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1
p. 252-264
MORT.
Début :
Messire Charles de Gaucourt, Seigneur de Cluys, de Bouesses [...]
Mots clefs :
Seigneur, Gaucourt, Alliance, Picardie, Chambellan, Gouverneur, Mort, Bataille, Héritage
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texteReconnaissance textuelle : MORT.
M0R71
Messire Charles de Gaucourt,
Seigneur deCluys;
de Boueffes, &c. Lieutenant
du Roy en Berry, mourut
lc 30 May. Il avoit épousé
Marguerite de Tiercel in de
Rancé, Fille de Jean, Seigneur
de la Chapelle - Barion
5c de Jeanne Marie
Turpin aprés la more de laquelle
sans enfans en 1G%6.\
il a pris une seconde Alliance
1687. avec Albertine
kigide de la Beaume, fillc
1c Charles, Marquis de S,
Martin & de Therese Anne-
Françoise de Trafignys, sa
seconde femme; de laquelle
l a eu un fils qui luy succede
en sa Charge. La Maison
de Gaucourt est une des
plus considerables de Picariic;
elle a donné de grands
Officiers à la Couronne;elle
tire son origine de Raoul
, Seigneur de Gaucourt&
d'Argicourt qui vivoic en
12.70. Jean de Gaucourt,
Seigneur de Maisons sur
Seine. de Viry & de Villiers
a esté Maistre d'Hostel du
Roy,ilmourut le22. Février
1393.laissant de Jeanne de
Farinaille sa femme, Jeanne
de Gaucourt, mariée à Robert,
Seigneur de Vaurin-
Lillers &c. Raoul. Jean Ar-;
chidiacre de Joinville en
l'Eglise de Châalons, Eustache,
Seigneur de Viry,
grand Fauconnier de France
mort vers l'an 1415. sans
postetité de Jeanne de Mommorency,
veuve de Gautier
de Thorore, Seigneur
de Chastellier, &, fille de
pufll^unie de Monmorency
Seigneur de S. Luc
,
& Jean
le Gaucourt Seigneur de
Maison sur SeinedeVilliers
:Gus S. Leu, &c. qui fut insitué
Maistre des Eaux &
Forests deFrance, Champagne&
Brie en 1 398.
Raoul Seigneurde Gauatur$,
ChevalierChambelan
du Roy, Bailly de
Roüen
,
où il fut tué lors
l'une seditionqui arriva en
417. aptés avoir rendu des
Services considerables àl'Eat;
il avoit épousé Mar gue.
rite de Beaumont, veuve dr
Charles deHanget,Senechal
de Beaucaire & avoir pris
une seconde Alliance avec
Aleaume deBerghes
,
veuve
de Jean de Roye
,
Seigneur
Daunois; du premier sortirent
Guillaume deGaucourt
vivant 1402. &Raoul Sei
gneurde Gaucourt, &c.
Premier Chambellandu Roy
CharlesVII.Gouverneur
du Dauphiné & Bailly dOrleans,
puis grand Maistre
de France, se trouvaàla de.(
faite des Anglois devant
Montargisen 1427, contribua
à la reprise de Chartres
en 1429. & ayant esté établis
Gouverneur de Dauphiné;
ildéfiten 1430 au combat
d'Anthon le Prince d'Orange
qui tenoit le parti du
Duc de Bourgogne.L'an
14M il se signala au Siege
de Montereau & servit beaucoup
à la Conqueste de la
Normandie. Il assista en qualité
de premier Chambellan
du Roy à la magnifique Entrée
que Charles VII. fit
dans la Ville de Roüen, &
en 1456.ilreçût de la part
du Roy en qualité de grand
Maistre de son Hostel les
Ambassadeurs envoyez par
le Roy de Hongrie pour
demander la Princesse Magdaleine
en mariage; il avoir
épousé Jeanne de Preuilly,
fille de Gilles Seigneur de
Preuilly & de Marguerite de
Naillac dont il eut Charles,
Jean, Evêque & Duc e
Laon, mort le 10. Juin 1468.1
Raoul Seigneur de Lufarchflu
8c Marie de Gaucourt quiJ
épousale 5. Juin i4j£.J
Charles de Tournon -
gneur de Belcastel, Charles
Seigneur de Gaucourt, Argicourt
&c. Vicomted'Acy
Lieutenant General Gouverneur
de la Ville de Paris &
Isle de France, Conseiller &
Chambellan duRoy,rendit
des servicesconsiderables
aux Rois Charles V II. &
Loüis XI. mourut à Paris
en 1482. futenterréenl'Eglise
de S. Jean en Gréve.
Il avoir épousé le 8Octobre
1454. Agnés de Vaux, dire
Collette, fille de Jean Seigneur
de S. Jues & de
Jeanne Bouteiller, Dame de
Saintines dontil eut Charles
Jean,Evêque d' Amiens,
Loüis, Evêque d'Amiens,
aprés son frere,François
Chevalier de Rhodes, Annemariée
le 23.OctobreàJean
de Cullan, Seigneur de
Chasteau-neuf. Catherine:
alliée le 10. Mars 1480. àj
loüis d'Aubusson. Seigneur
de Villeneuve, & Marguerite
de Gaucourt femme de
Pierre du Puy, Seigneur de
Vatan, Bailly & Gouverneur
de Berry.
Charles , Seigneur de
Gaucourt de Boëfes, Cluys,
&c.venditen 145)8 leFief
de Gaucourt.
Loüis de Gaucourt,Seigneur
de Cluys de Boesses,
&c, Chevalier de l'Ordre du
Roy, Chambellan du Duc
d'Alençon, mouruc lc 3.
Aoust Ij89. de la blessure
qu'il reçût en commandant
pour la Ligue; il avoit épousé
en 1564. Jeanned'Escoubleau,
fille de Jean, Seigneur
de Sourdis Maistre de la
Garde Robe du Roy, il eut
Charles; Jean Abbé de
Maubec; Jacques qui a fait
la branche de Cluys & Aymée
de Gaucourt, femme de
Gabriel de Mallesu,Seigneur
de Chastelus,Charles de
Gaucourc, Seigneur de Ville-
Dîeu & de Boesses, épousa
lc ip. Septem bre 1604.
Charlotte de Rochefort,
fille d'Imbert, Seigneur de
Beauvais & de Ville-Dieu.
Branche des Seigneurs de-
Cltijs.
Jacques de Gaucourt ,Seigneur
de Cluys, &c. fils
puisné de Loüis de Cluys &
de Françoise d'Escoubleau,
fut Capitaine de Chevaux
Legers & Senechal de la
Marches il épousa en J£O?.
Jeanne d'Elbene, fille de
Guillaume, Seigneur de l'EG.
pinoux, Conseiller au grand
Conseil&d'Aysieux Chamarre
dont il eut Loüis
& Char les, morts jeunes.
Charles Guillaume, Prieur
de Cluys,Aimée, femme
de Frederic de Gamaches,
Vicomte de Chasteau Me-
Hand) Esther & Magdelaine.
de Gaucourt, Rehgieuses.
Charles de Gaucourr, Seigneur
de Cluys,mourut en
Juin 1692. il avoit épousé
en 1656.Gilberred'Assy,
,ycuve de Claude deTroussebois,
Seigneur de Champaigre,
& fille de Hugues,
Seigneur de Rochefolle, &
de Marguerite de Morette,
dont il laissa Charles de
Gaucourt, qui mourut le
30. May, comme nous (tavons
dit ci-dessus, & Silvain
Chevalier de Malthe. N. &
Nde Gaucourc.
Extrait d'une Lettre dt
Gironne le 7. Jmilet 171 3. V.
Messire Charles de Gaucourt,
Seigneur deCluys;
de Boueffes, &c. Lieutenant
du Roy en Berry, mourut
lc 30 May. Il avoit épousé
Marguerite de Tiercel in de
Rancé, Fille de Jean, Seigneur
de la Chapelle - Barion
5c de Jeanne Marie
Turpin aprés la more de laquelle
sans enfans en 1G%6.\
il a pris une seconde Alliance
1687. avec Albertine
kigide de la Beaume, fillc
1c Charles, Marquis de S,
Martin & de Therese Anne-
Françoise de Trafignys, sa
seconde femme; de laquelle
l a eu un fils qui luy succede
en sa Charge. La Maison
de Gaucourt est une des
plus considerables de Picariic;
elle a donné de grands
Officiers à la Couronne;elle
tire son origine de Raoul
, Seigneur de Gaucourt&
d'Argicourt qui vivoic en
12.70. Jean de Gaucourt,
Seigneur de Maisons sur
Seine. de Viry & de Villiers
a esté Maistre d'Hostel du
Roy,ilmourut le22. Février
1393.laissant de Jeanne de
Farinaille sa femme, Jeanne
de Gaucourt, mariée à Robert,
Seigneur de Vaurin-
Lillers &c. Raoul. Jean Ar-;
chidiacre de Joinville en
l'Eglise de Châalons, Eustache,
Seigneur de Viry,
grand Fauconnier de France
mort vers l'an 1415. sans
postetité de Jeanne de Mommorency,
veuve de Gautier
de Thorore, Seigneur
de Chastellier, &, fille de
pufll^unie de Monmorency
Seigneur de S. Luc
,
& Jean
le Gaucourt Seigneur de
Maison sur SeinedeVilliers
:Gus S. Leu, &c. qui fut insitué
Maistre des Eaux &
Forests deFrance, Champagne&
Brie en 1 398.
Raoul Seigneurde Gauatur$,
ChevalierChambelan
du Roy, Bailly de
Roüen
,
où il fut tué lors
l'une seditionqui arriva en
417. aptés avoir rendu des
Services considerables àl'Eat;
il avoit épousé Mar gue.
rite de Beaumont, veuve dr
Charles deHanget,Senechal
de Beaucaire & avoir pris
une seconde Alliance avec
Aleaume deBerghes
,
veuve
de Jean de Roye
,
Seigneur
Daunois; du premier sortirent
Guillaume deGaucourt
vivant 1402. &Raoul Sei
gneurde Gaucourt, &c.
Premier Chambellandu Roy
CharlesVII.Gouverneur
du Dauphiné & Bailly dOrleans,
puis grand Maistre
de France, se trouvaàla de.(
faite des Anglois devant
Montargisen 1427, contribua
à la reprise de Chartres
en 1429. & ayant esté établis
Gouverneur de Dauphiné;
ildéfiten 1430 au combat
d'Anthon le Prince d'Orange
qui tenoit le parti du
Duc de Bourgogne.L'an
14M il se signala au Siege
de Montereau & servit beaucoup
à la Conqueste de la
Normandie. Il assista en qualité
de premier Chambellan
du Roy à la magnifique Entrée
que Charles VII. fit
dans la Ville de Roüen, &
en 1456.ilreçût de la part
du Roy en qualité de grand
Maistre de son Hostel les
Ambassadeurs envoyez par
le Roy de Hongrie pour
demander la Princesse Magdaleine
en mariage; il avoir
épousé Jeanne de Preuilly,
fille de Gilles Seigneur de
Preuilly & de Marguerite de
Naillac dont il eut Charles,
Jean, Evêque & Duc e
Laon, mort le 10. Juin 1468.1
Raoul Seigneur de Lufarchflu
8c Marie de Gaucourt quiJ
épousale 5. Juin i4j£.J
Charles de Tournon -
gneur de Belcastel, Charles
Seigneur de Gaucourt, Argicourt
&c. Vicomted'Acy
Lieutenant General Gouverneur
de la Ville de Paris &
Isle de France, Conseiller &
Chambellan duRoy,rendit
des servicesconsiderables
aux Rois Charles V II. &
Loüis XI. mourut à Paris
en 1482. futenterréenl'Eglise
de S. Jean en Gréve.
Il avoir épousé le 8Octobre
1454. Agnés de Vaux, dire
Collette, fille de Jean Seigneur
de S. Jues & de
Jeanne Bouteiller, Dame de
Saintines dontil eut Charles
Jean,Evêque d' Amiens,
Loüis, Evêque d'Amiens,
aprés son frere,François
Chevalier de Rhodes, Annemariée
le 23.OctobreàJean
de Cullan, Seigneur de
Chasteau-neuf. Catherine:
alliée le 10. Mars 1480. àj
loüis d'Aubusson. Seigneur
de Villeneuve, & Marguerite
de Gaucourt femme de
Pierre du Puy, Seigneur de
Vatan, Bailly & Gouverneur
de Berry.
Charles , Seigneur de
Gaucourt de Boëfes, Cluys,
&c.venditen 145)8 leFief
de Gaucourt.
Loüis de Gaucourt,Seigneur
de Cluys de Boesses,
&c, Chevalier de l'Ordre du
Roy, Chambellan du Duc
d'Alençon, mouruc lc 3.
Aoust Ij89. de la blessure
qu'il reçût en commandant
pour la Ligue; il avoit épousé
en 1564. Jeanned'Escoubleau,
fille de Jean, Seigneur
de Sourdis Maistre de la
Garde Robe du Roy, il eut
Charles; Jean Abbé de
Maubec; Jacques qui a fait
la branche de Cluys & Aymée
de Gaucourt, femme de
Gabriel de Mallesu,Seigneur
de Chastelus,Charles de
Gaucourc, Seigneur de Ville-
Dîeu & de Boesses, épousa
lc ip. Septem bre 1604.
Charlotte de Rochefort,
fille d'Imbert, Seigneur de
Beauvais & de Ville-Dieu.
Branche des Seigneurs de-
Cltijs.
Jacques de Gaucourt ,Seigneur
de Cluys, &c. fils
puisné de Loüis de Cluys &
de Françoise d'Escoubleau,
fut Capitaine de Chevaux
Legers & Senechal de la
Marches il épousa en J£O?.
Jeanne d'Elbene, fille de
Guillaume, Seigneur de l'EG.
pinoux, Conseiller au grand
Conseil&d'Aysieux Chamarre
dont il eut Loüis
& Char les, morts jeunes.
Charles Guillaume, Prieur
de Cluys,Aimée, femme
de Frederic de Gamaches,
Vicomte de Chasteau Me-
Hand) Esther & Magdelaine.
de Gaucourt, Rehgieuses.
Charles de Gaucourr, Seigneur
de Cluys,mourut en
Juin 1692. il avoit épousé
en 1656.Gilberred'Assy,
,ycuve de Claude deTroussebois,
Seigneur de Champaigre,
& fille de Hugues,
Seigneur de Rochefolle, &
de Marguerite de Morette,
dont il laissa Charles de
Gaucourt, qui mourut le
30. May, comme nous (tavons
dit ci-dessus, & Silvain
Chevalier de Malthe. N. &
Nde Gaucourc.
Extrait d'une Lettre dt
Gironne le 7. Jmilet 171 3. V.
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Résumé : MORT.
Le texte relate l'histoire de la famille de Gaucourt, une des plus influentes de Picardie, connue pour avoir fourni de nombreux officiers à la Couronne. Messire Charles de Gaucourt, Seigneur de Cluys, de Boueffes, et Lieutenant du Roy en Berry, est décédé le 30 mai. Il avait épousé Marguerite de Tiercelin de Rancé en 1686, puis Albertine Rigide de la Beaume en 1687, avec qui il eut un fils qui lui succéda. La famille de Gaucourt tire son origine de Raoul, Seigneur de Gaucourt et d'Argicourt, vivant en 1270. Plusieurs membres de la famille ont occupé des postes importants. Jean de Gaucourt, Maître d'Hôtel du Roy, est mort en 1393, et Raoul de Gaucourt, Chevalier et Chambellan du Roy, a été tué en 1417. Raoul de Gaucourt, Premier Chambellan du Roy Charles VII, Gouverneur du Dauphiné et Bailly d'Orléans, a joué un rôle crucial dans la reprise de Chartres en 1429 et la conquête de la Normandie. Il est décédé en 1482. Charles de Gaucourt, Seigneur de Gaucourt, Argicourt, et Vicomte d'Acy, a servi les Rois Charles VIII et Louis XI et est également mort en 1482. Louis de Gaucourt, Seigneur de Cluys et Chevalier de l'Ordre du Roy, a été blessé en commandant pour la Ligue et est décédé le 3 août 1589. Charles de Gaucourt, Seigneur de Cluys, est mort en juin 1692. Il avait épousé Gilberte d'Assy en 1656, avec qui il eut Charles de Gaucourt, décédé le 30 mai, et Sylvain, Chevalier de Malte.
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2
p. [203]-209
ENVOY d'un pâté de Canards d'Amiens à M. M. D. M. sous le nom de Damon, par un de ses Parens, Prieur en Picardie.
Début :
Canards rodoient dans nos fossés, [...]
Mots clefs :
Canards, Pâté, Maladie, Musique, Picardie, Tranquillité, Cuisinier, Humour, Convalescent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY d'un pâté de Canards d'Amiens à M. M. D. M. sous le nom de Damon, par un de ses Parens, Prieur en Picardie.
ENVOY d'un pâté de Canards d'Amiens
à M. M. D. M. sous le nom de
Damon , par un de ses Parens , Prieur
en Picardie.
C
Anards rodoient dans nos fossés ,
Troupe importune et barboteuse ;
De leur voix aigre et raboteuse ;
Nos mâtins la nuit agacés ,
En maison tranquile et peureuse ,
Mettoient l'allarme ; et le Béfroi
Sonnant tocsin dans les tenebres,
A ij N'ins204
MERCURE DE FRANCE
N'inspira jamais plus d'éfroi ,
Par ses sons bruyans et funebres.
De la gent au gozier glouton ,
A grand kan kan,, dans notre mare
Il fallut supprimer le ton.
Fut dit , fut fait ; on se prépare ;
Notre gros Cuisinier plus rond
Que son billot , en criant gare ,
Haussant le bras , ridant le front ,
A pauvre peuple tintamare
Coupa le col : oh ! le barbare ,
S'écriera Belle , qu'à M ... our
Troupe kankane et caressée ,
Va visiter cent fois le jour
Pour avoir d'elle la becquée.
Mais dût-elle en triste chanson ;
En bémol , ou bien en bécare ,
Se plaindre de l'acte félon
A sa plainte on dira tarare.
De nos Canards bien trépassés ,
Et que Degan en grosse croute
A bien et duëment enchassés
De
peur
›
de malencontre en route ,
Damon voilà le guet - à- pand ,
Qui n'est cas prévôtal , je pense :
Oncque Canard ni Hallebran
Ne fit pendre son homme en France.
Fameux faiseur de pâtés.
Dans 4
FEVRIER.
1731. 205
Dans nos fossés leur Archipel ,
Pápas Sultans , mamans Sultanes ,
Chaque hyver , au premier d'égel ,
Recommençoient leurs caravanes ,
Pour aller honorer Degan ;
Et c'étoit lors nouveau kan kan
Qu'à chaque instant pendant l'Office
On leur entendoit frédonner :
Pour gens dévots c'est un supplice
D'entendre sans cesse entonner
Musique à désoler un Suisse ,
Qui n'aime point à raisonner.
Pour le cas , non pour autre chose ,
Peuple kan kan , grace à Degan ,
Et grace à la Métamorphose ,
Devient pâté du nouvel an.
Je te le dépêche , beau Sire ,
Et l'aurois dépêché plutôt
Si mal qui des maux n'est le pire ,
Quand il ne mene qu'au seul trot
Pauvre Chrétién , souffre martire
Ne m'eut mené le grand galop.
Lecorps fondu comme la cire ,
Et plus foible qu'un Escargot ,
Je ne sçavois parler , écrire
A nul au monde un petit mot.
Lachesis , que rien n'amadouë
Hâtoit déja son noir fuseau
"
La vieille laide , à grosse mouë ,
>
A iij Ap
206 MERCURE DE FRANCE
•
Apprêtoit le fatal ciseau ,
Quand un matin , Maître Esculape
Un affreux breuvage à la main
Me dit , avale ; je le happe ;
2
Et drogues dès le lendemain ,
D'aller dans mon corps à la sappe
Chercher l'ennemi souterrain ,
Mieux n'auroit fait
pour
Prince ou Pape.
Enfin , cher Damon , me voici ,
A titre encor de bail à vie ,
Habitant de ce monde ci ;
Mais , helas ! que j'aurois envie
D'assister à tout le convoi
De ma deffunte volatille
Dont je te fais d'ici l'envoi !
Que j'aime à me voir en famille ,
Et sur tout quand je suis chez toi ;
Ou Cousin , Oncle , Mere et Fille
Paroissent gens de bon alloi ;
Tante aussi fraîche qu'une Rose ,
Fait les honneurs de la maison ;
La sagesse en son coeur repose ;
C'est le flambeau de sa raison.
Un Abbé , fruit de l'Himenée ,
Et maître de sa destinée ,
Qui joint à l'aimable enjoûment.
La politesse et l'agrément.
D'un frere orné des mêmes charmes ,
Ami
FEVRIER. 1731. 207
Ami d'Apollon et de Mars ,
Qui du même air qu'il court aux armes
Vole à l'étude des beaux arts.
Quand reverrai - je donc l'image ?
Que dans nos doux embrassemens ,
Réchauffant un cher cousinage ,
Nous en rendrons les noeuds constans !
Damon , favori de Minerve ,
y
Qui sçait mettre à prix les bons Vers ,
Si peut-être en suivant ma verve
J'ai pris ma route de travers ;
Si raisonnant Canards et Cannes ,
J'ai raisonné comme un Oison ;
Si sur la riine tu chicanes ,
Et plus encor sur la raison ,
Pardonne à ma Muse badine
L'écart d'un coeur reconnoissant.
Rimeur à pâle et seche mine ,
A peine encor convalescent ,
Ne peut un jour de Medecine
Rimer des Vers qu'en s'efforçant.
Docte Censeur , qui ne fais grace
Qu'à la raison , qu'aux bons Ecrits ,
Epluche ici , gronde , ressasse "
Déchire , brûle , ou bien fais pis.
Oui , malgré l'orgueil Poetique ,
Je sens qu'un Censeur tel que toi
Vaut une prise d'émetique
A iiij A
208 MERCURE DE FRANCE
A Rimeur qui trouve chez soi
Bien moins de rime que de bile ,
Et dont l'enthousiasme vain ,
S'il ne peut faire un homme habile
Fait toujours un sot Ecrivain.
Avec l'honneur du parentage ,
Que n'ai-je ton heureux talent ,
Et ton élegant badinage
Si délicat , si décevant
Que dans le feu Moine sauvage
Plus bouru que tout son Couvent
T'a fait jetter , et dont je gage
Que la cendre est allée au vent ?
Peste du Moine prédicant ,
2
;
Qui pour te rendre un peu trop sage
Te fait mourir dès ton vivant !
Non non , Damon , sur le Parnasse
Tes Vers gravés en lettres d'or ,
Auprès de Catulle et d'Horace
Des neuf Soeurs s'y font lire encor.
Mais des miens ici je t'ennuyè ,
Et Muse me dit , Hallebran ,
Tais- toi , faut-il qu'un docte essuye
En même jour tant de kan kan ;
Peut- être aussi la compagnie
De gens choisis et délicats ,
* Vers qui n'étoient qu'un pur jeu d'esprit
et qui ont été brûlés.
Qui
FEVRIER. 1731. 209
Qui s'en vient en cerémonie
Visiter Oiseaux à pieds plats ,
'A leur aspect
à bon droit peste
Contre rimailleur importun ,
Qui pour un rien , pour moins qu'un zeste
Laisse son appétit à jeun.
Adieu , cher Damon , je t'embrasse ,
Et Tante et Cousin et Maman ;
D'aimable fille que Dieu fasse
De fille femme au bout de l'an.
F, P. Ce 20. Janvier 1731 .
à M. M. D. M. sous le nom de
Damon , par un de ses Parens , Prieur
en Picardie.
C
Anards rodoient dans nos fossés ,
Troupe importune et barboteuse ;
De leur voix aigre et raboteuse ;
Nos mâtins la nuit agacés ,
En maison tranquile et peureuse ,
Mettoient l'allarme ; et le Béfroi
Sonnant tocsin dans les tenebres,
A ij N'ins204
MERCURE DE FRANCE
N'inspira jamais plus d'éfroi ,
Par ses sons bruyans et funebres.
De la gent au gozier glouton ,
A grand kan kan,, dans notre mare
Il fallut supprimer le ton.
Fut dit , fut fait ; on se prépare ;
Notre gros Cuisinier plus rond
Que son billot , en criant gare ,
Haussant le bras , ridant le front ,
A pauvre peuple tintamare
Coupa le col : oh ! le barbare ,
S'écriera Belle , qu'à M ... our
Troupe kankane et caressée ,
Va visiter cent fois le jour
Pour avoir d'elle la becquée.
Mais dût-elle en triste chanson ;
En bémol , ou bien en bécare ,
Se plaindre de l'acte félon
A sa plainte on dira tarare.
De nos Canards bien trépassés ,
Et que Degan en grosse croute
A bien et duëment enchassés
De
peur
›
de malencontre en route ,
Damon voilà le guet - à- pand ,
Qui n'est cas prévôtal , je pense :
Oncque Canard ni Hallebran
Ne fit pendre son homme en France.
Fameux faiseur de pâtés.
Dans 4
FEVRIER.
1731. 205
Dans nos fossés leur Archipel ,
Pápas Sultans , mamans Sultanes ,
Chaque hyver , au premier d'égel ,
Recommençoient leurs caravanes ,
Pour aller honorer Degan ;
Et c'étoit lors nouveau kan kan
Qu'à chaque instant pendant l'Office
On leur entendoit frédonner :
Pour gens dévots c'est un supplice
D'entendre sans cesse entonner
Musique à désoler un Suisse ,
Qui n'aime point à raisonner.
Pour le cas , non pour autre chose ,
Peuple kan kan , grace à Degan ,
Et grace à la Métamorphose ,
Devient pâté du nouvel an.
Je te le dépêche , beau Sire ,
Et l'aurois dépêché plutôt
Si mal qui des maux n'est le pire ,
Quand il ne mene qu'au seul trot
Pauvre Chrétién , souffre martire
Ne m'eut mené le grand galop.
Lecorps fondu comme la cire ,
Et plus foible qu'un Escargot ,
Je ne sçavois parler , écrire
A nul au monde un petit mot.
Lachesis , que rien n'amadouë
Hâtoit déja son noir fuseau
"
La vieille laide , à grosse mouë ,
>
A iij Ap
206 MERCURE DE FRANCE
•
Apprêtoit le fatal ciseau ,
Quand un matin , Maître Esculape
Un affreux breuvage à la main
Me dit , avale ; je le happe ;
2
Et drogues dès le lendemain ,
D'aller dans mon corps à la sappe
Chercher l'ennemi souterrain ,
Mieux n'auroit fait
pour
Prince ou Pape.
Enfin , cher Damon , me voici ,
A titre encor de bail à vie ,
Habitant de ce monde ci ;
Mais , helas ! que j'aurois envie
D'assister à tout le convoi
De ma deffunte volatille
Dont je te fais d'ici l'envoi !
Que j'aime à me voir en famille ,
Et sur tout quand je suis chez toi ;
Ou Cousin , Oncle , Mere et Fille
Paroissent gens de bon alloi ;
Tante aussi fraîche qu'une Rose ,
Fait les honneurs de la maison ;
La sagesse en son coeur repose ;
C'est le flambeau de sa raison.
Un Abbé , fruit de l'Himenée ,
Et maître de sa destinée ,
Qui joint à l'aimable enjoûment.
La politesse et l'agrément.
D'un frere orné des mêmes charmes ,
Ami
FEVRIER. 1731. 207
Ami d'Apollon et de Mars ,
Qui du même air qu'il court aux armes
Vole à l'étude des beaux arts.
Quand reverrai - je donc l'image ?
Que dans nos doux embrassemens ,
Réchauffant un cher cousinage ,
Nous en rendrons les noeuds constans !
Damon , favori de Minerve ,
y
Qui sçait mettre à prix les bons Vers ,
Si peut-être en suivant ma verve
J'ai pris ma route de travers ;
Si raisonnant Canards et Cannes ,
J'ai raisonné comme un Oison ;
Si sur la riine tu chicanes ,
Et plus encor sur la raison ,
Pardonne à ma Muse badine
L'écart d'un coeur reconnoissant.
Rimeur à pâle et seche mine ,
A peine encor convalescent ,
Ne peut un jour de Medecine
Rimer des Vers qu'en s'efforçant.
Docte Censeur , qui ne fais grace
Qu'à la raison , qu'aux bons Ecrits ,
Epluche ici , gronde , ressasse "
Déchire , brûle , ou bien fais pis.
Oui , malgré l'orgueil Poetique ,
Je sens qu'un Censeur tel que toi
Vaut une prise d'émetique
A iiij A
208 MERCURE DE FRANCE
A Rimeur qui trouve chez soi
Bien moins de rime que de bile ,
Et dont l'enthousiasme vain ,
S'il ne peut faire un homme habile
Fait toujours un sot Ecrivain.
Avec l'honneur du parentage ,
Que n'ai-je ton heureux talent ,
Et ton élegant badinage
Si délicat , si décevant
Que dans le feu Moine sauvage
Plus bouru que tout son Couvent
T'a fait jetter , et dont je gage
Que la cendre est allée au vent ?
Peste du Moine prédicant ,
2
;
Qui pour te rendre un peu trop sage
Te fait mourir dès ton vivant !
Non non , Damon , sur le Parnasse
Tes Vers gravés en lettres d'or ,
Auprès de Catulle et d'Horace
Des neuf Soeurs s'y font lire encor.
Mais des miens ici je t'ennuyè ,
Et Muse me dit , Hallebran ,
Tais- toi , faut-il qu'un docte essuye
En même jour tant de kan kan ;
Peut- être aussi la compagnie
De gens choisis et délicats ,
* Vers qui n'étoient qu'un pur jeu d'esprit
et qui ont été brûlés.
Qui
FEVRIER. 1731. 209
Qui s'en vient en cerémonie
Visiter Oiseaux à pieds plats ,
'A leur aspect
à bon droit peste
Contre rimailleur importun ,
Qui pour un rien , pour moins qu'un zeste
Laisse son appétit à jeun.
Adieu , cher Damon , je t'embrasse ,
Et Tante et Cousin et Maman ;
D'aimable fille que Dieu fasse
De fille femme au bout de l'an.
F, P. Ce 20. Janvier 1731 .
Fermer
Résumé : ENVOY d'un pâté de Canards d'Amiens à M. M. D. M. sous le nom de Damon, par un de ses Parens, Prieur en Picardie.
Dans une lettre poétique, un parent de Damon, prieur en Picardie, envoie à ce dernier un pâté de canards d'Amiens. L'auteur décrit initialement les canards comme une nuisance dans les fossés, dont les cris agaçaient les chiens et provoquaient des alarmes nocturnes. Pour remédier à cette situation, il fut décidé de supprimer les canards, ce qui fut exécuté par le cuisinier. Les canards, une fois tués, furent préparés en pâté par Degan. L'auteur évoque ensuite les habitudes des canards qui, chaque hiver, se rendaient en procession pour honorer Degan. Leur chant incessant était comparé à une musique désolante. Grâce à Degan et à la métamorphose des canards en pâté, ce problème fut résolu. L'auteur exprime son regret de ne pas pouvoir assister au convoi des canards défunts et son désir de revoir sa famille, qu'il décrit comme aimable et sage. Il mentionne également un abbé, un frère et un cousin, tous dotés de qualités admirables. La lettre se termine par une réflexion sur la poésie et l'écriture, où l'auteur reconnaît ses limites et exprime son admiration pour le talent de Damon. Il conclut en adressant ses salutations à Damon et à sa famille.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 195-207
MEMOIRE GENEALOGIQUE De la branche des Caumont de Picardie, connus sous le nom de Gauville, depuis leur transmigration de Guyenne, vers l'an 1400.
Début :
Les démarches qui ont été faites par Messieurs de Caumont de Gauville, transmigrés de Guienne [...]
Mots clefs :
Famille Caumont de Gauville, Picardie, Guyenne, Migration, Preuves, Armes, Ducs, Généalogie, Seigneur, Trésorier, Service du roi, Comte, Maison, Branche, Degrés
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texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE GENEALOGIQUE De la branche des Caumont de Picardie, connus sous le nom de Gauville, depuis leur transmigration de Guyenne, vers l'an 1400.
MEMOIRE GENEALOGIQUE
De la branche des Caumont de Picardie ,
connus fous le nom de Gauville , depuis
leur tranfmigration de Guyenne , vers
l'an 1400.
Les démarches qui ont été faites par Meffieurs
de Caumont de Gauville , tranfmigrés de Guien
I ij
196 MERCURE DE FRANCE:
ne ès Frontieres de Picardie & Normandie vers
l'an 1400 , pour ſe réunir à leur vraie origine ,
font trop connues , & ont trop affecté les perfonnes
de la plus haute confidération , & furtout
celles qui ont la bonté de s'intéreffer à leur fort ,
pour ne pas juftifier dans la circonftance préfente,
la légitimité de leurs prétentions & des moyens
fur lefquels ils s'apuient , pour fe raffoucher à la
Maifon de Caumont de Guienne , depuis Ducs
de la Force.
La Généalogie de M. de Caumont de Beauvilla,
qui paroît annoncer qu'il eft le feul rejetton de
cette illuftre Souche , opére une espece d'exclufion
peu favorable pour ceux de ce nom & Armes
anciennes qui fe croient en droit d'y prétendre.
L'on va travailler à diffiper ces préjugés par les
preuves fuivantes.
La Branche des Caumont de Gauville n'eft animée
en cela que du feul amour de la vérité , & de
la gloire de fe remonter à la pureté de fa fource.
Loin d'ici tous foupçons d'antitation : pour pouvoir
en préfumer , il faudroit prêter à Jean & à
Guy ou Guyot de Caumont , leurs Auteurs , des
perfpectives auffi prématurées qu'étendues , en
ayant amaffé des matériaux , comme Nom & Armes
dès l'année 1386 , dans la vue que leurs Succeffeurs
en fiffent un ufage frauduleux pour fe
greffer en 1757 , fur une Maifon à laquelle ils
n'auroient eu aucun raport , furtout dans un
temps où ils ignoroient les illuftrations qui devoient
décorer cette branche ainée , telles que des
Duchés & Bâtons de Maréchaux de France. On
Jaiffe le Public & les perfonnes défintérefféès , juges
d'une pareille précaution . Elles feront plus
a même d'en décider , fi elles veulent jetter les
yeux fur ce Mémoire , que l'on fera le plus ferré
le plus précis qu'il fera poffible.
FEVRIER. 1758. 197
Toutes les citations feront marquées au coinde
la vérité la plus fcrupuleufe : l'on offre d'en donner
la preuve , foit par titres originaux , foit par
différentes époques ou anecdotes tirées de la
Chambre des Comptes.
PREUVE de l'Identité des anciennes armes.
Il eft conftant que les premieres Armes de la
Maiſon Ducale de Caumont n'étoient point les
Léopards. M. le Duc de la Force convient qu'il
les porte par conceffion des Rois d'Angleterre ; la
tradition de cette Maiſon annonce que c'étoient
des Faces ou Bandes. Cette tradition va être appuyée
de preuves inconteftables . MM. les Ducs
de Lauzun qui font féparés de cette branche aînée,
vers l'an 1250 , ont toujours porté tiercé en bandes
; ce qui eft la même chofe que les Faces , à la
pofition de différence : donc les anciennes Armes
de la Maiſon Ducale de la Force n'étoient pas les
Léopards.
Guillelme ou Guillaume III , du nom qui for
me le douzieme degré de la Généalogie de la
Maiſon Ducale de la Force , donna quittance en
qualité d'Ecuyer à Hardouin le Roi , Tréforier
des guerres à Leuze , le mercredi 24 Septembre
1315. Cet acte eft fcellé de fon Sceau en cire
rouge , où il eft repréſenté à cheval , tenant fon
bouclier de la main gauche , fur lequel il paroît 3
Faces & 3 Léopards , le cheval caparaçonné des
mêmes armes. Il eft le premier que l'on voit
écarteler les Léopards avec les Faces .
Guillefme Raymond , Seigneur de Caumont ,
qui fait le XIII degré de la même généalogie ,
donna quittance le 18 Avril 1347 , à Jean Chauyel
, tréforier des guerres de 300 liv. pour le de
I iij
TOS MERCURE DE FRANCE .
meurant de fes gages : fon fceau eft en cire rouge ,
partie de 3 Léopards & d'un Facé.
26 Septembre 1352. Autre quittance du même ,
& fous le même fcel de 752 liv , donnée à Jacques
l'Empereur , tréforier des guerres.
Jean Bâtard de Guillelme ou Guillaume , légitimé
au Monceau S. Mayence , le 25 Mars 1346,
donna quittance fur fes gages de 15 liv. à Paris le
13 Octobre 1356 ; fon iceau eft en cire rouge ,
une face accompagnée de 3 Etoiles à fix raies :
comme bâtard il garda une face , le tiers des armes
de fa Maiſon avec différentes Brifures .
Ce que l'on vient de rapporter démontre clairement
que les Auteurs de la Maiſon Ducale de
Caumont, jufqu'au 13 dégré inclufivement , ont
porté les Faces pour Armes.
Nompar , qui a fait le 14 degré , quitta totalement
les faces en 1366 , pour prendre les léopards ',
armes d'Angleterre , pendant que Guillefme ou
Guillaume Raimond fon pere & fon grand- pere ,
avoient porté les faces écartelées avec les léopards,
comme on a dit ci - deffus , & dont on pourroit
'donner d'autres exemples.
Guillelme Raimont , Seigneur de Caumont ,
eut pour femme Efclamor de Defpins , dont il eut
trois enfans mâles , Nompar , Jean & Gaiton . Il
fit fon teftament en 1365 , par lequel il ſubſtitua
& rappella au défaut de hoirs mâles de Nompar
fon aîné , Jean fon fecord fils , auteur de la branche
des Caumont de Picardie ; il rappella auffi
Gafton fon troifieme fils.
Nompar , Seigneur de Caumont , qui fait le
quatorzieme degré de la généalogie de la branche
Ducale , époufa Magne de Caftelnau , par contrat
du 26 novembre 1368. Il rappella par fon
teftament dus août 1400 , Jean & Gaſton fes
FEVRIER. 1758 .
199
›freres :: ce titre eft en original dans les archives
de M. le Duc de la Force , ce qui prouve qu'il
connoiffoit leur exiftence jufques dans le commencement
du quatorzieme fiécle , & fait en même
temps une liaiſon parfaite avec les différentes
époques des quittances que Jean de Caumont a
données aux Tréforiers des guerres , que l'on va
ordre & par dates.
·
rapporter par
Il paroît par le compte de Guillaume Denfernet
, Tréforier des guerres , que Jean de Caumont
, Ecuyer- Servant avec neufautres Ecuyers ,
donna quittance de 150 liv . fur fes gages & de fes
Ecuyers , le 16 février 1386 , fcélée en cire rouge
du fceau de fes armes , trois faces furmontées
en chef de deux tourteaux & une étoile.
L'on voit une autre quittance en 1388 , fcélée
du même fcel , avec cette différence , que les
-trois faces font furmontées d'une étoile & de deux
tourteaux , & une autre fois d'une étoile & d'un
tourteau .
Tout le monde fçait que les armes varioient
anciennement , & que le fçeau du Gentilhomme
tenoit lieu de fa fignature : ioriqu'il lui arrivoit
de le perdre , il en faifoit déclaration juridique ,
le révoquoit , & pour qu'il ne lui pût porter aucun
préjudice , il déclaroit celui qu'il avoit pris
de nouveau , auquel il avoit fait quelque changement
ou addition .
Le Comte de Macéhéron , Tréforier des guerres
de l'année 1405 , marque que Jean de Cau-
-mont Ecuyer , fut reçu , avec plufieurs autres
-Ecuyers à fa fuite , à Gravelines , dans les mois de
juin , juillet & août 1404 ; il toucha plufieurs
fommes fur les gages de fes fervices militaires &
de fes Ecuyers , de Jean de Précy , Tréforier des
guerres : plufieurs montres & quittances de Jean
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
de Caumont font fcélées de fon fcel en cire rou
ge , avec l'empreinte de fes armes , trois faces
furmontées de trois tourteaux , telles qu'il les a
tranfmis à Guy ou Guyot de Caumont fon fuccef.
feur & héritier , aux mêmes noms & armes que
fes defcendans ont portés, fans aucun changement
ni interruption jufqu'à ce jour.
Preuves présomptives de la Tranfmigration.
L'on a vu Jean & Gafton de Caumont freres ;
venir de Guienne pendant dix années confécutives
, fervir fur les frontieres de Normandie , Picardie
& Flandre , fous le commandement du Sire
d'Albret & des Ducs d'Aquitaine , avec à peu près
le même nombre d'Ecuyers à leur fuite , portant
le même nom & les mêmes armes avec cette
feule différence , que Gafton avoit changé quelque
chofe dans fes brifures ; c'eft pendant ces
guerres que la tranfmigration de Jean de Caumont
s'eft faite en Picardie ; l'on peut d'autant mieux
l'aflurer , que l'on ne voit pas qu'il ait fait aucun
établiffement de
ment dans la patrie ni rien qui annonce
qu'il fait mort fans postérité.
r
Jean étant admis frere de Gaſton , par une con
féquence néceffaire & abfolue , il eft auffi frere de
Nompar l'un fe prouve par l'autre , & établit
l'identité. L'on convient qu'il manque ici un contrat
qui dife que Guyot de Caumont eft fils de
Jean . Un titre de cette nature ſeroit trop fatis
faifant , puifque dans une généalogie de vingttrois
dégrés , il conftateroit la fucceffion & la filiation
d'une façon auffi précife & auffi claire que
celle d'un pere à fon fils . Malgré le défaut de ce
feul titre , il ne refte rien de louche ni d'équivoque
dans la jonction , parce qu'en rapprochant
C
FEVRIER. 1758. 201
ceux de M. le Duc de la Force , Pon y verra que
Nompar a rappellé Jean fon frere par fon teftament
du 5 août 1400. En remontant ceux de la
Branche de Caumont de Picardie , l'on y lira
que
Guyot de Caumont qui a fait fon teſtament le s
mai 1472 , s'étoit marié le 14 avril 1436 , en
fuppofant qu'il ait contracté mariage de 25 à 30
ans; tout eft rempli , de forte qu'il ne fe trouve
ni vuide , ni lacune , ni interruption dans la fucceffion
du nom & des armes dont Guyot de Caumont
& fes defcendans font les héritiers .
ont
Mais , dira- t-on fans doute , pourquoi Jean
dans fa tranfmigration n'a-t -il pas pris les léopards
que Nompar fon frere avoit adoptés , &
que Guillefime Raimond fon pere , avoit portés
avec les faces ? Il est tout fimple de répondre ,
qu'il ne le pouvoit , qu'il ne le devoit , parce que
la branche aînée qui tenoit pour lors le parti des
Rois d'Angleterre , n'a pu fe difpenfer de prendre
les léopards qu'elle avoit eus par conceffion
de ces mêmes Rois ; au lieu que Jean & Gaſton
qui étoient au fervice des Rois de France ,
confervé les faces , anciennes armes de leur maifon
, fans y mêler celles d'Angleterre contre qui
ils faifoient la guerre , ce qui indépendamment
de leurs différentes quittances rapportées ci - def
fus , eft prouvé par un titre latin , tiré fur l'onginal
de la Tour de Londres , par lequel Henri
V , Roi d'Angleterre , pour lors en poffeffion de
la Normandie , prononce la confifcation des biens
de Jean de Caumont , pour avoir porté les armes
contre lui : elle eft de Bayeux , datée de la fixieme
année de fon regne. Comme il feroit trop long
de rapporter ici tout ce qui peut militer en faveur
des Caumont de Picardie , l'on fe contentera de
dire , qu'après avoir ſuffiſamment détruit tous les
I v
202 MERCURE DE FRANCE .
foupçons d'antitation , établi l'identité & la fucceffion
du nom & des armes fans interruption ,
prouvé le même nombre de degrés , après avoir
fait voir par un manufcrit fort étendu , l'extinction
des bâtards de ce nom , & démontré l'alibi
des différentes maifons de Caumont avec leſquel-
1es ils n'ont & ne peuvent avoir aucun rapport ,
ni par la contemporanité , ni par les titres , ni
par les fucceffions des terres , & encore moins par
Îa conformité des armes , le tout bien conftaté ,
ils continueront à fe dire hautement comme ils
ont toujours fait , non pas de la maifon de la Force
, parce que le Duché de ce nom n'en étoit
point l'appanage lors de leur féparation ; mais
bien defcendans des Caumont de Guienne ou Agenois
, depuis Ducs de la Force , à moins qu'on
ne leur faffe voir que Jean de Caumont frere de
Nompar , n'ait fait fouche ailleurs , ou ne ſoit
mort fans poftérité. M. de Caumont de Fontaine ,
ancien Major du Régiment des Dragons de la Reine
, qui a entrepris l'ouvrage de cette jonction ,
& qui continue avec foin fes recherches pour le
conduire à fa perfection , fe flatte que non-feulement
M. le Duc de la Force ne défapprouvera pas
l'ardeur & le zele avec lefquels il travaille , pour
fe réunir à une des plus grandes maiſons , d'où il
attend tout fon luftre & fa gloire ; mais encore
qu'il voudra bien l'aider de la communication de
fes titres , & furtout des teftamens de Guilleſme
Raimond & de Nompar de Caumont . Il s'appuye
fur neuf ou dix dégrés foutenus de titres originaux
, fans une feule méfalliance , pour le remonter
& tendre la main à M. le Duc de la Force : s'il
veut avoir la bonté d'en defcendre un feul , la jonction
fera faite felon l'ordre généalogique le plus
ftrict & le plus févere.
FEVRIER . 1758. 203
Si contre tout espoir , & par le malheur des
temps , le feul titre de jonction qui eft écarté , ne
le recouvre pas , & que l'on ne veuille point admettre
ceux qui devroient y ſuppléer , les Caumont
de Picardie s'en tiendront à la preuve qu'ils
ont donnée , qu'ils font nobles d'extraction militaire
dès l'an 1400 & au- deffus , portant les anciennes
armes des Caumont de Guienne dont on
ne voit pas l'origine , & dont les premiers auteurs
ont paru avec dignité & diftinction , foit à la
guerre , foit à la Cour , puifque Jean de Caumont
eft qualifié de Capitaine de cent quarante
hommes d'armes ; qu'on le voit fervir avec plufieurs
Ecuyers à fa fuite , & que Guy ou Guyot
de Caumont fon héritier & fucceffeur aux nom &
armes , étoit Ecuyer d'honneur du Roi Charles
VI, felon l'ordonnance de fon Hôtel , du mois de
ſeptembre 1418.
Ils ont de plus l'honneur d'appartenir à ce qu'il
y a de plus grandes maifons dans la Picardie & le
Vexin ils font en état d'en juftifier par des actes
de partages & de tutelles avec les Princes de
Montmorenci Logny , les Comtes de Mailli- Haucourt
, les Ducs de Biron & Belloy-Morangle ,
& d'autres alliances directes ou mutuelles , avec
les maifons de Mouy , de Conflans , d'Etrées , de
Gaillard -Bois , de Paulmy , au troifieme degré
par les Lefévre de Caumartin , d'Eftrades , de
Manneville , de Guiry- Chaumont , de Saveuſe
de la Boifiere - Chambort , de Boulainvilliers , de
Crény , d'Alencourt , de Monfure , de la Ruë-
Bernapré & autres , ce qui les autorife à fe remonter
à ce qu'il y a de plus élevé.
Le pere Simplicien qui a traité l'hiftoire des
Grands Officiers de la Couronne , auroit bien dû
conduire Jean & Gafton de Caumont freres de
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
Nompar , jufqu'à quelques degrés de leur fépara
tion , furtout les voyant rappellés par deux teftamens
confécutifs. Cette attention de fa part auroit
mis les chofes dans une évidence parfaite. Mais
non , il s'eft contenté de les laiffer en blanc au
treizieme degré de la généalogie de la maifon
Ducale de la Force : fans doute qu'il ignoroit leur
tranfmigration . On peut lui paffer cette omiffion,
après la confufion & l'erreur manifefte qu'il a faite
au feizieme degré de la même généalogie , où il
donne Charles de Caumont pour auteur de la branche
des Caumont de la Force , pendant que c'eft
lui qui a formé celle des Caumont de Monbeton
& de Beauvilla ; il n'a pas moins fallu que toute
la précifion , la pureté & l'autenticité des titres de
M. le Marquis de Caumont de Beauvilla , pour
détruire cette erreur & diffiper le préjugé où le
public & M. le Duc de la Force étoit lui- même ,
qu'il reftoit le dernier de fa maiſon. Les Caumont
de Gauville n'étoient point frappés de cette illufion.
Le mariage que Cofme de Caumont , Lieu
tenant- Colonel de Cavalerie , connu fous le nom
de Foucaucourt , avoit fait avec Ifabeau de Roquefeuille
, l'ayant rétabli dans fon ancienne Patrie , il
avoit été à portée de lier connoiffance avec Monfieur
de Caumont de Bauvilla , dont il s'eft trouvé
voifin par fa terre de Sérignac : comme ils
étoient l'un & l'autre plus près de leur fource , il
leur étoit plus facile d'en connoître les points de
féparation , ce qui faifoit qu'ils le regardoient deſ
cendans de la même fouche .
La liaiſon mutuelle qui avoit régné entre ces
deux maifons , a fubfifté jufqu'au décès du fieur
de Caumont de Foucaucourt arrivé en 1733 .
N'ayant point laiffé d'enfans , le grand éloignement
qu'il y a de Quercy en Picardie , a fait que
FEVRIER. 1758. 203
fes neveux ont perdu de vue cette branche de
Caumont de Beauvilla : c'eft avec toute la fatisfaction
poffible qu'ils la voyent revivre avec fplendeur
, par la repréfentation & le rappel authenti .
que de M. le Marquis de Caumont.
Les Caumont de Picardie ne fe remonteront que
jufqu'au treizieme degré de la maiſon Ducale de
la Force , qui fait le point de leur féparation . Ils
fuivent pour tout ce qui eft au- deffus , les généalogies
fubfiftantes de Meffieurs les Ducs de la
Force & de Lauzun.
Additions à l'arbre généalogique de la Maiſon de
Caumont.
XIII. Degré. Guillefme-Rémond , Seigneur de
Caumont, portoit pour armes trois faces & trois léopards.
Il a épouse Efclamonde Defpins. Ils ont eu
pour enfans mâles Nompar , Jean & Gafton : ce
dernier eft mort fans poftérité. Nompar a formé les
deux branches qui fuivent.
XIV. Degré. Nompar de Caumont , qui a
adopté les léopards .
Magne de Caftelnau , pour femme .
XV. Degré. Brandelis de Caumont.
Marguerite de Bretagne.
Branche de la Maifon Ducale de la Force.
XVI. Degré . François de Caumont .
Claude de Cardaillac.
XVII. Degré . Charles de Caumont.
Jeanne de Perrufe d'Efcar.
XVIII. Degré. François de Caumont.
Philippe de Beaupoil de la Force.
XIX . Degré. Jacques Nompar de Caumont
206 MERCURE DE FRANCE:
Duc de la Force , Pair & Maréchal de France.
Catherine de Gontault .
XX. Degré . Henri Nompar de Caumont, Duc
de la Force.
Marguerite Defcodeca.
XXI. Degré. Jacques de Caumont , Marquis
de Boiffe. 1
Louife de Saint Georges.
XXII. Degré. Jacques Nompar de Caumont ,
Duc de la Force.
Sufanne de Beringhen.
XXIII. Degré. Armand Nompar de Caumont,
Duc de la Force .
Anne- Elifabeth de Gruel de la Frette.
Branche des Caumont de Beauvilla.
XVI. Charles de Caumont de Berbiguieres .
Jeanne de Baynac.
XVII . Degré. François I. de Caumont de Berbiguieres.
Jeanne de Saint -Etienne de Montbeton .
XVIII. Degré. François II. de Caumont de
Berbiguieres & de Montbeton.
Olimpe de Bitel du Buis.
XIX. Degré. Hercules de Caumont , Sieur de
Beauvilla.
Claude de Puis d'Orfille.
XX. Degré. François de Caumont de Beauvilla.
Jeanne de Langlade.
XXI. Degré. Bernard de Caumont de Beauvilla.
.Marie de Brois de S. André .
XXII. Degré. Jean-François de Caumont de
Beauvilla.
1
FEVRIER. 1758. 207
Jeanne de Maury.
XXIII. Degré. Bertrand de Caumont de Beanvilla.
Gallard de Braffac de Bearn.
XIII . Degré. Jean de Caumont a formé la
branche qui fuit.
Branche des Caumont de Gauville.
XIV. Degré. Jean de Caumont a pris les faces
pour armes. On lui donne Jeanne Danchot pour
femme.
XV. Degré. Gui ou Guyot de Caumont.
Marguerite de Fourdrinoy.
XVI. Degré. Jean de Caumont.
Marguerite de Boulainvilliers.
XVII. Degré. Antoine de Caumont aſſiſta au
mariage de Jean fon fils.
XVIII . Degré. Jean de Caumont.
I. Appolline de Montomer.
II. Antoinette de Manneville .
XIX. Degré. Antoine II. de Caumont.
Sufanne de Monfure.
II. Magdeleine du Bois.
XX . Degré. Antoine III. de Caumont .
Catherine le Fevre de Caumartin. ·
II. Marguerite d'Acheux .
XXI . Degré . Louis - Gabriel de Caumont.
Marie-Jeanne de Guerfan.
XXII. Degré. François - Marie de Caumont.
Eléonore Sabine le Meffier de Menillets.
XXIII. Degré. Augufte - Marie de Caumont,
Cornette au régiment des dragons de la Reine.
De la branche des Caumont de Picardie ,
connus fous le nom de Gauville , depuis
leur tranfmigration de Guyenne , vers
l'an 1400.
Les démarches qui ont été faites par Meffieurs
de Caumont de Gauville , tranfmigrés de Guien
I ij
196 MERCURE DE FRANCE:
ne ès Frontieres de Picardie & Normandie vers
l'an 1400 , pour ſe réunir à leur vraie origine ,
font trop connues , & ont trop affecté les perfonnes
de la plus haute confidération , & furtout
celles qui ont la bonté de s'intéreffer à leur fort ,
pour ne pas juftifier dans la circonftance préfente,
la légitimité de leurs prétentions & des moyens
fur lefquels ils s'apuient , pour fe raffoucher à la
Maifon de Caumont de Guienne , depuis Ducs
de la Force.
La Généalogie de M. de Caumont de Beauvilla,
qui paroît annoncer qu'il eft le feul rejetton de
cette illuftre Souche , opére une espece d'exclufion
peu favorable pour ceux de ce nom & Armes
anciennes qui fe croient en droit d'y prétendre.
L'on va travailler à diffiper ces préjugés par les
preuves fuivantes.
La Branche des Caumont de Gauville n'eft animée
en cela que du feul amour de la vérité , & de
la gloire de fe remonter à la pureté de fa fource.
Loin d'ici tous foupçons d'antitation : pour pouvoir
en préfumer , il faudroit prêter à Jean & à
Guy ou Guyot de Caumont , leurs Auteurs , des
perfpectives auffi prématurées qu'étendues , en
ayant amaffé des matériaux , comme Nom & Armes
dès l'année 1386 , dans la vue que leurs Succeffeurs
en fiffent un ufage frauduleux pour fe
greffer en 1757 , fur une Maifon à laquelle ils
n'auroient eu aucun raport , furtout dans un
temps où ils ignoroient les illuftrations qui devoient
décorer cette branche ainée , telles que des
Duchés & Bâtons de Maréchaux de France. On
Jaiffe le Public & les perfonnes défintérefféès , juges
d'une pareille précaution . Elles feront plus
a même d'en décider , fi elles veulent jetter les
yeux fur ce Mémoire , que l'on fera le plus ferré
le plus précis qu'il fera poffible.
FEVRIER. 1758. 197
Toutes les citations feront marquées au coinde
la vérité la plus fcrupuleufe : l'on offre d'en donner
la preuve , foit par titres originaux , foit par
différentes époques ou anecdotes tirées de la
Chambre des Comptes.
PREUVE de l'Identité des anciennes armes.
Il eft conftant que les premieres Armes de la
Maiſon Ducale de Caumont n'étoient point les
Léopards. M. le Duc de la Force convient qu'il
les porte par conceffion des Rois d'Angleterre ; la
tradition de cette Maiſon annonce que c'étoient
des Faces ou Bandes. Cette tradition va être appuyée
de preuves inconteftables . MM. les Ducs
de Lauzun qui font féparés de cette branche aînée,
vers l'an 1250 , ont toujours porté tiercé en bandes
; ce qui eft la même chofe que les Faces , à la
pofition de différence : donc les anciennes Armes
de la Maiſon Ducale de la Force n'étoient pas les
Léopards.
Guillelme ou Guillaume III , du nom qui for
me le douzieme degré de la Généalogie de la
Maiſon Ducale de la Force , donna quittance en
qualité d'Ecuyer à Hardouin le Roi , Tréforier
des guerres à Leuze , le mercredi 24 Septembre
1315. Cet acte eft fcellé de fon Sceau en cire
rouge , où il eft repréſenté à cheval , tenant fon
bouclier de la main gauche , fur lequel il paroît 3
Faces & 3 Léopards , le cheval caparaçonné des
mêmes armes. Il eft le premier que l'on voit
écarteler les Léopards avec les Faces .
Guillefme Raymond , Seigneur de Caumont ,
qui fait le XIII degré de la même généalogie ,
donna quittance le 18 Avril 1347 , à Jean Chauyel
, tréforier des guerres de 300 liv. pour le de
I iij
TOS MERCURE DE FRANCE .
meurant de fes gages : fon fceau eft en cire rouge ,
partie de 3 Léopards & d'un Facé.
26 Septembre 1352. Autre quittance du même ,
& fous le même fcel de 752 liv , donnée à Jacques
l'Empereur , tréforier des guerres.
Jean Bâtard de Guillelme ou Guillaume , légitimé
au Monceau S. Mayence , le 25 Mars 1346,
donna quittance fur fes gages de 15 liv. à Paris le
13 Octobre 1356 ; fon iceau eft en cire rouge ,
une face accompagnée de 3 Etoiles à fix raies :
comme bâtard il garda une face , le tiers des armes
de fa Maiſon avec différentes Brifures .
Ce que l'on vient de rapporter démontre clairement
que les Auteurs de la Maiſon Ducale de
Caumont, jufqu'au 13 dégré inclufivement , ont
porté les Faces pour Armes.
Nompar , qui a fait le 14 degré , quitta totalement
les faces en 1366 , pour prendre les léopards ',
armes d'Angleterre , pendant que Guillefme ou
Guillaume Raimond fon pere & fon grand- pere ,
avoient porté les faces écartelées avec les léopards,
comme on a dit ci - deffus , & dont on pourroit
'donner d'autres exemples.
Guillelme Raimont , Seigneur de Caumont ,
eut pour femme Efclamor de Defpins , dont il eut
trois enfans mâles , Nompar , Jean & Gaiton . Il
fit fon teftament en 1365 , par lequel il ſubſtitua
& rappella au défaut de hoirs mâles de Nompar
fon aîné , Jean fon fecord fils , auteur de la branche
des Caumont de Picardie ; il rappella auffi
Gafton fon troifieme fils.
Nompar , Seigneur de Caumont , qui fait le
quatorzieme degré de la généalogie de la branche
Ducale , époufa Magne de Caftelnau , par contrat
du 26 novembre 1368. Il rappella par fon
teftament dus août 1400 , Jean & Gaſton fes
FEVRIER. 1758 .
199
›freres :: ce titre eft en original dans les archives
de M. le Duc de la Force , ce qui prouve qu'il
connoiffoit leur exiftence jufques dans le commencement
du quatorzieme fiécle , & fait en même
temps une liaiſon parfaite avec les différentes
époques des quittances que Jean de Caumont a
données aux Tréforiers des guerres , que l'on va
ordre & par dates.
·
rapporter par
Il paroît par le compte de Guillaume Denfernet
, Tréforier des guerres , que Jean de Caumont
, Ecuyer- Servant avec neufautres Ecuyers ,
donna quittance de 150 liv . fur fes gages & de fes
Ecuyers , le 16 février 1386 , fcélée en cire rouge
du fceau de fes armes , trois faces furmontées
en chef de deux tourteaux & une étoile.
L'on voit une autre quittance en 1388 , fcélée
du même fcel , avec cette différence , que les
-trois faces font furmontées d'une étoile & de deux
tourteaux , & une autre fois d'une étoile & d'un
tourteau .
Tout le monde fçait que les armes varioient
anciennement , & que le fçeau du Gentilhomme
tenoit lieu de fa fignature : ioriqu'il lui arrivoit
de le perdre , il en faifoit déclaration juridique ,
le révoquoit , & pour qu'il ne lui pût porter aucun
préjudice , il déclaroit celui qu'il avoit pris
de nouveau , auquel il avoit fait quelque changement
ou addition .
Le Comte de Macéhéron , Tréforier des guerres
de l'année 1405 , marque que Jean de Cau-
-mont Ecuyer , fut reçu , avec plufieurs autres
-Ecuyers à fa fuite , à Gravelines , dans les mois de
juin , juillet & août 1404 ; il toucha plufieurs
fommes fur les gages de fes fervices militaires &
de fes Ecuyers , de Jean de Précy , Tréforier des
guerres : plufieurs montres & quittances de Jean
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
de Caumont font fcélées de fon fcel en cire rou
ge , avec l'empreinte de fes armes , trois faces
furmontées de trois tourteaux , telles qu'il les a
tranfmis à Guy ou Guyot de Caumont fon fuccef.
feur & héritier , aux mêmes noms & armes que
fes defcendans ont portés, fans aucun changement
ni interruption jufqu'à ce jour.
Preuves présomptives de la Tranfmigration.
L'on a vu Jean & Gafton de Caumont freres ;
venir de Guienne pendant dix années confécutives
, fervir fur les frontieres de Normandie , Picardie
& Flandre , fous le commandement du Sire
d'Albret & des Ducs d'Aquitaine , avec à peu près
le même nombre d'Ecuyers à leur fuite , portant
le même nom & les mêmes armes avec cette
feule différence , que Gafton avoit changé quelque
chofe dans fes brifures ; c'eft pendant ces
guerres que la tranfmigration de Jean de Caumont
s'eft faite en Picardie ; l'on peut d'autant mieux
l'aflurer , que l'on ne voit pas qu'il ait fait aucun
établiffement de
ment dans la patrie ni rien qui annonce
qu'il fait mort fans postérité.
r
Jean étant admis frere de Gaſton , par une con
féquence néceffaire & abfolue , il eft auffi frere de
Nompar l'un fe prouve par l'autre , & établit
l'identité. L'on convient qu'il manque ici un contrat
qui dife que Guyot de Caumont eft fils de
Jean . Un titre de cette nature ſeroit trop fatis
faifant , puifque dans une généalogie de vingttrois
dégrés , il conftateroit la fucceffion & la filiation
d'une façon auffi précife & auffi claire que
celle d'un pere à fon fils . Malgré le défaut de ce
feul titre , il ne refte rien de louche ni d'équivoque
dans la jonction , parce qu'en rapprochant
C
FEVRIER. 1758. 201
ceux de M. le Duc de la Force , Pon y verra que
Nompar a rappellé Jean fon frere par fon teftament
du 5 août 1400. En remontant ceux de la
Branche de Caumont de Picardie , l'on y lira
que
Guyot de Caumont qui a fait fon teſtament le s
mai 1472 , s'étoit marié le 14 avril 1436 , en
fuppofant qu'il ait contracté mariage de 25 à 30
ans; tout eft rempli , de forte qu'il ne fe trouve
ni vuide , ni lacune , ni interruption dans la fucceffion
du nom & des armes dont Guyot de Caumont
& fes defcendans font les héritiers .
ont
Mais , dira- t-on fans doute , pourquoi Jean
dans fa tranfmigration n'a-t -il pas pris les léopards
que Nompar fon frere avoit adoptés , &
que Guillefime Raimond fon pere , avoit portés
avec les faces ? Il est tout fimple de répondre ,
qu'il ne le pouvoit , qu'il ne le devoit , parce que
la branche aînée qui tenoit pour lors le parti des
Rois d'Angleterre , n'a pu fe difpenfer de prendre
les léopards qu'elle avoit eus par conceffion
de ces mêmes Rois ; au lieu que Jean & Gaſton
qui étoient au fervice des Rois de France ,
confervé les faces , anciennes armes de leur maifon
, fans y mêler celles d'Angleterre contre qui
ils faifoient la guerre , ce qui indépendamment
de leurs différentes quittances rapportées ci - def
fus , eft prouvé par un titre latin , tiré fur l'onginal
de la Tour de Londres , par lequel Henri
V , Roi d'Angleterre , pour lors en poffeffion de
la Normandie , prononce la confifcation des biens
de Jean de Caumont , pour avoir porté les armes
contre lui : elle eft de Bayeux , datée de la fixieme
année de fon regne. Comme il feroit trop long
de rapporter ici tout ce qui peut militer en faveur
des Caumont de Picardie , l'on fe contentera de
dire , qu'après avoir ſuffiſamment détruit tous les
I v
202 MERCURE DE FRANCE .
foupçons d'antitation , établi l'identité & la fucceffion
du nom & des armes fans interruption ,
prouvé le même nombre de degrés , après avoir
fait voir par un manufcrit fort étendu , l'extinction
des bâtards de ce nom , & démontré l'alibi
des différentes maifons de Caumont avec leſquel-
1es ils n'ont & ne peuvent avoir aucun rapport ,
ni par la contemporanité , ni par les titres , ni
par les fucceffions des terres , & encore moins par
Îa conformité des armes , le tout bien conftaté ,
ils continueront à fe dire hautement comme ils
ont toujours fait , non pas de la maifon de la Force
, parce que le Duché de ce nom n'en étoit
point l'appanage lors de leur féparation ; mais
bien defcendans des Caumont de Guienne ou Agenois
, depuis Ducs de la Force , à moins qu'on
ne leur faffe voir que Jean de Caumont frere de
Nompar , n'ait fait fouche ailleurs , ou ne ſoit
mort fans poftérité. M. de Caumont de Fontaine ,
ancien Major du Régiment des Dragons de la Reine
, qui a entrepris l'ouvrage de cette jonction ,
& qui continue avec foin fes recherches pour le
conduire à fa perfection , fe flatte que non-feulement
M. le Duc de la Force ne défapprouvera pas
l'ardeur & le zele avec lefquels il travaille , pour
fe réunir à une des plus grandes maiſons , d'où il
attend tout fon luftre & fa gloire ; mais encore
qu'il voudra bien l'aider de la communication de
fes titres , & furtout des teftamens de Guilleſme
Raimond & de Nompar de Caumont . Il s'appuye
fur neuf ou dix dégrés foutenus de titres originaux
, fans une feule méfalliance , pour le remonter
& tendre la main à M. le Duc de la Force : s'il
veut avoir la bonté d'en defcendre un feul , la jonction
fera faite felon l'ordre généalogique le plus
ftrict & le plus févere.
FEVRIER . 1758. 203
Si contre tout espoir , & par le malheur des
temps , le feul titre de jonction qui eft écarté , ne
le recouvre pas , & que l'on ne veuille point admettre
ceux qui devroient y ſuppléer , les Caumont
de Picardie s'en tiendront à la preuve qu'ils
ont donnée , qu'ils font nobles d'extraction militaire
dès l'an 1400 & au- deffus , portant les anciennes
armes des Caumont de Guienne dont on
ne voit pas l'origine , & dont les premiers auteurs
ont paru avec dignité & diftinction , foit à la
guerre , foit à la Cour , puifque Jean de Caumont
eft qualifié de Capitaine de cent quarante
hommes d'armes ; qu'on le voit fervir avec plufieurs
Ecuyers à fa fuite , & que Guy ou Guyot
de Caumont fon héritier & fucceffeur aux nom &
armes , étoit Ecuyer d'honneur du Roi Charles
VI, felon l'ordonnance de fon Hôtel , du mois de
ſeptembre 1418.
Ils ont de plus l'honneur d'appartenir à ce qu'il
y a de plus grandes maifons dans la Picardie & le
Vexin ils font en état d'en juftifier par des actes
de partages & de tutelles avec les Princes de
Montmorenci Logny , les Comtes de Mailli- Haucourt
, les Ducs de Biron & Belloy-Morangle ,
& d'autres alliances directes ou mutuelles , avec
les maifons de Mouy , de Conflans , d'Etrées , de
Gaillard -Bois , de Paulmy , au troifieme degré
par les Lefévre de Caumartin , d'Eftrades , de
Manneville , de Guiry- Chaumont , de Saveuſe
de la Boifiere - Chambort , de Boulainvilliers , de
Crény , d'Alencourt , de Monfure , de la Ruë-
Bernapré & autres , ce qui les autorife à fe remonter
à ce qu'il y a de plus élevé.
Le pere Simplicien qui a traité l'hiftoire des
Grands Officiers de la Couronne , auroit bien dû
conduire Jean & Gafton de Caumont freres de
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
Nompar , jufqu'à quelques degrés de leur fépara
tion , furtout les voyant rappellés par deux teftamens
confécutifs. Cette attention de fa part auroit
mis les chofes dans une évidence parfaite. Mais
non , il s'eft contenté de les laiffer en blanc au
treizieme degré de la généalogie de la maifon
Ducale de la Force : fans doute qu'il ignoroit leur
tranfmigration . On peut lui paffer cette omiffion,
après la confufion & l'erreur manifefte qu'il a faite
au feizieme degré de la même généalogie , où il
donne Charles de Caumont pour auteur de la branche
des Caumont de la Force , pendant que c'eft
lui qui a formé celle des Caumont de Monbeton
& de Beauvilla ; il n'a pas moins fallu que toute
la précifion , la pureté & l'autenticité des titres de
M. le Marquis de Caumont de Beauvilla , pour
détruire cette erreur & diffiper le préjugé où le
public & M. le Duc de la Force étoit lui- même ,
qu'il reftoit le dernier de fa maiſon. Les Caumont
de Gauville n'étoient point frappés de cette illufion.
Le mariage que Cofme de Caumont , Lieu
tenant- Colonel de Cavalerie , connu fous le nom
de Foucaucourt , avoit fait avec Ifabeau de Roquefeuille
, l'ayant rétabli dans fon ancienne Patrie , il
avoit été à portée de lier connoiffance avec Monfieur
de Caumont de Bauvilla , dont il s'eft trouvé
voifin par fa terre de Sérignac : comme ils
étoient l'un & l'autre plus près de leur fource , il
leur étoit plus facile d'en connoître les points de
féparation , ce qui faifoit qu'ils le regardoient deſ
cendans de la même fouche .
La liaiſon mutuelle qui avoit régné entre ces
deux maifons , a fubfifté jufqu'au décès du fieur
de Caumont de Foucaucourt arrivé en 1733 .
N'ayant point laiffé d'enfans , le grand éloignement
qu'il y a de Quercy en Picardie , a fait que
FEVRIER. 1758. 203
fes neveux ont perdu de vue cette branche de
Caumont de Beauvilla : c'eft avec toute la fatisfaction
poffible qu'ils la voyent revivre avec fplendeur
, par la repréfentation & le rappel authenti .
que de M. le Marquis de Caumont.
Les Caumont de Picardie ne fe remonteront que
jufqu'au treizieme degré de la maiſon Ducale de
la Force , qui fait le point de leur féparation . Ils
fuivent pour tout ce qui eft au- deffus , les généalogies
fubfiftantes de Meffieurs les Ducs de la
Force & de Lauzun.
Additions à l'arbre généalogique de la Maiſon de
Caumont.
XIII. Degré. Guillefme-Rémond , Seigneur de
Caumont, portoit pour armes trois faces & trois léopards.
Il a épouse Efclamonde Defpins. Ils ont eu
pour enfans mâles Nompar , Jean & Gafton : ce
dernier eft mort fans poftérité. Nompar a formé les
deux branches qui fuivent.
XIV. Degré. Nompar de Caumont , qui a
adopté les léopards .
Magne de Caftelnau , pour femme .
XV. Degré. Brandelis de Caumont.
Marguerite de Bretagne.
Branche de la Maifon Ducale de la Force.
XVI. Degré . François de Caumont .
Claude de Cardaillac.
XVII. Degré . Charles de Caumont.
Jeanne de Perrufe d'Efcar.
XVIII. Degré. François de Caumont.
Philippe de Beaupoil de la Force.
XIX . Degré. Jacques Nompar de Caumont
206 MERCURE DE FRANCE:
Duc de la Force , Pair & Maréchal de France.
Catherine de Gontault .
XX. Degré . Henri Nompar de Caumont, Duc
de la Force.
Marguerite Defcodeca.
XXI. Degré. Jacques de Caumont , Marquis
de Boiffe. 1
Louife de Saint Georges.
XXII. Degré. Jacques Nompar de Caumont ,
Duc de la Force.
Sufanne de Beringhen.
XXIII. Degré. Armand Nompar de Caumont,
Duc de la Force .
Anne- Elifabeth de Gruel de la Frette.
Branche des Caumont de Beauvilla.
XVI. Charles de Caumont de Berbiguieres .
Jeanne de Baynac.
XVII . Degré. François I. de Caumont de Berbiguieres.
Jeanne de Saint -Etienne de Montbeton .
XVIII. Degré. François II. de Caumont de
Berbiguieres & de Montbeton.
Olimpe de Bitel du Buis.
XIX. Degré. Hercules de Caumont , Sieur de
Beauvilla.
Claude de Puis d'Orfille.
XX. Degré. François de Caumont de Beauvilla.
Jeanne de Langlade.
XXI. Degré. Bernard de Caumont de Beauvilla.
.Marie de Brois de S. André .
XXII. Degré. Jean-François de Caumont de
Beauvilla.
1
FEVRIER. 1758. 207
Jeanne de Maury.
XXIII. Degré. Bertrand de Caumont de Beanvilla.
Gallard de Braffac de Bearn.
XIII . Degré. Jean de Caumont a formé la
branche qui fuit.
Branche des Caumont de Gauville.
XIV. Degré. Jean de Caumont a pris les faces
pour armes. On lui donne Jeanne Danchot pour
femme.
XV. Degré. Gui ou Guyot de Caumont.
Marguerite de Fourdrinoy.
XVI. Degré. Jean de Caumont.
Marguerite de Boulainvilliers.
XVII. Degré. Antoine de Caumont aſſiſta au
mariage de Jean fon fils.
XVIII . Degré. Jean de Caumont.
I. Appolline de Montomer.
II. Antoinette de Manneville .
XIX. Degré. Antoine II. de Caumont.
Sufanne de Monfure.
II. Magdeleine du Bois.
XX . Degré. Antoine III. de Caumont .
Catherine le Fevre de Caumartin. ·
II. Marguerite d'Acheux .
XXI . Degré . Louis - Gabriel de Caumont.
Marie-Jeanne de Guerfan.
XXII. Degré. François - Marie de Caumont.
Eléonore Sabine le Meffier de Menillets.
XXIII. Degré. Augufte - Marie de Caumont,
Cornette au régiment des dragons de la Reine.
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Résumé : MEMOIRE GENEALOGIQUE De la branche des Caumont de Picardie, connus sous le nom de Gauville, depuis leur transmigration de Guyenne, vers l'an 1400.
Le document 'Mémoire généalogique' explore la branche des Caumont de Picardie, connue sous le nom de Gauville, qui a migré de Guyenne vers l'an 1400. Cette branche a entrepris des démarches pour se rattacher à la maison de Caumont de Guienne, devenue Ducs de la Force. La généalogie de M. de Caumont de Beauvilliers semble exclure les autres branches portant le même nom et les mêmes armes anciennes. Les Caumont de Gauville cherchent à dissiper les préjugés en fournissant des preuves de leur légitimité, affirmant être animés par l'amour de la vérité et la gloire de remonter à la pureté de leur source. Ils soutiennent que les premières armes de la maison ducale de Caumont n'étaient pas les léopards, mais des faces ou bandes, et apportent des preuves telles que des sceaux et des quittances datant du XIVe siècle. Le texte détaille les relations familiales et les successions au sein de la famille Caumont, mentionnant des figures comme Guillaume III, Nompar, et Jean de Caumont. Jean de Caumont a servi sous les Rois de France et a conservé les anciennes armes de sa maison, contrairement à la branche aînée qui avait adopté les léopards des Rois d'Angleterre. Les Caumont de Picardie se présentent comme nobles d'extraction militaire dès l'an 1400, portant les anciennes armes des Caumont de Guienne. Ils appartiennent à des maisons prestigieuses en Picardie et en Normandie. Le document se conclut par une demande de communication de titres et de testaments pour établir une jonction généalogique avec la maison de Caumont de la Force. Le père Simplicien, dans son ouvrage sur les Grands Officiers de la Couronne, a omis de tracer la généalogie complète des frères Jean et Gaston de Caumont, se limitant au treizième degré. Il a également commis une erreur en attribuant à Charles de Caumont la branche des Caumont de la Force, alors qu'il a fondé celle des Caumont de Monbeton et de Beauvilliers. Les titres authentiques du Marquis de Caumont de Beauvilliers ont permis de corriger cette erreur. Les Caumont de Gauville, grâce à un mariage et des liens de voisinage, ont pu mieux connaître les points de séparation de leur lignée. La liaison entre les Caumont de Gauville et de Beauvilliers a perduré jusqu'au décès de Cosme de Caumont en 1733. Les Caumont de Picardie se réfèrent au treizième degré de la maison Ducale de la Force pour leur généalogie, suivant les lignées des Ducs de la Force et de Lauzun pour les degrés antérieurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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