Auteur du texte (23)
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Destinataire du texte (38)
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Détail
Liste
Résultats : 23 texte(s)
1
p. 148-153
ETAT de la Maison de Monsieur le Duc d'Orleans, premier Prince du Sang, reglé par la Declaration du Roy, en datte du 6. Janvier 1724.
Début :
Loüis, &c. à tous ceux, &c. l'affection singuliere que nous avons pour [...]
Mots clefs :
Duc d'Orléans, Officiers
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texteReconnaissance textuelle : ETAT de la Maison de Monsieur le Duc d'Orleans, premier Prince du Sang, reglé par la Declaration du Roy, en datte du 6. Janvier 1724.
ETAT de. la Maifin de Monsieur le Duc
d'Orleans , premier Prince du Sang ,
reglé par la Declaration du Roy , m
datte du 6 -Janvier 1724.
LOiïis,&c. à tous ceux , &c. l'affec
tion singuliere que nous avons pournôtre
très.cher , & très.amé Oncle y
Louis d'Orleans , Duc d'Orleans , . nous.
avoit fait desirer de pouvoir lui conti
nuer la même Maiíôn qu'a voit feu nôtre.
très-cher , & très-amé Oncle le lDuc
d'Orleans son pere ; mais l'ordre de.
tout temps établi pour le premier Prin
ce de nôtre Sang , nous obligeant de fui.*
vre les Etats < de ceux: qui ont précedem
ment tenu ce haut rang , en fixant fa
Maison au même nombre d'Officiers ;
Nous y avons seulement ajouté quelques
titres que nous avons jugé plus convesables
, & voulant qu*ils jouissent des
Privileges de nos Officiers commensaux :
à ces cauíes , &c. 8c de nôtre grace fpe.-
ciale, pleine puissance , Se autorité Roya
le, Nous avons dit & declaré, Se par. ces
Pre
J A N< V Ï^E R 17I4. re
presentes signées de nôtre main , disons ,
declarons , voulons , nous plaît , que les
Officiers dont fera com potée la Maison
de nôtredit Onde le Duc d'Orleans ,
comprise dans l'Etat cy.attaché sous le
contre-seel de nôtre Chancellerie, jouis
sent dorénavant de tous tels & semblables
Privileges dent nos Officiers DomestiÍ^
ues & Coqrmeníâux ont droit de jeiiir
uivantnos Edits, Declarations, Ordon
nances & Reglemens faits fur ce íujet. .
.Voulons qu'à cet effet l'état qui íèra arrê
té par nôtredit Oncle des Officiers qui
composoront à l'avenir fa Maison , soit
mis au Greffe de nôtre Cour des Aydes,
pourvu qu'il soit conforme à celui atta
ché à ces Presentes. Si donnons , &c-
Etat du nombre des Officiers , Gentilhom
mes , Gens du Conseil , Domestiques
& Commensaux , dont le Roy veut <^iie
leanr, Dite d'Orleans , de Valois , de
Chartres , de Nemours , & Monts en-
Jier , fin Oncle, soit composée en l'an
née 1724; pour jouir des Privilège!
des Commensaux.
Un Premier Gentilhomme de la
Chambre.
8. Gentilhommes de la Ghambre.
EZ. Gentilhommes ordinaires.
la Maison de Monsieur
:l!5<> MERCURE DE FRANCE,
. 2. Confesseur & Predicateur.
. . 4. Aumôniers.
z. Secretaires des CommandemènS.
j. Secretaires , & Intendans de« Fi
nances.,
8. Gens du Conseil:
S. Secretaires ordinaires.
1 . Secretaire des Langues.
2. Secretaires du Conseil.
I . Agçnt d'affaires.
i . Garde Archives.
i . Premier Maître.d'Hotel»-
é. Maîtres-d'Hôtel.
I. Tresorier General.
12. Gentilhommes íêrvans*'
8. Contrôleurs.
4. Medecins, -
4. Chirurgiens.
4. Apoticaires.
1. Chirurgien Operateur'.
4 Barbiers.
r". Premier Valet de Chambres7
l!2. Valets de Chambre.
4. Valets de Garderobe.
4. Garçons d« Garderobe.
4 Porte- Manteaux.
r. Tailleur.
4. Huissiers de la Chambrè.
4. Huissiers du Cabinet.
4. Huissiers de l'Antichambre.
j!* Trompette.
J A NVIER 1714.:
t. Brodeur. .
r. Gantier Parfumeur. ^
2. Tapissiers.
r. Horlogeur.
2. Orfèvres.
r. Peintre.
2. Merciers,
ï . Marchand Lingeri.
1 . Lavandier.
4. Chefs de Panneterie.
' i. Aydes de Panneterie.
2. Sommiers de Panneterié.'
4. Chefs d'Echansonnerie.
a . Aydes d'Echaníònnerie.
as. Sommiers d'Echaníônneríe,
4. Chefs de Fruiterie.
2. Aydes de Fruiterie.
2. Sommiers de Fruiterie;
4. Ecuyers de Cuisine.
4. Aydes de Cuisine.
4. En fans de Cuisine.
4. Porteurs en Cuisine-.
1. Pâtissier.
V Boulanger.
2. Pourvoyeur.
I . Garde Vaisíelle.
f. Sommier de Vaisselle..
J. Premier Ecuyer.
4. Ecuyersi
4;. Maréchaux des Logis.
4. Fourier.s des Logis. .
tfç» MERCURE DE FRANCE.
** Fouriers de l'Ecurie.
I. Argentier de l'Ecurie.
I'. Tailleur de l'Ecurie,
r. Armurier.
2 . Maréchaux des Forges.-
i . Setlier.Caroffier.
i. Bourlier.
ì. CeinturierV-
1 . Fourbisseur.
1 . Eperonniers.
4. Maîtres Palefreniers.
2 . Cochers.
2. Postillons.'
1 . Concierge Garde Meubles de l'E
curie-.
1. Gouverneur des Pages.
1. Chapelain des Pages & del'Ecurie;
1. Maître de Mathematiques. .
1. Maître d'Armes.
1. Maître d'Exercices.
2. Maître Valets des Pages. .
1. Libraire-Imprimeur.
Gentilhommes de la- Venerie. .
6. Veneurs.
3 . Gentilhommes de la Fauconnerie. .
2 . Fauconniers,
i, Cordonnier.
1. Architecte..
1. Maître Maçon,
il Menuisier.
.1. VÌWÌCT<. .
JÁNVVER vf*4 1J5
l. Serrurier.
4. Suiíïès.
Total 166.' Officiers;
'Augmentation pour la Maison de Mada
me la Duchejfe d'Orleans , par Decla
ration du Roy du ^.Decembre 171$',.
Gcns du Conseil.
i:. Conseillers..
I. Secretaire ordinaire..
x. Agens d' Afíàires.
1. Tresorier General J M* Nicolas
Grandjean.
Gardes françaises..
t. Exempt, Commandant auffi les Gar^'
des Suiíïes.
t. Maréchal des Eogis.'
I. Brigadier.
. 12. Gardes Françoiíès.
t. Clerc du Guet.
Gardes Suisset.
6. Gardes Suiíïès.
r. Clerc du Guet.
d'Orleans , premier Prince du Sang ,
reglé par la Declaration du Roy , m
datte du 6 -Janvier 1724.
LOiïis,&c. à tous ceux , &c. l'affec
tion singuliere que nous avons pournôtre
très.cher , & très.amé Oncle y
Louis d'Orleans , Duc d'Orleans , . nous.
avoit fait desirer de pouvoir lui conti
nuer la même Maiíôn qu'a voit feu nôtre.
très-cher , & très-amé Oncle le lDuc
d'Orleans son pere ; mais l'ordre de.
tout temps établi pour le premier Prin
ce de nôtre Sang , nous obligeant de fui.*
vre les Etats < de ceux: qui ont précedem
ment tenu ce haut rang , en fixant fa
Maison au même nombre d'Officiers ;
Nous y avons seulement ajouté quelques
titres que nous avons jugé plus convesables
, & voulant qu*ils jouissent des
Privileges de nos Officiers commensaux :
à ces cauíes , &c. 8c de nôtre grace fpe.-
ciale, pleine puissance , Se autorité Roya
le, Nous avons dit & declaré, Se par. ces
Pre
J A N< V Ï^E R 17I4. re
presentes signées de nôtre main , disons ,
declarons , voulons , nous plaît , que les
Officiers dont fera com potée la Maison
de nôtredit Onde le Duc d'Orleans ,
comprise dans l'Etat cy.attaché sous le
contre-seel de nôtre Chancellerie, jouis
sent dorénavant de tous tels & semblables
Privileges dent nos Officiers DomestiÍ^
ues & Coqrmeníâux ont droit de jeiiir
uivantnos Edits, Declarations, Ordon
nances & Reglemens faits fur ce íujet. .
.Voulons qu'à cet effet l'état qui íèra arrê
té par nôtredit Oncle des Officiers qui
composoront à l'avenir fa Maison , soit
mis au Greffe de nôtre Cour des Aydes,
pourvu qu'il soit conforme à celui atta
ché à ces Presentes. Si donnons , &c-
Etat du nombre des Officiers , Gentilhom
mes , Gens du Conseil , Domestiques
& Commensaux , dont le Roy veut <^iie
leanr, Dite d'Orleans , de Valois , de
Chartres , de Nemours , & Monts en-
Jier , fin Oncle, soit composée en l'an
née 1724; pour jouir des Privilège!
des Commensaux.
Un Premier Gentilhomme de la
Chambre.
8. Gentilhommes de la Ghambre.
EZ. Gentilhommes ordinaires.
la Maison de Monsieur
:l!5<> MERCURE DE FRANCE,
. 2. Confesseur & Predicateur.
. . 4. Aumôniers.
z. Secretaires des CommandemènS.
j. Secretaires , & Intendans de« Fi
nances.,
8. Gens du Conseil:
S. Secretaires ordinaires.
1 . Secretaire des Langues.
2. Secretaires du Conseil.
I . Agçnt d'affaires.
i . Garde Archives.
i . Premier Maître.d'Hotel»-
é. Maîtres-d'Hôtel.
I. Tresorier General.
12. Gentilhommes íêrvans*'
8. Contrôleurs.
4. Medecins, -
4. Chirurgiens.
4. Apoticaires.
1. Chirurgien Operateur'.
4 Barbiers.
r". Premier Valet de Chambres7
l!2. Valets de Chambre.
4. Valets de Garderobe.
4. Garçons d« Garderobe.
4 Porte- Manteaux.
r. Tailleur.
4. Huissiers de la Chambrè.
4. Huissiers du Cabinet.
4. Huissiers de l'Antichambre.
j!* Trompette.
J A NVIER 1714.:
t. Brodeur. .
r. Gantier Parfumeur. ^
2. Tapissiers.
r. Horlogeur.
2. Orfèvres.
r. Peintre.
2. Merciers,
ï . Marchand Lingeri.
1 . Lavandier.
4. Chefs de Panneterie.
' i. Aydes de Panneterie.
2. Sommiers de Panneterié.'
4. Chefs d'Echansonnerie.
a . Aydes d'Echaníònnerie.
as. Sommiers d'Echaníônneríe,
4. Chefs de Fruiterie.
2. Aydes de Fruiterie.
2. Sommiers de Fruiterie;
4. Ecuyers de Cuisine.
4. Aydes de Cuisine.
4. En fans de Cuisine.
4. Porteurs en Cuisine-.
1. Pâtissier.
V Boulanger.
2. Pourvoyeur.
I . Garde Vaisíelle.
f. Sommier de Vaisselle..
J. Premier Ecuyer.
4. Ecuyersi
4;. Maréchaux des Logis.
4. Fourier.s des Logis. .
tfç» MERCURE DE FRANCE.
** Fouriers de l'Ecurie.
I. Argentier de l'Ecurie.
I'. Tailleur de l'Ecurie,
r. Armurier.
2 . Maréchaux des Forges.-
i . Setlier.Caroffier.
i. Bourlier.
ì. CeinturierV-
1 . Fourbisseur.
1 . Eperonniers.
4. Maîtres Palefreniers.
2 . Cochers.
2. Postillons.'
1 . Concierge Garde Meubles de l'E
curie-.
1. Gouverneur des Pages.
1. Chapelain des Pages & del'Ecurie;
1. Maître de Mathematiques. .
1. Maître d'Armes.
1. Maître d'Exercices.
2. Maître Valets des Pages. .
1. Libraire-Imprimeur.
Gentilhommes de la- Venerie. .
6. Veneurs.
3 . Gentilhommes de la Fauconnerie. .
2 . Fauconniers,
i, Cordonnier.
1. Architecte..
1. Maître Maçon,
il Menuisier.
.1. VÌWÌCT<. .
JÁNVVER vf*4 1J5
l. Serrurier.
4. Suiíïès.
Total 166.' Officiers;
'Augmentation pour la Maison de Mada
me la Duchejfe d'Orleans , par Decla
ration du Roy du ^.Decembre 171$',.
Gcns du Conseil.
i:. Conseillers..
I. Secretaire ordinaire..
x. Agens d' Afíàires.
1. Tresorier General J M* Nicolas
Grandjean.
Gardes françaises..
t. Exempt, Commandant auffi les Gar^'
des Suiíïes.
t. Maréchal des Eogis.'
I. Brigadier.
. 12. Gardes Françoiíès.
t. Clerc du Guet.
Gardes Suisset.
6. Gardes Suiíïès.
r. Clerc du Guet.
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Résumé : ETAT de la Maison de Monsieur le Duc d'Orleans, premier Prince du Sang, reglé par la Declaration du Roy, en datte du 6. Janvier 1724.
Le document expose l'organisation de la Maison du Duc d'Orléans, premier Prince du Sang, régularisée par une déclaration royale du 6 janvier 1724. Le roi manifeste son affection pour son oncle, Louis d'Orléans, Duc d'Orléans, et souhaite lui accorder une Maison similaire à celle de son père. Cependant, les traditions royales imposent de maintenir le nombre d'officiers conforme à ceux des prédécesseurs. Le roi ajoute quelques titres jugés plus appropriés et accorde aux nouveaux officiers les privilèges des officiers commensaux. Le texte décrit la composition de la Maison du Duc d'Orléans pour l'année 1724, incluant divers officiers, gentilshommes, domestiques et commensaux. Parmi eux, on trouve des gentilshommes de la Chambre, des secrétaires, des gens du conseil, des maîtres d'hôtel, des médecins, des chirurgiens, des valets de chambre, des huissiers, des écuyers, des maréchaux des logis, des fourriers, des palefreniers, et d'autres fonctions spécifiques. Le total des officiers est de 166. Une augmentation pour la Maison de Madame la Duchesse d'Orléans est également mentionnée par une déclaration royale du 2 décembre 1718. Cette augmentation inclut des gens du conseil, des conseillers, un secrétaire ordinaire, un agent d'affaires, un trésorier général, des gardes françaises et suisses.
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2
s. p.
PRIVILEGE DU ROY.
Début :
LOUIS, par la grace de Dieu, Roi de France & de Navarr : à nos Amez & Feaux Conseillers, les [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIVILEGE DU ROY.
K 1 V I h E G E
L6WOX I DV ROT.
1^05
Ee)'Jli,\af la grâce de Dieu , Roi de France & c'a
Navarr. : à nos Amez & Féaux Conseillers, les
Gens tenans nos Cours de Parlement , Maîtres des
Requêtes ordinaires de nôtre Hôtel , Grand.Conseil '
Bailliss , Sénéchaux , leurs Lieutcnans Civils, & au
tres nos Officiers & Justiciers qu'il appartiendra. Sa.
lut : l'applaudissement que reçoit le Mercure di
France, cy - devant appcllé .le Mercure Galant,
egmposé depuis l'année 16-2. par le sieut de Visé , &
autres Auteurs ,nous fait croire que le sieftr Dufrcni ,
^Titulaire du dernier Brevet étant decedé,'il ne con
vient pas que le Public soit à l'avenir privé d'un ou.
vrag» aussi utile qu'agréable , tant à nos sujets qu'aux
étrange'rs; c'est dans cette vue que bien informi. des
talens , & de la sagesse du sieur Antoine de ia Roque,
Ecuyer , ancien Gendarme dans la Compagnie dtiv
Gendarmes de nôtre Garde ordinaire , & Cheva'Icr
de nôtre Ordre Militaire de Saint J.oùis ; nous Pavons
çhoifi pour composer à l'avenir exclusivement à tout
autre ledit Ouvrage , sous le titre de Mercure dé
Í'rance , & nous lui en avons á cet eS'et accordé nôtre
Brevet ie 1 -, Octobre dernier , pour ,1'execution du
quel ledit sieur de la Roque nous a fait supplier de
lui accorder nos Lettres de Privilège fur ce nécessai
res : A ces causes , conformément audit Brevet , Nous
lui avons permis & permettons par ces Présentes de
composer & donner au Publx á l'avenir tous les mois,
à lui seul exclusivement , ledit Mercure de France, qu'il
pourra faire imprimer en tel volume , forme , marge,
caractère , conjoincement, ou séparément , & autant
de sois que bon lui semblera , chaque mois , & de le
faire vendre & débiter par tout nôtre Royaume, 8c ce
pendant le temps de douze années consécutives , k
compter du jour de .adatte des Présentes ; à condi.
tion néanmoins que chaque voinme portera son Approfeisiçn
exptefle de ì'Examinateur , qui aura écé cou».
•aris à cet effet. Faisons diseuses a tontes Tortes de
personnes , de quelques qualiteï A conditions qu'elle»
soient , d'en introduire d'impressions étrangères dan»
aucun lieu de nôtre obéissance , comme aussi à tou»
Libraires , Imprimeurs , Graveurs , & autres , d'im
primer , faire imprimer , graver , vendre , faire vendre,
débiter ni contrefaire ledit Livre, ou planches , en touc
ou en partie ., ni d'en faire aucun Extrait , fous quel»
que prétexte que ce soit , d'augmentation , correc
tions , changement de titre , ou autrement , fans I»
permission expresse & par écrit de l'Exposant , ou de
jeeux qui auront droit de lui ; le tout à peine de con
fiscation des exemplaires contrefaits í de 6000, livre»
d'amende j payables fans déport par chacun des contrevenans
j dont un tiers à Nous , un tiers à ì'Hôtel.
Dieu de Paris, l'autre tiers à l'Exposant, ou à ceuK
qui auront droit de lui , & de tous dépens, domma
ges & interelts i à la charge que ces Présentés seront
enregistrées tout au long fur le Registre de la Com
munauté des Libraires & Imprimeurs de Paris , & Ce
dans trois mois de la datte d'icelles ; que l'impressioa
de ce Livre fera faite dans nôtre Royaume , & no»
ailleurs , en fin papier , & en beau caractère , confor
mément aux Reglemens de la Librairie ; & qu'avant
de l'exposcr en vente , le manuscrit ou imprimé qui
aura servi de copie à j'impressipn dudit Livre fer*
remis dans le même état , où les Approbations y au
ront été données , ès in-ains de nôtre très-cher &
féal Cheyalier , Garde des Sceaux de France , le
sieur Fleuriau d'Armehon viile. Commandeur de no»
ordres , & qu'il en fera ensuite remis deux Exemplai
res de chacun dans nôtre Bibliothèque publique , un
dans celle de nôtre Château du Louvre, & un dan»
Celle de nôtredit très-cher & Féal Chevalier, Garde
des Sceaux de France ; le tout à peine de nullité des
Présentes , du contenu desquelles Vous enjoignons de
faire jouir ledit Exposant , ou ses ayans cause pleine
ment & paisiblement , sans souffrir qu'il leur soit sait
aucuns troubles St empêchemens , & à cet effet nous
avons révoqué & révoquons tous autres Privilèges
qui pourrjient avoir été donnez cy-devant à d'autres
qu'audit Exposant ; Voulons que la copie des Présentes
qui fera imprimée tout au loiìg au commencement ou
à la fin dudit Livre soit tenue pour dúcmcnc lignifiée,
& qu'aux copies collatíonnées par l'un de nos Ameï
tí Féaux Conseillers. Secrétaires, foy soit ajoutée, &cì
L6WOX I DV ROT.
1^05
Ee)'Jli,\af la grâce de Dieu , Roi de France & c'a
Navarr. : à nos Amez & Féaux Conseillers, les
Gens tenans nos Cours de Parlement , Maîtres des
Requêtes ordinaires de nôtre Hôtel , Grand.Conseil '
Bailliss , Sénéchaux , leurs Lieutcnans Civils, & au
tres nos Officiers & Justiciers qu'il appartiendra. Sa.
lut : l'applaudissement que reçoit le Mercure di
France, cy - devant appcllé .le Mercure Galant,
egmposé depuis l'année 16-2. par le sieut de Visé , &
autres Auteurs ,nous fait croire que le sieftr Dufrcni ,
^Titulaire du dernier Brevet étant decedé,'il ne con
vient pas que le Public soit à l'avenir privé d'un ou.
vrag» aussi utile qu'agréable , tant à nos sujets qu'aux
étrange'rs; c'est dans cette vue que bien informi. des
talens , & de la sagesse du sieur Antoine de ia Roque,
Ecuyer , ancien Gendarme dans la Compagnie dtiv
Gendarmes de nôtre Garde ordinaire , & Cheva'Icr
de nôtre Ordre Militaire de Saint J.oùis ; nous Pavons
çhoifi pour composer à l'avenir exclusivement à tout
autre ledit Ouvrage , sous le titre de Mercure dé
Í'rance , & nous lui en avons á cet eS'et accordé nôtre
Brevet ie 1 -, Octobre dernier , pour ,1'execution du
quel ledit sieur de la Roque nous a fait supplier de
lui accorder nos Lettres de Privilège fur ce nécessai
res : A ces causes , conformément audit Brevet , Nous
lui avons permis & permettons par ces Présentes de
composer & donner au Publx á l'avenir tous les mois,
à lui seul exclusivement , ledit Mercure de France, qu'il
pourra faire imprimer en tel volume , forme , marge,
caractère , conjoincement, ou séparément , & autant
de sois que bon lui semblera , chaque mois , & de le
faire vendre & débiter par tout nôtre Royaume, 8c ce
pendant le temps de douze années consécutives , k
compter du jour de .adatte des Présentes ; à condi.
tion néanmoins que chaque voinme portera son Approfeisiçn
exptefle de ì'Examinateur , qui aura écé cou».
•aris à cet effet. Faisons diseuses a tontes Tortes de
personnes , de quelques qualiteï A conditions qu'elle»
soient , d'en introduire d'impressions étrangères dan»
aucun lieu de nôtre obéissance , comme aussi à tou»
Libraires , Imprimeurs , Graveurs , & autres , d'im
primer , faire imprimer , graver , vendre , faire vendre,
débiter ni contrefaire ledit Livre, ou planches , en touc
ou en partie ., ni d'en faire aucun Extrait , fous quel»
que prétexte que ce soit , d'augmentation , correc
tions , changement de titre , ou autrement , fans I»
permission expresse & par écrit de l'Exposant , ou de
jeeux qui auront droit de lui ; le tout à peine de con
fiscation des exemplaires contrefaits í de 6000, livre»
d'amende j payables fans déport par chacun des contrevenans
j dont un tiers à Nous , un tiers à ì'Hôtel.
Dieu de Paris, l'autre tiers à l'Exposant, ou à ceuK
qui auront droit de lui , & de tous dépens, domma
ges & interelts i à la charge que ces Présentés seront
enregistrées tout au long fur le Registre de la Com
munauté des Libraires & Imprimeurs de Paris , & Ce
dans trois mois de la datte d'icelles ; que l'impressioa
de ce Livre fera faite dans nôtre Royaume , & no»
ailleurs , en fin papier , & en beau caractère , confor
mément aux Reglemens de la Librairie ; & qu'avant
de l'exposcr en vente , le manuscrit ou imprimé qui
aura servi de copie à j'impressipn dudit Livre fer*
remis dans le même état , où les Approbations y au
ront été données , ès in-ains de nôtre très-cher &
féal Cheyalier , Garde des Sceaux de France , le
sieur Fleuriau d'Armehon viile. Commandeur de no»
ordres , & qu'il en fera ensuite remis deux Exemplai
res de chacun dans nôtre Bibliothèque publique , un
dans celle de nôtre Château du Louvre, & un dan»
Celle de nôtredit très-cher & Féal Chevalier, Garde
des Sceaux de France ; le tout à peine de nullité des
Présentes , du contenu desquelles Vous enjoignons de
faire jouir ledit Exposant , ou ses ayans cause pleine
ment & paisiblement , sans souffrir qu'il leur soit sait
aucuns troubles St empêchemens , & à cet effet nous
avons révoqué & révoquons tous autres Privilèges
qui pourrjient avoir été donnez cy-devant à d'autres
qu'audit Exposant ; Voulons que la copie des Présentes
qui fera imprimée tout au loiìg au commencement ou
à la fin dudit Livre soit tenue pour dúcmcnc lignifiée,
& qu'aux copies collatíonnées par l'un de nos Ameï
tí Féaux Conseillers. Secrétaires, foy soit ajoutée, &cì
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Résumé : PRIVILEGE DU ROY.
L'édit royal émane du Roi de France et de Navarre et est adressé à divers conseillers, officiers et justiciers. Il souligne l'applaudissement reçu par le Mercure de France, anciennement connu sous le nom de Mercure Galant, publié depuis 1672 par le sieur de Visé et d'autres auteurs. À la suite du décès du titulaire du dernier brevet, le roi nomme le sieur Antoine de la Roque pour poursuivre la publication de cet ouvrage. Le roi accorde à de la Roque un privilège exclusif pour composer et publier le Mercure de France mensuellement, pour une durée de douze années consécutives. Chaque volume doit porter l'approbation de l'examinateur. L'édit interdit l'importation, l'impression, la vente ou la contrefaçon du livre sans permission écrite, sous peine de confiscation et d'amende. L'impression doit se faire dans le royaume, en respectant les règlements de la librairie. Avant la vente, le manuscrit ou l'imprimé doit être remis au Garde des Sceaux, qui en conservera des exemplaires dans diverses bibliothèques. L'édit révoque tous autres privilèges antérieurs et ordonne que les copies imprimées de l'édit soient considérées comme des documents légalisés.
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3
p. 487-488
LETTRE DU ROY, Ecrite de la propre main de Sa Majesté, en réponse à la Lettre de M. l'Archevêque de Paris.
Début :
Mon Cousin, j'ai vû avec joye par la Lettre que vous m'avez écrite le 8. de ce mois, [...]
Mots clefs :
Archevêque de Paris, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE DU ROY, Ecrite de la propre main de Sa Majesté, en réponse à la Lettre de M. l'Archevêque de Paris.
LETTRE DU ROY ,
Ecrite de la propre main de Sa Majesté
en réponse à la Lettre de M. l'Archevêque
de Paris.
Mque vous m'avez écrite le 8. de ce mois ,
On Coufin , j'ai vû avec joye par la Lettre
des
preuves de la fageffe de votre conduite & de
votre fermeté dans le gouvernement de votre
Diocèle , mais en même -temps j'ai vû avec indignation
488 MERCURE DE FRANCÊ.
gnation ce dont j'étois déja informé , que des
perfonnes , qui par leur caractere & par le miniftere
qu'ils exercent , font obligées de feconder
votre zele & d'affurer par leurs inftructions &
par leur exemple le fuccès de vos vûës , font celles
qui fe portent fans regle & fans meſure aux
démarches les plus capab es d'empêcher le bien
que vous cherchez à procurer. La charité qui
Vous fait efperer encore qu'ils changeront de fentimens
& de conduite & qui vous engage à folliciter
ma clémence en leur faveur , eft infiniment
louable ; mais fi vous perdez par malheur toute
efperance de ramener par la douceur ces efprits
opiniâtres , foyez affuré que je vous foutiendrai
de toute mon autorité , fur ce je prie Dieu , qu'il
Vous ait , mon Coufin , en fa fainte & digne garde.
A Marly le 15. Fevrier 1730. Signé , LOUIS.
Et au dos eft écrit , A mon Coufin l'Archevêque
de Paris.
Ecrite de la propre main de Sa Majesté
en réponse à la Lettre de M. l'Archevêque
de Paris.
Mque vous m'avez écrite le 8. de ce mois ,
On Coufin , j'ai vû avec joye par la Lettre
des
preuves de la fageffe de votre conduite & de
votre fermeté dans le gouvernement de votre
Diocèle , mais en même -temps j'ai vû avec indignation
488 MERCURE DE FRANCÊ.
gnation ce dont j'étois déja informé , que des
perfonnes , qui par leur caractere & par le miniftere
qu'ils exercent , font obligées de feconder
votre zele & d'affurer par leurs inftructions &
par leur exemple le fuccès de vos vûës , font celles
qui fe portent fans regle & fans meſure aux
démarches les plus capab es d'empêcher le bien
que vous cherchez à procurer. La charité qui
Vous fait efperer encore qu'ils changeront de fentimens
& de conduite & qui vous engage à folliciter
ma clémence en leur faveur , eft infiniment
louable ; mais fi vous perdez par malheur toute
efperance de ramener par la douceur ces efprits
opiniâtres , foyez affuré que je vous foutiendrai
de toute mon autorité , fur ce je prie Dieu , qu'il
Vous ait , mon Coufin , en fa fainte & digne garde.
A Marly le 15. Fevrier 1730. Signé , LOUIS.
Et au dos eft écrit , A mon Coufin l'Archevêque
de Paris.
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Résumé : LETTRE DU ROY, Ecrite de la propre main de Sa Majesté, en réponse à la Lettre de M. l'Archevêque de Paris.
Dans une lettre datée du 15 février 1730, le roi Louis exprime sa joie et son indignation à l'archevêque de Paris. Il félicite l'archevêque pour sa conduite et sa fermeté dans le gouvernement de son diocèse. Cependant, il condamne les actions de certaines personnes qui, malgré leur rôle, entravent les efforts de l'archevêque. Le roi loue la charité de l'archevêque, qui espère encore un changement de la part de ces individus et sollicite la clémence royale en leur faveur. Il assure l'archevêque de son soutien total si toute espérance de les ramener à la raison est perdue. La lettre est signée Louis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 839-847
DECLARATION DU ROY. Par laquelle le Roy explique de nouveau ses intentions sur l'exécution des Bulles des Papes, données contre le Jansénisme, & sur celle de la Constitution Un genitus. Donnée à Versailles, le 24. Mars 1730. Registrée en Parlement, le 3. Avril, le Roy y séant en son Lit de Justice.
Début :
LOUIS, par, &c. Après la division & les troubles que le refus de se soûmettre à la Bulle Unigenitus [...]
Mots clefs :
Bulle Unigenitus, Roi, Déclaration du roi, Église, Évêques, Édit, Archevêques
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texteReconnaissance textuelle : DECLARATION DU ROY. Par laquelle le Roy explique de nouveau ses intentions sur l'exécution des Bulles des Papes, données contre le Jansénisme, & sur celle de la Constitution Un genitus. Donnée à Versailles, le 24. Mars 1730. Registrée en Parlement, le 3. Avril, le Roy y séant en son Lit de Justice.
DECLARATION
D U ROY.
Par laqunsele des Bulles des
Ar laquelle le Roy explique de nouveau fes¹
Papes , données contre le Janféniſme , & fur celle
de la Conftitution Un genitus . Donnée à Verfailles
, le 24. Mars 1730. Registrée en Parlement
, le 3.- Avril , le Roy y féant en fon Lit de
Juſtice.
bles
LOUIS, par, &c. Après la divifion & les trou
que le refus de fe foûmettre à la Bulle Uni
genitus avoit fait naître dans l'Eglife de France
Nous eûmes lieu d'efperer en l'année 1720. d'y
voir la paix heureufement rétablie . Des Explica--
tions dreffées dans un efprit de concorde & de
charité , approuvées par tous les Cardinaux, tous
les Archevêques , & prefque tous les Evêques de
notre Royaume , qui avoient accepté cette Con--
ftitution , adoptées même par la plupart des
Prélats qui avoient hésité d'abord à la recevoir ,
ne laiffoient aucun pretexte à ceux , qui affectant
de la décrier par des interpretations contraires à
-fon veritable fens , vouloient les faire fervir d'excufe
à leur réfiſtance. Ce fut dans des circonfrances
fi favorables que Nous jugeâmes à propos
de donner notre Déclaration du 4. Aouft 1720.
par laquelle , en ordonnant d'un côté que la
Bulle Unigenitus feroit obſervé felon fa forme &
teneur dans tous nos Etats , & en deffendant tour:
ce qui pourtoit y être contraire. Nous prîmes de
l'autre les précautions les plus convenables pour
affurer le repos & la tranquillité de ceux d'entre
nos
$40 MERCURE DE FRANCE
feu que
nos Sujets qui feroient ceder leur prévention à
Pauthorité du Chef & du Corps des premiers Pafteurs
: Nous avons eu , à la verité , la fatisfaction
de voir des Corps entiers , & un grand nombre
de Sujets des differens Ordres de l'Eglife de France
, entrer dans ces fentimens , & l'édifier par la
fincerité de leur retour : Mais, Nous fçavons que
tous ceux qui les avoient imitez dans leur réfiftance
, n'ont pas encore fuivi l'exemple de leur
foumiffion ; & Nous voyons avec déplaifir qu'il
y en a même plufieurs , qui au lieu de profiter de
notre indulgence , n'ont cherché qu'à allumer le
Nous avions voulu éteindre par notre
Déclaration. Non feulement ils ont interjetté de
nouveaux appels , & ils n'ont pas ceffé d'attaquer
la Conftitution avec la même licence , par des
Libelles auffi injurieux au Pape , aux Evêques &
à toute l'Eglife , que contraires au reſpect qui eft
dû à notre authorité ; mais ils ont entrepris de
révoquer en doute le pouvoir qui appartient aux
Evêques d'inftruire les Fideles de la foumiffion
qu'ils doivent à la Bulle Unigenitus , & d'examiner
les fentimens & les difpofitions des Ecclefiaftiques
, lorfqu'ils fe prefentent à eux , foit pour
recevoir les faints Ordtes , foit pour obtenir des
Visa ou des Inftitutions Canoniques . Ce n'eft pas
même feulement à la Conftitution Unigenitus ,
que les ennemis de cette Bulle & de la paix cherchent
à donner atteinte , ils ne ceffent d'attaquer
directement ou indirectement les Conftitutions
des Papes qui ont condamné les cinq Propofitions
tirées du Livre de Janfénius , ou qui ont
preferit la fignature du Formulaire ; ils renouvellent
les fubtilitez frivoles qui avoient été inventées
pour éluder l'obſervation de ces Bulles
ils s'authorifent de la diftinction du fait & du
droit , & abufant de ce qui fe paffa fous le Pontificat
AVRIL. 1730. 84T
tificat de Clement IX . ils prennent toujours la
deffenfe du filence refpectueux fur le fait de Janfenius
, quoique déclaré infuffifant par la Bulle
Vineam Domini Sabaoth , donnée par Clement
XI . & unanimement acceptée par tous les Prélats
de notre Royaume. Nous ne devons donc
pas divifer deux objets , qui , quoique differents,
ne font cependant que trop unis dans l'efprit de
la plus grande partie de ceux qui ne cherchent
qu'à perpetuer les troubles prefens de l'Eglife ; Et
puifque l'on Nous oblige à expliquer encore nos
intentions fur l'execution de la Bulle Unigenitus,
Nous croyons devoir prendre en même temps de
nouvelles précautions contre ces efprits indociles
, que quatre Bulles données fucceffivement par
differents Papes contre le Janféniſme,qui ont été
reçûës par toute l'Eglife , & dont l'execution a
été tant de fois affermie par notre authorité ,
n'ont pu encore réduire à une entiere obéiffance
: Nous continuërons cependant de veiller avec
attention à la conſervation des Maximes de
notre Royaume & des Libertez de l'Eglife Gallicane
, qui Nous feront toujours plus précieuſes
qu'à ceux qui s'en font un vain titre pour colol
rer leur réfiftance ; & Nous fommes perfuadez.
que nos Cours de Parlement , qui étant principalement
chargées du foin de les maintenir ,
font acquittées fi dignement de ce devoir en differentes
occafions , & dès le temps même des
Lettres Patentes du 14. Février 1714. données
fur la Bulle Unigenitus , fçauront toujours faire
un jufte difcernement entre le zele éclairé qui les
deffend avec fageffe , & les intentions fufpectes
de ceux qui n'y cherchent qu'un prétexte pour
troubler , ou pour éloigner une paix auffi défirable
pour l'interêt de l'Etat , que pour le bien
de l'Eglife. A CES CAUSES , & autres à ce Nous
fe
mouvans
842 MERCURE DE FRANCE
mouvans , de l'avis de notre Confeil , & de notre
grace fpeciale , pleine puiffance & authorité
Royale , Nous avons dit , déclaré & ordonné ;
difons, déclarons & ordonnons, voulons & Nous
plaît ce qui fuit :
Article 1. Renouvellant , en tant que befoin feroit
par ces Prefentes , fignees de notre main j
les Edits & Déclarations du feu Roy notre treshonoré
Seigneur & Bifayeul , fur la condamnation
des cinq Propofitions de Janfénius , & ſur
la fignature du Formulaire , & en particulier
l'Edit du mois d'Avril 1665. & les Lettres Patentes
du dernier jour d'Aouft 1705. Ordonnons
que les Bulles des Souverains Pontifes Innocent
X. Alexandre VII . & Clement XI . fur
lefdites Propofitions , & fur la fignature du Formulaire
, feront obfervées & exécutées felon leur
forme & teneur : Voulons en conféquence , que
perfonne ne puiffe être promú aux Ordres facrez
, ou pourvû de quelque Benefice que ce foit ,
Seculier ou Régulier , exempt ou non exempt de
la Jurifdiction de l'Ordinaire , ni même en requerir
aucun , en vertu des dégrez par lui obte
nus , fans avoir auparavant figné le Formulaire
en perfonne ; entre les mains de fon Archevêque
ou de fon Evêque , ou de leurs Grands Vicaires ;
de laquelle fignature il fera fait mention dans
l'Acte de requifition , & pareillement dans l'Aete
de prife de poffeffion de chaque Benefice ; le tout
à peine de nullité defdits Actes à l'égard de ceux
qui fe trouveroient les avoir faits , fans avoir
préalablement figné le Formulaire. Et au cas
que quelqu'un d'entre les Archevêques ou Evêques
néglige d'en exiger la fignature , voulons
& entendons , conformement à l'Edit du mois
d'Avril 1665. qu'il y foit contraint par faifie du
Revenu temporel de fon Archevêché ou Evêché.
Ordonnons
N
AVRIL. 1730. 843
que les Ordonnons en outre , fuivant ledit Edit ,
Ecclefiaftiques , qui n'ayant pas encore figné le
Formulaire , refuferont de le faire à l'occafion
du Vifa ou de l'inftitution aux Benefices dont
ils demanderont à être pourvûs , foient déclarez
incapables de les poffeder, & que tous ceux dont
lefdits Ecclefiaftiques pourroient avoir été précedemment
pourvûs , demeurent vacans & impétrables
de plein droit , fans qu'il fait befoin à cet
effet d'aucune Sentence ni Declaration judiciaire,
ainfi qu'il eft porté par ledit Edit du mois d'Avril
1665.
II. Voulons , conformement au même Edit ,
que lefdites fignatures du Formulaire foient pures
& fimples , fans aucune diftinction , interpretation
ou reftriction qui déroge directement
ou indirectement aufdites Conftitutions des Papes
Innocent X. Alexandre VII . & Clement XI .
déclarant que ceux qui fe ferviroient dans leur
fignature defdites diftinctions , interprétations ou
reftrictions ; ou qui figneroient un Formulaire
different de celui dont la fignature a été ordonnée
par ledit. Edit du mois d'Avril 1665. feront
fujets aux peines portées par ledit Edit.
III. Confirmant , en tant que befoin feroit
les Lettres Patentes du 14. Février 1714. & notre
Declaration du 4. Aouft 1720. Regiſtrées dans
toutes nos Cours de Parlement : Ordonnons que
la Conftitution Unigenitus foit inviolablement
obfervée felon fa forme & teneur dans tous les
Etats, Pays,Terres & Seigneuries de notre obéïffance
; & qu'étant une Loy de l'Eglife par l'acceptation
qui en a été faite , elle foit auffi regardée
comme une Loy de notre Royaume. Voutons
que tous nos Sujets , de quelque état & condition
qu'ils foient , ayent pour ladite Bulle le
refpect & la foumiffion qui font dûs au jugement
de
844 MERCURE DE FRANCE
de l'Eglife univerfelle , en matiere de doctrine.
IV. L'Article cinquième de notredite Decla
ration fera pareillement exécuté felon fa forme
& teneur , fans neanmoins que fous prétexte du
filence que Nous y avons impofé , on puiffe prétendre
que notre intention ait jamais été d'empêcher
les Archevêques ou Evêques d'inftruire les
Ecclefiaftiques & les Peuples confiez à leurs foins ,
fur l'obligation de fe foumettre à la Conftitution
Unigenitus.
V. Deffendons , conformement à l'Art. III.
de notre Déclaration du 4. Aouft 1720. & par
les motifs qui y font expliquez , d'exiger directement
ou indirectement aucunes nouvelles formu
les de foufcription à l'occafion des Bulles des Papes
qui font reçûës dans notre Royaume. Décla
rons neanmoins, que par cette deffenfe Nous n'avons
pas entendu que les Archevêques & Evê
ques de notre Royaume ne puiffent refuſer d'admettre
aux faints Ordres, ou aux Dignitez & aux
Benefices, de quelque nature qu'ils foient, les Ec→
clefiaftiques Seculiers ou Reguliers , exempts ou
non exempts , qui auroient renouvellé leurs appels
de la Bulle Unigenitus depuis norre Decla
ration du 4. Aouft 1720. ou déclaré par écrit
qu'ils perfiftent dans ceux qu'ils avoient préce
demment interjettez , ou qui auroient compofé
ou publié des Ecrits pour attaquer ladite Bulle
ou les Explications defdits Archevêques & Evêques
, des années 1714.& 1720. ou qui auroient
renu des difcours injurieux à l'Eglife & à l'Epif
copat , & qui en feroient convaincus , foit par
des preuves légitimes , ou par l'aveu qu'ils en
feroient aufdits Archevêques ou Evêques lorfqu'ils
feroient interrogez fur lefdits faits , en fe
prefentant à eux pour l'Ordination , ou pour le
Vifa , ou l'Inſtitution Canonique , & qui perfe-
2
vere
AVRIL . 1730. 845 .
vereroient dans le même efprit de révolte, ou de
defobéiffance contre la Bulle Unigenitus , ou les
autres Conftitutions cy-deffus mentionnées , &
refuferoient de s'expliquer , conformement aux
Art. II. & III. de la prefente Declaration ,
la foumiffion due aufdites Conſtitutions.
2
fur
VI. Les Appellations comme d'abus , fi aucunes
font interjettées des refus de Vifa , ou d'Inftitution
Canonique faits par les Archevêques ou
Evêques aux Ecclefiaftiques qui fe trouveront être
dans quelqu'un des cas expliquez par les Art . I.
II. III. & V. de notre prefente Declaration
n'auront aucun effet fufpenfif , mais dévolutif
feulement , & fans que les caufes de refus marquées
dans lefdits cas , puiffent être regardées
comme un moyen d'abus . Voulons que lorfqu'outre
lefdites caufes , le refus defdits Archevêques
ou Evêques en renfermera d'autres qui feront
jugées abufives , nos Cours foient tenucs de déclarer
qu'il y a abus feulement en ce qui concerne
lefdites autres caufes ; fauf à nofd. Cours
d'ordonner en ce cas , s'il y échet , que dans le
temps qu'elles jugeront à propos de preferire, à
l'appellant comme d'abus , il fera tenu de fe retirer
fuivant l'art. VI. de l'Edit du mois d'Avril
1695. concernant la Jurifdiction Ecclefiaftique ,
pardevant le Superieur Ecclefiaftique de l'Evêque
ou de l'Archevêque qui lui aura refuſé le Viſa,ou
P'Inftitution Canonique pour le Benefice qui fera
le fujet de la conteftation, à l'effet d'obtenir l'un
ou l'autre, fi faire fe doit ; & après que led . Vifa
ou ladite Inftitution Canonique auront été rap-
-portez , ou faute par ledit appellant de les rapporter
, & dans le delay_qui lui aura été accordé
, il fera ftatué par nofd. Cours fur la maintenue
provifoire ou définitive au Benefice contentieux
, ainfi qu'il appartiendra.
VII
846 MERCURE DE FRANCE
VII . Ordonnons au furplus , que notre Declaration
du 10. May 1728. concernant les Imprimeurs
, foit executée felon fa forme & teneur;
ce faifant , que tous ceux qui feront convaincus
d'avoir compofé, imprimé, debité ou autrement
diftribué , fous quelque titre ou nom que ce puif.
fe être , des Ouvrages , Ecrits , Lettres ou autres
Libelles qui attaqueroient directement ou indirectement
les Conftitutions des Papes cy - deffus
marqués, nommément la Bulle Unigenitus, l'Inftruction
Paftorale de 1714. les Explications de
1720. ou qui tendroient à foûtenir , renouveller
ou favorifer en quelque maniere que ce foit les
Propofitions condamnées par ladite Conftitution
, ou qui feroient contraires à la Religion, au
refpect dû à notre S.Pere le Pape & aux Evêques,
ou à notre authorité , aux droits de notre Ĉouronne,
ou aux libertez de l'Eglife Gallicane,foient
condamnez aux peines portées par ladite Decla
ration du 10. May 1728. Voulons que les Corps
ou Communautez , & pareillement les Particuliers
qui auroient prêté leurs Maifons , en tout
ou en partie , pour fervir de dépôt à des Ouvrages
ou Ecrits de la nature cy-deffus marquez , &
pour les y mettre en sûreté , foient condamnez
pour la premiere fois en 3000 liv. d'amende , &
les Corps ou Communautez déclarez en outre
déchûs de tous les Privileges à eux accordez par
Nous ou par les Rois nos Predeceffeurs . Ordonnons
qu'en cas de récidives, les Particuliers foient
condamnez au banniffement à temps , même à
plus grande peine s'il y échet. Enjoignons à nos
Cours de Parlement & autres nos Juges , de tenir
la main à ce que ces Prefentes foient exactement
& inviolablement obfervées , & de prêter
aux Archevêques ou Evêques , ou à leurs Officiaux
, lorſqu'ils en feront requis , le fecours &
l'affiftance
AVRIL 1730.
847.
l'affiftance neceffaires . pour l'execution des Ordonnances
& Jugemens qui en feront par eux
rendus contre les contrevenans dans les cas qui
regardent les Juges d'Eglife ; le tout conformement
à l'Art. XXX . de l'Edit du mois d'Avril
1695. concernant la Jurifdiction Ecclefiaftique ,
& c.
D U ROY.
Par laqunsele des Bulles des
Ar laquelle le Roy explique de nouveau fes¹
Papes , données contre le Janféniſme , & fur celle
de la Conftitution Un genitus . Donnée à Verfailles
, le 24. Mars 1730. Registrée en Parlement
, le 3.- Avril , le Roy y féant en fon Lit de
Juſtice.
bles
LOUIS, par, &c. Après la divifion & les trou
que le refus de fe foûmettre à la Bulle Uni
genitus avoit fait naître dans l'Eglife de France
Nous eûmes lieu d'efperer en l'année 1720. d'y
voir la paix heureufement rétablie . Des Explica--
tions dreffées dans un efprit de concorde & de
charité , approuvées par tous les Cardinaux, tous
les Archevêques , & prefque tous les Evêques de
notre Royaume , qui avoient accepté cette Con--
ftitution , adoptées même par la plupart des
Prélats qui avoient hésité d'abord à la recevoir ,
ne laiffoient aucun pretexte à ceux , qui affectant
de la décrier par des interpretations contraires à
-fon veritable fens , vouloient les faire fervir d'excufe
à leur réfiſtance. Ce fut dans des circonfrances
fi favorables que Nous jugeâmes à propos
de donner notre Déclaration du 4. Aouft 1720.
par laquelle , en ordonnant d'un côté que la
Bulle Unigenitus feroit obſervé felon fa forme &
teneur dans tous nos Etats , & en deffendant tour:
ce qui pourtoit y être contraire. Nous prîmes de
l'autre les précautions les plus convenables pour
affurer le repos & la tranquillité de ceux d'entre
nos
$40 MERCURE DE FRANCE
feu que
nos Sujets qui feroient ceder leur prévention à
Pauthorité du Chef & du Corps des premiers Pafteurs
: Nous avons eu , à la verité , la fatisfaction
de voir des Corps entiers , & un grand nombre
de Sujets des differens Ordres de l'Eglife de France
, entrer dans ces fentimens , & l'édifier par la
fincerité de leur retour : Mais, Nous fçavons que
tous ceux qui les avoient imitez dans leur réfiftance
, n'ont pas encore fuivi l'exemple de leur
foumiffion ; & Nous voyons avec déplaifir qu'il
y en a même plufieurs , qui au lieu de profiter de
notre indulgence , n'ont cherché qu'à allumer le
Nous avions voulu éteindre par notre
Déclaration. Non feulement ils ont interjetté de
nouveaux appels , & ils n'ont pas ceffé d'attaquer
la Conftitution avec la même licence , par des
Libelles auffi injurieux au Pape , aux Evêques &
à toute l'Eglife , que contraires au reſpect qui eft
dû à notre authorité ; mais ils ont entrepris de
révoquer en doute le pouvoir qui appartient aux
Evêques d'inftruire les Fideles de la foumiffion
qu'ils doivent à la Bulle Unigenitus , & d'examiner
les fentimens & les difpofitions des Ecclefiaftiques
, lorfqu'ils fe prefentent à eux , foit pour
recevoir les faints Ordtes , foit pour obtenir des
Visa ou des Inftitutions Canoniques . Ce n'eft pas
même feulement à la Conftitution Unigenitus ,
que les ennemis de cette Bulle & de la paix cherchent
à donner atteinte , ils ne ceffent d'attaquer
directement ou indirectement les Conftitutions
des Papes qui ont condamné les cinq Propofitions
tirées du Livre de Janfénius , ou qui ont
preferit la fignature du Formulaire ; ils renouvellent
les fubtilitez frivoles qui avoient été inventées
pour éluder l'obſervation de ces Bulles
ils s'authorifent de la diftinction du fait & du
droit , & abufant de ce qui fe paffa fous le Pontificat
AVRIL. 1730. 84T
tificat de Clement IX . ils prennent toujours la
deffenfe du filence refpectueux fur le fait de Janfenius
, quoique déclaré infuffifant par la Bulle
Vineam Domini Sabaoth , donnée par Clement
XI . & unanimement acceptée par tous les Prélats
de notre Royaume. Nous ne devons donc
pas divifer deux objets , qui , quoique differents,
ne font cependant que trop unis dans l'efprit de
la plus grande partie de ceux qui ne cherchent
qu'à perpetuer les troubles prefens de l'Eglife ; Et
puifque l'on Nous oblige à expliquer encore nos
intentions fur l'execution de la Bulle Unigenitus,
Nous croyons devoir prendre en même temps de
nouvelles précautions contre ces efprits indociles
, que quatre Bulles données fucceffivement par
differents Papes contre le Janféniſme,qui ont été
reçûës par toute l'Eglife , & dont l'execution a
été tant de fois affermie par notre authorité ,
n'ont pu encore réduire à une entiere obéiffance
: Nous continuërons cependant de veiller avec
attention à la conſervation des Maximes de
notre Royaume & des Libertez de l'Eglife Gallicane
, qui Nous feront toujours plus précieuſes
qu'à ceux qui s'en font un vain titre pour colol
rer leur réfiftance ; & Nous fommes perfuadez.
que nos Cours de Parlement , qui étant principalement
chargées du foin de les maintenir ,
font acquittées fi dignement de ce devoir en differentes
occafions , & dès le temps même des
Lettres Patentes du 14. Février 1714. données
fur la Bulle Unigenitus , fçauront toujours faire
un jufte difcernement entre le zele éclairé qui les
deffend avec fageffe , & les intentions fufpectes
de ceux qui n'y cherchent qu'un prétexte pour
troubler , ou pour éloigner une paix auffi défirable
pour l'interêt de l'Etat , que pour le bien
de l'Eglife. A CES CAUSES , & autres à ce Nous
fe
mouvans
842 MERCURE DE FRANCE
mouvans , de l'avis de notre Confeil , & de notre
grace fpeciale , pleine puiffance & authorité
Royale , Nous avons dit , déclaré & ordonné ;
difons, déclarons & ordonnons, voulons & Nous
plaît ce qui fuit :
Article 1. Renouvellant , en tant que befoin feroit
par ces Prefentes , fignees de notre main j
les Edits & Déclarations du feu Roy notre treshonoré
Seigneur & Bifayeul , fur la condamnation
des cinq Propofitions de Janfénius , & ſur
la fignature du Formulaire , & en particulier
l'Edit du mois d'Avril 1665. & les Lettres Patentes
du dernier jour d'Aouft 1705. Ordonnons
que les Bulles des Souverains Pontifes Innocent
X. Alexandre VII . & Clement XI . fur
lefdites Propofitions , & fur la fignature du Formulaire
, feront obfervées & exécutées felon leur
forme & teneur : Voulons en conféquence , que
perfonne ne puiffe être promú aux Ordres facrez
, ou pourvû de quelque Benefice que ce foit ,
Seculier ou Régulier , exempt ou non exempt de
la Jurifdiction de l'Ordinaire , ni même en requerir
aucun , en vertu des dégrez par lui obte
nus , fans avoir auparavant figné le Formulaire
en perfonne ; entre les mains de fon Archevêque
ou de fon Evêque , ou de leurs Grands Vicaires ;
de laquelle fignature il fera fait mention dans
l'Acte de requifition , & pareillement dans l'Aete
de prife de poffeffion de chaque Benefice ; le tout
à peine de nullité defdits Actes à l'égard de ceux
qui fe trouveroient les avoir faits , fans avoir
préalablement figné le Formulaire. Et au cas
que quelqu'un d'entre les Archevêques ou Evêques
néglige d'en exiger la fignature , voulons
& entendons , conformement à l'Edit du mois
d'Avril 1665. qu'il y foit contraint par faifie du
Revenu temporel de fon Archevêché ou Evêché.
Ordonnons
N
AVRIL. 1730. 843
que les Ordonnons en outre , fuivant ledit Edit ,
Ecclefiaftiques , qui n'ayant pas encore figné le
Formulaire , refuferont de le faire à l'occafion
du Vifa ou de l'inftitution aux Benefices dont
ils demanderont à être pourvûs , foient déclarez
incapables de les poffeder, & que tous ceux dont
lefdits Ecclefiaftiques pourroient avoir été précedemment
pourvûs , demeurent vacans & impétrables
de plein droit , fans qu'il fait befoin à cet
effet d'aucune Sentence ni Declaration judiciaire,
ainfi qu'il eft porté par ledit Edit du mois d'Avril
1665.
II. Voulons , conformement au même Edit ,
que lefdites fignatures du Formulaire foient pures
& fimples , fans aucune diftinction , interpretation
ou reftriction qui déroge directement
ou indirectement aufdites Conftitutions des Papes
Innocent X. Alexandre VII . & Clement XI .
déclarant que ceux qui fe ferviroient dans leur
fignature defdites diftinctions , interprétations ou
reftrictions ; ou qui figneroient un Formulaire
different de celui dont la fignature a été ordonnée
par ledit. Edit du mois d'Avril 1665. feront
fujets aux peines portées par ledit Edit.
III. Confirmant , en tant que befoin feroit
les Lettres Patentes du 14. Février 1714. & notre
Declaration du 4. Aouft 1720. Regiſtrées dans
toutes nos Cours de Parlement : Ordonnons que
la Conftitution Unigenitus foit inviolablement
obfervée felon fa forme & teneur dans tous les
Etats, Pays,Terres & Seigneuries de notre obéïffance
; & qu'étant une Loy de l'Eglife par l'acceptation
qui en a été faite , elle foit auffi regardée
comme une Loy de notre Royaume. Voutons
que tous nos Sujets , de quelque état & condition
qu'ils foient , ayent pour ladite Bulle le
refpect & la foumiffion qui font dûs au jugement
de
844 MERCURE DE FRANCE
de l'Eglife univerfelle , en matiere de doctrine.
IV. L'Article cinquième de notredite Decla
ration fera pareillement exécuté felon fa forme
& teneur , fans neanmoins que fous prétexte du
filence que Nous y avons impofé , on puiffe prétendre
que notre intention ait jamais été d'empêcher
les Archevêques ou Evêques d'inftruire les
Ecclefiaftiques & les Peuples confiez à leurs foins ,
fur l'obligation de fe foumettre à la Conftitution
Unigenitus.
V. Deffendons , conformement à l'Art. III.
de notre Déclaration du 4. Aouft 1720. & par
les motifs qui y font expliquez , d'exiger directement
ou indirectement aucunes nouvelles formu
les de foufcription à l'occafion des Bulles des Papes
qui font reçûës dans notre Royaume. Décla
rons neanmoins, que par cette deffenfe Nous n'avons
pas entendu que les Archevêques & Evê
ques de notre Royaume ne puiffent refuſer d'admettre
aux faints Ordres, ou aux Dignitez & aux
Benefices, de quelque nature qu'ils foient, les Ec→
clefiaftiques Seculiers ou Reguliers , exempts ou
non exempts , qui auroient renouvellé leurs appels
de la Bulle Unigenitus depuis norre Decla
ration du 4. Aouft 1720. ou déclaré par écrit
qu'ils perfiftent dans ceux qu'ils avoient préce
demment interjettez , ou qui auroient compofé
ou publié des Ecrits pour attaquer ladite Bulle
ou les Explications defdits Archevêques & Evêques
, des années 1714.& 1720. ou qui auroient
renu des difcours injurieux à l'Eglife & à l'Epif
copat , & qui en feroient convaincus , foit par
des preuves légitimes , ou par l'aveu qu'ils en
feroient aufdits Archevêques ou Evêques lorfqu'ils
feroient interrogez fur lefdits faits , en fe
prefentant à eux pour l'Ordination , ou pour le
Vifa , ou l'Inſtitution Canonique , & qui perfe-
2
vere
AVRIL . 1730. 845 .
vereroient dans le même efprit de révolte, ou de
defobéiffance contre la Bulle Unigenitus , ou les
autres Conftitutions cy-deffus mentionnées , &
refuferoient de s'expliquer , conformement aux
Art. II. & III. de la prefente Declaration ,
la foumiffion due aufdites Conſtitutions.
2
fur
VI. Les Appellations comme d'abus , fi aucunes
font interjettées des refus de Vifa , ou d'Inftitution
Canonique faits par les Archevêques ou
Evêques aux Ecclefiaftiques qui fe trouveront être
dans quelqu'un des cas expliquez par les Art . I.
II. III. & V. de notre prefente Declaration
n'auront aucun effet fufpenfif , mais dévolutif
feulement , & fans que les caufes de refus marquées
dans lefdits cas , puiffent être regardées
comme un moyen d'abus . Voulons que lorfqu'outre
lefdites caufes , le refus defdits Archevêques
ou Evêques en renfermera d'autres qui feront
jugées abufives , nos Cours foient tenucs de déclarer
qu'il y a abus feulement en ce qui concerne
lefdites autres caufes ; fauf à nofd. Cours
d'ordonner en ce cas , s'il y échet , que dans le
temps qu'elles jugeront à propos de preferire, à
l'appellant comme d'abus , il fera tenu de fe retirer
fuivant l'art. VI. de l'Edit du mois d'Avril
1695. concernant la Jurifdiction Ecclefiaftique ,
pardevant le Superieur Ecclefiaftique de l'Evêque
ou de l'Archevêque qui lui aura refuſé le Viſa,ou
P'Inftitution Canonique pour le Benefice qui fera
le fujet de la conteftation, à l'effet d'obtenir l'un
ou l'autre, fi faire fe doit ; & après que led . Vifa
ou ladite Inftitution Canonique auront été rap-
-portez , ou faute par ledit appellant de les rapporter
, & dans le delay_qui lui aura été accordé
, il fera ftatué par nofd. Cours fur la maintenue
provifoire ou définitive au Benefice contentieux
, ainfi qu'il appartiendra.
VII
846 MERCURE DE FRANCE
VII . Ordonnons au furplus , que notre Declaration
du 10. May 1728. concernant les Imprimeurs
, foit executée felon fa forme & teneur;
ce faifant , que tous ceux qui feront convaincus
d'avoir compofé, imprimé, debité ou autrement
diftribué , fous quelque titre ou nom que ce puif.
fe être , des Ouvrages , Ecrits , Lettres ou autres
Libelles qui attaqueroient directement ou indirectement
les Conftitutions des Papes cy - deffus
marqués, nommément la Bulle Unigenitus, l'Inftruction
Paftorale de 1714. les Explications de
1720. ou qui tendroient à foûtenir , renouveller
ou favorifer en quelque maniere que ce foit les
Propofitions condamnées par ladite Conftitution
, ou qui feroient contraires à la Religion, au
refpect dû à notre S.Pere le Pape & aux Evêques,
ou à notre authorité , aux droits de notre Ĉouronne,
ou aux libertez de l'Eglife Gallicane,foient
condamnez aux peines portées par ladite Decla
ration du 10. May 1728. Voulons que les Corps
ou Communautez , & pareillement les Particuliers
qui auroient prêté leurs Maifons , en tout
ou en partie , pour fervir de dépôt à des Ouvrages
ou Ecrits de la nature cy-deffus marquez , &
pour les y mettre en sûreté , foient condamnez
pour la premiere fois en 3000 liv. d'amende , &
les Corps ou Communautez déclarez en outre
déchûs de tous les Privileges à eux accordez par
Nous ou par les Rois nos Predeceffeurs . Ordonnons
qu'en cas de récidives, les Particuliers foient
condamnez au banniffement à temps , même à
plus grande peine s'il y échet. Enjoignons à nos
Cours de Parlement & autres nos Juges , de tenir
la main à ce que ces Prefentes foient exactement
& inviolablement obfervées , & de prêter
aux Archevêques ou Evêques , ou à leurs Officiaux
, lorſqu'ils en feront requis , le fecours &
l'affiftance
AVRIL 1730.
847.
l'affiftance neceffaires . pour l'execution des Ordonnances
& Jugemens qui en feront par eux
rendus contre les contrevenans dans les cas qui
regardent les Juges d'Eglife ; le tout conformement
à l'Art. XXX . de l'Edit du mois d'Avril
1695. concernant la Jurifdiction Ecclefiaftique ,
& c.
Fermer
Résumé : DECLARATION DU ROY. Par laquelle le Roy explique de nouveau ses intentions sur l'exécution des Bulles des Papes, données contre le Jansénisme, & sur celle de la Constitution Un genitus. Donnée à Versailles, le 24. Mars 1730. Registrée en Parlement, le 3. Avril, le Roy y séant en son Lit de Justice.
Le document est une déclaration royale de Louis XV, datée du 24 mars 1730, concernant l'application de la bulle papale Unigenitus et des constitutions contre le jansénisme. Le roi rappelle les efforts passés pour rétablir la paix dans l'Église de France après le refus initial de se soumettre à la bulle Unigenitus. Il souligne que des explications approuvées par les cardinaux, archevêques et évêques ont été adoptées, mais certains continuent de résister. La déclaration renforce l'obligation d'observer la bulle Unigenitus et les constitutions contre le jansénisme, en ordonnant que la bulle soit respectée dans tous les États et que les sujets du roi doivent lui montrer soumission. Le roi défend également les libertés de l'Église gallicane et ordonne des mesures contre ceux qui attaquent les constitutions papales ou troublent la paix. La déclaration réitère l'interdiction de promouvoir des ecclésiastiques sans qu'ils aient signé le formulaire et confirme les peines pour ceux qui refusent de se soumettre. Elle précise également les procédures pour les appels comme d'abus et les sanctions contre les imprimeurs de libelles contraires aux constitutions. Un autre décret royal, daté d'avril 1730, condamne les individus ou les communautés ayant prêté leurs maisons pour servir de dépôt à des ouvrages ou écrits interdits. Les peines prévues incluent une amende de 3 000 livres pour la première infraction, avec perte des privilèges pour les corps ou communautés concernés. En cas de récidive, les particuliers encourent le bannissement ou des peines plus sévères. Le décret ordonne aux cours de parlement et autres juges de faire respecter ces dispositions et de prêter assistance aux autorités ecclésiastiques pour l'exécution des jugements concernant les contrevenants. Cette mesure est conforme à l'article XXX de l'édit d'avril 1695 sur la juridiction ecclésiastique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
5
p. 2075-2076
« TRÉS CHERS, GRANDS AMIS, Alliés & Confederés : Nous ne doutons point que vous n'appreniez [...] »
Début :
TRÉS CHERS, GRANDS AMIS, Alliés & Confederés : Nous ne doutons point que vous n'appreniez [...]
Mots clefs :
Naissance du duc d'Anjou, Roi de France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « TRÉS CHERS, GRANDS AMIS, Alliés & Confederés : Nous ne doutons point que vous n'appreniez [...] »
Les Etats Generaux ont reçû la Lettre ſuivante
du Roi de France.
TRE'S RE'S CHERS , GRANDS AMIS ;
Alliés & Confederés :
NOUS ne doutons point que vous n'appreniez
avec joye la Naiffance du Duc d'Anjou
que la Reine , notre très chere Epouse & Compagne
vient de mettre au monde ; & nous fommes
2076 MERCURE DE FRANCE
ن م
mes perfuadés que vous prendrez veritablement
part à un évenement auffi heureux ,
que
nous recevons comme une fuite des benedictions
que le Seigneur répand fur nous & fur notre
Maifon. Sur ce Nous prions Dieu qu'il vous
ait , Très Chers , Grands Amis , Alliés & Confederés
en fa fainte & digne garde . Ecrite à
Versailles le 30. Août 1730.
Votre bon Ami , Allié & Confederé , Signé
LOUIS. Plus bus , Chauvelin.
du Roi de France.
TRE'S RE'S CHERS , GRANDS AMIS ;
Alliés & Confederés :
NOUS ne doutons point que vous n'appreniez
avec joye la Naiffance du Duc d'Anjou
que la Reine , notre très chere Epouse & Compagne
vient de mettre au monde ; & nous fommes
2076 MERCURE DE FRANCE
ن م
mes perfuadés que vous prendrez veritablement
part à un évenement auffi heureux ,
que
nous recevons comme une fuite des benedictions
que le Seigneur répand fur nous & fur notre
Maifon. Sur ce Nous prions Dieu qu'il vous
ait , Très Chers , Grands Amis , Alliés & Confederés
en fa fainte & digne garde . Ecrite à
Versailles le 30. Août 1730.
Votre bon Ami , Allié & Confederé , Signé
LOUIS. Plus bus , Chauvelin.
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Résumé : « TRÉS CHERS, GRANDS AMIS, Alliés & Confederés : Nous ne doutons point que vous n'appreniez [...] »
Le roi de France informe les États Généraux de la naissance du Duc d'Anjou. Il exprime sa joie et considère cet événement comme une bénédiction divine. La lettre, datée du 30 août 1730, est signée par Louis et Chauvelin en tant que témoin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 2090
Lettre du Roi à l'Archevêque de Paris [titre d'après la table]
Début :
MON COUSIN, les tendres témoignages que je reçois en toute occasion de l'amour & du [...]
Mots clefs :
Roi, Archevêque de Paris, Naissance du duc d'Anjou
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre du Roi à l'Archevêque de Paris [titre d'après la table]
La piété du Roy ne pût fouffrir aucun
délay ; le même jour de cette heureuſe
naiffance , S. M. écrivit la Lettre qui fuit
à M. l'Archevêque de Paris.
MON COUSIN , les tendres témoignages
que je reçois en toute occafion de l'amour & du
zele de mes Sujets , me rendent encore plus fenfible
aux Evenemens de mon Regne qui peuvent
contribuer à leur bonheur. Rien n'eft plus capable
d'en affurer la durée que la Naiffance d'un fecond
Fils , dont la Reine , ma très-chere Epouſe
& Compagne , vient d'être heureufement délivrée.
Cet Evenement eft une fuite des Bénédictions
qu'il plaît à Dieu de répandre fur moi &
fur mon Etat , il excite de plus en plus ma jufte
reconnoiffance envers la Providence Divine ; &
c'eft pour lui rendre les actions de graces qui lui
en font dues , & obtenir de fa bonté par les plus
ferventes Priéres , la confervation de fes préeieux
dons , que je vous fais cette Lettre , pour
vous dire que mon intention eft que vous faffiez
chanter le Te Deum en l'Eglife Métropolitaine de
ma bonne Ville de Paris , au jour & à l'heure que
le grand Maître ou le Maître des Cérémonies
vous dira de ma part. Sur ce, je prie Dieu qu'il
vous ait , mon Coufin , en fa fainte & digne garde.
Ecrite à Versailles le 30 Aouft 1730. Signé ,
LOUIS. Et plus bas , PHELYPEAUX . Et au dos
eft écrit : A mon Coufin l'Archevêque de Paris ,
Duc de S. Cloud , Pair de France , Commandeur
de mes Ordres.
délay ; le même jour de cette heureuſe
naiffance , S. M. écrivit la Lettre qui fuit
à M. l'Archevêque de Paris.
MON COUSIN , les tendres témoignages
que je reçois en toute occafion de l'amour & du
zele de mes Sujets , me rendent encore plus fenfible
aux Evenemens de mon Regne qui peuvent
contribuer à leur bonheur. Rien n'eft plus capable
d'en affurer la durée que la Naiffance d'un fecond
Fils , dont la Reine , ma très-chere Epouſe
& Compagne , vient d'être heureufement délivrée.
Cet Evenement eft une fuite des Bénédictions
qu'il plaît à Dieu de répandre fur moi &
fur mon Etat , il excite de plus en plus ma jufte
reconnoiffance envers la Providence Divine ; &
c'eft pour lui rendre les actions de graces qui lui
en font dues , & obtenir de fa bonté par les plus
ferventes Priéres , la confervation de fes préeieux
dons , que je vous fais cette Lettre , pour
vous dire que mon intention eft que vous faffiez
chanter le Te Deum en l'Eglife Métropolitaine de
ma bonne Ville de Paris , au jour & à l'heure que
le grand Maître ou le Maître des Cérémonies
vous dira de ma part. Sur ce, je prie Dieu qu'il
vous ait , mon Coufin , en fa fainte & digne garde.
Ecrite à Versailles le 30 Aouft 1730. Signé ,
LOUIS. Et plus bas , PHELYPEAUX . Et au dos
eft écrit : A mon Coufin l'Archevêque de Paris ,
Duc de S. Cloud , Pair de France , Commandeur
de mes Ordres.
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Résumé : Lettre du Roi à l'Archevêque de Paris [titre d'après la table]
Le roi Louis XV exprime sa joie et sa piété à la suite de la naissance de son fils, le 30 août 1730. Il écrit une lettre à l'archevêque de Paris pour partager cet événement. Le roi souligne les témoignages d'amour et de zèle de ses sujets et voit la naissance de son fils comme une bénédiction divine. Il souhaite assurer la durée de son règne et le bonheur de ses sujets. Louis XV demande à l'archevêque de faire chanter le Te Deum dans l'église métropolitaine de Paris, à une date et une heure à déterminer par le grand maître ou le maître des cérémonies. La lettre est adressée à son cousin, l'archevêque de Paris, duc de Saint-Cloud, pair de France et commandeur de ses ordres. Elle est signée par Louis XV et Philippeaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
s. p.
PRIVILEGE DU ROY.
Début :
LOUIS, par la grace de Dieu, Roi de France & [...]
Mots clefs :
France, Brevet, Chevalier, Avenir, Ordre militaire de Saint Louis, Ouvrage, Lettres de Privilège, Examinateur , Obéissance, Exemplaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIVILEGE DU ROY.
LIBRABYRIVILEGE
$
35165
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS
1005
-
DU RO r.
•
>
LOUTS ,par la race de Dieu , Roi de France & de Navarre à nos Amez & Feaux Confeillers , les
Gens tenans nos Cours de Parlement , Maitres des
Requêtes ordinaires de nôtre Hôtel , Grand - Confeil
Baillifs , Senéchaux , leurs Lieutenans Civils , & autres
nos Officiers & Jufticiers qu'il appartiendra, SA--
LUT : l'applaudiffement que reçoit le MERCURE DE
FRANCE , Cy devant appellé le Mercure Galant
compofé depuis l'année 1672. par le fieur de Vifé , &
autres Auteurs , nous fait croire que le fieur Dufreni
Titulaire du dernier Brevet étant decedé , il ne convient
pas que le Public foit à l'avenir privé d'un ou
vrage auffi utile qu'a réable , tant à nos fujets qu'aux
étrangers ; c'eft dans cette vûë que bien informé des
talens , & de la fageffe du fieur ANTOINE DE LA ROQUE ,
Ecuyer , ancien Gendarme dans la Compagnie des
Gendarmes de notre Garde ordinaire , & Chevalier
de nôtre Ordre Militaire de Saint Louis ; nous l'avons
choisi pour compoſer à l'avenir exclufivement à tout
autre ledit Ouvrage , fous le titre de MERCURE DE
FRANCE , & nous lui en avons à cet effet accordé nôtre
Brevet le 17. Octobre dernier , pour l'execution du.
quel ledit fieur de la Roque nous a fait fupplier de
lui accorder nos Lettres de Privilege fur ce neceffai.
res :A CES CAUSES , conformément audit Brevet , Nous
lui avons permis & permettons par ces Prefentes de
compofer & donner au Public à l'avenir tous les mois ,
à lui feul exclufivement , ledit Mercure de France, qu'il
pourra faire imprimer en tel volume , forme , marge ,
caractere , conjointement , ou ſeparement , & autant
de fois que bon lui femblera , chaque mois , & de le
faire vendre & débiter par tout nôtre Royaume, & ce
pendant le temps de douze années confecutives , à
compter du jour de la datze des Prefentes ; à condi
tion neanmoins que chaque volume portera fon Approbation
expreffè de l'Examinateur , qui aura été com.
9
9
9
mis à cet effet. Faifons défenfes à toutes fortes de
perfonnes , de quelques qualitéz & conditions qu'elles
foient , d'en introduire d'inpreilions étrangeres dans
aucun lieu de nôtre obéi fance , comme auffi à tous
Libraires , Imprimeurs , Graveurs , & autres d'inprimer
, faireimprimer , graver , vendre , faire vendre,
débiter ni contrefaire ledit Livre, ou planches , en tout
ou en parce , ni d'en faire aucun Extrait , fous quel
que prétexte que ce foit , d'augmenta ion corrections
, changement de titre , ou autrement fans la
permiffion expreffe & par écrit de l'Expofant , ou de
ceux qui auront droit de lui ; le tout à peine de confifcation
des exemplaires contrefaits , de 6000. livres
d'amende , payables fans déport par chacun des contrevenans
, dont un ciers à Nous , un tiers à l'Hôtel-
Dieu de Paris , l'autre tiers à l'Expofant , ou à ceux
q i auront droit de lui , & de tous dépens ,
dommages
& interefts ; à la charge que ces Prefentes feront
enregistrées tout au long fur le Regiftre de la Communauté
des Libraires & Imprimeurs de Paris , & ce
dans trois mois de la datte d'icelles ; que l'impretion
de ce Livre fera faite dans notre Royaume , & non
ailleurs , en fin papier , & en beau caractere , conformément
aux Reglemens de la Librairie ; & qu'avant
de l'expofer en vente , le manufcrit ou imprimé qui
aura fervi de copie à l'impreflion dudit Livre fora
remis dans le même état où les Approbacions y au❤
ront été données , ès mains de nôtre très-cher &
Feal Chevalier , Garde des Sceaux de France , le
fieur FLEURIAU D'ARM NON VILLA, Commandeur de nos
ordres , & qu'il en fera enfuite remis deux Exemplai.
res de chacun dans nôtre Bibliotheque publique , un
dans celle de nôtre Château du Louvre , & un dans
celle de notredit très- cher & feal Chevalier , Garde
des Sceaux de France ; le tout à peine de nullité des
Prefentes , du contenu deſquelles Vous enjoignons de
faire jouir ledit Expofant , ou fes ayans caufe pleinement
& paifiblement , fans fouffrir qu'il leur foit fait
aucuns troubles & empêche nens , & à cet effet nous
avons revoqué & revoquons tous autres Privileges
qui pourroient avoir été donnez cy -devant à d'autres
qu'audit Expofant ; Voulons que la copie des Prefentes
qui fera imprimée tout au long au commence nent ou
à la fin dudit Livre foit tenue pour dúëment fignifiée ,
& qu'aux copies collationnées par l'un de nos Amez
& Feaux Confeillers. Secretaires, foy ſoit ajoûtée, &c.
$
35165
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS
1005
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DU RO r.
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>
LOUTS ,par la race de Dieu , Roi de France & de Navarre à nos Amez & Feaux Confeillers , les
Gens tenans nos Cours de Parlement , Maitres des
Requêtes ordinaires de nôtre Hôtel , Grand - Confeil
Baillifs , Senéchaux , leurs Lieutenans Civils , & autres
nos Officiers & Jufticiers qu'il appartiendra, SA--
LUT : l'applaudiffement que reçoit le MERCURE DE
FRANCE , Cy devant appellé le Mercure Galant
compofé depuis l'année 1672. par le fieur de Vifé , &
autres Auteurs , nous fait croire que le fieur Dufreni
Titulaire du dernier Brevet étant decedé , il ne convient
pas que le Public foit à l'avenir privé d'un ou
vrage auffi utile qu'a réable , tant à nos fujets qu'aux
étrangers ; c'eft dans cette vûë que bien informé des
talens , & de la fageffe du fieur ANTOINE DE LA ROQUE ,
Ecuyer , ancien Gendarme dans la Compagnie des
Gendarmes de notre Garde ordinaire , & Chevalier
de nôtre Ordre Militaire de Saint Louis ; nous l'avons
choisi pour compoſer à l'avenir exclufivement à tout
autre ledit Ouvrage , fous le titre de MERCURE DE
FRANCE , & nous lui en avons à cet effet accordé nôtre
Brevet le 17. Octobre dernier , pour l'execution du.
quel ledit fieur de la Roque nous a fait fupplier de
lui accorder nos Lettres de Privilege fur ce neceffai.
res :A CES CAUSES , conformément audit Brevet , Nous
lui avons permis & permettons par ces Prefentes de
compofer & donner au Public à l'avenir tous les mois ,
à lui feul exclufivement , ledit Mercure de France, qu'il
pourra faire imprimer en tel volume , forme , marge ,
caractere , conjointement , ou ſeparement , & autant
de fois que bon lui femblera , chaque mois , & de le
faire vendre & débiter par tout nôtre Royaume, & ce
pendant le temps de douze années confecutives , à
compter du jour de la datze des Prefentes ; à condi
tion neanmoins que chaque volume portera fon Approbation
expreffè de l'Examinateur , qui aura été com.
9
9
9
mis à cet effet. Faifons défenfes à toutes fortes de
perfonnes , de quelques qualitéz & conditions qu'elles
foient , d'en introduire d'inpreilions étrangeres dans
aucun lieu de nôtre obéi fance , comme auffi à tous
Libraires , Imprimeurs , Graveurs , & autres d'inprimer
, faireimprimer , graver , vendre , faire vendre,
débiter ni contrefaire ledit Livre, ou planches , en tout
ou en parce , ni d'en faire aucun Extrait , fous quel
que prétexte que ce foit , d'augmenta ion corrections
, changement de titre , ou autrement fans la
permiffion expreffe & par écrit de l'Expofant , ou de
ceux qui auront droit de lui ; le tout à peine de confifcation
des exemplaires contrefaits , de 6000. livres
d'amende , payables fans déport par chacun des contrevenans
, dont un ciers à Nous , un tiers à l'Hôtel-
Dieu de Paris , l'autre tiers à l'Expofant , ou à ceux
q i auront droit de lui , & de tous dépens ,
dommages
& interefts ; à la charge que ces Prefentes feront
enregistrées tout au long fur le Regiftre de la Communauté
des Libraires & Imprimeurs de Paris , & ce
dans trois mois de la datte d'icelles ; que l'impretion
de ce Livre fera faite dans notre Royaume , & non
ailleurs , en fin papier , & en beau caractere , conformément
aux Reglemens de la Librairie ; & qu'avant
de l'expofer en vente , le manufcrit ou imprimé qui
aura fervi de copie à l'impreflion dudit Livre fora
remis dans le même état où les Approbacions y au❤
ront été données , ès mains de nôtre très-cher &
Feal Chevalier , Garde des Sceaux de France , le
fieur FLEURIAU D'ARM NON VILLA, Commandeur de nos
ordres , & qu'il en fera enfuite remis deux Exemplai.
res de chacun dans nôtre Bibliotheque publique , un
dans celle de nôtre Château du Louvre , & un dans
celle de notredit très- cher & feal Chevalier , Garde
des Sceaux de France ; le tout à peine de nullité des
Prefentes , du contenu deſquelles Vous enjoignons de
faire jouir ledit Expofant , ou fes ayans caufe pleinement
& paifiblement , fans fouffrir qu'il leur foit fait
aucuns troubles & empêche nens , & à cet effet nous
avons revoqué & revoquons tous autres Privileges
qui pourroient avoir été donnez cy -devant à d'autres
qu'audit Expofant ; Voulons que la copie des Prefentes
qui fera imprimée tout au long au commence nent ou
à la fin dudit Livre foit tenue pour dúëment fignifiée ,
& qu'aux copies collationnées par l'un de nos Amez
& Feaux Confeillers. Secretaires, foy ſoit ajoûtée, &c.
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Résumé : PRIVILEGE DU ROY.
Le document est un privilège royal émanant du roi de France et de Navarre, accordant la publication exclusive du 'Mercure de France'. Le roi reconnaît la valeur de cet ouvrage, initialement composé par le sieur de Visé et d'autres auteurs depuis 1672. À la suite du décès du titulaire du dernier brevet, le roi désigne le sieur Antoine de La Roque, écuyer et chevalier de l'Ordre militaire de Saint-Louis, pour composer et publier le 'Mercure de France'. Ce privilège accorde à La Roque le droit exclusif de composer et de publier cet ouvrage mensuellement pour une durée de douze années consécutives. Chaque volume doit obtenir l'approbation expresse de l'examinateur. Le document interdit à toute personne d'imprimer, vendre ou contrefaire le livre sans autorisation, sous peine de confiscation et d'amende. Le privilège doit être enregistré auprès de la communauté des libraires et imprimeurs de Paris, et l'impression doit se faire dans le royaume, en respectant les règlements de la librairie. Deux exemplaires de chaque volume doivent être remis à la bibliothèque publique, au château du Louvre, et au Garde des Sceaux de France.
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8
s. p.
PRIVILEGE DU ROY.
Début :
LOUIS, par la grace de Dieu, Roi de France & [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIVILEGE DU ROY.
PRIVILEGE
DU ROr.
&
OUIS, par la grace de Dieu , Roi de France & de
Navarre à nos Amez & Feaux Confeillers , les Gens tenans nos Cours de Parlement , Maîtres des
Requêtes ordinaires de nôtre Hôtel , Grand- Confeil ,
Baillifs , Senéchaux , leurs Lieutenans Civils , & au
eres nos Officiers & Jufticiers qu'il appartiendra, SA…
Ur l'applaudiffement que reçoit le MERCURE DE VANCE cy - devant appellé le Mercure Galant
compofé depuis l'année 1672. par le fieur de Vifé ,
utres Auteurs , nous fait croire que le fieur Dufreni ,
Ciculaire du dernier Brevet étant decedé , il ne con
vient pas que le Public foit à l'avenir privé d'un ou vrage auffi utile qu'agréable , tant à nos fujets qu'aux trangers; c'est dans cette vûë que bien informé des
salens , & de la fageffe du fieur ANTOINE DE LAROQUE,
Ecuyer , ancien Gendarme dans la Compagnie des Gendarmes de nôtre Garde ordinaire , & Chevalier de notre Ordre Militaire de Saint Louis ; nous l'avons
choifi pour compofer à l'avenir exclufivement à tout autre ledit Ouvrage , fous le titre de MERCURE DE FRANCE, & nous lui en avons à cet effet accordé nôtre
O Brevet ie 17. Octobre dernier , pour l'execution due
quel ledit fieur de la Roque nous a fait fupplier de fui accorder nos Lettres de Privilege fur ce neceffaires : A CES CAUSES , conformément audit Brevet , Nous lui avons permis & permettons par ces Prefentes de compoſer &donner au Public à l'avenir tous les mois ,
àlui feul exclufivement , ledit Mercure de France, qu'il
pourra faire imprimer en tel volume , forme , marge,
Caractere , conjointement, ou feparement , & autant
de fois que bon lui femblera , chaque mois , & de le faire vendre & débiter par tout nôtre Royaume, & ce
pendant le temps de douze années confecutives , à
compter du jour de la datte des Prefentes ; à condi
tion neanmoins que chaque volume portera fon Approbacion expreffe de l'Examinateur , qui aura été com
A ij miş
?
? correc
2-
ce
conformis à cet effet. Faifons défenfes à toutes fortes de
perfonnes , de quelques qualitez & conditions qu'elles foient , d'en introduire d'impreffions étrangeres dars aucun lieu de nôtre obéiifance , comme auffi à tous Libraires , Imprimeurs , Graveurs , & autres , d'imprimer , faire imprimer , graver , vendre , faire vendre débiter ni contrefaire ledit Livre, ou planches , en tou,
ou en partie , ni d'en faire aucun Extrait , fous quelt que prétexte que ce foit , d'augmentation tions , changement de titre , ou autrement íans l
permiffion expreffe & par écrit de l'Expofant , ou da Ceux qui auront droit de lui ; le tout à peine de cone fifcation des exemplaires contrefaits , de 6000. livred'amende , payables fans déport par chacun des con trevenans , dont untiers à Nous , un tiers à l'Hôtel- Dieu de Paris , l'autre tiers à l'Expofant , ou à ceu
qui auront droit de lui , & de tous dépens ,
domm X
ges & interefts ; à la charge que ces Prefentes feroa enregistrées tout au long fur le Registre de la Co nt
munauté des Libraires & Imprimeurs de Paris , &m
dans trois mois de la datte d'icelles ; que l'impreffion
de ce Livre fera faite dans nôtre Royaume , & non ailleurs , en fin papier , & enbeau caractere mément aux Reglemens de la Librairie ; & qu'avant
de l'expofer en vente , le manufcrit ou imprimé qui aura fervi de copie à l'impreflion dudit Livre fera Temis dans le même état où les Approbations y au
ront été données , ès mains de nôtre très-cher &
Feal Chevalier , Garde des Sceaux de France , le
fieur FLLURIAU D'ARMENONVILLE, Commandeur de nos ordres , & qu'il en fera enfuite remis deux Exemplai xes de chacun dans notre Bibliotheque publique , un dans celle de nôtre Château du Louvre , & un dans
celle de nôtredit très- cher & feal Chevalier , Garde des Sceaux de France ; le tout à peine de nullité des
Prefentes , du contenu defquelles Vous enjoignons de faire jouir ledit Expofant, ou fes ayans caufe pleinement & paisiblement , fans fouffrir qu'il leur foit fait aucuns troubles & empêchemens , & à cet effet nous
avons revoqué & revoquons tous autres Privileges
qui pourroient avoir été donnez cy- devant à d'autres qu'audit Expofant ; Voulons que la copie des Prefentes
qui fera imprimée tout au long au commencement ou A la fin dudit Livre foit tenue pour dûëment fignifiée ,
& qu'aux copies collationnées par l'un de nos Amez Feaux Confeillers- Secretaires, foy ſoit ajoûtée, &çi
AVER
DU ROr.
&
OUIS, par la grace de Dieu , Roi de France & de
Navarre à nos Amez & Feaux Confeillers , les Gens tenans nos Cours de Parlement , Maîtres des
Requêtes ordinaires de nôtre Hôtel , Grand- Confeil ,
Baillifs , Senéchaux , leurs Lieutenans Civils , & au
eres nos Officiers & Jufticiers qu'il appartiendra, SA…
Ur l'applaudiffement que reçoit le MERCURE DE VANCE cy - devant appellé le Mercure Galant
compofé depuis l'année 1672. par le fieur de Vifé ,
utres Auteurs , nous fait croire que le fieur Dufreni ,
Ciculaire du dernier Brevet étant decedé , il ne con
vient pas que le Public foit à l'avenir privé d'un ou vrage auffi utile qu'agréable , tant à nos fujets qu'aux trangers; c'est dans cette vûë que bien informé des
salens , & de la fageffe du fieur ANTOINE DE LAROQUE,
Ecuyer , ancien Gendarme dans la Compagnie des Gendarmes de nôtre Garde ordinaire , & Chevalier de notre Ordre Militaire de Saint Louis ; nous l'avons
choifi pour compofer à l'avenir exclufivement à tout autre ledit Ouvrage , fous le titre de MERCURE DE FRANCE, & nous lui en avons à cet effet accordé nôtre
O Brevet ie 17. Octobre dernier , pour l'execution due
quel ledit fieur de la Roque nous a fait fupplier de fui accorder nos Lettres de Privilege fur ce neceffaires : A CES CAUSES , conformément audit Brevet , Nous lui avons permis & permettons par ces Prefentes de compoſer &donner au Public à l'avenir tous les mois ,
àlui feul exclufivement , ledit Mercure de France, qu'il
pourra faire imprimer en tel volume , forme , marge,
Caractere , conjointement, ou feparement , & autant
de fois que bon lui femblera , chaque mois , & de le faire vendre & débiter par tout nôtre Royaume, & ce
pendant le temps de douze années confecutives , à
compter du jour de la datte des Prefentes ; à condi
tion neanmoins que chaque volume portera fon Approbacion expreffe de l'Examinateur , qui aura été com
A ij miş
?
? correc
2-
ce
conformis à cet effet. Faifons défenfes à toutes fortes de
perfonnes , de quelques qualitez & conditions qu'elles foient , d'en introduire d'impreffions étrangeres dars aucun lieu de nôtre obéiifance , comme auffi à tous Libraires , Imprimeurs , Graveurs , & autres , d'imprimer , faire imprimer , graver , vendre , faire vendre débiter ni contrefaire ledit Livre, ou planches , en tou,
ou en partie , ni d'en faire aucun Extrait , fous quelt que prétexte que ce foit , d'augmentation tions , changement de titre , ou autrement íans l
permiffion expreffe & par écrit de l'Expofant , ou da Ceux qui auront droit de lui ; le tout à peine de cone fifcation des exemplaires contrefaits , de 6000. livred'amende , payables fans déport par chacun des con trevenans , dont untiers à Nous , un tiers à l'Hôtel- Dieu de Paris , l'autre tiers à l'Expofant , ou à ceu
qui auront droit de lui , & de tous dépens ,
domm X
ges & interefts ; à la charge que ces Prefentes feroa enregistrées tout au long fur le Registre de la Co nt
munauté des Libraires & Imprimeurs de Paris , &m
dans trois mois de la datte d'icelles ; que l'impreffion
de ce Livre fera faite dans nôtre Royaume , & non ailleurs , en fin papier , & enbeau caractere mément aux Reglemens de la Librairie ; & qu'avant
de l'expofer en vente , le manufcrit ou imprimé qui aura fervi de copie à l'impreflion dudit Livre fera Temis dans le même état où les Approbations y au
ront été données , ès mains de nôtre très-cher &
Feal Chevalier , Garde des Sceaux de France , le
fieur FLLURIAU D'ARMENONVILLE, Commandeur de nos ordres , & qu'il en fera enfuite remis deux Exemplai xes de chacun dans notre Bibliotheque publique , un dans celle de nôtre Château du Louvre , & un dans
celle de nôtredit très- cher & feal Chevalier , Garde des Sceaux de France ; le tout à peine de nullité des
Prefentes , du contenu defquelles Vous enjoignons de faire jouir ledit Expofant, ou fes ayans caufe pleinement & paisiblement , fans fouffrir qu'il leur foit fait aucuns troubles & empêchemens , & à cet effet nous
avons revoqué & revoquons tous autres Privileges
qui pourroient avoir été donnez cy- devant à d'autres qu'audit Expofant ; Voulons que la copie des Prefentes
qui fera imprimée tout au long au commencement ou A la fin dudit Livre foit tenue pour dûëment fignifiée ,
& qu'aux copies collationnées par l'un de nos Amez Feaux Confeillers- Secretaires, foy ſoit ajoûtée, &çi
AVER
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Résumé : PRIVILEGE DU ROY.
Le document est un privilège royal émanant de Louis XIV, Roi de France et de Navarre, concernant la publication du 'Mercure de France'. Le roi manifeste son intention de poursuivre la publication du 'Mercure de Vence', précédemment connu sous le nom de 'Mercure Galant', après le décès de son rédacteur précédent, le sieur Dufreni. À cet effet, il désigne le sieur Antoine de La Roque, écuyer et chevalier de l'Ordre militaire de Saint-Louis, pour rédiger exclusivement cet ouvrage. Le privilège accorde à La Roque l'autorisation de publier mensuellement le 'Mercure de France' pour une période de douze années. Chaque volume doit être soumis à l'approbation d'un examinateur. Le roi interdit strictement toute impression étrangère ou contrefaçon du livre, prévoyant des sanctions telles que la confiscation des exemplaires contrefaits et des amendes. L'impression doit obligatoirement se dérouler en France, conformément aux règlements de la librairie, et des exemplaires doivent être déposés dans diverses bibliothèques. Ce privilège annule tous les privilèges antérieurs et doit être enregistré par la communauté des libraires et imprimeurs de Paris.
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9
s. p.
PRIVILEGE DU ROY.
Début :
LOUIS, par la grace de Dieu, Roi de France & de Navarre : à nos Amez & Feaux Conseillers, les [...]
Mots clefs :
Brevet, Mercure de France, Garde des sceaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIVILEGE DU ROY.
‘P R I VI L E G E
DU ROY‘.
C c
OUIS, par la grace de Dieu , Roi de France 3; de
Navarre : à nos Amez 8c Feaux Confeillers, les
Gens tenans nos Cours de Parlement, Maîtres des
Requêtes ordinaires de nôtre Hôtel , Graniconfeil
Baillifs , Senéehaux, leurs ‘Lieutenaus civils , 3c au:
tres nos Offitiers 8c jultieiers qwll appartiendra. 5h
LUI’ z’ Papplaudillement que reçoit le Iæîtmcunu ns
FRANCE , cy - devant appelle le Mercure Galant ,
compofé depuis l'année 167 apar le fleur de Vifé , 8;
autres Auteurs ,nous fait croire que le fleur Dufçeni _
Titulaire du dernier Brevet étant decedé , il ne ‘con.
vient pas que le Public fuit à l'avenir privé d'un ou.
vrage ‘auOE utile qiüaizréable {tant à nos fujets qu'aux
étrangers; (t'ait dans cette vûë que bien informé des
talens , 8c de la fagefle du fleur Agrume nvuRo E,
s e Ecuvcr , ancien Gendarme dans la . Compagnie es
Gendarmes de nôuç Garde ordinaire , 8L Chevalier
de notre Ordre Militaire deSai-nt Lv. ùis 3 nousluvggm
ohoiflvpouncompofcr à l'avenir exduflwment a tout
autre ledit Ouvrage , fous le titre de Mercure n;
FRANCE , 8L nous lu] en avons à cet effet accorde’ nôcoe
Brevet le x7. Oêrolare dernier, pour Pexecution du.
quel ledit fleur de la Ravin: nous‘ a fait lilpplier de
lui accorder nos Lettres de Prlvilege fur ce necefläî
tes : A ces CAUSES , conformément audit Brevet , Nom
lui avons permis 8e permettons par ces Prefentes de
erampoferflc dnnner au Public à l'avenir tous les mois
à lui feul excluflvcment ,l-Cdit Mercure de Eranre,qu’rî
pourra‘ faire imprimer en tel volume, forme , marge,
caraäere , conjointement, ou feparement , 8e autant;
"de fois ue bon lui fcmblera,chaque mois , 8c de le
faire venäre 8c débiter par tout nôtre Royaume, 8l ce
pendant ie temps de douze années confccutivcs, à
y compter du jour de la datte des Prefentes; ä condi
" rima neanmuins que chaque volume portera {on Appro
bation exprefle de PExaminaoeur ,qui aura été com
fÇ-ÏS
mis à ce; elfes. Faîfons êéfenfes à toutes fortes de
erfonnes , de quelques qualitez 8L conditions qu'elle‘:
foienucÿen introduire (Pimpreflions étrangeres dans
aucun lieu de nôtre obéîffance , comme aufli à tous
Libraires , imprimeurs‘, Graveurs , 8c autres , d'un.
primer , faire imprimer , graver , vendre ,_faire vendre,
débiter ni contrefaire ledit Livre, V ou en partie , ni dfen faire aucunloiuxtprlaaintch,esf,ouesnqtuoel]u:.
‘que prétexte que ce foi: , d'augmentation , correc
tions , changement de titre ,_0u autrement , tans la
permifiîon expreflecsz par écrit de Hîxpolant , ou de
ceux qui auront droit de lui ; le tout à peine de con.
fifcation des exemplaires contrefaits , de ôooo.’ livre:
d'amende , payables {ans déport par chacun des con.
trevenans , dont un tiers à Nous ; un tiers à PHôtelg
Dieu de Paris, Paurre tiers à Plîxpofant, ou à ceux;
qri auront droit de lui , 8c de tous dépens , domma.
ges 8c inrcrefls; ‘a la charge que ces Prefentes feront
enregifirées ‘tout au long fur le Rcgillrc de la Com.
munauté des Libraires/Se Imprimeurs de Paris , & ce
dans trois mois de 1a datte dücelles’; que Pimpreflion
de ce Livre fera faite dans nôtre Royaume , 8c non
ailleurs , en fin papier , 8c en beau carafiere , confor.
mémcnt aux Rcglemens de la Librairie ; 8L qnfavan:
de Pexpnfer en vente , le manufcric ou imprimé qui
aura {ervi de copie a Pimprcflion dudir Livre {en
‘remis dans 1c même état ou les, Approbations y au;
l'ont été données , ès mains de nôtre trèsoeher 8;
Feal Chevalier,’ Garde des Sceaux de France, le
fleur Fmunuu D’ARMeNONvILLE, Commandeur de nos
ordres , 8c qu’il en fera enluiteremis deux Exemplai.
‘tes de chacun dans nôtre Bibliotheque publique , un
dans celle de nôtre Château du Louvre , 8c un dans
celle de nôrrcdlt trèsoeher 8c feal Chex alier, Garde
des Sceaux de France; le rouc à peine de nullité des
Prefenres , du contenu defquellcs Vous enjoi nous de
faire jouir ledit Expofant, ou l'es ayans cauä? pleine.
ment 8c paifiblemem, {ans foulïrir qu'il leur loir fait
aucuns troubles 8c empêchcmens , 8L à cet cflet nous
avons revoqué 8L revoquons tous autres Priyilcges
qui pourroient avoir été donne; cy-devznt à d’autres
qwaudit Expofant ; Voulons que la copie des Prefentes
qui fera imprimée tout au long au commencement ou
‘a la fin dudit Livre foi: tenuë pour dûëmcnt lignifiée,
8c qwaux copies collanionnées par l'un de nos Amez
J: Feaux Confeillcrs. Secxegaiges’ foy {cit ajoûtée, 8re;
DU ROY‘.
C c
OUIS, par la grace de Dieu , Roi de France 3; de
Navarre : à nos Amez 8c Feaux Confeillers, les
Gens tenans nos Cours de Parlement, Maîtres des
Requêtes ordinaires de nôtre Hôtel , Graniconfeil
Baillifs , Senéehaux, leurs ‘Lieutenaus civils , 3c au:
tres nos Offitiers 8c jultieiers qwll appartiendra. 5h
LUI’ z’ Papplaudillement que reçoit le Iæîtmcunu ns
FRANCE , cy - devant appelle le Mercure Galant ,
compofé depuis l'année 167 apar le fleur de Vifé , 8;
autres Auteurs ,nous fait croire que le fleur Dufçeni _
Titulaire du dernier Brevet étant decedé , il ne ‘con.
vient pas que le Public fuit à l'avenir privé d'un ou.
vrage ‘auOE utile qiüaizréable {tant à nos fujets qu'aux
étrangers; (t'ait dans cette vûë que bien informé des
talens , 8c de la fagefle du fleur Agrume nvuRo E,
s e Ecuvcr , ancien Gendarme dans la . Compagnie es
Gendarmes de nôuç Garde ordinaire , 8L Chevalier
de notre Ordre Militaire deSai-nt Lv. ùis 3 nousluvggm
ohoiflvpouncompofcr à l'avenir exduflwment a tout
autre ledit Ouvrage , fous le titre de Mercure n;
FRANCE , 8L nous lu] en avons à cet effet accorde’ nôcoe
Brevet le x7. Oêrolare dernier, pour Pexecution du.
quel ledit fleur de la Ravin: nous‘ a fait lilpplier de
lui accorder nos Lettres de Prlvilege fur ce necefläî
tes : A ces CAUSES , conformément audit Brevet , Nom
lui avons permis 8e permettons par ces Prefentes de
erampoferflc dnnner au Public à l'avenir tous les mois
à lui feul excluflvcment ,l-Cdit Mercure de Eranre,qu’rî
pourra‘ faire imprimer en tel volume, forme , marge,
caraäere , conjointement, ou feparement , 8e autant;
"de fois ue bon lui fcmblera,chaque mois , 8c de le
faire venäre 8c débiter par tout nôtre Royaume, 8l ce
pendant ie temps de douze années confccutivcs, à
y compter du jour de la datte des Prefentes; ä condi
" rima neanmuins que chaque volume portera {on Appro
bation exprefle de PExaminaoeur ,qui aura été com
fÇ-ÏS
mis à ce; elfes. Faîfons êéfenfes à toutes fortes de
erfonnes , de quelques qualitez 8L conditions qu'elle‘:
foienucÿen introduire (Pimpreflions étrangeres dans
aucun lieu de nôtre obéîffance , comme aufli à tous
Libraires , imprimeurs‘, Graveurs , 8c autres , d'un.
primer , faire imprimer , graver , vendre ,_faire vendre,
débiter ni contrefaire ledit Livre, V ou en partie , ni dfen faire aucunloiuxtprlaaintch,esf,ouesnqtuoel]u:.
‘que prétexte que ce foi: , d'augmentation , correc
tions , changement de titre ,_0u autrement , tans la
permifiîon expreflecsz par écrit de Hîxpolant , ou de
ceux qui auront droit de lui ; le tout à peine de con.
fifcation des exemplaires contrefaits , de ôooo.’ livre:
d'amende , payables {ans déport par chacun des con.
trevenans , dont un tiers à Nous ; un tiers à PHôtelg
Dieu de Paris, Paurre tiers à Plîxpofant, ou à ceux;
qri auront droit de lui , 8c de tous dépens , domma.
ges 8c inrcrefls; ‘a la charge que ces Prefentes feront
enregifirées ‘tout au long fur le Rcgillrc de la Com.
munauté des Libraires/Se Imprimeurs de Paris , & ce
dans trois mois de 1a datte dücelles’; que Pimpreflion
de ce Livre fera faite dans nôtre Royaume , 8c non
ailleurs , en fin papier , 8c en beau carafiere , confor.
mémcnt aux Rcglemens de la Librairie ; 8L qnfavan:
de Pexpnfer en vente , le manufcric ou imprimé qui
aura {ervi de copie a Pimprcflion dudir Livre {en
‘remis dans 1c même état ou les, Approbations y au;
l'ont été données , ès mains de nôtre trèsoeher 8;
Feal Chevalier,’ Garde des Sceaux de France, le
fleur Fmunuu D’ARMeNONvILLE, Commandeur de nos
ordres , 8c qu’il en fera enluiteremis deux Exemplai.
‘tes de chacun dans nôtre Bibliotheque publique , un
dans celle de nôtre Château du Louvre , 8c un dans
celle de nôrrcdlt trèsoeher 8c feal Chex alier, Garde
des Sceaux de France; le rouc à peine de nullité des
Prefenres , du contenu defquellcs Vous enjoi nous de
faire jouir ledit Expofant, ou l'es ayans cauä? pleine.
ment 8c paifiblemem, {ans foulïrir qu'il leur loir fait
aucuns troubles 8c empêchcmens , 8L à cet cflet nous
avons revoqué 8L revoquons tous autres Priyilcges
qui pourroient avoir été donne; cy-devznt à d’autres
qwaudit Expofant ; Voulons que la copie des Prefentes
qui fera imprimée tout au long au commencement ou
‘a la fin dudit Livre foi: tenuë pour dûëmcnt lignifiée,
8c qwaux copies collanionnées par l'un de nos Amez
J: Feaux Confeillcrs. Secxegaiges’ foy {cit ajoûtée, 8re;
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Résumé : PRIVILEGE DU ROY.
Le document est un privilège royal émanant de Louis XIV, Roi de France et de Navarre, destiné aux personnes et autorités compétentes. Il traite de la publication du 'Mercure Galant', une œuvre composée depuis 1672 par divers auteurs. Le dernier titulaire du brevet étant décédé, le roi a décidé de nommer Jean d'Armagnac d'Armonville, ancien gendarme et chevalier de l'Ordre militaire de Saint-Louis, pour composer et publier le 'Mercure de France'. Un brevet a été accordé le 17 octobre pour cette mission. Ce privilège autorise d'Armonville à publier mensuellement le 'Mercure de France' pour une durée de douze années consécutives, à condition que chaque volume soit approuvé par un examinateur. Le document interdit toute impression étrangère ou contrefaçon, prévoyant la confiscation des exemplaires contrefaits et des amendes. La publication doit se faire en France, sur beau papier et en beau caractère, conformément aux règlements de la librairie. Deux exemplaires de chaque volume doivent être remis à la bibliothèque publique, au Château du Louvre, et au Garde des Sceaux. Le privilège annule tous les autres privilèges antérieurs et stipule que les copies imprimées du document seront considérées comme valides.
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10
p. 1870-1871
LETTRE du Roy de France au Primat.
Début :
MON COUSIN, Je vois avec plaisir par votre Lettre du 10. [...]
Mots clefs :
République, Pologne, Sentiments, Gloire, Europe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE du Roy de France au Primat.
LETTRE du Roy de France au Primat.
MON ON COUSIN ,
Je vois avec plaisir par votre Lettre du 10.
Juin , que la Sérenissime République de Pologne
attend de moi les mêmes sentimens d'amitié dont les
Rois mes prédecesseurs ont toujours cherché à lui
donner des marques les plus distinguées . Animé du
seul amour de la liberté qui est le droit naturel et
fondamental de votre Patrie , vous n'en desirez
pour elle que l'entiere jouissance, et vous lui préparés
une gloire immortelle en annonçant à toute l'Europe
que quelque choix que la Serenissime République
fasse , elle veut toujours observer exactement et religieusement
les Traitez d'Alliance faits et renouvellez
avec ses Voisins . Quel appui et quelle pro¬
tection ne doit pas esperer un Royaume qui se conduis
avec des sentimens aussi purs , et dont il n'est
pas
AOUST. 1732 . 1871
paspermis de douter lors u'un Prélat aussi bien instruit
des Maximes de sa Nation en porte l'assuran
ce aux yeux detoutes les Puissances de l'Europe. Jela
reçois personnellement avec une veritable satisfaction
, et prét à seconder et soutenir en toutes occasions
des principes si justes et si conformes au bon→
heur de la Couronne de Pologne et à la tranquillité
du Nord, j'en ferai avec joye le fondement de la
protection dont j'ai chargé le Marquis de Monti ,
de donner les plus fortes assurances à la Serenissime
Republique . Veville le Seigneur , par une suite
de benedictions qu'il a si souvent et si visiblement
répandues sur la Pologne , inspirer l'esprit d'union
et de concorde , et réunir les suffrages sur un sujet
dont les sentimens lui sorent assez connus pour
qu'elle puisse compter qu'il ne se souviendra que de
ce qu'il devra au bonheur et au maintien de sa
Patrie , aussi-bien qu'à la gloire et à la propaga
tion de notre sainte Foy . Sur ce , je prie Dieu qu'il
vous ait , Mon Cousin , en sa sainte et digne
garde. Signé, LOUIS.
Ecrit à Compiegne le 6. Juillet 1733 .
MON ON COUSIN ,
Je vois avec plaisir par votre Lettre du 10.
Juin , que la Sérenissime République de Pologne
attend de moi les mêmes sentimens d'amitié dont les
Rois mes prédecesseurs ont toujours cherché à lui
donner des marques les plus distinguées . Animé du
seul amour de la liberté qui est le droit naturel et
fondamental de votre Patrie , vous n'en desirez
pour elle que l'entiere jouissance, et vous lui préparés
une gloire immortelle en annonçant à toute l'Europe
que quelque choix que la Serenissime République
fasse , elle veut toujours observer exactement et religieusement
les Traitez d'Alliance faits et renouvellez
avec ses Voisins . Quel appui et quelle pro¬
tection ne doit pas esperer un Royaume qui se conduis
avec des sentimens aussi purs , et dont il n'est
pas
AOUST. 1732 . 1871
paspermis de douter lors u'un Prélat aussi bien instruit
des Maximes de sa Nation en porte l'assuran
ce aux yeux detoutes les Puissances de l'Europe. Jela
reçois personnellement avec une veritable satisfaction
, et prét à seconder et soutenir en toutes occasions
des principes si justes et si conformes au bon→
heur de la Couronne de Pologne et à la tranquillité
du Nord, j'en ferai avec joye le fondement de la
protection dont j'ai chargé le Marquis de Monti ,
de donner les plus fortes assurances à la Serenissime
Republique . Veville le Seigneur , par une suite
de benedictions qu'il a si souvent et si visiblement
répandues sur la Pologne , inspirer l'esprit d'union
et de concorde , et réunir les suffrages sur un sujet
dont les sentimens lui sorent assez connus pour
qu'elle puisse compter qu'il ne se souviendra que de
ce qu'il devra au bonheur et au maintien de sa
Patrie , aussi-bien qu'à la gloire et à la propaga
tion de notre sainte Foy . Sur ce , je prie Dieu qu'il
vous ait , Mon Cousin , en sa sainte et digne
garde. Signé, LOUIS.
Ecrit à Compiegne le 6. Juillet 1733 .
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Résumé : LETTRE du Roy de France au Primat.
Le roi de France écrit au Primat de Pologne pour exprimer sa satisfaction quant à l'amitié et à la liberté que la République de Pologne souhaite préserver. Il souligne l'importance de la liberté comme droit naturel et fondamental de la Pologne et approuve son désir de jouir pleinement de cette liberté. Le roi salue également l'engagement de la Pologne à respecter les traités d'alliance avec ses voisins. Il se déclare prêt à soutenir et protéger ces principes pour le bonheur de la Couronne de Pologne et la tranquillité du Nord. Le Marquis de Monti est chargé de transmettre ces assurances à la République. Le roi prie pour que l'union et la concorde soient inspirées en Pologne. La lettre est signée Louis et datée du 6 juillet 1733 à Compiègne.
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11
p. 2279
LETTRE du Roy, au Primat, du 6. Juillet 1733.
Début :
N. 4. MON COUSIN, je vois avec plaisir, &c. Cette Lettre est inserée, page 1870. du Mercure [...]
Mots clefs :
Primat, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE du Roy, au Primat, du 6. Juillet 1733.
LETTRE du Roy , an Primat , dis
6. Juillet 1733.
N. 4. MON COUSIN , je vois avec plaisir, &c.
Cette Lettre est inserée, page 1870. du Mercure
Août dernier."
6. Juillet 1733.
N. 4. MON COUSIN , je vois avec plaisir, &c.
Cette Lettre est inserée, page 1870. du Mercure
Août dernier."
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12
p. 2280-2281
ORDONNANCE du Roy, du 10 Octobre, portant Déclaration de guerre contre l'Empereur, dont la teneur suit.
Début :
Sa Majesté depuis son avenement à la Couronne, n'a rien eu plus à coeur que de concourir [...]
Mots clefs :
Déclaration de guerre, Empereur, Roi, Guerre, Dieu, Officiers, Lieutenants généraux, Maréchaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ORDONNANCE du Roy, du 10 Octobre, portant Déclaration de guerre contre l'Empereur, dont la teneur suit.
ORDONNANCE du Roy , du 10
Octobre , portant Déclaration de guerre
contre l'Empereur, dont la teneur suit.
Sronn
›
A Majesté depuis son avenement à la Couronne
, n'a rien eu plus à coeur que de concourir
à tout ce qui pouvoit contribuer au maintien
de la paix ; mais l'injure que l'Empereur
vient de lui faire en la personne du Roy de Pologne
son beau-pere , interesse trop l'honneur
de S. M. et la gloire de sa Couronne , pour ne
pas employer les forces que Dieu lui a confiées ,
OCTOBR E. 1733. 2281
en tirer une juste vengeance ; dans cette vûë, après
avoir répandu dans toutes les Cours de l'Europe ,
les justes motifs qui la forcent à prendre les armes,
Elle a résolu de déclarer la guerre, comme elle la
clare par la presente, par mer et par terre , à l'Empereur,
persuadée que Dieu qui connoît le desinteressement
et la justice de ses intentions , voudra
bien les favoriser de sadivine protection . Ordonne
et enjoint S.M. à tous ses Sujets, Vassaux et Serviteurs
, de courre sus aux Sujets de l'Empereur;
leur fait très - expresses inhibitions et deffenses
d'avoir cy- après avec eux aucune communication
, commerce ni intelligence , à peine de la
vie ; et en conséquence S. M. a dès - à-present
révoqué et révoque toutes permissions , passe
ports , sauve- gardes , et sauf- conduits qui pourroient
avoir été accordez par Elle , ou par ses
Lieutenans Generaux et autres ses Officiers , contraires
à la présente , et les a déclarez et déclare
nuls et de nulle valeur , deffendant à qui que ce
soit d'y avoit aucun égard. Mande et ordonne
S, M. à M. l'Amiral , aux Maréchaux de France ,
Gouverneurs et Lieutenans Generaux pour S. M.
en ses Provinces et Armées, Maréchaux de Camp,
Colonels , Mestres de Camp , Capitaines , Chefs
et Conducteurs de ses gens de guerre , tant de
cheval que de pied , François et Etrangers et
tous autres ses Officiers qu'il appartiendra , que
le contenu en la presente ils fassent executer ,
chacun à son égard , dans l'étendue de leurs pouvoirs
et jurisdictions ; car telle est la volonté de
Sa Majesté , laquelle veut et entend que la présente
soit publiée et affichée en toutes ses Villes ,
tant maritimes , qu'autres , et en tous ses Ports ,
Havres et autres lieux de son Royaume et terres
de son obéissance , que besoin sera , à ce qu'aucun
n'en prétende cause d'ignorance.
Octobre , portant Déclaration de guerre
contre l'Empereur, dont la teneur suit.
Sronn
›
A Majesté depuis son avenement à la Couronne
, n'a rien eu plus à coeur que de concourir
à tout ce qui pouvoit contribuer au maintien
de la paix ; mais l'injure que l'Empereur
vient de lui faire en la personne du Roy de Pologne
son beau-pere , interesse trop l'honneur
de S. M. et la gloire de sa Couronne , pour ne
pas employer les forces que Dieu lui a confiées ,
OCTOBR E. 1733. 2281
en tirer une juste vengeance ; dans cette vûë, après
avoir répandu dans toutes les Cours de l'Europe ,
les justes motifs qui la forcent à prendre les armes,
Elle a résolu de déclarer la guerre, comme elle la
clare par la presente, par mer et par terre , à l'Empereur,
persuadée que Dieu qui connoît le desinteressement
et la justice de ses intentions , voudra
bien les favoriser de sadivine protection . Ordonne
et enjoint S.M. à tous ses Sujets, Vassaux et Serviteurs
, de courre sus aux Sujets de l'Empereur;
leur fait très - expresses inhibitions et deffenses
d'avoir cy- après avec eux aucune communication
, commerce ni intelligence , à peine de la
vie ; et en conséquence S. M. a dès - à-present
révoqué et révoque toutes permissions , passe
ports , sauve- gardes , et sauf- conduits qui pourroient
avoir été accordez par Elle , ou par ses
Lieutenans Generaux et autres ses Officiers , contraires
à la présente , et les a déclarez et déclare
nuls et de nulle valeur , deffendant à qui que ce
soit d'y avoit aucun égard. Mande et ordonne
S, M. à M. l'Amiral , aux Maréchaux de France ,
Gouverneurs et Lieutenans Generaux pour S. M.
en ses Provinces et Armées, Maréchaux de Camp,
Colonels , Mestres de Camp , Capitaines , Chefs
et Conducteurs de ses gens de guerre , tant de
cheval que de pied , François et Etrangers et
tous autres ses Officiers qu'il appartiendra , que
le contenu en la presente ils fassent executer ,
chacun à son égard , dans l'étendue de leurs pouvoirs
et jurisdictions ; car telle est la volonté de
Sa Majesté , laquelle veut et entend que la présente
soit publiée et affichée en toutes ses Villes ,
tant maritimes , qu'autres , et en tous ses Ports ,
Havres et autres lieux de son Royaume et terres
de son obéissance , que besoin sera , à ce qu'aucun
n'en prétende cause d'ignorance.
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Résumé : ORDONNANCE du Roy, du 10 Octobre, portant Déclaration de guerre contre l'Empereur, dont la teneur suit.
Le 10 octobre 1733, une ordonnance royale déclare la guerre contre l'Empereur. Le roi exprime son souhait de préserver la paix depuis son accession au trône, mais une offense envers son beau-père, le roi de Pologne, par l'Empereur le contraint à réagir pour défendre son honneur et la gloire de sa couronne. Après avoir informé les cours européennes des raisons de cette décision, le roi proclame la guerre par mer et par terre. Il ordonne à tous ses sujets, vassaux et serviteurs de combattre les sujets de l'Empereur et interdit toute communication ou commerce avec eux, sous peine de mort. Toutes les autorisations contraires à cette ordonnance sont révoquées. Le roi charge ses officiers, de l'Amiral aux simples capitaines, de faire respecter cette ordonnance. La présente doit être publiée et affichée dans toutes les villes et ports du royaume pour éviter toute ignorance.
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13
p. 2739-2740
LETTRE DU ROY, écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum, en actions de graces des benedictions que Dieu a répanduës sur les Entreprises du Roy.
Début :
MON COUSIN, l'Europe est informée des justes motifs qui m'ont forcé à prendre les [...]
Mots clefs :
Dieu, Cousin, Lettre, Roi, Archevêque de Paris, Sujets, Chanter
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE DU ROY, écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum, en actions de graces des benedictions que Dieu a répanduës sur les Entreprises du Roy.
LETTRE DU ROY , écrite à
M. l'Archevêque de Paris , pour faire
chanter le Te Deum , en actions de
graces des benedictions que Dieu a répandues
sur les Entreprises du Roy.
"
་
Mo
ON COUSIN , l'Europe est informée
des justes motifs qui m'ont forcé à prendre les
Armes; je retrouve dans mes Sujets. cette même are
deur que leur ont inspiré dans tous les temps la gloire
de cette Couronne et l'interét de l'Etat ; mais com
me c'est au Dieu des Armées que je dois le succès
heureux qu'il a bien voulu accorder à la droiture et
au desinteressement de mes intentions ; comblé de
ses bienfaits , et mettant toute ma confiance en son
bras tout puissant , je desire que tous mes Sujets
s'unissent avec moi pour lui rendre les Actions de
graces qui lui sont duës , et implorer la continuation
de sa divine protection ; e'est dans cette vûë que je
vous écris cette Lettre pour vous dire que mon intention
est que vous fassiez chanter le Te Deum.
I. Vol. I 1 ) dans
2740 MERCURE DE FRANCE
dans votre Eglise Métropolitaine et autres de votre
Diocèse avec les solemnitez requises , et que vous
invitiez tous ceux qu'il conviendra d'y assister . Sur
ceje prie Dieu qu'il vous ait , mon Cousin , en sa
sainte et digne garde. Ecrite à Versailles le 21. Décembre
1733. Signé , LOUIS , et plus bas ,
PHELY PEAUX.
Et au dos est écrit : A mon Cousin l'Archevêque
de Paris, Pair de France , Commandeur de
mes Ordres .
M. l'Archevêque de Paris , pour faire
chanter le Te Deum , en actions de
graces des benedictions que Dieu a répandues
sur les Entreprises du Roy.
"
་
Mo
ON COUSIN , l'Europe est informée
des justes motifs qui m'ont forcé à prendre les
Armes; je retrouve dans mes Sujets. cette même are
deur que leur ont inspiré dans tous les temps la gloire
de cette Couronne et l'interét de l'Etat ; mais com
me c'est au Dieu des Armées que je dois le succès
heureux qu'il a bien voulu accorder à la droiture et
au desinteressement de mes intentions ; comblé de
ses bienfaits , et mettant toute ma confiance en son
bras tout puissant , je desire que tous mes Sujets
s'unissent avec moi pour lui rendre les Actions de
graces qui lui sont duës , et implorer la continuation
de sa divine protection ; e'est dans cette vûë que je
vous écris cette Lettre pour vous dire que mon intention
est que vous fassiez chanter le Te Deum.
I. Vol. I 1 ) dans
2740 MERCURE DE FRANCE
dans votre Eglise Métropolitaine et autres de votre
Diocèse avec les solemnitez requises , et que vous
invitiez tous ceux qu'il conviendra d'y assister . Sur
ceje prie Dieu qu'il vous ait , mon Cousin , en sa
sainte et digne garde. Ecrite à Versailles le 21. Décembre
1733. Signé , LOUIS , et plus bas ,
PHELY PEAUX.
Et au dos est écrit : A mon Cousin l'Archevêque
de Paris, Pair de France , Commandeur de
mes Ordres .
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Résumé : LETTRE DU ROY, écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum, en actions de graces des benedictions que Dieu a répanduës sur les Entreprises du Roy.
Le roi Louis XV adresse une lettre à l'Archevêque de Paris, datée du 21 décembre 1733. Il y expose les raisons justes qui l'ont conduit à prendre les armes et exprime sa reconnaissance envers ses sujets pour leur soutien à la gloire de la Couronne et à l'intérêt de l'État. Louis XV attribue le succès de ses actions à Dieu et appelle ses sujets à Lui rendre grâce et à implorer Sa protection. Il ordonne à l'Archevêque de faire chanter le Te Deum dans l'église métropolitaine de Paris et dans les autres églises du diocèse, avec les solennités appropriées, et d'inviter les personnes concernées à y assister. La lettre est signée par Louis XV et contresignée par Phely Peaux.
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14
s. p.
PRIVILEGE DU ROY.
Début :
LOUIS, par la grace de Dieu, Roi de France & de Navarre : à nos Amez & Feaux Conseillers, les [...]
Mots clefs :
Brevet, Mercure de France, Garde des sceaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIVILEGE DU ROY.
LIBRARYVILEGE
335483
ASTOR , LENOX AND
TILDEN FOUDATIONS
•
DU ROr.
Quis par lagrace de Dieu , Roi de France & de
LNavarre à nos Amez & Feaux Confeillers , les
Gens tenans nos Cours de Parlement , Maîtres des
Requêtes ordinaires de nôtre Hôtel , Grand- Confeil
Baillifs , Senéchaux , leurs Lieutenans Civils , & au
tres nos Officiers & Jufticiers qu'il appartiendra. SALUT
: l'applaudiffement que reçoit le MERCURE DE
FRANCE , cy - devant appellé le Mercure Galant ,
Compoſé depuis l'année 1672 , par le fieur de Vifé , &
L
tres Auteurs , nous fait croire que le fieur Dufreni ,
Titulaire du dernier Brevet étant decedé , il ne con
vient pas que le Public foit à l'avenir privé d'un ou
vrage auffi utile qu'agréable , tant à nos fujets qu'aux
étrangers ; c'est dans cette vue que bien informé des
talens , & de la fazeffe du fieur ANTOINE DE LA ROQUE ,
Ecuyer , ancien Gendarme dans la Compagnie des
Gendarmes de nôtre Garde ordinaire , & Chevalier
de notre Ordre Militaire de Saint Louis ; nous l'avons
choifi pour compofer à l'avenir exclufivement à tout
autre ledit Ouvrage , fous le titre de MERCURE DE
FRANCE , & nous lui en avons à cet effet accordé nôtre
Brevet le 17. Octobre dernier , pour l'execution duquel
ledit fieur de la Roque nous a fait fupplier de
fui accorder nos Lettres de Privilege fur ce neceſſaires
:A CES CAUSES , conformément audit Brevet , Nous
lui avons permis & permettons par ces Prefentes de
compofer & donner au Public l'avenir tous les mois .
alui feul exclufivement , ledit Mercure de Fran . e , quàÎ
pourra faire imprimer en tel volume , forme , marge ,
Cara&tere , conjointement , cu feparement , & autant
de fois que bon lui femblera , chaque mois , & de le
faire vendre & débiter par tout nôtre Royaume , & ce
pendant le temps de douze années confecutives ,
compter du jour de la carte des Prefentes ; à condi .
tion neanmoins que haque volume portera fon Appro
bation expreſſe de l'Examinateur , qui aura été com
à
mis
•
9
,
,
mis à cet effet . Faifons défenfes à toutes fortes de
perfonnes , de quelques qualitez & conditions qu'elles
foient , d'en introduire d'impreffions étrangeres dans
aucun lieu de nôtre obéiffance , comme auffi à tous
Libraires , Imprimeurs , Graveurs , & autres , d'im
primer , faire imprimer , graver , vendre , faire vendre,
débiter ni contrefaire ledit Livre, ou planches , en tour
ou en partie , ni d'en faire aucun Extrait , fous quelque
prétexte que ce foit , d'augmentation correc
tions , changement de titre , ou autrement fans la
permiffion expreffe & par écrit de l'Expofant , ou de
ceux qui auront droit de luis le tout à peine de confifcation
des exemplaires contrefaits , de tcoo . livres
d'amende payables fans déport par chacun des contrevenans
, dont un tiers à Nous , un tiers à l'Hôtel-
Dieu de Paris , l'autre tiers à l'Expofant , ou à ceux
qui auront droit de lui , & de tous dépens , dommages
& interefts ; à la charge que ces Prefentes feront
enregistrées tout au long fur le Begiftre de la Com.
munauté des Libraires & Imprimeurs de Paris , & ce
dans trois mois de la datte d'icelles ; que l'impreflion
de ce Livre fera faite dans nôtre Royaume , & non
ailleurs , en fin papier , & en beau caractere , conformément
aux Reglemens de la Librairie ; & qu'avant
de l'expofer en vente , le manuferit ou imprimé qui
aura fervi de copie à l'impreflion dudit Livre fera
remis dans le même état où les Approbations y auront
été données , ès mains de nôtre très- cher &
Feal Chevalier , Garde des Sceaux de France , le
fieur FLEURIAU D'ARMENON VILLE, Commandeur de nos
ordres , & qu'il en fera enfuite remis deux Exemplai
res de chacun dans nôtre Bibliotheque publique , un
dans celle de nôtre Château du Louvre , & un dans
celle de notredit très - cher & feal Chevalier ,. Garde
des Sceaux de France ; le tout à peine de nullité des
Prefentes , du contenu defquelles Vous . enjoignons de
faire jouir ledit Expofant , ou fes ayans caufe pleine
ment & paisiblement , fans fouffrir qu'il leur foit fait
aucuns troubles & empêchemens , & à cet effet nous
avons revoqué & revoquons tous autres Privileges
qui pourroient avoir été donneż cy- devant à d'autres
qu'audic Expofant ; Voulons que la copie des Prefentes
qui fera imprimée tout au long au commencement ou
la fin dudit Livre foit tenuë pour duëment fignifiée ,
& qu'aux copies collationnées par l'un de nos Amez
& Feaux Confeiliers . Secretaires , foy foit ajoutée , &c.
335483
ASTOR , LENOX AND
TILDEN FOUDATIONS
•
DU ROr.
Quis par lagrace de Dieu , Roi de France & de
LNavarre à nos Amez & Feaux Confeillers , les
Gens tenans nos Cours de Parlement , Maîtres des
Requêtes ordinaires de nôtre Hôtel , Grand- Confeil
Baillifs , Senéchaux , leurs Lieutenans Civils , & au
tres nos Officiers & Jufticiers qu'il appartiendra. SALUT
: l'applaudiffement que reçoit le MERCURE DE
FRANCE , cy - devant appellé le Mercure Galant ,
Compoſé depuis l'année 1672 , par le fieur de Vifé , &
L
tres Auteurs , nous fait croire que le fieur Dufreni ,
Titulaire du dernier Brevet étant decedé , il ne con
vient pas que le Public foit à l'avenir privé d'un ou
vrage auffi utile qu'agréable , tant à nos fujets qu'aux
étrangers ; c'est dans cette vue que bien informé des
talens , & de la fazeffe du fieur ANTOINE DE LA ROQUE ,
Ecuyer , ancien Gendarme dans la Compagnie des
Gendarmes de nôtre Garde ordinaire , & Chevalier
de notre Ordre Militaire de Saint Louis ; nous l'avons
choifi pour compofer à l'avenir exclufivement à tout
autre ledit Ouvrage , fous le titre de MERCURE DE
FRANCE , & nous lui en avons à cet effet accordé nôtre
Brevet le 17. Octobre dernier , pour l'execution duquel
ledit fieur de la Roque nous a fait fupplier de
fui accorder nos Lettres de Privilege fur ce neceſſaires
:A CES CAUSES , conformément audit Brevet , Nous
lui avons permis & permettons par ces Prefentes de
compofer & donner au Public l'avenir tous les mois .
alui feul exclufivement , ledit Mercure de Fran . e , quàÎ
pourra faire imprimer en tel volume , forme , marge ,
Cara&tere , conjointement , cu feparement , & autant
de fois que bon lui femblera , chaque mois , & de le
faire vendre & débiter par tout nôtre Royaume , & ce
pendant le temps de douze années confecutives ,
compter du jour de la carte des Prefentes ; à condi .
tion neanmoins que haque volume portera fon Appro
bation expreſſe de l'Examinateur , qui aura été com
à
mis
•
9
,
,
mis à cet effet . Faifons défenfes à toutes fortes de
perfonnes , de quelques qualitez & conditions qu'elles
foient , d'en introduire d'impreffions étrangeres dans
aucun lieu de nôtre obéiffance , comme auffi à tous
Libraires , Imprimeurs , Graveurs , & autres , d'im
primer , faire imprimer , graver , vendre , faire vendre,
débiter ni contrefaire ledit Livre, ou planches , en tour
ou en partie , ni d'en faire aucun Extrait , fous quelque
prétexte que ce foit , d'augmentation correc
tions , changement de titre , ou autrement fans la
permiffion expreffe & par écrit de l'Expofant , ou de
ceux qui auront droit de luis le tout à peine de confifcation
des exemplaires contrefaits , de tcoo . livres
d'amende payables fans déport par chacun des contrevenans
, dont un tiers à Nous , un tiers à l'Hôtel-
Dieu de Paris , l'autre tiers à l'Expofant , ou à ceux
qui auront droit de lui , & de tous dépens , dommages
& interefts ; à la charge que ces Prefentes feront
enregistrées tout au long fur le Begiftre de la Com.
munauté des Libraires & Imprimeurs de Paris , & ce
dans trois mois de la datte d'icelles ; que l'impreflion
de ce Livre fera faite dans nôtre Royaume , & non
ailleurs , en fin papier , & en beau caractere , conformément
aux Reglemens de la Librairie ; & qu'avant
de l'expofer en vente , le manuferit ou imprimé qui
aura fervi de copie à l'impreflion dudit Livre fera
remis dans le même état où les Approbations y auront
été données , ès mains de nôtre très- cher &
Feal Chevalier , Garde des Sceaux de France , le
fieur FLEURIAU D'ARMENON VILLE, Commandeur de nos
ordres , & qu'il en fera enfuite remis deux Exemplai
res de chacun dans nôtre Bibliotheque publique , un
dans celle de nôtre Château du Louvre , & un dans
celle de notredit très - cher & feal Chevalier ,. Garde
des Sceaux de France ; le tout à peine de nullité des
Prefentes , du contenu defquelles Vous . enjoignons de
faire jouir ledit Expofant , ou fes ayans caufe pleine
ment & paisiblement , fans fouffrir qu'il leur foit fait
aucuns troubles & empêchemens , & à cet effet nous
avons revoqué & revoquons tous autres Privileges
qui pourroient avoir été donneż cy- devant à d'autres
qu'audic Expofant ; Voulons que la copie des Prefentes
qui fera imprimée tout au long au commencement ou
la fin dudit Livre foit tenuë pour duëment fignifiée ,
& qu'aux copies collationnées par l'un de nos Amez
& Feaux Confeiliers . Secretaires , foy foit ajoutée , &c.
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Résumé : PRIVILEGE DU ROY.
Le document est un privilège royal accordé par le roi de France et de Navarre à Antoine de La Roque pour la composition et la publication du 'Mercure de France'. Ce privilège remplace celui du défunt sieur Dufreni, auteur du 'Mercure Galant' depuis 1672. Le roi, impressionné par les talents et la fidélité de La Roque, lui accorde l'exclusivité de la publication de cet ouvrage mensuel pour une durée de douze années consécutives. Le privilège stipule que chaque volume doit porter l'approbation de l'examinateur et interdit toute contrefaçon ou importation de versions étrangères. Les contrevenants encourent des amendes et la confiscation des exemplaires contrefaits. L'impression doit se faire en France, sur du beau papier et en respectant les règlements de la librairie. Deux exemplaires de chaque volume doivent être remis à la bibliothèque publique et au Garde des Sceaux. Le roi révoque tous les autres privilèges antérieurs et ordonne que ce privilège soit enregistré et respecté.
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15
p. 151-152
LETTRE du Roy de France, écrite au Magistrat de Dantzick.
Début :
TRES-CHERS ET BONS AMIS, Nous voyons avec plaisir par votre Lettre du 18 [...]
Mots clefs :
Roi de France, Lettre, Bons amis, Roi de Pologne, Gdańsk
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE du Roy de France, écrite au Magistrat de Dantzick.
LETTRE du Roy de France , écrite
au Magistrat de Dantzick
TRES -C RES- CHERS ET BONS AMIS ,
Nous voyons avec plaisir par votre Lettre du 18
du mois dernier , aussi - bien que par les Relations
de notre Ambassadeur le Marquis de Monti ,
toutes les marques que vous donnez de votre fidelité
152 MERCURE DE FRANCE
delité et de votre zele pour le Roy de Pologne,
Les menaces que vous font ses Ennemis et les
nôtres , n'ont pas été capables de diminuer les
sentimens qui feront passer votre gloire jusques
dans les siecles à venir , et qui vous endent si
chers à nos yeux. Plusieurs Puissances donnent
déja des marques de l'interêt qu'elles prennent à
votre conservation , mais aucune ne pourra porter
les témoignages si loin que nous desirons de le
faire , puisque nous regardons vos interêts comme
les nôtres propres , et que nous nous proposons
de ne rien négliger de ce qul peut dépendre
de notre Puissance et de notre Bienveillance ;
sur ce , nous prions Dieu qu'il vous tienne, Trèschers
et bons Amis , en sa sainte garde . A Versailles
, le 15. Décembre 1733. Signê LOUIS.
au Magistrat de Dantzick
TRES -C RES- CHERS ET BONS AMIS ,
Nous voyons avec plaisir par votre Lettre du 18
du mois dernier , aussi - bien que par les Relations
de notre Ambassadeur le Marquis de Monti ,
toutes les marques que vous donnez de votre fidelité
152 MERCURE DE FRANCE
delité et de votre zele pour le Roy de Pologne,
Les menaces que vous font ses Ennemis et les
nôtres , n'ont pas été capables de diminuer les
sentimens qui feront passer votre gloire jusques
dans les siecles à venir , et qui vous endent si
chers à nos yeux. Plusieurs Puissances donnent
déja des marques de l'interêt qu'elles prennent à
votre conservation , mais aucune ne pourra porter
les témoignages si loin que nous desirons de le
faire , puisque nous regardons vos interêts comme
les nôtres propres , et que nous nous proposons
de ne rien négliger de ce qul peut dépendre
de notre Puissance et de notre Bienveillance ;
sur ce , nous prions Dieu qu'il vous tienne, Trèschers
et bons Amis , en sa sainte garde . A Versailles
, le 15. Décembre 1733. Signê LOUIS.
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Résumé : LETTRE du Roy de France, écrite au Magistrat de Dantzick.
Dans une lettre datée du 15 décembre 1733, le roi de France exprime sa satisfaction envers le magistrat de Dantzick pour sa fidélité et son zèle envers le roi de Pologne. Malgré les menaces ennemies, le magistrat a maintenu son engagement, ce qui est perçu comme une marque de gloire durable. Plusieurs puissances manifestent un intérêt pour la conservation de Dantzick, mais le roi de France assure un soutien inégalé, considérant les intérêts de Dantzick comme les siens propres. Il promet de tout mettre en œuvre pour assurer la protection et le bien-être de Dantzick. La lettre se conclut par une prière pour la protection divine du magistrat.
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16
p. 179-180
LETTRE DU ROY, dattée de Marly le 10. Janvier 1734. écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum, en actions de graces de la Prise du Château de Milan.
Début :
MON COUSIN, la conquête du Château de Milan, augmente encore la gloire [...]
Mots clefs :
Prise du château de Milan, Lettre, Roi, Chanter, Te Deum
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE DU ROY, dattée de Marly le 10. Janvier 1734. écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum, en actions de graces de la Prise du Château de Milan.
LETTRE DU ROY , dattée de
Marly le 10. Janvier 1734. écrite à
M. l'Archevêque de Paris , pour faire
chanter le Te Deum , en actions de
graces de la Prise du Château de Milan.
Mc
ON COUSIN, la conquête du Châ→
teau de Milan , augmente encore la gloire
de mes Armes en Italie , cette Place connue dans
toute l'Europe pour une des mieux fortifiées ,
s'est rendue le 30. du mois dernier , après 13 .
jours de tranchée ouverte , en six semaines de
temps tout le Pays qui est entre des Rivieres du
Tesin et de l'Oglio a été soumis par mes Trou
I ij pes
180 MERCURE DE FRANCE
pes unies à celles de mon Frere et Oncle le Roy
de Sardaigne . C'est à Dieu que je dois rapporter
des succès si rapides ; c'est lui qui a donné à
mes Soldats la force de surmonter les obstacles
des chemins et de la saison , et qui les soutient
encore dans une nouvelle entreprise qui est commencée.
Tant de faveurs exigent que je continue
à lui rendre des actions de graces des marques
de la Protection qu'il ne cesse de m'accorder. Je
yous écris donc cette Lettre pour vous dire que
mon intention est que vous fassiez chanter le
Te Deum dans votre Eglise Métropolitaine et
autres de votre Diocèse , avec les solemnitez requises,
et que vous y invitiez tous ceux à qui il
Conviendra d'y assister . Sur ce je prie Dieu qu'il
yous ait , mon Cousin , en sa sainte et digne
garde , &c.
Marly le 10. Janvier 1734. écrite à
M. l'Archevêque de Paris , pour faire
chanter le Te Deum , en actions de
graces de la Prise du Château de Milan.
Mc
ON COUSIN, la conquête du Châ→
teau de Milan , augmente encore la gloire
de mes Armes en Italie , cette Place connue dans
toute l'Europe pour une des mieux fortifiées ,
s'est rendue le 30. du mois dernier , après 13 .
jours de tranchée ouverte , en six semaines de
temps tout le Pays qui est entre des Rivieres du
Tesin et de l'Oglio a été soumis par mes Trou
I ij pes
180 MERCURE DE FRANCE
pes unies à celles de mon Frere et Oncle le Roy
de Sardaigne . C'est à Dieu que je dois rapporter
des succès si rapides ; c'est lui qui a donné à
mes Soldats la force de surmonter les obstacles
des chemins et de la saison , et qui les soutient
encore dans une nouvelle entreprise qui est commencée.
Tant de faveurs exigent que je continue
à lui rendre des actions de graces des marques
de la Protection qu'il ne cesse de m'accorder. Je
yous écris donc cette Lettre pour vous dire que
mon intention est que vous fassiez chanter le
Te Deum dans votre Eglise Métropolitaine et
autres de votre Diocèse , avec les solemnitez requises,
et que vous y invitiez tous ceux à qui il
Conviendra d'y assister . Sur ce je prie Dieu qu'il
yous ait , mon Cousin , en sa sainte et digne
garde , &c.
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Résumé : LETTRE DU ROY, dattée de Marly le 10. Janvier 1734. écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum, en actions de graces de la Prise du Château de Milan.
Le roi Louis XV informe l'archevêque de Paris, par une lettre du 10 janvier 1734, de la prise du château de Milan le 30 décembre précédent. Cette victoire a été obtenue après 13 jours de tranchées et six semaines de campagne, durant lesquelles les troupes françaises, alliées à celles du roi de Sardaigne, ont soumis la région entre les rivières du Tessin et de l'Oglio. Louis XV attribue ces succès à la protection divine et au courage de ses soldats, qui ont surmonté les difficultés des chemins et de la saison. Il ordonne que le Te Deum soit chanté dans l'église métropolitaine et dans les autres églises du diocèse, avec les solennités appropriées, et invite toutes les personnes concernées à y assister. La lettre se conclut par une prière pour la protection divine de l'archevêque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17
p. 1424-1425
COPIE DE LA LETTRE DU ROY, écrite au Maréchal de Berwick le 15. May.
Début :
J'Apprens, Mon Cousin, avec peine, que la maraude et le désordre continuent dans mon Armee [...]
Mots clefs :
Cousin, Soldats, Troupes, Maraude
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COPIE DE LA LETTRE DU ROY, écrite au Maréchal de Berwick le 15. May.
COPIE DE LA LETTRE DU ROY ,
écrite au Maréchal de Berwick le
15. May.
'Apprens , Mon Cousin, avec peine, que la ma
raude et le désordre continuent dans mon Armeg
d'Allemagne , malgré des exemples de séverité
que vous êtes obligé de faire , tant sur les Soldats
que sur les Offitiers . Je ne veux point tolerer une
licence aussi contraire à la subordination , à la discipline
et méme à la conservation de mes Troupes.
Je vous fais cette Lettre pour vous dire que mon
intention est que vous fassiek punir dans la derniere
rigueur tous les Soldats qui seront pris en contravention
des Bans que vous ferez publier , que
vous mettiez en prison pour toute la Campagne les
Capitaines des Compagnies dont ils seront , et que
vous m'envoyez les noms des Colonels des Regimens
J'Apprens,Mon avee
II. Vol. qui
JUIN. 1714 1425
qui n'auront pas l'attention qu'ils doivent à contenir
leurs Troupes . Je suis persuadé que si les Officiers
tenoient la main à la régularité du Service ,le bon
ordre seroit bien- tot établi , et vous ne sçauriez trop
leur faire entendre qu'ils seront responsables des desordres
qui seront commis par ceux qui sont sous
leurs Charges , et la présente n'étant pour autre fin,
je prie Dieu qu'il vous ait , Mon Cousin , en sa
sainte et digne garde. Signé , LOUIS , et plus
bas , Bauyn.
écrite au Maréchal de Berwick le
15. May.
'Apprens , Mon Cousin, avec peine, que la ma
raude et le désordre continuent dans mon Armeg
d'Allemagne , malgré des exemples de séverité
que vous êtes obligé de faire , tant sur les Soldats
que sur les Offitiers . Je ne veux point tolerer une
licence aussi contraire à la subordination , à la discipline
et méme à la conservation de mes Troupes.
Je vous fais cette Lettre pour vous dire que mon
intention est que vous fassiek punir dans la derniere
rigueur tous les Soldats qui seront pris en contravention
des Bans que vous ferez publier , que
vous mettiez en prison pour toute la Campagne les
Capitaines des Compagnies dont ils seront , et que
vous m'envoyez les noms des Colonels des Regimens
J'Apprens,Mon avee
II. Vol. qui
JUIN. 1714 1425
qui n'auront pas l'attention qu'ils doivent à contenir
leurs Troupes . Je suis persuadé que si les Officiers
tenoient la main à la régularité du Service ,le bon
ordre seroit bien- tot établi , et vous ne sçauriez trop
leur faire entendre qu'ils seront responsables des desordres
qui seront commis par ceux qui sont sous
leurs Charges , et la présente n'étant pour autre fin,
je prie Dieu qu'il vous ait , Mon Cousin , en sa
sainte et digne garde. Signé , LOUIS , et plus
bas , Bauyn.
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Résumé : COPIE DE LA LETTRE DU ROY, écrite au Maréchal de Berwick le 15. May.
Le 15 mai 1714, le roi adresse une lettre au Maréchal de Berwick pour exprimer son mécontentement face à la mutinerie et au désordre au sein de l'armée d'Allemagne. Malgré les mesures de sévérité déjà prises, le roi exige une discipline stricte. Il ordonne de punir sévèrement les soldats en infraction, d'emprisonner les capitaines des compagnies concernées pour toute la campagne et de lui envoyer les noms des colonels négligents. Le roi souligne la responsabilité des officiers dans le maintien de l'ordre et de la discipline. La lettre se conclut par une formule de politesse et est signée par Louis et Bauyn.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18
p. 1885-1886
LETTRE du Roi, écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum en actions de graces des avantages remportés par les Armées de France & d'Espagne sur les Troupes du Roi de Sardaigne.
Début :
MON Cousin, après la perte que le Roi de Sardaigne a faite du Comté [...]
Mots clefs :
Roi de Sardaigne, Te Deum, Actions de grâces
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE du Roi, écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum en actions de graces des avantages remportés par les Armées de France & d'Espagne sur les Troupes du Roi de Sardaigne.
LETTRE du Roi , écrite à M. l'Arche
vêque de Paris , pour faire chanter le Te
Deum en actions de graces des avantages
remportés par les Armées de France &
d'Espagne fur les Troupes du Roi de Sardaigne.
ON COUSIN , après la perte que le
M Roi de Sardaigne a faire du Comté
de Nice , il avoit raffemblé toutes fes forces
pour fermer l'entrée du Piedmont à mon
Frere , Coufin & Gendre l'Infant Dom Philippe
, & pour l'empêcher de pénétrer dans
les Etats qui lui font dévolus par les droits
du Sang. Mais mon Armée réunie à celle
d'Espagne , fous le commandement de mondit
Frere & de mon Coufin le Prince de
Conty , vient de furmonter tous les obſtacles
, que la nature & l'art oppofoient à ce
paffage. Les Retranchemens des Vallées de
Sture & du Château Dauphin ont été forcés
les 18 & 19 du mois dernier ; les Trou-
H iij pes
1886 MERCURE DE FRANCE.
pes qui les défendoient ont été défaites ,
leurs principaux Officiers tués ou faits prifonniers
, & le Château Dauphin abandonné
, avec l'Artillerie dont il étoit muni. Les
avantages qui réfultent de cette operation ,
en ouvrant à nos Armées les débouchés de
la Plaine de Piedmont , font une fuite de la
protection que Dieu accorde à la juftice de
mes armes ; & voulant lui rendre les actions
de graces qui lui en font dûës , je vous
écris cette Lettre pour vous dire , que mon
intention eft , que vous faffiez chanter le
Te Deum dans l'Eglife Métropolitaine de ma
bonne Ville de Paris , & autres de votre
Diocéfe , avec les folemnités requifes , au
jour & à l'heure que le Grand-Maître , ou
le Maître des Cérémonies vous dira de ma
part , & invitiez tous ceux qu'il que vous y
conviendra d'y affifter . Sur ce , je prie Dieu ,
qu'il vous ait , MON COUSIN , en fa fainte
& digne garde. Ecrit à Metz les Août
1744. Signé , LOUIS ; Et plus bas , PHELYPEAUX
.
vêque de Paris , pour faire chanter le Te
Deum en actions de graces des avantages
remportés par les Armées de France &
d'Espagne fur les Troupes du Roi de Sardaigne.
ON COUSIN , après la perte que le
M Roi de Sardaigne a faire du Comté
de Nice , il avoit raffemblé toutes fes forces
pour fermer l'entrée du Piedmont à mon
Frere , Coufin & Gendre l'Infant Dom Philippe
, & pour l'empêcher de pénétrer dans
les Etats qui lui font dévolus par les droits
du Sang. Mais mon Armée réunie à celle
d'Espagne , fous le commandement de mondit
Frere & de mon Coufin le Prince de
Conty , vient de furmonter tous les obſtacles
, que la nature & l'art oppofoient à ce
paffage. Les Retranchemens des Vallées de
Sture & du Château Dauphin ont été forcés
les 18 & 19 du mois dernier ; les Trou-
H iij pes
1886 MERCURE DE FRANCE.
pes qui les défendoient ont été défaites ,
leurs principaux Officiers tués ou faits prifonniers
, & le Château Dauphin abandonné
, avec l'Artillerie dont il étoit muni. Les
avantages qui réfultent de cette operation ,
en ouvrant à nos Armées les débouchés de
la Plaine de Piedmont , font une fuite de la
protection que Dieu accorde à la juftice de
mes armes ; & voulant lui rendre les actions
de graces qui lui en font dûës , je vous
écris cette Lettre pour vous dire , que mon
intention eft , que vous faffiez chanter le
Te Deum dans l'Eglife Métropolitaine de ma
bonne Ville de Paris , & autres de votre
Diocéfe , avec les folemnités requifes , au
jour & à l'heure que le Grand-Maître , ou
le Maître des Cérémonies vous dira de ma
part , & invitiez tous ceux qu'il que vous y
conviendra d'y affifter . Sur ce , je prie Dieu ,
qu'il vous ait , MON COUSIN , en fa fainte
& digne garde. Ecrit à Metz les Août
1744. Signé , LOUIS ; Et plus bas , PHELYPEAUX
.
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19
p. 2122-2123
LETTRE du Roi, écrite à M. l'Arche[vê]que de Paris, pour faire chanter le Te Deum, en actions de graces du rétablissement de la santé de Sa Majesté.
Début :
MON COUSIN, les graces signalées que je viens de recevoir de la Bonté du Tout-Puissant, [...]
Mots clefs :
Te Deum, Convalescence, Paris, Sujets
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE du Roi, écrite à M. l'Arche[vê]que de Paris, pour faire chanter le Te Deum, en actions de graces du rétablissement de la santé de Sa Majesté.
LETTRE du Roi , écrite à M. l'Archeque
de Paris , pour faire chanter le Te
Deum , en actions de graces du rétabliffe
ment de lafanté de Sa Majesté.
ON COUSIN , les graces fignalées que je
fant , dans la maladie dont il a permis que je fulle
attaqué , font une nouvelle preuve bien fentible de
la
SEPTEMBRE. 1744. 2123
Ja protection finguliere dont il daigne me favorifer .
Je ne puis mieux employer les premiers momens de
ma convalefcence , qu'à lui donner des témoigna
ges publics de ma vive reconnoiffance , & le lupplier
de m'accorder pendant le rette des jours qu'il
voudra bien me conferver , les fecours qui me font
néceffaires , pour n'être occupé que de la gloire &
du bonheur de mes Sujets . Les marques & touchantes
d'attachement que j'ai reçues d'eux dans cette
conjoncture , m'ont rempli de la plus douce confolation
; elles me font efperer , que la ferveur de
leurs prieres attirera fur moi & fur mon Royaume
de nouvelles bénédictions , que je defire principalement
, pour les rendre heureux. C'eft dans ces fentimens
que je vous écris cette Lettre, pour vous dire
que mon intention eft , que vous falliez chanter le
Te Deum dans l'Eglife Métropolitaine de ma bonne
Ville de Paris , le jour que le Grand-Maître ou le
Maître des Cérémonies vous dira de ma part ; fur ce,
je prie Dieu , qu'il vous ait , MoN COUSIN , en fa
fainte & digne garde. Ecrite à Metz le 4 Septembre
· 1744. Signé , LOUIS , & plus bas , PHELY PEAUX .
de Paris , pour faire chanter le Te
Deum , en actions de graces du rétabliffe
ment de lafanté de Sa Majesté.
ON COUSIN , les graces fignalées que je
fant , dans la maladie dont il a permis que je fulle
attaqué , font une nouvelle preuve bien fentible de
la
SEPTEMBRE. 1744. 2123
Ja protection finguliere dont il daigne me favorifer .
Je ne puis mieux employer les premiers momens de
ma convalefcence , qu'à lui donner des témoigna
ges publics de ma vive reconnoiffance , & le lupplier
de m'accorder pendant le rette des jours qu'il
voudra bien me conferver , les fecours qui me font
néceffaires , pour n'être occupé que de la gloire &
du bonheur de mes Sujets . Les marques & touchantes
d'attachement que j'ai reçues d'eux dans cette
conjoncture , m'ont rempli de la plus douce confolation
; elles me font efperer , que la ferveur de
leurs prieres attirera fur moi & fur mon Royaume
de nouvelles bénédictions , que je defire principalement
, pour les rendre heureux. C'eft dans ces fentimens
que je vous écris cette Lettre, pour vous dire
que mon intention eft , que vous falliez chanter le
Te Deum dans l'Eglife Métropolitaine de ma bonne
Ville de Paris , le jour que le Grand-Maître ou le
Maître des Cérémonies vous dira de ma part ; fur ce,
je prie Dieu , qu'il vous ait , MoN COUSIN , en fa
fainte & digne garde. Ecrite à Metz le 4 Septembre
· 1744. Signé , LOUIS , & plus bas , PHELY PEAUX .
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20
p. 195-202
EDIT POUR LA TONTINE.
Début :
EDIT DU ROI, portant Création de Rentes viageres & de Tontine. Donné à Versailles [...]
Mots clefs :
Rentes, Rentes viagères, Tontines, Acquéreurs, Contrats, Tontine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EDIT POUR LA TONTINE.
EDIT POUR LA TONTINE .
EDITDU ROI , portant Création de Ren- tes viageres & de Tontine. Donné à Verfailles
au mois de Novembre 1744. LOUIS par la
grace de Dieu , Roi de France & de Navarre : A
196 MERCURE DE FRANCE .
tous préſens & à venir , SALUT. L'augmentation
des dépenses auſquelles Nous ſommes obligés
pour la continuation de la Guerre , Nous mettant
dans la néceſſité de nous procurer des fonds extraordinaires
pour le ſervice de l'année prochaine ,
Nousaurions crû devoir écouter la propoſition qui
Nous a été faite d'une nouvelle Creation de Rentes
viageres & de Tontine à l'instar de celles créées
par nos Edits précédens ,& dont la levée a été faite
avec fuccès par ceux de nos Sujets qui veulent
jouir d'un revenu plus confidérable pendant leur
vie , & Nous nous ſommes portés d'autant plus
volontiers à cette nouvelle Création de Rentes viageres&
de Tontine , que quoiqu'elle préſente une
augmentation de charges dans nos états de dépenfes,
cette augmentation ſe trouve compenſée en
partie par le revenant bon qu'a produit l'extinction
de pareilles Rentes créées par nos précédens Edits ,
& qu'au moyen de cette extinction fucceſſive le
fonds que Nous affignons annuellement ſur nos
Etats des Fermes ſe trouvera peu augmenté. Acas
CAUSES , & autres à ce Nous mouvans ; de l'avisde
notre Conſeil , & de notre certaine ſcience ,
pleine puiſſance & autorité Royale , Nous avons
par le préfent Edit perpétuel & irrevocable , die,
ſtatué& ordonné ,diſons , Ratuons & ordonnons ,
voulons & Nous plaît.
ARTICLEI Que par les Commiffaires de
notre Conſeil qui feront par Nous députés , il foit
vendu& aliené ànos chers&bien amés les Prévôt
des Marchands & Echevins de notre bonne Ville
de Paris 1357200 liv. de Rentes viageres , ſçavoir ,
480000 liv. de Rentes purement viageres , &
877200 liv. de Rentes auſſi viageres , dites Tontines
, avec accroiſſement aux furvivans , leſquelles
Rentes Nous avons affignées &affignons ſur le
produit de nos droits d'Aydes & Gabelles ,&des
?
NOVEMBRE. 1744. 197
cinqgroffes Fermes , que Nous avons déclarés &
déclarons ſpécialement &par privilége affectés&
hypotéqués au payement des arrérages deſdites
Rentes , même par préférence à la partie de notre
Tréſor Royal .
II. Voulons que les conſtitutions particulieres
deſdites Rentes forent faites par leſdits Prévôt des
Marchands & Echevins à ceux qui en auront porté
les capitaux en notre Tréſor Royal , & que les
Contrats en ſoientpaffés par devant tels Notaires
que les Acquereurs voudront choiſir , pour joüis
deſdites Rentes leur vie durant , comme de leur
propre choſe, vrai & loyal acquêt pleinement&paiſiblement
, & en être payés actuellement par demie
année à Bureau ouvert en deux payemens par chacun
an par les Payeurs des autres Rentes afſignées
fur nos Aydes & Gabelles , ſans que leſdites Rentes
puiffent êtreréduites ni retranchées ſous quel
que prétexte que ce puiſſe être ; & feront leſdits
Contrats deRentes délivrés gratuitement auxAc
quereurs par les Notaires , auſquels il ſera par
Nous pourvû d'un ſalaire raiſonnable .
III . Leſdits 480000 liv. de Rentes purement
viageres feront partagées en huitClaſſes différentes,
ſuivant l'âge des Acquereurs ; la premiere , de
12000 liv. de Rentes pour ceux depuis la naiſſance
juſqu'à dix ans ſur le pied du dernier treize. La
ſeconde , de 18000 liv. depuis dix ans juſqu'à
vingt , ſur le pied du dernier douze. La troifiéme
de 70000 liv. depuis vingt ans juſqu'à trente , fur
le pied du dernier onze. La quatrième , de 160000
liv. depuis trente ans juſqu'à quarante , ſur le pied
du dernier dix. La cinquiéme , de 1500co liv, depuis
quarante ans juſqu'à cinquante , fur le pied
dudernier neuf La fixieme , de 40000 liv. depuis
cinquante ans juſqua foixante , fur le pied du der
nier huit &demi.La ſeptième , de 18000 liv. de
198 MERCURE DE FRANCE.
puis foixante ans juſqu'à ſoixante& dix , ſur le pied
du derier huit. Et la huitieme .. de 12000 liv . depuis
ſoixante& dix ans & au-deſſus , ſur le pied du
dernier ſept , les conſtitutions particulieres deſquelles
Rentes ne pourront être moindre de so liv. de
jouiſſance.
,
IV. Leſdits 877200 liv. de Rentes viageres de
Tontines formeront la quantité de 30010 Actions
à 300 liv. de principal chacune , qui feront diſtribuées
en quinze Claſſes ſuivant l'âge des Acquereurs
La premiere , de 12000 liv de Rente pour
ceux depuis la naiſſancejuſqu'à cinq ans. La deuxiéme
, de 18900 liv. depuis cinq ans jusqu'à dix.
La troiſième , de 16400 liv. depuis dix ans juſqu'à
quinze. La quatrième , de 34500 liv . depuis quinze
ans juſqu'à vingt. La cinquième , de 43200 liv.
depuis vingt ans juſqu'à vingt- cinq. La fixiéme
de 60000 liv. depuis vingt cinq ans juſqu'à trente!
La ſeptième , de 72900 liv. depuis trente juſqu'à
trente-cinq. La huitieme , de 87000 liv. depuis
trente-cinq juſqu'à quarante. La neuvième , de
99000 liv. depuis quarante juſqu'à quarante-cinq
La dixiéme , de 111600 liv. depuis quarante cinq
juſqu'à cinquante. La onzième , de 96000 liv. depuis
cinquante juſqu'à cinquante-cinq. La douziéme,
de 71400 liv. depuis cinquante cinq juſqu'à
ſoixante. La treiziéme , de 64800 liv. depuis ſoixante
juſqu'à ſoixante-cinq. La quatorziéme , de
44400 liv. depuis foixante- cinq juſqu'à ſoixante &
dix. Et la quinziéme , de 35100 liv. pour ceux de
foixante & dix ans & au - deſſus ; & feront leſdites
Claſſes ſubdiviſées , ſçavoir: la premiere , en deux
parties ; la deuxième , en trois ; la troiſieme , en
quatre, la quatrième , en cinq ; la cinquiéme , en
ix ; la fixiéme , en huit ; la huitieme , en neuf ; la
neuvième , en onze ; la dixiéme , en douze ; la onxiéme
, en dix ; la douxieme , en ſept; la treizićs
NOVEMBRE. 1744. 199
me, en fix ; la quatorziéme , en quatre , & la
quinziéme , en trois ; toutes de trois cent Actions
chacune.
V. Il ſera payé annuellement pour chaque Action
pendant la vie des Rentiers de chaque Claſſe ; ſçavoir
, à ceux de la premiere 20 liv par Action ; à
ceux de la ſeconde , 21 liv . à ceux de la trofiéme ,
22 liv à ceux de la quatrième , 23 liv . à ceux de la
cinquiéme , 24 liv à ceux de la fixieme , 25 liv.
àceux de la ſeptième , 27 liv. à ceux de la huittéme
, 29 liv. à ceux de la neuvième , 30 liv . à ceux
de la dixiéme , 31 liv. à ceux de la onziéme , 32
liv. à ceux de la douziéme , 34 liv. à ceux de la
treiziéme , 36 liv. à ceux de la quatorziéme , 37
liv. à ceux de la quinziéme , 39 liv .
VI. Lorſque les Acquereurs deſdites Rentes viageres
dites Tontines décederont , les arrérages
dont ils jouiffoient appartiendront par accroiffement
aux furvivans de la même subdiviſion dans
laquelle ils ſeront employés , & feront diftribués
entr'eux d'année en année au fol la livre juſqu'au
dernier mourant , ſans que leſdites Rentes puiffent
être cenſées éteintes ànotre profit par le décès des
Acquereurs , finon après le décès du dernier Rentierde
chaque Subdiviſion de Claffe ; en forte que
ledernier vivant de chaque Subdivifion de chacune
deſdites Claſſes recueillera ſeul le revenu de
tous les capitaux qui compo eront la lite Subdivifion
,qui ne ſera éteinte à notre profit qu'après la
mort dudit dernier Rentier.
VII . Leſdites Conſtitutions ne pourront être
moindres que d'une Action , mais il ſera permis
aux Acquereurs d'en prendre tel nombre qu'il leur
plaira en chaque Subdivifion de leur Claffe , pour
leſquelles il ſera expédié un ou pluſieurs Contrats à
leur choix.
VIII. Voulons que conformément à ce qui a été
200 MERCURE DE FRANCE.
pratiqué à l'égard des précédentes Tontines , fi-tot
après la confection des liſtes de celle-ci , le Prévôt
des Marchands de notre bonne Ville de Paris , pro
céde à la nomination des Syndics honoraires defdites
Claſſes , & à la répartition du travail entre lesi
Syndics oneraires des Tontines.
IX. Les Etrangers non naturaliſés , même ceux
demeurans hors de notre Royaume , Pays , Terres
&Seigneuries denotre obéiſſance , pourront , aind
que nospropres Sujets , acquerir les Rentes créées
par notre préſent Edit , encore bien qu'ils fuſſent
Sujetsdes Puiſſances avec lesquelles nous ſommes
ou pourrions être en Guerre , & ils en jouiront
avec tous les priviléges qui leur ont été accordés
pour les autres Rentesdudit Hôtel de Ville par l'Editdu
mois de Décembre 1674 , & autres ſubſéquens.
1
,ne
X. Etpour d'autantplus favoriſer les Acquereurs
deſdites Rentes , voulons que les arrérages des viageres
& ceux des Tontines , à quelques ſommes
qu'ils puiffent monter & les accroiſſemens
puiffent être ſaiſis ſous quelque prétexte que ce
foit , pas même pour nos propres affaires ; & en
outre que lefdites Rentes qui feront acquiſes par
JesEtrangers foient exemptes de toutes Lettres de
marques& de repréſailles pour quelque cauſe que
cefoit.
XI. Les peres & meres qui auront acquis leſdites
Rentes ſous le nom d'aucun de leurs enfans ,jouiront
des arrérages , ſans être tenus d'en rendre aucun
compte juſqu'à ce qu'ils en ayent diſpoſé au
profit de leurſdits enfans.
XII. Ceux de nos Sujets taillables qui acquereront
leſdites Rentes viageres,ne pourront être imfésà
la Taille à plus grande ſomme pour raiſon de
ladite acquifition , ni même pour l'accroiffement
dont ilspourront jouir dans la ſuite.
NOVEMBRE. 1744. 201
XIII. Les Acquereurs deſdites Rentes pourront
faire paffer les Contrats ſous leur nom ou foustel
autre qu'ils voudront choiſir , pour en jouir par
eux ou par ceux qu'ils nommeront , leur viedurant
fur leurs quittances ,dont il ſera fait mention dans
les Quittances du Garde de notre Tréſor Royal ,
&dans leſdits Contrats ; & l'existence des perſonnes
nommées par leſdits Acquereurs fera juſtifiée
pour recevoir les arrérages des Rentes viageres , &
les accroiſſemens dans les Tontines , conformément
à ce qui a été ordonné par nos Déclarations
des 27 Décembre 1727 , & 23 Juillet 1737.
XIV. Leſdits Acquereurs feront tenus de juſtifier
leur âge par des Extraits Baptiftaires ou autres
Actes équipolents , en bonne forme , & dûëment
légaliſés : & à l'égard des Etrangers demeurans
hors de notre Royaume , ils ſeront tenus , outre
leſdits Extraits Baptiftaires , ou autres Actes équipolents
, de rapporter des Certificats de nos Am
baſſadeurs , Envoyés , Réſidens ou Conſuis de la
Nation Françoiſe dans les Cours , Etats ou Villes
Etrangeres où ils demeureront , portant qu'ils ſe
font préſentés devant eux , & qu'ils ont repréſenté
leſdits Extraits Baptiftaires ou Actes équipolents ,
leſquels Extraits Baptiftaires ou Actes équipolents
feront annexés aux Minutes des Contrats deſdites
Rentes.
XV. S'il arrivoit que quelqu'un deſdits Acquereurs
ſe fit comprendre ſur un faux Baptiftaire ou
Acte équipolent , ou par une ſuppoſition de nom
dans une Claſſe plus avancée en âge que celle où
il doit être , Voulons , quant aux Rentes purement
viageres , que celle qui lui aura été conftituée ,demeure
éteinte à notre profit ; & quant aux Rentes
deTontines , qu'elles appartiennent par droit d'accroiſſement
aux autres Rentiers de la Subdivifion
de laClaſſe où il aura été employé , même qu'il
202 MERCURE DE FRANCE.
1
foit procédé contre lui comme fauſſaire , ſuivant
la rigueur des Ordonnances. Permettons néanmoins
aufdits Acquereurs de faire réformer , lors
dela paſſation de leurs Contrats , les erreurs qui
pourroient s'être gliffées à ce ſujetdans les Quittances
du Garde de notre Tréſor Royal.
XVI . Le Bureau ſera ouvert en notre Tréſor
Royal huit jours après l'enregiſtrement de notre
préſent Edit ; pour y recevoir les derniers capitaux
deſdites Rentes , & en délivrer des Quittances.
XVII. Ceux qui acquerront leſdites Rentes avant
le premier Janvier prochain , en auront la jouif
ſance à commencer du premier Octobre précédent ;
&ceux qui les acquerront après le premier Janvier
, n'en auront la jouiſſance que du premier
jour du Quartier dans lequel ils les auront conftituées.
XVIII. S'il arrive quelques conteſtations au fujet
du payement deſdites Rentes , la connoiſſance
en appartiendra auſdits Prévôt des Marchands &
Echevins de notre bonne Ville de Paris , auſquels
Nous en attribuons toute Cour , Jurisdiction &
connoiſſance , pour être décidées ſommairement &
fans frais en premiere Inſtance , ſauf l'appel en notre
Cour de Parlement de Paris , nonobſtant& fans
préjudice duquel appel , les Jugemens rendus par
leſdits Prévôt des Marchanus & Echevins seront exécutés
parproviſion. Si donnons en Mandement ,
&c. Donné à Verſailles au mois de Noveinbre
1744. Signé , LOUIS. & plus bas , PHELYPEAUX .
EDITDU ROI , portant Création de Ren- tes viageres & de Tontine. Donné à Verfailles
au mois de Novembre 1744. LOUIS par la
grace de Dieu , Roi de France & de Navarre : A
196 MERCURE DE FRANCE .
tous préſens & à venir , SALUT. L'augmentation
des dépenses auſquelles Nous ſommes obligés
pour la continuation de la Guerre , Nous mettant
dans la néceſſité de nous procurer des fonds extraordinaires
pour le ſervice de l'année prochaine ,
Nousaurions crû devoir écouter la propoſition qui
Nous a été faite d'une nouvelle Creation de Rentes
viageres & de Tontine à l'instar de celles créées
par nos Edits précédens ,& dont la levée a été faite
avec fuccès par ceux de nos Sujets qui veulent
jouir d'un revenu plus confidérable pendant leur
vie , & Nous nous ſommes portés d'autant plus
volontiers à cette nouvelle Création de Rentes viageres&
de Tontine , que quoiqu'elle préſente une
augmentation de charges dans nos états de dépenfes,
cette augmentation ſe trouve compenſée en
partie par le revenant bon qu'a produit l'extinction
de pareilles Rentes créées par nos précédens Edits ,
& qu'au moyen de cette extinction fucceſſive le
fonds que Nous affignons annuellement ſur nos
Etats des Fermes ſe trouvera peu augmenté. Acas
CAUSES , & autres à ce Nous mouvans ; de l'avisde
notre Conſeil , & de notre certaine ſcience ,
pleine puiſſance & autorité Royale , Nous avons
par le préfent Edit perpétuel & irrevocable , die,
ſtatué& ordonné ,diſons , Ratuons & ordonnons ,
voulons & Nous plaît.
ARTICLEI Que par les Commiffaires de
notre Conſeil qui feront par Nous députés , il foit
vendu& aliené ànos chers&bien amés les Prévôt
des Marchands & Echevins de notre bonne Ville
de Paris 1357200 liv. de Rentes viageres , ſçavoir ,
480000 liv. de Rentes purement viageres , &
877200 liv. de Rentes auſſi viageres , dites Tontines
, avec accroiſſement aux furvivans , leſquelles
Rentes Nous avons affignées &affignons ſur le
produit de nos droits d'Aydes & Gabelles ,&des
?
NOVEMBRE. 1744. 197
cinqgroffes Fermes , que Nous avons déclarés &
déclarons ſpécialement &par privilége affectés&
hypotéqués au payement des arrérages deſdites
Rentes , même par préférence à la partie de notre
Tréſor Royal .
II. Voulons que les conſtitutions particulieres
deſdites Rentes forent faites par leſdits Prévôt des
Marchands & Echevins à ceux qui en auront porté
les capitaux en notre Tréſor Royal , & que les
Contrats en ſoientpaffés par devant tels Notaires
que les Acquereurs voudront choiſir , pour joüis
deſdites Rentes leur vie durant , comme de leur
propre choſe, vrai & loyal acquêt pleinement&paiſiblement
, & en être payés actuellement par demie
année à Bureau ouvert en deux payemens par chacun
an par les Payeurs des autres Rentes afſignées
fur nos Aydes & Gabelles , ſans que leſdites Rentes
puiffent êtreréduites ni retranchées ſous quel
que prétexte que ce puiſſe être ; & feront leſdits
Contrats deRentes délivrés gratuitement auxAc
quereurs par les Notaires , auſquels il ſera par
Nous pourvû d'un ſalaire raiſonnable .
III . Leſdits 480000 liv. de Rentes purement
viageres feront partagées en huitClaſſes différentes,
ſuivant l'âge des Acquereurs ; la premiere , de
12000 liv. de Rentes pour ceux depuis la naiſſance
juſqu'à dix ans ſur le pied du dernier treize. La
ſeconde , de 18000 liv. depuis dix ans juſqu'à
vingt , ſur le pied du dernier douze. La troifiéme
de 70000 liv. depuis vingt ans juſqu'à trente , fur
le pied du dernier onze. La quatrième , de 160000
liv. depuis trente ans juſqu'à quarante , ſur le pied
du dernier dix. La cinquiéme , de 1500co liv, depuis
quarante ans juſqu'à cinquante , fur le pied
dudernier neuf La fixieme , de 40000 liv. depuis
cinquante ans juſqua foixante , fur le pied du der
nier huit &demi.La ſeptième , de 18000 liv. de
198 MERCURE DE FRANCE.
puis foixante ans juſqu'à ſoixante& dix , ſur le pied
du derier huit. Et la huitieme .. de 12000 liv . depuis
ſoixante& dix ans & au-deſſus , ſur le pied du
dernier ſept , les conſtitutions particulieres deſquelles
Rentes ne pourront être moindre de so liv. de
jouiſſance.
,
IV. Leſdits 877200 liv. de Rentes viageres de
Tontines formeront la quantité de 30010 Actions
à 300 liv. de principal chacune , qui feront diſtribuées
en quinze Claſſes ſuivant l'âge des Acquereurs
La premiere , de 12000 liv de Rente pour
ceux depuis la naiſſancejuſqu'à cinq ans. La deuxiéme
, de 18900 liv. depuis cinq ans jusqu'à dix.
La troiſième , de 16400 liv. depuis dix ans juſqu'à
quinze. La quatrième , de 34500 liv . depuis quinze
ans juſqu'à vingt. La cinquième , de 43200 liv.
depuis vingt ans juſqu'à vingt- cinq. La fixiéme
de 60000 liv. depuis vingt cinq ans juſqu'à trente!
La ſeptième , de 72900 liv. depuis trente juſqu'à
trente-cinq. La huitieme , de 87000 liv. depuis
trente-cinq juſqu'à quarante. La neuvième , de
99000 liv. depuis quarante juſqu'à quarante-cinq
La dixiéme , de 111600 liv. depuis quarante cinq
juſqu'à cinquante. La onzième , de 96000 liv. depuis
cinquante juſqu'à cinquante-cinq. La douziéme,
de 71400 liv. depuis cinquante cinq juſqu'à
ſoixante. La treiziéme , de 64800 liv. depuis ſoixante
juſqu'à ſoixante-cinq. La quatorziéme , de
44400 liv. depuis foixante- cinq juſqu'à ſoixante &
dix. Et la quinziéme , de 35100 liv. pour ceux de
foixante & dix ans & au - deſſus ; & feront leſdites
Claſſes ſubdiviſées , ſçavoir: la premiere , en deux
parties ; la deuxième , en trois ; la troiſieme , en
quatre, la quatrième , en cinq ; la cinquiéme , en
ix ; la fixiéme , en huit ; la huitieme , en neuf ; la
neuvième , en onze ; la dixiéme , en douze ; la onxiéme
, en dix ; la douxieme , en ſept; la treizićs
NOVEMBRE. 1744. 199
me, en fix ; la quatorziéme , en quatre , & la
quinziéme , en trois ; toutes de trois cent Actions
chacune.
V. Il ſera payé annuellement pour chaque Action
pendant la vie des Rentiers de chaque Claſſe ; ſçavoir
, à ceux de la premiere 20 liv par Action ; à
ceux de la ſeconde , 21 liv . à ceux de la trofiéme ,
22 liv à ceux de la quatrième , 23 liv . à ceux de la
cinquiéme , 24 liv à ceux de la fixieme , 25 liv.
àceux de la ſeptième , 27 liv. à ceux de la huittéme
, 29 liv. à ceux de la neuvième , 30 liv . à ceux
de la dixiéme , 31 liv. à ceux de la onziéme , 32
liv. à ceux de la douziéme , 34 liv. à ceux de la
treiziéme , 36 liv. à ceux de la quatorziéme , 37
liv. à ceux de la quinziéme , 39 liv .
VI. Lorſque les Acquereurs deſdites Rentes viageres
dites Tontines décederont , les arrérages
dont ils jouiffoient appartiendront par accroiffement
aux furvivans de la même subdiviſion dans
laquelle ils ſeront employés , & feront diftribués
entr'eux d'année en année au fol la livre juſqu'au
dernier mourant , ſans que leſdites Rentes puiffent
être cenſées éteintes ànotre profit par le décès des
Acquereurs , finon après le décès du dernier Rentierde
chaque Subdiviſion de Claffe ; en forte que
ledernier vivant de chaque Subdivifion de chacune
deſdites Claſſes recueillera ſeul le revenu de
tous les capitaux qui compo eront la lite Subdivifion
,qui ne ſera éteinte à notre profit qu'après la
mort dudit dernier Rentier.
VII . Leſdites Conſtitutions ne pourront être
moindres que d'une Action , mais il ſera permis
aux Acquereurs d'en prendre tel nombre qu'il leur
plaira en chaque Subdivifion de leur Claffe , pour
leſquelles il ſera expédié un ou pluſieurs Contrats à
leur choix.
VIII. Voulons que conformément à ce qui a été
200 MERCURE DE FRANCE.
pratiqué à l'égard des précédentes Tontines , fi-tot
après la confection des liſtes de celle-ci , le Prévôt
des Marchands de notre bonne Ville de Paris , pro
céde à la nomination des Syndics honoraires defdites
Claſſes , & à la répartition du travail entre lesi
Syndics oneraires des Tontines.
IX. Les Etrangers non naturaliſés , même ceux
demeurans hors de notre Royaume , Pays , Terres
&Seigneuries denotre obéiſſance , pourront , aind
que nospropres Sujets , acquerir les Rentes créées
par notre préſent Edit , encore bien qu'ils fuſſent
Sujetsdes Puiſſances avec lesquelles nous ſommes
ou pourrions être en Guerre , & ils en jouiront
avec tous les priviléges qui leur ont été accordés
pour les autres Rentesdudit Hôtel de Ville par l'Editdu
mois de Décembre 1674 , & autres ſubſéquens.
1
,ne
X. Etpour d'autantplus favoriſer les Acquereurs
deſdites Rentes , voulons que les arrérages des viageres
& ceux des Tontines , à quelques ſommes
qu'ils puiffent monter & les accroiſſemens
puiffent être ſaiſis ſous quelque prétexte que ce
foit , pas même pour nos propres affaires ; & en
outre que lefdites Rentes qui feront acquiſes par
JesEtrangers foient exemptes de toutes Lettres de
marques& de repréſailles pour quelque cauſe que
cefoit.
XI. Les peres & meres qui auront acquis leſdites
Rentes ſous le nom d'aucun de leurs enfans ,jouiront
des arrérages , ſans être tenus d'en rendre aucun
compte juſqu'à ce qu'ils en ayent diſpoſé au
profit de leurſdits enfans.
XII. Ceux de nos Sujets taillables qui acquereront
leſdites Rentes viageres,ne pourront être imfésà
la Taille à plus grande ſomme pour raiſon de
ladite acquifition , ni même pour l'accroiffement
dont ilspourront jouir dans la ſuite.
NOVEMBRE. 1744. 201
XIII. Les Acquereurs deſdites Rentes pourront
faire paffer les Contrats ſous leur nom ou foustel
autre qu'ils voudront choiſir , pour en jouir par
eux ou par ceux qu'ils nommeront , leur viedurant
fur leurs quittances ,dont il ſera fait mention dans
les Quittances du Garde de notre Tréſor Royal ,
&dans leſdits Contrats ; & l'existence des perſonnes
nommées par leſdits Acquereurs fera juſtifiée
pour recevoir les arrérages des Rentes viageres , &
les accroiſſemens dans les Tontines , conformément
à ce qui a été ordonné par nos Déclarations
des 27 Décembre 1727 , & 23 Juillet 1737.
XIV. Leſdits Acquereurs feront tenus de juſtifier
leur âge par des Extraits Baptiftaires ou autres
Actes équipolents , en bonne forme , & dûëment
légaliſés : & à l'égard des Etrangers demeurans
hors de notre Royaume , ils ſeront tenus , outre
leſdits Extraits Baptiftaires , ou autres Actes équipolents
, de rapporter des Certificats de nos Am
baſſadeurs , Envoyés , Réſidens ou Conſuis de la
Nation Françoiſe dans les Cours , Etats ou Villes
Etrangeres où ils demeureront , portant qu'ils ſe
font préſentés devant eux , & qu'ils ont repréſenté
leſdits Extraits Baptiftaires ou Actes équipolents ,
leſquels Extraits Baptiftaires ou Actes équipolents
feront annexés aux Minutes des Contrats deſdites
Rentes.
XV. S'il arrivoit que quelqu'un deſdits Acquereurs
ſe fit comprendre ſur un faux Baptiftaire ou
Acte équipolent , ou par une ſuppoſition de nom
dans une Claſſe plus avancée en âge que celle où
il doit être , Voulons , quant aux Rentes purement
viageres , que celle qui lui aura été conftituée ,demeure
éteinte à notre profit ; & quant aux Rentes
deTontines , qu'elles appartiennent par droit d'accroiſſement
aux autres Rentiers de la Subdivifion
de laClaſſe où il aura été employé , même qu'il
202 MERCURE DE FRANCE.
1
foit procédé contre lui comme fauſſaire , ſuivant
la rigueur des Ordonnances. Permettons néanmoins
aufdits Acquereurs de faire réformer , lors
dela paſſation de leurs Contrats , les erreurs qui
pourroient s'être gliffées à ce ſujetdans les Quittances
du Garde de notre Tréſor Royal.
XVI . Le Bureau ſera ouvert en notre Tréſor
Royal huit jours après l'enregiſtrement de notre
préſent Edit ; pour y recevoir les derniers capitaux
deſdites Rentes , & en délivrer des Quittances.
XVII. Ceux qui acquerront leſdites Rentes avant
le premier Janvier prochain , en auront la jouif
ſance à commencer du premier Octobre précédent ;
&ceux qui les acquerront après le premier Janvier
, n'en auront la jouiſſance que du premier
jour du Quartier dans lequel ils les auront conftituées.
XVIII. S'il arrive quelques conteſtations au fujet
du payement deſdites Rentes , la connoiſſance
en appartiendra auſdits Prévôt des Marchands &
Echevins de notre bonne Ville de Paris , auſquels
Nous en attribuons toute Cour , Jurisdiction &
connoiſſance , pour être décidées ſommairement &
fans frais en premiere Inſtance , ſauf l'appel en notre
Cour de Parlement de Paris , nonobſtant& fans
préjudice duquel appel , les Jugemens rendus par
leſdits Prévôt des Marchanus & Echevins seront exécutés
parproviſion. Si donnons en Mandement ,
&c. Donné à Verſailles au mois de Noveinbre
1744. Signé , LOUIS. & plus bas , PHELYPEAUX .
Fermer
21
p. 199-203
COPIE de la Lettre du Roi écrite à Monseigneur l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le TE DEUM en Actions de graces des heureux succès de la Campagne du Roi, & en particulier de la Prise de la Ville de Fribourg.
Début :
MON Cousin, le moment que j'attendois avec tant d'impatience est arrivé, où je puis [...]
Mots clefs :
Dieu, Paris, Roi, Fribourg-en-Brisgau, Sujets, Gloire, Bonté, Actions de grâces, Te Deum
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COPIE de la Lettre du Roi écrite à Monseigneur l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le TE DEUM en Actions de graces des heureux succès de la Campagne du Roi, & en particulier de la Prise de la Ville de Fribourg.
COPIE de la Lettre du Roi écrite à Mon
Seigneur l'Archevêque de Paris , pour faire
chanter le TE DEUM en Actions de
graces des heureux ſuccès de la Campagne
du Roi , & en particulier de la Priſedé la
Villede Fribourg.
MOnOn Cousin , le moment que j'attendois
avec tant d'impatience eſt arrivé , où je puis
rendre à Dieu , au milieu de tout mon Peuple ,les
Actions de graces que nous lui devons pour les
bienfaits dont il nous a comblé . Il lui a plú de ſeconder
mes efforts & de me faire triompher à la
tête de mes Armées : il a daigné récompenfer l'amour
que je porte à mes Sujets , & couronner , par
des ſuccès , le déſir que j'avois de contribuer moimême
à leur ſureté & à leur gloire. Mes Conquêzes
en Flandres ont été auſſi rapides qu'elles
étoient importantes ; nul effort n'a été vain. Enfin
mes ennemis déconcertés , reconnoiſſant leur foibleſſe
, n'oſant pas ſe préſenter à force ouverte , &
croyant au moins pouvoir entreprendre aux lieux où
je n'étois pas , ont ſurpris des paſſages pour pénétrer
dans mes Etats , mais la valeur de mes Troupes
m'a donné le tems de voler à leur ſecours. Ni
le regret d'interrompre mes Conquêtes , ni l'éloignement
des lieux ne m'ont point retenu , & Dieu
qui m'en donnoit la force &la volonté , paroiſſoit
approuver mes deſſeins. Si alors ſa grace toute-puiffante
a paru m'abandonner un moment ; fi après
m'avoir protegé dans des entrepriſes difficiles , il a
voulu me faire voir la mort ailleurs que dans les
I iiij
200 MERCURE DE FRANCE.
ま
dangers , ce moment d'allarme n'a ſervi qu'à me
faire ſentir plus vivement l'excès de fa bonté , &
j'ai reconnu qu'il ne m'avoit mis à cette épreuve ,
que pour m'accorder la faveur la plus touchante
qui puiſſe être pour un Roi. Sa Providence a voulu
que je jouiffe de tout l'amour de mes Sujets ,
ſans que les marques en fuſſent ſuſpectes , & que
me ſurvivant àmoi -même , je viſſe les regrets que
je laiſſfois après moi : voilà de tous ſes dons , unde
ceux qui m'a le plus touché. Ce Dieu qui lit dans
moncoeur , ſçait combien le prix d'être aimé , y
prévaut ſur un vain défir de gloire , qui coûteroit
trop à mes Sujets. Que fa bonté daigne achever
fon ouvrage , que ce ne ſoit pas vainement que
monPeuple me ſoit cher ; que ſa protection me
fourniſſe les moyens de rendre ce Peuple heureux
par la Paix , & que mes Victoires ne me ſervent
qu'à éteindre pour jamais dans mes ennemis , la
moindre eſpérance de pouvoir me nuire. La priſe
de Fribourg dont je viens de me rendre maître pour
l'Empereur mon Frere , les places de l'Autriche
'Antérieure que je lui ai ſoumiſes , tout acheve de
les convaincre , que les efforts les plus grands ne
peuvent rien contre une Armée que Dieu protége
viſiblement. Qu'ils entendent donc la voix du
Très-Haut ; qu'ils ſe laſſent des maux de leurs
Pays , s'ils ne font pas touchés de ceux de l'Europe;
qu'ils ſe ſouviennent que la France , en poffeffion
de défendre les Souverains opprimés , n'a jamais
foutenu que des cauſes juſtes , & qu'ils soient
enfin convaincus , qu'une Nation guerriere , qui
n'a qu'une langue & qu'un coeur , qui aime fon
Maître autant qu'elle en eſt aimée , & qui combat
pour l'équité, doit tôt ou tard ,par la Miféricorde de
Dieu, triompher de tous ſes ennemis. Pénétré de plus
en plus de tout ce que je dois à ſa divine bonté,je
NOVEMBRE. 1744. 201
,
ne puis que lui en redoubler mes Actions de graces
,& je vous écris cette Lettre pour vous dire
que mon intention eſt , que vous faffiez chanter le
Te Deum dans votre Egliſe Métropolitaine & autres
de votre Diocèſe , avec les ſolemnités requiſes , au
jour & à l'heure que leGrand Maître , ou le Maître
des Cérémonies vous dira de ma part , & que
vousy invitiez tous ceux qu'il conviendra d'y affifter
: ſur ee , je prie Dieu , qu'il vous ait , mon
Couſin, en ſa fainte & digne garde. Ecrit à Verſailles
le vingt- un Novembre mil ſept cent quarantequatre.
Signé , LOUIS ; Et plus bas , PHILYPEAUX.
Et au dos est écrit : A mon Coufin l'Archevêque
de Paris , Duc de Saint Cloud , Pair de France ,
Commandeur de l'Ordre du Saint- Esprit.
:
M. l'Archevêque de Paris , donna ſon Mandement
en conféquence , dont la teneur fuit.
CHARLES - GASPARD - GUILLAUM
DE VINTIMILLE , & C.
Pourrions nous ne pas regarder comme un effet
fenſible de la protection du Ciel , cette ſuite d'événemens
avantageux , qui , depuis que le Roi s'eſt
rendu à la tête de ſes Troupes , ont relevé la gloire
de ſes. Armes , & entre lesquels l'un des plus importans
eſt la priſe de la Villede Fribourg , & des
Forts quila comunandent.
Le premier ſoin de Sa Majesté au retour de ſes
expéditions , a été de remercier le Dieu des Armées
des lecours qu'il en a reçus , & de lui rendre ſes
voeux devant tout son Peuple , dans ce Temple Augufte
, où l'on a offert tant de Sacrifices pour le
ſuccèsde ſes entrepriſes , au milien de cette Capitale
,comme dans le lieu le plus propre pour faire
éclater les ſentimensde Religion & de gratitude .
dont fon coeur étoit pénétré.
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
Aujourd'hui ce même Monarque , par laLettre
que nous vous communiquons , & qui ſera à jamais
un monument précieux de ſa piété envers
Dieu & de ſa tendreſſe pour ſes Sujets , nous ordonne
de rendre de notre part au Très- Haut de ſolemnelles
Actions de graces pour les différentes faveurs
dont il l'a comblé , & en particulier pour l'innportante
conquête que ce Prince , revenu à peine
des portes de la mort , a entrepriſe avec tant de
courage , & qui a ſignalé glorieuſementla fin de fa
campagne.
Animés par un exemple fi édifiant , ſoumis àdes
ordres ſi reſpectables , faiſons retentir le lieu Saint
duchantde ces Cantiques conſacrés par l'Eglife à
la reconnoiſſance des bienfais que Dieu répand fur
nous : allons aux pieds des Autels faire à celui que
nous y adorons , l'hommagé de nos proſpérités &
denos triomphes : reconnoffons que nous en fommes
redevables à ſa main bienfaiſante , & loin de
les attribuer uniquement à l'induſtrie & au courage
de l'homme , écrions- nous avec cette multitude
d'Eſprits Célestes , qui environnent le Trône de
l'Agneau : A notre Dieu , Bénédiction , Gloire , Sageffe,
Actions de graces , honneur , Puissance& force
dans les fiécles des fiécles.
,
Après l'avoir remercié de ce que ſa divine bonté
a fait pour nous , prions-le de nous donner de nouvelles
preuves de ſa protection en calmant les
troubles dont l'Europe eſt agitée , & en nous rendant
un bien que nous avons long-tems poſſédé ,
fans en connoître affés le prix : demandons lui qu'il
diffſipe les jaloufies & les défiances qui ont enfanté
les cruelles diviſions d'où naiſſent chaque jour
nant de malheurs & de défordres : conjurons- le
d'éloigner de nos Frontiéres l'un des plus redoutables
fléaux de ſa colere ; de briſer dan de mettre exz
NOVEMBRE. 1744. 203
pièces , ou du moins de rendre inutiles ces Armes
meurtrieres , que les hommes ont inventées pour
leur mutuelle deſtruction .
Puiffions-nous , par une heureuſe réunion des
Puiſſances diviſées , jouir dans peu du fruit de nos
Prieres , voir bien-tôt ſuccéder aux horreurs d'une
Guerre ſanglante , les douceurs de la Paix , & n'avoir
plus que des voeux à former en faveur de ceux ,
contrequi nous implorons avec ardeur l'aſſiſtance
duCiel!
A ces cauſes , après en avoir conferé avec nos
vénérables Freres les Doyen , Chanoines & Chapi--
tre de notre Egliſe Métropolitaine , Nous ordonnons
: que le Te Deum , avec le Verſet , Benedica
mus Patrem & Filium , &c . & l'Oraiſon Pro gratiarum
actione ; l'Antienne Domine ſalvum fac Regem
, &c. le Verſet Fiat manus tua , &c. & l'Oraifon
Pro Rege or ejus Exercitu , ſera chanté Mercredi
prochain deux du préſent mois de Décembre , dans
notredite Eglife , en actions de graces des heureux
ſuccès de la Campagne du Roi , & en particulier de
la priſe de la Ville & des Forts de Fribourg. Que
Dimanche fix du même mois , il fera pareillement
chanté dans toutes les Abbayes, Chapitres, Paroif
fes & Communautés Séculieres& Régulieres de la
Ville& des Fauxbourgs de Paris ; & le Dimanche
qui ſuivra la réception de notre préſent Mandement
, dans toutes les autres Egliſes de notre Dio
cèſe. Si vous mandons , que ces Préſentes vous
ayez à notifier à tous Abbés , Prieurs , Curés , Su
perieurs & Superieures des Communautés exemp
res& non exemptes , à ce qu'ils n'en ignorent
Donné à Paris en notre Palais Archiepifcopal , le
premier Décembre mil ſept cent quarante- quatre..
Signé CHARLES , Archevêque de Paris,
Seigneur l'Archevêque de Paris , pour faire
chanter le TE DEUM en Actions de
graces des heureux ſuccès de la Campagne
du Roi , & en particulier de la Priſedé la
Villede Fribourg.
MOnOn Cousin , le moment que j'attendois
avec tant d'impatience eſt arrivé , où je puis
rendre à Dieu , au milieu de tout mon Peuple ,les
Actions de graces que nous lui devons pour les
bienfaits dont il nous a comblé . Il lui a plú de ſeconder
mes efforts & de me faire triompher à la
tête de mes Armées : il a daigné récompenfer l'amour
que je porte à mes Sujets , & couronner , par
des ſuccès , le déſir que j'avois de contribuer moimême
à leur ſureté & à leur gloire. Mes Conquêzes
en Flandres ont été auſſi rapides qu'elles
étoient importantes ; nul effort n'a été vain. Enfin
mes ennemis déconcertés , reconnoiſſant leur foibleſſe
, n'oſant pas ſe préſenter à force ouverte , &
croyant au moins pouvoir entreprendre aux lieux où
je n'étois pas , ont ſurpris des paſſages pour pénétrer
dans mes Etats , mais la valeur de mes Troupes
m'a donné le tems de voler à leur ſecours. Ni
le regret d'interrompre mes Conquêtes , ni l'éloignement
des lieux ne m'ont point retenu , & Dieu
qui m'en donnoit la force &la volonté , paroiſſoit
approuver mes deſſeins. Si alors ſa grace toute-puiffante
a paru m'abandonner un moment ; fi après
m'avoir protegé dans des entrepriſes difficiles , il a
voulu me faire voir la mort ailleurs que dans les
I iiij
200 MERCURE DE FRANCE.
ま
dangers , ce moment d'allarme n'a ſervi qu'à me
faire ſentir plus vivement l'excès de fa bonté , &
j'ai reconnu qu'il ne m'avoit mis à cette épreuve ,
que pour m'accorder la faveur la plus touchante
qui puiſſe être pour un Roi. Sa Providence a voulu
que je jouiffe de tout l'amour de mes Sujets ,
ſans que les marques en fuſſent ſuſpectes , & que
me ſurvivant àmoi -même , je viſſe les regrets que
je laiſſfois après moi : voilà de tous ſes dons , unde
ceux qui m'a le plus touché. Ce Dieu qui lit dans
moncoeur , ſçait combien le prix d'être aimé , y
prévaut ſur un vain défir de gloire , qui coûteroit
trop à mes Sujets. Que fa bonté daigne achever
fon ouvrage , que ce ne ſoit pas vainement que
monPeuple me ſoit cher ; que ſa protection me
fourniſſe les moyens de rendre ce Peuple heureux
par la Paix , & que mes Victoires ne me ſervent
qu'à éteindre pour jamais dans mes ennemis , la
moindre eſpérance de pouvoir me nuire. La priſe
de Fribourg dont je viens de me rendre maître pour
l'Empereur mon Frere , les places de l'Autriche
'Antérieure que je lui ai ſoumiſes , tout acheve de
les convaincre , que les efforts les plus grands ne
peuvent rien contre une Armée que Dieu protége
viſiblement. Qu'ils entendent donc la voix du
Très-Haut ; qu'ils ſe laſſent des maux de leurs
Pays , s'ils ne font pas touchés de ceux de l'Europe;
qu'ils ſe ſouviennent que la France , en poffeffion
de défendre les Souverains opprimés , n'a jamais
foutenu que des cauſes juſtes , & qu'ils soient
enfin convaincus , qu'une Nation guerriere , qui
n'a qu'une langue & qu'un coeur , qui aime fon
Maître autant qu'elle en eſt aimée , & qui combat
pour l'équité, doit tôt ou tard ,par la Miféricorde de
Dieu, triompher de tous ſes ennemis. Pénétré de plus
en plus de tout ce que je dois à ſa divine bonté,je
NOVEMBRE. 1744. 201
,
ne puis que lui en redoubler mes Actions de graces
,& je vous écris cette Lettre pour vous dire
que mon intention eſt , que vous faffiez chanter le
Te Deum dans votre Egliſe Métropolitaine & autres
de votre Diocèſe , avec les ſolemnités requiſes , au
jour & à l'heure que leGrand Maître , ou le Maître
des Cérémonies vous dira de ma part , & que
vousy invitiez tous ceux qu'il conviendra d'y affifter
: ſur ee , je prie Dieu , qu'il vous ait , mon
Couſin, en ſa fainte & digne garde. Ecrit à Verſailles
le vingt- un Novembre mil ſept cent quarantequatre.
Signé , LOUIS ; Et plus bas , PHILYPEAUX.
Et au dos est écrit : A mon Coufin l'Archevêque
de Paris , Duc de Saint Cloud , Pair de France ,
Commandeur de l'Ordre du Saint- Esprit.
:
M. l'Archevêque de Paris , donna ſon Mandement
en conféquence , dont la teneur fuit.
CHARLES - GASPARD - GUILLAUM
DE VINTIMILLE , & C.
Pourrions nous ne pas regarder comme un effet
fenſible de la protection du Ciel , cette ſuite d'événemens
avantageux , qui , depuis que le Roi s'eſt
rendu à la tête de ſes Troupes , ont relevé la gloire
de ſes. Armes , & entre lesquels l'un des plus importans
eſt la priſe de la Villede Fribourg , & des
Forts quila comunandent.
Le premier ſoin de Sa Majesté au retour de ſes
expéditions , a été de remercier le Dieu des Armées
des lecours qu'il en a reçus , & de lui rendre ſes
voeux devant tout son Peuple , dans ce Temple Augufte
, où l'on a offert tant de Sacrifices pour le
ſuccèsde ſes entrepriſes , au milien de cette Capitale
,comme dans le lieu le plus propre pour faire
éclater les ſentimensde Religion & de gratitude .
dont fon coeur étoit pénétré.
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
Aujourd'hui ce même Monarque , par laLettre
que nous vous communiquons , & qui ſera à jamais
un monument précieux de ſa piété envers
Dieu & de ſa tendreſſe pour ſes Sujets , nous ordonne
de rendre de notre part au Très- Haut de ſolemnelles
Actions de graces pour les différentes faveurs
dont il l'a comblé , & en particulier pour l'innportante
conquête que ce Prince , revenu à peine
des portes de la mort , a entrepriſe avec tant de
courage , & qui a ſignalé glorieuſementla fin de fa
campagne.
Animés par un exemple fi édifiant , ſoumis àdes
ordres ſi reſpectables , faiſons retentir le lieu Saint
duchantde ces Cantiques conſacrés par l'Eglife à
la reconnoiſſance des bienfais que Dieu répand fur
nous : allons aux pieds des Autels faire à celui que
nous y adorons , l'hommagé de nos proſpérités &
denos triomphes : reconnoffons que nous en fommes
redevables à ſa main bienfaiſante , & loin de
les attribuer uniquement à l'induſtrie & au courage
de l'homme , écrions- nous avec cette multitude
d'Eſprits Célestes , qui environnent le Trône de
l'Agneau : A notre Dieu , Bénédiction , Gloire , Sageffe,
Actions de graces , honneur , Puissance& force
dans les fiécles des fiécles.
,
Après l'avoir remercié de ce que ſa divine bonté
a fait pour nous , prions-le de nous donner de nouvelles
preuves de ſa protection en calmant les
troubles dont l'Europe eſt agitée , & en nous rendant
un bien que nous avons long-tems poſſédé ,
fans en connoître affés le prix : demandons lui qu'il
diffſipe les jaloufies & les défiances qui ont enfanté
les cruelles diviſions d'où naiſſent chaque jour
nant de malheurs & de défordres : conjurons- le
d'éloigner de nos Frontiéres l'un des plus redoutables
fléaux de ſa colere ; de briſer dan de mettre exz
NOVEMBRE. 1744. 203
pièces , ou du moins de rendre inutiles ces Armes
meurtrieres , que les hommes ont inventées pour
leur mutuelle deſtruction .
Puiffions-nous , par une heureuſe réunion des
Puiſſances diviſées , jouir dans peu du fruit de nos
Prieres , voir bien-tôt ſuccéder aux horreurs d'une
Guerre ſanglante , les douceurs de la Paix , & n'avoir
plus que des voeux à former en faveur de ceux ,
contrequi nous implorons avec ardeur l'aſſiſtance
duCiel!
A ces cauſes , après en avoir conferé avec nos
vénérables Freres les Doyen , Chanoines & Chapi--
tre de notre Egliſe Métropolitaine , Nous ordonnons
: que le Te Deum , avec le Verſet , Benedica
mus Patrem & Filium , &c . & l'Oraiſon Pro gratiarum
actione ; l'Antienne Domine ſalvum fac Regem
, &c. le Verſet Fiat manus tua , &c. & l'Oraifon
Pro Rege or ejus Exercitu , ſera chanté Mercredi
prochain deux du préſent mois de Décembre , dans
notredite Eglife , en actions de graces des heureux
ſuccès de la Campagne du Roi , & en particulier de
la priſe de la Ville & des Forts de Fribourg. Que
Dimanche fix du même mois , il fera pareillement
chanté dans toutes les Abbayes, Chapitres, Paroif
fes & Communautés Séculieres& Régulieres de la
Ville& des Fauxbourgs de Paris ; & le Dimanche
qui ſuivra la réception de notre préſent Mandement
, dans toutes les autres Egliſes de notre Dio
cèſe. Si vous mandons , que ces Préſentes vous
ayez à notifier à tous Abbés , Prieurs , Curés , Su
perieurs & Superieures des Communautés exemp
res& non exemptes , à ce qu'ils n'en ignorent
Donné à Paris en notre Palais Archiepifcopal , le
premier Décembre mil ſept cent quarante- quatre..
Signé CHARLES , Archevêque de Paris,
Fermer
21
22
s. p.
BREVET qui accorde le Mercure de France aux Sieurs Fuselier & la Bruere.
Début :
AUJOURD'HUI trente-un Octobre mil sept cent quarante quatre, le Roi étant au [...]
Mots clefs :
Sa Majesté, Mercure de France, Brevet, Ouvrage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BREVET qui accorde le Mercure de France aux Sieurs Fuselier & la Bruere.
BREVET qui accorde le Mercure de
France aux Sieurs Fuſelier & la Bruere..
A au
UJOURD'H UI trente-un Octobre mil
ſept cent quarante quatre , le Roi étant
Camp devant Fribourg , voulant que le Mercure
de France , que le défunt Sieur de la Roque compoſoit
tous les mois , foit continué avec toute l'attention
convenable à un Ouvrage auffi utile qu'ag
éable au Public. Sa Majesté bien informée des
talens & de la ſageſſe des Sieurs Louis Fuſelier
&Charles-Antoine le Clerc de la Bruere , les a
choiſis & nommés pour compoſer à l'avenir leMercure
de France excluſivement à tous autres , & ce
tant qu'il plaira à Sa Majesté , laquelle veut & ordonne
à cet effer que toutes Lettres de Privilege
leur en ſoient expédiées , aux conditions neanmoins
de ne pouvoir céder ni tranſporter leur
part dans ledit Privilege à quelque perſonne que ce
puifle être , l'intentionde Sa Majeſté étant que le
ſurvivant des deux en joüiffe en entier Veut en
outre Sa Majesté que leſdits Sieurs Fuzelier &
la Bruere partagent entre eux le travail pour la
compoſition dudit Ouvrage , & les émolumens
qui proviendront d'icelui par égale portion , le
tout à commencer au mois de Novembre prochain
, & pour aſſurance de ſa volonté , Sa Majesté
m'a commandé d'en expédier le préſent Brévet ,
qu'elle a ſigné de ſa main & fait contre- figner par
moi Confeiller , Sécretaire d'Etat & de ſes Commandemens
& Finances .
Signé LOUIS.
Et plus bas , PHELYPPEAUX
Et au dos eſt écrit :
Registré sur leRegiſtre onze de la Chambre Royale
Syndicale des Libraires & Imprimeurs de Paris ,
Nº 394 , folio 233 , conformément aux anciensRoglemens
, confirmés par celui du 28 Février 1723 .
AParis le dixDécembre 1744.
Signé, VINCENT , Syndic.
France aux Sieurs Fuſelier & la Bruere..
A au
UJOURD'H UI trente-un Octobre mil
ſept cent quarante quatre , le Roi étant
Camp devant Fribourg , voulant que le Mercure
de France , que le défunt Sieur de la Roque compoſoit
tous les mois , foit continué avec toute l'attention
convenable à un Ouvrage auffi utile qu'ag
éable au Public. Sa Majesté bien informée des
talens & de la ſageſſe des Sieurs Louis Fuſelier
&Charles-Antoine le Clerc de la Bruere , les a
choiſis & nommés pour compoſer à l'avenir leMercure
de France excluſivement à tous autres , & ce
tant qu'il plaira à Sa Majesté , laquelle veut & ordonne
à cet effer que toutes Lettres de Privilege
leur en ſoient expédiées , aux conditions neanmoins
de ne pouvoir céder ni tranſporter leur
part dans ledit Privilege à quelque perſonne que ce
puifle être , l'intentionde Sa Majeſté étant que le
ſurvivant des deux en joüiffe en entier Veut en
outre Sa Majesté que leſdits Sieurs Fuzelier &
la Bruere partagent entre eux le travail pour la
compoſition dudit Ouvrage , & les émolumens
qui proviendront d'icelui par égale portion , le
tout à commencer au mois de Novembre prochain
, & pour aſſurance de ſa volonté , Sa Majesté
m'a commandé d'en expédier le préſent Brévet ,
qu'elle a ſigné de ſa main & fait contre- figner par
moi Confeiller , Sécretaire d'Etat & de ſes Commandemens
& Finances .
Signé LOUIS.
Et plus bas , PHELYPPEAUX
Et au dos eſt écrit :
Registré sur leRegiſtre onze de la Chambre Royale
Syndicale des Libraires & Imprimeurs de Paris ,
Nº 394 , folio 233 , conformément aux anciensRoglemens
, confirmés par celui du 28 Février 1723 .
AParis le dixDécembre 1744.
Signé, VINCENT , Syndic.
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23
s. p.
PRIVILEGE DU ROI.
Début :
LOUIS par la grace de Dieu, Roi de France & de Navarre : A nos amés & féaux Conseillers, [...]
Mots clefs :
Mercure de France, Imprimeurs, Libraires, Paris, Livres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIVILEGE DU ROI.
PRIVILEGE DU ROI,
OUIS par la grace de Dieu , Roi de France
&de Navarre : A nos amés & féaux Conſeillers
, les Gens tenans nos Cours de Parlement ,
Maîtres des Requêtes ordinaires de notre Hôtel ,
GrandConfeil , Prévôt de Paris , Baillifs , Sénéchaux
, leurs Lieutenans Civils & autres nos jufticiers
qu'il appartiendra. SALUT , nos chers &
bien amés Louis Fuzelier & Charles Antoine le Clerc
de la Bruere , Nous ont fait remontrer , que l'applaudiſſement
que reçoit le Mercure de France,
Nous a fait croire que le ſieur de la Roque titulaire
dudernier Brevet étant décédé , il ne convient pas
que le Public ſoit privé à l'avenir d'un Ouvrage
auſſi utile qu'agréable , tant à nos Sujets qu'aux
Etrangers ; c'eſt dans cette vûë que bien informés
des talens& de la ſageſſe des ſieurs Fuzelier & le
Clerc de la Bruere,Nous les avons choiſis pour com.
poſer à l'avenir excluſivement à tous autres ledit
Ouvrage , ſous le titre deMercure de France , &
Nous leur en avons accordé à cet effet notre Brevec
en datte du trente-un du mois dernier , à condition
que le ſurvivant des deux jouira ſeul de la faculté
& Privilége,pour l'exécution duquel ils Nous
ont très-humblement ſupplié de leur accorder nos
Lettres ſur ce néceſſaires. A CES CAUSES ,
Voulant traiter favorablement leſdits ſieurs Expofans
, Nous leurs avons permis & permettons par
ces Préſentes de compoſer & donner au Publicà
l'avenir tous les mois ,à eux ſeuls excluſivement à
tous autres ledit Mercure de France , qu'ils pourront
faireimprimer enun ou pluſieurs Volumes conjoin,
,
,
tement ou ſéparément & autant de fois que bon
leur ſemblera chaque mois, & de le faire vendre &
débiter par tout notre Royaume , Pays Terres &
Seigneuries de notre obeſſance ,pendant le tems
&eſpace de vingt années confécutives , à compter
dujour de ladatte des Preſentes , à condition néanmoins
que chaque Volume porte ſon Approbation
exprefle de 1 Examinateur qui aura été commis à
cet effet , & en outre Nous avons revoqué & revoquons
tous autres Priviléges qui pourroient avoir
été donnés ci-devant à d'autres qu'audits ſieurs
Expoſans faiſons défenſes à toutes perſonnes
de quelque qualité & condition qu'elles foient
d'enintroduire d'Impreffion ou Gravure Etrangere
dans aucun lieu de notre obéillance , comme aufli
àtous Libraires - Imprimeurs Graveurs Imprimeurs
, Marchands en Taille douce & autres d'imprimer
, faire imprimer , graver ou faire graver ,
vendre, faire vendre, débiter ni contrefaire ledit Livre
ou Planches en tout ni en partie , ni d'en faire
aucuns Extraits ſous quelque prétexte que ce foit
d'augmentation , correction, changement de Titres
ou autrement ſans la permiffion ex refle ou par
écrit deſdits ſieurs Expoſans ou de ceux qui auront
droit d'eux , le tout à peine de confiſcation tantdes
Planches que des Exemplaires contrefaits & des uf
tenciles qui auront ſervi à ladite contrefaçon que
Nous entendons être ſaiſis en quelque lieu qu'ils
foient trouvés , de fix mille livres d'amende contre
chacun des contrevenans , dont un tiers à Nous , un
tiers à l'Hôtel- Dieu de Paris , & l'autre tiers auldits
fieurs Expoſans,& de tous dépens dommages & intérêts
, à la charge que ces Préfentes feront en regiftrées
tout au long fur le Regiſtre de la Communauté
des Libraires & Imprimeurs de Paris, dans trois mois
de ladatte des Préſentes ,& que l'impreffion de ce
:
Livre fera faite dans notre Royaume & non ailleurs
, & que les Impetrans ſe conformeront en
tout aux Réglemens de la Librairie & notamment à
celui du dix Avril mil ſept cent vingt-cinq , &
qu'avant de les expoſer en vente, les Manufcuitsou
Imprimés quiauront ſervi de copie à l'impreſſion
deſdits Livres ſeront remis dans le même état ou les
Approbations y auront été données ès mains de nôtre
très-cher & féal Chevalier Chancelier de France,
le ſieur Dagueſſeau , Commandeur de nos Ordres
, & qu'il en ſera enſuite remis deux Exemplaires
de chacun dans notre Bibliothéque Publique,
un dans celle notre Château du Louvre,&un
dans celle de notre très cher & féal Chancelier de
France , le tour à peine de nullité des Préſentes , du
contenu deſquelles vous mandons & enjoignons
de faire jouir leſdits ſieurs Expoſans ou leurs ayants
cauſe,pleinement& paiſiblement,ſans ſouffrir qu'il
leut ſoit fait aucun trouble ni empêchement. Voulons
que la copie des Préſentes qui fera imprimée
au commencement ou à la fin deſdits Livres ſoit
tenuë pour dûëment ſignifiée, & qu'aux copies collationnées
par un de nos amés & féaux Conſeillers
Sécrétaires , foi ſoit ajoutée comme à l'Original.
Commandons au premier notre Huffier ou Sergent
ſur ce requis de faire pour l'exécution d'icelles
tous Actes requis & néceſſaires , fans demander
autre permiffion & nonobſtant Clameur de
Haro , Charte Normande& Lettres à ce contraires
, car tel eſt notre plaiſir. Donné à Paris , le
treizieme jour de Novembre , l'an de grace mil
ſept cent quarante-quatre & de notre Régne le
trentiéme.
Par leRoi enfon Confeil , NOBLET.
Régistréſur le Régiſtre onze de la Chambre Royale
Syndicale des Libraires & Imprimeurs , ſous le
même Numero & le même folio que le Brévet attaché
ſous le préſent contre-ſcel ( N°. 394 , fol. 233 , )
conformément au Reglément de 1723 , qui fait défense
Art. 4, à toutes perſonnes de quelque qualité qu'elles
foient, autres qquuee les Libraires & Imprimeurs ,de
vendre , débiter & faire afficher aucuns Livres pour
les vendre en leurs noms , soit qu'ils s'en disent les
Auteurs ou autrement , & à la charge de fournirà
ladite Chambre Royale & Syndicale des Libraires
Imprimeurs de Paris huit Exemplaires de chacun &
par chacun mois , preſcrits par l'Article 108 duméme
Reglement.A Paris le 10 Décembre 1744.
Signé, VINCENT , Syndic,
OUIS par la grace de Dieu , Roi de France
&de Navarre : A nos amés & féaux Conſeillers
, les Gens tenans nos Cours de Parlement ,
Maîtres des Requêtes ordinaires de notre Hôtel ,
GrandConfeil , Prévôt de Paris , Baillifs , Sénéchaux
, leurs Lieutenans Civils & autres nos jufticiers
qu'il appartiendra. SALUT , nos chers &
bien amés Louis Fuzelier & Charles Antoine le Clerc
de la Bruere , Nous ont fait remontrer , que l'applaudiſſement
que reçoit le Mercure de France,
Nous a fait croire que le ſieur de la Roque titulaire
dudernier Brevet étant décédé , il ne convient pas
que le Public ſoit privé à l'avenir d'un Ouvrage
auſſi utile qu'agréable , tant à nos Sujets qu'aux
Etrangers ; c'eſt dans cette vûë que bien informés
des talens& de la ſageſſe des ſieurs Fuzelier & le
Clerc de la Bruere,Nous les avons choiſis pour com.
poſer à l'avenir excluſivement à tous autres ledit
Ouvrage , ſous le titre deMercure de France , &
Nous leur en avons accordé à cet effet notre Brevec
en datte du trente-un du mois dernier , à condition
que le ſurvivant des deux jouira ſeul de la faculté
& Privilége,pour l'exécution duquel ils Nous
ont très-humblement ſupplié de leur accorder nos
Lettres ſur ce néceſſaires. A CES CAUSES ,
Voulant traiter favorablement leſdits ſieurs Expofans
, Nous leurs avons permis & permettons par
ces Préſentes de compoſer & donner au Publicà
l'avenir tous les mois ,à eux ſeuls excluſivement à
tous autres ledit Mercure de France , qu'ils pourront
faireimprimer enun ou pluſieurs Volumes conjoin,
,
,
tement ou ſéparément & autant de fois que bon
leur ſemblera chaque mois, & de le faire vendre &
débiter par tout notre Royaume , Pays Terres &
Seigneuries de notre obeſſance ,pendant le tems
&eſpace de vingt années confécutives , à compter
dujour de ladatte des Preſentes , à condition néanmoins
que chaque Volume porte ſon Approbation
exprefle de 1 Examinateur qui aura été commis à
cet effet , & en outre Nous avons revoqué & revoquons
tous autres Priviléges qui pourroient avoir
été donnés ci-devant à d'autres qu'audits ſieurs
Expoſans faiſons défenſes à toutes perſonnes
de quelque qualité & condition qu'elles foient
d'enintroduire d'Impreffion ou Gravure Etrangere
dans aucun lieu de notre obéillance , comme aufli
àtous Libraires - Imprimeurs Graveurs Imprimeurs
, Marchands en Taille douce & autres d'imprimer
, faire imprimer , graver ou faire graver ,
vendre, faire vendre, débiter ni contrefaire ledit Livre
ou Planches en tout ni en partie , ni d'en faire
aucuns Extraits ſous quelque prétexte que ce foit
d'augmentation , correction, changement de Titres
ou autrement ſans la permiffion ex refle ou par
écrit deſdits ſieurs Expoſans ou de ceux qui auront
droit d'eux , le tout à peine de confiſcation tantdes
Planches que des Exemplaires contrefaits & des uf
tenciles qui auront ſervi à ladite contrefaçon que
Nous entendons être ſaiſis en quelque lieu qu'ils
foient trouvés , de fix mille livres d'amende contre
chacun des contrevenans , dont un tiers à Nous , un
tiers à l'Hôtel- Dieu de Paris , & l'autre tiers auldits
fieurs Expoſans,& de tous dépens dommages & intérêts
, à la charge que ces Préfentes feront en regiftrées
tout au long fur le Regiſtre de la Communauté
des Libraires & Imprimeurs de Paris, dans trois mois
de ladatte des Préſentes ,& que l'impreffion de ce
:
Livre fera faite dans notre Royaume & non ailleurs
, & que les Impetrans ſe conformeront en
tout aux Réglemens de la Librairie & notamment à
celui du dix Avril mil ſept cent vingt-cinq , &
qu'avant de les expoſer en vente, les Manufcuitsou
Imprimés quiauront ſervi de copie à l'impreſſion
deſdits Livres ſeront remis dans le même état ou les
Approbations y auront été données ès mains de nôtre
très-cher & féal Chevalier Chancelier de France,
le ſieur Dagueſſeau , Commandeur de nos Ordres
, & qu'il en ſera enſuite remis deux Exemplaires
de chacun dans notre Bibliothéque Publique,
un dans celle notre Château du Louvre,&un
dans celle de notre très cher & féal Chancelier de
France , le tour à peine de nullité des Préſentes , du
contenu deſquelles vous mandons & enjoignons
de faire jouir leſdits ſieurs Expoſans ou leurs ayants
cauſe,pleinement& paiſiblement,ſans ſouffrir qu'il
leut ſoit fait aucun trouble ni empêchement. Voulons
que la copie des Préſentes qui fera imprimée
au commencement ou à la fin deſdits Livres ſoit
tenuë pour dûëment ſignifiée, & qu'aux copies collationnées
par un de nos amés & féaux Conſeillers
Sécrétaires , foi ſoit ajoutée comme à l'Original.
Commandons au premier notre Huffier ou Sergent
ſur ce requis de faire pour l'exécution d'icelles
tous Actes requis & néceſſaires , fans demander
autre permiffion & nonobſtant Clameur de
Haro , Charte Normande& Lettres à ce contraires
, car tel eſt notre plaiſir. Donné à Paris , le
treizieme jour de Novembre , l'an de grace mil
ſept cent quarante-quatre & de notre Régne le
trentiéme.
Par leRoi enfon Confeil , NOBLET.
Régistréſur le Régiſtre onze de la Chambre Royale
Syndicale des Libraires & Imprimeurs , ſous le
même Numero & le même folio que le Brévet attaché
ſous le préſent contre-ſcel ( N°. 394 , fol. 233 , )
conformément au Reglément de 1723 , qui fait défense
Art. 4, à toutes perſonnes de quelque qualité qu'elles
foient, autres qquuee les Libraires & Imprimeurs ,de
vendre , débiter & faire afficher aucuns Livres pour
les vendre en leurs noms , soit qu'ils s'en disent les
Auteurs ou autrement , & à la charge de fournirà
ladite Chambre Royale & Syndicale des Libraires
Imprimeurs de Paris huit Exemplaires de chacun &
par chacun mois , preſcrits par l'Article 108 duméme
Reglement.A Paris le 10 Décembre 1744.
Signé, VINCENT , Syndic,
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Résultats : 38 texte(s)
1
p. 141-144
A Monseigneur le Dauphin.
Début :
MONSEIGNEUR, La Province de Languedoc vient par de respectueux hommages [...]
Mots clefs :
Dauphin, Languedoc, Province de Languedoc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Monseigneur le Dauphin.
AMonseigneur le Dauphin.
MONSEIGNEUR ,
La Province de Languedoc
vient par de reſpectueuxhom
mages reconnoître en vous
142 MERCURE
l'heritier preſomptifde la premiere
Couronne du monde.
Le ſentiment naturel qui nous
intereſſe au bonheur de nos ne-
-veux, nous fait goûter par avance
toute lagloire qu'ils aurotde
-vous obeïr,& nous leur ſervons
d'interpretes pour vous prêter
en leur nom le ferment anticipé
d'une fidelité inviolable .
Quelle conſolation pour
nous,de voir dans un Prince déja
ſi parfait revivre ſon auguſte
pere , &découvrir dans ſon
heureux naturel le fond de ces
grandes vertus que nous avons
ſi amerement regrettées.
Qu'il eſt glorieux , Monſeigneur
, pour l'illuſtre Dame à
qui la ſageſſe du Roy a confié
vôtre éducation , de voir gerGALANT.
143
mer avec tant de ſuccés la ſemence
de ſes nobles vertus qu'-
ellea fi ſagement cultivée, d'en
recüeillir déja les fruits ,&de
vous voir dans un âge ſi peu avancé
non ſeulement l'objet de
la tendreſſe,mais mêmede l'admiration
de tous ceux qui ont
l'honneurde vous approcher.
Que fera ce donc, Monfeigneur
, lors qu'appellé auprés
du Roy vôtre biſayeul ,vous aurez
de plus prés ce grand modeledevant
vos yeux , &qu'intruit
long-temps par ſes leçons
dans le grand art de regner ,
vous partagerez le poids des affaires
, & concourrez avec lui
par votre ſageſſe & vôtre zele
ànôtre commune felicité ?
C'eſt ce que nous promet le
144 MERCURE
retour heureux des mifericor
des du Seigneur.Ce grand Dieu
fléchi par tant d'illuſtres victimes
qu'il s'eſt immolées dans ſa
colere,nous fait enfin connoî.
tre par la paix glorieuſe qu'il
vient de nous donner , qu'il aime
toûjours Ifraël ; & nous avons
lieu d'augurer de cedernier
bienfait qu'il ſera ſuivi d'un
plus grand ; qu'il conſervera ,
pourla conſolationdubiſayeul,
un jeune Prince qui fait ſes efperances
& fes delices ,&qu'il
confervera, pour le bonheur de
l'arriere-petit-fils,un grandRoy
qui eſt ſon appui & fa gloire.
C'eſt ce qui fait,Monſeigneur,
nôtre plus douce efperance , &
c'eſt auſſi l'unique objet de nos
vocux & de nos deſirs.
MONSEIGNEUR ,
La Province de Languedoc
vient par de reſpectueuxhom
mages reconnoître en vous
142 MERCURE
l'heritier preſomptifde la premiere
Couronne du monde.
Le ſentiment naturel qui nous
intereſſe au bonheur de nos ne-
-veux, nous fait goûter par avance
toute lagloire qu'ils aurotde
-vous obeïr,& nous leur ſervons
d'interpretes pour vous prêter
en leur nom le ferment anticipé
d'une fidelité inviolable .
Quelle conſolation pour
nous,de voir dans un Prince déja
ſi parfait revivre ſon auguſte
pere , &découvrir dans ſon
heureux naturel le fond de ces
grandes vertus que nous avons
ſi amerement regrettées.
Qu'il eſt glorieux , Monſeigneur
, pour l'illuſtre Dame à
qui la ſageſſe du Roy a confié
vôtre éducation , de voir gerGALANT.
143
mer avec tant de ſuccés la ſemence
de ſes nobles vertus qu'-
ellea fi ſagement cultivée, d'en
recüeillir déja les fruits ,&de
vous voir dans un âge ſi peu avancé
non ſeulement l'objet de
la tendreſſe,mais mêmede l'admiration
de tous ceux qui ont
l'honneurde vous approcher.
Que fera ce donc, Monfeigneur
, lors qu'appellé auprés
du Roy vôtre biſayeul ,vous aurez
de plus prés ce grand modeledevant
vos yeux , &qu'intruit
long-temps par ſes leçons
dans le grand art de regner ,
vous partagerez le poids des affaires
, & concourrez avec lui
par votre ſageſſe & vôtre zele
ànôtre commune felicité ?
C'eſt ce que nous promet le
144 MERCURE
retour heureux des mifericor
des du Seigneur.Ce grand Dieu
fléchi par tant d'illuſtres victimes
qu'il s'eſt immolées dans ſa
colere,nous fait enfin connoî.
tre par la paix glorieuſe qu'il
vient de nous donner , qu'il aime
toûjours Ifraël ; & nous avons
lieu d'augurer de cedernier
bienfait qu'il ſera ſuivi d'un
plus grand ; qu'il conſervera ,
pourla conſolationdubiſayeul,
un jeune Prince qui fait ſes efperances
& fes delices ,&qu'il
confervera, pour le bonheur de
l'arriere-petit-fils,un grandRoy
qui eſt ſon appui & fa gloire.
C'eſt ce qui fait,Monſeigneur,
nôtre plus douce efperance , &
c'eſt auſſi l'unique objet de nos
vocux & de nos deſirs.
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Résumé : A Monseigneur le Dauphin.
La lettre adressée au Dauphin par la Province de Languedoc exprime la loyauté et l'admiration des auteurs. Ils se réjouissent de servir le Dauphin et voient en lui les vertus de son père. Ils louent également la personne chargée de son éducation pour son succès dans l'inculcation des nobles vertus. Les auteurs espèrent que le Dauphin, en étant proche de son bisaïeul le roi, apprendra l'art de régner et contribuera à la gouvernance du royaume. Ils attribuent la récente paix à la miséricorde divine et prient pour que Dieu préserve le Dauphin pour le bien du roi et du royaume. Leur plus grande espérance est de voir le Dauphin devenir un grand roi, soutien et gloire de son bisaïeul.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 283-284
COMPLIMENT de l'Ambassadeur de Perse à Monseigneur le Dauphin.
Début :
MONSEIGNEUR, Je prie sa Divine Majesté qu'il veüille vous [...]
Mots clefs :
Dauphin, Empereur, Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMPLIMENT de l'Ambassadeur de Perse à Monseigneur le Dauphin.
COMPLIMENT
de l'Ambaſſadeur de Perſe à
Monfeigneur le Dauphin.
MONSEIGNEUR ,
Jepriesa Divine Majesté qu'il
venille vous conferver ,qu'il augmente
vos jours & vos années ;
que vous deveniezbeaucoup vieux,
quevous imitiezvostre grand Pere ,
ce grand Empereur , à qui Dieu
donne longue vie ,afin qu'ilpuiße
vous donner l'éducation neceßaire
pour gouvernerfon Empire autant
que celuy de ce grand Empereur ,
que Dieu le fafſſe.
Si j'ofois prendre la liberté
Monseigneur de me profterner pour
vous baiser la main ,je leferois
Aa ij
284 JOURNAL
avec beaucoup de respect ; mais celuy
que j'ay pour vostre personne
facrée, estsigrandque je n'oſe m'en
approcher defipréssc'est lefeulmotif
qui m'en empêche. Que Dieu augmentevosjours
&vousfaſſe vieux.
de l'Ambaſſadeur de Perſe à
Monfeigneur le Dauphin.
MONSEIGNEUR ,
Jepriesa Divine Majesté qu'il
venille vous conferver ,qu'il augmente
vos jours & vos années ;
que vous deveniezbeaucoup vieux,
quevous imitiezvostre grand Pere ,
ce grand Empereur , à qui Dieu
donne longue vie ,afin qu'ilpuiße
vous donner l'éducation neceßaire
pour gouvernerfon Empire autant
que celuy de ce grand Empereur ,
que Dieu le fafſſe.
Si j'ofois prendre la liberté
Monseigneur de me profterner pour
vous baiser la main ,je leferois
Aa ij
284 JOURNAL
avec beaucoup de respect ; mais celuy
que j'ay pour vostre personne
facrée, estsigrandque je n'oſe m'en
approcher defipréssc'est lefeulmotif
qui m'en empêche. Que Dieu augmentevosjours
&vousfaſſe vieux.
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3
p. 261-263
Vers Latins à la loüange du jeune Roy. [titre d'après la table]
Début :
Voicy des Vers Latins à la loüange de nostre jeune Monarque / Que Deus effinxit, dignum te Gallia Regem [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vers Latins à la loüange du jeune Roy. [titre d'après la table]
Voicy des Vers Latins à la
loüange de noſtre jeune Mo
narque.
Cum Rex Ludovicus decimus
quintus Lutetiam ingrederetur
die Septembris duodecima .
Quem Deus effinxit , dignum
te Gallia Regem
Nofce tuum , & forti plaude
beata tuæ
Pande fores ,Urbs clara , tuos
Rex maximus intrat.
Et cumRege fides , religioque
venit.
Cernis ut ante viam imbelles
Pax aurea lauros
262 MERCURE
Spargit , & innumeras copiæ
fpargit opes.
Sanguinis heroas reddit placidiffima
cunctos
Frons pueri ,&dotes exprimic
illa novas.
Quippè per æratas olim ruat
ille phalanges ;
Sive magis placidæ tempora
pacis amer.
Aut factis æquabit avum
proavumque ,patremque ,
Aut fi fata finant vivere , major
crit.
Creſce igitur Princeps pariter
tua gloria crefcer.
Pieridum creſcet , francige-
1
GALANT. 263
numque decus.
Si qua tamen furgit noftra
tibi cura falutis ,
Nil præter pacis munera ſancta
fove.
Ut vincas mundum , cur enim
te bella juvarent ?
Qui fubigat populos , arcus
amorisiert .
Ut nunc Lutetiæ , te tantum
oftende per orbem:
Et Rex in terrâ protinus unus
cerit.
ॐ
LE BL. C. L.
loüange de noſtre jeune Mo
narque.
Cum Rex Ludovicus decimus
quintus Lutetiam ingrederetur
die Septembris duodecima .
Quem Deus effinxit , dignum
te Gallia Regem
Nofce tuum , & forti plaude
beata tuæ
Pande fores ,Urbs clara , tuos
Rex maximus intrat.
Et cumRege fides , religioque
venit.
Cernis ut ante viam imbelles
Pax aurea lauros
262 MERCURE
Spargit , & innumeras copiæ
fpargit opes.
Sanguinis heroas reddit placidiffima
cunctos
Frons pueri ,&dotes exprimic
illa novas.
Quippè per æratas olim ruat
ille phalanges ;
Sive magis placidæ tempora
pacis amer.
Aut factis æquabit avum
proavumque ,patremque ,
Aut fi fata finant vivere , major
crit.
Creſce igitur Princeps pariter
tua gloria crefcer.
Pieridum creſcet , francige-
1
GALANT. 263
numque decus.
Si qua tamen furgit noftra
tibi cura falutis ,
Nil præter pacis munera ſancta
fove.
Ut vincas mundum , cur enim
te bella juvarent ?
Qui fubigat populos , arcus
amorisiert .
Ut nunc Lutetiæ , te tantum
oftende per orbem:
Et Rex in terrâ protinus unus
cerit.
ॐ
LE BL. C. L.
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4
p. 5-13
ODE Sur les avantages de la Paix, & l'obligation que nous avons au Roy de nous l'avoir procurée.
Début :
Quel attrait pour toucher ma Lyre [...]
Mots clefs :
Roi, Paix, Terre, Vertus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE Sur les avantages de la Paix, & l'obligation que nous avons au Roy de nous l'avoir procurée.
O DE
Sur les avantages de la Paix ,
& l'obligation que nous
avons au Roy de nous l'a
voir procurée.
Quel attrait pour toucher ma
Lyre
Aimable
Paix je te
revoy
Et ton retour dans cet empire
Remplit
les deflins
de mon Roy.
A iij
6 MERCURE
Que tu dois nous paroistre belle
Lors
que d'une gloire nouvelle
Tu couvres ce Roy genereux :
A quelque prix que de laguerre.
Taprefence affianchift la terre
Tu meriterois tous nos voeux.
Dés
que la Difcorde inhumaine
LOV
Arallumé les feux de Mars ,
Quelle affreufe & tragique Scene
S'offre à mesyeux de toutes parts.
Je voy des campagnes détruites ,
DesVilles en cendre réduites ,
Des tas de cadavres fanglants ;
Les Arts , les Sciences languiffent
Les Vertus & les Loixgemiffent,
GALANT. 7
Et les Trônesfont chancelants.
Les Nation, s'entre- détruiſent
Leurrage égale leur terreur ,
Leurs champs font déferts ou
s'épuifent
Pour nourrir l'avidefureur.
La focieté qui leur refte
N'eftplus qu'un commercefuncfte
De pleurs , de meurtres , de débris :
Leurs biens , leur éclat , leurpuiffance
De l'orguëil & de la vengeance
Sont ou l'inftrument ou le prix .
Tu diffipes tous ces orages
Amj
8 MERCURE
Douce Paix , mere des plaifirs
Tu repares tous nos naufrages ,
Tu combles nos plus chers defirs ;
Sous tonRegne tout rit, tout brille,
Ainfi qu'unefeulefamille
Tu réunis tous les humains :
Les feuls combats où l'induſtrie
Triomphe des maux de la vie
Deformais exercent nos mains .
Par toy le feul efpoir réveille
Le Laboureur dans nos hameaux,
Sans crainte le Berger fommeille
Tandis quepaiffentfes troupeaux,
La terre avec plaifir féconde
S'empreffe à prodiguer au monde
Ses dons chaque jour renaiaiffants :
GALANT.
Trop heureufe que fa richeſſe
Soit de plaifir & de tendreffe
Un lien entre fes enfants.
O gloire pure e legitime
·Des Heros amis des mortels ,
Vous à qui feule noftre estime
Doit de l'encens & des Autels.
Le peuple , les Princes , les fages
Vous donnent icy leurs fuffrages
Plus contents encor qu'éblouis ;
La Paix qui finit nos allarmes
Etale en ce jour tous vos charmes
Dans l'éclat dont brille Louis .
Ce font fes vertus & fon zele
Superieurs même aux revers ,
10 MERCURE
Par qui la Difcorde cruelle
Eft rentrée au fein des enfers.
Son coeur par un effort fuprême
A vaincu fa fortune même
Et celle de fes ennemis
(
Et ce grand Roy comblé de gloire
Parfafagiffe & la Victoire
Les force d'eftre fes amis .
C'est ainsi que Dieu récompenfe
Ce Heros qui dansfes projets
A fes enfants , à fa puißance
Ofoit préferer fes fujets .
Sur fon fangfeul & fur fa tête
Sa main attirant la tempête
Se plaifoit à nous mettre au Port.
GALANT **
Non quelque ardeur qui nous
anime
Nos voix d'un ton affez fublime
Ne pourroient chanter cet effort.
Mais ta deftinée éclatante
a
Louis doit fuffire à ton coeur,
Ton peuple au gré de fon attente
Te revoit pa fible & vainqueur,
Tu n'as point perdu l'avantage
Qu'un Regne glorieux &fage
Te donneur fur les plus grands
Rois,
La terre encor furpriſe admire
Et tes vertus & ton empire
Et ton bonheur & tes exploits.
Tel eft l'agréable partage
12 MERCURE
Que dans fesfruits t'offre laPaix,
Tu vois fur le Throne du Tage
Ton fang affermy pourjamais ,"
L'H- refie impie & perfide
De tes malheurs toujours avide
Contre toy n'efpere plus rien
Du couchant jufques à l'aurore,
Des Etats la France eft encore
Lepluspu fant, leplus Chrêtien.
Otium è tanto fubitum tumultu
quis Deus fecit . Sen.
Trag.
PRIERE POUR LE ROY.
Conferve nous Louis , prolonge
fa carriere,
GALANT. 1
Dien tout puẞant la terre
entiere ,
Prend part aux voeux que je te
fais ,
Elle doit trop cherir un Roy jufte
A Ver modifte I
Dont le pouvoir propice & fécond
en bien-faits 150
Ainfi que ton pouvoir celefte
Dans fon éclat vainqueur n'enfante
que la Paix.
Sur les avantages de la Paix ,
& l'obligation que nous
avons au Roy de nous l'a
voir procurée.
Quel attrait pour toucher ma
Lyre
Aimable
Paix je te
revoy
Et ton retour dans cet empire
Remplit
les deflins
de mon Roy.
A iij
6 MERCURE
Que tu dois nous paroistre belle
Lors
que d'une gloire nouvelle
Tu couvres ce Roy genereux :
A quelque prix que de laguerre.
Taprefence affianchift la terre
Tu meriterois tous nos voeux.
Dés
que la Difcorde inhumaine
LOV
Arallumé les feux de Mars ,
Quelle affreufe & tragique Scene
S'offre à mesyeux de toutes parts.
Je voy des campagnes détruites ,
DesVilles en cendre réduites ,
Des tas de cadavres fanglants ;
Les Arts , les Sciences languiffent
Les Vertus & les Loixgemiffent,
GALANT. 7
Et les Trônesfont chancelants.
Les Nation, s'entre- détruiſent
Leurrage égale leur terreur ,
Leurs champs font déferts ou
s'épuifent
Pour nourrir l'avidefureur.
La focieté qui leur refte
N'eftplus qu'un commercefuncfte
De pleurs , de meurtres , de débris :
Leurs biens , leur éclat , leurpuiffance
De l'orguëil & de la vengeance
Sont ou l'inftrument ou le prix .
Tu diffipes tous ces orages
Amj
8 MERCURE
Douce Paix , mere des plaifirs
Tu repares tous nos naufrages ,
Tu combles nos plus chers defirs ;
Sous tonRegne tout rit, tout brille,
Ainfi qu'unefeulefamille
Tu réunis tous les humains :
Les feuls combats où l'induſtrie
Triomphe des maux de la vie
Deformais exercent nos mains .
Par toy le feul efpoir réveille
Le Laboureur dans nos hameaux,
Sans crainte le Berger fommeille
Tandis quepaiffentfes troupeaux,
La terre avec plaifir féconde
S'empreffe à prodiguer au monde
Ses dons chaque jour renaiaiffants :
GALANT.
Trop heureufe que fa richeſſe
Soit de plaifir & de tendreffe
Un lien entre fes enfants.
O gloire pure e legitime
·Des Heros amis des mortels ,
Vous à qui feule noftre estime
Doit de l'encens & des Autels.
Le peuple , les Princes , les fages
Vous donnent icy leurs fuffrages
Plus contents encor qu'éblouis ;
La Paix qui finit nos allarmes
Etale en ce jour tous vos charmes
Dans l'éclat dont brille Louis .
Ce font fes vertus & fon zele
Superieurs même aux revers ,
10 MERCURE
Par qui la Difcorde cruelle
Eft rentrée au fein des enfers.
Son coeur par un effort fuprême
A vaincu fa fortune même
Et celle de fes ennemis
(
Et ce grand Roy comblé de gloire
Parfafagiffe & la Victoire
Les force d'eftre fes amis .
C'est ainsi que Dieu récompenfe
Ce Heros qui dansfes projets
A fes enfants , à fa puißance
Ofoit préferer fes fujets .
Sur fon fangfeul & fur fa tête
Sa main attirant la tempête
Se plaifoit à nous mettre au Port.
GALANT **
Non quelque ardeur qui nous
anime
Nos voix d'un ton affez fublime
Ne pourroient chanter cet effort.
Mais ta deftinée éclatante
a
Louis doit fuffire à ton coeur,
Ton peuple au gré de fon attente
Te revoit pa fible & vainqueur,
Tu n'as point perdu l'avantage
Qu'un Regne glorieux &fage
Te donneur fur les plus grands
Rois,
La terre encor furpriſe admire
Et tes vertus & ton empire
Et ton bonheur & tes exploits.
Tel eft l'agréable partage
12 MERCURE
Que dans fesfruits t'offre laPaix,
Tu vois fur le Throne du Tage
Ton fang affermy pourjamais ,"
L'H- refie impie & perfide
De tes malheurs toujours avide
Contre toy n'efpere plus rien
Du couchant jufques à l'aurore,
Des Etats la France eft encore
Lepluspu fant, leplus Chrêtien.
Otium è tanto fubitum tumultu
quis Deus fecit . Sen.
Trag.
PRIERE POUR LE ROY.
Conferve nous Louis , prolonge
fa carriere,
GALANT. 1
Dien tout puẞant la terre
entiere ,
Prend part aux voeux que je te
fais ,
Elle doit trop cherir un Roy jufte
A Ver modifte I
Dont le pouvoir propice & fécond
en bien-faits 150
Ainfi que ton pouvoir celefte
Dans fon éclat vainqueur n'enfante
que la Paix.
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5
p. 63-65
Harangue faite au Roy par M. de Breslai Ambassadeur des Sauvages Algonkim. [titre d'après la table]
Début :
Il manquoit M à vostre relation de l'expedition des François / NOSTRE PERE, Nous avons appris avec bien de la douleur, la mort [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, Français, Outagamis, Missionnaires, Alliance, Décès, Robe noire, Fidélité, Victoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Harangue faite au Roy par M. de Breslai Ambassadeur des Sauvages Algonkim. [titre d'après la table]
L manquoit M à votre relation
de l'expedition des François contre
les Outagamis , la harangue que
M. de Breflay Miffionnaire des Sauvages
Algonkins , Ambaffadeur de
leur part en France , fit dernierement
à S. M. au Palais des Thuilleries ; la
voila telle qu'il l'a prononcée.
Il eft bon à ce que je croi , de
vous faire remarquer auparavant que
Fij
64
LE NOUVEAU
Les Sauvages tutejent en parlant .
qu'ils appellent non -feulement le
Royde France leur Pere , mais encore
tous les François. Qu'ils appellent.
la Mer le grand Lac. Que les Miſſionaires
feculiers font appellez Robes
noires . Que le pays des morts , c'eft.
l'autre monde. Que les coliers de porcelaine
, tels qu'ils font d'ufage chez
font d'ordinaire les fymboles.
d'une alliance entre les perfon- .
nes , avec lesquelles ils traitent . La.
victoire remportée par les François ,
ce font les Outagamis , dit Renards,
que l'on a battu l'année pallée , vers
Oüeft de l'Amerique Septentriona,
le . Voici , M. la Hatangak faite au
Roi Louis XV, en 1717
NOSTRE PERE ,
N
Ous avons appris avec biende
la douleur , la mort da
Grand Chefdes François , nofiic
Grand Pere & ton Bifayeul. Nous
aurions fort fouhaité de paffer le
Grand Lac pour l'aller pleurer ;
MERCURE. 65.
mais notre Pere la Robe Noire
"
ne l'a pasjugéà propos. Nous l'a~
vons chargé d'une robe de caftor,
pour couvrir fon corps , & d'un
oreiller pour mettre fousfa tefte
afin qu'il repofe tranquillement
dans le pays des morts ; & aauuſſi
dun colier de porcelaine , pour
nous réjouir avec toi de ce que
nous le voyons renaitre en ta per--
fonne , pour tefeliciter de la premiere
victoire que tu viens de
remporter contre les Outagamis ,
appellez Renards. Nous avons
donnez de nouvelles preuves de
fidelité&d'attachement à ta per-
Lonne&aux François, tes fujets,
nos freres , &pour enfin te de-.
mander à toi qui eft prefentement
·noftre Grand Chef, la continua
tion des mêmes bonsez que ofre
GrandPere avoitpour nous.
de l'expedition des François contre
les Outagamis , la harangue que
M. de Breflay Miffionnaire des Sauvages
Algonkins , Ambaffadeur de
leur part en France , fit dernierement
à S. M. au Palais des Thuilleries ; la
voila telle qu'il l'a prononcée.
Il eft bon à ce que je croi , de
vous faire remarquer auparavant que
Fij
64
LE NOUVEAU
Les Sauvages tutejent en parlant .
qu'ils appellent non -feulement le
Royde France leur Pere , mais encore
tous les François. Qu'ils appellent.
la Mer le grand Lac. Que les Miſſionaires
feculiers font appellez Robes
noires . Que le pays des morts , c'eft.
l'autre monde. Que les coliers de porcelaine
, tels qu'ils font d'ufage chez
font d'ordinaire les fymboles.
d'une alliance entre les perfon- .
nes , avec lesquelles ils traitent . La.
victoire remportée par les François ,
ce font les Outagamis , dit Renards,
que l'on a battu l'année pallée , vers
Oüeft de l'Amerique Septentriona,
le . Voici , M. la Hatangak faite au
Roi Louis XV, en 1717
NOSTRE PERE ,
N
Ous avons appris avec biende
la douleur , la mort da
Grand Chefdes François , nofiic
Grand Pere & ton Bifayeul. Nous
aurions fort fouhaité de paffer le
Grand Lac pour l'aller pleurer ;
MERCURE. 65.
mais notre Pere la Robe Noire
"
ne l'a pasjugéà propos. Nous l'a~
vons chargé d'une robe de caftor,
pour couvrir fon corps , & d'un
oreiller pour mettre fousfa tefte
afin qu'il repofe tranquillement
dans le pays des morts ; & aauuſſi
dun colier de porcelaine , pour
nous réjouir avec toi de ce que
nous le voyons renaitre en ta per--
fonne , pour tefeliciter de la premiere
victoire que tu viens de
remporter contre les Outagamis ,
appellez Renards. Nous avons
donnez de nouvelles preuves de
fidelité&d'attachement à ta per-
Lonne&aux François, tes fujets,
nos freres , &pour enfin te de-.
mander à toi qui eft prefentement
·noftre Grand Chef, la continua
tion des mêmes bonsez que ofre
GrandPere avoitpour nous.
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6
p. 70-73
Traduction de la Lettre du Grand Seigneur au Roy.
Début :
La gloire des plus majestueux Rois de la croyance de [...]
Mots clefs :
Rois, Croyances, Louis, Amitié, Sincérité, Duc, Ambassade , Félicité, Mémoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Traduction de la Lettre du Grand Seigneur au Roy.
Traduction de la Lettre du
Grand Seigneur au Roy.
LAgloire des plus majestueux
Rois la croyance de JESUS ,
le choifi entre les Princes de la
Religion du Meffre , l'Arbitre de
MERCURE. 71
toutes les Nations Chrêtiennes ,
Seigneur de majefté & d'honneur,
Patron de louange & de gloire ,
LOUIS EMPEREUR DE FRANCE ,
dont la fin des jours foit comblée
de bonheur & de felicité.
A l'arrivée de cette fublime &
imperialle Lettre , vous fçaurez
que la Lettre d'amitié & de compliments
, qui m'a efté envoyée
de votre part , eftant arrivée , &
ayant efté préfentée avec fa traduction
au pied de mon Throne
Imperial , Siege de la Juſtice , & de
l'équité , par l'entremiſe de mon
Vilir IBRAHIM PACHA , PréfentementCAIMACAM
DE MON EPERON
IMPERIAL, dont la grandeur
foit de durée , j'ay connu par
fon contenu plein de fincerité &
d'amitié , que de l'avis du glorieux
, parmi les Princes de la
royance de JESUS , le choifi
parmi les Grands Honorez de la
Religion du Meffie , dont la
fin foit hûreufe : LE DUG D'ORLEANS
VOTRE ONCLE , ET
72
LE NOUVEAU
VOTRE REGENT , par raport à
votre Minorité , vous aviez trouvé
à propos de rappeler l'Exemplaire
des Grands de la Religion
du Meffie le Comte Defalleurs
dont la fin foit hûreufe , à qui
votre GLORIEUX BIS- AYE UL,
qui a quitté ce monde paffager ,
avoit ci-devant confié l'Ambaffade
de mon hûreuſe PORTE , me priant,
pour , en recompenſe de ſes longs
Tervices , le faire jouir du repos
qu'il a merité , & qui lui eft dû ,
de vous le renvoyer. Et me marquant
en même tems , que vous
n'oublierez rien pour entretenir ,
& maintenir la forte , conftante , &
fincere amitié , que vos glorieux
Ancêtres ont toujours eue avec
ma fublime PORTE , dont la félicité
eft attachée à l'Eternité ; Il est très
fûr , & très veritable , que nous
entretiendrons & maintiendrons
auffi du côté de votre Perfonne
Imperiale , l'amitié , & la bonne
correfpondance , qu'il y a toujours
eûë jufques à prefent , entre
د
Nos
MERCURE. 73
Nos Ancêtres de glorieufe memoire
& les Votres , avec les mêmes
fins que vous y avez apporté
de votre part. Ayant donc
trouvé convenable , fuivant votre
priere , de vous renvoyer votre
fufdit Ambaffadeur , qui eft un
vieillard très fage , très prudent ,
& très confommé dans les affaires ,
qui a très parfaitement bien rempli
les devoirs de fon Ambaffade ,
pour fe rendre auprès de vous. Je
vous écris par lui cette Lettre ,
qui marque la félicité , & la profpérité
, & vous reconnoîtrés , quand
vous la recevrez , la penfée , & le
défir , que j'ay d'entretenir & maintenir
comme il fe doit , la
bonne intelligence , & la forte &
fincere amitié , qui eft entre nous .
Ecrit dans le commencement de
la Lune de Zilkade Icherife , l'an
1128 ; cela repond à peu prés au
au 15 Octobre 1716.
,
A Andrinople la bien gardée ,
lieu de Victoire , & de profpérité.
Grand Seigneur au Roy.
LAgloire des plus majestueux
Rois la croyance de JESUS ,
le choifi entre les Princes de la
Religion du Meffre , l'Arbitre de
MERCURE. 71
toutes les Nations Chrêtiennes ,
Seigneur de majefté & d'honneur,
Patron de louange & de gloire ,
LOUIS EMPEREUR DE FRANCE ,
dont la fin des jours foit comblée
de bonheur & de felicité.
A l'arrivée de cette fublime &
imperialle Lettre , vous fçaurez
que la Lettre d'amitié & de compliments
, qui m'a efté envoyée
de votre part , eftant arrivée , &
ayant efté préfentée avec fa traduction
au pied de mon Throne
Imperial , Siege de la Juſtice , & de
l'équité , par l'entremiſe de mon
Vilir IBRAHIM PACHA , PréfentementCAIMACAM
DE MON EPERON
IMPERIAL, dont la grandeur
foit de durée , j'ay connu par
fon contenu plein de fincerité &
d'amitié , que de l'avis du glorieux
, parmi les Princes de la
royance de JESUS , le choifi
parmi les Grands Honorez de la
Religion du Meffie , dont la
fin foit hûreufe : LE DUG D'ORLEANS
VOTRE ONCLE , ET
72
LE NOUVEAU
VOTRE REGENT , par raport à
votre Minorité , vous aviez trouvé
à propos de rappeler l'Exemplaire
des Grands de la Religion
du Meffie le Comte Defalleurs
dont la fin foit hûreufe , à qui
votre GLORIEUX BIS- AYE UL,
qui a quitté ce monde paffager ,
avoit ci-devant confié l'Ambaffade
de mon hûreuſe PORTE , me priant,
pour , en recompenſe de ſes longs
Tervices , le faire jouir du repos
qu'il a merité , & qui lui eft dû ,
de vous le renvoyer. Et me marquant
en même tems , que vous
n'oublierez rien pour entretenir ,
& maintenir la forte , conftante , &
fincere amitié , que vos glorieux
Ancêtres ont toujours eue avec
ma fublime PORTE , dont la félicité
eft attachée à l'Eternité ; Il est très
fûr , & très veritable , que nous
entretiendrons & maintiendrons
auffi du côté de votre Perfonne
Imperiale , l'amitié , & la bonne
correfpondance , qu'il y a toujours
eûë jufques à prefent , entre
د
Nos
MERCURE. 73
Nos Ancêtres de glorieufe memoire
& les Votres , avec les mêmes
fins que vous y avez apporté
de votre part. Ayant donc
trouvé convenable , fuivant votre
priere , de vous renvoyer votre
fufdit Ambaffadeur , qui eft un
vieillard très fage , très prudent ,
& très confommé dans les affaires ,
qui a très parfaitement bien rempli
les devoirs de fon Ambaffade ,
pour fe rendre auprès de vous. Je
vous écris par lui cette Lettre ,
qui marque la félicité , & la profpérité
, & vous reconnoîtrés , quand
vous la recevrez , la penfée , & le
défir , que j'ay d'entretenir & maintenir
comme il fe doit , la
bonne intelligence , & la forte &
fincere amitié , qui eft entre nous .
Ecrit dans le commencement de
la Lune de Zilkade Icherife , l'an
1128 ; cela repond à peu prés au
au 15 Octobre 1716.
,
A Andrinople la bien gardée ,
lieu de Victoire , & de profpérité.
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7
p. 74-77
Traduction de la Lettre écrite au Roy, par Ibrahim Pacha Kaimacam de l'Etrier, à Andrinople.
Début :
Le plus glorieux des grands Princes de la Croyance de Jesus, [...]
Mots clefs :
Prince, Croyance, Messie, Louis, Respect, Amitié, Sultan, Empires, Honneur, Ambassadeur, Soumission
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Traduction de la Lettre écrite au Roy, par Ibrahim Pacha Kaimacam de l'Etrier, à Andrinople.
Traduction de la Lettre écrite
au Roy , par Ibrahim Pacha
Kaimacam de l'Etrier, à Andrinople.
E plus glorieux des grands
LEplus, des nce de
JESUS , choifi d'entre les Eminents
Potentats de la Religion du Meffie
, Arbitre des differents qui
arrivent parmi le Peuple Chrêtien
, revetû de magnificence &
de majefté , Seigneur d'honneur ,
& de gloire , le très fincere , très
fidel , & très honoré LOUIS EMPEREUR
DE FRANCE pour
qui nous avons un refpect , & une
affection finguliere : Que Dieu
faffe que votre fin foit hûreufe.
Après avoir offert à Votre Majefté
des faluts purs , & finceres , qui
fortifient l'amitié , les fondemens
de la bonne correfpondance & de
l'union , nous lui faifons fçavoir
avec fincérité , que le très magniMERCURE.
75
fique , puiffant , & formidable Empereur
mon Maître , le protecteur
des Rois , & l'azile des grands
Monarques , Seigneur des deux
Mers , & de deux Terres , Serviteur
des deux nobles & facrées
Villes MEQUE , & MEDINE , Roy
des Rois,LE SULTANACHMED
,
fils de Sultan Muhamed , & petit
fils de Sultan Ibrahim ; que Dieu
perpetue à jamais fa Monarchie ; a
reçû la Lettre Imperiale , que Votre
Majesté lui a envoyée , laquelle
a été rendue , & préfentée par
l'entremise de fon très humble
ferviteur , à l'Augufte Throne de
SA MAJESTE' IMPERIALE ,
& après l'avoir fait traduire , S. M.
I. a vû par fon contenu , que V.
M. défire , de l'avis de fon Oncle
le très honoré , & Notre fincere
Amy le DUC D'ORLEANS,
REGENT de S. M. , à caufe de fa
Minorité, qui est le choisi d'entre
les grands Princes de la Religion
du Meffie , la fin duquel foit hûreufe
. Cette Lettre contient en76
LE NOUVEAU
core , que V. M. défire d'affermir,
& entretenir l'union , & l'amitié ,
qu'il y a entre les deux Empires.
S. M. I. avec fa fçience ordinaire ,
a auffi parfaitement compris tout
ce qui y étoit détaillé plus au long.
J'ay reçû en même tems , la Lettre
, que V. M. m'a fait l'honneur
& la grace de m'écrire , remplie
d'amitié , dont j'ay reçû une joye
extréme. V. M. verra par le raport
que lui fera fon Ambaffadeur
que de tout tems je me fuis employé
en tout ce que j'ay pû , à
favorifer les affaires qui ont dépendus
de moi. Son Ambaffadeur
à donc été congédié , ainſi que V.
M. l'a défiré , & en confidération
de la fincere amitié , & bonne correfpondance
, qu'il y a depuis fi
fi long tems , entre les deux Empires.
il a été émané une Lettre
Imperiale , remplie d'honneur , &
d'amitié , qui eft envoyée à V. M.
par le retour de fon Ambaffadeur ,
J'ay pris la liberté de l'accompagner
d'une des miennes , qui eft
MER URE.
77
pleine de foûmiffion , & de cordialité
Lorfque V. M. recevra la
Lettre Impériale , & qu'Elle verra
on contenuë, nous eſpérons , qu'Elle
voudra mettre fon attention , pour
fortifier , affermir ,
augmenter la
fincere , & parfaite amitié , qui regne
depuis fi long- tems , entre les
deux Empires . Ecrit vers le commencement
de la Lune de Zilchide
, l'an de l'Hegire 1128 , ce qui
revient à peu près au 15 Octobre
1716. A Andrinople la bien gardée.
au Roy , par Ibrahim Pacha
Kaimacam de l'Etrier, à Andrinople.
E plus glorieux des grands
LEplus, des nce de
JESUS , choifi d'entre les Eminents
Potentats de la Religion du Meffie
, Arbitre des differents qui
arrivent parmi le Peuple Chrêtien
, revetû de magnificence &
de majefté , Seigneur d'honneur ,
& de gloire , le très fincere , très
fidel , & très honoré LOUIS EMPEREUR
DE FRANCE pour
qui nous avons un refpect , & une
affection finguliere : Que Dieu
faffe que votre fin foit hûreufe.
Après avoir offert à Votre Majefté
des faluts purs , & finceres , qui
fortifient l'amitié , les fondemens
de la bonne correfpondance & de
l'union , nous lui faifons fçavoir
avec fincérité , que le très magniMERCURE.
75
fique , puiffant , & formidable Empereur
mon Maître , le protecteur
des Rois , & l'azile des grands
Monarques , Seigneur des deux
Mers , & de deux Terres , Serviteur
des deux nobles & facrées
Villes MEQUE , & MEDINE , Roy
des Rois,LE SULTANACHMED
,
fils de Sultan Muhamed , & petit
fils de Sultan Ibrahim ; que Dieu
perpetue à jamais fa Monarchie ; a
reçû la Lettre Imperiale , que Votre
Majesté lui a envoyée , laquelle
a été rendue , & préfentée par
l'entremise de fon très humble
ferviteur , à l'Augufte Throne de
SA MAJESTE' IMPERIALE ,
& après l'avoir fait traduire , S. M.
I. a vû par fon contenu , que V.
M. défire , de l'avis de fon Oncle
le très honoré , & Notre fincere
Amy le DUC D'ORLEANS,
REGENT de S. M. , à caufe de fa
Minorité, qui est le choisi d'entre
les grands Princes de la Religion
du Meffie , la fin duquel foit hûreufe
. Cette Lettre contient en76
LE NOUVEAU
core , que V. M. défire d'affermir,
& entretenir l'union , & l'amitié ,
qu'il y a entre les deux Empires.
S. M. I. avec fa fçience ordinaire ,
a auffi parfaitement compris tout
ce qui y étoit détaillé plus au long.
J'ay reçû en même tems , la Lettre
, que V. M. m'a fait l'honneur
& la grace de m'écrire , remplie
d'amitié , dont j'ay reçû une joye
extréme. V. M. verra par le raport
que lui fera fon Ambaffadeur
que de tout tems je me fuis employé
en tout ce que j'ay pû , à
favorifer les affaires qui ont dépendus
de moi. Son Ambaffadeur
à donc été congédié , ainſi que V.
M. l'a défiré , & en confidération
de la fincere amitié , & bonne correfpondance
, qu'il y a depuis fi
fi long tems , entre les deux Empires.
il a été émané une Lettre
Imperiale , remplie d'honneur , &
d'amitié , qui eft envoyée à V. M.
par le retour de fon Ambaffadeur ,
J'ay pris la liberté de l'accompagner
d'une des miennes , qui eft
MER URE.
77
pleine de foûmiffion , & de cordialité
Lorfque V. M. recevra la
Lettre Impériale , & qu'Elle verra
on contenuë, nous eſpérons , qu'Elle
voudra mettre fon attention , pour
fortifier , affermir ,
augmenter la
fincere , & parfaite amitié , qui regne
depuis fi long- tems , entre les
deux Empires . Ecrit vers le commencement
de la Lune de Zilchide
, l'an de l'Hegire 1128 , ce qui
revient à peu près au 15 Octobre
1716. A Andrinople la bien gardée.
Fermer
8
p. 77-80
Traduction de la Lettre du Moufty, au Roy.
Début :
LA gloire des plus majestueux Monarques de la Croyance de [...]
Mots clefs :
Gloire, Croyance, Jésus, Honneur, Sa Majesté, Louis XV, Amitié, Roi victorieux, Comte, Ambassadeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Traduction de la Lettre du Moufty, au Roy.
Traduction de la Lettre du
Moufty , au Roy .
A gloire des plus majestueux
Monarques de la Croyance de
JESUS - CHRIST , choifi d'entre
les Princes glorieux de la Religion
du Meifie , l'Arbitre de toutes
les Nations Chrêtienes , Seigneur
de Majefté , & d'honneur ,
digne de loüange , & de gloire,
Notre très fincere , & très honoré
Seigneur LOUIS XV , Empereur
Giij
78 LE NOUVEAU
de France , que la fin de vos
jours foit comblée de bonheur ; après
vous avoir affûré de mes bons
Offices , & de mes très affectueux
Saluts. V. M. fçaura , que la Lettre
d'amitié qu'Elle a écrite à Notre
très Illuftre & très Puiffant
Empereur , qui eft le foûtien de
notre Religion , le Deffenfeur de
tout le monde , & le Puiffant victorieux
Roi, des Rois, le SE de la Terre
& des deux Mers , le Serviteur des
deux plus Auguftes , & plus facrées
Citées. La MEQUE & MEDINE , fils
de l'Empereur Muhamed , & petit
fils de l'Empereur Ibrahim , que fon
Régne dure jufqu'au jour du Jugement
, lui a été rendue par l'entremife
de fon Mini tre, le très-heureux
& trés-puiffant Ibrahim Pacha Kaimacham
de l'Etrier. Elle contenoit
en fubftance , que Mr le COMTE
DESALLEURS, qui réfide à la fublime
Porte , s'eft acquité des fonctions
de fon Ambaffade , de la maniere
que V. M. le fouhaittoit que de
l'avis deVotreONCLEMONSEIGNEUR
MERCURE. 19
LEDUC D'ORLEANS , le plus glorieux
d'entre les Princes de la Nation
Chrêtiene , & de la croyance du
Meffie , qui eft préfentement Régent
durant votre Minorité ; Elle a jugé
à propos de le rapeler auprès d'Elle:
Elle contenoit encore , que V. M.
maintiendroit , & feroit toujours
conitante dans l'amitié qui eft entre
vous , & la fublime Porte. Voilà
à peu près fon contenu . Préfentement
que vous demandés le fufdit
Ambaſſadeur , on lui a donné pleine
liberté de partir , quand bon lui femblera
, & V. M. jugera par la préfente
, que nous ne défirons rien tant
que de voir régner , comme nous
ávons vû par le paffé , l'union &
l'amitié qui a été plufieurs fiécles
entre les deux Empires : & fondez
que nous fommes fur cette ancienne
amitié , il a été configné au fufdit
Ambaffadeur , la Lettre qu'il vous
remettra de la part de notre Empereur
. J'ai été très fatisfait de voir
l'anciene amitié queV.M. a toujours
confervée pour la fublime Porte , &
LE NOUVEAU
d'avoir eu l'honneur de recevoir
une de vos Lettres , qui me témoigne
votre amitié & votre affection.
Ainfi pour y correfpondre , j'écris
cette Lettre à V. M. que j'envoye
avec celle de notre Empereur , par
laquelle je lui fais fçavoir que je
prendrai toujours beaucoup de part
à ce qui la regarde. Au reste , nous
elperons que V. M. voudra bien
agréer les fincéres proteftations que
nous lui faifons , & qu'Elle aura
la bonté d'y correfpondre , comme
Elle a fait jufques à préfent.
ABDULRAHIM MOUFTY.
Donné le premier du mois de Zilkide
-Icherif , l'an 1128.
Moufty , au Roy .
A gloire des plus majestueux
Monarques de la Croyance de
JESUS - CHRIST , choifi d'entre
les Princes glorieux de la Religion
du Meifie , l'Arbitre de toutes
les Nations Chrêtienes , Seigneur
de Majefté , & d'honneur ,
digne de loüange , & de gloire,
Notre très fincere , & très honoré
Seigneur LOUIS XV , Empereur
Giij
78 LE NOUVEAU
de France , que la fin de vos
jours foit comblée de bonheur ; après
vous avoir affûré de mes bons
Offices , & de mes très affectueux
Saluts. V. M. fçaura , que la Lettre
d'amitié qu'Elle a écrite à Notre
très Illuftre & très Puiffant
Empereur , qui eft le foûtien de
notre Religion , le Deffenfeur de
tout le monde , & le Puiffant victorieux
Roi, des Rois, le SE de la Terre
& des deux Mers , le Serviteur des
deux plus Auguftes , & plus facrées
Citées. La MEQUE & MEDINE , fils
de l'Empereur Muhamed , & petit
fils de l'Empereur Ibrahim , que fon
Régne dure jufqu'au jour du Jugement
, lui a été rendue par l'entremife
de fon Mini tre, le très-heureux
& trés-puiffant Ibrahim Pacha Kaimacham
de l'Etrier. Elle contenoit
en fubftance , que Mr le COMTE
DESALLEURS, qui réfide à la fublime
Porte , s'eft acquité des fonctions
de fon Ambaffade , de la maniere
que V. M. le fouhaittoit que de
l'avis deVotreONCLEMONSEIGNEUR
MERCURE. 19
LEDUC D'ORLEANS , le plus glorieux
d'entre les Princes de la Nation
Chrêtiene , & de la croyance du
Meffie , qui eft préfentement Régent
durant votre Minorité ; Elle a jugé
à propos de le rapeler auprès d'Elle:
Elle contenoit encore , que V. M.
maintiendroit , & feroit toujours
conitante dans l'amitié qui eft entre
vous , & la fublime Porte. Voilà
à peu près fon contenu . Préfentement
que vous demandés le fufdit
Ambaſſadeur , on lui a donné pleine
liberté de partir , quand bon lui femblera
, & V. M. jugera par la préfente
, que nous ne défirons rien tant
que de voir régner , comme nous
ávons vû par le paffé , l'union &
l'amitié qui a été plufieurs fiécles
entre les deux Empires : & fondez
que nous fommes fur cette ancienne
amitié , il a été configné au fufdit
Ambaffadeur , la Lettre qu'il vous
remettra de la part de notre Empereur
. J'ai été très fatisfait de voir
l'anciene amitié queV.M. a toujours
confervée pour la fublime Porte , &
LE NOUVEAU
d'avoir eu l'honneur de recevoir
une de vos Lettres , qui me témoigne
votre amitié & votre affection.
Ainfi pour y correfpondre , j'écris
cette Lettre à V. M. que j'envoye
avec celle de notre Empereur , par
laquelle je lui fais fçavoir que je
prendrai toujours beaucoup de part
à ce qui la regarde. Au reste , nous
elperons que V. M. voudra bien
agréer les fincéres proteftations que
nous lui faifons , & qu'Elle aura
la bonté d'y correfpondre , comme
Elle a fait jufques à préfent.
ABDULRAHIM MOUFTY.
Donné le premier du mois de Zilkide
-Icherif , l'an 1128.
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9
p. 81-89
HARANGUE FAITE AU ROY PAR Mr DE MONTEMPUYS, Recteur de l'Université. En présentant un Cierge à SA MAJESTÉ au Louvre, le premier Février 1717.
Début :
Sire, L'Université réglant les voeux qu'elle adresse à Dieu pour [...]
Mots clefs :
Université, Voeux, Sa Majesté, Moeurs, Gloire, Religion, Espérance, Sentiments, Loi, Duc, Serment, Charges, Cérémonie, Mouvements des troupes, Duchesse, Princesse, Ornements, Abbaye
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HARANGUE FAITE AU ROY PAR Mr DE MONTEMPUYS, Recteur de l'Université. En présentant un Cierge à SA MAJESTÉ au Louvre, le premier Février 1717.
HARANGUE
FAITE AU ROY
PAR M DE MONTEMPUYS ,
Recteur de l'Univerfité.
En préfentantunCierge à SAMAIESTE
an Louvre , le premier Février
SIRE,
1717.
L'Univerfité réglant les voeux
qu'elle adreffe à Dieu pour Vous
fur l'état préfent de VOTRE
MAJESTE', eft toute occupée du
moment auquel doit commencer
Votre Inftruction .
Tems précieux pour VOTRE
MAJESTE , SIRE , qui fera le
feul de Votre Vie , où l'on ofera
Vous parler fincérement fur vos actions
, & où n'étant point chargé de
Vos Etats , Vous pourez ne penfer
qu'à Vous même , & Vous donner
82 LE NOUVEAU
tout entier à ce qui pent former
Votre Efprit , & régler Vos Maurs.
Tems important pour Votre
Royaume , dont la gloire & le bonheur
dépendent des Principes que
VOTRE MAJESTE va recevoir
fur la Religion , fur l'Eglife ,
fur les Droits de Sa Couronne
& fur Ses devoirs ; & de
l'habitude qu'Elle prendra de s'y
conformer.
2
Mais quelles efpérances d'une
Education parfaite ne donnent pas
à Votre Peuple , SIRE , la droiture
& l'élévation de Vos fentimens
cultivés par la Perfonne illuftre qui
a eûfoin de Votre Enfance , les qualités
naturelles de Votre efprit
l'expérience & le dés-intereffement
des Perfonnes qui font apellées àl'honneur
de Vous conduire & de
Vous inftruire !
Pour Nous , SIRE , perfuadés
que nous fommes , que la bonne conduite
des Rois , eft pour leur Peuune
Loi puiffante , nous ferons
les premiers à tirer avantage du pro
>
MERCURE. 83
grés que Vous ferez dans les Sciences
; nous propoferons Votre Exemple
à Vos jeunes Sujets qui font confiés
à nos foins , & nous ferons enforte
que lors que Vous ferez en
état de leur donner des Loix, SIRE ,
Vous reconnoiffiez avec quelle application
nous leur aurons donné
des leçons de refpect , d'obéiffance
& d'amour envers VOTRE
MAJESTE'.
Le 25 , le Roy accorda à Mr
le Duc de S. Simon tous les honneurs
du Louvre.
Le 26 M Le Duc de Chaulnes
fut gratifié par le Roy , de la furvivance
de la Charge de Capitaine
Lieutenant de la Compagnie des
Chevaux Legers pour Mr fon fils,
âgé de fix ans , Sa Majeſté y a joint
un Brevet de retenuë de quatre cent
mille livres , en cas de mort. >
Le 27 à trois heures Mgr le Duc
Regent s'étant rendu chez le Roy ,
S. M. recût le Serment de Mr le
Marquis de Gefvres , pour la furvivance
de la Charge de Premier
84
LE
NOUVEAU
Gentil-homme de la Chambre , en
préfence de Mr le Duc de Trefmes
fon pere & de quantité de Seigneurs.
Cette Cérémonie avoit été précédée
de celle du Serment prêté,quelques
moments auparavant , par M¹
le Prince de Soubize, pour la Charge
de Capitaine-Lieutenant des Gendarmes
, entre les mains de Mr le
Maréchal de Tallard . Ce droit appartenoit
autrefois au Conêtable :
mais depuis l'extinction de cette
Charge , les Grands Officiers ont
la liberté de choifir › pour recevoir
la preſtation de leur Serment , celui
des Maréchaux de France qui leur
agrée davantage.
,
Aprés le Serment prêté par Mr le
Marquis de Gefvres ; le Roy accompagné
de ME le Duc Regent , de
Mer le Duc , de Mers les Princes , de
M le Maréchal de Villeroy &c.
Sa Majesté voulut voir du balcon
de la Salle des Cent-Suiffes , la
Compagnie des Gendarmes de quartier
; Mr le Prince de Rohan , &
Mr le Prince de Soubize à cheval ,
firent
MERCURE. 35
firent faire divers mouvemens .
Aprés que la Compagnie eut défilé
, Mr le Prince de Rohan demanda
l'ordre au Roy , qui répondit
qu'on pouvoit s'en aller. S. M.
parut prendre beaucoup de plaifir à
cette revuë.
Ce fut dans ce temps - là que
Madanie Ducheffe de Berry arriva
dans un magnifique Caroffe , efcortée
d'un détachement de fes Gardes
; elle monta chez le Roy , d'où
elle fe rendit avec S. M. dans la
Chapelle , pour y tenir fur les Fonds
de Batême une fille de Mr le Marquis
de Monchy, Maître de la Garde-
Robe de feu M8 le Duc de Berry;
le Roy y avoit été précédéparMr le
Cardinal de Rohan, Grand Aumônier
de France. Monfieur l'Abbé de
Maulevrier & Mr l'Abbé d'Argentré
Aumôniers du Roy . S. M. étoit
accompagnéede
Mr le Maréchal de
Villeroy , de Mr le Prince Charles
Grand Ecuyer de France , de tous
les Officiers des Gardes.Le Roy portoit
un habit de Velours couleur de
Pourpre enrichi de gros boutons de
Mars 1717. H
86 LE NOUVEAU
diamans. MadameDucheffe de Berry
y avoit été précédée parM l'Abbé de
Caftriez nommé à l'Archevêché de
Tours , fon prémier Aumonier , Mr
l'Abbé de Rouget , & M l'Abbé de
Parthenay fes Aumoniers : elle étoit
accompagnée de Mde la Ducheſſe
de Saint Simon fa Dame d'honneur
, de Mde la Marquise de Pons
fa Dame d'atour , de fes Dames du
Palais , de Mr le Marquis de Coëtenfao
fon Chevalier d'honneur , de
Mile Chevalier d'Hautefort fon prémier
Ecuyer , & du refte de fa Maifon.
Cette Princeffe portoit une Robe
d'une étoffe d'or , toute couverte
de pierreries ; ſa coëffure en étoit
toute brillante . Mde la Ducheſſe de
Saint Simon s'y diftingua auffi par
une grande quantité de Diamans fur
fa robe , & à fa coëffure . Le Roy
fit pareillement l'honneur à Mr le
Marquis d'Arfy , un , des quatre
Gentilshommes de la Manche , de
tenir fon fils avec Mde la Ducheffe
du Mayne.
Cette double cérémonie fut faite
MERCURE.
87
par Mr le Grand Aumônier, Mrs les
Curez de Saint Germain l'Auxerrois
& de Saint Sulpice , préfents ,au
premier Batême , & Mr le Curé de
S. Roch au fecond. Mr le Curé de
Saint Germain l'Auxerrois affiſta
aux deux , avec l'Etole . Tous ont
fignés fur le Regiſtre .
Un monde infini s'étoit affemblé
pour voir ces cérémonies extraordinaires
; dautant plus que c'étoit le
jour de la préfentation des Placets.
L'Abbaye reguliere de Clairemarais
en Artois , elt vacante . Celle
de S. Ambroise de Bourges l'eit
pa
reillement par la mort de M¹ l'Abbé
de Fourcy.
Le premier de ce mois Mr le Maréchal
de Villeroy ayant jugé à
propos d'établir une régle conftante
pour tous les exercices de S. M. fit
lever le Roy à huit heures & demie.
Le 3. on créa une troifiéme
Charge d'Huiffier de l'Anti-chambre
, en faveur de Mr Pernault le
cadet , par la confiance que l'on
a en lui. Ona crû cette augmenta-
Hij
88 LE NOUVEAU
tion neceffaire , à caufe des difficultés
& des peines qui font attachées
à ce pofte , qui demande des foins
& une attention toute particuliére:
Elle a été créé a l'inſtar des deux autres
, avec l'attribution des mêmes
gages : mais afin que ce nouvel Officier
ne puiffe pas préjudicier aux
droits de fes Confreres : il a été ſtatüé
qu'il ne partagera point les droits
anciens avec eux. Le Roy , pour
le dédommager de ces retranchemens
, a ordonné qu'on en fit un
état, afin de les lui payer par que!-
qu'autre équivalent au prorata. La
furvivance de la Charge de M. N. .
Pernault l'aîné , accordée à fon cadet
, reite comme elle étoit.
On a fait un retranchement qu'on
a crû neceffaire pour les dépenfes du
Roy fur fa Table , & dans chaque
Office ; ce qui peut monter en tour
50. mille écus.
L'Abbaye de S. GILBERT à Clermont
en Auvergne , eft vacante par
la mort de M l'Abbé LARCHER
Chapelain ordinaire du Roy , cyMERCURE.
89
devant Sacriftain de la grande Chapelle
Charge qu'il avoit venduë
à Mr l'Abbé Gault , Chapelain du
Roy , & Beau-frere de Mi le Procureur
du Roy au Châtelet .
FAITE AU ROY
PAR M DE MONTEMPUYS ,
Recteur de l'Univerfité.
En préfentantunCierge à SAMAIESTE
an Louvre , le premier Février
SIRE,
1717.
L'Univerfité réglant les voeux
qu'elle adreffe à Dieu pour Vous
fur l'état préfent de VOTRE
MAJESTE', eft toute occupée du
moment auquel doit commencer
Votre Inftruction .
Tems précieux pour VOTRE
MAJESTE , SIRE , qui fera le
feul de Votre Vie , où l'on ofera
Vous parler fincérement fur vos actions
, & où n'étant point chargé de
Vos Etats , Vous pourez ne penfer
qu'à Vous même , & Vous donner
82 LE NOUVEAU
tout entier à ce qui pent former
Votre Efprit , & régler Vos Maurs.
Tems important pour Votre
Royaume , dont la gloire & le bonheur
dépendent des Principes que
VOTRE MAJESTE va recevoir
fur la Religion , fur l'Eglife ,
fur les Droits de Sa Couronne
& fur Ses devoirs ; & de
l'habitude qu'Elle prendra de s'y
conformer.
2
Mais quelles efpérances d'une
Education parfaite ne donnent pas
à Votre Peuple , SIRE , la droiture
& l'élévation de Vos fentimens
cultivés par la Perfonne illuftre qui
a eûfoin de Votre Enfance , les qualités
naturelles de Votre efprit
l'expérience & le dés-intereffement
des Perfonnes qui font apellées àl'honneur
de Vous conduire & de
Vous inftruire !
Pour Nous , SIRE , perfuadés
que nous fommes , que la bonne conduite
des Rois , eft pour leur Peuune
Loi puiffante , nous ferons
les premiers à tirer avantage du pro
>
MERCURE. 83
grés que Vous ferez dans les Sciences
; nous propoferons Votre Exemple
à Vos jeunes Sujets qui font confiés
à nos foins , & nous ferons enforte
que lors que Vous ferez en
état de leur donner des Loix, SIRE ,
Vous reconnoiffiez avec quelle application
nous leur aurons donné
des leçons de refpect , d'obéiffance
& d'amour envers VOTRE
MAJESTE'.
Le 25 , le Roy accorda à Mr
le Duc de S. Simon tous les honneurs
du Louvre.
Le 26 M Le Duc de Chaulnes
fut gratifié par le Roy , de la furvivance
de la Charge de Capitaine
Lieutenant de la Compagnie des
Chevaux Legers pour Mr fon fils,
âgé de fix ans , Sa Majeſté y a joint
un Brevet de retenuë de quatre cent
mille livres , en cas de mort. >
Le 27 à trois heures Mgr le Duc
Regent s'étant rendu chez le Roy ,
S. M. recût le Serment de Mr le
Marquis de Gefvres , pour la furvivance
de la Charge de Premier
84
LE
NOUVEAU
Gentil-homme de la Chambre , en
préfence de Mr le Duc de Trefmes
fon pere & de quantité de Seigneurs.
Cette Cérémonie avoit été précédée
de celle du Serment prêté,quelques
moments auparavant , par M¹
le Prince de Soubize, pour la Charge
de Capitaine-Lieutenant des Gendarmes
, entre les mains de Mr le
Maréchal de Tallard . Ce droit appartenoit
autrefois au Conêtable :
mais depuis l'extinction de cette
Charge , les Grands Officiers ont
la liberté de choifir › pour recevoir
la preſtation de leur Serment , celui
des Maréchaux de France qui leur
agrée davantage.
,
Aprés le Serment prêté par Mr le
Marquis de Gefvres ; le Roy accompagné
de ME le Duc Regent , de
Mer le Duc , de Mers les Princes , de
M le Maréchal de Villeroy &c.
Sa Majesté voulut voir du balcon
de la Salle des Cent-Suiffes , la
Compagnie des Gendarmes de quartier
; Mr le Prince de Rohan , &
Mr le Prince de Soubize à cheval ,
firent
MERCURE. 35
firent faire divers mouvemens .
Aprés que la Compagnie eut défilé
, Mr le Prince de Rohan demanda
l'ordre au Roy , qui répondit
qu'on pouvoit s'en aller. S. M.
parut prendre beaucoup de plaifir à
cette revuë.
Ce fut dans ce temps - là que
Madanie Ducheffe de Berry arriva
dans un magnifique Caroffe , efcortée
d'un détachement de fes Gardes
; elle monta chez le Roy , d'où
elle fe rendit avec S. M. dans la
Chapelle , pour y tenir fur les Fonds
de Batême une fille de Mr le Marquis
de Monchy, Maître de la Garde-
Robe de feu M8 le Duc de Berry;
le Roy y avoit été précédéparMr le
Cardinal de Rohan, Grand Aumônier
de France. Monfieur l'Abbé de
Maulevrier & Mr l'Abbé d'Argentré
Aumôniers du Roy . S. M. étoit
accompagnéede
Mr le Maréchal de
Villeroy , de Mr le Prince Charles
Grand Ecuyer de France , de tous
les Officiers des Gardes.Le Roy portoit
un habit de Velours couleur de
Pourpre enrichi de gros boutons de
Mars 1717. H
86 LE NOUVEAU
diamans. MadameDucheffe de Berry
y avoit été précédée parM l'Abbé de
Caftriez nommé à l'Archevêché de
Tours , fon prémier Aumonier , Mr
l'Abbé de Rouget , & M l'Abbé de
Parthenay fes Aumoniers : elle étoit
accompagnée de Mde la Ducheſſe
de Saint Simon fa Dame d'honneur
, de Mde la Marquise de Pons
fa Dame d'atour , de fes Dames du
Palais , de Mr le Marquis de Coëtenfao
fon Chevalier d'honneur , de
Mile Chevalier d'Hautefort fon prémier
Ecuyer , & du refte de fa Maifon.
Cette Princeffe portoit une Robe
d'une étoffe d'or , toute couverte
de pierreries ; ſa coëffure en étoit
toute brillante . Mde la Ducheſſe de
Saint Simon s'y diftingua auffi par
une grande quantité de Diamans fur
fa robe , & à fa coëffure . Le Roy
fit pareillement l'honneur à Mr le
Marquis d'Arfy , un , des quatre
Gentilshommes de la Manche , de
tenir fon fils avec Mde la Ducheffe
du Mayne.
Cette double cérémonie fut faite
MERCURE.
87
par Mr le Grand Aumônier, Mrs les
Curez de Saint Germain l'Auxerrois
& de Saint Sulpice , préfents ,au
premier Batême , & Mr le Curé de
S. Roch au fecond. Mr le Curé de
Saint Germain l'Auxerrois affiſta
aux deux , avec l'Etole . Tous ont
fignés fur le Regiſtre .
Un monde infini s'étoit affemblé
pour voir ces cérémonies extraordinaires
; dautant plus que c'étoit le
jour de la préfentation des Placets.
L'Abbaye reguliere de Clairemarais
en Artois , elt vacante . Celle
de S. Ambroise de Bourges l'eit
pa
reillement par la mort de M¹ l'Abbé
de Fourcy.
Le premier de ce mois Mr le Maréchal
de Villeroy ayant jugé à
propos d'établir une régle conftante
pour tous les exercices de S. M. fit
lever le Roy à huit heures & demie.
Le 3. on créa une troifiéme
Charge d'Huiffier de l'Anti-chambre
, en faveur de Mr Pernault le
cadet , par la confiance que l'on
a en lui. Ona crû cette augmenta-
Hij
88 LE NOUVEAU
tion neceffaire , à caufe des difficultés
& des peines qui font attachées
à ce pofte , qui demande des foins
& une attention toute particuliére:
Elle a été créé a l'inſtar des deux autres
, avec l'attribution des mêmes
gages : mais afin que ce nouvel Officier
ne puiffe pas préjudicier aux
droits de fes Confreres : il a été ſtatüé
qu'il ne partagera point les droits
anciens avec eux. Le Roy , pour
le dédommager de ces retranchemens
, a ordonné qu'on en fit un
état, afin de les lui payer par que!-
qu'autre équivalent au prorata. La
furvivance de la Charge de M. N. .
Pernault l'aîné , accordée à fon cadet
, reite comme elle étoit.
On a fait un retranchement qu'on
a crû neceffaire pour les dépenfes du
Roy fur fa Table , & dans chaque
Office ; ce qui peut monter en tour
50. mille écus.
L'Abbaye de S. GILBERT à Clermont
en Auvergne , eft vacante par
la mort de M l'Abbé LARCHER
Chapelain ordinaire du Roy , cyMERCURE.
89
devant Sacriftain de la grande Chapelle
Charge qu'il avoit venduë
à Mr l'Abbé Gault , Chapelain du
Roy , & Beau-frere de Mi le Procureur
du Roy au Châtelet .
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10
s. p.
AU ROY,
Début :
SIRE. Le Mercure de France, qui contient l'Histoire journaliere [...]
Mots clefs :
Mercure, Histoire journalière
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texteReconnaissance textuelle : AU ROY,
Le Mercure de France , qui contient
histoire journaliere <te la Nation , ne
ut paroître plus heureusement pour le
blic , . Se pour ses Auteurs , que fous
Ai) Se
les glorieux auspices de VOTRE MAr
JESTE' ; la bonté que vous avez, S I RE,
de nous Je permettre , & d'agréer que
nous venions tous les mois vous offrir.,
comme un juste tribut , le fruit de nôtre
travail , nous animera de plus en plus f
& nous engagera particulierement à ne
rien presenter à VQTRE MAJESTE*
qui jjie puisse lui plaire , ou s'amuíer
agréablement. C'est , SIRE , par ces dis
positions que nous nous flatons de pou
voir meriter la grace de vôtre Royale
Protection , & que nous osons nous dire
Avec le plus profond respect.
S I RE,
DE VOTRE MAJESTE',
Les plus humbles , les plus
obéiísans . &les plus fideles.
serviteurs & sujets ,
Les Auteurs du Mercure,
A Paris , U fremit*
l*nvier 17»^.
histoire journaliere <te la Nation , ne
ut paroître plus heureusement pour le
blic , . Se pour ses Auteurs , que fous
Ai) Se
les glorieux auspices de VOTRE MAr
JESTE' ; la bonté que vous avez, S I RE,
de nous Je permettre , & d'agréer que
nous venions tous les mois vous offrir.,
comme un juste tribut , le fruit de nôtre
travail , nous animera de plus en plus f
& nous engagera particulierement à ne
rien presenter à VQTRE MAJESTE*
qui jjie puisse lui plaire , ou s'amuíer
agréablement. C'est , SIRE , par ces dis
positions que nous nous flatons de pou
voir meriter la grace de vôtre Royale
Protection , & que nous osons nous dire
Avec le plus profond respect.
S I RE,
DE VOTRE MAJESTE',
Les plus humbles , les plus
obéiísans . &les plus fideles.
serviteurs & sujets ,
Les Auteurs du Mercure,
A Paris , U fremit*
l*nvier 17»^.
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Résumé : AU ROY,
Les auteurs du Mercure de France remercient leur souverain pour la permission de publier mensuellement. Ils s'engagent à offrir des contenus agréables au roi et à mériter sa protection. Ils se déclarent ses humbles et fidèles serviteurs. La lettre est datée de Paris, le premier janvier 17XX.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 80
Épigramme. [titre d'après la table]
Début :
L'Epigramme suivante a été faite en l'honneur du Roy & de l'Infante. [...]
Mots clefs :
Roi, Infante
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Épigramme. [titre d'après la table]
L 'Epigramme suivante a été faite en
l'honneur du Roy & de l'Infante.
Heroum, Lodtix;.& tu Viéloria proies ,
Vivite , quos putrius eonfocitfvit amer i
Utrboniium proies ambo , sacrisqut jugandi
Vinelis : Sorhmt dignus uterque ttro.
l'honneur du Roy & de l'Infante.
Heroum, Lodtix;.& tu Viéloria proies ,
Vivite , quos putrius eonfocitfvit amer i
Utrboniium proies ambo , sacrisqut jugandi
Vinelis : Sorhmt dignus uterque ttro.
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12
p. 474-487
LETTRE. DE M. L'ARCHEVESQUE DE PARIS. AU ROY.
Début :
SIRE, Je crois devoir à VOTRE MAJESTÉ un compte [...]
Mots clefs :
Archevêque de Paris, Curé, Sa Majesté, Constitution, Église, Doctrine de l'Église, Ecclésiastiques, Ordonnance, Ministres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE. DE M. L'ARCHEVESQUE DE PARIS. AU ROY.
LETTRE.
***
DE M. L'ARCHEVESQUE DE PARIS,
A U ROY
SIRE,
Je crois devoir à VOTRE MAJESTE' un compte
exact de la fituation où j'ai trouvé le Diocèle
de Paris , par rapport aux malheureuſes
conteftations qui affligent l'Eglife de France , de
la conduite que j'ai tenue jufqu'à prefent , pour
ramener les efprits & des mouvemens qui fe font
encore aujourd'hui pour empêcher le bien que
je cherche à y procurer . L'interêt de la Religion
étroitement lié avec celui de l'Etat , exige de l'Evêque
de la Capitale de votre Royaume , SIRE ,
qu'il vous inftruiſe de toutes fes démarches ; & à
qui d'ailleurs pourrois-je mieux expofer mes inquiétudes
& mes peines qu'à un Roi qui aime l'Eglife
, qui protege d'une maniere éclatante les
Miniftres de Jefus- Chrift , & qui en me faiſant
P'honneur de me nommer à la place importante
que j'occupe , m'a promis tous les fecours dont
j'aurois befoin.
Perfonne n'ignore que les Adverfaires de la
Conftitution Unigenitus , n'ont rien négligé pour
révolter les Fideles de la Ville de Paris contre ce
Jugement Apoftolique : on y a répandu des Libelles
fans nombre & de toutes efpeces pour rendre
odieuſe la puiffance dont la Bulle eft émanée,
& mêprifables ceux qui lui étoient foumis. Cet
attaMARS.
1720. 475
attachement fidele pour la Chaire de S. Pierre , ce
refpect filial pour le Vicaire de Jefus -Chrift fur
la terre , qui diftingue l'Eglife Catholique de toutes
les Sectes des Schifmatiques & des Heretiques,
s'eft infenfiblement affoibli ; le fecond Ordre s'eft .
nourri dans des principes contraires à la dépendance
& à la fubordination où il doit être ; de
fimples Fideles fe font accoûtumez à juger les
Juges de la Foi , & à oppofer leurs propres idées
aux décifions du Pape & des Evêques ; telle étoit
la difpofition d'un grand nombre de perfonnes
SIRE, lorfque je pris poffeffion de l'Archevêché
de Paris.
A la vue de ces defordres fi affligeants pour
ceux qui aiment la Religion , & dont le feul récit
coûte infiniment à mon coeur , j'ai été perſuadé ,
que la précipitation ne feroit qu'irriter le mal , &
que des préventions invéterées ne pouvoient être.
gueries que par la charité , par la patience & par,
P'inftruction
Dieu a beni mes premiers foins ; le Chapitre
de mon Eglife Métropolitaine s'eft uni d'abord à
moi , en adherant au Mandement de mon Prédeceffeur
pour l'acceptation de la Conftitution Unigenius
, ce qui me donna d'autant plus de confolation
, qu'il y avoit lieu d'efperer que l'exemple
du premier Corps Ecclefiaftique du Diocèfe
& d'un Corps eftimable par fes lumieres & par
fa capacité , infpireroit au refte du Clergé les
fentimens de foumiffion & de docilité que j'en
devois attendre ; quelques autres en effet ſuivirent
cet exemple , & je reçûs dès -lors de la part de
plufieurs Particuliers , des déclarations précifes
& formelles de leur obéiffance.
Dieu qui vouloit m'éprouver , n'a pas permis
que ma joye fut pleine & entiere , peu de jours
après la déclaration du Chapitre de mon Eglife
Ciij Mé176
MERCURE DE FRANCE.
Métropolitaine , cinq Curez de Paris mé préfens
terent une Lettre avec une Requête fignée d'eux
& de vingt de leurs Confreres , tant de la Ville
que de la Banlieue. Je remarquai d'abord dans cette
démarche une affociation d'Ecclefiaftiques qui ne
font point corps , & qui ne doivent s'affembler
qu'avec leur Archevêque & par fes ordres ; affociation
défenduë par d'anciens Arrêts
que Vo-
TRE MAJESTE' a renouvellez à l'occafion de pareils
mouvemens qui fe firent en 1728. mais
lorfque j'eus i la Lettre & la Requête , ma furprife
& mon étonnement redoublerent .
Je n'avois encore rien fait , SIRE , qui pût don
ner le moindre prétexte aux efprits inquiets d'allarmer
les Peuples ; mon Ordonnance pour l'acceptation
de la Bulle Unigenitus & mon Mandement
pour le renouvellement des Pouvoirs , n'avoient
pas même encore parû , cependant dans la
Lettre dont je viens de parler , ceux qui l'avoient
foufcrite me difoient : que fur des bruits qui fe
repandoient dans le Públic , ils craignoient que
livré aux fuggeftions importunes des personnes
prévenues, & qui ne refpirent que le trouble, je
ne retiraffe les pouvoirs de precher & de confeßer
à une multitude de dignes Miniftres qui travaillent
avec édification dans cette Ville , genera
lement estimez des Peuples qu'ils conduisent
dans la voye du Salut , & des Curez qu'ils foutagent
dans leurs fonctions .
Ils faifoient enfuite entendre quej'allois fubftituer
à ces Miniftres fideles de mauvais fujets
qui refuferoient les Sacremens aux plus faintes
ames , & qui les accorderoient aux pécheurs les
moins préparez que par cette conduite au lieu
du faint concert qui regnoit dans les Paroiffes ,
fallois y mettre le trouble & la divifion , allu
mer le feu du Schifme , & donner occafion aux
libertins
MAR S. 1730. 477
libertins & aux impies de s'affermir dans l'ir
religion.
Un Evêque , SIRE , qui feroit capable de faire
un uſage fi pernicieux de l'autorité qu'il a reçûë
de Jefus- Chrift , ne feroit pas un Paſteur , mais
un loup raviffant, qui, loin d'être occupé des befoins
de fon troupeau , ne penferoit qu'à le ravager.
Comment des Curez ont- ils pû concevoir
une idée fi defavantageufe de leur Archevêque ,
qui ne faifoit que d'entrer dans l'exercice de fon
miniftere , & que l'honneur qu'il avoit d'être
choiſi recemment par VOTRE MAJESTE' devoit
mettre à couvert de pareils foupçons ? Vouloientils
à quelque prix que ce fût, & fans vouloir gar
રે
der même les moindres bienfeances , me décre
diter , m'ôter l'eftime & la confiance des peuples
& me rendre odieux à tout mon Diocèfe ?
La Lettre des vingt-cinq Curez n'étoit pas feu
lement injurieufe à leur Archevêque , elle étoit
encore outrageante pour l'Eglife , par la maniere
dont elle s'expliquoit fur la Conftitution Unige
nitus : ils y reconnoiffoient que ces Miniftres
dont ils avoient fait l'éloge , refufent d'accepter
La Conftitution qui eft , difoient-ils , déferée &
l'Eglife ; & ils ajoûtoient : Sur ce point la canfe
de ces Ecclefiaftiques est la nôtre , ou plutôt
c'est la caufe de la Morale Chrétienne , de la
doctrine de l'Eglife , du langage des S S. Peres &
des Libertex de l'Eglife Gallicane.
Si la Conftitution eft le renversement de la
Morale Chrétienne , de la Doctrine de l'Eglife ,
du langage des Saints Peres & des Libertez de
l'Eglife Gallicane , comme le font entendre ces
vingt-cinq Curez, trois Papes confécutifs qui ont
fait éclater leur zèle pour l'obſervation de la Conftitution
; tous les Evêques de France qui à quatre
ou cinq près , l'ont unanimement acceptée ; ceux
C iiij
des
478 MERCURE DE FRANCE:
des autres Etats , qui fans en excepter un feuf,
y adherent , font donc des prévaricateurs qui
ont trahi & abandonné la verité pour embraffer
& pour foutenir un Decret favorable à l'erreur.
Dans quel état feroit l'Eglife de Jefus- Chrift fi
la verité détruite & ouvertement attaquée par le
Corps des Paſteurs unis à leur Chef , n'avoit plus
pour défenfeurs que quatre ou cinq Evêques ?
les promeffes de Jefus- Chrift , qui a fi pofitivement
déclaré qu'il feroit avec les Apôtres &
leurs fucceffeurs tous les jours jufquà la confommation
du fiecle , feroit fans effet ; les portes
de l'Enfer auroient prévalu contre l'Eglife ; l'autorité
infaillible de cette Epoufe de Jefus-Chrift ,
qui eft toute la fûreté & toute la confolation des
Fideles , fa perpetuelle vifibilité qui l'a fait reconnoître
entre les differentes Communions qui
s'en font féparées , feroient anéanties ; les premiers
Pafteurs ayant le Pape à leur tête ne feroient
plus des guides furs , il faudroit leur préferer fes
propres lumieres & fon efprit particulier ; les
peuples feroient enfin réduits à cette difcuffion
qui leur eft impoffible & qui a plongé les Proteftants
dans un grand nombre d'abſurditez &
d'égalements.
Quant à la Requête qui étoit jointe à la Lettre,
ces mêmes Curez cherchant à fe maintenir dans
la poffeffion qu'ils avoient prétendu ufurper depuis
quelques années de fervir de guides & de
conducteurs à leur Archevêque , excitoient mon
zele pour le fervice de VOTRE MAJESTE' , & me
traçoient avec hauteur la route que je devois
fuivre , avis d'autant plus mal placez que mon
zele n'aura jamais befoin d'être animé , quand il
s'agira de défendre vos droits , SIRE , & de l'indépendance
de votre Couronne ; remontrances qui
convenoient d'autant moins dans la bouche de
ceux
MAR S. 1730. 479.
ceux qui les faifoient , qu'ils contrevenoient formellement
à vos ordres , & qu'ils faifoient des
démarches expreffément condamnées par vos Déclarations
& par vos Arrêts , en même temps
qu'ils vouloient fe donner pour les défenfeurs de
votre autorité.
J'étois en droit , SIRE , de proceder juridi
quement contre ceux qui en avoient ufé avec
moi d'une maniere fi répréhenfible , fur tout
après que leur Lettre a été rendue publique ; je
pouvois regarder ce qu'ils avoient avancé contre la
Bulle comme une contravention manifefte à la Déclaration
du mois d'Août 1720. & les faire punir
fuivant la rigueur des Loix ; mais retenu par les
fentimens de modération & de charité qui font
gravez dans mon coeur , & qui font affez connus
de ceux avec lefquels j'ai vécu , je ne crus pas alors
devoir me fervir de l'autorité qui eft entre mes
mains , encore moins implorer celle de VOTRE
MAJESTE'.
Prêt à publier mon Inftruction Paſtorale fur la
Conftitution Unigenitus , pour diffiper , comme
mon Prédeceffeur l'avoit promis , les doutes &
les fcrupules de ceux qui avoient encore befoin
d'être éclairez fur une matiere fi importante ,
j'efperois que l'expofition que j'y devois faire de
la Doctrine de la Bulle , defabuferoit les efprits les
plus prévenus , & que les principes inconteftablesfur
l'autorité de la Conftitution qui y feroient
établis , détermineroient tous ceux qui refpectent
l'Eglife à fe foumettre au Decret Apoftolique.
Je me contentai donc de mander les cinq Curez
qui m'avoient apporté la Lettre & la Requête , je
leur réprefentai leur faute avec tout le ménagement
poffible; je leur fis les reproches qu'ils méritoient
fur leur affociation , contraire aux Loix de
l'Etat , & d'autant moins convenable , qu'ils fçavoient
C.v
480 MERCURE DE FRANCE :
voient que ma porte leur étoit toûjours ouverte ,
pour écouter ce que chacun d'eux en particulier
voudroit me repreſenter fur l'état de få Paroiffe ;
je leur fis fentir combien leur Lettre m'étoit injurieufe
& à l'Eglife même , je leur parlai de ma
niere à leur faire connoître que les maximes du
Royaume m'étoient auffi précieufes qu'elles le leur
pouvoient être ; je n'omis rien enfin pour les engager
à rentrer en eux-mêmes & à faire de férieufes
reflexions fur leurs fentimens & fur leur conduite.
Quelque temps après cet évenement , SIRE , jet
publiai mon Inftruction Paftorale fur la Conftitution
Unigenitus : j'eus la fatisfaction
que
plufieurs Ecclefiaftiques & differens Corps (a )
touchez & éclairez par cet ouvrage de paix & de
verité , ouvrirent les yeux & defabufez de leurspréventions,
vinrent me déclarer qu'ils obéiffoient.
avec docilité au Decret Apoftolique , quelquesuns
même des Curez , qui avoient figné la Lettre,,
ré racterent leur fignature en fe foumettant plei
nement à mon Ordonnance ; & j'ai été informé
que dans differens Diocèfes cette Inftruction avoit
eu le même fuccès.
A la fin du mois d'Octobre je donnai mon
Mandement pour le renouvellement des pouvoirs.
de prêcher & de confeffer ; je fixai le terme de:
quatre mois pour les Prêtres Séculiers & Reguliers
de la Ville & de la Banlieuë de Paris , pendant
lefquels tous les Confeffeurs feroient obligez
de fe préfenter devant les Examinateurs que je
choifis pour ce difcernement important ; & à l'égard
des Prêtres de la Campagne , afin de ne les
point obliger de venir à la Ville pendant la ri
(a) Les Dominicains, les Carmes , les Prémon
les Doctrinaires. trez
gueur
MARS . 1730. 481
gueur de l'Hyver , je remis cet examen au temps
de l'Eté. En publiant ce Mandement j'avois fuivi
ce que mon Prédeceffeur avoit fait à fon avenement
à l'Archevêché de Paris ; ce que j'avois fait
moi - même à Marſeille & à Aix , & ce que tout
Evêque obferve ordinairement pour connoître les
moeurs , les talens & la Doctrine de ceux à qui il
confie le miniftere le plus redoutable & le plus
faint que des hommes puiffent exercer ; je ne pouvois
d'ailleurs ignorer qu'il y avoit dans lesParoiffes
de Paris & dans celles de la Campagne , un certain
nombre de Prêtres étrangers renvoyez de
leurs Diocèfes, ou qui s'en étoient eux-mêmes
éloignez pour fe fouftraire à l'obéiffance qu'ils
dévoient à leur Evêque , nouveau motif qui m'obligeoit
à prendre des précautions dans le commencement
de mon Epifcopat , pour le choix de
ceux qui devoient travailler fous mes ordres.
Ces Ordonnances , quelques neceffaires , quelques
fages , quelques moderées qu'elles fuffent
n'étoient pas du gout des Adverfaires de la
Bulle : il n'en a pas fallu davantage pour qu'à
cette occafion il fe foit élevé un orage contre
moi ; on a répandu contre mon Inftruction dif
ferents libelles anonymes , dans lefquels on a attaqué
ma doctrine , & on s'eft attaché à repré→
fenter ma moderation même , comme un piege
dont il falloit fe garantir ; on s'eft appliqué à indifpofer
dans plufieurs Paroiffes & dans plufieurs
Communautez les Prédicateurs & les Confeffeurs,
on a répandu les bruits les plus faux fur la ma
niere dont fe paffoient les Examens de l'Archevêché
; on a détourné plufieurs Ecclefiaftiques d'y
venir , dans l'idée de faire manquer le Service des
Paroiffes , de m'en rendre refponfable, & de foulever
les peuples en leur perfuadant que je voulois
leur ôter les Miniftres aufquels ils avoient
Cvj con482
MERCURE DE FRANCE :
1
confiance ; & fur un fi grand nombre de Prêtres
aufquels on continuoit les pouvoirs , il s'en trouvoit
un ou deux que l'on refufàt par incapacité
ou par mauvaiſe doctrine , le bruit de ces
interdits
étoit auffi -tôt publié & exageré dans tout
Paris , les Examinateurs repréfentez comme des
hommes durs & fans lumieres , qui excluoient du
miniftere tous ceux qui étoient les plus capables
de l'exercer ; malignité d'autant plus grande,
que depuis que je fuis en place , SIRE , j'ai renouvellé
les pouvoirs à plus de mille quatre-vingt
Confeffeurs , & qu'il n'y en a que trente qui
foient interdits ; ( a ) de ces trente quelques-uns
ont fait des Sermons fi féditieux , que les Magiftrats
n'auroient pû s'empêcher de les punir , s'ils.
en avoient éû connoiffance ; il y en a d'autres
qui ne font venus aux Examens que pour y déclarer
avec arrogance , qu'ils refufoient d'obeïr à
la Conftitution & à mon Ordonnance , pour faire
eux-mêmes l'énumeration des actes de défobéïffance
qu'ils avoient fignez , & pour affurer qu'ils
y perfiftoient ; quelques autres font connus dans
le public comme des Chefs de parti , qui n'infpirent
que la défobéiffance à l'Eglife & le mépris.
des Puiffances. que Dieu a établies ; il s'en eft trouvé
enfin , qui par rapport à leur incapacité & à
leurs, moeurs ,. ne devoient pas être employez.
Si on n'avoit répandu que des Libelles anonymes
, qui par ce titre feul , portent un caractere
de réprobation , fi je n'avois eû à me plaindre
que de brigues fourdes , que de difcours vagues ,,
que de mouvements fecrets de gens fans aveu ,
j'aurois été bien éloigné d'en importuner VOTRE
(a) S'il y en a d'autres qui foient fans pou
voirs , c'est qu'ils ne fe font pas prefenté aux
Examens pour les faire renouveller.
MA
MARS. 17307 48.
MAJESTE'. Il y a trop long-temps que je fuis
dans le Miniftere Ecclefiaftique , pour ne pas fçavoir
qu'un Evêque doit méprifer ces fortes d'écarts
; mais ce que je ne vous puis cacher , SIRE ,
& ce qui m'attrifte profondément , c'eft que ces
mêmes Curez qui m'avoient écrit la Lettre dont
j'ai eu l'honneur de vous parler , & que j'avois efperé
de ramener par ma modération & par mes
exhortations charitables , n'ont pas craint de m'écrire
une feconde Lettre le 29. Décembre dernier
, & de m'envoyer un Memoire contre mon
Inftruction Paftorale.
Dans cette nouvelle Lettre on m'attaque encore
fur le nombre des Confeffeurs que j'ai interdits
on dit
que le Troupeau va être privé de tous
fes dignes Miniftres , & qu'il fera livré dé
formais à des guides aveugles & relâchez ; on
dépeint la Ville de Paris , cette Ville d'une rare
beauté & qui faifoit l'admiration de toute la
la terre, comme couverte d'afflictions & de ténebres
, & l'on fait entendre que les Peuples de
votre Capitale font dans une confternation generale.
Mais , SIRE , qu'il me foit permis de
répréfenter à VOTRE MAJESTE' quel eft le principe
de toute cette déclamation ? Il s'agit uniquement
, comme j'ai eu l'honneur de vous le faire
obferver de trente Confeffeurs interdits , encore:
même parmi les Curez qui s'en plaignent , il y
en a plufieurs qui n'y ont point d'interêts , les
uns font feuls dans leurs Paroiffes , ( a ) les autres
n'ont qu'un ou deux Ecclefiaftiques qui ne font
point du nombre de ceux aufquels on n'a pas jugé
à propos de renouveller les pouvoirs ; (b) où
( a ) Les Gurez de fainte Marine & de faint
Jean le Rond.
(b) Les Curez du Roule , de Montmartre , de
la Vilette , de la Chapelle & de Conflans.
voit484
MERCURE DE FRANCE .
Voit-on auffi cette prétendue confternation que
F'on fait tant valoir ? Elle ne fe trouve que dans
ceux qui la publient & qui cherchent à l'exciter
par des écrits & par des difcours remplis de calomnies
& d'artifices. *
En fut-il jamais un plus marqué , SIRE , que
l'attention avec laquelle les Auteurs de la Lettre
s'efforcent d'exciter la compaffion des riches en
faveur des Écclefiaftiques qui n'auront plus le
pouvoir de confeffer ? Ils les repréfentent comme
s'ils alloient être réduits à la mendicité ; le miniſtere
de la pénitence , ce miniſtere ſi faint , qui
doit être exercé avec des vûës fi pures & fi defintereffées
, peut-il donc jamais être une reffource
à l'indigence ? Mais ce qui eft de plus criminel
& ce qui pourroit devenir plus dangereux , c'eft
que dans cette même Lettre , dont les copies font
déja répanduës à Paris , & qui fera bientôt imprimée
comme la premiere , on cherche à intereffer
les pauvres en leur annonçant que
les aumônes
qui leur étoient deſtinées , vont être portées
aux Ecclefiaftiques privez de leurs fonctions;
à quoi peut tendre un pareil difcours , finon á
perfuader à ceux qui font dans le befoin , qu'ils
ne doivent plus s'attendre aux fecours qu'ils recevoient
, & que c'eft leur Archevêque qui fait:
tarir les fources fur lefquelles ils peuvent compter?
Le Memoire des Curez n'eft pas plus mefuré
leur Lettre , c'eſt une fatyre & une invective que
* Nota. Qu'avant la feconde Lettre des Curez
à M. l'Archevêque , il y avoit plusieurs
grandes Paroiffes où il n'y avoit aucun Prétre
d'interdit ,fçavoir , de S. Jean , de S. Gervais ,
de S. Roch , de S. Etienne du Mont , de S. Médard
fainte Marguerite ; à faint Germain
de l'Auxerrois un feul .
pleine
MARS. 1730. 485
pleine d'aigreur & de fauffetez contre la Conftitution
Unigenitus , contre mon Inftruction Paftorale
; je refpecte trop les momens de VOTRE
MAJESTE' , pour lui faire un long détail de cette
piece ; il me fuffit de lui remontrer qu'il n'y a
pas un article de mon Inftruction qui n'y foit
attaqué , foit par des ironies picquantes , foit par
des critiques témeraires ; toutes les expreflions de
mon Mandement pour le renouvellement des
pouvoirs , y font tournées avec malignité & condamnées
avec indécence ; les Curez ne s'y font
pas bornez à attaquer l'Ordonnance & le Mandement
que j'ai publiez depuis que je fuis Archevêque
de Paris , ils ont été rechercher une Cenfure
que je fus obligé de faire à Aix contre de
mauvaifes propofitions qu'un Profeffeur en Théologie
avoit avancées ; cenfure à laquelle le Profeffeur
fe foumit , qui ne fut contredite , ni dansle
Diocèfe d'Aix , ni dans l'Eglife de France , &
que les Curez tronquent & défigurent dans leur
Memoire pour la rendre odieufe.
Je ne crois pas, SIRE , qu'on ait jamais vu dans
P'Eglife un exemple d'une pareille révolte du fecond
ordre contre le premier , ni qu'on ait jamais
pouffé plus loin l'efprit d'indépendance & le
renversement de la fubordination la plus effentielle
..
Les Auteurs de la Lettre & du Memoire fe
déclarent mes cooperateurs dans le droit d'enſeigner
& de juger de la Doctrine ; pleins de ces
prétentions chimeriques , ils élevent autel contre
autel ; ils érigent un Tribunal fuperieur au mien ;
c'eft là où mon Ordonnance eft examinée ; ils ne
craignent point d'enſeigner ouvertement une doctrine
contraire à la mienne , & de profcrire celle que
j'ai crû devoir prefenter à mon Diocèfe ; d'autant
plus coupables que ce que j'ai dit dans mon Inf
truction
486 MERCURE DE FRANCE.
truction Paſtorale , je l'ai dit avec le Pape & avec
le Corps des Paſteurs.
Ils devroient cependant fçavoir qu'un Archevêque
en publiant dans fon Diocèſe une Décifion
de l'Eglife , remplit ce que fon Miniſtere exige
de lui ; c'eft aux Evêques à qui Jefus - Chrift a dit
en la perfonne des Apôtres : Allez, enſeignez
toutes les Nations , celui qui vous écoute m'écoute,
& celui qui vous méprise me mépriſe
moi même, c'est à eux que S.Paul dit , en parlant
à Thimothée , confervez le dépôt : les Prêtres
doivent être les premiers à donner l'exemple de
la foumiffion & de l'obéïſſance , & ils doivent
apprendre à tout le Troupeau à refpecter la voix
du premier Paſteur . ´
Après l'expofé que je viens de faire à VOTRE
MAJESTE', elle ne fçauroit douter que je ne connoiffe
toute l'énormité d'une pareille conduite ; je
prévois les fuites funeftes qu'elle peut avoir , je
fens qu'il eft dangereux de la diffimuler , je fçai
même qu'il eft quelquefois neceffaire de faire des
exemples qui puiffent , felon l'Apôtre S. Paul ,
inſpirer une terreur falutaire , je ne puis cependant
encore me réfoudre à punir les coupa→
bles ni à employer ces armes puiffantes quej'ai
en main pour renverser toute hauteur qui s'éleve
contre la fcience de Dieu ; je fupplie Vo-
TRE MAJESTE , de fufpendre les effets de fon
indignation , je veux épuifer les dernieres reffources
de la patience & de la charité ; il n'eſt
pas poffible que ces Ecclefiaftiques ne " reconnoiffent
enfin leur faute, & qu'ils ne réparent par leur
foumiffion le fcandale qu'ils ont donné : je me
flate qu'ils ouvriront les yeux à l'exemple d'un
grand nombre de leurs Confreres , qui blâmant
leur conduite , goutent dans une parfaite obéïffance
à la voix de l'Eglife , cette paix & cette confolation
MARS. 1730. 487
folation qui en font inféparables ; fi cependant
contre mon inclination & contre mon attente
ces Ecclefiaftiques me forcent d'agir en Juge ,
après leur avoir inutilement parlé en Pere , je
ferai mon devoir , SIRE , avec le zele & la fermeté
d'un Evêque , qui après avoir vieilli dane
l'Epiſcopat , n'eft pas venu dans votre Ville Capitale
pour trahir fon miniftere , ni pour le deshonorer
à la fin de fes jours , & j'aurai recours
alors avec confiance à la protection de VOTR
MAJESTE', afin que par un parfait concert des deux
Puiffances du Sacerdoce & de l'Empire , tout ce
qui trouble le bon ordre foit puni felon les voyce
Canoniques & Civiles. Je fuis avec le plus profond
reſpect ,
ȘIRE ,
DE VOTRE MAJESTE',
Le très-humble , très-obéiffant
& très-fidele ferviteur & fujet,
† CHARLES , Archevêque de Paris.
A Paris , le 8. Fevrier 1730.
***
DE M. L'ARCHEVESQUE DE PARIS,
A U ROY
SIRE,
Je crois devoir à VOTRE MAJESTE' un compte
exact de la fituation où j'ai trouvé le Diocèle
de Paris , par rapport aux malheureuſes
conteftations qui affligent l'Eglife de France , de
la conduite que j'ai tenue jufqu'à prefent , pour
ramener les efprits & des mouvemens qui fe font
encore aujourd'hui pour empêcher le bien que
je cherche à y procurer . L'interêt de la Religion
étroitement lié avec celui de l'Etat , exige de l'Evêque
de la Capitale de votre Royaume , SIRE ,
qu'il vous inftruiſe de toutes fes démarches ; & à
qui d'ailleurs pourrois-je mieux expofer mes inquiétudes
& mes peines qu'à un Roi qui aime l'Eglife
, qui protege d'une maniere éclatante les
Miniftres de Jefus- Chrift , & qui en me faiſant
P'honneur de me nommer à la place importante
que j'occupe , m'a promis tous les fecours dont
j'aurois befoin.
Perfonne n'ignore que les Adverfaires de la
Conftitution Unigenitus , n'ont rien négligé pour
révolter les Fideles de la Ville de Paris contre ce
Jugement Apoftolique : on y a répandu des Libelles
fans nombre & de toutes efpeces pour rendre
odieuſe la puiffance dont la Bulle eft émanée,
& mêprifables ceux qui lui étoient foumis. Cet
attaMARS.
1720. 475
attachement fidele pour la Chaire de S. Pierre , ce
refpect filial pour le Vicaire de Jefus -Chrift fur
la terre , qui diftingue l'Eglife Catholique de toutes
les Sectes des Schifmatiques & des Heretiques,
s'eft infenfiblement affoibli ; le fecond Ordre s'eft .
nourri dans des principes contraires à la dépendance
& à la fubordination où il doit être ; de
fimples Fideles fe font accoûtumez à juger les
Juges de la Foi , & à oppofer leurs propres idées
aux décifions du Pape & des Evêques ; telle étoit
la difpofition d'un grand nombre de perfonnes
SIRE, lorfque je pris poffeffion de l'Archevêché
de Paris.
A la vue de ces defordres fi affligeants pour
ceux qui aiment la Religion , & dont le feul récit
coûte infiniment à mon coeur , j'ai été perſuadé ,
que la précipitation ne feroit qu'irriter le mal , &
que des préventions invéterées ne pouvoient être.
gueries que par la charité , par la patience & par,
P'inftruction
Dieu a beni mes premiers foins ; le Chapitre
de mon Eglife Métropolitaine s'eft uni d'abord à
moi , en adherant au Mandement de mon Prédeceffeur
pour l'acceptation de la Conftitution Unigenius
, ce qui me donna d'autant plus de confolation
, qu'il y avoit lieu d'efperer que l'exemple
du premier Corps Ecclefiaftique du Diocèfe
& d'un Corps eftimable par fes lumieres & par
fa capacité , infpireroit au refte du Clergé les
fentimens de foumiffion & de docilité que j'en
devois attendre ; quelques autres en effet ſuivirent
cet exemple , & je reçûs dès -lors de la part de
plufieurs Particuliers , des déclarations précifes
& formelles de leur obéiffance.
Dieu qui vouloit m'éprouver , n'a pas permis
que ma joye fut pleine & entiere , peu de jours
après la déclaration du Chapitre de mon Eglife
Ciij Mé176
MERCURE DE FRANCE.
Métropolitaine , cinq Curez de Paris mé préfens
terent une Lettre avec une Requête fignée d'eux
& de vingt de leurs Confreres , tant de la Ville
que de la Banlieue. Je remarquai d'abord dans cette
démarche une affociation d'Ecclefiaftiques qui ne
font point corps , & qui ne doivent s'affembler
qu'avec leur Archevêque & par fes ordres ; affociation
défenduë par d'anciens Arrêts
que Vo-
TRE MAJESTE' a renouvellez à l'occafion de pareils
mouvemens qui fe firent en 1728. mais
lorfque j'eus i la Lettre & la Requête , ma furprife
& mon étonnement redoublerent .
Je n'avois encore rien fait , SIRE , qui pût don
ner le moindre prétexte aux efprits inquiets d'allarmer
les Peuples ; mon Ordonnance pour l'acceptation
de la Bulle Unigenitus & mon Mandement
pour le renouvellement des Pouvoirs , n'avoient
pas même encore parû , cependant dans la
Lettre dont je viens de parler , ceux qui l'avoient
foufcrite me difoient : que fur des bruits qui fe
repandoient dans le Públic , ils craignoient que
livré aux fuggeftions importunes des personnes
prévenues, & qui ne refpirent que le trouble, je
ne retiraffe les pouvoirs de precher & de confeßer
à une multitude de dignes Miniftres qui travaillent
avec édification dans cette Ville , genera
lement estimez des Peuples qu'ils conduisent
dans la voye du Salut , & des Curez qu'ils foutagent
dans leurs fonctions .
Ils faifoient enfuite entendre quej'allois fubftituer
à ces Miniftres fideles de mauvais fujets
qui refuferoient les Sacremens aux plus faintes
ames , & qui les accorderoient aux pécheurs les
moins préparez que par cette conduite au lieu
du faint concert qui regnoit dans les Paroiffes ,
fallois y mettre le trouble & la divifion , allu
mer le feu du Schifme , & donner occafion aux
libertins
MAR S. 1730. 477
libertins & aux impies de s'affermir dans l'ir
religion.
Un Evêque , SIRE , qui feroit capable de faire
un uſage fi pernicieux de l'autorité qu'il a reçûë
de Jefus- Chrift , ne feroit pas un Paſteur , mais
un loup raviffant, qui, loin d'être occupé des befoins
de fon troupeau , ne penferoit qu'à le ravager.
Comment des Curez ont- ils pû concevoir
une idée fi defavantageufe de leur Archevêque ,
qui ne faifoit que d'entrer dans l'exercice de fon
miniftere , & que l'honneur qu'il avoit d'être
choiſi recemment par VOTRE MAJESTE' devoit
mettre à couvert de pareils foupçons ? Vouloientils
à quelque prix que ce fût, & fans vouloir gar
રે
der même les moindres bienfeances , me décre
diter , m'ôter l'eftime & la confiance des peuples
& me rendre odieux à tout mon Diocèfe ?
La Lettre des vingt-cinq Curez n'étoit pas feu
lement injurieufe à leur Archevêque , elle étoit
encore outrageante pour l'Eglife , par la maniere
dont elle s'expliquoit fur la Conftitution Unige
nitus : ils y reconnoiffoient que ces Miniftres
dont ils avoient fait l'éloge , refufent d'accepter
La Conftitution qui eft , difoient-ils , déferée &
l'Eglife ; & ils ajoûtoient : Sur ce point la canfe
de ces Ecclefiaftiques est la nôtre , ou plutôt
c'est la caufe de la Morale Chrétienne , de la
doctrine de l'Eglife , du langage des S S. Peres &
des Libertex de l'Eglife Gallicane.
Si la Conftitution eft le renversement de la
Morale Chrétienne , de la Doctrine de l'Eglife ,
du langage des Saints Peres & des Libertez de
l'Eglife Gallicane , comme le font entendre ces
vingt-cinq Curez, trois Papes confécutifs qui ont
fait éclater leur zèle pour l'obſervation de la Conftitution
; tous les Evêques de France qui à quatre
ou cinq près , l'ont unanimement acceptée ; ceux
C iiij
des
478 MERCURE DE FRANCE:
des autres Etats , qui fans en excepter un feuf,
y adherent , font donc des prévaricateurs qui
ont trahi & abandonné la verité pour embraffer
& pour foutenir un Decret favorable à l'erreur.
Dans quel état feroit l'Eglife de Jefus- Chrift fi
la verité détruite & ouvertement attaquée par le
Corps des Paſteurs unis à leur Chef , n'avoit plus
pour défenfeurs que quatre ou cinq Evêques ?
les promeffes de Jefus- Chrift , qui a fi pofitivement
déclaré qu'il feroit avec les Apôtres &
leurs fucceffeurs tous les jours jufquà la confommation
du fiecle , feroit fans effet ; les portes
de l'Enfer auroient prévalu contre l'Eglife ; l'autorité
infaillible de cette Epoufe de Jefus-Chrift ,
qui eft toute la fûreté & toute la confolation des
Fideles , fa perpetuelle vifibilité qui l'a fait reconnoître
entre les differentes Communions qui
s'en font féparées , feroient anéanties ; les premiers
Pafteurs ayant le Pape à leur tête ne feroient
plus des guides furs , il faudroit leur préferer fes
propres lumieres & fon efprit particulier ; les
peuples feroient enfin réduits à cette difcuffion
qui leur eft impoffible & qui a plongé les Proteftants
dans un grand nombre d'abſurditez &
d'égalements.
Quant à la Requête qui étoit jointe à la Lettre,
ces mêmes Curez cherchant à fe maintenir dans
la poffeffion qu'ils avoient prétendu ufurper depuis
quelques années de fervir de guides & de
conducteurs à leur Archevêque , excitoient mon
zele pour le fervice de VOTRE MAJESTE' , & me
traçoient avec hauteur la route que je devois
fuivre , avis d'autant plus mal placez que mon
zele n'aura jamais befoin d'être animé , quand il
s'agira de défendre vos droits , SIRE , & de l'indépendance
de votre Couronne ; remontrances qui
convenoient d'autant moins dans la bouche de
ceux
MAR S. 1730. 479.
ceux qui les faifoient , qu'ils contrevenoient formellement
à vos ordres , & qu'ils faifoient des
démarches expreffément condamnées par vos Déclarations
& par vos Arrêts , en même temps
qu'ils vouloient fe donner pour les défenfeurs de
votre autorité.
J'étois en droit , SIRE , de proceder juridi
quement contre ceux qui en avoient ufé avec
moi d'une maniere fi répréhenfible , fur tout
après que leur Lettre a été rendue publique ; je
pouvois regarder ce qu'ils avoient avancé contre la
Bulle comme une contravention manifefte à la Déclaration
du mois d'Août 1720. & les faire punir
fuivant la rigueur des Loix ; mais retenu par les
fentimens de modération & de charité qui font
gravez dans mon coeur , & qui font affez connus
de ceux avec lefquels j'ai vécu , je ne crus pas alors
devoir me fervir de l'autorité qui eft entre mes
mains , encore moins implorer celle de VOTRE
MAJESTE'.
Prêt à publier mon Inftruction Paſtorale fur la
Conftitution Unigenitus , pour diffiper , comme
mon Prédeceffeur l'avoit promis , les doutes &
les fcrupules de ceux qui avoient encore befoin
d'être éclairez fur une matiere fi importante ,
j'efperois que l'expofition que j'y devois faire de
la Doctrine de la Bulle , defabuferoit les efprits les
plus prévenus , & que les principes inconteftablesfur
l'autorité de la Conftitution qui y feroient
établis , détermineroient tous ceux qui refpectent
l'Eglife à fe foumettre au Decret Apoftolique.
Je me contentai donc de mander les cinq Curez
qui m'avoient apporté la Lettre & la Requête , je
leur réprefentai leur faute avec tout le ménagement
poffible; je leur fis les reproches qu'ils méritoient
fur leur affociation , contraire aux Loix de
l'Etat , & d'autant moins convenable , qu'ils fçavoient
C.v
480 MERCURE DE FRANCE :
voient que ma porte leur étoit toûjours ouverte ,
pour écouter ce que chacun d'eux en particulier
voudroit me repreſenter fur l'état de få Paroiffe ;
je leur fis fentir combien leur Lettre m'étoit injurieufe
& à l'Eglife même , je leur parlai de ma
niere à leur faire connoître que les maximes du
Royaume m'étoient auffi précieufes qu'elles le leur
pouvoient être ; je n'omis rien enfin pour les engager
à rentrer en eux-mêmes & à faire de férieufes
reflexions fur leurs fentimens & fur leur conduite.
Quelque temps après cet évenement , SIRE , jet
publiai mon Inftruction Paftorale fur la Conftitution
Unigenitus : j'eus la fatisfaction
que
plufieurs Ecclefiaftiques & differens Corps (a )
touchez & éclairez par cet ouvrage de paix & de
verité , ouvrirent les yeux & defabufez de leurspréventions,
vinrent me déclarer qu'ils obéiffoient.
avec docilité au Decret Apoftolique , quelquesuns
même des Curez , qui avoient figné la Lettre,,
ré racterent leur fignature en fe foumettant plei
nement à mon Ordonnance ; & j'ai été informé
que dans differens Diocèfes cette Inftruction avoit
eu le même fuccès.
A la fin du mois d'Octobre je donnai mon
Mandement pour le renouvellement des pouvoirs.
de prêcher & de confeffer ; je fixai le terme de:
quatre mois pour les Prêtres Séculiers & Reguliers
de la Ville & de la Banlieuë de Paris , pendant
lefquels tous les Confeffeurs feroient obligez
de fe préfenter devant les Examinateurs que je
choifis pour ce difcernement important ; & à l'égard
des Prêtres de la Campagne , afin de ne les
point obliger de venir à la Ville pendant la ri
(a) Les Dominicains, les Carmes , les Prémon
les Doctrinaires. trez
gueur
MARS . 1730. 481
gueur de l'Hyver , je remis cet examen au temps
de l'Eté. En publiant ce Mandement j'avois fuivi
ce que mon Prédeceffeur avoit fait à fon avenement
à l'Archevêché de Paris ; ce que j'avois fait
moi - même à Marſeille & à Aix , & ce que tout
Evêque obferve ordinairement pour connoître les
moeurs , les talens & la Doctrine de ceux à qui il
confie le miniftere le plus redoutable & le plus
faint que des hommes puiffent exercer ; je ne pouvois
d'ailleurs ignorer qu'il y avoit dans lesParoiffes
de Paris & dans celles de la Campagne , un certain
nombre de Prêtres étrangers renvoyez de
leurs Diocèfes, ou qui s'en étoient eux-mêmes
éloignez pour fe fouftraire à l'obéiffance qu'ils
dévoient à leur Evêque , nouveau motif qui m'obligeoit
à prendre des précautions dans le commencement
de mon Epifcopat , pour le choix de
ceux qui devoient travailler fous mes ordres.
Ces Ordonnances , quelques neceffaires , quelques
fages , quelques moderées qu'elles fuffent
n'étoient pas du gout des Adverfaires de la
Bulle : il n'en a pas fallu davantage pour qu'à
cette occafion il fe foit élevé un orage contre
moi ; on a répandu contre mon Inftruction dif
ferents libelles anonymes , dans lefquels on a attaqué
ma doctrine , & on s'eft attaché à repré→
fenter ma moderation même , comme un piege
dont il falloit fe garantir ; on s'eft appliqué à indifpofer
dans plufieurs Paroiffes & dans plufieurs
Communautez les Prédicateurs & les Confeffeurs,
on a répandu les bruits les plus faux fur la ma
niere dont fe paffoient les Examens de l'Archevêché
; on a détourné plufieurs Ecclefiaftiques d'y
venir , dans l'idée de faire manquer le Service des
Paroiffes , de m'en rendre refponfable, & de foulever
les peuples en leur perfuadant que je voulois
leur ôter les Miniftres aufquels ils avoient
Cvj con482
MERCURE DE FRANCE :
1
confiance ; & fur un fi grand nombre de Prêtres
aufquels on continuoit les pouvoirs , il s'en trouvoit
un ou deux que l'on refufàt par incapacité
ou par mauvaiſe doctrine , le bruit de ces
interdits
étoit auffi -tôt publié & exageré dans tout
Paris , les Examinateurs repréfentez comme des
hommes durs & fans lumieres , qui excluoient du
miniftere tous ceux qui étoient les plus capables
de l'exercer ; malignité d'autant plus grande,
que depuis que je fuis en place , SIRE , j'ai renouvellé
les pouvoirs à plus de mille quatre-vingt
Confeffeurs , & qu'il n'y en a que trente qui
foient interdits ; ( a ) de ces trente quelques-uns
ont fait des Sermons fi féditieux , que les Magiftrats
n'auroient pû s'empêcher de les punir , s'ils.
en avoient éû connoiffance ; il y en a d'autres
qui ne font venus aux Examens que pour y déclarer
avec arrogance , qu'ils refufoient d'obeïr à
la Conftitution & à mon Ordonnance , pour faire
eux-mêmes l'énumeration des actes de défobéïffance
qu'ils avoient fignez , & pour affurer qu'ils
y perfiftoient ; quelques autres font connus dans
le public comme des Chefs de parti , qui n'infpirent
que la défobéiffance à l'Eglife & le mépris.
des Puiffances. que Dieu a établies ; il s'en eft trouvé
enfin , qui par rapport à leur incapacité & à
leurs, moeurs ,. ne devoient pas être employez.
Si on n'avoit répandu que des Libelles anonymes
, qui par ce titre feul , portent un caractere
de réprobation , fi je n'avois eû à me plaindre
que de brigues fourdes , que de difcours vagues ,,
que de mouvements fecrets de gens fans aveu ,
j'aurois été bien éloigné d'en importuner VOTRE
(a) S'il y en a d'autres qui foient fans pou
voirs , c'est qu'ils ne fe font pas prefenté aux
Examens pour les faire renouveller.
MA
MARS. 17307 48.
MAJESTE'. Il y a trop long-temps que je fuis
dans le Miniftere Ecclefiaftique , pour ne pas fçavoir
qu'un Evêque doit méprifer ces fortes d'écarts
; mais ce que je ne vous puis cacher , SIRE ,
& ce qui m'attrifte profondément , c'eft que ces
mêmes Curez qui m'avoient écrit la Lettre dont
j'ai eu l'honneur de vous parler , & que j'avois efperé
de ramener par ma modération & par mes
exhortations charitables , n'ont pas craint de m'écrire
une feconde Lettre le 29. Décembre dernier
, & de m'envoyer un Memoire contre mon
Inftruction Paftorale.
Dans cette nouvelle Lettre on m'attaque encore
fur le nombre des Confeffeurs que j'ai interdits
on dit
que le Troupeau va être privé de tous
fes dignes Miniftres , & qu'il fera livré dé
formais à des guides aveugles & relâchez ; on
dépeint la Ville de Paris , cette Ville d'une rare
beauté & qui faifoit l'admiration de toute la
la terre, comme couverte d'afflictions & de ténebres
, & l'on fait entendre que les Peuples de
votre Capitale font dans une confternation generale.
Mais , SIRE , qu'il me foit permis de
répréfenter à VOTRE MAJESTE' quel eft le principe
de toute cette déclamation ? Il s'agit uniquement
, comme j'ai eu l'honneur de vous le faire
obferver de trente Confeffeurs interdits , encore:
même parmi les Curez qui s'en plaignent , il y
en a plufieurs qui n'y ont point d'interêts , les
uns font feuls dans leurs Paroiffes , ( a ) les autres
n'ont qu'un ou deux Ecclefiaftiques qui ne font
point du nombre de ceux aufquels on n'a pas jugé
à propos de renouveller les pouvoirs ; (b) où
( a ) Les Gurez de fainte Marine & de faint
Jean le Rond.
(b) Les Curez du Roule , de Montmartre , de
la Vilette , de la Chapelle & de Conflans.
voit484
MERCURE DE FRANCE .
Voit-on auffi cette prétendue confternation que
F'on fait tant valoir ? Elle ne fe trouve que dans
ceux qui la publient & qui cherchent à l'exciter
par des écrits & par des difcours remplis de calomnies
& d'artifices. *
En fut-il jamais un plus marqué , SIRE , que
l'attention avec laquelle les Auteurs de la Lettre
s'efforcent d'exciter la compaffion des riches en
faveur des Écclefiaftiques qui n'auront plus le
pouvoir de confeffer ? Ils les repréfentent comme
s'ils alloient être réduits à la mendicité ; le miniſtere
de la pénitence , ce miniſtere ſi faint , qui
doit être exercé avec des vûës fi pures & fi defintereffées
, peut-il donc jamais être une reffource
à l'indigence ? Mais ce qui eft de plus criminel
& ce qui pourroit devenir plus dangereux , c'eft
que dans cette même Lettre , dont les copies font
déja répanduës à Paris , & qui fera bientôt imprimée
comme la premiere , on cherche à intereffer
les pauvres en leur annonçant que
les aumônes
qui leur étoient deſtinées , vont être portées
aux Ecclefiaftiques privez de leurs fonctions;
à quoi peut tendre un pareil difcours , finon á
perfuader à ceux qui font dans le befoin , qu'ils
ne doivent plus s'attendre aux fecours qu'ils recevoient
, & que c'eft leur Archevêque qui fait:
tarir les fources fur lefquelles ils peuvent compter?
Le Memoire des Curez n'eft pas plus mefuré
leur Lettre , c'eſt une fatyre & une invective que
* Nota. Qu'avant la feconde Lettre des Curez
à M. l'Archevêque , il y avoit plusieurs
grandes Paroiffes où il n'y avoit aucun Prétre
d'interdit ,fçavoir , de S. Jean , de S. Gervais ,
de S. Roch , de S. Etienne du Mont , de S. Médard
fainte Marguerite ; à faint Germain
de l'Auxerrois un feul .
pleine
MARS. 1730. 485
pleine d'aigreur & de fauffetez contre la Conftitution
Unigenitus , contre mon Inftruction Paftorale
; je refpecte trop les momens de VOTRE
MAJESTE' , pour lui faire un long détail de cette
piece ; il me fuffit de lui remontrer qu'il n'y a
pas un article de mon Inftruction qui n'y foit
attaqué , foit par des ironies picquantes , foit par
des critiques témeraires ; toutes les expreflions de
mon Mandement pour le renouvellement des
pouvoirs , y font tournées avec malignité & condamnées
avec indécence ; les Curez ne s'y font
pas bornez à attaquer l'Ordonnance & le Mandement
que j'ai publiez depuis que je fuis Archevêque
de Paris , ils ont été rechercher une Cenfure
que je fus obligé de faire à Aix contre de
mauvaifes propofitions qu'un Profeffeur en Théologie
avoit avancées ; cenfure à laquelle le Profeffeur
fe foumit , qui ne fut contredite , ni dansle
Diocèfe d'Aix , ni dans l'Eglife de France , &
que les Curez tronquent & défigurent dans leur
Memoire pour la rendre odieufe.
Je ne crois pas, SIRE , qu'on ait jamais vu dans
P'Eglife un exemple d'une pareille révolte du fecond
ordre contre le premier , ni qu'on ait jamais
pouffé plus loin l'efprit d'indépendance & le
renversement de la fubordination la plus effentielle
..
Les Auteurs de la Lettre & du Memoire fe
déclarent mes cooperateurs dans le droit d'enſeigner
& de juger de la Doctrine ; pleins de ces
prétentions chimeriques , ils élevent autel contre
autel ; ils érigent un Tribunal fuperieur au mien ;
c'eft là où mon Ordonnance eft examinée ; ils ne
craignent point d'enſeigner ouvertement une doctrine
contraire à la mienne , & de profcrire celle que
j'ai crû devoir prefenter à mon Diocèfe ; d'autant
plus coupables que ce que j'ai dit dans mon Inf
truction
486 MERCURE DE FRANCE.
truction Paſtorale , je l'ai dit avec le Pape & avec
le Corps des Paſteurs.
Ils devroient cependant fçavoir qu'un Archevêque
en publiant dans fon Diocèſe une Décifion
de l'Eglife , remplit ce que fon Miniſtere exige
de lui ; c'eft aux Evêques à qui Jefus - Chrift a dit
en la perfonne des Apôtres : Allez, enſeignez
toutes les Nations , celui qui vous écoute m'écoute,
& celui qui vous méprise me mépriſe
moi même, c'est à eux que S.Paul dit , en parlant
à Thimothée , confervez le dépôt : les Prêtres
doivent être les premiers à donner l'exemple de
la foumiffion & de l'obéïſſance , & ils doivent
apprendre à tout le Troupeau à refpecter la voix
du premier Paſteur . ´
Après l'expofé que je viens de faire à VOTRE
MAJESTE', elle ne fçauroit douter que je ne connoiffe
toute l'énormité d'une pareille conduite ; je
prévois les fuites funeftes qu'elle peut avoir , je
fens qu'il eft dangereux de la diffimuler , je fçai
même qu'il eft quelquefois neceffaire de faire des
exemples qui puiffent , felon l'Apôtre S. Paul ,
inſpirer une terreur falutaire , je ne puis cependant
encore me réfoudre à punir les coupa→
bles ni à employer ces armes puiffantes quej'ai
en main pour renverser toute hauteur qui s'éleve
contre la fcience de Dieu ; je fupplie Vo-
TRE MAJESTE , de fufpendre les effets de fon
indignation , je veux épuifer les dernieres reffources
de la patience & de la charité ; il n'eſt
pas poffible que ces Ecclefiaftiques ne " reconnoiffent
enfin leur faute, & qu'ils ne réparent par leur
foumiffion le fcandale qu'ils ont donné : je me
flate qu'ils ouvriront les yeux à l'exemple d'un
grand nombre de leurs Confreres , qui blâmant
leur conduite , goutent dans une parfaite obéïffance
à la voix de l'Eglife , cette paix & cette confolation
MARS. 1730. 487
folation qui en font inféparables ; fi cependant
contre mon inclination & contre mon attente
ces Ecclefiaftiques me forcent d'agir en Juge ,
après leur avoir inutilement parlé en Pere , je
ferai mon devoir , SIRE , avec le zele & la fermeté
d'un Evêque , qui après avoir vieilli dane
l'Epiſcopat , n'eft pas venu dans votre Ville Capitale
pour trahir fon miniftere , ni pour le deshonorer
à la fin de fes jours , & j'aurai recours
alors avec confiance à la protection de VOTR
MAJESTE', afin que par un parfait concert des deux
Puiffances du Sacerdoce & de l'Empire , tout ce
qui trouble le bon ordre foit puni felon les voyce
Canoniques & Civiles. Je fuis avec le plus profond
reſpect ,
ȘIRE ,
DE VOTRE MAJESTE',
Le très-humble , très-obéiffant
& très-fidele ferviteur & fujet,
† CHARLES , Archevêque de Paris.
A Paris , le 8. Fevrier 1730.
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Résumé : LETTRE. DE M. L'ARCHEVESQUE DE PARIS. AU ROY.
L'archevêque de Paris adresse une lettre au roi pour l'informer des tensions au sein du diocèse de Paris, liées à la Constitution Unigenitus. Il souligne l'importance de la Religion pour l'État et son devoir d'informer le roi de ses démarches. Les opposants à la Constitution Unigenitus ont diffusé des libelles pour discréditer la bulle papale et affaiblir l'autorité papale. À son arrivée, l'archevêque a trouvé un diocèse divisé, avec des fidèles et des ecclésiastiques opposés à la Constitution Unigenitus. Il a opté pour la patience et l'instruction pour apaiser les tensions. Le chapitre de son église métropolitaine a adhéré au mandement de son prédécesseur, et plusieurs particuliers ont déclaré leur obéissance. Cependant, cinq curés de Paris et vingt de leurs confrères ont critiqué les mesures de l'archevêque et exprimé des craintes infondées. L'archevêque a réagi avec modération, rappelant les curés à leurs devoirs et publiant une instruction pastorale sur la Constitution Unigenitus. Plusieurs ecclésiastiques et corps religieux ont alors accepté le décret apostolique. Il a également publié un mandement pour le renouvellement des pouvoirs de prêcher et de confesser, fixant un délai pour l'examen des prêtres. Malgré ces mesures, des libelles anonymes ont été diffusés contre son instruction. L'archevêque mentionne que sur plus de mille quatre-vingt confesseurs, seulement trente ont été interdits. Parmi ces interdits, certains ont prononcé des sermons séditieux, refusé d'obéir aux constitutions et aux ordonnances, ou sont connus pour inspirer la désobéissance et le mépris des autorités. Les curés ont exagéré ces interdictions, prétendant que Paris serait privé de ses ministres dignes et plongé dans l'affliction. L'archevêque souligne que cette opposition est motivée par des intérêts personnels et des calomnies. Il exprime son désir de résoudre ce conflit par la patience et la charité, espérant que les prêtres reconnaîtront leur faute et se soumettront. Cependant, il se tient prêt à agir en juge si nécessaire, avec le soutien du souverain pour maintenir l'ordre et la discipline dans l'Église.
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13
p. 1229-1230
Discours des Doyen & Syndic de Sorbonne au Roy, [titre d'après la table]
Début :
SIRE, C'est avec la plus respectueuse confiance que nous approchons du Trône de Votre Majesté, [...]
Mots clefs :
Roi, Faculté de théologie
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texteReconnaissance textuelle : Discours des Doyen & Syndic de Sorbonne au Roy, [titre d'après la table]
Le Roy ayant agréé que la Faculté de
Théologie de Paris eût l'honneur de préfenter
à S. M. les Actes & Decrets qu'elle
a faits pour la reception & l'execution
de la Bulle Unigenitus M. Leullier ,
Doyen , & M. de Romigny , Svndic , &
les Docteurs députez , fe rendirent à
Fontainebleau , étant introduits dans le
grand Cabinet du Roi , & préſentez
par M. le Comte de Maurepas , Secretaire
d'Etat. M. le Doyen fit à S. M. le
Difcours fuivant,
SIRE,
C'eft avec la plus refpectueuse confiance
que nous approchons du Trône de Votre Ma
jefté , pour lui préfenter les Actes que la Faculté
de Théologie a faits pour renouveller l'execution
d'unDecret que votre augufte Bifayenl
reçut autrefois avec bonté , & dont il ordonna
la publication ; ils tendent , SIRE , à
concourir de notre part à éteindre ces divi-
I. Vol. Hiijfions
1230 MERCURE DE FRANCE
fions funeftes, dont les Eglifes de votre Royan
me ont été fi long-temps agitées & à ramener
à l'unité quelques- uns de nos Confreres qui
s'en font malheureusement écartez.
Louis le Grand a vû naître ces triftes dif
fentions dès les premieres années de fon
Regne , & ce Roi fi puiffant , fi redouté , n'a
pu , malgré fes defirs , ramener fes Sujets indociles
à l'obeisance , à la foumiffion due à
Eglife.
Cet beureux Evenement étoit réservé au
Regne & à laReligion devotreMajefté . Puiffe
la derniere Déclaration de Votre Majefté
fi digne de fa pieté , affermir une Paix qui
eft l'objet de fes voeux les plus ardens. Ainfi
marchez- vous fur les traces de vos auguftes
Ancêtres qui n'ont jamais fouffert qu'on alterât
dans leurs Etats la pureté de la Religion
Carbolique , ainfi vous imitez , SIRE ,
les Conftantins, les Théodofes , les Marciens ,
qui fe font acquis une gloire immortelle en re
primant par des Edits feveres les herefies
qui fe font élevées dès leurs temps. Si nos
Confreres indociles fe font attiré la jufte
indignation de V. M. par leur réfiftances
puiffent-ils parun retour prompt & fincere ,
meriter les effets de fa clémence ? Ce font ,
SIRE , les voeux d'une Compagnie qui che
rit les fiens , & qui regarde comme fon premier
devoird'êtrefoumise à l'Eglife, & oberf
fante àfon Roi.
Théologie de Paris eût l'honneur de préfenter
à S. M. les Actes & Decrets qu'elle
a faits pour la reception & l'execution
de la Bulle Unigenitus M. Leullier ,
Doyen , & M. de Romigny , Svndic , &
les Docteurs députez , fe rendirent à
Fontainebleau , étant introduits dans le
grand Cabinet du Roi , & préſentez
par M. le Comte de Maurepas , Secretaire
d'Etat. M. le Doyen fit à S. M. le
Difcours fuivant,
SIRE,
C'eft avec la plus refpectueuse confiance
que nous approchons du Trône de Votre Ma
jefté , pour lui préfenter les Actes que la Faculté
de Théologie a faits pour renouveller l'execution
d'unDecret que votre augufte Bifayenl
reçut autrefois avec bonté , & dont il ordonna
la publication ; ils tendent , SIRE , à
concourir de notre part à éteindre ces divi-
I. Vol. Hiijfions
1230 MERCURE DE FRANCE
fions funeftes, dont les Eglifes de votre Royan
me ont été fi long-temps agitées & à ramener
à l'unité quelques- uns de nos Confreres qui
s'en font malheureusement écartez.
Louis le Grand a vû naître ces triftes dif
fentions dès les premieres années de fon
Regne , & ce Roi fi puiffant , fi redouté , n'a
pu , malgré fes defirs , ramener fes Sujets indociles
à l'obeisance , à la foumiffion due à
Eglife.
Cet beureux Evenement étoit réservé au
Regne & à laReligion devotreMajefté . Puiffe
la derniere Déclaration de Votre Majefté
fi digne de fa pieté , affermir une Paix qui
eft l'objet de fes voeux les plus ardens. Ainfi
marchez- vous fur les traces de vos auguftes
Ancêtres qui n'ont jamais fouffert qu'on alterât
dans leurs Etats la pureté de la Religion
Carbolique , ainfi vous imitez , SIRE ,
les Conftantins, les Théodofes , les Marciens ,
qui fe font acquis une gloire immortelle en re
primant par des Edits feveres les herefies
qui fe font élevées dès leurs temps. Si nos
Confreres indociles fe font attiré la jufte
indignation de V. M. par leur réfiftances
puiffent-ils parun retour prompt & fincere ,
meriter les effets de fa clémence ? Ce font ,
SIRE , les voeux d'une Compagnie qui che
rit les fiens , & qui regarde comme fon premier
devoird'êtrefoumise à l'Eglife, & oberf
fante àfon Roi.
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Résumé : Discours des Doyen & Syndic de Sorbonne au Roy, [titre d'après la table]
Le roi a autorisé la Faculté de Théologie de Paris à présenter les Actes et Décrets relatifs à la Bulle Unigenitus. Le doyen Leullier et le syndic de Romigny, accompagnés de docteurs délégués, se rendirent à Fontainebleau. Introduits par le comte de Maurepas, le doyen prononça un discours. Il exprima la confiance respectueuse de la Faculté et présenta les Actes visant à renouveler l'exécution d'un décret royal antérieur. Ces Actes cherchent à éteindre les divisions nuisibles dans les églises du royaume et à ramener à l'unité certains confrères égarés. Louis XIV avait tenté sans succès de résoudre ces dissensions dès le début de son règne. Le discours espère que la déclaration royale affermira une paix souhaitée et imite les ancêtres royaux qui ont maintenu la pureté de la religion catholique. Il appelle également à la clémence royale envers les confrères indociles. La Faculté de Théologie exprime son dévouement à l'Église et à son roi.
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14
p. 1240-1241
AU ROY.
Début :
SIRE, Le Clergé de votre Royaume assemblé par vos Ordres, vient avec empressement rendre [...]
Mots clefs :
Clergé, Roi
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texteReconnaissance textuelle : AU ROY.
AURO Y.
SIRE ,
Le Clergé de votre Royaume affemblé par:
vos Ordres , vient avec empreffement rendre
À VOTRE MAJESTE' fes refpectueux
hommages , & lui renouveller les assurances
de fon inviolable fidélité.
Nous vous l'avons promiſe avec ferment,
Dieu même nous l'ordonne comme une obli
gation effentielle ; mais , SIRE , indépendamment
de ces motifs , que la naiſſance &
·la Religion ont gravez dans nos coeurs , l'ufage
que vousfaites de l'autorité que vous tenez
de Dieu feul , fuffiroit pour nous porter
à remplir, par reconnoiffance , un devoir qui
eft d'ailleurs pour nous indifpenfable.
En effet , quel Princefut jamais plus ca
pable d'exciter ces fentimens dans le coeur des
Miniftres de JESUS - CHRIST , qu'un:
Roy qui a fait éclater en toute occafion fon
refpect pour la Religion , fon zéle pour protéger
l'Eglife , & qui employe fon autorité à
faire rendre à celle des Pafteurs , & à leurs
décifions , l'obéiffance qui leur est dûë ?
Animez par votre exemple , & foutenus
par votre protection , nous employerons tous
les moyens que la charité nous dicte pour appaifer
les troubles qui affligent l'Eglife , &
I. Vol.
pour
JUIN. 1730. 1241
pour infpirer à tous les Fidéles cet efprit de
docilité & de foûmiffion qui peut feul rétablir
lapaix & la tranquillité.
Le premier Corps de l'Etat , SIRE , en
donnant Pexemple aux autres , regardera
toujours comme un de fes principaux devoirs,
de fe diftinguer par un zéle ardent pour votre
fervices d'offrir à Dieu des Prieres
ferventes pour la confervation de la perfonne
facrée de VOTRE MAJESTE'.
SIRE ,
Le Clergé de votre Royaume affemblé par:
vos Ordres , vient avec empreffement rendre
À VOTRE MAJESTE' fes refpectueux
hommages , & lui renouveller les assurances
de fon inviolable fidélité.
Nous vous l'avons promiſe avec ferment,
Dieu même nous l'ordonne comme une obli
gation effentielle ; mais , SIRE , indépendamment
de ces motifs , que la naiſſance &
·la Religion ont gravez dans nos coeurs , l'ufage
que vousfaites de l'autorité que vous tenez
de Dieu feul , fuffiroit pour nous porter
à remplir, par reconnoiffance , un devoir qui
eft d'ailleurs pour nous indifpenfable.
En effet , quel Princefut jamais plus ca
pable d'exciter ces fentimens dans le coeur des
Miniftres de JESUS - CHRIST , qu'un:
Roy qui a fait éclater en toute occafion fon
refpect pour la Religion , fon zéle pour protéger
l'Eglife , & qui employe fon autorité à
faire rendre à celle des Pafteurs , & à leurs
décifions , l'obéiffance qui leur est dûë ?
Animez par votre exemple , & foutenus
par votre protection , nous employerons tous
les moyens que la charité nous dicte pour appaifer
les troubles qui affligent l'Eglife , &
I. Vol.
pour
JUIN. 1730. 1241
pour infpirer à tous les Fidéles cet efprit de
docilité & de foûmiffion qui peut feul rétablir
lapaix & la tranquillité.
Le premier Corps de l'Etat , SIRE , en
donnant Pexemple aux autres , regardera
toujours comme un de fes principaux devoirs,
de fe diftinguer par un zéle ardent pour votre
fervices d'offrir à Dieu des Prieres
ferventes pour la confervation de la perfonne
facrée de VOTRE MAJESTE'.
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Résumé : AU ROY.
Dans une lettre datée de juin 1730, le clergé du royaume adresse au souverain des expressions de respect et de fidélité, motivées par des obligations religieuses et morales. Ils soulignent que le roi incarne des valeurs de respect et de protection de la religion, ce qui les pousse à lui être reconnaissants et loyaux. Le clergé s'engage à utiliser tous les moyens nécessaires pour apaiser les troubles affectant l'Église et à inspirer un esprit de docilité et de soumission parmi les fidèles. Ils promettent également de prier pour la conservation de la personne sacrée du roi, considérant cela comme un de leurs principaux devoirs.
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15
p. 2083-2088
SUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC D'ANJOU. ODE AU ROY
Début :
Loin ce Parnasse imaginaire, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc d'Anjou, Duc d'Anjou, Roi, Gloire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC D'ANJOU. ODE AU ROY
SUR LA NAISSANCE
DE MONSEIGNEUR
LE DUC D'ANJOU.
ODE
AU ROY.
Oin ce Parnaffe imaginaire ,
Qu'adora jadis l'Univers :
Du Dieu que le Pinde révere ,
Je n'invoque point les Concerts .
Dans mon yvreffe fcrupuleufe ,
De l'Antiquité fabuleuſe ,
Je n'adopte point les erreurs :
Ma gloire feroit bien plus belle ,
LOUIS , fi pour prix de mon zele ;
Ta préfidois à mes fureurs.
K
C'eft à toi que de mon delire ,
Je veux confacrer les tranfports :
De mon audacieufe Lyre,
Mortels , refpectez les accords.
Tranfporté dans la Cour Divine ,
Je vais d'une augufte origine ,
Vous dévoiler tous les fecrets :
Loin des foibles yeux du vulgaire ,
Je
J
2084 MERCURE DE FRANCE
Je vais dans mon vol témeraire ,
Fonder les plus vaftes projets.
SY
Ce puiffant Maître du Tonnerre ,
Qui dans fes decrets abfolus ,
Diſpenſe aux Princes de la Terre ,
Le jufte prix de leurs vertus ;
En voyant les tiennes s'accroître ,
Grand Roi , daigne encor faire naître
Un Prince , objet de tes fouhaits :
Et pour difputer la victoire ;
Plus il voit s'augmenter ta gloire ,
Plus il augmente fes bienfaits.
粥
Peuples , d'une illuftre Naiffance ,
Refpectez les heureux momens :
D'Anjou , d'une jufte efperance ,
A raffermi les fondemens.
J'ai , dans mon amour peu tranquille ,
Tremblé pour l'enfance débile ,
Du prémier foutien de nos Lys :
Mais ma crainte va difparoître ,
Peut -on trembler quand on voit croître,
L'illuftre Race de Louis
S
O Ciel ! de tes Arrêts feveres ,
J'adore l'utile rigueur !
Du
SEPTEMBRE . 1730. 2085.
Du fein de nos maux falutaires ,
Tu fais naître notre bonheur .
Si la mort dans fon cours rapide ,
Trancha de fa faux homicide ,
Les jours des Bourbons au berceau ;
C'eſt qu'en nous enlevant ces Princes , *
Tu réſervois à nos Provinces ,
Le cours d'un Empire plus beau.
Combien d'admirables Spectacles ,
S'offrent à mes yeux enchantez !
Ce Regne fécond en Miracles ,
Fait honte aux Rois les plus vantez .'
En vain pour illuftrer ta gloire ,
Grand Roi , la plus fidelle Hiftoire ,
Te dépeindroit à nos Neveux ;
Tes vertus pafferoient pour fables ,
Si l'on ne les rendoit croyables ,
En les retraçant à leurs yeux.
Que vois -je ? le Ciel favorable ,
Se plaît à prévenir mes voeux.
Ta mémoire à jamais durable ,
Vaincra les temps injurieux .
Déja je vois ta Race illuftre ,
Qui s'apprête à donner du luftre ,
* Le Dauphin. Le Duc de Bourgogne . Le Duc
de Bretagne.
tos6 MERCURE DE FRANCE
A fes héroïques vertus :
Ta gloire en elle renaiffante ,
Calmera la douleur preffante ,
De ceux qui ne te verront plus.
Le Ciel, qui de quelques années
Retarda ta profperité ,
Formoit les hautes deftinées ,
De ta noble Pofterité.
Ainfi la France impatiente ,
Vit d'une Naiffance * éclatante ,
Differer les heureux inftans :
Grand Dieu , lorfque tu nous préparés ?
Des préfens fi grands & fi rares ,
Tu les fais attendre long- temps.
灌
Soutiens genereux de la France ,
Vous , Princes , l'appui de nos Loix ;
Dans une héroïque Alliance ,
Montrez-nous le plus grand des Rois
Pour retracer fes faits fublimes ,
Joignez vos effors magnanimes ,
Uniffez vos nobles travaux :
Sans que leur vertu dégenere ,
Ce que LOUIS feul a pu faire ,
Peut bien occuper deux Héros.
* La Naiſſance de Louis XIV,
Mais
SEPTEMBRE. 1730. 2087.
Mais quoi déja ce Couple augufte ,
Remplit mon attente & mes voeux :
Semblable à fon Pere , il eft jufte ,
Debonnaire , affable , pieux ;
Grand Roi , c'est là ta vraie image ,
Je n'ai point dans un fâche Ouvrage ,
Déguifé les traits du Tableau :
Si tu méconnois la peinture ,
L'Univers entier d'impoſture ,
Pourra difculper mon Pinceau
粥
Quelle eft cette augufte Princeffe ,
Que je vois aux pieds des Autels
Cette humble ferveur qui l'abbaiffe,"
La dérobe aux yeux des Mortels.
Son humilité fcrupuleuſe ,
Bannit cette pompe orgueilleufe ,
Dont les Humains font éblouis :
Glorieux , mais vain ſtratagême !
Ne connoît-on qu'au Diadême ,
L'illuftre Epouse de Louis ?
溶
Le Ciel , qui de cet Hymenée ,
Voulut former les noeuds fi doux ;i
Reünira la deſtinée ,
De ces deux fideles Epoux.
Je vois dans la Voute azurée ,
La place pour eux préparée , Par
2088 MERCURE DE FRANCE
Par leurs Ancêtres * glorieux :
La pieté qui les couronne ,
Eleve un magnifique Trône ,
A la gloire de leurs Neveux.
DE MONSEIGNEUR
LE DUC D'ANJOU.
ODE
AU ROY.
Oin ce Parnaffe imaginaire ,
Qu'adora jadis l'Univers :
Du Dieu que le Pinde révere ,
Je n'invoque point les Concerts .
Dans mon yvreffe fcrupuleufe ,
De l'Antiquité fabuleuſe ,
Je n'adopte point les erreurs :
Ma gloire feroit bien plus belle ,
LOUIS , fi pour prix de mon zele ;
Ta préfidois à mes fureurs.
K
C'eft à toi que de mon delire ,
Je veux confacrer les tranfports :
De mon audacieufe Lyre,
Mortels , refpectez les accords.
Tranfporté dans la Cour Divine ,
Je vais d'une augufte origine ,
Vous dévoiler tous les fecrets :
Loin des foibles yeux du vulgaire ,
Je
J
2084 MERCURE DE FRANCE
Je vais dans mon vol témeraire ,
Fonder les plus vaftes projets.
SY
Ce puiffant Maître du Tonnerre ,
Qui dans fes decrets abfolus ,
Diſpenſe aux Princes de la Terre ,
Le jufte prix de leurs vertus ;
En voyant les tiennes s'accroître ,
Grand Roi , daigne encor faire naître
Un Prince , objet de tes fouhaits :
Et pour difputer la victoire ;
Plus il voit s'augmenter ta gloire ,
Plus il augmente fes bienfaits.
粥
Peuples , d'une illuftre Naiffance ,
Refpectez les heureux momens :
D'Anjou , d'une jufte efperance ,
A raffermi les fondemens.
J'ai , dans mon amour peu tranquille ,
Tremblé pour l'enfance débile ,
Du prémier foutien de nos Lys :
Mais ma crainte va difparoître ,
Peut -on trembler quand on voit croître,
L'illuftre Race de Louis
S
O Ciel ! de tes Arrêts feveres ,
J'adore l'utile rigueur !
Du
SEPTEMBRE . 1730. 2085.
Du fein de nos maux falutaires ,
Tu fais naître notre bonheur .
Si la mort dans fon cours rapide ,
Trancha de fa faux homicide ,
Les jours des Bourbons au berceau ;
C'eſt qu'en nous enlevant ces Princes , *
Tu réſervois à nos Provinces ,
Le cours d'un Empire plus beau.
Combien d'admirables Spectacles ,
S'offrent à mes yeux enchantez !
Ce Regne fécond en Miracles ,
Fait honte aux Rois les plus vantez .'
En vain pour illuftrer ta gloire ,
Grand Roi , la plus fidelle Hiftoire ,
Te dépeindroit à nos Neveux ;
Tes vertus pafferoient pour fables ,
Si l'on ne les rendoit croyables ,
En les retraçant à leurs yeux.
Que vois -je ? le Ciel favorable ,
Se plaît à prévenir mes voeux.
Ta mémoire à jamais durable ,
Vaincra les temps injurieux .
Déja je vois ta Race illuftre ,
Qui s'apprête à donner du luftre ,
* Le Dauphin. Le Duc de Bourgogne . Le Duc
de Bretagne.
tos6 MERCURE DE FRANCE
A fes héroïques vertus :
Ta gloire en elle renaiffante ,
Calmera la douleur preffante ,
De ceux qui ne te verront plus.
Le Ciel, qui de quelques années
Retarda ta profperité ,
Formoit les hautes deftinées ,
De ta noble Pofterité.
Ainfi la France impatiente ,
Vit d'une Naiffance * éclatante ,
Differer les heureux inftans :
Grand Dieu , lorfque tu nous préparés ?
Des préfens fi grands & fi rares ,
Tu les fais attendre long- temps.
灌
Soutiens genereux de la France ,
Vous , Princes , l'appui de nos Loix ;
Dans une héroïque Alliance ,
Montrez-nous le plus grand des Rois
Pour retracer fes faits fublimes ,
Joignez vos effors magnanimes ,
Uniffez vos nobles travaux :
Sans que leur vertu dégenere ,
Ce que LOUIS feul a pu faire ,
Peut bien occuper deux Héros.
* La Naiſſance de Louis XIV,
Mais
SEPTEMBRE. 1730. 2087.
Mais quoi déja ce Couple augufte ,
Remplit mon attente & mes voeux :
Semblable à fon Pere , il eft jufte ,
Debonnaire , affable , pieux ;
Grand Roi , c'est là ta vraie image ,
Je n'ai point dans un fâche Ouvrage ,
Déguifé les traits du Tableau :
Si tu méconnois la peinture ,
L'Univers entier d'impoſture ,
Pourra difculper mon Pinceau
粥
Quelle eft cette augufte Princeffe ,
Que je vois aux pieds des Autels
Cette humble ferveur qui l'abbaiffe,"
La dérobe aux yeux des Mortels.
Son humilité fcrupuleuſe ,
Bannit cette pompe orgueilleufe ,
Dont les Humains font éblouis :
Glorieux , mais vain ſtratagême !
Ne connoît-on qu'au Diadême ,
L'illuftre Epouse de Louis ?
溶
Le Ciel , qui de cet Hymenée ,
Voulut former les noeuds fi doux ;i
Reünira la deſtinée ,
De ces deux fideles Epoux.
Je vois dans la Voute azurée ,
La place pour eux préparée , Par
2088 MERCURE DE FRANCE
Par leurs Ancêtres * glorieux :
La pieté qui les couronne ,
Eleve un magnifique Trône ,
A la gloire de leurs Neveux.
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Résumé : SUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC D'ANJOU. ODE AU ROY
Le texte est une ode célébrant la naissance du duc d'Anjou, fils du roi Louis XV. L'auteur exprime son admiration pour le roi et ses vertus, espérant que Dieu accorde au roi un nouvel héritier. Il évoque les craintes passées pour la lignée royale et la joie actuelle face à la naissance du duc d'Anjou. L'ode met en avant la grandeur et les miracles du règne de Louis XV, comparant sa mémoire à celle de ses ancêtres illustres. Le texte souligne également les qualités du duc d'Anjou, qui reflètent celles de son père, et la dévotion de la reine, épouse de Louis XV. Enfin, il exalte l'alliance héroïque des princes soutenant la France et la destinée glorieuse des descendants royaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16
p. [2115]-2116
AU ROY, SONNET.
Début :
A Son Char Autrefois, enchaînant la Victoire, [...]
Mots clefs :
Louis XIV, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROY, SONNET.
AURO Y ,
SONNET.
Son Char autrefois , enchaînant la
Victoire ,
LOUIS , la foudre en main , a fcu
fes hauts faits , par
Forcer fes Ennemis à recevoir la paix ;
Triomphe qu'à jamais confacre la mémoire.
Louis XIV.
A ij Jeune
2116 MERCURE DE FRANCE
Jeune & fage héritier de fon Nom , de fa
gloire ,
Prince , fur qui le Ciel épuifa fes bienfaits ,
L'Europe entiere acorde à tes voeux fatisfaits
Un triomple plus doux , plus difficile à croire.
Digne arbitre des droits des plus grands Potentats
?
Grand Roy , pour rendre enfin le calme à leurs
Etats ,
Ce n'eft plus que fur toi que leur eſpoir fe fonde
La Difcorde aux abois fous tes coups va périr .
'Achéve , heureux LOUIS , donne la paix au
Monde ,
L'effort en eft plus grand que de le conquérir.
Par M. l'Abbé LE BLAN C.
SONNET.
Son Char autrefois , enchaînant la
Victoire ,
LOUIS , la foudre en main , a fcu
fes hauts faits , par
Forcer fes Ennemis à recevoir la paix ;
Triomphe qu'à jamais confacre la mémoire.
Louis XIV.
A ij Jeune
2116 MERCURE DE FRANCE
Jeune & fage héritier de fon Nom , de fa
gloire ,
Prince , fur qui le Ciel épuifa fes bienfaits ,
L'Europe entiere acorde à tes voeux fatisfaits
Un triomple plus doux , plus difficile à croire.
Digne arbitre des droits des plus grands Potentats
?
Grand Roy , pour rendre enfin le calme à leurs
Etats ,
Ce n'eft plus que fur toi que leur eſpoir fe fonde
La Difcorde aux abois fous tes coups va périr .
'Achéve , heureux LOUIS , donne la paix au
Monde ,
L'effort en eft plus grand que de le conquérir.
Par M. l'Abbé LE BLAN C.
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Résumé : AU ROY, SONNET.
Le sonnet de l'Abbé Le Blanc célèbre Louis XIV et son fils, le Grand Dauphin. Louis XIV est comparé à Jupiter, imposant la paix par ses exploits militaires. Le Dauphin est loué pour sa sagesse et ses succès pacifiques, acclamés en Europe. Il est présenté comme un arbitre capable de rétablir la paix. Le sonnet se conclut par un appel à Louis XIV pour achever son œuvre en apportant la paix au monde.
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17
p. 2276-2277
DECLARATION de l'Empereur, en réponse de celle de Sa Majesté.
Début :
No 2. L'Empereur n'a pas jugé digne de son attention, les insinuations mal fondées, [...]
Mots clefs :
Empereur, République, Pologne, Droits, Alliés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DECLARATION de l'Empereur, en réponse de celle de Sa Majesté.
·DECLARATION de l'Empereur.
réponse de celle de Sa Majesté.
N° 2.
"
en
L'Empereur n'a pas jugé digne de son
>
dées , qu'on employoit en Pologne pour détourner
les bons Patriotes à mettre leur confiance en
un Prince ami , voisin et allié , qui , à l'exemple
de ses augustes Prédécesseurs , bien loin de permettre
qu'on donne la moindre atteinte à la liberté
de la République , et à sa constitution
telle qu'elle se trouve établie par les Loix , en
sera toujours le plus ferme appuyy..Garant de cette
liberté , en vertu des Pacta conventa qui depuis
deux siécles subsistent entre l'auguste Maison
d'Austriche, et les Sérénissimes Rois de Pologne,
et la République de ce nom , le soin de la maintenir
contre les entreprises de qui que ce soit , le
touche principalement ; et bien loin que ses Ministres
ayent imité ceux qui prétendent borner
les suffrages d'une Nation libre , à un seul sujet,
ils ont déclaré dès le commencement de l'interregne
, tant de vive voix , que par écrit : Que
PEmpereur ne souffrira pas , qu'aucuns moyens.
con-
1
OCTOBRE . 1733 2277
contraires aux droits d'une libre Election , tels
qu'ils se trouvent établis par les constitutions du
Royaume , y soient employez , quand même on
voudroit s'en servir pour faire monter sur le
Trône de Pologne un Candidat , qui d'ailleurs
useroit agréable .
Tels étant donc les sentimens de ce Prince , et
tels étant encore ceux de ses Alliez , dont il est
inséparable , il ne pouvoit qu'être extrêmement
surpris , que par une déclaration conçue en des
termes peu mesurez , et répandue avec une affectation
indécente , on ait voulu faire tomber sur
lui un reproche qui conviendroit mieux à ceux
qui agissent par des voies et des principes opposez.
Souverain dans ses Etats hereditaires , il n'a
à rendre aucun compte de la marche de ses Troupes
en Silesie ; la justice qui regle toutes ses actions
, ne laisse aucun doute sur le but qu'il s'est
proposé , et il fera paroître en cette occasion
comme en toute autre , autant de droiture en ce
qui regarde les droits d'autrui , que de fermeté
à soutenir les siens et ceux de ses alliez.
réponse de celle de Sa Majesté.
N° 2.
"
en
L'Empereur n'a pas jugé digne de son
>
dées , qu'on employoit en Pologne pour détourner
les bons Patriotes à mettre leur confiance en
un Prince ami , voisin et allié , qui , à l'exemple
de ses augustes Prédécesseurs , bien loin de permettre
qu'on donne la moindre atteinte à la liberté
de la République , et à sa constitution
telle qu'elle se trouve établie par les Loix , en
sera toujours le plus ferme appuyy..Garant de cette
liberté , en vertu des Pacta conventa qui depuis
deux siécles subsistent entre l'auguste Maison
d'Austriche, et les Sérénissimes Rois de Pologne,
et la République de ce nom , le soin de la maintenir
contre les entreprises de qui que ce soit , le
touche principalement ; et bien loin que ses Ministres
ayent imité ceux qui prétendent borner
les suffrages d'une Nation libre , à un seul sujet,
ils ont déclaré dès le commencement de l'interregne
, tant de vive voix , que par écrit : Que
PEmpereur ne souffrira pas , qu'aucuns moyens.
con-
1
OCTOBRE . 1733 2277
contraires aux droits d'une libre Election , tels
qu'ils se trouvent établis par les constitutions du
Royaume , y soient employez , quand même on
voudroit s'en servir pour faire monter sur le
Trône de Pologne un Candidat , qui d'ailleurs
useroit agréable .
Tels étant donc les sentimens de ce Prince , et
tels étant encore ceux de ses Alliez , dont il est
inséparable , il ne pouvoit qu'être extrêmement
surpris , que par une déclaration conçue en des
termes peu mesurez , et répandue avec une affectation
indécente , on ait voulu faire tomber sur
lui un reproche qui conviendroit mieux à ceux
qui agissent par des voies et des principes opposez.
Souverain dans ses Etats hereditaires , il n'a
à rendre aucun compte de la marche de ses Troupes
en Silesie ; la justice qui regle toutes ses actions
, ne laisse aucun doute sur le but qu'il s'est
proposé , et il fera paroître en cette occasion
comme en toute autre , autant de droiture en ce
qui regarde les droits d'autrui , que de fermeté
à soutenir les siens et ceux de ses alliez.
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Résumé : DECLARATION de l'Empereur, en réponse de celle de Sa Majesté.
L'Empereur répond à une accusation concernant les événements en Pologne en affirmant qu'il n'a jamais cherché à restreindre la liberté de la République polonaise. Il se présente comme garant de cette liberté, conformément aux Pacta conventa, des accords existants depuis deux siècles entre la Maison d'Autriche et les rois de Pologne. L'Empereur souligne que ses ministres ont toujours soutenu le droit à une élection libre en Pologne, sans favoriser un candidat particulier. Il exprime sa surprise face à une déclaration hostile qui lui attribue des intentions contraires à ses principes. L'Empereur affirme également son droit souverain de déplacer ses troupes en Silésie et assure qu'il agira avec justice et fermeté pour défendre ses droits et ceux de ses alliés.
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18
s. p.
Epitre Dedicatoire AU ROI.
Début :
Sire, Vous nous avés accordé le Privilege du Mercure de [...]
Mots clefs :
Mercure de France, Privilège, Majesté, Roi, Panégyrique
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texteReconnaissance textuelle : Epitre Dedicatoire AU ROI.
EpitreDedicatoire
AU ROI
Sire
Yous nous aves accordé
lePrivilege du Mercure de
France,Quelbonheur pour nous,
dy travailler dans un tems
où VOTRE MAJESTE' prodigue à
1
tous les Ecrivains tant de qualités
éminentes à célébrer , & tant de gloireà
publier. On n'estpas obligé d'emprunter
le fecours de l'Eloquence ,
pour embellir les Annales de votre
vie. SIRE , le plus fimple récit de
vos Actions paffera dans la Poſtérité
pour un Panégyrique , & vos Hiftoriens
lui paroîtront des Plines. Cependant
la vérité dit de vous ce
qu'ont dit des Monarques les plus
flatés la Fable menfongere& laplus
fervile adulation. Lorsqu'on vous
peint , on n'a befoin que de la fincerité
pour conduire le Pinceau , & la
bouche ne forme point de traits qui
ne foient gravés dans le coeur. Vous
offrez , SIRE , aux yeux de l'Univers
enchanté , un Phénomene unique
, un Vainqueur chéri , un Roi
le
citoyen , enfin un tendre Pere des
Peuples. Que de fentimens dignes
d'une mémoire éternelle a fait écla→
ter votre péril pendant la fubite &
violentemaladie qui nous a fait trembler
pour vos jours ! Que de Vertus
ont triomphé ! Les vôtres , SIRE ,
celles de votre Augufte Famille
celles de tout votre Peuple ! On a
vú briller avec le plus vif éclat ,
Courage Supérieur , l'Amour Conjugal
, la Tendreffe Filiale , & le
Zéle le plus Ardent . Tous les
Coeurs ont fait unanimement votre
Panégyrique , le vôtre en a fourni
Pilluftre matiere. Finiffons . Nous
ne pouvons , SIRE , que répéter en
vous loüant. Ne rougiffons pourtant
point de n'être que Plagiaires dans
cette occafion.. Les plus fertiles Orateurs
éprouveroient le même fort ; &
de plus , peut-on trop redire ce qui
vous honore davantage & ce qui établit
mieux la félicité de votre Empire
?
Nous fommes avec le plus profond
respect ,
SIRE ,
DE VOTRE MAJESTE" ,
Les très - humbles & trèsfidéles
Sujets, FUSELIER
DE LA BRUERE .
AU ROI
Sire
Yous nous aves accordé
lePrivilege du Mercure de
France,Quelbonheur pour nous,
dy travailler dans un tems
où VOTRE MAJESTE' prodigue à
1
tous les Ecrivains tant de qualités
éminentes à célébrer , & tant de gloireà
publier. On n'estpas obligé d'emprunter
le fecours de l'Eloquence ,
pour embellir les Annales de votre
vie. SIRE , le plus fimple récit de
vos Actions paffera dans la Poſtérité
pour un Panégyrique , & vos Hiftoriens
lui paroîtront des Plines. Cependant
la vérité dit de vous ce
qu'ont dit des Monarques les plus
flatés la Fable menfongere& laplus
fervile adulation. Lorsqu'on vous
peint , on n'a befoin que de la fincerité
pour conduire le Pinceau , & la
bouche ne forme point de traits qui
ne foient gravés dans le coeur. Vous
offrez , SIRE , aux yeux de l'Univers
enchanté , un Phénomene unique
, un Vainqueur chéri , un Roi
le
citoyen , enfin un tendre Pere des
Peuples. Que de fentimens dignes
d'une mémoire éternelle a fait écla→
ter votre péril pendant la fubite &
violentemaladie qui nous a fait trembler
pour vos jours ! Que de Vertus
ont triomphé ! Les vôtres , SIRE ,
celles de votre Augufte Famille
celles de tout votre Peuple ! On a
vú briller avec le plus vif éclat ,
Courage Supérieur , l'Amour Conjugal
, la Tendreffe Filiale , & le
Zéle le plus Ardent . Tous les
Coeurs ont fait unanimement votre
Panégyrique , le vôtre en a fourni
Pilluftre matiere. Finiffons . Nous
ne pouvons , SIRE , que répéter en
vous loüant. Ne rougiffons pourtant
point de n'être que Plagiaires dans
cette occafion.. Les plus fertiles Orateurs
éprouveroient le même fort ; &
de plus , peut-on trop redire ce qui
vous honore davantage & ce qui établit
mieux la félicité de votre Empire
?
Nous fommes avec le plus profond
respect ,
SIRE ,
DE VOTRE MAJESTE" ,
Les très - humbles & trèsfidéles
Sujets, FUSELIER
DE LA BRUERE .
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Résumé : Epitre Dedicatoire AU ROI.
L'épître dédicatoire est adressée au roi pour exprimer la gratitude pour le privilège accordé au 'Mercure de France'. L'auteur met en avant les qualités éminentes et la gloire incontestable du règne royal, rendant inutile toute éloquence supplémentaire. La vérité suffit à célébrer les vertus royales, comparables aux récits les plus flatteurs. Le roi est décrit comme un phénomène unique, un vainqueur chéri, un citoyen et un père des peuples. Lors de sa récente maladie, des sentiments tels que le courage, l'amour conjugal, la tendresse filiale et le zèle ardent ont été manifestés. Tous les cœurs ont uni leurs louanges. L'auteur affirme qu'il est impossible de trop louer le roi sans devenir plagiaire, car chaque éloge renforce la félicité de son empire. L'épître se conclut par une expression de profond respect et de fidélité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19
p. 57-58
AU ROI, A son retour de l'Armée.
Début :
Quand le Soleil, ame de la Nature, [...]
Mots clefs :
Roi, Retour, Nuit, Regards, Cieux, Voix, Peuple, Sensible, Doux
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texteReconnaissance textuelle : AU ROI, A son retour de l'Armée.
AU ROI ,
A fon retour de l'Armée,
QUandle Soleil , ame de laNature ,
Au Monde ; en s'éclipſant , dérobe ſa clarté ,
Tout s'attriſte& languit dans une nuit obſcures
Tout eſt ſans vie & fans beauté.
Qu'il reparoiffe & brille fans nuage ;
Aſes premiers regards tout revit ſous les Cieux ;
Et pour chanter ſon retour glorieux ,
Tout a ſa voix & ſon langage.
Legazoüillement des Oiseaux
Des tranquilles Forêts interrompt le filence ;
Sur le gazon fleuri bondiſſent les Troupeaux ;
Le Poiſſon , même qui s'élance ,
Se plaît ſur la face des Eaux.
Louis , à ce Tableau tu reconnois la France
Dans ſon ſein , Aftre bienfaiſant ,
Que ton Eclipse , hélas , a répandu d'allarmes !
Mais à la ſeule joye il échappe des larmes ,
Quand ſur ſon horiſon tu parois renaiſſant.
Quel concours empreſſé d'un Peuple qui t'adore !
Il te voit , s'attendrit , & veut te voir encore ;
Le jour qu'il te retrouve , eſt le plus beau des jours;
Pour le prolonger dans ſon cours ,
58 MERCURE DE FRANCE.
Il embellit la nuit des clartés de l'Aurore ;
Tout s'anime , tout ſe décore :
Ici de mille voix s'élevent les Concerts ;
Là le ſalpêtre ardent, qui s'exhale en éclairs,
Brille, ſerpente , éclate , & par ſes jeux rapides ,
Ton nom qu'il fait éclore à nos regards avides,
Ainſi quedans les coeurs eſt écrit dans les airs .
GRAND ROI , cet hommage ſi tendre ,
Que le zéle François brûle de t'exprimer ,
Pourroit-il ne pas te charmer ?
Il eſt ſi doux de te le rendre !
Il eſt ſi doux d'élever juſqu'aux Cieux
Un Roi , que fes périls ſuivis de la Victoire ,
Nous rendent aufli cher, qu'il eſt grand à nos yeux
Senſible à la folide gloire ,
Senſible à nos tranſports , applaudis à nos Voeux ::
Affés d'exploits brillans affûrent ta mémoire ,
Mais ton amour pour nous, tracé dans ton Hiſtoire,
Fera douter chés nos Neveux ,
Qui du Prince ou du Peuple étoit le plus heureux,
: Le P. R de l'Oratoire.
A fon retour de l'Armée,
QUandle Soleil , ame de laNature ,
Au Monde ; en s'éclipſant , dérobe ſa clarté ,
Tout s'attriſte& languit dans une nuit obſcures
Tout eſt ſans vie & fans beauté.
Qu'il reparoiffe & brille fans nuage ;
Aſes premiers regards tout revit ſous les Cieux ;
Et pour chanter ſon retour glorieux ,
Tout a ſa voix & ſon langage.
Legazoüillement des Oiseaux
Des tranquilles Forêts interrompt le filence ;
Sur le gazon fleuri bondiſſent les Troupeaux ;
Le Poiſſon , même qui s'élance ,
Se plaît ſur la face des Eaux.
Louis , à ce Tableau tu reconnois la France
Dans ſon ſein , Aftre bienfaiſant ,
Que ton Eclipse , hélas , a répandu d'allarmes !
Mais à la ſeule joye il échappe des larmes ,
Quand ſur ſon horiſon tu parois renaiſſant.
Quel concours empreſſé d'un Peuple qui t'adore !
Il te voit , s'attendrit , & veut te voir encore ;
Le jour qu'il te retrouve , eſt le plus beau des jours;
Pour le prolonger dans ſon cours ,
58 MERCURE DE FRANCE.
Il embellit la nuit des clartés de l'Aurore ;
Tout s'anime , tout ſe décore :
Ici de mille voix s'élevent les Concerts ;
Là le ſalpêtre ardent, qui s'exhale en éclairs,
Brille, ſerpente , éclate , & par ſes jeux rapides ,
Ton nom qu'il fait éclore à nos regards avides,
Ainſi quedans les coeurs eſt écrit dans les airs .
GRAND ROI , cet hommage ſi tendre ,
Que le zéle François brûle de t'exprimer ,
Pourroit-il ne pas te charmer ?
Il eſt ſi doux de te le rendre !
Il eſt ſi doux d'élever juſqu'aux Cieux
Un Roi , que fes périls ſuivis de la Victoire ,
Nous rendent aufli cher, qu'il eſt grand à nos yeux
Senſible à la folide gloire ,
Senſible à nos tranſports , applaudis à nos Voeux ::
Affés d'exploits brillans affûrent ta mémoire ,
Mais ton amour pour nous, tracé dans ton Hiſtoire,
Fera douter chés nos Neveux ,
Qui du Prince ou du Peuple étoit le plus heureux,
: Le P. R de l'Oratoire.
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20
p. 127-129
VERS recités au Roi, par M. de Crebillon, Directeur de l'Académie Françoise, à la suite du Compliment qu'il a fait à SA MAJESTÉ, au nom de cette Compagnie, le Mardi 17 Novembre 1744.
Début :
QUEL orage soudain s'éléve & m'environne ? [...]
Mots clefs :
Roi, Ciel, Dieux, Enfers, Mort, Louis le Grand, Gloire, Français
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texteReconnaissance textuelle : VERS recités au Roi, par M. de Crebillon, Directeur de l'Académie Françoise, à la suite du Compliment qu'il a fait à SA MAJESTÉ, au nom de cette Compagnie, le Mardi 17 Novembre 1744.
VERS recités au Roi , par M. de Crebillon
, Directeur de l'Académie Françoise ,
à la ſuite du Compliment qu'il a fait à SA
MAJESTE' , au nom de cette Compagnie , le
Mardi 17 Novembre 1744.
QUel orage ſoudain s'éléve & m'environne
L'épouvante & l'horreur régnent de toutes parts !
Que de gémiſſemens ! l'air mugit ; le Ciel tonne.
Dieux ! Quels triſtes objets s'offrent à mes regards !
Où ſuis- je ? Quoi , je touche à l'infernale rive
François infortunés , y portez - vous vos pas ?
Qui vous amène en foule aux portes du trépas ?
J'entens parmi vos pleurs une bouche plaintive
Articuler des mots , qui me glacent d'effioi.
Odéplorablesang ! O malheureuse Reine .....
La Reine ! ... Ah ! C'en est fait ; notre mort eft
certaine.
La France va donc perdre & fon Pere , & ſon Roi !
François , le déſeſpoir où votre ame ſe livre ,
Doit aller auſſi loin que la rigueur du ſort ;
Si Louis ne vit plus , il faut ceſſer de vivre ;
Pouvons-nous ſouhaiter une plus digne mort ?
ROI , notre unique bien , quoi ! la Parque perfide
Voudroit porter ſfur vous une main parricide ! ...
Mais quel bruit éclatant vient agiter lesAirs!
128 MERCURE DE FRANCE.
Quelle étrange lueur roule dans les ténébres !
Atravers tant d'objets terribles & funébres ,
Je vois quelque clarté pâlir dans les Enfers.
Eſt ce le Dieu des Morts qui tient ſa cour funeſte
Mais non , ce qui paroît n'a rien que de céleste.
Et quel eft donc le Dieu que je vois accourir ?
Il tend vers nous les bras ; c'eſt pour nous lecourir,
Mille rayons brillans forment ſon Diadême :
LeDieu des Morts n'a point ce port majestueux ,
Cet air noble & touchant , ni ce front vertueux ;
C'eſt , je n'en doute plus , LOUIS LE GRAND , luimême
,
1
Qui vient ſécher nos pleurs & calmer nos regrets.
Hélas! il veille encor ſur ſes anciens ſujets !
Ce Roi , qui fi long- tems a gouverné la Terre ,
Régne- t- il en des lieux inconnus au Tonnerre !
On diroit qu'aux Enfers il va donner des Loix ;
Voilà ſes traits , ſes yeux ; je reconnois ſa voix :
Fermez , dit- il , fermez la retraite des ombres ;
>>Mon fils n'entrera point dans les Royaumes fom-
» bres ;
S'il mouroit , que d'Exploits ſeroient enſévelis ,
→ Et qui pourra compter les Exploits de mon fils !
>>>Entre Célar & moi le Ciel marque ſa place :
>>>Mais les Dieux feront lents à terminer ſes jours ,
> Et fi la Gloire a droit d'en prolonger le cours ,
>> Il n'eſt point de Neſtor que ſon âge n'efface .
>>>François, vous reverrez ce Roiſi généreux ;
NOVEMBRE. 1744. 129
>>>Puiſſent le voir auſſi les fils de vos neveux !
Il dit , & , tout à- coup les Enfers diſparoiffent ,
La Mort fuit , le jour yient , & les François renaif
fent.
Mais quel éclat nouveau vient embellir ces Lieux !
Paſſons nous des Enfers dans le ſéjour des Dieux ?
Que's feux étincelans brillent ſur l'Hémiſphere ?
Ah ! fi c'étoit LOUIS ... Mais en vain je l'eſpére
Il eſt trop occupé de fes nobles travaux ;
Il brave également la inort & le repos .
Qu'est- ce donc que je vois ! c'eſt un autre lui même,
La Gloire , je le juge , à ſa beauté ſuprême ;
C'eſt elle en ce moment qui vient nous l'annoncer,
LaGloire prend toujours ſoin de le devancer.
Hélas ! il eſt donc vrai ; nous allons voir paroître
Ce Héros, le plus grand que le Ciel ait faitnaître.
Venez , voyez , chantez l'aimable Souverain
Dont vous a fait préſent la faveurdu Deſtin.
O François ! Peuple heureux & ſi digne de l'être !
Venez en rendre grace à votre auguſte Maître ;
C'eſt lui , c'eſt ſa bonté qui vous rend tous heureux;
Qu'il foit , après le Ciel , l'objet de tous vos voeux !
Qu'en vos Temples pour lui ſans ceſſe l'encens
fume !
Que par le peuple épars le ſalpêtre s'allume !
Que le feu s'élançant par éclats dans les Cieux ,
De leur reconnoiſſance aille inſtruire les Dieux
, Directeur de l'Académie Françoise ,
à la ſuite du Compliment qu'il a fait à SA
MAJESTE' , au nom de cette Compagnie , le
Mardi 17 Novembre 1744.
QUel orage ſoudain s'éléve & m'environne
L'épouvante & l'horreur régnent de toutes parts !
Que de gémiſſemens ! l'air mugit ; le Ciel tonne.
Dieux ! Quels triſtes objets s'offrent à mes regards !
Où ſuis- je ? Quoi , je touche à l'infernale rive
François infortunés , y portez - vous vos pas ?
Qui vous amène en foule aux portes du trépas ?
J'entens parmi vos pleurs une bouche plaintive
Articuler des mots , qui me glacent d'effioi.
Odéplorablesang ! O malheureuse Reine .....
La Reine ! ... Ah ! C'en est fait ; notre mort eft
certaine.
La France va donc perdre & fon Pere , & ſon Roi !
François , le déſeſpoir où votre ame ſe livre ,
Doit aller auſſi loin que la rigueur du ſort ;
Si Louis ne vit plus , il faut ceſſer de vivre ;
Pouvons-nous ſouhaiter une plus digne mort ?
ROI , notre unique bien , quoi ! la Parque perfide
Voudroit porter ſfur vous une main parricide ! ...
Mais quel bruit éclatant vient agiter lesAirs!
128 MERCURE DE FRANCE.
Quelle étrange lueur roule dans les ténébres !
Atravers tant d'objets terribles & funébres ,
Je vois quelque clarté pâlir dans les Enfers.
Eſt ce le Dieu des Morts qui tient ſa cour funeſte
Mais non , ce qui paroît n'a rien que de céleste.
Et quel eft donc le Dieu que je vois accourir ?
Il tend vers nous les bras ; c'eſt pour nous lecourir,
Mille rayons brillans forment ſon Diadême :
LeDieu des Morts n'a point ce port majestueux ,
Cet air noble & touchant , ni ce front vertueux ;
C'eſt , je n'en doute plus , LOUIS LE GRAND , luimême
,
1
Qui vient ſécher nos pleurs & calmer nos regrets.
Hélas! il veille encor ſur ſes anciens ſujets !
Ce Roi , qui fi long- tems a gouverné la Terre ,
Régne- t- il en des lieux inconnus au Tonnerre !
On diroit qu'aux Enfers il va donner des Loix ;
Voilà ſes traits , ſes yeux ; je reconnois ſa voix :
Fermez , dit- il , fermez la retraite des ombres ;
>>Mon fils n'entrera point dans les Royaumes fom-
» bres ;
S'il mouroit , que d'Exploits ſeroient enſévelis ,
→ Et qui pourra compter les Exploits de mon fils !
>>>Entre Célar & moi le Ciel marque ſa place :
>>>Mais les Dieux feront lents à terminer ſes jours ,
> Et fi la Gloire a droit d'en prolonger le cours ,
>> Il n'eſt point de Neſtor que ſon âge n'efface .
>>>François, vous reverrez ce Roiſi généreux ;
NOVEMBRE. 1744. 129
>>>Puiſſent le voir auſſi les fils de vos neveux !
Il dit , & , tout à- coup les Enfers diſparoiffent ,
La Mort fuit , le jour yient , & les François renaif
fent.
Mais quel éclat nouveau vient embellir ces Lieux !
Paſſons nous des Enfers dans le ſéjour des Dieux ?
Que's feux étincelans brillent ſur l'Hémiſphere ?
Ah ! fi c'étoit LOUIS ... Mais en vain je l'eſpére
Il eſt trop occupé de fes nobles travaux ;
Il brave également la inort & le repos .
Qu'est- ce donc que je vois ! c'eſt un autre lui même,
La Gloire , je le juge , à ſa beauté ſuprême ;
C'eſt elle en ce moment qui vient nous l'annoncer,
LaGloire prend toujours ſoin de le devancer.
Hélas ! il eſt donc vrai ; nous allons voir paroître
Ce Héros, le plus grand que le Ciel ait faitnaître.
Venez , voyez , chantez l'aimable Souverain
Dont vous a fait préſent la faveurdu Deſtin.
O François ! Peuple heureux & ſi digne de l'être !
Venez en rendre grace à votre auguſte Maître ;
C'eſt lui , c'eſt ſa bonté qui vous rend tous heureux;
Qu'il foit , après le Ciel , l'objet de tous vos voeux !
Qu'en vos Temples pour lui ſans ceſſe l'encens
fume !
Que par le peuple épars le ſalpêtre s'allume !
Que le feu s'élançant par éclats dans les Cieux ,
De leur reconnoiſſance aille inſtruire les Dieux
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21
p. 130-131
SECONDE Piéce de Vers, présentée au Roi, le Jeudi 26 Novembre 1744, par le même.
Début :
Dieu des Rimeurs, crois-moi, point de querelle, [...]
Mots clefs :
Louis, Roi, Chanter, Mars, Minerve, Tragédie, Moi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SECONDE Piéce de Vers, présentée au Roi, le Jeudi 26 Novembre 1744, par le même.
SECONDE Piéce de Vers , préſentée au
Roi , leJeudi 26 Novembre 1744 ,
D
par le même.
Ieu des Rimeurs , crois-moi , point de que
relle ,
Ou foûtiens mieux tes airs de Protecteur .
Qui , mieux que moi , ton ancien ſerviteur
Dût eſpérer une grace nouvelle ?
Mais, qu'as-tu fait de ce jour le plus beau ,
Le plus brillant , le plus doux de ma vie ?
Je l'avouerai ; j'ai manqué de génie.
Mais nous pouvons faire un effort nouveau.
Chanter ſon Roi , c'eſt chanter ſa Maîtreſſe ;
Il faut toujours la louer bien ou mal ;
C'eſt , d'un ſeul trait , ſignaler ſa tendreſſe ;
Et déſoler celle de ſon Rival .
,
Nommer LOUIS , eſt un préliminaire ,
Qui va d'abord gagner tous les François :
Ce nom ſi cher vaut lui ſeul l'art de plaire ;
Ainſi chantons , je réponds du ſuccès.
D'autres que nous dans la même carriere
Euſſent été filés ſans la matiere .
Tous cependant ont trouvé des Lecteurs ,
Tant le ſujet intéreſſoit les coeurs.
Diſons que Mars d'accord avec Minerve ....
Le beau début ! O la fublime verve !
NOVEMBRE. 1744. 131
1
Laiſſe- moi dire , écoute juſqu'au bout :
Amour nous aide , & Louis ſur le tout.
A ſes conſeils la Justice préſide ,
Et la Sageſſe y recueille les voix :
Mars exécute & Minerve décide ;
Mais c'eſt LOUIS qui leur dicte ſes loix ;
Qui , tour à tour , tient le glaive & l'Egide ,
Pere , Soldat & Monarque à la fois.
Diſons qu'il fait honneur à notre eſpéce;
Grand ſans orgueil , redoutable & charmant....
Eſt-ce là tout ? pauvre Dieu du Permeſſe ,
Sans tes leçons j'en dirois bien autant.
Va , laiſſe-moi , je te tiens quitte
De l'avenir & du préſent ;
Tu m'as donné pour tout mérite ,
Le cruel & morne talent
Dehurler dans la Tragédie;
Tu diras de plus que c'eſt toi
Quim'as mis à l'Académie ;
Moi, je t'ai fait parler auRoi.
Roi , leJeudi 26 Novembre 1744 ,
D
par le même.
Ieu des Rimeurs , crois-moi , point de que
relle ,
Ou foûtiens mieux tes airs de Protecteur .
Qui , mieux que moi , ton ancien ſerviteur
Dût eſpérer une grace nouvelle ?
Mais, qu'as-tu fait de ce jour le plus beau ,
Le plus brillant , le plus doux de ma vie ?
Je l'avouerai ; j'ai manqué de génie.
Mais nous pouvons faire un effort nouveau.
Chanter ſon Roi , c'eſt chanter ſa Maîtreſſe ;
Il faut toujours la louer bien ou mal ;
C'eſt , d'un ſeul trait , ſignaler ſa tendreſſe ;
Et déſoler celle de ſon Rival .
,
Nommer LOUIS , eſt un préliminaire ,
Qui va d'abord gagner tous les François :
Ce nom ſi cher vaut lui ſeul l'art de plaire ;
Ainſi chantons , je réponds du ſuccès.
D'autres que nous dans la même carriere
Euſſent été filés ſans la matiere .
Tous cependant ont trouvé des Lecteurs ,
Tant le ſujet intéreſſoit les coeurs.
Diſons que Mars d'accord avec Minerve ....
Le beau début ! O la fublime verve !
NOVEMBRE. 1744. 131
1
Laiſſe- moi dire , écoute juſqu'au bout :
Amour nous aide , & Louis ſur le tout.
A ſes conſeils la Justice préſide ,
Et la Sageſſe y recueille les voix :
Mars exécute & Minerve décide ;
Mais c'eſt LOUIS qui leur dicte ſes loix ;
Qui , tour à tour , tient le glaive & l'Egide ,
Pere , Soldat & Monarque à la fois.
Diſons qu'il fait honneur à notre eſpéce;
Grand ſans orgueil , redoutable & charmant....
Eſt-ce là tout ? pauvre Dieu du Permeſſe ,
Sans tes leçons j'en dirois bien autant.
Va , laiſſe-moi , je te tiens quitte
De l'avenir & du préſent ;
Tu m'as donné pour tout mérite ,
Le cruel & morne talent
Dehurler dans la Tragédie;
Tu diras de plus que c'eſt toi
Quim'as mis à l'Académie ;
Moi, je t'ai fait parler auRoi.
Fermer
22
p. 132-133
COMPLIMENT au Roi, par M. de la Chaussée, de l'Académie Françoise.
Début :
Enfin je te revois, cher & nouvel AUGUSTE, [...]
Mots clefs :
Coeur, Flatterie, Rois, Lauriers, Gloire
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texteReconnaissance textuelle : COMPLIMENT au Roi, par M. de la Chaussée, de l'Académie Françoise.
COMPLIMENT au Roi , par M. de
la Chauſſée , de l'Académie Françoiſe.
Enfin je terevois , cher & nouvel Auguste ,
Que mon coeur en ſecret a toujours encenſé....
Pardonne en ce moment le tranſport le plus juſte ;
Qui le ſçait exciter n'en peut être offenſé.
Non ; l'eſſor que je prends ne sçauroit te déplaire ;
Le moindre des mortels , ſans être téméraire ,
Peut laiſffer voir aux Dieux tout ce qu'il fent pour
eux.
France , tu m'applaudis ; le même amourt'inſpire;
Tu n'as plus qu'à joüir du ſort le plus heureux;
Tu viens de recouvrer l'Ame de ton Empire .
Et toi , daigne agréer l'hommage mérité,
Que t'offre par ma voix la ſimple Vérité .
La ſeule flaterie a beſoin d'être ornée ;
Eh ! quand nous t'offririons ſes dangereux attraits
Tu ne recevrois point la Coupe empoiſonnée ,
Que le commun des Rois aime à boire à longs
traits :
Fuis
NOVEMBRE. 133 1744.
Fuis Malheureuſe , ailleurs va porter tes preſtiges ,
Tu n'élevas jamais de véritable Autel.
Pourfuis , PRINCE,pourſuis ton cours & tes pro
diges:
Tel jadis commença ton AYAUL immortel....
Quedis-je ... A peine entré dans la même carriere
Quel amas de Lauriers ! La plus forte Barriere
N'eſt qu'un frivole obſtacle à tes premiers travaux
Et l'altiere Cité ** qui bravoit ton Tonnerre ,
Sur ſes débris ſanglans fert d'exemple à la Terre :
Tremblez , fiers Ennemis .... Vous Amphions
nouveaux ,
Formez- vous déformais à l'ombre de ſa gloire.....
Qui peusmieux vous ouvrir le Temple de Mémoirea
Chantez , Muſes , chantez , voilà votre Apollon .....
Mais quels que foient les chants qu'elles faffent
éclore ,
Vois au fond de nos coeurs , tu liras plus encore ,
Que n'en peut exprimer tout le ſacré Vallon,
* Ypres , Furnes , Menin,
** Fribourg.
la Chauſſée , de l'Académie Françoiſe.
Enfin je terevois , cher & nouvel Auguste ,
Que mon coeur en ſecret a toujours encenſé....
Pardonne en ce moment le tranſport le plus juſte ;
Qui le ſçait exciter n'en peut être offenſé.
Non ; l'eſſor que je prends ne sçauroit te déplaire ;
Le moindre des mortels , ſans être téméraire ,
Peut laiſffer voir aux Dieux tout ce qu'il fent pour
eux.
France , tu m'applaudis ; le même amourt'inſpire;
Tu n'as plus qu'à joüir du ſort le plus heureux;
Tu viens de recouvrer l'Ame de ton Empire .
Et toi , daigne agréer l'hommage mérité,
Que t'offre par ma voix la ſimple Vérité .
La ſeule flaterie a beſoin d'être ornée ;
Eh ! quand nous t'offririons ſes dangereux attraits
Tu ne recevrois point la Coupe empoiſonnée ,
Que le commun des Rois aime à boire à longs
traits :
Fuis
NOVEMBRE. 133 1744.
Fuis Malheureuſe , ailleurs va porter tes preſtiges ,
Tu n'élevas jamais de véritable Autel.
Pourfuis , PRINCE,pourſuis ton cours & tes pro
diges:
Tel jadis commença ton AYAUL immortel....
Quedis-je ... A peine entré dans la même carriere
Quel amas de Lauriers ! La plus forte Barriere
N'eſt qu'un frivole obſtacle à tes premiers travaux
Et l'altiere Cité ** qui bravoit ton Tonnerre ,
Sur ſes débris ſanglans fert d'exemple à la Terre :
Tremblez , fiers Ennemis .... Vous Amphions
nouveaux ,
Formez- vous déformais à l'ombre de ſa gloire.....
Qui peusmieux vous ouvrir le Temple de Mémoirea
Chantez , Muſes , chantez , voilà votre Apollon .....
Mais quels que foient les chants qu'elles faffent
éclore ,
Vois au fond de nos coeurs , tu liras plus encore ,
Que n'en peut exprimer tout le ſacré Vallon,
* Ypres , Furnes , Menin,
** Fribourg.
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23
p. 114-116
NOUVELLE Epitre au ROI, par M. de Voltaire, présentée à Sa Majesté au Camp devant Fribourg, le premier Novembre 1744.
Début :
ROI nécessaire au Monde, où portez-vous vos pas ? [...]
Mots clefs :
Héros, Dieux, Jours, Gloire, Joie, Peuple, Paix
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLE Epitre au ROI, par M. de Voltaire, présentée à Sa Majesté au Camp devant Fribourg, le premier Novembre 1744.
NOUVELLE Epitre au Rot , parM.
de Voltaire , préſentée à Sa Majesté au
Camp devant Fribourg , le premier Novembre
1744.
Oi néceſſaire au Monde , où portez-vous vos
R pas ?
De la Fiévre échapé , vous courez aux Combats.
Vous volez à Fribourg. En vain la Peironie
Vous diſoit , Arrêtez , menagez votre vie ,
Il vous faut du régime , & non des ſoins guerriers;
Un Héros peut dormir couronné de Lauriers.
Le zéle a beau parler , vous n'avez pů le croire.
Rebelle aux Médecins , & fidéle à la gloire ,
Vous bravez l'Ennemi , les Affauts , les Saifons ,
Le poidsde la fatigue ,,&les feux des canons :
Tout l'Etat en frémit , & craint votre courage ;
Vos Ennemis , Grand Roi , le craignent davantage.
'Ah , n'effrayez que Vienne , & raffurez Paris !
Rendez , rendez la joye àvos Peuples chéris ;
Rendez-nous ce Héros qu'on admire & qu'on aime.
Un Sage nous a dit , que le ſeul bien fuprême ,
Le ſeul bien qui du moins reffemble au vrai bon
heur ,
Le ſeul digne de l'Homme , eſt de toucher un
coeur :
NOVEMBRE. 1744. Irf
Si ce Sage eût raiſon , ſi la Philoſophie
Plaça dans l'amitié le charme de la vie ,
Quel est donc, Juſtes Dieux ! le deſtin d'un bon
Roi,
Qui dit , fansſe flater , tous les coeurs ſont à moi ?
Aćet Empire heureux qu'il eſt beau de prétendre
Vous qui le poſſédez venez ,daignez entendre
Des bornes de l'A'face aux Remparts de Paris
Ce cri que l'Amour feul forme de tant de cris ;
Accourez , contemplez ce Peuple dans la joye,
Béniſſant le Héros que leCiel lui renvoye :
Ne le voyez -vous pas tout ce Peuple à genoux ?
Tous ces avides yeux qui ne cherchent que vous
Tous ces coeurs enflammés volant ſur notre boucher
C'eſt là le vrai triomphe , & le ſeul qui vous tou
che.
Cent Rois auCapitole en Efclaves traînés,
Leurs Villes , leurs Tréſors , & leurs Dieux enchaî
nés ,
Ces Chars étincellans , ces Prêtres , cette Armée
Ce Sénat inſultant à la Terre opprimée ,
Ces Vaincus envoyés du ſpectacle au cercueil ,
Ces triomphes de Rome étoient ceux de l'orguëil :
Le vôtre eſt de l'Amour , & la gloire en eſt pure.
Un jour les effaçoit , le vôtre à jamais dure :
Ils effrayoient le Monde , & vous le raſſûrez .
Vous , l'image des Dieux ſur la terre adorés ;
Vous , que dans l'Age d'Or elle eût choiſi pout
Maître ,
16 MERCURE DE FRANCE.
Goûtez les jours heureux que vos ſoins font re
naître.
Que la Paix floriſſante enbelliſſe leurs cours.
Mars fait des jours brillans , la Paix fait de beaux
:
jours ,
Qu'elle vole à la voix du Vainqueur qui l'appelle
-Et qui n'a combattu que pour nous & pour elle.
de Voltaire , préſentée à Sa Majesté au
Camp devant Fribourg , le premier Novembre
1744.
Oi néceſſaire au Monde , où portez-vous vos
R pas ?
De la Fiévre échapé , vous courez aux Combats.
Vous volez à Fribourg. En vain la Peironie
Vous diſoit , Arrêtez , menagez votre vie ,
Il vous faut du régime , & non des ſoins guerriers;
Un Héros peut dormir couronné de Lauriers.
Le zéle a beau parler , vous n'avez pů le croire.
Rebelle aux Médecins , & fidéle à la gloire ,
Vous bravez l'Ennemi , les Affauts , les Saifons ,
Le poidsde la fatigue ,,&les feux des canons :
Tout l'Etat en frémit , & craint votre courage ;
Vos Ennemis , Grand Roi , le craignent davantage.
'Ah , n'effrayez que Vienne , & raffurez Paris !
Rendez , rendez la joye àvos Peuples chéris ;
Rendez-nous ce Héros qu'on admire & qu'on aime.
Un Sage nous a dit , que le ſeul bien fuprême ,
Le ſeul bien qui du moins reffemble au vrai bon
heur ,
Le ſeul digne de l'Homme , eſt de toucher un
coeur :
NOVEMBRE. 1744. Irf
Si ce Sage eût raiſon , ſi la Philoſophie
Plaça dans l'amitié le charme de la vie ,
Quel est donc, Juſtes Dieux ! le deſtin d'un bon
Roi,
Qui dit , fansſe flater , tous les coeurs ſont à moi ?
Aćet Empire heureux qu'il eſt beau de prétendre
Vous qui le poſſédez venez ,daignez entendre
Des bornes de l'A'face aux Remparts de Paris
Ce cri que l'Amour feul forme de tant de cris ;
Accourez , contemplez ce Peuple dans la joye,
Béniſſant le Héros que leCiel lui renvoye :
Ne le voyez -vous pas tout ce Peuple à genoux ?
Tous ces avides yeux qui ne cherchent que vous
Tous ces coeurs enflammés volant ſur notre boucher
C'eſt là le vrai triomphe , & le ſeul qui vous tou
che.
Cent Rois auCapitole en Efclaves traînés,
Leurs Villes , leurs Tréſors , & leurs Dieux enchaî
nés ,
Ces Chars étincellans , ces Prêtres , cette Armée
Ce Sénat inſultant à la Terre opprimée ,
Ces Vaincus envoyés du ſpectacle au cercueil ,
Ces triomphes de Rome étoient ceux de l'orguëil :
Le vôtre eſt de l'Amour , & la gloire en eſt pure.
Un jour les effaçoit , le vôtre à jamais dure :
Ils effrayoient le Monde , & vous le raſſûrez .
Vous , l'image des Dieux ſur la terre adorés ;
Vous , que dans l'Age d'Or elle eût choiſi pout
Maître ,
16 MERCURE DE FRANCE.
Goûtez les jours heureux que vos ſoins font re
naître.
Que la Paix floriſſante enbelliſſe leurs cours.
Mars fait des jours brillans , la Paix fait de beaux
:
jours ,
Qu'elle vole à la voix du Vainqueur qui l'appelle
-Et qui n'a combattu que pour nous & pour elle.
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24
p. 117-119
AU ROI. EPITRE.
Début :
SIRE, un de vos sujets, dont la lente vieillesse [...]
Mots clefs :
Sujets, Moment, Convalescence
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texteReconnaissance textuelle : AU ROI. EPITRE.
AU RΟΙ
SIRE , Un
EPITRE..
un de vos ſujets , dont la lente vieilleffe
Juſqu'au vingtiéme Luftre auroit porté ſon cours ,
Fut poignardé par la douleur traîtreſſe
Que lui cauſa ſa crainte pour vos jours.
Le déſeſpoir ou la triſteſſe ...
Abbatoient dans ce tems les forces , la ſante
De la plus robuſte jeuneſſe ,
Je demande la Grace à Votre Majefté ,
Qui penſe avec tant de juſteſſe ,
De juger ſi l'on peut , dans la caducité ,
Guérird'une bleſſûre ,& vaincre la détreffe
Où le Corps le plus fort à peine eut réſiſté.
Je mourois , & cette foibleſſe
De mondernier ſoupir avantcoureur glacé
Gagne tous mes ſens , & me laiſſe
Dans l'état d'un vrai trépaſſé.
Cent témoins de mon agonie
Mes parens , mes amis ,&ma chere Junie
i
118 MERCURE DE FRANCE.
Sans doute alloient bientôt le coeur rempli de
detiil,
Arroſer de leurs pleurs ma tombe &mon cercüeil ,
Quand, juſqu'à ma maiſonplaintive
Paſſe ſubitement une joye exceſſive ,
Quidans un ſeul inſtant partout ſe répandit ,
Et les triſtes clameurs même aux pieds de monlis
Sechangent en cris d'allegreſſe.
ce bruit éclatant ſuccede mon réveil
De ce léthargique ſommeil ,
Etcomme ſortant de l'yvreſſe ,
Je vois le jour avec étonnement ,
Et j'entens réſonner ſans ceſſe
:
De cent VIVE LE ROI tout mon appartement ;
Alors ,& je ne ſçais comment ,
UnBaume ſouverain dans mon fang s'infinuë
Et je comprends par ſentiment
Que de notre bonheut la nouvelle eſt venuë ,
Que vous vivez , qu'à nos pleurs , qu'à nos voeux
LeCiel eſt forcé de ſe rendre ;
Grand Roi , le croiriez-vous ? dans ce moment heureux,
De mon lit on m'a vû deſcendre ;
i
NOVEMBRE. 1744. 119
Ce fait tient du prodige , & du grand merveilleux
Mais non ;&comme moidans cedanger affreux
Vos ſujets étoient morts ; c'étoit fait de la France ,
Si vous ne viviez pas pour eux ;
Ce n'eſt pas tout; j'apprends votre convalescence;
Ce moment me déride , & mon viſage frais
De l'âge de trente ans annonce la préſence ;
:
Je ſens que je bois à longs traits
Ala fontaine de Jouvence ,
Où perſonne ne bût jamais,
Cette Hiſtoire eft très-autentique ,
Et fi je ne ſervois au Temple de Thémis
J'irois auChamp de Mars joindre mon fils unique ,
Et verſer tout mon ſang contre vos Ennemis.
Cette Piéce de Vers eſt de M. de la Mothe
, Doyen de la Cour des Aydes de Montauban
, &de l'Académie Royale des Belles-
Lettres de cette même Ville. Elle ne ſe ref.
ſent point de l'infirmité de l'Auteur , &
l'on y découvre des traits aimables de ſentimens
qui feroient honneur ànos plus jeunes
Muſes.
SIRE , Un
EPITRE..
un de vos ſujets , dont la lente vieilleffe
Juſqu'au vingtiéme Luftre auroit porté ſon cours ,
Fut poignardé par la douleur traîtreſſe
Que lui cauſa ſa crainte pour vos jours.
Le déſeſpoir ou la triſteſſe ...
Abbatoient dans ce tems les forces , la ſante
De la plus robuſte jeuneſſe ,
Je demande la Grace à Votre Majefté ,
Qui penſe avec tant de juſteſſe ,
De juger ſi l'on peut , dans la caducité ,
Guérird'une bleſſûre ,& vaincre la détreffe
Où le Corps le plus fort à peine eut réſiſté.
Je mourois , & cette foibleſſe
De mondernier ſoupir avantcoureur glacé
Gagne tous mes ſens , & me laiſſe
Dans l'état d'un vrai trépaſſé.
Cent témoins de mon agonie
Mes parens , mes amis ,&ma chere Junie
i
118 MERCURE DE FRANCE.
Sans doute alloient bientôt le coeur rempli de
detiil,
Arroſer de leurs pleurs ma tombe &mon cercüeil ,
Quand, juſqu'à ma maiſonplaintive
Paſſe ſubitement une joye exceſſive ,
Quidans un ſeul inſtant partout ſe répandit ,
Et les triſtes clameurs même aux pieds de monlis
Sechangent en cris d'allegreſſe.
ce bruit éclatant ſuccede mon réveil
De ce léthargique ſommeil ,
Etcomme ſortant de l'yvreſſe ,
Je vois le jour avec étonnement ,
Et j'entens réſonner ſans ceſſe
:
De cent VIVE LE ROI tout mon appartement ;
Alors ,& je ne ſçais comment ,
UnBaume ſouverain dans mon fang s'infinuë
Et je comprends par ſentiment
Que de notre bonheut la nouvelle eſt venuë ,
Que vous vivez , qu'à nos pleurs , qu'à nos voeux
LeCiel eſt forcé de ſe rendre ;
Grand Roi , le croiriez-vous ? dans ce moment heureux,
De mon lit on m'a vû deſcendre ;
i
NOVEMBRE. 1744. 119
Ce fait tient du prodige , & du grand merveilleux
Mais non ;&comme moidans cedanger affreux
Vos ſujets étoient morts ; c'étoit fait de la France ,
Si vous ne viviez pas pour eux ;
Ce n'eſt pas tout; j'apprends votre convalescence;
Ce moment me déride , & mon viſage frais
De l'âge de trente ans annonce la préſence ;
:
Je ſens que je bois à longs traits
Ala fontaine de Jouvence ,
Où perſonne ne bût jamais,
Cette Hiſtoire eft très-autentique ,
Et fi je ne ſervois au Temple de Thémis
J'irois auChamp de Mars joindre mon fils unique ,
Et verſer tout mon ſang contre vos Ennemis.
Cette Piéce de Vers eſt de M. de la Mothe
, Doyen de la Cour des Aydes de Montauban
, &de l'Académie Royale des Belles-
Lettres de cette même Ville. Elle ne ſe ref.
ſent point de l'infirmité de l'Auteur , &
l'on y découvre des traits aimables de ſentimens
qui feroient honneur ànos plus jeunes
Muſes.
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25
p. 192-194
COMPLIMENS adressés au Roi, à la Reine, à Monseigneur le Dauphin & à Mesdames, par les six Corps des Marchands, le Dimanche 15 Novembre.
Début :
ON a oublié d'insérer ces Complimens dans le premier Volume ; ils sont / AU ROI, SIRE, Après tant d'éclatans témoignages de respect, [...]
Mots clefs :
Joie, Roi, Peuple, Zèle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMPLIMENS adressés au Roi, à la Reine, à Monseigneur le Dauphin & à Mesdames, par les six Corps des Marchands, le Dimanche 15 Novembre.
COMPLIMENS adreſſés au Roi , à
la Reine , à Monseigneur le Dauphin &à
Mesdames , par les fix Corps des Marchands
, le Dimanche 15 Novembre.
Na oublié d'inférer ces Complimens
dans le premier Volume ; ils ſont
l'ouvrage d'un Ecrivain célébre , qui dans
cette occafion a prêté ſa plume à ſa joye ,
pour exprimer le zéle & l'amour du Peuple
pour ſonRoi.
:
SIRE ,
AU ROI.
Après tant d'éclatans témoignages de refpect
, d'amour , de douleur & de joye , de
imples Citoyens trembleroient de paroître
devant V. M. fi le langage des coeurs , le
ſeul qu'ils puiffent employer , n'étoit pas
toujours bien reçu d'elle. Notre profeffion
eſt d'entretenir par nos travaux l'abondance
, que la ſageſſe de V. M. fait fleurir , &
que ſes conquêtes nous affurent. Chaque
Ordre de l'Etat a ſes prerogatives , mais le
zéle eft commun à tous ainſi que vos bienfaits.
Les cris de victoire de vos guerriers ,
les
NOVEMBRE. 1744. 193
les actions de grace de votre Clergé , les
Harangues de tant d'illuſtres Compagnies ,
nos foibles voix enfin , tout part du même
principe , & tout éprouve la même bonté.
ALA REINE.
MADAME ,
Quelquefois la foule des hommages devient
importune , quand ils ne ſont que
des reſpects , mais la vertu écoute toujours
avec fatisfaction tous les tranſports qu'elle
inſpire , & c'eſt à elle que nous parlons :
c'eſt elle qui augmenta nos douleurs ; c'eſt
elle qui ajoute aujourd'hui à notre joye , &
qui nous encourage à l'exprimer ; cette
joye éclate au nom de tout le Peuple de la
France , de ce Peuple innombrable , dont la
voix toujours fidelle eſt l'interpréte de la
vérité, de la nature , & qui deftituée de tout
art ne s'en fait que mieux entendre au coeur
deV. M.
A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN,
MONSEIGNEUR ,
Il nous eſt permis d'oſer joindre ici nos
acclamations à votre joye , & pour comble
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
,
de bonheur , après nous être proſternés devant
un Roi , qui remplit tous nos défirs
nous ſommes aux pieds de celui qui fait toutes
nos eſperances.
A MESDAMES .
MESDAMES ,
Daignez recevoir ici les témoignages fimples
& finceres de nos reſpects & de notre
joye , comme vous avez reçû tant d'hommages
offerts avec plus d'appareil & d'éloquence,
la Reine , à Monseigneur le Dauphin &à
Mesdames , par les fix Corps des Marchands
, le Dimanche 15 Novembre.
Na oublié d'inférer ces Complimens
dans le premier Volume ; ils ſont
l'ouvrage d'un Ecrivain célébre , qui dans
cette occafion a prêté ſa plume à ſa joye ,
pour exprimer le zéle & l'amour du Peuple
pour ſonRoi.
:
SIRE ,
AU ROI.
Après tant d'éclatans témoignages de refpect
, d'amour , de douleur & de joye , de
imples Citoyens trembleroient de paroître
devant V. M. fi le langage des coeurs , le
ſeul qu'ils puiffent employer , n'étoit pas
toujours bien reçu d'elle. Notre profeffion
eſt d'entretenir par nos travaux l'abondance
, que la ſageſſe de V. M. fait fleurir , &
que ſes conquêtes nous affurent. Chaque
Ordre de l'Etat a ſes prerogatives , mais le
zéle eft commun à tous ainſi que vos bienfaits.
Les cris de victoire de vos guerriers ,
les
NOVEMBRE. 1744. 193
les actions de grace de votre Clergé , les
Harangues de tant d'illuſtres Compagnies ,
nos foibles voix enfin , tout part du même
principe , & tout éprouve la même bonté.
ALA REINE.
MADAME ,
Quelquefois la foule des hommages devient
importune , quand ils ne ſont que
des reſpects , mais la vertu écoute toujours
avec fatisfaction tous les tranſports qu'elle
inſpire , & c'eſt à elle que nous parlons :
c'eſt elle qui augmenta nos douleurs ; c'eſt
elle qui ajoute aujourd'hui à notre joye , &
qui nous encourage à l'exprimer ; cette
joye éclate au nom de tout le Peuple de la
France , de ce Peuple innombrable , dont la
voix toujours fidelle eſt l'interpréte de la
vérité, de la nature , & qui deftituée de tout
art ne s'en fait que mieux entendre au coeur
deV. M.
A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN,
MONSEIGNEUR ,
Il nous eſt permis d'oſer joindre ici nos
acclamations à votre joye , & pour comble
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
,
de bonheur , après nous être proſternés devant
un Roi , qui remplit tous nos défirs
nous ſommes aux pieds de celui qui fait toutes
nos eſperances.
A MESDAMES .
MESDAMES ,
Daignez recevoir ici les témoignages fimples
& finceres de nos reſpects & de notre
joye , comme vous avez reçû tant d'hommages
offerts avec plus d'appareil & d'éloquence,
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26
p. 171-172
« Les Dames de S. Cyr ont cherché à donner au Roi le jour de l'an des marques de leur / AU ROI. LE plus grand de tous vos ayeux [...] »
Début :
Les Dames de S. Cyr ont cherché à donner au Roi le jour de l'an des marques de leur / AU ROI. LE plus grand de tous vos ayeux [...]
Mots clefs :
Roi, Saint-Cyr
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texteReconnaissance textuelle : « Les Dames de S. Cyr ont cherché à donner au Roi le jour de l'an des marques de leur / AU ROI. LE plus grand de tous vos ayeux [...] »
Les Dames de S. Cyr ont cherché à donner
au Roi le jour de l'an des marques de leur
zéle & deleur reconnoiflance.
Madame a bien voulu fe charger de
préfenter leurs hommages ; ce font les
Vers fuivans. S. M. les ayant lus , en devina
l'Auteur avant qu'on lui nommât M. Roy.
On fçait que M. Roy a célébré à Mets ,
à Soiffons , à l'Opéra , à S. Cyr & à l'Hôtel
de Ville , la Convalefcence de S. M.
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
AU ROI.
LE plus grand de tous vos ayeux
D'une main qui tenoit la Victoire affervie
Aux filles des Guerriers a confacré ces Lieux ,
Comme lui Conquérant, magnifique , pieux ,
Au Printems de vos jours vous offrez à nos yeux
Tous les traits qui marquoient chaque âge de fa vie.
Sage Législateur des Peuples & des Rois ,
Il n'a pas dédaigné de nous tracer nos Loix .
Cet azile fut cher à votre Augufte mere ;
L'amour de nos devoirs fuffifoit pour lui plaire.
La jeuneffe ravie au danger des beſoins ,
Par vos feuls dons nourrie , inftruite par nos foins ,
Intéreffe le Dieu que votre Regne honore.
Puiffent nos voeux pour vous fans ceffe être écoutés!
Puiffions-nous à ce prix éfperer vos bontés !
Nous protéger , c'eft nous créer encore.
au Roi le jour de l'an des marques de leur
zéle & deleur reconnoiflance.
Madame a bien voulu fe charger de
préfenter leurs hommages ; ce font les
Vers fuivans. S. M. les ayant lus , en devina
l'Auteur avant qu'on lui nommât M. Roy.
On fçait que M. Roy a célébré à Mets ,
à Soiffons , à l'Opéra , à S. Cyr & à l'Hôtel
de Ville , la Convalefcence de S. M.
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
AU ROI.
LE plus grand de tous vos ayeux
D'une main qui tenoit la Victoire affervie
Aux filles des Guerriers a confacré ces Lieux ,
Comme lui Conquérant, magnifique , pieux ,
Au Printems de vos jours vous offrez à nos yeux
Tous les traits qui marquoient chaque âge de fa vie.
Sage Législateur des Peuples & des Rois ,
Il n'a pas dédaigné de nous tracer nos Loix .
Cet azile fut cher à votre Augufte mere ;
L'amour de nos devoirs fuffifoit pour lui plaire.
La jeuneffe ravie au danger des beſoins ,
Par vos feuls dons nourrie , inftruite par nos foins ,
Intéreffe le Dieu que votre Regne honore.
Puiffent nos voeux pour vous fans ceffe être écoutés!
Puiffions-nous à ce prix éfperer vos bontés !
Nous protéger , c'eft nous créer encore.
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27
p. 165-169
AU ROI. EPITRE par M. d'Arnaud.
Début :
QUOI ! mes yeux ont revû l'image des Dieux même, [...]
Mots clefs :
Roi, Dieux, Amour, France, Louis, Maître, Bonheur, Pleurs, Mort, Coeurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROI. EPITRE par M. d'Arnaud.
AU ROI,
EPITRE par M. d'Arnaud.
UOI ! mes yeux ont revû l'image des Dieux
même ,
Ce Maître que j'adore , & ce pere que j'aime !
Je puis baifer fes pas , les parfemer de fleurs ,
Les arrofer enfin de ces heureuſes pleurs ,
Que font couler l'amour , le plaifir , l'allegrefle ,
Et qui mieux que nos cris expriment la tendrefle ?
O MON PRINCE , Q LOUIS , puis-je vois
de trop près
Çe front majestueux , ces heroïques traits ,
Qui fçûrent à la mort infpirer cette crainte ,
Dont déja le Hongrois avoit fenti l'atteinte ?
Enyvré du bonheur de contempler mon Roi ,
Je revis , je triomphe , & je regne avec toi.
HENRI , que par fes pleurs a confacré la France
Ce Roi , qui fur les coeurs établit fa puiffance,
Et le plus honnête homme , & le plus eftimé
Revient gouter en toi le plaifir d'être aimé.
Quelle fut ma douleur , quand dans ces jours
fuebres ,
Dans ces jours, que la mort couvrit de fes ténebres
La France profternée aux pieds de nos Auçels
166 MERCURE DE FRANCE.
Offroit pour toi des voeux à tous les Immortels !
» Dieux ! m'écriai-je , O Dieux ! auteurs de nos
allarmes
,
» N'etes vous pas contents du tribut de mes larmes,
» Vous faut-il tout mon fang pour racheter fes
jours ?
» Epuiſez le , grands Dieux , & qu'il vive toujours ,
» Si je puis de la Parque affouvir la furie !
» Vous me faites fentir de quel prix eft ma vie ;
» Hélas ! je n'en ai qu'une à perdre pour mon Roi ;
» Pour la donner encore , O Dieux , rendez la
» moi.
Par vos mains élevé fur le char de la gloire ,
» Ne l'avez-vous conduit aux champs de laVictoire,
» Que pour lui préfenter dans toute fon horreur
» Un trépas dont en vain s'indigne fa valeur ?
>> Daignez-voir ces Vieillards qui n'ont qu'un jour
» à vivre ,
» Vous l'offrir pour ce Roi que leurs pas n'ont pu
fuivre ;
» Chaque enfant craint de perdre un pere dans
» LOUIS ;
» Chaque mere allarmée en lui pleure fon fils ;
» D'un peuple defölé les troupes confondues
> Vont baigner de leurs pleurs , vos marbres, vos
Statuës ;
Tout meurt avec fon Maître ; entendez-vous
ces cris ,
Ces fanglots douloureux que pouffe tout Paris ?
FEVRIER 1745. 167
Dieux puiffans , épargnez une tête fi chere ;
» C'eft LOUIS , c'eft ce ROI qu'on aime &
qu'on revere ,
Qui de notre bonheur fait ſa félicité ,
» Ce Roi l'ami du monde & de l'humanité ;
» C'eft votre image enfin fur le Trône adorée ;
» Hélas ! à nos regards ne l'avez-vous montrée ,
Que pour faire entrevoir un Spectacle fi doux ,
» Ah ! rendez les bons Rois Immortels comme
» vous •
» Rendez-nous les Titus , les Trajans , les Aureles,
Que les Rois dans LOUIS retrouvent ces
>> modeles !
Mais pourquoi retracer ce funebre tableau ?
Pourquoi nous arrêter fur les bords du tombeau ?
Quand le front couronné d'immortelles guirlan
des ,
Tel qu'un Dieu bienfacteur recevant nos offran
des ,
Mon Maître voit nos mains lui dreffer des Autels,
De l'amour le plus pur Monumens folemnels ?
FRANCE leve tes yeux , ces yeux noyés de
larmes ,
Vois mon Prince vainqueur , reprens tes premiers
charmes ,
Tes Couronnes de fleurs , ton Sceptre , ces habits
Où l'or joint ſon éclat à la blancheur du Lys ;
De ce voile de deuil ne couvre plus ta tête ;
168 MERCURE DE FRANCE.
Que ce jour foit pour toi le plus beau jour de Fête
* CIEUX , en vain tous les vents fe liguen
contre nous ;
Du bonheur de la terre êtes-vous donc jaloux ?
Renverfez , difperfez ces arcs & ces portiques ,
Ce pompeux appareil de nos fêtes publiques ;
L'amour fçait dérober à vos coups deftructeurs
Ces Autels , que LOUIS trouve au fond de nes
coeurs ;
Eteignez nos flambeaux, cachez-nous notre Maître,
Nos tranſports , malgré vous , ſçauront le reconnoître.
Peuples , qui revoyez ce Héros tant pleu-
τέ ,
Apprenez à quel point il doit être adoré ;
Apprenez qu'au moment où le cifeau des Parques
Alloit trancher le fort du meilleur des Monarques ,
Que dans ce même inſtant , par un excès d'amour ,
Il rapella fon ame & fe rendit au jour ;
On lui peignoit la France en proye à la trifteffe ;
Il s'écrie en pleurant de joye & dejtendreffe ,
Quel bonheur d'être aimé ! . . . . ces mots , ces hetreux
mots
On peut avoir obfervé que le tems fut mauvais
pendant les trois jours des réjouiſſances publiques , plufeurs
décorations furent renversées par le vent , & les
illuminations étoient prefqne toutes éteintes le jour que
le Roi entra dans Paris.
Lui
FEVRIER.
1745 169
Lui font vaincre la mort , & calment tous fes
maux .
Tranſport vraiment Royal , digne d'une grande
ame !
Revis dans la mémoire avec des traits de flâme ;
O tendre fentiment , étranger dans les Cours ,
Mots facrés , que les Rois vous repetent toujours ;
Qui , cher Prince , oui , grand Roi , l'on te bénit
, on t'aime
Jouis de cet amour , qu'il foit ton bien ſuprême
Ces fuperbes Tyrans , ces fleaux des humains,
Qui du monde à leur gré maîtriſent les deftins ,
Au fein des tréfors même éprouvoient l'indigence ;
Ils n'avoient point ces coeurs qui font ta récompenfe
:
Laiffe à des Souverains jaloux de vains honneurs
Ces titres qu'en fecret dementent leurs flatteurs
Ces marbres dont fouvent la voix eft menfongere
Devant la vérité font forcés de fe taire ;
L'équitable avenir , qu'on ne peut abuſer ,
Contre ces noms fans ceffe eft prêt à dépofer ;
Le tien n'a point à craindre un jugement ſem
blable ;
Gravé par l'amour même il eft ineffaçable.
De concert avec nous la Terre t'a nommé
DIEUX , laiffez lui toujours LOUISLE
BIEN AI ME'.
EPITRE par M. d'Arnaud.
UOI ! mes yeux ont revû l'image des Dieux
même ,
Ce Maître que j'adore , & ce pere que j'aime !
Je puis baifer fes pas , les parfemer de fleurs ,
Les arrofer enfin de ces heureuſes pleurs ,
Que font couler l'amour , le plaifir , l'allegrefle ,
Et qui mieux que nos cris expriment la tendrefle ?
O MON PRINCE , Q LOUIS , puis-je vois
de trop près
Çe front majestueux , ces heroïques traits ,
Qui fçûrent à la mort infpirer cette crainte ,
Dont déja le Hongrois avoit fenti l'atteinte ?
Enyvré du bonheur de contempler mon Roi ,
Je revis , je triomphe , & je regne avec toi.
HENRI , que par fes pleurs a confacré la France
Ce Roi , qui fur les coeurs établit fa puiffance,
Et le plus honnête homme , & le plus eftimé
Revient gouter en toi le plaifir d'être aimé.
Quelle fut ma douleur , quand dans ces jours
fuebres ,
Dans ces jours, que la mort couvrit de fes ténebres
La France profternée aux pieds de nos Auçels
166 MERCURE DE FRANCE.
Offroit pour toi des voeux à tous les Immortels !
» Dieux ! m'écriai-je , O Dieux ! auteurs de nos
allarmes
,
» N'etes vous pas contents du tribut de mes larmes,
» Vous faut-il tout mon fang pour racheter fes
jours ?
» Epuiſez le , grands Dieux , & qu'il vive toujours ,
» Si je puis de la Parque affouvir la furie !
» Vous me faites fentir de quel prix eft ma vie ;
» Hélas ! je n'en ai qu'une à perdre pour mon Roi ;
» Pour la donner encore , O Dieux , rendez la
» moi.
Par vos mains élevé fur le char de la gloire ,
» Ne l'avez-vous conduit aux champs de laVictoire,
» Que pour lui préfenter dans toute fon horreur
» Un trépas dont en vain s'indigne fa valeur ?
>> Daignez-voir ces Vieillards qui n'ont qu'un jour
» à vivre ,
» Vous l'offrir pour ce Roi que leurs pas n'ont pu
fuivre ;
» Chaque enfant craint de perdre un pere dans
» LOUIS ;
» Chaque mere allarmée en lui pleure fon fils ;
» D'un peuple defölé les troupes confondues
> Vont baigner de leurs pleurs , vos marbres, vos
Statuës ;
Tout meurt avec fon Maître ; entendez-vous
ces cris ,
Ces fanglots douloureux que pouffe tout Paris ?
FEVRIER 1745. 167
Dieux puiffans , épargnez une tête fi chere ;
» C'eft LOUIS , c'eft ce ROI qu'on aime &
qu'on revere ,
Qui de notre bonheur fait ſa félicité ,
» Ce Roi l'ami du monde & de l'humanité ;
» C'eft votre image enfin fur le Trône adorée ;
» Hélas ! à nos regards ne l'avez-vous montrée ,
Que pour faire entrevoir un Spectacle fi doux ,
» Ah ! rendez les bons Rois Immortels comme
» vous •
» Rendez-nous les Titus , les Trajans , les Aureles,
Que les Rois dans LOUIS retrouvent ces
>> modeles !
Mais pourquoi retracer ce funebre tableau ?
Pourquoi nous arrêter fur les bords du tombeau ?
Quand le front couronné d'immortelles guirlan
des ,
Tel qu'un Dieu bienfacteur recevant nos offran
des ,
Mon Maître voit nos mains lui dreffer des Autels,
De l'amour le plus pur Monumens folemnels ?
FRANCE leve tes yeux , ces yeux noyés de
larmes ,
Vois mon Prince vainqueur , reprens tes premiers
charmes ,
Tes Couronnes de fleurs , ton Sceptre , ces habits
Où l'or joint ſon éclat à la blancheur du Lys ;
De ce voile de deuil ne couvre plus ta tête ;
168 MERCURE DE FRANCE.
Que ce jour foit pour toi le plus beau jour de Fête
* CIEUX , en vain tous les vents fe liguen
contre nous ;
Du bonheur de la terre êtes-vous donc jaloux ?
Renverfez , difperfez ces arcs & ces portiques ,
Ce pompeux appareil de nos fêtes publiques ;
L'amour fçait dérober à vos coups deftructeurs
Ces Autels , que LOUIS trouve au fond de nes
coeurs ;
Eteignez nos flambeaux, cachez-nous notre Maître,
Nos tranſports , malgré vous , ſçauront le reconnoître.
Peuples , qui revoyez ce Héros tant pleu-
τέ ,
Apprenez à quel point il doit être adoré ;
Apprenez qu'au moment où le cifeau des Parques
Alloit trancher le fort du meilleur des Monarques ,
Que dans ce même inſtant , par un excès d'amour ,
Il rapella fon ame & fe rendit au jour ;
On lui peignoit la France en proye à la trifteffe ;
Il s'écrie en pleurant de joye & dejtendreffe ,
Quel bonheur d'être aimé ! . . . . ces mots , ces hetreux
mots
On peut avoir obfervé que le tems fut mauvais
pendant les trois jours des réjouiſſances publiques , plufeurs
décorations furent renversées par le vent , & les
illuminations étoient prefqne toutes éteintes le jour que
le Roi entra dans Paris.
Lui
FEVRIER.
1745 169
Lui font vaincre la mort , & calment tous fes
maux .
Tranſport vraiment Royal , digne d'une grande
ame !
Revis dans la mémoire avec des traits de flâme ;
O tendre fentiment , étranger dans les Cours ,
Mots facrés , que les Rois vous repetent toujours ;
Qui , cher Prince , oui , grand Roi , l'on te bénit
, on t'aime
Jouis de cet amour , qu'il foit ton bien ſuprême
Ces fuperbes Tyrans , ces fleaux des humains,
Qui du monde à leur gré maîtriſent les deftins ,
Au fein des tréfors même éprouvoient l'indigence ;
Ils n'avoient point ces coeurs qui font ta récompenfe
:
Laiffe à des Souverains jaloux de vains honneurs
Ces titres qu'en fecret dementent leurs flatteurs
Ces marbres dont fouvent la voix eft menfongere
Devant la vérité font forcés de fe taire ;
L'équitable avenir , qu'on ne peut abuſer ,
Contre ces noms fans ceffe eft prêt à dépofer ;
Le tien n'a point à craindre un jugement ſem
blable ;
Gravé par l'amour même il eft ineffaçable.
De concert avec nous la Terre t'a nommé
DIEUX , laiffez lui toujours LOUISLE
BIEN AI ME'.
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28
p. 13-17
DISCOURS AU ROI, Sur le succès de ses Armes.
Début :
LE Samedi 5 Juin M. Roi Chevalier de l'Ordre de S. Michel eut l'honneur / GRAND ROI, je céde enfin à l'ardeur qui me guide ; [...]
Mots clefs :
Roi, Armes, Temps, Succès, Triomphe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DISCOURS AU ROI, Sur le succès de ses Armes.
DISCOURS AU ROI ,
Sur le fuccès de fes Armes.
LeSandredeJ.Michel eut l'honneur
de préfenter à la Reine , à Madame la Dauphine
& à Mefdames le Difcours fur le
fuccès des armes du Roi . Il fut invité de le
prononcer. La Reine entendit ces Vers
pendant fon dîner , Madame la Dauphine
l'après midi , & Mefdames à leur fouper.
Elles en parurent également fatisfaites &
attendries. Il fut comblé de ces éloges toujours
précieux & toujoursnouveaux pour un
Auteur le plus accoûtumé à en recevoir .
E Samedi s Juin M. Roi Chevalier
Sa Majesté a reçû en même- tems à l'armée
cette Piéce ; elle a ordonné qu'elle
fût imprimée à Lille . C'eft le même honneur
que S. M. fit à M. Roi lors de la Convalefcence.
Le Poëme fut imprimé à Metz
par un pareil ordre.
14 MERCURE DE FRANCE.
GRAND ROI , je cúde enfin à l'ardeur qui me
guide ;
Tu peux rendre fécond l'efprit le plus aride.
C'est moi qui le premier chantai notre bonheur
Quand tes jours échapoient à la Parque en fureur.
Peut-être que ma Lyre , organe de tendreffe,
A chanter des combats va trahir la foibleffe.
Le zéle fuffiroit pour rendre les frayeurs
Dont tes derniers périls ont glacé tous les coeurs
Lorſqu'au pied de ces murs , d'où partoit le tonnerre
,
Au milieu de ces feux que vomiffoit la terre ,
Ton oeil bravoit la mort errante autour de toi ,
Et que la France entiere à tremblé pour fon Roi.
T
J'aimerois à me joindre à ces tranſports de joye
Qu'à ton heureux retour le citoyen déploie
A peindre ta famille embraffant tes genoux ,
Doux momens , où triomphe & le pere & l'époux !
x
Tel Horace autrefois , dans fa verve diſcrette ,
Laiffoit à Varius ** emboucher la trompette
Ebranler tout l'Olimpe aux clameurs des mourans
De fang dans Actium répandre les torrens ,
Montrer la terre en feu , les mers épouvantées ,
Et du Styx par les morts . les ondes arrêtées.
* Ode 5. l. 1 .
** Poëte Epique & Tragique , fous Augufte.
JUIN.
15 1745.
Du fuccès de la guerre il ne peint que les fruits ;
Les Romains raffûrés , les plaifirs reproduits ,
Le Capitole orné de fleurs , de facrifices ,
Les fpectacles ouverts fous de plus doux aufpices,
Les meres de leurs fils béniffant le retour ,
Et les drapeaux de Mars aux Autels de l'Amour .
'Ainfi , fans m'élancer à travers le carnage ,
Ma Mufe du triomphe ofe ébaucher l'image ;
Triomphe différent de ceux où les Céfars
Du malheur des captifs repaiffant leurs regards ,
De l'esclavage encor aggravoient les injures ;
Où ces Rois enchaînés , déchirant leurs bleffures ,
Déteſtoient leurs vainqueurs , & les cruels fecours ,
Qui pour un tel outrage avoient fauvé leurs jours .
Trop long-tems ébloui par ce fafte barbare ,
Dont gémit l'héroïfme, & dont l'orgueil fe pare ,
L'Univers de LOUIS apprend d'autres vertus ,
Joüiſſez- en , Mortels , fous fes pieds abattus ;.
Loin de vous accabler , une pieté tendre
Comme fur fes Sujets ſçaura ſur vous s'étendre
Vous mourez;leVAINQUEUR veille à vous ranimer;
Vous force à l'applaudir , & peut- être à l'aimer.
Si nos deux derniers Rois foudroyoient des murailles
,
Le Ciel lui réfervoit la gloire des batailles :
Mânes de Souverains fi grands & fi chéris ,
Ah ! vous feriez jaloux d'un autre que d'un fils .
16 MERCURE DE FRANCE.
HENRI même , HENRI , dont l'utile courage
A fçu de fes Ayeux recouvrer l'héritage ,
HENRI n'eut que le choix du Trône ou du trépass
Pour nos feuls intérêts LOUIS arme fon bras :
Déja fon Fils le fuir , ce Fils à qui la Gloire
Pour premiere leçon préfente une victoire.
PRINCE , nouvel objet de refpect & d'amo
Que d'exemples touchants il te donne en un jour !
Arbitre du mérite , il loue , il récompenfe ,
Il ſe reconnoît maître aux faveurs qu'il diſpenſe ,
Seul dédommagement de fes juftes regrets
Pour tous ceux que la mort dérobe à fes bienfaits.
Nobles & chers foutiens de ce puiffant Empire ,
Héros , à vous chanter ma voix ne peut fuffire.
Irois-je apprécier le talent des guerriers ,
Et felon mon caprice adjuger les lauriers ?
A l'envi des grands noms qui parent notre Hiftoire,
Il en eft dont ce jour commence la mémoire ,
Mais LOUIS dans fon coeur a gravé vos exploits ;
Le Soldat a tout dit ; qu'ajoûteroit ma voix ?
Puiffe long -tems l'Europe envier à la France
Ce Chef , qui parmi nous prit une autre naiſſance ,
Ce Chef , dont le courage en un corps épuiſé ,
Subjuguant la nature , a tout fait , tout ofé !
Un regard du MONARQUE , un regard plein
de flâme
JUIN.
17 1745%
Jetté fur le Héros , renouvelle fon ame ;
Et MAURICE applaudi du Prince & du Soldat ,
Fait revivre à nos yeux VENDÔME & Catinat.
Yous , qu'un joug étranger forçoit à vous défendre
,
Redevenez François , hâtez- vous de vous rendre ;
C'eft votre premier Maître ; éprouvez les bontés ,
Et rentrez dans des droits fi long-tems regrettés.
Au milieu de ces champs où le fang fume encore ,
Scéne dont la valeur & frémit & s'honore ,
Sur un Trône formé d'armes & de drapeaux
Il reçoit du Sénat des hommages nouveaux.
GRAND ROI , tous tes Sujets te parlent par
fa bouche ;
Répons à leurs défirs ; que leur zéle te touche !
Il veille par tes loix aux jours des Citoyens ';
Promets à fon amour de ménager les tiens ;
11 friffonne au moment qu'il célebre tes armes;
O Pere , épargne -nous de trop vives allarmes ,
Duffent- en murmurer tous ces braves guerriers ,
Toujours François , toujours avides de lauriers.
Rox, Chevalier de l'Ordre de S. Michel
Sur le fuccès de fes Armes.
LeSandredeJ.Michel eut l'honneur
de préfenter à la Reine , à Madame la Dauphine
& à Mefdames le Difcours fur le
fuccès des armes du Roi . Il fut invité de le
prononcer. La Reine entendit ces Vers
pendant fon dîner , Madame la Dauphine
l'après midi , & Mefdames à leur fouper.
Elles en parurent également fatisfaites &
attendries. Il fut comblé de ces éloges toujours
précieux & toujoursnouveaux pour un
Auteur le plus accoûtumé à en recevoir .
E Samedi s Juin M. Roi Chevalier
Sa Majesté a reçû en même- tems à l'armée
cette Piéce ; elle a ordonné qu'elle
fût imprimée à Lille . C'eft le même honneur
que S. M. fit à M. Roi lors de la Convalefcence.
Le Poëme fut imprimé à Metz
par un pareil ordre.
14 MERCURE DE FRANCE.
GRAND ROI , je cúde enfin à l'ardeur qui me
guide ;
Tu peux rendre fécond l'efprit le plus aride.
C'est moi qui le premier chantai notre bonheur
Quand tes jours échapoient à la Parque en fureur.
Peut-être que ma Lyre , organe de tendreffe,
A chanter des combats va trahir la foibleffe.
Le zéle fuffiroit pour rendre les frayeurs
Dont tes derniers périls ont glacé tous les coeurs
Lorſqu'au pied de ces murs , d'où partoit le tonnerre
,
Au milieu de ces feux que vomiffoit la terre ,
Ton oeil bravoit la mort errante autour de toi ,
Et que la France entiere à tremblé pour fon Roi.
T
J'aimerois à me joindre à ces tranſports de joye
Qu'à ton heureux retour le citoyen déploie
A peindre ta famille embraffant tes genoux ,
Doux momens , où triomphe & le pere & l'époux !
x
Tel Horace autrefois , dans fa verve diſcrette ,
Laiffoit à Varius ** emboucher la trompette
Ebranler tout l'Olimpe aux clameurs des mourans
De fang dans Actium répandre les torrens ,
Montrer la terre en feu , les mers épouvantées ,
Et du Styx par les morts . les ondes arrêtées.
* Ode 5. l. 1 .
** Poëte Epique & Tragique , fous Augufte.
JUIN.
15 1745.
Du fuccès de la guerre il ne peint que les fruits ;
Les Romains raffûrés , les plaifirs reproduits ,
Le Capitole orné de fleurs , de facrifices ,
Les fpectacles ouverts fous de plus doux aufpices,
Les meres de leurs fils béniffant le retour ,
Et les drapeaux de Mars aux Autels de l'Amour .
'Ainfi , fans m'élancer à travers le carnage ,
Ma Mufe du triomphe ofe ébaucher l'image ;
Triomphe différent de ceux où les Céfars
Du malheur des captifs repaiffant leurs regards ,
De l'esclavage encor aggravoient les injures ;
Où ces Rois enchaînés , déchirant leurs bleffures ,
Déteſtoient leurs vainqueurs , & les cruels fecours ,
Qui pour un tel outrage avoient fauvé leurs jours .
Trop long-tems ébloui par ce fafte barbare ,
Dont gémit l'héroïfme, & dont l'orgueil fe pare ,
L'Univers de LOUIS apprend d'autres vertus ,
Joüiſſez- en , Mortels , fous fes pieds abattus ;.
Loin de vous accabler , une pieté tendre
Comme fur fes Sujets ſçaura ſur vous s'étendre
Vous mourez;leVAINQUEUR veille à vous ranimer;
Vous force à l'applaudir , & peut- être à l'aimer.
Si nos deux derniers Rois foudroyoient des murailles
,
Le Ciel lui réfervoit la gloire des batailles :
Mânes de Souverains fi grands & fi chéris ,
Ah ! vous feriez jaloux d'un autre que d'un fils .
16 MERCURE DE FRANCE.
HENRI même , HENRI , dont l'utile courage
A fçu de fes Ayeux recouvrer l'héritage ,
HENRI n'eut que le choix du Trône ou du trépass
Pour nos feuls intérêts LOUIS arme fon bras :
Déja fon Fils le fuir , ce Fils à qui la Gloire
Pour premiere leçon préfente une victoire.
PRINCE , nouvel objet de refpect & d'amo
Que d'exemples touchants il te donne en un jour !
Arbitre du mérite , il loue , il récompenfe ,
Il ſe reconnoît maître aux faveurs qu'il diſpenſe ,
Seul dédommagement de fes juftes regrets
Pour tous ceux que la mort dérobe à fes bienfaits.
Nobles & chers foutiens de ce puiffant Empire ,
Héros , à vous chanter ma voix ne peut fuffire.
Irois-je apprécier le talent des guerriers ,
Et felon mon caprice adjuger les lauriers ?
A l'envi des grands noms qui parent notre Hiftoire,
Il en eft dont ce jour commence la mémoire ,
Mais LOUIS dans fon coeur a gravé vos exploits ;
Le Soldat a tout dit ; qu'ajoûteroit ma voix ?
Puiffe long -tems l'Europe envier à la France
Ce Chef , qui parmi nous prit une autre naiſſance ,
Ce Chef , dont le courage en un corps épuiſé ,
Subjuguant la nature , a tout fait , tout ofé !
Un regard du MONARQUE , un regard plein
de flâme
JUIN.
17 1745%
Jetté fur le Héros , renouvelle fon ame ;
Et MAURICE applaudi du Prince & du Soldat ,
Fait revivre à nos yeux VENDÔME & Catinat.
Yous , qu'un joug étranger forçoit à vous défendre
,
Redevenez François , hâtez- vous de vous rendre ;
C'eft votre premier Maître ; éprouvez les bontés ,
Et rentrez dans des droits fi long-tems regrettés.
Au milieu de ces champs où le fang fume encore ,
Scéne dont la valeur & frémit & s'honore ,
Sur un Trône formé d'armes & de drapeaux
Il reçoit du Sénat des hommages nouveaux.
GRAND ROI , tous tes Sujets te parlent par
fa bouche ;
Répons à leurs défirs ; que leur zéle te touche !
Il veille par tes loix aux jours des Citoyens ';
Promets à fon amour de ménager les tiens ;
11 friffonne au moment qu'il célebre tes armes;
O Pere , épargne -nous de trop vives allarmes ,
Duffent- en murmurer tous ces braves guerriers ,
Toujours François , toujours avides de lauriers.
Rox, Chevalier de l'Ordre de S. Michel
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29
p. 9-14
LES HOMMAGES DU PARNASSE, Présentés au Roi, à l'occasion de la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Par M. Gautier, Ancien Valet-de-Chambre de Sa Majesté.
Début :
Cedant hier à l'esprit qui m'entraîne, [...]
Mots clefs :
Apollon, Roi, Cour, Gloire, Héros, Temple, Dieu, Arts, Yeux, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES HOMMAGES DU PARNASSE, Présentés au Roi, à l'occasion de la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Par M. Gautier, Ancien Valet-de-Chambre de Sa Majesté.
LES HOMMAGES
DU PARNASSE,
Présentés au Roi, à l'occasion de la Naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Par M. Gaubier, Ancien Valet-de-Chambre
de Sa Majesté.
Cedant hier à l'esprit qui m'entraîne,
J'osai porter mes pas dans le sacré valon;
l'échapai pat mes soins aux regurds d'Apollon,
Et côto yant saus bruit los bords de l'Hypocrene,,
J'atrive ensin au céleste séjour,
Od le Dieu des Arts tient sa cour.
La Nature toujours si féconde en miracles,
N'offrit jamais aux regards curieux
De plus magnisiques spectacles
Que ceux qui frapperent mes yeux.
Au sein du remple de Mémoire,
Apollon sur un Tronde élevé par la Gloire,
AV
10 MERCURE DE FRANCE
Entouré des Plaisirs, soutenu par les Arts,
Sur sa brillante Cour, promenoit ses regards.
Autour de lui les neuf Muses rangées,
Portoient les attributs divers
Des Sciences toujours par elles protégées
Et dont la connoissance enrichit l'univers.
De tous côtés accouroient sur leurs traces,
Les Poëtes fameux leurs plus chers favoris;
Autour d'eux voltigeoient les Graces
Qui leur avoient inspiré leuts écrits.
On voyoit le Chantre d'Achille
Couduire ce Héros à l'immottalité.
Près de lui paroissoit Virgile,
Dont la plume toujours fertile,
Sçut peindre à l'esprit enchanté
Mille sujets divers avec même beauté.
Le Maître de l'Art Poëtique
Chantre divin & famoux satyrique,
Horace y paroissoit avec ces traits mordans,
Dont il sçut foudroyer les vices de son tems.
Mais sur un lit de fleurs formé par la mollesse,
Sans cesse raffraîchi par l'aîle du Zéphir
l'apperçois dans les bras du Dieu de la tendresse
Le Légissaetur du plaisir.
C'est Ovile, le tendie Ovide
Ce Maître de la liberté.
Que la délicatesse guide
Daus ses leçons de volupte,
JANVIER.
1752.
11
L'Amour reçoit de lui son carquois & ses armes.
De lui l'Amour emprunte tous ses charmes,
Mortel divin fait pout tout animer,
Toi, par qui le plaisit respire sur la terre,
L'Amour t'inspira l'Art d'aimer,
Il apprend de toi l'Art de plaire.
Tandis qu'Ovide artête, & mon cour & met
yeux,
Apollon s'adressant à tous ces demi-Dieur
Leur dit avec un doux sourire:
Ornemens de ma Gloire, appui de mon Empire,
Je vous ai tous rassemblés dans ce jour-
Pour célébrer aux accords de ma lyre,
Le bonheur des Etats od LovIS tient ma Cour.
L'Hymen toujours heureux sous les loix de l'A-
mour
Donne un Prince aux François; cette illustre
naissance
Assure enfin le destin de la France.
Tous les Dieux à l'envi, répandent tour à tour
Sur cer Auguste Enfant une heureuse influence:
Et ce Prince, en un mot, est l'obiet précieur
Des vœux de l'nivers, & des faveurs des Dieuni-
Sur lui Jupiter lance un rayon de sa gloire,
Mars lui promet des jours tissus par la Victoite;:
Pallas de ses conseils, éclairant ses projets,
Guidera son jeune courage.
Craint de ses Ennemis, aimé de ses Sujets,,
Avj
12 MERCURE DE FRANCE.
Il aura les vertus du Héros & du Sage.
Tout lui promet le destin le plus beau,
Et si la slamme éclaire son berceau*,
On n'en doit concevoir qu'un illustre présage,
De son éclat futur, cet époque est le gage:
De l'Inde le Vainqueur fameux,
Le rival du Dieu des batailles,
Alexandre naquit à la clatté des feux
Qui du Temple d'Ephése embrasoient les murail.
les.
Rappellex-vous son pere au milieu des hazards,
D'un Roi victorieux suivant les étendarts.
Petit Fils de LOUIS, il suivra son exemple:
La Race des BOURBONS est celle des Heros;
Illustre enfin jusques dans le repos,
Adoré des mortels, leur cœeur sera son Temple.
Chanten les vertus, la beauté
D'une Auguste & jeune Princesse,
Qui paye à son époux le prix de sa tendresse,
En donnant un Héros à l'immortalité.
La cohorte celeste à l'instant réunie
Secondant les vœux d'Apolion,
Consacre de ses chants le divine harmonie,
A celebrer la Race de BOURBON.
*Le jour de la Naissance de Manseieneur le Das
de Bengogne. la sen o tris à la grana E curie du
Rei, à V'erfailles.
Er Alexanire naquis le nne jorr que le Terpie-
de Diaus ju: crie a Epiisc.
nes uO
JANVIER.
1752.
13.
Si j'eusse été prudent, si j'eusse pu me taire,
J'aurois vu jusqu'au bout cet auguste mystére;
Mais d'un zele indiscret me laissant emportet,
Voyant louer mes Rois, je me mis à chanter,
On s'apperçut bientôt que quelque téméraire
Jusqu'au Temple des Arts avoit osé monter.
Aux accens de ma voix, la douce melodie.
Au même instant avoit cessé,
Et de Chaptres divins. un essain amassé
Menaçoit de changer la Fête en Tragédie,
Quand Apollon surptis de ma témérité,
M'appelle, & me lançant, un regard irrité:
Mortel audacieux, me dit- il en colere:
Quel dessein t'amene en ces lieux?
L'Amout, le zele & le desir de plaire,
Repondis je, en baissant. les yeux;
A qui : reprit ce Dicu d'un ton moins furieux;
Au Monarque immortel, dont vous aimes la
gloire,
A mon Roi respecté de tous ces demi-Dieur,
Et dont je vois la place au Temple de Mémoire.
Alois faisaut briller sur son front la douceur,
Vas, me dit Apolion, j'excuse ton andace,
Suis les mouremens de ton cœur.
Tu venx plaire à LOUIS, va, parts, je te fais.
grace,
Porte Iui le récit de nos divius Concerts,
Les voeux, les hommages divers
Des Habitans & da Dien de Parnasst.
14 MERCUF
CE.
AU ROI.
SIRE, par des accens trop peu dignes de vous.
Je sens que d'Apollon je remplis mal l'attente
Mais si tous protégez une Muse tretublante,
Je ne craindrai point son courroux,
La vanité n'a point monté ma lyre,
Le respect, seul encens, dont le Ciel soit jaloux,
Est, SIRE, dans ce jour le seul Diou qui m'inspire
DU PARNASSE,
Présentés au Roi, à l'occasion de la Naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Par M. Gaubier, Ancien Valet-de-Chambre
de Sa Majesté.
Cedant hier à l'esprit qui m'entraîne,
J'osai porter mes pas dans le sacré valon;
l'échapai pat mes soins aux regurds d'Apollon,
Et côto yant saus bruit los bords de l'Hypocrene,,
J'atrive ensin au céleste séjour,
Od le Dieu des Arts tient sa cour.
La Nature toujours si féconde en miracles,
N'offrit jamais aux regards curieux
De plus magnisiques spectacles
Que ceux qui frapperent mes yeux.
Au sein du remple de Mémoire,
Apollon sur un Tronde élevé par la Gloire,
AV
10 MERCURE DE FRANCE
Entouré des Plaisirs, soutenu par les Arts,
Sur sa brillante Cour, promenoit ses regards.
Autour de lui les neuf Muses rangées,
Portoient les attributs divers
Des Sciences toujours par elles protégées
Et dont la connoissance enrichit l'univers.
De tous côtés accouroient sur leurs traces,
Les Poëtes fameux leurs plus chers favoris;
Autour d'eux voltigeoient les Graces
Qui leur avoient inspiré leuts écrits.
On voyoit le Chantre d'Achille
Couduire ce Héros à l'immottalité.
Près de lui paroissoit Virgile,
Dont la plume toujours fertile,
Sçut peindre à l'esprit enchanté
Mille sujets divers avec même beauté.
Le Maître de l'Art Poëtique
Chantre divin & famoux satyrique,
Horace y paroissoit avec ces traits mordans,
Dont il sçut foudroyer les vices de son tems.
Mais sur un lit de fleurs formé par la mollesse,
Sans cesse raffraîchi par l'aîle du Zéphir
l'apperçois dans les bras du Dieu de la tendresse
Le Légissaetur du plaisir.
C'est Ovile, le tendie Ovide
Ce Maître de la liberté.
Que la délicatesse guide
Daus ses leçons de volupte,
JANVIER.
1752.
11
L'Amour reçoit de lui son carquois & ses armes.
De lui l'Amour emprunte tous ses charmes,
Mortel divin fait pout tout animer,
Toi, par qui le plaisit respire sur la terre,
L'Amour t'inspira l'Art d'aimer,
Il apprend de toi l'Art de plaire.
Tandis qu'Ovide artête, & mon cour & met
yeux,
Apollon s'adressant à tous ces demi-Dieur
Leur dit avec un doux sourire:
Ornemens de ma Gloire, appui de mon Empire,
Je vous ai tous rassemblés dans ce jour-
Pour célébrer aux accords de ma lyre,
Le bonheur des Etats od LovIS tient ma Cour.
L'Hymen toujours heureux sous les loix de l'A-
mour
Donne un Prince aux François; cette illustre
naissance
Assure enfin le destin de la France.
Tous les Dieux à l'envi, répandent tour à tour
Sur cer Auguste Enfant une heureuse influence:
Et ce Prince, en un mot, est l'obiet précieur
Des vœux de l'nivers, & des faveurs des Dieuni-
Sur lui Jupiter lance un rayon de sa gloire,
Mars lui promet des jours tissus par la Victoite;:
Pallas de ses conseils, éclairant ses projets,
Guidera son jeune courage.
Craint de ses Ennemis, aimé de ses Sujets,,
Avj
12 MERCURE DE FRANCE.
Il aura les vertus du Héros & du Sage.
Tout lui promet le destin le plus beau,
Et si la slamme éclaire son berceau*,
On n'en doit concevoir qu'un illustre présage,
De son éclat futur, cet époque est le gage:
De l'Inde le Vainqueur fameux,
Le rival du Dieu des batailles,
Alexandre naquit à la clatté des feux
Qui du Temple d'Ephése embrasoient les murail.
les.
Rappellex-vous son pere au milieu des hazards,
D'un Roi victorieux suivant les étendarts.
Petit Fils de LOUIS, il suivra son exemple:
La Race des BOURBONS est celle des Heros;
Illustre enfin jusques dans le repos,
Adoré des mortels, leur cœeur sera son Temple.
Chanten les vertus, la beauté
D'une Auguste & jeune Princesse,
Qui paye à son époux le prix de sa tendresse,
En donnant un Héros à l'immortalité.
La cohorte celeste à l'instant réunie
Secondant les vœux d'Apolion,
Consacre de ses chants le divine harmonie,
A celebrer la Race de BOURBON.
*Le jour de la Naissance de Manseieneur le Das
de Bengogne. la sen o tris à la grana E curie du
Rei, à V'erfailles.
Er Alexanire naquis le nne jorr que le Terpie-
de Diaus ju: crie a Epiisc.
nes uO
JANVIER.
1752.
13.
Si j'eusse été prudent, si j'eusse pu me taire,
J'aurois vu jusqu'au bout cet auguste mystére;
Mais d'un zele indiscret me laissant emportet,
Voyant louer mes Rois, je me mis à chanter,
On s'apperçut bientôt que quelque téméraire
Jusqu'au Temple des Arts avoit osé monter.
Aux accens de ma voix, la douce melodie.
Au même instant avoit cessé,
Et de Chaptres divins. un essain amassé
Menaçoit de changer la Fête en Tragédie,
Quand Apollon surptis de ma témérité,
M'appelle, & me lançant, un regard irrité:
Mortel audacieux, me dit- il en colere:
Quel dessein t'amene en ces lieux?
L'Amout, le zele & le desir de plaire,
Repondis je, en baissant. les yeux;
A qui : reprit ce Dicu d'un ton moins furieux;
Au Monarque immortel, dont vous aimes la
gloire,
A mon Roi respecté de tous ces demi-Dieur,
Et dont je vois la place au Temple de Mémoire.
Alois faisaut briller sur son front la douceur,
Vas, me dit Apolion, j'excuse ton andace,
Suis les mouremens de ton cœur.
Tu venx plaire à LOUIS, va, parts, je te fais.
grace,
Porte Iui le récit de nos divius Concerts,
Les voeux, les hommages divers
Des Habitans & da Dien de Parnasst.
14 MERCUF
CE.
AU ROI.
SIRE, par des accens trop peu dignes de vous.
Je sens que d'Apollon je remplis mal l'attente
Mais si tous protégez une Muse tretublante,
Je ne craindrai point son courroux,
La vanité n'a point monté ma lyre,
Le respect, seul encens, dont le Ciel soit jaloux,
Est, SIRE, dans ce jour le seul Diou qui m'inspire
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30
p. 33-36
AU ROI, Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par M. Lorin, Juge des Fermes & Subdélégué de l'Intendance à Bapaume. ODE. Temporibus spes quanta futuris !
Début :
Heureuse France, que ta joye [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Roi, Bonheur, Paix, Charmes, Vertus, Digne
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texteReconnaissance textuelle : AU ROI, Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par M. Lorin, Juge des Fermes & Subdélégué de l'Intendance à Bapaume. ODE. Temporibus spes quanta futuris !
AU ROI,
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, par M. Lorin, Juge des
Fermes & Subdélégué de l'Intendance à
Bapaume.
ODE.
Temporibus spes quanta futuris !
Heureuse France, que ta joye
Retentisse au delà des Mers,
EV
MedO
33.
34 MERCURE DE FRANCE.
Le bienfait que le Ciel t'envoye
Interesse tout l'Univers:
Ce Rejetton de cent Monarques
De ses jours respectés des Parques
Verra s'acroitre le bonheur,
Nouvel objet de ta tendresse
D'un regne rempli de sageste
Il perpétura la splendeur.
La Paix an gré de ton envie
Répandant sur toi ses faveurs,
Des charmes dont elle est suivie
Te prodiguera les douceurs:
Par ton influence entraînée
L'Europe attentive, étonnée
Te devra fa tranquilité
A nos neveux ce Prince auguste:
Retracera le siécle juste
Qui fait notre félicité.
Formé sur l'immortel exemple
D'un Héros chéri, révéré
Sorti d'un Fls qui lui ressemble
Quel sort lui sera préparé:
De ses merveilleuses années
Par mille bienfaits signalées
Les vertus marqueront le cours-
JANVIER. 1752.
Son nom beni de tous les âges
Sera des plus lointaines plages
Connu par d'utiles secours.
Couple à jamais chet à la France;
Epoux digne de tous nos vœux,
Vivez, comblez notre espérance,
Achevez de nous rendre heureux:
D'une union pleine de charmes,
D'on amour pur & sans allarmes-
Goutez les durables plaisirs;
Voyez d'un Monarque adorable
Le bonheur long, inaltérable
Remplir vos généreux désirs.
Toi, d'un Peuple soumis, sidéle-
Arbitre, tendre & bien-aimé
Jouis, grand Roi, de notre zéle
Jusqu'au tems le plus reculé:
Fuissent tes vertus qu'on admire
Avec ton sang se reproduire,
D'age en âge se succéder;
Et ta postérité féconde.
Digne objet de l'amour du monde-
Toujours en paix le gouverner.
Pacatumque reget putriis virtutilus orbem.
Wirg. Ecl. 4. v. 17.
Bvjj
zed by Goc
31.
36 MERCURE DEFRANCE.
ENVOI.
Souffrez qu'un fidéle transport
Jusqu'à vos pieds b. ule de se produire;
Le Respect, Sire, y vouloit contredire,
Mais aujourd'hui le zele est le plus fort.
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, par M. Lorin, Juge des
Fermes & Subdélégué de l'Intendance à
Bapaume.
ODE.
Temporibus spes quanta futuris !
Heureuse France, que ta joye
Retentisse au delà des Mers,
EV
MedO
33.
34 MERCURE DE FRANCE.
Le bienfait que le Ciel t'envoye
Interesse tout l'Univers:
Ce Rejetton de cent Monarques
De ses jours respectés des Parques
Verra s'acroitre le bonheur,
Nouvel objet de ta tendresse
D'un regne rempli de sageste
Il perpétura la splendeur.
La Paix an gré de ton envie
Répandant sur toi ses faveurs,
Des charmes dont elle est suivie
Te prodiguera les douceurs:
Par ton influence entraînée
L'Europe attentive, étonnée
Te devra fa tranquilité
A nos neveux ce Prince auguste:
Retracera le siécle juste
Qui fait notre félicité.
Formé sur l'immortel exemple
D'un Héros chéri, révéré
Sorti d'un Fls qui lui ressemble
Quel sort lui sera préparé:
De ses merveilleuses années
Par mille bienfaits signalées
Les vertus marqueront le cours-
JANVIER. 1752.
Son nom beni de tous les âges
Sera des plus lointaines plages
Connu par d'utiles secours.
Couple à jamais chet à la France;
Epoux digne de tous nos vœux,
Vivez, comblez notre espérance,
Achevez de nous rendre heureux:
D'une union pleine de charmes,
D'on amour pur & sans allarmes-
Goutez les durables plaisirs;
Voyez d'un Monarque adorable
Le bonheur long, inaltérable
Remplir vos généreux désirs.
Toi, d'un Peuple soumis, sidéle-
Arbitre, tendre & bien-aimé
Jouis, grand Roi, de notre zéle
Jusqu'au tems le plus reculé:
Fuissent tes vertus qu'on admire
Avec ton sang se reproduire,
D'age en âge se succéder;
Et ta postérité féconde.
Digne objet de l'amour du monde-
Toujours en paix le gouverner.
Pacatumque reget putriis virtutilus orbem.
Wirg. Ecl. 4. v. 17.
Bvjj
zed by Goc
31.
36 MERCURE DEFRANCE.
ENVOI.
Souffrez qu'un fidéle transport
Jusqu'à vos pieds b. ule de se produire;
Le Respect, Sire, y vouloit contredire,
Mais aujourd'hui le zele est le plus fort.
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31
p. 37-38
AU ROI, Sur l'heureuse naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, du 13 Septembre 1751.
Début :
Quel bonheur ! il jouit enfin de la clarté [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : AU ROI, Sur l'heureuse naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, du 13 Septembre 1751.
AU ROI,
Sur l'heureuse naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne, du 13 Septembre
1751.
Quel bonheur ! il jouit enfin de la clarté
Ce respectable Enfant, si long. tems soubaité.
Autour de lui les cœurs se réunissent,
Et tons de concert applaudissent
Au Ciel qui nous l'a présenté:
Que tous les échos retentissent
as
58. MERCUREDEFRANCE.
Des vœux qu'avec ardeur on fait pour sa santé,
Vivez, Prince sorti du Sang le plus Auguste,
Soyez aussi vaillant & juste,
Que le grand Roi dont vous tirez le jour,
Montrez vous aussi débonnaire
Aussi sage & prudent que votre illustre Pere,
Et venez avec eux partager notre amout.
Par la Canadienne.
Sur l'heureuse naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne, du 13 Septembre
1751.
Quel bonheur ! il jouit enfin de la clarté
Ce respectable Enfant, si long. tems soubaité.
Autour de lui les cœurs se réunissent,
Et tons de concert applaudissent
Au Ciel qui nous l'a présenté:
Que tous les échos retentissent
as
58. MERCUREDEFRANCE.
Des vœux qu'avec ardeur on fait pour sa santé,
Vivez, Prince sorti du Sang le plus Auguste,
Soyez aussi vaillant & juste,
Que le grand Roi dont vous tirez le jour,
Montrez vous aussi débonnaire
Aussi sage & prudent que votre illustre Pere,
Et venez avec eux partager notre amout.
Par la Canadienne.
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32
p. 83-85
AU ROI, Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
GRAND ROI, tes voeux enfin, & les nôtres remplis [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Gloire, Fils, Yeux, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROI, Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
AU ROI,
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
GRAND ROI, tes voeux enfin, & les nôtres
remplis
Eternisent ton sang, & la gloire des Lys.
Le Ciel qui dans tes mains déposa le Tonnerre,
Qui te soumit la Paix, pour la rendre à la Terre,
Par un dernier bienfait couronne ton bonheur.
Un Fils, de tes vertus fidele imitateur,
Vainqueur à tes côtés, au sortir de l'enfance,
Renfermoit en lui seul toute notre espérance.
Ta sagesse veillant pour ce fils, & pour nous,
Lui choisit un objet digne d'un tel Epoux,
La Vertu, sous les traits d'une jeune Mortelle,
Du Sexe né pour plaire ornement & modele.
Elle acquitte aujourd'hui la gloire de ton choix
De leurs chastes ardeurs quel doux fruit tu reçois
VoI tous les yeux trempés de larmes d'allégresse,
Tu peux avec ton Peuple en verset sans foiblesse,
Tes périls, tes combats, tes succès signalés;
Tes jours même, tes jours deux sois renouvellés,
Et le Ciel atrétant le ciseau de la Parque,
Rien ne put décelet l'homme dans le Monarque.
Tu vis d'un œil égal ces grands évenemens
Mais ce beau jour permet l'essor aux sentimens.
DV
84 MERCUREDEFRANCE.
Quand notre joie éclate & si vive, & si pure,
Laisse éclater aussi la voix de la Nature.
Des rives de la Seine Habitans fortunés,
Et du meilleur des Rois Sujets passionnés,
Sur le marbre & l'airain vous tracez son image;
De ses traits si chéris l'aspect vous dédommage
Des momens que l'on perd éloigné de ses yeux;
Du plus fidel amour ce gage précieux
Annonce les récits réservés à l'Histoire.
Mais tout l'effort des Arts suffit. il pour sa gloire ?
Des Vertus du Héros symboles éclatans
Renfermés dans l'espace, assujettis au Tems.
LOUIS se peindra mieux dans son auguste Race.
Eh! quels seront les tems, les lieux, qu'elle n'em-
brasse?
Ses Fils commanderont à nos derniers Neveux,
Et ses Filles rendront d'autres Peuples heureux.
CROISSIZ, cher Rejetton d'une Tige inimos-
t:lie;
Ajoutez à l'éclat que vous recevez d'elle.
Vous avez de l'Amour la douceur, la beauté,
Mais l'Amour est enfant, il l'a toujours été:
Bientôt, grace aux Destius, vous cesserez de
l'être,
La foiblesse de l'âge est prête à disparêtre.
AUTOUR de son berceau volez Jeux inocens,
Mais ne vous flattez pas de l'amuser long. tems;
JANVIER. 1752.
8
Il va vous échapper, la Gloire le réclame,
La Gloire, seule Amante à captiver son ame.
MUSES, déja pour lui vos trésors sont ouverts,
Vous allez à ses yeux offrir tout l'univers,
Tous les climats, où doit voler sa Renommée
Par des progrès constans accrue, & confirmée
Vous allez de l'Histoire évoquer les Hétos
Qui sçurent des Mortels assurer le repos,
Ses Ayeux couronnés, à qui l'heureuse France
Doit ses Autels, ses loix, ses armes, sa puissance;
Mais parmi tant d'objets, Muses, arrêtez-vous
A l'Exemple yivant, qui les rassemble tous.
Sit tibi consimilis natus.
Ovid Trist. 4.
ROY, Chevalier de l'Ordre de S. Michel.
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
GRAND ROI, tes voeux enfin, & les nôtres
remplis
Eternisent ton sang, & la gloire des Lys.
Le Ciel qui dans tes mains déposa le Tonnerre,
Qui te soumit la Paix, pour la rendre à la Terre,
Par un dernier bienfait couronne ton bonheur.
Un Fils, de tes vertus fidele imitateur,
Vainqueur à tes côtés, au sortir de l'enfance,
Renfermoit en lui seul toute notre espérance.
Ta sagesse veillant pour ce fils, & pour nous,
Lui choisit un objet digne d'un tel Epoux,
La Vertu, sous les traits d'une jeune Mortelle,
Du Sexe né pour plaire ornement & modele.
Elle acquitte aujourd'hui la gloire de ton choix
De leurs chastes ardeurs quel doux fruit tu reçois
VoI tous les yeux trempés de larmes d'allégresse,
Tu peux avec ton Peuple en verset sans foiblesse,
Tes périls, tes combats, tes succès signalés;
Tes jours même, tes jours deux sois renouvellés,
Et le Ciel atrétant le ciseau de la Parque,
Rien ne put décelet l'homme dans le Monarque.
Tu vis d'un œil égal ces grands évenemens
Mais ce beau jour permet l'essor aux sentimens.
DV
84 MERCUREDEFRANCE.
Quand notre joie éclate & si vive, & si pure,
Laisse éclater aussi la voix de la Nature.
Des rives de la Seine Habitans fortunés,
Et du meilleur des Rois Sujets passionnés,
Sur le marbre & l'airain vous tracez son image;
De ses traits si chéris l'aspect vous dédommage
Des momens que l'on perd éloigné de ses yeux;
Du plus fidel amour ce gage précieux
Annonce les récits réservés à l'Histoire.
Mais tout l'effort des Arts suffit. il pour sa gloire ?
Des Vertus du Héros symboles éclatans
Renfermés dans l'espace, assujettis au Tems.
LOUIS se peindra mieux dans son auguste Race.
Eh! quels seront les tems, les lieux, qu'elle n'em-
brasse?
Ses Fils commanderont à nos derniers Neveux,
Et ses Filles rendront d'autres Peuples heureux.
CROISSIZ, cher Rejetton d'une Tige inimos-
t:lie;
Ajoutez à l'éclat que vous recevez d'elle.
Vous avez de l'Amour la douceur, la beauté,
Mais l'Amour est enfant, il l'a toujours été:
Bientôt, grace aux Destius, vous cesserez de
l'être,
La foiblesse de l'âge est prête à disparêtre.
AUTOUR de son berceau volez Jeux inocens,
Mais ne vous flattez pas de l'amuser long. tems;
JANVIER. 1752.
8
Il va vous échapper, la Gloire le réclame,
La Gloire, seule Amante à captiver son ame.
MUSES, déja pour lui vos trésors sont ouverts,
Vous allez à ses yeux offrir tout l'univers,
Tous les climats, où doit voler sa Renommée
Par des progrès constans accrue, & confirmée
Vous allez de l'Histoire évoquer les Hétos
Qui sçurent des Mortels assurer le repos,
Ses Ayeux couronnés, à qui l'heureuse France
Doit ses Autels, ses loix, ses armes, sa puissance;
Mais parmi tant d'objets, Muses, arrêtez-vous
A l'Exemple yivant, qui les rassemble tous.
Sit tibi consimilis natus.
Ovid Trist. 4.
ROY, Chevalier de l'Ordre de S. Michel.
Fermer
33
p. 94-101
COMPLIMENTS Faits le 26 Septembre 1751, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par la députation des Dames de la Halle.
Début :
AU ROI. SIRE, les voeux de la France sont exaucés, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Espérances, Majesté, Félicité, Peuples, Délices, Allégresse, Voeux, Sujets
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texteReconnaissance textuelle : COMPLIMENTS Faits le 26 Septembre 1751, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par la députation des Dames de la Halle.
COMPLIMENTS
Faits le 26 Sepiembre 1751, à l'occasion
de la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, par la députation des Dames
de la Halle.
AU ROI.
SIRE, les voeux de la France sont
exaucés, une éclatante Aurore nous
avoit annoncé le plus beau jour, il
vient de luire à nos yeux, & ses rayons
sont le terme & l'accomplissement de nos
plus douces espérances; jusqu'ici le ciel
nous laissoit encore des vœux à fotmer;
les succès étonnans & rapides de votre
Majesté, le nombre de ses conquêtes, sa
modération dans ses victoires, sa gran-
deur & sa générosité dans la paix, tant de
traits éclatans qui fourniront aux siécles à
venit moins de sujets d'admiration que
d'incrédulité, nont contribué à la gloire
de votre Majesté & à celle de la France. Il
étoit réservé à Monseigneur le Duc de
Bourgogne de mettre le comble à son bon-
heur, sa naissance assurant votre félicité
JANVIER. 1752.
95
devient la source & le garant de la nôtre.
Ce Prince sera ainsi que vous, Site, la
terteur de ses ennemis, le Pere de ses
peuples, l'arbitre & le modele des Rois
& Iadmiration de l'Univers; en mar-
chant sur vos traces, en suivant celles
de son auguste pere, il sera un jour la gloi-
te de la Nation, les delices de nos artie-
res-neveux & le bonheur de leurs en-
fans.
Quel avantage pour nous, Sire, dans
une occasion si chere, si précieuse à notre
amour, de pouvoir porter aux pieds de vo-
tre Majeste, la joye qui nous anime, &
les sentimens viss & respectueux qu'ellę
nous inspire !
ALAREINE.
MADAME, le Ciel occupé du
bonheur de votre Majesté, & de celui
de ses peuples, vient d'y mettre le comble
par la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne; pénétrées de lajoye vive & pu-
re que nous cause cet heureux événement,
nous osons la porter aux pieds de votre
Majesté, & la suplier d'en agréer le respec-
tueux témoignage. L'Europe entiere parta-
ge notre allegresse, & nous n'y mettons
d'autres bornes que celles de notre amour.
Tel est, Madame, le prix de vos vertus,
Dgsinad hiL0
96 MERCUREDEFRANCE.
le succès de nos voeux & l'accomplissement
de nos desirs: il ne nous en reste plus à
former; les bienfaits précieux que Dieu ré-
pand sur nous, sont de surs garants de no-
tre bonheur, & le gage le plus assuré de
la prospérité de votre Majesté & de toute
la Famille Royale.
AMONSEIGNEURLEDAUPHIN
MONSEIGNEUR, Nous avons partagé
avec vous la vive allégresse que cause à toute
l'Europe la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne; ce gage précieux de la ten-
dresse d'une auguste épouse, nous fait
espérer qu'il est des bienfaits que la re-
connoissance ne peut jamais égaler, & que
les expressions qui pouroient la témoigner
ne servent souvent qu'à l'affoiblir. Quelle
idée pourrions-nous vous donner, Mon-
scigneur, de la joye dont nous sommes
pénétrées, qui pût approcher du sentiment
qui nous l'inspire? Quels voeux nous res-
teroit il ençore à former, tandis que
nous trouvons dans cet événement for-
tuné, le comble de nos espérances & la
source de la félicité publique. La France
trouve dans cet auguste enfant, l'appui de
son Trône & les délices de sespeuples; l'Eu-
rope trouvera en lui un garant du main-
tien de la tranquilité que notre incompara-
ble
JANVIER.
1752.
97
ble Monarque lui a procuré, & nos dernie:s
neveux gouteront l'heureux avantage de
pouvoir comparer leur bonheur à celui de
leur ayeux. Que de titres, Monscigneur
qui consacreront à jamais notre zéle, no-
tre amour & notre reconnoissance!
AMADAME LA DAUPHINE.
MADAME, il ne fut jamais d'occa-
sion plus favorable de faire éclater les
transports de notre joye, que celle de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne. Jamais la France n a eû tant de jus-
tes sujets de s'y livrer; vous venez faire
briller un soleil né pour le bonheurdu mon-
de, & ce bonheur est votre ouvrage : aux
vertus de son auguste mere, ce jeune
Prince joindra celles qui font les grands
Rois; il apprendra de Louis le Bien-Ai-
mé & de Monseigneur le Dauphin, l'Art
de regner sur les coeurs, né comme eux
avec ce désir si marqué & toujours suivi de
rendre les peuples heureux, il en aura
un jour le pouvoir, & ne croira pas à leur
exemple en devoir faire un autre usage.
Mais, Madame, ce bonheur n'est réservé
qu'aux siccles à venis. Heureuses d'avoir
tant de motifs de concevoir des espérances
flateuses, dont nos descendans goûteront
II. Vol.
jitized by
98 MERCURE DE FRANCE.
tout le fruit; plus heureuses encore de
graver dans leurs coeurs notre respectueux
amour pour vous, & d'y perpétuer notre
reconnoissance.
A MONSEIGNEUR LE DUC
DE BOURGOGNE.
MONSEIGNEUR, nous venons vous
offrit n os respectueux hommages; mais, la
joye qu'e nous inspire votrenaissance, nous
n essayerons pas de vous l'exprimer. Vous
trouverez un jour dans les services & la
fidélité de nos descendans, dont vous fe-
rez les délices, des preuves de l'amour de
leurs peres dont vous faites les douces es-
pérances.
A MADAME.
MADAME, votre naissance fue
pour nous le présage de nos plus douces
espérances, celle de Monseigneur le Duc
de Bourgogne en devient aujourd'hui l'ac-
complissement, l'une excita toute notre
joye, l'autre assure la durée de notre bon-
heur. Vous ferez, Madame, les délices
des peuples sut qui vous regnerez, il fera la
félicité de ceux qui vivront sous ses loix.
Quelle circonstances plus favorables pour
faire éclater les transports de notre allé-
gresse & ceux de notre amour.
JANVIER. 1752.
99
AMESDAMES.
MESDAMES, rien ne peut éga-
ler la joye que nous cause la naissance de
Monseigneut le Duc de Bourgogne, nous
nous livrons aux justes trasports qu'elle
nous inspire, sans pouvoir les contenit,
n'y les rendre; l'encens fome sur les Au-
tels, l'air brille de nouveaux feux & reten-
tit de mille cris d'allégresse; tout annonce
la nôtre, mais ne l'exprime pas; notre
coeur suffit à peine à la sentit, comment
pourrions-nous en faire connoître toute
l'étendue, mais nous nous flattons que vous
en jugez par la vôtre. C'est dans cette
confiance, Mesdames, que nous osons la
faire éclatter, & vous supplions d'en agréer
les respectueux hommages.
AMONSIEUR LE DUC DE
GESVRES.
En supliant votre Grandeur d'agréer les
respectueux hommages que nous osons lui
presenter, c'est remplir le premier de
nos devoirs, c'est vous offrir un foi-
ble tribut que la reconnoissance exige &
que le sentiment nous inspire, notre bon-
heur est d'éprouver vos bontés, & notre
gloire de les publier.
Dépositaire & Ministre de l'autorité
Ei
100 MERCUREDE FRANCE.
sactée que sa Majesté vous a confiée, Paris
& la premiere Province du Royaume ne
connoissent votre pouvoit que par leut
félicité; leurs habitans moins frappés de l'é
clat d'un nom illustre depuis tant de siécles
pat les exploits les plus glorieux, que des
vertus que vous leur faites paroître, voyent
avec autant de plaisit que d'admitation
que vous ayez réuni en vous seul toutes
celles de vos ayeux. Ils regardent à juste
titre que la confiance & l'amitié du plus
grand Roi du monde, les titres honorables
& les dignités éminentes de votre Gran-
deur, sont moins le prix des services de
ses ancêtres, que la preuve & la ré-
compenses des vôtres. Vous les régissez
moins par vôtre autorité quę par vos bien-
faits; mais c'est principalement sur nous
Monseigneur, que vous avez pris plaisir
à les répandre: C'est vous qui rendez notre
très invincible Monarque sensible à nos
prieres; c'est vous qui portez aux pieds
de son Trône nos respects & nos vœux:
ses graces seront le gage de son amour pa-
ternel pour ses sujets & le fruit de vos
soins genéteux; c'est sous vos auspices que
nous venons d'avoir l'honneur de témoi-
gnet à Madame la Dauphine, la vivre
allégresse que nous ressentons de la naissan-
ce de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
ed by Goo
JANVIER. 1752.
101
& que nous avons le glorieux avantage de
publier vos bienfaits & notre reconnois-
sance.
Faits le 26 Sepiembre 1751, à l'occasion
de la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, par la députation des Dames
de la Halle.
AU ROI.
SIRE, les voeux de la France sont
exaucés, une éclatante Aurore nous
avoit annoncé le plus beau jour, il
vient de luire à nos yeux, & ses rayons
sont le terme & l'accomplissement de nos
plus douces espérances; jusqu'ici le ciel
nous laissoit encore des vœux à fotmer;
les succès étonnans & rapides de votre
Majesté, le nombre de ses conquêtes, sa
modération dans ses victoires, sa gran-
deur & sa générosité dans la paix, tant de
traits éclatans qui fourniront aux siécles à
venit moins de sujets d'admiration que
d'incrédulité, nont contribué à la gloire
de votre Majesté & à celle de la France. Il
étoit réservé à Monseigneur le Duc de
Bourgogne de mettre le comble à son bon-
heur, sa naissance assurant votre félicité
JANVIER. 1752.
95
devient la source & le garant de la nôtre.
Ce Prince sera ainsi que vous, Site, la
terteur de ses ennemis, le Pere de ses
peuples, l'arbitre & le modele des Rois
& Iadmiration de l'Univers; en mar-
chant sur vos traces, en suivant celles
de son auguste pere, il sera un jour la gloi-
te de la Nation, les delices de nos artie-
res-neveux & le bonheur de leurs en-
fans.
Quel avantage pour nous, Sire, dans
une occasion si chere, si précieuse à notre
amour, de pouvoir porter aux pieds de vo-
tre Majeste, la joye qui nous anime, &
les sentimens viss & respectueux qu'ellę
nous inspire !
ALAREINE.
MADAME, le Ciel occupé du
bonheur de votre Majesté, & de celui
de ses peuples, vient d'y mettre le comble
par la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne; pénétrées de lajoye vive & pu-
re que nous cause cet heureux événement,
nous osons la porter aux pieds de votre
Majesté, & la suplier d'en agréer le respec-
tueux témoignage. L'Europe entiere parta-
ge notre allegresse, & nous n'y mettons
d'autres bornes que celles de notre amour.
Tel est, Madame, le prix de vos vertus,
Dgsinad hiL0
96 MERCUREDEFRANCE.
le succès de nos voeux & l'accomplissement
de nos desirs: il ne nous en reste plus à
former; les bienfaits précieux que Dieu ré-
pand sur nous, sont de surs garants de no-
tre bonheur, & le gage le plus assuré de
la prospérité de votre Majesté & de toute
la Famille Royale.
AMONSEIGNEURLEDAUPHIN
MONSEIGNEUR, Nous avons partagé
avec vous la vive allégresse que cause à toute
l'Europe la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne; ce gage précieux de la ten-
dresse d'une auguste épouse, nous fait
espérer qu'il est des bienfaits que la re-
connoissance ne peut jamais égaler, & que
les expressions qui pouroient la témoigner
ne servent souvent qu'à l'affoiblir. Quelle
idée pourrions-nous vous donner, Mon-
scigneur, de la joye dont nous sommes
pénétrées, qui pût approcher du sentiment
qui nous l'inspire? Quels voeux nous res-
teroit il ençore à former, tandis que
nous trouvons dans cet événement for-
tuné, le comble de nos espérances & la
source de la félicité publique. La France
trouve dans cet auguste enfant, l'appui de
son Trône & les délices de sespeuples; l'Eu-
rope trouvera en lui un garant du main-
tien de la tranquilité que notre incompara-
ble
JANVIER.
1752.
97
ble Monarque lui a procuré, & nos dernie:s
neveux gouteront l'heureux avantage de
pouvoir comparer leur bonheur à celui de
leur ayeux. Que de titres, Monscigneur
qui consacreront à jamais notre zéle, no-
tre amour & notre reconnoissance!
AMADAME LA DAUPHINE.
MADAME, il ne fut jamais d'occa-
sion plus favorable de faire éclater les
transports de notre joye, que celle de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne. Jamais la France n a eû tant de jus-
tes sujets de s'y livrer; vous venez faire
briller un soleil né pour le bonheurdu mon-
de, & ce bonheur est votre ouvrage : aux
vertus de son auguste mere, ce jeune
Prince joindra celles qui font les grands
Rois; il apprendra de Louis le Bien-Ai-
mé & de Monseigneur le Dauphin, l'Art
de regner sur les coeurs, né comme eux
avec ce désir si marqué & toujours suivi de
rendre les peuples heureux, il en aura
un jour le pouvoir, & ne croira pas à leur
exemple en devoir faire un autre usage.
Mais, Madame, ce bonheur n'est réservé
qu'aux siccles à venis. Heureuses d'avoir
tant de motifs de concevoir des espérances
flateuses, dont nos descendans goûteront
II. Vol.
jitized by
98 MERCURE DE FRANCE.
tout le fruit; plus heureuses encore de
graver dans leurs coeurs notre respectueux
amour pour vous, & d'y perpétuer notre
reconnoissance.
A MONSEIGNEUR LE DUC
DE BOURGOGNE.
MONSEIGNEUR, nous venons vous
offrit n os respectueux hommages; mais, la
joye qu'e nous inspire votrenaissance, nous
n essayerons pas de vous l'exprimer. Vous
trouverez un jour dans les services & la
fidélité de nos descendans, dont vous fe-
rez les délices, des preuves de l'amour de
leurs peres dont vous faites les douces es-
pérances.
A MADAME.
MADAME, votre naissance fue
pour nous le présage de nos plus douces
espérances, celle de Monseigneur le Duc
de Bourgogne en devient aujourd'hui l'ac-
complissement, l'une excita toute notre
joye, l'autre assure la durée de notre bon-
heur. Vous ferez, Madame, les délices
des peuples sut qui vous regnerez, il fera la
félicité de ceux qui vivront sous ses loix.
Quelle circonstances plus favorables pour
faire éclater les transports de notre allé-
gresse & ceux de notre amour.
JANVIER. 1752.
99
AMESDAMES.
MESDAMES, rien ne peut éga-
ler la joye que nous cause la naissance de
Monseigneut le Duc de Bourgogne, nous
nous livrons aux justes trasports qu'elle
nous inspire, sans pouvoir les contenit,
n'y les rendre; l'encens fome sur les Au-
tels, l'air brille de nouveaux feux & reten-
tit de mille cris d'allégresse; tout annonce
la nôtre, mais ne l'exprime pas; notre
coeur suffit à peine à la sentit, comment
pourrions-nous en faire connoître toute
l'étendue, mais nous nous flattons que vous
en jugez par la vôtre. C'est dans cette
confiance, Mesdames, que nous osons la
faire éclatter, & vous supplions d'en agréer
les respectueux hommages.
AMONSIEUR LE DUC DE
GESVRES.
En supliant votre Grandeur d'agréer les
respectueux hommages que nous osons lui
presenter, c'est remplir le premier de
nos devoirs, c'est vous offrir un foi-
ble tribut que la reconnoissance exige &
que le sentiment nous inspire, notre bon-
heur est d'éprouver vos bontés, & notre
gloire de les publier.
Dépositaire & Ministre de l'autorité
Ei
100 MERCUREDE FRANCE.
sactée que sa Majesté vous a confiée, Paris
& la premiere Province du Royaume ne
connoissent votre pouvoit que par leut
félicité; leurs habitans moins frappés de l'é
clat d'un nom illustre depuis tant de siécles
pat les exploits les plus glorieux, que des
vertus que vous leur faites paroître, voyent
avec autant de plaisit que d'admitation
que vous ayez réuni en vous seul toutes
celles de vos ayeux. Ils regardent à juste
titre que la confiance & l'amitié du plus
grand Roi du monde, les titres honorables
& les dignités éminentes de votre Gran-
deur, sont moins le prix des services de
ses ancêtres, que la preuve & la ré-
compenses des vôtres. Vous les régissez
moins par vôtre autorité quę par vos bien-
faits; mais c'est principalement sur nous
Monseigneur, que vous avez pris plaisir
à les répandre: C'est vous qui rendez notre
très invincible Monarque sensible à nos
prieres; c'est vous qui portez aux pieds
de son Trône nos respects & nos vœux:
ses graces seront le gage de son amour pa-
ternel pour ses sujets & le fruit de vos
soins genéteux; c'est sous vos auspices que
nous venons d'avoir l'honneur de témoi-
gnet à Madame la Dauphine, la vivre
allégresse que nous ressentons de la naissan-
ce de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
ed by Goo
JANVIER. 1752.
101
& que nous avons le glorieux avantage de
publier vos bienfaits & notre reconnois-
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34
p. 52-53
POUR LE ROI Le jour de S. Louis 1755.
Début :
GRAND Roi, de tes sujets la plus chere espérance, [...]
Mots clefs :
Roi, Saint-Louis, Vertus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POUR LE ROI Le jour de S. Louis 1755.
POUR LE
ROI
Le jour de S. Louis 1755 .
GRAND Roi , de tes fujets la plus chere eſpérance
,
Toi , que le ciel par préférence ;
Combla toujours de fes faveurs ,
Malgré l'éclat du thrône , & toute ta puiſſance ,
Tu ne veux pour la
récompenſe
De tes rares vertus que regner dans nos coeurs .
Si de tes grands deffeins , la fageffe profonde ,
De tes fiers ennemis fait autant de jaloux ,
Maître de la terre & de l'onde ,
OCTOBRE . 1755. 13
Ton bras te fuffit contre tous.
La difcorde en fureur dans les champs de Bellone
Prétendoit regner à jamais ;
Mais tu juras par ta couronne
De procurer à tous la paix.
Des nuages obſcurs , qui par leurs voiles fombres
Du foleil à nos yeux déroboient la clarté ,
Tu triomphas malgré l'obfcurité.
Bientôt mille rayons diffiperent les ombres ,
Et tu parus comme l'aftre du jour ,
Qui de la fphere a fait le tour.
Tu fus fenfible aux maux que caufa ton abfence
A ta bonne Cité : Touché de fon malheur
Tu lui fis éprouver que ta feule préſence
Peut fixer fon bonheur.
Puiffions - nous en ce jour , où chacun ſe rappelle
Les vertus de Louis , la gloire des Bourbons ,
Obtenir
par nos voeux que ta fanté foit telle
Que nous la defirons.
Jourdan de Pelerin.
ROI
Le jour de S. Louis 1755 .
GRAND Roi , de tes fujets la plus chere eſpérance
,
Toi , que le ciel par préférence ;
Combla toujours de fes faveurs ,
Malgré l'éclat du thrône , & toute ta puiſſance ,
Tu ne veux pour la
récompenſe
De tes rares vertus que regner dans nos coeurs .
Si de tes grands deffeins , la fageffe profonde ,
De tes fiers ennemis fait autant de jaloux ,
Maître de la terre & de l'onde ,
OCTOBRE . 1755. 13
Ton bras te fuffit contre tous.
La difcorde en fureur dans les champs de Bellone
Prétendoit regner à jamais ;
Mais tu juras par ta couronne
De procurer à tous la paix.
Des nuages obſcurs , qui par leurs voiles fombres
Du foleil à nos yeux déroboient la clarté ,
Tu triomphas malgré l'obfcurité.
Bientôt mille rayons diffiperent les ombres ,
Et tu parus comme l'aftre du jour ,
Qui de la fphere a fait le tour.
Tu fus fenfible aux maux que caufa ton abfence
A ta bonne Cité : Touché de fon malheur
Tu lui fis éprouver que ta feule préſence
Peut fixer fon bonheur.
Puiffions - nous en ce jour , où chacun ſe rappelle
Les vertus de Louis , la gloire des Bourbons ,
Obtenir
par nos voeux que ta fanté foit telle
Que nous la defirons.
Jourdan de Pelerin.
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Résumé : POUR LE ROI Le jour de S. Louis 1755.
Le texte est un poème adressé à un roi, probablement Louis XV, daté du 25 août 1755. Il célèbre les vertus et les accomplissements du souverain, décrit comme la plus grande espérance de ses sujets, béni par le ciel et préféré par la providence. Le roi souhaite régner dans les cœurs de ses sujets malgré son pouvoir et sa puissance. Sa sagesse et sa force ont transformé ses ennemis en jaloux et lui ont permis de dominer la terre et les mers. Le poème évoque les discordes et les nuages obscurs surmontés par le roi, apportant ainsi la paix et la lumière. Il souligne la sensibilité du roi aux malheurs de sa cité et son désir de procurer le bonheur à ses sujets. Enfin, le texte exprime le vœu que la santé du roi soit à la hauteur des désirs de ses sujets, en ce jour où l'on se souvient des vertus de Louis et de la gloire des Bourbons.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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35
p. 40-41
VERS présentés au ROI.
Début :
SOUFFREZ, SIRE, souffrez qu'un Citoyen fidèle [...]
Mots clefs :
Vers, Trône, Noblesse de l'âme, Sagesse, Paix, Sire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS présentés au ROI.
VERS préfentés au ROI.
SOUFFREZ , SIRE , fouffrez qu'un Citoyen fidèle
Qui fait de l'art des vers les uniques emplois ,
S'abandonnant fans crainte aux fougues de fon
zěle,
Jufques à votre Trône ofe élever la voix.
Le même jour que vous , * Sire , j'ai pris naiſſance.
J'ai vu par deux foisnaître & mourir treize hyvers.
Le fort d'un bras d'airain a plongé mon enfance
Dans un abîme de revers.
Dans un cercle de maux j'ai vu languir mon Etre.
Sire , je fuis obſcur : l'Aftre qui m'a fait naître ,
N'a point infcrit mon nom aux faftes des honneurs
.
Mais par la nobleffe de l'âme ,
Mais par l'amour qui pour mon Roi m'enflâme ,
Je le difputerois à vos plus grands Seigneurs.
Du Maître des deftins la prudente fagelſe ,
En me privant de tout , m'apprit a me borner
Souvent je vois avec triſteſſe ,
Que le fort contre moi fe plaît à s'acharner.
Mais quand le ciel fur vous répand quelqu'avan
tage ,
Au monde entier quand vous donnez la paix ,
* Le 15 Février.
1
JANVIER. 1763. 41
Quand je vois tous les coeurs heureux par vos
bienfaits ;
Sire , je fuis content , & j'ai tout en partage.
Par un Parifien.
SOUFFREZ , SIRE , fouffrez qu'un Citoyen fidèle
Qui fait de l'art des vers les uniques emplois ,
S'abandonnant fans crainte aux fougues de fon
zěle,
Jufques à votre Trône ofe élever la voix.
Le même jour que vous , * Sire , j'ai pris naiſſance.
J'ai vu par deux foisnaître & mourir treize hyvers.
Le fort d'un bras d'airain a plongé mon enfance
Dans un abîme de revers.
Dans un cercle de maux j'ai vu languir mon Etre.
Sire , je fuis obſcur : l'Aftre qui m'a fait naître ,
N'a point infcrit mon nom aux faftes des honneurs
.
Mais par la nobleffe de l'âme ,
Mais par l'amour qui pour mon Roi m'enflâme ,
Je le difputerois à vos plus grands Seigneurs.
Du Maître des deftins la prudente fagelſe ,
En me privant de tout , m'apprit a me borner
Souvent je vois avec triſteſſe ,
Que le fort contre moi fe plaît à s'acharner.
Mais quand le ciel fur vous répand quelqu'avan
tage ,
Au monde entier quand vous donnez la paix ,
* Le 15 Février.
1
JANVIER. 1763. 41
Quand je vois tous les coeurs heureux par vos
bienfaits ;
Sire , je fuis content , & j'ai tout en partage.
Par un Parifien.
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Résumé : VERS présentés au ROI.
Le poème est adressé au roi et exprime la fidélité et l'admiration de son auteur. Ce dernier mentionne être né le même jour que le roi et avoir vécu quarante-six ans, ayant connu des épreuves dès son enfance. Il se décrit comme obscur et non honoré, mais affirme sa noblesse d'âme et son amour pour le roi. Malgré les difficultés, il se réjouit des bienfaits et de la paix que le roi apporte au monde, se contentant de cette situation. Le poème est daté du 15 février 1763 et signé par un Parisien.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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36
p. 9
VERS sur la Statue Equestre du Roi.
Début :
QUID, Lodoïce, brevi perituro fingeris ære ? [...]
Mots clefs :
Statue équestre, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS sur la Statue Equestre du Roi.
VERS fur la Statue Equestre du Roi.
QUIUIDD,, Lodoïce , brevi perituro fingeris ære ?
Vivax æternum pietas tibi fervat honorem .
13
D** D. V. **.
QUIUIDD,, Lodoïce , brevi perituro fingeris ære ?
Vivax æternum pietas tibi fervat honorem .
13
D** D. V. **.
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37
p. 9
TRADUCTION.
Début :
POURQUOI sur un métal que l'âge va détruire, [...]
Mots clefs :
Traduction, Métal, Détruire, Graver, Amour, Sujets, Temps, Nuire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TRADUCTION.
TRADUCTION.
1
POURQUOI ſur un méral que l'âge va detruire,
Graver , Louis , l'image de tes traits ?
L'Amour t'éléve au coeur de tes Sujets 2
Unmonumentauquel le Temps he pourra nuire.
poo 2011 Par le même.
1
POURQUOI ſur un méral que l'âge va detruire,
Graver , Louis , l'image de tes traits ?
L'Amour t'éléve au coeur de tes Sujets 2
Unmonumentauquel le Temps he pourra nuire.
poo 2011 Par le même.
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38
p. 10
INSCRIPTION. POUR mettre au bas de la Statue du ROI.
Début :
LUDOVICO XV, FRANCORUM TITO, PIETATIS PUBLICÆ DONUM : POSTERITATI SERIUS VENTURÆ, [...]
Mots clefs :
Inscription, Statue du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : INSCRIPTION. POUR mettre au bas de la Statue du ROI.
INSCRIPTION.
POUR mettre au bas de la Statue
du Roi .
b211 v
:
LUDOVICÓ XV , FRANCORUM TITO ,
PIETATIS PUBLICE DONUM :
POSTERITATI SERIUS VENTURE ,
400:A
DESIDERII SOLATIUM.
ANNO MDCCLXIII .
A Chartres , ce 16 Avril 1763. B...
POUR mettre au bas de la Statue
du Roi .
b211 v
:
LUDOVICÓ XV , FRANCORUM TITO ,
PIETATIS PUBLICE DONUM :
POSTERITATI SERIUS VENTURE ,
400:A
DESIDERII SOLATIUM.
ANNO MDCCLXIII .
A Chartres , ce 16 Avril 1763. B...
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