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1
p. 257-259
« Comme je vous manday la derniere fois la joye qu'on [...] »
Début :
Comme je vous manday la derniere fois la joye qu'on [...]
Mots clefs :
Duc de Roquelaure, Auch, Cérémonies, Serment, Chanoine honoraire
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texteReconnaissance textuelle : « Comme je vous manday la derniere fois la joye qu'on [...] »
Comme je vous manday la derniere fois la joye qu'on avoir fait paroiftre à Bordeaux à l'ar- rivéede Monfieur le DucdeRo-
168 LE MERCVRE
quelaure , je croy vous devoir apprendre aujourd'huy les hon- neurs qu'on luy a rendus à
Auch, où il a eſte harangué par Meſſieurs duPrefidial & par les Confuls dela Ville. Il le fut enſuite par les Deputez de m' le Senechal de Tarbe , & ce fut
M. Caſtelviel , luge-Mage de Tarbe,qui porta la parole avec tout le ſuccés qu'il pouvoit at- tendre d'un diſcours digne de celuy à qui il eſtoit addreſſé.
Apres ces premieres Ceremo- nies , Monfieur le Duc de Ro- quelaure ſe preſenta au Chapi- tre , & fut reçeu par M. le Do- yen de Noftre- Dame , en l'ab- fence de M. l'Abbé Soupets,
Prevoſt de cette Eglife. Il preſta le Serment comme Baron &
Chanoine Honoraire , & vint
prendre fa placedans le Chœur,
où
GALANT. 169
1
コン
He
er
on luy donnapart aux Diſtribu- tions. Ie ne ſçay , Madame , ſi vous eſtes inſtruite de ce que c'eſt qu'eftre Chanoine Hono- raire de cette Eglife. Il y en a
cinq,dontleRoy eſt le premier,
comme Comte d'Armagnac. Lesquatre autres font appellez Barons d'Armagnac , & ce font ceux qui poſſedent les Baron- nies de Montaut , de Montef- quiou ,de Pardaillan &de l'Iſle.
Monfieur de Roquelaure en eft l'un , à cause de la Terre de
Monteſquiou qui luy apartient.
Au fortir del'Eglife , il fut mené à l'Archeveſche & traité magnifiquement par les Officiers de Monfieur l'Archeveſque d'Auch , qui estoit abſent.
168 LE MERCVRE
quelaure , je croy vous devoir apprendre aujourd'huy les hon- neurs qu'on luy a rendus à
Auch, où il a eſte harangué par Meſſieurs duPrefidial & par les Confuls dela Ville. Il le fut enſuite par les Deputez de m' le Senechal de Tarbe , & ce fut
M. Caſtelviel , luge-Mage de Tarbe,qui porta la parole avec tout le ſuccés qu'il pouvoit at- tendre d'un diſcours digne de celuy à qui il eſtoit addreſſé.
Apres ces premieres Ceremo- nies , Monfieur le Duc de Ro- quelaure ſe preſenta au Chapi- tre , & fut reçeu par M. le Do- yen de Noftre- Dame , en l'ab- fence de M. l'Abbé Soupets,
Prevoſt de cette Eglife. Il preſta le Serment comme Baron &
Chanoine Honoraire , & vint
prendre fa placedans le Chœur,
où
GALANT. 169
1
コン
He
er
on luy donnapart aux Diſtribu- tions. Ie ne ſçay , Madame , ſi vous eſtes inſtruite de ce que c'eſt qu'eftre Chanoine Hono- raire de cette Eglife. Il y en a
cinq,dontleRoy eſt le premier,
comme Comte d'Armagnac. Lesquatre autres font appellez Barons d'Armagnac , & ce font ceux qui poſſedent les Baron- nies de Montaut , de Montef- quiou ,de Pardaillan &de l'Iſle.
Monfieur de Roquelaure en eft l'un , à cause de la Terre de
Monteſquiou qui luy apartient.
Au fortir del'Eglife , il fut mené à l'Archeveſche & traité magnifiquement par les Officiers de Monfieur l'Archeveſque d'Auch , qui estoit abſent.
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Résumé : « Comme je vous manday la derniere fois la joye qu'on [...] »
Lors du passage du Duc de Roquelaure à Auch, il a été accueilli par les membres du Présidial et les Consuls de la ville. Les députés du Sénéchal de Tarbes, dont M. Castelviel, l'ont également salué. Le Duc s'est ensuite rendu au Chapitre de la cathédrale, où il a été reçu par le Doyen en l'absence de l'Abbé Soupets. Il a prêté serment en tant que Baron et Chanoine Honoraire et a participé aux distributions dans le chœur. Le roi, en tant que Comte d'Armagnac, est le premier Chanoine Honoraire, et quatre autres Barons d'Armagnac possèdent des baronnies spécifiques, dont Montesquiou, appartenant au Duc de Roquelaure. Après la cérémonie, il a été conduit à l'Archevêché, où il a été magnifiquement traité par les officiers de l'Archevêque d'Auch, absent lors de l'événement.
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2
p. 200-201
Monsieur de Matignon preste Serment entre les mains de Sa Majesté pour la Lieutenance de Roy de Normandie. [titre d'après la table]
Début :
Dans le moment que je vous écris cecy, on m'apprend [...]
Mots clefs :
Monsieur de Matignon, Serment, Lieutenance
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texteReconnaissance textuelle : Monsieur de Matignon preste Serment entre les mains de Sa Majesté pour la Lieutenance de Roy de Normandie. [titre d'après la table]
ans le momentque je vous écris cecy , on m'apprend que Monfieur de Matignon a prefté Serment entre les mainsde Sa
Majesté pour la Lieutenancede Roy de Normandie. Vous ſça- vez , Madame, la conſidération
où il eſt dans cette Province. Il
n'apas moins de naiſſance que de merite , eſtant de la Famille de feu M le Mareſchal de Matignon , qui fut un des plus grands Hommes de fon temps.
E GALANT. 127
N
H'eſt alliédes plus Illuſtres Mai- fons du Royaume ,je veux dire,
de celles mefmedes Princes.
Majesté pour la Lieutenancede Roy de Normandie. Vous ſça- vez , Madame, la conſidération
où il eſt dans cette Province. Il
n'apas moins de naiſſance que de merite , eſtant de la Famille de feu M le Mareſchal de Matignon , qui fut un des plus grands Hommes de fon temps.
E GALANT. 127
N
H'eſt alliédes plus Illuſtres Mai- fons du Royaume ,je veux dire,
de celles mefmedes Princes.
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3
p. 265-272
Proclamation du nouveau Roy, [titre d'après la table]
Début :
Les Seigneurs du Conseil prièrent humblement le Roy, [...]
Mots clefs :
Seigneur, Serment, Conseil privé, Proclamation, Charge, Gouvernement, Cérémonie, Baron, Duc, Comte, Milord, Chevalier
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texteReconnaissance textuelle : Proclamation du nouveau Roy, [titre d'après la table]
Les Seigneurs du Confeil
priérent humblement le Roy,
que les obligeantes expref
fions fuffent rendües publi-
Fevrier 1685.
Z
266 MERCURE
ques ; ce qui fut accordé
par Sa Majesté
. Elle ordonna
auffi , apres qu'Elle
cut fair
prefter
Serment
à tous ces
Seigneurs
, & autres du Confeil
Privé du feu Roy
, pour
eftre de fon Confeil
Privé, que
l'on publiaft
une Proclamafaire
fçavoir
que
tion ,
pour
fon plaifir
eftoit , que tous
ceux qui avoientCharge
dans
le Gouvernement
à la mort
du Roy Charles
II. continuaf
fent dans l'exercice
de leurs
Charges
jufqu'à
nouvel
ordre
de Sa Majesté
. Cette
Proclamation
fe fit l'aprefdînée
GALANT. 267
en ces termes , devant la
Porte de Witheall , à la Porte
deTemple- Barr, & à la Bourſe,
Royale, avec les Cerémonies.
accoûtumées.
Cremer dans
Omme il a plû à Dieu de
es mic
noftre fouverain Seigneur Char
les II, du
nom ,
nom
, de glorieuſe
mémoire
→ par la mort de qui les
Couronnes Impériales d'Angleterre,
d'Ecoffe & d'Irlande,font.
uniquement & légitimement dé
voluës à Haut & Puiffant Prince
Jacques Duc dYork & d Ah
banie, Frere Unique , &feul
Z ij
268 MERCURE
Héritier du feu Roy ; Nous les
Seigneurs Eccléfiaftiques & Sé
culiers de ce Royaume , eftant fe
condez de ceux du Confeil Privé
de Sa Majefté , & d'un grand
nombre des Principaux de la Nobleſſe,
comme aufſfidu LordMaire,
des Echevins , & de quantité
de Bourgeois de Londres , Pu
blions & Proclamons par ces
Préfentes , d'une commune voix
& d'un confentement , tant de
coeur que de bouche , que le Haut
& Puiffant Prince Facques 11.
est préfentement, par La mort de
noftre Souverain de glorieufe mé
moire , devenu nostre feul & lé
1
GALANT 269
gitime Prince , felon l'ordre de
la Succeffion , & le Droit du
Royaume , facques II. par la
grace de Dieu Roy d'Angleterre,
d'Ecoffe & d'Irlande , Défenfeur
de la Foy, &c, à qui nous
promettons toute fidélité & conftante
obeiffance de toutes les affe-
Etions de nos ames ; priant Dieu
par qui les Roys régnent , de benir
le Roy Jacques II. & de le
faire regner long- temps & heureuſementfur
nous.
Dieuconferve le Roy Jacques II.
La Proclamation fut fignée
de ceux dont yoicy les noms .
Z
iij
270 MERCURE
Guillaume Archevefque, de
Cantorbéry,
Le Baron de Guilford , Garde
"des Seaux .
Le Marquis Halyfax , Garde
du Seau Privé.
Le Comte de Rocheſter, Préfi'ent
du Confeil .
Le Duc de Norfolke.
Le Duc de Sommerfet.
Le Duc d'Albemarle.
Le Duc de Beaufort
Le Comte de Shravvdbury,
Le Comte de Kent.
Le Comte de Huntingdon ,
Le Comte de Pembroke .
Le Comte de Salisbury .
Le Comte de Brigvvater.
Le Comte de Vvoftmorland.
Le Comte de Mancheſter . ”
Le Comte de Peterborovv.
GALANT 271
Le Comte de Chefterfield..
Le Comte de Sunderland .
Le Comte de Scarfdale.
Le Comte de Clarendon .
Le Comte de Bath .
Le Comte de Craven.
Le Comte d'Ailesbury.
Le Comte de Lieckfield .
Le Comte de Feversham .
Le Comte de Berkeley.
Le Comte de Morray.
Le Comte de Mideleton .
Le Vicomte Faucomberg
.
Le Vicomte Nevvport
.
Le Vicomte de Veymouth.
Le Vicomte Lumley.
Le Vicomte Clifford .
1
Henry, Evefque de Londres .
Nathanaël , Evêque d'Arbam,
Thomas , Evefque de Rochefter.
Z iiij
272 MERCURE
Milord Nort & Gray.
Milord Maynard .
Milord Cornvvalis .
Milord Arundel .
Milord Godolphin.
Milord Drunimond.
Le Chevalier Jean Ernée.
Le Chevalier Thomas Chicheley.
Le Chevalier Lionel Jenkins.
priérent humblement le Roy,
que les obligeantes expref
fions fuffent rendües publi-
Fevrier 1685.
Z
266 MERCURE
ques ; ce qui fut accordé
par Sa Majesté
. Elle ordonna
auffi , apres qu'Elle
cut fair
prefter
Serment
à tous ces
Seigneurs
, & autres du Confeil
Privé du feu Roy
, pour
eftre de fon Confeil
Privé, que
l'on publiaft
une Proclamafaire
fçavoir
que
tion ,
pour
fon plaifir
eftoit , que tous
ceux qui avoientCharge
dans
le Gouvernement
à la mort
du Roy Charles
II. continuaf
fent dans l'exercice
de leurs
Charges
jufqu'à
nouvel
ordre
de Sa Majesté
. Cette
Proclamation
fe fit l'aprefdînée
GALANT. 267
en ces termes , devant la
Porte de Witheall , à la Porte
deTemple- Barr, & à la Bourſe,
Royale, avec les Cerémonies.
accoûtumées.
Cremer dans
Omme il a plû à Dieu de
es mic
noftre fouverain Seigneur Char
les II, du
nom ,
nom
, de glorieuſe
mémoire
→ par la mort de qui les
Couronnes Impériales d'Angleterre,
d'Ecoffe & d'Irlande,font.
uniquement & légitimement dé
voluës à Haut & Puiffant Prince
Jacques Duc dYork & d Ah
banie, Frere Unique , &feul
Z ij
268 MERCURE
Héritier du feu Roy ; Nous les
Seigneurs Eccléfiaftiques & Sé
culiers de ce Royaume , eftant fe
condez de ceux du Confeil Privé
de Sa Majefté , & d'un grand
nombre des Principaux de la Nobleſſe,
comme aufſfidu LordMaire,
des Echevins , & de quantité
de Bourgeois de Londres , Pu
blions & Proclamons par ces
Préfentes , d'une commune voix
& d'un confentement , tant de
coeur que de bouche , que le Haut
& Puiffant Prince Facques 11.
est préfentement, par La mort de
noftre Souverain de glorieufe mé
moire , devenu nostre feul & lé
1
GALANT 269
gitime Prince , felon l'ordre de
la Succeffion , & le Droit du
Royaume , facques II. par la
grace de Dieu Roy d'Angleterre,
d'Ecoffe & d'Irlande , Défenfeur
de la Foy, &c, à qui nous
promettons toute fidélité & conftante
obeiffance de toutes les affe-
Etions de nos ames ; priant Dieu
par qui les Roys régnent , de benir
le Roy Jacques II. & de le
faire regner long- temps & heureuſementfur
nous.
Dieuconferve le Roy Jacques II.
La Proclamation fut fignée
de ceux dont yoicy les noms .
Z
iij
270 MERCURE
Guillaume Archevefque, de
Cantorbéry,
Le Baron de Guilford , Garde
"des Seaux .
Le Marquis Halyfax , Garde
du Seau Privé.
Le Comte de Rocheſter, Préfi'ent
du Confeil .
Le Duc de Norfolke.
Le Duc de Sommerfet.
Le Duc d'Albemarle.
Le Duc de Beaufort
Le Comte de Shravvdbury,
Le Comte de Kent.
Le Comte de Huntingdon ,
Le Comte de Pembroke .
Le Comte de Salisbury .
Le Comte de Brigvvater.
Le Comte de Vvoftmorland.
Le Comte de Mancheſter . ”
Le Comte de Peterborovv.
GALANT 271
Le Comte de Chefterfield..
Le Comte de Sunderland .
Le Comte de Scarfdale.
Le Comte de Clarendon .
Le Comte de Bath .
Le Comte de Craven.
Le Comte d'Ailesbury.
Le Comte de Lieckfield .
Le Comte de Feversham .
Le Comte de Berkeley.
Le Comte de Morray.
Le Comte de Mideleton .
Le Vicomte Faucomberg
.
Le Vicomte Nevvport
.
Le Vicomte de Veymouth.
Le Vicomte Lumley.
Le Vicomte Clifford .
1
Henry, Evefque de Londres .
Nathanaël , Evêque d'Arbam,
Thomas , Evefque de Rochefter.
Z iiij
272 MERCURE
Milord Nort & Gray.
Milord Maynard .
Milord Cornvvalis .
Milord Arundel .
Milord Godolphin.
Milord Drunimond.
Le Chevalier Jean Ernée.
Le Chevalier Thomas Chicheley.
Le Chevalier Lionel Jenkins.
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Résumé : Proclamation du nouveau Roy, [titre d'après la table]
En février 1685, les Seigneurs du Conseil demandèrent au Roi de rendre publiques les expressions obligatoires. Le Roi accepta et ordonna que les membres du Conseil Privé du défunt Roi Charles II prêtent serment pour rejoindre son propre Conseil Privé. Une proclamation fut publiée, confirmant que les fonctionnaires en poste à la mort de Charles II continuaient leurs fonctions jusqu'à nouvel ordre. Cette proclamation fut lue à Whitehall, Temple-Barr et la Bourse Royale. La proclamation annonça également que les couronnes d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande étaient transmises au Prince Jacques, Duc d'York et d'Albanie, frère et héritier du défunt Roi. Les dignitaires ecclésiastiques et séculiers, ainsi que la noblesse et les représentants de Londres, proclamèrent Jacques II comme leur souverain légitime et lui jurèrent fidélité. La proclamation fut signée par divers dignitaires, incluant des archevêques, barons, marquis, comtes, vicomtes et chevaliers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 159-161
M. le Comte de Tessé preste Serment de fidelité pour la Charge de Mestre de Camp Général des Dragons, [titre d'après la table]
Début :
Le dixiéme de ce mois Mr le Comte de Tessé presta le [...]
Mots clefs :
Serment, Comte de Tessé, Fidélité, Marquis, Colonel des dragons, Chevalier, Officiers, Charge, Maitre de camp
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : M. le Comte de Tessé preste Serment de fidelité pour la Charge de Mestre de Camp Général des Dragons, [titre d'après la table]
Le dixiéme de ce mois M'
le Comte de Teffé prefta le
Serment de fidelité entre les
mains de M' le Marquis de
160 MERCURE
で
Bouflers , Colonel General
des Dragons de France , de
la Charge de Meftre deCamp
General des Dragons , dont
il a efté pourveu par Sa Majefté.
Cela fe fit en prefence
de M's les Marquis de Litfenoy
, Longueval , Barbefieres
, Chevalier de Teffé, Chevilly
, Chevalier de Marcé,
Colonels de Dragons, & plu
fieurs autres Officiers de ce
Corps. Je vous ay fi fouvent
entretenuë de M le Comte
de Teffé , & de ce qu'il a fait
dans les occafions importan
tes où il s'eft trouvé , que je
GALANT. 161
ne croy pas dévoir vous en
dire davantage
.
le Comte de Teffé prefta le
Serment de fidelité entre les
mains de M' le Marquis de
160 MERCURE
で
Bouflers , Colonel General
des Dragons de France , de
la Charge de Meftre deCamp
General des Dragons , dont
il a efté pourveu par Sa Majefté.
Cela fe fit en prefence
de M's les Marquis de Litfenoy
, Longueval , Barbefieres
, Chevalier de Teffé, Chevilly
, Chevalier de Marcé,
Colonels de Dragons, & plu
fieurs autres Officiers de ce
Corps. Je vous ay fi fouvent
entretenuë de M le Comte
de Teffé , & de ce qu'il a fait
dans les occafions importan
tes où il s'eft trouvé , que je
GALANT. 161
ne croy pas dévoir vous en
dire davantage
.
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Résumé : M. le Comte de Tessé preste Serment de fidelité pour la Charge de Mestre de Camp Général des Dragons, [titre d'après la table]
Le 10 du mois, le Comte de Teffé a prêté serment au Marquis. Bouflers a été nommé Maître de Camp Général des Dragons par le roi. La cérémonie a réuni plusieurs Marquis et Chevaliers, dont Litfenoy, Longueval et Chevilly. Le narrateur a déjà évoqué les actions du Comte de Teffé sans donner de détails supplémentaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 213-232
Affaires d'Angleterre, [titre d'après la table]
Début :
Tant de Personnes m'ont témoigné avoir leu avec plaisir les [...]
Mots clefs :
Angleterre, Roi, Malheurs, Apoplexie, Décès, Trône, Vengeance, Héritier, Joies, Peuple, Confiance, Grandeur, Tranquilité, Couronnement, Cérémonie, Westminster, Fonctions, Titres, Élections, Assemblées, Liste des élus, Duc, Serment, Conseiller, Royaume, Désordres, Voleurs, Proclamation, Sureté publique, Larron, Récompenses, Guillaume Bridgeman
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Affaires d'Angleterre, [titre d'après la table]
Tant de Perſonnes m'ont
témoigné avoir leu avec plai.
fir les Nouvelles d'Angleterre
, qui font des Articles importans
dans mes deux dernieres
Lettres , que je puis
croire que vous me parlez
fincerement quand vous
m'aſſeurez que vous en eſtes
contente . L'Hiſtoire des malheurs
du Roy , dont je vous
ay fait un abregé , pouvoit ſe
trouver ſéparément en plu
ſieurs Volumes , mais peuteſtre
toutes les Relations qui
ont couru ne vous auroient
pas fourny le triſte Journal
و
ال
214 MERCURE
de ce qui s'eſtoit paſſé dans
le peu de temps qu'a duré ſa
maladie , ſi je n'avois eu le
foin d'en ramaffer les plus remarquables
circonstances.
Elle a commencé par une attaque
d'Apoplexie , contre
laquelle l'Art des Medecins 2.
efté ſans force. Il ſemble que
comme ſa vie avoit eſté extraordinaire
, il falloit auffi
que ſa mort le fuft. Je vous
envoye un Sonnet qui a esté
fait ſur cette penſée..
GALANT. 215
SUR LA MORT
DU ROY D'ANGLETERRE.
Q
Vinesçait de ceRoy l'étonnan-.
temifere!
Ses malheurs purent-ils abairefon.
grand coeur?
Un Trônequi fumoit encor dufang
d'un Pere
Poury monterfi- 10ft luyfaisoit trop
d'horreur.
Ledefirdevangeruneteftesi chere
Al'Univers entier exprimafa dou-
Ieur.
Qu'ily fatisfitbien quandle Cicl 業
moins contraire
Enfindansfes Etatsle ramena vainqueur!
Mais belas ! iln'estplus ; l'impitoyable
Parque
216 MERCURE
Vientde trancher lefildesjours de ce
..... Monarque..
C'auroit estétrop peu cependant pour
lefort
Qui d'abord lefoûmit aux fureurs
de l'envie,
D'avoirpar de grands traits voulu
marquersaviesa :
S'il n'eust faitremarquer le genre de
Samort.
Je vous ay appris avec
quelle fermeté fon Auguste
Succeffeur s'eſt déclaré Ca
tholique. Sa fincerité a efte
heureuſe. Les Peuples ont
eu de la joye de voir qu'il ne
cherchoit point à les trom
per , & qu'il s'en croyoit affez
aimé,
GALANT. 217
aimé , pour leur confier un
fecret de cette importance,
ſans qu'il en deuſt rien apprehender
de fâcheux. La
confiance qu'il a cuë dans l'amour
de ſes Sujets , a produit
l'effet qu'il en avoit attendu.
L'intrepidité en toutes chofes
leur paroiffant digne d'un
Monarque né pour leur donner
des Loix , ils ont eſtimé
en luy cette grandeur d'ame
✓ qui l'engage à foûtenir l'indépendance
du rang ou le
Ciel l'a élevé. Puis qu'il leur
laiſſe une entiere liberté de
confcience , il la doit avoir
Avril 1685. T
218 MERCURE
comme eux , & il feroit bien
injuſte qu'il ne joüiſt pas
d'un Privilege qu'il veut bien
leur accorder. Toutes les
Lettres qui viennent de ce
Pays là ne parlent que de la
tranquilité où tout le monde
s'y trouve , des Adreſſes pleines
de ſoûmiffion & de ref
pect , qu'on préſente de toutes
partsau nouveau Roy , &
du choix des Députez pour
le prochain Parlement. Le
16. du dernier mois on expedia
un ordre pour fignifier à
tous les Pairs du Royaume &
à leurs Femmes , de ſe trou
GALANT. 219
ver au Couronnement du
Royavec leurs Robes deCe
remonies & leurs Couron
nes. Les Barons & leurs Femmestauront
des Robes de
Velours Cramoiſy , de meſ
me que les Vicomtes & les
autres Pairs d'une dignité
plus relevée. On a nommé
le Docteur Turner Eveſque
d'Ely , pour preſcher en préſence
de leurs Majeſtez le
jourde cette ceremonie. Les
circonstances en ont eſté ré
ſoluës devant le Roy par le
Conſeil Privé qui s'eſt aſſemblépour
les regler. Les Com-
Tij
220 MERCURE
miſſaires que l'on a choiſis
pour citer tous ceux que le
devoir de leurs Charges , ou
les redevances de leurs Fiefs
obligent à faire quelques
fonctions auCouronnement,
s'affemblerent le 3. de ce
mois dans la Chambre Peinte
du Palais de Westminster,
&commencerent à recevoir
les Requeſtes de ceux qui
prétendent avoir droit de faire
ces fonctions. Ils s'occupentà
verifier lesTitres qu'on
leur préſente , pour accorder
àchacun la fonction qui luy
appartient. Sa Majeſté a fait
GALANT. 221
donner de nouvelles Lettres
à tous les Lords Lieutenans,
ou Gouverneurs des Provinces
que le feu Roy avoit établis.
Les Affemblées pour
les Elections des Députez
qui doivent entrer au Parlement,
ſe font par tout avec
beaucoup de tranquilité.
Ces Elections ont déja eſté
faites par l'Univerſité de
Cambridge , par celle d'OK--
ford , par les Comtez de Bedford
, de Brecon , de Kenr,
deHamp , de Middleſer , de
Durban , de Glocefter , de
Hereford, de Sommerſet, de
Tiij
222 MERCURE
Cambridge , de Suffer , de
Leiceſter , de Hartford , de
Chefter , de Lincoln , de
Huntington , de Darby,
de Radnor , & par les Villes
de Cantorbury , de Darby,
de Shaftsbury , de Wood.
ſtocke , de Midhurst de
Steyning , de Bedvvyn , d'Amodesham
, d'Aileſbury , de
Ludgerſtall , d'Andover , de
Durham , de Warvvicke , de
Leiceſter , de Reading , de
Devvntom , de Heddon , de
Corfe , de Shoreham , de
Stamford , de Brecon , de
Winchester , de Chippin
GALANT. 223
Wicomb , de Chippenham,
d'Ipſvvich , de Hindon , de
Peterboroug , de Southamptom
, de Limmington ,
Westminster , d'Yorc , de
Neſtingham , de Wendover
, d'Eaft-Grimſtead ,
de
d'Abington
,, ddee LLyymm ,, de Covventry
, d'Orford , de Tornes
, de Poole , de Warcham
, de Sbareham , de
Weoby , de Petersfield , de
Nevvcastle , de Borróbridge,
d'Albroug , de Thirske , du
Grand Yarmouth , de Colcheſter
, d'Huſlemere , de
Hereford , de Lempſter , do
T iiij.
224 MERCURE
1
Cardiffe , de Marleboroug,
d'Ilcheſter , de Nevv- Sarum,
de Castle- Rifing , de Tavi
ſtocke , de Chriſt Church,
de Rygate , de Windfor , de
Malton , deNorthallerten,
Nevvarke, de Richmond, de
de
Beverley , de Pontefract, de
Leaverpoole , de Stafford, de
Sandvvick de Cirenceſter, de
Weymouth, de Melcomb, de
Devices , de Hasting , de
Norfolk , de Higham-Ferfars
, de Hetsbury , de Thet
ford & de Dunvvich. Tous
ceux que l'on a choiſis font
Gens d'une grande probité,
GALANT. 225
&dont la pluſpart ont fair
paroiſtre un attachement in
violable au feu Roy dans
les temps les plus difficiles .
Le 6. de ce mois le Duc de
Queenſborouhg grand Trefo
rier , & préſentement grand
Commiſſaire de Sa Majesté
au Royaume d'Ecoffe , & le
Comte de Perth , grand
Chacelier du meſme Royaume
, preſtérent les Sermens
accoûtumez , en qualité de
Conſeillers d'Etat du Conseil
Privé du Roy , & prirent
ſeance au Conſeil ſelon leur
rang . Peu de jours aprés le
226 MERCURE
Duc d'Ormond arriva d'Irlande.
Plus de quarante Carroſſes
à fix Chevaux allerent
au devant de luy, avec quantitéde
Nobleſſe à Cheval. Il alla
auſſi-toſt ſaluer le Roy,& il en
receut un accueil tres -favorable.
Ce Monarque luy donna
en meſme temps le Bâton
de la Charge de Lord Stevvard
, ou Grand Maiſtre de ſa
Maiſon,qu'il poſſedoit ſous le
Roy Charles II. Comme il
employe tous ſes ſoins à éta.
blir la tranquilité de fon
Royaume , & à reprimer tous
les defordres qu'y pourGALANT.
227
}
C
roient commettre lesVoleurs
de grand chemin , il fit publier
le mois paſſe la Proclamation
dont voicy les termes.
A la Courde VVitheal.
DE PAR LE ROY,
& les Seigneurs de ſon Confeil
Privé.
TERoy voulant pourvoir à
lafeureté de fes Sujets dans
les Voyages qu'ils font en ce
Royaume , pour vaquer à leurs
affaires , a ordonné aujourd'huy
228 MERCURE
eſtant en fon Confeil , & il est
ordonné par ces Preſentes à tous
fes Officiers de Justice , &à tous
ſes autres amez Sujets de faire
leurs efforts , & d'user de dili
gence , pour apprehender tous
Larrons & Voleurs de grand
chemin , afin qu'on puiſſe proceceder
contr'eux felon les Loix; &
pour encourager ceux qui appre
benderont lesdits Voleurs , il est
de plus ordonné par Sa Majesté,
que l'on donnera une récompense
de dix livres sterling pour chaque
Voleur arreſté , à celuy ou à ceux
qui en quelque temps que ce ſoit,
depuis le jour de la date des pré
> GALANT. 229
fentes , jusqu'à ce qu'il plaiſe à
Sa Majesté de rappeller cét ordre
par proclamation , ou par un autre
ordre fait en ſon Confeil,
prendront ou apprehenderont aucun
Larron ou Voleur de grand
chemin , & le feront mettre en
lieu de ſeureté. Laquelle ſomme
de dix livres sterling leur fera
payée quinze jours aprés que ledit
Voleur aura esté convaincu ou
prouvé eſtre tel. Et il est enjoint
par ces Préfentes à tous les Sherifs
des Comtez , or autres dans
L'étenduë de leur Jurisdiction ou
telle conviction aura estéfaite ,de
payer à celuy ou à ceux qui ap-
い
230 MERCURE
ON
prehenderont de tels Malfai-
Eteurs,la recompenſeſuſdite dans
le temps cy-deſſus ſpecifié , pour
chaque Voleur ainſi pris &convaincu
,furle Certificat dufuge
ou de deux , ou davantage defuges
de Paix , devant lequel,
lesquels tel Voleur aura efté convaincu.
Laquelle ſomme d'argent
ils prendront des deniers de
Sa Majesté , par eux receus dans
leComté ou telle conviction aura
eſté faite , & laquelle leur fera
paffée encompte, lors qu'ils viendront
rendre leurs comptes à l'Echiquier,
ou Chambre des Finances.
Et le GrandTreforierd'An
GALANT. 231
:
gleterre est autorisé par ces Préſentes
, & a pouvoir de donner
des ordres aux Officiers de l'Echi
quier , de paffer lesdits deniers en
compte aufdits Sherifs selon le
préſent ordre. Il est encore ordonné
àtous Gouverneurs, Lientenans
Gouverneurs , Fuges de
Paix, Maires , Sherifs , Baillis,
&autres Officiers & Perſonnes
de quelque qualité & condition
qu'elles foient , de prendre cond
- noiſſance du préfent ordre &y
obeïr , comme auffi de prefter fecours
& affistance en tout ce qui
regardera l'execution , ſur peine
d'encourir le déplaisir de SaMa
232 MERCURE
jesté,&d'estre poursuivis comme
contempteurs defon Autorité
Royale.
GUILLAUME BRIDGEMAN.
témoigné avoir leu avec plai.
fir les Nouvelles d'Angleterre
, qui font des Articles importans
dans mes deux dernieres
Lettres , que je puis
croire que vous me parlez
fincerement quand vous
m'aſſeurez que vous en eſtes
contente . L'Hiſtoire des malheurs
du Roy , dont je vous
ay fait un abregé , pouvoit ſe
trouver ſéparément en plu
ſieurs Volumes , mais peuteſtre
toutes les Relations qui
ont couru ne vous auroient
pas fourny le triſte Journal
و
ال
214 MERCURE
de ce qui s'eſtoit paſſé dans
le peu de temps qu'a duré ſa
maladie , ſi je n'avois eu le
foin d'en ramaffer les plus remarquables
circonstances.
Elle a commencé par une attaque
d'Apoplexie , contre
laquelle l'Art des Medecins 2.
efté ſans force. Il ſemble que
comme ſa vie avoit eſté extraordinaire
, il falloit auffi
que ſa mort le fuft. Je vous
envoye un Sonnet qui a esté
fait ſur cette penſée..
GALANT. 215
SUR LA MORT
DU ROY D'ANGLETERRE.
Q
Vinesçait de ceRoy l'étonnan-.
temifere!
Ses malheurs purent-ils abairefon.
grand coeur?
Un Trônequi fumoit encor dufang
d'un Pere
Poury monterfi- 10ft luyfaisoit trop
d'horreur.
Ledefirdevangeruneteftesi chere
Al'Univers entier exprimafa dou-
Ieur.
Qu'ily fatisfitbien quandle Cicl 業
moins contraire
Enfindansfes Etatsle ramena vainqueur!
Mais belas ! iln'estplus ; l'impitoyable
Parque
216 MERCURE
Vientde trancher lefildesjours de ce
..... Monarque..
C'auroit estétrop peu cependant pour
lefort
Qui d'abord lefoûmit aux fureurs
de l'envie,
D'avoirpar de grands traits voulu
marquersaviesa :
S'il n'eust faitremarquer le genre de
Samort.
Je vous ay appris avec
quelle fermeté fon Auguste
Succeffeur s'eſt déclaré Ca
tholique. Sa fincerité a efte
heureuſe. Les Peuples ont
eu de la joye de voir qu'il ne
cherchoit point à les trom
per , & qu'il s'en croyoit affez
aimé,
GALANT. 217
aimé , pour leur confier un
fecret de cette importance,
ſans qu'il en deuſt rien apprehender
de fâcheux. La
confiance qu'il a cuë dans l'amour
de ſes Sujets , a produit
l'effet qu'il en avoit attendu.
L'intrepidité en toutes chofes
leur paroiffant digne d'un
Monarque né pour leur donner
des Loix , ils ont eſtimé
en luy cette grandeur d'ame
✓ qui l'engage à foûtenir l'indépendance
du rang ou le
Ciel l'a élevé. Puis qu'il leur
laiſſe une entiere liberté de
confcience , il la doit avoir
Avril 1685. T
218 MERCURE
comme eux , & il feroit bien
injuſte qu'il ne joüiſt pas
d'un Privilege qu'il veut bien
leur accorder. Toutes les
Lettres qui viennent de ce
Pays là ne parlent que de la
tranquilité où tout le monde
s'y trouve , des Adreſſes pleines
de ſoûmiffion & de ref
pect , qu'on préſente de toutes
partsau nouveau Roy , &
du choix des Députez pour
le prochain Parlement. Le
16. du dernier mois on expedia
un ordre pour fignifier à
tous les Pairs du Royaume &
à leurs Femmes , de ſe trou
GALANT. 219
ver au Couronnement du
Royavec leurs Robes deCe
remonies & leurs Couron
nes. Les Barons & leurs Femmestauront
des Robes de
Velours Cramoiſy , de meſ
me que les Vicomtes & les
autres Pairs d'une dignité
plus relevée. On a nommé
le Docteur Turner Eveſque
d'Ely , pour preſcher en préſence
de leurs Majeſtez le
jourde cette ceremonie. Les
circonstances en ont eſté ré
ſoluës devant le Roy par le
Conſeil Privé qui s'eſt aſſemblépour
les regler. Les Com-
Tij
220 MERCURE
miſſaires que l'on a choiſis
pour citer tous ceux que le
devoir de leurs Charges , ou
les redevances de leurs Fiefs
obligent à faire quelques
fonctions auCouronnement,
s'affemblerent le 3. de ce
mois dans la Chambre Peinte
du Palais de Westminster,
&commencerent à recevoir
les Requeſtes de ceux qui
prétendent avoir droit de faire
ces fonctions. Ils s'occupentà
verifier lesTitres qu'on
leur préſente , pour accorder
àchacun la fonction qui luy
appartient. Sa Majeſté a fait
GALANT. 221
donner de nouvelles Lettres
à tous les Lords Lieutenans,
ou Gouverneurs des Provinces
que le feu Roy avoit établis.
Les Affemblées pour
les Elections des Députez
qui doivent entrer au Parlement,
ſe font par tout avec
beaucoup de tranquilité.
Ces Elections ont déja eſté
faites par l'Univerſité de
Cambridge , par celle d'OK--
ford , par les Comtez de Bedford
, de Brecon , de Kenr,
deHamp , de Middleſer , de
Durban , de Glocefter , de
Hereford, de Sommerſet, de
Tiij
222 MERCURE
Cambridge , de Suffer , de
Leiceſter , de Hartford , de
Chefter , de Lincoln , de
Huntington , de Darby,
de Radnor , & par les Villes
de Cantorbury , de Darby,
de Shaftsbury , de Wood.
ſtocke , de Midhurst de
Steyning , de Bedvvyn , d'Amodesham
, d'Aileſbury , de
Ludgerſtall , d'Andover , de
Durham , de Warvvicke , de
Leiceſter , de Reading , de
Devvntom , de Heddon , de
Corfe , de Shoreham , de
Stamford , de Brecon , de
Winchester , de Chippin
GALANT. 223
Wicomb , de Chippenham,
d'Ipſvvich , de Hindon , de
Peterboroug , de Southamptom
, de Limmington ,
Westminster , d'Yorc , de
Neſtingham , de Wendover
, d'Eaft-Grimſtead ,
de
d'Abington
,, ddee LLyymm ,, de Covventry
, d'Orford , de Tornes
, de Poole , de Warcham
, de Sbareham , de
Weoby , de Petersfield , de
Nevvcastle , de Borróbridge,
d'Albroug , de Thirske , du
Grand Yarmouth , de Colcheſter
, d'Huſlemere , de
Hereford , de Lempſter , do
T iiij.
224 MERCURE
1
Cardiffe , de Marleboroug,
d'Ilcheſter , de Nevv- Sarum,
de Castle- Rifing , de Tavi
ſtocke , de Chriſt Church,
de Rygate , de Windfor , de
Malton , deNorthallerten,
Nevvarke, de Richmond, de
de
Beverley , de Pontefract, de
Leaverpoole , de Stafford, de
Sandvvick de Cirenceſter, de
Weymouth, de Melcomb, de
Devices , de Hasting , de
Norfolk , de Higham-Ferfars
, de Hetsbury , de Thet
ford & de Dunvvich. Tous
ceux que l'on a choiſis font
Gens d'une grande probité,
GALANT. 225
&dont la pluſpart ont fair
paroiſtre un attachement in
violable au feu Roy dans
les temps les plus difficiles .
Le 6. de ce mois le Duc de
Queenſborouhg grand Trefo
rier , & préſentement grand
Commiſſaire de Sa Majesté
au Royaume d'Ecoffe , & le
Comte de Perth , grand
Chacelier du meſme Royaume
, preſtérent les Sermens
accoûtumez , en qualité de
Conſeillers d'Etat du Conseil
Privé du Roy , & prirent
ſeance au Conſeil ſelon leur
rang . Peu de jours aprés le
226 MERCURE
Duc d'Ormond arriva d'Irlande.
Plus de quarante Carroſſes
à fix Chevaux allerent
au devant de luy, avec quantitéde
Nobleſſe à Cheval. Il alla
auſſi-toſt ſaluer le Roy,& il en
receut un accueil tres -favorable.
Ce Monarque luy donna
en meſme temps le Bâton
de la Charge de Lord Stevvard
, ou Grand Maiſtre de ſa
Maiſon,qu'il poſſedoit ſous le
Roy Charles II. Comme il
employe tous ſes ſoins à éta.
blir la tranquilité de fon
Royaume , & à reprimer tous
les defordres qu'y pourGALANT.
227
}
C
roient commettre lesVoleurs
de grand chemin , il fit publier
le mois paſſe la Proclamation
dont voicy les termes.
A la Courde VVitheal.
DE PAR LE ROY,
& les Seigneurs de ſon Confeil
Privé.
TERoy voulant pourvoir à
lafeureté de fes Sujets dans
les Voyages qu'ils font en ce
Royaume , pour vaquer à leurs
affaires , a ordonné aujourd'huy
228 MERCURE
eſtant en fon Confeil , & il est
ordonné par ces Preſentes à tous
fes Officiers de Justice , &à tous
ſes autres amez Sujets de faire
leurs efforts , & d'user de dili
gence , pour apprehender tous
Larrons & Voleurs de grand
chemin , afin qu'on puiſſe proceceder
contr'eux felon les Loix; &
pour encourager ceux qui appre
benderont lesdits Voleurs , il est
de plus ordonné par Sa Majesté,
que l'on donnera une récompense
de dix livres sterling pour chaque
Voleur arreſté , à celuy ou à ceux
qui en quelque temps que ce ſoit,
depuis le jour de la date des pré
> GALANT. 229
fentes , jusqu'à ce qu'il plaiſe à
Sa Majesté de rappeller cét ordre
par proclamation , ou par un autre
ordre fait en ſon Confeil,
prendront ou apprehenderont aucun
Larron ou Voleur de grand
chemin , & le feront mettre en
lieu de ſeureté. Laquelle ſomme
de dix livres sterling leur fera
payée quinze jours aprés que ledit
Voleur aura esté convaincu ou
prouvé eſtre tel. Et il est enjoint
par ces Préfentes à tous les Sherifs
des Comtez , or autres dans
L'étenduë de leur Jurisdiction ou
telle conviction aura estéfaite ,de
payer à celuy ou à ceux qui ap-
い
230 MERCURE
ON
prehenderont de tels Malfai-
Eteurs,la recompenſeſuſdite dans
le temps cy-deſſus ſpecifié , pour
chaque Voleur ainſi pris &convaincu
,furle Certificat dufuge
ou de deux , ou davantage defuges
de Paix , devant lequel,
lesquels tel Voleur aura efté convaincu.
Laquelle ſomme d'argent
ils prendront des deniers de
Sa Majesté , par eux receus dans
leComté ou telle conviction aura
eſté faite , & laquelle leur fera
paffée encompte, lors qu'ils viendront
rendre leurs comptes à l'Echiquier,
ou Chambre des Finances.
Et le GrandTreforierd'An
GALANT. 231
:
gleterre est autorisé par ces Préſentes
, & a pouvoir de donner
des ordres aux Officiers de l'Echi
quier , de paffer lesdits deniers en
compte aufdits Sherifs selon le
préſent ordre. Il est encore ordonné
àtous Gouverneurs, Lientenans
Gouverneurs , Fuges de
Paix, Maires , Sherifs , Baillis,
&autres Officiers & Perſonnes
de quelque qualité & condition
qu'elles foient , de prendre cond
- noiſſance du préfent ordre &y
obeïr , comme auffi de prefter fecours
& affistance en tout ce qui
regardera l'execution , ſur peine
d'encourir le déplaisir de SaMa
232 MERCURE
jesté,&d'estre poursuivis comme
contempteurs defon Autorité
Royale.
GUILLAUME BRIDGEMAN.
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6
p. 299-301
REPONSE DE MONSIEUR M... au Placet des trois Demoiselles.
Début :
Il ne falloit point m'engager, [...]
Mots clefs :
Plaisir, Serment, Charmant, Justice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPONSE DE MONSIEUR M... au Placet des trois Demoiselles.
REPONSE DE MONSIEUR M...
0
auPlacet des trois Demoiſelles .
ITuefalloit point wi'engager
Pard'autre interest que levôtre
Leplaisir de vous obliger,
L'emparte chez moyfurtout autre.
300 MERCURE
SS
Quand j'aurois faitun grand
ferment,
Denemmeelaiſſer point corrompre,
Vostre PLACETeftfi charmant
Qu'ilpourroitmelefaire rompre..
Se
Mais ilfaut pourtant avouer,
Qu'en vous repdant un bon office,
C'eſt bien moins pour mevoir loüer,
Queparun acte de Iuftice.
Len'ay pas la demangeaison,
Deprendre contre vous les Armes,
Vous avez pourvous la raifon
OutrelaforcedeVOScharmes.
25
Cen'estpas mefaire un grandtort,
Que d'estre siprompt àme rendres
Quand on a pris le coeur d'abord,
Toutle reste eftfacile àprendre..
GALANT 391
Se
Diſpoſez-vous doncviſtement,
Ajouirde vostre conquestes
Iamais avec plus d'agrément
Ie n'enterinay de Requeste.
0
auPlacet des trois Demoiſelles .
ITuefalloit point wi'engager
Pard'autre interest que levôtre
Leplaisir de vous obliger,
L'emparte chez moyfurtout autre.
300 MERCURE
SS
Quand j'aurois faitun grand
ferment,
Denemmeelaiſſer point corrompre,
Vostre PLACETeftfi charmant
Qu'ilpourroitmelefaire rompre..
Se
Mais ilfaut pourtant avouer,
Qu'en vous repdant un bon office,
C'eſt bien moins pour mevoir loüer,
Queparun acte de Iuftice.
Len'ay pas la demangeaison,
Deprendre contre vous les Armes,
Vous avez pourvous la raifon
OutrelaforcedeVOScharmes.
25
Cen'estpas mefaire un grandtort,
Que d'estre siprompt àme rendres
Quand on a pris le coeur d'abord,
Toutle reste eftfacile àprendre..
GALANT 391
Se
Diſpoſez-vous doncviſtement,
Ajouirde vostre conquestes
Iamais avec plus d'agrément
Ie n'enterinay de Requeste.
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7
p. 343
Sermens prestez par Monsieur le Duc pur la Charge de Grand Maistre de la Maison du Roy [titre d'après la table]
Début :
Le 24e Monsieur le Duc presta deux Sermens; le premier [...]
Mots clefs :
Serment, Charge, Grand maître de la Maison du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sermens prestez par Monsieur le Duc pur la Charge de Grand Maistre de la Maison du Roy [titre d'après la table]
Le 24 Monfieur le Duc
prefta deux Sermens ; le premier pour la Charge de Grand
Maitre de la Maiſon du Roy,
le Serment ayant efté lû par
Mr le Comte de Pontchartrain , & le fecond pour le
Gouvernement de Bourgogne;
ce fut Mr le Marquis de la
Vrillere qui lut le Serment.
prefta deux Sermens ; le premier pour la Charge de Grand
Maitre de la Maiſon du Roy,
le Serment ayant efté lû par
Mr le Comte de Pontchartrain , & le fecond pour le
Gouvernement de Bourgogne;
ce fut Mr le Marquis de la
Vrillere qui lut le Serment.
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8
p. 243-245
Serment presté entre les mains du Roy par Mr le Bret, pour la Charge de Premier President du Parlement d'Aix, [titre d'après la table]
Début :
Voicy un Article qui regarde une autre prestation de serment. [...]
Mots clefs :
Serment, Premier président du Parlement d'Aix, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Serment presté entre les mains du Roy par Mr le Bret, pour la Charge de Premier President du Parlement d'Aix, [titre d'après la table]
Voicy un Article qui regarde une autre prestation de serment. Mr le Bret Intendant de
Provence, dont j'ay souvent
eu occasion de vous parler, &
dont le mérité & les services
sontgeneralement reconnus,
vient de recevoir des marques
que le Roy a
de la satisfaction
de ses services, & vient de
prester ferment entre les mains
de Sa Majesté, de la Charge de
Premier Président du Parlement d'Aix. Comme la Provence a
toûjours elle satisfaite
de ses maniérés d'agir dans
D
toutes les choses où il a
esté
employé par le Roy, il n'y a
pas lieu de douter qu'elle n'aie
beaucoup de joye de le voir élevé à la teste d'un Parlement
où il pourra tous les jours faire connoître aux Provençaux
l'amour qu'il a pour eux en
les servant,& en leurrendant
justice en tout ce qu'il pourra.
Provence, dont j'ay souvent
eu occasion de vous parler, &
dont le mérité & les services
sontgeneralement reconnus,
vient de recevoir des marques
que le Roy a
de la satisfaction
de ses services, & vient de
prester ferment entre les mains
de Sa Majesté, de la Charge de
Premier Président du Parlement d'Aix. Comme la Provence a
toûjours elle satisfaite
de ses maniérés d'agir dans
D
toutes les choses où il a
esté
employé par le Roy, il n'y a
pas lieu de douter qu'elle n'aie
beaucoup de joye de le voir élevé à la teste d'un Parlement
où il pourra tous les jours faire connoître aux Provençaux
l'amour qu'il a pour eux en
les servant,& en leurrendant
justice en tout ce qu'il pourra.
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Résumé : Serment presté entre les mains du Roy par Mr le Bret, pour la Charge de Premier President du Parlement d'Aix, [titre d'après la table]
L'article annonce la nomination de M. le Bret comme Premier Président du Parlement d'Aix. Le roi salue ses services et son mérite. La Provence approuve cette promotion, espérant que M. le Bret continuera à rendre justice aux Provençaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 303-305
Prestation de Serment. [titre d'après la table]
Début :
Le 15. Septembre Mr le Marquis d'Argence presta serment [...]
Mots clefs :
Toulure, Marquis d'Argence, Serment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prestation de Serment. [titre d'après la table]
Le 15. Septembre Mr
leMarquis d'Argence presta
ferment entre les mains
du Roy pour la Ch irge
de Lieutenant de Roy de
Bourgogne au departement
de l'Auxois, Autunois,
& Auxerrois, vacante
par le déceds de Mr de
Creancé son Beau-pere.
,
La Maison d'Argence
est tres ancienne. HuC?gues
Tison d'Argence fit en
itiC. une échange de la
Terre de Dirac, quiest
encore dans cette Famille,
avec une Duchesse de
Guienne,&Contesse d'Angoumois
qui fut dèpuis.
Reine d'Angleterre. Certe
princessedonna la Terre
de Dirac en échange du
Chasteau de Toulure &
ses dépendancesdont les
Comtes d'Angoumois firent
depuis leur lieu de
plaisance. Pasquier dans sa
recherche de la France,
dit que la Riviere qui
prend sa source dans cette
Terre
Terre) & qui porte aussi
le nom de Toulure
,
est
couverte de Signes, pavée
de Truites, bordée d'Ecrevisses
, & lardéed'Anguilles.
leMarquis d'Argence presta
ferment entre les mains
du Roy pour la Ch irge
de Lieutenant de Roy de
Bourgogne au departement
de l'Auxois, Autunois,
& Auxerrois, vacante
par le déceds de Mr de
Creancé son Beau-pere.
,
La Maison d'Argence
est tres ancienne. HuC?gues
Tison d'Argence fit en
itiC. une échange de la
Terre de Dirac, quiest
encore dans cette Famille,
avec une Duchesse de
Guienne,&Contesse d'Angoumois
qui fut dèpuis.
Reine d'Angleterre. Certe
princessedonna la Terre
de Dirac en échange du
Chasteau de Toulure &
ses dépendancesdont les
Comtes d'Angoumois firent
depuis leur lieu de
plaisance. Pasquier dans sa
recherche de la France,
dit que la Riviere qui
prend sa source dans cette
Terre
Terre) & qui porte aussi
le nom de Toulure
,
est
couverte de Signes, pavée
de Truites, bordée d'Ecrevisses
, & lardéed'Anguilles.
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Résumé : Prestation de Serment. [titre d'après la table]
Le 15 septembre, le Marquis d'Argence a prêté serment pour la charge de Lieutenant du Roi de Bourgogne. Cette fonction était vacante après le décès de Monsieur de Creancé, son beau-père. La Maison d'Argence est ancienne. Au XIIIe siècle, Hugues Tison d'Argence échangea la Terre de Dirac avec une Duchesse de Guienne, future Reine d'Angleterre, contre le Château de Toulure. La rivière Toulure, sur cette terre, est riche en poissons.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 95
Prestation de Serment. [titre d'après la table]
Début :
Mr le Comte de Malaurand, Lieutenant de Roy de la [...]
Mots clefs :
Serment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prestation de Serment. [titre d'après la table]
Mr le Comte deMalaurand
,
Lieutenant de
Roy de -laHaute&Baffe
Alsace, a presté serment
le 28. Avril àMarly.
,
Lieutenant de
Roy de -laHaute&Baffe
Alsace, a presté serment
le 28. Avril àMarly.
Fermer
11
p. 265-286
REJOUISSANCES ET CEREMONIES FAITES A L'INAUGURATION DE S.A.S.E. DE BAVIERE. Prince Souverain des Pays-Bas.
Début :
L'Avenement de S. A. S. E. à la souveraineté des Païs Bas [...]
Mots clefs :
Cérémonie, Inauguration, Marche, Pays-Bas, Députés, Musiciens, Clergé, Bavière, Bénédiction, Assemblée, Serment, Namur, Ordre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REJOUISSANCES ET CEREMONIES FAITES A L'INAUGURATION DE S.A.S.E. DE BAVIERE. Prince Souverain des Pays-Bas.
REJOUISSANCES,
ET CEREMONIES,
FAITES
A L'INAUGURATION 13
CORDES, A. S. E..
་་
DE BAVIERE.
Prince Souverain les
For pr 7Pays
- Bas,
L
༢
2
¡Avenement de S. A
S. E. à la fouveraineté
des Païs Bas avoit comblé
de joye tous les Peuples du
Ꮓ
Juillet 1712.
266 MERCURE
Comté de Namur. Heureux d'obéir à un fi grand
Prince, & devenir fes Sujets,
ils attendoient avec impatience le jour qu'Elle voudroit bien marquer , pour
avoir l'honneur de luy preter le Serment de fidelité
& dans cette eſperance ils
préparoient à rendre ce
jourundes plusmagnifiques
& des plus pompeux.
En effet , S. A. S. E. ayant
fixé cette Augufte Ceremonic au 17. de May les Peuples n'ont rien oublié pour
la rendre folemnelle &
Le
GALANT. 267
témoigner leur zele & leur
ardeur.
Meffieurs les Etats qui
avoient été convoquez à ce
fujet s'affemblerent la veille ,
& le concours des Ecclefiaf
tiques & des Nobles fut tresnombreux. Le lendemain
ils fe rendirent en Corps au
Palais de S. A. S. E. & fur
les dix heures du matin la
Marche commença.
ORDRE DE LA MARCHE.
Meffieurs les Magiftrats.
Mr le Mayeur, M" les
Zij
268 MERCURE 15 1
Efchevins , M les Jurez
& autres du même Corps.
2
*
Meffieurs les Etats Nobles,
Mr le Baron de Spontin
de Freyr , &c. & Mr le
Comte de Groefbeck
&c. Députez. Accompa
gnez d'un grand nombre de
Gentilhommes de la Pro .
vince qui à l'envi s'étoient
proprement & richement
habillez.
Meffieurs les Etats
Ecclefiaftiques.
Mr l'Abbé de Moulin ,
GALANT. 269
& Mr l'Abbé de Geronfart
Députez. Accompagnez de
fix autres Abbez de la
Province & Comté, de
Namur.
Les deux Herauts d'Armes
Reveftus de la Cote d'Armes avec la Couronne ,
Toque , Panaches , Aigrettes , émaillez fur la poitrine
aux , Armes de S. A. S. E. &
celles du Comté de Namur,
& le Caducée à la main.
Ziij
270 MERCURE
Son Alteße Sereniffime.
Sous un Dais magnifique ,
de velours bleu , orné de
crépines , franges & galons
d'argent avec les Armes
entieres de S. A. S. E. proprement brodées dans le
le fonds, & les Armes de la
Province aux quatre coins ;
preparé & prefenté par M
les Etats Nobles , & porté
par fix Gentils hommes des
plus qualifiez de la Province.
Sçavoir , Mr le Comte de
Frezin , Mr le Comte de
GALANT. 271
Corfuarem Lontchamps ,
Colonel , Mr de Glimes
Marquis de Courcelles , Mr
de Liede Kerke Baron
d'Arc , Mr le Comte de
Berlo de Sainte Gertrude ,
& Mr Claude de Namur
Vicomte Delzée.
Auxdeux coftez du Dais.
M. le Capitaine des Archers
Nobles gardes du Corps de
S. A. S. E. avec les Officiers.
Immediatement aprés
S. A. S. E. marchoient S. E.
Mr le Comte de Terring
Ziiij
272 MERCURE
& Seefelde grand Marêchal
de la Cour, Lieutenant Ge
neral, Chevalier de la Toifon
d'or faifant la fonction de
grand Maiftre de la Maifon
de S. A. SE, & Mrle Baron
de Dobelſtein & d'Eynem
bourg Gentilhomme de la
Chambre de S. A. S. E. de
Cologne, Marefchal de
Camp & Colonel d'un Rement de Cavalerie , Envoyé
Extraordinaire de S. A. S. E.
વે
de Cologne pour affifter
de la part à cette Auguſte
Ceremonie. ar 72A2
7 2 A2
Enfuite marchoient tous
GALANT. 273
les Seigneurs , Miniftres ,
Gentilhommes & autres
Officiers en grand nombre
de S A.S. E. felon le rang
qui leur cft dû
20
Les Archers Nobles Gardes du Corps marchoient
fur les coftez de cette Augufte Affemblée On continua ainfi la marche depuis
le Palais de S A.S. E. juf
qu'à l'Eglife Cathedrale de
S. Aubain. Plus de douze
ou quinze cent Bourgeois le
flambeau de cire blanche à
la main s'étoient rangez
pour former le paffage de
274 MERGURE
cette Noble Affemblée ; La
Garniſon étoit fous les Armes , & le Regiment des
Gardes à pied de S. A. S. E.
étoit pofté depuis le Palais
jufqu'aux environs de l'Eglife de S. Aubain. Mr de
Mercy Brigadier & Commandant de ce Regiment
étoit à la tefte avec tous les
Officiers nouvellement &
proprement habillez uniforme , de drap bleu galonné
d'argent.
Lorfque l'Electeur arriva
devant l'Evefché , un Bourgeois s'avança devant S A.
GALANT. 275
S. E. étendit fon manteau
par terre,le couvrit de fleurs,
& s'écria dans la joye de fon
cœear , Benedictus qui venit
in nomine Domini , &c.
Mr le Comte de Berlo
tres- Illuftre & tres-Digne
Evefque de Namur avoit
affemblé tout fon Clergé.
Le Chapitre de S. Aubain ,
le Chapitre de Nôtre Dame,
tous les Curez & les Prêtres
des Paroiffes , & tous les Ordres Religieux de la Ville. Il
attendoit S. A. S. E avec
tout ce Clergé devant fa
Cathedrale. Onavoit placé
276 MERGURE
*
rs
ún priédicu où S. A. S. E. fe
mit à genoux , & adora la
vraye Croix que Mr l'Eve.
que luy prefenta. On entra
enfuite dans Eglife , où
toutes les places étoient
marquées. Onytrouva déja
placez dans le Chour, M
du Confeil des Finances de
S. A. S. E. M's du Confeil
Provincial , & M du Souverain Baillage.
L'Eglife Cathedrale de S.
Aubain étoit proprement
ornée de verdure naiffante
& de riches Tapifleries.
rs
IS
On avoit élevé un Dais
magnifiquedevelours rouge
GALANT. 277
galonné d'or du cofté de
' Evangile où S. A. S. E. fe
plaça. SE Mr le grand
Maiêchal, faifant la fonction du grand Maiftre , étoit
placé à coté de S. A. S. E,
avec le Capitaine des Gardes
du Corps Archers Nobles ,
& les autres Seigneurs , Miniftres , & Gentilhommes
étoient placez felon l'ordre
que l'on avoit marqué.
Mr Marefchal Fourier de
de la Chambre de S. A. S. E
avoit fait conftruire une ef
pece de Galerie au- deſſus des
formes de M les Chanoi-
278 MERCURE
nes , fort pacieuſe pour
gagner de la place & y
mettre les Dames de la premiere qualité , & autres
caractere , & avoit poſté
un certain nombre d'Officiers qui avoient l'honneur
de placer les Dames felon
leur qualité & leur rang.
M's les Muficiens de la
Chambre de S. A. S. E.
étoient placez dans la Tribune proche de l'Orgue
avec les Trompettes & les
Timbales de S.A.S. E. &
plufieurs autres Muficiens.
Toute cette Augufte Af-
GALANT. 279
femblée étant ainfi placée ,
Mr l'Eveſque aſſiſté d'un
grand nombre de Preftres
officians , celebra pontificalement la Meffe. Aprés la
Meffe on chanta le Pfalme
Exaudiaten mufique. Auffitoſt qu'il fut fini”, M" les
Députez des Etats s'avancerent devant le Trône de
S.A. S. E.
L'Acte quiles authoriſoit
曩
pour recevoir & prefter le
ferment les nomme ainfi.
Les Reverends Abbez ,
Dom Maximilien Abbé de
Moulin, & Frere Auguftin
180 MERCURE
Illuftre
Abbé de Geronfart, de la part
du Clergé ; Noble
Seigneur Meffire Facques Baron de Spontin de Freyr , Vicomte d'Efclaye & 'dAudembourg; Noble & Illuftre Seis
gneur MeffireJacques François
Comte de Groesbeck , Wemelin
& du S. Empire , Vicomte
d'Aublin, Confeiller d'Etat
de S. A.S. E. de la part de la
Nobleß ; Noble & Illuſtre
Seigneur Adrien Charles de
Glimes de Brabant Seigneur dè
S.Martin , Noble Homme ,
Albert Ignace de Kffel de lå
part du Tiers Etat,
GALANT. 281
En préfence de ces M
Députez & de toute l'Af
femblée S. A. S. E. tenant
majestueufement les mains
fur les faints Evangiles , &
devant les faintes Reliques ,
prononça le ferment en ces
termes :
Je MAXIMILIEN
EMANUEL-par la grace
de Dieu , Ducde la Haute&
Baße Baviere , du Haut Pa
latinat , de Brabant , de Limbourg, de Luxembourg, &
de Gueldres , Comte Palatin
du Rhin , Archi- Dapifer
Electeur Vicaire du S
Juillet 1712 Aa
282 MERCURE
"Empire Romain , Landigrave
de Leichtenberg, Comte de
Flandres , de Hainaut & de
Namur, Marquis du S.
Empire , Seigneur de Malines,
&c.
Fure devant les faintes Reliques, &par les faints Evangiles de Dieu,quejegarderayles
Eglifes & Suppors d'icelles , les
Nobles, Feodeaux, Oppidains,
Communautez , Veuves &
Orphelins , des Villes , Pays
Comtéde Namur, en leurs
Droits, Ufages , Loix, &
Coûtumes loüables & anciennes; AINSI M'AIDE DIEU
GALANT. 283
ET TOUS SES SAINTS.
Cette formule de ferment avoit été préſentée par
le fieur Marefchal en qualité
de Greffier du fouverain
Baillage , à Mr le grand
Marefchal qui la pofa devant
S. A. S. E. & qui luy rendit
aprés que S. A. S. E. cut fini.
Le Nom du Seigneur & celuy de S. A. S. E. étoient
écrits en lettres d'or.
Mr Lardenois Confeiller
Penfionnaire lût enfuite la
Procuration qui authoriſoit
les Députez à prefter le fer.
ment. Et Mr l'Abbé de
Aaij
284 MERCURE
Moulin le lûc au nom de
tous en ces termes :
* NousFurons à vous treshaut& tres puiffant Prince
Seigneur MAXIMILIEN
EMANUEL par la grace
de Dieu Duc de la Haute &
Baffe Baviere, du Haut Palatinar , Comte Palatin du
Rhin , Archi-Dapifer, Elec
teur Vicaire du S. Empire
Romain , Landtgrave de Leichrenberg, Comte dudit Namur, que les Prélats , Nobles ,
Feodeaux, Oppidains &Com·
munautez d'iceluy Comie &
Pays de Namur, vousferont
GALANT. 283
Lons , vrais & loyaux Sujets
ferviteurs , comme its
doivent, font tenus d'estre
leur Prince & Seigneur.
M's les Députez levant
les doigt , prononcerent la
force du ferment felon
l'ordre fuivant.
Les deux Députez de
Etat Ecclefiaftique.
Ainfi nous aide Dieu &
rous fés Saints.
Les deux Députez de
l'Etat Noble.
Ainfi nous aide Dieu &
tous fes Saints.
Les deux Députez du
Tiers Etat.
286 MERCURE
Ainfi nous aide Dicu &
tous fes Saints,
Alors un bruit éclatant
ſe fit entendre dans l'Eglife ,
toute l'Affemblée s'écria ,
Vive l'Electeur , Vive le
Comte de Namur Noftre
Souverain.
On chanta enfuite le
TE DEUM, & aprés la
Benediction du Tres- Saint
Sacrement on recommença
la marche dans le mefme
ordre qu'on étoit venu.
ET CEREMONIES,
FAITES
A L'INAUGURATION 13
CORDES, A. S. E..
་་
DE BAVIERE.
Prince Souverain les
For pr 7Pays
- Bas,
L
༢
2
¡Avenement de S. A
S. E. à la fouveraineté
des Païs Bas avoit comblé
de joye tous les Peuples du
Ꮓ
Juillet 1712.
266 MERCURE
Comté de Namur. Heureux d'obéir à un fi grand
Prince, & devenir fes Sujets,
ils attendoient avec impatience le jour qu'Elle voudroit bien marquer , pour
avoir l'honneur de luy preter le Serment de fidelité
& dans cette eſperance ils
préparoient à rendre ce
jourundes plusmagnifiques
& des plus pompeux.
En effet , S. A. S. E. ayant
fixé cette Augufte Ceremonic au 17. de May les Peuples n'ont rien oublié pour
la rendre folemnelle &
Le
GALANT. 267
témoigner leur zele & leur
ardeur.
Meffieurs les Etats qui
avoient été convoquez à ce
fujet s'affemblerent la veille ,
& le concours des Ecclefiaf
tiques & des Nobles fut tresnombreux. Le lendemain
ils fe rendirent en Corps au
Palais de S. A. S. E. & fur
les dix heures du matin la
Marche commença.
ORDRE DE LA MARCHE.
Meffieurs les Magiftrats.
Mr le Mayeur, M" les
Zij
268 MERCURE 15 1
Efchevins , M les Jurez
& autres du même Corps.
2
*
Meffieurs les Etats Nobles,
Mr le Baron de Spontin
de Freyr , &c. & Mr le
Comte de Groefbeck
&c. Députez. Accompa
gnez d'un grand nombre de
Gentilhommes de la Pro .
vince qui à l'envi s'étoient
proprement & richement
habillez.
Meffieurs les Etats
Ecclefiaftiques.
Mr l'Abbé de Moulin ,
GALANT. 269
& Mr l'Abbé de Geronfart
Députez. Accompagnez de
fix autres Abbez de la
Province & Comté, de
Namur.
Les deux Herauts d'Armes
Reveftus de la Cote d'Armes avec la Couronne ,
Toque , Panaches , Aigrettes , émaillez fur la poitrine
aux , Armes de S. A. S. E. &
celles du Comté de Namur,
& le Caducée à la main.
Ziij
270 MERCURE
Son Alteße Sereniffime.
Sous un Dais magnifique ,
de velours bleu , orné de
crépines , franges & galons
d'argent avec les Armes
entieres de S. A. S. E. proprement brodées dans le
le fonds, & les Armes de la
Province aux quatre coins ;
preparé & prefenté par M
les Etats Nobles , & porté
par fix Gentils hommes des
plus qualifiez de la Province.
Sçavoir , Mr le Comte de
Frezin , Mr le Comte de
GALANT. 271
Corfuarem Lontchamps ,
Colonel , Mr de Glimes
Marquis de Courcelles , Mr
de Liede Kerke Baron
d'Arc , Mr le Comte de
Berlo de Sainte Gertrude ,
& Mr Claude de Namur
Vicomte Delzée.
Auxdeux coftez du Dais.
M. le Capitaine des Archers
Nobles gardes du Corps de
S. A. S. E. avec les Officiers.
Immediatement aprés
S. A. S. E. marchoient S. E.
Mr le Comte de Terring
Ziiij
272 MERCURE
& Seefelde grand Marêchal
de la Cour, Lieutenant Ge
neral, Chevalier de la Toifon
d'or faifant la fonction de
grand Maiftre de la Maifon
de S. A. SE, & Mrle Baron
de Dobelſtein & d'Eynem
bourg Gentilhomme de la
Chambre de S. A. S. E. de
Cologne, Marefchal de
Camp & Colonel d'un Rement de Cavalerie , Envoyé
Extraordinaire de S. A. S. E.
વે
de Cologne pour affifter
de la part à cette Auguſte
Ceremonie. ar 72A2
7 2 A2
Enfuite marchoient tous
GALANT. 273
les Seigneurs , Miniftres ,
Gentilhommes & autres
Officiers en grand nombre
de S A.S. E. felon le rang
qui leur cft dû
20
Les Archers Nobles Gardes du Corps marchoient
fur les coftez de cette Augufte Affemblée On continua ainfi la marche depuis
le Palais de S A.S. E. juf
qu'à l'Eglife Cathedrale de
S. Aubain. Plus de douze
ou quinze cent Bourgeois le
flambeau de cire blanche à
la main s'étoient rangez
pour former le paffage de
274 MERGURE
cette Noble Affemblée ; La
Garniſon étoit fous les Armes , & le Regiment des
Gardes à pied de S. A. S. E.
étoit pofté depuis le Palais
jufqu'aux environs de l'Eglife de S. Aubain. Mr de
Mercy Brigadier & Commandant de ce Regiment
étoit à la tefte avec tous les
Officiers nouvellement &
proprement habillez uniforme , de drap bleu galonné
d'argent.
Lorfque l'Electeur arriva
devant l'Evefché , un Bourgeois s'avança devant S A.
GALANT. 275
S. E. étendit fon manteau
par terre,le couvrit de fleurs,
& s'écria dans la joye de fon
cœear , Benedictus qui venit
in nomine Domini , &c.
Mr le Comte de Berlo
tres- Illuftre & tres-Digne
Evefque de Namur avoit
affemblé tout fon Clergé.
Le Chapitre de S. Aubain ,
le Chapitre de Nôtre Dame,
tous les Curez & les Prêtres
des Paroiffes , & tous les Ordres Religieux de la Ville. Il
attendoit S. A. S. E avec
tout ce Clergé devant fa
Cathedrale. Onavoit placé
276 MERGURE
*
rs
ún priédicu où S. A. S. E. fe
mit à genoux , & adora la
vraye Croix que Mr l'Eve.
que luy prefenta. On entra
enfuite dans Eglife , où
toutes les places étoient
marquées. Onytrouva déja
placez dans le Chour, M
du Confeil des Finances de
S. A. S. E. M's du Confeil
Provincial , & M du Souverain Baillage.
L'Eglife Cathedrale de S.
Aubain étoit proprement
ornée de verdure naiffante
& de riches Tapifleries.
rs
IS
On avoit élevé un Dais
magnifiquedevelours rouge
GALANT. 277
galonné d'or du cofté de
' Evangile où S. A. S. E. fe
plaça. SE Mr le grand
Maiêchal, faifant la fonction du grand Maiftre , étoit
placé à coté de S. A. S. E,
avec le Capitaine des Gardes
du Corps Archers Nobles ,
& les autres Seigneurs , Miniftres , & Gentilhommes
étoient placez felon l'ordre
que l'on avoit marqué.
Mr Marefchal Fourier de
de la Chambre de S. A. S. E
avoit fait conftruire une ef
pece de Galerie au- deſſus des
formes de M les Chanoi-
278 MERCURE
nes , fort pacieuſe pour
gagner de la place & y
mettre les Dames de la premiere qualité , & autres
caractere , & avoit poſté
un certain nombre d'Officiers qui avoient l'honneur
de placer les Dames felon
leur qualité & leur rang.
M's les Muficiens de la
Chambre de S. A. S. E.
étoient placez dans la Tribune proche de l'Orgue
avec les Trompettes & les
Timbales de S.A.S. E. &
plufieurs autres Muficiens.
Toute cette Augufte Af-
GALANT. 279
femblée étant ainfi placée ,
Mr l'Eveſque aſſiſté d'un
grand nombre de Preftres
officians , celebra pontificalement la Meffe. Aprés la
Meffe on chanta le Pfalme
Exaudiaten mufique. Auffitoſt qu'il fut fini”, M" les
Députez des Etats s'avancerent devant le Trône de
S.A. S. E.
L'Acte quiles authoriſoit
曩
pour recevoir & prefter le
ferment les nomme ainfi.
Les Reverends Abbez ,
Dom Maximilien Abbé de
Moulin, & Frere Auguftin
180 MERCURE
Illuftre
Abbé de Geronfart, de la part
du Clergé ; Noble
Seigneur Meffire Facques Baron de Spontin de Freyr , Vicomte d'Efclaye & 'dAudembourg; Noble & Illuftre Seis
gneur MeffireJacques François
Comte de Groesbeck , Wemelin
& du S. Empire , Vicomte
d'Aublin, Confeiller d'Etat
de S. A.S. E. de la part de la
Nobleß ; Noble & Illuſtre
Seigneur Adrien Charles de
Glimes de Brabant Seigneur dè
S.Martin , Noble Homme ,
Albert Ignace de Kffel de lå
part du Tiers Etat,
GALANT. 281
En préfence de ces M
Députez & de toute l'Af
femblée S. A. S. E. tenant
majestueufement les mains
fur les faints Evangiles , &
devant les faintes Reliques ,
prononça le ferment en ces
termes :
Je MAXIMILIEN
EMANUEL-par la grace
de Dieu , Ducde la Haute&
Baße Baviere , du Haut Pa
latinat , de Brabant , de Limbourg, de Luxembourg, &
de Gueldres , Comte Palatin
du Rhin , Archi- Dapifer
Electeur Vicaire du S
Juillet 1712 Aa
282 MERCURE
"Empire Romain , Landigrave
de Leichtenberg, Comte de
Flandres , de Hainaut & de
Namur, Marquis du S.
Empire , Seigneur de Malines,
&c.
Fure devant les faintes Reliques, &par les faints Evangiles de Dieu,quejegarderayles
Eglifes & Suppors d'icelles , les
Nobles, Feodeaux, Oppidains,
Communautez , Veuves &
Orphelins , des Villes , Pays
Comtéde Namur, en leurs
Droits, Ufages , Loix, &
Coûtumes loüables & anciennes; AINSI M'AIDE DIEU
GALANT. 283
ET TOUS SES SAINTS.
Cette formule de ferment avoit été préſentée par
le fieur Marefchal en qualité
de Greffier du fouverain
Baillage , à Mr le grand
Marefchal qui la pofa devant
S. A. S. E. & qui luy rendit
aprés que S. A. S. E. cut fini.
Le Nom du Seigneur & celuy de S. A. S. E. étoient
écrits en lettres d'or.
Mr Lardenois Confeiller
Penfionnaire lût enfuite la
Procuration qui authoriſoit
les Députez à prefter le fer.
ment. Et Mr l'Abbé de
Aaij
284 MERCURE
Moulin le lûc au nom de
tous en ces termes :
* NousFurons à vous treshaut& tres puiffant Prince
Seigneur MAXIMILIEN
EMANUEL par la grace
de Dieu Duc de la Haute &
Baffe Baviere, du Haut Palatinar , Comte Palatin du
Rhin , Archi-Dapifer, Elec
teur Vicaire du S. Empire
Romain , Landtgrave de Leichrenberg, Comte dudit Namur, que les Prélats , Nobles ,
Feodeaux, Oppidains &Com·
munautez d'iceluy Comie &
Pays de Namur, vousferont
GALANT. 283
Lons , vrais & loyaux Sujets
ferviteurs , comme its
doivent, font tenus d'estre
leur Prince & Seigneur.
M's les Députez levant
les doigt , prononcerent la
force du ferment felon
l'ordre fuivant.
Les deux Députez de
Etat Ecclefiaftique.
Ainfi nous aide Dieu &
rous fés Saints.
Les deux Députez de
l'Etat Noble.
Ainfi nous aide Dieu &
tous fes Saints.
Les deux Députez du
Tiers Etat.
286 MERCURE
Ainfi nous aide Dicu &
tous fes Saints,
Alors un bruit éclatant
ſe fit entendre dans l'Eglife ,
toute l'Affemblée s'écria ,
Vive l'Electeur , Vive le
Comte de Namur Noftre
Souverain.
On chanta enfuite le
TE DEUM, & aprés la
Benediction du Tres- Saint
Sacrement on recommença
la marche dans le mefme
ordre qu'on étoit venu.
Fermer
Résumé : REJOUISSANCES ET CEREMONIES FAITES A L'INAUGURATION DE S.A.S.E. DE BAVIERE. Prince Souverain des Pays-Bas.
Le texte relate les cérémonies d'inauguration de l'avènement de Son Altesse Sérénissime (S.A.S.E.) à la souveraineté des Pays-Bas en juillet 1712. Cet événement a suscité une grande joie parmi les peuples, qui se préparaient à prêter serment de fidélité. La cérémonie officielle a été fixée au 17 mai et a été marquée par une grande solennité et un zèle ardent des populations. Les États, les ecclésiastiques et les nobles se sont rassemblés la veille et ont participé à une marche ordonnée le lendemain. La procession, dirigée par les magistrats, les États nobles et ecclésiastiques, a conduit S.A.S.E. sous un dais magnifique jusqu'à la cathédrale Saint-Aubin. La garnison et les gardes étaient présents, et un bourgeois a accueilli l'Électeur avec des fleurs et des bénédictions. À la cathédrale, S.A.S.E. a adoré la vraie Croix et a pris place sur un dais orné. La messe a été célébrée par l'évêque de Namur, assisté de nombreux prêtres. Après la messe, les députés des États ont prêté serment de fidélité à S.A.S.E., qui a prononcé un serment solennel de protéger les églises, les nobles, les veuves et les orphelins. Le Te Deum a été chanté, suivi d'une bénédiction, et la procession est revenue au palais dans le même ordre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 133-145
TRAGEDIE DE ZAYRE, Extrait.
Début :
Nous n'aurions pas tardé si long temps à donner l'Extrait d'une Tragédie qui [...]
Mots clefs :
Voltaire, Zaïre, Orosmane, Nérestan, Religion, Coeur, Lusignan, Lettre, Soudan, Amour, Mort, Chrétiens, Tragédie, Serment, Soeur, Spectateurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TRAGEDIE DE ZAYRE, Extrait.
TRAGEDIE DE zArRE;
ï Extrait. '
NOus n'aurions pas tardési long temps
à donner l’Extait d'une Tragédie qui
a charmé la Cour et la Ville , si son inge
nieux Auteur n’eût prévenu »l’ardeuri
que nous avons de remplir nos engage
mens; on a vû dès la naissance de cette
Piece, ce que M. de Voltaire en a bien
voulu‘ communiquer au Public , inseré ‘ " '
dans le Mercure d’Août. Uimpressjon
de ce charment Poëmenous impose däauq
tres loix et nous engage à faire part au.
Public des divers jugemens qu'on en a
portez. ‘ .
zLe Sujet de cette Tragédie est si sim-Ê
pie,‘ que quelques lignes sufliront pour
tracer le plan de ce qui fait l’action prin
ci ale. Lustgnam, dernier Roy de Jeru
- sa cm, fut détrôné par Saladin , Pere
d'Oro:mane. De cin de ses Enfms qui
furent envelopperd
n’y en eut que deux qui échapperentà
la mort,- sgavoir , un garçon et une filles
‘ G iij le
ans sa disgrace, 1l
«m, MERCURE un FRANCE
le premier âgé de quatre ans et Pautre
encore q; berccauDrosmanc devint amooe
rcux de la fille, élevée dans la Religion
Musulmane et appellêe Zaîrg. IJAmour
du Soudàn alla jusquî la vouloir épouser;
Zaïre ne put refuser - son coeur à un
Amant si rendre et si genereux. Le frere
de cette aimable Princesse ravoir été éle
vé auprès d'elle dans le Serrail, sans la
connortre pour sa soeur et sans se con
noître lui-même pour fils de Lusignan.
I.e genereux Orosmane avoir consenti
qu’il allât chercher la rançon de dix Che
valiers Chrétiens. Neremm , c’est le nom
de ce frere de Zaïre, tint sa parole et.
ä-evint avec la rançon. Orosmane lui pro
mit-cenr Chevaliers Chrétiens,’ au lieu
d; dix qu’il en demandoit seulement;
mais il en exceptn Zaïre et Lusignani
Zaïre obtint la liberté de cc derniers on
le tira de son obscure prison , et à la far
veut d'une Croix que Zaïte portoir en
fotnxe de Bracelet depuis le jour de sa
naissance, et d’une blessure que Nerestan
avoir reçûë dans le sein, il les reconnut‘
pour. ses Enfans- Le combat qui se fait
entre la Religion cr Pamout, fournit
tous les beaux senrimeps dont cette Pic»
ce est rempiie. ‘Le serment que Zayrc a
fait entre les mains de Ncxesçan, de nul
point
a q l
‘ JANVIER; 173;: '13;
Ëeînt épouser Orosmanc qu'elle ne fût
aptisée, fait le noeud de la Piece , une
Lettre équivoque produit dans le coeur
du jaloux Orosmanc cette fureur qui en
fait la sanglante catastrophe : la Piece fi.
_nit par la mort que le Soudan se donne
après Pavolr donnée à. Pinnoccnt objet
de son amour. Voici la distribution des
Actes et des Scenes.
Fmime, Esclave Chrétienne et amie de
Z4Ïre,.ouvre la Scene et lui témoigna
lrsutprise où elle est de la voir si con
tente, mal ré l'esclavage ‘où elle est en
core et dbä Neresran lui a promis de la
retirer à son retour de Paris; Zaïre lui
ouvre son coeur et lui dit que le Soudan
Paime et doit Pépouset; Fatime lui rap.
elle qu’elle est ljui fait entendre nqéuee CFhérdéutciaerninoen;quZ'aeïlrlee
a reçûë dans la Cour d’Orosmane a prese
que cificé de son souvenir toutes les aug
tres idées. . -
Omsmana vient annoncer à Zaïrc son
prochain Couronnement; mais c’esr d'une
maniere à lui faire connoîrre que si elle
ne se donnoit à lui que par reconnoisi
sauce, il ne se croiroit pas heureux. Zaïre
‘ne lui marque pas moins de délicatesse
dans les sentimens de son coeur. On vient
annoncer Parrivéesde Ncrestan ; Gros..
- G iiij marre
n36‘ MERCURE DE FRANCE
mane ordonne qu’en le fasse entrer.- -
Nerestan fait entendre au Soudan qu’il
apporte la rançon dont il êtoit convenu
avec lui pour dix Chevaliers François,
et que n'ayant pas de quoi payer la sien
ne, il consent à reprendre ses premiers
fers. Orosmane pour ne se pas montrer
moins genereux qu’un Chrétien , lui olïre
cent Chevaliers et n’accepte point la ran
çon qu’il a apportée; mais il refuse la
liberté de Lusignan par raison d’Erar, et
celle de Zaïre par raison d’amour 5 Ne
restan l’accuse de manquer de parole;
Orosmane lui ordonne de se retirer; il
dit à Zaîre qu’il-va tout ordonner pour
leur hymen, après avoir donné au soin
du Trône quelques momens qu’il est fora
té de dérober à son amour.
Il fait entrevoir aux yeux de Caraimin,‘
son Confident , quelques marques d'une
jalousie naissante au sujet de Neresran 3
il ne veut pas pourtant descendre jus
qu’à convenir qu’il est jaloux d’un Chré
tien, mais il ne laisse pas de faire enten
dre ue s’il l’étoit jamais , il seroit capa
ble de" se porter à des extrémirez dont
il rejette sur le champ la funeste image,‘
et qui cependant commencent à préparer
les Spectateurs au crudeli: amer que l'Au-.
teur a mis à la tête de [impression de sa
"
‘
JA NVIER. 1733. 137
I
‘Châtillon, Chevalier François, et Na
mmn , commencent le second Acte .
Châtillon apprend avec douleur que Lu
sîgnan ne peut obtenir sa liberté; il ex
pose en Vers pompeux tout ce qui s’est
pasvé lors du détrônement de ce dernier
Roy de Jerusalcm.
‘Zaïre vient annoncer à Nerestan quelle
a obtenu la liberté de Lusignan . ce qui
est-le comble de la joye pour Châtillon
et pour lui. _ p ,
Lusignañ arrive , soutenu par deux Che
valiers François; ce venerable Vieillard"
attirê route l’attention des Spectateurs
par le récit de ses malheuÎ-s; ildéplorc
sur tout la perte de trois- de ses Eufans
massacrés a ses yeux , et de deux aurres=
réduits â Pesclavage ; il ignore leur sort,’
il en demande des nouvelles à 'Nc.'estan
et à Zaïrc , qui peuvent en avoir oiii par-Ï
let dans le Serrail, où ils ont été élevez‘
o h À
depuis leur enfance; il les reconnoit pour
ces mêmes Enfms dont il leur demande
des nouvelles. Cette reconnoissance est
une des plus touchantes qu’on ait vûës
sur la Scene, Lusignan demande en trem
blant à Zaïre, si elle est encore Chrétien
u - ' ’ 3
ne; Zaire lui déclare in enument qu elle
est Musulmane, mais el e lui promet un
heureux retour à la Religion de ses Ayeux.
t ‘ G y, C0:
1
_ 13s MERCURE Bananes
Çorasmin vient jette: de nouvelles allait-j
mes dans les coeurs de ces Chrétiens rasq
semblez; il leur ordonne de le suivre pour
rentrer dans leurs chaînes; Lusiguan les
exhorte à raffermir leur constance e; im
pose silence à Zaïre sur un secret qui
pourroit leur devenir funeste.
. Au troisième Acte, Orosnqane parlant
5. Corasmin , instruit les Spectateurs de q
la raispn pour laquelle i_l avoir révoqué
l'ordre qui avoir mis les Chrétiens en li-;
‘botté; ._ce' qui l’)? avoir porté , c’est qu’il
‘craignoît que l’Armée Navale des Franq
gais , qu’on avoir découverte , ne fût des.
tinée à reconquerir Jerusalem , erreur
donç il venoit.d’être tiré par de {idoles
avis, Corasmin veut en vain lui donnes
de nouvelles craintes, pour Fobliger à
ne point; ‘relâcher les Chrétiens; Oros.
mane lui répond que cîest à Zgïre qu’il
a a accordé leur liberté; il ajoûte qu’il n71
pû lui refuser la consolation de voir Ne
restan pour la dernier: fois. Orosmane
sort en ordonnant à Corasmin d’obéi'r à
‘Zaïre. Corasmin dit à Nerestan qu’il va,
lui envoyer Zaïre. '.
a Après un court Monologue de Nerestan;
Zaïre arrive. Cette Scene est une des plus
belles; Neresran reproche â sa soeur le_
son qu'elle fait àla glose de se famille‘? en
. a an
= JANVIER-ï 1733-‘ r39
abandonnant la Religion de ses Peres. Zaï
re lui promet de renoncer à la Religion
des Musulmans; mais elle ne se promet;
pas à elle-même de renoncer à son amour
pour Orosmane; elle demande à Nerestan
quelle peine la Religion des Chrétiens im
poseroit à une Amante qui épouseroit
un Musulman qu’elle aimeroit; cette de.
mande fait frémir Nctestan ; Zaïre lui
confesse qu’elle aime Orosmane et qu’elle
va Pépouser; elle lui dqmande la mort
pour prixtd’un aveu dont il est irrité; ne
pouvant rien de plus , il exige d"elle avec
serment qu’elle n épousera point Orosmaä
ne avant qu'elle air été inondée de Peau sa
luraire du Baptême, et c’est ce serment qui
- pÿoduit tout Pinterêt du reste de la Piece.
un délai qu’elle
_ erestan sort pour allier fermer les yeux
à Lusignan, dont les derniers transports
ont achevé d’épuiser le peu de forces qui‘
lui restaient. Zaïre fait un Monologue
très-touchant dans lequel l’Amour et la.
Religion se combattent.
p Orosmane vient presser-Zaïre de le
rendre heureux par son Hymen‘, elle est
interdite -, il ne sçait que penser des sen
timens confus u’de lui fait paraître;
(lui demande excite sa co
1ere ; elle ne peut soutenir S011 Courroux.
et le quitte de peut de Paugmenter. ar sa,
présence. ' i G Vj ros
‘r40 MERCURE DE FR ANGE:
Orosmane ne sçait à quoi attribuer Pé-Ï
tontiantaccueil que Zaïre vient de luî
faire ', la jalousie sïntroduit dans son’
aeurs il soupçonne Zaïre et Nerestan
d'une tendre ‘intelligence; il ordonne que
le Scrrail soit fermé aux Chrétiens. '
Fatime félicite Ze1ïre,au troisième Acte,‘
du bonheur qu’elle» est prête â goûter et
qui doit être le prix des combats dont
elle est déchirée. Zaïre lui fait connaître
par tout ce qu’elle dit , combien lui coû
tera le sacrifice qu'on exige d'elle. Elle l
voudroit se jetter aux pieds d’Otosmane,
et lui faire un aveu sincere des vrais sen
timens de son coeur et des obstacles que
sa Religion oppose à. Phymen qu’il lui
offre; Fatime lui fait connoître qu’elle
cxposeroit tous les Chrétiens à la fureur
du’ Soudan par un‘ aveu si funeste.
Orosmane vient livrer u_n nouvel assaut"
"au coeur de Zaïres il lui déclare qu’une
autre va monter au Trône qu’il lui avoir
destiné, Zaïre ne peut entendre cette mek
nace sans verser des larmes; Orosmane
en est attendri, il lui dit que la‘ menacé
qu’il vient de lui fait n’étoit qu’une fein-ä
te, et qu’elle n'a ét dictée que par le
desespoir où ses injustes rcfus l’on: plon
gé; il la prie de ne plus difllerer son bon-i
heurs elle se jette à ses pieds, et le prie
9
3.
J A N V IF. R‘. 1733Z titi
I n
à son tour de lui accorder le reste de ce‘
jour pour achever de se déterminer. Otos
mane y consent malgré lui; elle le quitte;
il est frappé d'une si prompte fuite; il
s’en console pourtant par Passurance qu'il
a (‘Hêtre aimé. -
Un de ses OH-iciers vient changer cette
sécurité en désespoir; il lui présente une
Lettre qu’on vient d'intercepter ', cette
t Lettre est de Nerestan,er s’adressc à Zaïse s‘
voici ce qu’elle contient :
Clxere Zaïre , il est temps de nous voir;
Il est vers la Mosquée une secrette issuë ,
_0t‘1 vous pouvez sans bruit et sans être apperçuë,
Tromper vogsurveillans , et remplir notre espoir;
Il faut vous hazarder, vous cohnoissez mon zeley
je vous attends ; je meurs si vous nîêtes fidele.
‘La lecture de cette Lettre équivoque rea
plonge le Soudan dans la plus horrible fir
reurgil veut faire expirer Ncrestan dans les
supplices, et poignarder Zaïre; il otdon-i
ne qu’on la fasse venirî troublé, irréwolu,
il-ne sçait plusâ uoi même que Zaïreclui esst'artroêûtjeor;urisl sefidflaaltet,e
et que Net: stan n’est qu’un témetaire qui
se croit aimé, parce quîl croit mériter
de l'être ; il ordonne à Corasmin de frite
rendre ce Billet à Zaïre 5 il se ‘repent de
Pavoiq
‘rai MERCURE DE FRANCE"
Pavoir mandée; il" la veut éviter, mais’
_ inutilement. j
Dans cette Scene Zaïre sort de sa moä
deration ordinaire ; les reproches et les
menaces du Sultan , qui ne s’étoit jamais
oublié jusques-là, lui donnent‘ une no-g
ble fiertéquî n'empêche pas qu’elle ne lui
avoüë qu’elle Paime; ce dernier aveu ache
ve d’irrirer le Sultan qui la croit perfidesil
_ la congédiget se prépare à la‘ plus horrible
vengeance, quoiqu'il. avoüe qu’il Faim:
encor plus que jamais.
Au cinquième Acte Otosmane commano‘
de à un Esclave de remettre entre les mains‘
de Zaïre la fatale Lettre qui est tombée
dansles siennes ,et lui ordonne de lui ren
dre un compte fidele de tout ce quiil
aura appris.
Zaïre vient avec Fatime ', PEsclave lui"
présente la Lettre ,_ comme un garant de
sa fidelité , elle la lit et lui dit:
Allez dire au Chrétien qui marche sur vos pas i
Q3: mon coeur aujonrrÿhui ne 1c trahira pas,
Q1: Farime-en ces lieux va bien-tôt Pinrroduirt.
Zaïre sort,- l‘Esclave rend compte de
sa commission a Orosmane, ce qm de
termine ce Sultan furieux à la plus bote
rible vengeance. Zaïre revient .- ellectar:
apercevoq
J A NV I E R.‘ 1713.‘ ‘r41
appercevoir Neresran dans Pobscurité;
quelques paroles trop tendres qui lui
échappent et qui conviennent aux sen-g,
timens qu'elle a pour ce cher frere, por
tent le jaloux Orosmane à la dernierÊ
fureur; il lui plonge un poignard dans
le sein , Neresran qu’sn ‘lui amene char.
gé de fers, fait un grand cri en voyant
sa soeur qui vient d’expirer; à ce cri dou
loureux et au nom de soeur, Orosmane
recormoit son crime; Nerestan lui de.
mande la mort; Orosmane ordonne qu’on
le remette en liberté et qu'on le ren
Ÿoye chez ses patens avec tous les
Chrétiens; il plonge dans son coeur le
fatal poignard encore fumant du sang
de sa chere Zaïre. ‘ '
Il ne reste lus qu’à faire. part à no;
Lecteurs des divers jugcmens que le Pu.
blic a portez sur cette Tragédie. Tous
les suffrages sont réünis en faveur de l’in—
rerêt qui y rcgne dans tous les Actes 5 ce
lui qu’on asenti dans la reconnoissance
est le plus generalement avoüé son a sçû
bon gré à M. de Voltaire d'avoir bien
voulu descendre de I’Epiquc au Dtamaæj
tique; on trouve même qu’il a porté la
cpmplaisancc un peu loin; sa Vcrsifica
tion n'a pas paru égale par tout, et le de-î
sordrc les passion; jettent ses princi
' ' - ' paux
o‘.,.
arrajMÈkélïfls DE FRANCE
ries
. b‘
.
r,’ «ipaux Acteurs semble , dit-on , avoir pas-Α
se jusquîr ses expressions; on auroit sou
haité que le caractere qu’il a d'abord don
né à‘ son Héros ne se tût as clé-menti
jusqrÿà plonger un poignar dans le sein
de sa Maîtresse; on a beau dire que la
jalousie ‘nïst pas une passion que la rai
son puisse dompter , c’étoit à PAureur,
disent les Critiques, à ne pas donner de"
pareilles assions aux personnages dont:
1l avoir onné une idée si avantageuse;
le serment qui fait le noeud de la Piece,
ajoûtent-ils , a un caractcre dîndiscretion
qu’en ne sgauroit excuser.» Ils trouvent
aussi que les divers voyages de Neresrarr
n'ont pas encore été assez bien débrouil
lez. Les Caracteres de Lusignan , de Chê
tilion et dé Neresran , ont été-fvora
blement reçûs; pour ce.ui de Zaïre, on.
l’a trouvé fort indécis; on ne sçait pas
si elle meurt Chrétienne ou Musulmane‘;
l’amour a tousours parû sa passion do
minante , et l'on a lit-u de douter que le
mon Dim qu’elle prononce en mou_rant ,
ait pû lui tenir lieu de Baptême ou de _
Contrition zNerestan fortifie ce doute par:
ces deux Vers qu’il adresse à. Orosmane.
p
Hélas ! elle oiîerisoit notre Dieu , notre Loy,
E: ce Dieu la punit «Pavois brûlé pour roi.
« Cette
u
J ANVI Ê R‘. 1733Z '14’.
. Cette Piece a été imprimée à Roüen et
se vend à Pari: , Q4) de: Azgnsiin: ,
chez. Bauche.
ï Extrait. '
NOus n'aurions pas tardési long temps
à donner l’Extait d'une Tragédie qui
a charmé la Cour et la Ville , si son inge
nieux Auteur n’eût prévenu »l’ardeuri
que nous avons de remplir nos engage
mens; on a vû dès la naissance de cette
Piece, ce que M. de Voltaire en a bien
voulu‘ communiquer au Public , inseré ‘ " '
dans le Mercure d’Août. Uimpressjon
de ce charment Poëmenous impose däauq
tres loix et nous engage à faire part au.
Public des divers jugemens qu'on en a
portez. ‘ .
zLe Sujet de cette Tragédie est si sim-Ê
pie,‘ que quelques lignes sufliront pour
tracer le plan de ce qui fait l’action prin
ci ale. Lustgnam, dernier Roy de Jeru
- sa cm, fut détrôné par Saladin , Pere
d'Oro:mane. De cin de ses Enfms qui
furent envelopperd
n’y en eut que deux qui échapperentà
la mort,- sgavoir , un garçon et une filles
‘ G iij le
ans sa disgrace, 1l
«m, MERCURE un FRANCE
le premier âgé de quatre ans et Pautre
encore q; berccauDrosmanc devint amooe
rcux de la fille, élevée dans la Religion
Musulmane et appellêe Zaîrg. IJAmour
du Soudàn alla jusquî la vouloir épouser;
Zaïre ne put refuser - son coeur à un
Amant si rendre et si genereux. Le frere
de cette aimable Princesse ravoir été éle
vé auprès d'elle dans le Serrail, sans la
connortre pour sa soeur et sans se con
noître lui-même pour fils de Lusignan.
I.e genereux Orosmane avoir consenti
qu’il allât chercher la rançon de dix Che
valiers Chrétiens. Neremm , c’est le nom
de ce frere de Zaïre, tint sa parole et.
ä-evint avec la rançon. Orosmane lui pro
mit-cenr Chevaliers Chrétiens,’ au lieu
d; dix qu’il en demandoit seulement;
mais il en exceptn Zaïre et Lusignani
Zaïre obtint la liberté de cc derniers on
le tira de son obscure prison , et à la far
veut d'une Croix que Zaïte portoir en
fotnxe de Bracelet depuis le jour de sa
naissance, et d’une blessure que Nerestan
avoir reçûë dans le sein, il les reconnut‘
pour. ses Enfans- Le combat qui se fait
entre la Religion cr Pamout, fournit
tous les beaux senrimeps dont cette Pic»
ce est rempiie. ‘Le serment que Zayrc a
fait entre les mains de Ncxesçan, de nul
point
a q l
‘ JANVIER; 173;: '13;
Ëeînt épouser Orosmanc qu'elle ne fût
aptisée, fait le noeud de la Piece , une
Lettre équivoque produit dans le coeur
du jaloux Orosmanc cette fureur qui en
fait la sanglante catastrophe : la Piece fi.
_nit par la mort que le Soudan se donne
après Pavolr donnée à. Pinnoccnt objet
de son amour. Voici la distribution des
Actes et des Scenes.
Fmime, Esclave Chrétienne et amie de
Z4Ïre,.ouvre la Scene et lui témoigna
lrsutprise où elle est de la voir si con
tente, mal ré l'esclavage ‘où elle est en
core et dbä Neresran lui a promis de la
retirer à son retour de Paris; Zaïre lui
ouvre son coeur et lui dit que le Soudan
Paime et doit Pépouset; Fatime lui rap.
elle qu’elle est ljui fait entendre nqéuee CFhérdéutciaerninoen;quZ'aeïlrlee
a reçûë dans la Cour d’Orosmane a prese
que cificé de son souvenir toutes les aug
tres idées. . -
Omsmana vient annoncer à Zaïrc son
prochain Couronnement; mais c’esr d'une
maniere à lui faire connoîrre que si elle
ne se donnoit à lui que par reconnoisi
sauce, il ne se croiroit pas heureux. Zaïre
‘ne lui marque pas moins de délicatesse
dans les sentimens de son coeur. On vient
annoncer Parrivéesde Ncrestan ; Gros..
- G iiij marre
n36‘ MERCURE DE FRANCE
mane ordonne qu’en le fasse entrer.- -
Nerestan fait entendre au Soudan qu’il
apporte la rançon dont il êtoit convenu
avec lui pour dix Chevaliers François,
et que n'ayant pas de quoi payer la sien
ne, il consent à reprendre ses premiers
fers. Orosmane pour ne se pas montrer
moins genereux qu’un Chrétien , lui olïre
cent Chevaliers et n’accepte point la ran
çon qu’il a apportée; mais il refuse la
liberté de Lusignan par raison d’Erar, et
celle de Zaïre par raison d’amour 5 Ne
restan l’accuse de manquer de parole;
Orosmane lui ordonne de se retirer; il
dit à Zaîre qu’il-va tout ordonner pour
leur hymen, après avoir donné au soin
du Trône quelques momens qu’il est fora
té de dérober à son amour.
Il fait entrevoir aux yeux de Caraimin,‘
son Confident , quelques marques d'une
jalousie naissante au sujet de Neresran 3
il ne veut pas pourtant descendre jus
qu’à convenir qu’il est jaloux d’un Chré
tien, mais il ne laisse pas de faire enten
dre ue s’il l’étoit jamais , il seroit capa
ble de" se porter à des extrémirez dont
il rejette sur le champ la funeste image,‘
et qui cependant commencent à préparer
les Spectateurs au crudeli: amer que l'Au-.
teur a mis à la tête de [impression de sa
"
‘
JA NVIER. 1733. 137
I
‘Châtillon, Chevalier François, et Na
mmn , commencent le second Acte .
Châtillon apprend avec douleur que Lu
sîgnan ne peut obtenir sa liberté; il ex
pose en Vers pompeux tout ce qui s’est
pasvé lors du détrônement de ce dernier
Roy de Jerusalcm.
‘Zaïre vient annoncer à Nerestan quelle
a obtenu la liberté de Lusignan . ce qui
est-le comble de la joye pour Châtillon
et pour lui. _ p ,
Lusignañ arrive , soutenu par deux Che
valiers François; ce venerable Vieillard"
attirê route l’attention des Spectateurs
par le récit de ses malheuÎ-s; ildéplorc
sur tout la perte de trois- de ses Eufans
massacrés a ses yeux , et de deux aurres=
réduits â Pesclavage ; il ignore leur sort,’
il en demande des nouvelles à 'Nc.'estan
et à Zaïrc , qui peuvent en avoir oiii par-Ï
let dans le Serrail, où ils ont été élevez‘
o h À
depuis leur enfance; il les reconnoit pour
ces mêmes Enfms dont il leur demande
des nouvelles. Cette reconnoissance est
une des plus touchantes qu’on ait vûës
sur la Scene, Lusignan demande en trem
blant à Zaïre, si elle est encore Chrétien
u - ' ’ 3
ne; Zaire lui déclare in enument qu elle
est Musulmane, mais el e lui promet un
heureux retour à la Religion de ses Ayeux.
t ‘ G y, C0:
1
_ 13s MERCURE Bananes
Çorasmin vient jette: de nouvelles allait-j
mes dans les coeurs de ces Chrétiens rasq
semblez; il leur ordonne de le suivre pour
rentrer dans leurs chaînes; Lusiguan les
exhorte à raffermir leur constance e; im
pose silence à Zaïre sur un secret qui
pourroit leur devenir funeste.
. Au troisième Acte, Orosnqane parlant
5. Corasmin , instruit les Spectateurs de q
la raispn pour laquelle i_l avoir révoqué
l'ordre qui avoir mis les Chrétiens en li-;
‘botté; ._ce' qui l’)? avoir porté , c’est qu’il
‘craignoît que l’Armée Navale des Franq
gais , qu’on avoir découverte , ne fût des.
tinée à reconquerir Jerusalem , erreur
donç il venoit.d’être tiré par de {idoles
avis, Corasmin veut en vain lui donnes
de nouvelles craintes, pour Fobliger à
ne point; ‘relâcher les Chrétiens; Oros.
mane lui répond que cîest à Zgïre qu’il
a a accordé leur liberté; il ajoûte qu’il n71
pû lui refuser la consolation de voir Ne
restan pour la dernier: fois. Orosmane
sort en ordonnant à Corasmin d’obéi'r à
‘Zaïre. Corasmin dit à Nerestan qu’il va,
lui envoyer Zaïre. '.
a Après un court Monologue de Nerestan;
Zaïre arrive. Cette Scene est une des plus
belles; Neresran reproche â sa soeur le_
son qu'elle fait àla glose de se famille‘? en
. a an
= JANVIER-ï 1733-‘ r39
abandonnant la Religion de ses Peres. Zaï
re lui promet de renoncer à la Religion
des Musulmans; mais elle ne se promet;
pas à elle-même de renoncer à son amour
pour Orosmane; elle demande à Nerestan
quelle peine la Religion des Chrétiens im
poseroit à une Amante qui épouseroit
un Musulman qu’elle aimeroit; cette de.
mande fait frémir Nctestan ; Zaïre lui
confesse qu’elle aime Orosmane et qu’elle
va Pépouser; elle lui dqmande la mort
pour prixtd’un aveu dont il est irrité; ne
pouvant rien de plus , il exige d"elle avec
serment qu’elle n épousera point Orosmaä
ne avant qu'elle air été inondée de Peau sa
luraire du Baptême, et c’est ce serment qui
- pÿoduit tout Pinterêt du reste de la Piece.
un délai qu’elle
_ erestan sort pour allier fermer les yeux
à Lusignan, dont les derniers transports
ont achevé d’épuiser le peu de forces qui‘
lui restaient. Zaïre fait un Monologue
très-touchant dans lequel l’Amour et la.
Religion se combattent.
p Orosmane vient presser-Zaïre de le
rendre heureux par son Hymen‘, elle est
interdite -, il ne sçait que penser des sen
timens confus u’de lui fait paraître;
(lui demande excite sa co
1ere ; elle ne peut soutenir S011 Courroux.
et le quitte de peut de Paugmenter. ar sa,
présence. ' i G Vj ros
‘r40 MERCURE DE FR ANGE:
Orosmane ne sçait à quoi attribuer Pé-Ï
tontiantaccueil que Zaïre vient de luî
faire ', la jalousie sïntroduit dans son’
aeurs il soupçonne Zaïre et Nerestan
d'une tendre ‘intelligence; il ordonne que
le Scrrail soit fermé aux Chrétiens. '
Fatime félicite Ze1ïre,au troisième Acte,‘
du bonheur qu’elle» est prête â goûter et
qui doit être le prix des combats dont
elle est déchirée. Zaïre lui fait connaître
par tout ce qu’elle dit , combien lui coû
tera le sacrifice qu'on exige d'elle. Elle l
voudroit se jetter aux pieds d’Otosmane,
et lui faire un aveu sincere des vrais sen
timens de son coeur et des obstacles que
sa Religion oppose à. Phymen qu’il lui
offre; Fatime lui fait connoître qu’elle
cxposeroit tous les Chrétiens à la fureur
du’ Soudan par un‘ aveu si funeste.
Orosmane vient livrer u_n nouvel assaut"
"au coeur de Zaïres il lui déclare qu’une
autre va monter au Trône qu’il lui avoir
destiné, Zaïre ne peut entendre cette mek
nace sans verser des larmes; Orosmane
en est attendri, il lui dit que la‘ menacé
qu’il vient de lui fait n’étoit qu’une fein-ä
te, et qu’elle n'a ét dictée que par le
desespoir où ses injustes rcfus l’on: plon
gé; il la prie de ne plus difllerer son bon-i
heurs elle se jette à ses pieds, et le prie
9
3.
J A N V IF. R‘. 1733Z titi
I n
à son tour de lui accorder le reste de ce‘
jour pour achever de se déterminer. Otos
mane y consent malgré lui; elle le quitte;
il est frappé d'une si prompte fuite; il
s’en console pourtant par Passurance qu'il
a (‘Hêtre aimé. -
Un de ses OH-iciers vient changer cette
sécurité en désespoir; il lui présente une
Lettre qu’on vient d'intercepter ', cette
t Lettre est de Nerestan,er s’adressc à Zaïse s‘
voici ce qu’elle contient :
Clxere Zaïre , il est temps de nous voir;
Il est vers la Mosquée une secrette issuë ,
_0t‘1 vous pouvez sans bruit et sans être apperçuë,
Tromper vogsurveillans , et remplir notre espoir;
Il faut vous hazarder, vous cohnoissez mon zeley
je vous attends ; je meurs si vous nîêtes fidele.
‘La lecture de cette Lettre équivoque rea
plonge le Soudan dans la plus horrible fir
reurgil veut faire expirer Ncrestan dans les
supplices, et poignarder Zaïre; il otdon-i
ne qu’on la fasse venirî troublé, irréwolu,
il-ne sçait plusâ uoi même que Zaïreclui esst'artroêûtjeor;urisl sefidflaaltet,e
et que Net: stan n’est qu’un témetaire qui
se croit aimé, parce quîl croit mériter
de l'être ; il ordonne à Corasmin de frite
rendre ce Billet à Zaïre 5 il se ‘repent de
Pavoiq
‘rai MERCURE DE FRANCE"
Pavoir mandée; il" la veut éviter, mais’
_ inutilement. j
Dans cette Scene Zaïre sort de sa moä
deration ordinaire ; les reproches et les
menaces du Sultan , qui ne s’étoit jamais
oublié jusques-là, lui donnent‘ une no-g
ble fiertéquî n'empêche pas qu’elle ne lui
avoüë qu’elle Paime; ce dernier aveu ache
ve d’irrirer le Sultan qui la croit perfidesil
_ la congédiget se prépare à la‘ plus horrible
vengeance, quoiqu'il. avoüe qu’il Faim:
encor plus que jamais.
Au cinquième Acte Otosmane commano‘
de à un Esclave de remettre entre les mains‘
de Zaïre la fatale Lettre qui est tombée
dansles siennes ,et lui ordonne de lui ren
dre un compte fidele de tout ce quiil
aura appris.
Zaïre vient avec Fatime ', PEsclave lui"
présente la Lettre ,_ comme un garant de
sa fidelité , elle la lit et lui dit:
Allez dire au Chrétien qui marche sur vos pas i
Q3: mon coeur aujonrrÿhui ne 1c trahira pas,
Q1: Farime-en ces lieux va bien-tôt Pinrroduirt.
Zaïre sort,- l‘Esclave rend compte de
sa commission a Orosmane, ce qm de
termine ce Sultan furieux à la plus bote
rible vengeance. Zaïre revient .- ellectar:
apercevoq
J A NV I E R.‘ 1713.‘ ‘r41
appercevoir Neresran dans Pobscurité;
quelques paroles trop tendres qui lui
échappent et qui conviennent aux sen-g,
timens qu'elle a pour ce cher frere, por
tent le jaloux Orosmane à la dernierÊ
fureur; il lui plonge un poignard dans
le sein , Neresran qu’sn ‘lui amene char.
gé de fers, fait un grand cri en voyant
sa soeur qui vient d’expirer; à ce cri dou
loureux et au nom de soeur, Orosmane
recormoit son crime; Nerestan lui de.
mande la mort; Orosmane ordonne qu’on
le remette en liberté et qu'on le ren
Ÿoye chez ses patens avec tous les
Chrétiens; il plonge dans son coeur le
fatal poignard encore fumant du sang
de sa chere Zaïre. ‘ '
Il ne reste lus qu’à faire. part à no;
Lecteurs des divers jugcmens que le Pu.
blic a portez sur cette Tragédie. Tous
les suffrages sont réünis en faveur de l’in—
rerêt qui y rcgne dans tous les Actes 5 ce
lui qu’on asenti dans la reconnoissance
est le plus generalement avoüé son a sçû
bon gré à M. de Voltaire d'avoir bien
voulu descendre de I’Epiquc au Dtamaæj
tique; on trouve même qu’il a porté la
cpmplaisancc un peu loin; sa Vcrsifica
tion n'a pas paru égale par tout, et le de-î
sordrc les passion; jettent ses princi
' ' - ' paux
o‘.,.
arrajMÈkélïfls DE FRANCE
ries
. b‘
.
r,’ «ipaux Acteurs semble , dit-on , avoir pas-Α
se jusquîr ses expressions; on auroit sou
haité que le caractere qu’il a d'abord don
né à‘ son Héros ne se tût as clé-menti
jusqrÿà plonger un poignar dans le sein
de sa Maîtresse; on a beau dire que la
jalousie ‘nïst pas une passion que la rai
son puisse dompter , c’étoit à PAureur,
disent les Critiques, à ne pas donner de"
pareilles assions aux personnages dont:
1l avoir onné une idée si avantageuse;
le serment qui fait le noeud de la Piece,
ajoûtent-ils , a un caractcre dîndiscretion
qu’en ne sgauroit excuser.» Ils trouvent
aussi que les divers voyages de Neresrarr
n'ont pas encore été assez bien débrouil
lez. Les Caracteres de Lusignan , de Chê
tilion et dé Neresran , ont été-fvora
blement reçûs; pour ce.ui de Zaïre, on.
l’a trouvé fort indécis; on ne sçait pas
si elle meurt Chrétienne ou Musulmane‘;
l’amour a tousours parû sa passion do
minante , et l'on a lit-u de douter que le
mon Dim qu’elle prononce en mou_rant ,
ait pû lui tenir lieu de Baptême ou de _
Contrition zNerestan fortifie ce doute par:
ces deux Vers qu’il adresse à. Orosmane.
p
Hélas ! elle oiîerisoit notre Dieu , notre Loy,
E: ce Dieu la punit «Pavois brûlé pour roi.
« Cette
u
J ANVI Ê R‘. 1733Z '14’.
. Cette Piece a été imprimée à Roüen et
se vend à Pari: , Q4) de: Azgnsiin: ,
chez. Bauche.
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Résumé : TRAGEDIE DE ZAYRE, Extrait.
La tragédie 'Zaïre' de Voltaire a suscité un grand intérêt à la cour et dans la ville. L'intrigue se concentre sur Lustignam, dernier roi de Jérusalem, détrôné par Saladin, père d'Orosmane. Deux enfants de Lustignam survivent : un garçon et une fille, Zaïre. Élevée dans la religion musulmane, Zaïre devient l'objet de l'amour d'Orosmane. Son frère, Neresman, est également élevé dans le sérail sans connaître ses origines. Orosmane accepte de libérer Neresman en échange de la rançon de dix chevaliers chrétiens. Zaïre obtient la liberté de son père grâce à une croix et une blessure reconnaissables. Le conflit central de la pièce oppose la religion et l'amour. Zaïre promet à Neresman de ne pas épouser Orosmane avant d'être baptisée. Une lettre ambiguë déclenche la jalousie d'Orosmane, menant à une tragédie où il tue Zaïre et se donne la mort. Les critiques soulignent que Voltaire aborde des sujets philosophiques, bien que certains trouvent sa complaisance excessive. La vérification de ses principes est jugée inégale et suscite des passions. Les critiques reprochent à Voltaire d'avoir donné à son héros des expressions trop passionnées et d'avoir fait évoluer son caractère de manière excessive, notamment en le faisant passer de la jalousie à un acte violent. Ils estiment également que le serment central de la pièce est indécent et inexcusable. Les personnages de Lusignan, Chétillon et Nérestan sont bien accueillis, tandis que celui de Zaïre est perçu comme indécis. Les critiques se demandent si Zaïre meurt en tant que chrétienne ou musulmane, et doutent que son amour pour Dieu puisse remplacer un baptême ou une contrition. Nérestan renforce ce doute par des vers adressés à Orosmane. La pièce a été imprimée à Rouen et se vend à Paris chez Bauche.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13
p. 378-379
ALLEMAGNE.
Début :
La nouvelle de la mort du Roy de Pologne étant arrivée à Dresde, on fit comme on avoit [...]
Mots clefs :
Serment, Prince, Tribunaux, Pologne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLE MAGNE.
Léntverlivé àDresden me on
A nouvelle de la mort du Roy de Pologne
fait à Warsovie après la mort de ce Prince on
ferma d'abord les Portes de la Ville , les Colléges
, les Tribunaux cesserent leurs fonctions , et
les habitans témoignerent par leurs regrets, combien
ils étoient pénétrez de la grande perte qu'ils
faisoient.
Le lendemain , 5 de ce mois , le Régiment de
Rutowski , fit hommage au nouvel Electeur
Frederic - Auguste , et prêta serment de fidelité
entre les mains du Prince Jean - Adolphe de Saxe-
Weissenfels. On ouvrit ensuite les Portes de la
Ville , et les Tribunaux reprirent leurs fonc¬
tions.
Le 6 , le Regiment de Solkowski , prêta pa
reillement hommage et serment entre les mains
du même Prince ; tous les autres Regimens doivent
en faire autant , et le General de Baudis a
reçu ordre d'aller recevoir le Serment de la Cava➡i
leric
FEVRIER . 1733. 379
lerie. Le nouvel Elecreur à reçu les complimens
de condoleance des principaux Officiers militai
res , de tous les Tribunaux et Coinmunautés du
Pays , S. A. R. les a fait assurer chacun en particulier
de sa protection , et Elle a confirmé dans
leurs Charges les principaux Officiers de sa Cour.
Les Rescripts et Ordonnances sont à present .
pour Préambule : Son Altesse Royale de Pologne
et de Lithuanie, Electeur de Saxe , & c , et ils sont
scellez des Armes de Pologne et de Lithuanie .
Léntverlivé àDresden me on
A nouvelle de la mort du Roy de Pologne
fait à Warsovie après la mort de ce Prince on
ferma d'abord les Portes de la Ville , les Colléges
, les Tribunaux cesserent leurs fonctions , et
les habitans témoignerent par leurs regrets, combien
ils étoient pénétrez de la grande perte qu'ils
faisoient.
Le lendemain , 5 de ce mois , le Régiment de
Rutowski , fit hommage au nouvel Electeur
Frederic - Auguste , et prêta serment de fidelité
entre les mains du Prince Jean - Adolphe de Saxe-
Weissenfels. On ouvrit ensuite les Portes de la
Ville , et les Tribunaux reprirent leurs fonc¬
tions.
Le 6 , le Regiment de Solkowski , prêta pa
reillement hommage et serment entre les mains
du même Prince ; tous les autres Regimens doivent
en faire autant , et le General de Baudis a
reçu ordre d'aller recevoir le Serment de la Cava➡i
leric
FEVRIER . 1733. 379
lerie. Le nouvel Elecreur à reçu les complimens
de condoleance des principaux Officiers militai
res , de tous les Tribunaux et Coinmunautés du
Pays , S. A. R. les a fait assurer chacun en particulier
de sa protection , et Elle a confirmé dans
leurs Charges les principaux Officiers de sa Cour.
Les Rescripts et Ordonnances sont à present .
pour Préambule : Son Altesse Royale de Pologne
et de Lithuanie, Electeur de Saxe , & c , et ils sont
scellez des Armes de Pologne et de Lithuanie .
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Résumé : ALLEMAGNE.
Après l'annonce de la mort du roi de Pologne à Varsovie, Dresde ferma ses portes et suspendit les activités des collèges et tribunaux. Les habitants manifestèrent leur deuil. Le 5 février 1733, le régiment de Rutowski prêta serment de fidélité au nouvel électeur de Saxe, Frédéric-Auguste, en présence du prince Jean-Adolphe de Saxe-Weissenfels. Les portes de la ville furent rouvertes et les tribunaux reprirent leurs fonctions. Le 6 février, le régiment de Solkowski fit de même. Tous les régiments devaient suivre cet exemple, et le général de Baudis reçut l'ordre de recevoir le serment de la cavalerie. Le nouvel électeur reçut les condoléances des principaux officiers militaires, tribunaux et communautés du pays. Il confirma les principaux officiers de sa cour dans leurs charges. Les documents officiels portaient désormais le titre de Son Altesse Royale de Pologne et de Lithuanie, Electeur de Saxe, et étaient scellés des armes de Pologne et de Lithuanie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14
p. 2480-2489
POLOGNE.
Début :
La Cour du Roy à Danzick, est considerablement augmentée par l'arrivée d'un grand [...]
Mots clefs :
Élection, Troupes moscovites, Diète de convocation, Opposants, Diète, Régimentaire, Couronne, Comte, Électeur de Saxe, Lituanie, Noblesse, Dantzig, Ennemis, Serment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOCN E.
Lblement augmentée par l'arrivée d'un grand
A Cour du Roy à Danzick , est considera
nombre de Seigneurs et de Gentilshommes qui
vont offrir leurs services à S. M. Elle tint sur la
fin du mois dernier, avec le Primat et les principaus
NOVEMBRE. 1733. 248T
paux Sénateurs , plusieurs Conseils , et il a été
résolu de publier les Universaux pour faire monter
la Noblesse à cheval .
Le 20 Octobre , il arriva à Danzick un Cou
rier de Rome , dépêché par le Duc de S. Aignan,
Ambassadeur du Roy Très-Chrétien auprès du
Pape , par lequel le Roy a été informé des
instructions que S. S. a envoyées à son Nonce
en Pologne , et des ordres donnez à ce Ministre
de reconnoître le Roy, et de lui remettre la Reponse
de S. S. à la Lettre que S. M. lui avoit
écrite aussi - tôt après son Election.
Depuis la premiere nouvelle de l'Election faite
avec beaucoup de désordre en faveur de l'Elec
teur de Saxe le 5. Octobre , on a appris que le
General Lucci , qui commande les Troupes
Moscovites , avoit été très - allarmé de la division
qui s'étoit mise entre les Opposans , dont les
principaux songeoient chacun en leur particulier
à se faire élire ; que le Palatin de Cracovie
ayant même voulu se retirer de la Confédération,
le Géneral Lucci avoit pensé qu'il n'y avoit pas
un moment à perdre pour faire proclamer l'Electeur
de Saxe ; qu'il avoit , sans demander les
suffrages , crié seul , Vive Auguste , troisiéme
Roy de Pologne et du grand Duché de Lithuanie
; que l'Evêque de Posnanie avoit ensuite proclamé
ce Prince , et qu'il étoit entré avec ceux
qui s'étoient trouvez à cette prétenduë Election
dans l'Eglise des Bernardins , pour y chanter le
Te Deum. Les principaux Seigneurs Polonois
qui ont assisté à l'Election de l'Electeur de Saxe
et qui sont venus à notre connoissance , sont ,
les Evêques de Cracovie et de Posnanie , le Prince
Régimentaire de Lithuanie , les Palatins de
Cracovie , de Novogrod , de Podlachie , de Cul
G F
2482 MERCURE DE FRANCE
*
et de Czernikow , le Prince Sangusko , le Grand
Ecuyer Radzivil , le Comte de Cetner , l'Ecuyer
Tranchant de la Couronne , Rizewki , le Maré.
chal de la Confédération et de l'Election Ponenski
, les, Starostes de Vielun et de Bezzin', le
Comte Zawisza , les. Castellans de Radom , de
Podkommorszy , de Wiltzomer et Plater , et les
ComtesBraniski et Siednieki : ceux qui y ont adhés
ré depuis, sont, le Castelan de Cracovie, le Palatin
d'Inowladislaw , le Castellan de Lenziecinni , le
Staroste de Lenziecinni , et StarosteOppazinski.
"
Le Comte Potoki , Régimentaire de la Cou
ronne qui écrit ces nouvelles , ajoûte que les
Troupes de la Couronne étant sorties de Warsovie,
dans la crainte d'y manquer de fourages , le
parti des Opposans et les Moscovites avoient
passé la Vistule , et que sur cette nouvelle il
avoit mandé au Palatin de Lublin , qui continuë
à rassembler les Troupes , de s'approcher le plus
qu'il pourroit de Dantzik , pour empêcher les.
Moscovites et les Saxons , d'avancer dans la
Trusse Polonoise..
ce ,
Sur l'avis qu'on reçût à Massoire le 4. Octobre,
que quelques Partisans des Opposans avoient
fait conduire sécretement la nuit , une grande
quantité de Poudre et de Balles aux Cazernes du
Palais de Casimir , et que M. Jauch, Lieutenant Colonel,
qui y commande , en avoit eu connoissanil
fut résolu de s'assurer de cet Officier, mais
il prévint par sa fuite le dessein qu'on avoit contre
sa personne. Le peuple irrité de sa trahison ,
pilla la maison où il demeuroit , et l'on transporta
au Camp toutes les munitions qu'on trou
va dans les Cazernes. On eut beaucoup de peine
à arrêter les effets de l'indignation du Peuple et
de Regimentaire fut obligé d'emploïer , la force :
Pous
NOVEMBRE. 1733. 2453
pour empêcher qu'on ne mît le feu à la maison
du Palatin de Podlachie , et à celles de quelques
autres Seigneurs Opposans. Par les soins qu'on
apporta , leurs meubles et leurs effets ont été
conservez , et ils n'ont perdu dans cette émeute
que le Foin et l'Avoine , dont ils avoient fait un
amas considérable pour la nourriture des Chevaux
de l'Armée Moscovite , et qu'on a fait
mettre dans les magasins de celle de la Couronne.
Le 9. le Regimentaire envoya un Officier au
Ministre du Roi de Prusse , pour l'informer
qu'il avoit reçû ordre du Roi de quitter le Camp
de Mariemont et de ne point disputer le passage
de la Vistule aux Moscovites , et le même jour
il alla camper à Piaceczno .
:
Quelques Regimens Moscovites passérent là
Riviere le 11. et ils furent suivis le 13 , le 14 et
le 15.par plusieurs autres qui composent en tout
10 à 12000 hommes.
Plusieurs Opposans , qui mécontens du joug
des Moscovites ont abandonné leur parti , et se
sont rendus ptès du Roi à Dantzick , ont con→
firmé ce que le Comte Potocki , Regimentaire
de la Couronne , avoit mandé à S. M. la ma
niere violente avec laquelle la proclamation de
l'Electeur de Saxe s'étoit faite , et ils ont ajouté
qu'il ne s'étoit pas trouvé à cette Proclamation
plus de soo. Polonois ayant droit de suffrage.
Ils assurent que la plupart de ceux qui y ont assisté
, se plaignent hautement du peu d'égard que
le Général Lucci leur . a marqué en ne daignant
pas seulement permettre que le Maréchal de la
Conféderation recueillit les voix , et qu'il y a des
semences d'une division prochaine entre ce Géné
ral etles principaux Opposans..
Lies
484 MERCURE DE FRANCE
Le Palatin de Lublin s'est avancé vers les Fron
éres de cette Province , avec un corps de Trou
Pes pour la mettre à couvert des courses des Ennemis,
et il doit être joint par 2000. hommes que
cette Ville fait lever, et qu'elle entretiendra à ses
dépens pour le service du Roi .
L'Armée de la Couronne est encore campés
à Tarca ; on a enlevé divers convois aux Mos
Covites , qui bien loin de paroître dans le dessein
de former quelque entreprise , travaillent avec diligence
à se rétrancher dans leur Camp.
Lebruit qui a couru que le Comte Bienlinski ,
étoit du parti du Regimentaire de Lithuanie ,
étoit sans fondement : il est allé à Dantzick as
surer le Roi de sa fidélité , et il exerce auprès de
S. M. sa Charge de Maréchal de la Cour.
Selon d'autres Lettres de Dantzick , le Régimentaire
de la Couronne est toujours dans le
même Camp avec les Troupes qu'il commande ;
les Moscovites continuent à se retrancher avec
diligence prés de Varsovie , et il se passe peu de
jours qu'il n'y ait quelques combats entre les
deux Armées , ces Lettres ajoûtent que jusqu'à
présent les Troupes de la Couronne ont eu l'as
vantage dans toutes les occasions .
Le Comte Poccy que le Roi a nommé Regimentaire
de Lithuanie , à la place du Prince
Wienowieski , s'est mis par ordre de S. M. à la
tête des Troupes , qui ont été rassemblées dans
les Palatinats de Russie , de Mariembourg et de
Vilna , et l'on a appris qu'après avoir enlevé un
Convoi aux Ennemis , il s'étoit posté avec ses
Troupes le long de la Vistule au dessus de leur
Camp , afin d'être à portée d'arrêter tous les
Batteaux qui descendroient pour y porter des:
vivics.
Le
NOVEMBRE. 1733. 2485
Le Prince Czarterinski , Vice Chancelier de
la Couronne , le Castellan de Plocko , M. Tabiawski
, Chambellan de la Couronne , et le
Comte de Denhoff , Chambellan de Lithuanie ,
sont allés à Dantzick pour rendre leurs hom
mages à S. M. On y attend incessamment M.
Paulucci , Nonce du Pape , lequel a reçû ordre de
S. S. de complimenter le Roi sur son Election.
S. M. a ordonné qu'on publiât les Universaux
pour faire monter la Noblesse à Cheval , et elle
écrit en même tems aux Seigneurs et aux Gentils
- hommes de chaque Palatinat une Lettre circulaire,
qui contient , que les Opposans , en se
joignant aux Troupes Moscovites, ne laissent plus
lieu de douter qu'elles ne sont entrées que de
Jeur consentement et même à leur priere sur les
Terres de la Republique ; qu'on a d'ailleurs des
preuves certaines qu'elles y ont été appellées par
les principaux Chefs des rebelles , quoique plusieurs
d'entr'eux se fussent engagés par serment
dans la Diette d'Election à poursuivre comme
traîtres et comme ennemis de leur Patrie , ceux
qui auroient recours aux forces étrangères pour
faire réussir leurs desseins ; qu'on sçait que les
Evêques de Cracovie et de Posnanie sont allés
joindre le Géneral Lucci , afin de prendre avec
lui des mesures pour établir de leur propre authorité
une nouvelle République , composée
seulement de leurs adherans ; qu'ils sont revenus
avec les Moscovites à Praage , et que c'est par
leurs sollicitations réiterées et par celles du Prince
Wienovieski , ci - devant Regimentaire de Lithuanie
, que le Général Moscovite s'est déterminé
à précipiter la prétendue Election , faite
sans aucune formalité et contre toutes les Loix
du Royaume en faveur de l'Electeur de Saxe ;
que
-)
2486 MERCURE DE FRANCE
que l'Evêque de Posnanie en proclamant ce Prince
joint le parjure à la rébellion , puisqu'il s'étoit
engagé par un serment de n'élire et de ne reconnoître
pour Roi qu'un Polonois né de Pere et de
Mere Catholiques , et qui ne possédât aucunes
Terres hors du Royaume ; que depuis la proclamation
de l'Electeur de Saxe, et la jonction des
Opposans et des Moscovites , les uns et les autres
montrent la même ardeur à détruire la République
, et une égale haine pour ceux qui ne veu
lent pas contribuer à sa ruine , que tous les bons
citoïens sont interessés à ne pas souffrir plus
long-tems les attentats d'une Nation étrangere
qui prétend donner des loix à un Peuple libre ,
et la licence d'une troupe de Sujets rébelles , qui
se regardant eux- mêmes comme étrangers dans
leur propre Patrie, et lui ayant déclaré la Guerre,
ne méritent plus qu'on garde avec eux aucun
ménagement , qu'ainsi S. M. compte que la No-
Blesse Polonoise n'a pas besoin d'être exhortée
à se deffendre et à se vanger , et que tous les Gentils-
hommes zélés pour la liberté et pour l'honneur
de la Nation sont également empressés à
suivre l'ordre qui leur est donné de prendre les
Armes pour chasser les Moscovites et dompter
les rébelles.
S. M. ajoûte qu'elle se mettra à la tête de la
Noblesse aussi-tôt qu'elle sera assemblée , et qu'-
elle combattra moins pour conserver la Cou
ronne que pour délivrer la Pologne de la tyrannie
des Paissances étrangeres qui veulent l'opprimer..
Le Primat pour refuter de fausses allégations que
les Ministres de l'Empereur et de la Czarine ont
employées afin de justifier leurs démarches ,
donné un Manifeste , dans lequel il prouve par
a
NOVEMBRE. 1733. 2487
3
un simple récit de ce qui s'est passé depuis la
mort du feu Roi jusqu'à la derniere Election ,
que son premier soin dés le commencement de
PInterrégne a été de rétablir l'union parmi la
Noblesse , qu'après y être parvenu , il a profité
de la Diette extraordinaire , convoquée par le
feu Roi , pour déliberer avec la Noblesse sur ce
qui pourroit assurer la tranquillité et la liberté de
la Nation , et qu'il n'a fait jusqu'à la Diette générale
de convocation aucune démarche qui n'ait
été reglée par le Senat et par les Nonces , quoiqu'en
qualité de Primat il cût pu s'en dispenser
en bien des occasions ; que peu après l'ouverture
de la Diette générale de Convocation la plus
grande partie des.Nonces , trouvant aussi injuste
qu'injurieuse à la Noblesse, la résolution prise
dans une Diette précédente d'exclure les Polonois
du Trône , proposérent de leur propre mouvement
de donuer au contraire l'exclusion à tout
étranger que non seulement . ce projet fut una-.
nimément approuvé , mais que tous les Evêques ,.
les Sénateurs et les Nonces , s'obligérent par serment
à ne donner leurs suffrages qu'à un de leurs
Compatriotes , et que la Diette générale de Convocation
dans sa derniere séance déclara ce serment
une loi fondamentale du Royaume ; que
pendant la tenue de la Diette d'Election , les loix
établies dans la Diette de Convocation , ont toujours
été la regle de sa conduite ; que les Opposans
, en se retirant à Praage , n'ont observé aucune
des formalités qui pouvoient arrêter ou
suspendre les délibérations de la Diette ; qu'ils
quittérent le Camp destiné à l'Election du Roi ,
sans faire aucune protestation ; que lorsqu'on
leur envoya des Députés pour leur demander la
cause de leur retraite , ils répondirent que cette
retraite
2488 MERCURE DE FRANCE
retraite ne devoit troubler l'Election en aucune
maniere ; que ceux qui n'avoient pas signé la formule
de serment prescrit par la Diette contre
ceux qui avoient fait entrer les Troupes Moscovites
dans le Royaume , ne refusérent pas même
de la signer ; que leur retraite n'ayant point été
motivée ni accompagnée d'aucun Acte juridique
d'opposition aux résolutions de la Diette , on
avoit procédé selon les Loix à l'Election du Roi ;
que plus de cent Enseignes y avoient assisté
qu'après qu'il eut récueilli les suffrages en la maniere
accoutumée , tous se trouvérent réunis en
faveur de S. M. régnante , à l'exception de ceux
de quelques Nonces , qui se retirerent en décla
rant qu'ils ne donnoient point leurs voix , mais
qu'ils ne s'opposoient point à l'Election ; que M.
Kamienski , Capitaine du district de Krziemie ,
fut le seul qui protesta , mais qu'il ne persista pas
dans son opposition , et que ce ne fut qu'après
un désistement en forme de sa part , et après
avoir observé toutes les formalités ordonnées par
les Constitutions du Royaume, que se fit la Proclamation.
Le Comte Pocci Regimentaire de Lithuanie , a
envoyé à Dantzick un Courier , pour apprendre
au Roi , que le Convoy qu'il a enlevé aux Ennemis
étoit composé de 1500 Chariots , dont la
plus grande partie étoit chargée de munitions de
Guerre ; qu'on y avoit trouvé une somme considerable
d'argent , et que de 2000 hommes qui
escortoient ce Convoy , 600. avoient été tueż ,
et les autres faits prisonniers.
Ce Général a fait distribuer à ses Troupes un
tiers de l'argent qu'il a pris aux Ennemis , et il
attend les ordres de S. M. sur l'usage qu'il doit
faire du reste de cette somme.
LC
NOVEMBRE 1733. 2489
Le corps de Troupes qu'il commande sere
bientôt en état d'ôter aux Moscovites toute communication
avec l'Ukraine.
On a appris qu'il y a de la divison entre les
Ministres de l'Electeur de Saxe et les Opposans
parceque ces derniers ne veulent pas accorder aux
Moscovites un libre passage par la Pologne . Ce
differend retarde la signature des prétendus Pacta
Conventa que les Opposans ont dressés pour être
signés de l'Electeur de Saxe.
Le bruit court que le Comte Potocki Regi
mentaire de la Couronne , dont l'Armée augmente
tous les jours , doit quitter Tarca pous
aller camper à Lowitz .
Lblement augmentée par l'arrivée d'un grand
A Cour du Roy à Danzick , est considera
nombre de Seigneurs et de Gentilshommes qui
vont offrir leurs services à S. M. Elle tint sur la
fin du mois dernier, avec le Primat et les principaus
NOVEMBRE. 1733. 248T
paux Sénateurs , plusieurs Conseils , et il a été
résolu de publier les Universaux pour faire monter
la Noblesse à cheval .
Le 20 Octobre , il arriva à Danzick un Cou
rier de Rome , dépêché par le Duc de S. Aignan,
Ambassadeur du Roy Très-Chrétien auprès du
Pape , par lequel le Roy a été informé des
instructions que S. S. a envoyées à son Nonce
en Pologne , et des ordres donnez à ce Ministre
de reconnoître le Roy, et de lui remettre la Reponse
de S. S. à la Lettre que S. M. lui avoit
écrite aussi - tôt après son Election.
Depuis la premiere nouvelle de l'Election faite
avec beaucoup de désordre en faveur de l'Elec
teur de Saxe le 5. Octobre , on a appris que le
General Lucci , qui commande les Troupes
Moscovites , avoit été très - allarmé de la division
qui s'étoit mise entre les Opposans , dont les
principaux songeoient chacun en leur particulier
à se faire élire ; que le Palatin de Cracovie
ayant même voulu se retirer de la Confédération,
le Géneral Lucci avoit pensé qu'il n'y avoit pas
un moment à perdre pour faire proclamer l'Electeur
de Saxe ; qu'il avoit , sans demander les
suffrages , crié seul , Vive Auguste , troisiéme
Roy de Pologne et du grand Duché de Lithuanie
; que l'Evêque de Posnanie avoit ensuite proclamé
ce Prince , et qu'il étoit entré avec ceux
qui s'étoient trouvez à cette prétenduë Election
dans l'Eglise des Bernardins , pour y chanter le
Te Deum. Les principaux Seigneurs Polonois
qui ont assisté à l'Election de l'Electeur de Saxe
et qui sont venus à notre connoissance , sont ,
les Evêques de Cracovie et de Posnanie , le Prince
Régimentaire de Lithuanie , les Palatins de
Cracovie , de Novogrod , de Podlachie , de Cul
G F
2482 MERCURE DE FRANCE
*
et de Czernikow , le Prince Sangusko , le Grand
Ecuyer Radzivil , le Comte de Cetner , l'Ecuyer
Tranchant de la Couronne , Rizewki , le Maré.
chal de la Confédération et de l'Election Ponenski
, les, Starostes de Vielun et de Bezzin', le
Comte Zawisza , les. Castellans de Radom , de
Podkommorszy , de Wiltzomer et Plater , et les
ComtesBraniski et Siednieki : ceux qui y ont adhés
ré depuis, sont, le Castelan de Cracovie, le Palatin
d'Inowladislaw , le Castellan de Lenziecinni , le
Staroste de Lenziecinni , et StarosteOppazinski.
"
Le Comte Potoki , Régimentaire de la Cou
ronne qui écrit ces nouvelles , ajoûte que les
Troupes de la Couronne étant sorties de Warsovie,
dans la crainte d'y manquer de fourages , le
parti des Opposans et les Moscovites avoient
passé la Vistule , et que sur cette nouvelle il
avoit mandé au Palatin de Lublin , qui continuë
à rassembler les Troupes , de s'approcher le plus
qu'il pourroit de Dantzik , pour empêcher les.
Moscovites et les Saxons , d'avancer dans la
Trusse Polonoise..
ce ,
Sur l'avis qu'on reçût à Massoire le 4. Octobre,
que quelques Partisans des Opposans avoient
fait conduire sécretement la nuit , une grande
quantité de Poudre et de Balles aux Cazernes du
Palais de Casimir , et que M. Jauch, Lieutenant Colonel,
qui y commande , en avoit eu connoissanil
fut résolu de s'assurer de cet Officier, mais
il prévint par sa fuite le dessein qu'on avoit contre
sa personne. Le peuple irrité de sa trahison ,
pilla la maison où il demeuroit , et l'on transporta
au Camp toutes les munitions qu'on trou
va dans les Cazernes. On eut beaucoup de peine
à arrêter les effets de l'indignation du Peuple et
de Regimentaire fut obligé d'emploïer , la force :
Pous
NOVEMBRE. 1733. 2453
pour empêcher qu'on ne mît le feu à la maison
du Palatin de Podlachie , et à celles de quelques
autres Seigneurs Opposans. Par les soins qu'on
apporta , leurs meubles et leurs effets ont été
conservez , et ils n'ont perdu dans cette émeute
que le Foin et l'Avoine , dont ils avoient fait un
amas considérable pour la nourriture des Chevaux
de l'Armée Moscovite , et qu'on a fait
mettre dans les magasins de celle de la Couronne.
Le 9. le Regimentaire envoya un Officier au
Ministre du Roi de Prusse , pour l'informer
qu'il avoit reçû ordre du Roi de quitter le Camp
de Mariemont et de ne point disputer le passage
de la Vistule aux Moscovites , et le même jour
il alla camper à Piaceczno .
:
Quelques Regimens Moscovites passérent là
Riviere le 11. et ils furent suivis le 13 , le 14 et
le 15.par plusieurs autres qui composent en tout
10 à 12000 hommes.
Plusieurs Opposans , qui mécontens du joug
des Moscovites ont abandonné leur parti , et se
sont rendus ptès du Roi à Dantzick , ont con→
firmé ce que le Comte Potocki , Regimentaire
de la Couronne , avoit mandé à S. M. la ma
niere violente avec laquelle la proclamation de
l'Electeur de Saxe s'étoit faite , et ils ont ajouté
qu'il ne s'étoit pas trouvé à cette Proclamation
plus de soo. Polonois ayant droit de suffrage.
Ils assurent que la plupart de ceux qui y ont assisté
, se plaignent hautement du peu d'égard que
le Général Lucci leur . a marqué en ne daignant
pas seulement permettre que le Maréchal de la
Conféderation recueillit les voix , et qu'il y a des
semences d'une division prochaine entre ce Géné
ral etles principaux Opposans..
Lies
484 MERCURE DE FRANCE
Le Palatin de Lublin s'est avancé vers les Fron
éres de cette Province , avec un corps de Trou
Pes pour la mettre à couvert des courses des Ennemis,
et il doit être joint par 2000. hommes que
cette Ville fait lever, et qu'elle entretiendra à ses
dépens pour le service du Roi .
L'Armée de la Couronne est encore campés
à Tarca ; on a enlevé divers convois aux Mos
Covites , qui bien loin de paroître dans le dessein
de former quelque entreprise , travaillent avec diligence
à se rétrancher dans leur Camp.
Lebruit qui a couru que le Comte Bienlinski ,
étoit du parti du Regimentaire de Lithuanie ,
étoit sans fondement : il est allé à Dantzick as
surer le Roi de sa fidélité , et il exerce auprès de
S. M. sa Charge de Maréchal de la Cour.
Selon d'autres Lettres de Dantzick , le Régimentaire
de la Couronne est toujours dans le
même Camp avec les Troupes qu'il commande ;
les Moscovites continuent à se retrancher avec
diligence prés de Varsovie , et il se passe peu de
jours qu'il n'y ait quelques combats entre les
deux Armées , ces Lettres ajoûtent que jusqu'à
présent les Troupes de la Couronne ont eu l'as
vantage dans toutes les occasions .
Le Comte Poccy que le Roi a nommé Regimentaire
de Lithuanie , à la place du Prince
Wienowieski , s'est mis par ordre de S. M. à la
tête des Troupes , qui ont été rassemblées dans
les Palatinats de Russie , de Mariembourg et de
Vilna , et l'on a appris qu'après avoir enlevé un
Convoi aux Ennemis , il s'étoit posté avec ses
Troupes le long de la Vistule au dessus de leur
Camp , afin d'être à portée d'arrêter tous les
Batteaux qui descendroient pour y porter des:
vivics.
Le
NOVEMBRE. 1733. 2485
Le Prince Czarterinski , Vice Chancelier de
la Couronne , le Castellan de Plocko , M. Tabiawski
, Chambellan de la Couronne , et le
Comte de Denhoff , Chambellan de Lithuanie ,
sont allés à Dantzick pour rendre leurs hom
mages à S. M. On y attend incessamment M.
Paulucci , Nonce du Pape , lequel a reçû ordre de
S. S. de complimenter le Roi sur son Election.
S. M. a ordonné qu'on publiât les Universaux
pour faire monter la Noblesse à Cheval , et elle
écrit en même tems aux Seigneurs et aux Gentils
- hommes de chaque Palatinat une Lettre circulaire,
qui contient , que les Opposans , en se
joignant aux Troupes Moscovites, ne laissent plus
lieu de douter qu'elles ne sont entrées que de
Jeur consentement et même à leur priere sur les
Terres de la Republique ; qu'on a d'ailleurs des
preuves certaines qu'elles y ont été appellées par
les principaux Chefs des rebelles , quoique plusieurs
d'entr'eux se fussent engagés par serment
dans la Diette d'Election à poursuivre comme
traîtres et comme ennemis de leur Patrie , ceux
qui auroient recours aux forces étrangères pour
faire réussir leurs desseins ; qu'on sçait que les
Evêques de Cracovie et de Posnanie sont allés
joindre le Géneral Lucci , afin de prendre avec
lui des mesures pour établir de leur propre authorité
une nouvelle République , composée
seulement de leurs adherans ; qu'ils sont revenus
avec les Moscovites à Praage , et que c'est par
leurs sollicitations réiterées et par celles du Prince
Wienovieski , ci - devant Regimentaire de Lithuanie
, que le Général Moscovite s'est déterminé
à précipiter la prétendue Election , faite
sans aucune formalité et contre toutes les Loix
du Royaume en faveur de l'Electeur de Saxe ;
que
-)
2486 MERCURE DE FRANCE
que l'Evêque de Posnanie en proclamant ce Prince
joint le parjure à la rébellion , puisqu'il s'étoit
engagé par un serment de n'élire et de ne reconnoître
pour Roi qu'un Polonois né de Pere et de
Mere Catholiques , et qui ne possédât aucunes
Terres hors du Royaume ; que depuis la proclamation
de l'Electeur de Saxe, et la jonction des
Opposans et des Moscovites , les uns et les autres
montrent la même ardeur à détruire la République
, et une égale haine pour ceux qui ne veu
lent pas contribuer à sa ruine , que tous les bons
citoïens sont interessés à ne pas souffrir plus
long-tems les attentats d'une Nation étrangere
qui prétend donner des loix à un Peuple libre ,
et la licence d'une troupe de Sujets rébelles , qui
se regardant eux- mêmes comme étrangers dans
leur propre Patrie, et lui ayant déclaré la Guerre,
ne méritent plus qu'on garde avec eux aucun
ménagement , qu'ainsi S. M. compte que la No-
Blesse Polonoise n'a pas besoin d'être exhortée
à se deffendre et à se vanger , et que tous les Gentils-
hommes zélés pour la liberté et pour l'honneur
de la Nation sont également empressés à
suivre l'ordre qui leur est donné de prendre les
Armes pour chasser les Moscovites et dompter
les rébelles.
S. M. ajoûte qu'elle se mettra à la tête de la
Noblesse aussi-tôt qu'elle sera assemblée , et qu'-
elle combattra moins pour conserver la Cou
ronne que pour délivrer la Pologne de la tyrannie
des Paissances étrangeres qui veulent l'opprimer..
Le Primat pour refuter de fausses allégations que
les Ministres de l'Empereur et de la Czarine ont
employées afin de justifier leurs démarches ,
donné un Manifeste , dans lequel il prouve par
a
NOVEMBRE. 1733. 2487
3
un simple récit de ce qui s'est passé depuis la
mort du feu Roi jusqu'à la derniere Election ,
que son premier soin dés le commencement de
PInterrégne a été de rétablir l'union parmi la
Noblesse , qu'après y être parvenu , il a profité
de la Diette extraordinaire , convoquée par le
feu Roi , pour déliberer avec la Noblesse sur ce
qui pourroit assurer la tranquillité et la liberté de
la Nation , et qu'il n'a fait jusqu'à la Diette générale
de convocation aucune démarche qui n'ait
été reglée par le Senat et par les Nonces , quoiqu'en
qualité de Primat il cût pu s'en dispenser
en bien des occasions ; que peu après l'ouverture
de la Diette générale de Convocation la plus
grande partie des.Nonces , trouvant aussi injuste
qu'injurieuse à la Noblesse, la résolution prise
dans une Diette précédente d'exclure les Polonois
du Trône , proposérent de leur propre mouvement
de donuer au contraire l'exclusion à tout
étranger que non seulement . ce projet fut una-.
nimément approuvé , mais que tous les Evêques ,.
les Sénateurs et les Nonces , s'obligérent par serment
à ne donner leurs suffrages qu'à un de leurs
Compatriotes , et que la Diette générale de Convocation
dans sa derniere séance déclara ce serment
une loi fondamentale du Royaume ; que
pendant la tenue de la Diette d'Election , les loix
établies dans la Diette de Convocation , ont toujours
été la regle de sa conduite ; que les Opposans
, en se retirant à Praage , n'ont observé aucune
des formalités qui pouvoient arrêter ou
suspendre les délibérations de la Diette ; qu'ils
quittérent le Camp destiné à l'Election du Roi ,
sans faire aucune protestation ; que lorsqu'on
leur envoya des Députés pour leur demander la
cause de leur retraite , ils répondirent que cette
retraite
2488 MERCURE DE FRANCE
retraite ne devoit troubler l'Election en aucune
maniere ; que ceux qui n'avoient pas signé la formule
de serment prescrit par la Diette contre
ceux qui avoient fait entrer les Troupes Moscovites
dans le Royaume , ne refusérent pas même
de la signer ; que leur retraite n'ayant point été
motivée ni accompagnée d'aucun Acte juridique
d'opposition aux résolutions de la Diette , on
avoit procédé selon les Loix à l'Election du Roi ;
que plus de cent Enseignes y avoient assisté
qu'après qu'il eut récueilli les suffrages en la maniere
accoutumée , tous se trouvérent réunis en
faveur de S. M. régnante , à l'exception de ceux
de quelques Nonces , qui se retirerent en décla
rant qu'ils ne donnoient point leurs voix , mais
qu'ils ne s'opposoient point à l'Election ; que M.
Kamienski , Capitaine du district de Krziemie ,
fut le seul qui protesta , mais qu'il ne persista pas
dans son opposition , et que ce ne fut qu'après
un désistement en forme de sa part , et après
avoir observé toutes les formalités ordonnées par
les Constitutions du Royaume, que se fit la Proclamation.
Le Comte Pocci Regimentaire de Lithuanie , a
envoyé à Dantzick un Courier , pour apprendre
au Roi , que le Convoy qu'il a enlevé aux Ennemis
étoit composé de 1500 Chariots , dont la
plus grande partie étoit chargée de munitions de
Guerre ; qu'on y avoit trouvé une somme considerable
d'argent , et que de 2000 hommes qui
escortoient ce Convoy , 600. avoient été tueż ,
et les autres faits prisonniers.
Ce Général a fait distribuer à ses Troupes un
tiers de l'argent qu'il a pris aux Ennemis , et il
attend les ordres de S. M. sur l'usage qu'il doit
faire du reste de cette somme.
LC
NOVEMBRE 1733. 2489
Le corps de Troupes qu'il commande sere
bientôt en état d'ôter aux Moscovites toute communication
avec l'Ukraine.
On a appris qu'il y a de la divison entre les
Ministres de l'Electeur de Saxe et les Opposans
parceque ces derniers ne veulent pas accorder aux
Moscovites un libre passage par la Pologne . Ce
differend retarde la signature des prétendus Pacta
Conventa que les Opposans ont dressés pour être
signés de l'Electeur de Saxe.
Le bruit court que le Comte Potocki Regi
mentaire de la Couronne , dont l'Armée augmente
tous les jours , doit quitter Tarca pous
aller camper à Lowitz .
Fermer
Résumé : POLOGNE.
En novembre 1733, la cour du roi à Danzick s'est renforcée avec l'arrivée de nombreux seigneurs et gentilshommes offrant leurs services. Le roi a reçu des instructions du pape via son nonce en Pologne, reconnaissant ainsi sa royauté. Depuis l'élection de l'Électeur de Saxe comme roi de Pologne le 5 octobre, des troubles ont éclaté. Le général Lucci, commandant les troupes moscovites, a proclamé Auguste III roi de Pologne sans consulter les suffrages, soutenu par l'évêque de Posnanie. Plusieurs seigneurs polonais ont assisté à cette élection controversée. Le comte Potocki, régimentaire de la couronne, a rapporté que les troupes moscovites et saxonnes ont traversé la Vistule. Il a ordonné au palatin de Lublin de se rapprocher de Danzick pour les contrer. À Massoire, des partisans des opposants ont été arrêtés pour avoir stocké des munitions. Le régimentaire a également informé le ministre du roi de Prusse de ne pas disputer le passage de la Vistule aux moscovites. Des opposants mécontents des moscovites ont rejoint le roi à Danzick, confirmant la violence de la proclamation de l'Électeur de Saxe. Le palatin de Lublin a rassemblé des troupes pour protéger sa province. L'armée de la couronne, campée à Tarca, a enlevé des convois aux moscovites. Le comte Potocki a été nommé régimentaire de Lithuanie et a posté ses troupes le long de la Vistule. Le roi a ordonné la publication des universaux pour mobiliser la noblesse et a écrit aux seigneurs pour dénoncer l'alliance des opposants avec les moscovites. Le primat a publié un manifeste réfutant les allégations des ministres de l'empereur et de la czarine, affirmant que son premier soin a été de rétablir l'union parmi la noblesse et de respecter les lois du royaume. Par ailleurs, le comte Pocci, régimentaire de Lithuanie, a informé le roi de la capture d'un convoi ennemi composé de 1500 chariots chargés de munitions et d'une somme considérable d'argent. Lors de cette opération, 600 des 2000 hommes escortant le convoi ont été tués, les autres étant faits prisonniers. Le comte Pocci a distribué un tiers de l'argent capturé à ses troupes et attend les ordres du roi concernant le reste. Le corps de troupes qu'il commande sera bientôt capable de couper toute communication entre les Moscovites et l'Ukraine. Une division entre les ministres de l'Électeur de Saxe et les opposants retarde la signature des Pacta Conventa, en raison du refus des opposants d'accorder un libre passage aux Moscovites à travers la Pologne. Enfin, le comte Potocki, régimentaire de la Couronne, doit quitter Tarca pour aller camper à Lowitz.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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15
p. 2704-2712
MANIFESTE du Primat de Pologne.
Début :
Les faux rapports répandus dans le Public, à l'occasion de ce qui s'est passé en Pologne [...]
Mots clefs :
Élection, Roi, République, Interrègne, Liberté, Diète de convocation, Serment, Royaume, Primat, Ministres, Nation, Stanislas Leszczynski, Ennemis, Conduite, Assemblée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MANIFESTE du Primat de Pologne.
MANIFESTE du Primat de Pologne:
Es faux rapports répandus dans le Public , à
l'occasion de ce qui s'est passé en Pologne
pendant l'interregne , les insinuations injustes ,
et malicieuses dont les ennemis du repos de la
République ont tâché de noircir ma conduite ,
J. Vel.
DECEMBRE. 1733 2705
en m'accusant d'avoir gouverné le Royaume d'une
maniere affectée et interessé , ont arrêté la liberté
des suffrages et violé les droits sur lesquels cette
liberté est fondée , et la necessité enfin de faire
voir au Monde entier que nos ennemis par de
pareils procedez , n'ont eu et n'ont encore pour
but que de ruiner et renverser totalement les
droits , les prérogatives et la liberté de notre
chere Patrie , sont des motifs trop pressans , pour
que je differe plus long- temps à justifier ma
conduite , afin de convaincre tout l'Univers par
une narration succincte et sincere de ce qui s'est
passé avant et après l'Election , la fausseté de ce
qu'on a publié de contraire,
Mon premier soin , depuis la mort du Roy
Auguste, de glorieuse memoire , a été de concilier
et de réunir nos Freres , et j'eus le bonheur
d'y réussir . Je n'entrepris rien que
du consentement
et de l'aveu du Sénat et de la Noblesse encore
assemblée à l'occasion de la Diette extraor
dinaire, convoquée par le feu Roy; j'envoyai des
Ministres aux Cours voisines , je tins de fréquens
Conseils avec les Sénateurs et les Minis
tres des deux Nations ; je ne signai que ce qui
avoit été unanimement résolu ; je pris les mesu
res convenables avec les Régimentaires des deux
Nations pour assurer la sureté interieure et exte
rieure du Royaume et prévenir les inconvéniens
qui pourroient résulter des Assemblées particu
lieres et illicites ; en un mot , afin de n'avoir
rien à me reprocher , je communiquai tout à la
République et ne fis rien sans son approbation ,
quoiqu'en qualité de Primat j'usse pû m'en dis
penser en bien des choses.
Le jour de l'assemblée de la Diette de Convo
Cation étant yenu , je me contentai d'y represen
J. Vol.
2756 MERCURE DE FRANCE
ter le danger auquel le Royaume se trouvoit ex
posé , et je laissai à la prudence d'une Nation libre
le soin de le prévenir. Il y eut au commence
ment de cette Diette de grands débats pour l'E
Jection d'un Maréchal ; les esprits parurent fort
animez , ce qui dura quelques jours et retarda
l'expedition des affaires ; mais par mes soins et
ceux du Sénat , le calmne fut enfin rétabli ; on
élût le Maréchal , et la Noblesse se joignit ensui
te au Sénat ; en qualité de Primat j'écoutai les
avis des Nonces, et me conformai à ce qu'ils désiroient
et à ce qu'ils rejettoient. Le principal
objet de leur délibération regardoit la résolution
prise cy- devant, d'exclure du Trône tout Piaste;
ils ressenroient vivement l'injustice d'une telle
résolution ; ils voyoient , avec indignation , la
honte qui en résultoit à la Nation ; et afin de le
rendre plus efficace , on résolut de le confirmer
par un serment. Cette résolution passa aussi unanimement.
Il est vrai qu'il y a eu à ce sujet des
débats tres vifs , mais ils n'ont eu pour objet que
le formulaire du Serment , et non le Serment
même. Après qu'en qualité de Primat , j'eus
prêté ce Serment , par lequel non seulement
tout Erranger , mais aussi tous ceux qui posse
dent des Provinces Etrangeres , ou qui ont des
Troupes sur pied , qui ne sont pas nez de peres et
de meres Catholiques , sont exclus du Trône.
Les Evêques, Sénateurs et autres le prêterent après
moi , et le firent tous avec joie et sans la moindre
contrainte Les Evêques jurerent aussi qu'ils
m'empiéteroient point sur les Droits du Primat.
La République déclara ensuite ce Serment com
me une Loy fondamentale du Royaume. Oa
dressa quelques Constitutions , et on fixa le jour
pour la Diette d'Election, au lieu ordinaire, con
CI. Vol.
forDECEMBRE.
1733 2707
formément aux Droits ; c'est par là que finit la
Diette de Convocation.
En attendant ce jour important je m'abstins de
toute intrigue , préjudiciab.e à la République ,
et bien loin que je fusse porté par un amour
aveugle pour aucun particulier, l'évitai avec soin
d'entrer dans aucune faction , j'avoue cepen ant
que je souhaitois fort que le Serenissime Roy
Stanislas fut élevé au Trône; je l'en croyois tres
digne, et même plus qu'aucun autre , à cause de
ses éminentes qualitez ; mais je declare en même.
temps que quelque fussent mes souhaits , mon
obstination n'alloit pas jusqu'à le vouloir au
préjudice de la République. J'avois mis toute
ma confiance en Dieu ; c'est par son secours et
celui de la libre Nation Polonoise que j'esperois
voir finir les maux de la République par l'E
lection d'un Roy désiré.
On me fit des offres avantageuses , on me fir
même des menaces , mais je rejettai les premieres
et méprisai les autres ; je n'ai jamais voulų
donner les mains directement ni indirectement
à l'entrée de quelqu'Armée Etrangere. J'ai rejetté
constamment les Instances faites par les
Ministres des Puissances voisines, pour une exclusion
, parce que je voyois qu'elle n'avoit pour
but que leur interêt et leur utilité particuliere ,
et qu'une pareille exclusion ne pouvoit être que
deshonorable à la République et tendre à sa totale
ruine . Comme lesdites Puissances ne laissoient
pas de continuer leurs Instances à ce sujet
, je m'apperçûs bien- tôt qu'on avoit dessein
d'enfoncer le Poignard dans le sein de notre -
berté . J'écrivis pour cet effet au nom de la République
, representée par ceux que les deux Na-
Lions avoient nommés à la Diette de Convoca-
I. Vol. tion
2708 MERCURE DE FRANCE
tion , pour me servir de conseil , à toutes le
Cours de l'Europe , pour les prier de ne pas per
mettre qu'on opprimâ: la Répub ique , d'envoir
des Ministres à S. M 1. et à l'Illustrissime Czarine
pour leur representer que nout ctions une
Nution libre que nous ne dépen tions de personne
, que nous ne permettrions jamais qu'on
donna: Pexclusion , les pliant de se désister de
leurs Instances à ce sujet , et de ne pas se mêlet
de notre Election qui ne dépend que de nous
seuls .
Le jour de l'ouverture de la Diette d'Election
étant venu , je n'eus en vue que l'exacte exécution
des Loix établies dans la Diette de Convocation
, en ce qui regarde l'Election et le maintien
inviolable de la liberté de la Patrie , les commencemens
de cette Diette furent fort paisibles,
et le Maréchal fut élû en peu de jours ; mais cette
tranquilité ne , dura guere ; les esprits s'échaufferent
à la nouvelle de l'entrée des Russiens
dans le Royaume , certifiée et affirmée par le
Chancelier et Régimentaire de Lithuanie toute
l'Assemblée en fut troublée , on fut surpris de
la conduite du Régimentaire en cette occasion ,
et après plusieurs Discours qui ne pouvoient lui
être agréables , on résolut de ne rien négliger
pour découvrir ceux qui avoient appellé les Russiens
dans le Royaume .
·
La peur ayant saisi le Régimentaire , apparemment
par un remords de conscience , il quitta
le Champ Electoral, sans faire aucune protes-
Lation et se retira à Praage,
-On lui envoya des Députez pour demander la
cause de sa Retraite ; sa réponse fut que sa Retraite
ne troubleroit en aucune maniere l'Elec
tion .
I. Vol. Peu
DECEMBRE . 1733. 2709
Peu de jours après, les Etats dresserent un Manifeste
contre ceux qui avoient appellé les Kussiens
dans le Royaume. Nous résolumes là - dessus
de proceder incessament à l'Election ,
selon
la teneur de la Constitution de la Diette de Convocation
, qui porte que l'Election se feroit dans
le terme le plus court qu'il seroit possible , mais
qu'au cas qu'elle ne se pût faire si- tôt qu'on le
souhaiteroit , la Diette ne dureroit neanmoins
que six semaines.
·
Avant que de proceder à l'Acte d'Election je
parcourus , à Cheval , selon le Cérémonial , les
Palatinats , les Starosties et les Districts assemblez
, pour
leur demander quel Roy ils souhaitoient
, et pour leur notifier en même temps
que la Proclamation se feroit le lendemain . Pendant
que j'en faisois le tour , on n'entendit
crier par tout que Vive le Roy Stanislas. Je conviens
cependant qu'il paroissoit qu'il y en avoit
quelques- uns qui y étoient contraires , ceux - cy
se retirreent dans leurs Quartiers, apparemment
pour y dresser le Niepozvalam.
Le lendemain j'achevai le tour des Palatinats , *
Starosties et Districts , je fus obligé dele faire à
pied , mon Cheval étant devenu ombrageux
par les cris réiterez de Vive le Roy Stanislas . Ces
cris se redoublerent avec tant de zéle que je ne
pus m'empêcher de me conformer aux pressantes
Instances de l'Assemblée , et de proceder incessamment
à la nomination du Roy ; mais
avant que de le faire, je déclarai absens ceux qui
s'étoient rendus à Praage ; et comme il ne paroissoit
personne pour contre- dire , car les uns se
tûrent , les autres partirent pour leurs Terres .
parmi ces derniers , le Staroste Opoczynski
1. Vol. ᏗᏤ gu
H
2710 MERCURE DE FRANCE
qui m'assura par une Lettre , qu'il s'étoit retiré
sans contradiction .
Je procedai , en vertu de ma Charge , à la no
mination du Roy , mais je fus interrompu park:
S.Kamienski, Capitaine du District de Krziemit,
dans le Palatinat de Vobhinie , qui me présenta
son Niepozwalam , ce qui m'obligea à garder k
silence pendant quelque temps , jusqu'à ce que
s'étant enfin désisté de sa contradiction , je pro
clamé le Serenissime Roy Stanislas , à present
regnant , sans aucune opposition , dont Dieu ,
qui connoît ce qu'il y a de plus caché dans nos
coeurs , est le témoin , ainsi que le Peuple , con
sistant en plus de 100 Enseignes , et criant una
nimement et sans cesse ; Vive le Roy Stanislas,
Je regarde comme un bonheur particulier d'
voir proclamé pour Roy , celui que des Nation
envieuses ont voulu exclure du Trône ; car
elles avoient réussi dans leur dessein , c'éto
fait à jamais de notre liberté , on nous auro
toujours forcé à élire un Roy à leur gré.
Voilà le récit sincere et veritable de tout
qui s'est passé à l'égard de l'Election de not
Roy , cependant , quelqu'unanime et légitin
qu'ait été cette Election , il se trouve de fau
Freres qui la révoquent en doute ; ils osent avar
cer qu'elle n'a été faite qu'en violant la liberté
et par là , ainsi que par toute la conduite qu'i
ont tenue depuis leur retraite à Praage , ils for
voir évidemment qu'ils ont appellé les Russier
dans le Royaume , ce qui les rend coupables e
tant de sang innocent qui sera peut- être vers
Mais supposé qu'il se soit trouvé quelques Pa
sonnes d'un sentiment opposé , le nombre e
étoit tres- petit , et elles n'ont paru que le jo
I.Vel
.qu'o
DECEMBRE. 1732. 2711
qu'on annonçoit au Peuple la prochaine Election
fixée au lendemain , et non le jour de la nomination
du Roy , qui , selon les Loix ou l'usage
ne se fait jamais à Cheval , mais dans les Tran
chées ou Quartiers préparez pour cet effet , et
où il étoit libre encore à ceux qui vouloient contredire
, d'exhiber leur Niepozvalam.
Les Ennemis du Roy voulant exécuter les pernicieux
desseins qu'ils avoient tramez à Praage ,
allérent joindre les Russiens , et formérent entr'eux
une prétendue République, ou, pour mieux
dire ,un Complot tumultueux de gens qui s'é
tant déclarez eux - mêmes Ennemis de la Patrie ,
en conséquence du Manifeste qu'ils avoient signé
, ne cherchent qu'à renverser la liberté , en
opprimant la veritable et innocente République.
Ce qu'il y a de plus déplorable , c'est qu'il se
trouve parmi eux des Apôtres du Seigneur , des
Evêques , qui comme Judas , trahissent leur propre
Mere , c'est- à- dire , leur Patrie. Ce sont ces.
Evêques qui coupables d'un triple parjure endure
cissent encore davantage les coeurs des Seigneurs
séculiers , en autorisant leur témérité ,
en leur faisant accroire qu'elle est juste et per
mise.
Les Opposans retournerent enfin à Praage ; Ils,
s'imaginoient que pourvu qu'ils pûssent proceder
à une nouvelle Election avant l'échéance des
six semaines que la Diette pouvoit durer , cette
Election seroit légitime ; mais ce terme n'ayant
point été établi comme une Loy , mais comme
une prolongation , au cas qu'on ne pût parvenir
plutôt à une Election , ne peut être regardé que
comme une chimere , puisque l'Election avoit
Jéja été faite légitimement et selon les Loix. Ils
crurent aussi que s'ils pouvoient se rendre sur
1
No I. Vol.
le Hij
2712 MERCURE DE FRANCE
le Champ Electoral , entre Varsovie et Vvola ,
leur Election seroit plus valide ; ils firent tous les
efforts imaginables , mais inutiles , afin d'y parvenir,
employant pour cet effet le fer et le feu.
Pendant ce temps-là on découvrit que les Ministres
de Russie et de Saxe entretenoient une
correspondance avec les Opposans; le Régimentaire
résolut là - dessus de les faire sortir de Varsovie,
et de les attaquer, en cas de refus , ce qu'il
fit , les Ministres Etrangers ne doivent jouir des
prérogatives du Droit des Gens , qu'aussi long.
temps qu'ils observent eux- mêmes les Loix qui
y sont attachéts.
Enfin les Opposans voyant qu'ils ne pouvoient
passer la Vistule , se retirerent dans un Bois , y
dressérent une espece de Kolo , et élurent un
Roy , mais quel Roy ? Un Etranger , un Prince
qui possede des Provinces hors du Royaume , et
qui a des Troupes sur pied , un Prince né d'une
Mere Luthérienne , un Prince enfin qui veut employer
ses Troupes pour réduire une Nation libre
, à une obéissance aveugle. Grand Dieu , à
quoi servent les Constitutions établies dans la
Diette de Convocation ? A quoi sert le serment
qu'on y a prêté ? A quoi sert cette Confédéra¬
tion si solemnelle, pour n'élire qu'un Piaste? &c.
Fait à Dantzick , le 10 Octobre 1733 .
Es faux rapports répandus dans le Public , à
l'occasion de ce qui s'est passé en Pologne
pendant l'interregne , les insinuations injustes ,
et malicieuses dont les ennemis du repos de la
République ont tâché de noircir ma conduite ,
J. Vel.
DECEMBRE. 1733 2705
en m'accusant d'avoir gouverné le Royaume d'une
maniere affectée et interessé , ont arrêté la liberté
des suffrages et violé les droits sur lesquels cette
liberté est fondée , et la necessité enfin de faire
voir au Monde entier que nos ennemis par de
pareils procedez , n'ont eu et n'ont encore pour
but que de ruiner et renverser totalement les
droits , les prérogatives et la liberté de notre
chere Patrie , sont des motifs trop pressans , pour
que je differe plus long- temps à justifier ma
conduite , afin de convaincre tout l'Univers par
une narration succincte et sincere de ce qui s'est
passé avant et après l'Election , la fausseté de ce
qu'on a publié de contraire,
Mon premier soin , depuis la mort du Roy
Auguste, de glorieuse memoire , a été de concilier
et de réunir nos Freres , et j'eus le bonheur
d'y réussir . Je n'entrepris rien que
du consentement
et de l'aveu du Sénat et de la Noblesse encore
assemblée à l'occasion de la Diette extraor
dinaire, convoquée par le feu Roy; j'envoyai des
Ministres aux Cours voisines , je tins de fréquens
Conseils avec les Sénateurs et les Minis
tres des deux Nations ; je ne signai que ce qui
avoit été unanimement résolu ; je pris les mesu
res convenables avec les Régimentaires des deux
Nations pour assurer la sureté interieure et exte
rieure du Royaume et prévenir les inconvéniens
qui pourroient résulter des Assemblées particu
lieres et illicites ; en un mot , afin de n'avoir
rien à me reprocher , je communiquai tout à la
République et ne fis rien sans son approbation ,
quoiqu'en qualité de Primat j'usse pû m'en dis
penser en bien des choses.
Le jour de l'assemblée de la Diette de Convo
Cation étant yenu , je me contentai d'y represen
J. Vol.
2756 MERCURE DE FRANCE
ter le danger auquel le Royaume se trouvoit ex
posé , et je laissai à la prudence d'une Nation libre
le soin de le prévenir. Il y eut au commence
ment de cette Diette de grands débats pour l'E
Jection d'un Maréchal ; les esprits parurent fort
animez , ce qui dura quelques jours et retarda
l'expedition des affaires ; mais par mes soins et
ceux du Sénat , le calmne fut enfin rétabli ; on
élût le Maréchal , et la Noblesse se joignit ensui
te au Sénat ; en qualité de Primat j'écoutai les
avis des Nonces, et me conformai à ce qu'ils désiroient
et à ce qu'ils rejettoient. Le principal
objet de leur délibération regardoit la résolution
prise cy- devant, d'exclure du Trône tout Piaste;
ils ressenroient vivement l'injustice d'une telle
résolution ; ils voyoient , avec indignation , la
honte qui en résultoit à la Nation ; et afin de le
rendre plus efficace , on résolut de le confirmer
par un serment. Cette résolution passa aussi unanimement.
Il est vrai qu'il y a eu à ce sujet des
débats tres vifs , mais ils n'ont eu pour objet que
le formulaire du Serment , et non le Serment
même. Après qu'en qualité de Primat , j'eus
prêté ce Serment , par lequel non seulement
tout Erranger , mais aussi tous ceux qui posse
dent des Provinces Etrangeres , ou qui ont des
Troupes sur pied , qui ne sont pas nez de peres et
de meres Catholiques , sont exclus du Trône.
Les Evêques, Sénateurs et autres le prêterent après
moi , et le firent tous avec joie et sans la moindre
contrainte Les Evêques jurerent aussi qu'ils
m'empiéteroient point sur les Droits du Primat.
La République déclara ensuite ce Serment com
me une Loy fondamentale du Royaume. Oa
dressa quelques Constitutions , et on fixa le jour
pour la Diette d'Election, au lieu ordinaire, con
CI. Vol.
forDECEMBRE.
1733 2707
formément aux Droits ; c'est par là que finit la
Diette de Convocation.
En attendant ce jour important je m'abstins de
toute intrigue , préjudiciab.e à la République ,
et bien loin que je fusse porté par un amour
aveugle pour aucun particulier, l'évitai avec soin
d'entrer dans aucune faction , j'avoue cepen ant
que je souhaitois fort que le Serenissime Roy
Stanislas fut élevé au Trône; je l'en croyois tres
digne, et même plus qu'aucun autre , à cause de
ses éminentes qualitez ; mais je declare en même.
temps que quelque fussent mes souhaits , mon
obstination n'alloit pas jusqu'à le vouloir au
préjudice de la République. J'avois mis toute
ma confiance en Dieu ; c'est par son secours et
celui de la libre Nation Polonoise que j'esperois
voir finir les maux de la République par l'E
lection d'un Roy désiré.
On me fit des offres avantageuses , on me fir
même des menaces , mais je rejettai les premieres
et méprisai les autres ; je n'ai jamais voulų
donner les mains directement ni indirectement
à l'entrée de quelqu'Armée Etrangere. J'ai rejetté
constamment les Instances faites par les
Ministres des Puissances voisines, pour une exclusion
, parce que je voyois qu'elle n'avoit pour
but que leur interêt et leur utilité particuliere ,
et qu'une pareille exclusion ne pouvoit être que
deshonorable à la République et tendre à sa totale
ruine . Comme lesdites Puissances ne laissoient
pas de continuer leurs Instances à ce sujet
, je m'apperçûs bien- tôt qu'on avoit dessein
d'enfoncer le Poignard dans le sein de notre -
berté . J'écrivis pour cet effet au nom de la République
, representée par ceux que les deux Na-
Lions avoient nommés à la Diette de Convoca-
I. Vol. tion
2708 MERCURE DE FRANCE
tion , pour me servir de conseil , à toutes le
Cours de l'Europe , pour les prier de ne pas per
mettre qu'on opprimâ: la Répub ique , d'envoir
des Ministres à S. M 1. et à l'Illustrissime Czarine
pour leur representer que nout ctions une
Nution libre que nous ne dépen tions de personne
, que nous ne permettrions jamais qu'on
donna: Pexclusion , les pliant de se désister de
leurs Instances à ce sujet , et de ne pas se mêlet
de notre Election qui ne dépend que de nous
seuls .
Le jour de l'ouverture de la Diette d'Election
étant venu , je n'eus en vue que l'exacte exécution
des Loix établies dans la Diette de Convocation
, en ce qui regarde l'Election et le maintien
inviolable de la liberté de la Patrie , les commencemens
de cette Diette furent fort paisibles,
et le Maréchal fut élû en peu de jours ; mais cette
tranquilité ne , dura guere ; les esprits s'échaufferent
à la nouvelle de l'entrée des Russiens
dans le Royaume , certifiée et affirmée par le
Chancelier et Régimentaire de Lithuanie toute
l'Assemblée en fut troublée , on fut surpris de
la conduite du Régimentaire en cette occasion ,
et après plusieurs Discours qui ne pouvoient lui
être agréables , on résolut de ne rien négliger
pour découvrir ceux qui avoient appellé les Russiens
dans le Royaume .
·
La peur ayant saisi le Régimentaire , apparemment
par un remords de conscience , il quitta
le Champ Electoral, sans faire aucune protes-
Lation et se retira à Praage,
-On lui envoya des Députez pour demander la
cause de sa Retraite ; sa réponse fut que sa Retraite
ne troubleroit en aucune maniere l'Elec
tion .
I. Vol. Peu
DECEMBRE . 1733. 2709
Peu de jours après, les Etats dresserent un Manifeste
contre ceux qui avoient appellé les Kussiens
dans le Royaume. Nous résolumes là - dessus
de proceder incessament à l'Election ,
selon
la teneur de la Constitution de la Diette de Convocation
, qui porte que l'Election se feroit dans
le terme le plus court qu'il seroit possible , mais
qu'au cas qu'elle ne se pût faire si- tôt qu'on le
souhaiteroit , la Diette ne dureroit neanmoins
que six semaines.
·
Avant que de proceder à l'Acte d'Election je
parcourus , à Cheval , selon le Cérémonial , les
Palatinats , les Starosties et les Districts assemblez
, pour
leur demander quel Roy ils souhaitoient
, et pour leur notifier en même temps
que la Proclamation se feroit le lendemain . Pendant
que j'en faisois le tour , on n'entendit
crier par tout que Vive le Roy Stanislas. Je conviens
cependant qu'il paroissoit qu'il y en avoit
quelques- uns qui y étoient contraires , ceux - cy
se retirreent dans leurs Quartiers, apparemment
pour y dresser le Niepozvalam.
Le lendemain j'achevai le tour des Palatinats , *
Starosties et Districts , je fus obligé dele faire à
pied , mon Cheval étant devenu ombrageux
par les cris réiterez de Vive le Roy Stanislas . Ces
cris se redoublerent avec tant de zéle que je ne
pus m'empêcher de me conformer aux pressantes
Instances de l'Assemblée , et de proceder incessamment
à la nomination du Roy ; mais
avant que de le faire, je déclarai absens ceux qui
s'étoient rendus à Praage ; et comme il ne paroissoit
personne pour contre- dire , car les uns se
tûrent , les autres partirent pour leurs Terres .
parmi ces derniers , le Staroste Opoczynski
1. Vol. ᏗᏤ gu
H
2710 MERCURE DE FRANCE
qui m'assura par une Lettre , qu'il s'étoit retiré
sans contradiction .
Je procedai , en vertu de ma Charge , à la no
mination du Roy , mais je fus interrompu park:
S.Kamienski, Capitaine du District de Krziemit,
dans le Palatinat de Vobhinie , qui me présenta
son Niepozwalam , ce qui m'obligea à garder k
silence pendant quelque temps , jusqu'à ce que
s'étant enfin désisté de sa contradiction , je pro
clamé le Serenissime Roy Stanislas , à present
regnant , sans aucune opposition , dont Dieu ,
qui connoît ce qu'il y a de plus caché dans nos
coeurs , est le témoin , ainsi que le Peuple , con
sistant en plus de 100 Enseignes , et criant una
nimement et sans cesse ; Vive le Roy Stanislas,
Je regarde comme un bonheur particulier d'
voir proclamé pour Roy , celui que des Nation
envieuses ont voulu exclure du Trône ; car
elles avoient réussi dans leur dessein , c'éto
fait à jamais de notre liberté , on nous auro
toujours forcé à élire un Roy à leur gré.
Voilà le récit sincere et veritable de tout
qui s'est passé à l'égard de l'Election de not
Roy , cependant , quelqu'unanime et légitin
qu'ait été cette Election , il se trouve de fau
Freres qui la révoquent en doute ; ils osent avar
cer qu'elle n'a été faite qu'en violant la liberté
et par là , ainsi que par toute la conduite qu'i
ont tenue depuis leur retraite à Praage , ils for
voir évidemment qu'ils ont appellé les Russier
dans le Royaume , ce qui les rend coupables e
tant de sang innocent qui sera peut- être vers
Mais supposé qu'il se soit trouvé quelques Pa
sonnes d'un sentiment opposé , le nombre e
étoit tres- petit , et elles n'ont paru que le jo
I.Vel
.qu'o
DECEMBRE. 1732. 2711
qu'on annonçoit au Peuple la prochaine Election
fixée au lendemain , et non le jour de la nomination
du Roy , qui , selon les Loix ou l'usage
ne se fait jamais à Cheval , mais dans les Tran
chées ou Quartiers préparez pour cet effet , et
où il étoit libre encore à ceux qui vouloient contredire
, d'exhiber leur Niepozvalam.
Les Ennemis du Roy voulant exécuter les pernicieux
desseins qu'ils avoient tramez à Praage ,
allérent joindre les Russiens , et formérent entr'eux
une prétendue République, ou, pour mieux
dire ,un Complot tumultueux de gens qui s'é
tant déclarez eux - mêmes Ennemis de la Patrie ,
en conséquence du Manifeste qu'ils avoient signé
, ne cherchent qu'à renverser la liberté , en
opprimant la veritable et innocente République.
Ce qu'il y a de plus déplorable , c'est qu'il se
trouve parmi eux des Apôtres du Seigneur , des
Evêques , qui comme Judas , trahissent leur propre
Mere , c'est- à- dire , leur Patrie. Ce sont ces.
Evêques qui coupables d'un triple parjure endure
cissent encore davantage les coeurs des Seigneurs
séculiers , en autorisant leur témérité ,
en leur faisant accroire qu'elle est juste et per
mise.
Les Opposans retournerent enfin à Praage ; Ils,
s'imaginoient que pourvu qu'ils pûssent proceder
à une nouvelle Election avant l'échéance des
six semaines que la Diette pouvoit durer , cette
Election seroit légitime ; mais ce terme n'ayant
point été établi comme une Loy , mais comme
une prolongation , au cas qu'on ne pût parvenir
plutôt à une Election , ne peut être regardé que
comme une chimere , puisque l'Election avoit
Jéja été faite légitimement et selon les Loix. Ils
crurent aussi que s'ils pouvoient se rendre sur
1
No I. Vol.
le Hij
2712 MERCURE DE FRANCE
le Champ Electoral , entre Varsovie et Vvola ,
leur Election seroit plus valide ; ils firent tous les
efforts imaginables , mais inutiles , afin d'y parvenir,
employant pour cet effet le fer et le feu.
Pendant ce temps-là on découvrit que les Ministres
de Russie et de Saxe entretenoient une
correspondance avec les Opposans; le Régimentaire
résolut là - dessus de les faire sortir de Varsovie,
et de les attaquer, en cas de refus , ce qu'il
fit , les Ministres Etrangers ne doivent jouir des
prérogatives du Droit des Gens , qu'aussi long.
temps qu'ils observent eux- mêmes les Loix qui
y sont attachéts.
Enfin les Opposans voyant qu'ils ne pouvoient
passer la Vistule , se retirerent dans un Bois , y
dressérent une espece de Kolo , et élurent un
Roy , mais quel Roy ? Un Etranger , un Prince
qui possede des Provinces hors du Royaume , et
qui a des Troupes sur pied , un Prince né d'une
Mere Luthérienne , un Prince enfin qui veut employer
ses Troupes pour réduire une Nation libre
, à une obéissance aveugle. Grand Dieu , à
quoi servent les Constitutions établies dans la
Diette de Convocation ? A quoi sert le serment
qu'on y a prêté ? A quoi sert cette Confédéra¬
tion si solemnelle, pour n'élire qu'un Piaste? &c.
Fait à Dantzick , le 10 Octobre 1733 .
Fermer
Résumé : MANIFESTE du Primat de Pologne.
En décembre 1733, le Primat de Pologne publie un manifeste pour répondre aux accusations portées contre lui concernant sa conduite pendant l'interrègne. L'auteur, J. Vel., réfute les insinuations selon lesquelles il aurait gouverné de manière intéressée et violé les droits de la République. Il affirme avoir agi dans l'intérêt du royaume, en conciliant les frères et en prenant des mesures avec l'approbation du Sénat et de la Noblesse. Il mentionne avoir envoyé des ministres aux cours voisines et avoir pris des mesures pour assurer la sécurité intérieure et extérieure du royaume. Le Primat décrit les événements entourant l'élection du roi, soulignant les débats initiaux et les efforts pour rétablir le calme. Il précise avoir écouté les avis des nonces et s'être conformé à leurs désirs. La principale résolution prise fut l'exclusion des Piastes du trône, confirmée par un serment. Il déclare avoir souhaité l'élection de Stanislas, mais sans préjudice pour la République. Il rejette les offres et menaces des puissances étrangères visant à influencer l'élection. Le manifeste détaille les actions entreprises pour maintenir la liberté de la Pologne et la légitimité de l'élection de Stanislas. Il mentionne les tentatives des opposants de contester l'élection et leur alliance avec les Russiens. Le Primat conclut en affirmant la légitimité de l'élection de Stanislas et en dénonçant les actions des opposants, qu'il qualifie de traîtres à la patrie. Un autre document, daté du 10 octobre 1733 et rédigé à Dantzick, dénonce un prince possédant des provinces en dehors du Royaume et ayant des troupes armées. Ce prince, né d'une mère luthérienne, souhaite utiliser ses troupes pour soumettre une nation libre à une obéissance aveugle. Le texte s'interroge sur l'utilité des constitutions établies lors de la Diète de Convocation, du serment prêté et de la solennelle confédération, qui semblent n'avoir servi qu'à élire un Piaste.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
16
p. 177-201
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 9 Octobre, sur les cinq heures de l'après-midi, Madame la Dauphine commença à sentir [...]
Mots clefs :
Naissance du Prince, Comte d'Artois, Famille royale, Cérémonie, Madame la Dauphine, Accession à des charges, Serment, Troupes, Actes de piété et démonstrations de joies, Députés, Canada, Anglais, Nouvelle France, Campagne militaire, Ennemis, Marquis de Vaudreuil, Forts, Expéditions, Batailles, Lieutenant, Colonel, Marquis de Montcalm, Capitaine, Soldats, Chevalier, Milices, Défense, Les sauvages, Camps, Protections, Artillerie, Siège, Victoire, M. Passemant, Miroir, Corsaires , Navires, Marchandises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
I
E 9 Octobre , fur les cinq heures de l'aprèsmidi
, Madame la Dauphine commença à fentir
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
des douleurs. Vers les fept heures du foir , cette
Princeffe accoucha d'un Prince , que le Roi a nom.
mé Comte d'Artois. M. l'Abbé de Bouillé , Comtede
Lyon , & premier Aumônier de Sa Majeſté ,
fit , à fept heures un quart , la cérémonie de l'ondoyement
, en préfence du Curé de la Paroiffe da
Château . Monfieur Rouillé , Miniftre d'Etat , Sur
Intendant général des Poftes , & grand Tréforier
de l'Ordre du S. Elprit , ayant apporté le Cordon
de cet Ordre , eut l'honneur de le paffer au col
du Prince . Monfeigneur le Comte d'Artois fut enfuite
remis à la Comteffe de Marfan , Gouvernante.
des Enfans de France ; & elle le porta à l'appartement
qui lui étoit deſtiné . Ce Prince y fut conduit
par le Maréchal Duc de Luxembourg , Capitaine
des Gardes du Corps.
Le Roi & la Reine , accompagnés de la Famille
Royale , ainfi que des Princes & Princeffes du
Sang , des grands Officiers de la Couronne , des.
Miniftres , des Seigneurs & Dames de la Cour
& précédés des deux Huiffiers de la Chambre quis
portoient leurs maffes , fe rendirent le lendemain
à la Chapelle. Leurs Majeftés y entendirent la
Meffe , pendant laquelle M. Colin de Blamont ,
Chevalier de l'Ordre de S. Michel , & Sur- Intendant
de la Mufique de la Chambre , fit exécuter le
Te Deum en mufique , de fa compofition . Cette
Hymne fut entonnée par M. l'Abbé Gergois, Chapelain
ordinaire de la Chapelle- Mufique.
Après la Meffe , le Roi & la Reine , Monfeigneur
le Dauphin , Monfeigneur le Duc de Bourgogne ,
Monfeigneur le Duc de Berry , Monfeigneur le
Comte de Provence , Madame Infante Duchellede
Parme , Madame ,. & Mefdames Victoire , Sophie
& Louife , reçurent dans leurs appartemens
les révérences des Dames de la Cour , à l'occafion
NOVEMBRE. 1757 179
des couches de Madame la Dauphine , & de la
naiffance du Prince.
On tira le foir un bouquet d'artifice devant les
fenêtres du Roi.
Sa Majefté a fait partir Monfieur Pernot- du
Buat , un de fes Gentilshommes ordinaires
pour aller à Luneville donner part de la naiffance
de Monfeigneur le Comte d'Artois au Roi de Pologne
, Duc de Lorraine & de Bar.
Madame la Dauphine & le jeune Prince fe por--
tent auffi bien qu'on puiffe le défirer.
9"
Sur le premier avis que Madame la Dauphine:
avoit reffenti quelques douleurs , le Corps - de-Ville
s'étoit affemblé. A huit heures & demie du foir
le fieur d'Amfreville , Chefde Brigade des Gardes.
du Corps , vint lui apprendre , de la part du Roi,.
la naiffance d'un Prince. Auffi -tôt les Prevôt des
Marchands & Echevins firent annoncer à toute la
Ville , par une falve générale de l'artillerie , & par
la cloche de l'Hôtel- de-Ville , qui a fonné jufqu'au
lendemain minuit , la nouvelle faveur qu'il
a plu à Dieu d'accorder au Roi & à la Nation. On
tira le même foir dans la place de l'Hôtel - de-Ville :
un grand nombre de fufées volantes,
Le ro , les officiers des cérémonies étant ab--
fens , le fieur Ourfin de Soligny , Maître d'hôtel
du Roi , remit au Corps - de- Ville une lettre de Sa
Majefté. Il fut fait deux falves générales de l'artil
lerie , l'une dès le matin , l'autre vers les fix heu--
res du foir , après laquelle les Prevôt des Marchands
& Echevins allumerent,avec les cérémonies
accoutumées , le bucher qui avoit été dreffé dans
la place devant l'Hôtel- de- Villé . Ce feu fut accom.-
pagné d'une grande quantité d'artifice : On fit couler
dans la place plufieurs fontaines de vin , & l'on
diftribua du pain &. des. viandes au peuple . Des.
H.vj.
180 MERCURE DE FRANCE.
orcheftres remplis de muficiens , mêlerent le foa
de leurs inftrumens aux acclamations dictées paa
Palégretle publique. La façade de l'Hôtel- de-
Ville fut illuminée par plufieurs filets de terrines ,
ainfi que l'hotel du Prevôt des Marchands , & les
mailons des Echevins & Officiers du Bureau de la
Ville.
Le Roi a accordé à M. le Marquis de la Tour-
Dupin de Paulin le régiment de Guyenne , vacant
par la mort de M. le Conte de Montmorenci-
Laval , tué à la bataille de Haftembecke .
a
Le Roi ayant admis dans fon Confeil des Dépêches
les fieurs Gilber de Voyfins & Berryer , Confeillers
d'Etat , le 16 octobre ils eurent l'honneur
de faire leurs remerciemens à Sa Majeſté.
Sa Majesté a donné le gouvernement général de
l'Orléanois , vacant par la mort de M. le Duc d'Antin
, au Comte de Rochecouart , fon Miniftre
Plénipotentiaire à la Cour de Parme.
Le 19 , M. le Duc de Duras prêta ferment entre
les mains du Roi pour la charge de premier Gentilhomme
de la Chambre , vacante par la mort du
Duc de Gefvres.
Le même jour, M. le Marquis de Gontaut prêta
ferment entre les mains de Sa Majeſté , pour la
Lieutenance générale du Languedoc , vacante par
la mort de M. le Maréchal Duc de Mirepoix.
Le Roi a difpofé en faveur du Prince de Beauveau
, de la charge de Capitaine des Gardes du
Corps , qu'avoit auffi le feu Maréchal Duc de Mirepoix
Sa Majesté a accordé au Vicomte de Noë,
Chambellan du Duc d'Orléans , & Capitaine de
vaiffeau , un brevet de Colonel à la ſuite du régiment
d'Orléans cavalerie.
M. de Lamoignon de Bafville a obteau da
A
a.
I
fo
P
ve
G
M
G:
NOVEMBRE . 1757. 181
Roi l'agrément de la charge de Préſident du Par
lement , dont le fieur Molé , premier Préfident ,
étoit revêtu.
Le Roi a nommé M. le Comte des Salles, Capitaine
de Cavalerie dans le régiment d'Harcourt ,
à la place deColoneldans lesGrenadiers de France,
vacante par la nomination de M. le Marquis de la
Tour - Dupin de Paulin au régiment de Guyenne.
Les troupes de la Maiſon du Roi , qui avoient
été détachées pour la défenſe de nos côtes , ne
font point arrivées à leur deftination , par la
prompte retraite des Anglois , & ont eu ordre de
revenir. Les Gardes Françoifes & les Gardes Suiffes
qui étoient reftées à Tours , à Saumur & à
Blois , doivent fe rendre ici fucceffivement dans
Fla fin d'octobre , & au commencement de novembre.
Les détachemens des Gardes du Corps ,
Gendarmes de la Garde , Chevaux- Légers , &
Moufquetaires de la premiere Compagnie , font
tous partis le 19 octobre , d'Orléans , d'Eftampes ,
d'Arpajon & de Chartres , où ils étoient reftés. La
feconde Compagnie des Moufquetaires , & les
Grenadiers à cheval , qui avoient reçu des contreordres
à temps , n'ont point quitté leurs quartiers.
Madame la Dauphine étant accouchée d'un
Prince le 9 d'octobre , M. le Marquis de Paulmy ,
Miniftre & Sécretaire d'Etat , expédia fur le champ.
un courier aux Députés des Etats de la Province
d'Artois
, pour leur faire fçavoir que le Roi avoit
nommé le nouveau Prince , Comte de cette Pro-,
vince. Auffitôt que cette nouvelle fut portée à
Arras , Capitale de l'Artois , toutes les cloches de
la Ville fonnerent , les habitans fermerent d'euxmêmes
leurs boutiques , & coururent en foule à
P'Eglife , pour y rendre à Dieu des actions.de.gra
182 MERCURE DE FRANCE.
ees de l'heureuſe délivrance de Madame la Dau
phine , & lui demander la conſervation d'un
Prince qui leur eft d'autant plus cher , que la
Province , depuis cinq hecles , a été privée de
Phonneur de voir fon nom porté par un Prince
de la Maiſon Royale. Ces actes de piété furent
fuivis des démonftrations de la joie la plus vive.
La nouvelle fut bientôt répandue jufqu'aux extrê
mités de l'Artois ; & tous les peuples , à l'envi de
la Capitale , s'emprefferent de faire éclater lear
reconnoiffance & leur alegreffe . Les Etats de la
province s'affemblerent extraordinairement , &
éfolurent de nommer une députation folemnelle,
formée de trois perfonnes de chaque ordre , pour
aller , conjointement avec les députés ordinaires
qui réfident cette année à la fuite de la Cour , remercier
le Roi de lafaveur fignalée que Sa Majesté
vient d'accorder à l'Artois , & pour la féliciter ,
ainfi que la Famille royale , fur cet heureux évé
nement. Cette députation s'étant rendue à Verfailles
le Dimanche 16 d'octobre , elle fut admife
à l'audience du Roi , de la Reine , de Monseigneur
le Dauphin , de Monfeigneur le Duc de Bourgogne
, de Monfeigneur le Duc de Berry , de Mon
feigneur le Comte de Provence , de Monfeigneur
le Comte d'Artois , de Madame Infante Ducheffe
de Parme , de Madame , & de Meſdames Victoire ,
Sophie & Louife. Les Députés furent préfentés
par M. le Marquis de Paulmy , Miniftre & Secresaire
d'Etat , ayant le département de la Province,
& conduits par M. Defgranges , Maître des Céré
monies. La députation étoit compofée de MM. les
Evêques d'Arras , de Saint - Omer , l'Abbé de
Saint-Waak & l'Abbé de Cry , Chanoine de is
Cathédrale d'Arras , pour le Clergé ; de MM. le
Marquis de Creny , le Comte d'Houchin , k
Bar
記
acc
Co
On
La
Pa
4
#1
NOVEMBRE . 1757. 183:
Baron de Wifmes , & le Baron d'Haynin , pour la
Nobleffe ; de MM. de Canchy , Echevin de la ville
de Saint - Omer ; Cornuel & Goffes , Echevins de
la ville d'Arras , & de Gouves , Procureur du Roi
de la même ville , pour le Tiers - Etat. Elle étoit
accompagnée de M. le Premier Préfident & du .
Confeil Provincial d'Artois . M. l'Evêque de Saint-
Omer porta la parole , & exprima d'une maniere:
touchante les fentimens de joie , d'amour , de
refpect & de reconnoiffance, communs à tous les
habitans de l'Artois. Cette Province fut réunie à
la Couronne en 1199 , par Philippe Augufte. Il
Périgea en Comté , & la donna à fon fils aîné , depuis
Louis VIII . Ce Comté paffa enfuite à Robert,.
fecond fils de Louis , qui porta le nom de Comte:
d'Artois , & fut tué à la bataille de la Maffoure,
Philippe le Bel en 1297 érigea l'Artois en Comté
Pairie.
La Princeffe de Condé eft accouchée heureufe--
ment les d'Octobre d'une Princeffe.
Les mauvais fuccès que les Anglois ont éprouvés
dans les entreprifes qu'ils ont tentées , foit dans le
fein de la paix , foit depuis la déclaration de la
guerre , pour envahir le Canada , ne les ont point
rebutés . Perfonne n'ignore les préparatifs im
menfes qu'ils avoient faits pour l'attaquer cette
année tout à la fois par mer & du côté des
terres. Les forces navales , que le Roi a deſtinées
pour la défenſe de cette colonie , ont fait échouer
leur projet du côté de la mer; & les difpofitions:
qui ont été faites dans le pays , les ont mis éga
lement hors d'état de faire aucune tentative fur les
frontieres.
Dès la fin de la campagne de l'année derniere ,,
M. le Marquis de Vaudreuil, Gouverneur & Lieute
pant-Général de la Nouvelle France , s'occupa de
184 MERCURE DE FRANCE.
tous les arrangemens qu'il pouvoit y avoir à pren
dre pour le mettre en état de les repouffer de toutes
parts.
Il prit des mefures pour avoir des partis de Canadiens
& de Sauvages continuellement en cam.
pagne durant l'hyver. Les incurfions que ces détachemens
ont faites fur les ennemis leur ont ré
beaucoup de monde , & donné l'alarme à leurs
colonies, où ils ont fait beaucoup de ravages.
M. le Marquis de Vaudreuil s'eft appliqué authà
ménager les bonnes difpofitions des Nations Sauvages
, qui en général font foulevées contre l'iajuftice
des prétentions & la violence des procédés
des Anglois. Celles qui font anciennement alliées
de la France n'ont point ceffé de donner de nouvelles
preuves de leur fidélité , & ont été continuellement
en parti contre les ennemis. D'autres
Nations nombreuſes font entrées dans cette alliance
, & ont pris part à la guerre. Les Iroquois
eux-mêmes , ces Nations que les Anglois repréſen
tent à l'Europe comme leurs fujettes , animés des
mêmes motifs que les autres Sauvages , ont pris le
même parti , malgré les efforts de toute espece
que les Gouverneurs Anglois ont faits pour obtenir
d'eux qu'ils s'en tinffent à la neutralité qu'ils
avoient obfervée dans les guerres précédentes
d'entre la France & l'Angleterre.
C'eſt relativement aux avantages que M. le Marquis
de Vaudreuil s'eft vu en état de tirer des difpofitions
de toutes ces Nations , qu'il a réglé fes
opérations.
Il avoit jugé que les ennemis tourneroient leurs
principaux efforts du côté du Lac Saint- Sacrearent
& du Lac Champlain ; & il a donné une
attention particuliere à munir les Forts qui défendent
cette frontiere. Les ennemis ayant été infor
NOVEMBRE. 1757 . 185
més qu'on devoit faire pafler du Fort Saint-Fre
déric au Fort de Carillon quelques provifions fous
l'escorte d'un petit détachement , en envoyere t
un de quatre-vingts hommes d'élite , qui enleva les
premieres traînes de ce convoi & fept Soldats ;
mais le Commandant du Fort Saint- Frédéric fit
marcher un nouveau détachement qui coupa celui
des ennemis dans fon chemin , le défit entiérerement
, à l'exception de trois hommes qui fe
fauverent , & reprit les traînes dont les ennemis
s'étoient emparés , & trois Soldats qui reftoient
de ceux qui avoient été enlevés . Cette action fe
pafla au mois de Janvier. MM . de Bafferode & de
la Grandville , Capitaines aux Régimens de Languedoc
& de la Reine , y eurent la principale
part.
M. le Marquis de Vaudreuil apprit dans le même
temps que les ennemis avoient raflemblé au
Fort Georges fitué fur le Lac Saint -Sacrement ,
des approvifionnemens confidérables de toures
les efpeces , & qu'ils avoient fait conftruire fous
le canon de ce Fort un très -grand nombre de barques
, de bateaux & d'autres bâtimens , non-feulement
pour le tranfport de ces approvifionnemens
, mais encore pour s'affurer la navigation de
ce Lac. Il jugea que tous ces préparatifs étoient
deftinés pour des entreprifes que les ennemis fe
propofoient d'exécuter au printems. Pour leur en
ôter les moyens , il fit , matcher au mois de Mars
un détachement de quinze cens hommes de troupes
réglées , Canadiens & Sauvages , fous les ordres
de M. Rigaud- de Vaudreuil , Gouverneur
des Trois - Rivieres , qui réuffit fi bien dans fon
expédition , qu'il parvint à brûler tous les bâtimens
de mer , tous les magafins qui étoient rem➡
plis de toutes fortes de munitions & d'uftenfiles
186 MERCURE DE FRANCE.
pour une armée de quinze mille hommes , & généralement
tout ce que les ennemis avoient raſ◄
femblé fous le Fort , lequel refta ifolé.
M. le Marquis de Vaudreuil ne fe contenta
pas des obftacles qu'il oppofoit par- là à l'exécution
des projets des ennemis du côté du Lac Saint-Sacrement
, il fortifia de nouveau les garnifons des
poftes qui font fur cette frontiere ; & au moyen
du renfort de troupes & des autres fecours que le
Roi a fait paffer en Canada , ce Gouverneur s'eft
trouvé en état d'agir offenfivement contre les ennemis.
Du côté de la Belle Riviere , il a fait détruire
plufieurs petits Forts qu'ils y avoient établis .
Pour profiter efficacement des avantages de
Pexpédition de M. Rigaud , & de ceux de la fituation
où le trouvoit la colonie du côté de la mer ,
il a formé le projet de s'emparer du Fort Georges.
L'établiffement de ce Fort , qui n'avoit été fait
que depuis peu de temps, étoit une de ces invaſions
que les Anglois font dans l'ufage de faire en tems
de paix fur les poffeflions de leurs voisins ; & il
leur donnoit les plus grandes facilités pour atta
quer le Canada par fon centre.
M. le Marquis de Vaudreuil a chargé de cette
importante expédition M. le Marquis de Montcalm
, Maréchal de Camp. Le corps de troupes
qu'il y a deftiné , étoit compofé de fix bataillons
de troupes de terre , d'un détachement des
troupes réglées de la colonie , de plufieurs détachemens
de milices , & de plufieurs partis de
Sauvages. Toutes ces troupes ont été raſſemblées
le 20 Juillet à Carrillon , où M. de Bourlamaque
, Colonel d'Infanterie , avoit déja fait les dif
pofitions préliminaires pour la marche de l'armée.
M. le Marquis de Montcalm s'y étoit rende
Σ
&
C
C
f
C
་
NOVEMBRE. 1757. 187
quelque temps auparavant. En attendant que l'armée
pût le mettre en marche , il avoit détaché
M. de Rigaud- de Vaudreuil , pour s'emparer de
la tête du portage du Lac Saint- Sacrement , avec
un corps de troupes de la colonie , de Canadiens
& de Sauvages.
M. Kigaud- de Vaudreuil s'étant établi dans ce
pofte , il envoya trois détachemens à la découverte.
Le premier , qui n'étoit que de dix hommes ,
fut attaqué fur le Lac Saint- Saciement par plufieurs
canots , dans lefquels il y avoit cent vinge
à cent trente Anglois . Quoique M. de Saint-
Ours , Lieutenant des troupes de la Colonie ,
qui le commandoit , fût bleffé à la premiere décharge
, il fe défendit avec tant de fermeté , qu'il
obligea les ennemis à fe retirer.
Le fecond , qui étoit affez confidérable , fut
commandé par M. Marin , autre Lieutenant , quis
fe fit précéder par huit Sauvages qui faifoient fon
avant-garde , lefquels fe trouverent vis - àvis quarante
Anglois. Dès le premier abord , ils firent :
leur décharge fur les ennemis , tuerent leur Com
mandant , & mirent le refte en fuite. M. Marin ,,
ayant rejoint fon avant-garde , réduifit fon détachement
à cent cinquante hommes d'élite . Il fe
porta près du Fort Edouard , éloigné de quelques.
lieues du Fort Georges , fans être découvert. Il défit
d'abord une patrouille de dix hommes , enfuite
une garde ordinaire de cinquante hommes ,
& plufieurs travailleurs. Il fe préfenta à la vue da
camp des ennemis , qui fortirent au nombre de
trois mille hommes faifant feu fur lui . Il le foutine
pendant deux heures. Ce ne fut même qu'avec
peine qu'il obligea les Sauvages qui étoient avec
ui , à fe retirer, Il tua dans certe action plus de
"
H
188 MERCURE DE FRANCE. Re
*
cent cinquante hommes , à quarante defquels les
Sauvages leverent la chevelure. Il n'en perdit pas
un feul & il n'y eut de bleffés que deux Sauvages.
Le troifieme détachement , commandé par M.
Corbiere , autre Officier de la Colonie , fe tint
embufqué pendant une journée. Au commencement
de la nuit , il apperçut fur le Lac vingt Berges
& deux Efquifs , dans lefquels il y avoit plus
de trois cens cinquante Anglois , commandés par
le Colonel Parker , cinq Capitaines , & fix autres
Officiers. Les Sauvages qui étoient avec lui firent
leur cri & leur décharge en même temps. Les
ennemis firent une foible réſiſtance. Deux feules
Berges fe fauverent , les autres furent prifes ou
coulées à fond. M. Corbier revint avec ceat
foixante-un prifonniers . Il y eut plus de cent cinquante
Anglois tués ou noyés ; & dans le détachement
François , il n'y eut qu'un Sauvage blee
affez légèrement .
M. le Marquis de Montcalm s'occupoit cependant
des difpofitions de fa marche . Il diftribua les
miliciens en plufieurs bataillons , dont il donnale
commandement à des Officiers des troupes de la
Colonie ; & des compagnies détachées de ces treapes
, il compofa un bataillon pour rouler avec
ceux des troupes de terre . H donna auffi à M. de
Villiers , Capitaine de celles de la Colonie , &
connu par plufieurs expéditions qu'il a exécutées
dans cette guerre , un corps de trois cens volontaires
Canadiens ; de maniere que l'armée le
trouva compofée de trois brigades de troupes ré-
'glées , qui étoient la brigade de la Reine , formée
des bataillons de la Reine & Languedoc , &
de celui des troupes de la Colonie ; la Brigade de
Sarre , des bataillons de la Sarre & de Guyen
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Ca
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སྒོ་
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9-
E
NOVEMBRE . 1757. 189
celle de Royal- Rouffillon , des bataillons de
Royal- Rouffillon & Bearn ; de fix brigades de
milices , des trois cens volontaires de Villiers , &
d'un détachement d'artillerie & de génie , compofé
de fept Officiers , & d'environ cent vingt
canonniers , bombardiers ou ouvriers . Tous ces
corps ne faifoient cependant enſemble que cinq
mille cinq cens combattans , non compris les
Sauvages qui étoient au nombre d'environ dixhuit
cens , parce que M. le Marquis de Montcalm
fut obligé de prendre dans les troupes quelques
détachemens , tant pour la garnifon du Fort de
Carillon , que pour quelques autres poftes .
Il étoit queftion de tranfporter par terre & à
bras d'hommes , depuis Carillon jufqu'au Lac
Saint-Sacrement , non feulement l'artillerie & les
munitions de guerre & de bouche de toute espece,
mais encore plus de quatre cens bateaux & canots ;
& cette opération fut fuivie avec tant de foin ,
qu'elle fut achevée la nuit du 31 Juillet au premier
Août.
Dès le 30 Juillet M. le Marquis de Montcalm
avoit fait partir M. le Chevalier de Levis , Brigadier
, à la tête d'un corps de deux mille cinq cens
hommes compofé de fix compagnies de Grenadiers
, huit piquets des volontaires de Villiers ,
d'environ mille Canadiens , & cinq cens Sauvages
, pour marcher au travers des bois , affurer
la navigation de l'armée , reconnoître & couvrir
fes débarquemens. Malgré les difficultés & les
fatigues de cette marche , cet Officier prit pofte
dès le lendemain au foir à la Baie de Ganaouské ,
qui n'eft qu'à quatre lieues du Fort Georges.
Le premier Août l'armée s'embarqua , & arriva
le 2 à trois heures du matin dans cette même
Baic. M. le Chevalier de Levis en repartit avec
190 MERCURE DE FRANCE.
fon détachement à dix heures , fe porta à une anfe
éloignée du Fort Anglois d'environ une lieue , &
fut reconnoître le Fort , la pofition des ennemis ,
& le débarquement propre à l'artillerie L'armée
arriva fur les onze heures du foir à cette même
anfe , & tout le monde reſta au bivouac .
Des prifonniers , qui furent faits pendant la
nuit des Canadiens & des Sauvages , rappor
par
terent que le nombre des ennemis pouvoit monter
à trois mille hommes , dont cinq cens étoient actuellement
dans le Fort , & le refte dans un camp
retranché qui étoit placé fur une hauteur à deux
cens toiles du Fort & à portée d'en rafraîchir continuellement
la garnifon. Ils ajouterent qu'au fignal
d'un coup de canon , toutes les troupes devoient
prendre les armes.
Sur ce rapport , qui s'accordoit avec les connoiffances
que M. le Chevalier de Levis avoit pri
fes fur la polition des ennemis , M. le Marquis de
Montcalm donna fur le champ l'ordre de marche
de l'armée , dont la difpofition fut faite pour recevoir
les ennemis , en cas qu'ils vinfſent à fa rencontre
, & pour , dans le cas où ils ne viendroient
pas , inveftir la place , & même attaquer le camp
retranché , s'il étoit jugé fufceptible d'une attaque
de vive force .
Le 3 à la pointe du jour , l'armée ſe mit en
marche.
M. le Chevalier de Levis faifoit l'avant-garde
avec fon corps , une partie des milices & tous les
Sauvages. Les bataillons & le refte des milices
marchoient enfuite en colonne , M. Rigaud-de
Vaudreuil à la droite , M. de Bourlamaque à la
gauche , & M. le Marquis de Montcalm dans le
centre. M. de Privat , Lieutenant- Colonel , avoit
été placé avec cinq cens hommes de troupes &
NOVEMBRE. 1757. 198
ane brigade de milices à la garde des bateaux &
de l'artillerie.
A midi , l'inveſtiſſement fut entierement formé
M. le Marquis de Montcalm , qui s'étoit porté à
l'avant -garde , ayant reconnu qu'il ne pouvoit at
taquer les retranchemens des ennemis , fans trop
compromettte fes forces , envoya ordre à M. de
Bourlamaque d'affeoir le camp de l'armée , la
gauche au Lac , la droite à des ravines preſque
inacceffibles , & d'y conduire fur le champ les
brigades de la Sarre & de Royal- Rouffillon . Pour
lui , avec la brigade de la Reine & une brigade de
milices , il paffa la nuit au bivouac , à portée de
foutenir le camp que M. le Chevalier de Levis occupoit
avec l'avant-garde fur le chemin du Forg
Gorges au Fort Edouard.
Comme ce pofte de l'avant -garde étoit trop
éloigné du ſiege , des bateaux & des vivres , elle
fe rapprocha le 4 au matin. M. le Marquis de
Montcalm ramena les deux brigades qu'il avoit
avec lui , prendre leur place dans le camp. L'ar
mée deſtinée à faire le fiege fe trouva alors poſtée ,
& compofée de fept bataillons de troupes , & de
deux brigades de milices. M. le Chevalier de Le
vis & M. Rigaud- de Vaudreuil , avec le refte des
milices , les volontaires de Villiers , & tous les
Sauvages , furent chargés de couvrir la droite du
camp , d'obferver les mouvemens des ennemis du
côté du chemin du Fort Edouard , & de leur don
ner à croire , par des mouvemens continuels , que
cette communication étoit encore occupée.
Dans l'après- midi du même jour 4 , on mar
qua le dépot de la tranchée. On fit le chemin de
ce dépôt au camp , les fafcines , gabions & fauciffons
néceffaires pour le travail de cette premiere
nuit ; & l'on mit en état une anfe , à laquelle le
192 MERCURE DE FRANCE.
dépôt aboutifloit , pour y pouvoir débarquer dans
la nuit l'artillerie à mesure qu'on en auroit befoin.
La nuit du 4 aus , on ouvrit la tranchée à 350
toiles du Fort d'attaque , embraffant le front du
Nord-Oueſt : cette tranchée étoit une espece de
premiere parallele. On commença auffi deux batteries
avec leur communication à la parallele.
Dans la journée dus , les travailleurs de jour
perfectionnerent les ouvrages de la nuit. Mais on
fut obligé de retirer un peu plus en arriere la gauche
du camp de l'armée , laquelle fe trouvoit trop
expofée au feu de la Place.
Le même jour , les Sauvages intercepterent
une lettre du Général Webb , écrite du Fort
Edquard en date du 4 à minuit . Il mandoit au
Commandant du Fort Georges , qu'auffitôt après
J'arrivée des milices des provinces auxquelles il
avoit envoyéordre devenir le joindre fur le champ,
il s'avanceroir pour combattre l'armée Françoife ;
que cependant , fi ces milices arrivoient trop tard
le Commandant fît enforte d'obtenir les meilleures
conditions qu'il pourroit. Cette lettre détermina
M. le Marquis de Montcalm à accélérer encore
la construction des batteries ; & le nombre
des travailleurs fut augmenté.
La nuit dus au6 , on acheva la batterie de la
gauche qui fut en état de tirer à la pointe du jour ;
elle étoit de huit pieces de canon & d'un mortier,
& elle battoit le front d'attaque & la rade des barques.
On acheva auſſi la communication de la batterie
de la droite avec la parallele , & l'on avança
confidérablement cette batterie.
La nuit du 6 au7 , on conduifit un boyau de
Iso toifes en avant fur la capitale du Baftion de
P'Ouest , & l'on acheva la batterie de la droite.
Elle étoit de huit pieces de canon , d'un mortier
&
te
fe
NOVEMBRE . 1757. 193
& de deux obufiers : elle battoit en écharpant le
front d'attaque , & à ricochet le camp retranché.
Elle fut démafquée à fept heures du matin ; &
après une double falve des deux batteries , M. le
Marquis de Montcalm jugea à propos de faire porter
au Commandant de la Place la lettre du Général
Webb , par M. de Bougainville un de fes Aides
de camp.
La nuit du 7 au 8 , les travailleurs cheminant
fur la Place , en continuant le boyau commencé
la veille , lequel fut conduit à 100 toifes du foffé,
ouvrirent auffi à l'extrêmité de ce boyau , un cro
chet pour y établir une troifieme batterie , & y
loger de la moufqueterie . Vers minuit , les enne
mis firent fortir trois cens hommes du camp retranché
. M. de Villiers tomba fur eux avec un
petit nombre de Canadiens & de Sauvages , leur
tua foixante hommes , fit deux prifonniers , &
força le refte à rentrer dans le camp.
Le travail de la nuit avoit conduit à un marais
P'environ so toifes de paffage , qu'un côteau qui
e bordoit mettoit à couvert des batteries de la
Place , à l'exception de 10 toifes de longueur ,
bendant lefquelles on étoit expoſé au feu de ces
batteries. Quoiqu'en plein jour , M. le Marquis
le Montcalm fit faire ce paffage comme celui
l'un foffé de place rempli d'eau , les fappeurs s'y
orterent avec tant de vivacité , que , malgré le
eu du canon & de la moufqueterie des ennemis ,
I fut achevé dans la matinée même , & qu'avant
a nuit une chauffée capable de fupporter l'artilleie
fe trouva pratiquée dans le marais. La moufueterie
des Canadiens & des Sauvages , qui tisient
aux embrafures du Fort , diminua beauoup
durant cette journée le feu des ennemis .
A quatre heures du foir , les Sauvages- Décou
I
194 MERCURE DE FRANCE.
vreurs rapporterent qu'un gros corps d'armée
marchoit au fecours de la place par le chemin du
Fort Edouard . M. le Chevalier de Levis s'y por
fur le champ avec la plus grande partie des Canadiens
& tous les Sauvages. M. le Marquis de
Montcalm ne tarda pas à le joindre avec la brigade
de la Reine & une brigade de milices . Il s'avançoit
en bataille prêt à recevoir l'ennemi ; les
bataillons en colone fur le grand chemin , les
Canadiens & les Sauvages fur les aîles dans les
bois , lorfqu'il apprit que la nouvelle étoit faufle.
Il fit rentrer les troupes dans leur camp . Ce mor
vement ne caufa aucun dérangement aux travar
du fiege ; & la promptitude avec laquelle il f
exécuté , fit un très -bon effet dans l'efprit des
Sauvages.
La nuit du 8 au 9 , on déboucha du marais pur
un boyau fervant de communication à la feconde
parallele qui fut ouverte fur la crête du côteau, &
fort avancée dans la nuit. C'eft de cette parallele
qu'on devoit partir pour établir les batteries de
breche , & en la prolongeant , envelopper le Fort
& couper la communication avec le retranche
ment , laquelle jufqu'alors avoit été libre. L
affiégés n'en donnerent pas le temps à huit he
res du matin ils arborerent pavillon blanc .
201
tro
le
fet
M. le Marquis de Montcalm dit au Colonel Co
Yong , envoyé par le Commandant pour trait
de la capitulation , qu'il ne pouvoit en fignera
cune fans en avoir auparavant communiqué les
ticles aux Sauvages. Deux motifs l'engageoiesti
ce ménagement pour eux : il croyoit le devoir
confiance & à la foumiffion avec lesquelles ils s
toient prêtés depuis le commencement de l'exp
dition à l'exécution des ordres qu'il leur avoit do
nés , & de toutes les propofitions qu'il leur apo
la
M
NOVEMBRE. 1757. 195
faites ; & il vouloit les mettre par -là dans l'obli
gation de ne rien faire de contraire à la capitulation
qui feroit arrêtée. Il convoqua donc fur le
champ un Confeil Général de tous les Sauvages.
Il expofa aux Chefs les conditions auxquelles les
Anglois offroient de fe rendre , & celles qu'il
étoit réfolu de leur accorder. Les Chefs s'en rapporterent
à tout ce qu'il feroit , & lui promirent
de s'y conformer , & d'empêcher que leurs jeunes
gens n'y contrevinffent directement ni indirectement.
M. le Marquis de Montcalm envoya immédia
tement après ce confeil , M. de Bougainville ,
pour rédiger la capitulation avec le Colonel Monro
, Commandant de la Place & du camp retran,
ché. Les principaux articles furent :
Que les troupes , tant de la garniſon que du
retranchement , fortiroient avec leurs bagages &
les honneurs de la guerre , & qu'elles fe retiroient
au Fort Edouard .
Que pour les garantir contre les Sauvages ,
elles feroient eſcortées par un détachement de
troupes Françoifes , & par les principaux Officiers
& interprêtes attachés aux Sauvages .
Qu'elles ne pourroient fervir de 18 mois , ni
contre le Roi , ni contre fes Alliés ;
Et que , dans l'efpace de trois mois , tous les
prifonniers François , Canadiens & Sauvages , faits
par terre dans l'Amérique feptentrionale , depuis
le commencement de la guerre par les Anglois ,
feroient conduits aux forts François de la frontiere.
Cette capitulation fut fignée à midi , & auffitôt
la garnifon fortit du fort pour joindre les troupes
du retranchement ; & M. de Bourlamaque prit
poffeffion du fort avec les troupes de la tranchée.
M. le Marquis de Montcalm envoya en même
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
temps au camp retranché , une garde que le Colo:
nel Monro lui avoit demandée , & il ordonna aux
Officiers & Interprêtes attachés aux Sauvages , dy
demeurer jufqu'au départ des Anglois , qui fe
trouvoient au nombre de 2264 hommes effectifs.
Malgré toutes ces précautions , & malgré les affu
rances que les Chefs Sauvages avoient données ,
lorfqu'il fut queftion de la capitulation , les Sauvages
firent du défordre dans le camp des Anglois.
M. le Marquis de Montcalm y accourut avec un
détachement de fes troupes. Les Sauvages avoient
déja fait un affez grand nombre de prifonniers ,&
en avoient même amené quelques-uns. Il fit rea
dre ceux qui reftoient , & M. le Marquis de Vaudreuil
a fait renvoyer les autres .
M. le Marquis de Montcalm a fait rafer le fort,
& détruire tout ce qui en dépendoit , conformé
ment aux inftructions qui lui avoient été données
par M. le Marquis de Vaudreuil. Il s'eft trouvé ,
tant dans le fort que dans le camp retranché , 23
pieces de canon , dont plufieurs de 32 livres , quatre
mortiers , un obufier , dix- fept pierriers , en
viron trente- fix milliers de poudre , beaucoup de
boulets , bombes , grenades , balles , avec tou
tes fortes de munitions & uftenfúles d'artillerie . On
y a trouvé auffi une provifion affez confidérable de
vivres , malgré le pillage que les Sauvages en ont
fait.
Les François n'ont eu que treize hommes de
tués & quarante de bleffés dans ce fiege. M. le
Febvre , Lieutenant des Grenadiers du régiment
Royal Rouflillon , eft du nombre des derniers par
un éclat de bombe : fa bleffure eft à la main. liby
point eu d'autres officiers tués ni bleſſés. Les enne .
mis y ont perdu cent huit hommes , & en ont eu
deux cens cinquante de blefiés,
Επ
le
C
tre
Aqde
B
NOVEMBRE. 1757. 197
"
Durant tout le fiége , l'armée a été prefque toute
entiere jour & nuit de fervice , foit à la tranchée ,
foit au camp , foit dans les bois , pour faire les
fafcines , gabions & fauciffons néceflaires . On a
fait avec la pioche , la hache & la fcie fix cens toifes
de tranchée aflez large pour y charroyer de
front deux pieces de canon les abattis , dont
tout le terrein étoit embarraffé, empêchant de les
faire paffer fur les revers. C'eſt à la fageffe des
difpofitions que M. le Marquis de Montcalm a
faites , & à l'activité avec laquelle il en a fuivi
l'exécution , que le fuccès de cette expédition eft
principalement dû. Il a été parfaitement fecondé
dans toutes les opérations par M. le Chevalier de
Levis , par M. Rigaud- de Vaudreuil , & par M,
de Bourlamaque. Les détails particuliers de l'artillerie
& du génie ont été très -bien remplis par M.
le Chevalier le Mercier , qui commandoit l'artillerie
, & par MM . Defaidouin & Lotbiniere ,
Ingénieur . Les Officiers & Soldats des troupes de
terre & de la colonie , ainfi que les milices & les
Officiers qui les commandoient , ont donné les
plus grandes marques de valeur & de bonne volonté
; & jamais les Sauvages n'avoient fait paroître
tant de fermeté & de conftance : ils avoient demandé
à monter à l'affaut avec les grenadiers , &
ils en attendoient le moment avec impatience.
Ce nouveau fuccès , qui a répandu une joie
générale dans la colonie de Canada , a animé
de plus en plus le zele avec lequel les habitans
s'efforcent de répondre aux mefures dont le Roi a
la bonté de s'occuper pour la défenfe de cette colonie
, & de feconder les foins que M. le Marquis
de Vaudreuil ne ceffe point de fe donner pour tout
ce qui peut y avoir rapport.
·
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
vent
trol
de
L
des
Le Roi ayant été informé que les paroiffesel
de Piriac & de Mefquer au Diocefe de Nantes
avoient été prefque entiérement ravagées le
27 juin dernier , par un orage mêlé de grêle
d'une groffeur extraordinaire , a fait toucher
aux Recteurs de ces deux paroiffes , la fomme de
fix mille livres pour être par eux employées en
achat de grains , & diftribuées fous l'inſpection
de M. le Comte de la Bourdonnaye- du Bois- Hullin
, Procureur- Général , Syndic des Etats de Bre- pe
tagne , tant pour enfemencer les terres , que pour
la nourriture des habitans dont les recoltes ont
été défolées par ce fléau . Cette nouvelle caracterife
notre Monarque plus glorieux encore par
fon humanité que par les victoires.
Co
I
M. Paffemant Ingénieur du Roi au Louvre ,
étoit déja connu pour Auteur de la fameufe
pendule couronnée d'une fphere mouvante , pla
cée en 1753 dans le cabinet du Roi à Verfailles
; fphere dont les révolutions font fi juftes , ue
qu'au jugement de l'Académie où l'on voit l'ertrait
page 183 de l'année 1749 de fes mémoires
, il n'y a pas en trois mil ans un feul degré
de différence avee les tables aftronomiques.
11 vient encore de finir pour le Roi deur
piéces uniques qu'on peut regarder comme chefd'oeuvres
, c'eft premiérement un grand miroir
de 45 pouces
de diametre qu'il a eu l'honneur
de préfenter au Roi le 13 août dernier , avec M.
de Bernieres , dans le pavillon conftruit par ordre
de Sa Majesté à la meute , pour le télescope ,
les ouvrages & les obfervations du pere Noël.
La glace de ce miroir a été courbée , par les
foins de M. de Buffon , dans un fourneau qu'i
avoit fait conftruire au Jardin Royal. M , Palle
mant l'a fait travailler au Louvre fous les yeur ,
M
174
Le
les
NOVEMBRE . 1757 . 199
& elle a été étamée d'une façon nouvelle , inventée
par M. de Bernieres , un des quatre Controlleurs
des ponts & chauflées.
Le Roi parut très - content des grands effets
de ce miroir. Si on y préfente des tableaux
même de fix pieds de grandeur , repréfentans
des vues de Paris , de Venife , des ports de
mer , des bâtimens , on croit voir de véritables
objets de grandeur naturelle : ainfi avec un fimple
deflein , on voit un bâtiment dans toute
la grandeur où il fera , & on juge de fon apparence
future. Un Peintre qui travaille à une
petite miniature , quelque petite qu'elle foit ,
peut la voir de grandeur naturelle , & peut par
conféquent fentir & corriger les moindres dé
fauts.
A
La chimie n'en tirera pas de moindres avantages.
On peut juger des grands effets de ce miroir
fur les métaux par la promptitude avec laquelle
il agit , l'argent a été fondu en trois fecondes.
M. Paffemant eut encore l'honneur de préfenter
au Roi un télescope aftéroftatique de fon invention
, dont il avoit lu un projet à l'Académie en
1746 , & qui avoit mérité fon approbation. Ce
télescope eft garni d'un midiometre : il fuit le
mouvement du ciel . Si on le met fur la lune , il
femble qu'elle foit fans mouvement ; fi on veut
voir enfuite une autre planete , il y a un ajuftement
qui le regle dans le moment pour cet aftre.
Il eft conduit par une mécanique toute nouvelle ,
fans aucun tremblement , ni agitation . Comme
les aftres paroiffent fixes , on peut obferver avec
une grande facilité : on peut placer les fils du midiometre
fur fes objets avec toute l'exactitude
poffible. Il eft propre à prendre la parallaxe de
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
Mars en fecondes de degrés au lieu de fecondes
de temps ainfi au lieu de deux fecondes , on
aura trente fecondes de degrés ; on obfervera facilement
la route des cometes : il fera d'une
grande utilité pour les paffages de Mercure fut
le difque du foleil, en l'année 1761 ; obſervation
qui n'a été faite qu'une feule fois , & par un
feul Obfervateur en l'année 1639.
Le Pere Noël repéta devant Sa Majefté les erpériences
d'une machine pneumatique nouvelle ,
& de plufieurs autres inftrumens qu'il avoit eu
P'honneur de lui préfenter au mois de mars dernier.
Le Roi parut fatisfait de tous ces ouvrages ,
qu'il examina pendant une heure .
Mefdames de France vinrent enfuite , & paffe
rent près de trois heures pendant lefquelles les
mêmes chofes furent répétées en leur préfence *
à leur fatisfaction .
Le corfaire le Romieu , de Saint - Malo , com
mandé par le Capitaine Morel , a conduit en ce
port le navire Anglois la Pensilvanie de 250 ton
neaux , qui alloit de Philadelphie à Londres, avec
une cargaifon de bois de Campêche , de pellete
zies , de café & d'autres marchandiſes.
Un navire Anglois de 300 tonneaux , chargé de
tabac , a été pris par le corfaire Entreprenant ,
qui l'a fait conduire å Morlaix.
Le Capitaine la Lande , commandant un corfaire
de Bordeaux , appellé le Prevêt de Paris , s'eft
rendu maître du corfaire le Hazard de Grenezey,
ayant 6 canons , 8 pierriers & 37 hommes d'équi
page , & il a repris le navire l'Aimable Jolie de
Bordeaux , & un autre bâtiment du même port ,
dont les Anglois s'étoient emparés.
Les navires Anglois le Prince d'Orange , chargé
de bois de Campeche , & le Saint - Eustache , de
NOVEMBRE . 1757. 201
Saint-Eustache , dont la cargaifon confifte en fucre
& en café , ont été pris par les corfaires la
Marquise de Salba & le d'Etigny de Bayonne , ou
ils font arrivés .
Les corfaires la Favorite & la Providence , de
Saint-Jean -de-Luz , fe font rendus maîtres , Pun
du navire Anglois la Sufanne , de Malblebard ,
chargé de 2200 quintaux de morue , l'autre d'un
Senaw , qui a pour cargaifon 334 barriques de
fardines.
Le Capitaine Papin , commandant le corfaire
la Marquise de Beringhen , de Boulogne , s'eft
emparé à la côte d'Angleterre du navire Anglois
l'Endeavour , de 100 tonneaux , deftiné pour la
Barbade , où il portoit un chargement compofé
de cire blanche , de farine , de boeuf falé & de
fromage.
Le même corfaire a pris un bateau de 25 à 39
tonneaux , chargé de caffonnade , de poudre à
canon , de chanvre & de fuif.
Le corfaire Anglois l'Epervier , armé de 10 canons
, 12 pierriers , & so hommes d'équipage , a
été pris par le Capitaine Berlamont , commandant
le corfaire l'Afie , de Dunkerque , & il a été conduit
au Havre.
On mande de Nantes , qu'il y eft arrivé un
fenaw Anglois appellé le Caton , de Vhul , armé
de 6 canons & de 4 pierriers , & chargé pour la
Jamaïque de munitions de guerre & de bouche ,
d'armes & de marchandifes feches . Ce bâtiment
a été pris par le Capitaine Poitevin , commandant
le navire la France.
I
E 9 Octobre , fur les cinq heures de l'aprèsmidi
, Madame la Dauphine commença à fentir
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
des douleurs. Vers les fept heures du foir , cette
Princeffe accoucha d'un Prince , que le Roi a nom.
mé Comte d'Artois. M. l'Abbé de Bouillé , Comtede
Lyon , & premier Aumônier de Sa Majeſté ,
fit , à fept heures un quart , la cérémonie de l'ondoyement
, en préfence du Curé de la Paroiffe da
Château . Monfieur Rouillé , Miniftre d'Etat , Sur
Intendant général des Poftes , & grand Tréforier
de l'Ordre du S. Elprit , ayant apporté le Cordon
de cet Ordre , eut l'honneur de le paffer au col
du Prince . Monfeigneur le Comte d'Artois fut enfuite
remis à la Comteffe de Marfan , Gouvernante.
des Enfans de France ; & elle le porta à l'appartement
qui lui étoit deſtiné . Ce Prince y fut conduit
par le Maréchal Duc de Luxembourg , Capitaine
des Gardes du Corps.
Le Roi & la Reine , accompagnés de la Famille
Royale , ainfi que des Princes & Princeffes du
Sang , des grands Officiers de la Couronne , des.
Miniftres , des Seigneurs & Dames de la Cour
& précédés des deux Huiffiers de la Chambre quis
portoient leurs maffes , fe rendirent le lendemain
à la Chapelle. Leurs Majeftés y entendirent la
Meffe , pendant laquelle M. Colin de Blamont ,
Chevalier de l'Ordre de S. Michel , & Sur- Intendant
de la Mufique de la Chambre , fit exécuter le
Te Deum en mufique , de fa compofition . Cette
Hymne fut entonnée par M. l'Abbé Gergois, Chapelain
ordinaire de la Chapelle- Mufique.
Après la Meffe , le Roi & la Reine , Monfeigneur
le Dauphin , Monfeigneur le Duc de Bourgogne ,
Monfeigneur le Duc de Berry , Monfeigneur le
Comte de Provence , Madame Infante Duchellede
Parme , Madame ,. & Mefdames Victoire , Sophie
& Louife , reçurent dans leurs appartemens
les révérences des Dames de la Cour , à l'occafion
NOVEMBRE. 1757 179
des couches de Madame la Dauphine , & de la
naiffance du Prince.
On tira le foir un bouquet d'artifice devant les
fenêtres du Roi.
Sa Majefté a fait partir Monfieur Pernot- du
Buat , un de fes Gentilshommes ordinaires
pour aller à Luneville donner part de la naiffance
de Monfeigneur le Comte d'Artois au Roi de Pologne
, Duc de Lorraine & de Bar.
Madame la Dauphine & le jeune Prince fe por--
tent auffi bien qu'on puiffe le défirer.
9"
Sur le premier avis que Madame la Dauphine:
avoit reffenti quelques douleurs , le Corps - de-Ville
s'étoit affemblé. A huit heures & demie du foir
le fieur d'Amfreville , Chefde Brigade des Gardes.
du Corps , vint lui apprendre , de la part du Roi,.
la naiffance d'un Prince. Auffi -tôt les Prevôt des
Marchands & Echevins firent annoncer à toute la
Ville , par une falve générale de l'artillerie , & par
la cloche de l'Hôtel- de-Ville , qui a fonné jufqu'au
lendemain minuit , la nouvelle faveur qu'il
a plu à Dieu d'accorder au Roi & à la Nation. On
tira le même foir dans la place de l'Hôtel - de-Ville :
un grand nombre de fufées volantes,
Le ro , les officiers des cérémonies étant ab--
fens , le fieur Ourfin de Soligny , Maître d'hôtel
du Roi , remit au Corps - de- Ville une lettre de Sa
Majefté. Il fut fait deux falves générales de l'artil
lerie , l'une dès le matin , l'autre vers les fix heu--
res du foir , après laquelle les Prevôt des Marchands
& Echevins allumerent,avec les cérémonies
accoutumées , le bucher qui avoit été dreffé dans
la place devant l'Hôtel- de- Villé . Ce feu fut accom.-
pagné d'une grande quantité d'artifice : On fit couler
dans la place plufieurs fontaines de vin , & l'on
diftribua du pain &. des. viandes au peuple . Des.
H.vj.
180 MERCURE DE FRANCE.
orcheftres remplis de muficiens , mêlerent le foa
de leurs inftrumens aux acclamations dictées paa
Palégretle publique. La façade de l'Hôtel- de-
Ville fut illuminée par plufieurs filets de terrines ,
ainfi que l'hotel du Prevôt des Marchands , & les
mailons des Echevins & Officiers du Bureau de la
Ville.
Le Roi a accordé à M. le Marquis de la Tour-
Dupin de Paulin le régiment de Guyenne , vacant
par la mort de M. le Conte de Montmorenci-
Laval , tué à la bataille de Haftembecke .
a
Le Roi ayant admis dans fon Confeil des Dépêches
les fieurs Gilber de Voyfins & Berryer , Confeillers
d'Etat , le 16 octobre ils eurent l'honneur
de faire leurs remerciemens à Sa Majeſté.
Sa Majesté a donné le gouvernement général de
l'Orléanois , vacant par la mort de M. le Duc d'Antin
, au Comte de Rochecouart , fon Miniftre
Plénipotentiaire à la Cour de Parme.
Le 19 , M. le Duc de Duras prêta ferment entre
les mains du Roi pour la charge de premier Gentilhomme
de la Chambre , vacante par la mort du
Duc de Gefvres.
Le même jour, M. le Marquis de Gontaut prêta
ferment entre les mains de Sa Majeſté , pour la
Lieutenance générale du Languedoc , vacante par
la mort de M. le Maréchal Duc de Mirepoix.
Le Roi a difpofé en faveur du Prince de Beauveau
, de la charge de Capitaine des Gardes du
Corps , qu'avoit auffi le feu Maréchal Duc de Mirepoix
Sa Majesté a accordé au Vicomte de Noë,
Chambellan du Duc d'Orléans , & Capitaine de
vaiffeau , un brevet de Colonel à la ſuite du régiment
d'Orléans cavalerie.
M. de Lamoignon de Bafville a obteau da
A
a.
I
fo
P
ve
G
M
G:
NOVEMBRE . 1757. 181
Roi l'agrément de la charge de Préſident du Par
lement , dont le fieur Molé , premier Préfident ,
étoit revêtu.
Le Roi a nommé M. le Comte des Salles, Capitaine
de Cavalerie dans le régiment d'Harcourt ,
à la place deColoneldans lesGrenadiers de France,
vacante par la nomination de M. le Marquis de la
Tour - Dupin de Paulin au régiment de Guyenne.
Les troupes de la Maiſon du Roi , qui avoient
été détachées pour la défenſe de nos côtes , ne
font point arrivées à leur deftination , par la
prompte retraite des Anglois , & ont eu ordre de
revenir. Les Gardes Françoifes & les Gardes Suiffes
qui étoient reftées à Tours , à Saumur & à
Blois , doivent fe rendre ici fucceffivement dans
Fla fin d'octobre , & au commencement de novembre.
Les détachemens des Gardes du Corps ,
Gendarmes de la Garde , Chevaux- Légers , &
Moufquetaires de la premiere Compagnie , font
tous partis le 19 octobre , d'Orléans , d'Eftampes ,
d'Arpajon & de Chartres , où ils étoient reftés. La
feconde Compagnie des Moufquetaires , & les
Grenadiers à cheval , qui avoient reçu des contreordres
à temps , n'ont point quitté leurs quartiers.
Madame la Dauphine étant accouchée d'un
Prince le 9 d'octobre , M. le Marquis de Paulmy ,
Miniftre & Sécretaire d'Etat , expédia fur le champ.
un courier aux Députés des Etats de la Province
d'Artois
, pour leur faire fçavoir que le Roi avoit
nommé le nouveau Prince , Comte de cette Pro-,
vince. Auffitôt que cette nouvelle fut portée à
Arras , Capitale de l'Artois , toutes les cloches de
la Ville fonnerent , les habitans fermerent d'euxmêmes
leurs boutiques , & coururent en foule à
P'Eglife , pour y rendre à Dieu des actions.de.gra
182 MERCURE DE FRANCE.
ees de l'heureuſe délivrance de Madame la Dau
phine , & lui demander la conſervation d'un
Prince qui leur eft d'autant plus cher , que la
Province , depuis cinq hecles , a été privée de
Phonneur de voir fon nom porté par un Prince
de la Maiſon Royale. Ces actes de piété furent
fuivis des démonftrations de la joie la plus vive.
La nouvelle fut bientôt répandue jufqu'aux extrê
mités de l'Artois ; & tous les peuples , à l'envi de
la Capitale , s'emprefferent de faire éclater lear
reconnoiffance & leur alegreffe . Les Etats de la
province s'affemblerent extraordinairement , &
éfolurent de nommer une députation folemnelle,
formée de trois perfonnes de chaque ordre , pour
aller , conjointement avec les députés ordinaires
qui réfident cette année à la fuite de la Cour , remercier
le Roi de lafaveur fignalée que Sa Majesté
vient d'accorder à l'Artois , & pour la féliciter ,
ainfi que la Famille royale , fur cet heureux évé
nement. Cette députation s'étant rendue à Verfailles
le Dimanche 16 d'octobre , elle fut admife
à l'audience du Roi , de la Reine , de Monseigneur
le Dauphin , de Monfeigneur le Duc de Bourgogne
, de Monfeigneur le Duc de Berry , de Mon
feigneur le Comte de Provence , de Monfeigneur
le Comte d'Artois , de Madame Infante Ducheffe
de Parme , de Madame , & de Meſdames Victoire ,
Sophie & Louife. Les Députés furent préfentés
par M. le Marquis de Paulmy , Miniftre & Secresaire
d'Etat , ayant le département de la Province,
& conduits par M. Defgranges , Maître des Céré
monies. La députation étoit compofée de MM. les
Evêques d'Arras , de Saint - Omer , l'Abbé de
Saint-Waak & l'Abbé de Cry , Chanoine de is
Cathédrale d'Arras , pour le Clergé ; de MM. le
Marquis de Creny , le Comte d'Houchin , k
Bar
記
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Co
On
La
Pa
4
#1
NOVEMBRE . 1757. 183:
Baron de Wifmes , & le Baron d'Haynin , pour la
Nobleffe ; de MM. de Canchy , Echevin de la ville
de Saint - Omer ; Cornuel & Goffes , Echevins de
la ville d'Arras , & de Gouves , Procureur du Roi
de la même ville , pour le Tiers - Etat. Elle étoit
accompagnée de M. le Premier Préfident & du .
Confeil Provincial d'Artois . M. l'Evêque de Saint-
Omer porta la parole , & exprima d'une maniere:
touchante les fentimens de joie , d'amour , de
refpect & de reconnoiffance, communs à tous les
habitans de l'Artois. Cette Province fut réunie à
la Couronne en 1199 , par Philippe Augufte. Il
Périgea en Comté , & la donna à fon fils aîné , depuis
Louis VIII . Ce Comté paffa enfuite à Robert,.
fecond fils de Louis , qui porta le nom de Comte:
d'Artois , & fut tué à la bataille de la Maffoure,
Philippe le Bel en 1297 érigea l'Artois en Comté
Pairie.
La Princeffe de Condé eft accouchée heureufe--
ment les d'Octobre d'une Princeffe.
Les mauvais fuccès que les Anglois ont éprouvés
dans les entreprifes qu'ils ont tentées , foit dans le
fein de la paix , foit depuis la déclaration de la
guerre , pour envahir le Canada , ne les ont point
rebutés . Perfonne n'ignore les préparatifs im
menfes qu'ils avoient faits pour l'attaquer cette
année tout à la fois par mer & du côté des
terres. Les forces navales , que le Roi a deſtinées
pour la défenſe de cette colonie , ont fait échouer
leur projet du côté de la mer; & les difpofitions:
qui ont été faites dans le pays , les ont mis éga
lement hors d'état de faire aucune tentative fur les
frontieres.
Dès la fin de la campagne de l'année derniere ,,
M. le Marquis de Vaudreuil, Gouverneur & Lieute
pant-Général de la Nouvelle France , s'occupa de
184 MERCURE DE FRANCE.
tous les arrangemens qu'il pouvoit y avoir à pren
dre pour le mettre en état de les repouffer de toutes
parts.
Il prit des mefures pour avoir des partis de Canadiens
& de Sauvages continuellement en cam.
pagne durant l'hyver. Les incurfions que ces détachemens
ont faites fur les ennemis leur ont ré
beaucoup de monde , & donné l'alarme à leurs
colonies, où ils ont fait beaucoup de ravages.
M. le Marquis de Vaudreuil s'eft appliqué authà
ménager les bonnes difpofitions des Nations Sauvages
, qui en général font foulevées contre l'iajuftice
des prétentions & la violence des procédés
des Anglois. Celles qui font anciennement alliées
de la France n'ont point ceffé de donner de nouvelles
preuves de leur fidélité , & ont été continuellement
en parti contre les ennemis. D'autres
Nations nombreuſes font entrées dans cette alliance
, & ont pris part à la guerre. Les Iroquois
eux-mêmes , ces Nations que les Anglois repréſen
tent à l'Europe comme leurs fujettes , animés des
mêmes motifs que les autres Sauvages , ont pris le
même parti , malgré les efforts de toute espece
que les Gouverneurs Anglois ont faits pour obtenir
d'eux qu'ils s'en tinffent à la neutralité qu'ils
avoient obfervée dans les guerres précédentes
d'entre la France & l'Angleterre.
C'eſt relativement aux avantages que M. le Marquis
de Vaudreuil s'eft vu en état de tirer des difpofitions
de toutes ces Nations , qu'il a réglé fes
opérations.
Il avoit jugé que les ennemis tourneroient leurs
principaux efforts du côté du Lac Saint- Sacrearent
& du Lac Champlain ; & il a donné une
attention particuliere à munir les Forts qui défendent
cette frontiere. Les ennemis ayant été infor
NOVEMBRE. 1757 . 185
més qu'on devoit faire pafler du Fort Saint-Fre
déric au Fort de Carillon quelques provifions fous
l'escorte d'un petit détachement , en envoyere t
un de quatre-vingts hommes d'élite , qui enleva les
premieres traînes de ce convoi & fept Soldats ;
mais le Commandant du Fort Saint- Frédéric fit
marcher un nouveau détachement qui coupa celui
des ennemis dans fon chemin , le défit entiérerement
, à l'exception de trois hommes qui fe
fauverent , & reprit les traînes dont les ennemis
s'étoient emparés , & trois Soldats qui reftoient
de ceux qui avoient été enlevés . Cette action fe
pafla au mois de Janvier. MM . de Bafferode & de
la Grandville , Capitaines aux Régimens de Languedoc
& de la Reine , y eurent la principale
part.
M. le Marquis de Vaudreuil apprit dans le même
temps que les ennemis avoient raflemblé au
Fort Georges fitué fur le Lac Saint -Sacrement ,
des approvifionnemens confidérables de toures
les efpeces , & qu'ils avoient fait conftruire fous
le canon de ce Fort un très -grand nombre de barques
, de bateaux & d'autres bâtimens , non-feulement
pour le tranfport de ces approvifionnemens
, mais encore pour s'affurer la navigation de
ce Lac. Il jugea que tous ces préparatifs étoient
deftinés pour des entreprifes que les ennemis fe
propofoient d'exécuter au printems. Pour leur en
ôter les moyens , il fit , matcher au mois de Mars
un détachement de quinze cens hommes de troupes
réglées , Canadiens & Sauvages , fous les ordres
de M. Rigaud- de Vaudreuil , Gouverneur
des Trois - Rivieres , qui réuffit fi bien dans fon
expédition , qu'il parvint à brûler tous les bâtimens
de mer , tous les magafins qui étoient rem➡
plis de toutes fortes de munitions & d'uftenfiles
186 MERCURE DE FRANCE.
pour une armée de quinze mille hommes , & généralement
tout ce que les ennemis avoient raſ◄
femblé fous le Fort , lequel refta ifolé.
M. le Marquis de Vaudreuil ne fe contenta
pas des obftacles qu'il oppofoit par- là à l'exécution
des projets des ennemis du côté du Lac Saint-Sacrement
, il fortifia de nouveau les garnifons des
poftes qui font fur cette frontiere ; & au moyen
du renfort de troupes & des autres fecours que le
Roi a fait paffer en Canada , ce Gouverneur s'eft
trouvé en état d'agir offenfivement contre les ennemis.
Du côté de la Belle Riviere , il a fait détruire
plufieurs petits Forts qu'ils y avoient établis .
Pour profiter efficacement des avantages de
Pexpédition de M. Rigaud , & de ceux de la fituation
où le trouvoit la colonie du côté de la mer ,
il a formé le projet de s'emparer du Fort Georges.
L'établiffement de ce Fort , qui n'avoit été fait
que depuis peu de temps, étoit une de ces invaſions
que les Anglois font dans l'ufage de faire en tems
de paix fur les poffeflions de leurs voisins ; & il
leur donnoit les plus grandes facilités pour atta
quer le Canada par fon centre.
M. le Marquis de Vaudreuil a chargé de cette
importante expédition M. le Marquis de Montcalm
, Maréchal de Camp. Le corps de troupes
qu'il y a deftiné , étoit compofé de fix bataillons
de troupes de terre , d'un détachement des
troupes réglées de la colonie , de plufieurs détachemens
de milices , & de plufieurs partis de
Sauvages. Toutes ces troupes ont été raſſemblées
le 20 Juillet à Carrillon , où M. de Bourlamaque
, Colonel d'Infanterie , avoit déja fait les dif
pofitions préliminaires pour la marche de l'armée.
M. le Marquis de Montcalm s'y étoit rende
Σ
&
C
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C
་
NOVEMBRE. 1757. 187
quelque temps auparavant. En attendant que l'armée
pût le mettre en marche , il avoit détaché
M. de Rigaud- de Vaudreuil , pour s'emparer de
la tête du portage du Lac Saint- Sacrement , avec
un corps de troupes de la colonie , de Canadiens
& de Sauvages.
M. Kigaud- de Vaudreuil s'étant établi dans ce
pofte , il envoya trois détachemens à la découverte.
Le premier , qui n'étoit que de dix hommes ,
fut attaqué fur le Lac Saint- Saciement par plufieurs
canots , dans lefquels il y avoit cent vinge
à cent trente Anglois . Quoique M. de Saint-
Ours , Lieutenant des troupes de la Colonie ,
qui le commandoit , fût bleffé à la premiere décharge
, il fe défendit avec tant de fermeté , qu'il
obligea les ennemis à fe retirer.
Le fecond , qui étoit affez confidérable , fut
commandé par M. Marin , autre Lieutenant , quis
fe fit précéder par huit Sauvages qui faifoient fon
avant-garde , lefquels fe trouverent vis - àvis quarante
Anglois. Dès le premier abord , ils firent :
leur décharge fur les ennemis , tuerent leur Com
mandant , & mirent le refte en fuite. M. Marin ,,
ayant rejoint fon avant-garde , réduifit fon détachement
à cent cinquante hommes d'élite . Il fe
porta près du Fort Edouard , éloigné de quelques.
lieues du Fort Georges , fans être découvert. Il défit
d'abord une patrouille de dix hommes , enfuite
une garde ordinaire de cinquante hommes ,
& plufieurs travailleurs. Il fe préfenta à la vue da
camp des ennemis , qui fortirent au nombre de
trois mille hommes faifant feu fur lui . Il le foutine
pendant deux heures. Ce ne fut même qu'avec
peine qu'il obligea les Sauvages qui étoient avec
ui , à fe retirer, Il tua dans certe action plus de
"
H
188 MERCURE DE FRANCE. Re
*
cent cinquante hommes , à quarante defquels les
Sauvages leverent la chevelure. Il n'en perdit pas
un feul & il n'y eut de bleffés que deux Sauvages.
Le troifieme détachement , commandé par M.
Corbiere , autre Officier de la Colonie , fe tint
embufqué pendant une journée. Au commencement
de la nuit , il apperçut fur le Lac vingt Berges
& deux Efquifs , dans lefquels il y avoit plus
de trois cens cinquante Anglois , commandés par
le Colonel Parker , cinq Capitaines , & fix autres
Officiers. Les Sauvages qui étoient avec lui firent
leur cri & leur décharge en même temps. Les
ennemis firent une foible réſiſtance. Deux feules
Berges fe fauverent , les autres furent prifes ou
coulées à fond. M. Corbier revint avec ceat
foixante-un prifonniers . Il y eut plus de cent cinquante
Anglois tués ou noyés ; & dans le détachement
François , il n'y eut qu'un Sauvage blee
affez légèrement .
M. le Marquis de Montcalm s'occupoit cependant
des difpofitions de fa marche . Il diftribua les
miliciens en plufieurs bataillons , dont il donnale
commandement à des Officiers des troupes de la
Colonie ; & des compagnies détachées de ces treapes
, il compofa un bataillon pour rouler avec
ceux des troupes de terre . H donna auffi à M. de
Villiers , Capitaine de celles de la Colonie , &
connu par plufieurs expéditions qu'il a exécutées
dans cette guerre , un corps de trois cens volontaires
Canadiens ; de maniere que l'armée le
trouva compofée de trois brigades de troupes ré-
'glées , qui étoient la brigade de la Reine , formée
des bataillons de la Reine & Languedoc , &
de celui des troupes de la Colonie ; la Brigade de
Sarre , des bataillons de la Sarre & de Guyen
d
Po
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Ca
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ג
&
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སྒོ་
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9-
E
NOVEMBRE . 1757. 189
celle de Royal- Rouffillon , des bataillons de
Royal- Rouffillon & Bearn ; de fix brigades de
milices , des trois cens volontaires de Villiers , &
d'un détachement d'artillerie & de génie , compofé
de fept Officiers , & d'environ cent vingt
canonniers , bombardiers ou ouvriers . Tous ces
corps ne faifoient cependant enſemble que cinq
mille cinq cens combattans , non compris les
Sauvages qui étoient au nombre d'environ dixhuit
cens , parce que M. le Marquis de Montcalm
fut obligé de prendre dans les troupes quelques
détachemens , tant pour la garnifon du Fort de
Carillon , que pour quelques autres poftes .
Il étoit queftion de tranfporter par terre & à
bras d'hommes , depuis Carillon jufqu'au Lac
Saint-Sacrement , non feulement l'artillerie & les
munitions de guerre & de bouche de toute espece,
mais encore plus de quatre cens bateaux & canots ;
& cette opération fut fuivie avec tant de foin ,
qu'elle fut achevée la nuit du 31 Juillet au premier
Août.
Dès le 30 Juillet M. le Marquis de Montcalm
avoit fait partir M. le Chevalier de Levis , Brigadier
, à la tête d'un corps de deux mille cinq cens
hommes compofé de fix compagnies de Grenadiers
, huit piquets des volontaires de Villiers ,
d'environ mille Canadiens , & cinq cens Sauvages
, pour marcher au travers des bois , affurer
la navigation de l'armée , reconnoître & couvrir
fes débarquemens. Malgré les difficultés & les
fatigues de cette marche , cet Officier prit pofte
dès le lendemain au foir à la Baie de Ganaouské ,
qui n'eft qu'à quatre lieues du Fort Georges.
Le premier Août l'armée s'embarqua , & arriva
le 2 à trois heures du matin dans cette même
Baic. M. le Chevalier de Levis en repartit avec
190 MERCURE DE FRANCE.
fon détachement à dix heures , fe porta à une anfe
éloignée du Fort Anglois d'environ une lieue , &
fut reconnoître le Fort , la pofition des ennemis ,
& le débarquement propre à l'artillerie L'armée
arriva fur les onze heures du foir à cette même
anfe , & tout le monde reſta au bivouac .
Des prifonniers , qui furent faits pendant la
nuit des Canadiens & des Sauvages , rappor
par
terent que le nombre des ennemis pouvoit monter
à trois mille hommes , dont cinq cens étoient actuellement
dans le Fort , & le refte dans un camp
retranché qui étoit placé fur une hauteur à deux
cens toiles du Fort & à portée d'en rafraîchir continuellement
la garnifon. Ils ajouterent qu'au fignal
d'un coup de canon , toutes les troupes devoient
prendre les armes.
Sur ce rapport , qui s'accordoit avec les connoiffances
que M. le Chevalier de Levis avoit pri
fes fur la polition des ennemis , M. le Marquis de
Montcalm donna fur le champ l'ordre de marche
de l'armée , dont la difpofition fut faite pour recevoir
les ennemis , en cas qu'ils vinfſent à fa rencontre
, & pour , dans le cas où ils ne viendroient
pas , inveftir la place , & même attaquer le camp
retranché , s'il étoit jugé fufceptible d'une attaque
de vive force .
Le 3 à la pointe du jour , l'armée ſe mit en
marche.
M. le Chevalier de Levis faifoit l'avant-garde
avec fon corps , une partie des milices & tous les
Sauvages. Les bataillons & le refte des milices
marchoient enfuite en colonne , M. Rigaud-de
Vaudreuil à la droite , M. de Bourlamaque à la
gauche , & M. le Marquis de Montcalm dans le
centre. M. de Privat , Lieutenant- Colonel , avoit
été placé avec cinq cens hommes de troupes &
NOVEMBRE. 1757. 198
ane brigade de milices à la garde des bateaux &
de l'artillerie.
A midi , l'inveſtiſſement fut entierement formé
M. le Marquis de Montcalm , qui s'étoit porté à
l'avant -garde , ayant reconnu qu'il ne pouvoit at
taquer les retranchemens des ennemis , fans trop
compromettte fes forces , envoya ordre à M. de
Bourlamaque d'affeoir le camp de l'armée , la
gauche au Lac , la droite à des ravines preſque
inacceffibles , & d'y conduire fur le champ les
brigades de la Sarre & de Royal- Rouffillon . Pour
lui , avec la brigade de la Reine & une brigade de
milices , il paffa la nuit au bivouac , à portée de
foutenir le camp que M. le Chevalier de Levis occupoit
avec l'avant-garde fur le chemin du Forg
Gorges au Fort Edouard.
Comme ce pofte de l'avant -garde étoit trop
éloigné du ſiege , des bateaux & des vivres , elle
fe rapprocha le 4 au matin. M. le Marquis de
Montcalm ramena les deux brigades qu'il avoit
avec lui , prendre leur place dans le camp. L'ar
mée deſtinée à faire le fiege fe trouva alors poſtée ,
& compofée de fept bataillons de troupes , & de
deux brigades de milices. M. le Chevalier de Le
vis & M. Rigaud- de Vaudreuil , avec le refte des
milices , les volontaires de Villiers , & tous les
Sauvages , furent chargés de couvrir la droite du
camp , d'obferver les mouvemens des ennemis du
côté du chemin du Fort Edouard , & de leur don
ner à croire , par des mouvemens continuels , que
cette communication étoit encore occupée.
Dans l'après- midi du même jour 4 , on mar
qua le dépot de la tranchée. On fit le chemin de
ce dépôt au camp , les fafcines , gabions & fauciffons
néceffaires pour le travail de cette premiere
nuit ; & l'on mit en état une anfe , à laquelle le
192 MERCURE DE FRANCE.
dépôt aboutifloit , pour y pouvoir débarquer dans
la nuit l'artillerie à mesure qu'on en auroit befoin.
La nuit du 4 aus , on ouvrit la tranchée à 350
toiles du Fort d'attaque , embraffant le front du
Nord-Oueſt : cette tranchée étoit une espece de
premiere parallele. On commença auffi deux batteries
avec leur communication à la parallele.
Dans la journée dus , les travailleurs de jour
perfectionnerent les ouvrages de la nuit. Mais on
fut obligé de retirer un peu plus en arriere la gauche
du camp de l'armée , laquelle fe trouvoit trop
expofée au feu de la Place.
Le même jour , les Sauvages intercepterent
une lettre du Général Webb , écrite du Fort
Edquard en date du 4 à minuit . Il mandoit au
Commandant du Fort Georges , qu'auffitôt après
J'arrivée des milices des provinces auxquelles il
avoit envoyéordre devenir le joindre fur le champ,
il s'avanceroir pour combattre l'armée Françoife ;
que cependant , fi ces milices arrivoient trop tard
le Commandant fît enforte d'obtenir les meilleures
conditions qu'il pourroit. Cette lettre détermina
M. le Marquis de Montcalm à accélérer encore
la construction des batteries ; & le nombre
des travailleurs fut augmenté.
La nuit dus au6 , on acheva la batterie de la
gauche qui fut en état de tirer à la pointe du jour ;
elle étoit de huit pieces de canon & d'un mortier,
& elle battoit le front d'attaque & la rade des barques.
On acheva auſſi la communication de la batterie
de la droite avec la parallele , & l'on avança
confidérablement cette batterie.
La nuit du 6 au7 , on conduifit un boyau de
Iso toifes en avant fur la capitale du Baftion de
P'Ouest , & l'on acheva la batterie de la droite.
Elle étoit de huit pieces de canon , d'un mortier
&
te
fe
NOVEMBRE . 1757. 193
& de deux obufiers : elle battoit en écharpant le
front d'attaque , & à ricochet le camp retranché.
Elle fut démafquée à fept heures du matin ; &
après une double falve des deux batteries , M. le
Marquis de Montcalm jugea à propos de faire porter
au Commandant de la Place la lettre du Général
Webb , par M. de Bougainville un de fes Aides
de camp.
La nuit du 7 au 8 , les travailleurs cheminant
fur la Place , en continuant le boyau commencé
la veille , lequel fut conduit à 100 toifes du foffé,
ouvrirent auffi à l'extrêmité de ce boyau , un cro
chet pour y établir une troifieme batterie , & y
loger de la moufqueterie . Vers minuit , les enne
mis firent fortir trois cens hommes du camp retranché
. M. de Villiers tomba fur eux avec un
petit nombre de Canadiens & de Sauvages , leur
tua foixante hommes , fit deux prifonniers , &
força le refte à rentrer dans le camp.
Le travail de la nuit avoit conduit à un marais
P'environ so toifes de paffage , qu'un côteau qui
e bordoit mettoit à couvert des batteries de la
Place , à l'exception de 10 toifes de longueur ,
bendant lefquelles on étoit expoſé au feu de ces
batteries. Quoiqu'en plein jour , M. le Marquis
le Montcalm fit faire ce paffage comme celui
l'un foffé de place rempli d'eau , les fappeurs s'y
orterent avec tant de vivacité , que , malgré le
eu du canon & de la moufqueterie des ennemis ,
I fut achevé dans la matinée même , & qu'avant
a nuit une chauffée capable de fupporter l'artilleie
fe trouva pratiquée dans le marais. La moufueterie
des Canadiens & des Sauvages , qui tisient
aux embrafures du Fort , diminua beauoup
durant cette journée le feu des ennemis .
A quatre heures du foir , les Sauvages- Décou
I
194 MERCURE DE FRANCE.
vreurs rapporterent qu'un gros corps d'armée
marchoit au fecours de la place par le chemin du
Fort Edouard . M. le Chevalier de Levis s'y por
fur le champ avec la plus grande partie des Canadiens
& tous les Sauvages. M. le Marquis de
Montcalm ne tarda pas à le joindre avec la brigade
de la Reine & une brigade de milices . Il s'avançoit
en bataille prêt à recevoir l'ennemi ; les
bataillons en colone fur le grand chemin , les
Canadiens & les Sauvages fur les aîles dans les
bois , lorfqu'il apprit que la nouvelle étoit faufle.
Il fit rentrer les troupes dans leur camp . Ce mor
vement ne caufa aucun dérangement aux travar
du fiege ; & la promptitude avec laquelle il f
exécuté , fit un très -bon effet dans l'efprit des
Sauvages.
La nuit du 8 au 9 , on déboucha du marais pur
un boyau fervant de communication à la feconde
parallele qui fut ouverte fur la crête du côteau, &
fort avancée dans la nuit. C'eft de cette parallele
qu'on devoit partir pour établir les batteries de
breche , & en la prolongeant , envelopper le Fort
& couper la communication avec le retranche
ment , laquelle jufqu'alors avoit été libre. L
affiégés n'en donnerent pas le temps à huit he
res du matin ils arborerent pavillon blanc .
201
tro
le
fet
M. le Marquis de Montcalm dit au Colonel Co
Yong , envoyé par le Commandant pour trait
de la capitulation , qu'il ne pouvoit en fignera
cune fans en avoir auparavant communiqué les
ticles aux Sauvages. Deux motifs l'engageoiesti
ce ménagement pour eux : il croyoit le devoir
confiance & à la foumiffion avec lesquelles ils s
toient prêtés depuis le commencement de l'exp
dition à l'exécution des ordres qu'il leur avoit do
nés , & de toutes les propofitions qu'il leur apo
la
M
NOVEMBRE. 1757. 195
faites ; & il vouloit les mettre par -là dans l'obli
gation de ne rien faire de contraire à la capitulation
qui feroit arrêtée. Il convoqua donc fur le
champ un Confeil Général de tous les Sauvages.
Il expofa aux Chefs les conditions auxquelles les
Anglois offroient de fe rendre , & celles qu'il
étoit réfolu de leur accorder. Les Chefs s'en rapporterent
à tout ce qu'il feroit , & lui promirent
de s'y conformer , & d'empêcher que leurs jeunes
gens n'y contrevinffent directement ni indirectement.
M. le Marquis de Montcalm envoya immédia
tement après ce confeil , M. de Bougainville ,
pour rédiger la capitulation avec le Colonel Monro
, Commandant de la Place & du camp retran,
ché. Les principaux articles furent :
Que les troupes , tant de la garniſon que du
retranchement , fortiroient avec leurs bagages &
les honneurs de la guerre , & qu'elles fe retiroient
au Fort Edouard .
Que pour les garantir contre les Sauvages ,
elles feroient eſcortées par un détachement de
troupes Françoifes , & par les principaux Officiers
& interprêtes attachés aux Sauvages .
Qu'elles ne pourroient fervir de 18 mois , ni
contre le Roi , ni contre fes Alliés ;
Et que , dans l'efpace de trois mois , tous les
prifonniers François , Canadiens & Sauvages , faits
par terre dans l'Amérique feptentrionale , depuis
le commencement de la guerre par les Anglois ,
feroient conduits aux forts François de la frontiere.
Cette capitulation fut fignée à midi , & auffitôt
la garnifon fortit du fort pour joindre les troupes
du retranchement ; & M. de Bourlamaque prit
poffeffion du fort avec les troupes de la tranchée.
M. le Marquis de Montcalm envoya en même
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
temps au camp retranché , une garde que le Colo:
nel Monro lui avoit demandée , & il ordonna aux
Officiers & Interprêtes attachés aux Sauvages , dy
demeurer jufqu'au départ des Anglois , qui fe
trouvoient au nombre de 2264 hommes effectifs.
Malgré toutes ces précautions , & malgré les affu
rances que les Chefs Sauvages avoient données ,
lorfqu'il fut queftion de la capitulation , les Sauvages
firent du défordre dans le camp des Anglois.
M. le Marquis de Montcalm y accourut avec un
détachement de fes troupes. Les Sauvages avoient
déja fait un affez grand nombre de prifonniers ,&
en avoient même amené quelques-uns. Il fit rea
dre ceux qui reftoient , & M. le Marquis de Vaudreuil
a fait renvoyer les autres .
M. le Marquis de Montcalm a fait rafer le fort,
& détruire tout ce qui en dépendoit , conformé
ment aux inftructions qui lui avoient été données
par M. le Marquis de Vaudreuil. Il s'eft trouvé ,
tant dans le fort que dans le camp retranché , 23
pieces de canon , dont plufieurs de 32 livres , quatre
mortiers , un obufier , dix- fept pierriers , en
viron trente- fix milliers de poudre , beaucoup de
boulets , bombes , grenades , balles , avec tou
tes fortes de munitions & uftenfúles d'artillerie . On
y a trouvé auffi une provifion affez confidérable de
vivres , malgré le pillage que les Sauvages en ont
fait.
Les François n'ont eu que treize hommes de
tués & quarante de bleffés dans ce fiege. M. le
Febvre , Lieutenant des Grenadiers du régiment
Royal Rouflillon , eft du nombre des derniers par
un éclat de bombe : fa bleffure eft à la main. liby
point eu d'autres officiers tués ni bleſſés. Les enne .
mis y ont perdu cent huit hommes , & en ont eu
deux cens cinquante de blefiés,
Επ
le
C
tre
Aqde
B
NOVEMBRE. 1757. 197
"
Durant tout le fiége , l'armée a été prefque toute
entiere jour & nuit de fervice , foit à la tranchée ,
foit au camp , foit dans les bois , pour faire les
fafcines , gabions & fauciffons néceflaires . On a
fait avec la pioche , la hache & la fcie fix cens toifes
de tranchée aflez large pour y charroyer de
front deux pieces de canon les abattis , dont
tout le terrein étoit embarraffé, empêchant de les
faire paffer fur les revers. C'eſt à la fageffe des
difpofitions que M. le Marquis de Montcalm a
faites , & à l'activité avec laquelle il en a fuivi
l'exécution , que le fuccès de cette expédition eft
principalement dû. Il a été parfaitement fecondé
dans toutes les opérations par M. le Chevalier de
Levis , par M. Rigaud- de Vaudreuil , & par M,
de Bourlamaque. Les détails particuliers de l'artillerie
& du génie ont été très -bien remplis par M.
le Chevalier le Mercier , qui commandoit l'artillerie
, & par MM . Defaidouin & Lotbiniere ,
Ingénieur . Les Officiers & Soldats des troupes de
terre & de la colonie , ainfi que les milices & les
Officiers qui les commandoient , ont donné les
plus grandes marques de valeur & de bonne volonté
; & jamais les Sauvages n'avoient fait paroître
tant de fermeté & de conftance : ils avoient demandé
à monter à l'affaut avec les grenadiers , &
ils en attendoient le moment avec impatience.
Ce nouveau fuccès , qui a répandu une joie
générale dans la colonie de Canada , a animé
de plus en plus le zele avec lequel les habitans
s'efforcent de répondre aux mefures dont le Roi a
la bonté de s'occuper pour la défenfe de cette colonie
, & de feconder les foins que M. le Marquis
de Vaudreuil ne ceffe point de fe donner pour tout
ce qui peut y avoir rapport.
·
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
vent
trol
de
L
des
Le Roi ayant été informé que les paroiffesel
de Piriac & de Mefquer au Diocefe de Nantes
avoient été prefque entiérement ravagées le
27 juin dernier , par un orage mêlé de grêle
d'une groffeur extraordinaire , a fait toucher
aux Recteurs de ces deux paroiffes , la fomme de
fix mille livres pour être par eux employées en
achat de grains , & diftribuées fous l'inſpection
de M. le Comte de la Bourdonnaye- du Bois- Hullin
, Procureur- Général , Syndic des Etats de Bre- pe
tagne , tant pour enfemencer les terres , que pour
la nourriture des habitans dont les recoltes ont
été défolées par ce fléau . Cette nouvelle caracterife
notre Monarque plus glorieux encore par
fon humanité que par les victoires.
Co
I
M. Paffemant Ingénieur du Roi au Louvre ,
étoit déja connu pour Auteur de la fameufe
pendule couronnée d'une fphere mouvante , pla
cée en 1753 dans le cabinet du Roi à Verfailles
; fphere dont les révolutions font fi juftes , ue
qu'au jugement de l'Académie où l'on voit l'ertrait
page 183 de l'année 1749 de fes mémoires
, il n'y a pas en trois mil ans un feul degré
de différence avee les tables aftronomiques.
11 vient encore de finir pour le Roi deur
piéces uniques qu'on peut regarder comme chefd'oeuvres
, c'eft premiérement un grand miroir
de 45 pouces
de diametre qu'il a eu l'honneur
de préfenter au Roi le 13 août dernier , avec M.
de Bernieres , dans le pavillon conftruit par ordre
de Sa Majesté à la meute , pour le télescope ,
les ouvrages & les obfervations du pere Noël.
La glace de ce miroir a été courbée , par les
foins de M. de Buffon , dans un fourneau qu'i
avoit fait conftruire au Jardin Royal. M , Palle
mant l'a fait travailler au Louvre fous les yeur ,
M
174
Le
les
NOVEMBRE . 1757 . 199
& elle a été étamée d'une façon nouvelle , inventée
par M. de Bernieres , un des quatre Controlleurs
des ponts & chauflées.
Le Roi parut très - content des grands effets
de ce miroir. Si on y préfente des tableaux
même de fix pieds de grandeur , repréfentans
des vues de Paris , de Venife , des ports de
mer , des bâtimens , on croit voir de véritables
objets de grandeur naturelle : ainfi avec un fimple
deflein , on voit un bâtiment dans toute
la grandeur où il fera , & on juge de fon apparence
future. Un Peintre qui travaille à une
petite miniature , quelque petite qu'elle foit ,
peut la voir de grandeur naturelle , & peut par
conféquent fentir & corriger les moindres dé
fauts.
A
La chimie n'en tirera pas de moindres avantages.
On peut juger des grands effets de ce miroir
fur les métaux par la promptitude avec laquelle
il agit , l'argent a été fondu en trois fecondes.
M. Paffemant eut encore l'honneur de préfenter
au Roi un télescope aftéroftatique de fon invention
, dont il avoit lu un projet à l'Académie en
1746 , & qui avoit mérité fon approbation. Ce
télescope eft garni d'un midiometre : il fuit le
mouvement du ciel . Si on le met fur la lune , il
femble qu'elle foit fans mouvement ; fi on veut
voir enfuite une autre planete , il y a un ajuftement
qui le regle dans le moment pour cet aftre.
Il eft conduit par une mécanique toute nouvelle ,
fans aucun tremblement , ni agitation . Comme
les aftres paroiffent fixes , on peut obferver avec
une grande facilité : on peut placer les fils du midiometre
fur fes objets avec toute l'exactitude
poffible. Il eft propre à prendre la parallaxe de
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
Mars en fecondes de degrés au lieu de fecondes
de temps ainfi au lieu de deux fecondes , on
aura trente fecondes de degrés ; on obfervera facilement
la route des cometes : il fera d'une
grande utilité pour les paffages de Mercure fut
le difque du foleil, en l'année 1761 ; obſervation
qui n'a été faite qu'une feule fois , & par un
feul Obfervateur en l'année 1639.
Le Pere Noël repéta devant Sa Majefté les erpériences
d'une machine pneumatique nouvelle ,
& de plufieurs autres inftrumens qu'il avoit eu
P'honneur de lui préfenter au mois de mars dernier.
Le Roi parut fatisfait de tous ces ouvrages ,
qu'il examina pendant une heure .
Mefdames de France vinrent enfuite , & paffe
rent près de trois heures pendant lefquelles les
mêmes chofes furent répétées en leur préfence *
à leur fatisfaction .
Le corfaire le Romieu , de Saint - Malo , com
mandé par le Capitaine Morel , a conduit en ce
port le navire Anglois la Pensilvanie de 250 ton
neaux , qui alloit de Philadelphie à Londres, avec
une cargaifon de bois de Campêche , de pellete
zies , de café & d'autres marchandiſes.
Un navire Anglois de 300 tonneaux , chargé de
tabac , a été pris par le corfaire Entreprenant ,
qui l'a fait conduire å Morlaix.
Le Capitaine la Lande , commandant un corfaire
de Bordeaux , appellé le Prevêt de Paris , s'eft
rendu maître du corfaire le Hazard de Grenezey,
ayant 6 canons , 8 pierriers & 37 hommes d'équi
page , & il a repris le navire l'Aimable Jolie de
Bordeaux , & un autre bâtiment du même port ,
dont les Anglois s'étoient emparés.
Les navires Anglois le Prince d'Orange , chargé
de bois de Campeche , & le Saint - Eustache , de
NOVEMBRE . 1757. 201
Saint-Eustache , dont la cargaifon confifte en fucre
& en café , ont été pris par les corfaires la
Marquise de Salba & le d'Etigny de Bayonne , ou
ils font arrivés .
Les corfaires la Favorite & la Providence , de
Saint-Jean -de-Luz , fe font rendus maîtres , Pun
du navire Anglois la Sufanne , de Malblebard ,
chargé de 2200 quintaux de morue , l'autre d'un
Senaw , qui a pour cargaifon 334 barriques de
fardines.
Le Capitaine Papin , commandant le corfaire
la Marquise de Beringhen , de Boulogne , s'eft
emparé à la côte d'Angleterre du navire Anglois
l'Endeavour , de 100 tonneaux , deftiné pour la
Barbade , où il portoit un chargement compofé
de cire blanche , de farine , de boeuf falé & de
fromage.
Le même corfaire a pris un bateau de 25 à 39
tonneaux , chargé de caffonnade , de poudre à
canon , de chanvre & de fuif.
Le corfaire Anglois l'Epervier , armé de 10 canons
, 12 pierriers , & so hommes d'équipage , a
été pris par le Capitaine Berlamont , commandant
le corfaire l'Afie , de Dunkerque , & il a été conduit
au Havre.
On mande de Nantes , qu'il y eft arrivé un
fenaw Anglois appellé le Caton , de Vhul , armé
de 6 canons & de 4 pierriers , & chargé pour la
Jamaïque de munitions de guerre & de bouche ,
d'armes & de marchandifes feches . Ce bâtiment
a été pris par le Capitaine Poitevin , commandant
le navire la France.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le 9 octobre, la Dauphine donna naissance à un prince, nommé Comte d'Artois par le roi. L'abbé de Bouillé, comte de Lyon et premier aumônier du roi, procéda à l'ondoyement du prince en présence du curé de la paroisse du Château. Monsieur Rouillé, ministre d'État, apporta le cordon de l'Ordre du Saint-Esprit que le prince reçut. Le comte d'Artois fut ensuite confié à la comtesse de Marsan, gouvernante des enfants de France, et conduit à ses appartements par le maréchal duc de Luxembourg. Le lendemain, le roi, la reine et la famille royale assistèrent à une messe à la chapelle, durant laquelle le Te Deum fut chanté. Des festivités, incluant des feux d'artifice et des distributions de vin et de nourriture, furent organisées à Paris et dans la province d'Artois pour célébrer la naissance du prince. Le roi nomma également plusieurs personnes à des postes vacants et envoya des courriers pour annoncer la nouvelle à divers dignitaires. Les troupes de la Maison du Roi furent rappelées de la défense des côtes en raison du retrait des Anglais. La province d'Artois exprima sa joie et sa reconnaissance par des cérémonies religieuses et des démonstrations publiques. La princesse de Condé accoucha également d'une princesse le 10 octobre. En Amérique du Nord, le marquis de Vaudreuil, gouverneur de la Nouvelle-France, prit des mesures pour défendre le Canada contre les attaques anglaises, en s'appuyant sur les alliances avec les nations amérindiennes et en renforçant les fortifications. En mars, Vaudreuil envoya un détachement dirigé par Rigaud de Vaudreuil pour détruire les bâtiments ennemis autour du Lac Saint-Sacrement et du Fort Georges. Il renforça également les garnisons frontalières et détruisit des forts ennemis sur la Belle Rivière. Vaudreuil planifia ensuite la prise du Fort Georges, récemment construit par les Britanniques. Montcalm fut chargé de diriger un corps de troupes composé de bataillons réguliers, de milices et de Sauvages. Avant l'attaque principale, Rigaud de Vaudreuil mena plusieurs raids réussis contre les Britanniques, détruisant des bateaux et capturant des prisonniers. Le 3 août, l'armée française, dirigée par Montcalm, investit le Fort Georges. Malgré les préparatifs britanniques, les Français commencèrent le siège en ouvrant une tranchée et en construisant des batteries. Une lettre interceptée du Général Webb accéléra les travaux de siège. Les batteries furent prêtes à tirer dès le 7 août, marquant le début des hostilités. Entre le 7 et le 9 novembre 1757, les forces françaises, dirigées par le Marquis de Montcalm, assiégèrent une place forte. La nuit du 7 au 8 novembre, les travailleurs français creusèrent un boyau et établirent une batterie. Vers minuit, les ennemis tentèrent une sortie, mais furent repoussés par M. de Villiers, qui tua soixante hommes et fit deux prisonniers. Le travail nocturne permit de créer un passage à travers un marais, malgré le feu ennemi. Les Sauvages et les Canadiens réduisirent le feu ennemi durant la journée. Le 8 novembre, les Sauvages signalèrent l'approche d'une armée ennemie, mais l'alerte se révéla fausse. La nuit suivante, les Français ouvrirent une seconde parallèle et avancèrent leurs positions. Le matin du 9 novembre, les assiégés hissèrent un pavillon blanc, indiquant leur volonté de capituler. Montcalm consulta les chefs des Sauvages avant de signer la capitulation, qui permit aux troupes ennemies de se retirer avec les honneurs de la guerre et d'être escortées par des troupes françaises pour les protéger des Sauvages. Malgré les précautions, des Sauvages firent des prisonniers parmi les ennemis avant d'être arrêtés par Montcalm. Le siège se solda par la prise de 23 pièces de canon, des munitions et des vivres. Les Français perdirent 13 hommes et en blessèrent 40, tandis que les ennemis perdirent 108 hommes et en blessèrent 250. Le texte souligne la discipline et la bravoure des troupes françaises, des milices et des Sauvages, ainsi que l'efficacité des stratégies de Montcalm et de ses officiers. En novembre 1757, plusieurs actions navales notables furent rapportées. Le corsaire Hazard de Grenezey captura deux navires bordelais repris aux Anglais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17
p. 195-202
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
La Cornette des Chevaux-Légers de la Garde ordinaire du Roi, revint ici [...]
Mots clefs :
Roi, Comte, Duc, Audience, Madame la Dauphine, Comte d'Artois, Officier, Corsaires , Marchandises, Officiers, Accouchement, Nominations, Serment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LAJA Cornette des Chevaux- Légers de la Garde
ordinaire du Roi , revint ici d'Arpajon le 19
d'Octobre. Comme la Compagnie , qui ne fert
que par quartiers , eft rarement raffembleé , les
Chevaux- Légers ont faifi le moment de leur réu
Lij
196 MERCURE DE FRANCE.
nion , pour célébrer en corps l'augufte naiſſance
de Monfeigneur le Comte d'Artois . Le Duc de
Chaulnes , leur Commandant , eft Gouverneur
de cette Province nouveau motif pour faire éclater
leur joie dans cette heureufe occafion. Ils devoient
fe féparer , après avoir porté leurs étendards
au Roi ; ils n'ont eu par conféquent que deux
fois vingt-quatre heures , pour faire leurs prépa
ratifs , ainfi que pour inviter la Cour , la Ville ,
& tous les corps de la maiſon du Roi.
Le fête commença le 21 , à dix heures du foir,
par un feu d'artifice , qui fut tiré dans l'avenue de
Sceaux , vis-à- vis de l'Hôtel des Chevaux-Légers ,
& dont l'exécution fut parfaite. Toutes les perfonnes
invitées le rendirent enfuite au bal , paré
& malqué. La façade & la cour de l'Hôtel étolent
très-bien illuminées. La falle où l'on danſoit , a
105 pieds de longueur fur 36 de large. Elle étoit
ornée richement , & avec autant d'art que de
goût : elle étoit éclairée par un grand nombre de
luftres & de girandoles. Les fonds oppofés de cette
falle , qui dans toute leur étendue , étoient gare
nis de grandes glaces , en multipliant les objets ,
formoient un fpectacle charmant. La Comteffe
de Marfan , Gouvernante des Enfans de France ,
s'étant excufée d'ouvrir le bal , la jeune Princeffe
de Soubife , fa niece , danfa le premier menuer
avec le Marquis d'Efquelbec , premier Enfeigne
de la compagnie. Le Bal dura jufqu'à huit heures
du matin. Il y eut la plus nombreuſe affemblée ,
& l'on y diftribua avec profufion toutes fortes de
rafraîchiffemens. Le bon ordre qui a régné dans
cette fête , joint à la politeffe & aux attentions
des Chevaux- Légers , n'en a pas fait le moindre
agrément.
La naifance de Monfeigneur le Comte d'Are
DECEMBRE. 1757: 197
tois exigeant des peuples , dont elle affure le
bonheur , un nouveau tribut de reconnoiffance ,
le Roi écrivit le 9 d'Octobre à M. l'Archevêque de
Paris , pour faire rendre à Dieu dans la Capitale
de folemnelles actions de graces. En conféquence,
le Dimanche 13 , le Te Deum fut chanté dans
P'Eglife Métropolitaine , & M. l'Archevêque de
Paris y officia . M. le Chancelier accompagné de
plufieurs Confeillers d'etat & Maîtres des Requê
tes , le parlement , la Chambre des Comptes , la
Cour des Aydes & le Corps de Ville , y affifterent
après y avoir été invités de la part du Roi par M.
Defgranges , Maîtres des Cérémonies .
Le même jour , M. le Prevôt des Marchands
& les Echevins firent tirer dans la place de l'Hôtel
de Ville un feu d'artifice , décoré relativement à
l'objet de l'alegreffe publique. La façade de
l'Hôtel de Ville fut enfuite illuminée par des filets
de terrines, qui régnoient le long des entablemens,
& par des luftres formés de lanternes de verre.
Des ifs portant chacun plus de cent cinquante lu
mieres , entouroient la place .
L'Hôtel du Duc de Chevreufe , nommé au Gou
vernement de Paris , fut orné d'une magnifique
décoration en architecture , éclairée avec un
goût infini. Il y eut auffi des illuminations à l'Hôtel
du Prevôt des Marchands , aux maiſons des
Echevins , & à celles des principaux Officiers du
corps de Ville.
Aux quatre coins de la place de l'Hôtel de
Ville , ainfi qu'à celle de Louis XV , étoient des
fontaines de vin , qui coulerent une partie de la
nuit. On y diftribuoit du pain & des viandes au
peuple , & on avoit placé des orqueftres dans tous
les endroits où fe faifoient ces diftributions .
La cloche de l'Hôtel de ville fonna pendan
I iij
498 MERCURE DE FRANCE.
Toute la journée en tocfin . Il y eut quatre falves
d'artillerie ; la premiere à cinq heures du matin ,
la feconde à midi , la troifieme pendant le Te
Deum , & la derniere avant le feu d'artifice.
Le 24 , le corps de Ville alla à l'Eglife paroif-
Hale de Saint Jeanen Greve , pour rendre les actions
de graces particulieres , & il affifta au Te
Deam qu'il fit chanter en mufique. Ce même
jour , l'Hôtel de Ville , P'Hôtel du Prevôt des
Marchands , les maiſons des Echevins & des principaux
Officiers du corps de Ville , furent illuminés
de nouveau .
Le Roi a difpofé du commandement en Chef
de la province de Languedoc , vacant par la mort
de M. le Maréchal Duc de Mirepoix , en faveur
de M. le Maréchal de Thomond .
Le 3 Novembre , M. le Comte de Sartirane ,
'Ambaffadeur du Roi de Sardaigne , eut une audience
particuliere du Roi , dans laquelle il complimenta
Sa Majefté , au nom du Roi fon Maître,
fur l'heureux accouchement de Madame la Dauphine
, & fur l'heureufe naiffance de Monftigneur
le Comte d'Artois. Cet Ambafladeur fut
enfuite admis à l'audience de la Reine , de Monfeigneur
le Dauphin , & de Madame la Dauphine.
M. Bertin , latendant de Lyon , a été nommé
Lieutenant-Général de Police , à la place de M.
Berryer.
Le Roi a nommé M. le Marquis du Mefnil ,
Lieutenant Général de fes armées , Infpecteur Général
de la Cavalerie & des Dragons , au Gouver
nement de Brouage , vacant par la mort de M. le
Maréchal Duc de Mirepoix.
Sa Majesté a auffi accordé à M. le Comte de
Montazet , Brigadier de fes armées , Mestre de
Camp réformé à la fuite du Régiment de Dragons
DECEMBRE. 1757. 199
d'Orléans , & Gouverneur du Fort de Scarpe ,
l'Expectative d'une place de Commandeur dans
P'Ordre Militaire de Saint Louis , avec la permiffion
d'en porter dès - à - préfent les honneurs.
Les 27 & 28 d'Octobre , on a reffenti au Havre
deux fecouffes de tremblemens de terre. La
premiere a duré trois minutes , & l'autre deux.
Les habitans effrayés, font fortis de leurs maiſons
pour fe retirer fur la place, Ces mêmes ſecouffes
Te font auffi fait fentir à la même heure au Pontl'Evêque
, fur la rive gauche de la Seine.
Le 6 de Novembre , M. le Chevalier Archinto
arriva ici de Parme , pour complimenter le Roi ,
de la part de l'Infant Duc de Parme , fur la naiffance
de Monfeigneur le Comte d'Artois.
Le Roi a nommé à l'Intendance de Lyon M. de
la Michodiere , Intendant d'Auvergne ; & M.
Bernard de Ballainvilliers , Maître des Requêtes ,
à celle d'Auvergne.
Sa Majefté a tenu le Sceau pour la feizieme &
dix-feptieme fois.
Le même jour , M. le Prince de Beauvau prêta
ferment entre les mains du Roi pour la charge
de Capitaine des Gardes , & Sa Majefté reçut celui
de l'Evêque de Senez.
Le Roi accorda ce même jour un brevet d'honneur
à Madame la Comteffe de Lillebonne , &
elle prit en conféquence le Tabouret chez la
Reine.
Sa Majesté a donné à M. le Comte de Talaru ,
Sous-Lieutenant des Gendarmes de Flandres ,
l'Aide-Majorité de la Gendarmerie , vacante par
la promotion du Vicomte de Sabran , à la Majo
rité de ce corps,
Les entrées de la Chambre ont été accordées
par le Roi à M. le Chevalier Archinto , Gentil-
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
homme de la Chambre de l'infant Duc de Parme
Le is , M. Erizzo , Ambaſſadeur de la Répu
blique de Venife , eut une audience particuliere
du Roi,dans laquelle il complimenta Sa Majesté au
nom de la République , fur l'heureux accouchement
de Madame la Dauphine , & fur la naiſſance
de Monfeigneur le Comte d'Artois . Cet Ambaffadeur
fut conduit à cette audience par M. de la
Live , introducteur des Ambafladeurs .
M. le Baron de Lichtinſtein , Miniftre Plénipotentiaire
du Duc de Saxe- Gotha , eut le même
jour une audience de Madame la Dauphine. Il y
fut conduit ainfi qu'à celles de Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , de Monfeigneur le Duc de
Berry , & de Monſeigneur le Comte de Provence
, par le même Introducteur .
M. de Bompar , Chefd'Eſcadre des Armées Navales
, à fon retour de la Martinique , où il a réfidé
pendant fept ans en qualité de Gouverneur
Général des Inles du Vent , a été préfenté au Roi,
Sa Majefté lui a accordé une penfion de trois mille
livres fur le Tréfor Royal , avec le Cordon rouge
honoraire.
L'ouverture du Parlement fe fit le r2 de ce
mois avec les cérémonies ordinaires , par une
Mefle folemnelle . Elle fut célébrée par M. l'Abbé
de Sailly , Chantre de la Sainte Chapelle , & Aumônier
de Madame la Dauphine . M. Mollé ,
premier Préfident , ayant été reçu & inftallé par
M. Pelletier de Rofambo , Préfident du Parlement
, y affifta avec toutes les Chambres.
Il y a eu le 5 Novembre une action entre l'armés
commandée par M. le Prince de Soubife & celle
du Roi de Pruffe : la premiere ayant été obligée de
faire fa retraite , elle s'eft retirée à Freyburg ,
d'où elle a repaffé l'Unftrutt , & ſe raffemble der
DECEMBRE. 1757 : 201
riere cette riviere . M. le Maréchal Duc de Richelieu
, à qui M. le Prince de Soubife avoit dépêché
un Officier après l'action , s'eft mis en marche à
la tête de foixante bataillons & de foixante- quatre
efcadrons , pour fe porter fur Duderſtatt , où il
fera à portée de recevoir & de foutenir l'armée de
M. le Prince de Soubife , s'il eft néceffaire.
Nous retardons la lifte des Officiers tués ou
bleffés , pour la donner plus exacte le mois pro
chain.
Le Corfaire Anglois le Hancelot , de Jerzey ;
armé de 10 canons , & de 70 hommes d'équipage ,
a été pris par les Vaiffeaux du Roi l'Entreprenant
& le Dragon , qui l'ont fait conduire à Brest.
Les fieurs Bart , Capitaine de Brûlot , & Juin ,
Lieutenant de Frégate , commandant les Frégates
du Roi la Valeur & la Mignonne , fe font rendus
maîtres des Navires Anglois l'Induftrie , l'Eclair
la Marie-Sara & la Satisfaction. Ces quatre bâtimens
, qui alloient de Sunderland à Rotterdam ,
chacun avec un chargement de charbon de terre
étoient tous armés de quelques canons , & ils font
arrivés à Dunkerque.
Le Corfaire le Vengeur , de ce Port , ya remis
Pôtage d'une rançon de 290 guinées , moyennant
laquelle il a relâché un Navire Anglois ,
dont il s'étoit emparé .
On mande de la Rochelle , que le Navire le Titon
l'Africain , de Bordeaux , venant de Saint-
Domingue , a enlevé le Navire Anglois le Thos
mas , de Londres dont la cargaiſon eft compo
fée de 500 barrils de poudre , de so caiffes d'armes
, de toiles , de foieries , & d'autres muni
tions & marchandiſes.
Une Lettre du Capitaine Robert , comman
1 v
202 MERCURE DE FRANCE.
dant la Frégate la Comteffe de la Serre , datée de
20 Octobre dernier , marque qu'il eft arrivé à
Bergue en Norwege, & qu'il y a conduit fept prifes
Angloifes ; que fix de ces prifes font chargés
de chanvre , de lin & de fer , la feptieme , d'uce
petite partie de chanvre & de bois , & qu'il en
attendoit une huitieme qu'il a laiffée au Nord
d'Ifland , le mauvais temps l'ayant obligé de s'en
féparer. Cette derniere eft un Senaw du port de
220 tonneaux , armé de 14 canons , & de 36
hommes d'équipage , qui vient de la Virginie , fa
cargaison confifte en 380 boucauts de tabac.
LAJA Cornette des Chevaux- Légers de la Garde
ordinaire du Roi , revint ici d'Arpajon le 19
d'Octobre. Comme la Compagnie , qui ne fert
que par quartiers , eft rarement raffembleé , les
Chevaux- Légers ont faifi le moment de leur réu
Lij
196 MERCURE DE FRANCE.
nion , pour célébrer en corps l'augufte naiſſance
de Monfeigneur le Comte d'Artois . Le Duc de
Chaulnes , leur Commandant , eft Gouverneur
de cette Province nouveau motif pour faire éclater
leur joie dans cette heureufe occafion. Ils devoient
fe féparer , après avoir porté leurs étendards
au Roi ; ils n'ont eu par conféquent que deux
fois vingt-quatre heures , pour faire leurs prépa
ratifs , ainfi que pour inviter la Cour , la Ville ,
& tous les corps de la maiſon du Roi.
Le fête commença le 21 , à dix heures du foir,
par un feu d'artifice , qui fut tiré dans l'avenue de
Sceaux , vis-à- vis de l'Hôtel des Chevaux-Légers ,
& dont l'exécution fut parfaite. Toutes les perfonnes
invitées le rendirent enfuite au bal , paré
& malqué. La façade & la cour de l'Hôtel étolent
très-bien illuminées. La falle où l'on danſoit , a
105 pieds de longueur fur 36 de large. Elle étoit
ornée richement , & avec autant d'art que de
goût : elle étoit éclairée par un grand nombre de
luftres & de girandoles. Les fonds oppofés de cette
falle , qui dans toute leur étendue , étoient gare
nis de grandes glaces , en multipliant les objets ,
formoient un fpectacle charmant. La Comteffe
de Marfan , Gouvernante des Enfans de France ,
s'étant excufée d'ouvrir le bal , la jeune Princeffe
de Soubife , fa niece , danfa le premier menuer
avec le Marquis d'Efquelbec , premier Enfeigne
de la compagnie. Le Bal dura jufqu'à huit heures
du matin. Il y eut la plus nombreuſe affemblée ,
& l'on y diftribua avec profufion toutes fortes de
rafraîchiffemens. Le bon ordre qui a régné dans
cette fête , joint à la politeffe & aux attentions
des Chevaux- Légers , n'en a pas fait le moindre
agrément.
La naifance de Monfeigneur le Comte d'Are
DECEMBRE. 1757: 197
tois exigeant des peuples , dont elle affure le
bonheur , un nouveau tribut de reconnoiffance ,
le Roi écrivit le 9 d'Octobre à M. l'Archevêque de
Paris , pour faire rendre à Dieu dans la Capitale
de folemnelles actions de graces. En conféquence,
le Dimanche 13 , le Te Deum fut chanté dans
P'Eglife Métropolitaine , & M. l'Archevêque de
Paris y officia . M. le Chancelier accompagné de
plufieurs Confeillers d'etat & Maîtres des Requê
tes , le parlement , la Chambre des Comptes , la
Cour des Aydes & le Corps de Ville , y affifterent
après y avoir été invités de la part du Roi par M.
Defgranges , Maîtres des Cérémonies .
Le même jour , M. le Prevôt des Marchands
& les Echevins firent tirer dans la place de l'Hôtel
de Ville un feu d'artifice , décoré relativement à
l'objet de l'alegreffe publique. La façade de
l'Hôtel de Ville fut enfuite illuminée par des filets
de terrines, qui régnoient le long des entablemens,
& par des luftres formés de lanternes de verre.
Des ifs portant chacun plus de cent cinquante lu
mieres , entouroient la place .
L'Hôtel du Duc de Chevreufe , nommé au Gou
vernement de Paris , fut orné d'une magnifique
décoration en architecture , éclairée avec un
goût infini. Il y eut auffi des illuminations à l'Hôtel
du Prevôt des Marchands , aux maiſons des
Echevins , & à celles des principaux Officiers du
corps de Ville.
Aux quatre coins de la place de l'Hôtel de
Ville , ainfi qu'à celle de Louis XV , étoient des
fontaines de vin , qui coulerent une partie de la
nuit. On y diftribuoit du pain & des viandes au
peuple , & on avoit placé des orqueftres dans tous
les endroits où fe faifoient ces diftributions .
La cloche de l'Hôtel de ville fonna pendan
I iij
498 MERCURE DE FRANCE.
Toute la journée en tocfin . Il y eut quatre falves
d'artillerie ; la premiere à cinq heures du matin ,
la feconde à midi , la troifieme pendant le Te
Deum , & la derniere avant le feu d'artifice.
Le 24 , le corps de Ville alla à l'Eglife paroif-
Hale de Saint Jeanen Greve , pour rendre les actions
de graces particulieres , & il affifta au Te
Deam qu'il fit chanter en mufique. Ce même
jour , l'Hôtel de Ville , P'Hôtel du Prevôt des
Marchands , les maiſons des Echevins & des principaux
Officiers du corps de Ville , furent illuminés
de nouveau .
Le Roi a difpofé du commandement en Chef
de la province de Languedoc , vacant par la mort
de M. le Maréchal Duc de Mirepoix , en faveur
de M. le Maréchal de Thomond .
Le 3 Novembre , M. le Comte de Sartirane ,
'Ambaffadeur du Roi de Sardaigne , eut une audience
particuliere du Roi , dans laquelle il complimenta
Sa Majefté , au nom du Roi fon Maître,
fur l'heureux accouchement de Madame la Dauphine
, & fur l'heureufe naiffance de Monftigneur
le Comte d'Artois. Cet Ambafladeur fut
enfuite admis à l'audience de la Reine , de Monfeigneur
le Dauphin , & de Madame la Dauphine.
M. Bertin , latendant de Lyon , a été nommé
Lieutenant-Général de Police , à la place de M.
Berryer.
Le Roi a nommé M. le Marquis du Mefnil ,
Lieutenant Général de fes armées , Infpecteur Général
de la Cavalerie & des Dragons , au Gouver
nement de Brouage , vacant par la mort de M. le
Maréchal Duc de Mirepoix.
Sa Majesté a auffi accordé à M. le Comte de
Montazet , Brigadier de fes armées , Mestre de
Camp réformé à la fuite du Régiment de Dragons
DECEMBRE. 1757. 199
d'Orléans , & Gouverneur du Fort de Scarpe ,
l'Expectative d'une place de Commandeur dans
P'Ordre Militaire de Saint Louis , avec la permiffion
d'en porter dès - à - préfent les honneurs.
Les 27 & 28 d'Octobre , on a reffenti au Havre
deux fecouffes de tremblemens de terre. La
premiere a duré trois minutes , & l'autre deux.
Les habitans effrayés, font fortis de leurs maiſons
pour fe retirer fur la place, Ces mêmes ſecouffes
Te font auffi fait fentir à la même heure au Pontl'Evêque
, fur la rive gauche de la Seine.
Le 6 de Novembre , M. le Chevalier Archinto
arriva ici de Parme , pour complimenter le Roi ,
de la part de l'Infant Duc de Parme , fur la naiffance
de Monfeigneur le Comte d'Artois.
Le Roi a nommé à l'Intendance de Lyon M. de
la Michodiere , Intendant d'Auvergne ; & M.
Bernard de Ballainvilliers , Maître des Requêtes ,
à celle d'Auvergne.
Sa Majefté a tenu le Sceau pour la feizieme &
dix-feptieme fois.
Le même jour , M. le Prince de Beauvau prêta
ferment entre les mains du Roi pour la charge
de Capitaine des Gardes , & Sa Majefté reçut celui
de l'Evêque de Senez.
Le Roi accorda ce même jour un brevet d'honneur
à Madame la Comteffe de Lillebonne , &
elle prit en conféquence le Tabouret chez la
Reine.
Sa Majesté a donné à M. le Comte de Talaru ,
Sous-Lieutenant des Gendarmes de Flandres ,
l'Aide-Majorité de la Gendarmerie , vacante par
la promotion du Vicomte de Sabran , à la Majo
rité de ce corps,
Les entrées de la Chambre ont été accordées
par le Roi à M. le Chevalier Archinto , Gentil-
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
homme de la Chambre de l'infant Duc de Parme
Le is , M. Erizzo , Ambaſſadeur de la Répu
blique de Venife , eut une audience particuliere
du Roi,dans laquelle il complimenta Sa Majesté au
nom de la République , fur l'heureux accouchement
de Madame la Dauphine , & fur la naiſſance
de Monfeigneur le Comte d'Artois . Cet Ambaffadeur
fut conduit à cette audience par M. de la
Live , introducteur des Ambafladeurs .
M. le Baron de Lichtinſtein , Miniftre Plénipotentiaire
du Duc de Saxe- Gotha , eut le même
jour une audience de Madame la Dauphine. Il y
fut conduit ainfi qu'à celles de Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , de Monfeigneur le Duc de
Berry , & de Monſeigneur le Comte de Provence
, par le même Introducteur .
M. de Bompar , Chefd'Eſcadre des Armées Navales
, à fon retour de la Martinique , où il a réfidé
pendant fept ans en qualité de Gouverneur
Général des Inles du Vent , a été préfenté au Roi,
Sa Majefté lui a accordé une penfion de trois mille
livres fur le Tréfor Royal , avec le Cordon rouge
honoraire.
L'ouverture du Parlement fe fit le r2 de ce
mois avec les cérémonies ordinaires , par une
Mefle folemnelle . Elle fut célébrée par M. l'Abbé
de Sailly , Chantre de la Sainte Chapelle , & Aumônier
de Madame la Dauphine . M. Mollé ,
premier Préfident , ayant été reçu & inftallé par
M. Pelletier de Rofambo , Préfident du Parlement
, y affifta avec toutes les Chambres.
Il y a eu le 5 Novembre une action entre l'armés
commandée par M. le Prince de Soubife & celle
du Roi de Pruffe : la premiere ayant été obligée de
faire fa retraite , elle s'eft retirée à Freyburg ,
d'où elle a repaffé l'Unftrutt , & ſe raffemble der
DECEMBRE. 1757 : 201
riere cette riviere . M. le Maréchal Duc de Richelieu
, à qui M. le Prince de Soubife avoit dépêché
un Officier après l'action , s'eft mis en marche à
la tête de foixante bataillons & de foixante- quatre
efcadrons , pour fe porter fur Duderſtatt , où il
fera à portée de recevoir & de foutenir l'armée de
M. le Prince de Soubife , s'il eft néceffaire.
Nous retardons la lifte des Officiers tués ou
bleffés , pour la donner plus exacte le mois pro
chain.
Le Corfaire Anglois le Hancelot , de Jerzey ;
armé de 10 canons , & de 70 hommes d'équipage ,
a été pris par les Vaiffeaux du Roi l'Entreprenant
& le Dragon , qui l'ont fait conduire à Brest.
Les fieurs Bart , Capitaine de Brûlot , & Juin ,
Lieutenant de Frégate , commandant les Frégates
du Roi la Valeur & la Mignonne , fe font rendus
maîtres des Navires Anglois l'Induftrie , l'Eclair
la Marie-Sara & la Satisfaction. Ces quatre bâtimens
, qui alloient de Sunderland à Rotterdam ,
chacun avec un chargement de charbon de terre
étoient tous armés de quelques canons , & ils font
arrivés à Dunkerque.
Le Corfaire le Vengeur , de ce Port , ya remis
Pôtage d'une rançon de 290 guinées , moyennant
laquelle il a relâché un Navire Anglois ,
dont il s'étoit emparé .
On mande de la Rochelle , que le Navire le Titon
l'Africain , de Bordeaux , venant de Saint-
Domingue , a enlevé le Navire Anglois le Thos
mas , de Londres dont la cargaiſon eft compo
fée de 500 barrils de poudre , de so caiffes d'armes
, de toiles , de foieries , & d'autres muni
tions & marchandiſes.
Une Lettre du Capitaine Robert , comman
1 v
202 MERCURE DE FRANCE.
dant la Frégate la Comteffe de la Serre , datée de
20 Octobre dernier , marque qu'il eft arrivé à
Bergue en Norwege, & qu'il y a conduit fept prifes
Angloifes ; que fix de ces prifes font chargés
de chanvre , de lin & de fer , la feptieme , d'uce
petite partie de chanvre & de bois , & qu'il en
attendoit une huitieme qu'il a laiffée au Nord
d'Ifland , le mauvais temps l'ayant obligé de s'en
féparer. Cette derniere eft un Senaw du port de
220 tonneaux , armé de 14 canons , & de 36
hommes d'équipage , qui vient de la Virginie , fa
cargaison confifte en 380 boucauts de tabac.
Fermer
Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En octobre et novembre 1757, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour de France. Le 21 octobre, la Compagnie des Chevaux-Légers de la Garde du Roi a célébré la naissance du Comte d'Artois par une fête organisée par le Duc de Chaulnes, commandant de la compagnie et nouvellement nommé gouverneur de province. Cette célébration, qui a réuni une nombreuse assemblée, comprenait un feu d'artifice et un bal, et s'est déroulée dans un ordre exemplaire. Le Roi a également ordonné des actions de grâce pour la naissance du Comte d'Artois. Le 13 octobre, un Te Deum a été chanté à la cathédrale de Paris en présence de hautes autorités, suivi d'un feu d'artifice et d'illuminations à l'Hôtel de Ville. Des distributions de nourriture et de boissons ont été faites au peuple, et des salves d'artillerie ont marqué les moments clés de la journée. Plusieurs nominations et promotions ont été annoncées, notamment celle de M. Bertin comme Lieutenant-Général de Police et de M. le Marquis du Mésnil comme Lieutenant Général des armées et Inspecteur Général de la Cavalerie. Le Roi a également accordé des distinctions honorifiques à plusieurs personnes, dont le Comte de Montazet et la Comtesse de Lillebonne. Sur le plan diplomatique et militaire, des audiences ont été accordées à des ambassadeurs étrangers pour féliciter le Roi sur la naissance du Comte d'Artois. Des actions militaires en Allemagne impliquant le Prince de Soubise et le Roi de Prusse ont été rapportées, ainsi que des prises maritimes par des navires français contre des corsaires anglais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18
p. 191-203
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
M. Bernard de Boulinvilliers prêta serment entre les mains du Roi [...]
Mots clefs :
Serment, Ordonnance du roi, Nominations, Démissions, Marquis, Officiers, Recrues, Lieutenants, Comtes, Chevalier, Maréchal, Commémorations, Cérémonies, Messes, Église, Navires anglais, Vaisseaux, Capitaines, Corsaires , Marchandises, Saint-Domingue, Tonneaux, Compagnie des Indes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
M. Bernard de Boulinvilliers prêta ferment entre
les maine du Roi pour la charge de Provôt ,
192 MERCURE DE FRANCE .
Maître des Cérémonies de l'Ordre Royal & Mili
taire de S. Louis , dont il a été revêtu fur la démiffion
de M. de Lamoignon.
Par une Ordonnance du Roi rendue le premier
Février , les Volontaires du Dauphiné vont être
confidérablement augmentés. Ce corps qui étoit
de cent vingt hommes , en fix Compagnies de
vingt hommes chacune , dont cinq d'Infanterie &
une de Dragons , fera porté à quatre cens vinge
hommes en fix Compagnies , chacune de foixantedix
hommes , dont quarante d'Infanterie & trente
de Dragons. Il aura dorénavant le titre de Régi
ment des Volontaires du Dauphiné.
M. le Marquis de Paulniy ayant obtenu du Roi
la permiffion de fe démettre de la charge de Secretaire
d'Etat au département de la Guerre , Sa
Majefté a nommé M. le Maréchal de Belle- Ifle
pour le remplacer.
Sa Majefté a difpofé du Régiment de Mailly en
faveur de M, le Marquis de Talaru , & de celui de
Talaru en faveur de M. le Duc de Mazarin.
M. le Marquis de Pons a obtenu du Roi l'agrément
de Colonel en fecond du Régiment de Dragons
d'Orléans .
Le 7 Mars , le Roi fit dans la plaine des Sablons
la revue du Rég ment des Gardes Françoiles , &
de celui des Gardes Suiffes . Ces deux Kégimens ,
après avoir fait l'exercice , défilerent en préſence
de Sa Majesté. Monfeigneur le Dauphin , Madame
la Dauphine , Madame Infante , Madame , &
Mefdames Victoire , Sophie & Louife , affifterent
à cette revue.
Par une Ordonnance du Roi du 20 Février dernier
, il eft enjoint aux Officiers des troupes des
armées du Roi en Allemagne ; qui fe font rendus
,en France fur des paffeports , pour y travailler
aux
AVRIL. 1758. 193
aux recres de leurs corps , de s'acheminer dans le
courant de ce mois , des lieux où ils font aux quar
tiers généraux à portée de la frontiere affignés à
chaque corps pour y raffembler fes recrues , &
d'y être rendus au premier Avril prochain au plus
tard. Veut Sa Majeſté , 1 ° . Que lesdites recrues ,
ainfi que les chevaux de remonte des régimens de
Cavalerie , de Huffards , de Dragons & de Troupes
légeres , foient conduits par lefdits Officiers
abfens , & que ceux qui pour cet effet ne ſe trou→
veront pas rendus auxdits quartiers au premier
Avril , foient punis & privés en outre de leurs appointemens
, pour tout le temps de leur abfence s
2°. Les Officiers qui auront joint leur corps avec
lefdites recrues dans le mois d'Avril ou dans les
premiers jours de Mai , fuivant l'éloignement
defdits corps , feront employés préfens dans les
revues qui feront faites par les Commiffaires des
Guerres , & y feront rappellés pour être payés du
temps de leur abfence , grace dont feront privés
ceux qui n'auront pas joint ; 3 ° . Si quelques- uns
defdies Officiers abfens s'étoient mis en route
pour rejoindre leurs corps , & y arrivoient avant le
temps ci -deffus marqué , ils feront auffi rappellés
dans lefdites revues , pour les mois précédens de
leur abſence.
Le Roi a fait Maréchaux de France M. le Comte
de Bercheny, Lieutenant général , & M. le Comte
de Conflans , Vice Amiral.
Sa Majefté a tenu le Sceau pour la 23 , 24 & 250
fois.
Les Lieutenans Généraux nommés par le Roi
pour fervir pendant la préfente campagne dans
l'armée commandée par M. le Comte de Clermont
, font MM. le Marquis de Villemeur , le
Duc de Randan , le Marquis de Contades , le
1.Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE. NO
>
Comté de Mortaigne , le Marquis d'Armentieres →
les Ducs de Briffac & de Chevreufe , les Marquis
d'Anlezy , de Morangies & de Sourches le
Comte de Fitz- James , le Chevalier de Nicolai
le Duc de Fitz- James , le fieur de Chevert , le
Comte de Noailles , le Duc de Broglie , le Chevalier
de May , le Comte de Lorges , le Duc de Lauraguais
, les Comtes d'Andlau & de Guerchy , le
Duc d'Havrey , le Marquis de Saint- Pern , le
Comte de Saint Germain & le Marquis de Valiere.
Les Maréchaux de Camp font , MM. les Marquis
de Crillon & de Torcy , le Chevalier du Châtelet¸
le Marquis de Poyanne , le Comte de Montmo
tency, le Chevalier de Fontenay , les Comtes de
Vogué & d'Orlick , les fieurs de Planta , Caftella
& Boccard , le Comte de Lutzelbourg , les Mar
quis d'Auvet , d'Efcars , de Dreux & des Salles
les Comtes de Champignelles & de Raugrave , le
fieur de Beaufobre , les Comtes de Vence & de
Bergeyck , le Marquis de Voyer , le Chevalier de
la Touche , les Marquis de Laval & de Monteynard
, le Prince de Beauveau , le Comte de la Gui◄
the , le Chevalier de Pons , les Marquis de Maupeou
& de Béthune , le Comte de Ségur , les Marquis
de Leyde , de Roquépine , de Monty , de
Traifnel , & le Comte d'Egmont.
Le Roi, par Edit de ce mois , enregistré au Partement
, a créé dix nouvelles charges de Payeurs ,
& autant de Contrôleurs des Rentes fur PHôtel
de Ville de Paris . La finance de chacune des pre
mieres eft de trois cens einquante mille livres , &
celle de chaque charge de Contrôleur , de quatre
vingt-dix mille livres.
On mande de Toulouſe , que le feu prit le 21
Février à huit heures du foir en certe Ville , au
quartier des Pénitens noirs , que l'incendie a duré
jufqu'au matin du jour fuivant , qu'il a confumé
J
AVRIL. 1758. 195
huit maiſons , avec une grande quantité de meubles;
mais qu'heureufement il n'a péri perfonne.
Le Janvier , les Pénitens Blancs, de Montpellier
ont célébré l'Anniverſaire de la fondation
qu'ils ont établie par délibération du 6 février
1757 , pour la confervation des jours facrés du
Roi. Cette délibération fut exécutée pour la premiere
fois le 11 février de la même année avec
tant de ferveur , que le produit des offrandes pro
cura la liberté de deux Prifonniers. C'eft fans
doute à cette preuve d'amour & de fidélité , que
cette Compagnie eft redevable de la permiffion
qu'elle obtint au mois de mars fuivant , d'avoir un
Suiffe à la grande livrée du Roi.
•
E
Ce fut le 4 janvier de cette année , que la cloche
à l'heure de midi annonça l'anniverſaire de
cette folemnité. On pofa les armoiries du Roi
avec banderolles fur le portail de la Chapelles
les Freres s'affemblerent au Choeur à trois heures.
Un de Meffieurs les Syndics crut ne pouvoir choi
fir un temps plus propre pour faire part de la let→
tre de M. le Comte de Saint Florentin , par la
quelle ce Miniftre veut bien honorer cette Com
pagnie de fon aggrégation . Les freres déja affectés
par l'objet qui les raffembloit , furent péné
trés de la plus vive reconnoiffance , & le TeDeum
fut chanté en actions de graces : on chanta enfuite
les premieres vêpres de la Trinité avec folemnité
à l'iffue des vêpres la cloche fonna jufqu'à l'entrée
de la nuit.
Le lendemain , les freres artifans s'abftinrent
de toutes oeuvres ferviles , chaque frere voulant
prendre dans fon état & dans fa profeffion des momens
f précieux pour fatisfaire fon inclination
pour
le meilleur des Rois .
Le Saint Sacrement fut expofé às heures du
Dalij C
196 MERCURE DE FRANCE.
matin avec la permiffion de M. l'Evêque de Mont
pellier qui a bien voulu concourir au zele & à la
fidélité des Pénitens par fon approbation ; on célébra
fans ceffe des Meffes depuis l'heure de cinq
heures jufqu'à 10 , auxquelles affifta un concours de
peuple & d'ames fidelles qui y firent leur dévotion
avec une édification qui exprimoir leurs ſentimens
, les freres s'affemblerent à 8 heures pour
chanter l'office de la Trinité ; l'augufte affemblée
des Etats de la Province de Languedoc fe forma à
onze heures,à la maiſon de l'Oratoire, en habit de
cérémonies , fuivant la délibération du 3, pour af
fifter à la grande-Meffe des Pénitens Blancs , après
en avoir été invités par les députés de cette compagnie;
M, l'ancien Prieur en l'absence de M. le Prieur
en charge fut à l'Oratoire avec une députation pour
complimenter l'affemblée des Etats en la perfonne
de M. l'Archevêque de Narbonne , & pour leur diftribuer
des exemplaires de la délibération du 6 février
1757. Les Etats en corps furent enfuite à la
Chapelle des Pénitens , & M. l'ancien Prieur eut
l'honneur de leur préfenter l'eau bénite , Mrs. les
Commiffaires du Roi qui avoient été également
invités par les Pénitens , fe rendirent enfuite à
ladite Chapelle en habit de cérémonie , & M. l'ancien
Prieur eut l'honneur de leur préfenter l'eau
bénite , & de les complimenter en la perfonne de
M. le Maréchal Comte de Thomont , Comman
dant en Chef dans la Province ,
La grande Meffe fut célébrée par M. l'Evêque
de Montpellier , affifté des dignités de fon Chapitre
, & fut chantée par la mufique des Etats , la
piété & la modeftie des freres lors de l'offrande au
nombre de près de 300 , & le recueillement de
ceux qui communierent , mériterent les éloges
de l'affemblée , ainfi que le bon ordre dans une
Chapelle d'une très- petite étendue. Les perfonnes
AVRIL. 1758. 197
en place & de la premiere diftinction qui n'avoient
pu être placées dans l'Eglife , occupoient
les tribunes ; la décoration de cette Chapelle en
bois peint , doré & en tableau , ne permirent pas
d'autre décoration : l'autel fut fimplement , mais
noblement décoré fuivant l'ufage de cette compagnie
, par 12 cierges à la Parifienne de 10 pieds
de hauteur , portés par des grands & magnifiques
chandeliers d'argent. A la fin de la Meffe , les
freres chanterent en faux bourdon l'Exaudiat, pendanr
lequel on tira un nombre de boîtes , afin
d'inviter les Citoyens à unir leurs voeux aux chants
& prieres des Pénitens. Mrs. les Commiffaires du
Roi furent accompagnés jufqu'à la porte de l'Eglife
, par les députés de la Compagnie , ainfi que
l'affemblée des Etats ; le Saint Sacrement fut toujours
exposé à la piété des fideles : les freres fe
releverent de demi-heures en demi heures, pour y
faire ftation : les vêpres étant chantées à 3 heures
avec la même folemnité , la bénédiction fur
donnée par M. d'Ufés , M. l'Evêque de Montpellier
s'en étant exempté fur la fatigue du matin.
M. l'Archevêque de Narbonne fatisfait d'un établiffement
fi conforme à fes fentimens , a bien
voulu honorer cette Compagnie de fon aggrégation
après avoir célébré là Meffe de Communauté
le jour des Rois , & n'a pu refufer aux empreffemens
de Mrs, les Pénitens pénétrés de l'honneur
qu'ils avoient reçu la veille par la préſence des
Etats , de leur permettre d'aggréger cette augufte
affemblée dans la participation de leurs prieres &
bonnes oeuvres , ce qui a été approuvé par accla
mation , par délibération des Etats dudit jour du
même mois.
Tel a été l'événement , & telles font les fuites
honorables d'une cérémonie qui , renouvellée cha
Liij
198 MERCURE DE FRANCE.
que année, tranfmettra à la poftérité , que le regne
de Louis le bien aimé fut pour cette compagnie
un temps de ferveur. Le ciel fera propice à fes
voeux en multipliant les jours facrés de Louis le
bien-aimé , & cette compagnie fe glorifiera toujours
d'avoir la priorité parmi les différens établi
femens faits dans la même intention.
Nous apprenons de Marfeille , que le Capitaine
Chin , commandant la Barque le Saint- Esprit ,
& venant du Cap François , ayant rencontré le
janvier , dans le Golfe de Verre , près de Carthagene,
la Tartane du Patron Jean- Baptifte d'Agde
dont les Anglois s'étoient emparé , il l'a reprife
& renvoyée dans ce port , où elle eft arrivée le
26. Le même a appris à Alicante , où il a touché ,
que l'Eſcadre du fieur de la Clue s'eft emparé en
route de dix Navires Anglois.
Les Navires Anglois Alouette , chargé de
chanvre & de lin , la Rofe , de Stockton , ayant
ane cargaifon compofée de différentes marchandifes
, & le Bateau les Trois Soeurs , allant à Londres
avec des morues fraîches , ont été pris par le
Corfaire le Moiffonneur de Dunkerque.
Le Capitaine Antoine Vaffe , commandant l'A
wenturier , autre Corfaire de Dunkerque , s'eft
emparé des Navires Anglois le May , de Leith &
le Frederic , de Londres. Cette derniere prife ,
qui alloit de Peterſbourg à Corck , avec un chargement
de chanvre & de fer , a été conduite en
Norwege.
Les Corfaires le Machault & le Comte de Saint-
Germain , de Dunkerque ; y ont conduit les Na
vires Anglois le Succès , & le Marchand , de Stoc
kholm , l'Elifabeth , l'Anne & le Marchand , d'E
dimbourg , & le Marchand , de Rotterdam. Ces
fix bâtimens font chargés de charbon de terre,
AVRIL. 1758, 199
1 eft encore arrivé à Dunkerque un Brigantin
Anglois appellé la Jeanne & Marguerite , done
la cargaifon eft compofée de différentes marchandifes
, & qui a été pris par le Corfaire le Comte
Ayen , de Boulogne,
Les Navires Anglois le Franchip , de Corck ;
chargé de fruit & de fel , & le Javan , chargé
d'indigo , de fucre , de café & de bois de Campeche
, ont été pris par les Corfaires le Mefnil &
la Nymphe , de Granville . Le Javan a été conduit
dans ce dernier port ; l'autre prife eft arrivée à
Morlaix.
Le Capitaine Defvalons- Macé, commandant le
Corfaire l'Helene , de Saint-Malo , y a conduit le
Navire Anglois la Parfaite Union , de 360 tonneaux
, venant de Rhode- Inland , & allant à Londres,
avec une cargaifon d'indigo , de café , de
bois de campeche , de gayac , d'huile de baleine
, & d'autres marchandifes, Cette prife eft eftimée
plus de trois cens mille livres,
Le fieur de Gouyen , commandant le Corfaire
la Ducheffe de Fitz- James , de Saint - Malo , s'eft
renda maître d'un Corfaire de Jerzey , armé de
8 canons & de 40 hommes d'équipage , qui eft ar
rivé à Cherbourg.
Le Groignard , autre Corfaire de Saint- Malo ,
a conduit dans le même port de Cherbourg un
Brigantin Anglois de 200 tonneaux , chargé de
charbon de terre.
Le Navire François le Polly , chargé de fucre
& de café , a été enlevé par le Corfaire le Moras ,
de Saint-Malo , à un Corfaire de Briſtol , qui s'en
étoit,emparé,
On mande de Saint-Jean- de-Luz , qu'il y eft
arrivé un Navire Anglois appellé la Priory , de
Pool, qui a pour chargement 930 quintaux de
1 iv
200 MERCURE DE FRANCE.
morues , & 28 demi-barriques d'huile de poiffon:
Ce Bâtiment a été pris par le Corfaire la Baſquaife
, de ce port.
Les Capitaines Rondemy & Jean Olive , com
mandans , l'un le Corfaire le Roi Gaſpard , de
Marſeille , l'autre la Barque la Marie Diligente ,
de Martigue , armée en guerre & en marchandi
fes , fe font rendus maîtres , le premier , du Corfaire
Anglois le Osborne , armé de 80 hommes
d'équipage , le fecond , du Senaw l'Anne Betine ,
chargé de chanvre & de graine de lin.
:
Par les lettres venues de Saint- Domingue , on
apprend que les Corfaires de cette ifle y ont conduit
foixante-deux Navires Anglois qui font fa
Goëlette , le Jean- de- Nancy ; an Bateau Hollandois
repris fur les Anglois ; le Bateau , la Fleur
de la mer; le Brigantin , le Severn ; le Bateau ',
le Guilleaume ; le Brigantin , le Poli ; un Corfaire
repris fur les Anglois ; le Brigantin , l'Elifan
beth ; le Corfaire , les Deux Freres ; la Goëlette ,
la Jeanne ; le Bateau , le Diamant ; le Brigan
tin , la Marie-Marthe ; la Goëlette , la Fortune ;
la Goëlette , la Charmante- Folie ; la Goëlette
te Roi Georges ; le Corfaire , la Revanche ; le Cor
faire , le George ; le Corfaire , la Tarte ; la Goë-
Jette , le Loup , avec un Bateau ; le Bateau , la
Marie-Jofeph ; le Navire , le Munety ; le Bateau- ,
Ja Charmante- Bedfy ; le Bateau , PAmitié ; le
Brigantin , le Roi Georges ; le Senaw , le Derfor ;
de Bateau , les Deux-Freres ; le Brigantin , l'Afritain
; la Goëlette , la Norwege ; le Brigantin ,
ta Suzanne ; la Goëlette , le Ringeard ; le Sela
Rebecca ; le Brigantin , du même nom ;
le Bateau , le Diamant ; le Senaw , le Grandifon
le Bateau , le Guillaume ; le Brigantin , le Jean
de Greenoeck ; la Goëlette , Lancop de Lencefter
t
naw ,
"
AVRIL 1758. 201
Je François ; le Brigantin , le Dauphin ; la Goëlette
, l'Anne; le Navire , le Cigne ; une Barque
repriſe fur les Anglois ; le Bateau , l'Hirondelle ;
le Bateau , le Thomas ; le Bateau , la Bonite ; le
Bateau , l'Efther; le Brigantin ; l'Ame ; le Prince-
Sauvage , Navire Negrier , de Bristol ; le Pa→
quebot , le Duc de Falmouth ; le Navire , le Sucès
; la Goëlette , la Pauline ; le Senaw , la Syrene;
le Navire , le Tanger ; le Senaw , le Succès
; le Navire , l'Ifabelle- Marie ; le Bateau , le
Thomas ; la Goëlette , le Saint Etienne ; le Bateau ,
le Dauphin & le Hardewichele Brigantin , l'Hi
Tondelle ; le Senaw , l'Unifé ; le Brigantia , PA
mable-Jeanne ; le Bateau , la Bonne- Aventure.
Tous ces Bâtimens avoient des cargaiſons confi
dérables , à l'exception des Corfaires.
Le fieur Canon , commandant la Frégate dis
Roi la Valeur , s'eft rendu maître du Corfaire
Anglois le Vernon , de Londres , armé de 12 canons
, 16 pierriers , & 43 hommes d'équipage ,
il l'a conduit à Dunkerque.
La Revanche , Corfaire de Dunkerque , commandé
par le Capitaine Monnier , s'eft emparé de
la Frégate Angloife la Van- Anna , de 200 tonneaux
, chargée de coton , d'huile d'olive , de raifins
& de bled. Cette prife a été conduite à Diep
pe. Le même Corfaire a rançonné pour 750 gui .
aées les Navires Anglois l'Anfon le William
dont il s'étoit rendu maître.
Le Corfaire l'Emerillon , de Calais > a pris&
conduit dans ce port le Navire Anglois le Hellen ,
de Montroſe , ayant pour chargement 182 bar
ils de faumon.
Le Sloop Anglois la Providence , chargé de
grains , a été pris par le Corfaire le Villemur , de
Dieppe , qui l'a conduit au Havre.
I w
202 MERCURE DE FRANCE:
"
Il eft arrivé à Dieppe un Navire Anglois , dont
le Corfaire la Marquise de Leede , de Boulogne ,
s'eft emparé , & qui n'a pour chargement que des
pierres de taille plattes.
On apprend par des lettres écrites de Saint-Malo
, que le Capitaine Avice , commandant le Corfaire
la Comteffe de Bentheim , de ce port , y a
conduit deux prifes : l'une eft le Navire Anglois le
Fantyn , de 220 tonneaux , chargé d'environ 200
boucauts de fucre , de 7 boucauts de café , de
gingembre , de bois de Campeche & de dents
d'Eléphant l'autre eft le Corfaire le Prince
Edouard , de Grenezey , ( ci- devant la Sauterelle
, de Breft , ) armé de 14 canons , & de 80 hommes
d'équipage.
Le Bateau le Georges , de Jerzey , chargé de
balots de bas , a été pris par le Corſaire l'Eclair
de Saint Malo , qui l'a fait conduire à Cherbourg.
Le Corfaire le Samfon , de Bayonne , s'eft rea-
'du maître du Corfaire le Keirke , de Grenezey ,
armé de 10 canons , 12 pierriers , & 45 hommes
d'équipage.
On mande du paffage qu'il y eft arrivé un Navire
Anglois qui a été pris par le Corfaire le La
bour , de Saint-Jean-de-Luz , & dont la cargai
fon confifte en 401. boucauts de fucre , 150 barriques
de vin de Madere , & autres marchandiſes.
Les Vaiffeaux la Compagnie des Indes & le Duc
de Bethune , venant des Indes Orientales richement
chargés , l'un en marchandiſes de la Chine
Pautre en marchandifes de la côte de Coromandel
& de Bengale , font arrivés au port de l'Orient
en. Bretagne les 10 & 12 de ce mois .
Le Vaiffeau la Compagnie des Indes , aux átté-
#ages des côtes de Bretagne , a été atteint par un
Corfaire Anglois de 14 canons , contre lequel il
AVRIL. 1758. 203
eft battu pendant plufieurs heures ; fa bonne contenance
a fait lâcher prife à ce Corfaire.
Le Vaiffeau le Duc de Bethune, a auffi été attaqué
à la hauteur de 40 degrés de latitude Nord ,
par un Corfaire Anglois de 30 canons de 10livres
de balle , & nonobftant la foibleffe de ce Vailfeau
, qui n'étoit monté que de 16 canons , il a
forcé le Corfaire Anglois de l'abandonner . Le
fieur Sainromain , qui le commandoit , a été bleffé
au bras de deux coups de feu , & il a eu huit hom
mes de fon équipage tués & plufieurs bleflés.
La Compagnie à reçu , par le Vaiffeau le Duc
de Béthune , la nouvelle de l'arrivée de plufieursde
fes vaiffeaux à Pondichery , où ils ont remis
les munitions & les fecours dont cette place pouvoit
avoir befoin.
écrit de Marfeille que le Capitaine Gaffin
de Martigues , de cette Ville , commandant le
Brigantin le Fameux , a fait dans les différentes
croifieres douze prifes qu'il a conduites à Cadix ,
à l'exception d'une feule qui lui a été enlevée.
M. Bernard de Boulinvilliers prêta ferment entre
les maine du Roi pour la charge de Provôt ,
192 MERCURE DE FRANCE .
Maître des Cérémonies de l'Ordre Royal & Mili
taire de S. Louis , dont il a été revêtu fur la démiffion
de M. de Lamoignon.
Par une Ordonnance du Roi rendue le premier
Février , les Volontaires du Dauphiné vont être
confidérablement augmentés. Ce corps qui étoit
de cent vingt hommes , en fix Compagnies de
vingt hommes chacune , dont cinq d'Infanterie &
une de Dragons , fera porté à quatre cens vinge
hommes en fix Compagnies , chacune de foixantedix
hommes , dont quarante d'Infanterie & trente
de Dragons. Il aura dorénavant le titre de Régi
ment des Volontaires du Dauphiné.
M. le Marquis de Paulniy ayant obtenu du Roi
la permiffion de fe démettre de la charge de Secretaire
d'Etat au département de la Guerre , Sa
Majefté a nommé M. le Maréchal de Belle- Ifle
pour le remplacer.
Sa Majefté a difpofé du Régiment de Mailly en
faveur de M, le Marquis de Talaru , & de celui de
Talaru en faveur de M. le Duc de Mazarin.
M. le Marquis de Pons a obtenu du Roi l'agrément
de Colonel en fecond du Régiment de Dragons
d'Orléans .
Le 7 Mars , le Roi fit dans la plaine des Sablons
la revue du Rég ment des Gardes Françoiles , &
de celui des Gardes Suiffes . Ces deux Kégimens ,
après avoir fait l'exercice , défilerent en préſence
de Sa Majesté. Monfeigneur le Dauphin , Madame
la Dauphine , Madame Infante , Madame , &
Mefdames Victoire , Sophie & Louife , affifterent
à cette revue.
Par une Ordonnance du Roi du 20 Février dernier
, il eft enjoint aux Officiers des troupes des
armées du Roi en Allemagne ; qui fe font rendus
,en France fur des paffeports , pour y travailler
aux
AVRIL. 1758. 193
aux recres de leurs corps , de s'acheminer dans le
courant de ce mois , des lieux où ils font aux quar
tiers généraux à portée de la frontiere affignés à
chaque corps pour y raffembler fes recrues , &
d'y être rendus au premier Avril prochain au plus
tard. Veut Sa Majeſté , 1 ° . Que lesdites recrues ,
ainfi que les chevaux de remonte des régimens de
Cavalerie , de Huffards , de Dragons & de Troupes
légeres , foient conduits par lefdits Officiers
abfens , & que ceux qui pour cet effet ne ſe trou→
veront pas rendus auxdits quartiers au premier
Avril , foient punis & privés en outre de leurs appointemens
, pour tout le temps de leur abfence s
2°. Les Officiers qui auront joint leur corps avec
lefdites recrues dans le mois d'Avril ou dans les
premiers jours de Mai , fuivant l'éloignement
defdits corps , feront employés préfens dans les
revues qui feront faites par les Commiffaires des
Guerres , & y feront rappellés pour être payés du
temps de leur abfence , grace dont feront privés
ceux qui n'auront pas joint ; 3 ° . Si quelques- uns
defdies Officiers abfens s'étoient mis en route
pour rejoindre leurs corps , & y arrivoient avant le
temps ci -deffus marqué , ils feront auffi rappellés
dans lefdites revues , pour les mois précédens de
leur abſence.
Le Roi a fait Maréchaux de France M. le Comte
de Bercheny, Lieutenant général , & M. le Comte
de Conflans , Vice Amiral.
Sa Majefté a tenu le Sceau pour la 23 , 24 & 250
fois.
Les Lieutenans Généraux nommés par le Roi
pour fervir pendant la préfente campagne dans
l'armée commandée par M. le Comte de Clermont
, font MM. le Marquis de Villemeur , le
Duc de Randan , le Marquis de Contades , le
1.Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE. NO
>
Comté de Mortaigne , le Marquis d'Armentieres →
les Ducs de Briffac & de Chevreufe , les Marquis
d'Anlezy , de Morangies & de Sourches le
Comte de Fitz- James , le Chevalier de Nicolai
le Duc de Fitz- James , le fieur de Chevert , le
Comte de Noailles , le Duc de Broglie , le Chevalier
de May , le Comte de Lorges , le Duc de Lauraguais
, les Comtes d'Andlau & de Guerchy , le
Duc d'Havrey , le Marquis de Saint- Pern , le
Comte de Saint Germain & le Marquis de Valiere.
Les Maréchaux de Camp font , MM. les Marquis
de Crillon & de Torcy , le Chevalier du Châtelet¸
le Marquis de Poyanne , le Comte de Montmo
tency, le Chevalier de Fontenay , les Comtes de
Vogué & d'Orlick , les fieurs de Planta , Caftella
& Boccard , le Comte de Lutzelbourg , les Mar
quis d'Auvet , d'Efcars , de Dreux & des Salles
les Comtes de Champignelles & de Raugrave , le
fieur de Beaufobre , les Comtes de Vence & de
Bergeyck , le Marquis de Voyer , le Chevalier de
la Touche , les Marquis de Laval & de Monteynard
, le Prince de Beauveau , le Comte de la Gui◄
the , le Chevalier de Pons , les Marquis de Maupeou
& de Béthune , le Comte de Ségur , les Marquis
de Leyde , de Roquépine , de Monty , de
Traifnel , & le Comte d'Egmont.
Le Roi, par Edit de ce mois , enregistré au Partement
, a créé dix nouvelles charges de Payeurs ,
& autant de Contrôleurs des Rentes fur PHôtel
de Ville de Paris . La finance de chacune des pre
mieres eft de trois cens einquante mille livres , &
celle de chaque charge de Contrôleur , de quatre
vingt-dix mille livres.
On mande de Toulouſe , que le feu prit le 21
Février à huit heures du foir en certe Ville , au
quartier des Pénitens noirs , que l'incendie a duré
jufqu'au matin du jour fuivant , qu'il a confumé
J
AVRIL. 1758. 195
huit maiſons , avec une grande quantité de meubles;
mais qu'heureufement il n'a péri perfonne.
Le Janvier , les Pénitens Blancs, de Montpellier
ont célébré l'Anniverſaire de la fondation
qu'ils ont établie par délibération du 6 février
1757 , pour la confervation des jours facrés du
Roi. Cette délibération fut exécutée pour la premiere
fois le 11 février de la même année avec
tant de ferveur , que le produit des offrandes pro
cura la liberté de deux Prifonniers. C'eft fans
doute à cette preuve d'amour & de fidélité , que
cette Compagnie eft redevable de la permiffion
qu'elle obtint au mois de mars fuivant , d'avoir un
Suiffe à la grande livrée du Roi.
•
E
Ce fut le 4 janvier de cette année , que la cloche
à l'heure de midi annonça l'anniverſaire de
cette folemnité. On pofa les armoiries du Roi
avec banderolles fur le portail de la Chapelles
les Freres s'affemblerent au Choeur à trois heures.
Un de Meffieurs les Syndics crut ne pouvoir choi
fir un temps plus propre pour faire part de la let→
tre de M. le Comte de Saint Florentin , par la
quelle ce Miniftre veut bien honorer cette Com
pagnie de fon aggrégation . Les freres déja affectés
par l'objet qui les raffembloit , furent péné
trés de la plus vive reconnoiffance , & le TeDeum
fut chanté en actions de graces : on chanta enfuite
les premieres vêpres de la Trinité avec folemnité
à l'iffue des vêpres la cloche fonna jufqu'à l'entrée
de la nuit.
Le lendemain , les freres artifans s'abftinrent
de toutes oeuvres ferviles , chaque frere voulant
prendre dans fon état & dans fa profeffion des momens
f précieux pour fatisfaire fon inclination
pour
le meilleur des Rois .
Le Saint Sacrement fut expofé às heures du
Dalij C
196 MERCURE DE FRANCE.
matin avec la permiffion de M. l'Evêque de Mont
pellier qui a bien voulu concourir au zele & à la
fidélité des Pénitens par fon approbation ; on célébra
fans ceffe des Meffes depuis l'heure de cinq
heures jufqu'à 10 , auxquelles affifta un concours de
peuple & d'ames fidelles qui y firent leur dévotion
avec une édification qui exprimoir leurs ſentimens
, les freres s'affemblerent à 8 heures pour
chanter l'office de la Trinité ; l'augufte affemblée
des Etats de la Province de Languedoc fe forma à
onze heures,à la maiſon de l'Oratoire, en habit de
cérémonies , fuivant la délibération du 3, pour af
fifter à la grande-Meffe des Pénitens Blancs , après
en avoir été invités par les députés de cette compagnie;
M, l'ancien Prieur en l'absence de M. le Prieur
en charge fut à l'Oratoire avec une députation pour
complimenter l'affemblée des Etats en la perfonne
de M. l'Archevêque de Narbonne , & pour leur diftribuer
des exemplaires de la délibération du 6 février
1757. Les Etats en corps furent enfuite à la
Chapelle des Pénitens , & M. l'ancien Prieur eut
l'honneur de leur préfenter l'eau bénite , Mrs. les
Commiffaires du Roi qui avoient été également
invités par les Pénitens , fe rendirent enfuite à
ladite Chapelle en habit de cérémonie , & M. l'ancien
Prieur eut l'honneur de leur préfenter l'eau
bénite , & de les complimenter en la perfonne de
M. le Maréchal Comte de Thomont , Comman
dant en Chef dans la Province ,
La grande Meffe fut célébrée par M. l'Evêque
de Montpellier , affifté des dignités de fon Chapitre
, & fut chantée par la mufique des Etats , la
piété & la modeftie des freres lors de l'offrande au
nombre de près de 300 , & le recueillement de
ceux qui communierent , mériterent les éloges
de l'affemblée , ainfi que le bon ordre dans une
Chapelle d'une très- petite étendue. Les perfonnes
AVRIL. 1758. 197
en place & de la premiere diftinction qui n'avoient
pu être placées dans l'Eglife , occupoient
les tribunes ; la décoration de cette Chapelle en
bois peint , doré & en tableau , ne permirent pas
d'autre décoration : l'autel fut fimplement , mais
noblement décoré fuivant l'ufage de cette compagnie
, par 12 cierges à la Parifienne de 10 pieds
de hauteur , portés par des grands & magnifiques
chandeliers d'argent. A la fin de la Meffe , les
freres chanterent en faux bourdon l'Exaudiat, pendanr
lequel on tira un nombre de boîtes , afin
d'inviter les Citoyens à unir leurs voeux aux chants
& prieres des Pénitens. Mrs. les Commiffaires du
Roi furent accompagnés jufqu'à la porte de l'Eglife
, par les députés de la Compagnie , ainfi que
l'affemblée des Etats ; le Saint Sacrement fut toujours
exposé à la piété des fideles : les freres fe
releverent de demi-heures en demi heures, pour y
faire ftation : les vêpres étant chantées à 3 heures
avec la même folemnité , la bénédiction fur
donnée par M. d'Ufés , M. l'Evêque de Montpellier
s'en étant exempté fur la fatigue du matin.
M. l'Archevêque de Narbonne fatisfait d'un établiffement
fi conforme à fes fentimens , a bien
voulu honorer cette Compagnie de fon aggrégation
après avoir célébré là Meffe de Communauté
le jour des Rois , & n'a pu refufer aux empreffemens
de Mrs, les Pénitens pénétrés de l'honneur
qu'ils avoient reçu la veille par la préſence des
Etats , de leur permettre d'aggréger cette augufte
affemblée dans la participation de leurs prieres &
bonnes oeuvres , ce qui a été approuvé par accla
mation , par délibération des Etats dudit jour du
même mois.
Tel a été l'événement , & telles font les fuites
honorables d'une cérémonie qui , renouvellée cha
Liij
198 MERCURE DE FRANCE.
que année, tranfmettra à la poftérité , que le regne
de Louis le bien aimé fut pour cette compagnie
un temps de ferveur. Le ciel fera propice à fes
voeux en multipliant les jours facrés de Louis le
bien-aimé , & cette compagnie fe glorifiera toujours
d'avoir la priorité parmi les différens établi
femens faits dans la même intention.
Nous apprenons de Marfeille , que le Capitaine
Chin , commandant la Barque le Saint- Esprit ,
& venant du Cap François , ayant rencontré le
janvier , dans le Golfe de Verre , près de Carthagene,
la Tartane du Patron Jean- Baptifte d'Agde
dont les Anglois s'étoient emparé , il l'a reprife
& renvoyée dans ce port , où elle eft arrivée le
26. Le même a appris à Alicante , où il a touché ,
que l'Eſcadre du fieur de la Clue s'eft emparé en
route de dix Navires Anglois.
Les Navires Anglois Alouette , chargé de
chanvre & de lin , la Rofe , de Stockton , ayant
ane cargaifon compofée de différentes marchandifes
, & le Bateau les Trois Soeurs , allant à Londres
avec des morues fraîches , ont été pris par le
Corfaire le Moiffonneur de Dunkerque.
Le Capitaine Antoine Vaffe , commandant l'A
wenturier , autre Corfaire de Dunkerque , s'eft
emparé des Navires Anglois le May , de Leith &
le Frederic , de Londres. Cette derniere prife ,
qui alloit de Peterſbourg à Corck , avec un chargement
de chanvre & de fer , a été conduite en
Norwege.
Les Corfaires le Machault & le Comte de Saint-
Germain , de Dunkerque ; y ont conduit les Na
vires Anglois le Succès , & le Marchand , de Stoc
kholm , l'Elifabeth , l'Anne & le Marchand , d'E
dimbourg , & le Marchand , de Rotterdam. Ces
fix bâtimens font chargés de charbon de terre,
AVRIL. 1758, 199
1 eft encore arrivé à Dunkerque un Brigantin
Anglois appellé la Jeanne & Marguerite , done
la cargaifon eft compofée de différentes marchandifes
, & qui a été pris par le Corfaire le Comte
Ayen , de Boulogne,
Les Navires Anglois le Franchip , de Corck ;
chargé de fruit & de fel , & le Javan , chargé
d'indigo , de fucre , de café & de bois de Campeche
, ont été pris par les Corfaires le Mefnil &
la Nymphe , de Granville . Le Javan a été conduit
dans ce dernier port ; l'autre prife eft arrivée à
Morlaix.
Le Capitaine Defvalons- Macé, commandant le
Corfaire l'Helene , de Saint-Malo , y a conduit le
Navire Anglois la Parfaite Union , de 360 tonneaux
, venant de Rhode- Inland , & allant à Londres,
avec une cargaifon d'indigo , de café , de
bois de campeche , de gayac , d'huile de baleine
, & d'autres marchandifes, Cette prife eft eftimée
plus de trois cens mille livres,
Le fieur de Gouyen , commandant le Corfaire
la Ducheffe de Fitz- James , de Saint - Malo , s'eft
renda maître d'un Corfaire de Jerzey , armé de
8 canons & de 40 hommes d'équipage , qui eft ar
rivé à Cherbourg.
Le Groignard , autre Corfaire de Saint- Malo ,
a conduit dans le même port de Cherbourg un
Brigantin Anglois de 200 tonneaux , chargé de
charbon de terre.
Le Navire François le Polly , chargé de fucre
& de café , a été enlevé par le Corfaire le Moras ,
de Saint-Malo , à un Corfaire de Briſtol , qui s'en
étoit,emparé,
On mande de Saint-Jean- de-Luz , qu'il y eft
arrivé un Navire Anglois appellé la Priory , de
Pool, qui a pour chargement 930 quintaux de
1 iv
200 MERCURE DE FRANCE.
morues , & 28 demi-barriques d'huile de poiffon:
Ce Bâtiment a été pris par le Corfaire la Baſquaife
, de ce port.
Les Capitaines Rondemy & Jean Olive , com
mandans , l'un le Corfaire le Roi Gaſpard , de
Marſeille , l'autre la Barque la Marie Diligente ,
de Martigue , armée en guerre & en marchandi
fes , fe font rendus maîtres , le premier , du Corfaire
Anglois le Osborne , armé de 80 hommes
d'équipage , le fecond , du Senaw l'Anne Betine ,
chargé de chanvre & de graine de lin.
:
Par les lettres venues de Saint- Domingue , on
apprend que les Corfaires de cette ifle y ont conduit
foixante-deux Navires Anglois qui font fa
Goëlette , le Jean- de- Nancy ; an Bateau Hollandois
repris fur les Anglois ; le Bateau , la Fleur
de la mer; le Brigantin , le Severn ; le Bateau ',
le Guilleaume ; le Brigantin , le Poli ; un Corfaire
repris fur les Anglois ; le Brigantin , l'Elifan
beth ; le Corfaire , les Deux Freres ; la Goëlette ,
la Jeanne ; le Bateau , le Diamant ; le Brigan
tin , la Marie-Marthe ; la Goëlette , la Fortune ;
la Goëlette , la Charmante- Folie ; la Goëlette
te Roi Georges ; le Corfaire , la Revanche ; le Cor
faire , le George ; le Corfaire , la Tarte ; la Goë-
Jette , le Loup , avec un Bateau ; le Bateau , la
Marie-Jofeph ; le Navire , le Munety ; le Bateau- ,
Ja Charmante- Bedfy ; le Bateau , PAmitié ; le
Brigantin , le Roi Georges ; le Senaw , le Derfor ;
de Bateau , les Deux-Freres ; le Brigantin , l'Afritain
; la Goëlette , la Norwege ; le Brigantin ,
ta Suzanne ; la Goëlette , le Ringeard ; le Sela
Rebecca ; le Brigantin , du même nom ;
le Bateau , le Diamant ; le Senaw , le Grandifon
le Bateau , le Guillaume ; le Brigantin , le Jean
de Greenoeck ; la Goëlette , Lancop de Lencefter
t
naw ,
"
AVRIL 1758. 201
Je François ; le Brigantin , le Dauphin ; la Goëlette
, l'Anne; le Navire , le Cigne ; une Barque
repriſe fur les Anglois ; le Bateau , l'Hirondelle ;
le Bateau , le Thomas ; le Bateau , la Bonite ; le
Bateau , l'Efther; le Brigantin ; l'Ame ; le Prince-
Sauvage , Navire Negrier , de Bristol ; le Pa→
quebot , le Duc de Falmouth ; le Navire , le Sucès
; la Goëlette , la Pauline ; le Senaw , la Syrene;
le Navire , le Tanger ; le Senaw , le Succès
; le Navire , l'Ifabelle- Marie ; le Bateau , le
Thomas ; la Goëlette , le Saint Etienne ; le Bateau ,
le Dauphin & le Hardewichele Brigantin , l'Hi
Tondelle ; le Senaw , l'Unifé ; le Brigantia , PA
mable-Jeanne ; le Bateau , la Bonne- Aventure.
Tous ces Bâtimens avoient des cargaiſons confi
dérables , à l'exception des Corfaires.
Le fieur Canon , commandant la Frégate dis
Roi la Valeur , s'eft rendu maître du Corfaire
Anglois le Vernon , de Londres , armé de 12 canons
, 16 pierriers , & 43 hommes d'équipage ,
il l'a conduit à Dunkerque.
La Revanche , Corfaire de Dunkerque , commandé
par le Capitaine Monnier , s'eft emparé de
la Frégate Angloife la Van- Anna , de 200 tonneaux
, chargée de coton , d'huile d'olive , de raifins
& de bled. Cette prife a été conduite à Diep
pe. Le même Corfaire a rançonné pour 750 gui .
aées les Navires Anglois l'Anfon le William
dont il s'étoit rendu maître.
Le Corfaire l'Emerillon , de Calais > a pris&
conduit dans ce port le Navire Anglois le Hellen ,
de Montroſe , ayant pour chargement 182 bar
ils de faumon.
Le Sloop Anglois la Providence , chargé de
grains , a été pris par le Corfaire le Villemur , de
Dieppe , qui l'a conduit au Havre.
I w
202 MERCURE DE FRANCE:
"
Il eft arrivé à Dieppe un Navire Anglois , dont
le Corfaire la Marquise de Leede , de Boulogne ,
s'eft emparé , & qui n'a pour chargement que des
pierres de taille plattes.
On apprend par des lettres écrites de Saint-Malo
, que le Capitaine Avice , commandant le Corfaire
la Comteffe de Bentheim , de ce port , y a
conduit deux prifes : l'une eft le Navire Anglois le
Fantyn , de 220 tonneaux , chargé d'environ 200
boucauts de fucre , de 7 boucauts de café , de
gingembre , de bois de Campeche & de dents
d'Eléphant l'autre eft le Corfaire le Prince
Edouard , de Grenezey , ( ci- devant la Sauterelle
, de Breft , ) armé de 14 canons , & de 80 hommes
d'équipage.
Le Bateau le Georges , de Jerzey , chargé de
balots de bas , a été pris par le Corſaire l'Eclair
de Saint Malo , qui l'a fait conduire à Cherbourg.
Le Corfaire le Samfon , de Bayonne , s'eft rea-
'du maître du Corfaire le Keirke , de Grenezey ,
armé de 10 canons , 12 pierriers , & 45 hommes
d'équipage.
On mande du paffage qu'il y eft arrivé un Navire
Anglois qui a été pris par le Corfaire le La
bour , de Saint-Jean-de-Luz , & dont la cargai
fon confifte en 401. boucauts de fucre , 150 barriques
de vin de Madere , & autres marchandiſes.
Les Vaiffeaux la Compagnie des Indes & le Duc
de Bethune , venant des Indes Orientales richement
chargés , l'un en marchandiſes de la Chine
Pautre en marchandifes de la côte de Coromandel
& de Bengale , font arrivés au port de l'Orient
en. Bretagne les 10 & 12 de ce mois .
Le Vaiffeau la Compagnie des Indes , aux átté-
#ages des côtes de Bretagne , a été atteint par un
Corfaire Anglois de 14 canons , contre lequel il
AVRIL. 1758. 203
eft battu pendant plufieurs heures ; fa bonne contenance
a fait lâcher prife à ce Corfaire.
Le Vaiffeau le Duc de Bethune, a auffi été attaqué
à la hauteur de 40 degrés de latitude Nord ,
par un Corfaire Anglois de 30 canons de 10livres
de balle , & nonobftant la foibleffe de ce Vailfeau
, qui n'étoit monté que de 16 canons , il a
forcé le Corfaire Anglois de l'abandonner . Le
fieur Sainromain , qui le commandoit , a été bleffé
au bras de deux coups de feu , & il a eu huit hom
mes de fon équipage tués & plufieurs bleflés.
La Compagnie à reçu , par le Vaiffeau le Duc
de Béthune , la nouvelle de l'arrivée de plufieursde
fes vaiffeaux à Pondichery , où ils ont remis
les munitions & les fecours dont cette place pouvoit
avoir befoin.
écrit de Marfeille que le Capitaine Gaffin
de Martigues , de cette Ville , commandant le
Brigantin le Fameux , a fait dans les différentes
croifieres douze prifes qu'il a conduites à Cadix ,
à l'exception d'une feule qui lui a été enlevée.
Fermer
Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En 1758, plusieurs événements et nominations ont marqué la cour de France. Bernard de Boulinvilliers a été nommé Provôt et Maître des Cérémonies de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis. Une ordonnance royale du 1er février a augmenté les Volontaires du Dauphiné, portant leur effectif à quatre cent vingt hommes répartis en six compagnies. Le Marquis de Paulmy a démissionné de sa charge de Secrétaire d'État à la Guerre, remplacé par le Maréchal de Belle-Isle. Le Roi a réorganisé plusieurs régiments, nommant le Marquis de Talaru et le Duc de Mazarin à des postes clés. Le Marquis de Pons a obtenu l'agrément de Colonel en second du Régiment de Dragons d'Orléans. Le 7 mars, le Roi a passé en revue les régiments des Gardes Françaises et des Gardes Suisses en présence de la famille royale. Une ordonnance du 20 février a ordonné aux officiers des troupes en Allemagne de rejoindre leurs quartiers pour rassembler les recrues. Le Roi a nommé les Comtes de Bercheny et de Conflans Maréchaux de France, ainsi que plusieurs Lieutenants Généraux et Maréchaux de camp pour la campagne militaire. Par un édit, le Roi a créé dix nouvelles charges de Payeurs et de Contrôleurs des Rentes à l'Hôtel de Ville de Paris. À Toulouse, un incendie a détruit huit maisons sans faire de victimes. À Montpellier, les Pénitents Blancs ont célébré l'anniversaire de la fondation de leur compagnie, marquée par des cérémonies religieuses et la présence des États de la Province de Languedoc. En avril 1758, des corsaires français ont capturé plusieurs navires anglais et hollandais. Parmi les prises notables, on trouve un corsaire de Jersey armé de 8 canons et 40 hommes d'équipage à Cherbourg, un brigantin anglais de 200 tonneaux chargé de charbon, et divers autres navires chargés de marchandises variées comme du sucre, du café, des morues, et de l'huile de poisson. Les corsaires français ont également repris plusieurs navires anglais et hollandais qui avaient été capturés par les Anglais. À Saint-Domingue, les corsaires ont conduit soixante-deux navires anglais, principalement des goélettes et des brigantins. Des frégates et des corsaires français ont également pris des navires anglais dans divers ports comme Dunkerque, Dieppe, et Le Havre. Les vaisseaux de la Compagnie des Indes, le Duc de Béthune et un autre vaisseau, ont résisté avec succès à des attaques de corsaires anglais malgré leur infériorité en armement. Le Duc de Béthune a également apporté des nouvelles de l'arrivée de plusieurs vaisseaux à Pondichéry. Enfin, le capitaine Gaffin de Martigues a réalisé douze prises avec son brigantin le Fameux, les conduisant principalement à Cadix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19
p. 198-203
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 9 du mois d'Avril, M. le Marquis de Paulmy, Ministre d'Etat, [...]
Mots clefs :
Marquis, Maréchal, Roi de France, Parlement, Escadre anglaise, Vaisseaux, Canons, Marchandises, Frégates, Attaque, Princesse, Ducs, Serment, Chevalier, Évêques, Mademoiselle de Charolois, Cérémonie funèbre, Édit du roi, Rentes, Taxes, Capitaines, Corsaires , Combat naval
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &G.
Lag du mois d'Avril, M. le Marquis de Paulmy,
Miniftre d'Etat , prêta ferment entre les mains du
Roi , pour la charge de Tréforier de l'Ordre du
Saint-Efprit.
Les deux nouveaux Maréchaux de France ( MM.
les Comces de Bercheny & de Conflans ) prêterent
auffi ferment le même jour en cette qualité.
Le Roi ayant fait choix de M. le Maréchal Duc
de Befle- Ifle pour remplir la charge de Secrétaire
d'Etat au Département de la Guerre , Sa Majefté
a appellé près de fa perfonne M. de Crémille ,
Lieutenant- Général de fes Armées , pour aider
M. le Maréchal de Belle-Ifle dans les fonctions &
dans les détails de fon Département , & fous les
ordres.
La Vacance du Parlement ayant obligé de remettre
la Proceffion qui fe fait tous les ans le 22
de Mars , en mémoire de la réduction de certe
Capitale fous Pobéiffance de Henry IV , elle fe
fr en la maniere accoutumée le 7 de ce mois. Les
Lettres du Roi avoient été portées la veille aux
Compagnies , dont la préfence y eft requiſe , fuivant
l'ufage , par M. de Gizeux , Maître des cérémonies
de France en furvivance.
L'Efcadre Angloife , commandée par l'Amiral
Hawke , eft entrée le 4 Avril après-midi aux ra
des de la Rochelle , & a mouillé le 5 dans celle
de l'Ifle. Daix . Elle en eft repartie le 7 au matin
M A 1. 1758. 199
Cette Efcadre étoit compofée de fept Vaiffeaux de
ligne le Ramillies , de yo canons , le Royal-
Georges & le Royal- Guillaume , de 100 canons
chacun ; le Torbay , de 74 ; le Bedford , de 70 ;
l'Intrépide , de 64 ; & le Windſor , de 60 , avec
trois Frégates & un Senaw. L'Amiral Hauke a fait
débarquer quelque monde à l'ifle Daix , & y a
fait brûler les plattes formes , outils de travailleurs
, tombereaux , charettes , fauciffons , fafcinages
, ponts , & généralement tout ce qui s'eft
trouvé de combuftible dans les fortifications provifionnelles
que l'on y exécutoir. Tous les habitans
& ouvriers qui étoient à l'Iſle Daix , s'en étoient
retirés à Fouras dans le moment où l'Eſcadre Angloife
a paru , & il n'y étoit resté que quelques
Soldats. Les Anglois en ont emmené fept ou huit
avec eux. Les Vaiffeaux du Roi le Floriffant , le
Dragón , le Sphinx , le Hardy & le Warwick , qui
étoient en rade avec quelques Frégates , n'étant
point en état de réfilter à des forces fi fupérieures ,
fe font réfugiés dans la Charente entre Fouras &
l'Iſle Madame , & ils s'y font entraversé de maniere
à empêcher Pentrée de la riviere à l'Efcadre
Angloife , fi elle eût fair quelques tentatives pour
forcer le paffage. On avoit fait des difpofitions à
Rochefort , pour nuire par tous les moyens praticables
aux Vaiffeaux Anglois , s'ils n'en avoient
pas prévenu l'effet par leur retraite . Cependant les
Chaloupes canonnieres Anguille & l'Aventure ,
armées chacune d'un canon de 24 , & comman→
dées par les fieurs de Kergariou & de Camiran
Enfeignes de Vaiffeau, ont fort incommodé le
Vaiffeau Anglois l'Intrépide , qui étoit échoué fur
le banc de Boyard , & qui attendoit la haute mer
pour le mettre à flor. Nos Chaloupes feroient même
parvenues à le défemparer , fans le Vaiffeau le
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
Windfor & quelques Frégates qui ont mis fours
voile pour le dégager . Les Fregates . la Thetis
l'Anemone & l'Ecureuil , commandées par les
fieurs de Goimpy , de Feuquieres , Lieutenant de
Vaiffeau , du Guafpern & de Queralbeau , Enfeignes
, conduifoient un convoi de Navires de commerce
de Breft à Rochefort . L'Anemone a gagné
l'entrée de la Charente avec une partie du convoi
, & le refte s'eft mis fous la protection de la
Citadelle de Saint-Martin de Ré , avec les Fregates
la Thetis & l'Ecureuil. Cette premiere s'eft même
emparé dans le Pertuis - Breton du Corſaire Anglois
le Franc-Maçon , de 10 carrons & de 70 hommes
d'équipage , & l'a fait entrer à Saint -Martin
de Ré à la vue de l'Efcadre Angloiſe.
Le 14 Avril , le Roi tint le Sceau pour la vingtfeptieme
fois.
Sa Majefté , à l'occafion de la mort de Mademoiſelle
de Charolois , alla le même jour rendre
vifite à la Princeffe de Conty , & à Mademoiſelle
de Sens , chez qui fe trouverent le Prince & la
Princeffe de Condé .
La Reine , Monfeigneur le Dauphin , Madame
la Dauphine , Monfeigneur le Duc de Bourgogne,
Monſeigneur le Duc de Berry , Monfeigneur le
Comte de Provence , Madame Infante , Madame
& Mefdames Victoire & Louiſe , vifiterent auffi
ces Princeffes .
Le 15 , la Princeffe de Conty & Mademoiſelle
de Sens , allerent faire leurs révérences au Roi , à
la Reine & à la Famille Royale.
Le même jour , Madame Louife donna le voile
à la Dame de Ziner , dans l'Abbaye de Saint Cyr.
Le 19 , MM. l'Evêque de Digne & l'Evêquè
d'Aire prêterent ferment entre les mains du Roi .
Les fieurs Guyot de Saint- Amand & de Gangy
MA 1.1758. 201
4
prêterent ferment entre les mains du Roi le 9 du
même mois ; le premier , pour la charge de Lieutenant
de Roi de la Province du Chalonnois ; le
fecond , pour la charge de Lieutenant de Roi au
Département & Sénéchauffée de Poitiers & de Lu
fignan.
Le Roi reçut le même jour Chevaliers de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , M. le Marquis
de Foffeufe , Capitaine- Lieutenant des Gendarmes
de la Reine , Menin de Monfeigneur le
Dauphin , & MM. les ) Comtes de Biernay , Soulieutenant
des Gendarmes de Berry ; de Lordat ,
Soulieutenant des Chevaux- Légers de Bretagne ;
de Murinais , premier Cornette des Chevaux - Legers
d'Aquitaine ; de Noé & de Saiffeval , Guidons
de Gendarmerie.
M. PEyêque de Digne a été facré le 16 Avril
dans l'Eglife des Miffions Etrangeres , par M.
l'Archevêque d'Embrun , affifté des Evêques de
Dol & de Vence,
M. l'Evêque d'Aire,a été facré le même jour à
Meaux par l'Evêque de cette derniere Ville , affifté
de l'ancien Evêque de Troyes & de celui de
Condom.
L'Académie Royale des Sciences ayant élu le
feur Bezout & le Comte de Lauragais , pour remplir
les deux places d'Adjoints - Méchaniciens , va
cantes par la promotion de M. le Chevalier d'Arcy
& de M. Yaucanfon à celles d'Affociés Ordinaires
, le Roi a bien voulu agréer fon choix.
Le Corps de Mademoiſelle de Charolois , après
avoir été embaumé , a été expofé pendant plufeurs
jours dans une Chambre de parade , éclairée.
par un grand nombre de lumieres , & tendue de
blanc. Il fut porté le 13 Avril au Couvent des
Carmelites du Fauxbourg Saint Jacques , pour y
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
être inhumé. Le cortège du Convoi étoit compoft
de cent Pauvres , couverts de draps gris , & tenant
chacun un fambeau ; des Officiers , des Suiffes &
des Valets de Chambre de la Princeffe à cheval
de plus de cent cinquante Valers de pieds , de fept
Carroffes drapés à fix chevaux harnachés & capa
raçonnés de noir , qui étoient remplis par les
Ecuyers , les Gentilshommes , les principaux Of
heiers , & les Femmes de Chambres ; & de deux
Carroles à huit chevaux. Dans le premier de ces
deux Carroffes , étoit le Corps de la Princeffe
avec les deur Aumôniers. La Princeffe de Condé
étoit dans le fecond avec la Princeffe de Rohan
la Dame de Renty , fa Dame d'Honneur , la Dame
du Guefelin , fa Dame de Compagnie , & les
Dames attachées à la Princeffe défunte. Lorsqu'on
fut aux Carmelites , le Corps fat defcendu du Carroffe
par les huit Valers de Chambre, & porté fous
le portique intérieur de l'Eglife , ou les Religieufes
, tenant chacune un cierge à la main , étoient
rangées à droite & à gauche avec trente Eeclefiafriques
, le Supérieur de la Maifon à leur tête. L'Evêque
de Valence en camail & en rochet , accom
pagné du Curé de Saint Sulpice en étole ; en préfentant
le Corps & le Coeur de la Princeffe aux
Carmelites , leur fit un difcours auquel le Supé
rieur répondit , enfuite ces Religieufes commencerent
l'Office des Morts. Les prietes finies , les
hair Valets de Chambre porterent le Corps près de
la foffe , & Py ayant defeende , le Ceur fur pofe
fur la croix du cerceuil . La Princeffe de Condé qui
menoit le deuil , étoit en longue mante , dont la
queue étoit portée par le fieur de Tourailles , for
fecond Ecuyer.
On vient de publier un Edit du Roi portant
création de trois millions deur cens mille livres
MAI. 1758.
203
actuelles & effectives de Rentes héréditaires à
quatre pour cent fur les Aydes & Gabelles , par
forme de remplacement des Rentes créées par
l'Edit de Juin 1720. Chaque conſtitution particuliere
defdites Rentes ne pourra être moindre que
de mille livres de principal , qui produiront quarante
livres de rente. Il n'y aura fur ces Rentes
aucune retenue de vingtieme ni des deux fols pour
livre du dixieme , & de toutes autres impofitions.
Les Communautés Eccléfiaftiques , les Hôpitaux ,
& tous gens de main- morte , ainfi que les Etran
gers non-naturalifés & ceux mêmes qui demeure-
Font hots du Royaume , pourront acquérir lefdites
Rentes & en jouir , fans être obligés à aucune
formalité, ni payer aucuns droits d'amortiffemens.
On pourra en tranfmettre la propriété à d'autres
par voie de réconftitution. A commencer du premier
Janvier 1760 , on remboursera tous les ans
en deniers comptans une partie des capitaux defdites
Rentes jufqu'à leur extinétion totale , & ce
remboursement fe fera par la voie du fort , en
forme de Loterie , en la maniere qu'il eft porté &
expliqué par l'Edit . Les capitaux desdites Rentes
feront fournis moitié en argent, moitié en contrats .
Les lettres de Livourne annoncent que la Frégate
la Rofe , de 16 canons , commandée par le
feur de Sade , Capitaine de Vaiffeau , a conduit
à Malte le 9 Mars le Corſaire Anglois le Léopard,
de 36 canons , dont elle s'eft emparé après um
long combat.
•
Le Capitaine Ferdinand de Renaud , qui commande
le Corfaire le Duc d'Ayen , de Boulogne ,
s'eft rendu maître des Brigantins Anglois le Sal
tens, chargéd'orge & de farine,& laFortune, ayant
pour cargaifon du fucre ,du fel , des vins , des fruits,
&c. & il les a fait conduire à Dunkerque. Le mê-
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
me Corfaire a pris un troifieme Bâtiment Anglois
chargé de charbon de terre , qui s'est échoué aux
environs d'Oftende .
Le Navire Anglois le Thomlefon , d'Antigues ,
'de 200 tonneaux , chargé de fucre & de coton
eft arrivé à Morlaix : il a été pris par le Corfaire
le Comte de Langeron , de Saint -Malo..
On mande de Marfeille , qu'il y a été conduit
un Brigantin Anglois appellé le Conftant , chargé
raifins fecs , qui a été pris par les Corfaires la
Conftance & le Charron , de ce port .
Le Corfaire la Ville- Helio , de Vannes , ayant
rencontré le 17 Juillet dernier au Cap Finiſtere
le Navire Anglois l'Elifabeth , forti de Roterdam
le 2 du même mois fous pavillon Hollandois , le
fomma d'amener & d'exhiber fes papiers . Ce Bâtiment
ayant refuſé d'amener , le Corſaire François
l'attaqua , & après un combat fanglant , s'en rendit
maître à l'abordage . Cette prife fi légitime a
fait l'objet d'une conteftation qui a été jugée le 8
de ce mois au Confeil des Prifes , en faveur du
Corfaire de Vannes. Elle eft eftimée plus de quatre
cens mille livres.
Le Capitaine Adrien de Lille , commandant le
Corfaire la Fulvie , de Dunkerque , s'eft rendu
maître des Navires Anglois l'Ellis , de Liverpool ,
de 200 tonneaux , armé de 4 canons & de 15 hommes
, & la Providence , de Briſtol , de 350 tonneaux
, armé de 24 canons & de 60 hommes. Ces
deux Bâtimens , qui alloient à la Jamaïque chacun
avec un chargement confiftant en vivres & en
marchandifes feches , ont été conduits à Morlaix .
Le Capitaine de Lille , en fociété avec le Corſaire
le Maurepas , de Dunkerque , a fait de plus pour
environ cinquante mille livres de rançons.
Le Navire Anglois l'Ulyffe , de la Nouvelle .
MA I. 1758 . 203
Yorck, d'où il venoit avec un chargement compofé
de bois de campêche, & de 80 barrils de goudron
, a été pris par le Corfaire l'Espérance , de
Bayonne, où il eft arrivé.
Le Capitaine Durbecq- de la Ciotat , commandant
la Galliote la Curieufe , qui a été armée en
courſe à Marſeille au mois de Janvier dernier , s'eft
rendu maître à la hauteur de Malaga , d'un Navire
Anglois dont le Capitaine a offert deux mille livres
fterlings pour fa rançon .
Lag du mois d'Avril, M. le Marquis de Paulmy,
Miniftre d'Etat , prêta ferment entre les mains du
Roi , pour la charge de Tréforier de l'Ordre du
Saint-Efprit.
Les deux nouveaux Maréchaux de France ( MM.
les Comces de Bercheny & de Conflans ) prêterent
auffi ferment le même jour en cette qualité.
Le Roi ayant fait choix de M. le Maréchal Duc
de Befle- Ifle pour remplir la charge de Secrétaire
d'Etat au Département de la Guerre , Sa Majefté
a appellé près de fa perfonne M. de Crémille ,
Lieutenant- Général de fes Armées , pour aider
M. le Maréchal de Belle-Ifle dans les fonctions &
dans les détails de fon Département , & fous les
ordres.
La Vacance du Parlement ayant obligé de remettre
la Proceffion qui fe fait tous les ans le 22
de Mars , en mémoire de la réduction de certe
Capitale fous Pobéiffance de Henry IV , elle fe
fr en la maniere accoutumée le 7 de ce mois. Les
Lettres du Roi avoient été portées la veille aux
Compagnies , dont la préfence y eft requiſe , fuivant
l'ufage , par M. de Gizeux , Maître des cérémonies
de France en furvivance.
L'Efcadre Angloife , commandée par l'Amiral
Hawke , eft entrée le 4 Avril après-midi aux ra
des de la Rochelle , & a mouillé le 5 dans celle
de l'Ifle. Daix . Elle en eft repartie le 7 au matin
M A 1. 1758. 199
Cette Efcadre étoit compofée de fept Vaiffeaux de
ligne le Ramillies , de yo canons , le Royal-
Georges & le Royal- Guillaume , de 100 canons
chacun ; le Torbay , de 74 ; le Bedford , de 70 ;
l'Intrépide , de 64 ; & le Windſor , de 60 , avec
trois Frégates & un Senaw. L'Amiral Hauke a fait
débarquer quelque monde à l'ifle Daix , & y a
fait brûler les plattes formes , outils de travailleurs
, tombereaux , charettes , fauciffons , fafcinages
, ponts , & généralement tout ce qui s'eft
trouvé de combuftible dans les fortifications provifionnelles
que l'on y exécutoir. Tous les habitans
& ouvriers qui étoient à l'Iſle Daix , s'en étoient
retirés à Fouras dans le moment où l'Eſcadre Angloife
a paru , & il n'y étoit resté que quelques
Soldats. Les Anglois en ont emmené fept ou huit
avec eux. Les Vaiffeaux du Roi le Floriffant , le
Dragón , le Sphinx , le Hardy & le Warwick , qui
étoient en rade avec quelques Frégates , n'étant
point en état de réfilter à des forces fi fupérieures ,
fe font réfugiés dans la Charente entre Fouras &
l'Iſle Madame , & ils s'y font entraversé de maniere
à empêcher Pentrée de la riviere à l'Efcadre
Angloife , fi elle eût fair quelques tentatives pour
forcer le paffage. On avoit fait des difpofitions à
Rochefort , pour nuire par tous les moyens praticables
aux Vaiffeaux Anglois , s'ils n'en avoient
pas prévenu l'effet par leur retraite . Cependant les
Chaloupes canonnieres Anguille & l'Aventure ,
armées chacune d'un canon de 24 , & comman→
dées par les fieurs de Kergariou & de Camiran
Enfeignes de Vaiffeau, ont fort incommodé le
Vaiffeau Anglois l'Intrépide , qui étoit échoué fur
le banc de Boyard , & qui attendoit la haute mer
pour le mettre à flor. Nos Chaloupes feroient même
parvenues à le défemparer , fans le Vaiffeau le
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
Windfor & quelques Frégates qui ont mis fours
voile pour le dégager . Les Fregates . la Thetis
l'Anemone & l'Ecureuil , commandées par les
fieurs de Goimpy , de Feuquieres , Lieutenant de
Vaiffeau , du Guafpern & de Queralbeau , Enfeignes
, conduifoient un convoi de Navires de commerce
de Breft à Rochefort . L'Anemone a gagné
l'entrée de la Charente avec une partie du convoi
, & le refte s'eft mis fous la protection de la
Citadelle de Saint-Martin de Ré , avec les Fregates
la Thetis & l'Ecureuil. Cette premiere s'eft même
emparé dans le Pertuis - Breton du Corſaire Anglois
le Franc-Maçon , de 10 carrons & de 70 hommes
d'équipage , & l'a fait entrer à Saint -Martin
de Ré à la vue de l'Efcadre Angloiſe.
Le 14 Avril , le Roi tint le Sceau pour la vingtfeptieme
fois.
Sa Majefté , à l'occafion de la mort de Mademoiſelle
de Charolois , alla le même jour rendre
vifite à la Princeffe de Conty , & à Mademoiſelle
de Sens , chez qui fe trouverent le Prince & la
Princeffe de Condé .
La Reine , Monfeigneur le Dauphin , Madame
la Dauphine , Monfeigneur le Duc de Bourgogne,
Monſeigneur le Duc de Berry , Monfeigneur le
Comte de Provence , Madame Infante , Madame
& Mefdames Victoire & Louiſe , vifiterent auffi
ces Princeffes .
Le 15 , la Princeffe de Conty & Mademoiſelle
de Sens , allerent faire leurs révérences au Roi , à
la Reine & à la Famille Royale.
Le même jour , Madame Louife donna le voile
à la Dame de Ziner , dans l'Abbaye de Saint Cyr.
Le 19 , MM. l'Evêque de Digne & l'Evêquè
d'Aire prêterent ferment entre les mains du Roi .
Les fieurs Guyot de Saint- Amand & de Gangy
MA 1.1758. 201
4
prêterent ferment entre les mains du Roi le 9 du
même mois ; le premier , pour la charge de Lieutenant
de Roi de la Province du Chalonnois ; le
fecond , pour la charge de Lieutenant de Roi au
Département & Sénéchauffée de Poitiers & de Lu
fignan.
Le Roi reçut le même jour Chevaliers de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , M. le Marquis
de Foffeufe , Capitaine- Lieutenant des Gendarmes
de la Reine , Menin de Monfeigneur le
Dauphin , & MM. les ) Comtes de Biernay , Soulieutenant
des Gendarmes de Berry ; de Lordat ,
Soulieutenant des Chevaux- Légers de Bretagne ;
de Murinais , premier Cornette des Chevaux - Legers
d'Aquitaine ; de Noé & de Saiffeval , Guidons
de Gendarmerie.
M. PEyêque de Digne a été facré le 16 Avril
dans l'Eglife des Miffions Etrangeres , par M.
l'Archevêque d'Embrun , affifté des Evêques de
Dol & de Vence,
M. l'Evêque d'Aire,a été facré le même jour à
Meaux par l'Evêque de cette derniere Ville , affifté
de l'ancien Evêque de Troyes & de celui de
Condom.
L'Académie Royale des Sciences ayant élu le
feur Bezout & le Comte de Lauragais , pour remplir
les deux places d'Adjoints - Méchaniciens , va
cantes par la promotion de M. le Chevalier d'Arcy
& de M. Yaucanfon à celles d'Affociés Ordinaires
, le Roi a bien voulu agréer fon choix.
Le Corps de Mademoiſelle de Charolois , après
avoir été embaumé , a été expofé pendant plufeurs
jours dans une Chambre de parade , éclairée.
par un grand nombre de lumieres , & tendue de
blanc. Il fut porté le 13 Avril au Couvent des
Carmelites du Fauxbourg Saint Jacques , pour y
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
être inhumé. Le cortège du Convoi étoit compoft
de cent Pauvres , couverts de draps gris , & tenant
chacun un fambeau ; des Officiers , des Suiffes &
des Valets de Chambre de la Princeffe à cheval
de plus de cent cinquante Valers de pieds , de fept
Carroffes drapés à fix chevaux harnachés & capa
raçonnés de noir , qui étoient remplis par les
Ecuyers , les Gentilshommes , les principaux Of
heiers , & les Femmes de Chambres ; & de deux
Carroles à huit chevaux. Dans le premier de ces
deux Carroffes , étoit le Corps de la Princeffe
avec les deur Aumôniers. La Princeffe de Condé
étoit dans le fecond avec la Princeffe de Rohan
la Dame de Renty , fa Dame d'Honneur , la Dame
du Guefelin , fa Dame de Compagnie , & les
Dames attachées à la Princeffe défunte. Lorsqu'on
fut aux Carmelites , le Corps fat defcendu du Carroffe
par les huit Valers de Chambre, & porté fous
le portique intérieur de l'Eglife , ou les Religieufes
, tenant chacune un cierge à la main , étoient
rangées à droite & à gauche avec trente Eeclefiafriques
, le Supérieur de la Maifon à leur tête. L'Evêque
de Valence en camail & en rochet , accom
pagné du Curé de Saint Sulpice en étole ; en préfentant
le Corps & le Coeur de la Princeffe aux
Carmelites , leur fit un difcours auquel le Supé
rieur répondit , enfuite ces Religieufes commencerent
l'Office des Morts. Les prietes finies , les
hair Valets de Chambre porterent le Corps près de
la foffe , & Py ayant defeende , le Ceur fur pofe
fur la croix du cerceuil . La Princeffe de Condé qui
menoit le deuil , étoit en longue mante , dont la
queue étoit portée par le fieur de Tourailles , for
fecond Ecuyer.
On vient de publier un Edit du Roi portant
création de trois millions deur cens mille livres
MAI. 1758.
203
actuelles & effectives de Rentes héréditaires à
quatre pour cent fur les Aydes & Gabelles , par
forme de remplacement des Rentes créées par
l'Edit de Juin 1720. Chaque conſtitution particuliere
defdites Rentes ne pourra être moindre que
de mille livres de principal , qui produiront quarante
livres de rente. Il n'y aura fur ces Rentes
aucune retenue de vingtieme ni des deux fols pour
livre du dixieme , & de toutes autres impofitions.
Les Communautés Eccléfiaftiques , les Hôpitaux ,
& tous gens de main- morte , ainfi que les Etran
gers non-naturalifés & ceux mêmes qui demeure-
Font hots du Royaume , pourront acquérir lefdites
Rentes & en jouir , fans être obligés à aucune
formalité, ni payer aucuns droits d'amortiffemens.
On pourra en tranfmettre la propriété à d'autres
par voie de réconftitution. A commencer du premier
Janvier 1760 , on remboursera tous les ans
en deniers comptans une partie des capitaux defdites
Rentes jufqu'à leur extinétion totale , & ce
remboursement fe fera par la voie du fort , en
forme de Loterie , en la maniere qu'il eft porté &
expliqué par l'Edit . Les capitaux desdites Rentes
feront fournis moitié en argent, moitié en contrats .
Les lettres de Livourne annoncent que la Frégate
la Rofe , de 16 canons , commandée par le
feur de Sade , Capitaine de Vaiffeau , a conduit
à Malte le 9 Mars le Corſaire Anglois le Léopard,
de 36 canons , dont elle s'eft emparé après um
long combat.
•
Le Capitaine Ferdinand de Renaud , qui commande
le Corfaire le Duc d'Ayen , de Boulogne ,
s'eft rendu maître des Brigantins Anglois le Sal
tens, chargéd'orge & de farine,& laFortune, ayant
pour cargaifon du fucre ,du fel , des vins , des fruits,
&c. & il les a fait conduire à Dunkerque. Le mê-
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
me Corfaire a pris un troifieme Bâtiment Anglois
chargé de charbon de terre , qui s'est échoué aux
environs d'Oftende .
Le Navire Anglois le Thomlefon , d'Antigues ,
'de 200 tonneaux , chargé de fucre & de coton
eft arrivé à Morlaix : il a été pris par le Corfaire
le Comte de Langeron , de Saint -Malo..
On mande de Marfeille , qu'il y a été conduit
un Brigantin Anglois appellé le Conftant , chargé
raifins fecs , qui a été pris par les Corfaires la
Conftance & le Charron , de ce port .
Le Corfaire la Ville- Helio , de Vannes , ayant
rencontré le 17 Juillet dernier au Cap Finiſtere
le Navire Anglois l'Elifabeth , forti de Roterdam
le 2 du même mois fous pavillon Hollandois , le
fomma d'amener & d'exhiber fes papiers . Ce Bâtiment
ayant refuſé d'amener , le Corſaire François
l'attaqua , & après un combat fanglant , s'en rendit
maître à l'abordage . Cette prife fi légitime a
fait l'objet d'une conteftation qui a été jugée le 8
de ce mois au Confeil des Prifes , en faveur du
Corfaire de Vannes. Elle eft eftimée plus de quatre
cens mille livres.
Le Capitaine Adrien de Lille , commandant le
Corfaire la Fulvie , de Dunkerque , s'eft rendu
maître des Navires Anglois l'Ellis , de Liverpool ,
de 200 tonneaux , armé de 4 canons & de 15 hommes
, & la Providence , de Briſtol , de 350 tonneaux
, armé de 24 canons & de 60 hommes. Ces
deux Bâtimens , qui alloient à la Jamaïque chacun
avec un chargement confiftant en vivres & en
marchandifes feches , ont été conduits à Morlaix .
Le Capitaine de Lille , en fociété avec le Corſaire
le Maurepas , de Dunkerque , a fait de plus pour
environ cinquante mille livres de rançons.
Le Navire Anglois l'Ulyffe , de la Nouvelle .
MA I. 1758 . 203
Yorck, d'où il venoit avec un chargement compofé
de bois de campêche, & de 80 barrils de goudron
, a été pris par le Corfaire l'Espérance , de
Bayonne, où il eft arrivé.
Le Capitaine Durbecq- de la Ciotat , commandant
la Galliote la Curieufe , qui a été armée en
courſe à Marſeille au mois de Janvier dernier , s'eft
rendu maître à la hauteur de Malaga , d'un Navire
Anglois dont le Capitaine a offert deux mille livres
fterlings pour fa rançon .
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En avril 1758, plusieurs événements significatifs se sont déroulés à la cour de France. Le Marquis de Paulmy a prêté serment pour la charge de Trésorier de l'Ordre du Saint-Esprit. Les Comtes de Bercheny et de Conflans ont été nommés Maréchaux de France et ont également prêté serment. Le Roi a nommé le Maréchal Duc de Belle-Isle au Département de la Guerre et a appelé M. de Crémille pour l'assister. La procession annuelle en mémoire de la réduction de Paris sous Henri IV a été reportée au 7 avril. Sur le plan militaire, l'escadre anglaise commandée par l'Amiral Hawke est entrée dans la rade de l'île d'Aix le 4 avril, composée de sept vaisseaux de ligne et de trois frégates. Les vaisseaux français se sont réfugiés dans la Charente pour éviter un affrontement. Les chaloupes canonnières françaises ont attaqué le vaisseau anglais l'Intrépide, échoué sur le banc de Boyard. Plusieurs frégates françaises ont protégé un convoi de navires de commerce. Le Roi a tenu le Sceau pour la vingt-septième fois le 14 avril. À l'occasion de la mort de Mademoiselle de Charolois, le Roi et la famille royale ont rendu visite à la Princesse de Conty et à Mademoiselle de Sens. Le corps de Mademoiselle de Charolois a été inhumé au couvent des Carmélites du Faubourg Saint-Jacques. Des nominations et promotions ont eu lieu, notamment celles des Évêques de Digne et d'Aire, et de plusieurs officiers. L'Académie Royale des Sciences a élu les sieurs Bezout et le Comte de Lauragais comme Adjoints-Mécaniciens. Un édit royal a créé trois millions de livres de rentes héréditaires à quatre pour cent. En mer, plusieurs prises de navires anglais par des corsaires français ont été signalées, notamment par le Capitaine de Renaud et le Capitaine Adrien de Lille. Ces prises ont été conduites à Dunkerque et à Morlaix.
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20
p. 207-209
De Versailles, le 11 Janvier.
Début :
Le Maréchal Duc de Noailles s'étant démis de la Charge de Capitaine [...]
Mots clefs :
Maréchal, Capitaine, Duc de Noailles, Duchesse, Cérémonie, Roi de France, Marquis, Prince, Colonel, Évêque, Sacre, Sa Majesté, Serment, Chevalier, Abbé
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texteReconnaissance textuelle : De Versailles, le 11 Janvier.
DeVersailles , le 11 Janvier.
Le Maréchal Duc de Noailles s'étant démis de
la Charge de Capitaine de la premiere Compagnie
des Gardes-du- Corps ; & le Duc d'Ayen en
ayant été revêtu , Sa Majefté , en confidération
des anciens & importans fervices du Maréchal
de Noailles & de fa Maiſon , a donné au Comte
d'Ayen la furvivance de cette Charge , poffédée
fans interruption par fes Ancêtres depuis fon
Trifayeul.
Le 3 de ce mois , la Ducheffe de Choifeul prit
le Tabouret chez la Reine.
-Le 7 , le Roi fit la Cérémonie de recevoir Chevaliers
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis,
le Prince de Condé & le Comte de la Marche , le
Duc de Montmorency , Brigadier & Colonel du
Régiment de Tourraine , les Marquis de Marbec
& de Vaftan ; celui - ci Colonel du Régiment de
fon nom , le Duc de Mazarin Colonel du Régiment
368 MERCURE DE FRANCE.
de fon nom , le Prince de Chimay , Colonel dans
les Grenadiers Royaux, les Marquis de Chaumont
Bernage , Colonel du Régiment de Forez de Balincourt
, du Cambout de Coaflife , le Comte de
Danois , le Marquis de Beuvron , Brigadier &
Meftre de Camp de Cavalerie , les fieurs Thomas
de Domangeville & Patricewal , les Marquis de
Marbeuf, Colonel d'un Régiment de Dragons de
fon nom ; & de Lire , Capitaine de Cavalerie dans
le Régiment de Dampierre.
Du 18.
>
Le 12 , le Roi tint le Sceau pour la quarante
deuxième fois.
Monfeigneur le Duc de Bourgogne ayant defiré
de voir la cérémonie du facre d'un Evêque ,
l'ancien Evêque de Limoges facra lei . dans
la Chapelle du Roi , le nouvel Evêque de Limoges.
Il eut pour affiftants les Evêques de Poitiers &
d'Evreux. Onze Archevêques & Evêques furent
préfents à cette cérémonie. La Reine y affifta ,
accompagnée de Monfeigneur le Dauphin , de
de Madame la Dauphine , de Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , de Madame Infante , de:
Madame , & de Mefdames.
C'eft pour la premiere fois qu'un Evêque a été
facré dans la Chapelle du Roi de Verſailles. Le
célébre Maffillon le fut dans la Chapelle des
Thuilleries , en préfence du Roi , par l'Evêque de
Fréjus.
Le Lundi 15 , la Reine fut faignée par précau
tion & Sa Majesté fut purgée le Mercredi 17 .
Ce même jour les Evêques de Troyes & de
Limoges prêterent ferment entre les mains du
Roi.
Le 16, Sa Majesté déclara publiquement le Mariage
du Comte de la Marche avec la Princeffe
Fortunée Marie d'Eft , fille du Duc de Modene
FEVRIER. 1759. 209
Le Roi ayant accordé au Marquis de Gefvres
lês honneurs de la Cour , la Marquise de Gefvres .
a été préfentée à Leurs Majeftés, & a pris letabou
tet chez la Reine .
Le 17 , le Comte d'Ayen prêta ferment entre
les mains du Roi , pour la ſurvivance de la Char
ge de Capitaine de la premiere Compagnie des
Gardes du Corps..
Sa Majesté a fait Lieutenans- Généraux de fes "
armées , le 18 Décembre dernier , les Marquis
de la Sône & du Barail , le Comte de Vogué, &
le Marquis de Caftries.
Le Roi a accordé au Chevalier de Rochefort ,
Gapitaine au Régiment de Vienne , Cavalerie ,,
une Brigade dans les Gardes du Corps.
Sa Majefté a difpofé de la Lieutenance de Roi
du Château de la Baftille en faveur du Chevalier
de Jumillac , Capitaine de Cavalerie au Régie
ment dé Royal-Etranger.
L'Abbé de Foy a eu l'honneur de préſenter
an Roi un Effai d'une notice des Diplômes & dés
Chartes qui ont rapport à l'Hiftoire Civile & Eccléfiaftique
de ce Royaume.
Le Comte de Merle , nommé Ambaſſadeur du
Roi en Portugal , a pris congé de Leurs Majeftés
& de la Famille Royale , pour ſe rendre à
fa deftinations:
Le Maréchal Duc de Noailles s'étant démis de
la Charge de Capitaine de la premiere Compagnie
des Gardes-du- Corps ; & le Duc d'Ayen en
ayant été revêtu , Sa Majefté , en confidération
des anciens & importans fervices du Maréchal
de Noailles & de fa Maiſon , a donné au Comte
d'Ayen la furvivance de cette Charge , poffédée
fans interruption par fes Ancêtres depuis fon
Trifayeul.
Le 3 de ce mois , la Ducheffe de Choifeul prit
le Tabouret chez la Reine.
-Le 7 , le Roi fit la Cérémonie de recevoir Chevaliers
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis,
le Prince de Condé & le Comte de la Marche , le
Duc de Montmorency , Brigadier & Colonel du
Régiment de Tourraine , les Marquis de Marbec
& de Vaftan ; celui - ci Colonel du Régiment de
fon nom , le Duc de Mazarin Colonel du Régiment
368 MERCURE DE FRANCE.
de fon nom , le Prince de Chimay , Colonel dans
les Grenadiers Royaux, les Marquis de Chaumont
Bernage , Colonel du Régiment de Forez de Balincourt
, du Cambout de Coaflife , le Comte de
Danois , le Marquis de Beuvron , Brigadier &
Meftre de Camp de Cavalerie , les fieurs Thomas
de Domangeville & Patricewal , les Marquis de
Marbeuf, Colonel d'un Régiment de Dragons de
fon nom ; & de Lire , Capitaine de Cavalerie dans
le Régiment de Dampierre.
Du 18.
>
Le 12 , le Roi tint le Sceau pour la quarante
deuxième fois.
Monfeigneur le Duc de Bourgogne ayant defiré
de voir la cérémonie du facre d'un Evêque ,
l'ancien Evêque de Limoges facra lei . dans
la Chapelle du Roi , le nouvel Evêque de Limoges.
Il eut pour affiftants les Evêques de Poitiers &
d'Evreux. Onze Archevêques & Evêques furent
préfents à cette cérémonie. La Reine y affifta ,
accompagnée de Monfeigneur le Dauphin , de
de Madame la Dauphine , de Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , de Madame Infante , de:
Madame , & de Mefdames.
C'eft pour la premiere fois qu'un Evêque a été
facré dans la Chapelle du Roi de Verſailles. Le
célébre Maffillon le fut dans la Chapelle des
Thuilleries , en préfence du Roi , par l'Evêque de
Fréjus.
Le Lundi 15 , la Reine fut faignée par précau
tion & Sa Majesté fut purgée le Mercredi 17 .
Ce même jour les Evêques de Troyes & de
Limoges prêterent ferment entre les mains du
Roi.
Le 16, Sa Majesté déclara publiquement le Mariage
du Comte de la Marche avec la Princeffe
Fortunée Marie d'Eft , fille du Duc de Modene
FEVRIER. 1759. 209
Le Roi ayant accordé au Marquis de Gefvres
lês honneurs de la Cour , la Marquise de Gefvres .
a été préfentée à Leurs Majeftés, & a pris letabou
tet chez la Reine .
Le 17 , le Comte d'Ayen prêta ferment entre
les mains du Roi , pour la ſurvivance de la Char
ge de Capitaine de la premiere Compagnie des
Gardes du Corps..
Sa Majesté a fait Lieutenans- Généraux de fes "
armées , le 18 Décembre dernier , les Marquis
de la Sône & du Barail , le Comte de Vogué, &
le Marquis de Caftries.
Le Roi a accordé au Chevalier de Rochefort ,
Gapitaine au Régiment de Vienne , Cavalerie ,,
une Brigade dans les Gardes du Corps.
Sa Majefté a difpofé de la Lieutenance de Roi
du Château de la Baftille en faveur du Chevalier
de Jumillac , Capitaine de Cavalerie au Régie
ment dé Royal-Etranger.
L'Abbé de Foy a eu l'honneur de préſenter
an Roi un Effai d'une notice des Diplômes & dés
Chartes qui ont rapport à l'Hiftoire Civile & Eccléfiaftique
de ce Royaume.
Le Comte de Merle , nommé Ambaſſadeur du
Roi en Portugal , a pris congé de Leurs Majeftés
& de la Famille Royale , pour ſe rendre à
fa deftinations:
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Résumé : De Versailles, le 11 Janvier.
Le 11 janvier, le Maréchal Duc de Noailles a démissionné de sa charge de Capitaine de la première Compagnie des Gardes-du-Corps, remplacée par le Duc d'Ayen. Le Roi a accordé au Comte d'Ayen la survivance de cette charge, détenue par ses ancêtres depuis son trisaïeul. Le 3 janvier, la Duchesse de Choiseul a pris le tabouret chez la Reine. Le 7 janvier, plusieurs personnalités ont été nommées Chevaliers de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, dont le Prince de Condé et le Duc de Mazarin. Le 12 janvier, le Roi a tenu le Sceau pour la quarante-deuxième fois et a assisté au sacre d'un évêque. Le 15 janvier, la Reine a été saignée par précaution et le Roi purgé le 17 janvier. Ce même jour, les évêques de Troyes et de Limoges ont prêté serment au Roi. Le 16 janvier, le Roi a déclaré publiquement le mariage du Comte de la Marche avec la Princesse Fortunée Marie d'Este. Le Roi a accordé des honneurs de la Cour au Marquis de Gesvres et nommé plusieurs Lieutenants-Généraux des armées, dont le Marquis de Castries. Le Comte de Merle, nommé Ambassadeur du Roi en Portugal, a pris congé de la famille royale.
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21
p. 208
DE VERSAILLES, le 28 Juin.
Début :
Le 22 l'Archevêque d'Alby prêta serment entre les mains du Roi. [...]
Mots clefs :
Archevêque, Serment, Nominations, Colonel, Comte, Commandement, Lettre de noblesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 28 Juin.
DE VERSAILLES , le 28 Juin.
LE 22 l'Archevêque d'Alby prèia ſerment entre
les mains du Roi.
Le même jour Sa Majesté tint le Sceau pour
la cinquante-deuxième fois.
Le Roi a donné une place de Colonel dant les
Grenadiers de France au Comte de Chabannes ,
ci-devant Enfeigne de vaiffeau & fervant actuellement
en qualité de Volontaire dans le Régiment
du Comte de Talleyrand fon beau-frere.
>
Le 28 la Cour a pris le deuil pour quatre
jours , à l'occafion de la mort de la Princeſſe
d'Anhalt-Zerbſt.
Dus Juillet.
Le Roi a donné au Comte de Raymond , Ma-:
réchal- de- Camp , le commandement de la Province
d'Angoumois.
Sa Majefté a accordé des Lettres de Nobleffe
au fieur Ratte , ci-devant chargé des affaires da
Roi à la Cour de Vienne , en récompenfe de les
fervices.
Dans le dernier Mercure il s'eft gliffé une erreur
de la Gazette , où en parlant du Marquis de
Paulmy , il y eft dit ci-devant Miniftre & Secre
taire d'Etat , il falloit mettre Miniftre , & cia
devant Secrétaire d'Etat.
LE 22 l'Archevêque d'Alby prèia ſerment entre
les mains du Roi.
Le même jour Sa Majesté tint le Sceau pour
la cinquante-deuxième fois.
Le Roi a donné une place de Colonel dant les
Grenadiers de France au Comte de Chabannes ,
ci-devant Enfeigne de vaiffeau & fervant actuellement
en qualité de Volontaire dans le Régiment
du Comte de Talleyrand fon beau-frere.
>
Le 28 la Cour a pris le deuil pour quatre
jours , à l'occafion de la mort de la Princeſſe
d'Anhalt-Zerbſt.
Dus Juillet.
Le Roi a donné au Comte de Raymond , Ma-:
réchal- de- Camp , le commandement de la Province
d'Angoumois.
Sa Majefté a accordé des Lettres de Nobleffe
au fieur Ratte , ci-devant chargé des affaires da
Roi à la Cour de Vienne , en récompenfe de les
fervices.
Dans le dernier Mercure il s'eft gliffé une erreur
de la Gazette , où en parlant du Marquis de
Paulmy , il y eft dit ci-devant Miniftre & Secre
taire d'Etat , il falloit mettre Miniftre , & cia
devant Secrétaire d'Etat.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 28 Juin.
Le 22 juin, l'Archevêque d'Alby a prêté serment devant le Roi, qui a également scellé un document pour la cinquante-deuxième fois. Le Roi a nommé le Comte de Chabannes Colonel des Grenadiers de France, alors qu'il servait comme Volontaire dans le Régiment du Comte de Talleyrand, son beau-frère. Le 28 juin, la Cour a observé un deuil de quatre jours suite au décès de la Princesse d'Anhalt-Zerbst. Le 2 juillet, le Roi a confié au Comte de Raymond, Maréchal de Camp, le commandement de la Province d'Angoumois. De plus, Sa Majesté a accordé des Lettres de Noblesse à M. Ratte, ancien représentant du Roi à la Cour de Vienne, en reconnaissance de ses services. Une erreur a été corrigée dans le dernier Mercure concernant le Marquis de Paulmy, qui doit être désigné comme Ministre et ancien Secrétaire d'État.
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22
p. 200
DE VERSAILLES, le 12 Juillet.
Début :
Le 8 de ce mois le Chevalier de Floriac, Exempt des Gardes du Corps, [...]
Mots clefs :
Chevalier, Serment, Sceaux, Archevêque, Nominations, Ministre d'État, Conseil, Sa Majesté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 12 Juillet.
E VERSAILLES , le 12 Juillet.
LES
*
E 8 de ce mois , le Chevalier de Floriac,
Exempt des Gardes du Corps , prêta ferment en-
tre les mains du Roi pour le Gouvernement de
la Haute & Bafle Marche.
Le 9 Sa Majesté tint le Sceau.
Le
10
,
l'Archevêque
de
Rouen
prêta
ferment
entre
les
mains du Roi
,
Du
19
.
Le Roi a nommé Miniftre d'Etat le fieur de
Silhouette , Contrôleur- général de fes finances ,
qui a pris en cette qualité téance au Confeil de Sa
Majefté le 18 de ce mois.
LES
*
E 8 de ce mois , le Chevalier de Floriac,
Exempt des Gardes du Corps , prêta ferment en-
tre les mains du Roi pour le Gouvernement de
la Haute & Bafle Marche.
Le 9 Sa Majesté tint le Sceau.
Le
10
,
l'Archevêque
de
Rouen
prêta
ferment
entre
les
mains du Roi
,
Du
19
.
Le Roi a nommé Miniftre d'Etat le fieur de
Silhouette , Contrôleur- général de fes finances ,
qui a pris en cette qualité téance au Confeil de Sa
Majefté le 18 de ce mois.
Fermer
23
p. 207-210
De VERSAILLES, le 14 Août.
Début :
Le 20 du mois dernier, l'Archevêque de Narbonne prêta serment entre les mains du Roi [...]
Mots clefs :
Archevêque, Serment, Intendant, Ambassadeur de Venise, Audience, Capitaine, Comte, Duc, Sceau, Ambassadeur extraordinaire, Abbaye, Ordre, Diocèse, Abbé, Vicaire, Église, Nominations, Famille royale
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 14 Août.
De VERSAILLES , le 14 Août.
E 20 du mois dernier , l'Archevêque de Narbonne
prêta ferment entre les mains du Roi pour
la Charge de Grand Aumônier.
Le fieur de Berulle , ci devant Intendant de
Moulins , prêta auffi ferment , le même jour ,
pour la place de Premier Préſident du Parlement
de Grenoble.
Le 22 , le fieur Tiepolo , Ambaſſadeur de la
République de Venife , qui avoit eu audience de
Sa Majefté , le 22 Juin , n'ayant pu être admis ,
le même jour , à celle de Madame Victoire , qui
étoit indifpofée , eut audience de cette Princeſſe.
208 MERCURE DE FRANCE.
Il y fut conduit par le fieur de la Live , Intro
ducteur des Ambaffadeurs .
Le Roi a fait préfent d'une épée au Capitaine
Bernard de Paimpol , en confidération de fes actions
diftinguées fur mer .
Sa Majefté a accordé au Comte de Rannes ,
Gouverneur des Ville & Château d'Alençon , des
Lettres de commandement dans la Ville & le
Château
Le 17 du même mois dernier , le Roi a donné
au Duc de Choifeul , Miniftre & Secrétaire d'Etat
au département des Affaires Etrangeres , le
Gouvernement de Tourdine , vacant par la mort
du Comte de Charolois.
Le 29 , Sa Majesté tint le Sceau .
Le même jour , Don Jaime Maffones de Lima,
Ambaffadeur Extraordinaire du Roi d'Espagne ,
eut une audience particuliere du Roi , dans laquelle
il préfenta à Sa Majefté le Comte de
Aranda , Grand d'Espagne , & Ambaſſadeur Extraordinaire
du Roi fon Maître , auprès du Roi
de Pologne , Electeur de Saxe . Don Jaime Ma
fones de Lima , fut conduit à cette audience ,
ainfi qu'à celle de la Reine & de toute la Famille
Royale , par le fieur de la Live , Introducteur
des Ambaffadeurs.
Le Roi a donné l'Abbaye de Chambre- Fontaine,
Ordre de Prémontré , Diocèle de Meaux , à
l'Abbé de Grimaldi , Grand- Vicaire de Rouen ;
Celle de Saint Acheuil , Ordre de Saint Auguflin
, Diocèle d'Amiens , à l'Abbé le Gros ,
Chanoine de la fainte Chapelle de Paris ;
Celle de Notre Dame des Alleuds , Ordre de
Saint Benoit , Diocèle de Poitiers , à l'Abbé de
Graves , Grand Vicaire de Saintes ;
Celle de Chante- Merle , Ordre de Saint Auguftin
, Diocèfe de Troyes , à l'Abbé de Cicé ,
Vicaire Général du même Diocèle.
SEPTEMBRE. 1760. 209
Celle de Vierzon , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèle de Bourges , à l'Abbé le Corgne de Launay
, Docteur de Sorbonne ;
Cele de Saint Symphorien , lès - Bauvais , Ordre
de Saint Benoît , à l'Abbé de Gauville , Grand
Vicaire d'Evreux ;
Celle de la Mercy - Dieu , Ordre de Citeaux ,
Diocèle de Poitiers , à l'Abbé de Jons , Grand
Vicaire de Couzerans ;
Celle de Celle -Frouin , O dre de Saint Auguf
tin , Diocèle d'Angoulême , à l'Abbé de Montgazin
de Mérie , Grand Vicaire de Boulogne ;
Celle de Bourfas , Ordre de Citeaux , Diocèle
d'Auxerre , à l'Abbé d'Ailly de faint Vidal , Chanoine
d'Ainay , à Lyon ;
Celle de Pleine- Selve , Ordre de Prémontré ,
Diocèle de Eo deaux à l'Abbé de Blanquefort ,
Grand Vicaire de Carcaflonne ;
Le Prieuré de Boulogne , Ordre de Prémontré
, Diocèle de Blois , à l'Abbé de Broves , Grand
Vicaire de Fréjus ;
Le Doyenné de Vezelay , Diocèle d'Autun , à
l'Abbé de Phalles ;
Et la Prevôté de l'Eglife Métropole de Lyon ,
à l'Abbé de Ciuni , Comte de Lyon , Aumônier
de Sa Ma efté.
Le ro de ce mois , Don Jaime Maffones de
Lina , eat une audience particuliere du Roi ,
dans laquelle il préfenta à Sa Majesté le Comte
d'Aranda , qui prit congé de Sa Majefté , pour
fe rendre auprès du Roi de Pologne , Electeur
de Saxe. Don Jaime Maffones de Lima fut conduit
à cette audience , ainfi qu'à celle de la Rei
ne , de Monfeigneur le Dauphin , de Madame
la Dauphine , de Monfeigneur le Duc de Bourgogne
, de Monfeignear le Duc de Berry , de
Monfeigneur le Comte de Provence , de Mon210
MERCURE DE FRANCE.
feigneur le Comte d'Artois , de Madame Adé
laide , & de Mefdames Victoire , Sophie & Louife
, par le fieur de la Live , Introducteur des
Ambaffadeurs.
E 20 du mois dernier , l'Archevêque de Narbonne
prêta ferment entre les mains du Roi pour
la Charge de Grand Aumônier.
Le fieur de Berulle , ci devant Intendant de
Moulins , prêta auffi ferment , le même jour ,
pour la place de Premier Préſident du Parlement
de Grenoble.
Le 22 , le fieur Tiepolo , Ambaſſadeur de la
République de Venife , qui avoit eu audience de
Sa Majefté , le 22 Juin , n'ayant pu être admis ,
le même jour , à celle de Madame Victoire , qui
étoit indifpofée , eut audience de cette Princeſſe.
208 MERCURE DE FRANCE.
Il y fut conduit par le fieur de la Live , Intro
ducteur des Ambaffadeurs .
Le Roi a fait préfent d'une épée au Capitaine
Bernard de Paimpol , en confidération de fes actions
diftinguées fur mer .
Sa Majefté a accordé au Comte de Rannes ,
Gouverneur des Ville & Château d'Alençon , des
Lettres de commandement dans la Ville & le
Château
Le 17 du même mois dernier , le Roi a donné
au Duc de Choifeul , Miniftre & Secrétaire d'Etat
au département des Affaires Etrangeres , le
Gouvernement de Tourdine , vacant par la mort
du Comte de Charolois.
Le 29 , Sa Majesté tint le Sceau .
Le même jour , Don Jaime Maffones de Lima,
Ambaffadeur Extraordinaire du Roi d'Espagne ,
eut une audience particuliere du Roi , dans laquelle
il préfenta à Sa Majefté le Comte de
Aranda , Grand d'Espagne , & Ambaſſadeur Extraordinaire
du Roi fon Maître , auprès du Roi
de Pologne , Electeur de Saxe . Don Jaime Ma
fones de Lima , fut conduit à cette audience ,
ainfi qu'à celle de la Reine & de toute la Famille
Royale , par le fieur de la Live , Introducteur
des Ambaffadeurs.
Le Roi a donné l'Abbaye de Chambre- Fontaine,
Ordre de Prémontré , Diocèle de Meaux , à
l'Abbé de Grimaldi , Grand- Vicaire de Rouen ;
Celle de Saint Acheuil , Ordre de Saint Auguflin
, Diocèle d'Amiens , à l'Abbé le Gros ,
Chanoine de la fainte Chapelle de Paris ;
Celle de Notre Dame des Alleuds , Ordre de
Saint Benoit , Diocèle de Poitiers , à l'Abbé de
Graves , Grand Vicaire de Saintes ;
Celle de Chante- Merle , Ordre de Saint Auguftin
, Diocèfe de Troyes , à l'Abbé de Cicé ,
Vicaire Général du même Diocèle.
SEPTEMBRE. 1760. 209
Celle de Vierzon , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèle de Bourges , à l'Abbé le Corgne de Launay
, Docteur de Sorbonne ;
Cele de Saint Symphorien , lès - Bauvais , Ordre
de Saint Benoît , à l'Abbé de Gauville , Grand
Vicaire d'Evreux ;
Celle de la Mercy - Dieu , Ordre de Citeaux ,
Diocèle de Poitiers , à l'Abbé de Jons , Grand
Vicaire de Couzerans ;
Celle de Celle -Frouin , O dre de Saint Auguf
tin , Diocèle d'Angoulême , à l'Abbé de Montgazin
de Mérie , Grand Vicaire de Boulogne ;
Celle de Bourfas , Ordre de Citeaux , Diocèle
d'Auxerre , à l'Abbé d'Ailly de faint Vidal , Chanoine
d'Ainay , à Lyon ;
Celle de Pleine- Selve , Ordre de Prémontré ,
Diocèle de Eo deaux à l'Abbé de Blanquefort ,
Grand Vicaire de Carcaflonne ;
Le Prieuré de Boulogne , Ordre de Prémontré
, Diocèle de Blois , à l'Abbé de Broves , Grand
Vicaire de Fréjus ;
Le Doyenné de Vezelay , Diocèle d'Autun , à
l'Abbé de Phalles ;
Et la Prevôté de l'Eglife Métropole de Lyon ,
à l'Abbé de Ciuni , Comte de Lyon , Aumônier
de Sa Ma efté.
Le ro de ce mois , Don Jaime Maffones de
Lina , eat une audience particuliere du Roi ,
dans laquelle il préfenta à Sa Majesté le Comte
d'Aranda , qui prit congé de Sa Majefté , pour
fe rendre auprès du Roi de Pologne , Electeur
de Saxe. Don Jaime Maffones de Lima fut conduit
à cette audience , ainfi qu'à celle de la Rei
ne , de Monfeigneur le Dauphin , de Madame
la Dauphine , de Monfeigneur le Duc de Bourgogne
, de Monfeignear le Duc de Berry , de
Monfeigneur le Comte de Provence , de Mon210
MERCURE DE FRANCE.
feigneur le Comte d'Artois , de Madame Adé
laide , & de Mefdames Victoire , Sophie & Louife
, par le fieur de la Live , Introducteur des
Ambaffadeurs.
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Résumé : De VERSAILLES, le 14 Août.
En juillet, plusieurs nominations et audiences eurent lieu à la cour. Le 20 juillet, l'Archevêque de Narbonne devint Grand Aumônier du Roi et le sieur de Bérulle fut nommé Premier Président du Parlement de Grenoble. Le 22 juillet, l'Ambassadeur de Venise, le sieur Tiepolo, fut reçu par le Roi et Madame Victoire, accompagné par le sieur de la Live. Le Roi décerna une épée au Capitaine Bernard de Paimpol pour ses actions en mer et accorda des lettres de commandement au Comte de Rannes pour Alençon. Le 17 juillet, le Duc de Choiseul reçut le gouvernement de Tourdine. Le 29 juillet, le Roi tint le Sceau et reçut Don Jaime Massones de Lima, Ambassadeur Extraordinaire du Roi d'Espagne, qui présenta le Comte d'Aranda, Ambassadeur auprès du Roi de Pologne. Le Roi attribua diverses abbayes et prieurés à des abbés et vicaires généraux. Le 10 septembre, Don Jaime Massones de Lima présenta à nouveau le Comte d'Aranda, qui prit congé pour se rendre auprès du Roi de Pologne, en présence de la famille royale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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24
p. 193-199
Du 10 Janvier 1763.
Début :
Le 30 du mois dernier, les Feuillans de la rue S. Honoré célébrérent dans leur Eglise un Service [...]
Mots clefs :
Feuillants, Loterie de l'école royale militaire, Serment, Régiments, Bataillons, Officiers réformés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du 10 Janvier 1763.
Du 10 Janvier 17636
Le 30 du mois derniet , les Feuillans de la rue
S. Honoré célébrérent dans leur Eglife un Service
folemnel pour les Officiers & Soldats morts
dans les troupes du Roi pendant la dernierecampagne.
Les , on a tiré la Loterie de l'Ecole Royale
Militaire ; les Numéros fortis de la roue de Forsune
font, 69 , 89 , 66 , 82 20. Le prochain
tirage fe fera les Février.
Il paroît une Ordonnance du 10 Décembre
1762 , concernant l'Infanterie Françoife : les difpofitions
qu'elle renferme meritent qu'on entre
dans les détails .
D'après cette Ordonnance , douze Régimens
feront confervés à quatre bataillons : fept Régi
mensferont portés à quatre batallions , au moye
de fept Régimens qui y feront incorporés : ving
deux Régimens feront confervés à deux bataillo
& un à un bataillon : dix-fept Régimens de de
bataillons , & fix d'un bataillon , feront affe
au fervice de la Marine : Sa Majeſté , pour
II. Vol. I
a
194 MERCURE
DE FRANCE
.
la connoiffance & la mémoire des actions des
Régimens de fon Infanterie veut qu'à l'avenir
ils portent tous des noms de Provinces ; les Régimens
qui changeront de noms conferveront le
rang dont ils jouillent actuellement dans l'Infanterie
: les Régimens affectés au fervice de la Marine
conferveront auffi leur rang & leur fervice
dans l'Infanterie & dans les circonstances où
ces Régimens ne feroient utiles ni dans les Colonies
ni dans les Ports , ils feront employés dans
les Armées comme les autres Régimens , qui pareillement
ferviront aux Colonies , lorfque ceux
que S. M. y deftine particuliérement n'y fuffiront
pas. Chacune des Compagnies de Grenadiers fera
foit en temps de paix , foit en temps de guerre ,
commandée par un Capitaine , un Lieutenant &
un Sous Lieutenant , & compofée de deux Sergens
, d'un Fourrier , de quatre Caporaux , quatre
Appointés , ( place créée dans la préfente Ordonnance
pour être fubftituée à celle d'Anfpellade
qui fera fupprimée ) de quarante Grenadiers , &
d'un Tambour : les compagnies de Fufiliers feront
, en tout temps , commandées par un Capi-
' taine , un Lieutenant & un Sous-Lieutenant ,
compolées en temps de paix de quatre Sergens
d'un Fourrier de bruit Caporaux , huit Appointés,
quarante Fufiliers & de deur Tambours . Sa Majefté
le réserve de choisir & de nommer à l'avenir
les Lieutenans - Colonels & les Majors . La charge
de ces derniers qui , dorénavant , auront fur les
Capitaines Fautorité dont ils ont befoin pour rem
plir leurs fonctions , fera dans tous les Régimeas
d'Infanterie un grade fupérieur à celui de Capitaine
, & conduira immédiatement au grade de Lieutenant Colonel ou de Colonel : ilfera établi
une caiffe , où tout l'argent de la folde & de la
&
BOJANVIER. 1763. 195
maſſe , ou de toute autre pattie qui appartiendra
à chaque Régiment , fera enfermé, & l'on crée un
Tréforier qui en aura la régie , fubordonnément
aw Colonel & au Major , fous les ordres du Secrétaire
d'Etat ayant le Département de la Guerre.
Le terme des engagemens fera fixé à l'avenir à
huit années au lieu de fix ; les hautes - paies ne
rengageront point , & les congés feront donnés à
leur expiration . S. M. donnera les ordres pour
faire délivrer dès- a - préfent le congé abfolu aux
quatre plus anciens Soldats de chaque Compagnie
dont les engagemens font expirés , les Soldats
qui auront contracté un fecond engagement , &
qui voudront enfuite fe retirer chez eux & non
ailleurs , y toucheront la moitié de leur folde , &
S. M. leur fera délivrer tous les huit ans un habit
del'uniforme du Régiment dans lequel ils auront
fervi : quant à ceux qui auront contracté on troifiéme
engagement , ils auront le choix ou d'être
reçus à l'Hôtel des Invalides , ou de fe retirer chez
eux avec leur folde entiere , & S M. leur fera déhvter
tous les fix ans un habit de l'uniforme du
Régiment dans lequel ils auront fervi : il y aura
dorénavant une paie de paix & une paie de guerre.
On affigne au Colonel , outre fes appointemens
de Capitaine , 3ooo livres par an , en temps de
paix , & 3600 livres en temps de guerre , au
Lieutenant-Colonel , outre fes appointemens de
Capitaine , 2000 livres en paix , & 3000 livres en
guerre à chaque Major des Régimens de quatre
bataillons , oco liv . en paix , & 4500 livres en
guerre : à chaque Major des Régimens de deux &
d'un bataillon , 2880 livres en paix , & 4000 liv .
en guerre : au Commandant de bataillon qui fera
créé pendant la guerre , 4000 livrés à chaque
Aide-Major , avec commiffion de ' Capitaine ,
:
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
froo liv, en paix , & 2400 liv. en guerre : à chaque
Aide- Major fans commillion de Capitaine
900 livres en paix , & 1800 liv. en guerres à cha
que Sous- Aide-Major , 600 liv. en paix , & Dea
liv. en guerre au Quartier- Maître 1, 554490 livres
en paix , & 80 livres en guerre à chaque Porte-
Drapeau , 450 liv . en paix, & 600 liv. en guerre i
au Tréforier d'un Régiment de quatre bataillons ,
1000 livres en paix , & 3000 livres en guerres;
au Tréforier d'un Régiment de deur & d'un ba¬
raillon , 1200 livres en paix , & 2009 livres en
guerre: au Tambour-Major, as livres en tout
temps à l'Aumônier , soo livres en paix , &
726 livres en guerre , au Chirurgien , foo divres
en paix , & 720 livres en guerre. Dans les com→
pagnies de Grenadiers , à chaque Capitaine , 2008
fivres en paix & 3000 livres en guerre ; au Lieu-*
renant , 900 livres en paix , & 1200 livres en
guerres au Sous Lieutenant , 600 livres en pain
& 900 livres en guerre ; à chaque Sergent , 232:
livres en paix & 228 livres en guerre , au Fourrier
, 189 livres en paix & 186 enguerre
chaque Caporal , 156 livres en paix & 161 en
guerres à chaque Appointé , 138 livres en paix ,
& 144 livres en guerre ; à chaque Grenadier &
Tambour , 110 livres en paix , & 126 livres en
guerre. Dans les compagnies de Fusiliers
Capitaine , 1500 livres en paix , & 2400 livres
en guerre au Lieutenant, 600 livres en paix &
1000 livres en guerre , au Sous Lieutenant , 140
livrés en paix , & 800 livres en guerre ; à chaque
Sergent , 204 livres en paix , & 210 livres en
guerre ; au Fourrier , 162 livres en paix , & 168
en guerre , à chaque Caporal, 138 livres en paix,
& 144 en guerre ; à chaque Appointé , 110 live
en paix & 126 en guerres à chaque Fufilier &
yan
1
JANVIER. 1763. 197
Tambour , 102 livres en paix , & 108 livres en
guerre. Lorsque les Régimens deftinés aux Colonics
auront ordre d'y paffer , en temps de paix ,
ils toucheront la moitié en fus defdits appointe
meris & folde du jour de leur embarquement
jufqu'au jour de tear débarquement à leur retour
en France ; & lorsqu'ils s'embarquerent pour les
Colonies , en temps de guerre , ils toucheront les
appointemens & folde réglés pour le temps de
guerre , & la moitié en fus deldits appointemens
& folde , dujour de leur embarquementjufqu'au
jour de leur débarquement à leur retour en
France: its recevront trois mois d'avance lorfqu'ils
s'embarquerent , indépendamment de la
fubfiftance , fur les Vaiffeaux : Sa Majefté fe
charge à l'avenir des recrues , des armemens
& défend aux Officiers de donner des congés
abfolus : quoique les Capitaines ne foient plus
chargés ni des recrues , ni de l'entretien de leur
troupe , ils feront néanmoins obligés de veiller
au bien-être des Soldats , fous peine de punition:
les Officiers ne pourront s'abfenter qu'en s'engageant
faire deux hommes de recrue au-deffus
de cinq pieds deux pouces : dorénavant tous les
Régimens de l'Infanterie Françoile , à la réſerve
de celui des Gardes- Lorraines , feront habillés
de blanc , avec des marques diftinctives pour
chacun. Il fera fait une revue exacte d'inſpection
& de fubfiftance defdits Régimens. Les Soldats
réformés feront partagés en plufieurs claffes pour
être conduits par étape jufqu'à la premiere Ville
de leur Province , par des Officiers choifis à cet
effer & chargés de leurs congés . Les congés ne
feront délivrés à aucun defdirs Soldats que lorf
qu'ils feront rendus dans l'endroit de leur réli-'
dence. Les Officiers conducteurs auront une gra-
"
I
iij
198 MERCURE DE FRANCE.
tification de cent cinquante livres. Il fera donné à
chacun des Soldats réformés un habit , un chapeau
& trois livres. Il leur eft défendu de s'écarter de
leur route, & il eft enjoint aux Prévôts des Ma “
réchauffées d'y veiller , & d'empêcher toute ef
péce de défordre parmi eux. Leurs armemens
feront remis aux magafins du Roi. Les Colonels
jouiront de quinze cens livres de penfion for le
Tréfor Royal , jufqu'à ce qu'ils foient remplacés.
S. M. donnera de plus fes ordres pour leur faire
rembourfer le prix de leurs Régimens , s'ils l'ont
payé , fur le pied qu'elle a fixé. Tous les autres
Officiers réformés jouiront en penfion fur le Tréfor
Royal ; favoir , les Lieutenans Colonels , de
douze cens livres ; les Capitaines de Fufiliers qui
auront vingt ans de fervice de quatre cens livres ;
ceux qui n'auront pas vingt ans de fervice de trois
cens livres feulement ; voulant au furplus S. M.
que lefdites penfions ne foient payées qu'à ceux
defdits Officiers' qui fe retireront chez eux & nom
ailleurs , & qui s'y employeront a la levée du ba
ta llon de recrue qui y fera affemble. A l'égard
des Lieutenans ou Enfeignes qui feront réfor
més , S. M. entend qu'ils fe retirent dans leurs
Provinces pour y remplir les emplois qu'Elle
leur deftine ; le réfervant de leur faire connoître
fes intentions fur cet objet lorſqu'on lui aura rendu
compte de leurs fervices & de leurs talens .
Ceux des Lieutenans ou Enfeignes réformés qui
feront fortis de l'Ecole Militaire, feront remplacés
par préférence à tous nouveaux Sujets ; & en
attendant , ils jouiront chez eux de deux cens liv.
d'appointemens .
Cette Ordonnance eft terminée par un état
arrêté par le Roi de l'uniforme qui a été ré-,
glé pour l'habillement & équipement de chaque
Régiment d'Infanterie Françoile.
JANVIER. 1763 . 199
Tl vient de paroître encore fix autres Ordonnances
du Roi. Par la premiere datée du 20 Novembre
1762 , Sa Majefté licentie les Compagnies
de Guides , de Brunelly & de Metzenius qui
fervoient à fon armée d'Allemagne. Par la feconde
datée du même jour , le Roi réforme la Compagnie
des Chaffeurs de Bon , ci- devant Monet.
La troifiéme , du 26 Novembre , porte amuiſtie
en faveur des Officiers Mariniers & Marelors déferteurs
du Service de S. M. La quatrième , du 1 .
Décembre , porte fuppreffion des quatre onces
dont la ration de pain de inunition avoit été
augmentée pendant la guerre pour toutes les
troupes de S. M. Par la cinquième , du 4 Décembre
, S. M. ayant reconnu que le nombre de
fes Ingénieurs ordinaires , fixé à 300 par les Ordonnances
antérieures , n'étoit pas fuffifant pour.
remplir fon fervice , en fixe pour l'avenir le
nombre à quatre cent qui porteront exclufivement
la dénomination d'Ingénieurs ordinaires du
Roi. La fixiéme du 20 Décembre concerne la
vente de chevaux , de canons & de pelottons ,
& la fuppreffion du fupplément de folde que S. M.
avoit accordé aux Sergens & Soldats Cannoniers
attachés au fervice des piéces de canon à la Suédoife
, établies dans les Régimens d'Infanterie
Françoile & Etrangere .
Le 30 du mois derniet , les Feuillans de la rue
S. Honoré célébrérent dans leur Eglife un Service
folemnel pour les Officiers & Soldats morts
dans les troupes du Roi pendant la dernierecampagne.
Les , on a tiré la Loterie de l'Ecole Royale
Militaire ; les Numéros fortis de la roue de Forsune
font, 69 , 89 , 66 , 82 20. Le prochain
tirage fe fera les Février.
Il paroît une Ordonnance du 10 Décembre
1762 , concernant l'Infanterie Françoife : les difpofitions
qu'elle renferme meritent qu'on entre
dans les détails .
D'après cette Ordonnance , douze Régimens
feront confervés à quatre bataillons : fept Régi
mensferont portés à quatre batallions , au moye
de fept Régimens qui y feront incorporés : ving
deux Régimens feront confervés à deux bataillo
& un à un bataillon : dix-fept Régimens de de
bataillons , & fix d'un bataillon , feront affe
au fervice de la Marine : Sa Majeſté , pour
II. Vol. I
a
194 MERCURE
DE FRANCE
.
la connoiffance & la mémoire des actions des
Régimens de fon Infanterie veut qu'à l'avenir
ils portent tous des noms de Provinces ; les Régimens
qui changeront de noms conferveront le
rang dont ils jouillent actuellement dans l'Infanterie
: les Régimens affectés au fervice de la Marine
conferveront auffi leur rang & leur fervice
dans l'Infanterie & dans les circonstances où
ces Régimens ne feroient utiles ni dans les Colonies
ni dans les Ports , ils feront employés dans
les Armées comme les autres Régimens , qui pareillement
ferviront aux Colonies , lorfque ceux
que S. M. y deftine particuliérement n'y fuffiront
pas. Chacune des Compagnies de Grenadiers fera
foit en temps de paix , foit en temps de guerre ,
commandée par un Capitaine , un Lieutenant &
un Sous Lieutenant , & compofée de deux Sergens
, d'un Fourrier , de quatre Caporaux , quatre
Appointés , ( place créée dans la préfente Ordonnance
pour être fubftituée à celle d'Anfpellade
qui fera fupprimée ) de quarante Grenadiers , &
d'un Tambour : les compagnies de Fufiliers feront
, en tout temps , commandées par un Capi-
' taine , un Lieutenant & un Sous-Lieutenant ,
compolées en temps de paix de quatre Sergens
d'un Fourrier de bruit Caporaux , huit Appointés,
quarante Fufiliers & de deur Tambours . Sa Majefté
le réserve de choisir & de nommer à l'avenir
les Lieutenans - Colonels & les Majors . La charge
de ces derniers qui , dorénavant , auront fur les
Capitaines Fautorité dont ils ont befoin pour rem
plir leurs fonctions , fera dans tous les Régimeas
d'Infanterie un grade fupérieur à celui de Capitaine
, & conduira immédiatement au grade de Lieutenant Colonel ou de Colonel : ilfera établi
une caiffe , où tout l'argent de la folde & de la
&
BOJANVIER. 1763. 195
maſſe , ou de toute autre pattie qui appartiendra
à chaque Régiment , fera enfermé, & l'on crée un
Tréforier qui en aura la régie , fubordonnément
aw Colonel & au Major , fous les ordres du Secrétaire
d'Etat ayant le Département de la Guerre.
Le terme des engagemens fera fixé à l'avenir à
huit années au lieu de fix ; les hautes - paies ne
rengageront point , & les congés feront donnés à
leur expiration . S. M. donnera les ordres pour
faire délivrer dès- a - préfent le congé abfolu aux
quatre plus anciens Soldats de chaque Compagnie
dont les engagemens font expirés , les Soldats
qui auront contracté un fecond engagement , &
qui voudront enfuite fe retirer chez eux & non
ailleurs , y toucheront la moitié de leur folde , &
S. M. leur fera délivrer tous les huit ans un habit
del'uniforme du Régiment dans lequel ils auront
fervi : quant à ceux qui auront contracté on troifiéme
engagement , ils auront le choix ou d'être
reçus à l'Hôtel des Invalides , ou de fe retirer chez
eux avec leur folde entiere , & S M. leur fera déhvter
tous les fix ans un habit de l'uniforme du
Régiment dans lequel ils auront fervi : il y aura
dorénavant une paie de paix & une paie de guerre.
On affigne au Colonel , outre fes appointemens
de Capitaine , 3ooo livres par an , en temps de
paix , & 3600 livres en temps de guerre , au
Lieutenant-Colonel , outre fes appointemens de
Capitaine , 2000 livres en paix , & 3000 livres en
guerre à chaque Major des Régimens de quatre
bataillons , oco liv . en paix , & 4500 livres en
guerre : à chaque Major des Régimens de deux &
d'un bataillon , 2880 livres en paix , & 4000 liv .
en guerre : au Commandant de bataillon qui fera
créé pendant la guerre , 4000 livrés à chaque
Aide-Major , avec commiffion de ' Capitaine ,
:
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
froo liv, en paix , & 2400 liv. en guerre : à chaque
Aide- Major fans commillion de Capitaine
900 livres en paix , & 1800 liv. en guerres à cha
que Sous- Aide-Major , 600 liv. en paix , & Dea
liv. en guerre au Quartier- Maître 1, 554490 livres
en paix , & 80 livres en guerre à chaque Porte-
Drapeau , 450 liv . en paix, & 600 liv. en guerre i
au Tréforier d'un Régiment de quatre bataillons ,
1000 livres en paix , & 3000 livres en guerres;
au Tréforier d'un Régiment de deur & d'un ba¬
raillon , 1200 livres en paix , & 2009 livres en
guerre: au Tambour-Major, as livres en tout
temps à l'Aumônier , soo livres en paix , &
726 livres en guerre , au Chirurgien , foo divres
en paix , & 720 livres en guerre. Dans les com→
pagnies de Grenadiers , à chaque Capitaine , 2008
fivres en paix & 3000 livres en guerre ; au Lieu-*
renant , 900 livres en paix , & 1200 livres en
guerres au Sous Lieutenant , 600 livres en pain
& 900 livres en guerre ; à chaque Sergent , 232:
livres en paix & 228 livres en guerre , au Fourrier
, 189 livres en paix & 186 enguerre
chaque Caporal , 156 livres en paix & 161 en
guerres à chaque Appointé , 138 livres en paix ,
& 144 livres en guerre ; à chaque Grenadier &
Tambour , 110 livres en paix , & 126 livres en
guerre. Dans les compagnies de Fusiliers
Capitaine , 1500 livres en paix , & 2400 livres
en guerre au Lieutenant, 600 livres en paix &
1000 livres en guerre , au Sous Lieutenant , 140
livrés en paix , & 800 livres en guerre ; à chaque
Sergent , 204 livres en paix , & 210 livres en
guerre ; au Fourrier , 162 livres en paix , & 168
en guerre , à chaque Caporal, 138 livres en paix,
& 144 en guerre ; à chaque Appointé , 110 live
en paix & 126 en guerres à chaque Fufilier &
yan
1
JANVIER. 1763. 197
Tambour , 102 livres en paix , & 108 livres en
guerre. Lorsque les Régimens deftinés aux Colonics
auront ordre d'y paffer , en temps de paix ,
ils toucheront la moitié en fus defdits appointe
meris & folde du jour de leur embarquement
jufqu'au jour de tear débarquement à leur retour
en France ; & lorsqu'ils s'embarquerent pour les
Colonies , en temps de guerre , ils toucheront les
appointemens & folde réglés pour le temps de
guerre , & la moitié en fus deldits appointemens
& folde , dujour de leur embarquementjufqu'au
jour de leur débarquement à leur retour en
France: its recevront trois mois d'avance lorfqu'ils
s'embarquerent , indépendamment de la
fubfiftance , fur les Vaiffeaux : Sa Majefté fe
charge à l'avenir des recrues , des armemens
& défend aux Officiers de donner des congés
abfolus : quoique les Capitaines ne foient plus
chargés ni des recrues , ni de l'entretien de leur
troupe , ils feront néanmoins obligés de veiller
au bien-être des Soldats , fous peine de punition:
les Officiers ne pourront s'abfenter qu'en s'engageant
faire deux hommes de recrue au-deffus
de cinq pieds deux pouces : dorénavant tous les
Régimens de l'Infanterie Françoile , à la réſerve
de celui des Gardes- Lorraines , feront habillés
de blanc , avec des marques diftinctives pour
chacun. Il fera fait une revue exacte d'inſpection
& de fubfiftance defdits Régimens. Les Soldats
réformés feront partagés en plufieurs claffes pour
être conduits par étape jufqu'à la premiere Ville
de leur Province , par des Officiers choifis à cet
effer & chargés de leurs congés . Les congés ne
feront délivrés à aucun defdirs Soldats que lorf
qu'ils feront rendus dans l'endroit de leur réli-'
dence. Les Officiers conducteurs auront une gra-
"
I
iij
198 MERCURE DE FRANCE.
tification de cent cinquante livres. Il fera donné à
chacun des Soldats réformés un habit , un chapeau
& trois livres. Il leur eft défendu de s'écarter de
leur route, & il eft enjoint aux Prévôts des Ma “
réchauffées d'y veiller , & d'empêcher toute ef
péce de défordre parmi eux. Leurs armemens
feront remis aux magafins du Roi. Les Colonels
jouiront de quinze cens livres de penfion for le
Tréfor Royal , jufqu'à ce qu'ils foient remplacés.
S. M. donnera de plus fes ordres pour leur faire
rembourfer le prix de leurs Régimens , s'ils l'ont
payé , fur le pied qu'elle a fixé. Tous les autres
Officiers réformés jouiront en penfion fur le Tréfor
Royal ; favoir , les Lieutenans Colonels , de
douze cens livres ; les Capitaines de Fufiliers qui
auront vingt ans de fervice de quatre cens livres ;
ceux qui n'auront pas vingt ans de fervice de trois
cens livres feulement ; voulant au furplus S. M.
que lefdites penfions ne foient payées qu'à ceux
defdits Officiers' qui fe retireront chez eux & nom
ailleurs , & qui s'y employeront a la levée du ba
ta llon de recrue qui y fera affemble. A l'égard
des Lieutenans ou Enfeignes qui feront réfor
més , S. M. entend qu'ils fe retirent dans leurs
Provinces pour y remplir les emplois qu'Elle
leur deftine ; le réfervant de leur faire connoître
fes intentions fur cet objet lorſqu'on lui aura rendu
compte de leurs fervices & de leurs talens .
Ceux des Lieutenans ou Enfeignes réformés qui
feront fortis de l'Ecole Militaire, feront remplacés
par préférence à tous nouveaux Sujets ; & en
attendant , ils jouiront chez eux de deux cens liv.
d'appointemens .
Cette Ordonnance eft terminée par un état
arrêté par le Roi de l'uniforme qui a été ré-,
glé pour l'habillement & équipement de chaque
Régiment d'Infanterie Françoile.
JANVIER. 1763 . 199
Tl vient de paroître encore fix autres Ordonnances
du Roi. Par la premiere datée du 20 Novembre
1762 , Sa Majefté licentie les Compagnies
de Guides , de Brunelly & de Metzenius qui
fervoient à fon armée d'Allemagne. Par la feconde
datée du même jour , le Roi réforme la Compagnie
des Chaffeurs de Bon , ci- devant Monet.
La troifiéme , du 26 Novembre , porte amuiſtie
en faveur des Officiers Mariniers & Marelors déferteurs
du Service de S. M. La quatrième , du 1 .
Décembre , porte fuppreffion des quatre onces
dont la ration de pain de inunition avoit été
augmentée pendant la guerre pour toutes les
troupes de S. M. Par la cinquième , du 4 Décembre
, S. M. ayant reconnu que le nombre de
fes Ingénieurs ordinaires , fixé à 300 par les Ordonnances
antérieures , n'étoit pas fuffifant pour.
remplir fon fervice , en fixe pour l'avenir le
nombre à quatre cent qui porteront exclufivement
la dénomination d'Ingénieurs ordinaires du
Roi. La fixiéme du 20 Décembre concerne la
vente de chevaux , de canons & de pelottons ,
& la fuppreffion du fupplément de folde que S. M.
avoit accordé aux Sergens & Soldats Cannoniers
attachés au fervice des piéces de canon à la Suédoife
, établies dans les Régimens d'Infanterie
Françoile & Etrangere .
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Résumé : Du 10 Janvier 1763.
Le 30 janvier 1763, les Feuillans de la rue Saint-Honoré ont organisé un service solennel en mémoire des officiers et soldats décédés lors de la dernière campagne. Le tirage de la loterie de l'École Royale Militaire a révélé les numéros 69, 89, 66, 82 et 20, avec le prochain tirage prévu pour février. Une ordonnance du 10 décembre 1762 réorganise l'infanterie française. Douze régiments seront maintenus à quatre bataillons, sept régiments passeront à quatre bataillons par incorporation de sept autres, et vingt-deux régiments seront conservés à deux bataillons, avec un régiment à un bataillon. Dix-sept régiments de deux bataillons et six d'un bataillon seront affectés au service de la Marine. Les régiments porteront désormais des noms de provinces et conserveront leur rang. Les régiments de la Marine conserveront également leur rang et pourront être utilisés dans les armées en cas de besoin. L'ordonnance précise la composition des compagnies de grenadiers et de fusiliers, avec des grades spécifiques et des soldes différenciées en temps de paix et de guerre. Les engagements des soldats sont fixés à huit ans, avec des congés accordés à l'expiration de cette période. Les soldats ayant contracté un second ou troisième engagement bénéficieront de diverses récompenses. Les soldes des officiers et sous-officiers sont détaillées, ainsi que les conditions de service pour les régiments destinés aux colonies. Les recrues, armements et congés sont désormais à la charge du roi. Les régiments de l'infanterie française seront habillés de blanc, avec des marques distinctives. Une revue d'inspection et de subsistance des régiments est prévue. Les soldats réformés seront conduits par étapes jusqu'à leur province d'origine, avec des congés et des habits fournis. Les officiers réformés recevront des pensions en fonction de leur ancienneté et de leur service. Les ordonnances supplémentaires concernent la licenciation de certaines compagnies, l'amnistie pour les déserteurs, la suppression de l'augmentation de la ration de pain, l'augmentation du nombre d'ingénieurs ordinaires, et la suppression du supplément de solde pour les canonniers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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25
p. *174-174
A Mad... L. D... De......
Début :
J'AI promis à mon Roi d'être son Chevalier, [...]
Mots clefs :
Chevalier, Serment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Mad... L. D... De......
A Mad... L. D ... De......
'AI promis à mon Roi d'être fon Chevalier ,
Et dès long- temps je fuis le vôtre ;
Par ce double ferment je viens de me lier.
Je fuis fûr & jamais je ne veux l'oublier ,
En fervant l'un , de plaire à l'autre.
Par unjeune Chevalier de l'Ordre de S. Louis.
'AI promis à mon Roi d'être fon Chevalier ,
Et dès long- temps je fuis le vôtre ;
Par ce double ferment je viens de me lier.
Je fuis fûr & jamais je ne veux l'oublier ,
En fervant l'un , de plaire à l'autre.
Par unjeune Chevalier de l'Ordre de S. Louis.
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26
p. 201-202
D'UTRECHT, le 11 Mars 1763.
Début :
Le Prince de Nassau est entré le 8 de ce mois dans sa seiziéme année, [...]
Mots clefs :
Prince de Nassau, Ministres, Anniversaire, Assemblée, États, Président, Serment, Stathouder, Alger, Esclaves chrétiens, Soulèvement
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texteReconnaissance textuelle : D'UTRECHT, le 11 Mars 1763.
D'UTRECHT, le 11 Mars 1763.
Le Prince de Naflau eft entré le 8 de ce mois
dans ſa ſeizième année , & à reçu à cette occafion
les complimens des Miniftres Etrangers , des
Membres du Gouvernement & de toutes les autres
perfonnes de diftinction . Le lendemain , il a été
introduit à l'affemblée des Etats- Généraux & au
Confeil d'Etat, fuivant le cérémonial établi . Deux
Députés , l'un de la Province de Zélande , l'autre
de la Province d'Utrecht , font allés prendre le
Prince , & l'ont conduit de l'appartement du Stathouder
dans la falle où s'affemblent les Etats- Généraux
. Le Préfident dès Etats lui a adreffé un
diſcours de félicitation , & lui a demandé s'il étoit
dilpolé à prêter ferment du fecret. Le Prince lui
répondit qu'il y étoit difpofé , & ayant prêté ce
ferment en mettant la main dans celle du Préfident
, il a été conduit par les deux Députés vers
le fiége deftiné pour les Stathouders , & fur le
quel il s'eft placé . Il a été enfuite introduit aue
Confeil d'Etat par trois autres députés qui , en
préfentant le Prince , ont déclaré qu'il avoit prêté
le ferment du fecret fuivant la forme ordinaire.
On mande d'Alger que les eíclaves Chrétiens ,
au nombre de plus de quatre mille , réduits au défefpoir
par les mauvais traitemens qu'on leur fait …..
éprouver , fe font foulevés le 13 Janvier , & on
Ly.
202 MERCURE DE FRANCE.
maffacrés ceux qui les gardoient : l'allarme s'eft
répandue dans la Ville , dont on a fait fermer les
portes , toutes les troupes ont pris les armes &
ont remis les esclaves à la chaîne. Il y a eu beaucoup
de fang répandu dans ce tumulte dont on
ignore les fuites.
Le Prince de Naflau eft entré le 8 de ce mois
dans ſa ſeizième année , & à reçu à cette occafion
les complimens des Miniftres Etrangers , des
Membres du Gouvernement & de toutes les autres
perfonnes de diftinction . Le lendemain , il a été
introduit à l'affemblée des Etats- Généraux & au
Confeil d'Etat, fuivant le cérémonial établi . Deux
Députés , l'un de la Province de Zélande , l'autre
de la Province d'Utrecht , font allés prendre le
Prince , & l'ont conduit de l'appartement du Stathouder
dans la falle où s'affemblent les Etats- Généraux
. Le Préfident dès Etats lui a adreffé un
diſcours de félicitation , & lui a demandé s'il étoit
dilpolé à prêter ferment du fecret. Le Prince lui
répondit qu'il y étoit difpofé , & ayant prêté ce
ferment en mettant la main dans celle du Préfident
, il a été conduit par les deux Députés vers
le fiége deftiné pour les Stathouders , & fur le
quel il s'eft placé . Il a été enfuite introduit aue
Confeil d'Etat par trois autres députés qui , en
préfentant le Prince , ont déclaré qu'il avoit prêté
le ferment du fecret fuivant la forme ordinaire.
On mande d'Alger que les eíclaves Chrétiens ,
au nombre de plus de quatre mille , réduits au défefpoir
par les mauvais traitemens qu'on leur fait …..
éprouver , fe font foulevés le 13 Janvier , & on
Ly.
202 MERCURE DE FRANCE.
maffacrés ceux qui les gardoient : l'allarme s'eft
répandue dans la Ville , dont on a fait fermer les
portes , toutes les troupes ont pris les armes &
ont remis les esclaves à la chaîne. Il y a eu beaucoup
de fang répandu dans ce tumulte dont on
ignore les fuites.
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Résumé : D'UTRECHT, le 11 Mars 1763.
Le 11 mars 1763, à Utrecht, le Prince de Naflau a fêté ses seize ans. Il a reçu les félicitations des ministres étrangers, des membres du gouvernement et des personnalités distinguées. Le lendemain, il a été introduit à l'assemblée des États-Généraux et au Conseil d'État selon le protocole. Deux députés, l'un de Zélande et l'autre d'Utrecht, l'ont conduit à la salle des États-Généraux, où le Président lui a adressé un discours de félicitation et lui a demandé de prêter serment de secret, ce qu'il a fait en mettant la main dans celle du Président. Ensuite, trois autres députés l'ont introduit au Conseil d'État, confirmant qu'il avait prêté serment. Par ailleurs, des nouvelles d'Alger rapportent qu'environ quatre mille esclaves chrétiens se sont révoltés le 13 janvier, massacrant leurs gardiens et provoquant une alarme dans la ville. Les autorités ont fermé les portes et mobilisé les troupes pour réprimer la révolte, causant de nombreux morts. Les causes de cette révolte restent inconnues.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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27
p. 184
De MARLY, le 18 Mai 1763.
Début :
Le 15, le Marquis de Sablé a prêté serment entre les mains de Sa Majesté, [...]
Mots clefs :
Marquis de Sablé, Serment, Capitaine, Majestés, Famille royale, Contrat de mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De MARLY, le 18 Mai 1763.
De MARLY , le 18 Mai 1763.
Le 15 , le Marquis de Sablé a prêté ferment
entre les mains de Sa Majeſté , pour la Charge
de Capitaine des Gardes de la Porte dont il a
la furvivance. Le même jour , Leurs Majeſtés
& la Famille - Royale ont figné le Contrat de
Mariage du fieur de Barentin & de Dile de
Maffon de Meflé .
Le 15 , le Marquis de Sablé a prêté ferment
entre les mains de Sa Majeſté , pour la Charge
de Capitaine des Gardes de la Porte dont il a
la furvivance. Le même jour , Leurs Majeſtés
& la Famille - Royale ont figné le Contrat de
Mariage du fieur de Barentin & de Dile de
Maffon de Meflé .
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28
p. 195-204
De VERSAILLES, le 22 Juin 1763.
Début :
Le Vendredi 27 du mois dernier, la Cour a pris un deuil de huit [...]
Mots clefs :
Cour, Deuil, Margrave, Chevaliers, Officiers, Audience, Prince, Comte, Duc, Roi, Chambre, Ministre plénipotentiaire de Naples, Famille royale, Nominations, Représentations, Ambassadeur, Serment, Cérémonie, Contrat de mariage, Marquis, Colonel, Abbaye, Diocèse, Ordre, Famille royale, Ouvrages, Nouvelles parutions, Ordonnances du roi, Promotion, Lieutenant-colonel, Régiments, Infanterie, Cavalerie, Dragons, Pensions, Fonctions, Gratification
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 22 Juin 1763.
De VERSAILLES , le 22 Juin 1763.
Le Vendredi 27 du mois dernier , la Cour a pris
un deuil de huit jours , pour le Margrave Frédéric
de Brandebourg Culmback , mort à Bareith , le
26 Février dernier .
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint- Efprit , s'étant affemblés , le 22
du mois dernier vers les onze heures du matin ,
dans le Cabinet du Roi , Sa Majesté fortit de fon
Appartement, pour aller à la Chapelle : Elle étoit
accompagnée de Monfeigneur le Dauphin , du
Duc de Chartres , du Prince de Condé , du Comte
de Clermont , du Prince de Conti , du Comte de la
Marche , du Comte d'Eu , du Duc de Penthieyre ,
du Prince de Lamballe , & des Chevaliers , Com
mandeurs & Officiers de l'Ordre. Sa Majefté , de
vant qui les deux Huiffiers de la Chambre portoient
leurs Maffes , étoit en Manteau , le Collier
de l'Ordre pardeffus , ainfi que celui de la Toiſon
d'or. L'Evêque d'Orléans , Commandeur de
l'Ordre , officia ; & après la Melle chantée par la
Mufique du Roi, Sa Majefté fut reconduite à fon
appartement , en la maniere accoutumée.
Le 24 , le Comte de Cantillana , Ambaffa deur
Extraordinaire du Roi des Deux-Siciles , eut une
Audience particuliere du Roi , dans la quelle il
préfenta à Sa Majefté le Prince Sanfeverino , Miniftre
Plénipotentaire de Naples à la Cour de
Portugal. Il fut conduit à cette Audience , ainfi
qu'à celles de la Reine & de la Famille Royale ,
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
par le fieur Dufort , Introducteur des Ambaffadeurs.
Le Duc de Nivernois , de retour de fon Ambaffade
à la Cour de Londres , s'eft rendu ici le
29, & a été préſenté à Leurs Majeſtés & à la Famille
Royale , par le Duc de Praflin .
Le même jour , la Ducheffe de Bedfort a pris
congé du Roi , de la Reine & de la Famille Royale.
Le 30 , la Comteffe de Henneberg , après
avoir pris congé de la Cour , eft partie pour le
rendre à Luneville , & de là à Plombières.
Le 7 de ce mois , le Duc de Bedford , Ambaffadeur
Extraordinaire de la Cour de Londres , eur
une audience particulière du Roi , dans laquelle
il remit fes Lettres de Rappel & prit congé de Sa
Majefté.
Le fieurTiepolo , Ambaffadeur de la République
de Venife , en eut auffi une particulière , dans
laquelle il préfenta à Sa Majefté les fieurs Morofini
& Guerini , Ambaffadeurs de la même République
, revenans de la Cour de Londres. Le Duc de
Bedfort & le fieur de Tiepolo furent conduits à
cette audience , ainfi qu'à celles de la Reine &
de la Famille Royale , par le fieur Dufort , Introducteur
des Amballadeurs.
Le même jour , le Comte Dubois de la Mothe
prêta ferment entre les mains de Sa Majesté en
qualité de Vice - Amiral ..
Les Députés des Etats d'Artois eurent le 9 audience
du Roi. Ils furent préfentés à Sa Majefté
par le Duc de Chaulnes , Gouverneur de la Province
, & par le Duc de Choifeul , Miniftre & Secrétaire
d'État de la Guerre & de la Marine , ayant
le Département de cette Province ; & conduits
par le Marquis de Dreux , Grand- Maître des Cérémonies
, & par le fieur Deſgranges , Maître
JUILLET. 1763. 197
des Cérémonies. La Députation étoit composée,
pour le Clergé , de l'Evêque de Saint Omer , qui
porta la parole ; du Marquis de Grény , pour la
Nobleffe ; du fieur Decanchy pour le Tiers - Erat.
Le même jour , la Comteffe de Sade fut préſentée
à Leurs Majeftés , ainfi qu'à la Famille Royale,
par Mademoiſelle de Sens ; la Comtelle de Vogué ,
par la Marquife de Sourches , & la Marquise de
Miran , par la Comtelle de Marfan.
Le fieur de la Caze , fils , qui vient d'obtenir la
furvivance de la place de la première Préfidence de
Pau , a fait , en cette qualité , fes remercîmens au
Roi.
Le 12, Leurs Majeftés & la Famille Royale
fignerent le contrat de mariage du Duc de la Trémoille
avec la Princelle Marie de Salm .
Celui du Marquis du Tillet , Colonel du Régiment
Royal , avec la Dile de Pellar de Bebbral ;
le 13 , celui du Marquis de Montmirel avec la
Dame de Lanmary ; & le^ 21 , celui du Comte
d'Avrimenil avec la Demoiſelle de Furgen.
Le 13 , l'Evêque de Condom prêta ferment
entre les mains de Sa Majefté , & l'Evêque de
Lefcar le 18.
Le Roi a donné le Prieuré de S. Thomas de la
Bloutière , Ordre de S. Auguftin , Diocèfe de
Coutance , à l'Abbé d'Audiftret , ancien Vicaire-
Général & Official du Cardinal Ottoboni.
La Cour a pris le Deuil pour 8 jours à l'occaſion
de la mort de Marie- Victoire - Anne de Savoye ,
Princeffe de Carignan.
Le fieur Paffemant , Ingénieur du Roi , déja
connu par plufieurs ouvrages de Méchanique d'une
invention heureufe & d'un travail précieux , a eu
l'honneur de préfenter à Sa Majefté deux globes ,
Bun célefte d'un fond d'azur parfemé d'étoiles d'or,
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
l'autre terreftre , & tous deux montés fur des ho
rizons & des confoles dorés ; avec un autre Ouvrage
de Méchanique éxécuté par les Diles Paffemant
fes filles , & repréfentant un Château élevé
fur une montagne couverte de divers objets , où
l'on remarque trente- deux figures mouvantes.
Le fieur de Saintfoix eut l'honneur de préfenter
, le 21 du nrois dernier , à Leurs Majeſtés , ainfi
qu'à la Famille Royale , une nouvelle Edition de
les Effais hiftoriques fur Paris.
. Le fieur Puget de Saint-Pierre a eu l'honneur
de préfenter , le 24 , à Monfeigneur le Duc de
Berry & à Monseigneur le Comte d'Artois l'Hif
toire des Drufes , Peuple du Liban , formé par une
Colonie de François , Ouvrage dont Monteigneur
le Duc de Berry a bien voulu accepter la Dédicace .
Le 29 , le fieur de Neuve- Eglife , ancien Officier
de Cavalerie , & le fieur Delagrange , Directeur
de l'Entreprife générale de l'Armée , Dépu
tés de la Société qui s'eft chargée de la compofi
tion du Corps complet de l' Agriculture , du Com-
& des Arts & Métiers de France , dédié au
Roi ; ont eu l'honneur de préfenter à Sa Majesté
& à Monfeigneur le Dauphin , le fecond Volume
de la partie de l'Agriculture & de celle du Corps
d'Obfervations de cette Société . Ces deux Volumes
font les derniers des fix qui doivent être donnés
au Public pour 1762 , fous le titre de l'Agronomie
& de l'Induftrie , & la Société ſe prépare à
faire faire la diftribution des neuf Volumes pour
1763.
merce ,
· Le même jour , le fils du feur Delpon , ancien
Capitaine de Dragons , âgé de cinq ans , & neveu
de l'un des Auteurs de l'Agronomie , a eu l'honneur
de préfenter à Monfeigneur le Comte d'Artois
les deux Volumes de cet Ouvrage , & ce
Prince a bien voulu lui permettre de faire , fous
JUILLET. 1763. 199
fon commandement les évolutions militaires.
L'Abbé de Burle de Réal de Curbon , a eu l'honneur
de présenter à Leurs Majeftés , à Monseigneur
le Dauphin & à Madame Adélaide , la troifiéme
partie de la Science du Gouvernement , contenant le
droit public, Quvrage dédié à Monſeigneur le
Dauphin.
Le fieur de Vilevaulo , Maître des Requêtes , &
le fieur de Brequigny , de l'Académie Royale des
Infcriptions & Belles- Lettres , ont préſenté à Sa
Majefté le dixiéme Volume des Ordonnances des
Rois de France de la troifiéme Race , recueillies
par ordre , chronologique. Ce Volume contient
les Ordonnances de Charles VI. données depuis
le commencement de l'année 1411 ,juſqu'à la fin
de l'année 14 18%.
" Le 19, de ce mois , l'Abbé Coyer a eu l'honneur
de préfenter à la Reine , à Monfeigneur le Dauphin
& à Meldames , un Difcours qu'il a prononcé
le & Mai dernier pour fa réception à l'Académie
Royale des Sciences & Belles Lettres de Nancy.
>
Sa Majefté , par fupplément à la derniere!
Promotion vient de nommer au grade de
Maréchal de Camp , le feur Thomaflin , Capitaine
d'une Compagnie d'Ouvriers ; le Mar
quis d'Efquelbecq , Sous-Lieutenant des Chevaux-
Légers du Roi ; le fieur de la Roque , Lieutenant-
Colonel du Régiment de Cavalerie de Chartres ;
le fieur de Roquemore , Lieutenant- Colonel du
Régiment d'Infanterie de la Reine ; le Chevalier
de Montreuil , Lieutenant Colonel d'Infanterie ;
le fieur de Luberfac , Sous- Lieutenant des Chevaux-
Légers du Roi ; le Marquis de Tracy ,
Capitaine- Lieutenant des Gendarmes de Flandre :
le Marquis de Torcy , Capitaine- Lieutenant des
Chevaux - Légers de Monfeigneur le Dauphin :
I iv
200 MERCURE DE FRANCE :
le Marquis de Clermont-Tonnerre , Meftre- de
Camp- Commandant du Régiment du Meftrede-
Camp-Général de la Cavalerie : le fieur de
la Source , Major du Régiment de Cavalerie
d'Artois ; le Comte de Jaucourt , Capitaine
Lieutenant des Gendarmes d'Orléans ; Ïe Marquis
de Foffeufe , Capitaine- Lieutenant des Gendarmes
de la Reine ; le Comte de Sommievre ;
Capitaine-Lieutenant des Chevaux-Légers de la
Reine ; le Comte de Puyfegur Colonel du
Régiment de Normandie ; le Marquis de Timbrune
, Colonel du Régiment de Vermandois ;
le Comte de la Tour-du Pin -Paulin , Colonel
lu Régiment de Piémont ; le Comte de Chabrillant
, Meftre- de-Camp d'un Régiment de
Dragons ; le Marquis de Villeroy , Colonel du
Régiment de Lyonnois ; le Comte de Chabot ,
Meftre-de Camp du Régiment Royal- Etranger
le Marquis de Boufflers , ci- devant Colonel du
Régiment d'Infanterie de Monfeigneur le Dau
phin ; le Comte de Conflans , Colonel d'un Régiment
de Dragons , Chaffeurs ; le Comte de
Durfort , Colonel du Régiment de Picardie ; le
Comte de Schonberg , Meftre- de-Camp d'un
Régiment de Dragons ; le Comte de Choifeulla-
Baume , Meftre- de-Camp d'un Régiment de
Dragons ; le fieur de Valliere , Colonel de la
Légion Royale ; le fieur Charpentier d'Ennery ,
Meftre- de- Camp de Dragons ; le Chevalier de
Sarasfield , Meftre - de- Camp réformé de Cava-.
lerie ; le feur de Grand- Maiſon , Colonel des>
Volontaires du Haynault.
Le Roi a difpofé des Régimens vacans de la
maniere fuivante.
INFANTERIE .
Picardie le Comte " de Lévis , Colonel de
JUILLET. 1763 . 201
Royal-Rouffillon . Piémont , le Comte de Grave ,
Colonel du Régiment de Provence . Normandie,
le Comte de Hautefeuille , Colonel de Rouergue.
Lyonnois , le Marquis de Bouzols , Colonel
de Bourgogne . Royal-Rouffillon , le fieur
de Villeneuve de Trans , Capitaine au Régiment
du Roi. Rouergue , le fieur de Bloffet ,
Capitaine au Régiment du Roi . Vermandois , le
fieur de Malartic , Major de Royal - Comtois.
Provence , le Chevalier de Virieu , Exempt des
Gardes du Corps . Bourgogne , le fieur de Luker
Capitaine du Regiment de Fitz -James.
TROUPES LÉGÉRES.
Légion Royale , le Marquis de Nicolay- Dolny,
Meftre-de- Camp de Dragons. Légion du Hay
nault , le Baron de Viomefnil , ci- devant Colomel
du Régiment des Volontaires du Dauphiné.
CAVALERIE.
Royal- Etranger, le fieur de Vernaſſal , Capitaine
réformé du. Régiment de Languedoc , Dragons.
DRAGON´S
Choifeul , le Comte de Cuftine , Capitaine de
Schonberg. Chabrillant , le Chevalier de Mont
recler , Capitaine de Bauffremont . Nicolay , le
Chevalier de Lanans , Capitaine de Schonberg.
›
Le Roi a rendu une Ordonnance , du ƒ de ce
moi concernant la Gendarmerie. Suivant les
difpofitions qu'elle renferme, les dix Compagnies
des Gendarmes Ecoffois , Anglois , Bourguignons ,
de,Flandre , de la Reine , Dauphin , de Berry, de
Provence , d'Artois & d'Orléans feront confervées
fur pied & dans le même rang dont elles jouiffent
actuellement. Les fix Compagnies de Chevaux-
Légers de la Reine, Dauphin , de Berry , de Pro
Iv
262 MERCURE DE FRANCE .
vence , d'Artois & d'Orléans feront fupprimées &
incorporées dans les fix Compagnies de Gendarmes
qui font fous le même titre. Comme'il y aura
deux Officiers de chaque grade dans chacune des
fix Compagnies qui auront reçu cette incorporation,
le moins ancien de chaque grade fera réformé
. Chacune defdites Compagnies de Gendarmes
confervées formera à l'avenir un Efcadron ,
& continuera d'être commandée par un Capitaine-
Lieutenant, un Sous- Lieutenant & un Guidon ; il
fera établi trois Fourriers & douze places de Gendarmes
Appointés ; au moyen de quoi chaque
Compagnie fera compofée de trois Brigadiers ,
trois Sous- Brigadiers , un Porte- Etendard , trois
Fouriers , douze Gendarmes Appointés , quatrevingt-
quatre Gendarmes & trois Trompettes. Il
fera établi dans l'Etat-Major deux Sous-Aides-
Majors de plus , qui auront rang de prémiers Maréchaux
des Logis , & deux places de Fourriers-
Majors , lefquels auront rang de derniers Maréchaux
des Logis. L'Etat- Major fera compofé d'un
Major- Inspecteur du Corps , d'un Aide-Major ,
de quatre Sous- Aides-Majors , deux Fourriers-
Majors , deux Aumôniers & d'un Timbalier, Sa
Majefté a auffi réglé de la maniere fuivante une
paye , qui fera la même en temps de paix & en
tems de guerre. A chaque Capitaine- Lieutenant ,
9500 livres par an ; à chaque Sous- Lieutenant
6500 liv . à chaque Enfeigne , 4000 liv . à chaque
Guidon , 3000 liv. à chaque Maréchal des Logis ,
1230 liv. à chaque Brigadier ou Sous- Brigadier,
648 liv . à chaque Porte- Etendard , 540 livres à
chaque Fourrier , 480 liv. à chaque Gendanine
Appointé , 378 liv , à chaque Gendarme , 324 liv.
à chaque Trompette, 396 liv. ETAT- MAJOR.
Au Major , pour tout traitement & frais d'inſpec- -
"
JUILLET. 1763. 2.03
tion , 12000 liv ; l'Aide-Major , 6000 liv, à chacun
des deux premiers Sous-Aides- Majors , 2000
liv. à chacun des feconds Sous-Aides-Majors ,
1600 liv. à chacun des deux Fourriers- Majors ,
1200 liv. au premier Aumônier , en fupprimant
la retenue qui fe faifoit en la faveur pour le
port
de la Chapelle , 1200 liv . au fecond Aumônier
720 liv. au Timbalier , 396 liv.
eux ,
"
Au moyen de ce traitement , toutes les penfions
attachées aux charges d'Officiers fupérieurs , de
ceux de l'Etat- Major & aux places d'anciens Maréchaux
des Logis , Brigadiers & Gendarmes.
ainsi que les gratifications accordées pour le détail
aux Officiers de l'Etat- Major, feront fupprimées ,
à commencer du jour de la nouvelle compofition.
Les Gendarmes qui auront fervi vingt ans , &
qui fe trouveront hors d'état de continuer leurs
fervices , auront le choix , ou d'être reçus à l'Hôtel
Royal des Invalides , comme Lieutenans de
Cavalerie , ou de fe retirer chez & non ailleurs
, avec leur folde entiere . Ceux qui n'auront
pas vingt ans de fervice , mais qui , pour raifon
de bleffures confidérables reçues à la guerre , feroient
hors d'état de continuer , feront auffi reçus
dans le mênte Hôtel comme Lieutenans , ou ſe
retireront chez eux avec la moitié de leur folde.
Ceux enfin qui n'auront vingt ans de fervice qu'au
moyen du temps qu'ils auront paffé antérieurement
dans d'autres Corps, pourront dans le même
cas être reçus dans le même Hôtel , comme Bas-
Officiers , ou fe retirer chez eux avec la moitié de
leur folde. Les Gendarmes excédans le nombre
fixé feront réformés , & il leur fera donné des
congés pour fe retirer chez eux , avec leurs habit ,
chapeau & épée , & 36 liv . de gratification . Cette
Ordonnance contient plufieurs autres difpofitions
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
relatives aux fonctions & au choix des Officiers
& Gendarmes , au prix des charges des Officiers
ſupérieurs , à l'habillement , au taux & au rembourſement
des brevets de retenue , &c.
Le Vendredi 27 du mois dernier , la Cour a pris
un deuil de huit jours , pour le Margrave Frédéric
de Brandebourg Culmback , mort à Bareith , le
26 Février dernier .
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint- Efprit , s'étant affemblés , le 22
du mois dernier vers les onze heures du matin ,
dans le Cabinet du Roi , Sa Majesté fortit de fon
Appartement, pour aller à la Chapelle : Elle étoit
accompagnée de Monfeigneur le Dauphin , du
Duc de Chartres , du Prince de Condé , du Comte
de Clermont , du Prince de Conti , du Comte de la
Marche , du Comte d'Eu , du Duc de Penthieyre ,
du Prince de Lamballe , & des Chevaliers , Com
mandeurs & Officiers de l'Ordre. Sa Majefté , de
vant qui les deux Huiffiers de la Chambre portoient
leurs Maffes , étoit en Manteau , le Collier
de l'Ordre pardeffus , ainfi que celui de la Toiſon
d'or. L'Evêque d'Orléans , Commandeur de
l'Ordre , officia ; & après la Melle chantée par la
Mufique du Roi, Sa Majefté fut reconduite à fon
appartement , en la maniere accoutumée.
Le 24 , le Comte de Cantillana , Ambaffa deur
Extraordinaire du Roi des Deux-Siciles , eut une
Audience particuliere du Roi , dans la quelle il
préfenta à Sa Majefté le Prince Sanfeverino , Miniftre
Plénipotentaire de Naples à la Cour de
Portugal. Il fut conduit à cette Audience , ainfi
qu'à celles de la Reine & de la Famille Royale ,
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
par le fieur Dufort , Introducteur des Ambaffadeurs.
Le Duc de Nivernois , de retour de fon Ambaffade
à la Cour de Londres , s'eft rendu ici le
29, & a été préſenté à Leurs Majeſtés & à la Famille
Royale , par le Duc de Praflin .
Le même jour , la Ducheffe de Bedfort a pris
congé du Roi , de la Reine & de la Famille Royale.
Le 30 , la Comteffe de Henneberg , après
avoir pris congé de la Cour , eft partie pour le
rendre à Luneville , & de là à Plombières.
Le 7 de ce mois , le Duc de Bedford , Ambaffadeur
Extraordinaire de la Cour de Londres , eur
une audience particulière du Roi , dans laquelle
il remit fes Lettres de Rappel & prit congé de Sa
Majefté.
Le fieurTiepolo , Ambaffadeur de la République
de Venife , en eut auffi une particulière , dans
laquelle il préfenta à Sa Majefté les fieurs Morofini
& Guerini , Ambaffadeurs de la même République
, revenans de la Cour de Londres. Le Duc de
Bedfort & le fieur de Tiepolo furent conduits à
cette audience , ainfi qu'à celles de la Reine &
de la Famille Royale , par le fieur Dufort , Introducteur
des Amballadeurs.
Le même jour , le Comte Dubois de la Mothe
prêta ferment entre les mains de Sa Majesté en
qualité de Vice - Amiral ..
Les Députés des Etats d'Artois eurent le 9 audience
du Roi. Ils furent préfentés à Sa Majefté
par le Duc de Chaulnes , Gouverneur de la Province
, & par le Duc de Choifeul , Miniftre & Secrétaire
d'État de la Guerre & de la Marine , ayant
le Département de cette Province ; & conduits
par le Marquis de Dreux , Grand- Maître des Cérémonies
, & par le fieur Deſgranges , Maître
JUILLET. 1763. 197
des Cérémonies. La Députation étoit composée,
pour le Clergé , de l'Evêque de Saint Omer , qui
porta la parole ; du Marquis de Grény , pour la
Nobleffe ; du fieur Decanchy pour le Tiers - Erat.
Le même jour , la Comteffe de Sade fut préſentée
à Leurs Majeftés , ainfi qu'à la Famille Royale,
par Mademoiſelle de Sens ; la Comtelle de Vogué ,
par la Marquife de Sourches , & la Marquise de
Miran , par la Comtelle de Marfan.
Le fieur de la Caze , fils , qui vient d'obtenir la
furvivance de la place de la première Préfidence de
Pau , a fait , en cette qualité , fes remercîmens au
Roi.
Le 12, Leurs Majeftés & la Famille Royale
fignerent le contrat de mariage du Duc de la Trémoille
avec la Princelle Marie de Salm .
Celui du Marquis du Tillet , Colonel du Régiment
Royal , avec la Dile de Pellar de Bebbral ;
le 13 , celui du Marquis de Montmirel avec la
Dame de Lanmary ; & le^ 21 , celui du Comte
d'Avrimenil avec la Demoiſelle de Furgen.
Le 13 , l'Evêque de Condom prêta ferment
entre les mains de Sa Majefté , & l'Evêque de
Lefcar le 18.
Le Roi a donné le Prieuré de S. Thomas de la
Bloutière , Ordre de S. Auguftin , Diocèfe de
Coutance , à l'Abbé d'Audiftret , ancien Vicaire-
Général & Official du Cardinal Ottoboni.
La Cour a pris le Deuil pour 8 jours à l'occaſion
de la mort de Marie- Victoire - Anne de Savoye ,
Princeffe de Carignan.
Le fieur Paffemant , Ingénieur du Roi , déja
connu par plufieurs ouvrages de Méchanique d'une
invention heureufe & d'un travail précieux , a eu
l'honneur de préfenter à Sa Majefté deux globes ,
Bun célefte d'un fond d'azur parfemé d'étoiles d'or,
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
l'autre terreftre , & tous deux montés fur des ho
rizons & des confoles dorés ; avec un autre Ouvrage
de Méchanique éxécuté par les Diles Paffemant
fes filles , & repréfentant un Château élevé
fur une montagne couverte de divers objets , où
l'on remarque trente- deux figures mouvantes.
Le fieur de Saintfoix eut l'honneur de préfenter
, le 21 du nrois dernier , à Leurs Majeſtés , ainfi
qu'à la Famille Royale , une nouvelle Edition de
les Effais hiftoriques fur Paris.
. Le fieur Puget de Saint-Pierre a eu l'honneur
de préfenter , le 24 , à Monfeigneur le Duc de
Berry & à Monseigneur le Comte d'Artois l'Hif
toire des Drufes , Peuple du Liban , formé par une
Colonie de François , Ouvrage dont Monteigneur
le Duc de Berry a bien voulu accepter la Dédicace .
Le 29 , le fieur de Neuve- Eglife , ancien Officier
de Cavalerie , & le fieur Delagrange , Directeur
de l'Entreprife générale de l'Armée , Dépu
tés de la Société qui s'eft chargée de la compofi
tion du Corps complet de l' Agriculture , du Com-
& des Arts & Métiers de France , dédié au
Roi ; ont eu l'honneur de préfenter à Sa Majesté
& à Monfeigneur le Dauphin , le fecond Volume
de la partie de l'Agriculture & de celle du Corps
d'Obfervations de cette Société . Ces deux Volumes
font les derniers des fix qui doivent être donnés
au Public pour 1762 , fous le titre de l'Agronomie
& de l'Induftrie , & la Société ſe prépare à
faire faire la diftribution des neuf Volumes pour
1763.
merce ,
· Le même jour , le fils du feur Delpon , ancien
Capitaine de Dragons , âgé de cinq ans , & neveu
de l'un des Auteurs de l'Agronomie , a eu l'honneur
de préfenter à Monfeigneur le Comte d'Artois
les deux Volumes de cet Ouvrage , & ce
Prince a bien voulu lui permettre de faire , fous
JUILLET. 1763. 199
fon commandement les évolutions militaires.
L'Abbé de Burle de Réal de Curbon , a eu l'honneur
de présenter à Leurs Majeftés , à Monseigneur
le Dauphin & à Madame Adélaide , la troifiéme
partie de la Science du Gouvernement , contenant le
droit public, Quvrage dédié à Monſeigneur le
Dauphin.
Le fieur de Vilevaulo , Maître des Requêtes , &
le fieur de Brequigny , de l'Académie Royale des
Infcriptions & Belles- Lettres , ont préſenté à Sa
Majefté le dixiéme Volume des Ordonnances des
Rois de France de la troifiéme Race , recueillies
par ordre , chronologique. Ce Volume contient
les Ordonnances de Charles VI. données depuis
le commencement de l'année 1411 ,juſqu'à la fin
de l'année 14 18%.
" Le 19, de ce mois , l'Abbé Coyer a eu l'honneur
de préfenter à la Reine , à Monfeigneur le Dauphin
& à Meldames , un Difcours qu'il a prononcé
le & Mai dernier pour fa réception à l'Académie
Royale des Sciences & Belles Lettres de Nancy.
>
Sa Majefté , par fupplément à la derniere!
Promotion vient de nommer au grade de
Maréchal de Camp , le feur Thomaflin , Capitaine
d'une Compagnie d'Ouvriers ; le Mar
quis d'Efquelbecq , Sous-Lieutenant des Chevaux-
Légers du Roi ; le fieur de la Roque , Lieutenant-
Colonel du Régiment de Cavalerie de Chartres ;
le fieur de Roquemore , Lieutenant- Colonel du
Régiment d'Infanterie de la Reine ; le Chevalier
de Montreuil , Lieutenant Colonel d'Infanterie ;
le fieur de Luberfac , Sous- Lieutenant des Chevaux-
Légers du Roi ; le Marquis de Tracy ,
Capitaine- Lieutenant des Gendarmes de Flandre :
le Marquis de Torcy , Capitaine- Lieutenant des
Chevaux - Légers de Monfeigneur le Dauphin :
I iv
200 MERCURE DE FRANCE :
le Marquis de Clermont-Tonnerre , Meftre- de
Camp- Commandant du Régiment du Meftrede-
Camp-Général de la Cavalerie : le fieur de
la Source , Major du Régiment de Cavalerie
d'Artois ; le Comte de Jaucourt , Capitaine
Lieutenant des Gendarmes d'Orléans ; Ïe Marquis
de Foffeufe , Capitaine- Lieutenant des Gendarmes
de la Reine ; le Comte de Sommievre ;
Capitaine-Lieutenant des Chevaux-Légers de la
Reine ; le Comte de Puyfegur Colonel du
Régiment de Normandie ; le Marquis de Timbrune
, Colonel du Régiment de Vermandois ;
le Comte de la Tour-du Pin -Paulin , Colonel
lu Régiment de Piémont ; le Comte de Chabrillant
, Meftre- de-Camp d'un Régiment de
Dragons ; le Marquis de Villeroy , Colonel du
Régiment de Lyonnois ; le Comte de Chabot ,
Meftre-de Camp du Régiment Royal- Etranger
le Marquis de Boufflers , ci- devant Colonel du
Régiment d'Infanterie de Monfeigneur le Dau
phin ; le Comte de Conflans , Colonel d'un Régiment
de Dragons , Chaffeurs ; le Comte de
Durfort , Colonel du Régiment de Picardie ; le
Comte de Schonberg , Meftre- de-Camp d'un
Régiment de Dragons ; le Comte de Choifeulla-
Baume , Meftre- de-Camp d'un Régiment de
Dragons ; le fieur de Valliere , Colonel de la
Légion Royale ; le fieur Charpentier d'Ennery ,
Meftre- de- Camp de Dragons ; le Chevalier de
Sarasfield , Meftre - de- Camp réformé de Cava-.
lerie ; le feur de Grand- Maiſon , Colonel des>
Volontaires du Haynault.
Le Roi a difpofé des Régimens vacans de la
maniere fuivante.
INFANTERIE .
Picardie le Comte " de Lévis , Colonel de
JUILLET. 1763 . 201
Royal-Rouffillon . Piémont , le Comte de Grave ,
Colonel du Régiment de Provence . Normandie,
le Comte de Hautefeuille , Colonel de Rouergue.
Lyonnois , le Marquis de Bouzols , Colonel
de Bourgogne . Royal-Rouffillon , le fieur
de Villeneuve de Trans , Capitaine au Régiment
du Roi. Rouergue , le fieur de Bloffet ,
Capitaine au Régiment du Roi . Vermandois , le
fieur de Malartic , Major de Royal - Comtois.
Provence , le Chevalier de Virieu , Exempt des
Gardes du Corps . Bourgogne , le fieur de Luker
Capitaine du Regiment de Fitz -James.
TROUPES LÉGÉRES.
Légion Royale , le Marquis de Nicolay- Dolny,
Meftre-de- Camp de Dragons. Légion du Hay
nault , le Baron de Viomefnil , ci- devant Colomel
du Régiment des Volontaires du Dauphiné.
CAVALERIE.
Royal- Etranger, le fieur de Vernaſſal , Capitaine
réformé du. Régiment de Languedoc , Dragons.
DRAGON´S
Choifeul , le Comte de Cuftine , Capitaine de
Schonberg. Chabrillant , le Chevalier de Mont
recler , Capitaine de Bauffremont . Nicolay , le
Chevalier de Lanans , Capitaine de Schonberg.
›
Le Roi a rendu une Ordonnance , du ƒ de ce
moi concernant la Gendarmerie. Suivant les
difpofitions qu'elle renferme, les dix Compagnies
des Gendarmes Ecoffois , Anglois , Bourguignons ,
de,Flandre , de la Reine , Dauphin , de Berry, de
Provence , d'Artois & d'Orléans feront confervées
fur pied & dans le même rang dont elles jouiffent
actuellement. Les fix Compagnies de Chevaux-
Légers de la Reine, Dauphin , de Berry , de Pro
Iv
262 MERCURE DE FRANCE .
vence , d'Artois & d'Orléans feront fupprimées &
incorporées dans les fix Compagnies de Gendarmes
qui font fous le même titre. Comme'il y aura
deux Officiers de chaque grade dans chacune des
fix Compagnies qui auront reçu cette incorporation,
le moins ancien de chaque grade fera réformé
. Chacune defdites Compagnies de Gendarmes
confervées formera à l'avenir un Efcadron ,
& continuera d'être commandée par un Capitaine-
Lieutenant, un Sous- Lieutenant & un Guidon ; il
fera établi trois Fourriers & douze places de Gendarmes
Appointés ; au moyen de quoi chaque
Compagnie fera compofée de trois Brigadiers ,
trois Sous- Brigadiers , un Porte- Etendard , trois
Fouriers , douze Gendarmes Appointés , quatrevingt-
quatre Gendarmes & trois Trompettes. Il
fera établi dans l'Etat-Major deux Sous-Aides-
Majors de plus , qui auront rang de prémiers Maréchaux
des Logis , & deux places de Fourriers-
Majors , lefquels auront rang de derniers Maréchaux
des Logis. L'Etat- Major fera compofé d'un
Major- Inspecteur du Corps , d'un Aide-Major ,
de quatre Sous- Aides-Majors , deux Fourriers-
Majors , deux Aumôniers & d'un Timbalier, Sa
Majefté a auffi réglé de la maniere fuivante une
paye , qui fera la même en temps de paix & en
tems de guerre. A chaque Capitaine- Lieutenant ,
9500 livres par an ; à chaque Sous- Lieutenant
6500 liv . à chaque Enfeigne , 4000 liv . à chaque
Guidon , 3000 liv. à chaque Maréchal des Logis ,
1230 liv. à chaque Brigadier ou Sous- Brigadier,
648 liv . à chaque Porte- Etendard , 540 livres à
chaque Fourrier , 480 liv. à chaque Gendanine
Appointé , 378 liv , à chaque Gendarme , 324 liv.
à chaque Trompette, 396 liv. ETAT- MAJOR.
Au Major , pour tout traitement & frais d'inſpec- -
"
JUILLET. 1763. 2.03
tion , 12000 liv ; l'Aide-Major , 6000 liv, à chacun
des deux premiers Sous-Aides- Majors , 2000
liv. à chacun des feconds Sous-Aides-Majors ,
1600 liv. à chacun des deux Fourriers- Majors ,
1200 liv. au premier Aumônier , en fupprimant
la retenue qui fe faifoit en la faveur pour le
port
de la Chapelle , 1200 liv . au fecond Aumônier
720 liv. au Timbalier , 396 liv.
eux ,
"
Au moyen de ce traitement , toutes les penfions
attachées aux charges d'Officiers fupérieurs , de
ceux de l'Etat- Major & aux places d'anciens Maréchaux
des Logis , Brigadiers & Gendarmes.
ainsi que les gratifications accordées pour le détail
aux Officiers de l'Etat- Major, feront fupprimées ,
à commencer du jour de la nouvelle compofition.
Les Gendarmes qui auront fervi vingt ans , &
qui fe trouveront hors d'état de continuer leurs
fervices , auront le choix , ou d'être reçus à l'Hôtel
Royal des Invalides , comme Lieutenans de
Cavalerie , ou de fe retirer chez & non ailleurs
, avec leur folde entiere . Ceux qui n'auront
pas vingt ans de fervice , mais qui , pour raifon
de bleffures confidérables reçues à la guerre , feroient
hors d'état de continuer , feront auffi reçus
dans le mênte Hôtel comme Lieutenans , ou ſe
retireront chez eux avec la moitié de leur folde.
Ceux enfin qui n'auront vingt ans de fervice qu'au
moyen du temps qu'ils auront paffé antérieurement
dans d'autres Corps, pourront dans le même
cas être reçus dans le même Hôtel , comme Bas-
Officiers , ou fe retirer chez eux avec la moitié de
leur folde. Les Gendarmes excédans le nombre
fixé feront réformés , & il leur fera donné des
congés pour fe retirer chez eux , avec leurs habit ,
chapeau & épée , & 36 liv . de gratification . Cette
Ordonnance contient plufieurs autres difpofitions
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
relatives aux fonctions & au choix des Officiers
& Gendarmes , au prix des charges des Officiers
ſupérieurs , à l'habillement , au taux & au rembourſement
des brevets de retenue , &c.
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Résumé : De VERSAILLES, le 22 Juin 1763.
En juin 1763, la cour de Versailles observa plusieurs événements marquants. Le 22 juin, un deuil de huit jours fut décrété en mémoire du Margrave Frédéric de Brandebourg Culmback, décédé en février précédent. Le 22 mai, les membres de l'Ordre du Saint-Esprit se réunirent pour une messe à la chapelle, où le roi, accompagné de princes et dignitaires, portait les insignes des ordres du Saint-Esprit et de la Toison d'or. Le 24 mai, le Comte de Cantillana présenta le Prince Sanfeverino, ministre plénipotentiaire de Naples à la cour du Portugal, et le Duc de Nivernois, de retour de Londres, fut présenté aux souverains. La Duchesse de Bedford prit congé le même jour. Le 30 mai, la Comtesse de Henneberg quitta la cour pour se rendre à Luneville puis à Plombières. Le 7 juin, le Duc de Bedford remit ses lettres de rappel au roi, et l'ambassadeur de Venise présenta les ambassadeurs Morosini et Guerini. Le Comte Dubois de la Mothe prêta serment en tant que Vice-Amiral, et les députés des États d'Artois furent reçus par le roi le 9 juin. Plusieurs contrats de mariage furent signés, notamment celui du Duc de la Trémoille avec la Princesse Marie de Salm. Un deuil de huit jours fut également observé pour la Princesse Marie-Victoire-Anne de Savoie. Différents ouvrages furent présentés au roi, tels que des globes et mécanismes par l'ingénieur Passemant, une nouvelle édition des 'Essais historiques sur Paris' par Saint-Foix, et l''Histoire des Druzes' par Puget de Saint-Pierre. La Société d'Agriculture, du Commerce et des Arts et Métiers de France présenta des volumes sur l'agriculture et les arts. Le roi nomma plusieurs officiers au grade de Maréchal de Camp et disposa des régiments vacants. Une ordonnance concernant la gendarmerie fut publiée, précisant les compagnies conservées et supprimées, ainsi que les nouvelles structures et paies. Les gendarmes ayant servi vingt ans et incapables de continuer leurs services pouvaient choisir entre être reçus à l'Hôtel Royal des Invalides ou se retirer chez eux avec leur solde entière. Ceux ayant moins de vingt ans de service mais blessés pouvaient également être reçus comme Lieutenants ou se retirer avec la moitié de leur solde. Les gendarmes atteignant vingt ans de service grâce à leur temps passé dans d'autres corps pouvaient être reçus comme Bas-Officiers ou se retirer avec la moitié de leur solde. Les gendarmes excédant le nombre fixé étaient réformés et recevaient des congés avec leurs habits, chapeau, épée et une gratification de 36 livres.
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29
p. 193-194
De COMPIEGNE, le 20 Juillet 1763.
Début :
Le Sieur Tiepolo, Ambassadeur de Venise, eut le 10 de ce mois, [...]
Mots clefs :
Ambassadeurs, République de Venise, Audience, Département des affaires étrangères, Ministres, Famille royale, Contrat de mariage, Comtesse, Marquis, Serment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De COMPIEGNE, le 20 Juillet 1763.
De COMPIEGNE , le 20 Juillet 1763 .
"
Le Sieur Tiepolo , Amballadeur de Venife ,
' eut le ro de ce mois une audience particu
liere du Roi , dans laquelle il préfenta le Chevalier
de Morofini & le Sieur de Quirini , cidevant
Ambaffadeur de cette République à la
Cour de Londres , qui prirent congé de Sa
Majefté. Ces Ambaffadeurs furent conduits à
cette audience , ainfi qu'à celles de la Reine &
de la Famille Royale , par le Sieur de la Live ,.
Introducteur des Ambaſſadeurs.
Le Baron de Breteuil , qui revient de Ruffie ,
a eu l'honneur d'être préfenté le 14 , par le
Duc de Praflin , Miniftre & Secrétaire d'Etat au
département des Affaires étrangères . Sa Majefté
l'a nommé fon Ambaſſadeur en Suede.
Le 17 , Leurs Majeftés & la Famille Royale
fgnerent le Contrat de Mariage du Comte de
Canizy , Exempt des Gardes du Corps , & de
Demoiselle de Vally.
I
194 MERCURE DE FRANCE.
La Comteffe de Butturin fut préfentée le même
jour à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
par la Ducheffe de Praflin .
Le 19 , le Marquis de la Rochejaquelin , Capitaine
de Dragons reforme , prêta ferment en
tre les mains de Sa Majefté , pour la Lieute
nance de Roi du Poitou .
"
Le Sieur Tiepolo , Amballadeur de Venife ,
' eut le ro de ce mois une audience particu
liere du Roi , dans laquelle il préfenta le Chevalier
de Morofini & le Sieur de Quirini , cidevant
Ambaffadeur de cette République à la
Cour de Londres , qui prirent congé de Sa
Majefté. Ces Ambaffadeurs furent conduits à
cette audience , ainfi qu'à celles de la Reine &
de la Famille Royale , par le Sieur de la Live ,.
Introducteur des Ambaſſadeurs.
Le Baron de Breteuil , qui revient de Ruffie ,
a eu l'honneur d'être préfenté le 14 , par le
Duc de Praflin , Miniftre & Secrétaire d'Etat au
département des Affaires étrangères . Sa Majefté
l'a nommé fon Ambaſſadeur en Suede.
Le 17 , Leurs Majeftés & la Famille Royale
fgnerent le Contrat de Mariage du Comte de
Canizy , Exempt des Gardes du Corps , & de
Demoiselle de Vally.
I
194 MERCURE DE FRANCE.
La Comteffe de Butturin fut préfentée le même
jour à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
par la Ducheffe de Praflin .
Le 19 , le Marquis de la Rochejaquelin , Capitaine
de Dragons reforme , prêta ferment en
tre les mains de Sa Majefté , pour la Lieute
nance de Roi du Poitou .
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Résumé : De COMPIEGNE, le 20 Juillet 1763.
Le 20 juillet 1763, à Compiègne, le Sieur Tiepolo, ambassadeur de Venise, a obtenu une audience avec le Roi. Il a présenté le Chevalier de Morofini et le Sieur de Quirini, ancien ambassadeur de Venise à Londres, qui ont pris congé de Sa Majesté. Ils ont été accompagnés par le Sieur de la Live, Introducteur des Ambassadeurs, lors des audiences avec la Reine et la Famille Royale. Le Baron de Breteuil, de retour de Russie, a été présenté le 14 juillet par le Duc de Praslin, Ministre et Secrétaire d'État aux Affaires étrangères. Le Roi l'a nommé ambassadeur en Suède. Le 17 juillet, Leurs Majestés et la Famille Royale ont signé le contrat de mariage entre le Comte de Canizy, Exempt des Gardes du Corps, et Mademoiselle de Vally. La Comtesse de Butturin a été présentée le même jour à Leurs Majestés et à la Famille Royale par la Duchesse de Praslin. Le 19 juillet, le Marquis de la Rochejaquelin, Capitaine de Dragons réformé, a prêté serment entre les mains du Roi pour la Lieutenance de Roi du Poitou.
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30
p. 178-181
De FONTAINEBLEAU, le 29 Octobre 1763.
Début :
Le Roi est arrivé ici le 5 de ce mois ; & la Reine, ainsi que Madame Adélaïde, [...]
Mots clefs :
Famille royale, Serment, Roi de Pologne, Décès, Toux, Léthargie, Autopsie, Démission, Ministres, Ambassadeur, Conseil royal, Comte, Duc, Gouvernement, Prince, Contrat de mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De FONTAINEBLEAU, le 29 Octobre 1763.
De FONTAINEBLEAU , le 29 Octobre 1763.
Le Roi eft arrivé ici les de ce mois ; & la
Reine , ainsi que Madame Adélaïde , Meldames
Victoires , Sophie & Louife , y font arrivées le len
demain.
Le 9 , le fieur de Maupeou a prêté ferment entre
les mains de Sa Majefté , en qualité de Garde
des Sceaux & de Vice-Chancelier .
On a appris , le 24 , par des Lettres de Dresde,
que Frédéric- Augufte III , Roi de Pologne , Electeur
de Saxe , étoit mort le s de ce mois , il étoit
né le 7 Octobre 1696 Depuis environ trois ſemaines
, ce Monarque éprouvoit un affoupiffe .
ment prefque continuel auquel s'étoit jointe une
toux fréquente il s'étonnoit quelquefois luimême
de l'elpèce de léthargie dans laquelle il
fe trouvoit plongé. Le jour de fa mort , il avoit
entendu la Meffe dans fon appartement fans qu'on
eût remarqué aucune altération fenfible dans fon
état en rentrant dans fa Chambre à coucher , il
s'eft trouvé très - mal & il a eu une intermittence
de poulx fi longue qu'on a été obligé de le faigner
du pied & de lui appliquer les véficatoires aux
jambes ; mais ces remédes n'ayant pu prévenir le
retour des étouffemens & des foibleffes qui fe
fuccédoient préfque à chaque inftant , Sa Majefté
a fuccombé à la violence du mal vers les cinq heures
du foir. Les Médecins & Chirurgiens qui ont
affifté à l'ouverture du Corps y ont remarqué , 19
plufieurs pierres dans le fiel. 2 °. quelques coma
JANVIER . 1764. 179
mencemens de polypes au coeur. 3º. une aſſez
grande quantité d'eau épanchée entre le crâne &
le cerveau. On a qualifié d'apopléxie ſéreuſe l'accident
qui a terminé la vie de ce Monarque . Ea
effet , il y a apparence que c'eft cette eau épanchée
qui produifoit l'affection foporifique dans laquelle
il retomboit fi fréquemment depuis quelques jours
& qui enfin a caufé fa mort. Le Roi a pris le
deuil à cette occafion le 18 de ce mois , & le portera
trois semaines.
Le fieur Molé , premier Péfi lent du Parlement
de Paris , ayant donné la démillion de fa charge ,
le Roi y a nommé le fieur de Maupeou , Préfident
à Mortier du même Parlement.
Le fieur O- Dunne , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi auprès de l'Electeur Palatin prit congé
le 9 de Leurs Majeftés & de la Famille Royale.
Le Comte de Starhemberg Amballa deur de
Leurs Majeftés Impériales & Royale , eut , le 11
une Audience particulière du Roi , dans laquelle il
préfenta à Sa Majefté le Comte de Seilern , Miniftre
de la Cour de Vienne près de Sa Majeſté Britannique.
Il fut conduit à cette Audience , ainfi
qu'à celles de la Reine , de Madame A lélaïde , &
de Meſdames Victoire , Sophie & Louife , par e
Sieur de la Live , Introducteur des Ambaffadeurs .
Le Roi a bien voulu promettre la première
place qui viendra à vaquer , foit au Confeil Royal
des Finances , foit au Confeil des Dépêches , au
Sieur Feydeau de Marville , Confeiller d'Erat Ordinaire
, qui a remercié , le 14, Sa Majesté à cette
occafion.
Le 18 , le Roi , accompagné de Madame Adé
laide & Madame Sophie , eft parti pour aller voir
Madame la Dauphine à Verfailles, d'où Sa Majeft
eft revenu ici le lendemain.
H vj
180 MERCURE DE FRANCE .
Le Comte de Cantillana , Ambaſſadeur de Na
ples , a eu une Audience particuliere du Roi , dans
laquelle il a préfenté à Sa Majefté le Comte d'Almodovar
, Ambaffadeur de la Cour d'Espagne à
celle de Portugal . Le Comte de Rochford , Ambaffadeur
Extraordinaire d'Angleterre auprès de
Sa Majefté Catholique , a auffi été préſenté au Roi.
Le 16 , le Sieur de Maupeou prêta ferment entre
les mains du Roi , en qualité de Premier Préſident
du Parlement de Paris .
W Le 17 , le Duc & la Ducheffe de Richmont ont
pris congé de la Cour pour retourner en Angleterre.
Sa Majesté a diſpoſé du Gouvernement de Toul
& du Toulois , vacant par la mort du Marquis de
Crecy , en faveur du Marquis de Lugeac , Lieutenant
Général des Armées du Roi , & Commandant
des Grenadiers à Cheval , qui prêta ferment
entre les mains de Sa Majefté , le 28.
Le Sieur de Souza , Miniftre Plénipotentiaire de
la Cour de Portugal , notifia , le 23 de ce mois ,
à Sa Majefté , l'accouchement de la Princeffe du
Bréfil . Le Lord Hertford , Ambaffadeur de Sa Majefté
Britannique , eur , le même jour , une audience
particulière du Roi , à qui il préfenta fes
Lettres de créance ; & le 25 , le fieur de Neville ,
Miniftre Plénipotentiaire de la Grande-Bretagne ,
en eut une femblable , dans laquelle il remit à Sa
Majefté les Lettres de rappel . Ces Miniftres furent
conduits à ces audiences , ainſi qu'à celles de la
Reine , de Madame Adélaïde , & de Mefdames
Sophie & Louife , par le Sieur de la Live , Introducteur
des Ambaffadeurs .
Le Prince de Mafferano préfenta au Roi , le 23 ,
le premier Volume du Catalogue des Manufcrits
Arabes qui fe trouvent dans la Bibliothèque Royale
JANVIER. 1764. 181
de l'Efcurial , & que Sa Majeſté Catholique a fair
traduire en Latin ..
Leurs Majeftés , ainfi que Madame Adélaide , &
Meldames Victoire , Sophie & Louife , fignerent ,
le même jour , le Contrat de mariage du Marquis
d'Argenteuil , Aide - Major des Gardes du Corps ,
& de Demoiſelle du Ban de la Feuillée.
Le Marquis d'Aubeterre , Lieutenant Général
des Armées du Roi , Chevalier de ſes Ordres , &
fon Ambaffadeur Extraordinaire à Rome , prit
congé de la Cour ces jours derniers , pour ſe rendre
à fa deſtination .
Le Roi eft arrivé ici les de ce mois ; & la
Reine , ainsi que Madame Adélaïde , Meldames
Victoires , Sophie & Louife , y font arrivées le len
demain.
Le 9 , le fieur de Maupeou a prêté ferment entre
les mains de Sa Majefté , en qualité de Garde
des Sceaux & de Vice-Chancelier .
On a appris , le 24 , par des Lettres de Dresde,
que Frédéric- Augufte III , Roi de Pologne , Electeur
de Saxe , étoit mort le s de ce mois , il étoit
né le 7 Octobre 1696 Depuis environ trois ſemaines
, ce Monarque éprouvoit un affoupiffe .
ment prefque continuel auquel s'étoit jointe une
toux fréquente il s'étonnoit quelquefois luimême
de l'elpèce de léthargie dans laquelle il
fe trouvoit plongé. Le jour de fa mort , il avoit
entendu la Meffe dans fon appartement fans qu'on
eût remarqué aucune altération fenfible dans fon
état en rentrant dans fa Chambre à coucher , il
s'eft trouvé très - mal & il a eu une intermittence
de poulx fi longue qu'on a été obligé de le faigner
du pied & de lui appliquer les véficatoires aux
jambes ; mais ces remédes n'ayant pu prévenir le
retour des étouffemens & des foibleffes qui fe
fuccédoient préfque à chaque inftant , Sa Majefté
a fuccombé à la violence du mal vers les cinq heures
du foir. Les Médecins & Chirurgiens qui ont
affifté à l'ouverture du Corps y ont remarqué , 19
plufieurs pierres dans le fiel. 2 °. quelques coma
JANVIER . 1764. 179
mencemens de polypes au coeur. 3º. une aſſez
grande quantité d'eau épanchée entre le crâne &
le cerveau. On a qualifié d'apopléxie ſéreuſe l'accident
qui a terminé la vie de ce Monarque . Ea
effet , il y a apparence que c'eft cette eau épanchée
qui produifoit l'affection foporifique dans laquelle
il retomboit fi fréquemment depuis quelques jours
& qui enfin a caufé fa mort. Le Roi a pris le
deuil à cette occafion le 18 de ce mois , & le portera
trois semaines.
Le fieur Molé , premier Péfi lent du Parlement
de Paris , ayant donné la démillion de fa charge ,
le Roi y a nommé le fieur de Maupeou , Préfident
à Mortier du même Parlement.
Le fieur O- Dunne , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi auprès de l'Electeur Palatin prit congé
le 9 de Leurs Majeftés & de la Famille Royale.
Le Comte de Starhemberg Amballa deur de
Leurs Majeftés Impériales & Royale , eut , le 11
une Audience particulière du Roi , dans laquelle il
préfenta à Sa Majefté le Comte de Seilern , Miniftre
de la Cour de Vienne près de Sa Majeſté Britannique.
Il fut conduit à cette Audience , ainfi
qu'à celles de la Reine , de Madame A lélaïde , &
de Meſdames Victoire , Sophie & Louife , par e
Sieur de la Live , Introducteur des Ambaffadeurs .
Le Roi a bien voulu promettre la première
place qui viendra à vaquer , foit au Confeil Royal
des Finances , foit au Confeil des Dépêches , au
Sieur Feydeau de Marville , Confeiller d'Erat Ordinaire
, qui a remercié , le 14, Sa Majesté à cette
occafion.
Le 18 , le Roi , accompagné de Madame Adé
laide & Madame Sophie , eft parti pour aller voir
Madame la Dauphine à Verfailles, d'où Sa Majeft
eft revenu ici le lendemain.
H vj
180 MERCURE DE FRANCE .
Le Comte de Cantillana , Ambaſſadeur de Na
ples , a eu une Audience particuliere du Roi , dans
laquelle il a préfenté à Sa Majefté le Comte d'Almodovar
, Ambaffadeur de la Cour d'Espagne à
celle de Portugal . Le Comte de Rochford , Ambaffadeur
Extraordinaire d'Angleterre auprès de
Sa Majefté Catholique , a auffi été préſenté au Roi.
Le 16 , le Sieur de Maupeou prêta ferment entre
les mains du Roi , en qualité de Premier Préſident
du Parlement de Paris .
W Le 17 , le Duc & la Ducheffe de Richmont ont
pris congé de la Cour pour retourner en Angleterre.
Sa Majesté a diſpoſé du Gouvernement de Toul
& du Toulois , vacant par la mort du Marquis de
Crecy , en faveur du Marquis de Lugeac , Lieutenant
Général des Armées du Roi , & Commandant
des Grenadiers à Cheval , qui prêta ferment
entre les mains de Sa Majefté , le 28.
Le Sieur de Souza , Miniftre Plénipotentiaire de
la Cour de Portugal , notifia , le 23 de ce mois ,
à Sa Majefté , l'accouchement de la Princeffe du
Bréfil . Le Lord Hertford , Ambaffadeur de Sa Majefté
Britannique , eur , le même jour , une audience
particulière du Roi , à qui il préfenta fes
Lettres de créance ; & le 25 , le fieur de Neville ,
Miniftre Plénipotentiaire de la Grande-Bretagne ,
en eut une femblable , dans laquelle il remit à Sa
Majefté les Lettres de rappel . Ces Miniftres furent
conduits à ces audiences , ainſi qu'à celles de la
Reine , de Madame Adélaïde , & de Mefdames
Sophie & Louife , par le Sieur de la Live , Introducteur
des Ambaffadeurs .
Le Prince de Mafferano préfenta au Roi , le 23 ,
le premier Volume du Catalogue des Manufcrits
Arabes qui fe trouvent dans la Bibliothèque Royale
JANVIER. 1764. 181
de l'Efcurial , & que Sa Majeſté Catholique a fair
traduire en Latin ..
Leurs Majeftés , ainfi que Madame Adélaide , &
Meldames Victoire , Sophie & Louife , fignerent ,
le même jour , le Contrat de mariage du Marquis
d'Argenteuil , Aide - Major des Gardes du Corps ,
& de Demoiſelle du Ban de la Feuillée.
Le Marquis d'Aubeterre , Lieutenant Général
des Armées du Roi , Chevalier de ſes Ordres , &
fon Ambaffadeur Extraordinaire à Rome , prit
congé de la Cour ces jours derniers , pour ſe rendre
à fa deſtination .
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Résumé : De FONTAINEBLEAU, le 29 Octobre 1763.
En octobre 1763, plusieurs événements marquants se déroulèrent à la cour française. Le 29 octobre, le Roi arriva à Fontainebleau, suivi par la Reine et Madame Adélaïde le même jour, et par Mesdames Victoire, Sophie et Louise le lendemain. Le 9 octobre, René Nicolas de Maupeou prêta serment en tant que Garde des Sceaux et Vice-Chancelier. Le 24 octobre, des lettres de Dresde annoncèrent la mort de Frédéric-Auguste III, Roi de Pologne et Électeur de Saxe, survenue le 5 octobre. Le monarque souffrait depuis trois semaines d'étouffements et de toux fréquents. Les médecins diagnostiquèrent la présence de calculs biliaires, des polypes au cœur et une accumulation de liquide entre le crâne et le cerveau, causant une apoplexie séreuse. En janvier 1764, le Roi porta le deuil pendant trois semaines à partir du 18 janvier. René Nicolas de Maupeou fut nommé Premier Président du Parlement de Paris le 16 janvier. Plusieurs ambassadeurs et ministres présentèrent leurs lettres de créance ou prirent congé, notamment le Comte de Starhemberg, le Comte de Cantillana, le Comte de Rochford et le Lord Hertford. Le Marquis de Lugeac fut nommé Gouverneur de Toul et du Toulois. Le Sieur de Souza annonça l'accouchement de la Princesse du Brésil. Le Prince de Masserano présenta un catalogue de manuscrits arabes à la Bibliothèque Royale. Enfin, le contrat de mariage du Marquis d'Argenteuil fut signé par les membres de la famille royale.
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31
p. 198-205
De PARIS, le 2 Avril 1764.
Début :
Sa Majesté, par des Lettres-Patentes, datées du 2 Septembre 1763, & enregistrées [...]
Mots clefs :
Lettres patentes, Sa Majesté, Règlements, Ordonnance, Recrues, Colonels, Lieutenants, Négociants, Navires, Commerce, Princes, Chambre des pairs, Assemblée, Arrêts, Registres, Parlement, Cour, Jésuites, Serment, Officiers, Remontrances, Procession
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 2 Avril 1764.
De PARIs, le 2 Avril 1764.
Sa Majeſté, par des Lettres-Patentes, datées du
2 Septembre 1763 , & enregiſtrées au Parlement
le 12 Décembre ſuivant, voulant contribuer à la
perfection de l'Ecole Royale de Chirurgie qu'Elle
a établie à Orléans, par Lettres-Patentes du 23
juin 1759 , fixe des Réglemens relatifs aux obli
gations de ceux qui prétendront à la Maîtriſe, &
aux droits & prérogatives attachés aux Places de
Profeſſeurs,
Par une Ordonnance du premier Septembre
dernier, Sa Majeſté crée & établit dans le Régi
ment des Recrues de la Ville de Paris, un Colonel,
un Lieutenant-Colonel & un Major, leſquels joui
ront de tous les droits & prérogatives dont jouiſ
ſent les autres Colonels, Lieutenans-Colonels &
Majors de ſon Infanterie Françoiſe. Sa Majeſté fixe
en même temps les appointemens du Colonel à
36oo liv. par an, ceux du Lieutenant-Colonel à
24oo liv. & ceux du Major à 18oo liv,
M A I. 1764. Iq
Les Négocians & Armateurs de Grandville,
ayant repréſenté au Roi que leur Port eſt aſſez
ſpacieux, pour y contenir beaucoup de Navires,
& qu'il eſt ſitué dans un pays où l'on peut ſe pro
curer aiſément tout ce qui eſt propre à l'avitaille
ment des Navires, & qui peut ſervir à étendre la
Navigation, par la facilité § l'on a de faire ve
' nir de Paris & de plufieurs autres Villes toutes ſor
tes ſortes de Marchandiſes; Sa Majeſté, par un
Arrêt de ſon Conſeil d'Etat, du 29 Décembre der
nier, leur permet de faire directement par le Port
de ladite Ville le Commerce des Iſles & Colonies
Françoiſes de l'Amérique, & ordonne en conſé
quence qu'ils jouiſſent du privilége de l'entrepôt &
des autres priviléges & exemptions portés par les
Lettres-Patentes du mois d'Avril 1717 , ainſi qu'en
jouiſſent les Négocians des Ports admis à Com
11162fC6º,
La Société Royale de Londres a reçu, le 26
Janvier dernier, au nombre de ſes Membres le
ſieur Camus, de l'Académie Royale des Sciences,
Examinateur des Ecoles du Corps Royal de l'Artit
lerie & du Génie, Profeſſeur & Secrétaire de l'Aca
démie Royale d'Architecture, & Honoraire de
celle de Marine. -
-
Les Princes & Pairs ayant reçu avis que les
Chambres ſeroient aſſemblées le Mercredi 22
pour fixer les objets des Remontrances arrêtées
le 23 Janvier à l'occaſion de l'exil de l'Archevêque
de Paris , ſe ſont rendus au Parlement ledit jour
22 & dans cette ſéance les objets ont été fixés, &
l'aſſemblée a été remiſe au Mercredi 29 du mois•
on a auſſi dénoncé à l'aſſemblée des Chambres
différens faits & pluſieurs Ecrits ſur le Réquiſitoire
I iv
2OO MERCURE DE FRANCE.
des Gens du Roi, les Ecrits ont été condamnés à
être lacérés & brûlés par l'Exécuteur de la Haute
Juſtice; & il a été rendu Arrêt dont l'Extrait vient
dêtre imprimé dans la forme ſuivante.
ExTRAIT DEs REGIsTREs DU PARLEMENT.
- Du 22 Février 1763.
» APPERT, entr'autres diſpoſitions, avoir été
» ordonné par Arrêt rendu ledit jour par la
-» Cour , toutes les Chambres aſſemblées, que
» dans huitaine, à compter du jour de la pu
» blication dudit Arrêt , même par l'extrait ,
» tous ceux qui étoient Membres de la Société
» ſe diſant de Jeſus, au 6 Août 1761 , étant
, » actuellement dans le reſſort de la Cour, prête
» ront ſerment , de ne point vivre déſormais en
» commun, ou ſéparément, ſous l'empire de l'Inſ
» titut & des Conſtitutions de la ci-devant So
» ciété ſe diſant de Jeſus, de n'entretenir aucune
» correſpondance directe ou indirecte , par lettres ,
, º ou par perſonnes interpoſées, ou autrement, en
• • quelques forme & maniere que ce puiſſe être ,
. » avec le Général, le Régime & les Supérieurs
, » de ladite ci-devant Société, ou autres perſon
* nes pas eux propoſées, ni avec aucuns Mem
* bres d'icelle réſidans en Pays étrangers, & de
:** tenir pour impie la Doctrine contenue dans le
* Recueil des Aſſertions, tendante à compromettre
, » la ſüreté de la Perſonne ſacrée des Rois ; leſ
» quels ſermens, à l'égard de tous ceux deſdits ci
» devant ſoi diſans Jéſuites, qui ſont actuelle
» ment dans la Ville, Prévôté & Vicomté de
. » Paris, ſeront reçus pardevant Me Joſeph-Marie
, ºº Terray, Conſeiller-Rapporteur , que la Cour
, » a commis à cet effet : & qu'à l'égard de tous les
2º autres ci devant ſoi-diſans Jéſuites demeurans
M A I. 1764. 2.OI
a» actuellement hors de la Ville , Prévôté &
» Vicomté de Paris & dans le reſſort de la Cour,
» leſdits ſermens ſeront reçus dans les Bailliages
» & Sénéchauſſées du reſſort, dans le diſtrict deſ
» quels ils ſe trouveront lors de la ſuſdite publica
» tion dudit Arrêt, par le Lieutenant-Général ou
» autre Officier , ſuivant l'ordre du Tableau ; deſ
2» quels ſermens ſera donné acte, qui ſera ſouſcrit
» par celui qui aura fait ledit ſerment, & dépoſé
» au Greffe de la Cour ou aux Greffes des Baillia -
» ges & Sénéchauſſées du Reſſort, dont expédition
» en forme ſera envoyée au Procureur-Général
» du Roi, pour être pareillement par lui dépoſée
» au Greffe de la Cour, pour, ſur le compte quî
» ſera par lui rendu, être par la Cour, toutes les
» Chambres aſſemblées, ftatué ce qu'il appartien
» dra , le tout ſans préjudice du ſerment preſcrit
» par l'Arrêt du 6 Août 1726 , à l'égard de ceux
» qui voudroient remplir des grades dans les
» Univerſités du Reſſort, poſſéder Canonicats ou
» Bénéfices à charge d'âmes, Vicariats, emplois
» ou fonctions ayant même charge, Chaires ou
» Enſeignement public, Offices de Judicature ou
» Municipaux, & généralement remplir aucunes
» fonctions publiques, comme auſſi ſans préjudice
» de l'exécution de l'Arrêt du 7 Septembre ſuivant
• rendu en conſéquence. Ordonne que ledit Arrêt
» ſera imprimé, lû, publié & affiché par-tout oû
» beſoin ſera , que l'Affiche d'icelui, même par
» Extrait , vaudra ſignification & injonction à
» chacun de ceux qui audit jour 6 Août 1761 ,
» étoient Membres de ladite ci-devant Société ,
» & qu'Extraits collationnés d'icelui ſerontenvoyés
» aux Bailliages & Sénéchauſſées du Reſſort, en
» ſemble aux Conſeil Provincial d'Artois, Baillia
» ges, Gouvernances & Officiers Municipaux de
L,v.
2 o2 MERCURE DE FRANCE.
» l'Artois, pour y être pareillement lû, publié &
» regiſtré. Enjoint aux Subſtituts du Procureur
» Général du Roi d'y tenir la main, & d'en certi
» fier la Cour. Collationné. REGNAULT.
» Signé, DUFRANC. »
Le 29, les Princes & les Pairs ſe ſont rendus au
Parlement ; il y a été fait lecture des Remontran
ces rédigées d'après les Articles qui avoient été
précédemment agrées ; les Gens du Roi ont été
chargés de ſe retirer pardevers Sa Majeſté pour
ſçavoir le lieu, le jour & l'heure où il lui plaira de .
recevoir ces Remontrances & de rendre compte le
Samedi 3 Mars, de l'éxécution de cette Miſſion.
Ils ont été chargés auſſi de prendre communica
tion du Procez-Verbal de la vérification des Aſſer
tions citées dans l'Inſtruction Paſtorale de l'Ar
chevêque de Paris, & de prendre leurs Conclu
fions ſur cet objet le 3 Mars. Enfin ils ont été char
gé ſde prendre communication d'un Imprimé in
titulé : Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de
Langres au Clergé Séculier & Régulier de ſon
Diocèſe, lequel a été dépoſé au Greffe, enſemble
du récit fait à ce ſujet par un de MM. & de prendre
des Concluſions ſur le tout le même jour 3 Mars.
Le 3 Mars, les Princes & les Pairs ſe ſont
rendus au Parlement, Les Gens du Roi, rendant
compte de la Miſſion dont ils avoient été chargés,
le 29 du mois dernier, ont dit que le Roi recevroit
à Verſailles, Dimanche 4 du même mois à midi ,
les Remontrances de ſon Parlement, & que ſon
* intention étoit qu'elles lui fuſſent préſentées par le
Premier Préſident & deux Préſidens. Le Prince de
Condé ayant propoſé de mettre en délibération ce
qu'il convenoit de faire au ſujet de ce qui ſe trouve
dans les Remontrances du Parlement de Bretagne
M A I. 1764. 2o3
concernant la Cour des Pairs, il a été arrêté qu'il
ſeroit nommé des Commiſſaires qui s'aſſemble
roient Jeudi 8 , à l'effet d'examiner ces Remon
trances & de recueillir les principes & les faits ſur
cette matiére, pour rendre compte du tout au
Parlement. Enſuite les Gens du Roi ont rendu
compte du Procès-Verbal de la vérification des Aſ
ſertions citées dans l'Inſtruction Paſtorale de l'Ar
chevêque de Paris, ainſi que de l'Imprimé intitulé;
Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de Lan
gres au Clergé Séculier & Régulier de ſon Diocèſe,
& ils ont laiſſé concernant ces deux objets leurs
concluſions par écrit, ſur leſquelles il a été rendu
deux Arrêts. Par le premier, il eſt ordonné que
pour remplir de plus en plus les vues que le Par
lement s'étoit propoſées par ſon Arrêt du 5 Mars
1762 , des copies collationnées du Procès-Verbal
dépoſé au Greffe par Arrêt du 29 Février dernier ,
feroient envoyées ſans délai par le Procureur-Gé
néral du Roi à tous les Archevêques & Evêques du
Reſſort & à tous les Bailliages & Sénéchauſſées ;il
a été arrêté de plus que le premier Préſident, en
préſentant au Roi les très-humbles & très-reſpec
tueuſes Remontrances de ſon Parlement arrêtées
le 23 Février dernier, remettra à Sa Majefté co
pie collationnée du Procès-Verbal de vérification,
& on a ordonné que, pour que le Procès-Verbal
foit plus promptement & plus facilement envoyé
aux Archevêques & Evêques & aux Bailliages &
Sénéchauſſées du Reſſort, il ſera imprimé & que le
préſent Arrêt ſera imprimé en tête du Procès-Ver
bal. Il a été fait enſuite un Arrêté portant qu'un
exemplaire imprimé du Procès-Verbal de la véri
fication des Extraits das Aſſertions, collationné
par un Secrétaire du Parlement, ſera envoyé aux
Parlemens & Conſeils Supérieurs auxquels ont été
I vj
2o4 MERCURE DE FRANCE.
adreſſés des exemplaires des Aſſertions. Dans le
cours des opinions, un des Membres du Parle
ment s'étant réſervé de faire mettre en délibéra
tion ce qu'il convenoit de faire au ſujet du nom
bre d'Evêques qui ſe trouvoient à Paris, il a été
arrêté qué le Procureur Général du Roi ſeroit
chargé de veiller à l'exécution des Ordonnances &
Arrêts en ce quiconcerne la réſidence des Archevê
, ques & Evêques dans leur Diocèſe , & qu'il ren
droit compte dans la quinzaine aux Chambres aſ
ſemblées des diligences qu'il aura faites. Il a été
rendu enfin au ſujet de l'Imprimé ayant pour titre :
Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de Lan
gres, & c. un ſecond Arrêt qui ordonne que cet
Imprimé ſera lacéré & brûlé par l'Exécuteur de
la Haute-Juſtice, & que l'Arrêt ſera imprimé &
affiché tant à Paris qu'a Langres & par-tout où
, beſoin ſera.
Le 9 les Princes & les Pairs ſe ſont rendus au
Parlement. Le Premier Préſident ayant rendu
compte de la réponſe faite par le Roi aux Remon
, trances de ſon Parlement , on a arrêté qu'il ſeroit
fait Procès-Verbal du récit fait par le Premier Pré
ſident; &, quant au fond de l'affaire de l'Archevê
que de Paris, il a été arrêté que la délibération
, ſeroit continuée au premier jour avec les Princes
& les Pairs, en vertu de la convocation du 2 1 Jan
vier dernier, & ſans qu'il en ſoit beſoin d'autre.
Les Gens du Roi ayant enſuite rendu compte des
Inform ations faites au ſujet de la diſtribution de
Il'nſtruction Paſtorale de l'Archevêque de Paris,
& des différens Actes de ſerment faits en exécution
de l'Arrêt du 21 Février, & ayant pris des conclu
· ſions ſur le tout, le Parlement a rendu un Arrêt
par lequel il eſt enjoint aux ci-devant ſoi-diſant
Jéſuites, qui n'ont pas prêté ſerment dans le terme
M A I. 1764. , 2o5
preſcrit par l'Arrêt du 22 Février, de ſe retirer du
Royaume dans un mois , à compter du jour de la
publication du préſent Arrêt, tant dans cette Ville
| que dans les Bailliages & Sénéchauſſées du Reſ
ſort, ſauf a ceux qui par leur grand âge ou pour
cauſe d'infirmité ne pourroient ſatisfaire au pré
· ſent Arrêt, à préſenter leurs requêtes en la Cour,
tontes les Chambres aſſemblées, dans le ſuſdit dé
lai, pour être ſur leſdites requêtes & ſur les con
, cluſions du Procureur-Général du Roi ſtatué ce
qu'il appartiendra. Les Gens du Roi étant rentrés
en l'aſſemblée des Chambres, ont rendu compte
d'un Ecrit intitulé Adhéſion de Monſeigneur l'Evê
que d'Amiens a l'Inſtruction Paſtorale de Mon
ſeigneur l'Archevêque de Paris, & ont pris leurs
concluſions tendantes a ce que cet Ecrit fût lacéré
& brûlé : ſur quoi eſt intervenu Arrêt conforme
aux concluſions. -
Le 22 du même mois , on fit la Proceſſion ſo
lemnelle qu'on a coutume de faire tous les ans
en mémoire de la ré*uction de cette Capitale
ſous l'obédience de HENRY IV. Le Corps de
Ville aſſiſta , ſelon l'uſage, a cette Cérémonie,
La Société Royale de Londres reçut, le 13
Janvier dernier, au nombre de ſes Membres,
le ſieur Ferdinand Berthoud, habile Horloger
de cette Capitale. Cet Artiſte fut choiſi l'année
dernière par l'Académie Royale des Sciences &
, envoyé a Londres par Sa Majeſté, pour aſſiſter,
- conjointement avec M le Camus, à l'examen
de l'Horloge de M. Harriſſon. Il eſt Auteur du
Livre de l'Art de régier les Pendules & les Mon
tres, de l'Eſſai ſur l'Horlogerie , & de pluſieurs
- ouvrages relatifs à ſon Art, qu'il a préſentés à
. l'Académie, entr'autres de trois différentes hor
: loges de Marine pour la découverte des longi2
tudes en mer,
Sa Majeſté, par des Lettres-Patentes, datées du
2 Septembre 1763 , & enregiſtrées au Parlement
le 12 Décembre ſuivant, voulant contribuer à la
perfection de l'Ecole Royale de Chirurgie qu'Elle
a établie à Orléans, par Lettres-Patentes du 23
juin 1759 , fixe des Réglemens relatifs aux obli
gations de ceux qui prétendront à la Maîtriſe, &
aux droits & prérogatives attachés aux Places de
Profeſſeurs,
Par une Ordonnance du premier Septembre
dernier, Sa Majeſté crée & établit dans le Régi
ment des Recrues de la Ville de Paris, un Colonel,
un Lieutenant-Colonel & un Major, leſquels joui
ront de tous les droits & prérogatives dont jouiſ
ſent les autres Colonels, Lieutenans-Colonels &
Majors de ſon Infanterie Françoiſe. Sa Majeſté fixe
en même temps les appointemens du Colonel à
36oo liv. par an, ceux du Lieutenant-Colonel à
24oo liv. & ceux du Major à 18oo liv,
M A I. 1764. Iq
Les Négocians & Armateurs de Grandville,
ayant repréſenté au Roi que leur Port eſt aſſez
ſpacieux, pour y contenir beaucoup de Navires,
& qu'il eſt ſitué dans un pays où l'on peut ſe pro
curer aiſément tout ce qui eſt propre à l'avitaille
ment des Navires, & qui peut ſervir à étendre la
Navigation, par la facilité § l'on a de faire ve
' nir de Paris & de plufieurs autres Villes toutes ſor
tes ſortes de Marchandiſes; Sa Majeſté, par un
Arrêt de ſon Conſeil d'Etat, du 29 Décembre der
nier, leur permet de faire directement par le Port
de ladite Ville le Commerce des Iſles & Colonies
Françoiſes de l'Amérique, & ordonne en conſé
quence qu'ils jouiſſent du privilége de l'entrepôt &
des autres priviléges & exemptions portés par les
Lettres-Patentes du mois d'Avril 1717 , ainſi qu'en
jouiſſent les Négocians des Ports admis à Com
11162fC6º,
La Société Royale de Londres a reçu, le 26
Janvier dernier, au nombre de ſes Membres le
ſieur Camus, de l'Académie Royale des Sciences,
Examinateur des Ecoles du Corps Royal de l'Artit
lerie & du Génie, Profeſſeur & Secrétaire de l'Aca
démie Royale d'Architecture, & Honoraire de
celle de Marine. -
-
Les Princes & Pairs ayant reçu avis que les
Chambres ſeroient aſſemblées le Mercredi 22
pour fixer les objets des Remontrances arrêtées
le 23 Janvier à l'occaſion de l'exil de l'Archevêque
de Paris , ſe ſont rendus au Parlement ledit jour
22 & dans cette ſéance les objets ont été fixés, &
l'aſſemblée a été remiſe au Mercredi 29 du mois•
on a auſſi dénoncé à l'aſſemblée des Chambres
différens faits & pluſieurs Ecrits ſur le Réquiſitoire
I iv
2OO MERCURE DE FRANCE.
des Gens du Roi, les Ecrits ont été condamnés à
être lacérés & brûlés par l'Exécuteur de la Haute
Juſtice; & il a été rendu Arrêt dont l'Extrait vient
dêtre imprimé dans la forme ſuivante.
ExTRAIT DEs REGIsTREs DU PARLEMENT.
- Du 22 Février 1763.
» APPERT, entr'autres diſpoſitions, avoir été
» ordonné par Arrêt rendu ledit jour par la
-» Cour , toutes les Chambres aſſemblées, que
» dans huitaine, à compter du jour de la pu
» blication dudit Arrêt , même par l'extrait ,
» tous ceux qui étoient Membres de la Société
» ſe diſant de Jeſus, au 6 Août 1761 , étant
, » actuellement dans le reſſort de la Cour, prête
» ront ſerment , de ne point vivre déſormais en
» commun, ou ſéparément, ſous l'empire de l'Inſ
» titut & des Conſtitutions de la ci-devant So
» ciété ſe diſant de Jeſus, de n'entretenir aucune
» correſpondance directe ou indirecte , par lettres ,
, º ou par perſonnes interpoſées, ou autrement, en
• • quelques forme & maniere que ce puiſſe être ,
. » avec le Général, le Régime & les Supérieurs
, » de ladite ci-devant Société, ou autres perſon
* nes pas eux propoſées, ni avec aucuns Mem
* bres d'icelle réſidans en Pays étrangers, & de
:** tenir pour impie la Doctrine contenue dans le
* Recueil des Aſſertions, tendante à compromettre
, » la ſüreté de la Perſonne ſacrée des Rois ; leſ
» quels ſermens, à l'égard de tous ceux deſdits ci
» devant ſoi diſans Jéſuites, qui ſont actuelle
» ment dans la Ville, Prévôté & Vicomté de
. » Paris, ſeront reçus pardevant Me Joſeph-Marie
, ºº Terray, Conſeiller-Rapporteur , que la Cour
, » a commis à cet effet : & qu'à l'égard de tous les
2º autres ci devant ſoi-diſans Jéſuites demeurans
M A I. 1764. 2.OI
a» actuellement hors de la Ville , Prévôté &
» Vicomté de Paris & dans le reſſort de la Cour,
» leſdits ſermens ſeront reçus dans les Bailliages
» & Sénéchauſſées du reſſort, dans le diſtrict deſ
» quels ils ſe trouveront lors de la ſuſdite publica
» tion dudit Arrêt, par le Lieutenant-Général ou
» autre Officier , ſuivant l'ordre du Tableau ; deſ
2» quels ſermens ſera donné acte, qui ſera ſouſcrit
» par celui qui aura fait ledit ſerment, & dépoſé
» au Greffe de la Cour ou aux Greffes des Baillia -
» ges & Sénéchauſſées du Reſſort, dont expédition
» en forme ſera envoyée au Procureur-Général
» du Roi, pour être pareillement par lui dépoſée
» au Greffe de la Cour, pour, ſur le compte quî
» ſera par lui rendu, être par la Cour, toutes les
» Chambres aſſemblées, ftatué ce qu'il appartien
» dra , le tout ſans préjudice du ſerment preſcrit
» par l'Arrêt du 6 Août 1726 , à l'égard de ceux
» qui voudroient remplir des grades dans les
» Univerſités du Reſſort, poſſéder Canonicats ou
» Bénéfices à charge d'âmes, Vicariats, emplois
» ou fonctions ayant même charge, Chaires ou
» Enſeignement public, Offices de Judicature ou
» Municipaux, & généralement remplir aucunes
» fonctions publiques, comme auſſi ſans préjudice
» de l'exécution de l'Arrêt du 7 Septembre ſuivant
• rendu en conſéquence. Ordonne que ledit Arrêt
» ſera imprimé, lû, publié & affiché par-tout oû
» beſoin ſera , que l'Affiche d'icelui, même par
» Extrait , vaudra ſignification & injonction à
» chacun de ceux qui audit jour 6 Août 1761 ,
» étoient Membres de ladite ci-devant Société ,
» & qu'Extraits collationnés d'icelui ſerontenvoyés
» aux Bailliages & Sénéchauſſées du Reſſort, en
» ſemble aux Conſeil Provincial d'Artois, Baillia
» ges, Gouvernances & Officiers Municipaux de
L,v.
2 o2 MERCURE DE FRANCE.
» l'Artois, pour y être pareillement lû, publié &
» regiſtré. Enjoint aux Subſtituts du Procureur
» Général du Roi d'y tenir la main, & d'en certi
» fier la Cour. Collationné. REGNAULT.
» Signé, DUFRANC. »
Le 29, les Princes & les Pairs ſe ſont rendus au
Parlement ; il y a été fait lecture des Remontran
ces rédigées d'après les Articles qui avoient été
précédemment agrées ; les Gens du Roi ont été
chargés de ſe retirer pardevers Sa Majeſté pour
ſçavoir le lieu, le jour & l'heure où il lui plaira de .
recevoir ces Remontrances & de rendre compte le
Samedi 3 Mars, de l'éxécution de cette Miſſion.
Ils ont été chargés auſſi de prendre communica
tion du Procez-Verbal de la vérification des Aſſer
tions citées dans l'Inſtruction Paſtorale de l'Ar
chevêque de Paris, & de prendre leurs Conclu
fions ſur cet objet le 3 Mars. Enfin ils ont été char
gé ſde prendre communication d'un Imprimé in
titulé : Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de
Langres au Clergé Séculier & Régulier de ſon
Diocèſe, lequel a été dépoſé au Greffe, enſemble
du récit fait à ce ſujet par un de MM. & de prendre
des Concluſions ſur le tout le même jour 3 Mars.
Le 3 Mars, les Princes & les Pairs ſe ſont
rendus au Parlement, Les Gens du Roi, rendant
compte de la Miſſion dont ils avoient été chargés,
le 29 du mois dernier, ont dit que le Roi recevroit
à Verſailles, Dimanche 4 du même mois à midi ,
les Remontrances de ſon Parlement, & que ſon
* intention étoit qu'elles lui fuſſent préſentées par le
Premier Préſident & deux Préſidens. Le Prince de
Condé ayant propoſé de mettre en délibération ce
qu'il convenoit de faire au ſujet de ce qui ſe trouve
dans les Remontrances du Parlement de Bretagne
M A I. 1764. 2o3
concernant la Cour des Pairs, il a été arrêté qu'il
ſeroit nommé des Commiſſaires qui s'aſſemble
roient Jeudi 8 , à l'effet d'examiner ces Remon
trances & de recueillir les principes & les faits ſur
cette matiére, pour rendre compte du tout au
Parlement. Enſuite les Gens du Roi ont rendu
compte du Procès-Verbal de la vérification des Aſ
ſertions citées dans l'Inſtruction Paſtorale de l'Ar
chevêque de Paris, ainſi que de l'Imprimé intitulé;
Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de Lan
gres au Clergé Séculier & Régulier de ſon Diocèſe,
& ils ont laiſſé concernant ces deux objets leurs
concluſions par écrit, ſur leſquelles il a été rendu
deux Arrêts. Par le premier, il eſt ordonné que
pour remplir de plus en plus les vues que le Par
lement s'étoit propoſées par ſon Arrêt du 5 Mars
1762 , des copies collationnées du Procès-Verbal
dépoſé au Greffe par Arrêt du 29 Février dernier ,
feroient envoyées ſans délai par le Procureur-Gé
néral du Roi à tous les Archevêques & Evêques du
Reſſort & à tous les Bailliages & Sénéchauſſées ;il
a été arrêté de plus que le premier Préſident, en
préſentant au Roi les très-humbles & très-reſpec
tueuſes Remontrances de ſon Parlement arrêtées
le 23 Février dernier, remettra à Sa Majefté co
pie collationnée du Procès-Verbal de vérification,
& on a ordonné que, pour que le Procès-Verbal
foit plus promptement & plus facilement envoyé
aux Archevêques & Evêques & aux Bailliages &
Sénéchauſſées du Reſſort, il ſera imprimé & que le
préſent Arrêt ſera imprimé en tête du Procès-Ver
bal. Il a été fait enſuite un Arrêté portant qu'un
exemplaire imprimé du Procès-Verbal de la véri
fication des Extraits das Aſſertions, collationné
par un Secrétaire du Parlement, ſera envoyé aux
Parlemens & Conſeils Supérieurs auxquels ont été
I vj
2o4 MERCURE DE FRANCE.
adreſſés des exemplaires des Aſſertions. Dans le
cours des opinions, un des Membres du Parle
ment s'étant réſervé de faire mettre en délibéra
tion ce qu'il convenoit de faire au ſujet du nom
bre d'Evêques qui ſe trouvoient à Paris, il a été
arrêté qué le Procureur Général du Roi ſeroit
chargé de veiller à l'exécution des Ordonnances &
Arrêts en ce quiconcerne la réſidence des Archevê
, ques & Evêques dans leur Diocèſe , & qu'il ren
droit compte dans la quinzaine aux Chambres aſ
ſemblées des diligences qu'il aura faites. Il a été
rendu enfin au ſujet de l'Imprimé ayant pour titre :
Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de Lan
gres, & c. un ſecond Arrêt qui ordonne que cet
Imprimé ſera lacéré & brûlé par l'Exécuteur de
la Haute-Juſtice, & que l'Arrêt ſera imprimé &
affiché tant à Paris qu'a Langres & par-tout où
, beſoin ſera.
Le 9 les Princes & les Pairs ſe ſont rendus au
Parlement. Le Premier Préſident ayant rendu
compte de la réponſe faite par le Roi aux Remon
, trances de ſon Parlement , on a arrêté qu'il ſeroit
fait Procès-Verbal du récit fait par le Premier Pré
ſident; &, quant au fond de l'affaire de l'Archevê
que de Paris, il a été arrêté que la délibération
, ſeroit continuée au premier jour avec les Princes
& les Pairs, en vertu de la convocation du 2 1 Jan
vier dernier, & ſans qu'il en ſoit beſoin d'autre.
Les Gens du Roi ayant enſuite rendu compte des
Inform ations faites au ſujet de la diſtribution de
Il'nſtruction Paſtorale de l'Archevêque de Paris,
& des différens Actes de ſerment faits en exécution
de l'Arrêt du 21 Février, & ayant pris des conclu
· ſions ſur le tout, le Parlement a rendu un Arrêt
par lequel il eſt enjoint aux ci-devant ſoi-diſant
Jéſuites, qui n'ont pas prêté ſerment dans le terme
M A I. 1764. , 2o5
preſcrit par l'Arrêt du 22 Février, de ſe retirer du
Royaume dans un mois , à compter du jour de la
publication du préſent Arrêt, tant dans cette Ville
| que dans les Bailliages & Sénéchauſſées du Reſ
ſort, ſauf a ceux qui par leur grand âge ou pour
cauſe d'infirmité ne pourroient ſatisfaire au pré
· ſent Arrêt, à préſenter leurs requêtes en la Cour,
tontes les Chambres aſſemblées, dans le ſuſdit dé
lai, pour être ſur leſdites requêtes & ſur les con
, cluſions du Procureur-Général du Roi ſtatué ce
qu'il appartiendra. Les Gens du Roi étant rentrés
en l'aſſemblée des Chambres, ont rendu compte
d'un Ecrit intitulé Adhéſion de Monſeigneur l'Evê
que d'Amiens a l'Inſtruction Paſtorale de Mon
ſeigneur l'Archevêque de Paris, & ont pris leurs
concluſions tendantes a ce que cet Ecrit fût lacéré
& brûlé : ſur quoi eſt intervenu Arrêt conforme
aux concluſions. -
Le 22 du même mois , on fit la Proceſſion ſo
lemnelle qu'on a coutume de faire tous les ans
en mémoire de la ré*uction de cette Capitale
ſous l'obédience de HENRY IV. Le Corps de
Ville aſſiſta , ſelon l'uſage, a cette Cérémonie,
La Société Royale de Londres reçut, le 13
Janvier dernier, au nombre de ſes Membres,
le ſieur Ferdinand Berthoud, habile Horloger
de cette Capitale. Cet Artiſte fut choiſi l'année
dernière par l'Académie Royale des Sciences &
, envoyé a Londres par Sa Majeſté, pour aſſiſter,
- conjointement avec M le Camus, à l'examen
de l'Horloge de M. Harriſſon. Il eſt Auteur du
Livre de l'Art de régier les Pendules & les Mon
tres, de l'Eſſai ſur l'Horlogerie , & de pluſieurs
- ouvrages relatifs à ſon Art, qu'il a préſentés à
. l'Académie, entr'autres de trois différentes hor
: loges de Marine pour la découverte des longi2
tudes en mer,
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Résumé : De PARIS, le 2 Avril 1764.
Le document du 2 avril 1764 relate plusieurs décisions royales et événements parlementaires. Le roi Louis XV a établi des règlements pour l'École Royale de Chirurgie à Orléans et créé des postes de Colonel, Lieutenant-Colonel et Major dans le régiment des recrues de Paris, avec des salaires annuels respectifs de 3600, 2400 et 1800 livres. Les négociants de Grandville ont reçu l'autorisation de commercer directement avec les colonies françaises d'Amérique via leur port. La Société Royale de Londres a accueilli deux nouveaux membres : le sieur Camus et Ferdinand Berthoud, un horloger. Au Parlement, les Princes et Pairs ont discuté des remontrances concernant l'exil de l'Archevêque de Paris et ont pris des mesures contre les Jésuites. Ces derniers ont été contraints de prêter serment de ne plus vivre sous les constitutions de leur ordre et de ne pas correspondre avec leurs supérieurs. Les écrits jugés contraires à ces décisions ont été condamnés à être lacérés et brûlés. Le Parlement a également ordonné la distribution d'un procès-verbal de vérification des assertions contenues dans l'instruction pastorale de l'Archevêque de Paris et a pris des mesures contre les évêques ne résidant pas dans leur diocèse. Par ailleurs, le texte mentionne l'existence de l'Académie, qui comprend trois types distincts de loges de Marine. Ces loges sont spécifiquement dédiées à la découverte des longitudes en mer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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32
p. 160-167
DE VERSAILLES, le 28 Avril 1764.
Début :
Le 2 de ce mois, Leurs Majestés & la Famille Royale signèrent le [...]
Mots clefs :
Famille royale, Duc, Marquis, Comte, Monseigneur, Honneur, Mariage, Cérémonies, Ministre, Serment, Pauvres, Audience, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 28 Avril 1764.
DE VERSAILLES , le 28 Avril 1764.
L. 2 de ce mois , Leurs Majeſtés & la Famille
Royale fignérent le contrat de Mariage du Marquis
de Vaubecourt avec Demoiſelle de Vateboy
du Metz. Le même jour , la Marquife de Donniffan
& la Marquile de Graffe furent préſentées
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale , la première
par la Marquife de Durfort , la feconde
par la Comteffe de Carcado.
Le même jour , les Députés du Parlement de
Befançon , au nombre de huit , furent préſentés
à Sa Majesté par le Duc de Choifeul , Miniftre &
Secrétaire d'Etat ayant le département de la Province
, & conduits par le Marquis de Dreux ,
Grand-Maître des Cérémonies. Le Roi les reçut
dans fon fauteuil en préſence de fes Miniftres &
de fes Grands Officiers , & leur permit de lui
faire les repréſentations dont ils avoient été chargés
par leur Compagnie.
Les , Leurs Majeftés & la Famille Royale -
gnérent le contrat de Mariage du Marquis de
Tourzel avec Demoifelle d'Havré.
Le fieur Law de Laurifton , Colonel d'Infanterie
, étant fur le point de partir en qualité de
Commiffaire pour le Roi & Commandant GénéJUILLET.
1764.
161
ral des établiſſemens François aux Indes Orientales
, a été préfenté à Sa Majeſté le zo du mois
dernier.
Le 8 de ce mois , le Marquis de Choiſeul- la-
Baume , Maréchal de Camp , prêta ferment entre
les mains du Roi pour la Lieutenance générale
de Champagne. Le même jour la Ducheffe
d'Elbeuf fit fes révérences à Leurs Majeſtés & à la
Famille Royale. Le lendemain , l'Evêque de
Comminges prêta ferment pendant la Melle entre
les mains du Roi.
Le Comte de Dietrichſtein , Chambellan de
l'Empereur , notifia , le 15 , à Leurs Majeftés &
à la Famille Royale l'Election & le Couronnement
de l'Archiduc Joſeph Roi des Romains. Le
même jour , le Vicomte de Choifeul , Brigadier
des Armées du Roi , Colonel du Régiment de
Poitou , & l'un des Menins de Monfeigneur le
Dauphin , nommé pour aller complimenter , de
la part du Roi , l'Empereur & le Roi des Romains,
a pris congé de Sa Majeſté.
Le 16 , Leurs Majeftés & la Famille Royale fignérent
le contrat de Mariage du Comte de
Maulde Colonel des Grenadiers de France ,
avec Demoiſelle Davy de la Pailleterie .
"
Le 19 , jour du Jeudi Saint , après l'Abfoure
faite par l'Évêque de Poitiers & le Sermon prononcé
par l'Abbé de Balore , Vicaire Général
du Diocèle de Belley , le Roi lava les pieds à
douze Pauvres & les fervit à table. Le Prince de
Condé , Grand-Maître de la Maifon de Sa Majefté
, étoit à la tête des Maîtres d'Hôtel & précéda
le fervice , dont les plats furent portés par
Monfeigneur le Dauphin , Monfeigneur le Duc
de Berry , Monfeigneur le Comte de Provence ,
par le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres , le
162 MERCURE DE FRANCE.
Duc de Bourbon , le Prince de Conty , le Comte
de la Marche , le Comte d'Eu , le Duc de Penthievre
& le Prince de Lamballe , & par les principaux
Officiers de Sa Majesté.
Le même jour , la Reine entendit le Sermon
de la Cene prononcé par l'Abbé de Chaléon , Vicaire
Général du Diocèle de Meaux. L'Evêque de
Poitiers fit enfuite l'Abfoute , après laquelle Sa
Majefté lava les pieds à douze pauvres Filles
-qu'Elle fervit à table. Le Marquis de Talaru ,
premier Maître d'Hôtel , précédia le fervice , &
les plats furent portés par Madame Adélaïde &
par Meldames Sophie & Louife , ainfi que par
les Dames du Palais de la Reine , & les Dames de
Meldames.
La Comteffe de Holderness , fe difpofant à retourner
en Angleterre , fut préfentée , le même
jour, à Leurs Majeſtés & à la Famille Royale.
Le 22 , Leurs Majeftés & la Famille Royale fignérent
le contrat de Mariage du Comte de
Maulevrier Langeron avec Demoiſelle de Saint
Pierre.
Le Comte du Châtelet- Lomont , Menin de
Monfeigneur le Dauphin & Ambaſſadeur du Roi
à la Cour de Vienne , arriva ici le 24, & fat
préfenté
le lendemain à Sa Majesté par le Duc de
Praflin. La Comteffe du Châtelet a été préfentée
aufli au Roi par le Duc de Fleury , Premier Gentilhomme
de la Chambre en exercice.
Le Roi vient de nommer Intendant de la Guadeloupe
le Sieur Senac de Meilhan , Maître des
-Requêtes, qui , en cette qualité , a été préſenté à
Sa Majefté , le 26 , par le Duc de Choifeul .
Le Roi a donné l'Evêché de Vabres à l'Abbé de
Caftries , Vicaire - Général du Diocèle d'Alby ;
L'Abbaye de Saint Pierre , Ordre de Saint Benoît ,
JUILLET. 1764. 163
Diocèle de Châlons ſur Saône , à l'Abbé de Stoupy
, Chanoine de Liége ; celle de Saint Joffe- fur-
Mer , Ordre de Saint Benoît , Diocèſe d'Amiens ,
à l'Abbé de Modene , Vicaire- Général du même
Diocèfe ; celle de Saint Jacques , Ordre de Saint
Auguſtin , Diocèfe.de Beziers , à l'Abbé Guillot ,
Vicaire-Général du Diocèſe de Mâcon ; celle de
Sainte Perrine , Ordre de Saint Auguftin , Diocèle
de Paris , à la Dame de Mazieres , Religieufe
de la Communauté des Filles- Dieu à Paris ; &
celle des Chazes , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe
de Saint Flour , à la Dame de Guerin de Lugeac ,
Religieufe Bénédictine de l'Abbaye de Lavau-
Dieq , même Diocèle.
Le Sieur Buy de Mornas , Géographe de Monfeigneur
le Duc de Berry & de Monfeigneur le
Comte de Provence , eut l'honneur de préſenter ,
le 22
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
vingt nouvelles Cartes de fon Atlas Géographi
•que lefquelles ont rapport au cinquième âge du
monde , & doivent être à la tête du troifiéme
Volume de cet Ouvrage.
Du 16 Mai.
>
Les Députés du Parlement de Rouen , au nombre
de huit , furent préſentés au Roi , le 28 du
mois dernier , par le fieur Bertin Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le département de la
Normandie , & conduits par le Marquis de Dreux ,
Grand-Maître des Cérémonies. Sa Majefté les
reçut dans fon fauteuil en préfence de fes Miniftres
& de fes Grands- Officiers , & leur permit de
lui faire les repréſentations dont ils avoient été
chargés par leur Compagnie.
Le lendemain , les Députés des Etats de Bour
gogne furent auffi préfentés au Roi par le Prince
164 MERCURE DE FRANCE.
de Condé , Gouverneur de la Province , & par le
Comte de Saint Florentin , Miniftre & Sécrétaire
d'Etat. Ils furent conduits à cette Audience par le
Marquis de Dreux , Grand - Maître des Cérémonies
& par le Sieur Defgranges , Maître des Cérémonies.
La Députation étoit compofée de
l'Abbé du Châtel , Aumônier Ordinaire de la
Reine , élu du Clergé , lequel porta la parole;
du Marquis de Châtelux , élu de la Nobleffe ; du
Sieur de Baudeffon , Maire d'Auxerre , élu du
Tiers Etat ; du Sieur Blanchon , Syndic , Député
de la Province de Breffe ; du Sieur Comber , Syndic
, Député des Provinces de Bujey & Gex ; du
Sieur de Blancey , Secrétaire des Etats de Bour
gogne, & du Sieur de Lapoix , Procureur Syndic
des mêmes Etats . Ces Députés eurent enfuite Audience
de la Reine & de Famille Royale.
Le même jour , Leurs Majeftés & la Famille
Royale fignérent le contrat de Mariage du Marquis
de la Roche - du- Maine avec Demoiſelle de
Verneuil. 暑
Sa Majesté vient d'accorder les entrées de fa
Chambre au Prince de Marfan & au Maréchal de
Balincourt.
Le premier de ce mois , les Muficiens du Roi ,
réunis aux Hautbois de la Chambre , fe rendirent
au lever de Sa Majefté , conduits par le Sieur de
Bury , Surintendant de la Mufique en furvivance
du Sieur Rebel , & éxécutérent felon l'uſage
ordinaire , plufieurs morceaux de Symphonie.
"
Le 2 , l'Evêque de Châlons - fur Marne prêta
ferment , pendant la Melle, entre les mains de
Sa Majesté.
Le 6 , ia Vicomteffe de Narbonne - Pelet a été
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par la Comteffe de Forcalquier.
JUILLET, 1764. 165
Le 7 , l'Evêque de Vence & celui de Mâcon
prêterent ferment , pendant la Meffe , entre les
mains de Sa Majefté , dans la Chapelle du Château.
Le 8 , le Roi chaffa au vol , accompagné de Madame
Adélaïde , & de Meldames Sophie &
Louife.
Le 12 , le Sieur Dufort , Introducteur des Ambaffadeurs
, a prêté ferment entre les mains du
Roi , pour la charge de Lieutenant - Général de la
Province du Blaifois , vacante par la retraite du
Comte d'Harcourt.
Le 13 , les Secrétaires du Roi de la Grande
Chancellerie eurent l'honneur de préfenter à Sa
Majeſté , fuivant l'ufage , la bourſe de Saint Jean
de la Porte Latine. Le Steur Lebeuf , premier
Syndic de cette Compagnie porta la parole.
Le même jour , Leuis Majeftés & la Famille .
Royale fignerent le contrat de Mariage du Marquis
de Fontaines , Exempt des Gardes du Corps
dans la Compagnie Ecolloife , avec Demoiſelle
Goujon de Ris.
Le is , le Comte Bielinsk , Envoyé extraor
dinaire de la République de Pologne , eut fon
Audience de congé du Roi ; il y fut conduit , ainfi
qu'a celles de la Reine & de la Famille Royale ,
par le Sieur Dufort , Introducteur des Ambaſſadeurs
Le Roi a difpofé en faveur de l'Abbé de Liſle & -
de l'Abbé Frottier , Clercs de fa Chapelle des deux
Charges de Chapelains vacantes par les cémiffions
des Abbés Peigné & de Haullay & les deux
charges de Clercs de Chapelle ont été accordées à
l'Abbé Blanchemain , Précepteur des Pages de
Sa Majefté , & à l'Abbé de Ciédat des Mazeaux .
L'Abbé de Sailly , Aumônier de Madame la
166 MERCURE DE FRANCE.
Dauphine , Grand - Chantre & Chanoine de la
Sainte Chapelle Koyale du Palais , & le Baron de
Lentzbourg , Membre du Sénat du Canton de
Fribourg, nommés par SaMajeſté pour être admis
dans les Ordres Royaux , Militaires & Hoſpitaliers
de Notre-Dame du Mont- Carmel & de
Saint Lazare de Jérufalem , ont fait leur profef
fion en préſence de Monfeigneur le Duc de
Berry , Grand-Maître de ces Ordres , entre les -
mains du Comte de Saint Florentin , Miniftre &
Secrétaire d'Etat , Adminiſtrateur Général defdits
Ordres ; après l'émiffion des Voeux , le nou
veau Commandeur Eccléfiaftique & le nouveau
Chevalier ont eu l'honneur de baifer la main du'
Prince Grand- Maître en figne d'obédience. Les
Chevaliers - Commandeurs , Grands - Officiers &
plufieurs Chevaliers Commandeurs Eccléfiaftiques
ont affifté à cette Cérémonie.
·
Le 30 Avril , le Sieur Targe , ancien Profeffeur
de Mathématiques à l'Ecole Royale Militaire , a
eu l'honneur de préfenter à Monseigneur le Duc
de Berry & à Monfeigneur le Comte de Proven-"
vence , les deux derniers Volumes de fa Traduction
de l'Hiftoire d'Angleterre de M. Smollet.
Le 6 Mai , le Sieur de la Lande , de l'Académie
Royale des Sciences , eut l'honneur de préſenter
au Roi une Carte du paffage de Vénus fur le Soleil
, qui s'obſervera le ; Juin 1769 , & d'expo-'
fer à Sa Majesté les avantages confidérables que
ce paffage aura fur celui qui eft arrivé en 1761.
Cette Carte étoit accompagnée d'un Mémoire
imprimé qui contient la manière dont le paffa-1
ge de 1769 paroîtra dans tous les Pays de la
Terre , les voyages qu'il fera utile d'entreprendre'
à cette occafion , & le réſultat de tout ce qui a
été obférvé ſur le paffage de 1761 dans toutes
les parties du Monde.
JUILLET. 1764. 167
Le Sieur Adanfon , de l'Académie des Sciences ,
a eu l'honneur de préfenter , le même jour , au
Roi un Ouvrage de fa compofition intitulé : Familles
des Plantes.
Le 12 , le Sieur Blondeau de Charnage , Penfionnaire
du Roi , préfenta à Sa Majesté le troifiéme
Volume du Dictionnaire des Titres Origi
naux pour les Fiefs , le Domaine du Roi , l'Hif
toire, la Généalogie , & généralement tous les
objets qui concernent le gouvernement de l'Etat.
Le lendemain , Jean-Thomas Hériffant , Imprimeur
du Roi , Maiſon & Cabinet de Sa Majeſté
, eut auffi l'honneur de préfenter au Roi le
quatriéme Volume des Euvres du Chancelier
d'Agueffeau.
L. 2 de ce mois , Leurs Majeſtés & la Famille
Royale fignérent le contrat de Mariage du Marquis
de Vaubecourt avec Demoiſelle de Vateboy
du Metz. Le même jour , la Marquife de Donniffan
& la Marquile de Graffe furent préſentées
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale , la première
par la Marquife de Durfort , la feconde
par la Comteffe de Carcado.
Le même jour , les Députés du Parlement de
Befançon , au nombre de huit , furent préſentés
à Sa Majesté par le Duc de Choifeul , Miniftre &
Secrétaire d'Etat ayant le département de la Province
, & conduits par le Marquis de Dreux ,
Grand-Maître des Cérémonies. Le Roi les reçut
dans fon fauteuil en préſence de fes Miniftres &
de fes Grands Officiers , & leur permit de lui
faire les repréſentations dont ils avoient été chargés
par leur Compagnie.
Les , Leurs Majeftés & la Famille Royale -
gnérent le contrat de Mariage du Marquis de
Tourzel avec Demoifelle d'Havré.
Le fieur Law de Laurifton , Colonel d'Infanterie
, étant fur le point de partir en qualité de
Commiffaire pour le Roi & Commandant GénéJUILLET.
1764.
161
ral des établiſſemens François aux Indes Orientales
, a été préfenté à Sa Majeſté le zo du mois
dernier.
Le 8 de ce mois , le Marquis de Choiſeul- la-
Baume , Maréchal de Camp , prêta ferment entre
les mains du Roi pour la Lieutenance générale
de Champagne. Le même jour la Ducheffe
d'Elbeuf fit fes révérences à Leurs Majeſtés & à la
Famille Royale. Le lendemain , l'Evêque de
Comminges prêta ferment pendant la Melle entre
les mains du Roi.
Le Comte de Dietrichſtein , Chambellan de
l'Empereur , notifia , le 15 , à Leurs Majeftés &
à la Famille Royale l'Election & le Couronnement
de l'Archiduc Joſeph Roi des Romains. Le
même jour , le Vicomte de Choifeul , Brigadier
des Armées du Roi , Colonel du Régiment de
Poitou , & l'un des Menins de Monfeigneur le
Dauphin , nommé pour aller complimenter , de
la part du Roi , l'Empereur & le Roi des Romains,
a pris congé de Sa Majeſté.
Le 16 , Leurs Majeftés & la Famille Royale fignérent
le contrat de Mariage du Comte de
Maulde Colonel des Grenadiers de France ,
avec Demoiſelle Davy de la Pailleterie .
"
Le 19 , jour du Jeudi Saint , après l'Abfoure
faite par l'Évêque de Poitiers & le Sermon prononcé
par l'Abbé de Balore , Vicaire Général
du Diocèle de Belley , le Roi lava les pieds à
douze Pauvres & les fervit à table. Le Prince de
Condé , Grand-Maître de la Maifon de Sa Majefté
, étoit à la tête des Maîtres d'Hôtel & précéda
le fervice , dont les plats furent portés par
Monfeigneur le Dauphin , Monfeigneur le Duc
de Berry , Monfeigneur le Comte de Provence ,
par le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres , le
162 MERCURE DE FRANCE.
Duc de Bourbon , le Prince de Conty , le Comte
de la Marche , le Comte d'Eu , le Duc de Penthievre
& le Prince de Lamballe , & par les principaux
Officiers de Sa Majesté.
Le même jour , la Reine entendit le Sermon
de la Cene prononcé par l'Abbé de Chaléon , Vicaire
Général du Diocèle de Meaux. L'Evêque de
Poitiers fit enfuite l'Abfoute , après laquelle Sa
Majefté lava les pieds à douze pauvres Filles
-qu'Elle fervit à table. Le Marquis de Talaru ,
premier Maître d'Hôtel , précédia le fervice , &
les plats furent portés par Madame Adélaïde &
par Meldames Sophie & Louife , ainfi que par
les Dames du Palais de la Reine , & les Dames de
Meldames.
La Comteffe de Holderness , fe difpofant à retourner
en Angleterre , fut préfentée , le même
jour, à Leurs Majeſtés & à la Famille Royale.
Le 22 , Leurs Majeftés & la Famille Royale fignérent
le contrat de Mariage du Comte de
Maulevrier Langeron avec Demoiſelle de Saint
Pierre.
Le Comte du Châtelet- Lomont , Menin de
Monfeigneur le Dauphin & Ambaſſadeur du Roi
à la Cour de Vienne , arriva ici le 24, & fat
préfenté
le lendemain à Sa Majesté par le Duc de
Praflin. La Comteffe du Châtelet a été préfentée
aufli au Roi par le Duc de Fleury , Premier Gentilhomme
de la Chambre en exercice.
Le Roi vient de nommer Intendant de la Guadeloupe
le Sieur Senac de Meilhan , Maître des
-Requêtes, qui , en cette qualité , a été préſenté à
Sa Majefté , le 26 , par le Duc de Choifeul .
Le Roi a donné l'Evêché de Vabres à l'Abbé de
Caftries , Vicaire - Général du Diocèle d'Alby ;
L'Abbaye de Saint Pierre , Ordre de Saint Benoît ,
JUILLET. 1764. 163
Diocèle de Châlons ſur Saône , à l'Abbé de Stoupy
, Chanoine de Liége ; celle de Saint Joffe- fur-
Mer , Ordre de Saint Benoît , Diocèſe d'Amiens ,
à l'Abbé de Modene , Vicaire- Général du même
Diocèfe ; celle de Saint Jacques , Ordre de Saint
Auguſtin , Diocèfe.de Beziers , à l'Abbé Guillot ,
Vicaire-Général du Diocèſe de Mâcon ; celle de
Sainte Perrine , Ordre de Saint Auguftin , Diocèle
de Paris , à la Dame de Mazieres , Religieufe
de la Communauté des Filles- Dieu à Paris ; &
celle des Chazes , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe
de Saint Flour , à la Dame de Guerin de Lugeac ,
Religieufe Bénédictine de l'Abbaye de Lavau-
Dieq , même Diocèle.
Le Sieur Buy de Mornas , Géographe de Monfeigneur
le Duc de Berry & de Monfeigneur le
Comte de Provence , eut l'honneur de préſenter ,
le 22
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
vingt nouvelles Cartes de fon Atlas Géographi
•que lefquelles ont rapport au cinquième âge du
monde , & doivent être à la tête du troifiéme
Volume de cet Ouvrage.
Du 16 Mai.
>
Les Députés du Parlement de Rouen , au nombre
de huit , furent préſentés au Roi , le 28 du
mois dernier , par le fieur Bertin Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le département de la
Normandie , & conduits par le Marquis de Dreux ,
Grand-Maître des Cérémonies. Sa Majefté les
reçut dans fon fauteuil en préfence de fes Miniftres
& de fes Grands- Officiers , & leur permit de
lui faire les repréſentations dont ils avoient été
chargés par leur Compagnie.
Le lendemain , les Députés des Etats de Bour
gogne furent auffi préfentés au Roi par le Prince
164 MERCURE DE FRANCE.
de Condé , Gouverneur de la Province , & par le
Comte de Saint Florentin , Miniftre & Sécrétaire
d'Etat. Ils furent conduits à cette Audience par le
Marquis de Dreux , Grand - Maître des Cérémonies
& par le Sieur Defgranges , Maître des Cérémonies.
La Députation étoit compofée de
l'Abbé du Châtel , Aumônier Ordinaire de la
Reine , élu du Clergé , lequel porta la parole;
du Marquis de Châtelux , élu de la Nobleffe ; du
Sieur de Baudeffon , Maire d'Auxerre , élu du
Tiers Etat ; du Sieur Blanchon , Syndic , Député
de la Province de Breffe ; du Sieur Comber , Syndic
, Député des Provinces de Bujey & Gex ; du
Sieur de Blancey , Secrétaire des Etats de Bour
gogne, & du Sieur de Lapoix , Procureur Syndic
des mêmes Etats . Ces Députés eurent enfuite Audience
de la Reine & de Famille Royale.
Le même jour , Leurs Majeftés & la Famille
Royale fignérent le contrat de Mariage du Marquis
de la Roche - du- Maine avec Demoiſelle de
Verneuil. 暑
Sa Majesté vient d'accorder les entrées de fa
Chambre au Prince de Marfan & au Maréchal de
Balincourt.
Le premier de ce mois , les Muficiens du Roi ,
réunis aux Hautbois de la Chambre , fe rendirent
au lever de Sa Majefté , conduits par le Sieur de
Bury , Surintendant de la Mufique en furvivance
du Sieur Rebel , & éxécutérent felon l'uſage
ordinaire , plufieurs morceaux de Symphonie.
"
Le 2 , l'Evêque de Châlons - fur Marne prêta
ferment , pendant la Melle, entre les mains de
Sa Majesté.
Le 6 , ia Vicomteffe de Narbonne - Pelet a été
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par la Comteffe de Forcalquier.
JUILLET, 1764. 165
Le 7 , l'Evêque de Vence & celui de Mâcon
prêterent ferment , pendant la Meffe , entre les
mains de Sa Majefté , dans la Chapelle du Château.
Le 8 , le Roi chaffa au vol , accompagné de Madame
Adélaïde , & de Meldames Sophie &
Louife.
Le 12 , le Sieur Dufort , Introducteur des Ambaffadeurs
, a prêté ferment entre les mains du
Roi , pour la charge de Lieutenant - Général de la
Province du Blaifois , vacante par la retraite du
Comte d'Harcourt.
Le 13 , les Secrétaires du Roi de la Grande
Chancellerie eurent l'honneur de préfenter à Sa
Majeſté , fuivant l'ufage , la bourſe de Saint Jean
de la Porte Latine. Le Steur Lebeuf , premier
Syndic de cette Compagnie porta la parole.
Le même jour , Leuis Majeftés & la Famille .
Royale fignerent le contrat de Mariage du Marquis
de Fontaines , Exempt des Gardes du Corps
dans la Compagnie Ecolloife , avec Demoiſelle
Goujon de Ris.
Le is , le Comte Bielinsk , Envoyé extraor
dinaire de la République de Pologne , eut fon
Audience de congé du Roi ; il y fut conduit , ainfi
qu'a celles de la Reine & de la Famille Royale ,
par le Sieur Dufort , Introducteur des Ambaſſadeurs
Le Roi a difpofé en faveur de l'Abbé de Liſle & -
de l'Abbé Frottier , Clercs de fa Chapelle des deux
Charges de Chapelains vacantes par les cémiffions
des Abbés Peigné & de Haullay & les deux
charges de Clercs de Chapelle ont été accordées à
l'Abbé Blanchemain , Précepteur des Pages de
Sa Majefté , & à l'Abbé de Ciédat des Mazeaux .
L'Abbé de Sailly , Aumônier de Madame la
166 MERCURE DE FRANCE.
Dauphine , Grand - Chantre & Chanoine de la
Sainte Chapelle Koyale du Palais , & le Baron de
Lentzbourg , Membre du Sénat du Canton de
Fribourg, nommés par SaMajeſté pour être admis
dans les Ordres Royaux , Militaires & Hoſpitaliers
de Notre-Dame du Mont- Carmel & de
Saint Lazare de Jérufalem , ont fait leur profef
fion en préſence de Monfeigneur le Duc de
Berry , Grand-Maître de ces Ordres , entre les -
mains du Comte de Saint Florentin , Miniftre &
Secrétaire d'Etat , Adminiſtrateur Général defdits
Ordres ; après l'émiffion des Voeux , le nou
veau Commandeur Eccléfiaftique & le nouveau
Chevalier ont eu l'honneur de baifer la main du'
Prince Grand- Maître en figne d'obédience. Les
Chevaliers - Commandeurs , Grands - Officiers &
plufieurs Chevaliers Commandeurs Eccléfiaftiques
ont affifté à cette Cérémonie.
·
Le 30 Avril , le Sieur Targe , ancien Profeffeur
de Mathématiques à l'Ecole Royale Militaire , a
eu l'honneur de préfenter à Monseigneur le Duc
de Berry & à Monfeigneur le Comte de Proven-"
vence , les deux derniers Volumes de fa Traduction
de l'Hiftoire d'Angleterre de M. Smollet.
Le 6 Mai , le Sieur de la Lande , de l'Académie
Royale des Sciences , eut l'honneur de préſenter
au Roi une Carte du paffage de Vénus fur le Soleil
, qui s'obſervera le ; Juin 1769 , & d'expo-'
fer à Sa Majesté les avantages confidérables que
ce paffage aura fur celui qui eft arrivé en 1761.
Cette Carte étoit accompagnée d'un Mémoire
imprimé qui contient la manière dont le paffa-1
ge de 1769 paroîtra dans tous les Pays de la
Terre , les voyages qu'il fera utile d'entreprendre'
à cette occafion , & le réſultat de tout ce qui a
été obférvé ſur le paffage de 1761 dans toutes
les parties du Monde.
JUILLET. 1764. 167
Le Sieur Adanfon , de l'Académie des Sciences ,
a eu l'honneur de préfenter , le même jour , au
Roi un Ouvrage de fa compofition intitulé : Familles
des Plantes.
Le 12 , le Sieur Blondeau de Charnage , Penfionnaire
du Roi , préfenta à Sa Majesté le troifiéme
Volume du Dictionnaire des Titres Origi
naux pour les Fiefs , le Domaine du Roi , l'Hif
toire, la Généalogie , & généralement tous les
objets qui concernent le gouvernement de l'Etat.
Le lendemain , Jean-Thomas Hériffant , Imprimeur
du Roi , Maiſon & Cabinet de Sa Majeſté
, eut auffi l'honneur de préfenter au Roi le
quatriéme Volume des Euvres du Chancelier
d'Agueffeau.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 28 Avril 1764.
En avril et mai 1764, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour de Versailles. Le 2 avril, les contrats de mariage du Marquis de Vaubecourt avec Demoiselle de Vateboy du Metz et du Marquis de Tourzel avec Demoiselle d'Havré ont été signés par Leurs Majestés et la Famille Royale. La Marquise de Donniffan et la Marquise de Graffe ont été présentées à la cour. Les députés du Parlement de Besançon ont été reçus par le Roi en présence de ses ministres et grands officiers. Le Sieur Law de Laurifton, Colonel d'Infanterie, a été présenté au Roi avant son départ pour les Indes Orientales. Le Marquis de Choiseul-la-Baume a prêté serment pour la Lieutenance générale de Champagne, et la Duchesse d'Elbeuf a fait ses révérences à la cour. Le Comte de Dietrichstein a notifié l'élection et le couronnement de l'Archiduc Joseph Roi des Romains. Le Vicomte de Choiseul a pris congé du Roi pour complimenter l'Empereur et le Roi des Romains. Le contrat de mariage du Comte de Maulde avec Demoiselle Davy de la Pailleterie a été signé. Le Roi a lavé les pieds de douze pauvres le Jeudi Saint, et la Reine a fait de même pour douze pauvres filles. La Comtesse de Holderness a été présentée à la cour avant son départ pour l'Angleterre. Le contrat de mariage du Comte de Maulevrier Langeron avec Demoiselle de Saint Pierre a été signé. Le Comte du Châtelet-Lomont, Ambassadeur à Vienne, est arrivé et a été présenté au Roi. Le Sieur Senac de Meilhan a été nommé Intendant de la Guadeloupe. Plusieurs nominations ecclésiastiques ont été annoncées, notamment celles des Abbés de Castries, Stoupy, Modene, Guillot, et des Dames de Mazieres et de Guerin de Lugeac. Le Sieur Buy de Mornas a présenté de nouvelles cartes géographiques à la cour. Les députés du Parlement de Rouen et des États de Bourgogne ont été reçus par le Roi. Le contrat de mariage du Marquis de la Roche-du-Maine avec Demoiselle de Verneuil a été signé. Le Prince de Marfan et le Maréchal de Balincourt ont obtenu les entrées de la Chambre du Roi. L'Évêque de Châlons-sur-Marne, ceux de Vence et de Mâcon ont prêté serment. Le Roi a chassé au vol avec Madame Adélaïde et Mesdames Sophie et Louise. Le Sieur Dufort a prêté serment pour la charge de Lieutenant-Général du Blaisois. Les Secrétaires du Roi ont présenté la bourse de Saint Jean de la Porte Latine. Le contrat de mariage du Marquis de Fontaines avec Demoiselle Goujon de Ris a été signé. Le Comte Bielinski, Envoyé de Pologne, a pris congé du Roi. Plusieurs nominations et promotions ont été annoncées, notamment celles des Abbés de Lisle, Frottier, Blanchemain, et de Ciédat des Mazeaux. L'Abbé de Sailly et le Baron de Lentzbourg ont été admis dans les Ordres Royaux Militaires et Hospitaliers. Le Sieur Targe a présenté les volumes de la traduction de l'Histoire d'Angleterre de M. Smollet au Duc de Berry et au Comte de Provence. Le Sieur de la Lande a présenté une carte du passage de Vénus sur le Soleil au Roi. Le Sieur Adanson a présenté son ouvrage 'Familles des Plantes'. Le Sieur Blondeau de Charnage a présenté le troisième volume du Dictionnaire des Titres Originaux. Jean-Thomas Hérissant a présenté le quatrième volume des Œuvres du Chancelier d'Aguesseau au Roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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33
p. 181-186
De VERSAILLES, le 9 Juin 1764.
Début :
Le Roi vient de donner au Prince de Tingri la place de Capitaine [...]
Mots clefs :
Comte, Général, Majesté, Famille royale, Gouvernement, Marquis, Audience, Famille royale, Province, Serment, Honneur, Aumônier, Cérémonies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 9 Juin 1764.
De VERSAILLES , le 9 Juin 1764 .
Le Roi vient de donner au Prince de Tingri la
place de Capitaine de les Gardes , vacante par la
mort du Maréchal Duc de Luxembourg. Sa Majefté
a diſpoſé en même temps du Gouvernement
de Normandie en faveur du Duc d'Harcourt ,
qui en étoit Lieutenant-Général. Le Gouvernement
de Sedan , vacant par la nomination du
Duc d'Harcourt au Gouvernement de la Province
de Normandie , a été donné au Duc de Laval ,
Lieutenant-Général des Armées du Roi , qui a
remis à Sa Majefté le Gouvernement de Mont-
Dauphin, dont elle a diſpoſé en faveur du Comte
de la Suze , Grand Maréchal des Logis de fa
Cour.
Sa Majeſté a donné le Gouvernement de Port-
Louis , vacant par la mort du Comte de Rothelin' ,
au Chevalier du Châtelet , Lieutenant-Général de
fes Armées , & celui de Saint- Malo , vacant par
la mort du Maréchal de Maubourg , au Comte
de Montazet , Lieutenant-Général de les Armées,
qui a remis à Sa Majesté le Gouvernement du
Fort de Scarpe dont il étoit pourvu , & que
Majeſté donné au Chevalier de Saint- Point ,
Maréchal de fes Camps & Armées , & Lieutenant
de fes Gardes-du - Corps dans la Compagnie de
Beauvau .
Sa
L'Inſpection de Cavalerie dont étoit pourvu le
182 MERCURE DE FRANCE.
"
Comte de Montazet a été fupprimée par le Roi,
qui a donné l'Inspection qu'éxerçoit le Marquis
du Mefnil au Comte de Choifeul-la-Baume , &
celle d'Infanterie , qu'avoit le Marquis de Bréhant
, au Comte de Montbarey.
Sa Majefté a difpofé de l'Archevêché d'Alby en
faveur du Cardinal de Bernis ; & de l'Evêché de
Siſteron en faveur de l'Abbé de Saint-Tropès.
Elle a donné l'Abbaye de Corneville , Ordre de
S. Auguftin , Diocèfe de Rouen , à l'Abbé d'Allemans-
Dulau , ancien Curé de la Paroifle de S.
Sulpice à Paris.
Le Roi vient de difpofer de la place de Dame
d'Atours de Madame , qu'avoit la Comteffe de
Civerac , en faveur de la Comteffe de Narbonne ,
Dame pour accompagner Madame.
Le fieur Tiepolo , Ambaffadeur de la République
de Venife , fut conduit ici le 22 du mois dernier
, dans les caroffes de Leurs Majeftés , & eur
une Audience publique de Congé du Roi , qui le
fit enfuite Chevalier. Il fut conduit à cette Audience
, ainfi qu'à celles de la Reine & de la Famille
Royale , par le fieur Dufort , Introducteur
des Ambaffadeurs.
Le 27 , le Prince de Tingry prêta ferment entre
les mains du Roi , en qualité de Capitaine des
Gardes de Sa Majesté.
Le fieur Langlois , Confeiller au Parlement de
Paris , ayant été pourvu d'une Charge d'Intendant
des Finances , fut préfenté au Roi en cette
qualité le même jour par le fieur de l'Averdy.
La Dame de l'Averdy , époufe du Contrôleur
Général des Finances , & la Comteffe de Langeron
, furent préfentées le même jour à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale , la premiere par la
Comteffe de Noailles , & la feconde par la Marquile
de Langeron.
JUILLET. 1764. 183
Le même jour la Marquife de Tourzel & la
Marquife de Gantès furent préſentées à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale , la première ,
par la Marquife de Sourches , la feconde , par la
Vicomteffe de Caftellane .
Les Députés des Etats d'Artois eurent auffi ce
même jour une Audience du Roi : ils furent préfentés
à Sa Majesté par le Duc de Chaulnes ,
Gouverneur de la Province , & par le Duc de
Choifeul , Miniftre & Secrétaire d'Etat ayant le
département de la Guerre & de la Marine , 82
conduit à cette Audience par le Marquis de
Dreux , Grand-Maître des Cérémonies , & par le
Heur Desgranges , Maître des Cérémonies. La
députation étoit compofée , pour le Clergé , de
l'Evêque de Saint-Omer , qui porta la parole ;
du Comte de Marle , pour la Nobleffe , & du
fieur de Canchy , pour le Tiers- Etat..
la
Leurs Majeftés & la Famille Royale fignerent
3 de ce mois le Contrat de mariage du fieur
de Boullongne , Maître des Requêtes , & de Demoiſelle
Langlois , fille du fieur Langlois , Intendant
des Finances. Le même jour la Comteffe
de Mory & la Comteffe de Sabran furent
préſentées à Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par la Comteffe de la Marche , l'une en qualité
de Dame d'Honneur de cette Princeffe , l'autre en
qualité de fa Dame de compagnie. La Marquife
de la Roche- du - Maine fut auffi préſentée à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale par la Ducheffe
de Sully.
Le Roi s'étant fait rendre compte de tout ce
qui s'eft paffé dans l'affaire du Canada , & en
particulier par rapport aux Officiers & Employés
qui ont été déchargés des accufations intentées
contre eux , & voulant leur donner des marques
184 MERCURE DE FRANCE.
2
de fa fatisfaction , a accordé au Marquis de Vau-.
dreuil , ancien Gouverneur- Lieutenant -Général
de la Nouvelle-France , 6 , 000 livrés de penfion
annuelle , indépendamment de celle dont il jouiffoit
précédemment. Sa Majesté a pareillement
accordé d'autres penfions , fuivant le grade & la
qualité des perfonnes , au Chevalier le Mercier ,
ci-devant Commandant de l'Artillerie ; au fieur
de Boishebert , Capitaine , ci -devant Commandant
à l'Acadie ; au fieur de Meloïfe , Capitaine ,
Aide-Major de Quebec ; aux fieurs de Villers ,
Contrôleur ; Barbel , Ecrivain ; & Fayolle , Ecrivain
& Garde-Magafin .
Le 19 du mois dernier , les PP. Récollets de
la Province de France ont tenu ici un Chapitre
auquel a préfidé , en qualité de Commiſſaire- Général
, le Pere Pie Allard , Ex- Provincial de la
Province de Lyon . Ce même Père a préſenté le
21 au Roi les nouveaux Supérieurs qui ont été
nommés dans ce Chapitre.
Le 20 ,
:
le fieur de l'Etang a eu l'honneur de
préfenter à Sa Majefté un Ouvrage de fa compofition
, intitulé Manuel d'Agriculture pour le
Laboureur, pour le Propriétaire & pour le Gou
vernement , contenant les vrais & feuls moyens de
faire profpérer l'Agriculture tant en France que
dans tous les autres Etats où l'on cultive.
Le fieur Duhamel , de l'Académie Royale des
Sciences , & Infpecteur de la Marine , a eu l'honneur
de préfenter , le ; de ce mois , au Roi deux
livres de fa compofition , intitulés : Exploitation
du bois , ou Moyen de tirer un parti avantageux
des taillis , demi-futayes & hautes-futayes , &
d'en faire une jufte eſtimation , avec une defcription
des Arts qui fe pratiquent dans les forêts ,
faifant les deux dernières parties du Traité com
pler des Bois & Forêts.
JUILLET. 1764. 184
Les PP. Capucins ont eu l'honneur de préfenter
le à Monfeigneur le Dauphin les XIII , XIV.
& XV Volumes des Principes difcutés , qui font
les derniers de cet Ouvrage , ainfi que la Juſtification
de leur Verfion Françoiſe des Pleaumes.
Du 13.
Les Chevaliers Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint Efprit s'étant affemblés le 10
de ce mois , vers les onze heures du matin ,
dans le Cabinet du Roi , Sa Majesté fortit de fon
appartement pour aller à la Chapelle. Elle étoit
accompagnée de Monfeigneur le Dauphin , du
Duc d'Orléans , du Duc de Chartres , du Prince
de Condé , du Comte de Clermont , du Prince de
Conty , du Comte de la Marche , du Comte d'Eu ,
du Duc de Penthievre & du Prince de Lamballe ,
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers dé
l'Ordre. Sa Majefté , devant qui les deux Huiffiers
de la Chambre portoient leurs maffes , étoit en
manteau , ayant le Collier de l'Ordre pardeffus ,
ainfi que celui de la Toifon d'Or. L'Evêque de
Langres , Commandeur de l'Ordre , Officia , &
après la Meffe qui fut chantée par la Muſique
du Roi , Sa Majefté monta fur fon Trône pour
recevoir Chevalier de l'Ordre le Comte du Châtalet
- Lomont , ci- devant Ambafladeur du Roi
à la Cour de Vienne & l'un des Menins de Monfeigneur
le Dauphin ; après quoi Sa Majesté
fut reconduite à fon appartement en la manière
accoutumée .
Le Roi vient de difpofer en faveur du Maréchal
de Clermont-Tonnerre de la Lieutenance- Générale
& du Commandement du Dauphiné vacans
par la mort du Marquis du Mefnil .
Sa Majefté a nommé à l'Evêché d'Avranches
186 MERCURE DE FRANCE,
l'Abbé de Durfort ſon Aumônier. Elle a donné en
même temps l'Abbaye de Lieu Dieu , Ordre de
Citeaux , Diocèle d'Amiens , à l'Abbé de Béon ,
Aumônier de Madame cele de Selincourt , Ordre
de Piémontré , même Diocèle à l'Abbé Tafcher
, Vicaire Général du Diocèle de Mâcon , &
Chanoine de l'Eglife Noble & Cathédrale de
Coire , & l'Abbaye Réguliere de Prieres , Ordre
de Cireaux , Diocèle de Vannes , à Dom de Baule
, Religieux du même Ordre , & Prieur de l'Abbaye
de Royaumont. L'Abbe de Soulanges ayant
donné la démiffion de la place d'Aumônier de
Madame , Sa Majefté a nommé à cette place
l'Abbé de Saint- Marceau , Vicaire Général de
Meaux.
Le Vicomte de Choifeul , Menin de Monfeigneur
le Dauphin , eft revenu de la Cour de Vienne
& a fait le 10 la révérence au Roi à qui il a
été présenté par le Duc de Praflin fon père , qui
a aufli préfenté , ces jours derniers , à Sa Majefté
le fieur de la Houze , ci - devant chargé des
affaires du Roi à la Cour de Naples & auprès du
Saint Siége.
La Comteffe de Narbonne prêta ferment le
11 entre les mains du Roi en qualité de Dame
d'Atours de Madame. Le même jour , la Princeffe
de Mafferan prit congé de Leurs Majeftés ,
ainsi que la de Famille Royale , à qui elle fur préfentée
par la Princeffe de Rohan . Elle va joindre
à Londres le Prince de Mafferan fon époux , Ambaffadeur
de Sa Majefté Catholique à la Cour
d'Angleterre.
Le Roi vient de donner au Prince de Tingri la
place de Capitaine de les Gardes , vacante par la
mort du Maréchal Duc de Luxembourg. Sa Majefté
a diſpoſé en même temps du Gouvernement
de Normandie en faveur du Duc d'Harcourt ,
qui en étoit Lieutenant-Général. Le Gouvernement
de Sedan , vacant par la nomination du
Duc d'Harcourt au Gouvernement de la Province
de Normandie , a été donné au Duc de Laval ,
Lieutenant-Général des Armées du Roi , qui a
remis à Sa Majefté le Gouvernement de Mont-
Dauphin, dont elle a diſpoſé en faveur du Comte
de la Suze , Grand Maréchal des Logis de fa
Cour.
Sa Majeſté a donné le Gouvernement de Port-
Louis , vacant par la mort du Comte de Rothelin' ,
au Chevalier du Châtelet , Lieutenant-Général de
fes Armées , & celui de Saint- Malo , vacant par
la mort du Maréchal de Maubourg , au Comte
de Montazet , Lieutenant-Général de les Armées,
qui a remis à Sa Majesté le Gouvernement du
Fort de Scarpe dont il étoit pourvu , & que
Majeſté donné au Chevalier de Saint- Point ,
Maréchal de fes Camps & Armées , & Lieutenant
de fes Gardes-du - Corps dans la Compagnie de
Beauvau .
Sa
L'Inſpection de Cavalerie dont étoit pourvu le
182 MERCURE DE FRANCE.
"
Comte de Montazet a été fupprimée par le Roi,
qui a donné l'Inspection qu'éxerçoit le Marquis
du Mefnil au Comte de Choifeul-la-Baume , &
celle d'Infanterie , qu'avoit le Marquis de Bréhant
, au Comte de Montbarey.
Sa Majefté a difpofé de l'Archevêché d'Alby en
faveur du Cardinal de Bernis ; & de l'Evêché de
Siſteron en faveur de l'Abbé de Saint-Tropès.
Elle a donné l'Abbaye de Corneville , Ordre de
S. Auguftin , Diocèfe de Rouen , à l'Abbé d'Allemans-
Dulau , ancien Curé de la Paroifle de S.
Sulpice à Paris.
Le Roi vient de difpofer de la place de Dame
d'Atours de Madame , qu'avoit la Comteffe de
Civerac , en faveur de la Comteffe de Narbonne ,
Dame pour accompagner Madame.
Le fieur Tiepolo , Ambaffadeur de la République
de Venife , fut conduit ici le 22 du mois dernier
, dans les caroffes de Leurs Majeftés , & eur
une Audience publique de Congé du Roi , qui le
fit enfuite Chevalier. Il fut conduit à cette Audience
, ainfi qu'à celles de la Reine & de la Famille
Royale , par le fieur Dufort , Introducteur
des Ambaffadeurs.
Le 27 , le Prince de Tingry prêta ferment entre
les mains du Roi , en qualité de Capitaine des
Gardes de Sa Majesté.
Le fieur Langlois , Confeiller au Parlement de
Paris , ayant été pourvu d'une Charge d'Intendant
des Finances , fut préfenté au Roi en cette
qualité le même jour par le fieur de l'Averdy.
La Dame de l'Averdy , époufe du Contrôleur
Général des Finances , & la Comteffe de Langeron
, furent préfentées le même jour à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale , la premiere par la
Comteffe de Noailles , & la feconde par la Marquile
de Langeron.
JUILLET. 1764. 183
Le même jour la Marquife de Tourzel & la
Marquife de Gantès furent préſentées à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale , la première ,
par la Marquife de Sourches , la feconde , par la
Vicomteffe de Caftellane .
Les Députés des Etats d'Artois eurent auffi ce
même jour une Audience du Roi : ils furent préfentés
à Sa Majesté par le Duc de Chaulnes ,
Gouverneur de la Province , & par le Duc de
Choifeul , Miniftre & Secrétaire d'Etat ayant le
département de la Guerre & de la Marine , 82
conduit à cette Audience par le Marquis de
Dreux , Grand-Maître des Cérémonies , & par le
Heur Desgranges , Maître des Cérémonies. La
députation étoit compofée , pour le Clergé , de
l'Evêque de Saint-Omer , qui porta la parole ;
du Comte de Marle , pour la Nobleffe , & du
fieur de Canchy , pour le Tiers- Etat..
la
Leurs Majeftés & la Famille Royale fignerent
3 de ce mois le Contrat de mariage du fieur
de Boullongne , Maître des Requêtes , & de Demoiſelle
Langlois , fille du fieur Langlois , Intendant
des Finances. Le même jour la Comteffe
de Mory & la Comteffe de Sabran furent
préſentées à Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par la Comteffe de la Marche , l'une en qualité
de Dame d'Honneur de cette Princeffe , l'autre en
qualité de fa Dame de compagnie. La Marquife
de la Roche- du - Maine fut auffi préſentée à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale par la Ducheffe
de Sully.
Le Roi s'étant fait rendre compte de tout ce
qui s'eft paffé dans l'affaire du Canada , & en
particulier par rapport aux Officiers & Employés
qui ont été déchargés des accufations intentées
contre eux , & voulant leur donner des marques
184 MERCURE DE FRANCE.
2
de fa fatisfaction , a accordé au Marquis de Vau-.
dreuil , ancien Gouverneur- Lieutenant -Général
de la Nouvelle-France , 6 , 000 livrés de penfion
annuelle , indépendamment de celle dont il jouiffoit
précédemment. Sa Majesté a pareillement
accordé d'autres penfions , fuivant le grade & la
qualité des perfonnes , au Chevalier le Mercier ,
ci-devant Commandant de l'Artillerie ; au fieur
de Boishebert , Capitaine , ci -devant Commandant
à l'Acadie ; au fieur de Meloïfe , Capitaine ,
Aide-Major de Quebec ; aux fieurs de Villers ,
Contrôleur ; Barbel , Ecrivain ; & Fayolle , Ecrivain
& Garde-Magafin .
Le 19 du mois dernier , les PP. Récollets de
la Province de France ont tenu ici un Chapitre
auquel a préfidé , en qualité de Commiſſaire- Général
, le Pere Pie Allard , Ex- Provincial de la
Province de Lyon . Ce même Père a préſenté le
21 au Roi les nouveaux Supérieurs qui ont été
nommés dans ce Chapitre.
Le 20 ,
:
le fieur de l'Etang a eu l'honneur de
préfenter à Sa Majefté un Ouvrage de fa compofition
, intitulé Manuel d'Agriculture pour le
Laboureur, pour le Propriétaire & pour le Gou
vernement , contenant les vrais & feuls moyens de
faire profpérer l'Agriculture tant en France que
dans tous les autres Etats où l'on cultive.
Le fieur Duhamel , de l'Académie Royale des
Sciences , & Infpecteur de la Marine , a eu l'honneur
de préfenter , le ; de ce mois , au Roi deux
livres de fa compofition , intitulés : Exploitation
du bois , ou Moyen de tirer un parti avantageux
des taillis , demi-futayes & hautes-futayes , &
d'en faire une jufte eſtimation , avec une defcription
des Arts qui fe pratiquent dans les forêts ,
faifant les deux dernières parties du Traité com
pler des Bois & Forêts.
JUILLET. 1764. 184
Les PP. Capucins ont eu l'honneur de préfenter
le à Monfeigneur le Dauphin les XIII , XIV.
& XV Volumes des Principes difcutés , qui font
les derniers de cet Ouvrage , ainfi que la Juſtification
de leur Verfion Françoiſe des Pleaumes.
Du 13.
Les Chevaliers Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint Efprit s'étant affemblés le 10
de ce mois , vers les onze heures du matin ,
dans le Cabinet du Roi , Sa Majesté fortit de fon
appartement pour aller à la Chapelle. Elle étoit
accompagnée de Monfeigneur le Dauphin , du
Duc d'Orléans , du Duc de Chartres , du Prince
de Condé , du Comte de Clermont , du Prince de
Conty , du Comte de la Marche , du Comte d'Eu ,
du Duc de Penthievre & du Prince de Lamballe ,
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers dé
l'Ordre. Sa Majefté , devant qui les deux Huiffiers
de la Chambre portoient leurs maffes , étoit en
manteau , ayant le Collier de l'Ordre pardeffus ,
ainfi que celui de la Toifon d'Or. L'Evêque de
Langres , Commandeur de l'Ordre , Officia , &
après la Meffe qui fut chantée par la Muſique
du Roi , Sa Majefté monta fur fon Trône pour
recevoir Chevalier de l'Ordre le Comte du Châtalet
- Lomont , ci- devant Ambafladeur du Roi
à la Cour de Vienne & l'un des Menins de Monfeigneur
le Dauphin ; après quoi Sa Majesté
fut reconduite à fon appartement en la manière
accoutumée .
Le Roi vient de difpofer en faveur du Maréchal
de Clermont-Tonnerre de la Lieutenance- Générale
& du Commandement du Dauphiné vacans
par la mort du Marquis du Mefnil .
Sa Majefté a nommé à l'Evêché d'Avranches
186 MERCURE DE FRANCE,
l'Abbé de Durfort ſon Aumônier. Elle a donné en
même temps l'Abbaye de Lieu Dieu , Ordre de
Citeaux , Diocèle d'Amiens , à l'Abbé de Béon ,
Aumônier de Madame cele de Selincourt , Ordre
de Piémontré , même Diocèle à l'Abbé Tafcher
, Vicaire Général du Diocèle de Mâcon , &
Chanoine de l'Eglife Noble & Cathédrale de
Coire , & l'Abbaye Réguliere de Prieres , Ordre
de Cireaux , Diocèle de Vannes , à Dom de Baule
, Religieux du même Ordre , & Prieur de l'Abbaye
de Royaumont. L'Abbe de Soulanges ayant
donné la démiffion de la place d'Aumônier de
Madame , Sa Majefté a nommé à cette place
l'Abbé de Saint- Marceau , Vicaire Général de
Meaux.
Le Vicomte de Choifeul , Menin de Monfeigneur
le Dauphin , eft revenu de la Cour de Vienne
& a fait le 10 la révérence au Roi à qui il a
été présenté par le Duc de Praflin fon père , qui
a aufli préfenté , ces jours derniers , à Sa Majefté
le fieur de la Houze , ci - devant chargé des
affaires du Roi à la Cour de Naples & auprès du
Saint Siége.
La Comteffe de Narbonne prêta ferment le
11 entre les mains du Roi en qualité de Dame
d'Atours de Madame. Le même jour , la Princeffe
de Mafferan prit congé de Leurs Majeftés ,
ainsi que la de Famille Royale , à qui elle fur préfentée
par la Princeffe de Rohan . Elle va joindre
à Londres le Prince de Mafferan fon époux , Ambaffadeur
de Sa Majefté Catholique à la Cour
d'Angleterre.
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Résumé : De VERSAILLES, le 9 Juin 1764.
Le 9 juin 1764, plusieurs nominations et attributions de postes ont été effectuées par le Roi. Le Prince de Tingri a été nommé Capitaine des Gardes, succédant au Maréchal Duc de Luxembourg. Le Duc d'Harcourt a reçu le Gouvernement de Normandie, le Duc de Laval celui de Sedan, le Comte de la Suze celui de Mont-Dauphin, le Chevalier du Châtelet celui de Port-Louis, et le Comte de Montazet celui de Saint-Malo. L'Inspection de Cavalerie, précédemment tenue par le Marquis du Mésnil, a été supprimée et remplacée par le Comte de Choiseul-la-Baume, tandis que l'Inspection d'Infanterie, tenue par le Marquis de Bréhant, a été confiée au Comte de Montbarrey. Le Roi a également nommé le Cardinal de Bernis à l'Archevêché d'Alby et l'Abbé de Saint-Tropès à l'Évêché de Sisteron. L'Abbaye de Corneville a été attribuée à l'Abbé d'Allemans-Dulau. La Comtesse de Narbonne a été nommée Dame d'Atours de Madame, succédant à la Comtesse de Civerac. L'Ambassadeur de la République de Venise, le sieur Tiepolo, a reçu une audience publique de congé du Roi, qui l'a fait Chevalier. Le Prince de Tingri a prêté serment en tant que Capitaine des Gardes du Roi, et le sieur Langlois, Conseiller au Parlement de Paris, a été présenté au Roi en tant qu'Intendant des Finances. Plusieurs présentations à Leurs Majestés et à la Famille Royale ont eu lieu, notamment celles de la Dame de l'Averdy, de la Comtesse de Langeron, de la Marquise de Tourzel, de la Marquise de Gantès, de la Comtesse de Mory, de la Comtesse de Sabran et de la Marquise de la Roche-du-Maine. Le Roi a accordé des pensions à plusieurs officiers et employés ayant servi au Canada, dont le Marquis de Vaudreuil, le Chevalier Le Mercier, et le sieur de Boishebert. Les Pères Récollets ont tenu un Chapitre à Versailles, présidé par le Père Pie Allard. Le sieur de l'Etang a présenté au Roi un ouvrage sur l'agriculture, et le sieur Duhamel a présenté deux livres sur l'exploitation des bois. Les Chevaliers de l'Ordre du Saint-Esprit se sont assemblés en présence du Roi, qui a reçu le Comte du Châtelet-Lomont comme nouveau Chevalier. Le Maréchal de Clermont-Tonnerre a été nommé Lieutenant-Général et Commandant du Dauphiné. Plusieurs nominations ont été faites pour des postes ecclésiastiques, notamment l'Abbé de Durfort à l'Évêché d'Avranches et l'Abbé de Soulanges comme Aumônier de Madame. Le Vicomte de Choiseul est revenu de la Cour de Vienne et a été présenté au Roi. La Comtesse de Narbonne a prêté serment en tant que Dame d'Atours de Madame, et la Princesse de Masseran a pris congé pour rejoindre son époux à Londres.
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34
p. 192
De VERSAILLES, le 19 Juin 1764.
Début :
Aujourd'hui le Roi, accompagné de Monseigneur le Dauphin, de Madame la Dauphine [...]
Mots clefs :
Monseigneur le Dauphin, Famille royale, Comte, Abbé, Nominations, Duc, Serment, Marquise , Majestés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 19 Juin 1764.
De
VERSAILLES , le 19 Juin 1764 .
AUJOURD'HUI le Roi , accompagné de Monſeigneur
le Dauphin , de Madame la Dauphine,
de Madame Adélaïde , & de Mesdames Victoire ,
Sophie & Louiſe , est allé coucher à la Muete ,
d'où Sa Majesté partira le lendemain pour Compiegne.
Mgr le Duc de Berry & Mgr le Comte de
Provence font partis hier pour cette dernière Ville.
Mgr le Comte d'Artois ainſi que Madame &
Madame Elifabeth , reſteront ici pendant ce
voyage.
L'Abbé de Narbonne- Lara vient d'etre nommé
Aumônier de Sa Majesté à la place de l'Abbé
de Durfort .
Avanthier , le Duc
d'Harcourt prêta ferment
entre les mains du Roi en qualité de
Gouverneur
de la
Normandie. La Marquiſe de Beauſlet fut
préſentée le même jour à Leurs Majestés & à la
Famille Royale par la Marquiſe de Valbelle,
Dame du Palais de la Reine.
Lafuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain .
VERSAILLES , le 19 Juin 1764 .
AUJOURD'HUI le Roi , accompagné de Monſeigneur
le Dauphin , de Madame la Dauphine,
de Madame Adélaïde , & de Mesdames Victoire ,
Sophie & Louiſe , est allé coucher à la Muete ,
d'où Sa Majesté partira le lendemain pour Compiegne.
Mgr le Duc de Berry & Mgr le Comte de
Provence font partis hier pour cette dernière Ville.
Mgr le Comte d'Artois ainſi que Madame &
Madame Elifabeth , reſteront ici pendant ce
voyage.
L'Abbé de Narbonne- Lara vient d'etre nommé
Aumônier de Sa Majesté à la place de l'Abbé
de Durfort .
Avanthier , le Duc
d'Harcourt prêta ferment
entre les mains du Roi en qualité de
Gouverneur
de la
Normandie. La Marquiſe de Beauſlet fut
préſentée le même jour à Leurs Majestés & à la
Famille Royale par la Marquiſe de Valbelle,
Dame du Palais de la Reine.
Lafuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain .
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Résumé : De VERSAILLES, le 19 Juin 1764.
Le 19 juin 1764, le roi de France, accompagné de plusieurs membres de la famille royale, se rendit à la Muette avant de partir pour Compiègne. Les princes du Duc de Berry et du Comte de Provence avaient déjà quitté Versailles. Le Comte d'Artois et Madame Élisabeth restèrent à Versailles. L'Abbé de Narbonne-Lara fut nommé Aumônier du Roi. Le Duc d'Harcourt prêta serment comme Gouverneur de la Normandie. La Marquise de Beauslet fut présentée au roi. La publication des Nouvelles Politiques fut annoncée.
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35
p. 151-156
De VERSAILLES, le 12 Septembre 1764.
Début :
Le 19 du mois dernier, le Maréchal de Clermont-Tonnerre, prêta [...]
Mots clefs :
Maréchal, Serment, Symphonie, Auteurs, Duc, Ministre, Secrétaire, Famille royale, Nominations, Démissions, Évêque, Comtesse, Madame, Députés, Audience, Contrat de mariage, Cérémonies, Académie royale des inscriptions et belles-lettres, Mémoire, Histoire de France, Dictionnaire, Volumes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 12 Septembre 1764.
De VERSAILLES , le 12 Septembre 1764.
Le 19 du mois dernier , le Maréchal de Cler
mont - Tonnerre , prêta ferment entre les mains
du Roi pour la Lieutenance Générale & le Commandement
du Dauphiné.
Le 24 , Dom Nicolas Chanlatte , nommé le
à l'Abbaye de Pontigni , eut l'honneur d'être
préfenté à Sa Majesté.
4
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
Le 25 , Fête de S. Louis , les Haut- bois de :
fa Chambre ont joué , au lever du Roi , plufieurs
morceaux de fymphonie de la compofilion
du Sieur Dard , Ordinaire de la Mufique.
Ce foir , Leurs Majeftés ont foupé à leur grand
Couvert. Les Muficiens du Roi ont éxécuté
pendant le fouper plufieurs morceaux de fymphonie
de différens Auteurs , fous la direction
du Sieur de Bury , Surintendant de la Mufique
de Sa Majefté , en furvivance du Sieur Rebel .
La veille , le Corps de Ville fe rendit ici où .
ayant à fa tête le Duc de Chevreufe , Gouver
neur de Paris , il eut audience du Roi avec les
cérémonies accoutumées. Il fut préfenté à Sa
Majefté par le Comte de S. Florentin , Miniſtre
& Secrétaire d'Etat , & conduit par le Sieur de
Nantouillet , Maître des Cérémonies. Le Sieur
Bignon , Confeiller d'Etat , Commandeur des
Ordres du Roi & Bibliothécaire de Sa Majefté ,
nouveau Frévôt des Marchands ; & les Sieurs
Martel , Confeiller du Roi , Notaire honoraire
Confeiller Quartinier de l'Hôtel de Villė ,
& Gauthier de Rougemont , Négociant , nouveaux
Echevins prêterent entre les mains
du Roi le ferment de fidélité dont le Comte de
S. Florentin fit la lecture , ainfi que du Scrutin
qui fut préfenté par le Sieur de la Porte , Premier
Avocat du Roi au Châtelet . Après cette Audience
le Corps de Ville eut l'honneur de rendre les
refpects à la Reine & à la Famille Royale.
>
-
Le même jour , Leurs Majeftés ainfi que la Famille
Royale, ont figné le Contrat de mariage du
Comte de la Rochefoucault avec Demoiſelle
de Lannion.
Le 2 , le Comte de Woronzow , Grand - Chancelier
de Ruffie , prit congé de Leurs Majeftés
& de la Famille Royale,
NOVEMBRE. 1764. 153
Le lendemain , les Députés du Parlement de
Bretagne eurent audience du Roi. Ils furent
préfentés à Sa Majefté parle Comte de S. Florentin
, Miniftre & Secrétaire d'Etat ayant le Département
de cette Province , & conduits par
le Sieur de Nantouillet , Maître des Cérémonies.
Sa Majefté les reçut dans fon fauteuil en préfence
de fes Miniftres & de fes Grands Officiers , &
leur permit de lui préfenter les remontrance
dont ils avoient été chargés par leur Compagnies
Le Roi a nommé l'Evêque de Tulle à l'Evêch ;
de Soiffons , & l'Abbé de S. Sauveur , Vicairé
Général du Diocèfe d'Amiens à l'Evêché de Tullee
Sa Majesté a donné l'Abbaye de S. Evroul ..
Ordre de S. Benoît , Diocèle de Lizieux , à l'E-,
vêque de Rennes , & l'Abbaye d'Annay , Ordrede
Cîteaux , Diocèle d'Arras à la Dame de
Brifoeuil , Religieufe de la même Abbaye .
›
Le 31 , les Députés du Parlement de Bretagne
furent prefentés au Roi au nombre de fept par
le Comte de S. Florentin , & conduits par le Sieur
Bourlier de S. Hilaire ,Maître-d'Hôtel Ördinaire de
Sa Majesté. Le Roi les reçut dans fon fauteuil en
préſence de fes Miniftres & des Grands Officiers ,
& leur fit part de fes intentions au fujet des
repréfentations qu'ils avoient préfentées le 16
à Sa Majefté de la part de leurCompagnie.
La Comteffe de Sommyevre, ayant été nomméo
pour accompagner Madame Adélaïde , à la place
de la Comtelle de Narbonne , s été préſentée
au Roi , le 2 de ce mois , en cette qualité par™
Madame Adélaïde .
Le 3 , les Députés de Languedoc eurent audience
de Sa Majesté. Ils furent préfentés par
le Comte d'Eu , Gouverneur de la Province , &
par le Comte de S. Florentin , & conduits par
G v
154 MERCURE DE FRANCE .
le Sieur de Nantouillet , Maitre des Cérémonies .
La Députation étoit compofée , pour le Clergé ,
de l'Archevêque de Toulouſe qui porta la parole ;
pour la Nobleffe , du Vicomte de Polignac ;
& pour le Tiers - Etat , du Sieur Alifon , Lieutenant-
Maire de Nifmes , du Sieur Gaulard ,
Maire d'Anet , & du Sieur de la Fage , Syndic
Général de la Province . Ils furent enfuite conduits
à l'Audience de la Reine & de la Famille
Royale.
Le 8 , Leurs Majeftés ainsi que la Famille Royale,
fignerent le Contrat de mariage du Sieur Bignon ,
Fils du Prévôt des Marchands de la , Ville de
Paris , avec Demoiſelle de Hennot du Rozel .
Le même jour , le Sieur de Clugni , Conſeiller
au Parlement de Dijon , ci- devant Intendant de
S. Domingue , fut préfenté à Sa Majesté par le
Duc de Choiseul.
Le Roi ayant nommé Chevaliers des Ordres
Royaux , Militaires & Hofpitaliers de Notre-
Dame du Mont- Carmel & de S. Lazare de Jérufalem
le Comte de Redmond , Lieutenant -Général
de fes Armées , & le Comte d'Amblimond ,
Lieutenant de Vaiffeau , ces Chevaliers furent
reçus , le 9 , dans l'appartement & en préſence
de Mgr le Duc de Berry , Grand - Maître defdits
Ordres , après avoir fait leur profeffion &
l'émiffion de leurs voeux entre les mains du
Comte de S. Florentin , Gérent & Adminiſtrateur
de ces Ordres , pendant la minorité de Mgr
le Grand- Maître dont les nouveaux Chevaliers
eurent l'honneur de baifer la main en figne
d'obédience. Plufieurs Chevaliers & Commandeurs
, ainfi que les Grands Officiers desdits
Crdres , ont affifté à cette Cérémonie. La Meffe
a été célébrée par l'Abbé Frottier , Chapelain
du Roi.
NOVEMBRE. 1764. 155
Le même jour , l'Evêque d'Avranches fut facré
dans la Chapelle du Chateau , par l'Archevêque
de Reims , aflifté de l'Evêque de Senlis & de
celui de Soiffons , ci - devant Evêque de Tulle.
L'Abbé , le Bibliothécaire & le Procureur de
Sainte Genevieve eurent l'honneur d'être préfentés
au Roi , le même jour , par le Comte de
S. Florentin , Miniftre & Secrétaire d'Etat , &
de faire leurs remercîmens à Sa Majesté à l'oce
cafion de la Cérémonie du 6. Ils furent prcfentés
le même jour , à Mgr le Dauphin.
Le 10 , l'Evêque d'Avranches & celui de Vabres
prêterent ferment entre les mains du Roi pendant
la Meffe , dans la Chapelle du Château .
L'Académie Royale des Infcriptions & Belles-
Lettres eut l'honneur de préfenter , le 3 de ce
mois , à Leurs Majeſtés & à la Famille Royale les
XXIX & XXXe Volumes de fes Mémoires . Le
fieur de Fontanieu , Confeiller d'Etat , Intendant-
Général des Meubles de la Couronne , a préſenté
au Roi deux Sucriers d'Or très - artiftement travaillés
& faits par le fieur Roettiers , Orfévre
ordinaire de la Maifon de Sa Majeſté.
Le Sieur Gallonde , Chanoine Régulier de Ste
Génevieve , a eu l'honneur de préfenter au Roi
le premier Volume d'un Abrégé Chronologique
de l'Hiftoire de France écrit de fa main en lettres
Romaines.
Le fieur Duchefne , fils du Prévôt des Bâtimens
du Roi , & âgé de feize ans , a eu l'honneur de
préfenter au Roi un Livre intitulé . Manuel Botanique
contenant les propriétés des Plantes utiles
pour la nourriture , d'ufage en Médecine , employées
dans les Arts , ou d'ornement pour les jardins
& que l'on trouve à la Campagne aux environs de
Paris .
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
Le fieur Blondeau de Charnage , Penfionnaire
du Roi , a eu autfi l'honneur de préfenter à Sa
Majefté le quatriéme Volume de fon Dictionnaire
des Titres Originaux concernant les Droits de la
Couronne ; les Fiefs , l'Hiftoire , la Généalogie ,
& c.
Le Geur Valeyre fils , Imprimeur Libraire , eut
l'honneur de préſenter à Monſeigneur le Duc de
Berry , à Monfeigneur le Comte de Provence
& à Monfeigneur le Comte d'Artois , le Spectacle
Hiftorique ou Mémorial des principaux événemens
irés de l'Hiftoire Univerfelle.
Le 19 du mois dernier , le Maréchal de Cler
mont - Tonnerre , prêta ferment entre les mains
du Roi pour la Lieutenance Générale & le Commandement
du Dauphiné.
Le 24 , Dom Nicolas Chanlatte , nommé le
à l'Abbaye de Pontigni , eut l'honneur d'être
préfenté à Sa Majesté.
4
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
Le 25 , Fête de S. Louis , les Haut- bois de :
fa Chambre ont joué , au lever du Roi , plufieurs
morceaux de fymphonie de la compofilion
du Sieur Dard , Ordinaire de la Mufique.
Ce foir , Leurs Majeftés ont foupé à leur grand
Couvert. Les Muficiens du Roi ont éxécuté
pendant le fouper plufieurs morceaux de fymphonie
de différens Auteurs , fous la direction
du Sieur de Bury , Surintendant de la Mufique
de Sa Majefté , en furvivance du Sieur Rebel .
La veille , le Corps de Ville fe rendit ici où .
ayant à fa tête le Duc de Chevreufe , Gouver
neur de Paris , il eut audience du Roi avec les
cérémonies accoutumées. Il fut préfenté à Sa
Majefté par le Comte de S. Florentin , Miniſtre
& Secrétaire d'Etat , & conduit par le Sieur de
Nantouillet , Maître des Cérémonies. Le Sieur
Bignon , Confeiller d'Etat , Commandeur des
Ordres du Roi & Bibliothécaire de Sa Majefté ,
nouveau Frévôt des Marchands ; & les Sieurs
Martel , Confeiller du Roi , Notaire honoraire
Confeiller Quartinier de l'Hôtel de Villė ,
& Gauthier de Rougemont , Négociant , nouveaux
Echevins prêterent entre les mains
du Roi le ferment de fidélité dont le Comte de
S. Florentin fit la lecture , ainfi que du Scrutin
qui fut préfenté par le Sieur de la Porte , Premier
Avocat du Roi au Châtelet . Après cette Audience
le Corps de Ville eut l'honneur de rendre les
refpects à la Reine & à la Famille Royale.
>
-
Le même jour , Leurs Majeftés ainfi que la Famille
Royale, ont figné le Contrat de mariage du
Comte de la Rochefoucault avec Demoiſelle
de Lannion.
Le 2 , le Comte de Woronzow , Grand - Chancelier
de Ruffie , prit congé de Leurs Majeftés
& de la Famille Royale,
NOVEMBRE. 1764. 153
Le lendemain , les Députés du Parlement de
Bretagne eurent audience du Roi. Ils furent
préfentés à Sa Majefté parle Comte de S. Florentin
, Miniftre & Secrétaire d'Etat ayant le Département
de cette Province , & conduits par
le Sieur de Nantouillet , Maître des Cérémonies.
Sa Majefté les reçut dans fon fauteuil en préfence
de fes Miniftres & de fes Grands Officiers , &
leur permit de lui préfenter les remontrance
dont ils avoient été chargés par leur Compagnies
Le Roi a nommé l'Evêque de Tulle à l'Evêch ;
de Soiffons , & l'Abbé de S. Sauveur , Vicairé
Général du Diocèfe d'Amiens à l'Evêché de Tullee
Sa Majesté a donné l'Abbaye de S. Evroul ..
Ordre de S. Benoît , Diocèle de Lizieux , à l'E-,
vêque de Rennes , & l'Abbaye d'Annay , Ordrede
Cîteaux , Diocèle d'Arras à la Dame de
Brifoeuil , Religieufe de la même Abbaye .
›
Le 31 , les Députés du Parlement de Bretagne
furent prefentés au Roi au nombre de fept par
le Comte de S. Florentin , & conduits par le Sieur
Bourlier de S. Hilaire ,Maître-d'Hôtel Ördinaire de
Sa Majesté. Le Roi les reçut dans fon fauteuil en
préſence de fes Miniftres & des Grands Officiers ,
& leur fit part de fes intentions au fujet des
repréfentations qu'ils avoient préfentées le 16
à Sa Majefté de la part de leurCompagnie.
La Comteffe de Sommyevre, ayant été nomméo
pour accompagner Madame Adélaïde , à la place
de la Comtelle de Narbonne , s été préſentée
au Roi , le 2 de ce mois , en cette qualité par™
Madame Adélaïde .
Le 3 , les Députés de Languedoc eurent audience
de Sa Majesté. Ils furent préfentés par
le Comte d'Eu , Gouverneur de la Province , &
par le Comte de S. Florentin , & conduits par
G v
154 MERCURE DE FRANCE .
le Sieur de Nantouillet , Maitre des Cérémonies .
La Députation étoit compofée , pour le Clergé ,
de l'Archevêque de Toulouſe qui porta la parole ;
pour la Nobleffe , du Vicomte de Polignac ;
& pour le Tiers - Etat , du Sieur Alifon , Lieutenant-
Maire de Nifmes , du Sieur Gaulard ,
Maire d'Anet , & du Sieur de la Fage , Syndic
Général de la Province . Ils furent enfuite conduits
à l'Audience de la Reine & de la Famille
Royale.
Le 8 , Leurs Majeftés ainsi que la Famille Royale,
fignerent le Contrat de mariage du Sieur Bignon ,
Fils du Prévôt des Marchands de la , Ville de
Paris , avec Demoiſelle de Hennot du Rozel .
Le même jour , le Sieur de Clugni , Conſeiller
au Parlement de Dijon , ci- devant Intendant de
S. Domingue , fut préfenté à Sa Majesté par le
Duc de Choiseul.
Le Roi ayant nommé Chevaliers des Ordres
Royaux , Militaires & Hofpitaliers de Notre-
Dame du Mont- Carmel & de S. Lazare de Jérufalem
le Comte de Redmond , Lieutenant -Général
de fes Armées , & le Comte d'Amblimond ,
Lieutenant de Vaiffeau , ces Chevaliers furent
reçus , le 9 , dans l'appartement & en préſence
de Mgr le Duc de Berry , Grand - Maître defdits
Ordres , après avoir fait leur profeffion &
l'émiffion de leurs voeux entre les mains du
Comte de S. Florentin , Gérent & Adminiſtrateur
de ces Ordres , pendant la minorité de Mgr
le Grand- Maître dont les nouveaux Chevaliers
eurent l'honneur de baifer la main en figne
d'obédience. Plufieurs Chevaliers & Commandeurs
, ainfi que les Grands Officiers desdits
Crdres , ont affifté à cette Cérémonie. La Meffe
a été célébrée par l'Abbé Frottier , Chapelain
du Roi.
NOVEMBRE. 1764. 155
Le même jour , l'Evêque d'Avranches fut facré
dans la Chapelle du Chateau , par l'Archevêque
de Reims , aflifté de l'Evêque de Senlis & de
celui de Soiffons , ci - devant Evêque de Tulle.
L'Abbé , le Bibliothécaire & le Procureur de
Sainte Genevieve eurent l'honneur d'être préfentés
au Roi , le même jour , par le Comte de
S. Florentin , Miniftre & Secrétaire d'Etat , &
de faire leurs remercîmens à Sa Majesté à l'oce
cafion de la Cérémonie du 6. Ils furent prcfentés
le même jour , à Mgr le Dauphin.
Le 10 , l'Evêque d'Avranches & celui de Vabres
prêterent ferment entre les mains du Roi pendant
la Meffe , dans la Chapelle du Château .
L'Académie Royale des Infcriptions & Belles-
Lettres eut l'honneur de préfenter , le 3 de ce
mois , à Leurs Majeſtés & à la Famille Royale les
XXIX & XXXe Volumes de fes Mémoires . Le
fieur de Fontanieu , Confeiller d'Etat , Intendant-
Général des Meubles de la Couronne , a préſenté
au Roi deux Sucriers d'Or très - artiftement travaillés
& faits par le fieur Roettiers , Orfévre
ordinaire de la Maifon de Sa Majeſté.
Le Sieur Gallonde , Chanoine Régulier de Ste
Génevieve , a eu l'honneur de préfenter au Roi
le premier Volume d'un Abrégé Chronologique
de l'Hiftoire de France écrit de fa main en lettres
Romaines.
Le fieur Duchefne , fils du Prévôt des Bâtimens
du Roi , & âgé de feize ans , a eu l'honneur de
préfenter au Roi un Livre intitulé . Manuel Botanique
contenant les propriétés des Plantes utiles
pour la nourriture , d'ufage en Médecine , employées
dans les Arts , ou d'ornement pour les jardins
& que l'on trouve à la Campagne aux environs de
Paris .
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
Le fieur Blondeau de Charnage , Penfionnaire
du Roi , a eu autfi l'honneur de préfenter à Sa
Majefté le quatriéme Volume de fon Dictionnaire
des Titres Originaux concernant les Droits de la
Couronne ; les Fiefs , l'Hiftoire , la Généalogie ,
& c.
Le Geur Valeyre fils , Imprimeur Libraire , eut
l'honneur de préſenter à Monſeigneur le Duc de
Berry , à Monfeigneur le Comte de Provence
& à Monfeigneur le Comte d'Artois , le Spectacle
Hiftorique ou Mémorial des principaux événemens
irés de l'Hiftoire Univerfelle.
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Résumé : De VERSAILLES, le 12 Septembre 1764.
En septembre et novembre 1764, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour de France. Le 19 août, le Maréchal de Clermont-Tonnerre a prêté serment pour la Lieutenance Générale et le Commandement du Dauphiné. Le 24 août, Dom Nicolas Chanlatte a été présenté au roi pour l'Abbaye de Pontigny. Le 25 août, à la fête de Saint Louis, les musiciens de la chambre du roi ont interprété des symphonies. Ce même jour, le corps de ville de Paris, dirigé par le Duc de Chevreuse, a eu audience avec le roi et a prêté serment de fidélité. Le 1er septembre, le roi a signé le contrat de mariage du Comte de La Rochefoucault. Le 2 septembre, le Comte de Woronzow, Grand-Chancelier de Russie, a pris congé des souverains. Le 3 novembre, les députés du Parlement de Bretagne ont présenté leurs remontrances au roi. Le roi a également nommé plusieurs évêques et abbés, dont l'Évêque de Tulle à l'évêché de Soissons et l'Abbé de Saint-Sauveur à l'évêché de Tulle. Le 31 octobre, les députés du Parlement de Bretagne ont été reçus par le roi pour discuter de leurs représentations. La Comtesse de Sommerville a été nommée pour accompagner Madame Adélaïde. Le 3 novembre, les députés de Languedoc ont eu audience avec le roi. Le 8 novembre, le roi a signé le contrat de mariage du Sieur Bignon et le Sieur de Clugny a été présenté au roi. Le 9 novembre, les Comtes de Redmond et d'Amblimond ont été reçus comme Chevaliers des Ordres Royaux et l'Évêque d'Avranches a été sacré. Diverses présentations de livres et d'objets d'art ont également eu lieu, notamment par le Sieur de Fontanieu, le Sieur Gallonde, le Sieur Duchefne, le Sieur Blondeau de Charnage, et le Sieur Valeyre fils.
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36
p. 177-179
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Warsovie, le 15 Septembre 1764.
Début :
Le Roi n'a pas prêté serment sur les Pacta Conventa [...]
Mots clefs :
Serment, Proclamation, Nonces, Sceaux, Église, Cérémonies, Autel, Prières, Maréchal, Trompettes, Compliments
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Warsovie, le 15 Septembre 1764.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Warfovie , le 15
Septembre 1764.
Le Roi n'a pas prêté ferment fur les Pacta Con
venta immédiatement après la proclamation ,
H.v.
178 MERCURE DE FRANCE.
"
comme il eft d'ufage , parce que le 7 le Primat
avoit affuré les Etats aflemblés qu'on ne remettroit
à Sa Majefté le Diplome de fon Election ,
qu'après qu'i auroit été muni des Sceaux de tous
les Sénateurs , des Miniftres & de deux Nonces
de chaque Palatinat & Diſtrict , & confirmé par le
feing des Députés nommés à cet effet , ce qui a
été exécuté dans l'intervalle du 7 au 11 de ce
mois. En conféquence , le Roi ne fe rendit qu'avant-
hier à l'Eglife Collégiale pour prêter le ferment
Sa Majesté étoit précédée des Maréchaux
& accompagnée du Primat , de plufieurs Magnats
& d'un grand nombre d'Officiers de la Cour. Le
Roi fut reçu à l'Eglife avec les cérémonies accoutumées
: il s'affit fous un dais près du grand Autel
vis-à-vis duquel on avoit placé une table couverte
d'un tapis de velours , & fur laquelle étoient ,
entre deux cierges allumés , un Crucifix & la
Bible. Après quelques Prières , entonnées par
l'Evêque de Kiovie & chantées en musique , le
-Primat & le Maréchal de la Diete s'approcherent
de la table , fuivis du Secrétaire de l'Interrégne ,
portant le Diplome d'Election , qui étoit relié
magnifiquement & auquel étoient ſuſpendus
dans des caffettes d'argent les Sceaux de plufieurs
Grands & de deux Nonces de chaque Palatinat.
Alors le Roi quitta fon dais & alla préſenter au
Primat les Pacta Conventa lignés de fa main : il
fe mit à genoux , & jura de les obferver exactement
, la main polée fur les faints Evangiles.
Après cette cérémonie , Sa Majeſté ſe releva , &
le Primat le félicita de nouveau fur fon avénement
au Trône , la fupplia de fe reffouvenir de
fon ferment l'afura de la fidélité de la Nation ,
& lui annonça qu'on alloit lui remettre le Di
plome de fon Election . Le Maréchal de la Diete
NOVEMBRE . 1764. 179
félicita également Sa Majefté , à qui il remit le
Diplome qu'il avoit pris des mains du Secrétaire
de l'Interregne. Le Roi l'ayant reçu , adresa au
Primat & au Maréchal de la Diete , ainſi qu'à
toute la Nation , un Difcours à la fin duquel Sa
Majefté s'attendrit au point de verfer des larmes
qui firent couler celles de toute l'affemblée. Enfuite
le Roi fe tourna du côté de l'Autel & pria
Dieu de répandre fes bénédictions fur fon Régne.
Après cette Prière , l'Eglife retentit de mille cris
d'allégreffe , mêlés au fon des trompettes & des
tymballes. Pendant ce temps- là Sa Majeſté repric
place fous le dais & affifta au Service Divin , qui
fur célébré pontificalement par l'Evêque de Kiovie
après quoi Elle retourna à ſon Palais , où
Elle reçut de nouveaux complimens de félicitation.
Septembre 1764.
Le Roi n'a pas prêté ferment fur les Pacta Con
venta immédiatement après la proclamation ,
H.v.
178 MERCURE DE FRANCE.
"
comme il eft d'ufage , parce que le 7 le Primat
avoit affuré les Etats aflemblés qu'on ne remettroit
à Sa Majefté le Diplome de fon Election ,
qu'après qu'i auroit été muni des Sceaux de tous
les Sénateurs , des Miniftres & de deux Nonces
de chaque Palatinat & Diſtrict , & confirmé par le
feing des Députés nommés à cet effet , ce qui a
été exécuté dans l'intervalle du 7 au 11 de ce
mois. En conféquence , le Roi ne fe rendit qu'avant-
hier à l'Eglife Collégiale pour prêter le ferment
Sa Majesté étoit précédée des Maréchaux
& accompagnée du Primat , de plufieurs Magnats
& d'un grand nombre d'Officiers de la Cour. Le
Roi fut reçu à l'Eglife avec les cérémonies accoutumées
: il s'affit fous un dais près du grand Autel
vis-à-vis duquel on avoit placé une table couverte
d'un tapis de velours , & fur laquelle étoient ,
entre deux cierges allumés , un Crucifix & la
Bible. Après quelques Prières , entonnées par
l'Evêque de Kiovie & chantées en musique , le
-Primat & le Maréchal de la Diete s'approcherent
de la table , fuivis du Secrétaire de l'Interrégne ,
portant le Diplome d'Election , qui étoit relié
magnifiquement & auquel étoient ſuſpendus
dans des caffettes d'argent les Sceaux de plufieurs
Grands & de deux Nonces de chaque Palatinat.
Alors le Roi quitta fon dais & alla préſenter au
Primat les Pacta Conventa lignés de fa main : il
fe mit à genoux , & jura de les obferver exactement
, la main polée fur les faints Evangiles.
Après cette cérémonie , Sa Majeſté ſe releva , &
le Primat le félicita de nouveau fur fon avénement
au Trône , la fupplia de fe reffouvenir de
fon ferment l'afura de la fidélité de la Nation ,
& lui annonça qu'on alloit lui remettre le Di
plome de fon Election . Le Maréchal de la Diete
NOVEMBRE . 1764. 179
félicita également Sa Majefté , à qui il remit le
Diplome qu'il avoit pris des mains du Secrétaire
de l'Interregne. Le Roi l'ayant reçu , adresa au
Primat & au Maréchal de la Diete , ainſi qu'à
toute la Nation , un Difcours à la fin duquel Sa
Majefté s'attendrit au point de verfer des larmes
qui firent couler celles de toute l'affemblée. Enfuite
le Roi fe tourna du côté de l'Autel & pria
Dieu de répandre fes bénédictions fur fon Régne.
Après cette Prière , l'Eglife retentit de mille cris
d'allégreffe , mêlés au fon des trompettes & des
tymballes. Pendant ce temps- là Sa Majeſté repric
place fous le dais & affifta au Service Divin , qui
fur célébré pontificalement par l'Evêque de Kiovie
après quoi Elle retourna à ſon Palais , où
Elle reçut de nouveaux complimens de félicitation.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Warsovie, le 15 Septembre 1764.
Le 15 septembre 1764, à Warfovie, le roi n'a pas immédiatement prêté serment sur les Pacta Conventa après sa proclamation. Le 7 septembre, le Primat avait annoncé que le diplôme d'élection serait remis après avoir été scellé par les sénateurs, ministres, et deux nonces de chaque palatinat et district, et confirmé par le sceau des députés. Cette procédure a été réalisée entre le 7 et le 11 septembre. Le 13 septembre, le roi s'est rendu à l'église collégiale pour prêter serment, accompagné du Primat, de magnats et d'officiers de la cour. À l'église, il a été reçu avec les cérémonies habituelles et s'est assis sous un dais près du grand autel. Après des prières, le roi s'est agenouillé et a juré d'observer les Pacta Conventa en posant la main sur les saints Évangiles. Le Primat et le maréchal de la Diète l'ont félicité, et le roi a adressé un discours émouvant à l'assemblée. L'église a ensuite résonné de cris de joie et de musique. Le roi a assisté à la messe avant de retourner à son palais, où il a reçu de nouvelles félicitations.
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37
p. 199-201
De FONTAINEBLEAU, le 20 Novembre 1764.
Début :
Le Roi a accordé au sieur Hocquart, Conseiller d'Etat & [...]
Mots clefs :
Conseiller d'État, Nominations, Duc, Prince, Révérence, Marquis, Famille royale, Honneur, Audience du roi, Contrat de mariage, Évêché, Diocèse, Revenus, Députés, Serment, Sa Majesté
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texteReconnaissance textuelle : De FONTAINEBLEAU, le 20 Novembre 1764.
De FONTAINEBLEAU , le 20 Novembre 1764.
Le Roi a accordé au fieur Hocquart , Confeiller
d'Etat & Intendant de la Marine à Breft , la
Place d'Intendant de la Marine ayant l'inſpection
générale des Claffes des Matelots du Royaume
, & a nommé à l'Intendance de la Marine
à Breft le fieur de Clugny , ci devant Intendant
à S. Domingue.
Le 12 du mois dernier , le Duc de Duras , le
Duc d'Aumont , le Marquis de Duras , le Prince.
de Bournonville , le Duc de Mazarin , le Duc de
Villequier & le Marquis de Villeroi eurent l'hon
neur de faire leurs révérences à Leurs Majeſtés &
à la Famille Royale , à l'occafion de la mort de
la Maréchale de Duras.
Le Marquis de Montpefat , créé Duc par le
feu Pape Benoît XIV , a été préfenté le même
jour , a Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par le Duc d'Aumont premier Gentilhomme
de la Chambre .
>
Le fieur d'Albertas , Premier Préſident de la
Cour des Comptes , Aides & Finances de Provence
, & trois Confeillers de cette Cout ont eu
F'honneur d'être admis à l'Audience du Roi &..
I iv
200, MERCURE DE FRANCE .
de lui remettre les remontrances qu'ils étoient
chargés par leur Compagnie de préſenter à Sa
Majefté.
Le Roi , a accordé les honneurs du Louvre au
Prince de Solre , fils du Prince de Croy ; leurs
Majeftés & la Famille Royale ont figné le 21 ſon
Contrat de mariage avec la Princefle Augufte de
Salm . Le même jour , le fieur de Clugny fut préfenté
au Roi en qualité d'Intendant de Breft , par
le Duc de Choileul.
Sa Majesté a nommé à l'Evêché de Coutances
l'Abbé de . Talaru de Chalmazel , Vicaire Géné •
ral du Diocèfe de Sens. Elle a donné l'Abbaye de
S. Victor , Diocèfe & Ville de Paris , à l'Arche
vêque de Lyon ; celle de Conches , Ordre de S.
Benoît , Diocèfe d'Evreux , à l'Evêque du Belley ;
celle de S. Alire de Clermont , Ordre de S. Benoît
, Diocèle de Clermont en Auvergne , à l'Abbé
de Monclar , Vicaire Général du Diocèſe d'Or.
léans , & celle de Molefme , Ordre de S. Benoît ,
Diocèle de Langres , à l'Abbé Terray , Confeiller-
Clerc au Parlement de Paris .
Le Roi , en nommant l'Archevêque de Lyon à
l'Abbaye de S. Victor , a accordé aux Chanoines
de cette Maifon fur les revenus de l'Abbaye , une
penſion de dix mille livres pendant feize ans , def
tinée à l'augmentation du bâtiment de leur Bibliothéque
publique. Les Chanoines ont établi , en
reconnoillance , une Meffe folemnelle dans leur
Eglife pour la confervation des jours de Sa Majefté
& de la Famille Royale. Ils ont eu l'honneur
à cette occafion , d'être préfentés au Roi & à la Famille
Royale le 25 ; Sa Majefté a agréé l'établi
fement de cette Meffe , & en a fixé la célébration
au 15 Février , jour de fa naiffance.
Le fieur d'Artigues , Exempt des Gardes du
DECEMBRE . 1764. 201
Corps dans la Compagnie de Villeroy , étant
mort ces jours derniers , fon bâton a été donné au
Chevalier de Kerguezec , Brigadier dans la même
Compagnie.
Le z de ce mois , les Députés des Etats de
Bretagne , qui ont été mandés par le Roi , ont eu
l'honneur d'être préfentés à Sa Majeflé, au nombre
de trois , par le Comte de Saint- Florentin , Miniftre
& Secrétaire d'Etat , ayant le Département,
de certe Province . Sa Majefté a reçu les reprélentations
qu'ils étoient chargés de lui faire au nom,
des Etats.
Le 4 , le Marquis de Vérac prêta ferment entre,
les mains du Roi , pour la Lieutenance Générale
du Poitou , dont il a été pourvu à la mort da Marquis
de Verac ſon Père .
Le même jour , le fieur Chardon , Lieutenant
Particulier du Châtelet , & ci - devant Intendant
de Ste Lucie , qui a repaffé en France après la réunion
du Gouvernement de cette Ifle à celle de la
Martinique , eut l'honneur d'être préfenté au Roi ,
par le Duc de Choifeul .
Le Duc de la Valliere , grand Fauconnier de
France , préfenta au Roi le 8 , cinquante deux
Faucons , que le Roi de Dannemark envoye à Sa
Majeſté.
Le Roi a accordé au fieur Hocquart , Confeiller
d'Etat & Intendant de la Marine à Breft , la
Place d'Intendant de la Marine ayant l'inſpection
générale des Claffes des Matelots du Royaume
, & a nommé à l'Intendance de la Marine
à Breft le fieur de Clugny , ci devant Intendant
à S. Domingue.
Le 12 du mois dernier , le Duc de Duras , le
Duc d'Aumont , le Marquis de Duras , le Prince.
de Bournonville , le Duc de Mazarin , le Duc de
Villequier & le Marquis de Villeroi eurent l'hon
neur de faire leurs révérences à Leurs Majeſtés &
à la Famille Royale , à l'occafion de la mort de
la Maréchale de Duras.
Le Marquis de Montpefat , créé Duc par le
feu Pape Benoît XIV , a été préfenté le même
jour , a Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par le Duc d'Aumont premier Gentilhomme
de la Chambre .
>
Le fieur d'Albertas , Premier Préſident de la
Cour des Comptes , Aides & Finances de Provence
, & trois Confeillers de cette Cout ont eu
F'honneur d'être admis à l'Audience du Roi &..
I iv
200, MERCURE DE FRANCE .
de lui remettre les remontrances qu'ils étoient
chargés par leur Compagnie de préſenter à Sa
Majefté.
Le Roi , a accordé les honneurs du Louvre au
Prince de Solre , fils du Prince de Croy ; leurs
Majeftés & la Famille Royale ont figné le 21 ſon
Contrat de mariage avec la Princefle Augufte de
Salm . Le même jour , le fieur de Clugny fut préfenté
au Roi en qualité d'Intendant de Breft , par
le Duc de Choileul.
Sa Majesté a nommé à l'Evêché de Coutances
l'Abbé de . Talaru de Chalmazel , Vicaire Géné •
ral du Diocèfe de Sens. Elle a donné l'Abbaye de
S. Victor , Diocèfe & Ville de Paris , à l'Arche
vêque de Lyon ; celle de Conches , Ordre de S.
Benoît , Diocèfe d'Evreux , à l'Evêque du Belley ;
celle de S. Alire de Clermont , Ordre de S. Benoît
, Diocèle de Clermont en Auvergne , à l'Abbé
de Monclar , Vicaire Général du Diocèſe d'Or.
léans , & celle de Molefme , Ordre de S. Benoît ,
Diocèle de Langres , à l'Abbé Terray , Confeiller-
Clerc au Parlement de Paris .
Le Roi , en nommant l'Archevêque de Lyon à
l'Abbaye de S. Victor , a accordé aux Chanoines
de cette Maifon fur les revenus de l'Abbaye , une
penſion de dix mille livres pendant feize ans , def
tinée à l'augmentation du bâtiment de leur Bibliothéque
publique. Les Chanoines ont établi , en
reconnoillance , une Meffe folemnelle dans leur
Eglife pour la confervation des jours de Sa Majefté
& de la Famille Royale. Ils ont eu l'honneur
à cette occafion , d'être préfentés au Roi & à la Famille
Royale le 25 ; Sa Majefté a agréé l'établi
fement de cette Meffe , & en a fixé la célébration
au 15 Février , jour de fa naiffance.
Le fieur d'Artigues , Exempt des Gardes du
DECEMBRE . 1764. 201
Corps dans la Compagnie de Villeroy , étant
mort ces jours derniers , fon bâton a été donné au
Chevalier de Kerguezec , Brigadier dans la même
Compagnie.
Le z de ce mois , les Députés des Etats de
Bretagne , qui ont été mandés par le Roi , ont eu
l'honneur d'être préfentés à Sa Majeflé, au nombre
de trois , par le Comte de Saint- Florentin , Miniftre
& Secrétaire d'Etat , ayant le Département,
de certe Province . Sa Majefté a reçu les reprélentations
qu'ils étoient chargés de lui faire au nom,
des Etats.
Le 4 , le Marquis de Vérac prêta ferment entre,
les mains du Roi , pour la Lieutenance Générale
du Poitou , dont il a été pourvu à la mort da Marquis
de Verac ſon Père .
Le même jour , le fieur Chardon , Lieutenant
Particulier du Châtelet , & ci - devant Intendant
de Ste Lucie , qui a repaffé en France après la réunion
du Gouvernement de cette Ifle à celle de la
Martinique , eut l'honneur d'être préfenté au Roi ,
par le Duc de Choifeul .
Le Duc de la Valliere , grand Fauconnier de
France , préfenta au Roi le 8 , cinquante deux
Faucons , que le Roi de Dannemark envoye à Sa
Majeſté.
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Résumé : De FONTAINEBLEAU, le 20 Novembre 1764.
Le 20 novembre 1764, le Roi a nommé Hocquart Intendant de la Marine avec l'inspection générale des classes des matelots du Royaume, et de Clugny Intendant de la Marine à Brest. Le 12 octobre précédent, plusieurs nobles, dont le Duc de Duras, le Duc d'Aumont et le Marquis de Villeroi, ont rendu hommage à la Famille Royale à l'occasion de la mort de la Maréchale de Duras. Le Marquis de Montpésat, créé Duc par le Pape Benoît XIV, a été présenté à Leurs Majestés par le Duc d'Aumont. Le sieur d'Albertas, Premier Président de la Cour des Comptes de Provence, et trois conseillers ont remis des remontrances au Roi. Le Roi a accordé les honneurs du Louvre au Prince de Solre et a signé le contrat de mariage de ce dernier avec la Princesse Auguste de Salm. De Clugny a été présenté au Roi en qualité d'Intendant de Brest par le Duc de Choiseul. Le Roi a nommé l'Abbé de Talaru de Chalmazel à l'Évêché de Coutances et attribué plusieurs abbayes à divers ecclésiastiques. Les Chanoines de l'Abbaye de Saint-Victor ont célébré une messe solennelle pour la conservation des jours du Roi et de la Famille Royale le 15 février. Le bâton de l'Exempt des Gardes du Corps a été donné au Chevalier de Kerguezec. Les Députés des États de Bretagne ont été présentés au Roi et ont remis leurs représentations. Le Marquis de Vérac a prêté serment pour la Lieutenance Générale du Poitou. Le sieur Chardon, ancien Intendant de Sainte-Lucie, a été présenté au Roi. Le Duc de la Vallière a offert au Roi cinquante-deux faucons du Roi de Danemark.
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