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1
p. 49-51
Adresse de la Chambre des Communes à la Reine.
Début :
Trés-gracieuse Reine, Nous les trés-humbles & obeïssans sujets [...]
Mots clefs :
Paix, Londres, Chambre des communes, Reine, Parlement
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texteReconnaissance textuelle : Adresse de la Chambre des Communes à la Reine.
Nouvelles de Londres.
Adreffe de la Chambre des
Communes à la Reine.
Trés gracieule Reine ,
Nous les trés- humbles
& obeïffans fujets de Vôtre
Majefté , les Communes de
la Grande Bretagne aſſemblées en Parlement , demandons permiſſion de reconnoître trés - humblement la grande condefcendance de V. M. à nous communiquer les conditions
Fuillet 1712.
•
E
50 MERCURE
fur lefquelles une paix generale peut être faite.
Nos cœurs font pleins de
gratitude pource que V. M.
a déja fait , & les paroles
nous manquent pour exprimer la fatisfaction avec laquelle nous avons reçû tout
ce dont il a plû à V. M. de
faire part à vos Communes,
Nous avons une entiere
confiance en V. M. qu'Elle
pourſuivra constamment le
veritable interêt de vos propres Royaumes , & qu'Elle
tâchera de procurer à tous
les alliez ce qui leur eſt dû
GALANT.
par les traitez , & qui eft nepour leur fûreté:
aire
Ces affurances font le
moindre retour de vos fidelles Communes , pour
tant de condeſcendance &
de bonté ; & Elles fupplient
trés - humblement V. M.
qu'il lui plaiſe de proceder
dans la prefente negocia
tion , pour obtenir une
prompte paix.
Adreffe de la Chambre des
Communes à la Reine.
Trés gracieule Reine ,
Nous les trés- humbles
& obeïffans fujets de Vôtre
Majefté , les Communes de
la Grande Bretagne aſſemblées en Parlement , demandons permiſſion de reconnoître trés - humblement la grande condefcendance de V. M. à nous communiquer les conditions
Fuillet 1712.
•
E
50 MERCURE
fur lefquelles une paix generale peut être faite.
Nos cœurs font pleins de
gratitude pource que V. M.
a déja fait , & les paroles
nous manquent pour exprimer la fatisfaction avec laquelle nous avons reçû tout
ce dont il a plû à V. M. de
faire part à vos Communes,
Nous avons une entiere
confiance en V. M. qu'Elle
pourſuivra constamment le
veritable interêt de vos propres Royaumes , & qu'Elle
tâchera de procurer à tous
les alliez ce qui leur eſt dû
GALANT.
par les traitez , & qui eft nepour leur fûreté:
aire
Ces affurances font le
moindre retour de vos fidelles Communes , pour
tant de condeſcendance &
de bonté ; & Elles fupplient
trés - humblement V. M.
qu'il lui plaiſe de proceder
dans la prefente negocia
tion , pour obtenir une
prompte paix.
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Résumé : Adresse de la Chambre des Communes à la Reine.
En 1712, la Chambre des Communes adresse une lettre à la Reine pour exprimer sa gratitude concernant la communication des conditions d'une paix générale. Les Communes manifestent leur entière confiance en la Reine pour défendre les intérêts des royaumes et garantir la sécurité des alliés conformément aux traités. Elles supplient humblement la Reine de poursuivre les négociations afin d'obtenir une paix rapide.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 49-59
De Londres ce I. Août 1715.
Début :
Hier le Roy vint à la Chambre des Pairs, & aprés avoir [...]
Mots clefs :
Chambre des communes, Chambre des pairs, Londres, Hommes, Parlement, Vaisseaux, Roi, Duc
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texteReconnaissance textuelle : De Londres ce I. Août 1715.
De Londres ce 1. Août 1715 .
Hier leRoy vintà la Chambre
des Pairs , & aprés avoir
donné à tous ceux qui y étoient
preſents ſon confentement Royal
pour prévenir les Aſſemblées tumultueuses
, S. M.fit au Parlement
laHarangueſuivante.
८
Aoust 1715. E
i
So MERCURE
MILORDS ET MESSIEURS ,
Le zele que vous avez toujours
temoignépour conferver la
Paix de mes Royaumes , &vôtre
ſageſſe enfaisant une auffi
bonne Loy que celle que vous
avezfaite pour prévenir toutes
fortes de tumultes , me donnent
une grande fatisfaction ; mais je
ſuis fâché qu'un esprit de rebellion
ſe découvre juſques- là qu'il
n'yapas lieu de douter que ces
defordres nefoient encouragezpar
des perſonnes mal- affectionnées à
mon Gouvernement , dans l'at-
>
GALANT. SI
1
tente d'estre foutenus parunfecours
étranger.
La confideration de noftre excellente
Constitution ,er lafeureté
de nostreReligion ont efté ,&
feronttoujours mon principalſoin;
&je ne puis douter que vous
n'ayez affez à coeur ce bien ineftimable
, pour ne me pas laiſſer
exposé aux attentats que lePrétendant
me prepare , commej'en ai
des avis certains.
MESSIEURS DE LA CHAMBRE
DES COMMUNES.
Dans ces circonstances je trou
E ij
52 MERCURE
ve à propos de demander voftre
aſſiſtance ,&je ne doute point
que vous ne pourvoyiezà voſtre
Seureté, en ne laiſſant pas laNation
hors d'état de se deffendre
contre une rebellion actuellement
commencée audedans , &une invafion
dont on la menace audehors.
Je regarderay les précautions
que vous prendrez pour la feureté
de mon peuple , comme la
meilleure marque de vostre affection
pour moy.
-On dit quela Cour receut
hier au matin un Exprés de
France qui luy donna avis que
tout ſe preparoit pour faire
GALANT 53
F
une deſcente en ce Pays-cy ,
en faveur du Pretendant ; &
pour ſoutenir ſes amis prêts à
ſe ſoulever contre le Gouvernement
preſent ; que pour
cet effet l'Eſcadre qui a ſervi
pour la reddition de Maillor.
que , eſtoit arrivée au Havre
de Grace pour eſcorter les
Vaiſſeaux fur leſquels ſcroient
les troupes deſtinées à l'affif
ter & que ce fût fur ces avis
que S. M. fit fa Harangue au
Parlement.
Les Communes ne furent
pas ſi toſt rentrées dans la
Chambre qu'elles refolurent
E iij
54 MERCURE
d'une commune voix qu'on
preſenteroit une Adreſſe au
Roy , pour le remercier d'avoir
communiqué au Parlement
l'avis qu'il avoit receu
d'une entrepriſe qu'on preparoit
au dehors contre la Nation
, & qui estoit au dedans
fomentée & favorisée par
de noires pratiques en faveur
du Pretendant , elles refolurent
en même temps d'aſſeurer
S. M. que la Chambre la
ſupporteroit de les vies
biens , contre tous ſes ennemis
publics , & fecrets ; & de la
prier de donner inceſſamment
, &
GALANT. 55
لو
des ordres pour équiper un
nombre de Vaiſſeaux ſuffiſans
pour garder efficacement les
Coſtes ;& de lever , & maintenir
tel nombrede forces par
Mer , & par Terre , qu'il ſeroit
neceſſaire pour la deffenſe
de ſa ſacrée Perſonne , & pour
la ſeuretéde ſes Royaumes. Il
fut enfin decidé unanimement
que ladite réſolution
A feroit preſentée par la Chambreà
S. M. en Corps , & qu'on
prendroit immediatement
toutes les voyes les plus promptes
pour luy fournir des ſub .
fides fuffifans.
E iiij
56 MERCURE
Milord Maire , & les Aldhermans
allerent enſuite offrir
au Roy de la part de laVilleun
million de livres ſterlin pour
s'oppoſer aux entrepriſes du
Pretendant.
On a ſouvent des avis icy
des frequents deſordres qui
arrivent en pluſieurs endroits ,
&ſur tout à Bromwitch dans
leComté de Strafford , où la
populace
populace a démoly pluſieurs
Eglifes non conformistes ,
avec des cris ſcandaleux , &
injurieux , & où il y a cû pluſieurs
rebels tuez & bleffez ,
& un grand nombre de Prifonniers
.
GALANT. 57
1-
Le Roy Georges a fait depuis
peu une petite Harangue
de remerciement , de ce qu'on
luy avoit accordé la levée de
4000. hommes d'Infanterie ,
&de 3000. Dragons. On fait
venir 12000. hommes d'Irlande,
& 7. ou 8000. d'Ecoffe ,
avec les 8000. qui font en
Angleterre ; on eſpere que
dans un mois il pourra y avoir
26. ou 27000. hommes , &
quarante Vaiſſeaux deGuerre.
Il paroiſt que l'on craignoit
à la Cour que le Duc d'Ormond
ne ſe mit à la tête de
quelques troupes,&l'on affûre
A
58 MERCURE
que M. Stanhope à preſent
Secretaire d'Etat , luy avoit
dit que le Roy luy avoit ordonné
de l'avertir qu'on l'enleveroit
à Richemont où il
eſtoit , que le Duc d'Ormond
avoit répondu qu'il feroit fa
réponſe dans trois jours , &
qu'il diſparut le troiſieme ,
s'étant retiré par la Thamiſe
dans un petit Bâtiment avec
deux ou trois hommes ſeulement
: on dit qu'il foupa le
huit de ce mois chez M. le
Marquis de Torcy avec le
Vicomte de Bullinbrock , ils
logent auprés des Incurables.
GALANT. رو
Le Duc a demeuré quelques
jours chez un Baigneur dans
laruë de Richelieu.
Onnedoute point que les
Angloisqui font du parti du
Pretendant , ne ſoïent affligez
de perdre l'efperance qu'ils
avoient de le voir mettre à la
tête d'une Armée en ſafaveur.
Hier leRoy vintà la Chambre
des Pairs , & aprés avoir
donné à tous ceux qui y étoient
preſents ſon confentement Royal
pour prévenir les Aſſemblées tumultueuses
, S. M.fit au Parlement
laHarangueſuivante.
८
Aoust 1715. E
i
So MERCURE
MILORDS ET MESSIEURS ,
Le zele que vous avez toujours
temoignépour conferver la
Paix de mes Royaumes , &vôtre
ſageſſe enfaisant une auffi
bonne Loy que celle que vous
avezfaite pour prévenir toutes
fortes de tumultes , me donnent
une grande fatisfaction ; mais je
ſuis fâché qu'un esprit de rebellion
ſe découvre juſques- là qu'il
n'yapas lieu de douter que ces
defordres nefoient encouragezpar
des perſonnes mal- affectionnées à
mon Gouvernement , dans l'at-
>
GALANT. SI
1
tente d'estre foutenus parunfecours
étranger.
La confideration de noftre excellente
Constitution ,er lafeureté
de nostreReligion ont efté ,&
feronttoujours mon principalſoin;
&je ne puis douter que vous
n'ayez affez à coeur ce bien ineftimable
, pour ne me pas laiſſer
exposé aux attentats que lePrétendant
me prepare , commej'en ai
des avis certains.
MESSIEURS DE LA CHAMBRE
DES COMMUNES.
Dans ces circonstances je trou
E ij
52 MERCURE
ve à propos de demander voftre
aſſiſtance ,&je ne doute point
que vous ne pourvoyiezà voſtre
Seureté, en ne laiſſant pas laNation
hors d'état de se deffendre
contre une rebellion actuellement
commencée audedans , &une invafion
dont on la menace audehors.
Je regarderay les précautions
que vous prendrez pour la feureté
de mon peuple , comme la
meilleure marque de vostre affection
pour moy.
-On dit quela Cour receut
hier au matin un Exprés de
France qui luy donna avis que
tout ſe preparoit pour faire
GALANT 53
F
une deſcente en ce Pays-cy ,
en faveur du Pretendant ; &
pour ſoutenir ſes amis prêts à
ſe ſoulever contre le Gouvernement
preſent ; que pour
cet effet l'Eſcadre qui a ſervi
pour la reddition de Maillor.
que , eſtoit arrivée au Havre
de Grace pour eſcorter les
Vaiſſeaux fur leſquels ſcroient
les troupes deſtinées à l'affif
ter & que ce fût fur ces avis
que S. M. fit fa Harangue au
Parlement.
Les Communes ne furent
pas ſi toſt rentrées dans la
Chambre qu'elles refolurent
E iij
54 MERCURE
d'une commune voix qu'on
preſenteroit une Adreſſe au
Roy , pour le remercier d'avoir
communiqué au Parlement
l'avis qu'il avoit receu
d'une entrepriſe qu'on preparoit
au dehors contre la Nation
, & qui estoit au dedans
fomentée & favorisée par
de noires pratiques en faveur
du Pretendant , elles refolurent
en même temps d'aſſeurer
S. M. que la Chambre la
ſupporteroit de les vies
biens , contre tous ſes ennemis
publics , & fecrets ; & de la
prier de donner inceſſamment
, &
GALANT. 55
لو
des ordres pour équiper un
nombre de Vaiſſeaux ſuffiſans
pour garder efficacement les
Coſtes ;& de lever , & maintenir
tel nombrede forces par
Mer , & par Terre , qu'il ſeroit
neceſſaire pour la deffenſe
de ſa ſacrée Perſonne , & pour
la ſeuretéde ſes Royaumes. Il
fut enfin decidé unanimement
que ladite réſolution
A feroit preſentée par la Chambreà
S. M. en Corps , & qu'on
prendroit immediatement
toutes les voyes les plus promptes
pour luy fournir des ſub .
fides fuffifans.
E iiij
56 MERCURE
Milord Maire , & les Aldhermans
allerent enſuite offrir
au Roy de la part de laVilleun
million de livres ſterlin pour
s'oppoſer aux entrepriſes du
Pretendant.
On a ſouvent des avis icy
des frequents deſordres qui
arrivent en pluſieurs endroits ,
&ſur tout à Bromwitch dans
leComté de Strafford , où la
populace
populace a démoly pluſieurs
Eglifes non conformistes ,
avec des cris ſcandaleux , &
injurieux , & où il y a cû pluſieurs
rebels tuez & bleffez ,
& un grand nombre de Prifonniers
.
GALANT. 57
1-
Le Roy Georges a fait depuis
peu une petite Harangue
de remerciement , de ce qu'on
luy avoit accordé la levée de
4000. hommes d'Infanterie ,
&de 3000. Dragons. On fait
venir 12000. hommes d'Irlande,
& 7. ou 8000. d'Ecoffe ,
avec les 8000. qui font en
Angleterre ; on eſpere que
dans un mois il pourra y avoir
26. ou 27000. hommes , &
quarante Vaiſſeaux deGuerre.
Il paroiſt que l'on craignoit
à la Cour que le Duc d'Ormond
ne ſe mit à la tête de
quelques troupes,&l'on affûre
A
58 MERCURE
que M. Stanhope à preſent
Secretaire d'Etat , luy avoit
dit que le Roy luy avoit ordonné
de l'avertir qu'on l'enleveroit
à Richemont où il
eſtoit , que le Duc d'Ormond
avoit répondu qu'il feroit fa
réponſe dans trois jours , &
qu'il diſparut le troiſieme ,
s'étant retiré par la Thamiſe
dans un petit Bâtiment avec
deux ou trois hommes ſeulement
: on dit qu'il foupa le
huit de ce mois chez M. le
Marquis de Torcy avec le
Vicomte de Bullinbrock , ils
logent auprés des Incurables.
GALANT. رو
Le Duc a demeuré quelques
jours chez un Baigneur dans
laruë de Richelieu.
Onnedoute point que les
Angloisqui font du parti du
Pretendant , ne ſoïent affligez
de perdre l'efperance qu'ils
avoient de le voir mettre à la
tête d'une Armée en ſafaveur.
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3
p. 785-786
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 16. du mois on apprit à Londres par les [...]
Mots clefs :
Londres, Ambassadeur extraordinaire, Chambre des pairs, Chambre des communes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
E 16. du mois on apprit à Londres par les
Lettres de Winchester , que le Chevalier Ba
ronet Simon Clark et M. Robert Arnot , Lieutenant
d'Infanterie , y avoient été jugez et con→
damnez à mort pour vol de grand chemin.
On a appris depuis que le Grand- Scherif et le
Grand-Juré du Comté de Southampton , ont envoyé
une Adresse au Roi , pour le prier d'accor
der des Lettres de grace à ces deux Criminels
Gentilshommes de ce Comté. Le Roi a renvoyé
cette Adresse aux douze Grands-Juges pour examiner
cette affaire et lui en faire leur rapport , et
S. M. a accordé un répit sans terme limité.
Le Roi a accordé au Comte d'Essex , son Ambassadeur
Extraordinaire à la Cour du Roi de
Sardaigne , 1500. livres sterlins pour ses Equipages
, et 8. liv. sterl . par jour pour son entretien
ordinaire pendant le temps de son Ambassade.
Le premier Avril , un Courrier de Vienne ar
riva à Londres avec la copie d'un Traité conclu
entre l'Empereur et S. M. Brit.
La Chambre des Pairs , ayant fait deux
Fectures du Bil passé dans la Chambre des Communes
,pour exclure de cette Chambre les Membres
qui jouissent des Pensions du Roi , ou qui
786 MERCURE DE FRANCE
ont des Charges à la Cour , il y eut des contesta
tions qui durerent jusqu'à huit heures du soir
et ce Bill fut rejetté à la pluralité de 36.voix contre
40. Le lendemain , 27.. Membres de cette
Chambre signerent la protestation qu'ils avoient
faite la veille contre cette résolution , et ils firent
enregistrer leur Protestation .
Quelques Membres de la Chambre des Communes
ayant proposé de dresser une Liste de ceux
qui jouissent des Pensions de la Cour directement
ou indirectement, ou qui ont des Charges auprès
du Roy , sous le nom de Titulaires supposez ,
cette proposition fut rejettée à la pluralité de 2 06.
voix contre 143 .
La même Chambre a passé un Bill par lequel
il est ordonné de faire dorénavant les Procedures
en Anglois dans tous les Tribunaux de ce
Royaume.
Le 13. de ce mois , le Prince de Galles , la
Princesse Royale et la Princesse Caroline , allerent
au Théatre de Drury- Lane , voir la Tragedie
intitulée > Tout pour l'Amour , ou le Monde
bien perdu.
Le 31. du mois dernier , le feu prit dans la petite
Ville d'Enniscorthy , du Comté de Wexford,
et en moins de trois heures , il y eut 42. Maisons
de Manufacturiers qui ne purent rien sauver
de leurs Effets.
* Le Roi Guillaume I. Duc de Normandie ,
après avoir conquis l'Angleterre , introduisit
plusieurs Loix de Normandie , ordonnant qu'elles
seroient écrites en Langue Françoise, et que
les Causes seroient plaidées aussi en François,
et que les matieres importantes qui demandoient
quelque formalité , seroeint aussi expediées en
François. La plupart des termes de Pratique sont
encore aujourd'hui en Latin ou en François .
E 16. du mois on apprit à Londres par les
Lettres de Winchester , que le Chevalier Ba
ronet Simon Clark et M. Robert Arnot , Lieutenant
d'Infanterie , y avoient été jugez et con→
damnez à mort pour vol de grand chemin.
On a appris depuis que le Grand- Scherif et le
Grand-Juré du Comté de Southampton , ont envoyé
une Adresse au Roi , pour le prier d'accor
der des Lettres de grace à ces deux Criminels
Gentilshommes de ce Comté. Le Roi a renvoyé
cette Adresse aux douze Grands-Juges pour examiner
cette affaire et lui en faire leur rapport , et
S. M. a accordé un répit sans terme limité.
Le Roi a accordé au Comte d'Essex , son Ambassadeur
Extraordinaire à la Cour du Roi de
Sardaigne , 1500. livres sterlins pour ses Equipages
, et 8. liv. sterl . par jour pour son entretien
ordinaire pendant le temps de son Ambassade.
Le premier Avril , un Courrier de Vienne ar
riva à Londres avec la copie d'un Traité conclu
entre l'Empereur et S. M. Brit.
La Chambre des Pairs , ayant fait deux
Fectures du Bil passé dans la Chambre des Communes
,pour exclure de cette Chambre les Membres
qui jouissent des Pensions du Roi , ou qui
786 MERCURE DE FRANCE
ont des Charges à la Cour , il y eut des contesta
tions qui durerent jusqu'à huit heures du soir
et ce Bill fut rejetté à la pluralité de 36.voix contre
40. Le lendemain , 27.. Membres de cette
Chambre signerent la protestation qu'ils avoient
faite la veille contre cette résolution , et ils firent
enregistrer leur Protestation .
Quelques Membres de la Chambre des Communes
ayant proposé de dresser une Liste de ceux
qui jouissent des Pensions de la Cour directement
ou indirectement, ou qui ont des Charges auprès
du Roy , sous le nom de Titulaires supposez ,
cette proposition fut rejettée à la pluralité de 2 06.
voix contre 143 .
La même Chambre a passé un Bill par lequel
il est ordonné de faire dorénavant les Procedures
en Anglois dans tous les Tribunaux de ce
Royaume.
Le 13. de ce mois , le Prince de Galles , la
Princesse Royale et la Princesse Caroline , allerent
au Théatre de Drury- Lane , voir la Tragedie
intitulée > Tout pour l'Amour , ou le Monde
bien perdu.
Le 31. du mois dernier , le feu prit dans la petite
Ville d'Enniscorthy , du Comté de Wexford,
et en moins de trois heures , il y eut 42. Maisons
de Manufacturiers qui ne purent rien sauver
de leurs Effets.
* Le Roi Guillaume I. Duc de Normandie ,
après avoir conquis l'Angleterre , introduisit
plusieurs Loix de Normandie , ordonnant qu'elles
seroient écrites en Langue Françoise, et que
les Causes seroient plaidées aussi en François,
et que les matieres importantes qui demandoient
quelque formalité , seroeint aussi expediées en
François. La plupart des termes de Pratique sont
encore aujourd'hui en Latin ou en François .
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En Grande-Bretagne, Simon Clark et Robert Arnot ont été condamnés à mort pour vol de grand chemin. Leur demande de grâce a été renvoyée aux Grands-Juges pour examen, et un répit sans terme limité leur a été accordé. Le roi a également alloué des fonds au comte d'Essex, ambassadeur en Sardaigne. Un traité entre l'empereur et le roi de Grande-Bretagne a été signé. À la Chambre des Pairs, une proposition visant à exclure les membres jouissant de pensions royales a été rejetée, et 27 membres ont protesté. À la Chambre des Communes, une proposition similaire a été rejetée, et un bill ordonnant l'usage de l'anglais dans les tribunaux a été adopté. Le prince de Galles et les princesses ont assisté à une pièce de théâtre. Un incendie a détruit 42 maisons à Enniscorthy. Guillaume I a introduit des lois normandes en langue française après la conquête de l'Angleterre.
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4
p. 165-169
Discours du Roy au Parlement, &c. [titre d'après la table]
Début :
MYLORDS ET MESSIEURS, C'est un grand plaisir pour moi [...]
Mots clefs :
Discours, Roi d'Angleterre, Chambre des pairs, Espagne, Chambre des communes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours du Roy au Parlement, &c. [titre d'après la table]
idi , le Roy se rendit en Cortège en la Chambre des Pairs , ayant mandé les Communes.S M. fit l'ouverture de la Scéance du Parlement par le.
Discours suivant.
MYLORDS ET MESSIEURS,
C'est un grand plaisir pour moi de pouvoir vous dire que les esperances que je vous ai données de
temps en temps , de voir la tranquillité de l'Europe rétablie et affermie , sont à present entierement
accomplies,je m'assure que la part du crédit et de
l'influence que la Couronne d'Angleterre a eue dans
La réussite de cette affaire , comme on le reconnoît au dehors , sera agréable à mon peuple , et que vous en aurez de la reconnoissance..
On sçait que depuis le temps de la conclusion,
de la Quadruple Alliance , les diferentes Cours de
l'Europe ont cherché les moyens d'exécuter ce qui
avoit été convenu par les Puissances principales pour la succession de Toscane , et des Duchez de
Parme et de Plaisance , en faveur d'un Infant
d'Espagne
2
18 MERCURE DE FRANCE
Espagne , mais les interets differens et opposez
difficiles à concilier et à réunir pour faire réussir
une affaire de si grande importance; les vues éten
dues et les esperances qu'on avoit conçûës de chaque côté, d'obtenir de plus grands avantages , les ja- ·
lousies naturelles et les défiances que de tels principes
et des desseins contraires les uns aux autres , ont
fait naître parmi les differentes Puissances interessées avoit tenu en suspens et dans l'inéxécution ;
ce quela Cour d'Espagne avoit extrêmement àcœur,,
et avoit causé des troubles et des désordes qui ont
embarassé les affaires de l'Europe pendant plusieurs
années , et dans lesquels les interêts particuliers de
cette Nation ont été envelopez. ,
Vous avez été de temps en temps informez des :
differentes mesures et négociations qu'on a employées
de tous côtez durant cette situation incertaine des affaires , et vous m'avez mis en état de continuer
mes soins , pour conserver les droits et possessions .
de ce Royaume, la paix et la balance de l'Europe
Les articles préliminaires et les transactions qui les
ont suivies , n'ayant pas répondu aux attentes de la
Cour d'Espagne , et ayant causéde la froideur et du mécontentement entre les Parties contractantes di
premier Traité de Vienne , furent le fondement et là
cause du Traité de Séville , et détruisirent parla :
cette union , qui avoit fait naître tant de crainte et allarmé le monde si long- temps.
L'exécution du Traité de Séville étoit la grande
difficulté qui restoit encore ; et quelqu'insurmontable qu'on a crût,j'aipar lesecours etparlaconfiance que vous avez euë en moi , été en état de la vaincre par des Traitez justes et honorables , sans en
venir aux extrémitez , sans courir le hazard ni
m'exposer à la dépense qu'auroit causé une rupture··
générale , et sans allumer la guerre dans aucune
partie de l'Europe... Parme
JANVIER 1732: 167-
Parme et Plaisance sont à présent dans l'actuelle ·
possession de l'Infant Don Carlos. Six mille Espagnols ont été tranquillement reçus et mis en quar-.
tiers dans le Duché de Toscane , afin d'assurer à ce
Prince, du propre consentement et de l'agrément du Grand Duc, la survivance à ses Etats ; et l'on a:
fait une convention de famille entre les Cours d'Espagne et de Toscane , pour conserver la Paixet l'a
mitié entre ses deux Maisons pendant la vie du
Grand Duc.
Pour perfectionner et finir cet Ouvrage ennuyeux,
conduit au travers d'une suite de changement et de ·
vicissitude infinie , et embarassé de toutes les diffe .
rentes vûës d'interêts et d'ambition ; j'ay conclu le :
dernier Traité de Vienne , oùje ne suis entré dans ;
aucuns engagemens contraires aux précédens Trai
tez, ni qui tendent à agrandir ou diminuer lepouvoir ou le poids d'aucun Potentat ; le but n'étant, &
de conserver une juste balance et d'éviter la confusion que les nouveaux changemens et de nouveaux troubles , que les évenemens futurs feroient
naitre , causeroient inévitablement, et dans lesquels .
PAngleterre ne pourroit jamais demeurer tranquille
ni être spectatrice oisive.
que
Quandcela aura été bien consideréet qu'on verra
queles playes qui ont saigné long-temps , sont entierement consolidées ; les jalousies sans fondement cesseront , la paix et la bonne harmonie reviendront
ensemble , toute défiance et soupçon , effet naturel des
délais réitérez , artificieusement insinués et indus-..
trieusement augmentez et aggravez , seront éloignez ; une mutuelle satisfaction sera la conséquence
de la ponctuelle et effective exécution de tous nos
Engagemens , dont on se ressouviendra toujours
avec beaucoup d'égard et d'honneur pour la Couronne et pour cette Nation , et qui mettra ceux quiJu
13 MERCURE DE FRANCE
·
sont immédiatement intéressez , dans une obliga--
tion indispensable d'en avoir la reconnoissance que
P'honneur et la justice demandent.
MESSIEURS de la Chambre des
Communes ,
On remettra devant vous les estimations où l'é--
tat des dépenses pour le service de l'année courante , qui , comme vous le remarquerez, sont beau coup moins considérables que celles des années précédentes. C'est un plaisir pour moi de soulager mes :
Sujets quand le temps le permet , vous avez veu les
heureux effets de votre ancien zele et fermeté , le
succès a accompagné mes mesures et vous recueillez
le fruit de mes efforts et de votre confiance en moy.
C'est pour vous une satisfaction de sçavoir quetour
tes les dépenses que vous avez faites en dernier lieu,
sont amplement recompensées, en en évitant de beaucoup plus grandes.
MYLORDS ET MESSIEURS ,
Je mepromets que cette heureuse situation des affaires vous donnera des dispositions unanimes et un juste zele pour le bien public , telles qu'elles convien
nenta un Parlement qui connoit les grands bonheurs
dont il jouit. Le devoir et l'affection de mes Sujets ·
sont toute la reconnoissance queje désire pour l'amour paternel que j'ai pour eux , et pour l'interêt que
jeprends en tout ce qui les regarde.. Mon gouvernement n'a de sureté que dans -ce
qui peut contribuer également à votre bonheur et
ala protection de mon peuple , et votre prosperité n'a
de fondement que dans la défense et le soutien de
mon gouvernement. Notre sureté est mutuelle , nas
intérêts sont inséparables. ·
Le Roy étant sorti de la Chambre , les Sei
gneurs
JANVIER. 1732. 169
gneurs résolurent unanimement de présenter une
adresse à S M. pour le remercier de sa Harangue,
Les Communes retirées dans leur Chambre , y
prirent une semblable résolution.
Discours suivant.
MYLORDS ET MESSIEURS,
C'est un grand plaisir pour moi de pouvoir vous dire que les esperances que je vous ai données de
temps en temps , de voir la tranquillité de l'Europe rétablie et affermie , sont à present entierement
accomplies,je m'assure que la part du crédit et de
l'influence que la Couronne d'Angleterre a eue dans
La réussite de cette affaire , comme on le reconnoît au dehors , sera agréable à mon peuple , et que vous en aurez de la reconnoissance..
On sçait que depuis le temps de la conclusion,
de la Quadruple Alliance , les diferentes Cours de
l'Europe ont cherché les moyens d'exécuter ce qui
avoit été convenu par les Puissances principales pour la succession de Toscane , et des Duchez de
Parme et de Plaisance , en faveur d'un Infant
d'Espagne
2
18 MERCURE DE FRANCE
Espagne , mais les interets differens et opposez
difficiles à concilier et à réunir pour faire réussir
une affaire de si grande importance; les vues éten
dues et les esperances qu'on avoit conçûës de chaque côté, d'obtenir de plus grands avantages , les ja- ·
lousies naturelles et les défiances que de tels principes
et des desseins contraires les uns aux autres , ont
fait naître parmi les differentes Puissances interessées avoit tenu en suspens et dans l'inéxécution ;
ce quela Cour d'Espagne avoit extrêmement àcœur,,
et avoit causé des troubles et des désordes qui ont
embarassé les affaires de l'Europe pendant plusieurs
années , et dans lesquels les interêts particuliers de
cette Nation ont été envelopez. ,
Vous avez été de temps en temps informez des :
differentes mesures et négociations qu'on a employées
de tous côtez durant cette situation incertaine des affaires , et vous m'avez mis en état de continuer
mes soins , pour conserver les droits et possessions .
de ce Royaume, la paix et la balance de l'Europe
Les articles préliminaires et les transactions qui les
ont suivies , n'ayant pas répondu aux attentes de la
Cour d'Espagne , et ayant causéde la froideur et du mécontentement entre les Parties contractantes di
premier Traité de Vienne , furent le fondement et là
cause du Traité de Séville , et détruisirent parla :
cette union , qui avoit fait naître tant de crainte et allarmé le monde si long- temps.
L'exécution du Traité de Séville étoit la grande
difficulté qui restoit encore ; et quelqu'insurmontable qu'on a crût,j'aipar lesecours etparlaconfiance que vous avez euë en moi , été en état de la vaincre par des Traitez justes et honorables , sans en
venir aux extrémitez , sans courir le hazard ni
m'exposer à la dépense qu'auroit causé une rupture··
générale , et sans allumer la guerre dans aucune
partie de l'Europe... Parme
JANVIER 1732: 167-
Parme et Plaisance sont à présent dans l'actuelle ·
possession de l'Infant Don Carlos. Six mille Espagnols ont été tranquillement reçus et mis en quar-.
tiers dans le Duché de Toscane , afin d'assurer à ce
Prince, du propre consentement et de l'agrément du Grand Duc, la survivance à ses Etats ; et l'on a:
fait une convention de famille entre les Cours d'Espagne et de Toscane , pour conserver la Paixet l'a
mitié entre ses deux Maisons pendant la vie du
Grand Duc.
Pour perfectionner et finir cet Ouvrage ennuyeux,
conduit au travers d'une suite de changement et de ·
vicissitude infinie , et embarassé de toutes les diffe .
rentes vûës d'interêts et d'ambition ; j'ay conclu le :
dernier Traité de Vienne , oùje ne suis entré dans ;
aucuns engagemens contraires aux précédens Trai
tez, ni qui tendent à agrandir ou diminuer lepouvoir ou le poids d'aucun Potentat ; le but n'étant, &
de conserver une juste balance et d'éviter la confusion que les nouveaux changemens et de nouveaux troubles , que les évenemens futurs feroient
naitre , causeroient inévitablement, et dans lesquels .
PAngleterre ne pourroit jamais demeurer tranquille
ni être spectatrice oisive.
que
Quandcela aura été bien consideréet qu'on verra
queles playes qui ont saigné long-temps , sont entierement consolidées ; les jalousies sans fondement cesseront , la paix et la bonne harmonie reviendront
ensemble , toute défiance et soupçon , effet naturel des
délais réitérez , artificieusement insinués et indus-..
trieusement augmentez et aggravez , seront éloignez ; une mutuelle satisfaction sera la conséquence
de la ponctuelle et effective exécution de tous nos
Engagemens , dont on se ressouviendra toujours
avec beaucoup d'égard et d'honneur pour la Couronne et pour cette Nation , et qui mettra ceux quiJu
13 MERCURE DE FRANCE
·
sont immédiatement intéressez , dans une obliga--
tion indispensable d'en avoir la reconnoissance que
P'honneur et la justice demandent.
MESSIEURS de la Chambre des
Communes ,
On remettra devant vous les estimations où l'é--
tat des dépenses pour le service de l'année courante , qui , comme vous le remarquerez, sont beau coup moins considérables que celles des années précédentes. C'est un plaisir pour moi de soulager mes :
Sujets quand le temps le permet , vous avez veu les
heureux effets de votre ancien zele et fermeté , le
succès a accompagné mes mesures et vous recueillez
le fruit de mes efforts et de votre confiance en moy.
C'est pour vous une satisfaction de sçavoir quetour
tes les dépenses que vous avez faites en dernier lieu,
sont amplement recompensées, en en évitant de beaucoup plus grandes.
MYLORDS ET MESSIEURS ,
Je mepromets que cette heureuse situation des affaires vous donnera des dispositions unanimes et un juste zele pour le bien public , telles qu'elles convien
nenta un Parlement qui connoit les grands bonheurs
dont il jouit. Le devoir et l'affection de mes Sujets ·
sont toute la reconnoissance queje désire pour l'amour paternel que j'ai pour eux , et pour l'interêt que
jeprends en tout ce qui les regarde.. Mon gouvernement n'a de sureté que dans -ce
qui peut contribuer également à votre bonheur et
ala protection de mon peuple , et votre prosperité n'a
de fondement que dans la défense et le soutien de
mon gouvernement. Notre sureté est mutuelle , nas
intérêts sont inséparables. ·
Le Roy étant sorti de la Chambre , les Sei
gneurs
JANVIER. 1732. 169
gneurs résolurent unanimement de présenter une
adresse à S M. pour le remercier de sa Harangue,
Les Communes retirées dans leur Chambre , y
prirent une semblable résolution.
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Résumé : Discours du Roy au Parlement, &c. [titre d'après la table]
Le roi s'est rendu à la Chambre des Pairs pour ouvrir la séance du Parlement par un discours. Il a annoncé que les espoirs de rétablir la tranquillité en Europe étaient accomplis, mettant en avant le rôle de la Couronne d'Angleterre dans cette réussite. Depuis la Quadruple Alliance, les cours européennes cherchaient à exécuter les accords concernant la succession de la Toscane et des duchés de Parme et de Plaisance en faveur d'un infant d'Espagne. Cependant, les intérêts divergents et les défiances avaient retardé l'exécution de ces accords, causant des troubles en Europe. Le roi a mentionné les différentes mesures et négociations employées durant cette période incertaine, visant à conserver les droits et possessions du Royaume, ainsi que la paix et la balance en Europe. Les articles préliminaires et les transactions du premier Traité de Vienne n'ayant pas répondu aux attentes de la Cour d'Espagne, ils furent à l'origine du Traité de Séville. L'exécution de ce traité fut facilitée par des accords justes et honorables, évitant ainsi une rupture générale et une guerre en Europe. Parme et Plaisance sont désormais sous la possession de l'infant Don Carlos, et des Espagnols ont été installés en Toscane pour assurer la succession. Une convention de famille entre les cours d'Espagne et de Toscane a été conclue pour maintenir la paix et l'amitié. Le roi a conclu le dernier Traité de Vienne, visant à conserver une juste balance et à éviter de nouveaux troubles. Le roi a souligné que les dépenses pour l'année courante étaient moins considérables que les années précédentes, remerciant ses sujets pour leur zèle et leur confiance. Il a exprimé son désir de voir le Parlement uni et zélé pour le bien public, soulignant que la sécurité et la prospérité mutuelles dépendaient de la défense et du soutien réciproques. À la fin du discours, les seigneurs et les communes ont résolu de présenter une adresse au roi pour le remercier de sa harangue.
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5
p. 1232-1233
GRANDE BRETAGNE.
Mots clefs :
Grande-Bretagne, Chambre des communes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
A Compagnie de la Mer du Sud a reçû de- Seville la Scedule du Roy d'Espagne pour le
départ du Vaisseau qu'elle envoye tous les ans à
la Mer du Sud , et ce sera le Prince Guillaume ,
dont le nom est changé en celui de Royale Caroline , qui fera cette année le voyage ; on commencera incessamment à le charger , et il aura
pour Leste 80. Tonneaux de fer.
Le Comte d'Albemarle doit partir incessam- ment pour Gibraltar , où l'on envoyera dans peu
quelques Régimens de l'établissement d'Irlande
pour renforcer la Garnison de cette Place et de
celle de Port Mahon.
La Chambre des Communes ayant entendu le
rapport des affaires de la charitable corporation
et reconnu que plusieurs Commissaires , Assis- I. Vol tans
JUIN. 1732. 1233
tans ou Agens de cette Compagnie, avoient malversé, a passé un Bill , par lequel il est deffendu au Chevalier Rob. Sutton , au Chevalier Baronet
Archibard Grant , à M. Denis Bond et à plusieurs autres, de sortir du Royaume pendant l'espace d'un an , ou jusqu'à la fin de la prochaine
Session du Parlement , leur ordonnant de four--
nir un Etat de leurs Biens et de leurs Effets , avec
deffenses d'en rien aliéner sans permission. Ce
Bill ayant été porté à la Chambre des Pairs , on
en a fait les deux premieres lectures.
Le Chevalier Sutton a obtenu depuis de la
Chambre des Pairs , la permission de faire en-,
rendre ses Avocats pour sa justification , avant
que cette Chambre fit la derniere lecture du Bill ,
qui lui deffend de sortir du Royaume pendant un
an. It a communiqué aussi à la même Chambre
des Lettres de Rome, par lesquelles il a appris
qu'on y avoit arrêté et conduit au Château Saint
Ange , M. Jean Tompson , cy- devant Caissier
de la charitable Corporation , et qui s'étoit sauvé
d'Angleterre avec une grande quantité d'Effets ap
partenans à cette Compagnie.
La Chambre des Communes ayant lû depuis
la Traduction qu'elle a fait faire d'une Lettre da.
sieur Belloni , Banquier de Rome , contenant des
propositions faites par le même Jean Tompson ,
prisonnier à Rome, a déclaré que c'étoit un Libelle insolent et audacieux , tendant à en imposer au Parlement et à la Nation ; et comme tel 2
elle l'a condamné à être brulé p
A Compagnie de la Mer du Sud a reçû de- Seville la Scedule du Roy d'Espagne pour le
départ du Vaisseau qu'elle envoye tous les ans à
la Mer du Sud , et ce sera le Prince Guillaume ,
dont le nom est changé en celui de Royale Caroline , qui fera cette année le voyage ; on commencera incessamment à le charger , et il aura
pour Leste 80. Tonneaux de fer.
Le Comte d'Albemarle doit partir incessam- ment pour Gibraltar , où l'on envoyera dans peu
quelques Régimens de l'établissement d'Irlande
pour renforcer la Garnison de cette Place et de
celle de Port Mahon.
La Chambre des Communes ayant entendu le
rapport des affaires de la charitable corporation
et reconnu que plusieurs Commissaires , Assis- I. Vol tans
JUIN. 1732. 1233
tans ou Agens de cette Compagnie, avoient malversé, a passé un Bill , par lequel il est deffendu au Chevalier Rob. Sutton , au Chevalier Baronet
Archibard Grant , à M. Denis Bond et à plusieurs autres, de sortir du Royaume pendant l'espace d'un an , ou jusqu'à la fin de la prochaine
Session du Parlement , leur ordonnant de four--
nir un Etat de leurs Biens et de leurs Effets , avec
deffenses d'en rien aliéner sans permission. Ce
Bill ayant été porté à la Chambre des Pairs , on
en a fait les deux premieres lectures.
Le Chevalier Sutton a obtenu depuis de la
Chambre des Pairs , la permission de faire en-,
rendre ses Avocats pour sa justification , avant
que cette Chambre fit la derniere lecture du Bill ,
qui lui deffend de sortir du Royaume pendant un
an. It a communiqué aussi à la même Chambre
des Lettres de Rome, par lesquelles il a appris
qu'on y avoit arrêté et conduit au Château Saint
Ange , M. Jean Tompson , cy- devant Caissier
de la charitable Corporation , et qui s'étoit sauvé
d'Angleterre avec une grande quantité d'Effets ap
partenans à cette Compagnie.
La Chambre des Communes ayant lû depuis
la Traduction qu'elle a fait faire d'une Lettre da.
sieur Belloni , Banquier de Rome , contenant des
propositions faites par le même Jean Tompson ,
prisonnier à Rome, a déclaré que c'étoit un Libelle insolent et audacieux , tendant à en imposer au Parlement et à la Nation ; et comme tel 2
elle l'a condamné à être brulé p
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En juin 1732, la Compagnie de la Mer du Sud a reçu le calendrier du roi d'Espagne pour le départ annuel du vaisseau vers la Mer du Sud. Le vaisseau, nommé Prince Guillaume et rebaptisé Royale Caroline, transportera 80 tonneaux de fer. Le Comte d'Albemarle doit partir pour Gibraltar afin de renforcer les garnisons de Gibraltar et de Port Mahon avec des régiments d'Irlande. La Chambre des Communes a découvert des malversations impliquant plusieurs commissaires et agents de la charitable corporation. Un bill a été adopté, interdisant à des individus comme le Chevalier Robert Sutton, le Chevalier Archibald Grant et M. Denis Bond de quitter le Royaume pendant un an ou jusqu'à la fin de la prochaine session parlementaire. Ils doivent fournir un état de leurs biens et ne peuvent les aliéner sans permission. Ce bill a été lu deux fois à la Chambre des Pairs. Le Chevalier Sutton a obtenu la permission de présenter ses avocats pour sa justification avant la dernière lecture du bill. Il a également communiqué des lettres de Rome indiquant l'arrestation de M. Jean Tompson, ancien caissier de la charitable corporation, qui s'était enfui d'Angleterre avec des biens de la compagnie. La Chambre des Communes a condamné une lettre de M. Belloni, banquier de Rome, comme un libelle visant à tromper le Parlement et la Nation, et a ordonné sa destruction.
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6
p. 1420-1432
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 28. du mois dernier, le Vicomte de Mecklewaith et [...]
Mots clefs :
Grande-Bretagne, Chambre des communes, Chambre des pairs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
се
E 28. du mois dernier , le Vicomte de Mec- Lklewaith etAs Crowie, Avocat,se battirent.
>
en duel au haut du Parc S. James ; le Vicomte
ayant été desarmé avant qu'il y eut eu aucune
blessure de part et d'autre , leurs seconds les séparerent on dit que leur querelle procede de
quelques paroles lâchées par le Lord Mekletwaith
contre M.Crowle, lorsque celui-ci plaidoit sur la fin de l'année derniere une cause dans laquelle le
premier étoit interessé.
Le 12. de ce mois , le Roi se rendit à la Cham
bre des Pairs , et S. M. ayant mandé les Communes , fit aux Chambres le Discours suivant.
MILORDS ET MESSIEURS,
Comme vous avez expedié les affaires publiques
autant qu'il vous a étépossible , et quela saison est
déja fort avancée, Je crois vous faire plaisir de vous
procurer le moyen de vous retirer dans vos Provinces
enfaisant finir cette séance du Parlement. Il m'est
inutile de vous répresenter l'état et la situation heu- reuse des affaires publiques , tant au dehors qu'au
dedans du Royaume ; vous devez tous être sensibles
a ce qui aété negocié pour vous assurer lajoüissance
d'une Paix generale. Le consentement que les Etats.
II. Vol. Generaux
JUIN. 1732. 1437 Generaux ont donné au dernier Traité de Vienne,
a perfectionné l'établissement de la tranquillité publique , et paroît assurer l'execution fidelle des Traitez et Alliances faits entre les differens Princes et
Puissances de l'Europe , et comme il n'y a plus de
jalousie mal fondée et de vies d'ambition , le bonbeur et la tranquillité de ce Royaume en seront plus
assurez.
MESSIEURS DE LA CHAMBRE DES COMMUNES.
Je vous remercie de ce que vous avez pourvû à
ce qui est necessaire pour la deffense et pour la sen- reté de ce Royaume , etpour le service de l'année
courante. Je suis très-satisfait de ce que vous avez
cherché les moyens de lever les subsides necessaires
d'une maniere qui fût moins à charge à mon peuple;
et comme cela doit être agreable aux Provinces ,
vous serez engagez à suivre les mêmes vûës à l'avenir et à prendre les mêmes mesures.
MILORDS IT MESSIEURS ,
Comme je ne puis me dispenser de visiter cette
année mes Etats d'Allemagne , j'ai résolu de laisser la Reine Regente de ce Royaume pendant mon
absence, et je ne doute point que vous ne fassiez vos
`efforts pour lui rendre le Gouvernement aussi aisé,
que je suis persuadé qu'elle s'appliquera à mériter
vos devoirs et vos égards par une juste et prudente administration. Je vous recommande à tous dans vos
differens états , de vous étudier à procuer la conservation de la Paix et de la tranquillité dans ce
Royaume
Après ce Discours , le Lord- Chancelier , par
ordre du Roy, prorogea le Parlement jusqu'au
7. du mois d'Août prochain,
EL Vol.
Le • Hij
7432 MERCURE DE FRANCE
Le 14. le Roy , après avoir reçû sur son départ les Complimens des Seigneurs de sa Cour ,
se rendit en Chaise à Whitehall ; et ayant traversé la Riviere à Lambeth , S. M. monta dans
une Caleche , et fut escortée jusqu'à Greenwich ,
par un Détachement des Gardes du. Corps. Le Roy s'y embarqua en arrivant , sur le Yacht la
Caroline , où il dîna. Vers les cinq heures le
Yacht leva l'Ancre ; et comme il n'y avoit point
de vent , il se fit remorquer par des Bateaux jusqu'à Woolwich , où le vent se trouva contraire ,
ce qui fut cause que le Roy ne put aller cette
nuit- là que jusqu'à Long- Reach.
On a appris depuis de Scherneff , que le Roy
y avoit été retenu par les vents contraires jusqu'au 19. au matin , que son Escadre avoit mis
a la Voile pour la Hollande. On a appris depuis
que S. M. y avoit débarqué le 21 à 8. heures
du matin , que le 22 à minuit , elle étoit arrivée.
à Utrecht , d'où elle partit le 23. à 9. heures du
matin pour, Hanover ; elle arriva le lendemain
à trois heures après midi en bonne santé au Châ
teau d'Herrenhausen , où elle reçut les Complimens de la principale Noblesse.
Les dernieres Lettres de Londres , portent que
la Reine avoit dépêché un Courier à Hanover à
l'issue d'un Conseil extraordinaire qui fut tenu
le 28. de Juin , et le bruit court qu'il a été résolu dans ce Conseil , d'équiper une Escadre de 25.
Vaisseaux de ligne , sans comprendre les VaisseauxGarde- Côtes, et ceux qui ont escorté le Roy
dans son passage en Hollande.
се
E 28. du mois dernier , le Vicomte de Mec- Lklewaith etAs Crowie, Avocat,se battirent.
>
en duel au haut du Parc S. James ; le Vicomte
ayant été desarmé avant qu'il y eut eu aucune
blessure de part et d'autre , leurs seconds les séparerent on dit que leur querelle procede de
quelques paroles lâchées par le Lord Mekletwaith
contre M.Crowle, lorsque celui-ci plaidoit sur la fin de l'année derniere une cause dans laquelle le
premier étoit interessé.
Le 12. de ce mois , le Roi se rendit à la Cham
bre des Pairs , et S. M. ayant mandé les Communes , fit aux Chambres le Discours suivant.
MILORDS ET MESSIEURS,
Comme vous avez expedié les affaires publiques
autant qu'il vous a étépossible , et quela saison est
déja fort avancée, Je crois vous faire plaisir de vous
procurer le moyen de vous retirer dans vos Provinces
enfaisant finir cette séance du Parlement. Il m'est
inutile de vous répresenter l'état et la situation heu- reuse des affaires publiques , tant au dehors qu'au
dedans du Royaume ; vous devez tous être sensibles
a ce qui aété negocié pour vous assurer lajoüissance
d'une Paix generale. Le consentement que les Etats.
II. Vol. Generaux
JUIN. 1732. 1437 Generaux ont donné au dernier Traité de Vienne,
a perfectionné l'établissement de la tranquillité publique , et paroît assurer l'execution fidelle des Traitez et Alliances faits entre les differens Princes et
Puissances de l'Europe , et comme il n'y a plus de
jalousie mal fondée et de vies d'ambition , le bonbeur et la tranquillité de ce Royaume en seront plus
assurez.
MESSIEURS DE LA CHAMBRE DES COMMUNES.
Je vous remercie de ce que vous avez pourvû à
ce qui est necessaire pour la deffense et pour la sen- reté de ce Royaume , etpour le service de l'année
courante. Je suis très-satisfait de ce que vous avez
cherché les moyens de lever les subsides necessaires
d'une maniere qui fût moins à charge à mon peuple;
et comme cela doit être agreable aux Provinces ,
vous serez engagez à suivre les mêmes vûës à l'avenir et à prendre les mêmes mesures.
MILORDS IT MESSIEURS ,
Comme je ne puis me dispenser de visiter cette
année mes Etats d'Allemagne , j'ai résolu de laisser la Reine Regente de ce Royaume pendant mon
absence, et je ne doute point que vous ne fassiez vos
`efforts pour lui rendre le Gouvernement aussi aisé,
que je suis persuadé qu'elle s'appliquera à mériter
vos devoirs et vos égards par une juste et prudente administration. Je vous recommande à tous dans vos
differens états , de vous étudier à procuer la conservation de la Paix et de la tranquillité dans ce
Royaume
Après ce Discours , le Lord- Chancelier , par
ordre du Roy, prorogea le Parlement jusqu'au
7. du mois d'Août prochain,
EL Vol.
Le • Hij
7432 MERCURE DE FRANCE
Le 14. le Roy , après avoir reçû sur son départ les Complimens des Seigneurs de sa Cour ,
se rendit en Chaise à Whitehall ; et ayant traversé la Riviere à Lambeth , S. M. monta dans
une Caleche , et fut escortée jusqu'à Greenwich ,
par un Détachement des Gardes du. Corps. Le Roy s'y embarqua en arrivant , sur le Yacht la
Caroline , où il dîna. Vers les cinq heures le
Yacht leva l'Ancre ; et comme il n'y avoit point
de vent , il se fit remorquer par des Bateaux jusqu'à Woolwich , où le vent se trouva contraire ,
ce qui fut cause que le Roy ne put aller cette
nuit- là que jusqu'à Long- Reach.
On a appris depuis de Scherneff , que le Roy
y avoit été retenu par les vents contraires jusqu'au 19. au matin , que son Escadre avoit mis
a la Voile pour la Hollande. On a appris depuis
que S. M. y avoit débarqué le 21 à 8. heures
du matin , que le 22 à minuit , elle étoit arrivée.
à Utrecht , d'où elle partit le 23. à 9. heures du
matin pour, Hanover ; elle arriva le lendemain
à trois heures après midi en bonne santé au Châ
teau d'Herrenhausen , où elle reçut les Complimens de la principale Noblesse.
Les dernieres Lettres de Londres , portent que
la Reine avoit dépêché un Courier à Hanover à
l'issue d'un Conseil extraordinaire qui fut tenu
le 28. de Juin , et le bruit court qu'il a été résolu dans ce Conseil , d'équiper une Escadre de 25.
Vaisseaux de ligne , sans comprendre les VaisseauxGarde- Côtes, et ceux qui ont escorté le Roy
dans son passage en Hollande.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 28 du mois précédent, le Vicomte de Mekletwaith et M. Crowie, Avocat, se battirent en duel au haut du Parc S. James. Le duel fut interrompu avant toute blessure, les seconds séparant les duelistes. La querelle provenait de paroles prononcées par Lord Mekletwaith contre M. Crowie lors d'un procès. Le 12 du mois en cours, le Roi se rendit à la Chambre des Pairs et convoqua les Communes. Il annonça la fin de la session parlementaire, soulignant la situation favorable des affaires publiques et la paix générale assurée par le Traité de Vienne. Le Roi exprima sa satisfaction quant aux mesures prises pour la défense du Royaume et la levée des subsides nécessaires. Il annonça également son départ pour visiter ses États d'Allemagne, laissant la Reine régente pendant son absence. Après ce discours, le Lord-Chancelier prorogea le Parlement jusqu'au 7 août. Le 14, le Roi quitta Londres pour Greenwich, où il s'embarqua sur le yacht la Caroline. En raison des vents contraires, il fut retardé à Scherneff jusqu'au 19, date à laquelle il mit voile pour la Hollande. Il débarqua le 21 à Utrecht, arriva à Hanover le 23, et fut accueilli au Château d'Herrenhausen. Des lettres de Londres mentionnent qu'un conseil extraordinaire fut tenu le 28 juin, durant lequel il fut décidé d'équiper une escadre de 25 vaisseaux de ligne.
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7
p. 154-156
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 27 de ce mois, vers les deux heures après midi, le Roi se rendit à la Chambre des [...]
Mots clefs :
Roi, Chambre des communes, Bien public, Subsides, Bonheur, Affaires publiques
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
' -E a7 de ce mois ,' vers les deux heures après
midi, le Roi se rendit â. la Chambre des
Pairs avec les cerémonies aecoûtumées ; et S. M.
ayant mandé les Communes, fit le Discours sui
vant, , . .
Mylorals et Mëssieurs , je ressens une grande sa-J
s-Ïtisfaetion de ce ue la situation présente des
sa alÏairesJant au-de ans qu’au dehors du Royau.
., me , ne me donne diantre’ raison de vous as
assembler aujourrPhui quefexpédition des afä
n faires
JANVIER.‘ 1733. i”.
le faires publiques et l'envie de trouver une.ocä
a casion de recevoir vos avis sur les affaires qui
o: pourront se présenter , et qui demanderont
a Pattention et la considération du Parle
p ment.
Messieurs de I4 Chambre des Communesÿ Ie
adonnerai ordre de préparer et de remettre de
n vaut vous l’Etat de la dépense pour le service
n de Pannée courante: je ne doute point que
avons ne leviez eflîcacement les subsides que
h vous jugerez nécessaires pour Phonneur , l1
u sûreté et la défense du Royaume avec le même
a empressement que j’ai toujours éprouvé en
p vous , et: je ne puis m’empêcher de vous re
o» commander comme une considération digne
u de la Chambre des Communes de la Grande
» Bretagne , de prendre dans vos délibérations ,
æ soit en levant les subsides annuels, soit en dis
uttibuant les revenus publics , les mesures que
n vous croirez les plus capables de contribuer au.
s; soulagement présent et futur de ceux que voue
u représentez. '
‘Mylam’: et Messieurs. Vous devez être con-é
avaincus combien il est à souhaiter que vous
o; travailliez avec le plus de diligence qu’il sera
n possible aux affaires publiques , et que rien ne
a: donnera plus de poids et de crédit à vos déli
.21 bérations , que le soin avec lequel vous éviterez
se des animositez et des emportemens déraison
nnables , et l'attention que vous aurez de vous
a: occuper constamment du veritable interêt de
a: votre Patrie, sansvvous. laisser détourner de
uCCt objet par aucun prétexte , quelque spéeieu;
- s3 qu’il partit. Qre cela soit donc votre premier’
a) et_ prmcipalsoin , et le peuple sera sensible aux
wavanzages qu'il recevra de la sagesse et de læ‘
_ _ . H l} l) fCÎo
‘_
,
152M ERCURE m: FRANCE.‘
s, fermeté qui vous feront préfèrer son soulage:
a. ment et le bien public a toutes autres coustdég‘
v: rations. .
ce Discours fut prononcéau nom du Roi par
le Lord Raymond , chef de Justice de la Cou:
du Banc du Roi’, â cause de Pindisposition du
Grand-Chancelier. Après que le Roi se fut reti
xé , les Seigneurs résolurent de présenter une
Adresse à S. M, pour la remercier de sa Haran
gue , pour ICCODBOÎIÏC la bonté que le Roi avoir
cuë de témoigner tant d’envie de recevoir leurs
avis sur les matieres qui demanderoient Parten
tion du Parlement, et pour assûrar S. M. que la
Chambre expediera les affaires publiques le plus
promptement qu’il se pourra , ce travaillera avec
autant de sagesse quede zele sur tout ce qui in
teressera le bonheur du peuple et le bien public.
La Chambre des Communes résoluraussi de préc
semer une Adresse à S. M. pour la remercier de
sa Haranguc , pour témoigner leur satisfaction
de la situation présente des affaires , tant au-de...
dans qtÿau dehors du Royaume, et pour Passûv‘
ree du zele avec lequel elle entreroit dans toutes
les vuës de S. M. et se couformeroit à ce qu'elle
lui avoit recommandé. a
- Le les Seigneurs allerent présenterleurAdt-csè
se au Rol qui leur répondit ;
ytYLozeDs,
u je‘ vous remercie de cette respectueuse et 5-‘
en dele Adresse. Comme le bonheur de mon peu
vple et Febien public ont toujours été mon pring’
‘ucipal objet, le zcle que vous me témoignez d'y
’° contribuer , ne peut nfêrre que très-agréable ,
>°et il vous asslîre de plus en Plus ma faveur et
“m; ‘protection,
' -E a7 de ce mois ,' vers les deux heures après
midi, le Roi se rendit â. la Chambre des
Pairs avec les cerémonies aecoûtumées ; et S. M.
ayant mandé les Communes, fit le Discours sui
vant, , . .
Mylorals et Mëssieurs , je ressens une grande sa-J
s-Ïtisfaetion de ce ue la situation présente des
sa alÏairesJant au-de ans qu’au dehors du Royau.
., me , ne me donne diantre’ raison de vous as
assembler aujourrPhui quefexpédition des afä
n faires
JANVIER.‘ 1733. i”.
le faires publiques et l'envie de trouver une.ocä
a casion de recevoir vos avis sur les affaires qui
o: pourront se présenter , et qui demanderont
a Pattention et la considération du Parle
p ment.
Messieurs de I4 Chambre des Communesÿ Ie
adonnerai ordre de préparer et de remettre de
n vaut vous l’Etat de la dépense pour le service
n de Pannée courante: je ne doute point que
avons ne leviez eflîcacement les subsides que
h vous jugerez nécessaires pour Phonneur , l1
u sûreté et la défense du Royaume avec le même
a empressement que j’ai toujours éprouvé en
p vous , et: je ne puis m’empêcher de vous re
o» commander comme une considération digne
u de la Chambre des Communes de la Grande
» Bretagne , de prendre dans vos délibérations ,
æ soit en levant les subsides annuels, soit en dis
uttibuant les revenus publics , les mesures que
n vous croirez les plus capables de contribuer au.
s; soulagement présent et futur de ceux que voue
u représentez. '
‘Mylam’: et Messieurs. Vous devez être con-é
avaincus combien il est à souhaiter que vous
o; travailliez avec le plus de diligence qu’il sera
n possible aux affaires publiques , et que rien ne
a: donnera plus de poids et de crédit à vos déli
.21 bérations , que le soin avec lequel vous éviterez
se des animositez et des emportemens déraison
nnables , et l'attention que vous aurez de vous
a: occuper constamment du veritable interêt de
a: votre Patrie, sansvvous. laisser détourner de
uCCt objet par aucun prétexte , quelque spéeieu;
- s3 qu’il partit. Qre cela soit donc votre premier’
a) et_ prmcipalsoin , et le peuple sera sensible aux
wavanzages qu'il recevra de la sagesse et de læ‘
_ _ . H l} l) fCÎo
‘_
,
152M ERCURE m: FRANCE.‘
s, fermeté qui vous feront préfèrer son soulage:
a. ment et le bien public a toutes autres coustdég‘
v: rations. .
ce Discours fut prononcéau nom du Roi par
le Lord Raymond , chef de Justice de la Cou:
du Banc du Roi’, â cause de Pindisposition du
Grand-Chancelier. Après que le Roi se fut reti
xé , les Seigneurs résolurent de présenter une
Adresse à S. M, pour la remercier de sa Haran
gue , pour ICCODBOÎIÏC la bonté que le Roi avoir
cuë de témoigner tant d’envie de recevoir leurs
avis sur les matieres qui demanderoient Parten
tion du Parlement, et pour assûrar S. M. que la
Chambre expediera les affaires publiques le plus
promptement qu’il se pourra , ce travaillera avec
autant de sagesse quede zele sur tout ce qui in
teressera le bonheur du peuple et le bien public.
La Chambre des Communes résoluraussi de préc
semer une Adresse à S. M. pour la remercier de
sa Haranguc , pour témoigner leur satisfaction
de la situation présente des affaires , tant au-de...
dans qtÿau dehors du Royaume, et pour Passûv‘
ree du zele avec lequel elle entreroit dans toutes
les vuës de S. M. et se couformeroit à ce qu'elle
lui avoit recommandé. a
- Le les Seigneurs allerent présenterleurAdt-csè
se au Rol qui leur répondit ;
ytYLozeDs,
u je‘ vous remercie de cette respectueuse et 5-‘
en dele Adresse. Comme le bonheur de mon peu
vple et Febien public ont toujours été mon pring’
‘ucipal objet, le zcle que vous me témoignez d'y
’° contribuer , ne peut nfêrre que très-agréable ,
>°et il vous asslîre de plus en Plus ma faveur et
“m; ‘protection,
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 7 janvier 1733, le roi de Grande-Bretagne s'adressa à la Chambre des Pairs et convoqua les Communes. Il exprima sa satisfaction quant à la situation intérieure et extérieure du royaume et sollicita les avis du Parlement sur les affaires futures. Le roi demanda à la Chambre des Communes de préparer un état des dépenses pour l'année en cours et d'obtenir les subsides nécessaires pour l'honneur, la sûreté et la défense du royaume, tout en soulageant le peuple. Il encouragea les députés à travailler avec diligence et à éviter les animosités, en se concentrant sur l'intérêt de la patrie. Le discours fut prononcé par le Lord Raymond en raison de l'indisposition du Grand-Chancelier. Après le discours, les Seigneurs et la Chambre des Communes résolurent de présenter des adresses au roi pour le remercier et assurer de leur zèle à expédier les affaires publiques promptement et avec sagesse. Le roi répondit en remerciant les Seigneurs et en exprimant son agrément face à leur zèle pour le bonheur du peuple et le bien public.
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8
p. 382-383
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 29 du mois dernier, la Chambre des Communes alla présenter son adresse au Roy, qui [...]
Mots clefs :
Dépense, Chambre des communes, Subside, Livres sterling
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
E 29 du mois dernier , la Chambre des Com
nunes alla présenter son adresse au Roy , qui
y répondit en ces termes :
MESSIEURS ,
Je vous remercie des respectueuses assurances.
que vous me donnez de votre zéle et de votre affection
pour moi. La résolution où vous êtes de
prendre dans vos délibérations les mesures qui
contribueront le plus au bonheur et au veritable
interêt de tous mes Sujets , m'est tres-agréable , et
je ne doute point que de si bonnes intentions ne
vous procurent la bonne opinion et l'estime de mon
Peuple.
Le rapport de cette réponse ayant été fait à la
Chambre , elle résolut d'accorder un subside au
Roy , et de supplier S. M. de lui faire remettre
les Etats de la dépense de l'année courante .
Le 9 de ce mois , la Chambre des Communes
en grand Comité , résolut d'accorder 8000 hommes
au Roy , pour le service de la Flote , pendant
le courant de cette année , et de lui fournir
un subside de 416000 livres Sterlin , pour
cette dépense .
Le
FEVRIER. 1733. 383
•
et
Le 13 , la même Chambre accorda à S. M.
17709 hommes pour les Gardes et. Garnisons
dans le Royaume , et dans les Isles de Jersey et
de Guernesey , y compris les 1815 Invalides ,
es 55 hommes , qui forment les six Companies
indépendantes , employez contre les Montagnards
d'Ecosse . Elle accorda en même-temps,
pour l'entretien de ces Troupes , un subside de
653216 liv. Sterlin , un autre subside de 77816
liv . Sterlin , pour la dépense de l'Artillerie , et une
somme de 1375 liv. Sterlin , pour quelqu'autre
dépense extraordinaire , ausquelles le Parlement
n'avoit pas pourvû dans la derniere Session .
Le 12 , vers les heures du matin , le feu prit ,
dans le Faubourg de Southwark , à un Magazin
de Goudron , qui fut entierement consumé par
les flammes ; quatorze Maisons voisines furent
réduites en cendres , et plusieurs autres fort en
dommagées.
E 29 du mois dernier , la Chambre des Com
nunes alla présenter son adresse au Roy , qui
y répondit en ces termes :
MESSIEURS ,
Je vous remercie des respectueuses assurances.
que vous me donnez de votre zéle et de votre affection
pour moi. La résolution où vous êtes de
prendre dans vos délibérations les mesures qui
contribueront le plus au bonheur et au veritable
interêt de tous mes Sujets , m'est tres-agréable , et
je ne doute point que de si bonnes intentions ne
vous procurent la bonne opinion et l'estime de mon
Peuple.
Le rapport de cette réponse ayant été fait à la
Chambre , elle résolut d'accorder un subside au
Roy , et de supplier S. M. de lui faire remettre
les Etats de la dépense de l'année courante .
Le 9 de ce mois , la Chambre des Communes
en grand Comité , résolut d'accorder 8000 hommes
au Roy , pour le service de la Flote , pendant
le courant de cette année , et de lui fournir
un subside de 416000 livres Sterlin , pour
cette dépense .
Le
FEVRIER. 1733. 383
•
et
Le 13 , la même Chambre accorda à S. M.
17709 hommes pour les Gardes et. Garnisons
dans le Royaume , et dans les Isles de Jersey et
de Guernesey , y compris les 1815 Invalides ,
es 55 hommes , qui forment les six Companies
indépendantes , employez contre les Montagnards
d'Ecosse . Elle accorda en même-temps,
pour l'entretien de ces Troupes , un subside de
653216 liv. Sterlin , un autre subside de 77816
liv . Sterlin , pour la dépense de l'Artillerie , et une
somme de 1375 liv. Sterlin , pour quelqu'autre
dépense extraordinaire , ausquelles le Parlement
n'avoit pas pourvû dans la derniere Session .
Le 12 , vers les heures du matin , le feu prit ,
dans le Faubourg de Southwark , à un Magazin
de Goudron , qui fut entierement consumé par
les flammes ; quatorze Maisons voisines furent
réduites en cendres , et plusieurs autres fort en
dommagées.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 29 du mois précédent, la Chambre des Communes de Grande-Bretagne a adressé une pétition au roi, qui a exprimé sa gratitude pour leur zèle et leur affection. Le roi a salué leur résolution de prendre des mesures pour le bonheur et l'intérêt de ses sujets. En réponse, la Chambre des Communes a décidé d'accorder un subside au roi et de demander les états de la dépense de l'année courante. Le 9 février 1733, elle a résolu d'accorder 8 000 hommes pour le service de la flotte et un subside de 416 000 livres sterling. Le 13 février, elle a alloué 17 709 hommes pour les gardes et garnisons dans le royaume et les îles de Jersey et de Guernesey, incluant 1 815 invalides et 55 hommes contre les montagnards d'Écosse. Un subside de 653 216 livres sterling a été alloué pour l'entretien de ces troupes, 77 816 livres sterling pour l'artillerie, et 1 375 livres sterling pour d'autres dépenses extraordinaires. Le 12 février, un incendie a détruit un magasin de goudron dans le faubourg de Southwark, consumant quatorze maisons voisines et endommageant plusieurs autres.
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9
p. 594
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 20. Février, la Chambre des Communes en grand Comité, résolut d'accorder au [...]
Mots clefs :
Chambre des communes, Gardes, Garnisons, Négociants en diamants
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
E 20. Février , la Chambre des Communes
en grand Comité , résolut d'accorder au
Roy la somme de 164835. livres sterlin pour
Pentretien des Gardes et Garnisons dans les Plantations
, à Minorque , à Gibraltar , à Annapolis
Royale , et a Plaisance pendant l'année 1733 .
25128. liv. sterl. pour les Pensionnaires externes
de Chelsea ; 10000. livres sterl. pour l'Hôpital
de Greenwich , et 7256. pour quelques dépenses
extraordinaires ausquelles le Parlement n'avoit
pas encore pourvû.
Dans l'Assemblée que les Commissaires de
PAmirauté tinrent le 26. du mois dernier , il a
été reglé qu'on équiperoit 13. Vaisseaux Gardes-
Côtes , et que le Contre- Amiral Stewart en auroit
le commandement.
La Chambre des Communes , sur une Requête
des Négocians en Diamans , a résolu en grand
Comité , qu'à l'avenir les Diamans et les autres
Pierres précieuses ne payeroient aucun droit d'entrée
ni de sortie dans tous les Ports de la domimarion
de la Grande- Bretagne.
E 20. Février , la Chambre des Communes
en grand Comité , résolut d'accorder au
Roy la somme de 164835. livres sterlin pour
Pentretien des Gardes et Garnisons dans les Plantations
, à Minorque , à Gibraltar , à Annapolis
Royale , et a Plaisance pendant l'année 1733 .
25128. liv. sterl. pour les Pensionnaires externes
de Chelsea ; 10000. livres sterl. pour l'Hôpital
de Greenwich , et 7256. pour quelques dépenses
extraordinaires ausquelles le Parlement n'avoit
pas encore pourvû.
Dans l'Assemblée que les Commissaires de
PAmirauté tinrent le 26. du mois dernier , il a
été reglé qu'on équiperoit 13. Vaisseaux Gardes-
Côtes , et que le Contre- Amiral Stewart en auroit
le commandement.
La Chambre des Communes , sur une Requête
des Négocians en Diamans , a résolu en grand
Comité , qu'à l'avenir les Diamans et les autres
Pierres précieuses ne payeroient aucun droit d'entrée
ni de sortie dans tous les Ports de la domimarion
de la Grande- Bretagne.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 20 février, la Chambre des Communes a alloué 164 835 livres sterling pour les gardes et garnisons dans les colonies et divers postes. Elle a également attribué 25 128 livres sterling aux pensionnaires de Chelsea, 10 000 livres sterling à l'Hôpital de Greenwich et 7 256 livres sterling pour des dépenses extraordinaires. Les Commissaires de l'Amirauté ont décidé d'équiper 13 vaisseaux gardes-côtes. Les diamants et pierres précieuses sont exemptés de droits dans les ports britanniques.
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10
p. 1020-1023
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 23 du mois dernier, on délibera dans la Chambre des Communes, si on feroit une [...]
Mots clefs :
Chambre des communes, Membres, Parlement, Bill, Ville, Londres, Westminster
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE .
du mois dernier , on délibera dans la
Chambre des Communes , si on feroit une
seconde lecture du Bill, présenté le 17 à la Chambre
le Chevalier Charles Turner , pour établir
un nouveau Droit sur le Tabac , et d'un
autre Bill pour augmenter les impositions sur
le Vin et sur les Liqueurs fortes , et pour
changer la maniere de les percevoir : plusieurs
Membres insisterent pour que ces deux
Bills fussent rejettés. , et il fut résolu qu'on en
renverroit la lecture au 12 de Juin. Le soir , le
peuple ayant appris cette résolution , donna des
démonstrations de sa joye : on sonna les Cloches
, et la plupart des maisons de la Ville de
LonMAY.
1021 1733.
2
2
>
Condres furent illuminées : divers Membres du '
Parlement soupçonnez d'approuver les deux
ills proposez farent insultez par la populace en
etournant chez eux , et l'on brûla dans diffe-
S entes Places publiques , des figures de paille
usquelles ils avoient mis un cordon bleu en
charpe , tel que le portoient les Chevaliers de
Ordre de la Jarretiere. Le lendemain , sur les
plaintes qui furent portées à la Chambre par
eux de ses Membres qui avoient été insultés
t sur les remontrances qui lui furent faites
qu'il étoit de dangereuse conséquence de souffrir
que le peuple s'assemblat tumultueusement
autour de Westminster pendant les séances de
fa Chambre , elle déclara qu'attaquer ou menacer
un de ses Membres au sujet de sa conduite
dans le Parlement , et former des assemblées tumultueuses
pour faire passer un Bill , ou pour
empêcher qu'il ne passat , c'étoit violer les
droits du Parlement , donner atteinte à sa liberté
, et par conséquent désobéir à une des
plus anciennes et des plus importantes Loix de
l'Etat il fut ordonné que les Membres qui représentent
dans la Chambre la Ville de Londres
, le Comté de Middlesex et la Ville de
Westminster , signifieroient cette déclaration au
Lord Maire de Londres , au Sheriff de Middlesex
, et au Grand Bailly de Westminster , et
leur enjoindroient de la part de la Chambre , de
faire punir les Refractaires selon toute la ri
gueur
des Loix ,
ཌ་ ་
La nouvelle de la résolution prise par la
Chambre des Communes le 23 du mois dernier
au sujet de ce Bill concernant le Tabac , &c . a
été reçue par les habitans des Provinces ,
es inêmes démonstrations de joye que par ceux
avec
de
1022 MERCURE DE FRANCE
de la Ville de Londres. Dans les Villes principales
on a sonné les Cloches , et il y a eu des
feux et des illuminations. Le Conseil Commun
de Londres a fait remercier le Lord Maire , les
Aldermans et les Sheriffs , des soins qu'ils se
sont donnez pour que la Chambre reçût à tems
la Requête qu'ils avoient été chargez de lui présenter.
Il a fait aussi remercier Mrs François
Child , Jean Williams , et Geo . Caswell , Membres
du Parlement pour cette Ville , de la fermeté
avec laquelle ils se sont opposez aux deux
Bills présentez . Tous les Membres du Parlement
qui ont opiné pour qu'on les rejettat
ou pour qu'on en renvoyat la lecture , ont reçû
des complimens de la part des Villes qu'ils représentent
dans la Chambre.
Le 30 du mois dernier , la Chambre des
Communes délibera en grand Comité sur un
Bill pour empêcher les Mariages clandestins ,
et il fut resolu qu'à l'avenir il ne poarra se faire
aucun Mariage , si les Parties ne donnent une
déclaration affirmée par serment , et signée
de l'une des deux , portant leur âge , leur condition
, et leur demeure : qu'elles s'engageront
par un Acte public à payer une amende pour
laquelle elles seront poursuivies en justice , s'il
paroît dans la suite qu'elles ayent donné une
fausse déclaration ; qu'on ne délivrera point de
permissions de Mariage aux personnes qui ne
sont pas en âge de contracter , si elles n apportent
un consentement de leurs Parens et de
leurs Curateurs , et que le droit de marier sera
interdit à tout Ministre qui sera en prison. Mais
l'Article portant deffenses de délivrer aucune
permission de mariage aux personnes qui ne
sont pas en âge de contracter , si elles n'apporzent
MAY.
1023 1733
ent un consentement de leurs Parens et de
leurs Curateurs , a été rejetté à la pluralité des
voix.
Le Roi enverra dans peu un Messager au Parlement,
pour demander qu'il soit pourvû à la dot
de la Princesse Royale , et on compte que cette
dot sera de cent mille liv. sterl . d'argent comptant
, et de 10000. sterl. par an .
du mois dernier , on délibera dans la
Chambre des Communes , si on feroit une
seconde lecture du Bill, présenté le 17 à la Chambre
le Chevalier Charles Turner , pour établir
un nouveau Droit sur le Tabac , et d'un
autre Bill pour augmenter les impositions sur
le Vin et sur les Liqueurs fortes , et pour
changer la maniere de les percevoir : plusieurs
Membres insisterent pour que ces deux
Bills fussent rejettés. , et il fut résolu qu'on en
renverroit la lecture au 12 de Juin. Le soir , le
peuple ayant appris cette résolution , donna des
démonstrations de sa joye : on sonna les Cloches
, et la plupart des maisons de la Ville de
LonMAY.
1021 1733.
2
2
>
Condres furent illuminées : divers Membres du '
Parlement soupçonnez d'approuver les deux
ills proposez farent insultez par la populace en
etournant chez eux , et l'on brûla dans diffe-
S entes Places publiques , des figures de paille
usquelles ils avoient mis un cordon bleu en
charpe , tel que le portoient les Chevaliers de
Ordre de la Jarretiere. Le lendemain , sur les
plaintes qui furent portées à la Chambre par
eux de ses Membres qui avoient été insultés
t sur les remontrances qui lui furent faites
qu'il étoit de dangereuse conséquence de souffrir
que le peuple s'assemblat tumultueusement
autour de Westminster pendant les séances de
fa Chambre , elle déclara qu'attaquer ou menacer
un de ses Membres au sujet de sa conduite
dans le Parlement , et former des assemblées tumultueuses
pour faire passer un Bill , ou pour
empêcher qu'il ne passat , c'étoit violer les
droits du Parlement , donner atteinte à sa liberté
, et par conséquent désobéir à une des
plus anciennes et des plus importantes Loix de
l'Etat il fut ordonné que les Membres qui représentent
dans la Chambre la Ville de Londres
, le Comté de Middlesex et la Ville de
Westminster , signifieroient cette déclaration au
Lord Maire de Londres , au Sheriff de Middlesex
, et au Grand Bailly de Westminster , et
leur enjoindroient de la part de la Chambre , de
faire punir les Refractaires selon toute la ri
gueur
des Loix ,
ཌ་ ་
La nouvelle de la résolution prise par la
Chambre des Communes le 23 du mois dernier
au sujet de ce Bill concernant le Tabac , &c . a
été reçue par les habitans des Provinces ,
es inêmes démonstrations de joye que par ceux
avec
de
1022 MERCURE DE FRANCE
de la Ville de Londres. Dans les Villes principales
on a sonné les Cloches , et il y a eu des
feux et des illuminations. Le Conseil Commun
de Londres a fait remercier le Lord Maire , les
Aldermans et les Sheriffs , des soins qu'ils se
sont donnez pour que la Chambre reçût à tems
la Requête qu'ils avoient été chargez de lui présenter.
Il a fait aussi remercier Mrs François
Child , Jean Williams , et Geo . Caswell , Membres
du Parlement pour cette Ville , de la fermeté
avec laquelle ils se sont opposez aux deux
Bills présentez . Tous les Membres du Parlement
qui ont opiné pour qu'on les rejettat
ou pour qu'on en renvoyat la lecture , ont reçû
des complimens de la part des Villes qu'ils représentent
dans la Chambre.
Le 30 du mois dernier , la Chambre des
Communes délibera en grand Comité sur un
Bill pour empêcher les Mariages clandestins ,
et il fut resolu qu'à l'avenir il ne poarra se faire
aucun Mariage , si les Parties ne donnent une
déclaration affirmée par serment , et signée
de l'une des deux , portant leur âge , leur condition
, et leur demeure : qu'elles s'engageront
par un Acte public à payer une amende pour
laquelle elles seront poursuivies en justice , s'il
paroît dans la suite qu'elles ayent donné une
fausse déclaration ; qu'on ne délivrera point de
permissions de Mariage aux personnes qui ne
sont pas en âge de contracter , si elles n apportent
un consentement de leurs Parens et de
leurs Curateurs , et que le droit de marier sera
interdit à tout Ministre qui sera en prison. Mais
l'Article portant deffenses de délivrer aucune
permission de mariage aux personnes qui ne
sont pas en âge de contracter , si elles n'apporzent
MAY.
1023 1733
ent un consentement de leurs Parens et de
leurs Curateurs , a été rejetté à la pluralité des
voix.
Le Roi enverra dans peu un Messager au Parlement,
pour demander qu'il soit pourvû à la dot
de la Princesse Royale , et on compte que cette
dot sera de cent mille liv. sterl . d'argent comptant
, et de 10000. sterl. par an .
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En Grande-Bretagne, la Chambre des Communes a examiné deux projets de loi. Le premier visait à instaurer un nouveau droit sur le tabac, et le second à augmenter les taxes sur le vin et les liqueurs fortes. Plusieurs membres ont plaidé pour le rejet de ces projets, et il a été décidé de reporter leur lecture au 12 juin. La population londonienne a manifesté sa satisfaction par des démonstrations, des illuminations et des insultes envers certains parlementaires. La Chambre a condamné toute attaque ou menace contre ses membres et a ordonné aux représentants de Londres, Middlesex et Westminster de punir les perturbateurs selon la loi. La résolution de la Chambre a été accueillie avec joie dans les provinces, où des cloches ont sonné et des illuminations ont eu lieu. Le Conseil Commun de Londres a remercié les autorités et les membres du Parlement ayant s'opposé aux projets de loi. Le 30 du mois précédent, la Chambre des Communes a discuté d'un projet de loi visant à empêcher les mariages clandestins. Ce projet stipule que les mariages nécessitent une déclaration signée par l'une des parties, indiquant leur âge, condition et domicile. Les mariages des mineurs nécessitent le consentement de leurs parents et tuteurs, et les ministres en prison sont interdits de célébrer des mariages. Cependant, l'article sur le consentement des parents a été rejeté par la majorité des voix. Le Roi enverra prochainement un messager au Parlement pour demander de pourvoir à la dot de la Princesse Royale, estimée à cent mille livres sterling en argent comptant et dix mille livres sterling par an.
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11
p. 1453-1455
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On écrit de Londres, que M. Guillaume Rener, convaincu d'avoir publié un Libelle [...]
Mots clefs :
Londres, Roi, Chambre des communes, Parlement, Princesse royale, Chambre des pairs
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE .
One de un
N écrit de Londres , que M. Guillaume Rener
, convaincu d'avoir publié un Libelle
scandaleux et séditieux , intitulé , La Chance de
sept , a été condamné par la Cour du Banc du
Roy, à payer cinquante livres sterlings , à garder
prison pendant deux ans , et à donner pendant
sept des cautions de sa conduite.
Le 24. Juin , vers les quatre heures du soir ,
- le Roy se rendit à la Chambre des Pairs , avec les
ceremonies accoûtumées , et S. M. ayant mandé
la Chambre des Communes , donna son consentement
Royal au Bill , pour employer soo. mille
livres sterlings du fonds d'amortissement , au
service de l'année courante , et pour prendre sur
l'argent restant dans la Caisse de l'Echiquier les
80000. liv. sterl . accordées par le Parlement pour
la Dot de la Princesse Royale , et à plusieurs autres
Bills publics et particuliers ; S. M. fit ensuite
saux deux Chambres le Discours suivant.
Mylords et Messieurs , la saison où nous sommes
, et la diligence avec laquelle vous avez terminé
les affaires publiques , me font trouver à
propos de mettre fin à cette Séance du Parlement.
Messieurs de la Chambre des Communes , je
Nous remercie du zele avec lequel vous avez
II. Vol. I iiij pourvû
1454 MERCURE DE FRANCE
pourvû au service de l'année courante. Je n'ai
jamais demandé aucuns subsides à monPeuple que
ceux qui étoient absolument nécessaires pour
l'honneur , la sûreté et la deffense de ma Personne
et de mon Royaume , et je suis toujours trèssatisfait
, lorsqu'on peut fournir aux dépenses publiques
d'une maniere moins onereuse à mes
Sujets.
Mylords et Messieurs , je ne puis m'empêcher
de remarquer les efforts dont on a eu en dernier
lieu la méchanceté de se servir pour aigrir l'esprit
du Peuple , et pour exciter par les plus injustes
et les plus fausses représentations des tumultes
et des désordres qui ont presque menacé
la tranquillité du Royaume ; mais je me repose
sur la force de la verité pour dissiper des soupçons
mal fondez qui ont été répandus dans le
Public , qu'on formoit des desseins contre la liberté
de la Nation et sur votre fidelité , pour
› renverser et détruire les espérances de ceux qui
se plaisent dans la confusion . C'est mon inclination
, et ç'a toujours été mon étude de conserver
les droits de la Religion et de mes Sujets.De vo
tre côté, appliquez-vous à détromper ceux qui s'en
sont laissé imposer , et à les rendre sensibles au
bonheur dont ils joüissent , et au danger qu'ils
courent,en se laissant entraîner inconsidérément,
par des prétextes peu specieux , à leur propre
destruction.
Ensuite le Lord - Chancelier › par ordre du
Roy , prorogea le Parlement jusqu'au 26. de
Juillet prochain.
Dans la Session d'Amirauté , qui se tint le 16.
de Juin à Old- Baly , le Capitaine Harris , cydevant
Commandant le Vaisseau le Jean et Richard,
fut jugé pour le meurtre du nomméBeard,
II. Val.
JUIN. 1733. 1455
an de ses Matelots , qu'il tua le 2. Juin 173 1.
dans son passage de la Côte de Guinée à la Jamaïque
, et après une Séance d'environ 5. heu
res , il fut condamné à mort .
Le bruit court que le Prince d'Orange n'ira pas
en Angleterre , parce que plusieurs Ducs refursent
de lui ceder le pas , et que son Mariage avec
la Princesse Royale se fera par Procureur , aussi
bien que son installation en qualité de Chevalier
de l'Ordre de la Jarretiere.
One de un
N écrit de Londres , que M. Guillaume Rener
, convaincu d'avoir publié un Libelle
scandaleux et séditieux , intitulé , La Chance de
sept , a été condamné par la Cour du Banc du
Roy, à payer cinquante livres sterlings , à garder
prison pendant deux ans , et à donner pendant
sept des cautions de sa conduite.
Le 24. Juin , vers les quatre heures du soir ,
- le Roy se rendit à la Chambre des Pairs , avec les
ceremonies accoûtumées , et S. M. ayant mandé
la Chambre des Communes , donna son consentement
Royal au Bill , pour employer soo. mille
livres sterlings du fonds d'amortissement , au
service de l'année courante , et pour prendre sur
l'argent restant dans la Caisse de l'Echiquier les
80000. liv. sterl . accordées par le Parlement pour
la Dot de la Princesse Royale , et à plusieurs autres
Bills publics et particuliers ; S. M. fit ensuite
saux deux Chambres le Discours suivant.
Mylords et Messieurs , la saison où nous sommes
, et la diligence avec laquelle vous avez terminé
les affaires publiques , me font trouver à
propos de mettre fin à cette Séance du Parlement.
Messieurs de la Chambre des Communes , je
Nous remercie du zele avec lequel vous avez
II. Vol. I iiij pourvû
1454 MERCURE DE FRANCE
pourvû au service de l'année courante. Je n'ai
jamais demandé aucuns subsides à monPeuple que
ceux qui étoient absolument nécessaires pour
l'honneur , la sûreté et la deffense de ma Personne
et de mon Royaume , et je suis toujours trèssatisfait
, lorsqu'on peut fournir aux dépenses publiques
d'une maniere moins onereuse à mes
Sujets.
Mylords et Messieurs , je ne puis m'empêcher
de remarquer les efforts dont on a eu en dernier
lieu la méchanceté de se servir pour aigrir l'esprit
du Peuple , et pour exciter par les plus injustes
et les plus fausses représentations des tumultes
et des désordres qui ont presque menacé
la tranquillité du Royaume ; mais je me repose
sur la force de la verité pour dissiper des soupçons
mal fondez qui ont été répandus dans le
Public , qu'on formoit des desseins contre la liberté
de la Nation et sur votre fidelité , pour
› renverser et détruire les espérances de ceux qui
se plaisent dans la confusion . C'est mon inclination
, et ç'a toujours été mon étude de conserver
les droits de la Religion et de mes Sujets.De vo
tre côté, appliquez-vous à détromper ceux qui s'en
sont laissé imposer , et à les rendre sensibles au
bonheur dont ils joüissent , et au danger qu'ils
courent,en se laissant entraîner inconsidérément,
par des prétextes peu specieux , à leur propre
destruction.
Ensuite le Lord - Chancelier › par ordre du
Roy , prorogea le Parlement jusqu'au 26. de
Juillet prochain.
Dans la Session d'Amirauté , qui se tint le 16.
de Juin à Old- Baly , le Capitaine Harris , cydevant
Commandant le Vaisseau le Jean et Richard,
fut jugé pour le meurtre du nomméBeard,
II. Val.
JUIN. 1733. 1455
an de ses Matelots , qu'il tua le 2. Juin 173 1.
dans son passage de la Côte de Guinée à la Jamaïque
, et après une Séance d'environ 5. heu
res , il fut condamné à mort .
Le bruit court que le Prince d'Orange n'ira pas
en Angleterre , parce que plusieurs Ducs refursent
de lui ceder le pas , et que son Mariage avec
la Princesse Royale se fera par Procureur , aussi
bien que son installation en qualité de Chevalier
de l'Ordre de la Jarretiere.
Fermer
Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En Grande-Bretagne, M. Guillaume Rener a été condamné par la Cour du Banc du Roy à payer cinquante livres sterlings, à passer deux ans en prison et à fournir des cautions pour sa conduite après avoir publié un libelle scandaleux et séditieux intitulé 'La Chance de sept'. Le 24 juin, le roi a donné son consentement royal à plusieurs bills, notamment pour employer 500 000 livres sterlings du fonds d'amortissement et pour prélever 80 000 livres sterlings de la Caisse de l'Échiquier pour la dot de la Princesse Royale. Il a prononcé un discours, remerciant les membres du Parlement pour leur zèle et soulignant les efforts malveillants visant à troubler l'ordre public. Il a exprimé sa confiance en la vérité pour dissiper les soupçons et a prorogé le Parlement jusqu'au 26 juillet. Par ailleurs, le capitaine Harris a été jugé et condamné à mort pour le meurtre d'un matelot lors d'un voyage de la Côte de Guinée à la Jamaïque. Des rumeurs circulent également sur le mariage du Prince d'Orange avec la Princesse Royale, qui pourrait se faire par procureur en raison de désaccords protocolaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 157-161
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On apprend de Londres, que le 28. de ce mois, vers les deux heures après midi, le [...]
Mots clefs :
Chambre des pairs, Chambre des communes, Roi, Guerre, Honneur, Couronne, Peuple, Parlement, Attention, Nation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
7
N append de Londres , que le 28. de ce
mois , vers les deux heures après midi , lė
Roi s'étoit rendu à la Chambre des Pairs avec les
ceremonies accoûtumées , et S. M. après avoir
mandé la Chambre des Communes , à fait le
Discours suivant.
MYLORDS ET MISSIEURS.
La guerre commencée depuis peu, et qui est poussée
avec tant de vigueur contre l'Empereur par les
Puissances réunies de France , d'Espagne et de Sardaigne
, est devenue l'objet de l'attenion de l'Europ
.Quoique je ne m'y sois engagé en aucune maniere,
et que je n'y aye de part que par mes bons officesdans
les négociations qu'on a citées comme les principales
causes et les motifs de cette guerre , je ne peus
me dispenser sur cet évenement , ni être indifferent
sur les conséquences d'une guerre entreprise es
soutenuepar des Alliez si puissants . Si jamais une
occasion a demandé quelque chose de plus qu'une
prudence et une circonspection ordinaire , c'est celle
qui se présente , et nous force d'user de la derniere
précaution , pour ne nous pas déterminer trop précipitamment
dans une conjoncture si critique et si
importante : elle demande que nous examinions à
fond ce que l'honneur et la dignité de ma Couronne
et de mes Royaumes , le veritable interét de
mon Peuple , et les engagemens que nous avons pris
avec diverses puissances dont nous sommes alliez .
peuvent exiger de nous avec justice . C'est par cette
raison que j'ai crû qu'il convenoit de prendre du
temps pour examiner les faits alleguez de part et
d'autre , et d'attendre le résultat des Conseils des
Puissances qui sont le plus interessées à cette guerre,
Hij
158 MERCURE DE FRANCE
et de concert avec celles qui ont des engagemens
avec moi, et qui n'ont point pris part à la guerre ,
plus ( particulierement avec les Etats generaux des
Provinces- Unies ) les mesures qui paroîtront les plus
convenables à notre sûreté commune et les plus propres
à rétablir la paix daus l'Europe. Les résolutions
du Parlement de la Grande-Bretagne sont
d'une trop grande importance dans une conjoncture
si délicate, pour ne pas exciter l'attention et l'impatience
de ceux qui esperent tirer avantage de nos
résolutions , et de s'en servir au préjudice de ce
Royaume ; ainsi nous devons déliberer avec une
grande précaution, et examiner avec toute la prudence
imaginable toutes les circonstances , avant que
de nous déterminer à prendre un parti . Comme dans
toutes mes reflexions sur cette importante affaire ,
J'aurai principalement égard à l'honneur de ma
Couronne et à l'interêt de mon Peuple , et que je ne
me gouvernerai que par ces vûës , je ne doute pas
que je ne puisse compter entierement sur l'appui et
assistance de mon Parlement , sans m'exposer par
gtune Déclaration précipuée à des inconveniens
op'on deix éviter autant qu'il est possible . En attendivot
je suis persuadé que vous prendrez les précautions
nécessaires pour mettre mes Royaumes , mes
droits et mes possessions à couvert de tous dangers et
de toute insulte , et pour conserver à la Nation Bri
tannique les égards qui lui sont dûs.Quel que soit le
parti auquel nous nous déterminerons , il est très-raisonnable
de nous mettre en état de deffense, sur tout
dans le temps que toute l'Europe est armée . Par la
nous conserverons mieux la paix dans ce Royaume ,
et nous donnerons plus de poids aux mesures qu'il
conviendra de prendre avec nos Alliez ; sans cette
précaution nous nous ferioms mépriser au- dehors ,
et nousferions naître la tentation et l'encouragement
AUX
JANVIER 1734 159
Bux ves dangereuses de ceux qui se flatttent toujours
de tirer quelque avantage des troubles et des
désordres publics.
MESSIEURS de la Chambre des Communes.
Je ferai remettre devant vous l'état des dépenses
qui exigent de vous une attention actuelle et immé
diate ; l'augmentation qu'on vous proposera pour te
service de Mer , sera tres - considerable , mais je suis
assuré qu'elle vous paroîtra raisonnable et necessaire.
Je dois particulierement recommander à vos
soins les Dettes de la Marine , qui vous ont été présentées
tous les ans . La circonstance présente me
fait croire que vous penserez qu'il est nécessaire d'y
pourvoir , et que le service public souffriroit d'un plus
long retardement à prendre une résolution sur cette
affaire. Comme ces Charges et dépenses sont inévi
tables , je ne fais aucun doute que vous ne leviez les
secours d'argent qui sont nécessaires, avec beaucoup
de diligence et avec le zéle que ce Parlement a
marqué dans toutes les occasions pour les véritables
interêts de mon penple.
MYLORDS ET MESSIEURS ,
Si on a toujours souhaité que les affaires du Parlementy
fussent traitées sans chaleur et sans animosité
, mais avec la modération qui fait connoître
la justice de la sagesse de la Nation ; c'est à present
qu'on doit le desirer plus particulierement, afin
que cette session ne soit point prolongée par des dér
fais inutiles , lorsque tout le Royaume paroît préparé
par l'élection d'un nouveau Parlement , évenement
quifait l'attention de toute l'Europe. Je suis tressatisfait
que le choix des nouveaux Deputez soit
une occasion pour moi de connoître les veritables
sentimens de mon Peuple, et de faire voir qu'ils ont
Hiiij été
1 MERCURE DE FRANCE
été mal rendus et déguisez. On peut aisement en
imposer à ceux qui ne voient et n'entendent les choses
que de loin , et les exposer à concevoir defausses
esperances ou à se livrer à des craintes peu fondées ;
mais j'espere qu'un peu de temps détruira ces opiniens
et qu'on reconnoîtra que la Grande Bretagne
est toujours disposée à faire ce que l'honneur et l'in
terêt de la Nation exigent d'elle.
Le Roy s'étant retiré de la Chambre des Pairs,
après que le Grand Chancelier eut prononcé au
nom de S. M. la Harangue aux deux Chambres;
les Seigneurs résolurent de présenter une adresse
au Roy pour le remercier , ils s'assemblerent le
lendemain , et après s'être ajournez au 30 , ils se
rendirent au Palais de Saint James , où ils présenterent
leur adresse , par laquelle ils assurerent
le Roy qu'ils entreroient avec autant de zéle que
de confiance dans toutes les vûës que S. M. leur
avoit expliquées dans sa Harangue . Le Roy leas
répondit :
MYLORDS ,
Je vous remercie de cette respectueuse et fidele
adresse ; la satisfaction que vous me témoignez de
mon attention et de mes efforts continuels à conserver
la paix et la tranquillité publique , m'est_extrémement
agreable, et comme je n'ai autre chose en vuë
que l'honneur et la dignité de ma Couronne et lø
bien de mes Royaumes , vous pouvez être assurez
de la continuation de mes soins et de ma vigilance
pour parvenir à ces fins desirables , et de la ferme
resolution où je suis , quelques evenemens qui_arrivent
de prendre les mesures les plus capables de repondre
à la confiance que vous avez en moi , et de
procurer la sureté et le bonheur de la Nation.
La
JANVIER . 1734. 161
La Chambre des Communes a aussi présenté
son adresse au Roy , qui y a fait la réponse suivante.
MESSIEURS ,
Je vous remercie de cette respectueuse et fidele adres
se et de la confiance que vous avez en moi , vous
pouvez être assurez que je ne m'en servirai quepour
Phonneur de la Couronne et le veritable interét de
mon peuple.
7
N append de Londres , que le 28. de ce
mois , vers les deux heures après midi , lė
Roi s'étoit rendu à la Chambre des Pairs avec les
ceremonies accoûtumées , et S. M. après avoir
mandé la Chambre des Communes , à fait le
Discours suivant.
MYLORDS ET MISSIEURS.
La guerre commencée depuis peu, et qui est poussée
avec tant de vigueur contre l'Empereur par les
Puissances réunies de France , d'Espagne et de Sardaigne
, est devenue l'objet de l'attenion de l'Europ
.Quoique je ne m'y sois engagé en aucune maniere,
et que je n'y aye de part que par mes bons officesdans
les négociations qu'on a citées comme les principales
causes et les motifs de cette guerre , je ne peus
me dispenser sur cet évenement , ni être indifferent
sur les conséquences d'une guerre entreprise es
soutenuepar des Alliez si puissants . Si jamais une
occasion a demandé quelque chose de plus qu'une
prudence et une circonspection ordinaire , c'est celle
qui se présente , et nous force d'user de la derniere
précaution , pour ne nous pas déterminer trop précipitamment
dans une conjoncture si critique et si
importante : elle demande que nous examinions à
fond ce que l'honneur et la dignité de ma Couronne
et de mes Royaumes , le veritable interét de
mon Peuple , et les engagemens que nous avons pris
avec diverses puissances dont nous sommes alliez .
peuvent exiger de nous avec justice . C'est par cette
raison que j'ai crû qu'il convenoit de prendre du
temps pour examiner les faits alleguez de part et
d'autre , et d'attendre le résultat des Conseils des
Puissances qui sont le plus interessées à cette guerre,
Hij
158 MERCURE DE FRANCE
et de concert avec celles qui ont des engagemens
avec moi, et qui n'ont point pris part à la guerre ,
plus ( particulierement avec les Etats generaux des
Provinces- Unies ) les mesures qui paroîtront les plus
convenables à notre sûreté commune et les plus propres
à rétablir la paix daus l'Europe. Les résolutions
du Parlement de la Grande-Bretagne sont
d'une trop grande importance dans une conjoncture
si délicate, pour ne pas exciter l'attention et l'impatience
de ceux qui esperent tirer avantage de nos
résolutions , et de s'en servir au préjudice de ce
Royaume ; ainsi nous devons déliberer avec une
grande précaution, et examiner avec toute la prudence
imaginable toutes les circonstances , avant que
de nous déterminer à prendre un parti . Comme dans
toutes mes reflexions sur cette importante affaire ,
J'aurai principalement égard à l'honneur de ma
Couronne et à l'interêt de mon Peuple , et que je ne
me gouvernerai que par ces vûës , je ne doute pas
que je ne puisse compter entierement sur l'appui et
assistance de mon Parlement , sans m'exposer par
gtune Déclaration précipuée à des inconveniens
op'on deix éviter autant qu'il est possible . En attendivot
je suis persuadé que vous prendrez les précautions
nécessaires pour mettre mes Royaumes , mes
droits et mes possessions à couvert de tous dangers et
de toute insulte , et pour conserver à la Nation Bri
tannique les égards qui lui sont dûs.Quel que soit le
parti auquel nous nous déterminerons , il est très-raisonnable
de nous mettre en état de deffense, sur tout
dans le temps que toute l'Europe est armée . Par la
nous conserverons mieux la paix dans ce Royaume ,
et nous donnerons plus de poids aux mesures qu'il
conviendra de prendre avec nos Alliez ; sans cette
précaution nous nous ferioms mépriser au- dehors ,
et nousferions naître la tentation et l'encouragement
AUX
JANVIER 1734 159
Bux ves dangereuses de ceux qui se flatttent toujours
de tirer quelque avantage des troubles et des
désordres publics.
MESSIEURS de la Chambre des Communes.
Je ferai remettre devant vous l'état des dépenses
qui exigent de vous une attention actuelle et immé
diate ; l'augmentation qu'on vous proposera pour te
service de Mer , sera tres - considerable , mais je suis
assuré qu'elle vous paroîtra raisonnable et necessaire.
Je dois particulierement recommander à vos
soins les Dettes de la Marine , qui vous ont été présentées
tous les ans . La circonstance présente me
fait croire que vous penserez qu'il est nécessaire d'y
pourvoir , et que le service public souffriroit d'un plus
long retardement à prendre une résolution sur cette
affaire. Comme ces Charges et dépenses sont inévi
tables , je ne fais aucun doute que vous ne leviez les
secours d'argent qui sont nécessaires, avec beaucoup
de diligence et avec le zéle que ce Parlement a
marqué dans toutes les occasions pour les véritables
interêts de mon penple.
MYLORDS ET MESSIEURS ,
Si on a toujours souhaité que les affaires du Parlementy
fussent traitées sans chaleur et sans animosité
, mais avec la modération qui fait connoître
la justice de la sagesse de la Nation ; c'est à present
qu'on doit le desirer plus particulierement, afin
que cette session ne soit point prolongée par des dér
fais inutiles , lorsque tout le Royaume paroît préparé
par l'élection d'un nouveau Parlement , évenement
quifait l'attention de toute l'Europe. Je suis tressatisfait
que le choix des nouveaux Deputez soit
une occasion pour moi de connoître les veritables
sentimens de mon Peuple, et de faire voir qu'ils ont
Hiiij été
1 MERCURE DE FRANCE
été mal rendus et déguisez. On peut aisement en
imposer à ceux qui ne voient et n'entendent les choses
que de loin , et les exposer à concevoir defausses
esperances ou à se livrer à des craintes peu fondées ;
mais j'espere qu'un peu de temps détruira ces opiniens
et qu'on reconnoîtra que la Grande Bretagne
est toujours disposée à faire ce que l'honneur et l'in
terêt de la Nation exigent d'elle.
Le Roy s'étant retiré de la Chambre des Pairs,
après que le Grand Chancelier eut prononcé au
nom de S. M. la Harangue aux deux Chambres;
les Seigneurs résolurent de présenter une adresse
au Roy pour le remercier , ils s'assemblerent le
lendemain , et après s'être ajournez au 30 , ils se
rendirent au Palais de Saint James , où ils présenterent
leur adresse , par laquelle ils assurerent
le Roy qu'ils entreroient avec autant de zéle que
de confiance dans toutes les vûës que S. M. leur
avoit expliquées dans sa Harangue . Le Roy leas
répondit :
MYLORDS ,
Je vous remercie de cette respectueuse et fidele
adresse ; la satisfaction que vous me témoignez de
mon attention et de mes efforts continuels à conserver
la paix et la tranquillité publique , m'est_extrémement
agreable, et comme je n'ai autre chose en vuë
que l'honneur et la dignité de ma Couronne et lø
bien de mes Royaumes , vous pouvez être assurez
de la continuation de mes soins et de ma vigilance
pour parvenir à ces fins desirables , et de la ferme
resolution où je suis , quelques evenemens qui_arrivent
de prendre les mesures les plus capables de repondre
à la confiance que vous avez en moi , et de
procurer la sureté et le bonheur de la Nation.
La
JANVIER . 1734. 161
La Chambre des Communes a aussi présenté
son adresse au Roy , qui y a fait la réponse suivante.
MESSIEURS ,
Je vous remercie de cette respectueuse et fidele adres
se et de la confiance que vous avez en moi , vous
pouvez être assurez que je ne m'en servirai quepour
Phonneur de la Couronne et le veritable interét de
mon peuple.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 28 janvier 1734, le roi de Grande-Bretagne a adressé un discours à la Chambre des Pairs et à la Chambre des Communes pour aborder la guerre en cours entre l'Empereur et les Puissances réunies de France, d'Espagne et de Sardaigne. Bien que la Grande-Bretagne ne soit pas directement impliquée dans ce conflit, le roi a souligné l'importance de cette guerre pour l'Europe et la nécessité de prendre des précautions pour éviter des décisions hâtives. Il a mis en avant l'honneur de sa couronne, l'intérêt de son peuple et les engagements avec diverses puissances alliées. Le roi a également insisté sur la nécessité de se préparer à la défense, surtout dans un contexte où toute l'Europe est en état d'alerte. Il a recommandé aux Communes de lever les fonds nécessaires pour les dépenses de la marine et de traiter les affaires parlementaires avec modération pour éviter des prolongations inutiles. En réponse, les Chambres ont présenté des adresses au roi pour le remercier de ses efforts en faveur de la paix et de la tranquillité publique. Le roi a assuré de sa continuité dans ces efforts.
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13
p. 6[0]5-606
GRANDE BRETAGNE.
Début :
La Chambre des Communes résolut en grand Commité le 26. du mois dernier, d'accorder [...]
Mots clefs :
Roi, Officiers, Dépenses, Chevalier, Rang, Amiral, Hôpital, Chambre des communes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
résolutd'accor- LA
A Chambre des Communes résolut en grand
der du Roy 202670. livres sterlins pour la Flotte,
y compris les appointemens des Officiers de Ma
rine à la demie paye pour cette année , dix mille
pour l'Hôpital de Greenwich , 48126. pour les
dépenses auxquelles le Parlement n'avoit pas
pourvû dans la derniere Session , 25057. pour
les Pensionnaires externes de l'Hôpital de Chelsea
; 52690. pour les Officiers réformez de Terre
et de Mer , 5386. pour les pensions des veuves
d'Officiers , 85199. pour les dépenses du Bureau
de l'Artillerie ; 1614. pour quelques dépenses
extraordinaires , et 287343. pour suppléer aux
non- valeurs des fonds accordez l'année derniere.
Le 9. de ce mois , le Roy nomma pour commander
laFlote que S. M. doit avoir en Mer
I iij
Cette
606 MERCURE DE FRANCE
cette année , le Chevalier Jean Norris , qui doit
arborer son Pavillon à bord duVaisseau de guerre
la Britannia du premier rang , de 110. Pieces
de Canon et de roco. hommes d'Equipage , et
qu'il aura sous ses ordres le Chevalier Georges
Valton, Vice- Amiral de l'Escadre Rouge , et le
Contre-Amiral Stevvart , lesquels arboreront
leurs Pavillons , le premier abord du Vaisseau
le Namur , du second rang , et de 90. Canons ,
et le second abord du Torbay , de 80. Canons
et du troisiéme rang . Le Lord Forbes , Envoyé
Extraordinaire du Roy à Petersbourg , et le Capitaine
Nicolas Haddork , ont été faits Amiraux,
à la place du Chevalier Jean Jennings , et de l'Amiral
Guillaume Morres , qui ont remis , leurs
Emplois , à cause de leurs infirmitez.
résolutd'accor- LA
A Chambre des Communes résolut en grand
der du Roy 202670. livres sterlins pour la Flotte,
y compris les appointemens des Officiers de Ma
rine à la demie paye pour cette année , dix mille
pour l'Hôpital de Greenwich , 48126. pour les
dépenses auxquelles le Parlement n'avoit pas
pourvû dans la derniere Session , 25057. pour
les Pensionnaires externes de l'Hôpital de Chelsea
; 52690. pour les Officiers réformez de Terre
et de Mer , 5386. pour les pensions des veuves
d'Officiers , 85199. pour les dépenses du Bureau
de l'Artillerie ; 1614. pour quelques dépenses
extraordinaires , et 287343. pour suppléer aux
non- valeurs des fonds accordez l'année derniere.
Le 9. de ce mois , le Roy nomma pour commander
laFlote que S. M. doit avoir en Mer
I iij
Cette
606 MERCURE DE FRANCE
cette année , le Chevalier Jean Norris , qui doit
arborer son Pavillon à bord duVaisseau de guerre
la Britannia du premier rang , de 110. Pieces
de Canon et de roco. hommes d'Equipage , et
qu'il aura sous ses ordres le Chevalier Georges
Valton, Vice- Amiral de l'Escadre Rouge , et le
Contre-Amiral Stevvart , lesquels arboreront
leurs Pavillons , le premier abord du Vaisseau
le Namur , du second rang , et de 90. Canons ,
et le second abord du Torbay , de 80. Canons
et du troisiéme rang . Le Lord Forbes , Envoyé
Extraordinaire du Roy à Petersbourg , et le Capitaine
Nicolas Haddork , ont été faits Amiraux,
à la place du Chevalier Jean Jennings , et de l'Amiral
Guillaume Morres , qui ont remis , leurs
Emplois , à cause de leurs infirmitez.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
La Chambre des Communes en Grande-Bretagne a alloué 606 270 livres sterling pour diverses dépenses militaires. Cette somme inclut 202 670 livres pour la Flotte, les appointements des officiers de marine à demi-paye, et les hôpitaux de Greenwich et Chelsea. Des fonds ont également été attribués aux officiers réformés, aux veuves d'officiers, aux dépenses du Bureau de l'Artillerie, et pour compenser les non-valeurs des fonds accordés l'année précédente. Le 9 du mois, le roi a nommé le Chevalier Jean Norris pour commander la flotte à bord du vaisseau Britannia. Norris sera assisté par les Chevaliers Georges Valton, Vice-Amiral, et Stevvart, Contre-Amiral. De plus, le Lord Forbes et le Capitaine Nicolas Haddork ont été nommés Amiraux, remplaçant les Chevaliers Jean Jennings et Guillaume Morres en raison de leurs infirmités.
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14
p. 785-790
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On mande de Londres, qu'un Officier de Marine, commis pour prendre de force des [...]
Mots clefs :
Chambre des communes, Roi, Prince de Nassau, Princesse de Nassau, Seigneurs, Dépenses, Honneur, Parlement, Augmentation, Grande-Bretagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
N mande de Londres , qu'un Officier de
Marine , commis pour prendre de force des
Matelots , entra dernierement à main armée avec
sa Suite chez M. Imberti , Résident de la République
de Venise,et qu'il enleva quelques Matelots
Etrangers , malgré l'opposition des Domestiques
de ce Ministre, qui en a porté ses plaintes à S. M.
Le Prince de Nassau dîna le 18 du mois dernier
chez le Chevalier Hans- Sloane , & après
avoir vu le Cabinet de ce Medecin , il se rendit
à la Societé Royale dont il fût reçû Membre le
du même mois.
24
Le 26 Mars à six heures du soir , le Prince de
Nassau, accompagné du Chevalier Clement Cotterel
Maître des cérémonies , qui étoit allé le
prendre au Palais de Sommerset dans les Carosses
du Roy , se rendit au Palais de Saint James ; le
Carosse de Sa Majesté dans lequel étoit le Prince
étoit précedé de plusieurs autres , remplis par les
Gentilshommes de sa suite , et il étoit suivi des
Carosses de la Reine , du Prince de Galles , du
DC
786 MERCURE DE FRANCE
Duc de Cumberland , et de la Princesse Royale.
Vers les huit heures , les Grands Officiers de la
Couronne , les Pairs d'Angleterre , ceux d'Ecosse
et les autres personnes de distinction , qui par
leurs charges ou par leur rang ont droit d'assister
aux Mariages des Princes et des Princesses
de la Grande Bretagne,commencerent à se mettre
en marche pour aller à la Chapelle Françoise où
ils se rendirent par une galerie qu'on avoit construite
depuis le Palais jusqu'à cette Chapelle . Le
Roy y étant arrivé un peu avant neuf heures
on celebra le Mariage de la Princesse Royale ,
avec le Prince de Nassau , et l'Evêque de Londres
leur donna la Benediction Nuptiale, au bruit
des Salves réïterées du Canon du Parc et de la
Tour.
Après la cérémonie , leurs Majestez précedées
du même cortege , retournerent au Palais avec le
Prince et la Princesse de Nassau, qui étant entrez
dans la Chambre du Roy , se mirent à genoux
devant leurs Majestez pour recevoir leur benediction
.
A onze heures , le Roy et la Famille Royale
souperent en public dans la grande chambre du
Bal Leurs Majestez étoient placées au haut de
la table sous un Dais ; à leur droite étoient le
Prince de Galles , le Duc de Cumberland , etj le
Prince de Nassau , et à la gauche , la Princesse
de Nassau , et les Princesses Amelie , Caroline ,
et Marie.
Pendant toute la nuit , il y eût des feux et
des illuminations dans les rues , et le peuple
donna de très grandes démonstrations de joye .
Aucun Pair d'Irlande n'a assisté au Mariage
de la Princesse de Nassau , parce que le Comte
de Tilney , les Vicomtes de Gallouway , Brundell
,
>
AVRIL. 1724. 787
dell , Gage , Grimston et Vane , les Lords Kingsale
, Southowel , Ranelagh , et les autres Seigneurs
Irlandois, qui étoient à Londres, n'avoient
point été invitez à se trouver à cette cérémonie
en qualité de Pairs d'Irlande , et qu'ils ont
prétendus qu'ils ne pouvoient sans déroger à
leurs prérogatives , y assister comme simples.
spectateurs , et qu'ils devoient avoir rang dans
la marche et à la Chapelle , immédiatement
après les Pairs d'Ecosse .
Le 26 , le Roy et la Reine reçûrent les Compliments
des Ministres Etrangers , des Ministres
d'Etat et des Seigneurs ; toute la Cour se rendit
ensuite chez la Princesse de Nassau qui
trouva sur sa toillette une Corbeille d'or , remplie
de fleurs , sous lesquelles il y avoit plusieurs
bijoux enrichis de diamants d'un prix
considérable , dont le Prince son Epoux lui a fait
présent.
La Chambre des Pairs s'assembla le 29 , et il
y fût résolu que les Seigneurs à Baguettes blanches
iroient feliciter le Roy de la part de la
Chambre sur le Mariage de la Princesse de
Nassau ; que les Comtes de Chesterfield , et de
Scarborough , et le Lord Hardwick porteroient
un Message à la Reine sur le même sujet , et
qu'on en envoyeroit un au Prince de Nassau , et
a la Princesse de Nassau par le Comte de Cholmondeley
, et le Lord de Lawar : on ordonna
ensuite de porter un Bill pour naturaliser le
Prince de Nassau , et le Lord Chef de Justice
de la Cour des Communs Plaidoyers fût chargé
d'en dresser le Proer
Le premier d'Avril le Roy se rendit à la
Chambre des Pairs avec les cérémonies accoûtumées
, et Sa Majesté ayant mandé la Chambre
des
788 MERCURE DE FRANCE
des Communes , donna son consentement Royal
au Bill pour naturaliser Guillaume- Charles-
Henry , Prince de Nassau .
Ce Prince doit être créé Duc de Glocester
êt îl prendra place dans la Chambre des Pairs
après les Princes du Sang.
Le 8 de ce mois , le Duc de Newcastle ICmit
de la part du Roy à la Chambre un Message
, lequel contient , que Sa Majesté a vû avec
beaucoup de plaisir le zele et l'affection que les
Seigneurs ont fait paroître dans l'Expedition des
affaires , qu'elle n'a rien plus à coeur que de voir
la Paix rétablie en Europe , et d'éviter , s'il est
possible , d'engager ses sujets dans les dépenses
et les hazards de la Guerre , et qu'elle desire en
même temps de ne donner aucune juste allarme
aux autres Nations ; qu'il est convenable de prendre
des mesures afin que les efforts de S. M. et ceux
de ses Alliez pour procurer un accommodement,
puissent avoir l'effet desiré; et afin qu'elle soit en
état de contracter et de remplir les engagemens
que l'honneur,la justice, et la prudence exigeront,
et d'empêcher que ses Royaumes ne demeurent
exposez aux insultes imprévues lorsqu'il ne lui
sera plus possible d'avoir sur le champ dans chacune
des occafions qui naîtront de la conjoncture
presente des affaires , et qui interesseront la sûreté
de la Grande Bretagne , l'avis et l'assistance
de son Parlement ; que Sa Majesté espere que le
Parlement lui fournira les secours nécessaires
pour cet effet , en ordonnant une augmentation
des forces de Terre et de mer , telle qu'il conviendra
pour l'honneur et la deffense de la nation
, que les dépenses que cette augmentation
pourra occafionner, seront faites avec le plus d'oesonomie
qu'il sera possible, et qu'il en sera remis
un
AVRIL 1734. 789
un compte devant le prochain Parlement.
Le 9 , les Seigneurs ayant deliberé sur le
Message du Roy , résolurent à la pluralité de
101 voix , contre 58 , de présenter une Adresse
à Sa Majesté pour l'assurer de leur respect et
de leur fidelité , de la reconnoissance que leur
inspirent ses soins , et son attention pour l'honneur
et la sureté de ses Etats , et de la disposi
tion où ils sont de concourir de tout leur pouvoir
à ses vues pour la Paix , et d'augmenter
les forces de la nation autant qu'il sera nécessaire
pour la mettre à couvert de toute insulte
et pour remercier Sa Majesté de la promesse
qu'Elle a faite d'ordonner qu'on remette devant
le prochain Parlement un compte des dépenses
que l'augmenration des Troupes rendra nécessaires.
¿ Le 10. Les Seigneurs présenterent leur Adresse
au Roy , qui rêpondit en ces termes : Je reçois
cette Adresse comme une grande marque de vôtre
zele, et de vôtre affection pour ma Perfonne et pour
mon Gouvernement. Je vous remercie de la confiance
que vous avez en moi , et vous pouvez
être
assurez que je ne m'en servirai que pour les fins
que vous vous proposez et avec tout l'égard possible
pour les veritables interêts de mon Peuple.
de
Le 8 Avril , la Chambre des Communes recut
par le Chancelier de l'Echiquier un Message
du Roy semblable à celui que Sa Majesté avoit
envoyé à la Chambre des Pairs , et il fut résolu
à la pluralité de 248 voix contre 147 ,
présenter une Adresse à Sa Majesté pour lui
faire de très-humbles remercimens de son application
continuelle au bien Public , et pour la
prier de faire dans les Troupes l'augmentation
qu'elle jugera nécessaire , et d'être persuadée que
H la
I
795 MERCURE DE FRANCE
la Chambre approuvera toutes les dépenses que
Sa Majesté fera pour l'honneur , l'interêt et la
deffense de ses Royaumes.
Le 12 , la Chambre alla présenter son Adresse
au Roy ; Sa Majesté y fit la réponse suivante :
Messieurs , Je vous remercie de çes assurances de
vôtre respect et de votre fidelité pour ma personne et
pour mon Gouvernement , et de la confiance que
Vous avez en moi. Je desire seulement de pouvoir
être en état de soutenir l'honneur et l'interét de ma
Couronne et de mon Peuple , et je n'employerai jamais
dans d'autres vûës le pouvoir que vous m'avez
donné.
> Le 1s on lut dans la Chambre
pour la troisiéme
fois , et l'on passa sans aucun changement
Le Bill pour accorder
une indemnité
à ceux qui
ont été obligez
de se démettre
de leurs Emplois
,
parce qu'ils n'ont pas voulu
prêter
les serments
ordinaires
.
que
La veille la Chambre des Communes délibera
en grand Commité si l'on porteroit un Bill pour
donner pouvoir au Roy de prendre les mesures
Sa Majesté jugera nécessaires à la sureté et
ala deffense de la Grande Bretagne , et de tirer
de la Caisse du fonds d'amortissement les sommes
dont Sa Majesté aura besoin pour l'augmentation
des foices de terre et de mer , et Paffirmative
l'emporta à la pluralité de 155 voix contre
60.
Le 16 , la Chambre passa le Bill pour autori
ser le Roy à employer 120000 livres sterlings ,
aux dépenses qu'exige le service de l'année coutante.
33 Signeurs ont fait inserer dans les Registres?
de la Chamb e ars ans une protestation contre
PAdresse que cente Chambre présenta le zo
au Roy au sujet du Message de Sa Majesté.
N mande de Londres , qu'un Officier de
Marine , commis pour prendre de force des
Matelots , entra dernierement à main armée avec
sa Suite chez M. Imberti , Résident de la République
de Venise,et qu'il enleva quelques Matelots
Etrangers , malgré l'opposition des Domestiques
de ce Ministre, qui en a porté ses plaintes à S. M.
Le Prince de Nassau dîna le 18 du mois dernier
chez le Chevalier Hans- Sloane , & après
avoir vu le Cabinet de ce Medecin , il se rendit
à la Societé Royale dont il fût reçû Membre le
du même mois.
24
Le 26 Mars à six heures du soir , le Prince de
Nassau, accompagné du Chevalier Clement Cotterel
Maître des cérémonies , qui étoit allé le
prendre au Palais de Sommerset dans les Carosses
du Roy , se rendit au Palais de Saint James ; le
Carosse de Sa Majesté dans lequel étoit le Prince
étoit précedé de plusieurs autres , remplis par les
Gentilshommes de sa suite , et il étoit suivi des
Carosses de la Reine , du Prince de Galles , du
DC
786 MERCURE DE FRANCE
Duc de Cumberland , et de la Princesse Royale.
Vers les huit heures , les Grands Officiers de la
Couronne , les Pairs d'Angleterre , ceux d'Ecosse
et les autres personnes de distinction , qui par
leurs charges ou par leur rang ont droit d'assister
aux Mariages des Princes et des Princesses
de la Grande Bretagne,commencerent à se mettre
en marche pour aller à la Chapelle Françoise où
ils se rendirent par une galerie qu'on avoit construite
depuis le Palais jusqu'à cette Chapelle . Le
Roy y étant arrivé un peu avant neuf heures
on celebra le Mariage de la Princesse Royale ,
avec le Prince de Nassau , et l'Evêque de Londres
leur donna la Benediction Nuptiale, au bruit
des Salves réïterées du Canon du Parc et de la
Tour.
Après la cérémonie , leurs Majestez précedées
du même cortege , retournerent au Palais avec le
Prince et la Princesse de Nassau, qui étant entrez
dans la Chambre du Roy , se mirent à genoux
devant leurs Majestez pour recevoir leur benediction
.
A onze heures , le Roy et la Famille Royale
souperent en public dans la grande chambre du
Bal Leurs Majestez étoient placées au haut de
la table sous un Dais ; à leur droite étoient le
Prince de Galles , le Duc de Cumberland , etj le
Prince de Nassau , et à la gauche , la Princesse
de Nassau , et les Princesses Amelie , Caroline ,
et Marie.
Pendant toute la nuit , il y eût des feux et
des illuminations dans les rues , et le peuple
donna de très grandes démonstrations de joye .
Aucun Pair d'Irlande n'a assisté au Mariage
de la Princesse de Nassau , parce que le Comte
de Tilney , les Vicomtes de Gallouway , Brundell
,
>
AVRIL. 1724. 787
dell , Gage , Grimston et Vane , les Lords Kingsale
, Southowel , Ranelagh , et les autres Seigneurs
Irlandois, qui étoient à Londres, n'avoient
point été invitez à se trouver à cette cérémonie
en qualité de Pairs d'Irlande , et qu'ils ont
prétendus qu'ils ne pouvoient sans déroger à
leurs prérogatives , y assister comme simples.
spectateurs , et qu'ils devoient avoir rang dans
la marche et à la Chapelle , immédiatement
après les Pairs d'Ecosse .
Le 26 , le Roy et la Reine reçûrent les Compliments
des Ministres Etrangers , des Ministres
d'Etat et des Seigneurs ; toute la Cour se rendit
ensuite chez la Princesse de Nassau qui
trouva sur sa toillette une Corbeille d'or , remplie
de fleurs , sous lesquelles il y avoit plusieurs
bijoux enrichis de diamants d'un prix
considérable , dont le Prince son Epoux lui a fait
présent.
La Chambre des Pairs s'assembla le 29 , et il
y fût résolu que les Seigneurs à Baguettes blanches
iroient feliciter le Roy de la part de la
Chambre sur le Mariage de la Princesse de
Nassau ; que les Comtes de Chesterfield , et de
Scarborough , et le Lord Hardwick porteroient
un Message à la Reine sur le même sujet , et
qu'on en envoyeroit un au Prince de Nassau , et
a la Princesse de Nassau par le Comte de Cholmondeley
, et le Lord de Lawar : on ordonna
ensuite de porter un Bill pour naturaliser le
Prince de Nassau , et le Lord Chef de Justice
de la Cour des Communs Plaidoyers fût chargé
d'en dresser le Proer
Le premier d'Avril le Roy se rendit à la
Chambre des Pairs avec les cérémonies accoûtumées
, et Sa Majesté ayant mandé la Chambre
des
788 MERCURE DE FRANCE
des Communes , donna son consentement Royal
au Bill pour naturaliser Guillaume- Charles-
Henry , Prince de Nassau .
Ce Prince doit être créé Duc de Glocester
êt îl prendra place dans la Chambre des Pairs
après les Princes du Sang.
Le 8 de ce mois , le Duc de Newcastle ICmit
de la part du Roy à la Chambre un Message
, lequel contient , que Sa Majesté a vû avec
beaucoup de plaisir le zele et l'affection que les
Seigneurs ont fait paroître dans l'Expedition des
affaires , qu'elle n'a rien plus à coeur que de voir
la Paix rétablie en Europe , et d'éviter , s'il est
possible , d'engager ses sujets dans les dépenses
et les hazards de la Guerre , et qu'elle desire en
même temps de ne donner aucune juste allarme
aux autres Nations ; qu'il est convenable de prendre
des mesures afin que les efforts de S. M. et ceux
de ses Alliez pour procurer un accommodement,
puissent avoir l'effet desiré; et afin qu'elle soit en
état de contracter et de remplir les engagemens
que l'honneur,la justice, et la prudence exigeront,
et d'empêcher que ses Royaumes ne demeurent
exposez aux insultes imprévues lorsqu'il ne lui
sera plus possible d'avoir sur le champ dans chacune
des occafions qui naîtront de la conjoncture
presente des affaires , et qui interesseront la sûreté
de la Grande Bretagne , l'avis et l'assistance
de son Parlement ; que Sa Majesté espere que le
Parlement lui fournira les secours nécessaires
pour cet effet , en ordonnant une augmentation
des forces de Terre et de mer , telle qu'il conviendra
pour l'honneur et la deffense de la nation
, que les dépenses que cette augmentation
pourra occafionner, seront faites avec le plus d'oesonomie
qu'il sera possible, et qu'il en sera remis
un
AVRIL 1734. 789
un compte devant le prochain Parlement.
Le 9 , les Seigneurs ayant deliberé sur le
Message du Roy , résolurent à la pluralité de
101 voix , contre 58 , de présenter une Adresse
à Sa Majesté pour l'assurer de leur respect et
de leur fidelité , de la reconnoissance que leur
inspirent ses soins , et son attention pour l'honneur
et la sureté de ses Etats , et de la disposi
tion où ils sont de concourir de tout leur pouvoir
à ses vues pour la Paix , et d'augmenter
les forces de la nation autant qu'il sera nécessaire
pour la mettre à couvert de toute insulte
et pour remercier Sa Majesté de la promesse
qu'Elle a faite d'ordonner qu'on remette devant
le prochain Parlement un compte des dépenses
que l'augmenration des Troupes rendra nécessaires.
¿ Le 10. Les Seigneurs présenterent leur Adresse
au Roy , qui rêpondit en ces termes : Je reçois
cette Adresse comme une grande marque de vôtre
zele, et de vôtre affection pour ma Perfonne et pour
mon Gouvernement. Je vous remercie de la confiance
que vous avez en moi , et vous pouvez
être
assurez que je ne m'en servirai que pour les fins
que vous vous proposez et avec tout l'égard possible
pour les veritables interêts de mon Peuple.
de
Le 8 Avril , la Chambre des Communes recut
par le Chancelier de l'Echiquier un Message
du Roy semblable à celui que Sa Majesté avoit
envoyé à la Chambre des Pairs , et il fut résolu
à la pluralité de 248 voix contre 147 ,
présenter une Adresse à Sa Majesté pour lui
faire de très-humbles remercimens de son application
continuelle au bien Public , et pour la
prier de faire dans les Troupes l'augmentation
qu'elle jugera nécessaire , et d'être persuadée que
H la
I
795 MERCURE DE FRANCE
la Chambre approuvera toutes les dépenses que
Sa Majesté fera pour l'honneur , l'interêt et la
deffense de ses Royaumes.
Le 12 , la Chambre alla présenter son Adresse
au Roy ; Sa Majesté y fit la réponse suivante :
Messieurs , Je vous remercie de çes assurances de
vôtre respect et de votre fidelité pour ma personne et
pour mon Gouvernement , et de la confiance que
Vous avez en moi. Je desire seulement de pouvoir
être en état de soutenir l'honneur et l'interét de ma
Couronne et de mon Peuple , et je n'employerai jamais
dans d'autres vûës le pouvoir que vous m'avez
donné.
> Le 1s on lut dans la Chambre
pour la troisiéme
fois , et l'on passa sans aucun changement
Le Bill pour accorder
une indemnité
à ceux qui
ont été obligez
de se démettre
de leurs Emplois
,
parce qu'ils n'ont pas voulu
prêter
les serments
ordinaires
.
que
La veille la Chambre des Communes délibera
en grand Commité si l'on porteroit un Bill pour
donner pouvoir au Roy de prendre les mesures
Sa Majesté jugera nécessaires à la sureté et
ala deffense de la Grande Bretagne , et de tirer
de la Caisse du fonds d'amortissement les sommes
dont Sa Majesté aura besoin pour l'augmentation
des foices de terre et de mer , et Paffirmative
l'emporta à la pluralité de 155 voix contre
60.
Le 16 , la Chambre passa le Bill pour autori
ser le Roy à employer 120000 livres sterlings ,
aux dépenses qu'exige le service de l'année coutante.
33 Signeurs ont fait inserer dans les Registres?
de la Chamb e ars ans une protestation contre
PAdresse que cente Chambre présenta le zo
au Roy au sujet du Message de Sa Majesté.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En 1724, plusieurs événements marquants ont eu lieu en Grande-Bretagne. Un officier de marine a forcé l'entrée chez M. Imberti, Résident de la République de Venise, pour enlever des matelots étrangers. Le Prince de Nassau a été accueilli au sein de la Société Royale et a dîné chez le Chevalier Hans-Sloane. Le 26 mars, le mariage de la Princesse Royale avec le Prince de Nassau a été célébré au Palais de Saint James, en présence de la famille royale et des pairs. Aucun pair d'Irlande n'a assisté à la cérémonie en raison de l'absence d'invitation officielle. Le même jour, le roi et la reine ont reçu les compliments des ministres étrangers et des seigneurs. La Chambre des Pairs a décidé d'envoyer des félicitations au roi et à la reine pour le mariage et a approuvé un bill pour naturaliser le Prince de Nassau, qui devait devenir Duc de Gloucester. Le roi a exprimé son désir de maintenir la paix en Europe et d'augmenter les forces de terre et de mer. La Chambre des Pairs et la Chambre des Communes ont approuvé des adresses au roi pour augmenter les troupes et les dépenses nécessaires à la défense du royaume. La Chambre des Communes a également approuvé un bill pour accorder une indemnité à ceux qui ont dû démissionner de leurs emplois pour refus de prêter serment. Enfin, la Chambre des Communes a voté pour autoriser le roi à utiliser 120 000 livres sterling pour les dépenses de l'année en cours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
15
p. 988-991
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 22. du mois dernier, la Populace s'étant assemblée tumultueusement dans divers endroits [...]
Mots clefs :
Peuple, Parlement, Droits, Roi, Intérêt, Chambre des communes, Établissement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
2
E 22. du mois dernier , la Populace s'étant
Lassemblée cumultueusement dans divers en
droits de Londres , aliuma des feux dans les ruës
pour témoigner sa joye de ce que l'année derniere
à pareil jour , la Chambre des Communes
rejetta le Bill pour augmenter les droits sur les
Boissons fortes , et pour établir une nouvelle maniere
de les percevoir. Elle cassa les vitres de
P'Hôtel du Lord- Maire et de toutes les maisons,
de ceux qui refuserent de mettre des lumieres sur
leurs fenêtres , et les efforts que firent les Officiers
chargez de la Police , pour faire cesser le désor
dre , furent inutiles.
Le 27. Avril , à 3. heures après midy , le Roy
se rendit à la Chambre des Pairs avec les ceremonies
accoutumées , et S. M. ayant mandé la
Chambre des Communes , donna son consentement
à divers Bills , et fit ensuite le Discours
suivant.
MY LORDS ET MESSIEURS.
>
Je vous remercie d'avoir dépêché si promptement
les affaires publiques , et de la confiance que vous
avez prise en moi pour l'honneur et la seureté de mon
Royaume. Une Session si courte terminée avec
tant d'unanimité et de si justes égards pour le veritable
interêt de la Nation dans une conjoncture si dé-
"
licate
MAY. 7734-
34
licate , donnera beaucoup de poids et de crédit à tou
tes nos démarches , et assurera au Parlement le respect
et la confiance si nécessaires pour maintenir
Phonneur et l'interêt de la Grande-Bretagne , tant
au dedans qu'en dehors.
MESSIEURS DE LA CHAMBRE DES COMMUNES
Je dois reconnoître d'une maniere particuliere le Zele
et la promptitude que vous avez montrez dans ce
qui concerna la levée des subsides nécessaires pour le
service de cette année . L'attention que vous avez
eue d'assigner des fonds pour acquitter une grande
partie des dettes de la Marine , dettes qu'on a été
nécessairement et inévitablement obligé de contracter
, et qui portant un interêt plus fort que les anciennes
dettes de la Nation , et étant sujettes à un
décomte , augmentoient la dépense dans tous les
Contracts pour la Flote et pour l'avituaillement ,
doit certainement être regardée comme un servicê
essentiel rendu au Public.
MYLORDS ET MESSIEURS ,
Le temps limitépour l'expiration de ce Parlemens
étant prochain , j'ai resolu de faire publier une Proclamation
pour le dissoudre et pour convoquer un
nouveau Parlement, afin de mettre fin aussi -tôt qu'il
sera possible aux inconveniens qui sont les suites inévitables
d'une Election generale , mais je me croirois
inexcusable si je quittois ce Parlement sans lui
faire la justice de reconnoître toutes les preuves écla
tantes que durant le cours de 7 années il a donné
de son fidele attachement pour ma Personne et pour
mon Gouvernement et de ses égards constants pour
le veritable interêt de la Patrie. La prosperité et
La gloire de mon Regne dépendent de l'affection et
du bonheur de mon Peuple , et le bonheur de mon
Peuple
990 MERCURE DE FRANCE
Peuple dépend de la conservation de tous ses legitimes
droits et Privileges , tels qu'ils sont assurez par
l'établissement présent de la Couronne dans la Ligne
Protestante. L'exacte observation et la juste
execution des Loix sont la meilleure et l'unique sireté,
tant pour le Souverain que pour les Sujets ;
leur interêt est mutuel et indivisible , et par consequent
leurs efforts pour se soutenir mutuellement doivent
être égaux et réciproques ; toute usurpation des
droits du Roy ou de ceux du Peuple , est une diminution
du pouvoir de l'un et de l'autre, qui étant tenu
des deux parts dans ses justes bornes ,fait la balance
qui est si nécessaire pour l'honneur et la dignité
de la Couronne et pour la prosperité du Peuple.
J'observerai religieusement pout cet effet tout ce qui
dépendra de moi , ne doutant point d'un juste retour
de soumission et de reconnoissance de mes Sujeis . Je
dois vous recommander particulierement , et j'attends
cette marque de votre affection si connue , de
faire tous vos efforts pour faire cesser les malheu
reuses divisions de cette Nation , et pour concilier
les esprits de tous ceux qui souhaitent sincerement
la sûreté et la prosperité du Royaume. Ce me seroit
une très-grande satisfaction de voir une parfaite
harmonie rétablie parmi ceux qui n'ont et ne doi→
vent avoir à coeur qu'un même objet , afin qu'il n'y
ait plus de distinction qu'entre ceux qui souhaitent
le maintien de notre heureux établissement présent
dans l'Eglise et dans l'Etat , et ceux qui voudroient
renverser l'une et l'autre ; c'est la seule distinction
qui devroit être remarquée dans un pays où l'interêt
du Roy et du Peuple est le même. Si dans aucun
temps les Droits de la Religion , de la liberté
et de la proprieté , n'ont été maintenus avec plus
d'ardeur de la part du Gouvernement , et si jamais
le Peuple n'en ajoui plus pleinement , qu'on ne met
te doac
MAY. 1734. 991
że donc plus en usage ces noms sacrez comme des
prétextes artificieux etplausibles pour renverser l'établissement
présent sous lequel elles sont à couvert.
Je n'ai rien à souhaiter si non que mon Peuple ne
se laisse point surprendre. J'en appelle à sa conscience
pour ma conduite et j'espere que la Providence
divine le dirigera dans le choix de Deputez
dignes , que le soin et la conservation de la Religion
Protestante , de l'établissement présent et de
tous les Droits Religieux et Civils de la Grande-
Bretagne leur soient confiez .
Le Duc de Buckingham , à qui le Roy a permis
de servir dans l'Armée Françoise , sur le
Rhin , en qualité d'Ayde de Camp du Maréchal
de Berwick , partit le 28. du mois dernier pour
s'y rendre .
Le 3. de ce mois , le Prince et la Princesse
d'Orange, s'étant rendus en Chaises à Porteurs à
Whitehall , s'embarquerent sur une des Berges
du Roy , et descendirent la Tamise jusqu'à Lambeth
, pour y prendre les Carosses du Roy , qui
les ont conduits à Gravesend , d'où le Yacht le
Fubbs doit les transporter en Hollande , sous
l'escorte de cinq Vaisseaux de Guerre.
On apprend en dernier lieu de Londres , qu'il
y a déja 350. Membres du Parlement élûs , ét
dans ce nombre on en compte plus de 200. qui
étoient du dernier Parlement. Plusieurs Habitans
de Douvres ont été accusez d'avoir reçû des
sommes considerables pour donner leurs voix à
certaines personnes dans l'Election qu'ils ont faite
dernierement de leurs Députez au Parlement ,
les Magistrats doivent les poursuivre juridiquemont
, en execution de l'Acte du Parlement contre
ceux qui se laissent corrompre.
2
E 22. du mois dernier , la Populace s'étant
Lassemblée cumultueusement dans divers en
droits de Londres , aliuma des feux dans les ruës
pour témoigner sa joye de ce que l'année derniere
à pareil jour , la Chambre des Communes
rejetta le Bill pour augmenter les droits sur les
Boissons fortes , et pour établir une nouvelle maniere
de les percevoir. Elle cassa les vitres de
P'Hôtel du Lord- Maire et de toutes les maisons,
de ceux qui refuserent de mettre des lumieres sur
leurs fenêtres , et les efforts que firent les Officiers
chargez de la Police , pour faire cesser le désor
dre , furent inutiles.
Le 27. Avril , à 3. heures après midy , le Roy
se rendit à la Chambre des Pairs avec les ceremonies
accoutumées , et S. M. ayant mandé la
Chambre des Communes , donna son consentement
à divers Bills , et fit ensuite le Discours
suivant.
MY LORDS ET MESSIEURS.
>
Je vous remercie d'avoir dépêché si promptement
les affaires publiques , et de la confiance que vous
avez prise en moi pour l'honneur et la seureté de mon
Royaume. Une Session si courte terminée avec
tant d'unanimité et de si justes égards pour le veritable
interêt de la Nation dans une conjoncture si dé-
"
licate
MAY. 7734-
34
licate , donnera beaucoup de poids et de crédit à tou
tes nos démarches , et assurera au Parlement le respect
et la confiance si nécessaires pour maintenir
Phonneur et l'interêt de la Grande-Bretagne , tant
au dedans qu'en dehors.
MESSIEURS DE LA CHAMBRE DES COMMUNES
Je dois reconnoître d'une maniere particuliere le Zele
et la promptitude que vous avez montrez dans ce
qui concerna la levée des subsides nécessaires pour le
service de cette année . L'attention que vous avez
eue d'assigner des fonds pour acquitter une grande
partie des dettes de la Marine , dettes qu'on a été
nécessairement et inévitablement obligé de contracter
, et qui portant un interêt plus fort que les anciennes
dettes de la Nation , et étant sujettes à un
décomte , augmentoient la dépense dans tous les
Contracts pour la Flote et pour l'avituaillement ,
doit certainement être regardée comme un servicê
essentiel rendu au Public.
MYLORDS ET MESSIEURS ,
Le temps limitépour l'expiration de ce Parlemens
étant prochain , j'ai resolu de faire publier une Proclamation
pour le dissoudre et pour convoquer un
nouveau Parlement, afin de mettre fin aussi -tôt qu'il
sera possible aux inconveniens qui sont les suites inévitables
d'une Election generale , mais je me croirois
inexcusable si je quittois ce Parlement sans lui
faire la justice de reconnoître toutes les preuves écla
tantes que durant le cours de 7 années il a donné
de son fidele attachement pour ma Personne et pour
mon Gouvernement et de ses égards constants pour
le veritable interêt de la Patrie. La prosperité et
La gloire de mon Regne dépendent de l'affection et
du bonheur de mon Peuple , et le bonheur de mon
Peuple
990 MERCURE DE FRANCE
Peuple dépend de la conservation de tous ses legitimes
droits et Privileges , tels qu'ils sont assurez par
l'établissement présent de la Couronne dans la Ligne
Protestante. L'exacte observation et la juste
execution des Loix sont la meilleure et l'unique sireté,
tant pour le Souverain que pour les Sujets ;
leur interêt est mutuel et indivisible , et par consequent
leurs efforts pour se soutenir mutuellement doivent
être égaux et réciproques ; toute usurpation des
droits du Roy ou de ceux du Peuple , est une diminution
du pouvoir de l'un et de l'autre, qui étant tenu
des deux parts dans ses justes bornes ,fait la balance
qui est si nécessaire pour l'honneur et la dignité
de la Couronne et pour la prosperité du Peuple.
J'observerai religieusement pout cet effet tout ce qui
dépendra de moi , ne doutant point d'un juste retour
de soumission et de reconnoissance de mes Sujeis . Je
dois vous recommander particulierement , et j'attends
cette marque de votre affection si connue , de
faire tous vos efforts pour faire cesser les malheu
reuses divisions de cette Nation , et pour concilier
les esprits de tous ceux qui souhaitent sincerement
la sûreté et la prosperité du Royaume. Ce me seroit
une très-grande satisfaction de voir une parfaite
harmonie rétablie parmi ceux qui n'ont et ne doi→
vent avoir à coeur qu'un même objet , afin qu'il n'y
ait plus de distinction qu'entre ceux qui souhaitent
le maintien de notre heureux établissement présent
dans l'Eglise et dans l'Etat , et ceux qui voudroient
renverser l'une et l'autre ; c'est la seule distinction
qui devroit être remarquée dans un pays où l'interêt
du Roy et du Peuple est le même. Si dans aucun
temps les Droits de la Religion , de la liberté
et de la proprieté , n'ont été maintenus avec plus
d'ardeur de la part du Gouvernement , et si jamais
le Peuple n'en ajoui plus pleinement , qu'on ne met
te doac
MAY. 1734. 991
że donc plus en usage ces noms sacrez comme des
prétextes artificieux etplausibles pour renverser l'établissement
présent sous lequel elles sont à couvert.
Je n'ai rien à souhaiter si non que mon Peuple ne
se laisse point surprendre. J'en appelle à sa conscience
pour ma conduite et j'espere que la Providence
divine le dirigera dans le choix de Deputez
dignes , que le soin et la conservation de la Religion
Protestante , de l'établissement présent et de
tous les Droits Religieux et Civils de la Grande-
Bretagne leur soient confiez .
Le Duc de Buckingham , à qui le Roy a permis
de servir dans l'Armée Françoise , sur le
Rhin , en qualité d'Ayde de Camp du Maréchal
de Berwick , partit le 28. du mois dernier pour
s'y rendre .
Le 3. de ce mois , le Prince et la Princesse
d'Orange, s'étant rendus en Chaises à Porteurs à
Whitehall , s'embarquerent sur une des Berges
du Roy , et descendirent la Tamise jusqu'à Lambeth
, pour y prendre les Carosses du Roy , qui
les ont conduits à Gravesend , d'où le Yacht le
Fubbs doit les transporter en Hollande , sous
l'escorte de cinq Vaisseaux de Guerre.
On apprend en dernier lieu de Londres , qu'il
y a déja 350. Membres du Parlement élûs , ét
dans ce nombre on en compte plus de 200. qui
étoient du dernier Parlement. Plusieurs Habitans
de Douvres ont été accusez d'avoir reçû des
sommes considerables pour donner leurs voix à
certaines personnes dans l'Election qu'ils ont faite
dernierement de leurs Députez au Parlement ,
les Magistrats doivent les poursuivre juridiquemont
, en execution de l'Acte du Parlement contre
ceux qui se laissent corrompre.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 22 du mois précédent, la population de Londres a célébré le rejet par la Chambre des Communes d'un projet de loi visant à augmenter les droits sur les boissons fortes et à modifier leur perception. Cette célébration s'est manifestée par des feux dans les rues et des bris de vitres chez ceux refusant de mettre des lumières à leurs fenêtres. Les efforts de la police pour rétablir l'ordre ont été inutiles. Le 27 avril, le roi s'est rendu à la Chambre des Pairs pour donner son consentement à divers projets de loi. Dans son discours, il a remercié les parlementaires pour leur promptitude et leur unanimité dans la gestion des affaires publiques. Il a souligné l'importance de maintenir l'honneur et l'intérêt de la Grande-Bretagne, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du royaume. Le roi a également reconnu les efforts des Communes pour lever les subsides nécessaires et acquitter une partie des dettes de la Marine. Le roi a annoncé la dissolution du Parlement et la convocation d'un nouveau Parlement pour éviter les inconvénients des élections générales. Il a exprimé sa gratitude pour l'attachement et les égards constants du Parlement envers sa personne et le gouvernement. Il a insisté sur la nécessité de conserver les droits et privilèges légitimes du peuple et de maintenir l'observation des lois pour la sécurité mutuelle du souverain et des sujets. Le Duc de Buckingham est parti le 28 du mois précédent pour servir dans l'armée française sur le Rhin. Le Prince et la Princesse d'Orange ont quitté Londres pour la Hollande, escortés par des vaisseaux de guerre. À ce jour, 350 membres du nouveau Parlement ont été élus, dont plus de 200 étaient membres du dernier Parlement. Plusieurs habitants de Douvres ont été accusés de corruption lors des élections et doivent être poursuivis en justice.
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16
p. 205
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
Aujourd'hui le Roi s'est rendu à la Chambre des Pairs avec les cérémonies accoutumées, & Sa [...]
Mots clefs :
Roi d'Angleterre, Chambre des communes
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE- BRETAGNE.
DE LONDRES , le 14 Novembre.
Aujourd'hui le Roi s'eft rendu à la Chambre
des Pairs avec les cérémonies accoutumées , & Sa
Majesté ayant mandé la Chambre des Communes ,.
a fait l'ouverture du Parlement par un fort beau
Difcours.
Le fieur Henriques vient de publier un nouveau
projet pour acquitter les dettes de la nation
, par le moyen d'une Lotterie qui durera dix
ans. Il en a remis aujourd'hui des copies à tous
les Membres de la Chambre des Communes.
Le 15 Novembre les Seigneurs préſenterent
au Roi leur adreffe , à laquelle Sa Majefté répondit
: » MYLORDS , je vous remercie des marques
>> que vous me donnez de votre affection & de vo-
» tre fidelité . Le zele que vous montrez pour ma
» perfonne & pour mon gouvernement , ne peut
» manquer de produire les meilleurs effets , tant
» au dedans qu'au dehors. Je n'uferai jamais de
>> votre confiance que pour le véritable intérêt de
» mon peuple.
DE LONDRES , le 14 Novembre.
Aujourd'hui le Roi s'eft rendu à la Chambre
des Pairs avec les cérémonies accoutumées , & Sa
Majesté ayant mandé la Chambre des Communes ,.
a fait l'ouverture du Parlement par un fort beau
Difcours.
Le fieur Henriques vient de publier un nouveau
projet pour acquitter les dettes de la nation
, par le moyen d'une Lotterie qui durera dix
ans. Il en a remis aujourd'hui des copies à tous
les Membres de la Chambre des Communes.
Le 15 Novembre les Seigneurs préſenterent
au Roi leur adreffe , à laquelle Sa Majefté répondit
: » MYLORDS , je vous remercie des marques
>> que vous me donnez de votre affection & de vo-
» tre fidelité . Le zele que vous montrez pour ma
» perfonne & pour mon gouvernement , ne peut
» manquer de produire les meilleurs effets , tant
» au dedans qu'au dehors. Je n'uferai jamais de
>> votre confiance que pour le véritable intérêt de
» mon peuple.
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
Le 14 novembre, le roi de Grande-Bretagne a ouvert le Parlement et prononcé un discours. Henriques a proposé un projet de loterie pour rembourser les dettes nationales. Le 15 novembre, les Seigneurs ont adressé une lettre au roi, qui a exprimé sa gratitude et affirmé utiliser leur confiance pour l'intérêt du peuple.
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17
p. 189-190
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
Sur un Message envoyé par le Roi le 25 à la [...]
Mots clefs :
Londres, Chambre des communes, Chambre des pairs, Marines de guerre
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE - BRETAGNE.
DE LONDRES , le 27 Mars.
>
Sur un Meffage envoyé par le Roi le 25 à la
Chambre des Pairs & à la Chambre des Communes
, cette Chambre s'étant affemblée le lendemain
en Committé pour délibérer ſur le ſubſide
accorda la fomme d'un million de livres fterlings
au Roi , afin que Sa Majefté puiffe faire dans fa
marine & dans fes troupes l'augmentation néceſfaire
, & prendre toutes les mefures convenables
pour la fureté de fes états . La Chambre affigna en
même tems un fonds de fix mille livres sterlings
pour continuer le grand chemin entre les villes
de Carlisle & de Newcaſtle.
L'augmentation des troupes de terre fera de
cinq mille hommes. On augmentera de vingt
mille le nombre des matelots , & l'on engagera
dix mille nouveaux foldats de marine. L'équipage
d'un vaiffeau de guerre revenu de la Virginie
rapporté que le Chef d'Efcadre Keppel y étoi
a
190 MERCURE DE FRANCE.
arrivé avec les vaiffeaux le Centurion & le Norwich ,
& que ces deux bâtimens avoient été confidérablement
endommagés par une tempête.
La Chambre des Communes a réfolu que la
fomme d'un million de livres ſterlings feroit levée
par le moyen d'une lotterie , dont chaque billet
fera d'une guinée.
Les Régimens d'Infanterie de Bentinck , de
Bertie , d'York , de Jordan , de Folliot , de Humes
, d'Anftruther & de London , qui font fur
l'établiffement d'Irlande , ont ordre de paffer en
Angleterre. Ils feront augmentés de trente & un
hommes par Compagnie. Tous les vaiffeaux nouvellement
mis en commiffion , fe rendent fucceffivement
à Spithead , & il eſt défendu aux Officiers
qui les montent , de quitter leurs bords. On
a reçu avis que les troupes parties d'Irlande pour
la Virginie étoient arrivées à cette Colonie .
DE LONDRES , le 27 Mars.
>
Sur un Meffage envoyé par le Roi le 25 à la
Chambre des Pairs & à la Chambre des Communes
, cette Chambre s'étant affemblée le lendemain
en Committé pour délibérer ſur le ſubſide
accorda la fomme d'un million de livres fterlings
au Roi , afin que Sa Majefté puiffe faire dans fa
marine & dans fes troupes l'augmentation néceſfaire
, & prendre toutes les mefures convenables
pour la fureté de fes états . La Chambre affigna en
même tems un fonds de fix mille livres sterlings
pour continuer le grand chemin entre les villes
de Carlisle & de Newcaſtle.
L'augmentation des troupes de terre fera de
cinq mille hommes. On augmentera de vingt
mille le nombre des matelots , & l'on engagera
dix mille nouveaux foldats de marine. L'équipage
d'un vaiffeau de guerre revenu de la Virginie
rapporté que le Chef d'Efcadre Keppel y étoi
a
190 MERCURE DE FRANCE.
arrivé avec les vaiffeaux le Centurion & le Norwich ,
& que ces deux bâtimens avoient été confidérablement
endommagés par une tempête.
La Chambre des Communes a réfolu que la
fomme d'un million de livres ſterlings feroit levée
par le moyen d'une lotterie , dont chaque billet
fera d'une guinée.
Les Régimens d'Infanterie de Bentinck , de
Bertie , d'York , de Jordan , de Folliot , de Humes
, d'Anftruther & de London , qui font fur
l'établiffement d'Irlande , ont ordre de paffer en
Angleterre. Ils feront augmentés de trente & un
hommes par Compagnie. Tous les vaiffeaux nouvellement
mis en commiffion , fe rendent fucceffivement
à Spithead , & il eſt défendu aux Officiers
qui les montent , de quitter leurs bords. On
a reçu avis que les troupes parties d'Irlande pour
la Virginie étoient arrivées à cette Colonie .
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
Le 27 mars, la Chambre des Communes et la Chambre des Pairs ont approuvé un message royal du 25 mars. Elles ont alloué un million de livres sterlings pour renforcer la marine et les troupes, ainsi qu'un fonds de six mille livres sterlings pour construire une route entre Carlisle et Newcastle. L'armée terrestre sera augmentée de cinq mille hommes, la marine de vingt mille matelots et dix mille soldats de marine. Un vaisseau de guerre revenu de Virginie a rapporté que le Chef d'Escadre Keppel était arrivé avec les vaisseaux Centurion et Norwich, endommagés par une tempête. La Chambre des Communes a décidé de lever le million de livres sterlings par une lotterie, chaque billet valant une guinée. Plusieurs régiments d'infanterie stationnés en Irlande, dont ceux de Bentinck, Bertie, York, Jordan, Folliot, Humes, Anstruther et London, doivent se rendre en Angleterre et seront augmentés de trente et un hommes par compagnie. Tous les nouveaux vaisseaux mis en commission doivent se rendre à Spithead, et il est interdit aux officiers de quitter leurs navires. Des nouvelles confirment l'arrivée des troupes parties d'Irlande pour la Virginie.
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18
p. 223-224
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
Le 25 du moi dernier, le Roi se rendit à la Chambre [...]
Mots clefs :
Londres, Roi, Chambre des pairs, Chambre des communes, Livre sterling, Commissaires de l'Amirauté, Marine, Loterie
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE- BRETAGNE.
DE LONDRES , le premier Mai.
Le 25 du mois dernier , le Roi fe rendit à la
Chambre des Pairs avec les cérémonies accoutu
mées ; & Sa Majeſté ayant mandé la Chambre des
Communes,approuva le Bill pour lever un million
fterling par le moyen d'une lotterie ; le Bill qui
ordonne de tirer quatorze cens vingt mille livres
fterlings du fonds d'amortiffement , & d'appliquer
cette fomme au fervice de l'année courante ; le
Bill dont l'objet eft de mieux pourvoir la flotte
royale de Matelots ; & plufieurs autres Bills , tant
publics que particuliers. Le Roi fit enfuite , la clôture
de la feffion du Parlement par un diſcours fort
étendu. K iv
224 MERCURE DE FRANCE.
Les moyens accordés par le Parlement pour le
fervice de l'année 1755 , montent à quatre mil
lions cent trente- fept mille neuf cens foixantedeux
livres fterlings neuf fchelings fix pennings,
Les fubfides demandés ne montent qu'à quatre
millions cinquante- un mille fept cens foixante-dixe
neuf livres onze fchelings fix pennings & demis
par conféquent l'octroi excéde la demande de la
Tomme de quatre - vingt - fix mille cent quatrer
vingt deux livres dix-fept fchelings onze pennings
& demi. La dette nationale fait actuellement
un objet d'environ foixante- douze millions
Sterlings.
Les Commiffaires de l'Amirauté ont ordonne
que les Officiers des cinquante Compagnies de
Marine levées depuis peu , fe rendiffent incef
famment dans les départemens qui leur font aff
gnés . On continuera de payer jufqu'au 27 de ce
mois inclufivement , les gratifications promifes
aux Matelots qui s'engagent volontairement fur la
flotte du Roi. FORE
Il y aura dans la nouvelle lotterie deux lots de
dix mille livres fterlings chacun , quatre de cinq
mille , fix de deux mille , trente de mille , quarante
de cinq cens , cent quatre-vingt - dix - huit de
cents quatre mille vingt de cinquante. Les deux
premiers numeros qui feront tirés , auront chacun
une prime de cinq cens livres sterlings , & les deur
derniers une de mille.
DE LONDRES , le premier Mai.
Le 25 du mois dernier , le Roi fe rendit à la
Chambre des Pairs avec les cérémonies accoutu
mées ; & Sa Majeſté ayant mandé la Chambre des
Communes,approuva le Bill pour lever un million
fterling par le moyen d'une lotterie ; le Bill qui
ordonne de tirer quatorze cens vingt mille livres
fterlings du fonds d'amortiffement , & d'appliquer
cette fomme au fervice de l'année courante ; le
Bill dont l'objet eft de mieux pourvoir la flotte
royale de Matelots ; & plufieurs autres Bills , tant
publics que particuliers. Le Roi fit enfuite , la clôture
de la feffion du Parlement par un diſcours fort
étendu. K iv
224 MERCURE DE FRANCE.
Les moyens accordés par le Parlement pour le
fervice de l'année 1755 , montent à quatre mil
lions cent trente- fept mille neuf cens foixantedeux
livres fterlings neuf fchelings fix pennings,
Les fubfides demandés ne montent qu'à quatre
millions cinquante- un mille fept cens foixante-dixe
neuf livres onze fchelings fix pennings & demis
par conféquent l'octroi excéde la demande de la
Tomme de quatre - vingt - fix mille cent quatrer
vingt deux livres dix-fept fchelings onze pennings
& demi. La dette nationale fait actuellement
un objet d'environ foixante- douze millions
Sterlings.
Les Commiffaires de l'Amirauté ont ordonne
que les Officiers des cinquante Compagnies de
Marine levées depuis peu , fe rendiffent incef
famment dans les départemens qui leur font aff
gnés . On continuera de payer jufqu'au 27 de ce
mois inclufivement , les gratifications promifes
aux Matelots qui s'engagent volontairement fur la
flotte du Roi. FORE
Il y aura dans la nouvelle lotterie deux lots de
dix mille livres fterlings chacun , quatre de cinq
mille , fix de deux mille , trente de mille , quarante
de cinq cens , cent quatre-vingt - dix - huit de
cents quatre mille vingt de cinquante. Les deux
premiers numeros qui feront tirés , auront chacun
une prime de cinq cens livres sterlings , & les deur
derniers une de mille.
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
Le 25 avril, le roi de Grande-Bretagne a convoqué la Chambre des Pairs et la Chambre des Communes pour approuver plusieurs bills. Parmi ceux-ci figuraient un bill pour lever un million de livres sterling via une lotterie, un autre pour tirer 142 000 livres sterling du fonds d'amortissement, et un bill pour améliorer l'approvisionnement en matelots de la flotte royale. Le roi a ensuite clôturé la session parlementaire par un discours. Les fonds accordés par le Parlement pour l'année 1755 s'élèvent à 4 137 962 livres sterling, 9 shillings et 6 pence, avec un excédent de 86 193 livres sterling, 17 shillings et 11,5 pence. La dette nationale est estimée à environ 62 millions de livres sterling. Les commissaires de l'Amirauté ont ordonné aux officiers des cinquante compagnies de marine récemment levées de se rendre dans leurs départements respectifs. Les gratifications pour les matelots s'engageant volontairement seront payées jusqu'au 27 mai. La lotterie comprend divers lots, dont deux de 10 000 livres sterling et 4 020 de 50 livres sterling. Les deux premiers numéros tirés recevront chacun une prime de 500 livres sterling, et les deux derniers une prime de 1 000 livres sterling.
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19
p. 228-234
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
Le Chevalier d'Abreu, Ministre d'Espagne, & Don Louis d'Acunha, Ministre [...]
Mots clefs :
Londres, Général, Colonel, Amérique, Indiens d'Amérique, Combats, Johnson, Vaisseaux, Français, Amiraux, Chambre des communes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
DE LONDRES
, le 25 Novembre
.
Le Chevalier
d'Abreu
, Miniftre
d'Eſpagne
, &
Don Louis d'Acunha
, Miniftre
de Portugal
, ont
eu le mois paffé de fréquentes
conférences
avec
les Miniftres
du Roi. On affure qu'elles
ont roulé
fur la médiation
offerte par leurs Majeftés
Catholique
& très-fidele , pour accommoder
les différends
furvenus
entre cette Cour & celle de Fran- ce. Le bruit eft général
auffi que la commiffion de Don Mello de Caftro eft relative
à cet objet.
L'Amiral
Byng fit voile de ce port le 14 Octobre
avechuit vaiffeaux
de guerre. Il doit prendre
à Plymouth
quatre
autres vaiffeaux
& quelques
frégates
, & continuer
enfuite
fa route vers la Méditer- ranée. Les dernieres
nouvelles
de l'Amérique
portent
que le Général
Shirley
a commencé
l'âttaque
du Fort de la Couronne
, & que le Gouverneur
de la Virginie
fait lever avec toute la diligence
poffible
un Régiment
de douze cens hom- mes , dont le Colonel
Washington
aura le comDECEMBRE.
1755. 229
"
mandement . Selon les mêmes lettres , les Sauvages
font des courfes continuelles dans cette colonie ,
ainfi que dans la Pensilvanie & dans le Maryland ,
& ils y ont caufé beaucoup de ravages.
Une partie des cargaifons des bâtimens dont
les Anglois fe font emparés , dépériffant à bord ;
les propriétaires ont demandé la permiffion de
s'en défaire , offrant d'en remettre la valeur , fi les
circonstances l'exigent. En conféquence on a
commencé à vendre plufieurs des denrées & des
marchandiſes qui étoient fur ces bâtimens .
Voici les principales particularités que le Gouvernement
a jugé à propos de rendre publiques
au fujet de l'avantage remporté en Amérique par
Johnfon. Quelques Indiens , que ce Major Général
avoit envoyés à la découverte , lui vinrent
annoncer le 7 du mois de Septembre , qu'un détachement
de troupes Françoifes marchoit vers
un pofte avancé , où étoient deux cens cinquante
hommes du Régiment de New Hampshire , &
cinq Compagnies du Régiment de la Nouvelle
Yorck. Auffi-tôt le Sr Johnſon envoya ordre au
Colonel Blanchard , qui commandoit dans ce
pofte , de fe replier avec les troupes. On fut informé
la nuit fuivante , que les François étoient
arrivés à quatre milles en-deçà du pofte du Colonel
Blanchard . Le lendemain matin , on tint
Confeil de guerre. Il fut réfolu de détacher mille
hommes , fous le commandement du Colonel
Williams , pour aller à leur rencontre. Une heure
& demie après le départ de ce détachement ,
auquel fe joignirent deux cens Indiens , on entendit
tirer avec beaucoup de vivacité. On ne
douta point qu'il n'y eût une action d'engagée ,
& l'on jugea qu'elle fe paffoit à trois milles du
camp , où le feur Johnſon étoit rétranché près
230 MERCURE DE FRANCE.
du Lac Ceorges. Les feux des combattans s'ap
prochant peu à peu , il fut aifé de conjecturer
que les troupes du Colonel Williams étoient en
déroute. Le Lieutenant Colonel Colie fut détaché
en conféquence avec trois cens hommes pour favorifer
leur retraite . Entre dix & onze heures elles
revinrent en fort grand céfordre . A onze heures
& demie les François parurent. Ils n'étoient
qu'au nombre de dix - fept cens hommes , fçavoir
deux cens Grenadiers , huit cens Canadiens , &
fept cens Indiens . Ayant fait une courte halte à
cent cinquante toiles des retranchemens du Major
Général Johnſon , ils s'avancerent la bayonette
au bout du fufil , dirigeant leur principale attaque
vers le centre du camp . D'abord ils firent feu par
pelotons. Leurs décharges ne produifirent pas
beaucoup d'effet , parce que les Anglois étoient
Couverts d'un parapet . Ceux- ci commencerent à
faire jouer leur artillerie , & pour lors le combat
devint général . L'attaque des François fur des
plus vives. Ne pouvant entamer le centre du
camp , ils tournerent leurs efforts du côté de la
droite. Après avoir combattu jufqu'à quatre heures
après- midi avec une intrépidité peu commune
, ils furent enfin repouffes. Les Anglois les
voyant ébranlés , fortirent du retranchement , les
pourfuivirent , & firent trente prifonniers , parmi
fefquels eft le fieur de Dieskau , Général des trou
pes arrivées depuis peu de France en Canada. Il eſt
bleffé dangereufement d'un coup de feu à la jambe
, & de deux autres coup dans les deux hanches.
Son Major Général , & le fieur de Saint Pierre qui
commandoit les Indiens , ont été tués . On ne fçait
point au juſte à quoi monte la perte de part &
d'autre. Les uns prétendent que les François ont
perda mille hommes. Selon d'autres ils n'en ont
DECEMBRE.
1755. 231
perdu que fix cens. Du côté des Anglois , le Májor
General Johnſon a reçu un coup de feu dans
la cuifle , & l'on n'a pu retirer la balle de la plaie .
Le Colonel Williams , le Major Ashley , les Capitaines
Ingerzal , Putter , Ferral , Stodder , Mac-
Ginnes & Steven , ont perdu la vie dans le combat
du matin. A la défenſe du camp les Anglois
ont eu cent trente hommes tués , & foixante
bleffés. Le Colonel Titcomb eft du nombre des
premiers.
Les Seigneurs préfenterent le 14 de ce mois.
au Roi l'adreſſe fuivante. « Nous , les fideles Su-
»jets de Votre Majefté , les Loras Spirituels &
Temporels aflemblés en Parlement , deman
» dons la permiffion de la remercier de fa gra
>> cieuſe harangue émanée du trône . L'attention
» paternelle de Votre Majefté pour le bonheur
» de fes peuples , laquelle s'eft fait connoître dans
» toutes les occafions , fe manifefte d'une façon
» bien fenfible , dans cette conjoncture critique ,
» par l'ardent défir que Votre Majesté a montré
» de garantir la Grande Bretagne des calamités
de la guerre , & par la ferme réſolution où eft
» Votre Majesté de n'accepter que des propofi-
» tions raisonnables & honorables d'accommode-
» ment. Quand nous confidérons de quelle im-
>> portance la confervation des poffeffions de la
» Grande- Bretagne en Amérique eft au commer
» ce & à la prospérité de ces Royaumes , nous ne
>> pouvons voir avec indifférence tant d'ufurpa
» tions faites par la France dans le tems d'une pro-
» fonde paix, & contre la foi des traités les plus
>> folemnels. Rien ne peut furpaffer notre étonne
» ment d'une telle conduite , fi ce n'eft la recon-
>> noiffance que nous infpirent les foins pris par
» Votre Majesté pour protéger nos colonies con
232 MERCURE DE FRANCE .
>> tre les invaſions & contre les infultes , & pour
>> recouvrer les pays qui en ont été enlevés fi in-
» juftement. Si quelque Puiffance a pu fe trom-
» per jufqu'au point d'imaginer que Votre Ma-
»jefté & votre Parlement demeuraffent dans l'in-
» action à la vue de tant d'hoftilités que nous ne
> nous fommes point attirées , il y a long- tems
» qu'elle doit être revenue de fon erreur. Nous
reconnoiffons avec bien de la gratitude la fa-
» geffe & la bonté de Votre Majesté , dans la di-
» ligence qu'elle a apportée à multiplier fes ar-
>> memens maritimes , à augmenter les forces de
» terre , de maniere à procurer la fureté de fes
» peuples , fans leur impofer un fardeau trop
» onéreux , & à encourager les braves & fideles
fujets d'Amérique à faire en cette occaſion im-
» portante , tout ce que demandent d'eux leur
» devoir , leur bien- être & leur commun danger.
» Votre Majefté a fuffifamment prouvé qu'elle
» n'eft guidée par aucun motif d'ambition , ni par
>> aucun deffein d'exciter de nouveaux troubles .
» Sa prudence & fa magnanimité éclatent pleine-
>> ment par la difpofition où elle est de prévenir
» tout ce qui pourroit allumer en Europe une
» guerre générale , & de fe borner à pourſuivre
>> les fins falutaires & néceffaires qu'il lui a plu
» de nous expoſer. C'eft avec grand plaifir que
»>nous apprenons la déclaration pacifique de Sa
n Majefté Catholique. Une telle déclaration s'ac-
» corde parfaitement avec la bonne intelligence
>> qui fubfifte entre les deux Couronnes , & avec
» l'intérêt de toute l'Europe . Nous trahirions ce
» que nous devons à Votre Majefté & à notre Pa-
>> trie , fi nous ne promettions avec autant de fin-
» cérité que de zele , de féconder efficacement
» Votre Majesté dans une cauſe juſte & naționale,
DECEMBRE . 1755. 233
» Rien ne
manquera de notre part pour effectuer
» les affurances
que votre Parlement
vous a don-
» nées dans fa derniere feffion . Nous nous re-
» gardons comme obligés par les loix du devoir ,
» de l'honneur
& de la reconnoiffance
, à concou-
>> rir à toutes les mefures fages & indifpenfables
,
» que Votre Majefté a prifes pour la défenſe des
» droits de fa Couronne
, à faire échouer les ten-
» tatives qui pourroient
être faites par la France
» en haine de ces mefures , & à mettre Votre Ma-
» jefté en état de repouffer les entrepriſes
qui fe-
>> ront formées , non feulement
contre les Royau-
» mes , mais même contre fes autres Etats indé-
» pendans de la Couronne de la Grande-Bretagne,
» fuppofé qu'ils foient attaqués
à raifon de la
>> part que Votre Majefté a priſe à l'intérêt effen-
» tiel de cette Couronne . Animés de ces grandes
» & importantes
confidérations
, qu'il nous foit
» permis d'affurer Votre Majefté de notre fidélité
» & de notre attachement
pour fa perfonne
fa-
» crée , & de lui protefter que nous enviſageons
» le maintien de fon Gouvernement
& de la fucceffion
proteftante dans votre Royale Maifon ,
» comme le feul appui de notre Religion & de
» nos Libertés. Notre conduite inébranlable détrompera
quiconque fe feroit vainement flatté
» que des appareils menaçans puffent nous em-
» pêcher d'agir conféquemment à ces principes
» & elle prouvera que , quoique nous foyons bien
» éloignés de penfer à faire injure ou tort à quel-
» qu'un de nos voifins , nous fommes prêts à
» facrifier nos vies & nos fortunes pour la dé-
» fenſe de Votre Majefté , ainsi que pour la con-
» fervation des poffeffions , du commerce & des
» droits de la Grande-Bretagne. » Le Roi répondit
aux Seigneurs , Milords , je vous fais mes fin-
>
234 MERCURE DE FRANCE.
ceres remerciemens des marques d'affection & de
fidélité dont votre Adreffe eft remplie. Je vois avec
la plus grande fatisfaction le zele que vous montrez
pour ma perfonne & pour mon Gouvernement, auſſibien
que pour les véritables intérêts de votre patrie,
que je ne perdrai jamais de vue. Les affurances
que vous me donnez , de défendre méme mes
Etats indépendans de la Couronne de la Grande
Bretagne , font une forte preuve de votre attachement
pour moi, & de l'intérêt que vous prenez à
mon honneur. Rien ne me détournera de poursuivre
les mesures qui peuvent contribuer efficacement à
maintenir les poffeffions & les droits de la Nation ,
à nous procurer un accommodement folide
honorable.
L'adreffe qui fut préfentée le 15 par la Chambre
des Communes , eft conçue à peu - près dans
les mêmes termes que l'Adreffe de la Chambre-
Haute.
Les Amiraux Bofcawen , Moftyn & Holbourne
, font revenus d'Amérique avec leurs Efcadres
, lefquelles doivent être radoubées , afin de
fe remettre en mer , lorfque les circonftances
l'exigeront. Le vaiffeau de guerre François l'Efpérance
, a été conduit à Plymouth. Il a été pris
par l'efcadre de l'Amiral Weft , après avoir foutenu
un combat de quatre heures contre le vaiffeau
l'Orford , qu'il a fort maltraité , & un fecond
combat contre l'Amiral Weft lui- même . Comme
ce vaiffeau étoit fort vieux & criblé de coups ,
on y a mis le feu après en avoir retiré les agrets.
, le 25 Novembre
.
Le Chevalier
d'Abreu
, Miniftre
d'Eſpagne
, &
Don Louis d'Acunha
, Miniftre
de Portugal
, ont
eu le mois paffé de fréquentes
conférences
avec
les Miniftres
du Roi. On affure qu'elles
ont roulé
fur la médiation
offerte par leurs Majeftés
Catholique
& très-fidele , pour accommoder
les différends
furvenus
entre cette Cour & celle de Fran- ce. Le bruit eft général
auffi que la commiffion de Don Mello de Caftro eft relative
à cet objet.
L'Amiral
Byng fit voile de ce port le 14 Octobre
avechuit vaiffeaux
de guerre. Il doit prendre
à Plymouth
quatre
autres vaiffeaux
& quelques
frégates
, & continuer
enfuite
fa route vers la Méditer- ranée. Les dernieres
nouvelles
de l'Amérique
portent
que le Général
Shirley
a commencé
l'âttaque
du Fort de la Couronne
, & que le Gouverneur
de la Virginie
fait lever avec toute la diligence
poffible
un Régiment
de douze cens hom- mes , dont le Colonel
Washington
aura le comDECEMBRE.
1755. 229
"
mandement . Selon les mêmes lettres , les Sauvages
font des courfes continuelles dans cette colonie ,
ainfi que dans la Pensilvanie & dans le Maryland ,
& ils y ont caufé beaucoup de ravages.
Une partie des cargaifons des bâtimens dont
les Anglois fe font emparés , dépériffant à bord ;
les propriétaires ont demandé la permiffion de
s'en défaire , offrant d'en remettre la valeur , fi les
circonstances l'exigent. En conféquence on a
commencé à vendre plufieurs des denrées & des
marchandiſes qui étoient fur ces bâtimens .
Voici les principales particularités que le Gouvernement
a jugé à propos de rendre publiques
au fujet de l'avantage remporté en Amérique par
Johnfon. Quelques Indiens , que ce Major Général
avoit envoyés à la découverte , lui vinrent
annoncer le 7 du mois de Septembre , qu'un détachement
de troupes Françoifes marchoit vers
un pofte avancé , où étoient deux cens cinquante
hommes du Régiment de New Hampshire , &
cinq Compagnies du Régiment de la Nouvelle
Yorck. Auffi-tôt le Sr Johnſon envoya ordre au
Colonel Blanchard , qui commandoit dans ce
pofte , de fe replier avec les troupes. On fut informé
la nuit fuivante , que les François étoient
arrivés à quatre milles en-deçà du pofte du Colonel
Blanchard . Le lendemain matin , on tint
Confeil de guerre. Il fut réfolu de détacher mille
hommes , fous le commandement du Colonel
Williams , pour aller à leur rencontre. Une heure
& demie après le départ de ce détachement ,
auquel fe joignirent deux cens Indiens , on entendit
tirer avec beaucoup de vivacité. On ne
douta point qu'il n'y eût une action d'engagée ,
& l'on jugea qu'elle fe paffoit à trois milles du
camp , où le feur Johnſon étoit rétranché près
230 MERCURE DE FRANCE.
du Lac Ceorges. Les feux des combattans s'ap
prochant peu à peu , il fut aifé de conjecturer
que les troupes du Colonel Williams étoient en
déroute. Le Lieutenant Colonel Colie fut détaché
en conféquence avec trois cens hommes pour favorifer
leur retraite . Entre dix & onze heures elles
revinrent en fort grand céfordre . A onze heures
& demie les François parurent. Ils n'étoient
qu'au nombre de dix - fept cens hommes , fçavoir
deux cens Grenadiers , huit cens Canadiens , &
fept cens Indiens . Ayant fait une courte halte à
cent cinquante toiles des retranchemens du Major
Général Johnſon , ils s'avancerent la bayonette
au bout du fufil , dirigeant leur principale attaque
vers le centre du camp . D'abord ils firent feu par
pelotons. Leurs décharges ne produifirent pas
beaucoup d'effet , parce que les Anglois étoient
Couverts d'un parapet . Ceux- ci commencerent à
faire jouer leur artillerie , & pour lors le combat
devint général . L'attaque des François fur des
plus vives. Ne pouvant entamer le centre du
camp , ils tournerent leurs efforts du côté de la
droite. Après avoir combattu jufqu'à quatre heures
après- midi avec une intrépidité peu commune
, ils furent enfin repouffes. Les Anglois les
voyant ébranlés , fortirent du retranchement , les
pourfuivirent , & firent trente prifonniers , parmi
fefquels eft le fieur de Dieskau , Général des trou
pes arrivées depuis peu de France en Canada. Il eſt
bleffé dangereufement d'un coup de feu à la jambe
, & de deux autres coup dans les deux hanches.
Son Major Général , & le fieur de Saint Pierre qui
commandoit les Indiens , ont été tués . On ne fçait
point au juſte à quoi monte la perte de part &
d'autre. Les uns prétendent que les François ont
perda mille hommes. Selon d'autres ils n'en ont
DECEMBRE.
1755. 231
perdu que fix cens. Du côté des Anglois , le Májor
General Johnſon a reçu un coup de feu dans
la cuifle , & l'on n'a pu retirer la balle de la plaie .
Le Colonel Williams , le Major Ashley , les Capitaines
Ingerzal , Putter , Ferral , Stodder , Mac-
Ginnes & Steven , ont perdu la vie dans le combat
du matin. A la défenſe du camp les Anglois
ont eu cent trente hommes tués , & foixante
bleffés. Le Colonel Titcomb eft du nombre des
premiers.
Les Seigneurs préfenterent le 14 de ce mois.
au Roi l'adreſſe fuivante. « Nous , les fideles Su-
»jets de Votre Majefté , les Loras Spirituels &
Temporels aflemblés en Parlement , deman
» dons la permiffion de la remercier de fa gra
>> cieuſe harangue émanée du trône . L'attention
» paternelle de Votre Majefté pour le bonheur
» de fes peuples , laquelle s'eft fait connoître dans
» toutes les occafions , fe manifefte d'une façon
» bien fenfible , dans cette conjoncture critique ,
» par l'ardent défir que Votre Majesté a montré
» de garantir la Grande Bretagne des calamités
de la guerre , & par la ferme réſolution où eft
» Votre Majesté de n'accepter que des propofi-
» tions raisonnables & honorables d'accommode-
» ment. Quand nous confidérons de quelle im-
>> portance la confervation des poffeffions de la
» Grande- Bretagne en Amérique eft au commer
» ce & à la prospérité de ces Royaumes , nous ne
>> pouvons voir avec indifférence tant d'ufurpa
» tions faites par la France dans le tems d'une pro-
» fonde paix, & contre la foi des traités les plus
>> folemnels. Rien ne peut furpaffer notre étonne
» ment d'une telle conduite , fi ce n'eft la recon-
>> noiffance que nous infpirent les foins pris par
» Votre Majesté pour protéger nos colonies con
232 MERCURE DE FRANCE .
>> tre les invaſions & contre les infultes , & pour
>> recouvrer les pays qui en ont été enlevés fi in-
» juftement. Si quelque Puiffance a pu fe trom-
» per jufqu'au point d'imaginer que Votre Ma-
»jefté & votre Parlement demeuraffent dans l'in-
» action à la vue de tant d'hoftilités que nous ne
> nous fommes point attirées , il y a long- tems
» qu'elle doit être revenue de fon erreur. Nous
reconnoiffons avec bien de la gratitude la fa-
» geffe & la bonté de Votre Majesté , dans la di-
» ligence qu'elle a apportée à multiplier fes ar-
>> memens maritimes , à augmenter les forces de
» terre , de maniere à procurer la fureté de fes
» peuples , fans leur impofer un fardeau trop
» onéreux , & à encourager les braves & fideles
fujets d'Amérique à faire en cette occaſion im-
» portante , tout ce que demandent d'eux leur
» devoir , leur bien- être & leur commun danger.
» Votre Majefté a fuffifamment prouvé qu'elle
» n'eft guidée par aucun motif d'ambition , ni par
>> aucun deffein d'exciter de nouveaux troubles .
» Sa prudence & fa magnanimité éclatent pleine-
>> ment par la difpofition où elle est de prévenir
» tout ce qui pourroit allumer en Europe une
» guerre générale , & de fe borner à pourſuivre
>> les fins falutaires & néceffaires qu'il lui a plu
» de nous expoſer. C'eft avec grand plaifir que
»>nous apprenons la déclaration pacifique de Sa
n Majefté Catholique. Une telle déclaration s'ac-
» corde parfaitement avec la bonne intelligence
>> qui fubfifte entre les deux Couronnes , & avec
» l'intérêt de toute l'Europe . Nous trahirions ce
» que nous devons à Votre Majefté & à notre Pa-
>> trie , fi nous ne promettions avec autant de fin-
» cérité que de zele , de féconder efficacement
» Votre Majesté dans une cauſe juſte & naționale,
DECEMBRE . 1755. 233
» Rien ne
manquera de notre part pour effectuer
» les affurances
que votre Parlement
vous a don-
» nées dans fa derniere feffion . Nous nous re-
» gardons comme obligés par les loix du devoir ,
» de l'honneur
& de la reconnoiffance
, à concou-
>> rir à toutes les mefures fages & indifpenfables
,
» que Votre Majefté a prifes pour la défenſe des
» droits de fa Couronne
, à faire échouer les ten-
» tatives qui pourroient
être faites par la France
» en haine de ces mefures , & à mettre Votre Ma-
» jefté en état de repouffer les entrepriſes
qui fe-
>> ront formées , non feulement
contre les Royau-
» mes , mais même contre fes autres Etats indé-
» pendans de la Couronne de la Grande-Bretagne,
» fuppofé qu'ils foient attaqués
à raifon de la
>> part que Votre Majefté a priſe à l'intérêt effen-
» tiel de cette Couronne . Animés de ces grandes
» & importantes
confidérations
, qu'il nous foit
» permis d'affurer Votre Majefté de notre fidélité
» & de notre attachement
pour fa perfonne
fa-
» crée , & de lui protefter que nous enviſageons
» le maintien de fon Gouvernement
& de la fucceffion
proteftante dans votre Royale Maifon ,
» comme le feul appui de notre Religion & de
» nos Libertés. Notre conduite inébranlable détrompera
quiconque fe feroit vainement flatté
» que des appareils menaçans puffent nous em-
» pêcher d'agir conféquemment à ces principes
» & elle prouvera que , quoique nous foyons bien
» éloignés de penfer à faire injure ou tort à quel-
» qu'un de nos voifins , nous fommes prêts à
» facrifier nos vies & nos fortunes pour la dé-
» fenſe de Votre Majefté , ainsi que pour la con-
» fervation des poffeffions , du commerce & des
» droits de la Grande-Bretagne. » Le Roi répondit
aux Seigneurs , Milords , je vous fais mes fin-
>
234 MERCURE DE FRANCE.
ceres remerciemens des marques d'affection & de
fidélité dont votre Adreffe eft remplie. Je vois avec
la plus grande fatisfaction le zele que vous montrez
pour ma perfonne & pour mon Gouvernement, auſſibien
que pour les véritables intérêts de votre patrie,
que je ne perdrai jamais de vue. Les affurances
que vous me donnez , de défendre méme mes
Etats indépendans de la Couronne de la Grande
Bretagne , font une forte preuve de votre attachement
pour moi, & de l'intérêt que vous prenez à
mon honneur. Rien ne me détournera de poursuivre
les mesures qui peuvent contribuer efficacement à
maintenir les poffeffions & les droits de la Nation ,
à nous procurer un accommodement folide
honorable.
L'adreffe qui fut préfentée le 15 par la Chambre
des Communes , eft conçue à peu - près dans
les mêmes termes que l'Adreffe de la Chambre-
Haute.
Les Amiraux Bofcawen , Moftyn & Holbourne
, font revenus d'Amérique avec leurs Efcadres
, lefquelles doivent être radoubées , afin de
fe remettre en mer , lorfque les circonftances
l'exigeront. Le vaiffeau de guerre François l'Efpérance
, a été conduit à Plymouth. Il a été pris
par l'efcadre de l'Amiral Weft , après avoir foutenu
un combat de quatre heures contre le vaiffeau
l'Orford , qu'il a fort maltraité , & un fecond
combat contre l'Amiral Weft lui- même . Comme
ce vaiffeau étoit fort vieux & criblé de coups ,
on y a mis le feu après en avoir retiré les agrets.
Fermer
Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
Le 25 novembre, le Chevalier d'Abreu, ministre d'Espagne, et Don Louis d'Acunha, ministre du Portugal, ont tenu des conférences fréquentes avec les ministres du Roi de Grande-Bretagne. Ces discussions portaient sur la médiation proposée par les monarques catholique et fidèle pour résoudre les différends entre la Grande-Bretagne et la France. Il est également mentionné que la commission de Don Mello de Castro est liée à cet objet. En mer, l'Amiral Byng a quitté Londres le 14 octobre avec plusieurs vaisseaux de guerre, devant rejoindre d'autres navires à Plymouth avant de se diriger vers la Méditerranée. En Amérique, le Général Shirley a attaqué le Fort de la Couronne, tandis que le Gouverneur de la Virginie a levé un régiment de douze cents hommes sous le commandement du Colonel Washington. Les Sauvages menaient des raids continus dans les colonies de Virginie, Pennsylvanie et Maryland, causant de nombreux ravages. Certaines cargaisons des bâtiments capturés par les Anglais se détérioraient, et les propriétaires ont demandé la permission de s'en débarrasser, offrant de rembourser leur valeur si nécessaire. Plusieurs denrées et marchandises ont ainsi été mises en vente. Le Gouvernement britannique a rendu publiques les particularités de l'avantage remporté par le Major Général Johnson en Amérique. Des Indiens envoyés en reconnaissance ont informé Johnson de l'approche de troupes françaises. Johnson a ordonné au Colonel Blanchard de se replier. Un conseil de guerre a ensuite décidé d'envoyer mille hommes sous le commandement du Colonel Williams pour intercepter les Français. Une bataille a suivi, au cours de laquelle les Français, au nombre de sept cent soixante-dix hommes, ont été repoussés. Les Britanniques ont fait trente prisonniers, dont le Baron de Dieskau, blessé. Les pertes britanniques incluaient plusieurs officiers et cent trente hommes tués, ainsi que soixante blessés. Les Seigneurs ont présenté au Roi une adresse remerciant Sa Majesté pour sa harangue et exprimant leur soutien aux mesures prises pour garantir la Grande-Bretagne contre les calamités de la guerre. Ils ont souligné l'importance de conserver les possessions britanniques en Amérique et ont promis leur fidélité et leur attachement au Roi et à son Gouvernement. Le Roi a répondu en exprimant sa satisfaction et en réaffirmant son engagement à défendre les droits et les possessions de la Nation. La Chambre des Communes a présenté une adresse similaire le 15 décembre. Les Amiraux Boscawen, Moffyn et Holbourne sont revenus d'Amérique avec leurs escadres, qui doivent être radoubées. Le vaisseau français L'Espérance, pris après un combat contre l'escadre de l'Amiral West, a été incendié en raison de ses dommages.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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20
p. 179-182
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
Les Communes délibérerent le 21 Novembre en grand Comité sur le [...]
Mots clefs :
Londres, Chambre des communes, Ministres étrangers, Landgrave de Hesle-Cassel, Vaisseaux, Octroi de fonds
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE- BRETAGNE.
DE LONDRES , le 11 Decembre.
Les Communes délibérerent le 21 Novembre
en grand Comité fur le fubfide , & elles accorderent
au Roi cinquante mille Matelots , en
y comprenant cinq mille cent trente- huit foldats
de marine. Le 26 , cette Chambre régla qu'on
leveroit quatre fchelings par livre fterling fur les
revenus des terres dans toute l'étendue de la Grande-
Bretagne , & que les droits fur la Dréche ſeroient
continués pendant l'année prochaine. Les
traités conclus avec l'Impératrice de Ruffie &
avec le Landgrave de Heffe Caffel furent remis â
la Chambre des Seigneurs par le Comte de Holderneff
, & à celle des Communes par M. Fox .
L'une & l'autre Chambre ont renvoyé à la quinzaine
l'examen de ces traités , & elles ont ordonné
que tous les membres feroient fommés d'y
affifter.
Plufieurs des Miniftres Ettangers furent le 25
Novembre en conférence avec les Miniftres du
Roi. La Compagnie des Indes Orientales tint le
26 une affemblée générale. Il y fut décidé que le
Dividende fur fon fonds capital , à compter du
commencement du mois de Janvier 1756 , feroit
réduit de huit à fix pour cent. Dans une affemblée
que le Corps de la Bourgeoisie de cette ville
tint le 25 Novembre , on propofa de fupplier le
Parlement d'établir en Angleterre une milice générale.
Mais la négative l'emporta à la pluralité
de quatre-vingt-fix voix contre foixante - fix . La
Milice particuliere des provinces méridionales
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
fe leve avec toute la diligence poffible . Le Duc de
Marlbouroug partira dans peu pour aller prendre
le commandement des troupes dans la province
de Kent . Suivant l'arrangement propofé
par le Général Ligonier , chaque Bataillon aura
déformais deux pieces de campagne. Quelques
Bataillons des Gardes à pied & une Compagnie
des Gardes du Corps ont reçu ordre de fe tenir
prêts à marcher. Le Duc de Bedfort a fait offre au
Roi d'entretenir à fes dépens pendant une année
un Corps de dix mille hommes . Des Commiffaires
font chargés d'aller vifiter les fortifications
de toutes les places d'Irlande , & de faire réparer
celies qui en auront befoin .
Quelques vaiffeaux & plufieurs chaloupes croifent
le long de la côte du Comté de Suffex , afin
de s'opposer aux defcentes qu'on pourroit tenter
dans ce te province.
En divers endroits de la Grande- Bretagne on
a obſervé dans les eaux la même agitation qui
s'eft fait remarquer en Hollande , en Allemagne
& en Italie , & qui a caufé de fi terribles ravages
à Cadix & dans le Portugal.
On propofa le 2 de ce mois à la Chambre d'encourager
les Matelots par quelques récompenfes.
extraordinaires , & de requérir que le Roi décla
rât légitimes les prifes faites fur les Francois. Ces
deux propofitions exciterent de longs débats , &
furent enfin rejettées.
On a embarqué ces jours - ci vingt - cinq mille
livres fterlings , & une grande quantité de toutes
fortes de provifions pour le Portugal . En faveur
de ce Royaume défolé on a levé l'embargo qui
avoit été mis dans tous les ports d'Irlande fur les
beftiaux & fur les grains.
Le s,le Comte de Holderneffremit à la Chambre
JANVIER. 1756. 181
les copies qu'elle avoit demandées de plufieurs an
ciens Traités. Elle réfolut de fupplier le Roi de
lai faire communiquer les Mémoires refpectifs
de ce Miniſtere & de celui de France au fujet des
différends qui regardent l'Amérique . Le Roi fe
rendit à la Chambre le ro , & S. M. ayant mandé les
Communes, donna fon confentement au Bill de la
Dréche. Lorsque le Roi fe fut retiré, les Seigneurs
prirent en confidération les deux Traités faits avec
' Impératrice de Ruffie & avec le Landgrave de
Heffe-Caffel. L'un & l'autre furent approuvés à
la pluralité de quatre-vingt - cinq voix contre douze.
Lei , le 6 & le 8 , la Chambre des Communes
examina en Committé le Bill de la taxe fur les ter
res. Il fut ordonné de porter un Bill pour recruter
plus promptement les troupes. La Chambre
a accordé neuf cens trente mille fix cens trois
livres sterlings pour l'entretien des troupes employées
dans la Grande- Bretagne ; deux cens huit
mille cinq cens trente- quatre pour les troupes
d'Amérique , ainfi que pour les garnifons de Ġibraltar
& de Port-Mahon ; cent cinquante- deux
mille quatre cens trente- cinq pour l'artillerie de
terre, cent quarante -fix mille pour les dépenses extraordinaires
que ce département a exigées, & auxquelles
le Parlement n'avoit pas pourvu ; cent
mille pour fecourir les malheureux qui ont été
rainés par la cataſtrophe de Liſbonne.
Le vaiffeau de guerre la Hamptoncourt , de
foixante-dix canons , a fait voile de Portsmouth
pour Lisbonne, chargé de provifions , & de cinquante
mille livres fterlings. Plufieurs autres vaiffeaux
partirone fucceffivement avec de femblables
fecours pour la même deſtination . Le Capitaine
& l'équipage d'un navire , appartenant à MM.
de Godwill & Cotterel ont déclaré que le & No182
MERCURE DE FRANCE.
vembre ils avoient effuyé en pleine mer , à plus
de foixante lieues des côtes du Portugal , une fecouffe
auffi violente que celle du plus fort tremblement
de terre.
DE LONDRES , le 11 Decembre.
Les Communes délibérerent le 21 Novembre
en grand Comité fur le fubfide , & elles accorderent
au Roi cinquante mille Matelots , en
y comprenant cinq mille cent trente- huit foldats
de marine. Le 26 , cette Chambre régla qu'on
leveroit quatre fchelings par livre fterling fur les
revenus des terres dans toute l'étendue de la Grande-
Bretagne , & que les droits fur la Dréche ſeroient
continués pendant l'année prochaine. Les
traités conclus avec l'Impératrice de Ruffie &
avec le Landgrave de Heffe Caffel furent remis â
la Chambre des Seigneurs par le Comte de Holderneff
, & à celle des Communes par M. Fox .
L'une & l'autre Chambre ont renvoyé à la quinzaine
l'examen de ces traités , & elles ont ordonné
que tous les membres feroient fommés d'y
affifter.
Plufieurs des Miniftres Ettangers furent le 25
Novembre en conférence avec les Miniftres du
Roi. La Compagnie des Indes Orientales tint le
26 une affemblée générale. Il y fut décidé que le
Dividende fur fon fonds capital , à compter du
commencement du mois de Janvier 1756 , feroit
réduit de huit à fix pour cent. Dans une affemblée
que le Corps de la Bourgeoisie de cette ville
tint le 25 Novembre , on propofa de fupplier le
Parlement d'établir en Angleterre une milice générale.
Mais la négative l'emporta à la pluralité
de quatre-vingt-fix voix contre foixante - fix . La
Milice particuliere des provinces méridionales
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
fe leve avec toute la diligence poffible . Le Duc de
Marlbouroug partira dans peu pour aller prendre
le commandement des troupes dans la province
de Kent . Suivant l'arrangement propofé
par le Général Ligonier , chaque Bataillon aura
déformais deux pieces de campagne. Quelques
Bataillons des Gardes à pied & une Compagnie
des Gardes du Corps ont reçu ordre de fe tenir
prêts à marcher. Le Duc de Bedfort a fait offre au
Roi d'entretenir à fes dépens pendant une année
un Corps de dix mille hommes . Des Commiffaires
font chargés d'aller vifiter les fortifications
de toutes les places d'Irlande , & de faire réparer
celies qui en auront befoin .
Quelques vaiffeaux & plufieurs chaloupes croifent
le long de la côte du Comté de Suffex , afin
de s'opposer aux defcentes qu'on pourroit tenter
dans ce te province.
En divers endroits de la Grande- Bretagne on
a obſervé dans les eaux la même agitation qui
s'eft fait remarquer en Hollande , en Allemagne
& en Italie , & qui a caufé de fi terribles ravages
à Cadix & dans le Portugal.
On propofa le 2 de ce mois à la Chambre d'encourager
les Matelots par quelques récompenfes.
extraordinaires , & de requérir que le Roi décla
rât légitimes les prifes faites fur les Francois. Ces
deux propofitions exciterent de longs débats , &
furent enfin rejettées.
On a embarqué ces jours - ci vingt - cinq mille
livres fterlings , & une grande quantité de toutes
fortes de provifions pour le Portugal . En faveur
de ce Royaume défolé on a levé l'embargo qui
avoit été mis dans tous les ports d'Irlande fur les
beftiaux & fur les grains.
Le s,le Comte de Holderneffremit à la Chambre
JANVIER. 1756. 181
les copies qu'elle avoit demandées de plufieurs an
ciens Traités. Elle réfolut de fupplier le Roi de
lai faire communiquer les Mémoires refpectifs
de ce Miniſtere & de celui de France au fujet des
différends qui regardent l'Amérique . Le Roi fe
rendit à la Chambre le ro , & S. M. ayant mandé les
Communes, donna fon confentement au Bill de la
Dréche. Lorsque le Roi fe fut retiré, les Seigneurs
prirent en confidération les deux Traités faits avec
' Impératrice de Ruffie & avec le Landgrave de
Heffe-Caffel. L'un & l'autre furent approuvés à
la pluralité de quatre-vingt - cinq voix contre douze.
Lei , le 6 & le 8 , la Chambre des Communes
examina en Committé le Bill de la taxe fur les ter
res. Il fut ordonné de porter un Bill pour recruter
plus promptement les troupes. La Chambre
a accordé neuf cens trente mille fix cens trois
livres sterlings pour l'entretien des troupes employées
dans la Grande- Bretagne ; deux cens huit
mille cinq cens trente- quatre pour les troupes
d'Amérique , ainfi que pour les garnifons de Ġibraltar
& de Port-Mahon ; cent cinquante- deux
mille quatre cens trente- cinq pour l'artillerie de
terre, cent quarante -fix mille pour les dépenses extraordinaires
que ce département a exigées, & auxquelles
le Parlement n'avoit pas pourvu ; cent
mille pour fecourir les malheureux qui ont été
rainés par la cataſtrophe de Liſbonne.
Le vaiffeau de guerre la Hamptoncourt , de
foixante-dix canons , a fait voile de Portsmouth
pour Lisbonne, chargé de provifions , & de cinquante
mille livres fterlings. Plufieurs autres vaiffeaux
partirone fucceffivement avec de femblables
fecours pour la même deſtination . Le Capitaine
& l'équipage d'un navire , appartenant à MM.
de Godwill & Cotterel ont déclaré que le & No182
MERCURE DE FRANCE.
vembre ils avoient effuyé en pleine mer , à plus
de foixante lieues des côtes du Portugal , une fecouffe
auffi violente que celle du plus fort tremblement
de terre.
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
Le 21 novembre, les Communes britanniques ont accordé au roi cinquante mille matelots, incluant cinq mille cent trente-huit soldats de marine. Le 26 novembre, elles ont décidé d'imposer une taxe de quatre schellings par livre sterling sur les revenus des terres et de maintenir les droits sur la drêche pour l'année suivante. Les traités avec l'impératrice de Russie et le landgrave de Hesse-Cassel ont été soumis aux Chambres des Lords et des Communes, qui ont reporté leur examen à la quinzaine. Plusieurs ministres étrangers ont rencontré les ministres du roi le 25 novembre. La Compagnie des Indes Orientales a réduit son dividende de huit à six pour cent à partir de janvier 1756. La proposition d'établir une milice générale en Angleterre a été rejetée par la bourgeoisie de Londres. La milice des provinces méridionales est en cours de levée, et le duc de Marlborough doit prendre le commandement des troupes dans le Kent. Le duc de Bedford a proposé d'entretenir un corps de dix mille hommes à ses frais. Des commissaires inspectent les fortifications en Irlande. Des navires patrouillent la côte du Suffolk pour prévenir des descentes ennemies. Des agitations sous-marines similaires à celles observées en Hollande, Allemagne et Italie ont été notées en Grande-Bretagne. La Chambre des Communes a rejeté des propositions de récompenses pour les matelots et de légitimation des prises sur les Français. Des provisions et des fonds ont été envoyés au Portugal, et l'embargo sur les bestiaux et les grains en Irlande a été levé. Le comte de Holderness a remis des copies d'anciens traités à la Chambre, qui a demandé au roi de communiquer les mémoires respectifs concernant les différends en Amérique. Le roi a approuvé le Bill de la drêche. Les Chambres ont examiné et approuvé les traités avec la Russie et la Hesse-Cassel. Des fonds ont été alloués pour l'entretien des troupes en Grande-Bretagne, en Amérique, et pour les garnisons de Gibraltar et de Port-Mahon, ainsi que pour l'artillerie et les dépenses extraordinaires. Des secours ont été envoyés à Lisbonne après le tremblement de terre. Plusieurs navires ont signalé une secousse violente en mer.
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21
p. 198-200
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
La Cour a envoyé ordre à Portsmouth d'y préparer pour la [...]
Mots clefs :
Londres, Sa Majesté, Chambre des communes, Comte de Holderness, Amérique septentrionale, Régiment, Mobilisation, Français
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE - BRETAGNE.
DE LONDRES , le 25 Mars.
La Cour a envoyé ordre à Portſmouth d'y préparer
pour la Méditerranée une Eſcadre de dix
Vaiffeaux de guerre , dont les Amiraux Byng &
Weft auront le commandement . Les Commiffaires
de l'Amirauté ont fait arrêter à Sandwich l'équipage
d'une Chaloupe , qui a été détenue quelques
jours à Dunkerque , d'où elle a été relâchée .
Le 23 le Comte de Holderneff remit à la Chambre
, de la part du Roi , un Meffage , dont voici la
teneur. « Sa Majefté a reçu de différens endroits
» plufieurs avis réitérés , que la Cour de France
» a formé le projet de faire une invafion dans la
» Grande- Bretagne . Les grands préparatifs auf
» quels on travaille dans les Ports,de France , voiAVRIL.
1756.
199
» fins de mes Royaumes , & le langage que tien-
» nent les Miniftres François dans quelques Cours
étrangeres , ne laiffent prefque point lieu de
» douter de la réalité d'un tel deffein ; c'eft pour-
» quoi Sa Majesté a jugé qu'il étoit néceffaire de
>> vous faire part d'une nouvelle de fi haute im-
» portance pour le falut & le bonheur de la Na-
>> tion , & de vous informer qu'en conféquence
» des avis & des affurances de fon Parlement
» Elle a augmenté fes forces de terre & de mer ,
>> & pris les mesures convenables pour mettre fes
» Royaumes en état de défenſe contre une entrefon
prife conçue en haine des précautions dont Elle
» à ufé pour maintenir les droits & les poffeffions
» de la Couronne dans l'Amérique Septentrio-
» nale . Dans la vue de fe fortifier d'un nouveau
» fecours , Sa Majefté a requis que le Landgrave
» de Heffe-Caffel envoyât les troupes que par
» dernier Traité il eft obligé de fournir ; & les
» ordres font déja donnés pour leur tranſport. Sa
» Majesté fe repòfant fur la Protection Divine ,
>> ainfi que fur le zele & l'affection de ſes Sujets ,
» dont Elle a fait fi fouvent l'expérience , eft dé-
» terminée à ne négliger aucun moyen de fe dé-
>> fendre , & d'employer toutes les forces que Dieu
>> a mifes en fes mains , pour repouffer les efforts
>> hardis de fes ennemis. Elle ne doute point que
>> vous ne concouriez à un objet fi effentiel à
>> l'honneur de cette Couronne , au maintien de
» la Religion Proteftante , & à la confervation
» des libertés de ces Royaumes » . Le fieur Fox
porta à la Chambre des Communes un femblable
Meffage. Les deux Chambres ont préſenté chacune
une Adreffe à Sa Majefté pour l'affurer
qu'elles la feconderoient de tout leur pouvoir.
On affure que la Chambre des Communes , afin
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
de mettre le Roi en état de pourvoir plus efficacement
à la fureté de fa Perfonne & de fon Gouvernement
, autorifera Sa Majefté à emprunter jufqu'à
la concurrence d'un million fterling..
Tous les Officiers des troupes qui font en garnifon
à Gibraltar & dans l'Ile Minorque , partent
fucceffivement pour rejoindre leurs Corps . Le
Lord Bertie eft allé à Portfimouth , où il s'embarquera
pour Gibraltar avec fon Régiment . L'Amiral
Byng , à qui le Roi a donné le commandement
de l'Efcadre deftinée pour la Méditerranée ,
fe difpofe à mettre à la voile . On doit former
deux camps en Irlande , & l'on a ordonné d'y mettre
toutes les Milices fur pied.
DE LONDRES , le 25 Mars.
La Cour a envoyé ordre à Portſmouth d'y préparer
pour la Méditerranée une Eſcadre de dix
Vaiffeaux de guerre , dont les Amiraux Byng &
Weft auront le commandement . Les Commiffaires
de l'Amirauté ont fait arrêter à Sandwich l'équipage
d'une Chaloupe , qui a été détenue quelques
jours à Dunkerque , d'où elle a été relâchée .
Le 23 le Comte de Holderneff remit à la Chambre
, de la part du Roi , un Meffage , dont voici la
teneur. « Sa Majefté a reçu de différens endroits
» plufieurs avis réitérés , que la Cour de France
» a formé le projet de faire une invafion dans la
» Grande- Bretagne . Les grands préparatifs auf
» quels on travaille dans les Ports,de France , voiAVRIL.
1756.
199
» fins de mes Royaumes , & le langage que tien-
» nent les Miniftres François dans quelques Cours
étrangeres , ne laiffent prefque point lieu de
» douter de la réalité d'un tel deffein ; c'eft pour-
» quoi Sa Majesté a jugé qu'il étoit néceffaire de
>> vous faire part d'une nouvelle de fi haute im-
» portance pour le falut & le bonheur de la Na-
>> tion , & de vous informer qu'en conféquence
» des avis & des affurances de fon Parlement
» Elle a augmenté fes forces de terre & de mer ,
>> & pris les mesures convenables pour mettre fes
» Royaumes en état de défenſe contre une entrefon
prife conçue en haine des précautions dont Elle
» à ufé pour maintenir les droits & les poffeffions
» de la Couronne dans l'Amérique Septentrio-
» nale . Dans la vue de fe fortifier d'un nouveau
» fecours , Sa Majefté a requis que le Landgrave
» de Heffe-Caffel envoyât les troupes que par
» dernier Traité il eft obligé de fournir ; & les
» ordres font déja donnés pour leur tranſport. Sa
» Majesté fe repòfant fur la Protection Divine ,
>> ainfi que fur le zele & l'affection de ſes Sujets ,
» dont Elle a fait fi fouvent l'expérience , eft dé-
» terminée à ne négliger aucun moyen de fe dé-
>> fendre , & d'employer toutes les forces que Dieu
>> a mifes en fes mains , pour repouffer les efforts
>> hardis de fes ennemis. Elle ne doute point que
>> vous ne concouriez à un objet fi effentiel à
>> l'honneur de cette Couronne , au maintien de
» la Religion Proteftante , & à la confervation
» des libertés de ces Royaumes » . Le fieur Fox
porta à la Chambre des Communes un femblable
Meffage. Les deux Chambres ont préſenté chacune
une Adreffe à Sa Majefté pour l'affurer
qu'elles la feconderoient de tout leur pouvoir.
On affure que la Chambre des Communes , afin
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
de mettre le Roi en état de pourvoir plus efficacement
à la fureté de fa Perfonne & de fon Gouvernement
, autorifera Sa Majefté à emprunter jufqu'à
la concurrence d'un million fterling..
Tous les Officiers des troupes qui font en garnifon
à Gibraltar & dans l'Ile Minorque , partent
fucceffivement pour rejoindre leurs Corps . Le
Lord Bertie eft allé à Portfimouth , où il s'embarquera
pour Gibraltar avec fon Régiment . L'Amiral
Byng , à qui le Roi a donné le commandement
de l'Efcadre deftinée pour la Méditerranée ,
fe difpofe à mettre à la voile . On doit former
deux camps en Irlande , & l'on a ordonné d'y mettre
toutes les Milices fur pied.
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
Le 25 mars 1756, la Cour britannique a ordonné la préparation d'une escadre de dix vaisseaux de guerre à Portsmouth, destinée à la Méditerranée, sous le commandement des amiraux Byng et West. Le 23 mars, le Comte de Holderness a informé la Chambre des préparatifs français pour une invasion de la Grande-Bretagne. En réponse, le Roi a augmenté les forces terrestres et navales et a pris des mesures de défense, incluant la requête d'envoi de troupes du Landgrave de Hesse-Cassel. Les Chambres ont assuré leur soutien au Roi et ont autorisé un emprunt d'un million de sterling pour la sécurité du Royaume. Les officiers des troupes à Gibraltar et Minorque ont rejoint leurs corps, et l'Amiral Byng se préparait à partir pour la Méditerranée. Deux camps devaient être formés en Irlande, et les milices y étaient mobilisées.
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22
p. 202-204
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
Le Roi se rendit le 27 à la Chambre des Pairs avec les cérémonies accoutumées, [...]
Mots clefs :
Londres, Chambre des pairs, Chambre des communes, Sa Majesté, Discours, Guerre contre la France
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE-BRE•TAGNE.
DE LONDRES , le 31 Mai.
Le Roi fe rendit le 27 à la Chambre des Pairs
avec les cérémonies accoutumées , & Sa Majefté
ayant mandé la Chambre des Communes , fit la
clôture des Séances du Parlement par le Difcours
fuivant. MYLORDS ET MESSTEURS , il est juste qu'après
avoir donné une application fi longue &fi conf
tante aux affaires publiques , vous preniez quelque
relâche . It eft jufte auſſi que je vousfaſſe més remerciemens
finceres de l'ardeur efficace , avec laquelle
vous m'avez aidé à foutenir la caufe dans laquelle
je me trouve engagé pour la Nation . Les infultes
2
les hoftilités commifes depuis quelque temps par
les François contre mes Etats & contre mes Sujets
viennent d'être fuivies d'une invafion dans l'Ifle
Minorque , quoique cette poffeffion me foit garantie
par toutes les Puillances de l'Europe , en particulier
par le Roi des François. Ainfi , pour défendre
l'honneur de ma Couronne les droits de mes
Sujets , j'ai été dans la néceffité de déclarer formel-
Tement la guerre à la France. Je me repose sur la
JUILLET. 1756. 203
Protection Divine & fur la vigoureuſe affiftance de
mes fideles Sujets dans une cauſeſi jußte. MESSIEURS
DE LA CHAMBRE DES COMMUNES , je vous remercie
de la promptitude avec laquelle vous m'avez accordé
des fecours fi confidérables. Vous pouvez être af
furés , qu'ils feront employés aux fins falutaires
pour lesquelles vous les avez donnés . MYLORDS ET
MESSIEURS , rien ne m'a plus fatisfait que la confiance
, que vous avez en moi. C'est la marque la
plus agréable , que je puiſſe recevoir de votre reconnoiffance.
Auffi vous devez être perfuadés , queje
n'en ferai ufage que pour votre avantage. Le maintien
de votre Religion , de vos Libertés de votre
Indépendance , eft fera toujours mon principal
objet. Je compte que de votre côté , vous ne vous
manquerez pas à vous-mêmes. Le Roi , en terminant
les Séances du Parlement , s'eft contenté d'ajourner
cette Affemblée ; & le Parlement eft cen
fé n'être point prorogé , mais fufpendre feulement
fes délibérations.
En conféquence de la Déclaration de guerre ,
publiée le 18 , le Roi a ordonné d'expédier des
Lettres de Marque aux Armateurs , pour les autorifer
à faire la courfe. Sa Majefté fe réſervera la
moitié de toutes les prifes qui fe feront , foit en
Navires Marchands , foit en Bâtimens Corſaires ;
& les fommes , qui proviendront de cette réferve
, feront employées à donner des gratifications
aux équipages qui s'empareront de quelques
Vaiffeaux de guerre des ennemis. La Fregate la
Lime rentra le 23 dans ce Port , extrêmement
maltraitée. Elle a recu quatre- vingts coups de canon
dans la voile de fon grand perroquet , cinquante-
quatre dans fa grande voile , & plufieurs à
fleur d'eau .
Depuis qu'on a publié la Déclaration de guerre,
-Lvj
204 MERCURE DE FRANCE.
il s'eft préfenté à la Banque un fi grand nombre
de perfonnes , pour retirer leurs fonds , que , ne
pouvant faire face à toutes les demandes , elle a
été obligée un de ces jours derniers , de fufpendre
pendant huit heures les payemens .
DE LONDRES , le 31 Mai.
Le Roi fe rendit le 27 à la Chambre des Pairs
avec les cérémonies accoutumées , & Sa Majefté
ayant mandé la Chambre des Communes , fit la
clôture des Séances du Parlement par le Difcours
fuivant. MYLORDS ET MESSTEURS , il est juste qu'après
avoir donné une application fi longue &fi conf
tante aux affaires publiques , vous preniez quelque
relâche . It eft jufte auſſi que je vousfaſſe més remerciemens
finceres de l'ardeur efficace , avec laquelle
vous m'avez aidé à foutenir la caufe dans laquelle
je me trouve engagé pour la Nation . Les infultes
2
les hoftilités commifes depuis quelque temps par
les François contre mes Etats & contre mes Sujets
viennent d'être fuivies d'une invafion dans l'Ifle
Minorque , quoique cette poffeffion me foit garantie
par toutes les Puillances de l'Europe , en particulier
par le Roi des François. Ainfi , pour défendre
l'honneur de ma Couronne les droits de mes
Sujets , j'ai été dans la néceffité de déclarer formel-
Tement la guerre à la France. Je me repose sur la
JUILLET. 1756. 203
Protection Divine & fur la vigoureuſe affiftance de
mes fideles Sujets dans une cauſeſi jußte. MESSIEURS
DE LA CHAMBRE DES COMMUNES , je vous remercie
de la promptitude avec laquelle vous m'avez accordé
des fecours fi confidérables. Vous pouvez être af
furés , qu'ils feront employés aux fins falutaires
pour lesquelles vous les avez donnés . MYLORDS ET
MESSIEURS , rien ne m'a plus fatisfait que la confiance
, que vous avez en moi. C'est la marque la
plus agréable , que je puiſſe recevoir de votre reconnoiffance.
Auffi vous devez être perfuadés , queje
n'en ferai ufage que pour votre avantage. Le maintien
de votre Religion , de vos Libertés de votre
Indépendance , eft fera toujours mon principal
objet. Je compte que de votre côté , vous ne vous
manquerez pas à vous-mêmes. Le Roi , en terminant
les Séances du Parlement , s'eft contenté d'ajourner
cette Affemblée ; & le Parlement eft cen
fé n'être point prorogé , mais fufpendre feulement
fes délibérations.
En conféquence de la Déclaration de guerre ,
publiée le 18 , le Roi a ordonné d'expédier des
Lettres de Marque aux Armateurs , pour les autorifer
à faire la courfe. Sa Majefté fe réſervera la
moitié de toutes les prifes qui fe feront , foit en
Navires Marchands , foit en Bâtimens Corſaires ;
& les fommes , qui proviendront de cette réferve
, feront employées à donner des gratifications
aux équipages qui s'empareront de quelques
Vaiffeaux de guerre des ennemis. La Fregate la
Lime rentra le 23 dans ce Port , extrêmement
maltraitée. Elle a recu quatre- vingts coups de canon
dans la voile de fon grand perroquet , cinquante-
quatre dans fa grande voile , & plufieurs à
fleur d'eau .
Depuis qu'on a publié la Déclaration de guerre,
-Lvj
204 MERCURE DE FRANCE.
il s'eft préfenté à la Banque un fi grand nombre
de perfonnes , pour retirer leurs fonds , que , ne
pouvant faire face à toutes les demandes , elle a
été obligée un de ces jours derniers , de fufpendre
pendant huit heures les payemens .
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
Le 27 mai, le roi de Grande-Bretagne a clôturé les séances du Parlement en exprimant sa gratitude aux parlementaires pour leur engagement face aux hostilités françaises, notamment l'invasion de Minorque. En réponse, il a déclaré la guerre à la France pour défendre l'honneur de sa couronne et les droits de ses sujets. Le roi a remercié les Communes pour les secours accordés et assuré qu'ils seraient utilisés à bon escient. Il a souligné son engagement à maintenir la religion, les libertés et l'indépendance de la nation. Le Parlement a été ajourné sans prorogation. Suite à la déclaration de guerre, le roi a ordonné l'expédition de lettres de marque aux armateurs pour autoriser la course. La Banque a suspendu les paiements pendant huit heures en raison d'un afflux massif de retraits. La frégate La Lime est rentrée au port gravement endommagée.
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23
p. 221-224
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
On prépare à Wolwich dix mille bombes, dont le public ignore la destination. [...]
Mots clefs :
Londres, Bombes, Maladies, Amérique, Bataillons, Commerce du blé, Discours du roi, Parlement, Colonies, Chambre des communes, La Haye, Ordonnance, Vaisseaux, Secousses
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le 7 Décembre.
On prépare à Wolwich dix mille bombes , dont
le public ignore la deſtination . Il n'y a eu aucun
moyen d'engager les habitans des Provinces de
Kent & de Hampſhire , à recevoir dans les Villes ,
même dans les Villages , les troupes de Hanovre
& de Heffe.
Des dépêches qu'on recut le 20 Novembre
de la Nouvelle Yorck , marquent qu'il regne
beaucoup de maladies parmi les troupes que commande
le Lord Loudon. On a été informé par
les mêmes avis , que ce Lord avoit fait marcher
plufieurs détachemens , pour tâcher d'arrêter les
courfes des Sauvages , qui répandent la terreur dans
toutes les Colonies Angloifes de l'Amérique Septentrionale
.
Les Vaiffeaux de guerre le Kennington & le
Sutherland, partirent le 6 de Corck pour ces Colonies
. Ils ont fous leur convoi quatorze Bâtimens
de tranfport, à bord defquels on a fait embarquer
le Régiment d'Offarel , & les détachemens tirés
des Régimens d'Infanterie fur l'établiſſement d'Irlande.
Quatre Bataillons des troupes Hanoveriennes
s'embarquerent le 24 du mois dernier , pour retourner
en Allemagne. On y fera repaffer fucceffivement
en deux autres divifions le refte de ces troupes
, qui eft encore actuellement campé près de
Maidstone malgré la rigueur de la faifon . Plufieurs
Frégates croiferont cet hyver dans la Manche.L'Amiral
Byng , & le fieur Shirley , ci - devant Gouverneur
de la Nouvelle Angleterre , fubiront dans
peu leurs interrogatoires . Il s'eft tenu ces jours-
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
1
ci un grand Confeil à Whitehall , pour délibérer
fur les moyens de faire baiffer le prix du bled.
Conformément aux réfolutions prifes dans ce Confeil
, on publia le 26 une Proclamation , pour
défendre l'exportation des grains. En plufieurs endroits
ils étoient d'une telle rareté , que la populace
, craignant de manquer de pain , s'eft attroupée
tumultueufement , & a commis de grands défordres.
On n'eft parvenu à la calmer , qu'en recherchant
les perfonnes qui avoient fait fécrettement
des magaſins , & en les contraignant de vendre
à un prix modique tout le bled qu'elles y
avoient amaffé . Le 27 , le Roi nomma le Géné–
ral Blakeney Chevalier de l'Ordre du Bain. Sa
Majefté le même jour , créa ce Général Pair d'Irlande
, fous le titre de Vicomte d'Innitkilling .
L'ouverture du Parlement fe fit le 2 Décembre
avec les cérémonies accoutumées .
ע
Le Roi fit ce difcours : « Milord & Meffieurs ,
je vous ai fait affembler dans une conjoncture
qui requiert particuliérement les délibérations ,
» les avis & le fecours du Parlement , & je me
flatte, moyennant la protection de la divine Pro-
>> vidence , que l'union & la fermeté qui regnent
»parmi mes fideles Sujets , me feront fortir avec
>> honneur de toutes les difficultés , & feront triom-
» pher enfin de l'ancien ennemi de ces Royaumes ,
la dignité de ma Couronne & fes droits incon-
>> teftables. Un des principaux objets de mon at-
>>tention & de mon inquiétude , eft la défenſe &
>> la confervation de nos poffeffions en Amérique.
» Le danger éminent , auquel nos Colonies font
exposées , exige des réfolutions auffi promptes
>>que vigoureufes. Le foin de pourvoir à la fûreté
» de ces trois Royaumes n'occupe pas moins mon
efprit. Dans l'occurrence préfente , je n'ai rien
JANVIER. 1757. 223
»tant à coeur que de ne laiffer à mon peuple fur
>> cet article aucun fujet de mécontentement. A
>> cette fin , une Milice nationale , établie propor-
>>tionnellement aux forces & aux befoins de l'Ewtat
, peut devenir une avantageuſe reſſource
»dans le péril général . Je recommande l'établiffe-
>> ment de cette Milice au zele & à la vigilance de
>> mon Parlement. L'alliance peu naturelle que ,
>> contre toute attente , ont contractée des Puiffan-
>> ces étrangeres ; les malheurs qui , en conféquen-
» ce de cette dangereufe alliance , peuvent , par
» l'entrée de troupes étrangeres dans l'Empire ,
>>porter une funefte atteinte aux conftitutions du
»Corps Germanique , renverfer fon fyftême &
Dentrainer l'oppreffion du parti Proteftant , font
» des événemens qui ont fixé les yeux de l'Europe
>> fur cette nouvelle & dangereufe crife , & qui
»doivent affliger fenfiblement tous les Ordres de
>> la Nation Britannique . J'ai ordonné au corps de
»mes troupes Electorales , que j'avois fait venir
à la réquifition de mon Parlement , de retourner
» dans mes Etats d'Allemagne , me repofant avec
plaifir fur l'affection de mon peuple , & fur fon
» zele pour la défenfe de ma perfonne & de mes
>>Royaumes . Meffieurs de la Chambre des Com-
»munes : Je ferai remettre devant vous , lorfqu'il
» en fera temps , l'état des dépenfes . J'attends de
>>votre fageffe que vous préférerez le parti de ne
» rien épargner pour foutenir la guerre avec vi-
»gueur , au parti de vous expofer à la rendre plus
»coûteufe par la fuite , en employant pour le
»préfent des efforts moins efficaces . Je vous ai
>>montré les dangers & les befoins de l'Etat . C'eſt
Ȉ votre prudence de chercher les moyens de
»rendre à mon peuple , les moins onéreux qu'il
»fera poffible , les fardeaux que vous jugerez
K iv
224 MERCURE DE FRANCE.
indifpenfables de lui impofer. Mylords & Meffieurs
, Je ne puis négliger de mettre devant
>vos yeux tout ce que les pauvres fouffrent de la
»cherté des grains , & les inconvéniens qui en
>>peuvent réfulter. Je vous recommande de pren-
>>dre les mesures convenables , pour prévenir à
» cet égard dans la fuite les mauvaiſes mancupvres.
Mes Sujets , à l'occafion du malheureux
»fuccès de nos armes dans la Méditerranée ,
» m'ont donné des preuves éclatantes de l'intérêt
qu'ils prennent à mon honneur & à celui de ma
>> Couronne. Ils éprouveront de ma part un jufle
>> retour par mes foins infatiguables & mes efforts
>> continuels pour la gloire & le bonheur de la
>>>Nation . >>
DE LA HAYE , le 22 Novembre.
Une nouvelle Ordonnance des Etats Généraux
enjoint à tous les Vaiffeaux de guerre & Armateurs
étrangers , qui relâcheront dans les Ports & Rades
de cette République , d'arborer en s'y préfentant
le Pavillon de la Puiffance à laquelle ils
appartiennent ; de ne point y entrer fans une
permiffion de l'Amirauté du lieu , & de n'y donner
ni aux habitans , ni aux étrangers aucun fujet
de fe plaindre. Il eft défendu par la même Ordonnance
aux sujets de la République , d'acheter
aucuns effets des prifes qui feront faites par les
Armateurs , & les contrevenans feront condamnés
à mille florins d'amende.
On apprend de Cologne qu'il y eût le 19 de ce
mois , à trois heures du matin , une fecouffe de
tremblement de terre , qui ne dura qu'environ
trente fecondes , mais qui fut très - violente . Elle
s'eft fait fentir à Bonn , à Limbourg , à Malmedy,
& dans plufieurs autres lieux.
DE LONDRES , le 7 Décembre.
On prépare à Wolwich dix mille bombes , dont
le public ignore la deſtination . Il n'y a eu aucun
moyen d'engager les habitans des Provinces de
Kent & de Hampſhire , à recevoir dans les Villes ,
même dans les Villages , les troupes de Hanovre
& de Heffe.
Des dépêches qu'on recut le 20 Novembre
de la Nouvelle Yorck , marquent qu'il regne
beaucoup de maladies parmi les troupes que commande
le Lord Loudon. On a été informé par
les mêmes avis , que ce Lord avoit fait marcher
plufieurs détachemens , pour tâcher d'arrêter les
courfes des Sauvages , qui répandent la terreur dans
toutes les Colonies Angloifes de l'Amérique Septentrionale
.
Les Vaiffeaux de guerre le Kennington & le
Sutherland, partirent le 6 de Corck pour ces Colonies
. Ils ont fous leur convoi quatorze Bâtimens
de tranfport, à bord defquels on a fait embarquer
le Régiment d'Offarel , & les détachemens tirés
des Régimens d'Infanterie fur l'établiſſement d'Irlande.
Quatre Bataillons des troupes Hanoveriennes
s'embarquerent le 24 du mois dernier , pour retourner
en Allemagne. On y fera repaffer fucceffivement
en deux autres divifions le refte de ces troupes
, qui eft encore actuellement campé près de
Maidstone malgré la rigueur de la faifon . Plufieurs
Frégates croiferont cet hyver dans la Manche.L'Amiral
Byng , & le fieur Shirley , ci - devant Gouverneur
de la Nouvelle Angleterre , fubiront dans
peu leurs interrogatoires . Il s'eft tenu ces jours-
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
1
ci un grand Confeil à Whitehall , pour délibérer
fur les moyens de faire baiffer le prix du bled.
Conformément aux réfolutions prifes dans ce Confeil
, on publia le 26 une Proclamation , pour
défendre l'exportation des grains. En plufieurs endroits
ils étoient d'une telle rareté , que la populace
, craignant de manquer de pain , s'eft attroupée
tumultueufement , & a commis de grands défordres.
On n'eft parvenu à la calmer , qu'en recherchant
les perfonnes qui avoient fait fécrettement
des magaſins , & en les contraignant de vendre
à un prix modique tout le bled qu'elles y
avoient amaffé . Le 27 , le Roi nomma le Géné–
ral Blakeney Chevalier de l'Ordre du Bain. Sa
Majefté le même jour , créa ce Général Pair d'Irlande
, fous le titre de Vicomte d'Innitkilling .
L'ouverture du Parlement fe fit le 2 Décembre
avec les cérémonies accoutumées .
ע
Le Roi fit ce difcours : « Milord & Meffieurs ,
je vous ai fait affembler dans une conjoncture
qui requiert particuliérement les délibérations ,
» les avis & le fecours du Parlement , & je me
flatte, moyennant la protection de la divine Pro-
>> vidence , que l'union & la fermeté qui regnent
»parmi mes fideles Sujets , me feront fortir avec
>> honneur de toutes les difficultés , & feront triom-
» pher enfin de l'ancien ennemi de ces Royaumes ,
la dignité de ma Couronne & fes droits incon-
>> teftables. Un des principaux objets de mon at-
>>tention & de mon inquiétude , eft la défenſe &
>> la confervation de nos poffeffions en Amérique.
» Le danger éminent , auquel nos Colonies font
exposées , exige des réfolutions auffi promptes
>>que vigoureufes. Le foin de pourvoir à la fûreté
» de ces trois Royaumes n'occupe pas moins mon
efprit. Dans l'occurrence préfente , je n'ai rien
JANVIER. 1757. 223
»tant à coeur que de ne laiffer à mon peuple fur
>> cet article aucun fujet de mécontentement. A
>> cette fin , une Milice nationale , établie propor-
>>tionnellement aux forces & aux befoins de l'Ewtat
, peut devenir une avantageuſe reſſource
»dans le péril général . Je recommande l'établiffe-
>> ment de cette Milice au zele & à la vigilance de
>> mon Parlement. L'alliance peu naturelle que ,
>> contre toute attente , ont contractée des Puiffan-
>> ces étrangeres ; les malheurs qui , en conféquen-
» ce de cette dangereufe alliance , peuvent , par
» l'entrée de troupes étrangeres dans l'Empire ,
>>porter une funefte atteinte aux conftitutions du
»Corps Germanique , renverfer fon fyftême &
Dentrainer l'oppreffion du parti Proteftant , font
» des événemens qui ont fixé les yeux de l'Europe
>> fur cette nouvelle & dangereufe crife , & qui
»doivent affliger fenfiblement tous les Ordres de
>> la Nation Britannique . J'ai ordonné au corps de
»mes troupes Electorales , que j'avois fait venir
à la réquifition de mon Parlement , de retourner
» dans mes Etats d'Allemagne , me repofant avec
plaifir fur l'affection de mon peuple , & fur fon
» zele pour la défenfe de ma perfonne & de mes
>>Royaumes . Meffieurs de la Chambre des Com-
»munes : Je ferai remettre devant vous , lorfqu'il
» en fera temps , l'état des dépenfes . J'attends de
>>votre fageffe que vous préférerez le parti de ne
» rien épargner pour foutenir la guerre avec vi-
»gueur , au parti de vous expofer à la rendre plus
»coûteufe par la fuite , en employant pour le
»préfent des efforts moins efficaces . Je vous ai
>>montré les dangers & les befoins de l'Etat . C'eſt
Ȉ votre prudence de chercher les moyens de
»rendre à mon peuple , les moins onéreux qu'il
»fera poffible , les fardeaux que vous jugerez
K iv
224 MERCURE DE FRANCE.
indifpenfables de lui impofer. Mylords & Meffieurs
, Je ne puis négliger de mettre devant
>vos yeux tout ce que les pauvres fouffrent de la
»cherté des grains , & les inconvéniens qui en
>>peuvent réfulter. Je vous recommande de pren-
>>dre les mesures convenables , pour prévenir à
» cet égard dans la fuite les mauvaiſes mancupvres.
Mes Sujets , à l'occafion du malheureux
»fuccès de nos armes dans la Méditerranée ,
» m'ont donné des preuves éclatantes de l'intérêt
qu'ils prennent à mon honneur & à celui de ma
>> Couronne. Ils éprouveront de ma part un jufle
>> retour par mes foins infatiguables & mes efforts
>> continuels pour la gloire & le bonheur de la
>>>Nation . >>
DE LA HAYE , le 22 Novembre.
Une nouvelle Ordonnance des Etats Généraux
enjoint à tous les Vaiffeaux de guerre & Armateurs
étrangers , qui relâcheront dans les Ports & Rades
de cette République , d'arborer en s'y préfentant
le Pavillon de la Puiffance à laquelle ils
appartiennent ; de ne point y entrer fans une
permiffion de l'Amirauté du lieu , & de n'y donner
ni aux habitans , ni aux étrangers aucun fujet
de fe plaindre. Il eft défendu par la même Ordonnance
aux sujets de la République , d'acheter
aucuns effets des prifes qui feront faites par les
Armateurs , & les contrevenans feront condamnés
à mille florins d'amende.
On apprend de Cologne qu'il y eût le 19 de ce
mois , à trois heures du matin , une fecouffe de
tremblement de terre , qui ne dura qu'environ
trente fecondes , mais qui fut très - violente . Elle
s'eft fait fentir à Bonn , à Limbourg , à Malmedy,
& dans plufieurs autres lieux.
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
En décembre 1756, plusieurs événements marquants se sont produits en Grande-Bretagne et en Europe. À Londres, la préparation de dix mille bombes, dont la destination reste inconnue, est en cours. Dans les provinces de Kent et de Hampshire, les habitants refusent d'accueillir les troupes de Hanovre et de Hesse. En Nouvelle-York, des dépêches signalent des maladies parmi les troupes du Lord Loudon, qui a envoyé des détachements pour contrer les attaques des Amérindiens. Les vaisseaux de guerre Kennington et Sutherland, accompagnés de quatorze bâtiments de transport, ont quitté Cork pour l'Amérique du Nord avec des régiments embarqués. Quatre bataillons de troupes hanovriennes sont rentrés en Allemagne, et d'autres divisions suivront. Plusieurs frégates patrouilleront dans la Manche. L'amiral Byng et l'ancien gouverneur de la Nouvelle-Angleterre, Shirley, doivent subir des interrogatoires. Un grand conseil à Whitehall a délibéré sur la hausse du prix du blé, menant à une proclamation interdisant l'exportation des grains. Des émeutes ont éclaté en raison de la rareté du blé, calmées par la vente forcée des réserves. Le roi a nommé le général Blakeney chevalier de l'Ordre du Bain et pair d'Irlande. Le Parlement a été ouvert le 2 décembre, et le roi a prononcé un discours sur la défense des possessions américaines, la sécurité des royaumes, et la création d'une milice nationale. Il a également mentionné l'alliance dangereuse des puissances étrangères et les menaces pour le Corps Germanique. Le roi a ordonné le retour des troupes électorales en Allemagne, se reposant sur l'affection de son peuple. Il a recommandé au Parlement de soutenir la guerre avec vigueur et de prendre des mesures contre la cherté des grains. À La Haye, une ordonnance des États Généraux régule l'entrée des vaisseaux étrangers dans les ports. Un tremblement de terre a été ressenti à Cologne et dans les environs.
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24
p. 214-215
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 15 la Chambre des Communes accorda cinquante-cinq mille Matelots pour [...]
Mots clefs :
Londres, Chambre des communes, Equipage, Mines de Redbrook, Ouvriers, Pillages, Financement militaire, Troupes, Amérique
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le 28 Décembre.
Le 1s la Chambre des Communes accorda cinquante-
cinq mille Matelots pour le ſervice de la
Flotte Royale , en ycomprenant onze mille quatre
cens dix-neufSoldats de Marine, Elle réſolut
enmême temps qu'il ſeroit alloué quatre livres
ſterlings par mois pour chaque homme, ladépenſe
de l'artillerie étant compriſe dans cet article. Le
17 elle décida qu'une taxe de quatre ſchelings par
livre ſterling , ſeroit levée ſur les terres.
Les ouvriers des mines de Redbrook , & les
charbonniers de la forêt de Déan , s'attrouperent
tumultueuſement ily a quinze jours , &pillerent
pluſieurs navires chargés de grains.
Le Baron Théodore de Neuhoff , qui après
avoir tant fait parler de lui , étoit preſque entiérement
oublié , vient de terminer ſes joursdans la
JANVIER. 1757. 215
!
prifondu Fleet , où il a éprouvé , pendant les deux
dernieres années de ſa vie , la plus affreuſe miſere.
La Chambre des Communes accorda le 22 au Roi
douze cens treize mille ſept cens quarante-fix livres
ſterlings pour l'entretien de quarante - neuf mille
ſept cens quarante-neuf hommes de troupes de
terre , en y comprenant quatre mille huit invalides
; quatre cens vingt- trois mille neuf cens
ſoixante-trois livres ſterlings pour les garniſons de
Gibraltar & des Colonies de l'Amérique ; quarante-
ſept mille ſoixante pour les Officiers Genéraux
, & pour l'Etat Major ; vingt-trois mille trois
censtrente- cinq pour les troupes Heſſoiſſes , &
quatre cens trente-trois mille vingt-cinq pour les
troupes Hanovériennes. Les troupes Heſſoiſſes
ont enfin quitté leur camp pour prendre les quartiers
d'hyver que le Parlement leur a aſſigné dans
les villes de Salisbury , de Winchester & de Southampton.
On ſe propoſe de lever inceſſamment
deux nouveaux régimens de Montagnards Ecoffois.
Les nouvelles de l'Amérique continuent d'être
défagréables. On a appris que les Chiroquois ,
qui venoient de renouveller leur alliance avec les
Anglois , s'étoient ſaiſis par ſurpriſe d'un Fort
qu'ils avoient permis de conſtruire ſur leur terri
toire,
DE LONDRES , le 28 Décembre.
Le 1s la Chambre des Communes accorda cinquante-
cinq mille Matelots pour le ſervice de la
Flotte Royale , en ycomprenant onze mille quatre
cens dix-neufSoldats de Marine, Elle réſolut
enmême temps qu'il ſeroit alloué quatre livres
ſterlings par mois pour chaque homme, ladépenſe
de l'artillerie étant compriſe dans cet article. Le
17 elle décida qu'une taxe de quatre ſchelings par
livre ſterling , ſeroit levée ſur les terres.
Les ouvriers des mines de Redbrook , & les
charbonniers de la forêt de Déan , s'attrouperent
tumultueuſement ily a quinze jours , &pillerent
pluſieurs navires chargés de grains.
Le Baron Théodore de Neuhoff , qui après
avoir tant fait parler de lui , étoit preſque entiérement
oublié , vient de terminer ſes joursdans la
JANVIER. 1757. 215
!
prifondu Fleet , où il a éprouvé , pendant les deux
dernieres années de ſa vie , la plus affreuſe miſere.
La Chambre des Communes accorda le 22 au Roi
douze cens treize mille ſept cens quarante-fix livres
ſterlings pour l'entretien de quarante - neuf mille
ſept cens quarante-neuf hommes de troupes de
terre , en y comprenant quatre mille huit invalides
; quatre cens vingt- trois mille neuf cens
ſoixante-trois livres ſterlings pour les garniſons de
Gibraltar & des Colonies de l'Amérique ; quarante-
ſept mille ſoixante pour les Officiers Genéraux
, & pour l'Etat Major ; vingt-trois mille trois
censtrente- cinq pour les troupes Heſſoiſſes , &
quatre cens trente-trois mille vingt-cinq pour les
troupes Hanovériennes. Les troupes Heſſoiſſes
ont enfin quitté leur camp pour prendre les quartiers
d'hyver que le Parlement leur a aſſigné dans
les villes de Salisbury , de Winchester & de Southampton.
On ſe propoſe de lever inceſſamment
deux nouveaux régimens de Montagnards Ecoffois.
Les nouvelles de l'Amérique continuent d'être
défagréables. On a appris que les Chiroquois ,
qui venoient de renouveller leur alliance avec les
Anglois , s'étoient ſaiſis par ſurpriſe d'un Fort
qu'ils avoient permis de conſtruire ſur leur terri
toire,
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En décembre, la Chambre des Communes britannique a approuvé l'allocation de 55 000 matelots pour la Flotte Royale, incluant 11 419 soldats de marine, et a décidé d'allouer quatre livres sterling par mois pour chaque homme, couvrant les dépenses d'artillerie. Le 17 décembre, elle a décidé de lever une taxe de quatre schellings par livre sterling sur les terres. Quinze jours auparavant, des ouvriers des mines de Redbrook et des charbonniers de la forêt de Déan avaient pillé plusieurs navires chargés de grains. Le Baron Théodore de Neuhoff est décédé dans la prison de Fleet après deux années de misère. Le 22 janvier 1757, la Chambre a alloué 1 213 746 livres sterling pour l'entretien de 49 749 hommes de troupes terrestres, incluant 4 008 invalides. Elle a également alloué 423 963 livres pour les garnisons de Gibraltar et des colonies américaines, 47 060 livres pour les officiers généraux, 23 335 livres pour les troupes hessoises, et 433 025 livres pour les troupes hanovriennes. Les troupes hessoises ont pris leurs quartiers d'hiver à Salisbury, Winchester et Southampton. Deux nouveaux régiments de montagnards écossais doivent être levés. Les nouvelles d'Amérique sont défavorables, avec des Chiroquois ayant pris un fort anglais par surprise.
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25
p. 205
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 4 Janvier la Chambre des Communes résolut d'accorder deux cens [...]
Mots clefs :
Londres, Chambre des communes, Flotte royale, Financement, Amiral Byng, Condamnation , Conseil de guerre
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le 8 Février.
Le 14 Janvier la Chambre des Communes réfolut
d'accorder deux cens vingt-trois mille neuf
cens trente-neuf livres pour la dépenſe ordinaire
de la Flotte royale pendant cette année ; cent
foixante-deux mille cinq cens cinquante - fept
pour l'artillerie employée au fervice de terre ;
dix mille pour l'entretien de l'Hôpital de Greenwich
; une pareille fomme pour la conftruction
d'un nouvel Hôpital à Plymouth , & trente mille
pour la Maifon des Enfans trouvés.
A l'exception du Lord Blackeney & d'un petit
nombre d'Officiers , tous les témoins qui ont été
entendus dans l'affaire de l'Amiral Byng , one
dépofé que la conduite de cet Amiral n'étoit
fufceptible d'aucun reproche. Cependant le Confeil
de guerre affemblé à Portſmouth pour juger
cet Amiral , a prononcé que conféquemment à
Particle XII du Code Militaire , il ne pouvoit fe
difpenfer de condamner cet Amiral à perdre la
vie ; mais qu'en même temps il fe croyoit obligé
d'implorer la clémence du Roi en faveur de cet
Officier. On affure que le Vice- Amiral Bofcawen
, qui eft parti en pofte pour Portſmouth , y
porte la grace de l'Amiral Byng , avec des ordres
pour garantir cet Officier de la fureur de la populace
, qui perfifte à vouloir qu'on en faffe une
victime publique.
DE LONDRES , le 8 Février.
Le 14 Janvier la Chambre des Communes réfolut
d'accorder deux cens vingt-trois mille neuf
cens trente-neuf livres pour la dépenſe ordinaire
de la Flotte royale pendant cette année ; cent
foixante-deux mille cinq cens cinquante - fept
pour l'artillerie employée au fervice de terre ;
dix mille pour l'entretien de l'Hôpital de Greenwich
; une pareille fomme pour la conftruction
d'un nouvel Hôpital à Plymouth , & trente mille
pour la Maifon des Enfans trouvés.
A l'exception du Lord Blackeney & d'un petit
nombre d'Officiers , tous les témoins qui ont été
entendus dans l'affaire de l'Amiral Byng , one
dépofé que la conduite de cet Amiral n'étoit
fufceptible d'aucun reproche. Cependant le Confeil
de guerre affemblé à Portſmouth pour juger
cet Amiral , a prononcé que conféquemment à
Particle XII du Code Militaire , il ne pouvoit fe
difpenfer de condamner cet Amiral à perdre la
vie ; mais qu'en même temps il fe croyoit obligé
d'implorer la clémence du Roi en faveur de cet
Officier. On affure que le Vice- Amiral Bofcawen
, qui eft parti en pofte pour Portſmouth , y
porte la grace de l'Amiral Byng , avec des ordres
pour garantir cet Officier de la fureur de la populace
, qui perfifte à vouloir qu'on en faffe une
victime publique.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 14 janvier, la Chambre des Communes a approuvé plusieurs allocations financières : 223 939 livres pour les dépenses de la Flotte royale, 62 557 livres pour l'artillerie terrestre, 10 000 livres pour l'entretien de l'Hôpital de Greenwich, une somme équivalente pour la construction d'un nouvel hôpital à Plymouth, et 30 000 livres pour la Maison des Enfants trouvés. Dans l'affaire de l'Amiral Byng, la plupart des témoins, à l'exception du Lord Blackeney et de quelques officiers, ont déclaré que la conduite de l'Amiral n'était pas répréhensible. Néanmoins, le conseil de guerre à Portsmouth a condamné l'Amiral Byng à mort selon l'Article XII du Code Militaire, tout en sollicitant la clémence du Roi. Le Vice-Amiral Boscawen s'est rendu à Portsmouth avec la grâce de l'Amiral Byng et des instructions pour le protéger de la colère du public.
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26
p. 183-184
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 8 Février, la Chambre des Communes résolut de supplier le Roi de lui [...]
Mots clefs :
Londres, Chambre des communes, Île de Minorque, Amiral Byng, Enquête , Bureau de la guerre, Régiments, Amérique, Fortifications anglaises, Bill, Parlement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le premier Mars.
Le 8 Février , la Chambre des Communes ré…
folut de fupplier le Roi de lui faire remettre des
copies des différens avis reçus touchant le deffein
des François contre l'Ifle Minorque ; une lifte des
Vaiffeaux de guerre envoyés au fecours de cette
Ifle fous les ordres de l'Amiral Byng ; la copie des
ordres donnés à cet Amiral ; les lettres qu'on a
reçues de lui , & celles que P'Amirauté lui a écri
tes ; un état de la Garnifon du Fort Saint - Philippe
, & des munitions dont cette Place étoit
pourvue . Afin d'approfondir les caufes de toutes
les difgraces que la Nation a fouffertes l'année
derniere , la Chambre doit demander auffi communication
de toutes les pieces concernant les
fournitures faites aux troupes en Amérique pendant
les années 1755 & 1756.
Le Bureau de la Guerre a ordonné aux Régimens
de Saint- Claire , de Richbell , de Blakeney
, de Kennedy , Murray , de Bragge & de
Perry, d'être rendus le 18 à Cork en Irlande ,
où ils doivent s'embarquer. On prépare avec toute
la diligence poffible l'Eſcadre deſtinée à les con184
MERCURE DE FRANCE.
duire en Amérique , & elle fera commandée par.
le Contre-Amiral Holbourne , qui arborera fon
Pavillon à bord du Vaiffeau le Newark. Trois
cens hommes ont été détachés du Corps de l'Artillerie
, pour accompagner les trente pieces de canon
, que le Gouvernement fe propoſe de faire
tranfporter en Acadie. Suivant divers avis , les
Espagnols ont démoli quelques fortifications que
les Anglois avoient élevées dans les environs du
Golfe de Honduras ; & la Cour de Madrid fait .
exécuter à la rigueur les ordres qu'elle a donnés
contre les Interlopres . Un Vaiffeau Garde - Côte
de Sa Majefté Catholique s'eft emparé de deux
Navires Anglois , qui avoient chargé en fraude
du bois de teinture à la Baye de Campeche.
témoi-
Le 26 , le fieur Pitt , Secrétaire d'Etat , préfenta
un Meffage , par lequel le Roi informoit la
Chambre , qu'un des Membres du Confeil de
Guerre , qui a jugé l'Amiral Byng , ayant
gné avoir quelque déclarations à faire fur le jugement
qui avoit été porté , & demandant pour cet
effet d'être dégagé du ferment du fecret impofé
aux Officiers qui compofent les Confeils de Guer.
re , Sa Majefté avoit cru devoir fufpendre pour
quinze jours l'exécution de la fentence prononcée
contre le fieur Byng. Après plufieurs débats , il
fut ordonné de dreffer un Bill pour difpenfer les
Juges de cet Amiral , du fecret qu'ils avoient juré
d'obferver. Ce Bill fut la pour la premiere & la
feconde fois. La Chambre en fit hier la troifieme
lecture , & il paffa àla pluralité de cent cinquante-
trois voix, contre vingt trois. Le Roi fe rendra
cette ſemaine au Parlement , pour donner fon ар-
probation à ce Bill . On entendra enfuite ce que
les Juges de l'Amiral Byng ont à déclarer , ou
pour infirmer , ou pour juftifier fa condamnation
DE LONDRES , le premier Mars.
Le 8 Février , la Chambre des Communes ré…
folut de fupplier le Roi de lui faire remettre des
copies des différens avis reçus touchant le deffein
des François contre l'Ifle Minorque ; une lifte des
Vaiffeaux de guerre envoyés au fecours de cette
Ifle fous les ordres de l'Amiral Byng ; la copie des
ordres donnés à cet Amiral ; les lettres qu'on a
reçues de lui , & celles que P'Amirauté lui a écri
tes ; un état de la Garnifon du Fort Saint - Philippe
, & des munitions dont cette Place étoit
pourvue . Afin d'approfondir les caufes de toutes
les difgraces que la Nation a fouffertes l'année
derniere , la Chambre doit demander auffi communication
de toutes les pieces concernant les
fournitures faites aux troupes en Amérique pendant
les années 1755 & 1756.
Le Bureau de la Guerre a ordonné aux Régimens
de Saint- Claire , de Richbell , de Blakeney
, de Kennedy , Murray , de Bragge & de
Perry, d'être rendus le 18 à Cork en Irlande ,
où ils doivent s'embarquer. On prépare avec toute
la diligence poffible l'Eſcadre deſtinée à les con184
MERCURE DE FRANCE.
duire en Amérique , & elle fera commandée par.
le Contre-Amiral Holbourne , qui arborera fon
Pavillon à bord du Vaiffeau le Newark. Trois
cens hommes ont été détachés du Corps de l'Artillerie
, pour accompagner les trente pieces de canon
, que le Gouvernement fe propoſe de faire
tranfporter en Acadie. Suivant divers avis , les
Espagnols ont démoli quelques fortifications que
les Anglois avoient élevées dans les environs du
Golfe de Honduras ; & la Cour de Madrid fait .
exécuter à la rigueur les ordres qu'elle a donnés
contre les Interlopres . Un Vaiffeau Garde - Côte
de Sa Majefté Catholique s'eft emparé de deux
Navires Anglois , qui avoient chargé en fraude
du bois de teinture à la Baye de Campeche.
témoi-
Le 26 , le fieur Pitt , Secrétaire d'Etat , préfenta
un Meffage , par lequel le Roi informoit la
Chambre , qu'un des Membres du Confeil de
Guerre , qui a jugé l'Amiral Byng , ayant
gné avoir quelque déclarations à faire fur le jugement
qui avoit été porté , & demandant pour cet
effet d'être dégagé du ferment du fecret impofé
aux Officiers qui compofent les Confeils de Guer.
re , Sa Majefté avoit cru devoir fufpendre pour
quinze jours l'exécution de la fentence prononcée
contre le fieur Byng. Après plufieurs débats , il
fut ordonné de dreffer un Bill pour difpenfer les
Juges de cet Amiral , du fecret qu'ils avoient juré
d'obferver. Ce Bill fut la pour la premiere & la
feconde fois. La Chambre en fit hier la troifieme
lecture , & il paffa àla pluralité de cent cinquante-
trois voix, contre vingt trois. Le Roi fe rendra
cette ſemaine au Parlement , pour donner fon ар-
probation à ce Bill . On entendra enfuite ce que
les Juges de l'Amiral Byng ont à déclarer , ou
pour infirmer , ou pour juftifier fa condamnation
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 8 février, la Chambre des Communes a sollicité des documents concernant les attaques françaises contre l'île de Minorque, les vaisseaux envoyés à son secours, les ordres donnés à l'amiral Byng, et l'état de la garnison et des munitions du Fort Saint-Philippe. Elle a également demandé des informations sur les fournitures aux troupes en Amérique en 1755 et 1756. Le Bureau de la Guerre a ordonné à plusieurs régiments de se rendre en Irlande pour embarquer vers l'Amérique, sous le commandement du contre-amiral Holbourne. Trois cents hommes de l'artillerie et trente pièces de canon doivent être transportés en Acadie. Des rapports signalent des démolitions de fortifications britanniques et des saisies de navires anglais par les Espagnols. Le 26 février, le Secrétaire d'État Pitt a informé la Chambre que l'exécution de la sentence contre l'amiral Byng a été suspendue pour quinze jours. Un Bill pour dispenser les juges de Byng de leur serment de secret a été adopté à la majorité de 153 voix contre 23.
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27
p. 209-210
GRANDE BRETAGNE.
Début :
La Chambre des Communes, dans la séance du 25 Mars, passa le Bill [...]
Mots clefs :
Chambre des communes, Proclamation du roi, Matelots étrangers, Démissions, Comte, Secrétaire d'État, Vaisseau
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le 12 Avril.
La Chambre des Communes , dans la féance
du 25 Mars , paffa le Bill pour l'établiſſement
d'une Milice générale dans la Grande-Bretagne ,
après y avoir fait quelques changemens.
Sa Majefté a fait publier une Proclamation ;
par laquelle Elle permet d'employer des matelots
étrangers fur les Corfaires & fur les Navires
Marchands , à condition cependant que la quatrieme
partie de l'équipage de chaque Bâtiment
foit compofée de fujets de la Grande- Bretagne.
Le bruit qui s'étoit répandu que le Duc de
Cumberland ne pafferoit point en Allemagne ,
étoit fans fondement. Ce Prince partit le 9 à fix
heures du matin , pour aller s'embarquer à Warwich.
Il doit prendre le commandement en chef
de l'armée d'obſervation , qui s'affemble fur les
frontieres de l'Electorat de Hanovre.
2
Le fieur Pitt , Secretaire d'Etat ; le fieur Legge ,
Chancelier de l'Echiquier , & le Comte Temple
, premier Commiffaire de l'Amirauté , ont
donné leurs démiffions . Le Lord Mansfield
Juge Suprême d'Angleterre 'exercera par interim
la charge de Chancelier de l'Echiquier. Sa Majefté
a accordé la place de premier Commiflaire
de l'Amirauté au Comte de Winchelſea.
Le Vaiffeau le Pondichery , appartenant à la
Compagnie Françoife des Indes , & qui a été
pris par le Vaiffeau de guerre le Douvres , avoit
été amené à l'embouchure de la Tamife. Des
26
210 MERCURE DE FRANCE.
vents de l'Oueft l'ont écarté de la côte , & l'on
ne fçait ce qu'il eft devenu.
DE LONDRES , le 12 Avril.
La Chambre des Communes , dans la féance
du 25 Mars , paffa le Bill pour l'établiſſement
d'une Milice générale dans la Grande-Bretagne ,
après y avoir fait quelques changemens.
Sa Majefté a fait publier une Proclamation ;
par laquelle Elle permet d'employer des matelots
étrangers fur les Corfaires & fur les Navires
Marchands , à condition cependant que la quatrieme
partie de l'équipage de chaque Bâtiment
foit compofée de fujets de la Grande- Bretagne.
Le bruit qui s'étoit répandu que le Duc de
Cumberland ne pafferoit point en Allemagne ,
étoit fans fondement. Ce Prince partit le 9 à fix
heures du matin , pour aller s'embarquer à Warwich.
Il doit prendre le commandement en chef
de l'armée d'obſervation , qui s'affemble fur les
frontieres de l'Electorat de Hanovre.
2
Le fieur Pitt , Secretaire d'Etat ; le fieur Legge ,
Chancelier de l'Echiquier , & le Comte Temple
, premier Commiffaire de l'Amirauté , ont
donné leurs démiffions . Le Lord Mansfield
Juge Suprême d'Angleterre 'exercera par interim
la charge de Chancelier de l'Echiquier. Sa Majefté
a accordé la place de premier Commiflaire
de l'Amirauté au Comte de Winchelſea.
Le Vaiffeau le Pondichery , appartenant à la
Compagnie Françoife des Indes , & qui a été
pris par le Vaiffeau de guerre le Douvres , avoit
été amené à l'embouchure de la Tamife. Des
26
210 MERCURE DE FRANCE.
vents de l'Oueft l'ont écarté de la côte , & l'on
ne fçait ce qu'il eft devenu.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 25 mars, la Chambre des Communes a adopté un projet de loi créant une milice générale en Grande-Bretagne, après quelques modifications. Le roi a autorisé l'emploi de matelots étrangers sur les navires de commerce et les corsaires, à condition que le quart de l'équipage soit britannique. Le duc de Cumberland a quitté Londres le 9 avril pour commander l'armée d'observation aux frontières de l'Électorat de Hanovre. Plusieurs hauts fonctionnaires ont démissionné, dont Pitt, secrétaire d'État, Legge, chancelier de l'Échiquier, et le comte Temple, premier commissaire de l'Amirauté. Lord Mansfield assurera temporairement les fonctions de chancelier de l'Échiquier, et le comte de Winchelsea a été nommé premier commissaire de l'Amirauté. Le vaisseau Pondichéry, capturé par le Douvres, a été dévié par des vents d'ouest et sa localisation est inconnue.
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28
p. 200-203
De Londres, le 5 Décembre.
Début :
Le 28 du mois dernier, la Chambre des Communes approuva unanimement [...]
Mots clefs :
Chambre des communes, Subside, Parlement, Augmentation des taxes, Denrées, Commerce, Taxes sur les terres, Enrôlement, Ordonnance, Jamaïque, Attaques, Canons, Soldats déserteurs, Campagnes militaires, Opérations maritimes, Amiral, Escadre, Méditerranée, Indes orientales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Londres, le 5 Décembre.
De Londres , les Décembre.
Le 28 du mois dernier , la Chambre des,
Communes approuva unanimement la réfolution
prife la veille , d'accorder un Subfide au Roi.
Enfuite dans un Comité Particulier , on procéda.
à l'examen des Actes de la derniere Séance du
Parlement. Il fut décidé que celui qui a pour obje
d'interdire la fortie & la diftillation des Grains , &
d'augmenter les Droits établis fur la Dreche ,
la Farine , le Bifcuit & l'Empoix , feroit continué
jufqu'au 24 Décembre 1759. On arrêta en:
même temps que l'Acte qui fufpend le payement.
des Droits d'Entrée fur les Bleds & Farines enlevés
à l'Ennemi , ne feroit point renouvellé. Le
29 , la Chambre ordonna qu'on drefferoit un Bill
pour approuver les réfolutions du Comité. On
ordonna la continuation de la Taxe de quatre
Schellings fur les Terres , fur les Penfions , Liza
JANVIER. 1759 . 201
tous les Revenus de quelqu'efpéce qu'ils foient ,
& des Droits fur les boiffons différentes . On fupputa
que ces diverfes Impofitions pourroient rapporter
environ deux millions fept cent cinquante
mille livres fterlings. On fera donc obligé de
recourir à de nouvelles taxes pour fournir le Subfide
pour l'entretien de foixante mille Hommes
qui feront employés fur les Valleiaux du Roi
dans le courant de l'année prochaine . Ce Subfide
fut établi fur le même pied qu'il l'a été
pour l'année qui vient de finir ; car il fait un
objet de trois millions cent vingt mille livres
fterlings.
On continue d'enlever par force les Matelots ,
pour remplir les vuides que la Campagne der
niere a laiffés dans notre Marine , & pour completer
les Equipages des nouveaux Vailleaux qu'on
doit lancer à l'eau le Printems prochain.
Pour donner aux Hollandois une fatisfaction
apparente , on vient de publier une Ordonnance
qui affigne une récompenfe de cinq cens livres
fterling à ceux qui dénonceront les perfonnes
coupables de pirateries dont on fe plaint , & les
complices qui leur donnent fecours , ou qui procurent
le débit de leurs effets.
Le Roi fe propofe d'envoyer à Paris un Colonel
qui eft chargé de régler avec les Miniftres
de France l'échange des prifonniers.
Le 20. de ce mois fur le minuit , on a fenti
dans cette Ville & dans les environs , une légére.
fecouffe de tremblement de terre.
Les dernieres Nouvelles de la Jamaïque Nous
ont appris que le Vaiffeau François le Palmier
de foixante- quatorze Canons , qui croifoit à la
hauteur de S. Domingue , fut attaqué le 5. Septembre
par deux de nos Vaiffeaux de haut bord.
Le combat dura très-longtems. Un de nos Vaif-
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
feaux fur mis hors de combat , & fut fur le point
d'être pris ; mais un heureux accident contraignit
l'Ennemi de fe retirer. Comme il étoit obligé de
forcer fon feu pour foutenir le combat , un de fes
Canons de trente- fix livres de balles créva , & mit
le défordre dans fon Equipage. Nos deux Vailſeaux
étoient ſi maltraités , qu'ils ne purent pas
le pourfuivre.
Quoiqu'on ait beaucoup parlé de la facilité que
notre miniſtere trouvoit à effectuer les emplois
coutidérables qui ont été propofés ; il a été queftion
dernierement d'établir une Capitation , ou
un don gratuit , pour le fervice de l'année prochaine.
On ne fçait point fi cette infinuation trouvera
les efprits favorablement difpofés.
Du 23. Décembre.
Le 1s de ce mois , la Chambre des Com
munes approuva le Bill qui régle la punition des
Soldats Déferteurs.
Les préparatifs pour la Campagne prochaine
continuent avec beaucoup de vivacité. On fait
dans tout le Royaume de nouvelles levées pour
le fervice de terre & de mer. On forme en Irlande
treize nouvelles Compagnies de Marine
qui feront chacune de cent hommes . On travaille
dans tous nos Ports à tenir toutes chofes prêtes
pour l'exécution des différentes entreprifes qui
entrent dans le Plan de nos opérations mariti
mes pour l'année prochaine. On a lancé a l'eau
à Southampton un Vaiffeau de foixante - quatorze
canons. A Deptford on en a lancé un de même
force , & un autre de foixante canons. On
en doit lancer bientôt plufieurs autres dans les
différents Ports . On conftruit en même temps
un grand nombre de Batteaux plats , pour le débarquement
des troupes.
L'Amiral Holmes partit le 16.pour Portmourki
JANVIER. 1759. 203
"
Пly va prendre le commandement d'une Efca
dre qui doit relever celle de l'Amiral Saunders'
far la Côte de France . Ce dernier commandera
une autre Efcadre qui mettra à la voile dans
le courant du mois prochain , pour aller croifer
dans la Méditerranée. Le Chef d'Efcadre Geari
eft l'Officier que la Cour a choifi , pour conduire
les renforts que l'on doit envoyer aux :
Indes Orientales.
Le 28 du mois dernier , la Chambre des,
Communes approuva unanimement la réfolution
prife la veille , d'accorder un Subfide au Roi.
Enfuite dans un Comité Particulier , on procéda.
à l'examen des Actes de la derniere Séance du
Parlement. Il fut décidé que celui qui a pour obje
d'interdire la fortie & la diftillation des Grains , &
d'augmenter les Droits établis fur la Dreche ,
la Farine , le Bifcuit & l'Empoix , feroit continué
jufqu'au 24 Décembre 1759. On arrêta en:
même temps que l'Acte qui fufpend le payement.
des Droits d'Entrée fur les Bleds & Farines enlevés
à l'Ennemi , ne feroit point renouvellé. Le
29 , la Chambre ordonna qu'on drefferoit un Bill
pour approuver les réfolutions du Comité. On
ordonna la continuation de la Taxe de quatre
Schellings fur les Terres , fur les Penfions , Liza
JANVIER. 1759 . 201
tous les Revenus de quelqu'efpéce qu'ils foient ,
& des Droits fur les boiffons différentes . On fupputa
que ces diverfes Impofitions pourroient rapporter
environ deux millions fept cent cinquante
mille livres fterlings. On fera donc obligé de
recourir à de nouvelles taxes pour fournir le Subfide
pour l'entretien de foixante mille Hommes
qui feront employés fur les Valleiaux du Roi
dans le courant de l'année prochaine . Ce Subfide
fut établi fur le même pied qu'il l'a été
pour l'année qui vient de finir ; car il fait un
objet de trois millions cent vingt mille livres
fterlings.
On continue d'enlever par force les Matelots ,
pour remplir les vuides que la Campagne der
niere a laiffés dans notre Marine , & pour completer
les Equipages des nouveaux Vailleaux qu'on
doit lancer à l'eau le Printems prochain.
Pour donner aux Hollandois une fatisfaction
apparente , on vient de publier une Ordonnance
qui affigne une récompenfe de cinq cens livres
fterling à ceux qui dénonceront les perfonnes
coupables de pirateries dont on fe plaint , & les
complices qui leur donnent fecours , ou qui procurent
le débit de leurs effets.
Le Roi fe propofe d'envoyer à Paris un Colonel
qui eft chargé de régler avec les Miniftres
de France l'échange des prifonniers.
Le 20. de ce mois fur le minuit , on a fenti
dans cette Ville & dans les environs , une légére.
fecouffe de tremblement de terre.
Les dernieres Nouvelles de la Jamaïque Nous
ont appris que le Vaiffeau François le Palmier
de foixante- quatorze Canons , qui croifoit à la
hauteur de S. Domingue , fut attaqué le 5. Septembre
par deux de nos Vaiffeaux de haut bord.
Le combat dura très-longtems. Un de nos Vaif-
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
feaux fur mis hors de combat , & fut fur le point
d'être pris ; mais un heureux accident contraignit
l'Ennemi de fe retirer. Comme il étoit obligé de
forcer fon feu pour foutenir le combat , un de fes
Canons de trente- fix livres de balles créva , & mit
le défordre dans fon Equipage. Nos deux Vailſeaux
étoient ſi maltraités , qu'ils ne purent pas
le pourfuivre.
Quoiqu'on ait beaucoup parlé de la facilité que
notre miniſtere trouvoit à effectuer les emplois
coutidérables qui ont été propofés ; il a été queftion
dernierement d'établir une Capitation , ou
un don gratuit , pour le fervice de l'année prochaine.
On ne fçait point fi cette infinuation trouvera
les efprits favorablement difpofés.
Du 23. Décembre.
Le 1s de ce mois , la Chambre des Com
munes approuva le Bill qui régle la punition des
Soldats Déferteurs.
Les préparatifs pour la Campagne prochaine
continuent avec beaucoup de vivacité. On fait
dans tout le Royaume de nouvelles levées pour
le fervice de terre & de mer. On forme en Irlande
treize nouvelles Compagnies de Marine
qui feront chacune de cent hommes . On travaille
dans tous nos Ports à tenir toutes chofes prêtes
pour l'exécution des différentes entreprifes qui
entrent dans le Plan de nos opérations mariti
mes pour l'année prochaine. On a lancé a l'eau
à Southampton un Vaiffeau de foixante - quatorze
canons. A Deptford on en a lancé un de même
force , & un autre de foixante canons. On
en doit lancer bientôt plufieurs autres dans les
différents Ports . On conftruit en même temps
un grand nombre de Batteaux plats , pour le débarquement
des troupes.
L'Amiral Holmes partit le 16.pour Portmourki
JANVIER. 1759. 203
"
Пly va prendre le commandement d'une Efca
dre qui doit relever celle de l'Amiral Saunders'
far la Côte de France . Ce dernier commandera
une autre Efcadre qui mettra à la voile dans
le courant du mois prochain , pour aller croifer
dans la Méditerranée. Le Chef d'Efcadre Geari
eft l'Officier que la Cour a choifi , pour conduire
les renforts que l'on doit envoyer aux :
Indes Orientales.
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Résumé : De Londres, le 5 Décembre.
Le 28 décembre précédent, la Chambre des Communes a approuvé à l'unanimité une résolution accordant un subside au Roi. Un comité a décidé de prolonger jusqu'au 24 décembre 1759 l'acte interdisant la sortie et la distillation des grains, ainsi que l'augmentation des droits sur la drêche, la farine, le biscuit et l'empois. Il a également été décidé de ne pas renouveler l'acte suspendant le paiement des droits d'entrée sur les blés et farines enlevés à l'ennemi. Le 29 décembre, la Chambre a ordonné la rédaction d'un bill pour approuver les résolutions du comité et la continuation de diverses taxes, dont une taxe de quatre schellings sur les terres, les pensions, et tous les revenus, ainsi que des droits sur les boissons diverses. Ces impôts devraient rapporter environ deux millions sept cent cinquante mille livres sterling. Un subside de trois millions cent vingt mille livres sterling a été établi pour l'entretien de soixante mille hommes employés sur les vaisseaux du Roi en 1759. Les matelots continuent d'être enlevés de force pour combler les vides laissés par la campagne précédente et compléter les équipages des nouveaux vaisseaux. Une ordonnance offre une récompense de cinq cents livres sterling pour la dénonciation des pirates et de leurs complices. Le Roi envisage d'envoyer un colonel à Paris pour régler l'échange des prisonniers avec les ministres français. Un léger tremblement de terre a été ressenti à Londres le 20 janvier. Des nouvelles de la Jamaïque rapportent un combat entre le vaisseau français Le Palmier et deux vaisseaux britanniques le 5 septembre. Les préparatifs pour la campagne prochaine incluent de nouvelles levées de troupes en Irlande et la construction de vaisseaux et de bateaux plats dans divers ports. L'amiral Holmes a pris le commandement d'une escadre pour remplacer celle de l'amiral Saunders sur la côte de France, tandis que l'amiral Saunders commandera une autre escadre en Méditerranée. Le chef d'escadre Geari a été choisi pour conduire les renforts vers les Indes Orientales.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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29
p. 207-208
DE LONDRES, le 8 Janvier.
Début :
On est toujours dans l'inquiétude au sujet du sieur Thurot, & de sa petite [...]
Mots clefs :
Escadre, Norvège, Vaisseaux, Amiral, Tempête, Prince Ferdinand , Chambre des communes, Emprunt, Georges l'Aveugle, Décès
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texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 8 Janvier.
De LONDRES , le 8 Janvier.
On est toujours dans l'inquiétude au fujet dur
fieur Thurot, & de fa petite efcadre. Quelques avis
venus des Côtes de Norwege , vers la fin du mois
dernier , apprenoient qu'il croifoit fur ces Côtes ,
& qu'il avoit intercepté plufieurs vaiffeaux Anglois.
On dépêcha auffitôt un Courier au Chef
d'efcadre Boys , qui étoit ftationné dans la rade
de Leith en Ecoffe , avec ordre de fe remettre à fa
pourfuite. I fit à l'inftant fes difpofitions pour
appareiller au premier vent favorable , & il fit
prendre les devans aux canots le Scourge & l'Ai
gle. On n'en a plus eu de nouvelles depuis.
On a appris,du 30 , que l'Amiral Saunders eft,
fur fon départ pour aller relever l'Amiral Brode
208 MERCURE DE FRANCE.
rick , qui eft forti de Cadix le 4 du mois dernier.
Il a été de nouveau accueilli par une violente
tempête , qui l'a obligé de fe réfugier en trèsmauvais
état à Gibraltar . On eftime ici qu'il a
été heureux d'être fi près de ce port : car l'eſcadre
Françoife , compofée de cinq vaiffeaux de ligne, &
de trois frégates , eft fortie bientôt après , On
fçait qu'elle a paffé fans oppofition le détroit ,
failant voile pour Toulon .
Après bien des conteftations , la Chambre des
Communes donna , le 23 de ce mois , fon approbation
au Bill concernant l'emprunt de huit millions
de livres sterling , par annuités ; & il vient
feulement d'être arrêté . On dit , qu'on portera.
jufqu'à vingt mille hommes , le corps de troupes
deftiné à renforcer le Prince Ferdinand , fous lesordres
des Généraux Barington & Honeywood.
Il eft mort, à Lithe , dans le Comté de Weftmerland
, un aveugle dès l'enfance , qui par fes
connoiffances pouvoit être réputé l'émule du
célèbre Saunderfon . Il fe nommoit Georges Bercket
, ou , plus vulgairement ,Georges l'Aveugle.
La privation de la vue ne l'avoit pas empêché
de faire dans la Théologie , la Morale , la Métaphyfique
, la Mufique & la Philofophie naturelle ,
des progrès qui étonnoient ceux même qui étoient
le plus verfés dans ces fciences .
On est toujours dans l'inquiétude au fujet dur
fieur Thurot, & de fa petite efcadre. Quelques avis
venus des Côtes de Norwege , vers la fin du mois
dernier , apprenoient qu'il croifoit fur ces Côtes ,
& qu'il avoit intercepté plufieurs vaiffeaux Anglois.
On dépêcha auffitôt un Courier au Chef
d'efcadre Boys , qui étoit ftationné dans la rade
de Leith en Ecoffe , avec ordre de fe remettre à fa
pourfuite. I fit à l'inftant fes difpofitions pour
appareiller au premier vent favorable , & il fit
prendre les devans aux canots le Scourge & l'Ai
gle. On n'en a plus eu de nouvelles depuis.
On a appris,du 30 , que l'Amiral Saunders eft,
fur fon départ pour aller relever l'Amiral Brode
208 MERCURE DE FRANCE.
rick , qui eft forti de Cadix le 4 du mois dernier.
Il a été de nouveau accueilli par une violente
tempête , qui l'a obligé de fe réfugier en trèsmauvais
état à Gibraltar . On eftime ici qu'il a
été heureux d'être fi près de ce port : car l'eſcadre
Françoife , compofée de cinq vaiffeaux de ligne, &
de trois frégates , eft fortie bientôt après , On
fçait qu'elle a paffé fans oppofition le détroit ,
failant voile pour Toulon .
Après bien des conteftations , la Chambre des
Communes donna , le 23 de ce mois , fon approbation
au Bill concernant l'emprunt de huit millions
de livres sterling , par annuités ; & il vient
feulement d'être arrêté . On dit , qu'on portera.
jufqu'à vingt mille hommes , le corps de troupes
deftiné à renforcer le Prince Ferdinand , fous lesordres
des Généraux Barington & Honeywood.
Il eft mort, à Lithe , dans le Comté de Weftmerland
, un aveugle dès l'enfance , qui par fes
connoiffances pouvoit être réputé l'émule du
célèbre Saunderfon . Il fe nommoit Georges Bercket
, ou , plus vulgairement ,Georges l'Aveugle.
La privation de la vue ne l'avoit pas empêché
de faire dans la Théologie , la Morale , la Métaphyfique
, la Mufique & la Philofophie naturelle ,
des progrès qui étonnoient ceux même qui étoient
le plus verfés dans ces fciences .
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Résumé : DE LONDRES, le 8 Janvier.
Le 8 janvier, une inquiétude grandit à Londres face aux activités du flibustier Thurot et de son escadre, repérés en Norvège après avoir intercepté plusieurs vaisseaux anglais. Le chef d'escadre Boys, basé à Leith en Écosse, a reçu l'ordre de les poursuivre avec les navires Scourge et Aigle, dont les nouvelles sont absentes depuis. L'amiral Saunders, en route pour remplacer l'amiral Bodewick à Cadix, a dû se réfugier à Gibraltar en raison d'une tempête. L'escadre française, composée de cinq vaisseaux de ligne et trois frégates, a traversé le détroit de Gibraltar sans obstacle, direction Toulon. La Chambre des Communes a validé un emprunt de huit millions de livres sterling et prévoit de renforcer les troupes du Prince Ferdinand à vingt mille hommes, sous les ordres des généraux Barington et Honeywood. Par ailleurs, Georges Bercket, un aveugle de naissance connu pour ses connaissances en théologie, morale, métaphysique, musique et philosophie naturelle, est décédé à Lithe dans le comté de Weftmerland.
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