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1
p. 236-280
Suite curieuse des Affaires d'Angleterre, [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay parlé assez amplement dans ma derniere Lettre [...]
Mots clefs :
Angleterre, Proclamation, Décès, Monarque, Seigneurs, Milord, Couronne, Conseil, Charge, Armes, Cérémonies, Religion, Obéissance, Serments, Magistrats, Royaume, Archevêque, Héritiers, Reine
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texteReconnaissance textuelle : Suite curieuse des Affaires d'Angleterre, [titre d'après la table]
Je vous ay parlé aſſez amplement
dans ma derniere
Lettre de ce qui s'eſt paffé
pendant les premiers jours de
la maladie du Roy d'Angleterre
; mais comme je vous
ay dit peu de chofes des deux
derniers
, parce que je n'étois
pas encore bien informé
du détail , je crois que vous
ne ferez pas fâchée que je reprenne
cette matiere , pour
vous apprendre des chofes
que vous pouvez ignorer.
Le leudy is.de Fevrier, veille
GALANT. 237
7 de la mort de ce Monarque,
les Medecins dirent à Mon.
fieur le Duc d'York , qu'il étoit
hors de danger , qu'ils répondoient
de fa vie ; & que s'il mouroit de
cette maladie - là , ce ne pourroit
eftre que par leurfaute . Sur une
affeurance fi pofitive , Monfieur
le Duc d'York , qui par
la prudence qu'on a toûjours
veuë inféparable de toutes fes
actions , avoit fait fermer tous
les Ports d'Angleterre, donna
des ordres pour les faire'r'ouvrir.
Cependant le foir de ce
mefme jour, le Roy fut nouyellement
attaqué de con238
MERCURE
vulfions ; le poux commença
à luy manquer ; depuis le bas
de fon corps la moitié devint
froide , & il perdit peu à peu
la parole,quoy qu'il ait encore
parlé avec une grade préfence
d'efprit , trois heures avant fa
mort. On ne peut montrer
plus de refignation , ny des
fentimens plus pieux & plus
Chrétiens , qu'il en fit voir dás
les intervales de foulagement
que fon grand mal luy laiffoit,
Il demanda premierement
pardon à Dieu , & enfuite à la
Reyne fa femme , qui n'étoit
pas préfente dans ce moment,,
4
GALANT. 239
puis à Mofieur le Duc d'York,
Pappellant fon cher Frere , fon
aimable Frere, qui luy avoit toûjours
efté meilleur Frere , qu'il ne
L'avoit efté pour luy pendantfon
vivant; ce qui attendrit ſi fort
ceux qui l'écoutoient , qu'ils
ne purent retenir leurs larmes.
Il parla auffi fort avantageuſement
du grand merite de Madame
la Ducheffe d'York,
& de la haute eftime qu'il
avoit toûjours euë pour cette
Princeffe. Il recommanda à
tous les grands Officiers de la
Couronne qui eftoient autour
de fon lit , l'entiere obeïffance
240 MERCURE
qu'ils devoient à Monfieur le
Duc d'York , fon unique Frere,
& Heritier du Royaume , les
affurant qu'il le furpafferoit en
bonté pour eux . Apres cela
il pria ce Prince d'avoir foin
des Ducs de Graffeton , Northumberland
, S. Alban , &
Richemont, puis il luy donna
la Clef de fon Cabinet où
eftoient fes Papiers les plus
fecrets , & luy témoigna , & à
tous ceux qui avoient paffé la
nuit dans fa Chambre , & qui.
eftoient la plupart des Grands
du Royaume , beaucoup de
douleur des peines qu'ils prenoient
GALANT 241
noient pour l'affifter. Il ajoûtoit
par intervale , qu'il valoit
• mieux , puifque le temps de fa
1 mort eftoit venu , que ce moment
s'avançaft , afin que leurs fati-
I gues ceffaffent. Trois heures
avant qu'il expiraft , il parla
quelque temps à l'oreille de
Monfieur le Duc d'York , &
I mourut le Vendredy 16. à
onze heures trois quarts du
matin. Il a plus paru de convulfion
dans le fujet de la
mort de ce Monarque , que
d'Apoplexie. On l'a ouvert,
& on luy a trouvé les Vifceres
tres- bons. Il avoit une eau
X
Mars 1685.
242 MERCURE
noire dans le Cerveau , quelques
- uns veulent que cette
eau foit un effet du Tabac, &
la caufe de fa mort. D'autres
l'attribuent au contretemps
d'avoir arrefté une fluxion
qu'il avoit fur les Jambes .
Le Roy ayant rendu le
dernier foûpir , Monfieur le
Duc d'York fortit de laChambre
où ce Monarque venoit
de mourir , & dit luy- mefme
aux Seigneurs qu'il trouva
dehors , que le Roy fon Frere
eftoit mort , & qu'il eftoit
devenuleur Souverain . Quoy
que la plus vive douleur fuft
GALANT. 243.
peinte fur fon vifage, il avoit
neanmoins un air de grandeur
& de fermeté , qui imprimoit
du refpect , & qui
auroit pû intimider les malintentionnez
pour luy , s'il
s'en fuft trouvé quelquesuns.
Ce nouveau Monarque
alla enfuite apprendre cette
nouvelle à la Princeffe fa
Femme. Auffi- toft apres , le
Grand Chancelier avec le
Seau , accompagné des Confeillers
d'Etat , vint falüer le
nouveau Roy & la nouvelle
Reyne , & ils demandérent
à Sa Majefté fi Elle vouloit
x ij
244 MERCURE
tenir Confeil. Le Roy fe rendit
dans la Chambre où il fe
tient ordinairement , & la
Reyne , à l'Apartement de
la Reyne Douairiere , pour
la confoler dans fon déplaifir.
Le Roy eftant au Confeil
, fit appeller tous ceux
qui le compofoient , & tous
les Pairs du Royaume qui
eftoient pour lors à la Cour,
& Sa Majesté leur fit le Dif
cours que je vous ay envoyé
dans ma derniere Lettre . J'oubliay
de vous marquer qu'avant
qu'il le commençaſt , il
ſe ſentit fi vivement pénétré
GALANT. 245
de fa douleur , qu'il ne pût
retenir fes larmes , & pria
l'Affemblée de compatir à la
perte qu'il venoit de faire . Je
vous ay parlé de ce qui fe fit
dans le Confeil , & de la Pro
clamation du Roy , que je
yous ay envoyée dans les
mefmes termes qu'elle fut
faite ; mais je ne vous ay rien
dit des Cerémonies de cette
Proclamation
. Elles font affez
curieuſes pour eftre fçeües .'
Sur les trois heures apres midy
le Duc de Norfolk , Grand-
Maréchal , avec les Hérauts:
d'Armes fuivy du Grand
X iij
246 MERCURE
Chancelier , du Préfident du
Confeil, du Garde des Seaux ,,
de tous les Seigneurs du Confeil
, de l'Archevefque de
Cantorbery , & des Pairs du
Royaume , fit à la Porte de
Witheal la Proclamation du
nouveau Roy & de la nouvelle
Reyne ; & tous enfem
ble allérent à la Porte de la
Ville , partie en Carroffe, partie
à Cheval ,
accompagnez
d'un grand Corps deCavalerie
bien montée & bien armée ,
& dont les Chevaux eftoient
magnifiquement caparaçonnez.
Milord Maire fe trouva à
GALANT. 247.
la Porte de la Ville , fuivy des
Juges & des Magiftrats de la
Ville , reveftus de Robes d'Ecarlate,
& fuperbement montez.
Ils eftoient accompagnez
de cent de leurs Gardes
portans des Halebardes , &
d'un grand nombre d'Offciers
auffi à pied , avec des
Robes violettes. Dés que
Milord Maire apperceut !
Grand Maréchal avec faSuite,
il fit fermer la Porte de la
Ville. Un des Hérauts heurta
à cette Porte , criant
le
que
le
Roy
Charles
eftoit
mort
, &
que
Le
Roy
Jacques
vouloit
entrer
.
X iiij
248 MERCURE
LaPortefut auffi toft ouverte,
& l'on y fit une feconde Pro.
clamation . Le Peuple dont
la foule eftoit tres - grande,
cria d'abort en Anglois Vive
le Roy Jacques , avec de grandes
demonftrations d'allegreffe
, & plufieurs mefme,
pour mieux témoigner leur
joye,jettérent leurs Chapeaux
en l'air. Toute la Compagnie
entra dans la Ville avec Milord
Maire. La Cavalerie
eftoit à la tefte & à la queuë.
Cette Marche fut continuée
jufques à la moitié de la
Ville , & s'arreſta devant la
J
GALANT 249
Grande Bourſe , où l'on fit
une nouvelle Proclamation ;
de forte que trois heures apres
la mort du Roy , toutes ces
Cerémonies furent finies ,.
avec une tres - grande tranquilité.
Il ne faut pas s'en
étonner. Le Peuple craint,
eftime & aime le nouveau
Roy , & eft perfuadé de fon
intrépidité & de fa valeur .
Cette Cerémonie eftant finie,
toute l'Artillerie de la Tour
fit plufieurs Salves , & les
Cloches carillonnérent toute
la nuit.Je vous ay déja marqué
le mefme jour le nou
que
250 MERCURE
veau Roy déclara , Que ceux
dont le Pouvoir, & les Reve
nus , ou Salaires eftoient finis &
ceffez, feroient &fe tiendroient
continuez dans leurs Charges &
Emplois , fous les meſmes conditions
, & ainfi qu'ils en jouif
foient cy-devant , jusqu'à ce que
les intentions de Sa Majestéfuffent
plus amplement expliquées.
Je dois ajoûter icy , qu'il s'expliqua
dans le mefme temps
fur ce que plufieurs grands
Seigneurs ne payoient point
leurs debres , fous prétexte
qu'ils avoient des Charges à
la Cour , & dit que ce n'é
GALANT. 251
toit pas fon intention. Le 17.
les Juges preftérent Serment,
& reprirent leurs Séances ; &
le lendemain , Milord Chef
de Juſtice , avec tous les Juges
qui l'accompagnoient,
baifa la main à Sa Majefté.
Le mefme jour Elle déclara
par une Proclamation qui fut
publiée , qu'elle avoit deffein
de convoquer dans peu de
temps un Parlement , eſtant
perfuadée qu'il prendroit foin
d'établir des Revenus fuffifans
pour foûtenir les dépen
fes aufquelles le Gouverne
ment de l'Etat l'engageroit.
252 MERCURE
Elle ordonna cependant, que
l'on continüeroit à lever les
droits d'Entrée & de Sortie fur
toutes les Marchandiſes dans
les Ports de fon Royaume.Ce
jour- là Milord Darmouth &
Milord Chef de Juſtice , qui
n'avoient pû fe trouver au
Confeil le 16 , preftérent Serment
entre les mains de ce
Prince, & prirent Séance. Le
Corps du feu Roy fut embaumé
, & délivré pour cela
par le Comte de Bath , Premier
Gentilhomme
de fa
Chambre , au Comte d'At
lington , Chambellan de fa
1
GALANT. 253
Maiſon . On le tranſporta
fans Cerémonie à l'Apartement
du Prince au Palais de
Sommerfet , où il fut gardé
par fes Officiers jufques au
jour de l'Enterrement . Le
19. le Prince Georges de Dan.
nemark , qui a épousé la feconde
Fille du nouveau Roy,
prit Séance au Confeil Privé
de Sa Majesté. Le 24. le
Cercueil où l'on avoit mis le
Corps du feu Roy , fut porté
au Palais de Westminster, à
l'Eglife de l'Abbaïe , par les
Gentilshommes de la Chambre.
Six Comtes foûtenoient
254 MERCURE
les coins du Drap Mortuaire.
La Marche de ce Convoy fut
commencée par les Domeſtiques
des Seigneurs & des
Officiers de la Couronne , du
Prince & de la Princeffe de
Dannemark , du Roy & de
la Reyne,de la Reyne Douairiere
, & du feu Roy, Les
Officiers fuivoient , puis les
Barons , les Vicomtes , les
Comtes , les Marquis , les
Ducs , les Evefques , & les
Grands Officiers de la Couronne
, chacun felon fa Dignité.
L'Archevefque de Cantorbery
marchoit le dernier,
GALANT 255
1
à caufe qu'il eft le Premier
Pair d'Angleterre. Le Prince
Georges de Dannemark,Chef
du Deüil , marchoit apres
eux. Il eftoit conduit par les
Ducs de Sommerfet & de
Beaufort , & accompagné de
feize Comtes. Les Roys d'Armes
portoient la Couronne,
& les autres marques de la
Royauté ; & la marche eftoit
fermée par les Gentilshommies
Penfionnaires , & par
les Yeomans de la Garde . Le
Doven & les Chanoines de
Weſtminſter vinrent recevoir
le Corps à la Porte ; & le Ser256
MERCURE
Les
vice ayant efté fait felon l'U.
fage de l'Eglife Anglicane
,
on l'enterra dans la Chapelle
de Henry VII. C'est le Lieu
de la Sépulture ordinaire des
Roys d'Angleterre.
Grands Officiers rompirent
alors leurs Baftons , & un
Roy d'Armes proclama le
Roy Jacques H. felon la coûtume.
Comme en ces occafions
on attend toûjours à
donner les Charges
, que le
dernier Roy foit enterré, cette
lugubreCerémonie
ayanteſté
faite , on donna au Comte
de Rochefter
la Charge de
GALANT. 257
Grand Tréforier d'Angle
terre , exercée depuis quel
ques années par Commif
fion ; celle de Préfident Privé:
au Marquis de Hallifax , &
celle de Garde du Seau Privé
qu'avoit ce Marquis, au Cóte
de Clarendon. On fit le Duc
de Beaufort , Préfident du:
Raïs de Galles , & Milord
Godolphin , Chambellan dè
La Reyne..
Le lendemain 25, le Roy
?
& la Reyne firent leurs dévo
tions dans leur Chapelle , ens
prefence de plufieurs de leurs
premiers Officiers , & de
Mars 1685,
Ya
258 MERCURE
quantité de Seigneurs Anglois
, le Roy ayant fait ou
vrir les portes . Sa Majefté
ayant auparavant communiqué
fa réfolution à fon Confeil
, avoit dit , Que faifant profeffion
de la Religion Catholique,
il croyoit , pour faire mieux connoiftre
fa fincerité, & fa bonne
foy , ne devoirpas fe cacher à l'avenir
, faire mieux fon devoir,
comme chacun eft obligé de
faire dans la Religion qu'il profeffe.
Ces paroles eftant d'un
grand Roy , d'un Prince fincere
& plein de coeur , qui ne
fait point déguifer , & enfin
GALANT.. 259
d'un honnefte Homme , il
n'y a perfonne , de quelque
Religion qu'il puiffe eftre,
qui ne doive approuver la
franchiſe de ce procedé , &
qui ne tombe d'accord que
ce Monarque a pû ſe ſervic
de la mefme liberté qu'il laif
fe à ſes Sujets.
Le 27 on publia une Proclamation
, portant que le
Roy avoit fait examiner le .
Bail de l'Excife , par les Juges
& par les plus habiles Jurif
confultes , l'Excife eft un Impoftfur
la Biere & fur les Boif
fons étrangeres , conclu au:
Y ij
260 MERCURE
nom du feu Roy , par les
Commiflaires de la Treforerie
, avec les Fermiers Generaux
pour trois ans , moyen,
nant cinq cens cinquante
mille livres Sterlin par an,
payables par Quartier , dont
le premier Terme devoit eſtre
le de ce mois. Je croy,
Madame , que vous fçavez
qu'une livre Sterlin , eft en
viron treize Francs de noftre
Monnoye. Sa Majesté déclára
par cette Proclamation, que
la mort du Roy ne reſolvoit
pas ce Bail de l'Excife , & que
Lon intention estoit qu'on
25.
GALANT. 261
Texecutaft fuivant les Actes
du Parlement , par lesquels
ce Droit a efté accordé au feu
Roy , pour en jouir pendant
fa vie , & à caufe de la part
que les mefmes Actes en accordent
à fes Heritiers & Succeffeurs.
Je ne vous nommeray
point toutes les Villes où
le Roy a efté proclamé, fi-toft
qu'on y a receu la nouvelle
de la mort du Roy Charles II .
Je vous diray feulement que
cette Ceremonie s'eft faire
par tout , avec des marques
de joye extraordinaires . Elles
font connoiftre combien te
262 MERCURE
nouveau Roy eft aimé de fes
Sujets . Apres la Proclamation
faite par le principal Officier
à la grande Place de chaque
Ville, où les Magiftrats fe font
rendus en Robes d'écarlates,
les Canons ont fait trois dé
charges generales , qui ont
efté fuivies d'autant de Salves
des Milices , fous les Armes.
Dans les Villes Maritimes,
tous les Vaiffeaux qui étoient
dans les Ports , ont fait plu
fieurs décharges de leur Artillerie
, les Cloches ont fonné
dans toutes , pendant le jour-
& toute la nuit , & on n'a veu
GALANT. 263
que Feux de joye dans toutes
les Ruës. La Proclamation
de l'Univerfité de Cambridge
a efté particuliere. Le Vice-
I Chancelier ayant affemblé
tous les Principaux des Colle-
-ges, & tous les Ecoliers , ils fe
rendirent à la Proceffion à la
5 grande Place de la Ville , où
illût la Proclamation. Enſuite
elle fut annoncée à haute
voix , par l'Ancien de l'Univerfité
, & un grand Repas,
dans lequel on but la fanté du
Roy & de la Reyne , finit la
Ceremonie. Je paffe toutes
les Adreffes que l'on prefente
264 MERCURE
&
tous les jours à Sa Majeſté , aur
nom des principales Villes &
des Communautez du Royau
me. Les Affurances de zéle
& de fidelité pour ſon ſervice
dont elles font pleines , font
conceuës en des termes firef
pectueux & fi foûmis , qu'on
voit ailément qu'elles font
finceres. On y fait pareillement
des remercimens au
Roy,de ce qu'il a déclaré que
fa réfolution eft de maintenir
Gouvernement étably dans
l'Eglife & dans l'Etat , felon
les Loix du Royaume. Les
Compagnies du Commerce
d'Afrique
Le
GALANT 265
201
d'Afrique du Levant , des
Indes Orientales, & plufieurs
autres de Marchands , ont
auffi prefenté des Adreffes à
Sa Majefté , pour luy témoigner
qu'elles fe foûmettent
volontiers à payer les Impofts
fur les Marchandiſes , confor
mément à la Déclaration qui
en a efté publiée.
Il fautvous parler preſente
ment de la Proclamation qui
a efté faite en Ecoffe , apres
qu'on y eut receu les Lettres
du Roy , conceües en ces
termes.
Mars 1685.
z
266 MERCURE
JACQUES
ROY.
J AcquesVII. par la Grace de
Dieu , Roy d'Ecoffe , d'Angleterre
, d'Irlande , Défenfeur
de la Foy , à tous & un chacun
de nos bons Sujets qu'il apartiendra
, Salut. Comme il a plû à
Dieu d'appeller aujourd'huy de
cette vie , le feu Roy noftre trescher
& bien aimé Frere Charles
II, Nous avons jugé à propos
de vous faire fçavoir que
noftre Royal Plaifir eft , Que
tous nos Officiers d'Etat , Con
feillers du Confeil Privé , Ma
giftrats , & autres Officiers quel
GALANT. 267
conques, de Robe ou d'Epée, dans
noftre ancien Royaume d'Ecoffe,
continuent leurs Fonctions , ainfi
qu'ilsfont autorifez par les Prefentes
,pour executer tous cha
cun en particulier , toutes les chofes
qui font du devoir de leurs
> Charges
Commiffions Instructions à
eux données par le feu Roy de
benite Memoire , jufqu'à ce qu'ils
en ayent receu de nouvelles , qui
leur foient envoyées de noftre
part, & cette prefente Lettre
fervira à tous , & à chacun en
particulier à les autorifer fuffi-
Samment pour le faire . Donné à
conformément aux
Z ij
268 MERCURE
Witthal le 16. Fevrier 1685. de
noftre Regne le premier. Par
commandement de Sa Majefté,
I. D. RUMMOND.
Vous voyez , Madame ,
que fi le Roy qui fe fait nom
mer lacques II. en Angleterre
, prend icy le nom de Iacques
VII . c'est pour conſerver
la fucceffion des Roys d'E
coffe. lacques VI. Roy d'E
coffe , Fils de Marie Stuard,
eftoit petit Fils de Margueri
te d'Angleterre , Soeur de
Henry VIII. & Elizabeth ,Fille
de ce mefme Henry VIII
efant morte en 1603. la Cou
GALANT. 269
&
*
ronne d'Angleterre apartint
de droit à lacques VI. Roy.
d'Ecoffe , qui ayant uny les
trois Royaumes d'Angleterre
, d'Ecoffe & d'Irlande , prit
le Tître de Roy de la grande
Bretagne avec le nom de
Lacques I. Ainfi le Roy qui
regne prefentement , eft lacques
II. en Angleterre, & laċques
VII. en Ecoffe. Voicy
les termes dans lefquels Sa
Proclamation a eſté faite en
ce Royaume.
Comme il a pleu à Dieu d'appeller
le Roy Charles II. noftre
Souverain Seigneur de glorieufe
Z iij
270 MERCURE
Memoire , de la Couronne Temporelle
à une Couronne Eternelle
dans le Ciel , & qu'ainfi le Droit
inconteftable de la fucceffion à la
Couronne de ce Royaume , eft dévolu
à la Perfonne Sacrée de fon
Royal Tres- cher Frere , à prefent
noftre Souverain Seigneur,
que Dieu conferve longues an
nées Nous , les Seigneurs du
Confeil Privé du Roy , autorifez
à cet effet par les Lettres de Sa
Majefté , écrites à Withal le 16.
de ce mois , & du confentement·
de plufieurs autres Seigneurs, Ecclefiaftiques
, des Barons , & des
Bourgeois de ce Royaume, Décla
GALANT. 271
rons &
Proclamons à ce que perfonne
n'en ignore, que noftre Souverain
Seigneur Tacques VII. eft
par legitime indubitable Succeffion,
Roy d'Ecoffe , d'Angleter
re , d'Irlande , & des Pais qui en
dépendent , Défenfeur de la Foy,
c. Que Dieu conferve & beniffe,
en luy accordant une longue,
heureufe vie , glorieuse ,
un heureux Regne. Nous décla
rons que nous sommes réfolus de
Luy obeir , & de le fervir avec
toute lafoumiffion & fidelité poffible
, de le défendre au peril de
nos vies de nos biens , contre
toute forte d'Ennemis , comme
Z iiij
272 MERCURE
noftre feul legitime Roy , ayant
une autorité Souveraine fur toutes
Perſonnes , & en toute forte
d'affaires , comme tenant la Cou
ronne de Dieufeul. En témoi
gnage dequoy , Nous, en la prefence
de Dieu , & d'un grand
nombre de Peuple & de fidelles
Sujets de Sa Majesté , de tous
Etats & Conditions qui fent icy
prefens à cette Publication So-
Temnelle , par laquelle nous reconnoiſſons
fa fupreme # ſouveraine
Autorité , à la Croix du
Marché de cette Ville d'Edim
bourg , déclarons & publions que .
noftre Souverain Seigneur , eft
GALANT. 273
par la Grace & Providence de
Dieu , Tour-puiffant , Roy d'E
coffe , d'Angleterre , d'Irlande,
Pais dépendans ; & en mesme
temps nous faisons Serment
en levant la main , d'avoir une
veritable & entiere fidelité envers
noftre Souverain Seigneur
Lacques VII. Roy de la Grande
Bretagne , &c. & àfes legitimes!
Heritiers & Succeffeurs , & de
nous acquiter de tous devoirs,fervice,
& obeiffance qui luyfont
deus , ainsi qu'il apartient à de
loyaux, foumis , & fidelles Sujets .
Ainfi Dieu nous aide. Par Acte
des Secretaires du Confeil. A
274 MERCURE
Milord Lansdovvn le
Chevalier Silvius , M Poley,
Skelton , Rich , & Etheridge,
que le Roy Charles II. avoit
nommez pour aller en qualité
d'Envoyez Extraordinai
res en Efpagne , en Danemark
, en Suéde , en Hollan
de , à Hambourg , & à Ratisbonne
, ont efté confirmez
dans leurs Emplois par Sa
Majeſté.
Apres plufieurs Affemblées
des Seigneurs du Confeil Privé
, touchant les préparatifs
du Couronnement du Roy,
il a eſté réſolu qu'il fe fera le
GALANT. 275
May , Feſte de S. Georges,.
felon l'ancien Calendrier. On
y obfervera toutes les Cere-:
monies de celuy du défunt
Roy , à la referve de celle de
créer des Chevaliers du Bain,
de faire la Cavalcade de Witheal
à Weſtminſter , & d'une
partie des Services qui fe faifoient
ordinairement au Cel
pas Royal , apres le Couron
nement. La Reyne fera cou
ronnée en mefme temps,
comme le füt Anne de Danemark
,avec lacques I. Ayeuls
de Sa Majefté. Le Duc d'Or
mond , Gouverneur General
276 MERCURE
d'Irlande , a ordre de venir à
la Cour L'Archevefque d'Armagh
, Primat d'Irlande , &
le Comte de Granard , doivent
gouverner le Royaume,
comme Lords -Juftices , Out
fuprêmes Magiftrats , ſuivant
une Commiffion qui leur a
efté crpadiée par re du
Roy , & dont ils ne feront
ouverture qu'apres le depart
du Duc d'Ormond. On a
expedié les Lettres circulaires
pour convoquer le Parlement
au 29. May prochain , &
on les a envoyées dans les
Provinces, afin que les Villes ,
GALANT. 277.
les Bourgs & les Communautez
élifent les Députez , qui
doivent entrer à la Chambre
des Communes. Le feu Roy
avoit convoqué le Parlement
d'Ecoffe , & il devoit s'affembler
à Edimbourg , mais l'au
torité des Lettres Patentes ne
fubfiftant plus , Sa Majeſté
qui devoit y préfider en qualité
de grand Commiffaire , a
ordonné qu'il s'affemblera en
la maniere accoûtumée le 9.
d'Avril , fans avoir encore
'nommé celuy qui exercera la
Commiflion . On publia la
Proclamation à Edimbourg
278 MERCURE
le zo. du dernier mois , Par
my les Adreffes que l'on continue
de prefenter au Roy au
nom des principales Villes,
celle de l'Univerfitéd'Oxford
eft fort remarquable. Cette
Adreffe porte que confor
mément à la Religion que
les Loix ont établie , & à la
doctrine que profeffe cette
Univerfité , elle fe croit indifpenfablement
obligée à une
fidelité inviolable envers le
Roy,fans aucune reſtriction ,
nylimitation ; que ceux de fon
Corps l'ont affez fait paroiftre
dans les troubles arrivez fous 1
GALANT. 279
le regne de Charles I. & dans
les derniers temps , demeurát
fermes dás l'obeiffance qu'ils
devoient au Roy Charles II.
qu'ils font dans les mefmes
fentimens de fidelité & de
refpect pour Sa Majesté à
preſent regnante , & qu'ils
font prefts de luy en donner
des marques en toutes fortes
d'occafions , en maintenant
cette mefme Doctrine , & en
l'enſeignant dans les Ecoles ,
pour affeurer la tranquilité
publique. Le Roy doit aller
demeurer dans quelque
temps au Palais de Sommer280
MERCURE
fet , & on le prépare pour fon
logement. Le Service de la
Chapelle Royale à Witheal,
fe fait tous les jours de la
mefme maniere qu'il le faifoit
du temps du feu Roy . Le 4
de ce mois , Sa Majeſté apres
avoir entendu la Prédication ,
affifta à la Meffe dans la Chapelle
de la Reyne , & y communia.
dans ma derniere
Lettre de ce qui s'eſt paffé
pendant les premiers jours de
la maladie du Roy d'Angleterre
; mais comme je vous
ay dit peu de chofes des deux
derniers
, parce que je n'étois
pas encore bien informé
du détail , je crois que vous
ne ferez pas fâchée que je reprenne
cette matiere , pour
vous apprendre des chofes
que vous pouvez ignorer.
Le leudy is.de Fevrier, veille
GALANT. 237
7 de la mort de ce Monarque,
les Medecins dirent à Mon.
fieur le Duc d'York , qu'il étoit
hors de danger , qu'ils répondoient
de fa vie ; & que s'il mouroit de
cette maladie - là , ce ne pourroit
eftre que par leurfaute . Sur une
affeurance fi pofitive , Monfieur
le Duc d'York , qui par
la prudence qu'on a toûjours
veuë inféparable de toutes fes
actions , avoit fait fermer tous
les Ports d'Angleterre, donna
des ordres pour les faire'r'ouvrir.
Cependant le foir de ce
mefme jour, le Roy fut nouyellement
attaqué de con238
MERCURE
vulfions ; le poux commença
à luy manquer ; depuis le bas
de fon corps la moitié devint
froide , & il perdit peu à peu
la parole,quoy qu'il ait encore
parlé avec une grade préfence
d'efprit , trois heures avant fa
mort. On ne peut montrer
plus de refignation , ny des
fentimens plus pieux & plus
Chrétiens , qu'il en fit voir dás
les intervales de foulagement
que fon grand mal luy laiffoit,
Il demanda premierement
pardon à Dieu , & enfuite à la
Reyne fa femme , qui n'étoit
pas préfente dans ce moment,,
4
GALANT. 239
puis à Mofieur le Duc d'York,
Pappellant fon cher Frere , fon
aimable Frere, qui luy avoit toûjours
efté meilleur Frere , qu'il ne
L'avoit efté pour luy pendantfon
vivant; ce qui attendrit ſi fort
ceux qui l'écoutoient , qu'ils
ne purent retenir leurs larmes.
Il parla auffi fort avantageuſement
du grand merite de Madame
la Ducheffe d'York,
& de la haute eftime qu'il
avoit toûjours euë pour cette
Princeffe. Il recommanda à
tous les grands Officiers de la
Couronne qui eftoient autour
de fon lit , l'entiere obeïffance
240 MERCURE
qu'ils devoient à Monfieur le
Duc d'York , fon unique Frere,
& Heritier du Royaume , les
affurant qu'il le furpafferoit en
bonté pour eux . Apres cela
il pria ce Prince d'avoir foin
des Ducs de Graffeton , Northumberland
, S. Alban , &
Richemont, puis il luy donna
la Clef de fon Cabinet où
eftoient fes Papiers les plus
fecrets , & luy témoigna , & à
tous ceux qui avoient paffé la
nuit dans fa Chambre , & qui.
eftoient la plupart des Grands
du Royaume , beaucoup de
douleur des peines qu'ils prenoient
GALANT 241
noient pour l'affifter. Il ajoûtoit
par intervale , qu'il valoit
• mieux , puifque le temps de fa
1 mort eftoit venu , que ce moment
s'avançaft , afin que leurs fati-
I gues ceffaffent. Trois heures
avant qu'il expiraft , il parla
quelque temps à l'oreille de
Monfieur le Duc d'York , &
I mourut le Vendredy 16. à
onze heures trois quarts du
matin. Il a plus paru de convulfion
dans le fujet de la
mort de ce Monarque , que
d'Apoplexie. On l'a ouvert,
& on luy a trouvé les Vifceres
tres- bons. Il avoit une eau
X
Mars 1685.
242 MERCURE
noire dans le Cerveau , quelques
- uns veulent que cette
eau foit un effet du Tabac, &
la caufe de fa mort. D'autres
l'attribuent au contretemps
d'avoir arrefté une fluxion
qu'il avoit fur les Jambes .
Le Roy ayant rendu le
dernier foûpir , Monfieur le
Duc d'York fortit de laChambre
où ce Monarque venoit
de mourir , & dit luy- mefme
aux Seigneurs qu'il trouva
dehors , que le Roy fon Frere
eftoit mort , & qu'il eftoit
devenuleur Souverain . Quoy
que la plus vive douleur fuft
GALANT. 243.
peinte fur fon vifage, il avoit
neanmoins un air de grandeur
& de fermeté , qui imprimoit
du refpect , & qui
auroit pû intimider les malintentionnez
pour luy , s'il
s'en fuft trouvé quelquesuns.
Ce nouveau Monarque
alla enfuite apprendre cette
nouvelle à la Princeffe fa
Femme. Auffi- toft apres , le
Grand Chancelier avec le
Seau , accompagné des Confeillers
d'Etat , vint falüer le
nouveau Roy & la nouvelle
Reyne , & ils demandérent
à Sa Majefté fi Elle vouloit
x ij
244 MERCURE
tenir Confeil. Le Roy fe rendit
dans la Chambre où il fe
tient ordinairement , & la
Reyne , à l'Apartement de
la Reyne Douairiere , pour
la confoler dans fon déplaifir.
Le Roy eftant au Confeil
, fit appeller tous ceux
qui le compofoient , & tous
les Pairs du Royaume qui
eftoient pour lors à la Cour,
& Sa Majesté leur fit le Dif
cours que je vous ay envoyé
dans ma derniere Lettre . J'oubliay
de vous marquer qu'avant
qu'il le commençaſt , il
ſe ſentit fi vivement pénétré
GALANT. 245
de fa douleur , qu'il ne pût
retenir fes larmes , & pria
l'Affemblée de compatir à la
perte qu'il venoit de faire . Je
vous ay parlé de ce qui fe fit
dans le Confeil , & de la Pro
clamation du Roy , que je
yous ay envoyée dans les
mefmes termes qu'elle fut
faite ; mais je ne vous ay rien
dit des Cerémonies de cette
Proclamation
. Elles font affez
curieuſes pour eftre fçeües .'
Sur les trois heures apres midy
le Duc de Norfolk , Grand-
Maréchal , avec les Hérauts:
d'Armes fuivy du Grand
X iij
246 MERCURE
Chancelier , du Préfident du
Confeil, du Garde des Seaux ,,
de tous les Seigneurs du Confeil
, de l'Archevefque de
Cantorbery , & des Pairs du
Royaume , fit à la Porte de
Witheal la Proclamation du
nouveau Roy & de la nouvelle
Reyne ; & tous enfem
ble allérent à la Porte de la
Ville , partie en Carroffe, partie
à Cheval ,
accompagnez
d'un grand Corps deCavalerie
bien montée & bien armée ,
& dont les Chevaux eftoient
magnifiquement caparaçonnez.
Milord Maire fe trouva à
GALANT. 247.
la Porte de la Ville , fuivy des
Juges & des Magiftrats de la
Ville , reveftus de Robes d'Ecarlate,
& fuperbement montez.
Ils eftoient accompagnez
de cent de leurs Gardes
portans des Halebardes , &
d'un grand nombre d'Offciers
auffi à pied , avec des
Robes violettes. Dés que
Milord Maire apperceut !
Grand Maréchal avec faSuite,
il fit fermer la Porte de la
Ville. Un des Hérauts heurta
à cette Porte , criant
le
que
le
Roy
Charles
eftoit
mort
, &
que
Le
Roy
Jacques
vouloit
entrer
.
X iiij
248 MERCURE
LaPortefut auffi toft ouverte,
& l'on y fit une feconde Pro.
clamation . Le Peuple dont
la foule eftoit tres - grande,
cria d'abort en Anglois Vive
le Roy Jacques , avec de grandes
demonftrations d'allegreffe
, & plufieurs mefme,
pour mieux témoigner leur
joye,jettérent leurs Chapeaux
en l'air. Toute la Compagnie
entra dans la Ville avec Milord
Maire. La Cavalerie
eftoit à la tefte & à la queuë.
Cette Marche fut continuée
jufques à la moitié de la
Ville , & s'arreſta devant la
J
GALANT 249
Grande Bourſe , où l'on fit
une nouvelle Proclamation ;
de forte que trois heures apres
la mort du Roy , toutes ces
Cerémonies furent finies ,.
avec une tres - grande tranquilité.
Il ne faut pas s'en
étonner. Le Peuple craint,
eftime & aime le nouveau
Roy , & eft perfuadé de fon
intrépidité & de fa valeur .
Cette Cerémonie eftant finie,
toute l'Artillerie de la Tour
fit plufieurs Salves , & les
Cloches carillonnérent toute
la nuit.Je vous ay déja marqué
le mefme jour le nou
que
250 MERCURE
veau Roy déclara , Que ceux
dont le Pouvoir, & les Reve
nus , ou Salaires eftoient finis &
ceffez, feroient &fe tiendroient
continuez dans leurs Charges &
Emplois , fous les meſmes conditions
, & ainfi qu'ils en jouif
foient cy-devant , jusqu'à ce que
les intentions de Sa Majestéfuffent
plus amplement expliquées.
Je dois ajoûter icy , qu'il s'expliqua
dans le mefme temps
fur ce que plufieurs grands
Seigneurs ne payoient point
leurs debres , fous prétexte
qu'ils avoient des Charges à
la Cour , & dit que ce n'é
GALANT. 251
toit pas fon intention. Le 17.
les Juges preftérent Serment,
& reprirent leurs Séances ; &
le lendemain , Milord Chef
de Juſtice , avec tous les Juges
qui l'accompagnoient,
baifa la main à Sa Majefté.
Le mefme jour Elle déclara
par une Proclamation qui fut
publiée , qu'elle avoit deffein
de convoquer dans peu de
temps un Parlement , eſtant
perfuadée qu'il prendroit foin
d'établir des Revenus fuffifans
pour foûtenir les dépen
fes aufquelles le Gouverne
ment de l'Etat l'engageroit.
252 MERCURE
Elle ordonna cependant, que
l'on continüeroit à lever les
droits d'Entrée & de Sortie fur
toutes les Marchandiſes dans
les Ports de fon Royaume.Ce
jour- là Milord Darmouth &
Milord Chef de Juſtice , qui
n'avoient pû fe trouver au
Confeil le 16 , preftérent Serment
entre les mains de ce
Prince, & prirent Séance. Le
Corps du feu Roy fut embaumé
, & délivré pour cela
par le Comte de Bath , Premier
Gentilhomme
de fa
Chambre , au Comte d'At
lington , Chambellan de fa
1
GALANT. 253
Maiſon . On le tranſporta
fans Cerémonie à l'Apartement
du Prince au Palais de
Sommerfet , où il fut gardé
par fes Officiers jufques au
jour de l'Enterrement . Le
19. le Prince Georges de Dan.
nemark , qui a épousé la feconde
Fille du nouveau Roy,
prit Séance au Confeil Privé
de Sa Majesté. Le 24. le
Cercueil où l'on avoit mis le
Corps du feu Roy , fut porté
au Palais de Westminster, à
l'Eglife de l'Abbaïe , par les
Gentilshommes de la Chambre.
Six Comtes foûtenoient
254 MERCURE
les coins du Drap Mortuaire.
La Marche de ce Convoy fut
commencée par les Domeſtiques
des Seigneurs & des
Officiers de la Couronne , du
Prince & de la Princeffe de
Dannemark , du Roy & de
la Reyne,de la Reyne Douairiere
, & du feu Roy, Les
Officiers fuivoient , puis les
Barons , les Vicomtes , les
Comtes , les Marquis , les
Ducs , les Evefques , & les
Grands Officiers de la Couronne
, chacun felon fa Dignité.
L'Archevefque de Cantorbery
marchoit le dernier,
GALANT 255
1
à caufe qu'il eft le Premier
Pair d'Angleterre. Le Prince
Georges de Dannemark,Chef
du Deüil , marchoit apres
eux. Il eftoit conduit par les
Ducs de Sommerfet & de
Beaufort , & accompagné de
feize Comtes. Les Roys d'Armes
portoient la Couronne,
& les autres marques de la
Royauté ; & la marche eftoit
fermée par les Gentilshommies
Penfionnaires , & par
les Yeomans de la Garde . Le
Doven & les Chanoines de
Weſtminſter vinrent recevoir
le Corps à la Porte ; & le Ser256
MERCURE
Les
vice ayant efté fait felon l'U.
fage de l'Eglife Anglicane
,
on l'enterra dans la Chapelle
de Henry VII. C'est le Lieu
de la Sépulture ordinaire des
Roys d'Angleterre.
Grands Officiers rompirent
alors leurs Baftons , & un
Roy d'Armes proclama le
Roy Jacques H. felon la coûtume.
Comme en ces occafions
on attend toûjours à
donner les Charges
, que le
dernier Roy foit enterré, cette
lugubreCerémonie
ayanteſté
faite , on donna au Comte
de Rochefter
la Charge de
GALANT. 257
Grand Tréforier d'Angle
terre , exercée depuis quel
ques années par Commif
fion ; celle de Préfident Privé:
au Marquis de Hallifax , &
celle de Garde du Seau Privé
qu'avoit ce Marquis, au Cóte
de Clarendon. On fit le Duc
de Beaufort , Préfident du:
Raïs de Galles , & Milord
Godolphin , Chambellan dè
La Reyne..
Le lendemain 25, le Roy
?
& la Reyne firent leurs dévo
tions dans leur Chapelle , ens
prefence de plufieurs de leurs
premiers Officiers , & de
Mars 1685,
Ya
258 MERCURE
quantité de Seigneurs Anglois
, le Roy ayant fait ou
vrir les portes . Sa Majefté
ayant auparavant communiqué
fa réfolution à fon Confeil
, avoit dit , Que faifant profeffion
de la Religion Catholique,
il croyoit , pour faire mieux connoiftre
fa fincerité, & fa bonne
foy , ne devoirpas fe cacher à l'avenir
, faire mieux fon devoir,
comme chacun eft obligé de
faire dans la Religion qu'il profeffe.
Ces paroles eftant d'un
grand Roy , d'un Prince fincere
& plein de coeur , qui ne
fait point déguifer , & enfin
GALANT.. 259
d'un honnefte Homme , il
n'y a perfonne , de quelque
Religion qu'il puiffe eftre,
qui ne doive approuver la
franchiſe de ce procedé , &
qui ne tombe d'accord que
ce Monarque a pû ſe ſervic
de la mefme liberté qu'il laif
fe à ſes Sujets.
Le 27 on publia une Proclamation
, portant que le
Roy avoit fait examiner le .
Bail de l'Excife , par les Juges
& par les plus habiles Jurif
confultes , l'Excife eft un Impoftfur
la Biere & fur les Boif
fons étrangeres , conclu au:
Y ij
260 MERCURE
nom du feu Roy , par les
Commiflaires de la Treforerie
, avec les Fermiers Generaux
pour trois ans , moyen,
nant cinq cens cinquante
mille livres Sterlin par an,
payables par Quartier , dont
le premier Terme devoit eſtre
le de ce mois. Je croy,
Madame , que vous fçavez
qu'une livre Sterlin , eft en
viron treize Francs de noftre
Monnoye. Sa Majesté déclára
par cette Proclamation, que
la mort du Roy ne reſolvoit
pas ce Bail de l'Excife , & que
Lon intention estoit qu'on
25.
GALANT. 261
Texecutaft fuivant les Actes
du Parlement , par lesquels
ce Droit a efté accordé au feu
Roy , pour en jouir pendant
fa vie , & à caufe de la part
que les mefmes Actes en accordent
à fes Heritiers & Succeffeurs.
Je ne vous nommeray
point toutes les Villes où
le Roy a efté proclamé, fi-toft
qu'on y a receu la nouvelle
de la mort du Roy Charles II .
Je vous diray feulement que
cette Ceremonie s'eft faire
par tout , avec des marques
de joye extraordinaires . Elles
font connoiftre combien te
262 MERCURE
nouveau Roy eft aimé de fes
Sujets . Apres la Proclamation
faite par le principal Officier
à la grande Place de chaque
Ville, où les Magiftrats fe font
rendus en Robes d'écarlates,
les Canons ont fait trois dé
charges generales , qui ont
efté fuivies d'autant de Salves
des Milices , fous les Armes.
Dans les Villes Maritimes,
tous les Vaiffeaux qui étoient
dans les Ports , ont fait plu
fieurs décharges de leur Artillerie
, les Cloches ont fonné
dans toutes , pendant le jour-
& toute la nuit , & on n'a veu
GALANT. 263
que Feux de joye dans toutes
les Ruës. La Proclamation
de l'Univerfité de Cambridge
a efté particuliere. Le Vice-
I Chancelier ayant affemblé
tous les Principaux des Colle-
-ges, & tous les Ecoliers , ils fe
rendirent à la Proceffion à la
5 grande Place de la Ville , où
illût la Proclamation. Enſuite
elle fut annoncée à haute
voix , par l'Ancien de l'Univerfité
, & un grand Repas,
dans lequel on but la fanté du
Roy & de la Reyne , finit la
Ceremonie. Je paffe toutes
les Adreffes que l'on prefente
264 MERCURE
&
tous les jours à Sa Majeſté , aur
nom des principales Villes &
des Communautez du Royau
me. Les Affurances de zéle
& de fidelité pour ſon ſervice
dont elles font pleines , font
conceuës en des termes firef
pectueux & fi foûmis , qu'on
voit ailément qu'elles font
finceres. On y fait pareillement
des remercimens au
Roy,de ce qu'il a déclaré que
fa réfolution eft de maintenir
Gouvernement étably dans
l'Eglife & dans l'Etat , felon
les Loix du Royaume. Les
Compagnies du Commerce
d'Afrique
Le
GALANT 265
201
d'Afrique du Levant , des
Indes Orientales, & plufieurs
autres de Marchands , ont
auffi prefenté des Adreffes à
Sa Majefté , pour luy témoigner
qu'elles fe foûmettent
volontiers à payer les Impofts
fur les Marchandiſes , confor
mément à la Déclaration qui
en a efté publiée.
Il fautvous parler preſente
ment de la Proclamation qui
a efté faite en Ecoffe , apres
qu'on y eut receu les Lettres
du Roy , conceües en ces
termes.
Mars 1685.
z
266 MERCURE
JACQUES
ROY.
J AcquesVII. par la Grace de
Dieu , Roy d'Ecoffe , d'Angleterre
, d'Irlande , Défenfeur
de la Foy , à tous & un chacun
de nos bons Sujets qu'il apartiendra
, Salut. Comme il a plû à
Dieu d'appeller aujourd'huy de
cette vie , le feu Roy noftre trescher
& bien aimé Frere Charles
II, Nous avons jugé à propos
de vous faire fçavoir que
noftre Royal Plaifir eft , Que
tous nos Officiers d'Etat , Con
feillers du Confeil Privé , Ma
giftrats , & autres Officiers quel
GALANT. 267
conques, de Robe ou d'Epée, dans
noftre ancien Royaume d'Ecoffe,
continuent leurs Fonctions , ainfi
qu'ilsfont autorifez par les Prefentes
,pour executer tous cha
cun en particulier , toutes les chofes
qui font du devoir de leurs
> Charges
Commiffions Instructions à
eux données par le feu Roy de
benite Memoire , jufqu'à ce qu'ils
en ayent receu de nouvelles , qui
leur foient envoyées de noftre
part, & cette prefente Lettre
fervira à tous , & à chacun en
particulier à les autorifer fuffi-
Samment pour le faire . Donné à
conformément aux
Z ij
268 MERCURE
Witthal le 16. Fevrier 1685. de
noftre Regne le premier. Par
commandement de Sa Majefté,
I. D. RUMMOND.
Vous voyez , Madame ,
que fi le Roy qui fe fait nom
mer lacques II. en Angleterre
, prend icy le nom de Iacques
VII . c'est pour conſerver
la fucceffion des Roys d'E
coffe. lacques VI. Roy d'E
coffe , Fils de Marie Stuard,
eftoit petit Fils de Margueri
te d'Angleterre , Soeur de
Henry VIII. & Elizabeth ,Fille
de ce mefme Henry VIII
efant morte en 1603. la Cou
GALANT. 269
&
*
ronne d'Angleterre apartint
de droit à lacques VI. Roy.
d'Ecoffe , qui ayant uny les
trois Royaumes d'Angleterre
, d'Ecoffe & d'Irlande , prit
le Tître de Roy de la grande
Bretagne avec le nom de
Lacques I. Ainfi le Roy qui
regne prefentement , eft lacques
II. en Angleterre, & laċques
VII. en Ecoffe. Voicy
les termes dans lefquels Sa
Proclamation a eſté faite en
ce Royaume.
Comme il a pleu à Dieu d'appeller
le Roy Charles II. noftre
Souverain Seigneur de glorieufe
Z iij
270 MERCURE
Memoire , de la Couronne Temporelle
à une Couronne Eternelle
dans le Ciel , & qu'ainfi le Droit
inconteftable de la fucceffion à la
Couronne de ce Royaume , eft dévolu
à la Perfonne Sacrée de fon
Royal Tres- cher Frere , à prefent
noftre Souverain Seigneur,
que Dieu conferve longues an
nées Nous , les Seigneurs du
Confeil Privé du Roy , autorifez
à cet effet par les Lettres de Sa
Majefté , écrites à Withal le 16.
de ce mois , & du confentement·
de plufieurs autres Seigneurs, Ecclefiaftiques
, des Barons , & des
Bourgeois de ce Royaume, Décla
GALANT. 271
rons &
Proclamons à ce que perfonne
n'en ignore, que noftre Souverain
Seigneur Tacques VII. eft
par legitime indubitable Succeffion,
Roy d'Ecoffe , d'Angleter
re , d'Irlande , & des Pais qui en
dépendent , Défenfeur de la Foy,
c. Que Dieu conferve & beniffe,
en luy accordant une longue,
heureufe vie , glorieuse ,
un heureux Regne. Nous décla
rons que nous sommes réfolus de
Luy obeir , & de le fervir avec
toute lafoumiffion & fidelité poffible
, de le défendre au peril de
nos vies de nos biens , contre
toute forte d'Ennemis , comme
Z iiij
272 MERCURE
noftre feul legitime Roy , ayant
une autorité Souveraine fur toutes
Perſonnes , & en toute forte
d'affaires , comme tenant la Cou
ronne de Dieufeul. En témoi
gnage dequoy , Nous, en la prefence
de Dieu , & d'un grand
nombre de Peuple & de fidelles
Sujets de Sa Majesté , de tous
Etats & Conditions qui fent icy
prefens à cette Publication So-
Temnelle , par laquelle nous reconnoiſſons
fa fupreme # ſouveraine
Autorité , à la Croix du
Marché de cette Ville d'Edim
bourg , déclarons & publions que .
noftre Souverain Seigneur , eft
GALANT. 273
par la Grace & Providence de
Dieu , Tour-puiffant , Roy d'E
coffe , d'Angleterre , d'Irlande,
Pais dépendans ; & en mesme
temps nous faisons Serment
en levant la main , d'avoir une
veritable & entiere fidelité envers
noftre Souverain Seigneur
Lacques VII. Roy de la Grande
Bretagne , &c. & àfes legitimes!
Heritiers & Succeffeurs , & de
nous acquiter de tous devoirs,fervice,
& obeiffance qui luyfont
deus , ainsi qu'il apartient à de
loyaux, foumis , & fidelles Sujets .
Ainfi Dieu nous aide. Par Acte
des Secretaires du Confeil. A
274 MERCURE
Milord Lansdovvn le
Chevalier Silvius , M Poley,
Skelton , Rich , & Etheridge,
que le Roy Charles II. avoit
nommez pour aller en qualité
d'Envoyez Extraordinai
res en Efpagne , en Danemark
, en Suéde , en Hollan
de , à Hambourg , & à Ratisbonne
, ont efté confirmez
dans leurs Emplois par Sa
Majeſté.
Apres plufieurs Affemblées
des Seigneurs du Confeil Privé
, touchant les préparatifs
du Couronnement du Roy,
il a eſté réſolu qu'il fe fera le
GALANT. 275
May , Feſte de S. Georges,.
felon l'ancien Calendrier. On
y obfervera toutes les Cere-:
monies de celuy du défunt
Roy , à la referve de celle de
créer des Chevaliers du Bain,
de faire la Cavalcade de Witheal
à Weſtminſter , & d'une
partie des Services qui fe faifoient
ordinairement au Cel
pas Royal , apres le Couron
nement. La Reyne fera cou
ronnée en mefme temps,
comme le füt Anne de Danemark
,avec lacques I. Ayeuls
de Sa Majefté. Le Duc d'Or
mond , Gouverneur General
276 MERCURE
d'Irlande , a ordre de venir à
la Cour L'Archevefque d'Armagh
, Primat d'Irlande , &
le Comte de Granard , doivent
gouverner le Royaume,
comme Lords -Juftices , Out
fuprêmes Magiftrats , ſuivant
une Commiffion qui leur a
efté crpadiée par re du
Roy , & dont ils ne feront
ouverture qu'apres le depart
du Duc d'Ormond. On a
expedié les Lettres circulaires
pour convoquer le Parlement
au 29. May prochain , &
on les a envoyées dans les
Provinces, afin que les Villes ,
GALANT. 277.
les Bourgs & les Communautez
élifent les Députez , qui
doivent entrer à la Chambre
des Communes. Le feu Roy
avoit convoqué le Parlement
d'Ecoffe , & il devoit s'affembler
à Edimbourg , mais l'au
torité des Lettres Patentes ne
fubfiftant plus , Sa Majeſté
qui devoit y préfider en qualité
de grand Commiffaire , a
ordonné qu'il s'affemblera en
la maniere accoûtumée le 9.
d'Avril , fans avoir encore
'nommé celuy qui exercera la
Commiflion . On publia la
Proclamation à Edimbourg
278 MERCURE
le zo. du dernier mois , Par
my les Adreffes que l'on continue
de prefenter au Roy au
nom des principales Villes,
celle de l'Univerfitéd'Oxford
eft fort remarquable. Cette
Adreffe porte que confor
mément à la Religion que
les Loix ont établie , & à la
doctrine que profeffe cette
Univerfité , elle fe croit indifpenfablement
obligée à une
fidelité inviolable envers le
Roy,fans aucune reſtriction ,
nylimitation ; que ceux de fon
Corps l'ont affez fait paroiftre
dans les troubles arrivez fous 1
GALANT. 279
le regne de Charles I. & dans
les derniers temps , demeurát
fermes dás l'obeiffance qu'ils
devoient au Roy Charles II.
qu'ils font dans les mefmes
fentimens de fidelité & de
refpect pour Sa Majesté à
preſent regnante , & qu'ils
font prefts de luy en donner
des marques en toutes fortes
d'occafions , en maintenant
cette mefme Doctrine , & en
l'enſeignant dans les Ecoles ,
pour affeurer la tranquilité
publique. Le Roy doit aller
demeurer dans quelque
temps au Palais de Sommer280
MERCURE
fet , & on le prépare pour fon
logement. Le Service de la
Chapelle Royale à Witheal,
fe fait tous les jours de la
mefme maniere qu'il le faifoit
du temps du feu Roy . Le 4
de ce mois , Sa Majeſté apres
avoir entendu la Prédication ,
affifta à la Meffe dans la Chapelle
de la Reyne , & y communia.
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Résumé : Suite curieuse des Affaires d'Angleterre, [titre d'après la table]
Le texte relate les événements entourant la maladie, la mort de Charles II et l'accession au trône de son frère Jacques II. Le 7 février, les médecins rassurent le duc d'York (futur Jacques II) sur l'état de santé du roi, mais Charles II est de nouveau victime de convulsions et perd progressivement la parole. Le roi exprime sa résignation et ses sentiments pieux, demande pardon à Dieu, à la reine et au duc d'York, et recommande l'obéissance à ce dernier. Charles II meurt le 16 février à onze heures trois quarts du matin. Jacques II, devenu roi, annonce la nouvelle avec dignité et fermeté. Les cérémonies de proclamation se déroulent rapidement et sans trouble, le peuple acclamant le nouveau roi. Jacques II déclare que les fonctionnaires conservent leurs charges jusqu'à nouvel ordre et exprime son intention de convoquer un Parlement pour établir des revenus suffisants. Le corps de Charles II est embaumé et enterré à l'abbaye de Westminster. Jacques II et la reine font des dévotions publiques, et le roi annonce sa profession de la religion catholique, appelant à la franchise et à la sincérité. Les cérémonies et proclamations suivant l'accession au trône de Jacques II en Angleterre et Jacques VII en Écosse sont marquées par des manifestations de joie extraordinaire dans toutes les villes, avec des salves d'artillerie, des feux de joie et des proclamations officielles. Les magistrats, vêtus de robes d'écarlate, proclament l'avènement du nouveau roi, suivi de décharges de canons et de salves des milices. Dans les villes maritimes, les vaisseaux tirent également des salves. À Cambridge, la proclamation est faite lors d'une procession académique, suivie d'un grand repas en l'honneur du roi et de la reine. Les principales villes et communautés présentent des adresses au roi, exprimant leur zèle et leur fidélité, et remerciant le roi pour son engagement à maintenir le gouvernement établi dans l'Église et l'État selon les lois du royaume. Les compagnies de commerce soumettent également des adresses, acceptant de payer les impôts sur les marchandises conformément à la déclaration publiée. En Écosse, la proclamation est faite après la réception des lettres du roi, confirmant la continuité des officiers d'État et des magistrats dans leurs fonctions jusqu'à nouvel ordre. Jacques II, devenu Jacques VII en Écosse, est proclamé roi d'Écosse, d'Angleterre et d'Irlande, avec des serments de fidélité prêtés par les sujets. Les préparatifs pour le couronnement sont planifiés pour le mois de mai, avec des cérémonies similaires à celles du règne précédent, à l'exception de certaines traditions comme la création des chevaliers du Bain. Le duc d'Ormond reçoit l'ordre de se rendre à la cour, et des lettres circulaires sont envoyées pour convoquer le Parlement. L'université d'Oxford présente également une adresse, affirmant sa fidélité au roi et son engagement à maintenir la doctrine religieuse établie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 246-256
Noms de ceux qui doivent estre du Carousel de Monseigneur le Dauphin, [titre d'après la table]
Début :
Je vous envoye seulement les noms de ceux qui doivent [...]
Mots clefs :
Carrousels, Monseigneur le Dauphin, Personnes distinguées, Choix, Duc de S. Aignan, Divertissements, Officiers généraux, Pages, Maréchaux, Marquis, Écuyer, Seigneurs, Duc, Chevalier, Princes, Comte, Couleurs
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texteReconnaissance textuelle : Noms de ceux qui doivent estre du Carousel de Monseigneur le Dauphin, [titre d'après la table]
Je vous envoye ſeulement
les noms de ceux qui doivent
compofer leCarousel deMonſeigneur
le Dauphin. J'aurois
fatisfait plûtoft voſtre curiofré
fur cet article , mais entre
un fi grand nombre de Perfonnes
diftinguées , il eſt dif
ficile de fixer un choix . Les
maladies , & divers autres accidens
y peuvent d'ailleurs
apporter du changement , &
je ne vous répons pas qu'iln'y
en arrive point juſqu'au jour
de ce Carouſel , qui eſt remis
GALANT. 247
!
au commencement de Juin .
Me le Duc de S. Aignan qui
entend parfaitement bien ces
fortes deDivertiſſemensguerriers
, & qui ordinairement
en eſt l'Inventeur , a donné
le ſujet de celuy- cy. Il l'a tiré
des Guerres Civiles de Grenade
, & en a reglé beaucoup
de choſes comme il avoit
faità la grande Feſte de Verfailles
qui avoit pour tître, Le
Palais d'Alcine , ou Les Plaifirs
de l'Isle enchantée. Elle
eſtoit entiérement de ſon invention
, & dura trois jours,
avec diférens Spectacles. Ily
Xinj
248 MERCURE
aura huit Quadrilles dans le
Carouſel qui va paroiſtre.
Elles feront diviſées en deux
Partys. Voicy les noms des
Officiers Genéraux.
M. le Duc de Saint A
gnan Maréchal de CampGe
nérales
Il ſera ſuivy de quatre Pages
, & de quatre Eltafiers ,&
aura deux Trompettes & un
Timbalier.
a
- Les Maréchaux deCampsót
M. le Duc de Gramont.
M. le Duc d'Uzés .
M. le Marquis de Tilladen.
M.le Marquis deDangeau.
GALANT. 249
Ils auront chacun trois Pages
& trois Eſtafiers .
Monſeigneur le Dauphin
feraà la teſte de la premiere
Quadrille de ſon Party , qui
repreſentera les Abencerrages.
Sescouleurs ferontOr&
Noir, il aura quatre Eſcuyers
qui font:
M. du Mont.
M. de la Neuville.
M. du Gaſt.
M. de Caſau.
Il ſera ſuivyde vingt Pages,
& de vingt Eſtafiers, & il aura
huit Trompettes & deux
Timbaliers.
4
250 MERCURE
Vous allez lire les noms
des jeunes Seigneurs qui ſeront
de ſon Party. Souvenez.
vous , s'il vous plaiſt , Mada
me , que je mets ces noms
ſans marquer les rangs que la
naiſſance doit donner à cha
cund'eux.
M. le Marquisde Crequy.
M. le Marquis de Nangis.
M. le Comte de Brione.
M. leDucde la Trimoüille.
M.le Grand- Prieur.
M.deMailly
M. de la Roche-Guyon.
M. le Princed'Elbeuf.
M. le Duc de Vandoſime..
M. le Comtede Fieſque..
GALANT. 251
LES ALMORADY,
Dont les Couleurs feront Argent
& Couleur de Few .
M. le Chevalier Colbert..
M. de Coedelette .
M. de Plumartin.
M. de Buflolle .
M. de Mirepoix.
M. de Roully.
M.de Thiange.
M.de Caftres.
M. de la Fayette..
M. de Palavicin.
LES ALABASES,
Dont les Couleurs feront Grifdelin ,
&Argent.
M. de Hautefort.
M. de la Chaſtre.
M. le Chevalier de Broille.
M. le Marquis d'Antin.
252 MERCURE
M. le Marquis de Treſnel .
VM. de Villacerf
M. le Marquis deLivryanno
M. de Médavid .
M. de Liſtenay.
:
M. de Braffaccion M
LES GAZULES,
Qui auront pour Couleursle Violet
'Argent..
M. le Prince de Furſtemberg..
M. le Prince Camille.
M. de Chamarante.
M. le Marquis de Bellefonds.
M. de Nefle.
M.de Coniſmark.
M. de Rohan .
M le Duc de Roquelaure.
M. le Prince de Tingry .
M. de Rochefort.
Ils auront tous chacun
deux Pages , & deux Efta
fiers.
GALANT. 253
Monfieur le Duc de Bourbon
commandera le Party
contraire . Ses Ecuyers ſeront
M. de la Nouë.
M. de la Vergne. ている
Il aura dix Pages , & dix
Eſtafiers , fix Trompetes , &
deux Timballierson
LES VANEGUES,
Qui aurent pour Couleurs l'or &
l'Argent 、煤
M. deQuerouël .
M. le Marquis de Soyecourt.
M. de Villequier.
M. Milly Bouligneux .
M. le Comte d'Oſtel .
4.1 M. le Comte Danau
ail
254 MERCURE
M. de Carpéighe.
M. de Nogaret.
M. de Villars,
1.
M. le Comte de Gondrin.
LES ZEGRI,
Qui porteront Verd & or.
M. de Blanzac .
M. deValentinois.
M. le Duc de la Ferté,
M. leMarquisd'Alincourt.
M. le Chevalier de Sully.
M. de Sainte Frique .
M. d'Artagnan.
M. de Vervins.
M. le Prince de Harcourt.
M. de Liancourt.
LES MASSES,
Qui auront pour Couleurs Feuillemorte
& Argent.
M. de Vaubecourt.
M. de Surville.
GALANT. 255
M. de Murſé .
M. deQuelus.
M. de Molac.
M. de Froulé.
M. deMoüy.
M. de Baiſemaux .
M. de Bournonville.
M. d'Ancenis- Charoft.
LES GOMELES,
Dont les Couleurs feront Cramoisy
& Argent.
M.deCoffé.
M. de Vieuxbourg .
M. de Montchevreüil.
M. de Ferdinand.
M. de Bouligneux .
M. le Chevalier de Soyecourt.
M. de Vibraye.
M. de Novion .
M. le Ducd'Atris .
M. deChemerault.
:
256 MERCURE
ار Ils sauront tous chacun
deux Pages, &deux Ecuyers,
de meſme que ceux du premier
Party
les noms de ceux qui doivent
compofer leCarousel deMonſeigneur
le Dauphin. J'aurois
fatisfait plûtoft voſtre curiofré
fur cet article , mais entre
un fi grand nombre de Perfonnes
diftinguées , il eſt dif
ficile de fixer un choix . Les
maladies , & divers autres accidens
y peuvent d'ailleurs
apporter du changement , &
je ne vous répons pas qu'iln'y
en arrive point juſqu'au jour
de ce Carouſel , qui eſt remis
GALANT. 247
!
au commencement de Juin .
Me le Duc de S. Aignan qui
entend parfaitement bien ces
fortes deDivertiſſemensguerriers
, & qui ordinairement
en eſt l'Inventeur , a donné
le ſujet de celuy- cy. Il l'a tiré
des Guerres Civiles de Grenade
, & en a reglé beaucoup
de choſes comme il avoit
faità la grande Feſte de Verfailles
qui avoit pour tître, Le
Palais d'Alcine , ou Les Plaifirs
de l'Isle enchantée. Elle
eſtoit entiérement de ſon invention
, & dura trois jours,
avec diférens Spectacles. Ily
Xinj
248 MERCURE
aura huit Quadrilles dans le
Carouſel qui va paroiſtre.
Elles feront diviſées en deux
Partys. Voicy les noms des
Officiers Genéraux.
M. le Duc de Saint A
gnan Maréchal de CampGe
nérales
Il ſera ſuivy de quatre Pages
, & de quatre Eltafiers ,&
aura deux Trompettes & un
Timbalier.
a
- Les Maréchaux deCampsót
M. le Duc de Gramont.
M. le Duc d'Uzés .
M. le Marquis de Tilladen.
M.le Marquis deDangeau.
GALANT. 249
Ils auront chacun trois Pages
& trois Eſtafiers .
Monſeigneur le Dauphin
feraà la teſte de la premiere
Quadrille de ſon Party , qui
repreſentera les Abencerrages.
Sescouleurs ferontOr&
Noir, il aura quatre Eſcuyers
qui font:
M. du Mont.
M. de la Neuville.
M. du Gaſt.
M. de Caſau.
Il ſera ſuivyde vingt Pages,
& de vingt Eſtafiers, & il aura
huit Trompettes & deux
Timbaliers.
4
250 MERCURE
Vous allez lire les noms
des jeunes Seigneurs qui ſeront
de ſon Party. Souvenez.
vous , s'il vous plaiſt , Mada
me , que je mets ces noms
ſans marquer les rangs que la
naiſſance doit donner à cha
cund'eux.
M. le Marquisde Crequy.
M. le Marquis de Nangis.
M. le Comte de Brione.
M. leDucde la Trimoüille.
M.le Grand- Prieur.
M.deMailly
M. de la Roche-Guyon.
M. le Princed'Elbeuf.
M. le Duc de Vandoſime..
M. le Comtede Fieſque..
GALANT. 251
LES ALMORADY,
Dont les Couleurs feront Argent
& Couleur de Few .
M. le Chevalier Colbert..
M. de Coedelette .
M. de Plumartin.
M. de Buflolle .
M. de Mirepoix.
M. de Roully.
M.de Thiange.
M.de Caftres.
M. de la Fayette..
M. de Palavicin.
LES ALABASES,
Dont les Couleurs feront Grifdelin ,
&Argent.
M. de Hautefort.
M. de la Chaſtre.
M. le Chevalier de Broille.
M. le Marquis d'Antin.
252 MERCURE
M. le Marquis de Treſnel .
VM. de Villacerf
M. le Marquis deLivryanno
M. de Médavid .
M. de Liſtenay.
:
M. de Braffaccion M
LES GAZULES,
Qui auront pour Couleursle Violet
'Argent..
M. le Prince de Furſtemberg..
M. le Prince Camille.
M. de Chamarante.
M. le Marquis de Bellefonds.
M. de Nefle.
M.de Coniſmark.
M. de Rohan .
M le Duc de Roquelaure.
M. le Prince de Tingry .
M. de Rochefort.
Ils auront tous chacun
deux Pages , & deux Efta
fiers.
GALANT. 253
Monfieur le Duc de Bourbon
commandera le Party
contraire . Ses Ecuyers ſeront
M. de la Nouë.
M. de la Vergne. ている
Il aura dix Pages , & dix
Eſtafiers , fix Trompetes , &
deux Timballierson
LES VANEGUES,
Qui aurent pour Couleurs l'or &
l'Argent 、煤
M. deQuerouël .
M. le Marquis de Soyecourt.
M. de Villequier.
M. Milly Bouligneux .
M. le Comte d'Oſtel .
4.1 M. le Comte Danau
ail
254 MERCURE
M. de Carpéighe.
M. de Nogaret.
M. de Villars,
1.
M. le Comte de Gondrin.
LES ZEGRI,
Qui porteront Verd & or.
M. de Blanzac .
M. deValentinois.
M. le Duc de la Ferté,
M. leMarquisd'Alincourt.
M. le Chevalier de Sully.
M. de Sainte Frique .
M. d'Artagnan.
M. de Vervins.
M. le Prince de Harcourt.
M. de Liancourt.
LES MASSES,
Qui auront pour Couleurs Feuillemorte
& Argent.
M. de Vaubecourt.
M. de Surville.
GALANT. 255
M. de Murſé .
M. deQuelus.
M. de Molac.
M. de Froulé.
M. deMoüy.
M. de Baiſemaux .
M. de Bournonville.
M. d'Ancenis- Charoft.
LES GOMELES,
Dont les Couleurs feront Cramoisy
& Argent.
M.deCoffé.
M. de Vieuxbourg .
M. de Montchevreüil.
M. de Ferdinand.
M. de Bouligneux .
M. le Chevalier de Soyecourt.
M. de Vibraye.
M. de Novion .
M. le Ducd'Atris .
M. deChemerault.
:
256 MERCURE
ار Ils sauront tous chacun
deux Pages, &deux Ecuyers,
de meſme que ceux du premier
Party
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3
p. 132-151
Harangues faites à Dunkerque, à Gravelines, & à l'Isle, qui avoient esté oubliées dans la premiere Partie du Voyage de Flandres, avec quelques nouvelles particularités. [titre d'après la table]
Début :
Je croyois ne devoir plus vous parler d'aucune des Villes [...]
Mots clefs :
Dunkerque, Gravelines, Lille, Ville, Harangues, Roi, Ambassadeurs, Lieutenant, Compliment, Joie, Invincible monarque, Magistrat, Échevins, Amitié, Vin, Seigneurs, Troupes, Fortifications, Cérémonie
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texteReconnaissance textuelle : Harangues faites à Dunkerque, à Gravelines, & à l'Isle, qui avoient esté oubliées dans la premiere Partie du Voyage de Flandres, avec quelques nouvelles particularités. [titre d'après la table]
Je croyois ne devoir plus
vous parler d'aucune des Vil
les de Flandre où les Ambaſ
fadeurs ont eſté ; cependant
je ne puis me difpenferdevous
entretenir encore de Gravelines
, de Dunquerque & de
l'Iſle , dont il me reſte pluſieurs
chofes à vous dire, &
les harangues àvous envoyer,
le defir que j'ay eu de fatisfaire
voſtre curioſité , ayant
eſté cauſe que je vous ay écrit
avant que tous mes me-
1
des Amb de Siam. 133
moires ſuſſent arrivez . Ainfi
pour rendre juſtice à tous
ceux qui le meritent , je vais
encore vous apprendre quelques
particularitez de ce qui
s'eſt fait dans ces troisVilles,
mais ſans vous rien repeter
de ce que je vous ay déja dit.
Quoique Gravelines ne fuft
point du nombre de celles
que les Ambaſſadeurs devoient
voir , & qu'elle n'ait
fçû qu'ils y devoient dîner
que deux heures avant qu'ils
y arrivaſſent, comme on n'eſt
jamais ſurpris dans lesPlaces
duRoy, tout s'eſt paffé dans
134 IV. P. du Voyage
د
cette Ville là de la même ma
niere que dans les autres.
M Benoist Lieutenant
de Roy , reçût les Ambafſadeurs
avec l'Etat Major.
Les Troupes qui eſtoient en
haye eſtoient le Regimentde
Foreft, commandé parMde
Cleran , & les Compagnies
de Meuſnier & de Manuel ,
du Regiment d'Erlac. M. de
la Puiſade avec un Lieutenant
, & so hommes eſtoit
de garde au logis qui leur
avoit eſté preparé . M.le Prevoſt
Bailly à la teſte de Mles
Mayeur & Eſchevins , leur
A
des Amb. de Siam. 135
offrit les Vins de Ville, & leur
fit le compliment que je vous
envoye , auquel il avoit eſté
obligé de ſe preparer pref
que fur le champ.
MESSEIGNEVRS ,
Les Magistrats , aussi bien que
tout le Peuplede Graveline, reffentant
une joye extrême de ce qu'il
a plû à vos Excellences , d'honorer
cette ville de leurs illuftres presences
,
vous viennent en donner
des marques, en vous afſeurant qu'-
ils en auront une eternelle reconnoiffance
. Ils souhaiteroient avec
paffion, pouvoirpar un difcours accomply,
&par des Presens magnifiques,
témoigner les respects qu'ils
136 IV. P. du Voyage
ont pour vos Excellences, qui com
me Ambassadeurs reprefentent la
Majesté d'un grand Roy , pourlequel
ils auront toûjours toute la
veneration , qui est deuë à un Allié
de nostre Auguste &Invincible
Monarque ; mais n'ayant rien quż
Soit digne de vos Excellences , ils
leur offrent leurs coeurs pour leur
faire voir combien ils fontſenſibles
à la grace qu'ils reçoivent & ces
Vins de Ville , pour un effet de
leur Zele.
Mrs du Clergé les haranguerent
enſuite. Tous ces
compliments eftant finis , les
Ambaſſadeurs dirent , qu'ils
avoient trouvé les Troupes fi
desAmb. de Siam. 137
leftes &fi belles , qu'ilsfouhaitoient
de les revoir. On ordonna
à Mª de Cleran , Lieutenant
Colonel de Foreft , de
les faire défiler. Tous les OfficiersFrançois&
Suiffes,faluerent
de la Pique avec beaucoup
de grace, & un air qui
furprit les Ambaſſadeurs ,
quoiqu'ils fuſſent accoûtumez
à recevoir tous les jours
de pareils faluts. Comme
le temps eſtoit fort vilain, &
que d'ailleurs ils eſtoient preffez
de partir , ils ne purent
viſiter les Fortifications de la
Place; mais ils en demande-
M
138 IV. P. du Voyage
rent le Plan, qu'ils regarde
rent avec beaucoup de plaifir
& d'attention , juſqu'à ce
qu'ils ſe miſſent à table. Ils
dirent en l'examinant , que
s'estoit avecjustice que cettePlace
avoit une fi grande reputation.
ParmylesDames deBourbourg
qui estoient venues
pour les voir dîner, & celles
de Gravelines qui eurent la
même curiofité, ils en trouverent
de trés-belles , du
nombre deſquelles furent
Meſdemoiselles Charpentier
& de Seine ; auffi reçûrentelles
de grandes honeſtere,z
des Amb. de Siam. 139
des Ambaſſadeurs , qui leur
donnerent des fruits.
J'adjoûteray peu de choſes
à ce que je vous ay déja
dit de leur séjour àDunkerque.
Ils furent conduits dans
la grande Chambre deJuſtice
de l'Hôtel de Ville , où Mrs
du Magiftrat les vinrent
complimenter . A la teſte
anarchoient les quatre Sergens
du Baillage , vêtus de
leurs Caſaques de ceremonie,
& ayant leurs Halebardes fur
leurs épaules. Aprés eux entrerent
leBailly , le Bourguemeſtre,
les Echevins, les trois
міj
140 IV. P. du Voyage
t
Penſionnaires de la Ville , le
Greffier , le Treforier & les
Conſeillers; ceux qui compofent
le Corps du Magiſtrat les
fuivoient en robbes &
avoient aprés eux les quatre
Huiffiers de la Chambre du
Magiftrat , reveſtus auſſi de
leurs Manteaux de ceremonie.
Aprés que le Magiftrat
eut fait les reverences ordinaires
, le ſieur Alonſe Laurent
de Briſe , l'un des trois
Penſionnaires , prononça ce
compliment par ordre de M
Coppens,Bourguemeſtre, fuivant
l'ancien uſage du Païs,
r
desAmb. de Siam. 141
MESSEIGNEVRS ,
Les Bailly , Bourguemestre , Echevins
& Conseillers de cette ville
de Dunkerque ,sçachant aussi bien
que tous les Peuples de l'Europe,
avec combien de joye le Roy Louis
le Grand noftre trés-Auguste &Invincible
Monarque, vous a recens
enſesEtats, &l'eftime trés-particuliere
qu'il fait de l'amitié du puiffant
Royde Siam voſtre Souverain,
ont voulu s'aquiter de leur devoir,
en presentant à vos Excellences
leurs trés-humbles respects &fervices,
avec offre de Vin de Ville.
1
L'Ambaſſadeur répondit ,
qu'ils estoient fort obligez à
Ms du Magistrat , de leurs
142 IV. P. du Voyage
civilitez, &que leur Present
leur feroit fort agreable. Ils
fouperent en public , & M*
Coppens leur députa MSOmair
& Blomme , Echevins
qui leur preſenterent de la
part duMagiſtrat fix douzai
nes de bouteilles du plus excellent
Vin de Champagne,
qu'on euſt pû trouver , pour
Preſent du Vin de Ville.
Les Ambaſſadeurs ayant veu
les Ouvrages de la Marine
qui font àDunkerque, le Fort
du Rifban , & les Fortifications
de la Ville, come je vous
l'ay marqué dans la troifié
desAmb. de Siam. 143
me partie de cette Relation ,
partirent le 31. Octobre au
bruit du Canon , & au fon
des Cloches qui carrillonnerent
tant qu'ils les purent entendre.
Ils prirent leur route
par le Canal de Bergues pour
aller à Ypres, & l'on fit marcher
leurs Carroſſes vuides
par la Digue le long du Canal.
Le Magiſtrat avoit commandé
la Barque ou Yack de
laVille, pour les conduire par
caujuſqu'àlaVilledeBergues.
Cette Barque eft fort propre
&baſtie en forme de Fregate.
Je vous aydéja parlé fi am
144 IV. P.du Voyage
plement de la reception qui
leur a eſté faite à Lifle , que
ne retouchant cet article
que pour la harangue , tout
ce que j'y puis adjouter, c'eſt
que les principaux Officiers
de la Garniſon allerent environ
une lieuë au devant d'eux
avec les Gardes de M.le Marêchal
de Humiere , le reſte
ſe paſſa.comme je vous l'ay
déja maqué à l'égard de la
Gendarmerie. Voicy le compliment
que leur fit au nom
de la VilleM de Broide, Seigneur
de Gondecourt, & pre
mierConfeiller Penſionnaire.
ILLVS
des Amb. de Siam. 145
ILLYSTRES SEIGNEURS,
Les augustes qualitez , & les
triomphes de nôtre trés Haut, trés-
Magnanime & trés - Invincible Monarque
, ne vous avoient parû que
par ce que vous en avoit appris lakenommée
en publiant ses heroïques
exploits ; mais depuis que vous avez
eu l'honneur de ſes Audiences , que
vous avez veu la magnificence de
Sa Cour, la grandeur desa Puiſſance
& l'étendue de ſon Empire, &deſes
glorieuses conquêtes , vous aurez reconnu
au dessus de cette reputation
tout ce que vous aviezconceu de la
personne de cet Auguste Conquerant,
unegrandeurdAme incomparable une
Sageſſe ſurprenante en toutes choses,
& une prudence qui na pono d'é
N
146 IV. P. du Voyage
gale dons le Gouvernement de fes
Etats. Les penibles fatigues & les
travaux que vous avez effuyez dans
ce long trajet de vastes Mers ; l'inconstance
des vents &le dangerdes
écueils où vous vous estes exposez
pour luy rendre les honneurs qui luy
font dûs , & pour rechercher Son
amitié, nous font connoître l'admiration
où vous eſtes de le voir comblé
de gloire. Le commandement que
SaMajesténous afaitde vous recevoir
avec tous leshonneurs qu'on doit aux
personnes de vôtre caractere, marque
l'estime qu'Elle fait de la persoune
des merites du très- Puiſſant & tres-
Excellent Prince le Roy de Siam.
Nous ne doutons point, Illuftres Seigneurs
, que vous n'ayez receu tous
les temoignages que vous attendiez
du Zele de la France, pour la réuffite
des Amb. de Siam. 147
de l'union que vous désirez . Ce zele
n'est point particulier; il est commun
à tous les bons&fideles Suiets do
Roy , & principalement aux Magistrats
& au Peuple de cette ville de
Lifle, qui ne peuvent affez exprimer
la joye qu'ils reçoiventde l'honneur
de vôtre presence. Ils admirent
estiment , Meffeigneurs, vôtre generositéde
paſſer des extrêmitez de l'Ovient
dans ces contrées au peril de
vôtre vie, & ils tiennentcettefera
veur pour une preuve aſſurée de la
finceritéde vos affections. Cette inf
piration de l'Auguste Roy de Siam,
à rechercher l'amitié de ſa Majesté,
preferablement à tous autres , leur
paroit un effet de la Divine Provi
dence , qui leur preſage que cette
union perfuadera plus fortement le
Roy votre Maitre , d'embrasfer la
Nij
148 IV.P du Voyage
même creance, &de sefaire instruire
de la veritéde laReligion Chreftienne.
Noussouhaitons , Meſſeigneurs, que
cette penséefuit lafin heureuse &le
fruit de vôtre Voyage & de vosglorieux
travaux , à l'exemple de ce
Roy très- Pieux&très- Chieſtien, qui
apres avoir heureusement foûtenu la
Guerre ,& donné glorieusement la
Paix à l'Europe , s'applique avec
tous les soins imaginables , à faire
regnersouverainementla Loy du vray
Dieu. Enfin nous souhaitons au Roy
de Siam fous les auspices de cette
Divinité infinie & éternelle , l'accroiſſement
de sa grandeur &prof
perité, & que vous soyez auffi heureux
sous son Regne, que nous le
Sommes fous celuy du plus Sage , du
plus luſte & du plus parfait de tous
les Rois. Aggreez, Illustres Seigneurs,
des Amb. de Siam. 149
tes voeux de vos très-humbles &
três- obeiſſans Serviteurs ."
Pendant le ſéjour que les
Ambaffadeurs firent à Lifle,
ils eurent cent Hommes de
garde à leur logis , & les ruës
furent éclairées le ſoir & toute
la nuit. Ils allerent viſiter
l'Eglife Collegiale de S. Pierre
, & celle des Dominicains,
qui eſt une des plus belles
Eglifes de la Ville , & qu'ils
examinerent avec beaucoup
de ſoin. Je vous ay déja par- .
lé de l'Hôpital Comteſſe, où
ces Ambaſſadeurs allerent
Ninj
150 IV. P. du Voyage
auſſi ; mais je ne vous ay pas
dit qu'il eft ainſi nommé
parcequ'il a eſté fondé par
une Comteffe de Flandres .
Lorſque la Prieure leur preſenta
des Bouquets de Fleurs
de ſoye , comme je vous l'ay
marqué dans ma Relation
précedente , elle leur dit que
la couleur n'en changeroit ja
mais , & garderoit toûjours le
mesme éclat ; & les pria en
meſme temps de ſe ſouvenir
d'elle. Aquoy l'Ambaſſadeur
répondit qu'il s'enfſouviendroit
auſſi longtemps que les Fleurs
qu'elle leur avoit preſentées
des Amb de Siam. 151
garderoient leur couleur.
vous parler d'aucune des Vil
les de Flandre où les Ambaſ
fadeurs ont eſté ; cependant
je ne puis me difpenferdevous
entretenir encore de Gravelines
, de Dunquerque & de
l'Iſle , dont il me reſte pluſieurs
chofes à vous dire, &
les harangues àvous envoyer,
le defir que j'ay eu de fatisfaire
voſtre curioſité , ayant
eſté cauſe que je vous ay écrit
avant que tous mes me-
1
des Amb de Siam. 133
moires ſuſſent arrivez . Ainfi
pour rendre juſtice à tous
ceux qui le meritent , je vais
encore vous apprendre quelques
particularitez de ce qui
s'eſt fait dans ces troisVilles,
mais ſans vous rien repeter
de ce que je vous ay déja dit.
Quoique Gravelines ne fuft
point du nombre de celles
que les Ambaſſadeurs devoient
voir , & qu'elle n'ait
fçû qu'ils y devoient dîner
que deux heures avant qu'ils
y arrivaſſent, comme on n'eſt
jamais ſurpris dans lesPlaces
duRoy, tout s'eſt paffé dans
134 IV. P. du Voyage
د
cette Ville là de la même ma
niere que dans les autres.
M Benoist Lieutenant
de Roy , reçût les Ambafſadeurs
avec l'Etat Major.
Les Troupes qui eſtoient en
haye eſtoient le Regimentde
Foreft, commandé parMde
Cleran , & les Compagnies
de Meuſnier & de Manuel ,
du Regiment d'Erlac. M. de
la Puiſade avec un Lieutenant
, & so hommes eſtoit
de garde au logis qui leur
avoit eſté preparé . M.le Prevoſt
Bailly à la teſte de Mles
Mayeur & Eſchevins , leur
A
des Amb. de Siam. 135
offrit les Vins de Ville, & leur
fit le compliment que je vous
envoye , auquel il avoit eſté
obligé de ſe preparer pref
que fur le champ.
MESSEIGNEVRS ,
Les Magistrats , aussi bien que
tout le Peuplede Graveline, reffentant
une joye extrême de ce qu'il
a plû à vos Excellences , d'honorer
cette ville de leurs illuftres presences
,
vous viennent en donner
des marques, en vous afſeurant qu'-
ils en auront une eternelle reconnoiffance
. Ils souhaiteroient avec
paffion, pouvoirpar un difcours accomply,
&par des Presens magnifiques,
témoigner les respects qu'ils
136 IV. P. du Voyage
ont pour vos Excellences, qui com
me Ambassadeurs reprefentent la
Majesté d'un grand Roy , pourlequel
ils auront toûjours toute la
veneration , qui est deuë à un Allié
de nostre Auguste &Invincible
Monarque ; mais n'ayant rien quż
Soit digne de vos Excellences , ils
leur offrent leurs coeurs pour leur
faire voir combien ils fontſenſibles
à la grace qu'ils reçoivent & ces
Vins de Ville , pour un effet de
leur Zele.
Mrs du Clergé les haranguerent
enſuite. Tous ces
compliments eftant finis , les
Ambaſſadeurs dirent , qu'ils
avoient trouvé les Troupes fi
desAmb. de Siam. 137
leftes &fi belles , qu'ilsfouhaitoient
de les revoir. On ordonna
à Mª de Cleran , Lieutenant
Colonel de Foreft , de
les faire défiler. Tous les OfficiersFrançois&
Suiffes,faluerent
de la Pique avec beaucoup
de grace, & un air qui
furprit les Ambaſſadeurs ,
quoiqu'ils fuſſent accoûtumez
à recevoir tous les jours
de pareils faluts. Comme
le temps eſtoit fort vilain, &
que d'ailleurs ils eſtoient preffez
de partir , ils ne purent
viſiter les Fortifications de la
Place; mais ils en demande-
M
138 IV. P. du Voyage
rent le Plan, qu'ils regarde
rent avec beaucoup de plaifir
& d'attention , juſqu'à ce
qu'ils ſe miſſent à table. Ils
dirent en l'examinant , que
s'estoit avecjustice que cettePlace
avoit une fi grande reputation.
ParmylesDames deBourbourg
qui estoient venues
pour les voir dîner, & celles
de Gravelines qui eurent la
même curiofité, ils en trouverent
de trés-belles , du
nombre deſquelles furent
Meſdemoiselles Charpentier
& de Seine ; auffi reçûrentelles
de grandes honeſtere,z
des Amb. de Siam. 139
des Ambaſſadeurs , qui leur
donnerent des fruits.
J'adjoûteray peu de choſes
à ce que je vous ay déja
dit de leur séjour àDunkerque.
Ils furent conduits dans
la grande Chambre deJuſtice
de l'Hôtel de Ville , où Mrs
du Magiftrat les vinrent
complimenter . A la teſte
anarchoient les quatre Sergens
du Baillage , vêtus de
leurs Caſaques de ceremonie,
& ayant leurs Halebardes fur
leurs épaules. Aprés eux entrerent
leBailly , le Bourguemeſtre,
les Echevins, les trois
міj
140 IV. P. du Voyage
t
Penſionnaires de la Ville , le
Greffier , le Treforier & les
Conſeillers; ceux qui compofent
le Corps du Magiſtrat les
fuivoient en robbes &
avoient aprés eux les quatre
Huiffiers de la Chambre du
Magiftrat , reveſtus auſſi de
leurs Manteaux de ceremonie.
Aprés que le Magiftrat
eut fait les reverences ordinaires
, le ſieur Alonſe Laurent
de Briſe , l'un des trois
Penſionnaires , prononça ce
compliment par ordre de M
Coppens,Bourguemeſtre, fuivant
l'ancien uſage du Païs,
r
desAmb. de Siam. 141
MESSEIGNEVRS ,
Les Bailly , Bourguemestre , Echevins
& Conseillers de cette ville
de Dunkerque ,sçachant aussi bien
que tous les Peuples de l'Europe,
avec combien de joye le Roy Louis
le Grand noftre trés-Auguste &Invincible
Monarque, vous a recens
enſesEtats, &l'eftime trés-particuliere
qu'il fait de l'amitié du puiffant
Royde Siam voſtre Souverain,
ont voulu s'aquiter de leur devoir,
en presentant à vos Excellences
leurs trés-humbles respects &fervices,
avec offre de Vin de Ville.
1
L'Ambaſſadeur répondit ,
qu'ils estoient fort obligez à
Ms du Magistrat , de leurs
142 IV. P. du Voyage
civilitez, &que leur Present
leur feroit fort agreable. Ils
fouperent en public , & M*
Coppens leur députa MSOmair
& Blomme , Echevins
qui leur preſenterent de la
part duMagiſtrat fix douzai
nes de bouteilles du plus excellent
Vin de Champagne,
qu'on euſt pû trouver , pour
Preſent du Vin de Ville.
Les Ambaſſadeurs ayant veu
les Ouvrages de la Marine
qui font àDunkerque, le Fort
du Rifban , & les Fortifications
de la Ville, come je vous
l'ay marqué dans la troifié
desAmb. de Siam. 143
me partie de cette Relation ,
partirent le 31. Octobre au
bruit du Canon , & au fon
des Cloches qui carrillonnerent
tant qu'ils les purent entendre.
Ils prirent leur route
par le Canal de Bergues pour
aller à Ypres, & l'on fit marcher
leurs Carroſſes vuides
par la Digue le long du Canal.
Le Magiſtrat avoit commandé
la Barque ou Yack de
laVille, pour les conduire par
caujuſqu'àlaVilledeBergues.
Cette Barque eft fort propre
&baſtie en forme de Fregate.
Je vous aydéja parlé fi am
144 IV. P.du Voyage
plement de la reception qui
leur a eſté faite à Lifle , que
ne retouchant cet article
que pour la harangue , tout
ce que j'y puis adjouter, c'eſt
que les principaux Officiers
de la Garniſon allerent environ
une lieuë au devant d'eux
avec les Gardes de M.le Marêchal
de Humiere , le reſte
ſe paſſa.comme je vous l'ay
déja maqué à l'égard de la
Gendarmerie. Voicy le compliment
que leur fit au nom
de la VilleM de Broide, Seigneur
de Gondecourt, & pre
mierConfeiller Penſionnaire.
ILLVS
des Amb. de Siam. 145
ILLYSTRES SEIGNEURS,
Les augustes qualitez , & les
triomphes de nôtre trés Haut, trés-
Magnanime & trés - Invincible Monarque
, ne vous avoient parû que
par ce que vous en avoit appris lakenommée
en publiant ses heroïques
exploits ; mais depuis que vous avez
eu l'honneur de ſes Audiences , que
vous avez veu la magnificence de
Sa Cour, la grandeur desa Puiſſance
& l'étendue de ſon Empire, &deſes
glorieuses conquêtes , vous aurez reconnu
au dessus de cette reputation
tout ce que vous aviezconceu de la
personne de cet Auguste Conquerant,
unegrandeurdAme incomparable une
Sageſſe ſurprenante en toutes choses,
& une prudence qui na pono d'é
N
146 IV. P. du Voyage
gale dons le Gouvernement de fes
Etats. Les penibles fatigues & les
travaux que vous avez effuyez dans
ce long trajet de vastes Mers ; l'inconstance
des vents &le dangerdes
écueils où vous vous estes exposez
pour luy rendre les honneurs qui luy
font dûs , & pour rechercher Son
amitié, nous font connoître l'admiration
où vous eſtes de le voir comblé
de gloire. Le commandement que
SaMajesténous afaitde vous recevoir
avec tous leshonneurs qu'on doit aux
personnes de vôtre caractere, marque
l'estime qu'Elle fait de la persoune
des merites du très- Puiſſant & tres-
Excellent Prince le Roy de Siam.
Nous ne doutons point, Illuftres Seigneurs
, que vous n'ayez receu tous
les temoignages que vous attendiez
du Zele de la France, pour la réuffite
des Amb. de Siam. 147
de l'union que vous désirez . Ce zele
n'est point particulier; il est commun
à tous les bons&fideles Suiets do
Roy , & principalement aux Magistrats
& au Peuple de cette ville de
Lifle, qui ne peuvent affez exprimer
la joye qu'ils reçoiventde l'honneur
de vôtre presence. Ils admirent
estiment , Meffeigneurs, vôtre generositéde
paſſer des extrêmitez de l'Ovient
dans ces contrées au peril de
vôtre vie, & ils tiennentcettefera
veur pour une preuve aſſurée de la
finceritéde vos affections. Cette inf
piration de l'Auguste Roy de Siam,
à rechercher l'amitié de ſa Majesté,
preferablement à tous autres , leur
paroit un effet de la Divine Provi
dence , qui leur preſage que cette
union perfuadera plus fortement le
Roy votre Maitre , d'embrasfer la
Nij
148 IV.P du Voyage
même creance, &de sefaire instruire
de la veritéde laReligion Chreftienne.
Noussouhaitons , Meſſeigneurs, que
cette penséefuit lafin heureuse &le
fruit de vôtre Voyage & de vosglorieux
travaux , à l'exemple de ce
Roy très- Pieux&très- Chieſtien, qui
apres avoir heureusement foûtenu la
Guerre ,& donné glorieusement la
Paix à l'Europe , s'applique avec
tous les soins imaginables , à faire
regnersouverainementla Loy du vray
Dieu. Enfin nous souhaitons au Roy
de Siam fous les auspices de cette
Divinité infinie & éternelle , l'accroiſſement
de sa grandeur &prof
perité, & que vous soyez auffi heureux
sous son Regne, que nous le
Sommes fous celuy du plus Sage , du
plus luſte & du plus parfait de tous
les Rois. Aggreez, Illustres Seigneurs,
des Amb. de Siam. 149
tes voeux de vos très-humbles &
três- obeiſſans Serviteurs ."
Pendant le ſéjour que les
Ambaffadeurs firent à Lifle,
ils eurent cent Hommes de
garde à leur logis , & les ruës
furent éclairées le ſoir & toute
la nuit. Ils allerent viſiter
l'Eglife Collegiale de S. Pierre
, & celle des Dominicains,
qui eſt une des plus belles
Eglifes de la Ville , & qu'ils
examinerent avec beaucoup
de ſoin. Je vous ay déja par- .
lé de l'Hôpital Comteſſe, où
ces Ambaſſadeurs allerent
Ninj
150 IV. P. du Voyage
auſſi ; mais je ne vous ay pas
dit qu'il eft ainſi nommé
parcequ'il a eſté fondé par
une Comteffe de Flandres .
Lorſque la Prieure leur preſenta
des Bouquets de Fleurs
de ſoye , comme je vous l'ay
marqué dans ma Relation
précedente , elle leur dit que
la couleur n'en changeroit ja
mais , & garderoit toûjours le
mesme éclat ; & les pria en
meſme temps de ſe ſouvenir
d'elle. Aquoy l'Ambaſſadeur
répondit qu'il s'enfſouviendroit
auſſi longtemps que les Fleurs
qu'elle leur avoit preſentées
des Amb de Siam. 151
garderoient leur couleur.
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Résumé : Harangues faites à Dunkerque, à Gravelines, & à l'Isle, qui avoient esté oubliées dans la premiere Partie du Voyage de Flandres, avec quelques nouvelles particularités. [titre d'après la table]
Le texte décrit la visite des ambassadeurs de Siam dans plusieurs villes de Flandre. À Gravelines, les ambassadeurs furent accueillis par M. Benoist, lieutenant du roi. Les troupes présentes comprenaient le régiment de Forezt, commandé par M. de Cleran, ainsi que les compagnies de Meusnier et de Manuel du régiment d'Erlac. Les magistrats et le peuple exprimèrent leur joie et leur reconnaissance. Les ambassadeurs admirèrent les troupes et demandèrent à voir les fortifications, mais en raison du mauvais temps, ils se contentèrent d'examiner le plan de la place. Ils furent également impressionnés par les dames présentes. À Dunkerque, les ambassadeurs furent conduits à l'Hôtel de Ville où ils reçurent les compliments du magistrat. Ils visitèrent les ouvrages de la marine et les fortifications avant de partir pour Ypres via le canal de Bergues. Le magistrat de Dunkerque leur offrit du vin de Champagne. À Lille, les ambassadeurs furent accueillis par les principaux officiers de la garnison et reçurent une harangue de M. de Broide, seigneur de Gondecourt. La ville fut illuminée pendant leur séjour. Ils visitèrent plusieurs églises et l'hôpital Comtesse, fondé par une comtesse de Flandres. La prieure de l'hôpital leur offrit des bouquets de fleurs en soie et leur demanda de se souvenir d'elle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 49
MORT.
Début :
Le Comte d'Adhemar, un des six Seigneurs que le Roy [...]
Mots clefs :
Comte d'Adhemar, Seigneurs, Comte de Grignan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORT.
MORT.
Le Comte d'Adhemar,
un des six Seigneurs que le
Roynommaen1680.pour
être auprès de Monseigneur
le Dauphin, mourut le 1 5.
Novembre,âgéde soixante-
trois ans.
Il étoit frere du Comte
de Grignan, Chevalier des
Ordres de Roy, Commandant
en Provence.
Le Comte d'Adhemar,
un des six Seigneurs que le
Roynommaen1680.pour
être auprès de Monseigneur
le Dauphin, mourut le 1 5.
Novembre,âgéde soixante-
trois ans.
Il étoit frere du Comte
de Grignan, Chevalier des
Ordres de Roy, Commandant
en Provence.
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5
p. 304-331
JOURNAL de ce qui s'est passé à Fontainebleau jusques au 21. Septembre 1714.
Début :
Le Roy partit le 29. Aoust de Versailles pour aller coucher [...]
Mots clefs :
Roi, Fontainebleau, Cour, Seigneurs, Cardinal, Duchesse, Dames, Abbé, Électeurs, Chevaux, Duc d'Orléans, Conseil d'État, Cheval, Duchesse de Berry, Cardinal de Rohan, Seigneurs de la Cour, Chasse du cerf, Chasse, Cerf
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : JOURNAL de ce qui s'est passé à Fontainebleau jusques au 21. Septembre 1714.
JOURNAL
de ce qui s'est passé àFontaibleau
juſques au 21. Sep.
tembre 1714.
Le Roy partit le 29. Aouſt
de Verſailles pour aller coucher
à Petitbourg. Madame
la Ducheſſe de Berry eſtoit à
ſon côté dans le fonds du
caroſſe. Madame la Ducheſſe ,
& Madame la Princeſſe de
Conti eſtoient ſur le devant.
Je ne feray pas le détail de
Petitbourg ,
GALANT. 305
Petitbourg , ni de la grande
chere que Monfieur le Duc
d'Antin fit au Roy , & à toute
la Cour. Ce Seigneur a
toûjours fait de même lorf
que Sa Majeſté luy a fait l'honneur
d'y aller coucher. Le Roy
partit le 30. aprés avoir entendu
la Meffe , & avoir diné.
Sa Majesté fut eſcortée pendant
le voyage , par les Gardes
du Corps , les Gendarmes
, les Mouſquetaires ,&
Chevaux - Legers , juſqu'à
Fontainebleau , où S. M. arriva
le 30. à cinq heures du ſoir.
Le Vendredy 31. le Roy
Septembre 1714. Cc
306 MERCURE
alla à la chaffe du Cerf. Tous
les Seigneurs , & Dames de la
Cour portoient l'habit du
Cerf. Les Dames veſtuës en
Amazones à cheval ,& celles
qui estoient en caléche , habil-
Jées en Siamoiſes. S. M.revint
debonneheure , & prit ,
aprés avoir changé de linge
une cariole pour aller viſiter
les réparations.
Le Samedy premier Septembre
, il y eut aprés la Mefſe
Conſeil de confcience ,
où le R. P. le Tellier aſſiſta
ſeul , & l'apreſdinée S. M
alla tirer. Ce même jour on
C
GALANT. 307
apprit la mort du Duc de
Beauvillier.
Le Dimanche 2. il y cût
Conſeil d'Etat , l'apreſdinée
promenade Royale le long du
Canal , fur lequel on voyoit
quatre Gondoles ſculptées&
dorées que des Matelots vef
tus de damas bleu , garni de
galons ,& franges d'or , faifoient
monter & deſcendre ,
à meſure que la caléche du
Roy montoit & defcendoit :
cette caléche eſtoit entourée
de tous les Seigneurs de la
Cour à cheval , & fuivie de
plufieurs caroffes à 8 & à 6 .
Ccij
1
308 MERCURE
chevaux. Celuy de Madame
la Princeſſe de Conty fille du
Roy , de Monfieur le Cardinal
de Rohan, & de Monfieur
le Nonce étoient du nombre.
Ily eût auſſi peſche des Cormorans
; & au retour de la
promenade , S. M. apprit à
M. le Duc de Villeroy qu'elle
avoit donné la placede Préſident
du Conſeil des Finances
à M. le Maréchal de Villeroy
fon pere. Lemeſme jourMonfieur
le Duc d'Orleans arriva
à cinqheures de Paris ,&foupa
avecle Roy qui a toûjours
à ſa droite Madame la Dus
GALANT. 309
cheſſe de Berry , à la gauche
Madame. Monfieur le Duc
d'Orleans à coſté de Madame
la Ducheffe de Berry , & Madame
la Duchefle d'Orleans à
coſté de Madame .
Le Lundy troifiéme , il
y eut Conſeil d'Etat , & on
vit ce jour- là tous les Princes
& Seigneurs de la Cour en
habit du Cerf , ainſi que les
Princeſſes , & Dames veſtuës
en Amazones. S. M. alla
l'apreſdînée à la chaſſe du
Cerf , d'où Elle revint fort
tard ,parce qu'on en courut
deux ; M. l'Ambaſſadeur de
310 MERCURE
Sicile , M. le Nonce , M. le
Cardinal de Rohan y allerent
auffi. M. le Cardinal del Giudice
arriva ce ſoir de Paris.
Le Mardy quatriéme il y
cut Conſeil des Finances. Les
neveux de feu M. le Duc
d'Hamilton furent preſentez
au Roy & à Madame la Ducheffe
de Berry pendant ſa
toilette. Le Roy augmenta ce
jour-là les Gardes du Corps
de cette Princeffe de douze :
cette troupe eſt une des plus
belles qu'on puiſſe voir. Ils
font veſtus de drap noir avec
des Brandebourgs d'un galon
GALANT . 311
velouté , & une Bandoliere
brodée d'argent avec unCeinturon
couvert d'un galon
d'argent , ce qui fait untrésbel
effet. Le Cardinal del Giudice
qui avoit receu ordre du
Roy fon Maiſtre de retourner
en Eſpagne , cûr une longue
conference avec le Roy dans
le cabinet ; enſuite il y eût
Conſeil des Finances. Le Roy
alla tirer l'apreſdinée : ce foirlà
au ſoupé du Roy il y cût
les 24. violons,qui joints avec
les baffes de viole , les hautsbois
, flutes douces , & baffons
firentune tres-belle fym
4
312 MERCURE
phonie à cauſe de la veille de
la naiſſance de S. M. M. le
Cardinal delGiudice s'y trouva
, qui voulut embraſſer les
genoux du Roy , lorſqu'il ſe
leva de table ; mais S. M. le
releva , & l'embraſſa. Cette
Eminence étoit allée prendre
congé deMadame la Duchefſe
de Berry , & de Madame
L'apreſdinée , devant partir le
lendemain matin en chaiſe de
poſte pour Madrid.
Le Mercredy 5. il y cut
Conſeil d'Etat , & l'apreſdinée
promenade Royale le long
du Canal. Monfieur le Duc
d'Orleans
GALANT. 313
d'Orleans étoit à cheval àcôté
de la caléche du Roy , ainſi
que tous les Seigneurs de la
Cour. Il y cut grand nombre
de Caroſſes à 8. & à 6. chevaux
tant des Princeſſes que
des Dames de la Cour. Les
Gondoles monterent & defcendirent
ſur le Canal au lieu
ordinaire, & il y eut une tresbelle
pêche des Cormorans.
Le Jeudy fixiéme il y eut
Conſeil d'Etat, & l'apreſdinée
Sa Majeſté alla à la chaſſe du
Cerf , Madame , Monfieur le
Ducd'Orleans, Mademoiselle
de Charollois , Madame la
Septembre 1714. Dd
314 MERCURE
Marquise de Maillebois curent
place dans le Caroffe du
Roy. Madame la Ducheſſe de
Berry alla auſſi ce jour là ſe,
promener dans la Foreft , elle,
fit entrer dans ſon, Caroffe
Mesdames les Marquiſes de,
Mouchi , de Parabere , & de
Pons; elle étoit eſcortée de
ſes Gardes du Corps. Cette
Princeſſe n'aſſiſte àaucun ſpectacle
public à cauſe du duëil.
Le Vendredy ſeptiéme il y
cut Conſeil de confcience. Le
même jour M. le Nonce ,
&Meffieurs les Ambaſſadeurs
de Sicile&d'Hollande allerent
)
GALANT 3
àla toilette de Madame la
Ducheſſe de Berry , où le cercle
fut tres beau. L'apreſdinéc
Sa Majeſté alla tirer, & il y cut
chaffe du Cerfavec l'équipage
de Mr le Ducd'Enguien.
Le Samedy huitième jourde
laNativité de laVierge ,Monfieur
l'Ambaſladeur d'Hollande
, & Mademoiselle ſa
fille allerent à la toilette de
Madame la Ducheſſe deBerry.
Monfieur le Marquis de la
Vrilliere , & Monfieur le
Comte de Pontchartrain y
allerent auſſi faire leur cour.
A 2. heures & demie le Roy
Ddij
316 MERCURE
ſe rendit à la Tribune de la
Chapelle, accompagné de
Madame la Ducheſſe de
Berry , de Madame , & de
Monfieur le Duc d'Orleans
pour y entendre les Veſpres
qui furent chantées par la
muſique. Le Roy s'affit fur un
fauteüil . Madame la Ducheſſe
de Berry étoit aſſiſe auprés de
S. M. enſuite Madame &
Monfieur le Duc d'Orleans
eſtoient de l'autre coſté. Voicy
le nom de ceux qui eurent
l'honneur d'y ettre affis . Sur la
droite du Roy eſtoient affis
M. le Cardinal de Rohan ,
GALANT. 317
Grand Aumônier , M. l'Abbé
deChoiſeul , M. l'Abbé d'Entragues
Aumôniers du Roy ,
& le R. P. le Tellier. Sur la
gauche étoient affis M. l'Abbé
de Caſtres , M. l'Abbé de
Rouget , & M. l'Abbé Davejan
, Aumôniers de Madame
la Ducheſſe deBerry . M. l'Abbé
de Magnas , M. l'Abbé de
Verthamont , Aumôniers de
Madame y estoient de même
que M. l'Abbé Malet Aumônier
de Monfieur le Duc d'Orleans.
Derriere le fauteüil du
Roy eſtoit affis M. le Duc de
Villeroy , Capitaine desGar-
Dd iij
318 MERCURE
des. Derriere Madame la Du
cheffe de Berry , M. le Marquis
de Coetenfo fonChevalier
d'honneur, Madame la
Ducheffe de S. Simon ſa Damed'honneur
, & Madamela
Marquiſe de la Vieuville ſa
Dame d'atours. Derriere Madame
eſtoit affiſe Madame de
Châteautieri ; & derriereMonfieur
le Duc d'Orleans , M.le
Marquis d'Estampes ſon Capitaine
des Gardes. Madame
la Ducheſſe , Madame la Princeſſe
de Conty , & Mademoiſelle
de Charollois estoient
dans une des niches. Le mê
GALANT. 319
me jour S. M. entendit le Salut
à fix heures du foir.
Le Dimanche neuviéme il
y eut Conſeil d'Etat. Mrdame
l'Ambaſſadrice d'Hollande
, &Mademoiselle la fille
allerent à la toilette de Madame
la Ducheffe de Berry
où le cercle étoit rempli des
plus grands Seigneurs & Dames
de la Cour. Il y eut ce
jour-là promenade Royale ; 11
y avoit plus de 100. carofles
à8. ou à 6 chevaux . Ceux de
Madame la Princeffe de Conti
fille du Roy , de Monfieur le
Nonce , de Monfieur le Car
Ddij
320 MERCURE
dinal de Rohan ; ceux de
M. l'Ambaſſadeur d'Hollande,
dans l'un deſquels il étoit
avec Madame l'Ambaſſadrice,
&Mademoiselle ſa fille aînée,
&dans l'autre le reſte de ſa famille.
Celuy de l'Ambaſſadeur
de Sicile. Il y avoit un
nombre infini d'étrangers qui
conviennent qu'on ne voit
rien dans l'Europe de plus
beau: en effet , rien n'eſt plus
grand que de voirde deſſus le
Tibre , le Roy deſcendre le
long du Canal avec toute ſa
Cour. Il n'eſt point de plus
beau coup d'oeil que cette va
GALANT. 321
rieté : d'un coſté ſur leCanal
quatre Gondoles dorées qui
voltigent ; &de l'autre cemélange
de Seigneurs à cheval ,
de caroffes ,& de peuple. L'Electeur
deBaviere arriva à neuf
heures du foir.
Le Lundy dix l'Electeur en
tendit la Meſſe du Roy ; il y
cut ce matin Conſeil des Depêches
, & l'apreſdinée pour
la premiere fois Conſeil des
Parties. S. M. alla aprés le diné
à la chaſſe du Cerf. Tous
les Princes & Seigneurs portoient
l'habit du Cerf , de
même que les Princeſſes , &
{
322 MERCURE
Jes Dames veltoes en Amazo
nes ,& à cheval. L'Electeur ,
M. le Prince Ragorza , M. Ic
Nonce , Mile Cardinal deRo
han , de même que tous les
Ambaſfadeurs y allerent auffi
avec un nombre infini d'é
trangers : il y avoit plus de
1000. chevaux , dont il yen
avoit 200. de main qui ſont
au Roy , que des Palefreniers
menoient , qui étoient couverrs
de caparaffons toutbro
dez d'or ; il y avoit auffi plus
dedeux cent caroffes ou caléches.
Le Mardy onze il y eut
GALANT. 323
Conſeil des Finances aprés la
Meffe du Roy , & l'apreſdinéc
Confeil d'Etat Les Princesa
lerent avec pluſieurs Seigneurs
à la challe du Sangher.
Le Mercredy douze M. le
Marquis du Luc , fils deM. le
Comte da Luc , Ambaffadeur
en Sulfe , arriva à huit heures
du matin de Bade , & porta la
nouvelle de la ſignature de la
Paix generale. Ce Seigneur ,
aprés le levé du Roy , fut preſenté
par M. le Marquis de
Torcy , & entra avec S. M.
dans le cabinet ; il y eut enfuite
Confeil d'Etat : le même
324 MERCURE
jour M. leDuc d Enguien alla
avec pluſieurs Seigneurs à la
chaffe du Cerf, &le Roy alla
tirer l'apreſdinée.
L'e Jeudy treize on chanta
à la Meſſe du Roy un motet
de la compofition de M. Dus
buiffon , il y cut Conſeil d'E.
tat, & fymphonie audiné du
Roy , qui alla immediatement
aprés à la chaſſe du Cerf:Madame,
Monſicur le Ducd'Orleans
, Mademoiselle de Charollois
, Meſdames de Maillebois
, de Rupelmonde , & de
S. Germain étoient dans le caroſſe
de S. M. Tous les PrinGALANT.
325
ces ,& Seigneurs de la Cour
yallerent auſſi ; les Princeſſes
&Dames veſtuës en Amazones
à cheval , & celles qui
étoient en caléches en Siamoiſes
. L'Electeur, M. le Cardinal
de Rohan , M. le Prince
Ragotzi , M le Nonce , tous
les Ambaffadeurs & Envoyez
eſtoient du nombre. Ily avoit
plus de 1000. chevaux , fans
compter les caroffes, caléches,
brelines , phaëtons , & guinguettes
ou chaiſes, qui étoient
toutes d'une tres - grande
beauté. Il yavoit plus de 300.
chevaux de main du Royavec
326 MERCURE
des caparallons tout brodez
d'or. On prit deux Cerfs . Au
retour on fit la curée à huit
heures & demic devant S. M.
pendant que 60. ou 80. cors
ſonnoient ,&que 180 chiens
eſtoient aprés le Cerf qu'on
avoit coupé en morceaux ,
tout cela à la lueur de 100.
lambeaux portez par des Palefteniers
qui bordoient toute
l'allée Royale.
Le Vendredy quatorze il y
eur Conſeil de Conſcience.
M. le Cardinal de Rohan
M le Prince de Rohan , M.
le Prince d'Eſpinoy , & M. le
GALANT. 327
Prince de Soubite allerent àla
toilette de Madame la Duchefle
de Berry luy preſenter
àfigner le Contrat de Mariage
de M. le Prince de Soubiſe
avecMademoiselle d' Elpinoy,
que cette Princeffe figna :M..
le Duc deEnguien alla cejourlà
àla chaſſe du Sanglier ; &
on en prit deux ; le Roy alla
tirer l'apreſdinée..
Le Samedy dix huit il y
cut Conſeil des Finances ,M.
le Duc & M. le Comte de
Toulouſe allerent à la chaffe
du Cerf L' preſdinée S. M.
travailla avec M. Voiſin.
4
328 MERCURE
Le Dimanche ſeize ily eut
Conſeil d'Etat. M. le Cardinal
de Polignac , M. l'Archevêque
de Lyon , M. le Duc
de la Tremoille , M. l'Am-
-baſſadeur de Malthe , allerent,
à la toilettede Madame la Du
cheffe de Berry , où le cercle
des Dames fut des plus brillans
: il y eut Conſeil d'Etat
l'apreſdinée.
Le Lundy dix- ſeptiéme le
Roy prit medecine. M. le
Duc d'Enguien alla à la chaſſe
du Sanglier , il en prit deux ,
il y eut ce jour là Conſeil des
Parties le matin ; & l'aprefdinée
,
GALANC. 329
dinée Conſeil d Etat .
Le Mardy dix huitiéme il
y cut Conſeil des Finances ;
& l'apreſdinée chaſſe du
Cerf. Tous les Princes , Princeffes
, l'Electeur , les Ambaſſadeurs
y allerent auffi ; & au
retour on fit la curée en preſence
du Roy , de l'Electeur ,
de M. le Duc d'Enguien , de
M. le Comte de Charollois ,&
de tous les Seigneurs de la
Cour.
Le Mercredy dix- neuviéme
on chanta à la Meſſe du Roy
un Motetde la compofition
deM. la Loüette : ily eutCon-
Septembre 1714, Ec
330 MERCURE
feil d'Etat , & M. le Maréchal
de Villeroy y entra pour la
premiere fois en qualité de
Miniſtre. Le Roy alla tirer
l'apreſdinée , & à ſon déboté
M. le Maréchal de Villars
arriva de Bade , à qui S. M.
demanda ;fitout estoit fini , oüy
Sire , répondit ce Maréchal
laPaix Generale eft fignée ;
le Prince Eugene m'a aſſuré
qu'Elle feroit durable.
Le Jeudy vingtiéme ily cut
Confeil d'Etat, une tres belle
ſymphonie au dîné du Roy ,
qui alla à la chaſſe du Cerf
demême que l'Electeur , tous
2
2
7
GALANT. 331
lesPrinces,Seigneurs &Dames
de la Cour.
On joue un tres-gros jeu
tous les jours chez l'Electeur .
de ce qui s'est passé àFontaibleau
juſques au 21. Sep.
tembre 1714.
Le Roy partit le 29. Aouſt
de Verſailles pour aller coucher
à Petitbourg. Madame
la Ducheſſe de Berry eſtoit à
ſon côté dans le fonds du
caroſſe. Madame la Ducheſſe ,
& Madame la Princeſſe de
Conti eſtoient ſur le devant.
Je ne feray pas le détail de
Petitbourg ,
GALANT. 305
Petitbourg , ni de la grande
chere que Monfieur le Duc
d'Antin fit au Roy , & à toute
la Cour. Ce Seigneur a
toûjours fait de même lorf
que Sa Majeſté luy a fait l'honneur
d'y aller coucher. Le Roy
partit le 30. aprés avoir entendu
la Meffe , & avoir diné.
Sa Majesté fut eſcortée pendant
le voyage , par les Gardes
du Corps , les Gendarmes
, les Mouſquetaires ,&
Chevaux - Legers , juſqu'à
Fontainebleau , où S. M. arriva
le 30. à cinq heures du ſoir.
Le Vendredy 31. le Roy
Septembre 1714. Cc
306 MERCURE
alla à la chaffe du Cerf. Tous
les Seigneurs , & Dames de la
Cour portoient l'habit du
Cerf. Les Dames veſtuës en
Amazones à cheval ,& celles
qui estoient en caléche , habil-
Jées en Siamoiſes. S. M.revint
debonneheure , & prit ,
aprés avoir changé de linge
une cariole pour aller viſiter
les réparations.
Le Samedy premier Septembre
, il y eut aprés la Mefſe
Conſeil de confcience ,
où le R. P. le Tellier aſſiſta
ſeul , & l'apreſdinée S. M
alla tirer. Ce même jour on
C
GALANT. 307
apprit la mort du Duc de
Beauvillier.
Le Dimanche 2. il y cût
Conſeil d'Etat , l'apreſdinée
promenade Royale le long du
Canal , fur lequel on voyoit
quatre Gondoles ſculptées&
dorées que des Matelots vef
tus de damas bleu , garni de
galons ,& franges d'or , faifoient
monter & deſcendre ,
à meſure que la caléche du
Roy montoit & defcendoit :
cette caléche eſtoit entourée
de tous les Seigneurs de la
Cour à cheval , & fuivie de
plufieurs caroffes à 8 & à 6 .
Ccij
1
308 MERCURE
chevaux. Celuy de Madame
la Princeſſe de Conty fille du
Roy , de Monfieur le Cardinal
de Rohan, & de Monfieur
le Nonce étoient du nombre.
Ily eût auſſi peſche des Cormorans
; & au retour de la
promenade , S. M. apprit à
M. le Duc de Villeroy qu'elle
avoit donné la placede Préſident
du Conſeil des Finances
à M. le Maréchal de Villeroy
fon pere. Lemeſme jourMonfieur
le Duc d'Orleans arriva
à cinqheures de Paris ,&foupa
avecle Roy qui a toûjours
à ſa droite Madame la Dus
GALANT. 309
cheſſe de Berry , à la gauche
Madame. Monfieur le Duc
d'Orleans à coſté de Madame
la Ducheffe de Berry , & Madame
la Duchefle d'Orleans à
coſté de Madame .
Le Lundy troifiéme , il
y eut Conſeil d'Etat , & on
vit ce jour- là tous les Princes
& Seigneurs de la Cour en
habit du Cerf , ainſi que les
Princeſſes , & Dames veſtuës
en Amazones. S. M. alla
l'apreſdînée à la chaſſe du
Cerf , d'où Elle revint fort
tard ,parce qu'on en courut
deux ; M. l'Ambaſſadeur de
310 MERCURE
Sicile , M. le Nonce , M. le
Cardinal de Rohan y allerent
auffi. M. le Cardinal del Giudice
arriva ce ſoir de Paris.
Le Mardy quatriéme il y
cut Conſeil des Finances. Les
neveux de feu M. le Duc
d'Hamilton furent preſentez
au Roy & à Madame la Ducheffe
de Berry pendant ſa
toilette. Le Roy augmenta ce
jour-là les Gardes du Corps
de cette Princeffe de douze :
cette troupe eſt une des plus
belles qu'on puiſſe voir. Ils
font veſtus de drap noir avec
des Brandebourgs d'un galon
GALANT . 311
velouté , & une Bandoliere
brodée d'argent avec unCeinturon
couvert d'un galon
d'argent , ce qui fait untrésbel
effet. Le Cardinal del Giudice
qui avoit receu ordre du
Roy fon Maiſtre de retourner
en Eſpagne , cûr une longue
conference avec le Roy dans
le cabinet ; enſuite il y eût
Conſeil des Finances. Le Roy
alla tirer l'apreſdinée : ce foirlà
au ſoupé du Roy il y cût
les 24. violons,qui joints avec
les baffes de viole , les hautsbois
, flutes douces , & baffons
firentune tres-belle fym
4
312 MERCURE
phonie à cauſe de la veille de
la naiſſance de S. M. M. le
Cardinal delGiudice s'y trouva
, qui voulut embraſſer les
genoux du Roy , lorſqu'il ſe
leva de table ; mais S. M. le
releva , & l'embraſſa. Cette
Eminence étoit allée prendre
congé deMadame la Duchefſe
de Berry , & de Madame
L'apreſdinée , devant partir le
lendemain matin en chaiſe de
poſte pour Madrid.
Le Mercredy 5. il y cut
Conſeil d'Etat , & l'apreſdinée
promenade Royale le long
du Canal. Monfieur le Duc
d'Orleans
GALANT. 313
d'Orleans étoit à cheval àcôté
de la caléche du Roy , ainſi
que tous les Seigneurs de la
Cour. Il y cut grand nombre
de Caroſſes à 8. & à 6. chevaux
tant des Princeſſes que
des Dames de la Cour. Les
Gondoles monterent & defcendirent
ſur le Canal au lieu
ordinaire, & il y eut une tresbelle
pêche des Cormorans.
Le Jeudy fixiéme il y eut
Conſeil d'Etat, & l'apreſdinée
Sa Majeſté alla à la chaſſe du
Cerf , Madame , Monfieur le
Ducd'Orleans, Mademoiselle
de Charollois , Madame la
Septembre 1714. Dd
314 MERCURE
Marquise de Maillebois curent
place dans le Caroffe du
Roy. Madame la Ducheſſe de
Berry alla auſſi ce jour là ſe,
promener dans la Foreft , elle,
fit entrer dans ſon, Caroffe
Mesdames les Marquiſes de,
Mouchi , de Parabere , & de
Pons; elle étoit eſcortée de
ſes Gardes du Corps. Cette
Princeſſe n'aſſiſte àaucun ſpectacle
public à cauſe du duëil.
Le Vendredy ſeptiéme il y
cut Conſeil de confcience. Le
même jour M. le Nonce ,
&Meffieurs les Ambaſſadeurs
de Sicile&d'Hollande allerent
)
GALANT 3
àla toilette de Madame la
Ducheſſe de Berry , où le cercle
fut tres beau. L'apreſdinéc
Sa Majeſté alla tirer, & il y cut
chaffe du Cerfavec l'équipage
de Mr le Ducd'Enguien.
Le Samedy huitième jourde
laNativité de laVierge ,Monfieur
l'Ambaſladeur d'Hollande
, & Mademoiselle ſa
fille allerent à la toilette de
Madame la Ducheſſe deBerry.
Monfieur le Marquis de la
Vrilliere , & Monfieur le
Comte de Pontchartrain y
allerent auſſi faire leur cour.
A 2. heures & demie le Roy
Ddij
316 MERCURE
ſe rendit à la Tribune de la
Chapelle, accompagné de
Madame la Ducheſſe de
Berry , de Madame , & de
Monfieur le Duc d'Orleans
pour y entendre les Veſpres
qui furent chantées par la
muſique. Le Roy s'affit fur un
fauteüil . Madame la Ducheſſe
de Berry étoit aſſiſe auprés de
S. M. enſuite Madame &
Monfieur le Duc d'Orleans
eſtoient de l'autre coſté. Voicy
le nom de ceux qui eurent
l'honneur d'y ettre affis . Sur la
droite du Roy eſtoient affis
M. le Cardinal de Rohan ,
GALANT. 317
Grand Aumônier , M. l'Abbé
deChoiſeul , M. l'Abbé d'Entragues
Aumôniers du Roy ,
& le R. P. le Tellier. Sur la
gauche étoient affis M. l'Abbé
de Caſtres , M. l'Abbé de
Rouget , & M. l'Abbé Davejan
, Aumôniers de Madame
la Ducheſſe deBerry . M. l'Abbé
de Magnas , M. l'Abbé de
Verthamont , Aumôniers de
Madame y estoient de même
que M. l'Abbé Malet Aumônier
de Monfieur le Duc d'Orleans.
Derriere le fauteüil du
Roy eſtoit affis M. le Duc de
Villeroy , Capitaine desGar-
Dd iij
318 MERCURE
des. Derriere Madame la Du
cheffe de Berry , M. le Marquis
de Coetenfo fonChevalier
d'honneur, Madame la
Ducheffe de S. Simon ſa Damed'honneur
, & Madamela
Marquiſe de la Vieuville ſa
Dame d'atours. Derriere Madame
eſtoit affiſe Madame de
Châteautieri ; & derriereMonfieur
le Duc d'Orleans , M.le
Marquis d'Estampes ſon Capitaine
des Gardes. Madame
la Ducheſſe , Madame la Princeſſe
de Conty , & Mademoiſelle
de Charollois estoient
dans une des niches. Le mê
GALANT. 319
me jour S. M. entendit le Salut
à fix heures du foir.
Le Dimanche neuviéme il
y eut Conſeil d'Etat. Mrdame
l'Ambaſſadrice d'Hollande
, &Mademoiselle la fille
allerent à la toilette de Madame
la Ducheffe de Berry
où le cercle étoit rempli des
plus grands Seigneurs & Dames
de la Cour. Il y eut ce
jour-là promenade Royale ; 11
y avoit plus de 100. carofles
à8. ou à 6 chevaux . Ceux de
Madame la Princeffe de Conti
fille du Roy , de Monfieur le
Nonce , de Monfieur le Car
Ddij
320 MERCURE
dinal de Rohan ; ceux de
M. l'Ambaſſadeur d'Hollande,
dans l'un deſquels il étoit
avec Madame l'Ambaſſadrice,
&Mademoiselle ſa fille aînée,
&dans l'autre le reſte de ſa famille.
Celuy de l'Ambaſſadeur
de Sicile. Il y avoit un
nombre infini d'étrangers qui
conviennent qu'on ne voit
rien dans l'Europe de plus
beau: en effet , rien n'eſt plus
grand que de voirde deſſus le
Tibre , le Roy deſcendre le
long du Canal avec toute ſa
Cour. Il n'eſt point de plus
beau coup d'oeil que cette va
GALANT. 321
rieté : d'un coſté ſur leCanal
quatre Gondoles dorées qui
voltigent ; &de l'autre cemélange
de Seigneurs à cheval ,
de caroffes ,& de peuple. L'Electeur
deBaviere arriva à neuf
heures du foir.
Le Lundy dix l'Electeur en
tendit la Meſſe du Roy ; il y
cut ce matin Conſeil des Depêches
, & l'apreſdinée pour
la premiere fois Conſeil des
Parties. S. M. alla aprés le diné
à la chaſſe du Cerf. Tous
les Princes & Seigneurs portoient
l'habit du Cerf , de
même que les Princeſſes , &
{
322 MERCURE
Jes Dames veltoes en Amazo
nes ,& à cheval. L'Electeur ,
M. le Prince Ragorza , M. Ic
Nonce , Mile Cardinal deRo
han , de même que tous les
Ambaſfadeurs y allerent auffi
avec un nombre infini d'é
trangers : il y avoit plus de
1000. chevaux , dont il yen
avoit 200. de main qui ſont
au Roy , que des Palefreniers
menoient , qui étoient couverrs
de caparaffons toutbro
dez d'or ; il y avoit auffi plus
dedeux cent caroffes ou caléches.
Le Mardy onze il y eut
GALANT. 323
Conſeil des Finances aprés la
Meffe du Roy , & l'apreſdinéc
Confeil d'Etat Les Princesa
lerent avec pluſieurs Seigneurs
à la challe du Sangher.
Le Mercredy douze M. le
Marquis du Luc , fils deM. le
Comte da Luc , Ambaffadeur
en Sulfe , arriva à huit heures
du matin de Bade , & porta la
nouvelle de la ſignature de la
Paix generale. Ce Seigneur ,
aprés le levé du Roy , fut preſenté
par M. le Marquis de
Torcy , & entra avec S. M.
dans le cabinet ; il y eut enfuite
Confeil d'Etat : le même
324 MERCURE
jour M. leDuc d Enguien alla
avec pluſieurs Seigneurs à la
chaffe du Cerf, &le Roy alla
tirer l'apreſdinée.
L'e Jeudy treize on chanta
à la Meſſe du Roy un motet
de la compofition de M. Dus
buiffon , il y cut Conſeil d'E.
tat, & fymphonie audiné du
Roy , qui alla immediatement
aprés à la chaſſe du Cerf:Madame,
Monſicur le Ducd'Orleans
, Mademoiselle de Charollois
, Meſdames de Maillebois
, de Rupelmonde , & de
S. Germain étoient dans le caroſſe
de S. M. Tous les PrinGALANT.
325
ces ,& Seigneurs de la Cour
yallerent auſſi ; les Princeſſes
&Dames veſtuës en Amazones
à cheval , & celles qui
étoient en caléches en Siamoiſes
. L'Electeur, M. le Cardinal
de Rohan , M. le Prince
Ragotzi , M le Nonce , tous
les Ambaffadeurs & Envoyez
eſtoient du nombre. Ily avoit
plus de 1000. chevaux , fans
compter les caroffes, caléches,
brelines , phaëtons , & guinguettes
ou chaiſes, qui étoient
toutes d'une tres - grande
beauté. Il yavoit plus de 300.
chevaux de main du Royavec
326 MERCURE
des caparallons tout brodez
d'or. On prit deux Cerfs . Au
retour on fit la curée à huit
heures & demic devant S. M.
pendant que 60. ou 80. cors
ſonnoient ,&que 180 chiens
eſtoient aprés le Cerf qu'on
avoit coupé en morceaux ,
tout cela à la lueur de 100.
lambeaux portez par des Palefteniers
qui bordoient toute
l'allée Royale.
Le Vendredy quatorze il y
eur Conſeil de Conſcience.
M. le Cardinal de Rohan
M le Prince de Rohan , M.
le Prince d'Eſpinoy , & M. le
GALANT. 327
Prince de Soubite allerent àla
toilette de Madame la Duchefle
de Berry luy preſenter
àfigner le Contrat de Mariage
de M. le Prince de Soubiſe
avecMademoiselle d' Elpinoy,
que cette Princeffe figna :M..
le Duc deEnguien alla cejourlà
àla chaſſe du Sanglier ; &
on en prit deux ; le Roy alla
tirer l'apreſdinée..
Le Samedy dix huit il y
cut Conſeil des Finances ,M.
le Duc & M. le Comte de
Toulouſe allerent à la chaffe
du Cerf L' preſdinée S. M.
travailla avec M. Voiſin.
4
328 MERCURE
Le Dimanche ſeize ily eut
Conſeil d'Etat. M. le Cardinal
de Polignac , M. l'Archevêque
de Lyon , M. le Duc
de la Tremoille , M. l'Am-
-baſſadeur de Malthe , allerent,
à la toilettede Madame la Du
cheffe de Berry , où le cercle
des Dames fut des plus brillans
: il y eut Conſeil d'Etat
l'apreſdinée.
Le Lundy dix- ſeptiéme le
Roy prit medecine. M. le
Duc d'Enguien alla à la chaſſe
du Sanglier , il en prit deux ,
il y eut ce jour là Conſeil des
Parties le matin ; & l'aprefdinée
,
GALANC. 329
dinée Conſeil d Etat .
Le Mardy dix huitiéme il
y cut Conſeil des Finances ;
& l'apreſdinée chaſſe du
Cerf. Tous les Princes , Princeffes
, l'Electeur , les Ambaſſadeurs
y allerent auffi ; & au
retour on fit la curée en preſence
du Roy , de l'Electeur ,
de M. le Duc d'Enguien , de
M. le Comte de Charollois ,&
de tous les Seigneurs de la
Cour.
Le Mercredy dix- neuviéme
on chanta à la Meſſe du Roy
un Motetde la compofition
deM. la Loüette : ily eutCon-
Septembre 1714, Ec
330 MERCURE
feil d'Etat , & M. le Maréchal
de Villeroy y entra pour la
premiere fois en qualité de
Miniſtre. Le Roy alla tirer
l'apreſdinée , & à ſon déboté
M. le Maréchal de Villars
arriva de Bade , à qui S. M.
demanda ;fitout estoit fini , oüy
Sire , répondit ce Maréchal
laPaix Generale eft fignée ;
le Prince Eugene m'a aſſuré
qu'Elle feroit durable.
Le Jeudy vingtiéme ily cut
Confeil d'Etat, une tres belle
ſymphonie au dîné du Roy ,
qui alla à la chaſſe du Cerf
demême que l'Electeur , tous
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GALANT. 331
lesPrinces,Seigneurs &Dames
de la Cour.
On joue un tres-gros jeu
tous les jours chez l'Electeur .
Fermer
6
p. 5-12
Description de la Ceremonie du Baptême de l'Infant de Portugal Joseph. [titre d'après la table]
Début :
Je ne vous mene point au Japon, mais en Portugal [...]
Mots clefs :
Portugal, Lisbonne, Baptême, Seigneurs, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description de la Ceremonie du Baptême de l'Infant de Portugal Joseph. [titre d'après la table]
Je ne vous mene
* Plaideurs A iij
6 MERCURE
point au Japon , mais en
Portugal , à Lisbonne , où
je vous ai retenu des places,
pour vous faire voir à vôtre
aiſe la ceremonie du Baptême
de l'Infant de Portugal
Joſeph. Ceux qui n'auront
pas la commodité d'aller
juſques là, en pourront,
fi bon leur ſemble , lire la
relation que je leur donne.
Le 27, du mois d'Août
dernier M. l'Abbé de Mornay,
Ambaſſadeur de Fran .
ce , ſe rendit au Palais à
onze heures aprés midi , où
tous les Seigneurs de la
GALANT. 37
Cour étoient déja. Tout
étant prêt , le Duc de Cadaval
fortit de l'appartement
de l'Infant , le tenant
dans ſes bras , & marchant
fous un dais porté par trois
Marquis & trois Comtes ,
ſçavoir les Marquis d'Alegrete
, de Nice, & de Cafcaes
le fils , & les Comtes
d'Arcos , de Ribeira , & de
Santiago. Devant le dais
l'Ambaſſadeur prit ſaplace,
&marcha. Immediatement
aprés le dais ſuivoit laMarquiſe
de fainte Croix, comime
Gouvernante , & qua .
A iiij
8 MERCURE
tre autres Seigneurs portant
dans de grands baffins
dorez les chofes neceſſaires
pour le Baptême , comme
le cierge , le fel, &c.
Ces Seigneurs étoient le
Duc fils , les Marquis de
Fronteira , & les deux Marquis
de las Minas, leſquels
étoient fuivis de toute la
Nobleſſe titrée & autre , &
de tous les Officiers de la
Maiſon du Roy de Portugal.
Ce cortege étoit precedé
des Herauts d'armes ,
Maſſiers , & d'un nombre
d'Officiers de Juſtice , qui
GALANT.
1
la
ſe mirent en marche de
vant l'Ambaſſadeur , lorf
que le Duc tenant l'Infant
fortit de l'appartement , &
ainſi marcha juſques à la
Chapelle , au milieu de
quelle étoit élevée une ef
trade , où l'on montoit par
trois marches. Sur cette
eſtrade s'élevoient quatre
colomnes , qui portoient
un dais magnifique fait en
forme du Baldachin de S.
Pierre de Rome , d'une
étoffe toute d'or , & brodé
avec des franges fort hautes
& fort épaiſſes. Les co
10 MERCURE
lonnes étoient garnies de
la même étoffe . Deſſous ce
dais étoient les fonts baptiſmaux
: à l'un des côtez il
y avoit un lit pratiqué dans
l'épaiffeur d'une arcade de
I'Eglife , & à l'oppofite un
*buffet garni de quantité de
vales de vermeil doré. Il
ne monta fur cette eſtrade
que l'Ambaſſadeur, le Duc,
# & les quatre Seigneurs qui
portoient les chofes neceffaires
au Baptême. Le Cardinal
, aſſiſté de fix Evêques
, en fit la fonction. Le
Roy , la Reine , l'Infante ,
GALANT. IT
1
:
& ſes deux freres , Don Antonio
& Don Manuel , étoient
à la tribune , d'où ils
voyoient facilement la ceremonie
, les fonts baptifmaux
en étant proche. La
Reine avoit devant elle ſes
deux enfans. La petite Infante
, qui eſt la plus âgée ,
paroît déja grandelette &
fort jolie. La ceremonie finie
, on chanta le Te Deum ,
aprés quoy tout le cortege
reprit la marche en même
ordre juſqu'à l'appartement
de l'Infant.
Le ſoir il y eut des illu
12 MERCURE
minations , & les tours &
les vaiſſeaux firent trois décharges
d'artillerie. Il y
avoit dans la place du Palais
de la cavalerie & de
l'infanterie ſous les armes ,
mais en petit nombre , par
rapportàla ta la ppeettiitteelſlſedu lieu,
qui eſt occupé par les échafauts
pour la fête des taureaux
, qui commencera
demain.
* Plaideurs A iij
6 MERCURE
point au Japon , mais en
Portugal , à Lisbonne , où
je vous ai retenu des places,
pour vous faire voir à vôtre
aiſe la ceremonie du Baptême
de l'Infant de Portugal
Joſeph. Ceux qui n'auront
pas la commodité d'aller
juſques là, en pourront,
fi bon leur ſemble , lire la
relation que je leur donne.
Le 27, du mois d'Août
dernier M. l'Abbé de Mornay,
Ambaſſadeur de Fran .
ce , ſe rendit au Palais à
onze heures aprés midi , où
tous les Seigneurs de la
GALANT. 37
Cour étoient déja. Tout
étant prêt , le Duc de Cadaval
fortit de l'appartement
de l'Infant , le tenant
dans ſes bras , & marchant
fous un dais porté par trois
Marquis & trois Comtes ,
ſçavoir les Marquis d'Alegrete
, de Nice, & de Cafcaes
le fils , & les Comtes
d'Arcos , de Ribeira , & de
Santiago. Devant le dais
l'Ambaſſadeur prit ſaplace,
&marcha. Immediatement
aprés le dais ſuivoit laMarquiſe
de fainte Croix, comime
Gouvernante , & qua .
A iiij
8 MERCURE
tre autres Seigneurs portant
dans de grands baffins
dorez les chofes neceſſaires
pour le Baptême , comme
le cierge , le fel, &c.
Ces Seigneurs étoient le
Duc fils , les Marquis de
Fronteira , & les deux Marquis
de las Minas, leſquels
étoient fuivis de toute la
Nobleſſe titrée & autre , &
de tous les Officiers de la
Maiſon du Roy de Portugal.
Ce cortege étoit precedé
des Herauts d'armes ,
Maſſiers , & d'un nombre
d'Officiers de Juſtice , qui
GALANT.
1
la
ſe mirent en marche de
vant l'Ambaſſadeur , lorf
que le Duc tenant l'Infant
fortit de l'appartement , &
ainſi marcha juſques à la
Chapelle , au milieu de
quelle étoit élevée une ef
trade , où l'on montoit par
trois marches. Sur cette
eſtrade s'élevoient quatre
colomnes , qui portoient
un dais magnifique fait en
forme du Baldachin de S.
Pierre de Rome , d'une
étoffe toute d'or , & brodé
avec des franges fort hautes
& fort épaiſſes. Les co
10 MERCURE
lonnes étoient garnies de
la même étoffe . Deſſous ce
dais étoient les fonts baptiſmaux
: à l'un des côtez il
y avoit un lit pratiqué dans
l'épaiffeur d'une arcade de
I'Eglife , & à l'oppofite un
*buffet garni de quantité de
vales de vermeil doré. Il
ne monta fur cette eſtrade
que l'Ambaſſadeur, le Duc,
# & les quatre Seigneurs qui
portoient les chofes neceffaires
au Baptême. Le Cardinal
, aſſiſté de fix Evêques
, en fit la fonction. Le
Roy , la Reine , l'Infante ,
GALANT. IT
1
:
& ſes deux freres , Don Antonio
& Don Manuel , étoient
à la tribune , d'où ils
voyoient facilement la ceremonie
, les fonts baptifmaux
en étant proche. La
Reine avoit devant elle ſes
deux enfans. La petite Infante
, qui eſt la plus âgée ,
paroît déja grandelette &
fort jolie. La ceremonie finie
, on chanta le Te Deum ,
aprés quoy tout le cortege
reprit la marche en même
ordre juſqu'à l'appartement
de l'Infant.
Le ſoir il y eut des illu
12 MERCURE
minations , & les tours &
les vaiſſeaux firent trois décharges
d'artillerie. Il y
avoit dans la place du Palais
de la cavalerie & de
l'infanterie ſous les armes ,
mais en petit nombre , par
rapportàla ta la ppeettiitteelſlſedu lieu,
qui eſt occupé par les échafauts
pour la fête des taureaux
, qui commencera
demain.
Fermer
7
p. 302-342
SUITE DU JOURNAL de ce qui s'est passé à Fontainebleau.
Début :
Le Jeudy 20. Septembre on chanta un Motet de la [...]
Mots clefs :
Fontainebleau, Princes, Seigneurs, Dames, Princesses, Duchesse, Électeur, Promenade, Cerf, Calèche, Chasse, Calèches, Conseil, Comte, Sanglier, Promenade royale, Trompettes, Cour, Roi, Spectacle
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texteReconnaissance textuelle : SUITE DU JOURNAL de ce qui s'est passé à Fontainebleau.
SUITE DU JOURNAL
de ce qui s'est paffé à Fontainebleau.
Le Jeudy 20. Septembre
on chanta un Motet de la
GALANT. 303
compoſition de M. Lalouëtte ;
ily cut Confeil d'Etat , l'aprefdinée
chaſſe du Cerf, où tous
les Princes , Princeſſes , Scigneurs
,& Dames de la Cour
allerent de même que l'Electeur
,& le Prince Ragotzi ;
au retour de la chaſſe M. le
Ducde Mortemar arriva de
Barcelone qui porta la nouvelle
qu'on avoit attaqué la Place
par ſept endroits , que le
combat avoit commencé à
quatre heures & demie , &
qu'àmidi nous eſtions maiſtres
des deux Baſtions & de la premiere
enceinte ; queles Barce304
MERCURE
i
lenois avoient arboré l'éten
dart blanc , & qu'ils avoient
promis d'envoyer des Orages
à fix heures du ſoir ; qu'il étoit
parti à cette heure là , mais
qu'il ne doutoit pas que la
Place n'eût capitulé , que M.
le Maréchal de Berwickl'avoit
aſſuré qu'il envoyeroit M le
Marquis de Broglio pour porter
les articles de la Capitulation
& le détail de ce qui
s'étoit paflé dans l'ction.
Le Vendredy 21. on chanta
à la Meffe du Roy , un
Moter de la compoſition de
M. de Lalande que El Eteur
entendit ,
:
GALANT. 305
entendit , & qui fut tres- applaudi
; il y eut Conſeil de
Conſcience , le Roy pendant
ſon dîné , fir pluſieurs queftions
à M. le Duc de Mortemar
ſur le Siege de Barcelone ;
Sa Majefte alla enſuite tirer.
Le Samedy 22. il ycutConſeil
des Finances : on courut
le Cerf avec l'équipage de M.
le Duc , & l'apreſdinée il y
eut promenade Royale le
long du Canal . On ne vit
jamais tant de Caroffes., &de
Caléches. Il y en avoit une
ttes-brillante à huit places ,
touredécouverte , où estoient
Octobre 1714. Cc
306 MERCURE
Madamela Duchefle , Madame
la Princeſſe de Conty
Mademoiselle de Charollois ,
& cinq autres Dames ; ily eut
auſſi pêche des Cormorans
avec un concours infini de
monde tant de la Cour que
des Etrangers.
Le Dimanche 23. M. le
Marquis de Broglio arriva de
Catalogne avec_la nouvelle
que Barcelone s'étoit rendu
àdiſcretion avec le Montjouy;
qu'on avoit conſervé la vie
&les biens aux habitans ; il y
cut ce foir-làConſeil d'Etat :
le Roy cut une longue confeGALANT
. 307
rence avec M. Voiſin & M. le
Marquis de Broglio.
Le Lundy 24. ily eut Confeil
des Dépêches le matin ,&
l'apreſdinée Conſeil des Parties
; il y cut auffi chaffe du
Cerf: on vit paſſer devant le
départ du Roy , plus de 300.
chevaux de maindu Roy , fans
compter ceux des Princes :
il yavoit plus de 150. caroffes ,
yavoitplus
caléches , ou brelines . L'Electeur
s'ytrouva de même que
tous les Princes , Princeffes
Seigneurs , & Dames de la
Cour. Ilyavoit pour le moins
1.000. Cavaliers , on courut
د
Ccij
308 MERCURE
deux Cerfs qu'on prit.
Le Mardy 25 on chanta le
Te Deum , en Muſique pendant
la Mefle du Roy , pour
la priſe de Barcelone ; il y cut
Confeil des Finances : on vit
ce jour là quantité de Seigneurs
, & de Dames à la
Toilette de Madame la DOLD
cheſſe de Berry. Il y eut au
diné du Roy une tres belle
Symphonie. M le Duc ,& les
autres Princes allerent à la
chatle du Sangher , on en prit
deux , & S. M. alla tirer; il y
cut le ſoir des feux & des
illuminations au Gouverne.
GALANT. 309.
ment ,l'on tira le Canon , &
quantité de Boëtes; l'aprefdinée
M. le Maréchal de Villars
preſenta au Roy M. le Duc
Daremberg.
: Le Mercredy 26. on chanta
unMotet de la compofition
de M. de Lalande à la
Meſſe du Roy , où l'Electeur
aſſiſta ; il y eut Conſeil d'Etat
&à quatre heuresdu ſoir promenade
Royale le long du
Canal . S. M. y vint dans une
caléche tres - magnifique accompagnée
de tous les Princes
&Seigneurs de la Cour à
cheval. L'Electeur étoit dans
310 MERCURE
une autre caléche découverte
àhuit places avec Madame la
Ducheffe , & fix autresDames.
Madame la Princeſſe deConty
& Mademoiselle de Charollois
, eſtoient auſſi dans une
autre caléche , de même que
1 pluſieurs autres Dames qui
avoient quitté ledeüil ,& qui
menoient elles -mêmes leurs
caléches. On fit pluſieurs fois
le tour duCanal. L'Electeur
Madame la Ducheffe ,& les
autres Dames aprés lepremier
tour defcendirent ,& entrerent
dans une Gondole toute
ſculptée& tapiffée,&couverGALANT.
311
1
te d'un gros damas avec des
franges d'or ; cette Gondole
eſtoit precedée de trois autres
de la même magnificence
fur leſquelles eſtoient les Muficiens
de S. M. avec des vio
lons , baflons , trompettes ,
timballes , & autres inſtrumens
; quand le Choeur de la
Muſique ceffoit de chanter
la Symphonie ſe faifoit entendre
,& quand celle-cy finiſſoit
les trompettes , & timballes
commençoient ; & à meſure
que le Roy , avec ſa Cour ,
montoit & defcendoit , les
Gondoles ſuivoient la caléche
312 MERCURE
du Roy , qui eltoit eſcortée :
de plus de 2 50. caroffes à huit
& à fix chevaux , fans compter
les caléches qui y estoient en
tres grand nombre. Unnombre
infini de peuple qui bordoit
tout le Canal , quoique
tres long , preſentoit à la veuë
du haut de la Caſcade , le
plus beau ſpectacle qu'on y
ait encore veu. Il eſt conſtant
que lesperſonnes qui habitent
la Cour depuis tres- longtemps
, ſoutiennent qu'onn'a
jamais rien veu de ſi magnifique
, auſſi les Etrangers qui y
eſtoient , & qui ont voyagé
dans
GALANT. 315
dans toutes les Cours de
l'Europe , conviennent qu'il
n'ya que la Cour de France
qui puiffe fournir un ſpectacle quip
de cette magnificence. M. lo
*Prince Royal & Electoral de
Saxe arriva ce foir-là.
Le Jeudy 27. ily cut-Confeil
d'Etat , & l'apreſdinée
chaffe du Cerf , l'Electeur y
alla de même que tous les
Princes , Seigneurs , & Dames
de la Cour , il y avoit
plus de 300. chevaux de main
du Roy avec des caparaffons
brodez d'or , on courut deux
Cerfs, le Roy n'en revint qu'à
Octobre 1714. Dd
814 MERCURE
prés de ſept heures. Pendant
le ſoupé M. le Prince Royal
& Electoral de Saxe fils du
Roy dePologne , ſous lenom
deM le Comte de Luface ſe
rendit dans la Chambre du
Roy avec Male Palatin de
Livonie , & pluſieurs autres
Seigneurs Polonois , & Allemans
, il fit fon compliment
à S. M. qui luy répondit tresgracieuſement
; enſuite le
Prince preſenta au Roy tous
des Seigneurs qui l'accompagnoient
, ce fut Madame qui
preſenta au Roy M. leComte
de Luface. C'eſt un Prince
GALANT. 315
dont l'air noble & grand& la
magnificence ſoutiennent parfaitement
l'éclatdu ſang dont
il eſt ſorti.
Vendredy 28. l'Electeur
prit congé du Roy , il y eut
ce ſoir làConſeildeConfcience
, & à midy & demi M. le
Comte de Luſace , accompagné
de M. le Marquis de Torcy,
rendit viſite à Madame la
Ducheſſe de Berry , qu'il complimenta
, il alla auffi chez
Madame , chez M. le Duc
d'Orleans , chez Madame la
Ducheſſe d'Orleans , chez Madame
la Ducheffe , chez tous
L
Ddij
316 MERCURE
Hes Princes , & Princeffes , &
PElecteur de Baviere qui le
retint à diné. Meffieurs les
Princes allerent à la chaffe du
Sanglier ,& le Roy alla tirer.
L'Electeur partieà cinqheures
du foir pour aller coucher à
S.Cloud. ८
"Le Samedy 29. il y eut
Conſeil des Finances , l'aprefdinée
le Roy alla coure le Cerf
avec l'équipage de M. le Duc.
M. leComtede Luface y alla
de même que tous les Princes,
&Princefles , le nombre des
caroffes , caléches , & deschevauxde
mainne futpas moins
ว
GALANT 317
grand que le 28. on courut
deux Cerfs qu'on prit..
Le Dimanche 30. il y cut
Conſeil d'Etat , le Roy alla
tirer l'apreſdinée , & on chanta
aprés les Veſpres le Te
Deum , à la Paroiſſe de Fontainebleau
, au fon des trompettes
, timbales , violons,flutes
douces , & autres inftrumens
, on tira pendant qu'on
le chantoit quantité de Boëtes
pour la priſe de Barcelone,
Le Lundy premier Octobre
il y eut Conſeil des Par
ties , & apreſdinée chaſſe du
Cerf , le Royy alla avec tous
2
*
Dd iij
318 MERCURE
les Princes & Princeſſes ; M. le
Comte de Luface , &M. le
Prince Ragotzi eſtant de la
partie, fanscompter un grand
nombre d'Etrangers de toutes
les Nations , on courut
deux Cerfs qu'on prit.
cuc Le Mardy deux , il y
Conſeil des Finances , M. le
Comte de Luſace ſe trouva
au lever du Roy avec M. le
Palatin de Livonie , & pluſieurs
autres Etrangers , Melfieurs
les Princes allerent à la
chaffe du Cerf, & le Roy alla
tirer l'apreſdinée.
LeMardy 3. il y eut Con
GALANT. 319
ſeil d'Etat , & l'apreſdinéo
promenade Royale , & pêche
des Cormorans , cette promenade
fut tres- magnifique tant
par le nombre des caroffes ,
carioles , caléches , que par
une affluence prodigieuſe de
perſonnes qui estoient venuës
tant de Paris que de la Campagne;
parce qu'on avoit crû
qu'il y auroit Symphonie , & ya
Muſique ſur le Canal en faveur
de M. le Comtede Luface
qui s'y trouva , de même
que M. le Duc Daremberg ,
tous les Princes ,& Princeſſes ,
Meſſieurs les Cardinaux de
Dd iiij
320 MERCURE
Rohan , & de Polignac , M.
le Nonce , tous les Ambaſſadeurs
, & Envoyez des Cours
Etrangeres.
Le Jeudy 4 il y cut Conſeil
d'Etat , & chaſſe duCerf
apreſdinée , Madame la Du
cheſſe qui n'en manque pas.
une , y alla auffi , elle avoit
dans ſa caléche Madame la.
Maréchale de Villars qui va.
preſque toûjours avec cette
Princeffe.
Le Vendredy s.il y eutConſeil
de Conſcience , chaſſe du
Cerf avec l'équipage de M.
le Duc du Maine. Tous les
GALANT. 3210
Princes & Princeſſes , de même
que tous les Seigneurs& Dames
de la Cour y allerent,il y
avoit plus de 1000 perſonnes,
à cheval , tant de la Cour
qu'Etrangers.
Le Samedy 6. il yeutCon
feil de Finances . On fit dans
la Salle des Suiſſes la repetition
pour la feſte du lende..
main ,tant des voix que de la.
ſymphonie pour tout cc.
qu'on devoir chanter. Cette.
Salle , quoyque tres-grande
étoit ſi remplie de monde ود
qu'on n'y pouvoit tenir. Le
Roy alla tirer l'apreſdinée.
322 MERCURE
!
Le Dimanche 7. il y cut
Conſeild'Etat , &à 4 heures
du ſoir S. M. ſe rendit au Ca
nal dans une caléche magnifique
eſcortée de plus de 200.
Seigneurs à cheval , ſuivie de
plus de 200. carofles à 8. ou
à 6. chevaux , de pluſieurs caléches
découvertes remplies
des Dames , parmi leſquelles
on en voyoit une à 8. places **
dans laquelle estoient Madame
la Princeſſe deConty, Ma--
demoiselle deCharollois,Mef
dames les Marquiſes de Rupelmonde
, de Maillebois , de
S. Germain , de Montforeau ,
GALANT. 323
deChampinelle, de Saucourt.
Madame la Ducheffe , & Madame
la Princeffe de Conty
fille du Roy , eſtoient chacune
dans leurs caroſſes avec plu--
fieurs autres Dames. M. le
Comte de Luface étoit arrivé
un peu auparavant , accompagné
de M. le Duc de Noailles
, de M.le Duc d'Aumont ,
de M. le Maréchal d'Eſtrées ,
& de pluſieurs autres Scigneurs.
Toute cette illuftre
Troupe entra dans uneGondole
ſculptée & dorée , couverte
& tapiffée d'un grosdamas
cramoiſi avecdes franges
324 MERCURE
&du galon d'or tout au tour ;
elle eſtoit fuivie d'une autre
de même , mais couverte &
tapiſſée d'un damas cramoifi
à fleurs d'or , les Marelots
étant vêtus d'un gros damas
bleu ,couverts de galons &
brandebourgs àfranges d'or :
àcoſté de ces deux Gondoles
on en voïoit deux autres plus
grandes de la même magnificence
, dans lefquelles étoient
les Muſiciens ; & entre ces
deux là on en avoit attaché
deux autres ſur lesquelles on
avoit dreffe un Amphitheatre
pour les trompettes , hautGALANT.
1325
1
bois , timballes , & autres
inſtruments : à meſure que le
Roy avec ſa Cour montoit &
deſcendoit , les Gondoles en
faifoient de même ſur le Canal
, qui , quoyqu'il ait 600.
toiſes de longueur , étoitbordé
tout au tour d'un nombre
prodigieux de pouple ; les
Equipages y eltoient tres-ma.
gniques , ceux de tous lesPrinces
, Princeſſes , Cardinaux ,
Ambaſſadeurs & Envoïcz y
eſtoient precedez de leurs Pages
à cheval. Celui de Madame
la Maréchale d'Eſtrées y
eſtoit precedé de 4. de ſes Pa326
MERCURE
ges bien montez , de même
que preſque tous ceuxdes autres
Seigneurs & Dames . On
n'avoit encore rien veu de
plus grand à Fontainebleau :
ceux qui eſtoient audeſſus de
la caſcade ne pouvoient ſe
laffer d'admirer ce ſpectacle.
Le Lundy 8. il y cut Conſeil
des Depêches , & aprefdinée
Conſeil des Parties . Le
Royalla l'apreſdinée courre le
Cerf accompagné de tous les
Princes ,Princeffes , Seigneurs
&Dames de la Cour. La chafſe
ne fut pasmoins nombreu
ſe , nimoins belle que les pre
:
GALANT. 327
cedentes . M. le Comte de Luface
en estoit : cette chaffe
donna beaucoup de plaiſir à
tous ceux qui en étoient , le
Cerf s'étant fait lancer jufqu'à
10. ou 12. fois : le Roy
n'en revint qu'à ſept heures.
M. & Madame la Maréchale
d'Eltrées donnerent un ſoupé
magnifique à M. le Comte de
Luſace , à M. le Palatin de Li-
-vonic,& à pluſieurs Seigneurs
&Dames de la Cour; il y eut
pendant tout le ſoupé muſique&
ſymphonie.
Le Mardy 9. il y eut Confeil
des Finances. M. I Envoyé
328 MERCURE
de Parme fit part au Roy da
Mariage de la Princeſſe de
Parme avec le Roy d'Eſpagne,
il alla à midy & demi , chez
Madame la Ducheffe deBerry
qui eſtoit à ſa Toilette , il étoit
conduit par le ſieurde Saintor,
le Cercle estoit tres-nombreux
, & tres- brillant chez
cette Princeſſe , Meſdames les
Princeffes de Lambefc , de
Rohan , de Monaco , Mefdames
les Ducheſſes de S. Simon
, de la Ferté , d'Eſtrées ,
en eſtoient,de même que plufieurs
autres Dames , cer Envoyé
alla enſuite chez Madame
GALANT. 329
د
me Madame la Ducheffe
d'Orleans , &c . Ce jour-là
pendant le diné du Roy le
Trompette Anglois qui s'étoit
fait admirer le jour de la
promenade , ſonna dans l'Antichambre
de S. M. tous les
Muſiciens avouent que c'eſt
le premier homme du monde
pour fonner de laTrompette.
Le Roy alla tirer l'apreſdinée.
Le Mercredy 10. il y cut
Conſeil d'Etat. M. le Duc du
Maine alla àla chafle du Cerf,
il n'y eut pas de promenade
Royale à caule du mauvais
temps.
Octobre 1714. Ec
را
330 MERCURE
1
Le Jeudy It. il y eutConſeil
d'Etat , &l'apreſdinée le Roy
alla à la chaſſe du Cerf , accompagné
de tous les Princes,
& Princeffes , M. le Comte
de Luface y allaavec pluſieurs
Seigneurs Etrangers , on prit
deux Cerfs , ce foir là M. le
Duc d'Orleans donna un retour
de chaſſe tres exquis , où
il pria M. le Comte de Luſace,
&les Seigneurs de ſa ſuite ,
Meſſieurs les Ducs de Lauzun,
d'Aumont , de Fronſacq , M.
le Maréchal d'Eftrées , M. le
Marquis de Torcy , & plu
ſieurs autres Seigneurs.
GALANT. 331
Le Vendredy 12. il y eut
Conſeil de Conſcience
Papreſdinéele Roy alla tirer.
Le foir à onze heures leChevalier
Caiſſan , dont je ne
vous ay pas encore parlé
quoiqu'il ait toûjours eſté le
premier àtoutes les chaffes &
promenades Royales avec ſon
inſtrument fans pareil, monté
fur un trapon , parut dans la
court ovale , couvert de papier
marbré monté ſur une bouri.
que couverte auffi de papier
marbré , qui avoit ſur ſa tête
deux bois de Cerfs bien attachez&
le Chevalier avoit fur
Ecij
332 MERCURE
la fienne un artifice qui joüa ,
ſcoſt que le Roy , & les Princes
parurent aux feneftres du
Cabinet de Sa Majeſté; mais
la bourique au bruit des fuſées
s'enfuit , ce qui fit rire
tout le monde quiy eſtoit venu
en foule pour le voir. M. le
Chevalier Caiſſan ayant pris
grand ſoin d'en inſtruire le
public , l'Histoire de ſa vie
eſt imprimée depuis cette année
à Verſailles ou à Paris.
Le Samedy 13. il y eutConſeil
des Finances. M. le Duc ,
M. le Duc du Maine , & M.
GALANT.333
*
le Comte de Toulouſe allerent
à la chaſſe du Cerf. Le ſoir
aprés le ſoupé , pendant que .
S. M. eſtoit dans ſon Cabinet
avectous les: Princes , &i
Princeſſes , le Trompette Anglois
ſonna dans l'Antichambre
les plus beaux airs du
monde , il y avoit un autre
Trompette au- deſſus de la
Salledes Suiſſes quiluy répondoit
; mais qui ne l'égaloit
pas.
Le Dimanche 14. il y cut
Conſeild'Etat , le même jour
àcinqheures& demie Madame
la Ducheffe de Berry le
334 MERCURE
rendit àla Tribune de la Chapelle
pour y entendre le Salut ,
accompagnée de M. l'Abbé
de Rouget fon Aumônier.
Madame s'y rendit auſſi à la
même heure accompagnéede
M. l'Abbé de Magnas fon
premier Aumônier , & le Roy
vint à prés de 6. heures accompagné
de M. le Cardinal
de Rohan , Grand Aumônier ,
& de M. l'Abbé de Maulevrier
Aumônier auffi Sitoft
que S. M. fut arrivée , on
commença le Salut qui ne finit
qu'à 7 heures.
Le Lundy 15. le Roy prit
GALANT. 335 $
medecine. Il y eut Conſeil des..
Parties . M.leDuc &Meffieurs
les Princes allerent à la chaffe
du Sanglier , Male Comte de
Toulouſe en tua un Madame
la Ducheſſe d'Orleans partic
ce jour-là dans la Litiere du
Roy portée par 4 Mulets
pour aller coucher à Bretigny
&de- là à Paris. On avoitdref
ſéun lit dans cette Litiere , où
elle estoit couchée à cauſe de
fa groffeffe.
LeMardy 16. ily eutConfeil
des Finances , chaffe du
Cert aprefdinée où tous les
Princes & Princeſſes allerent ,
1
336 MERCURE
les Equipages n'eſtoient past
moins brillants qu'aux chaffes
precedentes: M. le Duc
menoit fa caléche , de même
que M. le Prince de Soubize
la fienne,
LeMercredy 17. M. l'Arvêque
de Vienne prêta fera
ment de fidelité pendant la
Meſſe du Roy, entre lesmains
de S. M. l'apreſdinée on tint
leConſeildes Dépêches qu'on
n'avoit pas pû tenir-le Lundy,
parce que leRoy prit Medecine
ce jour- là , Meffieurs les
Princes allerent à la chaſſe du
Sanglier , Male Dúc du Mai
де
GALANT. 337
ne alla court le Cerf.
Le Jeudy 18. il y eut Confeil
d'Erat , & l'apreſdinée
chaſſe du Cerf Tous les Princes
& Princeſſes y accompapagnerent
le Roy , de même
que M. le Comte de Luface ,
tous les Seigneurs & Dames
de la Cour , on en prit deux ,
le Roy revint de bonne heure
, ſuivi de pluſieurs caléches
& des Princeffes , & Dames
vêtuës en Amazones ,& a cheval.
Le Vendredy 19 il y eut
Confeil de Conſcience. M.
Buis Ambaſſadeurd'Hollande
Octobre 1714 . Ff
1
338 MERCURE
alla à la Toilettede Madame
la Ducheſſe deBerry qui fut
tres nombreuſe , le Roy qui
devoit aller tirer l'apreſdinée
n'y alla pas àcauſe du mauvais
temps.
Le Samedy 20. il y eut
Conſeil des Finances , M. le
Duc ,&M. le Comte de Toulouze
, allerent à la chaſſe du
Sanglier ,M. le Duc du Maine
alla courir le Cerf. Il y eut une
tres-belle Symphonie au diné
du Roy aprés lequel S. M. alla
tirer , le même jour le Roy
declara Meſſieurs les Princes
de Soubize , & d'Epinoy 2
GALANT. 339
Ducs & Pairs .
Le Dimanche 21. il y eut
Confeil d'Etat , M. le Maréchal
de Teſſé , le Prince d'Epinoy
, M. le Duc de la Feüillade
, Madame l'Ambaſſadrice
d'Hollande , & pluſieurs autres
Seigneurs &Dames , allerent
à la Toilette de Madame
la Ducheſſe de Berry , le Roy
ne fortit pas ce jour- là
LeLundy 22. il y eutConſeil
d'Etat , l'apreſdinée le
Roy alla à la chaſſe du Cerf ,
accompagné de tous les Princes
,& Princeſſes , M. le Com.
te de Luface y alla de même
Ffij
340 MERCURE
accompagné de plusieurs Seigneurs
Etrangers , les Dames
estoient auffi à cheval vêtuës
en Amazones , on courut
trois Cerfs qu'on prit , M. le
Comte de Ribeira Ambaſſadeur
de Portugal arriva ce
même jour.
Le Mardy 2 3. M le Comte
deRibeira fut preſenté à S. M.
M.leComte de Luface partit
de Fontainebleau pour Paris ,
ily eut Conſeil des Finances ,
&l'apreſdinée le Roy alla ſe
promener dans les Jardins accompagné
de tous les Seigneurs
de la Cour , M. le
ALANT 341
Duc& M. le Duc du Maine
allerent à la chaſſe du Cerf ,
on en a pris pendant que la
Cour a reſtée icy plus de 60.
LeMecredy 24. leRoy partic
de Fontainebleau , ayant dans
Con carofle Madame la Ducheſſe
de Berry , Madame ,
Madame la Ducheffe , & Mademoifelle
de Charollois. S.
M. eſtoit eſcortée par lesGardes
du Corps , les Gendarmes ,
les Chevaux Legers , & les
deux Compagnies de Moufquetaires
pour aller coucher
à Petit-Bourg , où toute la
Courfut traitée magnifique-
Ffiiy
342 MERCURE
ment , on partic le 25. pour
aller coucher à Verſailles , où
l'on arriva de bonne heure.
Fête fur feſte , la Scene de
celle-cy eſt au Château d'Emery.
de ce qui s'est paffé à Fontainebleau.
Le Jeudy 20. Septembre
on chanta un Motet de la
GALANT. 303
compoſition de M. Lalouëtte ;
ily cut Confeil d'Etat , l'aprefdinée
chaſſe du Cerf, où tous
les Princes , Princeſſes , Scigneurs
,& Dames de la Cour
allerent de même que l'Electeur
,& le Prince Ragotzi ;
au retour de la chaſſe M. le
Ducde Mortemar arriva de
Barcelone qui porta la nouvelle
qu'on avoit attaqué la Place
par ſept endroits , que le
combat avoit commencé à
quatre heures & demie , &
qu'àmidi nous eſtions maiſtres
des deux Baſtions & de la premiere
enceinte ; queles Barce304
MERCURE
i
lenois avoient arboré l'éten
dart blanc , & qu'ils avoient
promis d'envoyer des Orages
à fix heures du ſoir ; qu'il étoit
parti à cette heure là , mais
qu'il ne doutoit pas que la
Place n'eût capitulé , que M.
le Maréchal de Berwickl'avoit
aſſuré qu'il envoyeroit M le
Marquis de Broglio pour porter
les articles de la Capitulation
& le détail de ce qui
s'étoit paflé dans l'ction.
Le Vendredy 21. on chanta
à la Meffe du Roy , un
Moter de la compoſition de
M. de Lalande que El Eteur
entendit ,
:
GALANT. 305
entendit , & qui fut tres- applaudi
; il y eut Conſeil de
Conſcience , le Roy pendant
ſon dîné , fir pluſieurs queftions
à M. le Duc de Mortemar
ſur le Siege de Barcelone ;
Sa Majefte alla enſuite tirer.
Le Samedy 22. il ycutConſeil
des Finances : on courut
le Cerf avec l'équipage de M.
le Duc , & l'apreſdinée il y
eut promenade Royale le
long du Canal . On ne vit
jamais tant de Caroffes., &de
Caléches. Il y en avoit une
ttes-brillante à huit places ,
touredécouverte , où estoient
Octobre 1714. Cc
306 MERCURE
Madamela Duchefle , Madame
la Princeſſe de Conty
Mademoiselle de Charollois ,
& cinq autres Dames ; ily eut
auſſi pêche des Cormorans
avec un concours infini de
monde tant de la Cour que
des Etrangers.
Le Dimanche 23. M. le
Marquis de Broglio arriva de
Catalogne avec_la nouvelle
que Barcelone s'étoit rendu
àdiſcretion avec le Montjouy;
qu'on avoit conſervé la vie
&les biens aux habitans ; il y
cut ce foir-làConſeil d'Etat :
le Roy cut une longue confeGALANT
. 307
rence avec M. Voiſin & M. le
Marquis de Broglio.
Le Lundy 24. ily eut Confeil
des Dépêches le matin ,&
l'apreſdinée Conſeil des Parties
; il y cut auffi chaffe du
Cerf: on vit paſſer devant le
départ du Roy , plus de 300.
chevaux de maindu Roy , fans
compter ceux des Princes :
il yavoit plus de 150. caroffes ,
yavoitplus
caléches , ou brelines . L'Electeur
s'ytrouva de même que
tous les Princes , Princeffes
Seigneurs , & Dames de la
Cour. Ilyavoit pour le moins
1.000. Cavaliers , on courut
د
Ccij
308 MERCURE
deux Cerfs qu'on prit.
Le Mardy 25 on chanta le
Te Deum , en Muſique pendant
la Mefle du Roy , pour
la priſe de Barcelone ; il y cut
Confeil des Finances : on vit
ce jour là quantité de Seigneurs
, & de Dames à la
Toilette de Madame la DOLD
cheſſe de Berry. Il y eut au
diné du Roy une tres belle
Symphonie. M le Duc ,& les
autres Princes allerent à la
chatle du Sangher , on en prit
deux , & S. M. alla tirer; il y
cut le ſoir des feux & des
illuminations au Gouverne.
GALANT. 309.
ment ,l'on tira le Canon , &
quantité de Boëtes; l'aprefdinée
M. le Maréchal de Villars
preſenta au Roy M. le Duc
Daremberg.
: Le Mercredy 26. on chanta
unMotet de la compofition
de M. de Lalande à la
Meſſe du Roy , où l'Electeur
aſſiſta ; il y eut Conſeil d'Etat
&à quatre heuresdu ſoir promenade
Royale le long du
Canal . S. M. y vint dans une
caléche tres - magnifique accompagnée
de tous les Princes
&Seigneurs de la Cour à
cheval. L'Electeur étoit dans
310 MERCURE
une autre caléche découverte
àhuit places avec Madame la
Ducheffe , & fix autresDames.
Madame la Princeſſe deConty
& Mademoiselle de Charollois
, eſtoient auſſi dans une
autre caléche , de même que
1 pluſieurs autres Dames qui
avoient quitté ledeüil ,& qui
menoient elles -mêmes leurs
caléches. On fit pluſieurs fois
le tour duCanal. L'Electeur
Madame la Ducheffe ,& les
autres Dames aprés lepremier
tour defcendirent ,& entrerent
dans une Gondole toute
ſculptée& tapiffée,&couverGALANT.
311
1
te d'un gros damas avec des
franges d'or ; cette Gondole
eſtoit precedée de trois autres
de la même magnificence
fur leſquelles eſtoient les Muficiens
de S. M. avec des vio
lons , baflons , trompettes ,
timballes , & autres inſtrumens
; quand le Choeur de la
Muſique ceffoit de chanter
la Symphonie ſe faifoit entendre
,& quand celle-cy finiſſoit
les trompettes , & timballes
commençoient ; & à meſure
que le Roy , avec ſa Cour ,
montoit & defcendoit , les
Gondoles ſuivoient la caléche
312 MERCURE
du Roy , qui eltoit eſcortée :
de plus de 2 50. caroffes à huit
& à fix chevaux , fans compter
les caléches qui y estoient en
tres grand nombre. Unnombre
infini de peuple qui bordoit
tout le Canal , quoique
tres long , preſentoit à la veuë
du haut de la Caſcade , le
plus beau ſpectacle qu'on y
ait encore veu. Il eſt conſtant
que lesperſonnes qui habitent
la Cour depuis tres- longtemps
, ſoutiennent qu'onn'a
jamais rien veu de ſi magnifique
, auſſi les Etrangers qui y
eſtoient , & qui ont voyagé
dans
GALANT. 315
dans toutes les Cours de
l'Europe , conviennent qu'il
n'ya que la Cour de France
qui puiffe fournir un ſpectacle quip
de cette magnificence. M. lo
*Prince Royal & Electoral de
Saxe arriva ce foir-là.
Le Jeudy 27. ily cut-Confeil
d'Etat , & l'apreſdinée
chaffe du Cerf , l'Electeur y
alla de même que tous les
Princes , Seigneurs , & Dames
de la Cour , il y avoit
plus de 300. chevaux de main
du Roy avec des caparaffons
brodez d'or , on courut deux
Cerfs, le Roy n'en revint qu'à
Octobre 1714. Dd
814 MERCURE
prés de ſept heures. Pendant
le ſoupé M. le Prince Royal
& Electoral de Saxe fils du
Roy dePologne , ſous lenom
deM le Comte de Luface ſe
rendit dans la Chambre du
Roy avec Male Palatin de
Livonie , & pluſieurs autres
Seigneurs Polonois , & Allemans
, il fit fon compliment
à S. M. qui luy répondit tresgracieuſement
; enſuite le
Prince preſenta au Roy tous
des Seigneurs qui l'accompagnoient
, ce fut Madame qui
preſenta au Roy M. leComte
de Luface. C'eſt un Prince
GALANT. 315
dont l'air noble & grand& la
magnificence ſoutiennent parfaitement
l'éclatdu ſang dont
il eſt ſorti.
Vendredy 28. l'Electeur
prit congé du Roy , il y eut
ce ſoir làConſeildeConfcience
, & à midy & demi M. le
Comte de Luſace , accompagné
de M. le Marquis de Torcy,
rendit viſite à Madame la
Ducheſſe de Berry , qu'il complimenta
, il alla auffi chez
Madame , chez M. le Duc
d'Orleans , chez Madame la
Ducheſſe d'Orleans , chez Madame
la Ducheffe , chez tous
L
Ddij
316 MERCURE
Hes Princes , & Princeffes , &
PElecteur de Baviere qui le
retint à diné. Meffieurs les
Princes allerent à la chaffe du
Sanglier ,& le Roy alla tirer.
L'Electeur partieà cinqheures
du foir pour aller coucher à
S.Cloud. ८
"Le Samedy 29. il y eut
Conſeil des Finances , l'aprefdinée
le Roy alla coure le Cerf
avec l'équipage de M. le Duc.
M. leComtede Luface y alla
de même que tous les Princes,
&Princefles , le nombre des
caroffes , caléches , & deschevauxde
mainne futpas moins
ว
GALANT 317
grand que le 28. on courut
deux Cerfs qu'on prit..
Le Dimanche 30. il y cut
Conſeil d'Etat , le Roy alla
tirer l'apreſdinée , & on chanta
aprés les Veſpres le Te
Deum , à la Paroiſſe de Fontainebleau
, au fon des trompettes
, timbales , violons,flutes
douces , & autres inftrumens
, on tira pendant qu'on
le chantoit quantité de Boëtes
pour la priſe de Barcelone,
Le Lundy premier Octobre
il y eut Conſeil des Par
ties , & apreſdinée chaſſe du
Cerf , le Royy alla avec tous
2
*
Dd iij
318 MERCURE
les Princes & Princeſſes ; M. le
Comte de Luface , &M. le
Prince Ragotzi eſtant de la
partie, fanscompter un grand
nombre d'Etrangers de toutes
les Nations , on courut
deux Cerfs qu'on prit.
cuc Le Mardy deux , il y
Conſeil des Finances , M. le
Comte de Luſace ſe trouva
au lever du Roy avec M. le
Palatin de Livonie , & pluſieurs
autres Etrangers , Melfieurs
les Princes allerent à la
chaffe du Cerf, & le Roy alla
tirer l'apreſdinée.
LeMardy 3. il y eut Con
GALANT. 319
ſeil d'Etat , & l'apreſdinéo
promenade Royale , & pêche
des Cormorans , cette promenade
fut tres- magnifique tant
par le nombre des caroffes ,
carioles , caléches , que par
une affluence prodigieuſe de
perſonnes qui estoient venuës
tant de Paris que de la Campagne;
parce qu'on avoit crû
qu'il y auroit Symphonie , & ya
Muſique ſur le Canal en faveur
de M. le Comtede Luface
qui s'y trouva , de même
que M. le Duc Daremberg ,
tous les Princes ,& Princeſſes ,
Meſſieurs les Cardinaux de
Dd iiij
320 MERCURE
Rohan , & de Polignac , M.
le Nonce , tous les Ambaſſadeurs
, & Envoyez des Cours
Etrangeres.
Le Jeudy 4 il y cut Conſeil
d'Etat , & chaſſe duCerf
apreſdinée , Madame la Du
cheſſe qui n'en manque pas.
une , y alla auffi , elle avoit
dans ſa caléche Madame la.
Maréchale de Villars qui va.
preſque toûjours avec cette
Princeffe.
Le Vendredy s.il y eutConſeil
de Conſcience , chaſſe du
Cerf avec l'équipage de M.
le Duc du Maine. Tous les
GALANT. 3210
Princes & Princeſſes , de même
que tous les Seigneurs& Dames
de la Cour y allerent,il y
avoit plus de 1000 perſonnes,
à cheval , tant de la Cour
qu'Etrangers.
Le Samedy 6. il yeutCon
feil de Finances . On fit dans
la Salle des Suiſſes la repetition
pour la feſte du lende..
main ,tant des voix que de la.
ſymphonie pour tout cc.
qu'on devoir chanter. Cette.
Salle , quoyque tres-grande
étoit ſi remplie de monde ود
qu'on n'y pouvoit tenir. Le
Roy alla tirer l'apreſdinée.
322 MERCURE
!
Le Dimanche 7. il y cut
Conſeild'Etat , &à 4 heures
du ſoir S. M. ſe rendit au Ca
nal dans une caléche magnifique
eſcortée de plus de 200.
Seigneurs à cheval , ſuivie de
plus de 200. carofles à 8. ou
à 6. chevaux , de pluſieurs caléches
découvertes remplies
des Dames , parmi leſquelles
on en voyoit une à 8. places **
dans laquelle estoient Madame
la Princeſſe deConty, Ma--
demoiselle deCharollois,Mef
dames les Marquiſes de Rupelmonde
, de Maillebois , de
S. Germain , de Montforeau ,
GALANT. 323
deChampinelle, de Saucourt.
Madame la Ducheffe , & Madame
la Princeffe de Conty
fille du Roy , eſtoient chacune
dans leurs caroſſes avec plu--
fieurs autres Dames. M. le
Comte de Luface étoit arrivé
un peu auparavant , accompagné
de M. le Duc de Noailles
, de M.le Duc d'Aumont ,
de M. le Maréchal d'Eſtrées ,
& de pluſieurs autres Scigneurs.
Toute cette illuftre
Troupe entra dans uneGondole
ſculptée & dorée , couverte
& tapiffée d'un grosdamas
cramoiſi avecdes franges
324 MERCURE
&du galon d'or tout au tour ;
elle eſtoit fuivie d'une autre
de même , mais couverte &
tapiſſée d'un damas cramoifi
à fleurs d'or , les Marelots
étant vêtus d'un gros damas
bleu ,couverts de galons &
brandebourgs àfranges d'or :
àcoſté de ces deux Gondoles
on en voïoit deux autres plus
grandes de la même magnificence
, dans lefquelles étoient
les Muſiciens ; & entre ces
deux là on en avoit attaché
deux autres ſur lesquelles on
avoit dreffe un Amphitheatre
pour les trompettes , hautGALANT.
1325
1
bois , timballes , & autres
inſtruments : à meſure que le
Roy avec ſa Cour montoit &
deſcendoit , les Gondoles en
faifoient de même ſur le Canal
, qui , quoyqu'il ait 600.
toiſes de longueur , étoitbordé
tout au tour d'un nombre
prodigieux de pouple ; les
Equipages y eltoient tres-ma.
gniques , ceux de tous lesPrinces
, Princeſſes , Cardinaux ,
Ambaſſadeurs & Envoïcz y
eſtoient precedez de leurs Pages
à cheval. Celui de Madame
la Maréchale d'Eſtrées y
eſtoit precedé de 4. de ſes Pa326
MERCURE
ges bien montez , de même
que preſque tous ceuxdes autres
Seigneurs & Dames . On
n'avoit encore rien veu de
plus grand à Fontainebleau :
ceux qui eſtoient audeſſus de
la caſcade ne pouvoient ſe
laffer d'admirer ce ſpectacle.
Le Lundy 8. il y cut Conſeil
des Depêches , & aprefdinée
Conſeil des Parties . Le
Royalla l'apreſdinée courre le
Cerf accompagné de tous les
Princes ,Princeffes , Seigneurs
&Dames de la Cour. La chafſe
ne fut pasmoins nombreu
ſe , nimoins belle que les pre
:
GALANT. 327
cedentes . M. le Comte de Luface
en estoit : cette chaffe
donna beaucoup de plaiſir à
tous ceux qui en étoient , le
Cerf s'étant fait lancer jufqu'à
10. ou 12. fois : le Roy
n'en revint qu'à ſept heures.
M. & Madame la Maréchale
d'Eltrées donnerent un ſoupé
magnifique à M. le Comte de
Luſace , à M. le Palatin de Li-
-vonic,& à pluſieurs Seigneurs
&Dames de la Cour; il y eut
pendant tout le ſoupé muſique&
ſymphonie.
Le Mardy 9. il y eut Confeil
des Finances. M. I Envoyé
328 MERCURE
de Parme fit part au Roy da
Mariage de la Princeſſe de
Parme avec le Roy d'Eſpagne,
il alla à midy & demi , chez
Madame la Ducheffe deBerry
qui eſtoit à ſa Toilette , il étoit
conduit par le ſieurde Saintor,
le Cercle estoit tres-nombreux
, & tres- brillant chez
cette Princeſſe , Meſdames les
Princeffes de Lambefc , de
Rohan , de Monaco , Mefdames
les Ducheſſes de S. Simon
, de la Ferté , d'Eſtrées ,
en eſtoient,de même que plufieurs
autres Dames , cer Envoyé
alla enſuite chez Madame
GALANT. 329
د
me Madame la Ducheffe
d'Orleans , &c . Ce jour-là
pendant le diné du Roy le
Trompette Anglois qui s'étoit
fait admirer le jour de la
promenade , ſonna dans l'Antichambre
de S. M. tous les
Muſiciens avouent que c'eſt
le premier homme du monde
pour fonner de laTrompette.
Le Roy alla tirer l'apreſdinée.
Le Mercredy 10. il y cut
Conſeil d'Etat. M. le Duc du
Maine alla àla chafle du Cerf,
il n'y eut pas de promenade
Royale à caule du mauvais
temps.
Octobre 1714. Ec
را
330 MERCURE
1
Le Jeudy It. il y eutConſeil
d'Etat , &l'apreſdinée le Roy
alla à la chaſſe du Cerf , accompagné
de tous les Princes,
& Princeffes , M. le Comte
de Luface y allaavec pluſieurs
Seigneurs Etrangers , on prit
deux Cerfs , ce foir là M. le
Duc d'Orleans donna un retour
de chaſſe tres exquis , où
il pria M. le Comte de Luſace,
&les Seigneurs de ſa ſuite ,
Meſſieurs les Ducs de Lauzun,
d'Aumont , de Fronſacq , M.
le Maréchal d'Eftrées , M. le
Marquis de Torcy , & plu
ſieurs autres Seigneurs.
GALANT. 331
Le Vendredy 12. il y eut
Conſeil de Conſcience
Papreſdinéele Roy alla tirer.
Le foir à onze heures leChevalier
Caiſſan , dont je ne
vous ay pas encore parlé
quoiqu'il ait toûjours eſté le
premier àtoutes les chaffes &
promenades Royales avec ſon
inſtrument fans pareil, monté
fur un trapon , parut dans la
court ovale , couvert de papier
marbré monté ſur une bouri.
que couverte auffi de papier
marbré , qui avoit ſur ſa tête
deux bois de Cerfs bien attachez&
le Chevalier avoit fur
Ecij
332 MERCURE
la fienne un artifice qui joüa ,
ſcoſt que le Roy , & les Princes
parurent aux feneftres du
Cabinet de Sa Majeſté; mais
la bourique au bruit des fuſées
s'enfuit , ce qui fit rire
tout le monde quiy eſtoit venu
en foule pour le voir. M. le
Chevalier Caiſſan ayant pris
grand ſoin d'en inſtruire le
public , l'Histoire de ſa vie
eſt imprimée depuis cette année
à Verſailles ou à Paris.
Le Samedy 13. il y eutConſeil
des Finances. M. le Duc ,
M. le Duc du Maine , & M.
GALANT.333
*
le Comte de Toulouſe allerent
à la chaſſe du Cerf. Le ſoir
aprés le ſoupé , pendant que .
S. M. eſtoit dans ſon Cabinet
avectous les: Princes , &i
Princeſſes , le Trompette Anglois
ſonna dans l'Antichambre
les plus beaux airs du
monde , il y avoit un autre
Trompette au- deſſus de la
Salledes Suiſſes quiluy répondoit
; mais qui ne l'égaloit
pas.
Le Dimanche 14. il y cut
Conſeild'Etat , le même jour
àcinqheures& demie Madame
la Ducheffe de Berry le
334 MERCURE
rendit àla Tribune de la Chapelle
pour y entendre le Salut ,
accompagnée de M. l'Abbé
de Rouget fon Aumônier.
Madame s'y rendit auſſi à la
même heure accompagnéede
M. l'Abbé de Magnas fon
premier Aumônier , & le Roy
vint à prés de 6. heures accompagné
de M. le Cardinal
de Rohan , Grand Aumônier ,
& de M. l'Abbé de Maulevrier
Aumônier auffi Sitoft
que S. M. fut arrivée , on
commença le Salut qui ne finit
qu'à 7 heures.
Le Lundy 15. le Roy prit
GALANT. 335 $
medecine. Il y eut Conſeil des..
Parties . M.leDuc &Meffieurs
les Princes allerent à la chaffe
du Sanglier , Male Comte de
Toulouſe en tua un Madame
la Ducheſſe d'Orleans partic
ce jour-là dans la Litiere du
Roy portée par 4 Mulets
pour aller coucher à Bretigny
&de- là à Paris. On avoitdref
ſéun lit dans cette Litiere , où
elle estoit couchée à cauſe de
fa groffeffe.
LeMardy 16. ily eutConfeil
des Finances , chaffe du
Cert aprefdinée où tous les
Princes & Princeſſes allerent ,
1
336 MERCURE
les Equipages n'eſtoient past
moins brillants qu'aux chaffes
precedentes: M. le Duc
menoit fa caléche , de même
que M. le Prince de Soubize
la fienne,
LeMercredy 17. M. l'Arvêque
de Vienne prêta fera
ment de fidelité pendant la
Meſſe du Roy, entre lesmains
de S. M. l'apreſdinée on tint
leConſeildes Dépêches qu'on
n'avoit pas pû tenir-le Lundy,
parce que leRoy prit Medecine
ce jour- là , Meffieurs les
Princes allerent à la chaſſe du
Sanglier , Male Dúc du Mai
де
GALANT. 337
ne alla court le Cerf.
Le Jeudy 18. il y eut Confeil
d'Erat , & l'apreſdinée
chaſſe du Cerf Tous les Princes
& Princeſſes y accompapagnerent
le Roy , de même
que M. le Comte de Luface ,
tous les Seigneurs & Dames
de la Cour , on en prit deux ,
le Roy revint de bonne heure
, ſuivi de pluſieurs caléches
& des Princeffes , & Dames
vêtuës en Amazones ,& a cheval.
Le Vendredy 19 il y eut
Confeil de Conſcience. M.
Buis Ambaſſadeurd'Hollande
Octobre 1714 . Ff
1
338 MERCURE
alla à la Toilettede Madame
la Ducheſſe deBerry qui fut
tres nombreuſe , le Roy qui
devoit aller tirer l'apreſdinée
n'y alla pas àcauſe du mauvais
temps.
Le Samedy 20. il y eut
Conſeil des Finances , M. le
Duc ,&M. le Comte de Toulouze
, allerent à la chaſſe du
Sanglier ,M. le Duc du Maine
alla courir le Cerf. Il y eut une
tres-belle Symphonie au diné
du Roy aprés lequel S. M. alla
tirer , le même jour le Roy
declara Meſſieurs les Princes
de Soubize , & d'Epinoy 2
GALANT. 339
Ducs & Pairs .
Le Dimanche 21. il y eut
Confeil d'Etat , M. le Maréchal
de Teſſé , le Prince d'Epinoy
, M. le Duc de la Feüillade
, Madame l'Ambaſſadrice
d'Hollande , & pluſieurs autres
Seigneurs &Dames , allerent
à la Toilette de Madame
la Ducheſſe de Berry , le Roy
ne fortit pas ce jour- là
LeLundy 22. il y eutConſeil
d'Etat , l'apreſdinée le
Roy alla à la chaſſe du Cerf ,
accompagné de tous les Princes
,& Princeſſes , M. le Com.
te de Luface y alla de même
Ffij
340 MERCURE
accompagné de plusieurs Seigneurs
Etrangers , les Dames
estoient auffi à cheval vêtuës
en Amazones , on courut
trois Cerfs qu'on prit , M. le
Comte de Ribeira Ambaſſadeur
de Portugal arriva ce
même jour.
Le Mardy 2 3. M le Comte
deRibeira fut preſenté à S. M.
M.leComte de Luface partit
de Fontainebleau pour Paris ,
ily eut Conſeil des Finances ,
&l'apreſdinée le Roy alla ſe
promener dans les Jardins accompagné
de tous les Seigneurs
de la Cour , M. le
ALANT 341
Duc& M. le Duc du Maine
allerent à la chaſſe du Cerf ,
on en a pris pendant que la
Cour a reſtée icy plus de 60.
LeMecredy 24. leRoy partic
de Fontainebleau , ayant dans
Con carofle Madame la Ducheſſe
de Berry , Madame ,
Madame la Ducheffe , & Mademoifelle
de Charollois. S.
M. eſtoit eſcortée par lesGardes
du Corps , les Gendarmes ,
les Chevaux Legers , & les
deux Compagnies de Moufquetaires
pour aller coucher
à Petit-Bourg , où toute la
Courfut traitée magnifique-
Ffiiy
342 MERCURE
ment , on partic le 25. pour
aller coucher à Verſailles , où
l'on arriva de bonne heure.
Fête fur feſte , la Scene de
celle-cy eſt au Château d'Emery.
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p. 388-389
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Il s'est formé à Londres une Compagnie qui a obtenu des Lettres Patentes pour faire fabriquer [...]
Mots clefs :
Roi, Seigneurs, Officiers
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
Grande Brïtagbí.
I' L s'est formé à Londres une Compagnie qta
a obtenu des Lettres Patentes pour faire ira-
Briquer des Tapifleries de Hautélisse , sem-»
biables à celles dé Bruxelles.
On assure qu'on doit présenter un Bill au
Parlement , poúr fixer les gages des domese
tiques i & poUr empêcher que les jeunes
gens les mieux fairs ne quittent les campai
gnes pour venir servir dans la ViHev
î>eux Officiers , dont l'un est Major Gd> .
rierat , & l'autre Lieutenant dans le Régi»,
ment de* Gardes , 'ayant pris querelle ait
Bal du Théâtre du Marché au foin , altèrent
Çgs jours passez lè battre en duel à Hideparc,
Í1s se tirèrent d'abord deux coups de pistolet?
chacun fa.ns se blesser ; & étant descendus de
cheval pour mettre I'épée à la main , ils furenc
séparez par la Garde du Parc. í)eux Officiers!
Generauj; qui font leurs amis communs , ons .
promis au Roy de les réconcilier^
Les Seigneurs ont présenté une Adresse a»
Roy í pour remercier Sa Majesté de ce c^u'ella'
a bien voulu leur communiquer le Traité de
à
FEVRIER. T7?e». )*9
Paix , d'union & d'alliance deffensive , conclut
à Seville le >. Novembre dernier , Sc pouf
l'assurer qu'après l'avoir examiné , ils ont
trouvé qu'il contenoit toutes les stipulation*
neceílàires pour le maintien & la fureté dç
l'honneur , de la dignité , des droits &r pofíesfions
de cette Couronne, & que toutes les
précautions nécessaires y font prises pour l'avantage
dur commerce de ce Royaume , & la
réparation des pertes que les Marchands Anglois
ont fouffertes pendant le temps des hoftïlitez.
La resolution de présenter cette Adresse'
au Roy , avoit passé le jour précédent à la>
pluralité de soixante- dix - neuf voix contre?
trente 5 mais deux jours après vingt quatra
des Seigneurs , qui s'y étoient opposez, pro
testèrent contre elle , & firent enregistrer leu*
protestation.
I' L s'est formé à Londres une Compagnie qta
a obtenu des Lettres Patentes pour faire ira-
Briquer des Tapifleries de Hautélisse , sem-»
biables à celles dé Bruxelles.
On assure qu'on doit présenter un Bill au
Parlement , poúr fixer les gages des domese
tiques i & poUr empêcher que les jeunes
gens les mieux fairs ne quittent les campai
gnes pour venir servir dans la ViHev
î>eux Officiers , dont l'un est Major Gd> .
rierat , & l'autre Lieutenant dans le Régi»,
ment de* Gardes , 'ayant pris querelle ait
Bal du Théâtre du Marché au foin , altèrent
Çgs jours passez lè battre en duel à Hideparc,
Í1s se tirèrent d'abord deux coups de pistolet?
chacun fa.ns se blesser ; & étant descendus de
cheval pour mettre I'épée à la main , ils furenc
séparez par la Garde du Parc. í)eux Officiers!
Generauj; qui font leurs amis communs , ons .
promis au Roy de les réconcilier^
Les Seigneurs ont présenté une Adresse a»
Roy í pour remercier Sa Majesté de ce c^u'ella'
a bien voulu leur communiquer le Traité de
à
FEVRIER. T7?e». )*9
Paix , d'union & d'alliance deffensive , conclut
à Seville le >. Novembre dernier , Sc pouf
l'assurer qu'après l'avoir examiné , ils ont
trouvé qu'il contenoit toutes les stipulation*
neceílàires pour le maintien & la fureté dç
l'honneur , de la dignité , des droits &r pofíesfions
de cette Couronne, & que toutes les
précautions nécessaires y font prises pour l'avantage
dur commerce de ce Royaume , & la
réparation des pertes que les Marchands Anglois
ont fouffertes pendant le temps des hoftïlitez.
La resolution de présenter cette Adresse'
au Roy , avoit passé le jour précédent à la>
pluralité de soixante- dix - neuf voix contre?
trente 5 mais deux jours après vingt quatra
des Seigneurs , qui s'y étoient opposez, pro
testèrent contre elle , & firent enregistrer leu*
protestation.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En Grande-Bretagne, une compagnie londonienne a reçu des lettres patentes pour produire des tapisseries de haute qualité, rivales de celles de Bruxelles. Un projet de loi vise à réguler les salaires des domestiques et à dissuader les jeunes talents de quitter les campagnes pour la ville. À Hyde Park, un major et un lieutenant du régiment des Gardes se sont affrontés en duel après une dispute au bal du Théâtre du Marché au foin. Ils ont échangé des coups de pistolet sans se blesser et ont été séparés par la Garde du Parc. Leurs amis communs ont promis au roi de les réconcilier. Les Seigneurs ont adressé une lettre au roi pour le remercier du traité de paix, d'union et d'alliance défensive signé à Séville le 1er novembre précédent. Ce traité garantit l'honneur, la dignité, les droits et possessions de la couronne, ainsi que la protection du commerce et la réparation des pertes des marchands anglais durant les hostilités. La résolution d'adresser cette lettre a été adoptée par 79 voix contre 35, mais 24 Seigneurs ont ensuite protesté contre cette décision.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 1742-1752
SUITE des Mémoires de M. Capperon sur l'Histoire de la Ville d'Eu.
Début :
De ces anciens Monumens qui justifient l'antiquité de la Ville d'Eu, je [...]
Mots clefs :
Ville d'Eu, Histoire, Antiquité, Royaume, Paysans, Seigneurs, Religion, Rivière, Monuments
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE des Mémoires de M. Capperon sur l'Histoire de la Ville d'Eu.
SUITE des Mémoires de M. Capperon
fur Hiftoire de la Ville d'Eu.
D
>
E ces anciens Monumens qui juftifient
l'antiquité de la Ville d'Eu je
palle à un autre qui a du rapport à la Religion
, & qui prouve deux chofes . 1
Que quoiqu'il y eut déja du tems que la
Religion Chrétienne fut établie dans le
Comté d'Eu , le culte des Idoles y fubfiftoit
neanmoins encore publiquement au
7. fiecle. 2° Que les peuples de ce Comté
fuivoient encore alors l'ufage que les fimples
Fideles des premiers fiecles de l'Eglife
s'étoient arrogés de canonifer les perfonnes
, de la fainte vie defquelles ils avoient
été les témoins. Ce Monument eft l'Eglife
du Village de Pont , qui eft proche de la
Ville d'Eu , laquelle fut conftruite par les
habitans de ce Village immédiatement
après
A O UST. 1730. 1743
áprès la mort de ce Saint , en reconnoiffance
de ce qu'il les avoit convertis à la
foy. On en peut voir le détail dans ſa vie
écrite au VIII . fiecle , qui fe trouve inferée
dans les Actes des Saints de l'Ordre de
Saint Benoît XI . fiecle , par D. Luc Dacheri
, où il eft dit que S. Valleri paffant
par un lieu nommé Augufta , fitné fur la
Riviere d'Auve , & fe repofant fur le bord
d'une Fontaine , il apperçut une efpece
d'Idole que les Païfans du lieu adoroient ;
ce Saint l'ayant réduite en pouffiere par
un miracle , ces Païfans entrerent dans
une telle fureur qu'ils voulurent le maffacrer
; mais par un autre miracle plus furprenant
, les ayant calmés tout à coup ,
& rendus dociles à fa voix , il leur annonça
l'Evangile , & les convertit à la foy.
Que ce fait fe foit paffé au Village de
Pont , c'eft ce dont perfonne ne peut douter
, puifque le lieu que l'Auteur nomme
Augufta eft le Village d'Aonfte qui fubfifte
encore aujourd'hui. Que la Riviere alors
nommée Auve , foit la Brefle , tous les
Sçavans en conviennent : on peut voir làdeffus
M. Baillet dans la vie de S. Leu ou
Loup , Archevêque de Sens , & M. Fleuri
dans fon Hiftoire Ecclefiaftique , liv. 37.
nom. 16. On trouve pareillement dans la
vie de ce Saint Archevêque la verité de
ce que j'ai avancé , fçavoir , que le Paga-
Ciiij nifme
1744 MERCURE DE FRANCE
nifme regnoit encore publiquement dans
ce Païs- ci au feptiéme fiecle,puifqu'il y eft
rapporté qu'en 616. S. Loup ayant été envoyé
en exil au Village d'Anfenne qui n'eſt
qu'à quatre lieues de la Ville d'Eu , fur la
même Riviere de Brefle , il y trouva des
Temples où les gens du Pays adoroient
publiquement les faux Dieux , & qu'il
travailla à les convertir.
On connoît auffi , comme je l'ai avancé
, que les habitans du Village de Pont,
convertis par S. Valleri , furent des premiers
à le canonifer , puifque fans qu'au
cune cerémonie folemnelle eut précedé ,
immédiatement aprés fa mort , ils firent
conftruire vers l'an 625. une Egliſe à ſon
honneur, au lieu même où il s'étoit repofé
fur le bord de la Fontaine , qu'ils joignirent
à cette Eglife , la faifant enfermer de
murailles , comme on la voit encore aujourd'hui.
L'Auteur de la Vie de ce Saint
que j'ai cité ci-deffus , le fait clairement
connoître, en difant que quelques perfon
nes paffant par hazard aux environs de
ce Village , une jeune fille fut furpriſe de
voir cette nouvelle Eglife , & d'apprendre
qu'elle eut été bâtie à l'honneur de
celui qu'elle n'avoit vû qu'avec mépris ,
là caufe de fon exterieur negligé , ce qui
lui donna lieu de fe railler de ces Païfans
qui avoient , difoit- elle , été affez fimples
que
A O UST. the
1730 1749
que de prendre pour un Saint celui qu'elle
avoit vû fi ſouvent paffer monté fur fon
afne ;mais la raillerie lui coûta cher , puifqu'au
même inftant elle devint perclufe
de tous les membres; ce qui l'ayant obligée
de recourir à l'interceffion de celui dont
elle s'étoit mocquée , & dans l'Eglife même
qui y avoit donné lieu , elle ne laiffa
pas d'y trouver la guerilon.
Enfin de telle maniere , & en tel tems
que les habitans de la Ville d'Eu ayent
été convertis à la Religion Chrétienne ,.
on peut dire que par une faveur toute finguliere
de la Providence , ils ont été affez
heureux pour conferver cette Religion
dans toute la pureté dans l'enceinte de
leurs murailles , pendant que les villes
voifines ont eu le malheur d'être infectées
de l'herefie de Calvin , -
dès
Auffi donnerent- ils des preuves de leur
attachement à la Religion de leurs Peres
que les funeftes nouveautés du Calvinifme
commencerent à paroître , puif--
qu'en 1562. quelques particuliers ayant
donné des preuves qu'ils entroient dans
ces nouveaux fentimens , la populace alla
avec une espece de fureur piller leurs
maifons , ce qui donna lieu aux Magiftrars
après avoir repriméce foulevement , d'o
bliger ces particuliers à faire une profeffion
publique de leur catholicite , &
Ey decla
1746 MERCURE DE FRANCE
declarer en preſence de tous les habitans
qu'ils vouloient vivre & mourir dans la
Religion Catholique , ce qui rétablit le
calme dans la Ville,y fit une telle impreffion
, & y laiffa une telle horreur pour
l'herefie , qu'aucun Calvinifte ne s'eſt jamais
avifé de s'y établir. Tout ceci fe trouve
écrit plus en détail dans les Archives
de l'Hôtel de Ville , livre rouge , fol 2.
pag. 65 .
Comme le Comté d'Eu eft une portion
de la Neuftrie , que le Roi Charles le
Simple fut contraint. de ceder aux Normans
en toute proprieté, pour faire ceffer
les ravages continuels qu'ils faifoient dans
la France , il me paroît convenable que
je faffe connoître par ce qui s'eft paffé à
la Ville d'Eu , quelle étoit l'intrépidité de
ces hommes du Nord , & combien il
étoit difficile aux François d'expulſer hors
du Royaume des gens de ce caractere.
>
Tout le monde fçait ce qu'étoient ces
Normans habitans les Païs glacés du Nord ,
lefquels , au rapport de Paul Emile , Livre
fecond , s'étant introduits dans les
Troupes de Charlemagne lors de fes expeditions
dans la Saxe , & ayant paffé en
France avec les Troupes de ce Prince , ils
n'eurent pas plutôt gouté la douceur du
climat , vû & connu la beauté & la bonté
du Païs , qu'ils formerent le deffein de
5'7
A O UST. 1730. 1747
s'y établir à quelque prix que ce pût être.
On fçait pareillement qu'avant que
d'y
réuffir , ils firent plufieurs débarquemens
dans differens endroits , pillerent , brulerent
& ravagerent une grande partie du
Royaume , dont le Comté d'Eu ne fe
reffentit pas moins que le refte du Pays ,
fa fituation maritime l'y expofant beaucoup
plus. C'est ce dont on peut juger par
la fameufe Bataille qui fut donnée contre
eux l'an 881. à deux lieuës ou environ de
la Ville d'Eu , fçavoir , à Saucourt , Paroiffe
de Niba , fituée entre cette Ville &
Saint Valleri , où les François vinrent les
attaquer. Le lieu où ces derniers fe pofterent
en porte encore aujourd'hui le
nom , & s'appelle Franleu , c'eſt à dire
le lieu des François , Francorum locus .
و
Tous nos Hiftoriens conviennent qu'ils
y furent défaits & qu'ils y perdirent
neuf à dix mille hommes ; mais parcequ'il
en reftoit encore à la Ville d'Eu qui
tâchoient de fe conferver dans cette Place,
les François , au rapport de Mezerai , dans
fa grande Hiftoire , vinrent les y fieger.
Ne s'y étant pas fuffisamment deffendus,
ils у furent tous maffacrés ; nonobftant
toutes ces pertes , les autres n'abandonnerent
pas leur projet deux ans après ,
ils defcendirent en Picardie , où ils exer
cerent les plus grandes cruautés ; jufques
B vj
1748 MERCURE DE FRANCE
là que M. l'Abbé Fleuri remarque dans
fon Hiftoire Ecclefiaftique Liv. 53. Nom.
654. qu'outre les Eglifes , les Villages &
les autres lieux pillés & brûlés , on voyoit
prefque tous les chemins femés de corps
morts , d'Ecclefiaftiques , de Religieux ,
de Nobles , de femmes & d'enfans.
Enfin , comme je l'ai déja dit , le Roi
Charles le Simple , pour mettre fin à ces
cruelles hoftilités qui défoloient fon
Royaume , ceda en 912. à Racul ou Rollon
, Chef de ces Normans , ce qu'on appelle
aujourd'hui la Normandie , qui eut
pour limites de ce côté- ci la Riviere qui
paffe à la Ville d'Eu , ce qui lui fit changer
de nom , au lieu des noms d'Effua
ou Effia ou Aucia ou enfin Auva qu'elle
avoit portés , elle fut nommée alors Bri
fella , c'eſt à dire , la Brifante , la Séparante,
dit M. de Valois dans fa Notice des Gau
les. ( verbo ) Caletes:
Dans la fuite les François s'étant foulevés
contre le Roi Charles le Simple , &
ce Prince ayant été arrêté & fait prifonnier
à Peronne , les Normans toujours difpofés
au pillage , fous l'apparence de vou
loir prendre les interêrs , commencerent
de nouveau à ravager la France , les Fran
çois de leur part fe mirent auffi en état
de reprimer leur audace : entr'autres , die
Frodoard dans fa Chronique l'an 925.les
Comtes
AO UST. 1730. 1749
Comte Herbert ayant pris avec lui les
Troupes de l'Eglife de Rheims , & ayant
été joint par Arnoul , Comte de Flandres,
& par plufieurs autres Seigneurs François,
ils vinrent fieger la Ville d'Eu qui appartenoit
alors aux Normans , & qui y avoient.
envoyé mille hommes des leurs pour la
défendre ; mais quoiqu'ils contaffent fur
cette intrépidité qui faifoit toute leur
gloire , les François ne laifferent pas de les
forcer dans la Ville , & enfuite dans le
Château , d'où s'étant refugiés dans une
Ifle formée par la Riviere qui eft au deſfous
du Château , ils s'y défendirent en
vrais defefperés : jufques là que ne pouvant
fe foutenir dans ce dernier retranchement
, plutôt que de ferendre , s'abandonnant
à leur ferocité naturelle , ils fe
tuerent eux- mêmes , les uns fe jettant dans
la Riviere pour s'y noyer , pendant que
les autres s'enfonçoient dans le coeur leurs
propres flèches.
و
Ce fuccès des François n'empêcha pas
les Normans de demeurer paifibles pof
feffeurs de la Normandie , même du
-Comté d'Eu , d'où les François furent
obligés de fe retirer , ce qui donna aux
Ducs de Normandie la liberté de difpcfer
de ce Comté comme ils jugerent à
propos. Ce fut le Duc Richard II. lequel
Lelon la Chronique de Normandie ch.434
donna
1750 MERCURE DE FRANCE
donna l'an 1002. ce Comté à fon frere
Guillaume , qui fut le premier Comte
d'Eu , defcendant des Ducs de Normandie.
›
Il faut avouer que la Religion Chrétienne
ne fit pas un moindre changement
chez les Normans établis en France , qu'elle
avoit fait chez tous les peuples barbares
où elle s'étoit introduite ; c'eft à dire
qu'ayant été reçûë & embraffée par le
peuple,tout cruel & tout feroce qu'il étoit,
de loups cruels & feroces , elle en fit ,
pour ainfi dire, des Agneaux , les rendant
dociles , bienfaifans , même des plus difpofés
aux oeuvres de pieté. C'est ce dont
nous avons des marques certaines dans le
Comté d'Eu , puifqu'à peine le premier
Comte Guillaume en eut- il la poffeffion
qu'il fonda vers l'an 1003. une Collegiale
dans la Ville d'Eu . Son fils Robert fit encore
plus , puifqu'il fonda en 1036. l'Ab
baye du Tréport , enfuite le Prieuré de
Sainte Croix , entre ce Bourg & la Ville
d'Eu , & commença l'établiffement dur
Prieuré de la Trinité qui eft un Fauxbourg
de la Chauffée .
Guillaume II . qui le fuivit fonda en Angleterre
le Prieuré d'Haftings. Son fils
Henri alla beaucoup plus loin que fes predeceffeurs
, puifque , non content d'avoir
fondé en 1106. le Prieuré de S. Martin ,
dans
AOUST. 1730. 1731
dans la Forêt d'Eu , & en 1130. l'Abbaye
de Foucarmont dans le même Comté „
étant devenu veuf il prit lui -même
Phabit Monaftique dans cette Abbaye
qu'il avoit fondée , en quoi il fut imité
par le Comte , fon fils , nommé Jean ,
lequel , à fon exemple , après avoir vêcu
dans le monde , & fait également figure
à la Cour des Rois d'Angleterre , après
avoir fait auffi beaucoup de largeffes aux
Moines , comme à l'Abbaye d'Eu , au
Prieuré d'Haftings , à celui de la Chauffée
d'Eu , même à un autre Prieuré qu'un
Seigneur Normand avoit fondé à Rouge-
Camp , Paroiffe de Cuverville au Comté
d'Eu , étant auffi devenu veuf , ce Prince,
dis-je , pour reffembler en tout à fon pere ,
fe fit Moine comme lui dans la même Abbaye
de Foucarmont , où ils font morts
tous deux , & où ils font inhumés.
>
On peut juger par toutes ces donations
fi fréquemment faites dans le feul Comté
d'Eu , & par ce dévoüment des plus illuftres
Seigneurs Normans à l'Etat Monaftique
, combien il falloit que les Moi
nes fe fuffent acquis d'eftime auprès de ces
Seigneurs dès les premiers tems de leur
converfion , puifque dès l'an 340. felon
Dumoulin dans fon Hiftoire de Normandie,
le Duc Guillaume, Longue Epée , n'é--
tant pas libre de fe confacrer à Dieu dans
Un
MERCURE DE FRANCE
un Cloître , comme il l'auroit fouhaité ",
il obtint en grace ' des Moines qu'ils lui
donnaffent un froc , un fcapulaire beni
& une difcipline qu'il enferma dans une
caffete précieufe , dont il porta toujours
la clef d'argent penduë à ſa ceinture.
La fuite pourle mois prochain.
fur Hiftoire de la Ville d'Eu.
D
>
E ces anciens Monumens qui juftifient
l'antiquité de la Ville d'Eu je
palle à un autre qui a du rapport à la Religion
, & qui prouve deux chofes . 1
Que quoiqu'il y eut déja du tems que la
Religion Chrétienne fut établie dans le
Comté d'Eu , le culte des Idoles y fubfiftoit
neanmoins encore publiquement au
7. fiecle. 2° Que les peuples de ce Comté
fuivoient encore alors l'ufage que les fimples
Fideles des premiers fiecles de l'Eglife
s'étoient arrogés de canonifer les perfonnes
, de la fainte vie defquelles ils avoient
été les témoins. Ce Monument eft l'Eglife
du Village de Pont , qui eft proche de la
Ville d'Eu , laquelle fut conftruite par les
habitans de ce Village immédiatement
après
A O UST. 1730. 1743
áprès la mort de ce Saint , en reconnoiffance
de ce qu'il les avoit convertis à la
foy. On en peut voir le détail dans ſa vie
écrite au VIII . fiecle , qui fe trouve inferée
dans les Actes des Saints de l'Ordre de
Saint Benoît XI . fiecle , par D. Luc Dacheri
, où il eft dit que S. Valleri paffant
par un lieu nommé Augufta , fitné fur la
Riviere d'Auve , & fe repofant fur le bord
d'une Fontaine , il apperçut une efpece
d'Idole que les Païfans du lieu adoroient ;
ce Saint l'ayant réduite en pouffiere par
un miracle , ces Païfans entrerent dans
une telle fureur qu'ils voulurent le maffacrer
; mais par un autre miracle plus furprenant
, les ayant calmés tout à coup ,
& rendus dociles à fa voix , il leur annonça
l'Evangile , & les convertit à la foy.
Que ce fait fe foit paffé au Village de
Pont , c'eft ce dont perfonne ne peut douter
, puifque le lieu que l'Auteur nomme
Augufta eft le Village d'Aonfte qui fubfifte
encore aujourd'hui. Que la Riviere alors
nommée Auve , foit la Brefle , tous les
Sçavans en conviennent : on peut voir làdeffus
M. Baillet dans la vie de S. Leu ou
Loup , Archevêque de Sens , & M. Fleuri
dans fon Hiftoire Ecclefiaftique , liv. 37.
nom. 16. On trouve pareillement dans la
vie de ce Saint Archevêque la verité de
ce que j'ai avancé , fçavoir , que le Paga-
Ciiij nifme
1744 MERCURE DE FRANCE
nifme regnoit encore publiquement dans
ce Païs- ci au feptiéme fiecle,puifqu'il y eft
rapporté qu'en 616. S. Loup ayant été envoyé
en exil au Village d'Anfenne qui n'eſt
qu'à quatre lieues de la Ville d'Eu , fur la
même Riviere de Brefle , il y trouva des
Temples où les gens du Pays adoroient
publiquement les faux Dieux , & qu'il
travailla à les convertir.
On connoît auffi , comme je l'ai avancé
, que les habitans du Village de Pont,
convertis par S. Valleri , furent des premiers
à le canonifer , puifque fans qu'au
cune cerémonie folemnelle eut précedé ,
immédiatement aprés fa mort , ils firent
conftruire vers l'an 625. une Egliſe à ſon
honneur, au lieu même où il s'étoit repofé
fur le bord de la Fontaine , qu'ils joignirent
à cette Eglife , la faifant enfermer de
murailles , comme on la voit encore aujourd'hui.
L'Auteur de la Vie de ce Saint
que j'ai cité ci-deffus , le fait clairement
connoître, en difant que quelques perfon
nes paffant par hazard aux environs de
ce Village , une jeune fille fut furpriſe de
voir cette nouvelle Eglife , & d'apprendre
qu'elle eut été bâtie à l'honneur de
celui qu'elle n'avoit vû qu'avec mépris ,
là caufe de fon exterieur negligé , ce qui
lui donna lieu de fe railler de ces Païfans
qui avoient , difoit- elle , été affez fimples
que
A O UST. the
1730 1749
que de prendre pour un Saint celui qu'elle
avoit vû fi ſouvent paffer monté fur fon
afne ;mais la raillerie lui coûta cher , puifqu'au
même inftant elle devint perclufe
de tous les membres; ce qui l'ayant obligée
de recourir à l'interceffion de celui dont
elle s'étoit mocquée , & dans l'Eglife même
qui y avoit donné lieu , elle ne laiffa
pas d'y trouver la guerilon.
Enfin de telle maniere , & en tel tems
que les habitans de la Ville d'Eu ayent
été convertis à la Religion Chrétienne ,.
on peut dire que par une faveur toute finguliere
de la Providence , ils ont été affez
heureux pour conferver cette Religion
dans toute la pureté dans l'enceinte de
leurs murailles , pendant que les villes
voifines ont eu le malheur d'être infectées
de l'herefie de Calvin , -
dès
Auffi donnerent- ils des preuves de leur
attachement à la Religion de leurs Peres
que les funeftes nouveautés du Calvinifme
commencerent à paroître , puif--
qu'en 1562. quelques particuliers ayant
donné des preuves qu'ils entroient dans
ces nouveaux fentimens , la populace alla
avec une espece de fureur piller leurs
maifons , ce qui donna lieu aux Magiftrars
après avoir repriméce foulevement , d'o
bliger ces particuliers à faire une profeffion
publique de leur catholicite , &
Ey decla
1746 MERCURE DE FRANCE
declarer en preſence de tous les habitans
qu'ils vouloient vivre & mourir dans la
Religion Catholique , ce qui rétablit le
calme dans la Ville,y fit une telle impreffion
, & y laiffa une telle horreur pour
l'herefie , qu'aucun Calvinifte ne s'eſt jamais
avifé de s'y établir. Tout ceci fe trouve
écrit plus en détail dans les Archives
de l'Hôtel de Ville , livre rouge , fol 2.
pag. 65 .
Comme le Comté d'Eu eft une portion
de la Neuftrie , que le Roi Charles le
Simple fut contraint. de ceder aux Normans
en toute proprieté, pour faire ceffer
les ravages continuels qu'ils faifoient dans
la France , il me paroît convenable que
je faffe connoître par ce qui s'eft paffé à
la Ville d'Eu , quelle étoit l'intrépidité de
ces hommes du Nord , & combien il
étoit difficile aux François d'expulſer hors
du Royaume des gens de ce caractere.
>
Tout le monde fçait ce qu'étoient ces
Normans habitans les Païs glacés du Nord ,
lefquels , au rapport de Paul Emile , Livre
fecond , s'étant introduits dans les
Troupes de Charlemagne lors de fes expeditions
dans la Saxe , & ayant paffé en
France avec les Troupes de ce Prince , ils
n'eurent pas plutôt gouté la douceur du
climat , vû & connu la beauté & la bonté
du Païs , qu'ils formerent le deffein de
5'7
A O UST. 1730. 1747
s'y établir à quelque prix que ce pût être.
On fçait pareillement qu'avant que
d'y
réuffir , ils firent plufieurs débarquemens
dans differens endroits , pillerent , brulerent
& ravagerent une grande partie du
Royaume , dont le Comté d'Eu ne fe
reffentit pas moins que le refte du Pays ,
fa fituation maritime l'y expofant beaucoup
plus. C'est ce dont on peut juger par
la fameufe Bataille qui fut donnée contre
eux l'an 881. à deux lieuës ou environ de
la Ville d'Eu , fçavoir , à Saucourt , Paroiffe
de Niba , fituée entre cette Ville &
Saint Valleri , où les François vinrent les
attaquer. Le lieu où ces derniers fe pofterent
en porte encore aujourd'hui le
nom , & s'appelle Franleu , c'eſt à dire
le lieu des François , Francorum locus .
و
Tous nos Hiftoriens conviennent qu'ils
y furent défaits & qu'ils y perdirent
neuf à dix mille hommes ; mais parcequ'il
en reftoit encore à la Ville d'Eu qui
tâchoient de fe conferver dans cette Place,
les François , au rapport de Mezerai , dans
fa grande Hiftoire , vinrent les y fieger.
Ne s'y étant pas fuffisamment deffendus,
ils у furent tous maffacrés ; nonobftant
toutes ces pertes , les autres n'abandonnerent
pas leur projet deux ans après ,
ils defcendirent en Picardie , où ils exer
cerent les plus grandes cruautés ; jufques
B vj
1748 MERCURE DE FRANCE
là que M. l'Abbé Fleuri remarque dans
fon Hiftoire Ecclefiaftique Liv. 53. Nom.
654. qu'outre les Eglifes , les Villages &
les autres lieux pillés & brûlés , on voyoit
prefque tous les chemins femés de corps
morts , d'Ecclefiaftiques , de Religieux ,
de Nobles , de femmes & d'enfans.
Enfin , comme je l'ai déja dit , le Roi
Charles le Simple , pour mettre fin à ces
cruelles hoftilités qui défoloient fon
Royaume , ceda en 912. à Racul ou Rollon
, Chef de ces Normans , ce qu'on appelle
aujourd'hui la Normandie , qui eut
pour limites de ce côté- ci la Riviere qui
paffe à la Ville d'Eu , ce qui lui fit changer
de nom , au lieu des noms d'Effua
ou Effia ou Aucia ou enfin Auva qu'elle
avoit portés , elle fut nommée alors Bri
fella , c'eſt à dire , la Brifante , la Séparante,
dit M. de Valois dans fa Notice des Gau
les. ( verbo ) Caletes:
Dans la fuite les François s'étant foulevés
contre le Roi Charles le Simple , &
ce Prince ayant été arrêté & fait prifonnier
à Peronne , les Normans toujours difpofés
au pillage , fous l'apparence de vou
loir prendre les interêrs , commencerent
de nouveau à ravager la France , les Fran
çois de leur part fe mirent auffi en état
de reprimer leur audace : entr'autres , die
Frodoard dans fa Chronique l'an 925.les
Comtes
AO UST. 1730. 1749
Comte Herbert ayant pris avec lui les
Troupes de l'Eglife de Rheims , & ayant
été joint par Arnoul , Comte de Flandres,
& par plufieurs autres Seigneurs François,
ils vinrent fieger la Ville d'Eu qui appartenoit
alors aux Normans , & qui y avoient.
envoyé mille hommes des leurs pour la
défendre ; mais quoiqu'ils contaffent fur
cette intrépidité qui faifoit toute leur
gloire , les François ne laifferent pas de les
forcer dans la Ville , & enfuite dans le
Château , d'où s'étant refugiés dans une
Ifle formée par la Riviere qui eft au deſfous
du Château , ils s'y défendirent en
vrais defefperés : jufques là que ne pouvant
fe foutenir dans ce dernier retranchement
, plutôt que de ferendre , s'abandonnant
à leur ferocité naturelle , ils fe
tuerent eux- mêmes , les uns fe jettant dans
la Riviere pour s'y noyer , pendant que
les autres s'enfonçoient dans le coeur leurs
propres flèches.
و
Ce fuccès des François n'empêcha pas
les Normans de demeurer paifibles pof
feffeurs de la Normandie , même du
-Comté d'Eu , d'où les François furent
obligés de fe retirer , ce qui donna aux
Ducs de Normandie la liberté de difpcfer
de ce Comté comme ils jugerent à
propos. Ce fut le Duc Richard II. lequel
Lelon la Chronique de Normandie ch.434
donna
1750 MERCURE DE FRANCE
donna l'an 1002. ce Comté à fon frere
Guillaume , qui fut le premier Comte
d'Eu , defcendant des Ducs de Normandie.
›
Il faut avouer que la Religion Chrétienne
ne fit pas un moindre changement
chez les Normans établis en France , qu'elle
avoit fait chez tous les peuples barbares
où elle s'étoit introduite ; c'eft à dire
qu'ayant été reçûë & embraffée par le
peuple,tout cruel & tout feroce qu'il étoit,
de loups cruels & feroces , elle en fit ,
pour ainfi dire, des Agneaux , les rendant
dociles , bienfaifans , même des plus difpofés
aux oeuvres de pieté. C'est ce dont
nous avons des marques certaines dans le
Comté d'Eu , puifqu'à peine le premier
Comte Guillaume en eut- il la poffeffion
qu'il fonda vers l'an 1003. une Collegiale
dans la Ville d'Eu . Son fils Robert fit encore
plus , puifqu'il fonda en 1036. l'Ab
baye du Tréport , enfuite le Prieuré de
Sainte Croix , entre ce Bourg & la Ville
d'Eu , & commença l'établiffement dur
Prieuré de la Trinité qui eft un Fauxbourg
de la Chauffée .
Guillaume II . qui le fuivit fonda en Angleterre
le Prieuré d'Haftings. Son fils
Henri alla beaucoup plus loin que fes predeceffeurs
, puifque , non content d'avoir
fondé en 1106. le Prieuré de S. Martin ,
dans
AOUST. 1730. 1731
dans la Forêt d'Eu , & en 1130. l'Abbaye
de Foucarmont dans le même Comté „
étant devenu veuf il prit lui -même
Phabit Monaftique dans cette Abbaye
qu'il avoit fondée , en quoi il fut imité
par le Comte , fon fils , nommé Jean ,
lequel , à fon exemple , après avoir vêcu
dans le monde , & fait également figure
à la Cour des Rois d'Angleterre , après
avoir fait auffi beaucoup de largeffes aux
Moines , comme à l'Abbaye d'Eu , au
Prieuré d'Haftings , à celui de la Chauffée
d'Eu , même à un autre Prieuré qu'un
Seigneur Normand avoit fondé à Rouge-
Camp , Paroiffe de Cuverville au Comté
d'Eu , étant auffi devenu veuf , ce Prince,
dis-je , pour reffembler en tout à fon pere ,
fe fit Moine comme lui dans la même Abbaye
de Foucarmont , où ils font morts
tous deux , & où ils font inhumés.
>
On peut juger par toutes ces donations
fi fréquemment faites dans le feul Comté
d'Eu , & par ce dévoüment des plus illuftres
Seigneurs Normans à l'Etat Monaftique
, combien il falloit que les Moi
nes fe fuffent acquis d'eftime auprès de ces
Seigneurs dès les premiers tems de leur
converfion , puifque dès l'an 340. felon
Dumoulin dans fon Hiftoire de Normandie,
le Duc Guillaume, Longue Epée , n'é--
tant pas libre de fe confacrer à Dieu dans
Un
MERCURE DE FRANCE
un Cloître , comme il l'auroit fouhaité ",
il obtint en grace ' des Moines qu'ils lui
donnaffent un froc , un fcapulaire beni
& une difcipline qu'il enferma dans une
caffete précieufe , dont il porta toujours
la clef d'argent penduë à ſa ceinture.
La fuite pourle mois prochain.
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Résumé : SUITE des Mémoires de M. Capperon sur l'Histoire de la Ville d'Eu.
Les Mémoires de M. Capperon relatent plusieurs aspects historiques de la ville d'Eu. Au VIIe siècle, bien que la religion chrétienne fût établie dans le comté d'Eu, le culte des idoles subsistait encore publiquement. Saint Valleri, en passant par Augusta (aujourd'hui Aunfray), détruisit une idole païenne et convertit les habitants. Les habitants du village de Pont, convertis par Saint Valleri, construisirent une église en son honneur peu après sa mort, vers 625, au lieu même où il s'était reposé près d'une fontaine. Ils furent parmi les premiers à le canoniser. La rivière nommée Auve est identifiée comme la Bresle, selon des sources historiques comme M. Baillet et M. Fleury. En 616, Saint Loup, archevêque de Sens, trouva des temples païens lors de son exil au village d'Anfenne, près de la ville d'Eu. Les habitants d'Eu montrèrent un attachement profond à la religion catholique. En 1562, face à l'apparition de signes de calvinisme, la population réagit violemment, pillant les maisons des calvinistes et les forçant à faire une profession publique de catholicisme. Cet événement est documenté dans les archives de l'Hôtel de Ville. L'histoire des Normands dans la région est également abordée. En 912, le roi Charles le Simple céda la Normandie aux Normands pour mettre fin aux ravages qu'ils infligeaient. La ville d'Eu fut le théâtre de plusieurs batailles, notamment en 881 et en 925, où les Normands furent finalement vaincus. Les Normands établis en France adoptèrent la religion chrétienne, ce qui transforma leur comportement. Le premier comte d'Eu, Guillaume, fonda plusieurs institutions religieuses, suivi par ses descendants qui firent de nombreuses donations aux moines et prirent eux-mêmes l'habit monastique. Dès 340, le duc Guillaume Longue-Épée portait des objets monastiques, témoignant de l'influence des moines sur les seigneurs normands dès les premiers temps de leur conversion.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 1050-1062
DISSERTATION sur les Enseignes Militaires des François. par M. Beneton-de-Perrin, Ecuyer, ancien Gendarme de la Garde du Roy. Seconde Partie.
Début :
Après avoir dit dans la premiere Partie de cet Ouvrage ce qui obligea [...]
Mots clefs :
Saint Denis, Comtes de Vexin, Abbaye de Saint-Denis, Église, Seigneurs, Prince, Églises, Bannière, Dévotion, Monastère, Enseignes militaires
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texteReconnaissance textuelle : DISSERTATION sur les Enseignes Militaires des François. par M. Beneton-de-Perrin, Ecuyer, ancien Gendarme de la Garde du Roy. Seconde Partie.
DISSERTATION sur les Enseignes
Militaires des François . par M. Benetonde-
Perrin , Ecuyer , ancien Gendarme
de la Garde du Roy. Seconde Partie .
A
Près avoir dit dans la premiere Partie
de cet Ouvrage ce qui obligea
les Rois de France à changer de Patron ,
et ce qui fit qu'à leur exemple le Peuple
diminua peu - à - peu sa dévotion a S.Martin
, pour la donner toute entiere à saint
Denis ; remontons présentement aux
temps qui ont précedé ce changement.
Sans entrer dans la fameuse dispute si
S. Denis , premier Evêque de Paris , est
le même que Denis l'Areopagite , converti
par
l'Apôtre S. Paul dans la Ville
d'Athénes , qui de Rome passa dans les
Gaules dès le premier siecle de l'Eglise ,
ou s'il est un autre Denis , qui , avec six
autres saints Missionnaires , ne vinrent dans
les Gaules qu'au temps de Décius ; il est
toujours certain qu'un S. Denis , Evêque,
fut le premier qui annonça aux Parisiens
les veritez de l'Evangile , et qu'il souffrit
le martyre avec deux de ses Compagnons
dans le lieu même où il avoit exercé sa
Mission .
Après
JUIN. 1733. 1051
Après la mort de ce Saint , une femme
vertueuse et riche , nommée Catule ,
devenue , sans doute , Chrétienne par les
´Sermons du Martyr, fit secrettement enlever
son Corps et ceux de ses Compagnons ,
et les fit inhumer tous trois dans un
Champ qui lui appartenoit , et qui à cause
d'elle fut appellé Catolacum , et Catalliacum.
Les Chrétiens , pour ne point oublier
l'endroit qui contenoit les Corps de
ces saints Martyrs , mirent dessus une
marque, ou Montjoye , et aussi tôt qu'ils
furent en liberté de faire quelque Acte
public de leur Religion , ils bâtirent sur
cet endroit une Oratoire ou petite Chapelle
, que sainte Géneviève changea en
Eglise et qui devint bien- tôt un Monastere
, puisque dès l'an 6c0 . sous Clotaire
second , il y avoit déja un Abbé
qui gouvernoit la Communauté Religicu
se de S. Denis .
Le Roy Dagobert fut le premier qui
donna à cette Abbaye de grandes possessions
en terres , et les Successcurs de ce
Prince se firent un mérite d'enrichir extraordinairement
le Monastere de S. Denis
, par de continuelles liberalitez , jusqu'au
temps de Charles le Chauve. Alors
les Normands étant venu aborder ent
Neustrie , et ces Barbares ayant remonté
1. Vol. Ay la
1052 MERCURE DE FRANCE
·
&
la Seine pour ravager les Païs voisins de
cette Riviete , les Religieux de S. Denys
recoururent à la protection des Rois ,
pour la conservation des biens qu'ils renoient
d'eux ; mais les Rois occupez aib
leurs, tant par les Guerres intestines , que
par les ravages que d'autres Normands
faisoient en attaquant le Royaume par
plusieurs endroits , et ne pouvant par
consequent s'engager à deffendre en personne
l'Abbaye de S. Denys ; ils commirent
ce soin aux Comtes du Véxin , qui
étoient leurs plus proches Officiers , et faisant
résidence aux environs de cette Abbaye;
par là plus à portée que tous autres
à veiller à sa deffense. Voilà l'origine et
l'établissement des premiers Avouez ou
Deffenseurs de S. Denys .
Les Comtes de Véxin étoient pour lors
des Officiers Amovibles , comme tous les
autres Comtes du Royaume ; ainsi l'Abbaye
de S.Denys changeoit d'Avoüé toutes
les fois que leVéxin changeoit de Gouverneur.
Cela dura jusqu'au Regne de Charles
le Simple, qui ayant cedé aux Normands
toute la Neustrie , avec une partie du
Véxin ; ceux qui devinrent Comtes de
l'autre partie de ce Païs , demeurée à la
France , s'en rendirent presque aussi-tôr
1. Vol.
SeiJUIN.
1733.
1053
Seigneurs proprietaires , et étendirent la
même propriété sur l'Avoüerie de S. Denys
, rendant ces deux Dignités héréditaires
dans leurs familles .
Les Historiens faute d'avoir mis de la
distinction entre la qualité de Comte et
celle d'Avoüé , ont cru que les derniers
Seigneurs du Véxin étoient Vassaux de
l'Abbaye de S. Denys pour leur Comté ;
ce qui n'est point mon sentiment.
Car si le Comté de Véxin eut relevé de
l'Abbaye de S. Denys , les Religieux auroient
été en droit d'exiger l'hommage
des Ducs de Normandie qui joüissoient
de la moitié de ce Comté; et l'on ne voit
point qu'aucun Prince Normand ait été
citté , ni se soit soumis à cet hommage.
Les premiers Comtes de Véxin n'ont
pas pû le faire; ils dépendoient entierement
des Rois qui n'auroient point souffert
que leurs Officiers allassent faire hommage
d'un Païs dont ils n'étoient que les
gardiens ; permettroit - on presentement
à un Gouverneur de Province ou de Ville
d'aller soumettre son Gouvernement
à une Eglise à laquelle il auroit dévotion ?
il en auroit été de même si les Comtes
de Véxin avoient voulu faire une semblable
démarche.
L'Abbaye de S. Denys n'a eu la Sei-
1. Vol.
A vj gneurie
1054 MERCURE DE FRANCE
gneurie du lieu où elle est scituée que par
la donation que lui en fit le Roy Robert,
l'an 996. En ce temps - là les Rois donnoient
assez aisément les Domaines utiles,
mais rarement les Justices et les Droits
Seigneuriaux ; ils éroient soigneux de se
les conserver ; ainsi il paroît peu croïable
qu'un Monastere qui n'étoit point Seigneur
du lieu où il étoit , pût avoir la Suseraineté
sur un territoire aussi considérable
que le Véxin , Les Rois avoient interêt
de soûtenir le droit de Suseraineté
sur ce territoire entier, parce que s'ils s'étoient
un peu relâchés , cela auroit servi
de prétexte aux Ducs de Normandie
lorsqu'ils furent devenus Rois d'Angleterre
, et les plus redoutables ennemis de
la France , pour soustraire une partie de
leur Domaine à l'hommage qu'ils devoient
à la Couronne , dans la prétention
qu'ils ne l'auroient dû qu'à l'Abbaye
de Saint Denys pour leur part du
Véxin.
,
Nos Rois connoissoient si bien que
leur interêt demandoit l'affoiblissement
des Comtes du Véxin , trop voisins de
Paris , que les derniers possesseurs de ce
Comté , étoient plutôt Comtes dans le
Païs , que Comtes du Païs , tant leur autorité
fut mitigée par les Rois , qui n'ai-
I. Vol. moient
JUIN. 1733 . 1055
moient point d'avoir un Vassal si puissant
à la porte de leur Capitale. Aussi
Philippe I. profita bien tôt de la mort ,
sans enfans , de Simon , surnommé le
Bienheureux , dernier de ces Comtes ,
arrivée l'an 1c88 . pour réünir à son Domaine
le Comté de Véxin , qu'il donna
ensuite à son fils , Loüis , surnommé le
Gros, et qui par ce moyen devint Avoüé
de S. Denys. C'est ce Prince , qui étant
Roy, fit un usage general de la Banniere
de l'Abbaye , dont il avoit l'Avouerie ,
et la fit porter dans toutes les Guerres
d'Etat qu'il entreprit. Après la réunion
du Véxin à la Couronne , la dévotion à
S. Denys devint si grande , que les Rois ,
successeurs de Louis le Gros , se firent
honneur d'être les premiers Avoüez de
l'Eglise de ce Saint.
Ils s'obligerent en cette qualité de
prendre les armes pour en conserver les
droits toutes les fois qu'il en seroit besoin
; et cette obligation leur fit naître
l'idée pieuse de se servir de la Banniere
de ce Monastere , non seulement dans les
occasions où il s'agiroit d'en deffendre les
biens , mais encore dans toutes celles où
il s'agiroit de la deffense de leur propre
Royaume , et d'avoir en cette Banniere
la nrême confiance que leurs Prédeces
1. Vol.
scurs
1056 MERCURE DE FRANCE
seurs avoient eue en celle de S. Martin ,
dont on ne faisoit plus d'usage .
L'Histoire nous a conservé la memoire
de ce qui se passa quand le Roy Louis
le Gros alla à S. Denys , l'an 1124. y lever
l'Oriflamme pour la premiere fois ,
afin de s'en servir dans la Guerre qu'il
alloit avoir contre l'Empereur Henry V.
,
La maniere dont ce Prince parla dans
l'Assemblée qui se tint à cette occasion ,
a donné lieu de croire qu'il y reconnut
n'avoir droit de se servir de la Banniere
de S. Denys , qu'en qualité de Vassal de
l'Abbaye , à cause du Comté de Vexin .
Voicy le discours du Roy , tiré d'une
Patente que Doublet nous a conservée
dans son Histoire de S.Denys. Liv. 3.
Presenti itaque Venerabili Abbate Prefata
Ecclesia Sugerio , quem fidelem et familiarem
optimatum nostrorum Vexillum de
altario beatorum Martyrum , ad quos comitatus
Vilcassini , quem nos ab ipsis infeodem
habemus , spectare dignoscitur , morem
antiquum antecessorum nostrorum servantes
et imitantes , signiferi jure , sicut Comites
Vilcassini soliti erant , suscepimus.
Ces termes qui ont paru décisifs à ceux
qui ont soutenu que le Roi fit alors hommage
du Comté de Vexin, ne me paroissent
pas tels ; cette preuve n'est point in-
I, Vol.
conJUIN.
1733 1057
contestable , selon moi ; la piété du Prince
, et sa grande dévotion à S. Denys , auroient
bien pû lui faire avancer des expressions
un peu fortes , sans distinguer
assez pourquoi les Comtes de Vexin rendoient
hommage ; confondant sa qualité
d'Avoué avec celle de Comte , et les termes
: De more Antecessorum suorum , peuvent
s'entendre que le Roy reconnoît
avoir , signiferi jure , le droit de porter
P'Enseigne de S. Denys , de même que les
Comtes de Vexin l'avoient en qualité
d'Avoüés , et par conséquent de Vassaux
de l'Abbaye en cette qualité.
Enfin , si on ne peut rien rabatre de la
forme des termes de cette reconnoissance
; la cause qui la fit faire ainsi , peut
être attribuée à l'usage où l'on étoit alors,
et qui avoit commencé dans le siecle précedent
, où le Seigneur d'un Fief croioit
faire un Acte de grande piété , en soumettant
volontairemént sa Terre à l'Eglise
d'un Saint , qu'il prenoit pour le:
Protecteur de sa famille.
On rendoit cette soumission , sans prétendre
préjudicier à celle qu'on devoit à
son Seigneur dominant, ce qui faisoit que
ce dernier la permettoit. Les Comtes de
Vexin auroient pû faire un pareil hommage
à S. Denys , sans préjudice de celui
qu'ils devoient aux Rois .
tos8 MERCURE DE FRANCE
Les Seigneurs de la Tour en Auvergne
soumirent leur Fief de la Tour à l'Abbaye
de Clugny , fauf ce qu'ils devoient
aux Comtes d'Auvergne leurs Souverains.
Munier , dans son Histoire d'Authun ;
rapporte les hommages que les Seigneurs
du Fief de Clugny lés - Authun , faisoient
devant l'Autel et la Chasse de S. Symphorien
de cette Ville , quoique ce Fief
de Clugny relevat d'un autre Seigneur.
Louis XI. Roy de France , fit hommage
pour lui et ses Successeurs Rois , du
Comté de Boulogne en Picardie , à Notre
Dame de la même Ville ; et Louis XIII. a
mis sa Couronne sons la protection de la
Sainte Vierge , par un voeu fait à l'Eglise
de Notre Dame de Paris ; toutes ces
soumissions volontaires et l'effet d'une
grande piété , ne tirent point à conséquence
, et ne peuvent point passer pour
de vraies sujettions.
que
Il faut penser la même chose de celle
les Comtes de Vexin devoient à Saint
Denys, et je suis persuadé que ces Comtes
ne la devoient que pour des Terres dépendantes
de l'Abbaye , dont ils jouissoient
en qualité d'Avoüez . En effet
qu'on examine bien la céremonie qui se
faisoit quand nos Rois alloient pren-
I. Vol.
dre
JUIN. 1733.
1059
dre l'Oriflame , on verra que ce n'étoit
qu'un Acte de dévotion qui n'avoit rien
qui sentit l'hommage juridique.
Le Roy après avoir fait sa priere devant
l'Autel sur lequel étoient les Chasses
des Martyrs , prenoit lui - même la Banniere
qui étoit aussi dessus l'Autel , pour
montrer qu'il ne tenoit le droit de la
prendre que de sa puissance , et que la
piété seule , qui l'engageoit à proteger le
Monastere , lui faisoit si fort estimer son
Enseigne, à cause du Saint à qui elle étoit
consacrée, qu'il esperoit par elle attirer la
protection du Ciel sur son Armée. Ensuite
le Roy tenant en main cette Enseigne
la remettoit à un des plus vaillans
Chevaliers de sa Cour , pour la porter en
son nom , pendant l'Expedition qu'on
alloit entreprendre , et ce Seigneur faisoit
serment de la deffendre au peril de
sa vie , et de la rapporter dans le lieu où
il la prenoit.
Je regarde les Porte - Oriflammes
comme les Vidâmes de nos Rois et les
Avoüés particuliers de Saint Denys.
J'ai déja dit que les Rois sont de droit
les Protecteurs et les Grands Avoüés de
toutes les Eglises de leur Royaume ; ils
avoient fait les Comtes d'Anjou et du
Vexin leurs Lieutenans dans celles de S.
I. Vol. Martin
1060 MERCURE DE FRANCE
Martin et de S. Denys , et ils ne firent
exercer ces Lieutenances par d'autres Seigneurs
, que quand la posterité mâle de
ces Comtes eut manqué.
Outre ces Lieutenans d'honneur , les
Grosses Abbayes avoient d'antres Avoüez
d'un plus bas étage pour avoir soin des
biens détachez et éloignez de ces Abbayes.
Ces Avouez particuliers se nommoient
Signiferi Ecclesiarum , Porte- Enseignes
des Eglises.
L'Abbaye de S.Denys en avoit plusieurs
à la fois , comme celui de Berneval en
Normandie , et les Seigneurs de Chevreuse
près Montfort. Ces derniers , l'an
1226 , remirent leur droit d'Avoüérie ,
moyennant une somme d'argent ; il falloit
cependant que par cette vente ils ne
se fussent pas dépouillez tout - à - fait de
l'honneur de contribuer à la deffense de
l'Abbaye de S. Denys , puisque les premiers
Porte Oriflammes connus , étoient
de cette famille , et qu'on n'en trouve
point qui ait exercé cet Ofice avant Anceau
, Sire de Chevreuse , qui perdit l'O
riflamme et la vie à la Bataille de Monsen
- Puelle , l'an 1304.
Chacun de ces Avoüez particuliers
avoit son Enseigne , comme cela se prouve
par le nom qu'on leur donnoit de
I. Vol. SiJUIN.
1733 1061
Signiferi Ecclesiarum ; ainsi l'Abbaye de
S. Denys ayant plusieurs Avoüez , devoit
avoir plusieurs Bannieres , qui toutes auroient
pû s'appeller Oriflammes , puisqu'elles
avoient toutes la même forme ,
par la raison que je vais dire ; cependant
on ne donna ce nom qu'à la principale ,
qui restoit dans l'Abbaye , et que l'on
regardoit proprement comme appartenante
aux Martyrs.
Toutes les Bannieres des Eglises dédiées
à des Saints de ce genre , étoient
rouges et frangées, de synope ou de verts
l'une de ces couleurs désignant les souffrances,
et l'autre l'esperance qui animoit
ces Saints en répandant leur sang pour
Jesus-Christ.
L'Eglise de Brioude en France , dédiée
à S. Julien Martyr, celles de Tubnigen
et de Bolbingen en Allemagne , de même
qu'une infinité d'autres Eglises qu'on me
dispensera de nommer , avoient de semblables
Bannieres ; l'Etendart des Dauphins
de Viennois étoit rouge , avec un
S. George representé dessus ; il servoit à
l'inauguration de chaque Dauphin . Après
qu'on avoit mis au nouveau Prince l'Epée
au côté , et l'Anneau au doigt , il
prenoit d'une main le Sceptre , et de
l'autre cet Etendart , qui après la cere-
1. Vol.
monie
1062 MERCURE DE FRANCE
monie étoit remis dans la Sacristie de l'Eglise
de S.André de Grenoble où il restoit
toujours en dépôt , comme l'ont remarqué
Jean Beneton , mon grand oncle , et
M. de Valbonnais dans leurs Mémoires
du Dauphiné.
Plusieurs Seigneurs qui se trouverent
Avoüez des Eglises lorsque l'on commençi
à prendre des Armoiries , s'en firent
avec les Bannieres qu'ils avoient droit de
porter ; telle est l'origine des Armes des
Comtes d'Auverge , des Seigneurs de Clin
champ en Normandie , et des Comtes de
Verdemberg en Allemagne . Ces trois
exemples suffiront pour prouver ce que
j'avance.
Le reste paroitra dans le Mercure pro¬
chain.
Militaires des François . par M. Benetonde-
Perrin , Ecuyer , ancien Gendarme
de la Garde du Roy. Seconde Partie .
A
Près avoir dit dans la premiere Partie
de cet Ouvrage ce qui obligea
les Rois de France à changer de Patron ,
et ce qui fit qu'à leur exemple le Peuple
diminua peu - à - peu sa dévotion a S.Martin
, pour la donner toute entiere à saint
Denis ; remontons présentement aux
temps qui ont précedé ce changement.
Sans entrer dans la fameuse dispute si
S. Denis , premier Evêque de Paris , est
le même que Denis l'Areopagite , converti
par
l'Apôtre S. Paul dans la Ville
d'Athénes , qui de Rome passa dans les
Gaules dès le premier siecle de l'Eglise ,
ou s'il est un autre Denis , qui , avec six
autres saints Missionnaires , ne vinrent dans
les Gaules qu'au temps de Décius ; il est
toujours certain qu'un S. Denis , Evêque,
fut le premier qui annonça aux Parisiens
les veritez de l'Evangile , et qu'il souffrit
le martyre avec deux de ses Compagnons
dans le lieu même où il avoit exercé sa
Mission .
Après
JUIN. 1733. 1051
Après la mort de ce Saint , une femme
vertueuse et riche , nommée Catule ,
devenue , sans doute , Chrétienne par les
´Sermons du Martyr, fit secrettement enlever
son Corps et ceux de ses Compagnons ,
et les fit inhumer tous trois dans un
Champ qui lui appartenoit , et qui à cause
d'elle fut appellé Catolacum , et Catalliacum.
Les Chrétiens , pour ne point oublier
l'endroit qui contenoit les Corps de
ces saints Martyrs , mirent dessus une
marque, ou Montjoye , et aussi tôt qu'ils
furent en liberté de faire quelque Acte
public de leur Religion , ils bâtirent sur
cet endroit une Oratoire ou petite Chapelle
, que sainte Géneviève changea en
Eglise et qui devint bien- tôt un Monastere
, puisque dès l'an 6c0 . sous Clotaire
second , il y avoit déja un Abbé
qui gouvernoit la Communauté Religicu
se de S. Denis .
Le Roy Dagobert fut le premier qui
donna à cette Abbaye de grandes possessions
en terres , et les Successcurs de ce
Prince se firent un mérite d'enrichir extraordinairement
le Monastere de S. Denis
, par de continuelles liberalitez , jusqu'au
temps de Charles le Chauve. Alors
les Normands étant venu aborder ent
Neustrie , et ces Barbares ayant remonté
1. Vol. Ay la
1052 MERCURE DE FRANCE
·
&
la Seine pour ravager les Païs voisins de
cette Riviete , les Religieux de S. Denys
recoururent à la protection des Rois ,
pour la conservation des biens qu'ils renoient
d'eux ; mais les Rois occupez aib
leurs, tant par les Guerres intestines , que
par les ravages que d'autres Normands
faisoient en attaquant le Royaume par
plusieurs endroits , et ne pouvant par
consequent s'engager à deffendre en personne
l'Abbaye de S. Denys ; ils commirent
ce soin aux Comtes du Véxin , qui
étoient leurs plus proches Officiers , et faisant
résidence aux environs de cette Abbaye;
par là plus à portée que tous autres
à veiller à sa deffense. Voilà l'origine et
l'établissement des premiers Avouez ou
Deffenseurs de S. Denys .
Les Comtes de Véxin étoient pour lors
des Officiers Amovibles , comme tous les
autres Comtes du Royaume ; ainsi l'Abbaye
de S.Denys changeoit d'Avoüé toutes
les fois que leVéxin changeoit de Gouverneur.
Cela dura jusqu'au Regne de Charles
le Simple, qui ayant cedé aux Normands
toute la Neustrie , avec une partie du
Véxin ; ceux qui devinrent Comtes de
l'autre partie de ce Païs , demeurée à la
France , s'en rendirent presque aussi-tôr
1. Vol.
SeiJUIN.
1733.
1053
Seigneurs proprietaires , et étendirent la
même propriété sur l'Avoüerie de S. Denys
, rendant ces deux Dignités héréditaires
dans leurs familles .
Les Historiens faute d'avoir mis de la
distinction entre la qualité de Comte et
celle d'Avoüé , ont cru que les derniers
Seigneurs du Véxin étoient Vassaux de
l'Abbaye de S. Denys pour leur Comté ;
ce qui n'est point mon sentiment.
Car si le Comté de Véxin eut relevé de
l'Abbaye de S. Denys , les Religieux auroient
été en droit d'exiger l'hommage
des Ducs de Normandie qui joüissoient
de la moitié de ce Comté; et l'on ne voit
point qu'aucun Prince Normand ait été
citté , ni se soit soumis à cet hommage.
Les premiers Comtes de Véxin n'ont
pas pû le faire; ils dépendoient entierement
des Rois qui n'auroient point souffert
que leurs Officiers allassent faire hommage
d'un Païs dont ils n'étoient que les
gardiens ; permettroit - on presentement
à un Gouverneur de Province ou de Ville
d'aller soumettre son Gouvernement
à une Eglise à laquelle il auroit dévotion ?
il en auroit été de même si les Comtes
de Véxin avoient voulu faire une semblable
démarche.
L'Abbaye de S. Denys n'a eu la Sei-
1. Vol.
A vj gneurie
1054 MERCURE DE FRANCE
gneurie du lieu où elle est scituée que par
la donation que lui en fit le Roy Robert,
l'an 996. En ce temps - là les Rois donnoient
assez aisément les Domaines utiles,
mais rarement les Justices et les Droits
Seigneuriaux ; ils éroient soigneux de se
les conserver ; ainsi il paroît peu croïable
qu'un Monastere qui n'étoit point Seigneur
du lieu où il étoit , pût avoir la Suseraineté
sur un territoire aussi considérable
que le Véxin , Les Rois avoient interêt
de soûtenir le droit de Suseraineté
sur ce territoire entier, parce que s'ils s'étoient
un peu relâchés , cela auroit servi
de prétexte aux Ducs de Normandie
lorsqu'ils furent devenus Rois d'Angleterre
, et les plus redoutables ennemis de
la France , pour soustraire une partie de
leur Domaine à l'hommage qu'ils devoient
à la Couronne , dans la prétention
qu'ils ne l'auroient dû qu'à l'Abbaye
de Saint Denys pour leur part du
Véxin.
,
Nos Rois connoissoient si bien que
leur interêt demandoit l'affoiblissement
des Comtes du Véxin , trop voisins de
Paris , que les derniers possesseurs de ce
Comté , étoient plutôt Comtes dans le
Païs , que Comtes du Païs , tant leur autorité
fut mitigée par les Rois , qui n'ai-
I. Vol. moient
JUIN. 1733 . 1055
moient point d'avoir un Vassal si puissant
à la porte de leur Capitale. Aussi
Philippe I. profita bien tôt de la mort ,
sans enfans , de Simon , surnommé le
Bienheureux , dernier de ces Comtes ,
arrivée l'an 1c88 . pour réünir à son Domaine
le Comté de Véxin , qu'il donna
ensuite à son fils , Loüis , surnommé le
Gros, et qui par ce moyen devint Avoüé
de S. Denys. C'est ce Prince , qui étant
Roy, fit un usage general de la Banniere
de l'Abbaye , dont il avoit l'Avouerie ,
et la fit porter dans toutes les Guerres
d'Etat qu'il entreprit. Après la réunion
du Véxin à la Couronne , la dévotion à
S. Denys devint si grande , que les Rois ,
successeurs de Louis le Gros , se firent
honneur d'être les premiers Avoüez de
l'Eglise de ce Saint.
Ils s'obligerent en cette qualité de
prendre les armes pour en conserver les
droits toutes les fois qu'il en seroit besoin
; et cette obligation leur fit naître
l'idée pieuse de se servir de la Banniere
de ce Monastere , non seulement dans les
occasions où il s'agiroit d'en deffendre les
biens , mais encore dans toutes celles où
il s'agiroit de la deffense de leur propre
Royaume , et d'avoir en cette Banniere
la nrême confiance que leurs Prédeces
1. Vol.
scurs
1056 MERCURE DE FRANCE
seurs avoient eue en celle de S. Martin ,
dont on ne faisoit plus d'usage .
L'Histoire nous a conservé la memoire
de ce qui se passa quand le Roy Louis
le Gros alla à S. Denys , l'an 1124. y lever
l'Oriflamme pour la premiere fois ,
afin de s'en servir dans la Guerre qu'il
alloit avoir contre l'Empereur Henry V.
,
La maniere dont ce Prince parla dans
l'Assemblée qui se tint à cette occasion ,
a donné lieu de croire qu'il y reconnut
n'avoir droit de se servir de la Banniere
de S. Denys , qu'en qualité de Vassal de
l'Abbaye , à cause du Comté de Vexin .
Voicy le discours du Roy , tiré d'une
Patente que Doublet nous a conservée
dans son Histoire de S.Denys. Liv. 3.
Presenti itaque Venerabili Abbate Prefata
Ecclesia Sugerio , quem fidelem et familiarem
optimatum nostrorum Vexillum de
altario beatorum Martyrum , ad quos comitatus
Vilcassini , quem nos ab ipsis infeodem
habemus , spectare dignoscitur , morem
antiquum antecessorum nostrorum servantes
et imitantes , signiferi jure , sicut Comites
Vilcassini soliti erant , suscepimus.
Ces termes qui ont paru décisifs à ceux
qui ont soutenu que le Roi fit alors hommage
du Comté de Vexin, ne me paroissent
pas tels ; cette preuve n'est point in-
I, Vol.
conJUIN.
1733 1057
contestable , selon moi ; la piété du Prince
, et sa grande dévotion à S. Denys , auroient
bien pû lui faire avancer des expressions
un peu fortes , sans distinguer
assez pourquoi les Comtes de Vexin rendoient
hommage ; confondant sa qualité
d'Avoué avec celle de Comte , et les termes
: De more Antecessorum suorum , peuvent
s'entendre que le Roy reconnoît
avoir , signiferi jure , le droit de porter
P'Enseigne de S. Denys , de même que les
Comtes de Vexin l'avoient en qualité
d'Avoüés , et par conséquent de Vassaux
de l'Abbaye en cette qualité.
Enfin , si on ne peut rien rabatre de la
forme des termes de cette reconnoissance
; la cause qui la fit faire ainsi , peut
être attribuée à l'usage où l'on étoit alors,
et qui avoit commencé dans le siecle précedent
, où le Seigneur d'un Fief croioit
faire un Acte de grande piété , en soumettant
volontairemént sa Terre à l'Eglise
d'un Saint , qu'il prenoit pour le:
Protecteur de sa famille.
On rendoit cette soumission , sans prétendre
préjudicier à celle qu'on devoit à
son Seigneur dominant, ce qui faisoit que
ce dernier la permettoit. Les Comtes de
Vexin auroient pû faire un pareil hommage
à S. Denys , sans préjudice de celui
qu'ils devoient aux Rois .
tos8 MERCURE DE FRANCE
Les Seigneurs de la Tour en Auvergne
soumirent leur Fief de la Tour à l'Abbaye
de Clugny , fauf ce qu'ils devoient
aux Comtes d'Auvergne leurs Souverains.
Munier , dans son Histoire d'Authun ;
rapporte les hommages que les Seigneurs
du Fief de Clugny lés - Authun , faisoient
devant l'Autel et la Chasse de S. Symphorien
de cette Ville , quoique ce Fief
de Clugny relevat d'un autre Seigneur.
Louis XI. Roy de France , fit hommage
pour lui et ses Successeurs Rois , du
Comté de Boulogne en Picardie , à Notre
Dame de la même Ville ; et Louis XIII. a
mis sa Couronne sons la protection de la
Sainte Vierge , par un voeu fait à l'Eglise
de Notre Dame de Paris ; toutes ces
soumissions volontaires et l'effet d'une
grande piété , ne tirent point à conséquence
, et ne peuvent point passer pour
de vraies sujettions.
que
Il faut penser la même chose de celle
les Comtes de Vexin devoient à Saint
Denys, et je suis persuadé que ces Comtes
ne la devoient que pour des Terres dépendantes
de l'Abbaye , dont ils jouissoient
en qualité d'Avoüez . En effet
qu'on examine bien la céremonie qui se
faisoit quand nos Rois alloient pren-
I. Vol.
dre
JUIN. 1733.
1059
dre l'Oriflame , on verra que ce n'étoit
qu'un Acte de dévotion qui n'avoit rien
qui sentit l'hommage juridique.
Le Roy après avoir fait sa priere devant
l'Autel sur lequel étoient les Chasses
des Martyrs , prenoit lui - même la Banniere
qui étoit aussi dessus l'Autel , pour
montrer qu'il ne tenoit le droit de la
prendre que de sa puissance , et que la
piété seule , qui l'engageoit à proteger le
Monastere , lui faisoit si fort estimer son
Enseigne, à cause du Saint à qui elle étoit
consacrée, qu'il esperoit par elle attirer la
protection du Ciel sur son Armée. Ensuite
le Roy tenant en main cette Enseigne
la remettoit à un des plus vaillans
Chevaliers de sa Cour , pour la porter en
son nom , pendant l'Expedition qu'on
alloit entreprendre , et ce Seigneur faisoit
serment de la deffendre au peril de
sa vie , et de la rapporter dans le lieu où
il la prenoit.
Je regarde les Porte - Oriflammes
comme les Vidâmes de nos Rois et les
Avoüés particuliers de Saint Denys.
J'ai déja dit que les Rois sont de droit
les Protecteurs et les Grands Avoüés de
toutes les Eglises de leur Royaume ; ils
avoient fait les Comtes d'Anjou et du
Vexin leurs Lieutenans dans celles de S.
I. Vol. Martin
1060 MERCURE DE FRANCE
Martin et de S. Denys , et ils ne firent
exercer ces Lieutenances par d'autres Seigneurs
, que quand la posterité mâle de
ces Comtes eut manqué.
Outre ces Lieutenans d'honneur , les
Grosses Abbayes avoient d'antres Avoüez
d'un plus bas étage pour avoir soin des
biens détachez et éloignez de ces Abbayes.
Ces Avouez particuliers se nommoient
Signiferi Ecclesiarum , Porte- Enseignes
des Eglises.
L'Abbaye de S.Denys en avoit plusieurs
à la fois , comme celui de Berneval en
Normandie , et les Seigneurs de Chevreuse
près Montfort. Ces derniers , l'an
1226 , remirent leur droit d'Avoüérie ,
moyennant une somme d'argent ; il falloit
cependant que par cette vente ils ne
se fussent pas dépouillez tout - à - fait de
l'honneur de contribuer à la deffense de
l'Abbaye de S. Denys , puisque les premiers
Porte Oriflammes connus , étoient
de cette famille , et qu'on n'en trouve
point qui ait exercé cet Ofice avant Anceau
, Sire de Chevreuse , qui perdit l'O
riflamme et la vie à la Bataille de Monsen
- Puelle , l'an 1304.
Chacun de ces Avoüez particuliers
avoit son Enseigne , comme cela se prouve
par le nom qu'on leur donnoit de
I. Vol. SiJUIN.
1733 1061
Signiferi Ecclesiarum ; ainsi l'Abbaye de
S. Denys ayant plusieurs Avoüez , devoit
avoir plusieurs Bannieres , qui toutes auroient
pû s'appeller Oriflammes , puisqu'elles
avoient toutes la même forme ,
par la raison que je vais dire ; cependant
on ne donna ce nom qu'à la principale ,
qui restoit dans l'Abbaye , et que l'on
regardoit proprement comme appartenante
aux Martyrs.
Toutes les Bannieres des Eglises dédiées
à des Saints de ce genre , étoient
rouges et frangées, de synope ou de verts
l'une de ces couleurs désignant les souffrances,
et l'autre l'esperance qui animoit
ces Saints en répandant leur sang pour
Jesus-Christ.
L'Eglise de Brioude en France , dédiée
à S. Julien Martyr, celles de Tubnigen
et de Bolbingen en Allemagne , de même
qu'une infinité d'autres Eglises qu'on me
dispensera de nommer , avoient de semblables
Bannieres ; l'Etendart des Dauphins
de Viennois étoit rouge , avec un
S. George representé dessus ; il servoit à
l'inauguration de chaque Dauphin . Après
qu'on avoit mis au nouveau Prince l'Epée
au côté , et l'Anneau au doigt , il
prenoit d'une main le Sceptre , et de
l'autre cet Etendart , qui après la cere-
1. Vol.
monie
1062 MERCURE DE FRANCE
monie étoit remis dans la Sacristie de l'Eglise
de S.André de Grenoble où il restoit
toujours en dépôt , comme l'ont remarqué
Jean Beneton , mon grand oncle , et
M. de Valbonnais dans leurs Mémoires
du Dauphiné.
Plusieurs Seigneurs qui se trouverent
Avoüez des Eglises lorsque l'on commençi
à prendre des Armoiries , s'en firent
avec les Bannieres qu'ils avoient droit de
porter ; telle est l'origine des Armes des
Comtes d'Auverge , des Seigneurs de Clin
champ en Normandie , et des Comtes de
Verdemberg en Allemagne . Ces trois
exemples suffiront pour prouver ce que
j'avance.
Le reste paroitra dans le Mercure pro¬
chain.
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Résumé : DISSERTATION sur les Enseignes Militaires des François. par M. Beneton-de-Perrin, Ecuyer, ancien Gendarme de la Garde du Roy. Seconde Partie.
La dissertation de M. Benetonde-Perrin explore l'évolution de la dévotion des rois et du peuple français de saint Martin à saint Denis. Saint Denis, premier évêque de Paris, a annoncé l'Évangile aux Parisiens et a été martyr. Après sa mort, une femme vertueuse, Catule, a fait inhumer son corps et ceux de ses compagnons dans un champ nommé Catolacum. Les chrétiens ont marqué cet endroit et y ont construit une chapelle, devenue monastère sous Clotaire II. Le roi Dagobert a enrichi l'abbaye de Saint-Denis, et ses successeurs ont continué à la protéger contre les Normands. Les comtes du Vexin, officiers des rois, ont été chargés de défendre l'abbaye. Sous Charles le Simple, les comtes du Vexin sont devenus seigneurs propriétaires et ont rendu l'avouerie de Saint-Denis héréditaire. Les historiens ont souvent confondu les rôles de comte et d'avoué, mais l'abbaye n'a obtenu la seigneurie du lieu qu'en 996 par donation du roi Robert. Philippe I a réuni le comté du Vexin à la couronne et a fait de la bannière de Saint-Denis l'emblème royal. Louis VI a levé l'oriflamme à Saint-Denis en 1124 pour une guerre contre l'empereur Henri V. Cet acte était un geste de dévotion plutôt qu'un hommage juridique. Les rois ont continué à utiliser l'oriflamme comme symbole de protection divine pour leurs armées. Les porte-oriflammes étaient considérés comme les vidâmes des rois et les avoués particuliers de Saint-Denis. Le texte mentionne également les enseignes particulières appelées 'Avoüez' utilisées par certaines abbayes et églises. Chaque Avoüez avait une enseigne spécifique. L'Abbaye de Saint-Denis possédait plusieurs bannières appelées Oriflammes, bien que ce nom soit réservé à la principale. Ces bannières étaient rouges et frangées de synope ou de vert, symbolisant respectivement les souffrances et l'espérance des martyrs. Des églises dédiées à des saints martyrs, comme celle de Brioude en France et celles de Tübingen et de Bolbingen en Allemagne, possédaient des bannières similaires. L'étendard des Dauphins de Viennois était rouge avec une représentation de Saint Georges et servait lors de l'inauguration des Dauphins. Après la cérémonie, il était conservé dans la sacristie de l'église de Saint-André de Grenoble. Certains seigneurs, devenus Avoüez des églises, ont adopté les bannières comme armoiries, expliquant l'origine des armes des Comtes d'Auvergne, des Seigneurs de Clinchamp en Normandie et des Comtes de Verdemberg en Allemagne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 1615-1622
RÉPONSE à M. D. L. R. sur un Mémoire venu d'Amiens, au sujet de quelques cérémonies de la premiere Entrée des Evêques de cette Ville.
Début :
L'Ecrit dont vous m'avez prié de faire la lecture, renferme plusieurs choses curieuses, [...]
Mots clefs :
Évêque, Entrée, Amiens, Seigneur, Rivery, Cahors, Cessac, Seigneurs, Sentence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à M. D. L. R. sur un Mémoire venu d'Amiens, au sujet de quelques cérémonies de la premiere Entrée des Evêques de cette Ville.
REPONSE à M. D. L. R. sur un
Mémoire venu d'Amiens , au sujet de
quelques cérémonies de la premiere Entrée
des Evêques de cette Ville.
L'E
' Ecrit dont vous m'avez prié de faire la lecture
, renferme plusieurs choses curieuses ,
mais qui ne m'ont paru devoir agréer au Lecteur
qu'autant qu'il y aura un ordre plus méthodique
dans les matieres qui le composent.
M. Boullanger de Rivery est bien- aise que le
Public soit informé dans le temps de la vacance
du Siége Episcopal d'Amiens , de ce qui doit
Giiij être
1616 MERCURE DE FRANCE
être pratiqué à l'Entrée du futur Evêque , et sur
tout de la part qu'il doit prendre lui- même à
cette cérémonie. Ce qu'il marque dans cet Ecrit,
auquel il donne le nom de Manifeste , se voit
représenté à Amiens, dans une Tapisserie de l'Eglise
de S.Firmin le Confès . L'on y voit l'Entrée
d'un Evêque d'Amiens, dans sa ville Episcopale;
à son Joyeux Avenement. Le Prélat est monté
sur une Mule ; le Seigneur de Rivery portant
l'Ecu de ses Armes ( qui sont de Gueules à trois
pals de vair , au franc quartier d'or ) tient la
bride de la Mule , et conduit ainsi l'Evêque,suivi
de la Noblesse et du Peuple.On nous laisse ignorer
dans cet Ecrit les autres circonstances de
cette cérémonie ; mais on n'oublie point de remarquer
que le Seigneur de Rivery ayant servi
le Prélat à la descente de sa monture , est en
droit de revendiquer la Mule , comme à lui appartenante
, et même la Vaisselle servie aux Festins
de ce jour solemuel.
Cet usage ancien , attesté par M de la Morliere
, Chanoine de la Cathédrale d'Amiens et
Historiographe du Païs a été pratiqué dans
les Entrées de Messire Antoine de Créqui , le
1 Janvier 1564. dans celle de M. Geoffroy de la
Marthonie , le 25 Mars 1577. de M. François
le Febvre de Caumartin , le 1 Juillet 1618 et
trois Evêques depuis ce temps - là , qui sont
M. Favre , M. Feydeau de Brou et M Pierre
Sabatier, le dernier décédé , ont reconnu ce droit
du Seigneur de Rivery
Pour ce qui est de son origine , M Boullanger
de Rivery en fait la date bien ancienne dans
son Imprimé , puisqu'il ne craint point de remonter
jusqu'à S. Firmin , premier Evêque d'Amiens.
Sans le suivre dans les preuves qu'il a
apporté
JUILLET. 1733. 1617
apporté , que ce S. Apôtre du Païs a été le premier
Auteur des Institutions de Fiefs, dans la Ville
et Diocèse d'Amiens ; il me permettra de commencer
par douter de tout ce qu'il dit , qu'on
peut tirer tant des Chartes de l'Hôtel de Ville
de l'Evêché , et du Chapitre , que de celles des Seigneurs
de Picquigny et du Vidame d'Amiens .
En effet , si on y trouve ce qu'il dit y être ;
sçavoir , que de Puissans Seigneurs temporels
qui ne reconnoissoient aacun Souverain ni Seigneur
au dessus d'eux , voulurent bien avoüer tenir
leurs Terres et Seigneuries de S. Firmin ; et que
ce Saint Evêque , en reconnoissance , chargea
ses successeurs , lorsqu'ils recevroient le même
hommage à leur premiere Entrée, de gratifier le
principal de ces Seigneurs , de l'Anneau d'or
qu'ils porteroient au doigt ; et l'un des autres ,
de la monture sur laquelle ils feroient cette Entrée
, ce sont des faits sujets à revision , et sur
lesquels la Critique peut avoir de quoi s'exercer.
Il peut d'abord paroître extraordinaire
qu'un Evêque mort martyr , sous l'Empire de
Dioclétien , eut eu la derniere volonté qu'on lui
prête.
Au reste , je ne doute pas plus du droit qu'ont
le Vidame d'Amiens , et le Seigneur de Rivery
sur l'Anneau et sur la Mule de l'Evêque, qui fait
sa premiere Entrée â Amiens , que de celui qu'a
l'Evêque d'exiger d'eux l'hommage et la soumission
qui sont d'ancienne tradition ; je regarde
ces droits comme imprescriptibles de part
et d'autre , ainsi que le dit M. de Rivery ; mais
je suis persuadé qu'il ne convient aucunement
d'en faire remonter l'Epoque au troisiéme ou
quatrième siècle.
Ce qu'il dit dès le commencement de son Ma-
G v nifeste
16 : 3 MERCURE DE FRANCE
>
nifeste , touchant l'Eglise de Rome , qui étane.
opprimée par les Lombards se choisit des
Avouez ou Deffenseurs , même parmi les Têtes
Couronnées , et ce qu'il ajoute plus bas , touchant
les Evêques et les Monasteres , qui se
choisirent pareillement des Deffenseurs pour les
proteger contre les incursions des Tyrans ou
des Barbares , peut suffire pour fixer à quelques.
siecles près , l'origine de ces devoirs respectifs
et mutuels , entre les Seigneurs Ecclesiastiques,
et les seigneurs Laïques. Vous touchez , M.quel
que choses de ces Avouez, qu'on appelloit Porte-
Oriflammes ou Porte- Etendards , dans votre Jour
nal de Mars dernier , à la page 480 .
" Les exemples que M. Boullanger de Rivery.
apporte pour appuyer l'usage qui s'observe as
Amiens , sont excellens pour insinuer qu'il ne
conviendroit point de l'abolir. Il extrait de la
Gazette de France , du 9 May 1701. que le Pape
Cement XI . monta à Cheval dans le Jardin de
son Palais , le & Avril 1701. et qu'il s'exerça
pour la Cavalcade qu'il devoit faire le lende
main , jour de son 'Entrée publique , que le Prince
de Parme tint la bride du Cheval , et le Connêtable
l'Etrier il ajoute qu'il y est aussi marqué
, que le Duc de Parme est le Grand Gonfalonier
de l'Eglise , pourquoi il écartele par un
Pal de Gueules au Gonfalon Papal , c. M. de
Rivery trouve du rapport , entre les Armoiries
de la Tapisserie de S. Firmin , citée cy- dessus ,
et celles de ce Grand Gonfalonier ; mais on n'a
pas besoin de cela pour prouver les honneurs
que des Seigneurs séculiers se sont toujours plu
a rendre aux Evêques dans le temps de leur
reception.
•
Ce qu'il rapporte du Baron de Cessac au
Comté
JUILLET. 1733. 1619
Somté de Cahors est plus pressant. Quand un
Evêque de Cahors fait son Entrée solemnelle à
P'Evêché , ce Baron va.au devant de lui , hors
la Ville ; l'ayant rencontré àun certain Endroit.
marqué , il met pied à terre; après l'avoir salué ,
nuë tête et sans manteau , il prend la Mule de
P'Evêque par la bride , le conduit à l'Eglise Cathedrale
, de là au Palais Episcopal , où il s'arrête
pour le servir à table durant son diner, après
lequel il se retire avec la Mnle et le Buffet qui lui
appartiennent et lui sont acquis.
Cette soumission fut faite en 1604. par le
Baron de Cessac , et Messire Antoine Popinian
lors Evêque de Cahors ; mais elle fut suivie d'un
Procès entr'eux aux Requêtes du Palais de Toulouze
, sur ce que le sieur de Cessac prétendoit
que le Buffet dont l'Evêque s'étoit servi , n'étoit
point conforme et sortable à la célébrité de l'Acte
ni à la magnificence du Festin .
Surquoi intervint Sentence , le 15 May 1604.
qui ordonne qu'il sera procédé à l'estimation
des Droits par Experts ; eu égard à la qualité
des Parties , la célébrité de l'Acte , et la magnificence
du Festin. Estimation faite en conséquence
par Experts , à la somme de 3123 liv.sur quoi
autre Sentence , qui condamne l'Evêque à payer
pareille somme. Sentence qui fut confirmée par
Arrêt du même Parlement du Toulouse.
En 1627 23 ans après , M. Pierre de Habert ,
nouvellement pourvû de cet Evêché , ayant fait
son Entrée en la Ville de Cahors , sans avoit appellé
M. Pierre de Casilhac , Baron de Cessaç.
Autre Instance , aux Requêtes dn Palais , de la
part du Baron , qui demande , contre l'Evêque ,
condamnation de la somme de 3123 liv. pour ex
au lieu de la valeur de ses droits.
Gvj L'E1520
MERCURE DE FRANCE
;
L'Evêque soutient que c'est chose purement
du Seigneur , d'appeller son Vassal à pareille
cérémonie ; que d'ailleurs l'Entrée qu'il a faite
dans la Ville de Cahors n'étoit pas solemnelle
que le Clergé ne s'y étoit pas trouvé en Procession
, nonobstant quoi , par Sentence du 20 Fevrier
1530. il est condamné à payer au sieur de
Cessac la somme demandée , à la charge par lui
de se trouver à une Entrée plus solemnelle , si le
sieur Evêque en vouloit faire ; sans pouvoir prétendre
autres droits.
L'Evêque ayant appellé de cette Sentence , et
conclu sur Procês par écrit , aux Enquêtes , suz
la question de sçavoir , si le Baron de Cessac
qui devoit rendre ce service au sieur Evêque à sa
premiere Entrée , étoit en droit de contraindre
le sieur Evêque de l'accepter.
Par Arrêt du Parlement de Toulouze , rendu
le S Juillet 1630 au rapport de M. Olive Dumesnil
, Conseiller ; il fut jugé que l'obligation
du Seigneur et du Vassal est réciproque , qu'un
même lien mutuel les lie tous deux, quoique par
des devoirs différens ; notamment , dit l'Autheur
en cette rencontre , où tout l'honneur se réfere à
l'Evêque.
Il est dit par l'Arrêt qu'il a été bien jugé par
la Sentence dont étoit appel , et ledit sieur Evêque
condamné à payer ladite somme de 3123 liv .
si mieux il n'aime faire une Entrée plus solemnelle.
Ces Arrêts sont rapportez au long par M Olive
Dumesnil , en ses Questions Notables , Liv.
2. Chap. 8.
Les Institutions et formalitez prescrites entre
l'Evêque de Cahors , et le Baron de Cessac , pour
la cérémonie de l'Entrée de l'Evêque , en la Ville .
Capitale de Cahors. se trouvent pareilles, communes
JUILLET . 1733. 16: 1
nes et relatives à ce qui s'observe , et a été observé
en pareil cas , pour la cérémonie de l'Entrée de
l'Evêque d'Amiens, dans sa Ville Capitale, pareilles
feodalitez , pareils motifs , parité de raisons
, et par conséquent pareil jugement, mêmes
droits , même décision : Übi eadem ratio, ibi idem
jus. C'est ainsi que s'exprime M. de Rivery dans
son Manifeste.
Il y touche incidemment l'usage qui est observé
communément par les Evêques , qui est de
donner des repas aux Chanoines à certains jours
de l'année. Il dit que la Jurisprudence des Arrêts
a jugé ces Festins obligatoires à la nouvelle Entrée:
Ad comparandum favorem populi et militum.
De plus , que par Arrêt du Parlement de
Paris , du 16 May 1346. l'Evêque d'Angers a été
condamné à faire cinq ou six Festins par an à
son Chapitre ; et qu'un particulier même , qui
est l'Archiprêtre, fit condamner l'un de ses Successeurs
dans le même Evêchê , l'an 1385 , à lui
payer le jour de S Yves , l'évaluation d'un semblable
Festin .
very
"
Comme il m'a paru que le Seigneur de Ris'attachoit
à faire connoître au Public les
prérogatives attachées à sa Terre , j'ai été surpris
qu'il n'ait rien dit de la Chasse aux Cygnes,
qui est Seigneuriale en ce Pais- là, selon la Morliere
, Historien d'Amiens ; et qui n'appartient
selon lui , qu'à l'Evêque d'Amiens , au Chapitre,
à l'Abbé de Corbie , au Vidame , à cause de
Dours , Village situé sur la Riviere de Seine , au
Seigneur de Rivery , et à celui de Blangy sur
Somme.Vous en lirez , avec plaisir , un récit abregé
, dans l'Ouvrage de ce Chanoine , page 139 .
édition de 1622. in 8. Informez-vous , s'il vous
plaît , si cet usage subsiste encore ; et supposé
que
1622 MERCURE DE FRANCE
que cela soit , je vous invite à assigner à Mercure
une Séance sur la Riviere de Somme , entre
Ambons et Corbie , le premier Mardy d'Aoust ,
qui sera le quatrième jour du mois en la présente
année 1733. pour y voir les Baillifs des six
Seigneurs , cy-dessus nommez , s'acquitter de
leur devoir..
↓
Vous y verrez ( si l'usage n'est pas aboli ) six
graves Magistrats , se faire apporter toutes les
couvées de Cygnes , avec les peres et meres, dans
le Village de la Motte; et là suivant qu'on trou
ve les Peres de famille marquez , on marque de
même les Enfans . La couvée dont le pere se trouve
marqué d'une Crosse , au côté droit du bec
est censée appartenir à M. l'Evêquè , et son Baillif
fait matquer de même toute la filiation . La
marque du Chapitre est une Croix ; celle de
l'Abbé de Corbie , une Clef , celle du Vidame est
un Ecusson appliqué des deux côtez du bec du
Cygne , au lieu que le Seigneur de Blangy ne
l'applique que du côté gauche . Pour ce qui est da
Seigneur de Rivery , la marque qu'il fait apposer
par son Baillif , est une simple barre de travers
, sur le bec de l'Oyseau . C'est toujours un
Privilege singulier pour ce Seigneur de pouvoir
réunir son Baillif avec ceux de l'Evêque , đu Chapitre
de l'Abbé de Corbie, et du Vidame, pour
juger une cause aussi importante que l'est celle
du nombre des couvées des Cygnes qui se baignent
dans la Riviere de Somme , et le public ne
sera pas fàché d'en être informé. Je suis ,
&c.
Mémoire venu d'Amiens , au sujet de
quelques cérémonies de la premiere Entrée
des Evêques de cette Ville.
L'E
' Ecrit dont vous m'avez prié de faire la lecture
, renferme plusieurs choses curieuses ,
mais qui ne m'ont paru devoir agréer au Lecteur
qu'autant qu'il y aura un ordre plus méthodique
dans les matieres qui le composent.
M. Boullanger de Rivery est bien- aise que le
Public soit informé dans le temps de la vacance
du Siége Episcopal d'Amiens , de ce qui doit
Giiij être
1616 MERCURE DE FRANCE
être pratiqué à l'Entrée du futur Evêque , et sur
tout de la part qu'il doit prendre lui- même à
cette cérémonie. Ce qu'il marque dans cet Ecrit,
auquel il donne le nom de Manifeste , se voit
représenté à Amiens, dans une Tapisserie de l'Eglise
de S.Firmin le Confès . L'on y voit l'Entrée
d'un Evêque d'Amiens, dans sa ville Episcopale;
à son Joyeux Avenement. Le Prélat est monté
sur une Mule ; le Seigneur de Rivery portant
l'Ecu de ses Armes ( qui sont de Gueules à trois
pals de vair , au franc quartier d'or ) tient la
bride de la Mule , et conduit ainsi l'Evêque,suivi
de la Noblesse et du Peuple.On nous laisse ignorer
dans cet Ecrit les autres circonstances de
cette cérémonie ; mais on n'oublie point de remarquer
que le Seigneur de Rivery ayant servi
le Prélat à la descente de sa monture , est en
droit de revendiquer la Mule , comme à lui appartenante
, et même la Vaisselle servie aux Festins
de ce jour solemuel.
Cet usage ancien , attesté par M de la Morliere
, Chanoine de la Cathédrale d'Amiens et
Historiographe du Païs a été pratiqué dans
les Entrées de Messire Antoine de Créqui , le
1 Janvier 1564. dans celle de M. Geoffroy de la
Marthonie , le 25 Mars 1577. de M. François
le Febvre de Caumartin , le 1 Juillet 1618 et
trois Evêques depuis ce temps - là , qui sont
M. Favre , M. Feydeau de Brou et M Pierre
Sabatier, le dernier décédé , ont reconnu ce droit
du Seigneur de Rivery
Pour ce qui est de son origine , M Boullanger
de Rivery en fait la date bien ancienne dans
son Imprimé , puisqu'il ne craint point de remonter
jusqu'à S. Firmin , premier Evêque d'Amiens.
Sans le suivre dans les preuves qu'il a
apporté
JUILLET. 1733. 1617
apporté , que ce S. Apôtre du Païs a été le premier
Auteur des Institutions de Fiefs, dans la Ville
et Diocèse d'Amiens ; il me permettra de commencer
par douter de tout ce qu'il dit , qu'on
peut tirer tant des Chartes de l'Hôtel de Ville
de l'Evêché , et du Chapitre , que de celles des Seigneurs
de Picquigny et du Vidame d'Amiens .
En effet , si on y trouve ce qu'il dit y être ;
sçavoir , que de Puissans Seigneurs temporels
qui ne reconnoissoient aacun Souverain ni Seigneur
au dessus d'eux , voulurent bien avoüer tenir
leurs Terres et Seigneuries de S. Firmin ; et que
ce Saint Evêque , en reconnoissance , chargea
ses successeurs , lorsqu'ils recevroient le même
hommage à leur premiere Entrée, de gratifier le
principal de ces Seigneurs , de l'Anneau d'or
qu'ils porteroient au doigt ; et l'un des autres ,
de la monture sur laquelle ils feroient cette Entrée
, ce sont des faits sujets à revision , et sur
lesquels la Critique peut avoir de quoi s'exercer.
Il peut d'abord paroître extraordinaire
qu'un Evêque mort martyr , sous l'Empire de
Dioclétien , eut eu la derniere volonté qu'on lui
prête.
Au reste , je ne doute pas plus du droit qu'ont
le Vidame d'Amiens , et le Seigneur de Rivery
sur l'Anneau et sur la Mule de l'Evêque, qui fait
sa premiere Entrée â Amiens , que de celui qu'a
l'Evêque d'exiger d'eux l'hommage et la soumission
qui sont d'ancienne tradition ; je regarde
ces droits comme imprescriptibles de part
et d'autre , ainsi que le dit M. de Rivery ; mais
je suis persuadé qu'il ne convient aucunement
d'en faire remonter l'Epoque au troisiéme ou
quatrième siècle.
Ce qu'il dit dès le commencement de son Ma-
G v nifeste
16 : 3 MERCURE DE FRANCE
>
nifeste , touchant l'Eglise de Rome , qui étane.
opprimée par les Lombards se choisit des
Avouez ou Deffenseurs , même parmi les Têtes
Couronnées , et ce qu'il ajoute plus bas , touchant
les Evêques et les Monasteres , qui se
choisirent pareillement des Deffenseurs pour les
proteger contre les incursions des Tyrans ou
des Barbares , peut suffire pour fixer à quelques.
siecles près , l'origine de ces devoirs respectifs
et mutuels , entre les Seigneurs Ecclesiastiques,
et les seigneurs Laïques. Vous touchez , M.quel
que choses de ces Avouez, qu'on appelloit Porte-
Oriflammes ou Porte- Etendards , dans votre Jour
nal de Mars dernier , à la page 480 .
" Les exemples que M. Boullanger de Rivery.
apporte pour appuyer l'usage qui s'observe as
Amiens , sont excellens pour insinuer qu'il ne
conviendroit point de l'abolir. Il extrait de la
Gazette de France , du 9 May 1701. que le Pape
Cement XI . monta à Cheval dans le Jardin de
son Palais , le & Avril 1701. et qu'il s'exerça
pour la Cavalcade qu'il devoit faire le lende
main , jour de son 'Entrée publique , que le Prince
de Parme tint la bride du Cheval , et le Connêtable
l'Etrier il ajoute qu'il y est aussi marqué
, que le Duc de Parme est le Grand Gonfalonier
de l'Eglise , pourquoi il écartele par un
Pal de Gueules au Gonfalon Papal , c. M. de
Rivery trouve du rapport , entre les Armoiries
de la Tapisserie de S. Firmin , citée cy- dessus ,
et celles de ce Grand Gonfalonier ; mais on n'a
pas besoin de cela pour prouver les honneurs
que des Seigneurs séculiers se sont toujours plu
a rendre aux Evêques dans le temps de leur
reception.
•
Ce qu'il rapporte du Baron de Cessac au
Comté
JUILLET. 1733. 1619
Somté de Cahors est plus pressant. Quand un
Evêque de Cahors fait son Entrée solemnelle à
P'Evêché , ce Baron va.au devant de lui , hors
la Ville ; l'ayant rencontré àun certain Endroit.
marqué , il met pied à terre; après l'avoir salué ,
nuë tête et sans manteau , il prend la Mule de
P'Evêque par la bride , le conduit à l'Eglise Cathedrale
, de là au Palais Episcopal , où il s'arrête
pour le servir à table durant son diner, après
lequel il se retire avec la Mnle et le Buffet qui lui
appartiennent et lui sont acquis.
Cette soumission fut faite en 1604. par le
Baron de Cessac , et Messire Antoine Popinian
lors Evêque de Cahors ; mais elle fut suivie d'un
Procès entr'eux aux Requêtes du Palais de Toulouze
, sur ce que le sieur de Cessac prétendoit
que le Buffet dont l'Evêque s'étoit servi , n'étoit
point conforme et sortable à la célébrité de l'Acte
ni à la magnificence du Festin .
Surquoi intervint Sentence , le 15 May 1604.
qui ordonne qu'il sera procédé à l'estimation
des Droits par Experts ; eu égard à la qualité
des Parties , la célébrité de l'Acte , et la magnificence
du Festin. Estimation faite en conséquence
par Experts , à la somme de 3123 liv.sur quoi
autre Sentence , qui condamne l'Evêque à payer
pareille somme. Sentence qui fut confirmée par
Arrêt du même Parlement du Toulouse.
En 1627 23 ans après , M. Pierre de Habert ,
nouvellement pourvû de cet Evêché , ayant fait
son Entrée en la Ville de Cahors , sans avoit appellé
M. Pierre de Casilhac , Baron de Cessaç.
Autre Instance , aux Requêtes dn Palais , de la
part du Baron , qui demande , contre l'Evêque ,
condamnation de la somme de 3123 liv. pour ex
au lieu de la valeur de ses droits.
Gvj L'E1520
MERCURE DE FRANCE
;
L'Evêque soutient que c'est chose purement
du Seigneur , d'appeller son Vassal à pareille
cérémonie ; que d'ailleurs l'Entrée qu'il a faite
dans la Ville de Cahors n'étoit pas solemnelle
que le Clergé ne s'y étoit pas trouvé en Procession
, nonobstant quoi , par Sentence du 20 Fevrier
1530. il est condamné à payer au sieur de
Cessac la somme demandée , à la charge par lui
de se trouver à une Entrée plus solemnelle , si le
sieur Evêque en vouloit faire ; sans pouvoir prétendre
autres droits.
L'Evêque ayant appellé de cette Sentence , et
conclu sur Procês par écrit , aux Enquêtes , suz
la question de sçavoir , si le Baron de Cessac
qui devoit rendre ce service au sieur Evêque à sa
premiere Entrée , étoit en droit de contraindre
le sieur Evêque de l'accepter.
Par Arrêt du Parlement de Toulouze , rendu
le S Juillet 1630 au rapport de M. Olive Dumesnil
, Conseiller ; il fut jugé que l'obligation
du Seigneur et du Vassal est réciproque , qu'un
même lien mutuel les lie tous deux, quoique par
des devoirs différens ; notamment , dit l'Autheur
en cette rencontre , où tout l'honneur se réfere à
l'Evêque.
Il est dit par l'Arrêt qu'il a été bien jugé par
la Sentence dont étoit appel , et ledit sieur Evêque
condamné à payer ladite somme de 3123 liv .
si mieux il n'aime faire une Entrée plus solemnelle.
Ces Arrêts sont rapportez au long par M Olive
Dumesnil , en ses Questions Notables , Liv.
2. Chap. 8.
Les Institutions et formalitez prescrites entre
l'Evêque de Cahors , et le Baron de Cessac , pour
la cérémonie de l'Entrée de l'Evêque , en la Ville .
Capitale de Cahors. se trouvent pareilles, communes
JUILLET . 1733. 16: 1
nes et relatives à ce qui s'observe , et a été observé
en pareil cas , pour la cérémonie de l'Entrée de
l'Evêque d'Amiens, dans sa Ville Capitale, pareilles
feodalitez , pareils motifs , parité de raisons
, et par conséquent pareil jugement, mêmes
droits , même décision : Übi eadem ratio, ibi idem
jus. C'est ainsi que s'exprime M. de Rivery dans
son Manifeste.
Il y touche incidemment l'usage qui est observé
communément par les Evêques , qui est de
donner des repas aux Chanoines à certains jours
de l'année. Il dit que la Jurisprudence des Arrêts
a jugé ces Festins obligatoires à la nouvelle Entrée:
Ad comparandum favorem populi et militum.
De plus , que par Arrêt du Parlement de
Paris , du 16 May 1346. l'Evêque d'Angers a été
condamné à faire cinq ou six Festins par an à
son Chapitre ; et qu'un particulier même , qui
est l'Archiprêtre, fit condamner l'un de ses Successeurs
dans le même Evêchê , l'an 1385 , à lui
payer le jour de S Yves , l'évaluation d'un semblable
Festin .
very
"
Comme il m'a paru que le Seigneur de Ris'attachoit
à faire connoître au Public les
prérogatives attachées à sa Terre , j'ai été surpris
qu'il n'ait rien dit de la Chasse aux Cygnes,
qui est Seigneuriale en ce Pais- là, selon la Morliere
, Historien d'Amiens ; et qui n'appartient
selon lui , qu'à l'Evêque d'Amiens , au Chapitre,
à l'Abbé de Corbie , au Vidame , à cause de
Dours , Village situé sur la Riviere de Seine , au
Seigneur de Rivery , et à celui de Blangy sur
Somme.Vous en lirez , avec plaisir , un récit abregé
, dans l'Ouvrage de ce Chanoine , page 139 .
édition de 1622. in 8. Informez-vous , s'il vous
plaît , si cet usage subsiste encore ; et supposé
que
1622 MERCURE DE FRANCE
que cela soit , je vous invite à assigner à Mercure
une Séance sur la Riviere de Somme , entre
Ambons et Corbie , le premier Mardy d'Aoust ,
qui sera le quatrième jour du mois en la présente
année 1733. pour y voir les Baillifs des six
Seigneurs , cy-dessus nommez , s'acquitter de
leur devoir..
↓
Vous y verrez ( si l'usage n'est pas aboli ) six
graves Magistrats , se faire apporter toutes les
couvées de Cygnes , avec les peres et meres, dans
le Village de la Motte; et là suivant qu'on trou
ve les Peres de famille marquez , on marque de
même les Enfans . La couvée dont le pere se trouve
marqué d'une Crosse , au côté droit du bec
est censée appartenir à M. l'Evêquè , et son Baillif
fait matquer de même toute la filiation . La
marque du Chapitre est une Croix ; celle de
l'Abbé de Corbie , une Clef , celle du Vidame est
un Ecusson appliqué des deux côtez du bec du
Cygne , au lieu que le Seigneur de Blangy ne
l'applique que du côté gauche . Pour ce qui est da
Seigneur de Rivery , la marque qu'il fait apposer
par son Baillif , est une simple barre de travers
, sur le bec de l'Oyseau . C'est toujours un
Privilege singulier pour ce Seigneur de pouvoir
réunir son Baillif avec ceux de l'Evêque , đu Chapitre
de l'Abbé de Corbie, et du Vidame, pour
juger une cause aussi importante que l'est celle
du nombre des couvées des Cygnes qui se baignent
dans la Riviere de Somme , et le public ne
sera pas fàché d'en être informé. Je suis ,
&c.
Fermer
Résumé : RÉPONSE à M. D. L. R. sur un Mémoire venu d'Amiens, au sujet de quelques cérémonies de la premiere Entrée des Evêques de cette Ville.
Le texte est une réponse à M. D. L. R. concernant un mémoire sur les cérémonies de l'entrée des évêques à Amiens. L'auteur, M. Boullanger de Rivery, souligne que le document, bien que riche en informations, manque d'ordre méthodique. Il souhaite informer le public des pratiques lors de l'entrée d'un nouvel évêque, en mettant en avant son propre rôle dans cette cérémonie. Cette tradition est illustrée par une tapisserie de l'église Saint-Firmin, montrant l'évêque monté sur une mule, conduit par le Seigneur de Rivery tenant la bride. Après la descente de l'évêque, le Seigneur de Rivery revendique la mule et la vaisselle des festins. Cet usage est attesté par plusieurs entrées épiscopales, notamment celles de Messire Antoine de Créqui en 1564, Geoffroy de la Marthonie en 1577, et François le Febvre de Caumartin en 1618. M. Boullanger de Rivery fait remonter cette tradition à Saint Firmin, premier évêque d'Amiens. Cependant, l'auteur exprime des doutes sur l'authenticité de cette origine ancienne et les preuves apportées. Le texte mentionne également des exemples similaires à Cahors, où le Baron de Cessac conduit l'évêque et revendique des droits sur la mule et la vaisselle. Des litiges judiciaires ont confirmé ces droits réciproques entre les seigneurs laïques et ecclésiastiques. L'auteur note aussi l'usage de la chasse aux cygnes, un privilège partagé par plusieurs seigneurs, dont le Seigneur de Rivery. Il invite à une séance pour observer cette tradition et en informer le public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 382
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 5. de ce mois, les Seigneurs agiterent s'ils prieroient le Roy de communiquer à la [...]
Mots clefs :
Guerre, Seigneurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
Er. de ce mois , les Seigneurs agiterent s'ils
prieroient le Roy de communiquer à la
Chambre , les intentions que Sa Majesté a données
à ses Ministres par rapport aux négociations
qui sont alleguées comme les causes et les
principaux motifs de la guerre que les Puissances
Unies de France , d'Espagne et de Sardaigne ,
ont déclaré à l'Empereur , et il fut décidé à la
pluralité de cinquante- sept voix contre trente
qu'on ne feroit point cette demande à S. M.
Er. de ce mois , les Seigneurs agiterent s'ils
prieroient le Roy de communiquer à la
Chambre , les intentions que Sa Majesté a données
à ses Ministres par rapport aux négociations
qui sont alleguées comme les causes et les
principaux motifs de la guerre que les Puissances
Unies de France , d'Espagne et de Sardaigne ,
ont déclaré à l'Empereur , et il fut décidé à la
pluralité de cinquante- sept voix contre trente
qu'on ne feroit point cette demande à S. M.
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13
p. 785-790
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On mande de Londres, qu'un Officier de Marine, commis pour prendre de force des [...]
Mots clefs :
Chambre des communes, Roi, Prince de Nassau, Princesse de Nassau, Seigneurs, Dépenses, Honneur, Parlement, Augmentation, Grande-Bretagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
N mande de Londres , qu'un Officier de
Marine , commis pour prendre de force des
Matelots , entra dernierement à main armée avec
sa Suite chez M. Imberti , Résident de la République
de Venise,et qu'il enleva quelques Matelots
Etrangers , malgré l'opposition des Domestiques
de ce Ministre, qui en a porté ses plaintes à S. M.
Le Prince de Nassau dîna le 18 du mois dernier
chez le Chevalier Hans- Sloane , & après
avoir vu le Cabinet de ce Medecin , il se rendit
à la Societé Royale dont il fût reçû Membre le
du même mois.
24
Le 26 Mars à six heures du soir , le Prince de
Nassau, accompagné du Chevalier Clement Cotterel
Maître des cérémonies , qui étoit allé le
prendre au Palais de Sommerset dans les Carosses
du Roy , se rendit au Palais de Saint James ; le
Carosse de Sa Majesté dans lequel étoit le Prince
étoit précedé de plusieurs autres , remplis par les
Gentilshommes de sa suite , et il étoit suivi des
Carosses de la Reine , du Prince de Galles , du
DC
786 MERCURE DE FRANCE
Duc de Cumberland , et de la Princesse Royale.
Vers les huit heures , les Grands Officiers de la
Couronne , les Pairs d'Angleterre , ceux d'Ecosse
et les autres personnes de distinction , qui par
leurs charges ou par leur rang ont droit d'assister
aux Mariages des Princes et des Princesses
de la Grande Bretagne,commencerent à se mettre
en marche pour aller à la Chapelle Françoise où
ils se rendirent par une galerie qu'on avoit construite
depuis le Palais jusqu'à cette Chapelle . Le
Roy y étant arrivé un peu avant neuf heures
on celebra le Mariage de la Princesse Royale ,
avec le Prince de Nassau , et l'Evêque de Londres
leur donna la Benediction Nuptiale, au bruit
des Salves réïterées du Canon du Parc et de la
Tour.
Après la cérémonie , leurs Majestez précedées
du même cortege , retournerent au Palais avec le
Prince et la Princesse de Nassau, qui étant entrez
dans la Chambre du Roy , se mirent à genoux
devant leurs Majestez pour recevoir leur benediction
.
A onze heures , le Roy et la Famille Royale
souperent en public dans la grande chambre du
Bal Leurs Majestez étoient placées au haut de
la table sous un Dais ; à leur droite étoient le
Prince de Galles , le Duc de Cumberland , etj le
Prince de Nassau , et à la gauche , la Princesse
de Nassau , et les Princesses Amelie , Caroline ,
et Marie.
Pendant toute la nuit , il y eût des feux et
des illuminations dans les rues , et le peuple
donna de très grandes démonstrations de joye .
Aucun Pair d'Irlande n'a assisté au Mariage
de la Princesse de Nassau , parce que le Comte
de Tilney , les Vicomtes de Gallouway , Brundell
,
>
AVRIL. 1724. 787
dell , Gage , Grimston et Vane , les Lords Kingsale
, Southowel , Ranelagh , et les autres Seigneurs
Irlandois, qui étoient à Londres, n'avoient
point été invitez à se trouver à cette cérémonie
en qualité de Pairs d'Irlande , et qu'ils ont
prétendus qu'ils ne pouvoient sans déroger à
leurs prérogatives , y assister comme simples.
spectateurs , et qu'ils devoient avoir rang dans
la marche et à la Chapelle , immédiatement
après les Pairs d'Ecosse .
Le 26 , le Roy et la Reine reçûrent les Compliments
des Ministres Etrangers , des Ministres
d'Etat et des Seigneurs ; toute la Cour se rendit
ensuite chez la Princesse de Nassau qui
trouva sur sa toillette une Corbeille d'or , remplie
de fleurs , sous lesquelles il y avoit plusieurs
bijoux enrichis de diamants d'un prix
considérable , dont le Prince son Epoux lui a fait
présent.
La Chambre des Pairs s'assembla le 29 , et il
y fût résolu que les Seigneurs à Baguettes blanches
iroient feliciter le Roy de la part de la
Chambre sur le Mariage de la Princesse de
Nassau ; que les Comtes de Chesterfield , et de
Scarborough , et le Lord Hardwick porteroient
un Message à la Reine sur le même sujet , et
qu'on en envoyeroit un au Prince de Nassau , et
a la Princesse de Nassau par le Comte de Cholmondeley
, et le Lord de Lawar : on ordonna
ensuite de porter un Bill pour naturaliser le
Prince de Nassau , et le Lord Chef de Justice
de la Cour des Communs Plaidoyers fût chargé
d'en dresser le Proer
Le premier d'Avril le Roy se rendit à la
Chambre des Pairs avec les cérémonies accoûtumées
, et Sa Majesté ayant mandé la Chambre
des
788 MERCURE DE FRANCE
des Communes , donna son consentement Royal
au Bill pour naturaliser Guillaume- Charles-
Henry , Prince de Nassau .
Ce Prince doit être créé Duc de Glocester
êt îl prendra place dans la Chambre des Pairs
après les Princes du Sang.
Le 8 de ce mois , le Duc de Newcastle ICmit
de la part du Roy à la Chambre un Message
, lequel contient , que Sa Majesté a vû avec
beaucoup de plaisir le zele et l'affection que les
Seigneurs ont fait paroître dans l'Expedition des
affaires , qu'elle n'a rien plus à coeur que de voir
la Paix rétablie en Europe , et d'éviter , s'il est
possible , d'engager ses sujets dans les dépenses
et les hazards de la Guerre , et qu'elle desire en
même temps de ne donner aucune juste allarme
aux autres Nations ; qu'il est convenable de prendre
des mesures afin que les efforts de S. M. et ceux
de ses Alliez pour procurer un accommodement,
puissent avoir l'effet desiré; et afin qu'elle soit en
état de contracter et de remplir les engagemens
que l'honneur,la justice, et la prudence exigeront,
et d'empêcher que ses Royaumes ne demeurent
exposez aux insultes imprévues lorsqu'il ne lui
sera plus possible d'avoir sur le champ dans chacune
des occafions qui naîtront de la conjoncture
presente des affaires , et qui interesseront la sûreté
de la Grande Bretagne , l'avis et l'assistance
de son Parlement ; que Sa Majesté espere que le
Parlement lui fournira les secours nécessaires
pour cet effet , en ordonnant une augmentation
des forces de Terre et de mer , telle qu'il conviendra
pour l'honneur et la deffense de la nation
, que les dépenses que cette augmentation
pourra occafionner, seront faites avec le plus d'oesonomie
qu'il sera possible, et qu'il en sera remis
un
AVRIL 1734. 789
un compte devant le prochain Parlement.
Le 9 , les Seigneurs ayant deliberé sur le
Message du Roy , résolurent à la pluralité de
101 voix , contre 58 , de présenter une Adresse
à Sa Majesté pour l'assurer de leur respect et
de leur fidelité , de la reconnoissance que leur
inspirent ses soins , et son attention pour l'honneur
et la sureté de ses Etats , et de la disposi
tion où ils sont de concourir de tout leur pouvoir
à ses vues pour la Paix , et d'augmenter
les forces de la nation autant qu'il sera nécessaire
pour la mettre à couvert de toute insulte
et pour remercier Sa Majesté de la promesse
qu'Elle a faite d'ordonner qu'on remette devant
le prochain Parlement un compte des dépenses
que l'augmenration des Troupes rendra nécessaires.
¿ Le 10. Les Seigneurs présenterent leur Adresse
au Roy , qui rêpondit en ces termes : Je reçois
cette Adresse comme une grande marque de vôtre
zele, et de vôtre affection pour ma Perfonne et pour
mon Gouvernement. Je vous remercie de la confiance
que vous avez en moi , et vous pouvez
être
assurez que je ne m'en servirai que pour les fins
que vous vous proposez et avec tout l'égard possible
pour les veritables interêts de mon Peuple.
de
Le 8 Avril , la Chambre des Communes recut
par le Chancelier de l'Echiquier un Message
du Roy semblable à celui que Sa Majesté avoit
envoyé à la Chambre des Pairs , et il fut résolu
à la pluralité de 248 voix contre 147 ,
présenter une Adresse à Sa Majesté pour lui
faire de très-humbles remercimens de son application
continuelle au bien Public , et pour la
prier de faire dans les Troupes l'augmentation
qu'elle jugera nécessaire , et d'être persuadée que
H la
I
795 MERCURE DE FRANCE
la Chambre approuvera toutes les dépenses que
Sa Majesté fera pour l'honneur , l'interêt et la
deffense de ses Royaumes.
Le 12 , la Chambre alla présenter son Adresse
au Roy ; Sa Majesté y fit la réponse suivante :
Messieurs , Je vous remercie de çes assurances de
vôtre respect et de votre fidelité pour ma personne et
pour mon Gouvernement , et de la confiance que
Vous avez en moi. Je desire seulement de pouvoir
être en état de soutenir l'honneur et l'interét de ma
Couronne et de mon Peuple , et je n'employerai jamais
dans d'autres vûës le pouvoir que vous m'avez
donné.
> Le 1s on lut dans la Chambre
pour la troisiéme
fois , et l'on passa sans aucun changement
Le Bill pour accorder
une indemnité
à ceux qui
ont été obligez
de se démettre
de leurs Emplois
,
parce qu'ils n'ont pas voulu
prêter
les serments
ordinaires
.
que
La veille la Chambre des Communes délibera
en grand Commité si l'on porteroit un Bill pour
donner pouvoir au Roy de prendre les mesures
Sa Majesté jugera nécessaires à la sureté et
ala deffense de la Grande Bretagne , et de tirer
de la Caisse du fonds d'amortissement les sommes
dont Sa Majesté aura besoin pour l'augmentation
des foices de terre et de mer , et Paffirmative
l'emporta à la pluralité de 155 voix contre
60.
Le 16 , la Chambre passa le Bill pour autori
ser le Roy à employer 120000 livres sterlings ,
aux dépenses qu'exige le service de l'année coutante.
33 Signeurs ont fait inserer dans les Registres?
de la Chamb e ars ans une protestation contre
PAdresse que cente Chambre présenta le zo
au Roy au sujet du Message de Sa Majesté.
N mande de Londres , qu'un Officier de
Marine , commis pour prendre de force des
Matelots , entra dernierement à main armée avec
sa Suite chez M. Imberti , Résident de la République
de Venise,et qu'il enleva quelques Matelots
Etrangers , malgré l'opposition des Domestiques
de ce Ministre, qui en a porté ses plaintes à S. M.
Le Prince de Nassau dîna le 18 du mois dernier
chez le Chevalier Hans- Sloane , & après
avoir vu le Cabinet de ce Medecin , il se rendit
à la Societé Royale dont il fût reçû Membre le
du même mois.
24
Le 26 Mars à six heures du soir , le Prince de
Nassau, accompagné du Chevalier Clement Cotterel
Maître des cérémonies , qui étoit allé le
prendre au Palais de Sommerset dans les Carosses
du Roy , se rendit au Palais de Saint James ; le
Carosse de Sa Majesté dans lequel étoit le Prince
étoit précedé de plusieurs autres , remplis par les
Gentilshommes de sa suite , et il étoit suivi des
Carosses de la Reine , du Prince de Galles , du
DC
786 MERCURE DE FRANCE
Duc de Cumberland , et de la Princesse Royale.
Vers les huit heures , les Grands Officiers de la
Couronne , les Pairs d'Angleterre , ceux d'Ecosse
et les autres personnes de distinction , qui par
leurs charges ou par leur rang ont droit d'assister
aux Mariages des Princes et des Princesses
de la Grande Bretagne,commencerent à se mettre
en marche pour aller à la Chapelle Françoise où
ils se rendirent par une galerie qu'on avoit construite
depuis le Palais jusqu'à cette Chapelle . Le
Roy y étant arrivé un peu avant neuf heures
on celebra le Mariage de la Princesse Royale ,
avec le Prince de Nassau , et l'Evêque de Londres
leur donna la Benediction Nuptiale, au bruit
des Salves réïterées du Canon du Parc et de la
Tour.
Après la cérémonie , leurs Majestez précedées
du même cortege , retournerent au Palais avec le
Prince et la Princesse de Nassau, qui étant entrez
dans la Chambre du Roy , se mirent à genoux
devant leurs Majestez pour recevoir leur benediction
.
A onze heures , le Roy et la Famille Royale
souperent en public dans la grande chambre du
Bal Leurs Majestez étoient placées au haut de
la table sous un Dais ; à leur droite étoient le
Prince de Galles , le Duc de Cumberland , etj le
Prince de Nassau , et à la gauche , la Princesse
de Nassau , et les Princesses Amelie , Caroline ,
et Marie.
Pendant toute la nuit , il y eût des feux et
des illuminations dans les rues , et le peuple
donna de très grandes démonstrations de joye .
Aucun Pair d'Irlande n'a assisté au Mariage
de la Princesse de Nassau , parce que le Comte
de Tilney , les Vicomtes de Gallouway , Brundell
,
>
AVRIL. 1724. 787
dell , Gage , Grimston et Vane , les Lords Kingsale
, Southowel , Ranelagh , et les autres Seigneurs
Irlandois, qui étoient à Londres, n'avoient
point été invitez à se trouver à cette cérémonie
en qualité de Pairs d'Irlande , et qu'ils ont
prétendus qu'ils ne pouvoient sans déroger à
leurs prérogatives , y assister comme simples.
spectateurs , et qu'ils devoient avoir rang dans
la marche et à la Chapelle , immédiatement
après les Pairs d'Ecosse .
Le 26 , le Roy et la Reine reçûrent les Compliments
des Ministres Etrangers , des Ministres
d'Etat et des Seigneurs ; toute la Cour se rendit
ensuite chez la Princesse de Nassau qui
trouva sur sa toillette une Corbeille d'or , remplie
de fleurs , sous lesquelles il y avoit plusieurs
bijoux enrichis de diamants d'un prix
considérable , dont le Prince son Epoux lui a fait
présent.
La Chambre des Pairs s'assembla le 29 , et il
y fût résolu que les Seigneurs à Baguettes blanches
iroient feliciter le Roy de la part de la
Chambre sur le Mariage de la Princesse de
Nassau ; que les Comtes de Chesterfield , et de
Scarborough , et le Lord Hardwick porteroient
un Message à la Reine sur le même sujet , et
qu'on en envoyeroit un au Prince de Nassau , et
a la Princesse de Nassau par le Comte de Cholmondeley
, et le Lord de Lawar : on ordonna
ensuite de porter un Bill pour naturaliser le
Prince de Nassau , et le Lord Chef de Justice
de la Cour des Communs Plaidoyers fût chargé
d'en dresser le Proer
Le premier d'Avril le Roy se rendit à la
Chambre des Pairs avec les cérémonies accoûtumées
, et Sa Majesté ayant mandé la Chambre
des
788 MERCURE DE FRANCE
des Communes , donna son consentement Royal
au Bill pour naturaliser Guillaume- Charles-
Henry , Prince de Nassau .
Ce Prince doit être créé Duc de Glocester
êt îl prendra place dans la Chambre des Pairs
après les Princes du Sang.
Le 8 de ce mois , le Duc de Newcastle ICmit
de la part du Roy à la Chambre un Message
, lequel contient , que Sa Majesté a vû avec
beaucoup de plaisir le zele et l'affection que les
Seigneurs ont fait paroître dans l'Expedition des
affaires , qu'elle n'a rien plus à coeur que de voir
la Paix rétablie en Europe , et d'éviter , s'il est
possible , d'engager ses sujets dans les dépenses
et les hazards de la Guerre , et qu'elle desire en
même temps de ne donner aucune juste allarme
aux autres Nations ; qu'il est convenable de prendre
des mesures afin que les efforts de S. M. et ceux
de ses Alliez pour procurer un accommodement,
puissent avoir l'effet desiré; et afin qu'elle soit en
état de contracter et de remplir les engagemens
que l'honneur,la justice, et la prudence exigeront,
et d'empêcher que ses Royaumes ne demeurent
exposez aux insultes imprévues lorsqu'il ne lui
sera plus possible d'avoir sur le champ dans chacune
des occafions qui naîtront de la conjoncture
presente des affaires , et qui interesseront la sûreté
de la Grande Bretagne , l'avis et l'assistance
de son Parlement ; que Sa Majesté espere que le
Parlement lui fournira les secours nécessaires
pour cet effet , en ordonnant une augmentation
des forces de Terre et de mer , telle qu'il conviendra
pour l'honneur et la deffense de la nation
, que les dépenses que cette augmentation
pourra occafionner, seront faites avec le plus d'oesonomie
qu'il sera possible, et qu'il en sera remis
un
AVRIL 1734. 789
un compte devant le prochain Parlement.
Le 9 , les Seigneurs ayant deliberé sur le
Message du Roy , résolurent à la pluralité de
101 voix , contre 58 , de présenter une Adresse
à Sa Majesté pour l'assurer de leur respect et
de leur fidelité , de la reconnoissance que leur
inspirent ses soins , et son attention pour l'honneur
et la sureté de ses Etats , et de la disposi
tion où ils sont de concourir de tout leur pouvoir
à ses vues pour la Paix , et d'augmenter
les forces de la nation autant qu'il sera nécessaire
pour la mettre à couvert de toute insulte
et pour remercier Sa Majesté de la promesse
qu'Elle a faite d'ordonner qu'on remette devant
le prochain Parlement un compte des dépenses
que l'augmenration des Troupes rendra nécessaires.
¿ Le 10. Les Seigneurs présenterent leur Adresse
au Roy , qui rêpondit en ces termes : Je reçois
cette Adresse comme une grande marque de vôtre
zele, et de vôtre affection pour ma Perfonne et pour
mon Gouvernement. Je vous remercie de la confiance
que vous avez en moi , et vous pouvez
être
assurez que je ne m'en servirai que pour les fins
que vous vous proposez et avec tout l'égard possible
pour les veritables interêts de mon Peuple.
de
Le 8 Avril , la Chambre des Communes recut
par le Chancelier de l'Echiquier un Message
du Roy semblable à celui que Sa Majesté avoit
envoyé à la Chambre des Pairs , et il fut résolu
à la pluralité de 248 voix contre 147 ,
présenter une Adresse à Sa Majesté pour lui
faire de très-humbles remercimens de son application
continuelle au bien Public , et pour la
prier de faire dans les Troupes l'augmentation
qu'elle jugera nécessaire , et d'être persuadée que
H la
I
795 MERCURE DE FRANCE
la Chambre approuvera toutes les dépenses que
Sa Majesté fera pour l'honneur , l'interêt et la
deffense de ses Royaumes.
Le 12 , la Chambre alla présenter son Adresse
au Roy ; Sa Majesté y fit la réponse suivante :
Messieurs , Je vous remercie de çes assurances de
vôtre respect et de votre fidelité pour ma personne et
pour mon Gouvernement , et de la confiance que
Vous avez en moi. Je desire seulement de pouvoir
être en état de soutenir l'honneur et l'interét de ma
Couronne et de mon Peuple , et je n'employerai jamais
dans d'autres vûës le pouvoir que vous m'avez
donné.
> Le 1s on lut dans la Chambre
pour la troisiéme
fois , et l'on passa sans aucun changement
Le Bill pour accorder
une indemnité
à ceux qui
ont été obligez
de se démettre
de leurs Emplois
,
parce qu'ils n'ont pas voulu
prêter
les serments
ordinaires
.
que
La veille la Chambre des Communes délibera
en grand Commité si l'on porteroit un Bill pour
donner pouvoir au Roy de prendre les mesures
Sa Majesté jugera nécessaires à la sureté et
ala deffense de la Grande Bretagne , et de tirer
de la Caisse du fonds d'amortissement les sommes
dont Sa Majesté aura besoin pour l'augmentation
des foices de terre et de mer , et Paffirmative
l'emporta à la pluralité de 155 voix contre
60.
Le 16 , la Chambre passa le Bill pour autori
ser le Roy à employer 120000 livres sterlings ,
aux dépenses qu'exige le service de l'année coutante.
33 Signeurs ont fait inserer dans les Registres?
de la Chamb e ars ans une protestation contre
PAdresse que cente Chambre présenta le zo
au Roy au sujet du Message de Sa Majesté.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En 1724, plusieurs événements marquants ont eu lieu en Grande-Bretagne. Un officier de marine a forcé l'entrée chez M. Imberti, Résident de la République de Venise, pour enlever des matelots étrangers. Le Prince de Nassau a été accueilli au sein de la Société Royale et a dîné chez le Chevalier Hans-Sloane. Le 26 mars, le mariage de la Princesse Royale avec le Prince de Nassau a été célébré au Palais de Saint James, en présence de la famille royale et des pairs. Aucun pair d'Irlande n'a assisté à la cérémonie en raison de l'absence d'invitation officielle. Le même jour, le roi et la reine ont reçu les compliments des ministres étrangers et des seigneurs. La Chambre des Pairs a décidé d'envoyer des félicitations au roi et à la reine pour le mariage et a approuvé un bill pour naturaliser le Prince de Nassau, qui devait devenir Duc de Gloucester. Le roi a exprimé son désir de maintenir la paix en Europe et d'augmenter les forces de terre et de mer. La Chambre des Pairs et la Chambre des Communes ont approuvé des adresses au roi pour augmenter les troupes et les dépenses nécessaires à la défense du royaume. La Chambre des Communes a également approuvé un bill pour accorder une indemnité à ceux qui ont dû démissionner de leurs emplois pour refus de prêter serment. Enfin, la Chambre des Communes a voté pour autoriser le roi à utiliser 120 000 livres sterling pour les dépenses de l'année en cours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14
p. 115-123
MEMOIRE CRITIQUE.
Début :
Les éloges que vous avez donnés, Monsieur, à l'Armorial général de France, [...]
Mots clefs :
Seigneurs, Juge d'armes, Traduction, Recherches, Ermite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE CRITIQUE.
GENEALOGI E.
MEMOIRE CRITIQUE. ·
Es éloges que vous avez donnés , Monfieur
, à l'Armorial général de France
, & la confiance que j'ai en vos lumieres
, m'ont donné la curiofité la plus vive
pour cet ouvrage , en convenant avec vous
des talens de M. de Serigny , & de l'eſtime
qui leur eftdûe : je ne croirois pas la pouffer
affez loin , fi je ne foupçonnois qu'il
vit avec peine quelques obfervations que
j'ai faites à la lecture de l'article d'Alès
de Corber , & que diverſes circonftances
m'ont empêché de vous communiquer plutôt.
Quand il n'auroit pas indiqué cet article
comme un des plus curieux & des
mieux travaillés , il fe feroit attiré mon
attention par lui - même , non feulement
116 MERCURE DE FRANCE.
mais
comme faifant la tête du volume ,
par fa prodigieufe longueur , le nombre de
citations , d'extraits , de monumens &
d'anciennes chartres , le travail & l'art
qui paroiffent dans les differtations. Il
femble l'avoir préféré à tous les autres ,
en le choififfant pour donner au public ,
dans tous les ouvrages périodiques , un
effai de fes recherches. J'efpere , Monfieur,
qu'ayant bien voulu en faire ufage dans
le vôtre , vous ne me refuferez pas d'y inférer
mes objections.
L'article d'Alès eft précédé d'un autre
intitulé d'Alluye . C'eſt d'abord un recueil
de différentes pieces , dans l'arrangement
defquelles on a principalement confulté
l'ordre des tems. Il contient enfuite des
differtations fur l'application qu'on en doit
faire.
Le premier deffein de l'auteur étoit
de n'en faire aucune , & de laiffer ainfi au
public la liberté de prononcer fur le nom
qu'ont dû porter les anciens Seigneurs à
qui ces chartres font relatives. Mais ayant
depuis médité plus profondément fur ce
fujet , & fes recherches l'ayant conduit
jufqu'au point de s'affurer pleinement de
leur véritable nom , c'eft - à- dire de celui
* Armor. gén. p. 35 .
MARS. 1755. 117
qu'ils portoient de leur vivant , il s'eft enfin
déterminé , ( comme il en a le droit )
à leur donner celui d'Alluye.
Si le Juge d'Armes s'étoit contenté de
propofer l'interprétation qu'il donne de
tous les noms latins employés dans fes chartres
pour les Seigneurs de Saint- Chriftophe
& de Châteaux , comme une fimple
conjecture , comme une opinion ; fi en rejettant
toutes les autorités qui combattent
fon nouveau fentiment , il ne l'eût préfenté
que comme plus vraisemblable , par les
divers raifonnemens dont il l'appuye ; fi
par ce projet il eût continué de laiffer le
public juge de cette question , peut- être
n'eût- on pas pris la peine de l'examiner
après lui , & eût - on regardé comme infoluble
un problème généalogique qu'il
n'eût pas réfolu . Mais il décide pleinement,
il décide ex cathedra , en vertu du droit
de fa charge , non feulement de la traduction
françoife qu'il faut faire maintenant
des noms dont il s'agit , mais encore du
nom même que ces Seigneurs portoient
effectivement de leur vivant. Il n'eft plus
permis aux Grammairiens de traduire autrement
ces noms , quelque analogie qu'ils
trouvaflent avec d'autres de même genre :
On ne doit plus faire d'attention , ni à l'autorité
, ni aux recherches de dix ou douy
118 MERCURE DE FRANCE.
ze écrivains précédens ; on doit croire
qu'ils fe font copiés fervilement , & que
les méditations du Juge d'Armes font bien
plus certaines en effet dans la littérature
les fuffrages ne fe comptent pas , ils ſe peſent.
Le public même n'a plus la liberté de penfer
autrement : nul appel de ce nouveau tribunal
fouverain , il n'eſt pas poſſible de leur
donner d'autres noms , pag. 1 2.
Le doute même eft interdit , il n'eft pas
permis de douter un feul moment.
J'avoue , Monfieur , que ce doute qui
m'eft interdit , ne dépend pas de moi. S'il
eft criminel , puis-je mieux faire que de
m'adreffer par votre canal à celui qui peut
d'un coup de lumieres diffiper mes téné
bres ... J'entre en matiere , & voici le
plan de mes obfervations. Je commencerai
par examiner les raifons du jeune auteur ,
& faire voir que les conféquences qu'il en
tire ,font bien plus précifes que fes principes
: enfuite j'en propoferai d'autres, que
je foumettrai à votre jugement , au fien &
à celui du public : enfin je hazarderai mes
propres conjectures , aufquelles je pourrois
peut-être donner un autre nom , fi
mon autorité étoit d'un plus grand poids
dans la littérature , ou que j'euffe l'hon
neur d'être revêtu d'une charge qui confé
rât l'infaillibilité , même pour les faits.
MARS. 1755. 119
Le Juge d'Armes * fait l'hiftoire des anciens
Seigneurs de Châteaux & de Saint-
Chriftophe , ( les deux premieres Baronnies
d'Anjou & de Touraine ) depuis le
dixieme fiécle jufques vers la fin du treizie
me. Il appuie tout ce qu'il raconte , de
chartres autentiques , ou d'extraits d'anciens
auteurs , la plupart Latins. Il penfe
avec raifon que les huit noms latins fous
lefquels ils paroiffent , ne font en effet
que le même , différemment orthographié,
fuivant les tems , les lieux , le plus ou
moins de fçavoir ou de goût des Ecrivains ;
ou , ce qui revient au même , que tous ces
mots latins ne font que l'expreffion & la
traduction du nom unique qu'ils portoient
en françois , encore qu'il ait pu lui-même
effuyer quelque variation , comme tant
d'autres , ne fût - ce que par l'ignorance
des Notaires ou Ecrivains , ou par la faute
des copiſtes ; il s'agit donc de fixer ou de
deviner quel eft ce nom françois que portoient
ces Seigneurs. M. de Serigny com-.
mence par établir que celui d'Alés ou d'Alais
, qu'on auroit été plus tenté de leur
donner , & qui leur a effectivement été
donné par la plupart des auteurs qui en
ont parlé , comme il leur eft confervé par
Premiere partie . Examen des raifons.
120 MERCURE DE FRANCE.
la tradition de leur pays , n'est point le
leur , & ne leur convient pas enfuite il
entreprend , ( & y réuffit , felon lui , aſſez
bien d'en fubftituer un autre qui eft ce-
)
lui d'Alluye .
Dans la premiere partie de cette differtation
il n'emploie que des preuves négatives
. Il paffe en revûe la plupart des auteurs
qui l'ont précédé , & qui ont interprété
, de Aleia , de Aloya , de Alluya , de
Alogia , de Alea , par Dalés. 1 ° . Le Chevalier
de l'Hermite Souliers , Gentilhomme
de Touraine , qui donna en 1665 la
généalogie de la maifon d'Alés . Il étoit ,
felon lui , peu exact , & manquoit de
critique ; heureufement il n'ajoute pas
qu'il fût de mauvaife foi , ni capable
par intérêt & par adulation , de faire
des fuppofitions & d'inventer une tradition
: fa naiffance même le met. audeffus
de ce reproche , & on obfervera
que , felon le Juge d'Armes lui - même ,
Mrs d'Alés de Corbet n'habitant plus fa
province , & ne paroiffant entr'eux de
liaifon , ni de fang , ni d'amitié , on n'a
pas de raifons de le foupçonner plus à leur
égard que pour d'autres maifons.
Au demeurant , quoiqu'il ait fans doute
bien fait des fautes , fon fçavoir ne
paſſe pas pour fi mépriſable. Il n'a pu faire
fon
MAR S. 1755. 121
fon livre fans faire d'affez grandes recherches
en Touraine , & dans les provin
ces circonvoifines. Il lui étoit aifé de tirer
des fumieres de l'Abbé de Marolles , Abbé
de Villeloing , qui en avoit beaucoup dans
ces matieres , & qui indépendamment des
ouvrages imprimés , qui font apparemment
dans le cabinet du Juge d'Armes , en avoit
compofé quatre volumes in-fol. qu'il ne
paroît pas connoître. L'Hermite cite en ,
core quelques autres fources où il a puifé ,
qui ne font pas plus familieres au jeune
auteur , entr'autres les Mémoires généalo
giques d'Anjou , de la Ménardiere , auteur
affez ancien.
Il paffe à la Roque qui parle du nom
d'Alés dans fon Traité du ban : il en parle
auffi dans fon Traité de la nobleffe , & l'or
tographie de même ; mais il eft queſtion
ici du premier , imprimé en 1667. Joannes
de Aleia , d'Alés * , au nombre des Chevaliers
Bannerets de Touraine , convoqués
en 1214. Le Juge d'Armes a raifon de le
reconnoître pour le même Jean ,pere d'Hugues
enterré avec fon fils , felon l'Hermite
& Mrs de Sainte Marthe , à l'Abbaye
* M. de Serigny nous donne lui - même un
exemple d'un acte latin du treizieme fiécle , où
il fe trouve du françois ... Alloye dans le fecond
aveu de la Reine de Jéruſalem.
F
122 MERCURE DE FRANCE.
de la Clarté , où l'on voit encore leurs
maufolées , ainfi que celui d'un autre de
leur famille , qui avoit fait les principales
fondations de cette Abbaye.
Cette traduction du de Aleia , par d'Alés
, n'eft pas du goût du Juge d'Armes ;
il convient pourtant plus bas qu'elle eft
affez naturelle ; & en effet , comment traduit-
il lui-même Ufetia , fi ce n'eſt par
d'Ufés, & Saya fi ce n'eft par Sées ou Sais ?
Mais il fe contente de dire que c'eſt là
une fourrure de la façon de la Roque. Il en
donne des raifons affez plaufibles , quoique
la proteftation qu'avoit faite cet auteur
, de donner ces regiftres fans y rien
ajouter ou retrancher , méritât peut - être
que le Juge d'Armes , avant de l'accufer
de cette infraction à fa promeffe , la vérifiât
au moins par l'examen des registres
même , comme il a pris la peine de le
faire pour quatre extraits du cabinet de M.
de Clerambault , qui regardoient des gens
du néant , qui avoient peut - être pris le
nom de leur village , comme il arrivoit
fouvent autrefois . ) Quoiqu'il en foit , il rejette
la traduction de la Roque , ſans lui
donner le moindre éloge qu'il devoit à
fon érudition , & à la critique qu'il a des
premiers introduit dans ce travail. Il vient
à Carreau , Ecrivain Tourangeau , qui a
M AR S. 1753. 123
compofé le fiècle dernier une hiftoire de
Touraine , dont le manufcrit fe conferve à
l'Abbaye de Marmoutiers , & dans laquelle
on trouve * , dit - il , une généalogie affez
fautive des Seigneurs de Saint- Christophe
( quoique le P. le Long lui rende le témoignage
que cette hiftoire ait été travaillée
avec beaucoup de foin). Carreau avoit vû
beaucoup de pieces inférées dans l'Armorial
, & appelle par-tout ces Seigneurs
d'Alais. C'eft fans preuve , dit le Juge
d'Armes , & il n'a point eu d'autre guide
que l'Hermite. Quoique l'ortographe différente
de l'un & de l'autre , dût , ce femble
, faire fuppofer que s'ils n'ont point
vû de titres différens , ce qui n'eſt rien
moins que certain , au moins ils ne fe font
pas copiés.
On donnera la fuite le Mercure prochain.
MEMOIRE CRITIQUE. ·
Es éloges que vous avez donnés , Monfieur
, à l'Armorial général de France
, & la confiance que j'ai en vos lumieres
, m'ont donné la curiofité la plus vive
pour cet ouvrage , en convenant avec vous
des talens de M. de Serigny , & de l'eſtime
qui leur eftdûe : je ne croirois pas la pouffer
affez loin , fi je ne foupçonnois qu'il
vit avec peine quelques obfervations que
j'ai faites à la lecture de l'article d'Alès
de Corber , & que diverſes circonftances
m'ont empêché de vous communiquer plutôt.
Quand il n'auroit pas indiqué cet article
comme un des plus curieux & des
mieux travaillés , il fe feroit attiré mon
attention par lui - même , non feulement
116 MERCURE DE FRANCE.
mais
comme faifant la tête du volume ,
par fa prodigieufe longueur , le nombre de
citations , d'extraits , de monumens &
d'anciennes chartres , le travail & l'art
qui paroiffent dans les differtations. Il
femble l'avoir préféré à tous les autres ,
en le choififfant pour donner au public ,
dans tous les ouvrages périodiques , un
effai de fes recherches. J'efpere , Monfieur,
qu'ayant bien voulu en faire ufage dans
le vôtre , vous ne me refuferez pas d'y inférer
mes objections.
L'article d'Alès eft précédé d'un autre
intitulé d'Alluye . C'eſt d'abord un recueil
de différentes pieces , dans l'arrangement
defquelles on a principalement confulté
l'ordre des tems. Il contient enfuite des
differtations fur l'application qu'on en doit
faire.
Le premier deffein de l'auteur étoit
de n'en faire aucune , & de laiffer ainfi au
public la liberté de prononcer fur le nom
qu'ont dû porter les anciens Seigneurs à
qui ces chartres font relatives. Mais ayant
depuis médité plus profondément fur ce
fujet , & fes recherches l'ayant conduit
jufqu'au point de s'affurer pleinement de
leur véritable nom , c'eft - à- dire de celui
* Armor. gén. p. 35 .
MARS. 1755. 117
qu'ils portoient de leur vivant , il s'eft enfin
déterminé , ( comme il en a le droit )
à leur donner celui d'Alluye.
Si le Juge d'Armes s'étoit contenté de
propofer l'interprétation qu'il donne de
tous les noms latins employés dans fes chartres
pour les Seigneurs de Saint- Chriftophe
& de Châteaux , comme une fimple
conjecture , comme une opinion ; fi en rejettant
toutes les autorités qui combattent
fon nouveau fentiment , il ne l'eût préfenté
que comme plus vraisemblable , par les
divers raifonnemens dont il l'appuye ; fi
par ce projet il eût continué de laiffer le
public juge de cette question , peut- être
n'eût- on pas pris la peine de l'examiner
après lui , & eût - on regardé comme infoluble
un problème généalogique qu'il
n'eût pas réfolu . Mais il décide pleinement,
il décide ex cathedra , en vertu du droit
de fa charge , non feulement de la traduction
françoife qu'il faut faire maintenant
des noms dont il s'agit , mais encore du
nom même que ces Seigneurs portoient
effectivement de leur vivant. Il n'eft plus
permis aux Grammairiens de traduire autrement
ces noms , quelque analogie qu'ils
trouvaflent avec d'autres de même genre :
On ne doit plus faire d'attention , ni à l'autorité
, ni aux recherches de dix ou douy
118 MERCURE DE FRANCE.
ze écrivains précédens ; on doit croire
qu'ils fe font copiés fervilement , & que
les méditations du Juge d'Armes font bien
plus certaines en effet dans la littérature
les fuffrages ne fe comptent pas , ils ſe peſent.
Le public même n'a plus la liberté de penfer
autrement : nul appel de ce nouveau tribunal
fouverain , il n'eſt pas poſſible de leur
donner d'autres noms , pag. 1 2.
Le doute même eft interdit , il n'eft pas
permis de douter un feul moment.
J'avoue , Monfieur , que ce doute qui
m'eft interdit , ne dépend pas de moi. S'il
eft criminel , puis-je mieux faire que de
m'adreffer par votre canal à celui qui peut
d'un coup de lumieres diffiper mes téné
bres ... J'entre en matiere , & voici le
plan de mes obfervations. Je commencerai
par examiner les raifons du jeune auteur ,
& faire voir que les conféquences qu'il en
tire ,font bien plus précifes que fes principes
: enfuite j'en propoferai d'autres, que
je foumettrai à votre jugement , au fien &
à celui du public : enfin je hazarderai mes
propres conjectures , aufquelles je pourrois
peut-être donner un autre nom , fi
mon autorité étoit d'un plus grand poids
dans la littérature , ou que j'euffe l'hon
neur d'être revêtu d'une charge qui confé
rât l'infaillibilité , même pour les faits.
MARS. 1755. 119
Le Juge d'Armes * fait l'hiftoire des anciens
Seigneurs de Châteaux & de Saint-
Chriftophe , ( les deux premieres Baronnies
d'Anjou & de Touraine ) depuis le
dixieme fiécle jufques vers la fin du treizie
me. Il appuie tout ce qu'il raconte , de
chartres autentiques , ou d'extraits d'anciens
auteurs , la plupart Latins. Il penfe
avec raifon que les huit noms latins fous
lefquels ils paroiffent , ne font en effet
que le même , différemment orthographié,
fuivant les tems , les lieux , le plus ou
moins de fçavoir ou de goût des Ecrivains ;
ou , ce qui revient au même , que tous ces
mots latins ne font que l'expreffion & la
traduction du nom unique qu'ils portoient
en françois , encore qu'il ait pu lui-même
effuyer quelque variation , comme tant
d'autres , ne fût - ce que par l'ignorance
des Notaires ou Ecrivains , ou par la faute
des copiſtes ; il s'agit donc de fixer ou de
deviner quel eft ce nom françois que portoient
ces Seigneurs. M. de Serigny com-.
mence par établir que celui d'Alés ou d'Alais
, qu'on auroit été plus tenté de leur
donner , & qui leur a effectivement été
donné par la plupart des auteurs qui en
ont parlé , comme il leur eft confervé par
Premiere partie . Examen des raifons.
120 MERCURE DE FRANCE.
la tradition de leur pays , n'est point le
leur , & ne leur convient pas enfuite il
entreprend , ( & y réuffit , felon lui , aſſez
bien d'en fubftituer un autre qui eft ce-
)
lui d'Alluye .
Dans la premiere partie de cette differtation
il n'emploie que des preuves négatives
. Il paffe en revûe la plupart des auteurs
qui l'ont précédé , & qui ont interprété
, de Aleia , de Aloya , de Alluya , de
Alogia , de Alea , par Dalés. 1 ° . Le Chevalier
de l'Hermite Souliers , Gentilhomme
de Touraine , qui donna en 1665 la
généalogie de la maifon d'Alés . Il étoit ,
felon lui , peu exact , & manquoit de
critique ; heureufement il n'ajoute pas
qu'il fût de mauvaife foi , ni capable
par intérêt & par adulation , de faire
des fuppofitions & d'inventer une tradition
: fa naiffance même le met. audeffus
de ce reproche , & on obfervera
que , felon le Juge d'Armes lui - même ,
Mrs d'Alés de Corbet n'habitant plus fa
province , & ne paroiffant entr'eux de
liaifon , ni de fang , ni d'amitié , on n'a
pas de raifons de le foupçonner plus à leur
égard que pour d'autres maifons.
Au demeurant , quoiqu'il ait fans doute
bien fait des fautes , fon fçavoir ne
paſſe pas pour fi mépriſable. Il n'a pu faire
fon
MAR S. 1755. 121
fon livre fans faire d'affez grandes recherches
en Touraine , & dans les provin
ces circonvoifines. Il lui étoit aifé de tirer
des fumieres de l'Abbé de Marolles , Abbé
de Villeloing , qui en avoit beaucoup dans
ces matieres , & qui indépendamment des
ouvrages imprimés , qui font apparemment
dans le cabinet du Juge d'Armes , en avoit
compofé quatre volumes in-fol. qu'il ne
paroît pas connoître. L'Hermite cite en ,
core quelques autres fources où il a puifé ,
qui ne font pas plus familieres au jeune
auteur , entr'autres les Mémoires généalo
giques d'Anjou , de la Ménardiere , auteur
affez ancien.
Il paffe à la Roque qui parle du nom
d'Alés dans fon Traité du ban : il en parle
auffi dans fon Traité de la nobleffe , & l'or
tographie de même ; mais il eft queſtion
ici du premier , imprimé en 1667. Joannes
de Aleia , d'Alés * , au nombre des Chevaliers
Bannerets de Touraine , convoqués
en 1214. Le Juge d'Armes a raifon de le
reconnoître pour le même Jean ,pere d'Hugues
enterré avec fon fils , felon l'Hermite
& Mrs de Sainte Marthe , à l'Abbaye
* M. de Serigny nous donne lui - même un
exemple d'un acte latin du treizieme fiécle , où
il fe trouve du françois ... Alloye dans le fecond
aveu de la Reine de Jéruſalem.
F
122 MERCURE DE FRANCE.
de la Clarté , où l'on voit encore leurs
maufolées , ainfi que celui d'un autre de
leur famille , qui avoit fait les principales
fondations de cette Abbaye.
Cette traduction du de Aleia , par d'Alés
, n'eft pas du goût du Juge d'Armes ;
il convient pourtant plus bas qu'elle eft
affez naturelle ; & en effet , comment traduit-
il lui-même Ufetia , fi ce n'eſt par
d'Ufés, & Saya fi ce n'eft par Sées ou Sais ?
Mais il fe contente de dire que c'eſt là
une fourrure de la façon de la Roque. Il en
donne des raifons affez plaufibles , quoique
la proteftation qu'avoit faite cet auteur
, de donner ces regiftres fans y rien
ajouter ou retrancher , méritât peut - être
que le Juge d'Armes , avant de l'accufer
de cette infraction à fa promeffe , la vérifiât
au moins par l'examen des registres
même , comme il a pris la peine de le
faire pour quatre extraits du cabinet de M.
de Clerambault , qui regardoient des gens
du néant , qui avoient peut - être pris le
nom de leur village , comme il arrivoit
fouvent autrefois . ) Quoiqu'il en foit , il rejette
la traduction de la Roque , ſans lui
donner le moindre éloge qu'il devoit à
fon érudition , & à la critique qu'il a des
premiers introduit dans ce travail. Il vient
à Carreau , Ecrivain Tourangeau , qui a
M AR S. 1753. 123
compofé le fiècle dernier une hiftoire de
Touraine , dont le manufcrit fe conferve à
l'Abbaye de Marmoutiers , & dans laquelle
on trouve * , dit - il , une généalogie affez
fautive des Seigneurs de Saint- Christophe
( quoique le P. le Long lui rende le témoignage
que cette hiftoire ait été travaillée
avec beaucoup de foin). Carreau avoit vû
beaucoup de pieces inférées dans l'Armorial
, & appelle par-tout ces Seigneurs
d'Alais. C'eft fans preuve , dit le Juge
d'Armes , & il n'a point eu d'autre guide
que l'Hermite. Quoique l'ortographe différente
de l'un & de l'autre , dût , ce femble
, faire fuppofer que s'ils n'ont point
vû de titres différens , ce qui n'eſt rien
moins que certain , au moins ils ne fe font
pas copiés.
On donnera la fuite le Mercure prochain.
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Résumé : MEMOIRE CRITIQUE.
Le texte est une critique de l'article sur Alès de Corber dans l'Armorial général de France, rédigé par M. de Serigny. L'auteur du mémoire exprime son intérêt pour cet ouvrage mais émet des doutes sur certaines observations de M. de Serigny concernant l'article sur Alès de Corber. Il souligne la longueur et la richesse de cet article, qui contient de nombreuses citations, extraits, monuments et anciennes chartes. L'article sur Alès est précédé par celui sur Alluye, qui rassemble diverses pièces et propose des différentiations sur leur application. Initialement, l'auteur de l'article n'avait pas l'intention de donner une interprétation définitive, mais après des recherches approfondies, il a décidé de nommer les anciens seigneurs d'Alluye. Le mémoire critique reproche au Juge d'Armes de présenter ses interprétations des noms latins comme des décisions définitives, sans laisser de place au doute ou à d'autres opinions. L'auteur du mémoire souhaite examiner les raisons de M. de Serigny et proposer ses propres conjectures. L'article de M. de Serigny traite de l'histoire des anciens seigneurs de Châteaux et de Saint-Christophe, depuis le dixième siècle jusqu'à la fin du treizième siècle, en s'appuyant sur des chartes authentiques et des extraits d'anciens auteurs. Il affirme que plusieurs noms latins utilisés pour ces seigneurs sont en réalité des variations orthographiques d'un seul nom français. M. de Serigny rejette le nom d'Alés ou d'Alais, souvent attribué à ces seigneurs, et propose à la place le nom d'Alluye. Il critique plusieurs auteurs précédents, comme le Chevalier de l'Hermite Souliers et la Roque, pour leurs interprétations et leurs erreurs. Il passe en revue leurs travaux et les sources qu'ils ont utilisées, tout en soulignant les lacunes et les erreurs de leurs recherches.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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15
p. 67-72
COPIE de la Lettre écrite le 12 Août 1755. par M. Voisin, Avocat au Parlement à M. le Prince de ..... Chevalier de la Toison d'or.
Début :
MONSIEUR, La simple idée par écrit, que vous me demandez du Livre (I), dont, avant votre [...]
Mots clefs :
Princes, Gloire, Seigneurs, Magnificence, Prince, Devoirs, Richesses, Esprit
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texteReconnaissance textuelle : COPIE de la Lettre écrite le 12 Août 1755. par M. Voisin, Avocat au Parlement à M. le Prince de ..... Chevalier de la Toison d'or.
COPIE de la Leure écrite le 12 Août
1755. par M. Voifin , Avocat au Parlement
à M. le Prince de Chevalier de
la Toifon d'or,
MONSIEUR ,
14
La fimple idée par écrit , que vous me
demandez du Livre ( 1 ) , dont , avant votre
départ de Paris , j'ai eu l'honneur de.
vous entretenir , & auquel je travaille depuis
plufieurs années , exige elle-même un
affez grand détail par la multitude des objers.
Je crois , Monfieur , ne pouvoir
mieux fatisfaire à ce que vous défitez de
moi à cet égard , qu'en vous communiquant
par forme de lettres , le difcours
que je projette de mettre à la tête de l'ouvrage
pour y fervir d'introduction.
( 1 ) Ce Livre a pour titre , Le Confeilfamilier
& économique des Princes des grands Seigneurs ;
ou Moyens de conferver , d'augmenter & de perpétuer
les richeffes , la magnificence & la véritable
gloire de leurs Maiſons.
68 MERCURE DE FRANCE.
PREMIERE LETTRE.
Que les Princes & les grands Seigneurs
foient dans l'opulence , c'eft un attribut
naturel de leur condition : mais ils ne doivent
pas fe flatter de conferver , d'augmenter
, ni de perpétuer leurs richeffes , fans
une heureufe intelligence , foutenue de
cette économie libérale , qui ne prodigue
rien , pour donner fans ceffe avec difcernement.
Que les Princes & les grands Seigneurs
ayent en général le défir de la magnificence
, faut-il s'en étonner ? Ils naiffent
dans fon fein ; on en recrée leur enfance :
hommes formés , ils en ajoutent l'habitude
au goût naturel ; ils y meurent . Mais étoitce
une véritable magnificence que l'éclat
qui leur fit illufion pendant leur vie ? ou
n'étoit ce au contraire , qu'un faux brillant
qui , en deshonorant la mémoire de
ceux qu'il féduit , ne laiffe fouvent dans
leurs fucceffions que l'indigence & l'infolvabilité.
La véritable magnificence trouve dans
la fageffe qui la dirige , les moyens de ſe
conferver , de s'augmenter & de fe perpétuer.
Un efprit d'arrangement fans contrainte
, blâme ou avoue les motifs & les
occafions de la magnificence. Si la riche
DECEMBRE . 1755. 69
économie qui prend foin , quand il le faut,
que rien ne manque au fpectacle , lui prefcrit
cependant quelquefois des bornes ,
c'eſt pour faire , en évitant le défaut d'une
confufion inutile & choquante , fubfifter
cette magnificence même avec plus de folidité
, & pour affurer par-là à celui qui en´
fupporte la dépenfe , le fuffrage des perfonnes
dont le goût & la raifon font les
guides éclairés.
Que les Princes & les grands Seigneurs
confiderent la gloire de leurs Maifons
comme leur principal objet , & le plus
digne de les occuper , l'antiquité & la nobleffe
de leur origine femblent , à leur
naiffance , en graver le fentiment dans
leurs coeurs il feroit à fouhaiter qu'au
foin qu'on fe donne de leur en préfenter
fans ceffe la perfpective dans le cours de
leur éducation , on joignît l'attention de
leur développer les caracteres effentiels
de la véritable gloire , & de leur en infpirer
cet amour raiſonné qui , ennemi d'un
aveugle orgueil , reçoit de l'efprit même
du Chriftianifme , la permiffion d'aiguillonner
les gens d'honneur.
Penfer , comme on croit fincerement le
devoir ; s'inftruire , pour penfer mieux
encore ; faire ce qu'on peut & ce qu'on
doit par inclination pour le bon ordre
70 MERCURE DE FRANCE.
voilà en général la bafe inebranlable de
la véritable gloire des Princes & des
grands Seigneurs. C'eft , en un mot , le
fondement de la gloire folide dans tous
les états.
Ce principe annonce donc que , pour
conferver , augmenter & perpétuer la véritable
gloire des Grands , il faut ,
Premierement , qu'ils foyent convaincus
de l'indifpenfable néceffité de remplir les
devoirs de leur état .
Secondement , qu'ils travaillent folidement
à les connoître dans la vérité , parcequ'il
eft impoffible de bien faire ce dont
on ignore les principes .
Enfin il est néceffaire que les Grands
furmontent avec courage les dégoûts & les
contradictions que des paffions tumul- .
tueufes élevent quelquefois contre le regne
tranquille de l'ordre & de la raifon.
Que la réunion de ces ennemis intérieurs
n'effraye pas le combattant ; je ferai
voir dans fon lieu que l'idée du combat
eft plus terrible que le combat même. Le
Combattant doit craindre d'autant moins
d'effayer fes forces , que fon courage le
rend fûr d'une victoire , dont les fuites
font la paix du coeur & la gayeté de
l'efprit .
Les Princes & les Grands ont donc des
DECEMBRE . 1755. 71
devoirs d'état à remplir , & ce n'eft que
par leur exactitude à s'en acquitter , qu'ils
peuvent conferver , augmenter & perpétuer
la véritable gloire de leurs Maifons.
Mais pour fçavoir quelle eft l'étendue
des devoirs d'état des Princes & des
Grands , il faut déterminer quel eft leur
état même.
Parce qu'ils font grands , ne font- ils
qu'hommes de Cour , & ne fe croyent- ils
affujettis à des devoirs qu'envers la Cour ?
Je les confidere dans trois pofitions différentes
, dont chacune exige des connoiffances
qui lui font immédiatement néceffaires.
Le Prince ou le grand Seigneur, comme
particulier dans l'intérieur de fa maiſon &
de fes terres : Premiere Partie.
Le Prince ou le grand Seigneur perè
de famille : Seconde Partie.
Le Prince ou le grand Seigneur membre
de la Société , & homme d'Etat : Troifieme
Partie.
C'est en propofant mes réflexions fur
chacune de ces trois conditions , que je
mets fous les yeux des Princes & des
grands Seigneurs , les moyens de conferver
, d'augmenter & de perpétuer les richeffes
, la magnificence & la véritable
gloire de leurs Maiſons.
72 MERCURE DE FRANCE.
Ces trois points de vue fous lefquels les
Princes & les grands Seigneurs peuvent
être envifagés , font auffi la divifion naturelle
de ce difcours , dont les trois parties
réunies renferment le plan général de
l'Ouvrage.
1755. par M. Voifin , Avocat au Parlement
à M. le Prince de Chevalier de
la Toifon d'or,
MONSIEUR ,
14
La fimple idée par écrit , que vous me
demandez du Livre ( 1 ) , dont , avant votre
départ de Paris , j'ai eu l'honneur de.
vous entretenir , & auquel je travaille depuis
plufieurs années , exige elle-même un
affez grand détail par la multitude des objers.
Je crois , Monfieur , ne pouvoir
mieux fatisfaire à ce que vous défitez de
moi à cet égard , qu'en vous communiquant
par forme de lettres , le difcours
que je projette de mettre à la tête de l'ouvrage
pour y fervir d'introduction.
( 1 ) Ce Livre a pour titre , Le Confeilfamilier
& économique des Princes des grands Seigneurs ;
ou Moyens de conferver , d'augmenter & de perpétuer
les richeffes , la magnificence & la véritable
gloire de leurs Maiſons.
68 MERCURE DE FRANCE.
PREMIERE LETTRE.
Que les Princes & les grands Seigneurs
foient dans l'opulence , c'eft un attribut
naturel de leur condition : mais ils ne doivent
pas fe flatter de conferver , d'augmenter
, ni de perpétuer leurs richeffes , fans
une heureufe intelligence , foutenue de
cette économie libérale , qui ne prodigue
rien , pour donner fans ceffe avec difcernement.
Que les Princes & les grands Seigneurs
ayent en général le défir de la magnificence
, faut-il s'en étonner ? Ils naiffent
dans fon fein ; on en recrée leur enfance :
hommes formés , ils en ajoutent l'habitude
au goût naturel ; ils y meurent . Mais étoitce
une véritable magnificence que l'éclat
qui leur fit illufion pendant leur vie ? ou
n'étoit ce au contraire , qu'un faux brillant
qui , en deshonorant la mémoire de
ceux qu'il féduit , ne laiffe fouvent dans
leurs fucceffions que l'indigence & l'infolvabilité.
La véritable magnificence trouve dans
la fageffe qui la dirige , les moyens de ſe
conferver , de s'augmenter & de fe perpétuer.
Un efprit d'arrangement fans contrainte
, blâme ou avoue les motifs & les
occafions de la magnificence. Si la riche
DECEMBRE . 1755. 69
économie qui prend foin , quand il le faut,
que rien ne manque au fpectacle , lui prefcrit
cependant quelquefois des bornes ,
c'eſt pour faire , en évitant le défaut d'une
confufion inutile & choquante , fubfifter
cette magnificence même avec plus de folidité
, & pour affurer par-là à celui qui en´
fupporte la dépenfe , le fuffrage des perfonnes
dont le goût & la raifon font les
guides éclairés.
Que les Princes & les grands Seigneurs
confiderent la gloire de leurs Maifons
comme leur principal objet , & le plus
digne de les occuper , l'antiquité & la nobleffe
de leur origine femblent , à leur
naiffance , en graver le fentiment dans
leurs coeurs il feroit à fouhaiter qu'au
foin qu'on fe donne de leur en préfenter
fans ceffe la perfpective dans le cours de
leur éducation , on joignît l'attention de
leur développer les caracteres effentiels
de la véritable gloire , & de leur en infpirer
cet amour raiſonné qui , ennemi d'un
aveugle orgueil , reçoit de l'efprit même
du Chriftianifme , la permiffion d'aiguillonner
les gens d'honneur.
Penfer , comme on croit fincerement le
devoir ; s'inftruire , pour penfer mieux
encore ; faire ce qu'on peut & ce qu'on
doit par inclination pour le bon ordre
70 MERCURE DE FRANCE.
voilà en général la bafe inebranlable de
la véritable gloire des Princes & des
grands Seigneurs. C'eft , en un mot , le
fondement de la gloire folide dans tous
les états.
Ce principe annonce donc que , pour
conferver , augmenter & perpétuer la véritable
gloire des Grands , il faut ,
Premierement , qu'ils foyent convaincus
de l'indifpenfable néceffité de remplir les
devoirs de leur état .
Secondement , qu'ils travaillent folidement
à les connoître dans la vérité , parcequ'il
eft impoffible de bien faire ce dont
on ignore les principes .
Enfin il est néceffaire que les Grands
furmontent avec courage les dégoûts & les
contradictions que des paffions tumul- .
tueufes élevent quelquefois contre le regne
tranquille de l'ordre & de la raifon.
Que la réunion de ces ennemis intérieurs
n'effraye pas le combattant ; je ferai
voir dans fon lieu que l'idée du combat
eft plus terrible que le combat même. Le
Combattant doit craindre d'autant moins
d'effayer fes forces , que fon courage le
rend fûr d'une victoire , dont les fuites
font la paix du coeur & la gayeté de
l'efprit .
Les Princes & les Grands ont donc des
DECEMBRE . 1755. 71
devoirs d'état à remplir , & ce n'eft que
par leur exactitude à s'en acquitter , qu'ils
peuvent conferver , augmenter & perpétuer
la véritable gloire de leurs Maifons.
Mais pour fçavoir quelle eft l'étendue
des devoirs d'état des Princes & des
Grands , il faut déterminer quel eft leur
état même.
Parce qu'ils font grands , ne font- ils
qu'hommes de Cour , & ne fe croyent- ils
affujettis à des devoirs qu'envers la Cour ?
Je les confidere dans trois pofitions différentes
, dont chacune exige des connoiffances
qui lui font immédiatement néceffaires.
Le Prince ou le grand Seigneur, comme
particulier dans l'intérieur de fa maiſon &
de fes terres : Premiere Partie.
Le Prince ou le grand Seigneur perè
de famille : Seconde Partie.
Le Prince ou le grand Seigneur membre
de la Société , & homme d'Etat : Troifieme
Partie.
C'est en propofant mes réflexions fur
chacune de ces trois conditions , que je
mets fous les yeux des Princes & des
grands Seigneurs , les moyens de conferver
, d'augmenter & de perpétuer les richeffes
, la magnificence & la véritable
gloire de leurs Maiſons.
72 MERCURE DE FRANCE.
Ces trois points de vue fous lefquels les
Princes & les grands Seigneurs peuvent
être envifagés , font auffi la divifion naturelle
de ce difcours , dont les trois parties
réunies renferment le plan général de
l'Ouvrage.
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Résumé : COPIE de la Lettre écrite le 12 Août 1755. par M. Voisin, Avocat au Parlement à M. le Prince de ..... Chevalier de la Toison d'or.
Le document est une lettre datée du 12 août 1755, rédigée par M. Voifin, avocat au Parlement, adressée à M. le Prince de Chevalier de la Toison d'or. Voifin y présente un livre intitulé 'Le Conseil familier & économique des Princes des grands Seigneurs; ou Moyens de conserver, d'augmenter & de perpétuer les richesses, la magnificence & la véritable gloire de leurs Maisons'. L'auteur souligne l'importance pour les princes et grands seigneurs de posséder une intelligence économique afin de conserver et d'accroître leurs richesses. Il distingue la véritable magnificence, guidée par la sagesse, qui se maintient et s'accroît, de l'éclat trompeur qui peut mener à l'indigence. La gloire des maisons princières repose sur la connaissance et l'accomplissement des devoirs d'état, ainsi que sur le courage face aux passions tumultueuses. L'ouvrage de Voifin est structuré en trois parties. La première traite du prince en tant que particulier dans sa maison, la deuxième le considère en tant que père de famille, et la troisième en tant que membre de la société et homme d'État. Chaque section vise à fournir des moyens pour conserver, augmenter et perpétuer les richesses, la magnificence et la gloire des maisons princières.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16
p. 112-124
« MÉMOIRE & Dissertation critique sur un des plus considérables articles des trois [...] »
Début :
MÉMOIRE & Dissertation critique sur un des plus considérables articles des trois [...]
Mots clefs :
Seigneurs, Mémoire, Noblesse, Armorial, Chevalier, Armes, Tradition, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « MÉMOIRE & Dissertation critique sur un des plus considérables articles des trois [...] »
MÉMOIRE & Differtation critique fur
un des plus confidérables articles des trois
derniers volumes de l'Armorial Général ,
( ou Regiftres de la Nobleffe ) de M. d'HoDECEMBRE.
1755. 113
zier de Sérigny , Juge d'Armes de France
en furvivance , dont on a parlé dans
prefque tous les ouvrages périodiques.
Nous avons annoncé ce Mémoire dans
le Mercure du mois de Novembre , &
nous en avions même employé le commencement
dans celui de Mars de cette.
même année . Des raifons particulieres qui
ne nous ont point permis d'en donner la
fuite , font l'objet des plaintes éxagerées
de l'Auteur dans fon avertiffement. On
a imprimé à la fuite la réponſe d'un Irlandois
, à qui le premier Mémoire avoit
été envoyé en manufcrit , & qui défend
avec chaleur les antiquités , les généalogies
Irlandoifes , & un illuftre compatriote
attaqué par M. de Sérigny. Nous
ne nous croyons pas permis de nous ériger
en Juge de ces deux procès ; nous
nous contenterons d'en être les Rapporteurs.
M. Sérigny a travaillé avec foin un
article qui fe trouve à la tête du troifiéme
Regiftre de l'Armorial Général de
France , & qui lui a paru fans doute
mériter une difcuffion exacte . Cet arti
cle eft celui d'Alès de Corbet. Puifqu'il
en eft fait mention dans différens Journaux
, il y a apparence qu'on a cru que le
Public feroit content des recherches pé114
MERCURE DE FRANCE.
nibles que cet article a dû coûter à M.
de Sérigny ; mais le Public eft plus aifé
à contenter que les intéreffés ; & l'Auteur
du Mémoire en queftion a bien l'air
d'être quelqu'un de ceux- ci.
Les noms des Seigneurs de Châteaux
& de Saint Chriftophe ( les deux premieres
Baronnies d'Anjou & de Touraine),
font exprimés dans les anciennes chartes
fous une terminaifon latine , par les
mots de luia , de Aloya , de Aludia ,
de Alodia , de Alea , de Aleia , & c . MM .
d'Alés de Corbet qui prétendent defcendre
de cette illuftre maiſon , traduifent ,
après plufieurs ( 1 ) Auteurs modernes , ces
noms latins par celui d'Alés . M. de Sérigny
les traduit par celui d'Alluye qu'il
dit être celui d'une maifon illuftre à qui
la terre qui porte aujourd'hui ce nom ,
a du appartenir. C'eft- là le fujet de la
rixe .
Paffons aux raifons du Critique. 11
examine les motifs qui ont fait rejetter
( 1 ) Le chevalier de l'Hermite- Soliers , la Roque
, Carreau , Ménage , le Comte de Boullainvilliers
, M. de Miroménil , Intendant de Tours , la
Martiniere , le Dictionnaire Univerfel de France ,
Dom Eperon , Prieur de la Clarté en 1733 , Dom
Defchamps , & Dom Caffard , dont le premier
étoit chargé il y a dix ans , de travailler à PHIL
toire de Touraine.
DECEMBRE. 1755. 115
par M. de Sérigny , ceux fur lefquels les
Auteurs modernes qu'on vient de nommer
ont appuyé l'opinion qu'il défend ;
il effaye de prouver que M. de Sérigny
n'entreprend d'affoiblir leur autorité ,
que par des conjectures & des poffibilités
, dont il tire enfuite des conclufions
pofitives , & finit ainfi cette difcuffion .
"
n
Reprenons les dix ou onze Auteurs
» qui ont appellé les Seigneurs de Saint
Chriftophe d'Alés ou d'Alais , ont pu
» fe copier fucceffivement ; quelques-uns
» n'avoient pas toute la critique défira-
» ble ; d'autres étoient trop hardis , com-
» me la Roque ; d'autres trop irréfolus ,
» comme Ménage ; le Comte de Boullain-
» villiers tiroit toutes fes lumieres à cet
égard de M. de Miroménil Intendant de
» Touraine , comme Ménage les fiennes
» de Carreau , & la Roque de l'Her-
» mite ; que plufieurs fuffent du Pays ,
travaillaffent fur les lieux mêmes , d'après
les titres , les monumens & la
tradition , cela n'empêche pas qu'ils
n'ayent pu fe tromper & comme Gram-
» mairiens , & comme Critiques , & com-
» me mauvais Juges d'une tradition qui
» pouvoit bien n'être pas affez établie ,
» affez ancienne pour leur fervir d'ap-
"pui. Qui fçait même fi le Chevalier de
ور
33
K
116 MERCURE DE FRANCE.
20
» l'Hermite n'eft pas tout à la fois ,
» & l'inventeur de ce furnom , & l'au-
» teur de cette tradition ? Les la Mar-
» tinieres , les Piganiols de la Force s'en
» font rapportés au Comte de Boulainvil-
» liers , qui paffoit pour fçavant & pour
» connoiffeur en Nobleffe . Les Bénédic-
» tins fe feront eux-mêmes laiffés pren-
» dre à ce piége : enfin aucun d'eux ne
» démontre la néceffité de leur traduc-
» tion , ni qu'il faille fuivre leur exemple
dans leur confiance pour cette tra-
» dition . Donc cette traduction eſt non-
» feulement hazardée , mais fauffe , mais
» infoutenable ; donc cette tradition n'eft
" pas moins à rejetter , & doit néceffairement
être regardée comme moderne ,
encore qu'on n'en voye pas clairement
» la naiffance. »
» Telle eft la conféquence abfolue &
» décifive que M. de Sérigny tire de fes
» principes.
13
Le Critique attaque à fon tour , les
raifons fur lefquelles M. de Sérigny appuie
la traduction des mots latins déja
cités , par celui d'Alluye. La premiere qu'il
ellaye de réfuter , eft l'identité que fon
adverfaire croit trouver entre les noms
latins qui expriment dans les anciennes
chartes le nom de la terre d'Alluye , &
DECEMBRE. 1755. 117
les noms latins des Seigneurs de Saint
Chriftophe & de Châteaux . On lui oppofe
fon propre raifonnement , & l'on
prétend qu'il pourroit auffi bien fervir
à prouver que la terre d'Alluye s'appelle
actuellement d'Alés , qu'à prouver que le
nom d'Alluye étoit en ce temps - là celui
des Seigneurs de Saint Chriftophe , &c .
Après avoir fait fentir plufieurs différences
contradictoires à l'identité prétendue
par M. de Sérigny , il ajoute qu'en
fuppofant même cette identité entre les
Seigneurs de cette terre , & ceux de Saint
Chriftophe , il feroit auffi poffible qu'ils
euffent donné leur nom à cette même
terre , que de l'avoir emprunté d'elle ; il
foutient enfin que quand les Seigneurs
de Saint Chriftophe ne fe feroient appellés
ni d'Allés ni d'Alluye
> par le
différent idiôme des Provinces où les defcendans
de ces Seigneurs ont habités depuis
la féparation des différentes bran
ches de leur Maifon , il auroit arripu
yer que le nom françois qu'ils portoient
alors , eût produit celui d'Alés pour la
branche qui étoit en Anjou & en Touraine
, & celui d'Alluye pour la terre
qui étoit en Beauce , d'autant que certe
rerre étant fortie très -peu de temps après
de leur Maifon , ceux à qui elle a appartenu
depuis , ont pu en laiffer cor-
&
118 MERCURE DE FRANCE.
rompre plus aifément le nom , n'ayant
pas le même intérêt à le lui conferver.
Après avoir attaqué les preuves de M.
de Sérigny par des preuves négatives , on
lui en oppofe de pofitives ; on convient
que l'analogie des noms latins des Seigneurs
de Saint Chriftophe & de la terre
d'Alluye , pourroit autorifer à la traduire
par le même mot françois , fi l'on n'avoit
pour guide que ces mots latins ,
quoique le mot de Aleia , la plus commune
dénomination de la maifon de Saint
Chriſtophe , fe traduife plus naturellement
par d'Alés , que par d'Alluye. Mais
fans conter tous les Auteurs qui ont traduits
ces mots latins par le mot d'Alés ,
toutes les fois qu'il s'eft agi des Seigneurs
de Saint Chriſtophe, on cite d'anciens actes
françois , des actes du tems où ces Seigneurs
étoient dans leur plus grand luftre
, des actes où ils parlent eux-mêmes ,
& où ils prennent des noms très - analogues
à celui d'Alés , & très-éloignés de
celui d'Alluye ; on en cite d'autres par lefquels
ont veut prouver que long - temps
après que la terre d'Alluye fut fortie de la
maifon de S. Chriftophe , felon la fuppofttion
de M. de Sérigny , elle ne s'appelloit
point encore d'Alluye. Par quel hazard
( conclut-on ) les Seigneurs de Châ-
-teaux , qu'on en fuppofe fortis 300 ans
A
DECEMBRE. 1755 .
119
auparavant , auroient - ils deviné qu'elle
viendroit enfin à fe nommer de la forte ,
& en auroient ils pris d'avance le nom ?
- Le Critique , en difcutant la defcendance
de la Maifon d'Alluye , telle que
la fuppofe M. de Sérigny , prérend que
ce dernier leur attribue encore le don de
prophétie d'une façon plus finguliere ,
puifqu'il y a toute apparence , fi l'on en
veut croire ce même Critique , que la
terre n'étoit point encore entrée dans la
maifon des Goët , dont M. de Sérigny
fait fortir la maifon d'Alluye , quand
celle- ci en prit le nom , au lieu de garder
le nom illuftre de fon origine , uniquement
parce que cette terre devoit appartenir
dans so ou 60 ans à la branche
aînée qui ne la conferva pas long- tems ,
& qu'elle devoit porter 500 ans après ce
même nom d'Alluye . Je vais encore
» plus loin ( continue- t'il ) , & je dis pofi
» tivement qu'il n'y en a jamais ett ( de
» maifon d'Alluye ) . Ce n'eft pas affez de
» dire qu'une maifon , à qui on fuppofe
» une origine illuftre , de grandes allian-
» ces & de puiffantes richeffes, aexifté. Elle
<<
ne fe fût pas tellement enterrée qu'on
» n'en trouvat quelques veftiges dans l'hiſ
»ftoire , dans des fondations , dans quel-
» ques monumens ; au moins on trou
i
110 MERCURE DE FRANCE.
» veroit ces Seigneurs cités dans quelques
rôles du ban ; on verroit les aveux
» qu'ils auroient rendus de leurs terres ,
& ceux que des vaffaux très- diftingués
& en grand nombre , leur rendoient
; rien de tout cela , on ne voit
pas un Chevalier , un écuyer , un hom-
» me d'armes , un fimple archer de cette
» maifon. On ne la trouve dans aucun
» catalogue de Nobleffe ; on ne voit fes
» armes empreintes nulle part , & perfonne
n'a pris la peine de nous les tranf-
» mettre. On n'avoit garde ; car la Mai-
» fon même n'a jamais exifté ; en voici
» une preuve complette.
" On connoît diftinctement tous les Sei-
» gneurs qui ont poffédé cette terre , & c . »
Il entre ici dans un dérail où nous ne
le fuivrons point . C'eſt à ceux qui voudront
connoître de ce différend , d'examiner
les preuves à charge & à décharge.
Après-avoir effayé d'anéantir la Maifon
d'Alluye , l'Auteur du Mémoire s'éfforce
d'établir l'identité des noms latins ;
donnés dans les chartes aux Seigneurs de
Saint Chriftophe , avec celui que portent
MM. d'Alés de Corbet ; c'eft le fujet
du dernier article qu'il commence ainfi .
» Le nom des Seigneurs de S. Chriftophe
& Châteaux eft véritablement
d'Ales
DECEMBRE. 1755. 121
»
>> d'Alés . 1 ° . Celui d'Alluye ( le feul qui
peut le lui difputer avec quelque apparence
) une fois exclu , on voit aifé-
» ment que c'eft celui-là qui doit le remplacer,
& reprendre une place que l'autre
» a tenté vainement d'ufurper . »
"
»
Secondement , l'Auteur s'appuie du témoignage
des écrivains modernes dont
il a été parlé ci - deffus : « Nous ſommes
» en droit , dit - il ) , de pefer leurs
fuffrages , puifqu'on nous défend do
» les compter ; mais notre condition
» n'en eft pas pire. Un la Roque feul ,
» un Ménage font plus que capable de
» faire pencher la balance , & comme
» Grammairiens , & comme Critiques
» & comme ayant le tact fin en fait de
Nobleffe , & comme très-verfés dans
» les recherches qui la regardent ; ajoutons
les Hiftoriens & les Annaliſtes de
» ces Provinces même , les Auteurs de
tous nos grands Dictionnaires géographiques
, ceux des Mémoires faits par
» ordre de la Cour , & rédigés par
» un Comte de Boullainvilliers ; enfin
» les fçavans Bénédictins qui ont encore
» travaillé depuis à l'hiftoire de Tou-
» raine ».
و د
La troifiéme preuve eft tirée du nom
de trois Chevaliers , cités dans la Baillie
II. Vol. F
122 MERCURE DE FRANCE.
d'Orléans & qui fe fuccédent dans un
temps fort court & dans la même Province
; ces noms font de Aloia , de Allogia
, d'Alés ; & l'Auteur en infere que les
deux premiers , qui étoient néceſſairement
de la maifon de Saint Chriftophe , ne
pouvant cependant être de la Maifon
d'Alluye , qui felon lui , n'a jamais exifté ,
étoient parconféquent les prédéceffeurs
du troifiéme , d'autant que fans cela on
ne trouveroit aucuns rejettons de la Maifon
des Seigneurs de Saint Chriftophe ,
dont un grand nombre de collatéraux ont
été mariés , ni d'origine à ce Chevalier
d'Alés qui fembleroit fortir fubitement de
deffous terre , dans un temps où les Maifons
ne paroiffoient & ne difparoiffoient
pas dans un inftant , & où la Nobleffe
n'étoit pas encore un effet commerçable .
Le défenfeur de la Maifon d'Alés
écarte enfuite les analogies tirées des mots
latins ; & après en avoir montré l'incer
titude , il en vient à difcuter la preuve
qu'il a déja touchée ailleurs , celle des
actes françois concernant les Seigneurs
de Saint Chriftophe , où des noms trèsanalogues
à celui que portent aujourd'hui
MM . d'Alés de Corbet fe rencontrent
très-fréquemment. L'Auteur a fçu
donner un air de vraisemblance à cette
DECEMBRE. 1755. 123
derniere partie de fon Mémoire . Ce n'eft
pas à nous à juger fi la vérité y eft auffi
refpectée qu'elle le devroit être. Nous
en dirons autant de la differtation , fur
les antiquités d'Irlande. Mais c'en eft
affez les bornes de notre Journal ne
nous permettent point de nous étendre
davantage fur ce fujet .
:
COLLECTION de décifions nouvelles
& de notions relatives à la Jurifprudence
préfente , par M. J. B. Denifart, Procureur
au Châtelet de Paris , tom. iv .
Ce quatrieme volume de l'ouvrage de
M. Denifart eft abfolument femblable aux
précédens. On y trouve plufieurs articles
qui inftruifent en amufant , tels font ceux
où l'Auteur traite du Mariage , de la Nobleffe
, de la Naiflance , des Noms & Armes
, &c. Les articles qui ne font pas fufceptibles
du même agrément , n'en font
pas moins utiles . M. Denifart n'y emploie
les termes barbares de la chicane que dans
une extrême néceffité , & en général ce
livre peut être lu avec plaifir , même par
le Lecteur le plus frivole : ce quatrieme
volume fera principalement néceffaire aux
Notaires , aux Curés , & aux Officiaux . Il
contient des inftructions qu'ils ne doivent
point ignorer : elles font détaillées aux
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
mots Mariage , Minutes , Notaires , &
Official.
Les articles où M. Denifart traite de la
légitimité & des offices font auffi très inftructifs
& très- étendus ; & l'on trouve dans
tour cet ouvrage une fi grande quantité
d'Arrêts & de Loix nouvelles , qui ne fe
trouvent point ailleurs , qu'il ne peut qu'être
infiniment utile , furtout aux Jurifconfultes
de provinces qui ignorent fouvent
les queftions difficiles qui fe préſentent
journellement au Parlement de Paris ,
& les Arrêts qui les décident.
REGLES ET OBSERVATIONS trèsimportantes
pour les perfonnes attaquées
des hernies , auxquelles on a joint une petite
differtation fur l'ufage des bottines
pour les enfans ; Par M. Dejean recu à S.
Côme , pour les Hernies ou Defcentes . A
Paris , chez Lambert , rue de la Comédie
Françoife. 17.55 .
un des plus confidérables articles des trois
derniers volumes de l'Armorial Général ,
( ou Regiftres de la Nobleffe ) de M. d'HoDECEMBRE.
1755. 113
zier de Sérigny , Juge d'Armes de France
en furvivance , dont on a parlé dans
prefque tous les ouvrages périodiques.
Nous avons annoncé ce Mémoire dans
le Mercure du mois de Novembre , &
nous en avions même employé le commencement
dans celui de Mars de cette.
même année . Des raifons particulieres qui
ne nous ont point permis d'en donner la
fuite , font l'objet des plaintes éxagerées
de l'Auteur dans fon avertiffement. On
a imprimé à la fuite la réponſe d'un Irlandois
, à qui le premier Mémoire avoit
été envoyé en manufcrit , & qui défend
avec chaleur les antiquités , les généalogies
Irlandoifes , & un illuftre compatriote
attaqué par M. de Sérigny. Nous
ne nous croyons pas permis de nous ériger
en Juge de ces deux procès ; nous
nous contenterons d'en être les Rapporteurs.
M. Sérigny a travaillé avec foin un
article qui fe trouve à la tête du troifiéme
Regiftre de l'Armorial Général de
France , & qui lui a paru fans doute
mériter une difcuffion exacte . Cet arti
cle eft celui d'Alès de Corbet. Puifqu'il
en eft fait mention dans différens Journaux
, il y a apparence qu'on a cru que le
Public feroit content des recherches pé114
MERCURE DE FRANCE.
nibles que cet article a dû coûter à M.
de Sérigny ; mais le Public eft plus aifé
à contenter que les intéreffés ; & l'Auteur
du Mémoire en queftion a bien l'air
d'être quelqu'un de ceux- ci.
Les noms des Seigneurs de Châteaux
& de Saint Chriftophe ( les deux premieres
Baronnies d'Anjou & de Touraine),
font exprimés dans les anciennes chartes
fous une terminaifon latine , par les
mots de luia , de Aloya , de Aludia ,
de Alodia , de Alea , de Aleia , & c . MM .
d'Alés de Corbet qui prétendent defcendre
de cette illuftre maiſon , traduifent ,
après plufieurs ( 1 ) Auteurs modernes , ces
noms latins par celui d'Alés . M. de Sérigny
les traduit par celui d'Alluye qu'il
dit être celui d'une maifon illuftre à qui
la terre qui porte aujourd'hui ce nom ,
a du appartenir. C'eft- là le fujet de la
rixe .
Paffons aux raifons du Critique. 11
examine les motifs qui ont fait rejetter
( 1 ) Le chevalier de l'Hermite- Soliers , la Roque
, Carreau , Ménage , le Comte de Boullainvilliers
, M. de Miroménil , Intendant de Tours , la
Martiniere , le Dictionnaire Univerfel de France ,
Dom Eperon , Prieur de la Clarté en 1733 , Dom
Defchamps , & Dom Caffard , dont le premier
étoit chargé il y a dix ans , de travailler à PHIL
toire de Touraine.
DECEMBRE. 1755. 115
par M. de Sérigny , ceux fur lefquels les
Auteurs modernes qu'on vient de nommer
ont appuyé l'opinion qu'il défend ;
il effaye de prouver que M. de Sérigny
n'entreprend d'affoiblir leur autorité ,
que par des conjectures & des poffibilités
, dont il tire enfuite des conclufions
pofitives , & finit ainfi cette difcuffion .
"
n
Reprenons les dix ou onze Auteurs
» qui ont appellé les Seigneurs de Saint
Chriftophe d'Alés ou d'Alais , ont pu
» fe copier fucceffivement ; quelques-uns
» n'avoient pas toute la critique défira-
» ble ; d'autres étoient trop hardis , com-
» me la Roque ; d'autres trop irréfolus ,
» comme Ménage ; le Comte de Boullain-
» villiers tiroit toutes fes lumieres à cet
égard de M. de Miroménil Intendant de
» Touraine , comme Ménage les fiennes
» de Carreau , & la Roque de l'Her-
» mite ; que plufieurs fuffent du Pays ,
travaillaffent fur les lieux mêmes , d'après
les titres , les monumens & la
tradition , cela n'empêche pas qu'ils
n'ayent pu fe tromper & comme Gram-
» mairiens , & comme Critiques , & com-
» me mauvais Juges d'une tradition qui
» pouvoit bien n'être pas affez établie ,
» affez ancienne pour leur fervir d'ap-
"pui. Qui fçait même fi le Chevalier de
ور
33
K
116 MERCURE DE FRANCE.
20
» l'Hermite n'eft pas tout à la fois ,
» & l'inventeur de ce furnom , & l'au-
» teur de cette tradition ? Les la Mar-
» tinieres , les Piganiols de la Force s'en
» font rapportés au Comte de Boulainvil-
» liers , qui paffoit pour fçavant & pour
» connoiffeur en Nobleffe . Les Bénédic-
» tins fe feront eux-mêmes laiffés pren-
» dre à ce piége : enfin aucun d'eux ne
» démontre la néceffité de leur traduc-
» tion , ni qu'il faille fuivre leur exemple
dans leur confiance pour cette tra-
» dition . Donc cette traduction eſt non-
» feulement hazardée , mais fauffe , mais
» infoutenable ; donc cette tradition n'eft
" pas moins à rejetter , & doit néceffairement
être regardée comme moderne ,
encore qu'on n'en voye pas clairement
» la naiffance. »
» Telle eft la conféquence abfolue &
» décifive que M. de Sérigny tire de fes
» principes.
13
Le Critique attaque à fon tour , les
raifons fur lefquelles M. de Sérigny appuie
la traduction des mots latins déja
cités , par celui d'Alluye. La premiere qu'il
ellaye de réfuter , eft l'identité que fon
adverfaire croit trouver entre les noms
latins qui expriment dans les anciennes
chartes le nom de la terre d'Alluye , &
DECEMBRE. 1755. 117
les noms latins des Seigneurs de Saint
Chriftophe & de Châteaux . On lui oppofe
fon propre raifonnement , & l'on
prétend qu'il pourroit auffi bien fervir
à prouver que la terre d'Alluye s'appelle
actuellement d'Alés , qu'à prouver que le
nom d'Alluye étoit en ce temps - là celui
des Seigneurs de Saint Chriftophe , &c .
Après avoir fait fentir plufieurs différences
contradictoires à l'identité prétendue
par M. de Sérigny , il ajoute qu'en
fuppofant même cette identité entre les
Seigneurs de cette terre , & ceux de Saint
Chriftophe , il feroit auffi poffible qu'ils
euffent donné leur nom à cette même
terre , que de l'avoir emprunté d'elle ; il
foutient enfin que quand les Seigneurs
de Saint Chriftophe ne fe feroient appellés
ni d'Allés ni d'Alluye
> par le
différent idiôme des Provinces où les defcendans
de ces Seigneurs ont habités depuis
la féparation des différentes bran
ches de leur Maifon , il auroit arripu
yer que le nom françois qu'ils portoient
alors , eût produit celui d'Alés pour la
branche qui étoit en Anjou & en Touraine
, & celui d'Alluye pour la terre
qui étoit en Beauce , d'autant que certe
rerre étant fortie très -peu de temps après
de leur Maifon , ceux à qui elle a appartenu
depuis , ont pu en laiffer cor-
&
118 MERCURE DE FRANCE.
rompre plus aifément le nom , n'ayant
pas le même intérêt à le lui conferver.
Après avoir attaqué les preuves de M.
de Sérigny par des preuves négatives , on
lui en oppofe de pofitives ; on convient
que l'analogie des noms latins des Seigneurs
de Saint Chriftophe & de la terre
d'Alluye , pourroit autorifer à la traduire
par le même mot françois , fi l'on n'avoit
pour guide que ces mots latins ,
quoique le mot de Aleia , la plus commune
dénomination de la maifon de Saint
Chriſtophe , fe traduife plus naturellement
par d'Alés , que par d'Alluye. Mais
fans conter tous les Auteurs qui ont traduits
ces mots latins par le mot d'Alés ,
toutes les fois qu'il s'eft agi des Seigneurs
de Saint Chriſtophe, on cite d'anciens actes
françois , des actes du tems où ces Seigneurs
étoient dans leur plus grand luftre
, des actes où ils parlent eux-mêmes ,
& où ils prennent des noms très - analogues
à celui d'Alés , & très-éloignés de
celui d'Alluye ; on en cite d'autres par lefquels
ont veut prouver que long - temps
après que la terre d'Alluye fut fortie de la
maifon de S. Chriftophe , felon la fuppofttion
de M. de Sérigny , elle ne s'appelloit
point encore d'Alluye. Par quel hazard
( conclut-on ) les Seigneurs de Châ-
-teaux , qu'on en fuppofe fortis 300 ans
A
DECEMBRE. 1755 .
119
auparavant , auroient - ils deviné qu'elle
viendroit enfin à fe nommer de la forte ,
& en auroient ils pris d'avance le nom ?
- Le Critique , en difcutant la defcendance
de la Maifon d'Alluye , telle que
la fuppofe M. de Sérigny , prérend que
ce dernier leur attribue encore le don de
prophétie d'une façon plus finguliere ,
puifqu'il y a toute apparence , fi l'on en
veut croire ce même Critique , que la
terre n'étoit point encore entrée dans la
maifon des Goët , dont M. de Sérigny
fait fortir la maifon d'Alluye , quand
celle- ci en prit le nom , au lieu de garder
le nom illuftre de fon origine , uniquement
parce que cette terre devoit appartenir
dans so ou 60 ans à la branche
aînée qui ne la conferva pas long- tems ,
& qu'elle devoit porter 500 ans après ce
même nom d'Alluye . Je vais encore
» plus loin ( continue- t'il ) , & je dis pofi
» tivement qu'il n'y en a jamais ett ( de
» maifon d'Alluye ) . Ce n'eft pas affez de
» dire qu'une maifon , à qui on fuppofe
» une origine illuftre , de grandes allian-
» ces & de puiffantes richeffes, aexifté. Elle
<<
ne fe fût pas tellement enterrée qu'on
» n'en trouvat quelques veftiges dans l'hiſ
»ftoire , dans des fondations , dans quel-
» ques monumens ; au moins on trou
i
110 MERCURE DE FRANCE.
» veroit ces Seigneurs cités dans quelques
rôles du ban ; on verroit les aveux
» qu'ils auroient rendus de leurs terres ,
& ceux que des vaffaux très- diftingués
& en grand nombre , leur rendoient
; rien de tout cela , on ne voit
pas un Chevalier , un écuyer , un hom-
» me d'armes , un fimple archer de cette
» maifon. On ne la trouve dans aucun
» catalogue de Nobleffe ; on ne voit fes
» armes empreintes nulle part , & perfonne
n'a pris la peine de nous les tranf-
» mettre. On n'avoit garde ; car la Mai-
» fon même n'a jamais exifté ; en voici
» une preuve complette.
" On connoît diftinctement tous les Sei-
» gneurs qui ont poffédé cette terre , & c . »
Il entre ici dans un dérail où nous ne
le fuivrons point . C'eſt à ceux qui voudront
connoître de ce différend , d'examiner
les preuves à charge & à décharge.
Après-avoir effayé d'anéantir la Maifon
d'Alluye , l'Auteur du Mémoire s'éfforce
d'établir l'identité des noms latins ;
donnés dans les chartes aux Seigneurs de
Saint Chriftophe , avec celui que portent
MM. d'Alés de Corbet ; c'eft le fujet
du dernier article qu'il commence ainfi .
» Le nom des Seigneurs de S. Chriftophe
& Châteaux eft véritablement
d'Ales
DECEMBRE. 1755. 121
»
>> d'Alés . 1 ° . Celui d'Alluye ( le feul qui
peut le lui difputer avec quelque apparence
) une fois exclu , on voit aifé-
» ment que c'eft celui-là qui doit le remplacer,
& reprendre une place que l'autre
» a tenté vainement d'ufurper . »
"
»
Secondement , l'Auteur s'appuie du témoignage
des écrivains modernes dont
il a été parlé ci - deffus : « Nous ſommes
» en droit , dit - il ) , de pefer leurs
fuffrages , puifqu'on nous défend do
» les compter ; mais notre condition
» n'en eft pas pire. Un la Roque feul ,
» un Ménage font plus que capable de
» faire pencher la balance , & comme
» Grammairiens , & comme Critiques
» & comme ayant le tact fin en fait de
Nobleffe , & comme très-verfés dans
» les recherches qui la regardent ; ajoutons
les Hiftoriens & les Annaliſtes de
» ces Provinces même , les Auteurs de
tous nos grands Dictionnaires géographiques
, ceux des Mémoires faits par
» ordre de la Cour , & rédigés par
» un Comte de Boullainvilliers ; enfin
» les fçavans Bénédictins qui ont encore
» travaillé depuis à l'hiftoire de Tou-
» raine ».
و د
La troifiéme preuve eft tirée du nom
de trois Chevaliers , cités dans la Baillie
II. Vol. F
122 MERCURE DE FRANCE.
d'Orléans & qui fe fuccédent dans un
temps fort court & dans la même Province
; ces noms font de Aloia , de Allogia
, d'Alés ; & l'Auteur en infere que les
deux premiers , qui étoient néceſſairement
de la maifon de Saint Chriftophe , ne
pouvant cependant être de la Maifon
d'Alluye , qui felon lui , n'a jamais exifté ,
étoient parconféquent les prédéceffeurs
du troifiéme , d'autant que fans cela on
ne trouveroit aucuns rejettons de la Maifon
des Seigneurs de Saint Chriftophe ,
dont un grand nombre de collatéraux ont
été mariés , ni d'origine à ce Chevalier
d'Alés qui fembleroit fortir fubitement de
deffous terre , dans un temps où les Maifons
ne paroiffoient & ne difparoiffoient
pas dans un inftant , & où la Nobleffe
n'étoit pas encore un effet commerçable .
Le défenfeur de la Maifon d'Alés
écarte enfuite les analogies tirées des mots
latins ; & après en avoir montré l'incer
titude , il en vient à difcuter la preuve
qu'il a déja touchée ailleurs , celle des
actes françois concernant les Seigneurs
de Saint Chriftophe , où des noms trèsanalogues
à celui que portent aujourd'hui
MM . d'Alés de Corbet fe rencontrent
très-fréquemment. L'Auteur a fçu
donner un air de vraisemblance à cette
DECEMBRE. 1755. 123
derniere partie de fon Mémoire . Ce n'eft
pas à nous à juger fi la vérité y eft auffi
refpectée qu'elle le devroit être. Nous
en dirons autant de la differtation , fur
les antiquités d'Irlande. Mais c'en eft
affez les bornes de notre Journal ne
nous permettent point de nous étendre
davantage fur ce fujet .
:
COLLECTION de décifions nouvelles
& de notions relatives à la Jurifprudence
préfente , par M. J. B. Denifart, Procureur
au Châtelet de Paris , tom. iv .
Ce quatrieme volume de l'ouvrage de
M. Denifart eft abfolument femblable aux
précédens. On y trouve plufieurs articles
qui inftruifent en amufant , tels font ceux
où l'Auteur traite du Mariage , de la Nobleffe
, de la Naiflance , des Noms & Armes
, &c. Les articles qui ne font pas fufceptibles
du même agrément , n'en font
pas moins utiles . M. Denifart n'y emploie
les termes barbares de la chicane que dans
une extrême néceffité , & en général ce
livre peut être lu avec plaifir , même par
le Lecteur le plus frivole : ce quatrieme
volume fera principalement néceffaire aux
Notaires , aux Curés , & aux Officiaux . Il
contient des inftructions qu'ils ne doivent
point ignorer : elles font détaillées aux
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
mots Mariage , Minutes , Notaires , &
Official.
Les articles où M. Denifart traite de la
légitimité & des offices font auffi très inftructifs
& très- étendus ; & l'on trouve dans
tour cet ouvrage une fi grande quantité
d'Arrêts & de Loix nouvelles , qui ne fe
trouvent point ailleurs , qu'il ne peut qu'être
infiniment utile , furtout aux Jurifconfultes
de provinces qui ignorent fouvent
les queftions difficiles qui fe préſentent
journellement au Parlement de Paris ,
& les Arrêts qui les décident.
REGLES ET OBSERVATIONS trèsimportantes
pour les perfonnes attaquées
des hernies , auxquelles on a joint une petite
differtation fur l'ufage des bottines
pour les enfans ; Par M. Dejean recu à S.
Côme , pour les Hernies ou Defcentes . A
Paris , chez Lambert , rue de la Comédie
Françoife. 17.55 .
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Résumé : « MÉMOIRE & Dissertation critique sur un des plus considérables articles des trois [...] »
Le mémoire critique rédigé par M. de Sérigny, Juge d'Armes de France en survivance, porte sur un article de l'Armorial Général de France. Ce mémoire, annoncé dans le Mercure de France, a suscité des réponses, notamment celle d'un Irlandois défendant les antiquités et généalogies irlandaises. M. de Sérigny a examiné l'article des Alès de Corbet, une famille prétendant descendre d'une illustre maison d'Anjou et de Touraine. La controverse principale concerne la traduction des noms latins des seigneurs de Châteaux et de Saint-Christophe. Les Alès de Corbet traduisent ces noms par 'Alès', tandis que M. de Sérigny les traduit par 'Alluye'. Le critique du mémoire de M. de Sérigny examine les motifs et les arguments des auteurs modernes qui soutiennent la traduction 'Alès'. Il conteste l'autorité de ces auteurs, soulignant leurs erreurs possibles et l'absence de preuves solides. Il affirme que la traduction 'Alluye' est également plausible et que les seigneurs de Saint-Christophe auraient pu donner leur nom à la terre d'Alluye plutôt que l'inverse. Le mémoire critique attaque également les preuves de M. de Sérigny en opposant des actes français anciens où les seigneurs de Saint-Christophe utilisent des noms proches de 'Alès'. Il conclut que la maison d'Alluye n'a jamais existé, faute de vestiges historiques ou de mentions dans les rôles du ban et les aveux de terres. Le texte se termine sans jugement définitif, laissant aux lecteurs le soin d'examiner les preuves présentées. Par ailleurs, le texte mentionne un ouvrage de M. Denifart, qui se distingue par ses articles instructifs et amusants. Parmi les sujets traités, on trouve le mariage, la noblesse, la naiveté, les noms et armes. L'auteur évite les termes techniques complexes sauf en cas de nécessité absolue, rendant le livre accessible même aux lecteurs les plus frivoles. Ce quatrième volume est particulièrement destiné aux notaires, curés et officiels, contenant des instructions détaillées sur des mots-clés tels que mariage, minutes, notaires et officiels. Les articles sur la légitimité et les offices sont également très instructifs et étendus. L'ouvrage inclut une grande quantité d'arrêts et de lois nouvelles, absents d'autres sources, ce qui le rend particulièrement utile pour les juristes de province, souvent ignorants des questions difficiles traitées au Parlement de Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17
p. 217-234
MARIAGES ET MORTS. AVERTISSEMENT.
Début :
On a imprimé dans quelques ouvrages modernes, (I) que le Comte de [...]
Mots clefs :
Comtes, Marquis, Seigneurs, Mariages, Morts, Chevalier, Gentilhomme, Barons, Régiments, Ducs
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGES ET MORTS. AVERTISSEMENT.
MARIAGES ET MORTS.
AVERTISSEMENT.
On a imprimé dans quelques ouvrages modèrnes,
( 1 ) que le Comte de Rupelmonde tué à l'action
paffée près de Paffenhoven en Baviere , le 15
Avril 1745 , étoit le dernier rejetton de fa maiſon.
Ceux qui ont avancé cette anecdote généalogique
, paroiffent avoir ignoré que la Branche
ainée de cette maifon eft continuée en la perfonne
de Ferdinand -Gillon de Recourt-de- Lens-de-
Licques , des Comtes de Boulogne , Seigneur &
Marquis de Licques , & c. c'eft un fait dont on
peut fe convaincre par les éclairciffemens fuivans ,
que l'on a cru devoir donner au public pour le défabufer
des impreffions qu'une pareille erreur
pourroit lui laiffer.
•
Philippes de Recourt-de- Lens- de- Licques , des
Comtes de Boulogne , Chevalier , Baron de Licques
, & de Boninghe , Chaſtelain héréditaire de
Lens , &c. Gouverneur de Cambray & du Cambréfis,
d'Harlem, de Louvain , de Lille , de Tournay ,
de Douay & d'Orchies , fut commis par le Roy
d'Efpagne , le 12 May 1586 , pour régler avec les
Commiffaires du Roy Henry III , tous les différens
qui pouvoient naître fur l'interprétation & l'exécution
des articles de la treve , conclue à Cambray le
23 Décemb. 1585. Ce Seigneur qui s'acquit la réputation
d'un des grands Capitaines de fon fiècle ,
(1 ) Poëme de Fontenoy , & Hiftoire de la guerre
de 1741.
II. Vol. K
218 MERCURÉ DE FRANCE.
mourut à Bruxelles le Vendredi Saint 1588 , lorqu'il
alloit être nommé Chevalier de l'ordre de la
Toifon d'Or. Il avoit fait fon teftament le premier
jour de Mars 1587 , & avoit été marié du confentement
de l'Empereur & de fon Confeil , le 3 Juin
1554 , avec Jeanne de Witthem , d'une illuftre
Maifon de Brabant , fortie par bâtardiſe des anciens
fouverains de cette Province , & alliée aux maifons
les plus confidérables des pays-Bas . De ce mariage
fortirent Gabriel , Baron de Licques qui fuit , &
Philippes de Recours - de - Lens- de - Licques, des
Comte de Boulogne , Baron de Wiskerque , &c .
qui a fait la branche des Comtes de Rupel
monde.
Gabriel de Recourt- de- Lens-de- Licques des
Comtes de Boulogne , Chevalier , Baron de Licques
& de Boninghe , &c . gouverneur de Charlemont
, & Colonel d'un Régiment de dix Compagnies
de gens de pieds , mourut à la fleur de fon
age en 1589 , ayant eu de fon mariage , qu'il avoit
contracté le 8 Juillet 1581 , avec Helene de
Mérode , d'une maiſon auffi illustre par fon ancienneté
que par fes alliances & fes fervices , fille de
Jean de Mérode , Seigneur de Moriamez & de
Philippote de Montfort , Philippes Baron de Licques
qui fuit :
i
Philippe de Recourt - de-Lens- de- Licques des
Comtes de Boulogne , Chevalier Baron de-Licques
& de Boninghe , &c. Gouverneur de Bourbourg
, Grand Bailli des Bois du Comté de Hainaut
, & de la Forêt de Mormal , & Confeiller du
Confeil de Guerre du Roi d'Efpagne , mourut le
28 May 1657 , & époula en premiere nôces , en
1614 , Sufane de Langlée , d'une branche cadette
de l'illuftre Maifon de Wavrin , dont il n'eut que
des filles ; il fe remaria en fecondes nôces , le 13
Juin 1630 à Louiſe de Cruninghe , Baronne de
AVRIL. 1736. 219
Cruninghe , & Vicomteffe de Zélande , héritiere
de fa maiſon , une des plus grandes des Pays-Bas ;
& cette alliance le fit tenir à toutes les têtes couronnées
de l'Europe . Elle étoit fille & héritiere de
Maximilien , Baron de Cruninghe , Vicomte de
Zélande , &c. & d'Eve Baronne de Kniphaufen-
Inhaufen , & petite-fille de Jean Baron de Cruninghe
, Vicomte de Zélande , &c ; & de Jacqueline'
de Bourgogne , fille d'Adolphe de Bourgogne , Seigneur
de Bevres & de la Vere, Amiral de Flandres,
& Chevalier de la Toifon d'Or ; & d'Anne de
Berghes-glimes; & petite- fille de Philippes de Bourgogne
, Seigneur de Bevres & de la Vere , Amiral
de Flandre , Gouverneur d'Artois , & Chevalier de
la Toiſon d'Or ; & d'Anne de Borfelle , fille de
Wolfard de Borfelle , Seigneur de la Verre, Comte
de Grandpré , Maréchal de France Chevalier de la
Toifon d'Or , &c ; & de charlotte de Bourbon ,
fille de Louis de Bourbon , Comte de Montpenfier
, Dauphin d'Auvergne , &c ; & de Gabriele de
la Tour ; de ce deuxieme mariage vint Philippes-
Charles-Bartholomé , Marquis de Licques qui fuit ;
& c'eft à caufe de cette alliance que MM. de
Licques portent en écartelure dans le grand cachet
de leurs armes , celles de l'augufte Maiſon de
Bourbon.
Philippes-Charles- Bartholomé de Recourt-de-
Lens-de- Licques , des Comtes de Boulogne , Che
valier Marquis de Licques , Baron de Boninghe &
de Cruninghe , Vicomte de Zélande , & c. Grand
Bailli des bois du Comté de Hainaut , Capitaine
d'une Compagnie franche, puis de cent chevaux de
Cuiraffiers , & gentilhomme de la chambre du
Prince de Baviere , électeur de Cologne , époufa
le 23 Janvier 1659 , Marguerite-Caroline - Gertrude
de Berlo , Chanoinefle de Mouftier , d'une
2.
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
illuftre Maiſon du pays de Liege , & fille de Paul ;
Baron de Berlo & de Bruff; & de Marie de L
Fontaine ; & eut de cette alliance un fils unique
nommé Ferdinand-Roch-Jean , Marquis de Lic
ques qui fuit ;
Ferdinand - Roch - Jean de Recourt- de- Lensde-
Licques des Comtes de Boulogne , Cheva
lier , Marquis de Licques, Baron de Boninghe ,
Vicomte de Zélande , &c . époufa le 23 Janvier
1700 , Anne-Michel- Alexandrine le Sart , mere.
d'un fils unique , nommé Ferdinand-Gillon , Marquis
de Licques qui fuit:
Ferdinand- Gillon de Recourt-de-Lens- de-Lic
ques des Comtes de Boulogne , Chevalier , Seigneur
& Marquis de Licques , Vicomte de Zélande
, Baron de Boninghe , &c . dernier hoir mâle
de fa maifon depuis la mort du Comte de Rupelmonde
, a épousé en 1730 Elifabeth de Lefpinayde
Marteville d'une ancienne maifon de Picardie ,
fille de Jacques , Marquis de Marteville , Maré
chal des Camps & Armées du Roi , & de Françoife
Abancourt. De ce mariage il n'a que trois filles ;
fçavoir :
?
1º. Catherine- Elifabeth-Henriette de Recourt
de-Lens-de-Licques des Comtes de Boulogne ,
mariée , en 1748 , à Louis - Eugene-Marie de
Beauffort, Comte de Beauffort , & de Moulle , & c.
d'une des plus anciennes & des plus illuftrés Mai
fons de la province d'Artois , fils de feu Chriftophe
- Louis de Beauffort , Comte de Beauffort , & cs
& de Marie-Anne-Françoife - Jofephe de Croix ;
2°. Louife- Aimée dite Mademoiſelle de
Lens ;,
>
3°. Marie-Gabriele-Victoire- Nymphe , dite
Mademoiſelle de Licques.
Philippe de Recourt- de- Lens- de - Licques des
AVRIL 1756. 22X
Comtes de Boulogne , Seigneur & Baron de Wifkerque
, & c. frere cadet de Gabriel Baron de Lic
ques , cité ci-deffus , & comme lui fils de Philippes,
Baron de Licques , & de Jeanne de Witthem ,
fut Colonel d'Infanterie Wallone , & Grand Bailli
du pays de Waes. Il épousa le 11 Juin 1590 ,
Marguerite de Steelan , d'une très -ancienne maifon
de Flandres , & tefta le 14 Juin 1630 ; de ce
mariage vint Servat Baron de Wiskerque qui
fuit :
Servat de Recourt - de - Lens- de - Licques des
Comte de Boulogne , Baron de Wiskerque, Grand
Bailli du pays de Wau , &c. époufa le 20 Septembre
1624 , Marguerite de Robles d'une illuftre mai .
fon originaire d'Efpagne, fille de Jean de Robles ,
Comte d'Annapes , Gouverneur de Lille , Douay
& Orchies & c. & de Marie de Liedekerque. De ce
mariage vint Philippes , Baron de Wiskerque &
Comte de Rupelmonde qui fuit :
Philippes de Recourt- de- Lens- de- Licques des
Comtes de Boulogne , Baron de Wiskerque , Seigneur
& Comte de Rupelmonde , &c . époufa le 3
Juillet 1655 , Marguerite de Baerlandt , d'une
ancienne maison des Pays-Bas ; il mourat fore
jeune, & laila pour fils unique Philippes Comte de
Rupelmonde , qui fuit :
Philippes de Recourt- de- Lens- de - Licques des
Comtes de Boulogne , Comte de Rupelmonde ,
Baron de Wiskerque &c. époufa le 21 Avril 1677 ,
Marie- Anne -Euſebe Truchfes , née Comteffe de
Wolfegg , d'une grande maifon d'Allemagne , &
fille de Guillaume , Truchfes Comte de Wolfegg ,
Gouverneur d'Amberg en Baviere , & d'Iſabelle-
Claire de Ligne- d'Aremberg & d'Arfchoft ; il
eut de ce mariage Maximilien- Philippes- Jofeph
Comte de Rupelmonde qui fuit :
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
Maximilien-Philippes-Jofeph de Recourt- de
Lens-de-Licques des Comtes de Boulogne , Comté
de Rupelmonde , Baron de Wiskerque , &c. Maréchal
des Camps & Armées du Roi d'Eſpagne ,
fut tué au Siege de Brihuega en Eſpagne le i 1 Décemb.
1710 , & avoit épousé le 24 Janvier 1705,
Marie-Marguerite d'Alegre, Dame du Palais de la
Reine , d'une illuftre maifon d'Auvergne , fille
d'Yves , Marquis d'Alegre , Maréchal de France &
Chevalier des ordres du Roi : il en eut pour fils
unique Yves - Marie Comte de Rupelmonde qui
fuit :
24
Yves-Marie de Recourt -de - Lens - de- Licques des
Comtes de Boulogne , Comte de Rupelmonde ,
Baron de Wiskerque , & c. Maréchal des camps &
armées du Roi , fut tué à la fleur de fon âge à l'acsion
paffée près de Paffenhoven en Baviere , le 1
Avril 1745. De fon mariage , dont le contrat fut
paffé en 1731 avec Marie- Chrétienne - Christine
de Gramont, dame du Palais de la Reine & fille de
Louis, Duc de Gramont , Pair de France, Chevalier
des ordres du Roi , Lieutenant général de fes Armées
, & Colonel du Régiment des gardes , & de-
Géneviève de Gontault de Biron , naquit le
Avril 1740 , un fils nommé Louis , mort peur de
temps avant fon Pere , en la perfonne de quis'éteignit
la feule branche cadette de la maifon de
Recourt- de-Lens- de- Licques , dont la branche
aînée feule fubfifte aujourd'hui dans la perfonne
du Marquis de Licques & de fes trois filles . Voyez
pour cette maifon qui par fon ancienneté,fes fervices
& fes alliances va de pair avec les plus grandes
du Royaume , l'Hiftoire des grands Officiers de la
Couronne , VII . vol . page 827 , où la Généalogie
eft rapportée ( affez imparfaitement ) à l'article des
Amiraux de France , à l'occafion de Charles de Re
AVRIL. 1756. 223
court-de Lens , & c. fait Amiral de France en 1418 .
Voyez auffi les tablettes Hiftoriques , Généalogiques
& Chronologiques , volume V. l'Armorial
Général de France de M. d'Hozier , premier Regiftre
, où il en eft parlé à l'occaſion de Ferdinand-
Roch -Jean , & de Ferdinand Gillon , Marquis
de Licques , fon fils , reçus Pages du Roi
dans fa grande écurie , l'un le 5 Août 1684 , &
l'autre le 21 Septembre 1722 , & ce que nous
avons dit de cette maifon dans les Mercures de:
France des mois de Juin 1731 , & 1745 , premier
volume , & c.
Jacques-François , Vicomte de CAMBIS , Colonel
du Régiment d'Infanterie de fon nom , fut marié le
18 Novemb. 1755. dans la Chapelle du Château de
Bellevue , avec Louife-Françoife- Gabriele de HENNIN
- LIETARD - DE - CHIMAY , fille d'Alexandre-
Gabriel de Hennin- Lietard , Prince de Chimay
Lieutenant Général des Armées du Roi , Lieutenant
-Feldt-Maréchal des Armées de l'Empereur ,
Grand d'Espagne de la premiere claffe , &c . mort:
le 18 Février 1745 , & de Gabriele- Françoife de
Beauvau , aujourd'hui Princeffe Douairiere de
Chimay. Le Curé de Meudon leur donna la Bénédiction
nuptiale . Leur Contrat de mariage avoit
été figné le 16 du même mois de Novembre , par
Leurs Majeftés & par la Famille Royale.
La Maifon de Cambis , originaire de Florence ,
a produit plufieurs grands hommes , entr'autres
Ludovifio Cambi , vivant en 1245 , lequel rendit
de grands fervices aux Papes Grégoire IX & Innocent
IV. Dante Cambi , Prieur de la Liberté de
Florence , qui vivoit en 1290 & 1300. Nero Cambi
, Gonfanonier de la République en 1421. Victor
Cambi , un des plus fameux partifans de la
faction Guelfe en 1450. François Cambi , qui
K.iiij.
224 MERCURE DE FRANCE.
époufa en 1492 Fiamette Corfini , &c. D'eux def
cendoit Luc Cambi , auquel cette Maiſon doit
fon établiſſement en France. Il quitta Florence
avec Marie de Pazzis , fon époufe , & Guy de
Cambi , fon frere , qui mourut fans enfans , pour
venir à Avignon , où il pofféda de grandes richeffes.
Il y fit fon Teftament le 13 Juin 1502 , &
laiffa douze enfans , fept garçons , dont trois ont
eu postérité , & cinq filles . Son fils aîné , Dominique
de Cambis , fut Baron d'Alais , Seigneur de
Saint-Paul , Saint-Martin - Malcap , &c. & tefta le
16 Janvier 1520. Il laiffa de fa femme Marguerite
Damians , entr'autres enfans Louis de Cambis
, Baron d'Alais , de Fons & de Sérignac , Seigneur
de Souftelles , &c. qui fut allié avec Marguerite
de Pluviers. De ce mariage vinrent entr'autres
, François de Cambis , Baron d'Alais , qui fuit ::
Jean de Cambis , Gentilhomme ordinaire du Prince
de Condé , Gouverneur de la Vignerie d'Alais ,
& Lieutenant de Roi au Gouvernement de Languedoc
, dont la poftérité fubfifte dans l'Orléa-.
nois , & Théodore de Cambis , Baron de Fons &
de Sérignac , qui forma une branche qui exifte
aujourd'hui en Languedoc.
François de Cambis , Baron d'Alais , fils aîné de-
Louis , fut Chevalier de l'Ordre du Roi , & époufa
Magdeleine de Villeneuve , fille de Claude , Marquis
de Trans , & d'Ifabelle de Feltres , de laquelle
il eut Georges de Cambis , Baron d'Alais , marié
à Itabelle de Thezan , fille d'Olivier , Vicomte du
Pujols & de Caffandre de Cenamy. De cette allian-.
ce fortirent quatre garçons , l'aîné defquels nommé
Jacques , époufa Catherine d'André , qui le
rendit pere de Jacques de Cambis , mort en 1653
fans poftérité . Sa foeur Ifabelle de Cambis , avoit
époufé Jacques de Berard , Seigneur de Montaler ,
AVRIL. 1756. 225
qui à caufe d'elle devint Baron d'Alais , Seigneur
de Souftelles , & c . Sa feconde foeur Ifabelle de
Cambis , époufa en 1655 Jean - François de la
Fare , Baron de la Salle , Meftre de Camp de
Cavalerie.
Nicolas de Cambis , cinquieme fils de Luc &
de Marie de Pazzis , fut auteur de la branche des
Seigneurs d'Auvaro en Provence , éteinte vers le
milieu du 16 fiecle .
Pierre de Cambis , fixieme fils de Luc , fut fait
Conful d'Avignon , du rang des Nobles de la
premiere claffe en 1547. Il avoit époufé dès le
28 Octobre 1525 , Françoiſe de Perruzzis , Dame
d'Orfan , au Diocèfe d'Uzès. Elle fut mere entr'autres
de Jéan de Cambis , Seigneur d'Orfan , Chevalier
de l'Ordre du Roi & de celui du Pape ,
premier Conful & Viguier de la Ville d'Avignon ,
au nom de laquelle il fut Ambaffadeur près du
Roi Henri III , qui le fit Chevalier de fa propre
main , & près du Pape . Il épouſa le 16 Avril 15552
Françoile de Clericis , qui le rendit pere de trois
garçons qui ont laiffé poftérité. Celle de Richard ,
qui étoit l'aîné , finit vers la fin du dernier fiecle.
Le ſecond nommé Louis , fit la branche des Seigneurs
d'Orfan dont on va parler ; & le troisieme ,
qui s'appelloit Antoine , fut auteur de celle des
Seigneurs d'Hortes , éteinte depuis environ cent
ans.
>
Louis de Cambis , fecond fils de Jean & de
Françoife de Clericis , fut Seigneur d'Orfan , &c.
premier Conful & Viguier d'Avignon , Capitaine
d'une Compagnie de Chevaux- Légers , & Chevalier
de l'Ordre du Roi. Il époufa par contrat du
16 Mai 1583 , Georgette de la Falêche , fille
d'Antoine , Chevalier de l'Ordre du Roi , & de
Françoife de Riccis. Il eut de ce mariage , 1º
Kv
226 MERCURE DE FRANCE.
f
t
Jean de Cambis , qui continua la ligne directe ;
2º. Paul de Cambis , auteur de la branche des
Marquis de Velleron , qui feront rapportés enfuite
; 3 ° . Octave de Cambis , Camerier du Pape
Urbain VIII.
I
Jean de Cambis , Seigneur d'Orfan , &c. fils
aîné de Louis & de Georgette de la Falêche , fut
allié par Contrat du 1 Mai 1616 , à Marguerite.
de Simiane , Dame de Cairane , qui le rendit pere
> entr'autres de Louis de Cambis , Seigneur d'Orfan
, &c. marié par Contrat du 13 Avril 1638 ,
avec Magdeleine de Baumefort. De cette alliance
vint entr'autres Charles de Cambis , Seigneur
d'Orfan & de Lagnes , qui époufa par Contrat du
30 Août 1674 , Marie- Anne Pilchotte de la Pape
dont vint Jacques de Cambis , Seigneur d'Orfan
&c. allié en 1690 , à Magdeleine de Guilhens de
Puy-Laval , qui fut mere de Louis - Charles de
: Cambis , Seigneur d'Orfan & de Lagnes , marié
en 1723 ´à Anne - Elifabeth de Pierne , fille de
Marc- Antoine , Seigneur d'Arenes & de Sufanne .
de Bafchi du Cayla. De ce mariage eft né le
7 Mars 1727 , Jacques- François de Cambis qui
donne lieu à cet article .
Paul de Cambis , fecond fils de Louis & de
Georgette de la Falêche , fut Baron de Brantes ,
Seigneur de Cairane , & Co- Seigneur de Velleron ,
Chevalier de l'Ordre du Roi , Capitaine- Lieutenant
du Régiment de Normandie , & Syndic de
la Nobleffe du Comté- Venaiffin , & en cette qualité
député au Roi Louis XIII . Il fut marié le 21
Février 1621 , à Gabriele de Rodulf, fille de Louis,
Seigneur de Limans , &c. & de Marthe de Grimoard
du Roure. De cette alliance vint François
de Cambis , Baron de Brantes , créé Marquis de
Velleron , par Bulle du Pape Clément IX. Il époufaAVRIL.
1756. 227
en 1653 Jeanne de Forbin , foeur du Cardinal de
Janfon, de laquelle il eut entr'autres Jofeph de
Cambis , & Louis-Dominique de Cambis qui ont :
laiffé postérité.
eft Jofeph de Cambis , Marquis de Velleron ,
mort le 6 Janvier 1736 , chef d'Efcadre des Galeres
du Roi , & Commandeur de l'Ordre Royal &
Militaire de S. Louis. H avoit épousé Angélique
de Cambis de Fargues , de laquelle il a laiffé
1º. Jofeph-Louis-Dominique de Cambis , Marquis
de Velleron , dit le Comte de Cambis , né en
Novembre 1706 , Colonel de l'Infanterie du
Comté- Vénaiffin , marié le 13 Avril 1741 , avec :
Anne- Louiſe de la Queille de Châteaugué , dont
eft née Marie Jofephine - Louife Sophie de
Cambis ;
-
2º. Angélique-Touffaint de Cambis , allié le
16 Mars 1716, à Louis - Joſeph Gras, Seigneur de
Préville ;
3°. Jeanne de Cambis , mariée le 16 Avril 1719 ,.
à Antoine Hoftager , Seigneur de Roquetaillade.
Louis- Dominique , Comte de Cambis , Lieutenant
général des Armées de Sa Majeſté , ſecond
fils de François & de Jeanne de Forbin , eft mort
à Londres , où il étoit Ambaffadeur du Roi , le
12 Février 1740 , laiffant de fa femme Catherine
Nicole Gruin , morte en 1754 ;
1º. Louis-Jofeph-Nicolas , Marquis de Cambis
, né le 1 Mars 1725 , Brigadier de Cavalerie en
Décembre 1748 , Meftre de Camp du Régiment :
de Bourbon, & Gouverneur de Sifteron...
2 % Anne-Victoire de Cambis , née à Turin ou
fon pere étoit Ambaffadeur , le 1 Juin 1726 , mariée
en Avril 1746 au Marquis d'Herbouville ,
Capitaine de Gendarmerie.
CAMBIS porte pour Armes d'azur au chêne d'or ,
22S MERCURE DE FRANCE.
mouvant d'une montagne à fix copeaux de même ,
foutenus par deux lions auffi d'or.
Le 2 Novembre 1755 ,mourut en fon Château
d'Andechy en Picardie , François- Simon de Riencourt
, Comte d'Andechy, marié le 2 Mai 1695 , à
Jeanne- Jule de Guerin de Tarnaut , fille de Robert
de Guerin de Tarnaut ,. & de Jeanne Huaut
de Montmagny , dont il eut Jeanne- Jule Dame
de S. Cyr ; Anne- Françoife , mariée les Mai
1728 , à Pierre de Guerin de Tarnaut , fon oncle
maternel , ancien Colonel d'un Régiment d'Infanterie
de fon nom & René-Léonor , Chevalier
Comte d'Andechy,marié le 23 Juin 1719 , à Jeanne
de Forceville , fille de Charles , Chevalier Seigneur
de Forceville , & d'Antoinette du Mouchet
de Vauffelles ; dont Barbe Simon Comte de Riencourt
, Capitaine de Cavalerie au Régiment d'Archyac
; Pierre de Riencourt, Prêtre ; Louis-François
, d'abord Page de Madame la Dauphine , puis
Lieutenant au Régiment d'Archyac , & trois filles
à S. Cyr
La Maifon de Riencourt alliée à celles . de
Mailloc , Montmorency , Amiens , Bournel , Ailly ,
Lamet , Rellencourt , Desfriches- Doria , Forceville
, la Fontaine , Guerin de Tarnaut , d'Angennes,
Fiercelin, Mareuil , Saiffeval , Saint Georges-
Verac , Joyeuse , &c..eft une des plus anciennes
de Picardie , où elle eft connue dès le commencement
du treizieme fiecle , comme on le
voit par les Cartulaires de différentes Abbayes.
En 1206 Thomas de Riencourt qualifié Chevalier ,
foufcrit à la donation de plufieurs biens que fait.
Enguerran de Pequigny Vidame d'Amiens , à l'Eglife
de Sainte Marie de Moliens . En 1223 Jean
de Riencourt fon fils tranfige avec les Religieux
de l'Abbaye du Gard, en préfence du Vidame d'A-
&
AVRIL. 1756. 229
"
miens , & leur laiffe quelques droits qu'il tenoit
d'Amelius de Bouelles fon ayeul , touchant les
marais de Croy. Hugues de Riencourt , fon fils ,
dans le dénombrement des terres de Riencourt &
Saint Leger , qu'il donne en 1259 , à Jean , Baron
de Pequigny, Vidame d'Amiens , prend les qualités
de Haut Puiffant Seigneur Meffire Hugues ,
Seigneur de Riencourt , Franqueville , Saint Leger,
Drueulfous Moliens le Vidame, Orival, Bergicourt ,
Tilloloy Vaux; ainfi il y a 500 ans que ces quatre
dernieres terres font dans la maifon de- Riencourt.
On trouve à la Chambre des Comptes de Paris
un Bref daté de Lyon , du Pape Innocent IV, à
P'Evêque d'Amiens , par lequel il accorde à Jeande
Ricncourt & à Hugues fon fils , dont on vient
de parler , les mêmes Indulgences que s'ils s'étoient
croifés pour la Terre Sainte , parce qu'ils
étoient difpofés à aller au fecours de l'Eglife Uni-
-verfelle contre les habitans d'Aix - la - Chapelle
{ contra Aquenſes } *;
" La Maifon s'eſt d'abord diviſée en deux bran→
ches formées par les deux enfans d'Enguerran ,
Seigneur de Riencourt , décedé en 1380. La branche
aînée eft tombée avec la Terre de ce nom
dans la maifon d'AUDENFORT , d'ou en celle de
TIERCELIN , par le mariage de Marguerite de Riencourt
, fille de Hugues, Seigneur de Riencourt , &
de Marie de Lamet , & petite- fille de Jean , Seigneur
de Riencourt , & de Márie de Montmorency,
* Comme le Pape étoit alors obligé de se fauver
de Rome a caufe de la guerre que lui faifoit l'Empereur
Frédéric II , qu'il avoit excommunié , le
Pape les engagea à lui prêter fecours , & à aller contre
les habitans d'Aix- la Chapelle , en leur promet
tant l'abſolution générale de leurs péchés..
230 MERCURE DE FRANCE.
*
de la branche de Bours , fille de Hugués de Monte
morency , Chevalier Seigneur de Bours , & de
Marie d'Ognies.
La branche de Riencourt d'Orival devenue aî→
née , s'eft fubdivifée en deux autres branches formées
par Raoul de Riencourt, Seigneur d'Orival ,.
Bergicourt , &c. & par Thomas de Riencourt-
Seigneur de Tilloloy , Vaux , &c. tous deux enfans
de Matthieu de Riencourt , vivant en 1430 .
Raoul de Riencourt , Chevalier Seigneur d'Orival
, Bergicourt , du Qefnel & Linas , vivoit en
1476 avec Jeanne de Borgeau fon épouſe , fille de
Jacques de Borgeau Seigneur dudit lieu , dont
deux enfans ; le cadet a formé la branche de Parfondru
près Laon. François de Riencourt , Chevalier
Seigneur de Parfondru & Drouay , fils de
Pierre de Riencourt , Chevalier , Seigneur defdits
lieux , & d'Ifabelle de Sons , marié en 1639, à Ju--
dith-Anne de Joyeuse de la branche de Montgobert
, fille de Robert de Joyeuſe , Baron de Verpeil
& de Montgobert , & de Judith Hennequin ,., .
étoit de cette branche , qui fubfifte encore aujour
d'hui près de Rhetel en Champagne .
Antoine de Rien court , Chevalier , Seigneur
d'Orival dont on vient de parler , eut de fa femme
Marie de Saquefpée , Adrien , Seigneur d'Orival
, marié à Charlotte de la Motte , fille de Char--
les de la Motte , Chevalier , Seigneur de Ville &
Montigny , & de Jeanne d'Abbeville ; dont
François , Seigneur d'Orival , Bergicourt , Morvillier
, Graville , &c. Gentilhomme de la Chambre
du Duc d'Anjou , frere d'Henri III , qui de
Dianne de Maillor fa femme , fille de Nicolas-
Baron de Mailloc , & de Charlotte de Monchy, eut
François, Seigneur deſdits lieux , marié 1º . en 1642,
à Catherine de Sennemon , fille de Jean de SenneAVRIL.
1756. 232
mon , & de Gabriele de Tier celin ; 2 ° à Marie de
Moreuil , fille d'Artus de Moreuil , Chevalier de
l'Ordre du Roi , & de Charlotte de Halluyn. Du
fecond lit vinrent deux filles , l'une mariée dans la
maifon du Blaifel en Boulenois , l'autre , dans
celle de Venoix en Normandie , & Jean- Auguſtin
de Riencourt , Marquis d'Orival , marié le 4 Janvier
1683 à Marie-Anne Desfriches -Doria, fille de
Charles Desfriches , Baron de Braffeufe, & d'Annedes
Etangs ; dont un Chevalier de Malte mort ;
le Comte d'Orival , ancien Capitaine aux Gardes ,
& Charles- François de Riencourt , Marquis d'Orival
, ancien Colonel du Régiment de la Reine-
Dragons ; lequel de Marie d'Angennes fa femme,
fille de Charles- François d'Augennes , Chevalier
Seigneur de Maintenon , Commandant des Ifles
Saint Pierre & Guadeloupe en la Martinique , eut
Marie-Adelaïde de Riencourt, mariée le 2 Janvier
1742 , à Pierre- Cefar de Saint Georges , Marquis de
Verac , Lieutenant- Général de Poitou , qui n'ont
laiffé à leur mort qu'un fils unique appellé le
Marquis de Verac.
La branche de Tilloloy vient , comme nous l'a.
vons dit , de Thomas de Riencourt , Chevalier
Seigneur de Tilloloy , Vaux , Arleux , S. Severin ,
marié à N. Deamont ; dont Hugues marié en fe
condes nôces à N. de Jalaife, avec laquelle il vivoit
en 1550 ; dont Chriftophe de Riencourt marié le
11 Août 1561 , à Claude le Hochart , fille de Benoît
le Hochart , Seigneur de Lepinay, & de Guil
lemette de Bournel ; dont Nicolas de Riencourt
Chevalier , Seigneur de Tilloloy , Vaux , Arleux ,
Saint Severin , marié le 9 Avril 1589 , avec Anne
d'Ailly , de la branche d'Annery , fille de Claude
d'Ailly, Chevalier , Seigneur de Montgerout, Lau
Bay , Clerfon , Montcornel &c. Chevalier de
232 MERCURE DE FRANCE.
l'Ordre du Roi , un des cent Gentilshommes de
la Maifon de Sa Majefté , Gentilhomme d'honneur
de la Reine , Enfeigne de la Compagnie des.
Gendarmes de M. de Villebon d'Eftouteville , &
de Jeanne de Joigny -Blondet fa premiere femme ,
veuve de Martin de Bournonville , Chevalier Seigneur
de Châteauregnaud , Gouverneur de Montreuil
. Heut de ce mariage Dianne de Riencourt ,
mariée à Charles de la Rue , Chevalier ; Anne
mariée en 1614 à François de Saiffeval , Chevalier
, Seigneur de Blerancourt ; Claude de Riencourt
qui a formé la branche de Boisgeffroy en
Normandie , où elle fubfifte encore ; marié 1º . à
Renée de l'Epinay ; 2 °. à Marie de Conveloire ; &
François de Riencourt,Chevalier, Seigneur de Til
loloy , marié le 16 Juin 1618 , à Marguerite de la
Fontaine , fille de Louis de la Fontaine , Chevalier
, Seigneur de Candore , & d'Ifabcau de Lan ;
dont trois enfans.
Le dernier , Leonor- René de Riencourt , Chevalier
Seigneur d'Andechy , Commandant du
fecond bataillon du Régiment de Lyonnois, marié
le 11 Septembre 1674 , à Catherine de Vinet ; dont
le Comte d'Andechy qui donne lieu à cet article.
Le fecond, Henri de Riencourt , Chevalier, Seigneur
de Ligneres , marié le 21 Décembre 1659 ,
à Marguerite de Hanffart , fille de Claude de Hanffart,
Seigneur d'Efcoquerre, & de Charlotte de l'Etoile
;
dont Louis de Riencourt qui , d'Elifabeth
d'Urre fa femme , à eu 1º . Louis- Claude de Rien
court , Seigneur de Ligneres , vivant actuellement
avec Catherine Gaillard fa femme , dont un fils
Page de la Reine , & plufieurs autres enfans. 2º .
Charles-Henri de Riencourt , qui a laidé à fà mort
plufieurs enfans d'Elifabeth de Cacheleu de Maifoncelle,
fa femme ; 3 ° . Louis,Chanoine d'Amiens ;
AVRIL. 1756. 233
4. Une fille mariée à Charles de Létoile, Seigneur
de Preville , & une autre mariée à Simon de Lana
glois, Chevalier, Capitaine au Régiment de Cham
pagne , Directeur des Fortifications du Soiffonmois.
Le fils aîné de François de Riencourt, & de Marguerite
de la Fontaine, nommé Louis de Riencourt;
Chevalier , Seigneur de Tilloloy , Vaux , Arleux ,
&c. eut de Marguerite Forestier fa- femme , une
fille mariée le 7 Janvier 1667 , à François de Forceville
, Chevalier , Seigneur de Forceville , Fontaines
, & c. & Ferdinand-Laurent de Riencourt ,
Capitaine de Cavalerie , marié le 4 Décembre
1684 , à Marie-Anne de Gaude , fille de Jean de
Gaude , Chevalier, Seigneur de Martainneville , &
de Marguerite de Croze ; dont Charles- Pierre- Paul
marié à N. de Bonnet ; Leonor-René , ancien Capitaine
de Cavalerie , & plufieurs autres enfans :
l'aîné de tous eft Louis- François de Riencourt, ancien
Officier au Régiment de Royal Piémont Cavalerie
, marié à Marguerite de Ternifien veuve
de N. de Sarcus , Chevalier , Seigneur de Courcelies
, dont deux enfans dans le fervice & deux
filles.
Les Armes de la Maifon de Riencourt font
d'argent à trois faces de gueules fretées d'or.
Catherine - Dorothée , née Princeffe Jablonouska
, époufe de Maximilien -François de Tenezyn
Duc Offolinski , Chevalier des Ordres du Roi ,
Grand Maître de la Maifon du Roi de Pologne
Duc de Lorraine , eft décédée fans enfans le s Janvier
1756. Elle étoit fille de Jean Staniflas , Palatin
de Ruffie , frere de Madame Royale , mere da
Roi de Pologne , & de Jeanne- Cafimire de Be
thune , niece de la Reine de Pologne , femme de
Jean LIL
234
Les deux illuftres Maifons de Jablonouski &
d'Offolinsky , des premieres de Pologne , font
connues & également recommendables par l'ancienneté
, l'illuftration & les grandes alliances
-par lefquelles elles appartiennent ou font alliées à
prefque tous les Souverains de l'Europe.
AVERTISSEMENT.
On a imprimé dans quelques ouvrages modèrnes,
( 1 ) que le Comte de Rupelmonde tué à l'action
paffée près de Paffenhoven en Baviere , le 15
Avril 1745 , étoit le dernier rejetton de fa maiſon.
Ceux qui ont avancé cette anecdote généalogique
, paroiffent avoir ignoré que la Branche
ainée de cette maifon eft continuée en la perfonne
de Ferdinand -Gillon de Recourt-de- Lens-de-
Licques , des Comtes de Boulogne , Seigneur &
Marquis de Licques , & c. c'eft un fait dont on
peut fe convaincre par les éclairciffemens fuivans ,
que l'on a cru devoir donner au public pour le défabufer
des impreffions qu'une pareille erreur
pourroit lui laiffer.
•
Philippes de Recourt-de- Lens- de- Licques , des
Comtes de Boulogne , Chevalier , Baron de Licques
, & de Boninghe , Chaſtelain héréditaire de
Lens , &c. Gouverneur de Cambray & du Cambréfis,
d'Harlem, de Louvain , de Lille , de Tournay ,
de Douay & d'Orchies , fut commis par le Roy
d'Efpagne , le 12 May 1586 , pour régler avec les
Commiffaires du Roy Henry III , tous les différens
qui pouvoient naître fur l'interprétation & l'exécution
des articles de la treve , conclue à Cambray le
23 Décemb. 1585. Ce Seigneur qui s'acquit la réputation
d'un des grands Capitaines de fon fiècle ,
(1 ) Poëme de Fontenoy , & Hiftoire de la guerre
de 1741.
II. Vol. K
218 MERCURÉ DE FRANCE.
mourut à Bruxelles le Vendredi Saint 1588 , lorqu'il
alloit être nommé Chevalier de l'ordre de la
Toifon d'Or. Il avoit fait fon teftament le premier
jour de Mars 1587 , & avoit été marié du confentement
de l'Empereur & de fon Confeil , le 3 Juin
1554 , avec Jeanne de Witthem , d'une illuftre
Maifon de Brabant , fortie par bâtardiſe des anciens
fouverains de cette Province , & alliée aux maifons
les plus confidérables des pays-Bas . De ce mariage
fortirent Gabriel , Baron de Licques qui fuit , &
Philippes de Recours - de - Lens- de - Licques, des
Comte de Boulogne , Baron de Wiskerque , &c .
qui a fait la branche des Comtes de Rupel
monde.
Gabriel de Recourt- de- Lens-de- Licques des
Comtes de Boulogne , Chevalier , Baron de Licques
& de Boninghe , &c . gouverneur de Charlemont
, & Colonel d'un Régiment de dix Compagnies
de gens de pieds , mourut à la fleur de fon
age en 1589 , ayant eu de fon mariage , qu'il avoit
contracté le 8 Juillet 1581 , avec Helene de
Mérode , d'une maiſon auffi illustre par fon ancienneté
que par fes alliances & fes fervices , fille de
Jean de Mérode , Seigneur de Moriamez & de
Philippote de Montfort , Philippes Baron de Licques
qui fuit :
i
Philippe de Recourt - de-Lens- de- Licques des
Comtes de Boulogne , Chevalier Baron de-Licques
& de Boninghe , &c. Gouverneur de Bourbourg
, Grand Bailli des Bois du Comté de Hainaut
, & de la Forêt de Mormal , & Confeiller du
Confeil de Guerre du Roi d'Efpagne , mourut le
28 May 1657 , & époula en premiere nôces , en
1614 , Sufane de Langlée , d'une branche cadette
de l'illuftre Maifon de Wavrin , dont il n'eut que
des filles ; il fe remaria en fecondes nôces , le 13
Juin 1630 à Louiſe de Cruninghe , Baronne de
AVRIL. 1736. 219
Cruninghe , & Vicomteffe de Zélande , héritiere
de fa maiſon , une des plus grandes des Pays-Bas ;
& cette alliance le fit tenir à toutes les têtes couronnées
de l'Europe . Elle étoit fille & héritiere de
Maximilien , Baron de Cruninghe , Vicomte de
Zélande , &c. & d'Eve Baronne de Kniphaufen-
Inhaufen , & petite-fille de Jean Baron de Cruninghe
, Vicomte de Zélande , &c ; & de Jacqueline'
de Bourgogne , fille d'Adolphe de Bourgogne , Seigneur
de Bevres & de la Vere, Amiral de Flandres,
& Chevalier de la Toifon d'Or ; & d'Anne de
Berghes-glimes; & petite- fille de Philippes de Bourgogne
, Seigneur de Bevres & de la Vere , Amiral
de Flandre , Gouverneur d'Artois , & Chevalier de
la Toiſon d'Or ; & d'Anne de Borfelle , fille de
Wolfard de Borfelle , Seigneur de la Verre, Comte
de Grandpré , Maréchal de France Chevalier de la
Toifon d'Or , &c ; & de charlotte de Bourbon ,
fille de Louis de Bourbon , Comte de Montpenfier
, Dauphin d'Auvergne , &c ; & de Gabriele de
la Tour ; de ce deuxieme mariage vint Philippes-
Charles-Bartholomé , Marquis de Licques qui fuit ;
& c'eft à caufe de cette alliance que MM. de
Licques portent en écartelure dans le grand cachet
de leurs armes , celles de l'augufte Maiſon de
Bourbon.
Philippes-Charles- Bartholomé de Recourt-de-
Lens-de- Licques , des Comtes de Boulogne , Che
valier Marquis de Licques , Baron de Boninghe &
de Cruninghe , Vicomte de Zélande , & c. Grand
Bailli des bois du Comté de Hainaut , Capitaine
d'une Compagnie franche, puis de cent chevaux de
Cuiraffiers , & gentilhomme de la chambre du
Prince de Baviere , électeur de Cologne , époufa
le 23 Janvier 1659 , Marguerite-Caroline - Gertrude
de Berlo , Chanoinefle de Mouftier , d'une
2.
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
illuftre Maiſon du pays de Liege , & fille de Paul ;
Baron de Berlo & de Bruff; & de Marie de L
Fontaine ; & eut de cette alliance un fils unique
nommé Ferdinand-Roch-Jean , Marquis de Lic
ques qui fuit ;
Ferdinand - Roch - Jean de Recourt- de- Lensde-
Licques des Comtes de Boulogne , Cheva
lier , Marquis de Licques, Baron de Boninghe ,
Vicomte de Zélande , &c . époufa le 23 Janvier
1700 , Anne-Michel- Alexandrine le Sart , mere.
d'un fils unique , nommé Ferdinand-Gillon , Marquis
de Licques qui fuit:
Ferdinand- Gillon de Recourt-de-Lens- de-Lic
ques des Comtes de Boulogne , Chevalier , Seigneur
& Marquis de Licques , Vicomte de Zélande
, Baron de Boninghe , &c . dernier hoir mâle
de fa maifon depuis la mort du Comte de Rupelmonde
, a épousé en 1730 Elifabeth de Lefpinayde
Marteville d'une ancienne maifon de Picardie ,
fille de Jacques , Marquis de Marteville , Maré
chal des Camps & Armées du Roi , & de Françoife
Abancourt. De ce mariage il n'a que trois filles ;
fçavoir :
?
1º. Catherine- Elifabeth-Henriette de Recourt
de-Lens-de-Licques des Comtes de Boulogne ,
mariée , en 1748 , à Louis - Eugene-Marie de
Beauffort, Comte de Beauffort , & de Moulle , & c.
d'une des plus anciennes & des plus illuftrés Mai
fons de la province d'Artois , fils de feu Chriftophe
- Louis de Beauffort , Comte de Beauffort , & cs
& de Marie-Anne-Françoife - Jofephe de Croix ;
2°. Louife- Aimée dite Mademoiſelle de
Lens ;,
>
3°. Marie-Gabriele-Victoire- Nymphe , dite
Mademoiſelle de Licques.
Philippe de Recourt- de- Lens- de - Licques des
AVRIL 1756. 22X
Comtes de Boulogne , Seigneur & Baron de Wifkerque
, & c. frere cadet de Gabriel Baron de Lic
ques , cité ci-deffus , & comme lui fils de Philippes,
Baron de Licques , & de Jeanne de Witthem ,
fut Colonel d'Infanterie Wallone , & Grand Bailli
du pays de Waes. Il épousa le 11 Juin 1590 ,
Marguerite de Steelan , d'une très -ancienne maifon
de Flandres , & tefta le 14 Juin 1630 ; de ce
mariage vint Servat Baron de Wiskerque qui
fuit :
Servat de Recourt - de - Lens- de - Licques des
Comte de Boulogne , Baron de Wiskerque, Grand
Bailli du pays de Wau , &c. époufa le 20 Septembre
1624 , Marguerite de Robles d'une illuftre mai .
fon originaire d'Efpagne, fille de Jean de Robles ,
Comte d'Annapes , Gouverneur de Lille , Douay
& Orchies & c. & de Marie de Liedekerque. De ce
mariage vint Philippes , Baron de Wiskerque &
Comte de Rupelmonde qui fuit :
Philippes de Recourt- de- Lens- de- Licques des
Comtes de Boulogne , Baron de Wiskerque , Seigneur
& Comte de Rupelmonde , &c . époufa le 3
Juillet 1655 , Marguerite de Baerlandt , d'une
ancienne maison des Pays-Bas ; il mourat fore
jeune, & laila pour fils unique Philippes Comte de
Rupelmonde , qui fuit :
Philippes de Recourt- de- Lens- de - Licques des
Comtes de Boulogne , Comte de Rupelmonde ,
Baron de Wiskerque &c. époufa le 21 Avril 1677 ,
Marie- Anne -Euſebe Truchfes , née Comteffe de
Wolfegg , d'une grande maifon d'Allemagne , &
fille de Guillaume , Truchfes Comte de Wolfegg ,
Gouverneur d'Amberg en Baviere , & d'Iſabelle-
Claire de Ligne- d'Aremberg & d'Arfchoft ; il
eut de ce mariage Maximilien- Philippes- Jofeph
Comte de Rupelmonde qui fuit :
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
Maximilien-Philippes-Jofeph de Recourt- de
Lens-de-Licques des Comtes de Boulogne , Comté
de Rupelmonde , Baron de Wiskerque , &c. Maréchal
des Camps & Armées du Roi d'Eſpagne ,
fut tué au Siege de Brihuega en Eſpagne le i 1 Décemb.
1710 , & avoit épousé le 24 Janvier 1705,
Marie-Marguerite d'Alegre, Dame du Palais de la
Reine , d'une illuftre maifon d'Auvergne , fille
d'Yves , Marquis d'Alegre , Maréchal de France &
Chevalier des ordres du Roi : il en eut pour fils
unique Yves - Marie Comte de Rupelmonde qui
fuit :
24
Yves-Marie de Recourt -de - Lens - de- Licques des
Comtes de Boulogne , Comte de Rupelmonde ,
Baron de Wiskerque , & c. Maréchal des camps &
armées du Roi , fut tué à la fleur de fon âge à l'acsion
paffée près de Paffenhoven en Baviere , le 1
Avril 1745. De fon mariage , dont le contrat fut
paffé en 1731 avec Marie- Chrétienne - Christine
de Gramont, dame du Palais de la Reine & fille de
Louis, Duc de Gramont , Pair de France, Chevalier
des ordres du Roi , Lieutenant général de fes Armées
, & Colonel du Régiment des gardes , & de-
Géneviève de Gontault de Biron , naquit le
Avril 1740 , un fils nommé Louis , mort peur de
temps avant fon Pere , en la perfonne de quis'éteignit
la feule branche cadette de la maifon de
Recourt- de-Lens- de- Licques , dont la branche
aînée feule fubfifte aujourd'hui dans la perfonne
du Marquis de Licques & de fes trois filles . Voyez
pour cette maifon qui par fon ancienneté,fes fervices
& fes alliances va de pair avec les plus grandes
du Royaume , l'Hiftoire des grands Officiers de la
Couronne , VII . vol . page 827 , où la Généalogie
eft rapportée ( affez imparfaitement ) à l'article des
Amiraux de France , à l'occafion de Charles de Re
AVRIL. 1756. 223
court-de Lens , & c. fait Amiral de France en 1418 .
Voyez auffi les tablettes Hiftoriques , Généalogiques
& Chronologiques , volume V. l'Armorial
Général de France de M. d'Hozier , premier Regiftre
, où il en eft parlé à l'occaſion de Ferdinand-
Roch -Jean , & de Ferdinand Gillon , Marquis
de Licques , fon fils , reçus Pages du Roi
dans fa grande écurie , l'un le 5 Août 1684 , &
l'autre le 21 Septembre 1722 , & ce que nous
avons dit de cette maifon dans les Mercures de:
France des mois de Juin 1731 , & 1745 , premier
volume , & c.
Jacques-François , Vicomte de CAMBIS , Colonel
du Régiment d'Infanterie de fon nom , fut marié le
18 Novemb. 1755. dans la Chapelle du Château de
Bellevue , avec Louife-Françoife- Gabriele de HENNIN
- LIETARD - DE - CHIMAY , fille d'Alexandre-
Gabriel de Hennin- Lietard , Prince de Chimay
Lieutenant Général des Armées du Roi , Lieutenant
-Feldt-Maréchal des Armées de l'Empereur ,
Grand d'Espagne de la premiere claffe , &c . mort:
le 18 Février 1745 , & de Gabriele- Françoife de
Beauvau , aujourd'hui Princeffe Douairiere de
Chimay. Le Curé de Meudon leur donna la Bénédiction
nuptiale . Leur Contrat de mariage avoit
été figné le 16 du même mois de Novembre , par
Leurs Majeftés & par la Famille Royale.
La Maifon de Cambis , originaire de Florence ,
a produit plufieurs grands hommes , entr'autres
Ludovifio Cambi , vivant en 1245 , lequel rendit
de grands fervices aux Papes Grégoire IX & Innocent
IV. Dante Cambi , Prieur de la Liberté de
Florence , qui vivoit en 1290 & 1300. Nero Cambi
, Gonfanonier de la République en 1421. Victor
Cambi , un des plus fameux partifans de la
faction Guelfe en 1450. François Cambi , qui
K.iiij.
224 MERCURE DE FRANCE.
époufa en 1492 Fiamette Corfini , &c. D'eux def
cendoit Luc Cambi , auquel cette Maiſon doit
fon établiſſement en France. Il quitta Florence
avec Marie de Pazzis , fon époufe , & Guy de
Cambi , fon frere , qui mourut fans enfans , pour
venir à Avignon , où il pofféda de grandes richeffes.
Il y fit fon Teftament le 13 Juin 1502 , &
laiffa douze enfans , fept garçons , dont trois ont
eu postérité , & cinq filles . Son fils aîné , Dominique
de Cambis , fut Baron d'Alais , Seigneur de
Saint-Paul , Saint-Martin - Malcap , &c. & tefta le
16 Janvier 1520. Il laiffa de fa femme Marguerite
Damians , entr'autres enfans Louis de Cambis
, Baron d'Alais , de Fons & de Sérignac , Seigneur
de Souftelles , &c. qui fut allié avec Marguerite
de Pluviers. De ce mariage vinrent entr'autres
, François de Cambis , Baron d'Alais , qui fuit ::
Jean de Cambis , Gentilhomme ordinaire du Prince
de Condé , Gouverneur de la Vignerie d'Alais ,
& Lieutenant de Roi au Gouvernement de Languedoc
, dont la poftérité fubfifte dans l'Orléa-.
nois , & Théodore de Cambis , Baron de Fons &
de Sérignac , qui forma une branche qui exifte
aujourd'hui en Languedoc.
François de Cambis , Baron d'Alais , fils aîné de-
Louis , fut Chevalier de l'Ordre du Roi , & époufa
Magdeleine de Villeneuve , fille de Claude , Marquis
de Trans , & d'Ifabelle de Feltres , de laquelle
il eut Georges de Cambis , Baron d'Alais , marié
à Itabelle de Thezan , fille d'Olivier , Vicomte du
Pujols & de Caffandre de Cenamy. De cette allian-.
ce fortirent quatre garçons , l'aîné defquels nommé
Jacques , époufa Catherine d'André , qui le
rendit pere de Jacques de Cambis , mort en 1653
fans poftérité . Sa foeur Ifabelle de Cambis , avoit
époufé Jacques de Berard , Seigneur de Montaler ,
AVRIL. 1756. 225
qui à caufe d'elle devint Baron d'Alais , Seigneur
de Souftelles , & c . Sa feconde foeur Ifabelle de
Cambis , époufa en 1655 Jean - François de la
Fare , Baron de la Salle , Meftre de Camp de
Cavalerie.
Nicolas de Cambis , cinquieme fils de Luc &
de Marie de Pazzis , fut auteur de la branche des
Seigneurs d'Auvaro en Provence , éteinte vers le
milieu du 16 fiecle .
Pierre de Cambis , fixieme fils de Luc , fut fait
Conful d'Avignon , du rang des Nobles de la
premiere claffe en 1547. Il avoit époufé dès le
28 Octobre 1525 , Françoiſe de Perruzzis , Dame
d'Orfan , au Diocèfe d'Uzès. Elle fut mere entr'autres
de Jéan de Cambis , Seigneur d'Orfan , Chevalier
de l'Ordre du Roi & de celui du Pape ,
premier Conful & Viguier de la Ville d'Avignon ,
au nom de laquelle il fut Ambaffadeur près du
Roi Henri III , qui le fit Chevalier de fa propre
main , & près du Pape . Il épouſa le 16 Avril 15552
Françoile de Clericis , qui le rendit pere de trois
garçons qui ont laiffé poftérité. Celle de Richard ,
qui étoit l'aîné , finit vers la fin du dernier fiecle.
Le ſecond nommé Louis , fit la branche des Seigneurs
d'Orfan dont on va parler ; & le troisieme ,
qui s'appelloit Antoine , fut auteur de celle des
Seigneurs d'Hortes , éteinte depuis environ cent
ans.
>
Louis de Cambis , fecond fils de Jean & de
Françoife de Clericis , fut Seigneur d'Orfan , &c.
premier Conful & Viguier d'Avignon , Capitaine
d'une Compagnie de Chevaux- Légers , & Chevalier
de l'Ordre du Roi. Il époufa par contrat du
16 Mai 1583 , Georgette de la Falêche , fille
d'Antoine , Chevalier de l'Ordre du Roi , & de
Françoife de Riccis. Il eut de ce mariage , 1º
Kv
226 MERCURE DE FRANCE.
f
t
Jean de Cambis , qui continua la ligne directe ;
2º. Paul de Cambis , auteur de la branche des
Marquis de Velleron , qui feront rapportés enfuite
; 3 ° . Octave de Cambis , Camerier du Pape
Urbain VIII.
I
Jean de Cambis , Seigneur d'Orfan , &c. fils
aîné de Louis & de Georgette de la Falêche , fut
allié par Contrat du 1 Mai 1616 , à Marguerite.
de Simiane , Dame de Cairane , qui le rendit pere
> entr'autres de Louis de Cambis , Seigneur d'Orfan
, &c. marié par Contrat du 13 Avril 1638 ,
avec Magdeleine de Baumefort. De cette alliance
vint entr'autres Charles de Cambis , Seigneur
d'Orfan & de Lagnes , qui époufa par Contrat du
30 Août 1674 , Marie- Anne Pilchotte de la Pape
dont vint Jacques de Cambis , Seigneur d'Orfan
&c. allié en 1690 , à Magdeleine de Guilhens de
Puy-Laval , qui fut mere de Louis - Charles de
: Cambis , Seigneur d'Orfan & de Lagnes , marié
en 1723 ´à Anne - Elifabeth de Pierne , fille de
Marc- Antoine , Seigneur d'Arenes & de Sufanne .
de Bafchi du Cayla. De ce mariage eft né le
7 Mars 1727 , Jacques- François de Cambis qui
donne lieu à cet article .
Paul de Cambis , fecond fils de Louis & de
Georgette de la Falêche , fut Baron de Brantes ,
Seigneur de Cairane , & Co- Seigneur de Velleron ,
Chevalier de l'Ordre du Roi , Capitaine- Lieutenant
du Régiment de Normandie , & Syndic de
la Nobleffe du Comté- Venaiffin , & en cette qualité
député au Roi Louis XIII . Il fut marié le 21
Février 1621 , à Gabriele de Rodulf, fille de Louis,
Seigneur de Limans , &c. & de Marthe de Grimoard
du Roure. De cette alliance vint François
de Cambis , Baron de Brantes , créé Marquis de
Velleron , par Bulle du Pape Clément IX. Il époufaAVRIL.
1756. 227
en 1653 Jeanne de Forbin , foeur du Cardinal de
Janfon, de laquelle il eut entr'autres Jofeph de
Cambis , & Louis-Dominique de Cambis qui ont :
laiffé postérité.
eft Jofeph de Cambis , Marquis de Velleron ,
mort le 6 Janvier 1736 , chef d'Efcadre des Galeres
du Roi , & Commandeur de l'Ordre Royal &
Militaire de S. Louis. H avoit épousé Angélique
de Cambis de Fargues , de laquelle il a laiffé
1º. Jofeph-Louis-Dominique de Cambis , Marquis
de Velleron , dit le Comte de Cambis , né en
Novembre 1706 , Colonel de l'Infanterie du
Comté- Vénaiffin , marié le 13 Avril 1741 , avec :
Anne- Louiſe de la Queille de Châteaugué , dont
eft née Marie Jofephine - Louife Sophie de
Cambis ;
-
2º. Angélique-Touffaint de Cambis , allié le
16 Mars 1716, à Louis - Joſeph Gras, Seigneur de
Préville ;
3°. Jeanne de Cambis , mariée le 16 Avril 1719 ,.
à Antoine Hoftager , Seigneur de Roquetaillade.
Louis- Dominique , Comte de Cambis , Lieutenant
général des Armées de Sa Majeſté , ſecond
fils de François & de Jeanne de Forbin , eft mort
à Londres , où il étoit Ambaffadeur du Roi , le
12 Février 1740 , laiffant de fa femme Catherine
Nicole Gruin , morte en 1754 ;
1º. Louis-Jofeph-Nicolas , Marquis de Cambis
, né le 1 Mars 1725 , Brigadier de Cavalerie en
Décembre 1748 , Meftre de Camp du Régiment :
de Bourbon, & Gouverneur de Sifteron...
2 % Anne-Victoire de Cambis , née à Turin ou
fon pere étoit Ambaffadeur , le 1 Juin 1726 , mariée
en Avril 1746 au Marquis d'Herbouville ,
Capitaine de Gendarmerie.
CAMBIS porte pour Armes d'azur au chêne d'or ,
22S MERCURE DE FRANCE.
mouvant d'une montagne à fix copeaux de même ,
foutenus par deux lions auffi d'or.
Le 2 Novembre 1755 ,mourut en fon Château
d'Andechy en Picardie , François- Simon de Riencourt
, Comte d'Andechy, marié le 2 Mai 1695 , à
Jeanne- Jule de Guerin de Tarnaut , fille de Robert
de Guerin de Tarnaut ,. & de Jeanne Huaut
de Montmagny , dont il eut Jeanne- Jule Dame
de S. Cyr ; Anne- Françoife , mariée les Mai
1728 , à Pierre de Guerin de Tarnaut , fon oncle
maternel , ancien Colonel d'un Régiment d'Infanterie
de fon nom & René-Léonor , Chevalier
Comte d'Andechy,marié le 23 Juin 1719 , à Jeanne
de Forceville , fille de Charles , Chevalier Seigneur
de Forceville , & d'Antoinette du Mouchet
de Vauffelles ; dont Barbe Simon Comte de Riencourt
, Capitaine de Cavalerie au Régiment d'Archyac
; Pierre de Riencourt, Prêtre ; Louis-François
, d'abord Page de Madame la Dauphine , puis
Lieutenant au Régiment d'Archyac , & trois filles
à S. Cyr
La Maifon de Riencourt alliée à celles . de
Mailloc , Montmorency , Amiens , Bournel , Ailly ,
Lamet , Rellencourt , Desfriches- Doria , Forceville
, la Fontaine , Guerin de Tarnaut , d'Angennes,
Fiercelin, Mareuil , Saiffeval , Saint Georges-
Verac , Joyeuse , &c..eft une des plus anciennes
de Picardie , où elle eft connue dès le commencement
du treizieme fiecle , comme on le
voit par les Cartulaires de différentes Abbayes.
En 1206 Thomas de Riencourt qualifié Chevalier ,
foufcrit à la donation de plufieurs biens que fait.
Enguerran de Pequigny Vidame d'Amiens , à l'Eglife
de Sainte Marie de Moliens . En 1223 Jean
de Riencourt fon fils tranfige avec les Religieux
de l'Abbaye du Gard, en préfence du Vidame d'A-
&
AVRIL. 1756. 229
"
miens , & leur laiffe quelques droits qu'il tenoit
d'Amelius de Bouelles fon ayeul , touchant les
marais de Croy. Hugues de Riencourt , fon fils ,
dans le dénombrement des terres de Riencourt &
Saint Leger , qu'il donne en 1259 , à Jean , Baron
de Pequigny, Vidame d'Amiens , prend les qualités
de Haut Puiffant Seigneur Meffire Hugues ,
Seigneur de Riencourt , Franqueville , Saint Leger,
Drueulfous Moliens le Vidame, Orival, Bergicourt ,
Tilloloy Vaux; ainfi il y a 500 ans que ces quatre
dernieres terres font dans la maifon de- Riencourt.
On trouve à la Chambre des Comptes de Paris
un Bref daté de Lyon , du Pape Innocent IV, à
P'Evêque d'Amiens , par lequel il accorde à Jeande
Ricncourt & à Hugues fon fils , dont on vient
de parler , les mêmes Indulgences que s'ils s'étoient
croifés pour la Terre Sainte , parce qu'ils
étoient difpofés à aller au fecours de l'Eglife Uni-
-verfelle contre les habitans d'Aix - la - Chapelle
{ contra Aquenſes } *;
" La Maifon s'eſt d'abord diviſée en deux bran→
ches formées par les deux enfans d'Enguerran ,
Seigneur de Riencourt , décedé en 1380. La branche
aînée eft tombée avec la Terre de ce nom
dans la maifon d'AUDENFORT , d'ou en celle de
TIERCELIN , par le mariage de Marguerite de Riencourt
, fille de Hugues, Seigneur de Riencourt , &
de Marie de Lamet , & petite- fille de Jean , Seigneur
de Riencourt , & de Márie de Montmorency,
* Comme le Pape étoit alors obligé de se fauver
de Rome a caufe de la guerre que lui faifoit l'Empereur
Frédéric II , qu'il avoit excommunié , le
Pape les engagea à lui prêter fecours , & à aller contre
les habitans d'Aix- la Chapelle , en leur promet
tant l'abſolution générale de leurs péchés..
230 MERCURE DE FRANCE.
*
de la branche de Bours , fille de Hugués de Monte
morency , Chevalier Seigneur de Bours , & de
Marie d'Ognies.
La branche de Riencourt d'Orival devenue aî→
née , s'eft fubdivifée en deux autres branches formées
par Raoul de Riencourt, Seigneur d'Orival ,.
Bergicourt , &c. & par Thomas de Riencourt-
Seigneur de Tilloloy , Vaux , &c. tous deux enfans
de Matthieu de Riencourt , vivant en 1430 .
Raoul de Riencourt , Chevalier Seigneur d'Orival
, Bergicourt , du Qefnel & Linas , vivoit en
1476 avec Jeanne de Borgeau fon épouſe , fille de
Jacques de Borgeau Seigneur dudit lieu , dont
deux enfans ; le cadet a formé la branche de Parfondru
près Laon. François de Riencourt , Chevalier
Seigneur de Parfondru & Drouay , fils de
Pierre de Riencourt , Chevalier , Seigneur defdits
lieux , & d'Ifabelle de Sons , marié en 1639, à Ju--
dith-Anne de Joyeuse de la branche de Montgobert
, fille de Robert de Joyeuſe , Baron de Verpeil
& de Montgobert , & de Judith Hennequin ,., .
étoit de cette branche , qui fubfifte encore aujour
d'hui près de Rhetel en Champagne .
Antoine de Rien court , Chevalier , Seigneur
d'Orival dont on vient de parler , eut de fa femme
Marie de Saquefpée , Adrien , Seigneur d'Orival
, marié à Charlotte de la Motte , fille de Char--
les de la Motte , Chevalier , Seigneur de Ville &
Montigny , & de Jeanne d'Abbeville ; dont
François , Seigneur d'Orival , Bergicourt , Morvillier
, Graville , &c. Gentilhomme de la Chambre
du Duc d'Anjou , frere d'Henri III , qui de
Dianne de Maillor fa femme , fille de Nicolas-
Baron de Mailloc , & de Charlotte de Monchy, eut
François, Seigneur deſdits lieux , marié 1º . en 1642,
à Catherine de Sennemon , fille de Jean de SenneAVRIL.
1756. 232
mon , & de Gabriele de Tier celin ; 2 ° à Marie de
Moreuil , fille d'Artus de Moreuil , Chevalier de
l'Ordre du Roi , & de Charlotte de Halluyn. Du
fecond lit vinrent deux filles , l'une mariée dans la
maifon du Blaifel en Boulenois , l'autre , dans
celle de Venoix en Normandie , & Jean- Auguſtin
de Riencourt , Marquis d'Orival , marié le 4 Janvier
1683 à Marie-Anne Desfriches -Doria, fille de
Charles Desfriches , Baron de Braffeufe, & d'Annedes
Etangs ; dont un Chevalier de Malte mort ;
le Comte d'Orival , ancien Capitaine aux Gardes ,
& Charles- François de Riencourt , Marquis d'Orival
, ancien Colonel du Régiment de la Reine-
Dragons ; lequel de Marie d'Angennes fa femme,
fille de Charles- François d'Augennes , Chevalier
Seigneur de Maintenon , Commandant des Ifles
Saint Pierre & Guadeloupe en la Martinique , eut
Marie-Adelaïde de Riencourt, mariée le 2 Janvier
1742 , à Pierre- Cefar de Saint Georges , Marquis de
Verac , Lieutenant- Général de Poitou , qui n'ont
laiffé à leur mort qu'un fils unique appellé le
Marquis de Verac.
La branche de Tilloloy vient , comme nous l'a.
vons dit , de Thomas de Riencourt , Chevalier
Seigneur de Tilloloy , Vaux , Arleux , S. Severin ,
marié à N. Deamont ; dont Hugues marié en fe
condes nôces à N. de Jalaife, avec laquelle il vivoit
en 1550 ; dont Chriftophe de Riencourt marié le
11 Août 1561 , à Claude le Hochart , fille de Benoît
le Hochart , Seigneur de Lepinay, & de Guil
lemette de Bournel ; dont Nicolas de Riencourt
Chevalier , Seigneur de Tilloloy , Vaux , Arleux ,
Saint Severin , marié le 9 Avril 1589 , avec Anne
d'Ailly , de la branche d'Annery , fille de Claude
d'Ailly, Chevalier , Seigneur de Montgerout, Lau
Bay , Clerfon , Montcornel &c. Chevalier de
232 MERCURE DE FRANCE.
l'Ordre du Roi , un des cent Gentilshommes de
la Maifon de Sa Majefté , Gentilhomme d'honneur
de la Reine , Enfeigne de la Compagnie des.
Gendarmes de M. de Villebon d'Eftouteville , &
de Jeanne de Joigny -Blondet fa premiere femme ,
veuve de Martin de Bournonville , Chevalier Seigneur
de Châteauregnaud , Gouverneur de Montreuil
. Heut de ce mariage Dianne de Riencourt ,
mariée à Charles de la Rue , Chevalier ; Anne
mariée en 1614 à François de Saiffeval , Chevalier
, Seigneur de Blerancourt ; Claude de Riencourt
qui a formé la branche de Boisgeffroy en
Normandie , où elle fubfifte encore ; marié 1º . à
Renée de l'Epinay ; 2 °. à Marie de Conveloire ; &
François de Riencourt,Chevalier, Seigneur de Til
loloy , marié le 16 Juin 1618 , à Marguerite de la
Fontaine , fille de Louis de la Fontaine , Chevalier
, Seigneur de Candore , & d'Ifabcau de Lan ;
dont trois enfans.
Le dernier , Leonor- René de Riencourt , Chevalier
Seigneur d'Andechy , Commandant du
fecond bataillon du Régiment de Lyonnois, marié
le 11 Septembre 1674 , à Catherine de Vinet ; dont
le Comte d'Andechy qui donne lieu à cet article.
Le fecond, Henri de Riencourt , Chevalier, Seigneur
de Ligneres , marié le 21 Décembre 1659 ,
à Marguerite de Hanffart , fille de Claude de Hanffart,
Seigneur d'Efcoquerre, & de Charlotte de l'Etoile
;
dont Louis de Riencourt qui , d'Elifabeth
d'Urre fa femme , à eu 1º . Louis- Claude de Rien
court , Seigneur de Ligneres , vivant actuellement
avec Catherine Gaillard fa femme , dont un fils
Page de la Reine , & plufieurs autres enfans. 2º .
Charles-Henri de Riencourt , qui a laidé à fà mort
plufieurs enfans d'Elifabeth de Cacheleu de Maifoncelle,
fa femme ; 3 ° . Louis,Chanoine d'Amiens ;
AVRIL. 1756. 233
4. Une fille mariée à Charles de Létoile, Seigneur
de Preville , & une autre mariée à Simon de Lana
glois, Chevalier, Capitaine au Régiment de Cham
pagne , Directeur des Fortifications du Soiffonmois.
Le fils aîné de François de Riencourt, & de Marguerite
de la Fontaine, nommé Louis de Riencourt;
Chevalier , Seigneur de Tilloloy , Vaux , Arleux ,
&c. eut de Marguerite Forestier fa- femme , une
fille mariée le 7 Janvier 1667 , à François de Forceville
, Chevalier , Seigneur de Forceville , Fontaines
, & c. & Ferdinand-Laurent de Riencourt ,
Capitaine de Cavalerie , marié le 4 Décembre
1684 , à Marie-Anne de Gaude , fille de Jean de
Gaude , Chevalier, Seigneur de Martainneville , &
de Marguerite de Croze ; dont Charles- Pierre- Paul
marié à N. de Bonnet ; Leonor-René , ancien Capitaine
de Cavalerie , & plufieurs autres enfans :
l'aîné de tous eft Louis- François de Riencourt, ancien
Officier au Régiment de Royal Piémont Cavalerie
, marié à Marguerite de Ternifien veuve
de N. de Sarcus , Chevalier , Seigneur de Courcelies
, dont deux enfans dans le fervice & deux
filles.
Les Armes de la Maifon de Riencourt font
d'argent à trois faces de gueules fretées d'or.
Catherine - Dorothée , née Princeffe Jablonouska
, époufe de Maximilien -François de Tenezyn
Duc Offolinski , Chevalier des Ordres du Roi ,
Grand Maître de la Maifon du Roi de Pologne
Duc de Lorraine , eft décédée fans enfans le s Janvier
1756. Elle étoit fille de Jean Staniflas , Palatin
de Ruffie , frere de Madame Royale , mere da
Roi de Pologne , & de Jeanne- Cafimire de Be
thune , niece de la Reine de Pologne , femme de
Jean LIL
234
Les deux illuftres Maifons de Jablonouski &
d'Offolinsky , des premieres de Pologne , font
connues & également recommendables par l'ancienneté
, l'illuftration & les grandes alliances
-par lefquelles elles appartiennent ou font alliées à
prefque tous les Souverains de l'Europe.
Fermer
Résumé : MARIAGES ET MORTS. AVERTISSEMENT.
Le texte traite des mariages et des décès au sein de la famille Recourt-de-Lens-de-Licques, des Comtes de Boulogne. Il corrige une erreur selon laquelle le Comte de Rupelmonde, tué en 1745, était le dernier descendant de sa maison. En réalité, la branche aînée continue avec Ferdinand-Gillon de Recourt-de-Lens-de-Licques. Le texte détaille les mariages et les décès de plusieurs membres de cette famille. Philippes de Recourt-de-Lens-de-Licques, gouverneur de plusieurs villes, a joué un rôle dans la régulation des différends entre le Roi d'Espagne et le Roi Henry III en 1586. Il est mort à Bruxelles en 1588. Son fils Gabriel est décédé en 1589, laissant un fils, Philippes, qui a continué la branche des Comtes de Rupelmonde. Philippe de Recourt-de-Lens-de-Licques, gouverneur de Bourbourg, a épousé Suzanne de Langlée en 1614 et Louise de Cruninghe en 1630. De ce second mariage est né Philippes-Charles-Bartholomé, Marquis de Licques. Ferdinand-Roch-Jean, fils de Philippes-Charles-Bartholomé, a épousé Anne-Michel-Alexandrine le Sart en 1700. Leur fils Ferdinand-Gillon a épousé Élisabeth de Lefpinay de Marteville en 1730, mais ils ont eu trois filles, Catherine-Élisabeth-Henriette, Louise-Aimée et Marie-Gabriele-Victoire-Nymphe. Le texte mentionne également Philippe de Recourt-de-Lens-de-Licques, Colonel d'Infanterie Wallone, et ses descendants, dont Maximilien-Philippe-Joseph, tué en 1710, et Yves-Marie, tué en 1745. Yves-Marie a laissé un fils, Louis, mort peu après son père, marquant la fin de la branche cadette de la famille. Enfin, le texte mentionne le mariage de Jacques-François, Vicomte de Cambis, avec Louise-Françoise-Gabriele de Hennin-Lietard de Chimay en 1755, et l'histoire de la maison de Cambis, originaire de Florence, avec plusieurs figures notables. Le texte présente également la généalogie et les alliances de la famille Riencourt. Louis de Riencourt, marié à Élisabeth d'Urre, a eu plusieurs enfants, dont Louis-Claude, Seigneur de Ligneres, marié à Catherine Gaillard, et Charles-Henri, qui a eu plusieurs enfants avec Élisabeth de Cacheleu de Maifoncelle. Louis de Riencourt a également eu un fils chanoine à Amiens, une fille mariée à Charles de Létoile, Seigneur de Preville, et une autre mariée à Simon de Langlois, Chevalier et Capitaine au Régiment de Champagne. Le fils aîné de François de Riencourt et Marguerite de la Fontaine, nommé Louis de Riencourt, Chevalier et Seigneur de Tilloloy, Vaux, et Arleux, a eu une fille mariée en 1667 à François de Forceville et Ferdinand-Laurent de Riencourt, Capitaine de Cavalerie, marié en 1684 à Marie-Anne de Gaude. Ferdinand-Laurent a eu plusieurs enfants, dont Charles-Pierre-Paul, marié à N. de Bonnet, et Léonor-René, ancien Capitaine de Cavalerie. Louis-François de Riencourt, ancien Officier au Régiment de Royal Piémont Cavalerie, marié à Marguerite de Ternisien, veuve de N. de Sarcus, a eu deux fils dans le service et deux filles. Les armes de la maison Riencourt sont d'argent à trois faces de gueules fretées d'or.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18
p. 227-235
« Madame la Comtesse de Noailles accoucha le 17 Avril d'un fils, [...] »
Début :
Madame la Comtesse de Noailles accoucha le 17 Avril d'un fils, [...]
Mots clefs :
Naissance, Comte de Rennel, Mariage, Comtes, Ducs, Maison de Rennel, Seigneurs, Saint-Empire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Madame la Comtesse de Noailles accoucha le 17 Avril d'un fils, [...] »
Madame la Comteffe de Noailles accoucha le
17 Avril d'un fils , qui a été tenu fur les fonts par .
le Bailly de Froulay , Ambaffadeur de Malte , &
par la Ducheffe douairiere de la Valliere , & a été
nommé Louis- Marie. Il portera le titre de Chevalier
d'Arpajon , étant deſtiné à remplir le privilege
accordé à feu Louis , Duc d'Arpajon , bifayeul
de la Comteffe de Noailles dans l'Ordre de Malte
( 1 ).
(1 ) Lorfque le Sultan Ibrahim menaçoit l'Ifle :
de Malte avec des forces formidables , le Duc
d'Arpajon alla volontairement au fecours de cette ·
Ifle. Il fut élu Chef du Conseil du Grand- Maître
Généraliffime des Armées de la Religion ,
pourvut fi bien à la sûreté de l'Ifle , que par reconnoiffance
le Grand- Maître ( Paul de Vintimille-
Lafcaris- Caftellar) , du confentement de l'Ordre, lui
accorda le 30 Mai 1645 , le privilege fingulier pour
Lui tous fes defcendans aînés , d'ajouter à leurs
Armes la Croix octogone de Malte avec les extrêmités
faillantes , comme la portent les Chevaliers
de Malte , & qu'un de fes defcendans , pour une
fois feulement au choix du pere , feroit Chevalier
en naiffant , grand Croix à l'âge de 16 ans . Ce
privilege a été reconnu certifié le 5 Mai 1715 , ..
par le Grand Maître Raimond Perellos de Rocafull. »
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
Dame N.... le Petit d'Avelnes , veuve de
Meffire Yves Jean - Baptifte de la Boiffiere , Comte
de Chambors , Ecuyer ordinaire du Roi , mort en
Août 1755 , eft accouchée au mois de Février ,
d'un fils qui a été tenu fur les fonts dans la Chapelle
du Château de Verfailles , par Monfeigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine , & nommé
Louis - Jofeph-Jean-Bapt fte. L'Abbé de Raigecourt,
Aumônier du Roi , lui fuppléa les cérémonies du
Baptême en préſence du Curé de la Paroiffe de
Notre- Dame.
Jofeph-Balthafar , Comte de Rennel , de Lefcut,
& du S. Empire , Capitaine dans le Régiment
Royal- Barrois , a époufé le s Février à Méhoncourt
en Lorraine , Marguerite- Gabrielle de Rennel
fa coufine. Le contrat de mariage avoit écé
figné à Nanci le 31 Janvier précédent .
La maifon de Rennel , établie depuis trèslongtemps
en Lorraine , eft une des plus illuftres
de cette Province , tant par fon ancienneté
que par fes belles alliances. Richard de Rennel ,
Chevalier, vivoit fous le regne de Philippe de Valois
, près duquel il combattic vaillamment à la
bataille de Montcaffel en 1328 , & auquel il rendit
de grands fervices. Marguerite Stuard , qu'il
avoit épousée à la Cour du Roi d'Angleterre , le
rendit pere de Jean de Rennel , Chevalier , Capitaine
de 100 Lances , fire de Beaulieu par le don
que lui en fit le Roi Jean en 1350. Jeanne de
Hangeft , fon époufe , qui tefta en 1365 ,
fut mere
de Guillaume de Rennel , fire de Beaulieu , Chambellan
du Roi Charles VI , qui d'Yolande de Mouy,
eur pour enfans Bonaventure de Rennel , qui fuit
Jean , Chevalier de Rhodes , & Yolande , femme
de Matthieu de Riencourt , feigneur d'Orival.
;
Bonaventure de Rennel , fire de Beaulieu , Ca- '
JUI N. 1756. 229
pitaine de so hommes d'armes , époufa en 1415 ,
Alix de Soiffons , fille de Thibault , feigneur de
Moreuil , Gouverneur de Boulogne , & de Marguerite
de Poix. Il en eut Guillaume de Rennel , IF
du nom , fire de Beaulieu , Capitaine de so hommes
d'armes des ordonnances du Roi Louis XI.
marié en 1445 à Ifabeau , fille de Jean de Hangeft,
feigneur de Genlis , & de Marie de Sarrebruck ; il
en eut entr'autres enfans , Jean de Rennel , II du
nom , Capitaine d'une compagnie entretenue'
pour la garde de Boulogne , qui tefta le 10 Juin
1530 , & fut pere par fa femme Catherine d'Aumale
, fille de Jean d'Aumale , feigneur d'Efpaigni
, & de Jeanne de Soiffons-Moreuil , Vicomteffe
du Mont Notre- Dame , de Bonaventure de Rennel
, II du nom , Page du Duc de Lorraine en 1525,
puis premier Gentilhomme de la Chambre &
Principal Miniftre de Nicolas de Lorraine , Comte
de Vaudemont , pere de la Reine - Louife. H fut
auffi crée fecretaire d'Etat de Lorraine , le 11
Juillet 1552. Il mourut le 16 Mars 1584 , laiffant
de fa femme Marie de Janin de Manoncourt
morte en 1560 , qu'il avoit épousée le 3 Λούτ
1548 , Balthazar de Rennel , feigneur de Saint-
Bria , Jarville , S. Germain , S. Boin , Malzeville ,
Ecuyer d'écurie du Duc de Mercoeur , frere de la
Reine Louife , & depuis Miniftre d'Etat , & Préfident
de Lorraine , mort le 16 Novembre 1637 ,
âgé de 83 ans. Il avoit époufé le 9 Juin 1575 ,
Barbe de Lefcut . Elle etoit fille aînée de Jean de
Lefcut , Comte du S. Empire , & de Mayelle de
Beurges . C'est elle qui apporta dans la maifon de
Rennel le titre de Comte du S. Empire . Elle
mourut le 29 Mars 1637 , laiflant enti'autres enfans
Balthazar, II du nom , Comte de Rennel &
du S. Empire , Seigneur de Jarville & d'Andilly .
230 MERCURE DE FRANCE .
Confeiller d'Etat du Duc Charles IV , mort le 2
Novembre 1658. Il avoit époufé par contrat du
11 Janvier 1521 , Claude de Guérin du Montet.
Elle mourut le 3 Février 1641 , & fut mere de
François , Comte de Rennel & du S. Empire ,
qui fuit ; de Balthafar qui a fait la branche des .
Comtes de Rennel & de Lefcut , dont la poſtérité
fera rapportée après celle de fon frere aîné , & de
Charles-Jean, feigneur d'Andilly, Conſeiller d'état
du Duc Léopold , mort âgé de So ans , le 14 Avril
1716 , ne laiffant de fa femme Théreſe- Françoiſe
de Rouffelot que quatre filles. 1. Catherine Valerie
, morte en 1752 , veuve depuis 1739 de :
René de la Geard , dit le Marquis de Grefignac.
2º. Marie-Thérefe , morte en 1723 , veuve depuis
1708 de Charles- François de Serre , Confcil- :
fer d'Etat & Maître des Requêtes du Duc Léopold.
3 °. Marguerite- Reine , mariée en 1699 , à
Jean-Baptifte-André de Laugier , tué à la bataille
d'Hochftedt , étant capitaine au Régiment de
Languedoc. 4° . Marie- Antoinette , veuve du 10%
Mars 1734 , de Claude , Comte de la Rode , Baron
de Monconis , & Seigneur de Charnay en Bour
gogne.
François , Comte de Rennel & du S. Empire ,.
Seigneur de Jarville , Méhioncourt , Franconville ,
& Landecourt , fils aîné de Balthafar , II du nom
fut Confeiller d'Etat du Duc Charles IV, qui lui
donna en 1666 le commandement de Nanci , &
la Préfidence du Confeil de cette ville , & mourut
le 21 Février 1687. Il avoit épaulé 1º . par contrat
du 6 Novembre 1649 , Antoinette le Febvre ,.
Dame d'Ancy, morte le 5 Mai 1663. 2 ° . En 1664,
Antoinette le Marefchal , décédée le 2 Juin 1680.t
Il n'eut de cette feconde femme que Jeanne - Fran-*
goile de Rennel , mariée à Jofeph le Begue , C.-
JUIN. 1756. 23 .
du S. Empire & de Germiny , premier Miniftre
d'Etat de Lorraine , mort le 30 Janvier 1730 ,
onze mois après fa femme ; mais il eut de fon premier
mariage Marie -Françoiſe de Rennel , morce
le 28 Mai 1698 , femme de Charles- Henri de
Juvrecourt , commandant les Moufquetaires de la
garde du Duc Charles IV ; Balthafar- Jofeph - Dieudonné
, & Jean- Baptifte-Henri de Rennel , qui
ont laiffé postérité .
Balthafar-Jofeph-Dieudonné , Comte de Rennel
& du S. Empire , feigneur de Mehoncourt ,
d'Erbamont & de Circourt , Confeiller d'Etat du
Duc Léopold , & premier Préſident de la Chambre
des Comptes de Lorraine , né le 24 Septembre
1654 , mourut le 24 Février 1726. Il avoit
épousé par contrat du 23 Novembre 1687 , Françoife
de Huyn , niece du Comte de Huyn , Maré--
chal des Armées de l'Empereur, & Gouverneur de
Zizeth en Hongrie , décédée le premier Janvier
1723 , dont 1 °. Nicolas - François , qui fuit . 2º. Jofeph-
Ignace , Comte de Rennel & du Saint Em--
pire , Prélat-domeftique du Pape , Référendaire de
P'une & l'autre fignature , Grand- Chantre & Chanoine
de l'Eglife de S. Diez . 3 ° . Charles - François
, 'Comte de Rennel & du Saint Empire , Camé
rier d'honneur du Pape , & Chanoine de S. Diez.
4°. Jean-Baptifte-Henri-Balthafar,Comte de Rennel
& du Saint Empire , feigneur de Bouvigny ,
d'Erbamont & Circourt , ancien Capitaine aux
Gardes de l'Empereur.
Nicolas - François , Comte de Rennel & du Saint:
Empire , feigneur de Méhoncourt , a été créé Secretaire
d'Etat du Duc Léopold , le 20 Février
1721 , puis fon Miniftre Plénipotentiaire au Congrès
de Cambrai , enfin Commiffaire de l'Empereur
pour faire l'extradition de fes Duchés de
232 MERCURE DE FRANCE.
Lorraine & de Bar. Il a été maintenu avec ceux
de fon nom & de fes armes dans le titre de Comte
du Saint Empire , par Arrêt du Conſeil d'Etat ,
rendu à Luneville le 31 Août 1730 ,& tous les titres
justificatifs de fa filiation & illuftration de fa maifon
, ont été reconnus & vérifiés par Arrêt du Parlement
de Nanci dù 26 Septembre 1736. Il eft
veuf du 17 Décembre 1745 , de Magdeleine de
Pons , mariée par contrat du 20 Février 1732 , &
fille de Claude- Alexandre , Marquis de Pons de
Rennepont , Marechal des Camps & Armées du
Roi , & d'Anne- Dorothée de Bettainviller. Il a de
ce mariage , 1º . Jofeph-Ignace - Dieudonné , Comte
de Rennel & du Saint Empire , né le 20 Juin
1734 , Officier au Régiment du Roi infanterie ,
mort le 19 Novembre 1755. 2 ° . Marguerite - Ga→
brielle , née le 20 Mars 1739 , dont nous annon-
Cons le mariage. 3 ° . Anne - Marie , dite Mademoi
felle de Senlis , née le 21 Avril 1741. 4° . Jeanne-
Henriette , dite Mademoifelle de Moreuil , née le
3 Juin 1743. 5 ° . Elifabeth- Gloffinde , appellés
Mademoiſelle de Florainville , née le 17 Décembre
1745 .
I
Jean- Baptifte- Henri , Comte de Rennel & du
Saint Empire , feigneur d'Amelecourt . Colonel
d'infanterie , fecond fils de François , Comte de
Rennel & d'Antoinette le Fevre , eft mort le 3
Août 1748. Il avoit épousé par contrat du 16 Décembre
1692 , Maric- Nicole , morte les Novembre
1703 , fille de Henri- Philippe de Baillivy ,
commandant les Gendarmes de la Garde du Duc
Charles IV , & de Marie - Louife- Françoise de Voil
lot de Valleroy. De ce mariage font fortis , 1°. Charles
-Jean- Baptifte , Comte de Rennel & du Saint
Empire , Capitaine aux Gardes du Duc Léopold ,
mort le 8 Août 1724 , laiffaut de fa femme ClauJUIN.
1756. 233
de - Catherine le Febvre de S. Germain , foeur du
Comte de ce nom , une fille unique Anne- Catherine
de Rennel , née le jour de la mort de fon
pere , & mariée par contrat du 24 Février 1744, à
Jean- Baptifte -Hyacinthe- Dieudonné , Marquis
de Treftondam. 2. Antoine- Africain , dit le Chevalier
de Rennel , Officier au Régiment de Neuperg
, tué le 9 Octobre 1716 , au fiege de Temefwar.
3. Charles- François , Comte de Rennel &
du Saint Empire , né le zo Septembre 17c1 , & tué
de 12 Septembre 1719. Il avoit épousé par contrat
du 11 Octobre 1723 , Anne-Françoife- Scholaftique
de Greiche , de laquelle il a eu Anne - Catherine
de Rennel , mariée par contrat du 12 Juillet
1742, à fon oncle à la mode de Bretagne , Jean-
François , Comte de Grieche , feigneur de Jalocourt
, fils unique de Nicolas , Comte de Greiche,
Chambellan du Duc Léopold , & de Marie - Catherine
du Châtelet , foeur de René- François , Marquis
du Châtelet , Lieutenant Général des Armées
de l'Empereur.
Balthafar , III du nom , Comte de Rennel de
Lefcut & du Saint Empire , Seigneur de Jarville
fils puîné de Balthafar , II du nom , Comte de
Rennel , & de Claude de Guerin du Montet , mentionnés
ci- deffus , fut fubftitué au nom de Lefcut
par fon ayeule Barbe de Lefcut. Il mourut âgé de
quatre- vingts ans , lé 26 Octobre 1707 , ayant eu
de fon mariage , contracté le 8 Juillet 168 avec
Elizabeth , fille unique de Charles de Vitton , Seigneur
de Valfroicourt , Jean-Sigifbert , Comte
de Rennel de Lefcut & du Saint Empire , Confeil.
ler d'Etat du Duc Léopold , & fecond Préſident à
Mortier au Parlement de Nanci , décédé le 29
Juillet 1707. Il avoit épousé par Contrat du 3
Février 1687 , Catherine de Huyn , Dame de Bet234
MERCURE DE FRANCE.
toncourt, morte le Décembre 1741 , de laquelle
il cut , 1º. Thomas- Balthafar qui fuit. 2º. Jean-
Jofeph , Comte du Saint Empire , mort Chanoine
de S. Diez , le 20 Mars 1736. 3°.Charles, Comte
du Saint Empire , dit le Chevalier de Lefcut ,
ancien Capitaine aux Gardes du Duc de Lorraine.
4. Marguerite , veuve , du 4 Août 1751 , de Paul-
Melchior- Henri , Seigneur de Seichamps. 5 ° . Elifabeth
Catherine , morte le 5 Novembre 1751
femme de François de Lançon , Commandant à
Belle-ifle. 6°. Françoife , dite Mlle de Rennel , 7º.
Catherine , morte Religieufe en 1729.
Thomas - Balthafar, Comte de Rennel de Lefcut
& du Saint Empire , Seigneur de Bettoncourt , Capitaine
aux Gardes du Duc de Lorraine , mort le
17 Novembre 1749 , avoit épousé par Contrat du
26 Septembre 1722 Marie- Anne de Hoffelife , décédée
le 27 Mai 1730 , fille de Céfar de Hoffelife,
Seigneur de Burthecourt & de Chambrey , Capi
taine au Régiment de la Fere , & d'Antoinette de
Bouvet , Dame de Robert-Efpagne . De ce maria,
ge font fortis , 1 ° . Jofeph- Balthafar , Comte de
Rennel de Lefcut & du Saint Empire , Seigneur
de Bettoncourt , Burthecourt & Robert-Efpagne
né le 21 Août 1726 , qui donne lieu à cet article.
2°. Catherine- Gabrielle , mariée le 12 Avril 1746,
à Jean - Baptifte , Baron de Mahuet & du Saint
Empire , Comte de Mailly , dit le Comte de
Coyviller. 3 °. Marie- Therefe , dite Mlle de Lef
cut. 4°. Marguerite , dite Mlle de Burthecourt.
M. Conftant de Rebecque , Général au ſervice
'Hollande , Colonel d'un Régiment Suiffe de
fon nom , eft mort en Suiffe à Lauzanne , pays
de Vaux , canton de Berne , au commencement
de cette année , âgé de 79 ans . La famille de
Conftant de Rebecque eft d'une ancienne Nobleffe
JUIN. 1756. 235
originaire d'Artois , où elle a poffédé plufieurs
terres , & a eu des Charges honorables dans différentes
Cours . Elle a fourni des Chevaliers de S.
Jean de Jérufalem , & s'eft retirée en Suiffe après
les guerres de Religion.
17 Avril d'un fils , qui a été tenu fur les fonts par .
le Bailly de Froulay , Ambaffadeur de Malte , &
par la Ducheffe douairiere de la Valliere , & a été
nommé Louis- Marie. Il portera le titre de Chevalier
d'Arpajon , étant deſtiné à remplir le privilege
accordé à feu Louis , Duc d'Arpajon , bifayeul
de la Comteffe de Noailles dans l'Ordre de Malte
( 1 ).
(1 ) Lorfque le Sultan Ibrahim menaçoit l'Ifle :
de Malte avec des forces formidables , le Duc
d'Arpajon alla volontairement au fecours de cette ·
Ifle. Il fut élu Chef du Conseil du Grand- Maître
Généraliffime des Armées de la Religion ,
pourvut fi bien à la sûreté de l'Ifle , que par reconnoiffance
le Grand- Maître ( Paul de Vintimille-
Lafcaris- Caftellar) , du confentement de l'Ordre, lui
accorda le 30 Mai 1645 , le privilege fingulier pour
Lui tous fes defcendans aînés , d'ajouter à leurs
Armes la Croix octogone de Malte avec les extrêmités
faillantes , comme la portent les Chevaliers
de Malte , & qu'un de fes defcendans , pour une
fois feulement au choix du pere , feroit Chevalier
en naiffant , grand Croix à l'âge de 16 ans . Ce
privilege a été reconnu certifié le 5 Mai 1715 , ..
par le Grand Maître Raimond Perellos de Rocafull. »
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
Dame N.... le Petit d'Avelnes , veuve de
Meffire Yves Jean - Baptifte de la Boiffiere , Comte
de Chambors , Ecuyer ordinaire du Roi , mort en
Août 1755 , eft accouchée au mois de Février ,
d'un fils qui a été tenu fur les fonts dans la Chapelle
du Château de Verfailles , par Monfeigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine , & nommé
Louis - Jofeph-Jean-Bapt fte. L'Abbé de Raigecourt,
Aumônier du Roi , lui fuppléa les cérémonies du
Baptême en préſence du Curé de la Paroiffe de
Notre- Dame.
Jofeph-Balthafar , Comte de Rennel , de Lefcut,
& du S. Empire , Capitaine dans le Régiment
Royal- Barrois , a époufé le s Février à Méhoncourt
en Lorraine , Marguerite- Gabrielle de Rennel
fa coufine. Le contrat de mariage avoit écé
figné à Nanci le 31 Janvier précédent .
La maifon de Rennel , établie depuis trèslongtemps
en Lorraine , eft une des plus illuftres
de cette Province , tant par fon ancienneté
que par fes belles alliances. Richard de Rennel ,
Chevalier, vivoit fous le regne de Philippe de Valois
, près duquel il combattic vaillamment à la
bataille de Montcaffel en 1328 , & auquel il rendit
de grands fervices. Marguerite Stuard , qu'il
avoit épousée à la Cour du Roi d'Angleterre , le
rendit pere de Jean de Rennel , Chevalier , Capitaine
de 100 Lances , fire de Beaulieu par le don
que lui en fit le Roi Jean en 1350. Jeanne de
Hangeft , fon époufe , qui tefta en 1365 ,
fut mere
de Guillaume de Rennel , fire de Beaulieu , Chambellan
du Roi Charles VI , qui d'Yolande de Mouy,
eur pour enfans Bonaventure de Rennel , qui fuit
Jean , Chevalier de Rhodes , & Yolande , femme
de Matthieu de Riencourt , feigneur d'Orival.
;
Bonaventure de Rennel , fire de Beaulieu , Ca- '
JUI N. 1756. 229
pitaine de so hommes d'armes , époufa en 1415 ,
Alix de Soiffons , fille de Thibault , feigneur de
Moreuil , Gouverneur de Boulogne , & de Marguerite
de Poix. Il en eut Guillaume de Rennel , IF
du nom , fire de Beaulieu , Capitaine de so hommes
d'armes des ordonnances du Roi Louis XI.
marié en 1445 à Ifabeau , fille de Jean de Hangeft,
feigneur de Genlis , & de Marie de Sarrebruck ; il
en eut entr'autres enfans , Jean de Rennel , II du
nom , Capitaine d'une compagnie entretenue'
pour la garde de Boulogne , qui tefta le 10 Juin
1530 , & fut pere par fa femme Catherine d'Aumale
, fille de Jean d'Aumale , feigneur d'Efpaigni
, & de Jeanne de Soiffons-Moreuil , Vicomteffe
du Mont Notre- Dame , de Bonaventure de Rennel
, II du nom , Page du Duc de Lorraine en 1525,
puis premier Gentilhomme de la Chambre &
Principal Miniftre de Nicolas de Lorraine , Comte
de Vaudemont , pere de la Reine - Louife. H fut
auffi crée fecretaire d'Etat de Lorraine , le 11
Juillet 1552. Il mourut le 16 Mars 1584 , laiffant
de fa femme Marie de Janin de Manoncourt
morte en 1560 , qu'il avoit épousée le 3 Λούτ
1548 , Balthazar de Rennel , feigneur de Saint-
Bria , Jarville , S. Germain , S. Boin , Malzeville ,
Ecuyer d'écurie du Duc de Mercoeur , frere de la
Reine Louife , & depuis Miniftre d'Etat , & Préfident
de Lorraine , mort le 16 Novembre 1637 ,
âgé de 83 ans. Il avoit époufé le 9 Juin 1575 ,
Barbe de Lefcut . Elle etoit fille aînée de Jean de
Lefcut , Comte du S. Empire , & de Mayelle de
Beurges . C'est elle qui apporta dans la maifon de
Rennel le titre de Comte du S. Empire . Elle
mourut le 29 Mars 1637 , laiflant enti'autres enfans
Balthazar, II du nom , Comte de Rennel &
du S. Empire , Seigneur de Jarville & d'Andilly .
230 MERCURE DE FRANCE .
Confeiller d'Etat du Duc Charles IV , mort le 2
Novembre 1658. Il avoit époufé par contrat du
11 Janvier 1521 , Claude de Guérin du Montet.
Elle mourut le 3 Février 1641 , & fut mere de
François , Comte de Rennel & du S. Empire ,
qui fuit ; de Balthafar qui a fait la branche des .
Comtes de Rennel & de Lefcut , dont la poſtérité
fera rapportée après celle de fon frere aîné , & de
Charles-Jean, feigneur d'Andilly, Conſeiller d'état
du Duc Léopold , mort âgé de So ans , le 14 Avril
1716 , ne laiffant de fa femme Théreſe- Françoiſe
de Rouffelot que quatre filles. 1. Catherine Valerie
, morte en 1752 , veuve depuis 1739 de :
René de la Geard , dit le Marquis de Grefignac.
2º. Marie-Thérefe , morte en 1723 , veuve depuis
1708 de Charles- François de Serre , Confcil- :
fer d'Etat & Maître des Requêtes du Duc Léopold.
3 °. Marguerite- Reine , mariée en 1699 , à
Jean-Baptifte-André de Laugier , tué à la bataille
d'Hochftedt , étant capitaine au Régiment de
Languedoc. 4° . Marie- Antoinette , veuve du 10%
Mars 1734 , de Claude , Comte de la Rode , Baron
de Monconis , & Seigneur de Charnay en Bour
gogne.
François , Comte de Rennel & du S. Empire ,.
Seigneur de Jarville , Méhioncourt , Franconville ,
& Landecourt , fils aîné de Balthafar , II du nom
fut Confeiller d'Etat du Duc Charles IV, qui lui
donna en 1666 le commandement de Nanci , &
la Préfidence du Confeil de cette ville , & mourut
le 21 Février 1687. Il avoit épaulé 1º . par contrat
du 6 Novembre 1649 , Antoinette le Febvre ,.
Dame d'Ancy, morte le 5 Mai 1663. 2 ° . En 1664,
Antoinette le Marefchal , décédée le 2 Juin 1680.t
Il n'eut de cette feconde femme que Jeanne - Fran-*
goile de Rennel , mariée à Jofeph le Begue , C.-
JUIN. 1756. 23 .
du S. Empire & de Germiny , premier Miniftre
d'Etat de Lorraine , mort le 30 Janvier 1730 ,
onze mois après fa femme ; mais il eut de fon premier
mariage Marie -Françoiſe de Rennel , morce
le 28 Mai 1698 , femme de Charles- Henri de
Juvrecourt , commandant les Moufquetaires de la
garde du Duc Charles IV ; Balthafar- Jofeph - Dieudonné
, & Jean- Baptifte-Henri de Rennel , qui
ont laiffé postérité .
Balthafar-Jofeph-Dieudonné , Comte de Rennel
& du S. Empire , feigneur de Mehoncourt ,
d'Erbamont & de Circourt , Confeiller d'Etat du
Duc Léopold , & premier Préſident de la Chambre
des Comptes de Lorraine , né le 24 Septembre
1654 , mourut le 24 Février 1726. Il avoit
épousé par contrat du 23 Novembre 1687 , Françoife
de Huyn , niece du Comte de Huyn , Maré--
chal des Armées de l'Empereur, & Gouverneur de
Zizeth en Hongrie , décédée le premier Janvier
1723 , dont 1 °. Nicolas - François , qui fuit . 2º. Jofeph-
Ignace , Comte de Rennel & du Saint Em--
pire , Prélat-domeftique du Pape , Référendaire de
P'une & l'autre fignature , Grand- Chantre & Chanoine
de l'Eglife de S. Diez . 3 ° . Charles - François
, 'Comte de Rennel & du Saint Empire , Camé
rier d'honneur du Pape , & Chanoine de S. Diez.
4°. Jean-Baptifte-Henri-Balthafar,Comte de Rennel
& du Saint Empire , feigneur de Bouvigny ,
d'Erbamont & Circourt , ancien Capitaine aux
Gardes de l'Empereur.
Nicolas - François , Comte de Rennel & du Saint:
Empire , feigneur de Méhoncourt , a été créé Secretaire
d'Etat du Duc Léopold , le 20 Février
1721 , puis fon Miniftre Plénipotentiaire au Congrès
de Cambrai , enfin Commiffaire de l'Empereur
pour faire l'extradition de fes Duchés de
232 MERCURE DE FRANCE.
Lorraine & de Bar. Il a été maintenu avec ceux
de fon nom & de fes armes dans le titre de Comte
du Saint Empire , par Arrêt du Conſeil d'Etat ,
rendu à Luneville le 31 Août 1730 ,& tous les titres
justificatifs de fa filiation & illuftration de fa maifon
, ont été reconnus & vérifiés par Arrêt du Parlement
de Nanci dù 26 Septembre 1736. Il eft
veuf du 17 Décembre 1745 , de Magdeleine de
Pons , mariée par contrat du 20 Février 1732 , &
fille de Claude- Alexandre , Marquis de Pons de
Rennepont , Marechal des Camps & Armées du
Roi , & d'Anne- Dorothée de Bettainviller. Il a de
ce mariage , 1º . Jofeph-Ignace - Dieudonné , Comte
de Rennel & du Saint Empire , né le 20 Juin
1734 , Officier au Régiment du Roi infanterie ,
mort le 19 Novembre 1755. 2 ° . Marguerite - Ga→
brielle , née le 20 Mars 1739 , dont nous annon-
Cons le mariage. 3 ° . Anne - Marie , dite Mademoi
felle de Senlis , née le 21 Avril 1741. 4° . Jeanne-
Henriette , dite Mademoifelle de Moreuil , née le
3 Juin 1743. 5 ° . Elifabeth- Gloffinde , appellés
Mademoiſelle de Florainville , née le 17 Décembre
1745 .
I
Jean- Baptifte- Henri , Comte de Rennel & du
Saint Empire , feigneur d'Amelecourt . Colonel
d'infanterie , fecond fils de François , Comte de
Rennel & d'Antoinette le Fevre , eft mort le 3
Août 1748. Il avoit épousé par contrat du 16 Décembre
1692 , Maric- Nicole , morte les Novembre
1703 , fille de Henri- Philippe de Baillivy ,
commandant les Gendarmes de la Garde du Duc
Charles IV , & de Marie - Louife- Françoise de Voil
lot de Valleroy. De ce mariage font fortis , 1°. Charles
-Jean- Baptifte , Comte de Rennel & du Saint
Empire , Capitaine aux Gardes du Duc Léopold ,
mort le 8 Août 1724 , laiffaut de fa femme ClauJUIN.
1756. 233
de - Catherine le Febvre de S. Germain , foeur du
Comte de ce nom , une fille unique Anne- Catherine
de Rennel , née le jour de la mort de fon
pere , & mariée par contrat du 24 Février 1744, à
Jean- Baptifte -Hyacinthe- Dieudonné , Marquis
de Treftondam. 2. Antoine- Africain , dit le Chevalier
de Rennel , Officier au Régiment de Neuperg
, tué le 9 Octobre 1716 , au fiege de Temefwar.
3. Charles- François , Comte de Rennel &
du Saint Empire , né le zo Septembre 17c1 , & tué
de 12 Septembre 1719. Il avoit épousé par contrat
du 11 Octobre 1723 , Anne-Françoife- Scholaftique
de Greiche , de laquelle il a eu Anne - Catherine
de Rennel , mariée par contrat du 12 Juillet
1742, à fon oncle à la mode de Bretagne , Jean-
François , Comte de Grieche , feigneur de Jalocourt
, fils unique de Nicolas , Comte de Greiche,
Chambellan du Duc Léopold , & de Marie - Catherine
du Châtelet , foeur de René- François , Marquis
du Châtelet , Lieutenant Général des Armées
de l'Empereur.
Balthafar , III du nom , Comte de Rennel de
Lefcut & du Saint Empire , Seigneur de Jarville
fils puîné de Balthafar , II du nom , Comte de
Rennel , & de Claude de Guerin du Montet , mentionnés
ci- deffus , fut fubftitué au nom de Lefcut
par fon ayeule Barbe de Lefcut. Il mourut âgé de
quatre- vingts ans , lé 26 Octobre 1707 , ayant eu
de fon mariage , contracté le 8 Juillet 168 avec
Elizabeth , fille unique de Charles de Vitton , Seigneur
de Valfroicourt , Jean-Sigifbert , Comte
de Rennel de Lefcut & du Saint Empire , Confeil.
ler d'Etat du Duc Léopold , & fecond Préſident à
Mortier au Parlement de Nanci , décédé le 29
Juillet 1707. Il avoit épousé par Contrat du 3
Février 1687 , Catherine de Huyn , Dame de Bet234
MERCURE DE FRANCE.
toncourt, morte le Décembre 1741 , de laquelle
il cut , 1º. Thomas- Balthafar qui fuit. 2º. Jean-
Jofeph , Comte du Saint Empire , mort Chanoine
de S. Diez , le 20 Mars 1736. 3°.Charles, Comte
du Saint Empire , dit le Chevalier de Lefcut ,
ancien Capitaine aux Gardes du Duc de Lorraine.
4. Marguerite , veuve , du 4 Août 1751 , de Paul-
Melchior- Henri , Seigneur de Seichamps. 5 ° . Elifabeth
Catherine , morte le 5 Novembre 1751
femme de François de Lançon , Commandant à
Belle-ifle. 6°. Françoife , dite Mlle de Rennel , 7º.
Catherine , morte Religieufe en 1729.
Thomas - Balthafar, Comte de Rennel de Lefcut
& du Saint Empire , Seigneur de Bettoncourt , Capitaine
aux Gardes du Duc de Lorraine , mort le
17 Novembre 1749 , avoit épousé par Contrat du
26 Septembre 1722 Marie- Anne de Hoffelife , décédée
le 27 Mai 1730 , fille de Céfar de Hoffelife,
Seigneur de Burthecourt & de Chambrey , Capi
taine au Régiment de la Fere , & d'Antoinette de
Bouvet , Dame de Robert-Efpagne . De ce maria,
ge font fortis , 1 ° . Jofeph- Balthafar , Comte de
Rennel de Lefcut & du Saint Empire , Seigneur
de Bettoncourt , Burthecourt & Robert-Efpagne
né le 21 Août 1726 , qui donne lieu à cet article.
2°. Catherine- Gabrielle , mariée le 12 Avril 1746,
à Jean - Baptifte , Baron de Mahuet & du Saint
Empire , Comte de Mailly , dit le Comte de
Coyviller. 3 °. Marie- Therefe , dite Mlle de Lef
cut. 4°. Marguerite , dite Mlle de Burthecourt.
M. Conftant de Rebecque , Général au ſervice
'Hollande , Colonel d'un Régiment Suiffe de
fon nom , eft mort en Suiffe à Lauzanne , pays
de Vaux , canton de Berne , au commencement
de cette année , âgé de 79 ans . La famille de
Conftant de Rebecque eft d'une ancienne Nobleffe
JUIN. 1756. 235
originaire d'Artois , où elle a poffédé plufieurs
terres , & a eu des Charges honorables dans différentes
Cours . Elle a fourni des Chevaliers de S.
Jean de Jérufalem , & s'eft retirée en Suiffe après
les guerres de Religion.
Fermer
Résumé : « Madame la Comtesse de Noailles accoucha le 17 Avril d'un fils, [...] »
Le texte relate plusieurs événements et généalogies au sein de la noblesse française et suisse. Le 17 avril, la Comtesse de Noailles a donné naissance à un fils, Louis-Marie, baptisé par le Bailly de Froulay et la Duchesse douairière de La Vallière. Louis-Marie portera le titre de Chevalier d'Arpajon et bénéficiera d'un privilège accordé à son arrière-grand-père, le Duc d'Arpajon, dans l'Ordre de Malte. Ce privilège permet à un descendant aîné d'ajouter la Croix octogone de Malte à ses armes et de devenir Chevalier à la naissance, grand Croix à seize ans. Le texte mentionne également le Sultan Ibrahim menaçant l'île de Malte et le Duc d'Arpajon allant à son secours. En reconnaissance, le Grand Maître de l'Ordre de Malte accorde un privilège singulier à la famille d'Arpajon. Dame N..., veuve de Messire Yves Jean-Baptiste de La Boissière, Comte de Chambors, a accouché en février d'un fils, Louis-Joseph-Jean-Baptiste, baptisé par le Dauphin et la Dauphine au château de Versailles. Joseph-Balthazar, Comte de Rennel, a épousé Marguerite-Gabrielle de Rennel, sa cousine, le 5 février à Méhoncourt en Lorraine. La maison de Rennel, établie en Lorraine, est illustre par son ancienneté et ses alliances. Richard de Rennel, Chevalier, a combattu à la bataille de Montcaffel en 1328. Plusieurs générations de la famille Rennel sont détaillées, avec leurs titres, alliances et services militaires. Le texte mentionne également des naissances, mariages et décès au sein de la famille Rennel, ainsi que leurs titres et fonctions, comme Conseiller d'État, Capitaine, et Prélat-domestique du Pape. La famille de Constant de Rebecque, originaire d'Artois, a possédé plusieurs terres et occupé des charges honorables dans diverses cours. Elle a compté parmi ses membres des Chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Après les guerres de Religion, la famille s'est retirée en Suisse. Le décès de Charles de Constant de Rebecque est mentionné, survenu à de Vaux, dans le canton de Berne, au début de l'année 1756, à l'âge de 79 ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19
p. 185-195
ALLEMAGNE.
Début :
On a fait pendant trois jours dans toutes les Eglises, des prieres [...]
Mots clefs :
Vienne, Impératrice Reine de Hongrie et Bohême, Ordonnances, Bratislava, Seigneurs, Maison d'Esterhasi, Régiments, Prince Picolomini, Baron de Buccow, Ratisbonne, Rescrit de l'Empereur, Électeur de Saxe, Violences, Diète, Roi de Prusse, Dresde, Batailles, Officiers, Ministre plénipotentiaire de l'Impératrice de Russie, Déclaration, Berlin, Sieur d'Oppren, États généraux des Provinces-Unies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE VIENNE , le 25 Septembre.
On a fait pendant trois jours dans toutes les
Eglifes , des prieres publiques pour la profpérité
des Amesde l'Impératrice keine. Cette Princeffe
a ordonné que les Chambres de fes Finances fourniffent
sing kieutzers par jour pour chacun des
garçons , depuis l'age de huit ans jufqu'à feize ,
qui doivent être transférés de Boheme en Autriche.
Ceux depuis feize ans jufqu'à quarante- cinq ,
formeront un Corps de Milices. Ils auront fept
kreutzers de paie par jour , & on leur donnera
186 MERCURE DE FRANCE.
un uniforme. Lorfque la tranquillité ſera rendue
à l'Allemagne , on les renverra chez eux .
DE PRESBOURG , le 26 Septembre.
En attendant les réfolutions que les Etats de
Hongrie prendront pour fournir à l'Impératrice
Reine les fecours néceffaires dans la conjoncture
préfente , plufieurs Seigneurs ont fait éclater d'avance
le zele dont ils font animés. La Maiſon
d'Efterhafi a donné l'exemple , & elle a offert la
premiere de lever à fes dépens un Régiment.
Quelques autres des Maifons les plus confidérables
de ce Royaume ont fait la même offre . Elles
ont été imitées par divers Evêques & riches Bénéficiers.
Du Quartier Général du Prince Picolemini à
Spalena-Lhotka , le 29 Septembre 1756 .
Le Baron de Buccow , Lieutenant - Feld- Maréchal
, qui étoit en avant pour obferver les monvemens
du Feld- Maréchal de Schwerin , ayant
appris que ce Général s'avançoit en forces , fe
replia fur Slavietin , enfuite à Oberb'eff , & le
21 il fe pofta derriere le pont de Schmirlitz. Le
22 il détacha le Baron Lufinski , Colonel Commandant
du Régiment de Feftetitz , avec quatre
cens Dragons des Régimens de Bathiani & de
Collowrath , & cent cinquante Huffards pour inquiéter
les ennemis. A la pointe du jour , le
Baron Lufinsky découvrit quelques E'cadrons
Pruffiens. Il les fit attaquer par fes Huffards. Les
Dragons de Bathiani & de Collowrath , fans attendre
l'ordre , donnerent de leur côté avec fureur.
Les Escadrons ennemis furent culbutés . Leur
perte monte à trois cens hommes , & on leur a
NOVEMBRE . 1756. 187
fait plufieurs prifonniers . Du côté des Autrichiens,
il eft reſté cent vingt Dragons ou Huffards fur le
champ de bataille. Aujourd'hui les troupes du
-Feld - Maréchal de Schwerin ont fait un grand
fourrage. Le Régiment de Bethléem entra hier
dans notre camp.
DE RATISBONNE , le 7 Octobre.
Voici l'Extrait du Refcrit que l'Empereur a addreffé
au Roi de Pruffe. « Nous François , par la
» grace de Dieu , Empereur des Romains , &c.
» Non feulement il eft notoire à tout l'Empire ,
mais il nous a été repréſenté par S. M. le Roi
» de Pologne Electeur de Saxe , que V. M. Electeur
» de Brandebourg étoit tombée hoftilement , par
» deux endroits , fur les Etats Electoraux de Saxe
avec une armée d'environ foixante mille hom-
» mes ; qu'Elle s'étoit emparée de la plus grande
partie de ces Etats ; que dès que vos troupes y
» furent entrées , elles commencerent par exiger
> du pays une quantité de livraiſons , qui alloit
beaucoup au-delà de fes facultés ; qu'on enleva
» aux Sujets leur bétail , leurs chevaux & leurs Va-
>>lets : qu'on s'empara de Léipfick , ainfi que des
> autres Villes ; qu'on faifit & dépouilla toutes les
caifles; qu'il fut défendu , fous peine de la vie ,
» à tous les Caifliers , Confeillers de Ville ,
» Marchands & autres Sujets , de rien payer dé-
»formais à l'Electeur de Saxe , & qu'ils eurent
>>ordre de remettre à Votre Majefté toutes les rentes
, accifes , tailles , & autres impôts du pays.
» que V. M. a fait prifonniers tous les Militaires
ɔɔde l'Electorat , qui font tombés en votre puif-
» fance ; & que même , contre le droit des gens ,
won a retenu plufieurs jours , comme tel , le
ISS MERCURE DE FRANCE.
» Général Méager que l'Electeur fon Maître avoi
envoyé vers vous avec des lettres : enfin que de
»telles hoftilités ont obligé le Roi de Pologne :
Electeur de Saxe , d'abandonner ſa réfidence ce
»Drefde , & d'aller chercher avec les troupes un
»azyle , qui pût affurer fa liberté d'Etat de l'Emmpire.
De plus, la Déclaration que V. M. a fait
»publier à Berlin , ne nous a pas permis d'igno-
»rer, que fes grands préparatifs de guerre étoient
deftinés contre les Etats Royaux & Electoraнx
» de Boheme , & qu'Elle alloit envahir encore
» d'autres Provinces de l'Empire . V. M. doit
>> reconnoître d'Elle - même que des vexations
>>auffi inouis contre l'Electorat de Saxe , les vio-
»lences & les pillages de vos troupes , leurs mena-
Dces de ravager tout par le fer & par le feu , la
» marche annoncée contre d'autres Etars , font
directement oppofées aux Loix de l'Empire. Ces
»entrepriſes bleffant notre autorité Impériale & la
»dignité de l'Empire , & renverfant toute la Confwtitution
du Corps Germanique , Nous nous
voyons indifpenfablement obligés , en vertu de
»notre Office Impérial , de remplir ce qu'exigent
» de nous l'adminiſtration de l'autorité qui nous
»a été confiée ; les Libertés de l'Allemagne ; la
> fûreté commune de tous les Etats de l'Empire ;
>>la tranquillité publique ; & les fermens folem-
»nels que nous avons faits d'obferver notre Ca-
»pitulation Impériale. A ces Cauſes , & par la
»plénitude de notre Pouvoir , nous commandons
très-férieufement à Votre Majefté , de faire ceffer
>> incontinent toutes violences contraires au repos
»public , & de renoncer à toute invaſion dans l'E-
>>lectorat de Saxe & dans d'autres pays de l'Allemagne.
Nous vous enjoignons de retirer vos
troupes fans aucun délai , & de ceffer des armeNOVEMBRE
. 1756. 189
X
mens dangereux pour la fûreté générale de l'Em-
» pire ; de réparer tous les dommages commis
» de reftituer ce qui a été pris ; & de nous infor-
» mer de l'exactitude avec laquelle vous aurez exécuté
ces ordres. Donné à Vienne , le 13 Septem
» bre 17:56. ”
Le Décret envoyé à la Diete par l'Empereur ,
n'eft pas conçu dans des termes moins forts . Il finit
ainfi . « Comme il ne faut rien négliger pour
>> arrêter le cours du défordre , & que le preflant
» danger où le trouve l'Electeur de Saxe , exige
>> une très prompte affiftance , on rappelle tous les
Habitans ou Naturels de l'Empire , qui font em,
» ployés au fervice & à la préfente expédition du
» Roi de Pruffe Electeur de Brandebourg. On re-
» commande auffi à tous les Cercles de l'Empire
de fecourir promptement la Paitie fouffrante
»comme il eft de leur devoir , & de ne pas per-
»mettre que dans leurs Diftricts il foit fait aucunes
levées pour l'Aggreffeur. S. M. Impériale ne
doute pas que ces Cercles ne voient d'eux mê-
» mes le péril qui menace chaque Etat en parti-
> culier & tout l'Empire en général. Certainement
»ils prévoient les maux qui réfulteroient d'un
bouleverſement total du Corps Germanique . Ils
»conçoivent qu'après la ruine des principaux
Etats , il ne refteroit aux autres que d'éprouver
»le même fort ; & que , l'occaſion le préfentant
Oppreffeur ne manqueroit pas de leur ravir
leurs Poffeffions , leurs Droits , leurs Libertés ,
& ( ce que les Membres de l'Empire ont de plus
»précieux ) , leur indépendance de leurs Co -Etats.
Ainfi S. M Impériale eft perfuadée que , fur des
>conſidérations fi importantes , ils fecoureront
de tout leur pouvoir l'Etat qui a été le premier
Denvahi, afin de prévenir le malheur de l'être eux190
MERCURE DE FRANCE.
» mêmes dans la fuite . Cependant comme d'un côré
les arrangemens concernant ce lecours exi-
» gent une nouvelle Ordonnance de l'Empire , &
» que de l'autre il est néceffaire de prendre des mefures
pour mettre déformais l'Allemagne en fû-
» reté , S. M. Imp. n'a pas voulu différer d'expo-
»fer , ainfi qu'Elle fait par la Préfente , aux Elec-
>> teurs , Princes & Etats , le danger éminent dont
>>l'Empire eft menacé , & ce qu'Elle a fair pour
mécarter l'orage. Elle leur déclare en même temps,
qu'elle défire d'eux qu'ils fe réuniffent inceffa
ment pour contribuer aux fecours qui doivent
Dêtre fournis , & qu'ils faffent part de leur délibé-
>> ration à S. M. Imp. , afin qu'on prenne de con-
» cert une réfolution ferme & Patriotique . Signé à
Vienne , le 14 Septembre 1756. »
la
Dans une nouvelle Déclaration qui paroît de
part du Roi de Pruffe , il eft dit : Que l'état de
profpérité , où la Maifon Electorale de Brandebourg
fe trouve depuis le commencement de ce
fiecle , & le zele de cette Maifon pour le maintien
des droits de l'Empire, & pour l'intérêt de la cauſe
Proteftante , ont excité contre S. M. Pruffienne
les vues de la Cour de Vienne , & ont animé cette
Cour à former des entreprifes pour l'affoiblir ;
que la Cour de Drefde n'a pu diffimuler non plus
fa façon de penfer à cet égard , & les fentimens
de haine qu'elle portoit à S. M. Pruffienne ; que
ces difpofitions des deux Cours ont produit entre
elles un concert de mefures qui tendoient à l'écrafer
, Elle & fa Maiſon Electorale , ou du moins
à la mettre dans un état de médiocrité , qui la
réduisit au rang des Electeurs les moins puiffans
de l'Empire ; qu'on s'étoit proposé de parvenir à
ce but , en commençant par la dépouiller des
acquifitions dont la divine Providence a couronné
NOVEMBRE . 1756 . 191
fon zele pour la gloire & les véritables intérêts
du Corps Germanique . Le Baron de Plotho , Miaiftre
du Roi de Pruffe à la Diete , en remettant
cette Déclaration aux autres Miniftres qui compofent
cette affemblée , a ajouté : « Que comme
on avoit mis le Roi fon Maître dans la néceffité
de ne plus ufer de ménagemens fur les découvertes
qu'il a faites au fujet des intentions des
> Cours de Vienne & de Drefde , S. M. Pruf-
>fienne ne tarderoit pas à mettre au jour les
preuves qu'Elle avoit en main du projet médité
par ces deux Cours pour la fubverfion de la
Maifon Electorale de Brandebourg , & pour
lui faire fubir le joug qui menaçoit en même
temps le reste de l'Empire. »
DE DRESDE , le 4 Octobre.
On reçut avant-hier la nouvelle de la bataille
qui s'eft donnée le premier de ce mois dans la
plaine de Welmina , entre l'armée Autrichienne
commandée par le Feld - Maréchal de Browne , &
celle à la tête de laquelle eft le Roi de Pruffe.
Les troupes de part & d'autre ont combattu avec
une valeur extraordinaire , & l'action a été des
plus fanglantes. Diverfes lettres font monter la
perte des Pruffiens au double de celle des Autri➡
chiens. Les premiers ont commandé quatre cens
charriots , & enlevé de tous côtés des chevaux
pour conduire ici leurs bleffés . Entre les Officiers
de marque qui ont été tués dans l'armée du Roi
de Pruffe , on compte les Généraux de Kleift &
de Forcade , & les ieurs de Luderitz , d'Oertz , de
Driefen & de Quadt , Majors Généraux. La nuit
qui a fuivi l'action , chacune des deux armées a
couché fur le terrein qu'elle occupoit avant le
192 MERCURE DE FRANCE.
combat. Le lendemain , les Pruffiens font revenus
àleur camp près d'Auffig. Le Roi de Prufle s'attribuant
, ainfi que les Autrichiens , l'avantage de
la bataille , fit chanter avant- hier le Te Deum
dans ce camp , au bruit d'une triple falve d'artillerie
& de moufqueterie. Ce Prince fe rendit le
même jour à Gros- Sedlitz , où eft le principal
quartier des troupes qui bloquent le camp de
Pirna. Sa Majefté Prullienne a ordonné de lever
vingt-deux mille hommes de recrues dans cet
Electorat , & tout le pays fe trouve dans un tel
épuifement , que plufieurs Payfans prennent volontairement
le parti du fervice . L'armée Saxonne
a reçu de Boheme par l'Elbe un convoi de vivres.
Le fieur de Groffe , Miniftre Plénipotentiaire
de l'Impératrice de Ruffie , communiqua le 23 du
mois dernier aux Miniftres Etrangers qui font en
cette Ville , une Déclaration datée du 4 , & portant
en ſubſtance : « Que comme S. M. Impériale
»de Ruffie dans les préparatifs qu'Elle avoit or
»donné de faire au printemps dernier , n'avoit eu
»pour but que de fe mettre en état de remplir fes
Dengagemens avec les Alliés , fuppofé que quel-
» qu'un d'eux fût attaqué , ces préparatifs de terre
& de mer avoient été fufpendus , auffi- tôt qu'on
avoit pu ſe flatter , que ce cas n'exifteroit pas de
»quelques temps , afin que tout l'Univers pût
Dêtre convaincu que S. M. Imp . Cz. étoit auffi
néloignée de mettre l'Europe en allarme fans une
»néceffité extrême , qu'Elle étoit difpofée à fe-
» courir fes Alliés , lorſqu'ils étoient menacés d'at
taque . Que loin de reconnoître les fentimens de
wcette Princeffe à cet égard , le Roi de Pruffe ,
quoiqu'il fût demeuré tranquille pendant les
»préparatifs de la Ruffie , & même quelque temps
après qu'on les eût ceffés , avoit commencé à
»faire
NOVEMBRE . 1756. 193
faire tout d'un coup de fi puiffans armemens ,
qu'ils avoient donné lieu d'appréhender que le
feu d'une guerre n'éclatât inceffamment . Que
» cependant , pour ne pas multiplier les craintes ,
» & ne pas fournir à S. M. Pr. un prétexte appa-
>> rent de troubler la tranquillité publique, la Ruffie
s'étoit abftenue de faire aucun nouveau mouve-
» ment , dans l'efperance que le Roi de Pruffe ,
imitant cet exemple , ne voudroit pas être auteur
» de la renaiffance des troubles . Mais que ce Prin-
>> ce ayant continué d'armer de toutes les forces ,
» fans le moindre relâche , & fans en alléguer
d'autre raiſon que l'idée qu'il s'étoit formée
» d'avoir une attaque à craindre , il avoit parlà
» donné fuffisamment à connoître qu'il ne cher-
>> choit qu'un prétexte pour troubler le repos de
» l'Europe. Qu'il eft conftant en effet , que lorfque
le Roi de Pruffe a preffé fes armemens avec
» le plus d'ardeur , ceux de la Ruſſie avoient ceffé
» depuis longtems , & que ceux de l'Impératrice
Reine de Hongrie & de Boheme n'ont commencé,
que lorfque les mouvemens fucceffifs
>>des Pruffiens & l'augmentation de leurs forces
» ont donné lieu de craindre pour la Boheme
»& pour la Moravie , d'autant plus qu'on n'igno-
»roit pas le mécontentement que le Roi de Pruffe
» avoit conçu de la conclufion du Traité de Ver
failles , quoique ce Prince , en concluant celui
qu'il a fait avec la Grande-Bretagne , n'eût
guere paru fe metre en peine de ce qu'on pour-
»roit en penfer à la Cour de Vienne. Qu'il eft
» donc évident , comme il le paroît à S. M. Imp.
» Cz. , que le Roi de Pruffe doit être confidéré
>>comme le premier auteur des troubles qui vone
»éclorre , quoiqu'il ait affecté de publier qu'il
n'avoit pris toutes ces mesures que pour fe
IS
194 MERCURE DE FRANCE.
»défendre contre fes ennemis , lefquels n'ont
»exifté que dans la fuppofition qu'il en a faite .
Que c'eft néanmoins fur cette fuppofition qu'il
» s'eft cru en droit de faire demander à l'Impératrice
Reine de Hongrie & de Boheme une
explication , de même que fur les préparatifs
»de cette Princeffe , en ajoutant à cette demande
que fi la réponſe n'étoit pas à fon gré , il protef-
»toit devant Dieu qu'il ne feroit pas refponfable
des fuites qui en réfulteroient. Qu'attendu tou
»tes ces circonftances , l'Impératrice de Ruffie ne
peut cacher plus long - temps les véritables fentimens
dont Elle eft remplie à cet égard , ni
s'empêcher de déclarer , que comme Elle ne
»peut regarder d'un oeil indifférent toute invafion
» qui feroit faite dans les Etats de fes Alliés , par-
»ticuliérement dans les Etats de l'Impératrice
»Reine de Hongrie , & dans les Etats Electoraux
» de Saxe , Elle fournira un prompt & puiſſant
fecours à la Puiffance injuftement attaquée , &
qu'Elle ne fe croira nullement reſponſable des
»fuites que la conduite préfente & menaçante du
Roi de Pruffe entraînera après elle. »>
D
DE BERLIN , le 6 Octobre.
Le 3 de ce mois au matin , le fieur d'Oppen ,
Aide de Camp du Roi , arriva de Boheme , précédé
de quatorze Poftillons fonnant du Cor . Cet Officier
a remis aux deux Reines des lettres , par
lefquelles Sa Majefté informe ces Princeffes des
principaux détails de la bataille du premier de
ce mois. Le Prince François de Brunfwic vient
d'être fait Major Général .
Cette Cour a fait affurer les Puiffances , dont
les Sujets ont des fonds dans la Steur , qu'ils
NOVEMBRE. 1756. 195
recevront le paiement de leurs arrérages aux
termes de l'échéance , fans qu'il foit rien changé
aux arrangemens pris à cet égard . Sa Majefté
a fait donner en particulier les plus fortes affurances
fur cet article aux Etats Generaux des Provinces-
Unies.
DE VIENNE , le 25 Septembre.
On a fait pendant trois jours dans toutes les
Eglifes , des prieres publiques pour la profpérité
des Amesde l'Impératrice keine. Cette Princeffe
a ordonné que les Chambres de fes Finances fourniffent
sing kieutzers par jour pour chacun des
garçons , depuis l'age de huit ans jufqu'à feize ,
qui doivent être transférés de Boheme en Autriche.
Ceux depuis feize ans jufqu'à quarante- cinq ,
formeront un Corps de Milices. Ils auront fept
kreutzers de paie par jour , & on leur donnera
186 MERCURE DE FRANCE.
un uniforme. Lorfque la tranquillité ſera rendue
à l'Allemagne , on les renverra chez eux .
DE PRESBOURG , le 26 Septembre.
En attendant les réfolutions que les Etats de
Hongrie prendront pour fournir à l'Impératrice
Reine les fecours néceffaires dans la conjoncture
préfente , plufieurs Seigneurs ont fait éclater d'avance
le zele dont ils font animés. La Maiſon
d'Efterhafi a donné l'exemple , & elle a offert la
premiere de lever à fes dépens un Régiment.
Quelques autres des Maifons les plus confidérables
de ce Royaume ont fait la même offre . Elles
ont été imitées par divers Evêques & riches Bénéficiers.
Du Quartier Général du Prince Picolemini à
Spalena-Lhotka , le 29 Septembre 1756 .
Le Baron de Buccow , Lieutenant - Feld- Maréchal
, qui étoit en avant pour obferver les monvemens
du Feld- Maréchal de Schwerin , ayant
appris que ce Général s'avançoit en forces , fe
replia fur Slavietin , enfuite à Oberb'eff , & le
21 il fe pofta derriere le pont de Schmirlitz. Le
22 il détacha le Baron Lufinski , Colonel Commandant
du Régiment de Feftetitz , avec quatre
cens Dragons des Régimens de Bathiani & de
Collowrath , & cent cinquante Huffards pour inquiéter
les ennemis. A la pointe du jour , le
Baron Lufinsky découvrit quelques E'cadrons
Pruffiens. Il les fit attaquer par fes Huffards. Les
Dragons de Bathiani & de Collowrath , fans attendre
l'ordre , donnerent de leur côté avec fureur.
Les Escadrons ennemis furent culbutés . Leur
perte monte à trois cens hommes , & on leur a
NOVEMBRE . 1756. 187
fait plufieurs prifonniers . Du côté des Autrichiens,
il eft reſté cent vingt Dragons ou Huffards fur le
champ de bataille. Aujourd'hui les troupes du
-Feld - Maréchal de Schwerin ont fait un grand
fourrage. Le Régiment de Bethléem entra hier
dans notre camp.
DE RATISBONNE , le 7 Octobre.
Voici l'Extrait du Refcrit que l'Empereur a addreffé
au Roi de Pruffe. « Nous François , par la
» grace de Dieu , Empereur des Romains , &c.
» Non feulement il eft notoire à tout l'Empire ,
mais il nous a été repréſenté par S. M. le Roi
» de Pologne Electeur de Saxe , que V. M. Electeur
» de Brandebourg étoit tombée hoftilement , par
» deux endroits , fur les Etats Electoraux de Saxe
avec une armée d'environ foixante mille hom-
» mes ; qu'Elle s'étoit emparée de la plus grande
partie de ces Etats ; que dès que vos troupes y
» furent entrées , elles commencerent par exiger
> du pays une quantité de livraiſons , qui alloit
beaucoup au-delà de fes facultés ; qu'on enleva
» aux Sujets leur bétail , leurs chevaux & leurs Va-
>>lets : qu'on s'empara de Léipfick , ainfi que des
> autres Villes ; qu'on faifit & dépouilla toutes les
caifles; qu'il fut défendu , fous peine de la vie ,
» à tous les Caifliers , Confeillers de Ville ,
» Marchands & autres Sujets , de rien payer dé-
»formais à l'Electeur de Saxe , & qu'ils eurent
>>ordre de remettre à Votre Majefté toutes les rentes
, accifes , tailles , & autres impôts du pays.
» que V. M. a fait prifonniers tous les Militaires
ɔɔde l'Electorat , qui font tombés en votre puif-
» fance ; & que même , contre le droit des gens ,
won a retenu plufieurs jours , comme tel , le
ISS MERCURE DE FRANCE.
» Général Méager que l'Electeur fon Maître avoi
envoyé vers vous avec des lettres : enfin que de
»telles hoftilités ont obligé le Roi de Pologne :
Electeur de Saxe , d'abandonner ſa réfidence ce
»Drefde , & d'aller chercher avec les troupes un
»azyle , qui pût affurer fa liberté d'Etat de l'Emmpire.
De plus, la Déclaration que V. M. a fait
»publier à Berlin , ne nous a pas permis d'igno-
»rer, que fes grands préparatifs de guerre étoient
deftinés contre les Etats Royaux & Electoraнx
» de Boheme , & qu'Elle alloit envahir encore
» d'autres Provinces de l'Empire . V. M. doit
>> reconnoître d'Elle - même que des vexations
>>auffi inouis contre l'Electorat de Saxe , les vio-
»lences & les pillages de vos troupes , leurs mena-
Dces de ravager tout par le fer & par le feu , la
» marche annoncée contre d'autres Etars , font
directement oppofées aux Loix de l'Empire. Ces
»entrepriſes bleffant notre autorité Impériale & la
»dignité de l'Empire , & renverfant toute la Confwtitution
du Corps Germanique , Nous nous
voyons indifpenfablement obligés , en vertu de
»notre Office Impérial , de remplir ce qu'exigent
» de nous l'adminiſtration de l'autorité qui nous
»a été confiée ; les Libertés de l'Allemagne ; la
> fûreté commune de tous les Etats de l'Empire ;
>>la tranquillité publique ; & les fermens folem-
»nels que nous avons faits d'obferver notre Ca-
»pitulation Impériale. A ces Cauſes , & par la
»plénitude de notre Pouvoir , nous commandons
très-férieufement à Votre Majefté , de faire ceffer
>> incontinent toutes violences contraires au repos
»public , & de renoncer à toute invaſion dans l'E-
>>lectorat de Saxe & dans d'autres pays de l'Allemagne.
Nous vous enjoignons de retirer vos
troupes fans aucun délai , & de ceffer des armeNOVEMBRE
. 1756. 189
X
mens dangereux pour la fûreté générale de l'Em-
» pire ; de réparer tous les dommages commis
» de reftituer ce qui a été pris ; & de nous infor-
» mer de l'exactitude avec laquelle vous aurez exécuté
ces ordres. Donné à Vienne , le 13 Septem
» bre 17:56. ”
Le Décret envoyé à la Diete par l'Empereur ,
n'eft pas conçu dans des termes moins forts . Il finit
ainfi . « Comme il ne faut rien négliger pour
>> arrêter le cours du défordre , & que le preflant
» danger où le trouve l'Electeur de Saxe , exige
>> une très prompte affiftance , on rappelle tous les
Habitans ou Naturels de l'Empire , qui font em,
» ployés au fervice & à la préfente expédition du
» Roi de Pruffe Electeur de Brandebourg. On re-
» commande auffi à tous les Cercles de l'Empire
de fecourir promptement la Paitie fouffrante
»comme il eft de leur devoir , & de ne pas per-
»mettre que dans leurs Diftricts il foit fait aucunes
levées pour l'Aggreffeur. S. M. Impériale ne
doute pas que ces Cercles ne voient d'eux mê-
» mes le péril qui menace chaque Etat en parti-
> culier & tout l'Empire en général. Certainement
»ils prévoient les maux qui réfulteroient d'un
bouleverſement total du Corps Germanique . Ils
»conçoivent qu'après la ruine des principaux
Etats , il ne refteroit aux autres que d'éprouver
»le même fort ; & que , l'occaſion le préfentant
Oppreffeur ne manqueroit pas de leur ravir
leurs Poffeffions , leurs Droits , leurs Libertés ,
& ( ce que les Membres de l'Empire ont de plus
»précieux ) , leur indépendance de leurs Co -Etats.
Ainfi S. M Impériale eft perfuadée que , fur des
>conſidérations fi importantes , ils fecoureront
de tout leur pouvoir l'Etat qui a été le premier
Denvahi, afin de prévenir le malheur de l'être eux190
MERCURE DE FRANCE.
» mêmes dans la fuite . Cependant comme d'un côré
les arrangemens concernant ce lecours exi-
» gent une nouvelle Ordonnance de l'Empire , &
» que de l'autre il est néceffaire de prendre des mefures
pour mettre déformais l'Allemagne en fû-
» reté , S. M. Imp. n'a pas voulu différer d'expo-
»fer , ainfi qu'Elle fait par la Préfente , aux Elec-
>> teurs , Princes & Etats , le danger éminent dont
>>l'Empire eft menacé , & ce qu'Elle a fair pour
mécarter l'orage. Elle leur déclare en même temps,
qu'elle défire d'eux qu'ils fe réuniffent inceffa
ment pour contribuer aux fecours qui doivent
Dêtre fournis , & qu'ils faffent part de leur délibé-
>> ration à S. M. Imp. , afin qu'on prenne de con-
» cert une réfolution ferme & Patriotique . Signé à
Vienne , le 14 Septembre 1756. »
la
Dans une nouvelle Déclaration qui paroît de
part du Roi de Pruffe , il eft dit : Que l'état de
profpérité , où la Maifon Electorale de Brandebourg
fe trouve depuis le commencement de ce
fiecle , & le zele de cette Maifon pour le maintien
des droits de l'Empire, & pour l'intérêt de la cauſe
Proteftante , ont excité contre S. M. Pruffienne
les vues de la Cour de Vienne , & ont animé cette
Cour à former des entreprifes pour l'affoiblir ;
que la Cour de Drefde n'a pu diffimuler non plus
fa façon de penfer à cet égard , & les fentimens
de haine qu'elle portoit à S. M. Pruffienne ; que
ces difpofitions des deux Cours ont produit entre
elles un concert de mefures qui tendoient à l'écrafer
, Elle & fa Maiſon Electorale , ou du moins
à la mettre dans un état de médiocrité , qui la
réduisit au rang des Electeurs les moins puiffans
de l'Empire ; qu'on s'étoit proposé de parvenir à
ce but , en commençant par la dépouiller des
acquifitions dont la divine Providence a couronné
NOVEMBRE . 1756 . 191
fon zele pour la gloire & les véritables intérêts
du Corps Germanique . Le Baron de Plotho , Miaiftre
du Roi de Pruffe à la Diete , en remettant
cette Déclaration aux autres Miniftres qui compofent
cette affemblée , a ajouté : « Que comme
on avoit mis le Roi fon Maître dans la néceffité
de ne plus ufer de ménagemens fur les découvertes
qu'il a faites au fujet des intentions des
> Cours de Vienne & de Drefde , S. M. Pruf-
>fienne ne tarderoit pas à mettre au jour les
preuves qu'Elle avoit en main du projet médité
par ces deux Cours pour la fubverfion de la
Maifon Electorale de Brandebourg , & pour
lui faire fubir le joug qui menaçoit en même
temps le reste de l'Empire. »
DE DRESDE , le 4 Octobre.
On reçut avant-hier la nouvelle de la bataille
qui s'eft donnée le premier de ce mois dans la
plaine de Welmina , entre l'armée Autrichienne
commandée par le Feld - Maréchal de Browne , &
celle à la tête de laquelle eft le Roi de Pruffe.
Les troupes de part & d'autre ont combattu avec
une valeur extraordinaire , & l'action a été des
plus fanglantes. Diverfes lettres font monter la
perte des Pruffiens au double de celle des Autri➡
chiens. Les premiers ont commandé quatre cens
charriots , & enlevé de tous côtés des chevaux
pour conduire ici leurs bleffés . Entre les Officiers
de marque qui ont été tués dans l'armée du Roi
de Pruffe , on compte les Généraux de Kleift &
de Forcade , & les ieurs de Luderitz , d'Oertz , de
Driefen & de Quadt , Majors Généraux. La nuit
qui a fuivi l'action , chacune des deux armées a
couché fur le terrein qu'elle occupoit avant le
192 MERCURE DE FRANCE.
combat. Le lendemain , les Pruffiens font revenus
àleur camp près d'Auffig. Le Roi de Prufle s'attribuant
, ainfi que les Autrichiens , l'avantage de
la bataille , fit chanter avant- hier le Te Deum
dans ce camp , au bruit d'une triple falve d'artillerie
& de moufqueterie. Ce Prince fe rendit le
même jour à Gros- Sedlitz , où eft le principal
quartier des troupes qui bloquent le camp de
Pirna. Sa Majefté Prullienne a ordonné de lever
vingt-deux mille hommes de recrues dans cet
Electorat , & tout le pays fe trouve dans un tel
épuifement , que plufieurs Payfans prennent volontairement
le parti du fervice . L'armée Saxonne
a reçu de Boheme par l'Elbe un convoi de vivres.
Le fieur de Groffe , Miniftre Plénipotentiaire
de l'Impératrice de Ruffie , communiqua le 23 du
mois dernier aux Miniftres Etrangers qui font en
cette Ville , une Déclaration datée du 4 , & portant
en ſubſtance : « Que comme S. M. Impériale
»de Ruffie dans les préparatifs qu'Elle avoit or
»donné de faire au printemps dernier , n'avoit eu
»pour but que de fe mettre en état de remplir fes
Dengagemens avec les Alliés , fuppofé que quel-
» qu'un d'eux fût attaqué , ces préparatifs de terre
& de mer avoient été fufpendus , auffi- tôt qu'on
avoit pu ſe flatter , que ce cas n'exifteroit pas de
»quelques temps , afin que tout l'Univers pût
Dêtre convaincu que S. M. Imp . Cz. étoit auffi
néloignée de mettre l'Europe en allarme fans une
»néceffité extrême , qu'Elle étoit difpofée à fe-
» courir fes Alliés , lorſqu'ils étoient menacés d'at
taque . Que loin de reconnoître les fentimens de
wcette Princeffe à cet égard , le Roi de Pruffe ,
quoiqu'il fût demeuré tranquille pendant les
»préparatifs de la Ruffie , & même quelque temps
après qu'on les eût ceffés , avoit commencé à
»faire
NOVEMBRE . 1756. 193
faire tout d'un coup de fi puiffans armemens ,
qu'ils avoient donné lieu d'appréhender que le
feu d'une guerre n'éclatât inceffamment . Que
» cependant , pour ne pas multiplier les craintes ,
» & ne pas fournir à S. M. Pr. un prétexte appa-
>> rent de troubler la tranquillité publique, la Ruffie
s'étoit abftenue de faire aucun nouveau mouve-
» ment , dans l'efperance que le Roi de Pruffe ,
imitant cet exemple , ne voudroit pas être auteur
» de la renaiffance des troubles . Mais que ce Prin-
>> ce ayant continué d'armer de toutes les forces ,
» fans le moindre relâche , & fans en alléguer
d'autre raiſon que l'idée qu'il s'étoit formée
» d'avoir une attaque à craindre , il avoit parlà
» donné fuffisamment à connoître qu'il ne cher-
>> choit qu'un prétexte pour troubler le repos de
» l'Europe. Qu'il eft conftant en effet , que lorfque
le Roi de Pruffe a preffé fes armemens avec
» le plus d'ardeur , ceux de la Ruſſie avoient ceffé
» depuis longtems , & que ceux de l'Impératrice
Reine de Hongrie & de Boheme n'ont commencé,
que lorfque les mouvemens fucceffifs
>>des Pruffiens & l'augmentation de leurs forces
» ont donné lieu de craindre pour la Boheme
»& pour la Moravie , d'autant plus qu'on n'igno-
»roit pas le mécontentement que le Roi de Pruffe
» avoit conçu de la conclufion du Traité de Ver
failles , quoique ce Prince , en concluant celui
qu'il a fait avec la Grande-Bretagne , n'eût
guere paru fe metre en peine de ce qu'on pour-
»roit en penfer à la Cour de Vienne. Qu'il eft
» donc évident , comme il le paroît à S. M. Imp.
» Cz. , que le Roi de Pruffe doit être confidéré
>>comme le premier auteur des troubles qui vone
»éclorre , quoiqu'il ait affecté de publier qu'il
n'avoit pris toutes ces mesures que pour fe
IS
194 MERCURE DE FRANCE.
»défendre contre fes ennemis , lefquels n'ont
»exifté que dans la fuppofition qu'il en a faite .
Que c'eft néanmoins fur cette fuppofition qu'il
» s'eft cru en droit de faire demander à l'Impératrice
Reine de Hongrie & de Boheme une
explication , de même que fur les préparatifs
»de cette Princeffe , en ajoutant à cette demande
que fi la réponſe n'étoit pas à fon gré , il protef-
»toit devant Dieu qu'il ne feroit pas refponfable
des fuites qui en réfulteroient. Qu'attendu tou
»tes ces circonftances , l'Impératrice de Ruffie ne
peut cacher plus long - temps les véritables fentimens
dont Elle eft remplie à cet égard , ni
s'empêcher de déclarer , que comme Elle ne
»peut regarder d'un oeil indifférent toute invafion
» qui feroit faite dans les Etats de fes Alliés , par-
»ticuliérement dans les Etats de l'Impératrice
»Reine de Hongrie , & dans les Etats Electoraux
» de Saxe , Elle fournira un prompt & puiſſant
fecours à la Puiffance injuftement attaquée , &
qu'Elle ne fe croira nullement reſponſable des
»fuites que la conduite préfente & menaçante du
Roi de Pruffe entraînera après elle. »>
D
DE BERLIN , le 6 Octobre.
Le 3 de ce mois au matin , le fieur d'Oppen ,
Aide de Camp du Roi , arriva de Boheme , précédé
de quatorze Poftillons fonnant du Cor . Cet Officier
a remis aux deux Reines des lettres , par
lefquelles Sa Majefté informe ces Princeffes des
principaux détails de la bataille du premier de
ce mois. Le Prince François de Brunfwic vient
d'être fait Major Général .
Cette Cour a fait affurer les Puiffances , dont
les Sujets ont des fonds dans la Steur , qu'ils
NOVEMBRE. 1756. 195
recevront le paiement de leurs arrérages aux
termes de l'échéance , fans qu'il foit rien changé
aux arrangemens pris à cet égard . Sa Majefté
a fait donner en particulier les plus fortes affurances
fur cet article aux Etats Generaux des Provinces-
Unies.
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
En Allemagne, des prières publiques ont été organisées pendant trois jours pour la prospérité de l'âme de l'Impératrice Reine. Cette dernière a ordonné aux Chambres des Finances de fournir six kreutzers par jour pour chaque garçon âgé de huit à seize ans, transférés de Bohême en Autriche. Les jeunes âgés de seize à quarante-cinq ans formeront un corps de milices, recevront sept kreutzers de paie par jour et un uniforme, et seront renvoyés chez eux une fois la tranquillité rétablie. À Presbourg, plusieurs seigneurs ont offert de lever des régiments à leurs frais, imités par divers évêques et riches bénéficiaires. Le Baron de Buccow, Lieutenant-Feld-Maréchal, s'est replié face aux forces du Feld-Maréchal de Schwerin. Le Baron Lufinski a attaqué des escadrons prussiens, causant des pertes significatives. L'Empereur a adressé un écrit au Roi de Prusse, dénonçant les hostilités prussiennes en Saxe, les pillages et les exactions. Il a commandé au Roi de Prusse de cesser ces violences, de retirer ses troupes et de réparer les dommages. La Diète impériale a été informée du danger menaçant l'Empire et appelée à secourir l'Électorat de Saxe. Le Roi de Prusse a publié une déclaration accusant les cours de Vienne et de Dresde de conspirer contre la Maison Electorale de Brandebourg. Une bataille a eu lieu entre les armées autrichienne et prussienne, avec des pertes lourdes des deux côtés. Le Roi de Prusse a ordonné de lever des recrues en Saxe, malgré l'épuisement du pays. La Russie a suspendu ses préparatifs militaires, espérant éviter la guerre, mais le Roi de Prusse a continué d'armer. Le texte mentionne également les tensions croissantes en Europe, particulièrement entre le Roi de Prusse et l'Impératrice Reine de Hongrie et de Bohême. Le Roi de Prusse est considéré comme le principal instigateur des troubles, bien qu'il ait prétendu agir en défense contre des ennemis supposés. L'Impératrice de Russie a déclaré qu'elle fournirait un soutien rapide et puissant à toute puissance injustement attaquée, notamment les États de l'Impératrice Reine de Hongrie et les États électoraux de Saxe. Le 3 octobre, le sieur d'Oppen, Aide de Camp du Roi de Prusse, a apporté des lettres aux deux Reines détaillant la bataille du 1er octobre. La Cour de Prusse a également assuré les puissances ayant des fonds dans la Steur qu'ils recevraient le paiement de leurs arrérages aux termes prévus.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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20
p. 196-201
PAYS-BAS.
Début :
Le sieur de Kauderbach, Ministre Résident du Roi de Pologne Electeur de [...]
Mots clefs :
La Haye, Sieur Kauderbach, États généraux , Mémoire, Invasion, Electorat de Saxe, Seigneurs, La Reine, Traité de neutralité, Amsterdam, Tempête, Naufrages, Bruxelles, Bataille, Prussiens, Croates
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PAYS-BAS.
PAYS- BAS.
DE LA HAYE , le 8 Octobre.
Le fieur de Kauderbach , Miniftre Réſident da
Roi de Pologne Electeur de Saxe auprès des
Etats Généraux , leur a préfenté le 30 du mos
dernier le Mémoire fuivant .
« L'Invafion de l'Electorat de Saxe par les trou
»pes Pruffiennes eft un de ces attentats contre les
Loix refpectables des Nations , qui réclame de
»lui-même les fecours de toutes les Puiffances in
téreflées à conferver leur liberté & leur indépen-
>> dance.
» Le Roi , mon augufte Maître , a vu fes Etats
Héréditaires envahis dans le fein de la paix la
plus profonde , quoique S. M. ait évité avec
foin toutes les démarches qui auroient pa don
L
NOVEMBRE
. 1756.
197 . »ner la moindre ombre d'inquiétude
à fes voifins." » Dès les premieres
lueurs de méfintelligence >>entre les Cours de Vienne & de Berlin , S. M. a enjoint expreffément
à fes Miniftres d'annoncer
a toutes les Cours de L'Europe , qu'Elle étoit
d'ob-"
»refolue , dans les conjectures
préfentes , d'oc
»Terver la plus exacte neutralité. 251
297708
» Le fimple expofe des faits fuffira , pour dé- montrer à Vos Hautes Puiffances
, à quels ex- »ces on s'eft porté contre les Etats Héréditaires
du Roi , & de quelle importance
il eft pour tou- tes les Puiflances
d'arrêter un torrent , qui peut » les entraîner
elles- mêmes dans fa courfe . » Sa Majefté , fur le compte que je lui ai rendu »des premieres
impreffions
qu'a faites dans l'Etat »de V. H, P. l'entrée hoftile du Roi de Pruffe dans »fon Electorat , a reconny avec fenfibilité les fen- ntimens de l'ancienne
& conftante
amitié , qui
»lie le Roi avec votre République
. » Vous repréfenter
, Hauts & Puiffans
Seiun
Etat libre , tranquille
& neutre , en- »gneurs , yahi par un ennemi qui fe couvre des dehors de »l'amitié
, qui fans alléguer
le moindre
grief & la moindre
prétention
, mais fondé uniquement »fur la convenance
, s'empare
à main armée da toutes les Villes , & même de la Capitale
, dé- mande
les Places fortes comme Wittemberg
,
>>en fortifie d'autres comme Torgau , ce n'eft que »crayonner
foiblement
l'oppreffion
fous laquelle »gémiffent
les fideles Sujets de Sa Majefte, Les »Bourgeois
défarmés
, les Magiftrats
enlevés pour » fervir de garans des contributions
injuftes & enor- mes en vivres & en fourrages
, les caifles faifies » les revenus
de l'Electorat
confifqués
, les Arfe-
»naux de Drefde, de Léipfick, de Weiffenfels
& de »Zeitz , forcés, l'artillerie
& les armes pillées &
tij
198 MERCURE DE FRANCE.
tranfportées à Magdebourg , tous ces procédés
n'étoient qu'un préliminaire des traitemens
inouis qu'alloit effuyer une Reine , que les vertus
devoient rendre refpectable à fes ennemis
»mêmes. C'eſt d'entre les bras facrés de certe
Augufte Princeffe , qu'ont été enlevées avec
»menace & violence les Archives de l'Etat
malgré la fécurité fous laquelle S. M. croyoit
pouvoir vivre à l'abri des Loix divines & humaines
, & malgré les affurances réitérées qui lui
»avoient été données de la part du Roi de Pruffe ,
»que non feulement fa perfonne & fa réfidence
feroient en fûreté , mais même que la Garniſon
Pruffienne feroit fous fes ordres.
Cette Augufte & tendre Mère de fes fideles
» Sujets , reftés à Dreſde par un facrifice qu'Elle
»faifoit au bonheur des Saxons , comptoit du ſein
»du tumulte régir en fécurité les Etats de fon Augufte
Epoux ; que des foins également impor
tans avoient fait voler à la tête de fon armée ,
pour défendre fon honneur outragé , & rendre
au zele & à l'amour de fes peuples , ce qu'ils
Davoient lieu d'attendre de la valeur & de la fermeté
d'un Prince fi magnanime. Cette Princeffe
❤a vu ôter toute activité au Conſeil Privé , & fubftituer
au légitime Gouvernement un Directoire
arbitraire , qui ne connoît d'autre droit que fa
propre volonté.
Tels font , Hauts & Puiffans Seigneurs , les
premiers exploits d'un Prince , qui annonce
qu'il n'entreprend la guerre uniquement que
pour la défenfe de la liberté du Corps Germanique
, & pour la protection de la Religion Proteftante
, à laquelle il porte un coup d'autant
plus funefte , qu'il commence par écraſer ce même
Etat à qui cette Religion doit ſon établife,
10
1
1
။
NOVEMBRE. 1756: 199
>>ment & la confervation de fes droits les plus précieux
, en même temps qu'il enfreint toutes les
Loix refpectables , qui font l'union du Corps
Germanique , fous prétexte d'une défenfe , dontl'Empire
n'a befoin que contre lui -même.
Un Traité folemnel de Neutralité , offert par
»Sa Majefté , toutes les fûretés compatibles avec fa
>>fouveraineté , n'ont pu arrêter les projets formés
d'envahir & d'écrafer la Saxe. Le Roi , retiré
» dans ſon camp , n'a dû conſulter que fon honneur
& le zele de fes Sujets , pour rejetter , comme
elles le méritoient , les propofitions énor-
>>mes & inouies qu'on lui a faites , d'abandonner"
»durant cette guerre au Roi de Pruffe l'adminiftra-
»tion de ſes États & le commandement de fon ar
» mée.
» La cauſe de la Saxe eft commune à toutes les
Puiffances , puifque fon fort leur annonce celui '
» qu'elles doivent s'attendre d'éprouver , dès que
le Droit de Gens & la foi des Traités ne font plus
wun frein refpecté .
» Vos Hautes Puiffances verront , par la Copie
ci- jointe de la Déclaration que le Roi a fait publier
dans fon camp , que le Roi de Prufſe , en
» proteftant de n'être entré que comme ami en
» Saxe , n'exige pas moins que l'entier facrifice de
cet Electorat que fes prétentions énormes ont
wobligé Sa Majefté de déclarer à ce Prince
squ'Elle eft réfolue de défendre la jufte caufe jufqu'à
la derniere goutte de fon fang , plutôt que
d'accepter des conditions auffi odieufes & auffi
injurieufes à fa gloire.
» Dans la feconde annexe , V. H. P. remarqueront
que le Roi de Pruffe , dans l'expofé de:
fes motifs , qu'il a fait publier fous les yeux d'un '
Prince dont il fe dit ami , ne daigne pas feule--
Iiy
200 MERCURE DE FRANCE.
»ment alléguer de prétexte , pour colorer l'ufur-
»pation du territoire & des revenus de Sa Majeſté .
» Dans ces circonstances , le Roi attend de tou-
»tes les Puiffances , à qui l'honneur eft en recom-
»mandation , & en particulier de V. H. Puiffances
qui ont été de tout temps fi jaloufes de leur
liberté & de leur indépendance , qu'Eiles
»prêteront à Sa Majefté , par l'emploi de leurs
»bons offices & par d'autres moyens plus effica
ces , les fecours que tout Etat doit pour fon pro-
» pre intérêt à un autre Etat opprimé injuftement ,
quand même il ne feroit lié par aucun Traité. »
D'AMSTERDAM , le 11 Octobre.
On effuya le 7 de ce mois fur ces côtes une
affreufe tempête. Elle a caufé un grand nom
bre de naufrages. Quelques Vaiffeaux , entre
Jefquels on compte un Vaiffeau de guerre de
la République , & un Vaiffeau de la Compagnie
des Indes Orientales , ont péri au Texel. Quantité
d'autres ont été jettés fur le fable , ou pouffes
en pleine mer; & l'on n'a aucune nouvelle de
plufieurs de ces derniers.
DE BRUXELLES , le 16.Octobre.
Depuis l'arrivée du Courier , par lequel on a
reça la nouvelle de la bataille donnée en Boheme
le premier de ce mois , on a appris qu'un Détachement
confidérable de Pruffiens ayant paffé
l'Elbe pour enlever des fourrages fur la droite de
cette riviere , il a été attaqué au retour par un
corps de Croates ; que les ennemis ont eu près
de cinq cens hommes tués en cette occafion ; que
les Croates leur ont enlevé foixante - quatorze
NOVEMBRE . 1756. 201
mille rations de fourrage , & que le pont fur lequel
les Pruffiens avoient paffé la riviere , a été
brûlé.
DE LA HAYE , le 8 Octobre.
Le fieur de Kauderbach , Miniftre Réſident da
Roi de Pologne Electeur de Saxe auprès des
Etats Généraux , leur a préfenté le 30 du mos
dernier le Mémoire fuivant .
« L'Invafion de l'Electorat de Saxe par les trou
»pes Pruffiennes eft un de ces attentats contre les
Loix refpectables des Nations , qui réclame de
»lui-même les fecours de toutes les Puiffances in
téreflées à conferver leur liberté & leur indépen-
>> dance.
» Le Roi , mon augufte Maître , a vu fes Etats
Héréditaires envahis dans le fein de la paix la
plus profonde , quoique S. M. ait évité avec
foin toutes les démarches qui auroient pa don
L
NOVEMBRE
. 1756.
197 . »ner la moindre ombre d'inquiétude
à fes voifins." » Dès les premieres
lueurs de méfintelligence >>entre les Cours de Vienne & de Berlin , S. M. a enjoint expreffément
à fes Miniftres d'annoncer
a toutes les Cours de L'Europe , qu'Elle étoit
d'ob-"
»refolue , dans les conjectures
préfentes , d'oc
»Terver la plus exacte neutralité. 251
297708
» Le fimple expofe des faits fuffira , pour dé- montrer à Vos Hautes Puiffances
, à quels ex- »ces on s'eft porté contre les Etats Héréditaires
du Roi , & de quelle importance
il eft pour tou- tes les Puiflances
d'arrêter un torrent , qui peut » les entraîner
elles- mêmes dans fa courfe . » Sa Majefté , fur le compte que je lui ai rendu »des premieres
impreffions
qu'a faites dans l'Etat »de V. H, P. l'entrée hoftile du Roi de Pruffe dans »fon Electorat , a reconny avec fenfibilité les fen- ntimens de l'ancienne
& conftante
amitié , qui
»lie le Roi avec votre République
. » Vous repréfenter
, Hauts & Puiffans
Seiun
Etat libre , tranquille
& neutre , en- »gneurs , yahi par un ennemi qui fe couvre des dehors de »l'amitié
, qui fans alléguer
le moindre
grief & la moindre
prétention
, mais fondé uniquement »fur la convenance
, s'empare
à main armée da toutes les Villes , & même de la Capitale
, dé- mande
les Places fortes comme Wittemberg
,
>>en fortifie d'autres comme Torgau , ce n'eft que »crayonner
foiblement
l'oppreffion
fous laquelle »gémiffent
les fideles Sujets de Sa Majefte, Les »Bourgeois
défarmés
, les Magiftrats
enlevés pour » fervir de garans des contributions
injuftes & enor- mes en vivres & en fourrages
, les caifles faifies » les revenus
de l'Electorat
confifqués
, les Arfe-
»naux de Drefde, de Léipfick, de Weiffenfels
& de »Zeitz , forcés, l'artillerie
& les armes pillées &
tij
198 MERCURE DE FRANCE.
tranfportées à Magdebourg , tous ces procédés
n'étoient qu'un préliminaire des traitemens
inouis qu'alloit effuyer une Reine , que les vertus
devoient rendre refpectable à fes ennemis
»mêmes. C'eſt d'entre les bras facrés de certe
Augufte Princeffe , qu'ont été enlevées avec
»menace & violence les Archives de l'Etat
malgré la fécurité fous laquelle S. M. croyoit
pouvoir vivre à l'abri des Loix divines & humaines
, & malgré les affurances réitérées qui lui
»avoient été données de la part du Roi de Pruffe ,
»que non feulement fa perfonne & fa réfidence
feroient en fûreté , mais même que la Garniſon
Pruffienne feroit fous fes ordres.
Cette Augufte & tendre Mère de fes fideles
» Sujets , reftés à Dreſde par un facrifice qu'Elle
»faifoit au bonheur des Saxons , comptoit du ſein
»du tumulte régir en fécurité les Etats de fon Augufte
Epoux ; que des foins également impor
tans avoient fait voler à la tête de fon armée ,
pour défendre fon honneur outragé , & rendre
au zele & à l'amour de fes peuples , ce qu'ils
Davoient lieu d'attendre de la valeur & de la fermeté
d'un Prince fi magnanime. Cette Princeffe
❤a vu ôter toute activité au Conſeil Privé , & fubftituer
au légitime Gouvernement un Directoire
arbitraire , qui ne connoît d'autre droit que fa
propre volonté.
Tels font , Hauts & Puiffans Seigneurs , les
premiers exploits d'un Prince , qui annonce
qu'il n'entreprend la guerre uniquement que
pour la défenfe de la liberté du Corps Germanique
, & pour la protection de la Religion Proteftante
, à laquelle il porte un coup d'autant
plus funefte , qu'il commence par écraſer ce même
Etat à qui cette Religion doit ſon établife,
10
1
1
။
NOVEMBRE. 1756: 199
>>ment & la confervation de fes droits les plus précieux
, en même temps qu'il enfreint toutes les
Loix refpectables , qui font l'union du Corps
Germanique , fous prétexte d'une défenfe , dontl'Empire
n'a befoin que contre lui -même.
Un Traité folemnel de Neutralité , offert par
»Sa Majefté , toutes les fûretés compatibles avec fa
>>fouveraineté , n'ont pu arrêter les projets formés
d'envahir & d'écrafer la Saxe. Le Roi , retiré
» dans ſon camp , n'a dû conſulter que fon honneur
& le zele de fes Sujets , pour rejetter , comme
elles le méritoient , les propofitions énor-
>>mes & inouies qu'on lui a faites , d'abandonner"
»durant cette guerre au Roi de Pruffe l'adminiftra-
»tion de ſes États & le commandement de fon ar
» mée.
» La cauſe de la Saxe eft commune à toutes les
Puiffances , puifque fon fort leur annonce celui '
» qu'elles doivent s'attendre d'éprouver , dès que
le Droit de Gens & la foi des Traités ne font plus
wun frein refpecté .
» Vos Hautes Puiffances verront , par la Copie
ci- jointe de la Déclaration que le Roi a fait publier
dans fon camp , que le Roi de Prufſe , en
» proteftant de n'être entré que comme ami en
» Saxe , n'exige pas moins que l'entier facrifice de
cet Electorat que fes prétentions énormes ont
wobligé Sa Majefté de déclarer à ce Prince
squ'Elle eft réfolue de défendre la jufte caufe jufqu'à
la derniere goutte de fon fang , plutôt que
d'accepter des conditions auffi odieufes & auffi
injurieufes à fa gloire.
» Dans la feconde annexe , V. H. P. remarqueront
que le Roi de Pruffe , dans l'expofé de:
fes motifs , qu'il a fait publier fous les yeux d'un '
Prince dont il fe dit ami , ne daigne pas feule--
Iiy
200 MERCURE DE FRANCE.
»ment alléguer de prétexte , pour colorer l'ufur-
»pation du territoire & des revenus de Sa Majeſté .
» Dans ces circonstances , le Roi attend de tou-
»tes les Puiffances , à qui l'honneur eft en recom-
»mandation , & en particulier de V. H. Puiffances
qui ont été de tout temps fi jaloufes de leur
liberté & de leur indépendance , qu'Eiles
»prêteront à Sa Majefté , par l'emploi de leurs
»bons offices & par d'autres moyens plus effica
ces , les fecours que tout Etat doit pour fon pro-
» pre intérêt à un autre Etat opprimé injuftement ,
quand même il ne feroit lié par aucun Traité. »
D'AMSTERDAM , le 11 Octobre.
On effuya le 7 de ce mois fur ces côtes une
affreufe tempête. Elle a caufé un grand nom
bre de naufrages. Quelques Vaiffeaux , entre
Jefquels on compte un Vaiffeau de guerre de
la République , & un Vaiffeau de la Compagnie
des Indes Orientales , ont péri au Texel. Quantité
d'autres ont été jettés fur le fable , ou pouffes
en pleine mer; & l'on n'a aucune nouvelle de
plufieurs de ces derniers.
DE BRUXELLES , le 16.Octobre.
Depuis l'arrivée du Courier , par lequel on a
reça la nouvelle de la bataille donnée en Boheme
le premier de ce mois , on a appris qu'un Détachement
confidérable de Pruffiens ayant paffé
l'Elbe pour enlever des fourrages fur la droite de
cette riviere , il a été attaqué au retour par un
corps de Croates ; que les ennemis ont eu près
de cinq cens hommes tués en cette occafion ; que
les Croates leur ont enlevé foixante - quatorze
NOVEMBRE . 1756. 201
mille rations de fourrage , & que le pont fur lequel
les Pruffiens avoient paffé la riviere , a été
brûlé.
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Résumé : PAYS-BAS.
Le 8 octobre 1756, le ministre résident du roi de Pologne et électeur de Saxe auprès des États Généraux des Pays-Bas a présenté un mémoire relatant l'invasion de l'Électorat de Saxe par les troupes prussiennes. Cette invasion est qualifiée d'atteinte aux lois internationales, justifiant l'intervention des puissances souhaitant préserver leur liberté et indépendance. Le roi de Saxe, bien qu'ayant tenté de maintenir la neutralité, a vu ses États héréditaires envahis sans provocation. Le mémoire met en lumière les violences commises par les Prussiens, incluant l'occupation de villes, la fortification de places fortes et la confiscation des revenus de l'Électorat. La reine de Saxe a été particulièrement affectée, avec les archives de l'État saisies malgré les garanties de sécurité offertes par le roi de Prusse. Un directoire arbitraire a été imposé, remplaçant le gouvernement légitime. Le roi de Saxe a refusé les propositions prussiennes de renoncer à l'administration de ses États et au commandement de son armée. Il appelle les puissances européennes à soutenir la Saxe, affirmant que la défense de cet État est cruciale pour toutes les puissances, car elle protège le droit des gens et la fidélité des traités. Le roi de Prusse, malgré ses déclarations d'amitié, exige la capitulation totale de l'Électorat, ce que le roi de Saxe refuse, prêt à défendre sa cause jusqu'au bout.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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21
p. 207-208
DU NORD.
Début :
Un grand nombre de Seigneur se sont empressés de venir ici, [...]
Mots clefs :
Varsovie, Stockholm, Seigneurs, Impératrice Reine de Hongrie et Bohême, Roi de Prusse, Constantinople, Peste, Marche des soldats, Ordonnance, Marchandises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DU NOR D.
DE WARSOVIE , le 15 Novembre.
Un grand nombre de Seigneurs N fe font empref+
fés de venir ici , pour rendre leurs reſpects au Roi.-
Sur l'avis que les troupes Ruffiennes , qui mar
chent au fecours de l'Impératrice Reine de Hongrie
& de Boheme , paroiffoient vouloir prendre
leur route par la Pologne , le Roi de Pruffe a requis
la République de ne point leur accorder le
paffage . Sa Majefté Pruffienne , informée qu'on
lai fuppofe des vues préjudiciables aux intérêts des
habitans de Dantzick , les a fait affurer qu'Elle
étoit fort éloignée de penfer à leur donner aucun
fujet d'inquiétude.
On apprend de Conftantinople , que cette Capitale
de la Turquie eft prefque entiérement délivrée
de la pefte , mais que le mal contagieux fait
encore beaucoup de ravages dans quelques parties
de la Grece. Les mêmes lettres marquent que
dans le mois de Septembre il y a eu plufieurs fecouffes
de tremblement de terre en divers endroits
des Etats du Grand Seigneur.
por-
Les avis recus de Courlande & de Livonie
tent que les troupes Ruffiennes , deſtinées à agir
contre le Roi de Pruffe , ont été obligées par la
208 MERCURE DE FRANCE.
rigueur de la faifon , de fufpendre leur marche.
Ces avis ajoutent que le 7 de ce mois le Feld-
Maréchal Apraxin n'étoit pas encore arrivé à Riga.
DE STOCKOLM , le 17 Novembre.
Par une Ordonnance du 4 de ce mois , il eft
défendu de faire entrer en Suede toutes marchandifes
& denrées étrangeres , dont le Royaume,
peut abfolument fe paffer.
4
DE WARSOVIE , le 15 Novembre.
Un grand nombre de Seigneurs N fe font empref+
fés de venir ici , pour rendre leurs reſpects au Roi.-
Sur l'avis que les troupes Ruffiennes , qui mar
chent au fecours de l'Impératrice Reine de Hongrie
& de Boheme , paroiffoient vouloir prendre
leur route par la Pologne , le Roi de Pruffe a requis
la République de ne point leur accorder le
paffage . Sa Majefté Pruffienne , informée qu'on
lai fuppofe des vues préjudiciables aux intérêts des
habitans de Dantzick , les a fait affurer qu'Elle
étoit fort éloignée de penfer à leur donner aucun
fujet d'inquiétude.
On apprend de Conftantinople , que cette Capitale
de la Turquie eft prefque entiérement délivrée
de la pefte , mais que le mal contagieux fait
encore beaucoup de ravages dans quelques parties
de la Grece. Les mêmes lettres marquent que
dans le mois de Septembre il y a eu plufieurs fecouffes
de tremblement de terre en divers endroits
des Etats du Grand Seigneur.
por-
Les avis recus de Courlande & de Livonie
tent que les troupes Ruffiennes , deſtinées à agir
contre le Roi de Pruffe , ont été obligées par la
208 MERCURE DE FRANCE.
rigueur de la faifon , de fufpendre leur marche.
Ces avis ajoutent que le 7 de ce mois le Feld-
Maréchal Apraxin n'étoit pas encore arrivé à Riga.
DE STOCKOLM , le 17 Novembre.
Par une Ordonnance du 4 de ce mois , il eft
défendu de faire entrer en Suede toutes marchandifes
& denrées étrangeres , dont le Royaume,
peut abfolument fe paffer.
4
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Résumé : DU NORD.
Le 15 novembre, plusieurs seigneurs se sont rendus à Varsovie pour rendre hommage au roi. Le roi de Prusse a demandé à la République de ne pas permettre le passage des troupes russes, qui se dirigeaient vers l'impératrice reine de Hongrie et de Bohême. Il a également rassuré les habitants de Dantzick sur ses intentions pacifiques. À Constantinople, la peste a presque disparu, mais elle continue de sévir en Grèce. En septembre, des secousses sismiques ont été enregistrées dans divers endroits des États turcs. En Courlande et en Livonie, les troupes russes destinées à combattre le roi de Prusse ont suspendu leur marche en raison de l'hiver rigoureux. Le feld-maréchal Apraxin n'était pas encore arrivé à Riga le 7 novembre. Le 17 novembre, une ordonnance suédoise a interdit l'importation de marchandises et denrées étrangères dont la Suède peut se passer.
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22
p. 217-281
ÉTAT De la Vaisselle portée à la Monnoie de Paris.
Début :
Le Roi & la Famille Royale ayant jugé à propos d'envoyer à la Monnoie leur Vaisselle [...]
Mots clefs :
Vaisselle, Monnaie, Roi, Famille royale, Liste, Prince du sang, Seigneurs, Citoyens riches
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texteReconnaissance textuelle : ÉTAT De la Vaisselle portée à la Monnoie de Paris.
ÉTAT
De la Vaiffelle portée à la Monnoie de Paris:
LEROI & la Famille Royale ayant jugé à propos d'envoyer
à la Monnoie leur Vaiffelle d'argent pour fubvenir
aux befoins actuels de l'Etat , les Princes du Sang , les
Seigneurs de la Cour , & à leur exemple les Citoyens riches
, ont donné dans cette occafion les plus grandes
marques de zèle , en envoyant de même la leur . Voici la
lifte qui m'en a été remiſe.
Novembre 1759.
du 2 dud .
m.o.g.
1972.31 m. o. g.
M. le Duc d'Or
du 10 dud.
léans.
373-37 2691 6 2:
I
du 14 dud , 345.7 27.
M. le Prince
de Clermont ,
de Condé ,
M. le Comte
de Charolois.
M. le Comte
Mde la Princeffe '
de Conti ,
du 3 Déc. 110351
du 16 Nov. 81355
du 2 Nov. 842-75
du 24 Nov. 468 2
M. le Prince
du 13 Nov.
835 2
de Conti ,
M. le Comte
de la Marche ,
Mile de Sens ,
M. le Comte
d'Eu ,
Mde la Comteffe
de Toulouſe ,
M. le Duc de
Penthièvre,
I. Vol.
du 13 Nov. 204. 37
du 16 dud. 135.74
du 9 Nov.
du 2 dud.
340 33
.....
4345 I
1442 26
39064
6 } 2077 3 3
du 31 Oct. 1324. 25
i du 14 Nov. 753 .
31335
K
218 MERCURE DE FRANCE
Du 29 Octobre 1759.
Meffieurs
'de Silhouette , Contrôleur Gén .
le Comte de Mailly d'Haucourt.
( Autre envoi du 4 Novembre. )
Richard , Recev. gen. des Finan.
( Autre envoi du 12 Novembre. )
( Autre dudit jour.)
Du 30 Octobre.
Gooffens , Banquier.
Beaujon , Recev . gen. des Finan.
de Saint Vaft , Recev. gen, du 2 se.
de Boullongne , Confeiller d'Etat.
de la Borde , Banquier de la Cour.
Bertin , Recev. gen . des Part. Caf.
Boutin , Recev. gen . des Finan.
Dumas , Recev. gen. des Finan.
Marquet, Recev. gen. des Finan
de Bourgades , Munitionnaire
des Vivres.
m. 0. gà
GIS 7 I
210 I 4
174 7
T
1000 $
284
133 7 4
714 S
378 L
453 57
215 17
221 2 I
7
282 7.4
424 43
30635
Chauvelin , Confeiller d'Etat , In
tendant des Finances, 38544
415876
Du 31 Octobre.
Mad, la Marquise de Ximenés , 187 7 7
Roi.
Teixier , Intendant des Ecuries du
Geoffroy , Caiffier des Recettes générales
des Finances.
( Autre envoi le 17 Décembre )
de Saint - Jullien , Receveur gen.
du Clergé,
19 3
51567
321 $ 7
JANVIER. 1760. 219
Suite du 31 Octobre .
Meffieurs
de Bonneval , Tréſorier de la Maifon
de la Reine .
Watelet , Recev. gen . des Finan.
de la Ferté, Intendant des Menus.
Baur , Banquier.
de Lage , Recev. gen . des Finan
de Machault , ancien Garde解 des
Sceaux.
le Premier Préſident de la
Chambre des Comptes.
le Duc de Choiſeul , Secrétaire
m. 0. g.
*
152 53
167 1
39 36
5
280
9436
749 I 6
28973
d'Etat , Min. des affaires Errang . 1556 333
( Autre envoi du 2 Novembre.
Moufle de Georville , Tréforiergénéral
de la Marine .
le Prêtre , Trélorier gen. de la
Maifon du Roi.
( Autre envoi le 8 Novembre. )
Poujaud , Directeur des Fermes.
MM Bouret freres . 339 4 3
Bouret free
Plus des mêmes.
1
3383 42
( Autre envoi le 14 Novembre. )
205 7
157 6 3
105 6
677 77
(Autre envoi le 16 dudit . )
Daugny , Fermier général .
de Beaumont , Intendant des Finan.
le Duc de la Vauguyon .
de Villette , ancien Tréforier
442 S₁
217 6
435 13
gen.
420 265/
de l'extraordinaire des Guerres .
de Lifle , Munitionnaire général.
Darnay, Fermier général.
de Parfeval , Fermier général .
206 5 7
147 3 6
246 4 2
11971 31
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du . Novembre .
le Marquis de Marigny.
le Marquis de Lugeac , Commandant
des Grenadiers à cheval .
le Prince de Soubiſe , Maréchal de
France.
Plus a remis en or 5 m . 5 òn . 3 g.
& demi 30 g.
Autre-envoi le 14 Novembre.
m.o.g
35033
61. 4
1742 4 2
Du 2 Novembre .
14125 3
297 6 5 Dormeffon , Intendant des Finan
4 Autre envoi le 7 Novembre )
le Duc de la Valliere.
Mad, la Comteffe de Marfan.
Mad. la Princeffe d'Armagnac.
Herbin , Ecuyer de la bouche du Roi.
Plus a remis en or 5 on. 5 gros 18
Baron l'aîné , Notaire.
g .
le Bailly de Grille , Lieutenant -Général
des armées du Roi.
le Comte de Jarnac Rohan Chabot.
#
( Autre envoi du 6 Novembre. )
le Duc de Fleury .
3931 6
555
96 5
I
57 5 3
2117 2
288 6 I
89 27
439 2 2
( Autre envoi du $ Novembre.
Dargental , Confeiller d'honneur
au Parlement, & Miniſtre.
Mad. la Duch . de Brancas, Douairiere .
Daucourt , Fermier général.
Hocquard , Fermier général .
le Duc de Choifeul , Miniftre des
affaires Etrangeres.
( A réunir au 31 Octobre. )
218 5 4
61 "
1885 2
362 3
13.7
le Marquis de Grammont , Lieutenant-
Général des armées du Roi. 113
2
JANVIER. 1760. 221
Meffieurs
Mad. la Comt . de Teffé, Douairiere.
Suite du 2 Novembre.
de Villemur, Fermier genéral.
m. c. g.
172 4 4
372 6 5
18058 1
Du 3 Novembre .
Mad. la Marquife Saffenages. 232 22
Texier de Menetou , Receveur gen.
des Finances .
257 53
le Marquis de la Chenelaye.
245 66
le Comte de la Marck.
le Marquis de Loris.
50965
835
Paris du Verney.
Mlle le Borgne Brifeval .
Perfonnet , Inſpecteur des Ponts & Ch .
de Servandé , Recev . gen . des Fin..
Autre envoi le 9 Novembre. )
le Cardinal de Luynes.
Lignez , Chef de la Fruiterie du Roi.
le Marquis de Cremille , Lieutenant-
Général des armées & Miniftre.
le Duc de Biron l'aîné .
le Duc de Gontault.
( Autre envoi du 12 Novembre. )
Mad. la Marquise de Pompadour.
( Autre envoi le 17 Novembre. )
dé la Reyniere , Fermier général.
Berrier , Miniftre de la Marine.
le Maréchal de Belleifle , Miniftre
de la Guerre.
Collin , Tréforier de l'Ordre Militaire
de S. Louis.
Mlle le Duc.
87452
44 6
17 5 4
158 1 4
463 3
88 4 6
*
424 6
128 6 I
175 4 6
1781 I Z
359 3
29972
2023 2 3
195 6 1
203 I
26625.763
Kilj
222 MERCURE DE FRANCE .
Du 4 Novembre.
Meffieurs
de Preffigny , Fermier général.
de Pange , Tréforier général de
l'extraordinaire des Guerres .
le Maréchal Duc de Luxembourg.
( Autre envoi le 25 Novembre. )
le Comte de Saint Florentin , Secrétaire
d'Etat.
Paris de Montmartel.
Boutret , Echevin.
Mailly Daucourt.
( A réunir au 29 Octobre. )
Du 5 Novembre.
le Maréchal de Noailles.
Millin , Secrétaire du Roi.
l'Evêque de Verdun .
m : 0.
68
491 7
580 5 4
375 4 4
1804 2 4
122 3 5
20474
302737 2
83844
162
282 65
le Duc de Fleury .
( A réunir au 2 Novembre. )
de Boullongne , Trélorier de l'extraordinaire
des Guerres.
Dupont , Secrétaire du Roi , Envoyé
de Portugal .
Chateau , Secrétaire de l'Intendance
de Paris.
Mad. la Comteffe de Luzelbourg.
Mazade de Saint Breffan , Tréforier
général des Etats de Languedoc.
l'ancien Evêque de Limoges.
l'Abbé de Radouvilliers , Sous- précepteur
de M. le Duc de Bourgogne.
Puiffant , Fermier général.
de Vergne , Secrétaire du Roi.
de Beaumont , Fermier général.
57 46
368 26
7 6
2925
71 2.3
262 3
48 37
24 2
121 37
280 2.
434 67
JAN VIER. 1760. 223
Suite dus Novembre.
Meffieurs
le Duc de Duras.
Mad , la Comtelle de Baviere.
Pajot , Recev. gen. des Finan.
le Maréchal de Lautrec.
de Monginor , Secrétaire du Roi.
FAbbé de Broglie.
m. o. g.
609 5 7
6256
166.7 3
218 7
3563
337 2 6
de Roquemont, Commandant du Guet. 23
Binet , premier Valet de Chambre
du Roi. 162 63
Gabriel , premier Architecte. 14934
Mad, la Comteffe de S. Severin.
201 S
( Autre envoi le 12 Décembre. )
de la Boiffiere , Tréforier général des
Etats de Bretagne.
698 1 3
Borda , Fermier général.
de Fontpertuis , Fermier gén.
de Launay , ancien Tréforier gén, de
l'extraordinaire des guerres.
(Autre envoi du 21 Novembre. )
de Belleguife , Receveur gén. des Fin.
de Champlot , premier Valet de Ch.
du Roi.
le Comte de Mailly Rubempré, prem.
Ecuyer de Made la Dauphine.
( Autre envoi du 19 Novembre. )
PEmpereur, ancien Echevin.
Made Dupile.
Made la Marquife de Merangere.
Made de Savalette la veuve.
le Comte de Bethune , Ch. d'honn.
Bertier de Sauvigny , Intend. de la
Généralité de Paris.
T 374 I
202 3 4
12586
1347 3
173 4
108
187 27
273 3
17 4 2.
424 6
18 52
570 7
38598
224 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 6 Novembre.
Randon de Boiffet , Rec. g. des Fin.
Made la Marquise de Brancas.
Joly , Avocat .
le Maréchal de Coigny.
de Caze.
le Maréchal Duc de Biron.
Made la Princeffe de Carignan.
Gilly , Dir . de la Comp. des Indes.
l'Abbé de Breteuil , Chanc. de M. le
Duc d'Orléans .
Mlle Marie Moineau.
Made la Ducheffe de Grammont.
MM. de Montcrif, freres , l'un Lecteur
de la Reine.
m..o . g.
203 4
332.7.3
47 3 I
454 56
107 6
738
403 16
8-6
369 3
198
120 4 7674
2674
42 16
27042
140
277 2
3605 6
6557
Made la Comteffe de Lhôpital.
Boudrey , prem . Commis des Fin.
de Maupeou , ancien Prem . Préſid.
de Cypierre , Maître des Requêtes .
Pellerin , pr, Commis de la Marine.
le Comte de Jarnac Rohan Chabot,
( A réunir au 2 Novembre . )
Trudaine , Conf. d'Etat , Int. des Fin.
Dufour , Maître d'Hôtel du Roi.
le Comte de Courten ', Lieutenant ››
gén. des Armées du Roi.
Godeheu, Dir. de la Comp. des Indes.
Rothe , Dir. de la Comp. des Indes.
l'Allemand de Betz , anc. Ferm. gén .
le Comte de Brionne , grand Ecuyer.
Michel , Dir. de la Comp. des Indes.
de la Live d'Epinay , Fermier gén.
de Boullongne , grand Tréforier de
T'Ordre du S. Efprit. 1
Autre envoi le 7 Novembre. )
l'Evêque d'Orléans,
283 6 7
1233
175 15
275 3 3
2747
333 , 7 3
313 4
436 1 3
264922
bé
-397-7 7
25752
f
JANVIER. 1760. 225
Meffieurs
Suite du 6 Novembre.
Harvoin , Secrétaire du Roi.
Mad Maillard ,
Clairambaut , Généalogifte du Roi.
le Duc d'Aumont ,
pere.
Bourjot, Marchand de foie.
le Comte du Luc , Maréch . de camp.
de Gourge , Maître des Requêtes .
Peilhon , Secrétaire du Roi.
Bouret de Villaumont .
le Comte, Notaire.
le Comte de la Riviere , Commandant
des Moufquetaires noirs.
1
m. o. g.
60 3
8 17
23035
333 2 X
$7 I S
43 2 2
108 6 7
27655
311 6
68 26
23552
47394 65
Du 7 Novembre.
De la Bouexiere, Fermier général . 522 43
De Vaugrenant , Chevalier des Ordres
du Roi 379 6 3
Mad. De Buteler , Sous- Gouvernante
des Enfans de France. 157 7 2
Le Marquis de Broglie.
208 6 3
275 26
De Viarmes , Prevot des Marchands.
De Brou , Doyen des Confeillers d'Etat . 251 35
Bégon, Receveur Général des Finances. 18+
Briffard , Fermier Général.
Sainfon , Secrétaire du Roi & Moufquetaire.
Le Marquis de Villeroi.
Le Préfident Henault.
Dugatz , Ecuyer.
S
481
109 3 6
386 3
401 4 3
46 6
L'Abbé de Roileve de Chamballant ,
Préfident honoraire au Parlement de
de Bretagne.
Randon , Receveur Général des Financès.
143 7 6
32036
226 MERCURE DE FRANCE .
Suite du 7 Novembre:
Meffieurs
m. o . g.
Mlle Hus , de la Comédie Françoife. 107
de Montamand , Concierge du Palais
Royal.
de Laurimier , Maître de la Chambre
aux deniers du Roi.
Perriner du Pezeau , Receveur Général
des Finances .
Himber , premier Apoticaire du Roi.
le Duc , Tailleur du Roi.
Le Maréchal Prince d'Ifenghien."
Barbier , Marchand de la Cour.
Le Baron de Mufparault.
Mad. la Comteffe Dailly.
( Autre envoi du 10 Novembre )
Denis , Auditeur des Comptes.
Le Comte de Langeron , Lieut. Gén .
Mad.la Duchefle d'Elbeuf.
Le Prince de Turenne.
Blin des Marais , Banquier.
D'Ormeflon , Intendant des Finances.
( A réunir au 2 Novembre )
De Cramayel , Fermier Général . ·
De Neuville , Fermier Général .
L'Archevêque de Rouen.
De Boullongne , Grand Tréforier de
l'Ordre da S. Efprit.
( A réunir au 6 Novembre )
Jollivet de Vannes , Procureur du Roi
de la Ville.
Tourton , Banquier.
113
2
317
167 2
159 5
6
35 5
71447
De Villemorien , Fermier général.
MM. Petit , rue de la Magdeleine.
Périchon de Vandeuil , Régiffeur des
nouveaux droits.
47 552
20
40
6 3
9052
173 7 6
133 4 I
109 4
66 7 3
436 4
335 13
264 2 4
350 25
632
137
234 6 I
260 16
23 22
54.24
I
JANVIER . 1760. 227
Meffieurs
Suite du 7 Novembre.
Le Marquis de Matignon ,
m . 0.
g .
314 14
7626 Mazouret , Tréf. de France , à Paris .
Gaigne , prem.Val.Garde-Robe du Roi. 40
Mlle de Jarente , niéce de M. l'Evêque
d'Orléans .
De Bacquancourt , Me. des Requêtes.
Poultier , Confeiller d'Etat
Anniffon du Perran , Directeur de
l'Imprimerie Royale.
Maziere , Fermier général.
Mad. la Marquife d'Auffi , fous-gouvernante
des Enfans de France.
De Séchelle , Miniftre.
5.
5236
257 4 4
405 24
213 47 .
20376
$7 4 5.
Mad. Hérault, veuve du Conf. d'Etát . 127 6 6
De Moras , Miniftre.
Le Marg , duTerrail. Marcc. de Camp .
Philippe, anc. prem. Commis des Fin.
Delmoulins , Rec, gén, des Finances.
Le Duc de Nevers.
Bertin, Lieutenant de Police.
Plus 3 onces 5 gr. 21 gr.à 22 karas ..
Brion ancien Echevin.
de Simian, Dép . du Com. de Marfeille.
Choart , Recev, gén . des Finances .
Douet , Fermier général.
de
Cheneviere , pr,
Regnaud , Notaire.
Com , de la Guerre.
508 61
407 2 2½
221 1 11
108 I
2154 I
272 7
162 2 11
82 1 6
267 1 2.
337 3 S
so 2 7
33 3 11
Mad Chambon, veuve du Fermier gén. 146 I s
60366 1 Q
Du 8 Novembre,
Mad. Grimaud Dumas, 301 4 31
128 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 8 Novembre.
Meffieurs
Le Maréchal de Balincourt .
L'Abbé Alary, Prieur de Gournay.
Le Marquis de Béthune.
Mad. la Marquife de Mancini.
Geneve , marchand de foie.
Fortier , Incendant du Commerce.
Mad. la Comteffe de Liffemore .
Rouffin , Architecte .
Laloy , Bourgeois de Paris.
Plus en or , 2 onc. 9 gr. 18 grains.
Daalhieme , fils, Ecuyer.
Mad . la Ducheffe de Lauragais.
De Lauzy , Curé de S. Jac. la Bouch .
( Autre envoi du 10 Novembre.
Mlle Liard Davot , de l'Opera.
D'Argenlieu , Colonel d'Infanterie,
Mad. la Duchelle de la Valliere.
De Montcrif, Direct, des Fermes, 1
m. o.
g.
I
1803 2
175 3
..
111 26
134 I
87 24
111 32
153 4 4
48 4 4
19
28 5.6
110 3 7
108 4 2
57.7 6
191 6 7
2734
441332
Lević , Commiffaire au Châtelet.prove $950 3 Si
Richard , Fermier Général
Mad . Heynard de Ravannes.
·298.
290324-2.7
Mad.laMarq.d'Entragues , Douairiere , 140
Jannel , Intendant des Poftes.
Le Prêtre , Trél. gén. des troupes de
la Maiſon du Roi, en 8 jettons d'or,
2 onc. 3 gr. 1 grains.
( A réunir au 31 Octobre )
De Saint Fargeot, Avocat général .
De Cuiffy , Fermier général,
སྙ སྙམ
Prevôt, Tréforier général des Ponts &
Chauffées.
Dupont , Bourgeois de Paris .
Malon de Bercy, Me des Req. hon.
273 7.6
489 2
24 S
5767
•
149 2 I
2
*
Suite
JANVIER. 1760 . 229
Suite du 8 Novembre.
Meffieurs
Le Duc de Rohan,
Taitbour, Greffier de l'Hôtel de Ville.
Mad . la Marquile de Saint Remy.
De S. Hilaire, Maître d'Hôtel du Roi.
Le Curé de Meudon,
Le Marquis de Jumilhac , Commandant
des Moufquetaires gris.
Perriner , Fermier général.
Le Prince de Rohan .
Le Prince de Beauveau.
Bellin , Ingénieur de la Marine.
Dormeſſon , Préſident à Mortier.
Mlle Couturier .
De Coulombier , Agent de Change.
Mollet , Gentilhomme ord. du Roi.
L'abbé Mollet , frere du fufdit.
Doubre , Maître des Comptes.
Dupin , Fermier général.
Le Marquis de Roquépine.
Mollé , Pr. Préfident au Parlement.
De Salabéry , Confeiller d'Etat.
m. o. g.
951 27.
173 76
5875
155 4 7
14 S 3.
Bernard deMontigny, Rec. gén. des Fin.
Baillon , Horloger de Sa Majefté .
De Monin, Sécr. de M. le Pr. de Conty.
Le Comte de Maurepas , Miniftre .
Mefnard pere , Chanc. de l'Ordre .
Mad. la Marquife de S. Sauveur.
Mad . la Marquife de la Ferriere.
de la Rue , Bourgeois de Paris.
Mad. d'Hoppen , Nourrice de Meſd.
Victoire & Louife.
de Meflé , Privilégié des Gazettes
& Affiches.
I. Vol.
211 5 4
308 2
99 I
547 7 5
795 2
179 2
64 2 2-5
7 192
7635
51 3
45 6
325 II
46 3
602 I 3
357 3 45
260 5
109 4 E
11
K
2
2
2
448 3 I
4 2
1967
13
456 3 6
296
5762
L
29 7
230 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 8 Novembre.
Meffieurs
Mad. la Veuve Afforty , Médecin.
Du 9 Novembre.
Mad. de Vougny , veuve du Maître
des Requêtes.
Mad, la Vicomteffe Durtubit.
le Monnier , Fermier général ,
Aftruc , Maître des Requêtes.
Mad . la Ducheffe Dantin.
Marfollier , Secrétaire du Roi.
l'Abbe le Blond .
de Servandé , Recev . gen. des Fin.
( A rétablir au 3 Novembre. )
de Villars , ancien Capit. aux Gardes .
Cheron , Md . Bijoutier Jouaillier.
Leonard , Confeiller au Châtelet.
Mad, du Roncey , veuve de l'Ecuyer
de M. le Duc d'Orléans.
m.o.g
39-5
70807 6 3
de Viteman , ci- devant Intéreffé dans
les Fermes .
Mad. de Viteman femme du fuftit.
de la Genetiere , Tréforier de M. le
Prince de Condé .
de Savigny , ancien Capit. d'Infant.
Péron , Officier de la Chambre
du Roi.
de la Maisonneuve , Valet de Garderobe
du Roi.
Mad. de Fulvy.
Caron pere , Secrétaire du Roi , &
Payeur des Rentes .
Mad.la Marquife de Clermont Galle-
46 2
174 6 6
581 7 71
188 3 2
134 3 7
2877 42
124 4 I
I
20 3 61
16 4 71
I
75 172
246 3
225 24
226 I
9
83 7
201 3 £ 1
176 I 4
2835
144 2 6
2367
JANVIER, 1760. 232
Meffieurs
Suite du 9 Novembre.
rande, Dame d'Arour .
Chapvelin , ancien Garde des Sceaux .
Mad. Daverne , Place des Victoires.
Danic Dumouron , Entrepreneur des
Hôpitaux Militaires ; & fon frere.
Martinført , Munitionnaire des Vivres .
Senac , premier Medecin'du Roi.
le Riche de la Paupliniere, F. gen.
de Mornay , Gentilhom . ord . du Roi.
Mad. de Lagarde , veuve du F.
( Autre envoi le 17 Novembre. )
(:Autre envoi au se art, ci- après.
de Lautrec , Capit. aux Gardes Franç .
Teyraffe de Lolleda , Fermier du Roi.
Mlle Tronchet de Mainville.
gen.
le Baillif de Froulay , Amballa deur
de Malthe.
Mad. de Lagarde.
( A réunir au se art , ci-deſſus. )
Paul , Md. rue S. Denis , à la Reine
de France.
m.of.
2825
6137
188
47 4 I
17 7 3
19167
415 41
464 $ -3
733671
18 7
47 24
202 $ 2
255 I 3
1643
41 1 4
Dubuiffen , ancien Com . de la Guerre . 106 1 ;
le Comte de la Serre , Gouverneur
des Invalides .
Mad. la Marquife de la Force .
Mad, la Duchelle de Brancas
le Duc de Chaulnes.
Mad. la Comteffe de Villemenard,
Prignaut de Beauregard , Noraire.
de Barjol , Ecuyer.
Dufour de Villeneuve , Maît .des Req.
Mad. la Maréchale de Villars .
Mad . la Marquife Dupleffis- Chatillon .
Boudier,chez M. le Comte de Brionne.
107 'S
64 12
26554
22146
105 7 5
38 S
37 7 4
145 7 4
435 74
996 1
16 7 6
Lij
232 MERCURE DE FRANCE.
Suite du Novembre. 9
Meffieurs
Guoffe , Secrétaire de M. Dormeſſon ,
Intendant des Finances.
Wal , Valet de Chambre du Roi,
l'Abbé de la Ville.
1
de Crancé , Ecuyer de Madame la
Dauphine.
Thiroux de Montregard.
Bronod l'aîné , Notaire.
Du 10 Novembre.
Gaignat , Secrétaire du Roi honoraire .
Pantigny , Recev. gen . des Finances.
Mad. la Ducheffe de Lorges.
le Marquis de Scepeaux , Lieutenant
des Gardes du Corps.
le Comte de la Marck , Lieutenant
de Roi des Invalides .
m. 0. g.
215 2
147 I 6
23767
1937
60 I
335 54
797866
195 2 4
9067
148 2
57 I
de Lucé , Abbé de Turpennay .
le Févre , Ameriquain.
Mad. la Marquifé de Menard,
le Marquis de Rieux , Lieutenant-
Genéral des armées du Roi.
Glain , Peintre.
Regnier , Baillifde Verfailles.
le Tourneur , Lieut. de la Connétab .
de la Borde , ancien Fermier gen.
Bellanger , Secrét. du Roi , Notaire.
( Autre partie le 12 Novembre. )
42 I 5
t
2
37 3 3
2
5674
X
405 2 2
I
563 2
8627
317 1
2197 2
174 3 4
145
Coupart , Recev . gen . des Dom . & Bois . 199 I
le Préfident Rougault.
Sibire , Notaire.
Pelletier de Beaupré , Conſ. d'Etat.
170 7 I
116 7 f
318 3 4
JANVIER. 1760. 233
Suite du Q Novembre.
Meffieurs
de S. Vallery , Recev. gen. des Fin.
Barjoles , Ecuyer.
le Marquis de Janſon , Mar. de Camp .
Mlle de Bracq.
Baudon , Fermier général .
de la Porte , Secrétaire du Roi.
Aubert , Violon de l'Opéra.
Gautier de la Pommeray , Procureur
au Parlement .
Mad, la Marquife de Scoraille.
Darla , Quartinier de la Ville de
Paris.
Lorrain, premier Commis de M. de
Courteille.
Mad, la veuve Hibert , ci -devant
Marchande de Paris .
Janffin , Gentilhomme Anglois.
de Montarant , Maître des Requêtes ,
Intendant du Commerce.
de Lamanche , Notaire.
Teffier , Intendant des Ecuries &
Livrées du Roi.
Thevenin , Secrétaire du Roi , Payeur
de Rentes.
le Comte de Mailly , premier Ecuyer
de Madame la Dauphine.
( A réunir au រ Novembre. )
Foubeft , Lieutenant du premier
Chirurgien du Roi.
Raymond , Secrétaire du Roi.
Mad. la Comtelle Dailly.
( A réunir au Novembre. J
Foucault , Marchand de Vin
m. 0. g.
192 5 4
37 1 3
57
2
27 6 7
447 3 3
439 3
62
3057
77 7
101 4
55
18556
401 I 2
373 6
22.6
I
2
253461
166 5 2
367
183 2
2
167-5-61
467
Bood 1 7:
Li
234 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 10 Novembre.
Meffieurs
Cottin , Direct. de la Comp.des Ind.
Mercier , Marchand Orphévre ,
Confeiller de Ville .
Bernard , Marchand Epicier.
le Noir le jeune , Notaire.
Olivier , Marchand , rue des Arcis.
De Viers , ci-devant Md de drap.
Mad. Vatart, veuve du Sécr. du Roi.
Gueffier, Concierge de l'Hôtel des Ambaffadeurs
extraordinaires .
Garnier , Me d'Hôtel de la Reine.
Waimel de Launay.
Micault d'Harvelay, Gar. du Tr.Royal.
Le Comte de Lannion , Mar. de Camp.
Mad.la Marquife de Caftelmoron .
m. o. g.
256 7 6
8064
70 4 7
1543
55 3 3
29276
184 2 4
108 7 6
33147
207 I
171 7 -21
133 7 4
138 6
2
87375 7 4
Du Novembre.
Marfollierdes Vivetieres, Sécr. du Roi . 212 7 6
Collabeau , Syndic de la Compagnie
des Indes .
Pelletier , Fermier général.
439 5 6
64 6.7
88089 4
318 4 3
40 2 IT
2
481 2 2
29422
Du 12 Novembre.
Bernage , Confeiller d'Etat .
( Autre renvoi le 14 Novembre )
l'Abbé Junot, Aumôn, des Gard.Franç.
le Duc de Villeroi.
Chaillon de Joinville , Gentilhomme
ordinaire du Roi.
JANVIER. 1760 . 235
Meffieurs
Suite du 12 Novembre.
le Marquis de Laftic , Chef de Brigade
des Gardes du Corps.
Mad. Laurés.
Baron , Fermier du Roi .
Mad. la Marq . de Fenelon, Douairiere.
Mlle Deſchamps.
le Marq. de Raffetot, Cap. de Gend.
le Duc de Chevreufe .
le Doux , Receveur des Tailles.
Richard , Recev. gén. des Finances.
(Autre envoi au 28 Octobre )
le Comte de Rothe, Lieut. Général.
Mad . de Loifé.
Ferrand , Fermier général.
m. o. g.
I
233 5 2
101 5 2
74 7 I
170 6 3
45 6 2
111 6 •
523 52
363 7.72
129 I 2
191 6 4
29641
2
21726
le Marq. de Roncherolles, Lieut. gén. 194 3 3
Vanno, Fermier gén . des Etats de l'Infant
Dom Philippe.
de Montferrier , Syndic des Etats de
de Languedoc.
Mad. d'Urville, veuve du Sous-ferm .
la veuve Joft .
Baille , Conſeiller au Gr.Confeil.
{ Autre envoi ci- deſſous )
Hocquet, ancien munitionnaire.
("Autre envoi ci-deſſous )
Richer , Quartinier.
Mad. Compaut.
Coupart , Sécrétaire du Roi.
le Duc de Gontault.
( A réunir au 3 Novembre )
le Comte de Noailles.
Madi la Marquile d'Arpajon.
19 5 42
41 4
9656
39 5 7
2
147 7 S
44 7 I
24
255
298
21
4
I 228
203 5 6
2
ܐ܂
236 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 12 Novembre.
Meffieurs
Mad. Rolignol , veuve de l'Intentendant
de Lyon.
Dupont , Notaire.
Richard , Rec. Gén . des Fin .
( A réunir au 28 Octobre )
m.q.
80
so 7 .
I
F'Evêque de Chartres.
Hoquet , ancien munitionnaire.
( A réunir ci - deſſus )
Baille , Confeiller au Gr . Conſeil.
24 ( A`réunir¸ci -deſſus }
4
Mad. la veuve Lemoine , Valet de
garde-robe du Roi.
Breuzart , Doyen des Subftituts de M.
le Proc. Gén . du Gr . Confeil ..
Durand , Greffier au Châtelet.
Bellanger , Séc. du Roi , Notaire.
(A réunir au 10 Novembre )
Paty.
Cotte , Directeur de la Monnoye des
Médailles.
Jeaume , Banquier.
Mad la veuve le Prêtre, Rotiffear.
Pierre , Peintre du Roi ,
Arnoult , Auteur des Sachets contre
l'Apoplexie.
Cappron , Dentiſte du Roi.
le Maréchal de Contades.
Mad. Geoffrin , veuve du Séc. du Roi
ade Lauzy, Curé de S. Jacq. la Bouch.
( A réunir au 8 Novembre )
de la Chapelle , ancien premier Com
nis des Affaires Etrangeres.
P'Archevêque de Rheims
16 67
87 73.
32 -£
445 F
161 2 4
70 7
82
560 7.
273 I
287-352
166 7.4
# :I
108 5
21
2 $4 4 2
289 6-7
249 46
46:14
$77 3
2
JANVIER
. 1760 . 237
•
Suite du 12 Novembre .
Meffieurs
Tilferand , Garde -vaiffelle ordinaire
m. o. 3.
du Roi.
Du 13 Novembre.
Mad . la Marquise de Laſſay.
Prêtre , Marchand.
Guindre , Apothicaire de Madame la
Dauphine.
15375
94060 2 11
72465
168 7 S
53441
72 6!
245
f
212 7 11
257 2
3 .
Lieutaud , Médecin de Monfeigneur le
Duc de Bourgogne.
de Buffy , Secrétaire du Roi .
Duchêne , Prevôt des Bâtimens du Roi. 40
Philippe l'aîné.
le Comte de Houdelot, Cap . de Gend.
Tinel , Marchand.
Mad. la Marq . de Pertuis & M. fon fils
ci-dev . Col. au Rég , de Lufiguan.
le Maréchal d'Eftrées.
Bonnami Drotfin.
Rouffel , Fermier général .
Playet, Contrôl , des Bât, da Ro
Bergier , Agent de Change.
le Comte de Rohan Chabot.
Senffe , Secrétaire du Roi .
Barjol , Ecuyer.
de Brige , Ecuyer du Roi.
Paffot,anc.Tailleur de M. le Dauphin.
Rabuffeau , Bourgeois de Paris .
Doublet , Marchand .
Fériol d'Argental .
Mad. la Marquife du Guefclin.
40
175 2 5
768 2 61
2
34 7 71/
2
17 7 31
484 1.21
865212
134 3 4
192 I I
854
27 3.5
68
55 5
6
42 37
1364
60 64
238 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 13 Novembre.
Meffieurs
Sandrier, Entrepr. des Bâtim . du Roi.
Mad. Lievin , Bourgeoile de Paris.
Mile Lany , Danfeufe de l'Opéra .
Le Normand , Fermier général.
Mad. la Marquife de Mezaga .
de Guimps, Maître d'Hôtel de la Reine.
Mad. Fremier,du Palais Royal .
Mad. la Comteffe du Roure.
le Chevalier Judde .
de Fourqueux , Procureur Général de
la Chambre des Comptes,
Haudry , Fermier général.
le Quai , Pr . Commis de la Marine .
de Tourdonnais , Ecuyer du Roi.
Touchard , Officier de Madanie
la Dauphine.
Couvray , Secrétaire du Roi.
Mad . la Princeffe Talmont.
( Autre envoi ci- deſſous. )
Autre du 14 Novembre. )
de Faventines , Fermier général,
Morinay , Gentilhom. ord. du Roi.
de Cafaubon , Syndic de la Compagnie
des Indes .
le Prince de Robecq .
Mad . la Princeffe Talmont.
A réunir ci - deffus . )
Mad. la Préfidente Portail .
le Comte de Caraman.
Mad. Landet.
Chomel , Notaire & Echevin.
Autre envoi du 14 Novembre. )
Mad . Chomel.
m. org.
48 15
19 6 5
8 1 3
5564
3595 4
69.7 37
174 "
2955 3 >
381 1 II
2
6265
349 6 7
138 45
13 7 7
39 3 3
85 2 1
4967
237 442
2,547
321 6 1
285 24
92 7
186 6 7
160 25
I 1917 2
134.6
31 3
JANVIER. 1760. 139
Suite du 13 Novembre.
Meffieurs
le Marquis de Raffetot.
Maiziere , Recev. gen. des Fermes.
D'Invault , Intendant d'Amiens.
Dupont , Confeiller au Châtelet.
de Pommery , & Mad. de Floffac
fa belle- mere.
le Prince de Salm.
Du 14 Novembre.
Mad. la Marquife Dambre.
de Bernage , Confeiller d'Etat,
m. o. g.
6473
15953
359
1912
280 S } ;
87 3
105637 47
256 37
866
A réunir au 12 Novembre. )
Halma de Balmont , Gr. Audiencier
de France honoraire.
MM. Bouret freres .
A réunir au 31 Octobre, )
Bouillard , Intérellé dans les affaires
du Roi,
Coignard , Secrétaire du Roi.
Mad. la Duchefle de la Trémoille.
le Comte de la Billarderie .
André , Echevin .
le Bloeur , Echevin.
de la Croix , Dirceur des Domaines.
le Comte de Broglie.
de Villevaut , Maître des Requêtes ,
pour Madme la mere.
Hermant, Intéreffé dans les Affaires
du Roi.
Mad. la Princeffe Talmont.
( A réunir au 13 Novembre. )
Choppin , premier Préſident de la
Cour des Monnoyes,
392 26
82 S
190 3
166 3 3
164 4
132 4 4
44 4 2
40 4
I
276 6 2
163711
176651
224 I
376
108
761
240 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 14 Novembre.
Meffieurs
de Brezé , Préſident de la Cour des
Monnoyes.
Mad. la Comteffe de Guerchy.
le Cardinal de Bernis.
Chomel.
( A réunir au 13 Novembre. )
Dupré de la Grange.
Mad. Dodart.
Mad. Chevillon ..
Mad. Boutet.
Mad. Poiffonnier , Nourrice de M. le
Duc de Bourgogne.
le Page , & Mlle Hermens.
le Marquis de Caftres.
( Autre envoi le 23 Novembre, )
le Prince de Soubife.
( A réunir au premier Novembre. )
Mad. la Comteffe de Morville.
le Noir de Laye , ancien Fermier.
Mad. Beaumier.
de la Faye , Tréforier des 4 den.
& fa mere.
Mad. la Duch.de Beauvilliers , Douair.
le Marquis Defcars.
Rouffel , Conf. honor. au Parlem.
Boudet , Avocat.
Partyet, Intendant des Invalides .
Rivier , Gentilhomme fervant du Roi.
le Baron de Wels , Lieutenant- Colonel
d'Infanterie
Mad, la Comtefe de Rochefort.
le Marquis de Sourches.
Dangé , Fermier général .
m.
105 8
2942
82, I I
276
161 37
88 7
18 6 I
75 14
F
50462
126 1 42
252 14
3972
Iso 4 6
134 6 112
46
135 34
253 6 75
132 2 P
29866
523 1
16267
186
70 4 I
36 3 6
209.3
248 7
2
Suite
JANVIE R. 1760. 241
Suite du 14 Novembre.
Meffieurs
le Maréchal de Duras , & Madame
fon épouse.
Dufort , Introducteur des Ambaſſ.
Mad la Ducheffe de S Pierre.
Rebel , Surintend. de la Marq d'or.
le Marq de Balincourt , Lieut gen.
Raynal , Secrétaire du Roi,
Clautrier , premier Commis des Fin .
de Vézanne , Maréchal de Camp .
de Vauréal , ancien Evêq. de Rennes,
Mad . de Forcy.
Moreau , Procureur du Roi au Chât .
de Croifmare , Ecuyer de main du
Roi.
Soufflor , Contrôleur des Bâtimens
du Roi.
Perrinet Dorval , Fermier général
des Poudres.
Dubois , Notaire.
Millet & M Canivet , Négocians.
Dubuiffon , Gentilhomme.
de l'Abbaye de Sainte Génevieve.
de l'Abbaye de Longemeau , dépendante
de Sainte Genevieve ,
Nau , Notaire
.
Darnoncourt , Recev gen des Fin.
( Autre partie le 16 Novembre. )
le Marquis de Gouffier , Maréchal
de Camp .
Mile Quinault l'aînée.
l'Abbé Pefié , Conf. au Châtelet.
le Comte de Bombelles , Lieut. gen.
m. o. g.
2564 1
120 3 5
196 6 6
79 2
193 5
87 6 4
162 3 2
5833
802 4 2
34 7
139 7 4
35 16
43 4 3
75 2 S
2
184 3 2 2
614 5
2
31 2 I
2
I 279
445 6
6253
391 6
170 3 3
170 4 T
57 6
70 27
2
1. Vol.
115800 67
2
M
242 MERCURE DE FRANCE
Meffieurs
Du 15 Novembre.
Neyret de Grandville , anc. Sous Fer.
Moras , premier Com. du Dom.
le Gras de la Charmote , Secrét. du Roi.
Tarlé , Huiflier du Cabinet du Roi ,
Nau , ancien grand Juge Conful .
Pauly, Bourgeois de Paris.
le Comte d'Herouville de Claye ,
Lieutenant-Général.
Boifte , Procureur au Châtelet.
Agede , Directeur des Fermes ,
Desfourniel , Fermier général.
de S. Marc , Contrôleur des Rentes.
Sanfon , Receveur des Confignations
du Parlement .
de Courmont , Fermier général .
Odeau , Bourgeois de Paris.
Gaultier , Payeur des Rentes.
Mad. Lafond , Bourgeoife de Paris.
( Autre envoi au 2 art. ci- après )
le Gendre de Villemorien , Receveur
général des Finances .
Mad Lafond , Bourgeoife de Paris .
( A réunir avec l'envoi ci deffus. )
le Comte de Bloft , Brigadier des
armées du Roi .
Mad. la Marquife de Frémur.
l'Evêque de Meaux.
le Chevalier Jenffin , Gentilh. Anglois.
le Marquis de Fervaques.
Mad. Tacher , Nourrice de Madame
Sophie.
Mad. Duvelais.
de Lepé , Architecte du Roi ,
m. ò. g.
108 1
62.4
47 s s
45 4 3
120 3
19 7 6
49 6 7
76 7 I
542 I
327 4 2
68 7 5
167 I
309 S
48 5 3
164 4 3
43 6 5.
184 I S
44 3 7
44 S S
107 I 2
28354
107
2
7
5653
I@ 3. SZ
18547
$47 6
JANVIER. 1760 . 243
Suite du 15 Novembre.
Meffieurs
Botentuit Langlois , l'oncle.
de France , Maréchal général des Logis
des Suifles & Grifons.
de l'Efpronniere .
le Chevalier de la Chaife , pr. Sous-
Lieutenant des Moufquetaires.
de Saint Amarant, Fermier général .
Bouron , Notaire.
Pierre , fils de l'Echevin.
de Pille , Procureur en la Chambre des
Comptes.
Séguier , Avocat général .
m. o. g.
31 4 It
2 .
50 371
.
56 621
524 1
225 4 11
244 3
130 S
224 3 7
180 6 1
172 5 7
25 3 3
268 2 5
Françaife , Receveur général des Fin . 2001
de Fougieres , Lieutenant général.
le Comte de Fougieres.
de la Grandville , Confeiller d'Etat .
Du 16 Novembre.
Antoine , Garçon ordinaire du Roi.
Milord Duc de Perth.
deLargentieres , Doyen honoraire.
le Chancelier .
Veroneze , de la Comédie Italienne.
Du Chapitre de Saint Louis.
Darnoncourt , Rec. gén . des Fin.
( A réunir au 14 Novembre )
Thoré , Secrétaire du Roi .
Toffier , marchand Tapiffier.
2
120977 2 32
Mad. de Montgival , premiere Femme
de Chambre de Mad. Adélaïde .
2
47 2 1
193 7 S
22 IS
604 3 7
75 1 312
74
2 II
216 7 6
23 5 41/2
2
50 425
Mij
244 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 16 Novembre.
de Marivet , Ecuyer du Roi.
Dupuy , ci-devant Marchand Mercier.
Jamart, Fermier général de M. le Dac
d'Orléans.
m . o. g.
3.
20 2
31
56 4
36 4
130 3 3
58
2
Caron , fils , Payeur des Rentes.
1953
Trois autres envois le 3 Déc.
Mlle de l'Efpinaffe du Prat.
Babaud de Chauffade , Sec. du Roi.
Trudon , Entrepreneur de la Manufacture
de cire d'Antony.
Autre envoi du 10 dudit.
Autre du 13 dudit .
Autre du 14 dudit.
Autre du 20 dudit.
Fannellier , Fourniffeur des bois de la
Marine.
Mad . Dufeu , Marchande à Paris.
Hebert Secrétaire du Roi.
Les Dames Hofpitalieres du Fauxb.
Saint Marcel.
Mad. Harang , veuve du Négociant.
Douin , premier Commis de M. de
Saint Florentin .
Lottin , Sellier .
Paul , Ecuyer de la feconde Ecurie du
Roi.
4562
56 5 72
168 6 32
8756
443
54 3 3
130 541
81 27
de Saint Conteſt , Intend . de Champ. 461 5.45
( Autre envoi le 17 Novembre )
Chaumiel , Médecin du Roi.
Barbereux , Fermier des Carroffes de
Rheims.
de Livry , premier Commis de M. le
Comte de Saint Florentin .
161 4 5
884 1
155 32
JANVIER. 1760. 245
Suite du 16 Novembre.
Meffieurs
Bouret , freres.
! A réunir au 31 Octobre )
Gilbert de Voifins , Confeiller d'Etat .
Mad . la Préfid . Gilbert de Voisins.
Efmangart , du Palais Royal .
de Montmort , Major des Gardes du
m. o. g.
169 3
80 7 5
Corp's.
Du 17 Novembre.
Mad. de la Garde , Douairiere .
( A réunir au 9 Novembre )
le Préfident d'Arcouville.
173 4 6
1563 5
15136
125309 2 2
303
168 4 i
443 7 61 de la Chabrerie , Fermier général .
Boutin , Préfident au Parlement .
Brillon , Confervateur des hypotèques
& Recev. des Décimes de Paris,
Aimeret de Gazot , Conſeiller honoraire
au Parlement.
de Caffiny , de l'Acad . des Sciences.
156 2
108
853 26
47 6 6
de Saint Contest , Intend . de Champ. 16 5.7.
( A réunir au 16 Novembre )
Mad. la Ducheffe de Ruffec.
Mad la Marquise de Pompadour.
(A réunir au 3 Novembre )
Cugniot du Lys , Etudiant en Droit.
Cugniot de la Ronciere .
Cugniot d'Aubigny.
Cugniot , Prêtre .
de Montmorin & M. le Marquis de
Saint Hérem .
Mefnil & M. Maréchal fon gendre ,
Econome général du Clergé.
330.7
80:7 7
4
25 11
21 2 I
31 2
* 2
2
29 2 6
12936
64
294
Mij
246 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 17 Novembre.
l'Abbé Defmé , Prevôt de Saint Martin
de Tours .
Defmé Recev. des Tailles de Mantes.
de Saint Georges , ancien Capitaine aux
Gardes Françoifes.
Thomas , Tréforier général de l'Ordrede
Saint Louis.
Gigault , Secrétaire du Roi & Directeur
général des entrées de Paris .
Millet , ancien Avocat .
Les RR. PP. Feuillans de la rue Saint
Honoré.
Mad le Maire , veuve de M. de Montreuil
, Commiſſaire des Guerres.
Guenon , Notaire & anc. Echevin.
Mad. d'Agueffeau , veuve de M. le
le Comte de Chatelux.
de Sartine , Lieutenant- Criminel .
l'ancien Evêque de Québec.
de Courbeton , Commiſſaire général
des Poudres.
( Autre envoi du 19 Novembre.
le Marquis d'Oife Brancas , Maréchal
de camp.
Mad. la Maréchale de Montmorency.
Pineau , Bourgeois de Paris.
m. o. g-
65
65 4
61 f
539 4 6
187 7 4
89 7 11
2
88 13
24 4 4
46 7
204 3
77 7
12 6 412
Bauvin , Md de Dentelle fuiv . la Cour.
La Confrérie des Maîtres Limonad.
Du 18 Novembre.
Poullain , Réc. g. des Dom. & Bois.
13327
27 2,51
91 2 3
51 4 412
80 55
60 64
129561 471
1395 3
129701 2 21
2
JANVIER, 1760. 247
Du 19 Novembre.
Meffieurs
Mad. de la Vigne , de la fucceffion de
m. o. g.
Mad la Vigne, pr. Méd. de la Reine. 102 4 7
Brocham des Tourterelles , Md fourniffeur
de la Maifon du Roi.
le Duc de Broglie,
Michel , Chantre de la Sainte Chapelle
de Vincennes.
Mad. Thiroux de Lailly.
Cabanel , Secrétaire du Roi.
140 57
148 2 6
47 S S 2
323 3
183 4
Pinffeau, anc. Rec. des Tailles de Paris. 56 45
le Comte d'Ampus .
Bofquillon , Procureur au Châtelet.
Mad . de Villemur , veuve du Garde
du Tréfor royal.
le Comte d'Ozenbray , Lieur. gén .
Rulhierre , Inſpecteur des Maréch .
des environs de Paris.
Mad. Chamtepie des Balences , veuve
du Lieutenant de Maréchauffée.
le Marquis d'Autefort.
de Courbeton, Comm. g. des Poudres.
( A réunir au 17 Novembre. )
238 57
3554
379 4 2
400 1 2
496 4
Y
527
I
305 7 3
Mad. la Comt. de Coetlogon , douair . 185 1 ,
l'Evêque de Senlis.
Maffe , Secrétaire du Roi.
Mad. la Comteffe d'Eftrades.
Angrand , Proc. gén. au Gr . Confeil .
d'Eneau , Fourrier de la Reine.
d'Argouges , Lieutenant Civil.
Moufle , ancien Tréforier de l'extr.
des
guerres.
de Laporte , Intendant du Dauphiné.
Leroi de Senneville , Contrôleur gén.
des Ligues Suiffes & Grifons.
39 43
38852
47 3
112
221 3.2
48 i S
6
139 7
145 4
144 S.
248 MERCURE DE FRANCE :
Suite du 19 Novembre.
Meffieurs
Guidi , Payeur des rentes.
Les Prêtres de la Doct. Chrétienne ,
de la Maifon de S. Charles.
Marie , prem . Commis du Bureau
de la Guerre.
Cotton , intéreЛlé dans les affaires
du Roi.
Maquer , Notaire.
le Marquis du Muy , prem . Maître
d'Hôtel de Mad la Dauphine.
( Autre envoi le 18 Décembre )
( Aurre envoi led jour 18 Déc. )
Du 20 Novembre.
de Nantouillet , Fermier général.
le Comte de la Guiche.
le Marquis de Rochechouard..
Geoffroy , Secrétaire du Roi
Judde , Secr, du Roi , Not. honor.
Turodin , ancien Receveur des Fin.
Hubardiere , Bourgeois de Paris.
de Beaufort , Lieutenant des Maréchaux
de France.
Roffignol , Fermier des Poftes .
de la Noue , Gentilh . ord. du Roi.
Mad. la Comteffe d'Ampus.
Andrieu , Notaire .
de Puilegur , Maréchal de camp.
Chevert , Lieutenant général .
Vaudeleau , Ecuyer de la Vennerie.
Barjac , Tréf. de la Maiſon du Roi,
m.org-
189 2 3
48 34 .
116
76.5 5
8367
8326
1342406 S
2056
57 5 7
8334
23567
97 7.3
40 I 71
2
8336F
2
MI I ZI
2
211 I 2
140 7 6
25762
$ 3 2.1
66 4 I
2
301 7 31
79 7 6
2
253 I L2
JANVIER. 1760 . 249
Meffieurs
Suite du zo Novembre.
Mad Caré , Horlogere.
Pelletier , Confeiller au Châtelet .
Mad . Peltier.
le Comte de Graville , Lieut. génér.
Bullat , Cominis des Finances .
Lamouroux , Recev . général des Fin .
( Autre envoi le 22 Novembre )
Sigogne , Greffier au Parlement.
Mile Goffelin.
Guionnet , Lieutenant de Roi de
Vincennes.
Cheveau , Secrétaire du Roi , &
M. Peftalotzy , fon gendre.
de Tourniere , Payeur des Rentes.
le Boeuf de le Bret , Notaire.
Nau , Marchand de la Cour.
le Marquis de Luigné.
m. 0.g.
94759
44 4
14 6
484 7
52 4 4
197 I S
16 1 4
124 2 I
41 2 22
213 7
179 I 4
32 15
40 56
8034
124 6 I
7363
4325
de Boifneuf, Receveur de la Capitation
de la Cour,
( Autre envoi le 21 Novembre. )
le Coeur , Traiteur
.
le Marquis de la Fare Lopris.
de Tourniere .
de Villiers , Employé à la Compagnie
des Indes.
Taillapied , Recev gen. des Fin,
de Tourny , Conſeiller d'Etat.
Caron , Notaire.
Potor , Secrétaire du Roi.
de la Palu.
le Comte de Sommery.
2
30 1 2
171 S 7
311 3
118
35
Isi se
45 S I
20 7 3
Faudral , Exempt des Gardes du Corps. 44 2 2
Poulletier , Notaire , & Madame
de Vinfrais.
46 2 3 Σ
250 MERCURE DE FRANCE .
Meffieurs
Suite du 20 Novembre.
Bourraint , Receveur des Tailles
d'Estampes.
Mad. la Maréchale de Monteſquiou,
la Ville du Portault , Confeiller en la
Cour des Aydes.
le Vicomte de Noé .
m . o.
25
2
10 4
23 I
91 3 2.
Dulivier , Député du Commerce
Cendrić , pere. fo 4 7
139619,3 3
Du 21 Novembre.
Mad. la veuve Bourelier. 61 3 4
de Bayonne.
582 I
2
Angot , Notaire. 1953 2
3
9232
337
Mad. la Comtefle de Chateauregnault . 16
Touchet , Baigneur, à la fuite du Roi,
l'Abbé de Raftignac.
Martin , Apothicaire du Roi.
de Julienne , Entrepreneur aux
Gobelins.
le Normand de Maizieres , Commiff.
des Guerres.
de Chabreuil , Ecuyer de bouche de
Mad. la Dauphine.
67 7
*
253 3 3
$6 16
150 6 202
le Noir de Maiziere , Payeur des Rentes . 55 54
le Duc de Fitzjames.
Roflin , ancien Fermier général .
de Boifneuf , Recev. de la Capitation
de la Cour
( A réunir au 20 Novembre.
de Maranzel , Contrôleur des Bâtimens
de Fontainebleau.
le Vicomte de Vaudreuil , Lieut. gen.
(Autre envoi du 26 Novembre. )
+
471 1 4
3125611
2
657
8535
172 7 I
JANVIE R. 1760. 258
Suite du 21 Novembre.
Meffieurs
l'Abbé Thevenard.
Acaron , premier Commis de la Marine ,
& Mad. Roydot fa belle- mere.
Brallet , ancien Echevin.
Pelletier , Contrôleur des Rentes.
Mad. Tourolle.
( Autre envoi le 23 Novembre )
m. o. g.
953 2
712-3 [
2
62 2 512
6855
68 7 7
le Marquis de Beringhen , prem. Ecuyer. 763 5 6
de la Frefnaye , ancien Echevin .
Oblin , Payeur des gages de la Chancellerie
de Lyon.
Mad. du Noyer , veuve du Confeiller
au Parlement .
de Launay , ancien Tréforier de l'extraordinaire
des guerres
( A réunir au Novembre )
Doutreleau , Tréf. de la Chancellerie.
Nolin , Greff de l'Election de Paris .
Cleret , Commiffaire honoraire au
Châtelet.
le Marquis de Puyfieulx .
Langlois , Secrétaire du Sceau .
Simon de Meaufard , Avocat.
Bochard , Confeiller au Parlement .
de Zurauben , Colonel des Gardeş
Suifles.
le Cardinal de Gèvres .
Roitier , Orphévre du Roi ,
de Chalabre , Brigadier des Armées
du Roi.
Mad, la Préfidente de Villeneuve .
235 7 31
67 7 5
44 7 4
763 I
7212
540 I 2
97 67
363 3 3
117 4 I
162 6 7
343 2 4
134 6
74 3 3
187 6 7
145227 3
I
252 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 22 Novembre.
Gayart , Avocat au Parlement .
m . o.·g.
48 4 S
l'Archevêque de Paris. 589 7 7
le Duc de Trêmes. 275 6-2
Delerot , Aubergifte du Jufte à Verfailles.
175 7 4
Laideguive , Notaire. 63 6
Mad . la Comteffe de Poitiers. 147 3.
Mad. la Princeffe de Guimenée. 7066
Helvetius , ancien Ferm gén. 144 I
1 Comte de Mauroy , Lieuten Génér. 140 7
Boilemont Fermier général .
Caffel , Secrétaire du Roi.
198 7 4
61 6
Pilet , Architecte.
Nau , Greffier au Grand Confeil.
de la Folie , ancien Contrôleur de la
Mailon du Roi.
Saide , Opticien du Roi.
Mad. Helvetius , mere.
Dumetz de Ronfay , Préfident à la
Chambre des Comptes.
Pilet des Poftes.
Bourgevin , Tréforier général des Maréchauffées
.
le Duc de Nivernois.
( Autre envoi ci - deſſous )
Galet , Marchand .
Loufteau , Chirurgien Major des
Gardes du Corps.
de Fontanieu , Confeiller d'Etat.
Bergeret , ancien Fermier général .
Gouault , Procureur Général en la
Cour des Monnoyes.
43 4 21
2276
13
28 3
151 4 21
162 I I
•
157 3 5
108 6 31
896 2-
73 3
•
24 12
105 26
2733 31
43 I 4
Suite
JANVIER. 1760. 253
Meffieurs
Suite du 22 Novembre.
de l'Amouroux , Receveur Général
des Finances.
( A réunir au 10 Novembre )
Gautier de Beauvais , Receveur Général
des Finances.
le Duc de Nivernois.
( A réunir ci-deffus )
m. o. g.
637
251 6
40 4 I
Mad , la Marq . de la Salle, Douairiete . 151 3 5
Mad . de la Fontaine.
Mad . la Marq . de Flamenville, veuve.
le Marquis de Raray , Officier de Gen.
darmerie
le Marquis de la Vaupalliere, Sous-Lieutenant
de la pr . Comp . des Moufq.
le Marquis de Bruflart.
Pecquer , Officier du Gobelet.
69 I I
44 5 4
244 7 2
83 16
36 16
Viard de Molleron , Gendarme de la
Garde.
51 52
2964
Mad . la veuve le Gendre. 28
150336 41
Jean-Thomas Hériſſant , Libraire .
Du 23 Novembre.
Hébert , Traiteur à Verſailles . 97 26
Blanchet , Traiteur à Paris. 41 6 2
Pafferat . Préſident de la Cour des
Monnoies. 54 3 1
14 4 3
de la Fond , ancien Capitaine de
Cavalerie.
le Marquis de Beuvron.
Mad, Mars femme du Proc . au Parl.
Pelletier de Rozambaut , Préfident
au Parlement.
I. Vol.
214 I
5026
25275
N
254 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 23 Novembre.
Meffieurs
le Marquis de Caftres.
( A réunir au 14 Novembre )
Millin de Grand-Maiſon.
Mad. Tourolle.
( A réunir au 21 Novembre )
Bèchefer , Banquier en Cour de Rome.
Mad. Conftant.
le Maréchal de Maillebois.
Fleuret , Contrôl . gén. de la Maiſon de
M.Ang
38 3 L
102.6
56. I
71 4
16 6 6
104 S
M. le Duc d'Orléans , & fon Epoule, 155 5 65
le Cointre , Notaire.
Defprez , Greffier au Châtelet.
Fourgeret de Montpreuil , ci -devant
Sous-Fermier.
le Duc de Briffac.
Mlle Dumoulin .
le Fevre , Traiteur.
Montabon , Traiteur.
Carré , Bourgeois de Paris .
Jomard , Huiffier Prifeur.
Mad. la veuve Mauger.
de Varennes , Moufquetaire gris,
le Comte de Montruel , Colonel .
Billaudet , Intendant des Bâtimens
du Roi.
Du 24 Novembre,
Cochu , ancien Avocat au Parlement.
de,Vandeneffe , Marchand.
Mlle Belin.
Demay, Notaire & Secrét. du Roi..
l'Archevêque d'Alby.
14
716'3
775
66 13
14 7 I
7847
298 17
1466
94
46 I 9
1 3 2
240 7 2
44 6 →
152536 2
45 7
71 2
3521 25
25475
167 S
Allen , Procureur en la Ch . des Compt. 2006
JANVIER. 1760. 255
Suite du 24 Novembre.
Mefieurs
le Chirurgien des Moufquetaires.
Robinneau , Notaire.
Olivier , Recev. gen. des Finances.
le Comte d'Hervilly de Canify , Colonel
du Régiment Dauphin , Dragons.
Mad. Pellerin , veuve.
Mlle Bodeau , Bourgeoiſe de Paris.
Landrieux , Bourgeois de Paris.
de Vougny de la Chauffée.
le Préfident d'Aligre.
Mile Deſchaux , Bourgeoise de Paris.
m. o.g
48 2
356
35 47
2
40 761
209 3 6
160 3 I
276
3946
216 2 I
4533
le Febvre , ancien Capit. de Cavalerie. 145 4 5
le Comte de Carvoisin , Maréchal
de Camp.
Du 25 Novembre..
133 26
15488255
Defparbès , Colonel du Régiment de
Piémont , Infanterie . 9424
154977
Du 26 Novembre.
de la Marre , Intendant de M. le
101 4 3
le Comte de Fontaine - Françoiſe ,
premier Préſident.
Maréchal de Camp
Mad.la Marquife de Bertillat.
le Marquis de Soyecourt , Maréchal
de Camp.
de la Hubardiere.
Mad. Defcouffaut.
Quarré , Marchand Tapiffier.
Mad: la Préfidente Portail , la jeune.
68 66
2277
257 35
II 6 21
2147
10 4 S
200 22
2
Nij
256 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 26 Novembre.
le Vicomte de Vaudreuil.
i
( A réunir au 21 Novembre. )
Mad. la Comteffe de Brienne , mere.
Barbaut de Glatigny , Intendant
général des Poudres.
de Maupou d'Ablaige.
Bourfier , Secrétaire du Roi.
de S. Memin , Prévôt général
des Maréchauffées à Moulins.
le Comte de Mortagne , Lieut . gén .
Armet , Notaire .
Mad. Tartereaut , veuve de M. de
Bertemont , Capit. des Grenadiers.
Sareau.
Duperrier , Procureur au Châtelet.
de Bérulle , Intendant de Moulins.
Mad. Rouffel.
m. 6. g.
312 4
61 3 I
42 4 1 1
21 I
43 7 6
72 33
347 7 3
57 4.6
9236
24
45 2.4
2
N
I
2
Du 27 Novembre.
Poncieu Vié , Négociant à Paris .
l'Abbé de Cîteaux
297 S
28 2
156896 6.21
113 21
2
689 4 I
Autre envoi le 15 Décembre. )
le Mercier , de S. Germain en Laye.
Mad. la veuve Baillon , de S. Germain
en Laye.
le Duc de S. Aignan.
Hazon , Intendant des Bâtimens du Roi .
de Meulan , Recev. gen . des Finances.
Mad. Drouillet , Veuve .
Boulogne de Préninville.
Mad. de la Bliniere.
17
17 7 71
320 37
35 27
365.5 6
271 6
103 6 S
123
JANVIER. 1760. 257
Suite du 27 Novembre .
Meffieurs
Marchand , Argentier de la Reine ,
Payeur des Rentes .
Du 28 Novembre.
m. o. g.
5756
159011 5
de Jor de Fribois , Fermier général.
le Comte de Montboiffier.
Henry , Maître des Comptes ,
l'Abbé Chauvelin .
Jean-Paul Silveftre , Suiffe de nation.
Mad. de Lemeric.
Hefnin , Maître d'Hôtel du Roi.
le Marquis de S. Prić .
Garet.
le Maréchal de Luxembourg.
( A réunir au 4 Novembre.)
le Bar de Pailly , Gentilhomme de
Madame la Dauphine.
Bereul , Rec. des Tailles , à Blois.
de Maupaffant , Secrétaire du Roi ; &
fes fils.
Mad. la Maréchale de Löwendhal.
Du 29 Novembre.
Haliffan , Payeur des rentes.
de Chavannes , Confeiller au Parl.
Dudit fieur.
Nigon , Rec gén. des Dom . & Bois ,
Généralité de Caen,
Du fufdit,
320 I 3
166 4 6
40 S
I
2
216 21
2
45 7
I
2
99 6 1
138 2 11
2
93 171
2
I I I
2
672
2214 2
3854
2017 2
72 2
160480 3,612
207 I 2
131 1
21 1 61
42 T 4
353
2
N iij
258 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 29 Novembre.
Meffieurs
'de Lafontaine le jeune , Sellier du Roi.
Roullier , Miniftre & Surintendant
des Poftes.
de Laporte , Orphévre , rue de l'arbre
fec.
m. o. g.
63 57/2/20
765 5 11
19 3 S
le Marq. d'Equevilly , Mar. de camp. 185
le Marquis de Marolles , anc. Capit.
au Régiment du Roi , Infant.
l'Abbé Ballin , Chanoine de S. Louis
du Louvre.
le Vicomte de Courteaumer , Brigad.
des armées du Roi.
Mad. de Waubert.
Varin , Secrétaire du Roi .
Viard de Molleron , Gendarme de
la Garde.
Mad. la veuve Dorneau.
I
92 7
49 2 7
5046
127 7 4
133 7.
IS 4 4
L'Hôtel de Ville de Paris.
204 I
433 6 7
162892 6 4
Du 30 Novembre.
Mad. Perrin , Veuve du Gouverneur
des Pages de la grande Ecurie.
Gaultier de Vinffre , prem. Lieuten.
de la Prevôté de l'Ifle de France .
Renard, Officier de Marine.
Du Décembre.
Clément , Notaire .
Mad. la Première Préfid . Pelletier.
l'Archevêque de Narbonne.
de Saint-Amand , Fermier gén.
35 26
2354/2/2
86
163037 7 11
4063
15673
857 1
29423
JANVIE R. 1760. 259
Suite du Décembre.
Meffieurs
Terray de Rofieres , Procureur gén.
de la Cour des Aydes.
Clément de Feuillet , Conf.au Parl.
Mad. l'Abbeffe de Fervacques.
de Courteille , Confeiller d'Etat ,
Intendant des Finances.
Meffen , fils , Confeiller au Parlem.
de Lagarde , Fermier général.
le Maréchal de la Tour Maubourg.
le Marquis de Valory , Lieut. gén .
Arthault Bourgeois de Paris.
Bernard de Boulainvilliers , Préfid .
au Parlement.
Mad Befchard, Mde à la toilette.
Mile Didon.
(Autre envoi le 7 Décembre. )
{ Au.re envoi le 11 Décembre. )
de la Live de Pailly , Brigadier des
Armées du Roi.
Mouchard , Receveur gén. des fin.
Du 3 Décembre.
Marefchal , Falotier du Roi.
Mad. de Montmorency , Veuve du
Colonel .
de Vernege , Major des Gendarmes
de la Garde .
Cornueau , Tréforier de M. le Duc
de Penthièvre .
Hufnot , Avocat au Parlement,
le Maréchal de Richelieu .
d'Oriac , Confeiller d'Etat , Prem.
Préfident au Grand Confeil.
Plus
m. o. g.
23036
61 II
64 4
38326
247S
22632
171 6
307 3 3
25
343621
53
163 62
46 4
448 6.2
166113 7 1
33 36
5925
4253
•
23252
88
ΤΙ
148 3 S
61
487 7
[
260 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 3 Décembre.
de Fontette , Intendant de Caen.
le Monnier , de l'Académie des Sc.
Caron fils , Payeur des
rentes.
Plus ,
m. o.
g
38 71
356
61 667
2383 5
159 37
Plus ,
( A réunir au 16 Nov. )
17 7
de Manneville , Confeiller au Parl.
Guinaud , Portemanteau du Roi.
Favieres , Confeiller hon. au Parl.
Aubry , Traiteur.
Mad. la Veuve Dorneau.
Huet Prieur d'Hatys , Chanoine
de St. Victor.
Defgranges , Maître des Cérém.
de Boifqueftans , ancien Capitaine
de Cavalerie .
Mad . la Maréchale de Lamotte-
Houdandourt.
de Laporte , Bourgeois de Paris.
Mlle Jacquet , Bourgeoife de Paris.
Tiffet , Mar. des Logis de la Reine.
Mad. la Veuve de M. de Lahaye ,
Fermier général .
Noel , Maître Layetier.
Dumoulin , Traiteur .
* 60 ·4
186 6 3
114 2 2
686 &
7 3
2367
162
389 64
1516 1
20-52
39 44
135 7.
2935r
827
96 22
Martel , Notaire. 136 3
Lambert , Tréſorier de Fr. de la
Généralité de Paris.
2362
769815 4 6
Du 4 Décembre.
le Comte de Troiville , Gouverneur
du Pays de Soule. 167 32
JANVIER. 1760.
261
Suite du 4 Décembre.
Meffieurs
Broulle , Avocat.
le Carpentier , Architecte du Roi.
Mad. la Veuve Baillon.
de Charlais , Secrétaire du Roi.
l'Abbé Belon , ancien Chapelain
du Roi.
Mlle Demont , fille du Capit. Suiffe.
le Duc de Mortemart.
Chalut de Verin , Fermier général.
Thiroux de Chameville , Régiffeur
des Poftes.
l'Evêque de Langres.
Mad. Duval , Veuve du Commandant
du Guet.
de Tourville , Capit, aux Gardes.
de Bieuville , ancien Gouverneur
de la Loufianne.
de Pernon , Député du Commerce.
Mad. la Comteffe de Létang , petite
fille de M. le Maréchal du Bourg.
Léger , Ecuyer.
Mad . la Préfidente Talon.
le Comte d'Efpars.
de Saint- Jean , Greffier en chef des
dépôts civiis du Parlement.
l'Avocat , Maître des Comptes.
Das Décembre.
le Comte de Valentinois .
Roffignol de Baligny , Secrétaire des
Commandemens de la Reine.
'm . o. f.
764
81
16 6
1437
7
53411
133 1
1967 6
172 6 2
624 63
83
185 si
132
173 4 1
81 S 4
404 4 S
785
225 75
7511
344 3
245 S
172916 43
127 3
9026
6
33
Guyon . Directeur gén. des Monnoies. 182
Brunet , Bourgeois de Paris.
282 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Mile Didon.
Suite du Décembre. S
( A réunir au 1 Décembre )
m.o.g
75
Mad. Drouin, de la Comédie Franç. 32 7
( Autre envoi le 7 Décembre. ).
Deseffarts , Correcteur des Comptes .
Mad. la Ducheffe de Luynes..
le Cointe de Vaſtan .
157 6 1
4
2066 5
158 i
23 1 6
Mlle Millot.
Mad. la veuve Pellet , ancien Echevin. 113 1 I
Mad . la veuve Dorneau.
Rode , Négociant .
Mad . Valon.
Mlle Deftouches.
le Marquis de la Ferriere , Lieutenant
des Gardes du Corps.
Laifné , Notaire.
Mad. la veuve Taffin , & fes fils ,
Banquiers.
Du 6 Décembre.
667
88 4 4
37 3 2.
46 7
1764 2
94 I I
180 2 5
174774 2 2
248 3 I
573
209 S.
205 4.4
140
102 7
2
Romerey , Confeiller au Parlement.
Chevalier , Major de la Baftille.
le frince Tingry .
Mad . Tribolet , veuve du Secrétaire
du Roi.
Mad Dufauffois , veuve de l'Ecuyer
du Roi.
Plus en or 2 on. 6 g. 27 d.
Grégoire , Elu.
de la Leu , Secrétaire du Roi.
de la Leu , Notaire & Secrét . du Roi.
le Conne d'Harcourt.
Mad. la Marquile Dorvillé.
149 7 4
153
113 7
3574
JANVIER. 1760. 263
Meffieurs
Suite du 6 Décembre.
Perin , Bourgeois de Paris.
Carpentier , Auditeur des Comptes.
Mlle Girardeau de Préfond , Bourgeois
de Paris.
le Marquis de la Rouvoie.
le Marq de Verneuil , gr. Echanfon.
Pean de Mofnac , Maît. des Comptes.
Ourfin d'Igoville , Recev. gen. des Fin .
Du 7 Décembre.
m.o.g
36 3
4843
6747
12335
142 7 3
59 5 .
214 3 4
176829 ཉ ;
le Baron d'Oppe le,Capit . de Gendarm . 46 7 3
Mad. Drouin , de la Comédie Franç.
a porté en or 6 on . 2 g.,& demi..
( A réunir aus Décembre. )
Maurin , Notaire.
l'Abbé Bélon , en ors on. 3_g•
Portail , ancien Pr. Préfid . au Parlem.
Galet , Secrétaire du Roi.
Gillet , Trésorier de France.
Belnier , G effier en chef de la Cour
des Aydes.
de Carbon , Secrétaire du Roi.
le Comte d'Argenfon , & Madame
fon épouſe.
le Duc de Chevreuſe , de la fucceffion
de M. le Duc de Luynes.
14 7
338
67
2473
171 6 :2
91
421-4
417 S S
de Ruelle , Traiteur privilégié du Roi. 29 6 2
le Duc de Villars .
Fontaine , Recev . gen. des Fin.
Guerin , Notaire.
35 42
254 I
8628
de la Haye des Folles , Secrét. du Roi. 150 5 7
Cadeau , Payeur des Rentes. 75 47
179953 I
264 MERCURE DE FRANCE
Du 8 Décembre.
Meffieurs m. o. g.
Amelin , Officier du Roi, 146 I S.
179199 2 5!
Du 9 Décembre.
de Cogorde , Secrétaire Greffier du
Confeil privé du Roi.
de Chaffelas , Bourgeois de Paris.
de Richebourg, Recev. général des
Aydes de Noyon.
Du 10 Décembre.
Houftet , Chirurgien de Paris.
de Monge , Ingénieur en chef do
Bergue-Saint- Vinok.
Démur , Notaire.
Blanchet pere , Proc, au Parlem.
Pierre , Jouaillier.
le Marquis de Charleval.
Huillot , Fermier des Poudres.
le Comte de Pont S. Maurice .
Gilet , ancien Echevin , rue des
Lombards.
Gondoin , Secrétaire du Roi.
Hupeau , premier Ingénieur des
Ponts & Chauffées.
le Marquis de la Tour-du- Pin .
l'Evêque de Metz .
Plus ,
Bijot , pere , Maître des Comptes.
Bijot fils , Maître des Comptes.
2825 I
23266
63 7 x
479778 S S
3835
40 6 6
46 3 I
217 2
2
I
35.7 2
47 7 3
275 6
167 3 5
93 3 4
1256
I
903 51
2
474 4 S
609 I 6
14 4
67 7 11
2
363 2
Suite
JANVIER. 1760. 265
Meffieurs
Suite du 10 Décembre,
de Saint Hilaire , Conf. au Parlem.
Mad. Mouhette.
Seriny , Avocat au Confeil.
( Autre envoi du 12 Décembre. )
Gigault de Crifenoy , Fermier gen.
l'Abbé Couturier , Supérieur du Séminaire
de S. Sulpice.
Mad Bellanger Deffenlis , Veuve
du Confeiller au Parlement.
Caron , fils, Payeur des rentes.
( A réunir au 16 Novembre. )
de Mortieres , Colonel d'Infanterie.
Rouffeau , Payeur des rentes.
de l'Eglife de Notre - Dame.
Mlle Guichon , Bourgeoife de Paris.
Barion , Bourgeois de Paris.
de la Briffe Damilly , Prem. Préfid.
au Parlement de Bretagne.
de Montreuil , Préſident de la Cour
des Aydes.
de Vanolles , Confeiller d'Etat.
de Courchamp , ancien Capitaine
aux Gardes.
Mlle de Monteffon.
Titon , Confeiller de Grand'-Ch.
au Parlement .
Titon , fils , Confeiller des Enquêtes
du Parlement .
l'Abbé de Clermont - Tonnerre.
l'Abbé de Villarceau.
Salmont Avocat du Roi au Grenier
à Sel de Paris.
Verzare de Beauchamps.
I. Vol.
m. o. g.
122 I
18 6 [
2
43 27
208 I 2
29 6 6 1
164 3
121 3 5
18 7 41
185 05
6
58 t
6
942
70
1984
33 53
26956
158 I I
64 I S
673
2349
855 6
323 1
7615
45 14
о
266 MERCURE DE FRANCE:
Suite du 10 Décembre.
Meffieurs
de Lelo , Bourgeois de Paris.
Tercier , ancien premier Commis
des affaires étrangeres.
Doutremont , Avocat au Parlem ,
Pronfteau , Capitaine de la feconde
Comp . des Gardes de la Ville.
Plus , en or , 4 onc. 4 gr. 2., 12 gr .
Du 11 Décembre .
m. o. g.
27 1
6966
65 5 3
47
185149 $ 2
Carpentier , Contrôl . de la Chancelle .
Mad. Cochepect, veuve du Secrétaire
du Roi.
Plus , en or , I m. 2 onc. 2 g.
( Autre envoi le 12 Décembre. )
Thiroux de Montfauge , Ferm . gén .
des Poftes.
Tourol , premier Valet de chambre
de M. le Duc de Bourgogne.
Rougeuil , Boulanger.
Langlois , Traiteur.
le Marquis de Percez .
Lavoifies , Procureur au Parlement,
Perichon , Tréforier des Colonies .
d'Arnaud , ancien Conful.
de la Lourcé , Avocat,
Mlle Didon .
( A réunir au Décembre. )
43 I E
66 I
86 I
ช
2
28 22
17
41 6 5
I
2
177 5 7 2
42 34
127 I
35 2 1
16
s
2 1
41/2
Mad. de la Leu , Veuve du Secr . du Roi . 35 2 4
de Vaudefir , Tréforier général des
Colonies.
de Boiffablou , ancien Prevôt de la
Connétablie.
243 56
2374
JANVIER. 1760. 267
Suite du Décembre.
Meffieurs
le Prince de Monaco .
Mad. la Veuve Gallier.
l'Abbé Baifle , Chapelain ord. du Roi.
Dujardin , ci-devant Me d'Hôtel de
feue Son Alteffe Royale Madame.
Chuppin , Tréforier du Marc d'or.
de Vauffel , Grand Maître des Eaux
& Forêts de France.
Terray , Conf. de Grand' -Chambre .
Cabeuil , ancien Subrecargue de la
Compagnie des Indes .
le Comte le Danois , Lieuten . gén.
Mad. Volande , Bourgeoife de Paris.
Damours , Avocat au Confeil , Secr.
du Roi.
Mad. Defaudrais .
Marin Carto , Md Mercier.
Bernard de Ballinvillier , pere.
Lebegue , Md Mercier.
( Autre envoi le 20 Décembre. )
Mad . Beurder , Bourg, de Paris.
Mad. Nantiat.
Plus , en or , 3 onc. I g. 21 gr.
Du 12 Décembre .
de Vernage , Médecin.
( Il a fait porter le furplus à la
Monnoie de Tours. )
de Vigny , Ecuyer du Roi.
Mad . de Lange , Veuve du Payeur
des rentes.
Thiron , Orphévre.
Thiron , ſon frere , Orphévre.
m. o. g.
604 3 2
604 6
56 36 7
21 35
104 4
365 3
220 4 I
95 12
187 7 3
119 6 6
45 52
119 7
44 4 4
169 2 4
6 14
4 3 3
2784 %
188644 4 I
168 36
38
IIO 4 7
96 4
60 36
O ij
268 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 12 Décembre.
Meffieurs
Mad. la Comteffe de S. Severin .
{ A réunir au 5 Novembre. }
le Marquis de Putange.
les Gardes du Corps de la Mercerie.
de Seriny , Avocat .
( Aréunir au ro Décembre )
les Freres Religieux de la Charité.
Miotte de Ravanne , Grand Maître
des Eaux & Forêts , arrivant de fa
tournée.
l'Évêque d'Auxerre.
Mad. Cocheput.
*
m. o. g.
2
141 1 61
2
119 2 1
2
Plus en or on. 2 gros & demi 24 g.
( A réunir au 11 Décembre. )
Bouffi & Dangnart , Négocians .
Plus en or son. 2 gros & demi 24 g.
de Valcourt , Maître d'Hôtel du Roi ,
& Maître des Comptes.
Rouffel , Avocat .
de Bonnefoi , Officier de la Reine.
du Coin de Lenti , Négociant .
Devry , Maréchal-des-Logis de la Cavalerie
de l'armée du Bas Rhin.
44
so s si
300 3 3,
124
I 120 7 11
58 4 4
19 2 3
334
200 2 S
40 2 3
le Préfident Defvieux. 15846
les Jacobins de la rue S. Dominique ,
Fauxbourg S. Germain.
84 4 5
Loftanges , Marquis de S. Alvere . 139 24
Mad. la Marquife de Goisbriant , Dame
de Mefdames.
1223
Hemart, Secrétaire du Roi , ancien
Payeur des Rentes.
Duval pere , Bourgeois de Paris.
8124
5467.
Plus
14 7
JANVIER. 1760. 269
Suite du 12 Décembre.
Meffieurs
Landry , Recev . gen. des Fin .
la Ducheffe de Villeroi.
Paul Vincelius , Banquier.
le Marquis de Chaziron.
Dutartre , Notaire.
Du 13 Décembre.
Bontems , Notaire.
Auvray , Secrétaire du Roi.
Mad. Auvray.
le Marquis de Villemur.
l'Abbé Cher.
Chauffechat , Confeiller en la Cour
des Aydes.
Raimond , ci-devant Maitre d'Hôtel
du Roi.
Plus ,
Junot , Notaire.
Plus ,
Rolland de Trémeville , Recev. gén.
des Finances.
le Marquis de la Sonne , Lieut. gén.
Monfle de Champigny , Confeiller
de Grand'Chambre.
m . o. g.
213 7 3
158 4 1
35 7
179 I 2
94 4
19158574
Plus ,
Chevalier , pr. Commis de la Marine.
Pageaut , Secrétaire du Roi.
les Religieux Bénédictins du Prieuré
de S. Martin .
Jolly de Fleury , Intendant de Bourgogne
, en or 7 on. 3 gros 6 grains.
127 I S
107 S I
46 7 5
159 22 2
173 I I
109 7 4
46 6
149 I 3
204 I
"
2 472/
148 7
378 4 33
136 7 3 /
12 64
44 3 S
63 I S
I2I
O iij
270 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 13 Décembre.
Meffieurs
Caron , fils , Payeur des Rentes.
( A réunir au 16 Novembre . )
Barge , Bourgeois de Paris .
Vailfelle de la fucceffion de M. le Duc
de Béthune .
de Bazoncourt , Me d'Hôtel du Roi.
de Beaumanoir , Tréforier de la Maréchauffée
de France.
Voigny , Secrétaire du Roi.
m. o. g.
2 2 4
12 7 6 1
794 67
243 7
147 4 2
le Marquis de Galifet.
Chicquet , Secrétaire du Roi.
Chicquet , Chevalier de S. Louis.
Chicquet de Champrenard.
Verne , Avocat.
Jard , Accoucheur de Mad. la Dauphine.
l'Evêque de Soiffons.
Nau , Marchand de drap , fourniffant
l'armée.
de Seve , Confeiller au Parlement.
la veuve Dát , Bourgeoile de Paris .
Mad. Ploffoin , veuve , Bourgeoife
de Paris.
Plus en or 2 on. 3 g. & demi 30 gr.
Guillet , Maréchal - des- Logis du Roi.
Prevoft , Secrétaire du Roi.
Mad. la veuve Thoynard.
Du 14 Décembre ..
ISS 6 I
292 I
57 3 4
40 4
45 S 4
48 6 7
58
9862
•
6567
110 2 2
13 2 3
39 $ 3
35
209 3 6
196 4 6
196285 471
62 46
Mad. l'Abbeffe de Jouanne .
Jolly , Bourgeois de Paris.
de Motte , Tréforier da France.
Barois , Payeur des Rentes.
27 36
131 4 I
47 2 7
le MarquisDarmentieres , Lieut . gen. 171 2 7
JANVIER . 1760 . 271
Suite du 14 Décembre.
Meffieurs
Chatillon , Tréforier de M. le Comte
de Charolois.
le Comte Defcignac.
Plus ,
Ravot , Banquier en Cour de Rome.
de la Fontaine le jeune , Sellier du Roi.
Rolin Deffarts , Grand Maître des
Eaux & Forêts.
Plus , en or 3 on. 4 gros.
Caron , fils , Payeur des rentes ,
en or , ƒ onc. 4 gr. ! .
(A réunir au 16 Novembre. )
Mad. de Bacquencourt.
Mad. Gaultier , Bourgeoile de Paris.
Mlle Clairon , de la Com . Franç .
m. o. g.
607712
279 4 S
943
78 47
82 1
142 3 I
20656
9575
131 5 4
3654 Hazon , Confeiller au Châtelet.
Patu , de Compiègne.
66 13
l'Abbé Aniffon 214 7 6
Mad. la veuve de M. Gobelin , Au- .
diteur des Comptes. XII 3 3
Mad . l'Abbeffe de Port- Royal . 24 6
Mad. Guimaudet , Bourg. de Paris. 167 6 S
Gaultier, Fermier général.
Hégron, Directeur des Aydes de
Vitry-le-François.
Mad , la Préfidente Saulnier.
Boulonnois , Subftitut de M. le
645 2
39 5
19 7
Proc. gén . 199 2 2
198695 6 4
Du 15 Décembre.
de la Hogue , freres.
Duchaufour.
Bargé.
60 3
144 64
I 3
272 MERCURE DE FRANCE .
Suite du is Décembre.
Meffieurs
Maffon de Pliffay, Ch . de S. Michel .
les Bénédictins Blancs- manteaux,
La Paroiffe de Bonnes - nouvelles.
de Creil , Confeiller d'Etat .
( Autre envoi le 17 Décembre. )
( Autre dudit jour. )
Mad. la Marquife de Latafte.
Maillard , Proc . au Parlement.
Girault l'aîné , Notaire.
de Brie , Huiffier au Confeil .
de Luze , Chirurgien du Roi.
l'Abbé de Cîteaux.
(A réunir au 27 Novembre.)
les Gardes de la Mercerie.
Loir , Confeiller au Change de la
Monnoje.
de la Porte , Commiſſaire général
de la Marine .
Patu , Notaire .
le Marquis de Rothelin.
de la Salle , Lieutenant général .
de Chateauvillard , Me des Comptes
& Commiffaire des Invalides.
Mlle de Beffe de la Richarderie .
de la Croniere , Confeiller à la Cour
des Aydes.
Mercier, Fermier général.
Charon , Fermier général .
Lavocat, Maître des Comptes.
de Montmorand , Baillif d'épée de
l'artillerie de France .
le Curé de Marck , Diocèſe de Boulogne
près Calais.
m. 0. g
243 17
586
;
18 I
79 2 [
2
181 2
812
39 3
42
24
717
20 S 4
54 3 5
246 2
48 3 3
1996
146 6
130 2 4
98 14
816
118 7
179 S S
10 2 4
2766
13.64
2
I
MNMN
I
2
JANVIER . 1760. 273
Suite du 15 Décembre.
Meffieurs
De places , Notaire.
du Chapitre de Saint-Honoré.
m. o. g.
196 2
100 4 312
Du 16 Décembre.
La Chambre des Orphévres a porté
le 15 dudit après l'état envoyé.
Nau , Payeur des rentes , pour Mad .
fa mere.
le Marquis de Champigny de
Montgon.
Du 17 Décembre.
Mad. la Comteffe du Rumain .
Labbé du Lingondés .
Bataillon , Bourgeois de Paris.
Gachier , Maître des Comptes.
du Caffau de Montfort , Bourgeois
de Paris .
Philippes , Lieutenant général.
Durieux , Bourgeois de Paris.
Mad. la veuve Saugrain.
201990 45
de Saulx , Chev. d'hon . de la Reine.
Mad. Poupart , veuve de M. Cottin ,
Entrepreneur des Manufact. des
toiles peintes de l'Arfenal .
le Préfident Ronard.
100
3872
1
80 I 3
2022095 2
146 S
178 4 6
192 I 6
(Autre envoi le 18 Décembre. )
Mad. la veuve Dat , Bourg. de Paris.
Maffé , Confeiller de l'Acad . Royale
de Peinture & Sculpture .
Roland de Fonferieres , Secr . du Roi.
Geoffroy , Caiffier général .
Viel , Procureur au Parlement.
29. I
73 17
92 6 I
20 2.2
157 6 I
197 S 4
71 6
8472
7
62
66 IS
I
2333 2
6
125 4
48 I 3
274 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 17 Décembre.
Meffieurs
Mad . Geoffroy , veuve de M. le Grand ,
m. o.
Maître des Eaux & Forêts.
214 4 5
( A réunir au 31 Octobre. )
de la Chambre , Md. Orphévre. 102 S
Meulan des Fontaines . 171 4 7
Mad. Roettiers , épouſe
du Graveur général
114
des Monnoies. 107 3
Plus , 6-5 I
de Creil , Confeiller d'Etat.
( A réunir au 15 Décembre . )
le Comte de Beaujeu Chavigny.
58 1 2
8163
les Dames Feuillantines du Fauxbourg
Saint Germain.
9362
La Paroiffe de la Chapelle S. Denis ,
Fauxbourg S. Lazare . 2355
93 2
le Duc
d'Aiguillon.
Morlet a porté de la fucceffion de
M. Bidaut , Huifier de la Chambre
du Roi.
de Broqueville , Négociant.
Les Religieux Picpus , Fauxbourg
S. Antoine .
107 6 I
29 7.3
80 S
Mad. la veuve Gliffe , Maît. Rubanniere. 22 44
( Autre envoi le 18 Décembre. )
( Encore le 20 dud . )
Riquet , Marchand de Paris.
Mauduis , Traiteur.
de Novion , Præfident à Mortier.
de Valville , Subdélégué de Nogent
fur Seine .
Graffin , Maréchal de Camp .
( Autré envoi le 18 Décembre. )
Les RR. PP. Jéfuites du Collège de
105 2
IS 4 4
182 4
47 I S
190 I 4
JANVIER , 1760 . 275
Suite du 17 Décembre.
Meffieurs
Louis le Grand.
m . 0. g.
63335
de Creil , Confeiller d'Etat. 159 47
( A réunir au 15 Décembre. )
Mad. la veuve de S. Jean. 166 11
206488
Mad. la Marquife de Chevoile. 155 12
Du 18 Décembre .
de Tabois , Gentilhomme ord . du Roi. 244 2 2
Le Chapitre de S. Etienne- des - Grès.
Guyot , Doyen de MM . de la Cour
des Aydes.
L'Abbaye S. Germain des-Près.
Mad. de la Bourdonnois.
Mad. la Marquife de la Lande .
le Préfident de Guébriant.
ود
6753
194 6
I
300 1 2
84 7
368 S Chevalier , pr. Com . de la Marine.
130 IS
Pavé , Secrétaire du Roi. 322 3 6
26
35
Graffin , Maréchal de Camp .
Muly , Elu à Meaux .
( A réunir au 17 Décembre. )
Patu , Secrétaire du Roi .
Mad . Saulnier , Légatrice de M. de
14 4 I
5537
la Peironnie , pr . Chirurgien du Roi. 106 r
Hoquart , Tréforier général de
l'artillerie .
Mad. la veuve Gliffe.
( A réunir au 17 Décembre. )
Mad . de la Briffe , ancienne Intendante
de Caen .
MM, de l'Inftitution de l'Oratoire.
Begon , Procureur au Châtelet.
MM . de l'Oratoire , rue S. Honoré ,
Maucler , Directeur gén . des Vivres.
le Dran , Tréforier des Vivres.
189 7 S
254
125 36
336
90 12
200 2
523
39 42
276 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 18 Décembre.
Meffieurs
Mad. Poupart , veuve de M. Cottin ,
Entrepreneur de la Manufacture
des Toilles peintes de l'Arfenal.
( A réunir au 17 Décembre. )
M. Bonneau , Secrétaire du Roi.
Efmonen , intéreflé dans les affaires
du Roi.
Panelier, Recev, des bois de Senlis
& Compiegne.
Maincent , Syndic des Tontines .
Morand , Chirurg. Maj . des Inval.
Cochin , ancien Echevin.
le Comte de Manherbe , Lieut . gén.
Saget , Conf.au Parlement .
Eftienne , Traiteur.
Mefd. de l'Abbaye du Val de Grace.
Jolly, grand Audiencier de France.
le Marquis du Muy , prem. Maître
d'Hôtel de Madame la Dauphine ;
de la fucceffion de M. fon pere.
( A réunir au 19 Novembre. )
Gitton de la Ribellerie , Secr . du Roi.
le Marquis de Souvré.
le Caron , Maître Particulier & Lieutenant
des Chaffes de Laifgue.
de Beauval , Major de Compiègne.
Hardy , Contrôleur des rentes fur
les Fermes,
de Montion , Confeiller au Grand
Confeil.
le Marquis du Muy, de la fucceffion
de Madanie fa mere.
( A réunir au 19 Nov. )
•
m.o.g
2326
1965 6
187.6 I
34 23
215 3
7552
46 I 6
2
59 I
99 3 3 t
III 3
32 3
202 4 6
46 4 7
51 27
145 4
30 3 2
24 4 I
48 I
2
177 7 41
309 I 4
211301 312
I
Du
JANVIER. 1760. 277
Du 19 Décembre.
Meffieurs
Les Religieufes Filles- Dieu.
Mad. de Sabourni.
Teftard Dulis , Ecuyer.
Brochand , Marchand .
Gauzen.
Prépaud, Régiffeur des Droits réunis .
de la Bourdonnois , Conf. d'Etat .
l'Abbé Mercier.
Mad. Chalé.
le Comte de Varas.
le Blond , Contrôleur des rentes.
Antoine Day , Officier de la Chambre
du Roi , Chev. de S. Louis.
Gorand , fils , Marchand.
m. o. g.
33 4
207 7 1
89 7 7
23067
6062
97 I
142 S 6
124 4 7
5572
817 !
64 2
2839
24 4
Gorand , pere.
Les Carmes Billettes,
Les Dames de l'Union Chrétienne de
Saint-Chaumont,
Meffager , Md Epicier.
Mad. Latour , Veuve .
Dauffet de Coulange , Munitionn.
des Vivres de la Marine.
Tellès Dacosta , Secrétaire du Roi.
Bignon , Bibliothécaire du Roi,
Mlle Delin , Bourgeoife.
Billeheu , Contrôl. Contregarde.
de Varenne , anc. Conful , & Quartin.
Aubry , Avocat au Parlement.
Les Jacobins de la rue S. Honoré,
Les Auguftins du Grand Couvent.
le Duc d'Ancezune.
1. Vol.
55 4: 312
5356
66 47
74
21
2206 t
15563
104 4 42
24 IS
48 3
72
834
6
927 I
757
114 2
140 3 2
213824 3 4
P
2
278 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 20 Décembre
Mad . de Bouju, demeurante à Cham
amyong.
pagne , près Baumont fur Oife, cd14 4 54
Cury , Contrôleur des Tréforiers desa
troupes de la Maiſon du Roi.
MM. Mercier.
le Comte de Soyecourt , Meftre de
camp , Capitaine de Dragons au
Régiment de Thiange.
Petit , ancien Conful.
Mad . la veuve Langlois de Rezy ,
Confeiller au Parlement
Bernard de Balinvillier , pere .
( A réunir au 11 Décembre. )
Faget , Chirurgien Major des Gardes
Françoiles.
Mlle Carbonnet.
de St. Roman , Maître des Comptes.
Marchand , Secrétaire du Roi.
Marchand le jeune , Notaire.
le Comte de Valbelle .
Doublet , Avocat au Parlement.
Berthelin , Bourgeois de Paris.
Mad . de la Coré la mere.
du Poulpry.
de Beaumont , ancien Directeur de
l'Académie de S. Luc.
bir
24 : 4
101 2 3
105 1 4
856 1
116 4 6
I 4
97
125 1
68
42 7 2
109 3
1966
$ 3.4.71
72 5
542 25
42 2 5
de Bragelonne , anc. Capit. aux Gardes. 58 5 a
Mad . Gliffe,
( A réunir au 17. Décembre. )
Caron , fils , Payeur des Rentes , a remis
en or 3 onc 4 gr . 12 grains.
(A réunir au 16 Novembre. )
Les Barnabires.
Cazalu , Tiéforier de France ,
3866
79 5 4
JANVIER . 1760. 279
Meffieurs
Suite du 26 Décembre.
Pirrepape , Négociant.
Guillaume , Serrurier.
Plus en or 3 gros & demi 27 gráins.
Mlle du Pourpry.
le Paige Ecuyer de Mad.la Dauphine .
Kornmann , Banquier.
Bayeux Infpecteur des Ponts & Chauff.
Les Religieufes de Sainte Elifabeth.
Les Religieu es de Sainte Marie , rue
S. Antoine.
Mad . la veuve Bonfils.
Les Religieufes de la Conception .
Moucade , Avocat.o
7 21 Du 21 Décembre :"
Marteau , Docteur en Médecine.
m . o. g.
7657
3621
41 6
542 $
117 2 4
17 6 41
46 1
·5167
176 1 6
34 62
832
215714 1 2 !
16 2 41
26 33 Prevost Defpreaux , Agent de Change .
I
11 Du 22 Décembre.
le Comte de la Vieuville .
l'Abbé Junot , Aumonier des Gardes
Françoiſes.
Durand , Avocat.
Duret , Avocat.
Plus , en or 5 on . 3 gr . 3 grains.
le Gueux - de-la -Varenne , ancien
Intéreflé dans les Fermes.
de la Buffiere , demeurant à Tréguy.
le Préfident Mallet,
Jannelle Douville , Prevoc général
de la Connétablie.
Delpuech de la Loubiere.
425 7
44 2
24272/2
36 17
32 1612
FI 3 I
54 2 3
149 3 7
27 5 4
155 7 1 -
Pij
280 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 22 Décembre
l'Abbé Lambert , Garde des Archives
de la Chapelle du Roi.
Thierry , Ecuyer ordinaire de la
bouche du Roi.
de Vougny de Petitmont.
des Ragues , ancien Commandant
du Fort Socoa.
Menault , Bourgeois de Paris.
Charpentier , Bourgeois de Paris.
Guircan , Ecuyer.
Robineau, Notaire.
de la Chauffade , Secrétaire du Roi.
Heron de Courgis , Secrétaire du Roi.
Les Mathurins.
l'Abbaye de Chelles.
d'Hericourt , Intendant de Marine.
Mad. Geoffroy .
( A réunir au 17 Décembre . ) 27.
Hurel , Payer des Rentes.
Petit , Confeiller de la Cour des
Monnoies.
Les Chartreux .
Dargent , Avocat.
le Begue , Sécrétaire du Roi.
Cartaut , Huifſier Priſeur.
de Changy .
de Linguede .
le Préſident de Mele ...
m. o. g.
42.6 31
60 7 I
109 7.7
110:
28621
147 5·
80 I I
36
4465
88 65
137 7 2
.
49 S 4
104 4 5
31
113300 64
.
2
11 5 61
98 3 5
72 1
382
934
219 1
19 7-7
de Camp , Pay eur des gages de la
Chancellerie . 1
de S. Georges , Capit . de Vaiffeaux.
Ies Religieufes Miramionnes.
Baillon .
249 1 6
1
194 3 4
13 3 1
2
IS 4 4
12 27
I
JAN VIER. 1760.
281
Meffieurs
Suite du 22 Décembre.
Mad. la Préfidente Saulnier .
( A réunir au 14 Décembre. )
Even.
Corbec , Traiteur
le Préfident Ricouves.
de Moreuil.
Les Hofpitalieres de S. Gervais .
le Baron de Thiers .
Le Séminaire S. Magloire.
m. 0.
4 3 3
5.
16 7 I
823
23 6 3
12 1 4
653
362 41
20 I 4
Les Céleftins .
Les léfuites du Noviciat .
Les Chanoines de S. Victor.
de Laillevault , ancien Brigadier des
Gardes du Corps .
147 2 7
3525
165 7 5
Camufat , Auditeur des Comptes.
Befnier , Greffier de la Cour des Aydes ,
& M. Darcilly , Régiffeur des nouveaux
droits.
71 4 4
6376
192 7 S
3671 4 4
Du 23 Décembre.
Mad. l'Abbeffe de Pont- aux - Dames .
Mad . la veuve Facq.
Mignoneau.
de Derchigny , ancien Intendant de
la Marine.
544
4 6 7
5825 2
2
119 5 3
4683 21
2
Faute effentielle à corriger au total qui eft au bas
de la premiere Page de cet Etat.
Au lieu de 31335 0 4 , lifez 19894 2 S.
De la Vaiffelle portée à la Monnoie de Paris:
LEROI & la Famille Royale ayant jugé à propos d'envoyer
à la Monnoie leur Vaiffelle d'argent pour fubvenir
aux befoins actuels de l'Etat , les Princes du Sang , les
Seigneurs de la Cour , & à leur exemple les Citoyens riches
, ont donné dans cette occafion les plus grandes
marques de zèle , en envoyant de même la leur . Voici la
lifte qui m'en a été remiſe.
Novembre 1759.
du 2 dud .
m.o.g.
1972.31 m. o. g.
M. le Duc d'Or
du 10 dud.
léans.
373-37 2691 6 2:
I
du 14 dud , 345.7 27.
M. le Prince
de Clermont ,
de Condé ,
M. le Comte
de Charolois.
M. le Comte
Mde la Princeffe '
de Conti ,
du 3 Déc. 110351
du 16 Nov. 81355
du 2 Nov. 842-75
du 24 Nov. 468 2
M. le Prince
du 13 Nov.
835 2
de Conti ,
M. le Comte
de la Marche ,
Mile de Sens ,
M. le Comte
d'Eu ,
Mde la Comteffe
de Toulouſe ,
M. le Duc de
Penthièvre,
I. Vol.
du 13 Nov. 204. 37
du 16 dud. 135.74
du 9 Nov.
du 2 dud.
340 33
.....
4345 I
1442 26
39064
6 } 2077 3 3
du 31 Oct. 1324. 25
i du 14 Nov. 753 .
31335
K
218 MERCURE DE FRANCE
Du 29 Octobre 1759.
Meffieurs
'de Silhouette , Contrôleur Gén .
le Comte de Mailly d'Haucourt.
( Autre envoi du 4 Novembre. )
Richard , Recev. gen. des Finan.
( Autre envoi du 12 Novembre. )
( Autre dudit jour.)
Du 30 Octobre.
Gooffens , Banquier.
Beaujon , Recev . gen. des Finan.
de Saint Vaft , Recev. gen, du 2 se.
de Boullongne , Confeiller d'Etat.
de la Borde , Banquier de la Cour.
Bertin , Recev. gen . des Part. Caf.
Boutin , Recev. gen . des Finan.
Dumas , Recev. gen. des Finan.
Marquet, Recev. gen. des Finan
de Bourgades , Munitionnaire
des Vivres.
m. 0. gà
GIS 7 I
210 I 4
174 7
T
1000 $
284
133 7 4
714 S
378 L
453 57
215 17
221 2 I
7
282 7.4
424 43
30635
Chauvelin , Confeiller d'Etat , In
tendant des Finances, 38544
415876
Du 31 Octobre.
Mad, la Marquise de Ximenés , 187 7 7
Roi.
Teixier , Intendant des Ecuries du
Geoffroy , Caiffier des Recettes générales
des Finances.
( Autre envoi le 17 Décembre )
de Saint - Jullien , Receveur gen.
du Clergé,
19 3
51567
321 $ 7
JANVIER. 1760. 219
Suite du 31 Octobre .
Meffieurs
de Bonneval , Tréſorier de la Maifon
de la Reine .
Watelet , Recev. gen . des Finan.
de la Ferté, Intendant des Menus.
Baur , Banquier.
de Lage , Recev. gen . des Finan
de Machault , ancien Garde解 des
Sceaux.
le Premier Préſident de la
Chambre des Comptes.
le Duc de Choiſeul , Secrétaire
m. 0. g.
*
152 53
167 1
39 36
5
280
9436
749 I 6
28973
d'Etat , Min. des affaires Errang . 1556 333
( Autre envoi du 2 Novembre.
Moufle de Georville , Tréforiergénéral
de la Marine .
le Prêtre , Trélorier gen. de la
Maifon du Roi.
( Autre envoi le 8 Novembre. )
Poujaud , Directeur des Fermes.
MM Bouret freres . 339 4 3
Bouret free
Plus des mêmes.
1
3383 42
( Autre envoi le 14 Novembre. )
205 7
157 6 3
105 6
677 77
(Autre envoi le 16 dudit . )
Daugny , Fermier général .
de Beaumont , Intendant des Finan.
le Duc de la Vauguyon .
de Villette , ancien Tréforier
442 S₁
217 6
435 13
gen.
420 265/
de l'extraordinaire des Guerres .
de Lifle , Munitionnaire général.
Darnay, Fermier général.
de Parfeval , Fermier général .
206 5 7
147 3 6
246 4 2
11971 31
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du . Novembre .
le Marquis de Marigny.
le Marquis de Lugeac , Commandant
des Grenadiers à cheval .
le Prince de Soubiſe , Maréchal de
France.
Plus a remis en or 5 m . 5 òn . 3 g.
& demi 30 g.
Autre-envoi le 14 Novembre.
m.o.g
35033
61. 4
1742 4 2
Du 2 Novembre .
14125 3
297 6 5 Dormeffon , Intendant des Finan
4 Autre envoi le 7 Novembre )
le Duc de la Valliere.
Mad, la Comteffe de Marfan.
Mad. la Princeffe d'Armagnac.
Herbin , Ecuyer de la bouche du Roi.
Plus a remis en or 5 on. 5 gros 18
Baron l'aîné , Notaire.
g .
le Bailly de Grille , Lieutenant -Général
des armées du Roi.
le Comte de Jarnac Rohan Chabot.
#
( Autre envoi du 6 Novembre. )
le Duc de Fleury .
3931 6
555
96 5
I
57 5 3
2117 2
288 6 I
89 27
439 2 2
( Autre envoi du $ Novembre.
Dargental , Confeiller d'honneur
au Parlement, & Miniſtre.
Mad. la Duch . de Brancas, Douairiere .
Daucourt , Fermier général.
Hocquard , Fermier général .
le Duc de Choifeul , Miniftre des
affaires Etrangeres.
( A réunir au 31 Octobre. )
218 5 4
61 "
1885 2
362 3
13.7
le Marquis de Grammont , Lieutenant-
Général des armées du Roi. 113
2
JANVIER. 1760. 221
Meffieurs
Mad. la Comt . de Teffé, Douairiere.
Suite du 2 Novembre.
de Villemur, Fermier genéral.
m. c. g.
172 4 4
372 6 5
18058 1
Du 3 Novembre .
Mad. la Marquife Saffenages. 232 22
Texier de Menetou , Receveur gen.
des Finances .
257 53
le Marquis de la Chenelaye.
245 66
le Comte de la Marck.
le Marquis de Loris.
50965
835
Paris du Verney.
Mlle le Borgne Brifeval .
Perfonnet , Inſpecteur des Ponts & Ch .
de Servandé , Recev . gen . des Fin..
Autre envoi le 9 Novembre. )
le Cardinal de Luynes.
Lignez , Chef de la Fruiterie du Roi.
le Marquis de Cremille , Lieutenant-
Général des armées & Miniftre.
le Duc de Biron l'aîné .
le Duc de Gontault.
( Autre envoi du 12 Novembre. )
Mad. la Marquise de Pompadour.
( Autre envoi le 17 Novembre. )
dé la Reyniere , Fermier général.
Berrier , Miniftre de la Marine.
le Maréchal de Belleifle , Miniftre
de la Guerre.
Collin , Tréforier de l'Ordre Militaire
de S. Louis.
Mlle le Duc.
87452
44 6
17 5 4
158 1 4
463 3
88 4 6
*
424 6
128 6 I
175 4 6
1781 I Z
359 3
29972
2023 2 3
195 6 1
203 I
26625.763
Kilj
222 MERCURE DE FRANCE .
Du 4 Novembre.
Meffieurs
de Preffigny , Fermier général.
de Pange , Tréforier général de
l'extraordinaire des Guerres .
le Maréchal Duc de Luxembourg.
( Autre envoi le 25 Novembre. )
le Comte de Saint Florentin , Secrétaire
d'Etat.
Paris de Montmartel.
Boutret , Echevin.
Mailly Daucourt.
( A réunir au 29 Octobre. )
Du 5 Novembre.
le Maréchal de Noailles.
Millin , Secrétaire du Roi.
l'Evêque de Verdun .
m : 0.
68
491 7
580 5 4
375 4 4
1804 2 4
122 3 5
20474
302737 2
83844
162
282 65
le Duc de Fleury .
( A réunir au 2 Novembre. )
de Boullongne , Trélorier de l'extraordinaire
des Guerres.
Dupont , Secrétaire du Roi , Envoyé
de Portugal .
Chateau , Secrétaire de l'Intendance
de Paris.
Mad. la Comteffe de Luzelbourg.
Mazade de Saint Breffan , Tréforier
général des Etats de Languedoc.
l'ancien Evêque de Limoges.
l'Abbé de Radouvilliers , Sous- précepteur
de M. le Duc de Bourgogne.
Puiffant , Fermier général.
de Vergne , Secrétaire du Roi.
de Beaumont , Fermier général.
57 46
368 26
7 6
2925
71 2.3
262 3
48 37
24 2
121 37
280 2.
434 67
JAN VIER. 1760. 223
Suite dus Novembre.
Meffieurs
le Duc de Duras.
Mad , la Comtelle de Baviere.
Pajot , Recev. gen. des Finan.
le Maréchal de Lautrec.
de Monginor , Secrétaire du Roi.
FAbbé de Broglie.
m. o. g.
609 5 7
6256
166.7 3
218 7
3563
337 2 6
de Roquemont, Commandant du Guet. 23
Binet , premier Valet de Chambre
du Roi. 162 63
Gabriel , premier Architecte. 14934
Mad, la Comteffe de S. Severin.
201 S
( Autre envoi le 12 Décembre. )
de la Boiffiere , Tréforier général des
Etats de Bretagne.
698 1 3
Borda , Fermier général.
de Fontpertuis , Fermier gén.
de Launay , ancien Tréforier gén, de
l'extraordinaire des guerres.
(Autre envoi du 21 Novembre. )
de Belleguife , Receveur gén. des Fin.
de Champlot , premier Valet de Ch.
du Roi.
le Comte de Mailly Rubempré, prem.
Ecuyer de Made la Dauphine.
( Autre envoi du 19 Novembre. )
PEmpereur, ancien Echevin.
Made Dupile.
Made la Marquife de Merangere.
Made de Savalette la veuve.
le Comte de Bethune , Ch. d'honn.
Bertier de Sauvigny , Intend. de la
Généralité de Paris.
T 374 I
202 3 4
12586
1347 3
173 4
108
187 27
273 3
17 4 2.
424 6
18 52
570 7
38598
224 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 6 Novembre.
Randon de Boiffet , Rec. g. des Fin.
Made la Marquise de Brancas.
Joly , Avocat .
le Maréchal de Coigny.
de Caze.
le Maréchal Duc de Biron.
Made la Princeffe de Carignan.
Gilly , Dir . de la Comp. des Indes.
l'Abbé de Breteuil , Chanc. de M. le
Duc d'Orléans .
Mlle Marie Moineau.
Made la Ducheffe de Grammont.
MM. de Montcrif, freres , l'un Lecteur
de la Reine.
m..o . g.
203 4
332.7.3
47 3 I
454 56
107 6
738
403 16
8-6
369 3
198
120 4 7674
2674
42 16
27042
140
277 2
3605 6
6557
Made la Comteffe de Lhôpital.
Boudrey , prem . Commis des Fin.
de Maupeou , ancien Prem . Préſid.
de Cypierre , Maître des Requêtes .
Pellerin , pr, Commis de la Marine.
le Comte de Jarnac Rohan Chabot,
( A réunir au 2 Novembre . )
Trudaine , Conf. d'Etat , Int. des Fin.
Dufour , Maître d'Hôtel du Roi.
le Comte de Courten ', Lieutenant ››
gén. des Armées du Roi.
Godeheu, Dir. de la Comp. des Indes.
Rothe , Dir. de la Comp. des Indes.
l'Allemand de Betz , anc. Ferm. gén .
le Comte de Brionne , grand Ecuyer.
Michel , Dir. de la Comp. des Indes.
de la Live d'Epinay , Fermier gén.
de Boullongne , grand Tréforier de
T'Ordre du S. Efprit. 1
Autre envoi le 7 Novembre. )
l'Evêque d'Orléans,
283 6 7
1233
175 15
275 3 3
2747
333 , 7 3
313 4
436 1 3
264922
bé
-397-7 7
25752
f
JANVIER. 1760. 225
Meffieurs
Suite du 6 Novembre.
Harvoin , Secrétaire du Roi.
Mad Maillard ,
Clairambaut , Généalogifte du Roi.
le Duc d'Aumont ,
pere.
Bourjot, Marchand de foie.
le Comte du Luc , Maréch . de camp.
de Gourge , Maître des Requêtes .
Peilhon , Secrétaire du Roi.
Bouret de Villaumont .
le Comte, Notaire.
le Comte de la Riviere , Commandant
des Moufquetaires noirs.
1
m. o. g.
60 3
8 17
23035
333 2 X
$7 I S
43 2 2
108 6 7
27655
311 6
68 26
23552
47394 65
Du 7 Novembre.
De la Bouexiere, Fermier général . 522 43
De Vaugrenant , Chevalier des Ordres
du Roi 379 6 3
Mad. De Buteler , Sous- Gouvernante
des Enfans de France. 157 7 2
Le Marquis de Broglie.
208 6 3
275 26
De Viarmes , Prevot des Marchands.
De Brou , Doyen des Confeillers d'Etat . 251 35
Bégon, Receveur Général des Finances. 18+
Briffard , Fermier Général.
Sainfon , Secrétaire du Roi & Moufquetaire.
Le Marquis de Villeroi.
Le Préfident Henault.
Dugatz , Ecuyer.
S
481
109 3 6
386 3
401 4 3
46 6
L'Abbé de Roileve de Chamballant ,
Préfident honoraire au Parlement de
de Bretagne.
Randon , Receveur Général des Financès.
143 7 6
32036
226 MERCURE DE FRANCE .
Suite du 7 Novembre:
Meffieurs
m. o . g.
Mlle Hus , de la Comédie Françoife. 107
de Montamand , Concierge du Palais
Royal.
de Laurimier , Maître de la Chambre
aux deniers du Roi.
Perriner du Pezeau , Receveur Général
des Finances .
Himber , premier Apoticaire du Roi.
le Duc , Tailleur du Roi.
Le Maréchal Prince d'Ifenghien."
Barbier , Marchand de la Cour.
Le Baron de Mufparault.
Mad. la Comteffe Dailly.
( Autre envoi du 10 Novembre )
Denis , Auditeur des Comptes.
Le Comte de Langeron , Lieut. Gén .
Mad.la Duchefle d'Elbeuf.
Le Prince de Turenne.
Blin des Marais , Banquier.
D'Ormeflon , Intendant des Finances.
( A réunir au 2 Novembre )
De Cramayel , Fermier Général . ·
De Neuville , Fermier Général .
L'Archevêque de Rouen.
De Boullongne , Grand Tréforier de
l'Ordre da S. Efprit.
( A réunir au 6 Novembre )
Jollivet de Vannes , Procureur du Roi
de la Ville.
Tourton , Banquier.
113
2
317
167 2
159 5
6
35 5
71447
De Villemorien , Fermier général.
MM. Petit , rue de la Magdeleine.
Périchon de Vandeuil , Régiffeur des
nouveaux droits.
47 552
20
40
6 3
9052
173 7 6
133 4 I
109 4
66 7 3
436 4
335 13
264 2 4
350 25
632
137
234 6 I
260 16
23 22
54.24
I
JANVIER . 1760. 227
Meffieurs
Suite du 7 Novembre.
Le Marquis de Matignon ,
m . 0.
g .
314 14
7626 Mazouret , Tréf. de France , à Paris .
Gaigne , prem.Val.Garde-Robe du Roi. 40
Mlle de Jarente , niéce de M. l'Evêque
d'Orléans .
De Bacquancourt , Me. des Requêtes.
Poultier , Confeiller d'Etat
Anniffon du Perran , Directeur de
l'Imprimerie Royale.
Maziere , Fermier général.
Mad. la Marquife d'Auffi , fous-gouvernante
des Enfans de France.
De Séchelle , Miniftre.
5.
5236
257 4 4
405 24
213 47 .
20376
$7 4 5.
Mad. Hérault, veuve du Conf. d'Etát . 127 6 6
De Moras , Miniftre.
Le Marg , duTerrail. Marcc. de Camp .
Philippe, anc. prem. Commis des Fin.
Delmoulins , Rec, gén, des Finances.
Le Duc de Nevers.
Bertin, Lieutenant de Police.
Plus 3 onces 5 gr. 21 gr.à 22 karas ..
Brion ancien Echevin.
de Simian, Dép . du Com. de Marfeille.
Choart , Recev, gén . des Finances .
Douet , Fermier général.
de
Cheneviere , pr,
Regnaud , Notaire.
Com , de la Guerre.
508 61
407 2 2½
221 1 11
108 I
2154 I
272 7
162 2 11
82 1 6
267 1 2.
337 3 S
so 2 7
33 3 11
Mad Chambon, veuve du Fermier gén. 146 I s
60366 1 Q
Du 8 Novembre,
Mad. Grimaud Dumas, 301 4 31
128 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 8 Novembre.
Meffieurs
Le Maréchal de Balincourt .
L'Abbé Alary, Prieur de Gournay.
Le Marquis de Béthune.
Mad. la Marquife de Mancini.
Geneve , marchand de foie.
Fortier , Incendant du Commerce.
Mad. la Comteffe de Liffemore .
Rouffin , Architecte .
Laloy , Bourgeois de Paris.
Plus en or , 2 onc. 9 gr. 18 grains.
Daalhieme , fils, Ecuyer.
Mad . la Ducheffe de Lauragais.
De Lauzy , Curé de S. Jac. la Bouch .
( Autre envoi du 10 Novembre.
Mlle Liard Davot , de l'Opera.
D'Argenlieu , Colonel d'Infanterie,
Mad. la Duchelle de la Valliere.
De Montcrif, Direct, des Fermes, 1
m. o.
g.
I
1803 2
175 3
..
111 26
134 I
87 24
111 32
153 4 4
48 4 4
19
28 5.6
110 3 7
108 4 2
57.7 6
191 6 7
2734
441332
Lević , Commiffaire au Châtelet.prove $950 3 Si
Richard , Fermier Général
Mad . Heynard de Ravannes.
·298.
290324-2.7
Mad.laMarq.d'Entragues , Douairiere , 140
Jannel , Intendant des Poftes.
Le Prêtre , Trél. gén. des troupes de
la Maiſon du Roi, en 8 jettons d'or,
2 onc. 3 gr. 1 grains.
( A réunir au 31 Octobre )
De Saint Fargeot, Avocat général .
De Cuiffy , Fermier général,
སྙ སྙམ
Prevôt, Tréforier général des Ponts &
Chauffées.
Dupont , Bourgeois de Paris .
Malon de Bercy, Me des Req. hon.
273 7.6
489 2
24 S
5767
•
149 2 I
2
*
Suite
JANVIER. 1760 . 229
Suite du 8 Novembre.
Meffieurs
Le Duc de Rohan,
Taitbour, Greffier de l'Hôtel de Ville.
Mad . la Marquile de Saint Remy.
De S. Hilaire, Maître d'Hôtel du Roi.
Le Curé de Meudon,
Le Marquis de Jumilhac , Commandant
des Moufquetaires gris.
Perriner , Fermier général.
Le Prince de Rohan .
Le Prince de Beauveau.
Bellin , Ingénieur de la Marine.
Dormeſſon , Préſident à Mortier.
Mlle Couturier .
De Coulombier , Agent de Change.
Mollet , Gentilhomme ord. du Roi.
L'abbé Mollet , frere du fufdit.
Doubre , Maître des Comptes.
Dupin , Fermier général.
Le Marquis de Roquépine.
Mollé , Pr. Préfident au Parlement.
De Salabéry , Confeiller d'Etat.
m. o. g.
951 27.
173 76
5875
155 4 7
14 S 3.
Bernard deMontigny, Rec. gén. des Fin.
Baillon , Horloger de Sa Majefté .
De Monin, Sécr. de M. le Pr. de Conty.
Le Comte de Maurepas , Miniftre .
Mefnard pere , Chanc. de l'Ordre .
Mad. la Marquife de S. Sauveur.
Mad . la Marquife de la Ferriere.
de la Rue , Bourgeois de Paris.
Mad. d'Hoppen , Nourrice de Meſd.
Victoire & Louife.
de Meflé , Privilégié des Gazettes
& Affiches.
I. Vol.
211 5 4
308 2
99 I
547 7 5
795 2
179 2
64 2 2-5
7 192
7635
51 3
45 6
325 II
46 3
602 I 3
357 3 45
260 5
109 4 E
11
K
2
2
2
448 3 I
4 2
1967
13
456 3 6
296
5762
L
29 7
230 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 8 Novembre.
Meffieurs
Mad. la Veuve Afforty , Médecin.
Du 9 Novembre.
Mad. de Vougny , veuve du Maître
des Requêtes.
Mad, la Vicomteffe Durtubit.
le Monnier , Fermier général ,
Aftruc , Maître des Requêtes.
Mad . la Ducheffe Dantin.
Marfollier , Secrétaire du Roi.
l'Abbe le Blond .
de Servandé , Recev . gen. des Fin.
( A rétablir au 3 Novembre. )
de Villars , ancien Capit. aux Gardes .
Cheron , Md . Bijoutier Jouaillier.
Leonard , Confeiller au Châtelet.
Mad, du Roncey , veuve de l'Ecuyer
de M. le Duc d'Orléans.
m.o.g
39-5
70807 6 3
de Viteman , ci- devant Intéreffé dans
les Fermes .
Mad. de Viteman femme du fuftit.
de la Genetiere , Tréforier de M. le
Prince de Condé .
de Savigny , ancien Capit. d'Infant.
Péron , Officier de la Chambre
du Roi.
de la Maisonneuve , Valet de Garderobe
du Roi.
Mad. de Fulvy.
Caron pere , Secrétaire du Roi , &
Payeur des Rentes .
Mad.la Marquife de Clermont Galle-
46 2
174 6 6
581 7 71
188 3 2
134 3 7
2877 42
124 4 I
I
20 3 61
16 4 71
I
75 172
246 3
225 24
226 I
9
83 7
201 3 £ 1
176 I 4
2835
144 2 6
2367
JANVIER, 1760. 232
Meffieurs
Suite du 9 Novembre.
rande, Dame d'Arour .
Chapvelin , ancien Garde des Sceaux .
Mad. Daverne , Place des Victoires.
Danic Dumouron , Entrepreneur des
Hôpitaux Militaires ; & fon frere.
Martinført , Munitionnaire des Vivres .
Senac , premier Medecin'du Roi.
le Riche de la Paupliniere, F. gen.
de Mornay , Gentilhom . ord . du Roi.
Mad. de Lagarde , veuve du F.
( Autre envoi le 17 Novembre. )
(:Autre envoi au se art, ci- après.
de Lautrec , Capit. aux Gardes Franç .
Teyraffe de Lolleda , Fermier du Roi.
Mlle Tronchet de Mainville.
gen.
le Baillif de Froulay , Amballa deur
de Malthe.
Mad. de Lagarde.
( A réunir au se art , ci-deſſus. )
Paul , Md. rue S. Denis , à la Reine
de France.
m.of.
2825
6137
188
47 4 I
17 7 3
19167
415 41
464 $ -3
733671
18 7
47 24
202 $ 2
255 I 3
1643
41 1 4
Dubuiffen , ancien Com . de la Guerre . 106 1 ;
le Comte de la Serre , Gouverneur
des Invalides .
Mad. la Marquife de la Force .
Mad, la Duchelle de Brancas
le Duc de Chaulnes.
Mad. la Comteffe de Villemenard,
Prignaut de Beauregard , Noraire.
de Barjol , Ecuyer.
Dufour de Villeneuve , Maît .des Req.
Mad. la Maréchale de Villars .
Mad . la Marquife Dupleffis- Chatillon .
Boudier,chez M. le Comte de Brionne.
107 'S
64 12
26554
22146
105 7 5
38 S
37 7 4
145 7 4
435 74
996 1
16 7 6
Lij
232 MERCURE DE FRANCE.
Suite du Novembre. 9
Meffieurs
Guoffe , Secrétaire de M. Dormeſſon ,
Intendant des Finances.
Wal , Valet de Chambre du Roi,
l'Abbé de la Ville.
1
de Crancé , Ecuyer de Madame la
Dauphine.
Thiroux de Montregard.
Bronod l'aîné , Notaire.
Du 10 Novembre.
Gaignat , Secrétaire du Roi honoraire .
Pantigny , Recev. gen . des Finances.
Mad. la Ducheffe de Lorges.
le Marquis de Scepeaux , Lieutenant
des Gardes du Corps.
le Comte de la Marck , Lieutenant
de Roi des Invalides .
m. 0. g.
215 2
147 I 6
23767
1937
60 I
335 54
797866
195 2 4
9067
148 2
57 I
de Lucé , Abbé de Turpennay .
le Févre , Ameriquain.
Mad. la Marquifé de Menard,
le Marquis de Rieux , Lieutenant-
Genéral des armées du Roi.
Glain , Peintre.
Regnier , Baillifde Verfailles.
le Tourneur , Lieut. de la Connétab .
de la Borde , ancien Fermier gen.
Bellanger , Secrét. du Roi , Notaire.
( Autre partie le 12 Novembre. )
42 I 5
t
2
37 3 3
2
5674
X
405 2 2
I
563 2
8627
317 1
2197 2
174 3 4
145
Coupart , Recev . gen . des Dom . & Bois . 199 I
le Préfident Rougault.
Sibire , Notaire.
Pelletier de Beaupré , Conſ. d'Etat.
170 7 I
116 7 f
318 3 4
JANVIER. 1760. 233
Suite du Q Novembre.
Meffieurs
de S. Vallery , Recev. gen. des Fin.
Barjoles , Ecuyer.
le Marquis de Janſon , Mar. de Camp .
Mlle de Bracq.
Baudon , Fermier général .
de la Porte , Secrétaire du Roi.
Aubert , Violon de l'Opéra.
Gautier de la Pommeray , Procureur
au Parlement .
Mad, la Marquife de Scoraille.
Darla , Quartinier de la Ville de
Paris.
Lorrain, premier Commis de M. de
Courteille.
Mad, la veuve Hibert , ci -devant
Marchande de Paris .
Janffin , Gentilhomme Anglois.
de Montarant , Maître des Requêtes ,
Intendant du Commerce.
de Lamanche , Notaire.
Teffier , Intendant des Ecuries &
Livrées du Roi.
Thevenin , Secrétaire du Roi , Payeur
de Rentes.
le Comte de Mailly , premier Ecuyer
de Madame la Dauphine.
( A réunir au រ Novembre. )
Foubeft , Lieutenant du premier
Chirurgien du Roi.
Raymond , Secrétaire du Roi.
Mad. la Comtelle Dailly.
( A réunir au Novembre. J
Foucault , Marchand de Vin
m. 0. g.
192 5 4
37 1 3
57
2
27 6 7
447 3 3
439 3
62
3057
77 7
101 4
55
18556
401 I 2
373 6
22.6
I
2
253461
166 5 2
367
183 2
2
167-5-61
467
Bood 1 7:
Li
234 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 10 Novembre.
Meffieurs
Cottin , Direct. de la Comp.des Ind.
Mercier , Marchand Orphévre ,
Confeiller de Ville .
Bernard , Marchand Epicier.
le Noir le jeune , Notaire.
Olivier , Marchand , rue des Arcis.
De Viers , ci-devant Md de drap.
Mad. Vatart, veuve du Sécr. du Roi.
Gueffier, Concierge de l'Hôtel des Ambaffadeurs
extraordinaires .
Garnier , Me d'Hôtel de la Reine.
Waimel de Launay.
Micault d'Harvelay, Gar. du Tr.Royal.
Le Comte de Lannion , Mar. de Camp.
Mad.la Marquife de Caftelmoron .
m. o. g.
256 7 6
8064
70 4 7
1543
55 3 3
29276
184 2 4
108 7 6
33147
207 I
171 7 -21
133 7 4
138 6
2
87375 7 4
Du Novembre.
Marfollierdes Vivetieres, Sécr. du Roi . 212 7 6
Collabeau , Syndic de la Compagnie
des Indes .
Pelletier , Fermier général.
439 5 6
64 6.7
88089 4
318 4 3
40 2 IT
2
481 2 2
29422
Du 12 Novembre.
Bernage , Confeiller d'Etat .
( Autre renvoi le 14 Novembre )
l'Abbé Junot, Aumôn, des Gard.Franç.
le Duc de Villeroi.
Chaillon de Joinville , Gentilhomme
ordinaire du Roi.
JANVIER. 1760 . 235
Meffieurs
Suite du 12 Novembre.
le Marquis de Laftic , Chef de Brigade
des Gardes du Corps.
Mad. Laurés.
Baron , Fermier du Roi .
Mad. la Marq . de Fenelon, Douairiere.
Mlle Deſchamps.
le Marq. de Raffetot, Cap. de Gend.
le Duc de Chevreufe .
le Doux , Receveur des Tailles.
Richard , Recev. gén. des Finances.
(Autre envoi au 28 Octobre )
le Comte de Rothe, Lieut. Général.
Mad . de Loifé.
Ferrand , Fermier général.
m. o. g.
I
233 5 2
101 5 2
74 7 I
170 6 3
45 6 2
111 6 •
523 52
363 7.72
129 I 2
191 6 4
29641
2
21726
le Marq. de Roncherolles, Lieut. gén. 194 3 3
Vanno, Fermier gén . des Etats de l'Infant
Dom Philippe.
de Montferrier , Syndic des Etats de
de Languedoc.
Mad. d'Urville, veuve du Sous-ferm .
la veuve Joft .
Baille , Conſeiller au Gr.Confeil.
{ Autre envoi ci- deſſous )
Hocquet, ancien munitionnaire.
("Autre envoi ci-deſſous )
Richer , Quartinier.
Mad. Compaut.
Coupart , Sécrétaire du Roi.
le Duc de Gontault.
( A réunir au 3 Novembre )
le Comte de Noailles.
Madi la Marquile d'Arpajon.
19 5 42
41 4
9656
39 5 7
2
147 7 S
44 7 I
24
255
298
21
4
I 228
203 5 6
2
ܐ܂
236 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 12 Novembre.
Meffieurs
Mad. Rolignol , veuve de l'Intentendant
de Lyon.
Dupont , Notaire.
Richard , Rec. Gén . des Fin .
( A réunir au 28 Octobre )
m.q.
80
so 7 .
I
F'Evêque de Chartres.
Hoquet , ancien munitionnaire.
( A réunir ci - deſſus )
Baille , Confeiller au Gr . Conſeil.
24 ( A`réunir¸ci -deſſus }
4
Mad. la veuve Lemoine , Valet de
garde-robe du Roi.
Breuzart , Doyen des Subftituts de M.
le Proc. Gén . du Gr . Confeil ..
Durand , Greffier au Châtelet.
Bellanger , Séc. du Roi , Notaire.
(A réunir au 10 Novembre )
Paty.
Cotte , Directeur de la Monnoye des
Médailles.
Jeaume , Banquier.
Mad la veuve le Prêtre, Rotiffear.
Pierre , Peintre du Roi ,
Arnoult , Auteur des Sachets contre
l'Apoplexie.
Cappron , Dentiſte du Roi.
le Maréchal de Contades.
Mad. Geoffrin , veuve du Séc. du Roi
ade Lauzy, Curé de S. Jacq. la Bouch.
( A réunir au 8 Novembre )
de la Chapelle , ancien premier Com
nis des Affaires Etrangeres.
P'Archevêque de Rheims
16 67
87 73.
32 -£
445 F
161 2 4
70 7
82
560 7.
273 I
287-352
166 7.4
# :I
108 5
21
2 $4 4 2
289 6-7
249 46
46:14
$77 3
2
JANVIER
. 1760 . 237
•
Suite du 12 Novembre .
Meffieurs
Tilferand , Garde -vaiffelle ordinaire
m. o. 3.
du Roi.
Du 13 Novembre.
Mad . la Marquise de Laſſay.
Prêtre , Marchand.
Guindre , Apothicaire de Madame la
Dauphine.
15375
94060 2 11
72465
168 7 S
53441
72 6!
245
f
212 7 11
257 2
3 .
Lieutaud , Médecin de Monfeigneur le
Duc de Bourgogne.
de Buffy , Secrétaire du Roi .
Duchêne , Prevôt des Bâtimens du Roi. 40
Philippe l'aîné.
le Comte de Houdelot, Cap . de Gend.
Tinel , Marchand.
Mad. la Marq . de Pertuis & M. fon fils
ci-dev . Col. au Rég , de Lufiguan.
le Maréchal d'Eftrées.
Bonnami Drotfin.
Rouffel , Fermier général .
Playet, Contrôl , des Bât, da Ro
Bergier , Agent de Change.
le Comte de Rohan Chabot.
Senffe , Secrétaire du Roi .
Barjol , Ecuyer.
de Brige , Ecuyer du Roi.
Paffot,anc.Tailleur de M. le Dauphin.
Rabuffeau , Bourgeois de Paris .
Doublet , Marchand .
Fériol d'Argental .
Mad. la Marquife du Guefclin.
40
175 2 5
768 2 61
2
34 7 71/
2
17 7 31
484 1.21
865212
134 3 4
192 I I
854
27 3.5
68
55 5
6
42 37
1364
60 64
238 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 13 Novembre.
Meffieurs
Sandrier, Entrepr. des Bâtim . du Roi.
Mad. Lievin , Bourgeoile de Paris.
Mile Lany , Danfeufe de l'Opéra .
Le Normand , Fermier général.
Mad. la Marquife de Mezaga .
de Guimps, Maître d'Hôtel de la Reine.
Mad. Fremier,du Palais Royal .
Mad. la Comteffe du Roure.
le Chevalier Judde .
de Fourqueux , Procureur Général de
la Chambre des Comptes,
Haudry , Fermier général.
le Quai , Pr . Commis de la Marine .
de Tourdonnais , Ecuyer du Roi.
Touchard , Officier de Madanie
la Dauphine.
Couvray , Secrétaire du Roi.
Mad . la Princeffe Talmont.
( Autre envoi ci- deſſous. )
Autre du 14 Novembre. )
de Faventines , Fermier général,
Morinay , Gentilhom. ord. du Roi.
de Cafaubon , Syndic de la Compagnie
des Indes .
le Prince de Robecq .
Mad . la Princeffe Talmont.
A réunir ci - deffus . )
Mad. la Préfidente Portail .
le Comte de Caraman.
Mad. Landet.
Chomel , Notaire & Echevin.
Autre envoi du 14 Novembre. )
Mad . Chomel.
m. org.
48 15
19 6 5
8 1 3
5564
3595 4
69.7 37
174 "
2955 3 >
381 1 II
2
6265
349 6 7
138 45
13 7 7
39 3 3
85 2 1
4967
237 442
2,547
321 6 1
285 24
92 7
186 6 7
160 25
I 1917 2
134.6
31 3
JANVIER. 1760. 139
Suite du 13 Novembre.
Meffieurs
le Marquis de Raffetot.
Maiziere , Recev. gen. des Fermes.
D'Invault , Intendant d'Amiens.
Dupont , Confeiller au Châtelet.
de Pommery , & Mad. de Floffac
fa belle- mere.
le Prince de Salm.
Du 14 Novembre.
Mad. la Marquife Dambre.
de Bernage , Confeiller d'Etat,
m. o. g.
6473
15953
359
1912
280 S } ;
87 3
105637 47
256 37
866
A réunir au 12 Novembre. )
Halma de Balmont , Gr. Audiencier
de France honoraire.
MM. Bouret freres .
A réunir au 31 Octobre, )
Bouillard , Intérellé dans les affaires
du Roi,
Coignard , Secrétaire du Roi.
Mad. la Duchefle de la Trémoille.
le Comte de la Billarderie .
André , Echevin .
le Bloeur , Echevin.
de la Croix , Dirceur des Domaines.
le Comte de Broglie.
de Villevaut , Maître des Requêtes ,
pour Madme la mere.
Hermant, Intéreffé dans les Affaires
du Roi.
Mad. la Princeffe Talmont.
( A réunir au 13 Novembre. )
Choppin , premier Préſident de la
Cour des Monnoyes,
392 26
82 S
190 3
166 3 3
164 4
132 4 4
44 4 2
40 4
I
276 6 2
163711
176651
224 I
376
108
761
240 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 14 Novembre.
Meffieurs
de Brezé , Préſident de la Cour des
Monnoyes.
Mad. la Comteffe de Guerchy.
le Cardinal de Bernis.
Chomel.
( A réunir au 13 Novembre. )
Dupré de la Grange.
Mad. Dodart.
Mad. Chevillon ..
Mad. Boutet.
Mad. Poiffonnier , Nourrice de M. le
Duc de Bourgogne.
le Page , & Mlle Hermens.
le Marquis de Caftres.
( Autre envoi le 23 Novembre, )
le Prince de Soubife.
( A réunir au premier Novembre. )
Mad. la Comteffe de Morville.
le Noir de Laye , ancien Fermier.
Mad. Beaumier.
de la Faye , Tréforier des 4 den.
& fa mere.
Mad. la Duch.de Beauvilliers , Douair.
le Marquis Defcars.
Rouffel , Conf. honor. au Parlem.
Boudet , Avocat.
Partyet, Intendant des Invalides .
Rivier , Gentilhomme fervant du Roi.
le Baron de Wels , Lieutenant- Colonel
d'Infanterie
Mad, la Comtefe de Rochefort.
le Marquis de Sourches.
Dangé , Fermier général .
m.
105 8
2942
82, I I
276
161 37
88 7
18 6 I
75 14
F
50462
126 1 42
252 14
3972
Iso 4 6
134 6 112
46
135 34
253 6 75
132 2 P
29866
523 1
16267
186
70 4 I
36 3 6
209.3
248 7
2
Suite
JANVIE R. 1760. 241
Suite du 14 Novembre.
Meffieurs
le Maréchal de Duras , & Madame
fon épouse.
Dufort , Introducteur des Ambaſſ.
Mad la Ducheffe de S Pierre.
Rebel , Surintend. de la Marq d'or.
le Marq de Balincourt , Lieut gen.
Raynal , Secrétaire du Roi,
Clautrier , premier Commis des Fin .
de Vézanne , Maréchal de Camp .
de Vauréal , ancien Evêq. de Rennes,
Mad . de Forcy.
Moreau , Procureur du Roi au Chât .
de Croifmare , Ecuyer de main du
Roi.
Soufflor , Contrôleur des Bâtimens
du Roi.
Perrinet Dorval , Fermier général
des Poudres.
Dubois , Notaire.
Millet & M Canivet , Négocians.
Dubuiffon , Gentilhomme.
de l'Abbaye de Sainte Génevieve.
de l'Abbaye de Longemeau , dépendante
de Sainte Genevieve ,
Nau , Notaire
.
Darnoncourt , Recev gen des Fin.
( Autre partie le 16 Novembre. )
le Marquis de Gouffier , Maréchal
de Camp .
Mile Quinault l'aînée.
l'Abbé Pefié , Conf. au Châtelet.
le Comte de Bombelles , Lieut. gen.
m. o. g.
2564 1
120 3 5
196 6 6
79 2
193 5
87 6 4
162 3 2
5833
802 4 2
34 7
139 7 4
35 16
43 4 3
75 2 S
2
184 3 2 2
614 5
2
31 2 I
2
I 279
445 6
6253
391 6
170 3 3
170 4 T
57 6
70 27
2
1. Vol.
115800 67
2
M
242 MERCURE DE FRANCE
Meffieurs
Du 15 Novembre.
Neyret de Grandville , anc. Sous Fer.
Moras , premier Com. du Dom.
le Gras de la Charmote , Secrét. du Roi.
Tarlé , Huiflier du Cabinet du Roi ,
Nau , ancien grand Juge Conful .
Pauly, Bourgeois de Paris.
le Comte d'Herouville de Claye ,
Lieutenant-Général.
Boifte , Procureur au Châtelet.
Agede , Directeur des Fermes ,
Desfourniel , Fermier général.
de S. Marc , Contrôleur des Rentes.
Sanfon , Receveur des Confignations
du Parlement .
de Courmont , Fermier général .
Odeau , Bourgeois de Paris.
Gaultier , Payeur des Rentes.
Mad. Lafond , Bourgeoife de Paris.
( Autre envoi au 2 art. ci- après )
le Gendre de Villemorien , Receveur
général des Finances .
Mad Lafond , Bourgeoife de Paris .
( A réunir avec l'envoi ci deffus. )
le Comte de Bloft , Brigadier des
armées du Roi .
Mad. la Marquife de Frémur.
l'Evêque de Meaux.
le Chevalier Jenffin , Gentilh. Anglois.
le Marquis de Fervaques.
Mad. Tacher , Nourrice de Madame
Sophie.
Mad. Duvelais.
de Lepé , Architecte du Roi ,
m. ò. g.
108 1
62.4
47 s s
45 4 3
120 3
19 7 6
49 6 7
76 7 I
542 I
327 4 2
68 7 5
167 I
309 S
48 5 3
164 4 3
43 6 5.
184 I S
44 3 7
44 S S
107 I 2
28354
107
2
7
5653
I@ 3. SZ
18547
$47 6
JANVIER. 1760 . 243
Suite du 15 Novembre.
Meffieurs
Botentuit Langlois , l'oncle.
de France , Maréchal général des Logis
des Suifles & Grifons.
de l'Efpronniere .
le Chevalier de la Chaife , pr. Sous-
Lieutenant des Moufquetaires.
de Saint Amarant, Fermier général .
Bouron , Notaire.
Pierre , fils de l'Echevin.
de Pille , Procureur en la Chambre des
Comptes.
Séguier , Avocat général .
m. o. g.
31 4 It
2 .
50 371
.
56 621
524 1
225 4 11
244 3
130 S
224 3 7
180 6 1
172 5 7
25 3 3
268 2 5
Françaife , Receveur général des Fin . 2001
de Fougieres , Lieutenant général.
le Comte de Fougieres.
de la Grandville , Confeiller d'Etat .
Du 16 Novembre.
Antoine , Garçon ordinaire du Roi.
Milord Duc de Perth.
deLargentieres , Doyen honoraire.
le Chancelier .
Veroneze , de la Comédie Italienne.
Du Chapitre de Saint Louis.
Darnoncourt , Rec. gén . des Fin.
( A réunir au 14 Novembre )
Thoré , Secrétaire du Roi .
Toffier , marchand Tapiffier.
2
120977 2 32
Mad. de Montgival , premiere Femme
de Chambre de Mad. Adélaïde .
2
47 2 1
193 7 S
22 IS
604 3 7
75 1 312
74
2 II
216 7 6
23 5 41/2
2
50 425
Mij
244 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 16 Novembre.
de Marivet , Ecuyer du Roi.
Dupuy , ci-devant Marchand Mercier.
Jamart, Fermier général de M. le Dac
d'Orléans.
m . o. g.
3.
20 2
31
56 4
36 4
130 3 3
58
2
Caron , fils , Payeur des Rentes.
1953
Trois autres envois le 3 Déc.
Mlle de l'Efpinaffe du Prat.
Babaud de Chauffade , Sec. du Roi.
Trudon , Entrepreneur de la Manufacture
de cire d'Antony.
Autre envoi du 10 dudit.
Autre du 13 dudit .
Autre du 14 dudit.
Autre du 20 dudit.
Fannellier , Fourniffeur des bois de la
Marine.
Mad . Dufeu , Marchande à Paris.
Hebert Secrétaire du Roi.
Les Dames Hofpitalieres du Fauxb.
Saint Marcel.
Mad. Harang , veuve du Négociant.
Douin , premier Commis de M. de
Saint Florentin .
Lottin , Sellier .
Paul , Ecuyer de la feconde Ecurie du
Roi.
4562
56 5 72
168 6 32
8756
443
54 3 3
130 541
81 27
de Saint Conteſt , Intend . de Champ. 461 5.45
( Autre envoi le 17 Novembre )
Chaumiel , Médecin du Roi.
Barbereux , Fermier des Carroffes de
Rheims.
de Livry , premier Commis de M. le
Comte de Saint Florentin .
161 4 5
884 1
155 32
JANVIER. 1760. 245
Suite du 16 Novembre.
Meffieurs
Bouret , freres.
! A réunir au 31 Octobre )
Gilbert de Voifins , Confeiller d'Etat .
Mad . la Préfid . Gilbert de Voisins.
Efmangart , du Palais Royal .
de Montmort , Major des Gardes du
m. o. g.
169 3
80 7 5
Corp's.
Du 17 Novembre.
Mad. de la Garde , Douairiere .
( A réunir au 9 Novembre )
le Préfident d'Arcouville.
173 4 6
1563 5
15136
125309 2 2
303
168 4 i
443 7 61 de la Chabrerie , Fermier général .
Boutin , Préfident au Parlement .
Brillon , Confervateur des hypotèques
& Recev. des Décimes de Paris,
Aimeret de Gazot , Conſeiller honoraire
au Parlement.
de Caffiny , de l'Acad . des Sciences.
156 2
108
853 26
47 6 6
de Saint Contest , Intend . de Champ. 16 5.7.
( A réunir au 16 Novembre )
Mad. la Ducheffe de Ruffec.
Mad la Marquise de Pompadour.
(A réunir au 3 Novembre )
Cugniot du Lys , Etudiant en Droit.
Cugniot de la Ronciere .
Cugniot d'Aubigny.
Cugniot , Prêtre .
de Montmorin & M. le Marquis de
Saint Hérem .
Mefnil & M. Maréchal fon gendre ,
Econome général du Clergé.
330.7
80:7 7
4
25 11
21 2 I
31 2
* 2
2
29 2 6
12936
64
294
Mij
246 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 17 Novembre.
l'Abbé Defmé , Prevôt de Saint Martin
de Tours .
Defmé Recev. des Tailles de Mantes.
de Saint Georges , ancien Capitaine aux
Gardes Françoifes.
Thomas , Tréforier général de l'Ordrede
Saint Louis.
Gigault , Secrétaire du Roi & Directeur
général des entrées de Paris .
Millet , ancien Avocat .
Les RR. PP. Feuillans de la rue Saint
Honoré.
Mad le Maire , veuve de M. de Montreuil
, Commiſſaire des Guerres.
Guenon , Notaire & anc. Echevin.
Mad. d'Agueffeau , veuve de M. le
le Comte de Chatelux.
de Sartine , Lieutenant- Criminel .
l'ancien Evêque de Québec.
de Courbeton , Commiſſaire général
des Poudres.
( Autre envoi du 19 Novembre.
le Marquis d'Oife Brancas , Maréchal
de camp.
Mad. la Maréchale de Montmorency.
Pineau , Bourgeois de Paris.
m. o. g-
65
65 4
61 f
539 4 6
187 7 4
89 7 11
2
88 13
24 4 4
46 7
204 3
77 7
12 6 412
Bauvin , Md de Dentelle fuiv . la Cour.
La Confrérie des Maîtres Limonad.
Du 18 Novembre.
Poullain , Réc. g. des Dom. & Bois.
13327
27 2,51
91 2 3
51 4 412
80 55
60 64
129561 471
1395 3
129701 2 21
2
JANVIER, 1760. 247
Du 19 Novembre.
Meffieurs
Mad. de la Vigne , de la fucceffion de
m. o. g.
Mad la Vigne, pr. Méd. de la Reine. 102 4 7
Brocham des Tourterelles , Md fourniffeur
de la Maifon du Roi.
le Duc de Broglie,
Michel , Chantre de la Sainte Chapelle
de Vincennes.
Mad. Thiroux de Lailly.
Cabanel , Secrétaire du Roi.
140 57
148 2 6
47 S S 2
323 3
183 4
Pinffeau, anc. Rec. des Tailles de Paris. 56 45
le Comte d'Ampus .
Bofquillon , Procureur au Châtelet.
Mad . de Villemur , veuve du Garde
du Tréfor royal.
le Comte d'Ozenbray , Lieur. gén .
Rulhierre , Inſpecteur des Maréch .
des environs de Paris.
Mad. Chamtepie des Balences , veuve
du Lieutenant de Maréchauffée.
le Marquis d'Autefort.
de Courbeton, Comm. g. des Poudres.
( A réunir au 17 Novembre. )
238 57
3554
379 4 2
400 1 2
496 4
Y
527
I
305 7 3
Mad. la Comt. de Coetlogon , douair . 185 1 ,
l'Evêque de Senlis.
Maffe , Secrétaire du Roi.
Mad. la Comteffe d'Eftrades.
Angrand , Proc. gén. au Gr . Confeil .
d'Eneau , Fourrier de la Reine.
d'Argouges , Lieutenant Civil.
Moufle , ancien Tréforier de l'extr.
des
guerres.
de Laporte , Intendant du Dauphiné.
Leroi de Senneville , Contrôleur gén.
des Ligues Suiffes & Grifons.
39 43
38852
47 3
112
221 3.2
48 i S
6
139 7
145 4
144 S.
248 MERCURE DE FRANCE :
Suite du 19 Novembre.
Meffieurs
Guidi , Payeur des rentes.
Les Prêtres de la Doct. Chrétienne ,
de la Maifon de S. Charles.
Marie , prem . Commis du Bureau
de la Guerre.
Cotton , intéreЛlé dans les affaires
du Roi.
Maquer , Notaire.
le Marquis du Muy , prem . Maître
d'Hôtel de Mad la Dauphine.
( Autre envoi le 18 Décembre )
( Aurre envoi led jour 18 Déc. )
Du 20 Novembre.
de Nantouillet , Fermier général.
le Comte de la Guiche.
le Marquis de Rochechouard..
Geoffroy , Secrétaire du Roi
Judde , Secr, du Roi , Not. honor.
Turodin , ancien Receveur des Fin.
Hubardiere , Bourgeois de Paris.
de Beaufort , Lieutenant des Maréchaux
de France.
Roffignol , Fermier des Poftes .
de la Noue , Gentilh . ord. du Roi.
Mad. la Comteffe d'Ampus.
Andrieu , Notaire .
de Puilegur , Maréchal de camp.
Chevert , Lieutenant général .
Vaudeleau , Ecuyer de la Vennerie.
Barjac , Tréf. de la Maiſon du Roi,
m.org-
189 2 3
48 34 .
116
76.5 5
8367
8326
1342406 S
2056
57 5 7
8334
23567
97 7.3
40 I 71
2
8336F
2
MI I ZI
2
211 I 2
140 7 6
25762
$ 3 2.1
66 4 I
2
301 7 31
79 7 6
2
253 I L2
JANVIER. 1760 . 249
Meffieurs
Suite du zo Novembre.
Mad Caré , Horlogere.
Pelletier , Confeiller au Châtelet .
Mad . Peltier.
le Comte de Graville , Lieut. génér.
Bullat , Cominis des Finances .
Lamouroux , Recev . général des Fin .
( Autre envoi le 22 Novembre )
Sigogne , Greffier au Parlement.
Mile Goffelin.
Guionnet , Lieutenant de Roi de
Vincennes.
Cheveau , Secrétaire du Roi , &
M. Peftalotzy , fon gendre.
de Tourniere , Payeur des Rentes.
le Boeuf de le Bret , Notaire.
Nau , Marchand de la Cour.
le Marquis de Luigné.
m. 0.g.
94759
44 4
14 6
484 7
52 4 4
197 I S
16 1 4
124 2 I
41 2 22
213 7
179 I 4
32 15
40 56
8034
124 6 I
7363
4325
de Boifneuf, Receveur de la Capitation
de la Cour,
( Autre envoi le 21 Novembre. )
le Coeur , Traiteur
.
le Marquis de la Fare Lopris.
de Tourniere .
de Villiers , Employé à la Compagnie
des Indes.
Taillapied , Recev gen. des Fin,
de Tourny , Conſeiller d'Etat.
Caron , Notaire.
Potor , Secrétaire du Roi.
de la Palu.
le Comte de Sommery.
2
30 1 2
171 S 7
311 3
118
35
Isi se
45 S I
20 7 3
Faudral , Exempt des Gardes du Corps. 44 2 2
Poulletier , Notaire , & Madame
de Vinfrais.
46 2 3 Σ
250 MERCURE DE FRANCE .
Meffieurs
Suite du 20 Novembre.
Bourraint , Receveur des Tailles
d'Estampes.
Mad. la Maréchale de Monteſquiou,
la Ville du Portault , Confeiller en la
Cour des Aydes.
le Vicomte de Noé .
m . o.
25
2
10 4
23 I
91 3 2.
Dulivier , Député du Commerce
Cendrić , pere. fo 4 7
139619,3 3
Du 21 Novembre.
Mad. la veuve Bourelier. 61 3 4
de Bayonne.
582 I
2
Angot , Notaire. 1953 2
3
9232
337
Mad. la Comtefle de Chateauregnault . 16
Touchet , Baigneur, à la fuite du Roi,
l'Abbé de Raftignac.
Martin , Apothicaire du Roi.
de Julienne , Entrepreneur aux
Gobelins.
le Normand de Maizieres , Commiff.
des Guerres.
de Chabreuil , Ecuyer de bouche de
Mad. la Dauphine.
67 7
*
253 3 3
$6 16
150 6 202
le Noir de Maiziere , Payeur des Rentes . 55 54
le Duc de Fitzjames.
Roflin , ancien Fermier général .
de Boifneuf , Recev. de la Capitation
de la Cour
( A réunir au 20 Novembre.
de Maranzel , Contrôleur des Bâtimens
de Fontainebleau.
le Vicomte de Vaudreuil , Lieut. gen.
(Autre envoi du 26 Novembre. )
+
471 1 4
3125611
2
657
8535
172 7 I
JANVIE R. 1760. 258
Suite du 21 Novembre.
Meffieurs
l'Abbé Thevenard.
Acaron , premier Commis de la Marine ,
& Mad. Roydot fa belle- mere.
Brallet , ancien Echevin.
Pelletier , Contrôleur des Rentes.
Mad. Tourolle.
( Autre envoi le 23 Novembre )
m. o. g.
953 2
712-3 [
2
62 2 512
6855
68 7 7
le Marquis de Beringhen , prem. Ecuyer. 763 5 6
de la Frefnaye , ancien Echevin .
Oblin , Payeur des gages de la Chancellerie
de Lyon.
Mad. du Noyer , veuve du Confeiller
au Parlement .
de Launay , ancien Tréforier de l'extraordinaire
des guerres
( A réunir au Novembre )
Doutreleau , Tréf. de la Chancellerie.
Nolin , Greff de l'Election de Paris .
Cleret , Commiffaire honoraire au
Châtelet.
le Marquis de Puyfieulx .
Langlois , Secrétaire du Sceau .
Simon de Meaufard , Avocat.
Bochard , Confeiller au Parlement .
de Zurauben , Colonel des Gardeş
Suifles.
le Cardinal de Gèvres .
Roitier , Orphévre du Roi ,
de Chalabre , Brigadier des Armées
du Roi.
Mad, la Préfidente de Villeneuve .
235 7 31
67 7 5
44 7 4
763 I
7212
540 I 2
97 67
363 3 3
117 4 I
162 6 7
343 2 4
134 6
74 3 3
187 6 7
145227 3
I
252 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 22 Novembre.
Gayart , Avocat au Parlement .
m . o.·g.
48 4 S
l'Archevêque de Paris. 589 7 7
le Duc de Trêmes. 275 6-2
Delerot , Aubergifte du Jufte à Verfailles.
175 7 4
Laideguive , Notaire. 63 6
Mad . la Comteffe de Poitiers. 147 3.
Mad. la Princeffe de Guimenée. 7066
Helvetius , ancien Ferm gén. 144 I
1 Comte de Mauroy , Lieuten Génér. 140 7
Boilemont Fermier général .
Caffel , Secrétaire du Roi.
198 7 4
61 6
Pilet , Architecte.
Nau , Greffier au Grand Confeil.
de la Folie , ancien Contrôleur de la
Mailon du Roi.
Saide , Opticien du Roi.
Mad. Helvetius , mere.
Dumetz de Ronfay , Préfident à la
Chambre des Comptes.
Pilet des Poftes.
Bourgevin , Tréforier général des Maréchauffées
.
le Duc de Nivernois.
( Autre envoi ci - deſſous )
Galet , Marchand .
Loufteau , Chirurgien Major des
Gardes du Corps.
de Fontanieu , Confeiller d'Etat.
Bergeret , ancien Fermier général .
Gouault , Procureur Général en la
Cour des Monnoyes.
43 4 21
2276
13
28 3
151 4 21
162 I I
•
157 3 5
108 6 31
896 2-
73 3
•
24 12
105 26
2733 31
43 I 4
Suite
JANVIER. 1760. 253
Meffieurs
Suite du 22 Novembre.
de l'Amouroux , Receveur Général
des Finances.
( A réunir au 10 Novembre )
Gautier de Beauvais , Receveur Général
des Finances.
le Duc de Nivernois.
( A réunir ci-deffus )
m. o. g.
637
251 6
40 4 I
Mad , la Marq . de la Salle, Douairiete . 151 3 5
Mad . de la Fontaine.
Mad . la Marq . de Flamenville, veuve.
le Marquis de Raray , Officier de Gen.
darmerie
le Marquis de la Vaupalliere, Sous-Lieutenant
de la pr . Comp . des Moufq.
le Marquis de Bruflart.
Pecquer , Officier du Gobelet.
69 I I
44 5 4
244 7 2
83 16
36 16
Viard de Molleron , Gendarme de la
Garde.
51 52
2964
Mad . la veuve le Gendre. 28
150336 41
Jean-Thomas Hériſſant , Libraire .
Du 23 Novembre.
Hébert , Traiteur à Verſailles . 97 26
Blanchet , Traiteur à Paris. 41 6 2
Pafferat . Préſident de la Cour des
Monnoies. 54 3 1
14 4 3
de la Fond , ancien Capitaine de
Cavalerie.
le Marquis de Beuvron.
Mad, Mars femme du Proc . au Parl.
Pelletier de Rozambaut , Préfident
au Parlement.
I. Vol.
214 I
5026
25275
N
254 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 23 Novembre.
Meffieurs
le Marquis de Caftres.
( A réunir au 14 Novembre )
Millin de Grand-Maiſon.
Mad. Tourolle.
( A réunir au 21 Novembre )
Bèchefer , Banquier en Cour de Rome.
Mad. Conftant.
le Maréchal de Maillebois.
Fleuret , Contrôl . gén. de la Maiſon de
M.Ang
38 3 L
102.6
56. I
71 4
16 6 6
104 S
M. le Duc d'Orléans , & fon Epoule, 155 5 65
le Cointre , Notaire.
Defprez , Greffier au Châtelet.
Fourgeret de Montpreuil , ci -devant
Sous-Fermier.
le Duc de Briffac.
Mlle Dumoulin .
le Fevre , Traiteur.
Montabon , Traiteur.
Carré , Bourgeois de Paris .
Jomard , Huiffier Prifeur.
Mad. la veuve Mauger.
de Varennes , Moufquetaire gris,
le Comte de Montruel , Colonel .
Billaudet , Intendant des Bâtimens
du Roi.
Du 24 Novembre,
Cochu , ancien Avocat au Parlement.
de,Vandeneffe , Marchand.
Mlle Belin.
Demay, Notaire & Secrét. du Roi..
l'Archevêque d'Alby.
14
716'3
775
66 13
14 7 I
7847
298 17
1466
94
46 I 9
1 3 2
240 7 2
44 6 →
152536 2
45 7
71 2
3521 25
25475
167 S
Allen , Procureur en la Ch . des Compt. 2006
JANVIER. 1760. 255
Suite du 24 Novembre.
Mefieurs
le Chirurgien des Moufquetaires.
Robinneau , Notaire.
Olivier , Recev. gen. des Finances.
le Comte d'Hervilly de Canify , Colonel
du Régiment Dauphin , Dragons.
Mad. Pellerin , veuve.
Mlle Bodeau , Bourgeoiſe de Paris.
Landrieux , Bourgeois de Paris.
de Vougny de la Chauffée.
le Préfident d'Aligre.
Mile Deſchaux , Bourgeoise de Paris.
m. o.g
48 2
356
35 47
2
40 761
209 3 6
160 3 I
276
3946
216 2 I
4533
le Febvre , ancien Capit. de Cavalerie. 145 4 5
le Comte de Carvoisin , Maréchal
de Camp.
Du 25 Novembre..
133 26
15488255
Defparbès , Colonel du Régiment de
Piémont , Infanterie . 9424
154977
Du 26 Novembre.
de la Marre , Intendant de M. le
101 4 3
le Comte de Fontaine - Françoiſe ,
premier Préſident.
Maréchal de Camp
Mad.la Marquife de Bertillat.
le Marquis de Soyecourt , Maréchal
de Camp.
de la Hubardiere.
Mad. Defcouffaut.
Quarré , Marchand Tapiffier.
Mad: la Préfidente Portail , la jeune.
68 66
2277
257 35
II 6 21
2147
10 4 S
200 22
2
Nij
256 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 26 Novembre.
le Vicomte de Vaudreuil.
i
( A réunir au 21 Novembre. )
Mad. la Comteffe de Brienne , mere.
Barbaut de Glatigny , Intendant
général des Poudres.
de Maupou d'Ablaige.
Bourfier , Secrétaire du Roi.
de S. Memin , Prévôt général
des Maréchauffées à Moulins.
le Comte de Mortagne , Lieut . gén .
Armet , Notaire .
Mad. Tartereaut , veuve de M. de
Bertemont , Capit. des Grenadiers.
Sareau.
Duperrier , Procureur au Châtelet.
de Bérulle , Intendant de Moulins.
Mad. Rouffel.
m. 6. g.
312 4
61 3 I
42 4 1 1
21 I
43 7 6
72 33
347 7 3
57 4.6
9236
24
45 2.4
2
N
I
2
Du 27 Novembre.
Poncieu Vié , Négociant à Paris .
l'Abbé de Cîteaux
297 S
28 2
156896 6.21
113 21
2
689 4 I
Autre envoi le 15 Décembre. )
le Mercier , de S. Germain en Laye.
Mad. la veuve Baillon , de S. Germain
en Laye.
le Duc de S. Aignan.
Hazon , Intendant des Bâtimens du Roi .
de Meulan , Recev. gen . des Finances.
Mad. Drouillet , Veuve .
Boulogne de Préninville.
Mad. de la Bliniere.
17
17 7 71
320 37
35 27
365.5 6
271 6
103 6 S
123
JANVIER. 1760. 257
Suite du 27 Novembre .
Meffieurs
Marchand , Argentier de la Reine ,
Payeur des Rentes .
Du 28 Novembre.
m. o. g.
5756
159011 5
de Jor de Fribois , Fermier général.
le Comte de Montboiffier.
Henry , Maître des Comptes ,
l'Abbé Chauvelin .
Jean-Paul Silveftre , Suiffe de nation.
Mad. de Lemeric.
Hefnin , Maître d'Hôtel du Roi.
le Marquis de S. Prić .
Garet.
le Maréchal de Luxembourg.
( A réunir au 4 Novembre.)
le Bar de Pailly , Gentilhomme de
Madame la Dauphine.
Bereul , Rec. des Tailles , à Blois.
de Maupaffant , Secrétaire du Roi ; &
fes fils.
Mad. la Maréchale de Löwendhal.
Du 29 Novembre.
Haliffan , Payeur des rentes.
de Chavannes , Confeiller au Parl.
Dudit fieur.
Nigon , Rec gén. des Dom . & Bois ,
Généralité de Caen,
Du fufdit,
320 I 3
166 4 6
40 S
I
2
216 21
2
45 7
I
2
99 6 1
138 2 11
2
93 171
2
I I I
2
672
2214 2
3854
2017 2
72 2
160480 3,612
207 I 2
131 1
21 1 61
42 T 4
353
2
N iij
258 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 29 Novembre.
Meffieurs
'de Lafontaine le jeune , Sellier du Roi.
Roullier , Miniftre & Surintendant
des Poftes.
de Laporte , Orphévre , rue de l'arbre
fec.
m. o. g.
63 57/2/20
765 5 11
19 3 S
le Marq. d'Equevilly , Mar. de camp. 185
le Marquis de Marolles , anc. Capit.
au Régiment du Roi , Infant.
l'Abbé Ballin , Chanoine de S. Louis
du Louvre.
le Vicomte de Courteaumer , Brigad.
des armées du Roi.
Mad. de Waubert.
Varin , Secrétaire du Roi .
Viard de Molleron , Gendarme de
la Garde.
Mad. la veuve Dorneau.
I
92 7
49 2 7
5046
127 7 4
133 7.
IS 4 4
L'Hôtel de Ville de Paris.
204 I
433 6 7
162892 6 4
Du 30 Novembre.
Mad. Perrin , Veuve du Gouverneur
des Pages de la grande Ecurie.
Gaultier de Vinffre , prem. Lieuten.
de la Prevôté de l'Ifle de France .
Renard, Officier de Marine.
Du Décembre.
Clément , Notaire .
Mad. la Première Préfid . Pelletier.
l'Archevêque de Narbonne.
de Saint-Amand , Fermier gén.
35 26
2354/2/2
86
163037 7 11
4063
15673
857 1
29423
JANVIE R. 1760. 259
Suite du Décembre.
Meffieurs
Terray de Rofieres , Procureur gén.
de la Cour des Aydes.
Clément de Feuillet , Conf.au Parl.
Mad. l'Abbeffe de Fervacques.
de Courteille , Confeiller d'Etat ,
Intendant des Finances.
Meffen , fils , Confeiller au Parlem.
de Lagarde , Fermier général.
le Maréchal de la Tour Maubourg.
le Marquis de Valory , Lieut. gén .
Arthault Bourgeois de Paris.
Bernard de Boulainvilliers , Préfid .
au Parlement.
Mad Befchard, Mde à la toilette.
Mile Didon.
(Autre envoi le 7 Décembre. )
{ Au.re envoi le 11 Décembre. )
de la Live de Pailly , Brigadier des
Armées du Roi.
Mouchard , Receveur gén. des fin.
Du 3 Décembre.
Marefchal , Falotier du Roi.
Mad. de Montmorency , Veuve du
Colonel .
de Vernege , Major des Gendarmes
de la Garde .
Cornueau , Tréforier de M. le Duc
de Penthièvre .
Hufnot , Avocat au Parlement,
le Maréchal de Richelieu .
d'Oriac , Confeiller d'Etat , Prem.
Préfident au Grand Confeil.
Plus
m. o. g.
23036
61 II
64 4
38326
247S
22632
171 6
307 3 3
25
343621
53
163 62
46 4
448 6.2
166113 7 1
33 36
5925
4253
•
23252
88
ΤΙ
148 3 S
61
487 7
[
260 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 3 Décembre.
de Fontette , Intendant de Caen.
le Monnier , de l'Académie des Sc.
Caron fils , Payeur des
rentes.
Plus ,
m. o.
g
38 71
356
61 667
2383 5
159 37
Plus ,
( A réunir au 16 Nov. )
17 7
de Manneville , Confeiller au Parl.
Guinaud , Portemanteau du Roi.
Favieres , Confeiller hon. au Parl.
Aubry , Traiteur.
Mad. la Veuve Dorneau.
Huet Prieur d'Hatys , Chanoine
de St. Victor.
Defgranges , Maître des Cérém.
de Boifqueftans , ancien Capitaine
de Cavalerie .
Mad . la Maréchale de Lamotte-
Houdandourt.
de Laporte , Bourgeois de Paris.
Mlle Jacquet , Bourgeoife de Paris.
Tiffet , Mar. des Logis de la Reine.
Mad. la Veuve de M. de Lahaye ,
Fermier général .
Noel , Maître Layetier.
Dumoulin , Traiteur .
* 60 ·4
186 6 3
114 2 2
686 &
7 3
2367
162
389 64
1516 1
20-52
39 44
135 7.
2935r
827
96 22
Martel , Notaire. 136 3
Lambert , Tréſorier de Fr. de la
Généralité de Paris.
2362
769815 4 6
Du 4 Décembre.
le Comte de Troiville , Gouverneur
du Pays de Soule. 167 32
JANVIER. 1760.
261
Suite du 4 Décembre.
Meffieurs
Broulle , Avocat.
le Carpentier , Architecte du Roi.
Mad. la Veuve Baillon.
de Charlais , Secrétaire du Roi.
l'Abbé Belon , ancien Chapelain
du Roi.
Mlle Demont , fille du Capit. Suiffe.
le Duc de Mortemart.
Chalut de Verin , Fermier général.
Thiroux de Chameville , Régiffeur
des Poftes.
l'Evêque de Langres.
Mad. Duval , Veuve du Commandant
du Guet.
de Tourville , Capit, aux Gardes.
de Bieuville , ancien Gouverneur
de la Loufianne.
de Pernon , Député du Commerce.
Mad. la Comteffe de Létang , petite
fille de M. le Maréchal du Bourg.
Léger , Ecuyer.
Mad . la Préfidente Talon.
le Comte d'Efpars.
de Saint- Jean , Greffier en chef des
dépôts civiis du Parlement.
l'Avocat , Maître des Comptes.
Das Décembre.
le Comte de Valentinois .
Roffignol de Baligny , Secrétaire des
Commandemens de la Reine.
'm . o. f.
764
81
16 6
1437
7
53411
133 1
1967 6
172 6 2
624 63
83
185 si
132
173 4 1
81 S 4
404 4 S
785
225 75
7511
344 3
245 S
172916 43
127 3
9026
6
33
Guyon . Directeur gén. des Monnoies. 182
Brunet , Bourgeois de Paris.
282 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Mile Didon.
Suite du Décembre. S
( A réunir au 1 Décembre )
m.o.g
75
Mad. Drouin, de la Comédie Franç. 32 7
( Autre envoi le 7 Décembre. ).
Deseffarts , Correcteur des Comptes .
Mad. la Ducheffe de Luynes..
le Cointe de Vaſtan .
157 6 1
4
2066 5
158 i
23 1 6
Mlle Millot.
Mad. la veuve Pellet , ancien Echevin. 113 1 I
Mad . la veuve Dorneau.
Rode , Négociant .
Mad . Valon.
Mlle Deftouches.
le Marquis de la Ferriere , Lieutenant
des Gardes du Corps.
Laifné , Notaire.
Mad. la veuve Taffin , & fes fils ,
Banquiers.
Du 6 Décembre.
667
88 4 4
37 3 2.
46 7
1764 2
94 I I
180 2 5
174774 2 2
248 3 I
573
209 S.
205 4.4
140
102 7
2
Romerey , Confeiller au Parlement.
Chevalier , Major de la Baftille.
le frince Tingry .
Mad . Tribolet , veuve du Secrétaire
du Roi.
Mad Dufauffois , veuve de l'Ecuyer
du Roi.
Plus en or 2 on. 6 g. 27 d.
Grégoire , Elu.
de la Leu , Secrétaire du Roi.
de la Leu , Notaire & Secrét . du Roi.
le Conne d'Harcourt.
Mad. la Marquile Dorvillé.
149 7 4
153
113 7
3574
JANVIER. 1760. 263
Meffieurs
Suite du 6 Décembre.
Perin , Bourgeois de Paris.
Carpentier , Auditeur des Comptes.
Mlle Girardeau de Préfond , Bourgeois
de Paris.
le Marquis de la Rouvoie.
le Marq de Verneuil , gr. Echanfon.
Pean de Mofnac , Maît. des Comptes.
Ourfin d'Igoville , Recev. gen. des Fin .
Du 7 Décembre.
m.o.g
36 3
4843
6747
12335
142 7 3
59 5 .
214 3 4
176829 ཉ ;
le Baron d'Oppe le,Capit . de Gendarm . 46 7 3
Mad. Drouin , de la Comédie Franç.
a porté en or 6 on . 2 g.,& demi..
( A réunir aus Décembre. )
Maurin , Notaire.
l'Abbé Bélon , en ors on. 3_g•
Portail , ancien Pr. Préfid . au Parlem.
Galet , Secrétaire du Roi.
Gillet , Trésorier de France.
Belnier , G effier en chef de la Cour
des Aydes.
de Carbon , Secrétaire du Roi.
le Comte d'Argenfon , & Madame
fon épouſe.
le Duc de Chevreuſe , de la fucceffion
de M. le Duc de Luynes.
14 7
338
67
2473
171 6 :2
91
421-4
417 S S
de Ruelle , Traiteur privilégié du Roi. 29 6 2
le Duc de Villars .
Fontaine , Recev . gen. des Fin.
Guerin , Notaire.
35 42
254 I
8628
de la Haye des Folles , Secrét. du Roi. 150 5 7
Cadeau , Payeur des Rentes. 75 47
179953 I
264 MERCURE DE FRANCE
Du 8 Décembre.
Meffieurs m. o. g.
Amelin , Officier du Roi, 146 I S.
179199 2 5!
Du 9 Décembre.
de Cogorde , Secrétaire Greffier du
Confeil privé du Roi.
de Chaffelas , Bourgeois de Paris.
de Richebourg, Recev. général des
Aydes de Noyon.
Du 10 Décembre.
Houftet , Chirurgien de Paris.
de Monge , Ingénieur en chef do
Bergue-Saint- Vinok.
Démur , Notaire.
Blanchet pere , Proc, au Parlem.
Pierre , Jouaillier.
le Marquis de Charleval.
Huillot , Fermier des Poudres.
le Comte de Pont S. Maurice .
Gilet , ancien Echevin , rue des
Lombards.
Gondoin , Secrétaire du Roi.
Hupeau , premier Ingénieur des
Ponts & Chauffées.
le Marquis de la Tour-du- Pin .
l'Evêque de Metz .
Plus ,
Bijot , pere , Maître des Comptes.
Bijot fils , Maître des Comptes.
2825 I
23266
63 7 x
479778 S S
3835
40 6 6
46 3 I
217 2
2
I
35.7 2
47 7 3
275 6
167 3 5
93 3 4
1256
I
903 51
2
474 4 S
609 I 6
14 4
67 7 11
2
363 2
Suite
JANVIER. 1760. 265
Meffieurs
Suite du 10 Décembre,
de Saint Hilaire , Conf. au Parlem.
Mad. Mouhette.
Seriny , Avocat au Confeil.
( Autre envoi du 12 Décembre. )
Gigault de Crifenoy , Fermier gen.
l'Abbé Couturier , Supérieur du Séminaire
de S. Sulpice.
Mad Bellanger Deffenlis , Veuve
du Confeiller au Parlement.
Caron , fils, Payeur des rentes.
( A réunir au 16 Novembre. )
de Mortieres , Colonel d'Infanterie.
Rouffeau , Payeur des rentes.
de l'Eglife de Notre - Dame.
Mlle Guichon , Bourgeoife de Paris.
Barion , Bourgeois de Paris.
de la Briffe Damilly , Prem. Préfid.
au Parlement de Bretagne.
de Montreuil , Préſident de la Cour
des Aydes.
de Vanolles , Confeiller d'Etat.
de Courchamp , ancien Capitaine
aux Gardes.
Mlle de Monteffon.
Titon , Confeiller de Grand'-Ch.
au Parlement .
Titon , fils , Confeiller des Enquêtes
du Parlement .
l'Abbé de Clermont - Tonnerre.
l'Abbé de Villarceau.
Salmont Avocat du Roi au Grenier
à Sel de Paris.
Verzare de Beauchamps.
I. Vol.
m. o. g.
122 I
18 6 [
2
43 27
208 I 2
29 6 6 1
164 3
121 3 5
18 7 41
185 05
6
58 t
6
942
70
1984
33 53
26956
158 I I
64 I S
673
2349
855 6
323 1
7615
45 14
о
266 MERCURE DE FRANCE:
Suite du 10 Décembre.
Meffieurs
de Lelo , Bourgeois de Paris.
Tercier , ancien premier Commis
des affaires étrangeres.
Doutremont , Avocat au Parlem ,
Pronfteau , Capitaine de la feconde
Comp . des Gardes de la Ville.
Plus , en or , 4 onc. 4 gr. 2., 12 gr .
Du 11 Décembre .
m. o. g.
27 1
6966
65 5 3
47
185149 $ 2
Carpentier , Contrôl . de la Chancelle .
Mad. Cochepect, veuve du Secrétaire
du Roi.
Plus , en or , I m. 2 onc. 2 g.
( Autre envoi le 12 Décembre. )
Thiroux de Montfauge , Ferm . gén .
des Poftes.
Tourol , premier Valet de chambre
de M. le Duc de Bourgogne.
Rougeuil , Boulanger.
Langlois , Traiteur.
le Marquis de Percez .
Lavoifies , Procureur au Parlement,
Perichon , Tréforier des Colonies .
d'Arnaud , ancien Conful.
de la Lourcé , Avocat,
Mlle Didon .
( A réunir au Décembre. )
43 I E
66 I
86 I
ช
2
28 22
17
41 6 5
I
2
177 5 7 2
42 34
127 I
35 2 1
16
s
2 1
41/2
Mad. de la Leu , Veuve du Secr . du Roi . 35 2 4
de Vaudefir , Tréforier général des
Colonies.
de Boiffablou , ancien Prevôt de la
Connétablie.
243 56
2374
JANVIER. 1760. 267
Suite du Décembre.
Meffieurs
le Prince de Monaco .
Mad. la Veuve Gallier.
l'Abbé Baifle , Chapelain ord. du Roi.
Dujardin , ci-devant Me d'Hôtel de
feue Son Alteffe Royale Madame.
Chuppin , Tréforier du Marc d'or.
de Vauffel , Grand Maître des Eaux
& Forêts de France.
Terray , Conf. de Grand' -Chambre .
Cabeuil , ancien Subrecargue de la
Compagnie des Indes .
le Comte le Danois , Lieuten . gén.
Mad. Volande , Bourgeoife de Paris.
Damours , Avocat au Confeil , Secr.
du Roi.
Mad. Defaudrais .
Marin Carto , Md Mercier.
Bernard de Ballinvillier , pere.
Lebegue , Md Mercier.
( Autre envoi le 20 Décembre. )
Mad . Beurder , Bourg, de Paris.
Mad. Nantiat.
Plus , en or , 3 onc. I g. 21 gr.
Du 12 Décembre .
de Vernage , Médecin.
( Il a fait porter le furplus à la
Monnoie de Tours. )
de Vigny , Ecuyer du Roi.
Mad . de Lange , Veuve du Payeur
des rentes.
Thiron , Orphévre.
Thiron , ſon frere , Orphévre.
m. o. g.
604 3 2
604 6
56 36 7
21 35
104 4
365 3
220 4 I
95 12
187 7 3
119 6 6
45 52
119 7
44 4 4
169 2 4
6 14
4 3 3
2784 %
188644 4 I
168 36
38
IIO 4 7
96 4
60 36
O ij
268 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 12 Décembre.
Meffieurs
Mad. la Comteffe de S. Severin .
{ A réunir au 5 Novembre. }
le Marquis de Putange.
les Gardes du Corps de la Mercerie.
de Seriny , Avocat .
( Aréunir au ro Décembre )
les Freres Religieux de la Charité.
Miotte de Ravanne , Grand Maître
des Eaux & Forêts , arrivant de fa
tournée.
l'Évêque d'Auxerre.
Mad. Cocheput.
*
m. o. g.
2
141 1 61
2
119 2 1
2
Plus en or on. 2 gros & demi 24 g.
( A réunir au 11 Décembre. )
Bouffi & Dangnart , Négocians .
Plus en or son. 2 gros & demi 24 g.
de Valcourt , Maître d'Hôtel du Roi ,
& Maître des Comptes.
Rouffel , Avocat .
de Bonnefoi , Officier de la Reine.
du Coin de Lenti , Négociant .
Devry , Maréchal-des-Logis de la Cavalerie
de l'armée du Bas Rhin.
44
so s si
300 3 3,
124
I 120 7 11
58 4 4
19 2 3
334
200 2 S
40 2 3
le Préfident Defvieux. 15846
les Jacobins de la rue S. Dominique ,
Fauxbourg S. Germain.
84 4 5
Loftanges , Marquis de S. Alvere . 139 24
Mad. la Marquife de Goisbriant , Dame
de Mefdames.
1223
Hemart, Secrétaire du Roi , ancien
Payeur des Rentes.
Duval pere , Bourgeois de Paris.
8124
5467.
Plus
14 7
JANVIER. 1760. 269
Suite du 12 Décembre.
Meffieurs
Landry , Recev . gen. des Fin .
la Ducheffe de Villeroi.
Paul Vincelius , Banquier.
le Marquis de Chaziron.
Dutartre , Notaire.
Du 13 Décembre.
Bontems , Notaire.
Auvray , Secrétaire du Roi.
Mad. Auvray.
le Marquis de Villemur.
l'Abbé Cher.
Chauffechat , Confeiller en la Cour
des Aydes.
Raimond , ci-devant Maitre d'Hôtel
du Roi.
Plus ,
Junot , Notaire.
Plus ,
Rolland de Trémeville , Recev. gén.
des Finances.
le Marquis de la Sonne , Lieut. gén.
Monfle de Champigny , Confeiller
de Grand'Chambre.
m . o. g.
213 7 3
158 4 1
35 7
179 I 2
94 4
19158574
Plus ,
Chevalier , pr. Commis de la Marine.
Pageaut , Secrétaire du Roi.
les Religieux Bénédictins du Prieuré
de S. Martin .
Jolly de Fleury , Intendant de Bourgogne
, en or 7 on. 3 gros 6 grains.
127 I S
107 S I
46 7 5
159 22 2
173 I I
109 7 4
46 6
149 I 3
204 I
"
2 472/
148 7
378 4 33
136 7 3 /
12 64
44 3 S
63 I S
I2I
O iij
270 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 13 Décembre.
Meffieurs
Caron , fils , Payeur des Rentes.
( A réunir au 16 Novembre . )
Barge , Bourgeois de Paris .
Vailfelle de la fucceffion de M. le Duc
de Béthune .
de Bazoncourt , Me d'Hôtel du Roi.
de Beaumanoir , Tréforier de la Maréchauffée
de France.
Voigny , Secrétaire du Roi.
m. o. g.
2 2 4
12 7 6 1
794 67
243 7
147 4 2
le Marquis de Galifet.
Chicquet , Secrétaire du Roi.
Chicquet , Chevalier de S. Louis.
Chicquet de Champrenard.
Verne , Avocat.
Jard , Accoucheur de Mad. la Dauphine.
l'Evêque de Soiffons.
Nau , Marchand de drap , fourniffant
l'armée.
de Seve , Confeiller au Parlement.
la veuve Dát , Bourgeoile de Paris .
Mad. Ploffoin , veuve , Bourgeoife
de Paris.
Plus en or 2 on. 3 g. & demi 30 gr.
Guillet , Maréchal - des- Logis du Roi.
Prevoft , Secrétaire du Roi.
Mad. la veuve Thoynard.
Du 14 Décembre ..
ISS 6 I
292 I
57 3 4
40 4
45 S 4
48 6 7
58
9862
•
6567
110 2 2
13 2 3
39 $ 3
35
209 3 6
196 4 6
196285 471
62 46
Mad. l'Abbeffe de Jouanne .
Jolly , Bourgeois de Paris.
de Motte , Tréforier da France.
Barois , Payeur des Rentes.
27 36
131 4 I
47 2 7
le MarquisDarmentieres , Lieut . gen. 171 2 7
JANVIER . 1760 . 271
Suite du 14 Décembre.
Meffieurs
Chatillon , Tréforier de M. le Comte
de Charolois.
le Comte Defcignac.
Plus ,
Ravot , Banquier en Cour de Rome.
de la Fontaine le jeune , Sellier du Roi.
Rolin Deffarts , Grand Maître des
Eaux & Forêts.
Plus , en or 3 on. 4 gros.
Caron , fils , Payeur des rentes ,
en or , ƒ onc. 4 gr. ! .
(A réunir au 16 Novembre. )
Mad. de Bacquencourt.
Mad. Gaultier , Bourgeoile de Paris.
Mlle Clairon , de la Com . Franç .
m. o. g.
607712
279 4 S
943
78 47
82 1
142 3 I
20656
9575
131 5 4
3654 Hazon , Confeiller au Châtelet.
Patu , de Compiègne.
66 13
l'Abbé Aniffon 214 7 6
Mad. la veuve de M. Gobelin , Au- .
diteur des Comptes. XII 3 3
Mad . l'Abbeffe de Port- Royal . 24 6
Mad. Guimaudet , Bourg. de Paris. 167 6 S
Gaultier, Fermier général.
Hégron, Directeur des Aydes de
Vitry-le-François.
Mad , la Préfidente Saulnier.
Boulonnois , Subftitut de M. le
645 2
39 5
19 7
Proc. gén . 199 2 2
198695 6 4
Du 15 Décembre.
de la Hogue , freres.
Duchaufour.
Bargé.
60 3
144 64
I 3
272 MERCURE DE FRANCE .
Suite du is Décembre.
Meffieurs
Maffon de Pliffay, Ch . de S. Michel .
les Bénédictins Blancs- manteaux,
La Paroiffe de Bonnes - nouvelles.
de Creil , Confeiller d'Etat .
( Autre envoi le 17 Décembre. )
( Autre dudit jour. )
Mad. la Marquife de Latafte.
Maillard , Proc . au Parlement.
Girault l'aîné , Notaire.
de Brie , Huiffier au Confeil .
de Luze , Chirurgien du Roi.
l'Abbé de Cîteaux.
(A réunir au 27 Novembre.)
les Gardes de la Mercerie.
Loir , Confeiller au Change de la
Monnoje.
de la Porte , Commiſſaire général
de la Marine .
Patu , Notaire .
le Marquis de Rothelin.
de la Salle , Lieutenant général .
de Chateauvillard , Me des Comptes
& Commiffaire des Invalides.
Mlle de Beffe de la Richarderie .
de la Croniere , Confeiller à la Cour
des Aydes.
Mercier, Fermier général.
Charon , Fermier général .
Lavocat, Maître des Comptes.
de Montmorand , Baillif d'épée de
l'artillerie de France .
le Curé de Marck , Diocèſe de Boulogne
près Calais.
m. 0. g
243 17
586
;
18 I
79 2 [
2
181 2
812
39 3
42
24
717
20 S 4
54 3 5
246 2
48 3 3
1996
146 6
130 2 4
98 14
816
118 7
179 S S
10 2 4
2766
13.64
2
I
MNMN
I
2
JANVIER . 1760. 273
Suite du 15 Décembre.
Meffieurs
De places , Notaire.
du Chapitre de Saint-Honoré.
m. o. g.
196 2
100 4 312
Du 16 Décembre.
La Chambre des Orphévres a porté
le 15 dudit après l'état envoyé.
Nau , Payeur des rentes , pour Mad .
fa mere.
le Marquis de Champigny de
Montgon.
Du 17 Décembre.
Mad. la Comteffe du Rumain .
Labbé du Lingondés .
Bataillon , Bourgeois de Paris.
Gachier , Maître des Comptes.
du Caffau de Montfort , Bourgeois
de Paris .
Philippes , Lieutenant général.
Durieux , Bourgeois de Paris.
Mad. la veuve Saugrain.
201990 45
de Saulx , Chev. d'hon . de la Reine.
Mad. Poupart , veuve de M. Cottin ,
Entrepreneur des Manufact. des
toiles peintes de l'Arfenal .
le Préfident Ronard.
100
3872
1
80 I 3
2022095 2
146 S
178 4 6
192 I 6
(Autre envoi le 18 Décembre. )
Mad. la veuve Dat , Bourg. de Paris.
Maffé , Confeiller de l'Acad . Royale
de Peinture & Sculpture .
Roland de Fonferieres , Secr . du Roi.
Geoffroy , Caiffier général .
Viel , Procureur au Parlement.
29. I
73 17
92 6 I
20 2.2
157 6 I
197 S 4
71 6
8472
7
62
66 IS
I
2333 2
6
125 4
48 I 3
274 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 17 Décembre.
Meffieurs
Mad . Geoffroy , veuve de M. le Grand ,
m. o.
Maître des Eaux & Forêts.
214 4 5
( A réunir au 31 Octobre. )
de la Chambre , Md. Orphévre. 102 S
Meulan des Fontaines . 171 4 7
Mad. Roettiers , épouſe
du Graveur général
114
des Monnoies. 107 3
Plus , 6-5 I
de Creil , Confeiller d'Etat.
( A réunir au 15 Décembre . )
le Comte de Beaujeu Chavigny.
58 1 2
8163
les Dames Feuillantines du Fauxbourg
Saint Germain.
9362
La Paroiffe de la Chapelle S. Denis ,
Fauxbourg S. Lazare . 2355
93 2
le Duc
d'Aiguillon.
Morlet a porté de la fucceffion de
M. Bidaut , Huifier de la Chambre
du Roi.
de Broqueville , Négociant.
Les Religieux Picpus , Fauxbourg
S. Antoine .
107 6 I
29 7.3
80 S
Mad. la veuve Gliffe , Maît. Rubanniere. 22 44
( Autre envoi le 18 Décembre. )
( Encore le 20 dud . )
Riquet , Marchand de Paris.
Mauduis , Traiteur.
de Novion , Præfident à Mortier.
de Valville , Subdélégué de Nogent
fur Seine .
Graffin , Maréchal de Camp .
( Autré envoi le 18 Décembre. )
Les RR. PP. Jéfuites du Collège de
105 2
IS 4 4
182 4
47 I S
190 I 4
JANVIER , 1760 . 275
Suite du 17 Décembre.
Meffieurs
Louis le Grand.
m . 0. g.
63335
de Creil , Confeiller d'Etat. 159 47
( A réunir au 15 Décembre. )
Mad. la veuve de S. Jean. 166 11
206488
Mad. la Marquife de Chevoile. 155 12
Du 18 Décembre .
de Tabois , Gentilhomme ord . du Roi. 244 2 2
Le Chapitre de S. Etienne- des - Grès.
Guyot , Doyen de MM . de la Cour
des Aydes.
L'Abbaye S. Germain des-Près.
Mad. de la Bourdonnois.
Mad. la Marquife de la Lande .
le Préfident de Guébriant.
ود
6753
194 6
I
300 1 2
84 7
368 S Chevalier , pr. Com . de la Marine.
130 IS
Pavé , Secrétaire du Roi. 322 3 6
26
35
Graffin , Maréchal de Camp .
Muly , Elu à Meaux .
( A réunir au 17 Décembre. )
Patu , Secrétaire du Roi .
Mad . Saulnier , Légatrice de M. de
14 4 I
5537
la Peironnie , pr . Chirurgien du Roi. 106 r
Hoquart , Tréforier général de
l'artillerie .
Mad. la veuve Gliffe.
( A réunir au 17 Décembre. )
Mad . de la Briffe , ancienne Intendante
de Caen .
MM, de l'Inftitution de l'Oratoire.
Begon , Procureur au Châtelet.
MM . de l'Oratoire , rue S. Honoré ,
Maucler , Directeur gén . des Vivres.
le Dran , Tréforier des Vivres.
189 7 S
254
125 36
336
90 12
200 2
523
39 42
276 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 18 Décembre.
Meffieurs
Mad. Poupart , veuve de M. Cottin ,
Entrepreneur de la Manufacture
des Toilles peintes de l'Arfenal.
( A réunir au 17 Décembre. )
M. Bonneau , Secrétaire du Roi.
Efmonen , intéreflé dans les affaires
du Roi.
Panelier, Recev, des bois de Senlis
& Compiegne.
Maincent , Syndic des Tontines .
Morand , Chirurg. Maj . des Inval.
Cochin , ancien Echevin.
le Comte de Manherbe , Lieut . gén.
Saget , Conf.au Parlement .
Eftienne , Traiteur.
Mefd. de l'Abbaye du Val de Grace.
Jolly, grand Audiencier de France.
le Marquis du Muy , prem. Maître
d'Hôtel de Madame la Dauphine ;
de la fucceffion de M. fon pere.
( A réunir au 19 Novembre. )
Gitton de la Ribellerie , Secr . du Roi.
le Marquis de Souvré.
le Caron , Maître Particulier & Lieutenant
des Chaffes de Laifgue.
de Beauval , Major de Compiègne.
Hardy , Contrôleur des rentes fur
les Fermes,
de Montion , Confeiller au Grand
Confeil.
le Marquis du Muy, de la fucceffion
de Madanie fa mere.
( A réunir au 19 Nov. )
•
m.o.g
2326
1965 6
187.6 I
34 23
215 3
7552
46 I 6
2
59 I
99 3 3 t
III 3
32 3
202 4 6
46 4 7
51 27
145 4
30 3 2
24 4 I
48 I
2
177 7 41
309 I 4
211301 312
I
Du
JANVIER. 1760. 277
Du 19 Décembre.
Meffieurs
Les Religieufes Filles- Dieu.
Mad. de Sabourni.
Teftard Dulis , Ecuyer.
Brochand , Marchand .
Gauzen.
Prépaud, Régiffeur des Droits réunis .
de la Bourdonnois , Conf. d'Etat .
l'Abbé Mercier.
Mad. Chalé.
le Comte de Varas.
le Blond , Contrôleur des rentes.
Antoine Day , Officier de la Chambre
du Roi , Chev. de S. Louis.
Gorand , fils , Marchand.
m. o. g.
33 4
207 7 1
89 7 7
23067
6062
97 I
142 S 6
124 4 7
5572
817 !
64 2
2839
24 4
Gorand , pere.
Les Carmes Billettes,
Les Dames de l'Union Chrétienne de
Saint-Chaumont,
Meffager , Md Epicier.
Mad. Latour , Veuve .
Dauffet de Coulange , Munitionn.
des Vivres de la Marine.
Tellès Dacosta , Secrétaire du Roi.
Bignon , Bibliothécaire du Roi,
Mlle Delin , Bourgeoife.
Billeheu , Contrôl. Contregarde.
de Varenne , anc. Conful , & Quartin.
Aubry , Avocat au Parlement.
Les Jacobins de la rue S. Honoré,
Les Auguftins du Grand Couvent.
le Duc d'Ancezune.
1. Vol.
55 4: 312
5356
66 47
74
21
2206 t
15563
104 4 42
24 IS
48 3
72
834
6
927 I
757
114 2
140 3 2
213824 3 4
P
2
278 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 20 Décembre
Mad . de Bouju, demeurante à Cham
amyong.
pagne , près Baumont fur Oife, cd14 4 54
Cury , Contrôleur des Tréforiers desa
troupes de la Maiſon du Roi.
MM. Mercier.
le Comte de Soyecourt , Meftre de
camp , Capitaine de Dragons au
Régiment de Thiange.
Petit , ancien Conful.
Mad . la veuve Langlois de Rezy ,
Confeiller au Parlement
Bernard de Balinvillier , pere .
( A réunir au 11 Décembre. )
Faget , Chirurgien Major des Gardes
Françoiles.
Mlle Carbonnet.
de St. Roman , Maître des Comptes.
Marchand , Secrétaire du Roi.
Marchand le jeune , Notaire.
le Comte de Valbelle .
Doublet , Avocat au Parlement.
Berthelin , Bourgeois de Paris.
Mad . de la Coré la mere.
du Poulpry.
de Beaumont , ancien Directeur de
l'Académie de S. Luc.
bir
24 : 4
101 2 3
105 1 4
856 1
116 4 6
I 4
97
125 1
68
42 7 2
109 3
1966
$ 3.4.71
72 5
542 25
42 2 5
de Bragelonne , anc. Capit. aux Gardes. 58 5 a
Mad . Gliffe,
( A réunir au 17. Décembre. )
Caron , fils , Payeur des Rentes , a remis
en or 3 onc 4 gr . 12 grains.
(A réunir au 16 Novembre. )
Les Barnabires.
Cazalu , Tiéforier de France ,
3866
79 5 4
JANVIER . 1760. 279
Meffieurs
Suite du 26 Décembre.
Pirrepape , Négociant.
Guillaume , Serrurier.
Plus en or 3 gros & demi 27 gráins.
Mlle du Pourpry.
le Paige Ecuyer de Mad.la Dauphine .
Kornmann , Banquier.
Bayeux Infpecteur des Ponts & Chauff.
Les Religieufes de Sainte Elifabeth.
Les Religieu es de Sainte Marie , rue
S. Antoine.
Mad . la veuve Bonfils.
Les Religieufes de la Conception .
Moucade , Avocat.o
7 21 Du 21 Décembre :"
Marteau , Docteur en Médecine.
m . o. g.
7657
3621
41 6
542 $
117 2 4
17 6 41
46 1
·5167
176 1 6
34 62
832
215714 1 2 !
16 2 41
26 33 Prevost Defpreaux , Agent de Change .
I
11 Du 22 Décembre.
le Comte de la Vieuville .
l'Abbé Junot , Aumonier des Gardes
Françoiſes.
Durand , Avocat.
Duret , Avocat.
Plus , en or 5 on . 3 gr . 3 grains.
le Gueux - de-la -Varenne , ancien
Intéreflé dans les Fermes.
de la Buffiere , demeurant à Tréguy.
le Préfident Mallet,
Jannelle Douville , Prevoc général
de la Connétablie.
Delpuech de la Loubiere.
425 7
44 2
24272/2
36 17
32 1612
FI 3 I
54 2 3
149 3 7
27 5 4
155 7 1 -
Pij
280 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 22 Décembre
l'Abbé Lambert , Garde des Archives
de la Chapelle du Roi.
Thierry , Ecuyer ordinaire de la
bouche du Roi.
de Vougny de Petitmont.
des Ragues , ancien Commandant
du Fort Socoa.
Menault , Bourgeois de Paris.
Charpentier , Bourgeois de Paris.
Guircan , Ecuyer.
Robineau, Notaire.
de la Chauffade , Secrétaire du Roi.
Heron de Courgis , Secrétaire du Roi.
Les Mathurins.
l'Abbaye de Chelles.
d'Hericourt , Intendant de Marine.
Mad. Geoffroy .
( A réunir au 17 Décembre . ) 27.
Hurel , Payer des Rentes.
Petit , Confeiller de la Cour des
Monnoies.
Les Chartreux .
Dargent , Avocat.
le Begue , Sécrétaire du Roi.
Cartaut , Huifſier Priſeur.
de Changy .
de Linguede .
le Préſident de Mele ...
m. o. g.
42.6 31
60 7 I
109 7.7
110:
28621
147 5·
80 I I
36
4465
88 65
137 7 2
.
49 S 4
104 4 5
31
113300 64
.
2
11 5 61
98 3 5
72 1
382
934
219 1
19 7-7
de Camp , Pay eur des gages de la
Chancellerie . 1
de S. Georges , Capit . de Vaiffeaux.
Ies Religieufes Miramionnes.
Baillon .
249 1 6
1
194 3 4
13 3 1
2
IS 4 4
12 27
I
JAN VIER. 1760.
281
Meffieurs
Suite du 22 Décembre.
Mad. la Préfidente Saulnier .
( A réunir au 14 Décembre. )
Even.
Corbec , Traiteur
le Préfident Ricouves.
de Moreuil.
Les Hofpitalieres de S. Gervais .
le Baron de Thiers .
Le Séminaire S. Magloire.
m. 0.
4 3 3
5.
16 7 I
823
23 6 3
12 1 4
653
362 41
20 I 4
Les Céleftins .
Les léfuites du Noviciat .
Les Chanoines de S. Victor.
de Laillevault , ancien Brigadier des
Gardes du Corps .
147 2 7
3525
165 7 5
Camufat , Auditeur des Comptes.
Befnier , Greffier de la Cour des Aydes ,
& M. Darcilly , Régiffeur des nouveaux
droits.
71 4 4
6376
192 7 S
3671 4 4
Du 23 Décembre.
Mad. l'Abbeffe de Pont- aux - Dames .
Mad . la veuve Facq.
Mignoneau.
de Derchigny , ancien Intendant de
la Marine.
544
4 6 7
5825 2
2
119 5 3
4683 21
2
Faute effentielle à corriger au total qui eft au bas
de la premiere Page de cet Etat.
Au lieu de 31335 0 4 , lifez 19894 2 S.
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Résumé : ÉTAT De la Vaisselle portée à la Monnoie de Paris.
En novembre 1759, le roi et la famille royale ont décidé d'envoyer leur vaisselle d'argent à la Monnaie de Paris pour répondre aux besoins financiers de l'État. Cette initiative a été suivie par les princes du sang, les seigneurs de la cour et les citoyens riches, qui ont également envoyé leur vaisselle d'argent. La liste des contributions inclut des membres éminents de la noblesse et de la haute société, tels que le duc d'Orléans, le prince de Clermont, le comte de Charolais, et la princesse de Conti, entre autres. Les contributions ont été faites à différentes dates entre le 2 octobre et le 8 novembre 1759. Parmi les contributeurs notables, on trouve des contrôleurs généraux, des receveurs généraux des finances, des banquiers, des intendants, des fermiers généraux, et des membres de la famille royale. Les montants des contributions varient considérablement, allant de quelques livres à plusieurs milliers de livres. Le document est un registre de personnes et de montants financiers, daté de janvier 1760, provenant du Mercure de France. Il liste divers individus, souvent accompagnés de leurs titres et fonctions, tels que curés, colonels, fermiers généraux, avocats, et membres de la noblesse. Les montants financiers associés à chaque nom varient et sont exprimés en livres, sous et deniers. Parmi les personnes notables mentionnées figurent le Duc de Rohan, le Prince de Rohan, le Marquis de Jumilhac, et plusieurs autres membres de la haute société française. Le texte inclut également des mentions de dates spécifiques pour les envois et des instructions pour réunir ou réunir à nouveau certains montants. Les professions et les rôles des individus vont des religieux aux militaires, en passant par les fonctionnaires et les nobles. Le document est une liste de personnes convoquées ou réunies à diverses dates entre octobre et novembre 1760, ainsi que des montants financiers associés à certaines entrées. Les personnes mentionnées incluent des nobles, des fonctionnaires royaux, des secrétaires, des échevins, des fermiers généraux, des avocats, des médecins, des notaires, et d'autres professionnels. Parmi les figures notables, on trouve des membres de la famille royale, des maréchaux, des présidents de cours, des intendants, et des ecclésiastiques. Les convocations concernent des affaires du Roi, des réunions de cour, et des transactions financières. Les montants financiers varient et sont souvent associés à des noms spécifiques, indiquant des paiements ou des transactions. Le document est un extrait du Mercure de France, daté de janvier 1760, listant diverses personnes et leurs titres ou fonctions. Les entrées couvrent la période du 20 novembre au 6 décembre 1759 et début janvier 1760. Les personnes mentionnées incluent des nobles, des fonctionnaires, des militaires, des ecclésiastiques, et des bourgeois. Parmi les titres et fonctions notables, on trouve des marquis, des ducs, des comtes, des lieutenants généraux, des fermiers généraux, des avocats, des notaires, des traitants, et des marchands. Le document mentionne également des envois et des réunions à des dates spécifiques, ainsi que des sommes d'argent en livres, sous, et deniers. Les personnes sont souvent désignées avec leurs titres complets et leurs rôles dans la société ou l'administration française de l'époque. Le document est un extrait du Mercure de France, daté de décembre 1760 et janvier 1761. Il liste diverses personnes, principalement des nobles, des fonctionnaires, des ecclésiastiques et des bourgeois de Paris, ainsi que des montants en monnaie. Les entrées couvrent plusieurs jours de décembre 1760 et les premiers jours de janvier 1761. Les personnes mentionnées incluent des marquis, des comtes, des ducs, des abbés, des notaires, des secrétaires du roi, des trésoriers, des receveurs généraux des finances, et d'autres titres nobles et administratifs. Les montants associés à chaque personne varient et sont souvent suivis de mentions telles que 'm. o. g.' ou 'en or'. Certaines entrées indiquent des réunions ou des envois à des dates spécifiques. Le document est un extrait du Mercure de France daté de janvier 1760, listant diverses personnes et leurs titres ou fonctions, ainsi que des montants financiers associés.
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23
p. 253-258
MORTS.
Début :
Messire Victor-Pierre-François de Riquet, Comte de Caraman, Lieutenant-Général [...]
Mots clefs :
Messire, Comte, Marquis, Comtesse, Famille de Montauban, Monseigneur, Dame, Lieutenant colonel, Maison de Borstel, Seigneurs, Capitaine, Décès, Mariage, Madame, Veuf, Mousquetaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Meffire Victor-Pierre-François de Riquet,Comte
de Caraman , Lieutenant - Général des Armées
du Roi , mourut en cette Ville , le 21 Avril , âgé
de 62 ans.
Le Marquis de Fimarcon , Lieutenant Général
des Armées du Roi , eft mort au Pont- Saint- Elprit.
Le Marquis de Surgeres , Lieutenant- Général,
des Armées du Roi , mourut à Surgeres près la
Rochelle , le 29 Avril.
La Comteffe de la Tour , eft morte en cette
Ville le 7 de Mai , âgée de trente -quatre ans .
Le .S Avril dernier , M. Louis de la Tour- du-
Pin , Comte de Montauban , Brigadier des Armées
du Roi, & premier Ecuyer de Monfeigneur
le Duc d'Orléans , premier Prince du Sang, mou
254 MERCURE DE FRANCE.
rut d'apoplexie en fon chateau de Roquebeau ,
âgé de 1 ans 6 mois 9 jours , étant né le 26
Septembre 1709, & fut inhumé le 7 en la Paroille
dudit Roquebeau , au Diocèle de Die. Il avoit été
marié les Mars 1738 , avec Dame Marie Olimpe
de Vauferre- des- Adrèts , veuve depuis le 12 Juin
1734 , de M. Louis- Alexandre de Saliéres de
Montlor , Brigadier des Armées du Roi ; avec lequel
elle avoit été mariée l'an 1730 , & fille de
M. Céfar de Vauferre , Baron des Adrèts , &
de Dame Marguerite Landais. Il laiſſe de la Dame
fon époufe , M. Louis de la Tour-du- Pin , Marquis
de Montauban né le premier Décembre
1739 , fait Chambellan de Monfeigneur le Duc
d'Orléans en 1752 , Guidon des Gendarmes d'Aquitaine
en 1758 , & premier Cornette des Chevaux
Légers d'Aquitaine en 1759 , après avoir
fervi fans difcontinuation depuis l'an 1747 , tant
dans la feconde Compagnie des Moufquetaires &
dans celle des Chevaux-Légers de la Garde , que
dans le Régiment du Roi. M. Louis- Apollinan
de la Tour- du - Pin de Montauban , né le 13 Janvier
1744 , & tonfuré dans la Chapelle du Palais-
Royal à Paris le 4 Mars 1758 , par M. Lucretius-
Henri-François de la Tour - de- Gouvernet de la
Chau- de-Montauban , Evêque de Riez
titulaire de l'Abbaye Royale de la noble Eglife
Séculiere & Collégiale de S. Pierre hors les portes
de Vienne en Dauphiné , fon oncle paternel à la
mode de Bretagne; & Dame Claudine - Céfarine de
la Tour- du- Pin de Montauban , née le 12 Juin
1741 , veuve , fans enfans , de M. Jean - Jacques-
Philippe Jofeph Lefmerie , Marquis d'Efchoify ,
Capitaine de Cavalerie dans le Régiment Royal-
Piémont , puis Guidon de la Compagnie des Gendarmes
Anglois , tué à la bataille de Minden le
premier Août 1759 , & avec lequel elle avoit été
Abbé
JUIN. 1760. 255
mariée dans la Chapelle du Palais - Royal le 24
Février 1756 .
La Charge de premier Ecuyer de Monſeigneur
le Duc d'Orléans , vacante par le décés de M. le ,
Comte de Montauban , a été donnée par ce
Prince à M. Marie -Jofeph de Brancas , Marquis
d'Oife , Chambellan de S. A. S. & Maréchal de
Camp des Armées du Roi , fecond fils de M.
Louis de Brancas , Duc de Villars , Pair de
France , &c. Voyez l'Hiftoire des Grands Officiers
de la Couronne , tom . V , pag. 277 & fuivantes.
Dame Marie de Borstel , épouse de Meffire
François de Grenelle , Seigneur de Pimont , Capitaine
de Cavalerie , Lieutenant Colonel au ſervi→
ce du Roi de Pologne , & un de fes Gentilshommes
, Chevalier de S. Louis , eft morte à Paris
le 18 Mai 1760 .
Elle étoit de l'illuftre Maiſon de Borſtel , une
des plus anciennes & des plus diftinguées parmi
les Princes d'Allemagne . Elle eft originaire de Zelande
, & un Seigneur de Borftel , à qui les Villes
de Fleffingue & Defwert appartenoient , épouſa
la derniere Comtefle de Hollande , & par fon
mariage il devint Souverain de cette Province ,
que le Duc de Brabant ufurpa fur lui .
Après cette ufurpation , plufieurs Seigneurs de
cette Maifon s'établirent dans la haute Saxe , où
ils bâtirent le Château de Borftel , affez remarquable
fur la Carte ; & l'on voit dans l'hiftoire
que dès le temps de l'Empereur Othon , ils y
étoient déja en très-grande diftinction , & qu'ils
avoient les premiers emplois dans le Miniſtère ,
dans la guèrre , & dans les ambaffades. Meffire
Conrad de Borftel , pere d'Adolphe V , Chevalier
Seigneur de Guften , Proftka & autres lieux ,
étoit premier Miniftre d'Etat des Princes d'An
256 MERCURE DE FRANCE.
halt , Gouverneur de cette Province . Cet Adolphe
V a eu deux neveux , dont l'un Frédéric de
Brofel , a été Capitaine des Gardes du Corps du
Roi de Suéde , Gonverneur de Gottembourg , &
Général Major des Armées de Sa Majesté Suédo
; & le fecond . Erneft-Amédée de Borftel ,
Crand Echanfon de feue fon Alteffe Electorale de
Brandebourg , Colonel du Régiment de fes Gardes
,Gouverneur du Duché de Magdebourg , lequel
gouvernement eft encore pollédé aujourd'hui
par Henri de Borſtel .
Le grand-pere de ladite Dame de Borftel de
Pimout , qui vient de mourir , fut envoyé en
France à l'âge de 18 ans en qualité d'Ambaſſadeur
, par le Roi de Bohême & les Princes de
l'Empire , auprès du Roi Louis XIII ; & lorfque
fes négociations furent heureufement terminées ,
voulant s'établir en France , le Roi lui accorda ,
des Lettres de Naturalité , & l'honora d'une charge
de Gentilhomme de fa Chambre. Il fe maria
a Dame Charlotte de Faron , d'une des bonnes
Maifons du Poitou . dont il n'eut qu'un fils , que
la fituation de fes affaires , après avoir fervi quelque
temps le Roi , a obligé de ne pas fuivre l'intention
qu'il avoit de confacrer fes jours au ſervice
de Sa Majefté ; mais s'étant marié avec une Demoitelle
Tafchereau , alliée de M. le Chancelier
de Pontchartrain , du côté des Préfidens Cortereau
, & cousine de M. le Marquis de Rafilly ,
Lieutenant Général de la Province de Touraine
& Tous-Gouverneur des Enfans de France ; il en
a eu une nombreuſe famille , dont deux fils font
morts au fervice , le premier dans la Marine fuc
tué au fameux corbat de la Hogue , à l'âge de
vingt ans , dans le grade de Lieutenant de Vailfeau
du Roi; le fecond & dernier , eft le Conte
de Burfiel , qui après avoir fervi avec grande dif
JUIN. 1760. 257
tinction dans l'Artillerie , dont il étoit premier
Lieutenant Général , fut tué à la tête de ce Corps
qu'il comandoit , à la bataille de Plaifance en
1745. Il n'a laiffé qu'une fille , qui , après avoir
été longtemps fille d'Honneur de la Reine d'Ef
pagne , s'eft faite Carmelite auprès de Madame
de Borfiel fa tante , Supérieure de ce Couvent à
Paris. Ladite Dame de Borftel de Pimont , qui
vient de mourir , jouiffoit de plus de 45000 livres
de rente. Sa fuccellion palle à Dame Magdelaine
de Borftel , fa foeur , épouse de M. de
Beau ront , l'un des anciens Fermiers Généraux
du Roi , qui n'ont point d'enfans .
Meffire François de Grenelle de Pimont , qui.
refte veuf de ladite Dau e après vingt- huit ans de
mariage, eft originaire de Paris , d'une des plus
anciennes familles de robe , qui a poffédé longtemps
le fief de Grenelle , où eft à préfent bâtie
l'Ecole Militaire. Un de fes ayeux fe retira dans
le Duché de Bourgogne du temps des troubles
d'Henry III , & y acheta plufieurs Terres & Fiefs ,
entre autres celui de Pimont , qui a reûté jufqu'à
préfent à fes defcendans qui le font alliés aux
premieres familles du Parlement de Dijon , entre
autres à François de Gergy & à Marguerite
Quarré , toutes les deux d'ancienne extraclion
dont Jean de Grenelle , mari de la derniere , devint
Confeiller d'Etat.
Le fieur de Pinout , ayant pris le parti des armès
, a conn encé par être douze ans dans les
Moufquetaires , enfuite Capitaine de Cavalerie ,
Lieutenant Colonel au fervice du Roi de Pologne
& Gentilhomme de ce Prince. Il a fair prendre le
même parti des ar nes a quatre de fes neveux
dont l'un a été tué Capitaine dans le Régiment de
Forelt , trois autres font actuellement dans celui
>
258 MERCURE DE FRANCE.
de Vatan , dont les deux premiers ſont à la tête
dudit Régiment & Chevaliers de S. Louis.
Meffire Victor-Pierre-François de Riquet,Comte
de Caraman , Lieutenant - Général des Armées
du Roi , mourut en cette Ville , le 21 Avril , âgé
de 62 ans.
Le Marquis de Fimarcon , Lieutenant Général
des Armées du Roi , eft mort au Pont- Saint- Elprit.
Le Marquis de Surgeres , Lieutenant- Général,
des Armées du Roi , mourut à Surgeres près la
Rochelle , le 29 Avril.
La Comteffe de la Tour , eft morte en cette
Ville le 7 de Mai , âgée de trente -quatre ans .
Le .S Avril dernier , M. Louis de la Tour- du-
Pin , Comte de Montauban , Brigadier des Armées
du Roi, & premier Ecuyer de Monfeigneur
le Duc d'Orléans , premier Prince du Sang, mou
254 MERCURE DE FRANCE.
rut d'apoplexie en fon chateau de Roquebeau ,
âgé de 1 ans 6 mois 9 jours , étant né le 26
Septembre 1709, & fut inhumé le 7 en la Paroille
dudit Roquebeau , au Diocèle de Die. Il avoit été
marié les Mars 1738 , avec Dame Marie Olimpe
de Vauferre- des- Adrèts , veuve depuis le 12 Juin
1734 , de M. Louis- Alexandre de Saliéres de
Montlor , Brigadier des Armées du Roi ; avec lequel
elle avoit été mariée l'an 1730 , & fille de
M. Céfar de Vauferre , Baron des Adrèts , &
de Dame Marguerite Landais. Il laiſſe de la Dame
fon époufe , M. Louis de la Tour-du- Pin , Marquis
de Montauban né le premier Décembre
1739 , fait Chambellan de Monfeigneur le Duc
d'Orléans en 1752 , Guidon des Gendarmes d'Aquitaine
en 1758 , & premier Cornette des Chevaux
Légers d'Aquitaine en 1759 , après avoir
fervi fans difcontinuation depuis l'an 1747 , tant
dans la feconde Compagnie des Moufquetaires &
dans celle des Chevaux-Légers de la Garde , que
dans le Régiment du Roi. M. Louis- Apollinan
de la Tour- du - Pin de Montauban , né le 13 Janvier
1744 , & tonfuré dans la Chapelle du Palais-
Royal à Paris le 4 Mars 1758 , par M. Lucretius-
Henri-François de la Tour - de- Gouvernet de la
Chau- de-Montauban , Evêque de Riez
titulaire de l'Abbaye Royale de la noble Eglife
Séculiere & Collégiale de S. Pierre hors les portes
de Vienne en Dauphiné , fon oncle paternel à la
mode de Bretagne; & Dame Claudine - Céfarine de
la Tour- du- Pin de Montauban , née le 12 Juin
1741 , veuve , fans enfans , de M. Jean - Jacques-
Philippe Jofeph Lefmerie , Marquis d'Efchoify ,
Capitaine de Cavalerie dans le Régiment Royal-
Piémont , puis Guidon de la Compagnie des Gendarmes
Anglois , tué à la bataille de Minden le
premier Août 1759 , & avec lequel elle avoit été
Abbé
JUIN. 1760. 255
mariée dans la Chapelle du Palais - Royal le 24
Février 1756 .
La Charge de premier Ecuyer de Monſeigneur
le Duc d'Orléans , vacante par le décés de M. le ,
Comte de Montauban , a été donnée par ce
Prince à M. Marie -Jofeph de Brancas , Marquis
d'Oife , Chambellan de S. A. S. & Maréchal de
Camp des Armées du Roi , fecond fils de M.
Louis de Brancas , Duc de Villars , Pair de
France , &c. Voyez l'Hiftoire des Grands Officiers
de la Couronne , tom . V , pag. 277 & fuivantes.
Dame Marie de Borstel , épouse de Meffire
François de Grenelle , Seigneur de Pimont , Capitaine
de Cavalerie , Lieutenant Colonel au ſervi→
ce du Roi de Pologne , & un de fes Gentilshommes
, Chevalier de S. Louis , eft morte à Paris
le 18 Mai 1760 .
Elle étoit de l'illuftre Maiſon de Borſtel , une
des plus anciennes & des plus diftinguées parmi
les Princes d'Allemagne . Elle eft originaire de Zelande
, & un Seigneur de Borftel , à qui les Villes
de Fleffingue & Defwert appartenoient , épouſa
la derniere Comtefle de Hollande , & par fon
mariage il devint Souverain de cette Province ,
que le Duc de Brabant ufurpa fur lui .
Après cette ufurpation , plufieurs Seigneurs de
cette Maifon s'établirent dans la haute Saxe , où
ils bâtirent le Château de Borftel , affez remarquable
fur la Carte ; & l'on voit dans l'hiftoire
que dès le temps de l'Empereur Othon , ils y
étoient déja en très-grande diftinction , & qu'ils
avoient les premiers emplois dans le Miniſtère ,
dans la guèrre , & dans les ambaffades. Meffire
Conrad de Borftel , pere d'Adolphe V , Chevalier
Seigneur de Guften , Proftka & autres lieux ,
étoit premier Miniftre d'Etat des Princes d'An
256 MERCURE DE FRANCE.
halt , Gouverneur de cette Province . Cet Adolphe
V a eu deux neveux , dont l'un Frédéric de
Brofel , a été Capitaine des Gardes du Corps du
Roi de Suéde , Gonverneur de Gottembourg , &
Général Major des Armées de Sa Majesté Suédo
; & le fecond . Erneft-Amédée de Borftel ,
Crand Echanfon de feue fon Alteffe Electorale de
Brandebourg , Colonel du Régiment de fes Gardes
,Gouverneur du Duché de Magdebourg , lequel
gouvernement eft encore pollédé aujourd'hui
par Henri de Borſtel .
Le grand-pere de ladite Dame de Borftel de
Pimout , qui vient de mourir , fut envoyé en
France à l'âge de 18 ans en qualité d'Ambaſſadeur
, par le Roi de Bohême & les Princes de
l'Empire , auprès du Roi Louis XIII ; & lorfque
fes négociations furent heureufement terminées ,
voulant s'établir en France , le Roi lui accorda ,
des Lettres de Naturalité , & l'honora d'une charge
de Gentilhomme de fa Chambre. Il fe maria
a Dame Charlotte de Faron , d'une des bonnes
Maifons du Poitou . dont il n'eut qu'un fils , que
la fituation de fes affaires , après avoir fervi quelque
temps le Roi , a obligé de ne pas fuivre l'intention
qu'il avoit de confacrer fes jours au ſervice
de Sa Majefté ; mais s'étant marié avec une Demoitelle
Tafchereau , alliée de M. le Chancelier
de Pontchartrain , du côté des Préfidens Cortereau
, & cousine de M. le Marquis de Rafilly ,
Lieutenant Général de la Province de Touraine
& Tous-Gouverneur des Enfans de France ; il en
a eu une nombreuſe famille , dont deux fils font
morts au fervice , le premier dans la Marine fuc
tué au fameux corbat de la Hogue , à l'âge de
vingt ans , dans le grade de Lieutenant de Vailfeau
du Roi; le fecond & dernier , eft le Conte
de Burfiel , qui après avoir fervi avec grande dif
JUIN. 1760. 257
tinction dans l'Artillerie , dont il étoit premier
Lieutenant Général , fut tué à la tête de ce Corps
qu'il comandoit , à la bataille de Plaifance en
1745. Il n'a laiffé qu'une fille , qui , après avoir
été longtemps fille d'Honneur de la Reine d'Ef
pagne , s'eft faite Carmelite auprès de Madame
de Borfiel fa tante , Supérieure de ce Couvent à
Paris. Ladite Dame de Borftel de Pimont , qui
vient de mourir , jouiffoit de plus de 45000 livres
de rente. Sa fuccellion palle à Dame Magdelaine
de Borftel , fa foeur , épouse de M. de
Beau ront , l'un des anciens Fermiers Généraux
du Roi , qui n'ont point d'enfans .
Meffire François de Grenelle de Pimont , qui.
refte veuf de ladite Dau e après vingt- huit ans de
mariage, eft originaire de Paris , d'une des plus
anciennes familles de robe , qui a poffédé longtemps
le fief de Grenelle , où eft à préfent bâtie
l'Ecole Militaire. Un de fes ayeux fe retira dans
le Duché de Bourgogne du temps des troubles
d'Henry III , & y acheta plufieurs Terres & Fiefs ,
entre autres celui de Pimont , qui a reûté jufqu'à
préfent à fes defcendans qui le font alliés aux
premieres familles du Parlement de Dijon , entre
autres à François de Gergy & à Marguerite
Quarré , toutes les deux d'ancienne extraclion
dont Jean de Grenelle , mari de la derniere , devint
Confeiller d'Etat.
Le fieur de Pinout , ayant pris le parti des armès
, a conn encé par être douze ans dans les
Moufquetaires , enfuite Capitaine de Cavalerie ,
Lieutenant Colonel au fervice du Roi de Pologne
& Gentilhomme de ce Prince. Il a fair prendre le
même parti des ar nes a quatre de fes neveux
dont l'un a été tué Capitaine dans le Régiment de
Forelt , trois autres font actuellement dans celui
>
258 MERCURE DE FRANCE.
de Vatan , dont les deux premiers ſont à la tête
dudit Régiment & Chevaliers de S. Louis.
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Résumé : MORTS.
Le texte mentionne plusieurs décès de personnalités notables. Le Comte de Caraman, Lieutenant-Général des Armées du Roi, est décédé à l'âge de 62 ans le 21 avril. Le Marquis de Fimarcon et le Marquis de Surgeres, également Lieutenants-Généraux, sont morts respectivement au Pont-Saint-Esprit et à Surgeres près de La Rochelle le 29 avril. La Comtesse de la Tour est décédée à l'âge de 34 ans le 7 mai. Le Comte de Montauban, Brigadier des Armées du Roi et premier Écuyer du Duc d'Orléans, est mort d'apoplexie à l'âge de 1 an et 6 mois le 25 avril et a été inhumé le 7 mai. Il laisse un fils, le Marquis de Montauban, et deux autres enfants, Louis-Apollinaire et Claudine-Césarine. La charge de premier Écuyer du Duc d'Orléans a été attribuée à Marie-Joseph de Brancas, Marquis d'Oise. Dame Marie de Borstel, épouse de François de Grenelle, Seigneur de Pimont, est décédée à Paris le 18 mai. Elle appartenait à une illustre maison allemande et possédait une rente de plus de 45 000 livres. Son époux, François de Grenelle, est originaire d'une ancienne famille parisienne et a servi dans les Mousquetaires et comme Capitaine de Cavalerie.
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24
p. 198-206
MORTS.
Début :
Jean-Pierre de Bougainville, l'un des Quarante de l'Académie Françoise, [...]
Mots clefs :
Lieutenant, Académicien, Veuve, Comte, Décès, Duc, Marquis, Fille, Mariage, Maison de Maulde, Baron, Chambellan, Seigneurs, Maison du Plessis-Chastillon, Lieutenant général, Vicomte, Dame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
"
Jean-Pierre de Bougainville, l'un des Quarante
de l'Académie Françoiſe , Penſionnaire & ancien
Secrétaire de l'Académie Royale des Infcriptions
& Belles Lettres de l'Académie de Crotone
Cenfeur Royal , Garde de la Salle des Antiques
du Louvre , & l'un des Secrétaires ordinaires
du Duc d'Orléans , eſt mort au Château
de Loches , le 22 Juin , dans la quarante &
uniéme année de fon âge.
François - Eléonor Comte d'Andlau , Lieutenant-
Général des armées du Roi , & l'un des Directeurs
du Corps de la Nobleffe de la Baffe Alface
, eft mort en cette Ville le 24 Juin , âgé de
cinquante- deux ans.
Marie-Magdeleine de Saint-Remy , veuve de
Guy-Antoine de Saint-Simon , Marquis de Courtomer
, Capitaine des Gardes- du- Corps de feue
Son Alteffe Royale Madame la Ducheffe de Berry,
& fille de Jean- Jacques Marquis de Saint - Remy ,
& de Marie - Therefe de Montgommery , eft
morte le 26 du même mois dans fon Château de
la Motte-Fouquet , en Baffe - Normandie , dans la
foixante-deuxième année de fon âge.
Claire-Marie Colette de Berard de Ville Breuil
de Montalet , veuve en premières noces de Joachim
-Jacques de la Chétardie , Maréchal de
Camp, Commandant au Vieux Briffac , Gouver
neur de Landrecy ; & en fecondes nôces de Ferdinand-
Augufte Solars , Comte de Monafterol ,
L'eutenant Général des troupes de l'Electeur de
Baviere , fon Miniftre & fon Envoyé Extraordinaire
à la Cour de France , eft morte dernierement
en cette Ville .
AOUST. 1763. 199
1
Louife -Marie de Saint - Quintin de Bler , épouſe
de Célar- Pierre Thibault de la Brouffe , Marquis
de Verteillac de Saint- Martin , Baron dela Tour-
Blanche , Gouverneur , Grand- Sénéchal & Lieutenant
de Roi de la Province de Périgord , Chevalier
de Saint Louis , & Capitaine Lieutenant de la
Gendarmerie , mourut le & Juillet. Elle étoit fille"
d'Alexandre de Saint-Quintin , Comte de Bler
Maréchal de Camp , mort à Berg-Op-Zoom , ou
il commandoit pour Sa Majesté.
Marie- Louife Magdeleine de Beauveau , veuve
de Pierre-Louis Comte d'Ailly,, Marquis de Senecey
, eft morte en cette Ville le 11 du même mois.
Marie de Cuminal , veuve du fieur Malfal- ,
gueyrar , eft morte le 23 Juin à Bergerac en Perigord
, dans la cent uniéme année de fon âge.
རྩྭ་ ༣༩ ས་ ཤ
Emmanuel- Maurice de Lorraine Duc d'Elbeuf
en Normandie, Pair de France, Chevalier de
l'Ordre de Saint Etienne de Tofcane , ancien Général
de la Cavalerie dans le Royaume de Naples .
pour le fervice des Empereurs Jofeph & Charles
VI. eft mort en cette Ville le 17 Juillet , dans la
quatre-vingt- fixième année de fon âge.
Urfule de Pollel , veuve d'Abraham du Quefne-
Mofnier , Chef d'Efcadre des Armées Navales de
Sa Majefté , Commandeur de l'Ordre Royal &
Militaire de Saint Louis , & ci- devant Comman
dant le Département de la Marine au Port de
Toulon , eft morre en cette dernière Ville le 6
Juillet , dans la quatre-vingt- quatorziéme année
de fon âge.
Louis- François Comte de Maulde , Marquis de
la Buiffiere , Prince d'Hofdan au pays de Liége ,
eft mort en fon Château de la Builliere en Artois ,
le 31 Mars dernier .
Le filence de l'Auteur du Calendrier des Princes
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
& de la Nobleffe de France , fur la Maiſon de
Maulde , en Hainault , qui fans confulter le
tome 2. de fon Dictionnaire général pag. 490 ,
s'eft contenté de dire dans les Calendriers de
1762 & 1763 , qu'il n'en reftoit qu'une fille mariée
au Vicomte d'Ifque , pourroit faire croire
que cette ancienne Maiſon eft éteinte. Il eft vrai
que Gabriel de Maulde , troifiéme du nom , Seigneur
de Neuville, Marquis de Colemberg , Maréchal
de Camp , Lieutenant-Général au Département
du Boulonnois , le dernier de la Branche
cadette , léparée dès l'an 1430 , mort dans le dixfeptiéme
fiécle , ne laiffa qu'une fille mariée au
Vicomte d'Ifque , à condition de prendre fon
nom & les armes. Mais la Branche aînée ( Voyez
le tome 2. du Dict . ) a toujours ſubfifté en ligné
directe , & le Comte de Maulde dont on vient
d'annoncer la mort , étoit le Chef de cette Branche.
Il eſt le premier de fon nom qui ait fervi en
France , & a hérité de tous les biens de Léon de
Maulde, mort fans enfans en 1740 , de Jeanne
d'Auxi fon épouſe.
De fon mariage ( Célébration , 11 Juillet
1735:) avec Félicité de Conflans , il a laiffé quatre
enfans fçavoir :
Leon , Eugene , Louis , Comte de Maulde , né
le 25 Août 1739 , Colonel aux Grenadiers de
France.
Emmanuel- Gabriel Vicomte de Maulde , né le
24 Septembre 1740 , Colonel,
Adelaide , née en Janvier 1742 ,
mariée en
Mai 1760 à Henri Comte de Lur , Marquis de
Saluces , Brigadier & Colonel de Cavalerie.
Marie-Anne-Charlotte , née le premier No-
-vembre 1748 .
"
AOUST. 1763.
201
Le nom de Maulde eft un des plus anciens qui
fe trouvent infcrits dans les archives des fondations
les plus gothiques de la Province de Hainault
: où on les voit bienfaiteurs des Abbayes de
S. Hubert , de S. Martin , de S. Guilain &c . La
Terre de Maulde eft partagée par Lefcaurà deux
lieux d'Ath , dont la partie au-delà de Lescaut appartenoit
dès l'an 1000 , & appartient encore aujourd'hui
aux Seigneurs de Ligne qui le font qualifiés
Barons de Maulde , jufqu'en l'an 1400. L'autre
partie dont relevoient quinze Fiefs nobles
appartenoit aufli en la même année 1000 ,
Watiez de Maulde , marié 1 ° .à Agnès de Saveuze;
2.à Amante d'Enghien ; ce qui rend probable
que ces deux Maiſons ſont la même origine. La
reflemblance des armes de l'une & de l'autre ,
femble confirmer cette opinion * : celles des premiers
ne différent de celles des derniers que par
trois Croix en fautoirs fur la bande de fable , &
que les Papes accordoient comme marque d'honneur
aux croisés.
•
Quoiqu'il en foit , en 1180 une Auduine de
Ligne , foeur de Watier & de Fraftre de Ligne ,
fut mariée à Mathieu de Maulde , ( Voyez les ann .
du Comté de Hainault , pag . 213 ) . Les autres
alliances de la Mailon de Maulde , font , fuivant
Carpantier, avec les Maifons de Haluin , Henin-
Lietard, Barbançon , Cléves , Montmorency , Berghes
, Mailly &c. Elle a donné des Chanoinelles.
aux Nobles Chapitres d'Andennes de Mons , & de
Nivelle , un Wautier , Seigneur de Maulde , fuivit
en 1201 au voyage de la Terre - Sainte , Bau-
* L'anciem dictum Flamand , Maulde crie Ligne ,
fe trouve aux Archives de Bruxelles .
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
douin , Comte de Hainault. Robert de Maulde fug
Gouverneur de Guiſe en 1250 ; & Mathieu , Gouverneur
de Sensen 1252 .
La Terre de la Buiffiere en Artois , eft paffée
dans la Maiſon de Maulde par le mariage de
George de Maulde en 1597 avec Joffinne de Courteville
, fille & héritiere de Jacques , Seigneur de
la Buiffiere , & de Catherine de Barbançon. Jacques
étoit Chambellan , Capitaine des Gardes , &
Ambaſſadeur de Sa Majefté Catholique Philippe I.
Gouverneur de fon Fils Charles-Quint , & Chevalier
de la Toifon d'Or , dont defcendoit le Comte
de Maulde , Marquis de la Buiffiere , qui a pour .
Mere une Ghistelles , & pour Ayeule une Montmorency.
9
La Terre de Maulde en deça de Lefcaut , a été
vendue par Guillemette de Maulde à Antoine
de Carondelet . Elle fut mariée 1ª . à Jean de Bar
bançon , 2 ° . à Hefter de Cleves.
Les Archives de S. Guilain & de S. Martin, difent
que cette Guillemette de Maulde , héritière
de la Branche aînée , emporta de fa Maiſon cent
mille florins de rente , fomme immenfe pour ce
temps-là.
Voyez l'hift. du Cambrefis , tome 2 , page 997
& fuivantes , & les Annales du Hainault.
Meffire Hector du Pleffis - Chaftillon , des Seigneurs
de Saint - Hilaire- la - Gravelle , Page de la
Reine en 1728 , après fon frère aîné qui l'avoit
été en Septembre 1725 , puis Cornette au Régiment
de la Reine Cavalerie ; enfuite Lieutenant
au même Regiment ; Chevalier de l'Ordre Royal
& Militaire de S. Louis & Penfionnaire de Sa
Majefté , dont il quitta le fervice , tout - à- fait
hors de combat , mourut à Châteaudun le 23
Décembre 1762 , fort regretté. Il s'étoit trouvé
en Allemagne , avec le même Régiment , au
ADUST. 1763. 2༠3
7
Siége de Philisbourg en 1734, &c , & en Boheme
, au Siége de Prague pris d'aflaut en
1741 , où les François d'Affiégeans devinrent
Affiégés & d'où ils firent la nuit du 16 , au 17
Décembre 1742 , fous le Maréchal de Belle-Ifle ,
cette tant belle retraite à jamais honorable pour
le nom François il laiffe un unique neveu âgé
d'environ douze ans & dernier des Seigneurs de
Saint -Hilaire-la - Gravelle , l'une des Branches
cadettes , avec celle de Beaujeu , fubfiftantes &
forties des Seigneurs Châtelains. du Mée , établis
dans la petite Province de Dunois , depuis trois
cens ans paffés , de la Maifon du Pleffis- Chaftillon
, l'une de la Province du Maine , des plus
Illuftres par fes Alliances & fon Ancienneté , &
qui porte d'argent à trois quintes feuilles de
Gueules. Il fortait au feptiéme degré de Jean IV.
du nom du Pleffis - Chatillon & de Catherine
d'Avaugour fa feconde femme iffue des anciens
Comtes & Ducs de Bretagne , lequel avoit eu
pour premiere femme Marie de Vaux- de- Cuon ,
d'où defcend au neuviéme degré Marie - Félici é du
Pleffis - Chatillon , feule & unique héritiere de fa
Branche qui eft l'aînée , de ce nom Marquifo C ›
du Pleffis - Chaſtillon au Maine , de Nonant en
Normandie , de Saint - Gelais en Poitou & c. Comteſſe
de Château - Meliand , en Berry , & c . Epoule ,
1º de François-Antoine de Chabannes Pionzac ,
dit le Comte de Chabannes , Marquis de la
Palice , Lieutenant Général des Armées du Roi ,
Grand-Croix de l'Ordre Royal & Militaire de
S. Louis , Gouverneur de Verdun & du Verdunois
, ci-devant Lieutenant Colonel des Gardes
Françoifes d'où il avoit été Major , Commandant
pour le Roi, en 1745 , ou 1747 , dans le Pays
d'Aunis , la Rochelle , le Poitou , &c. Mort à
I
vj
204 MERCURE DE FRANCE.
Paris le 23 Décembre 1743 , âgé de foixantehuit
ans.
>
•
2º. En Février 1760 , de Charles - Bernard- :
Martial de Narbonne - Pelet dit le Baron de
Narbonne , Maifon des plus Illuftres & des plus .
Anciennes du Royaume de France , d'où defcendoit
, par femme , le Duc de Lara , Maifon
des plus grandes d'Efpagne , frère puifné de
François Raymond - Jof- ph- Hermenigilde- Amalric-
Pelet , dit le Vicomte de Narbonne , né le 21
Octobre 1715 & marié le 12 Janvier 1734 , à
Marie Diane Antoinette de Roffet de Fleury-
Perignan née le 6 Avril 1721 , & morte au
Château de Fontanés près Sommieres , le 27
Juillet 1754 foeur du Duc de Fleuri , de l'Evêque
de Chartres , de l'Archevêque de Tours & de
la Marquife de Caftries , & petite Niéce du Car
dinal de Fleury , Miniſtre ordinaire d'Etat.
· ·
La Baronne de Narbonne avoit pour frère unique
Louis-Henri Félife du Pleffis - Chaftillon,Comte
de Château Méliand & c. Sous- Lieutenant de la
Compagnie des Chevaux - légers d'Orléans , mort
le 25 Août 1754 , âgé de 28 ans , fans poftérité de
Marie- Magdeleine- Louiſe de Barberie de S. Con- -
teft qu'il avoit épousée le 6 Tuillet 1753 fille de
François-Dominique de Barberie , Marquis de S.
Contest, Miniftre & Secrétaire d'Etat , ayant le
Département des affaires étrangeres , Commandeur
Prevôt & Maître des cérémonies des Ordres
du Roi en Mars 1754 & ci- devant Ambaffadeur
de Sa Majesté auprés des Etats-Généraux des Provinces-
unies, mort à Versailles le 24 Juillet 1734
âgé de 54 ans & de Jeanne-Monique- Philippe Def
vieux ; & avoit pour tante Jeanne-Marie du Pleffis- i
Chaſtillon morte à Paris le 18 Avril 1763 , Veuve
de Philippe- Charles d'Eftampes , dit le Comte
>
AOUST . 1763. 205
Etampes qu'elle avoit époufé en Juin 1709 , Marquis
de la Ferté- Imbault , Sallebris &c. Chevalier
de Malte dans fa jeuneffe , Colonel du Régiment
de Chartres Infanterie , Brigadier des Armées du
Roi le Février 1719 , Capitaine des Gardes- du-
Corps de feu Son Alteffe Royale , Monfeigneur le
Duc d'Orléans , Régent du Royaume , d'une Maifon
dont eft forti un Cardinal , plufieurs Evêques ,
entre autres , un Evêque de Chartres , puis Archevêque
Duc de Rheims , un Grand Prieur de France
de l'Ordre de Malte , un Maréchal de France , plufieurs
Chevaliers des Ordres , un grand Maréchal
des Logis de la Maiſon du Roi , &c. De ce Mariage
il ne refte que Sophie d'Eftampes née en Septembre
1730 ; qui a époufé Bernard de Comte-
Nonant, Marquis de Pierrecourt , & c , d'une trèsbonne
& ancienne Nobleffe de Normandie & des
mieux alliée , & a pour oncle Henry , & Anne
Hilarion du Pleffis-Chaſtillon , l'un Comte de Rugles;
& l'autre Chevalier Profès de l'Ordre de S.
Jean de Jérufalem , au Grand Prieuré de France ,
Commandeur de la Ville- Dieu ,
Il est mort à Paris le 10 Juin 1763 , Dame ,
Madame Louiſe Marie de Saint- Quintin de Bler ,
âgée de vingt- cinq ans ,fille de feu Meffire Alexandre
de Saint-Quintin, Chevalier Seigneur, Comte
de Blet , Baron des Broffe & de Villeneuve ,
Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint
Louis , Maréchal des Camps & Armées de Sa
Majefté , mort à Berg - op-zoom , où il commandoit
pour Sa Majesté & de Dame , Madame
Marie Peirene fes Père & Mère , Epoufe de
Meffire Cefart, Pierre Thibault de la Brouffe ,
Chevalier Seigneur , Marquis de Verteillac de
Saint -Martin , Biron de la Tour Blanche , Gouverneur
, grand Sénéchal & Lieutenant de Roi
266 MERCURE DE FRANCE.
de la Provnice de Perigord ; Chevalier de l'Ordre
Royale Militaire de Saint Louis ; Capitaine-
Lieutenant de la Gendarmerie ; elle a laille ,
deux enfans une fille & un garçon.
·
Pierre François - Marie Guignolet de Montalembert
, Confeiller honoraire au Parlement de
Bretagne , eft mort à Paris le 3 Juillet 1763 ,
âgé de foixante fept ans. Il étoit iffu de la Maifon
de Montalembert , originaire de la Province de
Poitou fur les confins de l'Angoumois . Sa bran
che en étoit féparée depuis Guillaume de Montalembert
, qui s'établit en Bretagne dans la partie
du Comté Nantois frontiere de Poito ; après
avoir épousé l'an 1467 Françoile de Goulaine ,
fille unique & héritiere de Jean de Goulaine
Chevalier , d'une des plus anciennes Maifons de
Bretagne. Moreri rapporte la généalogie à l'occafion
d'André de Montalembert , Seigneur d'Elé
& de Panvillier , Chevalier de l'Ordre du Roi
premier Gentilhomme de la Chambre des Rois
François I. Henri II . Lieutenant- Général , Commandant
fes Armées en Ecofle , qu'un mérite dif
tingué a placé au rang des hommes illuftres de
la France . Voyez fur l'ancienneté de fa Maifon ,.
Moreri , Brantome , Mezerai , le Père Daniel
Dubouchet , Annales d'Aquitaine &C.
"
Jean-Pierre de Bougainville, l'un des Quarante
de l'Académie Françoiſe , Penſionnaire & ancien
Secrétaire de l'Académie Royale des Infcriptions
& Belles Lettres de l'Académie de Crotone
Cenfeur Royal , Garde de la Salle des Antiques
du Louvre , & l'un des Secrétaires ordinaires
du Duc d'Orléans , eſt mort au Château
de Loches , le 22 Juin , dans la quarante &
uniéme année de fon âge.
François - Eléonor Comte d'Andlau , Lieutenant-
Général des armées du Roi , & l'un des Directeurs
du Corps de la Nobleffe de la Baffe Alface
, eft mort en cette Ville le 24 Juin , âgé de
cinquante- deux ans.
Marie-Magdeleine de Saint-Remy , veuve de
Guy-Antoine de Saint-Simon , Marquis de Courtomer
, Capitaine des Gardes- du- Corps de feue
Son Alteffe Royale Madame la Ducheffe de Berry,
& fille de Jean- Jacques Marquis de Saint - Remy ,
& de Marie - Therefe de Montgommery , eft
morte le 26 du même mois dans fon Château de
la Motte-Fouquet , en Baffe - Normandie , dans la
foixante-deuxième année de fon âge.
Claire-Marie Colette de Berard de Ville Breuil
de Montalet , veuve en premières noces de Joachim
-Jacques de la Chétardie , Maréchal de
Camp, Commandant au Vieux Briffac , Gouver
neur de Landrecy ; & en fecondes nôces de Ferdinand-
Augufte Solars , Comte de Monafterol ,
L'eutenant Général des troupes de l'Electeur de
Baviere , fon Miniftre & fon Envoyé Extraordinaire
à la Cour de France , eft morte dernierement
en cette Ville .
AOUST. 1763. 199
1
Louife -Marie de Saint - Quintin de Bler , épouſe
de Célar- Pierre Thibault de la Brouffe , Marquis
de Verteillac de Saint- Martin , Baron dela Tour-
Blanche , Gouverneur , Grand- Sénéchal & Lieutenant
de Roi de la Province de Périgord , Chevalier
de Saint Louis , & Capitaine Lieutenant de la
Gendarmerie , mourut le & Juillet. Elle étoit fille"
d'Alexandre de Saint-Quintin , Comte de Bler
Maréchal de Camp , mort à Berg-Op-Zoom , ou
il commandoit pour Sa Majesté.
Marie- Louife Magdeleine de Beauveau , veuve
de Pierre-Louis Comte d'Ailly,, Marquis de Senecey
, eft morte en cette Ville le 11 du même mois.
Marie de Cuminal , veuve du fieur Malfal- ,
gueyrar , eft morte le 23 Juin à Bergerac en Perigord
, dans la cent uniéme année de fon âge.
རྩྭ་ ༣༩ ས་ ཤ
Emmanuel- Maurice de Lorraine Duc d'Elbeuf
en Normandie, Pair de France, Chevalier de
l'Ordre de Saint Etienne de Tofcane , ancien Général
de la Cavalerie dans le Royaume de Naples .
pour le fervice des Empereurs Jofeph & Charles
VI. eft mort en cette Ville le 17 Juillet , dans la
quatre-vingt- fixième année de fon âge.
Urfule de Pollel , veuve d'Abraham du Quefne-
Mofnier , Chef d'Efcadre des Armées Navales de
Sa Majefté , Commandeur de l'Ordre Royal &
Militaire de Saint Louis , & ci- devant Comman
dant le Département de la Marine au Port de
Toulon , eft morre en cette dernière Ville le 6
Juillet , dans la quatre-vingt- quatorziéme année
de fon âge.
Louis- François Comte de Maulde , Marquis de
la Buiffiere , Prince d'Hofdan au pays de Liége ,
eft mort en fon Château de la Builliere en Artois ,
le 31 Mars dernier .
Le filence de l'Auteur du Calendrier des Princes
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
& de la Nobleffe de France , fur la Maiſon de
Maulde , en Hainault , qui fans confulter le
tome 2. de fon Dictionnaire général pag. 490 ,
s'eft contenté de dire dans les Calendriers de
1762 & 1763 , qu'il n'en reftoit qu'une fille mariée
au Vicomte d'Ifque , pourroit faire croire
que cette ancienne Maiſon eft éteinte. Il eft vrai
que Gabriel de Maulde , troifiéme du nom , Seigneur
de Neuville, Marquis de Colemberg , Maréchal
de Camp , Lieutenant-Général au Département
du Boulonnois , le dernier de la Branche
cadette , léparée dès l'an 1430 , mort dans le dixfeptiéme
fiécle , ne laiffa qu'une fille mariée au
Vicomte d'Ifque , à condition de prendre fon
nom & les armes. Mais la Branche aînée ( Voyez
le tome 2. du Dict . ) a toujours ſubfifté en ligné
directe , & le Comte de Maulde dont on vient
d'annoncer la mort , étoit le Chef de cette Branche.
Il eſt le premier de fon nom qui ait fervi en
France , & a hérité de tous les biens de Léon de
Maulde, mort fans enfans en 1740 , de Jeanne
d'Auxi fon épouſe.
De fon mariage ( Célébration , 11 Juillet
1735:) avec Félicité de Conflans , il a laiffé quatre
enfans fçavoir :
Leon , Eugene , Louis , Comte de Maulde , né
le 25 Août 1739 , Colonel aux Grenadiers de
France.
Emmanuel- Gabriel Vicomte de Maulde , né le
24 Septembre 1740 , Colonel,
Adelaide , née en Janvier 1742 ,
mariée en
Mai 1760 à Henri Comte de Lur , Marquis de
Saluces , Brigadier & Colonel de Cavalerie.
Marie-Anne-Charlotte , née le premier No-
-vembre 1748 .
"
AOUST. 1763.
201
Le nom de Maulde eft un des plus anciens qui
fe trouvent infcrits dans les archives des fondations
les plus gothiques de la Province de Hainault
: où on les voit bienfaiteurs des Abbayes de
S. Hubert , de S. Martin , de S. Guilain &c . La
Terre de Maulde eft partagée par Lefcaurà deux
lieux d'Ath , dont la partie au-delà de Lescaut appartenoit
dès l'an 1000 , & appartient encore aujourd'hui
aux Seigneurs de Ligne qui le font qualifiés
Barons de Maulde , jufqu'en l'an 1400. L'autre
partie dont relevoient quinze Fiefs nobles
appartenoit aufli en la même année 1000 ,
Watiez de Maulde , marié 1 ° .à Agnès de Saveuze;
2.à Amante d'Enghien ; ce qui rend probable
que ces deux Maiſons ſont la même origine. La
reflemblance des armes de l'une & de l'autre ,
femble confirmer cette opinion * : celles des premiers
ne différent de celles des derniers que par
trois Croix en fautoirs fur la bande de fable , &
que les Papes accordoient comme marque d'honneur
aux croisés.
•
Quoiqu'il en foit , en 1180 une Auduine de
Ligne , foeur de Watier & de Fraftre de Ligne ,
fut mariée à Mathieu de Maulde , ( Voyez les ann .
du Comté de Hainault , pag . 213 ) . Les autres
alliances de la Mailon de Maulde , font , fuivant
Carpantier, avec les Maifons de Haluin , Henin-
Lietard, Barbançon , Cléves , Montmorency , Berghes
, Mailly &c. Elle a donné des Chanoinelles.
aux Nobles Chapitres d'Andennes de Mons , & de
Nivelle , un Wautier , Seigneur de Maulde , fuivit
en 1201 au voyage de la Terre - Sainte , Bau-
* L'anciem dictum Flamand , Maulde crie Ligne ,
fe trouve aux Archives de Bruxelles .
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
douin , Comte de Hainault. Robert de Maulde fug
Gouverneur de Guiſe en 1250 ; & Mathieu , Gouverneur
de Sensen 1252 .
La Terre de la Buiffiere en Artois , eft paffée
dans la Maiſon de Maulde par le mariage de
George de Maulde en 1597 avec Joffinne de Courteville
, fille & héritiere de Jacques , Seigneur de
la Buiffiere , & de Catherine de Barbançon. Jacques
étoit Chambellan , Capitaine des Gardes , &
Ambaſſadeur de Sa Majefté Catholique Philippe I.
Gouverneur de fon Fils Charles-Quint , & Chevalier
de la Toifon d'Or , dont defcendoit le Comte
de Maulde , Marquis de la Buiffiere , qui a pour .
Mere une Ghistelles , & pour Ayeule une Montmorency.
9
La Terre de Maulde en deça de Lefcaut , a été
vendue par Guillemette de Maulde à Antoine
de Carondelet . Elle fut mariée 1ª . à Jean de Bar
bançon , 2 ° . à Hefter de Cleves.
Les Archives de S. Guilain & de S. Martin, difent
que cette Guillemette de Maulde , héritière
de la Branche aînée , emporta de fa Maiſon cent
mille florins de rente , fomme immenfe pour ce
temps-là.
Voyez l'hift. du Cambrefis , tome 2 , page 997
& fuivantes , & les Annales du Hainault.
Meffire Hector du Pleffis - Chaftillon , des Seigneurs
de Saint - Hilaire- la - Gravelle , Page de la
Reine en 1728 , après fon frère aîné qui l'avoit
été en Septembre 1725 , puis Cornette au Régiment
de la Reine Cavalerie ; enfuite Lieutenant
au même Regiment ; Chevalier de l'Ordre Royal
& Militaire de S. Louis & Penfionnaire de Sa
Majefté , dont il quitta le fervice , tout - à- fait
hors de combat , mourut à Châteaudun le 23
Décembre 1762 , fort regretté. Il s'étoit trouvé
en Allemagne , avec le même Régiment , au
ADUST. 1763. 2༠3
7
Siége de Philisbourg en 1734, &c , & en Boheme
, au Siége de Prague pris d'aflaut en
1741 , où les François d'Affiégeans devinrent
Affiégés & d'où ils firent la nuit du 16 , au 17
Décembre 1742 , fous le Maréchal de Belle-Ifle ,
cette tant belle retraite à jamais honorable pour
le nom François il laiffe un unique neveu âgé
d'environ douze ans & dernier des Seigneurs de
Saint -Hilaire-la - Gravelle , l'une des Branches
cadettes , avec celle de Beaujeu , fubfiftantes &
forties des Seigneurs Châtelains. du Mée , établis
dans la petite Province de Dunois , depuis trois
cens ans paffés , de la Maifon du Pleffis- Chaftillon
, l'une de la Province du Maine , des plus
Illuftres par fes Alliances & fon Ancienneté , &
qui porte d'argent à trois quintes feuilles de
Gueules. Il fortait au feptiéme degré de Jean IV.
du nom du Pleffis - Chatillon & de Catherine
d'Avaugour fa feconde femme iffue des anciens
Comtes & Ducs de Bretagne , lequel avoit eu
pour premiere femme Marie de Vaux- de- Cuon ,
d'où defcend au neuviéme degré Marie - Félici é du
Pleffis - Chatillon , feule & unique héritiere de fa
Branche qui eft l'aînée , de ce nom Marquifo C ›
du Pleffis - Chaſtillon au Maine , de Nonant en
Normandie , de Saint - Gelais en Poitou & c. Comteſſe
de Château - Meliand , en Berry , & c . Epoule ,
1º de François-Antoine de Chabannes Pionzac ,
dit le Comte de Chabannes , Marquis de la
Palice , Lieutenant Général des Armées du Roi ,
Grand-Croix de l'Ordre Royal & Militaire de
S. Louis , Gouverneur de Verdun & du Verdunois
, ci-devant Lieutenant Colonel des Gardes
Françoifes d'où il avoit été Major , Commandant
pour le Roi, en 1745 , ou 1747 , dans le Pays
d'Aunis , la Rochelle , le Poitou , &c. Mort à
I
vj
204 MERCURE DE FRANCE.
Paris le 23 Décembre 1743 , âgé de foixantehuit
ans.
>
•
2º. En Février 1760 , de Charles - Bernard- :
Martial de Narbonne - Pelet dit le Baron de
Narbonne , Maifon des plus Illuftres & des plus .
Anciennes du Royaume de France , d'où defcendoit
, par femme , le Duc de Lara , Maifon
des plus grandes d'Efpagne , frère puifné de
François Raymond - Jof- ph- Hermenigilde- Amalric-
Pelet , dit le Vicomte de Narbonne , né le 21
Octobre 1715 & marié le 12 Janvier 1734 , à
Marie Diane Antoinette de Roffet de Fleury-
Perignan née le 6 Avril 1721 , & morte au
Château de Fontanés près Sommieres , le 27
Juillet 1754 foeur du Duc de Fleuri , de l'Evêque
de Chartres , de l'Archevêque de Tours & de
la Marquife de Caftries , & petite Niéce du Car
dinal de Fleury , Miniſtre ordinaire d'Etat.
· ·
La Baronne de Narbonne avoit pour frère unique
Louis-Henri Félife du Pleffis - Chaftillon,Comte
de Château Méliand & c. Sous- Lieutenant de la
Compagnie des Chevaux - légers d'Orléans , mort
le 25 Août 1754 , âgé de 28 ans , fans poftérité de
Marie- Magdeleine- Louiſe de Barberie de S. Con- -
teft qu'il avoit épousée le 6 Tuillet 1753 fille de
François-Dominique de Barberie , Marquis de S.
Contest, Miniftre & Secrétaire d'Etat , ayant le
Département des affaires étrangeres , Commandeur
Prevôt & Maître des cérémonies des Ordres
du Roi en Mars 1754 & ci- devant Ambaffadeur
de Sa Majesté auprés des Etats-Généraux des Provinces-
unies, mort à Versailles le 24 Juillet 1734
âgé de 54 ans & de Jeanne-Monique- Philippe Def
vieux ; & avoit pour tante Jeanne-Marie du Pleffis- i
Chaſtillon morte à Paris le 18 Avril 1763 , Veuve
de Philippe- Charles d'Eftampes , dit le Comte
>
AOUST . 1763. 205
Etampes qu'elle avoit époufé en Juin 1709 , Marquis
de la Ferté- Imbault , Sallebris &c. Chevalier
de Malte dans fa jeuneffe , Colonel du Régiment
de Chartres Infanterie , Brigadier des Armées du
Roi le Février 1719 , Capitaine des Gardes- du-
Corps de feu Son Alteffe Royale , Monfeigneur le
Duc d'Orléans , Régent du Royaume , d'une Maifon
dont eft forti un Cardinal , plufieurs Evêques ,
entre autres , un Evêque de Chartres , puis Archevêque
Duc de Rheims , un Grand Prieur de France
de l'Ordre de Malte , un Maréchal de France , plufieurs
Chevaliers des Ordres , un grand Maréchal
des Logis de la Maiſon du Roi , &c. De ce Mariage
il ne refte que Sophie d'Eftampes née en Septembre
1730 ; qui a époufé Bernard de Comte-
Nonant, Marquis de Pierrecourt , & c , d'une trèsbonne
& ancienne Nobleffe de Normandie & des
mieux alliée , & a pour oncle Henry , & Anne
Hilarion du Pleffis-Chaſtillon , l'un Comte de Rugles;
& l'autre Chevalier Profès de l'Ordre de S.
Jean de Jérufalem , au Grand Prieuré de France ,
Commandeur de la Ville- Dieu ,
Il est mort à Paris le 10 Juin 1763 , Dame ,
Madame Louiſe Marie de Saint- Quintin de Bler ,
âgée de vingt- cinq ans ,fille de feu Meffire Alexandre
de Saint-Quintin, Chevalier Seigneur, Comte
de Blet , Baron des Broffe & de Villeneuve ,
Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint
Louis , Maréchal des Camps & Armées de Sa
Majefté , mort à Berg - op-zoom , où il commandoit
pour Sa Majesté & de Dame , Madame
Marie Peirene fes Père & Mère , Epoufe de
Meffire Cefart, Pierre Thibault de la Brouffe ,
Chevalier Seigneur , Marquis de Verteillac de
Saint -Martin , Biron de la Tour Blanche , Gouverneur
, grand Sénéchal & Lieutenant de Roi
266 MERCURE DE FRANCE.
de la Provnice de Perigord ; Chevalier de l'Ordre
Royale Militaire de Saint Louis ; Capitaine-
Lieutenant de la Gendarmerie ; elle a laille ,
deux enfans une fille & un garçon.
·
Pierre François - Marie Guignolet de Montalembert
, Confeiller honoraire au Parlement de
Bretagne , eft mort à Paris le 3 Juillet 1763 ,
âgé de foixante fept ans. Il étoit iffu de la Maifon
de Montalembert , originaire de la Province de
Poitou fur les confins de l'Angoumois . Sa bran
che en étoit féparée depuis Guillaume de Montalembert
, qui s'établit en Bretagne dans la partie
du Comté Nantois frontiere de Poito ; après
avoir épousé l'an 1467 Françoile de Goulaine ,
fille unique & héritiere de Jean de Goulaine
Chevalier , d'une des plus anciennes Maifons de
Bretagne. Moreri rapporte la généalogie à l'occafion
d'André de Montalembert , Seigneur d'Elé
& de Panvillier , Chevalier de l'Ordre du Roi
premier Gentilhomme de la Chambre des Rois
François I. Henri II . Lieutenant- Général , Commandant
fes Armées en Ecofle , qu'un mérite dif
tingué a placé au rang des hommes illuftres de
la France . Voyez fur l'ancienneté de fa Maifon ,.
Moreri , Brantome , Mezerai , le Père Daniel
Dubouchet , Annales d'Aquitaine &C.
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Résumé : MORTS.
Le document présente une liste de décès survenus en 1763, accompagnée de détails biographiques sur les défunts. Jean-Pierre de Bougainville, membre de l'Académie Française et ancien secrétaire de l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres, est décédé au château de Loches le 22 juin à l'âge de 41 ans. François-Éléonor Comte d'Andlau, lieutenant-général des armées du Roi et directeur du Corps de la Noblesse de la Basse Alsace, est mort à Strasbourg le 24 juin à 52 ans. Marie-Magdeleine de Saint-Remy, veuve de Guy-Antoine de Saint-Simon, Marquis de Courtomer, est décédée le 26 juin à 62 ans dans son château de la Motte-Fouquet en Basse-Normandie. Claire-Marie Colette de Berard de Ville Breuil de Montalet, veuve de Joachim-Jacques de la Chétardie et de Ferdinand-Auguste Solars, Comte de Monasterol, est morte récemment à Paris. Louise-Marie de Saint-Quintin de Bler, épouse de César-Pierre Thibault de la Brosse, Marquis de Verteillac, est décédée le 6 juillet. Marie-Louise Magdeleine de Beauveau, veuve de Pierre-Louis Comte d'Ailly, Marquis de Senecey, est morte à Paris le 11 juillet. Marie de Cuminal, veuve de Malfagueyrar, est décédée à Bergerac en Périgord le 23 juin à 101 ans. Emmanuel-Maurice de Lorraine, Duc d'Elbeuf, Pair de France et ancien général de cavalerie, est mort à Paris le 17 juillet à 86 ans. Ursule de Pollet, veuve d'Abraham du Quesne-Mosnier, Commandeur de l'Ordre de Saint-Louis, est décédée à Toulon le 6 juillet à 84 ans. Louis-François Comte de Maulde, Marquis de la Buissière, est mort dans son château de la Buissière en Artois le 31 mars. Le document mentionne également des détails sur la famille de Maulde, soulignant la continuité de la branche aînée malgré les décès. Le texte fournit également des informations sur la famille Montalembert et Pierre François-Marie Guignolet de Montalembert. Ce dernier, conseiller honoraire au Parlement de Bretagne, est décédé à Paris le 3 juillet 1763 à l'âge de soixante-sept ans. Il était issu de la maison de Montalembert, originaire du Poitou, près de l'Angoumois. Sa branche familiale s'était établie en Bretagne après que Guillaume de Montalembert épousa en 1467 Françoise de Goulaine, unique héritière de Jean de Goulaine, chevalier et membre d'une des plus anciennes maisons de Bretagne. Le texte mentionne également André de Montalembert, seigneur d'Elé et de Panvillier, chevalier de l'Ordre du Roi et premier gentilhomme de la Chambre des rois François Ier et Henri II. Il fut lieutenant-général et commandant des armées en Écosse, reconnu pour son mérite distingué parmi les hommes illustres de France. Plusieurs sources, dont Moreri, Brantôme, Mézeray, le Père Daniel, Dubouchet et les Annales d'Aquitaine, sont citées pour attester de l'ancienneté et de la renommée de cette maison.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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25
p. 177-180
De WARSOVIE, le 9 Mai 1764.
Début :
Depuis huit jours, tous les Seigneurs qui devoient se rendre dans cette Capitale [...]
Mots clefs :
Seigneurs, Capitale, Diète, Troupes, Comte, Ambassadeur, Nonces, Maréchal, Attaque, Désordres, Troubles, Corps
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texteReconnaissance textuelle : De WARSOVIE, le 9 Mai 1764.
De WARSOVIE , le 9 Mai 1764.
Depuis huit jours , tous les Seigneurs qui devoient
fe rendre dans cette Capitale pour la Diéte
de convocation y font arrivés fucceffivement
chacun avec les troupes particulières . Ce mêlange
de troupes fous deux ou trois cens uniformes
divers traçoit affez bien le temps des Croifades
, où les différens partis n'étoient diftingués
que par leurs différentes bannières. Les troupes
Ruffes font entrées en même temps dans la Ville :
& cette grande affluence a tenu les proviſions
trè-chères & très- rares.
Le Grand- Général Comte Branicki ayant raffemblé
fous fes ordres une partie de l'Armée de la
Couronne , formant environ quatre mille hom
mes , le Primat lui a envoyé une Députation pour
lui demander les motifs de cette démarche. Le
Comte Branicki a répondu qu'il étoit comptable
de fes actions & de l'ufage qu'il faifoit de fon
autorité en qualité de Grand- Général , non au
Primat , mais à la Républque entière affem
blée ; que cependant fi ce Prélat vouloit convo
quer le Sénat , alors il rendroit compte de fa
H v
18 MERCURE DE FRANCE .
Conduite ; il a ajouté que fi l'on avoit eu foin
d'envoyer de femblables Députations à l'Ambaffadeur
de Ruffie à mesure qu'il entroit dans le
Royaume des troupes Ruffes , & qu'elles approchoient
de la Capitale , les troupes étrangères fe
feroient peut- être déjà retirées.
Enfin , on a voulu procéder le 7 à l'ouverture
de la Diete : les Nonces fe font affemblés felon
l'ufage ; mais la Salle s'étant trouvée en partie occupée
par des gens de guerre,& beaucoup de Ruffes.
s'étant même placés dans les Tribunes qui font
au- deffus des bancs deftinés aux Nonces , l'affemblée
n'a pas tardé à devenir tumultueufe. On a
voulu d'abord procéder à l'élection du Maréchal
de la Diete , mais plufieurs perfonnes ayant repréfenté
qu'il convenoit préalablement d'en faire
exercer l'emploi par le Maréchal de la dernière
Diete , on eft allé chercher le vieux Comte Malakouski
qui , après s'être fait long - temps.
attendre , eft arrivé dans la Chambre , a pris poffeffion
du bâton de Maréchal , & au lieu de le
lever pour donner la voix aux premiers Nonces
qui devoient parler , a déclaré qu'il ne le feroit
qu'après que les troupes étrangères feroient forties
, & que la Diete auroit toute fa liberté. Le
Général Mokranowski , Nonce de Cracovie , s'eft.
levé & a appuyé la propofition du Maréchal par
un Difcours très -vigoureux . Mais dans le moment
même on a vu tirer les fabres & les épées dans
tous les coins de la Chambre , & l'Orateur a été
obligé de fe mettre en défenſe pour garantir fa
vie . Le Prince Adam Czartoriski & quelques autres
Nobles de fon parti fe font jettés précipitamment.
au-devant du Général Mokranowski pour le garantir
des coups qu'on vouloit lui porter , & leurs
efforts ont arrêté à deux repriſes différentes la
JUILLET. 1764. • 179
fureur des féditieux qui du haur des Tribunes
tâchoient de percer ce Général , & dont plufieurs
même fembloient vouloir fe précipiter fur lui.
Le Général Mokranowski , tranquille au milieu
de ce danger , remit fon épée dans le fourreau , &
fe préfentant , les bras croifés , à ceux qui le menaçoient
, leur dit : s'il vous faut une victime , me
voilà ; mais au moins je mourrai libre , ainfi que
j'ai vécu. Le parti des Czartoriski ayant enfin rétabli
le calme dans la Chambre , le Maréchal dé
clara que puifqu'il étoit impoffible de procéder
fuivant les régles , il fe retiroit & emportoit avec
lui le Bâton dont on l'avoit revêtu . On a voulu
en vain s'opposer à cette réfolution , il eſt reſtá
inébranlable , s'eft fait jour à travers la foule
malgré la garde même qui s'étoit emparée de la
porte de la Salle. Sa retraite a rompu la Diete
avant qu'elle pût avoir fon activité . Cependant
plufieurs Nonces étant reftés dans la Salle ont
procédé à l'élection d'un Maréchal , & leur choix
eft tombé fur le Prince Adam Czartoriski.
Les chofes étant paryenues à ce point de dé
fordre , & la Nation fe trouvant divifée en deux
partis , celui du Grand Général eft forti de la
Ville , & ce Seigneur , fuivi de l'armée de la Couronne
, du Prince Radziwill , Palatin de Wilna ,
& de plufieurs autres principaux Polonois avec
toutes leurs troupes , fe font retirés à Piacezno
Village fitué à trois milles de cette Capitale. On
eft très- inquiet des fuites que cette fciffion net
fçauroit manquer d'avoir , & l'on voit avec peine
fe réalifer les troubles qu'on n'a que trop prévus
depuis quelque temps:
Du 24.
On apprend qu'un nouveau corps de dix mille
H⋅vj.
180 MERCURE DE FRANCE.
1
Rulles eft entré en Lithuanie, & l'on affure en me
me temps qu'un autre de douze mille a paru du
côté de Kiow.
Depuis huit jours , tous les Seigneurs qui devoient
fe rendre dans cette Capitale pour la Diéte
de convocation y font arrivés fucceffivement
chacun avec les troupes particulières . Ce mêlange
de troupes fous deux ou trois cens uniformes
divers traçoit affez bien le temps des Croifades
, où les différens partis n'étoient diftingués
que par leurs différentes bannières. Les troupes
Ruffes font entrées en même temps dans la Ville :
& cette grande affluence a tenu les proviſions
trè-chères & très- rares.
Le Grand- Général Comte Branicki ayant raffemblé
fous fes ordres une partie de l'Armée de la
Couronne , formant environ quatre mille hom
mes , le Primat lui a envoyé une Députation pour
lui demander les motifs de cette démarche. Le
Comte Branicki a répondu qu'il étoit comptable
de fes actions & de l'ufage qu'il faifoit de fon
autorité en qualité de Grand- Général , non au
Primat , mais à la Républque entière affem
blée ; que cependant fi ce Prélat vouloit convo
quer le Sénat , alors il rendroit compte de fa
H v
18 MERCURE DE FRANCE .
Conduite ; il a ajouté que fi l'on avoit eu foin
d'envoyer de femblables Députations à l'Ambaffadeur
de Ruffie à mesure qu'il entroit dans le
Royaume des troupes Ruffes , & qu'elles approchoient
de la Capitale , les troupes étrangères fe
feroient peut- être déjà retirées.
Enfin , on a voulu procéder le 7 à l'ouverture
de la Diete : les Nonces fe font affemblés felon
l'ufage ; mais la Salle s'étant trouvée en partie occupée
par des gens de guerre,& beaucoup de Ruffes.
s'étant même placés dans les Tribunes qui font
au- deffus des bancs deftinés aux Nonces , l'affemblée
n'a pas tardé à devenir tumultueufe. On a
voulu d'abord procéder à l'élection du Maréchal
de la Diete , mais plufieurs perfonnes ayant repréfenté
qu'il convenoit préalablement d'en faire
exercer l'emploi par le Maréchal de la dernière
Diete , on eft allé chercher le vieux Comte Malakouski
qui , après s'être fait long - temps.
attendre , eft arrivé dans la Chambre , a pris poffeffion
du bâton de Maréchal , & au lieu de le
lever pour donner la voix aux premiers Nonces
qui devoient parler , a déclaré qu'il ne le feroit
qu'après que les troupes étrangères feroient forties
, & que la Diete auroit toute fa liberté. Le
Général Mokranowski , Nonce de Cracovie , s'eft.
levé & a appuyé la propofition du Maréchal par
un Difcours très -vigoureux . Mais dans le moment
même on a vu tirer les fabres & les épées dans
tous les coins de la Chambre , & l'Orateur a été
obligé de fe mettre en défenſe pour garantir fa
vie . Le Prince Adam Czartoriski & quelques autres
Nobles de fon parti fe font jettés précipitamment.
au-devant du Général Mokranowski pour le garantir
des coups qu'on vouloit lui porter , & leurs
efforts ont arrêté à deux repriſes différentes la
JUILLET. 1764. • 179
fureur des féditieux qui du haur des Tribunes
tâchoient de percer ce Général , & dont plufieurs
même fembloient vouloir fe précipiter fur lui.
Le Général Mokranowski , tranquille au milieu
de ce danger , remit fon épée dans le fourreau , &
fe préfentant , les bras croifés , à ceux qui le menaçoient
, leur dit : s'il vous faut une victime , me
voilà ; mais au moins je mourrai libre , ainfi que
j'ai vécu. Le parti des Czartoriski ayant enfin rétabli
le calme dans la Chambre , le Maréchal dé
clara que puifqu'il étoit impoffible de procéder
fuivant les régles , il fe retiroit & emportoit avec
lui le Bâton dont on l'avoit revêtu . On a voulu
en vain s'opposer à cette réfolution , il eſt reſtá
inébranlable , s'eft fait jour à travers la foule
malgré la garde même qui s'étoit emparée de la
porte de la Salle. Sa retraite a rompu la Diete
avant qu'elle pût avoir fon activité . Cependant
plufieurs Nonces étant reftés dans la Salle ont
procédé à l'élection d'un Maréchal , & leur choix
eft tombé fur le Prince Adam Czartoriski.
Les chofes étant paryenues à ce point de dé
fordre , & la Nation fe trouvant divifée en deux
partis , celui du Grand Général eft forti de la
Ville , & ce Seigneur , fuivi de l'armée de la Couronne
, du Prince Radziwill , Palatin de Wilna ,
& de plufieurs autres principaux Polonois avec
toutes leurs troupes , fe font retirés à Piacezno
Village fitué à trois milles de cette Capitale. On
eft très- inquiet des fuites que cette fciffion net
fçauroit manquer d'avoir , & l'on voit avec peine
fe réalifer les troubles qu'on n'a que trop prévus
depuis quelque temps:
Du 24.
On apprend qu'un nouveau corps de dix mille
H⋅vj.
180 MERCURE DE FRANCE.
1
Rulles eft entré en Lithuanie, & l'on affure en me
me temps qu'un autre de douze mille a paru du
côté de Kiow.
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Résumé : De WARSOVIE, le 9 Mai 1764.
Le 9 mai 1764, à Varsovie, les seigneurs convoqués pour la Diète sont arrivés avec leurs troupes, créant un mélange d'uniformes divers. Les troupes russes, également présentes, ont rendu les provisions rares et chères. Le Grand-Général Comte Branicki a rassemblé une partie de l'armée de la Couronne, ce qui a suscité une demande d'explications du Primat. Branicki a répondu qu'il était responsable devant la République entière et non devant le Primat, critiquant l'absence de réactions similaires face à l'entrée des troupes russes. Le 7 mai, l'ouverture de la Diète a été perturbée par la présence de soldats et de Russes dans la salle. Le vieux Comte Malakouski, nommé Maréchal de la Diète, a refusé de procéder tant que les troupes étrangères ne seraient pas retirées. Le Général Mokranowski a appuyé cette proposition, mais des violences ont éclaté. Le Prince Adam Czartoriski et d'autres nobles ont protégé Mokranowski. Après le retrait de Malakouski, les nonces restants ont élu Czartoriski comme nouveau Maréchal. La situation a conduit à une scission : le parti du Grand-Général Branicki, suivi de l'armée et de plusieurs nobles, s'est retiré à Piacezno. Par ailleurs, un nouveau corps de troupes russes a été signalé en Lituanie et près de Kiow, augmentant les inquiétudes et les troubles.
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