
en partie de ce Village.
Il eut l'honneur de ialuer
leRoy, qui le receut avec
cet air engageant qui est
si naturel à ce grand Mo*
narque. Comme toute sa
maison estoit marquéepour
le. Roy, les Maréchaux des
Logis en marquerent une
pour luy dans le Village, lors
qu'ilsmirent la craye pour
le logement des Officiers qui
estoient du Voyage; de forte
qu'il fut regardé ce jour-là
comme estant de la Maison
de Sa Majesté. La qualité
d'Hofie duRoy futcelle que
les Maréchaux des Logisécrivirent
en mettant la craye
sur le logis qu'ils luy destinerent.
Monseigneur,& Madame
la Duchesse eurent des
[Appârtemens vers le Château
où le Roy logea.Madame la
Princesse de Conty,&Monsieur
le Duc du Maine loge- 1
rent dans la Ferme de Mr
d'Herouville, Maistred'Hostel
deSaMajesté. Messieurs
les Princes du Sang eurent
ensuite les logis les plus commodes,
&: ceux qui voulurent
estre plus au large,allerent
à Meaux.
} M de laSourdiere, Ecuyer
de Madame la Dauphine, qui
cil le mesme qu'elle envoya
cnBavicrc? pour porter à M*
l'Electeur de cc nom) la nouvelle
de la naissance de Monseigneur
le Duc de Berry,
vint à Claye de la part de
cette Princesse
, pour ravoir
si Sa Majesté y estoit arrivée
en bonne santé.
Il y aicy à remarquer une
choseque personne n'a peutestre
jamais observée.C'est
que lors que les Princes de la
Maison Royale font separez,
sans estreéloignez les uns
des autres -que d'une journée>
ilss'envoyent tous les
jours un Gentilhomme pour
s'informer de l'estat de leur
santé,maisaussi-tost qu'ils
commencent à s'éloigner davantage
,
ils ne se donnent
plus de leurs nouvelles que
par des Courriers, qui leur
en apportent tous les jours.
Dés qu'ils reviennent à une
journée de distance
,
ils recommencent
à se dépescher
un Gentilhomme,& c estpar
cette raison que Madame la
Dauphine n'en renvoya plus
qu'après que le Roy commença
d'approcher de Versailles.
Ce Prince estant arrivé à
Claye entre six & sept heures
du [oir) y receut un Gentilhomme
de Madame, &: dépescha
aussi-tost à leurs AItérés
Royales Mdu Boulay,
Gentilhomme ordinaire de
sa Maion, pour apprendre
des nouvelles de la santé de
Monsieur, qui s'estoit trouvé
mal le matin à la Messe de
Sa Majesté à Versailles.
La Cour fut tres- bien logée
à Claye,parce qu'on étendit
les logemens jusques à un
lieu voisin
)
qui est un Hameau
contigu à ce Village,
dont il n'est separé que par
un petit ruisseau? qui fait
trouver aux portes des maifons
des Païsans,desPrairiestres
agréables,plantées avec
soin &avec compartiment.
Je ne vous marque point
les lieux & les heures où le
Roy a tenu Conseil. Ce Prince
ne manque jamais de temps
pour ce qui regarde les affairesde
l'Etat.Illeur sacrifie son
repos & ses plaisirs
}
il tient
Conseil en tous lieux? & à
toute heure ,quand ille juge
important pour le bien de
son Royaume,& il a travaille
dans le Voyage de Luxembourg,
avec la mesme
application qu'il fait à Versailles.
Il est vray que ce n'a
pas esté avec tous ses Ministres
,Mrde Croissy estant le
seul qui soit party de Paris
avec ce Monarque, mais
tomme il est luy-mesme son
premier Ministre,on peut dire
qu'il travaille souvent seul
autant que dans le Conseil,
Sa Majesté donnant aux
affaires pendant ce Voyage
autant d'application qu'à
l'ordinaire
,
voulut que sa
Cour trouvast par tout les
mesmes plaisirs, pendant
qu'Elle ne vouloit se retrancher
ny les peines,ny les soins
qu'on luy a toûjours veu
prendre depuis qu'Elle gouverne
par Elle-mesme ; &
pourcet effet Elle resolutde
tenirpartout Appartement.,
Ainsi dés lapremiere couchée
,qui estoit à Claye, on
trouva plusieurs chambres
préparées pour divers Jeux.
& chacun joüa avec lamesme
tranquillité? & aussi peu
d'embaras que si l'on eust
citéencoreà Versailles, tant
les ordres avoient esté bien
donnez pour les logemens,
:& pourtoutce qui pouvoit
contribuer à la commodité
desPersonnesde clualt"lui
suivoient la Cour.Les Appartteemmeennssoonntt
pprreeslqquuee ccoonnttIinnuueétous
les jours pendant tout
le restedu Voyage.
Monseigneur le Dauphin,
partit de Claye le lendemainonzièmeàsept
heures du.
matin. Ce Princechassatout
le jour dans la Forest deMonceaux
; &commeSa Majesté
devoir coucher ce jour-là à
laFerté sur Joüare, il prit le
party d'y arriver enchaOanCp
;,&de courre le Cerf dansles
:b.uiflx>ns ; ce qu'il fîtavecles
chiens de Mr le Chevalierde
Lorraine. Il prit plusieurs
Cerfs; entre lesquels il y en
avoit un qui se fit courre
long-temps, & qui passa dixhuit
étangs à la nâge.
Le Roy, après avoir entendu
la Messe à Claye, alla
à Monceaux. Toute la Cour
passa dans Meaux, pour se
rendre à cette Maison Royale
, & lors que Sa Majesté
l'eut traversée au bruit des
acclamations du Peuple,Elle
trouva le Regiment de Vivans
qui l'attendoit en ba.
taille. C'est un Regiment de
Cavalerie
>
auquel on ne peut
rien ajoûter,tant pour la
bonté des Cavaliers, que pour
la beauté des chevaux. Ce
Regiment alloit au Camp de
laSaone,& avoit un sejourâ
Meaux?ce qui fut causequ'il
eut l'honneur d'estre veu du
Roy. Sa Majesté en fut trescontente,
de le trouva beau.
Elle eut mesme labonté de
vouloir bien recevoir un
Chien couchant de Mr Li:"
grades qui le commande. Le
Roy dîna à Monceaux. C'est
un vieux Chasteauqui a fait
le plaisir de plusieurs Rois,.
& qui appartient à Sa Majesté.
Ce lieu qui est fortriant,
a une tres-belle veuë, & le
Bastiment enest magnifique..
Le Roy voulant honorer l'ouvrage
de ses Ayeux? le fait
reparer? & bien-tost on ne
verra plusrien en France qui
ne porte des marques de sa
magnificence&de sabonté.
Toutes les Maisons Royales
ayant
ayant pour Capitaine une
personne d'une qualité distinguée,
MrleDuc deGesvres,
premier Gentilhomme
de la Chambre, & Gouverneur
de Paris,joüit de la Capitainerie
de Monceaux?que
possedoitMrle Duc de Trêmes
son Pere. Il vint recevoir
SaMajesté
,
accompagné du
Lieutenant, & de tous les
Officiers & Gardes des Chasses
qni dépendent de luy, à
l'endroit où la Capitainerie
duit jusqu'au mesme endroit
par Mr le Marquis de Livry ,
aussi Capitaine des Chasses de
Livry &c qui avoir esté recevoir
ce Prince jusques à
Bondy avec tous ses OSiciers.
Le Roy? qui avoit dépesché
le foir précedent Mr du
Pouhy
, pour sçavoir l'estat
de la fanté de Monsieur, en
apprit des nouvellesà Monceaux
parce mesme Gentilhomme
, qui arriva pendant
<qjuuee SSaa Maaj*ecsttlé' estoit à table,
êc luy rapporta que Son Altesse
Royale avoit pris du
Quinquina , & dormy assez,
tranquillement depuis quatre
heures du matin jusques
a dix. Ce Prince monta à
cheval à l'issuë de son dîné.
avec Madame la Princesse de
Conty, & deux des Filles
d'honneur decette Princesse,
& alla à la Chasse de l'Oiseau.
Tant que l'on a demeuré
dans l'étenduë de la Generalité
de Paris,Mde Menars
qui en a l'Intendance
, n'a
point quité le Roy afin d'être
toûjours en estat de recevoir
ses ordres, & luy a
rendu un compte exact de
toutes les choses qui regardent
son Employ.Cela fait
voir que Sa Majestés'applique
sans cesse,puis quemesme
dans le temps de ses plaisirs,
Elles'entretient plûtost de ce.
qui se passe dans son Royau-.
!De, que de ce qui peut avoit
rapport à son divertissement
Ce Prince ayant l'esprit ex-r
'- - -.. - -
tremement pénétrant,unmot
luy fait aprofondir bien des
choses, de forte que ce qu'il
aprend lors qu'ilsemble ne
s'informer que par converfation
de ce qui se passe
,
luy
donne lieu de remedier à
quantité de desordres, & fait
que souvent il en prévient
d'autres. Pendant toute sa
marche il a toûjours esté
prest à écouter & à satisfaire
par ses réponses, ceux à qui
sa bonté a permis de luy parler
; & quelquefois lors qu'il
avoit commencé à jouer)aiffn
<J..e la Cour se divertist, il
quittoit le jeu, & travailloit,
ou s'occupoit à faire du
bien.
Mr l'Evesque de Meaux s'est
prouvé par tout où le Roy
a passé dans son Diocese, &
sçachant que le principal
foin de ce Prince estoit que
toute sa Suite entendist la
Messe, &: particulièrement les
Dimanches, ce Prelat envoya
plusieursReligieux à Claye,
& en envoya aussi dans les
Quartiers desGardes duCorps
& dans ceux des Mousquetaires)
des Gendarmes,&des
Chevaux-Légers.LaCour ne
Cf manquoit pas d'Ecclesiastiques
pour la Maison du Roy,
-& Mr l'Evesque d'Orléans -a--
Voit ,in de regler les tempsauGjaeÊs
chacund'eux devoit
C,elcb,-e"la Messe.
Toute la Cour arriva de
bonne heure àla Ferté sur
Joüare. C'est un lieu situé
dans une gorge enchantée,
au fond d'une plaine. LaRiviere
de Marne contribuë
beaucoup à la beauté du païsage,
& à la fertilité du Terroir.
Le petit Morin vient la
grossir auprés & au dessus
de l'Abbaye, & y forme mille
Prairies abondantes en pâturages.
Ce Bourg est dans la
Brie Champenoise,entre Chasteau-
Thierry & Meaux. Les
Prétendus Reformez le prirent
vers l'an 1562. pendant
les Guerres Civiles du der-
-
nier Siecle. La Chasse y fut
tres-divertissante. Le Roy y
vola des Corneilles. Mr de
Terrameni, Capitaine du Vol
des Oiseaux du Cabinet du
Roy ,a eu beaucoup d'honneur
dans ce Voyage. Les Equipages
y ont fort paru, &
il s'en: attiré beaucoup de
louanges pour tout ce qui
regarde sa Charge.
On admira à Joüare un
Pont qui joint le Chasteau
au Fauxbourg. Ce Pont a
cousté beaucoup. Il effc fait
de bois sans appuy ) tout suspendu,
& soutenu feulement
par l'épaisseur des pieces qui
le composent Il est de soixante
& quatre pieds de
long, & depuis qu'il est construit
>
il n'a rien perd u ny de
sa beauté,ny de saforce. On
coucha dans le Chtsteau, qui
appartient à Mrle Comte de
Roye. - Il est situé dans une
petite Isle fortagreable.Monseigneur
prit place dans le
Carosse du Roy. Une des
Dames luy ceda la sienne, &
se mit dans le second Caloife)-
ce que quelques-unes
ont fait alternativement.
Monseigneur n'y estoit que
pendant une partie du jour,
parce que la Chasse
,
dont on
trouve l'exercice utile à sa
santé
)
l'occupoit souvent.
Madame la Princesse d'Harcour
eut ce jour-là un accés
de Fiévrequil'obligea de
partir plus tard. Il fut suivy
d'un second accès de Fièvre
double-tierce. Elle prit du
Quinquina, &la Fiévre ne
luy revint pas. Toute la Cour
en marqua beaucoup de LOYc..
On dîna le it. à liffct
éloignée de quelques Villages
qui sont aux environs,
&qui appartiennent aux Celestins.
On allasouper à
Monmircl
,
qui appartient à
Mr de Louvois. Toutes les
Dames,& plusieurs Seigneurs
de la Cour eurent l'honneur
de souper ce soir-là avec le
Roy. La Table estoitde seize
couverts, On apprit en ce
lieu-là la mort de Madcmoiselle
de Simiane, dont
je vousaydéjà parlé dans ma
Lettre precedente. On y apporta
aussi la nouvelle de la
mort subite de Mr l'Evesque
d'Amiens, qui surpritd'autant
plus, que M de Breteuïl
assura que depuis deux jours
il avoit soupé avec ce Prélat.
Ces deux morts firent parler
de celle d'un descent Suisses
de la Garde de Sa Majesté,
qui estoit mort le matin en
s'habillant. Il y a une tresgrande
quantité de Lievrts
>
& de Perdrix à Monmirel,
Le Roy y pritle divertissement
de la Chasse, & alla voler.
Ony sejourna le 13 & toute
la Cour y demeura avec
joye, parce que le vent estoit
violent à la campagne, &
qu'il y avoit beaucoup de
poussiere. On se promena
dans les Jardins, & le Roy
au retour de la Chasse prit
le divertissement de la promenade
avec les Dames sur
les Terrasses, qu'il trouva fort
belles. Monmirel efl dans un
territoire tres-fertile.
Mr de Louvois qui ne s'applique
pas moins à tout ce
qui peut faire fleurir les beau::
Arts dans le Royaume,qu'à
ce qui est de la Guerre , va
faire establir une Verrerie à
Montmirel
, & la Cour en vit
tous les apprêts.
Le Roy y tint deux fois
Conseil avec Mr de Ci-oiffy ;
c'est ce que Sa Majesté a fait
chaque soir
>
après estre arrivée
dans tous les lieux où
Elle a esté coucher. Elle prit
! aussiàMontmirel le divertissement
du vol du Milan. Le
sejour que l'on y fît, & qui
n'avoit pas esté marqué dans
1i route, fut cause que
l'on retrancha celuy qu'ondevoit
faire à Châlons
)
afin
que le Roy qui ne manque
jamais à executer les desseins
qu'il prend, puft se rendre à
Luxembourg le jour qu'il y
estoit attendu.
Toute la Cour partit de
Montmirelle 14. & alla dîner
à Fromentiercs. A cinq heures
on avoit paffé le défile
d'Etoges. Sa Majesté prit
congé des Dames, & monta
à cheval pour aller chasset
dans les belles plaines de
Champagne. On alla coucher
à Vertus. Ce lieu a este
autrefois considerable, & étoit
l'apanage des Cadets des
Comtes qui portoient le nom
de la Province. Du temps de
Sigebert Roy de Mets, qui
vivoit en 570. il y avoit un
Duc de Champagne nommé
Loup, qui témoigna beaucoup
de fidélité, à conserver
les Etats du jeune Roy Childebert
, contre ceux qui les
vouloient envahir. Il y eut
ensuite plusieurs Ducs de
Champagne
,
mais ce titre de
Ducqui n'estoitpas alors une
dignité perpetuelle, ne faisoit
que marquerune forte de
gouvernement. Le premier
Comtehereditaire de Champagne,
fut Robert de Vermandois
,
Fils d'Herbert IL
&d'Hildebrante, qui se ren-
,
dit maistre de la Ville de
Troye en 253.Je ne vous dfe
rien de ses Successeurs. Ils
continuerent la poiterité jusqu'à
Thibaud IV. surnommé
le Posthume ou le Faiseur de
Chansonsqui succeda à son
Oncle maternel
,
Sanche le
Fort,au Royaumede Navarre.
Il mourut à Troye en 1254.
estant de retour du Voyage
d'Outremer. ThibautV. fou
Fils qui avoit épousé Isabelle,
Fille du Roy Saint Loüis,
estant mort sans Enfans après
avoir fait lemesme Voyage.
laissà ses Estats à Henry ~HI
son Frere. Ce dernier n'avoit
qu'une Fille nommée Jeanne,
qui en 1184. épousa Philippes
le Bel pendant la vie de
Philippes le Hardy son Pere ,
&. depuis ce temps ,la Champagne
a esté inseparablement
unie à la Couronne de France.
Les Comtes de Champagne
faisoient tenir ks Etats de
leur Pays par sept Comtes
leurs Vassaux
,
qu'ils appelloient
Pairs de Champagne.
C'estoient les Comtes de
Joïgny, de Retel >de Bricnîic>
de Roucy
?
de Braine , de
Grand-Pré, &deBar-fur-
SIelinye.
a trois Eglises à Vertu,
avec deux Abbayes hors les
portes. Les Guerres yont laifsédes
marques de leur fureur,
quine peuvent estreeffacées
que par le regne deLoüisLE
GRAND. Le Roy y fut 1-ogc
fort étroitement, & comme
cestoit sur la rue
?
il fut exposé
au bruit du passage des
équipages de la Cour. Ce
Prince auroit pu estremoinsmal
;mais ne pouvant renoncer
à ses manières honnestes,
qu'il conserve mesme aux dépens
de son repos ,
il aima
mieux que celuy des Princesses,
re fust point troublé ,
fk voulue qu'elles fussent logées
plus commodementque
luy.
Le JJ: toute laCour dlfnx.
àBierge
, ôc alla coucher
à a Bierge >-,
& Châlons. Cette Ville est en
Champagne, ôcson Evesché
est Suiffragant del'Archevesché
de Rheims. Elle est ancienne
,
& dés le temps de
Julien l'Apostat, elle tenoit
rang entre les premieres Villes
de la Gaule Belgique, Il y
a de belles rues avec des
maisonsassez bienbasties. La
Place où l'on voit la Maison
de Ville, & celle où est l'Eglise
Collegiale de Nostre-
Dame,font les plus considerables.
La Cathedrale de Saint
Estienne est dans une Isle que
forme la Riviere de Marne,
dont une partie entre dans la
:Ville, &y fert beaucoup pour
la commodité des Habitans.
Elle a de ce cofté-là d'assez
bonnes Fortificarionsquele
Roy François I y a fait faire,
& elle est entouréedemurailles
avec des Fossez presque
toûjours remplis d'eau. Il y
a encore douzeParoisses,entre
lesquelles plusieurs font Collegiales
Les avenues de Châ-
Ions font tres-agreables >& il
y a autour de la Ville plufleurs
lieux de promenade,
entre lesquels celuy du Jare
cil fort renoffilné. La Riviere
,-' der
de Marne qu'on passe sur divers
Ponts, la rend une Ville
de negoce. Elle a eu des Comtes
qui ont cedé leur droit
aux Evesques. C'est par là
qu'ils font Comtes Pairs de
France.
Le Roy entra à cheval à
Châlons
) & fut receu par
le Maire & les Echevins. On
ne luy fit aucune harangue,
parce qu'il avoit fait donner
lordre dans tous les lieux par
IOÙ il devoit passer
)
qu'on ne
le haranguast point ; mais il
eut la bonté de vouloir bicri
recevoir les Presens de Ville,
Le Chapitre de la Cathédrale
eut aussi l'honneur de le famlücr,
ayant à sa teftcM l'Evê.
que deChâlons. Les Chanoines
se recrierent ensuite sur lai
douceur, & sur l'affabilité det
ce Monarque, dont ilsnecesfent
point de parler, Madame:
la DuchessedeNoailles lai
Douairière, qui a esté Dame
d'Atour de la feuë Reyne:
Mere du Roy, & dont la vertu
exemplaire a toûjours çftç:
applaudie,caril en - cft de
faussesqui n'imposent pas a
tout le monde, eut le mesme
honneur. Sa Majesté luy fit
d'autant plus d'honneftetez,
qu'il y along-temps que son
merite luy est particulierement
connu. Le Roy se retira
ensuite -pour tenir Conseil.
Mr le Duc de Noailles
> &
M l'Evesque de Châlonsfon
Frere ,
firent servir plusieurs
Tables magnifiques, pour
toutes les personnes de la
Cour qui voulurent y manger.
Le Jarc leur servit de promenade
pendant quelques
heures. Je ne m'étens point
icy sur la beauté de ce lieu,
parce que j'en ay fait une
description dans le Volume
que j'ay donné, qui ne contient
que ce qui s'est passé au
Mariage de Monseigneur le
Dauphin. Il y eut au Jare une
prodigieusequantité de personnes
de toutes conditions,
que l'impatient dehr de voir
le Roy avoit fait venir de
toute la Champagne. Les
principaux Officiers de la
Ville de Troyes se rendirent
à Châlons? & firent vingt
lieuës pour avoir l'honneur
de salüer ce Monarque. Les
Dames de la Province eurent
beaucoup de chagrin de l'ordre
qui fut donné, de n'en
laisser entre,r faulc.unIela.u1so1u- per , qui n'eust ellenommée
par Sa MLijefté.C:lles qui
crurent n'estre pas assez connuës
pour pouvoir estre du
nombre, ne se presenterent
point, dans la crainte d'estre
refusées,ce qu'on ne trouva
pas ordinaire, & qui fut fort
remarqué. Le Roy eut la bonté
de permettre qu'on les laissast
toutes entrer le lendemain
dans le Choeur de FIL
g-I.Ife>o-t'i elles eurent le temps
de considerer SaMajesté &.
Jtoute la Cour pendant que
l'on dit la Messe.La Musique
de cette Cathedrale chanta
un Motet, dont il parut que
l'on fut assez content. Mr
Evesque Comte de Châlons,
,& Mr le Ducde Noailles accompagnerent
toûjours le
Roy tant qu'il demeura dans
cette Ville. On auroit bien
voulu sejourner dans un lieu
aussi
-
beau & aussispacieux
que celuy là, où les logemens
estoient fort commodes;mais
les mesuresestant prises pour
se rendre à Luxembourg au
jour marqué, on partit le 16.
à dix heures précises du matimpour
aller coucher à Sainre-
Menehout.MdeChâlons
accompagna le Roy jusques
aux confins de son Evesché,
& Mr l'Evesque de Verdun
le reçût à l'entrée du fien.
La journée de Chalons à
Sainte-Menehout se trouva
fort longue pour les Equipages.
On dîna à Bellay, qui
n'est qu'une Ferme sans aucune
autremaison aumilieu
de la camp.-,gnc,& on rendit le
lieu agreable pour y recevoir
le Roy. Sa Majesté y chassa
pendant une partie Je l'aprésdînée,
& alla coucher à
Sainte-Menhout. Cette Place
qui avoit estéprise sur
nous pendant les temps difsiciles,
fut reprise en 1653. par
Mr le Maréchal du Plessis-
Pralin; & ce Siege que le
Roy voulut presser en per,
sonne
,
obligea Sa Majesté
d'aller en Champagne en ce
temps-là. Le Roy ne trouvant
pas la Cour assez commodement
logéedansSainte-
Menehout, resolut de n'y
passer pas la Feste du S. Sacrement
à son retour, &
nomma Chalons pour y faire
la ceremonie de cette FesteCela
obligea de retrancher
un des jours du sejour, de Luxembourg.
Le Roy conti-
Ilua de donner par là des
marques de sa bonté à toute
la Cour,& Mr l'Evesque de
Châlons montra tantdejoye
de ce qu'il auroit l'honneur
de recevoir encore ce Monarque
,que plufieufs luyen
firent compliment.
Le 17. le Roy entendit la
Messe aux Capucins, & fit
de grandes libéralités a leur
Convent. On alla ensuite dV;
ner à Vricourt ,
prés de Clermont
en Argonne. Les chemins
se trouvèrent fort rudes
,dans des bois, dans des
montagnes, & dans des valées
d'un terroir remply de
pierres. On arriva d'assez
bonne heure à Verdun?où
l'on fut si bien logé) que ce
fut avec plaisir
que l'on y
passa la Feste de la Penteccste.
Verdun est une Ville
forte sur la Meuse, & il en
est peu de mieux situées dans
la Lorraine. L'Evesché est
Suffragant de l'Archevesché
de Reims. Cette Eglise a eu
d'illustres Prelats. Ils se disent
Comtes de Verdun,&
Princes du Saint Empire. La
Riviere de Meuse rend cette
Ville agreable par diverses
Isles qu'elle y formé. Le
Roy HenryII. la prit en
IJJI. Le Chapitre de l'Eglise
Cathedrale de Nostre-Dame
est fort considerable.M l'Evesque
de Verdun receut le
Roy dans son Palais Episcopal.
Il est tres-beau, & l'on
y voit jusques à dix pieces de
plein-pied L'air y est admirable.
Ce Palaisest élevé sur un
Roc d'où toute la baffe-Ville
se découvre. Des Prairiesarrofées
par la Meuse
>
& des
vallons assez éloignez, &
tres-fertiles en tout ce qui
est necessaire pour la vie, en
rendent l'aspect des plus
riants. Les ameublemens de
ce Palais sont fort somptueux,
& fervent beaucoup
à faire voir la magnificence
de Mrde Bethune, qui joüit.
en sa retraite de quarante
mille livres de rente, que
luy rapporte son seul Evesché.
Les Anis qu'on appelle
de Verdun, autrement Dragées
de toutes manieres, se
trouvant meilleurs en cette
Ville-là qu'en aucune autre
du monde, elle ne fuit point
l'exemple des autres Villes
dans les Presens qu'elle fait
aux Souverains? & au lieu
d'offrir du Vin, elle donne
de ses Anis. Ainsi elle en sir
present de cent boëtes au
<
Roy. M l'Evesque de Verdun
est Fils d'Happolite de
Bethune? Comte de Selles,
Marquis de Chabris
>
dit le
Comte de Bcthune
, mort en
1665. aprësavoir esté honoré
du Collier desOrdres du Roy
en 16Cu & fait Chevalier
d'honneur de la Reyne Marie-
Therese d'Austriche. Il
avoit épousé en 1629.Anne-
Marie de Beauvilliers, Soeur
de M le Duc de S. Aignan,
qui tant que la feuë Reync
aYcfçuj a eu l'honneur de
la servir en qualité de Dame
d'Atour. Ce Prelat avoit avec
luy Madame de Rouville sa
Soeur,Veuve de M le Marquis
de Rouville, Gouverneur
d'Ardres.Elle eut l'honneur
de manger avec le Roy
dans les trois Repas que Sa
Majestéfit à Verdun.
Le jour de laPentecoste,pres.
que toute la Cour sir ses devotions,
à l'exemple du Roy.
C'estune choseassez extraor.
dinaire pendant le coursd'une
marche. mais quene voiton
point de nouveau fous le
Regne de Loüis XIV. sur
tout pour leschoses qui regardent
la Religion & la
pièce1 Monseigneur le Dauphin
se rendit dans l'Eglise
Cathedrale dés sept heures
du matin;&: après avoir entendu
la Messede M l'Abbé
Fleury, Aumônier du Roy,
ce Prince communia par les
mains de cet Abbé.
Sur les dix heures, le Roy
passa à travers ses Mousquetaires
rangez en haye des
deux costez de la court de
l'Evesché
, &: au milieu des
cent Suisses dela Garde, postez
dans la mesme Eglise.
SaMajestéestoitenvironnée
de ses Gardes du Corps &de
toute sa Cour. Elle se rendit
dans leChoeur, où Elle fut
suiviede Mr l'Evesque de
Verdun,&de tous les Chanoines
de cetteCathedrale.
LeRoyestoit en Habit de
cérémoniec'eit à dire
> en
Manteau,revestu de son Col-
Jjjcr de l'Ordre. Il entendit
là Méfie de Mr l'Evesque
d'Orléans, son premier Aumônier
,
dont il receut la
Communion La seconde
Messeque Sa Majesté entendit,
fut dite par l'un de ses
Chapelains. Au sortir de
l'Eglise, Sa Majesté toucha
prés de cent Malades, dont
Mr leDuc deNoailles avoit
fait amener une partie de
Chalons. Ils estoientrangez
sous les arbres de la premiere
court de l'Evesché. Ce Prince
quitta ensuite son Habit de
ceremonie, & revint avec
Monseigneur le Dauphin, &
toute la Cour, entendre la
grand' Messe, qui fut pontifïcalemenr
celebrée par Mr
l'Evesque de Verdun, &
chantée par la Musique de
la Cathedrale.Cette Musique
plut assez à toute la Cour,
& on trouva la voix d'un des
Enfans de Choeur tres-agreable.
Plusieurs mesme la jugerent
digne de la Chapelle
du Roy. Il y a quatre de ces
Enfans de Choeur qui joüent
du Violon, qui sont, une
Taille, une Haute-contre, &
deux Baffes.
Le Roy eut la bonté de
toucher encore soixante &
dix Malades en sortant de la
grand' Messe. C'estoit beaucoup
après en avoir entendu
trois,&touché d'autres Malades.
Sa Majesté vint l'aprésdînéeentendre
Vespres dans
la mesme Eglise, &: Mr de
Verdun officiaencore en Habits
pontificaux. Le Roy étoit
dans les hautes Chaises à
droite.& aprèsluy,Monseigneur,
Madame la Duchesse,
& Madame la Phnccffe de
Conty. Aprés ces Princesses
estoient Monsieur le Prince-
Monsieur le Duc , Monsieur
le Duc du Maine, & Monsieur
le Comte de Toulouse.
Les Dames occuperent le reste
des places. Jamais les peuples
de Verdun n'avoient vû
ny tant de magnificencesny
une si augusteAssemblée ; &
l'on peut mesme dire qu'ils
n'avoient jamais vû dans leur
Eglise de si grands ny de si
édifians exemples depieté.
Le Roy s'enferma après
Vespres avec le Pere de la
Chaise pour travailler à remplir
les Beneficesqui vacquoient
depuis le jour de
Pasques, qu'il avoit fait une
nomination. On fut quelque
remps sans sçavoir cette derniere
, parce que lePere de
la Chaise n'en dit rien après
qu'il fut forty du Conseil.
Enfinonappritque Mr rAb..
bé de Saint Georges,Comte
de Saint Jean de Lion vnommé
depuis quelque temps à
l'Evesché de Clermont,avoit
esté fait Archevesque de
Tours, & que l'Evesché de
Clermont avoit esté donné
à M l'Abbé de Champigny
Sarron, Chanoine del'Eglise
de Paris. Je vous parlay amplement
de M l'Abbé de S.
Georges
,
lors que le Roy le
pourveut de l'Evesché de
Clermont. M l'Abbé de
Champigny qui vient d'y
estre nommé, est Fils de François
çoisBochartdeChampigny,
Seigneur de Saron, qui après
avoir esté Maistre des Requestes,
Conseiller d'Etat, &
Intendant pendant trente années?
tant dans la Généralité
de Lyon qu'en Provence &
en Dauphiné,se noya malheureusement
en 1665. C'étoit
un homme d'un rare merite,
dont le nom se trouve
souvent dans les Ecrits des
Grands hommes de ce Siecle.
111 avoit épousé Madeleine
Luillier, Soeur de Madame la
Chanceliere d'Aligre, &
estoit Fils de JeanBochart,
Seigneur de Champigny,
Noroy & Saron, Controlleur
General, Sur Intendant des
Finances, & premier President
au Parlement de Paris,
mort en 1630. Cet illustre
Magistrat descendoit de Jean
Bochart Seigneur de Norcy,
Conseillerau Parlement, qui
fut éleu les Chambres assemblées,
pour remplir la Charge
de premier President en 1447.
Celuy-cy eut pour Fils Jean
Bochart II. du Nom, auquel
Jean Silnon, Evesque de Paris,
donna saTerre deChampigny
en luyfaisant époufer sa Niece.
On iceut aussi que l'Evesché
d' Amiens avoit esté donné
à Mr l'Abbé Feydeau de
Brou, l'un des Aumôniers du
Roy, & que M l'Abbé
d'Hantecour, Aumosnier de
la feuëReyne, avoit eu l'Abbaye
de Longuay, Ordre de
Premontré,DiocesedeReims
vacante par le deceds de M,
l'Abbé du Four. Mr l'Abbé
d'Hantecourt est Frerc du
Pere d'Hantecourt, Religieux
de Sainte Geneviéve,
&Chancelier de l'Université.
Cet Abbé estant de quartier
lorsque la Reyne mourut,
eut le triste honneur de
remplir plusieurs fonctions
qui regardoient sa Charge.
Il a esté employé depuis la
mort de cette Princesse aux
conversions des Protestans
dans plusieursVilles de
Françe. L'AbbayedeBalerme
fut donnée le mesmejourau
Frere de Mde la Chetardie,
Commandant de Brifac
?
&
l'Abbaye de Noyers au Fils
de MPinçomAvocat au Parlement,
qui entend parfaitement
les matieres Beneficiates&
Ecclesiastiques, & qui
a écrit là-dessus touchant les
droitsde SaMajesté.Il-y eut
aussi ce jour-là plusieurs Benefices
de moindre consideration
donnez à des Officiers
d'Armée & de laMaison du
Roy, pour leurs enfans otj
pour leurs parens; mais le
Roy ne les accorda qu'après
que le Pere de la Chaise l'eut
asseuré que leurs vies &
moeurs luy estoient connuës.
Les choses qui ne demandent
pas de secret estant
bien-toit répanduës,on ne
fut pas long-temps sans apprendre
les noms de ceux à
qui les Benefices avoient esté
distribuez,& toute la Courfit
paroistre tant de joye de la
nomination de M l'Abbé de
Brou à l'Evesche d' Amiens,
qu'il m'est impossible de vous
la bien exprimer.
Je ne sçaurois m'empescher
de vous marquer icy
qu'un homme qui possede
une des premieres Charges de
la Cour, ayant prié le Roy
de luy donner un Benefice
pour un de ses Fils quiest
tres-jeune) Sa Majesté luy
demanda quel âge il avoit,
& l'ayant sceu
,
Elle luy dit;
quEHe estoit bien lâchée qu'il
eust encore tant de temps à at.
tendre. Celuy qui demandoit
cettegrace voulut donner des
raisons, & rapporta mesme
quelques endroits de l'Ecrisure;
mais le Roy sit connoistre
qu'il la sçavoit beaucoup
mieux que luy, & dit
qu'il ne donneroitjamais de Benefices
qu'à despersonnes capdbles
de sçarvoir à quevelles s'engageoient,
en prenant le party
d'entrer dans l'Eglise. Ce Prince
ajoüta ,on croyait peuteftrr
qu'on emportait quelquefois
des Benefices par faveury
mmaaisisqquueessiicceeuuxxqquuiiavonrv
cette pensée , pouvaient erre témoins
de ce qui se passe dans le
Conseil
,
lors qu'ils'agit de lA
distributiondesBenefice,ils verroientpar
toutes les précautions
qu'on prend pour ne les donner
qu'a des personnesdignes de les
posseder, la peine où ilse trouve
souvent avant que d'oserfixer
son choix. Sa Majesté fit
enfin connoistre
, que ny faveur,
ny brigue) ny recommandation
,ny naissance,ny
services
, ne pouvoient rien
obtenir, à moins qu'Elle ne
fust persuadée que ceux qu'il
- A
-
luy plaisoit d'en gratifier
n'eussent toutes les qualitez
necessaires pour en remplir
les devoirs. Ce n'est pas à
dire pour cela que tous ceux
qui en possedent,s'en acquits
tent dignement. La possession
du bien, & le peu d'occupation
corrompent fouvent
les moeurs. On s'aveugle
quelquefois dans le temps
où l'on devroit avoir le plus
de fageue?&:on ne conferve
pas toûjours les bonnes incli-,
nations qu'on a fait paroistre
dans ses premieres années. Le
Roy peut donner un Benesiceà
l'homme du monde
qui le meritéle mieux dans
le tcmps qu'il l'en pourvoir,
& qui dans la fuite en deviendra
tres-indigne.
- Je pourrois ajoûter- icy
beaucoup de choses sur ce que
le Roy voulut bien dire en
public touchant la nomination
des Benefices; mais ayant.
accoûtumé de vous rapporterles
faits sans aucun taisonnement
,je vous laisse faire làdessus
toutes les reflexion
que le Roy merite qu'on flÍI.
à sa gloire.
Ce Prince après avoir efii*
ployé la plus grande partie
du jour de la Pentecoste à
des avions de devotion &
de pieté
, & tenu un long
Conseil pour la distribution
des Bencfices qui vaquoient
alors, ne crut pas avoir encore
assez fait; il alla faire
le tour de la Place pour en
viliter les Fortifications, &
vit un Bataillon du Régiment
Soissonnois? qui estoit
en bataille sur le Glacis. Ce
Bataillon luy parut fort lestes
& il futtres-content.Il estoit
commandé par M le Duc de
Valentinois, Fils de M le
Prince de Monaco. Sa Majesté
vit aussi le Regiment
des Vaisseaux dans la Citadelle)
commandé pat Mr le
Marquis de Gandelus
?
Fils
de Mle Duc de Gefvrcs, qui
cnetf Colonel, & elle en fut
fort fatisfaitc. M le Marquis
fie Vaubecour, Gouverneur
de Châlons,&Lieutenant de
Roy du Verdunois
, & du
Pays Messin
, accompagna
toujours le Roy, & tint à
Verdun, tant que Sa Majcftc
y demeura,deuxTabks fort
magnifiqueSj ainsi qu'ilavoit
fait à Châlons, pour toutes
les personnes de la Cour qui
voulurent y aller manger. Le
Roy fut fort content de ce
Marquiseluy donna inefme
des marques de la fatisfadion
qu'il avoit de sa conduite.
Enarrivantà Verdun
» on
voit appris la mort de Madmoiselle
de Jarnac Fille
d'honneur de Madame la
Dauphine.dontje vousay déja
parlé.Elle fut fort regretée
à cause de son humeurdouce,
& complaisante,
Quoy que la Ville de Verdun
soit couverte par Longvvy,
Luxembourg, Sar-Loüis,
Strasbourg &autres, on ne
laisse pas de travailler tous
les jours aux fortifications de
cette Place. Le Roy ordonna
'lu)on y preparait les Ecluses,
afin qu'il puft voir à son retour
l'espace du terrain qu'elles
pourroient occuper.
Lors que Sa Majesté visita
la Citadelle qui est de cinq
Bastions fort reguliers , on
luy fit remarquer le Bastion
nommé le Marillac, qui donna
lieu au Procès qui fut fait
au Mareschal de ce mesme
nom> pour le crime de Peculat
, dont il avoit esté accufé.
L'histoirerapporte que
le Ministre qui nomma les tgommiflàiresquile condamnerent
,
leur dit après avoir
apprissacondamnation, qu'il
falloir que les Jugesenflent des
lumieres que le reste des hommes
n'avoitpas &queplus il avoit
fait de reflexionsur l'affaire dît
Maréchal de Marillac, &sur
toutes les choses dont on l'accusoit
,
moins ill'avoit juge digne
de mort; maisquenfin ilfalloit
croire qu'il estoit coupable
j
puis
qu'ilsïanjoient condamne. Il
n'eut dans la fuite que de la
froideur & de l'indifférence
poureux.
Le19.on ne fit que quatre
lieuës & l'on alla dîner
*
& coucher à Estain ; la journéeauroitesté
trop longue si
on avoit estéjusquesàLongvvy.
Mr Mathieu de Castelus
qui y commande vint à
Estain saluer le Roy,& tecevoir
les ordres de Sa Majesté.
Estain est un gros Bourg
muré, du Diocese de Verdun.
C'est le dernier de sa Jurisditèion
du costé de Luxembourg.
Quoy que ce Diocese
foit fort petit & borné de
toutes parts, sonpeu d'étendue
ne diminue pas néanmoins,
son revenu.MrdeVerdun
accompagna le Roy jusques
à Essain. La Cour eut un
tres-beau temps pour traverser
des ruisseaux, & desPlaines
grasses
?
& fertiles. Les
pluyes l'auroient fort incommodée,
mais le Royqui fait
les beaux jours de tous ceux
qu'il regarde favorablement)
devoit estreanez heureux
pour n'en pas manquer luymesme.
Sa Majesté prit ra:
presdinée le divertissement
de la Chasse. Ertain cft un
Païs de Bois accompagné de
belles plaines) & de Vallons
bien culrivez; les Maisons y
sontgrandes, & logeables
presque toutes bastiesà l'Allemande,&
il n'yen a pas une
qui n'ait quatre Chambres
hautes où l'on peut loger.
Le Roy,Monseigneur?& les.
Princesses eurent leursAppartemens
dans la plus grande,
& chaque Corps d'Officiers
logea dans d'autres. Le lieu.
paroist avoir esté autrefois
considerable;les Guerres l'ont
ruiné , parce qu'il n'estoit pas
assez fort pour se deffendre
des courses. La Paroisse est
unassezbeauVaisseau,surtou
dans l'étendue du Choeur,qui
est tres-beau &: fort élevé
Cette Paroissea esté bastie
par les soins de Guillaume de
Huyen, lequel ayantesté in,
struit à Verdun? passa en Italie
; ou la beauté de son génie
luy acquit la bien-veillance
de la Cour de ROIne. Il fut
d'abord Chanoine de Verdun,
& par degrez elevé à la
pourpre, ayant esté fait Cardinal
au titre de Sainte Sa-;
bine. Il employa ks biens a*
l'embellissementde sa Patrie
mais la mort qui le (urpnd
dans l'exécution de ses. def-i
seins
, en rompit le cours
Les Entrepreneurs volerent
l'argenr & lainerenrnglife
imparfaite.Il avait resolude
fonder douze Prebandes,un
College-, &un Hôpital ;.lnaiscil
ne voit qu'un Choeur de-;
licatement construit
, & la
Barete de ce Cardinal suspendue
à la voûte, pour monument
de sa pieté
, & de sa dignité.
Il vivoit en 1406. Un
Curé, & un Vicaire ont foin
de cette Eglise, & du Peuple.
Les Capucins ont en ce lieu
une Maison habitée par huit
ou neuf Religieux. Ils ont
quelque peine à subsister;
mais ils en auroient encore
davantage s'ils n'estoient prés
de Verdun où on leur fait
de grandes charitez»Ces bons
Peres se sont establis en ce
lieu pour aider le Cure., à
causequ'il n'a qu'un, seul
Vicaire avec luy,
Le lendemain 20. la Cour
partit, d'Estain? &alla dîner
à Pierre-Pont qui n'en est éloigné
que de trois lieuës. La
plulpart des Officiers mangerent
surune verdure arrosée
d'un ruisseau fort agreable.
On traversa ensuite plusieurs
petits torrens;on parcourut
des Valées:on monta
des hauteurs?&on gagnaen
&~
finla cime d'une Montagne
où lenouveau Longvvy entièrement
construit par le
Roy) pour faciliter la prise de
Luxembourg. Le Vallon est
arrosé d'une très- belle eau
vive, qui roule toujours, &
qui rend la Plaine fort fertile
; laveue se promene agréablement
sans estre bornée
que des deux costez par deux
Montagnes, mais elles n'offrent
rien qui ne doive plaire.
L'une est remplie d'arbres;
l'autre est occupée par te
vieille) & par la nouvelle
Ville. On découvre dans le
milieu de la Prairie deux mai.
fons de Religieux) l'une de
Recolets. & l'autre de Carmes
) qui y sont établis, &
qui ont foin des anciens Habitans
de ce Pays-là. Ils ne
font logez que dans des hutes
sur la Colline
, & ils avoient
au dessusun Château antique
qui les mettoit à couvert
des Coureurs; mais presentement
il est ruiné) &
l'on n'y trouve que des cabancs
& des masures. Longvvy
est situé sur une hauteur
bordée d'un précipice à IJEfi:f
& au Sud, s'estendans vers le
Nord,& l'Ouest dans une
Plaine fort fertile. La Place
n'est commandée d'aucun
endroit. On y voit une grande
ruë ,
à l'extrémité de laquelle
font deux portes accompagnées
d'un double fossé
, &: défenduës de bons
Battions. Dans cette ruë principale,
sont les maisons des
Bourgeois qui font environ
deux a trois cens feux. La
Place d'Armes est au milieu.
On y voit un beau puits
) &
à gauche une Eglise une fois
aussi grande que les Recolets
de Versailles
, mais ily a
moins de Chapelles. Cette
Eglise est accompagnée d'uaeTour,
de la hauteur de celle
le Saint Jacques du Hautes
à Paris
, qui sert de Beffroy
>
& de laquelle on dé-*
couvre jusques à six lieuës
dans le Pays. La Maison du
Gouverneur est à droite , &
fait face à l'Eglise. Le reste
des Maisons est basty par fimetrie.
Le long desRamparts,
font des Cazernes pour les
Troupes,-& l'on voit d'espace
en espace des Magazins de
différentes grandeurs.Tous
ces Magasins sont soigneusement
gardez. Le Roy logea
dans la Maison du Gouverneur.
Mrle Marquis de Bouflers
, qui a le Gouvernement
de Luxembourg, vint au de.
vantdeSaMajestéàLongvvy.
Il estoit accompagné de quel..
ques-uns de fcs Gardes qui ne
parurent point avec leurs Ca.
rabines. Le Regiment d'Angoumois
commandé par Mr
de Thouy,estoit dans la Place.
Le Royen fit la Reveue>
êcille trouva tres- bon, tous
les hommes estant bien faits,
&audessus de trente ans. Ce
Regiment eut l'honneur de
garder le Roy. Il fautremarquer
que ce Prince ne fut pas
plûtost arrivé) qu'il donna
des marques de son activité
ordinaire. Pendant que cluCun
alla? ou le reposer? ou fc
divertir dans fcs Appartemens,
où il avoitdonné ordre
qu'il y eust toûjours rou.
tes fortes de Jeux preparez,ce
Prince courut? s'ilm'est permis
de m'expliquer ainsi pour
mieux marquerfonardcur.)11
courut?dis-je où la passion
digne d'un grand Capitaines
&: le devoir d'un grand Roy
rappelloient,&sedonna tout
entier le reste de la journée à
voir des Troupes? & des Fortifications.
Il y a dans Longvvy
quatre cens cinquante
Cadets. Sa Majesté leur vit
faire l'exercice, &dit hautement;,
qu'il rijyanjoitpoint de
Troupes qui s'en acquittent
mieux. Elle resolut mcfrnc
d'en prendresoixante ou quatre-
vingt , pour en faire des
Sous-Lieutenans dans tous
les Corps, excepté dans sois
Régiment ,où l'on ne reçoit
point d'Officier qui n'ait esté
Mousquetaire.Toutes les
places qui y vacquent estant
reservées à la Noblesse qui
tort de ce Corps,ils se perfectionnent
encore dans ce Regiment
en ce qui regarde le
métier de la Guerre? avant
que d'estre élevez à de plus
hauts Emplois. L'exercice
que firent les Cadets? fut à la
voix & au commandement
de leur Capitaine, ensuite au
coup de Tambour, câpres
dans le silence, par une habitude
qui est en tous également
naturelle; ce qui se fait
avec tant de justesse, qu'il
semble que ce soit un feut-
J.
homme qui remuë également
toutes les parties de
son corps. Ceux qui prirent
ce divertissement avec le
Roy eurent un tres-grand
plaisîrde voir un mouvement
uniforme dans quatre cens
cinquante personnes de différentesgrandeurs.
Le Royvisita à cheval les
dehors de la Place, & fit à
pied le tour des Remparts.
-
Ce Prince marqua luy-même
ce qui en pouvoit encore
embellir les Travaux, & ce
qu'ils avoient de plus beau
& deplus seur. Cela fait voir
la parfaite intelligence qu'il
a de l'Art de la Guerre.
Il ne faut que voir Longvvy
pour concevoir une haute
idée de la puissance du Roy,
& l'on ne pourra qu'à peine
sepersuader qu'il ait entièrement
fait bâtirune Ville,
élevée sur une cime inaccessible
r & dont les remparts
font d'une prodigieuse hauteur.
Il est impossible de s'imaginer
la dépensequ'où
a faite à couper le Roc, à
rendre le terrain uny, & à
bâtir tant de beaux logemens.
Cette Place est de figure éxagone
r ayant un Baition
coupé ducodedesprécipices
feulement. Ilestsoûtenu par
deux Delny-Iunes, & deux
Ravclins. On amis trois Cavaliers
aux endroirs foibles,
qui découvrent fort loin,&
qui feront montez de vingt
pieces de Canon. Toutes les-
Fortifications de cette Placc
fontd'une ties-grande regularité
; & ce qu'il ya de surprenantec'est
que le Roy en
aitfait entierement conftruireungrand
nombre d'autres
qui ne sont pas moins fortes,
qu'il y fasse encore tra-*
vailler tous les jours, & qu'il
commence à en faire éleyer
denouvelle.Iln'est pas moins
étonnant que SaMajesté voulant
mettre ses Sujets à couvert
des courses de la Garnison
de Luxemboutg., en la
mettant au rang de ses Conquelles,
Elle ait fait bâtu
Longvvy pour faciliter ses
desseins, cette Place ayant
servy de Magasin pour tou,
tes les provisions neceflaircs
à un Siege aulli important
qu'a esté celuy de Luxembourg.
Comme rien n'altère davantage
la fanté qu'une forte
&continuelle app licationau
travail, M de Croissy , qui
par une longue fuite d'Emplois
&par l'occupation que
luy donne celuy qui l'attache
entièrementaujourd'huy,
s'etf attiré des douleurs de
goute depuis quelques années,
en ressentit de violentes
à Longvvy. Cependant
elles ne l'empefcherent point
de servir le Roy, en quoy
il fut parfaitement bien secondé
par M le Marquis de
Torcy son Fils, qui dans un
âge fort peu avancé, a déja
veu toutes les Cours de l'Europe
> en a étudié les maniéres,
& n'ignore rien de ce
qui regarde la Charge dont
Sa Majesté luy a accordé 1:4
survivance.
La Maison du Roy eftanr
si grande) qu'à peine il se
passe une semaine
>
sans qu'on
apprenne la mort de quelque
Officier) on sceut à
Longvvy celle de M Villacienne,
Gentilhomme servant
du Roy? & celle de Mr
de la Planche ,Valet de
Chambre de SiMajesté
,
la
premiere dépendant de Monsieur
le Prince,comme Grand
Maistre delaMaisonduRoy,
& l'autre deSaMajesté parce
que le défunt xi'çftant poirr
marié
,
n'avoit point d'ensans
à qui ce Prince en eust
pû donner la survivance.
Mrde Seignelay, qui avoit
fait le Voyage de Dunkerque
avec une diligence furprenante,
depuis que le Roy
estoit party pour Luxembour,
joignit Sa Majesté à
Longvvy , & luy fit le rapport
de l'estat des Fortifications
de cette premiere Place.
Je vous en ferois icy le
détail, si je n'estois obligé de
le remettreà unautre ÀrcmS)
a cause de la quantité de choses
curieuses que j'ay encore
à vous apprendre touchant
le voyage de Sa Majesté. Je
vous diray cependant que le
Risban, lesJetrées,lesEcluses,&
le Bassin pour les Vaif-
[caux, sont des choses si extraordinaires
à Dunkerque »
<juà moins de vous en faire
la defeription, quelques paroles
dont je pusse me servir,
pour vous marquer la beauté
deces Ouvages* il me seroit
impossiblede vous rien faire
Concevoir qui en approchait,
& vous auriez mesme encore
beaucoup de peine à vous les
representer tels qu'ils [ont) si
vous ne les aviez vûs.
Le Roy estant party de
Longvvy le 21. entra dans le
Luxembourg, &: dîna à Cherasse,
premier Village de la
Province ducosté de France;
Le Païs par où l'on entra, n'a
pas tant de Bois ny de Mon.,
cagnes que les autres Cantons
de cette Province. Ce font
des Plaines grasses & fertiles?
remplies de tres-bons grains.
Les Villages y sont en affcz
grand nombre,mais les maifons
n'en font pas entièrement
rétablies. En approchantdela
Ville de Luxembourgeonvoitde
toutes parts
destrous, desquels on a tiré
de la brique,& de la chaux,
& d'autres materiaux, pour
les nouvelles Fortifications
<i'un Ouvrage qui va au delà
de tout ce que l'on en peut
concevoir.L'aspect delaVilleestbeauducostédeFrancc.
Le plan paroist égal par.
tout,&lesédifices sontgrands
8c magnifiques. On découvre
plusieursEglises couvertes
d'ardoises, descazernes, des
Magasins, des maisons considerables,
Celles des particuliers
semblent estre bâties
desimetrie; mais lors qu'on
est dans la Ville, on est furpris
de ce qu'on n'a découvertqu'une
partie des Fortifications.
Elles sont toutes irregulieres,
& continuées suivant
l'étduë du terrain, dont
la situationpeut étonner des
Assiegeans qui oseroientl'attaquer.
•*
Je devrois vous parler icy
de l'origine de cette Place,
vous entretenir des Ducs qui
en ont porté le nom, & vous
en faire comme un abregé
d Histoire; mais j'ayamplement
parlé de toutes ces choses
dans le Volume que je
vous ay envoyé du seul Journal
du Siege que le Roy fit
)
lors qu'il joignit la Ville de
Luxembourg à ses premieres
Poiiujrfedr
Conquestes. Ainsi jeme COfitenteray
de vous envoyer le
revers de la Medaille qui sur
¿;'faite en ce temps-là, & que
j'ay pris foin de faire graver.
Le Portrait du Roy [e voit
sur laface droite. Jene vous
dis rien du revers, vous le
pouvez voir.
Ce Prince fut receu à la
Porte parleMajor de la Place,
&,' traversa la Ville au milieu
de six rangs de ceux de
la Garnison qui estoient soue,
lesarmes, & en hâye>j[ufque^
au lieuoùSaMajesté alladescendre.
Ils firent trois salves,
mais on ne tira le Canon qu'aprés
l'arrivée du Roy, parce
que cela auroit marqué une
Entrée, & qu'il avoit déclaré
qu'il ne souhaitoit point
qu'on luyen fist.LesBourgeois
vinrent luy offrir leurs hommages.
oLes ruës étoient toutes
tapissèesde branches d'arbres,
suivant la coutume du Pai's.
Pendant le Soupe du Roy
qui dura deux heures, ils aL
lumcrent unfcudejoyc dans
-- .--' -,. --, -' 1er
té —*
--_.
le Pâté qui eH: entre le Paffendal
& le Grompt, vis-à-vis
les fenestres du Palais du
Gouverneur, prés de la Riviere.
Toutes les ruës furent
illuminées, &ces illuminations
continuerent pendant
tout le temps que Sa Majesté
demeura àLuxembourg. La
façade de l'Hostel de Ville parut
éclairée par plus de deux
cens Lanternes, remplies de
Devises à la gloire de ce Prince.
Les Clochers estoient en
feu, & quantité de flambeaux
de cire blanche brûlerent
toute la nuit devant la maison
du Maire. Toutes ces illuminations
furent accompagnées
de cris de Vive le
Roy. Sa Majestéfutgardée
par un Bataillon de Champagne,
commandé par Mr le
Baron de la Coste, La Ville
estoit plus remplie d'Etrangers
que de gens de la fuite
de la Cour, sans compter les
Gouverneurs, les Lieutenans
de Roy, les Officiers des Garnisons
d'Alsace, de Lorraine,
&de Flandre, qui avoient
eu permission de venir. Mr
l'Evesque
)
& Mr le premier
President du Parlement de
Mets, y estoient aussi venus,
avec tout ce qu'il y a de plus
distingué dans la mesme Ville,
suivy d'un grand peuple,
que la curiosité de voir le
Roy y avoit attiré. Il yestoit
passé plus de dix mille hommes
deTreves,deCologne,
de Mayence. de Juliers, de
Hollande, & de la Flandre
Espagnole;& l'on eust dit
que toute la Champagne s'y
estoit renduë, pour remercier
le Roy d'avoir pris cette
Place, afin deladélivrer des
courses de sa Garnison. M1 de
Louvois y estoit arrivé le
jour precedent
,
après avoir
faitun Voyage de deux cens
cinquante lieues depuis que
Sa Majesté estoit partie de
Versailles pour aller à Luxembourg.
Cette diligence
ne paroiftroit pas croyable,
si ce n'estoit une de ces choses
de fait dont on ne [sa?=-:
roit douter. Ce Ministre
rendit compte au Roy de
son Voyage pendant que Sa
Majesté demeura à Luxembourg
& je vous en feray le
détail
, avec celuy de ce qui
s'est paffé dans le temps de
ce sejour,mais il faut auparavant
vous faire la description
de cette Place.
Tous ceux qui l'ont veuë
avant le Siege ,la regardent
avac un etonnement qu'il seroit
difficile d'exprimer, &
sont fort surpris d'avoir à
chercher Luxembourg dans
Luxembourg mesme. On ne
reconnoift: plus cette Place
que par quelques Edifices publics,
presque tous ruinez
dans la Journée des Carcasses
& dans la fuite duSiège, &."
rétablis dans une plus grande
perfection
, par les soins Ôc
par la pieté duRoy. On m'a
assuré que la Ville est grande
deux fois comme Saint Germain
en Laye, &j'ay vû deux
Relations qui le marquent.-
Je ne vous garantis pas
tjue cette grandeur soit juste
On peut s'abuser dans les
choses qu'on écrit sur lerapport
de sa veuë ; cependant
on peut concevoirpar
là une idée approchante de
la grandeur d'un lieu dont
on fouhaitc avoir connoissance.
La Place d'armes de Luxembourg
peut contenir environ
deux mille hommes
rangez en bataille. Les rues
sont larges,&il yen a douze
ou quinze considerables. Les
Bâtimens y sont de deux éta.:=
ges au moins. Ils sont assez
étroits
) mais presque tous
d'une--nlefme, simetrie. La
Cour y estoit assezbien 1&--
gée. Le Commerce n'y est
pas grand, mais la Garnison
y fait rouler beaucoup d'argent
par ses dépenses. On a
esté obligé de prendre des
Domaines, & des Jardinsà
quelques Bourgeois,& à quelques
Païsans, maisils en ont
esté largement indemnisez.
L'Hostel de Ville e£tpetit?
û façade n'est pas large. La
Paroisse est étroite, & il n'y
a qu'un Doyen,&dixEcclesiastiques;
un plus grand
nombre n'en: pasnecessaire,
puis que les Religieux qui
font dans le mesme lieu, les
déchargent presque de tous
les soins qui regardent les
Pasteurs. Il y a quarante-cinq
Religieux dans le Convent
des Recolets, dont la moitié
font François
, & les autres.
Allemands. Ils vivent
des questes delaVille, & dc:
la Province, & preschent
dans l'une & dans l'autre
Langue. Ils sont commis
pour auministrer les Sacremens
à la Garnison. Les Bourgeois
quisontfort devots, &
Flamans en ce point-la?vont
souvent faire leurs dévotions
chez ces Peres, qui sont en
très-grande reputation en
cette Ville-là?&fort estimez
& aimez de tout le Peuple,
Ils ne le font pas moins de la
Garnison qui les respect
beaucoup. Je pourrois ajouter
qu'ils s'en attirent la crainte
aussi-bien que le respect,
puis que ces Peres font toutes
les fonctions Curiales en ce
qui touche cette Garnison.
LePereOlivier Javenayaprés
avoir esté Gardien, & s'estre
acquis une grande réputation
par ses Sermons, a esté éleu
Custode de douze Maisons
.dependantes de celle-là, dont
celle de Luxembourg est la
principale. Les Jesuitesyont
une tres-grande Eglise, fort
propre, & fort riche. Elle est
plusgrande que celle des
Carmes de la Place - Maubert
, & a deux aillés, &
trois beaux Autels. Ils tiennent
leCollege
, & ces Peres
font ordinairement au nombre
de vingt-cinq dans cette
Maison. Encore qu'ils soient
tous François, il yen a quelques-
unsqui sçavent fort bien
l'Allemande & qui ontesti
élever en Allemagne. Leu.
Jardin est beau & spacieux
îc leur maison toute neuve
êc bien ordonnée. Ilsontune
Musique Allemande, que la
Cour alla entendre le jour de
la Trinité. Les Capucins y
ont aussi unConvent
>
dans
lequel on ne trouve que des
Religieux François ,
dont
le nombre peut égaler celuy
des Jesuites. Il y a
deux Refuges dans la Ville,
& une Eglise, appellée le
Saint Esprit, dansunBastion,
Celle desDominicains?qui a
esté fort endommagée par le
Canon, n'est pas encore rctablieIlsdonnerent
ieui
Tour pendant le Siege, pour
placer une Batterie qui incommoda
fort nostre Camp.
On fut obligé de s'en défendre?
& cela* pensa causerla
ruine entiere de leur Eglise.
J'oubliais à vous dire que
les Recolets ont le Cimetiere
de la Garnison. Leur Eglise
est aussi grande que celle des
Cordeliers du Grand Convent
de Paris. Ils ont d'assez
beaux Ornemens, & tout est
chez eux d'une grande propreté.
Leur Jardin est aiTçz
beau pour une Ville de Guerre
Il tomba pendant le Siege
cinq cens Bombes dans leur
enclos, dont trois tomberént
dans une Chapelle,
qui fert de Mausolee auComte
de Mansfeld, l'un des plus
grands Capitaines de son
temps, & fameux par ses Exploits
fous Charles IX. Il
mourut Gouverneur de Luxembourg
âgé dequatrevingt-
six ans. Son tombeau
estde Marbre blanc; safigure
->
& celles de ses deux Fern;
mes ,
font en bronze au desfus
de ce Tombeau,chacune
de six pieds de haut. L'une
des trois Bombes qui tomberent
dans cette Chapelle,
perça une grosse voûte, fit
tin trou fort large à l'extremitédu
Tombeau duComte..,
tourna à demy une pièce
de marbre qui le couvre, &
4jui a huit pieds en quarré
ôc la rompit environ de la
largeur d'un pied. Les Jefuites&
les Recolets ne font
sjparezquepar une rue* &
ïes Capucins sont dans un autre
quartier de la Ville, proche
la Porte-neuve. Il y a
aussi trois Convents de Filles.
Le Comte de Mansfeld dont
je viensde vous parler, a fait
bastir le Palais des Gouverneurs.
Il a esté tout ruiné par
nos attaques, & si bien reparé
par les soins de Mrle Marquis
de Bouslers
, que le Roy
y logea avec Monseigneur;
& les Princesses,Ilest sur un
Bastion. qui donne sur un
Fauxbourg arrosé par la Riviere?
dont la Prairie dans laquelle
elle se répand estun
objet agreable pour la veuë,
& dans une gorge entre deux
Montagnes. Il a pour point
de veuë un reste de petit bois
de haute Futaye. Pour pouvoir
insulter ce Bastion, il
fauts'estre rendu maistre de
sesdeffenses. Le Roy y avoit
une grande Salle, une
grande Chambre pour les
Jeux, sa Chambre,&trois Cabinets.
Les Gouverneurs de
Luxembourg avoient autrefois
une Maison de plaisance
située sur la Riviere qui sert
de point de veue lieur Palais;
mais les guerres les ont
privez de ce lieu de divertis
sement. Luxembourg est fituésur
une hauteur àl'extremité
d'un grand terrain du
costé de l'Ouest & du Sud
fondé sur un roc qui a este
coupé plus de quatre pieds
en terre dans les endroits ou.
l'Esplanade duGlacis n'est pas
sélon les Réglés? & commandé
par le chemin couvert. A
son Est, & à son Nord, ct
sont des Vallées prodigieuses.
qui semblent inaccessibles à
toutes les Nations; & cependant
c'est par ces abismes
qu'on a pris la Place. L'une de
ces Vallées entre le Nord k
l'Est, estarrosée par TEfle*,
petite Riviere sans commerce
qui vient du cofté du Sud
d'Erfche Bourgade„& qui va
se rendre dans la Moselle aprés
s'estre jointe au Sours
&. àSclbourgversVasbilingrr
L'autre est remplie vers le
Sud-Est de quelques petits
Ruisseaux de Ravines. Il se
trouve pourtant entre l'Esse
une langue de terre où cft la
Porte dé Trêves
,
& une autre
langue plus spacieuse occu\.
pée parunFort nommé du
Saint Espritque l'on a fortifié
depuis que le Roy a coiv
quisla Place. Elle estdiviséce
en haute, & en basse Ville,
La haute cft l'ancien Luxembourg
,reparé,&fortifié dt
nouveau. On afaitune Porter
neuve qu'on appelle de France
vers Nostre-Dame de
Consolation, & l'on a pouse
le Bastion de Chimay,jus
ques au delà de l'Insulte. La
baffe-Ville est composée de
deux Fauxbourgs, rendus c-e*
lebres par le dernier Siege.
L'un est nommé le Passendal.,
arrosé par le principal Canal
del'Effe. L'autre est le Minstier
ou le Grompt mouille
aussi par un bras de l'Effe. Entre
ces deux Fauxbourgs
?
est
la Porte de Treves
?
& une.
Plate-forme au dessousquon
appelloit le Pasté. A l'extremité
du Minfter vers la droite
est le nouveau fort du Saint
Esprit. Mr de Montaigu a
levé avec du carton le Plan
de cette formidable Place,
où Ion en remarque aisément
toutes les beautez, avec toutes
les augmentations que le
Roy y a faites. Toute l'Allemagnea
esté surprise de voir
avec quelle promptitude on
en a reparé les brèches &
avec quelle facilite sans avoir
égard à la dépense on a aug.;
mente cette Ville de plus de
deux tiers, afin d'occuper
tout le terrain qui sembloit
estre favorable pour en approcher.
Aprés vous avoir fait voir
la situation de It Place, il faut
que je vous trace icy le Plan
de ses Fottifications. L'entreprise
est hardie, & un terme
mis au lieu d'un autre, peut
répandre de l'obscurité dans
ce que je vous diray les descriptionsde
cette nature,quelques
ques claires quelles soient,
n'eitant qu'à peine intelligibles
pour ceux qui ne sont pas
dumestier.Joignez à cela que
je puis expliquer mal des cho-
[es, dont je n'ay pas toutes
les lumieres necessaires? pour
estreafleuré que je ne me
trompe point. Cependant je
fuis persuadé que quelques
fautes que je puissefaire
, &:
que j'aye peutestre mcfme
déjà faites depuis que j'ay
commencé à vous parler de
Fortifications dans cette Ler
tre, ce que je vous en ay dit,l
& ce qui me reste à vous expliquer
) ne laissera pas de
donner de hautes idées de la
puissance du Roy? & de la
force de Luxembourg.
L'ancienne Ville qui est
toute sur un terrain élevé
cil: un Heptagone ayant un
Bastion coupé par le deffaut
duterrain de Paffendal. Elle
a trois portes ; l'une vers le
Couchant) c'est celle de France;
l'autre au Nord? c'est celle
de Passendal; la troisiéme;
vers l'Orient, c'est celle de
Trêves, & une quatrième
pour les sorties regardant le
Midy. La premiere & la derniere
sont dans la haute Ville
bien flanquées de bons basions?
& de dix Redoutes,
soutenuës de bons Cavaliers,
où l'on mettra quarante pièces
de Canon. On peut voir
dans la premiere porte quelle
supercherie peuvent faire
ceux qui se desfendent dans
leurs maisons. La premiere
entrée prise , il ne faut aller
que pied à pied à la seconde;
& la troisiéme est encore
mieux gardée que les prémieres.
Les Redoutes sont
portées aux endroits les plus
soibles des Courtines pour
deffendre le chemin couvert,
& pour commander sur toute
l'Esplanade;elles font élevées
jusques au cordon pour répondre
au rez de chauffée, &
pour raser l'Esplanade. Au
dc!fij.S est une Plate-forme
avec un Parapet dont on se
sert jusqu'à ce que le Ganofll
l'ait renversé ; on se retire au
dessous où sont des Sarbacanes
pour tirer sur le chemin
couvert & dans le glacis. Dela
on a encore un étage en
- terre d'où l'on se peut desfendre
long- temps , &quand
on est poursuivy par les Galeries,
on a clei portes avec
du Canon de Campagne. Si
les Ennemis vouloient establir
un logement autour de
ces Redoutes, il y a des Mines
& des contre-mines toutes
disposées pour empescher les
Travailleurs d'avancer leurs
ouvtages. Les Fourneaux sont
si bien menagez qu'ils ne
peuvent manquer leur coup.
On a fait deux demy
-
Lunes
dans cette ancienne enceinte..
Le Bastion de Chimay? qui
est à l'extremité du Roc, &
qui commande sur la Porte
de Paffendal, est soûtenu par
deux autres Bastions avancez
le long de cette cime,qu'on
peut appeller une Demy-lune
1-
& une autre Contre-garde,
ce qui semble estre hors.
d'insulte> parce qu'on a fait
la dépense de railler dans le
roc,&qu'on s'est attache à
le rendre inaccessible; &
comme la Riviere qui passe
au dessous de la Porte, a une
hauteur dans son bord opposé
qui commande la Ville
>
car ce fut là qu'an mit une
Batterie pendant le dernier
Siege, pour ruiner jePalais
du Gouverneur; son Badion,
& la Porte,lePvoy a fait faire
sur la cime de cette hauteur
deux Ouvrages à o cornes
qui renferment tout l'espace
par où l'on avoit à craindra
Une Ligne de communication
prend de l'extrémité de
la Contre-garde du Bastion
de Chimay, descend par la
Porte de Passendal dans la
Riviere, & va joindre ces Ouvrages
, qui sont faits avec
toute l'industrie de l'At[,.
pour batere la Plaine d'audelà,
pour commander sur le
vallon où coule l'Effe,& pour
désendre le Chemin couvert
de la Contre-garde du Baftion
de Chimay;&afin qu'on
ne prenne pas ces O1uvrages par le vallon., Sa Majesté qui
voit tout avec des liimieres
qui necedenten rien àcelle5
de les Ineenieurs? a ordonné
deux Reodoutes au dessous,
prés de la Rivière. Ainsi le
Fauxbourg du Paffendal qui
est sur l'eau, fera défendu 8c
couvert de toutes parts. On
y fait un Hôpital, & il y aura
des Cazernes, & des Magasins
comme dans la Ville.
Il est fermé à la droite par
une autre Ligne de communication
semblable à la premiere,
qui joint le sécond
Ouvrage à la Porte de Trêves,
qui se trouve à l'extremité
d'une languete prise
dans le roc qu'on a percé en
deux endroîts, pour faire
passèr les chariots, & les
Troupes du Paffendal au
Minfier, sans monter dans
la. Ville. Le Minsterest aufll
défendu par cette Porte, ôc.
par le Fort du Saint Esprit,
qui a quatre Bastions coustruits
sur une petite éminence
qui commandoit dans
le Fauxbourg. Ces quatreBastions
sont soutenus de Demy-
lunes) de Contre-gardes,
& de Redoutes, qui battent
toute une campagne qui regne
au delà. Voilà les Ouvrages
qui se trouvent dans
les Dehors de Luxembourg,
&: qui font environ onze Bastions,
quinze Redoutes, deux
Ouvrages à corne,un troisiéme
qu'on y ajoûte prés de la.
Porte des Sorties, quatre:
Demy-lunes, trois Contregardes,&
cinq ou six Cavaliers.
Tous ces Travaux n'ont
pas moins surpris la Cour,
qu'ils ont étonné tous les
Etrangers qui les ont vûs.)
car cette Place qui tiroit de
la France deux millions de
contributions
, pourroit en
temps de Guerre en tirer bien
davanrage, & faire contribuer
juseqz ues à Mayence? à
Cologne, à Rez, au Fort de
Skin,à Namur& à beaucoup
d'autres endroits, ce qui ne
seroit pas difficile à une Garnson
de sept ou huit mille
hommes. Je ne vous diray
point à combien de millions
a monté la dépense des Fortifications
de cette Place,
chacun en parle diversement
&met le prix aux Ouvrages
de cette nature, suivant Tétonnement
qu'ils luy eaufent.
Ainfiil n'est pas facile
de parler d'une dépense?
quand elle se monte à plusieurs
millions. Tout ce que
je puisvous dire, c'est que le
Roy ne cherchant que l'entiere
perfection dans tout ce
qu'il fait faire, il y a encore
de nouveaux fonds destinez
pour travailler à cette Place,
quoy qu'il paroisse qu'on ne
puisse rien ajoûter à ces Fortifications
;mais le Roy a des
yeux& deslumieres dont on
ne sçauroit trop admirer la
pénétration. Je ne dois pas
oublier que la petite Chapelle
de Nostre - Dame des
Consolation dont je vous ay
déjà parlé dans ma Relation
duSiege, est restée en son
entier, les Assiegez, & les
Assiegeans l'ayant épargnée.
Toute
-
la Province y court
avec la mesme devotion
qu'on va à Nostre-Dame de
Liesse en France.
Il faudrait pour se bien representerl'aspect
de cette
Place, avoir vû les deux Tableaux
que Mr de Vandermeulen
enafaits pour le Roy.
Ils sont à Marly, & ont chacun
onze pieds de longueur.
Ils representent deux faces dô
laPlaec, de sesFortifications,
& de ses avenuës; mais avec
une telle regularité, que ceux
qui ont veu ces Tableaux ne
sçauroient se souvenir de la
moindre chose,qu'ils ne lareconnoissentaussi-
tost dans
l'unou dans l'autre. Ces Tableaux
sont gravez avec les
Estampes de Mrde Vandermeulen
dont je vous ay déjà
parlé, qui represententtoutes
les Conquestes du Roy de la
mesme maniere. Ainsi si la
description que je viens de
faire de cette Place, excite en
vous ou en vos Amis, la curiosité
de la voir d'un coup
d'ecil, vous pouvez avoir recours
à ces Estampes, qui sont
recherchées dans toutes les
parties du monde.
Le Roy ayant resolu de ne
demeurer que deux jours àLuxembourg
; monta à cheval
aussitost qu'il y fut arrivé, &
en allavisiter les Dehors. Mr
de Louvois qui estoit de retour
depuis un jour de son
Voyage d'Alsace,&MdeVauban
, qui sont les deux personnes
qui pouvoient rendre
un compte exact à Sa Majesté
des Fortifications de cette
Place, & sur tout de celles
qui ont esté faites nouvellement
par son ordre, l'accompagnerentpar
tout. Elle vit
les attaques de ses Troupes
pendant le Siege, &: trouva
de nouveaux sujets de loüanges,
pour tous ceux qui avoientcontribué
à cette conqueste,
M le Comte de Blanchefort
s'eilant trouvé auprés
du Roy, ce Prince toûjours
plein de reconnoissance
& de bonté pour toutes les
personnes qui ont du merite,
témoigna le regret qu'il avoir
de la mort de Mr le Maréchal
de Crequi son Pere,
qui avoit fait le Siegede Luxembourg;
ce qui parut toucher
fort sensiblemenr Mr
le Comte de Blanchcfort,
& renouveller dans son
coeur le dcfir qu'il a de sui
vre ses traces, &- d'imiter sur
tout sa prudence? & sa fidelité
pour le Roy.
, Le 22. Sa Majesté donna
audience à Mrle Baron d'Ingelheim,
Envoyé
-
extraordinaire
de Mrl'Electeur de
Mayence; à Mr le Baron
d'Elts, Envoyé extraordinaire
de M l'Electeur de Tréves,
& à Mrle Comte de
Chellart, Envoyé extraordinaire
de Mr le Prince Electoral
Palatin, Duc de Juliers.
Ils estoienr venus faire compliment
à Sa Majesté de la
part des Princes leurs MaiRreS)
sur son heureuse arrivée
àLuxembourg. Ces Envoyez
eurent aussi audience
de Monseigneur, où ils furent
conduits par MrdeBonneüil
,
Introducteur des Ambassadeurs,
qui les avoit menez
chez le Roy? & les avoir
esté prendre dans les Carosses
de Sa Majesté. Ils firent
present au Roy dela part des
Princes leurs Maistres
,
de
plusieurs tonneaux de vin
du Rhin, & de vin de Moselle>
que Sa Majestéreceutavec
les manieres honnestes
qui luy sont si ordinaires, &.
pour marquer que ces Presens
luyestoient agreables
de la part dont ils venoient,
Sa Majesté voulut qu'ils fussent
conduits à Versailles par
les mesmesVoituriers qui les
avoient amenez; & les Envoyez,
suivant les ordres qu'iL
luy avoir pieu d'en donner,
furent regalez splendidement,
avec toute leur suite,par
lessoins de Mr Delrieu, Contrôleur
ordinaire dela Maifondu
Roy, qui n'oublia rien
en cette rencontre de tout
ce qu'il crut devoir faire
pour leur satisfaction, &qui
entra parfaitement bien dans
leurs manieres,
Quoy que le Palais où logeoit
le Roy sust fort spacieux,
il estoit neanmoins
impossible que tous ceux qui
estoientpressez de l'impatience
de le voir? y pussent
entrer; ainsi ce Prince eut la
bonté de sortir plusieurs fois
à cheval? & d'aller mesme
doucement, afin de satisfaire
ceux qui ne respiroient qu'aprés
sa veuë. Il alla à la Metre
aux Jesuites;& plusieurs personnes
qui jusques alors ne l'avoient
admiré que par la quantité
surprenante des grandes
choses qu'il a faites,& qui n'avoient
jamais eu le plaisir de
levoir,l'admirerent ce jour-là
par sa bonne mine, & par un
air qui perfuaderoit à ceux qui
ne sçauroient pas tout ce qu'il
a fait de grand, que tout ce
qu'on leur en diroit feroit - veritable,
véritable. Le Roy estant forty
dela Messe,vit le plan de
Luxembourg, qui estoit dans
une maisonproche de l'Eglise
des Jesuites, Il monta à
cheval l'aprésdînée, & descendit
dansles Mines;il voulutvoiraussi
les Contre-mines.
Il visita les Fossez, & se
promena sur les Ramparts.
Pendant tout ce temps il s'entretint
des beautez de cette
Place avec Monsieur le Printce,
qui fit voir la parfaite
connoissance qu'il a de tout
ce qui regarde la Guerre, &
quelle est telle qu'onladoit
attendre du Fils d'un Prince
qui auroit pu apprendre ce
grand Art à toute la terre ,
si on l'avoit ignoré. Monsieur
le Duc, Monsieur le
Prince de Conty
,
& Monsieur
le Duc du Maine su.
rent aussi de la conversation,
& firent voir qu'il est des
sciences pour lesquelles les
Princes ne sont jamais jeunes
&qu'ils semblent avoir aj>„
prises en naissant.
Le mal de Mrle Comte de
Toulouse, qui avoit esté attaqué
le jour precedent d'un
mal de teste
)
& d'un mal de
gorge, continua,& la Rougeole
s'estant declarée, le
Roy resolut de sejourner
deux jours de plus à Luxembourg
, non pas pour y attendre
la parfaite guerison dô
ce Prince, laquelle ne pourvoit
arriver si-tost, mais afin
de voir quel pourroit estre le
cours de son mal. On mir:
auprés de luyMrduChesne
Medecin?MrduTertre, Chirurgien
de Monsieur le Prince,
avec un Apoticaire de Sa
Majesté. Le bruit s'estant répanduque
le retour delaCour
estoit reculé, quelques Etrangers
en parurentinquiets,mais
ils furent rassurez si-tostqu'ils
firent reflexion que le Roy
avoit toujours gardé inviolablement
sa parole;qu'il aimait
Monsieur le Comte de
Toulouseavec tendresse; que
ce jeune Prince estoit chery
<dc toute la Cour, & quainsî
l'incertitude du mal qui luy
pouvoit arriver, estoit la
vraye cause qui portoit le
Roy à retarder son depart.
La Rougeole deMonsieur le
Comte de Toulouse, ne fut
pas la premiere qui parut
à la Cour. Une des Filles
d'honneur de Madame la
Princesse de Conty en avoit
déja esté attaquée. Il yavoit
euaussi d'autres Malades; &
la Gouvernante des Filles
d'honneur de Madame Il
Duchesseavoit eu la Fiévre.
La maladie de ce Prince contribua
à l'indisposition d'une
Dame d'un tres-grand meri-
&
re. Elle fut saignée, & son
mal se passa.
Le 13. Mrle Comte Ferdinand
de Furstemberg, & Mr
Ducker, Envoyez extraordinaires
de Cologne
, eurent
aussi Audience du Roy, &
de Monseigneur le Dauphin.
Ils y furent conduits par Mr
de Boneüil avec les mesmes
ceremonies que l'avoientesté
les autres Envoyez,& traitez
demesme.Mr le Cardinal
LangravedeEurftcmberg
faluaaussileRoyavecdeux
de ses Neveux.M le Comte
d'Avaux, Ambassadeur dfe
France auprès des EtatsGéneraux
dès- Provinces unies
s'estant rendu de la Haye à
Luxembourg, y salüa Sa Majesté,
& receut d'Elle de nouvelles
instructions touchant
les negociations ordinaires de
son Ambassade.Lorsqu'il prit
congé du Roy,ce Prince luy
dit qu'ilcontinuastàle servir
de la mesme sorte,& qu'il seroit
content. Cela fit assez
connoistre que Sa Majesté
estoit satisfaite de ses services
passez. Mr Foucher, Envoyé
extraordinaire des Etats Géneraux
auprèsdel'Electeur
de Mayence , eut aussi l'honneur
de salüer ce Monarque.
LeRoy entendit ce jour là la
Messeaux Recolets. & vit enfuite
dans ure Chambre du
Convent le Plan de Trarback
levé par Mr de Montaigu.Je
vous parleray de ce Plan dans
la fuite de ma Lettre. SaMajesté
alla l'apresdinée à la
teste des Tranchées, & des
Lignes, & en examinant la
Place, Elle previt tout ce qui
pourvoit arriver, si on osoit
un jour entreprendre de l'assieger.
Elle fit le mesme jour
la Reveuë des Troupes de la
Garnison, quiconsistoient en
cinq gros Bataillons, & en
plusieurs Escadrons.
Le 14. le Roy entendit la
Messe à la Paroisse, & tint
Conseil le matin & l'apresdînée,
ayant pendanttoutle
temps qu'il a demeuré à Luxembourg
,donné cinq à six
heures par jour, pour tousles
Conseils qu'il y a tenus; de
forte, que le temps qu'il employoit
à voir des Fortifications
& à faire des
-
Reveuës,
estoit celuy qu'il prenoit
pour donner relâche à fan
esprit. Ainsi l'on peut dire
que l'esprit ne commençait
à se reposer que pour donner
lieu au corps d'agir. Pendant
que le Roy n'eliok occupé
que des soins de son
Etat sans se donner un seul
moment de relache
,
la Cour
se partageoit, pour se divertir
selon son goust. Les uns
se
-
promenoient ,
les autres
joüoient , & quelques autres
se rafraîchissoient chez Mrde
Bouflers.Je ne vous diray
point que durant tout le sejour
- que Sa Majesté a fait
dans cette Place, ce Marquis
a tenu plusieurs Tables chaque
jour, tant le soirquele
matin,à un fart grand nombre
de couverts; ce seroitdire
trop peu,puisque non seulement,
tousceux qui ont voulu
manger chez luy y ont
trouvé a toute heure tout ce
qu'ils ont souhaité, mais
qu'on n'a mesme rien refusé
f aucun de ceux qui en ont
envoyé chercher. Commejamais
homme ne fut plus genereux
> jamais dépense n'a
esté faite de meilleure grace.
Mr deBouslers apprehendoit
si fort de n'estre pas à Luxembourgpour
la faire
a.
qu'ilfol^
licita pour n'aller au Camp
qu'ildevoitcommander,qu'aprés
que Sa Majesté seroit
partie. Le Roy qui sçait distinguerladépense
qui n'est
pas interessée,luy a fait un
Present de trois mille Loüis.
Le z5. SaMajesté entendit
encore la Messe aux Jesuites.
Elle se promena de nouveau
à cheval dans les Fossez
) & à
pied sur les Ramparts. Plus
Elle a regardé la Place avec
application,&enaexaminé
les nouvelles Fortifications,
plus Elle en a esté satisfaite ;
8c comme on ne luy rend
point de grands services sans
recevoir des marques de sa libéralité,
par dessus les recompenses
ordinaires, Elle donna
douze mille écus à Mr de
Vauba n.Toutes les Relations
conviennent qu'Elle luy fit
ce Present d'une maniere si
obligeante, que plusieurs
souhaiteroient enavoir acheté
un semblable de beaucoup
plus, & l'avoir receu
Qvec le mesme agrément. JLf
Royafait aussi des Presens
dans toutes les Eglises où il a
esté. Il donnoit une somme
pour les Ornemens. Cette
somme estoit suivie d'une autre
pour les Pauvres, & ces
deux d'une troisiéme, ou de
quelques graces dont il de":
voit revenir de l'argent pour
l'embellissement des lieux. Sa
Majesté n'ayant point mené
de Musique auVoyage )l'un
de ses Musiçiens nommé Mr
de Ville, qui est Chanoine
de Mets> y prit quelques lastrumens,
& quelques voix ,
& fit chanter dans les Eglises
où le Roy entendit la Messe
à Luxembourg, les Motets de
Mrs du Mont, Robert, &
Minoret. Sa Majesté le recompensa
de ses soins, de son
zele, & de sa dépense. Comme
l'argent n'est pas toûjours
ce qui touche davantage,quelques
charmes qu'il ait pour
tout le monde, par l'indispensable
necessité où chacun
cil d'en avoir, le Roy fïr
ouvrir les Prisons à soixante
&dix Malheureux, qui aimerent
encore mieux la liberté
que toute forte de biens;mais
ce Prince ne leur accorda des
graces que selon le genre des
crimes,ne voulant pas que sa
clemence servist à en faire
commettre de nouveaux, à
ceux qui en avoient fait d'enormes,
& que l'on jugeoit
capables d'y retomber,ce que
Mr l'Evesque d'Orléans, Mr
l'Abbé de Brou
,
nommé à
l'Evesché d'Amiens, Mes,
les Abbez de la Salle «
Fleury,& Mrde Noyon Lieu-»
tenant de Mr le Grand Prevost,
ont examiné par l'ordre
du Roy.
Le26.les uns ne songerent
qu'à partir, & les autres s'affligerent
du départ. LaCour
en voyant les Fortifications
de la place, avoir pris un
grand plaisir à se mettre devant
les yeux tout ce qui s'estoit
passé pendant le Siege-
Elle avoit examiné les Attaques&
les Tranchées) admiré
la conduite du General
)
l'intrepidité
des Soldats, le ge.
nie & l'adresse de M'de Vauban
à conserver les Aillegeans;
car le Roy sçachant
l'humeur boüillante des François
, & leur zele pour son
service
, avoit expressément
ordonné à feu Mr le Maréchal
de Crequi, & à Mrde
Vauban,d'épargner les Troupes,
& de prolonger la durée
du Siege,plûtost que de
hazarder le sang des Soldats.
Ce Prince avoit pris ses mesures
pour cela, Il estoit à la
teste d'une Armée pour em-"
pêcher lesecours,&prest à
donner bataille à ceux qui
auroient voulu le tenter.
Lors que la Cour partoit
satisfaite, & toute pleine de
ce qu'elle avoit veu, elle partoit
avec son Prince, & le
devoit toûjours voir; mais
ceuxàqui il ne s'stoit montre
que pour gagner leur
amour,& ensuite les priver
de sa presence,avoient beaucoup
de cbagrin de son départ.
Ce Prince avoit paru
à Luxembourg plûtost enPere
qu'en Roy. Sa douceur & sa
bonté s'estoient fait connoître.
Il s'estoitmontré familier
sans descendre de son
rang; on avoir eu un libre
accés auprés de luy ; ceux qui
luy avoient presenté des Requestes
avoient esté écoutez,
& la pluspart avoient obtenu
les graces qu'ils avoient demandées
;les Prisons avoient
esté ouvertes;laNoblesseavoit
eu un libre accès jusque dans
saChambre ;il avoit permis
plusieurs fois au Peuple de le
voir dîner , ce qu'il avoit
refusé dans les autres Villes,
à cause de la chaleur; ils
avoient admiré la devotion
de Sa Majesté, & la pieté que
son exemple inspire à toute
sa Cour; il avoit fait de
grands dons dans la Ville;
les dépenses ordinaires de là
Cpur y avoient répandu
beaucoup d'argent,ainsi que
le Etrangers que l'envie de
voir ce Prince avoit fait venir
en fort grandnombre; L*
Noblesse avoit esté receuë
aux Tables de la Maison du
Roy,&les Etrangers de distinctionqui
n'estoient pas
venus avec les Envoyez des
Princes Souverains des environs
, y avoient aussimangé;
enfin tout concouroit à faire
aimer, & regreter ce Grand
Prince. Il partit le 26. aprés
avoir entendu la Méfie aux
Capucins,& alla dîner à un
lieu nommé Cherasse.
J'aurois pu vous parler plûtost
du Voyage dont Mr de
Louvois rendit compte ait
Roy à Luxembourg
, mais je
n'ay pas voulu interrompre
la fuite de la Relation que
j'avois à vous faire de ce qui
s'y est passé.CezeléMinistre
partit de Versaillesle30. d'Avril,
passa à Tonnerre & à
Ancy-le-franc,&après avoir
vû les Fortifications de Besançon
, les Troupes, & les
Cadets, il se rendit le 5. de
May après midy à Befort.
C'est la Capitale du Comté
de Ferrette, située dans le
Sunggovv bb 1
Sunggovv,écheuë au Roy
avec l'Alsace par le Traité
de Munster. Mr le Marquis
dela Suze en a esté longtemps
possesseur, par engagement,
ou autrement. Mrle
<C? ardinalMazarinpossedaenfuite
ce Comté, & Mrle Duc
Mazarin, qui luy a succedé,
en jouitpresentement. La
Ville estassez belle. Il y a
un Chasteau, où l'on a fait
quatre Bastions. Mr de Saint
Justest Gouverneur de cette
Ville
>
où Mr de Dampierre,
Lieutenant de Roy, commande
c-iifôn absence. M" de
Louvois visita la Place, les
Troupes, & les nouveaux
Travaux, qu'il trouva en bon
'estât. Ce Ministre coucha
le 6. à Dainm-arie Village
d'Alsace. Il se rendit le 7. à
Huningue. C'est une Place
quiestfort proche de BaDe,
ÔZ qu'on a nouvellement
fortifiée de six Bastions sur
le Rhin ; on y a aussi fait
- des Dehors? & un Pont
ik bois fut le Rhin avec
quelques Ouvrages au bout
pour en fortifierla teste.
Cette Place rend la France
fort puissante sur le Rhin.
Elle est dans l'Alsace. Mrle
Marquis de Puisieux en est
Gouverneur, & Mr de la Sabliere
, Lieutenant de Roy-
Mrde Louvois en examina les
Fortifications,& fit faire reveuë
aux Troupes qui y et;
toient e& Garnison. Le 8. il
coucha à Fribourg, Capitale
c- duBrifgaw
,
située sur la petite
Rivière deTreiseim,i
bout d'une Plaine fertile, &
sous une hauteur qui cft le
commencement de laForest
loire. Elle est grande, bien
)euprlee.&: a diverfcsEcrllfcs,
&: plusieursMaisons Rcligieuses.
Le Chapitre de Basle
y fait sa residence, quoy que
l'Evesque ne l'y faire pas. Il la
fait à' Potentru, depuis que
les Protestans ont esté Maistres
de Basle. Il y a une Chambre
Souveraine à Fribourg,
& une celebre Université,
qu'Albert VI. dit le Debonnaire
,y fonda en 1450. Les
Ducs de Zeringuen ont possedé
autrefois cette Ville; qui
passa dans la Maisonde FULstemberg,
par le mariage d'Agnes
avec le Comte Hugue
ou Egon, dont les Descendans
l'ont gardée jusque
vers l'an 1386. après quoy les
Bourgeois s'estant mutinez,
se donnerent aux Ducs d'Austriche.
Elle fut prise trois
fois en six ans par les Suédois;
sçavoir en 1632.. en 1634. ôc
en 1638. Son nom s'est rendu
fameux dans toute leuropc,
par la celebre Victoire que
feu Monsieur le Prince, qui
n'estoit alors que Duc d'Anguien,
remporta en 1644. sur
les Troupes Bavaroises, aprés
un Combat sanglant & opïniastré
qui dura trois jours,
pour les postes difputcz de
la Montagne-noire., à une
lieuë de Fribourg. Ces trois
jours furent le 3. le 4. & le 5.
du mois d'Aoust. Feu M le
Maréchal de CrequLqui commandoit
une des Armées,du
Ro.yj.piMt cette Villele17.
Noyen).bre1677.aprèsun Sijer
gaevdoeisteapltorosuckhuuxitmjouurrasi.llIelsy»
uneCitadelle
à quatre Ri-
(rions, dç bons FolLz? o~
quelques autres Ouvrages.
Depuis ce temps-làles François
l'ont fortifiée plus regulierement.
La Rivière- du.
Trcifeim, qui n'est jamais
glacée? nettoye toutes les
rues. On a ajoutéquelques
Bastions aux anciennes muraillesde,
laVille,& les Fortifications
du Chasteau ont
este augmentées. On les a
étendues sur toute la hauteur.
C'est un chef-d'oeuvre de Mr
de Vauban. On yaaussi bâty
d'autres Forts qui commandent
à deux vallées. Les
Archiducs d'Autriche y avoient
étably une Chancelleric.
Il y a quatorze Mona.
stercs à Fribourg, & des Maisons
de trois Ordres de Chevalerie.
Mr du Fay en est
Gouverneur, Mr Barrege.
Lieutenant de Roy, & Mr
Roais commande dans leChasteau,
Mr de Louvois dîna le
,. à Brissac,&vit la Place
&les Troupes.Cest une Ville
d'Alsacedans le Brisgavv qui
donne un passage sur le
Rhin. Elle fut prise en 1638-
par Bernard de Saxe, Duc de
Vveimar, General de l'Armée
de Suede? avec le secours des
Troupes Françoises que conduisoit
le Maréchal de Guebriant.
On y trouva plus de
deux censpieces de Canon)
avec degrandesrichesse -y,
l'annéesuivante le Duc at
Vveimar estant malade à.
Nevvembourg prés de Irifac?
le mesme Maréchal de Guebriànts'aflxiraaumoia.
deJ all--
kx de cetteimportante- rl -
ce-,ôc des autres qui fuienc re-r
mises au Roy j&r TwtÇ du
9.Octobre de lamesme aPT
née.Elles surent cedées à Sll
Majesté en 1648. par leTraité
de Vvestphalie
, ce qui, fJu;
confirmé en 1^59<parcehijfr
des Pyrénées,Brisaa,que
quelques-uns juçmmenp la
Citadelle de l'Alsace, &d'autres,
laClef de l' Allemagne,
passè aujourd huy pour une
des plus fortes Places del Eu-
-
rape, soit qu'onregarde sa
situation sur un Mont,soit
qu'on examine ce eue l'arta
ccoonnctrriibbuuééaà la rreennddrree rrce~guu--
liere. Elle est sur le bord du
Rhin qu'elle commande,
C'estoit autrefois la Capitale
duBrisgavv, qui areceuson
nom d'elle, mais Fribourg
l'a emportédepuis quelque
temps. Il y a aujourd'hui
double Ville,car outre cellequi
estoit audelà du Rhin,
onafortifié une lac, qui est
presentement habitée, avec
grand nombre de Bastions.
Ilya aussi des Fortifications
en deçà du Rhin? & toutes
ensemble elles peuvent faire
environ trente Bastions. On
travaille incessamment à cette
Place, que l'on peut dire
imprenable. Il y a dans Brisac
une Compagnie de jeunes
Gentilshommes. Mr le Duc
Mazarin en est Gouverneur
Mr de la Chetardie y commande
en sa place,& Mr de
Farges y est Lieurcnant de
Roy. (
Mr deLouvois vit lemesme
jour p. d'Avril, les Fortifications
de Schleftadt. &
les Troupes qui y font en
Garnison.C'est une Place située
dans l'Alsace sur la Riviere
d'Ill qui porte Bateaux.
Elle estoit autrefois fortifiée
de bonnes murailles & de
fortes Tours, avec un Rempart,
& des Fossez très-larges
&fort profonds. On y a fait
des Battions depuis ce temps,
là. C'est une Place fort considerable
,
où l'on fait un
grand trafic. CetteVilles''est
toujours maintenue Catholique
au milreu de i'Heresie,
& il y a un College de Jesuites.
Mrde Gondreville en,est
Gouverneur, & Mrde la Provenchere,
Lieutenantde Roy.
Le 10. Mr de Louvois allacoucher
à Benfeld,petite "-il.
le de la baffe Alsace
,
assezforte,
&: des mieux entenduës..
Elle, dépend de Strasbourg-
,
dont elle n'estéloignée que
de trois lieues. Elle est sur
la Riviere d'Ill. Mr de Louvois
dîna le 10. à Strasbourg
)
ôc y sejourna le n. vit la Ville,
la Citadelle, les Forts, &
les Troupes. Mr de Chamil-
.Iy) si célébré par la défense
de Grave. en est Gouverneur.
Mr de Louvois logea chez Mr
de Monclar, qui commande
-
en Alsace. Je ne vous dis rien
de Strasbourg, comme je ne
Vous ay rien dit de Besançon,
parce que ces Places sont entièrement
connues. Ainsi je
ne vous ay parlé que de cellies
dont j'ay cru pouvoir
vous apprendre quelques particularitez
quine se trouvent
dans aucun Ouvrage imprimé.
Le 12. Mrde Louvois dîna
au Fort Louis du Rhin.
C'est un Fort qui a este construit
dans une Isle du haut
Rhin, huit licuës au dessous
de Strasboug, & autant,au
dessus de Philisbourg. Ce poste
estoit presque inconnu.
Toute l'Isle qui est au Roy,
estant dans l'Alsace qui ap.
partient à Sa Majesté
,
doit
estre fortifiée. Il doit y avoir
plusieursBastions, & des
Ponts avec des Fortifications
à la teste. Mr de Bregy est
Gouverneur de cette Place.
Mr de Louvois aprèsavoirs
examiné l'estat de ce Fort
allalemême jour coucher à
Haguenau. C'est une Ville
fort marchande en A lsace,située
entre les rivieres de Meter
& de Sorn.On gardoit autrefois
dans cette Ville-là,
la Couronne,le Sceptre, la
Pomme d'Or, & l'Epée de
Charlemagne avec les autres
ornemens Impériaux. C'est le
Siege du Bailly du Langraviat
d'Alsace. Mr de Louvois
coucha le 13. à Britche, où il
visita les troupes & la Place.
Cette Ville qui a un Châteauassez
considerable, est
dans la nouvelle Province
de la Sare. Mr de Morton
en est Gouverneur, & Mr de
laGuierleLieutenant deRoy. |
3MVT de LLoouuvvooiiss, aapprrèèss aavvooiirr
Nifité lesFortifications & les
groupes> alla dînerle14. à goù il-ne la même.
choseavec unepareille
activité.Hombourgeft assez
considerab- eoniiderable>&:estauasusmi dans la Provence de laSarre. M1
lç Marquisde laBretesche
qui commande dans cette
Province,en est Gouverneur,
& ^lr de la Gardette y
commande
en son ablençe,
M de Louvois alla ce jourlacouch
r à.jatrpctip Village
de la Province de la Sare qui
se nomme Cucelle &le1/
il passaàKirnoù il difha
en visita le Chasteau. Il cb.,.-
chaleITlefmejourlTraDeri
proche Trarback, & visita
la Presque-Isle de Traben, oi|
l'on va bastir une Placequi
s'appellera Mont-Royal. Cette
Place dont on n'a oiïy parler
qu'en apprenant qu'on y
travailloit
)
fait aujourd'huy
l'entretiende toute l'Europe,
le Roy n'entreprenant
rien qui ne soitassez grand
pour servir de conversation
au monde entier.Quoyqu'on
parle beaucoup d'une chose
ce n'est pas à dire qu'on en
partetoujours jùftc
) & il est
mesme presqueimpossible
:quton puissefejavoir au vray
toutes les pârticularitez d'une
entreprise
?
dont a peine,
at-on appris qu'on a forme,
le dessein. Tout ce que je
puis vous dire de celle-cy,
c'est que j'ay ramassé avec
grand foin* beaucoup de circonstances
qui la regardent*
&: que quandil y en aur,Qi,t;
quelques-unes qui ne feroient
pas toux à fjut vrayes;
je ne laiffer4 pas, 4c ycxuj
apprendre plusieurrs çbofcî
qu'on ne peut encore vous avoir
dites. Le Roy voulant
couvrir Luxembourg en 3
J - s cherché -lps tnoyeps ?
& lesa
trouvez danssesterresen.déT
couvrant un lieu. propre à
fairebastiruneVille. Ce lien,
se nomme Traben, & pour
parler à lamaniéré du Païs,
il eit à trente heures dç-Liirxembourg,
à douze de Tre"
ves, &à six de Coblens. Je
ne me puis tromper de beaucoup
sur le plus ou sur le
moins) & l'espace que je vous
marque) vous doit donner à
peu prés l'idée de l'éloignément
où ces Places peuvent
cftre les unes des autres. Tra.
ben est à la teste de Luxembourg.
On dit que Cesar y a
Autrefois campé, & qu'il y a
des vestiges d'une espece de
Fossé que l'on pretend avoir
autrefois fermé son Camp,
La Nature semble avoir faifre
ce lieu-là afin que le Roy le
fin: servir à sa gloire. Il n'a
que huit toises de largeur à
son entrée, que l'on dit estre
une escarpe& un rocher inaccessible.
La Moselle, qui n'eâ
point guéable en ces quartiers-
là ,envelope lereste de
son enceinte. L'entrée du
terrein elt occupée par un
plan deSapinsqu'onfaitjetter
à bas pour servir à cette
entreprise. La terre qui rcftc
lontient un des meilleurs
plans
plans de vignes de tout lePaïs,
& quelques champs qui rapportent
de tres-beaux grains,
&l'on trouve outre celaassez
de vin &de grain dans l'étendue
de cette presqu'Isle pour
nourrir une Garnison de trois
ou quatre mille hommes, Les
costes qui regnent vis-à-vis
le long dela Riviere,ne commanderont
point la Place, &
comme on ne pourra l'attaquer
que par le terrain que je
viens de vous marquer, il est
aise delarendre imprenable.
Il ya quatre Villagessur Iesr
crestes de ces costes dont on
pourra tirer de grands secours
pour les premiers Travaux,
L'extremité du plan de lapins
est une grosse source, qui se
trouvera dans lesFossez de la
Place, & qui fournira de
l'eau à la Ville. Elle aura
plusieurs Bastions
>
& fera
touteirreguliere, & tracée
sur la longueur, & la largeur
du terrain. Il y aura autour
de lapresqu'IsledesRedoutes
d'espace en espace
) pour dé-«-
fendre le passage de la Riviere.
Cequ'ilyade surprenant,
]
c'est qu'on peut dire que ce
que le Roy rcfout,est à demy
fait presqu'au moment
qu'il est resolu, au lieu que
pour l'ordinaire les grands
desseins demeurent au seul
projet. A peine eut-on plante
les piquets) que les Baraques
pour leslogemens des Soldats
le trouvèrent faites. Sept Bataillons
travaillèrent. Ils furent
bientost fortifiez d'autres
Troupest & l'onregarda
cette entr^prife avec unétonnement
donton n'cft pas encore
rovenu? sur tout pendant
que le Roy fait travail1er
dans le mcfmc temps àun
fort grand nombre de Places.
Quelque Souverainqui aitjamais
entrepris d'en faire, elles
ont estel'ouvrage du temps
plûtofi que de ceux dont elles
ont pris le nom; puis que la
pluspart nont presquerien
fait de plus, que d'en avoir
mis la première pierre. Voilà
la France à couvertdes infultes
deTAllemagne, & le Roy
fait plus à son égard
? que les
Chinoisn'ont jamais fait par
leur muraille de cinq cens
lieuës de long à l'égard des
Tarures.Le Royaume de la
Chine n'est à couvert que par
une feule muraille, & la Fran-*
ce l'est aujourdhuy par deux
rangs de Places forces, qui
doivent au Roy tour ce qui
les rend redoutables. tvir de
Louvoisaprès avoir sejourne
le 16.a Traben, & avoir,
pour ainsi dire, donnéle mouvement
à tous les bras devoient qui agir pour la gloire
du Roy,& pour la tranquillité
de l'Europe, alla coucher
le 17- a Sare-Loiiis, où il fit
la reveuë des Troupes, &vifita
les Fortifications de la Place
Elle est Capitale de laPro,
Vince de la Sare. Ce n'estoit
cjiTun Village, dont le Roy
a fait une Place tres-reguliere.
On luy a donné le nom de
-,ç,arc-Loüls, qui est un composé
deceluy duRoy,&de
celuy de la Province. Cette
Ville a six Bastions Royaux
avec quelques Demy-lunes,
& d'autres Ouvrages, M de
Choisyen est Gouverneur éc
Mr le Comtede Perin Lieutenant
de Roy. M deLouvois
y sejourna le 18. &le lendemain
il alla àThionville,
où il se donna les mesmes
soins, &pritles mesmes fatigues
que dans les autresVilles
où il avoit passé. Thionville
n'appartient à la France
que du regne du feu Roy.
C'est une Ville du Luxembourg
assise sur la Moselle.
C'estoit une des clefs du
Royaume avant les nouvelles
Conquestes de Sa Majesté.
On a razé Domvilliers, &
quelques autres petitesPlaces
voisines
>
afin de rendre celle-
là plus considerable. Mr
d'Espagne enest Gouverneur;
Mrd'Argelé,Lieutenant de
Roy, & Mr de Bouflers,Gouverneur
de Luxembourg,&:
Lieutenant general de la Pto-T
vince.Mr deLouvois a trouvé
dans toutes les places qu'il
avisitées,les Troupes & les
Fortifications fort belles. Le
Canton de Basle luyenvoya
faire compliment à Huningue,
& Mrl'Electeur de Treves
fit la mesme chose pendant
que ce Ministre estoit à
Trarbach, Les Magistrats de
tous les lieux qu'il avisitez,
l'ontaussi complimenté, &
les Gouverneurs des Provinces
&des Places que je viens
de vous nommer,& M les
Jntendans la Grange ôc la
Goupiliere ont fait tout ce
qu'ils ont pu pour le bien reé
galer; mais ce Ministre toûjours
agissant n'avoîtqu'à
peine le temps de voir les Repas
qu'on luy preparoit par
tout. Jamais on n'a fait tant
de chemin) ny vu tant de
Villes
,
de Remparts, & de
Troupes, en si peu de temps
Lors qu'on sert ainsi fou
Prince,on le fait servirde
mesme
; & quand les desseins
du Souverain font grands, on
ne voit rien qui ne sente le
prodige. Mr de Louvois dîna
le 20. à Luxembourg,où Sa
Majesté arriva l'aprésdinée.
Je vous ay fait un détail de
tout ce qui s'y est passé,&
vous ay dit que le Roy alla
le 26. dîner à Cheranc. Ce
Prince coucha à Longvvy,cù
• aprésavoir vu faire l'exercice
aux Cadets dans la Place d'armes
, il en choisit quatrevingt,
pour les mettre en diversCorpsenqualitéde
Sousl^
ieurenans, comme jevons
l'aydéja marqué. La Cour
alla dîüer le 27.à Pierre- Pànt.
Sa Majesté montaà cheval
l'apresdinée
, & arriva te soir
àEtain -en prenant le diver-^
tissement de la Chasse. Sa Ma>-
jesté y fut receuë par Mr de
Verdun. Elle entendit la
Messe le 1$. à la ParoiiTe,Se
fit de grandes liberalitez au
Curé5 & aux Capucins qui
sont établis en ce lieu-là,quoy
qu'Elleleur en eust déja fait
en y passant la premiere fois.
Elle dîna le mesme jour à
Verdun chez M" 1tveique,
à quiElleavoit donnéordre'
le jourprécedent pour 'lC{
âaiur qui fut chanté en
Musique sur les six heures dtV
soir. Toute la Cour y am,
ffcaravec une devotion qvd
répondoit à la pieté du Roy.
Le lendémain 29jour du,
S. Sacrement ,
la pluspart dM
Dames qui avoient accompagné
ce Prince , firent leurs
devotions, ce qui parut fort
édifiant. Le temps estant extremement
pluvieux, on ordonna
que la Procession se
seroit feulement jusques à
l'EglisedesJesuites, & qu'elle
reviendroitaussi-tost dans Ii
Cathedrale. La Procession
commença par les Paroisses
de la Ville, suivies des Mandians,
& autres Religieux.Le
Clergé estoit en fort grand
Nombre, accompagne des
Gardes de la Prevosté
,
des
Cent-Suisses de la Garde, ôc
des Gardes du Corps,qui marchoient
sur deux lignesa coté
de la Procession. Messieurs
les Princes du Sang estoient
immédiatement après leDais.
Monseigneur le Dauphin pa..
roissoit ensuite ; deux Huisfiers
portantdesMasses precedoient
le Roy, qui avoit auprésde
luy lePere de laChaise,
& fesAumôniers.Les Princesses
marchoient aprés, suivies
des Dames les plus distinguées,&
ces Dames l'estoient
d'ungrande nombre de Seigneurs
, & d'Officiers de la
Maison du Roy. Le Presidial
deVerdun marchoitenCorps,
Se MP de Ville suivoient le
Presidial.Aprés cette longue
file quiétoiten fort bonordre,
venoit une foule de peuple
innombrable, sans compter
ce qui se trouvoit encore dans
la Ville. Presque toute laLorraine
s'y estoit renduë,&on
en voyoit jusque sur les toits.
On s'arresta à deux Reposoirs,&
la grande Messe fut cclebrée
par Mr l'Evesque de
Verdun. Le Roy, & toute la
Cour occupoient la droite
des hautes Chaises. LesChanoines
estoient à la gauche,
& la Musique au milieu du
-Choeur; elle s'acquita assez
bien de tout ce qu'elle chanta.
Sa Majesté alla à l'Offrande,
& aprés la Messe Elle eut
à peine le temps de dîner *
pour retourner au mesme
lieu, oùla Cour entendit Vespres.
MdeVerdunofficia encore.
Au sortir de cette Eglise,
le Roy se promena autour
de la Citadelle
)
&: alla
voir les Ecluses, qui sont presentement
achevées, & dont
on se doit servit pour empêi
cher qu'on n'approche de la
Ville du costé où elles sont.
Mr deLouvois alla jufclu-aa
lieu où les eaux remontent.
Plusieurs Particuliers ayant
eu leurs beritages endommagez,
ont esté remboursez par
la bonté de Sa Majesté
, quoy
que cet ouvrage foit pour la
défense de leur Patrie.
Le 30.le Roy entendit encore
laMessedans la Cathedrale,&
Mrde Verdun luy
presenta de l'Eau-benite.Ce
Prince eut la bonté de faire
une remontrance au Chapi
tre,) pour l'exhorter de bien
vivre avec son Eve[quc) &
comme il sçavoit que les Chanoines
estoient en possession
depuis un fort grand nombre
d'années
?
d'estre debout pendant
l'Elevation, il leur deT
manda qu'en sa consideration
ilssissent une Ordonnance
pour abolir cetusage, à quoy
ils ne s'opposerent pas. La
Musique chanta un Motet sur
le rétablissement de la santé
de ce Prince, & receut en
mesme temps des marques de
sa libéralité, Toute la Cour
alla ce mesme jour dîner à.
Brabant, & arriva un peu
tard à Sainte-Menehout. M1
l'Evesque de Châlons s'y
trouva avec quelques Ecclesiastiques
qu'il y avoit ame.
nez. Mr le Duc de Noailles
ayant de son costé amené de
LuxembourgMr de Ville, &
prisà Verdun des Musicièns,
qui se joignirent à d'autres
qu'il avoit fait venir de Châlons,
le Salut fut chanté en
Musique aux Capucins sur
les septheures du soir. M de
Châlonsy donna la benediction
du S. Sacrement. Les
Capucins furent extrêmement
édifiez de voir que la
Cour, à l'exemple de son Souverain
faisoit paroistre une
grande pieté. Ils connurent
encore celle de ce Prince, par
les presens qu'il leur fit le
lendemain en partant, quoy
qu'ils en eussent déja receu
lors qu'il estoit paffé à Sainte-
Menehout, pour se rendre à
Luxembourg.
Le 31. le Cour dîna à Cense
de Bellay & allaà Châlons,
où elle trouva un nombre mfïny
depeuple qui s'y eftoic
assemblé
; croyant qu'elle y
passeroitla Feste de Dieu, cqui
seroit arrivé, si la maladie
de Monsieurle Comte de
Toulouse n'eust point rompu
les mesures que l'onavoit prises.
Le Salut fut chanté par
la Musique avec beaucoup de
iolemnité?M1deChâlonsef-
-tantà lateste desonChapi-
"tre. L'Eglise,& les ruës es-
Iaient si remplies
, qu'on
croyoit estre au milieu du
Peuple de Paris. Un nombre
infiny de routes sortes de gens
qui cherchoient à voir le
Roy, occupoit le Jare , &
Tonassure -qu'il n'y en avoit
jamais tanteu.
Ii
Le premier Juin, le Roy
dîna à Bierge, & coucha à
Vertus. Il y entendit le Salut
à la Paroisse, où il y eut une
Musique tres-agreable
,
soutenue
desHautbois des Mousquetaires.
M de Châlons y
officia,assistiéde M de Luzanfy
& de Lerry? qui ont des
Abbayes en ce lieu.
Lei. on partit de Vertus
à dix heures
du
matin, après
avoir entendu la Messe, pendant
laquelle la Musique continua
de chanter des Motets
de M1r du Mont. On ne sçauroit
trop admirer le zele&
l'activitéde Mrde Noailles,
pour le service de Dieu & du
Roy.M deChâlons aofficié
pendant l'Octave du S. Sacrement
, par tout où Sa Majesté
a esté dans son Diocese,
& il s'est par tout trouvé de
la Musique, par les soins de
M le Duc de Noailles son
frere. La Cour alla de Vertus
dîner à Etoge. C'estunlieu
toutremply d'agrémt.Lebastimentenest
beau,les Jardins
en sont charmans
, & l'abondance
des eaux y donne tous
les plaisirs que l'on en peut
recevoir. Ce lieu appartient
à Mr le Marquis d'Anglure,
& sert de retraite à deux freres
& à une soeur, qui par
leur mérité sefont fait une reputation
qui s'estrepandüe
bien avant dans le Monde. La
vertuest leur passion, la charité
fait leur employ, & leur
pieté est exemplaire. Le Roy
leuravoit fait dire qu'il difneroit
chez eux sans les embarasser,&
quoy qu'il n'euisent
pas l'avantage de donner
à mangeràSa Majesté,ny par
consequent l'honneur de la
servir,leur magnificence ne
JailTa pas de paroistre i la maniere
dont ils traiterent toute
la Cour. L'abondance fut
si grande aux tables qu'ils
firent servir
, que celle du
Chambellan ne tint point,
Monsieur le Prince qui mange
ordinairement à cette table
, ayant fait l'honneur à
cesillultres Solitaires de manger
àcelle qu'ils luyavoient
fait préparer. Le Roy inftruit
de leur vertu voulut sçavoir
le détail de leur vie dans
une solitude si peu commune
à des personnes de cette
qualité. Ce Prince apprit que
lesFreres faisoient le plaisir
- - de
de la Soeur, & la Soeur celuy
des Freres? que leurs heures
font reglées pour leurs exercices
ordinaires qui estoient
toujours égaux, sur tout la
Messe
,
les prieres frequentes,
& la visite des Pauvres. Un
fils de l'aisné qui n'a pas encore
cinq ans, eut l'honneur
de manger avec le Roy. Pendant
queSa Majestéfaisoit
son plaifirde s'entretenir de la
pieté de ses hostes,onluy apprit
que Madame la Princesse
deConty avoit un malde teste
& unedouleur de gorgequi
faisoient craindre que cette
Princesse ne fût bientost attaquée
du mesmemal qûeTilc
le Comte de Thoulouze avoit
essuyé à Luxembourg.
Le Roy ordonna qu'on
fïftauffitoft partir pourMo zmirel,
& se prepara a quitter
1-oge pour ta suivre.Il ne faut
pas que j'oublie à dire qu'il ya
une galerie dans ce Chasteau
qui plut beaucoup à Sa Majesté,
& qui auroit fait plus
long-temps le plaisir de toute
la Cour? si elle n'avoit point
esté pressée de partir. Elle
contient les Portraits- de tous
les grands hommes qui ont
paru en Europe depuis environun
Siècle, &; les Portraits
de ceux qui ont vescu
çlaAs, lemesme temps,-sont
pppofez les uns aux autres,
comme pour en faire des
paralelles; leurs principales
actions& leurs alliances font
marquées au bas. Cette Galerie
est plus curieuseque
magnifique, & l'on y voit
regner une simplicité debon
goust
, qui attire plus de
loüanges à ceux à qui appartient
cette maison, qu'une
magnificence mal entendüe..
-
Le Roy ayant quitté un lieu
jS delicieux
,
arriva de bonne
heure à Montmirel. Mr de
Louvois, comme Seigneur du
lieu, receut Sa Majesté à la
descente de son carosse. Ce
qu'on avoit soupçonné du
mal de Madame la Princesse
de Conty? arriva.Les rougeurs
parurent?&elle fut faignée
le lendemain au matin.
Sarougeolle estoit tres forse?
mais les Medecins dirent
qu'ellen'estoit pas dangereuse.
On Iaifïa aupres de
cette Princesse MrPetit,Pr-emier
Medecin de Monseigneur,&
Mr DodartsonMedecin,
avec MrPoisson, Apotiquaire
du Roy. Comme
ce Voyage approchoit de sa
-fin, la
-
Cour commença à défiler,
& M[ le Prince de
Conty partit pour Paris. On
dit ce jour-là des Messes
tout le matin, & à sept
heures du soir il y eut Salut.
LePrieur Curé, qui est un
Religieux de S. Jean de Soissons
,
fit la céremonie.Le
- 4. Monseigneurle Dauphin
ayant
beaucoup d'impatience
de - revoir Madame la
Dauphine, receut de Sa Majesté
la liberté de partir. Ce
Prince
-
arriva le soir mesme
à Versailles. Plusieurs personnes
quitterent la Cour cC;
jour-là. Les Prieres se firent
comme le jour precedent;on
fut fort en doute si on partÍroÍr,
on reeeut des ordres
pour le depart, & ces ordres
furenr révoquez. Le jour de
FOccave du S. Sacrement,le
Roy ayant sceu à quatreheures
& demie du matin l'estac
--de la maladie de Madame la
Princesse de Conty
?
Ordonna
à Mr de Louvois de faire
partir les Officiers, & cependant
cc Prince , quine songe
pas moins a
-
remplir les aevoirsdeChrestien,
que ceux
de Roy, demanda au Pere de
la Chaise
,
s'il estoit Feste dar s
le Diocese de Soissons,& s'il y
avoit obligation pour ses Officiers
d'entendre la Messe, &
pour luy
3
d'assister à la Procession.
Le Pere de la Chaise
luy repondit, qu'il estoit obligé
d'entendre la Messe
) &
non d'aller à la Procession
mais que cependant il feroit
mieux que Sa Majesté rendist
ce devoir aux ordres de l'Egli[
e,quia étably la Procession
de l'Octave. Il n'en falut
pas davantage pour faire
ordonner qu'on cLft coniti-*
nuellement des Messes, ôc
quoy que les Cloches qui
font fort grosses, fussent
près de la Chambre du Roy,
parce que l'Eglise est dans
le Chasteau, ce PrinceVOUrllut
qu'on les sonnast toutes.
Il entendità huit heures
& demie une Messe,dite par
un Chapelain de quartier.
Cependant le Prieur accom*
pagné d'un Diacre,d'un Sous-
Diacre
,
de trois Enfans de
Choeur, dehuit choristes, &
de huit Chapiers tirez de la
Chapelle du Roy, se preparoit
dans la Sacristie. La Procession
commençasur les neuf
heures; on dit ensuite la
grand' Messe,& le Roy partit
pour aller dîner à Vieu-
Maison,quiappartient à Mr
Jacquier. Monsieur le Prince
quitta la Cour, pour se rendre
à Paris. On coucha ce jourlà
à la Ferté sur Joüare dans
le Diocese de Meaux.M l'Evesque
de Meaux s'y trouva
avec quelques Abbez, & ses
Aumôniers.Onchanta le Salut
en plein Chant à la Paroisse
, & la bénédiction y fut
donnée parcePrelat. Sa Majesté,
qu'une marche continuelle
n'a détournéed'aucune
des fonctions de piet
» dont Elle s'acquite avec in
zele si édifiant, termina ce
cette forte tOétave du S.
Sacrement. On dîna à Monceaux.
Mr de Gesvres, comme
Gouverneur du lieu >^vo-t
fait au Roy pendantledîner
un present defruits,de fleurs
& de Gibier, d'une rh-iiierç
tout-à-fait galante. On traversa
Meaux iar,fulr, , &
on alla coucher à Caye. Le
lendemain, Monseigneur entendit
la Messeà Versaillesà
six heuresdumatin,&priten
suite la Poste pour se rendre
à Livry
3
où l'on attendoit le
Roy. Il estoit accompagne
de Monsieur le Prince de
Conty, de Monsieur de
Vendosme 5Se.de plusieurs
Seigneurs de la Cour. Ils
y arriverent sur les dix
heures & demie. Monseigneur
changea d'habit, & aprés
avoir pris quelques
- rafraifchissemens,
ilalla au devant
de Sa Majesté, quiarriva
sur les onze heures & demie.
Le Chasteau de Livry est
depuis long - temps dans la
Maison de MrSanguin, Sa
situation est charmante
, &
dans le voisinage d'une Forest
tres-agreable,& tres- propre
pour la Chasse. On voit un
beau Jet d'eau dans le milieu
de la court. Le grand corps
de Logisest terminé de chaque
costé par un Pavillon,
dont l'un fait face au Jardin,
& à l'Orangerie. Le Parc qui
est au bout, répond sur le
grand chemin. Le Roy descendit
de Carosse à la grille
de ce Parc. Monseigneur l'y
receut accompagné des Princes
qui l'avoient suivy. Madame
Sanguin) Mcre de Mr
le Marquis de Livry. Mr l'Evesque
de Senlis Madame de
Livry, & quelques autres personnes
de la Famille, reeeurent
Sa Majesté à la porte du
Jard in. Elle les faliiaj& leur
parla avec cet air doux &majestueux
qui luygagne tous
les coeurs. On servit le dîné à
midydansl'anti-chambre du
Roy. Elleestoit richement
meublée, & tenduë. des belles
Tapisseries
,
dont le feu
Roy d'Angleterre fit present
à M de Bordeaux, Pere de
Madame Sanguin, lors qu'il
estoit AmbaOEadeurauprés de
ce Prince. Le Buffct estoit
dressé dans une Salle qui joint
l'antichambre. On ne peut
rien ajoutera la propreté,&
au bon ordre que Madame
Sanguin avoit mis par tout.
Les Appartenons estoientornezavecun
agrément admirable,
& que l'on remarque
dans tout ce qu'elle fait. Mr
l'Evesque-de Sentis &M de
Livry sirent les honneurs;
mais ce dernier ne laissa pas
d'exercer sa Charge de premier
Maistred'Hostel. On
servitenpoisson avec autant
d'ordre qu'il yeut de delicaft{
fe & d'abondance. Monseigneurmangea
avec le Roy.
Les Dames qui eurent l'honneur
d'estre àla Table de Sa
Majcfté> furent, Madame la
Duchesse, Madame d' Armar.
gnac, Madame de Maintenon,
Madame de GramoRÇ*
Madame Sanguin, Madame
de Livry, &: Mademoiselle
de Sourdis,qui ayant esté
élevée chez Madame Sanguin,
ne la quitte point de-
-
puis long-temps. Les Princes
quiavoient suivy Monseigneur,
furent servis à une
autre Table. Celle du Grand
Maistre fut servie après le
dîné du Roy. Sa Majesté se
retira dens sa chambre au
sortir de Table. Elle y demeura
quelque temps,& partit
ensuite
,
après avoir fait
de grandes honnestetez à Madame
Sanguin,à M deSenlis,
& à Madame de Livry
)
& leur avoir dit, qu'Elle
n'avoit point esté si bien traitée
dans tout le Voyage.
Quoy que toute la Famille ait
part à l'honneur de cette Feste,
on peut dire que Madame
Sanguin s'est attiré beaucoup
de louanges , & d'estime,&
qu'elle a réussi dans
:.tour ce que la Cour attendoit
d'elle. Ce n'est pas d'aujourd'huy
que la Famille de Bordeaux
s'estdistinguée dans
toutes les choies qui ont regardé
leRoyCePrince donna
ce jour-là à Mr deMassigny,
l'un de ses Ecuyers,cinq cens
écus de pension. Cette grace qui n'avoit point esté demandée,
tomba sur un Sujet
d'autant plus estimé de toute
la Cour, qu'on luy a toûjours
remarqué un grand attachement
pour la personne
de son Prince. Le Roypassa
l'aprésdînée dé fort bbnéfe
heure par Paris, au bruit des
acclamations du Peuple, &
se rendit à Versailles
)'
ou
Monsieur & Madamel'attendoient.
Sa Majesté trouva
en y arrivant un nombre
infiny de personnes de la première
qualite, qui s' y étoient
rendues pour la salüer à la
descente deson Carosse. Plufleurs
Conseillersd'Estat?
ôc Maistres des Requestes,
eurent aussi cet honneur.
Elle montaaussi-tost à 1Appartement
de Madame la
Dauphine, pour voir certç
Princesse, & se promena
ensuite à pied pendant quatre
heures dans les Jardins
deVerailles.Ellevisita tous
les Ouvrages nouveaux qu'on
y avoit faits pendant sen
absence
,
&vitunfort grand
nombre d'Orangersquc'?Elle
avoit donné ordre de placer
dans l'Orangerie, du nom- bre desquels estoit l'Oranger
nomméleBourbon
,
qu'on dit
avoirenviron cinq cens ans.
Une si longue promenade à
pied au-retour d'un Voyage,
donna beaucoup de joye à
toutela Cour, parcequ'elle
estoit une marque de la parfaite
santé du Roy. Le 8. M"
le Cardinal Nonce, les Ambassadeurs
, les Ministres des
Princes Souverains qui sont
icy , & la pluspart des Chefs
des Compagnies superieures,
se trouvèrent au lever de Sa
Majesté, & luy firent compliment
sur son heureux retour.
Jamais ce Prince nes'étoit
mieux porte, & n'avoit
paru de meilleuremine, quoy
que pendant le cours du
Voyage, il se fust toujours
exposé à la poussieres dont il
auroit pû se garantir, si sa
bonté ne l'eust porté à vouloir
satisfaire à l'empressement
que les Peuples de la
Campagne avoient de le voir,
sur tout après une maladie
quiavoit fait paroistre l'excès
de leur amour pour ce Prince.
Le jour iuivancJa foule
continua à son lever &: cc
Prince voyant sa santé parfaitement
rétablie) puifquc
les fatigues d'un long Voyage
ne l'avoient pu alterer ) recompensa
en grand Roy,ceux
à qui, après Dieu & les voeux
de ses Sujets, il en estoit redevable.
Il donna cent mille
francs à Mr Daquin son
premier Medecin
3 quatrevingt-
mille à M Fagon, premier
Medecin de la seuë
Reyne, en qui il a beaucoup
de confiance, & dont la reputation
est solidement établie,
&: cinquante mille écus
à MrFélix, son premier Chirurgien.
Quelque temps auparavant
, Sa Majesté avoit
donné une somme considerable
à M Bessiere, qui pane
pour le plus fameux Chirurgien
de Paris, & qui avoit
esté consulté dans le temps
du mej du Roy. Voilà de
grandes recompenses , mais
qu'auroiton pu moins. faire
pour des personnes ÎL qui la
francs estsi redevable) &- à
quil'Europedoitlafuite de
1a tranquillité dont elle
jouit ?
Le Roy après son retour
donna un magnifique repas
atou-tes-lesDamesquiavoient
esté du Voyage
Jpendant
lequel
les soins de Sa Majesté
leur ont épargné beaucoup
de fatigue, les divertissemens
s'esxant mesme trouvez par
coût ainsi qu'à Versailles;
mais quandily auroit eu des
peines à essuyer pour cc qui
s'appelle la Cour,leplaisir de
voir quelquefois le Itoy sans
estreaccomrpagoné de la foule qui l'environne toûjours à
Versailles
)
& d'avoir le bonheur
de luy parler plus facilement
lour des choses qu'on
ne pourroit trop payer,Jamais
Prince n'ayant paru si
charmant que ce Monarque,
lors qu'il veut bien avoir la
bonté de se dépoüiller de sa
grandeur, il ne se montre
point dans ces momens,qu'il
ne gagne autant de coeurs
qu'il s'attire d'admirateurs
par
~par les grandes actions. Mr
e Comte de Tolouse arriva
e 8. à Versailles
, & Madame
a Princesse de Conty le 11.
'un & l'autre dans une par-
:11tc faute
> ce qui donna
beaucoup de joye à toute la
Cour,dont ils font lecharme
, & deux des principaux
ornemens.
FI N.
1 DV VOYAGE
DE
SA MAJESTÉl
A LUXEMBOURG.
E vous l'aypromis
,
Madame. Il faut
vous satisfaire sur le
grand Article du Voyage
de Sa Majesté à Luxembourg,
Pc. comme vous m'avez ordonné
de n'enoublier aucune
des circonstances, elles
feront le sujet d'une Lettre
entière. Un pareil Journal
doit estre agréable aux Curieux
Tout le monde scait
que le Roy ne peut faire un
pas hors le lieu de sa résidence
ordinaire, que toute
l'Europe ne soit aussi-tost
en mouvement. Le bruit de
ce Voyage n'eut pas plûtost
Commencé à se répandre,
qu'elle fit paroistre de grandes
alarmes. Mais que pouvoit-
elle avoir à craindre?
Elle devoitestre persuadée,
que le Monarque qui luy a
donné la Paix? n'avoir aucun
dessein de la rompre.
C'est son ouvrage, & loin
de songer à le détruire,Sa
Majesté fera toûjours preste
à faire repentir ceux qui travailleront
à troubler le calme
qu'il a étably. Un pareil
dessein ne sçauroitestre
conceu que par des Ambitieux
opiniâtres, & trop constamment
jaloux de la grandeur
de ce Prince;mais c'est
àeux seuls à craindre, dans
letemps qu'ils veulent rendresuspectes
toutes ses démarches,
& jetter dans les
cfprits des frayeurs seditieuses,
afin d'exciter dans la
plus grande partie des Etats
voisinsle desordre & la confusion,
sans quoyils demeurent
dans une fâcheuse obsçuiipé?
qui leur est beaucoup
moins supportable que la
douleur que les Victoires du
Roy ont dû leur causer
, pour
ne pas dire, leurs continuelles
défaites. Comme il y a
peu de Regnes qui ne plaisent
,
a quelques chagrins
que l'on puisse estre exposé
en regnant ,ils voudroient
toûjours jouir de la tristesatisfaction
qu'ils ont de com*.
mander aux dépens de la
tranquillité de l'Europey
mais le Roy quien est leBienfai£
teur> & le Pere, voulant
luy conserver le repos qu'il
luy a si genereusement procuré,&
dontil lafait jodir.,
malgré lescontinuels obstacles
qu'on oppose inutilement
à sabonté, renverse
tous leurs desseins par sa prudente
conduite &: par sa perseverance.
Les défiances que
l'on a voulu donner de son
Voyage) donton pretendoit
que de secrets desseins estoient
les motifs, ont esté
une occasion au Roy de confondre
les Ennemis de sa
gloire. Il n'a pu soffrir qu'on
crustqu'il déguisast ses intentions
,8z pour empescher
que leur sincerité ne fust
foupçonnée
9
il a bien voulu
donner un éclaircissement,
quien faisant voir la bonté
qu'il a de'ne point chercher
à troubler l' Europe qu'il a
l, pris foin de pacifier, a servy
encore, par des assurances
publiques,& dont aucun
Prince ne pouvoir douter, à,
dissiper les frayeurs que les
.1n.1.1 intentionnez avoient
jettées dans les coeurs timides,
afin de parvenir à leur but.
Non seulement ils n'y sont
point parvenus ?
mais tout ce
qu'ils ont pû dire, n'a fait que
fairemieux voir combien le
pouvoir du Royest redoutable,
puisqu'ilsontété obligez
de faire connoistre eux-mêmes
par toutes les chosesqu'ils
ont avancées, qu'il suffitque
ce Monarque fasse une entreprise
pour y réiiflir
, & que
s'il veut vaincre, il n'a qu'à
combattre. On a sujet de les
croire. Ils n'ont pas eu desfein
de flater
,
&sur ce qui se
publie de cette nature ,
les
Ennemis sont plus croyables
que d'autres, puis que leur
sincerité ne peut estresoupçonnée.
Mais comme vous
pourriez douter de la mienne
lors que je vous parleai
& croire que je me suis formé
exprés des monstres pour
les combattre, en faisant paffer
mes conjectures pour des
veritez,à l'égard de tout ce
que je viens de vous dire dt.
l'inquietude que l'on a voulu
donner à la plus grande
partie de l'Europe, pour luy
faire prendre de l'ombrage
des desseins du Roy
?
voicy
une piece justificative.
Sa Majesté
,
à qui rien n'est
inconnu, tant à cause de sa
vive penetration
, que des
foins qu'elle prend sans cesse
pour bien s'acquiterde ce que
son rang demande,sçachant
ce qui se disoit du dessein
qu'Elle avoit pris de faire un
VoyageàLuxembourg, voulut
faire voir la mauvaise intention
de ceux qui en répandant
des bruits contraires
au repos public, pretcndoient
venir à bout de leurs entreprises.
Dans cette pensée, Elle
ordonna à Mrle Marquis de
Croissy Colbert
,
Ministre &
Secretaire d'Estat
, ayant le
département des affaires étrangeres,
d'écrire une Lettre
à Mrle Cardinal Ranuzzi,
Nonce de Sa Sainteté enFrance.
Voicy à peu prés le sujet
de cette Lettre. Ive de Croisfy
marquoit à ce Cardinal
que le Roy luy avoit commandé
d'informer son Eminence de la
resolution qu'ilavoit priscel'al.,
lerdans le mois de May à Luxembourg
, CJTouencore que Sa
Majcflr n'eustpas accoûtumé de
rendre raison de Jes actions,
comme Elle ne vouloit pas
néanmoins renouveller l'alarme
qu'on dvùitprise sans fondement
de l'ouverture qui a esté
faite du convertissement de la
Tréve en un TraitédePaix ; Elle
luy avoit ordonné de /'assurer de
sa part ,
qu'Elle ne faisoit ce
Voyage que pour satisfaire la
curiosité qu'Elle avoit de voir
Elle-mesme en quel estat estoit
otlors cette place;, d'oùelleseroit
de retour,troissemaines, ou tout
A-U plus tard un mois aprésqu'Elle
seroit partie de Versailles;
qu'Elle se promettoit que son
Eminence empescheroit par Je$
Lettres tant à Sa Sainteté que
par tout ailleurs où ellel'estimeroit
à propos , que ce Voyage ne
donnast de l'inquietude aux
Etats Voisins
, 0* qu'aucun
Prince ne pustprendre le pretexte
de la marche de Sa Majestéspour
refuseràl'Empereur lessecours
ausquels ilsseseroientengagez,
Sa Majesté n'ayantpas d'autre
dessein que celuy dontElle l'avoit
chargéde l'instruire.
Cette Lettre qui fut écrite
à Marly,estoitdattée du quatrièmed'Avril.
MrleNonce
qui s'apliqueavec tout le foin
imaginable à tout ce qui peut
maintenir la paix, la reçût
avec une extrêmejoye.Il en
envoya des copiesdans tous
les lieux, où ille crut necessaire
pour remettre les esprits,
& n'en refusa point aux Ministres
Etrangers qui sont à
Paris, ny mesme à tous ceux
qui prirent la libertédeluy
en demander ; de forte que
cesCopies s'estant multipliées
en fort peu de temps , cette
Lettre devint aussi-tost commune.
Chacun l'envoya à ses
Amis, &. elle courut incontinent
, non feulement dans
les Provinces de France;mais
encore dans les Pays Etrangers.
Comme le Roy na
jamais manqué à sa parole,
&que tout le monde en est
fortement persuadé
,
les esprits
qu'on avoit voulu inquicter
en leur faisant entendre
que le Voyage de Sa
Majestécouvroit des desseins,
€jui devoient troubler la tranqnilité
de l'Europe, furent
rassurez> & les ambitieux qui
ire cherchoient qu'à renouseller
la guerre en proposant
<de faire une Ligue pour l'éiriter
, demeurerent dans une
Extrême confusion par l'impossibilitéqu'il
y avoit de
venir à bout de leurs desseins.
On ne parla plus que du
Voyage, mais on en parla
d'une autre maniere qu'on
n'avoit fait jusque-là, & ceux
quiavoientvéritablement apprehendé
devoir le Roy à la
teste d'une Armée par les
soupçons qu'on avoit tâché
de jetter dans leurs esprits, se
proposerent de le venir admirer
lors qu'il feroit sur leurs
frontières
?
& ce fut pour eux
un fort grand sujet de joye
s d'esperer de voir de prés, &
de considerer avec toute l'attention
que demandoit leur
curiosité? un Prince qui remplit
tout l'Univers du bruit
de son naIn, & de ses vertus.
Pendant que la Noblessedes
Pays voisîns de Luxembourg:
goûtoit par avance le plaisir
qu'elle attendoit en voyant
le Koy & qu'elle en avoit
l'idée remplie,comme on l'a
ordinairement de toutes les
choses.guc l'onsouhaiteavec
passion, ceux qui estoient du
Voyage s'y preparoient; d'autres
en parloient & d'autres
écrivoient sur ce sujet.Voicy
une Devise deM Magnin de
l'Academie Royale d'Arles,
surceVoyage.Le Soleil estoit
alors au figne du Belier. Cette
Devise a pour mot
CURSUM INCHOAT
OMINE MITI.
Il renouvelle son cours
Sous de fortunezpresages;
Loin d'icy
)
sombres nuages,
Nous n'aurons que de beaux
jours.
Ces Vers convenoient a£-
sez à ce qu'on venoit de publier
touchant les desseins
cachez fous le Voyage du
Roy.
Voicy une autre Devise
de Mr Rault de Roüen, sur
ce mesme Voyage daSa Majesté,
allant visiter ses Conquestes
,&voir ses nouveaux
X Sujets. Cette Devise a pour
corps le Soleil en son midy
sansnuages & sans ombreJ
&jettant de benignes influences
sur les Regions par
où il passe. Ces mots en sontl'ame.
FELICI BEAT
ASPECTU.
Tel que paroist le Dieu du
jour
Porté dans son char de lu
miere
,
Quand par chaque Climat il
faitsonvaste tour
Pourvisiter la terre entiere
J
k
Et que parsesbrillansrayons
Il produit en tous lieux les biens
quenous voyons;
Tel l'Augure LOUIS ruifitant
ses Conquestes,
Quelque part qu'il porte les
yeux,
SurJes Sujets nouveaux qui s'offrent
en ces lieux,
Répandsesfaveurs toutesprefies,
Et quoy qu'il fajfe voir la fierté
du Dieu Mars
,
( Sesyeux nont que de doux
re7g,ardsoLe
temps du Voyage s'avançoit,
& l'on estoit presque
sur le point de partir,
lors que le Roy fut attaqué
d'un grand Rhume. Mais
loin que cet accident sist
prendre aucune résolution
contraire à ce qui avoit esté
arresté, Sa Majesté ne retrancha
pas mesme un quartd'heure
des Conseils qu'Elle
avoit accoûtumé de tenir-
Mr de Louvoispartit quelques
jours auparavant , pour
unVoyage de prés décrois-
-- - .-- - - - --
cens lieues,& Mr de Seignelay
partit de son costé pour
aller voir les Fortifications de
Dunkerque. Comme il faut
donner quelque ordre à cette
Relation, je ne parleray de
leur Voyage que quand je
vous marqueray leur retour
auprès du Roy, Je vous diray
cependant qu'en s'éloignant
de Sa Majesté,ils avoient
toujours la mesme
part aux affaires. Rien n'est
aujourd'huy épargné en
France pour le bien de l'Etat,
&.
& le Roy, par le moyen des
Courriers
> peut conferer tous
les jours avec ceux qui sont
éloignez de luy.MrdeCroissy
fut le seulMinistre qui
devoit accompagner Sa Majesté.
Le Controleur GeneraI,
dont la presence & les
foins font toûjours neccffaires
icy,ne fait jamais aucun
Voyageavec Elle. Mais comme
je viens de vous le marquer,
ceux qui ont affaire au
Roy,parlent, pour ainsi dire
i tous les jours à Sa Majesté
?
quelque longue distance
qui les en feparc ,rien n'estans
épargné pour cela, & les
Postes du Royaume n'ayant
jamais esté en si bon estat
qu'elles sont presentement.
Des raisons avantageuses à
la France empescherentMadame
la Dauphine de se préparer
à estre de ce Voyage.
Monsieur
, qui relevoit de
maladie resolut de prendre
l'air à Saint Cloud pendant
l'absence du Roy, & Madame
voulut tenir compagnie
à ce Prince, malgré le plaisir
qu'elle prend aux Voyages
& à la Chasse, cette Princesse
estantinfatigable dans
des exercices qui lassent quelquefois
les hommes les plus
robustes.
Le Roy ne voulant pas
fatiguer sa Cour pour un
Voyage qui ne devoit passer
que pour une promenade,
resolut d'aller à petites journées,&
de mener Monsieur le
Duc du Maine,&Monsieur
le Comte de Toulouse.Onne
peut trop tost leur faire voir
des. Fortifications; des Troupes,&
des Reveues,& l'on
peut dire que leur en faire
voir de cette maniere, c'est
commencer à leur apprendre
en les divertissant, tout ce
qu'ilsdoivent sçavoir? ce qui
cft cause souvent qu'ils y
prennent plus de plaisir, &
qu'ils s'y attachent davantage
dans la fuite. Ces jeunes
Princes estant du Voya,
ge )
il fut.arresté que les Dagacs
en seroient aussi;celles
qui furentnommées font
Madame la Duchesse, Madame
la Princesse de Conty,
Madame la Princesse d'Harcour)
Madame la Duchesse
de Chevreuse, Madame de
Maintenon, & Madame de
Croissy? avec les Dames, &
Filles d'honneur des Princesses.
Elles devoient toutes
aller, ou dans le Carosse
duCorps du Roy, ou dans
d'autres Carosses de Sa Majesté,
& avoir l'avantage de
manger avec ce Prince. C'est
un honneur qu'elles ont u
pendant tout le Voyage.
Il fut aussi arresté que le Regiment
desGardes ne marcheroit
point, & que suivant ce
qui s'est souvent pratiqué, le
Roy seroit gardé par l'Infanteriequi
se trouveroit dans
les Places, où Sa Majesté
passeroit, & que dans les lieux
où il n'y auroit point d'Infanterie
en garnison les
Mousquetaires mettroient
pied à terre,& feroient garde
autour
l.
du logis du Roy.
Comme les Gendarmes & les
Chevaux-Legers ne servent
que par quartier, de mesme
que les Officiers de sa Maison
, du nombre desquelsils
* sont, & que ces Corps ne
marchent entiers qu'en temps
de Guerre, & lors que Sa
Majestéfait quelque Camp
Elle ne voulut estre accompagnée
dans ce Voyage
) que
de ceux de ces Corps qui esroient
alors en quartier. A
l'égard des Gardes duCorps,
le Roy resolut de mener seulement
leGuet. Comme vous
pourriez ne pas sçavoir ce
que c'est que ce Guet, il fera
bon de vous l'expliquer. Les
Gardes du Corps font toûjours
dans le service, sans
estre néanmoins toûjoursauprés
du Roy. Ils ne fervent
point par quartier comme
les Gendarmes & les Chevaux-
Legers; mais comme
ils font en fort grand nombre,
on les fait loger en plusieurs
Villes? ce qui pourtant
ne s'appelle pas estre en garnsson
, puis qu'ils y font
moins pour garder ces Places,
que pour y attendre
qu'ils fervent auprèsduRoy,
ce qu'ils font alternativement.
On dit en parlant de
ceux qui ne font pas auprès
de Sa Majesté
,
qu'ils font
dans leurs quartiers, & l'on
appelle relever le Guet? lors
qu'il fort un nombre de Gardes
de ces quartiers
, pour
venir prendre la place de
ceux qui font auprésduRoy?
&: que ces derniers retournent
dans les quartiers où ils
estoient auparavant, Il y a
prés de dix-sept cens Gardes
du Corps, qui font divisez
en quatre Compagnies,& ces
CompagniesensixBrigades
chacune,qui font commandées
par six Officiers ; sçavoir
trois Lieutcnans & trois
Enseignes, Chaque Compagnie
elt reconnuë par les
Bandoulieres des Gardes,qui
font de couleurs differentes,
On reconnoist les Gardes de
la premiere Compagnie , au-"
trement>la Colonelle, commandée
par Mr le Duc de
Noailles, aux Bandoulieres
blanches, & aux Housses
rouges; les Gardes de la
Compagnie de Mr le Maréchal
Duc de Duras, aux Baudoulieres
- & aux Housses
bleuës; les Gardes de la Compagnie
de Mr le Duc de Luxembourg,
aux Bandoulieres
&aux Houssesvertes, 8c les
Gardes de la Compagnie de
Mr le Maréchal de Lorges,
aux Bandoulieres& aux
Housses jaunes. Cette derniere
Compagnie portoit
orangé dans son institution,
mais depuis, elle a changé
l'orangé en jaune. La Colonelle
seule a des Housses d'une
couleur différente de celle
desBandoulieres,& cela vient
de ce que le blanc n'etf pas
une couleur à estre employée
en Housses. Il est à remarquer
que le Guet des Gardes du
Corps qui sert auprès de Sa
Majesté, à pied,& à cheval,
est toûjours de deux cens
Gardes, dont une partie est
de Salle, & l'autre se repose
tour à tour. Ce Guet n'est
jamais d'une seule Compagnie
,
mais de plusieurs ensemble.
ainsi que les Officiers
qui les commandent;
de forte que le Capitaine des
Gardes qui est de quartier,
n'a jamais sousluy aucun Ofsicier
desa Compagnie quand
il est de serviceauprésduRoy.
Vousremarquerezencore que
le Guet ne sert qu'un mois
auprès du Roy> à moins qu'ij
n'y ait quelque force raison
pour le faire servir plus longtemps,
comme dans l'occasion
de quelque Voyage tel
que ccluy que l'on vient de
faire. Ce n'est pas que dans
un Voyage plus long le Guet
ne changeast de la mesme
fortequ'à Versailles
, parce
qu'alors on feroit suivre tous
les Gardes. Rien ne marque
tant la grandeur du Roy que
ce changement de deux cens
Gardes tous les mois. J'ar,
crû vous devoiraprendretoutes
ces choses , & que ce ne
feroit pas sortir de la matiere
que je me fuis proposée dans
cette Lettre? parce qu'autrement
vous n'auriez pas bien
compris ce que c'eil: que le
Guet, dont j'ay este oblige
de vous parler,pour vous faire
une Relation du Voyage
du Roy aussi exacte que celle
que j'ay entrepris de vous
envoyer.
Touteschoses estantainsi
arrestées
)
personne ne douta
du Voyage, parce qu'ontient
toûjours pour certain tout ce
que le Roy resout, &le jour
deson départ aprochant,ceux
qui ne devoient pas l'accompagner
redoublerent leurs
empressemens auprès de ce
Prince. Jamais on ne vit de
Cour si grosse. Les Ministres
Etrangers allerenr prendre
congé de Sa Majesté
,
ainsi
que les Chefs des Compagnies
superieures,& plusieurs
autres personnes distinguées
dans la Robe par leurs emplois,&
par leur mérite. Plusieurs
Etrangers se renditent
aussi à Versailles pendant les
derniers jours que le Roy y
devoit demeurer, & quantité
de Peuple de Paris y courut
pour avoir le plaisir de joüir
feulement quelques momens
de la veuë de ce Monarque'
lors qu'il iroità laMesse, ou
à la promenade, ou pendant
qu'il disneroit. Sa Majesté
devant partir un Samedy pour
aller coucher à Clayes, où la
Cour estoit obligéed'entendre
la Messe le lendemain.
parce qu'ilestoit Dimanche,
Elle eut la précaution de recommander
quelques jours
avant qu'Elle partist, qu'il s'y
rencontrait beaucoup de
Prestres pour en celebrer un
assez grand nombre, & fit
paroistre sa pieté par cet
ordre.
Le Voyage avoit esté arJ
resté d'abord pour le deuxiémede
May,mais la rougeole
quisurvinta Madame la
Duchese,fut cause que le
Roy le Temii au dixiéme dta
mesme mois. Ce jour estant
arrive, Sa Majesté
>
après avoir
entendu la Messe dans le
Chasteau de Versailles
, en
partit avec toutes les personnes
de distinction,&les
Troupes que jeviens de vous
nommer. Le nombre de celles
qui devoient faire le Voyage
estoit grand;cependant, celane
faisoit qu'une tres-petite
partie des Troupes de sa Maison
,puisque le Regimentdes
Gardes ne marchoit pas, &
qu'il n'y avoit qu'un quart des
Gendarmes
, & des Chevaux
Legers, avec la neufou dixiéme
partie des Gardes du
Corps ou environ. Il y avoit
outre cela, tous les Officiers
de sa Maison en quartier dont
je ne vous diray rien, tout ce
qui regarde cette Maison
n'estant inconnu à personne.
Comme le Roy devoit
passer à Paris, le Peuple impatient
de le voir occupa dés
le matin tous les lieux de son
passage, aimant mieux l'attendre
pendantplusieurs heul'es,
que de manquer à luy
souhaiter par ses acclamations
une longuevie, & un
heureux Voyage. Les Religieux
sortirentaussi de leurs
Convents, &: la pluspart des
Fenestres furent remplies de
personnesdistinguées.LeRoy
quis'est toûjours moins attiré
les coeurs par la grandeur
de son rang que par ses manieres
toutes engageantes, salüa presque toutes les Dames
qu'il vit aux fenestres.
Sa Majesté passa par la Place
des Victoires, où Mrle Duc
de la Feüillade & Mle Prevost
des Marchands l'attendoient
avec un grand nombre
de personnes de la premiere
qualité. Vous sçavez
sans doute qu'on n'a fait encore
qu'une partie duBastiment
qui doit embellir cette
Place. Cela fut cause qu'on
pria le Roy d'avoir la bonté
de dire de quelle maniere il
souhaitoit qu'on l'achevaft ,
& si on continueroit ce qu'on
avoit commencé , sur les
desseins de Mr Mansard son
premier Archirecte , c'est à
dire à l'égard de la figure de
la place, car les Bastimens onc
toûjours esté trouvez fort
beaux. Sa Majesté en parut
fort satisfaite, & jugea à proposque
l'on fuivift le dessein
qui avoit esté commencé.Mr
de laFeüilladeayant fait entierement
dorer la Figure du
Roy depuis que Sa Majesté
ne l'a veuë ,
Elle s'attacha à
la considerer attentivement.
Quelques-uns dirent qu'ils
l'auroient mieux aimée de
bronzerd'autresfurent d'un
sentiment contraire, &alleguerent
que la Statuë de
Marc Aurele que l'Antiquité
a tant vantée,& qui a esté
si estimée des Romains,avoit
esté dorée.Onrépondit que
ce n'estoit pas ce qui l'avoit
fait admirer,&quel'Empereur
Neron avoit fait dédorer
uneFigure d'Alexandre.Ceux
qui font profession d'estre
curieux ne prirent pas le party
île l'or, parce qu'il y a plus
de
<fcbronze que d'or dans leurs
Cabinets. Le Roy qui neparle
point sans se distinguer
,
dit
beaucoup en ne disant rien.
Il nevoulut chagriner personne,
& dit obligeamment
pourMrdela Feüillade,qu'il
nefalloitpas s'estonner qu'il eust
fait dorersa Figure
,
puisque si
l'onavoitpû la faire d'une matiere
plus precieuse
iI- & qu'il
-eujl eslé en estat d'en soûtenir ltt
dépense , il estoitpersuade qu'il
n'auraitrien épargnépourcela.
-
Je n'interprété gMnr ca.
paroles qui font voir tout le
bon sens & toute la delicatesse
d'esprit impaginable, &
dont la finesse consiste plus
en ce qu'elles font entendre,
qu'en ce qu'elles expliquent
àl'égard de la dorure.
Rienn'estant égal auzele
de Mrle Duc de la Foüillade,
qui tâche sans ccue de le faire
paroistre
,
par des augmentations
qu'il fait à tout ce qui
regarde la fiegure de la Place
es Victoires, & qui font autant
d'embellissemens nouveaux,
&: de témoins éclatans
delavive ardeur qu'il a pour
Sa Majesté
, on trouva huit
Inscriptions nouvelles écrites
en lettres dorées au feu, &
dans huit Cartouches de
bronze doré, attachezautour
du Piedestal
, qui porte cette
Figure couronnée par la Victoire.
Cette augmentation
de beautez
>
après l'estat où
Mr de la Feüillade a mis la
Figure, fait voir que lors qu'il
s'agit de faire quelque chose
qui regardelagloire du Roy
,
il n' y a rien d'assez grand
pour le pouvoir satisfaire,
Voicy ce qui remplit les huit
Cartouches.Les deux qui font
au dessous du Roy & entre les
deux Esclaves qui regardent
l'Hostel de laFeüillade
, contiennent
les paroles suivantes.
I. CARTOUCHE.
Il avoit sur pied deux cens
quarantemille hommes d'Infanterie
,
vsoixantemille chevaux
pins les Troupes de ses .drmées.
AItvalesjors qu'ildonna laPaix
à l¡''EEuropeen 1678(").
II. CARTOUCHE.
Sa fermetédans "/:,), douleurs
rassura les Peuples desolez au
mois de Novembre 1686.
Voicy ce qu'on lit dans
les deux Cartouches de la
face droite du Piedestal ,qui
est du costé de la ruë des Petits-
Champs.
III. CARTOUCHE.
Aprés avoir fait d'utiles Reglemenspour
le Commerce, (')
reformé les abus de laj'ijlicc> l
donna un grandexcnpled'équité
enjugeantcontresespropres ,jntfrests
en faveur des Habitans de
Paris dans une affaire de! sieurs millions.
IV. CARTOUCHE.
Six mille jeunes Gentilshommes
Jepa^e^ par Compagnies,
gardentsesCitadelles,ven remplacentdes
Ofifciersdeses Troupes
; & leur éducation rft dignt
de leur naissance.
Les deux Cartouches qui
font du costé de l'Eglise des
Religieux appellez les Petits-
Peres,fontvoir ce qui suit.
V.CARTOUCHE.
Deuxcens dix Places,Forts,
Citadelles
, Ports, v Ha'1-'(c5
fortifiez gjf revestusdepuis 1661»
jusques à 1086; cent quarante
mille hommesdepied, vtrentemilleChevaux
p.'ye^ par mois ;, assurent Jes Frontieres.
VI.CARTOUCHE.
Il a bastyplus de cinq cens Esqu'il a dottt'Sde riZ'c/itiy
considerables
, & il a estably
l'entretien dequatre censjeunes
Demoiselles dans la magnifique
Maison de S. Cir.
Voicy ce que renferment
les Cartouches du derriere du
piedestal qui regarde la ruë.
VII.CARTOUCHE.
Il a basty un superbe
j &*'
'Va/le édifice pour les Ofifciers &
Soldats que l'âge er les bltfju•*
res rendentincapablesdejervir^
mille livres de rente.
VIII. CARTOUCHE.
L? nombre desoixante mille.
Matelots enrolez,
,
dont vingt
miÜe fontemployer*sonservice
, (èj les quarante mille
Autres au commerce de ses Sujets,
marque la grandeur, dr le
bonordre delaMarine.
Vousvoyez Madame, que
ce qui est contenu dans ces
huit Cartouches donne uuç
haute idée de la vie du Roy,
&qu'onne peut dire plus de
choses en moins de paroles,
nyen faire concevoir davantage.
Chacun s'attacha à lire
ces Eloges,& l'on y prit beaucoup
de plaisir. Le Roy eut
ensuite la bonté d'aller voir
un des Fanaux qui font aux
quatre coins de la Place. Celuyoù
Sa Majefié alla, est le
seul qui soit achevé. Le nom
de Fanaux a estédonné à ces
ouvrages à cause des Fanaux
quifont au dessus. A chaque
endroit où ils ont esté placez,
il y a un groupe de trois colomnes
de Marbre sur un piedestal
de mesme matiere. Au
dessus de chaque groupe est
un Fanal composé de plusieurs
lampes, qui brulent
pendant toutes les nuits, &
pour l'entretien desquelles,
M le Duc de la Feüillade a
estably un fond. Enrre les
colomnes de chaque Fanal,
pendent six Médailles de
bronze
?
dans chacune desquelles
font representées
quelques actions du Roy, ce
JlUi fait vingt quatre Médailles
pour les quatre Fanaux.
Il y a dans le piedestal de chaque
groupe de colomnes , six.
Vers Latins; de maniéré que
le sujet de chaque Medaille.
cftexpliqué par deux de ces
Vers. Les lettres en font de
bronze doré au feu, ainsi que
les bordures & les autres ornemens
des Médailles.Voicy
lesavions deSaMajesté qui
font representées dans chacune
des six Médailles fonduës
en bronze. - - -
La premiere Médaille marque
la paix que le Roy a donné
à l'Europe en 1677. Elle est
expliquée par les Vers fuivans.
»
Teduce,te Domino, LODOIX,
prona omnia Gatio>
Urbesvicapere dociliquoqueparcere
captis.
La secondé represente le
passage du Raab, où les François
qui sauverent l'Allemagne
acquirent une gloire immortelle,
&: Mr de la Feüillade
une réputation
,
qui fera
vivre éternellement son n0111
dans l'Histoire, Les Vers qui
font connoistre cette grande
action, [one,
Et Traces sensere queat quid
Gallicavirtus,
Arrabo cæde tumens , &servata
Austria testis.
Onvoit dans la troisième
Medaille la grandeur, & la
magnificence des Baftimcns
duRoy, ce qui Ce reconuqi#
par les Vers suivans.
Quanta operum moles, &
-
-
quanto surgit ad auras
Vertice!sic positis LOVOIX
agit otia bellis.
Ces trois Medailles font
du costé de la Rue des Pc..
tirs-Champs, & font une
chute les unes sur les autres. ,Les trois autres font plus en
dedans de la Place
,- & en
regardent leBastiment. Elles
sontplacées de la me[mc
raani^te que celles dont jçL
viens de vous parler, c'est à
dire,qu'elles font entre deux
colomnes,&forment un rang
les unes sur les autres. La plus
élevée represente le Roy qui
ordonne qu'on rende les Places
qui ont estéprises à ses
Alliez. On n'a qu'à lire les
deux Vers suivanspourconnoistre
ce qu'elle contient.
Reddere Germanos LODOIX
regnataSueco
C> Arva jubet , Danosque
,
ladcr
~pe~ ~fflftupet Albis.
La Medaille qui suit fait
voir la jonction des deux
Mers
_j
ce que ces deux Vers
expliquent tres-bien.
Misceri tentata prius,Jeniferque
negata
Æquora,perpetuo LO D01Ji
dat foedere jungi.
On n'a qu'àjetter la veuë
sur la derniere de ces six Medailles,
pour y reconnoistre
d'abord l'Audience donnée
par le Roy aux Abassadeurs
xic Siam, & l'on n'a qu'à lire
les Vers suivans pour apprendre
que la renommée ayant
publié dans les Païs les plus
reculez, tout ce qui rend U
Roy l'admiration de l'Univers,
les Souverains de toutes
les Parties du monde, ont
envoyé des Ambassadeurs
pour estre témoins de sa
grandeur.
Ingentem Lodoicum armis,
ma^ne ,
fidemque
EgrejpimScitbia&Libit vt
nerentur~& Indi.
LLeeRoyaprès avoir consideré
avec une attention dignede
sa bonté, les changemens
qu'on avoit faits à la
Place des Victoires depuis le
jour que Sa Majesté y estoit
venuëj&:avoir fait à Mr de
la Feiiilladc»&àMr le Prévost
des Marchands tout
l'accueil qu'ils en pouvoient
cfpercr, partit aux cris de
Vive leRoy,mille&mille
foisréïterez
, car quoy que
la Place fust déjà fort remplie
de Peuple lors que Sa
Majesté y arriva, la foule
augmenta de telle forte sitost
qu'Elle y fut entrée,
qu'on auroit dit que tout
Paris y estoit,si sa grandeur
& le nombre prodigieux de
ses Habitans estoient moins
connus.
La pluspart des Officiers
qui ont accoutumé d'aller à
cheval, s'estant jointsensemble
pour prendre des Carosses,
afind'éviter la poudre qui iri1
commode beaucoup en cette
saison
)
& pour estre plus en
estat de servir le Roy, il y
tn avoit un nombre infiny
à la suite de la Cour, la dén
pense ne leur coutant rien
lors qu'il s'agit du service
d'un Monarque aussî agreable
à ceuxqui ont l'honneur
de l'approcher souvent, qu'il
est redoutable à ses Ennemis
& admiré de toute la Terre.
Je puis en parler ainsi sans
flaterie; & il merite tous M
jours de nouvelles loüanges.
par desendroits qui n'en ont
jamais attiré à aucun Prince.
Aussi peut-on dire que non
feulement il ne laisse jamais
échaper aucune occasion de
faire du bien, mais qu'il cherche
mesme de nouveaux
moyens d'en faire
, & qu'il
tft ingenieux à les trouver;
Ne croyez pas que cecy soit
avancé comme une loüange
vague. Je ne le dis que parce
que j'ay à parler d'un fait
sur ce sujet, qui découvre le
caractere de bonté du Roy,
autant que ses avions d'éclat
font connoistre sa puissance,
& la grandeur de son ame,
C'est icy le lieu demettreen
ion jour le fait qu'il faut que
Je
vous explique, puis qu'il
regarde la fuite de sonVoyage.
Je vous diray donc que
pendant toute la route? Sa
Majesté a presque toujours
dînédansdesVillages. Vous
allez sans doute vous imaginer
(& vostre sentiment fera
generalemeut suivy) que les
Villages
Villages les plus forts & lc^
plus riches ne leftoient pas
trop, pour avoir l'honneur
de recevoir un si grand Monarque.
C'estoit cependant
tout le contraire; le plus pauvre
avoit l'avantage d'estre
préferé, & l'on a veu cela
observé dans toute la route
avec une exactitude que je ,,'
ne sçaurois assez marquer.
Vous n'en pourrez douter,
lors que je vous auray dit
que Sa Majesté, qui ne fait
., point de Voyages sans avoir
la Carte des Païs où Elle va
examinoit tous les jours sur
celle qu'on luy avoit fournie,
les lieux par lesquels il falloit
qu'Elle passast. Elleyvoyoit
tous les Villages, Elle s'informoit
de leur estat, Ôc
nommoit ensuite le moins
accommodé, parce que la
Cour ne s'arreste en aucun
lieu sans y répandre beaucoup
d'argent. C'est ce qui
s'est fait dans tous les Villages
où l'on a este obligé de
s'arrester pendant ce dernier
Voyage. Le Roy dînoit
fous une Feüillée,&
l'onen dressoit aussi pour
les principales Tables de la
Cour. Ainsi tous lesPaïsans
estoientpayez pour couper
des branches de verdure, &
pour travailler à la construction
de ces Feüillées.Ils tiroient
ausside l'argent de
tout ce qu'il y avoit dans leur
Village qui pouvoit servir
aux Tables, & de tout ce
qu'ils avoient d'utile aux
é,quip- ages de la Cour, a.1insi
que de leur foin & de leur
avoine ; & le Roy ne laissoit
pas outre cela de leur faire
encore sentir ses liberalitez;
en forte que ces heureux Villages
le souviendront longtemps
d'avoir veu un Prince
qu'on vient tous les jours admirer
du fond des Climats
les plus reculez.
LeRoy estant sorty de la
Place des Victoires
, trouva
encore une infinité de peuple
dans les autres ruës de Paris.
qu'ilavoitàtraverser, Les dC4
monstrations d'allègresse ne
cesserent point, non plus que
les cris de Vive le Roy, de maniere
que cous les Peuples étant
animez duineline zelcon
eust dit que ces cris dejoye
n'estoient qu'un concert des
mesmes personnes, quoy qu'à
mesure que Saavançoit,
il fust formé par diverses
voix. Le Roydîna ce jour-là.
au Vllage de Bondy, (^ rencontra
sur le cheminM leBaron
deBeauvaisavec tous les
Gardes & les Officiers des
Chasses de sa Capitainerie,
dans toute l'étendue de laquelle
ce Prince luy permit de
l'entretenir à la portiere de
son Carosse. Les Plaines de
S. Denis dépendent de cette
Capitainerie. Mr le Prévost
des Bandes parut sur la même
route, & posta diverses
Brigadesauxenvirons des
Bois. Les Dames que je vous
ay marqué qui estoient du
Voyage, avoient l'honneur
de dîner avec Sa Majesté,
ainsi que Madame la Comtesse
de Gramont, & Madame
de Mornay, que je ne
vous ay pas nommées. Madame
de Moreüil, & Madame
de Bury? Dames d'honneur
de Madame la Duchesse,
& de Madame la Princesse
de Conty, eurent le mesme
avantage. Les Filles d'honneur
ne dînerent point avec
Sa Majesté,mais elles y souperent.
Il fut réglé ce jour-là
qu'il n'y auroit à l'avenir que
deux Filles d'honneur des
deux Princesses qui auroient
ce privilège. Le nombre des
Princesses auroit esté encore
plus grand dans ce Voyage,si
lors que le Roy partit, Mademoiselle
d'Orléans ne s'estoit
point trouvée àEu, &Madame
la Duchesse de Guise
,
aux Eaux de Bourbon. Madame
de Montespan auroit
aafli esté duVoyage, mais
le foin de sa santé l'avoit
obligée d'aller prendre de
ces mesmes Eaux. Monsieur
le Prince,Monsieur le Duc ,
lx, Monsieur le Prince de
Conty n'ont point quitté le
Roy.
Monseigneur leDauphin.
qui après avoir GÜy la Mette*
estoit party de Versailles des
le grand matin pour aller
chasser dans la Forcit de Livry
, yprit un loup des plus
vieux,&congédia Mr le Chevalier
d'Eudicour, Frere du
Grand Louvetier de France,
&toutl'équipage de la Louveterie;
à la teste duquel il
estoit.Le mesme jour,le Roy
aprèsavoirdîné alla chasser
dans les Plaines& sur les coteaux.
Sa Majesté
, a pris le
mesme divertissement pendant
toute la route, comme
je vous le diray dans la fuite
de cette Relation.
Monseigneur le Dauphin
arriva à Claye avant six heures
du soir, parce qu'ilsçavoit
que c'estoit à peu prés
l heure où le Roy devoit s'y
rendre. Il changea d'habit&
alla au devant de Sa Majesté,
On connoist par là combien
ce Prince est infatigable,qu'il
tn galant, & qu'il a beaucoup
de tendresse pour le Roy.
Sa Majestéarriva à Claye
à l'heure que je viens de vous
marquer, & fut commodementlogée
dans lamaison de7
M Enjorant, Avocat general
duGrand Conseil
>
& Seigneur
en partie de ce Village.
Il eut l'honneur de ialuer
leRoy, qui le receut avec
cet air engageant qui est
si naturel à ce grand Mo*
narque. Comme toute sa
maison estoit marquéepour
le. Roy, les Maréchaux des
Logis en marquerent une
pour luy dans le Village, lors
qu'ilsmirent la craye pour
le logement des Officiers qui
estoient du Voyage; de forte
qu'il fut regardé ce jour-là
comme estant de la Maison
de Sa Majesté. La qualité
d'Hofie duRoy futcelle que
les Maréchaux des Logisécrivirent
en mettant la craye
sur le logis qu'ils luy destinerent.
Monseigneur,& Madame
la Duchesse eurent des
[Appârtemens vers le Château
où le Roy logea.Madame la
Princesse de Conty,&Monsieur
le Duc du Maine loge- 1
rent dans la Ferme de Mr
d'Herouville, Maistred'Hostel
deSaMajesté. Messieurs
les Princes du Sang eurent
ensuite les logis les plus commodes,
&: ceux qui voulurent
estre plus au large,allerent
à Meaux.
} M de laSourdiere, Ecuyer
de Madame la Dauphine, qui
cil le mesme qu'elle envoya
cnBavicrc? pour porter à M*
l'Electeur de cc nom) la nouvelle
de la naissance de Monseigneur
le Duc de Berry,
vint à Claye de la part de
cette Princesse
, pour ravoir
si Sa Majesté y estoit arrivée
en bonne santé.
Il y aicy à remarquer une
choseque personne n'a peutestre
jamais observée.C'est
que lors que les Princes de la
Maison Royale font separez,
sans estreéloignez les uns
des autres -que d'une journée>
ilss'envoyent tous les
jours un Gentilhomme pour
s'informer de l'estat de leur
santé,maisaussi-tost qu'ils
commencent à s'éloigner davantage
,
ils ne se donnent
plus de leurs nouvelles que
par des Courriers, qui leur
en apportent tous les jours.
Dés qu'ils reviennent à une
journée de distance
,
ils recommencent
à se dépescher
un Gentilhomme,& c estpar
cette raison que Madame la
Dauphine n'en renvoya plus
qu'après que le Roy commença
d'approcher de Versailles.
Ce Prince estant arrivé à
Claye entre six & sept heures
du [oir) y receut un Gentilhomme
de Madame, &: dépescha
aussi-tost à leurs AItérés
Royales Mdu Boulay,
Gentilhomme ordinaire de
sa Maion, pour apprendre
des nouvelles de la santé de
Monsieur, qui s'estoit trouvé
mal le matin à la Messe de
Sa Majesté à Versailles.
La Cour fut tres- bien logée
à Claye,parce qu'on étendit
les logemens jusques à un
lieu voisin
)
qui est un Hameau
contigu à ce Village,
dont il n'est separé que par
un petit ruisseau? qui fait
trouver aux portes des maifons
des Païsans,desPrairiestres
agréables,plantées avec
soin &avec compartiment.
Je ne vous marque point
les lieux & les heures où le
Roy a tenu Conseil. Ce Prince
ne manque jamais de temps
pour ce qui regarde les affairesde
l'Etat.Illeur sacrifie son
repos & ses plaisirs
}
il tient
Conseil en tous lieux? & à
toute heure ,quand ille juge
important pour le bien de
son Royaume,& il a travaille
dans le Voyage de Luxembourg,
avec la mesme
application qu'il fait à Versailles.
Il est vray que ce n'a
pas esté avec tous ses Ministres
,Mrde Croissy estant le
seul qui soit party de Paris
avec ce Monarque, mais
tomme il est luy-mesme son
premier Ministre,on peut dire
qu'il travaille souvent seul
autant que dans le Conseil,
Sa Majesté donnant aux
affaires pendant ce Voyage
autant d'application qu'à
l'ordinaire
,
voulut que sa
Cour trouvast par tout les
mesmes plaisirs, pendant
qu'Elle ne vouloit se retrancher
ny les peines,ny les soins
qu'on luy a toûjours veu
prendre depuis qu'Elle gouverne
par Elle-mesme ; &
pourcet effet Elle resolutde
tenirpartout Appartement.,
Ainsi dés lapremiere couchée
,qui estoit à Claye, on
trouva plusieurs chambres
préparées pour divers Jeux.
& chacun joüa avec lamesme
tranquillité? & aussi peu
d'embaras que si l'on eust
citéencoreà Versailles, tant
les ordres avoient esté bien
donnez pour les logemens,
:& pourtoutce qui pouvoit
contribuer à la commodité
desPersonnesde clualt"lui
suivoient la Cour.Les Appartteemmeennssoonntt
pprreeslqquuee ccoonnttIinnuueétous
les jours pendant tout
le restedu Voyage.
Monseigneur le Dauphin,
partit de Claye le lendemainonzièmeàsept
heures du.
matin. Ce Princechassatout
le jour dans la Forest deMonceaux
; &commeSa Majesté
devoir coucher ce jour-là à
laFerté sur Joüare, il prit le
party d'y arriver enchaOanCp
;,&de courre le Cerf dansles
:b.uiflx>ns ; ce qu'il fîtavecles
chiens de Mr le Chevalierde
Lorraine. Il prit plusieurs
Cerfs; entre lesquels il y en
avoit un qui se fit courre
long-temps, & qui passa dixhuit
étangs à la nâge.
Le Roy, après avoir entendu
la Messe à Claye, alla
à Monceaux. Toute la Cour
passa dans Meaux, pour se
rendre à cette Maison Royale
, & lors que Sa Majesté
l'eut traversée au bruit des
acclamations du Peuple,Elle
trouva le Regiment de Vivans
qui l'attendoit en ba.
taille. C'est un Regiment de
Cavalerie
>
auquel on ne peut
rien ajoûter,tant pour la
bonté des Cavaliers, que pour
la beauté des chevaux. Ce
Regiment alloit au Camp de
laSaone,& avoit un sejourâ
Meaux?ce qui fut causequ'il
eut l'honneur d'estre veu du
Roy. Sa Majesté en fut trescontente,
de le trouva beau.
Elle eut mesme labonté de
vouloir bien recevoir un
Chien couchant de Mr Li:"
grades qui le commande. Le
Roy dîna à Monceaux. C'est
un vieux Chasteauqui a fait
le plaisir de plusieurs Rois,.
& qui appartient à Sa Majesté.
Ce lieu qui est fortriant,
a une tres-belle veuë, & le
Bastiment enest magnifique..
Le Roy voulant honorer l'ouvrage
de ses Ayeux? le fait
reparer? & bien-tost on ne
verra plusrien en France qui
ne porte des marques de sa
magnificence&de sabonté.
Toutes les Maisons Royales
ayant
ayant pour Capitaine une
personne d'une qualité distinguée,
MrleDuc deGesvres,
premier Gentilhomme
de la Chambre, & Gouverneur
de Paris,joüit de la Capitainerie
de Monceaux?que
possedoitMrle Duc de Trêmes
son Pere. Il vint recevoir
SaMajesté
,
accompagné du
Lieutenant, & de tous les
Officiers & Gardes des Chasses
qni dépendent de luy, à
l'endroit où la Capitainerie
duit jusqu'au mesme endroit
par Mr le Marquis de Livry ,
aussi Capitaine des Chasses de
Livry &c qui avoir esté recevoir
ce Prince jusques à
Bondy avec tous ses OSiciers.
Le Roy? qui avoit dépesché
le foir précedent Mr du
Pouhy
, pour sçavoir l'estat
de la fanté de Monsieur, en
apprit des nouvellesà Monceaux
parce mesme Gentilhomme
, qui arriva pendant
<qjuuee SSaa Maaj*ecsttlé' estoit à table,
êc luy rapporta que Son Altesse
Royale avoit pris du
Quinquina , & dormy assez,
tranquillement depuis quatre
heures du matin jusques
a dix. Ce Prince monta à
cheval à l'issuë de son dîné.
avec Madame la Princesse de
Conty, & deux des Filles
d'honneur decette Princesse,
& alla à la Chasse de l'Oiseau.
Tant que l'on a demeuré
dans l'étenduë de la Generalité
de Paris,Mde Menars
qui en a l'Intendance
, n'a
point quité le Roy afin d'être
toûjours en estat de recevoir
ses ordres, & luy a
rendu un compte exact de
toutes les choses qui regardent
son Employ.Cela fait
voir que Sa Majestés'applique
sans cesse,puis quemesme
dans le temps de ses plaisirs,
Elles'entretient plûtost de ce.
qui se passe dans son Royau-.
!De, que de ce qui peut avoit
rapport à son divertissement
Ce Prince ayant l'esprit ex-r
'- - -.. - -
tremement pénétrant,unmot
luy fait aprofondir bien des
choses, de forte que ce qu'il
aprend lors qu'ilsemble ne
s'informer que par converfation
de ce qui se passe
,
luy
donne lieu de remedier à
quantité de desordres, & fait
que souvent il en prévient
d'autres. Pendant toute sa
marche il a toûjours esté
prest à écouter & à satisfaire
par ses réponses, ceux à qui
sa bonté a permis de luy parler
; & quelquefois lors qu'il
avoit commencé à jouer)aiffn
<J..e la Cour se divertist, il
quittoit le jeu, & travailloit,
ou s'occupoit à faire du
bien.
Mr l'Evesque de Meaux s'est
prouvé par tout où le Roy
a passé dans son Diocese, &
sçachant que le principal
foin de ce Prince estoit que
toute sa Suite entendist la
Messe, &: particulièrement les
Dimanches, ce Prelat envoya
plusieursReligieux à Claye,
& en envoya aussi dans les
Quartiers desGardes duCorps
& dans ceux des Mousquetaires)
des Gendarmes,&des
Chevaux-Légers.LaCour ne
Cf manquoit pas d'Ecclesiastiques
pour la Maison du Roy,
-& Mr l'Evesque d'Orléans -a--
Voit ,in de regler les tempsauGjaeÊs
chacund'eux devoit
C,elcb,-e"la Messe.
Toute la Cour arriva de
bonne heure àla Ferté sur
Joüare. C'est un lieu situé
dans une gorge enchantée,
au fond d'une plaine. LaRiviere
de Marne contribuë
beaucoup à la beauté du païsage,
& à la fertilité du Terroir.
Le petit Morin vient la
grossir auprés & au dessus
de l'Abbaye, & y forme mille
Prairies abondantes en pâturages.
Ce Bourg est dans la
Brie Champenoise,entre Chasteau-
Thierry & Meaux. Les
Prétendus Reformez le prirent
vers l'an 1562. pendant
les Guerres Civiles du der-
-
nier Siecle. La Chasse y fut
tres-divertissante. Le Roy y
vola des Corneilles. Mr de
Terrameni, Capitaine du Vol
des Oiseaux du Cabinet du
Roy ,a eu beaucoup d'honneur
dans ce Voyage. Les Equipages
y ont fort paru, &
il s'en: attiré beaucoup de
louanges pour tout ce qui
regarde sa Charge.
On admira à Joüare un
Pont qui joint le Chasteau
au Fauxbourg. Ce Pont a
cousté beaucoup. Il effc fait
de bois sans appuy ) tout suspendu,
& soutenu feulement
par l'épaisseur des pieces qui
le composent Il est de soixante
& quatre pieds de
long, & depuis qu'il est construit
>
il n'a rien perd u ny de
sa beauté,ny de saforce. On
coucha dans le Chtsteau, qui
appartient à Mrle Comte de
Roye. - Il est situé dans une
petite Isle fortagreable.Monseigneur
prit place dans le
Carosse du Roy. Une des
Dames luy ceda la sienne, &
se mit dans le second Caloife)-
ce que quelques-unes
ont fait alternativement.
Monseigneur n'y estoit que
pendant une partie du jour,
parce que la Chasse
,
dont on
trouve l'exercice utile à sa
santé
)
l'occupoit souvent.
Madame la Princesse d'Harcour
eut ce jour-là un accés
de Fiévrequil'obligea de
partir plus tard. Il fut suivy
d'un second accès de Fièvre
double-tierce. Elle prit du
Quinquina, &la Fiévre ne
luy revint pas. Toute la Cour
en marqua beaucoup de LOYc..
On dîna le it. à liffct
éloignée de quelques Villages
qui sont aux environs,
&qui appartiennent aux Celestins.
On allasouper à
Monmircl
,
qui appartient à
Mr de Louvois. Toutes les
Dames,& plusieurs Seigneurs
de la Cour eurent l'honneur
de souper ce soir-là avec le
Roy. La Table estoitde seize
couverts, On apprit en ce
lieu-là la mort de Madcmoiselle
de Simiane, dont
je vousaydéjà parlé dans ma
Lettre precedente. On y apporta
aussi la nouvelle de la
mort subite de Mr l'Evesque
d'Amiens, qui surpritd'autant
plus, que M de Breteuïl
assura que depuis deux jours
il avoit soupé avec ce Prélat.
Ces deux morts firent parler
de celle d'un descent Suisses
de la Garde de Sa Majesté,
qui estoit mort le matin en
s'habillant. Il y a une tresgrande
quantité de Lievrts
>
& de Perdrix à Monmirel,
Le Roy y pritle divertissement
de la Chasse, & alla voler.
Ony sejourna le 13 & toute
la Cour y demeura avec
joye, parce que le vent estoit
violent à la campagne, &
qu'il y avoit beaucoup de
poussiere. On se promena
dans les Jardins, & le Roy
au retour de la Chasse prit
le divertissement de la promenade
avec les Dames sur
les Terrasses, qu'il trouva fort
belles. Monmirel efl dans un
territoire tres-fertile.
Mr de Louvois qui ne s'applique
pas moins à tout ce
qui peut faire fleurir les beau::
Arts dans le Royaume,qu'à
ce qui est de la Guerre , va
faire establir une Verrerie à
Montmirel
, & la Cour en vit
tous les apprêts.
Le Roy y tint deux fois
Conseil avec Mr de Ci-oiffy ;
c'est ce que Sa Majesté a fait
chaque soir
>
après estre arrivée
dans tous les lieux où
Elle a esté coucher. Elle prit
! aussiàMontmirel le divertissement
du vol du Milan. Le
sejour que l'on y fît, & qui
n'avoit pas esté marqué dans
1i route, fut cause que
l'on retrancha celuy qu'ondevoit
faire à Châlons
)
afin
que le Roy qui ne manque
jamais à executer les desseins
qu'il prend, puft se rendre à
Luxembourg le jour qu'il y
estoit attendu.
Toute la Cour partit de
Montmirelle 14. & alla dîner
à Fromentiercs. A cinq heures
on avoit paffé le défile
d'Etoges. Sa Majesté prit
congé des Dames, & monta
à cheval pour aller chasset
dans les belles plaines de
Champagne. On alla coucher
à Vertus. Ce lieu a este
autrefois considerable, & étoit
l'apanage des Cadets des
Comtes qui portoient le nom
de la Province. Du temps de
Sigebert Roy de Mets, qui
vivoit en 570. il y avoit un
Duc de Champagne nommé
Loup, qui témoigna beaucoup
de fidélité, à conserver
les Etats du jeune Roy Childebert
, contre ceux qui les
vouloient envahir. Il y eut
ensuite plusieurs Ducs de
Champagne
,
mais ce titre de
Ducqui n'estoitpas alors une
dignité perpetuelle, ne faisoit
que marquerune forte de
gouvernement. Le premier
Comtehereditaire de Champagne,
fut Robert de Vermandois
,
Fils d'Herbert IL
&d'Hildebrante, qui se ren-
,
dit maistre de la Ville de
Troye en 253.Je ne vous dfe
rien de ses Successeurs. Ils
continuerent la poiterité jusqu'à
Thibaud IV. surnommé
le Posthume ou le Faiseur de
Chansonsqui succeda à son
Oncle maternel
,
Sanche le
Fort,au Royaumede Navarre.
Il mourut à Troye en 1254.
estant de retour du Voyage
d'Outremer. ThibautV. fou
Fils qui avoit épousé Isabelle,
Fille du Roy Saint Loüis,
estant mort sans Enfans après
avoir fait lemesme Voyage.
laissà ses Estats à Henry ~HI
son Frere. Ce dernier n'avoit
qu'une Fille nommée Jeanne,
qui en 1184. épousa Philippes
le Bel pendant la vie de
Philippes le Hardy son Pere ,
&. depuis ce temps ,la Champagne
a esté inseparablement
unie à la Couronne de France.
Les Comtes de Champagne
faisoient tenir ks Etats de
leur Pays par sept Comtes
leurs Vassaux
,
qu'ils appelloient
Pairs de Champagne.
C'estoient les Comtes de
Joïgny, de Retel >de Bricnîic>
de Roucy
?
de Braine , de
Grand-Pré, &deBar-fur-
SIelinye.
a trois Eglises à Vertu,
avec deux Abbayes hors les
portes. Les Guerres yont laifsédes
marques de leur fureur,
quine peuvent estreeffacées
que par le regne deLoüisLE
GRAND. Le Roy y fut 1-ogc
fort étroitement, & comme
cestoit sur la rue
?
il fut exposé
au bruit du passage des
équipages de la Cour. Ce
Prince auroit pu estremoinsmal
;mais ne pouvant renoncer
à ses manières honnestes,
qu'il conserve mesme aux dépens
de son repos ,
il aima
mieux que celuy des Princesses,
re fust point troublé ,
fk voulue qu'elles fussent logées
plus commodementque
luy.
Le JJ: toute laCour dlfnx.
àBierge
, ôc alla coucher
à a Bierge >-,
& Châlons. Cette Ville est en
Champagne, ôcson Evesché
est Suiffragant del'Archevesché
de Rheims. Elle est ancienne
,
& dés le temps de
Julien l'Apostat, elle tenoit
rang entre les premieres Villes
de la Gaule Belgique, Il y
a de belles rues avec des
maisonsassez bienbasties. La
Place où l'on voit la Maison
de Ville, & celle où est l'Eglise
Collegiale de Nostre-
Dame,font les plus considerables.
La Cathedrale de Saint
Estienne est dans une Isle que
forme la Riviere de Marne,
dont une partie entre dans la
:Ville, &y fert beaucoup pour
la commodité des Habitans.
Elle a de ce cofté-là d'assez
bonnes Fortificarionsquele
Roy François I y a fait faire,
& elle est entouréedemurailles
avec des Fossez presque
toûjours remplis d'eau. Il y
a encore douzeParoisses,entre
lesquelles plusieurs font Collegiales
Les avenues de Châ-
Ions font tres-agreables >& il
y a autour de la Ville plufleurs
lieux de promenade,
entre lesquels celuy du Jare
cil fort renoffilné. La Riviere
,-' der
de Marne qu'on passe sur divers
Ponts, la rend une Ville
de negoce. Elle a eu des Comtes
qui ont cedé leur droit
aux Evesques. C'est par là
qu'ils font Comtes Pairs de
France.
Le Roy entra à cheval à
Châlons
) & fut receu par
le Maire & les Echevins. On
ne luy fit aucune harangue,
parce qu'il avoit fait donner
lordre dans tous les lieux par
IOÙ il devoit passer
)
qu'on ne
le haranguast point ; mais il
eut la bonté de vouloir bicri
recevoir les Presens de Ville,
Le Chapitre de la Cathédrale
eut aussi l'honneur de le famlücr,
ayant à sa teftcM l'Evê.
que deChâlons. Les Chanoines
se recrierent ensuite sur lai
douceur, & sur l'affabilité det
ce Monarque, dont ilsnecesfent
point de parler, Madame:
la DuchessedeNoailles lai
Douairière, qui a esté Dame
d'Atour de la feuë Reyne:
Mere du Roy, & dont la vertu
exemplaire a toûjours çftç:
applaudie,caril en - cft de
faussesqui n'imposent pas a
tout le monde, eut le mesme
honneur. Sa Majesté luy fit
d'autant plus d'honneftetez,
qu'il y along-temps que son
merite luy est particulierement
connu. Le Roy se retira
ensuite -pour tenir Conseil.
Mr le Duc de Noailles
> &
M l'Evesque de Châlonsfon
Frere ,
firent servir plusieurs
Tables magnifiques, pour
toutes les personnes de la
Cour qui voulurent y manger.
Le Jarc leur servit de promenade
pendant quelques
heures. Je ne m'étens point
icy sur la beauté de ce lieu,
parce que j'en ay fait une
description dans le Volume
que j'ay donné, qui ne contient
que ce qui s'est passé au
Mariage de Monseigneur le
Dauphin. Il y eut au Jare une
prodigieusequantité de personnes
de toutes conditions,
que l'impatient dehr de voir
le Roy avoit fait venir de
toute la Champagne. Les
principaux Officiers de la
Ville de Troyes se rendirent
à Châlons? & firent vingt
lieuës pour avoir l'honneur
de salüer ce Monarque. Les
Dames de la Province eurent
beaucoup de chagrin de l'ordre
qui fut donné, de n'en
laisser entre,r faulc.unIela.u1so1u- per , qui n'eust ellenommée
par Sa MLijefté.C:lles qui
crurent n'estre pas assez connuës
pour pouvoir estre du
nombre, ne se presenterent
point, dans la crainte d'estre
refusées,ce qu'on ne trouva
pas ordinaire, & qui fut fort
remarqué. Le Roy eut la bonté
de permettre qu'on les laissast
toutes entrer le lendemain
dans le Choeur de FIL
g-I.Ife>o-t'i elles eurent le temps
de considerer SaMajesté &.
Jtoute la Cour pendant que
l'on dit la Messe.La Musique
de cette Cathedrale chanta
un Motet, dont il parut que
l'on fut assez content. Mr
Evesque Comte de Châlons,
,& Mr le Ducde Noailles accompagnerent
toûjours le
Roy tant qu'il demeura dans
cette Ville. On auroit bien
voulu sejourner dans un lieu
aussi
-
beau & aussispacieux
que celuy là, où les logemens
estoient fort commodes;mais
les mesuresestant prises pour
se rendre à Luxembourg au
jour marqué, on partit le 16.
à dix heures précises du matimpour
aller coucher à Sainre-
Menehout.MdeChâlons
accompagna le Roy jusques
aux confins de son Evesché,
& Mr l'Evesque de Verdun
le reçût à l'entrée du fien.
La journée de Chalons à
Sainte-Menehout se trouva
fort longue pour les Equipages.
On dîna à Bellay, qui
n'est qu'une Ferme sans aucune
autremaison aumilieu
de la camp.-,gnc,& on rendit le
lieu agreable pour y recevoir
le Roy. Sa Majesté y chassa
pendant une partie Je l'aprésdînée,
& alla coucher à
Sainte-Menhout. Cette Place
qui avoit estéprise sur
nous pendant les temps difsiciles,
fut reprise en 1653. par
Mr le Maréchal du Plessis-
Pralin; & ce Siege que le
Roy voulut presser en per,
sonne
,
obligea Sa Majesté
d'aller en Champagne en ce
temps-là. Le Roy ne trouvant
pas la Cour assez commodement
logéedansSainte-
Menehout, resolut de n'y
passer pas la Feste du S. Sacrement
à son retour, &
nomma Chalons pour y faire
la ceremonie de cette FesteCela
obligea de retrancher
un des jours du sejour, de Luxembourg.
Le Roy conti-
Ilua de donner par là des
marques de sa bonté à toute
la Cour,& Mr l'Evesque de
Châlons montra tantdejoye
de ce qu'il auroit l'honneur
de recevoir encore ce Monarque
,que plufieufs luyen
firent compliment.
Le 17. le Roy entendit la
Messe aux Capucins, & fit
de grandes libéralités a leur
Convent. On alla ensuite dV;
ner à Vricourt ,
prés de Clermont
en Argonne. Les chemins
se trouvèrent fort rudes
,dans des bois, dans des
montagnes, & dans des valées
d'un terroir remply de
pierres. On arriva d'assez
bonne heure à Verdun?où
l'on fut si bien logé) que ce
fut avec plaisir
que l'on y
passa la Feste de la Penteccste.
Verdun est une Ville
forte sur la Meuse, & il en
est peu de mieux situées dans
la Lorraine. L'Evesché est
Suffragant de l'Archevesché
de Reims. Cette Eglise a eu
d'illustres Prelats. Ils se disent
Comtes de Verdun,&
Princes du Saint Empire. La
Riviere de Meuse rend cette
Ville agreable par diverses
Isles qu'elle y formé. Le
Roy HenryII. la prit en
IJJI. Le Chapitre de l'Eglise
Cathedrale de Nostre-Dame
est fort considerable.M l'Evesque
de Verdun receut le
Roy dans son Palais Episcopal.
Il est tres-beau, & l'on
y voit jusques à dix pieces de
plein-pied L'air y est admirable.
Ce Palaisest élevé sur un
Roc d'où toute la baffe-Ville
se découvre. Des Prairiesarrofées
par la Meuse
>
& des
vallons assez éloignez, &
tres-fertiles en tout ce qui
est necessaire pour la vie, en
rendent l'aspect des plus
riants. Les ameublemens de
ce Palais sont fort somptueux,
& fervent beaucoup
à faire voir la magnificence
de Mrde Bethune, qui joüit.
en sa retraite de quarante
mille livres de rente, que
luy rapporte son seul Evesché.
Les Anis qu'on appelle
de Verdun, autrement Dragées
de toutes manieres, se
trouvant meilleurs en cette
Ville-là qu'en aucune autre
du monde, elle ne fuit point
l'exemple des autres Villes
dans les Presens qu'elle fait
aux Souverains? & au lieu
d'offrir du Vin, elle donne
de ses Anis. Ainsi elle en sir
present de cent boëtes au
<
Roy. M l'Evesque de Verdun
est Fils d'Happolite de
Bethune? Comte de Selles,
Marquis de Chabris
>
dit le
Comte de Bcthune
, mort en
1665. aprësavoir esté honoré
du Collier desOrdres du Roy
en 16Cu & fait Chevalier
d'honneur de la Reyne Marie-
Therese d'Austriche. Il
avoit épousé en 1629.Anne-
Marie de Beauvilliers, Soeur
de M le Duc de S. Aignan,
qui tant que la feuë Reync
aYcfçuj a eu l'honneur de
la servir en qualité de Dame
d'Atour. Ce Prelat avoit avec
luy Madame de Rouville sa
Soeur,Veuve de M le Marquis
de Rouville, Gouverneur
d'Ardres.Elle eut l'honneur
de manger avec le Roy
dans les trois Repas que Sa
Majestéfit à Verdun.
Le jour de laPentecoste,pres.
que toute la Cour sir ses devotions,
à l'exemple du Roy.
C'estune choseassez extraor.
dinaire pendant le coursd'une
marche. mais quene voiton
point de nouveau fous le
Regne de Loüis XIV. sur
tout pour leschoses qui regardent
la Religion & la
pièce1 Monseigneur le Dauphin
se rendit dans l'Eglise
Cathedrale dés sept heures
du matin;&: après avoir entendu
la Messede M l'Abbé
Fleury, Aumônier du Roy,
ce Prince communia par les
mains de cet Abbé.
Sur les dix heures, le Roy
passa à travers ses Mousquetaires
rangez en haye des
deux costez de la court de
l'Evesché
, &: au milieu des
cent Suisses dela Garde, postez
dans la mesme Eglise.
SaMajestéestoitenvironnée
de ses Gardes du Corps &de
toute sa Cour. Elle se rendit
dans leChoeur, où Elle fut
suiviede Mr l'Evesque de
Verdun,&de tous les Chanoines
de cetteCathedrale.
LeRoyestoit en Habit de
cérémoniec'eit à dire
> en
Manteau,revestu de son Col-
Jjjcr de l'Ordre. Il entendit
là Méfie de Mr l'Evesque
d'Orléans, son premier Aumônier
,
dont il receut la
Communion La seconde
Messeque Sa Majesté entendit,
fut dite par l'un de ses
Chapelains. Au sortir de
l'Eglise, Sa Majesté toucha
prés de cent Malades, dont
Mr leDuc deNoailles avoit
fait amener une partie de
Chalons. Ils estoientrangez
sous les arbres de la premiere
court de l'Evesché. Ce Prince
quitta ensuite son Habit de
ceremonie, & revint avec
Monseigneur le Dauphin, &
toute la Cour, entendre la
grand' Messe, qui fut pontifïcalemenr
celebrée par Mr
l'Evesque de Verdun, &
chantée par la Musique de
la Cathedrale.Cette Musique
plut assez à toute la Cour,
& on trouva la voix d'un des
Enfans de Choeur tres-agreable.
Plusieurs mesme la jugerent
digne de la Chapelle
du Roy. Il y a quatre de ces
Enfans de Choeur qui joüent
du Violon, qui sont, une
Taille, une Haute-contre, &
deux Baffes.
Le Roy eut la bonté de
toucher encore soixante &
dix Malades en sortant de la
grand' Messe. C'estoit beaucoup
après en avoir entendu
trois,&touché d'autres Malades.
Sa Majesté vint l'aprésdînéeentendre
Vespres dans
la mesme Eglise, &: Mr de
Verdun officiaencore en Habits
pontificaux. Le Roy étoit
dans les hautes Chaises à
droite.& aprèsluy,Monseigneur,
Madame la Duchesse,
& Madame la Phnccffe de
Conty. Aprés ces Princesses
estoient Monsieur le Prince-
Monsieur le Duc , Monsieur
le Duc du Maine, & Monsieur
le Comte de Toulouse.
Les Dames occuperent le reste
des places. Jamais les peuples
de Verdun n'avoient vû
ny tant de magnificencesny
une si augusteAssemblée ; &
l'on peut mesme dire qu'ils
n'avoient jamais vû dans leur
Eglise de si grands ny de si
édifians exemples depieté.
Le Roy s'enferma après
Vespres avec le Pere de la
Chaise pour travailler à remplir
les Beneficesqui vacquoient
depuis le jour de
Pasques, qu'il avoit fait une
nomination. On fut quelque
remps sans sçavoir cette derniere
, parce que lePere de
la Chaise n'en dit rien après
qu'il fut forty du Conseil.
Enfinonappritque Mr rAb..
bé de Saint Georges,Comte
de Saint Jean de Lion vnommé
depuis quelque temps à
l'Evesché de Clermont,avoit
esté fait Archevesque de
Tours, & que l'Evesché de
Clermont avoit esté donné
à M l'Abbé de Champigny
Sarron, Chanoine del'Eglise
de Paris. Je vous parlay amplement
de M l'Abbé de S.
Georges
,
lors que le Roy le
pourveut de l'Evesché de
Clermont. M l'Abbé de
Champigny qui vient d'y
estre nommé, est Fils de François
çoisBochartdeChampigny,
Seigneur de Saron, qui après
avoir esté Maistre des Requestes,
Conseiller d'Etat, &
Intendant pendant trente années?
tant dans la Généralité
de Lyon qu'en Provence &
en Dauphiné,se noya malheureusement
en 1665. C'étoit
un homme d'un rare merite,
dont le nom se trouve
souvent dans les Ecrits des
Grands hommes de ce Siecle.
111 avoit épousé Madeleine
Luillier, Soeur de Madame la
Chanceliere d'Aligre, &
estoit Fils de JeanBochart,
Seigneur de Champigny,
Noroy & Saron, Controlleur
General, Sur Intendant des
Finances, & premier President
au Parlement de Paris,
mort en 1630. Cet illustre
Magistrat descendoit de Jean
Bochart Seigneur de Norcy,
Conseillerau Parlement, qui
fut éleu les Chambres assemblées,
pour remplir la Charge
de premier President en 1447.
Celuy-cy eut pour Fils Jean
Bochart II. du Nom, auquel
Jean Silnon, Evesque de Paris,
donna saTerre deChampigny
en luyfaisant époufer sa Niece.
On iceut aussi que l'Evesché
d' Amiens avoit esté donné
à Mr l'Abbé Feydeau de
Brou, l'un des Aumôniers du
Roy, & que M l'Abbé
d'Hantecour, Aumosnier de
la feuëReyne, avoit eu l'Abbaye
de Longuay, Ordre de
Premontré,DiocesedeReims
vacante par le deceds de M,
l'Abbé du Four. Mr l'Abbé
d'Hantecourt est Frerc du
Pere d'Hantecourt, Religieux
de Sainte Geneviéve,
&Chancelier de l'Université.
Cet Abbé estant de quartier
lorsque la Reyne mourut,
eut le triste honneur de
remplir plusieurs fonctions
qui regardoient sa Charge.
Il a esté employé depuis la
mort de cette Princesse aux
conversions des Protestans
dans plusieursVilles de
Françe. L'AbbayedeBalerme
fut donnée le mesmejourau
Frere de Mde la Chetardie,
Commandant de Brifac
?
&
l'Abbaye de Noyers au Fils
de MPinçomAvocat au Parlement,
qui entend parfaitement
les matieres Beneficiates&
Ecclesiastiques, & qui
a écrit là-dessus touchant les
droitsde SaMajesté.Il-y eut
aussi ce jour-là plusieurs Benefices
de moindre consideration
donnez à des Officiers
d'Armée & de laMaison du
Roy, pour leurs enfans otj
pour leurs parens; mais le
Roy ne les accorda qu'après
que le Pere de la Chaise l'eut
asseuré que leurs vies &
moeurs luy estoient connuës.
Les choses qui ne demandent
pas de secret estant
bien-toit répanduës,on ne
fut pas long-temps sans apprendre
les noms de ceux à
qui les Benefices avoient esté
distribuez,& toute la Courfit
paroistre tant de joye de la
nomination de M l'Abbé de
Brou à l'Evesche d' Amiens,
qu'il m'est impossible de vous
la bien exprimer.
Je ne sçaurois m'empescher
de vous marquer icy
qu'un homme qui possede
une des premieres Charges de
la Cour, ayant prié le Roy
de luy donner un Benefice
pour un de ses Fils quiest
tres-jeune) Sa Majesté luy
demanda quel âge il avoit,
& l'ayant sceu
,
Elle luy dit;
quEHe estoit bien lâchée qu'il
eust encore tant de temps à at.
tendre. Celuy qui demandoit
cettegrace voulut donner des
raisons, & rapporta mesme
quelques endroits de l'Ecrisure;
mais le Roy sit connoistre
qu'il la sçavoit beaucoup
mieux que luy, & dit
qu'il ne donneroitjamais de Benefices
qu'à despersonnes capdbles
de sçarvoir à quevelles s'engageoient,
en prenant le party
d'entrer dans l'Eglise. Ce Prince
ajoüta ,on croyait peuteftrr
qu'on emportait quelquefois
des Benefices par faveury
mmaaisisqquueessiicceeuuxxqquuiiavonrv
cette pensée , pouvaient erre témoins
de ce qui se passe dans le
Conseil
,
lors qu'ils'agit de lA
distributiondesBenefice,ils verroientpar
toutes les précautions
qu'on prend pour ne les donner
qu'a des personnesdignes de les
posseder, la peine où ilse trouve
souvent avant que d'oserfixer
son choix. Sa Majesté fit
enfin connoistre
, que ny faveur,
ny brigue) ny recommandation
,ny naissance,ny
services
, ne pouvoient rien
obtenir, à moins qu'Elle ne
fust persuadée que ceux qu'il
- A
-
luy plaisoit d'en gratifier
n'eussent toutes les qualitez
necessaires pour en remplir
les devoirs. Ce n'est pas à
dire pour cela que tous ceux
qui en possedent,s'en acquits
tent dignement. La possession
du bien, & le peu d'occupation
corrompent fouvent
les moeurs. On s'aveugle
quelquefois dans le temps
où l'on devroit avoir le plus
de fageue?&:on ne conferve
pas toûjours les bonnes incli-,
nations qu'on a fait paroistre
dans ses premieres années. Le
Roy peut donner un Benesiceà
l'homme du monde
qui le meritéle mieux dans
le tcmps qu'il l'en pourvoir,
& qui dans la fuite en deviendra
tres-indigne.
- Je pourrois ajoûter- icy
beaucoup de choses sur ce que
le Roy voulut bien dire en
public touchant la nomination
des Benefices; mais ayant.
accoûtumé de vous rapporterles
faits sans aucun taisonnement
,je vous laisse faire làdessus
toutes les reflexion
que le Roy merite qu'on flÍI.
à sa gloire.
Ce Prince après avoir efii*
ployé la plus grande partie
du jour de la Pentecoste à
des avions de devotion &
de pieté
, & tenu un long
Conseil pour la distribution
des Bencfices qui vaquoient
alors, ne crut pas avoir encore
assez fait; il alla faire
le tour de la Place pour en
viliter les Fortifications, &
vit un Bataillon du Régiment
Soissonnois? qui estoit
en bataille sur le Glacis. Ce
Bataillon luy parut fort lestes
& il futtres-content.Il estoit
commandé par M le Duc de
Valentinois, Fils de M le
Prince de Monaco. Sa Majesté
vit aussi le Regiment
des Vaisseaux dans la Citadelle)
commandé pat Mr le
Marquis de Gandelus
?
Fils
de Mle Duc de Gefvrcs, qui
cnetf Colonel, & elle en fut
fort fatisfaitc. M le Marquis
fie Vaubecour, Gouverneur
de Châlons,&Lieutenant de
Roy du Verdunois
, & du
Pays Messin
, accompagna
toujours le Roy, & tint à
Verdun, tant que Sa Majcftc
y demeura,deuxTabks fort
magnifiqueSj ainsi qu'ilavoit
fait à Châlons, pour toutes
les personnes de la Cour qui
voulurent y aller manger. Le
Roy fut fort content de ce
Marquiseluy donna inefme
des marques de la fatisfadion
qu'il avoit de sa conduite.
Enarrivantà Verdun
» on
voit appris la mort de Madmoiselle
de Jarnac Fille
d'honneur de Madame la
Dauphine.dontje vousay déja
parlé.Elle fut fort regretée
à cause de son humeurdouce,
& complaisante,
Quoy que la Ville de Verdun
soit couverte par Longvvy,
Luxembourg, Sar-Loüis,
Strasbourg &autres, on ne
laisse pas de travailler tous
les jours aux fortifications de
cette Place. Le Roy ordonna
'lu)on y preparait les Ecluses,
afin qu'il puft voir à son retour
l'espace du terrain qu'elles
pourroient occuper.
Lors que Sa Majesté visita
la Citadelle qui est de cinq
Bastions fort reguliers , on
luy fit remarquer le Bastion
nommé le Marillac, qui donna
lieu au Procès qui fut fait
au Mareschal de ce mesme
nom> pour le crime de Peculat
, dont il avoit esté accufé.
L'histoirerapporte que
le Ministre qui nomma les tgommiflàiresquile condamnerent
,
leur dit après avoir
apprissacondamnation, qu'il
falloir que les Jugesenflent des
lumieres que le reste des hommes
n'avoitpas &queplus il avoit
fait de reflexionsur l'affaire dît
Maréchal de Marillac, &sur
toutes les choses dont on l'accusoit
,
moins ill'avoit juge digne
de mort; maisquenfin ilfalloit
croire qu'il estoit coupable
j
puis
qu'ilsïanjoient condamne. Il
n'eut dans la fuite que de la
froideur & de l'indifférence
poureux.
Le19.on ne fit que quatre
lieuës & l'on alla dîner
*
& coucher à Estain ; la journéeauroitesté
trop longue si
on avoit estéjusquesàLongvvy.
Mr Mathieu de Castelus
qui y commande vint à
Estain saluer le Roy,& tecevoir
les ordres de Sa Majesté.
Estain est un gros Bourg
muré, du Diocese de Verdun.
C'est le dernier de sa Jurisditèion
du costé de Luxembourg.
Quoy que ce Diocese
foit fort petit & borné de
toutes parts, sonpeu d'étendue
ne diminue pas néanmoins,
son revenu.MrdeVerdun
accompagna le Roy jusques
à Essain. La Cour eut un
tres-beau temps pour traverser
des ruisseaux, & desPlaines
grasses
?
& fertiles. Les
pluyes l'auroient fort incommodée,
mais le Royqui fait
les beaux jours de tous ceux
qu'il regarde favorablement)
devoit estreanez heureux
pour n'en pas manquer luymesme.
Sa Majesté prit ra:
presdinée le divertissement
de la Chasse. Ertain cft un
Païs de Bois accompagné de
belles plaines) & de Vallons
bien culrivez; les Maisons y
sontgrandes, & logeables
presque toutes bastiesà l'Allemande,&
il n'yen a pas une
qui n'ait quatre Chambres
hautes où l'on peut loger.
Le Roy,Monseigneur?& les.
Princesses eurent leursAppartemens
dans la plus grande,
& chaque Corps d'Officiers
logea dans d'autres. Le lieu.
paroist avoir esté autrefois
considerable;les Guerres l'ont
ruiné , parce qu'il n'estoit pas
assez fort pour se deffendre
des courses. La Paroisse est
unassezbeauVaisseau,surtou
dans l'étendue du Choeur,qui
est tres-beau &: fort élevé
Cette Paroissea esté bastie
par les soins de Guillaume de
Huyen, lequel ayantesté in,
struit à Verdun? passa en Italie
; ou la beauté de son génie
luy acquit la bien-veillance
de la Cour de ROIne. Il fut
d'abord Chanoine de Verdun,
& par degrez elevé à la
pourpre, ayant esté fait Cardinal
au titre de Sainte Sa-;
bine. Il employa ks biens a*
l'embellissementde sa Patrie
mais la mort qui le (urpnd
dans l'exécution de ses. def-i
seins
, en rompit le cours
Les Entrepreneurs volerent
l'argenr & lainerenrnglife
imparfaite.Il avait resolude
fonder douze Prebandes,un
College-, &un Hôpital ;.lnaiscil
ne voit qu'un Choeur de-;
licatement construit
, & la
Barete de ce Cardinal suspendue
à la voûte, pour monument
de sa pieté
, & de sa dignité.
Il vivoit en 1406. Un
Curé, & un Vicaire ont foin
de cette Eglise, & du Peuple.
Les Capucins ont en ce lieu
une Maison habitée par huit
ou neuf Religieux. Ils ont
quelque peine à subsister;
mais ils en auroient encore
davantage s'ils n'estoient prés
de Verdun où on leur fait
de grandes charitez»Ces bons
Peres se sont establis en ce
lieu pour aider le Cure., à
causequ'il n'a qu'un, seul
Vicaire avec luy,
Le lendemain 20. la Cour
partit, d'Estain? &alla dîner
à Pierre-Pont qui n'en est éloigné
que de trois lieuës. La
plulpart des Officiers mangerent
surune verdure arrosée
d'un ruisseau fort agreable.
On traversa ensuite plusieurs
petits torrens;on parcourut
des Valées:on monta
des hauteurs?&on gagnaen
&~
finla cime d'une Montagne
où lenouveau Longvvy entièrement
construit par le
Roy) pour faciliter la prise de
Luxembourg. Le Vallon est
arrosé d'une très- belle eau
vive, qui roule toujours, &
qui rend la Plaine fort fertile
; laveue se promene agréablement
sans estre bornée
que des deux costez par deux
Montagnes, mais elles n'offrent
rien qui ne doive plaire.
L'une est remplie d'arbres;
l'autre est occupée par te
vieille) & par la nouvelle
Ville. On découvre dans le
milieu de la Prairie deux mai.
fons de Religieux) l'une de
Recolets. & l'autre de Carmes
) qui y sont établis, &
qui ont foin des anciens Habitans
de ce Pays-là. Ils ne
font logez que dans des hutes
sur la Colline
, & ils avoient
au dessusun Château antique
qui les mettoit à couvert
des Coureurs; mais presentement
il est ruiné) &
l'on n'y trouve que des cabancs
& des masures. Longvvy
est situé sur une hauteur
bordée d'un précipice à IJEfi:f
& au Sud, s'estendans vers le
Nord,& l'Ouest dans une
Plaine fort fertile. La Place
n'est commandée d'aucun
endroit. On y voit une grande
ruë ,
à l'extrémité de laquelle
font deux portes accompagnées
d'un double fossé
, &: défenduës de bons
Battions. Dans cette ruë principale,
sont les maisons des
Bourgeois qui font environ
deux a trois cens feux. La
Place d'Armes est au milieu.
On y voit un beau puits
) &
à gauche une Eglise une fois
aussi grande que les Recolets
de Versailles
, mais ily a
moins de Chapelles. Cette
Eglise est accompagnée d'uaeTour,
de la hauteur de celle
le Saint Jacques du Hautes
à Paris
, qui sert de Beffroy
>
& de laquelle on dé-*
couvre jusques à six lieuës
dans le Pays. La Maison du
Gouverneur est à droite , &
fait face à l'Eglise. Le reste
des Maisons est basty par fimetrie.
Le long desRamparts,
font des Cazernes pour les
Troupes,-& l'on voit d'espace
en espace des Magazins de
différentes grandeurs.Tous
ces Magasins sont soigneusement
gardez. Le Roy logea
dans la Maison du Gouverneur.
Mrle Marquis de Bouflers
, qui a le Gouvernement
de Luxembourg, vint au de.
vantdeSaMajestéàLongvvy.
Il estoit accompagné de quel..
ques-uns de fcs Gardes qui ne
parurent point avec leurs Ca.
rabines. Le Regiment d'Angoumois
commandé par Mr
de Thouy,estoit dans la Place.
Le Royen fit la Reveue>
êcille trouva tres- bon, tous
les hommes estant bien faits,
&audessus de trente ans. Ce
Regiment eut l'honneur de
garder le Roy. Il fautremarquer
que ce Prince ne fut pas
plûtost arrivé) qu'il donna
des marques de son activité
ordinaire. Pendant que cluCun
alla? ou le reposer? ou fc
divertir dans fcs Appartemens,
où il avoitdonné ordre
qu'il y eust toûjours rou.
tes fortes de Jeux preparez,ce
Prince courut? s'ilm'est permis
de m'expliquer ainsi pour
mieux marquerfonardcur.)11
courut?dis-je où la passion
digne d'un grand Capitaines
&: le devoir d'un grand Roy
rappelloient,&sedonna tout
entier le reste de la journée à
voir des Troupes? & des Fortifications.
Il y a dans Longvvy
quatre cens cinquante
Cadets. Sa Majesté leur vit
faire l'exercice, &dit hautement;,
qu'il rijyanjoitpoint de
Troupes qui s'en acquittent
mieux. Elle resolut mcfrnc
d'en prendresoixante ou quatre-
vingt , pour en faire des
Sous-Lieutenans dans tous
les Corps, excepté dans sois
Régiment ,où l'on ne reçoit
point d'Officier qui n'ait esté
Mousquetaire.Toutes les
places qui y vacquent estant
reservées à la Noblesse qui
tort de ce Corps,ils se perfectionnent
encore dans ce Regiment
en ce qui regarde le
métier de la Guerre? avant
que d'estre élevez à de plus
hauts Emplois. L'exercice
que firent les Cadets? fut à la
voix & au commandement
de leur Capitaine, ensuite au
coup de Tambour, câpres
dans le silence, par une habitude
qui est en tous également
naturelle; ce qui se fait
avec tant de justesse, qu'il
semble que ce soit un feut-
J.
homme qui remuë également
toutes les parties de
son corps. Ceux qui prirent
ce divertissement avec le
Roy eurent un tres-grand
plaisîrde voir un mouvement
uniforme dans quatre cens
cinquante personnes de différentesgrandeurs.
Le Royvisita à cheval les
dehors de la Place, & fit à
pied le tour des Remparts.
-
Ce Prince marqua luy-même
ce qui en pouvoit encore
embellir les Travaux, & ce
qu'ils avoient de plus beau
& deplus seur. Cela fait voir
la parfaite intelligence qu'il
a de l'Art de la Guerre.
Il ne faut que voir Longvvy
pour concevoir une haute
idée de la puissance du Roy,
& l'on ne pourra qu'à peine
sepersuader qu'il ait entièrement
fait bâtirune Ville,
élevée sur une cime inaccessible
r & dont les remparts
font d'une prodigieuse hauteur.
Il est impossible de s'imaginer
la dépensequ'où
a faite à couper le Roc, à
rendre le terrain uny, & à
bâtir tant de beaux logemens.
Cette Place est de figure éxagone
r ayant un Baition
coupé ducodedesprécipices
feulement. Ilestsoûtenu par
deux Delny-Iunes, & deux
Ravclins. On amis trois Cavaliers
aux endroirs foibles,
qui découvrent fort loin,&
qui feront montez de vingt
pieces de Canon. Toutes les-
Fortifications de cette Placc
fontd'une ties-grande regularité
; & ce qu'il ya de surprenantec'est
que le Roy en
aitfait entierement conftruireungrand
nombre d'autres
qui ne sont pas moins fortes,
qu'il y fasse encore tra-*
vailler tous les jours, & qu'il
commence à en faire éleyer
denouvelle.Iln'est pas moins
étonnant que SaMajesté voulant
mettre ses Sujets à couvert
des courses de la Garnison
de Luxemboutg., en la
mettant au rang de ses Conquelles,
Elle ait fait bâtu
Longvvy pour faciliter ses
desseins, cette Place ayant
servy de Magasin pour tou,
tes les provisions neceflaircs
à un Siege aulli important
qu'a esté celuy de Luxembourg.
Comme rien n'altère davantage
la fanté qu'une forte
&continuelle app licationau
travail, M de Croissy , qui
par une longue fuite d'Emplois
&par l'occupation que
luy donne celuy qui l'attache
entièrementaujourd'huy,
s'etf attiré des douleurs de
goute depuis quelques années,
en ressentit de violentes
à Longvvy. Cependant
elles ne l'empefcherent point
de servir le Roy, en quoy
il fut parfaitement bien secondé
par M le Marquis de
Torcy son Fils, qui dans un
âge fort peu avancé, a déja
veu toutes les Cours de l'Europe
> en a étudié les maniéres,
& n'ignore rien de ce
qui regarde la Charge dont
Sa Majesté luy a accordé 1:4
survivance.
La Maison du Roy eftanr
si grande) qu'à peine il se
passe une semaine
>
sans qu'on
apprenne la mort de quelque
Officier) on sceut à
Longvvy celle de M Villacienne,
Gentilhomme servant
du Roy? & celle de Mr
de la Planche ,Valet de
Chambre de SiMajesté
,
la
premiere dépendant de Monsieur
le Prince,comme Grand
Maistre delaMaisonduRoy,
& l'autre deSaMajesté parce
que le défunt xi'çftant poirr
marié
,
n'avoit point d'ensans
à qui ce Prince en eust
pû donner la survivance.
Mrde Seignelay, qui avoit
fait le Voyage de Dunkerque
avec une diligence furprenante,
depuis que le Roy
estoit party pour Luxembour,
joignit Sa Majesté à
Longvvy , & luy fit le rapport
de l'estat des Fortifications
de cette premiere Place.
Je vous en ferois icy le
détail, si je n'estois obligé de
le remettreà unautre ÀrcmS)
a cause de la quantité de choses
curieuses que j'ay encore
à vous apprendre touchant
le voyage de Sa Majesté. Je
vous diray cependant que le
Risban, lesJetrées,lesEcluses,&
le Bassin pour les Vaif-
[caux, sont des choses si extraordinaires
à Dunkerque »
<juà moins de vous en faire
la defeription, quelques paroles
dont je pusse me servir,
pour vous marquer la beauté
deces Ouvages* il me seroit
impossiblede vous rien faire
Concevoir qui en approchait,
& vous auriez mesme encore
beaucoup de peine à vous les
representer tels qu'ils [ont) si
vous ne les aviez vûs.
Le Roy estant party de
Longvvy le 21. entra dans le
Luxembourg, &: dîna à Cherasse,
premier Village de la
Province ducosté de France;
Le Païs par où l'on entra, n'a
pas tant de Bois ny de Mon.,
cagnes que les autres Cantons
de cette Province. Ce font
des Plaines grasses & fertiles?
remplies de tres-bons grains.
Les Villages y sont en affcz
grand nombre,mais les maifons
n'en font pas entièrement
rétablies. En approchantdela
Ville de Luxembourgeonvoitde
toutes parts
destrous, desquels on a tiré
de la brique,& de la chaux,
& d'autres materiaux, pour
les nouvelles Fortifications
<i'un Ouvrage qui va au delà
de tout ce que l'on en peut
concevoir.L'aspect delaVilleestbeauducostédeFrancc.
Le plan paroist égal par.
tout,&lesédifices sontgrands
8c magnifiques. On découvre
plusieursEglises couvertes
d'ardoises, descazernes, des
Magasins, des maisons considerables,
Celles des particuliers
semblent estre bâties
desimetrie; mais lors qu'on
est dans la Ville, on est furpris
de ce qu'on n'a découvertqu'une
partie des Fortifications.
Elles sont toutes irregulieres,
& continuées suivant
l'étduë du terrain, dont
la situationpeut étonner des
Assiegeans qui oseroientl'attaquer.
•*
Je devrois vous parler icy
de l'origine de cette Place,
vous entretenir des Ducs qui
en ont porté le nom, & vous
en faire comme un abregé
d Histoire; mais j'ayamplement
parlé de toutes ces choses
dans le Volume que je
vous ay envoyé du seul Journal
du Siege que le Roy fit
)
lors qu'il joignit la Ville de
Luxembourg à ses premieres
Poiiujrfedr
Conquestes. Ainsi jeme COfitenteray
de vous envoyer le
revers de la Medaille qui sur
¿;'faite en ce temps-là, & que
j'ay pris foin de faire graver.
Le Portrait du Roy [e voit
sur laface droite. Jene vous
dis rien du revers, vous le
pouvez voir.
Ce Prince fut receu à la
Porte parleMajor de la Place,
&,' traversa la Ville au milieu
de six rangs de ceux de
la Garnison qui estoient soue,
lesarmes, & en hâye>j[ufque^
au lieuoùSaMajesté alladescendre.
Ils firent trois salves,
mais on ne tira le Canon qu'aprés
l'arrivée du Roy, parce
que cela auroit marqué une
Entrée, & qu'il avoit déclaré
qu'il ne souhaitoit point
qu'on luyen fist.LesBourgeois
vinrent luy offrir leurs hommages.
oLes ruës étoient toutes
tapissèesde branches d'arbres,
suivant la coutume du Pai's.
Pendant le Soupe du Roy
qui dura deux heures, ils aL
lumcrent unfcudejoyc dans
-- .--' -,. --, -' 1er
té —*
--_.
le Pâté qui eH: entre le Paffendal
& le Grompt, vis-à-vis
les fenestres du Palais du
Gouverneur, prés de la Riviere.
Toutes les ruës furent
illuminées, &ces illuminations
continuerent pendant
tout le temps que Sa Majesté
demeura àLuxembourg. La
façade de l'Hostel de Ville parut
éclairée par plus de deux
cens Lanternes, remplies de
Devises à la gloire de ce Prince.
Les Clochers estoient en
feu, & quantité de flambeaux
de cire blanche brûlerent
toute la nuit devant la maison
du Maire. Toutes ces illuminations
furent accompagnées
de cris de Vive le
Roy. Sa Majestéfutgardée
par un Bataillon de Champagne,
commandé par Mr le
Baron de la Coste, La Ville
estoit plus remplie d'Etrangers
que de gens de la fuite
de la Cour, sans compter les
Gouverneurs, les Lieutenans
de Roy, les Officiers des Garnisons
d'Alsace, de Lorraine,
&de Flandre, qui avoient
eu permission de venir. Mr
l'Evesque
)
& Mr le premier
President du Parlement de
Mets, y estoient aussi venus,
avec tout ce qu'il y a de plus
distingué dans la mesme Ville,
suivy d'un grand peuple,
que la curiosité de voir le
Roy y avoit attiré. Il yestoit
passé plus de dix mille hommes
deTreves,deCologne,
de Mayence. de Juliers, de
Hollande, & de la Flandre
Espagnole;& l'on eust dit
que toute la Champagne s'y
estoit renduë, pour remercier
le Roy d'avoir pris cette
Place, afin deladélivrer des
courses de sa Garnison. M1 de
Louvois y estoit arrivé le
jour precedent
,
après avoir
faitun Voyage de deux cens
cinquante lieues depuis que
Sa Majesté estoit partie de
Versailles pour aller à Luxembourg.
Cette diligence
ne paroiftroit pas croyable,
si ce n'estoit une de ces choses
de fait dont on ne [sa?=-:
roit douter. Ce Ministre
rendit compte au Roy de
son Voyage pendant que Sa
Majesté demeura à Luxembourg
& je vous en feray le
détail
, avec celuy de ce qui
s'est paffé dans le temps de
ce sejour,mais il faut auparavant
vous faire la description
de cette Place.
Tous ceux qui l'ont veuë
avant le Siege ,la regardent
avac un etonnement qu'il seroit
difficile d'exprimer, &
sont fort surpris d'avoir à
chercher Luxembourg dans
Luxembourg mesme. On ne
reconnoift: plus cette Place
que par quelques Edifices publics,
presque tous ruinez
dans la Journée des Carcasses
& dans la fuite duSiège, &."
rétablis dans une plus grande
perfection
, par les soins Ôc
par la pieté duRoy. On m'a
assuré que la Ville est grande
deux fois comme Saint Germain
en Laye, &j'ay vû deux
Relations qui le marquent.-
Je ne vous garantis pas
tjue cette grandeur soit juste
On peut s'abuser dans les
choses qu'on écrit sur lerapport
de sa veuë ; cependant
on peut concevoirpar
là une idée approchante de
la grandeur d'un lieu dont
on fouhaitc avoir connoissance.
La Place d'armes de Luxembourg
peut contenir environ
deux mille hommes
rangez en bataille. Les rues
sont larges,&il yen a douze
ou quinze considerables. Les
Bâtimens y sont de deux éta.:=
ges au moins. Ils sont assez
étroits
) mais presque tous
d'une--nlefme, simetrie. La
Cour y estoit assezbien 1&--
gée. Le Commerce n'y est
pas grand, mais la Garnison
y fait rouler beaucoup d'argent
par ses dépenses. On a
esté obligé de prendre des
Domaines, & des Jardinsà
quelques Bourgeois,& à quelques
Païsans, maisils en ont
esté largement indemnisez.
L'Hostel de Ville e£tpetit?
û façade n'est pas large. La
Paroisse est étroite, & il n'y
a qu'un Doyen,&dixEcclesiastiques;
un plus grand
nombre n'en: pasnecessaire,
puis que les Religieux qui
font dans le mesme lieu, les
déchargent presque de tous
les soins qui regardent les
Pasteurs. Il y a quarante-cinq
Religieux dans le Convent
des Recolets, dont la moitié
font François
, & les autres.
Allemands. Ils vivent
des questes delaVille, & dc:
la Province, & preschent
dans l'une & dans l'autre
Langue. Ils sont commis
pour auministrer les Sacremens
à la Garnison. Les Bourgeois
quisontfort devots, &
Flamans en ce point-la?vont
souvent faire leurs dévotions
chez ces Peres, qui sont en
très-grande reputation en
cette Ville-là?&fort estimez
& aimez de tout le Peuple,
Ils ne le font pas moins de la
Garnison qui les respect
beaucoup. Je pourrois ajouter
qu'ils s'en attirent la crainte
aussi-bien que le respect,
puis que ces Peres font toutes
les fonctions Curiales en ce
qui touche cette Garnison.
LePereOlivier Javenayaprés
avoir esté Gardien, & s'estre
acquis une grande réputation
par ses Sermons, a esté éleu
Custode de douze Maisons
.dependantes de celle-là, dont
celle de Luxembourg est la
principale. Les Jesuitesyont
une tres-grande Eglise, fort
propre, & fort riche. Elle est
plusgrande que celle des
Carmes de la Place - Maubert
, & a deux aillés, &
trois beaux Autels. Ils tiennent
leCollege
, & ces Peres
font ordinairement au nombre
de vingt-cinq dans cette
Maison. Encore qu'ils soient
tous François, il yen a quelques-
unsqui sçavent fort bien
l'Allemande & qui ontesti
élever en Allemagne. Leu.
Jardin est beau & spacieux
îc leur maison toute neuve
êc bien ordonnée. Ilsontune
Musique Allemande, que la
Cour alla entendre le jour de
la Trinité. Les Capucins y
ont aussi unConvent
>
dans
lequel on ne trouve que des
Religieux François ,
dont
le nombre peut égaler celuy
des Jesuites. Il y a
deux Refuges dans la Ville,
& une Eglise, appellée le
Saint Esprit, dansunBastion,
Celle desDominicains?qui a
esté fort endommagée par le
Canon, n'est pas encore rctablieIlsdonnerent
ieui
Tour pendant le Siege, pour
placer une Batterie qui incommoda
fort nostre Camp.
On fut obligé de s'en défendre?
& cela* pensa causerla
ruine entiere de leur Eglise.
J'oubliais à vous dire que
les Recolets ont le Cimetiere
de la Garnison. Leur Eglise
est aussi grande que celle des
Cordeliers du Grand Convent
de Paris. Ils ont d'assez
beaux Ornemens, & tout est
chez eux d'une grande propreté.
Leur Jardin est aiTçz
beau pour une Ville de Guerre
Il tomba pendant le Siege
cinq cens Bombes dans leur
enclos, dont trois tomberént
dans une Chapelle,
qui fert de Mausolee auComte
de Mansfeld, l'un des plus
grands Capitaines de son
temps, & fameux par ses Exploits
fous Charles IX. Il
mourut Gouverneur de Luxembourg
âgé dequatrevingt-
six ans. Son tombeau
estde Marbre blanc; safigure
->
& celles de ses deux Fern;
mes ,
font en bronze au desfus
de ce Tombeau,chacune
de six pieds de haut. L'une
des trois Bombes qui tomberent
dans cette Chapelle,
perça une grosse voûte, fit
tin trou fort large à l'extremitédu
Tombeau duComte..,
tourna à demy une pièce
de marbre qui le couvre, &
4jui a huit pieds en quarré
ôc la rompit environ de la
largeur d'un pied. Les Jefuites&
les Recolets ne font
sjparezquepar une rue* &
ïes Capucins sont dans un autre
quartier de la Ville, proche
la Porte-neuve. Il y a
aussi trois Convents de Filles.
Le Comte de Mansfeld dont
je viensde vous parler, a fait
bastir le Palais des Gouverneurs.
Il a esté tout ruiné par
nos attaques, & si bien reparé
par les soins de Mrle Marquis
de Bouslers
, que le Roy
y logea avec Monseigneur;
& les Princesses,Ilest sur un
Bastion. qui donne sur un
Fauxbourg arrosé par la Riviere?
dont la Prairie dans laquelle
elle se répand estun
objet agreable pour la veuë,
& dans une gorge entre deux
Montagnes. Il a pour point
de veuë un reste de petit bois
de haute Futaye. Pour pouvoir
insulter ce Bastion, il
fauts'estre rendu maistre de
sesdeffenses. Le Roy y avoit
une grande Salle, une
grande Chambre pour les
Jeux, sa Chambre,&trois Cabinets.
Les Gouverneurs de
Luxembourg avoient autrefois
une Maison de plaisance
située sur la Riviere qui sert
de point de veue lieur Palais;
mais les guerres les ont
privez de ce lieu de divertis
sement. Luxembourg est fituésur
une hauteur àl'extremité
d'un grand terrain du
costé de l'Ouest & du Sud
fondé sur un roc qui a este
coupé plus de quatre pieds
en terre dans les endroits ou.
l'Esplanade duGlacis n'est pas
sélon les Réglés? & commandé
par le chemin couvert. A
son Est, & à son Nord, ct
sont des Vallées prodigieuses.
qui semblent inaccessibles à
toutes les Nations; & cependant
c'est par ces abismes
qu'on a pris la Place. L'une de
ces Vallées entre le Nord k
l'Est, estarrosée par TEfle*,
petite Riviere sans commerce
qui vient du cofté du Sud
d'Erfche Bourgade„& qui va
se rendre dans la Moselle aprés
s'estre jointe au Sours
&. àSclbourgversVasbilingrr
L'autre est remplie vers le
Sud-Est de quelques petits
Ruisseaux de Ravines. Il se
trouve pourtant entre l'Esse
une langue de terre où cft la
Porte dé Trêves
,
& une autre
langue plus spacieuse occu\.
pée parunFort nommé du
Saint Espritque l'on a fortifié
depuis que le Roy a coiv
quisla Place. Elle estdiviséce
en haute, & en basse Ville,
La haute cft l'ancien Luxembourg
,reparé,&fortifié dt
nouveau. On afaitune Porter
neuve qu'on appelle de France
vers Nostre-Dame de
Consolation, & l'on a pouse
le Bastion de Chimay,jus
ques au delà de l'Insulte. La
baffe-Ville est composée de
deux Fauxbourgs, rendus c-e*
lebres par le dernier Siege.
L'un est nommé le Passendal.,
arrosé par le principal Canal
del'Effe. L'autre est le Minstier
ou le Grompt mouille
aussi par un bras de l'Effe. Entre
ces deux Fauxbourgs
?
est
la Porte de Treves
?
& une.
Plate-forme au dessousquon
appelloit le Pasté. A l'extremité
du Minfter vers la droite
est le nouveau fort du Saint
Esprit. Mr de Montaigu a
levé avec du carton le Plan
de cette formidable Place,
où Ion en remarque aisément
toutes les beautez, avec toutes
les augmentations que le
Roy y a faites. Toute l'Allemagnea
esté surprise de voir
avec quelle promptitude on
en a reparé les brèches &
avec quelle facilite sans avoir
égard à la dépense on a aug.;
mente cette Ville de plus de
deux tiers, afin d'occuper
tout le terrain qui sembloit
estre favorable pour en approcher.
Aprés vous avoir fait voir
la situation de It Place, il faut
que je vous trace icy le Plan
de ses Fottifications. L'entreprise
est hardie, & un terme
mis au lieu d'un autre, peut
répandre de l'obscurité dans
ce que je vous diray les descriptionsde
cette nature,quelques
ques claires quelles soient,
n'eitant qu'à peine intelligibles
pour ceux qui ne sont pas
dumestier.Joignez à cela que
je puis expliquer mal des cho-
[es, dont je n'ay pas toutes
les lumieres necessaires? pour
estreafleuré que je ne me
trompe point. Cependant je
fuis persuadé que quelques
fautes que je puissefaire
, &:
que j'aye peutestre mcfme
déjà faites depuis que j'ay
commencé à vous parler de
Fortifications dans cette Ler
tre, ce que je vous en ay dit,l
& ce qui me reste à vous expliquer
) ne laissera pas de
donner de hautes idées de la
puissance du Roy? & de la
force de Luxembourg.
L'ancienne Ville qui est
toute sur un terrain élevé
cil: un Heptagone ayant un
Bastion coupé par le deffaut
duterrain de Paffendal. Elle
a trois portes ; l'une vers le
Couchant) c'est celle de France;
l'autre au Nord? c'est celle
de Passendal; la troisiéme;
vers l'Orient, c'est celle de
Trêves, & une quatrième
pour les sorties regardant le
Midy. La premiere & la derniere
sont dans la haute Ville
bien flanquées de bons basions?
& de dix Redoutes,
soutenuës de bons Cavaliers,
où l'on mettra quarante pièces
de Canon. On peut voir
dans la premiere porte quelle
supercherie peuvent faire
ceux qui se desfendent dans
leurs maisons. La premiere
entrée prise , il ne faut aller
que pied à pied à la seconde;
& la troisiéme est encore
mieux gardée que les prémieres.
Les Redoutes sont
portées aux endroits les plus
soibles des Courtines pour
deffendre le chemin couvert,
& pour commander sur toute
l'Esplanade;elles font élevées
jusques au cordon pour répondre
au rez de chauffée, &
pour raser l'Esplanade. Au
dc!fij.S est une Plate-forme
avec un Parapet dont on se
sert jusqu'à ce que le Ganofll
l'ait renversé ; on se retire au
dessous où sont des Sarbacanes
pour tirer sur le chemin
couvert & dans le glacis. Dela
on a encore un étage en
- terre d'où l'on se peut desfendre
long- temps , &quand
on est poursuivy par les Galeries,
on a clei portes avec
du Canon de Campagne. Si
les Ennemis vouloient establir
un logement autour de
ces Redoutes, il y a des Mines
& des contre-mines toutes
disposées pour empescher les
Travailleurs d'avancer leurs
ouvtages. Les Fourneaux sont
si bien menagez qu'ils ne
peuvent manquer leur coup.
On a fait deux demy
-
Lunes
dans cette ancienne enceinte..
Le Bastion de Chimay? qui
est à l'extremité du Roc, &
qui commande sur la Porte
de Paffendal, est soûtenu par
deux autres Bastions avancez
le long de cette cime,qu'on
peut appeller une Demy-lune
1-
& une autre Contre-garde,
ce qui semble estre hors.
d'insulte> parce qu'on a fait
la dépense de railler dans le
roc,&qu'on s'est attache à
le rendre inaccessible; &
comme la Riviere qui passe
au dessous de la Porte, a une
hauteur dans son bord opposé
qui commande la Ville
>
car ce fut là qu'an mit une
Batterie pendant le dernier
Siege, pour ruiner jePalais
du Gouverneur; son Badion,
& la Porte,lePvoy a fait faire
sur la cime de cette hauteur
deux Ouvrages à o cornes
qui renferment tout l'espace
par où l'on avoit à craindra
Une Ligne de communication
prend de l'extrémité de
la Contre-garde du Bastion
de Chimay, descend par la
Porte de Passendal dans la
Riviere, & va joindre ces Ouvrages
, qui sont faits avec
toute l'industrie de l'At[,.
pour batere la Plaine d'audelà,
pour commander sur le
vallon où coule l'Effe,& pour
désendre le Chemin couvert
de la Contre-garde du Baftion
de Chimay;&afin qu'on
ne prenne pas ces O1uvrages par le vallon., Sa Majesté qui
voit tout avec des liimieres
qui necedenten rien àcelle5
de les Ineenieurs? a ordonné
deux Reodoutes au dessous,
prés de la Rivière. Ainsi le
Fauxbourg du Paffendal qui
est sur l'eau, fera défendu 8c
couvert de toutes parts. On
y fait un Hôpital, & il y aura
des Cazernes, & des Magasins
comme dans la Ville.
Il est fermé à la droite par
une autre Ligne de communication
semblable à la premiere,
qui joint le sécond
Ouvrage à la Porte de Trêves,
qui se trouve à l'extremité
d'une languete prise
dans le roc qu'on a percé en
deux endroîts, pour faire
passèr les chariots, & les
Troupes du Paffendal au
Minfier, sans monter dans
la. Ville. Le Minsterest aufll
défendu par cette Porte, ôc.
par le Fort du Saint Esprit,
qui a quatre Bastions coustruits
sur une petite éminence
qui commandoit dans
le Fauxbourg. Ces quatreBastions
sont soutenus de Demy-
lunes) de Contre-gardes,
& de Redoutes, qui battent
toute une campagne qui regne
au delà. Voilà les Ouvrages
qui se trouvent dans
les Dehors de Luxembourg,
&: qui font environ onze Bastions,
quinze Redoutes, deux
Ouvrages à corne,un troisiéme
qu'on y ajoûte prés de la.
Porte des Sorties, quatre:
Demy-lunes, trois Contregardes,&
cinq ou six Cavaliers.
Tous ces Travaux n'ont
pas moins surpris la Cour,
qu'ils ont étonné tous les
Etrangers qui les ont vûs.)
car cette Place qui tiroit de
la France deux millions de
contributions
, pourroit en
temps de Guerre en tirer bien
davanrage, & faire contribuer
juseqz ues à Mayence? à
Cologne, à Rez, au Fort de
Skin,à Namur& à beaucoup
d'autres endroits, ce qui ne
seroit pas difficile à une Garnson
de sept ou huit mille
hommes. Je ne vous diray
point à combien de millions
a monté la dépense des Fortifications
de cette Place,
chacun en parle diversement
&met le prix aux Ouvrages
de cette nature, suivant Tétonnement
qu'ils luy eaufent.
Ainfiil n'est pas facile
de parler d'une dépense?
quand elle se monte à plusieurs
millions. Tout ce que
je puisvous dire, c'est que le
Roy ne cherchant que l'entiere
perfection dans tout ce
qu'il fait faire, il y a encore
de nouveaux fonds destinez
pour travailler à cette Place,
quoy qu'il paroisse qu'on ne
puisse rien ajoûter à ces Fortifications
;mais le Roy a des
yeux& deslumieres dont on
ne sçauroit trop admirer la
pénétration. Je ne dois pas
oublier que la petite Chapelle
de Nostre - Dame des
Consolation dont je vous ay
déjà parlé dans ma Relation
duSiege, est restée en son
entier, les Assiegez, & les
Assiegeans l'ayant épargnée.
Toute
-
la Province y court
avec la mesme devotion
qu'on va à Nostre-Dame de
Liesse en France.
Il faudrait pour se bien representerl'aspect
de cette
Place, avoir vû les deux Tableaux
que Mr de Vandermeulen
enafaits pour le Roy.
Ils sont à Marly, & ont chacun
onze pieds de longueur.
Ils representent deux faces dô
laPlaec, de sesFortifications,
& de ses avenuës; mais avec
une telle regularité, que ceux
qui ont veu ces Tableaux ne
sçauroient se souvenir de la
moindre chose,qu'ils ne lareconnoissentaussi-
tost dans
l'unou dans l'autre. Ces Tableaux
sont gravez avec les
Estampes de Mrde Vandermeulen
dont je vous ay déjà
parlé, qui represententtoutes
les Conquestes du Roy de la
mesme maniere. Ainsi si la
description que je viens de
faire de cette Place, excite en
vous ou en vos Amis, la curiosité
de la voir d'un coup
d'ecil, vous pouvez avoir recours
à ces Estampes, qui sont
recherchées dans toutes les
parties du monde.
Le Roy ayant resolu de ne
demeurer que deux jours àLuxembourg
; monta à cheval
aussitost qu'il y fut arrivé, &
en allavisiter les Dehors. Mr
de Louvois qui estoit de retour
depuis un jour de son
Voyage d'Alsace,&MdeVauban
, qui sont les deux personnes
qui pouvoient rendre
un compte exact à Sa Majesté
des Fortifications de cette
Place, & sur tout de celles
qui ont esté faites nouvellement
par son ordre, l'accompagnerentpar
tout. Elle vit
les attaques de ses Troupes
pendant le Siege, &: trouva
de nouveaux sujets de loüanges,
pour tous ceux qui avoientcontribué
à cette conqueste,
M le Comte de Blanchefort
s'eilant trouvé auprés
du Roy, ce Prince toûjours
plein de reconnoissance
& de bonté pour toutes les
personnes qui ont du merite,
témoigna le regret qu'il avoir
de la mort de Mr le Maréchal
de Crequi son Pere,
qui avoit fait le Siegede Luxembourg;
ce qui parut toucher
fort sensiblemenr Mr
le Comte de Blanchcfort,
& renouveller dans son
coeur le dcfir qu'il a de sui
vre ses traces, &- d'imiter sur
tout sa prudence? & sa fidelité
pour le Roy.
, Le 22. Sa Majesté donna
audience à Mrle Baron d'Ingelheim,
Envoyé
-
extraordinaire
de Mrl'Electeur de
Mayence; à Mr le Baron
d'Elts, Envoyé extraordinaire
de M l'Electeur de Tréves,
& à Mrle Comte de
Chellart, Envoyé extraordinaire
de Mr le Prince Electoral
Palatin, Duc de Juliers.
Ils estoienr venus faire compliment
à Sa Majesté de la
part des Princes leurs MaiRreS)
sur son heureuse arrivée
àLuxembourg. Ces Envoyez
eurent aussi audience
de Monseigneur, où ils furent
conduits par MrdeBonneüil
,
Introducteur des Ambassadeurs,
qui les avoit menez
chez le Roy? & les avoir
esté prendre dans les Carosses
de Sa Majesté. Ils firent
present au Roy dela part des
Princes leurs Maistres
,
de
plusieurs tonneaux de vin
du Rhin, & de vin de Moselle>
que Sa Majestéreceutavec
les manieres honnestes
qui luy sont si ordinaires, &.
pour marquer que ces Presens
luyestoient agreables
de la part dont ils venoient,
Sa Majesté voulut qu'ils fussent
conduits à Versailles par
les mesmesVoituriers qui les
avoient amenez; & les Envoyez,
suivant les ordres qu'iL
luy avoir pieu d'en donner,
furent regalez splendidement,
avec toute leur suite,par
lessoins de Mr Delrieu, Contrôleur
ordinaire dela Maifondu
Roy, qui n'oublia rien
en cette rencontre de tout
ce qu'il crut devoir faire
pour leur satisfaction, &qui
entra parfaitement bien dans
leurs manieres,
Quoy que le Palais où logeoit
le Roy sust fort spacieux,
il estoit neanmoins
impossible que tous ceux qui
estoientpressez de l'impatience
de le voir? y pussent
entrer; ainsi ce Prince eut la
bonté de sortir plusieurs fois
à cheval? & d'aller mesme
doucement, afin de satisfaire
ceux qui ne respiroient qu'aprés
sa veuë. Il alla à la Metre
aux Jesuites;& plusieurs personnes
qui jusques alors ne l'avoient
admiré que par la quantité
surprenante des grandes
choses qu'il a faites,& qui n'avoient
jamais eu le plaisir de
levoir,l'admirerent ce jour-là
par sa bonne mine, & par un
air qui perfuaderoit à ceux qui
ne sçauroient pas tout ce qu'il
a fait de grand, que tout ce
qu'on leur en diroit feroit - veritable,
véritable. Le Roy estant forty
dela Messe,vit le plan de
Luxembourg, qui estoit dans
une maisonproche de l'Eglise
des Jesuites, Il monta à
cheval l'aprésdînée, & descendit
dansles Mines;il voulutvoiraussi
les Contre-mines.
Il visita les Fossez, & se
promena sur les Ramparts.
Pendant tout ce temps il s'entretint
des beautez de cette
Place avec Monsieur le Printce,
qui fit voir la parfaite
connoissance qu'il a de tout
ce qui regarde la Guerre, &
quelle est telle qu'onladoit
attendre du Fils d'un Prince
qui auroit pu apprendre ce
grand Art à toute la terre ,
si on l'avoit ignoré. Monsieur
le Duc, Monsieur le
Prince de Conty
,
& Monsieur
le Duc du Maine su.
rent aussi de la conversation,
& firent voir qu'il est des
sciences pour lesquelles les
Princes ne sont jamais jeunes
&qu'ils semblent avoir aj>„
prises en naissant.
Le mal de Mrle Comte de
Toulouse, qui avoit esté attaqué
le jour precedent d'un
mal de teste
)
& d'un mal de
gorge, continua,& la Rougeole
s'estant declarée, le
Roy resolut de sejourner
deux jours de plus à Luxembourg
, non pas pour y attendre
la parfaite guerison dô
ce Prince, laquelle ne pourvoit
arriver si-tost, mais afin
de voir quel pourroit estre le
cours de son mal. On mir:
auprés de luyMrduChesne
Medecin?MrduTertre, Chirurgien
de Monsieur le Prince,
avec un Apoticaire de Sa
Majesté. Le bruit s'estant répanduque
le retour delaCour
estoit reculé, quelques Etrangers
en parurentinquiets,mais
ils furent rassurez si-tostqu'ils
firent reflexion que le Roy
avoit toujours gardé inviolablement
sa parole;qu'il aimait
Monsieur le Comte de
Toulouseavec tendresse; que
ce jeune Prince estoit chery
<dc toute la Cour, & quainsî
l'incertitude du mal qui luy
pouvoit arriver, estoit la
vraye cause qui portoit le
Roy à retarder son depart.
La Rougeole deMonsieur le
Comte de Toulouse, ne fut
pas la premiere qui parut
à la Cour. Une des Filles
d'honneur de Madame la
Princesse de Conty en avoit
déja esté attaquée. Il yavoit
euaussi d'autres Malades; &
la Gouvernante des Filles
d'honneur de Madame Il
Duchesseavoit eu la Fiévre.
La maladie de ce Prince contribua
à l'indisposition d'une
Dame d'un tres-grand meri-
&
re. Elle fut saignée, & son
mal se passa.
Le 13. Mrle Comte Ferdinand
de Furstemberg, & Mr
Ducker, Envoyez extraordinaires
de Cologne
, eurent
aussi Audience du Roy, &
de Monseigneur le Dauphin.
Ils y furent conduits par Mr
de Boneüil avec les mesmes
ceremonies que l'avoientesté
les autres Envoyez,& traitez
demesme.Mr le Cardinal
LangravedeEurftcmberg
faluaaussileRoyavecdeux
de ses Neveux.M le Comte
d'Avaux, Ambassadeur dfe
France auprès des EtatsGéneraux
dès- Provinces unies
s'estant rendu de la Haye à
Luxembourg, y salüa Sa Majesté,
& receut d'Elle de nouvelles
instructions touchant
les negociations ordinaires de
son Ambassade.Lorsqu'il prit
congé du Roy,ce Prince luy
dit qu'ilcontinuastàle servir
de la mesme sorte,& qu'il seroit
content. Cela fit assez
connoistre que Sa Majesté
estoit satisfaite de ses services
passez. Mr Foucher, Envoyé
extraordinaire des Etats Géneraux
auprèsdel'Electeur
de Mayence , eut aussi l'honneur
de salüer ce Monarque.
LeRoy entendit ce jour là la
Messeaux Recolets. & vit enfuite
dans ure Chambre du
Convent le Plan de Trarback
levé par Mr de Montaigu.Je
vous parleray de ce Plan dans
la fuite de ma Lettre. SaMajesté
alla l'apresdinée à la
teste des Tranchées, & des
Lignes, & en examinant la
Place, Elle previt tout ce qui
pourvoit arriver, si on osoit
un jour entreprendre de l'assieger.
Elle fit le mesme jour
la Reveuë des Troupes de la
Garnison, quiconsistoient en
cinq gros Bataillons, & en
plusieurs Escadrons.
Le 14. le Roy entendit la
Messe à la Paroisse, & tint
Conseil le matin & l'apresdînée,
ayant pendanttoutle
temps qu'il a demeuré à Luxembourg
,donné cinq à six
heures par jour, pour tousles
Conseils qu'il y a tenus; de
forte, que le temps qu'il employoit
à voir des Fortifications
& à faire des
-
Reveuës,
estoit celuy qu'il prenoit
pour donner relâche à fan
esprit. Ainsi l'on peut dire
que l'esprit ne commençait
à se reposer que pour donner
lieu au corps d'agir. Pendant
que le Roy n'eliok occupé
que des soins de son
Etat sans se donner un seul
moment de relache
,
la Cour
se partageoit, pour se divertir
selon son goust. Les uns
se
-
promenoient ,
les autres
joüoient , & quelques autres
se rafraîchissoient chez Mrde
Bouflers.Je ne vous diray
point que durant tout le sejour
- que Sa Majesté a fait
dans cette Place, ce Marquis
a tenu plusieurs Tables chaque
jour, tant le soirquele
matin,à un fart grand nombre
de couverts; ce seroitdire
trop peu,puisque non seulement,
tousceux qui ont voulu
manger chez luy y ont
trouvé a toute heure tout ce
qu'ils ont souhaité, mais
qu'on n'a mesme rien refusé
f aucun de ceux qui en ont
envoyé chercher. Commejamais
homme ne fut plus genereux
> jamais dépense n'a
esté faite de meilleure grace.
Mr deBouslers apprehendoit
si fort de n'estre pas à Luxembourgpour
la faire
a.
qu'ilfol^
licita pour n'aller au Camp
qu'ildevoitcommander,qu'aprés
que Sa Majesté seroit
partie. Le Roy qui sçait distinguerladépense
qui n'est
pas interessée,luy a fait un
Present de trois mille Loüis.
Le z5. SaMajesté entendit
encore la Messe aux Jesuites.
Elle se promena de nouveau
à cheval dans les Fossez
) & à
pied sur les Ramparts. Plus
Elle a regardé la Place avec
application,&enaexaminé
les nouvelles Fortifications,
plus Elle en a esté satisfaite ;
8c comme on ne luy rend
point de grands services sans
recevoir des marques de sa libéralité,
par dessus les recompenses
ordinaires, Elle donna
douze mille écus à Mr de
Vauba n.Toutes les Relations
conviennent qu'Elle luy fit
ce Present d'une maniere si
obligeante, que plusieurs
souhaiteroient enavoir acheté
un semblable de beaucoup
plus, & l'avoir receu
Qvec le mesme agrément. JLf
Royafait aussi des Presens
dans toutes les Eglises où il a
esté. Il donnoit une somme
pour les Ornemens. Cette
somme estoit suivie d'une autre
pour les Pauvres, & ces
deux d'une troisiéme, ou de
quelques graces dont il de":
voit revenir de l'argent pour
l'embellissement des lieux. Sa
Majesté n'ayant point mené
de Musique auVoyage )l'un
de ses Musiçiens nommé Mr
de Ville, qui est Chanoine
de Mets> y prit quelques lastrumens,
& quelques voix ,
& fit chanter dans les Eglises
où le Roy entendit la Messe
à Luxembourg, les Motets de
Mrs du Mont, Robert, &
Minoret. Sa Majesté le recompensa
de ses soins, de son
zele, & de sa dépense. Comme
l'argent n'est pas toûjours
ce qui touche davantage,quelques
charmes qu'il ait pour
tout le monde, par l'indispensable
necessité où chacun
cil d'en avoir, le Roy fïr
ouvrir les Prisons à soixante
&dix Malheureux, qui aimerent
encore mieux la liberté
que toute forte de biens;mais
ce Prince ne leur accorda des
graces que selon le genre des
crimes,ne voulant pas que sa
clemence servist à en faire
commettre de nouveaux, à
ceux qui en avoient fait d'enormes,
& que l'on jugeoit
capables d'y retomber,ce que
Mr l'Evesque d'Orléans, Mr
l'Abbé de Brou
,
nommé à
l'Evesché d'Amiens, Mes,
les Abbez de la Salle «
Fleury,& Mrde Noyon Lieu-»
tenant de Mr le Grand Prevost,
ont examiné par l'ordre
du Roy.
Le26.les uns ne songerent
qu'à partir, & les autres s'affligerent
du départ. LaCour
en voyant les Fortifications
de la place, avoir pris un
grand plaisir à se mettre devant
les yeux tout ce qui s'estoit
passé pendant le Siege-
Elle avoit examiné les Attaques&
les Tranchées) admiré
la conduite du General
)
l'intrepidité
des Soldats, le ge.
nie & l'adresse de M'de Vauban
à conserver les Aillegeans;
car le Roy sçachant
l'humeur boüillante des François
, & leur zele pour son
service
, avoit expressément
ordonné à feu Mr le Maréchal
de Crequi, & à Mrde
Vauban,d'épargner les Troupes,
& de prolonger la durée
du Siege,plûtost que de
hazarder le sang des Soldats.
Ce Prince avoit pris ses mesures
pour cela, Il estoit à la
teste d'une Armée pour em-"
pêcher lesecours,&prest à
donner bataille à ceux qui
auroient voulu le tenter.
Lors que la Cour partoit
satisfaite, & toute pleine de
ce qu'elle avoit veu, elle partoit
avec son Prince, & le
devoit toûjours voir; mais
ceuxàqui il ne s'stoit montre
que pour gagner leur
amour,& ensuite les priver
de sa presence,avoient beaucoup
de cbagrin de son départ.
Ce Prince avoit paru
à Luxembourg plûtost enPere
qu'en Roy. Sa douceur & sa
bonté s'estoient fait connoître.
Il s'estoitmontré familier
sans descendre de son
rang; on avoir eu un libre
accés auprés de luy ; ceux qui
luy avoient presenté des Requestes
avoient esté écoutez,
& la pluspart avoient obtenu
les graces qu'ils avoient demandées
;les Prisons avoient
esté ouvertes;laNoblesseavoit
eu un libre accès jusque dans
saChambre ;il avoit permis
plusieurs fois au Peuple de le
voir dîner , ce qu'il avoit
refusé dans les autres Villes,
à cause de la chaleur; ils
avoient admiré la devotion
de Sa Majesté, & la pieté que
son exemple inspire à toute
sa Cour; il avoit fait de
grands dons dans la Ville;
les dépenses ordinaires de là
Cpur y avoient répandu
beaucoup d'argent,ainsi que
le Etrangers que l'envie de
voir ce Prince avoit fait venir
en fort grandnombre; L*
Noblesse avoit esté receuë
aux Tables de la Maison du
Roy,&les Etrangers de distinctionqui
n'estoient pas
venus avec les Envoyez des
Princes Souverains des environs
, y avoient aussimangé;
enfin tout concouroit à faire
aimer, & regreter ce Grand
Prince. Il partit le 26. aprés
avoir entendu la Méfie aux
Capucins,& alla dîner à un
lieu nommé Cherasse.
J'aurois pu vous parler plûtost
du Voyage dont Mr de
Louvois rendit compte ait
Roy à Luxembourg
, mais je
n'ay pas voulu interrompre
la fuite de la Relation que
j'avois à vous faire de ce qui
s'y est passé.CezeléMinistre
partit de Versaillesle30. d'Avril,
passa à Tonnerre & à
Ancy-le-franc,&après avoir
vû les Fortifications de Besançon
, les Troupes, & les
Cadets, il se rendit le 5. de
May après midy à Befort.
C'est la Capitale du Comté
de Ferrette, située dans le
Sunggovv bb 1
Sunggovv,écheuë au Roy
avec l'Alsace par le Traité
de Munster. Mr le Marquis
dela Suze en a esté longtemps
possesseur, par engagement,
ou autrement. Mrle
<C? ardinalMazarinpossedaenfuite
ce Comté, & Mrle Duc
Mazarin, qui luy a succedé,
en jouitpresentement. La
Ville estassez belle. Il y a
un Chasteau, où l'on a fait
quatre Bastions. Mr de Saint
Justest Gouverneur de cette
Ville
>
où Mr de Dampierre,
Lieutenant de Roy, commande
c-iifôn absence. M" de
Louvois visita la Place, les
Troupes, & les nouveaux
Travaux, qu'il trouva en bon
'estât. Ce Ministre coucha
le 6. à Dainm-arie Village
d'Alsace. Il se rendit le 7. à
Huningue. C'est une Place
quiestfort proche de BaDe,
ÔZ qu'on a nouvellement
fortifiée de six Bastions sur
le Rhin ; on y a aussi fait
- des Dehors? & un Pont
ik bois fut le Rhin avec
quelques Ouvrages au bout
pour en fortifierla teste.
Cette Place rend la France
fort puissante sur le Rhin.
Elle est dans l'Alsace. Mrle
Marquis de Puisieux en est
Gouverneur, & Mr de la Sabliere
, Lieutenant de Roy-
Mrde Louvois en examina les
Fortifications,& fit faire reveuë
aux Troupes qui y et;
toient e& Garnison. Le 8. il
coucha à Fribourg, Capitale
c- duBrifgaw
,
située sur la petite
Rivière deTreiseim,i
bout d'une Plaine fertile, &
sous une hauteur qui cft le
commencement de laForest
loire. Elle est grande, bien
)euprlee.&: a diverfcsEcrllfcs,
&: plusieursMaisons Rcligieuses.
Le Chapitre de Basle
y fait sa residence, quoy que
l'Evesque ne l'y faire pas. Il la
fait à' Potentru, depuis que
les Protestans ont esté Maistres
de Basle. Il y a une Chambre
Souveraine à Fribourg,
& une celebre Université,
qu'Albert VI. dit le Debonnaire
,y fonda en 1450. Les
Ducs de Zeringuen ont possedé
autrefois cette Ville; qui
passa dans la Maisonde FULstemberg,
par le mariage d'Agnes
avec le Comte Hugue
ou Egon, dont les Descendans
l'ont gardée jusque
vers l'an 1386. après quoy les
Bourgeois s'estant mutinez,
se donnerent aux Ducs d'Austriche.
Elle fut prise trois
fois en six ans par les Suédois;
sçavoir en 1632.. en 1634. ôc
en 1638. Son nom s'est rendu
fameux dans toute leuropc,
par la celebre Victoire que
feu Monsieur le Prince, qui
n'estoit alors que Duc d'Anguien,
remporta en 1644. sur
les Troupes Bavaroises, aprés
un Combat sanglant & opïniastré
qui dura trois jours,
pour les postes difputcz de
la Montagne-noire., à une
lieuë de Fribourg. Ces trois
jours furent le 3. le 4. & le 5.
du mois d'Aoust. Feu M le
Maréchal de CrequLqui commandoit
une des Armées,du
Ro.yj.piMt cette Villele17.
Noyen).bre1677.aprèsun Sijer
gaevdoeisteapltorosuckhuuxitmjouurrasi.llIelsy»
uneCitadelle
à quatre Ri-
(rions, dç bons FolLz? o~
quelques autres Ouvrages.
Depuis ce temps-làles François
l'ont fortifiée plus regulierement.
La Rivière- du.
Trcifeim, qui n'est jamais
glacée? nettoye toutes les
rues. On a ajoutéquelques
Bastions aux anciennes muraillesde,
laVille,& les Fortifications
du Chasteau ont
este augmentées. On les a
étendues sur toute la hauteur.
C'est un chef-d'oeuvre de Mr
de Vauban. On yaaussi bâty
d'autres Forts qui commandent
à deux vallées. Les
Archiducs d'Autriche y avoient
étably une Chancelleric.
Il y a quatorze Mona.
stercs à Fribourg, & des Maisons
de trois Ordres de Chevalerie.
Mr du Fay en est
Gouverneur, Mr Barrege.
Lieutenant de Roy, & Mr
Roais commande dans leChasteau,
Mr de Louvois dîna le
,. à Brissac,&vit la Place
&les Troupes.Cest une Ville
d'Alsacedans le Brisgavv qui
donne un passage sur le
Rhin. Elle fut prise en 1638-
par Bernard de Saxe, Duc de
Vveimar, General de l'Armée
de Suede? avec le secours des
Troupes Françoises que conduisoit
le Maréchal de Guebriant.
On y trouva plus de
deux censpieces de Canon)
avec degrandesrichesse -y,
l'annéesuivante le Duc at
Vveimar estant malade à.
Nevvembourg prés de Irifac?
le mesme Maréchal de Guebriànts'aflxiraaumoia.
deJ all--
kx de cetteimportante- rl -
ce-,ôc des autres qui fuienc re-r
mises au Roy j&r TwtÇ du
9.Octobre de lamesme aPT
née.Elles surent cedées à Sll
Majesté en 1648. par leTraité
de Vvestphalie
, ce qui, fJu;
confirmé en 1^59<parcehijfr
des Pyrénées,Brisaa,que
quelques-uns juçmmenp la
Citadelle de l'Alsace, &d'autres,
laClef de l' Allemagne,
passè aujourd huy pour une
des plus fortes Places del Eu-
-
rape, soit qu'onregarde sa
situation sur un Mont,soit
qu'on examine ce eue l'arta
ccoonnctrriibbuuééaà la rreennddrree rrce~guu--
liere. Elle est sur le bord du
Rhin qu'elle commande,
C'estoit autrefois la Capitale
duBrisgavv, qui areceuson
nom d'elle, mais Fribourg
l'a emportédepuis quelque
temps. Il y a aujourd'hui
double Ville,car outre cellequi
estoit audelà du Rhin,
onafortifié une lac, qui est
presentement habitée, avec
grand nombre de Bastions.
Ilya aussi des Fortifications
en deçà du Rhin? & toutes
ensemble elles peuvent faire
environ trente Bastions. On
travaille incessamment à cette
Place, que l'on peut dire
imprenable. Il y a dans Brisac
une Compagnie de jeunes
Gentilshommes. Mr le Duc
Mazarin en est Gouverneur
Mr de la Chetardie y commande
en sa place,& Mr de
Farges y est Lieurcnant de
Roy. (
Mr deLouvois vit lemesme
jour p. d'Avril, les Fortifications
de Schleftadt. &
les Troupes qui y font en
Garnison.C'est une Place située
dans l'Alsace sur la Riviere
d'Ill qui porte Bateaux.
Elle estoit autrefois fortifiée
de bonnes murailles & de
fortes Tours, avec un Rempart,
& des Fossez très-larges
&fort profonds. On y a fait
des Battions depuis ce temps,
là. C'est une Place fort considerable
,
où l'on fait un
grand trafic. CetteVilles''est
toujours maintenue Catholique
au milreu de i'Heresie,
& il y a un College de Jesuites.
Mrde Gondreville en,est
Gouverneur, & Mrde la Provenchere,
Lieutenantde Roy.
Le 10. Mr de Louvois allacoucher
à Benfeld,petite "-il.
le de la baffe Alsace
,
assezforte,
&: des mieux entenduës..
Elle, dépend de Strasbourg-
,
dont elle n'estéloignée que
de trois lieues. Elle est sur
la Riviere d'Ill. Mr de Louvois
dîna le 10. à Strasbourg
)
ôc y sejourna le n. vit la Ville,
la Citadelle, les Forts, &
les Troupes. Mr de Chamil-
.Iy) si célébré par la défense
de Grave. en est Gouverneur.
Mr de Louvois logea chez Mr
de Monclar, qui commande
-
en Alsace. Je ne vous dis rien
de Strasbourg, comme je ne
Vous ay rien dit de Besançon,
parce que ces Places sont entièrement
connues. Ainsi je
ne vous ay parlé que de cellies
dont j'ay cru pouvoir
vous apprendre quelques particularitez
quine se trouvent
dans aucun Ouvrage imprimé.
Le 12. Mrde Louvois dîna
au Fort Louis du Rhin.
C'est un Fort qui a este construit
dans une Isle du haut
Rhin, huit licuës au dessous
de Strasboug, & autant,au
dessus de Philisbourg. Ce poste
estoit presque inconnu.
Toute l'Isle qui est au Roy,
estant dans l'Alsace qui ap.
partient à Sa Majesté
,
doit
estre fortifiée. Il doit y avoir
plusieursBastions, & des
Ponts avec des Fortifications
à la teste. Mr de Bregy est
Gouverneur de cette Place.
Mr de Louvois aprèsavoirs
examiné l'estat de ce Fort
allalemême jour coucher à
Haguenau. C'est une Ville
fort marchande en A lsace,située
entre les rivieres de Meter
& de Sorn.On gardoit autrefois
dans cette Ville-là,
la Couronne,le Sceptre, la
Pomme d'Or, & l'Epée de
Charlemagne avec les autres
ornemens Impériaux. C'est le
Siege du Bailly du Langraviat
d'Alsace. Mr de Louvois
coucha le 13. à Britche, où il
visita les troupes & la Place.
Cette Ville qui a un Châteauassez
considerable, est
dans la nouvelle Province
de la Sare. Mr de Morton
en est Gouverneur, & Mr de
laGuierleLieutenant deRoy. |
3MVT de LLoouuvvooiiss, aapprrèèss aavvooiirr
Nifité lesFortifications & les
groupes> alla dînerle14. à goù il-ne la même.
choseavec unepareille
activité.Hombourgeft assez
considerab- eoniiderable>&:estauasusmi dans la Provence de laSarre. M1
lç Marquisde laBretesche
qui commande dans cette
Province,en est Gouverneur,
& ^lr de la Gardette y
commande
en son ablençe,
M de Louvois alla ce jourlacouch
r à.jatrpctip Village
de la Province de la Sare qui
se nomme Cucelle &le1/
il passaàKirnoù il difha
en visita le Chasteau. Il cb.,.-
chaleITlefmejourlTraDeri
proche Trarback, & visita
la Presque-Isle de Traben, oi|
l'on va bastir une Placequi
s'appellera Mont-Royal. Cette
Place dont on n'a oiïy parler
qu'en apprenant qu'on y
travailloit
)
fait aujourd'huy
l'entretiende toute l'Europe,
le Roy n'entreprenant
rien qui ne soitassez grand
pour servir de conversation
au monde entier.Quoyqu'on
parle beaucoup d'une chose
ce n'est pas à dire qu'on en
partetoujours jùftc
) & il est
mesme presqueimpossible
:quton puissefejavoir au vray
toutes les pârticularitez d'une
entreprise
?
dont a peine,
at-on appris qu'on a forme,
le dessein. Tout ce que je
puis vous dire de celle-cy,
c'est que j'ay ramassé avec
grand foin* beaucoup de circonstances
qui la regardent*
&: que quandil y en aur,Qi,t;
quelques-unes qui ne feroient
pas toux à fjut vrayes;
je ne laiffer4 pas, 4c ycxuj
apprendre plusieurrs çbofcî
qu'on ne peut encore vous avoir
dites. Le Roy voulant
couvrir Luxembourg en 3
J - s cherché -lps tnoyeps ?
& lesa
trouvez danssesterresen.déT
couvrant un lieu. propre à
fairebastiruneVille. Ce lien,
se nomme Traben, & pour
parler à lamaniéré du Païs,
il eit à trente heures dç-Liirxembourg,
à douze de Tre"
ves, &à six de Coblens. Je
ne me puis tromper de beaucoup
sur le plus ou sur le
moins) & l'espace que je vous
marque) vous doit donner à
peu prés l'idée de l'éloignément
où ces Places peuvent
cftre les unes des autres. Tra.
ben est à la teste de Luxembourg.
On dit que Cesar y a
Autrefois campé, & qu'il y a
des vestiges d'une espece de
Fossé que l'on pretend avoir
autrefois fermé son Camp,
La Nature semble avoir faifre
ce lieu-là afin que le Roy le
fin: servir à sa gloire. Il n'a
que huit toises de largeur à
son entrée, que l'on dit estre
une escarpe& un rocher inaccessible.
La Moselle, qui n'eâ
point guéable en ces quartiers-
là ,envelope lereste de
son enceinte. L'entrée du
terrein elt occupée par un
plan deSapinsqu'onfaitjetter
à bas pour servir à cette
entreprise. La terre qui rcftc
lontient un des meilleurs
plans
plans de vignes de tout lePaïs,
& quelques champs qui rapportent
de tres-beaux grains,
&l'on trouve outre celaassez
de vin &de grain dans l'étendue
de cette presqu'Isle pour
nourrir une Garnison de trois
ou quatre mille hommes, Les
costes qui regnent vis-à-vis
le long dela Riviere,ne commanderont
point la Place, &
comme on ne pourra l'attaquer
que par le terrain que je
viens de vous marquer, il est
aise delarendre imprenable.
Il ya quatre Villagessur Iesr
crestes de ces costes dont on
pourra tirer de grands secours
pour les premiers Travaux,
L'extremité du plan de lapins
est une grosse source, qui se
trouvera dans lesFossez de la
Place, & qui fournira de
l'eau à la Ville. Elle aura
plusieurs Bastions
>
& fera
touteirreguliere, & tracée
sur la longueur, & la largeur
du terrain. Il y aura autour
de lapresqu'IsledesRedoutes
d'espace en espace
) pour dé-«-
fendre le passage de la Riviere.
Cequ'ilyade surprenant,
]
c'est qu'on peut dire que ce
que le Roy rcfout,est à demy
fait presqu'au moment
qu'il est resolu, au lieu que
pour l'ordinaire les grands
desseins demeurent au seul
projet. A peine eut-on plante
les piquets) que les Baraques
pour leslogemens des Soldats
le trouvèrent faites. Sept Bataillons
travaillèrent. Ils furent
bientost fortifiez d'autres
Troupest & l'onregarda
cette entr^prife avec unétonnement
donton n'cft pas encore
rovenu? sur tout pendant
que le Roy fait travail1er
dans le mcfmc temps àun
fort grand nombre de Places.
Quelque Souverainqui aitjamais
entrepris d'en faire, elles
ont estel'ouvrage du temps
plûtofi que de ceux dont elles
ont pris le nom; puis que la
pluspart nont presquerien
fait de plus, que d'en avoir
mis la première pierre. Voilà
la France à couvertdes infultes
deTAllemagne, & le Roy
fait plus à son égard
? que les
Chinoisn'ont jamais fait par
leur muraille de cinq cens
lieuës de long à l'égard des
Tarures.Le Royaume de la
Chine n'est à couvert que par
une feule muraille, & la Fran-*
ce l'est aujourdhuy par deux
rangs de Places forces, qui
doivent au Roy tour ce qui
les rend redoutables. tvir de
Louvoisaprès avoir sejourne
le 16.a Traben, & avoir,
pour ainsi dire, donnéle mouvement
à tous les bras devoient qui agir pour la gloire
du Roy,& pour la tranquillité
de l'Europe, alla coucher
le 17- a Sare-Loiiis, où il fit
la reveuë des Troupes, &vifita
les Fortifications de la Place
Elle est Capitale de laPro,
Vince de la Sare. Ce n'estoit
cjiTun Village, dont le Roy
a fait une Place tres-reguliere.
On luy a donné le nom de
-,ç,arc-Loüls, qui est un composé
deceluy duRoy,&de
celuy de la Province. Cette
Ville a six Bastions Royaux
avec quelques Demy-lunes,
& d'autres Ouvrages, M de
Choisyen est Gouverneur éc
Mr le Comtede Perin Lieutenant
de Roy. M deLouvois
y sejourna le 18. &le lendemain
il alla àThionville,
où il se donna les mesmes
soins, &pritles mesmes fatigues
que dans les autresVilles
où il avoit passé. Thionville
n'appartient à la France
que du regne du feu Roy.
C'est une Ville du Luxembourg
assise sur la Moselle.
C'estoit une des clefs du
Royaume avant les nouvelles
Conquestes de Sa Majesté.
On a razé Domvilliers, &
quelques autres petitesPlaces
voisines
>
afin de rendre celle-
là plus considerable. Mr
d'Espagne enest Gouverneur;
Mrd'Argelé,Lieutenant de
Roy, & Mr de Bouflers,Gouverneur
de Luxembourg,&:
Lieutenant general de la Pto-T
vince.Mr deLouvois a trouvé
dans toutes les places qu'il
avisitées,les Troupes & les
Fortifications fort belles. Le
Canton de Basle luyenvoya
faire compliment à Huningue,
& Mrl'Electeur de Treves
fit la mesme chose pendant
que ce Ministre estoit à
Trarbach, Les Magistrats de
tous les lieux qu'il avisitez,
l'ontaussi complimenté, &
les Gouverneurs des Provinces
&des Places que je viens
de vous nommer,& M les
Jntendans la Grange ôc la
Goupiliere ont fait tout ce
qu'ils ont pu pour le bien reé
galer; mais ce Ministre toûjours
agissant n'avoîtqu'à
peine le temps de voir les Repas
qu'on luy preparoit par
tout. Jamais on n'a fait tant
de chemin) ny vu tant de
Villes
,
de Remparts, & de
Troupes, en si peu de temps
Lors qu'on sert ainsi fou
Prince,on le fait servirde
mesme
; & quand les desseins
du Souverain font grands, on
ne voit rien qui ne sente le
prodige. Mr de Louvois dîna
le 20. à Luxembourg,où Sa
Majesté arriva l'aprésdinée.
Je vous ay fait un détail de
tout ce qui s'y est passé,&
vous ay dit que le Roy alla
le 26. dîner à Cheranc. Ce
Prince coucha à Longvvy,cù
• aprésavoir vu faire l'exercice
aux Cadets dans la Place d'armes
, il en choisit quatrevingt,
pour les mettre en diversCorpsenqualitéde
Sousl^
ieurenans, comme jevons
l'aydéja marqué. La Cour
alla dîüer le 27.à Pierre- Pànt.
Sa Majesté montaà cheval
l'apresdinée
, & arriva te soir
àEtain -en prenant le diver-^
tissement de la Chasse. Sa Ma>-
jesté y fut receuë par Mr de
Verdun. Elle entendit la
Messe le 1$. à la ParoiiTe,Se
fit de grandes liberalitez au
Curé5 & aux Capucins qui
sont établis en ce lieu-là,quoy
qu'Elleleur en eust déja fait
en y passant la premiere fois.
Elle dîna le mesme jour à
Verdun chez M" 1tveique,
à quiElleavoit donnéordre'
le jourprécedent pour 'lC{
âaiur qui fut chanté en
Musique sur les six heures dtV
soir. Toute la Cour y am,
ffcaravec une devotion qvd
répondoit à la pieté du Roy.
Le lendémain 29jour du,
S. Sacrement ,
la pluspart dM
Dames qui avoient accompagné
ce Prince , firent leurs
devotions, ce qui parut fort
édifiant. Le temps estant extremement
pluvieux, on ordonna
que la Procession se
seroit feulement jusques à
l'EglisedesJesuites, & qu'elle
reviendroitaussi-tost dans Ii
Cathedrale. La Procession
commença par les Paroisses
de la Ville, suivies des Mandians,
& autres Religieux.Le
Clergé estoit en fort grand
Nombre, accompagne des
Gardes de la Prevosté
,
des
Cent-Suisses de la Garde, ôc
des Gardes du Corps,qui marchoient
sur deux lignesa coté
de la Procession. Messieurs
les Princes du Sang estoient
immédiatement après leDais.
Monseigneur le Dauphin pa..
roissoit ensuite ; deux Huisfiers
portantdesMasses precedoient
le Roy, qui avoit auprésde
luy lePere de laChaise,
& fesAumôniers.Les Princesses
marchoient aprés, suivies
des Dames les plus distinguées,&
ces Dames l'estoient
d'ungrande nombre de Seigneurs
, & d'Officiers de la
Maison du Roy. Le Presidial
deVerdun marchoitenCorps,
Se MP de Ville suivoient le
Presidial.Aprés cette longue
file quiétoiten fort bonordre,
venoit une foule de peuple
innombrable, sans compter
ce qui se trouvoit encore dans
la Ville. Presque toute laLorraine
s'y estoit renduë,&on
en voyoit jusque sur les toits.
On s'arresta à deux Reposoirs,&
la grande Messe fut cclebrée
par Mr l'Evesque de
Verdun. Le Roy, & toute la
Cour occupoient la droite
des hautes Chaises. LesChanoines
estoient à la gauche,
& la Musique au milieu du
-Choeur; elle s'acquita assez
bien de tout ce qu'elle chanta.
Sa Majesté alla à l'Offrande,
& aprés la Messe Elle eut
à peine le temps de dîner *
pour retourner au mesme
lieu, oùla Cour entendit Vespres.
MdeVerdunofficia encore.
Au sortir de cette Eglise,
le Roy se promena autour
de la Citadelle
)
&: alla
voir les Ecluses, qui sont presentement
achevées, & dont
on se doit servit pour empêi
cher qu'on n'approche de la
Ville du costé où elles sont.
Mr deLouvois alla jufclu-aa
lieu où les eaux remontent.
Plusieurs Particuliers ayant
eu leurs beritages endommagez,
ont esté remboursez par
la bonté de Sa Majesté
, quoy
que cet ouvrage foit pour la
défense de leur Patrie.
Le 30.le Roy entendit encore
laMessedans la Cathedrale,&
Mrde Verdun luy
presenta de l'Eau-benite.Ce
Prince eut la bonté de faire
une remontrance au Chapi
tre,) pour l'exhorter de bien
vivre avec son Eve[quc) &
comme il sçavoit que les Chanoines
estoient en possession
depuis un fort grand nombre
d'années
?
d'estre debout pendant
l'Elevation, il leur deT
manda qu'en sa consideration
ilssissent une Ordonnance
pour abolir cetusage, à quoy
ils ne s'opposerent pas. La
Musique chanta un Motet sur
le rétablissement de la santé
de ce Prince, & receut en
mesme temps des marques de
sa libéralité, Toute la Cour
alla ce mesme jour dîner à.
Brabant, & arriva un peu
tard à Sainte-Menehout. M1
l'Evesque de Châlons s'y
trouva avec quelques Ecclesiastiques
qu'il y avoit ame.
nez. Mr le Duc de Noailles
ayant de son costé amené de
LuxembourgMr de Ville, &
prisà Verdun des Musicièns,
qui se joignirent à d'autres
qu'il avoit fait venir de Châlons,
le Salut fut chanté en
Musique aux Capucins sur
les septheures du soir. M de
Châlonsy donna la benediction
du S. Sacrement. Les
Capucins furent extrêmement
édifiez de voir que la
Cour, à l'exemple de son Souverain
faisoit paroistre une
grande pieté. Ils connurent
encore celle de ce Prince, par
les presens qu'il leur fit le
lendemain en partant, quoy
qu'ils en eussent déja receu
lors qu'il estoit paffé à Sainte-
Menehout, pour se rendre à
Luxembourg.
Le 31. le Cour dîna à Cense
de Bellay & allaà Châlons,
où elle trouva un nombre mfïny
depeuple qui s'y eftoic
assemblé
; croyant qu'elle y
passeroitla Feste de Dieu, cqui
seroit arrivé, si la maladie
de Monsieurle Comte de
Toulouse n'eust point rompu
les mesures que l'onavoit prises.
Le Salut fut chanté par
la Musique avec beaucoup de
iolemnité?M1deChâlonsef-
-tantà lateste desonChapi-
"tre. L'Eglise,& les ruës es-
Iaient si remplies
, qu'on
croyoit estre au milieu du
Peuple de Paris. Un nombre
infiny de routes sortes de gens
qui cherchoient à voir le
Roy, occupoit le Jare , &
Tonassure -qu'il n'y en avoit
jamais tanteu.
Ii
Le premier Juin, le Roy
dîna à Bierge, & coucha à
Vertus. Il y entendit le Salut
à la Paroisse, où il y eut une
Musique tres-agreable
,
soutenue
desHautbois des Mousquetaires.
M de Châlons y
officia,assistiéde M de Luzanfy
& de Lerry? qui ont des
Abbayes en ce lieu.
Lei. on partit de Vertus
à dix heures
du
matin, après
avoir entendu la Messe, pendant
laquelle la Musique continua
de chanter des Motets
de M1r du Mont. On ne sçauroit
trop admirer le zele&
l'activitéde Mrde Noailles,
pour le service de Dieu & du
Roy.M deChâlons aofficié
pendant l'Octave du S. Sacrement
, par tout où Sa Majesté
a esté dans son Diocese,
& il s'est par tout trouvé de
la Musique, par les soins de
M le Duc de Noailles son
frere. La Cour alla de Vertus
dîner à Etoge. C'estunlieu
toutremply d'agrémt.Lebastimentenest
beau,les Jardins
en sont charmans
, & l'abondance
des eaux y donne tous
les plaisirs que l'on en peut
recevoir. Ce lieu appartient
à Mr le Marquis d'Anglure,
& sert de retraite à deux freres
& à une soeur, qui par
leur mérité sefont fait une reputation
qui s'estrepandüe
bien avant dans le Monde. La
vertuest leur passion, la charité
fait leur employ, & leur
pieté est exemplaire. Le Roy
leuravoit fait dire qu'il difneroit
chez eux sans les embarasser,&
quoy qu'il n'euisent
pas l'avantage de donner
à mangeràSa Majesté,ny par
consequent l'honneur de la
servir,leur magnificence ne
JailTa pas de paroistre i la maniere
dont ils traiterent toute
la Cour. L'abondance fut
si grande aux tables qu'ils
firent servir
, que celle du
Chambellan ne tint point,
Monsieur le Prince qui mange
ordinairement à cette table
, ayant fait l'honneur à
cesillultres Solitaires de manger
àcelle qu'ils luyavoient
fait préparer. Le Roy inftruit
de leur vertu voulut sçavoir
le détail de leur vie dans
une solitude si peu commune
à des personnes de cette
qualité. Ce Prince apprit que
lesFreres faisoient le plaisir
- - de
de la Soeur, & la Soeur celuy
des Freres? que leurs heures
font reglées pour leurs exercices
ordinaires qui estoient
toujours égaux, sur tout la
Messe
,
les prieres frequentes,
& la visite des Pauvres. Un
fils de l'aisné qui n'a pas encore
cinq ans, eut l'honneur
de manger avec le Roy. Pendant
queSa Majestéfaisoit
son plaifirde s'entretenir de la
pieté de ses hostes,onluy apprit
que Madame la Princesse
deConty avoit un malde teste
& unedouleur de gorgequi
faisoient craindre que cette
Princesse ne fût bientost attaquée
du mesmemal qûeTilc
le Comte de Thoulouze avoit
essuyé à Luxembourg.
Le Roy ordonna qu'on
fïftauffitoft partir pourMo zmirel,
& se prepara a quitter
1-oge pour ta suivre.Il ne faut
pas que j'oublie à dire qu'il ya
une galerie dans ce Chasteau
qui plut beaucoup à Sa Majesté,
& qui auroit fait plus
long-temps le plaisir de toute
la Cour? si elle n'avoit point
esté pressée de partir. Elle
contient les Portraits- de tous
les grands hommes qui ont
paru en Europe depuis environun
Siècle, &; les Portraits
de ceux qui ont vescu
çlaAs, lemesme temps,-sont
pppofez les uns aux autres,
comme pour en faire des
paralelles; leurs principales
actions& leurs alliances font
marquées au bas. Cette Galerie
est plus curieuseque
magnifique, & l'on y voit
regner une simplicité debon
goust
, qui attire plus de
loüanges à ceux à qui appartient
cette maison, qu'une
magnificence mal entendüe..
-
Le Roy ayant quitté un lieu
jS delicieux
,
arriva de bonne
heure à Montmirel. Mr de
Louvois, comme Seigneur du
lieu, receut Sa Majesté à la
descente de son carosse. Ce
qu'on avoit soupçonné du
mal de Madame la Princesse
de Conty? arriva.Les rougeurs
parurent?&elle fut faignée
le lendemain au matin.
Sarougeolle estoit tres forse?
mais les Medecins dirent
qu'ellen'estoit pas dangereuse.
On Iaifïa aupres de
cette Princesse MrPetit,Pr-emier
Medecin de Monseigneur,&
Mr DodartsonMedecin,
avec MrPoisson, Apotiquaire
du Roy. Comme
ce Voyage approchoit de sa
-fin, la
-
Cour commença à défiler,
& M[ le Prince de
Conty partit pour Paris. On
dit ce jour-là des Messes
tout le matin, & à sept
heures du soir il y eut Salut.
LePrieur Curé, qui est un
Religieux de S. Jean de Soissons
,
fit la céremonie.Le
- 4. Monseigneurle Dauphin
ayant
beaucoup d'impatience
de - revoir Madame la
Dauphine, receut de Sa Majesté
la liberté de partir. Ce
Prince
-
arriva le soir mesme
à Versailles. Plusieurs personnes
quitterent la Cour cC;
jour-là. Les Prieres se firent
comme le jour precedent;on
fut fort en doute si on partÍroÍr,
on reeeut des ordres
pour le depart, & ces ordres
furenr révoquez. Le jour de
FOccave du S. Sacrement,le
Roy ayant sceu à quatreheures
& demie du matin l'estac
--de la maladie de Madame la
Princesse de Conty
?
Ordonna
à Mr de Louvois de faire
partir les Officiers, & cependant
cc Prince , quine songe
pas moins a
-
remplir les aevoirsdeChrestien,
que ceux
de Roy, demanda au Pere de
la Chaise
,
s'il estoit Feste dar s
le Diocese de Soissons,& s'il y
avoit obligation pour ses Officiers
d'entendre la Messe, &
pour luy
3
d'assister à la Procession.
Le Pere de la Chaise
luy repondit, qu'il estoit obligé
d'entendre la Messe
) &
non d'aller à la Procession
mais que cependant il feroit
mieux que Sa Majesté rendist
ce devoir aux ordres de l'Egli[
e,quia étably la Procession
de l'Octave. Il n'en falut
pas davantage pour faire
ordonner qu'on cLft coniti-*
nuellement des Messes, ôc
quoy que les Cloches qui
font fort grosses, fussent
près de la Chambre du Roy,
parce que l'Eglise est dans
le Chasteau, ce PrinceVOUrllut
qu'on les sonnast toutes.
Il entendità huit heures
& demie une Messe,dite par
un Chapelain de quartier.
Cependant le Prieur accom*
pagné d'un Diacre,d'un Sous-
Diacre
,
de trois Enfans de
Choeur, dehuit choristes, &
de huit Chapiers tirez de la
Chapelle du Roy, se preparoit
dans la Sacristie. La Procession
commençasur les neuf
heures; on dit ensuite la
grand' Messe,& le Roy partit
pour aller dîner à Vieu-
Maison,quiappartient à Mr
Jacquier. Monsieur le Prince
quitta la Cour, pour se rendre
à Paris. On coucha ce jourlà
à la Ferté sur Joüare dans
le Diocese de Meaux.M l'Evesque
de Meaux s'y trouva
avec quelques Abbez, & ses
Aumôniers.Onchanta le Salut
en plein Chant à la Paroisse
, & la bénédiction y fut
donnée parcePrelat. Sa Majesté,
qu'une marche continuelle
n'a détournéed'aucune
des fonctions de piet
» dont Elle s'acquite avec in
zele si édifiant, termina ce
cette forte tOétave du S.
Sacrement. On dîna à Monceaux.
Mr de Gesvres, comme
Gouverneur du lieu >^vo-t
fait au Roy pendantledîner
un present defruits,de fleurs
& de Gibier, d'une rh-iiierç
tout-à-fait galante. On traversa
Meaux iar,fulr, , &
on alla coucher à Caye. Le
lendemain, Monseigneur entendit
la Messeà Versaillesà
six heuresdumatin,&priten
suite la Poste pour se rendre
à Livry
3
où l'on attendoit le
Roy. Il estoit accompagne
de Monsieur le Prince de
Conty, de Monsieur de
Vendosme 5Se.de plusieurs
Seigneurs de la Cour. Ils
y arriverent sur les dix
heures & demie. Monseigneur
changea d'habit, & aprés
avoir pris quelques
- rafraifchissemens,
ilalla au devant
de Sa Majesté, quiarriva
sur les onze heures & demie.
Le Chasteau de Livry est
depuis long - temps dans la
Maison de MrSanguin, Sa
situation est charmante
, &
dans le voisinage d'une Forest
tres-agreable,& tres- propre
pour la Chasse. On voit un
beau Jet d'eau dans le milieu
de la court. Le grand corps
de Logisest terminé de chaque
costé par un Pavillon,
dont l'un fait face au Jardin,
& à l'Orangerie. Le Parc qui
est au bout, répond sur le
grand chemin. Le Roy descendit
de Carosse à la grille
de ce Parc. Monseigneur l'y
receut accompagné des Princes
qui l'avoient suivy. Madame
Sanguin) Mcre de Mr
le Marquis de Livry. Mr l'Evesque
de Senlis Madame de
Livry, & quelques autres personnes
de la Famille, reeeurent
Sa Majesté à la porte du
Jard in. Elle les faliiaj& leur
parla avec cet air doux &majestueux
qui luygagne tous
les coeurs. On servit le dîné à
midydansl'anti-chambre du
Roy. Elleestoit richement
meublée, & tenduë. des belles
Tapisseries
,
dont le feu
Roy d'Angleterre fit present
à M de Bordeaux, Pere de
Madame Sanguin, lors qu'il
estoit AmbaOEadeurauprés de
ce Prince. Le Buffct estoit
dressé dans une Salle qui joint
l'antichambre. On ne peut
rien ajoutera la propreté,&
au bon ordre que Madame
Sanguin avoit mis par tout.
Les Appartenons estoientornezavecun
agrément admirable,
& que l'on remarque
dans tout ce qu'elle fait. Mr
l'Evesque-de Sentis &M de
Livry sirent les honneurs;
mais ce dernier ne laissa pas
d'exercer sa Charge de premier
Maistred'Hostel. On
servitenpoisson avec autant
d'ordre qu'il yeut de delicaft{
fe & d'abondance. Monseigneurmangea
avec le Roy.
Les Dames qui eurent l'honneur
d'estre àla Table de Sa
Majcfté> furent, Madame la
Duchesse, Madame d' Armar.
gnac, Madame de Maintenon,
Madame de GramoRÇ*
Madame Sanguin, Madame
de Livry, &: Mademoiselle
de Sourdis,qui ayant esté
élevée chez Madame Sanguin,
ne la quitte point de-
-
puis long-temps. Les Princes
quiavoient suivy Monseigneur,
furent servis à une
autre Table. Celle du Grand
Maistre fut servie après le
dîné du Roy. Sa Majesté se
retira dens sa chambre au
sortir de Table. Elle y demeura
quelque temps,& partit
ensuite
,
après avoir fait
de grandes honnestetez à Madame
Sanguin,à M deSenlis,
& à Madame de Livry
)
& leur avoir dit, qu'Elle
n'avoit point esté si bien traitée
dans tout le Voyage.
Quoy que toute la Famille ait
part à l'honneur de cette Feste,
on peut dire que Madame
Sanguin s'est attiré beaucoup
de louanges , & d'estime,&
qu'elle a réussi dans
:.tour ce que la Cour attendoit
d'elle. Ce n'est pas d'aujourd'huy
que la Famille de Bordeaux
s'estdistinguée dans
toutes les choies qui ont regardé
leRoyCePrince donna
ce jour-là à Mr deMassigny,
l'un de ses Ecuyers,cinq cens
écus de pension. Cette grace qui n'avoit point esté demandée,
tomba sur un Sujet
d'autant plus estimé de toute
la Cour, qu'on luy a toûjours
remarqué un grand attachement
pour la personne
de son Prince. Le Roypassa
l'aprésdînée dé fort bbnéfe
heure par Paris, au bruit des
acclamations du Peuple, &
se rendit à Versailles
)'
ou
Monsieur & Madamel'attendoient.
Sa Majesté trouva
en y arrivant un nombre
infiny de personnes de la première
qualite, qui s' y étoient
rendues pour la salüer à la
descente deson Carosse. Plufleurs
Conseillersd'Estat?
ôc Maistres des Requestes,
eurent aussi cet honneur.
Elle montaaussi-tost à 1Appartement
de Madame la
Dauphine, pour voir certç
Princesse, & se promena
ensuite à pied pendant quatre
heures dans les Jardins
deVerailles.Ellevisita tous
les Ouvrages nouveaux qu'on
y avoit faits pendant sen
absence
,
&vitunfort grand
nombre d'Orangersquc'?Elle
avoit donné ordre de placer
dans l'Orangerie, du nom- bre desquels estoit l'Oranger
nomméleBourbon
,
qu'on dit
avoirenviron cinq cens ans.
Une si longue promenade à
pied au-retour d'un Voyage,
donna beaucoup de joye à
toutela Cour, parcequ'elle
estoit une marque de la parfaite
santé du Roy. Le 8. M"
le Cardinal Nonce, les Ambassadeurs
, les Ministres des
Princes Souverains qui sont
icy , & la pluspart des Chefs
des Compagnies superieures,
se trouvèrent au lever de Sa
Majesté, & luy firent compliment
sur son heureux retour.
Jamais ce Prince nes'étoit
mieux porte, & n'avoit
paru de meilleuremine, quoy
que pendant le cours du
Voyage, il se fust toujours
exposé à la poussieres dont il
auroit pû se garantir, si sa
bonté ne l'eust porté à vouloir
satisfaire à l'empressement
que les Peuples de la
Campagne avoient de le voir,
sur tout après une maladie
quiavoit fait paroistre l'excès
de leur amour pour ce Prince.
Le jour iuivancJa foule
continua à son lever &: cc
Prince voyant sa santé parfaitement
rétablie) puifquc
les fatigues d'un long Voyage
ne l'avoient pu alterer ) recompensa
en grand Roy,ceux
à qui, après Dieu & les voeux
de ses Sujets, il en estoit redevable.
Il donna cent mille
francs à Mr Daquin son
premier Medecin
3 quatrevingt-
mille à M Fagon, premier
Medecin de la seuë
Reyne, en qui il a beaucoup
de confiance, & dont la reputation
est solidement établie,
&: cinquante mille écus
à MrFélix, son premier Chirurgien.
Quelque temps auparavant
, Sa Majesté avoit
donné une somme considerable
à M Bessiere, qui pane
pour le plus fameux Chirurgien
de Paris, & qui avoit
esté consulté dans le temps
du mej du Roy. Voilà de
grandes recompenses , mais
qu'auroiton pu moins. faire
pour des personnes ÎL qui la
francs estsi redevable) &- à
quil'Europedoitlafuite de
1a tranquillité dont elle
jouit ?
Le Roy après son retour
donna un magnifique repas
atou-tes-lesDamesquiavoient
esté du Voyage
Jpendant
lequel
les soins de Sa Majesté
leur ont épargné beaucoup
de fatigue, les divertissemens
s'esxant mesme trouvez par
coût ainsi qu'à Versailles;
mais quandily auroit eu des
peines à essuyer pour cc qui
s'appelle la Cour,leplaisir de
voir quelquefois le Itoy sans
estreaccomrpagoné de la foule qui l'environne toûjours à
Versailles
)
& d'avoir le bonheur
de luy parler plus facilement
lour des choses qu'on
ne pourroit trop payer,Jamais
Prince n'ayant paru si
charmant que ce Monarque,
lors qu'il veut bien avoir la
bonté de se dépoüiller de sa
grandeur, il ne se montre
point dans ces momens,qu'il
ne gagne autant de coeurs
qu'il s'attire d'admirateurs
par
~par les grandes actions. Mr
e Comte de Tolouse arriva
e 8. à Versailles
, & Madame
a Princesse de Conty le 11.
'un & l'autre dans une par-
:11tc faute
> ce qui donna
beaucoup de joye à toute la
Cour,dont ils font lecharme
, & deux des principaux
ornemens.
FI N.
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Résumé : JOURNAL DU VOYAGE DE SA MAJESTÉ A LUXEMBOURG.
Le roi entreprit un voyage à Luxembourg pour inspecter la place forte, suscitant des inquiétudes en Europe. Il assura qu'il n'avait pas l'intention de rompre la paix et ordonna à son ministre, le Marquis de Croissy Colbert, d'écrire au Cardinal Ranuzzi pour rassurer les États voisins et l'Empereur. La lettre, datée du 4 avril, expliquait que le voyage était motivé par la curiosité du roi et qu'il serait de retour dans trois semaines. Le roi voyagea à petites journées, accompagné de quelques membres de la cour et de ses fils, les Ducs du Maine et de Toulouse, avec une sécurité assurée par les Gardes du Corps, les Mousquetaires et l'Infanterie. Le départ du roi de Versailles fut marqué par la présence de ministres étrangers et de personnalités distinguées. Le voyage, initialement prévu pour le 2 mai, fut reporté au 10 mai en raison de la rougeole de la Duchesse. Le roi quitta Versailles après la messe, accompagné d'une partie des troupes et de personnes de distinction. À Paris, le peuple acclama le roi, qui passa par la Place des Victoires et examina la statue dorée à son effigie. Il traversa ensuite les rues de Paris, où il fut acclamé, et se rendit au village de Bondy. Il dîna avec plusieurs dames de la cour et tint conseil à Claye. La cour se déplaça ensuite à Monceaux, puis à Montmirel en raison du mauvais temps. Le roi visita plusieurs villes, dont Châlons et Verdun, où il fut reçu par les autorités locales et participa à des cérémonies religieuses. Le texte mentionne également plusieurs décès, dont ceux de Mademoiselle de Simiane et de l'Évêque d'Amiens. Le roi inspecta les fortifications de Verdun et des régiments, exprimant sa satisfaction envers le marquis de Vaubecour, gouverneur de Châlons. Il visita également Estain et Longwy, une place forte récemment construite pour faciliter la prise de Luxembourg. À Longwy, il inspecta des troupes et des fortifications, exprimant sa satisfaction quant à leur état et leur discipline. Le roi entreprit des travaux de fortification dans plusieurs villes, notamment à l'extrémité du plan de lapins, où une source fournira de l'eau à la ville. Les fortifications incluent des bastions et des redoutes pour défendre le passage de la rivière. Les travaux avancent rapidement avec sept bataillons et d'autres troupes, suscitant l'étonnement et l'admiration. Le roi compare ses efforts à ceux des Chinois avec leur muraille, soulignant que la France est protégée par deux rangs de places fortes construites selon sa volonté. Louvois, ministre du roi, inspecta plusieurs places fortes telles que Sarrelouis, Thionville et Luxembourg, et trouva les troupes et les fortifications en excellent état. Il reçut des compliments de divers magistrats et gouverneurs. Le roi et sa cour participèrent à des cérémonies religieuses à Verdun et Sainte-Menehould, où ils assistèrent à des messes, des processions et des saluts chantés en musique. Le roi fit preuve de générosité envers les curés, les capucins et les musiciens. Le roi visita Étoges, admirant la vertu et la piété des habitants. Informé de la maladie de la princesse de Conti, il ordonna son transfert à Montmirail. Le texte mentionne également la galerie du château d'Étoges, contenant les portraits de grands hommes européens, et la simplicité de bon goût qui y règne. Le roi quitta Étoges pour Montmirail, où la princesse de Conti était alitée en raison de sa maladie. Le texte relate ensuite les derniers jours du voyage royal et le retour du roi à Versailles. La cour commença à quitter le lieu de séjour, et plusieurs messes furent célébrées. Le Dauphin partit rejoindre la Dauphine à Versailles. Le roi, informé de la maladie de la princesse de Conti, ordonna la préparation de messes et d'une procession. Le roi et sa suite continuèrent leur voyage, s'arrêtant à divers endroits comme Vieu-Maison et Caye, où ils furent accueillis par des dignitaires locaux. Ils arrivèrent finalement au château de Livry, où le roi fut reçu par la famille Sanguin. Un dîner somptueux fut servi, et le roi exprima sa satisfaction. Le roi passa l'après-midi à Paris avant de retourner à Versailles, où il fut accueilli par de nombreuses personnalités. Il visita les jardins et les nouvelles constructions du palais. À son retour, le roi récompensa ses médecins et chirurgiens pour leurs soins et organisa un repas en l'honneur des dames ayant participé au voyage. Le comte de Toulouse et la princesse de Conti rejoignirent la cour, apportant de la joie à l'ensemble des courtisans.
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32
p. 108-114
Morts. [titre d'après la table]
Début :
Nous avons perdu sur la fin du dernier mois quelques [...]
Mots clefs :
Conseiller, Parlement, Paris, Chambre, Secrétaire, Président, Balthazar Phélypeaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
Nous avons perdu sur la
fin du dernier mois quelques
Personnes considerables,dont
voicy les noms.
Messire François Gatien.)
receu le 13. Juillet 1685. Conseiller
au Parlement de Paris,
en la feconde Chambre des
Requestes du Palais. Il avoic
esté auparavant Conseiller au
Chastelet.
Messire Louis Rose de
Coye, Secretaire du Cabinet
du Roy, & Conseiller au
Parlement de Mets. lialaisse
des Enfans de Dame de
IluLFilie de Messire Louis
deBailleul, Marquis de Chasteau-
Gontierj & President au
Mortier au Parlement de Paris,
& petite-Fille de Messire
Nicolas de Bailleul
)
aussi President
au Mortier dans le même
Parlement, & Surintendant
des Finances de France.
M. de Coyeestoit Fils de
MessireToussaintRose
,
President
en la Chambre des
Comptes de Paris, & Secrétaire
du Cabinet du Roy.
Ceil: un homme d'un merite
tres distingué; vous sçavez
qu'il est de l'Academie Françoise.
Dame Madeleine Danguechin.
Elle estoitVeuve de
Messire Paul Hay, Marquis
du Chatelet, Conseiller d'Etat
ordinaire
,
qui elloit de
l'Academie Françoise,& d'une
ancienneFamille de Bcetagne.
La Famille des £)a£Lguea
chin a donné divers Officiers
auParlement & plusieurs
Procureurs Generaux à la
Cour des Aides -de Paris3 &
gorte d'argent à trois testes de
Corbeaux, de fable.. •**
MessireBaltazar Phelypèaux
cTH-rbault. Il estoit AumônierduRoy,
AbbédeBourgmoyen
de Blois, & de Saint
Laurent lez Cone, & Fils de
MelEre Baltazar PhelIpeux,
Sieur d'Herbault >mort Confciller-
d'Estac> & de Dame
Marielc Feron,Fille de Raoul
leFeton? Maistredes Comptes,
&deRenée Hennequin.
Son Ayeulestoit Remond
Phelypeaux" S' d'Herbault &
de la Vrilliere, Secretaire
d'Etat, & son A yeule, Claude
Gobelin, Fille deBaltazar
Gobelin, President en la
Chambre des Comptes. Il y
a eu plusieurs Secrétaires d'Etat
de ce nom qui ont trèsfidellement
servy nos Rois,
& se font rendus considerables
par leur merite particulier
, qu'ils ont fait paroistre
en diversesNégociations impl'aovrtaannttaegse)
où *ils ont réfussîà
de cette CouronJile.
Mr l'Abbéd'Herbault
quivient de mourir, estoit
Neveu de feu Messire Louïs
Phelypeaux de la Vrilliere,
Secretaire d'Etat, PeredeMr
deChateauneuf
, digne Succdlèur
de cette Charge. Il
laisseun Frere, Messire François
Phelypeaux, , St d'Herbaulet
Conseiller honoraire
en la Grand Chambre du
Parlement de Paris, dont la
Jïille Marie-AnnePhelypeaux
est morte peu de jours après
[sonOOnnccl-lee.. pPheellypeeaauuxx portrte
JcArtelé auI. 4--aurfcmê
de aiAJLtre feuilles d'argent ail
franc d'Hermines, au 2. & 3.
d'argent à trois lezards de Sinople.
Ils sont alliez aux de Rochechoüart,
deTonnecharante,
du Bléd'Uxelles
,
de
Buade-de Palluau-de Frontenac?
Crevant- d'Humieres,
Garrault, de Beau- harnois-de
Miramion, le Feron, Henncquin,
Loisel, Mangot-de-Villarceau,
Talon
,
Bignon,Habert-
de-Montmort
,
Gobelin,
de Raconis, de Neufville-
Bury
,
de Fourcy, Particelly-
d'Hemery
,
de Hodicqde-
Marly, de Ville bois) &
autres.
fin du dernier mois quelques
Personnes considerables,dont
voicy les noms.
Messire François Gatien.)
receu le 13. Juillet 1685. Conseiller
au Parlement de Paris,
en la feconde Chambre des
Requestes du Palais. Il avoic
esté auparavant Conseiller au
Chastelet.
Messire Louis Rose de
Coye, Secretaire du Cabinet
du Roy, & Conseiller au
Parlement de Mets. lialaisse
des Enfans de Dame de
IluLFilie de Messire Louis
deBailleul, Marquis de Chasteau-
Gontierj & President au
Mortier au Parlement de Paris,
& petite-Fille de Messire
Nicolas de Bailleul
)
aussi President
au Mortier dans le même
Parlement, & Surintendant
des Finances de France.
M. de Coyeestoit Fils de
MessireToussaintRose
,
President
en la Chambre des
Comptes de Paris, & Secrétaire
du Cabinet du Roy.
Ceil: un homme d'un merite
tres distingué; vous sçavez
qu'il est de l'Academie Françoise.
Dame Madeleine Danguechin.
Elle estoitVeuve de
Messire Paul Hay, Marquis
du Chatelet, Conseiller d'Etat
ordinaire
,
qui elloit de
l'Academie Françoise,& d'une
ancienneFamille de Bcetagne.
La Famille des £)a£Lguea
chin a donné divers Officiers
auParlement & plusieurs
Procureurs Generaux à la
Cour des Aides -de Paris3 &
gorte d'argent à trois testes de
Corbeaux, de fable.. •**
MessireBaltazar Phelypèaux
cTH-rbault. Il estoit AumônierduRoy,
AbbédeBourgmoyen
de Blois, & de Saint
Laurent lez Cone, & Fils de
MelEre Baltazar PhelIpeux,
Sieur d'Herbault >mort Confciller-
d'Estac> & de Dame
Marielc Feron,Fille de Raoul
leFeton? Maistredes Comptes,
&deRenée Hennequin.
Son Ayeulestoit Remond
Phelypeaux" S' d'Herbault &
de la Vrilliere, Secretaire
d'Etat, & son A yeule, Claude
Gobelin, Fille deBaltazar
Gobelin, President en la
Chambre des Comptes. Il y
a eu plusieurs Secrétaires d'Etat
de ce nom qui ont trèsfidellement
servy nos Rois,
& se font rendus considerables
par leur merite particulier
, qu'ils ont fait paroistre
en diversesNégociations impl'aovrtaannttaegse)
où *ils ont réfussîà
de cette CouronJile.
Mr l'Abbéd'Herbault
quivient de mourir, estoit
Neveu de feu Messire Louïs
Phelypeaux de la Vrilliere,
Secretaire d'Etat, PeredeMr
deChateauneuf
, digne Succdlèur
de cette Charge. Il
laisseun Frere, Messire François
Phelypeaux, , St d'Herbaulet
Conseiller honoraire
en la Grand Chambre du
Parlement de Paris, dont la
Jïille Marie-AnnePhelypeaux
est morte peu de jours après
[sonOOnnccl-lee.. pPheellypeeaauuxx portrte
JcArtelé auI. 4--aurfcmê
de aiAJLtre feuilles d'argent ail
franc d'Hermines, au 2. & 3.
d'argent à trois lezards de Sinople.
Ils sont alliez aux de Rochechoüart,
deTonnecharante,
du Bléd'Uxelles
,
de
Buade-de Palluau-de Frontenac?
Crevant- d'Humieres,
Garrault, de Beau- harnois-de
Miramion, le Feron, Henncquin,
Loisel, Mangot-de-Villarceau,
Talon
,
Bignon,Habert-
de-Montmort
,
Gobelin,
de Raconis, de Neufville-
Bury
,
de Fourcy, Particelly-
d'Hemery
,
de Hodicqde-
Marly, de Ville bois) &
autres.
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Résumé : Morts. [titre d'après la table]
À la fin du dernier mois, plusieurs personnalités notables sont décédées. Parmi elles, Messire François Gatien, ancien conseiller au Châtelet et conseiller au Parlement de Paris. Messire Louis Rose de Coye, secrétaire du Cabinet du Roi et conseiller au Parlement de Metz, laisse des enfants et une petite-fille de Messire Nicolas de Bailleul, président au Parlement de Paris. Messire Louis Rose de Coye était fils de Messire Toussaint Rose et membre de l'Académie Française. Dame Madeleine Danguechin, veuve de Messire Paul Hay, marquis du Châtelet et conseiller d'État, appartenait à une famille ayant fourni divers officiers au Parlement et procureurs généraux à la Cour des Aides de Paris. Messire Baltazar Phelypeaux d'Herbault, aumônier du Roi et abbé de Bourgmoyen de Blois, était fils de Messire Baltazar Phelypeaux et de Dame Marie Ferron. Sa famille compte plusieurs secrétaires d'État. Il était neveu de Messire Louis Phelypeaux de la Vrilliere et laissait un frère, Messire François Phelypeaux, ainsi que sa fille Marie-Anne Phelypeaux, tous deux récemment décédés.
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33
p. 202-222
Ce qui s'est passé à Saint Victor lors que la Reyne d'Angleterre a esté à cette Abbaye [titre d'après la table]
Début :
La Reine d'Angleterre qui ne fait aucun voyage à Paris [...]
Mots clefs :
Reine d'Angleterre, Marie II, Évêque, Saint Thomas, Abbaye de Saint-Victor, Compliment, Royaume, Paris, Prieur, Vicaire, Mr de Bourges, Innocent XI, Missionnaire apostolique, Siam, Cochinchine, Évêque de Béryte, Évêque de Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ce qui s'est passé à Saint Victor lors que la Reyne d'Angleterre a esté à cette Abbaye [titre d'après la table]
La Reine d'Angleterre qui
ne fait aucun voyage à Pans
que par des morifs de pieté,
s'y rendit le 19. du mois
passé) pour assîster au Salue
dans le Monastere des Dames
Ghanoincfles regulieres Anglosses,
qui s'y faisoit pour
la conclusion des Prieres de
quarante heures, que ces Dames
avoient faites, pour demander
à Dieu la confervatioti
de la personne sacrée du
Roy, & de leurs Majestez
Britanniques, & pour l'heureux
succés de leurs armes.
Cette Princesse qui savoit
que Louis VII. avoir eu autrefois
la generosité de donner
un asile en France à Saint
;Thomas:'- Arc hevesque :d'e
Cantorbery
»
Chancelier &
,,
Primat d' Angleterrey lors
<ju'iJ se réfugia en ce Royaume,
ayant appris que ce saint
,.
Prelar, pendant le sejour qu'il
y avoit fait, avoit choisi sa
demeure parmy les Chanoines
reguliers de l'Abbaye de
Saint Victor, & que dans une
Chapelle dédiée à son honl
•
neuron conservoit leCilice'
dont il estoit revestu lors
qu'il fut assassiné., eut la devotion
d'y venir faire sa priè-
- re. Sa Majestésurreceuë à la
porte de l'Eglise par le Chapitre
des Chanoines reguliers
de cette Abbaye, ayant à
leur teste Mr de Bourges qui
en estPrieur.Voicy le compliment
qu'illuy fit.
MADAME,
La presence de Voflre Majesséinspire
à nos coeurs des sentimens
que nous ne pouvons
exprimer par nos paroles, Permettez
nous, Madame, pour
Cuppleerà ce defaut d'emprunter
celles que le Saint Esprit mit
autrefois dans la bouche du
plus Jage Roy de la terre, pour
faire le Portrait e l'Eloge de
l'Epouse du Souverain Roy du
Ciel, quam pulchn funt greffus
cui
,
Filia Principisi
Grande Reine
3
Princejje incomparable,
que vos démarches
font belles! que tous vos pas
sont dignes de remarquei Je pretenspas,Madame,par ne
pretens pas, Madame-i parcceess
paroles loüer dans VostreMajeflé
cet air de grandeursimajefiueux
£? si nobles qui luy attire le
respect e la vénération de tous
les Peuples.Je craindrois de bIef,
fer la delicatesse de vôtre pieti,
si dans ce Lieu Saint,jemarreftois
à ces fortes d'avantages humains
que vous tirez de voflre
AugufleNaissance. Je parle,
Madame3 de ces démarchés toutes
faintes
? que vous faites
dans le sentier de la rvertu. Nous
voyons avec admiration Voflre
Majesté marcher sur les traces
des plus illustres Saints de son
Royaume. Le grandSaint
Tbomas, Chancelier, & depuis
Primat d'Angleterre, & Arche
vesque de CantorberyJpersecuté
pour la dcfenfe des liberîe% de
l'Eglise, Je retira dans la France
; il y trouva un azile assuré
fous la proteéhon d'un de nos
Rois, & dans leJejour cjuilfit
en cette Ville» il choisit cette
Aiaifon pour le lieu de sa demeure.
Son inclination pour
l'Ordre des Chanoines Reguliers
étakly dans son Eglise de Cantorbery
, & dont il portoit toujours
l'habit fous les ornemens
convenables a sa Dignité3çjsr
plus encore son amour d; son
tele pour la difeiplinereguhere9
> qui jieurijfoit en cette Abbaye
>
nous attirèrent un sidigne Hojle.
ghesinos Peresfurentinstruits
des discours,, t édifiez de la
pieté de ce Saint Prelat, nous
osons dire
,
Madame, qu'il trouva
aujJi dans cette Maison des
exemples capablesdel'édifier. Il
y recueillit, pourainsiparler,
les esprits du fang encore tout
fumant d'un autre Thomas
Prieur de cette Abbaye, & Vicaire
General de l'Evesque de
Paris, qui quelque temps auparavant
avoitsacrifié son sang
&sa viepoursoutenir les droits
de Epouse du Sauveur. La
Providence sans doute l'avoit
conduit dans ce lieu pour l'antmer
par cet exemple à imiter le
souverain Pasteur de nos Ames
qui s'est livré à la mort pour le
salut de son Eglise. Cette Abbaye,
Madame,conserve encore
aujourd'huy comme un gage
pretieux de l'amitié de ce Saint,
l'instrument rigoureux de ses
austeritezsecrettes, cet aspreCilice
qu'il portoit pendant sa ie"
çy dont il fut trouve revejiit
après samort, Permettez-nous,
Madame,definir ce discours par
les paroles qui l'ont commencé.
Grdnde Reine
j que vos démarches
sont belles ! Vous marchez
sur les pas de cet illustre Saint,
de vostre Royaume..
Comme luy, vous venez en
France pour la cause de Dieu3
de la Religion & de l'Eglise;
comme luy
, vous cherchez un
azileà vostre Foy; comme llty
vousy trouvez un Prince Religieux
qui vous reçoit comme un
dignepresentdu Ciel; maisplus
heureuje que luy
, vous y
trouvez un Monarque? qui &-
ant tadmiration de toute la
Terre) devientl*admirateur de
voflre vertu. Comme luy ensisi
Voflre Majefielhonore défitprefence
cetteMaison qui a servy
de.rttraite à ce Saint. Que si
vous y troy : :,,(; ,)
Àitùû"
me>cesvr.:^nscxcwfius àe r:..,er. (,: tuqui c.i;<l'emuj-ii.-nThomasj- sipar n;.u,jeur nous ne pommes
plus que Membre de nos Peres,
du moins,Madame
y
Vojlre
Majefié peut s'affiurer de trouver
dans tous lesjujets qui composentcette
Compagnie autant
de personnesdévouées aux interefis
de sa Couronne, *jje£lion*
nées au service de jes fidelles
Sujetsygelées pour la gloire3 la*
jante
J
la prosperité de sa Perjonnejacrêe,
(£p de touteja FamilleRoyale.
La Reine ayant remerci.
ce Prieur avec son honnefteté
ordinaire) fut conduite au
bruit des cloches & au Ion
de rorgue à un Prie- Dieu
qui luy avoit esté preparé au
milieu du Clioeur, tendu
ainsi que la Nef de riches
Tapisseries. Sa Majesté
; aprés
avoir fait sa Piiere pendant
le Te Deum que les
Chanoines chanterent
,
vie
le Cilice de SaintThomas
de Canrorbery, & plusieurs
autres Reliques; après quoy
elle passi dans la Chapelle
dédiée à ce Saint &
en celle de la Vierge. De
la elle futconduite dans
la fameuseBibliothèque de
cette Abbaye) si célébré par
le nombre & par l'antiquité
de ses Manuscrits } puis elle
passa par les Jardins sur une
(terrasses où fous une arcade
fort richement tapissee, on
jhiy (ervit une collation trespropre.
La Reine en sortant témoignaà
M1 de Bourges qui avoic
toujours eu l'honneur
de Taccompagner) beaucoup
de fatisfachon de la reception
qu'on luy avoit faite. Ce
Prieur,qui cft Docteur en
Théologie de la Facultéde
Paris,ten: proche parent de
M de Bourges) ce fameux
Millionnaire.Apostolique
,
que le Pape Innocent XI.
parce qu'il travaille depuis
vingt cinq ans dans la Cochinchine
& dans le Tonquin
à la conversion des Insidellesa
faitEvesque en l'année1679.
Sa Sainteté luy envoya
ses Bulles aux Indes fous
le titre de l'Evesché d'Auren,
en luy permettant de se faire
sacrer par un Evesque seul &
deux Preftresau lieu d'Evesques)
& s'il ne setrouvoic
pas de Prestres, par un Evefà
que seul. Il revint du fond du
Royaume de Tonquin pour
recevoir la confecracion EpiC.
copale en laVille de Siam).
deux ans après que le Pape eue
fait expedier ses Bulles. Cest
ce MifllonnaireApostolique
qui est l'Auteur de la Relation
du Voyage de Mr lEvesque
de Bcrite, Vicaire Apostolique
du Royaume de
la Cochinchine qui fut imprimée
pourla premiere fois
a, PParis en 1666. & ddé'ddi.é'e a, l
Sa Majesté. Ce fut luy qui
accompagna ce digne Prélat
dans le grand Voyage qu'il
fie parterre pouraller à Siam.
Ils traverserent ensemble la
Turquie l'Arabie deterce, la
Perre) le Mogol
>
les Indes,&
le Royaume deSiam,&arriverent
après plus de deux
mille lieuës de chemin,en la
Chine, & au Royaume de
Tonquin, qui estoit le lieu
de leur Minion. L'Evesque de
Berite renvoya quelques années
après Mr de Bourges en
Europe, pour les affaires qui
la regardoient. Il eut l'hon-
-
neur lors qu'il fut en France,
- d'entretenir le Roy de Ces
VoyagesVoyages-,&
deluy presenter
la Relation qu'il en avoit
faite. Il passa de là à Rome,
où il fut tres bien receu de Sa
Sainteté, & obtint une partie
de ce qu'il Iuy demanda
pour le progrés de la Foy
dans le Royaume de Tonquinj
où ileft retourné pour
y mourir attaché à sonEglise.
- Comme il estparlé dans la
Harangue faite a la Reine
d'Angleterre d'un Thomas,
Religieux de Saint Vîêtor)
donfon fait un paraielle avec
SaintThomas de Cantorbery
,
parce qu'ils ont perdu la vie
l'un & l'autre pour avoir défend
u avec vigueur les libertez
de leurs Eglises, vous ne
ferez pas fachée d'estreéclaircie
de quelques circonstances
de la vie, & de la mort de ce
saint Religieux, qui fut celebre
en son temps. Il estoit
de Paris, & avoit lié une amitié
sott étroite avec Saint Bernard.
On le fit Prieur de
l'Abbaye de saine Victor,&
à cause de son mérité extraordinaire
le fameux Estienne,
Evesque de Paris en ce
temps-là, le choisit pour son
Vicaire General dans l'étenduë
de son Diocese. Il exerça
cette Charge avec un zele
& unevigueur toute Apostolique
, s'estant opposé ,comme
Vicaire, à plusieurs abus,
& sur tout à de certaines
exactions qui se faisoient sur
les Prestres & sur les Curez
par des personnes constituées
en dignité Ecclesiastique.
Cela luy attira une si grande
haine de la part de ceux qui
proficoient de l'argent que raportoient
ces exactions qu'ils
resolurent de l'assassiner. Ils
executerent ce malheureux
dessein à Gournay, proche
l'Abbaye de Chelles, lors
que ce saint Hommeaccompagnoit
Estienne, Evesque de
Paris, comme son Vicaire General,
dans les Vifices de son
Diocese. La rage de ses Ennemis
fut telle qu'ilsl'assassinerent
un jour de Dimanche
entre les bras mesme de
son Evesque, sans aucun réf.
pect
, ny de la sainteté du
jour, ny de la presence de ce
grand Prelat. Cela est marqué
en de si beaux termes
&si precis dans la lettre
que ce mesme Prelat écrivit
au Pape Innocent 11.
sur ce sujet, que je ne puis
m'empescher de les rapporter.
Vir religiosus, Priorsancti
Victoris, Mgister Thomas, in
objequio charitatis
, in itinere
quod indixerat pietas,inopere
sancto, in Dominico die,insinu
meo, & inter manus meas, crudeliter
ab impiis pro justitiâ ex..
cerebratus est. Exitus aquarum
deducite oculi mei, quoniam Jere"",
liquit me virtus mea, & lumen
oculorum meorum & ipsum non
est mecum. Episcopi nomen ego
gerebam
,
ille exercebat opus.
Honorespretoonus totis njiribus
fupportabat. Les Sçavans qui
en voudront sçavoir davantage
peuvent lire cette Lettreentiere
qui estla 159. dans
les Oeuvres de saint Bernard.
Toutes les circonstances de
ce détestable assassinat fs
trouvent dans l'histoire de la
Vie de ce Saint Homme, faite
en Latin parM1 Goureau de
laProutiere,cy devant Prieur
de S. Vlâor, & aujourd'huy
Prieur deVilliers-le-Bel.
ne fait aucun voyage à Pans
que par des morifs de pieté,
s'y rendit le 19. du mois
passé) pour assîster au Salue
dans le Monastere des Dames
Ghanoincfles regulieres Anglosses,
qui s'y faisoit pour
la conclusion des Prieres de
quarante heures, que ces Dames
avoient faites, pour demander
à Dieu la confervatioti
de la personne sacrée du
Roy, & de leurs Majestez
Britanniques, & pour l'heureux
succés de leurs armes.
Cette Princesse qui savoit
que Louis VII. avoir eu autrefois
la generosité de donner
un asile en France à Saint
;Thomas:'- Arc hevesque :d'e
Cantorbery
»
Chancelier &
,,
Primat d' Angleterrey lors
<ju'iJ se réfugia en ce Royaume,
ayant appris que ce saint
,.
Prelar, pendant le sejour qu'il
y avoit fait, avoit choisi sa
demeure parmy les Chanoines
reguliers de l'Abbaye de
Saint Victor, & que dans une
Chapelle dédiée à son honl
•
neuron conservoit leCilice'
dont il estoit revestu lors
qu'il fut assassiné., eut la devotion
d'y venir faire sa priè-
- re. Sa Majestésurreceuë à la
porte de l'Eglise par le Chapitre
des Chanoines reguliers
de cette Abbaye, ayant à
leur teste Mr de Bourges qui
en estPrieur.Voicy le compliment
qu'illuy fit.
MADAME,
La presence de Voflre Majesséinspire
à nos coeurs des sentimens
que nous ne pouvons
exprimer par nos paroles, Permettez
nous, Madame, pour
Cuppleerà ce defaut d'emprunter
celles que le Saint Esprit mit
autrefois dans la bouche du
plus Jage Roy de la terre, pour
faire le Portrait e l'Eloge de
l'Epouse du Souverain Roy du
Ciel, quam pulchn funt greffus
cui
,
Filia Principisi
Grande Reine
3
Princejje incomparable,
que vos démarches
font belles! que tous vos pas
sont dignes de remarquei Je pretenspas,Madame,par ne
pretens pas, Madame-i parcceess
paroles loüer dans VostreMajeflé
cet air de grandeursimajefiueux
£? si nobles qui luy attire le
respect e la vénération de tous
les Peuples.Je craindrois de bIef,
fer la delicatesse de vôtre pieti,
si dans ce Lieu Saint,jemarreftois
à ces fortes d'avantages humains
que vous tirez de voflre
AugufleNaissance. Je parle,
Madame3 de ces démarchés toutes
faintes
? que vous faites
dans le sentier de la rvertu. Nous
voyons avec admiration Voflre
Majesté marcher sur les traces
des plus illustres Saints de son
Royaume. Le grandSaint
Tbomas, Chancelier, & depuis
Primat d'Angleterre, & Arche
vesque de CantorberyJpersecuté
pour la dcfenfe des liberîe% de
l'Eglise, Je retira dans la France
; il y trouva un azile assuré
fous la proteéhon d'un de nos
Rois, & dans leJejour cjuilfit
en cette Ville» il choisit cette
Aiaifon pour le lieu de sa demeure.
Son inclination pour
l'Ordre des Chanoines Reguliers
étakly dans son Eglise de Cantorbery
, & dont il portoit toujours
l'habit fous les ornemens
convenables a sa Dignité3çjsr
plus encore son amour d; son
tele pour la difeiplinereguhere9
> qui jieurijfoit en cette Abbaye
>
nous attirèrent un sidigne Hojle.
ghesinos Peresfurentinstruits
des discours,, t édifiez de la
pieté de ce Saint Prelat, nous
osons dire
,
Madame, qu'il trouva
aujJi dans cette Maison des
exemples capablesdel'édifier. Il
y recueillit, pourainsiparler,
les esprits du fang encore tout
fumant d'un autre Thomas
Prieur de cette Abbaye, & Vicaire
General de l'Evesque de
Paris, qui quelque temps auparavant
avoitsacrifié son sang
&sa viepoursoutenir les droits
de Epouse du Sauveur. La
Providence sans doute l'avoit
conduit dans ce lieu pour l'antmer
par cet exemple à imiter le
souverain Pasteur de nos Ames
qui s'est livré à la mort pour le
salut de son Eglise. Cette Abbaye,
Madame,conserve encore
aujourd'huy comme un gage
pretieux de l'amitié de ce Saint,
l'instrument rigoureux de ses
austeritezsecrettes, cet aspreCilice
qu'il portoit pendant sa ie"
çy dont il fut trouve revejiit
après samort, Permettez-nous,
Madame,definir ce discours par
les paroles qui l'ont commencé.
Grdnde Reine
j que vos démarches
sont belles ! Vous marchez
sur les pas de cet illustre Saint,
de vostre Royaume..
Comme luy, vous venez en
France pour la cause de Dieu3
de la Religion & de l'Eglise;
comme luy
, vous cherchez un
azileà vostre Foy; comme llty
vousy trouvez un Prince Religieux
qui vous reçoit comme un
dignepresentdu Ciel; maisplus
heureuje que luy
, vous y
trouvez un Monarque? qui &-
ant tadmiration de toute la
Terre) devientl*admirateur de
voflre vertu. Comme luy ensisi
Voflre Majefielhonore défitprefence
cetteMaison qui a servy
de.rttraite à ce Saint. Que si
vous y troy : :,,(; ,)
Àitùû"
me>cesvr.:^nscxcwfius àe r:..,er. (,: tuqui c.i;<l'emuj-ii.-nThomasj- sipar n;.u,jeur nous ne pommes
plus que Membre de nos Peres,
du moins,Madame
y
Vojlre
Majefié peut s'affiurer de trouver
dans tous lesjujets qui composentcette
Compagnie autant
de personnesdévouées aux interefis
de sa Couronne, *jje£lion*
nées au service de jes fidelles
Sujetsygelées pour la gloire3 la*
jante
J
la prosperité de sa Perjonnejacrêe,
(£p de touteja FamilleRoyale.
La Reine ayant remerci.
ce Prieur avec son honnefteté
ordinaire) fut conduite au
bruit des cloches & au Ion
de rorgue à un Prie- Dieu
qui luy avoit esté preparé au
milieu du Clioeur, tendu
ainsi que la Nef de riches
Tapisseries. Sa Majesté
; aprés
avoir fait sa Piiere pendant
le Te Deum que les
Chanoines chanterent
,
vie
le Cilice de SaintThomas
de Canrorbery, & plusieurs
autres Reliques; après quoy
elle passi dans la Chapelle
dédiée à ce Saint &
en celle de la Vierge. De
la elle futconduite dans
la fameuseBibliothèque de
cette Abbaye) si célébré par
le nombre & par l'antiquité
de ses Manuscrits } puis elle
passa par les Jardins sur une
(terrasses où fous une arcade
fort richement tapissee, on
jhiy (ervit une collation trespropre.
La Reine en sortant témoignaà
M1 de Bourges qui avoic
toujours eu l'honneur
de Taccompagner) beaucoup
de fatisfachon de la reception
qu'on luy avoit faite. Ce
Prieur,qui cft Docteur en
Théologie de la Facultéde
Paris,ten: proche parent de
M de Bourges) ce fameux
Millionnaire.Apostolique
,
que le Pape Innocent XI.
parce qu'il travaille depuis
vingt cinq ans dans la Cochinchine
& dans le Tonquin
à la conversion des Insidellesa
faitEvesque en l'année1679.
Sa Sainteté luy envoya
ses Bulles aux Indes fous
le titre de l'Evesché d'Auren,
en luy permettant de se faire
sacrer par un Evesque seul &
deux Preftresau lieu d'Evesques)
& s'il ne setrouvoic
pas de Prestres, par un Evefà
que seul. Il revint du fond du
Royaume de Tonquin pour
recevoir la confecracion EpiC.
copale en laVille de Siam).
deux ans après que le Pape eue
fait expedier ses Bulles. Cest
ce MifllonnaireApostolique
qui est l'Auteur de la Relation
du Voyage de Mr lEvesque
de Bcrite, Vicaire Apostolique
du Royaume de
la Cochinchine qui fut imprimée
pourla premiere fois
a, PParis en 1666. & ddé'ddi.é'e a, l
Sa Majesté. Ce fut luy qui
accompagna ce digne Prélat
dans le grand Voyage qu'il
fie parterre pouraller à Siam.
Ils traverserent ensemble la
Turquie l'Arabie deterce, la
Perre) le Mogol
>
les Indes,&
le Royaume deSiam,&arriverent
après plus de deux
mille lieuës de chemin,en la
Chine, & au Royaume de
Tonquin, qui estoit le lieu
de leur Minion. L'Evesque de
Berite renvoya quelques années
après Mr de Bourges en
Europe, pour les affaires qui
la regardoient. Il eut l'hon-
-
neur lors qu'il fut en France,
- d'entretenir le Roy de Ces
VoyagesVoyages-,&
deluy presenter
la Relation qu'il en avoit
faite. Il passa de là à Rome,
où il fut tres bien receu de Sa
Sainteté, & obtint une partie
de ce qu'il Iuy demanda
pour le progrés de la Foy
dans le Royaume de Tonquinj
où ileft retourné pour
y mourir attaché à sonEglise.
- Comme il estparlé dans la
Harangue faite a la Reine
d'Angleterre d'un Thomas,
Religieux de Saint Vîêtor)
donfon fait un paraielle avec
SaintThomas de Cantorbery
,
parce qu'ils ont perdu la vie
l'un & l'autre pour avoir défend
u avec vigueur les libertez
de leurs Eglises, vous ne
ferez pas fachée d'estreéclaircie
de quelques circonstances
de la vie, & de la mort de ce
saint Religieux, qui fut celebre
en son temps. Il estoit
de Paris, & avoit lié une amitié
sott étroite avec Saint Bernard.
On le fit Prieur de
l'Abbaye de saine Victor,&
à cause de son mérité extraordinaire
le fameux Estienne,
Evesque de Paris en ce
temps-là, le choisit pour son
Vicaire General dans l'étenduë
de son Diocese. Il exerça
cette Charge avec un zele
& unevigueur toute Apostolique
, s'estant opposé ,comme
Vicaire, à plusieurs abus,
& sur tout à de certaines
exactions qui se faisoient sur
les Prestres & sur les Curez
par des personnes constituées
en dignité Ecclesiastique.
Cela luy attira une si grande
haine de la part de ceux qui
proficoient de l'argent que raportoient
ces exactions qu'ils
resolurent de l'assassiner. Ils
executerent ce malheureux
dessein à Gournay, proche
l'Abbaye de Chelles, lors
que ce saint Hommeaccompagnoit
Estienne, Evesque de
Paris, comme son Vicaire General,
dans les Vifices de son
Diocese. La rage de ses Ennemis
fut telle qu'ilsl'assassinerent
un jour de Dimanche
entre les bras mesme de
son Evesque, sans aucun réf.
pect
, ny de la sainteté du
jour, ny de la presence de ce
grand Prelat. Cela est marqué
en de si beaux termes
&si precis dans la lettre
que ce mesme Prelat écrivit
au Pape Innocent 11.
sur ce sujet, que je ne puis
m'empescher de les rapporter.
Vir religiosus, Priorsancti
Victoris, Mgister Thomas, in
objequio charitatis
, in itinere
quod indixerat pietas,inopere
sancto, in Dominico die,insinu
meo, & inter manus meas, crudeliter
ab impiis pro justitiâ ex..
cerebratus est. Exitus aquarum
deducite oculi mei, quoniam Jere"",
liquit me virtus mea, & lumen
oculorum meorum & ipsum non
est mecum. Episcopi nomen ego
gerebam
,
ille exercebat opus.
Honorespretoonus totis njiribus
fupportabat. Les Sçavans qui
en voudront sçavoir davantage
peuvent lire cette Lettreentiere
qui estla 159. dans
les Oeuvres de saint Bernard.
Toutes les circonstances de
ce détestable assassinat fs
trouvent dans l'histoire de la
Vie de ce Saint Homme, faite
en Latin parM1 Goureau de
laProutiere,cy devant Prieur
de S. Vlâor, & aujourd'huy
Prieur deVilliers-le-Bel.
Fermer
Résumé : Ce qui s'est passé à Saint Victor lors que la Reyne d'Angleterre a esté à cette Abbaye [titre d'après la table]
La reine d'Angleterre se rendit à Paris le 19 du mois précédent pour participer à une cérémonie de salut au monastère des Dames religieuses anglaises. Cette visite visait à prier pour la protection du roi et des majestés britanniques, ainsi que pour le succès de leurs armées. La reine était familière avec l'histoire de Louis VII, qui avait accordé l'asile en France à Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry et chancelier d'Angleterre, persécuté en Angleterre. Lors de sa visite, la reine fut impressionnée par la piété et la foi des religieuses. Elle apprit également l'histoire de Thomas, prieur de l'abbaye de Saint-Victor et vicaire général de l'évêque de Paris, qui avait été assassiné pour avoir défendu les droits de l'Église. Cet événement lui rappela la générosité de Louis VII et la sainteté de Thomas Becket. Le texte mentionne également un évêque de Berite qui, après des voyages en Inde, Siam, Chine et Tonquin, revint en Europe et partagea ses récits avec le roi de France et le pape. Il retourna ensuite au Tonquin, où il mourut. Le texte décrit en détail la vie et la mort de Thomas, prieur de Saint-Victor, connu pour son zèle apostolique et son opposition aux abus ecclésiastiques. Il fut assassiné par des ennemis qui exploitaient les exactions sur les prêtres et les curés. Cet assassinat eut lieu un dimanche, alors qu'il était entre les bras de son évêque, sans respect pour la sainteté du jour ni pour la présence du prélat.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
34
p. 86-101
REFLEXIONS MORALES DE MADAME DESHOULIERRES Sur l'envie immoderée de faire passer son Nom à la Posterité.
Début :
Vous ne sçauriez voir assez souvent des ouvrages de l'Illustre / La sçavante CHERON par son divin pinçeau [...]
Mots clefs :
Paris, Peinture, Portrait, Postérité, Couleurs, Gloire, Avenir, Durable, Renommée, Illustre, Nature, Arts, Passions, Sophie Chéron
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REFLEXIONS MORALES DE MADAME DESHOULIERRES Sur l'envie immoderée de faire passer son Nom à la Posterité.
Vous nesçauriez voir affez
fouvent des ouvrages de l'Illuftre Madame des Houlieres,
à Mademoiſelle Cheron dont
tout Paris admire l'habileté
pour la Peinture , ayant fait
Ton Portrait depuis quelque
temps , cela luy a donné lieu
de faire des Reflexions que
Vous trouverez dignes d'elle,
&auffi noblement exprimées,.
qu'on le peut attendre de ce
merveilleux genie, qui la rend
l'ornement de fon Sexe & de
fon ficcle.
GALANT. 87
esseses22 52225555
REFLEXIONS MORALES
DE MADAME
DES-HOULIERRES
Sur l'envie immoderée de
faire paffer fon Nom à la
Pofterité.
1Afgevante C HERONparfon divin pinceau
Meredonne un éclat nouveau.
Elle force aujourd'huy les Graces ,
Dontmes cruels ennuis & mes longues douleurs,
*Laiſſent ſur mon visage à peine quelques traces ,
D'y venir reprendre leurs places.
88 MERCURE
Elle me rend enfin mes premieres
couleurs.
Parfon art la racefuture
Connoîtra les prejens que me fit la
Nature,
Etjepuis efperer qu'avec un telfecours ,
Tandis quej'erreray fur les fombres
rivages,
Je pourray faire encor quelque honneura nosjuurs.
Oiy ,je puis m'enflater; plaire & du
rer toujours
Eft le deftin defes ouvrages.
$
Fol orgueil ! & du cœur Humain
Aveugle & fatalefoibleffe !
Nous maîtriferez-vousfans ceffe ;"
Et n'aurons- nousjamais ungencreux.
dédain
Pourtoutce qui s'oppofe aux loix de
lafageffe ?
GALANT. 89
Non; l'amourpropre en nous eſt toujours le plusfort,
Et malgré les combats que lafage fe
livre ,
On croit fe dérober en partie àla Mort
Quand dans quelque chofe onpeut
vivre.
S
Cette agreable erreur eft lafource des
fains
Quidevorent le cœurdes Hommes.
Loin de fçavoirjouir de l'état où nous
fommes.
C'est à quoy uouspensons le moins.
Unegloirefrivole &jamais poffedée,
C.
Fait qu'en tous lieux', à tous momens,
L'avenir remplit nôtre idée.
Il est l'unique but de nos empreffe.
mens.
Novembre 1693. H
90 MERCURE
Pour obtenir qu'un jour noftre nom
yparvienne ,
Etpour nous l'affurer durable &glo
rieux ,
Nousperdons le prefent , ce tempsfa
precieux ,
Lefeulbien qui nous appartienent,
Et qui tel qu'un éclair difparoiftà nos
yeux.
Au bonheur des Humains leurs chimeres s'opposent.
Victimes de leur vanité
Il n'eft chagrin , travail , danger 3
adverfité,
Aquoy les mortels ne s'exposent
Pourtranfmettre leurs uoms à la po
fterité!
2
Aqueldeffein , dans quelles vuës,
Tant d'abelifques , de portraits ,
D'Arcs, deMedailles , de Statuës,
GALANT. SI
DeVilles, de Tombeaux, de Temples,
de Palais ,
Parleur ordre ont-ils eftéfaits ?
D'où vient que pour avoir un grand
nom dans l'Hiftoire
Ils ont à pleines mains répandu les
bienfaits
Si ce n'eft dans l'espoir de rendre leur
memoire
Illuftre & durable àjamais?
2
Il est vray que ces efperances
Ont quelquefois fervy de frein aux
paffions ;
Quepar elles les loix , les beaux
Arts , les Sciences ,
Ont formé les efprits , poly les Nations
Embelly l'univers par des travaux
immenfes,
Et porté les Heros aux grandes
actions. Hij
92 MERCURE
Mais auffi combien d'impoſtures
De Sacrileges ,
d'attentats ,
D'erreurs , de cruautez, de guerres;
de parjures
Aproduit ledefir d'eftre aprés le trépas
L'entretien des races futures !
Deux chemins differens &
prefque
auffi battus ,
Au Temple de Memoire également
conduifent.
Le nom de Penelope & le nom de
Titus
Avecceux de Medée & de Neron s'y
lifent.
Lesgrands crimes immortalifent
Autantque lesgrandes vertus.
S
Je Seay que lagloire eft trop belle
Pourne pas infpirer de violens defirs:
chercher,
l'acquerir , &
pouvoir
jourd'ell e,
GALANT. 93
Eft leplus parfait des plaifirs.
Ouy, ce bonheur pour l'Homme eft le
bonheurfuprême,
Mais c'est là qu'ilfaut s'arrefter.
Toutcharmé qu'il en eft , à quelque
point qu'il l'aime,
Il a peu de bonsens quandil va s'entefter
De la vanité de porter
Sa gloire au delà de luy mefme ;
Etquand toûjours en proye à ce defir
extrème
Ilperdle temps de la goûter.
S
Encorfi dans les champs que le Cocy
te arrofe
Dépouillé de toute autre chofe,
Il eftoit permis d'esperer
Dejouir defa Renommée ,
Fe feroisbien moins animée
Contre lesfoins qu'on prend pour la
faire durer.
94 MERCURE
Mais quand nous defcendons dans
ce's demeures fombres ,
La gloire ne fuit point nos ombres ,
Nous perdons pour jamais tout ce
qu'elle ade doux;
Et quelque bruit que le merite
La valeur , la beauté , puiffe faire
aprés nous ,
Helas ?on n'entend rienfurles bords
du Cocyte !
ន
Paroù donc ces grands noms d'illu
ftres , defameux ,
Aprés quoy les mortels courent toute
leur vie,
Avides de laiffer un long Souvenir
d'eux ,
Doivent-ils faire tant d'envie ?
Est -ce par intereft pour d'indignes
Neveux
CALANT. 95
Qui feuls de ces grands noms
jouiffent ,
Quine lesfont valoir qu'en des dif
cours pompeux,
Etqui toujours plongez dans un de
fordre affreux ,
Par des lâchetez les flétriffent ?
2
De ces heureux Mortels qui n'ont
point eu d'égaux
Teleftl'ordinaire partage.
Traitez par la Nature avec moins
d'avantage
Que la plupart des Animaux ,
Leur Race dégénere , & l'on voit d'âge en age
En elle s'effacer l'éclat de leurs travaux.
Des chofes d'icy-bas c'eft le ray caracteres
Il eft rare qu'un Fils marche dans le
Sentier
96 MERCURE
Quefuivoit un illuftre Pere.
Des mœurs comme des biens on n'eft
pas heritier,
Et d'exemple on nes'inftruitguere.
S
Tandis que le Soleilfe leve encorpour
nous,
Je conviens que rien n'est plus
doux
Quedepouvoirfirement croire ,
•Qu'aprés qu'un froidnuageauracou
vert nos yeux,
Rien de lâche , rien d'odieux ,
Nefouillera noftre memoire;
Que regrettez par nos amis
Dans leur cœur nous vivrons encore ;
Pour un tel avenir tous lesfoinsfont
permis.
C'estparcet endroit feul que l'amour
propre honore.
Il
GALANT.
97
Ilfautlaiffer lerefte entre les mains
du fort ;
Quandle merite eft vray , mille fa
meuxexemples
Ontfait voir que le temps ne luy fait
pointde tort ,
On refufe aux vivans des Temples
Qu'on leur éleve aprés leur
Mort.
S
Quoy, l'Homme , ce chef- d'œuvre à
qui rien n'eft femblable!
Quoy, l'Hommepour quifeul onformal'Univers !
Luy, dont l'œil a percé le voile im- .
penetrable
Dont les arrangemens & les refforts
divers
De la Naturefont couverts !
Lay , des Loix & des Arts l'inventeur admirable !
Nov. 16 93.
I
98 MERCURE
Aveuglepourluy feul ne peut-il difcerner,
Quand il n'est question que de fe
gouverner,
Lefauxbien du bien veritable ?
$
Vainereflexion ! inutile difcours !
L'Homme malgré voftrefecours
Du frivole avenir fera toûjours la
dupe ,
Surfes vrais interefts ilcraint de voir
trop clair
Et dans la vanité qui fans ceffe l'oce
cupe
Ce nouvel Ixion n'embrasse que de
L'air.
N'eftre plus qu'un peu de pouffiere
Bleffe l'orgueil dont l'homme eft
plein.
Il a beau faire voir un visage ſca rein ,
GALANT.
99
Et traiter defangfroidune telle ma-,
tiere..
Tout démentfes dehors , tout fert à
nousprouver,
Que par un nom celebre il cherche
àfe fauver
D'une deftruction entiere.
S
Mais d'où vient qu'aujourd'huy mon
efprit eftfi vain?
Que fais-je ! &de quel droit eft-ce
queje cenfure
Legoût de tout legenre humain ,
Cegoûtfavory qui luy dure
Depuis qu'une immortelle main
Du tenebreux cahos a tire la Nature?
Ay-je acquis dans le monde affez
d'authorité
Pour rendre mes raifons utiles ,
Etpour détruire en luy ce fond de
vanité
I ij
100 MERCURE
Quine luy peut laiffer aucuns mo
mens tranquilles ?
Non , mais un efprit d'équité
A combattre le faux inceffamment
m'attache ,
Etfait qu'à tout hazardj'écris ce que
m'arrache
La force de la verité.
S
Hé, commentpourrois-je prétendre
De guerir les mortels de cette vieille
erreur,
Qu'ils aimentjufqu'à la fureur,
Si moy qui la condamne ay peine à
m'en deffendre?
Ce potrait dont Appelle auroit efte
jaloux
Meremplit malgré moy de la flateuse
attente
Queje nesçaurois voir dans autruy
fans couroux.
GALANT. IOI
Foible raison que l'Homme vante,
Voilà quel eft le fond qu'on peutfairefur vous.
Toujours vains , toûjours faux , toujours pleins d'injustices ,
Nous crions dans tous nos dif
Cours
Contre les paffions , les foibleffès, les vices ,
où nous fuccombons tous lesjours.
fouvent des ouvrages de l'Illuftre Madame des Houlieres,
à Mademoiſelle Cheron dont
tout Paris admire l'habileté
pour la Peinture , ayant fait
Ton Portrait depuis quelque
temps , cela luy a donné lieu
de faire des Reflexions que
Vous trouverez dignes d'elle,
&auffi noblement exprimées,.
qu'on le peut attendre de ce
merveilleux genie, qui la rend
l'ornement de fon Sexe & de
fon ficcle.
GALANT. 87
esseses22 52225555
REFLEXIONS MORALES
DE MADAME
DES-HOULIERRES
Sur l'envie immoderée de
faire paffer fon Nom à la
Pofterité.
1Afgevante C HERONparfon divin pinceau
Meredonne un éclat nouveau.
Elle force aujourd'huy les Graces ,
Dontmes cruels ennuis & mes longues douleurs,
*Laiſſent ſur mon visage à peine quelques traces ,
D'y venir reprendre leurs places.
88 MERCURE
Elle me rend enfin mes premieres
couleurs.
Parfon art la racefuture
Connoîtra les prejens que me fit la
Nature,
Etjepuis efperer qu'avec un telfecours ,
Tandis quej'erreray fur les fombres
rivages,
Je pourray faire encor quelque honneura nosjuurs.
Oiy ,je puis m'enflater; plaire & du
rer toujours
Eft le deftin defes ouvrages.
$
Fol orgueil ! & du cœur Humain
Aveugle & fatalefoibleffe !
Nous maîtriferez-vousfans ceffe ;"
Et n'aurons- nousjamais ungencreux.
dédain
Pourtoutce qui s'oppofe aux loix de
lafageffe ?
GALANT. 89
Non; l'amourpropre en nous eſt toujours le plusfort,
Et malgré les combats que lafage fe
livre ,
On croit fe dérober en partie àla Mort
Quand dans quelque chofe onpeut
vivre.
S
Cette agreable erreur eft lafource des
fains
Quidevorent le cœurdes Hommes.
Loin de fçavoirjouir de l'état où nous
fommes.
C'est à quoy uouspensons le moins.
Unegloirefrivole &jamais poffedée,
C.
Fait qu'en tous lieux', à tous momens,
L'avenir remplit nôtre idée.
Il est l'unique but de nos empreffe.
mens.
Novembre 1693. H
90 MERCURE
Pour obtenir qu'un jour noftre nom
yparvienne ,
Etpour nous l'affurer durable &glo
rieux ,
Nousperdons le prefent , ce tempsfa
precieux ,
Lefeulbien qui nous appartienent,
Et qui tel qu'un éclair difparoiftà nos
yeux.
Au bonheur des Humains leurs chimeres s'opposent.
Victimes de leur vanité
Il n'eft chagrin , travail , danger 3
adverfité,
Aquoy les mortels ne s'exposent
Pourtranfmettre leurs uoms à la po
fterité!
2
Aqueldeffein , dans quelles vuës,
Tant d'abelifques , de portraits ,
D'Arcs, deMedailles , de Statuës,
GALANT. SI
DeVilles, de Tombeaux, de Temples,
de Palais ,
Parleur ordre ont-ils eftéfaits ?
D'où vient que pour avoir un grand
nom dans l'Hiftoire
Ils ont à pleines mains répandu les
bienfaits
Si ce n'eft dans l'espoir de rendre leur
memoire
Illuftre & durable àjamais?
2
Il est vray que ces efperances
Ont quelquefois fervy de frein aux
paffions ;
Quepar elles les loix , les beaux
Arts , les Sciences ,
Ont formé les efprits , poly les Nations
Embelly l'univers par des travaux
immenfes,
Et porté les Heros aux grandes
actions. Hij
92 MERCURE
Mais auffi combien d'impoſtures
De Sacrileges ,
d'attentats ,
D'erreurs , de cruautez, de guerres;
de parjures
Aproduit ledefir d'eftre aprés le trépas
L'entretien des races futures !
Deux chemins differens &
prefque
auffi battus ,
Au Temple de Memoire également
conduifent.
Le nom de Penelope & le nom de
Titus
Avecceux de Medée & de Neron s'y
lifent.
Lesgrands crimes immortalifent
Autantque lesgrandes vertus.
S
Je Seay que lagloire eft trop belle
Pourne pas infpirer de violens defirs:
chercher,
l'acquerir , &
pouvoir
jourd'ell e,
GALANT. 93
Eft leplus parfait des plaifirs.
Ouy, ce bonheur pour l'Homme eft le
bonheurfuprême,
Mais c'est là qu'ilfaut s'arrefter.
Toutcharmé qu'il en eft , à quelque
point qu'il l'aime,
Il a peu de bonsens quandil va s'entefter
De la vanité de porter
Sa gloire au delà de luy mefme ;
Etquand toûjours en proye à ce defir
extrème
Ilperdle temps de la goûter.
S
Encorfi dans les champs que le Cocy
te arrofe
Dépouillé de toute autre chofe,
Il eftoit permis d'esperer
Dejouir defa Renommée ,
Fe feroisbien moins animée
Contre lesfoins qu'on prend pour la
faire durer.
94 MERCURE
Mais quand nous defcendons dans
ce's demeures fombres ,
La gloire ne fuit point nos ombres ,
Nous perdons pour jamais tout ce
qu'elle ade doux;
Et quelque bruit que le merite
La valeur , la beauté , puiffe faire
aprés nous ,
Helas ?on n'entend rienfurles bords
du Cocyte !
ន
Paroù donc ces grands noms d'illu
ftres , defameux ,
Aprés quoy les mortels courent toute
leur vie,
Avides de laiffer un long Souvenir
d'eux ,
Doivent-ils faire tant d'envie ?
Est -ce par intereft pour d'indignes
Neveux
CALANT. 95
Qui feuls de ces grands noms
jouiffent ,
Quine lesfont valoir qu'en des dif
cours pompeux,
Etqui toujours plongez dans un de
fordre affreux ,
Par des lâchetez les flétriffent ?
2
De ces heureux Mortels qui n'ont
point eu d'égaux
Teleftl'ordinaire partage.
Traitez par la Nature avec moins
d'avantage
Que la plupart des Animaux ,
Leur Race dégénere , & l'on voit d'âge en age
En elle s'effacer l'éclat de leurs travaux.
Des chofes d'icy-bas c'eft le ray caracteres
Il eft rare qu'un Fils marche dans le
Sentier
96 MERCURE
Quefuivoit un illuftre Pere.
Des mœurs comme des biens on n'eft
pas heritier,
Et d'exemple on nes'inftruitguere.
S
Tandis que le Soleilfe leve encorpour
nous,
Je conviens que rien n'est plus
doux
Quedepouvoirfirement croire ,
•Qu'aprés qu'un froidnuageauracou
vert nos yeux,
Rien de lâche , rien d'odieux ,
Nefouillera noftre memoire;
Que regrettez par nos amis
Dans leur cœur nous vivrons encore ;
Pour un tel avenir tous lesfoinsfont
permis.
C'estparcet endroit feul que l'amour
propre honore.
Il
GALANT.
97
Ilfautlaiffer lerefte entre les mains
du fort ;
Quandle merite eft vray , mille fa
meuxexemples
Ontfait voir que le temps ne luy fait
pointde tort ,
On refufe aux vivans des Temples
Qu'on leur éleve aprés leur
Mort.
S
Quoy, l'Homme , ce chef- d'œuvre à
qui rien n'eft femblable!
Quoy, l'Hommepour quifeul onformal'Univers !
Luy, dont l'œil a percé le voile im- .
penetrable
Dont les arrangemens & les refforts
divers
De la Naturefont couverts !
Lay , des Loix & des Arts l'inventeur admirable !
Nov. 16 93.
I
98 MERCURE
Aveuglepourluy feul ne peut-il difcerner,
Quand il n'est question que de fe
gouverner,
Lefauxbien du bien veritable ?
$
Vainereflexion ! inutile difcours !
L'Homme malgré voftrefecours
Du frivole avenir fera toûjours la
dupe ,
Surfes vrais interefts ilcraint de voir
trop clair
Et dans la vanité qui fans ceffe l'oce
cupe
Ce nouvel Ixion n'embrasse que de
L'air.
N'eftre plus qu'un peu de pouffiere
Bleffe l'orgueil dont l'homme eft
plein.
Il a beau faire voir un visage ſca rein ,
GALANT.
99
Et traiter defangfroidune telle ma-,
tiere..
Tout démentfes dehors , tout fert à
nousprouver,
Que par un nom celebre il cherche
àfe fauver
D'une deftruction entiere.
S
Mais d'où vient qu'aujourd'huy mon
efprit eftfi vain?
Que fais-je ! &de quel droit eft-ce
queje cenfure
Legoût de tout legenre humain ,
Cegoûtfavory qui luy dure
Depuis qu'une immortelle main
Du tenebreux cahos a tire la Nature?
Ay-je acquis dans le monde affez
d'authorité
Pour rendre mes raifons utiles ,
Etpour détruire en luy ce fond de
vanité
I ij
100 MERCURE
Quine luy peut laiffer aucuns mo
mens tranquilles ?
Non , mais un efprit d'équité
A combattre le faux inceffamment
m'attache ,
Etfait qu'à tout hazardj'écris ce que
m'arrache
La force de la verité.
S
Hé, commentpourrois-je prétendre
De guerir les mortels de cette vieille
erreur,
Qu'ils aimentjufqu'à la fureur,
Si moy qui la condamne ay peine à
m'en deffendre?
Ce potrait dont Appelle auroit efte
jaloux
Meremplit malgré moy de la flateuse
attente
Queje nesçaurois voir dans autruy
fans couroux.
GALANT. IOI
Foible raison que l'Homme vante,
Voilà quel eft le fond qu'on peutfairefur vous.
Toujours vains , toûjours faux , toujours pleins d'injustices ,
Nous crions dans tous nos dif
Cours
Contre les paffions , les foibleffès, les vices ,
où nous fuccombons tous lesjours.
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Résumé : REFLEXIONS MORALES DE MADAME DESHOULIERRES Sur l'envie immoderée de faire passer son Nom à la Posterité.
Madame des Houlières réfléchit sur l'envie excessive de laisser son nom à la postérité. Elle admire l'habileté de Mademoiselle Cheron en peinture, qui a réalisé son portrait et lui a inspiré ces réflexions. Madame des Houlières exprime son désir de plaire et de durer à travers ses œuvres, tout en critiquant l'orgueil et la vanité humaine qui poussent les hommes à chercher la gloire posthume. Elle souligne que cette quête de gloire frivole et jamais possédée occupe toutes les pensées humaines, les empêchant de jouir du présent. Les hommes sacrifient leur bonheur actuel pour des chimères, s'exposant à des chagrins, des travaux et des dangers afin de transmettre leur nom à la postérité. Cette ambition a parfois servi de frein aux passions, favorisant les lois, les arts et les sciences, mais a aussi conduit à des impostures, des sacrilèges et des guerres. Madame des Houlières reconnaît que la gloire est un désir noble, mais elle met en garde contre la vanité de vouloir la porter au-delà de soi-même, perdant ainsi le temps de la goûter. Elle conclut en admettant que l'amour-propre est difficile à vaincre et que l'homme reste souvent dupe de l'avenir frivole, cherchant à se sauver d'une destruction entière par un nom célèbre. Elle exprime finalement sa propre lutte contre cette erreur humaine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
35
p. 272-287
Quatrieme Article des morts, [titre d'après la table]
Début :
J'aurois du vous parler plutost des Morts dont vous allez [...]
Mots clefs :
Renommée, Paris, Morts, Lieux éloignés, Marquis de Choisy, Antoine le Mairat, René de Savonnières, N... de Greslé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Quatrieme Article des morts, [titre d'après la table]
'aurois du vous parler plutoft des Morts dont vous allez
lire les Articles , mais quoyque
la Renommée apprenne bientoft la mort des perfonnes de
GALANT 273
diftinction qui font decedéés, il
faut neanmoins fouvent beaucoup de temps pour apprendre ce que l'on en doit dire ,
& fur tout de celles qui font
mortes dans des lieux éloignez
de Paris. Mais quand leur mort
feroit arrivée à Paris même
je ne laiffe
quefois befoin de beaucoup
de temps pour m'informer à
fond de ce que je vous en dois
apprendre.
ге
pas d'avoir quelMie Antoine le Mairat Chevalier Seigneur de Nogent , eft
mort âgé de 68. ans Il eftoit
Mailtre ordinaire de la Chamt
274 MERCURE
bre des Comptes ; il fut reç
en cette Charge en l'anné
1663. n'ayant encore qué 21 .
ans ; & il eftoit prefque à la
tefte de cette Compagnie, puifqu'il eftoit immediatement
aprés M Bailly de la Croix
qui en elt Sous- Doyen. Il
eftoit du Semeftre d hiver ; &
il avoit acquis dans l'exercice
de cet employ beaucoup de
réputation Il cft frere de Mr
le Mayrat , fi connu par fon
merite & par les lumieres de
fon efprit ; & couſin germain
de M Voifin & de M deTrudaine Intendant de Dijon. Il
t
$
GALANT 275
laiffe plufieurs enfans ; l'aîné eft
Maistre des Requeftes & foû
tient avec honneur dans le
Confeil la réputation que fes
ancêtres ont acquife dans la
Robe depuis deux ou trois ficcles . Mrs le Mairat font connus à Paris depuis le regne de
Philippes le Long. Ce Prince
avoit auprés de luy un Officier
de ce nom qui luy donna de
frequentes preuves de fa fidelité. Nous devons au petit fils
de ce même Officier la publication de l'excellent ouvrage de Fuller qui a pour titre
Pharmacopoeia ex temporanea 1
276 MERCURE
Un Religieux Benedictin du
même nom & de la même fa- .
mille qui brilla dans fon Ordre
vers le milieu du quinziéme
ficcle, agitaune queftion qu'on
a renouvellée en ces derniers
temps , & qui ne fit pas alors
moins de bruit qu'elle en fait
à prefent entre un fçivant Je
fuité & un illuftre Auteur : il
s'agilloir de fçavoir files dé
mons eftoient les Auteurs des
Oracles du Paganifme ; le Religieux Benedictin prit le mê
me parti qu'a pris le Pere Battus, & prétendit qu'en cela il
n'y avoit aucune fupercherie
GALANT 277
ད
de la part des Preftres du Paganifme. Les Actes de la Difpute de Dom le Mairat ne furent pas rendus publics , mais
on en voit divers fragmens
dans quelques Abbayes de
Champagne & de Normandie.
Mr le Marquis de Choify ,
Gouverneur de Saar- Louis ,
eſt decédé âgé de 78. ans. Il
eftoit Lieutenant General des
Armées du Roy ; & il fut
nommé le premier dans la
nombreuſe, promotion du
26. Octobre de l'année
1704. Ce Marquis avoit
fervi pendant la plus grande
*
<
278S
MERCURE
partie de fa vie dans l'Infanterie , & il s'eftoit peu paffé
d'actions d'éclat de fon temps,
oùil n'euft donnédes marques
de fon courage & de fon
experience dant l'Art de la
Guerre. Il avoit efté Gouverneur de la Citadelle de Cambray &deThionville, &il avoit
eu l'honneur de commander
l'Armée du Roy au Siege de
Rhinfeld. Il eftoit proche pa
rent de Mrs de l'Hôpital , &
il fortoit d'une ancienne Maifon qui s'est toujours diftinguée par fon zele pour le ferVice de fes Princes ; il s'eftoit
GALANT 279
attiré par les manieres civiles
& bienfaifantes les cœurs de
tout le Peuple , & de la Nobleffe de fon Gouvernement
fa mort y a caufé de grands
regrets. Mr de Varennes Maréchal de Camp , & Licurenant de Roy de Saar Louis
Mr de Montmelian Major
& Mr Deſchamps Aide- major
de la même Place , firent faire
pourluy un Service magnifique dans la principale Eglife
de Saar- Louis ,› peu de jours
aprés fa mort ; & Mr de
Flamicourt Capitaine des
Portes de la même Place , en
280 MERCURE
fait faire un en fon particulier
pour marquer d'une maniere
plus finguliere l'attachement
refpectueux qu'il conferve
pour la memoire de cet illuftre
Gouverneur.
une Fortereffe que le Roy fit
bâtir en l'année 1680. elle
eft fituée dansle Duché de Bar ,
& prés de Longwi , & de
Marfal ; & à peu prés dans la
même diſtance de Stenay.
Saar Louis eft
Mre René de Savonnieres ,
Chevalier Seigneur de Linieres,
Confeiller en la grand' Chambre , eft mort fort regretté
dans le Parlement , où il avoit
GALANT 281
acquis beaucoup de réputation par fa probité , & par l'é
tenduë de fes lumieres. Il y a
quarante trois ans que Mr de
Savonnieres eftoit Confeiller.
au Parlement , y ayant eſté reçu le 12. Mars 1667. & il eftoit
devenu par fon ancienneté le
dixiéme Confeiller de la grand
Chambre. Il eftoit d'une ancienne famille connue dans le
Parlement il y a prés de deux
fiecles. Sous François I. il y
avoit déja dans cet augufte
Corps des Magiftrats de ce.
nom , & fous les regnes túmultueux des petits fils de ce PrinMars 1710.
A a
282 MERCURE
ce , ils fe diftinguerent par leur
fidelité & par leur zele pour le
fervice de nos Rois. Mr de Savonnieres eftoit parent de Mr
Ribaudon du Monceau Confeiller en la troifiéme Chambre des Enqueftes , & de Mr
Bence Confeiller en la même
Chambre. Mr de Savonnieres
fon grand pere fe rendit celebre vers le commencement du
dernier fiecle par les progrés
qu'il fit dans les Sciences humaines , & fur tout dans la
Phyfique experimentale , où il
fit de belles & de curieufes découvertes. Il eftoit auffi tres-
GALANT 283
verfé dans la Geometrie &
1'Algebre fpecieufe ; plufieurs
grands hommes qui ont paru
depuis avec éclat , ont profité
avec fuccés de fes écrits & de
fes obfervations. Mr Reland
dont on a de fi belles Differtations fur les Antiquitez Samaritaines , a ſouvent avoué qu'il
avoit obligation à ce fçavant
homme d'une grande partie
des lumieres qu'il avoit acqui
fe dans les Antiquitez Orientales , & fut tout dans les Medailles Samaritaines, upda
Mre N... de Greflé Confeiller du Roy & Auditeur en
A a ij
284 MERCURE
fa Chambre des Compres
eſt mort dans un âge peu
avancé. Il n'y avoit que neuf
ans qu'il eftoit Officier de
cette Compagnie , n'y ayant
efté reçu qu'en l'année 1701.
il eftoit du Semestre d'Hyver.
Mr de Greflé eftoit d'uneancienne famille de la Robbe
connu dans le Parlement peu
de temps aprés qu'il eut efté
rendu fedentaire par le Roy
Philippe le Bel , & il eftoit
proche parent de Mrs Coufin
Paye n, & Chavigné , Maiſtres
des Comptes ; mais fon merite
perfonnel le diftinguoit plus
GALANT 285
que tous ces avantages parti-..
culiers. I joignoit un goût
fûr & unefprit jufte aux lumie
res profondes qu'il avoit pui
fées dans une longue étude des
Sciences les plus difficiles ; il
avoit fait de grands progrés
dansles Mathemiques. L'attachement qu'il avoit eu dés
fa jeunelle pour cette Science j
l'avoit lié avec feu Mtle Marb
quis de l'Hôpital quel'on a
regardé dans ces derniers
temps comme un des premiers.
hommes de ce fiecle pour la
Geometrie. Plufieurs Sçavans
s'affembloient un jour de
286 MERCURE
chaque femaine chezMr Greflé
& traitoient dans des conferences reglées les queftions les
plus épineufes & les moins
développées des Mathematiques. Il n'eft pas le feul de
fa famillesqui fe foit rendu
celebre dans le Republique des
Lettres ; un Pere Greflé de
l'Ordre de Saint François , fuc
dans le penultieme fiecle un
des plus grands Theologiens
de fontemps. Il s'eftoit appliqué avec fuccés à l'étude de
l'Ecriture Sainte ;il avoit même
fait un Commentaire fur les
Evangiles , que l'on conferve
GALANT 287
manufcrit dans quelques Bibliotheques & qui auroit cfté .
d'une grande utilité s'il eur
parû. On croit que le Pere
Janton le pourra publier
lire les Articles , mais quoyque
la Renommée apprenne bientoft la mort des perfonnes de
GALANT 273
diftinction qui font decedéés, il
faut neanmoins fouvent beaucoup de temps pour apprendre ce que l'on en doit dire ,
& fur tout de celles qui font
mortes dans des lieux éloignez
de Paris. Mais quand leur mort
feroit arrivée à Paris même
je ne laiffe
quefois befoin de beaucoup
de temps pour m'informer à
fond de ce que je vous en dois
apprendre.
ге
pas d'avoir quelMie Antoine le Mairat Chevalier Seigneur de Nogent , eft
mort âgé de 68. ans Il eftoit
Mailtre ordinaire de la Chamt
274 MERCURE
bre des Comptes ; il fut reç
en cette Charge en l'anné
1663. n'ayant encore qué 21 .
ans ; & il eftoit prefque à la
tefte de cette Compagnie, puifqu'il eftoit immediatement
aprés M Bailly de la Croix
qui en elt Sous- Doyen. Il
eftoit du Semeftre d hiver ; &
il avoit acquis dans l'exercice
de cet employ beaucoup de
réputation Il cft frere de Mr
le Mayrat , fi connu par fon
merite & par les lumieres de
fon efprit ; & couſin germain
de M Voifin & de M deTrudaine Intendant de Dijon. Il
t
$
GALANT 275
laiffe plufieurs enfans ; l'aîné eft
Maistre des Requeftes & foû
tient avec honneur dans le
Confeil la réputation que fes
ancêtres ont acquife dans la
Robe depuis deux ou trois ficcles . Mrs le Mairat font connus à Paris depuis le regne de
Philippes le Long. Ce Prince
avoit auprés de luy un Officier
de ce nom qui luy donna de
frequentes preuves de fa fidelité. Nous devons au petit fils
de ce même Officier la publication de l'excellent ouvrage de Fuller qui a pour titre
Pharmacopoeia ex temporanea 1
276 MERCURE
Un Religieux Benedictin du
même nom & de la même fa- .
mille qui brilla dans fon Ordre
vers le milieu du quinziéme
ficcle, agitaune queftion qu'on
a renouvellée en ces derniers
temps , & qui ne fit pas alors
moins de bruit qu'elle en fait
à prefent entre un fçivant Je
fuité & un illuftre Auteur : il
s'agilloir de fçavoir files dé
mons eftoient les Auteurs des
Oracles du Paganifme ; le Religieux Benedictin prit le mê
me parti qu'a pris le Pere Battus, & prétendit qu'en cela il
n'y avoit aucune fupercherie
GALANT 277
ད
de la part des Preftres du Paganifme. Les Actes de la Difpute de Dom le Mairat ne furent pas rendus publics , mais
on en voit divers fragmens
dans quelques Abbayes de
Champagne & de Normandie.
Mr le Marquis de Choify ,
Gouverneur de Saar- Louis ,
eſt decédé âgé de 78. ans. Il
eftoit Lieutenant General des
Armées du Roy ; & il fut
nommé le premier dans la
nombreuſe, promotion du
26. Octobre de l'année
1704. Ce Marquis avoit
fervi pendant la plus grande
*
<
278S
MERCURE
partie de fa vie dans l'Infanterie , & il s'eftoit peu paffé
d'actions d'éclat de fon temps,
oùil n'euft donnédes marques
de fon courage & de fon
experience dant l'Art de la
Guerre. Il avoit efté Gouverneur de la Citadelle de Cambray &deThionville, &il avoit
eu l'honneur de commander
l'Armée du Roy au Siege de
Rhinfeld. Il eftoit proche pa
rent de Mrs de l'Hôpital , &
il fortoit d'une ancienne Maifon qui s'est toujours diftinguée par fon zele pour le ferVice de fes Princes ; il s'eftoit
GALANT 279
attiré par les manieres civiles
& bienfaifantes les cœurs de
tout le Peuple , & de la Nobleffe de fon Gouvernement
fa mort y a caufé de grands
regrets. Mr de Varennes Maréchal de Camp , & Licurenant de Roy de Saar Louis
Mr de Montmelian Major
& Mr Deſchamps Aide- major
de la même Place , firent faire
pourluy un Service magnifique dans la principale Eglife
de Saar- Louis ,› peu de jours
aprés fa mort ; & Mr de
Flamicourt Capitaine des
Portes de la même Place , en
280 MERCURE
fait faire un en fon particulier
pour marquer d'une maniere
plus finguliere l'attachement
refpectueux qu'il conferve
pour la memoire de cet illuftre
Gouverneur.
une Fortereffe que le Roy fit
bâtir en l'année 1680. elle
eft fituée dansle Duché de Bar ,
& prés de Longwi , & de
Marfal ; & à peu prés dans la
même diſtance de Stenay.
Saar Louis eft
Mre René de Savonnieres ,
Chevalier Seigneur de Linieres,
Confeiller en la grand' Chambre , eft mort fort regretté
dans le Parlement , où il avoit
GALANT 281
acquis beaucoup de réputation par fa probité , & par l'é
tenduë de fes lumieres. Il y a
quarante trois ans que Mr de
Savonnieres eftoit Confeiller.
au Parlement , y ayant eſté reçu le 12. Mars 1667. & il eftoit
devenu par fon ancienneté le
dixiéme Confeiller de la grand
Chambre. Il eftoit d'une ancienne famille connue dans le
Parlement il y a prés de deux
fiecles. Sous François I. il y
avoit déja dans cet augufte
Corps des Magiftrats de ce.
nom , & fous les regnes túmultueux des petits fils de ce PrinMars 1710.
A a
282 MERCURE
ce , ils fe diftinguerent par leur
fidelité & par leur zele pour le
fervice de nos Rois. Mr de Savonnieres eftoit parent de Mr
Ribaudon du Monceau Confeiller en la troifiéme Chambre des Enqueftes , & de Mr
Bence Confeiller en la même
Chambre. Mr de Savonnieres
fon grand pere fe rendit celebre vers le commencement du
dernier fiecle par les progrés
qu'il fit dans les Sciences humaines , & fur tout dans la
Phyfique experimentale , où il
fit de belles & de curieufes découvertes. Il eftoit auffi tres-
GALANT 283
verfé dans la Geometrie &
1'Algebre fpecieufe ; plufieurs
grands hommes qui ont paru
depuis avec éclat , ont profité
avec fuccés de fes écrits & de
fes obfervations. Mr Reland
dont on a de fi belles Differtations fur les Antiquitez Samaritaines , a ſouvent avoué qu'il
avoit obligation à ce fçavant
homme d'une grande partie
des lumieres qu'il avoit acqui
fe dans les Antiquitez Orientales , & fut tout dans les Medailles Samaritaines, upda
Mre N... de Greflé Confeiller du Roy & Auditeur en
A a ij
284 MERCURE
fa Chambre des Compres
eſt mort dans un âge peu
avancé. Il n'y avoit que neuf
ans qu'il eftoit Officier de
cette Compagnie , n'y ayant
efté reçu qu'en l'année 1701.
il eftoit du Semestre d'Hyver.
Mr de Greflé eftoit d'uneancienne famille de la Robbe
connu dans le Parlement peu
de temps aprés qu'il eut efté
rendu fedentaire par le Roy
Philippe le Bel , & il eftoit
proche parent de Mrs Coufin
Paye n, & Chavigné , Maiſtres
des Comptes ; mais fon merite
perfonnel le diftinguoit plus
GALANT 285
que tous ces avantages parti-..
culiers. I joignoit un goût
fûr & unefprit jufte aux lumie
res profondes qu'il avoit pui
fées dans une longue étude des
Sciences les plus difficiles ; il
avoit fait de grands progrés
dansles Mathemiques. L'attachement qu'il avoit eu dés
fa jeunelle pour cette Science j
l'avoit lié avec feu Mtle Marb
quis de l'Hôpital quel'on a
regardé dans ces derniers
temps comme un des premiers.
hommes de ce fiecle pour la
Geometrie. Plufieurs Sçavans
s'affembloient un jour de
286 MERCURE
chaque femaine chezMr Greflé
& traitoient dans des conferences reglées les queftions les
plus épineufes & les moins
développées des Mathematiques. Il n'eft pas le feul de
fa famillesqui fe foit rendu
celebre dans le Republique des
Lettres ; un Pere Greflé de
l'Ordre de Saint François , fuc
dans le penultieme fiecle un
des plus grands Theologiens
de fontemps. Il s'eftoit appliqué avec fuccés à l'étude de
l'Ecriture Sainte ;il avoit même
fait un Commentaire fur les
Evangiles , que l'on conferve
GALANT 287
manufcrit dans quelques Bibliotheques & qui auroit cfté .
d'une grande utilité s'il eur
parû. On croit que le Pere
Janton le pourra publier
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Résumé : Quatrieme Article des morts, [titre d'après la table]
Le texte relate les décès de plusieurs personnalités éminentes et les difficultés rencontrées pour obtenir des informations précises et rapides sur ces décès, même à Paris. Voici les principales personnalités mentionnées : Antoine le Mairat, Chevalier Seigneur de Nogent, est décédé à l'âge de 68 ans. Il occupait le poste de Maître ordinaire de la Chambre des Comptes depuis 1663 et était connu pour son travail et ses relations familiales, notamment avec Mr le Mayrat, ainsi que des personnalités telles que Mr Voisin et Mr de Trudaine. Il laisse plusieurs enfants, dont l'aîné est Maître des Requêtes. Mr le Marquis de Choisy est décédé à 78 ans. Il était Lieutenant Général des Armées du Roi et avait servi avec distinction, notamment lors du siège de Rhinfeld. Sa mort a suscité de grands regrets parmi le peuple et la noblesse. Mr René de Savonnières, Chevalier Seigneur de Linières, est décédé après 43 ans de service comme Conseiller au Parlement. Il était reconnu pour sa probité et ses lumières. Sa famille était distinguée depuis plusieurs siècles et avait fidèlement servi les rois de France. Mr de Greflé est décédé à un âge peu avancé. Il était Officier de la Chambre des Comptes depuis 1701 et provenait d'une famille ancienne et distinguée. Il était réputé pour ses connaissances en mathématiques et ses contributions aux sciences, et était lié avec des savants comme Mr Marquis de l'Hôpital.
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36
p. 238-241
Grandes Charitez faites par les Parisiens, [titre d'après la table]
Début :
En vous parlant des personnes de pieté, je ne dois pas oublier [...]
Mots clefs :
Piété, Loteries, Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Grandes Charitez faites par les Parisiens, [titre d'après la table]
En vous parlant des personnes de pieté, je ne dois pasoublier de vous marquer que Paris en est remply
,
& que plus
les temps sont difficiles, plus
elles donnent de marques
1
de
leur pieté &de leurcharité,&
que les Aumônes de ceux mêmes qui ne sont pas trop accommodées vont au de-là de
leur pouvoir. Cela se connoist
dans toutes les Paroisses de Paris & même dans la pluspart
des Communautez
,
ceux qui
n'ont point d'argentdonnant
la pluspart de leurs effets pour
secourir les Pauvres, en sorte
qu'avec des Billers qui ne coûtent que dix sols, ils peuvent
tous les jours faire des gains
considerables, & qui les tirent
de la misere. A peine a-t on
tiré une de ces Lotteries qu'on
en recommence une autre, Be
il y a
plusieurs Paroissesdans
lesquelles on a
déja tiré beaucoup de ces Lotteries. Enfin
tous les Pauvres honteux des
Paroisses sont assistez; quoy
qu'il soit très-difficile de suffre
aux fonds qui sont necessaires
pour cette Charité; mais le
zele des Ames charitables cft
si grand qu'elles trouvent le
moyen de faire l'impossible.
Aussi assure-t-on qu'il n'y a
point de Ville dans le monde
oul'on fasse tant de charitez
qu'à Paris, & dans lequel on
peut dire que la main droite ne
sçait pas ce que fait la gauche,
ce qui marque que ces Charte
tez se font sans ostentation j
&que ceux quilesfont se contentent de la satisfaction ime-I
rieure qu'ils ont de bien faire,
& d'esperer que le Ciel les recompensera un jour,& répandra
dra ses grâces sur toute leur
posterité. Il seroit à souhaiter
que de pareils exemples fussent
connus, afin de donner lieu aux
cœurs endurcis de les imiter
,
& que plus
les temps sont difficiles, plus
elles donnent de marques
1
de
leur pieté &de leurcharité,&
que les Aumônes de ceux mêmes qui ne sont pas trop accommodées vont au de-là de
leur pouvoir. Cela se connoist
dans toutes les Paroisses de Paris & même dans la pluspart
des Communautez
,
ceux qui
n'ont point d'argentdonnant
la pluspart de leurs effets pour
secourir les Pauvres, en sorte
qu'avec des Billers qui ne coûtent que dix sols, ils peuvent
tous les jours faire des gains
considerables, & qui les tirent
de la misere. A peine a-t on
tiré une de ces Lotteries qu'on
en recommence une autre, Be
il y a
plusieurs Paroissesdans
lesquelles on a
déja tiré beaucoup de ces Lotteries. Enfin
tous les Pauvres honteux des
Paroisses sont assistez; quoy
qu'il soit très-difficile de suffre
aux fonds qui sont necessaires
pour cette Charité; mais le
zele des Ames charitables cft
si grand qu'elles trouvent le
moyen de faire l'impossible.
Aussi assure-t-on qu'il n'y a
point de Ville dans le monde
oul'on fasse tant de charitez
qu'à Paris, & dans lequel on
peut dire que la main droite ne
sçait pas ce que fait la gauche,
ce qui marque que ces Charte
tez se font sans ostentation j
&que ceux quilesfont se contentent de la satisfaction ime-I
rieure qu'ils ont de bien faire,
& d'esperer que le Ciel les recompensera un jour,& répandra
dra ses grâces sur toute leur
posterité. Il seroit à souhaiter
que de pareils exemples fussent
connus, afin de donner lieu aux
cœurs endurcis de les imiter
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Résumé : Grandes Charitez faites par les Parisiens, [titre d'après la table]
Le texte souligne la piété et la charité des Parisiens, notamment en période de difficultés. Les paroisses et communautés de Paris manifestent une générosité exceptionnelle, même parmi les moins fortunés. Les aumônes prennent diverses formes, incluant la donation d'effets personnels pour aider les pauvres. Des lotteries sont organisées pour lever des fonds, et plusieurs paroisses en ont déjà bénéficié. Tous les pauvres honteux des paroisses reçoivent de l'aide, malgré les contraintes financières. Le zèle des âmes charitables permet de surmonter ces obstacles. Paris est reconnue pour ses nombreuses charités discrètes, où les donateurs agissent sans ostentation, cherchant uniquement la satisfaction intérieure et la récompense divine. Le texte espère que ces exemples inspireront d'autres cœurs à imiter cette générosité.
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37
p. 17-30
Nouvelles de Juin. [titre d'après la table]
Début :
De Paris le 26. Juin. LE 22. AVRIL la Ville [...]
Mots clefs :
Brigadier, Camp, Commandant, Versailles, Ratisbonne, Paris, Camp de Corbins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Juin. [titre d'après la table]
De Paris le z6.Juin.
*
LE ZI. AVRIL la Ville
de Douay a esté investie par
les Alliez.
LA NUIT DU 4.AU 5. JUIN
la tranchéeaesté ouverte.
LE 29.JUIN laVilleaesté
renduë par Capitulation,
avec le Fort de Scarpe.
Mrle Comte d'Albergothy
,
Lieutenant General,
Commandant en Chef.
Mr de Pomereu, Gouverneur.
Mrde Valory, Maréchal
de Camp, & Commandant
les Ingénieurs.
Mr le Comte de Dreux,
Maréchal de Camp.
M1le Duc de Mortemar,
Brigadier General d'Infanterie.
Mrle Comte de Lagnion,
Brigadier.
MrdeChastenay, Brigadier.
M' le Chevalier de Saucourt,
Commandant l'Artillerie.
Les Maréchaux de Camp
ont esté faits Lieutenans
Generaux.
ï M1 k Duc de Mortemar
aété faitMaréchal de Camp.
Mrle Marquis de Lille,
Colonel, a esté fait Brigadier.
Mrle Chevalier de Villouvet,
Colonel, a este fait Brigadier.
Il n'y avoit dans la Place
que 7500. hommes.
Le corps d'Armée détaché
pour le siege
,
estoit
composé de 40. Bataillons
& de 40. Escadrons.
Leur Artillerie estoit de
70. pieces de canori, & de
80.mortiers ou pieriers.
Les Assiegeans ont perdu
8. à 9000. hommes.
On a fait 32.sorties.
La droite de l'Ataque c*
toit commandée par lePrince
d'Anhalt-Dessau,& la
gauche par le Prince d'Orange.
L'Armée d'observation;
commandée par le Prince
Eugene,& par Milord Mari..
borough.
Je distingue les moindres
circonstances par
Articles, pour en faclliter
la recherche.
Je mets en forme de
Table la date des Lettres
davis, & à la teste de
chaque Articleladate du
fait dont il s'agit.Voicy,
par exemple, l'arrangement
que je suivray pour
les dates.
JDt Versailles le y. Juin.
LE 5. JUIN Monsieur
le Cardinal de Noailles béniz
la nouvelle Chapelle du
Chasteau avec les ceremonies
ordinaires.
Du Camp de Corbins le
t 5.Juin.
•
LE2.JUIN, Dom Juan
Anronio d'Amezaga,commandant
un détachement
de tArmeeduRoy d'Espagne,
prit d'alTaut la Ville
, d'Estadilla.
De Paris le 6.Juin.
LE le Roy a donné
à Mr Coypel;la Charge de
Garde des Tableaux & des
Peintures de la Couronne.
Elle vacquoit par la mort de
Mr Oats.
De Paris le 6.Juin.
LE 6.JU1N Louisedela
Baulme le Blanc,Duchesse
de la Valliere, est morte
âgée de 67. ans au grand
Convent des Carmelites.
Elle y avoit pris l Habit de
Religion fous le nom de
Soeur Louise de la Misericorde,
& elle y avoic passé 36. ans
dans la pratique de la penitence
la plus austere, & de
toutesles vertus chrêtiennes.
DeRatisbonnele
LIl E.leDucHenry de
Saxe -
Reinhield est more
sans enfans. Le Duc Jean-
Ernest de Salfeld son frere,
& le Duc de Saxe -
Meincngen
son neveu, ont pris
possession de ses Etats. Le
Duc de Saxe- Gotha,aussi
neveu du défunt s'yest opposé.
DeVcrfailleslei LE13. JUIN le Roy
a donnél'Abbaye d'Haulmont
à Don Ansbert Petit.
De Versailles le 13.Juin
LE13 JUINle Roy a
donné l'Abbaye de VernaisonàMcduRouffecdela
Baume.
- DeVeifailles le 13, Juin,
LE13 JUIN leRoya
donné l'Abbaye de Sainte
Claire de Clermont à Mc
Dagrain.
DeVeifâillesIt13.Juin..
LE 13. JUIN le Roy
a donné le Doyenné de
Saint Omer à Mr l'Abbé
des Lyons, Grand - Vicaire
de Saint Omer.
1
C'estassez de Nouvelles
de fuite: je les interrompray
souvent par des
Ouvragesd'esprit ou par
des Historiettes
,
quand
j'enauray. Cettealternative
des-ennuyera également
certains beaux
Esprits que les Nouvelles
fatiguent,&certains
Nouvellistes qu'un Ouvrage
d'esprit fait bâiller.
La difficulté,C'est de
trouver une especed'ordre
pour arranger d'une
maniere amusante tant
de sujets differens ou opposez.
Je trouve cela si
difficile que je desespere
d'yréüssir. Un bel ordre
est bien plus aisé à trouver.
L'ord re a des réglés ;
mais un desordre agreable
n'a gueres d'autres réglés
que la variété &c le
goust.
La variété est une re,.
gleseure pour plaire; je
vous promets de varier
quand j'auray dequoy. A
l'égarddu goust, la regle
feure c'est quelegoust
d'un seul homme ne
sçauroit plaire à tous.
-
Je ne puis pourtant arranger
que selon mon
goust. J'ensuis fâché
: je
tâcheray de reparer le dé..
faut de l'arrangement
par le bon choix des
Ouvrages.
En donnant d'abord
quelques Pieces composées
par des Auteurs du
premier ordre, je prétens
rendre honorable la place
que je donneray dans
mon Mercure. Je prie
donc tous les excellents
Compositeurs de s'y placer
,
afin qu'il soit honteux
de n'y pas estre
,
à
tous ceux qui me refuseront
leurs Ouvrages.
*
LE ZI. AVRIL la Ville
de Douay a esté investie par
les Alliez.
LA NUIT DU 4.AU 5. JUIN
la tranchéeaesté ouverte.
LE 29.JUIN laVilleaesté
renduë par Capitulation,
avec le Fort de Scarpe.
Mrle Comte d'Albergothy
,
Lieutenant General,
Commandant en Chef.
Mr de Pomereu, Gouverneur.
Mrde Valory, Maréchal
de Camp, & Commandant
les Ingénieurs.
Mr le Comte de Dreux,
Maréchal de Camp.
M1le Duc de Mortemar,
Brigadier General d'Infanterie.
Mrle Comte de Lagnion,
Brigadier.
MrdeChastenay, Brigadier.
M' le Chevalier de Saucourt,
Commandant l'Artillerie.
Les Maréchaux de Camp
ont esté faits Lieutenans
Generaux.
ï M1 k Duc de Mortemar
aété faitMaréchal de Camp.
Mrle Marquis de Lille,
Colonel, a esté fait Brigadier.
Mrle Chevalier de Villouvet,
Colonel, a este fait Brigadier.
Il n'y avoit dans la Place
que 7500. hommes.
Le corps d'Armée détaché
pour le siege
,
estoit
composé de 40. Bataillons
& de 40. Escadrons.
Leur Artillerie estoit de
70. pieces de canori, & de
80.mortiers ou pieriers.
Les Assiegeans ont perdu
8. à 9000. hommes.
On a fait 32.sorties.
La droite de l'Ataque c*
toit commandée par lePrince
d'Anhalt-Dessau,& la
gauche par le Prince d'Orange.
L'Armée d'observation;
commandée par le Prince
Eugene,& par Milord Mari..
borough.
Je distingue les moindres
circonstances par
Articles, pour en faclliter
la recherche.
Je mets en forme de
Table la date des Lettres
davis, & à la teste de
chaque Articleladate du
fait dont il s'agit.Voicy,
par exemple, l'arrangement
que je suivray pour
les dates.
JDt Versailles le y. Juin.
LE 5. JUIN Monsieur
le Cardinal de Noailles béniz
la nouvelle Chapelle du
Chasteau avec les ceremonies
ordinaires.
Du Camp de Corbins le
t 5.Juin.
•
LE2.JUIN, Dom Juan
Anronio d'Amezaga,commandant
un détachement
de tArmeeduRoy d'Espagne,
prit d'alTaut la Ville
, d'Estadilla.
De Paris le 6.Juin.
LE le Roy a donné
à Mr Coypel;la Charge de
Garde des Tableaux & des
Peintures de la Couronne.
Elle vacquoit par la mort de
Mr Oats.
De Paris le 6.Juin.
LE 6.JU1N Louisedela
Baulme le Blanc,Duchesse
de la Valliere, est morte
âgée de 67. ans au grand
Convent des Carmelites.
Elle y avoit pris l Habit de
Religion fous le nom de
Soeur Louise de la Misericorde,
& elle y avoic passé 36. ans
dans la pratique de la penitence
la plus austere, & de
toutesles vertus chrêtiennes.
DeRatisbonnele
LIl E.leDucHenry de
Saxe -
Reinhield est more
sans enfans. Le Duc Jean-
Ernest de Salfeld son frere,
& le Duc de Saxe -
Meincngen
son neveu, ont pris
possession de ses Etats. Le
Duc de Saxe- Gotha,aussi
neveu du défunt s'yest opposé.
DeVcrfailleslei LE13. JUIN le Roy
a donnél'Abbaye d'Haulmont
à Don Ansbert Petit.
De Versailles le 13.Juin
LE13 JUINle Roy a
donné l'Abbaye de VernaisonàMcduRouffecdela
Baume.
- DeVeifailles le 13, Juin,
LE13 JUIN leRoya
donné l'Abbaye de Sainte
Claire de Clermont à Mc
Dagrain.
DeVeifâillesIt13.Juin..
LE 13. JUIN le Roy
a donné le Doyenné de
Saint Omer à Mr l'Abbé
des Lyons, Grand - Vicaire
de Saint Omer.
1
C'estassez de Nouvelles
de fuite: je les interrompray
souvent par des
Ouvragesd'esprit ou par
des Historiettes
,
quand
j'enauray. Cettealternative
des-ennuyera également
certains beaux
Esprits que les Nouvelles
fatiguent,&certains
Nouvellistes qu'un Ouvrage
d'esprit fait bâiller.
La difficulté,C'est de
trouver une especed'ordre
pour arranger d'une
maniere amusante tant
de sujets differens ou opposez.
Je trouve cela si
difficile que je desespere
d'yréüssir. Un bel ordre
est bien plus aisé à trouver.
L'ord re a des réglés ;
mais un desordre agreable
n'a gueres d'autres réglés
que la variété &c le
goust.
La variété est une re,.
gleseure pour plaire; je
vous promets de varier
quand j'auray dequoy. A
l'égarddu goust, la regle
feure c'est quelegoust
d'un seul homme ne
sçauroit plaire à tous.
-
Je ne puis pourtant arranger
que selon mon
goust. J'ensuis fâché
: je
tâcheray de reparer le dé..
faut de l'arrangement
par le bon choix des
Ouvrages.
En donnant d'abord
quelques Pieces composées
par des Auteurs du
premier ordre, je prétens
rendre honorable la place
que je donneray dans
mon Mercure. Je prie
donc tous les excellents
Compositeurs de s'y placer
,
afin qu'il soit honteux
de n'y pas estre
,
à
tous ceux qui me refuseront
leurs Ouvrages.
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Résumé : Nouvelles de Juin. [titre d'après la table]
En juin, plusieurs événements historiques marquants ont eu lieu. Le 21 avril, les alliés ont investi la ville de Douai. La tranchée a été ouverte la nuit du 4 au 5 juin, et la ville s'est rendue le 29 juin par capitulation, accompagnée du Fort de Scarpe. Les principaux commandants étaient le Comte d'Albergothy, Lieutenant Général et Commandant en Chef, ainsi que plusieurs autres officiers de haut rang. La garnison de Douai comptait 7 500 hommes, tandis que le corps d'armée assiégeant était composé de 40 bataillons et 40 escadrons, avec une artillerie de 70 pièces de canon et 80 mortiers. Les assiégeants ont subi des pertes de 8 000 à 9 000 hommes et ont effectué 32 sorties. Les attaques étaient commandées par le Prince d'Anhalt-Dessau à droite et le Prince d'Orange à gauche. L'armée d'observation était dirigée par le Prince Eugène et Milord Marlborough. Parallèlement, d'autres événements notables ont eu lieu. Le 5 juin, la nouvelle chapelle du Château de Versailles a été bénie par le Cardinal de Noailles. Le 2 juin, la ville d'Estadilla a été prise par Dom Juan Antonio d'Amezaga. Le 6 juin, Louise de La Baume Le Blanc, Duchesse de La Vallière, est décédée à l'âge de 67 ans. Le 13 juin, le Roi a fait plusieurs donations d'abbayes et de doyennés. Le texte mentionne également la mort du Duc Henry de Saxe-Reinhield et les disputes de succession qui en ont découlé. L'auteur exprime ses difficultés à organiser les nouvelles de manière amusante et variée, tout en promettant de présenter des œuvres d'auteurs de premier ordre.
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38
p. 47-50
« De Paris le 3. Juillet. LE 2. JUILLET le Roy [...] »
Début :
De Paris le 3. Juillet. LE 2. JUILLET le Roy [...]
Mots clefs :
Monsieur de Nointel, Paris, Lunéville, La Haye
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De Paris le 3. Juillet. LE 2. JUILLET le Roy [...] »
DeParts le^.Juillet.
i LE 2. JUILLET LERoy
donnaà Mrle Comte d'Albergotti
le Gouvernement
de Saar-Louis, & S. M. l'a
nomme pour cilie Cheva.
lierduS.Esprit.
-
DeLunevtllele4.
Juillet,
- « LE 4. JUILLET à5.heures
du matin, S. A R. Madame
la Duchesse de Lorraine
est accouchée d'une
Princesse. 1De Paris le7.Juillet. ,G 1 1* i
LE 2,9. JU INMleMarquis
de Sablé est mort. j Il eftoic fils de Mr Servien
Ministre & Secretaire
d'Ecar, & Surineendant des
Finances; & frere de Mr
l'Abbé Servien
,
& de feuë
MelaDuchclfedcSully.
-,
DeParisle10.Juillet.
LE10. JUILLET Mr
de Nointel
,
fils de Mr de
Nointel Bechameil Coru
seiller d'Etat,aépousé Mlle:
Rouillé,fille de Mr Rouillé
Maistre des Requestes.
Delà Hayele 10.failleti
LEJUILLET le General
Hompefch a esté
nomme au Gouvernement
de laville deDouay.
Mr des Roques Ingenieur
en chef a esté nommé
à celuy du Fort deScarpe.
i LE 2. JUILLET LERoy
donnaà Mrle Comte d'Albergotti
le Gouvernement
de Saar-Louis, & S. M. l'a
nomme pour cilie Cheva.
lierduS.Esprit.
-
DeLunevtllele4.
Juillet,
- « LE 4. JUILLET à5.heures
du matin, S. A R. Madame
la Duchesse de Lorraine
est accouchée d'une
Princesse. 1De Paris le7.Juillet. ,G 1 1* i
LE 2,9. JU INMleMarquis
de Sablé est mort. j Il eftoic fils de Mr Servien
Ministre & Secretaire
d'Ecar, & Surineendant des
Finances; & frere de Mr
l'Abbé Servien
,
& de feuë
MelaDuchclfedcSully.
-,
DeParisle10.Juillet.
LE10. JUILLET Mr
de Nointel
,
fils de Mr de
Nointel Bechameil Coru
seiller d'Etat,aépousé Mlle:
Rouillé,fille de Mr Rouillé
Maistre des Requestes.
Delà Hayele 10.failleti
LEJUILLET le General
Hompefch a esté
nomme au Gouvernement
de laville deDouay.
Mr des Roques Ingenieur
en chef a esté nommé
à celuy du Fort deScarpe.
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Résumé : « De Paris le 3. Juillet. LE 2. JUILLET le Roy [...] »
Le 2 juillet, le Comte d'Albergotti fut nommé Chevalier du Saint-Esprit. Le 4 juillet, la Duchesse de Lorraine accoucha d'une princesse. Le 9 juillet, le Marquis de Sablé, fils du Ministre Servien, décéda. Le 10 juillet, Monsieur de Nointel épousa Mademoiselle Rouillé. Le même jour, Hompesch fut nommé Gouverneur de Douai et des Roques Gouverneur du Fort de Scarpe.
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39
p. 121-141
AUTRES NOUVELLES de Juillet.
Début :
De Paris le 3. Juillet. LE 2. JUILLET, le Roy [...]
Mots clefs :
Roi, Parlement, Évêché, Toulouse, Montmorin, Martyrs, Cardinal, Abbaye, Maréchal, Conversion, Paris, Versailles, Agde
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRES NOUVELLES de Juillet.
AUTRES NOUVELLES
Ac Juillet.
De Parie le Juillet.
Lei. JUILLET, leRoy
a donné à Mr le Maréchal
de Villars, les Gouvernements
desVilles,Pays3 &,
Evêchez de Metz, ôc-de
Verdun, & de la Citadelle
de la première deces Villes.
Ces Gouvernementsvacquoient
par la mort deMr
dejoyeuse.
DeParùlej.juillet.
LE 3. JUILLET, Monsieur
le Cardinal de Jansonn,
Grand-Aumônier de
France, administra les ceremoniesdu
Baptême a
Monsieur le Duc de Chartres.
Monseigneur le Duc de
Bourgogne fut le Parrain,
& Madame, la Marraine;
ils le nommèrent LOUIS.
Mademoisellede Valois
reçut aum les cérémonies
du Baptême.
Elle fut tenuë par Monseigneur
le Duc de Berry,
&: par Mademoiselle qui
la nommerent Charlotte-
Aglaé.
A l'occauon du nom
,d'Aglaé:l je diray deux mots
de la conversion de cette
Sainte,parce que cette conversionest
fort singuliere,
& peu connue Mr l'Abbé
Fleury en parle dans son
Histoire de l'Eglise.
- Je vous donne cette Di.
gression historique, seulement
comme un essay des
soins queje prendray pour
varier mes nouvelles. Je
saisiray la moindre occasion
: le nom d'une Ville
ou d'une Famille suffira
pour me faire citer quel
-
questraitscurieux ou d'histoireoud'érudition.
Enun
mot avec le temps je vous
donneray millechoses que
je ne vous promets point;
mais pour me dédommager
jemanquerayquelquefois
à vous donnerce queje
vous auray promis.
CONVERSIOND'AGLAE
AGlaé, Dame Romaine
,
fille d'Alsace
,
qui avoitesléProconsul,
& si riche quelleavoit
un grand nombre d'Intendarits,
trouva tant de
méritéa Fund'eux, quelle
l'aima passionément,
f5 réfiolut de l'époufer.
rUnefeule difficultél'arressoit.
Cet Intendtlnt qui
avoit nom BonavenrureMépriroitfortles
Chre-
Jïiens que l'onperfecutoit
alors en Oriént. Àglaé au
contraire
> ne parloit au
jeune Pajen que de laferveur
des Chrestiens pour
le Dieu qu'ils adoroient.
Elle luy ordonnad'aller
luy-même en Orient, f5
de Imy apporter des Reli
ques de ces Saints Martyrs
dontonparIcittant a
Rome) & IUJI déclara
quellene repoujeroitpoine
qu'il ne lujen eutappor-
,
té. luy en eut appor-
Bonaventurefut forcé
d'obeir.AglaéluYdonna
des équipagesr/Jagnijiques,
ê5 des parfumspour
embaumer un de ces corps
Saints quelle vouloitvoiy
ahfolur/Jellt. Bonaventure
part;Aglaé¡¡ttendJon
retour avec impatience;
elle ne doute point qu'il
ne revienne Chretlien dés
quil aura vu ce nombre'
infini de Martyrs.Bonaventure
arrive dans la
* ville de Tharfi
,
e5 voit
en effet tant de Martyrs
& tant de miracles, quetouché
de ces grands cxemples
3
il voulut les
suivre.IlfutJepresenter
au Tyran j il se déclara
Cbreftien, eS ilfutlivré
aux tourments,ou avant
que d'expirer il ordonna
à Ces gens de porter fort
corps a Aglaepouracheverde
la convertir.
Cela fut executé; le
Cc(o)rrtetgeegearrivaaRRoommee'
avec la mêmepompe qu -
jigléavoit ordonnée pour
apporter le corps d'un
Martyr. Dti, plus- loinquelle
le vit, trarjortée
dejoyeelle courut au devant
des Reliques qu'elle
attendott ; mais trouvant
à leur place celuy quelle
dévottépoufer3quellefÙrj
j' -'
prijt! elle enJut frappee
>
comme d'un coup de foudre
iînats ce fut un coup
heureux de la grâce, qui
d'Aglaé Payenne encore
jusqua ce jour, sa une
grande Sainte que noas
honorons.
De Versailles le n.-Juillet,
LE II. JUILLET, le
Roy a nommé à l'Archevesché
de Reims,Mr l'Archevesque
d'Arles.
Il est de la Maison de lit Mailly, frere de Mr l'Evesque
de Lavaur;de Me de
Mailly, Prieure perpétuelle
à la nomination duRoy,
du Monastere Royal de
S. Louis dePoissy ,&de
Me de Mailly Religieuse à
Longchamps
LEIF.JUILLET,leRoy
a nommé à l'Evescl é de
Seez
,
Mr l'Abbé Turgot,
Aumosnier de Sa Majessé.
IlaestéAgent duClergé
«LE II.JUILLET;leRoy,
a nomme a l'Evéché de
Vabres
,
Mr l'Abbé de la
Chapelle
,
Grand-Vicaire
deMende.
Il étoit Député à laderniere
Assemblée du Cler-
•
gé"
LEII.JUILLET,leRoy
a nommé à l'Evesché de
Comminges
,
Mr l'Abbé
du Boucher.
Ilest de S.Pourçainen
Auvergne, & il se nomme
Gabriel Olivier de Nubieres
du Boucher.
LEII. JUI LLET,Roy
a nomméàl'Evêché d'Aire
y
Mr l'Abbé de Montmorin,,
Grand-Vicaire de
Vienne.
Il est de la Maison de
S. Heran de Montmorin.
La Terre de Montmorin
est l'une des quatre premières
& plus anciennes
Baronies d'Auvergne.
LEII.JUI LLET,leRoy
a nommé à l'Evesché d'Autun
,
Mr l'Abbé de Dromesnil
,
Aumosnier de Sa
Majesté.
Mr l'Abbé de Maulévrier
aussi Aumosuier de
Sa Majesté, qui avoit cydevant
elle nomme a cet
Evesché, s'en étoit démis
volontairement.
Mr l'Abbé de Dromefnil
est proche parent de
Mr le Maréchal de Bout
fiers.
LEII. JUILLET,leRoy
a nommé à l'Evesché de
Nismes, Mr l'Abbé de la
Parifiere.
Il est parentde Mr l'Archevefque
de Rouen.
Le Roya donné sur cet
Evesché, une pension à Mr
l'Abbé du Doucet, fils de
Mrepierre du Doucet, Chepalier
Seigneur de Cussac,
d'uneancienne noblesse de
Poitou.
LElLiE.J1U1JuIiLLLLEETT.J, IeeRRooyy
a nomméà l'Evesché d'Evreux,
Mr l'Abbé le Normand
,Chanoine de Saine
Honoréa & Officiai de
Paris.
Il est parent de Mr le
Normand Fermier General.
LE 11. JuiLLETJeRoy
a donné l'Abbaye de Saint
Remy de Reims, à Mrle
Cardinal Gualteri'o.
Il a esté Vice-Legat
d'Avignon ,&ensuite
Nonce du Pape en France.
LF-II.JUILLET,leRoy
a donnél'Abbaye de Saint
Etienne de Caen à Mrle
Cardinal delaTrimoille.
Cette Abbaye est dans
le Diocese de Bayeux, de
l'Ordre de S. Benoist,&
de la Congregation de
S. Maur;elleavoit été fondée
par Guillaume le Conquérant
Roy d'Angleterre.
i
DeParisle 13.Juillet.
LE 12. JUI LLET, Mre
François Berthier, ChevalierSeigneur
de S. Géniés,
cy -devant Avocat
General au Parlement de
Toulouse,innommépremier
President au Parlement de
Pau en 17°. a été fait Premier
President du Parlement
de Toulouse par la
démission volontaire de
Mre Alexandre Morant
que Ces incommoditez ont
obligé de se retirer.
On trouve le nom de
Berthier dans les Fastes de
la ville de Toulouse du18e
siecle
-$
& dans les Registres
du Parlement du icc
siecle.
Les Annales Ecclesiastiques
font mention de cinq
Prelats que cette Maison a
donnez à l'Eglise, dont il
y a eu aussi-
Un Chancelier de la
Reine Marguerite, qui
estoit en mesme temps
Conseiller d'Etat.
Un premier President:
du Parlement deToulouse,
outre celuy qui donne lieu
à cet Article.
Deux Presidents a Mortier
,
& plusieurs autres
Magistrats.
c? 4
D'Agde en Languedoc
le 14. Jurllet.
LE 13. JUILLET
,
Mr
( l'Abbé Maboul Evesque
dAlet fut sacré dans FEglise
Cathedrale de cette
Vilie, par les mains de Mr
l'Evesqued'Agde,a{ïifté
de Mrs les Evesques de
Beziers & de Castres.
De Paris le 15
,
Juillet. -
LE 15. JUI llet ,
Mr - l'Abbé Anselme a esté reçu
à l'Académie des Médailles
&Inscriptions.
De Paris le 16.Juillet,
Le.Juillet,le
Roya nomme Me la Duchesse
de S. Simon
,
fille
de feu Mr le Maréchal de
Lorge, Dame d'Honneur
de Madame la Duchesse
deBerry. : 1
MedelaVieuville,Da
med'Atour. \1.
Et Mled'Aveze premiere
Femme de Chambre.
Autre interruption
de Nouvelles. Je les interromps
icy par pure
envie de les interrompre,
c'est- d ire, pour
varier.
Ac Juillet.
De Parie le Juillet.
Lei. JUILLET, leRoy
a donné à Mr le Maréchal
de Villars, les Gouvernements
desVilles,Pays3 &,
Evêchez de Metz, ôc-de
Verdun, & de la Citadelle
de la première deces Villes.
Ces Gouvernementsvacquoient
par la mort deMr
dejoyeuse.
DeParùlej.juillet.
LE 3. JUILLET, Monsieur
le Cardinal de Jansonn,
Grand-Aumônier de
France, administra les ceremoniesdu
Baptême a
Monsieur le Duc de Chartres.
Monseigneur le Duc de
Bourgogne fut le Parrain,
& Madame, la Marraine;
ils le nommèrent LOUIS.
Mademoisellede Valois
reçut aum les cérémonies
du Baptême.
Elle fut tenuë par Monseigneur
le Duc de Berry,
&: par Mademoiselle qui
la nommerent Charlotte-
Aglaé.
A l'occauon du nom
,d'Aglaé:l je diray deux mots
de la conversion de cette
Sainte,parce que cette conversionest
fort singuliere,
& peu connue Mr l'Abbé
Fleury en parle dans son
Histoire de l'Eglise.
- Je vous donne cette Di.
gression historique, seulement
comme un essay des
soins queje prendray pour
varier mes nouvelles. Je
saisiray la moindre occasion
: le nom d'une Ville
ou d'une Famille suffira
pour me faire citer quel
-
questraitscurieux ou d'histoireoud'érudition.
Enun
mot avec le temps je vous
donneray millechoses que
je ne vous promets point;
mais pour me dédommager
jemanquerayquelquefois
à vous donnerce queje
vous auray promis.
CONVERSIOND'AGLAE
AGlaé, Dame Romaine
,
fille d'Alsace
,
qui avoitesléProconsul,
& si riche quelleavoit
un grand nombre d'Intendarits,
trouva tant de
méritéa Fund'eux, quelle
l'aima passionément,
f5 réfiolut de l'époufer.
rUnefeule difficultél'arressoit.
Cet Intendtlnt qui
avoit nom BonavenrureMépriroitfortles
Chre-
Jïiens que l'onperfecutoit
alors en Oriént. Àglaé au
contraire
> ne parloit au
jeune Pajen que de laferveur
des Chrestiens pour
le Dieu qu'ils adoroient.
Elle luy ordonnad'aller
luy-même en Orient, f5
de Imy apporter des Reli
ques de ces Saints Martyrs
dontonparIcittant a
Rome) & IUJI déclara
quellene repoujeroitpoine
qu'il ne lujen eutappor-
,
té. luy en eut appor-
Bonaventurefut forcé
d'obeir.AglaéluYdonna
des équipagesr/Jagnijiques,
ê5 des parfumspour
embaumer un de ces corps
Saints quelle vouloitvoiy
ahfolur/Jellt. Bonaventure
part;Aglaé¡¡ttendJon
retour avec impatience;
elle ne doute point qu'il
ne revienne Chretlien dés
quil aura vu ce nombre'
infini de Martyrs.Bonaventure
arrive dans la
* ville de Tharfi
,
e5 voit
en effet tant de Martyrs
& tant de miracles, quetouché
de ces grands cxemples
3
il voulut les
suivre.IlfutJepresenter
au Tyran j il se déclara
Cbreftien, eS ilfutlivré
aux tourments,ou avant
que d'expirer il ordonna
à Ces gens de porter fort
corps a Aglaepouracheverde
la convertir.
Cela fut executé; le
Cc(o)rrtetgeegearrivaaRRoommee'
avec la mêmepompe qu -
jigléavoit ordonnée pour
apporter le corps d'un
Martyr. Dti, plus- loinquelle
le vit, trarjortée
dejoyeelle courut au devant
des Reliques qu'elle
attendott ; mais trouvant
à leur place celuy quelle
dévottépoufer3quellefÙrj
j' -'
prijt! elle enJut frappee
>
comme d'un coup de foudre
iînats ce fut un coup
heureux de la grâce, qui
d'Aglaé Payenne encore
jusqua ce jour, sa une
grande Sainte que noas
honorons.
De Versailles le n.-Juillet,
LE II. JUILLET, le
Roy a nommé à l'Archevesché
de Reims,Mr l'Archevesque
d'Arles.
Il est de la Maison de lit Mailly, frere de Mr l'Evesque
de Lavaur;de Me de
Mailly, Prieure perpétuelle
à la nomination duRoy,
du Monastere Royal de
S. Louis dePoissy ,&de
Me de Mailly Religieuse à
Longchamps
LEIF.JUILLET,leRoy
a nommé à l'Evescl é de
Seez
,
Mr l'Abbé Turgot,
Aumosnier de Sa Majessé.
IlaestéAgent duClergé
«LE II.JUILLET;leRoy,
a nomme a l'Evéché de
Vabres
,
Mr l'Abbé de la
Chapelle
,
Grand-Vicaire
deMende.
Il étoit Député à laderniere
Assemblée du Cler-
•
gé"
LEII.JUILLET,leRoy
a nommé à l'Evesché de
Comminges
,
Mr l'Abbé
du Boucher.
Ilest de S.Pourçainen
Auvergne, & il se nomme
Gabriel Olivier de Nubieres
du Boucher.
LEII. JUI LLET,Roy
a nomméàl'Evêché d'Aire
y
Mr l'Abbé de Montmorin,,
Grand-Vicaire de
Vienne.
Il est de la Maison de
S. Heran de Montmorin.
La Terre de Montmorin
est l'une des quatre premières
& plus anciennes
Baronies d'Auvergne.
LEII.JUI LLET,leRoy
a nommé à l'Evesché d'Autun
,
Mr l'Abbé de Dromesnil
,
Aumosnier de Sa
Majesté.
Mr l'Abbé de Maulévrier
aussi Aumosuier de
Sa Majesté, qui avoit cydevant
elle nomme a cet
Evesché, s'en étoit démis
volontairement.
Mr l'Abbé de Dromefnil
est proche parent de
Mr le Maréchal de Bout
fiers.
LEII. JUILLET,leRoy
a nommé à l'Evesché de
Nismes, Mr l'Abbé de la
Parifiere.
Il est parentde Mr l'Archevefque
de Rouen.
Le Roya donné sur cet
Evesché, une pension à Mr
l'Abbé du Doucet, fils de
Mrepierre du Doucet, Chepalier
Seigneur de Cussac,
d'uneancienne noblesse de
Poitou.
LElLiE.J1U1JuIiLLLLEETT.J, IeeRRooyy
a nomméà l'Evesché d'Evreux,
Mr l'Abbé le Normand
,Chanoine de Saine
Honoréa & Officiai de
Paris.
Il est parent de Mr le
Normand Fermier General.
LE 11. JuiLLETJeRoy
a donné l'Abbaye de Saint
Remy de Reims, à Mrle
Cardinal Gualteri'o.
Il a esté Vice-Legat
d'Avignon ,&ensuite
Nonce du Pape en France.
LF-II.JUILLET,leRoy
a donnél'Abbaye de Saint
Etienne de Caen à Mrle
Cardinal delaTrimoille.
Cette Abbaye est dans
le Diocese de Bayeux, de
l'Ordre de S. Benoist,&
de la Congregation de
S. Maur;elleavoit été fondée
par Guillaume le Conquérant
Roy d'Angleterre.
i
DeParisle 13.Juillet.
LE 12. JUI LLET, Mre
François Berthier, ChevalierSeigneur
de S. Géniés,
cy -devant Avocat
General au Parlement de
Toulouse,innommépremier
President au Parlement de
Pau en 17°. a été fait Premier
President du Parlement
de Toulouse par la
démission volontaire de
Mre Alexandre Morant
que Ces incommoditez ont
obligé de se retirer.
On trouve le nom de
Berthier dans les Fastes de
la ville de Toulouse du18e
siecle
-$
& dans les Registres
du Parlement du icc
siecle.
Les Annales Ecclesiastiques
font mention de cinq
Prelats que cette Maison a
donnez à l'Eglise, dont il
y a eu aussi-
Un Chancelier de la
Reine Marguerite, qui
estoit en mesme temps
Conseiller d'Etat.
Un premier President:
du Parlement deToulouse,
outre celuy qui donne lieu
à cet Article.
Deux Presidents a Mortier
,
& plusieurs autres
Magistrats.
c? 4
D'Agde en Languedoc
le 14. Jurllet.
LE 13. JUILLET
,
Mr
( l'Abbé Maboul Evesque
dAlet fut sacré dans FEglise
Cathedrale de cette
Vilie, par les mains de Mr
l'Evesqued'Agde,a{ïifté
de Mrs les Evesques de
Beziers & de Castres.
De Paris le 15
,
Juillet. -
LE 15. JUI llet ,
Mr - l'Abbé Anselme a esté reçu
à l'Académie des Médailles
&Inscriptions.
De Paris le 16.Juillet,
Le.Juillet,le
Roya nomme Me la Duchesse
de S. Simon
,
fille
de feu Mr le Maréchal de
Lorge, Dame d'Honneur
de Madame la Duchesse
deBerry. : 1
MedelaVieuville,Da
med'Atour. \1.
Et Mled'Aveze premiere
Femme de Chambre.
Autre interruption
de Nouvelles. Je les interromps
icy par pure
envie de les interrompre,
c'est- d ire, pour
varier.
Fermer
Résumé : AUTRES NOUVELLES de Juillet.
En juillet, plusieurs événements et nominations ont eu lieu. Le roi a attribué au Maréchal de Villars les gouvernements des villes, pays et évêchés de Metz, Verdun, et la citadelle de Metz, suite au décès de Monsieur de Joyeuse. Le Cardinal de Janson a administré le baptême au Duc de Chartres, nommé Louis, avec le Duc de Bourgogne comme parrain et Madame comme marraine. Mademoiselle de Valois a été baptisée Charlotte-Aglaé par le Duc de Berry et Mademoiselle. Le texte mentionne également la conversion de Sainte Aglaé, une dame romaine qui a converti son fiancé Bonaventure au christianisme. Le roi a nommé plusieurs prélats à divers évêchés : Monsieur l'Archevêque d'Arles à Reims, l'Abbé Turgot à Seez, l'Abbé de la Chapelle à Vabres, l'Abbé du Boucher à Comminges, l'Abbé de Montmorin à Aire, l'Abbé de Dromesnil à Autun, l'Abbé de la Parisière à Nîmes, et l'Abbé le Normand à Évreux. Le Cardinal Gualterio a reçu l'Abbaye de Saint-Rémy de Reims, et le Cardinal de la Trémoille celle de Saint-Étienne de Caen. François Berthier, ancien Avocat Général au Parlement de Toulouse, a été nommé Premier Président du Parlement de Toulouse. L'Abbé Maboul a été sacré évêque d'Alet. Enfin, la Duchesse de Saint-Simon a été nommée Dame d'Honneur de Madame la Duchesse de Berry, et Mademoiselle de Vieuville et Mademoiselle d'Avezé ont été nommées premières femmes de chambre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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40
p. 169-181
AUTRES NOUVELLES DE JUILLET.
Début :
Je retombe toûjours avec peine dans les Nouvelles ; & parce [...]
Mots clefs :
Roi, Abbaye, Paris, Marquis, Versailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRES NOUVELLES DE JUILLET.
AUTRES
NOUVELLES
DE JUILLET.
Je retombe toujours
avec peine dans les Nouvelles;
& parce qu'elles
m'ennuyent naturellement,
jem'imagine quelles
doivent ennuyer les
autres. Ilyaura peut-être
dans celles-cy quelque
Mariage,&la nouvelle
d'un Mariage fait toûjours
sur l'imagination
une petite impressionde
joye; mais aussi les Morts
font affligeantes,
En vérité on ne peut
gueres estre seur dans la
vie de ce qui peut réjouir
ou affiiger. Les
Morts n'affligent ps
toûjours) & les Mariages
ne réjouissent pas
tout lemonde.
Depuis deux jours, une
riche Veuve, dont la
mort eûtréjoiiy les héritiers,
les a fort affligez
par un second mariage.
Qui peut douter qu'il
n'y ait des Morts réjouis
fautes, & des Mariages
affligeants ? J'en prens à
témoin les Maris & les
Femmes.
De Paris le 19.Juillet.
LE15. JUILLET Mr
Thomé
,
Fermier General
est mort.
De Paris le 19, Juillet.
LE 30. JUIN MreGaspard
de Lamer,de Matha,
Evgucd)Aire, est mort en
son Diocese.
Il estoit orignaire d'Auvergne
;il avoit esté nommé
à l'Abbaye de S. Cyran en
1 7. aprés le decés de Mr
l'Abbé de Mouchy,& à
l'Evêchéd'Aire en 1706.
par la translation de Gaston
Floriot à l'Evêché d'Orleans.
De Paris le 19.Juillet.
LE14. JUILLET M:CJen-
Baptisse-Michel Colbert
,
Archevêque de Toulouse
,
est mort en cettc
Ville,âgéde71.ans.
Il estoit frere de feu Mr
le Marquis de Villacerf, Se
de Mr le Marquis de Saint-
Poange.
Le 17. le Chapitre de la
Cathedrale s'est assemblé ,
& a ordonné un Service
pour le 19. qui a esté fait
solemnellement.
Le lendemain on a procedé
à l'élection des Grands-
Vicaires & autres Officiers;
voicy les noms de ceux qui
ont esté élus Grands
-
Vicaires.
Mrl'AbbéOlierdeVerneüll,
Chancelier.
Mrl'AbbédeCastelan,
Chantre.
Mr l'Abbé de Glatens.
Mr l'Abbé de S. Orens.
Mr l'Abbé de Compaing.
Da e P- arisle -19.JNillet.
LE JUIN,Mr le
Marquisde Renty est mort
ensonChasteau de Renty
en Basse - Normandie. Il
estoit Lieutenant General
&s Armées du Roy,&
Lieutenant General de la
Franche-Comté.
Feu Mr le Marquis de Renty
estoit fils de Mrc Gaston-
Jean-Baptiste de Renty, Baron
de Landelles, mort à
Paris en odeur de sainteté le
24. Avril 1649, âgé de 37.
ans, dont le Pere de S. Jure,
Jesuite, a écrit lavie.
Sa mereestoit Elizabeth
de Balzac d'Entragues.
De Versailles le zy.
Juillet.
LE 15, JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
Saint Denis de Reims à Mr
l'Archevêque d'Aix.
LE IJ. JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye
d'Elan à Mr l'Evêque de
Noyon.
LE IJ. JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
S. Cyran à Mr l'Evêque de
Nevers.
LE ZJ. JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
Mouzon à Mr l'Abbé de
Polignac. LE 25.JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
S. Benigne de Dijon à Mr
l'Abbé Defmarctz.
LE25.JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
Belle fontaine à Mr l'Abbé
d'Iliers-d'Enrragues, Au
mônier du Roy.
LE 2 5.JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
Clairmont à Mr l'Abbé de
Dangeau
,
Lecteur du Roy,
& frere de Mr le Marquis
de Dangeau.
*
Il a elle Camerier d'honneur
des Papes Clement X.
& Innocent XI.
LEJUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
Bonne-Fontaine à Mr l'Abbé
Maréchal.
LE 25.JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
Breteüil à Mr l'Abbé d'Aspremont.
LE 25.JUILLET le
Roy a donnél'Abbaye de
Sauve Majeure à Mr l'Abbé
des Halles, Grand
- Vicaire
de Vienne. , LE 2.J.JU1LLET le
Roy a donnel'Abbayede
S. Serge d'A ngers à Mr
l'AbbédeVassé.
LE 2 5.JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
S. Severin à Mr l'Abbé de
Cotte.
LE 2.5. JUILLET le Roy
a donné l'Abbaye de la Roë
à Mr l'Abbé d'Arche s Grand Vicaire de Bordeaux.
LE 2.5.JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
BaigneàMrl'AbbédeCrillon
,Grand-Vicaire de Vence.
LE 2. 5.JUILLET LE
Roy a donné l'Abbaye de
Jonselle à Mr l'Abbé Massilian.
Le 25.JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
Genlis à Mr l'AbbéCrozar.
LE I 5.JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
Celefroin à Mr l'Abbé de
la Vieville.
LE i 5. JUILLET le
Roya donnél'Abbaye de
Bouras à Mr l'Abbé de Lesseville.
LE 25. JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
S. Leger de Soissons,au Pere
Colas de l'Ordre de S.
Augustin.
LE 1 5.JUILLET le
Roy a donné le Prieuré Ample
de Sainte Radegonde a
Mr l'Abbé Bergier.
NOUVELLES
DE JUILLET.
Je retombe toujours
avec peine dans les Nouvelles;
& parce qu'elles
m'ennuyent naturellement,
jem'imagine quelles
doivent ennuyer les
autres. Ilyaura peut-être
dans celles-cy quelque
Mariage,&la nouvelle
d'un Mariage fait toûjours
sur l'imagination
une petite impressionde
joye; mais aussi les Morts
font affligeantes,
En vérité on ne peut
gueres estre seur dans la
vie de ce qui peut réjouir
ou affiiger. Les
Morts n'affligent ps
toûjours) & les Mariages
ne réjouissent pas
tout lemonde.
Depuis deux jours, une
riche Veuve, dont la
mort eûtréjoiiy les héritiers,
les a fort affligez
par un second mariage.
Qui peut douter qu'il
n'y ait des Morts réjouis
fautes, & des Mariages
affligeants ? J'en prens à
témoin les Maris & les
Femmes.
De Paris le 19.Juillet.
LE15. JUILLET Mr
Thomé
,
Fermier General
est mort.
De Paris le 19, Juillet.
LE 30. JUIN MreGaspard
de Lamer,de Matha,
Evgucd)Aire, est mort en
son Diocese.
Il estoit orignaire d'Auvergne
;il avoit esté nommé
à l'Abbaye de S. Cyran en
1 7. aprés le decés de Mr
l'Abbé de Mouchy,& à
l'Evêchéd'Aire en 1706.
par la translation de Gaston
Floriot à l'Evêché d'Orleans.
De Paris le 19.Juillet.
LE14. JUILLET M:CJen-
Baptisse-Michel Colbert
,
Archevêque de Toulouse
,
est mort en cettc
Ville,âgéde71.ans.
Il estoit frere de feu Mr
le Marquis de Villacerf, Se
de Mr le Marquis de Saint-
Poange.
Le 17. le Chapitre de la
Cathedrale s'est assemblé ,
& a ordonné un Service
pour le 19. qui a esté fait
solemnellement.
Le lendemain on a procedé
à l'élection des Grands-
Vicaires & autres Officiers;
voicy les noms de ceux qui
ont esté élus Grands
-
Vicaires.
Mrl'AbbéOlierdeVerneüll,
Chancelier.
Mrl'AbbédeCastelan,
Chantre.
Mr l'Abbé de Glatens.
Mr l'Abbé de S. Orens.
Mr l'Abbé de Compaing.
Da e P- arisle -19.JNillet.
LE JUIN,Mr le
Marquisde Renty est mort
ensonChasteau de Renty
en Basse - Normandie. Il
estoit Lieutenant General
&s Armées du Roy,&
Lieutenant General de la
Franche-Comté.
Feu Mr le Marquis de Renty
estoit fils de Mrc Gaston-
Jean-Baptiste de Renty, Baron
de Landelles, mort à
Paris en odeur de sainteté le
24. Avril 1649, âgé de 37.
ans, dont le Pere de S. Jure,
Jesuite, a écrit lavie.
Sa mereestoit Elizabeth
de Balzac d'Entragues.
De Versailles le zy.
Juillet.
LE 15, JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
Saint Denis de Reims à Mr
l'Archevêque d'Aix.
LE IJ. JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye
d'Elan à Mr l'Evêque de
Noyon.
LE IJ. JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
S. Cyran à Mr l'Evêque de
Nevers.
LE ZJ. JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
Mouzon à Mr l'Abbé de
Polignac. LE 25.JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
S. Benigne de Dijon à Mr
l'Abbé Defmarctz.
LE25.JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
Belle fontaine à Mr l'Abbé
d'Iliers-d'Enrragues, Au
mônier du Roy.
LE 2 5.JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
Clairmont à Mr l'Abbé de
Dangeau
,
Lecteur du Roy,
& frere de Mr le Marquis
de Dangeau.
*
Il a elle Camerier d'honneur
des Papes Clement X.
& Innocent XI.
LEJUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
Bonne-Fontaine à Mr l'Abbé
Maréchal.
LE 25.JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
Breteüil à Mr l'Abbé d'Aspremont.
LE 25.JUILLET le
Roy a donnél'Abbaye de
Sauve Majeure à Mr l'Abbé
des Halles, Grand
- Vicaire
de Vienne. , LE 2.J.JU1LLET le
Roy a donnel'Abbayede
S. Serge d'A ngers à Mr
l'AbbédeVassé.
LE 2 5.JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
S. Severin à Mr l'Abbé de
Cotte.
LE 2.5. JUILLET le Roy
a donné l'Abbaye de la Roë
à Mr l'Abbé d'Arche s Grand Vicaire de Bordeaux.
LE 2.5.JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
BaigneàMrl'AbbédeCrillon
,Grand-Vicaire de Vence.
LE 2. 5.JUILLET LE
Roy a donné l'Abbaye de
Jonselle à Mr l'Abbé Massilian.
Le 25.JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
Genlis à Mr l'AbbéCrozar.
LE I 5.JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
Celefroin à Mr l'Abbé de
la Vieville.
LE i 5. JUILLET le
Roya donnél'Abbaye de
Bouras à Mr l'Abbé de Lesseville.
LE 25. JUILLET le
Roy a donné l'Abbaye de
S. Leger de Soissons,au Pere
Colas de l'Ordre de S.
Augustin.
LE 1 5.JUILLET le
Roy a donné le Prieuré Ample
de Sainte Radegonde a
Mr l'Abbé Bergier.
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Résumé : AUTRES NOUVELLES DE JUILLET.
En juillet, les nouvelles mettent en lumière la nature imprévisible des événements joyeux ou tristes. Les mariages et les décès peuvent avoir des effets variés sur les personnes. Par exemple, une riche veuve a récemment épousé un second mari, ce qui a affligé ses héritiers. Plusieurs décès notables sont rapportés, notamment celui de Mr Thomé, Fermier Général, le 15 juillet, de Mre Gaspard de Lamer, évêque d'Aire, le 30 juin, et de Mr Jean-Baptiste-Michel Colbert, archevêque de Toulouse, le 14 juillet. Le texte détaille également les funérailles de l'archevêque de Toulouse et l'élection de nouveaux Grands-Vicaires. De plus, il liste plusieurs nominations royales d'abbayes à divers ecclésiastiques, notamment l'abbaye de Saint-Denis de Reims à l'archevêque d'Aix, et plusieurs autres abbayes à divers abbés et Grands-Vicaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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41
p. 263-282
« De Paris le 18. Juin. LE 18. JUIN, Mlle de [...] »
Début :
De Paris le 18. Juin. LE 18. JUIN, Mlle de [...]
Mots clefs :
Roi, Duc, Lieutenant, Abbaye, Extraordinaire, Marquis, Audience, Évêque, Échevins, Duc de Lorraine, Famille royale, Parlement, Fête, Princesse, Paris, Versailles, Madrid, Londres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De Paris le 18. Juin. LE 18. JUIN, Mlle de [...] »
DeParule
LE18. ju1N,Mlle de
Rohan, fille de Mr leOuc
de RohanChabot,&c de
Me la Duchesse de Rohan,
a épousé Mr le Prince de
Bergh.
De Versailles le10.Juin.
LE20.JUIN,011areçu
des Lettres de Bayonequi
portoient qu'un Vaisseau
venant de S. Jean deLuz y
avoit amené une Fluste
Hollandoise venant de Surinam,
chargée de Sucre,
d'Indigo
,
de Cacao, &
d'autres Marchandises,estiméescentmille
Ecus. Í:
DeParislezq.Juin. ./*i
LE24. JUIN,Monsieur
le Cardinal de Noailles
a esté reçu Doyen
d'Honneur de laFaculté
de Droit de cette Université.
De Madridlez^.Juin.
- LE 16. de ce moisleRoy
d'Espagne ayant détaché
Mr leComte de Mahony
,
Lieutenant General; Don
Pedro Ronquillo
,
Maréchal
de Camp,& Mr le
Comte de Montemar, Brigadier
,
les deux premiers
ie font emparez de Cervera&
deTorra
3
& le dernier
a enlevé aux Ennemis
un Convoy de grains & de
farine.
DeParis le 3o.Juin.
LE30. JUIN,Mrl'Archevesque
d'Alby
,
sut
reçu à l'Académie Francoise
à la place de feu Mr
l'Evesque de Nismes.
Il est de la Maison de
Nesmond
, & il estoit
Evesque de Montauban
quand il fut nommé à rAr,
chevesché d'Alby. -
De Madrid leiyJuillet,
LE 6.JUILLY-T,Mr10
Baron de Huart,commandant
un Détachement de
l'armée duRoy d'Espagne,
s'est empare de la villede
Naval, poste important
dans le Comté de Ribagorça.
Il a rompu ensuite aux
Ennemis, lePont de Medianos
qui leur servoit de
communication., LA NUIT DU y.AU 8.
JUILLET, Don Juan de
Montenegro a pris par eC
calade laville deMiranda
de Duero sur les Portugais.
C'est une grandeVille qui
a de bonnes Tours
3
& une
Citadelle. Les Habitants
ont offert cent mille pistoles
pour Ce racheter du
pillage. La prise de cette
pbllairce a donné lieu d'estales
contributions dans
une bonne partie du Portugal.
De Parjis le., z6- .Juillet.
LE JUILLET,le
Roy a fait Lieutenant General
de ses Armées,Mr
de Brindelet,Colonel Suisse.
Il s'est distingué au siege
de Doüay.
Josse, Sieur de Brinde.
let, aesté Lieutenant-Colonel
du Regiment Suisse
deStouppe en 1692. Il en
fut fait Colonel en 1701.à
la mort de Mr de Stouppe,
Lieutenant-General; ilfut
fait Brigadieren IJQZ. &
Maréchal de Camp en
1709.
JDee PPaariislee28S..Juil1le! t.
LE 18. JUILLET,
Mrc Jean le Camus, Maistre
des Requestes de l'Hostel,
& Lieutenant Civil,
est mort âgé de 74. ans.
De Versailles le 6. AOtfl.
LE6.AOUST,Mr Alamanno
Salviati
)
Nonce
Extraordinaire du Pape ,
eutson Audiance de Congé-
-
De Londres le 7. Aoujl.
LE 6. AOUST
,
Mr
Creffer nommé pour aller
en qualité d'Envoyéd'Angleterre
à la Cour d'Ha:-
novre, est mort d'Apoplexie.
Il estoit allé à Kensington
pour prendre congé
de la Reine Anne.
- De Paris le 9. Aotifl.
:' «LE 9. AOUST
)
Mr le
Duc d'Harcourt fut reçu
Tair de France. ; au Parlement,
avec les ceremonies
accoustumées.
DeVersailles le ii. Aoust.
LE 12. AOUST,Mrle
Marquis de Lamberti Envoyé
Extraordinaire de
Monsieur le Duc de Lorraine,
a eu sa premicre Audiance
publique du Roy,
& des Princes & Princesses
de la Famille Royale, qu'il
complimenta sur le Mariage
de Monseigneur le
Duc de Berry. Ilestoit accompagnéde
Mr de Barrois,
aussi Envoyé Extraordinaire
de Monsieur le
Duc de Lorraine.
De Versailles ie13.Aomll.
LE13. A ousT ,les
Députez des Estats de Languedoc
ont eu Audiance
du Roy. Ils furent prerentez
parMr.leDuc du Maine
Gouverneur de la Province,
& par Mr le Marquis
delaVrilliere, Secretaire
d'Estat, & conduits
par Mr des Granges, Maistre
des Ceremonies.
Les Députez estoient
Mr l'Evesque de Montauban,
qui porta la parole
; Mr le Vicomte de Polignac
;Mr de Bonnesons,
Lieutenant du Maire de
Lodeve; Mr de Vermale,
Maire de Joyeuse ; Mr
Joubert, Syndic de la Province,&
Mr Pennautier,
Treibner.
De Pans le15.Aoufl.
1:.
;, LE 15.AOUST
,
Feste
de l'Assomption de laVierge,
on a fait la Procession
de rEglifc Metropolitaine.
Les Compagnies Superieures)
Mr le Prevost des
Marchands, les Echevins
& le Corps de Villes'y
trouvèrent.
L'élection de deux nouveaux
Echevins a este faite
le lendemain.
MrBignonaesté continué
Prevost des Marchands.
Mr Hazon, Quartinier
Et Mr Brillon,Avocat
en Parlement, ont esté élûs
Echevins.
DeVersaillesle 17.AOufl
LE 17, AOUST, le Roy
a donné l'Abbaye du Maf-
Garnier à Mr l'Evesque de
Soissons.
LE 17. AOUST,le Roy
a donné l'Abbaye de Montier
S.Jean à Mr l'Abbé de
Maulevrier ,Aumosnier
deSaMajesté.
LE 17. AOUST,le Roy
a donné l'Abbaye deChalivoy
àMr l'Abbé de Goazanvot,
Chapelain de Sa
Majesté.
LE 17. AOUST,se Roy
a donné l'Abbaye de Bertancourt
à Mede Mouchy,
Religieuse de la mesme
Abbaye.
Dans la précédente pro..
motion, le Roy donna
l'Abbaye de S. Éusebe à
Mr l'Abbé Despinouze,
Député de l'Assemblée du
Clergé.
De Verfailles le 18\Aouft<
LE18. AOUST, les
nouveaux Echevins ont
presté ferment entre les
mains du Roy. Le Scrutin
estoit porté par Mr de
Fourqueux,Conseiller au
Parlement. Ils ont salué
ensuite les Princes & les
Princesses de la Famille
Royale, 1
De Verfaillesle 19.4cujl.
,. r
7 LE 19. A 0UST j
Mr
Agostino Cusani
,
Nonce
ordinaire du Pape, a eu
Audiance particuliere du
Roy.
LE 19. AOUST
J
Mr le
Marquis deLamberty,En-.
voyé Extraordinaire de
Monsieur le Duc de Lorraine
a eu son Audiance
de Congé du Roy, & des
Princes ôc Princesses de la
Famille Royale.
LE 19. AOUST
,
Mr le
Comte de Bardy, Envoyé
Extraordinaire du Grand
Duc de Toscane a eu Audtiance
particuliereduRoy. v** De Paris le10. ^oujï.. t" '* w,,'.r"' f f-
LE 20. AouST }Ylr.
Charles Bernardin Gigault,
Marquis de Belsons,
est mort agé de 2 5.
ans. Il étoit Mestre de
CCaamvapledri'eu,n Regiment de
ôc Gouverneur
du Chasteau de Vincennes.
Ce Gouvernement aété
donné a Mr. le Marquis du
Chastelet, à la Charge d'une
Pension de 4000. Livres
pendant 10. ans pour
le fils de Mr. de Bessons.
Le Roy s'efl reservé la nomination
à la Lieutenance
de Roy, qui apartenoit cydevant
au Gouverneur.
LePere de Mr. du Chastelet
a été Grand Marechal
de Loraine.
De Paris le 25. Aoust.
LE 25. AOUST. MEK
sieurs de l'Academie Françoise
ont célébré la Feste
de S. Loüis dans l'Eglise
de S. Thomas du Louvre.
La Messea été celebrée
par Mr. l'ancien Evesque
d'Avranches, & le Panégyrique
duSaint a été prononcé
par Mr l'Abbe du
Buisson.
LE z5. AOUST
,
Meslieurs
del'AcademieRoyale
des Sciences
, Se Messieursdel'AcademieRoyale
des Médaillés Se Inscriptions,
ont celebré la Feste
de S. Loüis dans l'Eglise
desPrêtres del'Oratoire.
, Le Panegyrique du S.
a été prononcépar le Pefc
Poisson Cordelier.
LE18. ju1N,Mlle de
Rohan, fille de Mr leOuc
de RohanChabot,&c de
Me la Duchesse de Rohan,
a épousé Mr le Prince de
Bergh.
De Versailles le10.Juin.
LE20.JUIN,011areçu
des Lettres de Bayonequi
portoient qu'un Vaisseau
venant de S. Jean deLuz y
avoit amené une Fluste
Hollandoise venant de Surinam,
chargée de Sucre,
d'Indigo
,
de Cacao, &
d'autres Marchandises,estiméescentmille
Ecus. Í:
DeParislezq.Juin. ./*i
LE24. JUIN,Monsieur
le Cardinal de Noailles
a esté reçu Doyen
d'Honneur de laFaculté
de Droit de cette Université.
De Madridlez^.Juin.
- LE 16. de ce moisleRoy
d'Espagne ayant détaché
Mr leComte de Mahony
,
Lieutenant General; Don
Pedro Ronquillo
,
Maréchal
de Camp,& Mr le
Comte de Montemar, Brigadier
,
les deux premiers
ie font emparez de Cervera&
deTorra
3
& le dernier
a enlevé aux Ennemis
un Convoy de grains & de
farine.
DeParis le 3o.Juin.
LE30. JUIN,Mrl'Archevesque
d'Alby
,
sut
reçu à l'Académie Francoise
à la place de feu Mr
l'Evesque de Nismes.
Il est de la Maison de
Nesmond
, & il estoit
Evesque de Montauban
quand il fut nommé à rAr,
chevesché d'Alby. -
De Madrid leiyJuillet,
LE 6.JUILLY-T,Mr10
Baron de Huart,commandant
un Détachement de
l'armée duRoy d'Espagne,
s'est empare de la villede
Naval, poste important
dans le Comté de Ribagorça.
Il a rompu ensuite aux
Ennemis, lePont de Medianos
qui leur servoit de
communication., LA NUIT DU y.AU 8.
JUILLET, Don Juan de
Montenegro a pris par eC
calade laville deMiranda
de Duero sur les Portugais.
C'est une grandeVille qui
a de bonnes Tours
3
& une
Citadelle. Les Habitants
ont offert cent mille pistoles
pour Ce racheter du
pillage. La prise de cette
pbllairce a donné lieu d'estales
contributions dans
une bonne partie du Portugal.
De Parjis le., z6- .Juillet.
LE JUILLET,le
Roy a fait Lieutenant General
de ses Armées,Mr
de Brindelet,Colonel Suisse.
Il s'est distingué au siege
de Doüay.
Josse, Sieur de Brinde.
let, aesté Lieutenant-Colonel
du Regiment Suisse
deStouppe en 1692. Il en
fut fait Colonel en 1701.à
la mort de Mr de Stouppe,
Lieutenant-General; ilfut
fait Brigadieren IJQZ. &
Maréchal de Camp en
1709.
JDee PPaariislee28S..Juil1le! t.
LE 18. JUILLET,
Mrc Jean le Camus, Maistre
des Requestes de l'Hostel,
& Lieutenant Civil,
est mort âgé de 74. ans.
De Versailles le 6. AOtfl.
LE6.AOUST,Mr Alamanno
Salviati
)
Nonce
Extraordinaire du Pape ,
eutson Audiance de Congé-
-
De Londres le 7. Aoujl.
LE 6. AOUST
,
Mr
Creffer nommé pour aller
en qualité d'Envoyéd'Angleterre
à la Cour d'Ha:-
novre, est mort d'Apoplexie.
Il estoit allé à Kensington
pour prendre congé
de la Reine Anne.
- De Paris le 9. Aotifl.
:' «LE 9. AOUST
)
Mr le
Duc d'Harcourt fut reçu
Tair de France. ; au Parlement,
avec les ceremonies
accoustumées.
DeVersailles le ii. Aoust.
LE 12. AOUST,Mrle
Marquis de Lamberti Envoyé
Extraordinaire de
Monsieur le Duc de Lorraine,
a eu sa premicre Audiance
publique du Roy,
& des Princes & Princesses
de la Famille Royale, qu'il
complimenta sur le Mariage
de Monseigneur le
Duc de Berry. Ilestoit accompagnéde
Mr de Barrois,
aussi Envoyé Extraordinaire
de Monsieur le
Duc de Lorraine.
De Versailles ie13.Aomll.
LE13. A ousT ,les
Députez des Estats de Languedoc
ont eu Audiance
du Roy. Ils furent prerentez
parMr.leDuc du Maine
Gouverneur de la Province,
& par Mr le Marquis
delaVrilliere, Secretaire
d'Estat, & conduits
par Mr des Granges, Maistre
des Ceremonies.
Les Députez estoient
Mr l'Evesque de Montauban,
qui porta la parole
; Mr le Vicomte de Polignac
;Mr de Bonnesons,
Lieutenant du Maire de
Lodeve; Mr de Vermale,
Maire de Joyeuse ; Mr
Joubert, Syndic de la Province,&
Mr Pennautier,
Treibner.
De Pans le15.Aoufl.
1:.
;, LE 15.AOUST
,
Feste
de l'Assomption de laVierge,
on a fait la Procession
de rEglifc Metropolitaine.
Les Compagnies Superieures)
Mr le Prevost des
Marchands, les Echevins
& le Corps de Villes'y
trouvèrent.
L'élection de deux nouveaux
Echevins a este faite
le lendemain.
MrBignonaesté continué
Prevost des Marchands.
Mr Hazon, Quartinier
Et Mr Brillon,Avocat
en Parlement, ont esté élûs
Echevins.
DeVersaillesle 17.AOufl
LE 17, AOUST, le Roy
a donné l'Abbaye du Maf-
Garnier à Mr l'Evesque de
Soissons.
LE 17. AOUST,le Roy
a donné l'Abbaye de Montier
S.Jean à Mr l'Abbé de
Maulevrier ,Aumosnier
deSaMajesté.
LE 17. AOUST,le Roy
a donné l'Abbaye deChalivoy
àMr l'Abbé de Goazanvot,
Chapelain de Sa
Majesté.
LE 17. AOUST,se Roy
a donné l'Abbaye de Bertancourt
à Mede Mouchy,
Religieuse de la mesme
Abbaye.
Dans la précédente pro..
motion, le Roy donna
l'Abbaye de S. Éusebe à
Mr l'Abbé Despinouze,
Député de l'Assemblée du
Clergé.
De Verfailles le 18\Aouft<
LE18. AOUST, les
nouveaux Echevins ont
presté ferment entre les
mains du Roy. Le Scrutin
estoit porté par Mr de
Fourqueux,Conseiller au
Parlement. Ils ont salué
ensuite les Princes & les
Princesses de la Famille
Royale, 1
De Verfaillesle 19.4cujl.
,. r
7 LE 19. A 0UST j
Mr
Agostino Cusani
,
Nonce
ordinaire du Pape, a eu
Audiance particuliere du
Roy.
LE 19. AOUST
J
Mr le
Marquis deLamberty,En-.
voyé Extraordinaire de
Monsieur le Duc de Lorraine
a eu son Audiance
de Congé du Roy, & des
Princes ôc Princesses de la
Famille Royale.
LE 19. AOUST
,
Mr le
Comte de Bardy, Envoyé
Extraordinaire du Grand
Duc de Toscane a eu Audtiance
particuliereduRoy. v** De Paris le10. ^oujï.. t" '* w,,'.r"' f f-
LE 20. AouST }Ylr.
Charles Bernardin Gigault,
Marquis de Belsons,
est mort agé de 2 5.
ans. Il étoit Mestre de
CCaamvapledri'eu,n Regiment de
ôc Gouverneur
du Chasteau de Vincennes.
Ce Gouvernement aété
donné a Mr. le Marquis du
Chastelet, à la Charge d'une
Pension de 4000. Livres
pendant 10. ans pour
le fils de Mr. de Bessons.
Le Roy s'efl reservé la nomination
à la Lieutenance
de Roy, qui apartenoit cydevant
au Gouverneur.
LePere de Mr. du Chastelet
a été Grand Marechal
de Loraine.
De Paris le 25. Aoust.
LE 25. AOUST. MEK
sieurs de l'Academie Françoise
ont célébré la Feste
de S. Loüis dans l'Eglise
de S. Thomas du Louvre.
La Messea été celebrée
par Mr. l'ancien Evesque
d'Avranches, & le Panégyrique
duSaint a été prononcé
par Mr l'Abbe du
Buisson.
LE z5. AOUST
,
Meslieurs
del'AcademieRoyale
des Sciences
, Se Messieursdel'AcademieRoyale
des Médaillés Se Inscriptions,
ont celebré la Feste
de S. Loüis dans l'Eglise
desPrêtres del'Oratoire.
, Le Panegyrique du S.
a été prononcépar le Pefc
Poisson Cordelier.
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Résumé : « De Paris le 18. Juin. LE 18. JUIN, Mlle de [...] »
Le document relate divers événements survenus entre juin et août. Le 18 juin, Mlle de Rohan a épousé le Prince de Bergh. Le 20 juin, des lettres de Bayonne ont annoncé l'arrivée d'une flûte hollandaise chargée de sucre, d'indigo, de cacao et d'autres marchandises, estimées à cent mille écus. Le 24 juin, le Cardinal de Noailles a été reçu Doyen d'Honneur de la Faculté de Droit de l'Université de Paris. En Espagne, le 16 juin, le roi a envoyé des officiers prendre des villes et des convois. Le 30 juin, l'Archevêque d'Alby a été reçu à l'Académie Française. Le 6 juillet, le Baron de Huart a pris la ville de Naval. La nuit du 7 au 8 juillet, Don Juan de Montenegro a pris la ville de Miranda de Duero. Le 26 juillet, le roi a nommé Monsieur de Brindelet Lieutenant Général de ses Armées. Le 18 juillet, Jean le Camus, Maître des Requestes, est décédé à l'âge de 74 ans. Le 6 août, Alamanno Salviati, Nonce Extraordinaire du Pape, a eu son audience de congé. Le même jour, Creffer, nommé Envoyé en Angleterre, est mort d'apoplexie. Le 9 août, le Duc d'Harcourt a été reçu Pair de France. Le 12 août, le Marquis de Lamberti, Envoyé Extraordinaire du Duc de Lorraine, a eu sa première audience publique. Le 13 août, les députés des États de Languedoc ont été reçus par le roi. Le 15 août, une procession a eu lieu pour la fête de l'Assomption de la Vierge. Le 17 août, le roi a attribué plusieurs abbayes à divers ecclésiastiques. Le 18 août, les nouveaux échevins ont prêté serment. Le 19 août, Agostino Cusani, Nonce ordinaire du Pape, et le Marquis de Lamberti ont eu leurs audiences de congé. Le 20 août, Charles Bernardin Gigault, Marquis de Bessons, est décédé. Le 25 août, les académies française, des sciences et des médailles et inscriptions ont célébré la fête de Saint Louis.
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42
p. 216-270
Avanture nouvelle. / Les Bohemiennes.
Début :
Cette Avanture est du mois de Novembre dernier, & tirée [...]
Mots clefs :
Diable, Génies, Cave, Paris, Fortune, Écus, Esprit, Succession, Bohémiennes, Lettre, Main, Bélise, Bohémienne, Princesse, Parente, Amie, Bourgeoise, Bourgeoises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avanture nouvelle. / Les Bohemiennes.
Avanture no*uvelle.
Cette Avanture est du
- mois de Novembre dernier,
& tirée des Informations
d'un Procez
qu'on instruit à presents
je n'y mets rien du mien
que le tour des conversations
: je vous les rapporterois
mot à mot, si
j'y avois esté present
&quej'eussede la , memoire,
tant j'aime à estre
exact
,
dans les faits
que
que je donne pour veritables.
Les Bohemiennes. Vous-avez vû dans
le Discours des Presages
que plusieurs grands
Hommes de l'Antiquité
ajoustoient foy aux Di-,
seurs de bonne Avantuce
Grecs & Romains >
:el grand Capitaine qui
affronte avec intrépidité
les perilsréels, craindroit
peut-estre les perilsimaginaires
qu'une
Bohemienne verroit
dans sa main
,
& par
consequent espereroit
les bonnes fortunes qu'-
elle luy promettroit :
pardonnez - donc cette
foiblesse àune femme
dont je vais vous parler,
qui a un bon esprit, &
qui est tres - estimable
d'ailleurs.C'est une riche
Bourgeoise que je
nommeray Belise, &
qui est d'autant plus excusable
que la fourberie
qu'on luy a faiteest une
des moins grossieres en
ce genre-là. La Bohemienne
qui l'a filoutée,
& qui est presentement
au Chastelet, a de l'esprit
comme un Demon,
la langue bien penduë,
le babil, & l'accent Bohemien
tenant du Gas
con, langage propre à
raconter le merveilleux,
:.& à faire croire l'incroyable.
f Cette Bohemienne
sçachant que Belise alloitsouventchez
une
amie, la guette un jour,
&passe comme par hazard
auprésd-ellela
regarde à plusieurs reprises,
s'arreste, reèuletrois
pas & fait un cri
d'estonnement,&de
joye.Est-cequevousme
çonnoissez, luy dit BcJi4
se, en s'arrestant auai;
si je vous connois, répond
la Bohemienne,
dans son jargon: oliy
,
ma bonne Dame, oüy
, Se non, peut-estre &c
sans doute,je vous connois,&
si je ne vous connois
pas; mais je fuis
sure que vous ferez heureuse
de me connoistre.
Je vois bien, luy dit Belife
avec bonté, que
vous avez envie de gagner
la piece
, en me disant
ma bonne Avanture
; je n'y crois point,
mais ne laissez pas de me
la dire. Belise la fit entrer
avec elle chez son
amie, & les voilà toutes
trois à causer. Belise luy
presenta sa main
,
& la
Bohemienne,en l'observant,
feignoitd'estre de
plus en plus surprise&
rejoüie d'avoir rencontré,
disoit-elle, une personne
qu'elle cherchoit
depuis plusieursannées.
Elle devina par les régles
de son Art,plusieurs
singularitez dontelles'éstoit
fait instruire par
une Servante qui avoit
servi Belise:mais ce
qu'elle voyoit de plus
leur dans cette main
c'estoit, disoit-elle, , une
fortune subite & prochaine
; une fortune;
s'écria Belise > oüy
,
répondit
la Bohemienne,
&fortune bonne, bonne
fortune, fortune de richesses'entend,
& non
d'amour, car je vois
dans vostre main que
, vous ellesfage& fidele
à vostre mary qui pis7
est pour vos amants;
certes je voisbiendes
mains à Paris, mais j'en
nvoi.sp.e'uecomme la-vo- Par les circonstances
surprenantes qu'elle paroissoit
deviner,elle disposa
Belife à donner avec
confiance dans le
piege qu'elleluy tm-, doit.Aprés avoir persuadé
à nos Bourgeoises
qu'elle avoit des liaisons
tres - particulières avec
les Demons & les Génies,
elle leur conta Phistoire
d'une Princesse
Orientale qui étoit venu
mourir à Paris il y avoit
cent ans, & leurditque
cette Princesse eftranae-
- L:
reavoit enterre1 un r
tresor
dans une Cave, & qu'-
ensuitevoulant faire son
heritiere une certaine
Bourgeoise de ce tempslà
qu'elle avoit pris en
affection
,
elle avoit esté
surprise de mort subite
avant que d'avoir pû instruire
la Bourgeoise du
tresor caché; c'estceque
je sçaispar la Princesse
mesme,continualaBohemienne
:car quoyque
morte il y a cent ans „ elle est fort de mes amies,&
voicycomment.
Vous devez sçavoir,car
il est vray que nulle personne
de l'autre monde
ne peut parler ànulle de
celuy-cyque par l'entreluire
des Genies: or
est-il que le mien est amy
de celuy de la Princesse;
bref, je l'ayvûë tant de
fois que rien plus: &
je me fuis chargé de
luy chercher dans Paris
quelque femme qui soit
de la famille de la défunte
Bourgeoise
, que
la défunte Princesse vouloitfaire
son heritieredu
tresor caché,& je suis
bien trompé si vous n'estes
une de ces parentes;
que je cherche avec empressement;
A ce récit extravagant
l'amierioit de tout son
coeur, mais Belise ne
rioit que pour faire l'esprit
fort,carle desir d'estre
heritiere augmentoit
sa credulité. Il faut
estrefolle, dit-elle, pour
s'aller imaginer que je
sois parente de cette heritiere
; pas si folle mabonneDame,
pas si folle,
car je levoudrois detout
moncoeur ,
& je l'ay
soupçonné d'abord à
certain airdefamille qui
m'a frappé dans vostre
visage,car la Princesse
m'afaitvoir en songe
l'air de famille de l' heritiere
afin que je reconnoisse
à la phisionomie
quelqu'une de ses parentes.
Mais5 reprit Belise
5
comment sçavoir si jesuisparentede
cette
héritière qui vivoit il y
a cent ans. Oh dans Paris,
reprit la Bohemienne,
on est parent de plus
de gens qu'on ne pense,
car depuis le tems qu'on
s'y marie, & qu'on ne
nez-vous combien d'alliances
; toutes les Bourgeoises
de Paris sont
cousines, vous dis-je, il
n'y a que la difference
du degré, & si vous estes
cousine de l'heritiere
feulement au septantiéme
degré, j'ay tant de
credit sur la Princesse
que je vous fais heriter
de son tresor. C'a je
fuis impatiente d'affection
pour vous de sçavoir
si vous estes vrayement
la parente qu'ilme
faut.
,
Je vais l'éprouver
en un clein d'oeüil. Mais
si j estoisaussi parente, dit l'amie > la Bohémienne
n'y trouva point
d'apparence, mais fut
ravie pourtant de faire
l' épreuve double pour
mieuxjouer fbn jeu. A
l'instantelle demanda
deux grands verres de
cristal qu onalla chercher&
remplir d'eau
claire. Elle les mit sur
deux tables éloignées
l'unede l'autre
,
& dit
aux Bourgeoises de fermer
un oeil, .&" de regarder
attentivementavec
l'autre. Les voilà
donc observantchacune
leur verre d eau.Regardez-
bien
,
dez-bien, leur crioit la
fausse Magicienne, car
celle qui effc parente de
l'heritiere
,
doit voir
dans son verre un échantillon
du tresor dont elle
doit heriter, &C l'autre y
verra le Diable,c est-àdire,
rien. Il faut vous
dire - icy que la Bohe--
mienne avoit mis dans
chaque verre unepetite
racine, leur disant que
c estoit la racine d'enchantement
,
qui attiroit
les Genies, Se l'une
de ces racines estoit appresséeavec
unecomposition
chimique qui détrempée
par l'eau devoit
par une espece de fermentation
, former des
bubes d'air & force petits
brillants de differentes
couleurs avec de petites
pailletésdorées
y
ç'en est plus qu'il ne
faut pour faire, voir à
une femme prévenue ,
tout ce que son imagination
luy represente.
Belifecftoit si agitée
par le desir du tresor,
Se par la crainte de
ne rien voir,que la première
petite bubed'air
qui parut dans le verre,
elle criaquelle voyoit
quantité de perles. Noijre
rusée acheva de luy
tourner la teste en se réjoüissant
d'avoir deviné
juste. Vous en allez bienvoir
d'autres,s'écriat-
elle ;regardez;(bien.En*
estet
,
la fermentation
augmente ,
&C chaque
fois qu'on luy dit, voyezvous
cecy, voyez-vous
cela, Belise répond toujours
,
oüy
,
oiiy ; car
transportée,ébloüie,
troublée
,
elle vit enfin
tant de belles choses, que
charmée&convaincuë,
elle allasautes aucolde
celle qui .la.-fai[ait si-dri-,
chev^>li .VJiL'
L'autreBourgeoiseestoit
muette 'èc :bi(tll.fdt:a
chée de n'avoir vu que
de l'eau claire: mais Be--
lise croyant déjà tenir
des millions, luy promit
de l'enrichir & de
recompenser sa bienfaitrice
qui luy jura, foy
de Bohémienne, qu'elle
pollederoit ce tresor dans
- deux jours,maisqu'il y
avoitpourtant de grandesdiffcultezàvaincre:
car,dit-elle
y
le Diable ,
quiest.gardien - de tous
les tresors enterrez
?
en
doit prendre possession
au bout de cent années .à
c'estla regle des tresors
cachez, mais par bonheur
il n'y a que quatrevingts
dix-huit ans que
la Princesse a enterré le
lien, je crains pourtant
que le Diable ne nous
dispute la date, enragé
contre vous de ce qu'à
deux ans prés vous luy
enlevez des richesses qui
luy auraientserviàdamner
trente avaricieux
mais voyons encore voestre
main
,
je me trompe
fort si ce mesme Diable
la ne vous a déjàlutine.
justement, dit Belise
,. car cet Esté à la
campagne il revenoitun
esprit dans ma chambre.
Il faut estre Sorciere
pour avoir deviné cela.
La Sorciere sçavoit, en
effet, que la Servante
s'ennuyant de ne point
voir son Amant, s'estoit
avisée de lutiner la nuit
là Maistresse pour l'obliger
à revenir à Paris.
C'a menez-moy chez
vous, dit la Bohémienne
en regardant l'eau
du verre, car je remarque
icy que ce treior est
dans la cave de la maison
mefrne où vous demeurez
,
& je voisqu'il
consiste en deux cailles
dont l'une cil: pleine de
vieux Ducats, & l'autre
de Pierreries.
Belise ravie de ravoir
voir déja sa succession
dans sa cave, emmena
chez elle son amie & la
Bohémienne, qui l'avertit,
cheminfaisant, que
pour adoucir la férocité
.de l'esprit malin
,
elle
alloit faire des conjurations
,
des fumigations,
& qu'il falloit amorcer
d'abord le Diable par
une petite effusion d'or.
Avez-vous de l'or chez
vous, continua-t-elle ;
j'ay cinq Loüis d'or, repondit
Belise, fort bien,
reprit l'autre: mais je ne
veux toucher de vous
ni or ny argent que je
n'en aye rempli vos coffres.
Vous mettrez vousmesme
l'or dans le creuset
au fond de la cave,
& vous le verrez fondre
à vos yeux par un
feu infernal qui lortira
des entrailles de la terre
en vertu de certaine paroles
ignées que je prononceray.
Je veux que
vous soyez témoin de
cesmerveilles qui vous
prouverons mon pouvoir&
le droit quevous
avez déjà sur la succession.
Avec de pareils dis
cours ils arrivèrent enfin
chez Belise
,
où le
reste de la fourberie eC.
roit preparee, comme
vous l'allez voir. Les caves
en question estoient
comme on en voit encore
à Paris, pratiquées
dans des souterrains antiques,
en forte qu'elles
n'estoient separées de
plusieurs autres caves
que par un vieux mur,
caves fort propres à exercer
l'art des Magiciens
,
& des Marchands
de Vin. L'ancienne
Servante,au tems
qu'elle apparuten Lutin
à sa Maistresse, avoit fait
dans ce vieux mur une
petite ouverture à l'occasion
de ses amours ;
elle disposoit d'une de
ces caves voisînes.C'est
par son moyenque nôtre
Magicienne avoit composé
un spectre ressemblant
à peu prés à celuy
quiestoit apparu àBelise
à sa campagne. Elle joignit
à cela un appareil
affreux dontvous verrez
l'effet dans un moment.
Belisearrivée chez elle,
alla prendre dans son
tiroir les cinq Loüisd'or
pour faire fondre au feu
infernal.On la conduit
dans ses caves; un friC.
son la prend en entrant
dans la premiere. Ily en
avoit encore une autre a..
traverser quand elle vit
au fond de la troisiéme
une -
lueur qui luy fit;
appercevoir ce fpeétrel
de sa connoissânce
,
qui
sembloit [orrir de terre.
Elle ne fitqu'uncriqui
futsuivid'un évanouissement.
Aussi-tost la Magicienne
& ia compagne
la reporterent dans
là chambre,&dés qu'on
l'eust fait revenir à elle
,
ion premier mouvement
fut d'estre charméed'avoir
vû ce qui
l'assuroit de la realité du
tresor. Elle donna les
Louis d'or pour aller,
achever la ceremonie
dans la cave, &quelque
temps après on luy vint
rendre compte du bon
effet de l'or fondu ,cir
le demon dutresor avoit
promis de letrouver la
nuit suivante au rendezvous
quon luy avoit
donné de la part de la
Princesse, pour convenir
à l'amiable du droit
de celle qui en devoit
heriter. C'est ainsi que la
Bohémienne gagnacent
francs pour sa premiere
journée, & laissa l'heritiere
fort impatiente du
Succès qu'auroit pour
elle la conférence nocturne
du Demon&de la
Princesse
Le lendemain la Bohémienne
encurée vint
trouver Belife
,
& feignant
d'estre transportée
de joye luy dit, en
l'embralïant que la Princesses'estoit
rendue chez
elle dans une petite
chambre quelle luy avoit
fait tapisserde blanc,
& que le Diable y estoit
venu malgré luy. Je l'ay
bien contraint d'yvenir,
continua-t-elle dans son
jargon, je leur commande
à baguette àces .pe- titsMessieurs-là; au reste
j'ay dit tant de perfections
de vous à la Princesse,
jqu'ellevousaime
comme [on propre enfant.
Elle vous fait sa
legataire universelle. Le
Diable alleguoit que les
cent ans estoient accomplis,
il vouloit escamoter
parun faux calcul les
deux ans qui luy manquent.
Il a bien disputé
son droit contre nous":
mais tout Diable qu'il
est, il faut qu'il nous
cede en dispute à nous
autres femmes
,
& nous
l'avons fait convenir
qu'en luy donnant sa
paragouante, il renonceroit
à la succession
, & cette paragouante ce
ne sera que mille écus,
encore voulions
- nous
qu'il les prit sur l'argent
du tresor : mais il s'est.
mis en fureur disant
qu'on vouloit le trom-
1
per, & il a raison, car
dés qu'un tresor est déterré)
il n'y a plus de
droit; bref, nous luy avons
promis les mille écus
d'avance;il faut que
vous les trouviezaujourd'huy,
Belise écoutoitavec
plaisir les bontez
de la Princesse,mais
les mil écus luy tenoient
au coeur ; elle y révoit.
Je ne veux point toucher
cet argent, continua
la rusée; vous le
donnerez au Diable en
main propre. Il est enragé1
contre vous, car vous
estes si vertueuse, il voit
de plus que vous l'allez
déshériter
,
s'il vous tenoit,
il vous dechireroit
à belles dents; il faut
pourtant que vous luy
donniez vous-mesme les
mille écus. Ah ! s'écria
Belife, jeneveuxplusle
voir; voyez-le, voyezle
,
continual'autre,en
faisantunpeu lafaschée,
vous croyez peut-estre
que je veux gagner avec
luy sur ces milleécus-là,
c'est son dernier mot ,
voyez-le vous - mesme.
Belife luy protesta quelle
avoit toute confiance
en elle, mais qu'il luy
estoit impossible detrouver
mille écus,& qu'elle
auroit mesme de la peine àmettre ensemble cinq
cent livres, à quoy la
Bohémienne repartit
apres avoir revé un moment
;hé bien vous me
ferez vostre billet du reste,
& je feray le mien
au Diable, & cela je
vous le propose fous son
bon plaisir s'entend, car
il faut que j'aille luy
faire cette nouvelle proposition.
Après ce diC.
cours elle quitta Belise
qui passale reste du jour à ramassercinq cent livres
dans la bourse de
les amies.
Le lendemain la Bo-
.-
hemienne revint luy annoncer
que le jour suivant
elle la mettroit en
possession
,
& que le
marché se pourroit conclure
la nuitprochaine
dans la cave où le Diablegardoit
le tresor ;
que la Princesse devoit
s'y trouver sur le minuit,
& qu'elle vouloit
absolument que l'heritiere
fut presente : mais,
continua - t - elle
, en
voyant déjà pâlir Belise,
ne
ne craignez rien, vous
y ferez & vous n'y ferez
pas, car ce fera mon Genie
qui prendra vostre
ressemblance, & qui paroiftra
à vostre place avec
quatre Genies de ses
amis habillez en femmes
,car la Princessè est
entestée du cérémonial ;
elle veut que quatre ou
cinq Dames venerables
forment la bas un cercle
digne de la recevoir. Il
ne nous manque plus
rien que des habits pour
ce cercle; mais il en faut
trouver, car les Genies
ont bien le pouvoir d'imiter
au naturel des
creatures vivantes, mais
ils ne peuvent imiter ni
le fil, ni la soye, ni la
laine,rien qui soit ourdi, tramé,,t.is"su, ni tricoté,ce
sont les termes du Grimoire,
nous sçavons.
cela nous autres, & je
vous l'apprends, en forte
que pour les habiller
ilfaut des habits,réellement
eftoffez
,
& j'ay
imaginé que vous leur
presteriez les vostres. Ne
craignez point qu'ils les
salissent
: les Genies sont
propres. C'a, COlltinuat-
elle d'un ton badin, il
nous faut aussi quantié
de toiles: vous avenus
doute des. draps, des
nappes}c'estquelaPrincesse
ne peut paroiftrc
que dans unlieu rapiæ
deblanc,vostre CÍ'Te est
noire, elle n'y viendroit
point, & nous manquerions
vostre succession..
A tout ce détail, Belise
topoitde tout son coeur,
penetrée de rcconnoissance
pour sa bienfaictrice.
Après avoir donné
les cinq cens livres& son
bille du reste, elle fait
elle-mesme l'inventaire
deses habits & de son
linge.LaBohemienne ne
Cluive rien de trop beau
pour~ cercle de laPrincesse
,
& mesme elle
l'augmente encore de
deux Genies voyant des
juppes & des coëffures
de reste. A peine laisset-
elle à Belise un jupon
de toile avec sa chemise.
Cette pauvre femme dépouillée
aide elle-melme
à porter ses hardes jusqu'à
la porte dela cave,
& la Bohémienne
en y entrant recommande
à l'heritiere de
bien fermer la porte à
doubletour,depeur
que quelqu'un ne vienne
troubler lecercle. Belise
ne pouvoitavoir aucun
soupçon en enfermant
son bien dans sa
cave, car elle ignoroit la
communication des caves
voisines, par où les
Genies plierent toilette,
ainsi les Bohémiennes
eurent toute la nuit devant
elles pour sortir de
Paris avec leur butin,
& l'heritiere en chemise
fut secoucher en attendant
ses habits & la succession
de la Princesse.
Voicylefragmentd'une
Lettre qui acheve de #
me détailler la fin de
cette ayanture. L .-, e lendemain matin Belise
s'apercevant quelleavoit
etéfiloutéepurlesBohémiennes3envojta
deux hommes après
elles qui lessaisirent à Chantïlliavec
les hardes & 46Ov
livsur quoj les Bohemiennes
ayant estéarrestées & interrogées
elles denierent le fait du
tresor, reconnurent les bardes
pourappartenir à la Darne,
mais elles dirent quellesleur
avoient esté données en nantissement
de 1500. liv. quelles
luyavoientprestéesainsiquil
estoit justifié par la reconnoissance
de la Dame
,
inserée
dans la Lettre qu'elle representoit;
mais comme cette Lettre
écrite à une defunte estoit fort
équivoque
, que d'ailleurs
quand elle eust esté une reconnoissancepure
&simpledela
Dame duprests de 1500.elle
eufi
rust esté nulle parce que la Dame
efloit en puissance de Tlldry.
Voicy motpour mot la copie
de cette Lettre que la Bohémienne
avoit apparemment
diflee à la Dame en luy disant
quelledevaitparpolitejje écrire
a la Princejje.
MADAME,
* N'ayant point l'honneur
d'estre connu devous,
attendu que vous n'estes
plus en vie depuis longtemps
néanmoins la personne
qui vous doit rendre
celle-cy dans la cave, avec
mes respects,vous assurera,
de ma reconnoissance pour
la bonté que vous avez de
me fire vostre heritiere ,
& pour vous témoigner
que je veux satisfaire à vostre
volonté que vostre ame
a dite àla personne qui
vous rendra la presente,
j'ay voulu que vous vissiez
dans ma Lettre comme elle
ma presté la somme de
quinze cens livres,&
que je luy rendray avec
honneur. Jesuisse.
-
£,'$«rce comprendpas que
la Bohemienne ait pus'imaginer
que cette seureté seroit
suffisante pour elle ny que la
Dame,quin'apas voulu apparemmentfaire
un Billetsimple
à laBohemienne sesoitengagée
parune reconnoissance. En un
mot il y a peu de vraysemblance
a tout cela; mais la circonstance
est vraye &sivraye
qu'onn'a pas cru devoir en alterer
la vérité pour la rendre
plus croyable
;
les Jugesde
Chantillyn'ayant nul égard à
cette promesseinserée dans la
Lettre, ne firent point de
difficulté de faire rendre les
bardes au porteur de la procuration
du Mary de la DavIe,
sous le nom duquelelles
furent revendiquées. A l'égard
de l'argents il nefut point
rendu d'autant que les Bohémiennes
ne convinrent point
l'avoirexigé de la Dame
,
mais
pretendircnî: que c' efioit leur
pecule ; qu'Aies mont oient à
d.!?!-" à q;tan lté de personnes
de qualité qui les payaient
grassement
, que mefieelles
avoient receusept Louis d'orneufs
de Mr le Duc deBaviere
pour avoir dansé devant
lui a Cbantilti & àLiencourt.
Aurestecomme les Bohemienne
au nombre de trois a oient
deja esté reprises deJustice, &
qu'elles estoient fletries, l'une
d'une fleur de lis
,
l'autre de
deux & la troisiéme de trois
ce qui les devoitfaire jugerau
Chastelet comme vagabondes,
où elles avaient cleja estécondamnéescommes
telles
,
el/cs y
furentrenvoyées ; ellesyfont,
& on leuryfait actuellement
leur Procez.S'il n'y avoit cjue
lefaitdu tresor, il n'yauroit
pas matiere à condamnation ce
seroit untour de Bohemiennes.
dont il ny auroitqu'à rire,
mais ilaparu depuis un Bouloanntgfeorrçqéuuipnreetend
qu'elles luy
Armoire &y
ontpris1200.livres
, ce qui
estantprouvépourra les conduire
à la potence.
Cette Avanture est du
- mois de Novembre dernier,
& tirée des Informations
d'un Procez
qu'on instruit à presents
je n'y mets rien du mien
que le tour des conversations
: je vous les rapporterois
mot à mot, si
j'y avois esté present
&quej'eussede la , memoire,
tant j'aime à estre
exact
,
dans les faits
que
que je donne pour veritables.
Les Bohemiennes. Vous-avez vû dans
le Discours des Presages
que plusieurs grands
Hommes de l'Antiquité
ajoustoient foy aux Di-,
seurs de bonne Avantuce
Grecs & Romains >
:el grand Capitaine qui
affronte avec intrépidité
les perilsréels, craindroit
peut-estre les perilsimaginaires
qu'une
Bohemienne verroit
dans sa main
,
& par
consequent espereroit
les bonnes fortunes qu'-
elle luy promettroit :
pardonnez - donc cette
foiblesse àune femme
dont je vais vous parler,
qui a un bon esprit, &
qui est tres - estimable
d'ailleurs.C'est une riche
Bourgeoise que je
nommeray Belise, &
qui est d'autant plus excusable
que la fourberie
qu'on luy a faiteest une
des moins grossieres en
ce genre-là. La Bohemienne
qui l'a filoutée,
& qui est presentement
au Chastelet, a de l'esprit
comme un Demon,
la langue bien penduë,
le babil, & l'accent Bohemien
tenant du Gas
con, langage propre à
raconter le merveilleux,
:.& à faire croire l'incroyable.
f Cette Bohemienne
sçachant que Belise alloitsouventchez
une
amie, la guette un jour,
&passe comme par hazard
auprésd-ellela
regarde à plusieurs reprises,
s'arreste, reèuletrois
pas & fait un cri
d'estonnement,&de
joye.Est-cequevousme
çonnoissez, luy dit BcJi4
se, en s'arrestant auai;
si je vous connois, répond
la Bohemienne,
dans son jargon: oliy
,
ma bonne Dame, oüy
, Se non, peut-estre &c
sans doute,je vous connois,&
si je ne vous connois
pas; mais je fuis
sure que vous ferez heureuse
de me connoistre.
Je vois bien, luy dit Belife
avec bonté, que
vous avez envie de gagner
la piece
, en me disant
ma bonne Avanture
; je n'y crois point,
mais ne laissez pas de me
la dire. Belise la fit entrer
avec elle chez son
amie, & les voilà toutes
trois à causer. Belise luy
presenta sa main
,
& la
Bohemienne,en l'observant,
feignoitd'estre de
plus en plus surprise&
rejoüie d'avoir rencontré,
disoit-elle, une personne
qu'elle cherchoit
depuis plusieursannées.
Elle devina par les régles
de son Art,plusieurs
singularitez dontelles'éstoit
fait instruire par
une Servante qui avoit
servi Belise:mais ce
qu'elle voyoit de plus
leur dans cette main
c'estoit, disoit-elle, , une
fortune subite & prochaine
; une fortune;
s'écria Belise > oüy
,
répondit
la Bohemienne,
&fortune bonne, bonne
fortune, fortune de richesses'entend,
& non
d'amour, car je vois
dans vostre main que
, vous ellesfage& fidele
à vostre mary qui pis7
est pour vos amants;
certes je voisbiendes
mains à Paris, mais j'en
nvoi.sp.e'uecomme la-vo- Par les circonstances
surprenantes qu'elle paroissoit
deviner,elle disposa
Belife à donner avec
confiance dans le
piege qu'elleluy tm-, doit.Aprés avoir persuadé
à nos Bourgeoises
qu'elle avoit des liaisons
tres - particulières avec
les Demons & les Génies,
elle leur conta Phistoire
d'une Princesse
Orientale qui étoit venu
mourir à Paris il y avoit
cent ans, & leurditque
cette Princesse eftranae-
- L:
reavoit enterre1 un r
tresor
dans une Cave, & qu'-
ensuitevoulant faire son
heritiere une certaine
Bourgeoise de ce tempslà
qu'elle avoit pris en
affection
,
elle avoit esté
surprise de mort subite
avant que d'avoir pû instruire
la Bourgeoise du
tresor caché; c'estceque
je sçaispar la Princesse
mesme,continualaBohemienne
:car quoyque
morte il y a cent ans „ elle est fort de mes amies,&
voicycomment.
Vous devez sçavoir,car
il est vray que nulle personne
de l'autre monde
ne peut parler ànulle de
celuy-cyque par l'entreluire
des Genies: or
est-il que le mien est amy
de celuy de la Princesse;
bref, je l'ayvûë tant de
fois que rien plus: &
je me fuis chargé de
luy chercher dans Paris
quelque femme qui soit
de la famille de la défunte
Bourgeoise
, que
la défunte Princesse vouloitfaire
son heritieredu
tresor caché,& je suis
bien trompé si vous n'estes
une de ces parentes;
que je cherche avec empressement;
A ce récit extravagant
l'amierioit de tout son
coeur, mais Belise ne
rioit que pour faire l'esprit
fort,carle desir d'estre
heritiere augmentoit
sa credulité. Il faut
estrefolle, dit-elle, pour
s'aller imaginer que je
sois parente de cette heritiere
; pas si folle mabonneDame,
pas si folle,
car je levoudrois detout
moncoeur ,
& je l'ay
soupçonné d'abord à
certain airdefamille qui
m'a frappé dans vostre
visage,car la Princesse
m'afaitvoir en songe
l'air de famille de l' heritiere
afin que je reconnoisse
à la phisionomie
quelqu'une de ses parentes.
Mais5 reprit Belise
5
comment sçavoir si jesuisparentede
cette
héritière qui vivoit il y
a cent ans. Oh dans Paris,
reprit la Bohemienne,
on est parent de plus
de gens qu'on ne pense,
car depuis le tems qu'on
s'y marie, & qu'on ne
nez-vous combien d'alliances
; toutes les Bourgeoises
de Paris sont
cousines, vous dis-je, il
n'y a que la difference
du degré, & si vous estes
cousine de l'heritiere
feulement au septantiéme
degré, j'ay tant de
credit sur la Princesse
que je vous fais heriter
de son tresor. C'a je
fuis impatiente d'affection
pour vous de sçavoir
si vous estes vrayement
la parente qu'ilme
faut.
,
Je vais l'éprouver
en un clein d'oeüil. Mais
si j estoisaussi parente, dit l'amie > la Bohémienne
n'y trouva point
d'apparence, mais fut
ravie pourtant de faire
l' épreuve double pour
mieuxjouer fbn jeu. A
l'instantelle demanda
deux grands verres de
cristal qu onalla chercher&
remplir d'eau
claire. Elle les mit sur
deux tables éloignées
l'unede l'autre
,
& dit
aux Bourgeoises de fermer
un oeil, .&" de regarder
attentivementavec
l'autre. Les voilà
donc observantchacune
leur verre d eau.Regardez-
bien
,
dez-bien, leur crioit la
fausse Magicienne, car
celle qui effc parente de
l'heritiere
,
doit voir
dans son verre un échantillon
du tresor dont elle
doit heriter, &C l'autre y
verra le Diable,c est-àdire,
rien. Il faut vous
dire - icy que la Bohe--
mienne avoit mis dans
chaque verre unepetite
racine, leur disant que
c estoit la racine d'enchantement
,
qui attiroit
les Genies, Se l'une
de ces racines estoit appresséeavec
unecomposition
chimique qui détrempée
par l'eau devoit
par une espece de fermentation
, former des
bubes d'air & force petits
brillants de differentes
couleurs avec de petites
pailletésdorées
y
ç'en est plus qu'il ne
faut pour faire, voir à
une femme prévenue ,
tout ce que son imagination
luy represente.
Belifecftoit si agitée
par le desir du tresor,
Se par la crainte de
ne rien voir,que la première
petite bubed'air
qui parut dans le verre,
elle criaquelle voyoit
quantité de perles. Noijre
rusée acheva de luy
tourner la teste en se réjoüissant
d'avoir deviné
juste. Vous en allez bienvoir
d'autres,s'écriat-
elle ;regardez;(bien.En*
estet
,
la fermentation
augmente ,
&C chaque
fois qu'on luy dit, voyezvous
cecy, voyez-vous
cela, Belise répond toujours
,
oüy
,
oiiy ; car
transportée,ébloüie,
troublée
,
elle vit enfin
tant de belles choses, que
charmée&convaincuë,
elle allasautes aucolde
celle qui .la.-fai[ait si-dri-,
chev^>li .VJiL'
L'autreBourgeoiseestoit
muette 'èc :bi(tll.fdt:a
chée de n'avoir vu que
de l'eau claire: mais Be--
lise croyant déjà tenir
des millions, luy promit
de l'enrichir & de
recompenser sa bienfaitrice
qui luy jura, foy
de Bohémienne, qu'elle
pollederoit ce tresor dans
- deux jours,maisqu'il y
avoitpourtant de grandesdiffcultezàvaincre:
car,dit-elle
y
le Diable ,
quiest.gardien - de tous
les tresors enterrez
?
en
doit prendre possession
au bout de cent années .à
c'estla regle des tresors
cachez, mais par bonheur
il n'y a que quatrevingts
dix-huit ans que
la Princesse a enterré le
lien, je crains pourtant
que le Diable ne nous
dispute la date, enragé
contre vous de ce qu'à
deux ans prés vous luy
enlevez des richesses qui
luy auraientserviàdamner
trente avaricieux
mais voyons encore voestre
main
,
je me trompe
fort si ce mesme Diable
la ne vous a déjàlutine.
justement, dit Belise
,. car cet Esté à la
campagne il revenoitun
esprit dans ma chambre.
Il faut estre Sorciere
pour avoir deviné cela.
La Sorciere sçavoit, en
effet, que la Servante
s'ennuyant de ne point
voir son Amant, s'estoit
avisée de lutiner la nuit
là Maistresse pour l'obliger
à revenir à Paris.
C'a menez-moy chez
vous, dit la Bohémienne
en regardant l'eau
du verre, car je remarque
icy que ce treior est
dans la cave de la maison
mefrne où vous demeurez
,
& je voisqu'il
consiste en deux cailles
dont l'une cil: pleine de
vieux Ducats, & l'autre
de Pierreries.
Belise ravie de ravoir
voir déja sa succession
dans sa cave, emmena
chez elle son amie & la
Bohémienne, qui l'avertit,
cheminfaisant, que
pour adoucir la férocité
.de l'esprit malin
,
elle
alloit faire des conjurations
,
des fumigations,
& qu'il falloit amorcer
d'abord le Diable par
une petite effusion d'or.
Avez-vous de l'or chez
vous, continua-t-elle ;
j'ay cinq Loüis d'or, repondit
Belise, fort bien,
reprit l'autre: mais je ne
veux toucher de vous
ni or ny argent que je
n'en aye rempli vos coffres.
Vous mettrez vousmesme
l'or dans le creuset
au fond de la cave,
& vous le verrez fondre
à vos yeux par un
feu infernal qui lortira
des entrailles de la terre
en vertu de certaine paroles
ignées que je prononceray.
Je veux que
vous soyez témoin de
cesmerveilles qui vous
prouverons mon pouvoir&
le droit quevous
avez déjà sur la succession.
Avec de pareils dis
cours ils arrivèrent enfin
chez Belise
,
où le
reste de la fourberie eC.
roit preparee, comme
vous l'allez voir. Les caves
en question estoient
comme on en voit encore
à Paris, pratiquées
dans des souterrains antiques,
en forte qu'elles
n'estoient separées de
plusieurs autres caves
que par un vieux mur,
caves fort propres à exercer
l'art des Magiciens
,
& des Marchands
de Vin. L'ancienne
Servante,au tems
qu'elle apparuten Lutin
à sa Maistresse, avoit fait
dans ce vieux mur une
petite ouverture à l'occasion
de ses amours ;
elle disposoit d'une de
ces caves voisînes.C'est
par son moyenque nôtre
Magicienne avoit composé
un spectre ressemblant
à peu prés à celuy
quiestoit apparu àBelise
à sa campagne. Elle joignit
à cela un appareil
affreux dontvous verrez
l'effet dans un moment.
Belisearrivée chez elle,
alla prendre dans son
tiroir les cinq Loüisd'or
pour faire fondre au feu
infernal.On la conduit
dans ses caves; un friC.
son la prend en entrant
dans la premiere. Ily en
avoit encore une autre a..
traverser quand elle vit
au fond de la troisiéme
une -
lueur qui luy fit;
appercevoir ce fpeétrel
de sa connoissânce
,
qui
sembloit [orrir de terre.
Elle ne fitqu'uncriqui
futsuivid'un évanouissement.
Aussi-tost la Magicienne
& ia compagne
la reporterent dans
là chambre,&dés qu'on
l'eust fait revenir à elle
,
ion premier mouvement
fut d'estre charméed'avoir
vû ce qui
l'assuroit de la realité du
tresor. Elle donna les
Louis d'or pour aller,
achever la ceremonie
dans la cave, &quelque
temps après on luy vint
rendre compte du bon
effet de l'or fondu ,cir
le demon dutresor avoit
promis de letrouver la
nuit suivante au rendezvous
quon luy avoit
donné de la part de la
Princesse, pour convenir
à l'amiable du droit
de celle qui en devoit
heriter. C'est ainsi que la
Bohémienne gagnacent
francs pour sa premiere
journée, & laissa l'heritiere
fort impatiente du
Succès qu'auroit pour
elle la conférence nocturne
du Demon&de la
Princesse
Le lendemain la Bohémienne
encurée vint
trouver Belife
,
& feignant
d'estre transportée
de joye luy dit, en
l'embralïant que la Princesses'estoit
rendue chez
elle dans une petite
chambre quelle luy avoit
fait tapisserde blanc,
& que le Diable y estoit
venu malgré luy. Je l'ay
bien contraint d'yvenir,
continua-t-elle dans son
jargon, je leur commande
à baguette àces .pe- titsMessieurs-là; au reste
j'ay dit tant de perfections
de vous à la Princesse,
jqu'ellevousaime
comme [on propre enfant.
Elle vous fait sa
legataire universelle. Le
Diable alleguoit que les
cent ans estoient accomplis,
il vouloit escamoter
parun faux calcul les
deux ans qui luy manquent.
Il a bien disputé
son droit contre nous":
mais tout Diable qu'il
est, il faut qu'il nous
cede en dispute à nous
autres femmes
,
& nous
l'avons fait convenir
qu'en luy donnant sa
paragouante, il renonceroit
à la succession
, & cette paragouante ce
ne sera que mille écus,
encore voulions
- nous
qu'il les prit sur l'argent
du tresor : mais il s'est.
mis en fureur disant
qu'on vouloit le trom-
1
per, & il a raison, car
dés qu'un tresor est déterré)
il n'y a plus de
droit; bref, nous luy avons
promis les mille écus
d'avance;il faut que
vous les trouviezaujourd'huy,
Belise écoutoitavec
plaisir les bontez
de la Princesse,mais
les mil écus luy tenoient
au coeur ; elle y révoit.
Je ne veux point toucher
cet argent, continua
la rusée; vous le
donnerez au Diable en
main propre. Il est enragé1
contre vous, car vous
estes si vertueuse, il voit
de plus que vous l'allez
déshériter
,
s'il vous tenoit,
il vous dechireroit
à belles dents; il faut
pourtant que vous luy
donniez vous-mesme les
mille écus. Ah ! s'écria
Belife, jeneveuxplusle
voir; voyez-le, voyezle
,
continual'autre,en
faisantunpeu lafaschée,
vous croyez peut-estre
que je veux gagner avec
luy sur ces milleécus-là,
c'est son dernier mot ,
voyez-le vous - mesme.
Belife luy protesta quelle
avoit toute confiance
en elle, mais qu'il luy
estoit impossible detrouver
mille écus,& qu'elle
auroit mesme de la peine àmettre ensemble cinq
cent livres, à quoy la
Bohémienne repartit
apres avoir revé un moment
;hé bien vous me
ferez vostre billet du reste,
& je feray le mien
au Diable, & cela je
vous le propose fous son
bon plaisir s'entend, car
il faut que j'aille luy
faire cette nouvelle proposition.
Après ce diC.
cours elle quitta Belise
qui passale reste du jour à ramassercinq cent livres
dans la bourse de
les amies.
Le lendemain la Bo-
.-
hemienne revint luy annoncer
que le jour suivant
elle la mettroit en
possession
,
& que le
marché se pourroit conclure
la nuitprochaine
dans la cave où le Diablegardoit
le tresor ;
que la Princesse devoit
s'y trouver sur le minuit,
& qu'elle vouloit
absolument que l'heritiere
fut presente : mais,
continua - t - elle
, en
voyant déjà pâlir Belise,
ne
ne craignez rien, vous
y ferez & vous n'y ferez
pas, car ce fera mon Genie
qui prendra vostre
ressemblance, & qui paroiftra
à vostre place avec
quatre Genies de ses
amis habillez en femmes
,car la Princessè est
entestée du cérémonial ;
elle veut que quatre ou
cinq Dames venerables
forment la bas un cercle
digne de la recevoir. Il
ne nous manque plus
rien que des habits pour
ce cercle; mais il en faut
trouver, car les Genies
ont bien le pouvoir d'imiter
au naturel des
creatures vivantes, mais
ils ne peuvent imiter ni
le fil, ni la soye, ni la
laine,rien qui soit ourdi, tramé,,t.is"su, ni tricoté,ce
sont les termes du Grimoire,
nous sçavons.
cela nous autres, & je
vous l'apprends, en forte
que pour les habiller
ilfaut des habits,réellement
eftoffez
,
& j'ay
imaginé que vous leur
presteriez les vostres. Ne
craignez point qu'ils les
salissent
: les Genies sont
propres. C'a, COlltinuat-
elle d'un ton badin, il
nous faut aussi quantié
de toiles: vous avenus
doute des. draps, des
nappes}c'estquelaPrincesse
ne peut paroiftrc
que dans unlieu rapiæ
deblanc,vostre CÍ'Te est
noire, elle n'y viendroit
point, & nous manquerions
vostre succession..
A tout ce détail, Belise
topoitde tout son coeur,
penetrée de rcconnoissance
pour sa bienfaictrice.
Après avoir donné
les cinq cens livres& son
bille du reste, elle fait
elle-mesme l'inventaire
deses habits & de son
linge.LaBohemienne ne
Cluive rien de trop beau
pour~ cercle de laPrincesse
,
& mesme elle
l'augmente encore de
deux Genies voyant des
juppes & des coëffures
de reste. A peine laisset-
elle à Belise un jupon
de toile avec sa chemise.
Cette pauvre femme dépouillée
aide elle-melme
à porter ses hardes jusqu'à
la porte dela cave,
& la Bohémienne
en y entrant recommande
à l'heritiere de
bien fermer la porte à
doubletour,depeur
que quelqu'un ne vienne
troubler lecercle. Belise
ne pouvoitavoir aucun
soupçon en enfermant
son bien dans sa
cave, car elle ignoroit la
communication des caves
voisines, par où les
Genies plierent toilette,
ainsi les Bohémiennes
eurent toute la nuit devant
elles pour sortir de
Paris avec leur butin,
& l'heritiere en chemise
fut secoucher en attendant
ses habits & la succession
de la Princesse.
Voicylefragmentd'une
Lettre qui acheve de #
me détailler la fin de
cette ayanture. L .-, e lendemain matin Belise
s'apercevant quelleavoit
etéfiloutéepurlesBohémiennes3envojta
deux hommes après
elles qui lessaisirent à Chantïlliavec
les hardes & 46Ov
livsur quoj les Bohemiennes
ayant estéarrestées & interrogées
elles denierent le fait du
tresor, reconnurent les bardes
pourappartenir à la Darne,
mais elles dirent quellesleur
avoient esté données en nantissement
de 1500. liv. quelles
luyavoientprestéesainsiquil
estoit justifié par la reconnoissance
de la Dame
,
inserée
dans la Lettre qu'elle representoit;
mais comme cette Lettre
écrite à une defunte estoit fort
équivoque
, que d'ailleurs
quand elle eust esté une reconnoissancepure
&simpledela
Dame duprests de 1500.elle
eufi
rust esté nulle parce que la Dame
efloit en puissance de Tlldry.
Voicy motpour mot la copie
de cette Lettre que la Bohémienne
avoit apparemment
diflee à la Dame en luy disant
quelledevaitparpolitejje écrire
a la Princejje.
MADAME,
* N'ayant point l'honneur
d'estre connu devous,
attendu que vous n'estes
plus en vie depuis longtemps
néanmoins la personne
qui vous doit rendre
celle-cy dans la cave, avec
mes respects,vous assurera,
de ma reconnoissance pour
la bonté que vous avez de
me fire vostre heritiere ,
& pour vous témoigner
que je veux satisfaire à vostre
volonté que vostre ame
a dite àla personne qui
vous rendra la presente,
j'ay voulu que vous vissiez
dans ma Lettre comme elle
ma presté la somme de
quinze cens livres,&
que je luy rendray avec
honneur. Jesuisse.
-
£,'$«rce comprendpas que
la Bohemienne ait pus'imaginer
que cette seureté seroit
suffisante pour elle ny que la
Dame,quin'apas voulu apparemmentfaire
un Billetsimple
à laBohemienne sesoitengagée
parune reconnoissance. En un
mot il y a peu de vraysemblance
a tout cela; mais la circonstance
est vraye &sivraye
qu'onn'a pas cru devoir en alterer
la vérité pour la rendre
plus croyable
;
les Jugesde
Chantillyn'ayant nul égard à
cette promesseinserée dans la
Lettre, ne firent point de
difficulté de faire rendre les
bardes au porteur de la procuration
du Mary de la DavIe,
sous le nom duquelelles
furent revendiquées. A l'égard
de l'argents il nefut point
rendu d'autant que les Bohémiennes
ne convinrent point
l'avoirexigé de la Dame
,
mais
pretendircnî: que c' efioit leur
pecule ; qu'Aies mont oient à
d.!?!-" à q;tan lté de personnes
de qualité qui les payaient
grassement
, que mefieelles
avoient receusept Louis d'orneufs
de Mr le Duc deBaviere
pour avoir dansé devant
lui a Cbantilti & àLiencourt.
Aurestecomme les Bohemienne
au nombre de trois a oient
deja esté reprises deJustice, &
qu'elles estoient fletries, l'une
d'une fleur de lis
,
l'autre de
deux & la troisiéme de trois
ce qui les devoitfaire jugerau
Chastelet comme vagabondes,
où elles avaient cleja estécondamnéescommes
telles
,
el/cs y
furentrenvoyées ; ellesyfont,
& on leuryfait actuellement
leur Procez.S'il n'y avoit cjue
lefaitdu tresor, il n'yauroit
pas matiere à condamnation ce
seroit untour de Bohemiennes.
dont il ny auroitqu'à rire,
mais ilaparu depuis un Bouloanntgfeorrçqéuuipnreetend
qu'elles luy
Armoire &y
ontpris1200.livres
, ce qui
estantprouvépourra les conduire
à la potence.
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Résumé : Avanture nouvelle. / Les Bohemiennes.
En novembre dernier, une aventure impliquant une riche bourgeoise nommée Belise et une bohémienne rusée a eu lieu. La bohémienne, connaissant les habitudes de Belise, la rencontre chez une amie et lui prédit une fortune subite en observant sa main. Elle raconte l'histoire d'une princesse orientale ayant caché un trésor dans une cave parisienne, destiné à une bourgeoise de l'époque. La bohémienne se présente comme l'intermédiaire de la princesse et affirme que Belise est une parente de l'héritière. Pour convaincre Belise, la bohémienne utilise des tours de magie, comme faire apparaître des bulles d'air et des paillettes dorées dans un verre d'eau, que Belise interprète comme des perles et des pierreries. Elle persuade ensuite Belise que le trésor se trouve dans la cave de sa maison et organise une mise en scène avec un spectre et des fumigations pour renforcer la crédulité de Belise. La bohémienne parvient ainsi à extorquer cinq louis d'or à Belise en une journée, en lui promettant de révéler le trésor lors d'une rencontre nocturne avec le démon et la princesse. Le lendemain, la bohémienne revient et annonce à Belise qu'elle est l'héritière universelle de la princesse, après avoir négocié avec le démon. La bohémienne demande à Belise de rassembler cinq cents livres et de rédiger un billet pour le solde. Elle organise une rencontre nocturne dans une cave pour transférer l'héritage, nécessitant des habits et du linge blanc pour former un cercle cérémoniel. Belise, convaincue, prête ses vêtements et son linge. Cependant, les bohémiennes profitent de la communication entre les caves voisines pour voler les habits et l'argent. Le lendemain, Belise découvre le vol et envoie des hommes à leur poursuite. Les bohémiennes sont arrêtées à Chantilly avec les habits et une partie de l'argent. Lors de l'interrogatoire, elles nient l'existence du trésor mais reconnaissent avoir reçu les habits en garantie d'un prêt de 1500 livres, justifié par une lettre équivoque. Les juges de Chantilly rendent les habits au représentant de la famille de la dame, mais l'argent n'est pas restitué car les bohémiennes prétendent qu'il s'agit de leur propre argent. Elles mentionnent également avoir reçu des paiements de personnes de qualité, dont le Duc de Bavière. Les bohémiennes, déjà condamnées pour vagabondage, sont renvoyées au Châtelet pour leur procès. Un bourgeois affirme qu'elles lui ont volé 1200 livres, ce qui pourrait les conduire à la potence.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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43
p. 3-61
Extrait ou Argument de l'Iliade en forme de Table.
Début :
Cet Extrait esté fait avec tant d'exactitude, d'ordre [...]
Mots clefs :
Grecs, Achille, Jupiter, Junon, Chefs, Armée, Ulysse, Vaisseau, Paroles, Colère, Minerve, Troyens, Dieux, Prières, Songe, Menace , Iliade, Homère, Roi, Hérauts, Thétis, Ville, Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait ou Argument de l'Iliade en forme de Table.
Extrait ou Argument
de l'Iliade en forme
deTable.
Et Extrait a esté
fait avec tantd'exactitude,
d'ordre
,
& de jugement,
qu'il peutsuffire pour
donner une idée generale
del'Iliade d'Homere à
ceux qui ne l'ont jamais
leuë, il peut estreutile
en mesme temps à ceux
qui possedent parfaitement
leur Homere,puisque
c'est un tableau en
racourci,ouplustost une
efquice dont le trait peut
quelquefois
,
reveiller
leurs idées, & leur aider
à jouir plus facilement
de ces peintures poëtiques
qui occupent, &
qui flattent si agréablement
leur imagination;
ceux qui craignent de
perdre de veuë la charmante
Iliade
, me doivent
sçavoir bon gré de
leur donner enmignature
le portrait de leur maistresse,
c'est leur prouver
assez que je ne blat:
me point leur attachement.
J'auray peut-estre dans
la fuite la mesme attention
pour ceux qui iont
amoureux de Rabelais,
cela dépendra du loisir
de mes amis, c'etf à la
complaisance de l'un
d'eux que j'ay obligation
de cet Extrait, qui
a deu estre aussi ennuyeux
à faire
, que je
le crois utile au Public.
Leschiffres qui ifont a
la fin de chaque article,
marquent laplace f.5 l'efitendue
des matieres. Par
exemple I. 5. c'est-à-dire
que l'invocation pour
chanter la colere d'Achille
commence au I.
vers cffinit au 5.
ARGUMENT
du premier Livre.
Le Poëte invoque la
Muse pour chanter les effets
pernicieux de la colere
d'Achille. Vers I. 5.
Sujet de la colere d'Achille.
vers 6. 11. ehryCes Pre stre d'Apol-
- lon vient au camp des
Grecs chargé de presens
pour racheter sa filleChryseis
qui estoit esclave d'Agamemnon.
vers II. 1).
,
Sa harangue aux Grecs
àce sujet. vers16.20.
ConsentementdesGrecs.
Refus d'A gamemnon. Il
menace Chryfes. Ce
vieiliardintimide se retire.
Sa priere à Apollon.
Exaucée sur le champ.
Apollon. pendant neuf
jours frappe toute l'armée
des Grecs de traits empoisonnez&
y répand la
peste. vers 21. 52.
Achille convoque une
assemblée. Il dit à Agamemnon
qu'il faut consulter
quelque Devin pour
sçavoir le sujet de la cruelle
colered'Apollon, vers
53.66.
Calchas fils de Thestor
se leve & se met en devoir
de l'expliquer. Il n'ose le
faire à moins qu'Achille
ne luy promette de le proteger
contre ceux à qui sa
déclaration pourroit de- plaire. vers 67. SI.
Achillele luy promet.
Le Devin parle. Dit qu'il
faut renvoyer Chryseis.
sansrançon,avec uneHecatombe
pour calmer Apollon.
vers83.99.
Agamemnon se fasche
contre le Devin. Tesmoigne
la repugnance qu'il a
de renvoyer Chryseis,
Declare qu'il la prefere
mesmeà la Reine Clytemnestre
sa femme
,
& pourquoy.
Prend neanmoins
la refoî ution de la renvoyer
pour le salut de son
peuple. Demande qu'on
le dedommage, vers 100.
J19.
Achille prend la parole.
Agamemnon luy respond
avec hauteur, & dit
qu'il pourroit bien luy enlever
à luy-mesme sa ca ptive
Briseis. vers 120 146
Achille s'emporte & éclatte
en injures contre
Agamemnon. vers 147.
lyo.
Agamemnon respond
avec aigreur & reitere les
menaces qu'il a faites à
Achille de luy enlever Brifeis.
vers liJ. 186.
0 Achille entre enfureur.
Delibere s'il tuëra Agamemnon.
Son épée est à
*i
demitirée. Mais Minerve
descenduë par l'ordre
de Junon, s'arreste derriere
Achille, le retient
par les Cheveux, & ne se
rend visiblequ'à luy. A>
chille se retourne. La reconnoist.
Luy demande
avec colere ce qu'elle
vient faire là. Pallasluy
respond qu'elle vient le
calmer. a Luy permet le
reproche,& luyconseille
de ne point passerauxvoyes
de fait. Achille enfonce
son épée dans le
fourreau. Minerve s'en
retourne. vers 187. m,
Achille continuë de
s'emporrer contre Agamemnon
& luy die des
injures atroces. Il jure
par; son Sceptre que jamais
les Grecs n'auront de
luy aucun secours. vers
222.24'.245.
Agamemnon qui ne
peut plus tenir contre les
invectives d'Achille, est
prest à se porter à quelque
violente extremité.
Mais le vieux Nestor se
leve, ôcse fait entendre
a ces deux Chefs irritez.
Il leur parle avec l'authorité
& le caractere que
luy donnent son grand âge
& sa longue experience.
vers246.283.
Agamemnon respond à
Nestorqu'Achille est un
homme qui veut toutemporter
par hauteur, mais
qu'il n'est pas d'humeur à
luy ceder. Achillereplique.
Apres quoy ces deux
Chefs se levent & rompent
l'assemblée. Achille
se retire dans son quartier
avec Patrocle. Agamemnon
fait mettre en mer un
de ses navires après l'avoir
pourveu de victimes pour
l'Hecatombe.Ilmene luymesme
Chryseis au Vaisseau
& l'y fait monter.
Ulysse est choisi pour la
conduites Le ,Vaisseau
part.vers 284. 311.
L'armée d'Agamemnon
se purifie. Hecatombes
offertes à Apollon sur
le rivage mesme. vers 312. 316. Agamemnon ordonne
à Talthybius & à Euribate
ses deux Herauts, d'aller
à la tente d'Achille
prendre Briseis & l'amener.
Que si Achille la
refuse il ira la prendre luymesme
bien accompagnée
vers 317.314.
Les deux Herauts arrivent
à la tente d'Achille,
& notent luy addresser la
parole. Achille qui voit
leur peine les prévient ôc
leur dit, qu'ils sont innocens
de l'affront qu'on luy
fair. Qu'il ne se plaint
que d'Agamemnon qui
envoye chercher Briseis.
En mesme temps il dit à
Patroclede laluy amener,
&
& de la remettre entre les
mains des Hérauts.Achille
reitere en leur presence
la menace qu'il a
faite à Agamemnon, de
ne jamais secourir les
Grecs. Patrocle amene
Briseis. Elle s'en va avec
les deux Herauts. vers 326.
347.
Achille va au bord de
la mer, & versant des
larmes, addresse sa plaince
à Thetis. La Déesse
fort des eaux , & luy demande
le sujet de son affliction.
Achilleluy: ep
dit la cause. La prie de
venger l'affrontqu'il a receu.
Devoir Jupiter. De
l'engager ( pour punir Agamemnon
de luyfaire
reconnoistre sa¡fatJce) :
à
secourir les Troyens,&
leur donner l'avantage sur
lesGrecs, ; ; Ilfaitressouvenir
Thetis en cet endroit
d'un service important
qu'elle rendit autrefois
à Jupiter; au,moyen
de quoy il ne -luy doit rien
refuser. Theris promet
à Achille qu'elle fera ce
qu'il luydemande, & qu'-
À*A **-
auss-tôt que Jupiter, qui
estalléàunfestin dont les
Ethiopiens l'ont prié, sera
retourné itu Ciel
,
elle ira
le voir & luy parler. Thetis
disparoift, &elle laisse
son fils tres affligé de la
perte de Briseis.vers347.
429.
Ulysse qui conduisoit
l'Hecatombe pour Apollon,
arrive dans le port de
Chrysa.Description dela
manoeuvre d'un Vaisseau
arrivé au port. Ulysse
parle à Chryfes
, & luy
presente sa fille,vers429.
Sacrifice. Priere de
Chryses à Apollon. Exaucée
dans le moment.
Festin.Libations. vers
446.470.
Les Grecs se retirent,
& paisens la nuit sur leur
Vaisseau. Le lendemain
ils retournent au Camp,
aydez d'un vent favorable
qu'Apollon leur en.
voye. lis se distribuent
dans leurs tentes,vers471.
483-
Achille se tient tousjours;
dans son quartier. Ne va
point aux assemblées.S'abandonne
entierement à
son chagrin. vers 484.491.
Le douzième jour Jupiter
estant revenu d'Ethiopie
,Thetis va le trouver
à récart au plus haut
sommet de l'Olympe.
Priere de Thetis à Jupiter.
Ju piter ne respond rien.
Thetis le presse. Jupiter
luy promet ce qu'elle demande
,
& confirme sa
promesse par un signe de
teste, donc tout l'Olympe
estébranlé, vers491.529.
•
Thetis s'en va. Ju piter
retourne dans son Palais.
Les Dieux vont au devant
deluy. Ilseplacesurson
Throne. Junon qui n'ignore
pas son dessein, parce
qu'elle l'a veu avec
Thetis,luy reproche d'un
son aigre le mystere qu'il
luy en fait. Jupiter ILy
respond d'abord avec moderation.
Junon continuë
de luy parler avec
hauteur. Jupiter la menace.
Elle se tait Vulcain
prend la parole, &
represente à sa mere qu'il
saur ménager Jupiter. Il
presente une coupe à Junon.
Il raconte la plaisante
histoire de Cacheute.
Il verteà boireaux Dieux.
Son empressement à les
servir, fait rire toute Tafsemblée
( parce qu'il boite.
) Après un repas trèsjoyeux
chaque Dieu va se
coucher dans son Appartement.
Junon couche
auprès de Jupiter.
ARG V MENT
dusecond Livre*
Jupiter pour executer
la promesse qu'il a faite
à Thetis de relever la
gloire d'Achille, & de
rendre les Troyensvictorieux
,
appuiele Songe,
luy commande d'aller
trouver Agjmernnon
,
&
de direàce Prince,qu'il
,
fasTearmer;ùj^le.Grecs,
qu'il mette toute son armée
en barri'le. Qu'il
luy fasse entendre que le
jour
jour est veuu qu'il va se
rendre maistredela Ville
deTroye. Le Songe part.
prend la forrne deNestor.
Se place sur la teste d'Agamemnon.
Luy redit les
paroles de Jupiter, & se
retire. vers 1 35.
Agamemnon se leve.
S'habille. Donne ordre
du grand matin à ses Herauts
de faire assembler
tous les Grecs. Pendant
ce temps-là il tient conseil
avec les principaux
Chefs dans le Vaisseau de
Nestor. Leur dit les parôles
du Songe. Leur fait
part du dessein qu'il a de
fonder le courage des
Grecs. Je vais,dit-il, leur
ordonner de s'enfuirsur leurs
Vaisseaux VÙUS) de vostre
cpfté vom les retiendrez par
de douces paroles. Nestor
represente qu'il faut adjousterfoy
au Songe d'Agamemnon
, parce qu'il
ne faut pas dourer que Jupiter
ne l'ait envoyé. Die
qu'il faut executer le projet
du Roy. vers 35.84.
Les Troupes arrivent.
L'armée comparée à des
Legions d'abeilles, vers 86.
5)6*
NeufHerauts font faire
silence dans l'armée. Le
Roy se leve tenant en
main son Sceptre. Histoire
de Sceptre d'Agamemnon.
vers96.109.
Agamemnon parle aux
Grecs. Il leur represente
que depuis neuf années
leur armée se consume à
attendre vainement l'effet
des promesses de Jupiter,
qui ne s'accomplissent
point. Qu'il faut prendre
le party de s'en retourner.
(Ce discoursestplein d'artifice
& ne rend qu'à persuader
aux Grecs tout le
contraire de ce qu'on leur
propose ) mais les paroles
du Roy sont prises à la Jet,
tre par la multitude qui
ive penetre pas son dessein.
Emotion de l'armée comparée
à celle des flots, &
des moissons agitées par le
vent. Les Soldats courent
à leurs Vaisseaux pour
les mettre en estat. vers
100. IJ4.
1,
Dans ce moment le retour
des Grecs estoit conclu,
si Junon ne se fust
addressée à Minerve. Elle
luyparle Luy dit d'aller
dans le Camp des Grecs,
de parcourir i leur armée,
de lesretenir, & de les
empescherdemettre leurs
Vaisseauxenmer. Minerve
obéit. Elle trouve
Ulysse qui ne donnoitaucunsordres
pour les Vaisseaux.
L'encourage à retenir
les Grecs par de douces
paroles. vers hj. 18re
Ulysse parcourt l'armée
avec diligence. Rencontre
sur son chemin Ar<smemnon
dont il prend le
Sceptre. Ce qu'il dit aux
Rois qu'il rencontre. De
quelle maniere il parleaux
Soldats seditieux quand il
en trouve. vers 182. 206.
Les discours d'Ulysse
font un puissant effet sur
toute l'armée. LesSoldats
sortent de leurs Vaisseaux
pour une seconde assemblée.
Leur bruit comparé
au mugissement des flots
irritez, LesGreess'asseient
dans un profond silence.
Le seul Thersite fait un
bruit horrible. Portrait
hideux de Thersite. Sa
taille. Son caractere d'esprit.
Il parle insolemment
d'Agamemnon en sa presence.
Veut justifier le
ressentiment d'Achille.
Est d'avis que les Grecs
retournent dans leur patrie.
Ulysseluyrespond.
Le traire ignominieusement.
Le frappe du Sce-,
ptre d'Agamemnon. Les
épaules de Thersite en
font marquez. Therfite
pleure & se tait. Les
Grecstout affligez qu'ils
sont, ne peuvent s'em pescherd'en
rire. Ce qu'ils
se disent les uns aux autres
à ce sujet. vers207.277
Ulysse s'avance au milieu
de l'assemblée. Minerve
est auprèsde luy
fous la forme d'un Heraut
& fait faire silence
:J.
afin
que l'onentende les conseilsd'Ulysse.
Ulysseparle
à Agamemnon. Luy rcpresente
que les Grecs
veulent le couvrir de confusion
par le dessein qu'ils
ont de retournerchez eux.
Luy rappelle la prophetie
de Calchas au sujet d'un
prodige qui préfageoit la
prise de Troye après neuf
ans,figurez par le nombre
de huit passereaux & de
leur mere devorez par un
dragon. Conclut que les
Grecs doivent demeurer
jusqu'à ce que laVille de
Priamsoitsaccagée. everi
278.332-
LesGrecsapplaudissent
par de grands cris aux discours
d'Ulysse. Nestorse
leve. Dit qu'il n'y a point
de temps à perd re. Est
d'avis que l'armée soit
rangée par Nations
>
afin
que l'on reconnoiffe ceux
qui auront combattu avec
courage, & ceux quin'auront
pas fait leur devoir.
vers 353.368.
Agamemnon approuve
& louë le discours de Nestor.
Convient du mauvais
effet de sa querelle avec
Achille. Advouëqu'il s'est
emporte le premier. Dit
que la perte des Troyens
est asseurée s'il est jamais
d'accord avec Achille.
Commandeauxtroupe,
de prendre de la nourritu.
re pour se disposer au combat.
Leur annonce une
grande & sanglante journée.
Menace de more tous
ceux qui demeureront
dans leurs Vaisseaux loin
du combat. Les Grecs font
descrisde joye. Leretentissement
de l'air comparé
à celuy des flots irritez.
vers 369. 399
2 Les Soldats fc levent.
Se dispersent dans leurs
tentes. Prennent leur repas.
Chacun fait des sacrifices
au Dieu qu'il adore
pour se le rendre favorable,.
Agamemnon immole
un taureau. Menelas
son frere se trouve à
ce sacrifice. Priere d'Agamemnon
àJupiter. Jupiter
reçoit son Sacrifice
sans avoir dessein d'exaucer
ses voeux. Description
du Sacrifice, ( comme au
premier Livre. ) Nestor
dit qu'il faut profiter da
temps. Ranger l'armée
en bataille,&donner enfuite
le signal du combat.
D
evers 400. 440.
Les Grecs s'assemblent,
& prennent leur rang.
Minerve est au milieu.
d'eux qui les remplie d'ardeur
& d'impatience. L'éclat
des armes compare à
celuy du feu qui ravage
une vasse forest. Bataillons
& Escadrons comparez
à des troupes nombreuses
d'oiseaux. Nombre
des Soldats comparé
à celuy des fleurs, des
feuilles, Se des mouches
qui s'assemblent autour
d'une bergerie à l'heure
qu'on remplie les vaisseaux
de lait. Les Chefs
rangent leurs Troupes &
les reconnoissent avec
autant de facilité que les
Pasteurs reconnoiffenc
leurs troupeaux de Chevres
qui se sont meslées
dans les pasturages. Agamemnon
brille ce jour-là
d'une majesté éclatante.
Ressemble à Jupiter ,
à
Mars ,ôc à Neptune. Est
comparé ensuite à un fier
taureau. vers 441. 483.
Denombrement des
Troupes Grecques & de
leurs Vaisseaux. Précedé
d'une invocation aux Muses,
vers 484. 680.
Denombrement particulier
des TroupesThessaliennes
,
qui sont celles
d'Achille. Précedé d'une
autre invocationà la Muse.
'Vers 681. 760.
Quatrième invocation
à la Muse. Pour sçavoir
qui estoit le plus vaillant
des Princes qui suivirent
Agamemnon. Et quels
estoient les meilleurs chevaux.
Eumelus Roy de
Phéres pouvoit se vanter
d'avoir les deux meilleures
cavalles de l'armée. Ajax
estoit le plus vaillant de
tous les Princes après Achille,
& les chevaux d'Achille
estoient meilleurs
que ceuxd'Eumelus.Mais
Achille ne sortoit point de
ses Vaisseaux à cause de
son ressentiment.SesTroupes
se divertissoient sur le
rivage, & les Chefs des
Troupes Thessaliennes se
promenoient dans le
Camp fort tristes de ce
que leur General ne les
menoit point au combat.
vers 761. 779.
L'armée des Grecs s'avance
en ordre de bataille.
L'éclat de leurs armes
mes comparé à celuy d'une
plaine embrasée. > La
terre qui retentit fous leurs
pieds, fait le mesme bruit
-.
que le tonnerre qui gron-
:
de. iV*r ?• vers 780. 78r.
: -." Iris la messagere des
Dieux, prend la forme de
• Polices ( un des fils de
Í" i Priam) qui estoit en fen-
1 tinelle hors des portes de -
1 la Ville, pour observe
quand les Grecs s'avanr
ceroient. Elle averti
Priam que les Grecsviennent
l'attaquer. Luv conseille
de ranger ses Trou-
.,
pesfous leurs Chefs par
Nations & par lignées.
vers786.806.
On court aux armes.
Dansun moment toute la
Cavalerie & l'infanterie
fort de la Ville & s'affenlble
fous une colline à quelque
distance des portes.
Noms des Chefs Troyens.
Etat de leurs Troupes.
*wn807.877»
ARGUMENT
du troisiéme Livre,
Les Troyens s'avancent
avec un bruit confus, 8c
des cris perçans. Comparez
à des oiseaux & des
grues. Les Grecs marchenten
silence. Lapout
fiere que les deux armées
font lever en marchant,
Comparée au brouillard.
Lesarméesfonten prefence.
Pâris s'avance à la
teste des Troyens. Comment
il est armé. Menelas
de son coite s'avance a
>
grands pas. Il estcomparé
àun Lion arrame qui
est tombé sur un Cerf.
Pâris le voyant s'enfuit.
Paris comparé à un Voyageur
qui apperçoit un Serpent
dans le fond d'une
forest.<- versI. 37.
Hedtop reproche à Paris
sa lâcheté.ver38.s57.
1
Paris respond modefl
temenc à Hedor, donr il
compare lecourage au
fer d'une hache qui nese
rebrousse jamais. Il reprend
courage. Est resolu
de se battre avec Menelas
en combat singulier. A
cesconditions: qu'Helene
& toutes les richesses
appartiendront au vainqueur;
que les Troyens,
apre'savoit fait alliance
avec les Grecs, demeureront
paisibles dans leur
Ville, & que les Grecs s'en
- retourneront. He&or
plein de joye de la resolution
de Paris
,
s'avance
à la celle des deux armées
pour en informer les TroyensSe
les Grecs. Ceuxcy
qui ignorent son deCsein,
font pleuvoir sur luy
une gresse de traits. Aga-,
memnon leur dit d'arrester.
Qu'Hector a quel.,.
que chose à leur dire. Les
Grecs cessent de tirer.
Hector parle & repete ce
que Pâris luy a dit. Menelas
respond. Declare
qu'il consent à ce que Pâris
propose, ravi de pouvoir
terminer seul une
longue guerre qui n'aesté
entreprise que pour luy.
Veut que ce son Priam
luy
-
mesme qui jure l'a}.
liance que les Grecs doivent
faire avec les Troyens.
Et pourquoy. Que
pour scéeller cet accord
il soit immolé trois agneaux
;deux de la part des
Troyens, & un de la part
des Grecs. vers 58. 110.
Cette proposition est
receuë avec joye des deux
armées. Les Grecs & les
Troyens mettent bas leurs
armes,& ran gent leurs
chevaux par file.Hedor
envoye deux Herauts à
Troye pourfaire venir
Priam
*
& pour apporter
deux agneaux. Agamennon
donne ordre à Talthybius
d'aller aux Vaisseaux
des Grecs, & den
apporter un troisiéme.
Iris prend la forme de
Laodiceune des filles de
Priam, & va avertir Helene
de rout ce quise paue.
Elle trouve Helene occupee
à un ouvrage de hrolot
derie. Elle representoit
sur un voile les combats
que les Grecs & les Troyens
livroient pour elle;
Iris luy dit de venir voir
des choses surprenantes.
Que Paris ôc Menelas
vont
vont combattre seuls
,
&
qu'elle doit estre le prix
du vainqueur. La Oéeffe
inspire dans ce moment
à Helene un très-grand
defirde retourner àLacedemone
avec son premier
mari. vers III. 140.
Helene se met en chemin
avecdeux de ses femmes.
Elles arrivent aux
portes de Scées
,
où elles
trouvent plusieurs vieillards
assis sur le haut d'une
tour, qui deliberoiententr'eux
sur les moyens de
faire cesser les malheurs
de Troye. Ces vieillards
comparez à des cigales.
Ils sont frappez d'admiration
en voyant Helene.
Ce qu'ils se disentàce sujet.
Priam qui estoit parmi
eux l'appelle. L'a fait
asseoir auprès de luy
,
&
voyant tous les Chefs de
l'armée Grecque, luy en
montre un d'abord,& luy
demande qui il est. Helene
respondque c'est Agamemnon.
Il luy en fait
voir un autre & le compare
à un belier dans tia
grand troupeau de brebis
qui le reconnoissent pour
leur Roy. Helene dit que
c'est le prudent Ulysse.
Antenor,un des vieillards,
prend la parole, & dit à
Helene qu'il se fouvienc
d'Ulysse & de Menelas ,
lorsqu'ils vinrent en qualité
d'Ambassadeurs envoyez
par les Grecs pour
la redemander. Et prend
de là occasion de dire de
quellemaniéréils parloient.
l'un & l'autre dans
lesassemblées, & quelle,
éstoit leur contenance.
Priamvoit un autre Guerrier,
& demande à Helene
qui il est. Elle dit que
c'est Ajax. Elle montre
IdomenéeàAgamemnon.
Dit qu'erereconnoift cous
les Chefs. Ettsorprised'e
ne pointvoir parmieux ses
deux freres Castor& Pollux.
Croit qu'ilsn'ont pas
daigné prendre les armes
pour elle, Elle ignore en
effet qu'ils font tous deux
morts à Lacedemone.vers
I42.Z44. ; ,-
:;
Cependant les Hérauts
traversent laVille portant
les Vi^inics3avçcvq Qutre
d'excellent vin. Ideus
estant arrivé prés dePriam
le pressede partir, luy disincque
les Généraux
Grecs &Troyens Jepriene
de venir dans la plaine, (où son fils Paris doit
combattre avec Menelas)
pour y jurer la paix entre
les deux partis. Le Vieillard
tout tremblant monte
sur son char avec Antenor.
Ils arrivent & s'avancent
entre les deux armées.
Premiere ceremonie
pour le sacrifice. Priere
d'Agamemnon. Il renouvelle
& répété les conditions
du Traité,qui sont:
que si Menelas tué. Pâris,
(ces termes sontremarquables)
il emmenera Helene
avec toutes ses richesses
; au contraire Helene
demeurera à Pâris s'il tuë
Menelas.Victimes égorgées.
Priere à Jupiter dans
les deuxarmées ( non éxaucée.)
vers 145. 302.
Les libations achevées,
Priam prend congé des
deuxarmées,disantqu'il
n'a pas la force de voir
combattre son fils avec
Menelas. Il remonte sur
son Char , em porteavec
-
luyles deuxagneaux,vers
303-1313 ?-• 'v
-t)I Hector & Ulysse mesurent
le champ de bataille.
Ils,mettent lesfores dans
uncalque & les meslent
pour les tirer,& pourvoir
lequel de Menelas ou de
Pâris doit le premier lancer
le javelot. Prièreaddressée
auxDieux par les Grecs
ôc les Troyens. Hector
mesle les forts. Celuy de
Paris fort le premier, paris.
& Menelas s'arment.
De quelle maniéré Pâris
est armé. Ils se mesurent
l'un l'autre. Paris le premier
lance un javelor. il
atteint le bouclier de Menelas
sans le percer. Me-"
nelas leve son dard.Addresse
sa priere à Jupiter.^
Lance son javelot qui va
percer le bouclier de Paris
aauussni i bien que la cuirasse,^ libienquelaculrafiè
& déchiré la tunique pres
du flanc sans blesser Paris.
Menelas tire son épée &
en décharge un grand
coup sur le casque de son
ennemy. L'épée serompe.
& luytombe de la main.
Menelas s'en prend à Jupirer
, & luy addresse la
paroleaveccolere. Se jette
sur Pâris, le prend par
le casque & le tire du costé
des Grecs. La courroye se
casse, & le casque luy demeure
dans la main. Ille
jette loin de luy du costé
des Grecs. Il veut encore
se lancer sur Pârispourluy.
oster la vie. Mais Venus
couvre Paris d'un nuage.
Le dérobe aux yeux & à
la fureur de Menelas. Le
porte dans une Chambre
du Palais de Priam toute
parfumée. Elle l'y laisse-
Elle prend la forme d'une
vieille femme qu'Helene
avoit auprés d'elle à Lacedemone
,& qu'elle aimoic
tendrement. Ellevatrouver
cette Princesse. La
prie de venirvoir Paris
qui l'attend dans le Palais,
plein d'amour & d'impatience.
Helenereconnoift
Venus malgré son deguisement.
Luy fait des reproches
de ce qu'elle veut
la tromper. La renvoye
à Paris avec mépris. Luy
declare qu'elle n'ira point
le trouver, que cette démarche
la deshonoreroic.
Venus la menace de l'abandonner
si elle ne luy
obéit. Heiene intimidée
se couvre de son voile pour
n'estre point veuë, & Ce
laisse conduire par la
Déesse. vers314.410.
.( Estant arrivées au Palais
de Paris, Venus prend
un siege pour Helene
,
ôc
le met visà-vis de Pâris.
Helene s'y place, &sans
le regarder luy fait de sanglanes
reproches de son
peu de courage. Paris respond
qu'un autre jour les
Dieux le proregeront;
comme ils ont proregé
cette fois-cy Menelas qui
doit sa victoire au secours
de Minerve. Il excite Helene
à ne plus songer qti
aux plaisirs. Illuydeclare
qu'il ne l'a jamais aimée
avec tant de passïon qu'au
moment qu'il luy parle.
Il k leve & passe dans une
autre chambre. Helene
le fuir. vers 421.447.
Pendant ce temps-là
Menelascherche partout
son ennemy qui luy estoit
échappe, & qui, pour son
bonheur,n'avoit esté veu
par aucun des Grecs ni des
Troyens: car les Troyens
eux-mesmes le haïssoient
& lauroienc livréààMenelas.
Enfin Agaraemnon
haùssant la voixdemande
aux Troyens leprix de la
victoire de Menelas, suivane
les conditions du traité.
Tous les Grecapplau.
disset àsademande
de l'Iliade en forme
deTable.
Et Extrait a esté
fait avec tantd'exactitude,
d'ordre
,
& de jugement,
qu'il peutsuffire pour
donner une idée generale
del'Iliade d'Homere à
ceux qui ne l'ont jamais
leuë, il peut estreutile
en mesme temps à ceux
qui possedent parfaitement
leur Homere,puisque
c'est un tableau en
racourci,ouplustost une
efquice dont le trait peut
quelquefois
,
reveiller
leurs idées, & leur aider
à jouir plus facilement
de ces peintures poëtiques
qui occupent, &
qui flattent si agréablement
leur imagination;
ceux qui craignent de
perdre de veuë la charmante
Iliade
, me doivent
sçavoir bon gré de
leur donner enmignature
le portrait de leur maistresse,
c'est leur prouver
assez que je ne blat:
me point leur attachement.
J'auray peut-estre dans
la fuite la mesme attention
pour ceux qui iont
amoureux de Rabelais,
cela dépendra du loisir
de mes amis, c'etf à la
complaisance de l'un
d'eux que j'ay obligation
de cet Extrait, qui
a deu estre aussi ennuyeux
à faire
, que je
le crois utile au Public.
Leschiffres qui ifont a
la fin de chaque article,
marquent laplace f.5 l'efitendue
des matieres. Par
exemple I. 5. c'est-à-dire
que l'invocation pour
chanter la colere d'Achille
commence au I.
vers cffinit au 5.
ARGUMENT
du premier Livre.
Le Poëte invoque la
Muse pour chanter les effets
pernicieux de la colere
d'Achille. Vers I. 5.
Sujet de la colere d'Achille.
vers 6. 11. ehryCes Pre stre d'Apol-
- lon vient au camp des
Grecs chargé de presens
pour racheter sa filleChryseis
qui estoit esclave d'Agamemnon.
vers II. 1).
,
Sa harangue aux Grecs
àce sujet. vers16.20.
ConsentementdesGrecs.
Refus d'A gamemnon. Il
menace Chryfes. Ce
vieiliardintimide se retire.
Sa priere à Apollon.
Exaucée sur le champ.
Apollon. pendant neuf
jours frappe toute l'armée
des Grecs de traits empoisonnez&
y répand la
peste. vers 21. 52.
Achille convoque une
assemblée. Il dit à Agamemnon
qu'il faut consulter
quelque Devin pour
sçavoir le sujet de la cruelle
colered'Apollon, vers
53.66.
Calchas fils de Thestor
se leve & se met en devoir
de l'expliquer. Il n'ose le
faire à moins qu'Achille
ne luy promette de le proteger
contre ceux à qui sa
déclaration pourroit de- plaire. vers 67. SI.
Achillele luy promet.
Le Devin parle. Dit qu'il
faut renvoyer Chryseis.
sansrançon,avec uneHecatombe
pour calmer Apollon.
vers83.99.
Agamemnon se fasche
contre le Devin. Tesmoigne
la repugnance qu'il a
de renvoyer Chryseis,
Declare qu'il la prefere
mesmeà la Reine Clytemnestre
sa femme
,
& pourquoy.
Prend neanmoins
la refoî ution de la renvoyer
pour le salut de son
peuple. Demande qu'on
le dedommage, vers 100.
J19.
Achille prend la parole.
Agamemnon luy respond
avec hauteur, & dit
qu'il pourroit bien luy enlever
à luy-mesme sa ca ptive
Briseis. vers 120 146
Achille s'emporte & éclatte
en injures contre
Agamemnon. vers 147.
lyo.
Agamemnon respond
avec aigreur & reitere les
menaces qu'il a faites à
Achille de luy enlever Brifeis.
vers liJ. 186.
0 Achille entre enfureur.
Delibere s'il tuëra Agamemnon.
Son épée est à
*i
demitirée. Mais Minerve
descenduë par l'ordre
de Junon, s'arreste derriere
Achille, le retient
par les Cheveux, & ne se
rend visiblequ'à luy. A>
chille se retourne. La reconnoist.
Luy demande
avec colere ce qu'elle
vient faire là. Pallasluy
respond qu'elle vient le
calmer. a Luy permet le
reproche,& luyconseille
de ne point passerauxvoyes
de fait. Achille enfonce
son épée dans le
fourreau. Minerve s'en
retourne. vers 187. m,
Achille continuë de
s'emporrer contre Agamemnon
& luy die des
injures atroces. Il jure
par; son Sceptre que jamais
les Grecs n'auront de
luy aucun secours. vers
222.24'.245.
Agamemnon qui ne
peut plus tenir contre les
invectives d'Achille, est
prest à se porter à quelque
violente extremité.
Mais le vieux Nestor se
leve, ôcse fait entendre
a ces deux Chefs irritez.
Il leur parle avec l'authorité
& le caractere que
luy donnent son grand âge
& sa longue experience.
vers246.283.
Agamemnon respond à
Nestorqu'Achille est un
homme qui veut toutemporter
par hauteur, mais
qu'il n'est pas d'humeur à
luy ceder. Achillereplique.
Apres quoy ces deux
Chefs se levent & rompent
l'assemblée. Achille
se retire dans son quartier
avec Patrocle. Agamemnon
fait mettre en mer un
de ses navires après l'avoir
pourveu de victimes pour
l'Hecatombe.Ilmene luymesme
Chryseis au Vaisseau
& l'y fait monter.
Ulysse est choisi pour la
conduites Le ,Vaisseau
part.vers 284. 311.
L'armée d'Agamemnon
se purifie. Hecatombes
offertes à Apollon sur
le rivage mesme. vers 312. 316. Agamemnon ordonne
à Talthybius & à Euribate
ses deux Herauts, d'aller
à la tente d'Achille
prendre Briseis & l'amener.
Que si Achille la
refuse il ira la prendre luymesme
bien accompagnée
vers 317.314.
Les deux Herauts arrivent
à la tente d'Achille,
& notent luy addresser la
parole. Achille qui voit
leur peine les prévient ôc
leur dit, qu'ils sont innocens
de l'affront qu'on luy
fair. Qu'il ne se plaint
que d'Agamemnon qui
envoye chercher Briseis.
En mesme temps il dit à
Patroclede laluy amener,
&
& de la remettre entre les
mains des Hérauts.Achille
reitere en leur presence
la menace qu'il a
faite à Agamemnon, de
ne jamais secourir les
Grecs. Patrocle amene
Briseis. Elle s'en va avec
les deux Herauts. vers 326.
347.
Achille va au bord de
la mer, & versant des
larmes, addresse sa plaince
à Thetis. La Déesse
fort des eaux , & luy demande
le sujet de son affliction.
Achilleluy: ep
dit la cause. La prie de
venger l'affrontqu'il a receu.
Devoir Jupiter. De
l'engager ( pour punir Agamemnon
de luyfaire
reconnoistre sa¡fatJce) :
à
secourir les Troyens,&
leur donner l'avantage sur
lesGrecs, ; ; Ilfaitressouvenir
Thetis en cet endroit
d'un service important
qu'elle rendit autrefois
à Jupiter; au,moyen
de quoy il ne -luy doit rien
refuser. Theris promet
à Achille qu'elle fera ce
qu'il luydemande, & qu'-
À*A **-
auss-tôt que Jupiter, qui
estalléàunfestin dont les
Ethiopiens l'ont prié, sera
retourné itu Ciel
,
elle ira
le voir & luy parler. Thetis
disparoift, &elle laisse
son fils tres affligé de la
perte de Briseis.vers347.
429.
Ulysse qui conduisoit
l'Hecatombe pour Apollon,
arrive dans le port de
Chrysa.Description dela
manoeuvre d'un Vaisseau
arrivé au port. Ulysse
parle à Chryfes
, & luy
presente sa fille,vers429.
Sacrifice. Priere de
Chryses à Apollon. Exaucée
dans le moment.
Festin.Libations. vers
446.470.
Les Grecs se retirent,
& paisens la nuit sur leur
Vaisseau. Le lendemain
ils retournent au Camp,
aydez d'un vent favorable
qu'Apollon leur en.
voye. lis se distribuent
dans leurs tentes,vers471.
483-
Achille se tient tousjours;
dans son quartier. Ne va
point aux assemblées.S'abandonne
entierement à
son chagrin. vers 484.491.
Le douzième jour Jupiter
estant revenu d'Ethiopie
,Thetis va le trouver
à récart au plus haut
sommet de l'Olympe.
Priere de Thetis à Jupiter.
Ju piter ne respond rien.
Thetis le presse. Jupiter
luy promet ce qu'elle demande
,
& confirme sa
promesse par un signe de
teste, donc tout l'Olympe
estébranlé, vers491.529.
•
Thetis s'en va. Ju piter
retourne dans son Palais.
Les Dieux vont au devant
deluy. Ilseplacesurson
Throne. Junon qui n'ignore
pas son dessein, parce
qu'elle l'a veu avec
Thetis,luy reproche d'un
son aigre le mystere qu'il
luy en fait. Jupiter ILy
respond d'abord avec moderation.
Junon continuë
de luy parler avec
hauteur. Jupiter la menace.
Elle se tait Vulcain
prend la parole, &
represente à sa mere qu'il
saur ménager Jupiter. Il
presente une coupe à Junon.
Il raconte la plaisante
histoire de Cacheute.
Il verteà boireaux Dieux.
Son empressement à les
servir, fait rire toute Tafsemblée
( parce qu'il boite.
) Après un repas trèsjoyeux
chaque Dieu va se
coucher dans son Appartement.
Junon couche
auprès de Jupiter.
ARG V MENT
dusecond Livre*
Jupiter pour executer
la promesse qu'il a faite
à Thetis de relever la
gloire d'Achille, & de
rendre les Troyensvictorieux
,
appuiele Songe,
luy commande d'aller
trouver Agjmernnon
,
&
de direàce Prince,qu'il
,
fasTearmer;ùj^le.Grecs,
qu'il mette toute son armée
en barri'le. Qu'il
luy fasse entendre que le
jour
jour est veuu qu'il va se
rendre maistredela Ville
deTroye. Le Songe part.
prend la forrne deNestor.
Se place sur la teste d'Agamemnon.
Luy redit les
paroles de Jupiter, & se
retire. vers 1 35.
Agamemnon se leve.
S'habille. Donne ordre
du grand matin à ses Herauts
de faire assembler
tous les Grecs. Pendant
ce temps-là il tient conseil
avec les principaux
Chefs dans le Vaisseau de
Nestor. Leur dit les parôles
du Songe. Leur fait
part du dessein qu'il a de
fonder le courage des
Grecs. Je vais,dit-il, leur
ordonner de s'enfuirsur leurs
Vaisseaux VÙUS) de vostre
cpfté vom les retiendrez par
de douces paroles. Nestor
represente qu'il faut adjousterfoy
au Songe d'Agamemnon
, parce qu'il
ne faut pas dourer que Jupiter
ne l'ait envoyé. Die
qu'il faut executer le projet
du Roy. vers 35.84.
Les Troupes arrivent.
L'armée comparée à des
Legions d'abeilles, vers 86.
5)6*
NeufHerauts font faire
silence dans l'armée. Le
Roy se leve tenant en
main son Sceptre. Histoire
de Sceptre d'Agamemnon.
vers96.109.
Agamemnon parle aux
Grecs. Il leur represente
que depuis neuf années
leur armée se consume à
attendre vainement l'effet
des promesses de Jupiter,
qui ne s'accomplissent
point. Qu'il faut prendre
le party de s'en retourner.
(Ce discoursestplein d'artifice
& ne rend qu'à persuader
aux Grecs tout le
contraire de ce qu'on leur
propose ) mais les paroles
du Roy sont prises à la Jet,
tre par la multitude qui
ive penetre pas son dessein.
Emotion de l'armée comparée
à celle des flots, &
des moissons agitées par le
vent. Les Soldats courent
à leurs Vaisseaux pour
les mettre en estat. vers
100. IJ4.
1,
Dans ce moment le retour
des Grecs estoit conclu,
si Junon ne se fust
addressée à Minerve. Elle
luyparle Luy dit d'aller
dans le Camp des Grecs,
de parcourir i leur armée,
de lesretenir, & de les
empescherdemettre leurs
Vaisseauxenmer. Minerve
obéit. Elle trouve
Ulysse qui ne donnoitaucunsordres
pour les Vaisseaux.
L'encourage à retenir
les Grecs par de douces
paroles. vers hj. 18re
Ulysse parcourt l'armée
avec diligence. Rencontre
sur son chemin Ar<smemnon
dont il prend le
Sceptre. Ce qu'il dit aux
Rois qu'il rencontre. De
quelle maniere il parleaux
Soldats seditieux quand il
en trouve. vers 182. 206.
Les discours d'Ulysse
font un puissant effet sur
toute l'armée. LesSoldats
sortent de leurs Vaisseaux
pour une seconde assemblée.
Leur bruit comparé
au mugissement des flots
irritez, LesGreess'asseient
dans un profond silence.
Le seul Thersite fait un
bruit horrible. Portrait
hideux de Thersite. Sa
taille. Son caractere d'esprit.
Il parle insolemment
d'Agamemnon en sa presence.
Veut justifier le
ressentiment d'Achille.
Est d'avis que les Grecs
retournent dans leur patrie.
Ulysseluyrespond.
Le traire ignominieusement.
Le frappe du Sce-,
ptre d'Agamemnon. Les
épaules de Thersite en
font marquez. Therfite
pleure & se tait. Les
Grecstout affligez qu'ils
sont, ne peuvent s'em pescherd'en
rire. Ce qu'ils
se disent les uns aux autres
à ce sujet. vers207.277
Ulysse s'avance au milieu
de l'assemblée. Minerve
est auprèsde luy
fous la forme d'un Heraut
& fait faire silence
:J.
afin
que l'onentende les conseilsd'Ulysse.
Ulysseparle
à Agamemnon. Luy rcpresente
que les Grecs
veulent le couvrir de confusion
par le dessein qu'ils
ont de retournerchez eux.
Luy rappelle la prophetie
de Calchas au sujet d'un
prodige qui préfageoit la
prise de Troye après neuf
ans,figurez par le nombre
de huit passereaux & de
leur mere devorez par un
dragon. Conclut que les
Grecs doivent demeurer
jusqu'à ce que laVille de
Priamsoitsaccagée. everi
278.332-
LesGrecsapplaudissent
par de grands cris aux discours
d'Ulysse. Nestorse
leve. Dit qu'il n'y a point
de temps à perd re. Est
d'avis que l'armée soit
rangée par Nations
>
afin
que l'on reconnoiffe ceux
qui auront combattu avec
courage, & ceux quin'auront
pas fait leur devoir.
vers 353.368.
Agamemnon approuve
& louë le discours de Nestor.
Convient du mauvais
effet de sa querelle avec
Achille. Advouëqu'il s'est
emporte le premier. Dit
que la perte des Troyens
est asseurée s'il est jamais
d'accord avec Achille.
Commandeauxtroupe,
de prendre de la nourritu.
re pour se disposer au combat.
Leur annonce une
grande & sanglante journée.
Menace de more tous
ceux qui demeureront
dans leurs Vaisseaux loin
du combat. Les Grecs font
descrisde joye. Leretentissement
de l'air comparé
à celuy des flots irritez.
vers 369. 399
2 Les Soldats fc levent.
Se dispersent dans leurs
tentes. Prennent leur repas.
Chacun fait des sacrifices
au Dieu qu'il adore
pour se le rendre favorable,.
Agamemnon immole
un taureau. Menelas
son frere se trouve à
ce sacrifice. Priere d'Agamemnon
àJupiter. Jupiter
reçoit son Sacrifice
sans avoir dessein d'exaucer
ses voeux. Description
du Sacrifice, ( comme au
premier Livre. ) Nestor
dit qu'il faut profiter da
temps. Ranger l'armée
en bataille,&donner enfuite
le signal du combat.
D
evers 400. 440.
Les Grecs s'assemblent,
& prennent leur rang.
Minerve est au milieu.
d'eux qui les remplie d'ardeur
& d'impatience. L'éclat
des armes compare à
celuy du feu qui ravage
une vasse forest. Bataillons
& Escadrons comparez
à des troupes nombreuses
d'oiseaux. Nombre
des Soldats comparé
à celuy des fleurs, des
feuilles, Se des mouches
qui s'assemblent autour
d'une bergerie à l'heure
qu'on remplie les vaisseaux
de lait. Les Chefs
rangent leurs Troupes &
les reconnoissent avec
autant de facilité que les
Pasteurs reconnoiffenc
leurs troupeaux de Chevres
qui se sont meslées
dans les pasturages. Agamemnon
brille ce jour-là
d'une majesté éclatante.
Ressemble à Jupiter ,
à
Mars ,ôc à Neptune. Est
comparé ensuite à un fier
taureau. vers 441. 483.
Denombrement des
Troupes Grecques & de
leurs Vaisseaux. Précedé
d'une invocation aux Muses,
vers 484. 680.
Denombrement particulier
des TroupesThessaliennes
,
qui sont celles
d'Achille. Précedé d'une
autre invocationà la Muse.
'Vers 681. 760.
Quatrième invocation
à la Muse. Pour sçavoir
qui estoit le plus vaillant
des Princes qui suivirent
Agamemnon. Et quels
estoient les meilleurs chevaux.
Eumelus Roy de
Phéres pouvoit se vanter
d'avoir les deux meilleures
cavalles de l'armée. Ajax
estoit le plus vaillant de
tous les Princes après Achille,
& les chevaux d'Achille
estoient meilleurs
que ceuxd'Eumelus.Mais
Achille ne sortoit point de
ses Vaisseaux à cause de
son ressentiment.SesTroupes
se divertissoient sur le
rivage, & les Chefs des
Troupes Thessaliennes se
promenoient dans le
Camp fort tristes de ce
que leur General ne les
menoit point au combat.
vers 761. 779.
L'armée des Grecs s'avance
en ordre de bataille.
L'éclat de leurs armes
mes comparé à celuy d'une
plaine embrasée. > La
terre qui retentit fous leurs
pieds, fait le mesme bruit
-.
que le tonnerre qui gron-
:
de. iV*r ?• vers 780. 78r.
: -." Iris la messagere des
Dieux, prend la forme de
• Polices ( un des fils de
Í" i Priam) qui estoit en fen-
1 tinelle hors des portes de -
1 la Ville, pour observe
quand les Grecs s'avanr
ceroient. Elle averti
Priam que les Grecsviennent
l'attaquer. Luv conseille
de ranger ses Trou-
.,
pesfous leurs Chefs par
Nations & par lignées.
vers786.806.
On court aux armes.
Dansun moment toute la
Cavalerie & l'infanterie
fort de la Ville & s'affenlble
fous une colline à quelque
distance des portes.
Noms des Chefs Troyens.
Etat de leurs Troupes.
*wn807.877»
ARGUMENT
du troisiéme Livre,
Les Troyens s'avancent
avec un bruit confus, 8c
des cris perçans. Comparez
à des oiseaux & des
grues. Les Grecs marchenten
silence. Lapout
fiere que les deux armées
font lever en marchant,
Comparée au brouillard.
Lesarméesfonten prefence.
Pâris s'avance à la
teste des Troyens. Comment
il est armé. Menelas
de son coite s'avance a
>
grands pas. Il estcomparé
àun Lion arrame qui
est tombé sur un Cerf.
Pâris le voyant s'enfuit.
Paris comparé à un Voyageur
qui apperçoit un Serpent
dans le fond d'une
forest.<- versI. 37.
Hedtop reproche à Paris
sa lâcheté.ver38.s57.
1
Paris respond modefl
temenc à Hedor, donr il
compare lecourage au
fer d'une hache qui nese
rebrousse jamais. Il reprend
courage. Est resolu
de se battre avec Menelas
en combat singulier. A
cesconditions: qu'Helene
& toutes les richesses
appartiendront au vainqueur;
que les Troyens,
apre'savoit fait alliance
avec les Grecs, demeureront
paisibles dans leur
Ville, & que les Grecs s'en
- retourneront. He&or
plein de joye de la resolution
de Paris
,
s'avance
à la celle des deux armées
pour en informer les TroyensSe
les Grecs. Ceuxcy
qui ignorent son deCsein,
font pleuvoir sur luy
une gresse de traits. Aga-,
memnon leur dit d'arrester.
Qu'Hector a quel.,.
que chose à leur dire. Les
Grecs cessent de tirer.
Hector parle & repete ce
que Pâris luy a dit. Menelas
respond. Declare
qu'il consent à ce que Pâris
propose, ravi de pouvoir
terminer seul une
longue guerre qui n'aesté
entreprise que pour luy.
Veut que ce son Priam
luy
-
mesme qui jure l'a}.
liance que les Grecs doivent
faire avec les Troyens.
Et pourquoy. Que
pour scéeller cet accord
il soit immolé trois agneaux
;deux de la part des
Troyens, & un de la part
des Grecs. vers 58. 110.
Cette proposition est
receuë avec joye des deux
armées. Les Grecs & les
Troyens mettent bas leurs
armes,& ran gent leurs
chevaux par file.Hedor
envoye deux Herauts à
Troye pourfaire venir
Priam
*
& pour apporter
deux agneaux. Agamennon
donne ordre à Talthybius
d'aller aux Vaisseaux
des Grecs, & den
apporter un troisiéme.
Iris prend la forme de
Laodiceune des filles de
Priam, & va avertir Helene
de rout ce quise paue.
Elle trouve Helene occupee
à un ouvrage de hrolot
derie. Elle representoit
sur un voile les combats
que les Grecs & les Troyens
livroient pour elle;
Iris luy dit de venir voir
des choses surprenantes.
Que Paris ôc Menelas
vont
vont combattre seuls
,
&
qu'elle doit estre le prix
du vainqueur. La Oéeffe
inspire dans ce moment
à Helene un très-grand
defirde retourner àLacedemone
avec son premier
mari. vers III. 140.
Helene se met en chemin
avecdeux de ses femmes.
Elles arrivent aux
portes de Scées
,
où elles
trouvent plusieurs vieillards
assis sur le haut d'une
tour, qui deliberoiententr'eux
sur les moyens de
faire cesser les malheurs
de Troye. Ces vieillards
comparez à des cigales.
Ils sont frappez d'admiration
en voyant Helene.
Ce qu'ils se disentàce sujet.
Priam qui estoit parmi
eux l'appelle. L'a fait
asseoir auprès de luy
,
&
voyant tous les Chefs de
l'armée Grecque, luy en
montre un d'abord,& luy
demande qui il est. Helene
respondque c'est Agamemnon.
Il luy en fait
voir un autre & le compare
à un belier dans tia
grand troupeau de brebis
qui le reconnoissent pour
leur Roy. Helene dit que
c'est le prudent Ulysse.
Antenor,un des vieillards,
prend la parole, & dit à
Helene qu'il se fouvienc
d'Ulysse & de Menelas ,
lorsqu'ils vinrent en qualité
d'Ambassadeurs envoyez
par les Grecs pour
la redemander. Et prend
de là occasion de dire de
quellemaniéréils parloient.
l'un & l'autre dans
lesassemblées, & quelle,
éstoit leur contenance.
Priamvoit un autre Guerrier,
& demande à Helene
qui il est. Elle dit que
c'est Ajax. Elle montre
IdomenéeàAgamemnon.
Dit qu'erereconnoift cous
les Chefs. Ettsorprised'e
ne pointvoir parmieux ses
deux freres Castor& Pollux.
Croit qu'ilsn'ont pas
daigné prendre les armes
pour elle, Elle ignore en
effet qu'ils font tous deux
morts à Lacedemone.vers
I42.Z44. ; ,-
:;
Cependant les Hérauts
traversent laVille portant
les Vi^inics3avçcvq Qutre
d'excellent vin. Ideus
estant arrivé prés dePriam
le pressede partir, luy disincque
les Généraux
Grecs &Troyens Jepriene
de venir dans la plaine, (où son fils Paris doit
combattre avec Menelas)
pour y jurer la paix entre
les deux partis. Le Vieillard
tout tremblant monte
sur son char avec Antenor.
Ils arrivent & s'avancent
entre les deux armées.
Premiere ceremonie
pour le sacrifice. Priere
d'Agamemnon. Il renouvelle
& répété les conditions
du Traité,qui sont:
que si Menelas tué. Pâris,
(ces termes sontremarquables)
il emmenera Helene
avec toutes ses richesses
; au contraire Helene
demeurera à Pâris s'il tuë
Menelas.Victimes égorgées.
Priere à Jupiter dans
les deuxarmées ( non éxaucée.)
vers 145. 302.
Les libations achevées,
Priam prend congé des
deuxarmées,disantqu'il
n'a pas la force de voir
combattre son fils avec
Menelas. Il remonte sur
son Char , em porteavec
-
luyles deuxagneaux,vers
303-1313 ?-• 'v
-t)I Hector & Ulysse mesurent
le champ de bataille.
Ils,mettent lesfores dans
uncalque & les meslent
pour les tirer,& pourvoir
lequel de Menelas ou de
Pâris doit le premier lancer
le javelot. Prièreaddressée
auxDieux par les Grecs
ôc les Troyens. Hector
mesle les forts. Celuy de
Paris fort le premier, paris.
& Menelas s'arment.
De quelle maniéré Pâris
est armé. Ils se mesurent
l'un l'autre. Paris le premier
lance un javelor. il
atteint le bouclier de Menelas
sans le percer. Me-"
nelas leve son dard.Addresse
sa priere à Jupiter.^
Lance son javelot qui va
percer le bouclier de Paris
aauussni i bien que la cuirasse,^ libienquelaculrafiè
& déchiré la tunique pres
du flanc sans blesser Paris.
Menelas tire son épée &
en décharge un grand
coup sur le casque de son
ennemy. L'épée serompe.
& luytombe de la main.
Menelas s'en prend à Jupirer
, & luy addresse la
paroleaveccolere. Se jette
sur Pâris, le prend par
le casque & le tire du costé
des Grecs. La courroye se
casse, & le casque luy demeure
dans la main. Ille
jette loin de luy du costé
des Grecs. Il veut encore
se lancer sur Pârispourluy.
oster la vie. Mais Venus
couvre Paris d'un nuage.
Le dérobe aux yeux & à
la fureur de Menelas. Le
porte dans une Chambre
du Palais de Priam toute
parfumée. Elle l'y laisse-
Elle prend la forme d'une
vieille femme qu'Helene
avoit auprés d'elle à Lacedemone
,& qu'elle aimoic
tendrement. Ellevatrouver
cette Princesse. La
prie de venirvoir Paris
qui l'attend dans le Palais,
plein d'amour & d'impatience.
Helenereconnoift
Venus malgré son deguisement.
Luy fait des reproches
de ce qu'elle veut
la tromper. La renvoye
à Paris avec mépris. Luy
declare qu'elle n'ira point
le trouver, que cette démarche
la deshonoreroic.
Venus la menace de l'abandonner
si elle ne luy
obéit. Heiene intimidée
se couvre de son voile pour
n'estre point veuë, & Ce
laisse conduire par la
Déesse. vers314.410.
.( Estant arrivées au Palais
de Paris, Venus prend
un siege pour Helene
,
ôc
le met visà-vis de Pâris.
Helene s'y place, &sans
le regarder luy fait de sanglanes
reproches de son
peu de courage. Paris respond
qu'un autre jour les
Dieux le proregeront;
comme ils ont proregé
cette fois-cy Menelas qui
doit sa victoire au secours
de Minerve. Il excite Helene
à ne plus songer qti
aux plaisirs. Illuydeclare
qu'il ne l'a jamais aimée
avec tant de passïon qu'au
moment qu'il luy parle.
Il k leve & passe dans une
autre chambre. Helene
le fuir. vers 421.447.
Pendant ce temps-là
Menelascherche partout
son ennemy qui luy estoit
échappe, & qui, pour son
bonheur,n'avoit esté veu
par aucun des Grecs ni des
Troyens: car les Troyens
eux-mesmes le haïssoient
& lauroienc livréààMenelas.
Enfin Agaraemnon
haùssant la voixdemande
aux Troyens leprix de la
victoire de Menelas, suivane
les conditions du traité.
Tous les Grecapplau.
disset àsademande
Fermer
Résumé : Extrait ou Argument de l'Iliade en forme de Table.
Le texte présente un extrait de l'Iliade d'Homère sous forme de tableau, destiné à offrir une vue d'ensemble de l'œuvre. Cet extrait vise à aider les lecteurs, qu'ils découvrent l'Iliade ou la connaissent déjà, en servant de rappel et d'aide à la compréhension des peintures poétiques de l'œuvre. L'auteur envisage également de créer des extraits similaires pour d'autres œuvres littéraires, comme celles de Rabelais, en fonction de son temps libre et de la complaisance de ses amis. L'argument du premier livre de l'Iliade commence par l'invocation de la Muse pour chanter la colère d'Achille. Le prêtre d'Apollon, Chryses, vient au camp des Grecs pour racheter sa fille Chryseis, esclave d'Agamemnon. Après le refus d'Agamemnon, Apollon frappe l'armée grecque de peste. Achille convoque une assemblée et le devin Calchas révèle qu'il faut renvoyer Chryseis pour apaiser Apollon. Agamemnon, furieux, accepte à contrecœur et demande une compensation, proposant de prendre Briseis, la captive d'Achille. Achille, en colère, menace de ne plus secourir les Grecs. Minerve intervient pour calmer Achille, qui jure de ne plus aider les Grecs. Nestor tente de réconcilier les deux chefs, mais en vain. Agamemnon envoie des hérauts prendre Briseis, et Achille se plaint à sa mère, Thetis, qui promet d'intercéder auprès de Jupiter. L'argument du second livre décrit comment Jupiter, après avoir promis à Thetis de soutenir Achille, envoie un songe à Agamemnon pour l'inciter à attaquer Troie. Agamemnon rassemble l'armée et tente de la persuader de combattre, mais les soldats, découragés, veulent partir. Junon demande à Minerve d'intervenir pour retenir les Grecs. Ulysse parcourt l'armée pour encourager les soldats. Agamemnon, reconnaissant son erreur, commande aux troupes de se préparer au combat. Les Grecs se rassemblent, et Minerve les remplit d'ardeur. L'armée se prépare au combat, et les chefs rangent leurs troupes. Le texte se termine par une invocation aux Muses pour connaître les détails des troupes et des chevaux des Grecs. Le texte décrit ensuite les événements de la guerre de Troie, centrés sur les préparatifs et le combat singulier entre Ménélas et Pâris. Les Grecs, bien armés et disciplinés, avancent en ordre de bataille, tandis que les Troyens, conduits par Hector, se préparent également. Iris, messagère des dieux, avertit Priam de l'avancée des Grecs. Hector organise les troupes troyennes par nations et lignées. Les deux armées se font face, les Grecs en silence et les Troyens avec des cris perçants. Pâris, à la tête des Troyens, est comparé à un voyageur effrayé par un serpent. Hector reproche à Pâris sa lâcheté, mais Pâris décide de se battre contre Ménélas en combat singulier. Les conditions du duel sont établies : le vainqueur obtiendra Hélène et les richesses, et les deux peuples feront la paix. Hector informe les deux armées, et les Grecs cessent de tirer. Priam est informé du duel et se rend sur le champ de bataille avec Anténor. Les hérauts apportent les victimes pour le sacrifice. Agamemnon renouvelle les conditions du traité. Après les prières et les libations, Hector et Ulysse mesurent le champ de bataille. Pâris lance le premier javelot, atteignant le bouclier de Ménélas sans le percer. Ménélas, après une prière à Jupiter, lance son javelot qui blesse légèrement Pâris. Dans la lutte qui suit, l'épée de Ménélas se brise. Vénus intervient pour protéger Pâris, le couvrant d'un nuage et le conduisant dans le palais de Priam.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
44
p. 65-123
ARTICLE burlesque. Suite du Paralelle d'Homere & de Rabelais.
Début :
Sans interrompre le paralelle d'Homere & de Rabelais, je [...]
Mots clefs :
Homère, Rabelais, Plaisir, Médecin, Parallèle, Hommes, Mari, Oeil, Fous, Dames, Compagnons, Moutons, Caverne, Cyclope, Patience, Marchand, Femme, Dieux, Troupeaux, Paris, Jupiter, Argent, Sourd, Muette, Dissertation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE burlesque. Suite du Paralelle d'Homere & de Rabelais.
ARTICLE
burlesque.
Suite du Paralelle d'Homere&
deRabelais.
SAns interrompre le
paralelle d'Homere&
de Rabelais,je puis interrompre
les reflexions
comiques & serieuses
que j'ai commencéesfutcesdeux
Auteurs. Trop de réflexions
de fuite feroient
une dissertation
ennuyeuse
,
sur tout
pour les Dames, dont
j'ambitionne les suffrages;
elles ont legoût
plus delicat& plus vrai
que les hommes, dont
la pluspart se piquant
,de
<
critique profonde,
sont toûjours en garde
contre ce qui plaÎrjqui
ont, pour ainsidire,
emouue leur goût naturel
à force de science
dC de préjugez; en un
f- mot, qui jugent moins
par ce qu'ils sentent,
que par ce qu'ilssçavent.
Plusieurs Dames af.
fez contentes de quelques
endroits de mes
dissertations, se sont
plaint que les autres
netoient pas assez intelligibles
pour elles,
qui ne sont pasobligées
d'avoir lû Homere ni
Rabelais: il est vrai que
le Poete Grec est à presenttraduitenbonfrançois:
mais Rabelais est
encore du grec pour elles
; je vais donc tâcher
declaircir& de purifier
quelques morceaux de
Rabelais, pour les rendre
moins ennuyeux
aux Dames.
Ces extraits épurez
feront plaisir à celles
qui, curieuses de lire
Rabelais, n'ont jamais
voulu contenter leur
curiosité aux dépens de
leur modestie.
En donnantce qu'il
y a de meilleur dans
Rabelais, je fixerai la
curiosité de celles qui
en faveur du bon, auroient
risqué de lirele
mauvais.
Et s'il y en a quelqu'une
qui n'aiepû resister
à la tentation de
tout lire,elle pourra
citer Maître François à
l'abryde mes extraits,
sans être soupçonnée
d'auoir lu l'original.
Dans la derniere dissertation
j'ai opposé à
une harangue du sage
Nestor, une lettre écrite
à Gargantua par
Grandgousier son pere.
Vous avez vû que Rabelais
s'est mélé du fcrieux.;
Homere lemele
aussi quelquefois du
burlesque, autre sujet
de paralelle.Vousaurez
ici un conte heroïcomique
de l'Odissée, mais
commençons par un
conte de Rabelais;je ne
prétens qu'opposer le
premier coupd'oeil de
ces deuxcontes,&non.
pas les comparer exaétcment:
j'entrouverai
dans la fuite quelquestuinnss
ppluuss pprroopprreess aà eêttrree.
comparez ensemble.
Voici celui de Rabelais,
'f
donc j'ai feulement conservé
le fond, en a joûtant
& retranchant
tout ce que j'aicrû pouvoir
le rendre plus
agréable,& plusintelligible
aux Dames.
LES
LES MOUTONS
de Dindenaut.
<*. En une Naufou Navire
estoitletaciturnien.,
songe-creux,&malignement
intentionnéPanurge
: encemêmè Navire
estoit un Marchand de
moutonsnomméDindenaut,
hommegaillard,
raillard
,
grand rib leur
5
nurgetoutdébifié de mi-
Lie, 6c mal en point d'acouftrement
,
déhousillé
de chevelure
,
vesce
délabrée, éguillettes
rompues, boutons intermitans
chauffes pensantes,&:
lunettes pendues
au bonnet. Le Marchant
donc s'émancipa
en gausseriessur chaque
piece d'iceluy accoustrement,
mais specialement
sur ses lunettes : luy difarteavoir<
fçupar traciitioli
vulgaire que tout
homme arborant lunett
tes sur toûjours onc mal
voulu des femmes étranges
& vilipendé de la
siennedomestique ,sur
lesquels pronostics apostrophant
Panurge en son
honneur, l'appella je ne
sçay comment, id est,
d'un nom qui réveilla i«rPanurgedesaléthargie
^.rêveusej carrêvoitjuste
• en ce momentauxinconveniens
à venir de son
futur mariage. Holà,
holà
, mon bon Marchand
*,
dit d'abord Panurge
d'un air niais 8c
bonnasse, holà, vous disje,
car onc ne fus, ny ne
puis maintenant estre ce
-
que nul n'est que par mariage
: A quoy repart
Dindenaut, que marié
ou non mariée c'esttout
un ; car fruits de Cor-,
nuaille sont fruits précoces
j & m'est avisque
pour porter tels fruits ,
êtes fait &C moulé comme
de cire: ouy , cette
plante mordra sur~vôrre
chef comme chiendenc
sur terre graffe.
Ho ,
ho
,
ho
,
reprit
bonnement Panurge,
quartier, quartier, car
par la vertu- boeuf ou
asne que je suis, ne puis
avoir espritd'Aigle: perçant
les nuës,par quoy
gaudissez-vous de moy,
si c'est vostre plaisir ,
mais rien nerepliqueray
faute de répliqué : prenons
patience.
Patience vous duira
dit le Marchand, , comme
à tant d'autres. Patienceestvertu
maritale.
Patience soit imterrompit
Panurge, mais changeons
de propos : Vous
avez-là force beaux moutons,
m'envendriez-vous
bien un paravanture.
O le vaillant acheteur
de moutons, dit le Marchand.
Feriez volontiers
plus Convenablement
vous acheter un bon ha-,
bit pour quand vous E~
rez marié,habit de lné.)
nage ,
habit avenant ,
manteau profitable
chapeau commode, &,
panache de cerf.
Va-rience, dit Panurge,
& vendez-moy feulc,
ment un de vos Inou,
ton.
Tubleu
,
dit le Mat>
chand, ce seroit fortune
pour vous qu'un de ces
beliers. Vendriez sa fine
laine pour faire draps, sa
Mue peau pour faire cuir s
sa chair friande pour
nourrir Princes, & (i
petite-oye pieds :& teste
vous resteroient, & cornes
encore sur le marché-
Patience,dit Panurge,
tout ce que dites de cornerie
a esté corné aux
oreilles tant & tant de
fois,laissons ces vieilleties
; sottises nouvelles.
sont plus de InÍfea,
-- Ah qu'il dit bien! reprit
le Marchand, il merite
que mouton je luy
vende, ilestbon homme
: ç'a parlons daffaire.
Bon, dit Panurge eit
joye, vous venez au but,
6c n'auray plus besoinde
patience.
T C'a, dit le Marchand,
écoutez - mcy.j'écoute
dit Panurge.
LE M. Approchez cette
oreilledroite.P.
ce. LE M. Et la gauche. l P. Hé bien. LE M. En
l'autre encore. P. N'enay
quecesdeux. LE M.Ouvrez
- les donc toutes
grandes. P. A vôtre commandement.
LE MARC.
Vous allez au pays des
Lanternois? P.Ouy. LE
M. Voir le monde? P,
Certes. LE M. Joyeusement
? P. Voire. Le M,
Sans vous fâcher P. N'en
ayd'envie. LEM. Vous
avez nom Robin. P. Si
VOUS voulez. LE MARC.
Voyez-vous ce Moutons
P. Vous me l'allez vendre,
LEM.Ilanom Robin
comme vous. Ha
9 ha
, ha.Vons allez au
pays des Lanternois voir
le motide,i.oyeuCement,'
sans vous fâcher, ne vous
fâchez - donc guere si
Robin mouton n'est pas
pour vous. Bez, bez
bez; & continua ainsi
bez, bez, aux oreillesdu
pauvre Panurge
) en le
mocquant de la lourderie.
Oh,patience,patience
, reprit Panurge, bai£
sant épaules & teste en
toute humilité
,
à bon
besoin de
-
patience qui
moutons vcut avoir de
Dindenaut; maisje vois
que vous me lanternifibolisez
airtfi pource que
me croyez pauvre here,
voulant acheter sans
payer, ou payer sans argent,
ôc-en ce vous irom- -
pez à la mine, car voicy
dequoyfaire emplette :
disantcela Panurge tire
ample & longue bourse,
que par cas fortuit, contre
son naturel avoit pleine
de Ducacons, de laquelle
opulence le Marchand
fut ébahi, & incontinent
gausserie ccfTa
à l'aspectd'objet tant respectable
comme est argent.
,
Par iceluy alleché
le Marchand demanda
quatre, cinq, six fois
plus que ne valloit le
mouton;à quoy Panurge
fit comme riche enfant
de Paris, le prit au
mot, de peur que mouton
ne luy échapa
,
&
tirant desa bourse le prix
exorbitant, sans autre
mot dire que patience
,
patience, lnie les deniers
, és mains du Marchand
, & choisit à même le
troupeau un grand &
* beau maistre mouton
qu'il emporta brandi
fous son bras
- ,car de
forceautant que demalin
vouloir avoit,cependant
le mouton cryoit,
bêloit Sccn consequance
naturelle, oyant celuy-
cy bêler,bêloient
ensemblement les autres
moutons, commedisant
en leur langage moutonnois,
ou menez-vous
nostre compagnon,
de
mêmedisoient maisen
langageplus articulé les
assistants à Panurge ou
,diantre menez-vous ce
- mouton,& qu'en allezvous
faire, à quoy répond
Panurge le mouton
n'est-il pas à moyy
l'ay bien payé& chacun
de son bienfait selon
qu'il s'avise,ce mouton
s'appelle Robin comme
moy3 Dindenaut l'a dit.
Robin mouton sçait bien * nager je le voisà sa
mine
,
& ce disant subitementjetta
son mouton
en pleine mer, criantnage
Robin, nâge mon mignon
: or Robin mouton
allant à l'eau
,
criant
bêlant; tous les autres
moutons criansbêlans
en pareilleintonation,
commencerent soy jetter
après Se fauter en merà
la file, figue le debat entr'eux
estoit à qui suivroit
le premier son compagnon
dans l'eau, car
nature afait de tousanimaux
mouton le plu»*
sot, & a suivre mauvais
exemple le plus enclin,
fors l'homme.
Le Marchand tout cecy
voyant demeura ftupesait
& tout cHrayey
s'efforçant à retenir fèsmoutons
de tout foi*
pouvoir, pendant quoy
Panurge en son fang
froid rancunier, luy disoit
, patienceDindeinatit.,
patience, & ne
vous bougez, ny tourmentez.,
Robin mouton
reviendra à nâge & ses
compagnons - le refuivront;
venez Robin, venez
mon fils, & ensuite
crioit aux oreilles de
Dindenaut ,., comme avoit
par Dindenaut esté
crié aux siennes en signe
de moquerie, bez, bez,
FinablementDindenaut
voyant perir tous ses
moutons en prit un grãd
& fort par la toison, cuidant
aintl luy retenant
retenir le reste
)
mais d.
mouton puissantentraîna
Dindenaut luy -mê'
me , en l'eau
,
& ce sut
lors que Panurge redoubla
de crier, nâge Robin
, nâge Dindenaut,
bez, bez, bez,tant que
par noyement, des moutons
Sedu Marchand sut
cette avanture finie,donc
donc Panurge ne rioit
que sous barbe, parce
que jamais on ne le vit
rire en plein,queje sçache.
Jecroirois bien que le
caractere de Panurge a
servi de modele pour celuy
de la Rancune. Moliere
a pris de ce seul Con-
-
te-cy deuxou trois Jeux
de Theatre, & la Fontaine
plusieurs bons mots.
Enfin nos meilleursAutheurs
ont puisé dans Rabelais
leur excellent comique,
&les Poëtes dit
Pont -neuf en ont tiré
leursplates boufoiincries.
Les Euripides & les Se-
-
neques ont pris dans Homere
le sublime de leur
Poësie, & les Nourrices
luy doivent leurs Contes
depeau-d'asne,leurs Ogres
qui mangent la
chair fraîche, sont descendus
en ligne droite du
Cyclope dontvousallez
voir Je Conte.
Voiladonc Homere 8t
Rabelais grands modeles
pour l'excellent & dangereux
exemples pour le
mauvais du plus bas
ordre. Homere & Rabelais
occupent les beaux
esprits; mais ils amusent
les petits enfants;humiliez-
vous grands Auteurs
vousestes hommes ;
l'homme a du petit 6C
du grand du haut & du
1 bas; c'est son partage r
& si quelqu'unde nos
Sçavants S'obfbiie à
trouver tout granddans
un Ancien, petitesse
dans -ce Moderne quelque
grand qu'ilsoitd'ailleurs
il prouve ce que ja*
Vance, qu'il ya du petit
c'k., du grand dans tous
les hommes.
Revenons à nos moutons,
diroit Rabelais,
m'avez parlé des moutons
de Dindenaut, si
faut-il trouver aussi moutons
en oeuvres d'Hojnere3
puisque és miens
moutons y a , ou ne se
point mester ny ingerer
de le mettre en paralelle
àl'encontre de moy.
Ouy
Ouy dea, repliquerai
je, on trouvera prou
de moutons dans I'oeuvre
grec, & hardiment
les paralelliserai avec
les vôtres, Maître François;
car avez dit,
ou vous, ou quelqu'un
de votre école, que
chou pourchou Aubervilliers
vaut bien Paris;
& dirai de même, que
moutons pour moutons
Rabelais vaut bienHomere
: or a-t-on déja vû
comme par malignité
Panurgienne moutons
de Dindenaut sauterent
en Iller; voyons donc
commeparastuce l'iyfsienne
moutons de Ciclope
lui fauteront fous
jambe, en sortant de sa
caverne.
LES MOUTONS
DU CYCLOPE. DAns l'isle des Cyclopes
où j'avois PrIsterre,
je descendisavec les plus
vaillans hommes de mon Vaisseau
,
je trouvai une caverne
d'une largeur étonnante. Le
Çyclope qui l'habitoit étoit
aux champs,où il avoit mené
paître ses troupeaux.Toute
sa caverne étoit dans un ordreque
nousadmirions. Les
agneaux separez d'un côté,
les chevreaux d'un autre, &c.On yoyoit là de grands
pots à conserver le lait , ici
des paniers de jonc, dans lesquels
il faiioic des fromages,
&c. Nous avions aporté du vin,
pris chez les Ciconiens, &c..
Nous buvions de ce vin, &
mangions les fromages du Cy.
clope, lors qu'il arriva.
Je fus effrayé en le voyant.
C'étoit un vaste corps comme
celui d'une montagne; il n'y
eut jamais un monstre plus
épouvantable: il portoit sur
ses épaules une charge efrrbois
sec; le bruit qu'il fit en le jettant
à terre à l'entrée de la
caverne, retentit si fort, que
tous mes compagnons saisis de
crainte,secacherent en differens
endroits de cette terrible
demeure.
Il fait entrertoutes ses brebis;
il ferme sa caverne, pousfant
une roche si haute & si
forte, qu'il auroit été impossible
de la mouvoir, à
force de boeufs ou de chevaux.
Je le voyois faire tout fou
ménage,tantôt tirer le lait
de ses brebis, & Enfin il
allume ion feu, & comme
l'obscurité qui nous avoit cachez
fut dissipée par cette
clarté, il nous apperçut : Qui
êtes-vous donc, nous dit-il
d'un ton menaçant 2 des Pirates,
qui pour piller & faire
perir les autres hommes,ne
craignez pas vous-même de
vous exposer sur la mer ?
Quoy ? des Marchands que
l'avarice fait passer d'un bout
de l'U nivers à l'autre pour
s'enrichir,entretenant le luxe
de leur Patrie ? êtes-vous des
vagabons qui courez les mers
par la vaine curiosité d'apprendre
ce qui se passe chez
autruy.
Je pris la parole, & luy dis
que nous étions de l'armée
d'Agamemnon
, que je le
priois de nous traiter avec
l'hospitalité que Jupiter a
commandée,& de se souvenir
que les Etrangers font
fous la protection des Dieux
> & que l'on doit craindre de
les offenser.
Tu es bien temeraire
, me dit-ilfïerement, de venir de
si loin me discourir sur la
crainte & sur l'obeïssance
que tu dis que je dois aux
Dieux:apprens que les Cyclopes
ne craignent ni vôtre
Jupiter ni vos Dieux: pour
n'avoir été nouris d'une chevre,
ils ne s'estiment pas moins
heureux, je verray ce que je
-
dois faire de toy ,
je n'iray
point consulter l'Oracle làdessus,
c'est mon affaire de
sçavoir ce que je veux, &c.
Je lui parlai encor pour tâcher
de l'adoucir: mais dédaignant
de me répondre, il
nous regardoit avec (on oeil
terrible; (car les Cyclopcs
n'en ont qu'un.) Enfin il se
saisit tout d'un coup de deux
de mes compagnons,& a près
les avoir élevez bien haut, il
les abbatit avec violence, &
leur écrasa la tête: il les met
bientôt en pieces,la terreest
couverte de leur sang, il est
ensanglanté lui-même:ce montre
, ce cruel monstre les
mange, les devore: Jugez en
quel état nous étions 2
Aprés s'être rassasié de cette
abominable maniere
,
il
but plusieurs cruches de lait,
& s'étendit pour dormir au
milieu de ses troupeaux. Combien
de fois eus-je dessein de
plonger mon épée dans son
corps ?&c.mais il auroit salu
périr dans cette cavernes
car il étoit impossible d'ôter
la pierrequi la fermoit : il falloit
donc attendre ce que sa
cruauté decideroit de nôtre
vie.
A peine ce cruel fut-il éveillé
qu'il se prépara un déjeuner
aussi funeste que le repas du
foir précèdent, deux de mes
camarades furent dévorez de
même
, a prèsquoy il fit sortir
aupâturage ses troupeaux, &
nous laissa enfermez dans la
caverne,enrepoussant la pesante
roche qui lui servoit de
porte.
Je cherchons dans monesprit
quelque moyen de punir
ce barbare, & de nous délivrer.
Il y avoit à l'entrée
de sa caverne unemassuë aussi
longueque le mats d'un navire
, nous en coupâmes de quoi
faire une autre massuë
, que
nous aiguisâmes pour executer
mon projetquandl'occa,-
sion seroit venuë.
Le Cyclope rentra, &recommenca
un autre repas aus-
- sifuneste à deux autres de mes
compagnons, que ceux que
je vous ay racontez;je m'approchai
de lui portant en main
un vase de ce vin admirable
quenous avions. Buvez.; lui
dis-je,peut-êtremesçaurez-voui
gré du present que je vous offre,
¿y.,c.Il prit la coupe, la but,
& y ayant pris un extrême
plaisir, il voulut sçavoir mon
nom, & promit de metraiter
avec hospitalité.
Je remplis sa coupe une autre
fais, ill'avale avec plaisir,
il ne paroissoit plus avoir cet-
-
te cruauté qui nous effrayoit,
je caressois ce monstre, Cije
tâchois de le gagner par la
douceur de mes paroles, il
revenoit toûjours à me demander
mon nom.
Dans l'embarras où j'étois
je luy fis accroire que je me
nommoisPersonnes alors pour
récompense de mes caressés
& demon vin,il me dit:
Eh bien, Personne, tous tes
camarades passeront devant
toy >
je te reserve pour être
le dernier que je mangeray.
Il s'étendit à terre en me
prononçant ces terribles paroles
>
le vin & le sommeil
l'accablcrent 6c c'étoit
ce que j'attendois;j'allay
prendre ma Massuë, j'allumay
la pointe dans le feu
que le Cyclope avoit couvert
de cendres,nous a pprochons
du Cyclope, pendant que
quatre de mes compagnons
enfoncent ce bois& ce feu
dans son oeil, j'aidois à le
déraciner, &c.
Apres l'avoir aveuglé de
-
cette maniéré nous nous étions
retirez loin de luy, & nous
attendions quel seroit l'effet
de sa rage & de ses cris. Un
grand nombre deCyclopes,
qui avoient entendu les heurlemens
accoururent à sa porte,
& luy demandoient : qui
est-ce qui peut vous avoir attaquédans
vôtre Maison ?
Comme celui-cy s'étoit persuadé
que je me nommois
Personne, il ne pouvoir leur
faire comprendre qu'il yavoit
un ennemi en dedans qui l'avoit
maltraittè,ilsentendoiét
qu'iln'avoitété blessé de per- sonne.ainsi par cet équivoque
les Cyclopes se retirèrent
, en disant: c'est donc
une affiction que Jupitert'envoye
, il faut plier sous les
coups de sa colere.
Je fus ravi d'entendre que
ces Cyclopes le retiroient:
cependant celui-cy,outré de
rage,alloit de côté & d'autre
dans sa Caverne, étendant
les bras pour nous prendre
, mais rien n'étoit plus
aisé que de luy échapper,
l'espace étoit grand, & il ne
voyoit goutte, &c..-
Il prit enfin le party d'ouvrir
à demy sa Caverne, de
sortequ'il n'y avoit de place
que pour sortir trois ou quatre
ensemble, il crut qu'il nous
arrêteroit au passage: il se met
au milieu, qu'il occupoit, étendant les bras & les jambes,
& faisoit sortir ses Moutons
,qu'il tâtoit les uns aprés
les autres; nous ne donnâmes
pas dans un piége si grossier
, cependant il falloit sortir
ou périr; je repassois en
mon esprit une infinité de
stracagêmes ; Enfin ayant
choisi neuf desplus forts Beliers,
je les attachay trois à
trois, je liay fou-s leur ventre
mes neuf compagnons restez,
qui passerent de- cette sorte
ians être reconnus, je tentay
le même hasard pour moy^
il y avoitun Belier plusgrand
que tous les autres, je me cache
aussi fous son ventre, le
- Cyçlope le reconnoît à l'é- passeur de sa laine, le careslè
& le retient, comment,
disoit-il, tu n'es pas aujourd'huylepremier
au pâturage
? tu es touché de l'aÍfliél-ioa
de ton Maître, tu ne vois plus
cet oeil qui te conduisoit &:
que tu connoissois,un traître
me l'a arraché,tu me montrerois
ce traître si tu pouvois
m'exprimer ta fidélité, si jele
tenoiscesceelerat,&c.Enfin
ce monstre occupé de sa
rage & de savengeance,laisse
passerleBelier que je tenois
embrasse par la laine de son
col, & c'est ainsi. que nous
voyant tous en liberté, nous
respirâmesavec plaisir.
J'ai choisi de bonne foi
pour opposer aux contes
de Rabelais, un desmeilleurs
de l'Odiffée
; car
mon but principal est
d'orner mon paralelle, &:
non de dégrader Homere.
Convenons qu'il y a
une poësie excellente dans
les endroits même où il
manque de justesse & de
bon sens.. quel mot m'est
échappé? mais je me dédiray
quand on voudra,
ôcà force deraisonnemens
& d'interprétations
,
je
trouveray par tout du
bon sens n'en fut-il point.
On n'aura pas de peine
àen trouver beaucoup
dans
dans les discours que le
Cyclope tient à Ulysse;
le premier contient une
morale admirable. Qui
êtes-vous? luy-dit-il ,
des
Pirates, Cc. Il joint dans
le second à une noble fierté
contre Jupiter, une
raillerie fine & delicate.
se riirai point consulter
l'aracle, &c. Ce Cyclope,
ce monstre ell un
Aigle pour l'esprit
: mais,
tout a coup, avant même
que d'avoir bû, il devint
stupide comme un boeuf,
il se couche & s'endort
tranquillement au milieu:
de ses ennemis armez,aprés
avoir dévoré deux de
leurs compagnons.
Ce Cyclope establir
d'abord que les Cyclopes
ne reconnoissent
,
ni ne
craignent point Jupiter,
ni les autres Dieux: & ces
mêmes Cyclopes un moment
apres, trompezpar
l'équivoque & mauvaise
turlupinade du mot de
Personne, croyent pieusement
que les heurlemens
du monstre sont une juste
punition des Dieux, ôc
semblent même par une
crédulité respedueusen'o
fer entrer dans la caverne
du Cyclope, pour s'éclaircir
du fait. Mais j'ay
promis d'éviter la dissertation
dans ce paralelle-cy ;
nous trouverons assez
d'autres occasions de critique
dans Homere, &
beaucoup plus dans Rabelais.
Finissons par un petit
conte de ce dernier.
ES
LA FEMME
MUETE.
DAns
un certain Pays
barbare & non policé en
moeurs, y avoit aucuns
maris bourus, & à chef
mal tymbré
, ce que ne
voyons mie parmy nos
maris Parisiens, dont
grande partie, ou tous
pour le moins, sont merveilleusement
raisonnans,
& raisonnables;aussi onc
ne vit-on arriver à Paris
grabuge ni maleficeentre
maris & femmes.
Or en ce Pays-là, tant
different de celui-cinôtre,
y avoit un mary si pervers
d'entendement, qu'ayant
acquis par mariage une
femme muete,s'en ennuya
& voulant soy guerir de
cet ennuy & elle de sa
mueterie, le bon & inconsideré
mary voulut qu'-
elle parlât, & pour ce
eut recours à l'art des Medecins
& Chirurgiens, qui
pour la démuetirluiinciserent
& bistouriserent un.
enciligloteadherâtaufilet.
bref, elle recouvra santé
de langue, & icelle langue
voulant recuperer l'oysiveté
passée, elle parla tant,
tant & tant,quec'estoit
benediction
;
si
ne laissa
pourtant le mary bouru
de se lasserde si plantheureuse
parlerie : il recourut
au Medecin, le priant &
conjurant, qu'autant il
avoit mis de science en oeuvre,
pour faire caq ueter sa
femme muete, autant il en
employât pour la faire taire.
Alors le Medecin confessantque
limitéest le sçavoir
médicinal,lui dit qu'il
avoit bi^n pouvoi r de
faire
parler femme
; mais que
faudroit arc bien pluspuisfant
pour la faire taire. Ce
monobstant le mari suplia,
pressa, insista, persista, si
que le sçavantissime docteur
découvrit en un coin
des registres de son cerveau
remede unique, &
specifique contre iceluy
interminable parlement
de femme,& ce remede
c'est surdité du mary. Ouidà,
fort bien, dit le mari :
mais de ces deux maux
voyons quel fera le pire,ou
entendre sa femme parler,
ou ne rien entendre du
tout; Le cas est suspensif,
&: pendant que ce mari
là-dessus en suspens estoit,
Medecin d'operer, Medecin
de medicamenter,par
provision, sauf à consulter
par apré1s.
Bref par certain charme
de sortilege medicinal
le pauvre mari se trouva
sourd avant qu'il eût acheve
de déliberer s'il confentiroit
à surdité
:
Lyvoila
donc, & il s'y tient faute
de
de mieux, & c'est comme
il faudroit agir en opérations
de medecine, Qu'arriva-
t-il? e'cousez.ôcvous
lesçaurez. :A'J:\ -J Le Medecinàhalde besogne
demandoitforce
argent:mais c'est à quoy
ce maryne peut entendre;
car il est sourd comme
voyez, le Medecin pourtant
par beaux signes &c
gestes significatifs argent
demandait& redemadoit
jusqu'às'irriter & colerier:
mais en pareil cas gestes
ne font entendus, à peine
entent-on paroles bien articulées
,ou écritures attestées
& réiterées par Sergens
intelligibles. Le Medecin
donc se vit contraint
de rendre l'oüie au sourd,
afin qu'il entendît à payement,
& le mary de rire,
entendant qu'ilentendoit,
puis de pleurer par prévovoyance
de ce qu'il n'entendroit
pas Dieu tonner,
désqu'il entendroit parler
sa femme.Or, de tout ceci
resulte, conclusion
moralement morale, qui
dit,qu'en cas de maladie
& de femmes épousées,
le mieux est de le tenir
comme on eit de peur de
pis.
burlesque.
Suite du Paralelle d'Homere&
deRabelais.
SAns interrompre le
paralelle d'Homere&
de Rabelais,je puis interrompre
les reflexions
comiques & serieuses
que j'ai commencéesfutcesdeux
Auteurs. Trop de réflexions
de fuite feroient
une dissertation
ennuyeuse
,
sur tout
pour les Dames, dont
j'ambitionne les suffrages;
elles ont legoût
plus delicat& plus vrai
que les hommes, dont
la pluspart se piquant
,de
<
critique profonde,
sont toûjours en garde
contre ce qui plaÎrjqui
ont, pour ainsidire,
emouue leur goût naturel
à force de science
dC de préjugez; en un
f- mot, qui jugent moins
par ce qu'ils sentent,
que par ce qu'ilssçavent.
Plusieurs Dames af.
fez contentes de quelques
endroits de mes
dissertations, se sont
plaint que les autres
netoient pas assez intelligibles
pour elles,
qui ne sont pasobligées
d'avoir lû Homere ni
Rabelais: il est vrai que
le Poete Grec est à presenttraduitenbonfrançois:
mais Rabelais est
encore du grec pour elles
; je vais donc tâcher
declaircir& de purifier
quelques morceaux de
Rabelais, pour les rendre
moins ennuyeux
aux Dames.
Ces extraits épurez
feront plaisir à celles
qui, curieuses de lire
Rabelais, n'ont jamais
voulu contenter leur
curiosité aux dépens de
leur modestie.
En donnantce qu'il
y a de meilleur dans
Rabelais, je fixerai la
curiosité de celles qui
en faveur du bon, auroient
risqué de lirele
mauvais.
Et s'il y en a quelqu'une
qui n'aiepû resister
à la tentation de
tout lire,elle pourra
citer Maître François à
l'abryde mes extraits,
sans être soupçonnée
d'auoir lu l'original.
Dans la derniere dissertation
j'ai opposé à
une harangue du sage
Nestor, une lettre écrite
à Gargantua par
Grandgousier son pere.
Vous avez vû que Rabelais
s'est mélé du fcrieux.;
Homere lemele
aussi quelquefois du
burlesque, autre sujet
de paralelle.Vousaurez
ici un conte heroïcomique
de l'Odissée, mais
commençons par un
conte de Rabelais;je ne
prétens qu'opposer le
premier coupd'oeil de
ces deuxcontes,&non.
pas les comparer exaétcment:
j'entrouverai
dans la fuite quelquestuinnss
ppluuss pprroopprreess aà eêttrree.
comparez ensemble.
Voici celui de Rabelais,
'f
donc j'ai feulement conservé
le fond, en a joûtant
& retranchant
tout ce que j'aicrû pouvoir
le rendre plus
agréable,& plusintelligible
aux Dames.
LES
LES MOUTONS
de Dindenaut.
<*. En une Naufou Navire
estoitletaciturnien.,
songe-creux,&malignement
intentionnéPanurge
: encemêmè Navire
estoit un Marchand de
moutonsnomméDindenaut,
hommegaillard,
raillard
,
grand rib leur
5
nurgetoutdébifié de mi-
Lie, 6c mal en point d'acouftrement
,
déhousillé
de chevelure
,
vesce
délabrée, éguillettes
rompues, boutons intermitans
chauffes pensantes,&:
lunettes pendues
au bonnet. Le Marchant
donc s'émancipa
en gausseriessur chaque
piece d'iceluy accoustrement,
mais specialement
sur ses lunettes : luy difarteavoir<
fçupar traciitioli
vulgaire que tout
homme arborant lunett
tes sur toûjours onc mal
voulu des femmes étranges
& vilipendé de la
siennedomestique ,sur
lesquels pronostics apostrophant
Panurge en son
honneur, l'appella je ne
sçay comment, id est,
d'un nom qui réveilla i«rPanurgedesaléthargie
^.rêveusej carrêvoitjuste
• en ce momentauxinconveniens
à venir de son
futur mariage. Holà,
holà
, mon bon Marchand
*,
dit d'abord Panurge
d'un air niais 8c
bonnasse, holà, vous disje,
car onc ne fus, ny ne
puis maintenant estre ce
-
que nul n'est que par mariage
: A quoy repart
Dindenaut, que marié
ou non mariée c'esttout
un ; car fruits de Cor-,
nuaille sont fruits précoces
j & m'est avisque
pour porter tels fruits ,
êtes fait &C moulé comme
de cire: ouy , cette
plante mordra sur~vôrre
chef comme chiendenc
sur terre graffe.
Ho ,
ho
,
ho
,
reprit
bonnement Panurge,
quartier, quartier, car
par la vertu- boeuf ou
asne que je suis, ne puis
avoir espritd'Aigle: perçant
les nuës,par quoy
gaudissez-vous de moy,
si c'est vostre plaisir ,
mais rien nerepliqueray
faute de répliqué : prenons
patience.
Patience vous duira
dit le Marchand, , comme
à tant d'autres. Patienceestvertu
maritale.
Patience soit imterrompit
Panurge, mais changeons
de propos : Vous
avez-là force beaux moutons,
m'envendriez-vous
bien un paravanture.
O le vaillant acheteur
de moutons, dit le Marchand.
Feriez volontiers
plus Convenablement
vous acheter un bon ha-,
bit pour quand vous E~
rez marié,habit de lné.)
nage ,
habit avenant ,
manteau profitable
chapeau commode, &,
panache de cerf.
Va-rience, dit Panurge,
& vendez-moy feulc,
ment un de vos Inou,
ton.
Tubleu
,
dit le Mat>
chand, ce seroit fortune
pour vous qu'un de ces
beliers. Vendriez sa fine
laine pour faire draps, sa
Mue peau pour faire cuir s
sa chair friande pour
nourrir Princes, & (i
petite-oye pieds :& teste
vous resteroient, & cornes
encore sur le marché-
Patience,dit Panurge,
tout ce que dites de cornerie
a esté corné aux
oreilles tant & tant de
fois,laissons ces vieilleties
; sottises nouvelles.
sont plus de InÍfea,
-- Ah qu'il dit bien! reprit
le Marchand, il merite
que mouton je luy
vende, ilestbon homme
: ç'a parlons daffaire.
Bon, dit Panurge eit
joye, vous venez au but,
6c n'auray plus besoinde
patience.
T C'a, dit le Marchand,
écoutez - mcy.j'écoute
dit Panurge.
LE M. Approchez cette
oreilledroite.P.
ce. LE M. Et la gauche. l P. Hé bien. LE M. En
l'autre encore. P. N'enay
quecesdeux. LE M.Ouvrez
- les donc toutes
grandes. P. A vôtre commandement.
LE MARC.
Vous allez au pays des
Lanternois? P.Ouy. LE
M. Voir le monde? P,
Certes. LE M. Joyeusement
? P. Voire. Le M,
Sans vous fâcher P. N'en
ayd'envie. LEM. Vous
avez nom Robin. P. Si
VOUS voulez. LE MARC.
Voyez-vous ce Moutons
P. Vous me l'allez vendre,
LEM.Ilanom Robin
comme vous. Ha
9 ha
, ha.Vons allez au
pays des Lanternois voir
le motide,i.oyeuCement,'
sans vous fâcher, ne vous
fâchez - donc guere si
Robin mouton n'est pas
pour vous. Bez, bez
bez; & continua ainsi
bez, bez, aux oreillesdu
pauvre Panurge
) en le
mocquant de la lourderie.
Oh,patience,patience
, reprit Panurge, bai£
sant épaules & teste en
toute humilité
,
à bon
besoin de
-
patience qui
moutons vcut avoir de
Dindenaut; maisje vois
que vous me lanternifibolisez
airtfi pource que
me croyez pauvre here,
voulant acheter sans
payer, ou payer sans argent,
ôc-en ce vous irom- -
pez à la mine, car voicy
dequoyfaire emplette :
disantcela Panurge tire
ample & longue bourse,
que par cas fortuit, contre
son naturel avoit pleine
de Ducacons, de laquelle
opulence le Marchand
fut ébahi, & incontinent
gausserie ccfTa
à l'aspectd'objet tant respectable
comme est argent.
,
Par iceluy alleché
le Marchand demanda
quatre, cinq, six fois
plus que ne valloit le
mouton;à quoy Panurge
fit comme riche enfant
de Paris, le prit au
mot, de peur que mouton
ne luy échapa
,
&
tirant desa bourse le prix
exorbitant, sans autre
mot dire que patience
,
patience, lnie les deniers
, és mains du Marchand
, & choisit à même le
troupeau un grand &
* beau maistre mouton
qu'il emporta brandi
fous son bras
- ,car de
forceautant que demalin
vouloir avoit,cependant
le mouton cryoit,
bêloit Sccn consequance
naturelle, oyant celuy-
cy bêler,bêloient
ensemblement les autres
moutons, commedisant
en leur langage moutonnois,
ou menez-vous
nostre compagnon,
de
mêmedisoient maisen
langageplus articulé les
assistants à Panurge ou
,diantre menez-vous ce
- mouton,& qu'en allezvous
faire, à quoy répond
Panurge le mouton
n'est-il pas à moyy
l'ay bien payé& chacun
de son bienfait selon
qu'il s'avise,ce mouton
s'appelle Robin comme
moy3 Dindenaut l'a dit.
Robin mouton sçait bien * nager je le voisà sa
mine
,
& ce disant subitementjetta
son mouton
en pleine mer, criantnage
Robin, nâge mon mignon
: or Robin mouton
allant à l'eau
,
criant
bêlant; tous les autres
moutons criansbêlans
en pareilleintonation,
commencerent soy jetter
après Se fauter en merà
la file, figue le debat entr'eux
estoit à qui suivroit
le premier son compagnon
dans l'eau, car
nature afait de tousanimaux
mouton le plu»*
sot, & a suivre mauvais
exemple le plus enclin,
fors l'homme.
Le Marchand tout cecy
voyant demeura ftupesait
& tout cHrayey
s'efforçant à retenir fèsmoutons
de tout foi*
pouvoir, pendant quoy
Panurge en son fang
froid rancunier, luy disoit
, patienceDindeinatit.,
patience, & ne
vous bougez, ny tourmentez.,
Robin mouton
reviendra à nâge & ses
compagnons - le refuivront;
venez Robin, venez
mon fils, & ensuite
crioit aux oreilles de
Dindenaut ,., comme avoit
par Dindenaut esté
crié aux siennes en signe
de moquerie, bez, bez,
FinablementDindenaut
voyant perir tous ses
moutons en prit un grãd
& fort par la toison, cuidant
aintl luy retenant
retenir le reste
)
mais d.
mouton puissantentraîna
Dindenaut luy -mê'
me , en l'eau
,
& ce sut
lors que Panurge redoubla
de crier, nâge Robin
, nâge Dindenaut,
bez, bez, bez,tant que
par noyement, des moutons
Sedu Marchand sut
cette avanture finie,donc
donc Panurge ne rioit
que sous barbe, parce
que jamais on ne le vit
rire en plein,queje sçache.
Jecroirois bien que le
caractere de Panurge a
servi de modele pour celuy
de la Rancune. Moliere
a pris de ce seul Con-
-
te-cy deuxou trois Jeux
de Theatre, & la Fontaine
plusieurs bons mots.
Enfin nos meilleursAutheurs
ont puisé dans Rabelais
leur excellent comique,
&les Poëtes dit
Pont -neuf en ont tiré
leursplates boufoiincries.
Les Euripides & les Se-
-
neques ont pris dans Homere
le sublime de leur
Poësie, & les Nourrices
luy doivent leurs Contes
depeau-d'asne,leurs Ogres
qui mangent la
chair fraîche, sont descendus
en ligne droite du
Cyclope dontvousallez
voir Je Conte.
Voiladonc Homere 8t
Rabelais grands modeles
pour l'excellent & dangereux
exemples pour le
mauvais du plus bas
ordre. Homere & Rabelais
occupent les beaux
esprits; mais ils amusent
les petits enfants;humiliez-
vous grands Auteurs
vousestes hommes ;
l'homme a du petit 6C
du grand du haut & du
1 bas; c'est son partage r
& si quelqu'unde nos
Sçavants S'obfbiie à
trouver tout granddans
un Ancien, petitesse
dans -ce Moderne quelque
grand qu'ilsoitd'ailleurs
il prouve ce que ja*
Vance, qu'il ya du petit
c'k., du grand dans tous
les hommes.
Revenons à nos moutons,
diroit Rabelais,
m'avez parlé des moutons
de Dindenaut, si
faut-il trouver aussi moutons
en oeuvres d'Hojnere3
puisque és miens
moutons y a , ou ne se
point mester ny ingerer
de le mettre en paralelle
àl'encontre de moy.
Ouy
Ouy dea, repliquerai
je, on trouvera prou
de moutons dans I'oeuvre
grec, & hardiment
les paralelliserai avec
les vôtres, Maître François;
car avez dit,
ou vous, ou quelqu'un
de votre école, que
chou pourchou Aubervilliers
vaut bien Paris;
& dirai de même, que
moutons pour moutons
Rabelais vaut bienHomere
: or a-t-on déja vû
comme par malignité
Panurgienne moutons
de Dindenaut sauterent
en Iller; voyons donc
commeparastuce l'iyfsienne
moutons de Ciclope
lui fauteront fous
jambe, en sortant de sa
caverne.
LES MOUTONS
DU CYCLOPE. DAns l'isle des Cyclopes
où j'avois PrIsterre,
je descendisavec les plus
vaillans hommes de mon Vaisseau
,
je trouvai une caverne
d'une largeur étonnante. Le
Çyclope qui l'habitoit étoit
aux champs,où il avoit mené
paître ses troupeaux.Toute
sa caverne étoit dans un ordreque
nousadmirions. Les
agneaux separez d'un côté,
les chevreaux d'un autre, &c.On yoyoit là de grands
pots à conserver le lait , ici
des paniers de jonc, dans lesquels
il faiioic des fromages,
&c. Nous avions aporté du vin,
pris chez les Ciconiens, &c..
Nous buvions de ce vin, &
mangions les fromages du Cy.
clope, lors qu'il arriva.
Je fus effrayé en le voyant.
C'étoit un vaste corps comme
celui d'une montagne; il n'y
eut jamais un monstre plus
épouvantable: il portoit sur
ses épaules une charge efrrbois
sec; le bruit qu'il fit en le jettant
à terre à l'entrée de la
caverne, retentit si fort, que
tous mes compagnons saisis de
crainte,secacherent en differens
endroits de cette terrible
demeure.
Il fait entrertoutes ses brebis;
il ferme sa caverne, pousfant
une roche si haute & si
forte, qu'il auroit été impossible
de la mouvoir, à
force de boeufs ou de chevaux.
Je le voyois faire tout fou
ménage,tantôt tirer le lait
de ses brebis, & Enfin il
allume ion feu, & comme
l'obscurité qui nous avoit cachez
fut dissipée par cette
clarté, il nous apperçut : Qui
êtes-vous donc, nous dit-il
d'un ton menaçant 2 des Pirates,
qui pour piller & faire
perir les autres hommes,ne
craignez pas vous-même de
vous exposer sur la mer ?
Quoy ? des Marchands que
l'avarice fait passer d'un bout
de l'U nivers à l'autre pour
s'enrichir,entretenant le luxe
de leur Patrie ? êtes-vous des
vagabons qui courez les mers
par la vaine curiosité d'apprendre
ce qui se passe chez
autruy.
Je pris la parole, & luy dis
que nous étions de l'armée
d'Agamemnon
, que je le
priois de nous traiter avec
l'hospitalité que Jupiter a
commandée,& de se souvenir
que les Etrangers font
fous la protection des Dieux
> & que l'on doit craindre de
les offenser.
Tu es bien temeraire
, me dit-ilfïerement, de venir de
si loin me discourir sur la
crainte & sur l'obeïssance
que tu dis que je dois aux
Dieux:apprens que les Cyclopes
ne craignent ni vôtre
Jupiter ni vos Dieux: pour
n'avoir été nouris d'une chevre,
ils ne s'estiment pas moins
heureux, je verray ce que je
-
dois faire de toy ,
je n'iray
point consulter l'Oracle làdessus,
c'est mon affaire de
sçavoir ce que je veux, &c.
Je lui parlai encor pour tâcher
de l'adoucir: mais dédaignant
de me répondre, il
nous regardoit avec (on oeil
terrible; (car les Cyclopcs
n'en ont qu'un.) Enfin il se
saisit tout d'un coup de deux
de mes compagnons,& a près
les avoir élevez bien haut, il
les abbatit avec violence, &
leur écrasa la tête: il les met
bientôt en pieces,la terreest
couverte de leur sang, il est
ensanglanté lui-même:ce montre
, ce cruel monstre les
mange, les devore: Jugez en
quel état nous étions 2
Aprés s'être rassasié de cette
abominable maniere
,
il
but plusieurs cruches de lait,
& s'étendit pour dormir au
milieu de ses troupeaux. Combien
de fois eus-je dessein de
plonger mon épée dans son
corps ?&c.mais il auroit salu
périr dans cette cavernes
car il étoit impossible d'ôter
la pierrequi la fermoit : il falloit
donc attendre ce que sa
cruauté decideroit de nôtre
vie.
A peine ce cruel fut-il éveillé
qu'il se prépara un déjeuner
aussi funeste que le repas du
foir précèdent, deux de mes
camarades furent dévorez de
même
, a prèsquoy il fit sortir
aupâturage ses troupeaux, &
nous laissa enfermez dans la
caverne,enrepoussant la pesante
roche qui lui servoit de
porte.
Je cherchons dans monesprit
quelque moyen de punir
ce barbare, & de nous délivrer.
Il y avoit à l'entrée
de sa caverne unemassuë aussi
longueque le mats d'un navire
, nous en coupâmes de quoi
faire une autre massuë
, que
nous aiguisâmes pour executer
mon projetquandl'occa,-
sion seroit venuë.
Le Cyclope rentra, &recommenca
un autre repas aus-
- sifuneste à deux autres de mes
compagnons, que ceux que
je vous ay racontez;je m'approchai
de lui portant en main
un vase de ce vin admirable
quenous avions. Buvez.; lui
dis-je,peut-êtremesçaurez-voui
gré du present que je vous offre,
¿y.,c.Il prit la coupe, la but,
& y ayant pris un extrême
plaisir, il voulut sçavoir mon
nom, & promit de metraiter
avec hospitalité.
Je remplis sa coupe une autre
fais, ill'avale avec plaisir,
il ne paroissoit plus avoir cet-
-
te cruauté qui nous effrayoit,
je caressois ce monstre, Cije
tâchois de le gagner par la
douceur de mes paroles, il
revenoit toûjours à me demander
mon nom.
Dans l'embarras où j'étois
je luy fis accroire que je me
nommoisPersonnes alors pour
récompense de mes caressés
& demon vin,il me dit:
Eh bien, Personne, tous tes
camarades passeront devant
toy >
je te reserve pour être
le dernier que je mangeray.
Il s'étendit à terre en me
prononçant ces terribles paroles
>
le vin & le sommeil
l'accablcrent 6c c'étoit
ce que j'attendois;j'allay
prendre ma Massuë, j'allumay
la pointe dans le feu
que le Cyclope avoit couvert
de cendres,nous a pprochons
du Cyclope, pendant que
quatre de mes compagnons
enfoncent ce bois& ce feu
dans son oeil, j'aidois à le
déraciner, &c.
Apres l'avoir aveuglé de
-
cette maniéré nous nous étions
retirez loin de luy, & nous
attendions quel seroit l'effet
de sa rage & de ses cris. Un
grand nombre deCyclopes,
qui avoient entendu les heurlemens
accoururent à sa porte,
& luy demandoient : qui
est-ce qui peut vous avoir attaquédans
vôtre Maison ?
Comme celui-cy s'étoit persuadé
que je me nommois
Personne, il ne pouvoir leur
faire comprendre qu'il yavoit
un ennemi en dedans qui l'avoit
maltraittè,ilsentendoiét
qu'iln'avoitété blessé de per- sonne.ainsi par cet équivoque
les Cyclopes se retirèrent
, en disant: c'est donc
une affiction que Jupitert'envoye
, il faut plier sous les
coups de sa colere.
Je fus ravi d'entendre que
ces Cyclopes le retiroient:
cependant celui-cy,outré de
rage,alloit de côté & d'autre
dans sa Caverne, étendant
les bras pour nous prendre
, mais rien n'étoit plus
aisé que de luy échapper,
l'espace étoit grand, & il ne
voyoit goutte, &c..-
Il prit enfin le party d'ouvrir
à demy sa Caverne, de
sortequ'il n'y avoit de place
que pour sortir trois ou quatre
ensemble, il crut qu'il nous
arrêteroit au passage: il se met
au milieu, qu'il occupoit, étendant les bras & les jambes,
& faisoit sortir ses Moutons
,qu'il tâtoit les uns aprés
les autres; nous ne donnâmes
pas dans un piége si grossier
, cependant il falloit sortir
ou périr; je repassois en
mon esprit une infinité de
stracagêmes ; Enfin ayant
choisi neuf desplus forts Beliers,
je les attachay trois à
trois, je liay fou-s leur ventre
mes neuf compagnons restez,
qui passerent de- cette sorte
ians être reconnus, je tentay
le même hasard pour moy^
il y avoitun Belier plusgrand
que tous les autres, je me cache
aussi fous son ventre, le
- Cyçlope le reconnoît à l'é- passeur de sa laine, le careslè
& le retient, comment,
disoit-il, tu n'es pas aujourd'huylepremier
au pâturage
? tu es touché de l'aÍfliél-ioa
de ton Maître, tu ne vois plus
cet oeil qui te conduisoit &:
que tu connoissois,un traître
me l'a arraché,tu me montrerois
ce traître si tu pouvois
m'exprimer ta fidélité, si jele
tenoiscesceelerat,&c.Enfin
ce monstre occupé de sa
rage & de savengeance,laisse
passerleBelier que je tenois
embrasse par la laine de son
col, & c'est ainsi. que nous
voyant tous en liberté, nous
respirâmesavec plaisir.
J'ai choisi de bonne foi
pour opposer aux contes
de Rabelais, un desmeilleurs
de l'Odiffée
; car
mon but principal est
d'orner mon paralelle, &:
non de dégrader Homere.
Convenons qu'il y a
une poësie excellente dans
les endroits même où il
manque de justesse & de
bon sens.. quel mot m'est
échappé? mais je me dédiray
quand on voudra,
ôcà force deraisonnemens
& d'interprétations
,
je
trouveray par tout du
bon sens n'en fut-il point.
On n'aura pas de peine
àen trouver beaucoup
dans
dans les discours que le
Cyclope tient à Ulysse;
le premier contient une
morale admirable. Qui
êtes-vous? luy-dit-il ,
des
Pirates, Cc. Il joint dans
le second à une noble fierté
contre Jupiter, une
raillerie fine & delicate.
se riirai point consulter
l'aracle, &c. Ce Cyclope,
ce monstre ell un
Aigle pour l'esprit
: mais,
tout a coup, avant même
que d'avoir bû, il devint
stupide comme un boeuf,
il se couche & s'endort
tranquillement au milieu:
de ses ennemis armez,aprés
avoir dévoré deux de
leurs compagnons.
Ce Cyclope establir
d'abord que les Cyclopes
ne reconnoissent
,
ni ne
craignent point Jupiter,
ni les autres Dieux: & ces
mêmes Cyclopes un moment
apres, trompezpar
l'équivoque & mauvaise
turlupinade du mot de
Personne, croyent pieusement
que les heurlemens
du monstre sont une juste
punition des Dieux, ôc
semblent même par une
crédulité respedueusen'o
fer entrer dans la caverne
du Cyclope, pour s'éclaircir
du fait. Mais j'ay
promis d'éviter la dissertation
dans ce paralelle-cy ;
nous trouverons assez
d'autres occasions de critique
dans Homere, &
beaucoup plus dans Rabelais.
Finissons par un petit
conte de ce dernier.
ES
LA FEMME
MUETE.
DAns
un certain Pays
barbare & non policé en
moeurs, y avoit aucuns
maris bourus, & à chef
mal tymbré
, ce que ne
voyons mie parmy nos
maris Parisiens, dont
grande partie, ou tous
pour le moins, sont merveilleusement
raisonnans,
& raisonnables;aussi onc
ne vit-on arriver à Paris
grabuge ni maleficeentre
maris & femmes.
Or en ce Pays-là, tant
different de celui-cinôtre,
y avoit un mary si pervers
d'entendement, qu'ayant
acquis par mariage une
femme muete,s'en ennuya
& voulant soy guerir de
cet ennuy & elle de sa
mueterie, le bon & inconsideré
mary voulut qu'-
elle parlât, & pour ce
eut recours à l'art des Medecins
& Chirurgiens, qui
pour la démuetirluiinciserent
& bistouriserent un.
enciligloteadherâtaufilet.
bref, elle recouvra santé
de langue, & icelle langue
voulant recuperer l'oysiveté
passée, elle parla tant,
tant & tant,quec'estoit
benediction
;
si
ne laissa
pourtant le mary bouru
de se lasserde si plantheureuse
parlerie : il recourut
au Medecin, le priant &
conjurant, qu'autant il
avoit mis de science en oeuvre,
pour faire caq ueter sa
femme muete, autant il en
employât pour la faire taire.
Alors le Medecin confessantque
limitéest le sçavoir
médicinal,lui dit qu'il
avoit bi^n pouvoi r de
faire
parler femme
; mais que
faudroit arc bien pluspuisfant
pour la faire taire. Ce
monobstant le mari suplia,
pressa, insista, persista, si
que le sçavantissime docteur
découvrit en un coin
des registres de son cerveau
remede unique, &
specifique contre iceluy
interminable parlement
de femme,& ce remede
c'est surdité du mary. Ouidà,
fort bien, dit le mari :
mais de ces deux maux
voyons quel fera le pire,ou
entendre sa femme parler,
ou ne rien entendre du
tout; Le cas est suspensif,
&: pendant que ce mari
là-dessus en suspens estoit,
Medecin d'operer, Medecin
de medicamenter,par
provision, sauf à consulter
par apré1s.
Bref par certain charme
de sortilege medicinal
le pauvre mari se trouva
sourd avant qu'il eût acheve
de déliberer s'il confentiroit
à surdité
:
Lyvoila
donc, & il s'y tient faute
de
de mieux, & c'est comme
il faudroit agir en opérations
de medecine, Qu'arriva-
t-il? e'cousez.ôcvous
lesçaurez. :A'J:\ -J Le Medecinàhalde besogne
demandoitforce
argent:mais c'est à quoy
ce maryne peut entendre;
car il est sourd comme
voyez, le Medecin pourtant
par beaux signes &c
gestes significatifs argent
demandait& redemadoit
jusqu'às'irriter & colerier:
mais en pareil cas gestes
ne font entendus, à peine
entent-on paroles bien articulées
,ou écritures attestées
& réiterées par Sergens
intelligibles. Le Medecin
donc se vit contraint
de rendre l'oüie au sourd,
afin qu'il entendît à payement,
& le mary de rire,
entendant qu'ilentendoit,
puis de pleurer par prévovoyance
de ce qu'il n'entendroit
pas Dieu tonner,
désqu'il entendroit parler
sa femme.Or, de tout ceci
resulte, conclusion
moralement morale, qui
dit,qu'en cas de maladie
& de femmes épousées,
le mieux est de le tenir
comme on eit de peur de
pis.
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Résumé : ARTICLE burlesque. Suite du Paralelle d'Homere & de Rabelais.
Le texte compare les œuvres d'Homère et de Rabelais, deux auteurs classiques, en mettant en lumière leurs aspects comiques et sérieux. L'auteur souhaite rendre les œuvres de Rabelais plus accessibles aux dames, qui trouvent Homère plus intelligible grâce à une récente traduction en français. Pour ce faire, il entreprend de clarifier et de purifier certains passages de Rabelais afin de les rendre moins ennuyeux pour un public féminin. L'auteur présente ensuite un conte de Rabelais, 'Les Moutons de Dindenaut', qu'il a adapté pour le rendre plus agréable et intelligible. Ce conte met en scène Panurge, un personnage de Rabelais, et un marchand de moutons nommé Dindenaut. Panurge achète un mouton nommé Robin et le jette à la mer, provoquant une réaction en chaîne où tous les moutons suivent Robin et se noient. Le marchand, tentant de retenir ses moutons, se noie également. Le texte compare ce conte à un épisode de l'Odyssée d'Homère, où les moutons du Cyclope jouent un rôle similaire. L'auteur souligne que les meilleurs auteurs ont puisé dans Rabelais et Homère pour leur comique et leur sublime, respectivement. Il conclut en affirmant que ces auteurs sont des modèles pour le meilleur et le pire, et que tous les hommes ont en eux du petit et du grand. Par ailleurs, le texte relate un épisode de l'Odyssée où Ulysse et ses compagnons sont capturés par un Cyclope. Ulysse tente de convaincre le Cyclope de les traiter avec hospitalité, invoquant la protection des dieux, mais le Cyclope refuse, affirmant qu'il ne craint ni Jupiter ni les dieux. Il dévore plusieurs compagnons d'Ulysse et les laisse enfermés dans sa caverne. Ulysse, cherchant un moyen de se venger, prépare une massue avec ses compagnons. Lors du retour du Cyclope, Ulysse lui offre du vin pour l'endormir. Profitant de son sommeil, Ulysse et ses hommes lui crevent l'œil avec la massue chauffée à blanc. Aveuglé, le Cyclope appelle à l'aide, mais ses semblables, trompés par l'équivoque du nom 'Personne', ne lui portent pas secours. Ulysse et ses hommes s'échappent en s'accrochant sous les moutons du Cyclope. Le texte se termine par une réflexion sur la poésie d'Homère, soulignant la moralité et la finesse des discours du Cyclope.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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45
p. 53-105
ARTICLE BURLESQUE. SUITE DU PARALLELE d'Homere & de Rabelais.
Début :
J'ay cru que rien ne rendroit ce Parallele plus [...]
Mots clefs :
Homère, Rabelais, Comique, Sublime, Sujet, Éloquence, Auteur, Génie, Neptune, Beau, Idée, Paris, Vers, Paradoxe, Comparaison , Parallèle, Grandeur, Dieux, Sérieux, Combat, Tempête, Panurge, Pantagruel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE BURLESQUE. SUITE DU PARALLELE d'Homere & de Rabelais.
ARTICLE BURLESQUE.
SUITE DV PARALLELE
d'Homere&de Rabelais.
*
J'Ay cru que rien ne
rendroit ce Parallele
plus amusantque d'y
mêler de petits contes,
dontle fond estdeRabelais;
mais que j'ai accommodez
de maniere
à pouvoir être lûs des
Dames,& à moins ennuyer
ceux qui ne sont
point afeZj erudits &
"affedwnnez^ Pentagruelistes,
poursavourer,
mâcher&remâcherjusqu'aux
moindres roga-*
tons, & avaler à longs
traits sa -desfuavitezRabelaisiennes
en faveur de
quelques grains de gros
sel,semez par ci par là,
ez., salmigondis & pots
pouris de Maître François.
Pour assortir, ou plûtôrpour
opposer à ces
contes, en trouverai
bien encor quelqu'un
dans Homere, mais je
respecte trop son grand
nom, pour oser rien
mettre du mien dans
ses ouvrages; à peine
ai-je osé retrancher une
bonne moitié du conte
du Cyclope, afin de
rendre l'autre moins
ennuyeuse.
: Pour oposer au grand
& au sublime du Poëte
grec, on trouvera
peut-être dans Maître
François quelques endroits
assez solides pour
faire avouer que Rabelais
cût mieux réussi
dans le sérieux, qu'Homere
n'a réussi dans le
comique, & de là je
prendrai occasion d'avancer
quelques propositions
qui seroient
hardies, téméraires,ridicules
même si on les
avançoit sérieusement,
& dont je n'ose prouver
laveritéqu'en plaisantant;
je les proposeray
donc d'abord
comme des Paradoxes
badins ; tcbadinageaT
cela de bon qu'il peut
éclaircir certaines veritez
qu'une dispute serieuse
ne seroit qu'obscurcirjlcbadinageaencore
cet avanta ge sur la
dispute, qu'au lieud'attirerla*
colere des difputcurs
graves, il n'en
attire qu'un fîlencedédaigneux
, & c'es en
être quitte à bon marché
j car la force des raisonnemens
ne fait que
les irriter au lieu de les
convaincre.
La prévention s'irrite
par la resistance, cest un
animal feroce qu'Homere
eut comparé àun
Taureau furieux
J
qui
parcourant les njaftes
campa?nes de la Lybie,
d'autre but dans sa
fureur que de heurtertête
baiJJie) & de renverser
IÙS plus fortsanimaux
qui oseront l'attaquer
de front.
C'est ainsi que dans
les vastes ambiguitez
dela dispure,les plus
fortes raisons ne tiennent
point contre la
prévention.
Comparons à present
le badinage à l'Abeille
legere, qui voltige en
folâtrant autour de ce
Taureau furieux; elle
badine en fureté entre
ses cornes, lepique legerement,
il ne fait que
secoücr l'oreille,autre
coup d'aiguillon qu'il
méprise, il ne voit point
d'ennemy, cependant
la mouche le pique, ses
piquûres sontlegeres:
maisc11es sontréïterées,
la mouc he se porte avec
agilité par tous les endroits
sensibles, les piqueures
redoublent,il
commence à s'irriter,
se ne voyant à qui s'en
prendre, il tourne sa
colerecontrelui- même,
il s'agite,ilse mord,il
se tourmente, &enfin
il s'épuise,s'affoiblit&
tombe. Procumbithumi
Bos.
Nôtre comparaison
nous a fortéloignez de
nostresujet:tant mieux,
elle n'en est que plus
Homerienne,s'il y a
quelque chose de faux
dans l'application, tant
mieux encore. Homere
est un modele qu'il faut
imiter : ses comparaisons
sont longues, fausses
& semblables les
unes aux autres, il n'importe;
c'est toûjours le
second &C le parfait
Homere.
Les comparaisons de
Rabelais sont plus variées,
plus justes,mais
elles ne sont pas
moins allongées, & la
plûpart sont si basses,
qu'àcet égard ilfaut
bien pour l'honneur du
goût donner la préferenceau
Prince des
Poëtes.
Avantcettedigression
j'ay promis,à propos
d'Homere & de Rabelais
, d'avancer pour rire
quelques proportions
étonnantes, le
premier de ces Paradoxes
c'est :
Qu'il faut pins d'étendue
d'esprit & peutcireplus
d'élévationpour
exceller dans le beau comique
, qu'il n'en faut
pour réussir dansle serieux.
Cette proposition va
révolter d'abord ceux
qui prévenus par refpcâ
pour tout ce qui
a l'air sérieux:
admirent en baillant
un ennuyeux tragique,
Et riant d'une Jjlgne's,
méprisentlecomique.
Le
Le second Paradoxe,
e'est. Que les plus excellentes
piecesserieuses
font mêlées d'excellent
comique
, & par consesquent
qu'un Authtur ne
peut excellerdans lesérieuxy
s'iln'a du talent
pour le comique.r
On trouveroitdans
tous; les siecles, 8cmême
dans lenôtrçxque
les plus grands genies
ont mêlé du winique,
dans leurs ouvrages SC
dans leurs discours,&
les genies mediocres
dérogent même quelquefois
aux prérogatives
de leur gravité,
pour hazarder d'être
plaisans; j'en ai vû s'arrêter
tout court, par
vanité, s'appercevant
qu'ils plaisantoient de
mauvaise grace, & se
déchaîner le moment
d'après contre le meilleur
genre de plaisanterie.
-
Toi qui debite gravement
Tafademédisance,
Caustique par tempec.
ramment,
Serieuxparprudence,
Tumtprifes d'un hon
r, plaisant
La comique élegance,
Comme un gouteux foi- ble&pesant
Mépriseroit la danse.
Les Vers ci-dejjus peuvent Je
chanter sur l'AirdeJÓconde.
Avantque d'avancer
mon troisiéme Paradoxe
,
il faudroit avoir
bien défini le mot de
comique, & celui de subhme
y &C aprés celà
même il seroitpeut-être
encor ridicule de
dire:Quenon-seulement
lè Jubltmerieft pas incompatibleavec<
li\comiqu^
ymais,qmlpssd-J
avoir dans certain comiquedestraitssuperieurs
ausublimeserieux. Voila
unepropositionétonnante,
par rapport à l'idée
qu'on a du sublimc,
que je définirois
volontiers, laperfection
dans le grand : mais on
peut en donner encor
d'autres définitions,&
c'est ce qui nous meneroit
trop loin, il faudroit
trop1 de temps
pourdonneràces trois
Paradoxes toutes les ex*
plications& modifications
qui pourroient
les rendre sérieusement
vrayes > c'est ce que
j'entreprendrai peutêtre
quelque jour,sij'ai
le loisir de mettre en
oeuvre les reflexions
que j'ai faites sur les
fesses idées qu'on a du
sublime, du sérieux &
du comique; contentons-
nous ici de badiner
sur nôtre dernier Paradoxe,
qui nous donnera
occasion de comparer
quelques mor-*
ceaux des deux Autheurs,
dont jecontinuë
le Parallele.
Pour parler selon les
idées communes, disons
: que le comique
nest point sublimepar
lui-mesme
,
mais qu'il
peut renfermer des sens
& des veritez sublimes,
& c'est pour sçavoir
renfermer ces grandes
veritez dans le comique,
qu'il faut un genie
tres étendu.
Ilenfaut moins,par
exemple, pour soûtenirune
morale sublime
par des expressions
fortes & nobles, qui lui
font propres, que pour
la traitter comiquement,
sansl'affoiblir,
&:. sans la dégrader.
Il est'vray que le genre
serieux est plus grand
par luy-même que le
sgaennsre comique, iltient
doute le premier
rang, mais il n'y a point.
au
au Parnasse de ceremonial
qui donne le pas a un Autheur sérieux
surun comique. Ilest
plus grand parexemple,
de traitter la guerre
de Troye ,causée
par lenlevement d'une
Princesse, que la guerre
causéepar l'enlevement
d'un Seau, La
sequi à rapita,mais cette
grandeur est dans le
sujet, & non dans TAutheur
qui le traitte.,8c
celui qui daps le Poème
del'enlevement d'un
Seau, feroit entrer les
idées les plushéroïques
, feroit sansdoute
un plus grand genie"
que celui à qui la grandeur
du sujet fournit
naturellement de grandes
idées.
On ne peut pas soûtenirqu'ily
ait quantité
de hautes idées renfermées
dans le comique
de Rabelais, mais
on prouveroit peut- être
qu'Homere doit une
bonne partie deson sublime
à la grandeurde
son sujet.; ?;!> JU ;
.,' La bassesse des sujets
que Rabelais à traitez
auroit sait tomber son
ouvrage,s'iln'avoit pas étésoustenu par: des
partiesexcellentes;
L'élévation Se lrrraportance
du sujet de
rmiadercûcsoustenuë
qu^îidniémeil yauroit
eu moins de beautez
quon,ny en trouve.
Nous voyons clairementpar
la connolt:
sance dusiecle où Rabelais
avescu, que la
plûpart de ses expressiós
fortes&naïves lui font
propres a lui seul.
Mais les sçavans sans
prévention avouent
-qu:on- neconnoist pas
assez le siecle d'Homere
pour sçavoirenquoi
il dl original:ceuxqui
connoissent le genie
oriental croiront plustost
que ses expressions
nobles& figurées, que
ses comparaisons magnifiques,&
mesme la
pluspart de sesideés
Poëtiques pouvoient
estreaussi communes
aux Grecsde son temps
que les proverbes sensez
le sont à Paris parmi
le peu ple.
Al'égard du sublime
de Rabelais, il faut convenir
qu'il est bien malâisé
de l'appercevoirà
travers le bascomique,
dont il est offusqué, il
dit en parlant de la
Loy comrnentée & embrouillée
par nos Juris-
Confulres
, que c'est
une belle robe à fondd'or
brodée de crote
: j'en dirois
autant de son sublime
,
qu'on me passe
ce mot en attendant
la définition : Mais appellez
comme il vous
plaira l'idée qu'il donne.
de la vraye & naturelle
Eloquence, par la décision
de Pcntagruel
sur le verbiage du li-,
centié, il paroit qu'elle
fit excellente: en voici
l'idée en abbregé.
LAVRAYE ELOQUENCE.
1 uN jour Penragruel
rencontra certainLice-nti.é,,
non autrement sçavant es;
sciences de son métier de
Docteur:mais en recompense
sçachant tres-foncicierement
danser & joüer
à la paume,lequel donc
rencontrépar Pentagruel,
fut interrogé d'où il venoit
5
& luy répondit,je
liens de l'urbe&citécelebrisjimt
quevulgairement onvocite
Lutece.Qu'est-ce à dire,
dit Pentagruel
,
à son truchementordinaire?
je suis
tout ebahi de tel jargon.
C'efc, répond letruchemenrjqu'il
vient de Paris:
Hé,reprit Pentagruel,.
à quoy passez-vous le
temps à Paris vous autres
licentiez^Nflw^repondit le
Licentié
, en nos occupations
dit: Quel diable de langa
ge est-cecy ? Ce nest que latinécorché, dit le Truchement,
& luy semble
qu'il est éloquent Orateur,
pource qu'ildédaigne
l'usance commune de
parler: or le Licentié
croyant que l'étonnement
Se ébahissement dePentagruel
venoit pour admirer
la haute beauté de cette
élocution, se reguinda encore
plus haut &: plus obleur,
si que par longueur
de periodes,poussa patience
à bout. Parbleu, dità
part-foi Pentagruel,je tapprendrai
quelle est vraie Se
naturelle éloquence ;puis
demadaauLicêciédequel
païs il étoit, à quoy répond
ainsi le Licencié.L'illustre
&honoriferantepropagation
demesaves&ataves, tire
son origine primordiale des
Régions Limosiniennes.J'entens
bien, dit Pentagruel,
tu n'es qu'un Limosin de
Limoge, & tu veux faire
5 le Demosthenes de Grece;
Or viens-cà que je te donne
un tour de peigne, lors
le prit à la gorge,disant :
tu écorches le Latin, moy
j'écorcheray le latiniseur,
si fort lui serroit la gorge
que le pauvre Limosin
commence à crier en Limosin,
vée Dicou Gentil.
latre : Hosaint Marsau !
secourami,bau,bau, laisias k
qu'ou AU nom de Dtous
y
dm
ne me tou cas grou.Ah5 dit
Pentagruel en le laissant ;
voila comment je te voulois
remettre en droit chemin
de vraye éloquence;
car à cette, heure viens-tu
de p, rler comme nature,
&, grand biente fasse icelle.
corrp&ion,-v.
Quoique je trouve
dans; cette;idéeune e fpece
de sublime, je ne
le. compareraipas sans
doute,à ce sublime
d'Homere, dans son
Vingtième Livre,oùil
Ïaicporter ainsiJupiter fàcNrëeibptluéendee4s'aDniseTuxA/tsembléedesDieux,
- '.i! r
Je vaisdonc m'asseoir
sur le sommet de l'Olimpe,
ôcregarder le combat :
mais pour vous autres vous
pouvez descendre,& prendre
ouvertement le party
deceux quevous favorilez,
car si Achille attaque
seullesTroyens,ils ne le
soûtiendront pas un moment
:comment le soû-
,tiendroient-ils aujourd'hui
qu'il est armé ,ôc que là
valeur est encoreaiguisée
par la douleur qu'il a de
la
mort de son amy J
qu'-
hier le voyant mêmesans
armes, ils furent remplis
/deterreur^,ôc..,
- E.î:n(.fuiteHomr ere fait
descendre les Dieux de
YOUmpC) qui animant
les troupes des deuxpartisye.
ng,agIentldfbataille, &se mêlenteux-mêmes
days le combat.
En cet endroit -je
quitte lebadinage par
respect, non pour la reputationseule
d'Homere,
mais pour la grandeur,
la majesté&l'élévation
de sa PoëGe;
quel genie! Se avec
quel art inceresse-t-il
icileCiel, la terre &
toute la nature au grad
fpe&acle qu'ilvanous
donner?il nous forceà
nousy interesser nousmêmes;&
voilal'effet
dusublime.
Pédantcecombat,continué
Homere, le Souverainmaître
des Dieux
tonne du haut duCiel,
'& Neptune élevant ses
flots ébranle laterre,
lescimes du Mont Ida
tremblent jusques dans
leurs
leursfondemens,Troye,
le champ de bataille&
les vaisseaux sontagitez.
par des secousses
violentes,le Roy; des
Enfers, épouvanté au
fond de son Palais, s'élance
de son Trône, &
s'écrie de toute sa force
dans la frayeur où il
est, que Neptune, d'un
coup de son Trident,
n'entrouvre laTerre
qui couvre les ombres,
&, qiie cet affreux séjour,
demeure éternelle
des tenebres & de la
mort, abhorré des Hommes8£
craint même des
Dieux,nereçoive pour
la premiere fois la lumiere,&
ne paroisse à
découvert, si grand eil
le bruit que font ces
Dieux, qui marchent
trleess/unsilco'rn*tre les au- ab-quor
Apollon armé detous
ses traits, attaque Neptune
; Minerves'oppose
à Mars, Diane
marche contre Junon,
mais Achille n'en
veut qu'à Hector, il le
cherche dans la mêlée,
impatient de verser le
fang deceHeros,sous
les yeux même du Dieu
Mars qui le protege.
Voila du beau, du
grand, il se fait sentir
par luy-même, il n'a
pasbesoin de Cõmentaire,
comme mille autres
endroits des anciens
Autheurs, qui ne
sont beaux qu'à proportion
de la creduliré
de ceux qui veulent
bien se prester aux. décisionsdes
Commentateurs.
Comparonsàpresent
., deux tableaux de nos
deux Autheurs sur le
même sujet, ils veulent
runU. l'autre representer
unetempeste..
,
Tout ~~p~
en peinture, en mufiqne,
En prose comme en vers.
sérieux ou comique,
Tempeste de Rubens;.
tempefle de Rablais,
jMrwe du grand Poëte
tragique*.
L'on pourroit comparer
la tempeste heroïque,.
Ala tempeste de Ma, -rais.
Ces vers sepeuvent chanter fit- PairdeJoconde.
TEMPESTE
DE
RABELAIS.
EN. nôtre nauf étions
avec Pentagruel le bon,
joyeusementtranquiles,&
étoit la mer tranquillement
triste; car Neptune
en son naturel est melancolique
& fonge-creux
pource qu'il est plus flegmatique
que sanguin.
Bonasse traîtreuse nous
invitoit à molle oisiveté
>1
ôc oisiveté nous invitoit à
boire,or à boisson vineuse
mêlions saucisses,boutargue
& jambons outrement
salez,pour plus vcu
luptueufement faire sentir,
& contraster suavité
nectarine ,douce non
comme,mais plus que lait.
O que feriez mieux, nous
cria le pilote au lieu d'icelles
salinesmangerviandes
douces,pource qu'incontinent
ne boirez peutêtreque
trop salé ; ce que
disoitlepilote par pronom
c::1:
stication; car pilotes ainsi
que chats en goutieres,
fleurent par instincpluyes
& orages.
Et de fait le beau
clair jour qui luisoit perdant
peu à peu sa transparence,
lumineuse
,
devint
d'abord comme entre
chien & loup,puis brun,
obscur, puis presquenoir,
puis si noir,si noir que
fumes saisis de mal peur;
* car autrelumiere n'éclaira
plus nos faces blêmes
&effrayées, que lueurs
d'éclairsfulminantspar
'Tecrevements
de flambantes
nuées, avec millions
de tonnerres tonigrondants
sur tous les tons
&intonations des orgues
de Jupin, les pedales ,
pou, dou ,dou
,
dou3
icy cromornes,Ton, ron,
ron ) ron &C cla
,
cla y
cla
,
clacla
,
misericorde
, crioit Panurge; détournez
l'orage, Tonnez
les cloches, mais cloches
ne sonnerent ,car en
avoit pour lors: voilà
tout en feu, voilà tout en
eau, bourasques de vents,
fiflemens horrifiques, ce1
la fait trois élements
dont de chacun , trop a-
Ivioiis n'y avoit que terre
qui nous manquoit,si
non pourtant que fondrieres
marines furent si
profondes,qu'en fin fond
d'abîmes ouverts eût-on
pu voir,harangs sur sable
-&C moruës engravées, or
'-du fio,nd d'iceuxabysmes r
vagues montoient aux
nuës
,
& d'icelles nûës.
fc precipitoient comme
torrents , montagnes
d'eau, foy disant vagues,
desquelles aucunes
tombant sur la nauf, Panurge
, qui de frayeur
extravaguoit, disoit ho
ho ho, quelle pluye estce
cy 5 vit-on jamais
pleuvoir vagues toutes
brandies: helas,helas
be be be be, , je nage, bou
bou bou bou, ha maudit
cordonnier, mes souliers
prennent l'eau par
le colet de mon pourpoint.
Ha que cette boit:
son est amere ! hala,
hola
,
je n'ay plus soif.
Te tairas - tu ?
crioit
Frere Jean, & viens
plustost nous aider à
manouvrer ,
où sont
nos boulingues
,
noftrc
trinquet est avau l'eau,
amis à ces rambades
Enfans, n'abandonnons,
le tirados, à moy, à moy.
Par icy, par la haut ,
par là bas.
Viens donc, Pcanurge,
viens, ventre de solles,
viens donc. Hé! ne jurons
point, disoit piteusement
Panurge, ne ju.
rons aujourd'huy, mais
demain tant que tu voudras
,
il est maintenant
heure de faire voeux,Se
promettre pelerinages :
ha ha
,
ha ha, ho ho
ho , ho, je nage, bou bi,
bou bous, sommes-nous
au fond? Ah je me
meurs! mais viens donc
icy nous aider, crioit
Frere Jean, au lieu de
moribonder,met la main
à l'estaransol
, gare la
pane, hau amure, amure
bas , peste soit du
pleurard qui nous est
nuisible au lieu de nous
aider. Ha! oüy oüy oüy,
reprenoit Panurge,vous
fuis nuisible
, mettezmoy
donc à terre afin
que puissiez à l'aise manouvrer
tout vostre soul-
Or icelle tempeste
ou tourmente, ou tourmentante
,comme voudrez
, commença à prendre
fin à force de durer,
comme toutes choses
mondaines: terre, terre,
cria le Pilote,& jugez
bien quelle jubilation
senfUlVlt
, a quoy prit
la plus forte part le
craintif Panurge, qui
defeendant le premier
sur l'arene,disoit,ôtrois
& quatre fois heureux.
Jardinier qui plante
choux, car au moins a-til
un pied sur terre, &
l'autre n'en est esloigné
que d'un fer de besche.
Or remettons tempeste
d'Homere à la pro- „ chaine mercuriale ainsi
que plusieurs autres bribes
des deux Autheurs
que nous paralelliferons
par maniere de passetemps
Rabelaisien, & -
non dogmatiquement ,
chose que- trop repeter
ne puis ; car pires sourds
n'y a que ceux qui ne
veulent point entendre.
SUITE DV PARALLELE
d'Homere&de Rabelais.
*
J'Ay cru que rien ne
rendroit ce Parallele
plus amusantque d'y
mêler de petits contes,
dontle fond estdeRabelais;
mais que j'ai accommodez
de maniere
à pouvoir être lûs des
Dames,& à moins ennuyer
ceux qui ne sont
point afeZj erudits &
"affedwnnez^ Pentagruelistes,
poursavourer,
mâcher&remâcherjusqu'aux
moindres roga-*
tons, & avaler à longs
traits sa -desfuavitezRabelaisiennes
en faveur de
quelques grains de gros
sel,semez par ci par là,
ez., salmigondis & pots
pouris de Maître François.
Pour assortir, ou plûtôrpour
opposer à ces
contes, en trouverai
bien encor quelqu'un
dans Homere, mais je
respecte trop son grand
nom, pour oser rien
mettre du mien dans
ses ouvrages; à peine
ai-je osé retrancher une
bonne moitié du conte
du Cyclope, afin de
rendre l'autre moins
ennuyeuse.
: Pour oposer au grand
& au sublime du Poëte
grec, on trouvera
peut-être dans Maître
François quelques endroits
assez solides pour
faire avouer que Rabelais
cût mieux réussi
dans le sérieux, qu'Homere
n'a réussi dans le
comique, & de là je
prendrai occasion d'avancer
quelques propositions
qui seroient
hardies, téméraires,ridicules
même si on les
avançoit sérieusement,
& dont je n'ose prouver
laveritéqu'en plaisantant;
je les proposeray
donc d'abord
comme des Paradoxes
badins ; tcbadinageaT
cela de bon qu'il peut
éclaircir certaines veritez
qu'une dispute serieuse
ne seroit qu'obscurcirjlcbadinageaencore
cet avanta ge sur la
dispute, qu'au lieud'attirerla*
colere des difputcurs
graves, il n'en
attire qu'un fîlencedédaigneux
, & c'es en
être quitte à bon marché
j car la force des raisonnemens
ne fait que
les irriter au lieu de les
convaincre.
La prévention s'irrite
par la resistance, cest un
animal feroce qu'Homere
eut comparé àun
Taureau furieux
J
qui
parcourant les njaftes
campa?nes de la Lybie,
d'autre but dans sa
fureur que de heurtertête
baiJJie) & de renverser
IÙS plus fortsanimaux
qui oseront l'attaquer
de front.
C'est ainsi que dans
les vastes ambiguitez
dela dispure,les plus
fortes raisons ne tiennent
point contre la
prévention.
Comparons à present
le badinage à l'Abeille
legere, qui voltige en
folâtrant autour de ce
Taureau furieux; elle
badine en fureté entre
ses cornes, lepique legerement,
il ne fait que
secoücr l'oreille,autre
coup d'aiguillon qu'il
méprise, il ne voit point
d'ennemy, cependant
la mouche le pique, ses
piquûres sontlegeres:
maisc11es sontréïterées,
la mouc he se porte avec
agilité par tous les endroits
sensibles, les piqueures
redoublent,il
commence à s'irriter,
se ne voyant à qui s'en
prendre, il tourne sa
colerecontrelui- même,
il s'agite,ilse mord,il
se tourmente, &enfin
il s'épuise,s'affoiblit&
tombe. Procumbithumi
Bos.
Nôtre comparaison
nous a fortéloignez de
nostresujet:tant mieux,
elle n'en est que plus
Homerienne,s'il y a
quelque chose de faux
dans l'application, tant
mieux encore. Homere
est un modele qu'il faut
imiter : ses comparaisons
sont longues, fausses
& semblables les
unes aux autres, il n'importe;
c'est toûjours le
second &C le parfait
Homere.
Les comparaisons de
Rabelais sont plus variées,
plus justes,mais
elles ne sont pas
moins allongées, & la
plûpart sont si basses,
qu'àcet égard ilfaut
bien pour l'honneur du
goût donner la préferenceau
Prince des
Poëtes.
Avantcettedigression
j'ay promis,à propos
d'Homere & de Rabelais
, d'avancer pour rire
quelques proportions
étonnantes, le
premier de ces Paradoxes
c'est :
Qu'il faut pins d'étendue
d'esprit & peutcireplus
d'élévationpour
exceller dans le beau comique
, qu'il n'en faut
pour réussir dansle serieux.
Cette proposition va
révolter d'abord ceux
qui prévenus par refpcâ
pour tout ce qui
a l'air sérieux:
admirent en baillant
un ennuyeux tragique,
Et riant d'une Jjlgne's,
méprisentlecomique.
Le
Le second Paradoxe,
e'est. Que les plus excellentes
piecesserieuses
font mêlées d'excellent
comique
, & par consesquent
qu'un Authtur ne
peut excellerdans lesérieuxy
s'iln'a du talent
pour le comique.r
On trouveroitdans
tous; les siecles, 8cmême
dans lenôtrçxque
les plus grands genies
ont mêlé du winique,
dans leurs ouvrages SC
dans leurs discours,&
les genies mediocres
dérogent même quelquefois
aux prérogatives
de leur gravité,
pour hazarder d'être
plaisans; j'en ai vû s'arrêter
tout court, par
vanité, s'appercevant
qu'ils plaisantoient de
mauvaise grace, & se
déchaîner le moment
d'après contre le meilleur
genre de plaisanterie.
-
Toi qui debite gravement
Tafademédisance,
Caustique par tempec.
ramment,
Serieuxparprudence,
Tumtprifes d'un hon
r, plaisant
La comique élegance,
Comme un gouteux foi- ble&pesant
Mépriseroit la danse.
Les Vers ci-dejjus peuvent Je
chanter sur l'AirdeJÓconde.
Avantque d'avancer
mon troisiéme Paradoxe
,
il faudroit avoir
bien défini le mot de
comique, & celui de subhme
y &C aprés celà
même il seroitpeut-être
encor ridicule de
dire:Quenon-seulement
lè Jubltmerieft pas incompatibleavec<
li\comiqu^
ymais,qmlpssd-J
avoir dans certain comiquedestraitssuperieurs
ausublimeserieux. Voila
unepropositionétonnante,
par rapport à l'idée
qu'on a du sublimc,
que je définirois
volontiers, laperfection
dans le grand : mais on
peut en donner encor
d'autres définitions,&
c'est ce qui nous meneroit
trop loin, il faudroit
trop1 de temps
pourdonneràces trois
Paradoxes toutes les ex*
plications& modifications
qui pourroient
les rendre sérieusement
vrayes > c'est ce que
j'entreprendrai peutêtre
quelque jour,sij'ai
le loisir de mettre en
oeuvre les reflexions
que j'ai faites sur les
fesses idées qu'on a du
sublime, du sérieux &
du comique; contentons-
nous ici de badiner
sur nôtre dernier Paradoxe,
qui nous donnera
occasion de comparer
quelques mor-*
ceaux des deux Autheurs,
dont jecontinuë
le Parallele.
Pour parler selon les
idées communes, disons
: que le comique
nest point sublimepar
lui-mesme
,
mais qu'il
peut renfermer des sens
& des veritez sublimes,
& c'est pour sçavoir
renfermer ces grandes
veritez dans le comique,
qu'il faut un genie
tres étendu.
Ilenfaut moins,par
exemple, pour soûtenirune
morale sublime
par des expressions
fortes & nobles, qui lui
font propres, que pour
la traitter comiquement,
sansl'affoiblir,
&:. sans la dégrader.
Il est'vray que le genre
serieux est plus grand
par luy-même que le
sgaennsre comique, iltient
doute le premier
rang, mais il n'y a point.
au
au Parnasse de ceremonial
qui donne le pas a un Autheur sérieux
surun comique. Ilest
plus grand parexemple,
de traitter la guerre
de Troye ,causée
par lenlevement d'une
Princesse, que la guerre
causéepar l'enlevement
d'un Seau, La
sequi à rapita,mais cette
grandeur est dans le
sujet, & non dans TAutheur
qui le traitte.,8c
celui qui daps le Poème
del'enlevement d'un
Seau, feroit entrer les
idées les plushéroïques
, feroit sansdoute
un plus grand genie"
que celui à qui la grandeur
du sujet fournit
naturellement de grandes
idées.
On ne peut pas soûtenirqu'ily
ait quantité
de hautes idées renfermées
dans le comique
de Rabelais, mais
on prouveroit peut- être
qu'Homere doit une
bonne partie deson sublime
à la grandeurde
son sujet.; ?;!> JU ;
.,' La bassesse des sujets
que Rabelais à traitez
auroit sait tomber son
ouvrage,s'iln'avoit pas étésoustenu par: des
partiesexcellentes;
L'élévation Se lrrraportance
du sujet de
rmiadercûcsoustenuë
qu^îidniémeil yauroit
eu moins de beautez
quon,ny en trouve.
Nous voyons clairementpar
la connolt:
sance dusiecle où Rabelais
avescu, que la
plûpart de ses expressiós
fortes&naïves lui font
propres a lui seul.
Mais les sçavans sans
prévention avouent
-qu:on- neconnoist pas
assez le siecle d'Homere
pour sçavoirenquoi
il dl original:ceuxqui
connoissent le genie
oriental croiront plustost
que ses expressions
nobles& figurées, que
ses comparaisons magnifiques,&
mesme la
pluspart de sesideés
Poëtiques pouvoient
estreaussi communes
aux Grecsde son temps
que les proverbes sensez
le sont à Paris parmi
le peu ple.
Al'égard du sublime
de Rabelais, il faut convenir
qu'il est bien malâisé
de l'appercevoirà
travers le bascomique,
dont il est offusqué, il
dit en parlant de la
Loy comrnentée & embrouillée
par nos Juris-
Confulres
, que c'est
une belle robe à fondd'or
brodée de crote
: j'en dirois
autant de son sublime
,
qu'on me passe
ce mot en attendant
la définition : Mais appellez
comme il vous
plaira l'idée qu'il donne.
de la vraye & naturelle
Eloquence, par la décision
de Pcntagruel
sur le verbiage du li-,
centié, il paroit qu'elle
fit excellente: en voici
l'idée en abbregé.
LAVRAYE ELOQUENCE.
1 uN jour Penragruel
rencontra certainLice-nti.é,,
non autrement sçavant es;
sciences de son métier de
Docteur:mais en recompense
sçachant tres-foncicierement
danser & joüer
à la paume,lequel donc
rencontrépar Pentagruel,
fut interrogé d'où il venoit
5
& luy répondit,je
liens de l'urbe&citécelebrisjimt
quevulgairement onvocite
Lutece.Qu'est-ce à dire,
dit Pentagruel
,
à son truchementordinaire?
je suis
tout ebahi de tel jargon.
C'efc, répond letruchemenrjqu'il
vient de Paris:
Hé,reprit Pentagruel,.
à quoy passez-vous le
temps à Paris vous autres
licentiez^Nflw^repondit le
Licentié
, en nos occupations
dit: Quel diable de langa
ge est-cecy ? Ce nest que latinécorché, dit le Truchement,
& luy semble
qu'il est éloquent Orateur,
pource qu'ildédaigne
l'usance commune de
parler: or le Licentié
croyant que l'étonnement
Se ébahissement dePentagruel
venoit pour admirer
la haute beauté de cette
élocution, se reguinda encore
plus haut &: plus obleur,
si que par longueur
de periodes,poussa patience
à bout. Parbleu, dità
part-foi Pentagruel,je tapprendrai
quelle est vraie Se
naturelle éloquence ;puis
demadaauLicêciédequel
païs il étoit, à quoy répond
ainsi le Licencié.L'illustre
&honoriferantepropagation
demesaves&ataves, tire
son origine primordiale des
Régions Limosiniennes.J'entens
bien, dit Pentagruel,
tu n'es qu'un Limosin de
Limoge, & tu veux faire
5 le Demosthenes de Grece;
Or viens-cà que je te donne
un tour de peigne, lors
le prit à la gorge,disant :
tu écorches le Latin, moy
j'écorcheray le latiniseur,
si fort lui serroit la gorge
que le pauvre Limosin
commence à crier en Limosin,
vée Dicou Gentil.
latre : Hosaint Marsau !
secourami,bau,bau, laisias k
qu'ou AU nom de Dtous
y
dm
ne me tou cas grou.Ah5 dit
Pentagruel en le laissant ;
voila comment je te voulois
remettre en droit chemin
de vraye éloquence;
car à cette, heure viens-tu
de p, rler comme nature,
&, grand biente fasse icelle.
corrp&ion,-v.
Quoique je trouve
dans; cette;idéeune e fpece
de sublime, je ne
le. compareraipas sans
doute,à ce sublime
d'Homere, dans son
Vingtième Livre,oùil
Ïaicporter ainsiJupiter fàcNrëeibptluéendee4s'aDniseTuxA/tsembléedesDieux,
- '.i! r
Je vaisdonc m'asseoir
sur le sommet de l'Olimpe,
ôcregarder le combat :
mais pour vous autres vous
pouvez descendre,& prendre
ouvertement le party
deceux quevous favorilez,
car si Achille attaque
seullesTroyens,ils ne le
soûtiendront pas un moment
:comment le soû-
,tiendroient-ils aujourd'hui
qu'il est armé ,ôc que là
valeur est encoreaiguisée
par la douleur qu'il a de
la
mort de son amy J
qu'-
hier le voyant mêmesans
armes, ils furent remplis
/deterreur^,ôc..,
- E.î:n(.fuiteHomr ere fait
descendre les Dieux de
YOUmpC) qui animant
les troupes des deuxpartisye.
ng,agIentldfbataille, &se mêlenteux-mêmes
days le combat.
En cet endroit -je
quitte lebadinage par
respect, non pour la reputationseule
d'Homere,
mais pour la grandeur,
la majesté&l'élévation
de sa PoëGe;
quel genie! Se avec
quel art inceresse-t-il
icileCiel, la terre &
toute la nature au grad
fpe&acle qu'ilvanous
donner?il nous forceà
nousy interesser nousmêmes;&
voilal'effet
dusublime.
Pédantcecombat,continué
Homere, le Souverainmaître
des Dieux
tonne du haut duCiel,
'& Neptune élevant ses
flots ébranle laterre,
lescimes du Mont Ida
tremblent jusques dans
leurs
leursfondemens,Troye,
le champ de bataille&
les vaisseaux sontagitez.
par des secousses
violentes,le Roy; des
Enfers, épouvanté au
fond de son Palais, s'élance
de son Trône, &
s'écrie de toute sa force
dans la frayeur où il
est, que Neptune, d'un
coup de son Trident,
n'entrouvre laTerre
qui couvre les ombres,
&, qiie cet affreux séjour,
demeure éternelle
des tenebres & de la
mort, abhorré des Hommes8£
craint même des
Dieux,nereçoive pour
la premiere fois la lumiere,&
ne paroisse à
découvert, si grand eil
le bruit que font ces
Dieux, qui marchent
trleess/unsilco'rn*tre les au- ab-quor
Apollon armé detous
ses traits, attaque Neptune
; Minerves'oppose
à Mars, Diane
marche contre Junon,
mais Achille n'en
veut qu'à Hector, il le
cherche dans la mêlée,
impatient de verser le
fang deceHeros,sous
les yeux même du Dieu
Mars qui le protege.
Voila du beau, du
grand, il se fait sentir
par luy-même, il n'a
pasbesoin de Cõmentaire,
comme mille autres
endroits des anciens
Autheurs, qui ne
sont beaux qu'à proportion
de la creduliré
de ceux qui veulent
bien se prester aux. décisionsdes
Commentateurs.
Comparonsàpresent
., deux tableaux de nos
deux Autheurs sur le
même sujet, ils veulent
runU. l'autre representer
unetempeste..
,
Tout ~~p~
en peinture, en mufiqne,
En prose comme en vers.
sérieux ou comique,
Tempeste de Rubens;.
tempefle de Rablais,
jMrwe du grand Poëte
tragique*.
L'on pourroit comparer
la tempeste heroïque,.
Ala tempeste de Ma, -rais.
Ces vers sepeuvent chanter fit- PairdeJoconde.
TEMPESTE
DE
RABELAIS.
EN. nôtre nauf étions
avec Pentagruel le bon,
joyeusementtranquiles,&
étoit la mer tranquillement
triste; car Neptune
en son naturel est melancolique
& fonge-creux
pource qu'il est plus flegmatique
que sanguin.
Bonasse traîtreuse nous
invitoit à molle oisiveté
>1
ôc oisiveté nous invitoit à
boire,or à boisson vineuse
mêlions saucisses,boutargue
& jambons outrement
salez,pour plus vcu
luptueufement faire sentir,
& contraster suavité
nectarine ,douce non
comme,mais plus que lait.
O que feriez mieux, nous
cria le pilote au lieu d'icelles
salinesmangerviandes
douces,pource qu'incontinent
ne boirez peutêtreque
trop salé ; ce que
disoitlepilote par pronom
c::1:
stication; car pilotes ainsi
que chats en goutieres,
fleurent par instincpluyes
& orages.
Et de fait le beau
clair jour qui luisoit perdant
peu à peu sa transparence,
lumineuse
,
devint
d'abord comme entre
chien & loup,puis brun,
obscur, puis presquenoir,
puis si noir,si noir que
fumes saisis de mal peur;
* car autrelumiere n'éclaira
plus nos faces blêmes
&effrayées, que lueurs
d'éclairsfulminantspar
'Tecrevements
de flambantes
nuées, avec millions
de tonnerres tonigrondants
sur tous les tons
&intonations des orgues
de Jupin, les pedales ,
pou, dou ,dou
,
dou3
icy cromornes,Ton, ron,
ron ) ron &C cla
,
cla y
cla
,
clacla
,
misericorde
, crioit Panurge; détournez
l'orage, Tonnez
les cloches, mais cloches
ne sonnerent ,car en
avoit pour lors: voilà
tout en feu, voilà tout en
eau, bourasques de vents,
fiflemens horrifiques, ce1
la fait trois élements
dont de chacun , trop a-
Ivioiis n'y avoit que terre
qui nous manquoit,si
non pourtant que fondrieres
marines furent si
profondes,qu'en fin fond
d'abîmes ouverts eût-on
pu voir,harangs sur sable
-&C moruës engravées, or
'-du fio,nd d'iceuxabysmes r
vagues montoient aux
nuës
,
& d'icelles nûës.
fc precipitoient comme
torrents , montagnes
d'eau, foy disant vagues,
desquelles aucunes
tombant sur la nauf, Panurge
, qui de frayeur
extravaguoit, disoit ho
ho ho, quelle pluye estce
cy 5 vit-on jamais
pleuvoir vagues toutes
brandies: helas,helas
be be be be, , je nage, bou
bou bou bou, ha maudit
cordonnier, mes souliers
prennent l'eau par
le colet de mon pourpoint.
Ha que cette boit:
son est amere ! hala,
hola
,
je n'ay plus soif.
Te tairas - tu ?
crioit
Frere Jean, & viens
plustost nous aider à
manouvrer ,
où sont
nos boulingues
,
noftrc
trinquet est avau l'eau,
amis à ces rambades
Enfans, n'abandonnons,
le tirados, à moy, à moy.
Par icy, par la haut ,
par là bas.
Viens donc, Pcanurge,
viens, ventre de solles,
viens donc. Hé! ne jurons
point, disoit piteusement
Panurge, ne ju.
rons aujourd'huy, mais
demain tant que tu voudras
,
il est maintenant
heure de faire voeux,Se
promettre pelerinages :
ha ha
,
ha ha, ho ho
ho , ho, je nage, bou bi,
bou bous, sommes-nous
au fond? Ah je me
meurs! mais viens donc
icy nous aider, crioit
Frere Jean, au lieu de
moribonder,met la main
à l'estaransol
, gare la
pane, hau amure, amure
bas , peste soit du
pleurard qui nous est
nuisible au lieu de nous
aider. Ha! oüy oüy oüy,
reprenoit Panurge,vous
fuis nuisible
, mettezmoy
donc à terre afin
que puissiez à l'aise manouvrer
tout vostre soul-
Or icelle tempeste
ou tourmente, ou tourmentante
,comme voudrez
, commença à prendre
fin à force de durer,
comme toutes choses
mondaines: terre, terre,
cria le Pilote,& jugez
bien quelle jubilation
senfUlVlt
, a quoy prit
la plus forte part le
craintif Panurge, qui
defeendant le premier
sur l'arene,disoit,ôtrois
& quatre fois heureux.
Jardinier qui plante
choux, car au moins a-til
un pied sur terre, &
l'autre n'en est esloigné
que d'un fer de besche.
Or remettons tempeste
d'Homere à la pro- „ chaine mercuriale ainsi
que plusieurs autres bribes
des deux Autheurs
que nous paralelliferons
par maniere de passetemps
Rabelaisien, & -
non dogmatiquement ,
chose que- trop repeter
ne puis ; car pires sourds
n'y a que ceux qui ne
veulent point entendre.
Fermer
Résumé : ARTICLE BURLESQUE. SUITE DU PARALLELE d'Homere & de Rabelais.
L'article compare les œuvres d'Homère et de Rabelais, en soulignant les différences de style et de réception. L'auteur décide de rendre les contes de Rabelais plus accessibles et moins ennuyeux, notamment en retranchant une partie du conte du Cyclope d'Homère pour le rendre moins ennuyeux. Il propose plusieurs paradoxes, comme l'idée que le comique nécessite plus d'étendue d'esprit que le sérieux, et que les œuvres sérieuses excellentes contiennent du comique. L'auteur utilise une métaphore pour comparer la prévention à un taureau furieux et le badinage à une abeille légère qui le pique sans le blesser gravement. Il discute de la difficulté de percevoir le sublime dans les œuvres de Rabelais en raison de leur comique bas. Il cite un exemple de la vraie éloquence dans 'Pantagruel' et le compare à un passage sublime de l'Iliade. Le texte compare également deux descriptions de tempêtes, mettant en avant la tempête de Rubens, celle de Rabelais et la tempête héroïque d'Homère. Il décrit en détail la tempête narrée par Rabelais dans 'Pantagruel'. Cette tempête commence par une mer tranquille et mélancolique, puis se transforme en un chaos de vents, d'éclairs et de vagues monumentales. Les personnages, notamment Panurge et Frère Jean, réagissent avec peur et désespoir, mais aussi avec des tentatives de manœuvre pour sauver le navire. La tempête finit par s'apaiser, apportant un soulagement général, surtout à Panurge, qui exprime sa joie d'avoir enfin un pied sur terre. L'auteur admire la grandeur et la majesté de la poésie d'Homère, qui parvient à impliquer le ciel, la terre et toute la nature dans ses descriptions. Il conclut en quittant le badinage par respect pour Homère. Le texte mentionne la comparaison des tempêtes des deux auteurs comme un passe-temps, sans intention dogmatique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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46
p. 23-26
A MESDAMES DE P. & S. qui demandoient des nouvelles de Paris étant à la campagne.
Début :
Venus ne voyant plus son fils, [...]
Mots clefs :
Paris, Campagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MESDAMES DE P. & S. qui demandoient des nouvelles de Paris étant à la campagne.
MESDAMES DE P.
& S.. qui demandoient des
nouvelles de Paris étant à lé
campagne. VEnus ne voyant plus
son fils,
D'un cruel chagrin devo- rée
Le cherchoit par tout dans
Paris;
Quelqu'un la voyant éploree
Luy dit
:
Charmante Cytherée,
Pour revoir ce fils si cheri,
Ici ton soinestinutile,
Avecl'aimable ***
Pl * a quitte cette Ville,
Tourne tes amoureux oyseaux,
Vole vers ces riches coteaux
D'où l'on voit serpenter la
Seine;
Et par mille ôc mille détours
,
Sur
Sur l'émail d'une vaste
plaine,
Se plaît à repandre son
cours
Dans le fond de quelques
vallées
Où Flore étalle ses attraits,
Et dans les routes reculées
Des plustenreêbretusses Fo-
Prés de ces charmantes
mortelles
Tonfils se plaît à s'arrêter:
Ha! dit Venus, puis-je en
douter ?
Souvent il me quitte pour
elles,
J'enressens un jalouxtranport;
Cependantilfaut me contraindre
Chacun,me sout,ient que
j'ay tort
Si quelquefois j'osem'en
plaindre.
& S.. qui demandoient des
nouvelles de Paris étant à lé
campagne. VEnus ne voyant plus
son fils,
D'un cruel chagrin devo- rée
Le cherchoit par tout dans
Paris;
Quelqu'un la voyant éploree
Luy dit
:
Charmante Cytherée,
Pour revoir ce fils si cheri,
Ici ton soinestinutile,
Avecl'aimable ***
Pl * a quitte cette Ville,
Tourne tes amoureux oyseaux,
Vole vers ces riches coteaux
D'où l'on voit serpenter la
Seine;
Et par mille ôc mille détours
,
Sur
Sur l'émail d'une vaste
plaine,
Se plaît à repandre son
cours
Dans le fond de quelques
vallées
Où Flore étalle ses attraits,
Et dans les routes reculées
Des plustenreêbretusses Fo-
Prés de ces charmantes
mortelles
Tonfils se plaît à s'arrêter:
Ha! dit Venus, puis-je en
douter ?
Souvent il me quitte pour
elles,
J'enressens un jalouxtranport;
Cependantilfaut me contraindre
Chacun,me sout,ient que
j'ay tort
Si quelquefois j'osem'en
plaindre.
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Résumé : A MESDAMES DE P. & S. qui demandoient des nouvelles de Paris étant à la campagne.
Vénus cherche son fils à Paris. Informée qu'il a quitté la ville avec *** Pl * a, elle se dirige vers des coteaux riches et des vallées fleuries. On lui dit que son fils fréquente des mortelles, ce qui la rend jalouse, mais on lui rappelle qu'elle n'a pas à se plaindre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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47
p. 23-48
MORTS.
Début :
Loüis François de Boufflers, Pair & Maréchal de France [...]
Mots clefs :
Roi, Maréchal, Régiment, Maison de Boufflers, Gouverneur, Comte, Armée, Province, Luxembourg, Allemagne, France, Seigneur, Paris, Ville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Loüis François de Bouf-
Hers) Pair & Maréchal de
France, Chevalier Ordres
du Roy & de la Toison
d'Or, Capitaine des Gardes
du Corps,cydevant Colonel
du Regiment des Gardes
Françoises, Grand Bailly ôô
Gouverneur hereduaire de
la Ville de Beauvais & du
Beauvoisis
,
Gouverneur &
LieutenantGeneral des Provinces
de Flandres & de
Haynault, Gouverneur particulier
& Souverain Bailly
des Villes,Citadelle&Châ.
tellenie de Lille de General
desArmées du Roy,mourut
à Fontainebleau le 22. )âgé de Ci. ans sepe
-
mois. Son Corps a este
apporté à Saint Paul où il a
estéinhumé Il estoit né le
dix Janvier 1644. &il commença
à porter les Armes en
qualité de Cadet, dans le
Regiment
Regiment des Gardes o en
1662.. En 1663. &1664.,
il le trouva aux expéditions
de Marsal &deGigery. En
1 666. il fut fait Sous Lieutenant
dans le mêmeRégiment,
& il se distingua l'année
suivante au Sièges de
Tournay
,
de Douay
,
de
Lille ,&de pluficurs autres
Places. En 1668. il servit
d Aide Major au Regiment
des Gardes en 1669 il fut
fait Colonel du Regiment
Royal de Dragons, & l'annéesuivante
il Cervi[:'là: la
teste de ce Regiment à la
Conqueste de la Lorraine
fous Mr le Maréchal de
Crequy. A la mort de Mr
le Comte de Boufflers son
frere aine
,
il eut la Charge
- de Lieutenant General de la
Province de l'Isle de France,
& celle de grand Bailly de
Beauvais donc ce Comte é- toit pourvû. Il servit dans la
guerre de Hollande fous Mr
de Turenne & fous Mr le
Maréchal de Luxembourg
, s'y distingua en plusieurs
occasions, & entrautres au
Combat deWoerden où il
fut bleuet passa en AHeWr
gne sur la fin de l'année
1673. ilfutblessé en1674.
à la Batailled'Ensheim. En
1675.il fut fait Brigadier
de Dragons,&soutint les
efforts des Ennemis à la teste
de l'arriere Garde de l'Armée
lors qu'elle se retira
aprés la mort de Mr de
Turenne. En 1676.ilservit
en Allemagne fous Mr le
Maréchal de Luxembourg.
En 1677. il fut fait Maréchal
de Camp&servit fous
Mr le Maréchal deCrequy.
En 1678. il se trouva aux
Combats de Rhinsfeld ,dç
Seckaigen,6id
bourg, & suc pourvû la
même année de la Charge
de Colonel general de Dragons.
Ilalla l'annéesuivante
en Dauphiné avec un corps
d'armée, & en 1681. il prit
possession de Casal, & la
mêmeannéeilfut faitLieutenant
general. En J68z.
il marcha avec un corps
d'armée vers les Pyrenées
pour obliger la Ville de Fontarabie
defaireauRoy satisfaébon
que Sa Majesté luy
- demandoit.En1683. ilrejpafla
enFlandre ou il servit
sousMr le Miréchal d'Humieres.
En 1684. aprés la
reduction de Luxembourg
il campa surl' Escautavecun
corps de troupes jusques à
laconclusion de la Trêve.
En1685.il passaàBayonne,
& de là dans la Guyenne
pour y commander en
Chef En 1686. il eut le
Gouvernement de la Ville
& Province de Luxembourg - &du Comté de Chini. En
1687.il fut pourvû de celuy
de Lorraine &de la Province
de la Sarre & du Commandement
en Chef des
trois Evêchez & de Sedan,
En 1688. il Commanda
l'Armée d' Allemagne en Chef, prit Keiserloutre
Krutznac J'
,
Worms
,
Oppeinl-
ieini reduisit tout le
Palatinat à l'obeissance du
Roy,& fitentrer des Troupes
dans Mayence. Cette
même année Sa Majesté
l'honora du Collier de ses
Ordres. Il fit plusieurs autres
expeditions les deux
années suivantes
,
& Commanda
l'Armée de la Motets
le. En 1690. il eut lecommandement
en Chef du
Paysd'entre Sambre & la
Mer. Enr6sn.il fut blessé
au Siege de Mons, bombarda
la Ville de Liége ,& fut
fait Colonel des Gardes
Françoises. En 1691. il
investit la Ville de Namur
s'opposa t au Prince d'Orangequi
voulut secourircette
place, se distingua à la
BailledeSteinkerke
,
bombarda
Charleroy & reprit
Furnes que les Ennemis
avoient fortifié. Au commencement
du mois deMars
1693. le Roy l'honora du
Baston deMaréchal de France
,
& de l'Ordre de Saint
Loüis au mois d'Avril suivant.
Il servit cette même
annéeen Allemagne fous
Monseigneur le Dauphin,
& en Flandres l'année suivante
où il fut fait Gouverneur
& Lieutenant general
decette Province & du
Pays conquis. En 1695. il
deffendit la Ville de Namur
pendant plus de deux mois
assi'gée par le Prince d'Orange,
autte sir conduire
à Mastrick, ouil resta15.
jours. A son retour le Roy
érigea sa tetre de Cagny en
Duché fous le nom de Boufflers
en 1695.Il Commanda
l'Armée: du Roy enrre
Sambre& Meuse en 1696.
& en 1697.Le 4. Septembre
1701. il fit élever dans son
Chasteau de Boufflers en
Beauvoisis, la Statuëéquestre
du Roy, la même année
il eut ordre de se re-ndre à Bruxelles pour commander
dans tous les Pays Bas
Espagnols conjointement
avec Mr le Marquis de
Bedmar. En1702.il servit
fous Monseisneur le Duc
de Bourgogne. En 1703. il
commandal'Arméedu Roy
en Flandreconjointement
avec Mr le Maréchal de
Villeroy,& dessit les Hollandois
avec Mrle Marquis
de Bedmar
, au combat
d'Eckeren
; ce sur pour le
recompenser de cette action
que le Roy d'Espagne luy
envoya l'Ordre de la Toison
d'or. Cette même année
le Roy le fit Capitaine
des Gardes du Corps, & il
se démit de celle deColonel
des Gardes Françoises. En
1708. ildeffendit la Ville,
& la Citadelle de Lille d'une
maniere qui luy fit beaucoup
d'honneur, & ce qui
luy fit meriter la dignité de
Pair de France que le Roy
luy donna par Lettres Patentes
registrées le 1 9.
Mars1709. S. M.luy accordaaussi
les grandes entrées
de premier Gentilhomme
de la Chambre,& la survivance
du Gouvernement
de Flandre pour Mr le
Comte de Boufflerssonfils
aîné. La derniere a£tionou
feu Mr le Maréchal de
Boufflers s'est diliinguéa
esté la Bataille de Mdlplaquet
,
où il commandoic
l'aile droire ; il y renver sa
tour ce qui s'opposa à luy ;
mais Mr le Maréchal de
Villars qui commandoic
Jt:e gauch e ayant elle
blesse dangereusement
,
&
ayant en plusieurs de les Of.,
ficiers generaux tuez ,
Mr
le Maréchal de BoufH:rs,
soutintencore long temps
les efforts des ennemis
nonosbtant leur grande fuperiorité,
jusqu'à ce qu'il
jugeait à propos de faire sa
retraitequ'il fit en si bon
ordre que les ennemis n'ose
rent le suivre.
-
La Maison de Boufflers
est des plus anciennes de la
Province de Picardie. Elle
a pris son nom de la Terre
de Boufflers qui est dans le
Ponthieu, & qui a été possedéefans
interruption depuis
1200 ans jusqu'àcejour par
ceux de cette Maison.
JeanBaptisteleFévre de
la Barre, Commandeur, PLC.
vost & Mairre des Ceremonies
de l'Ordre Royal, Militaire
ez Hôpitalier de N0
tre-Damedu Mont Carmel
& deS. Lazare de Jerusslem,
mourut le 17. Aoust âgé de
71. ans. Antoine le Févre
,
Seigneur de la Barre Conseillerau
Parlement; son pere
avoit esté Prevost des Marchands.
Marie de Ligny, qui avoit
épouséle 1 3 Janvier 1677.
Antoine Egon, Prince de
Furstemberg mourut à Paris
le
1 8.Aoust âgé de 55.ans.
EllelaissaN.de Furstemberg
qui épousa le
1 3. Mars
1704. N.. Comte de Lannoy,
& Marie Loüise Maunce,
quiépousa le 10. Janvier
1708. Jean Baptiste
Colbert, Marquis de Seignelay.
Jean Guillemin, Seigneur
de Courchamp,Maistre
des Requestes, mourut le
18. Aoust. Il avoit épouse
Marthe-Clemence de Bailleul
fille & soeeur de Picfi"
dents au Par lement,
Jean Phelypeaux, Conseiller
d'Erat Ordinaire, cidevant
Intendant de Paris,
mourut le 19. Aoust âgé de
6S ans. Il étoit frere de Mr
le Chancclhcjr.
Le P. Charlesde RocllC"
blanche
,
Cordelier
,
Doctenr
de Soi bonne, L(d. ur
en Theologie& ancien Gardien
des Cordelters de Paris
y mourut le 17. Août en sa
6 7 année & en sa 5 o. de
Religion en reputation
d'une grane verru.
Anne
-
Elisabeth
-
David
de Vaux, épouze de François
Joseph de Sevré,Conseiller
au Parlement, mourut le 11.
Aoust âgée de 3 Y. ans.
Marie- Anne- Charlote de
Bourbon,Demoiselle d'Estouteville,
fille de feu Louis
Henry legitimé deBourbon,
Prince de Neufchastel ert
Suisse, & d'Angelique Cunegonde
de Montmorency-
Luxembourg
,
qui étoitnée
le
2. 6. Septembre 1 70 1.
mourut le 23.Aoust. Elle
laisse pour heritiere sa soeur
unique, épouse de Mr le
Duc de Luines.
JeanAubery
,
Marquis de
Vatan
y
Baron de Serricres
&c. Lieutenant de Roy au
Gouvernement d'Orleanois
& Blaisois, mourut le 28.
Aoust âgéde55.ans. Illaisse
des enfans de N. de Bailleut,
soeur de MC de Courchamp
dont on vient de parler.
Elisabeth Sophie Cheron,
de l'Academie Royale de
Peinture & Seul pture, & de
celle des Ricovrati de Padouë,
épouse de Mr le Gay,
Ingénieur ordin aire duRoy,
mourut le 4. Septembre.
Marie - Madelaine du
Moncel de Martinrast, veuve
de Georges de Scudery
,
Gouverneur de N. Dame de
la Garde, mourut le 6. Septembre
,
âgé de 90. ans. J.:rofme de Sainte Beuve,
Prieur de S Jean de Moncoriolo
, mourut aussi le 6.
Septembre. Il étoit frere de
feu Mr de S. Beuve, Docteur
de Sorbonne
,
& fort
connu de tous lesSçavans.
Marie du Clos, mourut
à Falaise
,
sur la fin du
mois d'Aoust dans sa centneuviéme
année.
Henry Colbert de Maulevrier
,Chevalier de Malthe,
Lieutenant General des
Armées du Roy,mourut à
Cambray le 15.Aoust âgé
de 34 ans. Il y avoir17 ans
qu'il servoit avec cette francjiç,
yalc fitnalurejle au1
sang des Colberts. Il fut
blessé dangereusement i en 7 1695. au siege de Namur,
où Mr le Marquis de Maulevrier
son frere aîné fut
tué. Le Roy luy donna son
Regiment, qui suc envoyé
en Italie en 170 1. où il son:
signalétantque la guerre y
a duré. Il passa ensuite en
Espagne où il servit fous
Monsieur le Ducd'Or leans;
il se distingua particulierement
au siege de Lcrida. Il
a exercé la Charged'Inspecteur
general d'Infanterie
pendant sixannéesavectougc
l'exactitude & la probité
que demande cet employé
Aussi Mr le Chevalier de
Maulevrier possedoit il toutes
les qualitez du plus excellent
Officier general & celles
du plus parfait honnestehomme
Ilest generalement
regretté des gens de guetre
& de tous ceux qui le connoissoient.
Il estoit fils de
feu Mr le Comte de Maulevrier
,
Lieutenant general o des Armées du Roy ,Chelier
de se, Ordres, Gouverneur
de Tournay
)
frere de
feu MrColbert.
Guillaume de Bautru ,, Comte de Serrant, ci- devant
Chancelier de feuëSon
A. R. Monsieur, Frere unique
du Roy,estmort à Serrant
en Anjou, âgé de 9y.
ans. Il estoit filsdeGuillaume
Bautru, Introducteur
des Ambassadeurs, Envoyé
du Royen diverses Cours,
& de l'Academie Françoise.
Mylord Jean Caryll, Baron
de Dunford en Angleterre,
Ministre & Secretaire
d'Etat du Roy de la grande
Bretagne
,
&Secretaire des
Commandemens de la Reine,
est mort à S. Germain
en Laye âgé de 94. ans. Il
s'estoit. toujoursdistingué
par sa pieté, par sa capacité,
par son attachement à fOQ
legitime Souverain, & par
sa charité envers les Pauvres.
Anne GeneviéveMartineau
épouse de François-
Fcrrand
,
Seigneur de Villemilan
,Maistre des Requêtes
&. Intendant en Bretagne,
mourut le 15. Septembre
âgée de 4 5. ans,laissant
unefille unique.
Marie-Reinede Monc.
chal, veuve de Charles- Honoré
Barentin, Seigneur
d'Hardivillers,&c.Maistre
des Requestes
, mourut le
16. Septembre âgée de 27
ans, laissant posterité.
Loüis François de Bouf-
Hers) Pair & Maréchal de
France, Chevalier Ordres
du Roy & de la Toison
d'Or, Capitaine des Gardes
du Corps,cydevant Colonel
du Regiment des Gardes
Françoises, Grand Bailly ôô
Gouverneur hereduaire de
la Ville de Beauvais & du
Beauvoisis
,
Gouverneur &
LieutenantGeneral des Provinces
de Flandres & de
Haynault, Gouverneur particulier
& Souverain Bailly
des Villes,Citadelle&Châ.
tellenie de Lille de General
desArmées du Roy,mourut
à Fontainebleau le 22. )âgé de Ci. ans sepe
-
mois. Son Corps a este
apporté à Saint Paul où il a
estéinhumé Il estoit né le
dix Janvier 1644. &il commença
à porter les Armes en
qualité de Cadet, dans le
Regiment
Regiment des Gardes o en
1662.. En 1663. &1664.,
il le trouva aux expéditions
de Marsal &deGigery. En
1 666. il fut fait Sous Lieutenant
dans le mêmeRégiment,
& il se distingua l'année
suivante au Sièges de
Tournay
,
de Douay
,
de
Lille ,&de pluficurs autres
Places. En 1668. il servit
d Aide Major au Regiment
des Gardes en 1669 il fut
fait Colonel du Regiment
Royal de Dragons, & l'annéesuivante
il Cervi[:'là: la
teste de ce Regiment à la
Conqueste de la Lorraine
fous Mr le Maréchal de
Crequy. A la mort de Mr
le Comte de Boufflers son
frere aine
,
il eut la Charge
- de Lieutenant General de la
Province de l'Isle de France,
& celle de grand Bailly de
Beauvais donc ce Comte é- toit pourvû. Il servit dans la
guerre de Hollande fous Mr
de Turenne & fous Mr le
Maréchal de Luxembourg
, s'y distingua en plusieurs
occasions, & entrautres au
Combat deWoerden où il
fut bleuet passa en AHeWr
gne sur la fin de l'année
1673. ilfutblessé en1674.
à la Batailled'Ensheim. En
1675.il fut fait Brigadier
de Dragons,&soutint les
efforts des Ennemis à la teste
de l'arriere Garde de l'Armée
lors qu'elle se retira
aprés la mort de Mr de
Turenne. En 1676.ilservit
en Allemagne fous Mr le
Maréchal de Luxembourg.
En 1677. il fut fait Maréchal
de Camp&servit fous
Mr le Maréchal deCrequy.
En 1678. il se trouva aux
Combats de Rhinsfeld ,dç
Seckaigen,6id
bourg, & suc pourvû la
même année de la Charge
de Colonel general de Dragons.
Ilalla l'annéesuivante
en Dauphiné avec un corps
d'armée, & en 1681. il prit
possession de Casal, & la
mêmeannéeilfut faitLieutenant
general. En J68z.
il marcha avec un corps
d'armée vers les Pyrenées
pour obliger la Ville de Fontarabie
defaireauRoy satisfaébon
que Sa Majesté luy
- demandoit.En1683. ilrejpafla
enFlandre ou il servit
sousMr le Miréchal d'Humieres.
En 1684. aprés la
reduction de Luxembourg
il campa surl' Escautavecun
corps de troupes jusques à
laconclusion de la Trêve.
En1685.il passaàBayonne,
& de là dans la Guyenne
pour y commander en
Chef En 1686. il eut le
Gouvernement de la Ville
& Province de Luxembourg - &du Comté de Chini. En
1687.il fut pourvû de celuy
de Lorraine &de la Province
de la Sarre & du Commandement
en Chef des
trois Evêchez & de Sedan,
En 1688. il Commanda
l'Armée d' Allemagne en Chef, prit Keiserloutre
Krutznac J'
,
Worms
,
Oppeinl-
ieini reduisit tout le
Palatinat à l'obeissance du
Roy,& fitentrer des Troupes
dans Mayence. Cette
même année Sa Majesté
l'honora du Collier de ses
Ordres. Il fit plusieurs autres
expeditions les deux
années suivantes
,
& Commanda
l'Armée de la Motets
le. En 1690. il eut lecommandement
en Chef du
Paysd'entre Sambre & la
Mer. Enr6sn.il fut blessé
au Siege de Mons, bombarda
la Ville de Liége ,& fut
fait Colonel des Gardes
Françoises. En 1691. il
investit la Ville de Namur
s'opposa t au Prince d'Orangequi
voulut secourircette
place, se distingua à la
BailledeSteinkerke
,
bombarda
Charleroy & reprit
Furnes que les Ennemis
avoient fortifié. Au commencement
du mois deMars
1693. le Roy l'honora du
Baston deMaréchal de France
,
& de l'Ordre de Saint
Loüis au mois d'Avril suivant.
Il servit cette même
annéeen Allemagne fous
Monseigneur le Dauphin,
& en Flandres l'année suivante
où il fut fait Gouverneur
& Lieutenant general
decette Province & du
Pays conquis. En 1695. il
deffendit la Ville de Namur
pendant plus de deux mois
assi'gée par le Prince d'Orange,
autte sir conduire
à Mastrick, ouil resta15.
jours. A son retour le Roy
érigea sa tetre de Cagny en
Duché fous le nom de Boufflers
en 1695.Il Commanda
l'Armée: du Roy enrre
Sambre& Meuse en 1696.
& en 1697.Le 4. Septembre
1701. il fit élever dans son
Chasteau de Boufflers en
Beauvoisis, la Statuëéquestre
du Roy, la même année
il eut ordre de se re-ndre à Bruxelles pour commander
dans tous les Pays Bas
Espagnols conjointement
avec Mr le Marquis de
Bedmar. En1702.il servit
fous Monseisneur le Duc
de Bourgogne. En 1703. il
commandal'Arméedu Roy
en Flandreconjointement
avec Mr le Maréchal de
Villeroy,& dessit les Hollandois
avec Mrle Marquis
de Bedmar
, au combat
d'Eckeren
; ce sur pour le
recompenser de cette action
que le Roy d'Espagne luy
envoya l'Ordre de la Toison
d'or. Cette même année
le Roy le fit Capitaine
des Gardes du Corps, & il
se démit de celle deColonel
des Gardes Françoises. En
1708. ildeffendit la Ville,
& la Citadelle de Lille d'une
maniere qui luy fit beaucoup
d'honneur, & ce qui
luy fit meriter la dignité de
Pair de France que le Roy
luy donna par Lettres Patentes
registrées le 1 9.
Mars1709. S. M.luy accordaaussi
les grandes entrées
de premier Gentilhomme
de la Chambre,& la survivance
du Gouvernement
de Flandre pour Mr le
Comte de Boufflerssonfils
aîné. La derniere a£tionou
feu Mr le Maréchal de
Boufflers s'est diliinguéa
esté la Bataille de Mdlplaquet
,
où il commandoic
l'aile droire ; il y renver sa
tour ce qui s'opposa à luy ;
mais Mr le Maréchal de
Villars qui commandoic
Jt:e gauch e ayant elle
blesse dangereusement
,
&
ayant en plusieurs de les Of.,
ficiers generaux tuez ,
Mr
le Maréchal de BoufH:rs,
soutintencore long temps
les efforts des ennemis
nonosbtant leur grande fuperiorité,
jusqu'à ce qu'il
jugeait à propos de faire sa
retraitequ'il fit en si bon
ordre que les ennemis n'ose
rent le suivre.
-
La Maison de Boufflers
est des plus anciennes de la
Province de Picardie. Elle
a pris son nom de la Terre
de Boufflers qui est dans le
Ponthieu, & qui a été possedéefans
interruption depuis
1200 ans jusqu'àcejour par
ceux de cette Maison.
JeanBaptisteleFévre de
la Barre, Commandeur, PLC.
vost & Mairre des Ceremonies
de l'Ordre Royal, Militaire
ez Hôpitalier de N0
tre-Damedu Mont Carmel
& deS. Lazare de Jerusslem,
mourut le 17. Aoust âgé de
71. ans. Antoine le Févre
,
Seigneur de la Barre Conseillerau
Parlement; son pere
avoit esté Prevost des Marchands.
Marie de Ligny, qui avoit
épouséle 1 3 Janvier 1677.
Antoine Egon, Prince de
Furstemberg mourut à Paris
le
1 8.Aoust âgé de 55.ans.
EllelaissaN.de Furstemberg
qui épousa le
1 3. Mars
1704. N.. Comte de Lannoy,
& Marie Loüise Maunce,
quiépousa le 10. Janvier
1708. Jean Baptiste
Colbert, Marquis de Seignelay.
Jean Guillemin, Seigneur
de Courchamp,Maistre
des Requestes, mourut le
18. Aoust. Il avoit épouse
Marthe-Clemence de Bailleul
fille & soeeur de Picfi"
dents au Par lement,
Jean Phelypeaux, Conseiller
d'Erat Ordinaire, cidevant
Intendant de Paris,
mourut le 19. Aoust âgé de
6S ans. Il étoit frere de Mr
le Chancclhcjr.
Le P. Charlesde RocllC"
blanche
,
Cordelier
,
Doctenr
de Soi bonne, L(d. ur
en Theologie& ancien Gardien
des Cordelters de Paris
y mourut le 17. Août en sa
6 7 année & en sa 5 o. de
Religion en reputation
d'une grane verru.
Anne
-
Elisabeth
-
David
de Vaux, épouze de François
Joseph de Sevré,Conseiller
au Parlement, mourut le 11.
Aoust âgée de 3 Y. ans.
Marie- Anne- Charlote de
Bourbon,Demoiselle d'Estouteville,
fille de feu Louis
Henry legitimé deBourbon,
Prince de Neufchastel ert
Suisse, & d'Angelique Cunegonde
de Montmorency-
Luxembourg
,
qui étoitnée
le
2. 6. Septembre 1 70 1.
mourut le 23.Aoust. Elle
laisse pour heritiere sa soeur
unique, épouse de Mr le
Duc de Luines.
JeanAubery
,
Marquis de
Vatan
y
Baron de Serricres
&c. Lieutenant de Roy au
Gouvernement d'Orleanois
& Blaisois, mourut le 28.
Aoust âgéde55.ans. Illaisse
des enfans de N. de Bailleut,
soeur de MC de Courchamp
dont on vient de parler.
Elisabeth Sophie Cheron,
de l'Academie Royale de
Peinture & Seul pture, & de
celle des Ricovrati de Padouë,
épouse de Mr le Gay,
Ingénieur ordin aire duRoy,
mourut le 4. Septembre.
Marie - Madelaine du
Moncel de Martinrast, veuve
de Georges de Scudery
,
Gouverneur de N. Dame de
la Garde, mourut le 6. Septembre
,
âgé de 90. ans. J.:rofme de Sainte Beuve,
Prieur de S Jean de Moncoriolo
, mourut aussi le 6.
Septembre. Il étoit frere de
feu Mr de S. Beuve, Docteur
de Sorbonne
,
& fort
connu de tous lesSçavans.
Marie du Clos, mourut
à Falaise
,
sur la fin du
mois d'Aoust dans sa centneuviéme
année.
Henry Colbert de Maulevrier
,Chevalier de Malthe,
Lieutenant General des
Armées du Roy,mourut à
Cambray le 15.Aoust âgé
de 34 ans. Il y avoir17 ans
qu'il servoit avec cette francjiç,
yalc fitnalurejle au1
sang des Colberts. Il fut
blessé dangereusement i en 7 1695. au siege de Namur,
où Mr le Marquis de Maulevrier
son frere aîné fut
tué. Le Roy luy donna son
Regiment, qui suc envoyé
en Italie en 170 1. où il son:
signalétantque la guerre y
a duré. Il passa ensuite en
Espagne où il servit fous
Monsieur le Ducd'Or leans;
il se distingua particulierement
au siege de Lcrida. Il
a exercé la Charged'Inspecteur
general d'Infanterie
pendant sixannéesavectougc
l'exactitude & la probité
que demande cet employé
Aussi Mr le Chevalier de
Maulevrier possedoit il toutes
les qualitez du plus excellent
Officier general & celles
du plus parfait honnestehomme
Ilest generalement
regretté des gens de guetre
& de tous ceux qui le connoissoient.
Il estoit fils de
feu Mr le Comte de Maulevrier
,
Lieutenant general o des Armées du Roy ,Chelier
de se, Ordres, Gouverneur
de Tournay
)
frere de
feu MrColbert.
Guillaume de Bautru ,, Comte de Serrant, ci- devant
Chancelier de feuëSon
A. R. Monsieur, Frere unique
du Roy,estmort à Serrant
en Anjou, âgé de 9y.
ans. Il estoit filsdeGuillaume
Bautru, Introducteur
des Ambassadeurs, Envoyé
du Royen diverses Cours,
& de l'Academie Françoise.
Mylord Jean Caryll, Baron
de Dunford en Angleterre,
Ministre & Secretaire
d'Etat du Roy de la grande
Bretagne
,
&Secretaire des
Commandemens de la Reine,
est mort à S. Germain
en Laye âgé de 94. ans. Il
s'estoit. toujoursdistingué
par sa pieté, par sa capacité,
par son attachement à fOQ
legitime Souverain, & par
sa charité envers les Pauvres.
Anne GeneviéveMartineau
épouse de François-
Fcrrand
,
Seigneur de Villemilan
,Maistre des Requêtes
&. Intendant en Bretagne,
mourut le 15. Septembre
âgée de 4 5. ans,laissant
unefille unique.
Marie-Reinede Monc.
chal, veuve de Charles- Honoré
Barentin, Seigneur
d'Hardivillers,&c.Maistre
des Requestes
, mourut le
16. Septembre âgée de 27
ans, laissant posterité.
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Résumé : MORTS.
Louis François de Boufflers, Pair et Maréchal de France, naquit le 10 janvier 1644. Il débuta sa carrière militaire en 1662 au sein du Régiment des Gardes Françaises et se distingua lors des sièges de Tournay, Douay et Lille en 1667. En 1668, il fut nommé Aide-Major et, en 1669, Colonel du Régiment Royal de Dragons. Il servit sous divers maréchaux, tels que Turenne et Luxembourg, et fut blessé à plusieurs reprises, notamment à la bataille d'Ensheim en 1674. Sa carrière ascensionnelle se poursuivit avec les promotions de Brigadier de Dragons en 1675, Maréchal de Camp en 1677 et Lieutenant Général en 1681. Il participa à de nombreuses campagnes en Allemagne, Flandre et Dauphiné. En 1690, il reçut le commandement en chef du Pays d'entre Sambre et Meuse et fut promu Maréchal de France en 1693. Il continua de servir dans diverses provinces et fut récompensé par le roi d'Espagne avec l'Ordre de la Toison d'Or en 1703. En 1708, il défendit Lille avec honneur et reçut la dignité de Pair de France en 1709. Sa dernière action notable fut la bataille de Malplaquet en 1709, où il commanda l'aile droite. La Maison de Boufflers est l'une des plus anciennes de Picardie, possédant la Terre de Boufflers depuis 1200 ans. Le texte mentionne également le décès de plusieurs autres personnalités, dont Jean-Baptiste Le Fèvre de la Barre, Antoine Le Fèvre, Antoine Egon, Prince de Furstemberg, et plusieurs autres nobles et ecclésiastiques.
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48
p. 114-119
Dernieres Nouvelles de divers endroits, [titre d'après la table]
Début :
De Madrid le 9. Novembre. On fait icy de grands [...]
Mots clefs :
Paris, Versailles, Roi, Londres, Madrid
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texteReconnaissance textuelle : Dernieres Nouvelles de divers endroits, [titre d'après la table]
De Madrid le 9. A/ovtimbre.
On fait icy de grands
preparatifs pour la reception
de leurs Majestez Catholiques
: les Rejoüissances
feront d'autant plus grandes,
qu'on a des assurances
certaines que la Reine est
grossedetrois mois. On
travaille à la construction
de quatre Chateaux de Feux
d'Artifice, devant le Palais
& devant l' Hotel deVille,
& les Orphevres commencent
à établir dansla rue
de la Plateria, ce qu'ils otoc
de plus precieux en Argenterie
& en Pierreries.
Le Roy a nommé trois
Plenipotentiaires pour assister
aux Negociations de la
Paix.
-
Les Gallions sont arrivez
heureusement.
De Londres le 10. Novembre.
Le Comte deGallatsch,
Envoyé de la Cour de
Vienne a eu ordre de la
Reine Anne de sortirincessamment
d'A ngleterre, sa
conduite étant suspecte:
cet ordreluy a estésignifié
par le Chevalier Cotterel
Maistre des Ceremonies,
aprésavoircité averty par
le Comte de Darmouth de
ne se presenter plus devant
la Reine.
,- De Paris le 28. Novembre
Un Courier depêché par
par Mr de Vendosme, a
raportéque leDucd'Argyle
avoir reçu ordre de la Reine
Anne demettre en quartier
les Troupes. Angloises -%.
celles qui font à la solde de
la Couronne d'Angleterre,
& de n'agir offensivement
ru deffensivement.
Les bruits que les étrangers
avoient fait répandre
que le Roy avoit envoyé
des ordres dans tous les
Ports de France de n'en
laisser sortir qu'aprés la
conclusion de la Paix, aucuns
Vaisseaux Anglois qui
y feroient venus avec pafse
port de Sa Majesté
Yquant
me smeils feroient
chargez, n'avoit aucun
fondement; au contraire
Sa Majesté a renouvelle
ses ordres dans tous les
Portspour donner aux
VaisseauxAnglois toute
l'assurance & la protection
possible.
De Versailles le 17.
Novembre,
Il est arrivé ce marin un
Courier du Comte de Strafort,
qui à raporté que les
Etats Generaux avoient envoyé
des Passeports à la
Reine Anne pour nos
Pleniporentiares, & qu'ils
luy laissoient le choix du
lieu pour les Conferences..
Le Roy a nommé Mr
l'Abbé de Pomponne Concilier
d'Etatd'Eglise à la
place de feu Mr I'Àich-cvccque
de Reims.
De Paris le 30. Novembre.
Il y a eu plusieursactions
entres les Armées de Catalogne
au desavantage des
Ennemis. On en donnera
le détail le mois prochain,
ainsi que detoutes les autres
nouvelles importantes
On fait icy de grands
preparatifs pour la reception
de leurs Majestez Catholiques
: les Rejoüissances
feront d'autant plus grandes,
qu'on a des assurances
certaines que la Reine est
grossedetrois mois. On
travaille à la construction
de quatre Chateaux de Feux
d'Artifice, devant le Palais
& devant l' Hotel deVille,
& les Orphevres commencent
à établir dansla rue
de la Plateria, ce qu'ils otoc
de plus precieux en Argenterie
& en Pierreries.
Le Roy a nommé trois
Plenipotentiaires pour assister
aux Negociations de la
Paix.
-
Les Gallions sont arrivez
heureusement.
De Londres le 10. Novembre.
Le Comte deGallatsch,
Envoyé de la Cour de
Vienne a eu ordre de la
Reine Anne de sortirincessamment
d'A ngleterre, sa
conduite étant suspecte:
cet ordreluy a estésignifié
par le Chevalier Cotterel
Maistre des Ceremonies,
aprésavoircité averty par
le Comte de Darmouth de
ne se presenter plus devant
la Reine.
,- De Paris le 28. Novembre
Un Courier depêché par
par Mr de Vendosme, a
raportéque leDucd'Argyle
avoir reçu ordre de la Reine
Anne demettre en quartier
les Troupes. Angloises -%.
celles qui font à la solde de
la Couronne d'Angleterre,
& de n'agir offensivement
ru deffensivement.
Les bruits que les étrangers
avoient fait répandre
que le Roy avoit envoyé
des ordres dans tous les
Ports de France de n'en
laisser sortir qu'aprés la
conclusion de la Paix, aucuns
Vaisseaux Anglois qui
y feroient venus avec pafse
port de Sa Majesté
Yquant
me smeils feroient
chargez, n'avoit aucun
fondement; au contraire
Sa Majesté a renouvelle
ses ordres dans tous les
Portspour donner aux
VaisseauxAnglois toute
l'assurance & la protection
possible.
De Versailles le 17.
Novembre,
Il est arrivé ce marin un
Courier du Comte de Strafort,
qui à raporté que les
Etats Generaux avoient envoyé
des Passeports à la
Reine Anne pour nos
Pleniporentiares, & qu'ils
luy laissoient le choix du
lieu pour les Conferences..
Le Roy a nommé Mr
l'Abbé de Pomponne Concilier
d'Etatd'Eglise à la
place de feu Mr I'Àich-cvccque
de Reims.
De Paris le 30. Novembre.
Il y a eu plusieursactions
entres les Armées de Catalogne
au desavantage des
Ennemis. On en donnera
le détail le mois prochain,
ainsi que detoutes les autres
nouvelles importantes
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Résumé : Dernieres Nouvelles de divers endroits, [titre d'après la table]
À Madrid, le 9 octobre, des préparatifs sont en cours pour accueillir les souverains espagnols, amplifiés par la grossesse de la reine. Des châteaux de feux d'artifice sont construits et des orphelins exposent des objets précieux. Le roi a nommé trois plénipotentiaires pour les négociations de paix et les galions sont arrivés sans incident. À Londres, le 10 novembre, le comte de Gallatsch a été ordonné de quitter l'Angleterre en raison de sa conduite suspecte. À Paris, le 28 novembre, le duc d'Argyle a reçu l'ordre de mettre en quartier les troupes anglaises. Les rumeurs sur l'interdiction des ports aux vaisseaux anglais sont infondées, le roi assurant leur protection. À Versailles, le 17 novembre, les États généraux ont envoyé des passeports à la reine Anne pour les plénipotentiaires français. Le roi a nommé l'abbé de Pomponne conciliateur d'État d'Église. Le 30 novembre à Paris, des actions militaires ont eu lieu en Catalogne au désavantage des ennemis, avec des détails à venir.
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49
p. 49-97
Discours nouveau sur l'origine, la Genealogie, & la Maison de Montmorency.
Début :
Tout le monde est persuadé de l'antiquité de l'illustre [...]
Mots clefs :
Généalogie, Maison de Montmorency, Noces, Origine, Alliances, France, Angleterre, Duc, Comte, Roi, Femme, Duchesse, Empereur, Branches, Armes, Mémoire, Paris, Royaume, Europe, Occident, Église, Guerre, Honneur, Seigneurs de Montmorency
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texteReconnaissance textuelle : Discours nouveau sur l'origine, la Genealogie, & la Maison de Montmorency.
Discours nouveausur ïoriginey
1-t Genealogie, &la mal4
son de Montmorency. -% Tout le monde est persuadédel'antiquité
de l'illustre
Maison de Montmorency,&
personne ne
doute qu'elle ne soit une
des plus anciennes du
Royaume , la qualité de
premiersBarons Chrétiens
en France, avec lecry de
Guerre (Dieu aide au premier
Chrestien ) en marque la
grande antiquité. Mais la
révolution des siecles passez
a fait perdre les vieux
Titres
,
la negligence des
Historiens en dérobent
la memoire, & il est mal
aisé de sçavoir la verité de
son origine.
Celuy auquel nous avons
obligation de la connoissance
de cette Maison est
le fameux André Duchesne
qui par ses soins nous a
laisse dans un gros volume
toute sa posterité depuis
Bouchard I. qui vivoit en jj -' 954. maisil ne s'est pas embarrassé
de rapporter ceux
qui l'ont precedé
,
n'en
:t
ayant point trouvé de
preuves certaines; il rapporte
feulement ce que
d'anciens Autheurs ont dit
des premiers Seigneursde
Montmorency.
Ildit qu'il se trouve dans lapartiedes Gaules qu'on
appelle France deux insignes
commencemens de
conversion ; la premiere
par saint Denis premier
Evesque de Paris, qui a1 procuré la conversion des Gauloisla seconde saint par Remy, Archevesque
de Paris, qui convertit les
François; ces deux conversions
sont cause de deux
opinions touchant l'Autheur
d'une si nobleextraétion.
La premiere
, que LisbiusChevalierdune
tresgrande
Noblesse & d'autorité
parmy les Parisiens
estoit Seigneur de Mont-,
morency proche de cette
Ville, & fut le premier des
Gaulois qui embrassa la
Religion Chrestienne à la
prédication de saint Denis
vers l'an centième de nostre
Redemption, supposé
que ce fut saint Denis
l'Areopagite qui avoir esté
converty par saint Paul
Apostre : mais si l'on fuie
le sentiment de Gregoire
de Tours qui rapporte l'arrivée
de saint Denis dans
les Gaules sousle Coniulac
de Decius & de Gratus, la
conversion de Lisbius ne
pourroit estre que vers l'an
tJ3*
La seconde opinion qui
est de Robert Cenal, Evesque
d'Avranches, au premier
Livre de ses Remarques
Gau loises, & de Claude
Fauchée, au second Livre
de ses AntiquitézFrançoisesdisent
i que ce luy
qui a donné origine à la
Maison de Montmorency
nefutpas lefameux Gaulois
Lisbius,maisun Grand
Baron François nomme
Lisoie (lequel quand Clovis
premier Roy Chrestien
de France, fut baptisé par
saint Remy à Rheims en
499. ) fut le premier des
Seigneurs de sa suite
,
qui
se jetta dans la Cuve des
Fonds après luy
, en memoire
dequoy ses descendansmasles
ontestéhonorez
du titre de premiers
Barons Chrestiens deFrance
,
& ont tousjours eu depuis
pour cry de Guerre ,
Dieu aide au premier Chressien.
Quoy qu'il en soit, on
ne peut douter que les
deux qualitez qui ont tousjours
esté dans cetts illustre
Maison
,
de premier
Chrestien
, & de premier
Baron Chrestien en France,
n'ayent une origine
tres ancienne, &tr.--s illustre,
qui marque que les
anciens Seigneurs de
Montmorency eftoienc
des plus puissants du Royaume
: mais comme la
succession depuis Lisbius,
ou de Lisoie,n'apû se conserver
jusques à nous ,
il
faut s'en tenir à ce que
nous avons de plus asseuré,
& suivre ce qu'en a efcric
Duchesne auquel je renvoye
le Lecteur, qui commence
l'histoire de cette
Maison à Bouchard premier
, comme j'ay dit cydevant,
& quinous a donné
la suite desa posterité,
qui est rapportée dans la
Carte Chronologique de
cette Maison
, par MonsieurChevillard
qui donne
à ce Bouchard premier
un pere , un ayeul,
& un bisayeul
, que Duchesne
ne rapporte pas
mais les ayant trouvez
dans un autheur
)
il les a
rapportez pour faire connoistre
les alliances illustres
qu'ils avoient contractées,
puisque Jean Seigneur
de Montmorency pere de
Bouchard premier, qui vivoit
en 940. avoit épousé
Jeanne fille de Berenger
Comte de Beauvais, fils
d'AdolpheComte de Vermandois
, Everard Sei- j
gneur de Montmorency,
qui vivoit en 892. pere de
Jean & ayeul de Bouchard
premier, épousa Brunelle
fille deGaultier Comte de
Namur, & Leuto ou Leutard
Seigneur de Montmorency
qui vivoit en 845.
avoir épousé Everarde fille
d'un Comte de Ponchieu,
ce Leuto estoit pere d'Everard
& bisayeul de Bouchard
premier, c'est à luyqu'il
commence cet arbre
genealogique, afin defaire
connoistre les trois divers
changements qu'il y
a eus dans les Armes de la
Maison de Montmorency.
Ceux de cette Maison
avoient pris d'abord pour
leurs Armes, comme premiers
Chrestiens, d'or à la
croix de gueules;Bouchard
premier la cantonna de
quatre aiglettes ou allerions
d'azur, pour conservet
la memoire de quatre
Enseignes Impériales prises
à la victoire qu'il remporta
sur l'armée de tEmpereur
Othon II. Matthieu
II. dit le Grand, augmenta
les quatre allerions
de douze autres, en mémoire
de douze autres Enfeignes
Imperiales qui furent
prises à la bataille de
Bouvines sur l'Empereur
OthonIV. en1214 Ainsi
depuis ce temps- là les Seigneurs
de Montmorency
ont tousjours porté d'or à
la croix de gueules, cantonnée
de seize allerions
d'azur; & comme cette
Maison a formé quantité
de branches, ils ont brifé
leurs Armes differemment,
comme on le voit dans la
Carte genealogique, mais
à present comme labranche
aisnéeest éteinteenla
personne de Philippe de
Moutmorency Seigneur
de Nivelle, ôc Comte de
Horne décapité en 1^8.
auquel la branche de Fosfeux
a succedéàl'aisnesse,
toutes les autres branches
des Seigneurs de certe
Maison ont quitté leurs
brisures, & ont retenu les
Armes pleinesqu'ils portent
presentement.
La Maison de Montmorency
s'est separée en
quantité de branches, il y
en a eu plusieurs anciennes
qui font éteintes, mais
elle a conservé son nom
jusqu'à aujourd'huy, par la
succession de la branche
aisnée,dans plusieurs branches
qui subsistent,& quoy
qu'il paroisse de grandes
branches sorties de Mathieu
II. dit le Grand, Seigneur
de Montmorency
il n'y , a eu que la posterité
de son filsaisné Bouc hard
VI. qui ait retenule nom
de Montmorency, parce
que ion fils cadet Guyde
Montmorency fut Seigneur
de Laval, qui comme
heritier desa mereEme
de Laval, sortie d'une tres
noble & tres illustre Maison,
en atransmis le nom
à ses Descendans qui le retiennent
encore aujourd'huy,
ayant retenu les Armes
de Montmorency
,
la
Croix chargée de cinq coquilles
d'argent pour brisure,
comme cadets de sa
Maison.
Quant aux honneurs de
cette Maison, on ne peut
disconvenir qu'elle est des
plus illustrées
, tant dans
les alliances qu'ils ont contractées,
que dans les charges
qu'ils ont possedées,
les honneursqu'ils onteus
par leurs alliances, les font
toucher de près à tout ce
qu'il y a eu de Testes couronnées
dans l'Europe, &
pour le faire connoistre il
faut distinguer ses alliances
en trois manieres. Premierement
,
dans son ancienneté
: Secondement,
depuis
depuis la separation de ses
deux Branches, les Alliances
que celle de la Branche
de Montmorency a contractées
:
Troisiémement,
celle que la Branche de Laval
aeuës. Premierement, les Alliances
qu'ils ont eues anciennement
sont trcs considerables
puisque la premiere
qui estrapportée par
Duchesneestl'épouse qu'il
donne à Bouchard I.Elle
se nommoit Hildegarde,
& estoit fille de Thibaud I.
Comte de Chartres & de
de Bipis,ôc de Ledegarde
de Vermandois. Elle avoit
pour frere Eudes I. Comte
de Chartres & de Blois,
pere de Eudes II. Comte
de Champagne, duquel
sont forcis tous les Comtes
de Champagne; & pour
soeur Emme,femme de
GuillaumeIII. Duc de
Guyenne
, mere de Guillaume
IV. Ducde Guyenne
,
élu Roy d'Italie
, &
Empereur des Romains
duquel sont desçendus les,
Ducs deGuyenne,&Agnés
femme de l'Empereur
Henry III.
-
Hildegarde avoit pour
alliances du costé de sa
mere Ledgarde de Vermandois,
qui estoit fille de
Herbert II. Comte de Vermandois,&
d'une soeur de
Hugues le Grand, Duc de
France
,
& Comte de Paris
, pere du Roy Hugues
Capet; & aussi soeur d'Emme
,
Reine de France,
femme de Raoul, Duc de
Bourgogne, & Roy de
France, si bien qu'elle estoit
cousine du second au
troisiéme degré du Roy
Hugues Capec
,
chef de la
n'oineme Race des Rois
de France qui subsiste aujourd'huy.
Mathieu I. Seigneur de
Montmorency, Connestable
de France, épousa Aline
,
fille de Henry I. Roy
d'Angleterre, &en fecondes
nôces il épousa Alix de
Savoye
, veuve du Roy
Loüis VI. dit le Gros, mere
duRoy Loüis le Jeune, si
bien qu'il avoit l'honneur
d'estre beaupere du Roy
pour lors regnant.
BouchardV.s'alliaavec
Laurence, fille de Baudoüin,
Comte deHainaut,
descendu par les Comtes
de Flandres, de l'Empereur
Charlemagne; elle
estoit tante de BaudoüinV.
Comte de Flandres
, &
Empereur de Constantinople
,
d'Isabeau de Hainaut
,
Epouse du Roy de
France Philippe-Auguste,
& d'Ioland de Hainaut
Impératrice de Constanti-,
nople, femme de Pierre
de Courtenay, auquel elle
porta la Couronne
@
Imperiale.
Matthieu II. avoit épouse
en premières noces Gertrude
de Néelle
,
fille de Thomas Chastelain de ,
Bruges en Flandres
, &
d'une soeur d'Yves, Comte
de Soissons
,
Seigneur de
Néelle.C'estde cetteDame
quetoute la Maison de
Montmorency d'aujourd'huy
descend, parce que
Matthieu II épousa en secondes
noces Emme de
Laval qui luy donna pour
fils Guy de Montmorency,
Seigneur de Laval, comme
jelediray cy-aprés ; cette
Dame estoit soeur aisnée
d'Isabeau de Laval, femme
de Bouchard VI.Seigneur
de Montmorency, fils aisné
du premier lit de Mathieu
IL ainsi l'on peut dire
que dans la separation des
deux branches de Montmorency,
& de Laval, ils
ont les mesmes alliances,
puisque par les mariages
de ces deux Dames de la
Maison de Laval,ils se
trouvoient alliez des Maisons
de France ,
d'Angleterre,
d'Ecosse, de Castille,
des Comtes deThoulouse,&
de quantité d'autres
Maisons tres- considerables.
Secondement
,
les alliances
que la Maison de
Montmorency a contractéesdepuis
sa separation
d'avec la branche de Laval,
sont celles que Mathieu
III. contracta avec
Jeanne de Brienne fille de
Jean Roy de Jerusalem,
qui estoit fille de Henry
Comte de Champagne
Roy de Jerusalem. Cette
alliance leur en donna de
nouvelles avec la Maison
de France,puisque Henry
Comte
Comte de Champagne
Roy de Jerusalem
,
avoit
pour mere Marie de France
fille du Roy Loüis le
Jeune, avec les Roys de
Navarre de la Maison de
Champagne
, & avec les
Roys de Jerusalem & de
Chypre, de la Maison de
Lefignen.
Mathieu IV.ditle Grand,
Seigneur de Montmorency
,
fils de Mathieu III.
s'allia avec Marie de
Dreux Princesse du sang
de France, fille de Robert
IV. Comte de Dreux,
qui avoit pour quatriéme
ayeul Robert de France
Comte de Dreux fils du
Roy Loiiis le Gros. D'ailleurs
elle estoit sa parente
par trois endroits,d'abord
au quatriéme degré du
costé maternel par laMaison
de Craon , parce que
Maurice Seigneur de
Craon fut pere de Havoise
de Craon,femme de Guy
VI. Seigneur de Laval, qui
estoit pere d'Isabeau de Laval
mar iée à Bouchard VI.
Seigneur de Montmorency
ayeul de MathieuIV.
Et d'Amaury de Craon,
pere de Jeanne de Craon
femme de Jean Comte de
Montfort ayeulle maternelle
de ladite Dame Marie
de Dreux, par la Maison
de Montfort. Elle estoit
sa parente du quatriéme
au cinquiémedegré,
& par celle de Coucy du
cinquiéme au sixiéme.
Ce ne seroit jamais fait
si on vouloit particularifcr
toutes les alliances les unes
aprés les autres, on se renferme
aux trois recentes; sa
premiereest celle queHenry
Duc de Montmorency
II. du nom,Pair, Marechal
& Amiral de France,
contractaavec Marie Felice
des Ursins en 1612 par
l'entremise du Roy Louis
XIII. & de la Reine Marie
de Medicis sa mere 3,
pour lorsRegente du Royaume
)
qui estoit sa parente
du deuxiéme au troisiéme
degré, puisque la
Reine avoir pour pere
François deMedicisGrand
Duc de Toscane
,
qui estoit
frere d'Elisabeth de
Medicis femme de Paul
des Ursins Duc de Bracciano,
ayeul de Madame la
Duchesse de Montmorency
: ainsil'on peut voir par
cette alliance, l'estime que
le Roy Louis XIII. d'heureuse
memoire,faifoic de
cetteMaison,puisqu'il faisoitépouserà
Monsieur le
Duc de Montmorency sa
parenteau troisiéme degré.
La féconde alliance des
trois ausquelles on s'est retranché
,
est celle de Charlote
Marguerite de Montmorency
,soeur & heritiere
de HenryII. Duc de
Montmorency mort sans
posterité
,
laquelle épousa
en 1609. Henry de Bourbon
II. du nom Prince de
Condé. Cette Princesse
aprés la , mort de son frere
, herita du Duché de
Montmorency, & de plusieurs
autres biens qui sont
entrez parcette alliance
dans laMaison de Condé.
La troisiéme alliance est
celle que fit François Henry
de Montmorency Duc
de Piney -
Luxembourg,
forti de la branche de Bouteville,
quiépousaen 1661.
Magdelaine- Charlotte-
Bonne-Therese de Clermont
Duchesse de Piney-
Luxembourg,fille de Charles-
Henry de C lermont-
Tonnerre, & de Marie de
Luxembourg Duchesse de
Piney
,
qui se défit de sa
Duché en mariant sa fille, àcondition que son époux
porteroit le nom & les Armes
de Luxembourg
,
luy
transmettant le droit de sa
Duché femelle, afin de
conserver le nom de cette
illustre Maison, qui a donné
plusieurs Empereurs
des Romains, des Roys de
Boheme, des Reines de
France, & à d'autres Couronnes
de l'Europe.
Ayant cy-dessus distingué
les alliances de la Maison
de Montmorency en
trois manieres. Premierement
, dans son commencement.
Secondement, depuis la separation de ses
deux grandes branches, &
en troisiéme lieu, en celle
que la branche de Laval a
euë depuis sa separation
d'avec celle de Montmorency.
J'en rapporte quatre
qui sont d'une tresgrande
îllustration. La premiereest
celle que Guy X.
Comte de Laval contracta
en 1347. avec Beatrix
fille d'Artus Duc de Bretagne
, &dont l'arriere petite
filleIsabeau de Laval
épousa Loüis de Bourbon
Comte de Vendôme. C'est
cette seconde alliance qui
doit aujourd'huy faire plus
de plaisir à la Maison de
Montmorency; puisque
c'est de cette Isabeau de
Laval que descend toute la
Maison Royalle de Bourbon,
estant la sixémeayeulle
paternelle de nostre
grand Monarque Loüis
XIV. à present regnant;
qui voit en cette presente
année 1711. son Throfne
affermi dans sa Maison
pour plusieursannées par
la naissance de ses arriere
petits fils Monseigneur le
Duc de Bretagne, &Monseigneur
le Duc d'Anjou,
&par cette alliance toutes
les Testes couronnées de
l'Europe qui regnent aujourd'huy
,
sont alliéesà la
Maison de Montmorency,
La troisiéme alliance
qui fait encore honneur à
cette Maison, c'estdevoir
René d'Anjou Roy de Na",
ples & de Jerusalem
,
qui
épousa Jeanne de Laval en
fecondes noces, mais cette
Reine n'en ayant point eu
d'enfans ,il n'est resté à sa
famille que le plaisir de
s'en souvenir.
La quatriéme & demiere
alliance est celle de
Charlotte d'Arragon fille
de Federic d'Arragon Roy
deNaples, qui fut femme
de Guy XVI. Comte de
Laval; ils eurent plusieurs
enfans, entre autres deux
filles, dont l'aisnée Catherine
de Laval épousa Claude
Sire de Rieux,qui porta
dans la Maison deColigny
le Comté de Laval,
qui a présl'excinction de
cette branche,est tombé
dans celle de sa soeur cadette
Anne de Laval qui
épousa François de la
Tremoille Vicomte de
Thouars,dont est descendu
Monsieur le Duc de la
Tremoille qui possedeaujourd'huy
le Comté de Laval,&
quiàcause de cette
alliance,faitses protcftations
à tous les Traitez de
Paix
,
où il envoye une
personne pour le reprefen"-
ccr , prétendant au Royaume
de Naples comme
heritier d'Anne de Laval
sa quatriéme ayeulle.
-
Sans s'attacher à toutes
les alliances souveraines
de cette illustre Maison,
je diray qu'il y en a quantité
d'autres tres conGderablesquiluy
sont alliées,
& le grand nombre de
Maisons qui y ont pris des
femmes, tient à honneur
d'en estre descendu
,
& se
font un plaisir d'arborer les;
Armes de Montmorency
dansleursalliances.
L'on voit parmy les 1
Grands Officiers du Royaume
de France plus de
Seigneurs de laMaison de
Montmorency que d'aucuneautreMaisons
l'on y
compte deux grands Senéchaux,
six Connestables,&
un Connestable d'Hibcrnie,
neufMaréchaux,quatre
Grands Amiraux, trois
Grands Maistres de la
Maison du Roy, trois
Grands Chambellans,deux
Grands Bouteillers ou Eschansons,
& deux Grands
Pannetiers.
Plusieurs Connestables,
& autres Grands Officiers
de France, sont sortis de
cette Maison tres illustre,
ouenontépousédesfilles,
outre que cette Maison a
aussi produit plusieursDucs
&DuchelTes.
Quoy que la vertu & la
Religion ayent tousjours
esté le partage des Seigneurs
de Montmorency
neanmoins l'on , en voit
tres peu qui ayent estérevestus
de Dignitez Ecclesiastiques;
l'on en voitcependant
un Archevesque
Duc de Reims, des Evesques
d'Orleans, & peu
d'autres.
ilsontencore l'honneur
d'avoir un Saint reconnu
par l'Eglise,donton revere
la memoire aux Vaux
de Cernay enBeauce,c'est
saint Thibaud de Mont-
-
morency Seigneur deMarly,
fils de Mathieu premier,
&
dAline d'Angleterre, lequel
se croisa en 1173. pour
le voyage de la Terre sainte.
A son retour il se fit
Religieux de l'Ordre de
Cisteaux, en l'Abbaye du
Val, puis ilfut Abbé des
Vaux de Cernay à quatre
lieuës de Versailles, entre
Chevreuse &: Ramboüillet,
où il mourut saintementvers
l'an 1189.
Enfin tant de grandeur
dans une Maisonfaitassez
connoistre que la valeur a
esté hereditaire dans l'âme
des Seigneurs de Montmorency,
& leur a tait meriter
tous ces honneurs,
pour avoir tousjours refpandu
leur fang pour la
deffensede leurs Roys, &
de leur patrie, s'estant tousjours
trouvez à la teste des
Armées qu'ils commandoient
en chef, où ils ont
fait paroistre leur courage
avec éclat au milieu des
plus grands perils.
Je n'en veux point un
plus grand exemple que
celuy d'Anne de Montmorency
Duc, Pair, Marechal
,
Connestable
, k,
Fi
Grand Maistre de France,
lequel aprèsavoirblanchi
fous le harnois militaire,
pour la deffenseduRoy,
& de la patrie, remporta
dans le tombeau la gloire
d'estre mort au lit d' honneur
,
puisque commandant
l'Armée Royalle à la
Bataille de saint Denis, il
y receut huit coups mortels
,
dont il mourut deux
jours aprés en son Hostel
de Montmorency à Paris,
estant âgé de prés de quatre
vingt ans, comblant
par ce moyen les derniers
jours de sa vie d'une fin
tres glorieuse, a prés avoir
servy cinq Roys, & après
avoir passé par tous les degrez
d'honneur, & s'estre
trouve à huitBatailles, en
ayant commandé quatre
en chef; aussi le Roy Charles
1X. voulant honorer la
memoire de ce grand Chef
de Guerre
,
ordonna que
sa Pompe funebre fust faite
en l'Eglise de Nostreme
de Paris,avec toute la
magnificencepossible, où
toutes les Cours souveraines
assisterent par ordre du
Roy. De là son corps fut
porté en l'Eglise de saint
Martin de Montmorency,
& son coeur en celle des
Celestins de Paris, où il
futmis dans un Caveau,
proche de celuy du Roy
HenryII. Il estoit bien
juste qu'un coeur quiavoit
esté aimé de son Prince,
& qui avoit eu part à ses
plus im portantes affaires,
fust après son trépas inhumé
proche de celuy qui
luy avoit fait tant d'honneur
durant sa vie,
Mr Chevillard vient de
mettre au jour une Carte
qui a pour Titre: Succession
Chronologique des Empereurs,
&des Impératrices d'Occident,
depuis Charlemagnejusqu'à
present.
On n'entreprend point
de rapporter dans cette
Carte les Empererus Romains,
ni les Empereurs
d'Orient, on s'est borné
à rapporter la Chronologie
des Empereurs, & des
Imperatrices d'Occident,
qui sont ceux qui ont regnéen
Europe depuis l'an
800. On commence par
Charlemagne que l'erreur
commune fait le restaurateur
de l'Empired'Occident
, quoyqu'il soit vray
qu'il estoitEmpereur avant
qu'il cust eHé reconnu tel
par les Romains estantEmpereur
par sa feule qualité
de Roy des François, l'Empire
d'Occident ou du
moins celuy des Gaules
ayant este cedé à Clovis en
508. & confirmé à ses petitsfils
par l'Empereur Justinien.
Il eftvrayque depuis
l'an875. on n'a reconnu
pour Empereurs que
ceux qui ont esté reconnus
tels par les Papes, que mesme
les Rois de Germanie;
& d'autres qui ont esté couronnezEmpereurs,
n'ayant
priscetitre, du moins jusqu'ausiecle
dernier, qu'après
ce couronnement, se
contentant, jusqu'à cette
ceremonie
,
de celuy de
Roy desR omains ou d'Empereurélu.
On met neanmoins
dans cette Carte
ceux que l'erreur publique
reconnoist pour Empereurs
ou qui ont ~estéélus
im Empereurs,
Empereurs
, par des partis,
pour les opposer à ceux
qui avoient esté légitimément
élûs,ilssont distinguez
par des Couronnes
differentes.
1-t Genealogie, &la mal4
son de Montmorency. -% Tout le monde est persuadédel'antiquité
de l'illustre
Maison de Montmorency,&
personne ne
doute qu'elle ne soit une
des plus anciennes du
Royaume , la qualité de
premiersBarons Chrétiens
en France, avec lecry de
Guerre (Dieu aide au premier
Chrestien ) en marque la
grande antiquité. Mais la
révolution des siecles passez
a fait perdre les vieux
Titres
,
la negligence des
Historiens en dérobent
la memoire, & il est mal
aisé de sçavoir la verité de
son origine.
Celuy auquel nous avons
obligation de la connoissance
de cette Maison est
le fameux André Duchesne
qui par ses soins nous a
laisse dans un gros volume
toute sa posterité depuis
Bouchard I. qui vivoit en jj -' 954. maisil ne s'est pas embarrassé
de rapporter ceux
qui l'ont precedé
,
n'en
:t
ayant point trouvé de
preuves certaines; il rapporte
feulement ce que
d'anciens Autheurs ont dit
des premiers Seigneursde
Montmorency.
Ildit qu'il se trouve dans lapartiedes Gaules qu'on
appelle France deux insignes
commencemens de
conversion ; la premiere
par saint Denis premier
Evesque de Paris, qui a1 procuré la conversion des Gauloisla seconde saint par Remy, Archevesque
de Paris, qui convertit les
François; ces deux conversions
sont cause de deux
opinions touchant l'Autheur
d'une si nobleextraétion.
La premiere
, que LisbiusChevalierdune
tresgrande
Noblesse & d'autorité
parmy les Parisiens
estoit Seigneur de Mont-,
morency proche de cette
Ville, & fut le premier des
Gaulois qui embrassa la
Religion Chrestienne à la
prédication de saint Denis
vers l'an centième de nostre
Redemption, supposé
que ce fut saint Denis
l'Areopagite qui avoir esté
converty par saint Paul
Apostre : mais si l'on fuie
le sentiment de Gregoire
de Tours qui rapporte l'arrivée
de saint Denis dans
les Gaules sousle Coniulac
de Decius & de Gratus, la
conversion de Lisbius ne
pourroit estre que vers l'an
tJ3*
La seconde opinion qui
est de Robert Cenal, Evesque
d'Avranches, au premier
Livre de ses Remarques
Gau loises, & de Claude
Fauchée, au second Livre
de ses AntiquitézFrançoisesdisent
i que ce luy
qui a donné origine à la
Maison de Montmorency
nefutpas lefameux Gaulois
Lisbius,maisun Grand
Baron François nomme
Lisoie (lequel quand Clovis
premier Roy Chrestien
de France, fut baptisé par
saint Remy à Rheims en
499. ) fut le premier des
Seigneurs de sa suite
,
qui
se jetta dans la Cuve des
Fonds après luy
, en memoire
dequoy ses descendansmasles
ontestéhonorez
du titre de premiers
Barons Chrestiens deFrance
,
& ont tousjours eu depuis
pour cry de Guerre ,
Dieu aide au premier Chressien.
Quoy qu'il en soit, on
ne peut douter que les
deux qualitez qui ont tousjours
esté dans cetts illustre
Maison
,
de premier
Chrestien
, & de premier
Baron Chrestien en France,
n'ayent une origine
tres ancienne, &tr.--s illustre,
qui marque que les
anciens Seigneurs de
Montmorency eftoienc
des plus puissants du Royaume
: mais comme la
succession depuis Lisbius,
ou de Lisoie,n'apû se conserver
jusques à nous ,
il
faut s'en tenir à ce que
nous avons de plus asseuré,
& suivre ce qu'en a efcric
Duchesne auquel je renvoye
le Lecteur, qui commence
l'histoire de cette
Maison à Bouchard premier
, comme j'ay dit cydevant,
& quinous a donné
la suite desa posterité,
qui est rapportée dans la
Carte Chronologique de
cette Maison
, par MonsieurChevillard
qui donne
à ce Bouchard premier
un pere , un ayeul,
& un bisayeul
, que Duchesne
ne rapporte pas
mais les ayant trouvez
dans un autheur
)
il les a
rapportez pour faire connoistre
les alliances illustres
qu'ils avoient contractées,
puisque Jean Seigneur
de Montmorency pere de
Bouchard premier, qui vivoit
en 940. avoit épousé
Jeanne fille de Berenger
Comte de Beauvais, fils
d'AdolpheComte de Vermandois
, Everard Sei- j
gneur de Montmorency,
qui vivoit en 892. pere de
Jean & ayeul de Bouchard
premier, épousa Brunelle
fille deGaultier Comte de
Namur, & Leuto ou Leutard
Seigneur de Montmorency
qui vivoit en 845.
avoir épousé Everarde fille
d'un Comte de Ponchieu,
ce Leuto estoit pere d'Everard
& bisayeul de Bouchard
premier, c'est à luyqu'il
commence cet arbre
genealogique, afin defaire
connoistre les trois divers
changements qu'il y
a eus dans les Armes de la
Maison de Montmorency.
Ceux de cette Maison
avoient pris d'abord pour
leurs Armes, comme premiers
Chrestiens, d'or à la
croix de gueules;Bouchard
premier la cantonna de
quatre aiglettes ou allerions
d'azur, pour conservet
la memoire de quatre
Enseignes Impériales prises
à la victoire qu'il remporta
sur l'armée de tEmpereur
Othon II. Matthieu
II. dit le Grand, augmenta
les quatre allerions
de douze autres, en mémoire
de douze autres Enfeignes
Imperiales qui furent
prises à la bataille de
Bouvines sur l'Empereur
OthonIV. en1214 Ainsi
depuis ce temps- là les Seigneurs
de Montmorency
ont tousjours porté d'or à
la croix de gueules, cantonnée
de seize allerions
d'azur; & comme cette
Maison a formé quantité
de branches, ils ont brifé
leurs Armes differemment,
comme on le voit dans la
Carte genealogique, mais
à present comme labranche
aisnéeest éteinteenla
personne de Philippe de
Moutmorency Seigneur
de Nivelle, ôc Comte de
Horne décapité en 1^8.
auquel la branche de Fosfeux
a succedéàl'aisnesse,
toutes les autres branches
des Seigneurs de certe
Maison ont quitté leurs
brisures, & ont retenu les
Armes pleinesqu'ils portent
presentement.
La Maison de Montmorency
s'est separée en
quantité de branches, il y
en a eu plusieurs anciennes
qui font éteintes, mais
elle a conservé son nom
jusqu'à aujourd'huy, par la
succession de la branche
aisnée,dans plusieurs branches
qui subsistent,& quoy
qu'il paroisse de grandes
branches sorties de Mathieu
II. dit le Grand, Seigneur
de Montmorency
il n'y , a eu que la posterité
de son filsaisné Bouc hard
VI. qui ait retenule nom
de Montmorency, parce
que ion fils cadet Guyde
Montmorency fut Seigneur
de Laval, qui comme
heritier desa mereEme
de Laval, sortie d'une tres
noble & tres illustre Maison,
en atransmis le nom
à ses Descendans qui le retiennent
encore aujourd'huy,
ayant retenu les Armes
de Montmorency
,
la
Croix chargée de cinq coquilles
d'argent pour brisure,
comme cadets de sa
Maison.
Quant aux honneurs de
cette Maison, on ne peut
disconvenir qu'elle est des
plus illustrées
, tant dans
les alliances qu'ils ont contractées,
que dans les charges
qu'ils ont possedées,
les honneursqu'ils onteus
par leurs alliances, les font
toucher de près à tout ce
qu'il y a eu de Testes couronnées
dans l'Europe, &
pour le faire connoistre il
faut distinguer ses alliances
en trois manieres. Premierement
,
dans son ancienneté
: Secondement,
depuis
depuis la separation de ses
deux Branches, les Alliances
que celle de la Branche
de Montmorency a contractées
:
Troisiémement,
celle que la Branche de Laval
aeuës. Premierement, les Alliances
qu'ils ont eues anciennement
sont trcs considerables
puisque la premiere
qui estrapportée par
Duchesneestl'épouse qu'il
donne à Bouchard I.Elle
se nommoit Hildegarde,
& estoit fille de Thibaud I.
Comte de Chartres & de
de Bipis,ôc de Ledegarde
de Vermandois. Elle avoit
pour frere Eudes I. Comte
de Chartres & de Blois,
pere de Eudes II. Comte
de Champagne, duquel
sont forcis tous les Comtes
de Champagne; & pour
soeur Emme,femme de
GuillaumeIII. Duc de
Guyenne
, mere de Guillaume
IV. Ducde Guyenne
,
élu Roy d'Italie
, &
Empereur des Romains
duquel sont desçendus les,
Ducs deGuyenne,&Agnés
femme de l'Empereur
Henry III.
-
Hildegarde avoit pour
alliances du costé de sa
mere Ledgarde de Vermandois,
qui estoit fille de
Herbert II. Comte de Vermandois,&
d'une soeur de
Hugues le Grand, Duc de
France
,
& Comte de Paris
, pere du Roy Hugues
Capet; & aussi soeur d'Emme
,
Reine de France,
femme de Raoul, Duc de
Bourgogne, & Roy de
France, si bien qu'elle estoit
cousine du second au
troisiéme degré du Roy
Hugues Capec
,
chef de la
n'oineme Race des Rois
de France qui subsiste aujourd'huy.
Mathieu I. Seigneur de
Montmorency, Connestable
de France, épousa Aline
,
fille de Henry I. Roy
d'Angleterre, &en fecondes
nôces il épousa Alix de
Savoye
, veuve du Roy
Loüis VI. dit le Gros, mere
duRoy Loüis le Jeune, si
bien qu'il avoit l'honneur
d'estre beaupere du Roy
pour lors regnant.
BouchardV.s'alliaavec
Laurence, fille de Baudoüin,
Comte deHainaut,
descendu par les Comtes
de Flandres, de l'Empereur
Charlemagne; elle
estoit tante de BaudoüinV.
Comte de Flandres
, &
Empereur de Constantinople
,
d'Isabeau de Hainaut
,
Epouse du Roy de
France Philippe-Auguste,
& d'Ioland de Hainaut
Impératrice de Constanti-,
nople, femme de Pierre
de Courtenay, auquel elle
porta la Couronne
@
Imperiale.
Matthieu II. avoit épouse
en premières noces Gertrude
de Néelle
,
fille de Thomas Chastelain de ,
Bruges en Flandres
, &
d'une soeur d'Yves, Comte
de Soissons
,
Seigneur de
Néelle.C'estde cetteDame
quetoute la Maison de
Montmorency d'aujourd'huy
descend, parce que
Matthieu II épousa en secondes
noces Emme de
Laval qui luy donna pour
fils Guy de Montmorency,
Seigneur de Laval, comme
jelediray cy-aprés ; cette
Dame estoit soeur aisnée
d'Isabeau de Laval, femme
de Bouchard VI.Seigneur
de Montmorency, fils aisné
du premier lit de Mathieu
IL ainsi l'on peut dire
que dans la separation des
deux branches de Montmorency,
& de Laval, ils
ont les mesmes alliances,
puisque par les mariages
de ces deux Dames de la
Maison de Laval,ils se
trouvoient alliez des Maisons
de France ,
d'Angleterre,
d'Ecosse, de Castille,
des Comtes deThoulouse,&
de quantité d'autres
Maisons tres- considerables.
Secondement
,
les alliances
que la Maison de
Montmorency a contractéesdepuis
sa separation
d'avec la branche de Laval,
sont celles que Mathieu
III. contracta avec
Jeanne de Brienne fille de
Jean Roy de Jerusalem,
qui estoit fille de Henry
Comte de Champagne
Roy de Jerusalem. Cette
alliance leur en donna de
nouvelles avec la Maison
de France,puisque Henry
Comte
Comte de Champagne
Roy de Jerusalem
,
avoit
pour mere Marie de France
fille du Roy Loüis le
Jeune, avec les Roys de
Navarre de la Maison de
Champagne
, & avec les
Roys de Jerusalem & de
Chypre, de la Maison de
Lefignen.
Mathieu IV.ditle Grand,
Seigneur de Montmorency
,
fils de Mathieu III.
s'allia avec Marie de
Dreux Princesse du sang
de France, fille de Robert
IV. Comte de Dreux,
qui avoit pour quatriéme
ayeul Robert de France
Comte de Dreux fils du
Roy Loiiis le Gros. D'ailleurs
elle estoit sa parente
par trois endroits,d'abord
au quatriéme degré du
costé maternel par laMaison
de Craon , parce que
Maurice Seigneur de
Craon fut pere de Havoise
de Craon,femme de Guy
VI. Seigneur de Laval, qui
estoit pere d'Isabeau de Laval
mar iée à Bouchard VI.
Seigneur de Montmorency
ayeul de MathieuIV.
Et d'Amaury de Craon,
pere de Jeanne de Craon
femme de Jean Comte de
Montfort ayeulle maternelle
de ladite Dame Marie
de Dreux, par la Maison
de Montfort. Elle estoit
sa parente du quatriéme
au cinquiémedegré,
& par celle de Coucy du
cinquiéme au sixiéme.
Ce ne seroit jamais fait
si on vouloit particularifcr
toutes les alliances les unes
aprés les autres, on se renferme
aux trois recentes; sa
premiereest celle queHenry
Duc de Montmorency
II. du nom,Pair, Marechal
& Amiral de France,
contractaavec Marie Felice
des Ursins en 1612 par
l'entremise du Roy Louis
XIII. & de la Reine Marie
de Medicis sa mere 3,
pour lorsRegente du Royaume
)
qui estoit sa parente
du deuxiéme au troisiéme
degré, puisque la
Reine avoir pour pere
François deMedicisGrand
Duc de Toscane
,
qui estoit
frere d'Elisabeth de
Medicis femme de Paul
des Ursins Duc de Bracciano,
ayeul de Madame la
Duchesse de Montmorency
: ainsil'on peut voir par
cette alliance, l'estime que
le Roy Louis XIII. d'heureuse
memoire,faifoic de
cetteMaison,puisqu'il faisoitépouserà
Monsieur le
Duc de Montmorency sa
parenteau troisiéme degré.
La féconde alliance des
trois ausquelles on s'est retranché
,
est celle de Charlote
Marguerite de Montmorency
,soeur & heritiere
de HenryII. Duc de
Montmorency mort sans
posterité
,
laquelle épousa
en 1609. Henry de Bourbon
II. du nom Prince de
Condé. Cette Princesse
aprés la , mort de son frere
, herita du Duché de
Montmorency, & de plusieurs
autres biens qui sont
entrez parcette alliance
dans laMaison de Condé.
La troisiéme alliance est
celle que fit François Henry
de Montmorency Duc
de Piney -
Luxembourg,
forti de la branche de Bouteville,
quiépousaen 1661.
Magdelaine- Charlotte-
Bonne-Therese de Clermont
Duchesse de Piney-
Luxembourg,fille de Charles-
Henry de C lermont-
Tonnerre, & de Marie de
Luxembourg Duchesse de
Piney
,
qui se défit de sa
Duché en mariant sa fille, àcondition que son époux
porteroit le nom & les Armes
de Luxembourg
,
luy
transmettant le droit de sa
Duché femelle, afin de
conserver le nom de cette
illustre Maison, qui a donné
plusieurs Empereurs
des Romains, des Roys de
Boheme, des Reines de
France, & à d'autres Couronnes
de l'Europe.
Ayant cy-dessus distingué
les alliances de la Maison
de Montmorency en
trois manieres. Premierement
, dans son commencement.
Secondement, depuis la separation de ses
deux grandes branches, &
en troisiéme lieu, en celle
que la branche de Laval a
euë depuis sa separation
d'avec celle de Montmorency.
J'en rapporte quatre
qui sont d'une tresgrande
îllustration. La premiereest
celle que Guy X.
Comte de Laval contracta
en 1347. avec Beatrix
fille d'Artus Duc de Bretagne
, &dont l'arriere petite
filleIsabeau de Laval
épousa Loüis de Bourbon
Comte de Vendôme. C'est
cette seconde alliance qui
doit aujourd'huy faire plus
de plaisir à la Maison de
Montmorency; puisque
c'est de cette Isabeau de
Laval que descend toute la
Maison Royalle de Bourbon,
estant la sixémeayeulle
paternelle de nostre
grand Monarque Loüis
XIV. à present regnant;
qui voit en cette presente
année 1711. son Throfne
affermi dans sa Maison
pour plusieursannées par
la naissance de ses arriere
petits fils Monseigneur le
Duc de Bretagne, &Monseigneur
le Duc d'Anjou,
&par cette alliance toutes
les Testes couronnées de
l'Europe qui regnent aujourd'huy
,
sont alliéesà la
Maison de Montmorency,
La troisiéme alliance
qui fait encore honneur à
cette Maison, c'estdevoir
René d'Anjou Roy de Na",
ples & de Jerusalem
,
qui
épousa Jeanne de Laval en
fecondes noces, mais cette
Reine n'en ayant point eu
d'enfans ,il n'est resté à sa
famille que le plaisir de
s'en souvenir.
La quatriéme & demiere
alliance est celle de
Charlotte d'Arragon fille
de Federic d'Arragon Roy
deNaples, qui fut femme
de Guy XVI. Comte de
Laval; ils eurent plusieurs
enfans, entre autres deux
filles, dont l'aisnée Catherine
de Laval épousa Claude
Sire de Rieux,qui porta
dans la Maison deColigny
le Comté de Laval,
qui a présl'excinction de
cette branche,est tombé
dans celle de sa soeur cadette
Anne de Laval qui
épousa François de la
Tremoille Vicomte de
Thouars,dont est descendu
Monsieur le Duc de la
Tremoille qui possedeaujourd'huy
le Comté de Laval,&
quiàcause de cette
alliance,faitses protcftations
à tous les Traitez de
Paix
,
où il envoye une
personne pour le reprefen"-
ccr , prétendant au Royaume
de Naples comme
heritier d'Anne de Laval
sa quatriéme ayeulle.
-
Sans s'attacher à toutes
les alliances souveraines
de cette illustre Maison,
je diray qu'il y en a quantité
d'autres tres conGderablesquiluy
sont alliées,
& le grand nombre de
Maisons qui y ont pris des
femmes, tient à honneur
d'en estre descendu
,
& se
font un plaisir d'arborer les;
Armes de Montmorency
dansleursalliances.
L'on voit parmy les 1
Grands Officiers du Royaume
de France plus de
Seigneurs de laMaison de
Montmorency que d'aucuneautreMaisons
l'on y
compte deux grands Senéchaux,
six Connestables,&
un Connestable d'Hibcrnie,
neufMaréchaux,quatre
Grands Amiraux, trois
Grands Maistres de la
Maison du Roy, trois
Grands Chambellans,deux
Grands Bouteillers ou Eschansons,
& deux Grands
Pannetiers.
Plusieurs Connestables,
& autres Grands Officiers
de France, sont sortis de
cette Maison tres illustre,
ouenontépousédesfilles,
outre que cette Maison a
aussi produit plusieursDucs
&DuchelTes.
Quoy que la vertu & la
Religion ayent tousjours
esté le partage des Seigneurs
de Montmorency
neanmoins l'on , en voit
tres peu qui ayent estérevestus
de Dignitez Ecclesiastiques;
l'on en voitcependant
un Archevesque
Duc de Reims, des Evesques
d'Orleans, & peu
d'autres.
ilsontencore l'honneur
d'avoir un Saint reconnu
par l'Eglise,donton revere
la memoire aux Vaux
de Cernay enBeauce,c'est
saint Thibaud de Mont-
-
morency Seigneur deMarly,
fils de Mathieu premier,
&
dAline d'Angleterre, lequel
se croisa en 1173. pour
le voyage de la Terre sainte.
A son retour il se fit
Religieux de l'Ordre de
Cisteaux, en l'Abbaye du
Val, puis ilfut Abbé des
Vaux de Cernay à quatre
lieuës de Versailles, entre
Chevreuse &: Ramboüillet,
où il mourut saintementvers
l'an 1189.
Enfin tant de grandeur
dans une Maisonfaitassez
connoistre que la valeur a
esté hereditaire dans l'âme
des Seigneurs de Montmorency,
& leur a tait meriter
tous ces honneurs,
pour avoir tousjours refpandu
leur fang pour la
deffensede leurs Roys, &
de leur patrie, s'estant tousjours
trouvez à la teste des
Armées qu'ils commandoient
en chef, où ils ont
fait paroistre leur courage
avec éclat au milieu des
plus grands perils.
Je n'en veux point un
plus grand exemple que
celuy d'Anne de Montmorency
Duc, Pair, Marechal
,
Connestable
, k,
Fi
Grand Maistre de France,
lequel aprèsavoirblanchi
fous le harnois militaire,
pour la deffenseduRoy,
& de la patrie, remporta
dans le tombeau la gloire
d'estre mort au lit d' honneur
,
puisque commandant
l'Armée Royalle à la
Bataille de saint Denis, il
y receut huit coups mortels
,
dont il mourut deux
jours aprés en son Hostel
de Montmorency à Paris,
estant âgé de prés de quatre
vingt ans, comblant
par ce moyen les derniers
jours de sa vie d'une fin
tres glorieuse, a prés avoir
servy cinq Roys, & après
avoir passé par tous les degrez
d'honneur, & s'estre
trouve à huitBatailles, en
ayant commandé quatre
en chef; aussi le Roy Charles
1X. voulant honorer la
memoire de ce grand Chef
de Guerre
,
ordonna que
sa Pompe funebre fust faite
en l'Eglise de Nostreme
de Paris,avec toute la
magnificencepossible, où
toutes les Cours souveraines
assisterent par ordre du
Roy. De là son corps fut
porté en l'Eglise de saint
Martin de Montmorency,
& son coeur en celle des
Celestins de Paris, où il
futmis dans un Caveau,
proche de celuy du Roy
HenryII. Il estoit bien
juste qu'un coeur quiavoit
esté aimé de son Prince,
& qui avoit eu part à ses
plus im portantes affaires,
fust après son trépas inhumé
proche de celuy qui
luy avoit fait tant d'honneur
durant sa vie,
Mr Chevillard vient de
mettre au jour une Carte
qui a pour Titre: Succession
Chronologique des Empereurs,
&des Impératrices d'Occident,
depuis Charlemagnejusqu'à
present.
On n'entreprend point
de rapporter dans cette
Carte les Empererus Romains,
ni les Empereurs
d'Orient, on s'est borné
à rapporter la Chronologie
des Empereurs, & des
Imperatrices d'Occident,
qui sont ceux qui ont regnéen
Europe depuis l'an
800. On commence par
Charlemagne que l'erreur
commune fait le restaurateur
de l'Empired'Occident
, quoyqu'il soit vray
qu'il estoitEmpereur avant
qu'il cust eHé reconnu tel
par les Romains estantEmpereur
par sa feule qualité
de Roy des François, l'Empire
d'Occident ou du
moins celuy des Gaules
ayant este cedé à Clovis en
508. & confirmé à ses petitsfils
par l'Empereur Justinien.
Il eftvrayque depuis
l'an875. on n'a reconnu
pour Empereurs que
ceux qui ont esté reconnus
tels par les Papes, que mesme
les Rois de Germanie;
& d'autres qui ont esté couronnezEmpereurs,
n'ayant
priscetitre, du moins jusqu'ausiecle
dernier, qu'après
ce couronnement, se
contentant, jusqu'à cette
ceremonie
,
de celuy de
Roy desR omains ou d'Empereurélu.
On met neanmoins
dans cette Carte
ceux que l'erreur publique
reconnoist pour Empereurs
ou qui ont ~estéélus
im Empereurs,
Empereurs
, par des partis,
pour les opposer à ceux
qui avoient esté légitimément
élûs,ilssont distinguez
par des Couronnes
differentes.
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Résumé : Discours nouveau sur l'origine, la Genealogie, & la Maison de Montmorency.
Le texte traite de la Maison de Montmorency, une des plus anciennes et illustres familles du Royaume de France, reconnue comme les premiers Barons Chrétiens avec le cri de guerre 'Dieu aide au premier Chrétien'. La révolution des siècles passés et la négligence des historiens ont obscurci les vieux titres et l'origine exacte de cette maison. André Duchesne est l'historien ayant le plus contribué à sa connaissance, retraçant sa postérité depuis Bouchard I, vivant en 954. Deux opinions principales existent sur son origine : la première attribue son origine à Lisbius, un noble gaulois converti par saint Denis, tandis que la seconde la rattache à Lisoie, un grand baron francique converti par saint Remy. La Maison de Montmorency a toujours revendiqué les qualités de premier Chrétien et de premier Baron Chrétien, marquant ainsi son ancienne et illustre origine. La succession depuis Lisbius ou Lisoie n'a pas pu être conservée jusqu'à nos jours. Duchesne commence l'histoire de cette Maison à Bouchard I, et Chevillard ajoute des ancêtres supplémentaires pour montrer les alliances illustres contractées par la famille. Les armes de la Maison de Montmorency ont évolué, passant d'une croix de gueules sur fond d'or à une croix cantonnée de seize aiglettes d'azur. La Maison s'est séparée en plusieurs branches, certaines éteintes, mais le nom de Montmorency a été conservé jusqu'à aujourd'hui. Les alliances de la Maison de Montmorency sont extrêmement prestigieuses, incluant des mariages avec des membres des familles royales de France, d'Angleterre, et d'autres maisons nobles. Les alliances plus récentes incluent des mariages avec des membres de la Maison de Condé et de la Maison de Luxembourg. La Maison de Montmorency compte de nombreux Grands Officiers du Royaume de France, tels que des Sénéchaux, Connétables, Maréchaux, Amiraux, Maîtres de la Maison du Roi, Chambellans, Bouteillers, et Pannetiers. Plusieurs membres ont également été Ducs et Duchesses. La famille a produit des dignitaires ecclésiastiques, dont un Archevêque Duc de Reims et des Évêques. Saint Thibaud de Montmorency, Seigneur de Marly, est un membre notable, ayant participé à la croisade et fondé l'abbaye des Vaux de Cernay. La valeur et le courage des Seigneurs de Montmorency sont soulignés, notamment à travers l'exemple d'Anne de Montmorency, Duc, Pair, Maréchal, Connétable et Grand Maître de France, qui mourut glorieusement après avoir commandé l'armée royale à la bataille de Saint-Denis. La mémoire de ce grand chef de guerre fut honorée par une pompe funèbre magnifiquement organisée par le roi Charles IX.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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50
p. 1-38
LE BON MEDECIN, HISTORIETTE.
Début :
L'Esté dernier un riche Bourgeois de Paris alla faire [...]
Mots clefs :
Médecin, Amant, Amour, Dame, Mariage, Mari, Fille, Maladie, Malade, Désespoir, Enceinte, Rupture, Femme grosse, Colère, Rouen, Paris, Père
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE BON MEDECIN, HISTORIETTE.
ieJnt7iue1rnetMçoiéiimsdoainreslseuyrumnoeavanture,
je vrJudroü
pour l'amour du Lecteur,
quellefût-inotos verita-
,
ble (f'plw jolie ,elle MOIriteroit
mieux le nom
d'Historiette que jeiluy
donné feulefnent parcs
quon en <veu\ une chaque,
mois ,
pardonnez, U
négligence du style,,, les
lm'oissontbien cours pour Autheur du ivercore.
LE BON MEDECIN,
HISTORIETTE. L £ftc dernierunriche
Bourgeois de
Paris alla faire un voyage
à Rouen, & laissa
chez lui sa fille, pour
avoirsoin de son ménage,
elle prit tant de plaisirà
le gouverner, que
cela luy donna envie
d'en avoir un à elle; un
jolivoisin qu'elle voyoit
quelquefois fortisioit
beaucoup cette envie,
elle l'aimoit,elle en étoit
aimée, en un mot ils se
* convenoient, c'étoit un
mariage fait, il n'y manquoitque
le consentement
dupere, &ils ne
doutoient point del'obtenir
àson retour : il$
se repaissoient un jour
ensemblede cette douce
efpprance, lorsque la
fillereçût une lettre de
ce pere absent,; elle ouvre
la lettre,la lit, fait
,
un cri, & la laisse tomber
: l'amant la ramasse,
jette les yeux dessus, Be
.faitun autre cri.CrueLlesurprisepour
ces deux
tendres amans!pendant
qquueecectettetfei4l..1lte se marioic
de san côté, le pere l'avoit
mariée du fien, &c
luy écrivoit quelle se
préparât à recevoir un
mary qu'illuy amenoit
de Roüen.
Quoiqu'il vienne de
t bons maris de ce pays- là, elle aimoit mieux
celui de Paris. La voila
desolée
,
son ainant se
desespere] après les
pleurs & les plaintes on
songe au remede
,
la
fille n'en voit point
d'autre pour prévenir
un si cruel mariage qua
de mourir de douleur
avant que son pere arrive.
Le jeune amant
imagina quelque chofç
de mieux, maisil n'osa
dé-1 couvrir s{'on ddesrs("ein et
sa maîtress.Non,difoitil
en luy-même, elle
n 'approuvera jamais un
projet si hardi, mais
quand j'aurai réiïfli, elle
me pardonnera la hardiesse
de l'entreprise, les
Dames pardonnent fouvent
ce qu'elles n'auroient
jamais permis.
Notreamantlaconjura
de seindre une maladie
subite pour favoriser un
dessein qu'il ayoit, &
sans s'expliquer davantage
il courut à l'expedient
qui nétoit pas
pas trop bien concerté:
Le jeune homme étoit
vif, amoureux & étourdi,
a cela près très raisonnable
:mais les
amans les plus raisonnables
ne sont pas ceux
qui réussissent le mieux.
s: Célui-ci s'étoit souvenu
a propos qu'un
Medecin de Rouen ctoic
arrive chez un ,a~utre Medecin son frere, qui
logeoit chez un de ses
amis; il s'imagina !que
celMédecin de Rôiléh
pourroit bien être Ton.
rival, il prit ses mesures
là-dessus.
'*.Tl. etoit
-
allez beau
garçonpour avoir couru
plusiéurs fois'le bal
en habit de fille.A ce
déguisement,Soutenu
d'une voixunpeu fe^
minine,il ajouta un corset
garni d'ouatre à peu
pré^jufeju^ala grosseur
Convenable à une fille
enceinte de sept àdlUic
mois:ainsidéguisé dans
une chaise à porteur,
sur la brune il va mysserieusement
chez le
Medecin, se. dourantf
bien que le secret qu'it
alloit luiconfier fcroiei
bientôt revelé à Fautro
Medecinson frere ; La
choseluyrétissit mieux!
encore, car le Medecin
de Paris n'étoit point
chez luy
3
n'y devoit
rentrer que fort tard, &
le Médecin de Rouën
étoit arrivé ce jour-là ,
&C se trouvant dans la
salle se crut obligé de
recevoir cette Dame 1
qui avoitl'aird'unepratique
im portance pour
son frère. Ilengageala
conversation avec la
fausse fille, qui ne luy
laissoit voir son visage
qu'à travers une cocfFer
Elle luy tint des discours
propres à exciter
la curiosité, & paroissoit
prend re confiance
aux fiens à mesure qu'il
étaloit son éloquence
provinciale pour luy
paraître le plus habile
ce le plus discret Medecin
du monde. Dés qu'-
elle eut reconnu son
homme pour être celuy
qui la dévoie épouser,;
c'est-à-dire qui dévoie
épouser sa maîtresse dont il vouloit faire , ici
le personnage
)
il tirât
son mouchoir, se migt
à pleurer & sanglotter
fous ses coësses, & après
quelqu'une de ces ceremonies
de pudeur que
l'usage a presquautant
abrégées que les autres
ceremonies du vieux
temps; il parla au Me"
decin en ces termes.
Monsieur ,vous me
paroissez si habile M si
galant homme, que ne
connoissant pas Monsieur
vôtre frere plus
.) que vous,jaime encof
rree mieux me ccoonn-fsieir %àa
vous qu'a luy: esuite
la considence se fit presque
sans parler, la jeune
personneredoubla
¡
les pleurs, Se entr'ouvrant
son écharpe pour
faire voir la tailled'une
femmegrosse,elle dit,
Vous voyez, la plus malheureusefille
dumonde.
LeMedecin des plus
habiles, connut, sans
luy tâter le poulx, de
quelle maladie elle vou- loitguérir,il luy dit,
pour la consoler, qu'il
couroit beaucoup de ces
maladies-là cette année
6C qu'apparemment on
luy avoit promis ma*.
riage,helas !oüi, repliqua-
t-elle, mais le
malheureuxqui m'a séduiten'a
ni parole,ni
honneur.
Aprés plusieurs invectivescontre
le se..
tduâxur .& contre ellemême
,elleconjura Ile
: Medecin de luy donner
quelqu'unde cesremedes
innocens,qui précipitent
le dénouëment
del'avanture,parce
«
qu'elle attendoit dans
vpeuiunn Mcarey d.e Pro-
Quoique leMedecin
nes'imaginapasd'abord
qu'il put être ce Mary
de Province qu'on attendoit,
il ne laissa pas
d'avoir plus de curiosité
qu'il n'enavoit eu
jusques-là, & pour s'attirer
Uconfidence entiere
,
il redoubla ses:
protestations de zele ÔC
dediscretion, Enfin
aprés
aprés toutes les simagréesnecessaires
nôtre
jeune homme déguisé
luy dit : Je fuis la fille
d'un tel, qui m'a écrit
de Rouën, qu'il m'avoit
destinée un honnê-
, te homme, mais tel qu'il
soit, on est trop heureuse
de trouver un Mary
a prés avoir ététrompée
par un amant. Vous
comprenez bien quel
fut l'effet d'une telle
confidence sur le Medecin,
qui crut voir sa
future épouse enceinte
par avance, il demeura
immobile, pendant que
luy embrasant les genoux,
elle le conjuroit
de conduire la chose de
sa çon, queni sonPere,
ni le Mary qu'elle attendoit,
ne pût jamais
soupçonner sa sagesse.
Le Medecin prit ladessus
le parti de la difcretion,
& sans témoigner
qu'il fût l'honnête
homme, que l'on vouloit
charger de l'iniquité
d'autrui, il offrit son
secours, mais on ne l'accepta
qu'à condition
qu-il ne la verroit point
chez son Pere, on fupposoit
quele Medecin
feroit assez delicat pour
rompre un tel mariage,
& assezhonnête homme
pournepoint dire
la cause de la rupture.
Le Medecinallachez
Je Pere dés qu'il le fçut
arrivé, ce Pere luy dit
avec douleur qu'il avoit
trouvé - en arrivant sa
fille tres malade,& ce#*
lui-ci, qui croyoitbien
sçavoir quelle étoit sa
maladie, inventa plusieurs
pretextes de rupture,
mais le Pere esperant
que la beauté de
sa fille pourroitrenouër
cette affaire qu'il souhaittoit
fort, mena nôtre
homme voir la malade
comme Medecin, J
i&C elle le reçût comme
tel, ne se doutant point
qu'ilfût celuiqu'on lui
vouloit donner pour
mary, son Pere n'avoit
encor eu là-dessus aucun
éclaircissemetavec elle,
tla voyant trop mal pour
luiparler si-tôt de mariage
;le Medecin, qu'il
[pria d'examiner la ma- ladie de sa fille, parla
avec toute la circonspey<
5tion d'un homme, qui
ne vouloit rien approfondir;
il demanda du*
temps pour ne point
agir imprudemment,
cette discretion plût
beaucoupà la malade,
elle crût que
connoissant
bien qu'elle fei-1
gnoit cette maladie, &:Il
qu'elle avoit quelque
raison importante pour
feindre, il vouloit lui
rendre service; dans
cette idée elle le gracieusa
fort, il répondit
à ses gracieusetez en
Medecin qui sçavoit le
monde, en forte que cette
consultation devint
insensiblement uneconversation
galante, cc&
assez la methode de nos
Consultans modernes,
&C elle vaut bien,pour
les Dames, celle des anciens
Sectateurs d'Hipocrates.
Letouragreable
que prit cette entrevue
,donna de la gayeté
au Pere, qui dit en badinant,
que comme Perc
discret illaissoit sa fille
consulter en liberté son
Medecin,& les quitta,
croyant s'appercevoir
qu'ils ne se déplaifoient
pas l'un à l'autre.
Voila donc le Medecin
& la malade en liberté
, leur tête-à-tête
commença par le silence,
la fille avoit remarqué
dans ce Medecîn
tous les sentimens d'un
galant homme, mais
elle hesitoit pourtant
encor
encore à lui con fier
son secret. Lui de son
côténecomprenoic pas
bien pourquoy elle hesitost
tant; si l'on fc
souvient icy de l'entrevue
du Medecin & de
l'amant déguisé en fille
enceinte, on comprendra
qu'une si grande
refcrvc dans cette fille
tquil croyoit la racine,
devoit le surprendre;
cependant il y a des
filles si vertueuses,qu'-
un secondaveu leur
coûte presque autant
que le premier. Nôtre
Medecintâchade rIapa
peller en celle-cy cette
confiance dontil croyoit
avoir été déja honoré.
Cela produisit une
conversation équivoque,
qu'on peut aisément
imaginer, la fille
lui parloit d'une maladie
qu'elle vouloit feindre
pour éloigner un '¡
mariage, & le Medecin
d'une autre maladie
plus réelle, dont il croyoit
avoir été déja le
confident. Quoyqu'il
touchât cette corde tres
delicatement, la fille en
fremit de surprise &
d'horreur
,
elle pâlit,
elle rougit,elle se trouble,
tous ces symptomes
étoient encor équivoques
pour le Medecin,
la honte jointe au
repentir fait à peu prés
le même effet, il se fer
pour la rassurer des lieux
communs les plus confolans
) vous n'êtes pas
la feule à Paris, lui dits
il, ce malheur arrive
quelquefois aux plus
honnêtes filles,les meilleurs
coeurs font les
plus credules, il faut esperer
qu'il vous épousera.
On juge bien que Pcclairciffement
suivit de
, prés de pareils discours,
mais on ne sçauroit imaginer,
la
-
surpriseoùils
furent tous deux quand
la chose fut mireau net,
le Pere arriva assez tôt
pour avoir part à eclairciffement
& à la
surprise, ils se regardoient
tous trois sans de-
(Sviner de quelle part venoit
une si horrible calomnie
, la fille même
n'étoit pas encor au fait
lorsque son amant arriva
de la maniere que
vous allez voir.
Pendant que cecy se
passoit, l'amant inquiet
vint s'informer de la
fille de Chambre sur le
mariage qu'il craignoit
tant; elle avoit entendu
quelque chose de la rupture,
elle l'en instruisit,
& il fut d'abord
transporté de joye :
mais ayant appris enfuite
que le Medecin
venoit d'avoir un grand
éclaircissement avec Je
Perc &; la fille,il perdit
la tramontanne & courut
comme unfolà la
chambre de sa Maîtresse,
& la transporté de
desespoir il lui demanda
permission de se percer
le coeur avec son
épée, il n'osa faire sans
permission cette seconde
sottise qu'elle n'auroit
pas plus approuvéeque
la premiere; il entra
donc, & se jetta la face
contre terre entre le
Pere, lafille & leMedecin,
qui le regardoiêïq
toustrois sans dirernOt
lafille parla la pretnÍre,
comme de raison, <
& son amour s'étant
changé en colère,cilen
ne parla que pour fini- j
droyer le pauvre jeune
homme,elle commença
par lui défendre de i
la voir jamais, 1-e Pere j
aussioutré qu'e lle
,
le
fît sortit de sa Maiion,
S£ la fille aussi-tôt
offrir la main au Me*
edecin pour se vengerde
ITofFenfè qu'elle avoit
reçûë du jeune homme, .f
Ile Medecin convint
qu'il meritoit punition,
S8c dit qu'il alloit luymêmelefaire
avertir
b,qu"il1 n'avoit plus rien. à _1 prétendre , , ainsi après
que le pere & la fille eurent
donne leur paroleau
Medecin, il promit - de revenir le lendema in
[pour terminer le maria-
JSeLe
Pere& lafillepaf-j
ferent le reste du jour àj
parler contre Fimprudent
jeune homme ;
laj
fille ne pouvoit s'en laf-j
fer,& son Pere en laj
quittant lui conseilla de
dormir un peu pour appasser
sa colere, lui
faisant comprendre qu'-
un amant capable d'une
telle action ne meritoit
que du mépris. La nuit
calma la violence de ses
transports,maisaulieu
Bu mépris qu'elle atten-
Boit, elle ne sentit sucseder
à sa colere que de
l'amour,^lle fit tant pourcent
reflexions sur
te rifqueou l'avoitmise
zc jeune homme d'être
'c.[ujet d'un Vaudevil-
4e, maiselle ne put trouver
dans cette action
f"que de l'imprudence 8c
tle l'amour, & le plus
blâmable des deux
rnieelseerrttqquu'aà pprorouuvveerr
l'excez de l'autre, en.~
sorte qu'avant le jour
elle se repentitd'avoir
donné sa parole, & fut
bientôt après au desespoir
de ce qu'il n'y avoit
plus moyen de la retirer.
Quand le Medecin revint
il trouva son épou"f1
se fort triste, je me doutois
bien,dit-il au Pere
en presence de sa fille,,
qu'elle n'oublierait pas
b-rôt) ni l'offence
,
ni
l'offenceur
,
elle pour
roit s'en souvenir encor
après son mariage, son
amant n'est pas prest
non plus d'oublier son
amour, je viens de le
rvoir
,
j'ai voulu le puinir,
en lui laissantcroire
[pendant vingt-quatre
heures qu'il feroit malheureux
par son imprudence,
il en est assez puni,
car il a pensé mourir
cette nuit, je m'apperçois
aussique vôtre
fille est fort mal, voila
de ces maladies que fça-j
vent guerir les bons Medecins
: mariez-les tous
deux,voila mon Ordon.
nance. ]
Le jeune amant étoit
riche, la fille eût été
au desespoir; le pere
rut raisonnable, le mariage
se fit. le même
jour par l'entremise du
bon Medecin.
je vrJudroü
pour l'amour du Lecteur,
quellefût-inotos verita-
,
ble (f'plw jolie ,elle MOIriteroit
mieux le nom
d'Historiette que jeiluy
donné feulefnent parcs
quon en <veu\ une chaque,
mois ,
pardonnez, U
négligence du style,,, les
lm'oissontbien cours pour Autheur du ivercore.
LE BON MEDECIN,
HISTORIETTE. L £ftc dernierunriche
Bourgeois de
Paris alla faire un voyage
à Rouen, & laissa
chez lui sa fille, pour
avoirsoin de son ménage,
elle prit tant de plaisirà
le gouverner, que
cela luy donna envie
d'en avoir un à elle; un
jolivoisin qu'elle voyoit
quelquefois fortisioit
beaucoup cette envie,
elle l'aimoit,elle en étoit
aimée, en un mot ils se
* convenoient, c'étoit un
mariage fait, il n'y manquoitque
le consentement
dupere, &ils ne
doutoient point del'obtenir
àson retour : il$
se repaissoient un jour
ensemblede cette douce
efpprance, lorsque la
fillereçût une lettre de
ce pere absent,; elle ouvre
la lettre,la lit, fait
,
un cri, & la laisse tomber
: l'amant la ramasse,
jette les yeux dessus, Be
.faitun autre cri.CrueLlesurprisepour
ces deux
tendres amans!pendant
qquueecectettetfei4l..1lte se marioic
de san côté, le pere l'avoit
mariée du fien, &c
luy écrivoit quelle se
préparât à recevoir un
mary qu'illuy amenoit
de Roüen.
Quoiqu'il vienne de
t bons maris de ce pays- là, elle aimoit mieux
celui de Paris. La voila
desolée
,
son ainant se
desespere] après les
pleurs & les plaintes on
songe au remede
,
la
fille n'en voit point
d'autre pour prévenir
un si cruel mariage qua
de mourir de douleur
avant que son pere arrive.
Le jeune amant
imagina quelque chofç
de mieux, maisil n'osa
dé-1 couvrir s{'on ddesrs("ein et
sa maîtress.Non,difoitil
en luy-même, elle
n 'approuvera jamais un
projet si hardi, mais
quand j'aurai réiïfli, elle
me pardonnera la hardiesse
de l'entreprise, les
Dames pardonnent fouvent
ce qu'elles n'auroient
jamais permis.
Notreamantlaconjura
de seindre une maladie
subite pour favoriser un
dessein qu'il ayoit, &
sans s'expliquer davantage
il courut à l'expedient
qui nétoit pas
pas trop bien concerté:
Le jeune homme étoit
vif, amoureux & étourdi,
a cela près très raisonnable
:mais les
amans les plus raisonnables
ne sont pas ceux
qui réussissent le mieux.
s: Célui-ci s'étoit souvenu
a propos qu'un
Medecin de Rouen ctoic
arrive chez un ,a~utre Medecin son frere, qui
logeoit chez un de ses
amis; il s'imagina !que
celMédecin de Rôiléh
pourroit bien être Ton.
rival, il prit ses mesures
là-dessus.
'*.Tl. etoit
-
allez beau
garçonpour avoir couru
plusiéurs fois'le bal
en habit de fille.A ce
déguisement,Soutenu
d'une voixunpeu fe^
minine,il ajouta un corset
garni d'ouatre à peu
pré^jufeju^ala grosseur
Convenable à une fille
enceinte de sept àdlUic
mois:ainsidéguisé dans
une chaise à porteur,
sur la brune il va mysserieusement
chez le
Medecin, se. dourantf
bien que le secret qu'it
alloit luiconfier fcroiei
bientôt revelé à Fautro
Medecinson frere ; La
choseluyrétissit mieux!
encore, car le Medecin
de Paris n'étoit point
chez luy
3
n'y devoit
rentrer que fort tard, &
le Médecin de Rouën
étoit arrivé ce jour-là ,
&C se trouvant dans la
salle se crut obligé de
recevoir cette Dame 1
qui avoitl'aird'unepratique
im portance pour
son frère. Ilengageala
conversation avec la
fausse fille, qui ne luy
laissoit voir son visage
qu'à travers une cocfFer
Elle luy tint des discours
propres à exciter
la curiosité, & paroissoit
prend re confiance
aux fiens à mesure qu'il
étaloit son éloquence
provinciale pour luy
paraître le plus habile
ce le plus discret Medecin
du monde. Dés qu'-
elle eut reconnu son
homme pour être celuy
qui la dévoie épouser,;
c'est-à-dire qui dévoie
épouser sa maîtresse dont il vouloit faire , ici
le personnage
)
il tirât
son mouchoir, se migt
à pleurer & sanglotter
fous ses coësses, & après
quelqu'une de ces ceremonies
de pudeur que
l'usage a presquautant
abrégées que les autres
ceremonies du vieux
temps; il parla au Me"
decin en ces termes.
Monsieur ,vous me
paroissez si habile M si
galant homme, que ne
connoissant pas Monsieur
vôtre frere plus
.) que vous,jaime encof
rree mieux me ccoonn-fsieir %àa
vous qu'a luy: esuite
la considence se fit presque
sans parler, la jeune
personneredoubla
¡
les pleurs, Se entr'ouvrant
son écharpe pour
faire voir la tailled'une
femmegrosse,elle dit,
Vous voyez, la plus malheureusefille
dumonde.
LeMedecin des plus
habiles, connut, sans
luy tâter le poulx, de
quelle maladie elle vou- loitguérir,il luy dit,
pour la consoler, qu'il
couroit beaucoup de ces
maladies-là cette année
6C qu'apparemment on
luy avoit promis ma*.
riage,helas !oüi, repliqua-
t-elle, mais le
malheureuxqui m'a séduiten'a
ni parole,ni
honneur.
Aprés plusieurs invectivescontre
le se..
tduâxur .& contre ellemême
,elleconjura Ile
: Medecin de luy donner
quelqu'unde cesremedes
innocens,qui précipitent
le dénouëment
del'avanture,parce
«
qu'elle attendoit dans
vpeuiunn Mcarey d.e Pro-
Quoique leMedecin
nes'imaginapasd'abord
qu'il put être ce Mary
de Province qu'on attendoit,
il ne laissa pas
d'avoir plus de curiosité
qu'il n'enavoit eu
jusques-là, & pour s'attirer
Uconfidence entiere
,
il redoubla ses:
protestations de zele ÔC
dediscretion, Enfin
aprés
aprés toutes les simagréesnecessaires
nôtre
jeune homme déguisé
luy dit : Je fuis la fille
d'un tel, qui m'a écrit
de Rouën, qu'il m'avoit
destinée un honnê-
, te homme, mais tel qu'il
soit, on est trop heureuse
de trouver un Mary
a prés avoir ététrompée
par un amant. Vous
comprenez bien quel
fut l'effet d'une telle
confidence sur le Medecin,
qui crut voir sa
future épouse enceinte
par avance, il demeura
immobile, pendant que
luy embrasant les genoux,
elle le conjuroit
de conduire la chose de
sa çon, queni sonPere,
ni le Mary qu'elle attendoit,
ne pût jamais
soupçonner sa sagesse.
Le Medecin prit ladessus
le parti de la difcretion,
& sans témoigner
qu'il fût l'honnête
homme, que l'on vouloit
charger de l'iniquité
d'autrui, il offrit son
secours, mais on ne l'accepta
qu'à condition
qu-il ne la verroit point
chez son Pere, on fupposoit
quele Medecin
feroit assez delicat pour
rompre un tel mariage,
& assezhonnête homme
pournepoint dire
la cause de la rupture.
Le Medecinallachez
Je Pere dés qu'il le fçut
arrivé, ce Pere luy dit
avec douleur qu'il avoit
trouvé - en arrivant sa
fille tres malade,& ce#*
lui-ci, qui croyoitbien
sçavoir quelle étoit sa
maladie, inventa plusieurs
pretextes de rupture,
mais le Pere esperant
que la beauté de
sa fille pourroitrenouër
cette affaire qu'il souhaittoit
fort, mena nôtre
homme voir la malade
comme Medecin, J
i&C elle le reçût comme
tel, ne se doutant point
qu'ilfût celuiqu'on lui
vouloit donner pour
mary, son Pere n'avoit
encor eu là-dessus aucun
éclaircissemetavec elle,
tla voyant trop mal pour
luiparler si-tôt de mariage
;le Medecin, qu'il
[pria d'examiner la ma- ladie de sa fille, parla
avec toute la circonspey<
5tion d'un homme, qui
ne vouloit rien approfondir;
il demanda du*
temps pour ne point
agir imprudemment,
cette discretion plût
beaucoupà la malade,
elle crût que
connoissant
bien qu'elle fei-1
gnoit cette maladie, &:Il
qu'elle avoit quelque
raison importante pour
feindre, il vouloit lui
rendre service; dans
cette idée elle le gracieusa
fort, il répondit
à ses gracieusetez en
Medecin qui sçavoit le
monde, en forte que cette
consultation devint
insensiblement uneconversation
galante, cc&
assez la methode de nos
Consultans modernes,
&C elle vaut bien,pour
les Dames, celle des anciens
Sectateurs d'Hipocrates.
Letouragreable
que prit cette entrevue
,donna de la gayeté
au Pere, qui dit en badinant,
que comme Perc
discret illaissoit sa fille
consulter en liberté son
Medecin,& les quitta,
croyant s'appercevoir
qu'ils ne se déplaifoient
pas l'un à l'autre.
Voila donc le Medecin
& la malade en liberté
, leur tête-à-tête
commença par le silence,
la fille avoit remarqué
dans ce Medecîn
tous les sentimens d'un
galant homme, mais
elle hesitoit pourtant
encor
encore à lui con fier
son secret. Lui de son
côténecomprenoic pas
bien pourquoy elle hesitost
tant; si l'on fc
souvient icy de l'entrevue
du Medecin & de
l'amant déguisé en fille
enceinte, on comprendra
qu'une si grande
refcrvc dans cette fille
tquil croyoit la racine,
devoit le surprendre;
cependant il y a des
filles si vertueuses,qu'-
un secondaveu leur
coûte presque autant
que le premier. Nôtre
Medecintâchade rIapa
peller en celle-cy cette
confiance dontil croyoit
avoir été déja honoré.
Cela produisit une
conversation équivoque,
qu'on peut aisément
imaginer, la fille
lui parloit d'une maladie
qu'elle vouloit feindre
pour éloigner un '¡
mariage, & le Medecin
d'une autre maladie
plus réelle, dont il croyoit
avoir été déja le
confident. Quoyqu'il
touchât cette corde tres
delicatement, la fille en
fremit de surprise &
d'horreur
,
elle pâlit,
elle rougit,elle se trouble,
tous ces symptomes
étoient encor équivoques
pour le Medecin,
la honte jointe au
repentir fait à peu prés
le même effet, il se fer
pour la rassurer des lieux
communs les plus confolans
) vous n'êtes pas
la feule à Paris, lui dits
il, ce malheur arrive
quelquefois aux plus
honnêtes filles,les meilleurs
coeurs font les
plus credules, il faut esperer
qu'il vous épousera.
On juge bien que Pcclairciffement
suivit de
, prés de pareils discours,
mais on ne sçauroit imaginer,
la
-
surpriseoùils
furent tous deux quand
la chose fut mireau net,
le Pere arriva assez tôt
pour avoir part à eclairciffement
& à la
surprise, ils se regardoient
tous trois sans de-
(Sviner de quelle part venoit
une si horrible calomnie
, la fille même
n'étoit pas encor au fait
lorsque son amant arriva
de la maniere que
vous allez voir.
Pendant que cecy se
passoit, l'amant inquiet
vint s'informer de la
fille de Chambre sur le
mariage qu'il craignoit
tant; elle avoit entendu
quelque chose de la rupture,
elle l'en instruisit,
& il fut d'abord
transporté de joye :
mais ayant appris enfuite
que le Medecin
venoit d'avoir un grand
éclaircissement avec Je
Perc &; la fille,il perdit
la tramontanne & courut
comme unfolà la
chambre de sa Maîtresse,
& la transporté de
desespoir il lui demanda
permission de se percer
le coeur avec son
épée, il n'osa faire sans
permission cette seconde
sottise qu'elle n'auroit
pas plus approuvéeque
la premiere; il entra
donc, & se jetta la face
contre terre entre le
Pere, lafille & leMedecin,
qui le regardoiêïq
toustrois sans dirernOt
lafille parla la pretnÍre,
comme de raison, <
& son amour s'étant
changé en colère,cilen
ne parla que pour fini- j
droyer le pauvre jeune
homme,elle commença
par lui défendre de i
la voir jamais, 1-e Pere j
aussioutré qu'e lle
,
le
fît sortit de sa Maiion,
S£ la fille aussi-tôt
offrir la main au Me*
edecin pour se vengerde
ITofFenfè qu'elle avoit
reçûë du jeune homme, .f
Ile Medecin convint
qu'il meritoit punition,
S8c dit qu'il alloit luymêmelefaire
avertir
b,qu"il1 n'avoit plus rien. à _1 prétendre , , ainsi après
que le pere & la fille eurent
donne leur paroleau
Medecin, il promit - de revenir le lendema in
[pour terminer le maria-
JSeLe
Pere& lafillepaf-j
ferent le reste du jour àj
parler contre Fimprudent
jeune homme ;
laj
fille ne pouvoit s'en laf-j
fer,& son Pere en laj
quittant lui conseilla de
dormir un peu pour appasser
sa colere, lui
faisant comprendre qu'-
un amant capable d'une
telle action ne meritoit
que du mépris. La nuit
calma la violence de ses
transports,maisaulieu
Bu mépris qu'elle atten-
Boit, elle ne sentit sucseder
à sa colere que de
l'amour,^lle fit tant pourcent
reflexions sur
te rifqueou l'avoitmise
zc jeune homme d'être
'c.[ujet d'un Vaudevil-
4e, maiselle ne put trouver
dans cette action
f"que de l'imprudence 8c
tle l'amour, & le plus
blâmable des deux
rnieelseerrttqquu'aà pprorouuvveerr
l'excez de l'autre, en.~
sorte qu'avant le jour
elle se repentitd'avoir
donné sa parole, & fut
bientôt après au desespoir
de ce qu'il n'y avoit
plus moyen de la retirer.
Quand le Medecin revint
il trouva son épou"f1
se fort triste, je me doutois
bien,dit-il au Pere
en presence de sa fille,,
qu'elle n'oublierait pas
b-rôt) ni l'offence
,
ni
l'offenceur
,
elle pour
roit s'en souvenir encor
après son mariage, son
amant n'est pas prest
non plus d'oublier son
amour, je viens de le
rvoir
,
j'ai voulu le puinir,
en lui laissantcroire
[pendant vingt-quatre
heures qu'il feroit malheureux
par son imprudence,
il en est assez puni,
car il a pensé mourir
cette nuit, je m'apperçois
aussique vôtre
fille est fort mal, voila
de ces maladies que fça-j
vent guerir les bons Medecins
: mariez-les tous
deux,voila mon Ordon.
nance. ]
Le jeune amant étoit
riche, la fille eût été
au desespoir; le pere
rut raisonnable, le mariage
se fit. le même
jour par l'entremise du
bon Medecin.
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Résumé : LE BON MEDECIN, HISTORIETTE.
Le texte relate l'histoire d'une jeune fille parisienne dont le père, un riche bourgeois, part en voyage à Rouen. Pendant son absence, la fille, qui apprécie de gérer le ménage, développe des sentiments pour un voisin. Ils s'aiment et envisagent de se marier, espérant obtenir le consentement du père à son retour. Cependant, la fille reçoit une lettre de son père annonçant qu'il lui a trouvé un mari à Rouen. Désespérée, elle envisage de mourir pour éviter ce mariage. Son amant, plus raisonnable, imagine un plan. Il se déguise en femme enceinte et se rend chez un médecin de Rouen, frère d'un médecin parisien, pour obtenir son aide. Le médecin, croyant que la 'fille' est enceinte d'un autre homme, accepte de l'aider à éviter le mariage. Le père, de retour, trouve sa fille malade et accepte la rupture du mariage arrangé. Le médecin et la fille ont une conversation équivoque, révélant finalement la vérité. Le père, l'amant et le médecin sont tous surpris. L'amant, désespéré, veut se suicider, mais la fille le chasse. Le médecin, comprenant la situation, propose de marier les deux jeunes gens. Le père accepte, et le médecin prescrit ce mariage comme remède à leur malheur.
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