Résultats : 1003 texte(s)
Accéder à la liste des mots clefs.
Détail
Liste
401
p. 160-164
A Madrid ce 18. Février 1715.
Début :
Monsieur Orry partit la semaine passée pour France aprés avoir [...]
Mots clefs :
Madrid, Reine, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Madrid ce 18. Février 1715.
AMadrid ce 18. Février
1715 .
Monfieur Orry partit la
femaine paſſée pour France
aprés avoir remis les papiers
& effets dont il étoit chargé,&
l'on dit comme une choſe
feure quele Fifcal Macanaſe a
entrepris le même voyage .
Dans
GALANT. 161
Dans le même temps l'on
remit un Decret demandant
compte des Miniſtres qui
étoient dans les Conſeils avant
le nouvel établiſſement , ou
nouveau plan , les falaires &
appointemens dont ils joünffoient
,& ce qu'ils étoient devenus
, afin de faire compen.
ſation avec ceux qui ſe payent
actuellement, ce qui eftle com.
mencement d'une grande reforme
, & qui fait prefumer
que les choſes vont eſtre rétablies
en leur premiere ſituation.
Le Cardinal del Judice a été
Mars 1715 .
)
162 MERCURE
en chemin plus longtemps
que l'on ne croyoit , puiſqu'il
n'arriva qu'hier: il fut en droi
ture ſaluer le Roy , qui le receut
avec degrandes démonf.
trations de joye, & qui luy fit
preſent à ſon arrivée de la
Maiſon du Duc de Monteleon
qui a eſté confiſquée au
profit du Roy.
La Reine a eſté indiſpofée
ces jours ci ,& la grande
quantité de fang qu'elle a perdu
a entierement diffipé le
ſoupçon que l'on avoit de ſa
groffeffe; elle s'eſt divertie dans
fon appartement à faire repreGALANT
163
fenter desComedies Eſpagnoles&
Françoiſes.
L'on écrit de Barcelone que
de l'ordre du Viceroy on a enlevé
Dom Joſeph Pinos &
Dom .... Piguera ,& que l'on
les a tiré de nuit de la Ville
ſans qu'on ſcache ce qu'ils
fontdevenus,& comme ils ont
fomenté la derniere rebellion,
il faut qu'on ait reconnu en
eux quelque deffein de remuer
encore ; mais le rette du
Païs eſt fort tranquille , & les
contributions fe payent regulierement.
Tout paroît fort diſpoſé
Oij
164 MERCURE
pour l'expedition de Majorque
& l'on ſçait que les Vailſeaux
ſont ſortis d'Alicante le
trois.
Le Marquis de Manſera ,
Conſeiller au Conſeil d Erat
& Préſident de celuy d'Italie
eſt mort âgé d'environ cent
ans. Il n'a d'autre heritier que
M. le Comte de Pondomar
fon neveu.
Depuis le voyage de M.
Orry on a fait des fonds pour
équiper & mettre à la Mer
les fix Vaiſſeaux qui font fabriquez
depuis prés d'un an.
1715 .
Monfieur Orry partit la
femaine paſſée pour France
aprés avoir remis les papiers
& effets dont il étoit chargé,&
l'on dit comme une choſe
feure quele Fifcal Macanaſe a
entrepris le même voyage .
Dans
GALANT. 161
Dans le même temps l'on
remit un Decret demandant
compte des Miniſtres qui
étoient dans les Conſeils avant
le nouvel établiſſement , ou
nouveau plan , les falaires &
appointemens dont ils joünffoient
,& ce qu'ils étoient devenus
, afin de faire compen.
ſation avec ceux qui ſe payent
actuellement, ce qui eftle com.
mencement d'une grande reforme
, & qui fait prefumer
que les choſes vont eſtre rétablies
en leur premiere ſituation.
Le Cardinal del Judice a été
Mars 1715 .
)
162 MERCURE
en chemin plus longtemps
que l'on ne croyoit , puiſqu'il
n'arriva qu'hier: il fut en droi
ture ſaluer le Roy , qui le receut
avec degrandes démonf.
trations de joye, & qui luy fit
preſent à ſon arrivée de la
Maiſon du Duc de Monteleon
qui a eſté confiſquée au
profit du Roy.
La Reine a eſté indiſpofée
ces jours ci ,& la grande
quantité de fang qu'elle a perdu
a entierement diffipé le
ſoupçon que l'on avoit de ſa
groffeffe; elle s'eſt divertie dans
fon appartement à faire repreGALANT
163
fenter desComedies Eſpagnoles&
Françoiſes.
L'on écrit de Barcelone que
de l'ordre du Viceroy on a enlevé
Dom Joſeph Pinos &
Dom .... Piguera ,& que l'on
les a tiré de nuit de la Ville
ſans qu'on ſcache ce qu'ils
fontdevenus,& comme ils ont
fomenté la derniere rebellion,
il faut qu'on ait reconnu en
eux quelque deffein de remuer
encore ; mais le rette du
Païs eſt fort tranquille , & les
contributions fe payent regulierement.
Tout paroît fort diſpoſé
Oij
164 MERCURE
pour l'expedition de Majorque
& l'on ſçait que les Vailſeaux
ſont ſortis d'Alicante le
trois.
Le Marquis de Manſera ,
Conſeiller au Conſeil d Erat
& Préſident de celuy d'Italie
eſt mort âgé d'environ cent
ans. Il n'a d'autre heritier que
M. le Comte de Pondomar
fon neveu.
Depuis le voyage de M.
Orry on a fait des fonds pour
équiper & mettre à la Mer
les fix Vaiſſeaux qui font fabriquez
depuis prés d'un an.
Fermer
402
p. 165-184
De Madrid ce 26 Février 1715.
Début :
Sa Majesté a nommé M. le Cardinal del Judice pour Ministre [...]
Mots clefs :
Madrid, Marquis, Roi, Gouvernement, Brigadier, Gouverneur, Province, Barcelone, Maréchaux, Lieutenant, Castille, Grenade, Andalousie, Valence, Murcie, Aragon, Catalogne, Galice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Madrid ce 26 Février 1715.
DeMadridce 26 Février 1715.
Sa Majesté a nommé M. le
Cardinal del Judice pourMiniſtre
d'Etat avec ordre des af
fairesEtrangeres: pour laGuer
re,le Marquis de Bedmar: pour
les Indes , le Comte de Frigiliana
: pour la Marine , & le
Commerce , le Duc de Veraguas
: & pour fon Ambaffadeur
à la Cour de France , le
Prince de Chelamar , Grand
Ecuyer de la Reine noſtre
Maîtreffe .
Sa Majesté tres -Chrétien166
MERCURE
1
ne a auſſi nommé pour fon
Ambaffadeur en cette Cour
le Duc de S. Aignan .
LeRoynôtre Sire a accordé
aux Lieutenans Generaux ,
Marêchaux de Camp , & autres
Chefs , les emplois fuivans.
1
EnCatalogne.
LeGouvernement de Tarragone
au Lieutenant GeneralDom
Joſeph Armendarix:
la Lieutenance de Roy de la
même Province , au Brigadier
& Colonci Dom Martin
Bonco: la Lieutenance deRoy
de Barcelone au Brigadier
GALANT. 167
Dom Pedro Rubio , leGouvernement
de Montjoü , au
Colonel Dom Juan de Leon ,
leGouvernement de Gironne
au Lieutenant General le Baron
de Capres : la Lieutenance
de Roy de Gironne au Brigadier
Dom Antonio Manſo :
le Gouvernement de Laleu de
Urgel&CaſtelCiudad auLieutenant
General Dom Profper
Borboom : celuy de Puycerda
au Maréchal de Camp Dom
Melchior Mendieta : celuy de
Cardonne au Brigadier Dom
Fernando Pinacho : celuy de
Oſtalric au Brigadier Dom
168 MERCURE
Manuel Maldonado .
C En Arragon .
Le Gouvernement de Jaca
au Maréchal de Camp Marquis
de Villa Fuerte : la Licutenance
de Roy de Xaca au
Colonel Dom Francifco Ruix
de la Torre : celuy de Venafque
au Sergent Major Dom
Juan Prieto : celuy de Muella
au Lieutenant Colonel Dom
Sebastien Ninpho de Nuix
deUribé : 1 Employ de Sergent
Major de Sarragoſſe au
LieutenantColonel Dom Guilen
Clou de Gufman,
En
GALANT. 169
1
En Valence.
Le Gouvernement d'Ali.
cante au Maréchal de Camp
Dom Joſeph de Chaves : la
Lieutenance de Roy de Denia
au Meſtre de Camp Dom
Francifco Antonio Morales.
Dans le Royaume de Murcie.
La Lieutenance de Roy de
Cartagene au Colonel Martin
Prompt de Madrid.
CoftedeGrenade.
Le Gouvernement de Malaga
au Lieutenant General
Dom Horaclo Copola.
Cofte d'Andaloufie.
LeGouvernement de Cadis
Mars 1715 . P
170 MERCURE
au Lieutenant General Marquis
deCeva Grimaldi.
Eftramadure Caſtille.
LeGouvernement de BadajozauLieutenantGeneralDom
Diego Iſturiz : le Gouvernement
d'Alcantara auMaréchal
de Camp Dom Thomas Vicentelo:
celuy de Ciudad Rodrigo
au Maréchal de Camp
Dom Blas Dragonet : celuy de
la Moralija au Capitaine de
Cavalerie Dom Ignacio Capacho.
Galice.
Le Gouvernement de la
Corogne au Meſtre de Camp
GALANT. 171.
Dom Joſeph Azuara : celuy
de Vigo au ColonelDom Joſeph
de los Herreros, & ils ont
ordre de commander en la
maniere ſuivante.
Catalogne.
Pour le commandementdes
Vigueries de Barcelone & de
Vich , le Lieutenant General
&Gouverneur de Barcelone
- Marquis de Lede :pour celuy
des Vigueries de Tarragone ,
Monblanc& Panades, le Lieutenant
General Dom Joſeph
de Armendariz , Gouverneur
de Tarragone : pour celuy de
la Viguerie de Tortoſe , le
Pij
172 MERCURE
Gouverneur de la Place , &
Lieutenant General Chevalier
de Croye , & en fon abfence
le Lieutenant General Dom
Tiberio Caraffa : pour celuy
des Vigueries de Gironne , &
Campredon , le Lieutenant
General Baron de Capres , &
en ſon abſence Dom Feliciano
Bracamonte : pour celuy
des Vigueries de Puicerda,Cervera&
Mantela, le Lieutenant
General & Gouverneur d'Urgel,
DomGeorge Profpera de
Borbofna : pour le comman-
•dement des Vigueries deBalaguer
, Lerida , Agramont , &
GALANT. 173
Tarraga,avec refidence enBa
laguer , au Lieutenant General
Dom DiegoAlarçon : pour
commander dans la Ville &
Viguerie de Vich , le Marechal
de Camp Dom Feliciano
Bracamonte : pour le commandement
de Balaguer , le
Maréchal de Camp Dom Pablo
Magno: pour commander
en Villa Franca , le Maréchal
de Camp Comte de Mongeorge
: pour commander
dans Igualada , le Maréchal de
Camp Dom Henrique Graffeton
: pour commander dans
Mataro, le Maréchal deCamp
1
Piij
174 MERCURE
Chevalier de Lede: pour commander
dans Campredon , le
Marechal deCamp Dom An
toniodel Caftillo : pour commander
dans Manresa , leMa
rechalde Camp Comtede Le
cheren:pour commander dans
laConcade Tremp , leBrigadier
Dom Loüis deAponte.
Arragon.
Pour commander dans le
territoire de Catalayud , Tarragone
Tervel , Alcanis , &
autres lieux , à la droite de l'Ebre
, avec reſidence dans Catalayud
, le Lieutenant Gene.
ral Dom Nicolas de Angulo :
GALANT. 175
pour commander dansTatra.
gone , le Maréchal de Camp
Dom Dominge du Luques :
pour commander dans Tervel,
le Maréchal deCampDom
Fernando Hipolito de laFaille:
pour commander dans Benavarre
y Ribargoça , le Marêchal
de Camp Dom Francifco
Fernandez de Ribadeo.
Valence.
Pour commander depuis el
Jucar , juſques à la Raya de
Murcie , le Lieutenant General
Dom Lucas Spinola.
: Murcie. 5
Pour commander dans le
Piiij
176 MERCURE
Royaume de Murcie , le Lieus
tenant General Marquis de
Mirabel.
Cofte de Grenade.
Pour commander ſur la côte
aux ordres duCapitaine Ge.
neral de Coſte , le Lieutenant
General Dom Gonçalo
Cegny , &le Maréchal de
CampComte de Louvigny..
Coſte d' Andaloufie.
Pour commander fur la côte
aux ordres du Capitaine General
Garde Côtes , le Licutenant
General Dom Domingo
Reco , & les Maréchaux de
Camp Dom Rafael Diars de
1
GALANT . 177
Mendivil , & Dom Gabriël
Cano.
Eftramadure.
Pour commander ſur la
Frontiere aux ordres du Capitaine
General de la Province ,
le Marquis de Kailus , Lieutenant
General,& Dom Miguel
Pontde Mendoza ,& les Marêchaux
de Camp Dom Loüis
de Cordoüa,&DomAntonio
Pignatelly.
Frontiere de Caſtille.
Pour commander ſur la
Frontiere aux ordres du Capiz
taine General de la Province
d'Eſtramadure , le Lieutenant
178 MERCURE
General Dom Alonzo de Ef
cobar,& le Maréchal deCamp
Marquis de San Vicente.
Galice.
Pour commander aux ordres
du Capitaine General du
Royaume , les LieutenansGeneraux
Dom Thomas de los
Cobos , & Dom Antoine de
Zuniga.
:
7.
De Madrid ce 12. Mars.
2. Le Duc de S. Aignan a
receu des Lettres de creance
du Roy tres - Chrétien pour
refider en cette Cour , en quaGALANT
179
lité de fon Ambaſſadeur ; l'on
a auſſi nommé il y a environ
huitjours le Prince de Chelamar
pour aller en celle de
France , avec le même caracte
re , fans cependant quitter fa
Charge de Grand Ecuyer de
• la Reine : il a ordre de partir
promptement , & les politi
ques affurent que l'on a fait
choix de ce Seigneur , comme
mieux informé qu'un autre
des cauſes de la diſgrace de la
Princeſſe des Urfins & de M.
Orry,& plus en érat par confequent
d'en rendre taiſon à
la Courde France.
180 MERCURE
Le Roy a declaré que le
pouvoir qu'il adonné au Duc
de Veraguas , regarde le
Commercedes Indes, comme
celuy d'Eſpagne , ce qui n'a
pas peu mortifié le Comte de
Frigiliana à qui cette declaration
ôte une bonnepartie de
l'autorité qu'il avoit comme
Preſident , bien loin de l'augmenter
, comme il avoit tou
jours penſé que cela dût
arriver.
Il ya trois jours que M.
Martinet Commandant de
trois Navires François , arriva
de Cadis : il avoit refuſé de
1
GALANT. 181
paſſer avec eux à l'expedition
de Mayorque , il s'y eſt enfin
reſolu , moyennant quelque
argent qu'on luy a donné ,
conformement à ce dont on
eſtoit convenu.
Le Comte de Las Torres
Commiſſaire general de l'Infanterie&
de laCavalerie d'Efpagne
, ayant vû que lanominationdu
Marquis de Bedmar
au miniſtere de la guerre , luy
ôtoit l'autorité que ſon employ
de Commiſſaire general
luy donnoir ; s'eſt reſolu à le
quitter , auſſi bien quele Confeil
de guerre , touché d'ail
182 MERCURE
leurs du peu de compte que
l'on a fait de ſes longs ſervices
, & de ce que dans le nombredes
Gouvernemens qui ſe
font donnez la ſemaineprecedente
, on ne s'eſt pas ſouvenu
du Marquis de Navalbalcuencas
fon fils , qui eſt Lieutenant
General.
L'on a donné l'Evêché de
Cadis à l'Evêque de Gironde ,
qui a actuellement le départe
ment desFinances ;& pour celuy
d'Ofma , on l'a donné à
Dom PhelippeTabuadaCommiſſaire
general de la Croiſade
; mais on n'a pas appris jufGALANT.
183
ques icy qu'il l'ast accepté.
Cet Eccleſiaſtique ayant repreſenté
au Roy qu'il étoit de
la derniere conſequence de défendre
les maſcarades & les
bals qui ſe font introduits depuis
quelques années , à cauſe
des defordres qui en refultoient
frequemment;l'on donna
ordre au Préſident de Caftille
d'expedier des proviſions,
ce qui ayant été rapporté au
Duc de S. Aignan qui avoit
donné un feſtin magnifique le
Jeudy precedent , il reprefenta
à Sa Majesté ,qu'ayant refolu
d'en donner un la nuit & le
184 MERCURE
lendemain, ceque l'on nepouvoit
l'empêcher de faire comme
Ambaſladeur , il demandoit
que l'on permit aux conviez
d'y aſſiſter comme cela
s'étoit juſques alors pratiqué ,
ce qui luy fût accordé , & que
quiconque voudroit donner
de pareilles Feſtes endemanderoft
auparavant permiffion .
Par le Courrier d'Utrecht
on a receu le Traité de Paix
ſigné par les Plenipotentiaires
des Couronnes d'Eſpagne &
de Portugal , & l'on travaille
actuellement à la ratification.
Sa Majesté a nommé M. le
Cardinal del Judice pourMiniſtre
d'Etat avec ordre des af
fairesEtrangeres: pour laGuer
re,le Marquis de Bedmar: pour
les Indes , le Comte de Frigiliana
: pour la Marine , & le
Commerce , le Duc de Veraguas
: & pour fon Ambaffadeur
à la Cour de France , le
Prince de Chelamar , Grand
Ecuyer de la Reine noſtre
Maîtreffe .
Sa Majesté tres -Chrétien166
MERCURE
1
ne a auſſi nommé pour fon
Ambaffadeur en cette Cour
le Duc de S. Aignan .
LeRoynôtre Sire a accordé
aux Lieutenans Generaux ,
Marêchaux de Camp , & autres
Chefs , les emplois fuivans.
1
EnCatalogne.
LeGouvernement de Tarragone
au Lieutenant GeneralDom
Joſeph Armendarix:
la Lieutenance de Roy de la
même Province , au Brigadier
& Colonci Dom Martin
Bonco: la Lieutenance deRoy
de Barcelone au Brigadier
GALANT. 167
Dom Pedro Rubio , leGouvernement
de Montjoü , au
Colonel Dom Juan de Leon ,
leGouvernement de Gironne
au Lieutenant General le Baron
de Capres : la Lieutenance
de Roy de Gironne au Brigadier
Dom Antonio Manſo :
le Gouvernement de Laleu de
Urgel&CaſtelCiudad auLieutenant
General Dom Profper
Borboom : celuy de Puycerda
au Maréchal de Camp Dom
Melchior Mendieta : celuy de
Cardonne au Brigadier Dom
Fernando Pinacho : celuy de
Oſtalric au Brigadier Dom
168 MERCURE
Manuel Maldonado .
C En Arragon .
Le Gouvernement de Jaca
au Maréchal de Camp Marquis
de Villa Fuerte : la Licutenance
de Roy de Xaca au
Colonel Dom Francifco Ruix
de la Torre : celuy de Venafque
au Sergent Major Dom
Juan Prieto : celuy de Muella
au Lieutenant Colonel Dom
Sebastien Ninpho de Nuix
deUribé : 1 Employ de Sergent
Major de Sarragoſſe au
LieutenantColonel Dom Guilen
Clou de Gufman,
En
GALANT. 169
1
En Valence.
Le Gouvernement d'Ali.
cante au Maréchal de Camp
Dom Joſeph de Chaves : la
Lieutenance de Roy de Denia
au Meſtre de Camp Dom
Francifco Antonio Morales.
Dans le Royaume de Murcie.
La Lieutenance de Roy de
Cartagene au Colonel Martin
Prompt de Madrid.
CoftedeGrenade.
Le Gouvernement de Malaga
au Lieutenant General
Dom Horaclo Copola.
Cofte d'Andaloufie.
LeGouvernement de Cadis
Mars 1715 . P
170 MERCURE
au Lieutenant General Marquis
deCeva Grimaldi.
Eftramadure Caſtille.
LeGouvernement de BadajozauLieutenantGeneralDom
Diego Iſturiz : le Gouvernement
d'Alcantara auMaréchal
de Camp Dom Thomas Vicentelo:
celuy de Ciudad Rodrigo
au Maréchal de Camp
Dom Blas Dragonet : celuy de
la Moralija au Capitaine de
Cavalerie Dom Ignacio Capacho.
Galice.
Le Gouvernement de la
Corogne au Meſtre de Camp
GALANT. 171.
Dom Joſeph Azuara : celuy
de Vigo au ColonelDom Joſeph
de los Herreros, & ils ont
ordre de commander en la
maniere ſuivante.
Catalogne.
Pour le commandementdes
Vigueries de Barcelone & de
Vich , le Lieutenant General
&Gouverneur de Barcelone
- Marquis de Lede :pour celuy
des Vigueries de Tarragone ,
Monblanc& Panades, le Lieutenant
General Dom Joſeph
de Armendariz , Gouverneur
de Tarragone : pour celuy de
la Viguerie de Tortoſe , le
Pij
172 MERCURE
Gouverneur de la Place , &
Lieutenant General Chevalier
de Croye , & en fon abfence
le Lieutenant General Dom
Tiberio Caraffa : pour celuy
des Vigueries de Gironne , &
Campredon , le Lieutenant
General Baron de Capres , &
en ſon abſence Dom Feliciano
Bracamonte : pour celuy
des Vigueries de Puicerda,Cervera&
Mantela, le Lieutenant
General & Gouverneur d'Urgel,
DomGeorge Profpera de
Borbofna : pour le comman-
•dement des Vigueries deBalaguer
, Lerida , Agramont , &
GALANT. 173
Tarraga,avec refidence enBa
laguer , au Lieutenant General
Dom DiegoAlarçon : pour
commander dans la Ville &
Viguerie de Vich , le Marechal
de Camp Dom Feliciano
Bracamonte : pour le commandement
de Balaguer , le
Maréchal de Camp Dom Pablo
Magno: pour commander
en Villa Franca , le Maréchal
de Camp Comte de Mongeorge
: pour commander
dans Igualada , le Maréchal de
Camp Dom Henrique Graffeton
: pour commander dans
Mataro, le Maréchal deCamp
1
Piij
174 MERCURE
Chevalier de Lede: pour commander
dans Campredon , le
Marechal deCamp Dom An
toniodel Caftillo : pour commander
dans Manresa , leMa
rechalde Camp Comtede Le
cheren:pour commander dans
laConcade Tremp , leBrigadier
Dom Loüis deAponte.
Arragon.
Pour commander dans le
territoire de Catalayud , Tarragone
Tervel , Alcanis , &
autres lieux , à la droite de l'Ebre
, avec reſidence dans Catalayud
, le Lieutenant Gene.
ral Dom Nicolas de Angulo :
GALANT. 175
pour commander dansTatra.
gone , le Maréchal de Camp
Dom Dominge du Luques :
pour commander dans Tervel,
le Maréchal deCampDom
Fernando Hipolito de laFaille:
pour commander dans Benavarre
y Ribargoça , le Marêchal
de Camp Dom Francifco
Fernandez de Ribadeo.
Valence.
Pour commander depuis el
Jucar , juſques à la Raya de
Murcie , le Lieutenant General
Dom Lucas Spinola.
: Murcie. 5
Pour commander dans le
Piiij
176 MERCURE
Royaume de Murcie , le Lieus
tenant General Marquis de
Mirabel.
Cofte de Grenade.
Pour commander ſur la côte
aux ordres duCapitaine Ge.
neral de Coſte , le Lieutenant
General Dom Gonçalo
Cegny , &le Maréchal de
CampComte de Louvigny..
Coſte d' Andaloufie.
Pour commander fur la côte
aux ordres du Capitaine General
Garde Côtes , le Licutenant
General Dom Domingo
Reco , & les Maréchaux de
Camp Dom Rafael Diars de
1
GALANT . 177
Mendivil , & Dom Gabriël
Cano.
Eftramadure.
Pour commander ſur la
Frontiere aux ordres du Capitaine
General de la Province ,
le Marquis de Kailus , Lieutenant
General,& Dom Miguel
Pontde Mendoza ,& les Marêchaux
de Camp Dom Loüis
de Cordoüa,&DomAntonio
Pignatelly.
Frontiere de Caſtille.
Pour commander ſur la
Frontiere aux ordres du Capiz
taine General de la Province
d'Eſtramadure , le Lieutenant
178 MERCURE
General Dom Alonzo de Ef
cobar,& le Maréchal deCamp
Marquis de San Vicente.
Galice.
Pour commander aux ordres
du Capitaine General du
Royaume , les LieutenansGeneraux
Dom Thomas de los
Cobos , & Dom Antoine de
Zuniga.
:
7.
De Madrid ce 12. Mars.
2. Le Duc de S. Aignan a
receu des Lettres de creance
du Roy tres - Chrétien pour
refider en cette Cour , en quaGALANT
179
lité de fon Ambaſſadeur ; l'on
a auſſi nommé il y a environ
huitjours le Prince de Chelamar
pour aller en celle de
France , avec le même caracte
re , fans cependant quitter fa
Charge de Grand Ecuyer de
• la Reine : il a ordre de partir
promptement , & les politi
ques affurent que l'on a fait
choix de ce Seigneur , comme
mieux informé qu'un autre
des cauſes de la diſgrace de la
Princeſſe des Urfins & de M.
Orry,& plus en érat par confequent
d'en rendre taiſon à
la Courde France.
180 MERCURE
Le Roy a declaré que le
pouvoir qu'il adonné au Duc
de Veraguas , regarde le
Commercedes Indes, comme
celuy d'Eſpagne , ce qui n'a
pas peu mortifié le Comte de
Frigiliana à qui cette declaration
ôte une bonnepartie de
l'autorité qu'il avoit comme
Preſident , bien loin de l'augmenter
, comme il avoit tou
jours penſé que cela dût
arriver.
Il ya trois jours que M.
Martinet Commandant de
trois Navires François , arriva
de Cadis : il avoit refuſé de
1
GALANT. 181
paſſer avec eux à l'expedition
de Mayorque , il s'y eſt enfin
reſolu , moyennant quelque
argent qu'on luy a donné ,
conformement à ce dont on
eſtoit convenu.
Le Comte de Las Torres
Commiſſaire general de l'Infanterie&
de laCavalerie d'Efpagne
, ayant vû que lanominationdu
Marquis de Bedmar
au miniſtere de la guerre , luy
ôtoit l'autorité que ſon employ
de Commiſſaire general
luy donnoir ; s'eſt reſolu à le
quitter , auſſi bien quele Confeil
de guerre , touché d'ail
182 MERCURE
leurs du peu de compte que
l'on a fait de ſes longs ſervices
, & de ce que dans le nombredes
Gouvernemens qui ſe
font donnez la ſemaineprecedente
, on ne s'eſt pas ſouvenu
du Marquis de Navalbalcuencas
fon fils , qui eſt Lieutenant
General.
L'on a donné l'Evêché de
Cadis à l'Evêque de Gironde ,
qui a actuellement le départe
ment desFinances ;& pour celuy
d'Ofma , on l'a donné à
Dom PhelippeTabuadaCommiſſaire
general de la Croiſade
; mais on n'a pas appris jufGALANT.
183
ques icy qu'il l'ast accepté.
Cet Eccleſiaſtique ayant repreſenté
au Roy qu'il étoit de
la derniere conſequence de défendre
les maſcarades & les
bals qui ſe font introduits depuis
quelques années , à cauſe
des defordres qui en refultoient
frequemment;l'on donna
ordre au Préſident de Caftille
d'expedier des proviſions,
ce qui ayant été rapporté au
Duc de S. Aignan qui avoit
donné un feſtin magnifique le
Jeudy precedent , il reprefenta
à Sa Majesté ,qu'ayant refolu
d'en donner un la nuit & le
184 MERCURE
lendemain, ceque l'on nepouvoit
l'empêcher de faire comme
Ambaſladeur , il demandoit
que l'on permit aux conviez
d'y aſſiſter comme cela
s'étoit juſques alors pratiqué ,
ce qui luy fût accordé , & que
quiconque voudroit donner
de pareilles Feſtes endemanderoft
auparavant permiffion .
Par le Courrier d'Utrecht
on a receu le Traité de Paix
ſigné par les Plenipotentiaires
des Couronnes d'Eſpagne &
de Portugal , & l'on travaille
actuellement à la ratification.
Fermer
403
p. 179-190
De Madrid le premier Avril 1715.
Début :
Mardy passé l'on publia la résolution du Roy de confier [...]
Mots clefs :
Marquis, Cardinal, Lettres, Madrid, Conseil d'État, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Madrid le premier Avril 1715.
De Madrid le premier Avril |*7lS>
Mardy passé l'on publia la
résolution du Roy de confier
dorénavant à des hommes
l'éducation du Prince & pour
ne point charger le Trésor
Royalde frais, l'on a nommé
les mêmes Officiers qui fervent
le Roy actuellement ; les
principaux sont le Marquis
de Valera & de Solera pour
Gentils hommes de la chambre,
les Marquis deVilla Garcia
,& deValouze pour Maître
d'Hôtel de semaine
, on luya
donné pour Confesseur le Perc
Marin homme de Lettres
& d'un merite distingué;la
Marquise de Salsedo sa Gouvernante
a fait paroistre beaucoup
de tendresseàcetteséparation
; &le foin que jusques
icy elle a prisedu Prince, a été
fecompenfée d'une place de
Dame d'Honneur de la Reine.
1- Le Roys'affermissantdejour
en jour dans ses desseins
, a
écrit aux Evêques, Archevêques
de son Royaume ,des
Lettres Circulaires, par lesquellesil
leur ordonne qu'a-
Vec une liberté vrayement
Chrétien-ne) ils luy marquent
les moyens qu'ils imagineront
•
les plus propres à maintenir la
JufiLCC dans ses Etats
J
& sL
procurer le repos à Ces peuples;
Le Cardinal del Judice a
pris possession de son appartement
au Retiro sans permettre
cependant que les Dames en
sortissent, aimant mieux se loger
plus étroitement; illuy
- cil depuis venu un ordre d'exercer
comme auparavant sa
Charge de Grand Inquisiteur;
c'est une satisfaction que l'on
donne à la Cour de Rome.
A la recommandation de
son Eminence, l'on a ordonné
de rétablir dans leurs places
de ConseillersdeCastilleDon
Loüis Curiel, exilé à Leon
, Don Francisco de Avana,&
Don Pedro de la Grava ,
dépossedez
de leurs emplois tous
trois pour avoir soutenu les
interdis du Cardinal.
Le jour de l'Incarnation la
Reine servant des pauvres à
dîner, elle se trouva un peu
indisposée, sur quoy les Medecins
ayant esté consultez,
ils jugerent à propos de la saignerau
bras comme l'on fit
sans qu'il y ait eu de fuite fâcheuse.
| Le voyage d'Aranjuez ayant
étérésolu l'onaaverty les Dames
qu'ellesn'avoient qu'às'y
disposer, ce qui fait croire que
ce fera bien tost.
Le Mardy apresdîner on
- assembla le Conseil extraordinaire
deCastille, pour examiner
la Bullequi supprime la
Monarchie de Sicile, comme
avoir déjà fait le Conseil dEtat.
Voyant la lenteur avec
laquellel'Assemblée procedoit
au Règlement des Tribunaux
il vint un nouvel ordre pour
accelerer cette affaire,& Vendredy
l'on la remit entre les
mains de Sa Majesté
, non
sans inquiétude de plusieurs
Ministres.
Dans une autre Assemblée
particulière du Conseil de la
Marine,
Marine, il fut résolu de renvoyer
tout à fait le Duc de
Tursis,à son Escadre appellée
l'Escadre de Genes, & d'ordonner
au Contrôleur qui se
trouve dans cette Ville, de
livrer tous lesForçats qu'on y
trouvera du compte du Roy.
Cette résolution a étésignifiée
ley à celuy qui fait ses affaires.
SaMajestéanommé de son
Conseil d'Etat, le Marquis de
los Balbafez
iqui
demandoit
la permission de se retirer en
Italie, & l'on a eû en veuë de
s'arrêter icy par ce moyen.
( Par des Lettres de Barcelone
du 23. du passé ,il paroist
qu'on a differé l'expédition
de Majorque, parce que l'on
a résolu d'embarquer plus de
Cavalerie qu'on avoit d'abord
eû dessein d'en embarquer
, &
de garder pour la remplacer
celle que l'on fait marcher de
Valence, & d'Arragon,pour
tenir en bride les Catalans qui
paroissoient avoir quelque
desseinde rcmüer du cofté de1
Salens & de Manreza
)
dequoy
le Gouverneur ayantété
averty ,
il s'est asseuré de Mo-j
ragas, chefdes rebelles & de
quelques autres sédicieux comme
luy ausquels on fait actuellement
le procés.
, Et par les nouvelles du 30.
on a eu avis que le procès dudit
Moragas examiné,il a
été convaincu du crime de
rcbellion, & condamnéà être
attaché tout vif& traîné à la
queuë d'un cheval furieux dans
les places,& dans les ruës de
Barcelone ),& ses camarades à1
ètre pendus;cette Sentence 9
été executée le 2.9. On ne doute
point que ces chastiments
exemplaires nereduisent enfin
les esprits inquiets des Catalans.
(
Il y a trois jours que Mj
Metwin, Ambassadeur d'Angleterre
,
est arrivé en cette
Ville avec une grande suite ;
le lendemain il fut rendre visite
au Cardinal del Judice qui cO:
chargé de traiter avec les mi1
nistres Etrangers, & hieril eût
une Audiance particuliere du
Roy,on ne sçait s'il prendra
le caractere public,à cause
des difficultez qui se rencontrent
sur le ceremonial des
Ambassadeurs.
Le Roy a donne au Prince 1
de Chélamarre vingt quatre
mille piastres de revenu annuel
à prendre sur les biens
du Marquis de Vallé
,
confisîquez
dans la nouvelle Espagne,
avec pouvoir de nommer
qui bon luy semblera pour la
levée de cette rente que le
Roy luy accorde non-seulement
pour le dédommager
des pertes qu'il a faites dans le
Royaume de Naples,maisencore
pour survenir à une partie
des frais de son Ambassade
en France. S.M. C. a ajoûté
à. cette récompense vingt-un
mille piastresd'appointement
qui joints aux vingt- quatre
mille de confiscation luy font
plus de quarante cinq mille
écus de revenu.
Mardy passé l'on publia la
résolution du Roy de confier
dorénavant à des hommes
l'éducation du Prince & pour
ne point charger le Trésor
Royalde frais, l'on a nommé
les mêmes Officiers qui fervent
le Roy actuellement ; les
principaux sont le Marquis
de Valera & de Solera pour
Gentils hommes de la chambre,
les Marquis deVilla Garcia
,& deValouze pour Maître
d'Hôtel de semaine
, on luya
donné pour Confesseur le Perc
Marin homme de Lettres
& d'un merite distingué;la
Marquise de Salsedo sa Gouvernante
a fait paroistre beaucoup
de tendresseàcetteséparation
; &le foin que jusques
icy elle a prisedu Prince, a été
fecompenfée d'une place de
Dame d'Honneur de la Reine.
1- Le Roys'affermissantdejour
en jour dans ses desseins
, a
écrit aux Evêques, Archevêques
de son Royaume ,des
Lettres Circulaires, par lesquellesil
leur ordonne qu'a-
Vec une liberté vrayement
Chrétien-ne) ils luy marquent
les moyens qu'ils imagineront
•
les plus propres à maintenir la
JufiLCC dans ses Etats
J
& sL
procurer le repos à Ces peuples;
Le Cardinal del Judice a
pris possession de son appartement
au Retiro sans permettre
cependant que les Dames en
sortissent, aimant mieux se loger
plus étroitement; illuy
- cil depuis venu un ordre d'exercer
comme auparavant sa
Charge de Grand Inquisiteur;
c'est une satisfaction que l'on
donne à la Cour de Rome.
A la recommandation de
son Eminence, l'on a ordonné
de rétablir dans leurs places
de ConseillersdeCastilleDon
Loüis Curiel, exilé à Leon
, Don Francisco de Avana,&
Don Pedro de la Grava ,
dépossedez
de leurs emplois tous
trois pour avoir soutenu les
interdis du Cardinal.
Le jour de l'Incarnation la
Reine servant des pauvres à
dîner, elle se trouva un peu
indisposée, sur quoy les Medecins
ayant esté consultez,
ils jugerent à propos de la saignerau
bras comme l'on fit
sans qu'il y ait eu de fuite fâcheuse.
| Le voyage d'Aranjuez ayant
étérésolu l'onaaverty les Dames
qu'ellesn'avoient qu'às'y
disposer, ce qui fait croire que
ce fera bien tost.
Le Mardy apresdîner on
- assembla le Conseil extraordinaire
deCastille, pour examiner
la Bullequi supprime la
Monarchie de Sicile, comme
avoir déjà fait le Conseil dEtat.
Voyant la lenteur avec
laquellel'Assemblée procedoit
au Règlement des Tribunaux
il vint un nouvel ordre pour
accelerer cette affaire,& Vendredy
l'on la remit entre les
mains de Sa Majesté
, non
sans inquiétude de plusieurs
Ministres.
Dans une autre Assemblée
particulière du Conseil de la
Marine,
Marine, il fut résolu de renvoyer
tout à fait le Duc de
Tursis,à son Escadre appellée
l'Escadre de Genes, & d'ordonner
au Contrôleur qui se
trouve dans cette Ville, de
livrer tous lesForçats qu'on y
trouvera du compte du Roy.
Cette résolution a étésignifiée
ley à celuy qui fait ses affaires.
SaMajestéanommé de son
Conseil d'Etat, le Marquis de
los Balbafez
iqui
demandoit
la permission de se retirer en
Italie, & l'on a eû en veuë de
s'arrêter icy par ce moyen.
( Par des Lettres de Barcelone
du 23. du passé ,il paroist
qu'on a differé l'expédition
de Majorque, parce que l'on
a résolu d'embarquer plus de
Cavalerie qu'on avoit d'abord
eû dessein d'en embarquer
, &
de garder pour la remplacer
celle que l'on fait marcher de
Valence, & d'Arragon,pour
tenir en bride les Catalans qui
paroissoient avoir quelque
desseinde rcmüer du cofté de1
Salens & de Manreza
)
dequoy
le Gouverneur ayantété
averty ,
il s'est asseuré de Mo-j
ragas, chefdes rebelles & de
quelques autres sédicieux comme
luy ausquels on fait actuellement
le procés.
, Et par les nouvelles du 30.
on a eu avis que le procès dudit
Moragas examiné,il a
été convaincu du crime de
rcbellion, & condamnéà être
attaché tout vif& traîné à la
queuë d'un cheval furieux dans
les places,& dans les ruës de
Barcelone ),& ses camarades à1
ètre pendus;cette Sentence 9
été executée le 2.9. On ne doute
point que ces chastiments
exemplaires nereduisent enfin
les esprits inquiets des Catalans.
(
Il y a trois jours que Mj
Metwin, Ambassadeur d'Angleterre
,
est arrivé en cette
Ville avec une grande suite ;
le lendemain il fut rendre visite
au Cardinal del Judice qui cO:
chargé de traiter avec les mi1
nistres Etrangers, & hieril eût
une Audiance particuliere du
Roy,on ne sçait s'il prendra
le caractere public,à cause
des difficultez qui se rencontrent
sur le ceremonial des
Ambassadeurs.
Le Roy a donne au Prince 1
de Chélamarre vingt quatre
mille piastres de revenu annuel
à prendre sur les biens
du Marquis de Vallé
,
confisîquez
dans la nouvelle Espagne,
avec pouvoir de nommer
qui bon luy semblera pour la
levée de cette rente que le
Roy luy accorde non-seulement
pour le dédommager
des pertes qu'il a faites dans le
Royaume de Naples,maisencore
pour survenir à une partie
des frais de son Ambassade
en France. S.M. C. a ajoûté
à. cette récompense vingt-un
mille piastresd'appointement
qui joints aux vingt- quatre
mille de confiscation luy font
plus de quarante cinq mille
écus de revenu.
Fermer
404
p. 218-227
Errata dont la lecture fait preuve de la bonne foy de l'Auteur. [titre d'après la table]
Début :
Les fautes d'impression qui se glissent souvent malgré mes [...]
Mots clefs :
Mariage, Armées, Fautes, Marquis d'Arpajon, Femme, Roi, Général
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Errata dont la lecture fait preuve de la bonne foy de l'Auteur. [titre d'après la table]
Les fautes d'impressîon qui
seglissent souventmalgré mes
soins, dans les articles les plus
importants de ceLivre,& dont
je ne m'apperçois que lorsqu'il
n'y a.plus de remede, m'c»
bligentàessayer de les reparer
autant qu'il me fera possible,
par une nouvelle exactitude :
& pour cet effet à donner tous
les mois un Chapitre des errata
& des omissions,que je meu
tray regulierementàlatêteou
à lasuite des choses ausquelle
il aura du rapporc. Par exemple,
dans l'article des Mariages
du mois paffé ,il y a deux failles
& une omission consideraples.
Au sujet de M. dç Lanoignon
il faut lire à la page
19MCffire Guillaume de la.*
hoignon,Seigneur de Blanc,
nesnil,Avocat General auPar-
, :menjc de Paris,&c,
A la page 203. ai) sujet de
4.leComte d'AtbeM
cft frere de pere de feuë Maame
la Marquise de Lavardin,
te. & à la page 205. ce que
syomisausujetde M.leMaruis
d'Arpajon m'oblige à rcrprenidreal'articgle
deeion M.a- Messire Loüis d'Arpajon,
Marquis d'Arpajon, Lieutenant
General des Armées de
Roy, & Chevalier de rOrdrc
de la Toison d'or,fils de Jean
Loüis d'Arpajon, Marquis dl
Severac, & de CharlotedeVet
nou de Bonneil
, & petit fil
de Loüis, Duc d'Arpajon,Mar
quis de Severac
,
Lieutenans
General des Armées du Roy
& au Gouvernement de Lan
guedoc
,
& Chevalier de se
Ordres, & de Gloriande d
Lauzieres de Themincs sa pri
miere femme, fille du Maréchal
de Themines, a épousé
Charlote-Anne le Bas, soeur
(de Dame Catherine le Bas de
Montargis, femme de Jean-
François Henault
,
Présidene
des Enquestes du Parlement de
Paris, & fille de Claude le Bas
<3e Montargis, Garde du Tresor
Royal, & d'Henriette-
Hardouin Mansart, fille aînée
de feu M. Mansart, Sur- Inrendant
des Bastimens du Roy, &
petite fille de François le Bas,
Secretaire du Roy
,
premier
Commis des Finances fous M.
le Cardinal Mazarin & fous
M. Colbert, & Conseiller d'Etat,
dont la famille est distinguée
dans le Berry d'où, elle
tire fou origine. La Maison
d'ArpajonRoüergue est une
des plus illustres&des plus anciennes
du Royaume, & elle
s'est alliée aux Maisons deNarbonne;
de Roqueseüil, GauccUrt,
Harcourc, Aubusson,
Escars,Bourbon, Roussillon,
Castélnau
,
Loubens de Ver-
, dalle,&c.
La confiance&l'amitié singulieredont
M. le Duc deVendôme
honoroit M. d'Arpajon,
Teftime&laffe&iongénérale
des Soldats & des Officiers qui -
ont servy avec luy,14 reducnon
des Châteaux de Venasque,
d'Areins & de Castelleon,
&un grand Pays plein de rebellesqu'il
a fournis à l'obéissance
du Roy d'Espagne,sont
des preuves certaines de foq
merite;mais sa reconnoissance
prefere à ces suffrages universels,
le témoignase
,
éclatant
que Sa M. C. a rendu à sa vertu
par un écrit de sa propre
main, & dont voicy les termes
traduits mot pour mot sur l'original
EspagnoL
LE ROY.
Monsieur le Marquisd'Arpajon
,
les nouvellesque vous
m'a,vek données de la reduction
dts Chasteaux de Venasque
, &
de Castelleon, m'ont étési agreablejs
,
aussi bienque le zele,la me
leur & la conduite avec lesquelles
vous avc%fournis à mon obéissance
cesPlaces importantes, Cm
le Pays de leurs dépendances; qu'-
en preuve de la reconnoissance que
j'ay cru devoir à ces bons services,
à ceux que vous mavie% déja
rendus au Chasseau d*Areins
& à vôtre propre personne, je
vous accorde la Toison dor.A
Correille ce 18. Octobre 171!•?
Signé, Moy le Roy. ","':
Un des amis de M. cfArpa'.(
jon,homme de confideratiorr,*
& distingué dans les Lettres,
&dans les Emplois qu'il exerce
avec honneur
, ayant appris
cette nouvelle, luy envoya les
Vers suivants. -'
L'éclat de ta noble Maison,
Et Venasque,&Castelleon,
Soumis en moins d'untCampagne;
Mefont dire que la raison, )
De Philippestoûjours compagne
Présidoit y au Conseil d'EJpàgne
Quandilt'a donné la Toison..--
Depuis peu un autre particulier
,
sensibleaux marques
d'amitié qu'il a reçues de luy ea
Espagne& ailleurs
,
autant
qu"lll'cdà son propre mérite,
ayant appris la nouvelle de son
Mariage avecMademoiselle de
Montargis, l'en a felicite par
les Vers que voicy.
Quel concert de plaisirs ! quelle
brillantefeste!
L'hymen pour ton bonheur vient
dechoisir le jour,
Où du chefd'oeuvredel'amour , L'amourt'asseure Ils conqueste.
Quel jour, illustre d'arpajon!
La plus éclatante njtfht're>
EtVenafôjHéfjrCaflelleon
Offrentenvain à la memoire
Toute lasplendeur de ton nom :
Ces grands monuments de ta
gloire
N'égalent qu'apeinele don,
Dont aujourd'huy l'hymen enru
chit ton histoire.
Et Doits aimable, jeune& belle
Montargis
Sous les doux noeuds'qtiiforis-àf.
ftmblent,
1
Que le Ciel vous donne desfils
Et desfillesqui vous ressemblent,
Je tombe aujourd'huy dafli
seglissent souventmalgré mes
soins, dans les articles les plus
importants de ceLivre,& dont
je ne m'apperçois que lorsqu'il
n'y a.plus de remede, m'c»
bligentàessayer de les reparer
autant qu'il me fera possible,
par une nouvelle exactitude :
& pour cet effet à donner tous
les mois un Chapitre des errata
& des omissions,que je meu
tray regulierementàlatêteou
à lasuite des choses ausquelle
il aura du rapporc. Par exemple,
dans l'article des Mariages
du mois paffé ,il y a deux failles
& une omission consideraples.
Au sujet de M. dç Lanoignon
il faut lire à la page
19MCffire Guillaume de la.*
hoignon,Seigneur de Blanc,
nesnil,Avocat General auPar-
, :menjc de Paris,&c,
A la page 203. ai) sujet de
4.leComte d'AtbeM
cft frere de pere de feuë Maame
la Marquise de Lavardin,
te. & à la page 205. ce que
syomisausujetde M.leMaruis
d'Arpajon m'oblige à rcrprenidreal'articgle
deeion M.a- Messire Loüis d'Arpajon,
Marquis d'Arpajon, Lieutenant
General des Armées de
Roy, & Chevalier de rOrdrc
de la Toison d'or,fils de Jean
Loüis d'Arpajon, Marquis dl
Severac, & de CharlotedeVet
nou de Bonneil
, & petit fil
de Loüis, Duc d'Arpajon,Mar
quis de Severac
,
Lieutenans
General des Armées du Roy
& au Gouvernement de Lan
guedoc
,
& Chevalier de se
Ordres, & de Gloriande d
Lauzieres de Themincs sa pri
miere femme, fille du Maréchal
de Themines, a épousé
Charlote-Anne le Bas, soeur
(de Dame Catherine le Bas de
Montargis, femme de Jean-
François Henault
,
Présidene
des Enquestes du Parlement de
Paris, & fille de Claude le Bas
<3e Montargis, Garde du Tresor
Royal, & d'Henriette-
Hardouin Mansart, fille aînée
de feu M. Mansart, Sur- Inrendant
des Bastimens du Roy, &
petite fille de François le Bas,
Secretaire du Roy
,
premier
Commis des Finances fous M.
le Cardinal Mazarin & fous
M. Colbert, & Conseiller d'Etat,
dont la famille est distinguée
dans le Berry d'où, elle
tire fou origine. La Maison
d'ArpajonRoüergue est une
des plus illustres&des plus anciennes
du Royaume, & elle
s'est alliée aux Maisons deNarbonne;
de Roqueseüil, GauccUrt,
Harcourc, Aubusson,
Escars,Bourbon, Roussillon,
Castélnau
,
Loubens de Ver-
, dalle,&c.
La confiance&l'amitié singulieredont
M. le Duc deVendôme
honoroit M. d'Arpajon,
Teftime&laffe&iongénérale
des Soldats & des Officiers qui -
ont servy avec luy,14 reducnon
des Châteaux de Venasque,
d'Areins & de Castelleon,
&un grand Pays plein de rebellesqu'il
a fournis à l'obéissance
du Roy d'Espagne,sont
des preuves certaines de foq
merite;mais sa reconnoissance
prefere à ces suffrages universels,
le témoignase
,
éclatant
que Sa M. C. a rendu à sa vertu
par un écrit de sa propre
main, & dont voicy les termes
traduits mot pour mot sur l'original
EspagnoL
LE ROY.
Monsieur le Marquisd'Arpajon
,
les nouvellesque vous
m'a,vek données de la reduction
dts Chasteaux de Venasque
, &
de Castelleon, m'ont étési agreablejs
,
aussi bienque le zele,la me
leur & la conduite avec lesquelles
vous avc%fournis à mon obéissance
cesPlaces importantes, Cm
le Pays de leurs dépendances; qu'-
en preuve de la reconnoissance que
j'ay cru devoir à ces bons services,
à ceux que vous mavie% déja
rendus au Chasseau d*Areins
& à vôtre propre personne, je
vous accorde la Toison dor.A
Correille ce 18. Octobre 171!•?
Signé, Moy le Roy. ","':
Un des amis de M. cfArpa'.(
jon,homme de confideratiorr,*
& distingué dans les Lettres,
&dans les Emplois qu'il exerce
avec honneur
, ayant appris
cette nouvelle, luy envoya les
Vers suivants. -'
L'éclat de ta noble Maison,
Et Venasque,&Castelleon,
Soumis en moins d'untCampagne;
Mefont dire que la raison, )
De Philippestoûjours compagne
Présidoit y au Conseil d'EJpàgne
Quandilt'a donné la Toison..--
Depuis peu un autre particulier
,
sensibleaux marques
d'amitié qu'il a reçues de luy ea
Espagne& ailleurs
,
autant
qu"lll'cdà son propre mérite,
ayant appris la nouvelle de son
Mariage avecMademoiselle de
Montargis, l'en a felicite par
les Vers que voicy.
Quel concert de plaisirs ! quelle
brillantefeste!
L'hymen pour ton bonheur vient
dechoisir le jour,
Où du chefd'oeuvredel'amour , L'amourt'asseure Ils conqueste.
Quel jour, illustre d'arpajon!
La plus éclatante njtfht're>
EtVenafôjHéfjrCaflelleon
Offrentenvain à la memoire
Toute lasplendeur de ton nom :
Ces grands monuments de ta
gloire
N'égalent qu'apeinele don,
Dont aujourd'huy l'hymen enru
chit ton histoire.
Et Doits aimable, jeune& belle
Montargis
Sous les doux noeuds'qtiiforis-àf.
ftmblent,
1
Que le Ciel vous donne desfils
Et desfillesqui vous ressemblent,
Je tombe aujourd'huy dafli
Fermer
405
p. 232-233
Morts. [titre d'après la table]
Début :
Dame Françoise de Brancas, Epouse de Messire Alphonse Henri Charles [...]
Mots clefs :
Marquis, Général, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
DameFrançoise de Brancas
, Epouse de Messire AI,
phonse-Henri-Charles deLorraine,
Prince d'Harcourt
mourut le.. decemois.
Messire JeanRené Basan,
Marquis de Flamanville, Lieutenant
General des Armées du
Roy, mourut le. de cc mois.
M. Carlier, Tresorier Ge-
<
neral des Maisons & Finances
de feu Monseigneur le Duc de
Berry,
Berry, mourut le.. de ce mois.
M. deGorillon,EcuyerSeigneur
de Courgousson,mourut
le*8.i M. le Marquis Dugart, ancien
Colonel de Cavalerie,
mourut le même jour.
r:, M. le Chevalier Benoiîl"
frere duConseillerdecenom,
fut inhumé à S. Sulpice avec
grandes ceremonies; I
M. Aubry
,
fils, Ecuyer
Conseillerdu Roy, Treforicr
General de l'Argenterie de S.
M. mourutle de ce mois.
, Epouse de Messire AI,
phonse-Henri-Charles deLorraine,
Prince d'Harcourt
mourut le.. decemois.
Messire JeanRené Basan,
Marquis de Flamanville, Lieutenant
General des Armées du
Roy, mourut le. de cc mois.
M. Carlier, Tresorier Ge-
<
neral des Maisons & Finances
de feu Monseigneur le Duc de
Berry,
Berry, mourut le.. de ce mois.
M. deGorillon,EcuyerSeigneur
de Courgousson,mourut
le*8.i M. le Marquis Dugart, ancien
Colonel de Cavalerie,
mourut le même jour.
r:, M. le Chevalier Benoiîl"
frere duConseillerdecenom,
fut inhumé à S. Sulpice avec
grandes ceremonies; I
M. Aubry
,
fils, Ecuyer
Conseillerdu Roy, Treforicr
General de l'Argenterie de S.
M. mourutle de ce mois.
Fermer
406
p. 315-320
MARIAGE.
Début :
Je me dedis avec éclat Messieurs, de la moitié du moins / Messire Joseph-André d'Ancezune, Marquis d'Anzecune [...]
Mots clefs :
Marquis, Commandeur, Roi, Ministre, Secrétaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
Je me dedis avec éclat Messieurs
,de la moitié du moins
des choses que je vous ay dites
de mon Genealogiste, il vient
deressusciter, &dem'apporter
l'article du Mariage que
vous allez lire.
MARIAGE.
Messire Joseph-André
d'Ancezune
,
Marquisd'An
zecune ,fils de MessireJacques
Louis d'Ancezune,Marquis
de Caderousse & du Tort, &
de Dame Magdeleine d'Oraison,
Marquise dudit lieu &
de Cadence, & petit fils de
Juste François d'Ancezune
,
Duc de Caderousse au Comtat
Venaissin,aépousé le4 Avril
Damoiselle Françoise Félicité
Colbert, fille de M~ilireJcan-
-Bl'P*tlflc Colbert, Marquis de
Torcy, de Croissy, de Sablé,
& de Boisdaufin, Ministre &
Secretaire d'Etat,Commandeur
& Chancelier des Ordres
du Roy,Sur Intendant General
des Postes& Relais deFrance,&
de Darne Cat herine Felicité
Arnauld d: Pomponne,
filledefeu M de Pomponne,
Ministre d'Etat, petit fille de
Charles Colbert, Marquis de
Croissy & deTorcy, Ministre
& Secretaire d'Etat, Commandeur
& Grand Tresorier de&
Or dres du Roy, & Président à
Morcierau Parlement deParis,
petre niece de Jean-Baptiste
Colbert, Marquis de Seigne.
by>Mmirtrc &, Secretaire d'Et~
,
Controlleur General des
Finances
,
Commandeur U
GrandTreforier des Ordres du
Roy, l'undes plus grands Ministres
que laFrance ait jamais
eu, & d'Edouard FrançoisColbert,
Comte de Maulevrier
, -
Chevalier des Ordres du Roy,
LieutenantGeneral de ses Armées
,Gouverneur des Ville&
Citadelle de Tournay & du
Pays Tournesis, & niece à la
mode de Bretagne de Jean Baptiste
Colbert, Marquis de Seignelay
,
Ministre& Secretaire
d'Etat,Commandeur & Grand
Tresorier des Ordres du Roy,
mort a 1 age de 39. ans en réputation
d'un des plus grands
Ministres de son tems, & de
Mesdames les Duchesses de
Chevreuse,de BeauvïtJtcr
deMortemar LaMaison d'Ancezune
possede de tems immemorialla
Terre deCaderousse
au Comtat Venaissin érigée en
Duché par le Pape en faveur
de M. le Duc de Caderousse,
ayeul du Marquis d'Ancezunc
qui donne lieu à cet article.
Elle s'est alliée aux Maisons de
Baux
,
de Crussol
,
Uzés, de
Brancas, de Lastic, de Pontevez
,
de Sassenage
,
de Cler»*
mont Tonnerre,deCastellane
Grignan, de Tournon, de
Grimoard du Roure, de Montaigu
Bouzols, de Simiane &i
de Rambures,&c.
,de la moitié du moins
des choses que je vous ay dites
de mon Genealogiste, il vient
deressusciter, &dem'apporter
l'article du Mariage que
vous allez lire.
MARIAGE.
Messire Joseph-André
d'Ancezune
,
Marquisd'An
zecune ,fils de MessireJacques
Louis d'Ancezune,Marquis
de Caderousse & du Tort, &
de Dame Magdeleine d'Oraison,
Marquise dudit lieu &
de Cadence, & petit fils de
Juste François d'Ancezune
,
Duc de Caderousse au Comtat
Venaissin,aépousé le4 Avril
Damoiselle Françoise Félicité
Colbert, fille de M~ilireJcan-
-Bl'P*tlflc Colbert, Marquis de
Torcy, de Croissy, de Sablé,
& de Boisdaufin, Ministre &
Secretaire d'Etat,Commandeur
& Chancelier des Ordres
du Roy,Sur Intendant General
des Postes& Relais deFrance,&
de Darne Cat herine Felicité
Arnauld d: Pomponne,
filledefeu M de Pomponne,
Ministre d'Etat, petit fille de
Charles Colbert, Marquis de
Croissy & deTorcy, Ministre
& Secretaire d'Etat, Commandeur
& Grand Tresorier de&
Or dres du Roy, & Président à
Morcierau Parlement deParis,
petre niece de Jean-Baptiste
Colbert, Marquis de Seigne.
by>Mmirtrc &, Secretaire d'Et~
,
Controlleur General des
Finances
,
Commandeur U
GrandTreforier des Ordres du
Roy, l'undes plus grands Ministres
que laFrance ait jamais
eu, & d'Edouard FrançoisColbert,
Comte de Maulevrier
, -
Chevalier des Ordres du Roy,
LieutenantGeneral de ses Armées
,Gouverneur des Ville&
Citadelle de Tournay & du
Pays Tournesis, & niece à la
mode de Bretagne de Jean Baptiste
Colbert, Marquis de Seignelay
,
Ministre& Secretaire
d'Etat,Commandeur & Grand
Tresorier des Ordres du Roy,
mort a 1 age de 39. ans en réputation
d'un des plus grands
Ministres de son tems, & de
Mesdames les Duchesses de
Chevreuse,de BeauvïtJtcr
deMortemar LaMaison d'Ancezune
possede de tems immemorialla
Terre deCaderousse
au Comtat Venaissin érigée en
Duché par le Pape en faveur
de M. le Duc de Caderousse,
ayeul du Marquis d'Ancezunc
qui donne lieu à cet article.
Elle s'est alliée aux Maisons de
Baux
,
de Crussol
,
Uzés, de
Brancas, de Lastic, de Pontevez
,
de Sassenage
,
de Cler»*
mont Tonnerre,deCastellane
Grignan, de Tournon, de
Grimoard du Roure, de Montaigu
Bouzols, de Simiane &i
de Rambures,&c.
Fermer
407
p. 100-104
A Palma, Capitale de Mayorque, ce 15. Avril. Situation des affaires de Mayorque.
Début :
Le Marquis de Rubis Commandant de Mayorque a caché tant [...]
Mots clefs :
Marquis, Roi, Majorque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Palma, Capitale de Mayorque, ce 15. Avril. Situation des affaires de Mayorque.
APalma,Capitale deMayorque,
ce 15. Avril vod
1
Situation des affaires deMayortant
que.
Le Marquis de Rubis CommandantdeMayorque
acaché
ant qu'il a pû au peuplele projet
que S. M. C. a fait pour réduire
cette Iſle à fon obéillance:
le peuple en ayant été informé
a fait des cabales pour
traverſer ce deſſein ; il a exilé
divers Mayorquins du party
du Roy d'Eſpagne. La No
GALANT. 101
bleſſe& tous les habitans des
Villages ſuivent le party du
Roy , il n'y a que la Ville de
Palmaoù ſont tous les principaux
Rebelles , & Refugiez
depuis la priſe de Barcelone ;
les bons ſujets du Roy , &
ceux qui craignent les malsheurs
de la guerre& la perte
de leurs biens , n'attendent
que la vue de l'Armée de M.
d'Asfelds , ou le débarque-
-ment des Troupes , pour con .
tribuer à la réduction de l'ifle .
La Garniſon de Palma
confifte en 700. chevaux du
pays ,montez par des Mique-
I inj
101 MERCURE
lets fugitifs de Catalogne
750. Allemands , & quelques
Religionnaires François ,un
Regiment de 400. hommes
Mayorquins,&un autreRegi
ment depluſieurs Nations qui
contient 750. hommes , &
So. hommes de la Colonelle,
faifant en tout deux mille
deux cent à deux mille trois
cent hommes.
On a apporté de Naples
vingt-deux pieces d'artillerie ,
de la poudre , des grenades ,
que les Mayorquins ont payez
deleur argent.
Le Marquis de Rubis a fait
GALANT. 103
i
faire des retranchemens avec
des fafcines par tous les endroits
où l'on peut débarquer ,
&il a fait mettre quatre pieces
de canon à chaque endroit.
On a fortifié la Ville de
Palma , & fait une Redoute
ou Fortereffe auCap blanc.02
On a tiré du Château d'Alcudia
, Don Joſeph Pons de
Leon ,& on a mis un Catalan
enfa place, ДНО
Le Marquis de Rubis aprés
avoir tiré des Negotians &
des Juifs Chrétiens qui font
dans la place , vingt- huit mille
piſtoles en diverſes occafions ,
I iiij
104 MERCURE
demande au commun de la
Ville ſoixante mille écus pour
le beſoin de la guerre, ce qui
cauſebiendumurmure parmy
le peuple , qui fait cependant
courir lebruit qu'il attendde
Naples un convoy tres - confiderable:
inq olalob
LeGouverneur d'Yvice Don
Domingo Canales a eſtéchangé,
&l'on a mis en ſa place le
nommé Vailly , frere du Marquis
d'Elpual , Chef des Volontaires
de Barcelone.
ce 15. Avril vod
1
Situation des affaires deMayortant
que.
Le Marquis de Rubis CommandantdeMayorque
acaché
ant qu'il a pû au peuplele projet
que S. M. C. a fait pour réduire
cette Iſle à fon obéillance:
le peuple en ayant été informé
a fait des cabales pour
traverſer ce deſſein ; il a exilé
divers Mayorquins du party
du Roy d'Eſpagne. La No
GALANT. 101
bleſſe& tous les habitans des
Villages ſuivent le party du
Roy , il n'y a que la Ville de
Palmaoù ſont tous les principaux
Rebelles , & Refugiez
depuis la priſe de Barcelone ;
les bons ſujets du Roy , &
ceux qui craignent les malsheurs
de la guerre& la perte
de leurs biens , n'attendent
que la vue de l'Armée de M.
d'Asfelds , ou le débarque-
-ment des Troupes , pour con .
tribuer à la réduction de l'ifle .
La Garniſon de Palma
confifte en 700. chevaux du
pays ,montez par des Mique-
I inj
101 MERCURE
lets fugitifs de Catalogne
750. Allemands , & quelques
Religionnaires François ,un
Regiment de 400. hommes
Mayorquins,&un autreRegi
ment depluſieurs Nations qui
contient 750. hommes , &
So. hommes de la Colonelle,
faifant en tout deux mille
deux cent à deux mille trois
cent hommes.
On a apporté de Naples
vingt-deux pieces d'artillerie ,
de la poudre , des grenades ,
que les Mayorquins ont payez
deleur argent.
Le Marquis de Rubis a fait
GALANT. 103
i
faire des retranchemens avec
des fafcines par tous les endroits
où l'on peut débarquer ,
&il a fait mettre quatre pieces
de canon à chaque endroit.
On a fortifié la Ville de
Palma , & fait une Redoute
ou Fortereffe auCap blanc.02
On a tiré du Château d'Alcudia
, Don Joſeph Pons de
Leon ,& on a mis un Catalan
enfa place, ДНО
Le Marquis de Rubis aprés
avoir tiré des Negotians &
des Juifs Chrétiens qui font
dans la place , vingt- huit mille
piſtoles en diverſes occafions ,
I iiij
104 MERCURE
demande au commun de la
Ville ſoixante mille écus pour
le beſoin de la guerre, ce qui
cauſebiendumurmure parmy
le peuple , qui fait cependant
courir lebruit qu'il attendde
Naples un convoy tres - confiderable:
inq olalob
LeGouverneur d'Yvice Don
Domingo Canales a eſtéchangé,
&l'on a mis en ſa place le
nommé Vailly , frere du Marquis
d'Elpual , Chef des Volontaires
de Barcelone.
Fermer
408
p. 108-110
De Madrid le 22.
Début :
On vient de faire pendant trois nuits de grandes illuminations [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Madrid le 22.
De Madrid le 220001
On vient de faire pendant
trois nuits de grandes illuminations
par toutes les Villes au
ſujetde la ratification duTrai
té de Paix avecle Portugal.
Le Roy & la Reine ont affifté
à tous les Offices dela Semaine
Sainte , &le Jeudy vers
les trois heures aprés midy
leurs Majeftez ont etté viſſter
les fept Eglifes les plus voiſines
du Retiro , accompagnées
GALANT. 109
i
de leurs Gardes , de leurs prin
cipauxOfficiers,& de pluſieurs
Grandsd'Elpagne.
Don Loüis de Miraval vient
d'être nommé Ambaſſadeur
pour laHollande; le Marquis
deS. Philippes ,Envoyé àGennes
, & le Duc de Popoli qui
doit ſuivre la Cour à Aranjuez
, premier Conſeiller du
Cabinet duRoy.
On a appris par des Lettres
des Canaries que la Flotille de
la nouvelle Eſpagne ne pourroit
fortir de la Vera- Crux
-qu'à la fin de Mars , parce que
ſes Vaificaux ne paroiffent pas
110 MERCURE
affez forts pour pouvoir fupporter
la violence des vents du
Nord.
Le Chevalier de Burgo ,
nommé Ambaſſadeur d'E
pagne auprés du Roy de Suede,
a receu de nouveaux ordres
pour hater ſon voyage
qu'il doit entreprendre par
Lisbonne pour ſe rendre de-là
àHambourg.
On vient de faire pendant
trois nuits de grandes illuminations
par toutes les Villes au
ſujetde la ratification duTrai
té de Paix avecle Portugal.
Le Roy & la Reine ont affifté
à tous les Offices dela Semaine
Sainte , &le Jeudy vers
les trois heures aprés midy
leurs Majeftez ont etté viſſter
les fept Eglifes les plus voiſines
du Retiro , accompagnées
GALANT. 109
i
de leurs Gardes , de leurs prin
cipauxOfficiers,& de pluſieurs
Grandsd'Elpagne.
Don Loüis de Miraval vient
d'être nommé Ambaſſadeur
pour laHollande; le Marquis
deS. Philippes ,Envoyé àGennes
, & le Duc de Popoli qui
doit ſuivre la Cour à Aranjuez
, premier Conſeiller du
Cabinet duRoy.
On a appris par des Lettres
des Canaries que la Flotille de
la nouvelle Eſpagne ne pourroit
fortir de la Vera- Crux
-qu'à la fin de Mars , parce que
ſes Vaificaux ne paroiffent pas
110 MERCURE
affez forts pour pouvoir fupporter
la violence des vents du
Nord.
Le Chevalier de Burgo ,
nommé Ambaſſadeur d'E
pagne auprés du Roy de Suede,
a receu de nouveaux ordres
pour hater ſon voyage
qu'il doit entreprendre par
Lisbonne pour ſe rendre de-là
àHambourg.
Fermer
409
p. 118-148
Nouvelles de Versailles, ou plûtôt, Journal historique de ce qui s'est passé à la Cour ce mois-cy & l'autre. [titre d'après la table]
Début :
L'abondance de la matiere ne me permit pas ce mois dernier [...]
Mots clefs :
Duchesse, Roi, Duchesse de Berry, Duc d'Orléans, Cardinal, Aumônier, Abbé, Chapelle, Musique, Sermon, Dauphin, Évêque, Princes, Marquis, Cardinal de Rohan, Prince de Dombes, Dames, Versailles, Cour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Versailles, ou plûtôt, Journal historique de ce qui s'est passé à la Cour ce mois-cy & l'autre. [titre d'après la table]
L'abondance de la matiere
1
GALANT. tig
-
ne mepermitpaste mois der
nier de vous faire le détail de
cequi s'eſt pafféàla Courpendant
la Semaine Sainte ; c'eft
neanmoins undes plus importanschapitres
qui puifle jamais
entrer dans un Journal ,&le
zele, & la picté du Roy qui
font toûjours l'admiration de
tout lemonde , feront certai
nement auſſi l'article le plus
intereſſantde ce volume.
S.Moa entendu tous lesDi
manches,lesMercredis,&Vendredis
de Carême, les Sermons
deM. l'Evêque d'Angers ; les
Lundys& les Jeudys elle a été
?
120 MERCURE
àla chaffe din Cerf , accompa
gnéede Madame la Ducheffe
de Berry , des Princeffes ,&
des autres Dames de faCour
Le 6. d'Avril , le Roy fit la
revue des Gardes Françoiſes ,
&Suifles , M. le Duc de Gui
che marchoit à la têtedes premiers
, & M. le Duc du Mai
ne&M. le Prince de Dombes
àla tête des ſeconds. On for
ma de chaque Regiment un
Bataillon compoſé de mille
hommes chacun , choiſis fur
le tout. M. le Prince Royal de
Pologne ,& M. le Prince Ra-
* gotzki ſe trouverent à cette
revûë.. Lc
GALANTI
Le 10. M. l'Ambaſſadeur
de Sicile cut AudianceduRoy
à qui il annonça la mort deM.
lePrince de Piedmont , il l'eut
enfuite deM. le Dauphin ,de
Madame la DuchefledeBerry,
Le 11. l'Envoyé de Tripoly
cut Audiance de congé du
Roy; c'eſtun homme grand ,
bien fait,&tres poly pour un
Afriquain, voicy endeux mots
fon Compliment que l'Interprete
expliqua au Roy. Je
fouhaite , Sire ,que vous viviez
long temps ;&que chaque jour
qui vous reste à vivre ,ſe multi-
May 1715 . L
122 MERCURE
pliepar mille. Il étoit venu pour
faire des excuſes au Roy , de
ce qu'un Pirate de Tripoly
avoit pris un Vaiſſeau François
que le Bey a renvoyé à Tou
lon , aprés avoir fait couper
la tête auCapitaine qui l'avoir
pris い
Le 12. la Cour prit le deüil
dela mort du Prince de Pied
mont.
On a expoſé dans les Appattements
deux pieces de
Tapiſſeries faites aux Gobelins
dontl'unerepreſente N. Sau
Feſtin de Simon le Pharifien ,
& la Magdelaine proſternée à
GALANT. 123
fes pieds; cette piece eft copiéc
fur l'original de Jouvener.
L'autre picce repreſente la
conſternation d'Athalie, lorf
que le Grand Prêtre rétablic
Joas fur le Trône de ſes peres ,
M. Coypel en a fait l'original.
CesTapiſſeries ont preſqu'au
tant de force que la Peinture ,
tous les perſonnages en font
parlans. anom
Le Dimanche des Rameaux
leRoyſe rendit à laChapelle,
accompagné de Madame la
Ducheſſe de Berry ; de M. la
Duc d'Orleans , de Madame
la Ducheffe , & de tous les
1
Lij
124 MERCURE
Princes& Princeffes , pour y
entendre la grande Meffe. S.
M. y retourna à deux heures
&demie accompagnée demê
me pour le Sermon , & les
Veſpres qui furent chantées
par la Muſique. Le Roy étoit
affis fur ſon fauteüil , ayant
d'un côtéMadamela Ducheffe
de Berry , Madame la Ducheffe
, Mademoiselle deCharollois
; de l'autre côté étoit
MileDuc d'Orleans,M.leDuc,
M. le Comte de Charollois ,
M. lePrince de Dombes,M. le
Comte d'Eu ,& M. le Comte
de Toulouze. Sur la droite
7
GALANT 125
Sur
du Roy auprés du Prié Dieu ,
étoit M. le Cardinal de Rohan
Grand Aumônier , M l'Abbé
de Sourches , & M. l'Abbé
d'Argentré ,Aumoniers.
la gauche M. le Cardinal
de Polignac , M. l'Abbé de
Caftres , & M. l'Abbé deRougetAumôniers
de Madame la
Duchefle de Berry ; Madame
laMarquiſedeMontſoreau fit
cojour-là la queſte. Le Vendredy
Saint le Roy ſe rendir à
la Tribune de laChapelle pour
y entendre les Tenebres , accompagné
de Madame la Duchefle
deBerry, de Madame ,
Liij
726 MERCURE
1
L
de M. le Duc , & de Madame
la Duchefle d'Orleans. Voicy
ceux qui eurent l'honneur d'y
être affis. Sur ladroite du Roy
M. le Cardinal de Rohan ,
Grand Aumônier , M. l'Abbé
de Sourches , Ml'Abbéd'Argentré,
Aumôniers. Sur la gauche
, M. le Cardinal de Polignac
, M. l'Abbé de Caftres , &
M. l'Abbé de Rouget , Aumôniers
de Madame la Du
cheſſe de Berry. M. l'Abbé de
Magnas ,Aumônier de Madame.
Derriere le fauteüil du
RoyM. le Duc de Charoſt ,
CapitainedesGardes duCorps.
GALANT 127
Derriere Madame la Ducheffe
de Berry M. le Marquis de
Coëtenfau , fon Chevalier
d'Honneur. Derriere Madame
M. le Marquis deMortagne ,
fon premier Eſcuyer. Derriere
M. le Duc d'Orleans M. le
Marquis d'Estampes , fon CapitainedesGardes/
da
LeJeudy Saint leRoyallaà
neut heures & demie du mal
tin,accompagné deM. leDau
phin, de M. le Duc d Orleans,
&de tous les Princes , dans la
Salle des Gardes , où l'on avoit
dreſſe une Chaire pour le Prel
dicatuur . Ily trouva 13. petits
Liiij
128 MERCURE
enfants couverts d'un drap
rougeavecun grand linge qui
leurs pendoit au col M. le
Cardinal de Rohan , Grand
Aumônier , en Habits Pontificaux.
La Scene fut prêchée par
M. l'Abbé Foiſſard , dont le
Sermon fut tres - applaudy ,
fur tout le compliment qu'il
fit à S. M. qui convenoit fort
à la ceremonie du jour , & àce
qu'il venoit de prêcher ; ayant
prouvé dans les deux parties de
fon Diſcours l'abaiſlement
de J C. combattu par la rair
fon humaine , & la raiſon humaine
confondue par l'abauſeCALANT.
129
ment de J. C. dans cette cere
monic. A la fin du Sermon M.
le Cardinal monta en Chaire ,
ayant la Mitre ſur la tête & la
Croſſe à la main. Les Chantres
commencerent d'entonner
l'Antienne Intret.M. leGrand
Aumônier ayant dit les Orai
ſons accoûtumées , donna
l'Abfoute ,& le Roy alla incontinent
laver les pieds des
Apoſtres , ayant verſé de l'eau
deffus,& effuyé avecunlinge,
il les leur baiſa. Cette ceremo
nie finie, on fervit les pauvres
dans cet ordre. M. Defgran
gest Maistre des Ceremonies,
$30 MERCURE
precedé d'un Huiffier , ſuivy
de M. le Marquis deDreux
Grand Maistre des Ceremo
nies , de 3.Maistres d'Hôtel
chacun avec leur Bâton de
7
Commandement , de M. le
Marquis de Livry , Premier
Maistre d'Hôtel , qui portoit
aufli ſon Bâton , de M. le Duc,
grand Maiſtre de la Maiſondu
Roy, portant un Bâton parfe
mé de fleurs de lys d'or avec
uneCouronne d'or au bout.Ils
marchoient les premiers,& en
paffant devant S. M. farfoient
une reverence ; enſuitevenoit
M. le Dauphin , portant un
GALANT. 131
plat debois ſur lequel étoient
trois petits pains avec une galette
; M. le Duc d'Orleans
portant un platde même ſur
lequel eſtoitune cruche pleine
de vin avecune coupe par deffus
, le tout de bois ; M. le
Comte de Charollois , M. le
Prince de Conty , M le Prince
de Dombes , M. le Comte
d'Eu , & M. le Comte de Toulouſe
portant chacun un plat
de poiſſon , de legumes , de
confitures , oude fruits , ſuivis
dugrand Echanſon , du grand
Pannetier ,&des Gentilshommes
ſervans qui faifoient en
1
32 MERCURE
tout treize qui portoient auffi
des plats de bois ornez de
Acurs. En arrivantdevant S.M.
ils failoient une reverence en
luy preſentant le plat que le
Roy donnoit en même tems
auxpauvres. Cette ceremonie
commença juſqu'à 13. fois
dans le même ordre , parce
qu'on ſert 13. plats à chaque
pauvre qui estoient treize. Il
faut remarquer qu'on alloit
prendre ces plats dans une autre
Salle affez floignée , & que
M. le Dauphin fit 13. fois le
voyage , comme les autres
Princes , matchant avec beau-
プラ
GALANT. 135
coup de fermeté , & portant
fon plat avec beaucoup d'adieſſe,
ſuivy toûjours de Madame
de Ventadour ſa Gou
vernante. La ceremonie finie ,
leRoyalla unmoment dans ſa
chambre ,& ſe rendit enſuite
à la Chapelle accompagné de
Madame laDucheffedeBerry,
de M. le Duc d'Orleans , de
M. le Duc , de Madame laDucheſſe
, de tous les Princes &
Princeſſes , pour y entendre la
Meſſe qui fut chantée par la
Muſique , à la fin de laquelle
on diſtribua les Cierges ,&
la Proceffion commença : cn
134 MERCURE
Voicy l'ordre : M l'Abbé de
Juliac qui avoit dit la Melle ,
portoit le S. Sacrement , M.le
Comte de Toulouſe , M. le
Comte d'Eu , M. le Prince de
Dombes , M. le Prince deConty
, M. le Comte de Charollois
, M le Duc , M le Duc
d'Orleans , ayant à ſa droite
M. l'Abbé de Tristan fon premier
Aumônier , marchoient
devant le Roy , qui avoit à ſa
droite M. le Cardinal de Rop
han, grand Aumônier , &à la
gauche M. l'Abbé de Sour
ches Aumônier auſſi , avec M.
le Cardinal de Polignac ; imGALANT
13
mediatement apres le Roy ,
marchoit Madame la Ducheffe
de Berry.Madame la Duchefſe
, Madame la Duchefle du
Maine , & Mademoiſelle de
Charollois venoient enſuite.
On pofa le S. Sacrement dans
la Chapelle de ſaint Loüis qui
avoit eſté preparée pour cela
cette ceremonie ne finit qu'à
uneheure. Madame d'Eſpinay
fit la queſte ce jour- là ; & à
deux heures &demie S. M. ſe
rendit à la Tribune de la Chapelle
accompagnée de même
quele jour precedent , poury
entendre les Tenebres , où
436 MERCURE
1
L'on chantale Pfeaume Quare
fremuerunt Gentes , & leMifefere
en Muſique. A onzeheures
aprés ſoupé , le Roy retourna
à la Chapelle vis à vis
celle de faint Louis , pour y
Jadorer le Saint Sacrement. Le
Vendrcay
Vendredy Saint le Roy alla à
la Chapelle à 10. heures du
matin , accompagné de même
que les jours precedents ,
pour y entendre le Sermon
de la Paſſion que M. l'Evêque
d'Angers prêcha avec
fon éloquence ordinaire. Il
fit voir dans les trois parties
de ſon discours , que le Sau
yeur
IGALANT. 137
veur avoir été une Victime
de l'ingratitude qui l'a fait
gemir , une Victime de la
cruauté qui l'a fait ſouffrir ,
&une Victime de l'injuftice
qui l'a fait mourir. On dit
enfuite l'Office pendant lequel
on fit l'Adoration de la Croix.
Adeux heures &demie, S. M.
ſe renditàlaTribune , accompagnée
comme les jours precedents
pour y entendre les
Tenebres.On chantale Pleaume
Exaltabo te Domine ,& le
Benedictus en Muſique. Le
Samedy Saint le Roy alla à la
Paroffe à onze heures ,où il
May1715. M
138 MERCURE
communiau par les mains de
M. le Cardinal Grand Aumônier.
Les coins de la nappe
furent tenusdu coſté de l'Autel
par M. l'Abbéde Sourches
& par M. l'Abbé d'Argentré
Aumoſniers ,du coſté duRoy
par M. le Prince de Dombes.
A fon retour de la Paroiſſe
il toucha prés de 1400. malades
,& le ſoir à fix heures il
entendit les Complies. Le Dimanche
jour de Paſques le
Roy fitrendre à la Paroſſe de
Verfailles le Pain Beny , par
M. l'Abbé d'Argentré fon
Aumoſnier ,precedé de douze
JGALANT. 135
des cent Suilles qui portoient
fix Pains Benisavec des Banderolles
aux Armes de France
precedez des Tambours , Fi
fres&Trompettes. Le même
jour S. M. accompagnée de
tous les Princes alla à la Chapelle
entendre la grande Meffe
celebrée par M. l'Evêque de,
Senlis; àdeux heures &demie
le Roy y retourna pour entendre
le Sermon de M. l'Evêque
d'Angers , qui fit voir que la
Reſurection de J C. étoit le
Triomphe de l'incredulité ,
pour nous faire connoiſtre la
foy , & le triomphe de l'ini
Mij
140 MERCURE
quité pour nous apprendre à
nous reffufciter nous-mêmes.
CePrelatprie congé , & fit un
compliment à S. M. dans la
quel il fit un abregé de l'hiſtoire
de ſavie ,& finit en fou,
haitant que le Seigneur pro
longeât ſes jours pour le con.
duireſeurement, mais lentement
àla gloire éternelle ; il parla auſſi
de M. le Dauphin qui y étoit
venu pour la premiere fois.
On dit enſuite les Veſpres qui
furent chantées par la Mufi.
que , M.la Marquiſe de Chatillon
fit la queſte ce jour là ,
le Roy donne chaque fois
CADANT.
vingt Louis d'or ; fe reno
dit enfuite à fix heures du ſoir
à la Tribune , pour y enten
dre to Salut! mmtigmap
Le Lundy de Paſques Ma
dame la Ducheffe de Berry
communia par les mains de
M. l'AbbédeCaſtres ſon Premier
Aumoſnier ; les coins
de la nappe furent tenus d'un
cofté par Monfieur l'Abbé
de Rouget , & par Madame
la Ducheffe de S. Aignan ; de
l'autre par le R. P. Confef
feur & par Madame la Dus
cheffe de Chautnes.ld nolly
ar Le Dimanche de Quafimo
142 MERCURE
doM le Dauphin fit rendre
le PainBeni à la Parole de
Verſailles , par M. l'Abbé
de Sourches Aumoſnier du
Roy , nommé à l'Evêché de
Dol. Cet Abbé étoit precedé
dedouze des cent Suiſſes dela
Garde qui portoient les fix
Pains Benis ornez deBanderolles
auxArmes duDauphin, des
Tambours , Timbales , Fifres,
Hautbois , & Trompettes
des plaiſirs du Roy. Madame
preſenta le ſoir aprés foupé
M. le PrincedeHeſſeDarmſtat
à SoMa akob ofte h
Le premier de May , les
CALANT. 143
ام
Hautbois& Baffons joüerent
dans l'antichambre pendant
le levé du Roy , & pendant
le diné les 24 Violons avec
les Buffes de Viole firent une
Simphonie des plus charmantes.
A trois heures S. M. alla
à Marly , &trouva auprés du
ParcM leGrand qui luy preſentales
fix Chevaux d'Eſpagne
qu'elle envoye au Roy de
Pologne , qui font d'une
beauté extraordinaire . Ils ont
chacunune belle houffe, &des
faux foureaux depiſtolets couvetts
d'une double broderie
d'or ou d'argent , avec une
2444 MERCURE
frange de même ſur du ve
lours ; chaque harnois eſtant
de differente couleur. Les pif.
tolets font d'un tres bel acier
incrusté d'or & d'argent ils
coûtent mille écus la paire ; los
mords , & les étriers ne font
pas d'une moindre beauté. Le
même jour Madame la Ducheffe
de Berry alla à Marly ,
Madame la Ducheſſe de S. Simon
, Meſdames les Ducheffes
de Chaulnes , & Louvigny
eſtoient fur le devant dans ſon
Carroffe , & Mesdames les
Marquiſes de S. Germain& de
Clermont aux deux portieres.
&
GADANILNAS
S
GeCarroffe eſtoit ſuivide deux
Jautres de cette Princeffe remplis
des Dames de laCour. Le
jour de l'Eclipse ,le Roy &
toutes les Dames eſtoient levées
avant huit heures pour la
voir. M. Caffiny , de l'Obfervatoire
, s'y eſtoit rendu avec
des Lunettes d'approche , &
des miroirs , pour la faire obſerver
à S. M. plus commodement;
elle dura plus de deux
heures ,& on voyoit les Etoiles
ſans le ſecours des Lunettes
. On a expoſée pendant 15.
joursdans les Appartemensun
Tableau deM. Coypel qui re-
May 1715 . N
146 MERCURE
preſente l'hiſtoire de Tobie ;
c'eſt une des plus belles pieces
que l'on puiffe voir ; la tête de
Tobie & de ſa femme ſont
impayables ; les attitudes en
font d'une juſteſle admirable :
on doit porter ce Tableau
aux Gobelins pour eſtre copié
entapilferie. Le cinq de ce mois
Madame la Duchefl'e de Berry
fit rendre lePain Beny à la Patoffe
de Versailles par M.
l'Abbé de Rouget , un de ſes
Aumôniers ; cet Abbé eſtoit
precedé de douze des Cent-
Suiffes de la Garde de cetre
Princeffe qui portoient fix
T
GALANT. 47
S
1
Pains Benis , ornez de Banderolles
aux Armes de Berry ,
&d'Orleans , les Tambours ,
Fifres , Timbales , Hautbois ,
& Trompettes des plaifirs
marchoient à la teſte ; Madame
la Ducheffe d'Orleans , &
Madame la Duchefſe , ſont
reſtées toutes les deux à Verfailles
, eftant indiſpoſées.
Le 4. de ce mois fut celebré
l'Anniverſaire de M. le
Duc de Berry , à S. Denis . Et
le 14. l'Anniverſaire du Roy
Louis XIII . dans la même
Eglife
L'Evêque de Marseille y
Nij
148 MERCURE
celebra le Meſſe qui fut chantée
par la Muſique du Roy.
1
GALANT. tig
-
ne mepermitpaste mois der
nier de vous faire le détail de
cequi s'eſt pafféàla Courpendant
la Semaine Sainte ; c'eft
neanmoins undes plus importanschapitres
qui puifle jamais
entrer dans un Journal ,&le
zele, & la picté du Roy qui
font toûjours l'admiration de
tout lemonde , feront certai
nement auſſi l'article le plus
intereſſantde ce volume.
S.Moa entendu tous lesDi
manches,lesMercredis,&Vendredis
de Carême, les Sermons
deM. l'Evêque d'Angers ; les
Lundys& les Jeudys elle a été
?
120 MERCURE
àla chaffe din Cerf , accompa
gnéede Madame la Ducheffe
de Berry , des Princeffes ,&
des autres Dames de faCour
Le 6. d'Avril , le Roy fit la
revue des Gardes Françoiſes ,
&Suifles , M. le Duc de Gui
che marchoit à la têtedes premiers
, & M. le Duc du Mai
ne&M. le Prince de Dombes
àla tête des ſeconds. On for
ma de chaque Regiment un
Bataillon compoſé de mille
hommes chacun , choiſis fur
le tout. M. le Prince Royal de
Pologne ,& M. le Prince Ra-
* gotzki ſe trouverent à cette
revûë.. Lc
GALANTI
Le 10. M. l'Ambaſſadeur
de Sicile cut AudianceduRoy
à qui il annonça la mort deM.
lePrince de Piedmont , il l'eut
enfuite deM. le Dauphin ,de
Madame la DuchefledeBerry,
Le 11. l'Envoyé de Tripoly
cut Audiance de congé du
Roy; c'eſtun homme grand ,
bien fait,&tres poly pour un
Afriquain, voicy endeux mots
fon Compliment que l'Interprete
expliqua au Roy. Je
fouhaite , Sire ,que vous viviez
long temps ;&que chaque jour
qui vous reste à vivre ,ſe multi-
May 1715 . L
122 MERCURE
pliepar mille. Il étoit venu pour
faire des excuſes au Roy , de
ce qu'un Pirate de Tripoly
avoit pris un Vaiſſeau François
que le Bey a renvoyé à Tou
lon , aprés avoir fait couper
la tête auCapitaine qui l'avoir
pris い
Le 12. la Cour prit le deüil
dela mort du Prince de Pied
mont.
On a expoſé dans les Appattements
deux pieces de
Tapiſſeries faites aux Gobelins
dontl'unerepreſente N. Sau
Feſtin de Simon le Pharifien ,
& la Magdelaine proſternée à
GALANT. 123
fes pieds; cette piece eft copiéc
fur l'original de Jouvener.
L'autre picce repreſente la
conſternation d'Athalie, lorf
que le Grand Prêtre rétablic
Joas fur le Trône de ſes peres ,
M. Coypel en a fait l'original.
CesTapiſſeries ont preſqu'au
tant de force que la Peinture ,
tous les perſonnages en font
parlans. anom
Le Dimanche des Rameaux
leRoyſe rendit à laChapelle,
accompagné de Madame la
Ducheſſe de Berry ; de M. la
Duc d'Orleans , de Madame
la Ducheffe , & de tous les
1
Lij
124 MERCURE
Princes& Princeffes , pour y
entendre la grande Meffe. S.
M. y retourna à deux heures
&demie accompagnée demê
me pour le Sermon , & les
Veſpres qui furent chantées
par la Muſique. Le Roy étoit
affis fur ſon fauteüil , ayant
d'un côtéMadamela Ducheffe
de Berry , Madame la Ducheffe
, Mademoiselle deCharollois
; de l'autre côté étoit
MileDuc d'Orleans,M.leDuc,
M. le Comte de Charollois ,
M. lePrince de Dombes,M. le
Comte d'Eu ,& M. le Comte
de Toulouze. Sur la droite
7
GALANT 125
Sur
du Roy auprés du Prié Dieu ,
étoit M. le Cardinal de Rohan
Grand Aumônier , M l'Abbé
de Sourches , & M. l'Abbé
d'Argentré ,Aumoniers.
la gauche M. le Cardinal
de Polignac , M. l'Abbé de
Caftres , & M. l'Abbé deRougetAumôniers
de Madame la
Duchefle de Berry ; Madame
laMarquiſedeMontſoreau fit
cojour-là la queſte. Le Vendredy
Saint le Roy ſe rendir à
la Tribune de laChapelle pour
y entendre les Tenebres , accompagné
de Madame la Duchefle
deBerry, de Madame ,
Liij
726 MERCURE
1
L
de M. le Duc , & de Madame
la Duchefle d'Orleans. Voicy
ceux qui eurent l'honneur d'y
être affis. Sur ladroite du Roy
M. le Cardinal de Rohan ,
Grand Aumônier , M. l'Abbé
de Sourches , Ml'Abbéd'Argentré,
Aumôniers. Sur la gauche
, M. le Cardinal de Polignac
, M. l'Abbé de Caftres , &
M. l'Abbé de Rouget , Aumôniers
de Madame la Du
cheſſe de Berry. M. l'Abbé de
Magnas ,Aumônier de Madame.
Derriere le fauteüil du
RoyM. le Duc de Charoſt ,
CapitainedesGardes duCorps.
GALANT 127
Derriere Madame la Ducheffe
de Berry M. le Marquis de
Coëtenfau , fon Chevalier
d'Honneur. Derriere Madame
M. le Marquis deMortagne ,
fon premier Eſcuyer. Derriere
M. le Duc d'Orleans M. le
Marquis d'Estampes , fon CapitainedesGardes/
da
LeJeudy Saint leRoyallaà
neut heures & demie du mal
tin,accompagné deM. leDau
phin, de M. le Duc d Orleans,
&de tous les Princes , dans la
Salle des Gardes , où l'on avoit
dreſſe une Chaire pour le Prel
dicatuur . Ily trouva 13. petits
Liiij
128 MERCURE
enfants couverts d'un drap
rougeavecun grand linge qui
leurs pendoit au col M. le
Cardinal de Rohan , Grand
Aumônier , en Habits Pontificaux.
La Scene fut prêchée par
M. l'Abbé Foiſſard , dont le
Sermon fut tres - applaudy ,
fur tout le compliment qu'il
fit à S. M. qui convenoit fort
à la ceremonie du jour , & àce
qu'il venoit de prêcher ; ayant
prouvé dans les deux parties de
fon Diſcours l'abaiſlement
de J C. combattu par la rair
fon humaine , & la raiſon humaine
confondue par l'abauſeCALANT.
129
ment de J. C. dans cette cere
monic. A la fin du Sermon M.
le Cardinal monta en Chaire ,
ayant la Mitre ſur la tête & la
Croſſe à la main. Les Chantres
commencerent d'entonner
l'Antienne Intret.M. leGrand
Aumônier ayant dit les Orai
ſons accoûtumées , donna
l'Abfoute ,& le Roy alla incontinent
laver les pieds des
Apoſtres , ayant verſé de l'eau
deffus,& effuyé avecunlinge,
il les leur baiſa. Cette ceremo
nie finie, on fervit les pauvres
dans cet ordre. M. Defgran
gest Maistre des Ceremonies,
$30 MERCURE
precedé d'un Huiffier , ſuivy
de M. le Marquis deDreux
Grand Maistre des Ceremo
nies , de 3.Maistres d'Hôtel
chacun avec leur Bâton de
7
Commandement , de M. le
Marquis de Livry , Premier
Maistre d'Hôtel , qui portoit
aufli ſon Bâton , de M. le Duc,
grand Maiſtre de la Maiſondu
Roy, portant un Bâton parfe
mé de fleurs de lys d'or avec
uneCouronne d'or au bout.Ils
marchoient les premiers,& en
paffant devant S. M. farfoient
une reverence ; enſuitevenoit
M. le Dauphin , portant un
GALANT. 131
plat debois ſur lequel étoient
trois petits pains avec une galette
; M. le Duc d'Orleans
portant un platde même ſur
lequel eſtoitune cruche pleine
de vin avecune coupe par deffus
, le tout de bois ; M. le
Comte de Charollois , M. le
Prince de Conty , M le Prince
de Dombes , M. le Comte
d'Eu , & M. le Comte de Toulouſe
portant chacun un plat
de poiſſon , de legumes , de
confitures , oude fruits , ſuivis
dugrand Echanſon , du grand
Pannetier ,&des Gentilshommes
ſervans qui faifoient en
1
32 MERCURE
tout treize qui portoient auffi
des plats de bois ornez de
Acurs. En arrivantdevant S.M.
ils failoient une reverence en
luy preſentant le plat que le
Roy donnoit en même tems
auxpauvres. Cette ceremonie
commença juſqu'à 13. fois
dans le même ordre , parce
qu'on ſert 13. plats à chaque
pauvre qui estoient treize. Il
faut remarquer qu'on alloit
prendre ces plats dans une autre
Salle affez floignée , & que
M. le Dauphin fit 13. fois le
voyage , comme les autres
Princes , matchant avec beau-
プラ
GALANT. 135
coup de fermeté , & portant
fon plat avec beaucoup d'adieſſe,
ſuivy toûjours de Madame
de Ventadour ſa Gou
vernante. La ceremonie finie ,
leRoyalla unmoment dans ſa
chambre ,& ſe rendit enſuite
à la Chapelle accompagné de
Madame laDucheffedeBerry,
de M. le Duc d'Orleans , de
M. le Duc , de Madame laDucheſſe
, de tous les Princes &
Princeſſes , pour y entendre la
Meſſe qui fut chantée par la
Muſique , à la fin de laquelle
on diſtribua les Cierges ,&
la Proceffion commença : cn
134 MERCURE
Voicy l'ordre : M l'Abbé de
Juliac qui avoit dit la Melle ,
portoit le S. Sacrement , M.le
Comte de Toulouſe , M. le
Comte d'Eu , M. le Prince de
Dombes , M. le Prince deConty
, M. le Comte de Charollois
, M le Duc , M le Duc
d'Orleans , ayant à ſa droite
M. l'Abbé de Tristan fon premier
Aumônier , marchoient
devant le Roy , qui avoit à ſa
droite M. le Cardinal de Rop
han, grand Aumônier , &à la
gauche M. l'Abbé de Sour
ches Aumônier auſſi , avec M.
le Cardinal de Polignac ; imGALANT
13
mediatement apres le Roy ,
marchoit Madame la Ducheffe
de Berry.Madame la Duchefſe
, Madame la Duchefle du
Maine , & Mademoiſelle de
Charollois venoient enſuite.
On pofa le S. Sacrement dans
la Chapelle de ſaint Loüis qui
avoit eſté preparée pour cela
cette ceremonie ne finit qu'à
uneheure. Madame d'Eſpinay
fit la queſte ce jour- là ; & à
deux heures &demie S. M. ſe
rendit à la Tribune de la Chapelle
accompagnée de même
quele jour precedent , poury
entendre les Tenebres , où
436 MERCURE
1
L'on chantale Pfeaume Quare
fremuerunt Gentes , & leMifefere
en Muſique. A onzeheures
aprés ſoupé , le Roy retourna
à la Chapelle vis à vis
celle de faint Louis , pour y
Jadorer le Saint Sacrement. Le
Vendrcay
Vendredy Saint le Roy alla à
la Chapelle à 10. heures du
matin , accompagné de même
que les jours precedents ,
pour y entendre le Sermon
de la Paſſion que M. l'Evêque
d'Angers prêcha avec
fon éloquence ordinaire. Il
fit voir dans les trois parties
de ſon discours , que le Sau
yeur
IGALANT. 137
veur avoir été une Victime
de l'ingratitude qui l'a fait
gemir , une Victime de la
cruauté qui l'a fait ſouffrir ,
&une Victime de l'injuftice
qui l'a fait mourir. On dit
enfuite l'Office pendant lequel
on fit l'Adoration de la Croix.
Adeux heures &demie, S. M.
ſe renditàlaTribune , accompagnée
comme les jours precedents
pour y entendre les
Tenebres.On chantale Pleaume
Exaltabo te Domine ,& le
Benedictus en Muſique. Le
Samedy Saint le Roy alla à la
Paroffe à onze heures ,où il
May1715. M
138 MERCURE
communiau par les mains de
M. le Cardinal Grand Aumônier.
Les coins de la nappe
furent tenusdu coſté de l'Autel
par M. l'Abbéde Sourches
& par M. l'Abbé d'Argentré
Aumoſniers ,du coſté duRoy
par M. le Prince de Dombes.
A fon retour de la Paroiſſe
il toucha prés de 1400. malades
,& le ſoir à fix heures il
entendit les Complies. Le Dimanche
jour de Paſques le
Roy fitrendre à la Paroſſe de
Verfailles le Pain Beny , par
M. l'Abbé d'Argentré fon
Aumoſnier ,precedé de douze
JGALANT. 135
des cent Suilles qui portoient
fix Pains Benisavec des Banderolles
aux Armes de France
precedez des Tambours , Fi
fres&Trompettes. Le même
jour S. M. accompagnée de
tous les Princes alla à la Chapelle
entendre la grande Meffe
celebrée par M. l'Evêque de,
Senlis; àdeux heures &demie
le Roy y retourna pour entendre
le Sermon de M. l'Evêque
d'Angers , qui fit voir que la
Reſurection de J C. étoit le
Triomphe de l'incredulité ,
pour nous faire connoiſtre la
foy , & le triomphe de l'ini
Mij
140 MERCURE
quité pour nous apprendre à
nous reffufciter nous-mêmes.
CePrelatprie congé , & fit un
compliment à S. M. dans la
quel il fit un abregé de l'hiſtoire
de ſavie ,& finit en fou,
haitant que le Seigneur pro
longeât ſes jours pour le con.
duireſeurement, mais lentement
àla gloire éternelle ; il parla auſſi
de M. le Dauphin qui y étoit
venu pour la premiere fois.
On dit enſuite les Veſpres qui
furent chantées par la Mufi.
que , M.la Marquiſe de Chatillon
fit la queſte ce jour là ,
le Roy donne chaque fois
CADANT.
vingt Louis d'or ; fe reno
dit enfuite à fix heures du ſoir
à la Tribune , pour y enten
dre to Salut! mmtigmap
Le Lundy de Paſques Ma
dame la Ducheffe de Berry
communia par les mains de
M. l'AbbédeCaſtres ſon Premier
Aumoſnier ; les coins
de la nappe furent tenus d'un
cofté par Monfieur l'Abbé
de Rouget , & par Madame
la Ducheffe de S. Aignan ; de
l'autre par le R. P. Confef
feur & par Madame la Dus
cheffe de Chautnes.ld nolly
ar Le Dimanche de Quafimo
142 MERCURE
doM le Dauphin fit rendre
le PainBeni à la Parole de
Verſailles , par M. l'Abbé
de Sourches Aumoſnier du
Roy , nommé à l'Evêché de
Dol. Cet Abbé étoit precedé
dedouze des cent Suiſſes dela
Garde qui portoient les fix
Pains Benis ornez deBanderolles
auxArmes duDauphin, des
Tambours , Timbales , Fifres,
Hautbois , & Trompettes
des plaiſirs du Roy. Madame
preſenta le ſoir aprés foupé
M. le PrincedeHeſſeDarmſtat
à SoMa akob ofte h
Le premier de May , les
CALANT. 143
ام
Hautbois& Baffons joüerent
dans l'antichambre pendant
le levé du Roy , & pendant
le diné les 24 Violons avec
les Buffes de Viole firent une
Simphonie des plus charmantes.
A trois heures S. M. alla
à Marly , &trouva auprés du
ParcM leGrand qui luy preſentales
fix Chevaux d'Eſpagne
qu'elle envoye au Roy de
Pologne , qui font d'une
beauté extraordinaire . Ils ont
chacunune belle houffe, &des
faux foureaux depiſtolets couvetts
d'une double broderie
d'or ou d'argent , avec une
2444 MERCURE
frange de même ſur du ve
lours ; chaque harnois eſtant
de differente couleur. Les pif.
tolets font d'un tres bel acier
incrusté d'or & d'argent ils
coûtent mille écus la paire ; los
mords , & les étriers ne font
pas d'une moindre beauté. Le
même jour Madame la Ducheffe
de Berry alla à Marly ,
Madame la Ducheſſe de S. Simon
, Meſdames les Ducheffes
de Chaulnes , & Louvigny
eſtoient fur le devant dans ſon
Carroffe , & Mesdames les
Marquiſes de S. Germain& de
Clermont aux deux portieres.
&
GADANILNAS
S
GeCarroffe eſtoit ſuivide deux
Jautres de cette Princeffe remplis
des Dames de laCour. Le
jour de l'Eclipse ,le Roy &
toutes les Dames eſtoient levées
avant huit heures pour la
voir. M. Caffiny , de l'Obfervatoire
, s'y eſtoit rendu avec
des Lunettes d'approche , &
des miroirs , pour la faire obſerver
à S. M. plus commodement;
elle dura plus de deux
heures ,& on voyoit les Etoiles
ſans le ſecours des Lunettes
. On a expoſée pendant 15.
joursdans les Appartemensun
Tableau deM. Coypel qui re-
May 1715 . N
146 MERCURE
preſente l'hiſtoire de Tobie ;
c'eſt une des plus belles pieces
que l'on puiffe voir ; la tête de
Tobie & de ſa femme ſont
impayables ; les attitudes en
font d'une juſteſle admirable :
on doit porter ce Tableau
aux Gobelins pour eſtre copié
entapilferie. Le cinq de ce mois
Madame la Duchefl'e de Berry
fit rendre lePain Beny à la Patoffe
de Versailles par M.
l'Abbé de Rouget , un de ſes
Aumôniers ; cet Abbé eſtoit
precedé de douze des Cent-
Suiffes de la Garde de cetre
Princeffe qui portoient fix
T
GALANT. 47
S
1
Pains Benis , ornez de Banderolles
aux Armes de Berry ,
&d'Orleans , les Tambours ,
Fifres , Timbales , Hautbois ,
& Trompettes des plaifirs
marchoient à la teſte ; Madame
la Ducheffe d'Orleans , &
Madame la Duchefſe , ſont
reſtées toutes les deux à Verfailles
, eftant indiſpoſées.
Le 4. de ce mois fut celebré
l'Anniverſaire de M. le
Duc de Berry , à S. Denis . Et
le 14. l'Anniverſaire du Roy
Louis XIII . dans la même
Eglife
L'Evêque de Marseille y
Nij
148 MERCURE
celebra le Meſſe qui fut chantée
par la Muſique du Roy.
Fermer
410
p. 168-170
AU ROY.
Début :
Elle se desista ainsi de sa dignité dont l'assemblée honora / Grand Roy lorsque tu fais succeder au Laurier [...]
Mots clefs :
Roi, Paix, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROY.
Elle fe deſiſta ainfi de fa
dignité dont l'aſſemblée honora
la belle &modefte Madame
Policrite , qui aprés
avoir fait l'Eloge de fon Predeceffeur
,prononça cesVers:
AURO Υ.
Grand Roy lorſque tu fais
fucceder au Laurier
Par une utile Paix la precieuse
Olive;
The fais plus mille fois que ce
fameux
GALANT. 169
fameux Guerrier
Qui ſouvent de l'Euphrate ensanglanta
laRive.
Quand on ne veut regner que
par lefeu, lefang
Un Potentat devient indigne de
fon rang;
Le pouvoir fouverain n'est pas
donnépour nuire ,
Cefont lesfeulsTyrans qui veulent
tout détruire :
Mais quand on sçait bomer la
plus juſte valeur
Pour donner le repos ſur la terre
&fur l'onde
L'on imite enregnantsurl'esprit,
le coeur
May 1715 . P
170 MERCURE
De l'estre independant la ſageſſe
profonde.
Pour affermir partout cette felicité,
Et rendre nostre fort le plus
digne d'envie 1
Puiffe- tu ,Grand Heros ,par la
plus longue vie ,
Imiter de cet estre encor l'éternité.
dignité dont l'aſſemblée honora
la belle &modefte Madame
Policrite , qui aprés
avoir fait l'Eloge de fon Predeceffeur
,prononça cesVers:
AURO Υ.
Grand Roy lorſque tu fais
fucceder au Laurier
Par une utile Paix la precieuse
Olive;
The fais plus mille fois que ce
fameux
GALANT. 169
fameux Guerrier
Qui ſouvent de l'Euphrate ensanglanta
laRive.
Quand on ne veut regner que
par lefeu, lefang
Un Potentat devient indigne de
fon rang;
Le pouvoir fouverain n'est pas
donnépour nuire ,
Cefont lesfeulsTyrans qui veulent
tout détruire :
Mais quand on sçait bomer la
plus juſte valeur
Pour donner le repos ſur la terre
&fur l'onde
L'on imite enregnantsurl'esprit,
le coeur
May 1715 . P
170 MERCURE
De l'estre independant la ſageſſe
profonde.
Pour affermir partout cette felicité,
Et rendre nostre fort le plus
digne d'envie 1
Puiffe- tu ,Grand Heros ,par la
plus longue vie ,
Imiter de cet estre encor l'éternité.
Fermer
411
p. 181-183
SONNET AU ROY sur la Paix.
Début :
O l'aimable saison pour les fruits de la Herse, [...]
Mots clefs :
Roi, Paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET AU ROY sur la Paix.
SONNET AU ROY
fur la Paix.
O l'aimable ſaiſon pour les fruits
de la
A
۱۰ Herfe,
Où tout rit dans nos champs , où
chacun court au bain.
L'abondance&la Paix vont nous
ouvrir leur fein
>
182 MERCURE
Et LOUIS redouté n'aura plus
do traverſe,
Il va dans ses Etats rétablir
le Commerce
Qu'avoit interrompu le rival
de Vulcain *
Sa gloire qui s'étend jusqu'au
climat lointain,
Vient d'attirer icy l'Ambassadeur
de Perfe.
Le peuple à sa Santé boit déja
rafibus ,
Le Sexe pour luy plaire effacera
Venus ,
L'Auteur pour le loüer abandonne
Origene.
Et l'Amant pour le voir quittera
** Mars .
GALANT. 183
I
Sa Lays,
j'étois Paris,
Fen juge par mon coeur, car fi
Pour avoir ce plaisir ,je quitterois
Helene.
fur la Paix.
O l'aimable ſaiſon pour les fruits
de la
A
۱۰ Herfe,
Où tout rit dans nos champs , où
chacun court au bain.
L'abondance&la Paix vont nous
ouvrir leur fein
>
182 MERCURE
Et LOUIS redouté n'aura plus
do traverſe,
Il va dans ses Etats rétablir
le Commerce
Qu'avoit interrompu le rival
de Vulcain *
Sa gloire qui s'étend jusqu'au
climat lointain,
Vient d'attirer icy l'Ambassadeur
de Perfe.
Le peuple à sa Santé boit déja
rafibus ,
Le Sexe pour luy plaire effacera
Venus ,
L'Auteur pour le loüer abandonne
Origene.
Et l'Amant pour le voir quittera
** Mars .
GALANT. 183
I
Sa Lays,
j'étois Paris,
Fen juge par mon coeur, car fi
Pour avoir ce plaisir ,je quitterois
Helene.
Fermer
412
p. 198-218
Mariages. [titre d'après la table]
Début :
M. le Marquis de Castelmoron, petit fils des Marêchaux de [...]
Mots clefs :
Roi, Marquis, Fils, Mariage, Seigneur, Fille, Seigneur, Régiment, Duc, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariages. [titre d'après la table]
M. leMarquis deCaſtelmoron
, petite fils des Marêchaux
deBiron &dela Force , ci de
vant Colonel duRegimentde
Belſunce& à preſentCapitaine
des Gensdarmes Bourguinons,
épouſa la nuit du derniet
d'Avril au premier de
May , Mademoiselle de Fontanicux
; l'Evêque de Marseil
le , frere aîné du Marquis de
Caſtelmoron , fit dans la Par
roiſſe de ſaintRochla ceremo
nie du mariage en prefenceda
leurs plus proches parens qui
faifoient une afſfemblée nomGALANT
breuſe de Ducs , de Derchefs
fes & de perſonnes desti
qualifiées du Royaume. Le
Roy , Monseigneur le Dauphin
, & tous les Princes &
Princeſſes de laMaifonRoyale,
peu de jours auparavant
avoient fait l'honneur aux
Mariez de ſigner leur contrap
de Mariage. Le Marquis de
Caſtelmoron , quoyque jeune,
a donné des preuves de fal
valeur en quantité d'occaſions
où il s'eſt trouvé. On le vic
fur tout au Fauxbourg d'Arrasen
1712: arrefter prefquc
foul l'effort des Ennemis , il y
Riiij
200 MERCURE
fut pris l'épée à la main, il portoit
alors le nom de Chevalier
de Belſunce. Il eſt le dernier
des fils de Meffire Armand
Marquis de Belſunce & de
Caftelmoron , Baron de Gavaudun
& de Born , Seigneur
de Vieilleville , &c. Grand
Senechal & Gouverneur des
Provinces d'Agenois & du
Condomois ; & de Dame
Anne Nompar de Caumont
de Lauſun , ſoeur du Duc de
Lauſun. La derniere Marêchale
Ducheſſe de la Force
eſtoit foeur du Marquis de
Belſunce ; il a cû pluſieurs
GALANT. 201
1
enfans : l'aîné connu ſous le
nom deMarquis de Caſtelmoron,
fut fait Colonel du Regiment
de Nivernois ,enſuite
Capitaine des Gensdarmes de
Monſeigneur le Duc deBourgogne
, Brigadier des Armées
du Roy ,& Chevalier de S.
Loüis , enfin Commandant
la Gendarmerie de France ,
sen appaiſant une émeute de
nos Troupes , ſelon le devoir
de la Charge , il reçût une
bleſſure dont il mourut le
le 28. Juillet 1712. Il avoit
eſté marié avec l'heritiere du
Marquis de Bournazel , Gou20.
MERCURE
verneur de Roüergue ,morte
avant luy& fans enfans. Le
ſecondeſtEvêque de Marſeille
dont la vigilence & le zele
pour le bien & le bon ordre
de fon Diocefe , & dont la
pureté de la Doctrine & des
moeurs ont eſté plus d'une
fois loüez dans les deux Brefs
que Nottre S. Pere le Pape
Clement XI. luy a adreffez
aprés luy vient l'Abbeſſe du
Ronceray d'Angers ,dont la
regularité & la pieté font le
plus bel ornement de cette
illuſtre Abbaye; le troifiéme,
Capitaine de Fregate , tresGALANT,
203
1
eſtimé & aimé dans le corps
de la Marine , mourut le 28 .
Octobre de l'an 1712. trois
mois aprés ſon aîné ; enfin le
quatriéme eſt celuy dont je
vous apprens le mariage.
Sans entrer dans le détail
de la Genealogie de la Maiton
de Belſunce , ce qui feroic
trop long , je me contenteray
de dire qu'il en eft peu de
plus ancienne , de mieux alliée,
& de plus illuſtrée dans la
Baffe Navarre dont elle eft
originaire. Ily a prés de fix
cens ans que les Seigneurs do
cetteMaiſon portent le titre
104 MERCURE
de Vicomte auquel il n'y en
avoit point de fuperieur en
Navarre ; ils ont eſté honorez
des premieres Charges de ce
Royaume , y ayant eu des Premiers
& des Grands Ecuyers,
& pluſieurs grands Chambellans
des Rois de Navarre :un
Seigneur de cette Maiſon a
efté revêtu de la dignité de
Ricombe,quirépondoità celle
de Conneftable de France ;
le Gouvernement du Pays de
Soule a eſté plus de cent ans
de ſuite dans cette Maiſon
qui a poffedé auffi ceux de
Maulcon & de Dax. La MaiJAUSARM
L
GALANT. 205
ſonde Belſunce a eu des alliances
avec celles de Foix & de
Navarre; celles de Grammond
de Luxe , de Gontaud Biron
S. Geniez , de Caumont de
Lauſun , luy donnent de la
parenté avec preſque tout ce
qu'il y a de Grand en France.
Les Armes de cette Maiſon
ont eſté de tous les tems celles
de Bearn ſans aucune brifure
ou distinction , juſques à ce
qu'un Vicomte de Belſunce
ayant delivré Bayonne & fa
Patrie , d'un monftre qui défoloit
tout le Pays , le Roy de
Navarre ordonna que la Mai-
1
206 MERCURE
fonde BBeellſluunnccee,,eennmemoire
d'une figlorieuſe action,ajoutât
aux Vaches de Bearn un
Dragon à trois teſtes , dont
Tune ſeroit coupée , ce qui a
toûjours eſté obfervé depuis.
m. Mademoiselle de Fontanieux
eft fille de M. de Fontanieux
,ci- devant TreſorierGe
neral dela Marine , enfuite Intendant
de Marine , & à prefent
Intendantdes Meubles &
Argenterie de la Couronne ;
&de Dame N. Dodun , fille de
M. Dodun , Conſeiller au Parlement
de Paris . M. de Fontanicux
n'a qu'un fils , aîné de
GALANT. 207
&
1
la nouvelle mariée ; il eſt Avocat
du Roy au Chaſtelet où il
ſe diftingue par ſon application&
la capacité audeſſus de
fon âge , n'ayant encore que
vingt ans...
Meſſire Aymard Loüis de
Sailly , Sire & Marquis de Sailly,
Lieutenant Generaldes Armées
du Roy&Commandeur
de l'Ordre Militaire de ſaint
Louis , veuf de Dame Char .
lote de Crequi , dont je vous
appris la mortdansmonJournal
du mois de Février, a épouſé
en ſecondes nôces le 11. de
ce mois Damoiselle Françoiſe
208 MERCURE
3
Adelaide de Sainte Hermine,
fille de Meffire Henry Louis
de Sainte Hermine , Seigneur
de la Leigne& du Rozcau ,Ca-s
pitaine d'un des Vaiſſeaux du
Roy ,& de Dame Maric-Marguerite
Genevieve Morel de
Putanges,&petite fille d'He
liedeSainteHermine, Seigneur
de la Leigne & du Rozeau ,&
deMagdelaine le Valois ,fille
de Benjamin le Valois , Se
gneur de Villette ,& de Loüife
d'Aubigné , tante de Dame
Françoiſed'Aubigné Dame de
Maintenon. La Maiſon de
SainteHermine eſtablie enAngoumois
GALANT 209
goumois & en Poitou , eſt dif
tinguée par l'ancienneté de fa
Nobleffe , & par fes alliances
avec les Maiſons de Luzignan,
de Polignac Efcoyeux , &c.
M. le Marquis de Sailly eſt né
le 27. Decembre 1655. du
mariage de Charles , Sire &
Marquis deSailly , avec Dame
Marie Claude de Monchy de
Carcron , &il a eſté elevé Page
de la grande Ecurie du Roy.
La Maiſon de Sailly , dont il
defcend , prend fon nom de
la Terre deSailly en Aroüaiſe
en Picardie qu'elle poſſede de
tems immemorial ,& elles'eſt
May1715. S
210 MERCURE
alliée aux Maiſons d'Eſtourmel
,de Longueval , de Bour
nelThiembrune, de Mouchy,
daCrequi , &c.х бол тол
Meffire Michel de Goüy ,
Seigneur d'Arcy , Meftre de
Camp d'un Regiment de Cavalerie
, a épousé le 15. Avril
Damoiſelle FrançoiſeMelanie
de Salomonde la Lande , fille
de deSalomonde la
Lande & de Dame de Biodos
de Galicja, Sous Gouvernante
des enfans de France: le nom
deGoüy eft connu en Picardie
depuis l'an 1480. quc Loüis
de Goüy, que les memoires
GALANT. 214
domestiques font fortir des
anciens Seigneurs deGoüy en
Artois, pafla au ſervice du
Roy Loüis X I. aprés la mort
de Charles , dernier Duc de
Bourgogne.
Meffire Loüis - Claude de
Roffignac , Comte d'Apremont
, fils de feu Meffire François
-Roch-Maric de Roffignac
, Comte d'Apremont ,
& de Dame Maric Anne da
Morogues du Sauvage, a épouſé
le 13. Aouſt Anne Loüife
leCoigneux , fille de feuCharles
le Coigneux , Seigneur de
Bezonville , Conſeiller au
Sij
212 MERCURE
Chalteletde Paris , & de Marie-
Loüife de Courtenay, Dame
de Changy , petite fille de
Jacques leCoigneux, Seigneur
de Bezonville, Conſeiller au
Parlement de Roüen , arriere
petite fille d'Edoüard le Coigneux
, Conſeiller au Parle-
*ment de Paris en 162 3. fils de
Jacques leCoigneux, Seigneur
de Sandricourt, Confeiller au
*Parlement de Paris , & potit
fils deGilles leCoigneux,mort
le 18. Juin 568. enterré
dans l'Egliſe de S. Germain
l'Auxerrois, prés l'oeuvre, avec
Genevieve le Gendre ſa fem-
3
GALANT. 213
me. La famille des le Coigneuxa
donné deux Préſidens
à Mortiers au Parlement de
Paris , & pluſieurs Maiſtres des
Requeſtes ; & elle s'eſt alliée
aux familles de Monthelon de
Longuëil , de Bourdin , de Biraut,
deThumery, de Hurault-
Vibraye , & aux Maiſons de
Chaumont , d'Alogny - Roachefort
,& de Montaut Na
vailles ; M.le Comte d'Apre
mont a eſté Page de la petite
Ecurie du Roy ; & la Maiſon
de Roffignac dont il fort , eſt
également diftinguée par fon
ancienneté & par ſes alliances ;
*14 MERCURE
elle eſt diviſée en plufieurs
branches,établies enPerigord,
Limoſin, Saintonge, Angou
mois &Nivernois.
Philippes - Emmanuel de
Cruffol , Marquis de S. Sulpi
ec,aépouséle s.decomois
Damoiſelle Louiſe Antoinette
d'Eſteing. L'Epoux eft fils
d'Emmanuelde Crufſol ,Marquis
de S. Sulpice ,&deCharlote
de Biron , petit-fils de
Jacques de Crufſol , Marquis
de S. Sulpice , & de Loüife
d'Amboiſe , ſoeur de feu M. le
Comte d'Aubijoux , &d'Eli
fabeth d'Amboise , Marquiſe
GALANT
deThoiras. Il eſt arriere petitfils
d'Emmanuel de Cruffol ,
Duc d'Uzés , Premier Pair de
France , & de N. Ebrard da
S. Sulpice. Le nouveau marié ,
quoique tout jeune , cût le Regiment
de M. le Marquis de
S. Sulpice ſonaîné , qui fut tué
àKeiſervert , où il donna pendant
le ſiege des marques d'une
fi grande valeur , que la
Roydonna le Regiment à celui-
ci qui estoit Chevalier de
Malthe,& fi jeune , qu'il fallut
qu'il fervit un an dans les
Mouſqueraires , avant de com
mander ce Regiment ; on le
216 MERCURE
- vit auffi à la bataille de Ras
milly ſoutenir à la tête de forma
Regiment le choc des Enneab
mis avec beaucoup d'intrepi-sl
dité. Je ne m'étendray pas fur
ſa naiſſance , il ſuffit de dire
qu'il eſt de la Maiſon d'Uzés ,
lapremiered'entre les Gentils
hommes du Royaume , honos I
rée de la dignité de Duc n
Pair. A l'égard de la Maiſon
d'Eftcing toute la France ſçait b
que c'eſt une des plus ancien -M
nes; & les meilleures Maiſons !
du Royaume tiennent àhonneur
de luy appartenir ; elle eft
la ſeule qui a le privilege de
4
porter
GALANT 217
porfer Hes Armes de France
avec les livrées , depuis qu'un
de la Maiſon d'Eſteing ſauva
la vie au Roy de France à la
bataille de Bovines ; cette Maiſon
eſt originaire de Roüergue.
La nouvelle mariée eft
fille de M. le Comte d'Eſteing,
Lieutenant General des Ar
mées du Roy , &de Marie de
Nettancourt , d'Hauſſonville
de Vaubecourt , foeur de feu
MaleComte de Vaubecourt ,
Lieutenant General , de M.
l'Evêque de Montauban , de
Madame la Marquiſe de Thuify
, & de feue Madame la
May 1715.
(
T
1
218 MERCURE
Comteffe de Laubeſpin. La
nouvelle mariée eſt encore niece
de M. l'Evêquede S. Flour,
&petite niece de M. l'Archevêquede
Narbonne. Leur contrat
de mariage fut ſigné le
25. Avril par le Roy , toute la
Famille Royale , & tous les
Princes & Princeſſes du Sang.
, petite fils des Marêchaux
deBiron &dela Force , ci de
vant Colonel duRegimentde
Belſunce& à preſentCapitaine
des Gensdarmes Bourguinons,
épouſa la nuit du derniet
d'Avril au premier de
May , Mademoiselle de Fontanicux
; l'Evêque de Marseil
le , frere aîné du Marquis de
Caſtelmoron , fit dans la Par
roiſſe de ſaintRochla ceremo
nie du mariage en prefenceda
leurs plus proches parens qui
faifoient une afſfemblée nomGALANT
breuſe de Ducs , de Derchefs
fes & de perſonnes desti
qualifiées du Royaume. Le
Roy , Monseigneur le Dauphin
, & tous les Princes &
Princeſſes de laMaifonRoyale,
peu de jours auparavant
avoient fait l'honneur aux
Mariez de ſigner leur contrap
de Mariage. Le Marquis de
Caſtelmoron , quoyque jeune,
a donné des preuves de fal
valeur en quantité d'occaſions
où il s'eſt trouvé. On le vic
fur tout au Fauxbourg d'Arrasen
1712: arrefter prefquc
foul l'effort des Ennemis , il y
Riiij
200 MERCURE
fut pris l'épée à la main, il portoit
alors le nom de Chevalier
de Belſunce. Il eſt le dernier
des fils de Meffire Armand
Marquis de Belſunce & de
Caftelmoron , Baron de Gavaudun
& de Born , Seigneur
de Vieilleville , &c. Grand
Senechal & Gouverneur des
Provinces d'Agenois & du
Condomois ; & de Dame
Anne Nompar de Caumont
de Lauſun , ſoeur du Duc de
Lauſun. La derniere Marêchale
Ducheſſe de la Force
eſtoit foeur du Marquis de
Belſunce ; il a cû pluſieurs
GALANT. 201
1
enfans : l'aîné connu ſous le
nom deMarquis de Caſtelmoron,
fut fait Colonel du Regiment
de Nivernois ,enſuite
Capitaine des Gensdarmes de
Monſeigneur le Duc deBourgogne
, Brigadier des Armées
du Roy ,& Chevalier de S.
Loüis , enfin Commandant
la Gendarmerie de France ,
sen appaiſant une émeute de
nos Troupes , ſelon le devoir
de la Charge , il reçût une
bleſſure dont il mourut le
le 28. Juillet 1712. Il avoit
eſté marié avec l'heritiere du
Marquis de Bournazel , Gou20.
MERCURE
verneur de Roüergue ,morte
avant luy& fans enfans. Le
ſecondeſtEvêque de Marſeille
dont la vigilence & le zele
pour le bien & le bon ordre
de fon Diocefe , & dont la
pureté de la Doctrine & des
moeurs ont eſté plus d'une
fois loüez dans les deux Brefs
que Nottre S. Pere le Pape
Clement XI. luy a adreffez
aprés luy vient l'Abbeſſe du
Ronceray d'Angers ,dont la
regularité & la pieté font le
plus bel ornement de cette
illuſtre Abbaye; le troifiéme,
Capitaine de Fregate , tresGALANT,
203
1
eſtimé & aimé dans le corps
de la Marine , mourut le 28 .
Octobre de l'an 1712. trois
mois aprés ſon aîné ; enfin le
quatriéme eſt celuy dont je
vous apprens le mariage.
Sans entrer dans le détail
de la Genealogie de la Maiton
de Belſunce , ce qui feroic
trop long , je me contenteray
de dire qu'il en eft peu de
plus ancienne , de mieux alliée,
& de plus illuſtrée dans la
Baffe Navarre dont elle eft
originaire. Ily a prés de fix
cens ans que les Seigneurs do
cetteMaiſon portent le titre
104 MERCURE
de Vicomte auquel il n'y en
avoit point de fuperieur en
Navarre ; ils ont eſté honorez
des premieres Charges de ce
Royaume , y ayant eu des Premiers
& des Grands Ecuyers,
& pluſieurs grands Chambellans
des Rois de Navarre :un
Seigneur de cette Maiſon a
efté revêtu de la dignité de
Ricombe,quirépondoità celle
de Conneftable de France ;
le Gouvernement du Pays de
Soule a eſté plus de cent ans
de ſuite dans cette Maiſon
qui a poffedé auffi ceux de
Maulcon & de Dax. La MaiJAUSARM
L
GALANT. 205
ſonde Belſunce a eu des alliances
avec celles de Foix & de
Navarre; celles de Grammond
de Luxe , de Gontaud Biron
S. Geniez , de Caumont de
Lauſun , luy donnent de la
parenté avec preſque tout ce
qu'il y a de Grand en France.
Les Armes de cette Maiſon
ont eſté de tous les tems celles
de Bearn ſans aucune brifure
ou distinction , juſques à ce
qu'un Vicomte de Belſunce
ayant delivré Bayonne & fa
Patrie , d'un monftre qui défoloit
tout le Pays , le Roy de
Navarre ordonna que la Mai-
1
206 MERCURE
fonde BBeellſluunnccee,,eennmemoire
d'une figlorieuſe action,ajoutât
aux Vaches de Bearn un
Dragon à trois teſtes , dont
Tune ſeroit coupée , ce qui a
toûjours eſté obfervé depuis.
m. Mademoiselle de Fontanieux
eft fille de M. de Fontanieux
,ci- devant TreſorierGe
neral dela Marine , enfuite Intendant
de Marine , & à prefent
Intendantdes Meubles &
Argenterie de la Couronne ;
&de Dame N. Dodun , fille de
M. Dodun , Conſeiller au Parlement
de Paris . M. de Fontanicux
n'a qu'un fils , aîné de
GALANT. 207
&
1
la nouvelle mariée ; il eſt Avocat
du Roy au Chaſtelet où il
ſe diftingue par ſon application&
la capacité audeſſus de
fon âge , n'ayant encore que
vingt ans...
Meſſire Aymard Loüis de
Sailly , Sire & Marquis de Sailly,
Lieutenant Generaldes Armées
du Roy&Commandeur
de l'Ordre Militaire de ſaint
Louis , veuf de Dame Char .
lote de Crequi , dont je vous
appris la mortdansmonJournal
du mois de Février, a épouſé
en ſecondes nôces le 11. de
ce mois Damoiselle Françoiſe
208 MERCURE
3
Adelaide de Sainte Hermine,
fille de Meffire Henry Louis
de Sainte Hermine , Seigneur
de la Leigne& du Rozcau ,Ca-s
pitaine d'un des Vaiſſeaux du
Roy ,& de Dame Maric-Marguerite
Genevieve Morel de
Putanges,&petite fille d'He
liedeSainteHermine, Seigneur
de la Leigne & du Rozeau ,&
deMagdelaine le Valois ,fille
de Benjamin le Valois , Se
gneur de Villette ,& de Loüife
d'Aubigné , tante de Dame
Françoiſed'Aubigné Dame de
Maintenon. La Maiſon de
SainteHermine eſtablie enAngoumois
GALANT 209
goumois & en Poitou , eſt dif
tinguée par l'ancienneté de fa
Nobleffe , & par fes alliances
avec les Maiſons de Luzignan,
de Polignac Efcoyeux , &c.
M. le Marquis de Sailly eſt né
le 27. Decembre 1655. du
mariage de Charles , Sire &
Marquis deSailly , avec Dame
Marie Claude de Monchy de
Carcron , &il a eſté elevé Page
de la grande Ecurie du Roy.
La Maiſon de Sailly , dont il
defcend , prend fon nom de
la Terre deSailly en Aroüaiſe
en Picardie qu'elle poſſede de
tems immemorial ,& elles'eſt
May1715. S
210 MERCURE
alliée aux Maiſons d'Eſtourmel
,de Longueval , de Bour
nelThiembrune, de Mouchy,
daCrequi , &c.х бол тол
Meffire Michel de Goüy ,
Seigneur d'Arcy , Meftre de
Camp d'un Regiment de Cavalerie
, a épousé le 15. Avril
Damoiſelle FrançoiſeMelanie
de Salomonde la Lande , fille
de deSalomonde la
Lande & de Dame de Biodos
de Galicja, Sous Gouvernante
des enfans de France: le nom
deGoüy eft connu en Picardie
depuis l'an 1480. quc Loüis
de Goüy, que les memoires
GALANT. 214
domestiques font fortir des
anciens Seigneurs deGoüy en
Artois, pafla au ſervice du
Roy Loüis X I. aprés la mort
de Charles , dernier Duc de
Bourgogne.
Meffire Loüis - Claude de
Roffignac , Comte d'Apremont
, fils de feu Meffire François
-Roch-Maric de Roffignac
, Comte d'Apremont ,
& de Dame Maric Anne da
Morogues du Sauvage, a épouſé
le 13. Aouſt Anne Loüife
leCoigneux , fille de feuCharles
le Coigneux , Seigneur de
Bezonville , Conſeiller au
Sij
212 MERCURE
Chalteletde Paris , & de Marie-
Loüife de Courtenay, Dame
de Changy , petite fille de
Jacques leCoigneux, Seigneur
de Bezonville, Conſeiller au
Parlement de Roüen , arriere
petite fille d'Edoüard le Coigneux
, Conſeiller au Parle-
*ment de Paris en 162 3. fils de
Jacques leCoigneux, Seigneur
de Sandricourt, Confeiller au
*Parlement de Paris , & potit
fils deGilles leCoigneux,mort
le 18. Juin 568. enterré
dans l'Egliſe de S. Germain
l'Auxerrois, prés l'oeuvre, avec
Genevieve le Gendre ſa fem-
3
GALANT. 213
me. La famille des le Coigneuxa
donné deux Préſidens
à Mortiers au Parlement de
Paris , & pluſieurs Maiſtres des
Requeſtes ; & elle s'eſt alliée
aux familles de Monthelon de
Longuëil , de Bourdin , de Biraut,
deThumery, de Hurault-
Vibraye , & aux Maiſons de
Chaumont , d'Alogny - Roachefort
,& de Montaut Na
vailles ; M.le Comte d'Apre
mont a eſté Page de la petite
Ecurie du Roy ; & la Maiſon
de Roffignac dont il fort , eſt
également diftinguée par fon
ancienneté & par ſes alliances ;
*14 MERCURE
elle eſt diviſée en plufieurs
branches,établies enPerigord,
Limoſin, Saintonge, Angou
mois &Nivernois.
Philippes - Emmanuel de
Cruffol , Marquis de S. Sulpi
ec,aépouséle s.decomois
Damoiſelle Louiſe Antoinette
d'Eſteing. L'Epoux eft fils
d'Emmanuelde Crufſol ,Marquis
de S. Sulpice ,&deCharlote
de Biron , petit-fils de
Jacques de Crufſol , Marquis
de S. Sulpice , & de Loüife
d'Amboiſe , ſoeur de feu M. le
Comte d'Aubijoux , &d'Eli
fabeth d'Amboise , Marquiſe
GALANT
deThoiras. Il eſt arriere petitfils
d'Emmanuel de Cruffol ,
Duc d'Uzés , Premier Pair de
France , & de N. Ebrard da
S. Sulpice. Le nouveau marié ,
quoique tout jeune , cût le Regiment
de M. le Marquis de
S. Sulpice ſonaîné , qui fut tué
àKeiſervert , où il donna pendant
le ſiege des marques d'une
fi grande valeur , que la
Roydonna le Regiment à celui-
ci qui estoit Chevalier de
Malthe,& fi jeune , qu'il fallut
qu'il fervit un an dans les
Mouſqueraires , avant de com
mander ce Regiment ; on le
216 MERCURE
- vit auffi à la bataille de Ras
milly ſoutenir à la tête de forma
Regiment le choc des Enneab
mis avec beaucoup d'intrepi-sl
dité. Je ne m'étendray pas fur
ſa naiſſance , il ſuffit de dire
qu'il eſt de la Maiſon d'Uzés ,
lapremiered'entre les Gentils
hommes du Royaume , honos I
rée de la dignité de Duc n
Pair. A l'égard de la Maiſon
d'Eftcing toute la France ſçait b
que c'eſt une des plus ancien -M
nes; & les meilleures Maiſons !
du Royaume tiennent àhonneur
de luy appartenir ; elle eft
la ſeule qui a le privilege de
4
porter
GALANT 217
porfer Hes Armes de France
avec les livrées , depuis qu'un
de la Maiſon d'Eſteing ſauva
la vie au Roy de France à la
bataille de Bovines ; cette Maiſon
eſt originaire de Roüergue.
La nouvelle mariée eft
fille de M. le Comte d'Eſteing,
Lieutenant General des Ar
mées du Roy , &de Marie de
Nettancourt , d'Hauſſonville
de Vaubecourt , foeur de feu
MaleComte de Vaubecourt ,
Lieutenant General , de M.
l'Evêque de Montauban , de
Madame la Marquiſe de Thuify
, & de feue Madame la
May 1715.
(
T
1
218 MERCURE
Comteffe de Laubeſpin. La
nouvelle mariée eſt encore niece
de M. l'Evêquede S. Flour,
&petite niece de M. l'Archevêquede
Narbonne. Leur contrat
de mariage fut ſigné le
25. Avril par le Roy , toute la
Famille Royale , & tous les
Princes & Princeſſes du Sang.
Fermer
413
p. 280-293
Second Article des Morts. [titre d'après la table]
Début :
Messire Armand Jean Duplessis Duc de Richelieu, Pair [...]
Mots clefs :
Seigneur, Femme, Roi, Marquis, Chevalier, Dame, Duc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Second Article des Morts. [titre d'après la table]
Meſſire Armand Jean Dupleſſis
Ducde Richelieu , Pair
de France , Chevalier des
Ordres du Roy , cy-devant
General des Galeres de France,
& Chevalier d'honneur de
Madame
GALANT 281
Madame la Dauphine , mourut
le 10.de cemois enſa 84.
année. Il avoit épousé en premieres
nôces , Dame Anne
Pouffart , premiere Dame
d'honneur de la Reine , puis
deMadame la Dauphine. En
ſecondes , Dame Anne d'Acigné
, & en troiſiémes , Dame
Marguerite-Thereſe Roüillé,
yeuve de Meffire Jean- François
Marquis de Noailles ,
Lieutenant General au Gouvernement
d'Auvergne , &
n'a cu des enfans que de fa
ſeconde femme , qui font
Meffire François Armand
May1715. Aa
282 MERCURE
Louis Dupleſfis Duc de Fron
facà preſentDucde Richelieu,
qui a époufé DamenAnne
Catherinede Noailles , fille de
Meffire Jean François Marquis
deNoailles ,&de Dame Marguerite
Thereſe. Roüille fa
belle mere ,& Dame N. Dupreffis
, mariée le 24. Avril
1714. àMeffireN. duChaftelet
, Marquis de Clefmont.
M. le Duc de Richelieu avoit
quitté le nom &les armes de
Vignerot ,qui estoient ceux
de la maifon , pour prendre
les noms & les armes de la
Maiſon Dupleſſis Richelieu ,
CADAN 283
en execution du Testament
donJean Armando Dupleffis
Cardinal Ducde Richelieu
&de Fronfac, Pait& Premier
Miniſtre de France , fongrand
oncle, qui le fit fon heritier à
cette condition. Il eſtoit fils
deFrançoisde Vignerot Che
valier Seigneur du Pint de
Courlay , Gouverneur des
Villes , &Citadelles du Havre
de Grace, & Pays de Caux,
Chevalier des Ordres du Roy
en 1633. &de Françoiſe de
Coërmadeu , & petit- fils de
Rene de Vignerot Seigneur
du Pint de Courlay & de
Aa ij
284 MERCURE
Françoiſe Dupleſſis de Riche
lieu foeur du Cardinal Duc de
Richelieu , cy deſſus nommé.
La Maiſonde Vignerot connuë
en Poitou depuis un temps
affez confiderable , ſe pretend
originaire d'Angleterre , d'où
elle paffa en France ſous les
Regnes des Rois Charles VI
&Charles VII. La Genealo
gie en eſtrapportée dansl'Hif
toire des grands Officiers de
laCouronne , par M. du Fourny,
auChapitre des Generaux
des Galeres . Les armes de
Vignerot font d'ormà trois
hures de Sanglier de fable
GALANT. 285
pofé 2.& 1. & celles Dupleſſis
Richelieu font d'argent à 3 .
chevrons de gucule.oriona
Meffire Jean - François
d'Eſtrades , Abbé de Moiſſac ,
&de S. Melaine de Rennes
cy devant Ambaſſadeur à
Veniſe , & en Savoye , mourut
le de ce mois âgé de 73 .
ans. Il eſtoir fils deGeoffroy ,
d'Eſtrades ,Maréchal de France
, Chevalier des Ordres du
Roy,Gouverneur deDunkerque
, Maire perpetuel de la
Ville de Bordeaux , Viceroy
de l'Amerique , & Gouverneur
deM. le DucdeChartres
286 MERCURE
-
mort en 1686. & de Marie
du Pin de l'Allié. La Maiſon
d'Eſtrades dont il fortoit et
originaire de la Ville d'Agen.
Meffire Thomas Bailly,qui
avoit eſté reçû Maiſtre des
Comptes en 1659. mourut
fans poſterité lepremier de ce
mois, des Dames Anne leMai
rat,&N.Petit d'Eſtiny ſes deux
femmes: il eſtoit frere puîné
deCharles Bailly , Seigneur du
Sejour & de S. Mars , Maître
des Comptes, peredeCharles-
Guillaume Bailly , à preſent
Préſident au Grand Confeil;
&il étoit fils deCharles Bailly,
GALANT. 287
Seigneur du Sejour & de S.
Mars, Maistre des Comptes ,
& Conſeiller d'Etat , & de
Françoiſe Mareſcot , petit fils
de Charles Bailly , Seigneur
du Sejour , Préfident des
Comptes ; & arriere petit fils
de Guillaume Bailly, Seigneur
de la Motte du Sejour, Conſeiller
du Roy en ſes Conſeils,
&d'honneur au Parlement de
Paris , au Grand Confeil &
autres Cours Souveraines de
France , Préſident en la Cham
bre des Comptes de Paris
Chancelier de Monſeigneur
le Duc d'Alençon; puis aprés
288 MERCURE
la mort de Magdelaine Harel
ſa femme, Abbé Commandataire
de l'Abbaye de Bourgücil
enAnjou , mort au mois
d'Avril 1582. & enterré dans
l'Eglife de cette Abbaye. La
famille de Bailly , l'une des
premieres de Paris , s'eſt alliéc
à celles de de Meſmes ,
Loyſel, de Bautru , de Vaffan,
de Bitault , de Bullion , & à la
Maiſon de Longueval. e
da
Meffire BenoistBidal,Baron
d'Asfeld,Maréchal des Camps
& Armées du Roy , mourut
le 29. du mois paſſé , âgé
de 57. ans , ne laiſſant qu'une
fille
GALANT. 289
fille de fon mariage , avec Anne
Pucelle , fille de feu Pierre
Pucelle , Premier Préſident au
Parlement de Grenoble , &
d'Anne Roujault , & petite
niece de feu M. le Maréchal
de Catinar. Mr d'Asfeld qui
vient de mourir , eſtoit frere
de François Bidal , dit le Che
valier d'Asfeld , Lieutenant
General des Armées du Roy,
& fils de Pierre Bidal , Baron
d'Asfeld , Reſident pour
Roy en baſſe Allemagne , &
de Catherine Baſtonneau.
Ic
Dame Marie-Anne de S.
Lerry de Bellegarde, veuve de
May 1715. Bb
2
290 MERCURE
Meffire Jean Antoine de Pardaillan
de Gondrin , Marquis
de Monteſpan , puis Duc de
Bellegarde par elle , Mantre
de la Garde robe du Roy ,
mourut le tri de ce mois , en
fa 94. année : elle eftoir fille
deCæfar Auguſte de S. Lary ,
Marquis de Termes , grand
Ecuyer de France , premier
Gentilhomme de la Chambre
du Roy, Maréchal de ſes
Camps & Armées , Chevalier
de ſes Ordres , & de CatherineChabot
de Mirebeau . M.
le Marquis de Monteſpan fon •
mary eſtoitgrand oncle deM.
GALANT. 291
1
Le Duc d'Antin. Voyez la
Genealogie de la Maiſon de S.
Larry, originaire deGascogne
dans l'Histoire des grands Officiers
de la Couronne par M.
du Fourny , au Chapitre des
Maréchaux , & des grands
Ecuyers de France. Pour celle
de Pardaillan que l'on croit
fortie de celle de Pardaillan au
Comté d'Armagnac , elle s'eſt
de tout temps alliée aux premieres
Maiſons du Royaume.
Meffire Claude Boſc, Seigneur
d'Ivry ſur Seine, Confeiller
d'Etat , & ancien Prevoſt
des Marchands , mourut
Bb ij
292 MERCURE
lers. de ce mois en ſa 74.
année , laiſſant de fon ma
riage avec Marie Catherine
Jacques Jean Baptiste Boſc
Procureur General de la Cour
des Aydes , marie à N.
de Gendre , foeur puinée de
Marguerite le Gendre, femme
d'AntoineCroſat, pere& me
re de Dame Marie- AnneCrofat,
femme de Loüsdela Tour
deBoüillon, Comte d'Evreux,
Colonel de la Cavaleric legere
de France. M. Boſc qui vient
de mourir eſtoit ifrere de
Claude &Marguerite Boſc
femme de feu Alexandre BonGALANT.
293
temps , premier Valet- de-
Chambre du Roy , pere de
M Bontemps, auffi à preſent
premier Valer -de- Chambre
du Roy , & il eſtoit fils de
Claude Boſc , premier Commis
du Trefor Royal , mort
en 1678. & de Marie Brof
fier.
Ducde Richelieu , Pair
de France , Chevalier des
Ordres du Roy , cy-devant
General des Galeres de France,
& Chevalier d'honneur de
Madame
GALANT 281
Madame la Dauphine , mourut
le 10.de cemois enſa 84.
année. Il avoit épousé en premieres
nôces , Dame Anne
Pouffart , premiere Dame
d'honneur de la Reine , puis
deMadame la Dauphine. En
ſecondes , Dame Anne d'Acigné
, & en troiſiémes , Dame
Marguerite-Thereſe Roüillé,
yeuve de Meffire Jean- François
Marquis de Noailles ,
Lieutenant General au Gouvernement
d'Auvergne , &
n'a cu des enfans que de fa
ſeconde femme , qui font
Meffire François Armand
May1715. Aa
282 MERCURE
Louis Dupleſfis Duc de Fron
facà preſentDucde Richelieu,
qui a époufé DamenAnne
Catherinede Noailles , fille de
Meffire Jean François Marquis
deNoailles ,&de Dame Marguerite
Thereſe. Roüille fa
belle mere ,& Dame N. Dupreffis
, mariée le 24. Avril
1714. àMeffireN. duChaftelet
, Marquis de Clefmont.
M. le Duc de Richelieu avoit
quitté le nom &les armes de
Vignerot ,qui estoient ceux
de la maifon , pour prendre
les noms & les armes de la
Maiſon Dupleſſis Richelieu ,
CADAN 283
en execution du Testament
donJean Armando Dupleffis
Cardinal Ducde Richelieu
&de Fronfac, Pait& Premier
Miniſtre de France , fongrand
oncle, qui le fit fon heritier à
cette condition. Il eſtoit fils
deFrançoisde Vignerot Che
valier Seigneur du Pint de
Courlay , Gouverneur des
Villes , &Citadelles du Havre
de Grace, & Pays de Caux,
Chevalier des Ordres du Roy
en 1633. &de Françoiſe de
Coërmadeu , & petit- fils de
Rene de Vignerot Seigneur
du Pint de Courlay & de
Aa ij
284 MERCURE
Françoiſe Dupleſſis de Riche
lieu foeur du Cardinal Duc de
Richelieu , cy deſſus nommé.
La Maiſonde Vignerot connuë
en Poitou depuis un temps
affez confiderable , ſe pretend
originaire d'Angleterre , d'où
elle paffa en France ſous les
Regnes des Rois Charles VI
&Charles VII. La Genealo
gie en eſtrapportée dansl'Hif
toire des grands Officiers de
laCouronne , par M. du Fourny,
auChapitre des Generaux
des Galeres . Les armes de
Vignerot font d'ormà trois
hures de Sanglier de fable
GALANT. 285
pofé 2.& 1. & celles Dupleſſis
Richelieu font d'argent à 3 .
chevrons de gucule.oriona
Meffire Jean - François
d'Eſtrades , Abbé de Moiſſac ,
&de S. Melaine de Rennes
cy devant Ambaſſadeur à
Veniſe , & en Savoye , mourut
le de ce mois âgé de 73 .
ans. Il eſtoir fils deGeoffroy ,
d'Eſtrades ,Maréchal de France
, Chevalier des Ordres du
Roy,Gouverneur deDunkerque
, Maire perpetuel de la
Ville de Bordeaux , Viceroy
de l'Amerique , & Gouverneur
deM. le DucdeChartres
286 MERCURE
-
mort en 1686. & de Marie
du Pin de l'Allié. La Maiſon
d'Eſtrades dont il fortoit et
originaire de la Ville d'Agen.
Meffire Thomas Bailly,qui
avoit eſté reçû Maiſtre des
Comptes en 1659. mourut
fans poſterité lepremier de ce
mois, des Dames Anne leMai
rat,&N.Petit d'Eſtiny ſes deux
femmes: il eſtoit frere puîné
deCharles Bailly , Seigneur du
Sejour & de S. Mars , Maître
des Comptes, peredeCharles-
Guillaume Bailly , à preſent
Préſident au Grand Confeil;
&il étoit fils deCharles Bailly,
GALANT. 287
Seigneur du Sejour & de S.
Mars, Maistre des Comptes ,
& Conſeiller d'Etat , & de
Françoiſe Mareſcot , petit fils
de Charles Bailly , Seigneur
du Sejour , Préfident des
Comptes ; & arriere petit fils
de Guillaume Bailly, Seigneur
de la Motte du Sejour, Conſeiller
du Roy en ſes Conſeils,
&d'honneur au Parlement de
Paris , au Grand Confeil &
autres Cours Souveraines de
France , Préſident en la Cham
bre des Comptes de Paris
Chancelier de Monſeigneur
le Duc d'Alençon; puis aprés
288 MERCURE
la mort de Magdelaine Harel
ſa femme, Abbé Commandataire
de l'Abbaye de Bourgücil
enAnjou , mort au mois
d'Avril 1582. & enterré dans
l'Eglife de cette Abbaye. La
famille de Bailly , l'une des
premieres de Paris , s'eſt alliéc
à celles de de Meſmes ,
Loyſel, de Bautru , de Vaffan,
de Bitault , de Bullion , & à la
Maiſon de Longueval. e
da
Meffire BenoistBidal,Baron
d'Asfeld,Maréchal des Camps
& Armées du Roy , mourut
le 29. du mois paſſé , âgé
de 57. ans , ne laiſſant qu'une
fille
GALANT. 289
fille de fon mariage , avec Anne
Pucelle , fille de feu Pierre
Pucelle , Premier Préſident au
Parlement de Grenoble , &
d'Anne Roujault , & petite
niece de feu M. le Maréchal
de Catinar. Mr d'Asfeld qui
vient de mourir , eſtoit frere
de François Bidal , dit le Che
valier d'Asfeld , Lieutenant
General des Armées du Roy,
& fils de Pierre Bidal , Baron
d'Asfeld , Reſident pour
Roy en baſſe Allemagne , &
de Catherine Baſtonneau.
Ic
Dame Marie-Anne de S.
Lerry de Bellegarde, veuve de
May 1715. Bb
2
290 MERCURE
Meffire Jean Antoine de Pardaillan
de Gondrin , Marquis
de Monteſpan , puis Duc de
Bellegarde par elle , Mantre
de la Garde robe du Roy ,
mourut le tri de ce mois , en
fa 94. année : elle eftoir fille
deCæfar Auguſte de S. Lary ,
Marquis de Termes , grand
Ecuyer de France , premier
Gentilhomme de la Chambre
du Roy, Maréchal de ſes
Camps & Armées , Chevalier
de ſes Ordres , & de CatherineChabot
de Mirebeau . M.
le Marquis de Monteſpan fon •
mary eſtoitgrand oncle deM.
GALANT. 291
1
Le Duc d'Antin. Voyez la
Genealogie de la Maiſon de S.
Larry, originaire deGascogne
dans l'Histoire des grands Officiers
de la Couronne par M.
du Fourny , au Chapitre des
Maréchaux , & des grands
Ecuyers de France. Pour celle
de Pardaillan que l'on croit
fortie de celle de Pardaillan au
Comté d'Armagnac , elle s'eſt
de tout temps alliée aux premieres
Maiſons du Royaume.
Meffire Claude Boſc, Seigneur
d'Ivry ſur Seine, Confeiller
d'Etat , & ancien Prevoſt
des Marchands , mourut
Bb ij
292 MERCURE
lers. de ce mois en ſa 74.
année , laiſſant de fon ma
riage avec Marie Catherine
Jacques Jean Baptiste Boſc
Procureur General de la Cour
des Aydes , marie à N.
de Gendre , foeur puinée de
Marguerite le Gendre, femme
d'AntoineCroſat, pere& me
re de Dame Marie- AnneCrofat,
femme de Loüsdela Tour
deBoüillon, Comte d'Evreux,
Colonel de la Cavaleric legere
de France. M. Boſc qui vient
de mourir eſtoit ifrere de
Claude &Marguerite Boſc
femme de feu Alexandre BonGALANT.
293
temps , premier Valet- de-
Chambre du Roy , pere de
M Bontemps, auffi à preſent
premier Valer -de- Chambre
du Roy , & il eſtoit fils de
Claude Boſc , premier Commis
du Trefor Royal , mort
en 1678. & de Marie Brof
fier.
Fermer
414
p. 293-298
Dons du Roy. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a donné la Charge de Conseiller d'Etat, vacante [...]
Mots clefs :
Dame, Marquis, Roi, Abbaye, Duc de Berry
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons du Roy. [titre d'après la table]
Le Roy a donné laCharge
de Conſeiller d'Etat , vacante
pat la mort de M. Bofe , àM.
dela Berchere de la Rochepor,
devantMaiſtre des Requê
tes del Hoſtel , Chancelier de
Monſeigneur leDuc de Berry,
&gendre de M. leChancelier,
Bb iij
294 MERCURE
Le mois s'avance & la matiere
me preſſe, c'eſt pourquoy
je ſuis d'avis dene plus preluder
juſqu'à la fin du Livre , &
de vous donner le reſte des
articles qui doivent ſervir à le
remplir , comme ils me tomberont
ſous la main ; ainſi je
vous annonce ſans preambule
que le 20. du mois paflé , le
Roy donna fur lapreſentation
deM. leDucd'Orleans , l'Ab
baye de Longpont Ordre de
Citeaux, Dioceſe de Soiffons ,
àM. de la Vergne Montenar
de Treffant Comte de Lyon ,
premier Aumônier de M. le
GALANT 295
Duc d'Orleans. Ce nouvel
Abbé eſt,neveu de Meſfire
Loüis de laVergne deTreffans
Evêque du Mans , & forty
d'une nobleſſe distinguée de
Languedoc.
L'Abbaye de Polengey
Ordre de S. Benoist , Diocele
deLangres à la Dame de Pezeux
, fortie de la Maiſon de
Pras ,en Franche Comté , &
niéce de feu M. le Maréchal
de Choiſeul.
L'Abbaye de Blefle , Ordre
de Citeaux , Dioceſe de S.
Flour , à la Dame de Chava .
.gnac , d'une nobleſſe diſtin-
Bb iiij
296 MERCURE
guée d'Auvergne..
L'Abbaye de Charenton
Ordre des. Benoist,Diocese de
Bourges à la Dame deMontgon
, de la Maiſon de Beauverger
, l'une des plus diſtinguées
de la Province d'Auver
gne par fon ancienneté& par
fes alliances.
Le Lundy 20. le Roy declara
qu'il avoit nommé qua.
tre Dames du Palais à Madame
la Ducheffe de Berry à qui il
avoit fait quitter le grand
deüil ſçavoir , Madame la
Marquiſe de Coëtenfao, femmedeM.
leMarquis de Coë
GALANT 297
tenfao , Chevalier d'Honneur
de cette Princeſſe , Lieutenant
Generaldes Armées du Roy.
Madame la Marquiſe de Bran
cas , femme de M. le Marquis
deBrancas , LieutenantGeneral
des Armées du Roy , Gouver
neur deGironne,Chevalier de
la Toiſon d'or & Ambaffadeur
en Eſpagne. Madame la
MarquisedeClermont,femme
M. le Marquis de Clermont ,.
Capitaine des Gardes du
Corps de feu Monſeigneur le
Duc de Berry. Et Madame la
Marquile de Pons, femme de
M. le Marquis de Pons Mar
298 MERCURE
tre de la Garderobe de feu
Monſeigneur leDuc de Berry.
de Conſeiller d'Etat , vacante
pat la mort de M. Bofe , àM.
dela Berchere de la Rochepor,
devantMaiſtre des Requê
tes del Hoſtel , Chancelier de
Monſeigneur leDuc de Berry,
&gendre de M. leChancelier,
Bb iij
294 MERCURE
Le mois s'avance & la matiere
me preſſe, c'eſt pourquoy
je ſuis d'avis dene plus preluder
juſqu'à la fin du Livre , &
de vous donner le reſte des
articles qui doivent ſervir à le
remplir , comme ils me tomberont
ſous la main ; ainſi je
vous annonce ſans preambule
que le 20. du mois paflé , le
Roy donna fur lapreſentation
deM. leDucd'Orleans , l'Ab
baye de Longpont Ordre de
Citeaux, Dioceſe de Soiffons ,
àM. de la Vergne Montenar
de Treffant Comte de Lyon ,
premier Aumônier de M. le
GALANT 295
Duc d'Orleans. Ce nouvel
Abbé eſt,neveu de Meſfire
Loüis de laVergne deTreffans
Evêque du Mans , & forty
d'une nobleſſe distinguée de
Languedoc.
L'Abbaye de Polengey
Ordre de S. Benoist , Diocele
deLangres à la Dame de Pezeux
, fortie de la Maiſon de
Pras ,en Franche Comté , &
niéce de feu M. le Maréchal
de Choiſeul.
L'Abbaye de Blefle , Ordre
de Citeaux , Dioceſe de S.
Flour , à la Dame de Chava .
.gnac , d'une nobleſſe diſtin-
Bb iiij
296 MERCURE
guée d'Auvergne..
L'Abbaye de Charenton
Ordre des. Benoist,Diocese de
Bourges à la Dame deMontgon
, de la Maiſon de Beauverger
, l'une des plus diſtinguées
de la Province d'Auver
gne par fon ancienneté& par
fes alliances.
Le Lundy 20. le Roy declara
qu'il avoit nommé qua.
tre Dames du Palais à Madame
la Ducheffe de Berry à qui il
avoit fait quitter le grand
deüil ſçavoir , Madame la
Marquiſe de Coëtenfao, femmedeM.
leMarquis de Coë
GALANT 297
tenfao , Chevalier d'Honneur
de cette Princeſſe , Lieutenant
Generaldes Armées du Roy.
Madame la Marquiſe de Bran
cas , femme de M. le Marquis
deBrancas , LieutenantGeneral
des Armées du Roy , Gouver
neur deGironne,Chevalier de
la Toiſon d'or & Ambaffadeur
en Eſpagne. Madame la
MarquisedeClermont,femme
M. le Marquis de Clermont ,.
Capitaine des Gardes du
Corps de feu Monſeigneur le
Duc de Berry. Et Madame la
Marquile de Pons, femme de
M. le Marquis de Pons Mar
298 MERCURE
tre de la Garderobe de feu
Monſeigneur leDuc de Berry.
Fermer
415
p. 62-64
Nouvelles de Londres. [titre d'après la table]
Début :
Les Lettres de Londres du 30. May, portent que ceux [...]
Mots clefs :
Juges, Roi, Londres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Londres. [titre d'après la table]
Les Lettres de Londres du
30. May , portent que ceux
qui examinent les Papiers du
Miniftere precedent, n'ont pas
encore fait leur rapport , &
qu'on ne ſçavoit quand ils le
feroient. Le bruit même couGALANT
. 63
roit que le Roy , pour éviter
les ſuites que ces recherches
pourroient avoir , avoit deſſein
de faire paſſfer au Parlement un
acte general d'abolition. Les
Juges de Paix ont ordonné aux
Commiſſaires des Paroiſſes de
deffendre de publier & de donner
à lire un imprimé qui a
pour titrel'Examiner , à peine
d'eſtre pourſuivis en Juſtice :
mais les Caffez & autres lieux
publics s'en moquent , diſant
qu'il n'y a point de Loy qui
le deffende, que ces Juges de
Paix n'ont pas le pouvoir d'en
faire , & que fi on les attaque,
ils ſe deffendront.
64 MERCURE
Il y a pluſieurs chefs des
Wigts morts. Milord Halifax
vient de mourir.
Les Comtes d'Oxfort , Arlay
, & de Straffort & autres
Torris, vont avec plus d'aſſeurance
que jamais aux Séances
du Parlement , les ennemis de
l'ancien Miniſtere ſe trouvant
embarraſlez plus que jamais à
leur faire leur procés Le Roy
George d'ailleurs les protege
fecretement , & fur tout Milord
Arlay & le Comte d'Oxfort.
30. May , portent que ceux
qui examinent les Papiers du
Miniftere precedent, n'ont pas
encore fait leur rapport , &
qu'on ne ſçavoit quand ils le
feroient. Le bruit même couGALANT
. 63
roit que le Roy , pour éviter
les ſuites que ces recherches
pourroient avoir , avoit deſſein
de faire paſſfer au Parlement un
acte general d'abolition. Les
Juges de Paix ont ordonné aux
Commiſſaires des Paroiſſes de
deffendre de publier & de donner
à lire un imprimé qui a
pour titrel'Examiner , à peine
d'eſtre pourſuivis en Juſtice :
mais les Caffez & autres lieux
publics s'en moquent , diſant
qu'il n'y a point de Loy qui
le deffende, que ces Juges de
Paix n'ont pas le pouvoir d'en
faire , & que fi on les attaque,
ils ſe deffendront.
64 MERCURE
Il y a pluſieurs chefs des
Wigts morts. Milord Halifax
vient de mourir.
Les Comtes d'Oxfort , Arlay
, & de Straffort & autres
Torris, vont avec plus d'aſſeurance
que jamais aux Séances
du Parlement , les ennemis de
l'ancien Miniſtere ſe trouvant
embarraſlez plus que jamais à
leur faire leur procés Le Roy
George d'ailleurs les protege
fecretement , & fur tout Milord
Arlay & le Comte d'Oxfort.
Fermer
416
p. 66-67
De Hambourg. [titre d'après la table]
Début :
On écrit de Hambourg que le Roy de Dannemarck a [...]
Mots clefs :
Hambourg, Roi du Danemark, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Hambourg. [titre d'après la table]
On écrit de Hambourg que
le Roy de Dannemarck a
donné au Contre Amiral Gabel
la Charge de Vice-Amiral
en confideration de la victoire
remportée ſur l'Eſcadre Suedoiſe&
qu'il luy a fait preſent
d'une épée enrichie de diamants.
On écrit de Berlin du
14. du mois paffé que l'on continuoit
d'y embarquer lagrofſe
artillerie avec une grande
quantité de bombes , de bou
GALANT. 67
lets ,de poudre &d'autres munitions
deguerre&de bouche.
LeComtedeCroiſſy, Ambarfadeur
Extraordinaire de France
en Suede eſtant arrivé à l'armée,
cut audiance du Roy de
Pruſſe auquel il preſenta deux
Lettres duRoytres -Chrétien.
Le 9. du mois de May il dîna
avec ce Prince ,& le 10. i partit
pour Stralzund : on a appris
depuis peu qu'il y eſtoit arrivé
le 14. au matin, qu'il avoit cu
d'abord audiance du Roy de
Suede , & qu'enfuite il avoit
dîné avec Sa Majeſté.
le Roy de Dannemarck a
donné au Contre Amiral Gabel
la Charge de Vice-Amiral
en confideration de la victoire
remportée ſur l'Eſcadre Suedoiſe&
qu'il luy a fait preſent
d'une épée enrichie de diamants.
On écrit de Berlin du
14. du mois paffé que l'on continuoit
d'y embarquer lagrofſe
artillerie avec une grande
quantité de bombes , de bou
GALANT. 67
lets ,de poudre &d'autres munitions
deguerre&de bouche.
LeComtedeCroiſſy, Ambarfadeur
Extraordinaire de France
en Suede eſtant arrivé à l'armée,
cut audiance du Roy de
Pruſſe auquel il preſenta deux
Lettres duRoytres -Chrétien.
Le 9. du mois de May il dîna
avec ce Prince ,& le 10. i partit
pour Stralzund : on a appris
depuis peu qu'il y eſtoit arrivé
le 14. au matin, qu'il avoit cu
d'abord audiance du Roy de
Suede , & qu'enfuite il avoit
dîné avec Sa Majeſté.
Fermer
417
p. 75-79
« Le Marquis de los Balbazés a demandé la permission de [...] »
Début :
Le Marquis de los Balbazés a demandé la permission de [...]
Mots clefs :
Majorque, Barcelone, Prince, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Marquis de los Balbazés a demandé la permission de [...] »
Le Marquis de los Balbazés
a demandé la permiffion de
paſſer en Italie pour y aller
mettre ordre à ſes affaires , ce
qui luy à eſté accordé.
ॐ
Le Conſeil de Caſtille s'eſt
aſſemblé extraordinairement ,
&a preſenté auRoyun projet
Gij
76 MERCURE
de Gouvernement nouveau
de la Catalogne, qui aura lieu ,
à ce qu'on croit , dans le même
temps qu'on publiera le
Reglement des autres Tribunaux.
Du 27. du même mois on
écrit d'Aranjuez que les chaleurs
exceſſives ont cauſéquelques
maladies dans la Famille
Royale,& que cependant leurs
Majeſtez vont tous les jours
à la chaſſe , & qu'elles ſe promenent
les nuits dans les Jardins
du Palais , qu'on a ſoin
d'éclairer , & où on affemble
GALANT. 77
les meilleurs Muficiens qui
ſoient en Eſpagne pour leur
donner des concerts agreables.
*
On écrit de Barcelone qu'-
on y a publie un banc par lequel
on ordonne à tous ceux
qui ont obtenu des Benefices ,
& des qualitez de l'Empereur ,
d'aller mettre leurs titres dans
les mains du Prince deSerclas ;
on ajoute que les Peuples de
cette Principauté ſont au deſeſpoir
de la nouvelle contribu-
1
tion de deux millions cinq
cent mille piaſtres qu'on leur a
Gij
78 MERCURE
impoſez , & l'on affeure que
tous les revenus de cette
Province nemontent pas à cette
ſomme.
Le ſept dece mois le Doyen
de Talavera prit poſſeſſion de
l'Eglife Metropolitaine deTolede
au nom du nouvel Archevêque
, cy devant Evêque de
Badajos qui eſt attendu àAranjuez
pour baifer la mainà leurs
Majeftez , & ſe rendre enſuite
à fon Archevêché.
L'expedition de Mayorque
eſt encore differée ; on dit que
lesMayorquins ſont prêts à ſe
foumettre , pourveu qu'on
GALANT. 79
veüille leurs accorder la vie ,
les biens , & la liberté.
a demandé la permiffion de
paſſer en Italie pour y aller
mettre ordre à ſes affaires , ce
qui luy à eſté accordé.
ॐ
Le Conſeil de Caſtille s'eſt
aſſemblé extraordinairement ,
&a preſenté auRoyun projet
Gij
76 MERCURE
de Gouvernement nouveau
de la Catalogne, qui aura lieu ,
à ce qu'on croit , dans le même
temps qu'on publiera le
Reglement des autres Tribunaux.
Du 27. du même mois on
écrit d'Aranjuez que les chaleurs
exceſſives ont cauſéquelques
maladies dans la Famille
Royale,& que cependant leurs
Majeſtez vont tous les jours
à la chaſſe , & qu'elles ſe promenent
les nuits dans les Jardins
du Palais , qu'on a ſoin
d'éclairer , & où on affemble
GALANT. 77
les meilleurs Muficiens qui
ſoient en Eſpagne pour leur
donner des concerts agreables.
*
On écrit de Barcelone qu'-
on y a publie un banc par lequel
on ordonne à tous ceux
qui ont obtenu des Benefices ,
& des qualitez de l'Empereur ,
d'aller mettre leurs titres dans
les mains du Prince deSerclas ;
on ajoute que les Peuples de
cette Principauté ſont au deſeſpoir
de la nouvelle contribu-
1
tion de deux millions cinq
cent mille piaſtres qu'on leur a
Gij
78 MERCURE
impoſez , & l'on affeure que
tous les revenus de cette
Province nemontent pas à cette
ſomme.
Le ſept dece mois le Doyen
de Talavera prit poſſeſſion de
l'Eglife Metropolitaine deTolede
au nom du nouvel Archevêque
, cy devant Evêque de
Badajos qui eſt attendu àAranjuez
pour baifer la mainà leurs
Majeftez , & ſe rendre enſuite
à fon Archevêché.
L'expedition de Mayorque
eſt encore differée ; on dit que
lesMayorquins ſont prêts à ſe
foumettre , pourveu qu'on
GALANT. 79
veüille leurs accorder la vie ,
les biens , & la liberté.
Fermer
418
p. 217-224
Mariages. [titre d'après la table]
Début :
Messire Loüis Alexandre de Crussol, Comte de Montsalez a épousé [...]
Mots clefs :
Marquis, Roi, Chevalier, Dame, Seigneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariages. [titre d'après la table]
Meffire Loüis Alexandrede
Cruflol , Comte de Montſalez
a époufé Damoiſelle N.
de Gouvernet , de la Maiſon
de la Tour de Dauphiné. L'époux
eft fils d'Emmanuel de
Cruffol , Marquis de Montſalez
& de Magdelaine de Fouquet
, fille de feu M. Fouquet ,
Sur Intendant des Finances ,&
de N..... Caſtille , petit- fils
d'Alexandre de Crufſol , & de
N.... Deſcars Merville , arriere
petit fils d'Emmanuël de
Cruſſol Duc d'Uzés , Premier
Juin 1715 . T
218 ) MERCURE
Pair de France , & de Claude
Hebrard de S. Sulpice, Jay
parlé de cette Maiſon le mois
paffé , au ſujet du mariage de
M. le Marquisde S. Sulpice. Il
y a déja cu neuf Ducs & Pairs
du nom de Cruffol . Les Ducs
d'Uzés ont l'avantage de marcher
les premiers dans toutes
les ceremonies aprés lesPrinces
du Sang. LaDemoiselle ett fille
Ide,Nubala Tour du Pin ,
Marquis deGouvernet enDauphine
, & de Senevions en
Quercy; & de N. la Roche-
Jart qui a l'honneur d'appartenit
à Madame de Maintenon .
T
GALANT. 219
(
La Maiſon de la Tour eſt une
des plus anciennes & des plus
illuftres duRoyaume. Le mariage
s'eft fait au Château de
Senevions , qui eſt un ancien
Marquiſat prés du Marquiſat
de Montſalez , Dioceſende
-Cahors gearevelano risub
M. le Marquis d'Heudicourt,
Meſtre de Camp d'un
Regiment deCavalerie ,&Bri-
⚫gadier des Armées du Roy, fils
de Michel Sublet , Marquis
d'Heudicourt,MeſtredeCamp
d'un Regiment deCavaleric ,
&grand Louvetier de France ,
&de Bonne de Pons ,de l'illuf-
Tij
220 MERCURE
le
tre Maiſon de Pons , a épousé
May ..... de Hautefort
, Damoiſelle de Surville,
fille de Meffire Loüis Charles
de Hautefort, Marquis deSurville
, Lieutenant general des
Armées du Roy , & de Dame
Anne Loüife de Crevant d'Hu.
mieres , fille puînée de Loüis de
Crevant , Duc d'Humieres ,
Marechal & grand Maître de
l'Artillerie de France , Capitaine
des CentGentilshommes
de la Maiſon du Roy , Chevalier
de ſes Ordres , Lieutenant
general pour S. M. de la Province
de Flandres ; &de Dame
d
GALANT. 221
1
Loüiſe Antoinette de la Chatre.
La Maiſon de Hautefort
dont eſt la nouvelle mariée,eft
unç des plus anciennes du
Royaume. Elle prend ſonnom
de la Terre de Hautefort en
Perigord , & elle s'eſt de tour
tems alliée aux plus grandes
Maiſons , comme Comborn ,
la Tour d'Auvergne , Chabannes,
Bonneval, Eſcars , Aubuſſon,
du Bellay, Schomberg,
Choiſeul , Pompadour , Laval,
Crevant , S. Notaire , &c.
Pour la famille de Sublet dont
A
eſt Male Marquis d'Heudicourt
, elle eſt originaire de la
Tiij
MERCURE
Ville de Blois , & elle s'eſt alliée
aux Maiſons dePons,de
Roncherolles, deLenoncourt,
de Beauverger Montgon ,&
aux familles deBochartCham
pigny , le Picart de Perigny ,
Horault de S. Dans leBret
deFlacourry& wo& sh mang
isMemné ob wirede Beryg
Chevalier Seigneur d'Effer
teaux, fils de Mare Philippes
de Bery , Chevalier Seigneur
d'Efforteaux , & Magdelaine
Ancelin, fille d'Eſtienne Anco
lin , & de Perrette da Four,
nourrice des Enfansde France,
avépousé lode abDemoiselle
GALANDO 2.2.3
1
-It froes Moret de Bournon
ville, fille de Louis Morer
Seigneur de Bournonville,cy
devant Colonel du Colonel
General des Dragrons de France,
& deCatherine Durer, petite
fille de Lotüis Moret , Seit
gneur de Bournonville , Fer
mier General , & de Magdelaine
Berbier du Metz , arriere
petite fille de Nicolas Moret
Secretaite du Roy , Maiſtre
d'Hoſtel ordinaire de Sa Ma
jeſté, mort le 6. Aouſt 1646.
& niece de feuë Dame Anne
Thereſe Moret ,femme deMr
le Comte de Chaſtillon , cy
Tiiij
224 MERCURE
devant premier Gentil homme
de la Chambre de S. A. R. M.
Ic.Dus d'Orleansongge,amab
Le nouveau marié eft frere
de Marie Thereſe demBery
d'Efferteaux , femme de Me
Chopin, Chevalier duGuet de
In Ville de Paris , & la famille
dont il eſt forti , eſt originai
re de Picardie , où elle est cons
nuë depuis plus de 200. ans,
qu'elle y poſſede la Terred'El
ferteaux , & elle s'eſt alliée aux
Maiſons de Saveuſe deBroülly,
&c.
Cruflol , Comte de Montſalez
a époufé Damoiſelle N.
de Gouvernet , de la Maiſon
de la Tour de Dauphiné. L'époux
eft fils d'Emmanuel de
Cruffol , Marquis de Montſalez
& de Magdelaine de Fouquet
, fille de feu M. Fouquet ,
Sur Intendant des Finances ,&
de N..... Caſtille , petit- fils
d'Alexandre de Crufſol , & de
N.... Deſcars Merville , arriere
petit fils d'Emmanuël de
Cruſſol Duc d'Uzés , Premier
Juin 1715 . T
218 ) MERCURE
Pair de France , & de Claude
Hebrard de S. Sulpice, Jay
parlé de cette Maiſon le mois
paffé , au ſujet du mariage de
M. le Marquisde S. Sulpice. Il
y a déja cu neuf Ducs & Pairs
du nom de Cruffol . Les Ducs
d'Uzés ont l'avantage de marcher
les premiers dans toutes
les ceremonies aprés lesPrinces
du Sang. LaDemoiselle ett fille
Ide,Nubala Tour du Pin ,
Marquis deGouvernet enDauphine
, & de Senevions en
Quercy; & de N. la Roche-
Jart qui a l'honneur d'appartenit
à Madame de Maintenon .
T
GALANT. 219
(
La Maiſon de la Tour eſt une
des plus anciennes & des plus
illuftres duRoyaume. Le mariage
s'eft fait au Château de
Senevions , qui eſt un ancien
Marquiſat prés du Marquiſat
de Montſalez , Dioceſende
-Cahors gearevelano risub
M. le Marquis d'Heudicourt,
Meſtre de Camp d'un
Regiment deCavalerie ,&Bri-
⚫gadier des Armées du Roy, fils
de Michel Sublet , Marquis
d'Heudicourt,MeſtredeCamp
d'un Regiment deCavaleric ,
&grand Louvetier de France ,
&de Bonne de Pons ,de l'illuf-
Tij
220 MERCURE
le
tre Maiſon de Pons , a épousé
May ..... de Hautefort
, Damoiſelle de Surville,
fille de Meffire Loüis Charles
de Hautefort, Marquis deSurville
, Lieutenant general des
Armées du Roy , & de Dame
Anne Loüife de Crevant d'Hu.
mieres , fille puînée de Loüis de
Crevant , Duc d'Humieres ,
Marechal & grand Maître de
l'Artillerie de France , Capitaine
des CentGentilshommes
de la Maiſon du Roy , Chevalier
de ſes Ordres , Lieutenant
general pour S. M. de la Province
de Flandres ; &de Dame
d
GALANT. 221
1
Loüiſe Antoinette de la Chatre.
La Maiſon de Hautefort
dont eſt la nouvelle mariée,eft
unç des plus anciennes du
Royaume. Elle prend ſonnom
de la Terre de Hautefort en
Perigord , & elle s'eſt de tour
tems alliée aux plus grandes
Maiſons , comme Comborn ,
la Tour d'Auvergne , Chabannes,
Bonneval, Eſcars , Aubuſſon,
du Bellay, Schomberg,
Choiſeul , Pompadour , Laval,
Crevant , S. Notaire , &c.
Pour la famille de Sublet dont
A
eſt Male Marquis d'Heudicourt
, elle eſt originaire de la
Tiij
MERCURE
Ville de Blois , & elle s'eſt alliée
aux Maiſons dePons,de
Roncherolles, deLenoncourt,
de Beauverger Montgon ,&
aux familles deBochartCham
pigny , le Picart de Perigny ,
Horault de S. Dans leBret
deFlacourry& wo& sh mang
isMemné ob wirede Beryg
Chevalier Seigneur d'Effer
teaux, fils de Mare Philippes
de Bery , Chevalier Seigneur
d'Efforteaux , & Magdelaine
Ancelin, fille d'Eſtienne Anco
lin , & de Perrette da Four,
nourrice des Enfansde France,
avépousé lode abDemoiselle
GALANDO 2.2.3
1
-It froes Moret de Bournon
ville, fille de Louis Morer
Seigneur de Bournonville,cy
devant Colonel du Colonel
General des Dragrons de France,
& deCatherine Durer, petite
fille de Lotüis Moret , Seit
gneur de Bournonville , Fer
mier General , & de Magdelaine
Berbier du Metz , arriere
petite fille de Nicolas Moret
Secretaite du Roy , Maiſtre
d'Hoſtel ordinaire de Sa Ma
jeſté, mort le 6. Aouſt 1646.
& niece de feuë Dame Anne
Thereſe Moret ,femme deMr
le Comte de Chaſtillon , cy
Tiiij
224 MERCURE
devant premier Gentil homme
de la Chambre de S. A. R. M.
Ic.Dus d'Orleansongge,amab
Le nouveau marié eft frere
de Marie Thereſe demBery
d'Efferteaux , femme de Me
Chopin, Chevalier duGuet de
In Ville de Paris , & la famille
dont il eſt forti , eſt originai
re de Picardie , où elle est cons
nuë depuis plus de 200. ans,
qu'elle y poſſede la Terred'El
ferteaux , & elle s'eſt alliée aux
Maiſons de Saveuſe deBroülly,
&c.
Fermer
419
p. 263-284
Journal historique & curieux des nouvelles de la Cour. [titre d'après la table]
Début :
Le premier de ce mois le Roy revint de Marly à Versailles, [...]
Mots clefs :
Dames, Duchesse, Abbé, Roi, Cardinal, Duchesse de Berry, Duc d'Orléans, Chapelle, Cour, Dames
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Journal historique & curieux des nouvelles de la Cour. [titre d'après la table]
Le premier de ce mois leRoy
revint de Marly à Verſailles ,
Madame la Ducheſſe de Berry
en revint auſſi , accompagnée
de Meſdames les Ducheſſes de
Chaulnes & de Louvigny , des
Marquiſes de Coëtenfao , de
Clermont , de Pons , de la
Vrilliere , de S. Germain , de
Tonnerre , de Montſoreau, de
la Rochepot , de Châtillon, &
de pluſieurs autres . Le ſoir au
ſoupé le nombre des Dames
fut fi grand , que lorſque le
GALANT. 269
Roy voulut entrer dans fon
Appartement il les trouva
rangées juſques dans l'antichambre
, n'ayant pû tenir
dans ſa chambre. Le 3. il y cût
pluſieursEvêques au levé, aprés
Jequel les Députez de Hambourg
eurent Audience du
Roy dans ſon cabinet , où ils
furent introduits par le fieur
Merlin. Aprés le dîné leClergé
qui étoit composé de trentedeuxArchevêques
ouEvêques,
de trente- deux Deputez du ſecond
ordre , des Agents & Sccretaires
, precedez de M. le
Marquis de Dreux, grandMai-
Zitj
270 MERCURE
tre des Ceremonies , & de M.
Delgranges, Maître desCeremonies
, fut preſenté par M.
de Pontchartrain au Roy;M.
l'Archevêque d'Alby porta la
parole , & harangua Sa Majeſté
avec beaucoup d'éloquenco;
il fit en peu de mots l'hiftoire
de ſa vie : c'eſt pour la
quatrième fois que ce Prelat
qui eſt un des 40. de l'Acadé
mie Françoiſe,harangue S. M.
à la tête du Clergé ; auſſi a-t- il
toutes les fois receu un applaudiffement
general de toute la
Cour. LeClergé alla enfuite
chez M. le Dauphin qui l'at.
GALANT. 271
tendoit dans l'Appartementde
fcuë Madame la Dauphine, où
le même Prelat harangua ce
Prince pour la premiere fois ;
jenevous rapporte pas cesHarangues
,parce que le Clergé
les a trouvé fi belles, qu'il a demandé
à M. l'Archevêque
d'Alby la permiffion de les faire
imprimer. Le même jour à
fix heures du foir , le Roy alla
ſe promener dans le parc , accompagné
deMadame la Ducheffe
de Berry , qui avoit avec
elleune vingtaine de Dames.
M. le Duc d'Orleans marchoit
auſſi à coſtédu Roy. Le 4. il y
Ziij
272 MERCURE
cût l'aprés diſnée un Confeil
extraordinaire , où le Roi &
tous les Miniftres fe trouverent
; on y appella M. l'Abbé
Bignon, Meffieurs le Pelletier,
de la Bourdonnaye , d'Argenfon,
Conſeillers d'Etat ,&un
Maistre des Requeſtes pour
faire le rapport : ce futau ſujet
d'une Requête que les Jeſuitos
avoient preſentée auRoi ,dans
laquelle ils demandoient qu'il
leur fût permis d'heriter, comme
les Peres de l'Oratoire , ou
dumoinsqu'en cas qu'ils vinf
ſent à fortir de la Societé , ils
puſſente rentrer dans leurs
GADANK . 273
biens .Ils obtintent qu'ils heristeroient
; mais à condition
qu'ils feroient leursvoeux àl'agede
33.ans , & que s'ils par
foient ce tems ſans les faire, il
ne leur feroit plus permis de
fucceder. Le foir à fixheuresle
Roi alla à la promenade , Madame
la Duchefile deBerry accompagnée
d'un grand nombre
de Dames l'alla joindre
dans le para ; les carrioles fuivirent
les Dames , afin que ,
quand elles ſeroient laffes ,elles
puffent fe faire traîner de même
que le Roi , qui eſt ſur un
fauteüil à trois rouës qu'il con.
274 MERCURE
duit lui-même , & qui eft par
derriere pouffé pardeux Suif
fes. M. le Ducd'Orleans marchoit
toûjours à colté de Sa
Majeſté. La promenade finie
Madame la Ducheſſe deBerry
rentra dans fon appartement
, fuivie de toutes les
Dames ; les Seigneurs de la
Cour s'y rendirent , & l'on
commença le jeu qui dura jul
ques à 10. heures ; ce qui a
toûjours eſté de même pent
dant tout le ſéjour que laCout
a- fait à Verfailles. Le 6. le
Roy alla dîner à Trianon, Le
7. pendant le dînédu Roy il y
GALANT. 275
eût un tres -beau concert dans
la cour de marbre ,pour la
reception de Filidor le fils qui
fut receu Timbalier des plaifirs
du Roy , il y avoit plufieurs
trompettes , flutes douces
,haut bois , violons ,baffes
deviole ,& autres fortes d'inf-
*truments qui joüerent de fort
beaux airs . Le 8. veille de la
Pentecofte , le Roy ſe rendit
à to heures du matin à la
Chapelle, revêtu de l'habit ,
manteau,& collier de l'Ordre,
il y communia par les mains
de M. le Cardinal de Rohan
Grand Aumônier , les coins
26
276 MERCURE
6
de la nappe de communion
furent tenus du coſté de l'Autel
par M. l'Abbé de Sourches,
& par M. l'Abbé d'Argentté
ſes Aumoſniers . Du coſté de
S. M. par M. le Prince de
Dombes , &par M. le Comte
d'Eu. Le Roy aprés avoir en
tendu une ſeconde Meſſe , ſe
rendit dans la Gallerie des
Princes , où il toucha plus de
mille malades ,& l'apreſdinée
àdeux heures &demie , il ſe
rendit à la Chapelle pour y
entendre les Veſpres qui furent
chantées par la muſique :
il avoit d'un coſté , Madame la
GALANT. 277
Ducheffe de Berry, Meſdemoifelles
de Charollois , & de
Clermont &de l'autre M.
le Duc d'Orleans , M. le Prince
deConty , M. le Prince de
Dombes , & M. le Comte
d'Eu à coté du Prié Dicu
fur la droite eſtoit M. le Car
dinal de Rohan Grand Aumoſnier
, en foutanne , &
manteau long couleur de feu ,
M. l'Abbé de Sourches , &
M. l'Abbé d'Argentré Aumoſniers
en habits longs ; fur
la gauche M. le Cardinal de
Polignac auffi en foutanne ,
&manteau long couleur de
278 MERCURE
feu ; M. l'Abbé de Caftres ,&
M.l'Abbé deRougetAumofniers
de Madame la Ducheffe
deBerry , eſtoient auſſi en habits
longs entre le Prié - Dieu
duRoy& cette Princeffe.Der
riere le Roy eſtoit M. le Duc
de Charroft , Capitaine des
Gardes ; derriere Madame la
Ducheſſe de Berry , Madame
la Duchefſe de S. Simon fa
Dame d'Honneur ,&derriere
M. le Duc d'Orleans , M. le
Marquis d'Eſtampes fon Capitaine
desGardes. Le9 . jour
de la Pentecofte , Madame la
Ducheſſede Berry ſe rendit à
GALANT. 279
onzeheuresdu matin à la Chapelle
pour y faire ſes devotions,
les coins de la nappe de
communion furent tenus du
coſté droit par M. l'Abbé de
Rouget fon Aumofnier , &
par Madame la Ducheſſe de
S. Simon ſa Damed'Honneur,
du coſté gauche par M. l'Abbé
Davejan , & par Madame
la Ducheſſe de Louvigny. Le
Royſe rendit auffi à onzeheures
& demie à la Chapelle ,
revêtu de l'habit de l'Ordre ,
precedé de M. le Duc d'Orleans
, des Princes & Chevaliers
de l'Ordre tous en ha280
MERCURE
A
bits de ceremonie pour y entendre
la Meſſe qui fut chantée
en Muſique. Le Roy retourna
encore à deux heures
&demic à laChapelle , accom
pagnéde Madame la Ducheſſe
de Berry , deM. le Ducd'Or-
Icans , deMadame la Princeſſe,
des Princes ,&Princeſſes pour
y entendre le ſermon de M.
l'Abbé Hardoüin , que M. le
Dauphin entendit aufli à coſté
du Roy ; on entendit enſuite
les Vepres qui furent chantées
par la Muſique , chacun Le plaça
felon ſon rang comme le
jour precedent. Madame la
Ducheffe
GALANT. 281
Duchefle deTalard fit la queſte
ce jour-là.
On ſçut que la veille le Roy
avoit donné l'Abbaye de faint
Vaaſt d'Arras à M. le Cardinal
de Rohan , & celle d'Anchin
àM. le Cardinal de Polignac
, l'Abbaye aux Bois à
Madame deHarlay,celle deBagnols
à Madame deClefmes ,
celle des Alloys à Madame Pichon
, celle de ſaint Jeoire à
Madame du Baye,& le Prieuré
deChaſteau- Thierry à Madamede
Beaulieu.
Le dix aprés le levé S. M.
trouva à l'entrée du cabinet
Juin1715. Aa
282
1
MERCURE
M. l'Evêque de Meaux qu'il fit
entrer. Ge Prelat s'étant baillé
ôta ſa calote & le Roy lui
mitlacaloterouge ſur la teſte,
&l'embraſla ; cette Eminence
parut enſuite à la Mefle aveç
la calore rouge & fans Croix ,
ayant ofté celle d'Evêque qu'il
porroit auparavant. Lo 1.le
General des Benedictins eûraudience
du Roy dans ſon cabi,
net aprés le levé , il y cût ce
jour là quantité d'Etrangers ,
tous les Ambaſſadeurs y
étoient , de même que plur
fieurs Evêques, le nombre des
Courtulans for fi grand , qu'à
LA
1
GALANT. 285
peine pouvoient- ils tenir dans
la Tribune. Madame l'Ambaſſadriced
Hollande , &Mademoiſelle
ſa fille allerent àmi
di à la toilette de Madame la
Ducheffe de Berry poù ily cûc
grand nombre de Dames ,M.
le Maréchal de Villeroy &
pluſieurs autres Seigneurs y
étoient auffi. Le 12 il y cût
une tres belle ſymphoniepen
dant le dîné du Roy qui partic
à trois heures pour Marly.
Madame la Ducheſſe de Berry
partit à fix heures , emmena
avec elle dans ſon carroffe
Mesdames les Duchefles de
Aaij
284 MERCURE
S. Simon & de Chaulnes ,&
trois autres Dames; les autres
ſe mirent dans les carroffes de
cette Princeffe qui tiendra le
falon pendant le ſéjour deMar
ly ; on doit chaffer les Lundy,
Jeudy& Samedy ; cette Prin
cellc accompagnera le Roy
avec toutes les Dames à cheval
vetuës en Amazones comme
ellentedand
revint de Marly à Verſailles ,
Madame la Ducheſſe de Berry
en revint auſſi , accompagnée
de Meſdames les Ducheſſes de
Chaulnes & de Louvigny , des
Marquiſes de Coëtenfao , de
Clermont , de Pons , de la
Vrilliere , de S. Germain , de
Tonnerre , de Montſoreau, de
la Rochepot , de Châtillon, &
de pluſieurs autres . Le ſoir au
ſoupé le nombre des Dames
fut fi grand , que lorſque le
GALANT. 269
Roy voulut entrer dans fon
Appartement il les trouva
rangées juſques dans l'antichambre
, n'ayant pû tenir
dans ſa chambre. Le 3. il y cût
pluſieursEvêques au levé, aprés
Jequel les Députez de Hambourg
eurent Audience du
Roy dans ſon cabinet , où ils
furent introduits par le fieur
Merlin. Aprés le dîné leClergé
qui étoit composé de trentedeuxArchevêques
ouEvêques,
de trente- deux Deputez du ſecond
ordre , des Agents & Sccretaires
, precedez de M. le
Marquis de Dreux, grandMai-
Zitj
270 MERCURE
tre des Ceremonies , & de M.
Delgranges, Maître desCeremonies
, fut preſenté par M.
de Pontchartrain au Roy;M.
l'Archevêque d'Alby porta la
parole , & harangua Sa Majeſté
avec beaucoup d'éloquenco;
il fit en peu de mots l'hiftoire
de ſa vie : c'eſt pour la
quatrième fois que ce Prelat
qui eſt un des 40. de l'Acadé
mie Françoiſe,harangue S. M.
à la tête du Clergé ; auſſi a-t- il
toutes les fois receu un applaudiffement
general de toute la
Cour. LeClergé alla enfuite
chez M. le Dauphin qui l'at.
GALANT. 271
tendoit dans l'Appartementde
fcuë Madame la Dauphine, où
le même Prelat harangua ce
Prince pour la premiere fois ;
jenevous rapporte pas cesHarangues
,parce que le Clergé
les a trouvé fi belles, qu'il a demandé
à M. l'Archevêque
d'Alby la permiffion de les faire
imprimer. Le même jour à
fix heures du foir , le Roy alla
ſe promener dans le parc , accompagné
deMadame la Ducheffe
de Berry , qui avoit avec
elleune vingtaine de Dames.
M. le Duc d'Orleans marchoit
auſſi à coſtédu Roy. Le 4. il y
Ziij
272 MERCURE
cût l'aprés diſnée un Confeil
extraordinaire , où le Roi &
tous les Miniftres fe trouverent
; on y appella M. l'Abbé
Bignon, Meffieurs le Pelletier,
de la Bourdonnaye , d'Argenfon,
Conſeillers d'Etat ,&un
Maistre des Requeſtes pour
faire le rapport : ce futau ſujet
d'une Requête que les Jeſuitos
avoient preſentée auRoi ,dans
laquelle ils demandoient qu'il
leur fût permis d'heriter, comme
les Peres de l'Oratoire , ou
dumoinsqu'en cas qu'ils vinf
ſent à fortir de la Societé , ils
puſſente rentrer dans leurs
GADANK . 273
biens .Ils obtintent qu'ils heristeroient
; mais à condition
qu'ils feroient leursvoeux àl'agede
33.ans , & que s'ils par
foient ce tems ſans les faire, il
ne leur feroit plus permis de
fucceder. Le foir à fixheuresle
Roi alla à la promenade , Madame
la Duchefile deBerry accompagnée
d'un grand nombre
de Dames l'alla joindre
dans le para ; les carrioles fuivirent
les Dames , afin que ,
quand elles ſeroient laffes ,elles
puffent fe faire traîner de même
que le Roi , qui eſt ſur un
fauteüil à trois rouës qu'il con.
274 MERCURE
duit lui-même , & qui eft par
derriere pouffé pardeux Suif
fes. M. le Ducd'Orleans marchoit
toûjours à colté de Sa
Majeſté. La promenade finie
Madame la Ducheſſe deBerry
rentra dans fon appartement
, fuivie de toutes les
Dames ; les Seigneurs de la
Cour s'y rendirent , & l'on
commença le jeu qui dura jul
ques à 10. heures ; ce qui a
toûjours eſté de même pent
dant tout le ſéjour que laCout
a- fait à Verfailles. Le 6. le
Roy alla dîner à Trianon, Le
7. pendant le dînédu Roy il y
GALANT. 275
eût un tres -beau concert dans
la cour de marbre ,pour la
reception de Filidor le fils qui
fut receu Timbalier des plaifirs
du Roy , il y avoit plufieurs
trompettes , flutes douces
,haut bois , violons ,baffes
deviole ,& autres fortes d'inf-
*truments qui joüerent de fort
beaux airs . Le 8. veille de la
Pentecofte , le Roy ſe rendit
à to heures du matin à la
Chapelle, revêtu de l'habit ,
manteau,& collier de l'Ordre,
il y communia par les mains
de M. le Cardinal de Rohan
Grand Aumônier , les coins
26
276 MERCURE
6
de la nappe de communion
furent tenus du coſté de l'Autel
par M. l'Abbé de Sourches,
& par M. l'Abbé d'Argentté
ſes Aumoſniers . Du coſté de
S. M. par M. le Prince de
Dombes , &par M. le Comte
d'Eu. Le Roy aprés avoir en
tendu une ſeconde Meſſe , ſe
rendit dans la Gallerie des
Princes , où il toucha plus de
mille malades ,& l'apreſdinée
àdeux heures &demie , il ſe
rendit à la Chapelle pour y
entendre les Veſpres qui furent
chantées par la muſique :
il avoit d'un coſté , Madame la
GALANT. 277
Ducheffe de Berry, Meſdemoifelles
de Charollois , & de
Clermont &de l'autre M.
le Duc d'Orleans , M. le Prince
deConty , M. le Prince de
Dombes , & M. le Comte
d'Eu à coté du Prié Dicu
fur la droite eſtoit M. le Car
dinal de Rohan Grand Aumoſnier
, en foutanne , &
manteau long couleur de feu ,
M. l'Abbé de Sourches , &
M. l'Abbé d'Argentré Aumoſniers
en habits longs ; fur
la gauche M. le Cardinal de
Polignac auffi en foutanne ,
&manteau long couleur de
278 MERCURE
feu ; M. l'Abbé de Caftres ,&
M.l'Abbé deRougetAumofniers
de Madame la Ducheffe
deBerry , eſtoient auſſi en habits
longs entre le Prié - Dieu
duRoy& cette Princeffe.Der
riere le Roy eſtoit M. le Duc
de Charroft , Capitaine des
Gardes ; derriere Madame la
Ducheſſe de Berry , Madame
la Duchefſe de S. Simon fa
Dame d'Honneur ,&derriere
M. le Duc d'Orleans , M. le
Marquis d'Eſtampes fon Capitaine
desGardes. Le9 . jour
de la Pentecofte , Madame la
Ducheſſede Berry ſe rendit à
GALANT. 279
onzeheuresdu matin à la Chapelle
pour y faire ſes devotions,
les coins de la nappe de
communion furent tenus du
coſté droit par M. l'Abbé de
Rouget fon Aumofnier , &
par Madame la Ducheſſe de
S. Simon ſa Damed'Honneur,
du coſté gauche par M. l'Abbé
Davejan , & par Madame
la Ducheſſe de Louvigny. Le
Royſe rendit auffi à onzeheures
& demie à la Chapelle ,
revêtu de l'habit de l'Ordre ,
precedé de M. le Duc d'Orleans
, des Princes & Chevaliers
de l'Ordre tous en ha280
MERCURE
A
bits de ceremonie pour y entendre
la Meſſe qui fut chantée
en Muſique. Le Roy retourna
encore à deux heures
&demic à laChapelle , accom
pagnéde Madame la Ducheſſe
de Berry , deM. le Ducd'Or-
Icans , deMadame la Princeſſe,
des Princes ,&Princeſſes pour
y entendre le ſermon de M.
l'Abbé Hardoüin , que M. le
Dauphin entendit aufli à coſté
du Roy ; on entendit enſuite
les Vepres qui furent chantées
par la Muſique , chacun Le plaça
felon ſon rang comme le
jour precedent. Madame la
Ducheffe
GALANT. 281
Duchefle deTalard fit la queſte
ce jour-là.
On ſçut que la veille le Roy
avoit donné l'Abbaye de faint
Vaaſt d'Arras à M. le Cardinal
de Rohan , & celle d'Anchin
àM. le Cardinal de Polignac
, l'Abbaye aux Bois à
Madame deHarlay,celle deBagnols
à Madame deClefmes ,
celle des Alloys à Madame Pichon
, celle de ſaint Jeoire à
Madame du Baye,& le Prieuré
deChaſteau- Thierry à Madamede
Beaulieu.
Le dix aprés le levé S. M.
trouva à l'entrée du cabinet
Juin1715. Aa
282
1
MERCURE
M. l'Evêque de Meaux qu'il fit
entrer. Ge Prelat s'étant baillé
ôta ſa calote & le Roy lui
mitlacaloterouge ſur la teſte,
&l'embraſla ; cette Eminence
parut enſuite à la Mefle aveç
la calore rouge & fans Croix ,
ayant ofté celle d'Evêque qu'il
porroit auparavant. Lo 1.le
General des Benedictins eûraudience
du Roy dans ſon cabi,
net aprés le levé , il y cût ce
jour là quantité d'Etrangers ,
tous les Ambaſſadeurs y
étoient , de même que plur
fieurs Evêques, le nombre des
Courtulans for fi grand , qu'à
LA
1
GALANT. 285
peine pouvoient- ils tenir dans
la Tribune. Madame l'Ambaſſadriced
Hollande , &Mademoiſelle
ſa fille allerent àmi
di à la toilette de Madame la
Ducheffe de Berry poù ily cûc
grand nombre de Dames ,M.
le Maréchal de Villeroy &
pluſieurs autres Seigneurs y
étoient auffi. Le 12 il y cût
une tres belle ſymphoniepen
dant le dîné du Roy qui partic
à trois heures pour Marly.
Madame la Ducheſſe de Berry
partit à fix heures , emmena
avec elle dans ſon carroffe
Mesdames les Duchefles de
Aaij
284 MERCURE
S. Simon & de Chaulnes ,&
trois autres Dames; les autres
ſe mirent dans les carroffes de
cette Princeffe qui tiendra le
falon pendant le ſéjour deMar
ly ; on doit chaffer les Lundy,
Jeudy& Samedy ; cette Prin
cellc accompagnera le Roy
avec toutes les Dames à cheval
vetuës en Amazones comme
ellentedand
Fermer
420
p. 284-290
De Paris.
Début :
Le Jeudy 6. de ce mois à neuf heures du matin l'Assemblée [...]
Mots clefs :
Commissaires, Assemblée, Prince, Roi, Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris.
TuoqueDeParisinalak t
Le Jeudy 6. de ce mois à
neufheures du matin l'Affembléedu
Clergé qui ſe tient au
Convent des Grands Auguf
GALANT
tins , ayant eſté avertic que
Meſſieurs lesCommiflaires du
Royeſtoient arrivez , M. l'Archevêque
de Narbonne,Prefident,
a nommé M. l'Archevêqued'Aix
,Meffieurs lesEvê
ques d'Orleans,d'Avranches ,
de Sarlat ,d'Agde , d'Auxerre,
de Noyon , de Marſeille ,de
Seez , & de Lavaur ; & Mefſieurs
les Abbez de Rochebon
ne , Deſmaretz , d'Avaugour
de Roüillé , de Cathelan , de
Sommery , de S. Andiol d'Oppede
, de Maniban , &
Chavigny , pour aller les rece.d
voir ,ce qu'ils ont fait à l'en
de
286 MERCURE
trée de l'aîle du Cloiſtre qui
eſt prés de la porte de l'Eglife
qui va au Sanctuaire .
Dans la marche chaqua
Commiſſaireeſtoit entre deux
Evêques & deux Députez du
ſecond ordre. Eſtants entrez
dans la Salle de l'Aſſemblée ils
ſe ſont placez dans des fau
teils qui leur avoient eſté
preparez vis à vis des Prefi
dents de l'Aſſemblée...
Make Pelletier qui estoit le
plus ancien des Commiſſaires
a porté la parole & a fait un
diſcours tres éloquent auquel
M. l'Archevêque de Narbon
GALANT. 287
ne a répondu en des termes
tres convenables à la dignité
de l'Affemblée 43
cupEnfuite Meffieurs les
Commiſſaires du Roy , qui
eſtoientMeffieurs le Pelletier,
Dagueſſeau , de Pontchartrain,
Defmaretz ,& le Goux
de la Berchere de la Rochepot
font fortis ,& ont eſté recon
duits par les meſmes perſonnes
&avec les meſmes honneurs
qu'ils avoient receus en arrivant.
1 Le 13. Meſſieurs les mêmes
Commiffaires du Roy ont retourné
à l'Aſſemblée , où ils
288 MERCURE
-
ont eſté receus par les mefmes
perſonnes & de la mefme
maniere que lors qu'ils y
eſtoient allez la premiere fois.
Monfieur le Pelletier a fait au
nom du Roy , la demande
de douze millions de dongratuit
:Meſſieurs les Commiſſaires
du Roy s'eftant enſuite
retirez dans une des fallesde
la maiſon , l'Aſſemblée a deli
beré d'accorder au Roy ledon
gratuit de douze millions ,
&Meſſieurs les Deputez qui
avoient eſté audevant de
Meſſieurs les Commiſſaires du
Roy , ont eſté les informer
dc
GALANT. 289
de la déliberation que laCompagnie
venoit de rendre tout
d'une voix, pour donner des
marques de ſon empreſſement
& de fon zele pour le ſervice
de Sa Majeſté.
Le Prince Royal de Pologne
, partitle 15. de ce mois
pour aller viſiter les Villes les
plus confiderables du Royaume.
Ce Prince a receu de Sa
Majefté d'éclatantes marques
de ſon eſtime & de ſa tendreſſe
, & quelques jours
avant fon départ , une épée
enrichie de diamants d'un tres
grand prix . Je ne vous diray
Juin 1715 . Bb
:
290 MERCURE
:
qu'une fimple verité à la
loüange de ce Prince ; & cette
verité fera par tout fon éloge
comme icy , c'est qu'il s'eſt
fait univerfellement estimer
& aimer , & qu'il est forti de
cetteVille , reſpecté , confideré
,®retté de tout le
monde.
M.le Palatin de Livonie
GrandMaître de ſa maiſon ,
un des plus illuftres & des plus
grands Seigneurs de Pologne
partit avec luy ,après avoir
rempli la Cour & la Ville d'unetres
juſte& haute idée de
fes vertus
Le Jeudy 6. de ce mois à
neufheures du matin l'Affembléedu
Clergé qui ſe tient au
Convent des Grands Auguf
GALANT
tins , ayant eſté avertic que
Meſſieurs lesCommiflaires du
Royeſtoient arrivez , M. l'Archevêque
de Narbonne,Prefident,
a nommé M. l'Archevêqued'Aix
,Meffieurs lesEvê
ques d'Orleans,d'Avranches ,
de Sarlat ,d'Agde , d'Auxerre,
de Noyon , de Marſeille ,de
Seez , & de Lavaur ; & Mefſieurs
les Abbez de Rochebon
ne , Deſmaretz , d'Avaugour
de Roüillé , de Cathelan , de
Sommery , de S. Andiol d'Oppede
, de Maniban , &
Chavigny , pour aller les rece.d
voir ,ce qu'ils ont fait à l'en
de
286 MERCURE
trée de l'aîle du Cloiſtre qui
eſt prés de la porte de l'Eglife
qui va au Sanctuaire .
Dans la marche chaqua
Commiſſaireeſtoit entre deux
Evêques & deux Députez du
ſecond ordre. Eſtants entrez
dans la Salle de l'Aſſemblée ils
ſe ſont placez dans des fau
teils qui leur avoient eſté
preparez vis à vis des Prefi
dents de l'Aſſemblée...
Make Pelletier qui estoit le
plus ancien des Commiſſaires
a porté la parole & a fait un
diſcours tres éloquent auquel
M. l'Archevêque de Narbon
GALANT. 287
ne a répondu en des termes
tres convenables à la dignité
de l'Affemblée 43
cupEnfuite Meffieurs les
Commiſſaires du Roy , qui
eſtoientMeffieurs le Pelletier,
Dagueſſeau , de Pontchartrain,
Defmaretz ,& le Goux
de la Berchere de la Rochepot
font fortis ,& ont eſté recon
duits par les meſmes perſonnes
&avec les meſmes honneurs
qu'ils avoient receus en arrivant.
1 Le 13. Meſſieurs les mêmes
Commiffaires du Roy ont retourné
à l'Aſſemblée , où ils
288 MERCURE
-
ont eſté receus par les mefmes
perſonnes & de la mefme
maniere que lors qu'ils y
eſtoient allez la premiere fois.
Monfieur le Pelletier a fait au
nom du Roy , la demande
de douze millions de dongratuit
:Meſſieurs les Commiſſaires
du Roy s'eftant enſuite
retirez dans une des fallesde
la maiſon , l'Aſſemblée a deli
beré d'accorder au Roy ledon
gratuit de douze millions ,
&Meſſieurs les Deputez qui
avoient eſté audevant de
Meſſieurs les Commiſſaires du
Roy , ont eſté les informer
dc
GALANT. 289
de la déliberation que laCompagnie
venoit de rendre tout
d'une voix, pour donner des
marques de ſon empreſſement
& de fon zele pour le ſervice
de Sa Majeſté.
Le Prince Royal de Pologne
, partitle 15. de ce mois
pour aller viſiter les Villes les
plus confiderables du Royaume.
Ce Prince a receu de Sa
Majefté d'éclatantes marques
de ſon eſtime & de ſa tendreſſe
, & quelques jours
avant fon départ , une épée
enrichie de diamants d'un tres
grand prix . Je ne vous diray
Juin 1715 . Bb
:
290 MERCURE
:
qu'une fimple verité à la
loüange de ce Prince ; & cette
verité fera par tout fon éloge
comme icy , c'est qu'il s'eſt
fait univerfellement estimer
& aimer , & qu'il est forti de
cetteVille , reſpecté , confideré
,®retté de tout le
monde.
M.le Palatin de Livonie
GrandMaître de ſa maiſon ,
un des plus illuftres & des plus
grands Seigneurs de Pologne
partit avec luy ,après avoir
rempli la Cour & la Ville d'unetres
juſte& haute idée de
fes vertus
Fermer
421
p. 8-49
Lettre d'un Gentilhomme Piémontois, à l'Auteur du Mercure Galant.
Début :
Trouvez bon, Monsieur, qu'en retour de ces nouvelles écrites [...]
Mots clefs :
Prince, Ambassadeur, Roi, Marquis, Gentilshommes, Ministre, Carosse, Princes, Prince du Piémont, Honneur, Audience, Palais, Armes, Dame, Comte, Maître des cérémonies, Chevaux, Turin, Gouverneur, Sang, Ambassadrice, Ministre, Reine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre d'un Gentilhomme Piémontois, à l'Auteur du Mercure Galant.
Lettre d'unGentilhomme
Piémoncoisjà l'Auteur
du Mercure Galant. -:,
Trouvezbon
,
Monsieur ,
cjuen retour de ces nouvelles
écritesavec tant d'agrément
,
~gr dont vous nous rt'gale"o\, tous
les mois ,je vousfejjt part de ce
qui vient de fepajjerà nosjeux
dans la Capitale du Piémont;
je v&txparkr de.Fenaéed&^Mï
4lrquis de Prie, jémbajfii-
>ieur duRoy Tres- Chrestien auïjrréï
du Roy de Sicile, notre Souiverain
, & de la premitre
diense publiéeque ce Princea
-
donnée à ce Ministre,
-
L'onziémede ce mois jourJeftinépour
l'Entréedel'Ambassa-
Jtur-de F"lc'nce" ce Seigneurenvoyadésle
matinsescarrosses &
sa tivre": à la cense du Tresorier
Ferrero
,
éloignéedeTurind'env
ironunedemie lieuësituéesur le
grand chemin de Rivoles, d'où
ildevoit commencersamarche.
L'Ambassadeur s'y rendit
incognito sur les deux heutts
&demie aprèsmidy. Ungrand
nombre de personnes de qualité
malgré la pluye qui suivant ,
s'étoit avancé en carrosses jujl
qu'à cette cense, pourvoirlecommencement
de la marche. J'étoit
du nombre cm j'observay avec
":/f'{ de soin tout ce qui se passi)
pour pouvoir me' flatter de vous
enenvoyer unerelationexacte.
Nous vîmes arriver d'abord
un grand nombre de carrojjes asîx
chevaux
,
à la tête deje^uels
étoient les carrosses du Roy
,
dela
Reine
,
de Madame Royale, de
M. le Prince de Piémont, des
Princes de la Aiaijon de Cartgnanceux
de l'Ambassadeur.
Ce Ministre fut complimenté en
même temps de la part des Princes
,
des Princesses, des Ministres
, (si desprincipaux Seigneurs
de cette Cour, auxquels il avait
donnépart de son arrivée ~(y* du
jourdeson entrée.
• A quatre heures & demie,
arriva le Marquis de Carail
Gouverneur de Turin
,
l'un des
anciens Chevaliers de l'O dre de
l'Annonciade
, & nommé parle
Roy pouraccompagnerl*Amb*f$adeurd;
Franceyajon Entrée éi à
son Audiance; il étoit dans le
carrosse du Corps,&ilji avoit
dansle mêmecarrosseleMarquis
Dangrone,Maître des CeremO*f'
nies,ou Introducteur de, Ambajpt*
deurs, quatre Valet de pied du
Roy marchoientà coté desportéeles
3
le carrossede laReine suivoit
celuy du Roy
,
le Comte
Verdire qui faisoit la fonction
de Sous Introducteur,était dans
cefcend carrojje; ces Mclfieurs,
arrivant trouvèrentunenombreux
se&magniifquelivrée de t'Am-.
baBidiur
, ~e ils furent reçus
à la descente deson carosseparla
samilianobile; c'est- à-direpar
lesEcuyers,les Gentilshommes.,
les Sertiaires. & lesprincipaux
Officiers de la Maison de l'Am..
bassadeur.
CeMinistre receut le Marqui»s
deCarail à la moitié du vefiibule>
ille conduisit dans sonAppartement
qui étoit à rez de chaujJér
& en entrant,comme il étoit censé
estre danssamaison
,
il lui donna
le pas & la main yf>ry appris
qu'ilyavoit danscette chambre
trois chaises égales
, que le Marquis
de Carailse plaça sur la premiere
, l'Ambassadeur surune
autre, dans lamême ligne cm, le
Maître des Cérémonies sur la
troisiéme, mais qui étoit un peu
reculée ; ils nefurent qu'un moment
dans cet appartement, &
après les Complimensordinaires,
ils en sortirent pour monter en
carroBe: j'observay qu'ensortant
le Marquis de Carail donna le
pas ~ey la main à l'Ambassadeur:
ce Ministre monta lepremier dans
le carosse du Corps, ilse mit dans
le fond à la droite )& à la premiereplace
,le Marquis lesuivit
&se mitsurlemêmefondàsa
gauche, & à la seconde place,
leMaistre des Ceremoniessemit
surlesécondfond,àlatroisieme
place cm vis-à vis tArnbajJadeur,
~& le Comte de Buciloccupa
3la quatrième ~& vis-à-vis du
Marquis de Carail.
LI'$ Gentilshommes de l'Amhajjadeur
ses Secrétaires
,
son
Aumosnier Ë7 les principaux
Officiers desamaisons placerent
dansles carojjes de la Reine,de
MadameRoyale du Prince
de Piémont, ~e la marche commença
dans l'ordresuivant.
On vit d'abord le carrojje du
Marquis de Carail
, qui étoit
charge,comme j'ay eu l'honneur
de vous dire, de la conduite de
UmbaJJadeur:venaient enfuite
dix. huit Valets de pied de ce Ministre.
,
qui marchaient à pied
deuxàJeux
,
f*ijôkntunetrésgrandefile,
cette livréeétoitparse
detous lesplus riches ajustemens
~&qui pouvoient donnerplusd'éclat
dans unepareille Ceremonie.
Un des Ecuyers de i'.Ambalfi.
deurveslu magnifiquement&fur
untrès beau cheval dont le bar.
nois étoit riche
,
paroijjoitala
têtedesixPages iaujjtàcheval,
{ouverts de'la livréede .t¿mbaBadeur,
quiétoit hhàuffé.e°'&
toute couverte de galons d'or. Ils
Imarcb.ok-mtemtnt,,devâyt
letarrejjs dft Corps
,
dans
lequel (tditdeur ,
les
carrosses de laReine, de Adadame
Repaie yi(l#.J?ïmedePktmoiu ~er
~& trois autres des Princes du
Sang , suivoientlecarrosse dll,
C9lfs je remarquay que ceux du
Prince de Piémont, (if des Princes
de Carignan,étoient drapr:(
, ctlui du Prince de Piemond avoit
des clous, ~& les autressans clous;
le carrosse du Marquis de S.Thomaspremier
Ministre ~& Secretaire
d'Etatpour les affaires étrangeres,
marchoit immédiatement
après ceux des Princes du Sang.
A quelque distance
, on vit
paroistre le Suisse de l'Ambassadeur
à cheval quiprecedoit les
carrosses de son Maistre ,les uns
attelezde huit ~& les autres desix
chevaux,tous richement barnachez;
ces carrossès étoient ornez
tantpour la sculpture,peinture,
dorute, & broderie
,
de tout ce
que l'Art avoit pû imaginer de
plus beau, de plus riche
, & de
plusrehercbé ,ils étoient suivis
d'un grandnombred'autrescarrosses
à six chevaux,que les Ministres&
lesprincipauxSeigneurs
delaCouravoientenvoyezpour
grossir le cortege de l' AmAaSâdeur.
Enarrivant à la Porte SusinnrJ
la Gardepresenta les Armes,
les Officiers àla tête saluërent du
chapeau
, & les Tambours battirent
aux champs, on entra dans
la Ville par la ruë de la grande
d'Oire, d'où on se rendit au Palais
de l' Ambassadeur,par la Place
S. Charles. Les ruës & les
placesymalgré la pluye
,
étoient
remplies d'un concours extraordinaire
de peuple que la curiosité
y avoit attzre ; & on voyoit
aux fenestres des maisons qui
étoient sur le passage
, un grand
nombre de Seigneurs& de Dames
que la mesme raisony anoit
conduits.
L*Ambafjadeurétant arrivé
enson Hôtel descendit de carrosse
accompagné du Marquis de Ca
rail qui le conduisit dansson ap
partement ,
l'Ambassadeur lui
donna le pas&la main ils étoient
précédé parle Maistre des Cere
montes, &parle Sous.Introducteur
qui marchoient immédiatement
devant eux ,
ils entrerent
dansla chambre d'Audiance où
deParade, & ilsy trouverent
les chaises disposées comme ellt,
l'avoient été à la CenseFerrero.
Le Sous-Introducteur des .Am.:.
bassadeurs
,
les Gentilshommes
& les Secrétaires de ÏAmbaJfar*
deurresterentdansl'anti-chambre
la plus proche de la chambre de
Parade
: le Marquissortitpour
unmomentaprès estreentré, l'Améaijjadeur
lecondusit ^fcjuatt
~tarrosse du Roy
, &le vitpartit,
leMaistre des Ceremonies monta
dans le même carrosse
, pour accompagner&
reconduire le Mar:..
quis de Carail chez luyt
Le Maistredes Ceremonies&
le SousIntroducteur
,
se rendirent.
peu de temps "PrEstbe
l'jémbaffadettr
, pour ajjîficr aux
Complimens que ce Minièrealloit
recevoir de lapartduRoy., de la
Reine, Cm de toute la Cour.
Le Comte de Colignopremier
Gentilhomme de- la Chambre
vintlepremier de la , part du Roy,
faireCompliment à 1'.drmbags4lr
deursurson arrivée:iljutfuiyi
de lapart de la Reine
, par le
Comte de Gouvon Chevalier
d'Honneur decette Princesse. De
la part de Madame Royale, par
le Baron de Chevronson premier
Ecuyer, & de la part de Ai.le
Prince dePiémont, parle Marquis
de Cortangeson Sous-Gouverneur.
Le lendemain 12. du moisà
onze heures du matin, le MarquisdeCarail,
accompagnecomme
laveille du Maistre des Ceremonies
, & du Sous-Introducteur
, tous en deiiil, (!J' en habit
à marteau,se renditffllÀ l'Hôtel
de l*j4mbaJ$adeur,dans lesmêmes
carrosses du Roy
, & avec ceux
de la Reine, de Madame Royale,
£7* du Prince de Piémont. Les
Gentilshommes del'Ambassadeur
receurent le Marquis de Carail,
& l'Ambassadeurhabillécejourlà
enpourpoint, garni decrespes ,
tsr en long manteau noir, le receut
au bas del'escalier. Tout se papa
pour le ceremonial, comme lejour
precedent.Ils entrerent dans l'appartement
de l'Ambassadeur &
après s'estreassis, ils en sortirent
un moment après pour aller à
l'Audience ; l'.AmbAffideur monta
le premier dans le carrosse du
dansle mêmecarrosseleMarquis.
DangroneMaître des Cremonies,
ou Introducteurdes Ambassadeurs
, quatre Valet, de pied du
Roy marchoienta côtédesportieres
, le carrosse de laReine sui,
l!)oÙ celuy du Roy
,
le Comte
Verdire qui saisoit la fonftwn
de SousIntroduéîeur, étoit dans
ce pcondearrojje ; ces MelJieurs.
arrivant trouvèrentunenombreux
se &magnifique livrée de l'Ambassadeur
, & ilsfurentreçûs
à la descente deson carosseparsa
familia nobile; c'est-à-direpar
lesEcuyers, les Gentilshommes
,
les Secretaires. & lesprincipaux'
Officiers de la Maison de l'Ambassadeur.
, Ce Miniflreteceut le Marquis
decarail, à la moitié du vestibule,
ille conduisit dans fort Appartement
qui étoit à rez de chaussée ,
~& en entrant,comme il étoit censé
estre danssamaison
,
il luy donna
le pas & la main, f>iy appris
qu'ilyavoit danscette chambre
trois chaises égales
, que le Marquis
de Carailse plaça sur la premiere
, Vjimbafjadeur sur une
autre, dans lamême ligne,~£$r le
Maître des Ceremonies sur la
troisiéme
,
mais qui étoit un peu
recuise ; ils nefurent qu'un mograndefile,
cette livréeétoit parte
detous lesplus riches ajustemens
~&qui pouvaientdonnerplusd'éçlat
dans unepareille Ceremonie.
Un des Ecuyers de l'Ambalfi.'
deurveflumagniifquementomr,
untrès beau cheval dont le harnois
était riche
,
paroissoità la
têtedesixPages ,attjfià cheval,
bafîadeurmi qui étaithhauJJe/&
toute couverte degalons d'or. Ils
marcho .'tmmedlattment0'cle. , immédiatement;dewâyt
letarrefjsdu Corps
,
doits
lequelétàit 7ï}4mbaff<zdeur, les
cafrosses de 14eine-de Madame
Repaie duPrincedePÀémv/x'
:,. ~a
f£1I.' trois autres des Princes du
Sang
,
suivoient le carrosse du
Corps je remarquay que ceux du
Prince de Piémont, ~& des Princes
de Carignan
,
étoient drape;c
ctlui , du Princede Piémond avoit
des clous~x&les autressans clous;
le earrojje du Marquis de S.Thomaspremier
Ministre ~& Secretaire
d'Etatpour les affaires étrangeres,
marchoit immédiatement
après ceux des Princes du Sang.
A quelque distance
, on vit
paroistre le Suiste de l'Ambassadeur
à cheval qui precedoit les
carrosses de son Maitre ,les uns
attele%, de huit ~& les autres desix
chevaux,tous richement harnachez;
ces carrosses étoient orne
tant pour lasculpture ypeinture9
dorute, ~& broderie, de tout ce
que l'Art avoit pû imaginer de
plus beau, de plus riche
, ~& de
plusrecherché ,ils étoient suivis
d'ungrandnombred'autrescarrosses
à six chevaux,que les Ministres
~(y lesprincipauxSeigneurs
delaCouravoientenvoyezpour
grossir le cortege de l' Ambassadeur.
En arrivant à la Porte Sufinne>
la Gardepresenta les Armes,
lesOfficiers àla tête saluërent du
chapeau
, & les Tambours battirent
aux champs, on entra dans
la Ville par la rue de la grande
d'Oire, d'où on se rendit au Palais
de l'Ambassadeur,par la Place
S. Charles. Les ruës ~& les
places, malgré la pluye
,
etoient
remplies d'un concours extraordinaire
de peuple que la curiosité
y ai/oit attiré; Cm on voyoit
aux fenestres des maisons qui
étoient sur le passage , un grand
nombre de Seigneurs ~& de Dames
que la mesme raisonyavoit
conduits.
Lt.Amba/Jàdeur étant arrive
enson Hôteldescendit de carrosse
accompagné du Marquis de Carail
qui le conduisit danssonap%-
partement ,
l'Ambassadeurlui
donna le pas ~& la main ils étoient
precedez parle Maistre des Ceremonies
,
~&parle Sous.Introducteur
qui marchoient immédiatement
devant eux, ils entrerent
dansla chambre d'Audiance ,ou
deParade, ~& ilsy trouverent
les chaises disposées comme elles
l'avoientété à la Cense Ferrero.
Le Sous-Introducteur des Amhajjadeurs
,
les Gentilshommes
~& les Secrétaires de l'Ambassadeurresterentdansl'anti-
chambre
la plus proche de la chambre de
Parade: le Marquissortitpour
unmomentaprès eflreentré,l'Am*
~éujjadeur leconduisit fufcjuatt
tarrojp du Roy,&le vitpartir,
leMaistre des Ceremonies monta
dans le même carrojje
, pour accompagner&
reconduire le Mar.,
quis de Carail che^luy*
Le MaistredesCeremonies ~&
le Sous-Introducteur
,
se rendirent.
peu de temps après chez
l'udmbajjadeur
, pour assister aux
Complimensque ce Ministrealloit
recevoirdelapartduRoy, de la
Reine, Cm de toute la Cour.
LeComtede Colignopremier
Gentilhomme de la< Chambre
, vintle premier de la part du Roy,
faireCompliment*l'An^Mf*-
deursurson arrivée:itfutfuiyi
de la part de la Reine
, par le
Comte de Gouvon Chevalier
d'Honneur decette Princesse. De
la part de Madame RoyaleJ par
le Baron de Chevronson premier
Ecuyer,& dela part de M. le
Prince dePiémont,par le Alar*
quis de Cortangeson Sous- Gouverneur.
Le lendemain 12.. du moisà
on=\.e heures du matin, le Marquisde
Carail, accompagnécomme
la veille du Maistre desCeremonies
,
du Sous-Introducteur
, tous en deiiil,& en habit
à manteau ,se rendirent à l'Hôtel
de L'Ambassadeur,dans lesmêmes
carrosses du Roy
, & avec ceux
de la Reine, de MadameRoyale,
& du Prince de Piémont. Les
Gentilshommes de l'Ambassadeur
receurent le Marquis de Carail,
& l*Ambassadeur habillécejourlà
enpourpoint, garnidecrespes ,
&en long manteau noir, lereceut
au bas de l'escalier. Tout se pafet
pour le ceremonial, comme lejour
precedent.Ils entrerent dans l'appartement
de Ambassadeur,&
aptess'ejlrc ajjis, ils en sortirent
un moment aprés pour aller à
l'Audience ; L'.AmbAffideur monta
le premier dans le carrosse du
Roy ,&se mitàla premiereplaoey
le Marquis de Carail à l&s
ficDnJe, & le Comte de Bucil
& le Maistre des Ceremonies,
surle secondfond, dix-huitValets
de pied de l'Ambassadeur , marchoient dans le mêmeordre
que le jour precedent , & à la
tête des chevaux du carrosse du
Roy,six Pages de ce Mwtjlrcg
êtoientcejour-lààpied& auprès
des portieres, & ses Ecuyers,
fii' Gentilshommes, sesSecrétaires
, C~ son Aumosnier remplissoient
lescarrosses de laReine,
de Madame Royale, & du
Prince de Piémont, tous, les
carrosses.
carrosses de l'Ambassadeursuivoient
immédiatement celui de ce
Prince & fermoient la marche.
L'Ambassadeur en arrivant
au Palais trouva la Garde sous
les armes,Drapeau déployé, presentant
les armes ,
les Tambours
ont rappellé
, & les Officiers à la
tête ont saluédu chapeau.
LesGardes de la Porte étoient
pareillement fous les armes, la
Officiers à la tête, qui ontsalué
du chapeau de la même maniere.
L'Ambassadeur est descendu de
carrosse cm sans s'arrêter en AUcun
endroit il a marché entre le
Marquis de Carail, se le Maître
des Ceremonies. Ses Valets de
pied,ses Ptges,ses Gentilshommes
, & le SousIntroducteur le
precedoient ;les Valets de piedse
sont arrêtez dans l'anti-chambre
qui 1ft immédiatementaprès la
Salle des Gardes du Corps, les
Pages dans celle quisuit
,&qui
estplus, avancée, & les Gentilshommessontentrez
jusques dans
la Chambre de l'audience.
La Garde Suisse&lesGardes
du Corps étoientfous les armes,
leurs Officiers à la tejle.
Le Marquis de S. Georges.
GrandMaître de la Maisondu
Roy,enhabit de dciiilj (7 à mA..
teau, a receu l'Ambassadeur a la
porte de l'anti-chambre
, & prés,
la place du Maître des Cérémonies
qui s'estavancé.Ainsi et
Jidinijlre efi entré dans la Salle
d'Audiance ayant le Marquis de
Carailàsadroite le Marquis
de S. Georgesàsa gauche; il a
fait trois reverences ,
la première
enntrant ,
lasecondeau milieu
de la chambre , la troisiéme au bas
de l'estrade qui étoit élevée de
deux marches
,
&fHr laquelle le
Roy étoit assis dans un
fautciiil,
un Capitaine des Gardes derrière
luy, le Prince de Piémont à sa,
droite, les Princes de Carignan
proche du fauteüil, mais un peu
en arriere ,plusieurs Chevaliers
de l'Annonciade
, & beaucoup
d'autrespersonnes de qualitéau
bas de l'eflrade.
Le Roy s'estlève au moment
que l*AmbaJJadeufÈ paru ,&
ltjl découvert à chacune de ses
reverences ; l'Ambassadeurayant
montesurl'estrade
,
le Rpfs'est
couvert ,& l'Amb¡tjJAJerileJ!
couvert en même tems , & en
commençantson Compliment. Fe
voudrois bien, Monsteur, pour
votre satisfaction pouvoir vous
rapporter icy le Discours que ce
Ministre afait au Roy &*larfponse
de notre Souverain ; mais
j'étois si éloigné, que j'en perdis
beaucoup. Ceux qui étoient plus
prés de l'estrade, disent que l'Ambassadeur
parla avec beaucoup de
dignité,& avec cejustetemperament
de liberté & de respectsi
difficile à trouver;& que le Roy
luy répondit avec son éloquence
naturelle &safacilité ordinaire.
Le Roy ayantfini saréponse,
se découvrit
,
l'Ambassadeur se
découvrit en même tems,& aprés
avoirfait trois reverences de la
même maniert qu'illesavoitfaites
en arrivant ,ilse retira,ayant
àsadroite le Marquis deCarail
le Grand-Maîtreàgauche
,&
il étotprécédé comme en entrant,
par le Maître des Ceremonies>
par le Sous Introducteur, &par
ses Gentilshommes.
Cefut dans cet ordre qu'ilse
rendit à l'appartement de la Rei-r
ne; cette PrinceJJectoitsur fin
Trône, un Capitaine des Gardes
étoit derrieresonfauteuil
t
Ic
Prince dePiémontauprés d'elle, ;Ince",c.lemontaupre(;(,tl ) & les deux Princes& laPrint
çijp d-Carignanfttr ïtftrade , 14
Reins se leva aJJitôt que Amb-
assad:ur parut à let. porte djt.si
l'hamrr, ilfit trois revefencts^gX
monta ensuite sur ïijltade i U
Reine l'invita
, & le pressa mê.
me ,
à ce qu'il parât, dese couvrir.
Il en fit seulement une /f*
gere demonstration
, pour conserver
la dignité de fin caractere,
mais il luy fit son Compliment
découvert,queje ne vous rendrai
point, pour m'être trouve ,com±
me dans l'Audiance du Roy, trop
éloigné de l'estrade ; la Reine,à
ce qu'on dit, luy répondit en des
termes gracieux &pleins de po-
/juffi,& après avoir répondu à
son Discours, cette Princesse arrêta
un moment lambaeàdeur,
pours'informerde la fantéduRoy
son Maistre,&de celle du Da",
phin, &elletémoigna apprendre
avec un sensible plaisir
, que ces
Jeux Princes, dans des âgesfidifserons
,
joüeoie;u d'une égale
santé.
L'ArnbaSâdeur se retira enfuite
de l'Audience de la Reine de
la même maniere
, & dans le
même ordre qu'ily étoit entré; le
Grand Maître après l'avoir accompagnéjusques
à la Salle des
Gardes du Corps, le quitta: ce
Ministrecontinuaensuite samarche
entre le Chevalier de l'Annonciade,
&le Maître desCetemonies
,
jnfcjues au carrosse du
Ray ; ily entra le premier, &
prit à l'ordinaire
,
la premiere
place dans lefond & à droite, le
Marquis de Carail
,
Chevalier
de l*jénnonciade,semitasagauche,
& ïjémba[fadeurse rendit
au Palais de Madame Royale,
dans le même ordre, & avec le
mesme cortege qu'il étoit venu
chimieRoy.
La Gardeétoitsous les armes,
& les tambours ont appelle ;
l*Amhajfadeur montaal'appartement
de cette Princec , entre le
Marquis de Carail C, le Maîire
des Ceremonies:ilfut receu à
la porte de l'antichambre la plus
proche de la Salle des Gardes par
le Comte de Cumiane
,
premier
Maître siHôtel de Madame
Royale ; il faisoit en cette occa-
Jton la fonction du Comte de 1.
Roque, GrandMaître de la Maison
de Madame Royale,qu'une
longue maladiea mis hors d'état
defaireaucunservice.
Les Gardes de la Porte, les
Suies & les Gardes du Corps
étoientsousles armes ,
de la mêmemanièreque
l'Ambassadeurles
avoittrouvezchezleRoy.
MadameRoyale étoit sur Peftradeassise
dans un ~fautüil,son
Capitaine des Gardes du Corps
derniere elle
, (7 le Prince CM la
PrinceJJ; de Carignan procheson
fauteuil; tUelest levéefi- tost que
l'Ambassadeur a paru, ila fait
ses trois reverences dontla derniere
S'est terminée au bas du marchepied:
a^jJiiotfquiljy iflmont"
Madame Royale l'a pi.fié dese
couvrir
, ce Minière en a fait
feulement une demonfixationycom~
me il en avoitusé chez, laReine,
mais ladémonstration a paru un
peuplus marquée ïl'jémbafijideur
lui afait ensuite soncompliment.
Madame Royale
, quoyque inçommodé
,
s'estlevée pour luy répondre,
(9" pendantsonDiscourc
quia étéaBez long
,
elles'efitenuè'debout
, &sans estrefodter
nue:après qu'elleaeufini,tAm..
basadeurs'est retiré de la même
maniere qu'il étoit entré & il a
été reconduitjusqucs dans la Salle
desGardes duCorpsparle Comte
de Cumiane.Ils'eftrenduensuite
danssonHostel,toujours accompagné
du Marquis de Carail&
du Maître des Cérémonies qu'il
a retenus à dîneraprès le dï
né,CM vers les trois heures après
midy
, ce Ministreestmontédans
le caTrope duRoy,accompagné à
l'ordinaire de ces deux Mcjjleurc9
pour se rendre à l'audience du
Prince dePiémont.C'aététoû~
jours le me(me cortege& la mesme
marché, rien de changédans le
êrtmonial;l'Ambassadeura trouvéla
Garde sousles armes ,
les
tamboursrappellants, les Gardes
de la Porte
,
les Suisses les
Gardes du Corpssous les armes;
en entrant dans l'anti chambre du
Prince ,il a été receu par le Chevalierde
la Roque l'un desMA2
tres d'Hostel du Roy,&quifaisoit
la sonthondepremier Maître
d'Hostel du Prince de Piémont.
Cejeune Prince étoitsur un
marchepied, &sous le dais, le
Prince de Carignan sur l'eflrade
a sa droite
, e- le Marquis du
Coudre, Chevalier de l'Annonciade,
son Gouverneur derriere
son fauteuil;tjuelcjkesCbevaliers
de l'Annonciade étoientautourdu
marchepied: l'Ambassadeur après
les rêverences ordinaires rftmont;
sur l'estrade, le Prince lest couvert,
C7 Ambassadeurpareillement;
il a fait son compliment ,
Auquel ce jeune Prince a répondu
étjfx bas & en peu de paroles.
L'Ambassadeur s'est retiré de
son audience dans le mesme ordre
qu'ily estentré. LepremierMaître
d'Hosteldu Prince l'areconduit
jusques à la SalledesGardes
du Corps, ou il L-awit reten en
arrivant; il est descendu ensuite
entre le Marquis de Carail, &
le Maistre des Ceremonies. Il eji
rentré dans le carfojje du Roy, a
étéreconduit danssonPalais
jusques dans sa chambre d'Audience,
par ces Messieurspreposez
à sa conduite, dans la manière
que je 'OUS l'ay déjà marqué
& J-AnJbafJàdeur pareillement
quand le Marquisde Carail s'ejt
retiré, la conduitjusquau carrosse
&la veu partir.
Peut-estretrouverezvous , Monsieur
, cette relation un pett
trop étendue
, maisje ne pouvois
l'abregersans vous priver du détail
d'un cérémonial, dont la con
noissance peut n'estre pas indifferenteà
ceux quiferoient cbarl/
de parels emplois en cette Cour,
& c'estpar rapport au mesme cewmoni,
zi que je mous rapporterai
encore ici ce qui s'estpassélemesme
jour dans une audience publique
quela Reine & Madame
Royale donnerentàla Marquise
dePriefemme de ïdmbajïadeun
LeRoy &la Reineayantsouhaitéde
recevoir cetteAmbassadrice
avec. tous les honneurs qui
font dutau caractere deson mari ,
lui envoyerent la Comtesse de
Non femme d'un des Capital
nés
nés des Gardes du Corps,&l'unt
des Dames d'bonneur de la Reine:
eette Comtesse se renditau Palais
de f.Amba.DJeur) dans un des
mrrofJe-s du Royy&* accompagnée
du Matftre des Ceremonies;elle
futrecette à la descente du carrojje
par les Gentilshommes de l'Am-
Ira[fadeur ; l'Ambassadrice 'Vint
la recevoir au haut de l'escalier la conduisît dans son Apparte,-
ment-, & lui donna le pas ,
lA
porte, la main, (if lachaifeégalé.
Un moment aprèsl'AmbaJfachw
& la Dame d'honneurfortirentpourmonterencarrossè;
CM prit la première place dansle
fond & à la droite; la Dame
ahonneurse mit à lagauche,&
le maistre des Ceremonies sur le
devant: les Gentilshommes &
l'Ecuyer de i'Arnba/Jadrice suivoient
dans un de ses cartosses à
six chevaux : ÏAmlwJfidrice en
Arrivant au Palais a trouve les
Gardes de la Porte, les SuiJJes,
££• Gardes du Corps en haye; la
Pr;'nL'iJP dt la Ciflerne premiers
Liante d'honneur de la Reine a
receu l'aùbasadroce dans le cahinetquiprécédé
la chambredans
-
laquelleétait la Reine.L'Ambasadrice
en entrant dansrttlt
cbAmbre, a trouve lA Reine debout,
qui lui afait l'honneur de
I,tsalüer; le Roi est entré un moment
après
,
suivi du Prince de
Premont, l'un ~çr l'autre ontsalué
Ïj4mbaf$adnce : leRoy,après
lui avoir dit quelques paroles
obligeantes
, ~& pleines de politrDe"
,
s'est retiré suivi comme il
étoit entré du Prince de Piémont.
L'ambassadrice en sortantde la
chambre de la Reine
, a estéaccompagnée
par la premiere Dame
d'honneur
,
jusqua l'endroit ou
elle l'avoit recue.
Ausortir de j'appartement de
la Reine
,
l'ambassadricetoujours
accompagnée de Madame
la Comtesse de Non
,
Dame
d'Honneur, & du Maistree des
Ceremonies, a été dans le même
carrosse
, & dans le même ordre3
chez Madame Royale son correge
nejïoit pas si nombreux que
celuy de l'ambassadeurson milrV,
mais l'emprejpment des fpeïiateurs
nefut pas moins remarquable
, tous les endroits par où elle
passi étoient borde% d'unefoule
de personnes de toutes conditions
que l'éclat de sa beauté ,un air
noble, & ces graces naissantes
d'une premierejeunes, attiroient
àsonpassage. Hommes Cm fémmes,
tout le monde vouloit là
voir quoyque peut-estepar des
sentimens dijferens.Ellefutreçut
ebek Madame Royale
,
de la
même manierequ'elle l'avoit été
cbe;C la Reine,ensortant de l'appartement
de cette Princesse
,
elle
fut reconduite à son Palais,&
jusques dans son appartement
par la Dame d'Honneur, cm par
le Maistre des Ceremonies, l'Ambassadrice
donnaacette Dame le
pas ~ula main danssamaison
la reconduisitjusqu'au carrosedu
Roy ~&la vit partiravantque
de se retirer.
Si la Reine n'étaitpas rttur.
née le me(me jour à la Vannerie
l'Ambassadrice auroit été au cercle
de Sa Majesté, £$r auroit été
IlJliJe sur un pliant semblable à
Celui des Prineses du Sang.,
dans le milieu du cercle &nJiS-à~
vis Sa Majcfté.
Trouvez bon, Monsieur,
que je vousfaJSj remarquerqu'on
fatt icy difference entre tabouret
çp* pliant, les Princes du Sang
ont un pliant, les autres Dames
quiont droit de s'assoir cbt la
Reine , comme Grandes d-Espa.
gne n'ont quun tabouret carré.
Le 14 du mois l'Ambasadrice
fut au cercle che7, Madame
Royale,(freût un pliantplacé
dans le milieu du cercle,vis a-vis
JfMadame Royale.
Si cette Relation n'étoitpasdéjà
troplongue, je vous rendrois
compte de l'Audience que l'Amhapadeureût
de M. le Prince ~&
de Madame la Princese de Cari.
gnan , CT du PrinceThomas;
maispourabregerje mecontenterai
devousdire que le Prince de Carignan
descendit quatre ou cinq
marches de son escalier pour le
recevoir, ~& quildonnapartout
àce Ministre le pas, la main, la
portey~& la première chaise sur
l'estrade. Que la Princesse dans
son Audience,rient pas ~plufiit
apperceu l'Ambassadeur entrer
danssa chambre ,quelle descendit
deson estrade, &fit quelquespas
en avant. pourrecevoir ce Ministre
,qui de son côté pressa si
marche, afin quelle en fit moins.
Lecérémonial dans l'Audience du
Prince Thomas se paiJa à peupres
comme cbez le Prince de Carignansonfrere
Il n'y eut rien de
particulier dans l'Audience que le
jAzrquiî de S.Thomas premier
Ministre du Roy ,donna à lAmbassadeur,
sinon qu'ildescendit
presquejusquau bas desonescaiier,
pour recevoir cetAmbajjadeur.
Jkhr.Ceseroit ici l'endroit devous
entretenir des visites que -l'Am,.
bassadeurareceus des deux Priitces
de Garignan
,
du Marquis de
S.Thomas
,
&desprincipaux
Seigneurs decette Cour; mais il
fautremettrecediscours à unt,
nouvelle Relation, que je vous
envairay pour peu que vous me
paroissiez lesouhaiter.J'ay l'honneur
d\flreparfaitement, Monsieur
,
Vostre
, Crc. -
- JATurince10.May iyïy.
Piémoncoisjà l'Auteur
du Mercure Galant. -:,
Trouvezbon
,
Monsieur ,
cjuen retour de ces nouvelles
écritesavec tant d'agrément
,
~gr dont vous nous rt'gale"o\, tous
les mois ,je vousfejjt part de ce
qui vient de fepajjerà nosjeux
dans la Capitale du Piémont;
je v&txparkr de.Fenaéed&^Mï
4lrquis de Prie, jémbajfii-
>ieur duRoy Tres- Chrestien auïjrréï
du Roy de Sicile, notre Souiverain
, & de la premitre
diense publiéeque ce Princea
-
donnée à ce Ministre,
-
L'onziémede ce mois jourJeftinépour
l'Entréedel'Ambassa-
Jtur-de F"lc'nce" ce Seigneurenvoyadésle
matinsescarrosses &
sa tivre": à la cense du Tresorier
Ferrero
,
éloignéedeTurind'env
ironunedemie lieuësituéesur le
grand chemin de Rivoles, d'où
ildevoit commencersamarche.
L'Ambassadeur s'y rendit
incognito sur les deux heutts
&demie aprèsmidy. Ungrand
nombre de personnes de qualité
malgré la pluye qui suivant ,
s'étoit avancé en carrosses jujl
qu'à cette cense, pourvoirlecommencement
de la marche. J'étoit
du nombre cm j'observay avec
":/f'{ de soin tout ce qui se passi)
pour pouvoir me' flatter de vous
enenvoyer unerelationexacte.
Nous vîmes arriver d'abord
un grand nombre de carrojjes asîx
chevaux
,
à la tête deje^uels
étoient les carrosses du Roy
,
dela
Reine
,
de Madame Royale, de
M. le Prince de Piémont, des
Princes de la Aiaijon de Cartgnanceux
de l'Ambassadeur.
Ce Ministre fut complimenté en
même temps de la part des Princes
,
des Princesses, des Ministres
, (si desprincipaux Seigneurs
de cette Cour, auxquels il avait
donnépart de son arrivée ~(y* du
jourdeson entrée.
• A quatre heures & demie,
arriva le Marquis de Carail
Gouverneur de Turin
,
l'un des
anciens Chevaliers de l'O dre de
l'Annonciade
, & nommé parle
Roy pouraccompagnerl*Amb*f$adeurd;
Franceyajon Entrée éi à
son Audiance; il étoit dans le
carrosse du Corps,&ilji avoit
dansle mêmecarrosseleMarquis
Dangrone,Maître des CeremO*f'
nies,ou Introducteur de, Ambajpt*
deurs, quatre Valet de pied du
Roy marchoientà coté desportéeles
3
le carrossede laReine suivoit
celuy du Roy
,
le Comte
Verdire qui faisoit la fonction
de Sous Introducteur,était dans
cefcend carrojje; ces Mclfieurs,
arrivant trouvèrentunenombreux
se&magniifquelivrée de t'Am-.
baBidiur
, ~e ils furent reçus
à la descente deson carosseparla
samilianobile; c'est- à-direpar
lesEcuyers,les Gentilshommes.,
les Sertiaires. & lesprincipaux
Officiers de la Maison de l'Am..
bassadeur.
CeMinistre receut le Marqui»s
deCarail à la moitié du vefiibule>
ille conduisit dans sonAppartement
qui étoit à rez de chaujJér
& en entrant,comme il étoit censé
estre danssamaison
,
il lui donna
le pas & la main yf>ry appris
qu'ilyavoit danscette chambre
trois chaises égales
, que le Marquis
de Carailse plaça sur la premiere
, l'Ambassadeur surune
autre, dans lamême ligne cm, le
Maître des Cérémonies sur la
troisiéme, mais qui étoit un peu
reculée ; ils nefurent qu'un moment
dans cet appartement, &
après les Complimensordinaires,
ils en sortirent pour monter en
carroBe: j'observay qu'ensortant
le Marquis de Carail donna le
pas ~ey la main à l'Ambassadeur:
ce Ministre monta lepremier dans
le carosse du Corps, ilse mit dans
le fond à la droite )& à la premiereplace
,le Marquis lesuivit
&se mitsurlemêmefondàsa
gauche, & à la seconde place,
leMaistre des Ceremoniessemit
surlesécondfond,àlatroisieme
place cm vis-à vis tArnbajJadeur,
~& le Comte de Buciloccupa
3la quatrième ~& vis-à-vis du
Marquis de Carail.
LI'$ Gentilshommes de l'Amhajjadeur
ses Secrétaires
,
son
Aumosnier Ë7 les principaux
Officiers desamaisons placerent
dansles carojjes de la Reine,de
MadameRoyale du Prince
de Piémont, ~e la marche commença
dans l'ordresuivant.
On vit d'abord le carrojje du
Marquis de Carail
, qui étoit
charge,comme j'ay eu l'honneur
de vous dire, de la conduite de
UmbaJJadeur:venaient enfuite
dix. huit Valets de pied de ce Ministre.
,
qui marchaient à pied
deuxàJeux
,
f*ijôkntunetrésgrandefile,
cette livréeétoitparse
detous lesplus riches ajustemens
~&qui pouvoient donnerplusd'éclat
dans unepareille Ceremonie.
Un des Ecuyers de i'.Ambalfi.
deurveslu magnifiquement&fur
untrès beau cheval dont le bar.
nois étoit riche
,
paroijjoitala
têtedesixPages iaujjtàcheval,
{ouverts de'la livréede .t¿mbaBadeur,
quiétoit hhàuffé.e°'&
toute couverte de galons d'or. Ils
Imarcb.ok-mtemtnt,,devâyt
letarrejjs dft Corps
,
dans
lequel (tditdeur ,
les
carrosses de laReine, de Adadame
Repaie yi(l#.J?ïmedePktmoiu ~er
~& trois autres des Princes du
Sang , suivoientlecarrosse dll,
C9lfs je remarquay que ceux du
Prince de Piémont, (if des Princes
de Carignan,étoient drapr:(
, ctlui du Prince de Piemond avoit
des clous, ~& les autressans clous;
le carrosse du Marquis de S.Thomaspremier
Ministre ~& Secretaire
d'Etatpour les affaires étrangeres,
marchoit immédiatement
après ceux des Princes du Sang.
A quelque distance
, on vit
paroistre le Suisse de l'Ambassadeur
à cheval quiprecedoit les
carrosses de son Maistre ,les uns
attelezde huit ~& les autres desix
chevaux,tous richement barnachez;
ces carrossès étoient ornez
tantpour la sculpture,peinture,
dorute, & broderie
,
de tout ce
que l'Art avoit pû imaginer de
plus beau, de plus riche
, & de
plusrehercbé ,ils étoient suivis
d'un grandnombred'autrescarrosses
à six chevaux,que les Ministres&
lesprincipauxSeigneurs
delaCouravoientenvoyezpour
grossir le cortege de l' AmAaSâdeur.
Enarrivant à la Porte SusinnrJ
la Gardepresenta les Armes,
les Officiers àla tête saluërent du
chapeau
, & les Tambours battirent
aux champs, on entra dans
la Ville par la ruë de la grande
d'Oire, d'où on se rendit au Palais
de l' Ambassadeur,par la Place
S. Charles. Les ruës & les
placesymalgré la pluye
,
étoient
remplies d'un concours extraordinaire
de peuple que la curiosité
y avoit attzre ; & on voyoit
aux fenestres des maisons qui
étoient sur le passage
, un grand
nombre de Seigneurs& de Dames
que la mesme raisony anoit
conduits.
L*Ambafjadeurétant arrivé
enson Hôtel descendit de carrosse
accompagné du Marquis de Ca
rail qui le conduisit dansson ap
partement ,
l'Ambassadeur lui
donna le pas&la main ils étoient
précédé parle Maistre des Cere
montes, &parle Sous.Introducteur
qui marchoient immédiatement
devant eux ,
ils entrerent
dansla chambre d'Audiance où
deParade, & ilsy trouverent
les chaises disposées comme ellt,
l'avoient été à la CenseFerrero.
Le Sous-Introducteur des .Am.:.
bassadeurs
,
les Gentilshommes
& les Secrétaires de ÏAmbaJfar*
deurresterentdansl'anti-chambre
la plus proche de la chambre de
Parade
: le Marquissortitpour
unmomentaprès estreentré, l'Améaijjadeur
lecondusit ^fcjuatt
~tarrosse du Roy
, &le vitpartit,
leMaistre des Ceremonies monta
dans le même carrosse
, pour accompagner&
reconduire le Mar:..
quis de Carail chez luyt
Le Maistredes Ceremonies&
le SousIntroducteur
,
se rendirent.
peu de temps "PrEstbe
l'jémbaffadettr
, pour ajjîficr aux
Complimens que ce Minièrealloit
recevoir de lapartduRoy., de la
Reine, Cm de toute la Cour.
Le Comte de Colignopremier
Gentilhomme de- la Chambre
vintlepremier de la , part du Roy,
faireCompliment à 1'.drmbags4lr
deursurson arrivée:iljutfuiyi
de lapart de la Reine
, par le
Comte de Gouvon Chevalier
d'Honneur decette Princesse. De
la part de Madame Royale, par
le Baron de Chevronson premier
Ecuyer, & de la part de Ai.le
Prince dePiémont, parle Marquis
de Cortangeson Sous-Gouverneur.
Le lendemain 12. du moisà
onze heures du matin, le MarquisdeCarail,
accompagnecomme
laveille du Maistre des Ceremonies
, & du Sous-Introducteur
, tous en deiiil, (!J' en habit
à marteau,se renditffllÀ l'Hôtel
de l*j4mbaJ$adeur,dans lesmêmes
carrosses du Roy
, & avec ceux
de la Reine, de Madame Royale,
£7* du Prince de Piémont. Les
Gentilshommes del'Ambassadeur
receurent le Marquis de Carail,
& l'Ambassadeurhabillécejourlà
enpourpoint, garni decrespes ,
tsr en long manteau noir, le receut
au bas del'escalier. Tout se papa
pour le ceremonial, comme lejour
precedent.Ils entrerent dans l'appartement
de l'Ambassadeur &
après s'estreassis, ils en sortirent
un moment après pour aller à
l'Audience ; l'.AmbAffideur monta
le premier dans le carrosse du
dansle mêmecarrosseleMarquis.
DangroneMaître des Cremonies,
ou Introducteurdes Ambassadeurs
, quatre Valet, de pied du
Roy marchoienta côtédesportieres
, le carrosse de laReine sui,
l!)oÙ celuy du Roy
,
le Comte
Verdire qui saisoit la fonftwn
de SousIntroduéîeur, étoit dans
ce pcondearrojje ; ces MelJieurs.
arrivant trouvèrentunenombreux
se &magnifique livrée de l'Ambassadeur
, & ilsfurentreçûs
à la descente deson carosseparsa
familia nobile; c'est-à-direpar
lesEcuyers, les Gentilshommes
,
les Secretaires. & lesprincipaux'
Officiers de la Maison de l'Ambassadeur.
, Ce Miniflreteceut le Marquis
decarail, à la moitié du vestibule,
ille conduisit dans fort Appartement
qui étoit à rez de chaussée ,
~& en entrant,comme il étoit censé
estre danssamaison
,
il luy donna
le pas & la main, f>iy appris
qu'ilyavoit danscette chambre
trois chaises égales
, que le Marquis
de Carailse plaça sur la premiere
, Vjimbafjadeur sur une
autre, dans lamême ligne,~£$r le
Maître des Ceremonies sur la
troisiéme
,
mais qui étoit un peu
recuise ; ils nefurent qu'un mograndefile,
cette livréeétoit parte
detous lesplus riches ajustemens
~&qui pouvaientdonnerplusd'éçlat
dans unepareille Ceremonie.
Un des Ecuyers de l'Ambalfi.'
deurveflumagniifquementomr,
untrès beau cheval dont le harnois
était riche
,
paroissoità la
têtedesixPages ,attjfià cheval,
bafîadeurmi qui étaithhauJJe/&
toute couverte degalons d'or. Ils
marcho .'tmmedlattment0'cle. , immédiatement;dewâyt
letarrefjsdu Corps
,
doits
lequelétàit 7ï}4mbaff<zdeur, les
cafrosses de 14eine-de Madame
Repaie duPrincedePÀémv/x'
:,. ~a
f£1I.' trois autres des Princes du
Sang
,
suivoient le carrosse du
Corps je remarquay que ceux du
Prince de Piémont, ~& des Princes
de Carignan
,
étoient drape;c
ctlui , du Princede Piémond avoit
des clous~x&les autressans clous;
le earrojje du Marquis de S.Thomaspremier
Ministre ~& Secretaire
d'Etatpour les affaires étrangeres,
marchoit immédiatement
après ceux des Princes du Sang.
A quelque distance
, on vit
paroistre le Suiste de l'Ambassadeur
à cheval qui precedoit les
carrosses de son Maitre ,les uns
attele%, de huit ~& les autres desix
chevaux,tous richement harnachez;
ces carrosses étoient orne
tant pour lasculpture ypeinture9
dorute, ~& broderie, de tout ce
que l'Art avoit pû imaginer de
plus beau, de plus riche
, ~& de
plusrecherché ,ils étoient suivis
d'ungrandnombred'autrescarrosses
à six chevaux,que les Ministres
~(y lesprincipauxSeigneurs
delaCouravoientenvoyezpour
grossir le cortege de l' Ambassadeur.
En arrivant à la Porte Sufinne>
la Gardepresenta les Armes,
lesOfficiers àla tête saluërent du
chapeau
, & les Tambours battirent
aux champs, on entra dans
la Ville par la rue de la grande
d'Oire, d'où on se rendit au Palais
de l'Ambassadeur,par la Place
S. Charles. Les ruës ~& les
places, malgré la pluye
,
etoient
remplies d'un concours extraordinaire
de peuple que la curiosité
y ai/oit attiré; Cm on voyoit
aux fenestres des maisons qui
étoient sur le passage , un grand
nombre de Seigneurs ~& de Dames
que la mesme raisonyavoit
conduits.
Lt.Amba/Jàdeur étant arrive
enson Hôteldescendit de carrosse
accompagné du Marquis de Carail
qui le conduisit danssonap%-
partement ,
l'Ambassadeurlui
donna le pas ~& la main ils étoient
precedez parle Maistre des Ceremonies
,
~&parle Sous.Introducteur
qui marchoient immédiatement
devant eux, ils entrerent
dansla chambre d'Audiance ,ou
deParade, ~& ilsy trouverent
les chaises disposées comme elles
l'avoientété à la Cense Ferrero.
Le Sous-Introducteur des Amhajjadeurs
,
les Gentilshommes
~& les Secrétaires de l'Ambassadeurresterentdansl'anti-
chambre
la plus proche de la chambre de
Parade: le Marquissortitpour
unmomentaprès eflreentré,l'Am*
~éujjadeur leconduisit fufcjuatt
tarrojp du Roy,&le vitpartir,
leMaistre des Ceremonies monta
dans le même carrojje
, pour accompagner&
reconduire le Mar.,
quis de Carail che^luy*
Le MaistredesCeremonies ~&
le Sous-Introducteur
,
se rendirent.
peu de temps après chez
l'udmbajjadeur
, pour assister aux
Complimensque ce Ministrealloit
recevoirdelapartduRoy, de la
Reine, Cm de toute la Cour.
LeComtede Colignopremier
Gentilhomme de la< Chambre
, vintle premier de la part du Roy,
faireCompliment*l'An^Mf*-
deursurson arrivée:itfutfuiyi
de la part de la Reine
, par le
Comte de Gouvon Chevalier
d'Honneur decette Princesse. De
la part de Madame RoyaleJ par
le Baron de Chevronson premier
Ecuyer,& dela part de M. le
Prince dePiémont,par le Alar*
quis de Cortangeson Sous- Gouverneur.
Le lendemain 12.. du moisà
on=\.e heures du matin, le Marquisde
Carail, accompagnécomme
la veille du Maistre desCeremonies
,
du Sous-Introducteur
, tous en deiiil,& en habit
à manteau ,se rendirent à l'Hôtel
de L'Ambassadeur,dans lesmêmes
carrosses du Roy
, & avec ceux
de la Reine, de MadameRoyale,
& du Prince de Piémont. Les
Gentilshommes de l'Ambassadeur
receurent le Marquis de Carail,
& l*Ambassadeur habillécejourlà
enpourpoint, garnidecrespes ,
&en long manteau noir, lereceut
au bas de l'escalier. Tout se pafet
pour le ceremonial, comme lejour
precedent.Ils entrerent dans l'appartement
de Ambassadeur,&
aptess'ejlrc ajjis, ils en sortirent
un moment aprés pour aller à
l'Audience ; L'.AmbAffideur monta
le premier dans le carrosse du
Roy ,&se mitàla premiereplaoey
le Marquis de Carail à l&s
ficDnJe, & le Comte de Bucil
& le Maistre des Ceremonies,
surle secondfond, dix-huitValets
de pied de l'Ambassadeur , marchoient dans le mêmeordre
que le jour precedent , & à la
tête des chevaux du carrosse du
Roy,six Pages de ce Mwtjlrcg
êtoientcejour-lààpied& auprès
des portieres, & ses Ecuyers,
fii' Gentilshommes, sesSecrétaires
, C~ son Aumosnier remplissoient
lescarrosses de laReine,
de Madame Royale, & du
Prince de Piémont, tous, les
carrosses.
carrosses de l'Ambassadeursuivoient
immédiatement celui de ce
Prince & fermoient la marche.
L'Ambassadeur en arrivant
au Palais trouva la Garde sous
les armes,Drapeau déployé, presentant
les armes ,
les Tambours
ont rappellé
, & les Officiers à la
tête ont saluédu chapeau.
LesGardes de la Porte étoient
pareillement fous les armes, la
Officiers à la tête, qui ontsalué
du chapeau de la même maniere.
L'Ambassadeur est descendu de
carrosse cm sans s'arrêter en AUcun
endroit il a marché entre le
Marquis de Carail, se le Maître
des Ceremonies. Ses Valets de
pied,ses Ptges,ses Gentilshommes
, & le SousIntroducteur le
precedoient ;les Valets de piedse
sont arrêtez dans l'anti-chambre
qui 1ft immédiatementaprès la
Salle des Gardes du Corps, les
Pages dans celle quisuit
,&qui
estplus, avancée, & les Gentilshommessontentrez
jusques dans
la Chambre de l'audience.
La Garde Suisse&lesGardes
du Corps étoientfous les armes,
leurs Officiers à la tejle.
Le Marquis de S. Georges.
GrandMaître de la Maisondu
Roy,enhabit de dciiilj (7 à mA..
teau, a receu l'Ambassadeur a la
porte de l'anti-chambre
, & prés,
la place du Maître des Cérémonies
qui s'estavancé.Ainsi et
Jidinijlre efi entré dans la Salle
d'Audiance ayant le Marquis de
Carailàsadroite le Marquis
de S. Georgesàsa gauche; il a
fait trois reverences ,
la première
enntrant ,
lasecondeau milieu
de la chambre , la troisiéme au bas
de l'estrade qui étoit élevée de
deux marches
,
&fHr laquelle le
Roy étoit assis dans un
fautciiil,
un Capitaine des Gardes derrière
luy, le Prince de Piémont à sa,
droite, les Princes de Carignan
proche du fauteüil, mais un peu
en arriere ,plusieurs Chevaliers
de l'Annonciade
, & beaucoup
d'autrespersonnes de qualitéau
bas de l'eflrade.
Le Roy s'estlève au moment
que l*AmbaJJadeufÈ paru ,&
ltjl découvert à chacune de ses
reverences ; l'Ambassadeurayant
montesurl'estrade
,
le Rpfs'est
couvert ,& l'Amb¡tjJAJerileJ!
couvert en même tems , & en
commençantson Compliment. Fe
voudrois bien, Monsteur, pour
votre satisfaction pouvoir vous
rapporter icy le Discours que ce
Ministre afait au Roy &*larfponse
de notre Souverain ; mais
j'étois si éloigné, que j'en perdis
beaucoup. Ceux qui étoient plus
prés de l'estrade, disent que l'Ambassadeur
parla avec beaucoup de
dignité,& avec cejustetemperament
de liberté & de respectsi
difficile à trouver;& que le Roy
luy répondit avec son éloquence
naturelle &safacilité ordinaire.
Le Roy ayantfini saréponse,
se découvrit
,
l'Ambassadeur se
découvrit en même tems,& aprés
avoirfait trois reverences de la
même maniert qu'illesavoitfaites
en arrivant ,ilse retira,ayant
àsadroite le Marquis deCarail
le Grand-Maîtreàgauche
,&
il étotprécédé comme en entrant,
par le Maître des Ceremonies>
par le Sous Introducteur, &par
ses Gentilshommes.
Cefut dans cet ordre qu'ilse
rendit à l'appartement de la Rei-r
ne; cette PrinceJJectoitsur fin
Trône, un Capitaine des Gardes
étoit derrieresonfauteuil
t
Ic
Prince dePiémontauprés d'elle, ;Ince",c.lemontaupre(;(,tl ) & les deux Princes& laPrint
çijp d-Carignanfttr ïtftrade , 14
Reins se leva aJJitôt que Amb-
assad:ur parut à let. porte djt.si
l'hamrr, ilfit trois revefencts^gX
monta ensuite sur ïijltade i U
Reine l'invita
, & le pressa mê.
me ,
à ce qu'il parât, dese couvrir.
Il en fit seulement une /f*
gere demonstration
, pour conserver
la dignité de fin caractere,
mais il luy fit son Compliment
découvert,queje ne vous rendrai
point, pour m'être trouve ,com±
me dans l'Audiance du Roy, trop
éloigné de l'estrade ; la Reine,à
ce qu'on dit, luy répondit en des
termes gracieux &pleins de po-
/juffi,& après avoir répondu à
son Discours, cette Princesse arrêta
un moment lambaeàdeur,
pours'informerde la fantéduRoy
son Maistre,&de celle du Da",
phin, &elletémoigna apprendre
avec un sensible plaisir
, que ces
Jeux Princes, dans des âgesfidifserons
,
joüeoie;u d'une égale
santé.
L'ArnbaSâdeur se retira enfuite
de l'Audience de la Reine de
la même maniere
, & dans le
même ordre qu'ily étoit entré; le
Grand Maître après l'avoir accompagnéjusques
à la Salle des
Gardes du Corps, le quitta: ce
Ministrecontinuaensuite samarche
entre le Chevalier de l'Annonciade,
&le Maître desCetemonies
,
jnfcjues au carrosse du
Ray ; ily entra le premier, &
prit à l'ordinaire
,
la premiere
place dans lefond & à droite, le
Marquis de Carail
,
Chevalier
de l*jénnonciade,semitasagauche,
& ïjémba[fadeurse rendit
au Palais de Madame Royale,
dans le même ordre, & avec le
mesme cortege qu'il étoit venu
chimieRoy.
La Gardeétoitsous les armes,
& les tambours ont appelle ;
l*Amhajfadeur montaal'appartement
de cette Princec , entre le
Marquis de Carail C, le Maîire
des Ceremonies:ilfut receu à
la porte de l'antichambre la plus
proche de la Salle des Gardes par
le Comte de Cumiane
,
premier
Maître siHôtel de Madame
Royale ; il faisoit en cette occa-
Jton la fonction du Comte de 1.
Roque, GrandMaître de la Maison
de Madame Royale,qu'une
longue maladiea mis hors d'état
defaireaucunservice.
Les Gardes de la Porte, les
Suies & les Gardes du Corps
étoientsousles armes ,
de la mêmemanièreque
l'Ambassadeurles
avoittrouvezchezleRoy.
MadameRoyale étoit sur Peftradeassise
dans un ~fautüil,son
Capitaine des Gardes du Corps
derniere elle
, (7 le Prince CM la
PrinceJJ; de Carignan procheson
fauteuil; tUelest levéefi- tost que
l'Ambassadeur a paru, ila fait
ses trois reverences dontla derniere
S'est terminée au bas du marchepied:
a^jJiiotfquiljy iflmont"
Madame Royale l'a pi.fié dese
couvrir
, ce Minière en a fait
feulement une demonfixationycom~
me il en avoitusé chez, laReine,
mais ladémonstration a paru un
peuplus marquée ïl'jémbafijideur
lui afait ensuite soncompliment.
Madame Royale
, quoyque inçommodé
,
s'estlevée pour luy répondre,
(9" pendantsonDiscourc
quia étéaBez long
,
elles'efitenuè'debout
, &sans estrefodter
nue:après qu'elleaeufini,tAm..
basadeurs'est retiré de la même
maniere qu'il étoit entré & il a
été reconduitjusqucs dans la Salle
desGardes duCorpsparle Comte
de Cumiane.Ils'eftrenduensuite
danssonHostel,toujours accompagné
du Marquis de Carail&
du Maître des Cérémonies qu'il
a retenus à dîneraprès le dï
né,CM vers les trois heures après
midy
, ce Ministreestmontédans
le caTrope duRoy,accompagné à
l'ordinaire de ces deux Mcjjleurc9
pour se rendre à l'audience du
Prince dePiémont.C'aététoû~
jours le me(me cortege& la mesme
marché, rien de changédans le
êrtmonial;l'Ambassadeura trouvéla
Garde sousles armes ,
les
tamboursrappellants, les Gardes
de la Porte
,
les Suisses les
Gardes du Corpssous les armes;
en entrant dans l'anti chambre du
Prince ,il a été receu par le Chevalierde
la Roque l'un desMA2
tres d'Hostel du Roy,&quifaisoit
la sonthondepremier Maître
d'Hostel du Prince de Piémont.
Cejeune Prince étoitsur un
marchepied, &sous le dais, le
Prince de Carignan sur l'eflrade
a sa droite
, e- le Marquis du
Coudre, Chevalier de l'Annonciade,
son Gouverneur derriere
son fauteuil;tjuelcjkesCbevaliers
de l'Annonciade étoientautourdu
marchepied: l'Ambassadeur après
les rêverences ordinaires rftmont;
sur l'estrade, le Prince lest couvert,
C7 Ambassadeurpareillement;
il a fait son compliment ,
Auquel ce jeune Prince a répondu
étjfx bas & en peu de paroles.
L'Ambassadeur s'est retiré de
son audience dans le mesme ordre
qu'ily estentré. LepremierMaître
d'Hosteldu Prince l'areconduit
jusques à la SalledesGardes
du Corps, ou il L-awit reten en
arrivant; il est descendu ensuite
entre le Marquis de Carail, &
le Maistre des Ceremonies. Il eji
rentré dans le carfojje du Roy, a
étéreconduit danssonPalais
jusques dans sa chambre d'Audience,
par ces Messieurspreposez
à sa conduite, dans la manière
que je 'OUS l'ay déjà marqué
& J-AnJbafJàdeur pareillement
quand le Marquisde Carail s'ejt
retiré, la conduitjusquau carrosse
&la veu partir.
Peut-estretrouverezvous , Monsieur
, cette relation un pett
trop étendue
, maisje ne pouvois
l'abregersans vous priver du détail
d'un cérémonial, dont la con
noissance peut n'estre pas indifferenteà
ceux quiferoient cbarl/
de parels emplois en cette Cour,
& c'estpar rapport au mesme cewmoni,
zi que je mous rapporterai
encore ici ce qui s'estpassélemesme
jour dans une audience publique
quela Reine & Madame
Royale donnerentàla Marquise
dePriefemme de ïdmbajïadeun
LeRoy &la Reineayantsouhaitéde
recevoir cetteAmbassadrice
avec. tous les honneurs qui
font dutau caractere deson mari ,
lui envoyerent la Comtesse de
Non femme d'un des Capital
nés
nés des Gardes du Corps,&l'unt
des Dames d'bonneur de la Reine:
eette Comtesse se renditau Palais
de f.Amba.DJeur) dans un des
mrrofJe-s du Royy&* accompagnée
du Matftre des Ceremonies;elle
futrecette à la descente du carrojje
par les Gentilshommes de l'Am-
Ira[fadeur ; l'Ambassadrice 'Vint
la recevoir au haut de l'escalier la conduisît dans son Apparte,-
ment-, & lui donna le pas ,
lA
porte, la main, (if lachaifeégalé.
Un moment aprèsl'AmbaJfachw
& la Dame d'honneurfortirentpourmonterencarrossè;
CM prit la première place dansle
fond & à la droite; la Dame
ahonneurse mit à lagauche,&
le maistre des Ceremonies sur le
devant: les Gentilshommes &
l'Ecuyer de i'Arnba/Jadrice suivoient
dans un de ses cartosses à
six chevaux : ÏAmlwJfidrice en
Arrivant au Palais a trouve les
Gardes de la Porte, les SuiJJes,
££• Gardes du Corps en haye; la
Pr;'nL'iJP dt la Ciflerne premiers
Liante d'honneur de la Reine a
receu l'aùbasadroce dans le cahinetquiprécédé
la chambredans
-
laquelleétait la Reine.L'Ambasadrice
en entrant dansrttlt
cbAmbre, a trouve lA Reine debout,
qui lui afait l'honneur de
I,tsalüer; le Roi est entré un moment
après
,
suivi du Prince de
Premont, l'un ~çr l'autre ontsalué
Ïj4mbaf$adnce : leRoy,après
lui avoir dit quelques paroles
obligeantes
, ~& pleines de politrDe"
,
s'est retiré suivi comme il
étoit entré du Prince de Piémont.
L'ambassadrice en sortantde la
chambre de la Reine
, a estéaccompagnée
par la premiere Dame
d'honneur
,
jusqua l'endroit ou
elle l'avoit recue.
Ausortir de j'appartement de
la Reine
,
l'ambassadricetoujours
accompagnée de Madame
la Comtesse de Non
,
Dame
d'Honneur, & du Maistree des
Ceremonies, a été dans le même
carrosse
, & dans le même ordre3
chez Madame Royale son correge
nejïoit pas si nombreux que
celuy de l'ambassadeurson milrV,
mais l'emprejpment des fpeïiateurs
nefut pas moins remarquable
, tous les endroits par où elle
passi étoient borde% d'unefoule
de personnes de toutes conditions
que l'éclat de sa beauté ,un air
noble, & ces graces naissantes
d'une premierejeunes, attiroient
àsonpassage. Hommes Cm fémmes,
tout le monde vouloit là
voir quoyque peut-estepar des
sentimens dijferens.Ellefutreçut
ebek Madame Royale
,
de la
même manierequ'elle l'avoit été
cbe;C la Reine,ensortant de l'appartement
de cette Princesse
,
elle
fut reconduite à son Palais,&
jusques dans son appartement
par la Dame d'Honneur, cm par
le Maistre des Ceremonies, l'Ambassadrice
donnaacette Dame le
pas ~ula main danssamaison
la reconduisitjusqu'au carrosedu
Roy ~&la vit partiravantque
de se retirer.
Si la Reine n'étaitpas rttur.
née le me(me jour à la Vannerie
l'Ambassadrice auroit été au cercle
de Sa Majesté, £$r auroit été
IlJliJe sur un pliant semblable à
Celui des Prineses du Sang.,
dans le milieu du cercle &nJiS-à~
vis Sa Majcfté.
Trouvez bon, Monsieur,
que je vousfaJSj remarquerqu'on
fatt icy difference entre tabouret
çp* pliant, les Princes du Sang
ont un pliant, les autres Dames
quiont droit de s'assoir cbt la
Reine , comme Grandes d-Espa.
gne n'ont quun tabouret carré.
Le 14 du mois l'Ambasadrice
fut au cercle che7, Madame
Royale,(freût un pliantplacé
dans le milieu du cercle,vis a-vis
JfMadame Royale.
Si cette Relation n'étoitpasdéjà
troplongue, je vous rendrois
compte de l'Audience que l'Amhapadeureût
de M. le Prince ~&
de Madame la Princese de Cari.
gnan , CT du PrinceThomas;
maispourabregerje mecontenterai
devousdire que le Prince de Carignan
descendit quatre ou cinq
marches de son escalier pour le
recevoir, ~& quildonnapartout
àce Ministre le pas, la main, la
portey~& la première chaise sur
l'estrade. Que la Princesse dans
son Audience,rient pas ~plufiit
apperceu l'Ambassadeur entrer
danssa chambre ,quelle descendit
deson estrade, &fit quelquespas
en avant. pourrecevoir ce Ministre
,qui de son côté pressa si
marche, afin quelle en fit moins.
Lecérémonial dans l'Audience du
Prince Thomas se paiJa à peupres
comme cbez le Prince de Carignansonfrere
Il n'y eut rien de
particulier dans l'Audience que le
jAzrquiî de S.Thomas premier
Ministre du Roy ,donna à lAmbassadeur,
sinon qu'ildescendit
presquejusquau bas desonescaiier,
pour recevoir cetAmbajjadeur.
Jkhr.Ceseroit ici l'endroit devous
entretenir des visites que -l'Am,.
bassadeurareceus des deux Priitces
de Garignan
,
du Marquis de
S.Thomas
,
&desprincipaux
Seigneurs decette Cour; mais il
fautremettrecediscours à unt,
nouvelle Relation, que je vous
envairay pour peu que vous me
paroissiez lesouhaiter.J'ay l'honneur
d\flreparfaitement, Monsieur
,
Vostre
, Crc. -
- JATurince10.May iyïy.
Fermer
422
p. 156-161
Suite des Nouvelles de Mayorque.
Début :
Un Courrier extraordinaire arrivé d'Espagne en six jours, six [...]
Mots clefs :
Chevalier, Roi, Empereur, Majorque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles de Mayorque.
Suite des Nouvelles
de Mayorque.
• Un Courrier extraordinaire
arrivé d'Espagne en six jours,
flX heures
, vient d'apporter
le détail de l'expédition de
Mayorque ,tel que levoicy.
Le Chevalier d'Asfeld a été
toujours devant Palma
,
le
Marquis de Ruby Commandant
les Troup s de 1 Empereur,&
les Anglois dans la
Place luy a aussitost envoyé
unTrompette pour luy témoigner
l'étonnement où il étoit
de se voir faire la Guerre, veu
qu'on étoit en négociation de
Paix. Le Chevalierd'Asfeld
luy envoya dire, qu'ilvenoit
luyen apprendre la rupture
& qu'il falloit. se soumettre
dans vingt- quatre heures Le
Marquis de Ruby luy fit répondre
sur le champ qu'il ne
demandoit qu'une Suspension
d'Armes defix semaines, pour
avoir réponse des deux Courriers
qu'il alloit dépêcher, l'un
à Vienneàl'Empereur,&l'autre
au Roy Georges en Angleterre
, pour en recevoir les
ordres. Le Chevalier d'Asfeld
luy répondit qu'il feroitce
qu'il voudroit ;mais qu'il falloit
absolument qu'il se rendit
dans vingt quatre heures.
Surces pressantes réponses
le Clergé, la Noblesse
, & les
Magistrats obligèrent le Marquis
de Ruby à prendre son
parti & luy dirent qu'il pouvoir
se retirer où bon luy sembleroit
; maisque poureux ils
étoient résolus de se soumettre
au Roy leur Maître; en
forte que la chose fut réglée
ainsi. Dans l'instant les Députez
l'étant venu témoignée*
au Chevalier d'Asfeld ,il confcntit
que le Marquis de Ruby
se retira en Sardaigne,& luy
fit donner des Bâtiments pour
embarquer ses troupes qui
avoient des Patentes de 1 Empereur
, & quelques Officiers,
Anglois qu'on eût retenu
Prisonniers de guerre sans
leurs Patentes. Le Chevalier
d'Asfeld entra ensuite dans la
Place aux acclamations du
peuple qui crioit, Vive Philippescinq,
& vive la Reine.
Les IfLs d'Yvica& deFormantiere
se sont soumises en
même tems.
Leurs Majestez font toûjours
à Aranjutz , où le Pere
Djubenton
,
Confesseur du
Roy, arriva le 14. Il baisa la
main à leurs Majestez
,
& aux
Princes, dont il fut receu tres
favorablement.
M.
M. de Monteil
,
Maréchal
des Logis de laCavalerie,aapporté
au Roy la nouvelle de la
descente faite en l'H] de
Mayorque,& M. le Marquis
de Cany celle de la réduction
de cette Isle,surquoyS.M.l'a
fort gratieusé.
de Mayorque.
• Un Courrier extraordinaire
arrivé d'Espagne en six jours,
flX heures
, vient d'apporter
le détail de l'expédition de
Mayorque ,tel que levoicy.
Le Chevalier d'Asfeld a été
toujours devant Palma
,
le
Marquis de Ruby Commandant
les Troup s de 1 Empereur,&
les Anglois dans la
Place luy a aussitost envoyé
unTrompette pour luy témoigner
l'étonnement où il étoit
de se voir faire la Guerre, veu
qu'on étoit en négociation de
Paix. Le Chevalierd'Asfeld
luy envoya dire, qu'ilvenoit
luyen apprendre la rupture
& qu'il falloit. se soumettre
dans vingt- quatre heures Le
Marquis de Ruby luy fit répondre
sur le champ qu'il ne
demandoit qu'une Suspension
d'Armes defix semaines, pour
avoir réponse des deux Courriers
qu'il alloit dépêcher, l'un
à Vienneàl'Empereur,&l'autre
au Roy Georges en Angleterre
, pour en recevoir les
ordres. Le Chevalier d'Asfeld
luy répondit qu'il feroitce
qu'il voudroit ;mais qu'il falloit
absolument qu'il se rendit
dans vingt quatre heures.
Surces pressantes réponses
le Clergé, la Noblesse
, & les
Magistrats obligèrent le Marquis
de Ruby à prendre son
parti & luy dirent qu'il pouvoir
se retirer où bon luy sembleroit
; maisque poureux ils
étoient résolus de se soumettre
au Roy leur Maître; en
forte que la chose fut réglée
ainsi. Dans l'instant les Députez
l'étant venu témoignée*
au Chevalier d'Asfeld ,il confcntit
que le Marquis de Ruby
se retira en Sardaigne,& luy
fit donner des Bâtiments pour
embarquer ses troupes qui
avoient des Patentes de 1 Empereur
, & quelques Officiers,
Anglois qu'on eût retenu
Prisonniers de guerre sans
leurs Patentes. Le Chevalier
d'Asfeld entra ensuite dans la
Place aux acclamations du
peuple qui crioit, Vive Philippescinq,
& vive la Reine.
Les IfLs d'Yvica& deFormantiere
se sont soumises en
même tems.
Leurs Majestez font toûjours
à Aranjutz , où le Pere
Djubenton
,
Confesseur du
Roy, arriva le 14. Il baisa la
main à leurs Majestez
,
& aux
Princes, dont il fut receu tres
favorablement.
M.
M. de Monteil
,
Maréchal
des Logis de laCavalerie,aapporté
au Roy la nouvelle de la
descente faite en l'H] de
Mayorque,& M. le Marquis
de Cany celle de la réduction
de cette Isle,surquoyS.M.l'a
fort gratieusé.
Fermer
423
p. 176-181
De Blois. [titre d'après la table]
Début :
Le 26. du mois de Juin la Reine Doüairiere de Pologne [...]
Mots clefs :
Dame, Sa Majesté, Reine de Pologne, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Blois. [titre d'après la table]
Le 26. du mois de Juin la
Reine Doüairiere de Pologne
residenteau Château deBlois,
déclara sa première Dame
d'Honneur Madame laComtesse
d'Arquian
,
femme de
Messire Paul
-
François de la
Grange, Comte d'Arquian,
Capitaine des Vasseaux du
Roy
,
Gouverneur de l'ïsle de
Sainte Croix & Commandant
au Cap François
,
côte de S.
Domingueenl'Amerique, petit
neveu de la Reine,&le seul
qui reste aujourd'huy de son
nom.
Le 7. de ce mois quatrième
Dimanche d'aprés la Pentecôte
,
la Dame Garnier fameuse
Calviniste,dont on arapporté
l'abjuration publique au 26.
de May
,
dans le Mercure de
Juin dernier, fit sa première
Communion dans 1tEgi1Ce de
S. Martin de Blois avec l'' edl6-
cation de tous les assistans.
Ellel'avoit differée à ce jour,
pour s'y mieux préparer par
de nouvelles instructions &
par la visite des per sonnes
pour qui elle avoit temoigne
plus d'opposition, lor(qu'elle
éroit dans l'heresie.
Sa Majesté Polonoife
,
dont
la pieté s'étend à toutes les
bonnes oeuvres, eût part à cetle
ci
, comme à l'abjuration.
Aussile sieurLabbé Prieur
de faine Mjrtin de Blois, qui a
souvent l'honneur dans son
Eglise de donner à cette Princelle
la Benediction du Très-
Saint Sacrement, crût ne la
pouvoir mieux haranguer,
lor fqu'elle yentrala première
fois, au sujet de la Dame Garnier
,
qu'en loüant sa pieté
Royale,en cestermes: ,;ti-.
MADAME,
LaParoisse de saint Martin
estsensibleà, l'honneurqu'elle
refoit en ce jour. Vôtre Majesté
entrant dans nôtre Eglise
, nous
rappellons avec plaisir ces tems
heureux, où nos Rois & les
Princes de leurSangRoyalyvenoient
rendre à Dieu leurs hommages
, offrirleursprieres au
grand Saint
, que nous avons,
pour Patron, que ce Pays reméré
comme un desesApôtres,
Vostre pieté,Madame, encore
plus éclatantequevostre Difldé.
me ,nous charme
, nous édifie ;
mais je l'ose dire
,
elle ne nous
surprendpoint. Connuëadmirée
par tout le monde Chrétien,
la réputation en étoit venuejusqu'à
nous, longtems avant que
nous eussions le bonheurde vous
pojpdcr dans cette Ville, Nous
sçavions déja ce que la renommée
a publié tant defois,que les victoires
&les conquêtes de l'invincible
Monarque Sobieski n'ont
pas été moins les excellens fruits
de vos prieres & de vos aumofnes,
que les effets merveilleux de
sasagesse c- de savaleur.
Aujourd'huy
,
Madame,que
nous voyons Vostre Majesté imiter
le bon Pasteur, enramenant au
bercailla Brebis égarée, nousfin..
tons croître en nous les justes sentimens
de nostre reconnoissance cde
nostre admiration. Heureux!
si nous pouvions aJf reconnoître
ce que nous ne fautions trop admirer.
Cette Harangue fut prononcée
avec beaucoup de dignité
& d'onction. Elle a reçû
de grands applaudissemens de
plusieurs personnes de bon
goût & d'esprit dans cette
Ville.
Reine Doüairiere de Pologne
residenteau Château deBlois,
déclara sa première Dame
d'Honneur Madame laComtesse
d'Arquian
,
femme de
Messire Paul
-
François de la
Grange, Comte d'Arquian,
Capitaine des Vasseaux du
Roy
,
Gouverneur de l'ïsle de
Sainte Croix & Commandant
au Cap François
,
côte de S.
Domingueenl'Amerique, petit
neveu de la Reine,&le seul
qui reste aujourd'huy de son
nom.
Le 7. de ce mois quatrième
Dimanche d'aprés la Pentecôte
,
la Dame Garnier fameuse
Calviniste,dont on arapporté
l'abjuration publique au 26.
de May
,
dans le Mercure de
Juin dernier, fit sa première
Communion dans 1tEgi1Ce de
S. Martin de Blois avec l'' edl6-
cation de tous les assistans.
Ellel'avoit differée à ce jour,
pour s'y mieux préparer par
de nouvelles instructions &
par la visite des per sonnes
pour qui elle avoit temoigne
plus d'opposition, lor(qu'elle
éroit dans l'heresie.
Sa Majesté Polonoife
,
dont
la pieté s'étend à toutes les
bonnes oeuvres, eût part à cetle
ci
, comme à l'abjuration.
Aussile sieurLabbé Prieur
de faine Mjrtin de Blois, qui a
souvent l'honneur dans son
Eglise de donner à cette Princelle
la Benediction du Très-
Saint Sacrement, crût ne la
pouvoir mieux haranguer,
lor fqu'elle yentrala première
fois, au sujet de la Dame Garnier
,
qu'en loüant sa pieté
Royale,en cestermes: ,;ti-.
MADAME,
LaParoisse de saint Martin
estsensibleà, l'honneurqu'elle
refoit en ce jour. Vôtre Majesté
entrant dans nôtre Eglise
, nous
rappellons avec plaisir ces tems
heureux, où nos Rois & les
Princes de leurSangRoyalyvenoient
rendre à Dieu leurs hommages
, offrirleursprieres au
grand Saint
, que nous avons,
pour Patron, que ce Pays reméré
comme un desesApôtres,
Vostre pieté,Madame, encore
plus éclatantequevostre Difldé.
me ,nous charme
, nous édifie ;
mais je l'ose dire
,
elle ne nous
surprendpoint. Connuëadmirée
par tout le monde Chrétien,
la réputation en étoit venuejusqu'à
nous, longtems avant que
nous eussions le bonheurde vous
pojpdcr dans cette Ville, Nous
sçavions déja ce que la renommée
a publié tant defois,que les victoires
&les conquêtes de l'invincible
Monarque Sobieski n'ont
pas été moins les excellens fruits
de vos prieres & de vos aumofnes,
que les effets merveilleux de
sasagesse c- de savaleur.
Aujourd'huy
,
Madame,que
nous voyons Vostre Majesté imiter
le bon Pasteur, enramenant au
bercailla Brebis égarée, nousfin..
tons croître en nous les justes sentimens
de nostre reconnoissance cde
nostre admiration. Heureux!
si nous pouvions aJf reconnoître
ce que nous ne fautions trop admirer.
Cette Harangue fut prononcée
avec beaucoup de dignité
& d'onction. Elle a reçû
de grands applaudissemens de
plusieurs personnes de bon
goût & d'esprit dans cette
Ville.
Fermer
424
p. 239-252
Morts. [titre d'après la table]
Début :
Messire Henry Jules de Mazarin, Duc de Mayene, dont l'esprit [...]
Mots clefs :
Lieutenant, Roi, Chevalier, Duc, Armées, Marquis, Normandie, Lieutenant général
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
MessireHenry Julesde Maz,.
ui, Duc de Mayenne, donc
l'esprit répondant à toutes les
belles qualitésque l'on peut
voir dans un jeune homme,
donnoit déjàa de grandes esperances,
mourut de la petite
verole le x8,Juin dernier, âgé
de 12. ans : il estoit fils de
MessirePaulJules Duc de Mazarin,
de la Meilleraye & de
Mayenne,Pair de France
Gouverneur de Blavet, Port-
Louis, &c. & de Fdlcc Armande
Charlote de Durfort
de Duras, filleaînée de Mesre
Jacques Henry deDurfort
Duc de Duras, Pair &Maréchal
de France , & petit fils de.
Messire Armand Charles Duc
de Mazarin, PairdeFrance,
& Chevalier des Ordres du,
Roy. La Maisonde Mazarin
ra- originaire de la Ville de
Rome, & est non seulement
connue en France depuis lé,
Cardinal Mazarin qui enétoit
premier Ministre, mais encore
eHètfeft pas moins illustre par
son
son ancienneté que par ses
grandes alliances. La Genealogie
en cO: rapportée tout au
long dans l'Histoire des Ma- Pl réchaux de France, au même
chapitre.
M.jean-Baptiste Ducasse,
âgé de 63. ans,Lieutenant General
des Armées navales,
Commandeur de l'Ordre de
S. Loüis, Chevalier de la Toisond'or,
Capitaine General
du Roy d'Espagne, & que S.
M. C. avoit honoré en dernier
lieu de la commission de Commandant
de ses Armées navales
au Siege de Barcelone
est mort auxeaux de Bourbon
fort regrettéde toute sa famille.
On peut dire en deux
mots que par tour où sou service
l'a appellé, il a donné des
marques d'une prudence consommée
par la conduire, &
d'une grande valeur pour le
fervtce des Rois,dont il a reçtk
en differentes fois des marques
de bienveillance;
:-, Dame Marie Françoise Berthaut
de Freauville, Dame
d'honneur de Madame la Duebefle
de Berry, mourut le 16.
Juin dernier :elle estoit femme
de Mtflue FrançoisTouffaiût
deGuerhoent, Marquis de
Coëtenfao, Comte dePenhont
,
&c. Lieutenant General
des Armées du Roy,Sous-
Lieutenant des chevaux Legers
de sa Garde, & Chevalier
d honneur de Madame la Duçhesse
de Berry. Madame de
Freauville estoitfille de Messire
FrançoisBerthaut deFreauville,
Conseiller au Parlement de
Paris, mort le
1 4. Décembre
1713. & de Dame Marie de
la Garde. Pour Monsieur le
Marquis de Coëtenfao ilest
frere de Monsieurl'Evêque
d'Avranches,dont le zel e pour
le bien de l'Eglise luy attire l'esrime,
nonseulement de son
Diocese, mais encore de tous
ceux qui le connoissent. La
famille de Freauville est originaire
de Normandie: pour
celle de Coëtenfao, elleest une
des plus illustres de laBretagne.
-
Messire Henry Pidoude S.
Olon, Chevalier de l'Ordre de
NostreDame de MontCar
mel & deS. Lazare de Jerusalem
,
Gentilhomme ordinaire
du Roy, cy- devant Sous-
Lieutenant aux Gardes, mourut
le 13. Juindernier ;ilétoit
fils deM. Pidou deS.Olon,
cy-devant Envoyé extraordinaire
du Roy à Genes, & son
Ambassadeur auprés du Roy
de Maroc, Commandeur de
l'Ordre du Mont-Carmel &
de S. Lazare, Gentilhomme
ordinaire de la Maison du
Roy.
Dans le Mercure du mois
passé j'ay mis un article cjuiregarde
Madame la Marquise de
Nonant
,
sur des Mémoires
qu'on m'avoit donnez
,
j'ay
appris depuis qu'ils n'estoient
pas veritables; les preuves de
faussetéqu'onm'en a données,
m'obligent par rcfpeû pour la
venté à changer cet article
dans le present Mcrcurc à
vous dire que l ';,
La Maison des Fradets est
establie dans la Province de
Berry depuis si longtemps qu'il
n'estmemoire de soncommencement
:l'ancien Armorial des
Heros de l'an 1320. & celuy
de la Bannicre de Berry du
temps du Roy Charles VII.
la mettent au nombre des nobles
familles du Berry.
-, Au temps des Croisades
pourla Terre Sainte,il cfl: rapporté
par Aubert de Poitiers
dans son livre imprimé en
J162,. que JeanFradeten
combattant contre les Turcs
y sur percé de trois dards ou
javelots :ce que l'Empereur
Alexis ayant rû, il ordonna
que pour marque de la valeur
de ce fidele Chrêtien, luy & sa
famille les porteroient dans
leurs armes, ce qui s'est continué
jurqt/à pre sent; ses descendans
ont eû des emplois
honorables à la guerre où ils
se sont toujours signalez.
Alexandre Fradet fut un des
trente Gentilshommesqui se
battirent en duel contre trente
autresGentils hommes Partisans
de Jean IV.Duc de
: Bretagne, fous le regne du
Roy Jean en 1350. il com-
; battit avec Jean de Beaumanoir,
Chevalier Partisan de la
Maison de Blois.
Jicquelin Fradet, Gouverneur
de Falaise en Normandie,
fat envoyé par le Roy Charges
V. en Angleterre pour traiter
de la rançon du Roy Jean
:
son pere, d'où retournant il
mourut à Boulogne, & fut
enterré dans l'Eglise Cathédrale
en 1361.
JeanFradet fut Gouverneur
de la Ville du Pont de l'Arche
en Normandie en 1371. fous
les Regnes des Rois Charles V-
& CharlesVI.
Pierre Fradet fat Gouverneur
de la Charité, & ensuite
de la grosseTour de Bourges.
Armand Fradet fut Evêque
de Rieux en 1400.
Nicolas Fradet fut envoyé
à Rome par le Roy Charles
VII. le 14. May1448. pour
les affaires du Clergé de France
où il mourut après avoir
fondé une Chapelle dans l'E-.
gliseCathedralede S.Estienne
de Bourges, & une Mciïe à
perpétuité, moyennant jopï
écus d'or,à laquelleChapelie
font ses Armes en dedans &
en dehors; elle est entre celles
de M ssieurs les Maréchaux de
Montigny & de la Chjastre.
, Durand Fradet fut grand
Prévoit de 1 Hostel du Roy
LouisXI. en 1480.
Antoine Fradet fut Commandant
pour le Roy à Sancerre
durant la L'uc en 11Sc.
Jean son fil,;
,
Chevalier Seigneur
de S. Aoust, fut Gouverneur
de la grosse Tour de
Bour ges, & Lieutenant de
Monseigneur le Prince de
Condé, Gouverneur de Berry.
( M. Jean Fradet de Saint
Aoust
,
Comte de Châteaumeillan,
Conseiller du Royen
tous ses ConseilsMarêchal
de ses Camps & Armées,Lieutenant
General de l'Artillerie
de France, qui ensuite a exercé
la Charge de Grand Maître de
l'Artillerie par commission du
Roy Lciiis XIII.épousaDame
Jeanne Marie de S Gelais
de Lusignan,qui lui apporta
200000. liv. en dot;duquel
mariage est issu.
., M. Armand Antoine Fradct
de Saine Aoust
, Lieutenant
de Roy de la Province de
Berry
,
Mestre de Campd'un
Regiment de Cavalerie,&
Brigadier des Armées du Roi,
tuéenFlandresen1675.
EtDame JeanneMarie Frader
de Saint Aoust, veuve de
M. Jacques Duplessis Châtil-
Ion
,
Marquis dudit lieu &de
Nonant.
ui, Duc de Mayenne, donc
l'esprit répondant à toutes les
belles qualitésque l'on peut
voir dans un jeune homme,
donnoit déjàa de grandes esperances,
mourut de la petite
verole le x8,Juin dernier, âgé
de 12. ans : il estoit fils de
MessirePaulJules Duc de Mazarin,
de la Meilleraye & de
Mayenne,Pair de France
Gouverneur de Blavet, Port-
Louis, &c. & de Fdlcc Armande
Charlote de Durfort
de Duras, filleaînée de Mesre
Jacques Henry deDurfort
Duc de Duras, Pair &Maréchal
de France , & petit fils de.
Messire Armand Charles Duc
de Mazarin, PairdeFrance,
& Chevalier des Ordres du,
Roy. La Maisonde Mazarin
ra- originaire de la Ville de
Rome, & est non seulement
connue en France depuis lé,
Cardinal Mazarin qui enétoit
premier Ministre, mais encore
eHètfeft pas moins illustre par
son
son ancienneté que par ses
grandes alliances. La Genealogie
en cO: rapportée tout au
long dans l'Histoire des Ma- Pl réchaux de France, au même
chapitre.
M.jean-Baptiste Ducasse,
âgé de 63. ans,Lieutenant General
des Armées navales,
Commandeur de l'Ordre de
S. Loüis, Chevalier de la Toisond'or,
Capitaine General
du Roy d'Espagne, & que S.
M. C. avoit honoré en dernier
lieu de la commission de Commandant
de ses Armées navales
au Siege de Barcelone
est mort auxeaux de Bourbon
fort regrettéde toute sa famille.
On peut dire en deux
mots que par tour où sou service
l'a appellé, il a donné des
marques d'une prudence consommée
par la conduire, &
d'une grande valeur pour le
fervtce des Rois,dont il a reçtk
en differentes fois des marques
de bienveillance;
:-, Dame Marie Françoise Berthaut
de Freauville, Dame
d'honneur de Madame la Duebefle
de Berry, mourut le 16.
Juin dernier :elle estoit femme
de Mtflue FrançoisTouffaiût
deGuerhoent, Marquis de
Coëtenfao, Comte dePenhont
,
&c. Lieutenant General
des Armées du Roy,Sous-
Lieutenant des chevaux Legers
de sa Garde, & Chevalier
d honneur de Madame la Duçhesse
de Berry. Madame de
Freauville estoitfille de Messire
FrançoisBerthaut deFreauville,
Conseiller au Parlement de
Paris, mort le
1 4. Décembre
1713. & de Dame Marie de
la Garde. Pour Monsieur le
Marquis de Coëtenfao ilest
frere de Monsieurl'Evêque
d'Avranches,dont le zel e pour
le bien de l'Eglise luy attire l'esrime,
nonseulement de son
Diocese, mais encore de tous
ceux qui le connoissent. La
famille de Freauville est originaire
de Normandie: pour
celle de Coëtenfao, elleest une
des plus illustres de laBretagne.
-
Messire Henry Pidoude S.
Olon, Chevalier de l'Ordre de
NostreDame de MontCar
mel & deS. Lazare de Jerusalem
,
Gentilhomme ordinaire
du Roy, cy- devant Sous-
Lieutenant aux Gardes, mourut
le 13. Juindernier ;ilétoit
fils deM. Pidou deS.Olon,
cy-devant Envoyé extraordinaire
du Roy à Genes, & son
Ambassadeur auprés du Roy
de Maroc, Commandeur de
l'Ordre du Mont-Carmel &
de S. Lazare, Gentilhomme
ordinaire de la Maison du
Roy.
Dans le Mercure du mois
passé j'ay mis un article cjuiregarde
Madame la Marquise de
Nonant
,
sur des Mémoires
qu'on m'avoit donnez
,
j'ay
appris depuis qu'ils n'estoient
pas veritables; les preuves de
faussetéqu'onm'en a données,
m'obligent par rcfpeû pour la
venté à changer cet article
dans le present Mcrcurc à
vous dire que l ';,
La Maison des Fradets est
establie dans la Province de
Berry depuis si longtemps qu'il
n'estmemoire de soncommencement
:l'ancien Armorial des
Heros de l'an 1320. & celuy
de la Bannicre de Berry du
temps du Roy Charles VII.
la mettent au nombre des nobles
familles du Berry.
-, Au temps des Croisades
pourla Terre Sainte,il cfl: rapporté
par Aubert de Poitiers
dans son livre imprimé en
J162,. que JeanFradeten
combattant contre les Turcs
y sur percé de trois dards ou
javelots :ce que l'Empereur
Alexis ayant rû, il ordonna
que pour marque de la valeur
de ce fidele Chrêtien, luy & sa
famille les porteroient dans
leurs armes, ce qui s'est continué
jurqt/à pre sent; ses descendans
ont eû des emplois
honorables à la guerre où ils
se sont toujours signalez.
Alexandre Fradet fut un des
trente Gentilshommesqui se
battirent en duel contre trente
autresGentils hommes Partisans
de Jean IV.Duc de
: Bretagne, fous le regne du
Roy Jean en 1350. il com-
; battit avec Jean de Beaumanoir,
Chevalier Partisan de la
Maison de Blois.
Jicquelin Fradet, Gouverneur
de Falaise en Normandie,
fat envoyé par le Roy Charges
V. en Angleterre pour traiter
de la rançon du Roy Jean
:
son pere, d'où retournant il
mourut à Boulogne, & fut
enterré dans l'Eglise Cathédrale
en 1361.
JeanFradet fut Gouverneur
de la Ville du Pont de l'Arche
en Normandie en 1371. fous
les Regnes des Rois Charles V-
& CharlesVI.
Pierre Fradet fat Gouverneur
de la Charité, & ensuite
de la grosseTour de Bourges.
Armand Fradet fut Evêque
de Rieux en 1400.
Nicolas Fradet fut envoyé
à Rome par le Roy Charles
VII. le 14. May1448. pour
les affaires du Clergé de France
où il mourut après avoir
fondé une Chapelle dans l'E-.
gliseCathedralede S.Estienne
de Bourges, & une Mciïe à
perpétuité, moyennant jopï
écus d'or,à laquelleChapelie
font ses Armes en dedans &
en dehors; elle est entre celles
de M ssieurs les Maréchaux de
Montigny & de la Chjastre.
, Durand Fradet fut grand
Prévoit de 1 Hostel du Roy
LouisXI. en 1480.
Antoine Fradet fut Commandant
pour le Roy à Sancerre
durant la L'uc en 11Sc.
Jean son fil,;
,
Chevalier Seigneur
de S. Aoust, fut Gouverneur
de la grosse Tour de
Bour ges, & Lieutenant de
Monseigneur le Prince de
Condé, Gouverneur de Berry.
( M. Jean Fradet de Saint
Aoust
,
Comte de Châteaumeillan,
Conseiller du Royen
tous ses ConseilsMarêchal
de ses Camps & Armées,Lieutenant
General de l'Artillerie
de France, qui ensuite a exercé
la Charge de Grand Maître de
l'Artillerie par commission du
Roy Lciiis XIII.épousaDame
Jeanne Marie de S Gelais
de Lusignan,qui lui apporta
200000. liv. en dot;duquel
mariage est issu.
., M. Armand Antoine Fradct
de Saine Aoust
, Lieutenant
de Roy de la Province de
Berry
,
Mestre de Campd'un
Regiment de Cavalerie,&
Brigadier des Armées du Roi,
tuéenFlandresen1675.
EtDame JeanneMarie Frader
de Saint Aoust, veuve de
M. Jacques Duplessis Châtil-
Ion
,
Marquis dudit lieu &de
Nonant.
Fermer
425
p. 260-263
Dons du Roy. [titre d'après la table]
Début :
Avançons, Mademoiselle, ne laissons point ici languir la narration, la [...]
Mots clefs :
Abbé, Gouvernement, Évêque, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons du Roy. [titre d'après la table]
Avançons,Mademoiselle,
ne iailTons point ici languir la
narration lamatière estbelle.
Il s'agit de parler un moment
des bontez du Roy; quandil
vivroic encore milleans&
plus, on n'auroit jamaisrien
de meilleurà dire. Sa Majesté
toûjours attentive au choix
des sujets qu'clle honore de
ses graces, a donné les deux
Charges d'Aumônier que poC:
sedoient M. l'Abbé de Sourches
àpresent Evêque de Dol,
& M.l'AbbédeBrancasàpresent
Evêque de Lizieux
,
l'une
à M. l'Abbé de Froulay, Chanoine
& Comte de Lyon,&
l'autre àM.l'Abbé de Rochebonne,
aussiChanoine&Com
te de Lyon; & à M. le Marquis
d'Arpajon,Chevalierde
l'Ordre dela Toison d'or & de
Saint Lu$> & Maréchal de
Camp, son agrément pour le
Gouvernement de la Province
du Berry qu'il a acheté cent
milécusdeM.leDucdeNoailles.
Sa Majesté a ajoûré à cette
grâce un brevet de retenue de
deux cens mil livres Elle a ac
compagne ce present de rous
les agréments imaginables
pour M. le Mirquis dArpajon
, &lui a fait sentirqu'elle
se souvenoit avec ~phifir de Ces:
derniers services en France,&;
de ceux qu'il aenle bonheur
de rendre en Espagne à Sa Majette
Catholique, qui l'a pour
cette consideration honoré de
l'Ordre de laToison d'or.
Le Gouvernement de Berry
ne vaut à present que vingt mil
livres de revenu, autrefois il
en valoir trente- six ; mais il c11
un des plus considerables du
Royaume,&il a toujours été
possedé par desPrinces duSang,
& des plus grands Seigneurs.
ne iailTons point ici languir la
narration lamatière estbelle.
Il s'agit de parler un moment
des bontez du Roy; quandil
vivroic encore milleans&
plus, on n'auroit jamaisrien
de meilleurà dire. Sa Majesté
toûjours attentive au choix
des sujets qu'clle honore de
ses graces, a donné les deux
Charges d'Aumônier que poC:
sedoient M. l'Abbé de Sourches
àpresent Evêque de Dol,
& M.l'AbbédeBrancasàpresent
Evêque de Lizieux
,
l'une
à M. l'Abbé de Froulay, Chanoine
& Comte de Lyon,&
l'autre àM.l'Abbé de Rochebonne,
aussiChanoine&Com
te de Lyon; & à M. le Marquis
d'Arpajon,Chevalierde
l'Ordre dela Toison d'or & de
Saint Lu$> & Maréchal de
Camp, son agrément pour le
Gouvernement de la Province
du Berry qu'il a acheté cent
milécusdeM.leDucdeNoailles.
Sa Majesté a ajoûré à cette
grâce un brevet de retenue de
deux cens mil livres Elle a ac
compagne ce present de rous
les agréments imaginables
pour M. le Mirquis dArpajon
, &lui a fait sentirqu'elle
se souvenoit avec ~phifir de Ces:
derniers services en France,&;
de ceux qu'il aenle bonheur
de rendre en Espagne à Sa Majette
Catholique, qui l'a pour
cette consideration honoré de
l'Ordre de laToison d'or.
Le Gouvernement de Berry
ne vaut à present que vingt mil
livres de revenu, autrefois il
en valoir trente- six ; mais il c11
un des plus considerables du
Royaume,&il a toujours été
possedé par desPrinces duSang,
& des plus grands Seigneurs.
Fermer
426
p. 49-59
De Londres ce I. Août 1715.
Début :
Hier le Roy vint à la Chambre des Pairs, & aprés avoir [...]
Mots clefs :
Chambre des communes, Chambre des pairs, Londres, Hommes, Parlement, Vaisseaux, Roi, Duc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Londres ce I. Août 1715.
De Londres ce 1. Août 1715 .
Hier leRoy vintà la Chambre
des Pairs , & aprés avoir
donné à tous ceux qui y étoient
preſents ſon confentement Royal
pour prévenir les Aſſemblées tumultueuses
, S. M.fit au Parlement
laHarangueſuivante.
८
Aoust 1715. E
i
So MERCURE
MILORDS ET MESSIEURS ,
Le zele que vous avez toujours
temoignépour conferver la
Paix de mes Royaumes , &vôtre
ſageſſe enfaisant une auffi
bonne Loy que celle que vous
avezfaite pour prévenir toutes
fortes de tumultes , me donnent
une grande fatisfaction ; mais je
ſuis fâché qu'un esprit de rebellion
ſe découvre juſques- là qu'il
n'yapas lieu de douter que ces
defordres nefoient encouragezpar
des perſonnes mal- affectionnées à
mon Gouvernement , dans l'at-
>
GALANT. SI
1
tente d'estre foutenus parunfecours
étranger.
La confideration de noftre excellente
Constitution ,er lafeureté
de nostreReligion ont efté ,&
feronttoujours mon principalſoin;
&je ne puis douter que vous
n'ayez affez à coeur ce bien ineftimable
, pour ne me pas laiſſer
exposé aux attentats que lePrétendant
me prepare , commej'en ai
des avis certains.
MESSIEURS DE LA CHAMBRE
DES COMMUNES.
Dans ces circonstances je trou
E ij
52 MERCURE
ve à propos de demander voftre
aſſiſtance ,&je ne doute point
que vous ne pourvoyiezà voſtre
Seureté, en ne laiſſant pas laNation
hors d'état de se deffendre
contre une rebellion actuellement
commencée audedans , &une invafion
dont on la menace audehors.
Je regarderay les précautions
que vous prendrez pour la feureté
de mon peuple , comme la
meilleure marque de vostre affection
pour moy.
-On dit quela Cour receut
hier au matin un Exprés de
France qui luy donna avis que
tout ſe preparoit pour faire
GALANT 53
F
une deſcente en ce Pays-cy ,
en faveur du Pretendant ; &
pour ſoutenir ſes amis prêts à
ſe ſoulever contre le Gouvernement
preſent ; que pour
cet effet l'Eſcadre qui a ſervi
pour la reddition de Maillor.
que , eſtoit arrivée au Havre
de Grace pour eſcorter les
Vaiſſeaux fur leſquels ſcroient
les troupes deſtinées à l'affif
ter & que ce fût fur ces avis
que S. M. fit fa Harangue au
Parlement.
Les Communes ne furent
pas ſi toſt rentrées dans la
Chambre qu'elles refolurent
E iij
54 MERCURE
d'une commune voix qu'on
preſenteroit une Adreſſe au
Roy , pour le remercier d'avoir
communiqué au Parlement
l'avis qu'il avoit receu
d'une entrepriſe qu'on preparoit
au dehors contre la Nation
, & qui estoit au dedans
fomentée & favorisée par
de noires pratiques en faveur
du Pretendant , elles refolurent
en même temps d'aſſeurer
S. M. que la Chambre la
ſupporteroit de les vies
biens , contre tous ſes ennemis
publics , & fecrets ; & de la
prier de donner inceſſamment
, &
GALANT. 55
لو
des ordres pour équiper un
nombre de Vaiſſeaux ſuffiſans
pour garder efficacement les
Coſtes ;& de lever , & maintenir
tel nombrede forces par
Mer , & par Terre , qu'il ſeroit
neceſſaire pour la deffenſe
de ſa ſacrée Perſonne , & pour
la ſeuretéde ſes Royaumes. Il
fut enfin decidé unanimement
que ladite réſolution
A feroit preſentée par la Chambreà
S. M. en Corps , & qu'on
prendroit immediatement
toutes les voyes les plus promptes
pour luy fournir des ſub .
fides fuffifans.
E iiij
56 MERCURE
Milord Maire , & les Aldhermans
allerent enſuite offrir
au Roy de la part de laVilleun
million de livres ſterlin pour
s'oppoſer aux entrepriſes du
Pretendant.
On a ſouvent des avis icy
des frequents deſordres qui
arrivent en pluſieurs endroits ,
&ſur tout à Bromwitch dans
leComté de Strafford , où la
populace
populace a démoly pluſieurs
Eglifes non conformistes ,
avec des cris ſcandaleux , &
injurieux , & où il y a cû pluſieurs
rebels tuez & bleffez ,
& un grand nombre de Prifonniers
.
GALANT. 57
1-
Le Roy Georges a fait depuis
peu une petite Harangue
de remerciement , de ce qu'on
luy avoit accordé la levée de
4000. hommes d'Infanterie ,
&de 3000. Dragons. On fait
venir 12000. hommes d'Irlande,
& 7. ou 8000. d'Ecoffe ,
avec les 8000. qui font en
Angleterre ; on eſpere que
dans un mois il pourra y avoir
26. ou 27000. hommes , &
quarante Vaiſſeaux deGuerre.
Il paroiſt que l'on craignoit
à la Cour que le Duc d'Ormond
ne ſe mit à la tête de
quelques troupes,&l'on affûre
A
58 MERCURE
que M. Stanhope à preſent
Secretaire d'Etat , luy avoit
dit que le Roy luy avoit ordonné
de l'avertir qu'on l'enleveroit
à Richemont où il
eſtoit , que le Duc d'Ormond
avoit répondu qu'il feroit fa
réponſe dans trois jours , &
qu'il diſparut le troiſieme ,
s'étant retiré par la Thamiſe
dans un petit Bâtiment avec
deux ou trois hommes ſeulement
: on dit qu'il foupa le
huit de ce mois chez M. le
Marquis de Torcy avec le
Vicomte de Bullinbrock , ils
logent auprés des Incurables.
GALANT. رو
Le Duc a demeuré quelques
jours chez un Baigneur dans
laruë de Richelieu.
Onnedoute point que les
Angloisqui font du parti du
Pretendant , ne ſoïent affligez
de perdre l'efperance qu'ils
avoient de le voir mettre à la
tête d'une Armée en ſafaveur.
Hier leRoy vintà la Chambre
des Pairs , & aprés avoir
donné à tous ceux qui y étoient
preſents ſon confentement Royal
pour prévenir les Aſſemblées tumultueuses
, S. M.fit au Parlement
laHarangueſuivante.
८
Aoust 1715. E
i
So MERCURE
MILORDS ET MESSIEURS ,
Le zele que vous avez toujours
temoignépour conferver la
Paix de mes Royaumes , &vôtre
ſageſſe enfaisant une auffi
bonne Loy que celle que vous
avezfaite pour prévenir toutes
fortes de tumultes , me donnent
une grande fatisfaction ; mais je
ſuis fâché qu'un esprit de rebellion
ſe découvre juſques- là qu'il
n'yapas lieu de douter que ces
defordres nefoient encouragezpar
des perſonnes mal- affectionnées à
mon Gouvernement , dans l'at-
>
GALANT. SI
1
tente d'estre foutenus parunfecours
étranger.
La confideration de noftre excellente
Constitution ,er lafeureté
de nostreReligion ont efté ,&
feronttoujours mon principalſoin;
&je ne puis douter que vous
n'ayez affez à coeur ce bien ineftimable
, pour ne me pas laiſſer
exposé aux attentats que lePrétendant
me prepare , commej'en ai
des avis certains.
MESSIEURS DE LA CHAMBRE
DES COMMUNES.
Dans ces circonstances je trou
E ij
52 MERCURE
ve à propos de demander voftre
aſſiſtance ,&je ne doute point
que vous ne pourvoyiezà voſtre
Seureté, en ne laiſſant pas laNation
hors d'état de se deffendre
contre une rebellion actuellement
commencée audedans , &une invafion
dont on la menace audehors.
Je regarderay les précautions
que vous prendrez pour la feureté
de mon peuple , comme la
meilleure marque de vostre affection
pour moy.
-On dit quela Cour receut
hier au matin un Exprés de
France qui luy donna avis que
tout ſe preparoit pour faire
GALANT 53
F
une deſcente en ce Pays-cy ,
en faveur du Pretendant ; &
pour ſoutenir ſes amis prêts à
ſe ſoulever contre le Gouvernement
preſent ; que pour
cet effet l'Eſcadre qui a ſervi
pour la reddition de Maillor.
que , eſtoit arrivée au Havre
de Grace pour eſcorter les
Vaiſſeaux fur leſquels ſcroient
les troupes deſtinées à l'affif
ter & que ce fût fur ces avis
que S. M. fit fa Harangue au
Parlement.
Les Communes ne furent
pas ſi toſt rentrées dans la
Chambre qu'elles refolurent
E iij
54 MERCURE
d'une commune voix qu'on
preſenteroit une Adreſſe au
Roy , pour le remercier d'avoir
communiqué au Parlement
l'avis qu'il avoit receu
d'une entrepriſe qu'on preparoit
au dehors contre la Nation
, & qui estoit au dedans
fomentée & favorisée par
de noires pratiques en faveur
du Pretendant , elles refolurent
en même temps d'aſſeurer
S. M. que la Chambre la
ſupporteroit de les vies
biens , contre tous ſes ennemis
publics , & fecrets ; & de la
prier de donner inceſſamment
, &
GALANT. 55
لو
des ordres pour équiper un
nombre de Vaiſſeaux ſuffiſans
pour garder efficacement les
Coſtes ;& de lever , & maintenir
tel nombrede forces par
Mer , & par Terre , qu'il ſeroit
neceſſaire pour la deffenſe
de ſa ſacrée Perſonne , & pour
la ſeuretéde ſes Royaumes. Il
fut enfin decidé unanimement
que ladite réſolution
A feroit preſentée par la Chambreà
S. M. en Corps , & qu'on
prendroit immediatement
toutes les voyes les plus promptes
pour luy fournir des ſub .
fides fuffifans.
E iiij
56 MERCURE
Milord Maire , & les Aldhermans
allerent enſuite offrir
au Roy de la part de laVilleun
million de livres ſterlin pour
s'oppoſer aux entrepriſes du
Pretendant.
On a ſouvent des avis icy
des frequents deſordres qui
arrivent en pluſieurs endroits ,
&ſur tout à Bromwitch dans
leComté de Strafford , où la
populace
populace a démoly pluſieurs
Eglifes non conformistes ,
avec des cris ſcandaleux , &
injurieux , & où il y a cû pluſieurs
rebels tuez & bleffez ,
& un grand nombre de Prifonniers
.
GALANT. 57
1-
Le Roy Georges a fait depuis
peu une petite Harangue
de remerciement , de ce qu'on
luy avoit accordé la levée de
4000. hommes d'Infanterie ,
&de 3000. Dragons. On fait
venir 12000. hommes d'Irlande,
& 7. ou 8000. d'Ecoffe ,
avec les 8000. qui font en
Angleterre ; on eſpere que
dans un mois il pourra y avoir
26. ou 27000. hommes , &
quarante Vaiſſeaux deGuerre.
Il paroiſt que l'on craignoit
à la Cour que le Duc d'Ormond
ne ſe mit à la tête de
quelques troupes,&l'on affûre
A
58 MERCURE
que M. Stanhope à preſent
Secretaire d'Etat , luy avoit
dit que le Roy luy avoit ordonné
de l'avertir qu'on l'enleveroit
à Richemont où il
eſtoit , que le Duc d'Ormond
avoit répondu qu'il feroit fa
réponſe dans trois jours , &
qu'il diſparut le troiſieme ,
s'étant retiré par la Thamiſe
dans un petit Bâtiment avec
deux ou trois hommes ſeulement
: on dit qu'il foupa le
huit de ce mois chez M. le
Marquis de Torcy avec le
Vicomte de Bullinbrock , ils
logent auprés des Incurables.
GALANT. رو
Le Duc a demeuré quelques
jours chez un Baigneur dans
laruë de Richelieu.
Onnedoute point que les
Angloisqui font du parti du
Pretendant , ne ſoïent affligez
de perdre l'efperance qu'ils
avoient de le voir mettre à la
tête d'une Armée en ſafaveur.
Fermer
427
p. 167-192
Extrait du Discours que M. l'Abbé Bion a prononcé à l'Académie Françoise le jour de saint Loüis. [titre d'après la table]
Début :
Le 25. de ce mois jour de Saint Louis, Messieurs de l'Académie [...]
Mots clefs :
Saint-Louis, Discours, Académie française, Orateur, Exemple, Roi, Hommes, Peuple, Souverain, Autorité, Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait du Discours que M. l'Abbé Bion a prononcé à l'Académie Françoise le jour de saint Loüis. [titre d'après la table]
Le 25. de ce mois jour de
Saint Louis, Meffieurs de l'Academie
Françoiſe s'aſſemblerent
dans la Chapelle du Louvre
pour celebrer la Feſte du
Saint Roy ; ily cûtuneMeffe
168 MERCURE
bafle pendant laquelle on
chanta un Motet de la compoſition
du Sieur Du Bouffer,
enfuite lePanegyrique fut prononcé
par Monfieur l'Abbé
Bion , Orateur connu dans le
monde par des actions celebres,
telles que le Panegyrique
de Saint François Xavier chez
les R. P. Jefuites ; celuy de
Saint Gaëtan chez les R. P.
Theatins ; celui de Saint Paul
chez les R. P. Barnabites; celui
de Saint François de Paul, chez
les R P. Minimes.
Il pri pour texte les paroles
du Picaume 24. Adte levavi
animam
GALANT. 169
7
5
animam meam Deus meus in te
confido, non erubefcam.
-Seigneur j'ay élevé mon ame
vers vous ; oüy mon Dieu ,
jemetsen vous toute maconfiance
, & je n'en rougiray
point.
Ce texte ne paroiſt pas brillant
, mais il eſt d'une grande
convenance au ſujet , puiſque
Saint Louis s'appliqualuy même
ces paroles du Roy Prophête
, dans le tems de fon
Sacre , action dont l'Orateur
fait le fond de ſon Exorde.
Ilcommencepar une courte
expoſition de la miſere des
Aoust 1715.
P
170 MERCURE
Rois , c'eſt à dire des obſtacles
qu'ils ont à vaincre pour leur
falut , les beſoins qu'ils ont
de ſe menager le ſecours de
Dicu par une ſage confiance.
C'eſt , ajoûta t- il , ce que fic dés
l'âge le plus tendre le SaintRoy
dont nous honorons la memoire ;
il amene la ceremonie du Sacre,
dont il tire le trait qui fuir.
Grand-Dieu , le croiroit- on , il est
àla vûë d'une Cour desplusfuperbes
raffemblée pour l'éleverau
Trône , &parmy tout ce fafte
il n'eſt occupé que des malheurs
de ſa condition , on lay met le
Sceptre en main& le Diademe
GALANT. 171
au front ,ſignes auguſtes de l'autorité
dont il commence à joüir ,
& dans ce pompeux appareil, il
nesonge qu'à l'usagequ'il doitfai
re desa puiſſance , &plus encore
au terrible compte qu'il faudra
vendre un jour au SouverainJuge;
tous les grands d'un puiſſant
Empirefont à ses pieds qui luy
jurent obéiffance , & au milieu
de ces hommages , il n'est frappé
que du ferment qu'il vient luimême
deprononcer entre les mains
duPontife du Dieu Vivant;Encore
une fois le croiroit-on d'un
Prince àpeine forti de l'enfance ,
ſi l'on ne sçavoit ce que peut la
Pij
172 MERCURE
grace deJ. C. dans un coeurqu'elle
previent. L'Orateur continuë ;
maisfans inſiſter davantage fur
cettepremiere action du jeuneLoüis
que je regarde&quejepoſe comme
le principe & le fondement
defafainteté, voyonsſeulement,
fipar laſuite ileût lieu d'en rougir,
& connoiffons aujourd'huy
ce qu'est un Souverain qui efpere
en Dieu&que Dieufoutient ,
ouplutôtque ceux là le connoiffent
qui veulent que l'Evangile ſoit
unobstacle àlagloire desPrinces ,
d'un costé par la droiture & la
moderasion qu'il exige ;de l'autre
par les sentimens modestes &les
GALANT. 173
** pratiques humiliantes qu'il prefcrit
: idée chimerique & deteftable
que l'exemple de Saint Louis
doit confondre , puiſque dans un
Regne des plus glorieux , il conferva
toûjours la fidelité d'un
Chrétien auſſi bien que la majesté
d'un Roy dans les plus profonds
abaiſſemens .
Le deſſein du Difcours ainfi
expofé , l'Orateur finit fonExorde
par un trait à Meſſieurs
de l'Académie Françoile , il y
rend hommage à ces hommes
illuſtres & s'humilie luy- même
à la vue de ſon ſujet , ſans que
ſa modeſtie luy fafſſerien per-
Piij
174 MERCURE
dre de la dignité d'un Miniſtre
Evangelique.
Plan general du Discours.
Il s'agiſſoit dans la premiere
partie de combattre l'erreur
de ces faux politiques qui veulent
que la droiture &la moderation
Evangeliques , commettent
l'autorité Royale en
expoſant les Souverains aux
entrepriſes étrangeres ou domeſtiques
; pour cela l'Orateur
expoſe cette droiture& cette
moderation pouffées au plus
haut point dans Saint Louis ,
GALANT. 175
Maiefté
&cependant Saint Louis par
ces vertus mêmes devenu les
délices de fon peuple & l'arbitre
des Puiſlances voiſines .
Dans la ſeconde partie , il
s'agiſſoit de détruire l'erreur
de ſes politiques prophanes
qui veulent que la Majesté
Royale ſoit incompatible avec
l'humilité chrétienne. L'Orateur
fait voir dans Saint Louis
l'humilité chrétienne pouffée
à fon plus haut degré , & cependant
Saint Louis leplus ref.
pecté Monarque qui futpeutêtre
jamais.
مه
P iiij
176 MERCURE
:
Plan particulier du Discours.
Dans la premiere partie l'Orateur
confidere Saint Louis
dans le gouvernement interieur
de ſes Etats , & dans ſa
conduite avec les étrangers.
Par rapport au premier objer,
l'Orateur montre la fidelité du
S.Roy,par tout ce qu'il fit pour
détruire les déſordres quiregnoient
alors,ſçavoir l'herefie,
l'uſure , la preuve par le duel ,
les guerres inteſtines , le blafphême
, la mauvaiſe admini
ſtration des Magiftrats , les
GALANT. 177
1
excésduClerge.Par rapport au
ſecond objet , la même fide
lité du Saint Roy eſt prouvée,
par fon attention genereuſe
àcalmer chez ſes ennemis même
des troubles dont il eûtpû
profiter , par les ceffions qu'il
fit de droits confiderables , ſoit
pour le repos de fon peuple ,
foit pour celuy de fa conſcience.
On juge bien que dans tout
ce détail, l'Orateur ne manque
pas d'oppofer à la fidelné de
Saint Louis , les détours iniques
de la politique humaine.
La ſeconde partie ne fut
qu'un détail conduit avec gra178
MERCURE
dation,des abaſſements de S.
Louis. Et Pattention de l'O
rateur ne parut autre , que de
fauver la Majeſté affiegée par
ees mêmes abaiſſements.
Lepremier que cite l'Orateur,
c'eſt le nom modeſte que S.
Louis aff croit avec complaifance,
dans toutes les occafions
où l'autorité ſouveraine n'étoit
point intereffée,rejettant
le titre de Roy, pour ne prens
dre que la qualité de Louis de
Poiffy, parce que c'eſtoit le licu
où il avoit reçu le Baptême.
L'Orateur parla enſuite de
cette familiaritédu Saint Roy
GALANT. 179
avec ſon peuple dans les Audiances
publiques qu'il donnoit
regulierement deux fois
la ſemaine le plus ſouvent
dans ſes Jardins , affis au pied
d'un arbre, puis il le confidera
dans ſes exercices de Religion,
aprés cela il le montra dans les
Hôpitaux & dans ſesArmées
rendant les plus bas offices aux
derniers de ſes ſujets ; enfin
il finit par cet abaiffement
que
que Dieu luy ſuſcita , c'est-àdire
par fa captivité chez les
Sarazins,& montra que laMajetté
Royale loin d'en avoir
été fletric ,n'avoit jamais paru
180 MERCURE
avec plus d'éclat , parce que
ces rigoureuſes épreuves dont
Dieuhonora ſes vertus n'ayant
pû ébranler ſa confiance , il
cût la gloire de ſe rendre fuperieur
à elles. Ce qu'on a dit
fuffit pour donner une idée generale
duDiſcours& l'on ne ſe
propoſe pas plus dans un extrait
, nous y ajouterons neanmoins
quelques nouveaux
diljoints, qui quoyque tirez de
leur place & privez de leurs
preparations , ne laiſſeront pas
de ſe faire fentir. Par exemple
dans la premiere partie , à pro.
pos de l'Ordonnance de faint
GALANT. 181
Louis contre lesJuifs , l'O ateur
adreſſe ainſi la parole à Dieu.
Grand Dieu , pouviez vous nous
faire un crime de l'horreur naturelle
que nous avons pour cetterace
perverse, meurtriere de voſtrefils,
quand elle n'auroitpas contre
ellece monstrueux attentat,ne meriteroit-
elle pas toute nostre execration
, par ce feul art quelle a
introduite de mettre à profit les
beſoins des hommes ; art funeste
Sur lequel les Chrétiens mêmes
n'ont que trop encheri , &qui
malgré les foins de nostre auguste
Monarque,fait aujourd'huy tout
lemalheur de cet Empire.
182 MERCURE
Autre exemple , à proposde
ladiſſolution du fiecle de ſaint
Louis , l'Orateur s'adreſſe à
Dieu& dit : Seigneur,fi j'ofois
vous interroger , pourquoy avez
vous permis qu'un fi bon Prince
fefoit trouvé dans un fiecle auffi
corrompu , & quel bien n'eût-il
pas fait au milieu d'un peuple
moins dereglé ? je me trompe ,
Meſſieurs , c'est dans ces fiecles
corrompus que les bons Princes
doivent naître , fans remonter
bien haut , quel eût été lefortde
cet Empire,fi dans la licencede
ces derniers tems,Dieu n'eût fufcité
le religieux Monarque qui
GALANT. 183
nous gouverne ; Pardonnez ,
Messieurs , ce feul mot que je
n'ay pû refuser à l'occaſion ,
ne craignez point que cedant à
mon zele ,j'entreprenne icy l'éloge
d'un Prince dont toute la gloire
vous est confiée qu'il n'ap.
partient qu'à vous de celebrer dignement
.
Autre exemple,à propos de
ceque fit faint Louis pour rétablir
l'ordre dans l'adminiſtration
de la justice. L'Orateur
apostrophe ainſi la France.
Non, heureuſe France, cen'est
plus le temps de brigandage où les
charges ne s'achetant qu'avec le
-
184 MERCURE
droit cruel deſe dédommager àfon
gré, ceux mêmes qui devoient te
proteger, te mettoient au pillage:
regarde les emplois quiſe donnent
leplus souvent gratuitement&
toûjours à des hommes dont le
Prince luy-même a éprouvé le
defintereſſement & la capacité.
Des Commiſſaires qui informent
par tout de la conduite desJuges
prevaricateurs qu'on force àrestituer
& qu'on depose : regarde
benis à jamais unMonarque
dont l'exemple , e.
Autre exemple : dans la ſeconde
partie , à propos de ces
Audiances publiques que faint
Loüis
GALANT. 185
Louis donnoit à les ſujets ,
l'Orateur dit. Eft cesa magnificence
qu'on honore ; quand vêtû
peut-estre plus fimplement que
ceux qui l'abordent pour luy demander
grace , il ne fefert des
Gardes qui l'accompagnentesque
fon rang exige, quepourfaciliter
l'accés aux fuppliants quand ilfe
dépouille luy même de sa grandeur
&previent avec bonté un
malheureux tremblant ? voyez
cependant ce ma heureux que la
crainte abandonne es que la venerationfaifit
,quise raſſureſans
ofer davantage , toûjours interdis
lar
d'autant plus qu'il croit voir
Aouſt 1715.
186 MERCURE
fon Souverain ſe rabaiffer pour
luy ; car voila , .
Autre exemple, dans la même
partic.
Aprés un détail pathetique
des abaiſſemens volontaires de
S. Louis , tels que d'aller dans
les Hoſpitaux ſervir des infir.
mes , d'appeller des pauvres à
fa table & de les aflocier aux
Grands qui l'environnent ;tels
que de ſervir ſes ſoldats malades
&de leur donner la ſepulture
aprés des batailles. L'Orateur
aprés tout ce détail s'écrie;
GrandDieu,eft ce un Roy queje
lo ë,goùtrouvericy laMajesté?
Meffieurs , reconnoiffez-làà tant
GALANT. 187
de malheureux qui le beniffent ,
encore plus à tant de courtiſans
qui l'imitent ; quelle pompe pour
un Roy Chrétien ? des miferables
que le Prince viſite &qui
ſe reprochent d'eftre moins humiliéque
luy , qui auparavant
impatients ,fâcheux, trouvent en
le voyant leur étatheureux, plus
confolezpar l'admirationqu'il leur
laiſſe que par les affiſtances qu'il
leur rend. Ce n'est pas tout ,des
Grands que la moleffe la vanivé
ont endurci pour le pauvre ,
Se rabaiffer cependant devant luy
fur l'exemple feul de leur Souverain,
dans un Hopital def188
MERCURE
cendre àdes Minifteres qu'ils ne
pouvoient envisager fans hor.
reur. Je vous enfaisJuges vous
mêmes , politiques mondain ,futiljamais
Roy plus respecté ?
C'eſt ainſi que l'Orateur
conclut aprés avoir justifié
tous les faits qui compoſent
'Hiſtorique de la ſecondepartie.
Que vous dirai je donc ? c'est
ainſi dans la Religion d'un Dieu
crucifié , que ce qu'ily a de plus
vil en apparence , est vrayement
grand,&au- deßus de ce que te
monde a de plus grand '; c'estainsi,
parmy des Chrétiens , qu'unRoy,
que l'humilué distingue ,ne sçauroit
manquer d'être respecté ,
GALANT. 189
1
plus respecté mille fois qu'un
Prince Juperbe qui
faste pour majefié.
na que le
On ne doute pas que Merfieurs
de l'Académie n'ayent
adopté ce Diſcours pour en
faire part au Pubic dans leur
Recueil ; il a fingulierement le
merite de la nouveauté , & cec
merite eft granddans un ſujet
que tant d Orateurs ont traité.
Qui ne feroit tenté de croire
qu'on a épuilé toutes les combinaiſons
de ce ſujet, mais rien
n'eſt jamais épuisé pour un genie
original. L'Hiſtoire de faint
Loius eft la matiere commune
de ſes Panegyriftes , & elle ne
1,0 MERCURE
peut varier pour eux ; mais ce
fonds hiſtorique même qui ne
peut varier effentiellement
prendra à l'infini des formes
neuves , manié par des hommes
de genie; ils font rares,ces
hommes de génie , & je n'accorderaypas
ce titre à cesOrateurs.
Evangeliques dont tout
l'art eft de couvrir d'expreffions
neuves les larcins qu'ils
ont faits à un homme illuftre,
quand je reconnois dans un
Sermon le plan general , la
diſtribution & l'ordre d'un
Sermon anterieur , je ne me
perfuade pas aifément qu'une
GALANT. 191
reſſemblance ſi marquée ſoit
un jeu du fort , il n'y a qu'à
lire tous les Orateurs dont les
Sermons ont eſté imprimez
depuis un demy fiecle , on les
verra preſque tous s'entrefuivre
fur les mêmes ſujets d'une
maniere fimarquée , que fil'on
ne ſuppoſe pas un commerce
fort familier entr'eux ; j'ay
peineà concevoir comment le
hazard a pû faire tant & de fi
grands miraclesdereſſemblance
dans leursOuvrages.
Le même jour la diſtribution
des Prix ſe fit ſelon la mamicre
accoûtuméc. M. Roy
192 MERCURE
connu avec dittinction dans le
monde par fon eſprit& par le
merite de les Ouvrages , y fut
couronné deux fois , il en remporta
le prix de l'Eloquence &
celuy de la Poefie , ce qui ne
s'eſtoit encore jamais veu.
Nous reprendrons avec votre
permiffion cet article un peu
plus loin.
Le foir il yeûr grande illuminarion
&un concert magnifique
à l'honneur duRoy,dans
le Jardin des Tuilleries.
Saint Louis, Meffieurs de l'Academie
Françoiſe s'aſſemblerent
dans la Chapelle du Louvre
pour celebrer la Feſte du
Saint Roy ; ily cûtuneMeffe
168 MERCURE
bafle pendant laquelle on
chanta un Motet de la compoſition
du Sieur Du Bouffer,
enfuite lePanegyrique fut prononcé
par Monfieur l'Abbé
Bion , Orateur connu dans le
monde par des actions celebres,
telles que le Panegyrique
de Saint François Xavier chez
les R. P. Jefuites ; celuy de
Saint Gaëtan chez les R. P.
Theatins ; celui de Saint Paul
chez les R. P. Barnabites; celui
de Saint François de Paul, chez
les R P. Minimes.
Il pri pour texte les paroles
du Picaume 24. Adte levavi
animam
GALANT. 169
7
5
animam meam Deus meus in te
confido, non erubefcam.
-Seigneur j'ay élevé mon ame
vers vous ; oüy mon Dieu ,
jemetsen vous toute maconfiance
, & je n'en rougiray
point.
Ce texte ne paroiſt pas brillant
, mais il eſt d'une grande
convenance au ſujet , puiſque
Saint Louis s'appliqualuy même
ces paroles du Roy Prophête
, dans le tems de fon
Sacre , action dont l'Orateur
fait le fond de ſon Exorde.
Ilcommencepar une courte
expoſition de la miſere des
Aoust 1715.
P
170 MERCURE
Rois , c'eſt à dire des obſtacles
qu'ils ont à vaincre pour leur
falut , les beſoins qu'ils ont
de ſe menager le ſecours de
Dicu par une ſage confiance.
C'eſt , ajoûta t- il , ce que fic dés
l'âge le plus tendre le SaintRoy
dont nous honorons la memoire ;
il amene la ceremonie du Sacre,
dont il tire le trait qui fuir.
Grand-Dieu , le croiroit- on , il est
àla vûë d'une Cour desplusfuperbes
raffemblée pour l'éleverau
Trône , &parmy tout ce fafte
il n'eſt occupé que des malheurs
de ſa condition , on lay met le
Sceptre en main& le Diademe
GALANT. 171
au front ,ſignes auguſtes de l'autorité
dont il commence à joüir ,
& dans ce pompeux appareil, il
nesonge qu'à l'usagequ'il doitfai
re desa puiſſance , &plus encore
au terrible compte qu'il faudra
vendre un jour au SouverainJuge;
tous les grands d'un puiſſant
Empirefont à ses pieds qui luy
jurent obéiffance , & au milieu
de ces hommages , il n'est frappé
que du ferment qu'il vient luimême
deprononcer entre les mains
duPontife du Dieu Vivant;Encore
une fois le croiroit-on d'un
Prince àpeine forti de l'enfance ,
ſi l'on ne sçavoit ce que peut la
Pij
172 MERCURE
grace deJ. C. dans un coeurqu'elle
previent. L'Orateur continuë ;
maisfans inſiſter davantage fur
cettepremiere action du jeuneLoüis
que je regarde&quejepoſe comme
le principe & le fondement
defafainteté, voyonsſeulement,
fipar laſuite ileût lieu d'en rougir,
& connoiffons aujourd'huy
ce qu'est un Souverain qui efpere
en Dieu&que Dieufoutient ,
ouplutôtque ceux là le connoiffent
qui veulent que l'Evangile ſoit
unobstacle àlagloire desPrinces ,
d'un costé par la droiture & la
moderasion qu'il exige ;de l'autre
par les sentimens modestes &les
GALANT. 173
** pratiques humiliantes qu'il prefcrit
: idée chimerique & deteftable
que l'exemple de Saint Louis
doit confondre , puiſque dans un
Regne des plus glorieux , il conferva
toûjours la fidelité d'un
Chrétien auſſi bien que la majesté
d'un Roy dans les plus profonds
abaiſſemens .
Le deſſein du Difcours ainfi
expofé , l'Orateur finit fonExorde
par un trait à Meſſieurs
de l'Académie Françoile , il y
rend hommage à ces hommes
illuſtres & s'humilie luy- même
à la vue de ſon ſujet , ſans que
ſa modeſtie luy fafſſerien per-
Piij
174 MERCURE
dre de la dignité d'un Miniſtre
Evangelique.
Plan general du Discours.
Il s'agiſſoit dans la premiere
partie de combattre l'erreur
de ces faux politiques qui veulent
que la droiture &la moderation
Evangeliques , commettent
l'autorité Royale en
expoſant les Souverains aux
entrepriſes étrangeres ou domeſtiques
; pour cela l'Orateur
expoſe cette droiture& cette
moderation pouffées au plus
haut point dans Saint Louis ,
GALANT. 175
Maiefté
&cependant Saint Louis par
ces vertus mêmes devenu les
délices de fon peuple & l'arbitre
des Puiſlances voiſines .
Dans la ſeconde partie , il
s'agiſſoit de détruire l'erreur
de ſes politiques prophanes
qui veulent que la Majesté
Royale ſoit incompatible avec
l'humilité chrétienne. L'Orateur
fait voir dans Saint Louis
l'humilité chrétienne pouffée
à fon plus haut degré , & cependant
Saint Louis leplus ref.
pecté Monarque qui futpeutêtre
jamais.
مه
P iiij
176 MERCURE
:
Plan particulier du Discours.
Dans la premiere partie l'Orateur
confidere Saint Louis
dans le gouvernement interieur
de ſes Etats , & dans ſa
conduite avec les étrangers.
Par rapport au premier objer,
l'Orateur montre la fidelité du
S.Roy,par tout ce qu'il fit pour
détruire les déſordres quiregnoient
alors,ſçavoir l'herefie,
l'uſure , la preuve par le duel ,
les guerres inteſtines , le blafphême
, la mauvaiſe admini
ſtration des Magiftrats , les
GALANT. 177
1
excésduClerge.Par rapport au
ſecond objet , la même fide
lité du Saint Roy eſt prouvée,
par fon attention genereuſe
àcalmer chez ſes ennemis même
des troubles dont il eûtpû
profiter , par les ceffions qu'il
fit de droits confiderables , ſoit
pour le repos de fon peuple ,
foit pour celuy de fa conſcience.
On juge bien que dans tout
ce détail, l'Orateur ne manque
pas d'oppofer à la fidelné de
Saint Louis , les détours iniques
de la politique humaine.
La ſeconde partie ne fut
qu'un détail conduit avec gra178
MERCURE
dation,des abaſſements de S.
Louis. Et Pattention de l'O
rateur ne parut autre , que de
fauver la Majeſté affiegée par
ees mêmes abaiſſements.
Lepremier que cite l'Orateur,
c'eſt le nom modeſte que S.
Louis aff croit avec complaifance,
dans toutes les occafions
où l'autorité ſouveraine n'étoit
point intereffée,rejettant
le titre de Roy, pour ne prens
dre que la qualité de Louis de
Poiffy, parce que c'eſtoit le licu
où il avoit reçu le Baptême.
L'Orateur parla enſuite de
cette familiaritédu Saint Roy
GALANT. 179
avec ſon peuple dans les Audiances
publiques qu'il donnoit
regulierement deux fois
la ſemaine le plus ſouvent
dans ſes Jardins , affis au pied
d'un arbre, puis il le confidera
dans ſes exercices de Religion,
aprés cela il le montra dans les
Hôpitaux & dans ſesArmées
rendant les plus bas offices aux
derniers de ſes ſujets ; enfin
il finit par cet abaiffement
que
que Dieu luy ſuſcita , c'est-àdire
par fa captivité chez les
Sarazins,& montra que laMajetté
Royale loin d'en avoir
été fletric ,n'avoit jamais paru
180 MERCURE
avec plus d'éclat , parce que
ces rigoureuſes épreuves dont
Dieuhonora ſes vertus n'ayant
pû ébranler ſa confiance , il
cût la gloire de ſe rendre fuperieur
à elles. Ce qu'on a dit
fuffit pour donner une idée generale
duDiſcours& l'on ne ſe
propoſe pas plus dans un extrait
, nous y ajouterons neanmoins
quelques nouveaux
diljoints, qui quoyque tirez de
leur place & privez de leurs
preparations , ne laiſſeront pas
de ſe faire fentir. Par exemple
dans la premiere partie , à pro.
pos de l'Ordonnance de faint
GALANT. 181
Louis contre lesJuifs , l'O ateur
adreſſe ainſi la parole à Dieu.
Grand Dieu , pouviez vous nous
faire un crime de l'horreur naturelle
que nous avons pour cetterace
perverse, meurtriere de voſtrefils,
quand elle n'auroitpas contre
ellece monstrueux attentat,ne meriteroit-
elle pas toute nostre execration
, par ce feul art quelle a
introduite de mettre à profit les
beſoins des hommes ; art funeste
Sur lequel les Chrétiens mêmes
n'ont que trop encheri , &qui
malgré les foins de nostre auguste
Monarque,fait aujourd'huy tout
lemalheur de cet Empire.
182 MERCURE
Autre exemple , à proposde
ladiſſolution du fiecle de ſaint
Louis , l'Orateur s'adreſſe à
Dieu& dit : Seigneur,fi j'ofois
vous interroger , pourquoy avez
vous permis qu'un fi bon Prince
fefoit trouvé dans un fiecle auffi
corrompu , & quel bien n'eût-il
pas fait au milieu d'un peuple
moins dereglé ? je me trompe ,
Meſſieurs , c'est dans ces fiecles
corrompus que les bons Princes
doivent naître , fans remonter
bien haut , quel eût été lefortde
cet Empire,fi dans la licencede
ces derniers tems,Dieu n'eût fufcité
le religieux Monarque qui
GALANT. 183
nous gouverne ; Pardonnez ,
Messieurs , ce feul mot que je
n'ay pû refuser à l'occaſion ,
ne craignez point que cedant à
mon zele ,j'entreprenne icy l'éloge
d'un Prince dont toute la gloire
vous est confiée qu'il n'ap.
partient qu'à vous de celebrer dignement
.
Autre exemple,à propos de
ceque fit faint Louis pour rétablir
l'ordre dans l'adminiſtration
de la justice. L'Orateur
apostrophe ainſi la France.
Non, heureuſe France, cen'est
plus le temps de brigandage où les
charges ne s'achetant qu'avec le
-
184 MERCURE
droit cruel deſe dédommager àfon
gré, ceux mêmes qui devoient te
proteger, te mettoient au pillage:
regarde les emplois quiſe donnent
leplus souvent gratuitement&
toûjours à des hommes dont le
Prince luy-même a éprouvé le
defintereſſement & la capacité.
Des Commiſſaires qui informent
par tout de la conduite desJuges
prevaricateurs qu'on force àrestituer
& qu'on depose : regarde
benis à jamais unMonarque
dont l'exemple , e.
Autre exemple : dans la ſeconde
partie , à propos de ces
Audiances publiques que faint
Loüis
GALANT. 185
Louis donnoit à les ſujets ,
l'Orateur dit. Eft cesa magnificence
qu'on honore ; quand vêtû
peut-estre plus fimplement que
ceux qui l'abordent pour luy demander
grace , il ne fefert des
Gardes qui l'accompagnentesque
fon rang exige, quepourfaciliter
l'accés aux fuppliants quand ilfe
dépouille luy même de sa grandeur
&previent avec bonté un
malheureux tremblant ? voyez
cependant ce ma heureux que la
crainte abandonne es que la venerationfaifit
,quise raſſureſans
ofer davantage , toûjours interdis
lar
d'autant plus qu'il croit voir
Aouſt 1715.
186 MERCURE
fon Souverain ſe rabaiffer pour
luy ; car voila , .
Autre exemple, dans la même
partic.
Aprés un détail pathetique
des abaiſſemens volontaires de
S. Louis , tels que d'aller dans
les Hoſpitaux ſervir des infir.
mes , d'appeller des pauvres à
fa table & de les aflocier aux
Grands qui l'environnent ;tels
que de ſervir ſes ſoldats malades
&de leur donner la ſepulture
aprés des batailles. L'Orateur
aprés tout ce détail s'écrie;
GrandDieu,eft ce un Roy queje
lo ë,goùtrouvericy laMajesté?
Meffieurs , reconnoiffez-làà tant
GALANT. 187
de malheureux qui le beniffent ,
encore plus à tant de courtiſans
qui l'imitent ; quelle pompe pour
un Roy Chrétien ? des miferables
que le Prince viſite &qui
ſe reprochent d'eftre moins humiliéque
luy , qui auparavant
impatients ,fâcheux, trouvent en
le voyant leur étatheureux, plus
confolezpar l'admirationqu'il leur
laiſſe que par les affiſtances qu'il
leur rend. Ce n'est pas tout ,des
Grands que la moleffe la vanivé
ont endurci pour le pauvre ,
Se rabaiffer cependant devant luy
fur l'exemple feul de leur Souverain,
dans un Hopital def188
MERCURE
cendre àdes Minifteres qu'ils ne
pouvoient envisager fans hor.
reur. Je vous enfaisJuges vous
mêmes , politiques mondain ,futiljamais
Roy plus respecté ?
C'eſt ainſi que l'Orateur
conclut aprés avoir justifié
tous les faits qui compoſent
'Hiſtorique de la ſecondepartie.
Que vous dirai je donc ? c'est
ainſi dans la Religion d'un Dieu
crucifié , que ce qu'ily a de plus
vil en apparence , est vrayement
grand,&au- deßus de ce que te
monde a de plus grand '; c'estainsi,
parmy des Chrétiens , qu'unRoy,
que l'humilué distingue ,ne sçauroit
manquer d'être respecté ,
GALANT. 189
1
plus respecté mille fois qu'un
Prince Juperbe qui
faste pour majefié.
na que le
On ne doute pas que Merfieurs
de l'Académie n'ayent
adopté ce Diſcours pour en
faire part au Pubic dans leur
Recueil ; il a fingulierement le
merite de la nouveauté , & cec
merite eft granddans un ſujet
que tant d Orateurs ont traité.
Qui ne feroit tenté de croire
qu'on a épuilé toutes les combinaiſons
de ce ſujet, mais rien
n'eſt jamais épuisé pour un genie
original. L'Hiſtoire de faint
Loius eft la matiere commune
de ſes Panegyriftes , & elle ne
1,0 MERCURE
peut varier pour eux ; mais ce
fonds hiſtorique même qui ne
peut varier effentiellement
prendra à l'infini des formes
neuves , manié par des hommes
de genie; ils font rares,ces
hommes de génie , & je n'accorderaypas
ce titre à cesOrateurs.
Evangeliques dont tout
l'art eft de couvrir d'expreffions
neuves les larcins qu'ils
ont faits à un homme illuftre,
quand je reconnois dans un
Sermon le plan general , la
diſtribution & l'ordre d'un
Sermon anterieur , je ne me
perfuade pas aifément qu'une
GALANT. 191
reſſemblance ſi marquée ſoit
un jeu du fort , il n'y a qu'à
lire tous les Orateurs dont les
Sermons ont eſté imprimez
depuis un demy fiecle , on les
verra preſque tous s'entrefuivre
fur les mêmes ſujets d'une
maniere fimarquée , que fil'on
ne ſuppoſe pas un commerce
fort familier entr'eux ; j'ay
peineà concevoir comment le
hazard a pû faire tant & de fi
grands miraclesdereſſemblance
dans leursOuvrages.
Le même jour la diſtribution
des Prix ſe fit ſelon la mamicre
accoûtuméc. M. Roy
192 MERCURE
connu avec dittinction dans le
monde par fon eſprit& par le
merite de les Ouvrages , y fut
couronné deux fois , il en remporta
le prix de l'Eloquence &
celuy de la Poefie , ce qui ne
s'eſtoit encore jamais veu.
Nous reprendrons avec votre
permiffion cet article un peu
plus loin.
Le foir il yeûr grande illuminarion
&un concert magnifique
à l'honneur duRoy,dans
le Jardin des Tuilleries.
Fermer
428
p. 217-236
MARIAGES.
Début :
Jean-Joachim Roüault, Comte de Cayeu, Mestre de Camp de [...]
Mots clefs :
Marquis, Roi, Épouse, Chevalier, Maison de Pomponne, Régiment, Lieutenant, Gouverneur, Fille, Mariages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Jean - Joachim Roüault ,
Acust 1715 . T
218 MERCURE
Comte de Cayeu , Mettre de
Camp de Cavalerie , a épousé
Mademoiselle de Pomponne
le 25 Juin 1715. Il eſt filsde
Claude Jean Baptifte HyacintheJoachin
Rouault , Marquis
de Gamaches , Lieutenant General
des Armées du Roy , Seigneur&
Gouverneur de ſaint
Vallery ſur Somme & du Païs
& Rocq de Cayeu , &c . & de
Loüife Magdelaine de Lomenie
de Brienne , fille, petite fille
& arriere petite fille de Secretaire
d'Etat.
Je ne donneray point la Genealogie
de la Maiſon de
GALANT. 219
1
A
Rouault qui eſt tres-connue ,
& ſe trouve dans pluſieursAuteurs.
Je diray ſeulement que
cette Maiſon eſt ſi ancienne ,
que l'origine en eſt inconnuë :
elle a paru en France avec éclat
ſous les Regnes deCharles V.
& de Charles VI. Triſtan
Rouault épouſa en 1376. Peronnelle
Vicomteſſe de
د
Thoüars , fille aînée de Loüis ,
Vicomte de Thoüars , & de
Jeanne II . du nom , Comteffe
de Dreux. Il fut un des
grands Seigneursdu Royaume
&tint le rang de Prince à la
Cour & dans les Armées. Il
plus
Tij
220 MERCURE
mourut fans pofterité & fit
épouſer à ſon frere André
Rouault Anne de Châteaubriand
, cadete des Ducs de
Bourgogne ; & Peronnelle de
Thoüars donna par ſon Teftament
aux enfans d'André
Rouault ſes neveux , la Terre
de Gamaches ſituée en Picardie
, que cette Maiſon poffede
encore aujourd'huy. Le même
André Rouault rendit de
grands ſervices au Roy dans la
guerre de Guïenne contre les
Anglois,
En l'année 1379. il fut fait
Gouverneur de Charles deBer.
GALANT. 221
ry , petit fils du RoyJean. Joachin
Rouault , Seigneur de
Boifmenard ,de Gamaches ,
Fronſac & Helicourt , Chevalier
de l'Ordre du Roy , grand
Ecuïer de France , Connêtable
de Guïenne & Maréchal de
France , deffendit la Ville de
Paris à la guerre du bien public
contre leComtedeCharollois,
& en fut fait Gouverneur en
1465. Il fut un des Seigneurs
qui deffendirent la Ville de
Beauvais en 1472. & en cût le
Gouvernement. Ilacquit beaucoup
de gloire à la conqueſte
de laNormandie en 1449. &
Tij
222 MERCURE
de
principalement à la priſe des
Villes deS. James, de Beuvro
Coutance , S. Lo , Carentan ,
& de Caën , & à la Bataille
Fourmigny. Il ſe ſignala auſſi
àla conqueſte de la Guïenne&
au ſiege qu'il fir de Castillon
en Perigort , où il défit le fameux
Talbot en 1453 Nicolas
Rouault premier du nom ,
Chevalier de l'Ordre du Roy ,
embraſſa le parti des Hugue-.
nots où il ſe ſignala & s'y
rendit recommandable : il fut
un des quatre Seigneurs à qui
le Roy Charles IX ſauva la
vie à la faint Barthelemy en
,
GALANT. 223
1572. Il étoit ayeul de Nicolas
Joachin Rouault , Marquis
de Gamaches , Chevalier des
Ordres du Roy& Lieutenant
General de ſes Armées , qui
avoit eſté Vice-Amiral
avoit épousé en 1642. Marie
Antoinette de Lomenie de
Brienne , fille , petite fille &
foeur de Secretaire d'Etat.
,
&
Le Marquis de Gamaches
d'aujourd'hui , pour lorsComte
de Cayeu aprés la mort du
Marquis d'Arcy , fut choifien
1695. par le Roy pour eftre
auprés deS. A. R. Monfeigneur
le Duc de Chartres , à preſent
Tinj
224 MERCURE
Duc d'Orleans , & apres le de.
cés de Monfieur , Frere unique
du Roy en 1702. Sa Majesté le
mit auprés deMonſeigneur le
DucdeBourgogne depuisDau
phin , où il eſt reſté juſqu'à la
mort de ce Prince.
Mademoiselle de Pomponne
Catherine Conſtance Emilie
Arnauld eft fille de Melfire
Nicolas Simon Arnauld
dePomponne, Chevalier Mar
quis de Pomponne & de Palloiſeau
, Sire & Baron de Ferrierres
,&Chambroys en Normandie
, Lieutenant General
د
pour le Roy au Gourverne-
:
مه
GALANT 225
:
mentdes Provinces de l'Ile de
France , & Soiffonnois, Brigadier
des Armées de Sa Majefté.
Mademoiselle la Marquiſe
de Pomponne ſa mere ſe nom.
me Conſtance de Harville de
Palloiſeau , & eft fille dedeffunt
Meffire François deHarville
des Uiſins , Marquis de
Palloiſeau & de Treſnel , Seigneur
de Douë, Marefchaldes
Camps & Armées du Roy ,
Gouverneur des Ville & Citadelle
de Charleville , &
Mont Oympe,morteen 1701
Mademoiselle de Pomponne ,
aujourd'hui Madamela Com226
MERCURE
teffe de Caycu , eſt fille unique
, n'étant reſté qu'elle ſeule
d'enfans à Monfieur ſon
pere, de ceux qu'il a eu deMadame
ſa femme ; elle eſtpetite
fille de Meſſire Simon Arnauld
Marquis de Pomponne
Miniftre & Secretaire d'Etar ,
Sur Intendant General desPoſtes
& Relais de France , mort
à Fontainebleau le 26. Septembre
1699. & par confequent
niece de Madame la
Marquiſe de Torcy,femme de
Monfieur le Marquis de Torcy
, aujourd'hui Miniſtre &
Secretaire d'Etat , &de Mon-
(
GALANT . 227
ſieur l'Abbé de Pomponne ,
Conſeiller d'Etat, cy - devant
1 Aumônier du Roy , & Ambaſladeur
à Veniſe .
Monfieur le Marquis de
Pomponne , pere de Madame
laComteſſe de Cayeu, avoit
un frere puiſné , Antoine Joſeph
Arnauld nommé le Chevalier
de Pomponne, mort à
Mons en 1693. étant Mestre
de Camp du Regiment deCavalerie
de Monfeigneur le Duc
de Bourgogne , & Inspecteur
General de la Cavalerie : il
avoit commandé auparavant
un Regiment de Dragons qui
portoit ſon nom.
1
228 MERCURE
4 La Maiſon de Pomponne
eſt ſi connuë , & il en eſt parlé
dans tantdedifferens Livres,&
de Dictionnaires , qu'il feroit
inutile d'en parler ici plus au
long. Je me contenterai dedire
qu'elle eſt ancienne par la
nobleſſe originaire d'Auvergne
& illuftre par les gens diſtinguez
en merite qu'elle a
produits qui ont fervi fidelle
ment nos Rois , & l'Etat dans
differens employs, tant d'Ambaffades
queMilitaires, yayant
cû pluſieurs LieutenantsGeneraux
des Armées , dont deux
Generaux des Carabins,Pierre
GALANT. 229
Arnauld & Ifaac Arnauld , le
premier , Pierre Arnauld étoit
auſſi Meſtre de Camp du Regiment
de Champagne , &
Gouverneur du Fort Louis, de
la Rochelle, ſous le Roy Loüis
XIII . lequel Pierre Arnauld
mourut en 1622. avant la reduction
de la Rochelle , qu'il
tenoit ferrée par ſon Fort.
Le ſecond Ifaac auffi General
des Carabins , Gouverneur
de Philſbourg , Dijon ,
& faint Jean de Laune, &Colonel
d'un Regiment d'Infanterie.
1
La Maiſon de Harville de
230 MERCURE
laquelle Madame la Marquiſe
de Pomponne eſt fortie , eſt
trés ancienne & illuftre, ayant
- pluſieursChevaliers desordres
du Roy , Gouverneurs de Calais
, de Compienne , & Vice-
Amiraux de la Manche: elle eft
continuée par Monfieur le
Marquis de Treſnel , frere de
Madame de Pomponne, LieutenantGeneral
des Armées du
Roy, & premier Sous Lieutenant
desGendarmes de la Garde
de Sa Majeſté ; il joint au
nom de Harville , celui des
Urſins , à cauſe de la ſubſtitution
faite par François desUrGALANT.
231
1
2
fins dernier du nom, àFrançois
de Harville Ma quis de Palloiſeau
fon petit neveu, pere
de Monfieur le Marquis de
Treſnel d'aujourd hui.
Achille Baltazard de Fourcy
Confeiller auParlement,fils de
MeffireHenry deFourcyChevalierComte
deCheffy,ancien
Preſident des Enquêtes , Prevoſt
des Marchands, Conſeiller
d'Etat ordinaire & d'honneur
au Parlement de Paris , &
de Dame Magdelaine Boucherat,
fille de Monfieur le ChancelierBoucherat
; a épouſéle...
Damoiſelle Marie Françoiſe
232 MERCURE
Thereſe Langlois , fille de
Meffire Pierre Langlois, Preſidentde
laChambre des Comptes
deParis , & de DameMarie
Loü ſe Thereſe Humbert.
Il reſte à M. de Fourcy
une belle foeur , dont la fille
aiſnée a épousé le Marquis de-
Puyſegur ; un frere Abbé ,
Chanoine de Noſtre - Dame
deParis , Conſeiller honoraire
au Parlement de Paris : un
autre Docteur de laMaiſon de
Sorbonne , Abbé de Saint
Vandrille ; & une ſoeur qui a
épousé M. de Fieubet , Maitre
des Requêtes , dont le fils
aifné
GALANT. 233
-aiſné a épousé Mademoiſelle
du Moulin , & la fille a époufé
le fils de M. le Préſident Gilbert
Voifin.
-
Les Alliances de Fourcy du
coſté de M fon pere , font;
Madame la Preſidente de
Menars , Meſſicurs de laGrange
, M. le Marquis de la
Vrilliere , Secretaire d'Eftat ,
Meſſieurs Molé , Meſſieurs de
de Bailleul , Monfieur le Marquis
d'Effiat , Monfieur le
Duc de Mazarin, Meſſieurs de
Salins & autres.
Et celles du coſté de Madame
fa mere, font: Madame de
Août 1715 . V
C
234 MERCURE
Morangis , Madame de Harlay
ſes foeurs toutesdeux auſſi
filles de Monfieur le Chancelier
Boucherat , Meſſieurs de
Machault , Meffieurs Pajot &
autres.
Meffire Thomas le Gendre
deCollande , ancien Brigadier
des Armées du Roy , & Colonel
du Regiment Royal des
Vaiſſeaux , a épousé le 12. de
cemois Damoiselle Marguerite
Catharine Magdelaine de
Voyer dePoulmyd'Argenfon,
fille de M. fire Marc R né de
Voyer de Paulmyd'Argenſon,
Confeiller d'Etat ,& deDame
GALANT. 235
Marguerite le Febvre de Gaumartin.
,
M. Bernard , Maistre des
Requeſtes , fils aîné de M. Bernard
, Chevalier de l'Ordre
de Saint Michel a épousé
le 12. de ce mois dans l Eglile
de ſaint Sulpice , Mademoiſelle
de laCofte , fille aînée
de M. leMarquis de la Coſte ,
d'une trés bonne & ancienne
- Maiſon du Poitou , alliée aux
meilleures Maiſons de France ;
la noce s'est faite chez M Bernard
, Chevalier de l'Ordre de
S Michel , avec beaucoup de
magnificence, tant par la gran-
Vij
236 MERCURE
deur du repas que par l'illuſtré
Compagnie qui étoit compo--
fée de parens & d'amis du plus
hautrang.
Jean - Joachim Roüault ,
Acust 1715 . T
218 MERCURE
Comte de Cayeu , Mettre de
Camp de Cavalerie , a épousé
Mademoiselle de Pomponne
le 25 Juin 1715. Il eſt filsde
Claude Jean Baptifte HyacintheJoachin
Rouault , Marquis
de Gamaches , Lieutenant General
des Armées du Roy , Seigneur&
Gouverneur de ſaint
Vallery ſur Somme & du Païs
& Rocq de Cayeu , &c . & de
Loüife Magdelaine de Lomenie
de Brienne , fille, petite fille
& arriere petite fille de Secretaire
d'Etat.
Je ne donneray point la Genealogie
de la Maiſon de
GALANT. 219
1
A
Rouault qui eſt tres-connue ,
& ſe trouve dans pluſieursAuteurs.
Je diray ſeulement que
cette Maiſon eſt ſi ancienne ,
que l'origine en eſt inconnuë :
elle a paru en France avec éclat
ſous les Regnes deCharles V.
& de Charles VI. Triſtan
Rouault épouſa en 1376. Peronnelle
Vicomteſſe de
د
Thoüars , fille aînée de Loüis ,
Vicomte de Thoüars , & de
Jeanne II . du nom , Comteffe
de Dreux. Il fut un des
grands Seigneursdu Royaume
&tint le rang de Prince à la
Cour & dans les Armées. Il
plus
Tij
220 MERCURE
mourut fans pofterité & fit
épouſer à ſon frere André
Rouault Anne de Châteaubriand
, cadete des Ducs de
Bourgogne ; & Peronnelle de
Thoüars donna par ſon Teftament
aux enfans d'André
Rouault ſes neveux , la Terre
de Gamaches ſituée en Picardie
, que cette Maiſon poffede
encore aujourd'huy. Le même
André Rouault rendit de
grands ſervices au Roy dans la
guerre de Guïenne contre les
Anglois,
En l'année 1379. il fut fait
Gouverneur de Charles deBer.
GALANT. 221
ry , petit fils du RoyJean. Joachin
Rouault , Seigneur de
Boifmenard ,de Gamaches ,
Fronſac & Helicourt , Chevalier
de l'Ordre du Roy , grand
Ecuïer de France , Connêtable
de Guïenne & Maréchal de
France , deffendit la Ville de
Paris à la guerre du bien public
contre leComtedeCharollois,
& en fut fait Gouverneur en
1465. Il fut un des Seigneurs
qui deffendirent la Ville de
Beauvais en 1472. & en cût le
Gouvernement. Ilacquit beaucoup
de gloire à la conqueſte
de laNormandie en 1449. &
Tij
222 MERCURE
de
principalement à la priſe des
Villes deS. James, de Beuvro
Coutance , S. Lo , Carentan ,
& de Caën , & à la Bataille
Fourmigny. Il ſe ſignala auſſi
àla conqueſte de la Guïenne&
au ſiege qu'il fir de Castillon
en Perigort , où il défit le fameux
Talbot en 1453 Nicolas
Rouault premier du nom ,
Chevalier de l'Ordre du Roy ,
embraſſa le parti des Hugue-.
nots où il ſe ſignala & s'y
rendit recommandable : il fut
un des quatre Seigneurs à qui
le Roy Charles IX ſauva la
vie à la faint Barthelemy en
,
GALANT. 223
1572. Il étoit ayeul de Nicolas
Joachin Rouault , Marquis
de Gamaches , Chevalier des
Ordres du Roy& Lieutenant
General de ſes Armées , qui
avoit eſté Vice-Amiral
avoit épousé en 1642. Marie
Antoinette de Lomenie de
Brienne , fille , petite fille &
foeur de Secretaire d'Etat.
,
&
Le Marquis de Gamaches
d'aujourd'hui , pour lorsComte
de Cayeu aprés la mort du
Marquis d'Arcy , fut choifien
1695. par le Roy pour eftre
auprés deS. A. R. Monfeigneur
le Duc de Chartres , à preſent
Tinj
224 MERCURE
Duc d'Orleans , & apres le de.
cés de Monfieur , Frere unique
du Roy en 1702. Sa Majesté le
mit auprés deMonſeigneur le
DucdeBourgogne depuisDau
phin , où il eſt reſté juſqu'à la
mort de ce Prince.
Mademoiselle de Pomponne
Catherine Conſtance Emilie
Arnauld eft fille de Melfire
Nicolas Simon Arnauld
dePomponne, Chevalier Mar
quis de Pomponne & de Palloiſeau
, Sire & Baron de Ferrierres
,&Chambroys en Normandie
, Lieutenant General
د
pour le Roy au Gourverne-
:
مه
GALANT 225
:
mentdes Provinces de l'Ile de
France , & Soiffonnois, Brigadier
des Armées de Sa Majefté.
Mademoiselle la Marquiſe
de Pomponne ſa mere ſe nom.
me Conſtance de Harville de
Palloiſeau , & eft fille dedeffunt
Meffire François deHarville
des Uiſins , Marquis de
Palloiſeau & de Treſnel , Seigneur
de Douë, Marefchaldes
Camps & Armées du Roy ,
Gouverneur des Ville & Citadelle
de Charleville , &
Mont Oympe,morteen 1701
Mademoiselle de Pomponne ,
aujourd'hui Madamela Com226
MERCURE
teffe de Caycu , eſt fille unique
, n'étant reſté qu'elle ſeule
d'enfans à Monfieur ſon
pere, de ceux qu'il a eu deMadame
ſa femme ; elle eſtpetite
fille de Meſſire Simon Arnauld
Marquis de Pomponne
Miniftre & Secretaire d'Etar ,
Sur Intendant General desPoſtes
& Relais de France , mort
à Fontainebleau le 26. Septembre
1699. & par confequent
niece de Madame la
Marquiſe de Torcy,femme de
Monfieur le Marquis de Torcy
, aujourd'hui Miniſtre &
Secretaire d'Etat , &de Mon-
(
GALANT . 227
ſieur l'Abbé de Pomponne ,
Conſeiller d'Etat, cy - devant
1 Aumônier du Roy , & Ambaſladeur
à Veniſe .
Monfieur le Marquis de
Pomponne , pere de Madame
laComteſſe de Cayeu, avoit
un frere puiſné , Antoine Joſeph
Arnauld nommé le Chevalier
de Pomponne, mort à
Mons en 1693. étant Mestre
de Camp du Regiment deCavalerie
de Monfeigneur le Duc
de Bourgogne , & Inspecteur
General de la Cavalerie : il
avoit commandé auparavant
un Regiment de Dragons qui
portoit ſon nom.
1
228 MERCURE
4 La Maiſon de Pomponne
eſt ſi connuë , & il en eſt parlé
dans tantdedifferens Livres,&
de Dictionnaires , qu'il feroit
inutile d'en parler ici plus au
long. Je me contenterai dedire
qu'elle eſt ancienne par la
nobleſſe originaire d'Auvergne
& illuftre par les gens diſtinguez
en merite qu'elle a
produits qui ont fervi fidelle
ment nos Rois , & l'Etat dans
differens employs, tant d'Ambaffades
queMilitaires, yayant
cû pluſieurs LieutenantsGeneraux
des Armées , dont deux
Generaux des Carabins,Pierre
GALANT. 229
Arnauld & Ifaac Arnauld , le
premier , Pierre Arnauld étoit
auſſi Meſtre de Camp du Regiment
de Champagne , &
Gouverneur du Fort Louis, de
la Rochelle, ſous le Roy Loüis
XIII . lequel Pierre Arnauld
mourut en 1622. avant la reduction
de la Rochelle , qu'il
tenoit ferrée par ſon Fort.
Le ſecond Ifaac auffi General
des Carabins , Gouverneur
de Philſbourg , Dijon ,
& faint Jean de Laune, &Colonel
d'un Regiment d'Infanterie.
1
La Maiſon de Harville de
230 MERCURE
laquelle Madame la Marquiſe
de Pomponne eſt fortie , eſt
trés ancienne & illuftre, ayant
- pluſieursChevaliers desordres
du Roy , Gouverneurs de Calais
, de Compienne , & Vice-
Amiraux de la Manche: elle eft
continuée par Monfieur le
Marquis de Treſnel , frere de
Madame de Pomponne, LieutenantGeneral
des Armées du
Roy, & premier Sous Lieutenant
desGendarmes de la Garde
de Sa Majeſté ; il joint au
nom de Harville , celui des
Urſins , à cauſe de la ſubſtitution
faite par François desUrGALANT.
231
1
2
fins dernier du nom, àFrançois
de Harville Ma quis de Palloiſeau
fon petit neveu, pere
de Monfieur le Marquis de
Treſnel d'aujourd hui.
Achille Baltazard de Fourcy
Confeiller auParlement,fils de
MeffireHenry deFourcyChevalierComte
deCheffy,ancien
Preſident des Enquêtes , Prevoſt
des Marchands, Conſeiller
d'Etat ordinaire & d'honneur
au Parlement de Paris , &
de Dame Magdelaine Boucherat,
fille de Monfieur le ChancelierBoucherat
; a épouſéle...
Damoiſelle Marie Françoiſe
232 MERCURE
Thereſe Langlois , fille de
Meffire Pierre Langlois, Preſidentde
laChambre des Comptes
deParis , & de DameMarie
Loü ſe Thereſe Humbert.
Il reſte à M. de Fourcy
une belle foeur , dont la fille
aiſnée a épousé le Marquis de-
Puyſegur ; un frere Abbé ,
Chanoine de Noſtre - Dame
deParis , Conſeiller honoraire
au Parlement de Paris : un
autre Docteur de laMaiſon de
Sorbonne , Abbé de Saint
Vandrille ; & une ſoeur qui a
épousé M. de Fieubet , Maitre
des Requêtes , dont le fils
aifné
GALANT. 233
-aiſné a épousé Mademoiſelle
du Moulin , & la fille a époufé
le fils de M. le Préſident Gilbert
Voifin.
-
Les Alliances de Fourcy du
coſté de M fon pere , font;
Madame la Preſidente de
Menars , Meſſicurs de laGrange
, M. le Marquis de la
Vrilliere , Secretaire d'Eftat ,
Meſſieurs Molé , Meſſieurs de
de Bailleul , Monfieur le Marquis
d'Effiat , Monfieur le
Duc de Mazarin, Meſſieurs de
Salins & autres.
Et celles du coſté de Madame
fa mere, font: Madame de
Août 1715 . V
C
234 MERCURE
Morangis , Madame de Harlay
ſes foeurs toutesdeux auſſi
filles de Monfieur le Chancelier
Boucherat , Meſſieurs de
Machault , Meffieurs Pajot &
autres.
Meffire Thomas le Gendre
deCollande , ancien Brigadier
des Armées du Roy , & Colonel
du Regiment Royal des
Vaiſſeaux , a épousé le 12. de
cemois Damoiselle Marguerite
Catharine Magdelaine de
Voyer dePoulmyd'Argenfon,
fille de M. fire Marc R né de
Voyer de Paulmyd'Argenſon,
Confeiller d'Etat ,& deDame
GALANT. 235
Marguerite le Febvre de Gaumartin.
,
M. Bernard , Maistre des
Requeſtes , fils aîné de M. Bernard
, Chevalier de l'Ordre
de Saint Michel a épousé
le 12. de ce mois dans l Eglile
de ſaint Sulpice , Mademoiſelle
de laCofte , fille aînée
de M. leMarquis de la Coſte ,
d'une trés bonne & ancienne
- Maiſon du Poitou , alliée aux
meilleures Maiſons de France ;
la noce s'est faite chez M Bernard
, Chevalier de l'Ordre de
S Michel , avec beaucoup de
magnificence, tant par la gran-
Vij
236 MERCURE
deur du repas que par l'illuſtré
Compagnie qui étoit compo--
fée de parens & d'amis du plus
hautrang.
Fermer
429
p. 236-246
Ode de M. Roy qui a remporté le Prix de l'Académie. [titre d'après la table]
Début :
Si l'Imprimeur de l'Académie n'avoit pas un droit incontestable [...]
Mots clefs :
Roi, Extraits, Dieu, Ouvrages, Académie française
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ode de M. Roy qui a remporté le Prix de l'Académie. [titre d'après la table]
Si l'Imprimeur de l'Académic
n'avoit pas un droit incon
teſtable ſur tous lesOuvrages
qui en fortent , je ne balancerois
pas à vous donner une
copie entiere des deux Picces
de M. Roy , & je ne vous prierois
pas , comme je le fais , de
n'en attendre de moy que des
extraits.
Je vous laiſſe , Monfieur ,
faire toutes les reflexions qui
GALANT 237
vous conviendront ſur le Difcours
qui a remporté le Prix
de l' Eloquence ; on croiroit
peut être , ſi je m'étendois fur
les figures magnifiques & fur
les reſpectables citations dont
eſt enrichi le Sujet propofé, où
il s'agiſloit de prouver les inconvenients
de la richeße , non-
Seulementfelon l'Evangile; mais
encore felon les Philosophes
Payens , &dont voici letexte :
Va vobis divitibus. Luc. VI. 24.
Que j'aurois envie de me feliciter
moy- même du bonheur
que j'ay de n'être pas riche ;
mais à Dieu ne plaiſe. Ainfi
238 MERCURE
trouvez bon que je vous ren
voye au Libraire qui debite ces
pieux Ouvrages , ſi vous avez
envie de les lire. Pour lOde
de la façon du même Auteur ,
qui a été couronnée comme ſa
Profe , je vous diray , qu'aprés
la premiere Strophe que j'en
retranche(malgré ſes beautez)
à la confideration de M Jean-
BaptisteCoignard, Imprimeur
de l'Académie Françoiſe , il
continue en ces termes :
Quelle implacable Furie
Maiſtriſoit tout l'Univers ?
Contre nous & l'Iberie
S'a moient cent peuples diu rs.
1
GALANT. 239
Jamais le Dieu de la guerre
N'avoit donnéſur laterre
Tant de ſpectac'es d'horreur :
Jadis par moins de carnage
Rome, lafiere Carshage
Signalerent leurfureur.
f
Que la Fortune conduise
Toussles pas de nos guerriers,
Leur triomphe nous espuiſe;
Nous payons cherles Lauriers.
Que vois-je ? des champs ſteriles,
L'effroy ,le deüil dans lesVilles,
Les travaux abandonnez :
Les Arts ,&les Loix periffent,
Themisfuit, les Dieux gemiß.nt
Sur leurs Autels profanez. **
* Sacrileges des Fanatiques.
1
1
240 MERCURE
C'est en vain que nôtre monde *
De l'autre attend les threſors ,
Un orage éternel gronde
Sur lamer, &dans les ports.
Quel Dieu contre nous conſpire ?
Que dis-je ?Thetis ſouſpire
Du débris de nos vaisseaux.
Mortels , vostre aveugle rage
Vous a derobé l'usage
Etde la terre &des caux.
ॐ
OPaix , l'Europe en allarmes
N'efpere plus ton retour ;
Elle a méprifé tes charmes ,
Tu te vangesà ton tour.
Mais parmi tous ces rebelles ,
1
*Commerce interrompu.
१०
: Si
GALANT. 241
Si des mains pures , fidelles
Refſtabliſfoient tes autels ! ..
Vien les habiter encore ,
Et pour LOUIS qui t'implore ,
Fai grace àtous les mortels.
Par quel noble Sacrifice
Payera- t'il tes bienfaits ?
- Veux tu voir desaJustice
Ses ennemissatisfaits ?
Crain- t'on cette Fortereffe *
Des ondes fiere Maistresse ,
Seure retraite deMars?
Que la France s'en départe ;
Illuy ſuffit , comme à Sparte ,
D'avoirſes Rois pour remparts.
* Dunquerque.
Aoust 1715. X
242 MERCURE
Aprés d affreuſes tempestes ,
L'air s'eſclaircitànosyeux.
Tout estchangé. Surnos teftes
Vois-je rouler d'autres Cieux ?
Endépofant le tonnerre ,
LOUIS raffermit la terre,
Qu'eſbranlerent tant de coups :
Etsoussa main vigilante ,
L'Olive , àmeurir moins lente
Vafructfier pour nous.
BientoftCerés raßeurée
Contre d'injustes efforts ,
Ainsiqu'au fiecle de Rhée ,
Multipliera fes threfors.
LesArts,lesTravauxfertiles
Desja raniment'es Valles
GALANT. 243
Trop heureuse activité!
Ta recompense est certaine :
Lebeſoinfera la peine
De laſeule oiſiveté.
Mercure paroist ,il donne
Leſignal à cent climats ;
LaFoyfacompagne ordonne
- Que Plutusſuiveſes pas.
Neptune n'a plus de chaiſnes ;
Auxplages les plus lointaines
Les chemins nousfont ouverts.
Paixfeconde ,&falutaire ,
Regne,puiffes-tu nefaire
Qu'un peuple de l'Univers !
Maisla plus noble richeffe
A
Xij
244 MERCURE
Abondera dans nos murs
Pournous s'enfle le Permeffe ,
Il roule des flots plus purs.
Que le monde entiery puiſe ;
Qu'icy l'estranger s'inſtruiſe
Par nos chef- d'oeuvres nouveaux.
Et vous Filles de Memoire ,
De LOUIS chantez lagloire ,
C'eſt l'ame de vos travaux.
ॐ
Priere pour le Roy.
O Ciel daigne nous entendre ,
De LOUISfois leſouſtien.
Puiffe ton amourluy rendre ,
GALANT. 245
Ceque nous devons aufien.
Quefous fes regards meuriſſe
CeRoy,que le Ciel propice
Referve pour nos neveux :
Digne Eleve d'un tel Maistre ,
Qu'ilfaffefon bonheur d'eſtre
Le Pere d'un peuple heureux .
Le ſujet de cet Ole étoit
Sur les avantages de la Paix
l'obligation que nous avons au
Roy de nous l'avoir procurée.
Vous me direz peut eſtre ,
Monfieur , que voila une nouvelle
maniere de faire des extraits
des Ouvrages d'eſprit : je
le ſçay bien; mais que voulez .
Xiij
246 MERCURE
vous queje vous réponde à cela
, finon que je n'ay ni l'audace
, ni le loiſir de m'y prendre
autrement & que Mer.
ſieurs les Auteurs ne ſe plaignent
que trop ſouvent de la
liberté que je me donne de faire
des extraits de leurs Ouvrages.
n'avoit pas un droit incon
teſtable ſur tous lesOuvrages
qui en fortent , je ne balancerois
pas à vous donner une
copie entiere des deux Picces
de M. Roy , & je ne vous prierois
pas , comme je le fais , de
n'en attendre de moy que des
extraits.
Je vous laiſſe , Monfieur ,
faire toutes les reflexions qui
GALANT 237
vous conviendront ſur le Difcours
qui a remporté le Prix
de l' Eloquence ; on croiroit
peut être , ſi je m'étendois fur
les figures magnifiques & fur
les reſpectables citations dont
eſt enrichi le Sujet propofé, où
il s'agiſloit de prouver les inconvenients
de la richeße , non-
Seulementfelon l'Evangile; mais
encore felon les Philosophes
Payens , &dont voici letexte :
Va vobis divitibus. Luc. VI. 24.
Que j'aurois envie de me feliciter
moy- même du bonheur
que j'ay de n'être pas riche ;
mais à Dieu ne plaiſe. Ainfi
238 MERCURE
trouvez bon que je vous ren
voye au Libraire qui debite ces
pieux Ouvrages , ſi vous avez
envie de les lire. Pour lOde
de la façon du même Auteur ,
qui a été couronnée comme ſa
Profe , je vous diray , qu'aprés
la premiere Strophe que j'en
retranche(malgré ſes beautez)
à la confideration de M Jean-
BaptisteCoignard, Imprimeur
de l'Académie Françoiſe , il
continue en ces termes :
Quelle implacable Furie
Maiſtriſoit tout l'Univers ?
Contre nous & l'Iberie
S'a moient cent peuples diu rs.
1
GALANT. 239
Jamais le Dieu de la guerre
N'avoit donnéſur laterre
Tant de ſpectac'es d'horreur :
Jadis par moins de carnage
Rome, lafiere Carshage
Signalerent leurfureur.
f
Que la Fortune conduise
Toussles pas de nos guerriers,
Leur triomphe nous espuiſe;
Nous payons cherles Lauriers.
Que vois-je ? des champs ſteriles,
L'effroy ,le deüil dans lesVilles,
Les travaux abandonnez :
Les Arts ,&les Loix periffent,
Themisfuit, les Dieux gemiß.nt
Sur leurs Autels profanez. **
* Sacrileges des Fanatiques.
1
1
240 MERCURE
C'est en vain que nôtre monde *
De l'autre attend les threſors ,
Un orage éternel gronde
Sur lamer, &dans les ports.
Quel Dieu contre nous conſpire ?
Que dis-je ?Thetis ſouſpire
Du débris de nos vaisseaux.
Mortels , vostre aveugle rage
Vous a derobé l'usage
Etde la terre &des caux.
ॐ
OPaix , l'Europe en allarmes
N'efpere plus ton retour ;
Elle a méprifé tes charmes ,
Tu te vangesà ton tour.
Mais parmi tous ces rebelles ,
1
*Commerce interrompu.
१०
: Si
GALANT. 241
Si des mains pures , fidelles
Refſtabliſfoient tes autels ! ..
Vien les habiter encore ,
Et pour LOUIS qui t'implore ,
Fai grace àtous les mortels.
Par quel noble Sacrifice
Payera- t'il tes bienfaits ?
- Veux tu voir desaJustice
Ses ennemissatisfaits ?
Crain- t'on cette Fortereffe *
Des ondes fiere Maistresse ,
Seure retraite deMars?
Que la France s'en départe ;
Illuy ſuffit , comme à Sparte ,
D'avoirſes Rois pour remparts.
* Dunquerque.
Aoust 1715. X
242 MERCURE
Aprés d affreuſes tempestes ,
L'air s'eſclaircitànosyeux.
Tout estchangé. Surnos teftes
Vois-je rouler d'autres Cieux ?
Endépofant le tonnerre ,
LOUIS raffermit la terre,
Qu'eſbranlerent tant de coups :
Etsoussa main vigilante ,
L'Olive , àmeurir moins lente
Vafructfier pour nous.
BientoftCerés raßeurée
Contre d'injustes efforts ,
Ainsiqu'au fiecle de Rhée ,
Multipliera fes threfors.
LesArts,lesTravauxfertiles
Desja raniment'es Valles
GALANT. 243
Trop heureuse activité!
Ta recompense est certaine :
Lebeſoinfera la peine
De laſeule oiſiveté.
Mercure paroist ,il donne
Leſignal à cent climats ;
LaFoyfacompagne ordonne
- Que Plutusſuiveſes pas.
Neptune n'a plus de chaiſnes ;
Auxplages les plus lointaines
Les chemins nousfont ouverts.
Paixfeconde ,&falutaire ,
Regne,puiffes-tu nefaire
Qu'un peuple de l'Univers !
Maisla plus noble richeffe
A
Xij
244 MERCURE
Abondera dans nos murs
Pournous s'enfle le Permeffe ,
Il roule des flots plus purs.
Que le monde entiery puiſe ;
Qu'icy l'estranger s'inſtruiſe
Par nos chef- d'oeuvres nouveaux.
Et vous Filles de Memoire ,
De LOUIS chantez lagloire ,
C'eſt l'ame de vos travaux.
ॐ
Priere pour le Roy.
O Ciel daigne nous entendre ,
De LOUISfois leſouſtien.
Puiffe ton amourluy rendre ,
GALANT. 245
Ceque nous devons aufien.
Quefous fes regards meuriſſe
CeRoy,que le Ciel propice
Referve pour nos neveux :
Digne Eleve d'un tel Maistre ,
Qu'ilfaffefon bonheur d'eſtre
Le Pere d'un peuple heureux .
Le ſujet de cet Ole étoit
Sur les avantages de la Paix
l'obligation que nous avons au
Roy de nous l'avoir procurée.
Vous me direz peut eſtre ,
Monfieur , que voila une nouvelle
maniere de faire des extraits
des Ouvrages d'eſprit : je
le ſçay bien; mais que voulez .
Xiij
246 MERCURE
vous queje vous réponde à cela
, finon que je n'ay ni l'audace
, ni le loiſir de m'y prendre
autrement & que Mer.
ſieurs les Auteurs ne ſe plaignent
que trop ſouvent de la
liberté que je me donne de faire
des extraits de leurs Ouvrages.
Fermer
430
p. 248-255
Audiance de congé de l'Ambassadeur de Perse. [titre d'après la table]
Début :
Le 13. le Mareschal de Besons, & le Chevalier de Sainctot [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, Cérémonies, Gardes françaises, Gardes suisses, Roi, Ambassadeur de Perse, Chevaux, Trompettes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Audiance de congé de l'Ambassadeur de Perse. [titre d'après la table]
Le 13. le Mareſchal de Befons
, & le Chevalier de Sain-
Etot , allerent dans le carroſſe
duRoy,prendreMehemetRiza
GALANT . 249
Beg , Ambafladeur Extraordinaire
de Perſe , à la maiſon
du ſieur Bontemps , Premier
Valet de Chambre du Roy
& Gouverneur du Palais des
Tuilleries : le cheval que
l'Ambaſſadeur devoit monter
l'y attendoit , avec des chevaux
pour toute ſa ſuite de la
grande& de la petite eſcurie ,
ainſi que les Trompettes du
Roy deſtinez pour accompagner
fa marche , qui ſe fit en
cet ordre juſqu'au Chaftcau..
Le carroffe du Chevalier de
Sainctot , celui du Mareſchal
de Belons , douze chevaux de
250 MERCURE
| -
main des deux Efcuties du
Roy, magnifiquement harnachez
& menez par des palfreniers
de Sa Majefté : quatre
chevaux du Roy avec des har.
nois à laPerfienne,&menez en
main par desPerfans, les domeſtiques
de l'Ambaſſfadeur à che
val,leMoula de l'Ambaſfadeur
ouDocteur de ſaLoy, fonTre
forier ,le Page qui porte ſa pipe
, les 8.Trompettes du Roy
le Maistre des Ceremonies de
l'Ambaſladeur & l'Interprete
à coſté de luy , l'Ambaſladeur
fur un cheval du Roy harnaché
à la Perfienne , le Maref.
GALANT. 251
chal de Betons à la droite &
le Chevalier de Sainctot à ſa
gauche , marchant tous trois
defront , les Valets de pied
Perfans &Armeniens de l'Ambaffadeur
au tour de fon cheval
, la livrée du Marefchal ,
&celle du Chevalier de Sain-
Etot à coſté de leurs chevaux ,
l'Eſcuyer de l'Ambafladeur à
cheval , marchant immediatement
derrière lui , avec un Page
qui portoit le fabre de
l'Ambaffadeur appuyé ſur ſa
cuiffe. Le carrofle du Roy fermoit
la marche . L'Ambaſfadeur
trouva dans l'avant cour
1
252 MERCURE
les Gardes Françoiles & Suiffes
ſous les armes , les tambours
appellant, les Gardes de la Porte
& de la Prevoſté auſſi en
haye & fous les armes.
Aonze heures , l'Ambaffadeur
accompagnéduMaréchal
de Befons & du Chevalier de
Sainctot , traverſa la cour à
pied , pour aller à l'Audience
du Roy , par le degré qui conduit
au grand Appartementde
Sa Majetté. L'Ambaffadeur
avant que d'y aller , mit fon
fabre à ſon coſté : il portoit
outre cela un grand poignard
dans un étuyd'or à fa ceintuGALANT.
253
re: le fieur de Merlin Secretaire
ordinaire à la conduite , marchoit
à la tête du Cortege, les
Trompettes du Roy marchoient
immediatement devant
l'Ambaladeur. Il fut receu
au bas de l'eſcalier par le
Marquis de Dreux , Grand-
- Maistre des Ceremonies., &
par le ſieur desGranges , Maitre
des Ceremonies , les Cent
Suiſſes étant ſur l'eſcalier en
habit de ceremonie , la hallebarde
à la main. A la porte de
la ſalle des Gardes en dedans, il
fut receu par le Ducde Ville-
- roy ,Capitaine des Gardes du
254 MERCURE
Corps , qui étoient en haye &
ſous les armes. Sa Majeſté af.
file fur fon Throſne élevé de
deux marches , ayant auprés
d'elle tous les Princes de la
MaiſonRoyale, le receutdans
le grand Appartement.L'Ambaſſadeur
ayant fait le premier
falut , Sa Majesté ſeleva &oſta
ſon chapeau , & fe couvrit
aprés le dernier ſalut: & aprés
que l'Interprete lui eut expliqué
ce quel'Ambaffadeur luy
diſoit , & qu'il eut expliqué à
l'Ambaſſadeur la réponſe de
Sa Majesté , le Roy ſe découvrit
: l'Ambaſſadeur ſe retira ,
GALANT. 255
&fut enfuite conduità l'Audience
deMonſeigneur leDauphin.
Il fut traité & toute fa
fuite , par les Officiersdu Roy.
Je m'étendray davantage fur
cet article dans la nouvelle
- Hiltoire que je vais donner de
cet Ambafladeur.
, & le Chevalier de Sain-
Etot , allerent dans le carroſſe
duRoy,prendreMehemetRiza
GALANT . 249
Beg , Ambafladeur Extraordinaire
de Perſe , à la maiſon
du ſieur Bontemps , Premier
Valet de Chambre du Roy
& Gouverneur du Palais des
Tuilleries : le cheval que
l'Ambaſſadeur devoit monter
l'y attendoit , avec des chevaux
pour toute ſa ſuite de la
grande& de la petite eſcurie ,
ainſi que les Trompettes du
Roy deſtinez pour accompagner
fa marche , qui ſe fit en
cet ordre juſqu'au Chaftcau..
Le carroffe du Chevalier de
Sainctot , celui du Mareſchal
de Belons , douze chevaux de
250 MERCURE
| -
main des deux Efcuties du
Roy, magnifiquement harnachez
& menez par des palfreniers
de Sa Majefté : quatre
chevaux du Roy avec des har.
nois à laPerfienne,&menez en
main par desPerfans, les domeſtiques
de l'Ambaſſfadeur à che
val,leMoula de l'Ambaſfadeur
ouDocteur de ſaLoy, fonTre
forier ,le Page qui porte ſa pipe
, les 8.Trompettes du Roy
le Maistre des Ceremonies de
l'Ambaſladeur & l'Interprete
à coſté de luy , l'Ambaſladeur
fur un cheval du Roy harnaché
à la Perfienne , le Maref.
GALANT. 251
chal de Betons à la droite &
le Chevalier de Sainctot à ſa
gauche , marchant tous trois
defront , les Valets de pied
Perfans &Armeniens de l'Ambaffadeur
au tour de fon cheval
, la livrée du Marefchal ,
&celle du Chevalier de Sain-
Etot à coſté de leurs chevaux ,
l'Eſcuyer de l'Ambafladeur à
cheval , marchant immediatement
derrière lui , avec un Page
qui portoit le fabre de
l'Ambaffadeur appuyé ſur ſa
cuiffe. Le carrofle du Roy fermoit
la marche . L'Ambaſfadeur
trouva dans l'avant cour
1
252 MERCURE
les Gardes Françoiles & Suiffes
ſous les armes , les tambours
appellant, les Gardes de la Porte
& de la Prevoſté auſſi en
haye & fous les armes.
Aonze heures , l'Ambaffadeur
accompagnéduMaréchal
de Befons & du Chevalier de
Sainctot , traverſa la cour à
pied , pour aller à l'Audience
du Roy , par le degré qui conduit
au grand Appartementde
Sa Majetté. L'Ambaffadeur
avant que d'y aller , mit fon
fabre à ſon coſté : il portoit
outre cela un grand poignard
dans un étuyd'or à fa ceintuGALANT.
253
re: le fieur de Merlin Secretaire
ordinaire à la conduite , marchoit
à la tête du Cortege, les
Trompettes du Roy marchoient
immediatement devant
l'Ambaladeur. Il fut receu
au bas de l'eſcalier par le
Marquis de Dreux , Grand-
- Maistre des Ceremonies., &
par le ſieur desGranges , Maitre
des Ceremonies , les Cent
Suiſſes étant ſur l'eſcalier en
habit de ceremonie , la hallebarde
à la main. A la porte de
la ſalle des Gardes en dedans, il
fut receu par le Ducde Ville-
- roy ,Capitaine des Gardes du
254 MERCURE
Corps , qui étoient en haye &
ſous les armes. Sa Majeſté af.
file fur fon Throſne élevé de
deux marches , ayant auprés
d'elle tous les Princes de la
MaiſonRoyale, le receutdans
le grand Appartement.L'Ambaſſadeur
ayant fait le premier
falut , Sa Majesté ſeleva &oſta
ſon chapeau , & fe couvrit
aprés le dernier ſalut: & aprés
que l'Interprete lui eut expliqué
ce quel'Ambaffadeur luy
diſoit , & qu'il eut expliqué à
l'Ambaſſadeur la réponſe de
Sa Majesté , le Roy ſe découvrit
: l'Ambaſſadeur ſe retira ,
GALANT. 255
&fut enfuite conduità l'Audience
deMonſeigneur leDauphin.
Il fut traité & toute fa
fuite , par les Officiersdu Roy.
Je m'étendray davantage fur
cet article dans la nouvelle
- Hiltoire que je vais donner de
cet Ambafladeur.
Fermer
431
p. 288-289
Suite des Nouvelles. [titre d'après la table]
Début :
Le 16. de ce mois M. le Baron d'Imoff, Envoyé Extraordinaire [...]
Mots clefs :
Audience publique du roi, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles. [titre d'après la table]
Le 16. decemois M. leBaron
d'Imoff, Envoyé Extraordinaire
du Duc de Brunswick
Wolfenbutel , eût ſa premiere
Audience publique du Roy ; il
fut conduit par M. le Chevalier
de Sainctor , Introducteur
des Ambaſſadeurs , qui avoit
été le prendre à Paris dans les
carroffes de Sa Majelté. Il eût
auffiAudience deMonſeigneur
Ic
GALANT. 289
P
it
S
F
le Dauphin & des Princes &
Princeſſes du Sang , ſuivant
l'uſage ordinaire.
Le 17. M. Mathias Goffin ,
Liegeois , General de l'Ordre
de ſainte Croix , cût auſſi Audience
publique du Roy , où il
fut conduit par M. le Chevalier
de Sainctot à la maniere
accoûtuméc.
d'Imoff, Envoyé Extraordinaire
du Duc de Brunswick
Wolfenbutel , eût ſa premiere
Audience publique du Roy ; il
fut conduit par M. le Chevalier
de Sainctor , Introducteur
des Ambaſſadeurs , qui avoit
été le prendre à Paris dans les
carroffes de Sa Majelté. Il eût
auffiAudience deMonſeigneur
Ic
GALANT. 289
P
it
S
F
le Dauphin & des Princes &
Princeſſes du Sang , ſuivant
l'uſage ordinaire.
Le 17. M. Mathias Goffin ,
Liegeois , General de l'Ordre
de ſainte Croix , cût auſſi Audience
publique du Roy , où il
fut conduit par M. le Chevalier
de Sainctot à la maniere
accoûtuméc.
Fermer
432
p. 328-330
APOSTILLE.
Début :
Je vous prie, Monsieur, de me pardonner le derangement que [...]
Mots clefs :
Roi, Louis XIV, Maladie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APOSTILLE.
APOSTILLE.
-11. Je vous prie , Monfieur ,
de me pardonner le derangement
que vous aurez pû remarquer
dans ce Volume , la
crainte d'un funeſte évene
ment , & la nature de ſes circonſtances
m'en ont fait plufieurs
fois changer l'ordre . Je
touche à la plus grande & à la
plus triſte nouvelle dont tous
les Hiſtoriens du monde puiffent
jamais inſtruire la Pofterité
. Il s'agit de vous annoncer
la mort du Roy Loüis
ΧΙV.
GALANT. 329
XIV. le plus Grand & le
plus reſpectable Monarque de
l'Univers , arrivée à Verſailles
un Dimanche premier jour du
preſent mois de Septembre , à
huit heures & un quart du
matin. Savic , l'éclat & la
durée de ſon regne , fa maladie
& fa mort, n'offrent à la
memoire que les plus grands
traits de l'Heroiſme le plus
parfair.
Les bruits effrayants qui
ont couru ſur la maladie du
Roy pendant les huit derniers
jours du mois dont le Mercure
cſt daté , en ont retardé l'im-
Août 1715.
Ec
:
330 MERCURE
preſſion,&m'ont jetté dans la
neceſſité d'attendre juſqu'aux
premiers jours de ce mois ,
pour vous annoncer ſa mort ,
dont je vais inceſſamment reprendre
les circonstances , &
&me diſpoſer à vous conter
les ſuites qu'elle aura. Je ſuis
avec reſpect , Monfieur ,
voſtre , &c .
-11. Je vous prie , Monfieur ,
de me pardonner le derangement
que vous aurez pû remarquer
dans ce Volume , la
crainte d'un funeſte évene
ment , & la nature de ſes circonſtances
m'en ont fait plufieurs
fois changer l'ordre . Je
touche à la plus grande & à la
plus triſte nouvelle dont tous
les Hiſtoriens du monde puiffent
jamais inſtruire la Pofterité
. Il s'agit de vous annoncer
la mort du Roy Loüis
ΧΙV.
GALANT. 329
XIV. le plus Grand & le
plus reſpectable Monarque de
l'Univers , arrivée à Verſailles
un Dimanche premier jour du
preſent mois de Septembre , à
huit heures & un quart du
matin. Savic , l'éclat & la
durée de ſon regne , fa maladie
& fa mort, n'offrent à la
memoire que les plus grands
traits de l'Heroiſme le plus
parfair.
Les bruits effrayants qui
ont couru ſur la maladie du
Roy pendant les huit derniers
jours du mois dont le Mercure
cſt daté , en ont retardé l'im-
Août 1715.
Ec
:
330 MERCURE
preſſion,&m'ont jetté dans la
neceſſité d'attendre juſqu'aux
premiers jours de ce mois ,
pour vous annoncer ſa mort ,
dont je vais inceſſamment reprendre
les circonstances , &
&me diſpoſer à vous conter
les ſuites qu'elle aura. Je ſuis
avec reſpect , Monfieur ,
voſtre , &c .
Fermer
433
p. 3-5
Prelude. [titre d'après la table]
Début :
SUR l'apparence qu'il y a qu'une infinité de [...]
Mots clefs :
Roi, Jésuites
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prelude. [titre d'après la table]
l'apparence qu'il
y a qu'une infinité de
personnes ignore les
mouss & les causes du Procés
sur lequelle Roy a donné une
derniere Declaration en faveur
des Jesuites,malgré le bruit
qu'il a fait dans le monde, la
Remontrance & le Mémoire
de M. de Sacy suffisant pour
instruire amplement le Public
de cette grande affaire, on m'a
presque per suadé que jene
pouvois raisonnablementme
difpcnfer de faireimprimer les
pieces quilaconcernent. Je
me fuis rendu aux choses
qu'on m'a dites surce sujer,
& je me suis enfindeterminé
à les donner dans le Mercure,
telles qu'elles font dans l'Original.
Au reste la longueur de
ceFaâumm-i tellement étonné,
qucj'ay pris lalibertéden
retrancher routes les Nores,
quoiqu'elles foit très belles,
trèsutilesa l'intelligence dece
Procés, & très dignes de la curiosité
des Lecteurs, qui pour.
ront,si bon leur femblc
,
les
trouver chez le sieur Langlois,
Imprimeur. UJ'
y a qu'une infinité de
personnes ignore les
mouss & les causes du Procés
sur lequelle Roy a donné une
derniere Declaration en faveur
des Jesuites,malgré le bruit
qu'il a fait dans le monde, la
Remontrance & le Mémoire
de M. de Sacy suffisant pour
instruire amplement le Public
de cette grande affaire, on m'a
presque per suadé que jene
pouvois raisonnablementme
difpcnfer de faireimprimer les
pieces quilaconcernent. Je
me fuis rendu aux choses
qu'on m'a dites surce sujer,
& je me suis enfindeterminé
à les donner dans le Mercure,
telles qu'elles font dans l'Original.
Au reste la longueur de
ceFaâumm-i tellement étonné,
qucj'ay pris lalibertéden
retrancher routes les Nores,
quoiqu'elles foit très belles,
trèsutilesa l'intelligence dece
Procés, & très dignes de la curiosité
des Lecteurs, qui pour.
ront,si bon leur femblc
,
les
trouver chez le sieur Langlois,
Imprimeur. UJ'
Fermer
434
p. 5-13
AU ROY, Et à Nosseigneurs de son Conseil.
Début :
SIRE, Les Jesuites de vôtre Roïauime remontrent trés humblement à [...]
Mots clefs :
Roi, Congrégation, Jésuites, Droits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROY, Et à Nosseigneurs de son Conseil.
AU ROY,
Et à NojpigncursJefonConfeil.
SIRE,
Les Jesuites de vôtre Roïau-
:me remontrent très humbleiment
à VOSTRE MAJESTE,
que par la nature de leur engagement
,
conformément
aux Bulles quiconfirment leur
Inttitut
,
& qui ont esté remues
par les Rois prédecesseurs
de VOSTREMAJESTE'
ils conservent jusqu'à leurs
derniers voeux) non feulement
la propriété, mais aussi la joiiifsance
de leurs biens: Que leur
saint & sage Fondateur regardoitce
point de son Institut
comme essentiel, pour engager
dans ta Compagnie de
bons sujets & n'y en conserver
point d'autres: Que depuis
leur establissement en France
jusqu'autemps qu'ils ont esté
c6nt^irttsrdJe« sortir , ils y
ont joüi de ce droit en entier:
Q^îc le Roy Henry le Grand
êc glorieusememoire à* qui
voulutbienlesyrappel1er,ne
jugeant pasalors les conjonctures
favorables pour les remettre
dans leur premier état,
Ife reserva à les y rétablir intfenfibîement
, comme il parole
par les Déclarations &
[Lettres sur ce sujet : Que dans
tous les Etats du monde
,
&
même dans les EtatsProteslans
,
ilsonttoujours joiii &£
joli.lient encore de tous leurs
droits selon la forme de leur
Institut:Que d^psplusieurs,
Congrégations établiesdepuis
eux dans leRoyaume, les ru.,
jets jouissent deleurs,biens
jusqu'à la mort,& ent disposent
même
,
quand ils le jugent
a propos ,enfaveur de ces
mêmes Congrégations sans
qu'on y ait trouvé jusqu'ici de
l'inconvcnient pour l'Etat:
Que dans les autres Etats où
leurs droits ne font pas limitez
, on ne voir à leur su jet
dans les familles, ni contestarions
,
ni trouble
, non plus
qu'on en voit en Franceau ru.
jet:desmembres des autres
Congrégations ,lesquels ne
font jamais défausisdefait de
ce, quiest à eux. 1-1 kuoi ?n ,n Les ,Suppliant qs: croïen^
pas déplaire a V 0 S T R E
MAJESTE'enluy representantqu'il
feraitde sajustice,
autant que du bien <Jc)euc
Compagnie, que VOSTRB
MÀ¡.HST'E voulut dés à présent
consommer à leur égard
ce que son glorieux Ayeul
| avoit commencé.Ce ne seroit
après tout que les conserver
dans les droits que leurnaissance
leur donner ausquels
ils n'ont pas renoncé par leur
état. Ce ne seroit leur accorder
que ce qu'ils possedent
dans tous les autres Etats du
monde, &Ce qu'ilsontmême
pots.:Jé'da'ns/lcs';vofires,SIRE;
avant que le malheur des tems
lestn fistsortir.Cene setoit
queleur donner pendant quelquesannées
d'épreuve feu e-*
ment ,
& jusqu à leurentier
engagement danslaCompa- ;
gnie
, ce donr plusieurs Congregations
j ulUnt pendant;
toute leur vie sans contradiction
,
& sans que le bien pu- ,- blic paroisseen souffrir. Ce se-
1
:
roit même un moyen sur de
Emettre: la paix dans les famil les:
ül n'y auroit plus de prétexte
à descontestations que la feule
peine de rendre ce donc onest
sasi, fait former depuis un ificlc. Opendinr,SIRE, si s:.
'TRE MAJESTE jugcoitCOïlVC1-
[nablede: borner les droits des
Suppliansàl'EditdHenryyIV.
iilsrecevront toujoursavec la
plus vive reconnoissance, la
grace de s'y voir au moins
pleinement maintenus.
A ces cau fcs, SIRE,plaise àVOSTREMAJESTE',au
cas qu'Elle ne jugeât pas à propos
de rendre aux Jesuites la
joüssance& pleine disposîtion
de leurs biens jusqu'à l'émission
de leurs derniers voeux,
telle qu'ils l'avoient selon leur
Institut, avant l'Edit du Roy,,
Henry IV. de 1603. & lur-"
quoy ce Grand Prince s'estoit
toûjours reservé deleurpourvoir
, dont ils se rapporttent
aujourdhuy à la ilillicc, sagesse
& bontédeVoS.T'RIE
MAJESTA';en ce cas d'ordonner
que l'Edit de 1603.
soit exccure dans toute ConJ
etendue, selon sa forme &te.
neur.Cefaisant, queceux qui
sortiront de leur Compagnie
-"
oar le congé de leur Supérieur,
sans avoir fait leurs derniers
voeux, rentreront dans tous
xs biens & droits qui leur apattenoient
,
lorsqu'ils sont
muez dans la Compagnie,&
qui leur seroient échus & ave-
~us ,
s'ils avoient continué de
~ivre dans le siecle : desqucls
~roits & biens, la joüissance
commencera du jour de leur
ngé & retour au siecle.
( LesSupplians continueront
~urs voeux& leurs prières pour
prosperité & fanté de Vos-
REMAJESTE'.
DE; SACY, Avocate
Et à NojpigncursJefonConfeil.
SIRE,
Les Jesuites de vôtre Roïau-
:me remontrent très humbleiment
à VOSTRE MAJESTE,
que par la nature de leur engagement
,
conformément
aux Bulles quiconfirment leur
Inttitut
,
& qui ont esté remues
par les Rois prédecesseurs
de VOSTREMAJESTE'
ils conservent jusqu'à leurs
derniers voeux) non feulement
la propriété, mais aussi la joiiifsance
de leurs biens: Que leur
saint & sage Fondateur regardoitce
point de son Institut
comme essentiel, pour engager
dans ta Compagnie de
bons sujets & n'y en conserver
point d'autres: Que depuis
leur establissement en France
jusqu'autemps qu'ils ont esté
c6nt^irttsrdJe« sortir , ils y
ont joüi de ce droit en entier:
Q^îc le Roy Henry le Grand
êc glorieusememoire à* qui
voulutbienlesyrappel1er,ne
jugeant pasalors les conjonctures
favorables pour les remettre
dans leur premier état,
Ife reserva à les y rétablir intfenfibîement
, comme il parole
par les Déclarations &
[Lettres sur ce sujet : Que dans
tous les Etats du monde
,
&
même dans les EtatsProteslans
,
ilsonttoujours joiii &£
joli.lient encore de tous leurs
droits selon la forme de leur
Institut:Que d^psplusieurs,
Congrégations établiesdepuis
eux dans leRoyaume, les ru.,
jets jouissent deleurs,biens
jusqu'à la mort,& ent disposent
même
,
quand ils le jugent
a propos ,enfaveur de ces
mêmes Congrégations sans
qu'on y ait trouvé jusqu'ici de
l'inconvcnient pour l'Etat:
Que dans les autres Etats où
leurs droits ne font pas limitez
, on ne voir à leur su jet
dans les familles, ni contestarions
,
ni trouble
, non plus
qu'on en voit en Franceau ru.
jet:desmembres des autres
Congrégations ,lesquels ne
font jamais défausisdefait de
ce, quiest à eux. 1-1 kuoi ?n ,n Les ,Suppliant qs: croïen^
pas déplaire a V 0 S T R E
MAJESTE'enluy representantqu'il
feraitde sajustice,
autant que du bien <Jc)euc
Compagnie, que VOSTRB
MÀ¡.HST'E voulut dés à présent
consommer à leur égard
ce que son glorieux Ayeul
| avoit commencé.Ce ne seroit
après tout que les conserver
dans les droits que leurnaissance
leur donner ausquels
ils n'ont pas renoncé par leur
état. Ce ne seroit leur accorder
que ce qu'ils possedent
dans tous les autres Etats du
monde, &Ce qu'ilsontmême
pots.:Jé'da'ns/lcs';vofires,SIRE;
avant que le malheur des tems
lestn fistsortir.Cene setoit
queleur donner pendant quelquesannées
d'épreuve feu e-*
ment ,
& jusqu à leurentier
engagement danslaCompa- ;
gnie
, ce donr plusieurs Congregations
j ulUnt pendant;
toute leur vie sans contradiction
,
& sans que le bien pu- ,- blic paroisseen souffrir. Ce se-
1
:
roit même un moyen sur de
Emettre: la paix dans les famil les:
ül n'y auroit plus de prétexte
à descontestations que la feule
peine de rendre ce donc onest
sasi, fait former depuis un ificlc. Opendinr,SIRE, si s:.
'TRE MAJESTE jugcoitCOïlVC1-
[nablede: borner les droits des
Suppliansàl'EditdHenryyIV.
iilsrecevront toujoursavec la
plus vive reconnoissance, la
grace de s'y voir au moins
pleinement maintenus.
A ces cau fcs, SIRE,plaise àVOSTREMAJESTE',au
cas qu'Elle ne jugeât pas à propos
de rendre aux Jesuites la
joüssance& pleine disposîtion
de leurs biens jusqu'à l'émission
de leurs derniers voeux,
telle qu'ils l'avoient selon leur
Institut, avant l'Edit du Roy,,
Henry IV. de 1603. & lur-"
quoy ce Grand Prince s'estoit
toûjours reservé deleurpourvoir
, dont ils se rapporttent
aujourdhuy à la ilillicc, sagesse
& bontédeVoS.T'RIE
MAJESTA';en ce cas d'ordonner
que l'Edit de 1603.
soit exccure dans toute ConJ
etendue, selon sa forme &te.
neur.Cefaisant, queceux qui
sortiront de leur Compagnie
-"
oar le congé de leur Supérieur,
sans avoir fait leurs derniers
voeux, rentreront dans tous
xs biens & droits qui leur apattenoient
,
lorsqu'ils sont
muez dans la Compagnie,&
qui leur seroient échus & ave-
~us ,
s'ils avoient continué de
~ivre dans le siecle : desqucls
~roits & biens, la joüissance
commencera du jour de leur
ngé & retour au siecle.
( LesSupplians continueront
~urs voeux& leurs prières pour
prosperité & fanté de Vos-
REMAJESTE'.
DE; SACY, Avocate
Fermer
435
p. 14-117
MEMOIRE Touchant les droits de ceux que les Jesuites congedient de leur Compagnie, avant qu'ils y ayent fait les derniers voeux.
Début :
Il faut par rapport à l'affaire presente diviser en deux classes [...]
Mots clefs :
Jésuites, Voeux, Compagnie, Religieux, Public, Familles, Édit, Henry Le Grand, Bien public, Naissance, Propriété, Congrégation, Succession, Sujets, Roi, Ordonnances, Pauvreté, Religion, Jurisprudence, Édits, Mariage, Jouissance, Ecclésiastique, Lois, Compagnie, Droits, Royaume, Noviciat, Héritiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE Touchant les droits de ceux que les Jesuites congedient de leur Compagnie, avant qu'ils y ayent fait les derniers voeux.
MEMOIRE
Touchant les droits cL1 ceux queq
*7 les JftitescongtdlLnI dt, Icuril
Compagnie , avant cjutlsy*
aytntjait les derniers vaux,,
Il faut par rapport à l'affaire
presente diviser en deux classes
les sujets qui forment le corps
de la
-
Compagnie de JEStis.,
La première elt composée de
ceuxqui après deux années des
Noviciat ontétéadmis à faire
lesvoeux simples de pauvreté
de ch;«H:aé;&. d'obeïssance. La
fcconvjQcIdflîtlt Compofeç de
ceux qUI après un certain nombre
d'années pssees dans la
Compagnie depuis les. premiersivoe
X:, ont, EFTEADMIS;À
fjire les VCCJX lotemnelsdela
Profession.. "','
: ParlespremiersvoeuxunJe
;
suites'engageàyjvré)perpctuellement
dans la Compagnie,
supposé qu'après l'avoir
éprouvé dans Xes fonctions
pendant un certain temps,elle
lIejugo,) propre à les remplir
pour toujours. Cetengagement
n'est doncque condi~ -
tionnel; la Compagnienes'cn.
gageant de son costéà garder
celuyqui le contracte, qu'autant
qu'elle le trouvera bon,
aprèsl'avoir éprouvé.Aussi ceg
voeux (impies Ce sont-ilsen
particulier, sans que la Compagnie
les reçoive : ils lient le
Jesuite à la Compagniesans
que laCompagnieiclieàluyj
Par les voeux de Professîon
l'engagement eû mutuel entre
leJefuitc & la Compagnie.
Le Jesuite s'engage alors à vivre
perpétuellement dans la
Compagnie, & laCompagnie
l'y reçoit pour toujours. Le
temps
temps dépreuve estfini: l'état
d'un Jesuitedevient fixe,com-,
me celuy de quelque autre Religieux
que ce soit qui a fait
Profl ssion.
La différence qu'il faut mettre
icy entre la Compagnie &
entre les autres Ordres Religieux
; c'est que dans tous les
Ordres Religieux
,
il n'y a
iju'un seul temps d'épreuves ,
au bout duquel on fait la Prosession
; au lieu que dans la
Compagnie il y a deux temps
d'épreuves, tres differcns l'un
de l'autre. Le premier cft le
Noviciat de deux ans ,au bout
duquel on s'engage par les
voeux sim ples. Là commence
le second temps d'épreuves,
pendant lequel la Compagnie
exerce ses sujets dans les fonctions
qui luy sont propres;&
ces secondes épreuves se terminent
par une troisiéme année
de Noviciat, pour se difsposeriauxovoeuxnde
la .Prof.:£: C'est seulement, comme
on l'adit, par ces derniers
voeux, qu'un Jefuitc cft engagé
irrévocablement & sans
retour. Mais cela n'empêche
point que parles voeux simples
qu'il fait après le premier Noviciat.,
ilne devienne véritablement
Religieux. Il est Religieux
,
mais il peut cesser de
l'estre
, parce qu'il n'est pas
Religieux Piofés. Jusqua la
Profession
,
la Compagnie a
droit de le congédier en le dispensant
de sesvoeux; & en cc
cas il devient absolument libre
,
capable de tous les emplois
civils; il peut même, s'il
n'est point dans les Ordres,
contracter un légitimé' mariage
sans autre dispense que
celle qui resulte du congéque
le General de la Compagnie
luy donne. B ij
Telest l'Inftitut de laCompagnie
,
fciemncllcmcnt approuvépar
les SouvsrainsPonti
ses, lefquclsen l'approuvant,
ont établi un droit nouveau
en ce point,quejusques-làil
n'y avoit que lesvoeu x de Pro.
session qui donnessent proprement
la guaJitç de Religieux.
Etant une fois Religieux,'c'éstoit
une necefifjt,é de l'estre
toujours; parce qu'on ne l'étoir
que par la Prose ssion, qui
ne laisse point de retour au siecle.
Mais les Souverains Pontifes,
en approuvant le Corps
des Jesuitescomme un Ordre
Religieux,ont voulu que ceux ui s'y engageoient, & qui en
devenoient membres par les
ACCUX simplesdepauvreté,de
chasteté & d'obéilfancc
,
fussent
aussi parlà devéritables
Religieux. C'est unpoint de
Droit Ecclesiastique que l'Eglise
a ratifié au Concile,de
OTreitte,^ qui aétéreçû sans
concradiction dans tous les
Etats du tnondc,
Il n'est pas difficile de penetrer
le* raisons qui ont porté le
Saint Fondateur de la Compagnie
à y établir un si longtemps
d'épreuves. Par rapport
à la nature &à la multiplicité
des fonctions qu'il embrassoit,«
illuy filloit des sujets qui eussent
& une vertu à l'épreuve,
& des talens qui ne peuvent
se développer dans letemps du
premier Noviciat. Ce qui est
essentiel à l'état des autres Religieux
,
ils le pratiquent des
leur entrée dans la Religion :
ce qu'ils y font pendant une
premiereannée, c'cft ce qu'ils
doivent la plûpart faire toute
la vie. U.1 Jesuite au contraire
hors les exercices de la vie In-'.
terieure, ne fait rien dans le:
premier Noviciat de ce qui
doit l'occuper le reste de fcs
jours. Il luy est essentiel d'être
employé au ministre des
âmes ; il faut qu'il enseigne ou
qu'il prêche; il doit estre prest
à passer dans les pays les plus
barb ires, pour y annoncer la
foy. Or comment dans les simples
exercices du premier Noviciat
,
qui est uniquement dcftiné
à la retraite & à la priere,
la Compagnie pourroit-elle
s'assûrer qu'un sujet est propre
aux - emplois du dehors qui
sont sa fin principale? Comment
pourroit-il s'en assûrer
luy même? Il est donc neces-
1'
faire de l'éprouver dans l'exercicc
de ces emplois, avant qu'il
s'engage sans retour à les remplir
toute sa vie.
Telles ont esté les vûës de
S. Ignace,pour ne borner pas
au premier Noviciat l'épreuve
de ceux qu'il devoit admettre
dans sa Compagnie par les
voeux irrévocables de la Prosession.
Mais comme il eOoira
craindre qu'en differant trop
longtemps de fixer leur état,
quelques-uns ne succombassentau
dégoût d'une épreuve
longue & penible ; il convenoit
dopposerà leur inconf- ', tance
,.
tance l'engagement des voeux
simples. Ces voeux les lient as-
(lz, pour qu'ilsne puissent plus
reculer simplement par legereté
: mais ils ne les lient pas
non plus tellement , qu'ils ne
[puiffent'Cire déliez pour des
raisons legitimes. -Aureste>S.Ignaceen pretnant
ainsises avantages pour leCorps Religieux qu'il avoic
à former, a pourvû aussi avec
toute la sagesse-possible à lavantage
de ceux qui devoient
s'y engager. Pour cela il leur
laisse dans le siecle jusqu'au
moment de leurs derniers
voeux, tous les droits que la
naissance leur donne.Il n'exige
d'eux que les voeux simples de
pauvreté, de chaLteré)d'ob¿i'f.
sance; & ce voeu simple de
pauvreté consiste uniquement
àse dépouiller de l'usage libre
de ses biens.
Il elt vray que le S Fondateur,
pour la perfection particuliere
des sujets de sa Compagnie,
voudroit qu'ils fussent
tous aff, z détachez, pour disposer
de leurs, biens dés qu'ils,
entrent dans la Compagnie,
& pournese laisser plus dercC---«
source dans le siecle. Il veut
même que des le premier Noviciat
,
ils promettent, sans
meanmoins s'y engager par
voeu,d'abandonner r leurs biens,
,yoeij,d ab,indonncr leurs quand le Supérieur le leur ordonnera
pour leur plus grande
perfection. Maisil ordonne en
iroèmc tems aux Superieurs de
me permettre pas aux particuliers
de se dépouiller de la forte
,
si l'on ne s'est auparavant
bien assuré de leur perséverance
dans leur vocation; & il
veut qu'on neprocédé jamais
en cela qu'avec une mûre deliberation.
rAj Juiqu'à cette abdication
volontaire qui dépend de la
volonté du Superieur, & qui
n'est point du tout attachée
aux premiers voeux , comme
on le voie, un Je suite qui n'a
fait que ces premiers voeux conferve ,
,
fclon les Constitutions
de la Compagnie
,
l'entiere
propriété de ses biens acquis;
il a le même droit de succeder
, que s'il étoit encore
dans le siecle; il peut disposer
selon les loix de ce qu'ila
,
de
ce qui luy échoit. Et qui les
luy donne ces droits? c'est sa
naissance. Il les avoit avant
que de faire son voeu de pzu.,
vreté: il n'y renonce pas en le
faisant : illes a donc toûjours
au même titre. Ce qu'il conserve
de droit sur ses biens
, cecyest tout-à-fait digne
d'attention) c'est à sa naissance
cule qu'il en est redevable :
d'être Religieux sansêtreobligé
de renoncer à ces droits
c'cft à son état qu'ille doit.
Et icy se découvre une erreur
confijerable de bien des
gens sur le point dont il s'agit.
Ce ne sont point, comme ils
se l'inlaginent les Constirutions
& les Bulles des Papes qui
donnent à un Jesuite jusqu'à
ses derniers voeux la propriété
& la jcü;{f..nce de ses biens, &
qui le rendent habile à succeder
: son droit sur cela n'est
que le droit naturel, à quoy
les Constitutions & les Bulles
ne font aucun obstacle, en ne
l'obligeant à y renoncer, que
quand il fait les derniers voeux.
Au reste, levoeusimple de
pauvretéjtel qu'on le represenle
ici,n'en poinr particulier aux
Jesuites.Mcssieurs dela Mission,
les Filles de l Union Chrétienneen
font un tout pareil.
Dans ces Congrégations les
sujets retiennent la propriété
de leurs biens; ils en peuvent
disposer par dons, par tesla.
mens;ils perçoivent des successions.
Tout l'engagement
qu'ils contrarient en voüant
la pauvreté,c'estde n'user de
leurs biens que fous le bon
plaisir de leurs Supérieurs; &
les Jesuitesen sinsant leurs
premiers voeux, ne font rien
de plus à cet égard.
Nousavons exposé jusquesicy
le veritable plan de l'Institut
des Jesuites par rapport
à l'affaire presente; & leurs
droits, dans l'étendue que
nous leur avonsdonnée, y font
si clairement marquez, qu'il y
auroit de la temerité à vouloir
formerla moindre copieration
sur ce point. Aussidepuis
l'Indication de leur JCotn.
pagnie, ils .oni partout joui
pleinement&constamment de
ces droits; & ils en joùissent
encore dans tout lemonde
Chrétien, hors la France, même
dans les Etats Protestans
où ils font établis, sans qu'il
leur soit causé le moindre
troubleàcesujet. - Ht
Ils en ont même joui en
France sans aucune modification
, jusqu'au temps où ils
furent obligez d'en sortir. On
le démontre par divers Atrêts,
& entre autres par ceux que le
Parlement de Paris rendit le
Oâobres585. en saveur
de Robillard, & le 13. PC"
cembre 1592. en faveur de la
Grange, tousdeux efhnt dans laCompagnie, qui certainement
étoit alors reçue & regardée
comme un 01.dce Religieux.
C'est ce qui est incontestablement
prouvé par ces Arrestsmêmes
que les Jesuites
produisent, & par l'Arrest de
Noalhes rendu dans le même ¡,.>'
temps au Parlement de Toulouse,
quiest aussi produit. Les
Auteurs contemporains&autrois
conviennent unanimement
que ces Arrests ont esté
renias uniquement sur la difsérence
desvoeux des Jesuites;
ces témoignages font rapportez.
Les Jesuitesproduisent
aussi les Lettres Patentes, où
les Bulles qui approuvent u
confirment leur Influât font
rapportées. Ils produisent entre
autres les Parentes de Charfont
levéesles modifierions
& les icitriâtons de l'Assc de
Poissy, par lequel ils n'avoicnc
été reçûs dans le Royaume que
comme Collège & Société }
celles du même Prince du mois
de FévrierIJ74. enregistrées
au Parlement de Paris, qui autorisent
l'Inflitut des Jesuites
& la fondation des Maisons
Profcfles fondées & à fonder
dans la fuite. Celles d' Henry
III. du mois de MlY 1580.
pareillement enregistrées, qui
rappellent & confirment les
précédentes.
Les deux Arrêts rendus au
Parlement de Paris en faveur
de deux Jesuites, & qu'on rapporte
comme les plus proches
du temps, où la Compagnie
fut obligée de quitter le RoïHJmeJfone
voir quelyétoitson
dernier état avant l'Edit par lequel
Henry le Grand, de gto.
rieuse mémoire
,
voulut
bien
l'y rappeller.
Les per Tonnesen place qui
étoient alorsopposéesaurétabh{
f:m,:nc des Jduires, insiftoienr
particulièrement auprès
du Roy sur lafing-Varité d'un
Corp) Religieux
,
donc les sujcts
con servoienc a près leurs
premiers voeux des droits de
propriclé & de succession inconnus
aux auu es Or dres: &
l'on exageron fort les inconvemiens
qu'il pourroit y avoir
à le (V'ufFur. Ce Prince par une
condt(ccndancc dicme de la
fagclle pour ceux qu'il trouvolt
d'un avis contraireau fien,
crut qu'il falloit un peu ceder
au temps, & apporter aux
droitsdontil étoit question,
un tempérament, quisansruiner
absolument rinftitut des
Jcsu,ltes,dcvoit contenter leurs
advcrfaircs. Ce temperameric
est renfermé dans lart. V. de
l'Edit. Envoicy les termes: Quccyaprès tous ceuxde laditesocieté,
tantceuxqui ontfait
lesvauxfimples feulement, que
lesautres. ne pourront accruttir
dans notredit Royaume aucuns
biens immeubles par achat, dona.
tion ou autrement, sans notre permijjton.
Nepourrontaujjïaux de
ladite Sociétéprendre ni recevoir
aucunefucajjion ni directe ni collaterAle,
non plus que les autres
Rrltgitux. ET NEANMOINS AUCAS
QUE PAR CY APRE'S ILS
F JSSENT LICENTIEZ ET CONGEDIEZ
PAR LADITE COMPAGNIE
, POURRONT REN-.
TRER EN LEURS DROITSi
COMME AUPARAVANT.
Il cit vray que cet Edit ne
sur corrglfire au Pai hITIent
iqu"ipié.%dcs rcmoniranccs failcs
au Roy & de sccondes Lettres
de ltflicn; & qu'au temps
de l'cnreg:ltrco1cnt) il fut arfêté
par la Cour,que le Roy
ycroîl tres-humbhmtnt supplie
pourvoirparune Déclarationàce
ue ceux qui auroientétéquelque
temps dans la Société, ntpûffint
iire reçusaux partages , pour le
trouble qu'ils apporteroient aux
familles, Mais cela montre d'un
lôré
,
combien le Roy avoit
de sortes raisons de maintenir
îledroit des Jesuites;&delautre,
que le Parlement le tenoit
lié sur ce point pat l'Edit, tuC:
qu'à ce qu'il y fût derogé par
une Declaration de Sa Majefté.
On ne sçauroit deviner sur
quel fondement quelques personnes
ont dit que les Etats de
1614avoientaussi demandé
au Roy de fixer un temps aux
Jesuites
,
après lequel sortant
de la Compagnie ils ne pour
roient plus être reçûs à partage.
On ales cahiers imprimez
de ces Etats;iln'yestparlé des
Jesuites que dans le cahier des,
Ecclesiastiques à l'articlesixiéme
i
me qui fut accordé par le Roy.
..e voicy : QjSattendu le fruit
we font journellement les Peres
efuitrs, tant a l'avancement de
« Religion,cjuel'inlfruétion de
1 jeunesse, il plaise à VoftreAfa-
^fiéque leur College de Glermont
sur foit redonné avec leurs anlevmes
fondations, £r les voulutconserver
& prendre en i/oie
protection
, & qu'il en foit
vttid'autres dans chacune des bon.i
zs Villes de ce Royaume
)
aufmlles
ilsferont demandek par le
Ilnfentement desdites Villes
1 &
:
fotimettant par eux aux Loix
m Statuts de l'TJniverfité.
Pour revenir à nôtre sujet,
tel devint l'état des Jsuites en
France par l'Edit de leur récablissement,
qui changea Tan-"
cienne Jurisprudence. Ils ne
pûrent plus succeder à aucun
bien
, comme ils faisoient &
font encore par tout ailleurs
avant leurs derniers voeux, &
comme ilsavoient toûjours
fait en France jusqu'à l'Edit :::
mais il leur conferva cet Edit
le pouvoir de rentrer dans;
tous leurs droits, au cas qu'ils
fossent congediez par la Compagnie.
Or ce que l'Edit a laisse
;
aux Jesuites subsiste-t-il cnco.',
~Te? Et s'il eil: vray qu'il subsiste,
doit il subsister plus longtemps?
C'est ce qu'il en question
d'examiner aujourdhuy.
L'Edit, en ce qu'il declare
les Jesuites capables de rentrer
dans leurs droits, au cas qu'ils
soient congediezpar la Compagnie
,
subsiste-t-il encore?
Ec comment en pourroit on
douter? Y a t-il quelque autre
Edit qui y deroge ? Où est la.
Loy qui paroisse y être contraire.
:
Mais n'est ce pas une Loy
generale
, que tout Religieux
~estmort civilement,&ne peut
plus prétendreà rien dans le
siecle îOiiy, c'est une Loy generale
que tout Religieux Profés
ert mort civilement,&n'a
plus rien à prétendre dans le
siecle: aussi les J;:fuices Profés
n'y prétendent ils plus rien.
Ql'on parcoure routes lesLoix
du Royaume ; ce n'est que le
Religieux Profés nommément
,
qu'on y verra exclus
pour toujours des successions,
& jamais le Religieux simplement
comme Religieux, ja.:
mais le Religieux en general.
CCLOIXne contredisentpoint
l'Edu3 comme l'Edit ne déroge
en aucune façon à ces Loix.
Les Loix regardent les seuls
ReligieuxProsés, à qui le retour
au siecle estinterdit pour
toûjours;&l'Edit regarde uni-
~quement ceux d'entre les Jesuites,
qui n'étantencore Religieux
que par les voeux (imples,
peuvent en être dispensez,
& rentrer dans lesiecle
avec le congé de la Compagnie.
Or
,
dés-làqu'ils peuvent
rentrer dans le siecle., &
V reprendre leur premier état,
~ycontractermêmeun legitime
mariage, ce qui ne leur fut
jamais contesté;quelle justice
yauroit ilde leur y contester
les biens que la naissance leur
donne, au quels ilsn'ont pas
renoncé, donc ils ont besoin
pour eux & pour lesenfansqui
leur peuventnaître?
1
Un homme donne la plus
-
grande partie de son bien à un
ami,qui moyennant cela fait
un mariage considerable.Tandis
que lafamille du donataire
grossit, le donateur s'avise de
se marier luy-même;&au moment
qu'illuy naît un enfant,
sa donation devient nulle selon
les Loix ,& il reprend tout :
ce qu'il a donné. Comment
donc les Loix ôteroient-elles à
un Jesuite legitimement con-
~gédié de la Compagnie, & qui
a la liberté de le marier, le
droic de reprendre dans sa famille
des biens ausquels il n'a
pointrenoncé?
t" Sont-ils donc si coupables
ces hommes qui retournent
au siecle;parce qu'ils ne fc trouventpoint
avoir affcz de santé,
)OU certains talens nec ffaires,
pour fournir la difficile & pemible
carriere d'unJesuite?
Sont-ils si coupables
,
qu'on
noive pour cela les dépoüiller
~k~és droits que la nature leur
cs
donne,&qu'ilss'etoient sage.
ment reservez pour le temps
qu'ils éprouveroient leurs forces,
avant que d'être engagez
sans retour? Cette pieuse épreuve
qu'ils ont voulu faire
d'cux-Inêmes)cfi elle une raison
de les desheriter,& de les
mettre à cet égard au rang des
bâtards, ou des scelerats condamnez
pour toûjours aux galeres
? Les traiterat on plus
mal que des enfans vagabonds,
qui rentrent dans leurs
biens aussitôtqu'ils se fontreconnoitre?
Ce furent ces principes de
1equiré
l'équité naturelle, qui porterent
Henry le Grand à user de
toute son autorité pour aflii*
ret aux Jesuites par son Edit le
droit qu'on le sollicitoit de
leur ôccr. Nulle Loy n'y est
contraire à cet Edit:aucun auire
Edit n'y a derogé: il subsiste
onc encore aujourd'huy dans
route sa vigueur; & le droit
qu'il conferve à ceux que la
Compagnie congedie, cil toûjours
en son entier.
I- Si quelque chose pouvoit
oatoître y avoir donné atteinyc,
ce seroit une suite d'Arr êts
lui auroient été rendus contre
la dispositiondel'Edit,sur
tout dans le premier Parlement
du Royaume. Or ilest conftanr
que depuis l'Edit jusqu'à
1'.,ffjlredusieur lePicard d'Aubercourt,
on ne sçauroit citer
un seul Arrêt de cette nature.
On luy a objecté qu'un
Avocat écrivant en 1685.
dans uneaffaire des JrUlces
convenait d'une Jaritprudence
d'Arrêts opposéeàl'Edit :
mais c'est une méprise de cet
Avocat qui en cela a parlé dei
son chef Les Jesuites n'ont
jamais pûl'avoüer sur unetel-<
le fausseté
,
& ils le désavoüent
; i- 4111
jourd huy
,
aussi bien que
r ce qu'il a dit , qu'iln'y a
oint de differencepoul'enagcmcnc&:
le retranchement
u siecle entre leurs premiers
leurs seconds voeux. Desereurs
de fairne sçauroientnuià
la verité clairement prouée
par des Adtes. n
On a montrécydessus la
ifference essentielle des preoiers
& seconds voeux desJeuites
: & à l'égard de la pré-
:nduë Jurisprudence dont il glt) de trois Arrêts
,
les
,ulsquisoient intervenus sur
matiere jusqu'àl'affaire du
sieur le Picart d' Aubercourt,,
l'un est un Arrêt consenti crutre
les Parties, qui parconsequent
ne decide rien: c'est;
l' Arrêt de Martin du 23. ,No,
vembre1631. Les deuxau.
tres ont esté rendus dans i'afy
faire de Charles Begat. Le premier
qui est du 14. Mars;
1629. luy adjuge la succession,
de ClaudeBegat; & le second
quiest du 30. janvier1631.
enterine la Requête civile contre
le premier;, sur ce que
CharlesBegat se trouvoit avoir
fait les derniers voeux dans lac
Compagnie, & que d'ailleurs
ne produisoitau lieu deconé
qu'un certificat de l'avoir
btenu, & même uncertificat
rgué de faux. Il est manifeste
ue lepremier de ces Arrêts en
iveur deBegat,soy disant conedié
par la Compagnie,conrme
la disposition de l'Edit
faveur des Jesuites
: & que
:
second n'y eH point aire con-
; puisqu'il n'estfondé
Sue sur ce que Begat avoit fait
s derniers voeux, & ne proisoit
point même de congé
n forme, ce qui le mettoic
ors ducas de l'Edit.
Quelqu'un demandera peutêtre
icy commentBegat étoit
sorti des,Jesuites
,
puisqu'il
avoirfait lesderniers voeux,
C'estque parmy les Jesuites
les derniers voeux ne sont pas
Toujours les voeux de Profession
: mais ceux que la Compagnie
ne juge point a propos
d'admettre au degré de
Profés
,
font reçus par elle au
degré de Coadjuteurs spirituels,
Ces Coadjuteurs spirituels
ne font à la véritéque:
des voeux simples
: mais ils les
fDnr"en public entre les mains
du Superieur., & par ces voeux:
publics & reçus du Supérieur,,
ils deviennent, selon lesConstitutions,
incapables dequelque
succession que ce soit, &
font à cet égard au rang des
Profés. C'est là le cas où étoit
Begat, & ce qui le fit exclure
d'une succession qui lui avoit
d'abord étéadjugée conformémental'Edit
, en supposant
qu'il n'avoit encore fait
que ses premiers voeux.
Comme les Coadjuteurs [pi.
rituels ne font que des voeux
simples
,
ils peuvent toûjours
être congediez par la Compagnie
: mais comme en les faisantils
renoncent à rous leurs
droits, la Compagnie ne les
congedie jamais que pour des
raisons bien griéves. Et c'estlà
ce qui peut avoir donné lieu
à Begat de ne produire pas
son veritablecongé, où ces
raisons étoient peut être exprimées.
Quoyqu'il en foit
l'Edit , en faveur des Je suites
congédiez ne reçût aucune atteinte
dans sapersonne:voïons
si depuis il en a reçu quelqu'-
une.
Il subsistoit encore cerrainement
,
lorsque le sieur le Picart
d'Aubercourt en demanda
au Parlement l'cxccution en
sa faveur. En effet, la Cour en
1701. ayant jugé deffnitivement,
qu'ilne pouvoitêtre
debouté de sa demande sur le
fait particulier de l'affaire ,011
d'abord quelques-uns des Juges
avoient crû voir une fin
de non recevoir; Elle ordonna
par son Arrêt du 10. Mais
,
que S. M. feroit tres- humblement
fupphée d'expliquer ses
intentions sur l'Edit par rapport
aux droits des Je fuites
congediez par la Compagnie.
Le Parlement reconnoissoit
donc alors que l'Edit en faveur
des Jesuites congédiez étoit
encore dans toute sa force; &
il le reconnoissoit dans une affaire,
où tout ce qu'il s'est jamais
rendu d'Arrêts dans le
Royaume avoir esté produit ,
comme ils le sont encore aujourd'huy
par1esJefuites.Mais
il reconnoissoit aussienmême
temps, ce quiestcertain, qu'il
ne pouvoit légitimement prononcer
au préjudice de cet Edit
, à moins que le Roy ne se
fût expliqué d'une maniere à
l'y autoriser.
Il est pourtant vray que
s.
M n'ayant pas jugé à propos
de donneralors une
décision
générale,& ayant ordonné de
procéder au jugement définitifde
l'affaire particulière dans
l'état où elleétoit
,
lesieur
d'Aubercourt fut debouté de
les demandes par l'Arrest qui
s'ensuivit. Mais comme il ne
pouvoir plus Tertre par la fin
de non recevoir
,
sur quoy il
avoir g.1gné sa cause;c'est une
necessitéd'avoüer que le Parlement
se détermina enfin à juger
au préjudice de l'Edit, en
attendant qu'il plût au Roy
de s 'expliquer sur ce su jet.
Quelques personnes ont
prétendu que la Cour s'étoit
cruë suffisammentaucorisée à
juger au préjudice de l'Edit,
sur ce que l'ordre du Roy portoit
de rendre aux Parties la justice
cjuElle estimeroit leur estre
dûe. M us le Roy avoit il jamais
pu penser qu'Elle: pût
prouver de la justiceàjuger
formellementcontre un Edit.
auquel il declaroit actuellement
ne vouloir pas déroger.
C'est ce que l'Ordonnance
de S. M. condamne expressement.
Enjoignons aux Cours
l'observation des Edits tant au
jugement des procez qu'autrem,
nIJsansy contrevenir,ni que
fous prétexted'équité, bien public
, accélération de la 7ufilce
J ou
de ce que les Cours auraient à nous
reprtfenter, Elles, ni les autres
Juges, s'en pwjf-nt di.ff:>nfèr) ou
en moderer les diftofuions en quel
casy ou pour quelque cause que
ce soit. arc. 6. tit. I. de l'Observation.
1
L'Arrest du sieur d'Aubercourt
rendu au préjudice &
contre la disposition ex presse
de l'Edit ,;1 frayé le chemin à
un autre Arrestporté depuis
contre le sieur Boudart de
Cousturelle, Gentilhomme
d'Artois. Le sieur Boudart sur
les Traitez de Capitulation
,
les Déclarations & Lettres Patentes
de Sa Majclié en faveur
des Jesuites de Flandre
,
avoic
été maintenu dans tous ses
droits par Sentencecontradictoire
du Conseil d'Artois,
renduë le 21. ÑIJY 1711. La
seconde Chambre des Enquestes
par son Arrest du15.juillet
1712. annulla laSentence;
& le sieur Boudart fut débouté
malgre les Déclarations du
Roy pour la Flandre,ainsi que
le sieur dAubercourt l'avoic
étémalgré l'Editd'Henry IV.
pour la France.
- Les Jesuites n'ont pointété
jppciKzàcesjugemens: mais
ss voyant sur le point de si
multiplier, ils n'ont pas crû
ilevoir garder un plus long sibnce.
On en auroit peut-estre
Iré avantage contre eux; &on i feroit persuadé qu'ils ne
prennent point de part à fin
Tadtion de l'Edit, s'ils avoient
11tendu- plus,longtems à s'en
Plaindre.
LAfrest du sieur Boudarc
fiant dans une espece étrangèreàjPEdi-
t, il ne se trouve
incoreapréstoutd"Arteft conxe
la disposition de cet Edit)
que 1Arrête du sieur d'Aubercourt.
Or un Arrest contre lequella
partie- est en état & en
voye de se pourvoir en cassation
,
& contre lequel l'Edit
même & les Ordonnances de
S. M. sont un moyen certain
&infaillible decassation, peutil
estre serieusement opposé.
aux Jesuits&appellé la Jurisprudence
des Arrests? Des Arrests
contre un Edit peuventils
faire Loy au préjudice de
l'Edit ? C'est au Prince seul à
changer, à revoquer les Edits.
Ils subsistent donc, tandis que
le Prince n'y a point derogé:
&,
y tandis qu ils subsistent, bien
oin que les Magistrats puisent
les abroger par des jugenens
contraires, ce sontleurs
ogemens mêmes qui sont
lors reformez selon les Edits.
Il ne leur est pas même pernis
dans les doutes &lcdlfii.
ultez sur le sens des Edits, de
i:s interpréterpar leurs jugenens,
avant que d'estre ins
puits des intentions de Sa Ma C'est ce que portent les
Ordonnances : Si dans lespro-
':{ qui seront pendans en nos
ours
,
ilsurvient quelques dou-
~s ou difficultezsuraucuns articles
de nos Editi, Déclarations (Y
Lettres Patentes : Mous leurdéfendons
de les interpréter ; mais
voulons opuElles tryent à Je retirerpardevm
Nous,pour apprendre
ce qui Jera de nostre intention.
¡.
Mais en attendantque le
Roy foit consulté ,ou bienSa
Majelté différantàdeclaer ses;
intentions, si lesCourscroient
devoir prononcer au préjudice)
des Ordonnances, & qu'il foie!
intervenu consequemment un
grand nombre
d'Arrestscon-l
foriiics;cccre multitude d' Arrefis
ne fera-t elle pas une Ja-j
1
risprudence? Non:car surune
question decidée par quantité
d' Arrests qui avoient formé
uneJurisprudence presque uniforme
dans toutes les Cours
contraire aux articles 57. &
58. de l'Ordonnance de Moulins,
ileft dit dans la Dcclaration
du Roy, enregistréeau,
Parlement de Paris par Arrest
uneJurisprudence estant contraire
à une Ordonnance
, ne
peut eltre solidement établie
K]ne par une Déclaration quiy
deroge. Pour cet effet, le Roi
ed ecl are qu'ilveut bienamoriser
ces Arrests; & pour le faire,
il dérogéexpressementauxarticles
57. & jg de l'Ordonnance
de Moulins.
1
:
Delàil resulte évidemment,
que quelque nombre qu'on
pût produire d'Arrests contrai.,
res à l'Edit de 1603.en faveur:
des Je uites congédiez, ces Arrests
feroient nuls aux termes
des Ordonnances,&ne pourroient
avoir de force, qu'au-j
tant qu'il plairoit au Roy de
les autori fer
, en dérogeant àj
l'Edit dont les Cours nausoient
pas suivy la dicpofition.
Déclarons tous Arrests cr
Jrte-',
Lynl&ca&p, DVLJ^rctdZc)c-Tt^mctftcdrt
1
- 1
,
il 3 Y- i JPclsjeez^ucxttLoc,ioiws pcwscz^ coup ciici
<9omjcn^à^iusS't-uastc- taurOl
-
1 '1 ,. If joitur ele.cilarniespow* nioy>*_A£eribertfn-*clcgsjc dGl '¿.ILrurc. -
JLJvu 1 : I.. t~.y. 1*1I|»1-? l7C/"Coy-, cotltvunt J«d att-r- ¿L
.: ttcrfjrci^xnyver jue &--Il-,f
convient Seul emoz
Civ
_r
huuOtt Jm.è[;¡:é?aJ me. hvrc,Peufis
mens quiferont donnfZ contre la
disposition de nos Ordonnances,
Edits çy Déclarationsynnls fY
denuleffetcmvaleur. Art. 8.de
l'Ordonn. titre 1.
A la vérité l'usage est quelquefois
l'interprète des LOIX:
mais c'est des Loix que l'usage
même a établies,& non de celles
qui font portées dans les
Edits du Prince. Il n'appartient
qu'au Prince luy même, ainsi
qu'onla déjà dit,à les interpréter
ces Loix
, ou à y deroger
,
s'ille trouve bon: jusques-
là l'usage qui y seroit
É
gardé que comme un abus à
reformerselon la teneur des
Edirs qui lesrenfrrment.
Mais s'il est vray en toute
matiere quenul nombre d'Ar.,
restsne peut abroger un Edir„
il l'est sur tout dans la matière
pre fente, où il s'agit de TétaC
des hommesqui ne Içiuroitfis:
pre scrire. Etant attaché à leur
naissance, il est du droit public
& pu consequent il ne peut
estre changé que par la Loy::
Qvoe funt publicijuris, sola leges.
dari, sola lege adimi possunt.
Cest sur ces principes que:
feu M. Erard, Avocatcélébré,,
consulté sur l'affaire du sieur
bd'Aubercourt
,
s'explique en
xes termes dans sa Consulta-
Kion du 1j Novembre 1699.
UEditde1603. quiconferve
.Yxprfjfément le droit defuccedcr
y,,r tous les effets civils a ceux
uiferont congediez par la Compagnie
des ¡t'fuites
, & qui portent
qu'ils rentreront dans leurs
k/roits
,
na eslé changé par aucun
vautre E-dit ni Loy du Royaume.
)sAlnfxcess une LOy (ubfiftantc que
tious lesfijetsfont obligezdfui.
\jvre. VArrête que la Cour mit
ur[es Registres enfuite de la verification
de cet Edit,ne peut pas
3
ne
en empêcher l'execution : ce riétoit
qu'un voeu qu"elle faisoit
y qu'ilplutau Roy fixer un terme
vour la sortie de cette Societé.
Mais elle ne le fixe point, (7
elle reconnoit même par-là, qu'il
n'appartient qu'au Roy de lefixer.
Elle luy en a fait lafûpplication
: il n'y a pointeu d'égard, eil a latjjel'Edit dans son entier
: son refus efi encore une confirmationsurabondante
de la dif
position de l'Edit. Or cela étant,
les Juges peuvent-ils juger contre
cette dispositionsPeuvent-ils donner
atteinte à l'état d'un homme
qui s'ejt engagé dans la Société
des
des Jesuites
, (y qui en (si sorti
lafoy de cet Edit?
Que peut-on donc oppo.
ser à un particulier, qui avec
uncongé légitime de la Compagnie
se pre fenre pour ptentHrc
sa part dans l'heritagc de
Tes percs ?Je redemande, die-
1,1 ce que la naissance m'a don-,
né ,& à quoy je n'ay jamais
renoncé: sur quel fondement
me refu reroit-on ce quiest veritablement
à moy ? Ou est la,
loyquime dépouille de mon
troit naturel? J'en voy une
qui m'ymaintient,c'estEdit
D'Henry le Grand: qu'on me
montre celleen vertu de laquelleon
voudroit ncdfcsheriter
,
& changer mon état. La
Loyest précise en ma faveur
:
en vain doncm'opposeroi ")0
une prétendue Jusprudence
des Ârrets:j'appelleray deces
Arrests à la Loy
,
à tEdtr du
Prince ; c'est la regle des juftesi
Arrets. La Loy me laisse la 11-:
bertéde m'établir dans le monde,
d'entrer dans des Charges:t
comment donc pourroit-oni
prérendrequ'elle me dépouille:
du bien que le me fuis reservé,
& qui m'estnecessairepourcet
effVi ? La Loy ne sçauroitainsi
se contredire.
MJlS si ce Jesuite-étoit le
seul héritier d une famille riche
& honorable, comme il
est arrivé, & commeilpeut
arriver quelquefois; ne seroit-*
il pas odieux d'en transporter*
les biens à descollatéraux,plûtôt
que d'en laisser jouirl'hériticr
legitime,qui n'a rien fait
qUlldépoüdle »& qui esten
état de perpétuer le nom de
ses peres? Et qui doute que ce
ne fut-là violer les Loix si uni.
versellement,& si Ggemenc
établiesdanstout leRoyaume,
qui rappellent aux successions
la ligne dircte àl'infini, pour
porter) s'il se peut, à l'infini
le nom desfamilles?
On se flattedavoir suffisamment
éclairci la premicre
question
,
sçavoir sij l'Edit
d'Henry le Grand en faveur
des Jesuites congédiez subsiste
encore. Oui, cet Edit subsiste:f
& les Jesuites congédiez par la
Compagnie peuvent encore
aujourd'huy,ainsi qu'ils l'ont
toujours pû
,
reprendre dans
le siecle tous leurs droits. Mais
cet Edit doit-il subsister plus
longtems ? Henry le Grand a
déjà limité les droits des Jesuites
, en leur ôtant aptés leurs'
premiers voeuxle droit de joüir
& de disposer de leurs biens,
& ne leur biffant jusqu'aux
derniers: voeax que le seul droit
d'y rentrer, au cas qu'ils fuCsent
congédiez par la Compagnie.
Ne convient-il pas de
le modifier encore ce droit
,
:OU, de l'abroger même tout- àfait
, en reduisant les Jesuites
aurang de tous les aurres Religieux
î C'estla secondé quef-
:éofëiqji'il nous resteà examine*.
.;, Me ferat-il p, ermis de de.
mander icy si les Jesuites depuis
qu'ils ont été rappeliezen
France par l'EditHenry. le
Grand
, ont mérité par quelque
faute*qu'on ule envers
eux d'une nouvelle rigueur ?
Les temps doivent ils être aujourdhuy
plus fâcheux pour
eux, qu'ilsne l'éroienralors?
Les services qu'ils onttaché
de rendre à l'Etat depuis leur
rappel*, ne semblent ils pas au
contraire demander qu'onleur
rende
-
ce qui leur fut ôré dans
ces tem ps de disgrace';rp!&ôc
que de leur ôter ce gu't!..nry
le Grand
,
malgré tout ce qu'il
trouva d'obstacles
,
crur'devoir
alors leurconserver fii
C'dl
,
diton, l'interêt public
qui demande qu'on reduifc
les Je suites sur le pied des
autres Religieux. Mais l'interêtpublicn'est
il pas lemême
à cet égard dans tous les Etats
du monde Chrétien, où les jfuites non seulement reprennent
leurs droitsquand ils
sortent de la Compagnie avant
leurs derniers voeux ,
mais où
ils joii'fTcnr & peuvent disposer
de leurs biens dans laCompagniemême
,
pendanttout
le temps qu'elle les éprouve?
On ne les inquiète là dessus en
nul endroit du monde.
En second lieu, ce qu'on
semble trouver aujourd'huy si
contraire au bien public, fut
tant de fois & en tant de maniérés
representé comme telà
Henry le Grand, avant que
soônEdit fût enregistré. Ce
grandPrincedontla fagelfc
sur encore au dessus de sa valeur
,
après avoir tout entendu
, tout pesé
, en jugea autrement.
Il crut faire assez pour
lesfamilles,quedoter aux Jesuites
, tandis qu'ils le seroient,
la joüssance & la disposition
de leurs biens. Dépoüiller absolument
de leurs biens des sujets
qui n'y renonçoient point
par leurétat,&neleurlaisser
de partage dans le siecle où ils
pouvoienc retourner, que la
mendicité;c'est ce que ce Prince
plein d'équité eût horreur
de faire. La Compagnie se reservant
le droit de congedier
ses sujets jusqu'à la Profession,
il trouvoit de l'inhumanité à
les dépouiller de leurs droits
avant que ce temps foit expiré
; & il ne voulut jamais entendre
à y apporter aucune limitation.
Ce refus d'Henry
IV. ne doit-il pas aujourd'huy
tenir lieu de Loy ?
L'Edit de ce Prince en faveur
des Jouîtes congédiez
est , comme la Loy que les Romains
appelloient Juspostliminit,
laquelle permertoit aux
captifs dont le droit étoit demeuré
en suspens pendant leur
captivité, derentrer à leur retour
dans tous leurs biens.Ce
droit ne se preserivoit pas, parce
qu'il n'érait pas au pouvoir
ducapusderecouvrerla liber-,
té; comme il n'est pas au pouvoir
d'un Jesuite qui a fait les
premiers voeux ,
de se délier
luy même
,
il faut qu'on le congédié.:,
itr,i Tandis que les Jesuites n'onc
pas encore fait leurs derniers
'ioe)x)oncftJdit-onincertain
Hans les familles, s'ils ne reviendront
point y reprendre
eurs drOir?'9*cê quiempêche
les éta blArÍnens confinerao!
ès5,quand il s yrevien- iiell ;dvy jettent le trouble
irnHe nouveaux partages qu'il
Ssutefaire C'està ces deux chefs re duisent les raisons
Bune-.êrpublic,pour oblig r
_>csJ'fiîices à renoncer à tous
eurs droits des le temps de
Uf5 premiers VOBJX : examirdôns
en la solidité.
A l'égard de l'incertitude
doncil s'agit, le monde est
plein de ces fortes d'incertitudes,
sans qu'on se foit encore
avisé de penser qu'il fût de
bien public d'y remedier pa
de nouvelles Loix. Un per
veuf marie un fils unique: q!
fils cfl; dans l'incertitude si fo".
pere ne se remariera point, &
n'aura point d'autres enfant
qui partagent la succession.
fautil que les Loix épargnée,
au fils cetteincertitude ,en or
bligeant le pere, ou de luy ce
der tout son bien
, ou dere
noncer à un second mariage
e fils en ce cas trouveroit un
tablissement plus confidera- le mais le pere est-il obligé
se le luy procurer àce prix?
1t peut il venir dans l'esprit
qu'il soit de l'intérêtpublicde
w obliger par quelque Loy
cr)uvcllc? Cette sorte de Loy
roit au reste d'autant plus
cessairedanslesystême que
ous combattons, que pour
Jesuite qui par le délay de
Profession tient ses freres &
eurs dans cette sorte d'incerjiude
,
il y a dans le Royause
cent peres ou mères veufs,
iui par le droit qu'on leur laisle
de leremarier,tiennentleurs
enfrns dans l'incertitudex&c{
les empêchentpar-là de scladi
biu à leur gré,souventmême;
comme il conviendroit au
foû*
tienJe la fami«Ic.sj.IrVj
Mais faisons sur cela
un
fuppofinon dans nôtre fUlct
nême, & faisons la la plus
favorable qui- sepeutà la prétention
de nos adver faires.
Un jeune homme sefait Je-j
fuite,& laisse dans le siècle une
soeur unique
,
qui ne sçauroit
s'établir comme il convient Jtj
sans la portion de son frere;
qu'il conservejusquà la PIO;,
Hfcflîon. Volia sans douter ce qu on peut proposer de plus
specieux contre le droit que la
Loy rcfcrve aux Jesuites,tandis
qu'ils n'ont fait que les pie..
mniersvceux. x •;;;
Mais le demande en premierlieu
sicette fille aimeroit
mieux que son frere, sefist Ececlesiastique,
ou de 1 Oratoire,
ou qu'ilentrai chez Messieurs
WC la Mission , que de le voir.
t'eruitTroùveroi[ ellemieux
Mon compte ,
ftroitcllt, mieux
ou plûtôt mariée
,
s'illuy falloitattendre
lamort naturelle
de son frere dans ces états,où
l'on conservependant toute
la vie la jouissance & la propriété
de ses biens, que quand
illuy en faudroit attendre la
mort civile par les derniers
voeux que font les Jesuites au
bout de quelques années d'épreuve
? Pour établir toutes les
fillesqui auroient un frere Ecclesiastique,
ou de l'Oratoire,
ou de la Missîon
,
faut-il faire
une Loy qui oblige à renoncer
à ses biens, aussi-tôt qu'on embrasse
ces genres de vie ? Mais
il faudroit encore dans ces
principes que les Loix obligeassent
les Chevaliers de Malthc~
the à ne pas differer leur Profession
les trente & quarante
années, comme ils font presque
tous,& à se contenter au
moins jusques là d'une penïïon
alimentaire, pour fixer
l'incertitude des familles sur
leur sujet, & ne point mettre
d'obstacle à l'établissement de
fleurs fieres & soeurs. Il fau-
Hroitmême que ces Loix s'éendissent
jusqu'aucelibat;que
peux qui en font profession
devinssent aprés * un certain
3:emps incapables de mariage;
& que ne le reservant de leurs
oiens qu'un honnête necessaire
, ils sacrifiassent le reste au
repos & à l'établissement de
leurs familles. Revenons à nôtre
exemple.
En second lieu, ceux ouii
trouvent le bien public à ne
laisser point cettefille dans la
necessité, ou de ne s'établirpas
ou de s'établirmoins blrltan..
dis qu'elle attend les derniers:
VCÊJX de son fiere; le trouveront
ilsaussiàobligersonfrere
de luy ceder fort bien, & dei
se dépoü ller du necelTairene
pour rétablir, ou pour l'éta-j
blir mieux ? Unperen'est Probligé
de se priver du rieceffaW
re pour établir ses enfans:comrment
un frerc peut-,1 y être
aobhgé pour établir une f-oe,Ur?
Il s'agit en effet du necessaire
pour le frere : car il peut être
congedié par la Compagnie;
)& le cas arrivant, de quoy fbsistera-
t'il après qu'on laura
dépoüillé de tous ses droits? Il
faudra donc quecefrerepour
rétablir sa foeur , foie exposé
lui même àune honteuse mendicité:'
Le bel avantage pour
unefamille! La soeuremportetroit
le bien dansune famille
étrangere ; & celuy que les
Loix destinent à en per petuer
le nom ,
l'enseveliroit dans une
ignominieuse obscurité. Ce
n'est donc point le bien public
,ce n'est pas même l'avantage
des familles qu'on procurerait
; en dépouillant les Jeftkcfridudroit
naturel que la
naissance leur donne jusqu'a
leurs derniers voeux; c'est le
(impie avantage d'un enfant
qu'on procureroit au préjudice
d'un autre, & le plus souvent
mêmeaupréjudice de la
famille.
Mais un Jesuite congedié
peut il manquer de causer du
trouble dans sa famille en y
venant
reprendre ses droits? Et
ce trouble n'etf-ce pas aux
Loix à le prévenir?C'estla seconde
raison d'interest public
que l'on oppose au droit des
Jesuites, & dont il est aisé de
faire sentirlefoible.
Qael trouble pour ce donataire
dont nous avons parlé
cy-dessus,lorsqu'il r voit obligé;
de rendre ce qui luy enne..
cessaire pour soûtenir sa famille;
Mais ce trouble
,
la Loy
doit-elle le luy épargner ? Il a
dû le prévoir, & s'arranger
surce pied-là.
Que les familles fassent attention,
commeelles doivent,
que les premiersvoeux d'un Je.
fuite ne leur donnent pas le
droit de compter abfolumenc
sut sa per feverance
-, & que la
joüissance de ses biens ne leur
efl; laissée par le bienfait du
Prince
,
qua condition de les:
rendre en cas de sortie: qu'elless'arrangent
suivantla dl.f-..
position de l'Edit d'Henry IV(,
& elles ne se trouveront point
troublées, quand un Jesuite legitimement
congédié avant (es?
derniers voeux viendra y reprendre
sa place & ses droirs.,.
Des peres fages établissentleurs?
familles sur la disposition des
Loix ,&jamais les Loix n'en
troublent la Tranquillité : les
Loix ne troublent que ceux qui
refusentdes'yassujettir.
lînJefuitc congedié qui de-
1 mande à rentrer dans ses biens,
ne demande rien à quoy il ait
renoncé
,
& dont il nVittoû-
Il joursestépropriétaire à juste Ititre? Que si safamille se les est
tappropriez ces biens,c"elfune
jtipjuftice qu'elle luy a faite
; &
lesLoixn'ont jamais empêche
qu'onne pût troubler un poc.
széisosenurinjuste. La simple led'un
cohéritier renverse 1 •icritier r~nverft
après vingt & trente ans des
parcages.L'absent présumé
mort revient; y eût-il cent
partages, on les reforme, pour
luy rendre le capital & les
fruits. Si donc une famille fait
des partages, sans avoir égard
au pouvoir que les Loix Ecclesiastiques
& Civiles
,
aussibien
quelaLoy naturelle,laissent
à un jeune Jesuite derentrer
dans ses droits ;elle contrevient
auxLoix cette famille,
& par cette contravention elle
merite d'être troubléedans ses
partages faits conrre ladispohtion
expressedelaLoy.. ", Un.
Un homme prest à faire un
long & périlleux voyage, laisse
en dépôt dix mille écus à un
parent, en luy disant qu'illuy
en donne l'usage jusqu'à son
retour, & la propriété même
IJaU cas que la mort le prenne
un chemin. Le voyageur revient,
&redemande le dépôt.
trouve un jeune homme qui
s'engage dans la Compagnie
pour y estre éprouvé,& qui
en sort avant les derniers
voeux Il redemande sa portion
d'herirage
,
dontil a laide ses
coheritiers dépositaires; & on
luy répond:Onenadisposé
pour aider à établir vos freres
& vos soeurs; mal-àpropos
vous venez troublervostre famille.
Eh !c'esrmoymême,s'écriera
t'il,quemafamilletroubIc,
en me re fusant ce qui est
à moy selon toures les Loix,
en voulant inhumainement
me desheriter contre tout
droit. Celuy qui ne demande
que ce qui l-uy appartient selon
les Loix,nefaitpas letrouble;
ou s'ille fait ,ceux qui le
souffrent pour avoir disposé
de ce qui ne leur appartenoit
pas, ou pour vouloir le retenirinjustement
,
doivent se
l'imputer à eux seuls.
Lors donc qu'un Jesuite
congedié parlaCompagnie va
reprendre dans le siecle des
droits au squels il n'a pas renoncé
;si la famille comptant,
comme elle a dû faire
,
qu'il
pourroir ne point per severer,
s'est arrangée sur ce pied,là,il
ne la trouble en aucune façon.
Si elle a compté absolument
sur sa perseverance, ou si elle
s'est persuadée que ne perseverant
pas, il ne pourroit rentrer
dans ses droits; ce sont
des mécompres donc elle doit
feule porter la peine par le
trouble & l'embarras ou elle
se trouve: pourquoy ignorct'ellelaLoy!
Mais convient-il de se gros
nr ainsi les objets ? Un Jesuite
congédié qui revient dans sa
famille, n'est après tout qu'un
enfant de plus qui doit en partager
le bien;unenfant
,
quia
ses-droits acquis commelesautres;
un enfant,qui sans avoir
cjlé à charge à sa famille, luy
revient souvent en état de luy
faire honneur,& d'en e stre le
soûtien par ses ralens & l'éducation
qu'il a euë. Ell-celàen
verité dequoy jetter letrouble
dans lesfamilles?Voyons nous
que lanaissance tardivedesensans
qui suivent de loin les premicr
trouble des peres &. des
meres qui ne s'attendoient plus
a en avoir? Les premiers nez
peuvent ressentir de là peine,
envoyant croître le nombre
de leurs coheritiers:mais serace
jamais la une raison d'exclurede
la succession paternelle
ceux qui viendroienr un peu
tard à la partager ,
& de fixer
par les Loix le nombre desensans
habiles à succeder?
Que deviennent donc les
raisons de bien public
, pour
retrancher aux Jc suites les
droits que la natureleur donne,
& que les Loix leuront as
sûrezjusqu'icy ? Il n'est pascontre
le bien public que les
sujets des Congregations de
l'Oratoire
,
de la Mission,da.
l'Union Chrétienne :) conservent
tous jusqu'à la mort la
)joiiflince & la proprieté de
¡leul'5 biens;qu'ilspuissent toûjoursen
disposer, & mêmeen
faveur des Congregations où
ils vivenr. Comment donc
pourroit il estre contre le bien
public de laisser aux Jesuites de
[France juTcjua leurs derniers
"Voeux le seul droit qu'ils se
sont reservez de rentrer dans
leurs biens,au casqu'ils soient
obligez de rentrer dans le fiecIe?
Dans toutes ces Congregations
les sujets peuvent enlever
à leurs familles tout ce
qui est à eux, sans qu'on ait
crû jusques icy devoir y apporterd'obstacle.
Un Jesuite,
tandis qu'il est Jesuite, n'oste
rien à la famille ; il ne se reserve
que le pouvoir de reprendre
sesdroits,&cela pendant
letemps que la Compagniel'éprouve
pour l'admettre
aux derniers voeux: peuton
le réduire à moins? Entre
les Jesuites que la Compagnie
rient dans les épreuves, elle en
congediera peutestre quatre
ou cinq sur cent: cft ce là dequoy
s'allarmer pour le bien
public?
Mais les Jesuites qui sont
encore dans le temps d'épreuves
,qu'ont-ils fait plus que les
autres sujets des autres Congregations
,pour les vouloir
fairechanger d'étatmalgré
eux, en les dépouillant des
droits que la naissance leur
donne, queleur Institut permet
qu'ils conservent,qu'un
Edit du Prince autorité ? C'est
sur lafoy de cet Edit qu'ils se
font engagez à la Compagnie
par des voeux simples
; c'est
dans l'assûrancc que si elle ne
jugeoit pas à propos de se les
engagerpourtoûjours
,
engager pour toûjours) ils
pourroient au moins reprendre
avec la dispense de leurs
voeux Luipremieretat&leurs
droits dans le siecle. De[oO'i.[
aujourd'huy à Ï) cet Editiliefc,-
roit ce pas les autoriser à reclamer
contre un engage-
1TIent dont on changreroit une
des conditions des pVlfus essentielles,&
faire par là une playe
mortelleàla Compagnie?
Ilest vray que des familles
se trouveront quelquefois surchargées
d'un sujet que la
Compagnie aura congedié.
Mils quelest le plusjuste,ou
qu'unefamille reprenneun fujet
que la nai flTmce luy donne ;
ou que la Compagnie qui ne
a pris qu'a l'esty
,
le gade
sans pouvoir s'en aider? L'avantage
de quelques familles
ooit il l'emporter sur l'interest
pital d'un Corps de Religieux
,tous dévoüez par leurs
emplois au service du public?
Comment la Compagnie
oourroitelle les soûvenir ces - emplois, si elle n'avoir des sujets
éprouvez? Et comment
seroient ils tels, si on luy ôtoit
: moyen de leséprouver? Ne
souvant plus en renvoyer atrés
les premiers voeux ,
sans
.taindre de les voir réduits à la
~endicité,nese verroit-elle
pas comme forcée d'en garde
plusieurs qui ne luy convien
droient point,&peut-estre
même au péril d'en estre des'
honorée au dehors? D'ailleurs,
combien d'enfans de famille
& de bons su jets seroient détournez
d'encrer dans la Compagnie,
par la pensée qu'ils se
trouveroiont un joursansressource,
s'ils venoient à en sortir?
Souffrir des sujets défectueux
, manquerd'en recevoir
beaucoup de bons, ce seroit la
suite inévitable du ch angementessentiel
qu'on voudroit
faire à l'Institut de la Compa-
'Â
nie,par la suppressiondel'E-
~t dHenry le Grand. i- : Mais les Jesuites croyent
>YOII tout lieu d'esperer dela
bonté&delajustice duRoy,
»ue s'il y avoit quelque chanixment
à faire à l'Edit
, ce
~roit en leur faveur qu'il deçoit
être fait. Sa Majesté
j'ignore pas que son glorieux.
,yeul ,enrétablissant les Jesuites
en France par son Edit
croit voulu les y remettre sur
la même pied où ils y avoient é ; qu'ilnecroyoit pas qu'ils
Iwflcnt être moins bien traitez
~ns ses Etats, qu'ils l'étoient
danstous les autres Etats
<
monde,&tlvzlesPiotiftî
mêmes ; qu'il étoit rcfolu
ainsi qu'il l'avoir -fait dire ;
Pape de faire dans la fuite
petit à petit ce qu'il n'avo
pas pû fairetout à uncoup)
ce sont ses propres paroles
qu'il accorda même aprés fo
son Edir à des sujets de (
Compagnie quin'avoient p
encore fait leurs demie
voeux, dy recevoir des su
cessions pour en disposerain
qu'ils le jugeroient à propos
'&qu'ifdonna une Declar^noi
surcesujet. Seroit il rien 1
plus naturel,que le Koy vou- fûtconsommer en faveurdes
suites, un ouvrage que son
tglo.ricux Ayeul n'eût pas le
temps de conduireà sa fin,
ainsiqu'ille desiroit ? Et que
ce qu Henry le Grand croyoit
devoir àla Compagnie il y a
plus d'un fictlc, Loüis le Grand
crût pouvoir l'accorderaux
services qu'elle n'a depuis cessé
berendre à1Erat?p
L'esperancequ'auroientles
Jesuites de se voirremis dans
tous les droits que leursConstitutions
leur donnent, pourroit
paroître d'autant mieux
fondée, que le temps & l'experience
en ont levé le plus grand
obstacle, par l'établissement
de diversesCongregations,où
l'on conserve jusqu'à la mort
la joüissance & la propriété de
ses biens. Un tel usage a pû
paroître d'abqrd sujet à desinconveniens
:mais en pourroiton
trouver aujourdhuy à laisser
aux Jesuites pour le temps
que laCompagnie les éprouve,
le droit dont depuis longtems
on voit joüir sans inconvénient
les su jets de plusieurs
Congrégations pendant toute
leurvie>„
Les
Les Je1ùicesjileltvray^onc
[ Religieux dés le moment qlJils
ont fait leurs premiers
voeux:mais ils ne le sont en-
> coreque par les VCCJX simples,
) en fortequ'ils peuvent cesser
) de l'estre : la qualité de Rcligicux
ne sauroit donc préju-
) dicier en rien à leur droit. Le
voeu simple de pauvretéqu'ils
ont fait, ne les a pas dépoüillez
davantage,selon leurs Cons-
; titutions
, que le voeu simple
de pauvreté ne dépouille ceux
qui le font chez Messieurs de la
Mission,chez les Filles de l'Union
Chrétienne; & l'engagement
des voeux simples n'est
pas plus irrevocable pour un
Jesuite que pour les sujets de
ces Congrégations. En un
mot, l'Eglise qui a déclaré les
premiers voeox des Jesuites
voeux de Religion a déclaré
aussi quecesvoeux ne les dépoüillent
point de la propriété
de leurs biens. On ne peut
donc pas conclure de ce que
les Je suites font Religieux par
les voe.¿x simples
,
qu'ils sont
aussi incapables de rien posseder.
L'institution des voeux
CLnr de Droit Ecclesiastique
,
il n'appartient quaiEglise,&
d'en établir la forme
,
& d'en
interpreter les obligations.
-
Il seroit même du repos puolic
que les Jesuites reprissent
en France leurs droits, ainsi
JJJU'IISenjoiiiflent par tout ailleurs.
Conservant alors jufigu'à
leurs derniers voeux la
joüissance de leurs bienslors-
Jou'lls seroient congediez par
a Compagnie, ils n'éprouveoient
pas les difficultez qu'ils
prouvent aujourd'huy pour
"en remettreen possession. Et
iVeft-làla vraïe source du trou-
~ole des familles. La longue
joüissance d'un bien fait qu'on
s'accoûtume à le regarder con
me propre:&accoutumé qu
on est à le regarder comm
propre, on ne peut plus seré
foudre à le rendre. Delà le
violences, les contestation
qu'ont eu à essuyer depuis l'
dit, les Jesuites que la Com
pagnie a congédiez. Ce n'es
donc pas véritablement 1
droit des Jesuites qui troubl
les familles,c'est la restrictio
de leur droit, qui fouve
a troublées par l'avidité de
coheritiers à laquellecette~res
triction a donné lieu. Juftc
raisons pour lesJesuitesde Tou
haitter & d'esperer mesme
d'estre remis par le Roy dans
tous leurs droits. Ce seroit une
grande joye pour eux de revoir
sur ce point, comme sur
tout le reste
,
l'uniformité de
laCompagnieétabliedans tout
le monde.
DE SACY,Avocat.
Touchant les droits cL1 ceux queq
*7 les JftitescongtdlLnI dt, Icuril
Compagnie , avant cjutlsy*
aytntjait les derniers vaux,,
Il faut par rapport à l'affaire
presente diviser en deux classes
les sujets qui forment le corps
de la
-
Compagnie de JEStis.,
La première elt composée de
ceuxqui après deux années des
Noviciat ontétéadmis à faire
lesvoeux simples de pauvreté
de ch;«H:aé;&. d'obeïssance. La
fcconvjQcIdflîtlt Compofeç de
ceux qUI après un certain nombre
d'années pssees dans la
Compagnie depuis les. premiersivoe
X:, ont, EFTEADMIS;À
fjire les VCCJX lotemnelsdela
Profession.. "','
: ParlespremiersvoeuxunJe
;
suites'engageàyjvré)perpctuellement
dans la Compagnie,
supposé qu'après l'avoir
éprouvé dans Xes fonctions
pendant un certain temps,elle
lIejugo,) propre à les remplir
pour toujours. Cetengagement
n'est doncque condi~ -
tionnel; la Compagnienes'cn.
gageant de son costéà garder
celuyqui le contracte, qu'autant
qu'elle le trouvera bon,
aprèsl'avoir éprouvé.Aussi ceg
voeux (impies Ce sont-ilsen
particulier, sans que la Compagnie
les reçoive : ils lient le
Jesuite à la Compagniesans
que laCompagnieiclieàluyj
Par les voeux de Professîon
l'engagement eû mutuel entre
leJefuitc & la Compagnie.
Le Jesuite s'engage alors à vivre
perpétuellement dans la
Compagnie, & laCompagnie
l'y reçoit pour toujours. Le
temps
temps dépreuve estfini: l'état
d'un Jesuitedevient fixe,com-,
me celuy de quelque autre Religieux
que ce soit qui a fait
Profl ssion.
La différence qu'il faut mettre
icy entre la Compagnie &
entre les autres Ordres Religieux
; c'est que dans tous les
Ordres Religieux
,
il n'y a
iju'un seul temps d'épreuves ,
au bout duquel on fait la Prosession
; au lieu que dans la
Compagnie il y a deux temps
d'épreuves, tres differcns l'un
de l'autre. Le premier cft le
Noviciat de deux ans ,au bout
duquel on s'engage par les
voeux sim ples. Là commence
le second temps d'épreuves,
pendant lequel la Compagnie
exerce ses sujets dans les fonctions
qui luy sont propres;&
ces secondes épreuves se terminent
par une troisiéme année
de Noviciat, pour se difsposeriauxovoeuxnde
la .Prof.:£: C'est seulement, comme
on l'adit, par ces derniers
voeux, qu'un Jefuitc cft engagé
irrévocablement & sans
retour. Mais cela n'empêche
point que parles voeux simples
qu'il fait après le premier Noviciat.,
ilne devienne véritablement
Religieux. Il est Religieux
,
mais il peut cesser de
l'estre
, parce qu'il n'est pas
Religieux Piofés. Jusqua la
Profession
,
la Compagnie a
droit de le congédier en le dispensant
de sesvoeux; & en cc
cas il devient absolument libre
,
capable de tous les emplois
civils; il peut même, s'il
n'est point dans les Ordres,
contracter un légitimé' mariage
sans autre dispense que
celle qui resulte du congéque
le General de la Compagnie
luy donne. B ij
Telest l'Inftitut de laCompagnie
,
fciemncllcmcnt approuvépar
les SouvsrainsPonti
ses, lefquclsen l'approuvant,
ont établi un droit nouveau
en ce point,quejusques-làil
n'y avoit que lesvoeu x de Pro.
session qui donnessent proprement
la guaJitç de Religieux.
Etant une fois Religieux,'c'éstoit
une necefifjt,é de l'estre
toujours; parce qu'on ne l'étoir
que par la Prose ssion, qui
ne laisse point de retour au siecle.
Mais les Souverains Pontifes,
en approuvant le Corps
des Jesuitescomme un Ordre
Religieux,ont voulu que ceux ui s'y engageoient, & qui en
devenoient membres par les
ACCUX simplesdepauvreté,de
chasteté & d'obéilfancc
,
fussent
aussi parlà devéritables
Religieux. C'est unpoint de
Droit Ecclesiastique que l'Eglise
a ratifié au Concile,de
OTreitte,^ qui aétéreçû sans
concradiction dans tous les
Etats du tnondc,
Il n'est pas difficile de penetrer
le* raisons qui ont porté le
Saint Fondateur de la Compagnie
à y établir un si longtemps
d'épreuves. Par rapport
à la nature &à la multiplicité
des fonctions qu'il embrassoit,«
illuy filloit des sujets qui eussent
& une vertu à l'épreuve,
& des talens qui ne peuvent
se développer dans letemps du
premier Noviciat. Ce qui est
essentiel à l'état des autres Religieux
,
ils le pratiquent des
leur entrée dans la Religion :
ce qu'ils y font pendant une
premiereannée, c'cft ce qu'ils
doivent la plûpart faire toute
la vie. U.1 Jesuite au contraire
hors les exercices de la vie In-'.
terieure, ne fait rien dans le:
premier Noviciat de ce qui
doit l'occuper le reste de fcs
jours. Il luy est essentiel d'être
employé au ministre des
âmes ; il faut qu'il enseigne ou
qu'il prêche; il doit estre prest
à passer dans les pays les plus
barb ires, pour y annoncer la
foy. Or comment dans les simples
exercices du premier Noviciat
,
qui est uniquement dcftiné
à la retraite & à la priere,
la Compagnie pourroit-elle
s'assûrer qu'un sujet est propre
aux - emplois du dehors qui
sont sa fin principale? Comment
pourroit-il s'en assûrer
luy même? Il est donc neces-
1'
faire de l'éprouver dans l'exercicc
de ces emplois, avant qu'il
s'engage sans retour à les remplir
toute sa vie.
Telles ont esté les vûës de
S. Ignace,pour ne borner pas
au premier Noviciat l'épreuve
de ceux qu'il devoit admettre
dans sa Compagnie par les
voeux irrévocables de la Prosession.
Mais comme il eOoira
craindre qu'en differant trop
longtemps de fixer leur état,
quelques-uns ne succombassentau
dégoût d'une épreuve
longue & penible ; il convenoit
dopposerà leur inconf- ', tance
,.
tance l'engagement des voeux
simples. Ces voeux les lient as-
(lz, pour qu'ilsne puissent plus
reculer simplement par legereté
: mais ils ne les lient pas
non plus tellement , qu'ils ne
[puiffent'Cire déliez pour des
raisons legitimes. -Aureste>S.Ignaceen pretnant
ainsises avantages pour leCorps Religieux qu'il avoic
à former, a pourvû aussi avec
toute la sagesse-possible à lavantage
de ceux qui devoient
s'y engager. Pour cela il leur
laisse dans le siecle jusqu'au
moment de leurs derniers
voeux, tous les droits que la
naissance leur donne.Il n'exige
d'eux que les voeux simples de
pauvreté, de chaLteré)d'ob¿i'f.
sance; & ce voeu simple de
pauvreté consiste uniquement
àse dépouiller de l'usage libre
de ses biens.
Il elt vray que le S Fondateur,
pour la perfection particuliere
des sujets de sa Compagnie,
voudroit qu'ils fussent
tous aff, z détachez, pour disposer
de leurs, biens dés qu'ils,
entrent dans la Compagnie,
& pournese laisser plus dercC---«
source dans le siecle. Il veut
même que des le premier Noviciat
,
ils promettent, sans
meanmoins s'y engager par
voeu,d'abandonner r leurs biens,
,yoeij,d ab,indonncr leurs quand le Supérieur le leur ordonnera
pour leur plus grande
perfection. Maisil ordonne en
iroèmc tems aux Superieurs de
me permettre pas aux particuliers
de se dépouiller de la forte
,
si l'on ne s'est auparavant
bien assuré de leur perséverance
dans leur vocation; & il
veut qu'on neprocédé jamais
en cela qu'avec une mûre deliberation.
rAj Juiqu'à cette abdication
volontaire qui dépend de la
volonté du Superieur, & qui
n'est point du tout attachée
aux premiers voeux , comme
on le voie, un Je suite qui n'a
fait que ces premiers voeux conferve ,
,
fclon les Constitutions
de la Compagnie
,
l'entiere
propriété de ses biens acquis;
il a le même droit de succeder
, que s'il étoit encore
dans le siecle; il peut disposer
selon les loix de ce qu'ila
,
de
ce qui luy échoit. Et qui les
luy donne ces droits? c'est sa
naissance. Il les avoit avant
que de faire son voeu de pzu.,
vreté: il n'y renonce pas en le
faisant : illes a donc toûjours
au même titre. Ce qu'il conserve
de droit sur ses biens
, cecyest tout-à-fait digne
d'attention) c'est à sa naissance
cule qu'il en est redevable :
d'être Religieux sansêtreobligé
de renoncer à ces droits
c'cft à son état qu'ille doit.
Et icy se découvre une erreur
confijerable de bien des
gens sur le point dont il s'agit.
Ce ne sont point, comme ils
se l'inlaginent les Constirutions
& les Bulles des Papes qui
donnent à un Jesuite jusqu'à
ses derniers voeux la propriété
& la jcü;{f..nce de ses biens, &
qui le rendent habile à succeder
: son droit sur cela n'est
que le droit naturel, à quoy
les Constitutions & les Bulles
ne font aucun obstacle, en ne
l'obligeant à y renoncer, que
quand il fait les derniers voeux.
Au reste, levoeusimple de
pauvretéjtel qu'on le represenle
ici,n'en poinr particulier aux
Jesuites.Mcssieurs dela Mission,
les Filles de l Union Chrétienneen
font un tout pareil.
Dans ces Congrégations les
sujets retiennent la propriété
de leurs biens; ils en peuvent
disposer par dons, par tesla.
mens;ils perçoivent des successions.
Tout l'engagement
qu'ils contrarient en voüant
la pauvreté,c'estde n'user de
leurs biens que fous le bon
plaisir de leurs Supérieurs; &
les Jesuitesen sinsant leurs
premiers voeux, ne font rien
de plus à cet égard.
Nousavons exposé jusquesicy
le veritable plan de l'Institut
des Jesuites par rapport
à l'affaire presente; & leurs
droits, dans l'étendue que
nous leur avonsdonnée, y font
si clairement marquez, qu'il y
auroit de la temerité à vouloir
formerla moindre copieration
sur ce point. Aussidepuis
l'Indication de leur JCotn.
pagnie, ils .oni partout joui
pleinement&constamment de
ces droits; & ils en joùissent
encore dans tout lemonde
Chrétien, hors la France, même
dans les Etats Protestans
où ils font établis, sans qu'il
leur soit causé le moindre
troubleàcesujet. - Ht
Ils en ont même joui en
France sans aucune modification
, jusqu'au temps où ils
furent obligez d'en sortir. On
le démontre par divers Atrêts,
& entre autres par ceux que le
Parlement de Paris rendit le
Oâobres585. en saveur
de Robillard, & le 13. PC"
cembre 1592. en faveur de la
Grange, tousdeux efhnt dans laCompagnie, qui certainement
étoit alors reçue & regardée
comme un 01.dce Religieux.
C'est ce qui est incontestablement
prouvé par ces Arrestsmêmes
que les Jesuites
produisent, & par l'Arrest de
Noalhes rendu dans le même ¡,.>'
temps au Parlement de Toulouse,
quiest aussi produit. Les
Auteurs contemporains&autrois
conviennent unanimement
que ces Arrests ont esté
renias uniquement sur la difsérence
desvoeux des Jesuites;
ces témoignages font rapportez.
Les Jesuitesproduisent
aussi les Lettres Patentes, où
les Bulles qui approuvent u
confirment leur Influât font
rapportées. Ils produisent entre
autres les Parentes de Charfont
levéesles modifierions
& les icitriâtons de l'Assc de
Poissy, par lequel ils n'avoicnc
été reçûs dans le Royaume que
comme Collège & Société }
celles du même Prince du mois
de FévrierIJ74. enregistrées
au Parlement de Paris, qui autorisent
l'Inflitut des Jesuites
& la fondation des Maisons
Profcfles fondées & à fonder
dans la fuite. Celles d' Henry
III. du mois de MlY 1580.
pareillement enregistrées, qui
rappellent & confirment les
précédentes.
Les deux Arrêts rendus au
Parlement de Paris en faveur
de deux Jesuites, & qu'on rapporte
comme les plus proches
du temps, où la Compagnie
fut obligée de quitter le RoïHJmeJfone
voir quelyétoitson
dernier état avant l'Edit par lequel
Henry le Grand, de gto.
rieuse mémoire
,
voulut
bien
l'y rappeller.
Les per Tonnesen place qui
étoient alorsopposéesaurétabh{
f:m,:nc des Jduires, insiftoienr
particulièrement auprès
du Roy sur lafing-Varité d'un
Corp) Religieux
,
donc les sujcts
con servoienc a près leurs
premiers voeux des droits de
propriclé & de succession inconnus
aux auu es Or dres: &
l'on exageron fort les inconvemiens
qu'il pourroit y avoir
à le (V'ufFur. Ce Prince par une
condt(ccndancc dicme de la
fagclle pour ceux qu'il trouvolt
d'un avis contraireau fien,
crut qu'il falloit un peu ceder
au temps, & apporter aux
droitsdontil étoit question,
un tempérament, quisansruiner
absolument rinftitut des
Jcsu,ltes,dcvoit contenter leurs
advcrfaircs. Ce temperameric
est renfermé dans lart. V. de
l'Edit. Envoicy les termes: Quccyaprès tous ceuxde laditesocieté,
tantceuxqui ontfait
lesvauxfimples feulement, que
lesautres. ne pourront accruttir
dans notredit Royaume aucuns
biens immeubles par achat, dona.
tion ou autrement, sans notre permijjton.
Nepourrontaujjïaux de
ladite Sociétéprendre ni recevoir
aucunefucajjion ni directe ni collaterAle,
non plus que les autres
Rrltgitux. ET NEANMOINS AUCAS
QUE PAR CY APRE'S ILS
F JSSENT LICENTIEZ ET CONGEDIEZ
PAR LADITE COMPAGNIE
, POURRONT REN-.
TRER EN LEURS DROITSi
COMME AUPARAVANT.
Il cit vray que cet Edit ne
sur corrglfire au Pai hITIent
iqu"ipié.%dcs rcmoniranccs failcs
au Roy & de sccondes Lettres
de ltflicn; & qu'au temps
de l'cnreg:ltrco1cnt) il fut arfêté
par la Cour,que le Roy
ycroîl tres-humbhmtnt supplie
pourvoirparune Déclarationàce
ue ceux qui auroientétéquelque
temps dans la Société, ntpûffint
iire reçusaux partages , pour le
trouble qu'ils apporteroient aux
familles, Mais cela montre d'un
lôré
,
combien le Roy avoit
de sortes raisons de maintenir
îledroit des Jesuites;&delautre,
que le Parlement le tenoit
lié sur ce point pat l'Edit, tuC:
qu'à ce qu'il y fût derogé par
une Declaration de Sa Majefté.
On ne sçauroit deviner sur
quel fondement quelques personnes
ont dit que les Etats de
1614avoientaussi demandé
au Roy de fixer un temps aux
Jesuites
,
après lequel sortant
de la Compagnie ils ne pour
roient plus être reçûs à partage.
On ales cahiers imprimez
de ces Etats;iln'yestparlé des
Jesuites que dans le cahier des,
Ecclesiastiques à l'articlesixiéme
i
me qui fut accordé par le Roy.
..e voicy : QjSattendu le fruit
we font journellement les Peres
efuitrs, tant a l'avancement de
« Religion,cjuel'inlfruétion de
1 jeunesse, il plaise à VoftreAfa-
^fiéque leur College de Glermont
sur foit redonné avec leurs anlevmes
fondations, £r les voulutconserver
& prendre en i/oie
protection
, & qu'il en foit
vttid'autres dans chacune des bon.i
zs Villes de ce Royaume
)
aufmlles
ilsferont demandek par le
Ilnfentement desdites Villes
1 &
:
fotimettant par eux aux Loix
m Statuts de l'TJniverfité.
Pour revenir à nôtre sujet,
tel devint l'état des Jsuites en
France par l'Edit de leur récablissement,
qui changea Tan-"
cienne Jurisprudence. Ils ne
pûrent plus succeder à aucun
bien
, comme ils faisoient &
font encore par tout ailleurs
avant leurs derniers voeux, &
comme ilsavoient toûjours
fait en France jusqu'à l'Edit :::
mais il leur conferva cet Edit
le pouvoir de rentrer dans;
tous leurs droits, au cas qu'ils
fossent congediez par la Compagnie.
Or ce que l'Edit a laisse
;
aux Jesuites subsiste-t-il cnco.',
~Te? Et s'il eil: vray qu'il subsiste,
doit il subsister plus longtemps?
C'est ce qu'il en question
d'examiner aujourdhuy.
L'Edit, en ce qu'il declare
les Jesuites capables de rentrer
dans leurs droits, au cas qu'ils
soient congediezpar la Compagnie
,
subsiste-t-il encore?
Ec comment en pourroit on
douter? Y a t-il quelque autre
Edit qui y deroge ? Où est la.
Loy qui paroisse y être contraire.
:
Mais n'est ce pas une Loy
generale
, que tout Religieux
~estmort civilement,&ne peut
plus prétendreà rien dans le
siecle îOiiy, c'est une Loy generale
que tout Religieux Profés
ert mort civilement,&n'a
plus rien à prétendre dans le
siecle: aussi les J;:fuices Profés
n'y prétendent ils plus rien.
Ql'on parcoure routes lesLoix
du Royaume ; ce n'est que le
Religieux Profés nommément
,
qu'on y verra exclus
pour toujours des successions,
& jamais le Religieux simplement
comme Religieux, ja.:
mais le Religieux en general.
CCLOIXne contredisentpoint
l'Edu3 comme l'Edit ne déroge
en aucune façon à ces Loix.
Les Loix regardent les seuls
ReligieuxProsés, à qui le retour
au siecle estinterdit pour
toûjours;&l'Edit regarde uni-
~quement ceux d'entre les Jesuites,
qui n'étantencore Religieux
que par les voeux (imples,
peuvent en être dispensez,
& rentrer dans lesiecle
avec le congé de la Compagnie.
Or
,
dés-làqu'ils peuvent
rentrer dans le siecle., &
V reprendre leur premier état,
~ycontractermêmeun legitime
mariage, ce qui ne leur fut
jamais contesté;quelle justice
yauroit ilde leur y contester
les biens que la naissance leur
donne, au quels ilsn'ont pas
renoncé, donc ils ont besoin
pour eux & pour lesenfansqui
leur peuventnaître?
1
Un homme donne la plus
-
grande partie de son bien à un
ami,qui moyennant cela fait
un mariage considerable.Tandis
que lafamille du donataire
grossit, le donateur s'avise de
se marier luy-même;&au moment
qu'illuy naît un enfant,
sa donation devient nulle selon
les Loix ,& il reprend tout :
ce qu'il a donné. Comment
donc les Loix ôteroient-elles à
un Jesuite legitimement con-
~gédié de la Compagnie, & qui
a la liberté de le marier, le
droic de reprendre dans sa famille
des biens ausquels il n'a
pointrenoncé?
t" Sont-ils donc si coupables
ces hommes qui retournent
au siecle;parce qu'ils ne fc trouventpoint
avoir affcz de santé,
)OU certains talens nec ffaires,
pour fournir la difficile & pemible
carriere d'unJesuite?
Sont-ils si coupables
,
qu'on
noive pour cela les dépoüiller
~k~és droits que la nature leur
cs
donne,&qu'ilss'etoient sage.
ment reservez pour le temps
qu'ils éprouveroient leurs forces,
avant que d'être engagez
sans retour? Cette pieuse épreuve
qu'ils ont voulu faire
d'cux-Inêmes)cfi elle une raison
de les desheriter,& de les
mettre à cet égard au rang des
bâtards, ou des scelerats condamnez
pour toûjours aux galeres
? Les traiterat on plus
mal que des enfans vagabonds,
qui rentrent dans leurs
biens aussitôtqu'ils se fontreconnoitre?
Ce furent ces principes de
1equiré
l'équité naturelle, qui porterent
Henry le Grand à user de
toute son autorité pour aflii*
ret aux Jesuites par son Edit le
droit qu'on le sollicitoit de
leur ôccr. Nulle Loy n'y est
contraire à cet Edit:aucun auire
Edit n'y a derogé: il subsiste
onc encore aujourd'huy dans
route sa vigueur; & le droit
qu'il conferve à ceux que la
Compagnie congedie, cil toûjours
en son entier.
I- Si quelque chose pouvoit
oatoître y avoir donné atteinyc,
ce seroit une suite d'Arr êts
lui auroient été rendus contre
la dispositiondel'Edit,sur
tout dans le premier Parlement
du Royaume. Or ilest conftanr
que depuis l'Edit jusqu'à
1'.,ffjlredusieur lePicard d'Aubercourt,
on ne sçauroit citer
un seul Arrêt de cette nature.
On luy a objecté qu'un
Avocat écrivant en 1685.
dans uneaffaire des JrUlces
convenait d'une Jaritprudence
d'Arrêts opposéeàl'Edit :
mais c'est une méprise de cet
Avocat qui en cela a parlé dei
son chef Les Jesuites n'ont
jamais pûl'avoüer sur unetel-<
le fausseté
,
& ils le désavoüent
; i- 4111
jourd huy
,
aussi bien que
r ce qu'il a dit , qu'iln'y a
oint de differencepoul'enagcmcnc&:
le retranchement
u siecle entre leurs premiers
leurs seconds voeux. Desereurs
de fairne sçauroientnuià
la verité clairement prouée
par des Adtes. n
On a montrécydessus la
ifference essentielle des preoiers
& seconds voeux desJeuites
: & à l'égard de la pré-
:nduë Jurisprudence dont il glt) de trois Arrêts
,
les
,ulsquisoient intervenus sur
matiere jusqu'àl'affaire du
sieur le Picart d' Aubercourt,,
l'un est un Arrêt consenti crutre
les Parties, qui parconsequent
ne decide rien: c'est;
l' Arrêt de Martin du 23. ,No,
vembre1631. Les deuxau.
tres ont esté rendus dans i'afy
faire de Charles Begat. Le premier
qui est du 14. Mars;
1629. luy adjuge la succession,
de ClaudeBegat; & le second
quiest du 30. janvier1631.
enterine la Requête civile contre
le premier;, sur ce que
CharlesBegat se trouvoit avoir
fait les derniers voeux dans lac
Compagnie, & que d'ailleurs
ne produisoitau lieu deconé
qu'un certificat de l'avoir
btenu, & même uncertificat
rgué de faux. Il est manifeste
ue lepremier de ces Arrêts en
iveur deBegat,soy disant conedié
par la Compagnie,conrme
la disposition de l'Edit
faveur des Jesuites
: & que
:
second n'y eH point aire con-
; puisqu'il n'estfondé
Sue sur ce que Begat avoit fait
s derniers voeux, & ne proisoit
point même de congé
n forme, ce qui le mettoic
ors ducas de l'Edit.
Quelqu'un demandera peutêtre
icy commentBegat étoit
sorti des,Jesuites
,
puisqu'il
avoirfait lesderniers voeux,
C'estque parmy les Jesuites
les derniers voeux ne sont pas
Toujours les voeux de Profession
: mais ceux que la Compagnie
ne juge point a propos
d'admettre au degré de
Profés
,
font reçus par elle au
degré de Coadjuteurs spirituels,
Ces Coadjuteurs spirituels
ne font à la véritéque:
des voeux simples
: mais ils les
fDnr"en public entre les mains
du Superieur., & par ces voeux:
publics & reçus du Supérieur,,
ils deviennent, selon lesConstitutions,
incapables dequelque
succession que ce soit, &
font à cet égard au rang des
Profés. C'est là le cas où étoit
Begat, & ce qui le fit exclure
d'une succession qui lui avoit
d'abord étéadjugée conformémental'Edit
, en supposant
qu'il n'avoit encore fait
que ses premiers voeux.
Comme les Coadjuteurs [pi.
rituels ne font que des voeux
simples
,
ils peuvent toûjours
être congediez par la Compagnie
: mais comme en les faisantils
renoncent à rous leurs
droits, la Compagnie ne les
congedie jamais que pour des
raisons bien griéves. Et c'estlà
ce qui peut avoir donné lieu
à Begat de ne produire pas
son veritablecongé, où ces
raisons étoient peut être exprimées.
Quoyqu'il en foit
l'Edit , en faveur des Je suites
congédiez ne reçût aucune atteinte
dans sapersonne:voïons
si depuis il en a reçu quelqu'-
une.
Il subsistoit encore cerrainement
,
lorsque le sieur le Picart
d'Aubercourt en demanda
au Parlement l'cxccution en
sa faveur. En effet, la Cour en
1701. ayant jugé deffnitivement,
qu'ilne pouvoitêtre
debouté de sa demande sur le
fait particulier de l'affaire ,011
d'abord quelques-uns des Juges
avoient crû voir une fin
de non recevoir; Elle ordonna
par son Arrêt du 10. Mais
,
que S. M. feroit tres- humblement
fupphée d'expliquer ses
intentions sur l'Edit par rapport
aux droits des Je fuites
congediez par la Compagnie.
Le Parlement reconnoissoit
donc alors que l'Edit en faveur
des Jesuites congédiez étoit
encore dans toute sa force; &
il le reconnoissoit dans une affaire,
où tout ce qu'il s'est jamais
rendu d'Arrêts dans le
Royaume avoir esté produit ,
comme ils le sont encore aujourd'huy
par1esJefuites.Mais
il reconnoissoit aussienmême
temps, ce quiestcertain, qu'il
ne pouvoit légitimement prononcer
au préjudice de cet Edit
, à moins que le Roy ne se
fût expliqué d'une maniere à
l'y autoriser.
Il est pourtant vray que
s.
M n'ayant pas jugé à propos
de donneralors une
décision
générale,& ayant ordonné de
procéder au jugement définitifde
l'affaire particulière dans
l'état où elleétoit
,
lesieur
d'Aubercourt fut debouté de
les demandes par l'Arrest qui
s'ensuivit. Mais comme il ne
pouvoir plus Tertre par la fin
de non recevoir
,
sur quoy il
avoir g.1gné sa cause;c'est une
necessitéd'avoüer que le Parlement
se détermina enfin à juger
au préjudice de l'Edit, en
attendant qu'il plût au Roy
de s 'expliquer sur ce su jet.
Quelques personnes ont
prétendu que la Cour s'étoit
cruë suffisammentaucorisée à
juger au préjudice de l'Edit,
sur ce que l'ordre du Roy portoit
de rendre aux Parties la justice
cjuElle estimeroit leur estre
dûe. M us le Roy avoit il jamais
pu penser qu'Elle: pût
prouver de la justiceàjuger
formellementcontre un Edit.
auquel il declaroit actuellement
ne vouloir pas déroger.
C'est ce que l'Ordonnance
de S. M. condamne expressement.
Enjoignons aux Cours
l'observation des Edits tant au
jugement des procez qu'autrem,
nIJsansy contrevenir,ni que
fous prétexted'équité, bien public
, accélération de la 7ufilce
J ou
de ce que les Cours auraient à nous
reprtfenter, Elles, ni les autres
Juges, s'en pwjf-nt di.ff:>nfèr) ou
en moderer les diftofuions en quel
casy ou pour quelque cause que
ce soit. arc. 6. tit. I. de l'Observation.
1
L'Arrest du sieur d'Aubercourt
rendu au préjudice &
contre la disposition ex presse
de l'Edit ,;1 frayé le chemin à
un autre Arrestporté depuis
contre le sieur Boudart de
Cousturelle, Gentilhomme
d'Artois. Le sieur Boudart sur
les Traitez de Capitulation
,
les Déclarations & Lettres Patentes
de Sa Majclié en faveur
des Jesuites de Flandre
,
avoic
été maintenu dans tous ses
droits par Sentencecontradictoire
du Conseil d'Artois,
renduë le 21. ÑIJY 1711. La
seconde Chambre des Enquestes
par son Arrest du15.juillet
1712. annulla laSentence;
& le sieur Boudart fut débouté
malgre les Déclarations du
Roy pour la Flandre,ainsi que
le sieur dAubercourt l'avoic
étémalgré l'Editd'Henry IV.
pour la France.
- Les Jesuites n'ont pointété
jppciKzàcesjugemens: mais
ss voyant sur le point de si
multiplier, ils n'ont pas crû
ilevoir garder un plus long sibnce.
On en auroit peut-estre
Iré avantage contre eux; &on i feroit persuadé qu'ils ne
prennent point de part à fin
Tadtion de l'Edit, s'ils avoient
11tendu- plus,longtems à s'en
Plaindre.
LAfrest du sieur Boudarc
fiant dans une espece étrangèreàjPEdi-
t, il ne se trouve
incoreapréstoutd"Arteft conxe
la disposition de cet Edit)
que 1Arrête du sieur d'Aubercourt.
Or un Arrest contre lequella
partie- est en état & en
voye de se pourvoir en cassation
,
& contre lequel l'Edit
même & les Ordonnances de
S. M. sont un moyen certain
&infaillible decassation, peutil
estre serieusement opposé.
aux Jesuits&appellé la Jurisprudence
des Arrests? Des Arrests
contre un Edit peuventils
faire Loy au préjudice de
l'Edit ? C'est au Prince seul à
changer, à revoquer les Edits.
Ils subsistent donc, tandis que
le Prince n'y a point derogé:
&,
y tandis qu ils subsistent, bien
oin que les Magistrats puisent
les abroger par des jugenens
contraires, ce sontleurs
ogemens mêmes qui sont
lors reformez selon les Edits.
Il ne leur est pas même pernis
dans les doutes &lcdlfii.
ultez sur le sens des Edits, de
i:s interpréterpar leurs jugenens,
avant que d'estre ins
puits des intentions de Sa Ma C'est ce que portent les
Ordonnances : Si dans lespro-
':{ qui seront pendans en nos
ours
,
ilsurvient quelques dou-
~s ou difficultezsuraucuns articles
de nos Editi, Déclarations (Y
Lettres Patentes : Mous leurdéfendons
de les interpréter ; mais
voulons opuElles tryent à Je retirerpardevm
Nous,pour apprendre
ce qui Jera de nostre intention.
¡.
Mais en attendantque le
Roy foit consulté ,ou bienSa
Majelté différantàdeclaer ses;
intentions, si lesCourscroient
devoir prononcer au préjudice)
des Ordonnances, & qu'il foie!
intervenu consequemment un
grand nombre
d'Arrestscon-l
foriiics;cccre multitude d' Arrefis
ne fera-t elle pas une Ja-j
1
risprudence? Non:car surune
question decidée par quantité
d' Arrests qui avoient formé
uneJurisprudence presque uniforme
dans toutes les Cours
contraire aux articles 57. &
58. de l'Ordonnance de Moulins,
ileft dit dans la Dcclaration
du Roy, enregistréeau,
Parlement de Paris par Arrest
uneJurisprudence estant contraire
à une Ordonnance
, ne
peut eltre solidement établie
K]ne par une Déclaration quiy
deroge. Pour cet effet, le Roi
ed ecl are qu'ilveut bienamoriser
ces Arrests; & pour le faire,
il dérogéexpressementauxarticles
57. & jg de l'Ordonnance
de Moulins.
1
:
Delàil resulte évidemment,
que quelque nombre qu'on
pût produire d'Arrests contrai.,
res à l'Edit de 1603.en faveur:
des Je uites congédiez, ces Arrests
feroient nuls aux termes
des Ordonnances,&ne pourroient
avoir de force, qu'au-j
tant qu'il plairoit au Roy de
les autori fer
, en dérogeant àj
l'Edit dont les Cours nausoient
pas suivy la dicpofition.
Déclarons tous Arrests cr
Jrte-',
Lynl&ca&p, DVLJ^rctdZc)c-Tt^mctftcdrt
1
- 1
,
il 3 Y- i JPclsjeez^ucxttLoc,ioiws pcwscz^ coup ciici
<9omjcn^à^iusS't-uastc- taurOl
-
1 '1 ,. If joitur ele.cilarniespow* nioy>*_A£eribertfn-*clcgsjc dGl '¿.ILrurc. -
JLJvu 1 : I.. t~.y. 1*1I|»1-? l7C/"Coy-, cotltvunt J«d att-r- ¿L
.: ttcrfjrci^xnyver jue &--Il-,f
convient Seul emoz
Civ
_r
huuOtt Jm.è[;¡:é?aJ me. hvrc,Peufis
mens quiferont donnfZ contre la
disposition de nos Ordonnances,
Edits çy Déclarationsynnls fY
denuleffetcmvaleur. Art. 8.de
l'Ordonn. titre 1.
A la vérité l'usage est quelquefois
l'interprète des LOIX:
mais c'est des Loix que l'usage
même a établies,& non de celles
qui font portées dans les
Edits du Prince. Il n'appartient
qu'au Prince luy même, ainsi
qu'onla déjà dit,à les interpréter
ces Loix
, ou à y deroger
,
s'ille trouve bon: jusques-
là l'usage qui y seroit
É
gardé que comme un abus à
reformerselon la teneur des
Edirs qui lesrenfrrment.
Mais s'il est vray en toute
matiere quenul nombre d'Ar.,
restsne peut abroger un Edir„
il l'est sur tout dans la matière
pre fente, où il s'agit de TétaC
des hommesqui ne Içiuroitfis:
pre scrire. Etant attaché à leur
naissance, il est du droit public
& pu consequent il ne peut
estre changé que par la Loy::
Qvoe funt publicijuris, sola leges.
dari, sola lege adimi possunt.
Cest sur ces principes que:
feu M. Erard, Avocatcélébré,,
consulté sur l'affaire du sieur
bd'Aubercourt
,
s'explique en
xes termes dans sa Consulta-
Kion du 1j Novembre 1699.
UEditde1603. quiconferve
.Yxprfjfément le droit defuccedcr
y,,r tous les effets civils a ceux
uiferont congediez par la Compagnie
des ¡t'fuites
, & qui portent
qu'ils rentreront dans leurs
k/roits
,
na eslé changé par aucun
vautre E-dit ni Loy du Royaume.
)sAlnfxcess une LOy (ubfiftantc que
tious lesfijetsfont obligezdfui.
\jvre. VArrête que la Cour mit
ur[es Registres enfuite de la verification
de cet Edit,ne peut pas
3
ne
en empêcher l'execution : ce riétoit
qu'un voeu qu"elle faisoit
y qu'ilplutau Roy fixer un terme
vour la sortie de cette Societé.
Mais elle ne le fixe point, (7
elle reconnoit même par-là, qu'il
n'appartient qu'au Roy de lefixer.
Elle luy en a fait lafûpplication
: il n'y a pointeu d'égard, eil a latjjel'Edit dans son entier
: son refus efi encore une confirmationsurabondante
de la dif
position de l'Edit. Or cela étant,
les Juges peuvent-ils juger contre
cette dispositionsPeuvent-ils donner
atteinte à l'état d'un homme
qui s'ejt engagé dans la Société
des
des Jesuites
, (y qui en (si sorti
lafoy de cet Edit?
Que peut-on donc oppo.
ser à un particulier, qui avec
uncongé légitime de la Compagnie
se pre fenre pour ptentHrc
sa part dans l'heritagc de
Tes percs ?Je redemande, die-
1,1 ce que la naissance m'a don-,
né ,& à quoy je n'ay jamais
renoncé: sur quel fondement
me refu reroit-on ce quiest veritablement
à moy ? Ou est la,
loyquime dépouille de mon
troit naturel? J'en voy une
qui m'ymaintient,c'estEdit
D'Henry le Grand: qu'on me
montre celleen vertu de laquelleon
voudroit ncdfcsheriter
,
& changer mon état. La
Loyest précise en ma faveur
:
en vain doncm'opposeroi ")0
une prétendue Jusprudence
des Ârrets:j'appelleray deces
Arrests à la Loy
,
à tEdtr du
Prince ; c'est la regle des juftesi
Arrets. La Loy me laisse la 11-:
bertéde m'établir dans le monde,
d'entrer dans des Charges:t
comment donc pourroit-oni
prérendrequ'elle me dépouille:
du bien que le me fuis reservé,
& qui m'estnecessairepourcet
effVi ? La Loy ne sçauroitainsi
se contredire.
MJlS si ce Jesuite-étoit le
seul héritier d une famille riche
& honorable, comme il
est arrivé, & commeilpeut
arriver quelquefois; ne seroit-*
il pas odieux d'en transporter*
les biens à descollatéraux,plûtôt
que d'en laisser jouirl'hériticr
legitime,qui n'a rien fait
qUlldépoüdle »& qui esten
état de perpétuer le nom de
ses peres? Et qui doute que ce
ne fut-là violer les Loix si uni.
versellement,& si Ggemenc
établiesdanstout leRoyaume,
qui rappellent aux successions
la ligne dircte àl'infini, pour
porter) s'il se peut, à l'infini
le nom desfamilles?
On se flattedavoir suffisamment
éclairci la premicre
question
,
sçavoir sij l'Edit
d'Henry le Grand en faveur
des Jesuites congédiez subsiste
encore. Oui, cet Edit subsiste:f
& les Jesuites congédiez par la
Compagnie peuvent encore
aujourd'huy,ainsi qu'ils l'ont
toujours pû
,
reprendre dans
le siecle tous leurs droits. Mais
cet Edit doit-il subsister plus
longtems ? Henry le Grand a
déjà limité les droits des Jesuites
, en leur ôtant aptés leurs'
premiers voeuxle droit de joüir
& de disposer de leurs biens,
& ne leur biffant jusqu'aux
derniers: voeax que le seul droit
d'y rentrer, au cas qu'ils fuCsent
congédiez par la Compagnie.
Ne convient-il pas de
le modifier encore ce droit
,
:OU, de l'abroger même tout- àfait
, en reduisant les Jesuites
aurang de tous les aurres Religieux
î C'estla secondé quef-
:éofëiqji'il nous resteà examine*.
.;, Me ferat-il p, ermis de de.
mander icy si les Jesuites depuis
qu'ils ont été rappeliezen
France par l'EditHenry. le
Grand
, ont mérité par quelque
faute*qu'on ule envers
eux d'une nouvelle rigueur ?
Les temps doivent ils être aujourdhuy
plus fâcheux pour
eux, qu'ilsne l'éroienralors?
Les services qu'ils onttaché
de rendre à l'Etat depuis leur
rappel*, ne semblent ils pas au
contraire demander qu'onleur
rende
-
ce qui leur fut ôré dans
ces tem ps de disgrace';rp!&ôc
que de leur ôter ce gu't!..nry
le Grand
,
malgré tout ce qu'il
trouva d'obstacles
,
crur'devoir
alors leurconserver fii
C'dl
,
diton, l'interêt public
qui demande qu'on reduifc
les Je suites sur le pied des
autres Religieux. Mais l'interêtpublicn'est
il pas lemême
à cet égard dans tous les Etats
du monde Chrétien, où les jfuites non seulement reprennent
leurs droitsquand ils
sortent de la Compagnie avant
leurs derniers voeux ,
mais où
ils joii'fTcnr & peuvent disposer
de leurs biens dans laCompagniemême
,
pendanttout
le temps qu'elle les éprouve?
On ne les inquiète là dessus en
nul endroit du monde.
En second lieu, ce qu'on
semble trouver aujourd'huy si
contraire au bien public, fut
tant de fois & en tant de maniérés
representé comme telà
Henry le Grand, avant que
soônEdit fût enregistré. Ce
grandPrincedontla fagelfc
sur encore au dessus de sa valeur
,
après avoir tout entendu
, tout pesé
, en jugea autrement.
Il crut faire assez pour
lesfamilles,quedoter aux Jesuites
, tandis qu'ils le seroient,
la joüssance & la disposition
de leurs biens. Dépoüiller absolument
de leurs biens des sujets
qui n'y renonçoient point
par leurétat,&neleurlaisser
de partage dans le siecle où ils
pouvoienc retourner, que la
mendicité;c'est ce que ce Prince
plein d'équité eût horreur
de faire. La Compagnie se reservant
le droit de congedier
ses sujets jusqu'à la Profession,
il trouvoit de l'inhumanité à
les dépouiller de leurs droits
avant que ce temps foit expiré
; & il ne voulut jamais entendre
à y apporter aucune limitation.
Ce refus d'Henry
IV. ne doit-il pas aujourd'huy
tenir lieu de Loy ?
L'Edit de ce Prince en faveur
des Jouîtes congédiez
est , comme la Loy que les Romains
appelloient Juspostliminit,
laquelle permertoit aux
captifs dont le droit étoit demeuré
en suspens pendant leur
captivité, derentrer à leur retour
dans tous leurs biens.Ce
droit ne se preserivoit pas, parce
qu'il n'érait pas au pouvoir
ducapusderecouvrerla liber-,
té; comme il n'est pas au pouvoir
d'un Jesuite qui a fait les
premiers voeux ,
de se délier
luy même
,
il faut qu'on le congédié.:,
itr,i Tandis que les Jesuites n'onc
pas encore fait leurs derniers
'ioe)x)oncftJdit-onincertain
Hans les familles, s'ils ne reviendront
point y reprendre
eurs drOir?'9*cê quiempêche
les éta blArÍnens confinerao!
ès5,quand il s yrevien- iiell ;dvy jettent le trouble
irnHe nouveaux partages qu'il
Ssutefaire C'està ces deux chefs re duisent les raisons
Bune-.êrpublic,pour oblig r
_>csJ'fiîices à renoncer à tous
eurs droits des le temps de
Uf5 premiers VOBJX : examirdôns
en la solidité.
A l'égard de l'incertitude
doncil s'agit, le monde est
plein de ces fortes d'incertitudes,
sans qu'on se foit encore
avisé de penser qu'il fût de
bien public d'y remedier pa
de nouvelles Loix. Un per
veuf marie un fils unique: q!
fils cfl; dans l'incertitude si fo".
pere ne se remariera point, &
n'aura point d'autres enfant
qui partagent la succession.
fautil que les Loix épargnée,
au fils cetteincertitude ,en or
bligeant le pere, ou de luy ce
der tout son bien
, ou dere
noncer à un second mariage
e fils en ce cas trouveroit un
tablissement plus confidera- le mais le pere est-il obligé
se le luy procurer àce prix?
1t peut il venir dans l'esprit
qu'il soit de l'intérêtpublicde
w obliger par quelque Loy
cr)uvcllc? Cette sorte de Loy
roit au reste d'autant plus
cessairedanslesystême que
ous combattons, que pour
Jesuite qui par le délay de
Profession tient ses freres &
eurs dans cette sorte d'incerjiude
,
il y a dans le Royause
cent peres ou mères veufs,
iui par le droit qu'on leur laisle
de leremarier,tiennentleurs
enfrns dans l'incertitudex&c{
les empêchentpar-là de scladi
biu à leur gré,souventmême;
comme il conviendroit au
foû*
tienJe la fami«Ic.sj.IrVj
Mais faisons sur cela
un
fuppofinon dans nôtre fUlct
nême, & faisons la la plus
favorable qui- sepeutà la prétention
de nos adver faires.
Un jeune homme sefait Je-j
fuite,& laisse dans le siècle une
soeur unique
,
qui ne sçauroit
s'établir comme il convient Jtj
sans la portion de son frere;
qu'il conservejusquà la PIO;,
Hfcflîon. Volia sans douter ce qu on peut proposer de plus
specieux contre le droit que la
Loy rcfcrve aux Jesuites,tandis
qu'ils n'ont fait que les pie..
mniersvceux. x •;;;
Mais le demande en premierlieu
sicette fille aimeroit
mieux que son frere, sefist Ececlesiastique,
ou de 1 Oratoire,
ou qu'ilentrai chez Messieurs
WC la Mission , que de le voir.
t'eruitTroùveroi[ ellemieux
Mon compte ,
ftroitcllt, mieux
ou plûtôt mariée
,
s'illuy falloitattendre
lamort naturelle
de son frere dans ces états,où
l'on conservependant toute
la vie la jouissance & la propriété
de ses biens, que quand
illuy en faudroit attendre la
mort civile par les derniers
voeux que font les Jesuites au
bout de quelques années d'épreuve
? Pour établir toutes les
fillesqui auroient un frere Ecclesiastique,
ou de l'Oratoire,
ou de la Missîon
,
faut-il faire
une Loy qui oblige à renoncer
à ses biens, aussi-tôt qu'on embrasse
ces genres de vie ? Mais
il faudroit encore dans ces
principes que les Loix obligeassent
les Chevaliers de Malthc~
the à ne pas differer leur Profession
les trente & quarante
années, comme ils font presque
tous,& à se contenter au
moins jusques là d'une penïïon
alimentaire, pour fixer
l'incertitude des familles sur
leur sujet, & ne point mettre
d'obstacle à l'établissement de
fleurs fieres & soeurs. Il fau-
Hroitmême que ces Loix s'éendissent
jusqu'aucelibat;que
peux qui en font profession
devinssent aprés * un certain
3:emps incapables de mariage;
& que ne le reservant de leurs
oiens qu'un honnête necessaire
, ils sacrifiassent le reste au
repos & à l'établissement de
leurs familles. Revenons à nôtre
exemple.
En second lieu, ceux ouii
trouvent le bien public à ne
laisser point cettefille dans la
necessité, ou de ne s'établirpas
ou de s'établirmoins blrltan..
dis qu'elle attend les derniers:
VCÊJX de son fiere; le trouveront
ilsaussiàobligersonfrere
de luy ceder fort bien, & dei
se dépoü ller du necelTairene
pour rétablir, ou pour l'éta-j
blir mieux ? Unperen'est Probligé
de se priver du rieceffaW
re pour établir ses enfans:comrment
un frerc peut-,1 y être
aobhgé pour établir une f-oe,Ur?
Il s'agit en effet du necessaire
pour le frere : car il peut être
congedié par la Compagnie;
)& le cas arrivant, de quoy fbsistera-
t'il après qu'on laura
dépoüillé de tous ses droits? Il
faudra donc quecefrerepour
rétablir sa foeur , foie exposé
lui même àune honteuse mendicité:'
Le bel avantage pour
unefamille! La soeuremportetroit
le bien dansune famille
étrangere ; & celuy que les
Loix destinent à en per petuer
le nom ,
l'enseveliroit dans une
ignominieuse obscurité. Ce
n'est donc point le bien public
,ce n'est pas même l'avantage
des familles qu'on procurerait
; en dépouillant les Jeftkcfridudroit
naturel que la
naissance leur donne jusqu'a
leurs derniers voeux; c'est le
(impie avantage d'un enfant
qu'on procureroit au préjudice
d'un autre, & le plus souvent
mêmeaupréjudice de la
famille.
Mais un Jesuite congedié
peut il manquer de causer du
trouble dans sa famille en y
venant
reprendre ses droits? Et
ce trouble n'etf-ce pas aux
Loix à le prévenir?C'estla seconde
raison d'interest public
que l'on oppose au droit des
Jesuites, & dont il est aisé de
faire sentirlefoible.
Qael trouble pour ce donataire
dont nous avons parlé
cy-dessus,lorsqu'il r voit obligé;
de rendre ce qui luy enne..
cessaire pour soûtenir sa famille;
Mais ce trouble
,
la Loy
doit-elle le luy épargner ? Il a
dû le prévoir, & s'arranger
surce pied-là.
Que les familles fassent attention,
commeelles doivent,
que les premiersvoeux d'un Je.
fuite ne leur donnent pas le
droit de compter abfolumenc
sut sa per feverance
-, & que la
joüissance de ses biens ne leur
efl; laissée par le bienfait du
Prince
,
qua condition de les:
rendre en cas de sortie: qu'elless'arrangent
suivantla dl.f-..
position de l'Edit d'Henry IV(,
& elles ne se trouveront point
troublées, quand un Jesuite legitimement
congédié avant (es?
derniers voeux viendra y reprendre
sa place & ses droirs.,.
Des peres fages établissentleurs?
familles sur la disposition des
Loix ,&jamais les Loix n'en
troublent la Tranquillité : les
Loix ne troublent que ceux qui
refusentdes'yassujettir.
lînJefuitc congedié qui de-
1 mande à rentrer dans ses biens,
ne demande rien à quoy il ait
renoncé
,
& dont il nVittoû-
Il joursestépropriétaire à juste Ititre? Que si safamille se les est
tappropriez ces biens,c"elfune
jtipjuftice qu'elle luy a faite
; &
lesLoixn'ont jamais empêche
qu'onne pût troubler un poc.
széisosenurinjuste. La simple led'un
cohéritier renverse 1 •icritier r~nverft
après vingt & trente ans des
parcages.L'absent présumé
mort revient; y eût-il cent
partages, on les reforme, pour
luy rendre le capital & les
fruits. Si donc une famille fait
des partages, sans avoir égard
au pouvoir que les Loix Ecclesiastiques
& Civiles
,
aussibien
quelaLoy naturelle,laissent
à un jeune Jesuite derentrer
dans ses droits ;elle contrevient
auxLoix cette famille,
& par cette contravention elle
merite d'être troubléedans ses
partages faits conrre ladispohtion
expressedelaLoy.. ", Un.
Un homme prest à faire un
long & périlleux voyage, laisse
en dépôt dix mille écus à un
parent, en luy disant qu'illuy
en donne l'usage jusqu'à son
retour, & la propriété même
IJaU cas que la mort le prenne
un chemin. Le voyageur revient,
&redemande le dépôt.
trouve un jeune homme qui
s'engage dans la Compagnie
pour y estre éprouvé,& qui
en sort avant les derniers
voeux Il redemande sa portion
d'herirage
,
dontil a laide ses
coheritiers dépositaires; & on
luy répond:Onenadisposé
pour aider à établir vos freres
& vos soeurs; mal-àpropos
vous venez troublervostre famille.
Eh !c'esrmoymême,s'écriera
t'il,quemafamilletroubIc,
en me re fusant ce qui est
à moy selon toures les Loix,
en voulant inhumainement
me desheriter contre tout
droit. Celuy qui ne demande
que ce qui l-uy appartient selon
les Loix,nefaitpas letrouble;
ou s'ille fait ,ceux qui le
souffrent pour avoir disposé
de ce qui ne leur appartenoit
pas, ou pour vouloir le retenirinjustement
,
doivent se
l'imputer à eux seuls.
Lors donc qu'un Jesuite
congedié parlaCompagnie va
reprendre dans le siecle des
droits au squels il n'a pas renoncé
;si la famille comptant,
comme elle a dû faire
,
qu'il
pourroir ne point per severer,
s'est arrangée sur ce pied,là,il
ne la trouble en aucune façon.
Si elle a compté absolument
sur sa perseverance, ou si elle
s'est persuadée que ne perseverant
pas, il ne pourroit rentrer
dans ses droits; ce sont
des mécompres donc elle doit
feule porter la peine par le
trouble & l'embarras ou elle
se trouve: pourquoy ignorct'ellelaLoy!
Mais convient-il de se gros
nr ainsi les objets ? Un Jesuite
congédié qui revient dans sa
famille, n'est après tout qu'un
enfant de plus qui doit en partager
le bien;unenfant
,
quia
ses-droits acquis commelesautres;
un enfant,qui sans avoir
cjlé à charge à sa famille, luy
revient souvent en état de luy
faire honneur,& d'en e stre le
soûtien par ses ralens & l'éducation
qu'il a euë. Ell-celàen
verité dequoy jetter letrouble
dans lesfamilles?Voyons nous
que lanaissance tardivedesensans
qui suivent de loin les premicr
trouble des peres &. des
meres qui ne s'attendoient plus
a en avoir? Les premiers nez
peuvent ressentir de là peine,
envoyant croître le nombre
de leurs coheritiers:mais serace
jamais la une raison d'exclurede
la succession paternelle
ceux qui viendroienr un peu
tard à la partager ,
& de fixer
par les Loix le nombre desensans
habiles à succeder?
Que deviennent donc les
raisons de bien public
, pour
retrancher aux Jc suites les
droits que la natureleur donne,
& que les Loix leuront as
sûrezjusqu'icy ? Il n'est pascontre
le bien public que les
sujets des Congregations de
l'Oratoire
,
de la Mission,da.
l'Union Chrétienne :) conservent
tous jusqu'à la mort la
)joiiflince & la proprieté de
¡leul'5 biens;qu'ilspuissent toûjoursen
disposer, & mêmeen
faveur des Congregations où
ils vivenr. Comment donc
pourroit il estre contre le bien
public de laisser aux Jesuites de
[France juTcjua leurs derniers
"Voeux le seul droit qu'ils se
sont reservez de rentrer dans
leurs biens,au casqu'ils soient
obligez de rentrer dans le fiecIe?
Dans toutes ces Congregations
les sujets peuvent enlever
à leurs familles tout ce
qui est à eux, sans qu'on ait
crû jusques icy devoir y apporterd'obstacle.
Un Jesuite,
tandis qu'il est Jesuite, n'oste
rien à la famille ; il ne se reserve
que le pouvoir de reprendre
sesdroits,&cela pendant
letemps que la Compagniel'éprouve
pour l'admettre
aux derniers voeux: peuton
le réduire à moins? Entre
les Jesuites que la Compagnie
rient dans les épreuves, elle en
congediera peutestre quatre
ou cinq sur cent: cft ce là dequoy
s'allarmer pour le bien
public?
Mais les Jesuites qui sont
encore dans le temps d'épreuves
,qu'ont-ils fait plus que les
autres sujets des autres Congregations
,pour les vouloir
fairechanger d'étatmalgré
eux, en les dépouillant des
droits que la naissance leur
donne, queleur Institut permet
qu'ils conservent,qu'un
Edit du Prince autorité ? C'est
sur lafoy de cet Edit qu'ils se
font engagez à la Compagnie
par des voeux simples
; c'est
dans l'assûrancc que si elle ne
jugeoit pas à propos de se les
engagerpourtoûjours
,
engager pour toûjours) ils
pourroient au moins reprendre
avec la dispense de leurs
voeux Luipremieretat&leurs
droits dans le siecle. De[oO'i.[
aujourd'huy à Ï) cet Editiliefc,-
roit ce pas les autoriser à reclamer
contre un engage-
1TIent dont on changreroit une
des conditions des pVlfus essentielles,&
faire par là une playe
mortelleàla Compagnie?
Ilest vray que des familles
se trouveront quelquefois surchargées
d'un sujet que la
Compagnie aura congedié.
Mils quelest le plusjuste,ou
qu'unefamille reprenneun fujet
que la nai flTmce luy donne ;
ou que la Compagnie qui ne
a pris qu'a l'esty
,
le gade
sans pouvoir s'en aider? L'avantage
de quelques familles
ooit il l'emporter sur l'interest
pital d'un Corps de Religieux
,tous dévoüez par leurs
emplois au service du public?
Comment la Compagnie
oourroitelle les soûvenir ces - emplois, si elle n'avoir des sujets
éprouvez? Et comment
seroient ils tels, si on luy ôtoit
: moyen de leséprouver? Ne
souvant plus en renvoyer atrés
les premiers voeux ,
sans
.taindre de les voir réduits à la
~endicité,nese verroit-elle
pas comme forcée d'en garde
plusieurs qui ne luy convien
droient point,&peut-estre
même au péril d'en estre des'
honorée au dehors? D'ailleurs,
combien d'enfans de famille
& de bons su jets seroient détournez
d'encrer dans la Compagnie,
par la pensée qu'ils se
trouveroiont un joursansressource,
s'ils venoient à en sortir?
Souffrir des sujets défectueux
, manquerd'en recevoir
beaucoup de bons, ce seroit la
suite inévitable du ch angementessentiel
qu'on voudroit
faire à l'Institut de la Compa-
'Â
nie,par la suppressiondel'E-
~t dHenry le Grand. i- : Mais les Jesuites croyent
>YOII tout lieu d'esperer dela
bonté&delajustice duRoy,
»ue s'il y avoit quelque chanixment
à faire à l'Edit
, ce
~roit en leur faveur qu'il deçoit
être fait. Sa Majesté
j'ignore pas que son glorieux.
,yeul ,enrétablissant les Jesuites
en France par son Edit
croit voulu les y remettre sur
la même pied où ils y avoient é ; qu'ilnecroyoit pas qu'ils
Iwflcnt être moins bien traitez
~ns ses Etats, qu'ils l'étoient
danstous les autres Etats
<
monde,&tlvzlesPiotiftî
mêmes ; qu'il étoit rcfolu
ainsi qu'il l'avoir -fait dire ;
Pape de faire dans la fuite
petit à petit ce qu'il n'avo
pas pû fairetout à uncoup)
ce sont ses propres paroles
qu'il accorda même aprés fo
son Edir à des sujets de (
Compagnie quin'avoient p
encore fait leurs demie
voeux, dy recevoir des su
cessions pour en disposerain
qu'ils le jugeroient à propos
'&qu'ifdonna une Declar^noi
surcesujet. Seroit il rien 1
plus naturel,que le Koy vou- fûtconsommer en faveurdes
suites, un ouvrage que son
tglo.ricux Ayeul n'eût pas le
temps de conduireà sa fin,
ainsiqu'ille desiroit ? Et que
ce qu Henry le Grand croyoit
devoir àla Compagnie il y a
plus d'un fictlc, Loüis le Grand
crût pouvoir l'accorderaux
services qu'elle n'a depuis cessé
berendre à1Erat?p
L'esperancequ'auroientles
Jesuites de se voirremis dans
tous les droits que leursConstitutions
leur donnent, pourroit
paroître d'autant mieux
fondée, que le temps & l'experience
en ont levé le plus grand
obstacle, par l'établissement
de diversesCongregations,où
l'on conserve jusqu'à la mort
la joüissance & la propriété de
ses biens. Un tel usage a pû
paroître d'abqrd sujet à desinconveniens
:mais en pourroiton
trouver aujourdhuy à laisser
aux Jesuites pour le temps
que laCompagnie les éprouve,
le droit dont depuis longtems
on voit joüir sans inconvénient
les su jets de plusieurs
Congrégations pendant toute
leurvie>„
Les
Les Je1ùicesjileltvray^onc
[ Religieux dés le moment qlJils
ont fait leurs premiers
voeux:mais ils ne le sont en-
> coreque par les VCCJX simples,
) en fortequ'ils peuvent cesser
) de l'estre : la qualité de Rcligicux
ne sauroit donc préju-
) dicier en rien à leur droit. Le
voeu simple de pauvretéqu'ils
ont fait, ne les a pas dépoüillez
davantage,selon leurs Cons-
; titutions
, que le voeu simple
de pauvreté ne dépouille ceux
qui le font chez Messieurs de la
Mission,chez les Filles de l'Union
Chrétienne; & l'engagement
des voeux simples n'est
pas plus irrevocable pour un
Jesuite que pour les sujets de
ces Congrégations. En un
mot, l'Eglise qui a déclaré les
premiers voeox des Jesuites
voeux de Religion a déclaré
aussi quecesvoeux ne les dépoüillent
point de la propriété
de leurs biens. On ne peut
donc pas conclure de ce que
les Je suites font Religieux par
les voe.¿x simples
,
qu'ils sont
aussi incapables de rien posseder.
L'institution des voeux
CLnr de Droit Ecclesiastique
,
il n'appartient quaiEglise,&
d'en établir la forme
,
& d'en
interpreter les obligations.
-
Il seroit même du repos puolic
que les Jesuites reprissent
en France leurs droits, ainsi
JJJU'IISenjoiiiflent par tout ailleurs.
Conservant alors jufigu'à
leurs derniers voeux la
joüissance de leurs bienslors-
Jou'lls seroient congediez par
a Compagnie, ils n'éprouveoient
pas les difficultez qu'ils
prouvent aujourd'huy pour
"en remettreen possession. Et
iVeft-làla vraïe source du trou-
~ole des familles. La longue
joüissance d'un bien fait qu'on
s'accoûtume à le regarder con
me propre:&accoutumé qu
on est à le regarder comm
propre, on ne peut plus seré
foudre à le rendre. Delà le
violences, les contestation
qu'ont eu à essuyer depuis l'
dit, les Jesuites que la Com
pagnie a congédiez. Ce n'es
donc pas véritablement 1
droit des Jesuites qui troubl
les familles,c'est la restrictio
de leur droit, qui fouve
a troublées par l'avidité de
coheritiers à laquellecette~res
triction a donné lieu. Juftc
raisons pour lesJesuitesde Tou
haitter & d'esperer mesme
d'estre remis par le Roy dans
tous leurs droits. Ce seroit une
grande joye pour eux de revoir
sur ce point, comme sur
tout le reste
,
l'uniformité de
laCompagnieétabliedans tout
le monde.
DE SACY,Avocat.
Fermer
436
p. 160-161
SONNET.
Début :
Poursuivez doux Oyseaux vostre tendre . ramage, [...]
Mots clefs :
Roi, Régent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET.
SONNET.
Pourfa;ve% doux Oyfcaux vostri
tendre ramage
Dans vospaijiblCJ lieux éloignez
du
«
fracas J
Vous riapprehendeT^point defil
neJle
9
- tracas J
TAndis que nous pouvons craindrk
m nouveau *
tapageJ
c<
Xe Roy si redoute des Rois du a Coquillage.
b/luffi cher auxFrançois quauxGrecs
J'étoit Calcas,
¥.n venant desubir de la Parque
le cas,
ourroit bien ranimer ces vendeurs
de fromage.
\CesmornesCitoyens a longchapeait
pOintu)
es turbulents Anglois dont ïefprit
tft têtu, Croiront nous avaller ttinfi qu'une
Allouette;
Wdis nofirefier Regent plus rufé
qu'un Minon,
\t'plus rude au combat qu'en amour
,
n'est Toinon,
nçaura les rencoignerjusques dans
leur couchette.
Pourfa;ve% doux Oyfcaux vostri
tendre ramage
Dans vospaijiblCJ lieux éloignez
du
«
fracas J
Vous riapprehendeT^point defil
neJle
9
- tracas J
TAndis que nous pouvons craindrk
m nouveau *
tapageJ
c<
Xe Roy si redoute des Rois du a Coquillage.
b/luffi cher auxFrançois quauxGrecs
J'étoit Calcas,
¥.n venant desubir de la Parque
le cas,
ourroit bien ranimer ces vendeurs
de fromage.
\CesmornesCitoyens a longchapeait
pOintu)
es turbulents Anglois dont ïefprit
tft têtu, Croiront nous avaller ttinfi qu'une
Allouette;
Wdis nofirefier Regent plus rufé
qu'un Minon,
\t'plus rude au combat qu'en amour
,
n'est Toinon,
nçaura les rencoignerjusques dans
leur couchette.
Fermer
437
p. 192-199
ODE SUR LA PAIX âgée de trois mois, & composée gratis pour le public
Début :
Venez immortelles Déesses, [...]
Mots clefs :
Paix, Terre, Voix, Cieux, Guerre, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE SUR LA PAIX âgée de trois mois, & composée gratis pour le public
ODE SUR LA PAIX
âgée de trois mois,& composée
gratis pour le public
Vene% immortellesDécjjes>
Inspire tous vos favoris,
Etprodigues devos largesses
Repandez-les dans leurs écrits;
Preparc de richesoffrandes,
Ornez vos testes de guirlandes;
Accordez vos lires) vos luts
> Et que les voix Académiques
Forment des concerts magnifiques
Ouaucun bruit ne troublera plus. *Chante^ le plus grand Roy
du mondeè
Et
Et le plusfage des Guerriers,
Joiitfsantd'unePaixprofonde
A l'ombre de millelauriers;
Ne l'offre^ plus dans les batailles,
NIsurles débris des murailles
D'objets affreux environne;
Mais d'un regardcalmant la terre
Et desarmêdeson tonnerre,
DD''oo!lii1vJefenencecejjoouurr couronni. couronne.
Surson front auguflepréfide
La Sagesse entre les vertus ;
Sous lescoups decet autre Lllcide
Tombent les Monstres combattus;
La Discordenoirefurie,
UErreur hydre defang nourrie,
Suivent le Duel enchaÍné ;
Et dans sa pompetriomphale
O.'J voit cctts Troupc infernale
Sous le charde la Paix traîné.
Des droits du Ciel depofitaire
Louis fut ennrmy dufang,
Etpleind'un %ele hereditatre
Soutint les Autelsson rang;
Sa valeurpar les Loix conduite
,A4 ttiirer le
^'aivercduitey r,,,)- c') 'azve;,cduite,
Fut pacifique enses projets;
Et dans le tumulte des armes
Fit du repos gonfler les charmes
A sesvicrtori)eux)sujets.
C4
Quand les ChampsBelgique?
tremblercnt
Sous le'poids de nos Bafaiflons
Lessemences poumon*germerent
Et fEpi dora lesfilions;
Le focforça la terre ingrate
No:, nefs braverent le Pirate;
Le Ma,chanden mainportal'or;
Bacchus pare de sa Couronne,
Et de concert avec Pomonne,
Du champconferva le tbrefor.
Paix charmante;, si dans la
Guerre
On vivoitheureux parmi nous,
De cruels dons doit combler la terre
Ton retour au mondesidoux;
De tes dehees innocentes
Je voy lessources jaillijfantes
Répandre un deluge de biens;
Sois deBellone larivale,
Et queton nouveau Regne égale
j 00 Par d'autresprodigeslesficns.
Telle (juauxyruxdéfigurée
Par lesjrimats des long1Hyvers,
LaNature de fleursparée
Etend par toutsestapis 'Verds;
Et comme laffi du veuvage
Quitte desondiiïille nuage ,
Prend un air charmant 0* nouveauy
Et de ses parures ornée,
Du jour d'unfécond Hymenée
Paraît allumer le flambeau.
:t=r£
Ai.nr:silFaFran-c1e"
Deslongues tempêtes de Aiars
Par la Paix , enfin confoléç
S'offre riante à nos regards ;
Laijjelesvêtemens funebres
Qui l'ont couverte de tenebres,
Reprendsespremieres beautek ;
Et son Astre sortant des ombres
jîpres des jours trisses &Çombres
Répand de nouvelles dartcz.
Que mille&mille voix s'uniDènr,
Et de leurs chants frappent les
airs- ?
Que les murssacrez retentirent
Delouanges& de concerts?
F!;damm?ss,jjmboUs de la joye
,
;)'rnJ¿i.'S e 'l Où Curt lumineux se déploie,
Exhale -touS, montt aux
Cieuxj
Et que lesflèchesenflammées
En Afires dans l'airtransformées
Donnent un beau fpcÛacle aux
yeux.
el,
Puisse-tu pour Louisrenaître
Bergerfameux, qui dans tes vers
Chanta sur laflûte champêtre
La Paixrendue à l'Univers;
De la gloire brniante Reine
Vante le Héros de la Seine
Où le jour s'éteint&renaît;
Laisseles Cesars, les Pompées;
Pour Ipty tes cent voix occupées
Ne diront pas tout ce qu'il efl.
âgée de trois mois,& composée
gratis pour le public
Vene% immortellesDécjjes>
Inspire tous vos favoris,
Etprodigues devos largesses
Repandez-les dans leurs écrits;
Preparc de richesoffrandes,
Ornez vos testes de guirlandes;
Accordez vos lires) vos luts
> Et que les voix Académiques
Forment des concerts magnifiques
Ouaucun bruit ne troublera plus. *Chante^ le plus grand Roy
du mondeè
Et
Et le plusfage des Guerriers,
Joiitfsantd'unePaixprofonde
A l'ombre de millelauriers;
Ne l'offre^ plus dans les batailles,
NIsurles débris des murailles
D'objets affreux environne;
Mais d'un regardcalmant la terre
Et desarmêdeson tonnerre,
DD''oo!lii1vJefenencecejjoouurr couronni. couronne.
Surson front auguflepréfide
La Sagesse entre les vertus ;
Sous lescoups decet autre Lllcide
Tombent les Monstres combattus;
La Discordenoirefurie,
UErreur hydre defang nourrie,
Suivent le Duel enchaÍné ;
Et dans sa pompetriomphale
O.'J voit cctts Troupc infernale
Sous le charde la Paix traîné.
Des droits du Ciel depofitaire
Louis fut ennrmy dufang,
Etpleind'un %ele hereditatre
Soutint les Autelsson rang;
Sa valeurpar les Loix conduite
,A4 ttiirer le
^'aivercduitey r,,,)- c') 'azve;,cduite,
Fut pacifique enses projets;
Et dans le tumulte des armes
Fit du repos gonfler les charmes
A sesvicrtori)eux)sujets.
C4
Quand les ChampsBelgique?
tremblercnt
Sous le'poids de nos Bafaiflons
Lessemences poumon*germerent
Et fEpi dora lesfilions;
Le focforça la terre ingrate
No:, nefs braverent le Pirate;
Le Ma,chanden mainportal'or;
Bacchus pare de sa Couronne,
Et de concert avec Pomonne,
Du champconferva le tbrefor.
Paix charmante;, si dans la
Guerre
On vivoitheureux parmi nous,
De cruels dons doit combler la terre
Ton retour au mondesidoux;
De tes dehees innocentes
Je voy lessources jaillijfantes
Répandre un deluge de biens;
Sois deBellone larivale,
Et queton nouveau Regne égale
j 00 Par d'autresprodigeslesficns.
Telle (juauxyruxdéfigurée
Par lesjrimats des long1Hyvers,
LaNature de fleursparée
Etend par toutsestapis 'Verds;
Et comme laffi du veuvage
Quitte desondiiïille nuage ,
Prend un air charmant 0* nouveauy
Et de ses parures ornée,
Du jour d'unfécond Hymenée
Paraît allumer le flambeau.
:t=r£
Ai.nr:silFaFran-c1e"
Deslongues tempêtes de Aiars
Par la Paix , enfin confoléç
S'offre riante à nos regards ;
Laijjelesvêtemens funebres
Qui l'ont couverte de tenebres,
Reprendsespremieres beautek ;
Et son Astre sortant des ombres
jîpres des jours trisses &Çombres
Répand de nouvelles dartcz.
Que mille&mille voix s'uniDènr,
Et de leurs chants frappent les
airs- ?
Que les murssacrez retentirent
Delouanges& de concerts?
F!;damm?ss,jjmboUs de la joye
,
;)'rnJ¿i.'S e 'l Où Curt lumineux se déploie,
Exhale -touS, montt aux
Cieuxj
Et que lesflèchesenflammées
En Afires dans l'airtransformées
Donnent un beau fpcÛacle aux
yeux.
el,
Puisse-tu pour Louisrenaître
Bergerfameux, qui dans tes vers
Chanta sur laflûte champêtre
La Paixrendue à l'Univers;
De la gloire brniante Reine
Vante le Héros de la Seine
Où le jour s'éteint&renaît;
Laisseles Cesars, les Pompées;
Pour Ipty tes cent voix occupées
Ne diront pas tout ce qu'il efl.
Fermer
438
p. 237-257
Morts. [titre d'après la table]
Début :
Messire Claude de Longüeil President à Mortier du Parlement, Marquis [...]
Mots clefs :
Président, Parlement, Seigneur, Chevalier, Gouverneur, Ambassadeur, Normandie, Empereur, Gouverneur, Femme, Frère, Roi, Conseiller
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
MessireClaudede Longueil
President à Mortier du Parlemené,
Marquis de Maisons
& de Poissy
,
&c. mourut à
Paris le 22..d'Aoustâgé de
47, ans. ,.
ilLa Maison de Longueil
est trèsancienne. La Terre de
Longueil est située en Normandieprés
de Dieppe.
Le I.decette Maison dont
les Historiens fassent mention
est Adam Sire de Longiivil
Chevalier Banneret qui accompagna
Guillaume le Conquêrant
Duc de Normandie
en saconqueste d'Angleterre
l'an 1066. (V.du PontHist.
des Princes Normands p. 1 5 1.
du Moulin histoire de Normandie
p. 188. A. du Chesne
p il6. Blanchart55.&c.
- Ileût pour fils Guillaume I.
Sire de Longüeil qui eût pour
femme Berthe de Villiers du
Haumer.
Richard I.fils de Guillaume,
Gouverneur de S. Valery
épousa Gervaise de Tournebus.
Richard II. Sire de Longüeil
épousa Blanche de Teville
,
il eûr pour fils Henry L Sire de
Lonoü,ll & de Rumeny qui
épousaMarie de S. Denis.
Adam II.sonfils Seigneur
de Longüeil Gouverneur ds
Lisieux & Capitaine de la Garde
du Roy Philippes Auguste,
& son Echanson
,
épousa
Marie d'Estouteville.
GuillaumeII. son fils Seigneur
de Logüeil Warengeville,
Offrainville,&c. Capitaine
de 50. Lances,Chambellan
de Charles de France
Roy de Naples & de Sicile ,
fÛC, de sa premiere femme
Christine de Coëtivy Jean I.
& Pierre de LongüeilEvêque
du Mans, Ambassadeur pour
Philippes le Bel, vers Henry
VII. Empereur; & vers le
Pape Jean XXII. il se trouva
au Concile General de Vienne
en 1310. &c. sa seconde
femme fut Briande de Saulx.
Jean I. du nom Gouverneurde
Normandie & Commandant
pour le Roy l'hilip.
pe* de Valois&Jeansonfils
Duc
Duc de Normandie, épousa
Peronelle Bourgot.
-
1
- Il cût pour fils Geoffroy
MarcelI. du nom Seigneur
des mêmeslieux Gouverneur
de Pontoise
,
Chevalier de
l'Ordre de l'Etoile
,
Vicomte
d'Auge; il épousa Isabelle
d'Auge: il fut tué àla bataille
dePoitiers en1356.avecdeux
de ses fils.
,
Guillaume III. son fils, Chevalier
Seigneur des mêmes
lieux,Gouverneur de Caën &
de Dieppe,tué avec son frere
& son fils aîné en la bataille
d'Azincourt. Il épousaen premieres
nôces Gillette Lalleman
de Cherville
,
dont il eût Jean
II. Ilépousaen secondes nôces
Catherine de Bourquenoble,
dont il ciu Richard Olivier
Cardinal du Titre de S. Eusebe
,
Premier Président de la
Chambre des Comptes
,
Ministre
d'Etat fous le RoisCharlesVII.&
LoüisXI.Evêquede
Coutances, &c. Député par le
Pape Calixte III. pour revoir
le Procés de la Pucelle d'Orleans.
Il eO: enterré dansla Basilique
de S. Pierre de Rome où
l'on voir encore son Epiraphe
& les Armes de sa Maison.Ses
Armessontaussi à la Statuë de
S. Pierre de Rome que ce Cardinal
fit faire de bronze.
Jean II. étoit Ecclesiastique
& Conseiller du Parlement,
lorsque son pere & ses freres
furent tuez à la bataille d'Azincourt;
il quittal'état Ecclesiastique
&épousa Jeanne de
Bouju: il fut fait Président à
Mortier duParlementen1418.
il est enterré avec sa femme
dans leurChapelle des Cordeliers
: c' est le premier qui ait
possedé le Marquisat de Maisons.
JeanIII.son fils,Chevalier
Sire de Longuëil, Marquis de
Maisons, &c. l'un desquatre
Maistres deRequestes de rHô'.
tel, Lieutenant CIvIl, Prtfïdent
aux Reqúcns du Palais,
Ambassadeur à Rome& à Venise,
épousa Marie de Morvilliers,
fille de Philippes de Morvilliers,
Premier Président du
Parlement,& soeur de Pierre,
Chancelier de France.Il eftqft
frere de Pierre de Longuëil,
Evêque d'Auxerre, Grand-
Maître de la Chapelle du Duc
de Bourgogne,vulgairement
appellé le bon Evêque,& Conseiller
du Parlement.
Jean de Longuëil IV. du
nom ,
Seigneur de Maisons,
&c. Conseiller au Parlement,
Ambassadeur en Angleterre,
épousa Marie de Marie, fille
d'Arnoul de Marie, Président
à Mortier duParlement.Il étoit
frere d'Antoine de Longuëil,
Evêque de Leon en Bretagne,
Chancelier&GrandAumônier
de la Reine Anne de Bretagne,
femme de Charles VIII & de
Loüis XII. Ambassadeur vers
l'Empereur Maximilien pour leDuc de Bretagne ,& puis
Ambassadeur pour le Roy
CharlesVIII. vers le même
Empereur,&ensuiteversFerdinand
V. Roy d'Espagne:il
conclud la Paix avec 1 Empereur
Maximilien, & fut pere
naturel du fameux Christophe
Longuëil qui s'est distingué
dans lesLettres.»*
jean-de Longuëil V. du
nom,Chevalier Seigneur de
Maisons, de Sevre, &c. Conseiller
du Parlement,épousa
Marie Clutin de Villeparisis :
il eût un frere
,
tige des fleurs
des Chenets, &c.
:
Jean de Longuëil VI.du
nom, &c. Conseiller au Parler
ment, Président aux Enquêtes,&
Conseiller d'Etat fous
H.^niy II.épousa Marie de
Dormans
,
fille de Guillaume
Premier Président au Par lement
de Bourgogne:il estoit
frere de Pierre de Longuëil,
Chevaliede l'Ordre deS.Jean
de Jerusalem
,
Grand Prieur de Champagne.
Il eût aussi pour frcre Jacques
de Longuëil
,
Chevalier
Seigneur de Sevre, Chevalier
de l'Ordre de S. Michel,Maître
d'Hostelordinaire du Roy,
lequel a fait la Branche des
Longuëil de Sevre, dont il y a
encore aujourd'huy MffitCMacé
de Longuëll, Chevalier 1
Seigneur de Sevre, &Messire
Nicolas, qui ont servi jusqu'à
la Paix de Riswick, ils n'ont
point d'enfans.
Jean de Longuëil VII. &c.
Conseiller au Parlement,épousa
Marche le Maître, fillede
Gilles, Premier Président du
Parlement de Paris.
Jean de Longuëil VIII. du
nom, Maître desComptes,
ensuiteConseiller d'Etat,épousa
Magdelaine l' Huilliet de
Boulencout, dont est issu
René de Longuëil I. du
nom,Marquis de Maisons,
Premier Président de la Cour
des Aides, Président à Mortier
du Parlement, Ministre d'Etat,
Sur-Intendant des Finances,
Gouverneur des Villes & Châteaux
d'Evreux
,
S. Germain
en Laye, & Verfailles, Capitainedes
Chasses desdits lieux.
Ilépousa MagdelaineBoulene
de Crevecoeur Damede Grisolles,
de laquelle ilaeu
Jean de Longuëil X. du
nom ,
MarquisdeMaisons,
Maistre des Requestes,PtefidentàMortierdu
Parlement,
Chancelier de la Reine Anne
,d'Auui<:hc
, Gouverneur des
Villes&Châteaux de S. Germain
en Laye,& Versailles : il
épousaLoüise de Fieubet, de
laquelle il a eu J:an de Longuël
XI. du nom, Marquis de
Poissy, Conseiller au Parlement,
mort sans posterité
,
&
ClaudedeLongueil, Murquis
de Maisons & dePoissy,
&c Président à Mortier,qui
avoit épouséD^moifclIcCharlote
Rocque de Varengeville.
Dontest iflj J.1n René de
Longueil ,Marquis de Maisons
& de Poissy ne le 14 de
Juillet 1699.aqui le Roya
accordé l'agrément de la ChargedePrésidentà
Mortier.
Messire Philippes d'Or-
-
leans
,
Marquis de Rothelin
,
mourut de la petite verole le
- 25Aoust âgé de 37. ans sans
estremarié,laisant pour ses
héritiers Meisseurs les Chevalier&
Abbé de Rochelin, ses
freres, le grand nom qu'il por
toit m'exempte d'entrer dans
aucun détail, généalogique sur
sonchapitre.
<
,
Dame Catherine. Pasquier
femme de Messire Henry de
Salis Comte de Labatut, mourut
le2.7. Aoust
,
elle étoit
1
fille de François Pasquier Seigneur
de BjIÎv Maîci ed'Hôtel
ordinaire du Roy; & de MargueriteHebert
duBuc, & petite
fîilc de Guy Pasquier Seigneur
de Bussy Auditeur des
Comptes & de Marie Roüillé.
Dame Catherine
-
Anne
Malon de Bercy veuve de
Messire André Potier Seigneur
de Novion Maître des Requêtes
& President au Parlement
en survivance
, mourut le premier
de ce mois )iujnc entr'autres
enfansMessire André
Potier de Novion aujourd'huy
PrésidentauPar lement.
Feu M. de Novion étoit fis de
MissireNicolas Potier Seigneur
de Novion Premier
Pi"si dent du Parlement,Secretaire
Greffier& Commandeur
de* Ordres du Roy, mortle
premier Septembre1693 &
petit fils d'André Potier ScigneurdeNovion
Présidentà
Mortier au Parlement
,
sorti
>d'une: des plus anciennes&des
plusillustres familles de Paris,
xlc laquelle M. le President de
Novion est chef, & M.le Duc
de Gesvres cadet,voyez-en la
w;-cnealogie dans l'Histoire des
des Présidens au Mortier
ci-dessus citée.
-
Feuë Madame de Novion
qui donne lieu à cet article
étoittante de M. de Bercy Intendant
desFinances,gendrede
M. DesmaretzContrôlleurGe
neral des Finances & Ministre
d'Etat, elleétoitfille d'Henry-
Charles Malon Seigneur de
Bercy Maître des Requestre &
Président au Grand Conseil
&petite fille deCharles Ma
lon Seigneur do Bercyaussi
Maître des Rêquestes & Presl
dent au Grand Conseil, (ail
d'une ancienne famille alkifl
aux plus illustres de la Rûhû
Messire Henry-Charles
Feydeau, President de la troisiéme
Chambre des Enquestes
du Par lement, mourut le 6.
de ce mois,en sa 36e.année.
Il étoit fils de Messire Henry
Feydeau Seigneur de Calendc,
President de la Quatrième des
Enquestes;&de Dame Marie
Fraguier; & petit fils de Charles
Feydeau Seigneur de Calende,
Maistre des Comptes à
Paris. La famille de Feydeau est
une des plus étendues & des
mieux alliées de la Robe.
Dame Marie Loüise de la
Chaussée d'Eu, Dame d'Atour
de Madame la Duchesse de
ij.,
Berry .rcmme de Messire René
François de LA VJCUVIIIC
Marquis de la Vieuville,Chevalier
d'honneur de la feuë
Reine
,
& Gouverneur de
Poitou,mourut le 10. de ce
mois; elle forroit d'un Maison
de Picardie, également
distinguée par son ancienneté
& par ses alliances. Pour celle
de la Vieuville
, comme je
vous en ay déja parlé dans
plusieurs de mes Journaux
trouvez bon que je vous y
renvoye ,
si mieux n'aimez
voir l'Histoire des Grands
Officiers de la Couronne au
Chapitre
Cha pitre des Maréchaux de
France
,
&c.-
N. Girardon Sculpteur
ordinaire du Roy ,Chancelier
& Recteur de l'Académie
Roy le de Peinture & de Sculpture,
mourut le ~i.de ce mois
en réputation d'un des plus
hsabsileis
President à Mortier du Parlemené,
Marquis de Maisons
& de Poissy
,
&c. mourut à
Paris le 22..d'Aoustâgé de
47, ans. ,.
ilLa Maison de Longueil
est trèsancienne. La Terre de
Longueil est située en Normandieprés
de Dieppe.
Le I.decette Maison dont
les Historiens fassent mention
est Adam Sire de Longiivil
Chevalier Banneret qui accompagna
Guillaume le Conquêrant
Duc de Normandie
en saconqueste d'Angleterre
l'an 1066. (V.du PontHist.
des Princes Normands p. 1 5 1.
du Moulin histoire de Normandie
p. 188. A. du Chesne
p il6. Blanchart55.&c.
- Ileût pour fils Guillaume I.
Sire de Longüeil qui eût pour
femme Berthe de Villiers du
Haumer.
Richard I.fils de Guillaume,
Gouverneur de S. Valery
épousa Gervaise de Tournebus.
Richard II. Sire de Longüeil
épousa Blanche de Teville
,
il eûr pour fils Henry L Sire de
Lonoü,ll & de Rumeny qui
épousaMarie de S. Denis.
Adam II.sonfils Seigneur
de Longüeil Gouverneur ds
Lisieux & Capitaine de la Garde
du Roy Philippes Auguste,
& son Echanson
,
épousa
Marie d'Estouteville.
GuillaumeII. son fils Seigneur
de Logüeil Warengeville,
Offrainville,&c. Capitaine
de 50. Lances,Chambellan
de Charles de France
Roy de Naples & de Sicile ,
fÛC, de sa premiere femme
Christine de Coëtivy Jean I.
& Pierre de LongüeilEvêque
du Mans, Ambassadeur pour
Philippes le Bel, vers Henry
VII. Empereur; & vers le
Pape Jean XXII. il se trouva
au Concile General de Vienne
en 1310. &c. sa seconde
femme fut Briande de Saulx.
Jean I. du nom Gouverneurde
Normandie & Commandant
pour le Roy l'hilip.
pe* de Valois&Jeansonfils
Duc
Duc de Normandie, épousa
Peronelle Bourgot.
-
1
- Il cût pour fils Geoffroy
MarcelI. du nom Seigneur
des mêmeslieux Gouverneur
de Pontoise
,
Chevalier de
l'Ordre de l'Etoile
,
Vicomte
d'Auge; il épousa Isabelle
d'Auge: il fut tué àla bataille
dePoitiers en1356.avecdeux
de ses fils.
,
Guillaume III. son fils, Chevalier
Seigneur des mêmes
lieux,Gouverneur de Caën &
de Dieppe,tué avec son frere
& son fils aîné en la bataille
d'Azincourt. Il épousaen premieres
nôces Gillette Lalleman
de Cherville
,
dont il eût Jean
II. Ilépousaen secondes nôces
Catherine de Bourquenoble,
dont il ciu Richard Olivier
Cardinal du Titre de S. Eusebe
,
Premier Président de la
Chambre des Comptes
,
Ministre
d'Etat fous le RoisCharlesVII.&
LoüisXI.Evêquede
Coutances, &c. Député par le
Pape Calixte III. pour revoir
le Procés de la Pucelle d'Orleans.
Il eO: enterré dansla Basilique
de S. Pierre de Rome où
l'on voir encore son Epiraphe
& les Armes de sa Maison.Ses
Armessontaussi à la Statuë de
S. Pierre de Rome que ce Cardinal
fit faire de bronze.
Jean II. étoit Ecclesiastique
& Conseiller du Parlement,
lorsque son pere & ses freres
furent tuez à la bataille d'Azincourt;
il quittal'état Ecclesiastique
&épousa Jeanne de
Bouju: il fut fait Président à
Mortier duParlementen1418.
il est enterré avec sa femme
dans leurChapelle des Cordeliers
: c' est le premier qui ait
possedé le Marquisat de Maisons.
JeanIII.son fils,Chevalier
Sire de Longuëil, Marquis de
Maisons, &c. l'un desquatre
Maistres deRequestes de rHô'.
tel, Lieutenant CIvIl, Prtfïdent
aux Reqúcns du Palais,
Ambassadeur à Rome& à Venise,
épousa Marie de Morvilliers,
fille de Philippes de Morvilliers,
Premier Président du
Parlement,& soeur de Pierre,
Chancelier de France.Il eftqft
frere de Pierre de Longuëil,
Evêque d'Auxerre, Grand-
Maître de la Chapelle du Duc
de Bourgogne,vulgairement
appellé le bon Evêque,& Conseiller
du Parlement.
Jean de Longuëil IV. du
nom ,
Seigneur de Maisons,
&c. Conseiller au Parlement,
Ambassadeur en Angleterre,
épousa Marie de Marie, fille
d'Arnoul de Marie, Président
à Mortier duParlement.Il étoit
frere d'Antoine de Longuëil,
Evêque de Leon en Bretagne,
Chancelier&GrandAumônier
de la Reine Anne de Bretagne,
femme de Charles VIII & de
Loüis XII. Ambassadeur vers
l'Empereur Maximilien pour leDuc de Bretagne ,& puis
Ambassadeur pour le Roy
CharlesVIII. vers le même
Empereur,&ensuiteversFerdinand
V. Roy d'Espagne:il
conclud la Paix avec 1 Empereur
Maximilien, & fut pere
naturel du fameux Christophe
Longuëil qui s'est distingué
dans lesLettres.»*
jean-de Longuëil V. du
nom,Chevalier Seigneur de
Maisons, de Sevre, &c. Conseiller
du Parlement,épousa
Marie Clutin de Villeparisis :
il eût un frere
,
tige des fleurs
des Chenets, &c.
:
Jean de Longuëil VI.du
nom, &c. Conseiller au Parler
ment, Président aux Enquêtes,&
Conseiller d'Etat fous
H.^niy II.épousa Marie de
Dormans
,
fille de Guillaume
Premier Président au Par lement
de Bourgogne:il estoit
frere de Pierre de Longuëil,
Chevaliede l'Ordre deS.Jean
de Jerusalem
,
Grand Prieur de Champagne.
Il eût aussi pour frcre Jacques
de Longuëil
,
Chevalier
Seigneur de Sevre, Chevalier
de l'Ordre de S. Michel,Maître
d'Hostelordinaire du Roy,
lequel a fait la Branche des
Longuëil de Sevre, dont il y a
encore aujourd'huy MffitCMacé
de Longuëll, Chevalier 1
Seigneur de Sevre, &Messire
Nicolas, qui ont servi jusqu'à
la Paix de Riswick, ils n'ont
point d'enfans.
Jean de Longuëil VII. &c.
Conseiller au Parlement,épousa
Marche le Maître, fillede
Gilles, Premier Président du
Parlement de Paris.
Jean de Longuëil VIII. du
nom, Maître desComptes,
ensuiteConseiller d'Etat,épousa
Magdelaine l' Huilliet de
Boulencout, dont est issu
René de Longuëil I. du
nom,Marquis de Maisons,
Premier Président de la Cour
des Aides, Président à Mortier
du Parlement, Ministre d'Etat,
Sur-Intendant des Finances,
Gouverneur des Villes & Châteaux
d'Evreux
,
S. Germain
en Laye, & Verfailles, Capitainedes
Chasses desdits lieux.
Ilépousa MagdelaineBoulene
de Crevecoeur Damede Grisolles,
de laquelle ilaeu
Jean de Longuëil X. du
nom ,
MarquisdeMaisons,
Maistre des Requestes,PtefidentàMortierdu
Parlement,
Chancelier de la Reine Anne
,d'Auui<:hc
, Gouverneur des
Villes&Châteaux de S. Germain
en Laye,& Versailles : il
épousaLoüise de Fieubet, de
laquelle il a eu J:an de Longuël
XI. du nom, Marquis de
Poissy, Conseiller au Parlement,
mort sans posterité
,
&
ClaudedeLongueil, Murquis
de Maisons & dePoissy,
&c Président à Mortier,qui
avoit épouséD^moifclIcCharlote
Rocque de Varengeville.
Dontest iflj J.1n René de
Longueil ,Marquis de Maisons
& de Poissy ne le 14 de
Juillet 1699.aqui le Roya
accordé l'agrément de la ChargedePrésidentà
Mortier.
Messire Philippes d'Or-
-
leans
,
Marquis de Rothelin
,
mourut de la petite verole le
- 25Aoust âgé de 37. ans sans
estremarié,laisant pour ses
héritiers Meisseurs les Chevalier&
Abbé de Rochelin, ses
freres, le grand nom qu'il por
toit m'exempte d'entrer dans
aucun détail, généalogique sur
sonchapitre.
<
,
Dame Catherine. Pasquier
femme de Messire Henry de
Salis Comte de Labatut, mourut
le2.7. Aoust
,
elle étoit
1
fille de François Pasquier Seigneur
de BjIÎv Maîci ed'Hôtel
ordinaire du Roy; & de MargueriteHebert
duBuc, & petite
fîilc de Guy Pasquier Seigneur
de Bussy Auditeur des
Comptes & de Marie Roüillé.
Dame Catherine
-
Anne
Malon de Bercy veuve de
Messire André Potier Seigneur
de Novion Maître des Requêtes
& President au Parlement
en survivance
, mourut le premier
de ce mois )iujnc entr'autres
enfansMessire André
Potier de Novion aujourd'huy
PrésidentauPar lement.
Feu M. de Novion étoit fis de
MissireNicolas Potier Seigneur
de Novion Premier
Pi"si dent du Parlement,Secretaire
Greffier& Commandeur
de* Ordres du Roy, mortle
premier Septembre1693 &
petit fils d'André Potier ScigneurdeNovion
Présidentà
Mortier au Parlement
,
sorti
>d'une: des plus anciennes&des
plusillustres familles de Paris,
xlc laquelle M. le President de
Novion est chef, & M.le Duc
de Gesvres cadet,voyez-en la
w;-cnealogie dans l'Histoire des
des Présidens au Mortier
ci-dessus citée.
-
Feuë Madame de Novion
qui donne lieu à cet article
étoittante de M. de Bercy Intendant
desFinances,gendrede
M. DesmaretzContrôlleurGe
neral des Finances & Ministre
d'Etat, elleétoitfille d'Henry-
Charles Malon Seigneur de
Bercy Maître des Requestre &
Président au Grand Conseil
&petite fille deCharles Ma
lon Seigneur do Bercyaussi
Maître des Rêquestes & Presl
dent au Grand Conseil, (ail
d'une ancienne famille alkifl
aux plus illustres de la Rûhû
Messire Henry-Charles
Feydeau, President de la troisiéme
Chambre des Enquestes
du Par lement, mourut le 6.
de ce mois,en sa 36e.année.
Il étoit fils de Messire Henry
Feydeau Seigneur de Calendc,
President de la Quatrième des
Enquestes;&de Dame Marie
Fraguier; & petit fils de Charles
Feydeau Seigneur de Calende,
Maistre des Comptes à
Paris. La famille de Feydeau est
une des plus étendues & des
mieux alliées de la Robe.
Dame Marie Loüise de la
Chaussée d'Eu, Dame d'Atour
de Madame la Duchesse de
ij.,
Berry .rcmme de Messire René
François de LA VJCUVIIIC
Marquis de la Vieuville,Chevalier
d'honneur de la feuë
Reine
,
& Gouverneur de
Poitou,mourut le 10. de ce
mois; elle forroit d'un Maison
de Picardie, également
distinguée par son ancienneté
& par ses alliances. Pour celle
de la Vieuville
, comme je
vous en ay déja parlé dans
plusieurs de mes Journaux
trouvez bon que je vous y
renvoye ,
si mieux n'aimez
voir l'Histoire des Grands
Officiers de la Couronne au
Chapitre
Cha pitre des Maréchaux de
France
,
&c.-
N. Girardon Sculpteur
ordinaire du Roy ,Chancelier
& Recteur de l'Académie
Roy le de Peinture & de Sculpture,
mourut le ~i.de ce mois
en réputation d'un des plus
hsabsileis
Fermer
439
p. 274-295
Nouvelles de Paris. [titre d'après la table]
Début :
Les grands évenements sont ordinairement suivis ou precedez [...]
Mots clefs :
Roi, Royaume, Parlement, Duc, Sa Majesté, Deuil, Duc d'Orléans, Régent, Cardinal, Baron, Officiers, Gardes du corps, Mort, Louis XIV, Louis XV
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Paris. [titre d'après la table]
Les grands événements sont
ordinairement suivis ou précédez
de quelques desordres.
Laconfusion qui fl otte les ef
- prits inquiets, & l'espoir de
l'impunité semblentalors autoriser
lalicence.
Il ne pouvoir pas en effet
arriver de plus grand évenement
en France, que celuy de
la mort du Roy Louis XIVv
mais pendant les cinq jour que.
le bruit de sa mort a couru,&
après qu'il a eu les yeux fermez,
les sages précautions du
Prince que le Ciel nous destinon
pour Regent, & la vigilance
& les foins des Ministres
qu'il a honoré de ses ordres ,
ont entretenu cette grande
(,
Ville &tout le Royaume dans
une tranquillitéaussi parfaite,
que s'il nyfut rien arrivé d'extraordinaire.
Tous les yeux à l'instant se
sont ouverts pour admirer la
conduite de nostre Regent,
* JL'JLiyijrvjc. qui peu de moments après la
mort du Roy arrivée le premier
de ce mois, fut rendre ses
refpeéts àMonfeigneur leDauphin,
maintenant le RoyLoüis,
XV. Il luy presentaenmême
temps les Princes & les Seigneurs
qui se trouverent alors
a Ver sailles.
Le lendemain il vint en
cette Ville, où il prit possession
de sa qualité de Regent deuë à
Ion rang,& à sa naissance,
dans la grande Chambre du
Palais,où pour cet effets'étoientaffemb!
cz le Parlement,
les Pairs du Royaume,les Marêchaux
de France,& les Gouverneurs
& Lieutenants Généraux
desProvinces, chacun
dans les rangs qui convenoienc
à leurs dignitez.
Cette ceremonie finie, le
peuple qui setrouva dans les
Places, sur le Pont Neuf
, &
dans les ruës par où passa Son
: Altesse Royale Monseigneur
le Duc d'Orleans,jetta mille
cris de joye & de benediction
de se voir un si digne Successeur
à l'autorité du grand Roy
qu'il venoit de perdre.Sa generosité
réponditsur le champ
à ces acclamations. ic; »
L'a près dîneilretourna au
Parlement,0111!piopofa avec
zeleles destins pour procurer
le payement aû des Troupes
,
le soulagement des peuples,&
enmême tems le projet
qu'il avoit formé de changer
la face du Gouvernement
qui luy paroissoit onereuse à
l'Etat, avec les intentions qu'il
avoit de contribuer de tout
son pouvoir, à la seureté,à
l'avantage, & à la tranquillité
du Royaume.
Le 4 de cemoisleClergé, le
Parlement
,
la Chambre des
Comptes&lesautres Compagnies
turent tendre leurs tcljie&
s au nouveauRoy.
Le 7. onenreg stra au Par-
,
lement uneDeclarationdu
Roy,parlaquelle de l'avisde
MMooniiffcciigo,nnccuurt le DDuucc-. dd''OOrr-.
leans, de Monsieur le Duc &
autres grands Personnages du
Royaume, Sa Majesté a prorogélesSéances
du Parlement
jusqu'au ii. de ce mois pour
le jugement de toutes les affaircs
particulieres,&, jurqu'au.
Octobre pour toutes les affailes
publiques & generales qui
pourront y estre portées par
sesordres. --
Lep.le Roy parut de Verfailles
accompagnéde Monsei
gneur le Ducd'Orléans; de
Monsieur le Duc, de Monsieur
le Duc du Maine & de Monsieurle
Comte de ':T-ouloùfc',
pour aller faire sonséjourau
Château de Vincennes.
»
3Lefoirdu même jour le
Corpsdu Roy fut porté à S.
Denis. Le Corps fut levé par
le Cardinal deRohan Grand
AumosnierdeFrance,en presence
de Monsieur le Duc,
Grand Maistre de la Maison
du;Roy.> & porté par les Gardes
de la CompagnieEscossoise
sur
sur un chariot d'armes, couvert
d'un poesle croisé de moire
d'argent, puis on marcha
en cet ordre. Le Capitaine des
Guides de la Maison du Roy,
quelques carosses des principaux
Officiers: celuy du Maî
tre des Ceremonies :celuy du
Grand Maistre des Ceremonies,
les Mousquetairesnoirs,
les Mousqueraires gris, les
Chevaux Legers de la Garde,
lesOfficiers de la Chambre &
de la Garderobe : un Carosse
du Roy, où étoient des Aumôniers
de Sa Majesté
,
son
Confesseur&le Curé de Versailles
:uncarolle du R.dy. ,ou
étoient Monsi ur le Duc, le
Cardinal de Rohan, le Duc
de Threfmes
, premier Gentilhomme
de la Chambre en
service, le Duc de la Tremoille
& leDuc de Mortemar, aussi
premiers Gentilshommesde la
Chambre ,le Duc de la Ra.
chefoucault
,
Grand MnllrCL
de la Garderobe
,
& le Chevalier
de Dampierre
,
premier
Escuyer de Monficur le Duc-.
les Trompettes de la Chambre
,
les Herauts d'armes , le Grand Maistre
,
le M-i-iftrt
& l'Aide des Ceremonies , le
Charlot &quatreAumôniers
àchevalportant les coins du
pofl;,1e Prince Charles de
Lorraine
,
Grand Elcuyer de
France&leDuc de Villeroy,
Capitaine desGardes duCorps
àcheval, les Gardes du Roy&
les Gendarmes. La marche
étoit fermée par le carosse de
Monsieur le Duc & par ceux
du Cardinal de Rohan,&
des Ducs de la Tremoille
,
de
la Rochefoucauld ,de Morttemar&
de Thresme. Le Convoy
arrivant à une demie lieue
de Saint Denis
, y fut joint
par un grand nombre d'Officiers
des sept Officesà pied,par
les Gardes de la Prevosté de
rHoftel,& par lesCent Suisses;
de la Garde,& à quelque distance,
ontrouva les Religieux
de l'Abbaye Royale de S. Denis
, au nombre d'environ six
vingt reveflus de chappes de
velours noir, & precedez par
les Paroisses
,
les Recollets &
les Officiers de Justice de la
Ville. A près les prieres ordinaires
, tous les Ecclesiastiques
precederent processionnellement
le chariot jusqu'à la
porte de l'Abbaye,oùle Cardinal
le presenta au Prieur ,
par un discours touchant, &
éloquent Le Corps fut placé
dansleChoeur de l'Eglise,entouré
de cierges, & les Religieux
commencerent à faire
autour des prieres jour & nuit.
Le lendemain les Religieuxcelebrerent
un Service, auquel
assisterent tous les Officiers qui
avoient accompagnéle Con
voy. '1 , - ,Le 12 le Roy partit de
Vincennes, pour venir au Parlement
tenir son Lit de Justice.
Il étoit precedé des deux Compagnies
de Mousquetaires &
des Chevaux Legers de laGaI
de
, ayant dans lou carosse
M^'siur le Duc d'Orleans,
Ml'f){jeur le Duc, Monsieur
le Duc du Maine
,
Madame
la Duchelle de Vantadour
Gouvernante de la personne
de Sa Mjllé
,
& le Marc*
chIlqc Villeroy. Le carouc:
étoit suivi des Gardes du
Corps & des Gendarmes. A
l'extremité du Fauxbourg
,
les Gardes de la Prevosté &
les Cent Suisses se joignirent
à la marc he i & encet ordre ,
le Duc de Thresmes, Gouverneur
deParis,luypresenta
lePrevost dtsM.u.,baod'qui,
luy si oncomr>i»mtn& à la
tête des Echevins
un genoux
en teireLes ruesestoient bordées
des Régimens des Gardes
Funçoi les& Suiflcs,juC^aju-
Palais. Le Roy entra à la
Sainte Chapelle
,
où il fut
receu & complimenté par
l'Abbé de Champigny
,
Tre-
[orier) a la têtedu Chapitre.
Quitte Presi lents & six Conseillers
,
vinrent recevoir Sa
Majestéàla Sainte Chapelle,
le conduisirent à la Grande
Chambre où il s'assit fous le
~Dis dans son Lit de Justice.
Toutes les séances eûant prises
en la maniere ordinaire,
leRoyditqu'il venoic à son
Parlement pour l'assûrer de
son affection & que son Chancelier
diroit le reste. Ensuite
le Chancelier de France expliqua
le su jet de la venuë du
Roy,après quoy ,
il prononça
l'Arrest, par lequel laRegence
,
pleine & entiere du
Royaume est deferée à Monsieur
le Duc d'Orleans.
Le 16. M.le Baron deSpaar
Ambassadeur Extraordinaire
du Roy de Suéde
, accompagn$
é de M deCronstroom son
Envoyé Ordinaire
,
firent des
compliments
compliments de condoleance
à SaMajesté sur la mort du feu
Roy.
f- ,
Le 17. le Nonce ordinaire
duPape
,
cût audiance du
Roy,conduit par M.le Baron
de Breteüil, quiestoitengrand
manteau de deüil. Le Nonce
futreceu par le Duc de Villeroy
,
Capitaine des Gardes
du Corpsen grand manteau
de deüil
,
à l'entrée de la salle
des Gardes du Corps, qui
étoient sous les armes. Monsieur
le Duc d'Orleans, Regent
du Royaume, les Princes
du Sang&les grands Officiers
quisont auprés du Roy dans
ces forres de Ceremonies,
étoient aussi en manteau de
deüil.
Le Comte de Rivazzo Envoyé
du Duc de Parme, le
Baron Simeoni
,
Envoyé de
l'Electeur de Cologne, le
Comte Bardi
,
Envoyé de
Toscane
,
le sieur du Mont
Envoyé de Holstein Gortorp
,
&le Baron d'Imhoff,Envoyé
de Brunswich
-
Woifenbutel
,
tous en grand manteau de
deüil eurent audianceduRoy.
L'Ambassadeur de Portugal
& l'AmbassadeurdeSicile,
en grand manteau de deüil
, eurentaussiaudiance du Roy,
& firent de pareils complimens
de condoleance à Sa
Majesté.
Le 16. de ce mois,on enregistra
au Par lement une
Déclaration du Roy, qui ordonne
que lorsque des Ordonnances
,
Edits, Declarations,
Lettres Patentes emanèes de
la feule autorité de Sa Majesté
feront adressées au Parlement
, avec des Lettres de
cachet pour les faire enregistrer,
le Parlement avant que
d'y procéder
, pourra representer
à Sa Majesté ce qu'il
jugeraà propos pour le bicn_
,public du Royaume. Sa Majessé
voulant donner cette
marque de sa confiance à la
Cour de Parlement ,à cause
de la fidelité, du zele & de la
soumission
, avec lesquels elle
a toujours servi le Roy son
Bjfyreul
,
sur tout dans urj
tempsou les avis d'une Compagnic
aussi rage qu'éclairée,
pueutv-einltliutyées.trbed'une.g.rande -
Lemêmejour, une autre
Pp:ljiration fut enregistrée
,
FÏ-;Lafléll_e le Roy outre le
Conseil General de Regence,
en établit six autres particuliers
, composez chacun d'un
nombre convenable de Conseillers
& de Secrétaires : ravoir
le Conseil de Conscience,
pour les affairesEcclesiastiques:
leConseil des affaires Estrangeres
:
le Conseil de guerre ,
& de tout ce qui y a rapport:
le Conseil de Finances: le
Conseil de Marine
,
& de
tout ce qui en dépend: le
Conseildes affaires du dedans
du Royaume, qui estoient
cy devant portées au Conseil
des Depesches, sans rieninnover
à l'égard du Conseil Privé,
& sans que les affaires dont la
connoissance appartient aux
Cours & aux Tribunaux du
Royaume
,
puissent estre portées
dans lesditsConseils.
Le18. le Scrutin del'Hostel
de Ville de Paris, sur presenté
au Roy,par M. le Picart
Conseiller au Parlement:
Meilleurs Fayolle &Foucault
Lschevins, nouvellementélus
presterent ferment entrt les
mains de Sa Majesté
, en prefcnce
de Monsieur le Duc
d'Orleans : M. le Prevost des
Marchands & les Eschevins
furent ensuite en Robe de
ceremonie rendre leurs ref- .s, à Son AltesseRoyale,
comme Regent. Le 19ilsont
aussi rendu leurs respects à
Madaçw
,
& à Madame la
Duchesse d'Orléans. •leRoya donné à M.leDuc
d'Albret, la charge de grand
Çhajntx11an de France, vacance
par la demissionqu''en
avoit faite M. LeDuc de Boüllon
son pere.
ordinairement suivis ou précédez
de quelques desordres.
Laconfusion qui fl otte les ef
- prits inquiets, & l'espoir de
l'impunité semblentalors autoriser
lalicence.
Il ne pouvoir pas en effet
arriver de plus grand évenement
en France, que celuy de
la mort du Roy Louis XIVv
mais pendant les cinq jour que.
le bruit de sa mort a couru,&
après qu'il a eu les yeux fermez,
les sages précautions du
Prince que le Ciel nous destinon
pour Regent, & la vigilance
& les foins des Ministres
qu'il a honoré de ses ordres ,
ont entretenu cette grande
(,
Ville &tout le Royaume dans
une tranquillitéaussi parfaite,
que s'il nyfut rien arrivé d'extraordinaire.
Tous les yeux à l'instant se
sont ouverts pour admirer la
conduite de nostre Regent,
* JL'JLiyijrvjc. qui peu de moments après la
mort du Roy arrivée le premier
de ce mois, fut rendre ses
refpeéts àMonfeigneur leDauphin,
maintenant le RoyLoüis,
XV. Il luy presentaenmême
temps les Princes & les Seigneurs
qui se trouverent alors
a Ver sailles.
Le lendemain il vint en
cette Ville, où il prit possession
de sa qualité de Regent deuë à
Ion rang,& à sa naissance,
dans la grande Chambre du
Palais,où pour cet effets'étoientaffemb!
cz le Parlement,
les Pairs du Royaume,les Marêchaux
de France,& les Gouverneurs
& Lieutenants Généraux
desProvinces, chacun
dans les rangs qui convenoienc
à leurs dignitez.
Cette ceremonie finie, le
peuple qui setrouva dans les
Places, sur le Pont Neuf
, &
dans les ruës par où passa Son
: Altesse Royale Monseigneur
le Duc d'Orleans,jetta mille
cris de joye & de benediction
de se voir un si digne Successeur
à l'autorité du grand Roy
qu'il venoit de perdre.Sa generosité
réponditsur le champ
à ces acclamations. ic; »
L'a près dîneilretourna au
Parlement,0111!piopofa avec
zeleles destins pour procurer
le payement aû des Troupes
,
le soulagement des peuples,&
enmême tems le projet
qu'il avoit formé de changer
la face du Gouvernement
qui luy paroissoit onereuse à
l'Etat, avec les intentions qu'il
avoit de contribuer de tout
son pouvoir, à la seureté,à
l'avantage, & à la tranquillité
du Royaume.
Le 4 de cemoisleClergé, le
Parlement
,
la Chambre des
Comptes&lesautres Compagnies
turent tendre leurs tcljie&
s au nouveauRoy.
Le 7. onenreg stra au Par-
,
lement uneDeclarationdu
Roy,parlaquelle de l'avisde
MMooniiffcciigo,nnccuurt le DDuucc-. dd''OOrr-.
leans, de Monsieur le Duc &
autres grands Personnages du
Royaume, Sa Majesté a prorogélesSéances
du Parlement
jusqu'au ii. de ce mois pour
le jugement de toutes les affaircs
particulieres,&, jurqu'au.
Octobre pour toutes les affailes
publiques & generales qui
pourront y estre portées par
sesordres. --
Lep.le Roy parut de Verfailles
accompagnéde Monsei
gneur le Ducd'Orléans; de
Monsieur le Duc, de Monsieur
le Duc du Maine & de Monsieurle
Comte de ':T-ouloùfc',
pour aller faire sonséjourau
Château de Vincennes.
»
3Lefoirdu même jour le
Corpsdu Roy fut porté à S.
Denis. Le Corps fut levé par
le Cardinal deRohan Grand
AumosnierdeFrance,en presence
de Monsieur le Duc,
Grand Maistre de la Maison
du;Roy.> & porté par les Gardes
de la CompagnieEscossoise
sur
sur un chariot d'armes, couvert
d'un poesle croisé de moire
d'argent, puis on marcha
en cet ordre. Le Capitaine des
Guides de la Maison du Roy,
quelques carosses des principaux
Officiers: celuy du Maî
tre des Ceremonies :celuy du
Grand Maistre des Ceremonies,
les Mousquetairesnoirs,
les Mousqueraires gris, les
Chevaux Legers de la Garde,
lesOfficiers de la Chambre &
de la Garderobe : un Carosse
du Roy, où étoient des Aumôniers
de Sa Majesté
,
son
Confesseur&le Curé de Versailles
:uncarolle du R.dy. ,ou
étoient Monsi ur le Duc, le
Cardinal de Rohan, le Duc
de Threfmes
, premier Gentilhomme
de la Chambre en
service, le Duc de la Tremoille
& leDuc de Mortemar, aussi
premiers Gentilshommesde la
Chambre ,le Duc de la Ra.
chefoucault
,
Grand MnllrCL
de la Garderobe
,
& le Chevalier
de Dampierre
,
premier
Escuyer de Monficur le Duc-.
les Trompettes de la Chambre
,
les Herauts d'armes , le Grand Maistre
,
le M-i-iftrt
& l'Aide des Ceremonies , le
Charlot &quatreAumôniers
àchevalportant les coins du
pofl;,1e Prince Charles de
Lorraine
,
Grand Elcuyer de
France&leDuc de Villeroy,
Capitaine desGardes duCorps
àcheval, les Gardes du Roy&
les Gendarmes. La marche
étoit fermée par le carosse de
Monsieur le Duc & par ceux
du Cardinal de Rohan,&
des Ducs de la Tremoille
,
de
la Rochefoucauld ,de Morttemar&
de Thresme. Le Convoy
arrivant à une demie lieue
de Saint Denis
, y fut joint
par un grand nombre d'Officiers
des sept Officesà pied,par
les Gardes de la Prevosté de
rHoftel,& par lesCent Suisses;
de la Garde,& à quelque distance,
ontrouva les Religieux
de l'Abbaye Royale de S. Denis
, au nombre d'environ six
vingt reveflus de chappes de
velours noir, & precedez par
les Paroisses
,
les Recollets &
les Officiers de Justice de la
Ville. A près les prieres ordinaires
, tous les Ecclesiastiques
precederent processionnellement
le chariot jusqu'à la
porte de l'Abbaye,oùle Cardinal
le presenta au Prieur ,
par un discours touchant, &
éloquent Le Corps fut placé
dansleChoeur de l'Eglise,entouré
de cierges, & les Religieux
commencerent à faire
autour des prieres jour & nuit.
Le lendemain les Religieuxcelebrerent
un Service, auquel
assisterent tous les Officiers qui
avoient accompagnéle Con
voy. '1 , - ,Le 12 le Roy partit de
Vincennes, pour venir au Parlement
tenir son Lit de Justice.
Il étoit precedé des deux Compagnies
de Mousquetaires &
des Chevaux Legers de laGaI
de
, ayant dans lou carosse
M^'siur le Duc d'Orleans,
Ml'f){jeur le Duc, Monsieur
le Duc du Maine
,
Madame
la Duchelle de Vantadour
Gouvernante de la personne
de Sa Mjllé
,
& le Marc*
chIlqc Villeroy. Le carouc:
étoit suivi des Gardes du
Corps & des Gendarmes. A
l'extremité du Fauxbourg
,
les Gardes de la Prevosté &
les Cent Suisses se joignirent
à la marc he i & encet ordre ,
le Duc de Thresmes, Gouverneur
deParis,luypresenta
lePrevost dtsM.u.,baod'qui,
luy si oncomr>i»mtn& à la
tête des Echevins
un genoux
en teireLes ruesestoient bordées
des Régimens des Gardes
Funçoi les& Suiflcs,juC^aju-
Palais. Le Roy entra à la
Sainte Chapelle
,
où il fut
receu & complimenté par
l'Abbé de Champigny
,
Tre-
[orier) a la têtedu Chapitre.
Quitte Presi lents & six Conseillers
,
vinrent recevoir Sa
Majestéàla Sainte Chapelle,
le conduisirent à la Grande
Chambre où il s'assit fous le
~Dis dans son Lit de Justice.
Toutes les séances eûant prises
en la maniere ordinaire,
leRoyditqu'il venoic à son
Parlement pour l'assûrer de
son affection & que son Chancelier
diroit le reste. Ensuite
le Chancelier de France expliqua
le su jet de la venuë du
Roy,après quoy ,
il prononça
l'Arrest, par lequel laRegence
,
pleine & entiere du
Royaume est deferée à Monsieur
le Duc d'Orleans.
Le 16. M.le Baron deSpaar
Ambassadeur Extraordinaire
du Roy de Suéde
, accompagn$
é de M deCronstroom son
Envoyé Ordinaire
,
firent des
compliments
compliments de condoleance
à SaMajesté sur la mort du feu
Roy.
f- ,
Le 17. le Nonce ordinaire
duPape
,
cût audiance du
Roy,conduit par M.le Baron
de Breteüil, quiestoitengrand
manteau de deüil. Le Nonce
futreceu par le Duc de Villeroy
,
Capitaine des Gardes
du Corpsen grand manteau
de deüil
,
à l'entrée de la salle
des Gardes du Corps, qui
étoient sous les armes. Monsieur
le Duc d'Orleans, Regent
du Royaume, les Princes
du Sang&les grands Officiers
quisont auprés du Roy dans
ces forres de Ceremonies,
étoient aussi en manteau de
deüil.
Le Comte de Rivazzo Envoyé
du Duc de Parme, le
Baron Simeoni
,
Envoyé de
l'Electeur de Cologne, le
Comte Bardi
,
Envoyé de
Toscane
,
le sieur du Mont
Envoyé de Holstein Gortorp
,
&le Baron d'Imhoff,Envoyé
de Brunswich
-
Woifenbutel
,
tous en grand manteau de
deüil eurent audianceduRoy.
L'Ambassadeur de Portugal
& l'AmbassadeurdeSicile,
en grand manteau de deüil
, eurentaussiaudiance du Roy,
& firent de pareils complimens
de condoleance à Sa
Majesté.
Le 16. de ce mois,on enregistra
au Par lement une
Déclaration du Roy, qui ordonne
que lorsque des Ordonnances
,
Edits, Declarations,
Lettres Patentes emanèes de
la feule autorité de Sa Majesté
feront adressées au Parlement
, avec des Lettres de
cachet pour les faire enregistrer,
le Parlement avant que
d'y procéder
, pourra representer
à Sa Majesté ce qu'il
jugeraà propos pour le bicn_
,public du Royaume. Sa Majessé
voulant donner cette
marque de sa confiance à la
Cour de Parlement ,à cause
de la fidelité, du zele & de la
soumission
, avec lesquels elle
a toujours servi le Roy son
Bjfyreul
,
sur tout dans urj
tempsou les avis d'une Compagnic
aussi rage qu'éclairée,
pueutv-einltliutyées.trbed'une.g.rande -
Lemêmejour, une autre
Pp:ljiration fut enregistrée
,
FÏ-;Lafléll_e le Roy outre le
Conseil General de Regence,
en établit six autres particuliers
, composez chacun d'un
nombre convenable de Conseillers
& de Secrétaires : ravoir
le Conseil de Conscience,
pour les affairesEcclesiastiques:
leConseil des affaires Estrangeres
:
le Conseil de guerre ,
& de tout ce qui y a rapport:
le Conseil de Finances: le
Conseil de Marine
,
& de
tout ce qui en dépend: le
Conseildes affaires du dedans
du Royaume, qui estoient
cy devant portées au Conseil
des Depesches, sans rieninnover
à l'égard du Conseil Privé,
& sans que les affaires dont la
connoissance appartient aux
Cours & aux Tribunaux du
Royaume
,
puissent estre portées
dans lesditsConseils.
Le18. le Scrutin del'Hostel
de Ville de Paris, sur presenté
au Roy,par M. le Picart
Conseiller au Parlement:
Meilleurs Fayolle &Foucault
Lschevins, nouvellementélus
presterent ferment entrt les
mains de Sa Majesté
, en prefcnce
de Monsieur le Duc
d'Orleans : M. le Prevost des
Marchands & les Eschevins
furent ensuite en Robe de
ceremonie rendre leurs ref- .s, à Son AltesseRoyale,
comme Regent. Le 19ilsont
aussi rendu leurs respects à
Madaçw
,
& à Madame la
Duchesse d'Orléans. •leRoya donné à M.leDuc
d'Albret, la charge de grand
Çhajntx11an de France, vacance
par la demissionqu''en
avoit faite M. LeDuc de Boüllon
son pere.
Fermer
440
p. 295-301
Copie des Provisions accordées par Sa Majesté à M. Crozat pour la Charge de Commandeur & Grand Tresorier des Ordres du Roy. [titre d'après la table]
Début :
Voici une copie des Provisions de la Charge de Commandeur [...]
Mots clefs :
Commerce maritime, Roi, Duc d'Orléans, Ordre du Saint-Esprit, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Copie des Provisions accordées par Sa Majesté à M. Crozat pour la Charge de Commandeur & Grand Tresorier des Ordres du Roy. [titre d'après la table]
Voici une copie des Provisions
de laCharge de Commandeur
& grandTresorier de
l:q.I:',rc du S.Esprit,dont leRoi
vicbiAhonorer M. Crozat.
LOUIS par la grace de Dieu ,
Roy de,France & de Navarre
Chef&Souverain,GrandMaître
de l'Ordre de S. Michel&du
S. Esprit: A tous ceux qui ces
Presentes Lettres verront,Salut.
Le Roy nostre tres-honoré Seigneur
&: Bisayeul,ayant par son
Editdumoisd'Aoust 1669. permis
aux Gentilshommes d'exercer
par eux, ou par personnes
interposées, le Commerce maritime
sans déroger à Noblesse;
nous avons v avec satisfaction
que p l usieurss'y sont adonnez
pour le bien de nostre Etat; mais
entre ceux qui s'y sont distinguez,
personne ne l'a fait avec plus de
Noblesse, de bonne foi, &: de
bonheur, &plus d'utilité pour la
Patrie, que nostre amé & féal
..:
Conseiller &Setretairç,Maison
& Couronne de France& de nos
Finances le Sieur Antoine Crorat,
qui par son zele, son application
& l'étendue de ses connoissances
dansle Commerce maritime,
a procuré à nostre Royaume
de grands avantages, & une
grande quantitédematiere d'or
& d'argent, dans des temps qu'-
elles lui estoient si neceflfaires,
G'est ce qui porta le Roynostre
Predecesseur & Bisayeul, d'accorder
audit Sieur Crozat par
lesLettres Parentes du 14. Septembre
1V11. la facultédefaire
seul le Commerce du Pays de
la Loüisiane, dontle succés
commence de répondre à nos esperances.
Mais voulanttémoigner
plus particulièrementnotre
satisfaction audit Sieur Crozat,
&; faire connoistre à nos Sujets
au commencement de nostre
Reancile desir que nous avons de
les rendre heureux, en excitant
l'émulation de ceux qui parleur,
industrie & leurstalens,sont en
état de leur procurer l'abondance
; nous avons résolu ensuivant
les intentions du Roi Loüis XIII
marquées dans son Ordonnance
de 1629. de relever &: faire honorer
ceux qui s'occupent au
Commerce maritime.C'est pourquoy
nous avons crû nepouvoir
donner une plus grande marque
d'honneur audit SieurCrozat,qui
convienne mieux aux alliances,
qu'il a faires, & lui témoigner la
satisfaction que nous avons de ses
services, & de ceux qui nous ont
esté rendus par sa famille, dans
les Charges de Conseiller au Parlement,
Maistres des Requestes,
& autres emplois, qu'en lui donnant
la Charge de Commandeur
& Grand Tresorier de nos Ordres.
A ces causes &autres bonnes
considerations, à ce nous
mouvans, nous avons audit Sieur
Crozat de l'avis de nôtre trescher
& tres-Amé Oncle le Duc
d'Orléans Regent, desPrinces de
nôtre Sang
,
des Cardinaux,Prelacs,
Commandeurs& Officiers
desdits Ordres, estant prés de nôtrePersonne,
donné &: octroyé par
ces Presentes signées de nostre
main, l'Etat & Office de Commandeur
& Grand Tresorier desdits
Ordres.
On ne peut rien dire qui fajfe
mien* CEloge de M. Crozat , ç$*
quiprouve davantage fin erilt.
quela copie deftsProvisions.
Les Provisions de la même
Charge vacante par la mort de
M. Chauvelin., avant que de
passeràMCrozat
, ont été accordées
par SaMajesté à M. Gaston
Jean-Baptiste de Terrat Marquis
de Chantofme & deTravers
Baron de Chaumont Chancelier
de feuMonsieur Frere unique du
•Roy,& de Monseigneur le Duc
d'Orleans Regent du Royaume,
Sur-Intendant de ses Finances.
M. de Terrat sans posseder
cette Charge pour laquelle il
n'avoit faire aucune démarche
joüit de tous ses honneurs , par
la grace de Sa Majesté, & par une
distinction singuliere. de Monseigneurle
Regent
,
à qui il a plû
luy donner cette preuve de son
attention &' de sa reconnoissance
pour tous les bons services qu'il
a rendus,& qu'il rend actuellement
à laMaison d'Orleans.
de laCharge de Commandeur
& grandTresorier de
l:q.I:',rc du S.Esprit,dont leRoi
vicbiAhonorer M. Crozat.
LOUIS par la grace de Dieu ,
Roy de,France & de Navarre
Chef&Souverain,GrandMaître
de l'Ordre de S. Michel&du
S. Esprit: A tous ceux qui ces
Presentes Lettres verront,Salut.
Le Roy nostre tres-honoré Seigneur
&: Bisayeul,ayant par son
Editdumoisd'Aoust 1669. permis
aux Gentilshommes d'exercer
par eux, ou par personnes
interposées, le Commerce maritime
sans déroger à Noblesse;
nous avons v avec satisfaction
que p l usieurss'y sont adonnez
pour le bien de nostre Etat; mais
entre ceux qui s'y sont distinguez,
personne ne l'a fait avec plus de
Noblesse, de bonne foi, &: de
bonheur, &plus d'utilité pour la
Patrie, que nostre amé & féal
..:
Conseiller &Setretairç,Maison
& Couronne de France& de nos
Finances le Sieur Antoine Crorat,
qui par son zele, son application
& l'étendue de ses connoissances
dansle Commerce maritime,
a procuré à nostre Royaume
de grands avantages, & une
grande quantitédematiere d'or
& d'argent, dans des temps qu'-
elles lui estoient si neceflfaires,
G'est ce qui porta le Roynostre
Predecesseur & Bisayeul, d'accorder
audit Sieur Crozat par
lesLettres Parentes du 14. Septembre
1V11. la facultédefaire
seul le Commerce du Pays de
la Loüisiane, dontle succés
commence de répondre à nos esperances.
Mais voulanttémoigner
plus particulièrementnotre
satisfaction audit Sieur Crozat,
&; faire connoistre à nos Sujets
au commencement de nostre
Reancile desir que nous avons de
les rendre heureux, en excitant
l'émulation de ceux qui parleur,
industrie & leurstalens,sont en
état de leur procurer l'abondance
; nous avons résolu ensuivant
les intentions du Roi Loüis XIII
marquées dans son Ordonnance
de 1629. de relever &: faire honorer
ceux qui s'occupent au
Commerce maritime.C'est pourquoy
nous avons crû nepouvoir
donner une plus grande marque
d'honneur audit SieurCrozat,qui
convienne mieux aux alliances,
qu'il a faires, & lui témoigner la
satisfaction que nous avons de ses
services, & de ceux qui nous ont
esté rendus par sa famille, dans
les Charges de Conseiller au Parlement,
Maistres des Requestes,
& autres emplois, qu'en lui donnant
la Charge de Commandeur
& Grand Tresorier de nos Ordres.
A ces causes &autres bonnes
considerations, à ce nous
mouvans, nous avons audit Sieur
Crozat de l'avis de nôtre trescher
& tres-Amé Oncle le Duc
d'Orléans Regent, desPrinces de
nôtre Sang
,
des Cardinaux,Prelacs,
Commandeurs& Officiers
desdits Ordres, estant prés de nôtrePersonne,
donné &: octroyé par
ces Presentes signées de nostre
main, l'Etat & Office de Commandeur
& Grand Tresorier desdits
Ordres.
On ne peut rien dire qui fajfe
mien* CEloge de M. Crozat , ç$*
quiprouve davantage fin erilt.
quela copie deftsProvisions.
Les Provisions de la même
Charge vacante par la mort de
M. Chauvelin., avant que de
passeràMCrozat
, ont été accordées
par SaMajesté à M. Gaston
Jean-Baptiste de Terrat Marquis
de Chantofme & deTravers
Baron de Chaumont Chancelier
de feuMonsieur Frere unique du
•Roy,& de Monseigneur le Duc
d'Orleans Regent du Royaume,
Sur-Intendant de ses Finances.
M. de Terrat sans posseder
cette Charge pour laquelle il
n'avoit faire aucune démarche
joüit de tous ses honneurs , par
la grace de Sa Majesté, & par une
distinction singuliere. de Monseigneurle
Regent
,
à qui il a plû
luy donner cette preuve de son
attention &' de sa reconnoissance
pour tous les bons services qu'il
a rendus,& qu'il rend actuellement
à laMaison d'Orleans.
Fermer
441
p. 91-98
ODE Sur les avantages de la Paix, & sur les obligations que nous avons au Roy de nous l'avoir procurée.
Début :
Du haut de la voute azurée, [...]
Mots clefs :
Paix, Yeux, Terre, Roi, Académie française
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE Sur les avantages de la Paix, & sur les obligations que nous avons au Roy de nous l'avoir procurée.
ODE
Sur les avantages de la Paix ,
& fur les obligations que
nous avons au Roy de nous
l'avoir procurée.
1
Du haut de la voute azurée ,
Quel éclat vient frapper mes
yeux!
Eft ce toy ,Paix tant defirée ?
Est-cetoy qui deſcends desCieux?
Maisdois-je hefiterà le croire
Aprés les doux chants de victoire
Dont ce rivage a retenti ?
Loüis a toûjoursfait la guerre
Pour rendre laPaixàla terre
1
Hij
92 MERCURE
Loüis ne s'est pas démenti.
ر
Epargne toy , noire Diſcorde,
L'horreur de voir le monde beureux
: i
Les biens que Loüis nous accorde
Seroient pour toy des maux affreux:
Fuy. C'en estfait,rien ne l'arrête:
Ses ferpents,fiflantſurſa tête ,
Nous confirment nôtre bonheur:
Ses adieux fontdes crisfunebres ;
Parmy d'éternelles tenebres ,
Elle vadevorerſon coeur.
Que pour jamais elle s'exile
De ceslieux où triomphoit Mars;
GALANT. 93
Que ſes cris reſpectent l'aſyle
EtdesMuses,&des beaux Arts!
BeauxArts.
Que vois-je ? quelfort nous ap-
:
pelle !
Toutfleurit , toutſe renouvelle :
Accourez, Enfans d'Apollon :
Que la Paix icy vous ramene ;
Ει τους , bords heureux de la
Seine
Changez- vous enſacré Vallon.
Quel feu dans mes veinesſe
Igliffe ! ......
Je vois un champ&desRivaux :
On ouvre une brillante lice
Pour les ingenieux travaux.
Aux yeux d'un Tribunal Auguste
94 MERCURE
Auffi redoutable que juſte ,
Enfouleon ſe metfur les rangs:
Mon émulation s'irrite ;
Mais je tremble à voir le merite
DesJuges&des Concurrents.
:
D'oùnaiffent mesfrayeurs extrêmes!
Ay-jeoublié que dans ces lieux ,
Ces Concurrents, cesJuges mêmes
,
M'ontdéja vû victorieux
Quoy?j'envisageaifans allarmes
Lepremier champ qu'au bruit des
armes
La victoire me vint ouvrir;
Et je refterois en arriere
GALANT. 95
Dans cette nouvelle carriere
Où la Paix m'invite à courir.
ॐ
Taiſez vous ,guerrieres trompettes
,
Ne venez plus troubler nos jeux .
F'aime à voir , au fon des mufettes
,
Danfer les Faunesamoureux :
LesMoutonshorsdes Bergeries ,
Sur le vert tapis des Prairies
Bondir au grédeleurs defirs :
LeBerger dire àla Bergere ,
C'estunRoytendre debonnaire
Qui nousfait ces heureux loiſirs .
Quel objet pour mes yeux
avides !
96 MERCURE
Que d'épics couvrent nos querets.
Les champs deMars neſemblent
vuides
Que pour remplir ceux de Cerés.
Nos Soldats , fi fiers dans la
guerre,
Dans la Paix labourent la terre ;
Ils font tels que les vieux Romains
:
Bellonne à peine est disparuë ,
Qu'on les revoitfur la charruë,
Porter leurs triomphantes mains.
Aux épics que l'Etémoifſſonne ,
Se joignent des trefors nouveaux:
Les fruits que doit meurir l'Au-
هم
tomne
Font
GALANT. 97
Font briller vergers &coteaux.
Jamais ,pour enrichir le monde ,
La terre nefut fifeconde ;
Non; rien n'égale unfibeau jour.
Douce Paix , toute la nature
S'épuiſe à tracer la peinture
Des biens que produit ton retour.
Quel art en miraclefertile
Raffemble cent Peuples divers ,
Et neforme plus qu'une Ville
Du vaſteſeinde l'Univers.
Jusqu'aux rives dont nousfepare
L'Ocean trop longtems avare ,
La Paix nous ouvre des chemins :
Les biens que laguerre difperfe
Sont réünis par le commerce ,
Octobre 1715 . I
98 MERCURE
!
Et semblent croître ſous nos
mains.
Peuples,chantez dans l'abondance
Le Vainqueur qui vous rend la
Paix
Reglez vostre reconnoiſſance
Surla grandeur deſes bienfaits ;
Goûtezle fruit deſes conquêtes :
Quefon nomdans toutes vosfêtes
Soit repeté par les échos :
Vostre bonheur estfon ouvrage;
Qu'àjamais le plus tendre hommage
Vous acquitte envers ce Heros.
Omnes gentes , plaudite
manibus. Pf.
Sur les avantages de la Paix ,
& fur les obligations que
nous avons au Roy de nous
l'avoir procurée.
1
Du haut de la voute azurée ,
Quel éclat vient frapper mes
yeux!
Eft ce toy ,Paix tant defirée ?
Est-cetoy qui deſcends desCieux?
Maisdois-je hefiterà le croire
Aprés les doux chants de victoire
Dont ce rivage a retenti ?
Loüis a toûjoursfait la guerre
Pour rendre laPaixàla terre
1
Hij
92 MERCURE
Loüis ne s'est pas démenti.
ر
Epargne toy , noire Diſcorde,
L'horreur de voir le monde beureux
: i
Les biens que Loüis nous accorde
Seroient pour toy des maux affreux:
Fuy. C'en estfait,rien ne l'arrête:
Ses ferpents,fiflantſurſa tête ,
Nous confirment nôtre bonheur:
Ses adieux fontdes crisfunebres ;
Parmy d'éternelles tenebres ,
Elle vadevorerſon coeur.
Que pour jamais elle s'exile
De ceslieux où triomphoit Mars;
GALANT. 93
Que ſes cris reſpectent l'aſyle
EtdesMuses,&des beaux Arts!
BeauxArts.
Que vois-je ? quelfort nous ap-
:
pelle !
Toutfleurit , toutſe renouvelle :
Accourez, Enfans d'Apollon :
Que la Paix icy vous ramene ;
Ει τους , bords heureux de la
Seine
Changez- vous enſacré Vallon.
Quel feu dans mes veinesſe
Igliffe ! ......
Je vois un champ&desRivaux :
On ouvre une brillante lice
Pour les ingenieux travaux.
Aux yeux d'un Tribunal Auguste
94 MERCURE
Auffi redoutable que juſte ,
Enfouleon ſe metfur les rangs:
Mon émulation s'irrite ;
Mais je tremble à voir le merite
DesJuges&des Concurrents.
:
D'oùnaiffent mesfrayeurs extrêmes!
Ay-jeoublié que dans ces lieux ,
Ces Concurrents, cesJuges mêmes
,
M'ontdéja vû victorieux
Quoy?j'envisageaifans allarmes
Lepremier champ qu'au bruit des
armes
La victoire me vint ouvrir;
Et je refterois en arriere
GALANT. 95
Dans cette nouvelle carriere
Où la Paix m'invite à courir.
ॐ
Taiſez vous ,guerrieres trompettes
,
Ne venez plus troubler nos jeux .
F'aime à voir , au fon des mufettes
,
Danfer les Faunesamoureux :
LesMoutonshorsdes Bergeries ,
Sur le vert tapis des Prairies
Bondir au grédeleurs defirs :
LeBerger dire àla Bergere ,
C'estunRoytendre debonnaire
Qui nousfait ces heureux loiſirs .
Quel objet pour mes yeux
avides !
96 MERCURE
Que d'épics couvrent nos querets.
Les champs deMars neſemblent
vuides
Que pour remplir ceux de Cerés.
Nos Soldats , fi fiers dans la
guerre,
Dans la Paix labourent la terre ;
Ils font tels que les vieux Romains
:
Bellonne à peine est disparuë ,
Qu'on les revoitfur la charruë,
Porter leurs triomphantes mains.
Aux épics que l'Etémoifſſonne ,
Se joignent des trefors nouveaux:
Les fruits que doit meurir l'Au-
هم
tomne
Font
GALANT. 97
Font briller vergers &coteaux.
Jamais ,pour enrichir le monde ,
La terre nefut fifeconde ;
Non; rien n'égale unfibeau jour.
Douce Paix , toute la nature
S'épuiſe à tracer la peinture
Des biens que produit ton retour.
Quel art en miraclefertile
Raffemble cent Peuples divers ,
Et neforme plus qu'une Ville
Du vaſteſeinde l'Univers.
Jusqu'aux rives dont nousfepare
L'Ocean trop longtems avare ,
La Paix nous ouvre des chemins :
Les biens que laguerre difperfe
Sont réünis par le commerce ,
Octobre 1715 . I
98 MERCURE
!
Et semblent croître ſous nos
mains.
Peuples,chantez dans l'abondance
Le Vainqueur qui vous rend la
Paix
Reglez vostre reconnoiſſance
Surla grandeur deſes bienfaits ;
Goûtezle fruit deſes conquêtes :
Quefon nomdans toutes vosfêtes
Soit repeté par les échos :
Vostre bonheur estfon ouvrage;
Qu'àjamais le plus tendre hommage
Vous acquitte envers ce Heros.
Omnes gentes , plaudite
manibus. Pf.
Fermer
442
p. 141-143
Livres nouveaux. Article digne de toute la curiosité du Lecteur, & convenable aux interêts de l'Auteur. [titre d'après la table]
Début :
Je ne seray peut-être pas mal de vous annoncer à present [...]
Mots clefs :
Roi, Louis XIV, Louis XV
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Livres nouveaux. Article digne de toute la curiosité du Lecteur, & convenable aux interêts de l'Auteur. [titre d'après la table]
Je ne feray peut- être pas
mal de vous annoncer à prefent
, avant que de paſſer aux
nouvelles du monde,quelques
Livres nouveaux.
Le Journal Hiſtorique de
toutes les circonstances qui
ont precedé la mort du Roy
LouisXIV. & de l'avenement
du Roy Louis XV. à la Couronne
de France , eſt un Livre
fi curieux , fi intereſſant , & fi
nouveau que tout le monde
142
{
MERCURE
eſt en confcience obligé de
l'acheter. Tous les grands évenemens
qui ſervent à le rempliront
été ramaffez avectoute
l'exactitude imaginable,par
l'Auteur du Mercure Galant.
Il ſe flatte,àtelle finquede rais
fon, que fon nom & fon paraphe
qui font à la tête du
Journal , pourront contribuër
à en précipiter le débit. Il en
donneroit volontiers un extrait
dans leMercure , s'il n'ap
prehendoit pas qu'on s'en tint
là ;& pour cauſe facile à deviner
, il ſe contente d'annoncer
au Public que ledit Journal fe
'GALANT. 143
vend chez les Sieurs Jollet &
Lameſle ſes Imprimeurs , au
Livre Royal , au bout du Pont
S.Michel , du côté du Marché
neuf ceux qui le trouveront
fans fon paraphe , font trés
inſtamment priez de le lui ene
voyer comme un Livre con
trefait , afin qu'il foit( comme
de juſtice ) procedé par lui à
l'examen de la contravention.
Ceparapheestcompofé d'une
L.& dedeux doubles F. enla
fées enfemble,& fermées par
un D.d'une façon inimitable,
nevarietur.
mal de vous annoncer à prefent
, avant que de paſſer aux
nouvelles du monde,quelques
Livres nouveaux.
Le Journal Hiſtorique de
toutes les circonstances qui
ont precedé la mort du Roy
LouisXIV. & de l'avenement
du Roy Louis XV. à la Couronne
de France , eſt un Livre
fi curieux , fi intereſſant , & fi
nouveau que tout le monde
142
{
MERCURE
eſt en confcience obligé de
l'acheter. Tous les grands évenemens
qui ſervent à le rempliront
été ramaffez avectoute
l'exactitude imaginable,par
l'Auteur du Mercure Galant.
Il ſe flatte,àtelle finquede rais
fon, que fon nom & fon paraphe
qui font à la tête du
Journal , pourront contribuër
à en précipiter le débit. Il en
donneroit volontiers un extrait
dans leMercure , s'il n'ap
prehendoit pas qu'on s'en tint
là ;& pour cauſe facile à deviner
, il ſe contente d'annoncer
au Public que ledit Journal fe
'GALANT. 143
vend chez les Sieurs Jollet &
Lameſle ſes Imprimeurs , au
Livre Royal , au bout du Pont
S.Michel , du côté du Marché
neuf ceux qui le trouveront
fans fon paraphe , font trés
inſtamment priez de le lui ene
voyer comme un Livre con
trefait , afin qu'il foit( comme
de juſtice ) procedé par lui à
l'examen de la contravention.
Ceparapheestcompofé d'une
L.& dedeux doubles F. enla
fées enfemble,& fermées par
un D.d'une façon inimitable,
nevarietur.
Fermer
443
p. 183-193
D'Edimbourg le 3. Octobre.
Début :
Le Duc d'Argy le partit le 28 pour le Camp de Sterling, [...]
Mots clefs :
Armes, Déclaration, Patrie, Forces, Vassaux, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : D'Edimbourg le 3. Octobre.
'Edimbourg le a. Octobre.
Le Duc d'Argyle partir le
28 pour le Camp de Sterling ,
accompagné duDuc de Roxborough
,du Comte de Han
dengton , & du Colonel Middelton.
Le Comte de Rhotes
s'eſt auſſi rendu au Camp où
il arrive tous les jours des
Gentilshommes avec leur Vaffaux
armez . Le onze de ce
184 MERCURE
mois jour auquel expire le
terme accordé aux rebelles
pour retourner à l'obéiffance,
le Duc d'Argyle doit fe mettre
en marche contre eux avec
7000. hommes entre leſquels
il y a 1500. chevaux . On a
envoyé duCamp 30. chariots
chargez d'armes pour les volontaires
qui y font allez d'E
dimbourg , de Glasgow ,& de
quelques autres Places. On
écrit de Leith qu'il y eſt entré
d'Angleterre deux Compa
gnies deDragons duRegiment
de Kerr , qui vont au Camp
de Sterling. On apprend de
Dundée
۱
GALANT. 185
Dundée qu'un Gentilhomme
nommé Graham , qui ſe dit
heritierdu feu Comtede Dandée,
étant entré avec un grand
nombre de gens à cheval , y
avoit proclamé le Prétendant ,
ſous le nom de Roy Jacques
VIII. & fait lecture de la proclamation
du Comte de Marr.
On mande d'Inverneſſ que les
Lords Mackniſtosh &Beflam ,
deux Chefs des Montagnards
accompagnez auffi d'un grand
nombre de gens à cheval y
avoient fait la même choſe ;
aprés quoy ils étoient allez à la
Doüane , d'où ils avoient en.
Octobre 1715 . Q
186 MERCURE
levé tout l'argent & les effets
quiyétoientpour le ſervice du
Prétendant.LeComte deMarr a
fait piller & faccager les mais
fons &biens de fon Stuard, &
de quelqu'uns de ſes ſujets qui
ontrefusé dele venir joindre.
Voicy la Declaration de ce
Comte adreflé au Bailly , &
autres Gentilhommes de la
Seigneurie de Kildrummy.
Notre Roy legitime ,&naturel
Jacques VIII. par la grace
-de Dieu , qui vient preſentement
nous delivrer de nos oppreffions ,
ayant bien voulu nous confier la
direction de ſes affaires , le
GALANT.
GALANI
187
-
commandement de fes forces dans
fon ancienRoyaume d'Ecoffe ; &
quelques uns de ſes fidelesſujets
&ferviteurs afſſemblez à Boyne ,
fçavoir,le LordHuncley, leLord
Tullebardine , le Comte Marefchall
, le Comte de Southefan ,
Glingary; de la part des Clans ,
Glenderale ; de la part du Comte
de Broudalbine, &Gentilhomme
de la Province d'Argile , M.Patrich
Lion d'Auſcherhouse , le
Lord d' Auldlair , le Lieutenant
General Georges Hamilton , le
MajorGeneral Gordon , &moi ,
ayant pris en confideration les derniers
ordres de S. M. trouvons ,
Qij
188 MERCURE
que d'eft maintennant le temps
qu'il nous a ordonné de prendre
ouvertement les armes pour luy.
Ainfi il nous ſemble abfolument
neceſſfairepour leſervice de S.M.
& pour la delivrance de noftre
Patrie,que tousſesfideles &bons
Sujets , &ceux qui aiment leur
Patrie, prennent incefſſamment les
armes.
Ces Preſentes font donc ( au
nom , er en l'autorité de S.-M.
&en vertu du pouvoirſuſdit ,
&par l'ordre exprés que le Roy
m'a donné pour cet effet ) pour
vous requerir & autorifer de lever
inceſſamment vos gens mili
GALANT. 189
taires avec leurs meilleures armes,
pour
"
de les faire marcher d'abord
venir joindre , & me
quelques
autres forces du Roy prés de
Bracmart , Lundyprochain , afin
de poursuivre noſtre marche ,
nousrendreſous l'Etendart duRoi
avecſes autres forces.
LeRoy voulant queſesTroupesfoient
payées dés le temps de
leur départ ,il eſpere , ainsi qu'il
l'ordonne expreßement , qu'elles
ſe comporteront civilement ,
qu'elles ne commettront aucunpillage
, ni d'autres defordres,fous
les peines les plus feveres , &
d'encourirſa disgrace ; on s'attend
190 MMEERRCURE
que vousferez obſerver cet ordre.
4
C'estàpresent que les honnêtes
gens dorvent témoigner leur zele
pour leſervice de S. M. dont la
caufe est si intereſſante , afin de
deliurer noftre Patrie de l'oppref
fion d'un joug étranger , trop pefantpour
nous , &nostre posterité
pour le porter , &de tâcher
de rétablir, nonseulement noftre
Roy legitime , &naturel , mais
auffi noftre Patrie dansſon ancienne
, libre , & indépendante
conftitutionfous celuy dontlesAn.
cêtres ont regnéfur nous pendant
tant de generations.
Dans une cause fi bonorable,
GALANT. 191
fibonne ,ſijuste , nous ne pouvons
douter de l'aſſiſtance de la direction
, &de la benediction duDieu
Tout-puiſſant , qui aſiſouvent
Sauvé la Famille Royale de
Stuard ,&noftre Patrie,de fuecomberſous
l'oppreffion.
On s'attendque vous obferverez
ponctuellement ſes ordres ,
ces Prefentes vous doiventfuffire
pour cet effet , & àtous ceux que
vous employerez pour les executer.
DonnéàBracmart le 20. Septembre
1715 .
Signé, MARR.
Cette Declaration étoit accompagnée
d'une Lettre du
192 MERCURE
Comte de Marr au Bailly de
Kildrumeny, contenant en ſubſtance
: Que ce Bailly avoit bien
faitde n'être pas venu lejoindre
avec les cent hommes qu'il avoit
envoyez de nuit , puisqu'il en
avoit attendu quatrefois autant.
Qu'il était fort ſurprenant que
pendant que tous les Montagnars
d'Ecoffe prenoient les armes en
faveurde leurRoy ,&leurPatrie,
les Vaffaux dece Comtefuf-
Sent les feuls en arriere. Que le
moment tant defiré depuis 26.
ans étoitprefentement arrivé,&
qu'ainſi il étoit temps de prendre
les armes pour leRoy& pour la
**Patrie
GALANT. 193
Patriei que c'est dans cette vûë
qu'il luy adreffe fa Declaration ,
pour la communiquer à tous fes
Vaffaux , avec ordre de leurs declarer
que s'ils n'obéiffent pas in .
ceffamment , il fera brûler &
faccager leurs biens &terres pour
fervir d'exemple aux autres
Le Duc d'Argyle partir le
28 pour le Camp de Sterling ,
accompagné duDuc de Roxborough
,du Comte de Han
dengton , & du Colonel Middelton.
Le Comte de Rhotes
s'eſt auſſi rendu au Camp où
il arrive tous les jours des
Gentilshommes avec leur Vaffaux
armez . Le onze de ce
184 MERCURE
mois jour auquel expire le
terme accordé aux rebelles
pour retourner à l'obéiffance,
le Duc d'Argyle doit fe mettre
en marche contre eux avec
7000. hommes entre leſquels
il y a 1500. chevaux . On a
envoyé duCamp 30. chariots
chargez d'armes pour les volontaires
qui y font allez d'E
dimbourg , de Glasgow ,& de
quelques autres Places. On
écrit de Leith qu'il y eſt entré
d'Angleterre deux Compa
gnies deDragons duRegiment
de Kerr , qui vont au Camp
de Sterling. On apprend de
Dundée
۱
GALANT. 185
Dundée qu'un Gentilhomme
nommé Graham , qui ſe dit
heritierdu feu Comtede Dandée,
étant entré avec un grand
nombre de gens à cheval , y
avoit proclamé le Prétendant ,
ſous le nom de Roy Jacques
VIII. & fait lecture de la proclamation
du Comte de Marr.
On mande d'Inverneſſ que les
Lords Mackniſtosh &Beflam ,
deux Chefs des Montagnards
accompagnez auffi d'un grand
nombre de gens à cheval y
avoient fait la même choſe ;
aprés quoy ils étoient allez à la
Doüane , d'où ils avoient en.
Octobre 1715 . Q
186 MERCURE
levé tout l'argent & les effets
quiyétoientpour le ſervice du
Prétendant.LeComte deMarr a
fait piller & faccager les mais
fons &biens de fon Stuard, &
de quelqu'uns de ſes ſujets qui
ontrefusé dele venir joindre.
Voicy la Declaration de ce
Comte adreflé au Bailly , &
autres Gentilhommes de la
Seigneurie de Kildrummy.
Notre Roy legitime ,&naturel
Jacques VIII. par la grace
-de Dieu , qui vient preſentement
nous delivrer de nos oppreffions ,
ayant bien voulu nous confier la
direction de ſes affaires , le
GALANT.
GALANI
187
-
commandement de fes forces dans
fon ancienRoyaume d'Ecoffe ; &
quelques uns de ſes fidelesſujets
&ferviteurs afſſemblez à Boyne ,
fçavoir,le LordHuncley, leLord
Tullebardine , le Comte Marefchall
, le Comte de Southefan ,
Glingary; de la part des Clans ,
Glenderale ; de la part du Comte
de Broudalbine, &Gentilhomme
de la Province d'Argile , M.Patrich
Lion d'Auſcherhouse , le
Lord d' Auldlair , le Lieutenant
General Georges Hamilton , le
MajorGeneral Gordon , &moi ,
ayant pris en confideration les derniers
ordres de S. M. trouvons ,
Qij
188 MERCURE
que d'eft maintennant le temps
qu'il nous a ordonné de prendre
ouvertement les armes pour luy.
Ainfi il nous ſemble abfolument
neceſſfairepour leſervice de S.M.
& pour la delivrance de noftre
Patrie,que tousſesfideles &bons
Sujets , &ceux qui aiment leur
Patrie, prennent incefſſamment les
armes.
Ces Preſentes font donc ( au
nom , er en l'autorité de S.-M.
&en vertu du pouvoirſuſdit ,
&par l'ordre exprés que le Roy
m'a donné pour cet effet ) pour
vous requerir & autorifer de lever
inceſſamment vos gens mili
GALANT. 189
taires avec leurs meilleures armes,
pour
"
de les faire marcher d'abord
venir joindre , & me
quelques
autres forces du Roy prés de
Bracmart , Lundyprochain , afin
de poursuivre noſtre marche ,
nousrendreſous l'Etendart duRoi
avecſes autres forces.
LeRoy voulant queſesTroupesfoient
payées dés le temps de
leur départ ,il eſpere , ainsi qu'il
l'ordonne expreßement , qu'elles
ſe comporteront civilement ,
qu'elles ne commettront aucunpillage
, ni d'autres defordres,fous
les peines les plus feveres , &
d'encourirſa disgrace ; on s'attend
190 MMEERRCURE
que vousferez obſerver cet ordre.
4
C'estàpresent que les honnêtes
gens dorvent témoigner leur zele
pour leſervice de S. M. dont la
caufe est si intereſſante , afin de
deliurer noftre Patrie de l'oppref
fion d'un joug étranger , trop pefantpour
nous , &nostre posterité
pour le porter , &de tâcher
de rétablir, nonseulement noftre
Roy legitime , &naturel , mais
auffi noftre Patrie dansſon ancienne
, libre , & indépendante
conftitutionfous celuy dontlesAn.
cêtres ont regnéfur nous pendant
tant de generations.
Dans une cause fi bonorable,
GALANT. 191
fibonne ,ſijuste , nous ne pouvons
douter de l'aſſiſtance de la direction
, &de la benediction duDieu
Tout-puiſſant , qui aſiſouvent
Sauvé la Famille Royale de
Stuard ,&noftre Patrie,de fuecomberſous
l'oppreffion.
On s'attendque vous obferverez
ponctuellement ſes ordres ,
ces Prefentes vous doiventfuffire
pour cet effet , & àtous ceux que
vous employerez pour les executer.
DonnéàBracmart le 20. Septembre
1715 .
Signé, MARR.
Cette Declaration étoit accompagnée
d'une Lettre du
192 MERCURE
Comte de Marr au Bailly de
Kildrumeny, contenant en ſubſtance
: Que ce Bailly avoit bien
faitde n'être pas venu lejoindre
avec les cent hommes qu'il avoit
envoyez de nuit , puisqu'il en
avoit attendu quatrefois autant.
Qu'il était fort ſurprenant que
pendant que tous les Montagnars
d'Ecoffe prenoient les armes en
faveurde leurRoy ,&leurPatrie,
les Vaffaux dece Comtefuf-
Sent les feuls en arriere. Que le
moment tant defiré depuis 26.
ans étoitprefentement arrivé,&
qu'ainſi il étoit temps de prendre
les armes pour leRoy& pour la
**Patrie
GALANT. 193
Patriei que c'est dans cette vûë
qu'il luy adreffe fa Declaration ,
pour la communiquer à tous fes
Vaffaux , avec ordre de leurs declarer
que s'ils n'obéiffent pas in .
ceffamment , il fera brûler &
faccager leurs biens &terres pour
fervir d'exemple aux autres
Fermer
444
p. 194-201
Extrait de quelques Lettres de Londres du 8. Octobre.
Début :
Mr Edoüard Harvey, l'un de six membres du Parlement [...]
Mots clefs :
Comte, Complot, Roi, Angleterre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait de quelques Lettres de Londres du 8. Octobre.
Extrait de quelques Lettres
de Londres du 8. Octobre.
Mr Edoüard Harvey , lun
des fix membres du Parlement
que le Roy avoit ordonné
d'arrêter , & qui eft ſous la
garde d'un Meſſager d'Etat ,
:
J
GALANT. 195
4
fut examiné avant hier au
Conſeil, devant S. M. on lui
fit diverſes queſtions au fujet
du noir complot qui a eſté dé
couvert : mais il nia d'eſtre entré
en aucune confpiration
contre le Roy & le Gouverne.
ment , & ne voulut rien découvrir
, fur quoy on luimon.
tra une Lettre écrite de fa
propre main qui prouvoit fa
trahiſon , cela lemit dansune
grande confufion,& il promit
d'avoüier tout le lendemain.
Là-deſſus on le renvoya fous
la garde du Meſſager ; mais
hier au matin il tenta des'ôter
?
196 MERCURE
T
la vie , & fe donna 3. coups
deganifqui luy ont caufé une
grande perte de fang , cepen
dant on ne croit pas que les
playes foient mortelles ; quel
que temps aprés le Comte de
Nottingham , Préfident du
Confeil , alla le trouver pour
l'examiner & prendre les dé
pofitions; il luy dit entr'autres
choſes : Qu'il s'étoit laiffé induire
follement à entrer dans la
confptration , & qu'il en étoit
bien faché ; mais que voyant
qu'on avoit de telles preuves con
tre luy , &qu'il ne pouvoit pas
échaper à ta fustices il avoit
voulu fetuer pour ne pas s'expoGALANT.
197
5
4
feràtrahirfes amisa
Onn'eſt point encore bien
inſtruit des particularitez de
cet horrible complot. Quelques
uns diſent qu'il devoie
s'executer avant hier ,& que
pendant que ledit Harvey à
latête de400 conjuréz devoit
faire main bafle fur la garde
de S. James , & mettre le feu
au Palais , &c. un autre party
auſſi nombreux devoits'aſſen ,
rer de la Banque , & de Echi
quier ; & mettre le feu en
divers endroits de la Ville ,
pour caufer de la confufion
parmy le peuple. D'autres
Rij
198 MERCURE
aſſeurent que le deſſein des
confpirateurs étoit d'exciter
des revoltes en 2. ou 3. Pro
vinces d'Angleterre pour y
attirer les troupes du Roy , à
fin de favorifer l Invaſion du
Comte de Marr en Angleterre
, à la tête des rebelles
Ecoſſois ; mais que le grand
coup devoit ſe frapper du côté
de l'Oüeſt , où les rebelles ſe
croyoient les plus forts, & où
le Prétendant , devoit débarquer.
Quoyqu'il en foit la
conſpiration étantdécouverte,
&les mesures priſes , pour en
prevenir les ſuites , on ne doute
plus que tous les projets
THEQUR DE
ALANT9
&complots aillent enfudemséree.belles ne
en
*
On affeure qu'on a receu
avisque lePrétendant, a refusé
de paffer en Angleterre, avant
que les amis cuffent affemblé
des forces ſuffiſantes pour foûrenir
fondébarquement
qu'en attendant il preffoit le
Duc d'Ormond ,& le Vicom +
te de Ballinbrock , de paffet ca
ce Pays pour y faire foulever
leurs amis. On apprend d'E
colle que les rebellesn'ont pas
encore affemblé toutes leurs
forces & que le Comte de
Marr n'a tout au plus que
Rij
: 200 MERCURE
:
2000. hommesauprés de duy.
publier une proclama- On va
tioncontre ce Comte , par laquelle
onpromet10000, livres
fterlin de recompenſe à ceux
qui pourront s'aſſeurer de ſa
perfonne. ८
Le Lord Poowis doit être
jugé par une commiffion particuliere
, ſous le nom de M.
Harbet ; il eſt accuſé d'avoir
agi en qualité de Treſorier du
parti du Prétendant , ayant receu
200. mille livres ſterlin de
quelques PaysEtrangers, dont
il en a diſtribué 1503 milleaux
Conſpirateurs. On dit qu'un
nombre confiderable de Sei .
GALANT. 201
gheurs , Gentilshommes , &
autres, font entrez dans ce noir
complot. Le Chevalier Guillaume
Windham a cſté arrêté.
de Londres du 8. Octobre.
Mr Edoüard Harvey , lun
des fix membres du Parlement
que le Roy avoit ordonné
d'arrêter , & qui eft ſous la
garde d'un Meſſager d'Etat ,
:
J
GALANT. 195
4
fut examiné avant hier au
Conſeil, devant S. M. on lui
fit diverſes queſtions au fujet
du noir complot qui a eſté dé
couvert : mais il nia d'eſtre entré
en aucune confpiration
contre le Roy & le Gouverne.
ment , & ne voulut rien découvrir
, fur quoy on luimon.
tra une Lettre écrite de fa
propre main qui prouvoit fa
trahiſon , cela lemit dansune
grande confufion,& il promit
d'avoüier tout le lendemain.
Là-deſſus on le renvoya fous
la garde du Meſſager ; mais
hier au matin il tenta des'ôter
?
196 MERCURE
T
la vie , & fe donna 3. coups
deganifqui luy ont caufé une
grande perte de fang , cepen
dant on ne croit pas que les
playes foient mortelles ; quel
que temps aprés le Comte de
Nottingham , Préfident du
Confeil , alla le trouver pour
l'examiner & prendre les dé
pofitions; il luy dit entr'autres
choſes : Qu'il s'étoit laiffé induire
follement à entrer dans la
confptration , & qu'il en étoit
bien faché ; mais que voyant
qu'on avoit de telles preuves con
tre luy , &qu'il ne pouvoit pas
échaper à ta fustices il avoit
voulu fetuer pour ne pas s'expoGALANT.
197
5
4
feràtrahirfes amisa
Onn'eſt point encore bien
inſtruit des particularitez de
cet horrible complot. Quelques
uns diſent qu'il devoie
s'executer avant hier ,& que
pendant que ledit Harvey à
latête de400 conjuréz devoit
faire main bafle fur la garde
de S. James , & mettre le feu
au Palais , &c. un autre party
auſſi nombreux devoits'aſſen ,
rer de la Banque , & de Echi
quier ; & mettre le feu en
divers endroits de la Ville ,
pour caufer de la confufion
parmy le peuple. D'autres
Rij
198 MERCURE
aſſeurent que le deſſein des
confpirateurs étoit d'exciter
des revoltes en 2. ou 3. Pro
vinces d'Angleterre pour y
attirer les troupes du Roy , à
fin de favorifer l Invaſion du
Comte de Marr en Angleterre
, à la tête des rebelles
Ecoſſois ; mais que le grand
coup devoit ſe frapper du côté
de l'Oüeſt , où les rebelles ſe
croyoient les plus forts, & où
le Prétendant , devoit débarquer.
Quoyqu'il en foit la
conſpiration étantdécouverte,
&les mesures priſes , pour en
prevenir les ſuites , on ne doute
plus que tous les projets
THEQUR DE
ALANT9
&complots aillent enfudemséree.belles ne
en
*
On affeure qu'on a receu
avisque lePrétendant, a refusé
de paffer en Angleterre, avant
que les amis cuffent affemblé
des forces ſuffiſantes pour foûrenir
fondébarquement
qu'en attendant il preffoit le
Duc d'Ormond ,& le Vicom +
te de Ballinbrock , de paffet ca
ce Pays pour y faire foulever
leurs amis. On apprend d'E
colle que les rebellesn'ont pas
encore affemblé toutes leurs
forces & que le Comte de
Marr n'a tout au plus que
Rij
: 200 MERCURE
:
2000. hommesauprés de duy.
publier une proclama- On va
tioncontre ce Comte , par laquelle
onpromet10000, livres
fterlin de recompenſe à ceux
qui pourront s'aſſeurer de ſa
perfonne. ८
Le Lord Poowis doit être
jugé par une commiffion particuliere
, ſous le nom de M.
Harbet ; il eſt accuſé d'avoir
agi en qualité de Treſorier du
parti du Prétendant , ayant receu
200. mille livres ſterlin de
quelques PaysEtrangers, dont
il en a diſtribué 1503 milleaux
Conſpirateurs. On dit qu'un
nombre confiderable de Sei .
GALANT. 201
gheurs , Gentilshommes , &
autres, font entrez dans ce noir
complot. Le Chevalier Guillaume
Windham a cſté arrêté.
Fermer
445
p. 201-203
De Paris.
Début :
Le Roy a accordé à M. le Baron de Breteüil la permission [...]
Mots clefs :
Roi, Marquis, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris.
De Paris con
Le Roy a accordé à M. le
BarondeBreteil la permiffion
de ſe défaire de ſa Charge
d'Introducteur des Ambaſladeurs
, & en a donné l'agrément
à M. le Marquis de Magny
, fils de M. Foucault
Confeiller d'Etat .
1. M. le Marquis de Simiane ,
premier Gentilhomme de la
Chambre de Monfieur le Duc
202 MERCURE
d'Orleans , a elté pourveu de
laCharge de Lieutenant General
de Provence, vacante par
le decés du Comte deGrignan,
avec un brevet de retenuë de
deux cent mille livres , pareilà
celuy qu'avoit le Comte de
Gribhan
M. le Comte de Simiane ,
Meſtre de Camp de Cavale
rie , & Brigadier des Armées
du Roy , prêta ces jours paf
fez le ferment entre les mains
de Madame pour la Charge
de fon premiet Ecuyer .
M. Bontemps , Gouverneur
des Tuilleries,& Capitainedes
Chaffes de la Garenne duLou
GALANT. 203
!
vre , a obtenu du Roy la furvivance
de ſa Charge de premier
Valet de Chambre de Sa
Majesté ,pour fon fils.
Madame la Comteſſe de Ri
beira,EpouſedeM. le Comte
de Ribeira , Ambaſladeur de
Portugal en France, accoucha
le 12. du mois paſſe d'un fils
qui fut tenu ſur les Fonds de
Baptême par M. le Cardinal de
Rohan fon grand oncle.
Le Roy a accordé à M. le
BarondeBreteil la permiffion
de ſe défaire de ſa Charge
d'Introducteur des Ambaſladeurs
, & en a donné l'agrément
à M. le Marquis de Magny
, fils de M. Foucault
Confeiller d'Etat .
1. M. le Marquis de Simiane ,
premier Gentilhomme de la
Chambre de Monfieur le Duc
202 MERCURE
d'Orleans , a elté pourveu de
laCharge de Lieutenant General
de Provence, vacante par
le decés du Comte deGrignan,
avec un brevet de retenuë de
deux cent mille livres , pareilà
celuy qu'avoit le Comte de
Gribhan
M. le Comte de Simiane ,
Meſtre de Camp de Cavale
rie , & Brigadier des Armées
du Roy , prêta ces jours paf
fez le ferment entre les mains
de Madame pour la Charge
de fon premiet Ecuyer .
M. Bontemps , Gouverneur
des Tuilleries,& Capitainedes
Chaffes de la Garenne duLou
GALANT. 203
!
vre , a obtenu du Roy la furvivance
de ſa Charge de premier
Valet de Chambre de Sa
Majesté ,pour fon fils.
Madame la Comteſſe de Ri
beira,EpouſedeM. le Comte
de Ribeira , Ambaſladeur de
Portugal en France, accoucha
le 12. du mois paſſe d'un fils
qui fut tenu ſur les Fonds de
Baptême par M. le Cardinal de
Rohan fon grand oncle.
Fermer
446
p. 204-220
Article des Morts. [titre d'après la table]
Début :
Il est au moins bien juste de dire, maintenant quelque [...]
Mots clefs :
Seigneur, Parlement, Fille, Dame, Roi, Président, Conseiller au Parlement, Fils, Père, Frère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Article des Morts. [titre d'après la table]
Ileſt au moins bien juſte
GALANT. 205
de dire , maintenant quelque
choſe des morts
t Dans l'article du mois paffé
qui concerne la Maiſon de
Longüeil ,j'ay oublié de vous
dire que κείς ότι Π
M. Jacques de Longüeil
Chevalier Seigneur de Sevres ,
Maiſons,Lavaudoire& Cerny,
fut en grande eftime auprés du
Roy Henry III qui le fit ſon
premier Maiſtre d'Hôtel en
1575. Chevalier del'Ordre en
1577. &Maistredes Comptes
dés la même année. Il époufa
Catherine deMontmirail , fille
de Thierry de Montmirail &
206 MERCURE
deDeniſe de Harlay , de laquelle
il cût un fils unique &
deux filles. L'aînée deſquelles ,
Deniſe de Longüeil épouſa
Lazare de Selve Baron de la
Ferté Alais & de Cromier ,
Preſident és refforts de Mets ,
Toul & Verdun , Chancelier
de Catherine deBourbon Ducheffe
deBar, foeur d'Henri IV.
La cadete Angelique de Longüeil
épouſa Nicolas de Quelain
, Conſeiller au Parlement.
Charles LongüeilChevalier
Seigneur de Sevres la Vaudoite
&Cerny , Lieutenant General
des Armées du Roy , épouſa
GALANT. 207
1
Loüife Seguier fille de Pierre
Seguler Seigneur de S. Cyr ,
Confeiller au Parlement , coufine
germaine dePierreSeguier,
Chancelier de France .
د
Ladite Catherine de Montmirail
avoit quatre foeurs
deſquelles Marie- Loüife épou
ſa Michel de Champrond ,
Preſident aux Enqueſtes dont
eſt iſſue Magdelaine de Champrond
épouſe de Meſſire
Philippes de la Tremoüille ,
Marquis de Royan Comte
d'Olonne, Senechal de Poitou,
Anne,épouſede M. de Mauric
Conſeiller d'Etat , donteſt
ali
208 MERCURE
iffuë Loüiſe de Mauric, épouse
deMeffire de Carbonel Marquis
de Canizi ; Loüife de
Montmirail épouſe de Meffire
René de Lhopital Comte de
SainteMeme ; & Anne épouſe
du Marquis de Frenoy , dont
eſt iſſu le Grand Prieur de
Champagne dernier mort-
Nicolas de Longüeil fils de
Charles , Chevalier Seigneur
de Sevres , Grand Prevoſt &
General de Champagne & de
Brie , lequel époufa Deniſe de
la Robertiere fille de Gillesde
laRobertiere Secretaire duRoi,
&de Denife Papillon, dont eſt
iffu
GALANT. 109
-
i
iſfu Charles de Longueil Capi
taineau Regiment dePiemont,
tué en Hollande au paſſage du
Rhin, Macé de Longüeil Chevalier
Seigneur de Sevres, Villaumay
& de la Graffardiere ,
lequel a commandé unBatail
londu Regiment de Piémont ,
& a fervi Sa Majesté des l'âge
de dix- sept ans ,&s'eſt trouvé
dans toutes les occafions ,
tant en Flandre qu'en Allemagne
, ayant efté bleſſé en
: pluſieurs occafions , notamment
au Siege de Limbourg &
de Luxembourg , lequel a
épousé Anne le Braconier de
Octobre 1715 . S
210 MERCURE
laTour fille de Loüis le Braco.
nier Seigneur d'Ancy les Soignes
, prés Metz , fans enfants.
Et Nicolas de Longüeil Seigneur
de Sevres ,Capitaine au
même Regiment de Piemont
lequel n'eſtpoint marié,
e Mefire Pierre Bouchu Che
valjer Seigneur de Pluniers ,
Fontangy , &c. premier Prefident
au Parlement de Dijon ,
mourut lei Aoust 1715 .
fans poſterité , âgé de 72. ans.
Il rempliſſoit cette place avec
beaucoup d'integrité & de
merite depuis 1692. ayant
rempli celle de premierPreGALANT.
211
fident de la Chambre des
Comptes de la même Ville :
il étoit fils de Meflire Jean
Bouchu mort premier Prefi
dent du même Parlement,&
frere de M. de Montholon
Bouchu, ſicur de Leffart Inten.
dant de ladite Ville , pendant
plus de 20 années , pere de
Meffire Eſtienne Bouchu Sicur
de Leffart Conſeiller d'Etat
cy-devant Intendant de Dau-
5 phiné & des Armées d'Italie
pendant un eſpace de temps
pareil àceluyde M. fon pere
& frere de Dom Pierre Bouchu
Abbé deClairvaux, qui quoy:
1
Sij
212 MERCURE
que dans un âge tres avancé
fait exercer la Regle de faint
Bernard à ſes Religieux , &
leur eſt , comme ce Saint ,un
exemple vivant de picté d'o,
boiffance & d'humilité. 313ট
+ Meffire Pierre Louis le Filleul
de la Chapelle ,Archidiacre
de Mande , Deputé l'Afſemblée
du Clergé , pour la
Province d'Albi , mourut le
25 Septembre : il étoit frere
de M.l'Evêque de Vabres.
Dame Louiſe Sandrier, femme
de Meffire Philippes Langlois
, Seigneur dePommerſe,
grand Audiancier de France ,
GALANT. 213
2
!
mourut le 3 , de ce mois. M.
Langlois fon mari eſt frere de
M. Langlois Preſident de la
Chambre des Comptes , dont
je vous parlay dans mon dernier
Journal , à l'occaſion du
mariage de Mademoiselle fa
fille , avec M. de Fourcy Confeiller
au Parlement.
Dame Arine le Goux de la
Berchere , Veuve de Meffire
EmmanueldePellevé,Marquis
du Bourg , tué au paſſage du
Rhin en 1672. mourut le 4.
de ce mois , elle étoit fille de
Pierre le Goux , Seigneur de la
Berchere , P. Prefident du Par
214 MERCURE
lement de Grenoble , & de
Dame Louiſe Jolly de Blaify,
& petite fille de Jean Baptifte
le Goux, Seigneur de la Berchere
, P. Prefident du Parle
ment deBourgogne ,&de Dame
Marguerite Brulart,&elle
étoit fæoeur de Meffire CharlesleGoux
de la Berchere , Archevêque
de Narbonne, &de
MeffireUrbain Pierre le Goux
de la Berchere , Maître des
Requêtes , pere de M. de la
Berchere Chancelier de feu
Monſeigneur le Duc deBerry,
qui a épousé une des filles de
M. Voifin Chancelier de FranGALANC.
215
ce;pour laMaiſon de Pellevé,
de laquelle étoit ſon mari , elle
eſt originaire de Normandie ;
elle n'eſt pas moins confiderable
par ſon anciennetéque par
fes alliances , & elle ſubſiſte
encore dans la perſonne deM
leComte de Flers.
Dame Magdelaine deGrouchy
, veuve de Meffire Louis
Chauvelin , Avocat General
au Parlement , Commandeur
&Grand Treſorier des Or
dres du Roy , dont je vous
appris la mortdans monJournal
du mois d'Aouſt dernier ,
mourutles. de ce mois , laif
216 MERCURE
fant un fils & une fille ; elle
étoit fille de Jean Baptifte René
de Grouchy , Secretaire du
Roy, & de SuzanneHeron .
Meffire Jean André Bouret
Confeiller Clerc au Parlement
où il avoit été reçû le 2. Juin
1706.mourut le9 de ce mois:
il étoit fils d'André Bouret ,
Secretaire du Roy & Payeur
des gages de la Chancellerie.
Meffire Conftantin Heudebert
ſieur du Buiffon , Maître
des Requêteshonoraire, &cidevant
Intendant des Finances
, mourut le onze de ce
mois fans enfans , laiſſant de
Ma- grands biens .
GALANT . 217
i
Mademoiselle Choüart fi
connuë & fi diftinguée dans le
monde par ſon merite & par
l'élevation de fon genie , mourut
le onze de ce mois,elle étoit
d'une trés ancienne nobleſſe .
M. Choüart ſon frere étoit
Capitaine de Galeres , M.
Choüart de Vivier fon coufin
germain étoit Chef d'Eſca
dre, M.Choüart Surintendant
de la Reine Thereſe d'Autri
che , & pere de Madame Dalou
, ci devant Premiere Prefi
dente du Parlement de Bordeaux
, & de M. Buſanval qui
fert dans la Gendarmerie
Octobre 1715 . T
218 MERCURE
étoient de la même Maiſon.
M. des Broffes Choüart étoit
pere de Madame Boiffeleau
femme du Capitaine aux Gardes
, qui fut Gouverneur de
Charleroy. La grand mere de
Mademoiselle Choüart étoit
fille du Preſident Miron , ce
qui lui donne des alliances
avec les Maupcoux , les le Picard
, & preſque toute la Robe.
Mademoiselle Choüart ne
laiſſe qu'un neveu , nommé
M. de S. Gilles , ci devant Lieutenant
aux Gardes , & une niéce
, qui eſt Madame la Comteſſe
d'Hautefort , ci- devant
GALANT. 219
=
!
コ
Madame la Comteſſe de Verthillac.
Mademoiselle Choüart
quidonne lieu à cet article , eſt
morte univerſellement confi
derée®rettée de tous ceux
qui l'ont connue.
Dame Marie Marguerite
Leſtoré, femme deMeffire Armand
Charles de Bonnigalle ,
Maîtredes Comptes , mourut
le 15. Octobre 1715. laiſſant
des enfans.
Dame Helene Catherine de
Gaumont, veuve de Jacques
Jannart , Conſeiller au Grand
Conſeil , mourut le 16. de ce
mois : elle étoit fille d'André
Tij
220 MERCURE
/
de Gaumont , Seigneur da
Sauſſay & de Vaurichard ,
Conſeiller d'Erat , & foeur de
Jean de Gaumont Maître des
Requêtes , & de Marie de
Gaumont femme de Pierre de
Bragelone , Preſident aux Enquêtes
du Parlement de Bretagne.
Le R. P. Nicolas de Male
branche, Prêtre de l'Oratoire,
de l'Académie des Sciences ,
connu par legrand nombre &
par le meritede ſes Ouvrages ,
mourut le 13. de ce mois , age
de foixante dix- huit ans .
GALANT. 205
de dire , maintenant quelque
choſe des morts
t Dans l'article du mois paffé
qui concerne la Maiſon de
Longüeil ,j'ay oublié de vous
dire que κείς ότι Π
M. Jacques de Longüeil
Chevalier Seigneur de Sevres ,
Maiſons,Lavaudoire& Cerny,
fut en grande eftime auprés du
Roy Henry III qui le fit ſon
premier Maiſtre d'Hôtel en
1575. Chevalier del'Ordre en
1577. &Maistredes Comptes
dés la même année. Il époufa
Catherine deMontmirail , fille
de Thierry de Montmirail &
206 MERCURE
deDeniſe de Harlay , de laquelle
il cût un fils unique &
deux filles. L'aînée deſquelles ,
Deniſe de Longüeil épouſa
Lazare de Selve Baron de la
Ferté Alais & de Cromier ,
Preſident és refforts de Mets ,
Toul & Verdun , Chancelier
de Catherine deBourbon Ducheffe
deBar, foeur d'Henri IV.
La cadete Angelique de Longüeil
épouſa Nicolas de Quelain
, Conſeiller au Parlement.
Charles LongüeilChevalier
Seigneur de Sevres la Vaudoite
&Cerny , Lieutenant General
des Armées du Roy , épouſa
GALANT. 207
1
Loüife Seguier fille de Pierre
Seguler Seigneur de S. Cyr ,
Confeiller au Parlement , coufine
germaine dePierreSeguier,
Chancelier de France .
د
Ladite Catherine de Montmirail
avoit quatre foeurs
deſquelles Marie- Loüife épou
ſa Michel de Champrond ,
Preſident aux Enqueſtes dont
eſt iſſue Magdelaine de Champrond
épouſe de Meſſire
Philippes de la Tremoüille ,
Marquis de Royan Comte
d'Olonne, Senechal de Poitou,
Anne,épouſede M. de Mauric
Conſeiller d'Etat , donteſt
ali
208 MERCURE
iffuë Loüiſe de Mauric, épouse
deMeffire de Carbonel Marquis
de Canizi ; Loüife de
Montmirail épouſe de Meffire
René de Lhopital Comte de
SainteMeme ; & Anne épouſe
du Marquis de Frenoy , dont
eſt iſſu le Grand Prieur de
Champagne dernier mort-
Nicolas de Longüeil fils de
Charles , Chevalier Seigneur
de Sevres , Grand Prevoſt &
General de Champagne & de
Brie , lequel époufa Deniſe de
la Robertiere fille de Gillesde
laRobertiere Secretaire duRoi,
&de Denife Papillon, dont eſt
iffu
GALANT. 109
-
i
iſfu Charles de Longueil Capi
taineau Regiment dePiemont,
tué en Hollande au paſſage du
Rhin, Macé de Longüeil Chevalier
Seigneur de Sevres, Villaumay
& de la Graffardiere ,
lequel a commandé unBatail
londu Regiment de Piémont ,
& a fervi Sa Majesté des l'âge
de dix- sept ans ,&s'eſt trouvé
dans toutes les occafions ,
tant en Flandre qu'en Allemagne
, ayant efté bleſſé en
: pluſieurs occafions , notamment
au Siege de Limbourg &
de Luxembourg , lequel a
épousé Anne le Braconier de
Octobre 1715 . S
210 MERCURE
laTour fille de Loüis le Braco.
nier Seigneur d'Ancy les Soignes
, prés Metz , fans enfants.
Et Nicolas de Longüeil Seigneur
de Sevres ,Capitaine au
même Regiment de Piemont
lequel n'eſtpoint marié,
e Mefire Pierre Bouchu Che
valjer Seigneur de Pluniers ,
Fontangy , &c. premier Prefident
au Parlement de Dijon ,
mourut lei Aoust 1715 .
fans poſterité , âgé de 72. ans.
Il rempliſſoit cette place avec
beaucoup d'integrité & de
merite depuis 1692. ayant
rempli celle de premierPreGALANT.
211
fident de la Chambre des
Comptes de la même Ville :
il étoit fils de Meflire Jean
Bouchu mort premier Prefi
dent du même Parlement,&
frere de M. de Montholon
Bouchu, ſicur de Leffart Inten.
dant de ladite Ville , pendant
plus de 20 années , pere de
Meffire Eſtienne Bouchu Sicur
de Leffart Conſeiller d'Etat
cy-devant Intendant de Dau-
5 phiné & des Armées d'Italie
pendant un eſpace de temps
pareil àceluyde M. fon pere
& frere de Dom Pierre Bouchu
Abbé deClairvaux, qui quoy:
1
Sij
212 MERCURE
que dans un âge tres avancé
fait exercer la Regle de faint
Bernard à ſes Religieux , &
leur eſt , comme ce Saint ,un
exemple vivant de picté d'o,
boiffance & d'humilité. 313ট
+ Meffire Pierre Louis le Filleul
de la Chapelle ,Archidiacre
de Mande , Deputé l'Afſemblée
du Clergé , pour la
Province d'Albi , mourut le
25 Septembre : il étoit frere
de M.l'Evêque de Vabres.
Dame Louiſe Sandrier, femme
de Meffire Philippes Langlois
, Seigneur dePommerſe,
grand Audiancier de France ,
GALANT. 213
2
!
mourut le 3 , de ce mois. M.
Langlois fon mari eſt frere de
M. Langlois Preſident de la
Chambre des Comptes , dont
je vous parlay dans mon dernier
Journal , à l'occaſion du
mariage de Mademoiselle fa
fille , avec M. de Fourcy Confeiller
au Parlement.
Dame Arine le Goux de la
Berchere , Veuve de Meffire
EmmanueldePellevé,Marquis
du Bourg , tué au paſſage du
Rhin en 1672. mourut le 4.
de ce mois , elle étoit fille de
Pierre le Goux , Seigneur de la
Berchere , P. Prefident du Par
214 MERCURE
lement de Grenoble , & de
Dame Louiſe Jolly de Blaify,
& petite fille de Jean Baptifte
le Goux, Seigneur de la Berchere
, P. Prefident du Parle
ment deBourgogne ,&de Dame
Marguerite Brulart,&elle
étoit fæoeur de Meffire CharlesleGoux
de la Berchere , Archevêque
de Narbonne, &de
MeffireUrbain Pierre le Goux
de la Berchere , Maître des
Requêtes , pere de M. de la
Berchere Chancelier de feu
Monſeigneur le Duc deBerry,
qui a épousé une des filles de
M. Voifin Chancelier de FranGALANC.
215
ce;pour laMaiſon de Pellevé,
de laquelle étoit ſon mari , elle
eſt originaire de Normandie ;
elle n'eſt pas moins confiderable
par ſon anciennetéque par
fes alliances , & elle ſubſiſte
encore dans la perſonne deM
leComte de Flers.
Dame Magdelaine deGrouchy
, veuve de Meffire Louis
Chauvelin , Avocat General
au Parlement , Commandeur
&Grand Treſorier des Or
dres du Roy , dont je vous
appris la mortdans monJournal
du mois d'Aouſt dernier ,
mourutles. de ce mois , laif
216 MERCURE
fant un fils & une fille ; elle
étoit fille de Jean Baptifte René
de Grouchy , Secretaire du
Roy, & de SuzanneHeron .
Meffire Jean André Bouret
Confeiller Clerc au Parlement
où il avoit été reçû le 2. Juin
1706.mourut le9 de ce mois:
il étoit fils d'André Bouret ,
Secretaire du Roy & Payeur
des gages de la Chancellerie.
Meffire Conftantin Heudebert
ſieur du Buiffon , Maître
des Requêteshonoraire, &cidevant
Intendant des Finances
, mourut le onze de ce
mois fans enfans , laiſſant de
Ma- grands biens .
GALANT . 217
i
Mademoiselle Choüart fi
connuë & fi diftinguée dans le
monde par ſon merite & par
l'élevation de fon genie , mourut
le onze de ce mois,elle étoit
d'une trés ancienne nobleſſe .
M. Choüart ſon frere étoit
Capitaine de Galeres , M.
Choüart de Vivier fon coufin
germain étoit Chef d'Eſca
dre, M.Choüart Surintendant
de la Reine Thereſe d'Autri
che , & pere de Madame Dalou
, ci devant Premiere Prefi
dente du Parlement de Bordeaux
, & de M. Buſanval qui
fert dans la Gendarmerie
Octobre 1715 . T
218 MERCURE
étoient de la même Maiſon.
M. des Broffes Choüart étoit
pere de Madame Boiffeleau
femme du Capitaine aux Gardes
, qui fut Gouverneur de
Charleroy. La grand mere de
Mademoiselle Choüart étoit
fille du Preſident Miron , ce
qui lui donne des alliances
avec les Maupcoux , les le Picard
, & preſque toute la Robe.
Mademoiselle Choüart ne
laiſſe qu'un neveu , nommé
M. de S. Gilles , ci devant Lieutenant
aux Gardes , & une niéce
, qui eſt Madame la Comteſſe
d'Hautefort , ci- devant
GALANT. 219
=
!
コ
Madame la Comteſſe de Verthillac.
Mademoiselle Choüart
quidonne lieu à cet article , eſt
morte univerſellement confi
derée®rettée de tous ceux
qui l'ont connue.
Dame Marie Marguerite
Leſtoré, femme deMeffire Armand
Charles de Bonnigalle ,
Maîtredes Comptes , mourut
le 15. Octobre 1715. laiſſant
des enfans.
Dame Helene Catherine de
Gaumont, veuve de Jacques
Jannart , Conſeiller au Grand
Conſeil , mourut le 16. de ce
mois : elle étoit fille d'André
Tij
220 MERCURE
/
de Gaumont , Seigneur da
Sauſſay & de Vaurichard ,
Conſeiller d'Erat , & foeur de
Jean de Gaumont Maître des
Requêtes , & de Marie de
Gaumont femme de Pierre de
Bragelone , Preſident aux Enquêtes
du Parlement de Bretagne.
Le R. P. Nicolas de Male
branche, Prêtre de l'Oratoire,
de l'Académie des Sciences ,
connu par legrand nombre &
par le meritede ſes Ouvrages ,
mourut le 13. de ce mois , age
de foixante dix- huit ans .
Fermer
447
p. 242-251
Ceremonie faite à S. Denis le jour de l'inhumation de Loüis XIV. [titre d'après la table]
Début :
Le 23. à dix heures & demie S. A R. Monseigneur le Duc [...]
Mots clefs :
Duc d'Orléans, Cérémonie, Louis XIV, Caveau, Gardes, Clergé, Écuyer, Cour, Duc, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ceremonie faite à S. Denis le jour de l'inhumation de Loüis XIV. [titre d'après la table]
Le 23. à dix heures&demie
S. A. R. Monſeigneur le Duc
d'Orleans , accompagné de
Monfieur le Duc , de Monfieur
le Comte de Charolois ,
ſe rendic dans le Choeur de
l'Egliſe de S. Denis , où l'on
avoit dreſſe un fuperbeMauſolée,
dontil ſera facile de ſçavoir
ladeſcription au long dansle
Journal queje vais vous donner.
Le Clergé de France s'y
étoit rendu auparavant,de mêmeque
le Parlement,laChambredesComptes,
Cour desAy
GALANT. 243
des,Courdes Monnoyes, Univerſité&
la Ville. Le Service
commença , M. le Cardinal
de Rohan Grand Aumônier
de France fit l'Office , aſſiſté
des Evêques deSeez , d'Auxer.
re , de Beauvais & d'Angers ;
aprés l'Evangile Monſeigneur
le Duc d'Orleans precedé des
Herauts &Roy d'Armes , accompagné
du Grand Maître
des Ceremonies , alla à l'Offrande
, fitune reverence à la
repreſentation ou Mauſolée ,
au Clergé , aux Princes da
Sang , aux Ambaſſfadeurs , au
Parlement , Cour des Aydes ,
X ij
244 MERCUR
د
&c. Les autres deux Princes
allerent à l'Offrande aprésluy
&firentlesmêmes reverences :
enſuite M. l'Evêque de Caſtres
monta en Chaire & fit l'Oraifon
Funebre , & fit voir que le
Roy avoit été un ſpectacle de
felicité un ſpectacle de ſageffe
, & un ſpectacle de
Religion. Ce Prelat fut applaudi
, on continua la Meſſe ,
à la fin de laquelle M. le Cardinal
de Rohan & les quatre
Evêques aſſiſtants allerent auprés
duMauſolée faire les ab-
Toutes : & quand elles furent
finies ils vinrent s'affeoir à la
porte du caveau : pour lors les
GALANT. 245
Gardes du Corps en manteaux
noirs & capuchons, tirerent le
capuchons
cercuëil duMauſolée, pour le
porter au caveau , aprés avoir
mis deſſus un poële d'unemoire
d'argent , brodé d'or, fourré
d'herminés, dont les quatre
coins furent portez par le Premier
Preſident & trois autres .
Preſidents à Mortier en Robes
rouges& hermines : qua
tre Gardes de la Manche mar
choient avec leurs pertuifanes
& leurs cottes brodées
d'or & un capuchon noir aux
quatre côtez . Quand on eut
mis le corps du Roy dans le
caveau , M. le Marquis de
246 MERCURE
Dreux Grand Maître des Ceremonies
cria tout haut : Herauts
d'Armes de France , fai.
tes vos charges : ils marcherent
au nombre de douze , &
jetterent leurs bâtons & leurs
Dalmatiques dans le caveau :
enfuite M. le Grand Maître
appella tout haut M. de Courtenvaux
Capitaine de la Compagnie
des cent Suiſſes , faites
vôtre charge , portez l'enſeigne
, il vint en manteau noir
l'enſeigne couverte d'un cré .
pe , qu'il poſa dans l'entrée du
caveau : pour lors un des Herauts
prit la lifte & appella M.
GALANT. 247
le Duc de Charoſt, Capitaine
d'une des Compagnies des
Gardes du Corps , faites vôtre
charge , portez l'enſeigne; M.
le Duc de Villeroy :Capitaine
d'une des Compagnies des
Gardes du Gorps , faites vô .
tre charge, portezl'enſeigne ;
M. de Baliviere Lieutenant de
la premiere Compagnie des
Gardes duCorps ,tranfmis à
l'absence de M le Maréchal
d'Harcourt , faites vôtre charge,
portez l'enſeigne ; M. le
Duc de Noailles Capitaine de
la Compagnie Ecoffoife, faites
vôtreCharge , portez l'enſei-
XXiiiij
248 MERCURE
gne ; M. le Duc de la Tremoille
faiſant l'office de grand
maître& chefdu convoi , fut
ainſiappellé; M. l'Ecuyer tranchant
fat auſſi appellé ; M de
Momor premier Ecuyer du
Roi,portez les éperons; M. du
Sanfoy Ecuyer du Roy, portez
l'écu ; M... portez les gantelets;
M... portez leheaume ou
caſque ; M. le Grand Ecuyer
de France,portezl'épée roya .
le ; M. le Grand Chambellan,
portez la cotte d'armes ; M.le
Duc de Briffac , portez le paneau
; M.le Duc de Luines ,
portez le Sceptre ; M. le Duc
GALANT. 249
d'Ufés , portez la Couronnei
Enſuite le Heraut cria trois
fois le Roy eſt mort, & un
moment aprés , vive le Roy ,
trois fois : les timbales , trompettes
, hautbois , tambours
qui étoient dans la nefſe firent
entendre ; il cria encore vive
Louis XV. Roy de France
& de Navarre ; & la ceremonie
finie à cinq heures ,
on alla dîner. Il y avoit quatorze
cent couverts , foixante
pour le Clergé , quatre- vingt
deux pour le Parlement ; tout
fut ſervi avec beaucoup d'ordre
par fix cent Suiffes , &
250 MERCURE
)
toutes les tables furent remphes
de mets exquis.
Voici l'ordre comme on
étoit placé. LeClergé dans le
Sanctuaire à la droite, les Ambaſſadeurs
à la gauche , Mon,
ſeigneur le Ducd'Orleans dans
les formes , fuivi des Princes
& des Ducs : le Duc d'Ufés
comme le premier étoit aprés
M. de Charolois , aprés les
Dacs , la Chambre des Com
ptes ſur la gauche , le Parle,
ment , la Cour des Aydes , la
Cour des Monnoyes , & l'Univerſité
ſur des bancs.
GALANT. 251
On aura , comme je viens
de vous ledire , un détail exact
de cette ceremonie , dans la
Relation qui va paroître.
S. A. R. Monſeigneur le Duc
d'Orleans , accompagné de
Monfieur le Duc , de Monfieur
le Comte de Charolois ,
ſe rendic dans le Choeur de
l'Egliſe de S. Denis , où l'on
avoit dreſſe un fuperbeMauſolée,
dontil ſera facile de ſçavoir
ladeſcription au long dansle
Journal queje vais vous donner.
Le Clergé de France s'y
étoit rendu auparavant,de mêmeque
le Parlement,laChambredesComptes,
Cour desAy
GALANT. 243
des,Courdes Monnoyes, Univerſité&
la Ville. Le Service
commença , M. le Cardinal
de Rohan Grand Aumônier
de France fit l'Office , aſſiſté
des Evêques deSeez , d'Auxer.
re , de Beauvais & d'Angers ;
aprés l'Evangile Monſeigneur
le Duc d'Orleans precedé des
Herauts &Roy d'Armes , accompagné
du Grand Maître
des Ceremonies , alla à l'Offrande
, fitune reverence à la
repreſentation ou Mauſolée ,
au Clergé , aux Princes da
Sang , aux Ambaſſfadeurs , au
Parlement , Cour des Aydes ,
X ij
244 MERCUR
د
&c. Les autres deux Princes
allerent à l'Offrande aprésluy
&firentlesmêmes reverences :
enſuite M. l'Evêque de Caſtres
monta en Chaire & fit l'Oraifon
Funebre , & fit voir que le
Roy avoit été un ſpectacle de
felicité un ſpectacle de ſageffe
, & un ſpectacle de
Religion. Ce Prelat fut applaudi
, on continua la Meſſe ,
à la fin de laquelle M. le Cardinal
de Rohan & les quatre
Evêques aſſiſtants allerent auprés
duMauſolée faire les ab-
Toutes : & quand elles furent
finies ils vinrent s'affeoir à la
porte du caveau : pour lors les
GALANT. 245
Gardes du Corps en manteaux
noirs & capuchons, tirerent le
capuchons
cercuëil duMauſolée, pour le
porter au caveau , aprés avoir
mis deſſus un poële d'unemoire
d'argent , brodé d'or, fourré
d'herminés, dont les quatre
coins furent portez par le Premier
Preſident & trois autres .
Preſidents à Mortier en Robes
rouges& hermines : qua
tre Gardes de la Manche mar
choient avec leurs pertuifanes
& leurs cottes brodées
d'or & un capuchon noir aux
quatre côtez . Quand on eut
mis le corps du Roy dans le
caveau , M. le Marquis de
246 MERCURE
Dreux Grand Maître des Ceremonies
cria tout haut : Herauts
d'Armes de France , fai.
tes vos charges : ils marcherent
au nombre de douze , &
jetterent leurs bâtons & leurs
Dalmatiques dans le caveau :
enfuite M. le Grand Maître
appella tout haut M. de Courtenvaux
Capitaine de la Compagnie
des cent Suiſſes , faites
vôtre charge , portez l'enſeigne
, il vint en manteau noir
l'enſeigne couverte d'un cré .
pe , qu'il poſa dans l'entrée du
caveau : pour lors un des Herauts
prit la lifte & appella M.
GALANT. 247
le Duc de Charoſt, Capitaine
d'une des Compagnies des
Gardes du Corps , faites vôtre
charge , portez l'enſeigne; M.
le Duc de Villeroy :Capitaine
d'une des Compagnies des
Gardes du Gorps , faites vô .
tre charge, portezl'enſeigne ;
M. de Baliviere Lieutenant de
la premiere Compagnie des
Gardes duCorps ,tranfmis à
l'absence de M le Maréchal
d'Harcourt , faites vôtre charge,
portez l'enſeigne ; M. le
Duc de Noailles Capitaine de
la Compagnie Ecoffoife, faites
vôtreCharge , portez l'enſei-
XXiiiij
248 MERCURE
gne ; M. le Duc de la Tremoille
faiſant l'office de grand
maître& chefdu convoi , fut
ainſiappellé; M. l'Ecuyer tranchant
fat auſſi appellé ; M de
Momor premier Ecuyer du
Roi,portez les éperons; M. du
Sanfoy Ecuyer du Roy, portez
l'écu ; M... portez les gantelets;
M... portez leheaume ou
caſque ; M. le Grand Ecuyer
de France,portezl'épée roya .
le ; M. le Grand Chambellan,
portez la cotte d'armes ; M.le
Duc de Briffac , portez le paneau
; M.le Duc de Luines ,
portez le Sceptre ; M. le Duc
GALANT. 249
d'Ufés , portez la Couronnei
Enſuite le Heraut cria trois
fois le Roy eſt mort, & un
moment aprés , vive le Roy ,
trois fois : les timbales , trompettes
, hautbois , tambours
qui étoient dans la nefſe firent
entendre ; il cria encore vive
Louis XV. Roy de France
& de Navarre ; & la ceremonie
finie à cinq heures ,
on alla dîner. Il y avoit quatorze
cent couverts , foixante
pour le Clergé , quatre- vingt
deux pour le Parlement ; tout
fut ſervi avec beaucoup d'ordre
par fix cent Suiffes , &
250 MERCURE
)
toutes les tables furent remphes
de mets exquis.
Voici l'ordre comme on
étoit placé. LeClergé dans le
Sanctuaire à la droite, les Ambaſſadeurs
à la gauche , Mon,
ſeigneur le Ducd'Orleans dans
les formes , fuivi des Princes
& des Ducs : le Duc d'Ufés
comme le premier étoit aprés
M. de Charolois , aprés les
Dacs , la Chambre des Com
ptes ſur la gauche , le Parle,
ment , la Cour des Aydes , la
Cour des Monnoyes , & l'Univerſité
ſur des bancs.
GALANT. 251
On aura , comme je viens
de vous ledire , un détail exact
de cette ceremonie , dans la
Relation qui va paroître.
Fermer
448
p. 252-260
ODE A Messieurs de l'Académie Françoise, prononcée dans l'Académie le jour de la distribution des Prix. Par M. ROY.
Début :
Quel jour ! mon bonheur m'étonne [...]
Mots clefs :
Académie française, Gloire, Dieux, Roi, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE A Messieurs de l'Académie Françoise, prononcée dans l'Académie le jour de la distribution des Prix. Par M. ROY.
ODE
A Meſſieurs de l'Académie
Françoile , prononcée dans
l'Académie le jour de la
diſtribution des Prix.
Par M. ROY.
Quel jour! mon bonheur m'é-
•tonne
L'espoir m'en paroiffoit vain.
Quoy! Minerve me couronne
Del'une ,&de l'autre main.
Voicy le champ de la gloire
GALANT. 253
Oùjadis une victoire
elles:
Marqua mes premiers eſſais. *
Minerve tu m'y rappelles :
Dans tes Annales fidelles
Efcri mes nouveaux fuccez.
Attens .. Il est unfilence
Enfant d'un orgueil ingrat.
Laiffe ma reconnoiſſance
Se monstrer avec éclat.
MesJuges furent mes guides ;
Déslongtems mesyeux avides
S'ouvrirentfur leurs Efcrits :
* Prix d'Eloquence en 1711 .
254 MERCURE
FaySurpris quelque éuncelle
De la lumiere immortelle ,
Qu'ils verfent dans les efprits.
ॐ
L'Eloquence à Demosthenes
Mitles foudres à la main ,
Elle tranſporta d'Athenes
Son throne chez le Romain.
Mais la Raifon ny les Graces
Neſuivirent pointſes traces
Cheznos rustiques ayeux :
Elleyparut derangée
Ou trop nue,ou trop chargée,
D'un fard qui bleſſoit lesyeux.
GALANT. 255
Quels nobles Efprits oferent
Luyprefenter lemiroir ?
Tousfes défauts s'éclipferent ,
Si toft qu'elle putles voir
La voix d'ARMAND
qu'elle implore
Ou rassemble , oufait éclore
Des Demofthenes nouveaux:
L'Art de parler,&d'écrire
Devint digne de l'Empire
Aggrandi parſes travaux.
AuxVertus,chafteEloquence,
Donned'illuftres amants
Touche,plais,àta puiſſance
256 MERCURE
Joins defacrez ornements.
Que les Cieux t'en applaudißent;
Quede tes foins retentißent
Les Thrones les Autels :
Rend nous les divins oracles ,
Ou nous vante les miracles
D'unRoy, l'honneur des mortels.
Mais la Muſe de lalyre ,
Qui des chants donne le prix ,
S'offre àmesyeux , &m'attire
Aux pieds de ſes favoris.
Enchantereße nouvelle
Parquel art évoque- telle
Les premiers fils d' Apollon ?
Icy
GALANT. 257
Icy reparoist Catulle ;
Pindare , Horace , Tibulle
N'ontfait que changer de nom.
C'est l'Auguste de la Seine
Qu'ils celebrent. Quels accords!
Autour d'eux plus d'un Mecene
Eſchauffe encor leurs tranſports.
Je vois ceux , que la naiſſance ,
La dignité,la puiſſance
Approchent de ſes regards :
Je vois ceux,qui dans la guerre ,
Firentà toute la Terre
Respecterſes Etendards.
Octobre 1715 . Y
158 MERCURE
Zele ardent , inépuisable !
Tribut qu'on doit aux bons Rois
Ace concert refpectable
On invite d'autres voix.
Fobéïs ... Paix renaiſſante
C'est ta Feste que je chante ,
Quelpouvoir brifa tes fers ?
Répons ,nomme en aßeurance
Le Bienfaicteur de la France ,
Et celuy de l'Univers.
C'est lay.Voilàson image
Quels traits ! quelleMajesté!
Que j'aime ce fier courage
Temperéparlabonté!
1
GALANT. 259
Autrefois , vainqueur rapide ,
Infatigable, intrepide ,
C'étoit Achille à nosyeux :
C'est Neftor,dont la vicilleſſe
N'est qu'une longue jeuneße ,
Egate à celle des Dieux.
Qu'ay-je dit ? Icy mon zele
Defoibles couleurs le peint.
LOUIS prend pourfon modele
Deſes ayeux le plus faint. *
Rois de noftrefang avares ,
deux, des duels barbares
4
Tous
* S. Louis.
Y ij
260 MERCURE
Defarmerent lafureur.
De leur peuple tendres Peres
Dela Foy vangeursfeveres
Tous deux chaßerent l'erreur.
3
Princes , mes Dieux tutelaires
Vos Portraitsfont mes threſors : *
Et desfignesfalutaires
Pour enbardir mes efforts.
Unjour..mais l'ofay je croire,
Que desFuges de la gloire
Vous m'attiriez les regards ?
Ainsi Romefortunée
Attachoitsa destinée
Aux Images des Cefars.
*Medailles du Roy &de S. Loüis.
A Meſſieurs de l'Académie
Françoile , prononcée dans
l'Académie le jour de la
diſtribution des Prix.
Par M. ROY.
Quel jour! mon bonheur m'é-
•tonne
L'espoir m'en paroiffoit vain.
Quoy! Minerve me couronne
Del'une ,&de l'autre main.
Voicy le champ de la gloire
GALANT. 253
Oùjadis une victoire
elles:
Marqua mes premiers eſſais. *
Minerve tu m'y rappelles :
Dans tes Annales fidelles
Efcri mes nouveaux fuccez.
Attens .. Il est unfilence
Enfant d'un orgueil ingrat.
Laiffe ma reconnoiſſance
Se monstrer avec éclat.
MesJuges furent mes guides ;
Déslongtems mesyeux avides
S'ouvrirentfur leurs Efcrits :
* Prix d'Eloquence en 1711 .
254 MERCURE
FaySurpris quelque éuncelle
De la lumiere immortelle ,
Qu'ils verfent dans les efprits.
ॐ
L'Eloquence à Demosthenes
Mitles foudres à la main ,
Elle tranſporta d'Athenes
Son throne chez le Romain.
Mais la Raifon ny les Graces
Neſuivirent pointſes traces
Cheznos rustiques ayeux :
Elleyparut derangée
Ou trop nue,ou trop chargée,
D'un fard qui bleſſoit lesyeux.
GALANT. 255
Quels nobles Efprits oferent
Luyprefenter lemiroir ?
Tousfes défauts s'éclipferent ,
Si toft qu'elle putles voir
La voix d'ARMAND
qu'elle implore
Ou rassemble , oufait éclore
Des Demofthenes nouveaux:
L'Art de parler,&d'écrire
Devint digne de l'Empire
Aggrandi parſes travaux.
AuxVertus,chafteEloquence,
Donned'illuftres amants
Touche,plais,àta puiſſance
256 MERCURE
Joins defacrez ornements.
Que les Cieux t'en applaudißent;
Quede tes foins retentißent
Les Thrones les Autels :
Rend nous les divins oracles ,
Ou nous vante les miracles
D'unRoy, l'honneur des mortels.
Mais la Muſe de lalyre ,
Qui des chants donne le prix ,
S'offre àmesyeux , &m'attire
Aux pieds de ſes favoris.
Enchantereße nouvelle
Parquel art évoque- telle
Les premiers fils d' Apollon ?
Icy
GALANT. 257
Icy reparoist Catulle ;
Pindare , Horace , Tibulle
N'ontfait que changer de nom.
C'est l'Auguste de la Seine
Qu'ils celebrent. Quels accords!
Autour d'eux plus d'un Mecene
Eſchauffe encor leurs tranſports.
Je vois ceux , que la naiſſance ,
La dignité,la puiſſance
Approchent de ſes regards :
Je vois ceux,qui dans la guerre ,
Firentà toute la Terre
Respecterſes Etendards.
Octobre 1715 . Y
158 MERCURE
Zele ardent , inépuisable !
Tribut qu'on doit aux bons Rois
Ace concert refpectable
On invite d'autres voix.
Fobéïs ... Paix renaiſſante
C'est ta Feste que je chante ,
Quelpouvoir brifa tes fers ?
Répons ,nomme en aßeurance
Le Bienfaicteur de la France ,
Et celuy de l'Univers.
C'est lay.Voilàson image
Quels traits ! quelleMajesté!
Que j'aime ce fier courage
Temperéparlabonté!
1
GALANT. 259
Autrefois , vainqueur rapide ,
Infatigable, intrepide ,
C'étoit Achille à nosyeux :
C'est Neftor,dont la vicilleſſe
N'est qu'une longue jeuneße ,
Egate à celle des Dieux.
Qu'ay-je dit ? Icy mon zele
Defoibles couleurs le peint.
LOUIS prend pourfon modele
Deſes ayeux le plus faint. *
Rois de noftrefang avares ,
deux, des duels barbares
4
Tous
* S. Louis.
Y ij
260 MERCURE
Defarmerent lafureur.
De leur peuple tendres Peres
Dela Foy vangeursfeveres
Tous deux chaßerent l'erreur.
3
Princes , mes Dieux tutelaires
Vos Portraitsfont mes threſors : *
Et desfignesfalutaires
Pour enbardir mes efforts.
Unjour..mais l'ofay je croire,
Que desFuges de la gloire
Vous m'attiriez les regards ?
Ainsi Romefortunée
Attachoitsa destinée
Aux Images des Cefars.
*Medailles du Roy &de S. Loüis.
Fermer
449
p. 5-13
ODE Sur les avantages de la Paix, & l'obligation que nous avons au Roy de nous l'avoir procurée.
Début :
Quel attrait pour toucher ma Lyre [...]
Mots clefs :
Roi, Paix, Terre, Vertus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE Sur les avantages de la Paix, & l'obligation que nous avons au Roy de nous l'avoir procurée.
O DE
Sur les avantages de la Paix ,
& l'obligation que nous
avons au Roy de nous l'a
voir procurée.
Quel attrait pour toucher ma
Lyre
Aimable
Paix je te
revoy
Et ton retour dans cet empire
Remplit
les deflins
de mon Roy.
A iij
6 MERCURE
Que tu dois nous paroistre belle
Lors
que d'une gloire nouvelle
Tu couvres ce Roy genereux :
A quelque prix que de laguerre.
Taprefence affianchift la terre
Tu meriterois tous nos voeux.
Dés
que la Difcorde inhumaine
LOV
Arallumé les feux de Mars ,
Quelle affreufe & tragique Scene
S'offre à mesyeux de toutes parts.
Je voy des campagnes détruites ,
DesVilles en cendre réduites ,
Des tas de cadavres fanglants ;
Les Arts , les Sciences languiffent
Les Vertus & les Loixgemiffent,
GALANT. 7
Et les Trônesfont chancelants.
Les Nation, s'entre- détruiſent
Leurrage égale leur terreur ,
Leurs champs font déferts ou
s'épuifent
Pour nourrir l'avidefureur.
La focieté qui leur refte
N'eftplus qu'un commercefuncfte
De pleurs , de meurtres , de débris :
Leurs biens , leur éclat , leurpuiffance
De l'orguëil & de la vengeance
Sont ou l'inftrument ou le prix .
Tu diffipes tous ces orages
Amj
8 MERCURE
Douce Paix , mere des plaifirs
Tu repares tous nos naufrages ,
Tu combles nos plus chers defirs ;
Sous tonRegne tout rit, tout brille,
Ainfi qu'unefeulefamille
Tu réunis tous les humains :
Les feuls combats où l'induſtrie
Triomphe des maux de la vie
Deformais exercent nos mains .
Par toy le feul efpoir réveille
Le Laboureur dans nos hameaux,
Sans crainte le Berger fommeille
Tandis quepaiffentfes troupeaux,
La terre avec plaifir féconde
S'empreffe à prodiguer au monde
Ses dons chaque jour renaiaiffants :
GALANT.
Trop heureufe que fa richeſſe
Soit de plaifir & de tendreffe
Un lien entre fes enfants.
O gloire pure e legitime
·Des Heros amis des mortels ,
Vous à qui feule noftre estime
Doit de l'encens & des Autels.
Le peuple , les Princes , les fages
Vous donnent icy leurs fuffrages
Plus contents encor qu'éblouis ;
La Paix qui finit nos allarmes
Etale en ce jour tous vos charmes
Dans l'éclat dont brille Louis .
Ce font fes vertus & fon zele
Superieurs même aux revers ,
10 MERCURE
Par qui la Difcorde cruelle
Eft rentrée au fein des enfers.
Son coeur par un effort fuprême
A vaincu fa fortune même
Et celle de fes ennemis
(
Et ce grand Roy comblé de gloire
Parfafagiffe & la Victoire
Les force d'eftre fes amis .
C'est ainsi que Dieu récompenfe
Ce Heros qui dansfes projets
A fes enfants , à fa puißance
Ofoit préferer fes fujets .
Sur fon fangfeul & fur fa tête
Sa main attirant la tempête
Se plaifoit à nous mettre au Port.
GALANT **
Non quelque ardeur qui nous
anime
Nos voix d'un ton affez fublime
Ne pourroient chanter cet effort.
Mais ta deftinée éclatante
a
Louis doit fuffire à ton coeur,
Ton peuple au gré de fon attente
Te revoit pa fible & vainqueur,
Tu n'as point perdu l'avantage
Qu'un Regne glorieux &fage
Te donneur fur les plus grands
Rois,
La terre encor furpriſe admire
Et tes vertus & ton empire
Et ton bonheur & tes exploits.
Tel eft l'agréable partage
12 MERCURE
Que dans fesfruits t'offre laPaix,
Tu vois fur le Throne du Tage
Ton fang affermy pourjamais ,"
L'H- refie impie & perfide
De tes malheurs toujours avide
Contre toy n'efpere plus rien
Du couchant jufques à l'aurore,
Des Etats la France eft encore
Lepluspu fant, leplus Chrêtien.
Otium è tanto fubitum tumultu
quis Deus fecit . Sen.
Trag.
PRIERE POUR LE ROY.
Conferve nous Louis , prolonge
fa carriere,
GALANT. 1
Dien tout puẞant la terre
entiere ,
Prend part aux voeux que je te
fais ,
Elle doit trop cherir un Roy jufte
A Ver modifte I
Dont le pouvoir propice & fécond
en bien-faits 150
Ainfi que ton pouvoir celefte
Dans fon éclat vainqueur n'enfante
que la Paix.
Sur les avantages de la Paix ,
& l'obligation que nous
avons au Roy de nous l'a
voir procurée.
Quel attrait pour toucher ma
Lyre
Aimable
Paix je te
revoy
Et ton retour dans cet empire
Remplit
les deflins
de mon Roy.
A iij
6 MERCURE
Que tu dois nous paroistre belle
Lors
que d'une gloire nouvelle
Tu couvres ce Roy genereux :
A quelque prix que de laguerre.
Taprefence affianchift la terre
Tu meriterois tous nos voeux.
Dés
que la Difcorde inhumaine
LOV
Arallumé les feux de Mars ,
Quelle affreufe & tragique Scene
S'offre à mesyeux de toutes parts.
Je voy des campagnes détruites ,
DesVilles en cendre réduites ,
Des tas de cadavres fanglants ;
Les Arts , les Sciences languiffent
Les Vertus & les Loixgemiffent,
GALANT. 7
Et les Trônesfont chancelants.
Les Nation, s'entre- détruiſent
Leurrage égale leur terreur ,
Leurs champs font déferts ou
s'épuifent
Pour nourrir l'avidefureur.
La focieté qui leur refte
N'eftplus qu'un commercefuncfte
De pleurs , de meurtres , de débris :
Leurs biens , leur éclat , leurpuiffance
De l'orguëil & de la vengeance
Sont ou l'inftrument ou le prix .
Tu diffipes tous ces orages
Amj
8 MERCURE
Douce Paix , mere des plaifirs
Tu repares tous nos naufrages ,
Tu combles nos plus chers defirs ;
Sous tonRegne tout rit, tout brille,
Ainfi qu'unefeulefamille
Tu réunis tous les humains :
Les feuls combats où l'induſtrie
Triomphe des maux de la vie
Deformais exercent nos mains .
Par toy le feul efpoir réveille
Le Laboureur dans nos hameaux,
Sans crainte le Berger fommeille
Tandis quepaiffentfes troupeaux,
La terre avec plaifir féconde
S'empreffe à prodiguer au monde
Ses dons chaque jour renaiaiffants :
GALANT.
Trop heureufe que fa richeſſe
Soit de plaifir & de tendreffe
Un lien entre fes enfants.
O gloire pure e legitime
·Des Heros amis des mortels ,
Vous à qui feule noftre estime
Doit de l'encens & des Autels.
Le peuple , les Princes , les fages
Vous donnent icy leurs fuffrages
Plus contents encor qu'éblouis ;
La Paix qui finit nos allarmes
Etale en ce jour tous vos charmes
Dans l'éclat dont brille Louis .
Ce font fes vertus & fon zele
Superieurs même aux revers ,
10 MERCURE
Par qui la Difcorde cruelle
Eft rentrée au fein des enfers.
Son coeur par un effort fuprême
A vaincu fa fortune même
Et celle de fes ennemis
(
Et ce grand Roy comblé de gloire
Parfafagiffe & la Victoire
Les force d'eftre fes amis .
C'est ainsi que Dieu récompenfe
Ce Heros qui dansfes projets
A fes enfants , à fa puißance
Ofoit préferer fes fujets .
Sur fon fangfeul & fur fa tête
Sa main attirant la tempête
Se plaifoit à nous mettre au Port.
GALANT **
Non quelque ardeur qui nous
anime
Nos voix d'un ton affez fublime
Ne pourroient chanter cet effort.
Mais ta deftinée éclatante
a
Louis doit fuffire à ton coeur,
Ton peuple au gré de fon attente
Te revoit pa fible & vainqueur,
Tu n'as point perdu l'avantage
Qu'un Regne glorieux &fage
Te donneur fur les plus grands
Rois,
La terre encor furpriſe admire
Et tes vertus & ton empire
Et ton bonheur & tes exploits.
Tel eft l'agréable partage
12 MERCURE
Que dans fesfruits t'offre laPaix,
Tu vois fur le Throne du Tage
Ton fang affermy pourjamais ,"
L'H- refie impie & perfide
De tes malheurs toujours avide
Contre toy n'efpere plus rien
Du couchant jufques à l'aurore,
Des Etats la France eft encore
Lepluspu fant, leplus Chrêtien.
Otium è tanto fubitum tumultu
quis Deus fecit . Sen.
Trag.
PRIERE POUR LE ROY.
Conferve nous Louis , prolonge
fa carriere,
GALANT. 1
Dien tout puẞant la terre
entiere ,
Prend part aux voeux que je te
fais ,
Elle doit trop cherir un Roy jufte
A Ver modifte I
Dont le pouvoir propice & fécond
en bien-faits 150
Ainfi que ton pouvoir celefte
Dans fon éclat vainqueur n'enfante
que la Paix.
Fermer
450
p. 13-14
« L'Ode qu'on vient de lire fut faite, comme on l'a dit, [...] »
Début :
L'Ode qu'on vient de lire fut faite, comme on l'a dit, [...]
Mots clefs :
Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Ode qu'on vient de lire fut faite, comme on l'a dit, [...] »
L'Ode qu'on vient de lire
fut faire , comme on l'a dit
fur les avantages de la Paix , &
fur l'obligation que nous
avons à Louis le Grand de nous
14 MERCURE
l'avoir procurée : celle cy eft
une des meilleures qu'on ait
faires fur la mort de ce grand.
Roy.
fut faire , comme on l'a dit
fur les avantages de la Paix , &
fur l'obligation que nous
avons à Louis le Grand de nous
14 MERCURE
l'avoir procurée : celle cy eft
une des meilleures qu'on ait
faires fur la mort de ce grand.
Roy.
Fermer