Résultats : 21757 texte(s)
Détail
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19251
p. 1423-1424
CHANSON. Sur le Rhume.
Début :
La, la, hem ! la, la, ma voix rauque, étouffée, [...]
Mots clefs :
Rhume, Boire
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texteReconnaissance textuelle : CHANSON. Sur le Rhume.
CHANSON.
Sur le Rhume .
LA , la , hem ! la , la , ma voix rauque , étouffée;
Se fait entendre à peine aux Echos du Bouchon ;
La , la , vive Bacchus ; hem ! est - ce un Moucheron
II. Vol. H Qui
1424 , MERCURE DE FRANCE
Qui seroit arrêté dans ma gorge échauffée ?
Non, c'est le rhume, ainsi l'insolent, par ma foi,
Comme aux autres Humains , s'ose jouer à moi !
Versez donc , poursuivit Grégoire ,
Versez , cecy va mieux , versez , versez souvent ;
J'ai gagné le rhume en buvant ,
Je le perds à force de boire.
Sur le Rhume .
LA , la , hem ! la , la , ma voix rauque , étouffée;
Se fait entendre à peine aux Echos du Bouchon ;
La , la , vive Bacchus ; hem ! est - ce un Moucheron
II. Vol. H Qui
1424 , MERCURE DE FRANCE
Qui seroit arrêté dans ma gorge échauffée ?
Non, c'est le rhume, ainsi l'insolent, par ma foi,
Comme aux autres Humains , s'ose jouer à moi !
Versez donc , poursuivit Grégoire ,
Versez , cecy va mieux , versez , versez souvent ;
J'ai gagné le rhume en buvant ,
Je le perds à force de boire.
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19252
p. 390-398
« La Ville de Rethel Mazarin, en Champagne, ne s'est pas [...] »
Début :
La Ville de Rethel Mazarin, en Champagne, ne s'est pas [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Ville de Rethel Mazarin, en Champagne, ne s'est pas [...] »
La Ville de Rethel Mazarin,
en Champagne, ne s'est pas
moins distinguée que les plus
grosses Villes de cette Provin-
ce, & les Maire, & Echevins,
Gouverneurs de cette Ville,
ont donné en cette occasion
des marques extraordinaires de
joye: Il y eut le soir un grand
repas à l'Hôtel de Ville, où
toutes les personnes qui en
composent le corps, & les Chefs
des autres Compagnies furent
invitez. On vit dans les ruës
couler pendant ce repas une
fontaine de vin de Champagne,
Réjouissances.
391
afin de marquer qu'on s'unis-
soit dans ce moment à tout le
peuple, avec cette inscription,
Mens omnibus una.
Plusieurs venoient aussi pui-
ser de la joye à cette agreable
fontaine.
Le Portrait du Roy estoit
placé au devant de l'Hôtel de
Ville; il estoit environné de
quantité de lumieres, & au
dessous on avoit mis en let-
tres d'or, l'inscription sui-
vante.
Movet præsentia Regis.
D'un autre côté paroissoiene
les Armes de Sa Majesté, au
milieu d'un grand quadre, orné
de lauriers, avec ces paroles.
Cùm lauris lilia crescunt.
Il y eut un grand feu de joye
à la fin du repas au bruit du
Réjouissances.
392
canon & des boëtes, où assista
la Compagnie des Arquebu-
ziers, suivie de la jeuneſse & de
la Bourgeoisie sous les armes,
commandée par leurs Officiers.
On tira un grand nombre de
tres- belles fusées volantes.
Il y eut ensuite un bal chez
l'un des Echevins, où se trou-
verent quantité de Dames.
Pendant presque toute la nuit
les fenêtres furent illuminées,
& l'on voyoit dans les ruës,
éclairées par les feux des par-
ticuliers, des tables où les plus
zelez ſe distinguoient, & dont
plusieurs estoient couronnez de
lierre, tandis qu'on entendoit
de divers endroits, le bruit des
mousquets & le son des tam-
bours.
le
s
t
le
i.
es
Réjouissances. 393
Les Maire, & Echevins Gou-
verneurs de cette Ville, pour
joindre les actions pieuses à
cette demonstration de joye pu-
blique, firent quelques libera-
litez pour repondre à l'ardeur
de leurs vœux, & pour la con-
servation de ce Prince-
Les Dames de Château Gon-
tier se sont fort distinguees
dans les réjouissances qui ont
eſté faites en ce lieu là; animées
par l'exemple des Officiers de
l'Hôtel de Ville qui faisoient de
magnisiques preparatifs pour
des réjouissances publiques, elle
proposérent entre elles de faire
travailler à un feu d'artifice qui
répondit dignement à la feste.
Le Sr de Louzilliere habile ar-
tificier, fut choisi pour travail-
ler à ce feu qui efit tout le suc-
394. Réjouissances.
cez imaginable. On fit une dé-
charge generale des Canons du
Château, toute la Mousquete-
rie répondit ensuite à cette pre-
miere réjouissance, & les plus
galans de la jeunesse de la Vil-
le, estant allez prendre les Da-
mes; ils les conduisirent au son
des violons & des hautbois sur
la place publique, où ce feu
avoit eſté preparé devant la
Maison de Mr le Subdelegué.
Ces Dames escortées par 400.
Bourgeois sous les armes, se
rendirent autour du feu, où les
Cavaliers ayant reçû les flam-
beaux, les presenterent aux
Dames, & ce feu fut allumé au
bruit des tambours, des trom.
pettes, des fifres, par Madam-
la Presidente de la Gravelle
Me la Presidente de Champi
Réjouissances.
395
gne, Me la Presidente de Beau-
mont, Me Douart, épouse de
M le Subdelegué, Me d'Am-
poigné, épouse de M d'Ampoi-
gné, Capitaine au Regiment
Dauphin, Infanterie; M Des-
peaux du Houssay, M du Gues-
clin, épouse de M du Guesclin,
cy-devant Capitaine au Regi-
ment du Roy, Infanterie, M
de Valliere, veuve de M de
Valliere, Tresorier de Fran-
ce, au Bureau des Finances de
Tours, Me de Fontenelle, Me
de Sensé, M' du Teilley, cy-de-
vant Fille d'Honneur de la dé-
funte Reyne d'Espagne, Marie
Louise d'Orleans; M deBouillé,
veuve de Mrde Bouillé, Lieute-
nant des Gardes du Corps de
Son Alteſse Royale feu Mon-
sieur, Frere unique du Roy-
396 Rejouissances.
Me de Brion, épouse de Mt de
Brion, cy- devant Capitaine
d'Infanterie dans la Reyne, M
de la Gendronniere, Me la Pro-
cureuſe du Roy au Presidial,
M de la Lande, Me de la Mori-
niere, Me de Guaripuy, épouse
de M de Guaripuy, Capitaine
dans Aunix, & M. de Sevillé.
Voilà les noms des Dames qui
ont eu le plus de part à la dé-
pense, & à l'honneur de certe
feſte. Il s'éleva en l'air depuis
neuf heures du soir jusqu'à mi-
nuit, un nombre infiny de fusées,
& toutes les fenestres de la Vil-
le furent remplies de flambeaux.
La Compagnie s'assembla en-
suite, chez Mr de S. Philbert,
cy devant Capitaine dans Mon-
tausier. Mr le Lieutenant Ge-
neral de Police y donna un
se
te
c.
m
e
d
1.
a
8
se
e
ne
e
u
é
tte
ul
i
es
1
u
en
n
e
un
Réjouissances.
9
grand bal, pendant lequel on
servit avec profusion toutes sor-
tes de rafraichissemens & de
confitures sêches. Les apparte-
mens de Mr de Saint Philbert
étoient éclairez par quantité
de lustres & de bougies, & dans
la principale Salle du bal, on
avoit placé le Portrait du Roy,
& celuy de Madame la Duches-
se de Bourgogne. On fit mettre
à la Porte six pieces de vin qui
attirerent & réjouirent tout le
Public. Ce bal fut suivi d'un
medianoce, des plus galans & des
plus magnifiques: Les Dames
furent servies par les Cavaliers.
Madame la Comtesse de Thulon
arriva de ſon Château assez à
temps nour se mettre a table
avec les autres, elle contribua
agreablement au plaisir de cette
Réjouissances.
398
feste. Les Demoiselles qui bril-
lerent le plus dans ce bal, furent
Mesdemoiselles Douart, fille
de M le Subdelegué, d'Ingran-
de, des Aunay, de Villecourt,
de Chivray, de la Brossiniere,
de Fontenelle, de la Girouar-
diere, de Bouillé, de Villers de
l'Isle Adam, des Vallée, Mlles
de la Grandiniaire, filles de M
le Maire, Poisson, Guilloteau
de Chailland, Boucault, de la
Francoisiere, de Baillargeau.
en Champagne, ne s'est pas
moins distinguée que les plus
grosses Villes de cette Provin-
ce, & les Maire, & Echevins,
Gouverneurs de cette Ville,
ont donné en cette occasion
des marques extraordinaires de
joye: Il y eut le soir un grand
repas à l'Hôtel de Ville, où
toutes les personnes qui en
composent le corps, & les Chefs
des autres Compagnies furent
invitez. On vit dans les ruës
couler pendant ce repas une
fontaine de vin de Champagne,
Réjouissances.
391
afin de marquer qu'on s'unis-
soit dans ce moment à tout le
peuple, avec cette inscription,
Mens omnibus una.
Plusieurs venoient aussi pui-
ser de la joye à cette agreable
fontaine.
Le Portrait du Roy estoit
placé au devant de l'Hôtel de
Ville; il estoit environné de
quantité de lumieres, & au
dessous on avoit mis en let-
tres d'or, l'inscription sui-
vante.
Movet præsentia Regis.
D'un autre côté paroissoiene
les Armes de Sa Majesté, au
milieu d'un grand quadre, orné
de lauriers, avec ces paroles.
Cùm lauris lilia crescunt.
Il y eut un grand feu de joye
à la fin du repas au bruit du
Réjouissances.
392
canon & des boëtes, où assista
la Compagnie des Arquebu-
ziers, suivie de la jeuneſse & de
la Bourgeoisie sous les armes,
commandée par leurs Officiers.
On tira un grand nombre de
tres- belles fusées volantes.
Il y eut ensuite un bal chez
l'un des Echevins, où se trou-
verent quantité de Dames.
Pendant presque toute la nuit
les fenêtres furent illuminées,
& l'on voyoit dans les ruës,
éclairées par les feux des par-
ticuliers, des tables où les plus
zelez ſe distinguoient, & dont
plusieurs estoient couronnez de
lierre, tandis qu'on entendoit
de divers endroits, le bruit des
mousquets & le son des tam-
bours.
le
s
t
le
i.
es
Réjouissances. 393
Les Maire, & Echevins Gou-
verneurs de cette Ville, pour
joindre les actions pieuses à
cette demonstration de joye pu-
blique, firent quelques libera-
litez pour repondre à l'ardeur
de leurs vœux, & pour la con-
servation de ce Prince-
Les Dames de Château Gon-
tier se sont fort distinguees
dans les réjouissances qui ont
eſté faites en ce lieu là; animées
par l'exemple des Officiers de
l'Hôtel de Ville qui faisoient de
magnisiques preparatifs pour
des réjouissances publiques, elle
proposérent entre elles de faire
travailler à un feu d'artifice qui
répondit dignement à la feste.
Le Sr de Louzilliere habile ar-
tificier, fut choisi pour travail-
ler à ce feu qui efit tout le suc-
394. Réjouissances.
cez imaginable. On fit une dé-
charge generale des Canons du
Château, toute la Mousquete-
rie répondit ensuite à cette pre-
miere réjouissance, & les plus
galans de la jeunesse de la Vil-
le, estant allez prendre les Da-
mes; ils les conduisirent au son
des violons & des hautbois sur
la place publique, où ce feu
avoit eſté preparé devant la
Maison de Mr le Subdelegué.
Ces Dames escortées par 400.
Bourgeois sous les armes, se
rendirent autour du feu, où les
Cavaliers ayant reçû les flam-
beaux, les presenterent aux
Dames, & ce feu fut allumé au
bruit des tambours, des trom.
pettes, des fifres, par Madam-
la Presidente de la Gravelle
Me la Presidente de Champi
Réjouissances.
395
gne, Me la Presidente de Beau-
mont, Me Douart, épouse de
M le Subdelegué, Me d'Am-
poigné, épouse de M d'Ampoi-
gné, Capitaine au Regiment
Dauphin, Infanterie; M Des-
peaux du Houssay, M du Gues-
clin, épouse de M du Guesclin,
cy-devant Capitaine au Regi-
ment du Roy, Infanterie, M
de Valliere, veuve de M de
Valliere, Tresorier de Fran-
ce, au Bureau des Finances de
Tours, Me de Fontenelle, Me
de Sensé, M' du Teilley, cy-de-
vant Fille d'Honneur de la dé-
funte Reyne d'Espagne, Marie
Louise d'Orleans; M deBouillé,
veuve de Mrde Bouillé, Lieute-
nant des Gardes du Corps de
Son Alteſse Royale feu Mon-
sieur, Frere unique du Roy-
396 Rejouissances.
Me de Brion, épouse de Mt de
Brion, cy- devant Capitaine
d'Infanterie dans la Reyne, M
de la Gendronniere, Me la Pro-
cureuſe du Roy au Presidial,
M de la Lande, Me de la Mori-
niere, Me de Guaripuy, épouse
de M de Guaripuy, Capitaine
dans Aunix, & M. de Sevillé.
Voilà les noms des Dames qui
ont eu le plus de part à la dé-
pense, & à l'honneur de certe
feſte. Il s'éleva en l'air depuis
neuf heures du soir jusqu'à mi-
nuit, un nombre infiny de fusées,
& toutes les fenestres de la Vil-
le furent remplies de flambeaux.
La Compagnie s'assembla en-
suite, chez Mr de S. Philbert,
cy devant Capitaine dans Mon-
tausier. Mr le Lieutenant Ge-
neral de Police y donna un
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Réjouissances.
9
grand bal, pendant lequel on
servit avec profusion toutes sor-
tes de rafraichissemens & de
confitures sêches. Les apparte-
mens de Mr de Saint Philbert
étoient éclairez par quantité
de lustres & de bougies, & dans
la principale Salle du bal, on
avoit placé le Portrait du Roy,
& celuy de Madame la Duches-
se de Bourgogne. On fit mettre
à la Porte six pieces de vin qui
attirerent & réjouirent tout le
Public. Ce bal fut suivi d'un
medianoce, des plus galans & des
plus magnifiques: Les Dames
furent servies par les Cavaliers.
Madame la Comtesse de Thulon
arriva de ſon Château assez à
temps nour se mettre a table
avec les autres, elle contribua
agreablement au plaisir de cette
Réjouissances.
398
feste. Les Demoiselles qui bril-
lerent le plus dans ce bal, furent
Mesdemoiselles Douart, fille
de M le Subdelegué, d'Ingran-
de, des Aunay, de Villecourt,
de Chivray, de la Brossiniere,
de Fontenelle, de la Girouar-
diere, de Bouillé, de Villers de
l'Isle Adam, des Vallée, Mlles
de la Grandiniaire, filles de M
le Maire, Poisson, Guilloteau
de Chailland, Boucault, de la
Francoisiere, de Baillargeau.
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19253
s. p.
Extrait du Privilege du Roy.
Début :
Par Grace & Privilege du Roy, donné à Chaville, le 18. Juillet 1683. Signé, Par [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait du Privilege du Roy.
Extrait du Privilege du Roy.
Ar Grace & Privilege du Roy, donné à
Chaville, le 18. Juillet 1683. Signé, Par
leRoy en fon Confeil , JUNQUIERES . Il cit
permis au Sieur DANNEAU , Ecuyer, Sieur
Devizé, de continuer de faire imprimer, vendre
& debiter le Livre intitulé , MERCURE
GALANT, contenant plufieurs Relations ,
Hiftoires , & generalement tout ce qui dépend
dudit Livre , par tel Imprimeur qu'il
voudra choiſir ; Et defenſes ſont faites à tous
Imprimeurs & Libraires, & tous autres, de
faire imprimer, vendre & debiter ledit Livre,
nygraver aucunes Planches ſervant à l'ornement
d'iceluy , ny mefine de le donner à
lire, pendant le temps& eſpace de dix années
entieres, le tout à peine de fix mille livres
d'amende contre les Contrevenans , ainſi que
plus au long il eſt porté eſdites Lettres .
Regiſtré ſur le Livre de la Communaute,
aux charges & conditions portées , le 14.
Septembre 1683. Signé, ANGOT, Syndic.
Ledit Sicur DEVIZE ' a cedé fon droit du
préſent Privilege à C. Blageart, Imprimeur-
Libraire , pour en joüir fuivant l'accord fait
antr'eux.
Ar Grace & Privilege du Roy, donné à
Chaville, le 18. Juillet 1683. Signé, Par
leRoy en fon Confeil , JUNQUIERES . Il cit
permis au Sieur DANNEAU , Ecuyer, Sieur
Devizé, de continuer de faire imprimer, vendre
& debiter le Livre intitulé , MERCURE
GALANT, contenant plufieurs Relations ,
Hiftoires , & generalement tout ce qui dépend
dudit Livre , par tel Imprimeur qu'il
voudra choiſir ; Et defenſes ſont faites à tous
Imprimeurs & Libraires, & tous autres, de
faire imprimer, vendre & debiter ledit Livre,
nygraver aucunes Planches ſervant à l'ornement
d'iceluy , ny mefine de le donner à
lire, pendant le temps& eſpace de dix années
entieres, le tout à peine de fix mille livres
d'amende contre les Contrevenans , ainſi que
plus au long il eſt porté eſdites Lettres .
Regiſtré ſur le Livre de la Communaute,
aux charges & conditions portées , le 14.
Septembre 1683. Signé, ANGOT, Syndic.
Ledit Sicur DEVIZE ' a cedé fon droit du
préſent Privilege à C. Blageart, Imprimeur-
Libraire , pour en joüir fuivant l'accord fait
antr'eux.
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Résumé : Extrait du Privilege du Roy.
Le document 'Privilege du Roy' est un décret royal du 18 juillet 1683, signé par le roi et son conseil, avec Junquières comme témoin. Il accorde au Sieur DANNEAU, Ecuyer, Sieur Devizé, le droit d'imprimer, vendre et distribuer le livre 'MERCURE GALANT', contenant diverses relations et histoires. Ce privilège interdit à tout autre imprimeur, libraire ou personne de reproduire ce livre ou ses illustrations pour une durée de dix ans, sous peine d'une amende de six mille livres. Le privilège a été enregistré le 14 septembre 1683 par Angot, syndic. Par la suite, le Sieur Devizé a cédé ses droits à C. Blageart, imprimeur-libraire, conformément à un accord entre eux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19254
p. 1424-1427
Les Fêtes Grecques et Romaines, [titre d'après la table]
Début :
L'Académie Royale de Musique continue toujours avec grand succès les Représentations [...]
Mots clefs :
Amour, Coeur, Académie royale de musique, Alarmes, Verts ombrages, Bocages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Les Fêtes Grecques et Romaines, [titre d'après la table]
'Académie Royale de Musique continue
toujours avec grand succès lesReprésentations
duBallet des Fêtes Grecques et
Romaines. Jamais reprise d'Opéra n'a été
plus brillante ni plus applaudie . Mrs Fuselier
et Blamont , Auteurs du Poëme et
de la Musique , doivent être contens de
ce succès , aussi grand que bien mérité.
Les Dlles , Antier , le Maure et Petitpas
s'y distinguent dans les Rôles qu'elles
joüent , avec toute l'intelligence et la
justesse possible de même que les Srs Tribou
et Chassé. Le Ballet , composé par le
Sr Blondi , est des mieux entendus , et fait
un plaisir infini . La Dlle Camargo s'y
distingue fort au Prologue dans le Personnage
de Terpsicore , par les differens
caracteres qu'elle exprime , et par ses pas
II, Vol.
brilJUIN.
1733 .
1425
brillans et toujours varicz . Voici ce qui a
été ajouté aux paroles des Divertissemens
- dans cette reprise.
Au Divertissement du premier Acte, le
Sr Féliot avec sa voix admirable d'Haute-
Conte , chante l'Air suivant , dont les
quatre derniers Vers sont ajoutez .
"
Un Grec.
Les Prix que la gloire présente
N'attire pas tous les coeurs dans sa Cour ;
Il en est que conduit une plus douce attente
L'Univers doit souvent ses Héros à l'amour ;
Vous , favoris de Mars , qui suivez la victoire
Triomphez , volez sur ses pas ;
Plus vous serez chers à la gloire
Plus l'objet de vos feux vous trouvera d'appas .
Parodie de l'Air des Baccantes , chantée
par la Dile Petitpas , au second Acte.
Livrons sans allarmes ,
Nos coeurs aux charmes ,
Que nous prodigue ce beau jour ;
Quand sur cette rive ,
Baccus arrive ,
Présenté par l'amour,
Ces Vainqueurs unissent leurs coups ;
Leur gloire est certaine ,
Notre fuite est vaine ;
1
II. Vol. Hij Non
1426 MERCURE DE FRANCE
Non ,rien n'échape à leur chaîne ,
Cedons , cedons tous ,
Rendons nous.
Livrons sans allarmes , &c,
Tendres Amans ,
Le Mirthe, plus que la Treille ,
Vous donne- t - il d'heureux momens ?
La raison sommeille ,
Le plaisir veille ,
Sous ses Rameaux charmans
Livrons sans allarmes , & c,
•
Parodie de la premiere Musette du
troisiéme Acte , chantée par la- même.
Dans nos Bocages ,
Sous leurs verds ombrages ,
Il n'est point d'autre Cour ,
Que celle de l'Amour.
La douce Paix ,
Regne à jamais ,
Dans ces belles retraittes ;
Nos Voix et nos Musettes
Chantent ses attraits ;
Nos amourettes ,
Ressentent ses bienfaits.
Dans nos Bocages ,
Sous leurs verds ombrages ,
II. Vel, Rien
JUIN.
1427
•
1733.
Rien ne trouble la Cour ,
Et les voeux de l'Amour.
Point de tourmens
Jamais d'envie ,
Point de jalousie ,
Dans ces lieux charmans :
O l'heureuse vie !
Ménageons-en tous les momens.
Dans nos Bocages ,
Sous leurs verds ombrages ,
Les Jeux seuls font la Cour ,
Que rassemble l'Amour.
toujours avec grand succès lesReprésentations
duBallet des Fêtes Grecques et
Romaines. Jamais reprise d'Opéra n'a été
plus brillante ni plus applaudie . Mrs Fuselier
et Blamont , Auteurs du Poëme et
de la Musique , doivent être contens de
ce succès , aussi grand que bien mérité.
Les Dlles , Antier , le Maure et Petitpas
s'y distinguent dans les Rôles qu'elles
joüent , avec toute l'intelligence et la
justesse possible de même que les Srs Tribou
et Chassé. Le Ballet , composé par le
Sr Blondi , est des mieux entendus , et fait
un plaisir infini . La Dlle Camargo s'y
distingue fort au Prologue dans le Personnage
de Terpsicore , par les differens
caracteres qu'elle exprime , et par ses pas
II, Vol.
brilJUIN.
1733 .
1425
brillans et toujours varicz . Voici ce qui a
été ajouté aux paroles des Divertissemens
- dans cette reprise.
Au Divertissement du premier Acte, le
Sr Féliot avec sa voix admirable d'Haute-
Conte , chante l'Air suivant , dont les
quatre derniers Vers sont ajoutez .
"
Un Grec.
Les Prix que la gloire présente
N'attire pas tous les coeurs dans sa Cour ;
Il en est que conduit une plus douce attente
L'Univers doit souvent ses Héros à l'amour ;
Vous , favoris de Mars , qui suivez la victoire
Triomphez , volez sur ses pas ;
Plus vous serez chers à la gloire
Plus l'objet de vos feux vous trouvera d'appas .
Parodie de l'Air des Baccantes , chantée
par la Dile Petitpas , au second Acte.
Livrons sans allarmes ,
Nos coeurs aux charmes ,
Que nous prodigue ce beau jour ;
Quand sur cette rive ,
Baccus arrive ,
Présenté par l'amour,
Ces Vainqueurs unissent leurs coups ;
Leur gloire est certaine ,
Notre fuite est vaine ;
1
II. Vol. Hij Non
1426 MERCURE DE FRANCE
Non ,rien n'échape à leur chaîne ,
Cedons , cedons tous ,
Rendons nous.
Livrons sans allarmes , &c,
Tendres Amans ,
Le Mirthe, plus que la Treille ,
Vous donne- t - il d'heureux momens ?
La raison sommeille ,
Le plaisir veille ,
Sous ses Rameaux charmans
Livrons sans allarmes , & c,
•
Parodie de la premiere Musette du
troisiéme Acte , chantée par la- même.
Dans nos Bocages ,
Sous leurs verds ombrages ,
Il n'est point d'autre Cour ,
Que celle de l'Amour.
La douce Paix ,
Regne à jamais ,
Dans ces belles retraittes ;
Nos Voix et nos Musettes
Chantent ses attraits ;
Nos amourettes ,
Ressentent ses bienfaits.
Dans nos Bocages ,
Sous leurs verds ombrages ,
II. Vel, Rien
JUIN.
1427
•
1733.
Rien ne trouble la Cour ,
Et les voeux de l'Amour.
Point de tourmens
Jamais d'envie ,
Point de jalousie ,
Dans ces lieux charmans :
O l'heureuse vie !
Ménageons-en tous les momens.
Dans nos Bocages ,
Sous leurs verds ombrages ,
Les Jeux seuls font la Cour ,
Que rassemble l'Amour.
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Résumé : Les Fêtes Grecques et Romaines, [titre d'après la table]
L'Académie Royale de Musique présente avec succès les représentations du ballet 'Les Fêtes Grecques et Romaines'. Cette reprise d'opéra est particulièrement brillante et acclamée. Les auteurs, Fuselier pour le poème et Blamont pour la musique, sont félicités pour ce succès. Les danseuses Antier, le Maure et Petitpas, ainsi que les danseurs Tribou et Chassé, se distinguent par leur interprétation. Le ballet, composé par Blondi, est très apprécié. La danseuse Camargo se distingue au prologue dans le rôle de Terpsicore grâce à ses différents caractères et ses pas variés. Des ajouts ont été faits aux paroles des divertissements. Au premier acte, le chanteur Féliot interprète un air sur les prix de la gloire et de l'amour. Au second acte, la danseuse Petitpas chante une parodie de l'air des Baccantes, invitant à profiter des charmes du jour et de l'amour. Au troisième acte, elle chante une parodie de la première musette, décrivant une cour régie par l'amour et la paix, où règnent la douceur et le bonheur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19255
p. 176-181
SPECTACLES DE LA COUR A FONTAINEBLEAU. ORDONNÉS par M. le Duc de DURAS Pair de France, Premier Gentilhomme de la Chambre du ROI en Exercice, & conduits par M. PAPILLON DE LA FERTÉ, Intendant des Menus, Plaisirs, Argenteries & Affaires de la Chambre de SA MAJESTÉ.
Début :
LE ROI étant arrivé le à Fontainebleau, il y eut Spectacle sur le Théâtre [...]
Mots clefs :
Acte, Rôle, Musique, Cour, Intendant, Talents
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SPECTACLES DE LA COUR A FONTAINEBLEAU. ORDONNÉS par M. le Duc de DURAS Pair de France, Premier Gentilhomme de la Chambre du ROI en Exercice, & conduits par M. PAPILLON DE LA FERTÉ, Intendant des Menus, Plaisirs, Argenteries & Affaires de la Chambre de SA MAJESTÉ.
SPECTACLES DE LA COUR
A FONTAINEBLEAU.
ORDONNÉS par M. le Duc de DURAS
Pair de France , Premier Gentilhomme.
de la Chambre du ROI en Exercice ,
& conduits par M. PAPILLON DE
LA FERTÉ , Intendant des Menus ,
Plaifirs , Argenteries & Affaires de
la Chambre de SA MAJESTÉ. ·
LE
E ROI étant arrivé le à Fontaine-
5
OCTOBRE. 1763. 77
י
bleau , il y eut Spectacle fur le Théâtre
du Château le lendemain. Les Comédiens
François y repréfenterent Héraclius
, Tragédie du grand CORNEILLE,
& Zénéïde , Comédie en 1 Acte de feu
M. DE CAHUSAC. Dans la Tragédie les
rôles de Pulchérie & de Léontine furent
admirablement rendus par les Dlles
CLAIRON & DUMESNIL , celui d'Eus
doxe par la Dlle DUBOIS . Le rôle dé
Phoca's fut joué par le fieur BRIZART ,
celui d'Héraclius par le fieur LE Kain ,
& celui de Martian par le Sr MOLÉ.
Dans la feconde Piéce , le Sr MOLÉ
a repréſenté Olinde , la Dlle DROUIN
la Fée , la Dile DOLIGNY Zénéïde , &
la Dile LUZI Gnidie.
Le Samedi 8 , les Sujets de la Mufique
du Roi & de l'Académie Royale
exécuterent , en préfence de Leurs Majeftés
, Dardanus , Opéra - Tragédie,
dont le Poëme eft de feu M. de la
Bruere , & la Mufique du célébre M.
RAMEAU.
Le Rôle de Dardanus a été éxécuté
par le fieur JELIOTTE , de la Mufique
du Roi & Penfionnaire de l'AOn
ne nommera dans les grandes Pièces que
les Acteurs des principaux rôles , pour éviter la
prolixité.
Hv
178 MERCURE DE FRANCE ,
cadémie . Celui d'Iphife par la Dlle ARNOULD.
Teucer & Ifmenor , par le fieur
LARRIVÉE , Antenor par le fieur GE
DIN. La Dlle DUBOIS & le fieur Mu-
GUET ont chanté les rôles acceffoires.
Le fieur GARDEL , les Dlles LYONNOIS
& ALLARD danferent les principales
Entrées dans le Ballet du premier
Acte. Le fieur LAVAL dans celui
des Magiciens au fecond Acte. La Dlle
LANI dans le Ballet du troifiéme A&te.
La Dile PESLIN & le Sr DAUBERVAL
les Pas de Deux de ce même Acte.
Le Sr VESTRIS & la Dlle VESTRIS
dans les Efprits Aëriens du quatriéme
Acte. Le Sr VESTRIS feul dans le cinquiéme
A&te. Le Sr DAUBERVAL , la
Elle PESLIN , le Sr CAMPIANI , la
Dlle GUIMARD ont exécuté divers Pas
ou Entrées dans ce même Acte .
Cet Opéra , repréfenté à la Cour, tel
qu'il avoit été donné à Paris à la dernière
reprife , a fait un très-grand plaifir.
Les beautés tranfcendantes de la
Mufique y ont eté admirées , & l'on a
fenti tout le mérite du Poëme qui peut
être compté au nombre des meilleurs
Drames lyriques du grand genre.
T
Il fuffiroit d'avoir nommé les Ac-.
teurs qui chantoient dans cet Opéra ,
OCTOBRE. 1763. 179
pour avoir prévenu fur le mérite de
l'exécution dans les Rôles . La voix &
les talens du Sr Jeliotte y ont paru
exactement tels que le Public les a admirés
il y a quelques années . Comme
la remife de cet Opéra eft encore récente
, on doit fe rappeller le charme,
touchant de l'action & du fentimens
de la Dile Arnould , dans le Rôle d'Iphife
& le plaifir qu'a fait le Sr Larrivée
dans les Rôles d'Ifmenor & de Teucer.
Leurs talens ont paru fupérieurs encore ,
dans cette repréſentation , à ce qu'ils
ont été lorfque l'on donnoit cet Opéra,
à Paris . La belle voix du Sr Gelin a
très -bien rempli le Rôle d'Antenor.
Sans outrer les éloges , on doit regader
comme une des plus parfaites exécutions
celle de toutes les autres parties
Muficales de cet Opéra. Il feroit
Impoffible d'imaginer plus de magnificence
& plus d'éclat dans les habits
& dans les décorations .
N. B. On avertit ici , pour ne le plus répéter :
que dans tous les Spectacles en mufique , ainfi
que dans les entractes des Comédies , l'exécurion
muficale eft dirigée par M. Francoeur , Sur-Intendant
de la Mufique du Roi , ( en femeftre )
fecondé de M. Rebel, Chevalier de 1Ordre du
Roi , auffi Sur-Intendant de la Musique de Sa
H vj
180 MERCURE DE FRANCE .
Majefté , & de M. de Buri , Sur- Intendant en
furvivance.
Tous les Ballets font de la compofition de
MM . LAVAL Père & Fils , Maîtres des Ballets du
Roi.
>
Le Lundi 11 , le Philofophe marié
Comédie en vers en 5 Actes , de feu
M. NÉRICAULT DESTOUCHES &
enfuite la Nouveauté , Comédie en un
Acte & en Profe, du feu Sr LEGRAND,
furent repréſentées par les Comédiens
François.
>
Le Sr BELLECOUR a joué avec fuccès
Arifte dans la première Piéce , le
Sr BONNEVAL Géronte , le Sr BRIZARD
Lyfimon , le Sr MOLE Damon
rôle que l'on ne peut rendre avec plus
de vérité & d'agrément qu'en a mis
cet Acteur. Le Sr DUBOIS jouoit le
Marquis du Lauret. Le rôle de Céliante
a été rendu avec toute la perfection
dont eft capable l'inimitable Dile
DANGEVILLE , Penfionnaire du Roi,
& des rares talens de laquelle la Cour
jouit encore. La Dlle PRÉVILLE jouoit
le rôle de Mélite , & la Dlle Luzí celui
de Finette.
Dans la feconde Piéce , conjointement
avec quelques-uns des mêmes Aceurs
de la précédente , ont paru les
OCTOBRE . 1763 .
181
Srs ARMAND , DAUBERVAL
, AU
GER , BOURET , les Dlles DROUIN ,
DOLIGNI & DUBOIS , cette dernière
repréfentant la Nouveauté.
La Cour paroît très- contente du progrès
des talens des deux jeunes Actrices,
( DOLIGNI & LUZI ) qu'elle avoit
agréées avec plaifir cet été.
A FONTAINEBLEAU.
ORDONNÉS par M. le Duc de DURAS
Pair de France , Premier Gentilhomme.
de la Chambre du ROI en Exercice ,
& conduits par M. PAPILLON DE
LA FERTÉ , Intendant des Menus ,
Plaifirs , Argenteries & Affaires de
la Chambre de SA MAJESTÉ. ·
LE
E ROI étant arrivé le à Fontaine-
5
OCTOBRE. 1763. 77
י
bleau , il y eut Spectacle fur le Théâtre
du Château le lendemain. Les Comédiens
François y repréfenterent Héraclius
, Tragédie du grand CORNEILLE,
& Zénéïde , Comédie en 1 Acte de feu
M. DE CAHUSAC. Dans la Tragédie les
rôles de Pulchérie & de Léontine furent
admirablement rendus par les Dlles
CLAIRON & DUMESNIL , celui d'Eus
doxe par la Dlle DUBOIS . Le rôle dé
Phoca's fut joué par le fieur BRIZART ,
celui d'Héraclius par le fieur LE Kain ,
& celui de Martian par le Sr MOLÉ.
Dans la feconde Piéce , le Sr MOLÉ
a repréſenté Olinde , la Dlle DROUIN
la Fée , la Dile DOLIGNY Zénéïde , &
la Dile LUZI Gnidie.
Le Samedi 8 , les Sujets de la Mufique
du Roi & de l'Académie Royale
exécuterent , en préfence de Leurs Majeftés
, Dardanus , Opéra - Tragédie,
dont le Poëme eft de feu M. de la
Bruere , & la Mufique du célébre M.
RAMEAU.
Le Rôle de Dardanus a été éxécuté
par le fieur JELIOTTE , de la Mufique
du Roi & Penfionnaire de l'AOn
ne nommera dans les grandes Pièces que
les Acteurs des principaux rôles , pour éviter la
prolixité.
Hv
178 MERCURE DE FRANCE ,
cadémie . Celui d'Iphife par la Dlle ARNOULD.
Teucer & Ifmenor , par le fieur
LARRIVÉE , Antenor par le fieur GE
DIN. La Dlle DUBOIS & le fieur Mu-
GUET ont chanté les rôles acceffoires.
Le fieur GARDEL , les Dlles LYONNOIS
& ALLARD danferent les principales
Entrées dans le Ballet du premier
Acte. Le fieur LAVAL dans celui
des Magiciens au fecond Acte. La Dlle
LANI dans le Ballet du troifiéme A&te.
La Dile PESLIN & le Sr DAUBERVAL
les Pas de Deux de ce même Acte.
Le Sr VESTRIS & la Dlle VESTRIS
dans les Efprits Aëriens du quatriéme
Acte. Le Sr VESTRIS feul dans le cinquiéme
A&te. Le Sr DAUBERVAL , la
Elle PESLIN , le Sr CAMPIANI , la
Dlle GUIMARD ont exécuté divers Pas
ou Entrées dans ce même Acte .
Cet Opéra , repréfenté à la Cour, tel
qu'il avoit été donné à Paris à la dernière
reprife , a fait un très-grand plaifir.
Les beautés tranfcendantes de la
Mufique y ont eté admirées , & l'on a
fenti tout le mérite du Poëme qui peut
être compté au nombre des meilleurs
Drames lyriques du grand genre.
T
Il fuffiroit d'avoir nommé les Ac-.
teurs qui chantoient dans cet Opéra ,
OCTOBRE. 1763. 179
pour avoir prévenu fur le mérite de
l'exécution dans les Rôles . La voix &
les talens du Sr Jeliotte y ont paru
exactement tels que le Public les a admirés
il y a quelques années . Comme
la remife de cet Opéra eft encore récente
, on doit fe rappeller le charme,
touchant de l'action & du fentimens
de la Dile Arnould , dans le Rôle d'Iphife
& le plaifir qu'a fait le Sr Larrivée
dans les Rôles d'Ifmenor & de Teucer.
Leurs talens ont paru fupérieurs encore ,
dans cette repréſentation , à ce qu'ils
ont été lorfque l'on donnoit cet Opéra,
à Paris . La belle voix du Sr Gelin a
très -bien rempli le Rôle d'Antenor.
Sans outrer les éloges , on doit regader
comme une des plus parfaites exécutions
celle de toutes les autres parties
Muficales de cet Opéra. Il feroit
Impoffible d'imaginer plus de magnificence
& plus d'éclat dans les habits
& dans les décorations .
N. B. On avertit ici , pour ne le plus répéter :
que dans tous les Spectacles en mufique , ainfi
que dans les entractes des Comédies , l'exécurion
muficale eft dirigée par M. Francoeur , Sur-Intendant
de la Mufique du Roi , ( en femeftre )
fecondé de M. Rebel, Chevalier de 1Ordre du
Roi , auffi Sur-Intendant de la Musique de Sa
H vj
180 MERCURE DE FRANCE .
Majefté , & de M. de Buri , Sur- Intendant en
furvivance.
Tous les Ballets font de la compofition de
MM . LAVAL Père & Fils , Maîtres des Ballets du
Roi.
>
Le Lundi 11 , le Philofophe marié
Comédie en vers en 5 Actes , de feu
M. NÉRICAULT DESTOUCHES &
enfuite la Nouveauté , Comédie en un
Acte & en Profe, du feu Sr LEGRAND,
furent repréſentées par les Comédiens
François.
>
Le Sr BELLECOUR a joué avec fuccès
Arifte dans la première Piéce , le
Sr BONNEVAL Géronte , le Sr BRIZARD
Lyfimon , le Sr MOLE Damon
rôle que l'on ne peut rendre avec plus
de vérité & d'agrément qu'en a mis
cet Acteur. Le Sr DUBOIS jouoit le
Marquis du Lauret. Le rôle de Céliante
a été rendu avec toute la perfection
dont eft capable l'inimitable Dile
DANGEVILLE , Penfionnaire du Roi,
& des rares talens de laquelle la Cour
jouit encore. La Dlle PRÉVILLE jouoit
le rôle de Mélite , & la Dlle Luzí celui
de Finette.
Dans la feconde Piéce , conjointement
avec quelques-uns des mêmes Aceurs
de la précédente , ont paru les
OCTOBRE . 1763 .
181
Srs ARMAND , DAUBERVAL
, AU
GER , BOURET , les Dlles DROUIN ,
DOLIGNI & DUBOIS , cette dernière
repréfentant la Nouveauté.
La Cour paroît très- contente du progrès
des talens des deux jeunes Actrices,
( DOLIGNI & LUZI ) qu'elle avoit
agréées avec plaifir cet été.
Fermer
19256
s. p.
TABLE.
Début :
Prélude. 1 Arrivée des Ambassadeurs à Brest. 10 Description de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
ArrivéedesAmbassadeurs àBrest.10
Description de la Ville. 17
Reception faite à Brest aux Ambassa--
deurs. 200
Arrivée de M. Storfpour les recevoir
de la part du Roy, avec lescomplimens
faits de part d'autre , & plusieurs
choses remarquables dites parles Am .
baffadeurs.. 30)
Leurdépart par terre , &de leur équi
page par Mer. 39
Ils diſnent à Chatolin. 4 :
La reception qu'on leur faita Quimper ..
on ils couchent.
48
Ils diſnent à Ennebon. " 45
Reception qu'on leur fait à Vennes. 455
Il diſnentà la Roche-Benard.
45
Ordres donner par M. de Lavardin rous .
chant cesAmbeſſadeurs. lamelme,
li
TABLE.
Remarques curieuses .
Pontchasteau.
Ils diſnent à Temples,
46
Reception faite aux Ambassadeurs à
46
48
Leur arrivée à Nantes. La maniere dont
ils font reçeus , avec une description
de la Ville.
Ils couchent à Ancenis .
Ils diſnent à Ingrande .
Description &Angers.
Ils diſnent à Auroſiez.
49
54
lameſme.
Maniere dont ilssont reçeusà Angers. ss
57
ខ
Reception qu'on leur fait à Saumur. 59
Ils diſment à la Chapelle - Blanche , &
couchent à Langeys. 60
Ils sont reçeus à Tours par l'ordre de
M. de Nointel , Intendant. Description
de la Ville. 61
Ilsarriventà Amboiſe. Deſcription dela
Ville. Maniere dont elle les reçoit. 63
Ils couchent , & rejournent à Blois 64
Description de Blois . 65
Its diſnent à Chambor. Description de
Chambor 66
Leur arrivéeà Orleans. Beauté delaville.
79
TABLE.
Ils diſnent à Artenay , & couchent
Toury .
77
Leur arrivée à Fontaineblean , oni
voyent le Chasteau .
Reception qu'on leur fait à Melun , où ils
diſnent . Description de la Ville. 79
Leur arrivée à Vincennes , avec des remarques
curieuses de ce qui s'y eſt paſſe
pendant leſejour qu'ils y ont fait. 80%
Leur arrivée à Berny , avec ce qu'ils y
ons fait & dit pendant le temps qu'ils
y ont demeuré. 89
Ils font regalez à Sceaux par l'ordre de
M. de Seignelay, 90+
Ils viennent à la Tragedie qu'on reprefente
tous les ans au College de Louis
leGrand, & tout ce qui s'est passé di
cet égar 1022
Tout ce quis'est paſſele jour de leur En
trée publique à Paris , avec le compli--
men fait à M.de la Feuillade. 132
Ce qu'ils ont fait & dit à Paris depuis
Le jour de leur Entréejuſques à celay
qu'ils ont eu Audience du Roy , où l'on
voit ce qui s'eſt pafle à Noftre-Dames
Mij
TABLEA
lejourqu'ilsyont esté ,&e quamite
d'autres choses curieuses. 145
Tout ce qui s'est fait le jour qu'ils ont esté
al Audience duRoyà Versailles, les
Ceremonies qui ont esté obſervées avec
les complimens qu'ils ontfaits àla pluf
part des Princes & Princeſſes de la
Maiſon Royale, 171
Ce qui s'est paſſe à Paris après leur re
tour.
Ils Cont conduits à
225
l'Audience de Monſieur
le Duc de Chartres , &de Ma
demoiselleà S. Cloud. 228
Ils sont conduits à l'Audience de Mademoiselle
d'Orleans , au Palais de Luxembourg.
233
Ils vont chez le Perede la Chaise , & à
l'Eglise de S. Louis.
Ilsvont voir les travaux
que
2
l'on faità
la Riviere d'Eure. Deſcription de cet
Ouvrage, avectout ce qui s'est passe
à la revenë des Troupes qui y travaillent
.
Reparties.
237
273
Cequi s'estpasſſe àla Comedie Françoise
TABLE.
le premier jourque les Ambassadeurs
y ont esté. 275
Ilsvont voir le Magasin d'Armes à la
Bastille. 279
Ce qu'ils ont dit des Invalides . 283
Ce qui s'eſt paſſe à la Comedie Ita'enne
Theatre. 283
la premiere fois qu'ils ont esté à ce
Cequ'ils ont dit de Montmartre , de la
Porte de S. Denis, de celle de S. Martin
, & des nouveaux Ramparts. 290
Ce qui s'est passe à Meudon pendant une
joarnée entiere qu'ils ont employéeà
viſiter ce Chastean . 290
Deſcription de tous les Meubles qui font
an Gardemeuble de la Couronne , oùles
Ambassadeurs ont esté. 297
Description du Cabinet d'Armes du Roy.
305
Ce qui s'est passé à la viſite renduë par
Les Ambassadeurs à M, le Marquis
de Croiffy 305
Audience donnée par Monfieur le Duca
ces Ambaſſadeurs , avec le détail de la
conversation que ce Prince a enëavec
свих. 320
TABLE.
Audience donnée par Monfieurle Duc de
Bourbon aux mesmes Ambaſſadeurs.
337
Deſcription detout ce qu'ily a de curieux
àvoir dans le vieux Louvre , & dans a
le Palais des Thuileries , on les Ambaffadeurs
ont esté, 339
Ils vont à l' Academie Royale de Peinture
&de Sculpture. Description de cette
Academie.
356
Detail de ce qui s'eſt paſſé aux Gobelins
le jour que les Ambaſſadeurs y ont esté
avecla deſcription de tout ce qu'ils ont
vú en ce lieu.
Articles dont il reſte à parler.
Fin de la Table.
ArrivéedesAmbassadeurs àBrest.10
Description de la Ville. 17
Reception faite à Brest aux Ambassa--
deurs. 200
Arrivée de M. Storfpour les recevoir
de la part du Roy, avec lescomplimens
faits de part d'autre , & plusieurs
choses remarquables dites parles Am .
baffadeurs.. 30)
Leurdépart par terre , &de leur équi
page par Mer. 39
Ils diſnent à Chatolin. 4 :
La reception qu'on leur faita Quimper ..
on ils couchent.
48
Ils diſnent à Ennebon. " 45
Reception qu'on leur fait à Vennes. 455
Il diſnentà la Roche-Benard.
45
Ordres donner par M. de Lavardin rous .
chant cesAmbeſſadeurs. lamelme,
li
TABLE.
Remarques curieuses .
Pontchasteau.
Ils diſnent à Temples,
46
Reception faite aux Ambassadeurs à
46
48
Leur arrivée à Nantes. La maniere dont
ils font reçeus , avec une description
de la Ville.
Ils couchent à Ancenis .
Ils diſnent à Ingrande .
Description &Angers.
Ils diſnent à Auroſiez.
49
54
lameſme.
Maniere dont ilssont reçeusà Angers. ss
57
ខ
Reception qu'on leur fait à Saumur. 59
Ils diſment à la Chapelle - Blanche , &
couchent à Langeys. 60
Ils sont reçeus à Tours par l'ordre de
M. de Nointel , Intendant. Description
de la Ville. 61
Ilsarriventà Amboiſe. Deſcription dela
Ville. Maniere dont elle les reçoit. 63
Ils couchent , & rejournent à Blois 64
Description de Blois . 65
Its diſnent à Chambor. Description de
Chambor 66
Leur arrivéeà Orleans. Beauté delaville.
79
TABLE.
Ils diſnent à Artenay , & couchent
Toury .
77
Leur arrivée à Fontaineblean , oni
voyent le Chasteau .
Reception qu'on leur fait à Melun , où ils
diſnent . Description de la Ville. 79
Leur arrivée à Vincennes , avec des remarques
curieuses de ce qui s'y eſt paſſe
pendant leſejour qu'ils y ont fait. 80%
Leur arrivée à Berny , avec ce qu'ils y
ons fait & dit pendant le temps qu'ils
y ont demeuré. 89
Ils font regalez à Sceaux par l'ordre de
M. de Seignelay, 90+
Ils viennent à la Tragedie qu'on reprefente
tous les ans au College de Louis
leGrand, & tout ce qui s'est passé di
cet égar 1022
Tout ce quis'est paſſele jour de leur En
trée publique à Paris , avec le compli--
men fait à M.de la Feuillade. 132
Ce qu'ils ont fait & dit à Paris depuis
Le jour de leur Entréejuſques à celay
qu'ils ont eu Audience du Roy , où l'on
voit ce qui s'eſt pafle à Noftre-Dames
Mij
TABLEA
lejourqu'ilsyont esté ,&e quamite
d'autres choses curieuses. 145
Tout ce qui s'est fait le jour qu'ils ont esté
al Audience duRoyà Versailles, les
Ceremonies qui ont esté obſervées avec
les complimens qu'ils ontfaits àla pluf
part des Princes & Princeſſes de la
Maiſon Royale, 171
Ce qui s'est paſſe à Paris après leur re
tour.
Ils Cont conduits à
225
l'Audience de Monſieur
le Duc de Chartres , &de Ma
demoiselleà S. Cloud. 228
Ils sont conduits à l'Audience de Mademoiselle
d'Orleans , au Palais de Luxembourg.
233
Ils vont chez le Perede la Chaise , & à
l'Eglise de S. Louis.
Ilsvont voir les travaux
que
2
l'on faità
la Riviere d'Eure. Deſcription de cet
Ouvrage, avectout ce qui s'est passe
à la revenë des Troupes qui y travaillent
.
Reparties.
237
273
Cequi s'estpasſſe àla Comedie Françoise
TABLE.
le premier jourque les Ambassadeurs
y ont esté. 275
Ilsvont voir le Magasin d'Armes à la
Bastille. 279
Ce qu'ils ont dit des Invalides . 283
Ce qui s'eſt paſſe à la Comedie Ita'enne
Theatre. 283
la premiere fois qu'ils ont esté à ce
Cequ'ils ont dit de Montmartre , de la
Porte de S. Denis, de celle de S. Martin
, & des nouveaux Ramparts. 290
Ce qui s'est passe à Meudon pendant une
joarnée entiere qu'ils ont employéeà
viſiter ce Chastean . 290
Deſcription de tous les Meubles qui font
an Gardemeuble de la Couronne , oùles
Ambassadeurs ont esté. 297
Description du Cabinet d'Armes du Roy.
305
Ce qui s'est passé à la viſite renduë par
Les Ambassadeurs à M, le Marquis
de Croiffy 305
Audience donnée par Monfieur le Duca
ces Ambaſſadeurs , avec le détail de la
conversation que ce Prince a enëavec
свих. 320
TABLE.
Audience donnée par Monfieurle Duc de
Bourbon aux mesmes Ambaſſadeurs.
337
Deſcription detout ce qu'ily a de curieux
àvoir dans le vieux Louvre , & dans a
le Palais des Thuileries , on les Ambaffadeurs
ont esté, 339
Ils vont à l' Academie Royale de Peinture
&de Sculpture. Description de cette
Academie.
356
Detail de ce qui s'eſt paſſé aux Gobelins
le jour que les Ambaſſadeurs y ont esté
avecla deſcription de tout ce qu'ils ont
vú en ce lieu.
Articles dont il reſte à parler.
Fin de la Table.
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Résumé : TABLE.
Le document relate le voyage des ambassadeurs à travers la France, débutant à Brest où ils sont accueillis par M. Storf, représentant du roi. Leur itinéraire les mène ensuite à Quimper, Ennebon, Vannes, et La Roche-Benard, où ils reçoivent des réceptions à chaque étape. Ils continuent vers Nantes, Ancenis, Ingrande, Angers, Saumur, Tours, Amboise, Blois, Chambord, et Orléans, étant accueillis par des cérémonies et des descriptions des lieux dans chaque ville. Leur périple se poursuit vers Fontainebleau, Melun, Vincennes, Berny, et Sceaux, où ils assistent à diverses représentations et visites. Leur destination finale est Paris, où ils participent à des audiences royales et visitent des sites notables tels que Notre-Dame, le Collège de Louis le Grand, et les Invalides. Ils assistent également à des représentations théâtrales et explorent des lieux comme Montmartre, Meudon, et le Garde-Meuble de la Couronne. Le document se conclut par des descriptions détaillées des audiences avec des princes et des visites de lieux historiques et culturels.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19257
p. 168
AVERTISSEMENT.
Début :
Comme nous ne doutons pas de l'empressement qu'ont les personnes éloignées [...]
Mots clefs :
Empressement , Statue équestre, Planche, Zèle, Frais, Abonnés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
Comme nous ne doutons pas de l'empreffement
qu'ont les perfonnes éloignées,
d'avoir l'idée la plus exacte qu'il foit
poffible , de la Statue Equeftre du Ror
érigée dans la nouvelle Place , nous nous
propofons d'en donner une defcription
détaillée , & pourparler aux yeux ainfi
qu'à l'imagination , d'y joindre une
Planche que l'on grave à cet effet. Nous
croyons dans une occafion auffi intéref
fante pour tous les Sujets du Royaume,
ne pouvoir trop marquer notre zéle ;
non feulement par nos foins , mais par
desfrais , extraordinaires à la confection
du Mercure , que l'on facrifie avec plaifir
pour la fatisfaction des Abonnés à
ce Journal.
Comme nous ne doutons pas de l'empreffement
qu'ont les perfonnes éloignées,
d'avoir l'idée la plus exacte qu'il foit
poffible , de la Statue Equeftre du Ror
érigée dans la nouvelle Place , nous nous
propofons d'en donner une defcription
détaillée , & pourparler aux yeux ainfi
qu'à l'imagination , d'y joindre une
Planche que l'on grave à cet effet. Nous
croyons dans une occafion auffi intéref
fante pour tous les Sujets du Royaume,
ne pouvoir trop marquer notre zéle ;
non feulement par nos foins , mais par
desfrais , extraordinaires à la confection
du Mercure , que l'on facrifie avec plaifir
pour la fatisfaction des Abonnés à
ce Journal.
Fermer
19258
p. 1427
« Le 30 May dernier, le Roy, par Arrêt de son Conseil, du même jour, a accordé [...] »
Début :
Le 30 May dernier, le Roy, par Arrêt de son Conseil, du même jour, a accordé [...]
Mots clefs :
Cinna, Académie royale de musique, Thuret
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 30 May dernier, le Roy, par Arrêt de son Conseil, du même jour, a accordé [...] »
Le 30 May dernier, le Roy, par Arrêt
de son Conseil , du même jour , a accordé
le Privilége de l'Académie Royale
de Musique au Sr de Thuret , qu'avoit
cy-devant le Sr Lecomte.
Le 17 Juin , le Sr Rosimont , jeune
homme , qui a du talent pour le Théatre
, représenta le principal Rôle dans la
Tragédie de Cinna , et il fut applaudi.
On lui trouve du feu , de l'intelligence
et du sentiment. Les Rôles d'Auguste
et d'Emilie , dans la même Piece , sont
tres- bien remplis par le Sr Sarrazin , et
par la Dlle Dufresne.
de son Conseil , du même jour , a accordé
le Privilége de l'Académie Royale
de Musique au Sr de Thuret , qu'avoit
cy-devant le Sr Lecomte.
Le 17 Juin , le Sr Rosimont , jeune
homme , qui a du talent pour le Théatre
, représenta le principal Rôle dans la
Tragédie de Cinna , et il fut applaudi.
On lui trouve du feu , de l'intelligence
et du sentiment. Les Rôles d'Auguste
et d'Emilie , dans la même Piece , sont
tres- bien remplis par le Sr Sarrazin , et
par la Dlle Dufresne.
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Résumé : « Le 30 May dernier, le Roy, par Arrêt de son Conseil, du même jour, a accordé [...] »
Le 30 mai, le roi a accordé le privilège de l'Académie Royale de Musique à Thuret, succédant à Lecomte. Le 17 juin, Rosimont a interprété le rôle principal dans Cinna, acclamé pour son feu, son intelligence et son sentiment. Sarrazin et Mademoiselle Dufresne ont également excellé dans leurs rôles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19259
p. 169-174
Suite des Nouvelles de VERSAILLES.
Début :
Le Roi ayant reconnu que la constitution solide qu'il veut donner à ses Troupes, [...]
Mots clefs :
Constitution, Ordonnance, Provinces, Régiments, Royaume, Compagnies, Capitaine, Paix, Commandant, Service, Duc, Commissaire, Incendie, Opéra, Académie royale, Église, Village, Loterie, Tirage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles de VERSAILLES.
Suite des Nouvelles de VERSAILLES.
L. Roi ayant reconnu que la conftitution ſolide
qu'il veut donner à fes Troupes , dépend
du premier choix des hommes qui la compoſent ,
a rendu une Ordonnance , datée du premier
Fevrier 1763 , par laquelle Sa Majesté établit
trente & un Régimens de recrue d'un Bataillon
, dans les Provinces de Picardie , de Champagne
, de Rouen , de Caen , d'Alençon , de
Moulins , d'Auvergne , de Flandre & d'Artois ,
de Montauban , d'Auch , de Bordeaux , de Poitiers
, de Lyonnois , de la Rochelle , de Tours,
du Dauphiné , de Paris , de Soiffons , de Limoges
, d'Orléans , de Bretagne , du Pays Melfin
, de Bourges , du Haynaut , d'Alface , de
Rouffillon , du Duché de Bourgogne , de Languedoc
, du Comté de Bourgogne , de la Provence
& de la Lorraine ; & un Régiment de
deux Bataillons de la Ville de Paris ; ces Régimens
feront défignés fous les noms des principales
Villes ou Généralités , & marcheront
entre eux fuivant le rang dans lequel ils font
infcrits ci-après : fçavoir , Régime nt d'Abbeville ,
de Châlons , de Rouen , de Caen , d'Alençon
de Moulins , de Riom , de Lille , de Montauban
, d'Auch , de Bordeaux , de Poitiers , de
Lyon , de la Rochelle , de Tours , de Gre noble
II. Vol.
H
170 MERCURE DE FRANCE .
de Sens , de Soiffons , de Limoges , de Blois ,
de Rennes , de Metz , de Bourges , de Valen
ciennes de Strasbourg , de Perpignan , de Dijon
, de Toulouſe de Befançon , d'Aiz , de
Nancy , & de la Ville de Paris . Chaque Régiment
fera compofé de huit Compagnies , lefquelles
feront commandées chacune , en temps de
paix , par un Capitaine & un Lieutenant , &
compofées de deux Sergens , quatre Caporaux ,
quatre Appointés & un Tambour , & d'un nombre
égal d'hommes proportionnément à celui
dont Sa Majefté aura ordonné chaque année
la levée dans chaque Département ; lefquels
feront exercés dans des quartiers particuliers ,
& mis par-là en état de remplacer les hommes
qui manqueront dans les Troupes de Sa Majefté.
En temps de guerre , chaque Compagnie
fera commandée par un Capitaine , un Lieutenant
& un Sous-Lieutenant , & compofé de quatre
Sergens , d'un Fourrier , de huit Caporaux , de
huit Appointés , un Tambour & d'autant d'hom❤
mes que les circonftances les requerront. Les
Officiers de ces Régimens feront choifis parmi
ceux qui viennent d'être réformés à l'occaſion
de la Paix , lefquels , en ce cas , & du jour
qu'ils recevront les appointemens , cefferont de
jouir des penfions de réforme qu'ils pourroient
avoir obtenues. Chaque Compagnie fera payée,
fur le pied fuivant ; à chaque Capitaine , 1080
1. par an ; à chaque Lieutenant , 450 1. à chaque,
Sous-Lieutenant , 360 1. à chaque Fourrier , 162 l.,
à chaque Caporal , 138 1. à chaque Appointé, 120.
1. à chaque homme , 102 l. au Tambour, 138.
1. ETAT-MAJOR. Au Commandant de chaque ,
Régiment , 1800 1. à l'Aide- Major , 1080l . au
Sous-Aide-Major, 450 1. au Chirurgien, 300 1. Le
JUILLET. 1763. 171
Lieutenant Général de Police de la Ville de Paris,
pour ce qui rgarde le Régiment de cette Ville ,
& les Intendans des Provinces , feront chargés fupérieurement
de la levée detdits Régimens , de
laquelle ils rendront compte au Secrétaire d'Etat
ayant le Département de la Guerre : ils établiront
à cet effet , un dépôt particulier dans leur Département.
Il y aura dans chaque Ville , Bourg
ou Village dépendant de chaque Généralité , des
prépofés à l'enrôlement & un prépofé principal
dans le chef- lieu où fera établi le dépôt parti
culier. Ces préposés n'employeront , pour les
enrôlemens , ni féduction , ni violence , ni fu
percherie , & n'admettront que des hommes de
dix-fept ans accomplis jufqu'à quarante pendant
la paix , & de l'âge de dix - huit jufqu'à quarante
cinq ans pendant la guerre , de la taille de
cinq pieds un pouce au moins en temps de guer
re , & de cinq pieds deux pouces en temps de
paix. Le temps de fervice fera de huit années ,
pendant lefquelles ils ne pourront s'abfenter fans
congé de leur troupe , à peine d'être pourful
vis & punis comme déferteurs ; & à l'expiration
deſdites huit années , ils auront leurs congés abfolus
en temps de guerre comme en temps de
paix. Si quelqu'un d'entr'eux eft admis à renouveller
fon engagement , il aura pour prix de ce
fecond engagement , fçavoir , 30 liv. à l'expiration
du premier, & 30 1. au commencement de
la cinquième année du fecond. Ces Régimen's fe
conformeront en tout aux Ordonnances concernant
l'Infanterie , mais ils ne feront alujettis ,
en temps de paix , à d'autre fervice qu'à celui
de fournir une garde de Police dans l'intérieur de
leur quartier. Lorfque des hommes de recrue
feront envoyés aux Régimens qui en auront be- ›
€
3
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
foin , il fera adreffé au Commandant du REgiment
de recrue les routes néceffaires pour
conduire lefdits hommes à leur deſtination . Cette
Ordonnance contient plufieurs autres difpofitions
particulieres , concernant le fervice , la dif
cipline , l'habillement , &c. de ces nouveaux Régimens.
Le Duc de Bedfort eft parti d'ici le 9 de ce
mois , pour le rendre en Angleterre. La commiflion
établie au Châtelet pour l'affaire du Canada
, a commencé fes Séances le 7 , pour le
jugement de cette affaire , au rapport du fieur
Dupont , Confeiller au Châtelet , Commiffaire-
Rapporteur de ce Procès.
Le 6 , entre les onze heures & midi , le feu prit
à la falle de l'Opéra & fe communiqua avec une
violence extrême à la partie du bâtiment qui tient
au Palais Royal. L'incendie fit en peu de temps
les plus terribles progrès , & la falle fut prèfque
confumée avant nême qu'il eût été poffible d'apporter
aucun fecours. Bientôt l'aîle de la première
Cour du Palais fut embrafée. Le feu fe communiquoit
au corps du bâtiment neuf & à celui qui
partage les deux cours ; & ce nefut que vers les
quatre heures qu'on parvint à arrêter le progrès
des flammes en mettant bas la charpente par laquelle
l'incendie eût infailliblement gagné l'appartement
du Duc d'Orléans, Le premier foin
dont on s'eft occupé à été d'enlever les Archives
& de mettre en fûreté la collection précieufe
des Tableaux du Palais Royal . Les Cours
& les Jardins de ce Palais étoient remplis de
meubles & d'effets tant du Duc d'Orléans que
des perfonnes qui lui font attachées & dont les
logemens étoient menacés d'embrâſement. Le
comble du grand efcaljer s'eft écroulé vers une
JUILLET. 1763. 173
:
heure & demie heureufement perfonne n'y a
péri. A neuf heures & demie du foir , toure
communication du feu a été coupée . Le foyer
n'étoit plus que dans les machines du Théâtre
de l'Opéra . Le Maréchal Duc de Biron , le
Duc de Chevreufe , le Prévôt des Marchands ,
le Lieutenant de Police , fe font tranfportés fur
le lieu , & ont donné tous les ordres néceffaires.
Les Gardes Françoifes & Suiffes , les Gens de
Police , des Religieux de différens Ordies , &
furtout les Peres Capucins fe font diftingués
par le zèle le plus courageux , par le travail
le plus infatigable. On ne tardera pas à conſtruire
une nouvelle Salle pour l'Opéra ; mais en attendant
, il paroît décidé que l'Académie Royale de
Mufique donnera fes repréſentations au Palais des
Thuilleries fur le Théâtre des machines qu'on
va difpofer pour cet objet.
Le 12 du mois dernier , il y eut à Effoyes
fur l'Ourſe , en Champagne , un incendie confidérable
qui , en moins de cinq heures , réduifit
en cendres deux cens foixante- dix maiſons .
Meubles , effets , denrées , proviſions , près de
de quatorze mille muids , tant de vin que d'eau
de vie , deux troupeaux confidérables de bêtes
à cornes , tour a été confumé : l'Eglife & le
Clocher ont été entiérement détruits , & les Cloches
fondues. Il ne refte fur pied dans tout le
Village que trente & une maiſons. Quatre perfonnes
ont péri dans les flâmes , & quatre autres
font mortes des impreffions du feu. Cet
accident réduit à la dernière mifère douze cens
perfonnes.
Dans la nuit du 12 au 13 , le feu a pris auffi
à une maison du Fauxbourg de Vervins en Thiéraches
, & le progrès des flammes a été fi rapide
H iij
174 MERCURE DE FRANCE .
qu'en quatre heures de temps elles ont confumé
tout ce Fauxbourg & un autre adjacent. Soixantedix
Maifons , neuf Granges pleines , fix Ecuries
particulières , & cinq Tanneries ont été détruites
, ainsi que les Meubles , Grains , Fourages ,
Beftiaux , Marchandifes , & autres effets qui y
étoient renfermés , & quatre perfonnes ont péri
dans les flammes.
Le 12 encore , le feu a pris au Village de Ste
Marie à Py , Election de Retel - Mazarin. Les
flammes étant excitées par la violence du Vent ,
confumèrent en peu de tems vingt - fept Maifons ,
trente & une Granges , & quatre-vingt- trois autres
petits Bâtimens, avec les meubles , les grains
& les provifions qui s'y trouvoient. Trente- cinq
Familles , dont treize de Laboureurs , le trouvent
par cet affreux événement fans habitation &
fans pain.
-
Le vingt - feptiéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel de Ville s'eft fait le 24 Mars , en la
manière accoutumée . Le Lot de cinquante-mille
livres eft échu au numero 98886 , celui de
vingt mille livres au numéro 98 09 , & les
deux de dix mille livres aux numéros 85968 &
97960.
Le 6 de ce mois , on a tiré la Loterie de l'École-
Royale-Militaire. Les numéros fortis de la roue
de fortune , font , 86 , 61 , 2 , 14.7. Le prom
chain tirage fe fera les Mai .
L. Roi ayant reconnu que la conftitution ſolide
qu'il veut donner à fes Troupes , dépend
du premier choix des hommes qui la compoſent ,
a rendu une Ordonnance , datée du premier
Fevrier 1763 , par laquelle Sa Majesté établit
trente & un Régimens de recrue d'un Bataillon
, dans les Provinces de Picardie , de Champagne
, de Rouen , de Caen , d'Alençon , de
Moulins , d'Auvergne , de Flandre & d'Artois ,
de Montauban , d'Auch , de Bordeaux , de Poitiers
, de Lyonnois , de la Rochelle , de Tours,
du Dauphiné , de Paris , de Soiffons , de Limoges
, d'Orléans , de Bretagne , du Pays Melfin
, de Bourges , du Haynaut , d'Alface , de
Rouffillon , du Duché de Bourgogne , de Languedoc
, du Comté de Bourgogne , de la Provence
& de la Lorraine ; & un Régiment de
deux Bataillons de la Ville de Paris ; ces Régimens
feront défignés fous les noms des principales
Villes ou Généralités , & marcheront
entre eux fuivant le rang dans lequel ils font
infcrits ci-après : fçavoir , Régime nt d'Abbeville ,
de Châlons , de Rouen , de Caen , d'Alençon
de Moulins , de Riom , de Lille , de Montauban
, d'Auch , de Bordeaux , de Poitiers , de
Lyon , de la Rochelle , de Tours , de Gre noble
II. Vol.
H
170 MERCURE DE FRANCE .
de Sens , de Soiffons , de Limoges , de Blois ,
de Rennes , de Metz , de Bourges , de Valen
ciennes de Strasbourg , de Perpignan , de Dijon
, de Toulouſe de Befançon , d'Aiz , de
Nancy , & de la Ville de Paris . Chaque Régiment
fera compofé de huit Compagnies , lefquelles
feront commandées chacune , en temps de
paix , par un Capitaine & un Lieutenant , &
compofées de deux Sergens , quatre Caporaux ,
quatre Appointés & un Tambour , & d'un nombre
égal d'hommes proportionnément à celui
dont Sa Majefté aura ordonné chaque année
la levée dans chaque Département ; lefquels
feront exercés dans des quartiers particuliers ,
& mis par-là en état de remplacer les hommes
qui manqueront dans les Troupes de Sa Majefté.
En temps de guerre , chaque Compagnie
fera commandée par un Capitaine , un Lieutenant
& un Sous-Lieutenant , & compofé de quatre
Sergens , d'un Fourrier , de huit Caporaux , de
huit Appointés , un Tambour & d'autant d'hom❤
mes que les circonftances les requerront. Les
Officiers de ces Régimens feront choifis parmi
ceux qui viennent d'être réformés à l'occaſion
de la Paix , lefquels , en ce cas , & du jour
qu'ils recevront les appointemens , cefferont de
jouir des penfions de réforme qu'ils pourroient
avoir obtenues. Chaque Compagnie fera payée,
fur le pied fuivant ; à chaque Capitaine , 1080
1. par an ; à chaque Lieutenant , 450 1. à chaque,
Sous-Lieutenant , 360 1. à chaque Fourrier , 162 l.,
à chaque Caporal , 138 1. à chaque Appointé, 120.
1. à chaque homme , 102 l. au Tambour, 138.
1. ETAT-MAJOR. Au Commandant de chaque ,
Régiment , 1800 1. à l'Aide- Major , 1080l . au
Sous-Aide-Major, 450 1. au Chirurgien, 300 1. Le
JUILLET. 1763. 171
Lieutenant Général de Police de la Ville de Paris,
pour ce qui rgarde le Régiment de cette Ville ,
& les Intendans des Provinces , feront chargés fupérieurement
de la levée detdits Régimens , de
laquelle ils rendront compte au Secrétaire d'Etat
ayant le Département de la Guerre : ils établiront
à cet effet , un dépôt particulier dans leur Département.
Il y aura dans chaque Ville , Bourg
ou Village dépendant de chaque Généralité , des
prépofés à l'enrôlement & un prépofé principal
dans le chef- lieu où fera établi le dépôt parti
culier. Ces préposés n'employeront , pour les
enrôlemens , ni féduction , ni violence , ni fu
percherie , & n'admettront que des hommes de
dix-fept ans accomplis jufqu'à quarante pendant
la paix , & de l'âge de dix - huit jufqu'à quarante
cinq ans pendant la guerre , de la taille de
cinq pieds un pouce au moins en temps de guer
re , & de cinq pieds deux pouces en temps de
paix. Le temps de fervice fera de huit années ,
pendant lefquelles ils ne pourront s'abfenter fans
congé de leur troupe , à peine d'être pourful
vis & punis comme déferteurs ; & à l'expiration
deſdites huit années , ils auront leurs congés abfolus
en temps de guerre comme en temps de
paix. Si quelqu'un d'entr'eux eft admis à renouveller
fon engagement , il aura pour prix de ce
fecond engagement , fçavoir , 30 liv. à l'expiration
du premier, & 30 1. au commencement de
la cinquième année du fecond. Ces Régimen's fe
conformeront en tout aux Ordonnances concernant
l'Infanterie , mais ils ne feront alujettis ,
en temps de paix , à d'autre fervice qu'à celui
de fournir une garde de Police dans l'intérieur de
leur quartier. Lorfque des hommes de recrue
feront envoyés aux Régimens qui en auront be- ›
€
3
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
foin , il fera adreffé au Commandant du REgiment
de recrue les routes néceffaires pour
conduire lefdits hommes à leur deſtination . Cette
Ordonnance contient plufieurs autres difpofitions
particulieres , concernant le fervice , la dif
cipline , l'habillement , &c. de ces nouveaux Régimens.
Le Duc de Bedfort eft parti d'ici le 9 de ce
mois , pour le rendre en Angleterre. La commiflion
établie au Châtelet pour l'affaire du Canada
, a commencé fes Séances le 7 , pour le
jugement de cette affaire , au rapport du fieur
Dupont , Confeiller au Châtelet , Commiffaire-
Rapporteur de ce Procès.
Le 6 , entre les onze heures & midi , le feu prit
à la falle de l'Opéra & fe communiqua avec une
violence extrême à la partie du bâtiment qui tient
au Palais Royal. L'incendie fit en peu de temps
les plus terribles progrès , & la falle fut prèfque
confumée avant nême qu'il eût été poffible d'apporter
aucun fecours. Bientôt l'aîle de la première
Cour du Palais fut embrafée. Le feu fe communiquoit
au corps du bâtiment neuf & à celui qui
partage les deux cours ; & ce nefut que vers les
quatre heures qu'on parvint à arrêter le progrès
des flammes en mettant bas la charpente par laquelle
l'incendie eût infailliblement gagné l'appartement
du Duc d'Orléans, Le premier foin
dont on s'eft occupé à été d'enlever les Archives
& de mettre en fûreté la collection précieufe
des Tableaux du Palais Royal . Les Cours
& les Jardins de ce Palais étoient remplis de
meubles & d'effets tant du Duc d'Orléans que
des perfonnes qui lui font attachées & dont les
logemens étoient menacés d'embrâſement. Le
comble du grand efcaljer s'eft écroulé vers une
JUILLET. 1763. 173
:
heure & demie heureufement perfonne n'y a
péri. A neuf heures & demie du foir , toure
communication du feu a été coupée . Le foyer
n'étoit plus que dans les machines du Théâtre
de l'Opéra . Le Maréchal Duc de Biron , le
Duc de Chevreufe , le Prévôt des Marchands ,
le Lieutenant de Police , fe font tranfportés fur
le lieu , & ont donné tous les ordres néceffaires.
Les Gardes Françoifes & Suiffes , les Gens de
Police , des Religieux de différens Ordies , &
furtout les Peres Capucins fe font diftingués
par le zèle le plus courageux , par le travail
le plus infatigable. On ne tardera pas à conſtruire
une nouvelle Salle pour l'Opéra ; mais en attendant
, il paroît décidé que l'Académie Royale de
Mufique donnera fes repréſentations au Palais des
Thuilleries fur le Théâtre des machines qu'on
va difpofer pour cet objet.
Le 12 du mois dernier , il y eut à Effoyes
fur l'Ourſe , en Champagne , un incendie confidérable
qui , en moins de cinq heures , réduifit
en cendres deux cens foixante- dix maiſons .
Meubles , effets , denrées , proviſions , près de
de quatorze mille muids , tant de vin que d'eau
de vie , deux troupeaux confidérables de bêtes
à cornes , tour a été confumé : l'Eglife & le
Clocher ont été entiérement détruits , & les Cloches
fondues. Il ne refte fur pied dans tout le
Village que trente & une maiſons. Quatre perfonnes
ont péri dans les flâmes , & quatre autres
font mortes des impreffions du feu. Cet
accident réduit à la dernière mifère douze cens
perfonnes.
Dans la nuit du 12 au 13 , le feu a pris auffi
à une maison du Fauxbourg de Vervins en Thiéraches
, & le progrès des flammes a été fi rapide
H iij
174 MERCURE DE FRANCE .
qu'en quatre heures de temps elles ont confumé
tout ce Fauxbourg & un autre adjacent. Soixantedix
Maifons , neuf Granges pleines , fix Ecuries
particulières , & cinq Tanneries ont été détruites
, ainsi que les Meubles , Grains , Fourages ,
Beftiaux , Marchandifes , & autres effets qui y
étoient renfermés , & quatre perfonnes ont péri
dans les flammes.
Le 12 encore , le feu a pris au Village de Ste
Marie à Py , Election de Retel - Mazarin. Les
flammes étant excitées par la violence du Vent ,
confumèrent en peu de tems vingt - fept Maifons ,
trente & une Granges , & quatre-vingt- trois autres
petits Bâtimens, avec les meubles , les grains
& les provifions qui s'y trouvoient. Trente- cinq
Familles , dont treize de Laboureurs , le trouvent
par cet affreux événement fans habitation &
fans pain.
-
Le vingt - feptiéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel de Ville s'eft fait le 24 Mars , en la
manière accoutumée . Le Lot de cinquante-mille
livres eft échu au numero 98886 , celui de
vingt mille livres au numéro 98 09 , & les
deux de dix mille livres aux numéros 85968 &
97960.
Le 6 de ce mois , on a tiré la Loterie de l'École-
Royale-Militaire. Les numéros fortis de la roue
de fortune , font , 86 , 61 , 2 , 14.7. Le prom
chain tirage fe fera les Mai .
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Résumé : Suite des Nouvelles de VERSAILLES.
En février 1763, le roi de France a émis une ordonnance visant à renforcer les troupes en créant trente-et-un nouveaux régiments de recrues, chacun composé d'un bataillon. Ces régiments portent les noms des principales villes ou généralités et sont organisés par ordre de rang. Chaque régiment est structuré en huit compagnies, dirigées par des officiers et des sous-officiers. Les effectifs varient selon les périodes de paix ou de guerre. Les officiers sont sélectionnés parmi ceux récemment réformés, ce qui entraîne la perte de leurs pensions de réforme. Les soldats doivent avoir entre 17 et 40 ans en temps de paix, et entre 18 et 45 ans en temps de guerre, avec une taille minimale de cinq pieds un pouce en temps de guerre et de cinq pieds deux pouces en temps de paix. Le service militaire dure huit ans, avec des congés absolus à l'expiration de cette période. Des dispositions spécifiques concernent le service, la discipline et l'habillement de ces nouveaux régiments. Par ailleurs, plusieurs incidents notables ont été rapportés. Le 6 juillet, un incendie a détruit une partie de l'Opéra et menacé le Palais Royal à Paris. Les secours ont permis de sauver les archives et les tableaux précieux. Le même mois, des incendies ont ravagé les villages d'Effoyes en Champagne, de Vervins en Thiérache, et de Sainte-Marie à Py, causant des destructions massives et des pertes humaines. Enfin, les résultats des tirages de la loterie de l'Hôtel de Ville et de l'École Royale Militaire ont été annoncés, avec des gains allant jusqu'à cinquante mille livres.
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19260
p. 1447-1453
ITALIE.
Début :
Les Cardinaux Chefs d'Ordre ayant appris que les Bandits dont on a déja parlé, étoient venus [...]
Mots clefs :
Cardinal, Pape, Chefs, Troupes, Sacre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
"
Es Cardinaux Chefs d'Ordre ayant appris que
les Bandits dont on a déja parlé , étoient ve
nus piller des maifons de Campagne prefqu'aux
portes de Rome >ont donné des ordres au Gouverneur
de cette Ville , en vertu defquels il a fair
publier une Ordonnance par laquelle il recom
mande l'execution de la Bulle de Sixte V. qui
donne pouvoir aux Communes & à tout Particu
lier domicilié , de les tuer par tout où ils les trou
veront , promettant de plus 500 écus de recompenfe
à quiconque livrera vivant un de ces Bandits
à la Juftice , & 200 écus pour, chacun de
ceux qui auront été tués . Qutre ces ordres on
vient de faire partir encore deux détachemens de
Soldats , avec des Juges , des Greffiers , des Sbir
res & des Executeurs pour juger ces Voleurs &
les punir auffi- tôt qu'ils auront été arrêtés .
t
On a appris depuis que les Stirres envoyez contre
ces Bandits , en ont tué un auprès de Sabine ,
mais il y a conteftation entr'eux au fujet de la
recompenfe promife pour la mort de ce fcelerat,
plufieurs prétendant avoir tiré le coup qui l'a tué.
Le Cardinal Cibo ayant eu encore une foibleffe
depuis fa derniere faignée , fortit du Conclave le
4 Juin.
Le 8 Juin , la Proceffion folemnelle du S. Sa
11. Vol. crement
1448 MERCURE DE FRANCE
creinent , où tout le Clergé feculier & regulier
affifte , lorfqu'il y a un Pape, ne fe fit pas à caufe
du differend du Cardinal Camerlingue & du Cardinal
- Vicaire, mais on en fit de particulieres dans
les Eglifes de S. Jean de Latran , de S. Pierre du
Vatican , de S. Paul hors des murs , & de Sainte
Marie majeure. Le Cardinal Barberin porta lo
S. Sacrement à la Chapelle Pauline , où il de
meura expofé pendant le Scrutin , après lequel ce
Cardinal donna la Benediction.
Le même jour , on iéçut avis de Norcia que le
refte des maifons & des murailles de certe Ville
infortunée , qui étoient encore fur pied , avoient
été renversées le 28 Mai par une troifiéme fecouffe
de tremblement de terre,& qu'il étoit forti
en differens endroits de la Ville plufieurs fources
d'une eau fort claire , mais e pente quatité .
On mande de Leoniffe , petite Ville dans l'A
bruffe , fur les frontieres de l'Ombrie , que le 12
on y avoit effuyé un ouragan des plus terribles ,
lequel avoit été fuivi d'un tremblement de terre
qui avoit renversé plus de la moitié des maiſons
de la Ville , dont plus de 300 habitans avoient été
enfevelis fous les ruines . On a auffi fenti à Caffia
dans l'Ombrie plufieurs fecouffes de tremblement
de terre , mais qui n'ont caufé ucun dommage .
les
Le 13 Juin , Fête de S. Antoine de Padoue ,
Cardinaux Chefs d'Ordres firent dire cent Meffes
dans differentes Eglifes ,pour demander à Dieu de
nouvelles graces pour la prompte Election d'un
Pape.
Les Cardinaux ayant reflechi que c'étoit une
grande incommodité pour leurs Officiers & leurs
Domestiques de venir tous les jours en cortege au
Tour du Conclave , pour accompagner les vivres
& les provifions neceffaires pour chaque Cardi-.
nal , ont tenu unè Congregation particuliere
11. Voly dans
JUIN 1730. 1449
dans laquelle il a été réfolu qu'à l'avenir il fuffiroit
d'envoyer un fourgon accompagné d'un
Chapelain , d'un Gentilhomme , de deux Valets
de Chambre , & de quatre Eftafiers : les Cardinaux
Colonne , Alexandre Albani Lercari
Porzia , Querini ; Gotti & Senzendorf , fe font
déja conformés à cette réfolution , malgré l'oppofition
du Cardinal Pignatelli , Doyen du Sacré
·College , & de quelques autres Cardinaux qui
n'ont voulu rien changer à l'ancien ufage.
Les chaleurs commençant à devenir exceffives ,
la plupart des Cardinaux dont les Cellules font
du côté de la Boulangerie , en ont fait abbatre le
mur pour avoir plus d'air.
Le 14 du même mois , le Cardinal Corradini
eut trente voix au Scrutin du matin , ce qui fit
croire qu'il pourroit être élu Pape l'aprés midi
mais il n'en eut que 28 à l'accès depuis ce jour
il ne s'eft rien paffé au Conclave qui puiffe faire
croire que l'Election du Pape foit prochaine."
M. Santini eft arrivé dans le deffein de fe mettre
en poffeffion du grand Prieuré de Rome , auquel
le grand Maître de Malte l'a nommé , & dont le
facré College a difpofé en faveur du fecond fils
du Chevalier de S. Georges. On croit cependant
qu'on le déterminera à donner fa démiffion
moyennant une penfion.
Sur la fin du mois dernier ,il arriva un Courrier
avec des dépêches pour le Cardinal Cienfuegos, &
le bruit fe répandit auffi - tôt que l'Empereur ne
S'oppofe plus à l'Election des Cardinaux Tofcans
qui pourroient être propofez dans le Conclave.
Les Cardinaux Chefs - d'Ordre envoyerent ordre
au commencement de ce mois à M. Bondelmonte
, Vicaire Apoftolique de Benevent, de faire
fortir des prifons l'Archiprêtre de Sainte Luce
qu'il avoit fait mettre aux fers , parce qu'il lui
I I. Vola
avoir
1450 MERCURE DE FRANCE
avoit fait fignifier d'une maniere peu reſpectu eu fe
une proteftation de M. Targa , Grand - Vicaire de
la même Ville , contre toutes les procedures qu'il
avoit faites jufqu'à prefent , laquelle proteftation
étoit fondée fur le refus que ce Vicaire Apoftolique
avoit fait de rendre fa commiffion publique,
mais comme il a craint que d'autres particuliers
ne fe ferviffent du même prétexte pour defobéir
à fes ordres , il a fait publier cetic commiffion
avec les Lettres Patentes du Sacré College ; après
quoi il a fait fermer une des portes de la Ville &
renforcer les Corps de gardes de celles qui font
ouvertes , pour prévenir la fuite de quelques perfonnes
accufées de malverfations qu'il a ordre de
faire punir. On a appris depuis que les Ecclefiaftiques
de Benevent attachés au Cardinal Coſcia`,
ayant envoyé au Sacré College un Memoire dans
lequel ils établiffoient la neceffité de leur conferer
les Ordres Sacrés , à caufe qu'ils ne pouvoient
deffervir les Benefices aufquels ils ont été nommés
, les Cardinaux Chefs d'Ordres ont écrit à
M. Cofcia , Evêque Titulaire de Targa , qui s'étoit
retiré dans le Royaume de Naples , pour l'engager
à venir faire cette ordination ; & ce Prélat
s'étant rendu pour cela à Benevent , il y a vû M.
Bondelmonte , qui lui a rendu fa vifite. Ce Commiflaire
Apoftolique du Diocèfe avoit pris la réfolution
d'abandonner les fonctions de fa Charge
& de retourner chez lui à caufe des ordres qu'il
avoit reçûs de remettre en liberté l'Archiprêtre de
Sainte Lucie , prétendant que c'étoit condamner
fa conduite que de lui donner de pareils ordres ;
mais il s'eſt déterminé à demeurer à Benevent de
puis que le Sacré College lui a écrit une Lettre
en forme de Decret , par laquelle il approuve &
confirme tout ce que cet Ecclefiaftique a fait juf
qu'à prefent dans le Diocèle de Benevent.
II. Vol. On
JUI N. 1730. 1451
On a reçû avis de Lisbonne que le Roi ayant
deffein de faire conduire dans cette Ville l'eau
d'une fource qui eft dans les Montagnes voifines,
pour la commodité des Habitans , & ne le pou
vant faire fans une dépenfe extraordinaire ' , ilavoit
réfolu de lever une taxe fur les Ecclefiaftiques
de fon Royaume pour l'aider à faire les frais
de cette entreprife ; mais que le Patriarche dé
Lisbonne s'étoit oppofé à l'execution de ce projet
, prétendant que S. M. Port . ne pouvoit lever
aucune impofition fur les revenus du Clergé de
fes Etats fans l'aveu du Pape , & qu'il falloit attendre
qu'il y en eut un d'élu. On craint que ce
nouvel incident ne retarde Paccommodement
qui fe negocioit avec le Sacré College par un Jefuite
qui eft l'Agent fecret du Roi de Portugal.
Les Dominicains de Venife ont obtenu un Ordre
du Sacré College pour fe faire rendre par les
Chanoines de Benevent un Calice d'or , garni de
pierres précieufes , dont M, Farfetti , Archevêque
de Ravenne avoit fait prefent au feu Pape
lorfqu'il le facra à Benevent , & que $ . S. avoit
fait mettre dans le Trefor de l'Eglife Metropolitaine
, avec ordre de le donner après la mort a
ces Religieux , chez lefquels il avoit pris l'habit.
Les Dominicains de Naples fe font fait remettre
auffi la Bibliotheque de ce Pape , dont il
leur avoit fait don immediatement après fon
Election au Pontificat.
On a propofé au Senat de Milan de lever une
taxe annuelle de 9 livres par tête fur les Payfans
du Duché depuis l'âge de 20 ans jufqu'à 60 ;
mais cette propofition a été unanimement rejettée
comme trop onereufe ; on à feulement accordé
une contribution extraordinaire pour le pain , le
foin , l'avoine & le logement des Troupes Imperiales
nouvellement arrivées d'Allemagne , &
II. Vol.
qui
1452 MERCURE DE FRANCE
qui ont leurs quartiers dans le pays , où elles continuent
de commettre de grands defordres , malgré
les ordres réïterés que l'Empereur a donnez
de leur faire obſerver une exacte difcipline.
On apprend de l'Ile de Corfe , que deux détachemens
des Troupes que M. Venerofo comman
de dans l'Ifle , avoient été furpris & battus par
les
mécontens ; qu'ils continuoient de fe tenir aux
environs de la Baftia ; que plufieurs familles de
l'Ile qui jufqu'à prefent n'avoient rien fait contre
leur devoir , s'étoient rangées du côté des
Rebelles , pour prévenir le pillage de leurs Mai-.
fons ; que les Chefs qui commandent ces mutins
avoient fait dire à M. Venerofo qu'ils ne quitteroient
les armes que lorfque la Republique leur
auroit donné fatisfaction fur leurs plaintes
qu'on croyoit que les Genois feroient obligez
d'envoyer contre eux des Troupes étrangeres
n'en ayant pas fuffisamment pour les foumettre.
&
On a appris depuis que ces Montagnards ont
rejetté toutes les propofitions qui leur ont été faites
par M. Venerofo , Commiffaire de la République
de Genes , & qu'ils ont menacé d'attaquer
toutes les places , de l'ile fi dans quinze jours on
ne les fatisfait pas fur toutes les demandes dont
ils ont envoyé un Memoire à la Republique . Ce
Commiffaire a écrit au Senat pour demander
fon rappel , reprefentant qu'il lui étoit defagreable
de difputer avec des rebelles qui ne veulent
traitter que les armes à la main ; que n'étant pas
en état de les faire rentrer dans leur devoir , il
croyoit qu'il n'étoit pas de fon honneur ni de
celui de la Republique de fe compromettre plus
longtems , & qu'enfin il falloit prendre le parti
de les reduire , ou de leur accorder les conditions
qu'ils demandent , le Senat ayant élu depuis peu
M. Jean - François Gropalo pour Gouverneur
11. Vol. General
JUI N. 17.30 . 1453
General de l'Ile de Corfe, lui a donné des pleins
pouvoirs pour traiter d'un accomodement avec
ces Rebelles.
"
Es Cardinaux Chefs d'Ordre ayant appris que
les Bandits dont on a déja parlé , étoient ve
nus piller des maifons de Campagne prefqu'aux
portes de Rome >ont donné des ordres au Gouverneur
de cette Ville , en vertu defquels il a fair
publier une Ordonnance par laquelle il recom
mande l'execution de la Bulle de Sixte V. qui
donne pouvoir aux Communes & à tout Particu
lier domicilié , de les tuer par tout où ils les trou
veront , promettant de plus 500 écus de recompenfe
à quiconque livrera vivant un de ces Bandits
à la Juftice , & 200 écus pour, chacun de
ceux qui auront été tués . Qutre ces ordres on
vient de faire partir encore deux détachemens de
Soldats , avec des Juges , des Greffiers , des Sbir
res & des Executeurs pour juger ces Voleurs &
les punir auffi- tôt qu'ils auront été arrêtés .
t
On a appris depuis que les Stirres envoyez contre
ces Bandits , en ont tué un auprès de Sabine ,
mais il y a conteftation entr'eux au fujet de la
recompenfe promife pour la mort de ce fcelerat,
plufieurs prétendant avoir tiré le coup qui l'a tué.
Le Cardinal Cibo ayant eu encore une foibleffe
depuis fa derniere faignée , fortit du Conclave le
4 Juin.
Le 8 Juin , la Proceffion folemnelle du S. Sa
11. Vol. crement
1448 MERCURE DE FRANCE
creinent , où tout le Clergé feculier & regulier
affifte , lorfqu'il y a un Pape, ne fe fit pas à caufe
du differend du Cardinal Camerlingue & du Cardinal
- Vicaire, mais on en fit de particulieres dans
les Eglifes de S. Jean de Latran , de S. Pierre du
Vatican , de S. Paul hors des murs , & de Sainte
Marie majeure. Le Cardinal Barberin porta lo
S. Sacrement à la Chapelle Pauline , où il de
meura expofé pendant le Scrutin , après lequel ce
Cardinal donna la Benediction.
Le même jour , on iéçut avis de Norcia que le
refte des maifons & des murailles de certe Ville
infortunée , qui étoient encore fur pied , avoient
été renversées le 28 Mai par une troifiéme fecouffe
de tremblement de terre,& qu'il étoit forti
en differens endroits de la Ville plufieurs fources
d'une eau fort claire , mais e pente quatité .
On mande de Leoniffe , petite Ville dans l'A
bruffe , fur les frontieres de l'Ombrie , que le 12
on y avoit effuyé un ouragan des plus terribles ,
lequel avoit été fuivi d'un tremblement de terre
qui avoit renversé plus de la moitié des maiſons
de la Ville , dont plus de 300 habitans avoient été
enfevelis fous les ruines . On a auffi fenti à Caffia
dans l'Ombrie plufieurs fecouffes de tremblement
de terre , mais qui n'ont caufé ucun dommage .
les
Le 13 Juin , Fête de S. Antoine de Padoue ,
Cardinaux Chefs d'Ordres firent dire cent Meffes
dans differentes Eglifes ,pour demander à Dieu de
nouvelles graces pour la prompte Election d'un
Pape.
Les Cardinaux ayant reflechi que c'étoit une
grande incommodité pour leurs Officiers & leurs
Domestiques de venir tous les jours en cortege au
Tour du Conclave , pour accompagner les vivres
& les provifions neceffaires pour chaque Cardi-.
nal , ont tenu unè Congregation particuliere
11. Voly dans
JUIN 1730. 1449
dans laquelle il a été réfolu qu'à l'avenir il fuffiroit
d'envoyer un fourgon accompagné d'un
Chapelain , d'un Gentilhomme , de deux Valets
de Chambre , & de quatre Eftafiers : les Cardinaux
Colonne , Alexandre Albani Lercari
Porzia , Querini ; Gotti & Senzendorf , fe font
déja conformés à cette réfolution , malgré l'oppofition
du Cardinal Pignatelli , Doyen du Sacré
·College , & de quelques autres Cardinaux qui
n'ont voulu rien changer à l'ancien ufage.
Les chaleurs commençant à devenir exceffives ,
la plupart des Cardinaux dont les Cellules font
du côté de la Boulangerie , en ont fait abbatre le
mur pour avoir plus d'air.
Le 14 du même mois , le Cardinal Corradini
eut trente voix au Scrutin du matin , ce qui fit
croire qu'il pourroit être élu Pape l'aprés midi
mais il n'en eut que 28 à l'accès depuis ce jour
il ne s'eft rien paffé au Conclave qui puiffe faire
croire que l'Election du Pape foit prochaine."
M. Santini eft arrivé dans le deffein de fe mettre
en poffeffion du grand Prieuré de Rome , auquel
le grand Maître de Malte l'a nommé , & dont le
facré College a difpofé en faveur du fecond fils
du Chevalier de S. Georges. On croit cependant
qu'on le déterminera à donner fa démiffion
moyennant une penfion.
Sur la fin du mois dernier ,il arriva un Courrier
avec des dépêches pour le Cardinal Cienfuegos, &
le bruit fe répandit auffi - tôt que l'Empereur ne
S'oppofe plus à l'Election des Cardinaux Tofcans
qui pourroient être propofez dans le Conclave.
Les Cardinaux Chefs - d'Ordre envoyerent ordre
au commencement de ce mois à M. Bondelmonte
, Vicaire Apoftolique de Benevent, de faire
fortir des prifons l'Archiprêtre de Sainte Luce
qu'il avoit fait mettre aux fers , parce qu'il lui
I I. Vola
avoir
1450 MERCURE DE FRANCE
avoit fait fignifier d'une maniere peu reſpectu eu fe
une proteftation de M. Targa , Grand - Vicaire de
la même Ville , contre toutes les procedures qu'il
avoit faites jufqu'à prefent , laquelle proteftation
étoit fondée fur le refus que ce Vicaire Apoftolique
avoit fait de rendre fa commiffion publique,
mais comme il a craint que d'autres particuliers
ne fe ferviffent du même prétexte pour defobéir
à fes ordres , il a fait publier cetic commiffion
avec les Lettres Patentes du Sacré College ; après
quoi il a fait fermer une des portes de la Ville &
renforcer les Corps de gardes de celles qui font
ouvertes , pour prévenir la fuite de quelques perfonnes
accufées de malverfations qu'il a ordre de
faire punir. On a appris depuis que les Ecclefiaftiques
de Benevent attachés au Cardinal Coſcia`,
ayant envoyé au Sacré College un Memoire dans
lequel ils établiffoient la neceffité de leur conferer
les Ordres Sacrés , à caufe qu'ils ne pouvoient
deffervir les Benefices aufquels ils ont été nommés
, les Cardinaux Chefs d'Ordres ont écrit à
M. Cofcia , Evêque Titulaire de Targa , qui s'étoit
retiré dans le Royaume de Naples , pour l'engager
à venir faire cette ordination ; & ce Prélat
s'étant rendu pour cela à Benevent , il y a vû M.
Bondelmonte , qui lui a rendu fa vifite. Ce Commiflaire
Apoftolique du Diocèfe avoit pris la réfolution
d'abandonner les fonctions de fa Charge
& de retourner chez lui à caufe des ordres qu'il
avoit reçûs de remettre en liberté l'Archiprêtre de
Sainte Lucie , prétendant que c'étoit condamner
fa conduite que de lui donner de pareils ordres ;
mais il s'eſt déterminé à demeurer à Benevent de
puis que le Sacré College lui a écrit une Lettre
en forme de Decret , par laquelle il approuve &
confirme tout ce que cet Ecclefiaftique a fait juf
qu'à prefent dans le Diocèle de Benevent.
II. Vol. On
JUI N. 1730. 1451
On a reçû avis de Lisbonne que le Roi ayant
deffein de faire conduire dans cette Ville l'eau
d'une fource qui eft dans les Montagnes voifines,
pour la commodité des Habitans , & ne le pou
vant faire fans une dépenfe extraordinaire ' , ilavoit
réfolu de lever une taxe fur les Ecclefiaftiques
de fon Royaume pour l'aider à faire les frais
de cette entreprife ; mais que le Patriarche dé
Lisbonne s'étoit oppofé à l'execution de ce projet
, prétendant que S. M. Port . ne pouvoit lever
aucune impofition fur les revenus du Clergé de
fes Etats fans l'aveu du Pape , & qu'il falloit attendre
qu'il y en eut un d'élu. On craint que ce
nouvel incident ne retarde Paccommodement
qui fe negocioit avec le Sacré College par un Jefuite
qui eft l'Agent fecret du Roi de Portugal.
Les Dominicains de Venife ont obtenu un Ordre
du Sacré College pour fe faire rendre par les
Chanoines de Benevent un Calice d'or , garni de
pierres précieufes , dont M, Farfetti , Archevêque
de Ravenne avoit fait prefent au feu Pape
lorfqu'il le facra à Benevent , & que $ . S. avoit
fait mettre dans le Trefor de l'Eglife Metropolitaine
, avec ordre de le donner après la mort a
ces Religieux , chez lefquels il avoit pris l'habit.
Les Dominicains de Naples fe font fait remettre
auffi la Bibliotheque de ce Pape , dont il
leur avoit fait don immediatement après fon
Election au Pontificat.
On a propofé au Senat de Milan de lever une
taxe annuelle de 9 livres par tête fur les Payfans
du Duché depuis l'âge de 20 ans jufqu'à 60 ;
mais cette propofition a été unanimement rejettée
comme trop onereufe ; on à feulement accordé
une contribution extraordinaire pour le pain , le
foin , l'avoine & le logement des Troupes Imperiales
nouvellement arrivées d'Allemagne , &
II. Vol.
qui
1452 MERCURE DE FRANCE
qui ont leurs quartiers dans le pays , où elles continuent
de commettre de grands defordres , malgré
les ordres réïterés que l'Empereur a donnez
de leur faire obſerver une exacte difcipline.
On apprend de l'Ile de Corfe , que deux détachemens
des Troupes que M. Venerofo comman
de dans l'Ifle , avoient été furpris & battus par
les
mécontens ; qu'ils continuoient de fe tenir aux
environs de la Baftia ; que plufieurs familles de
l'Ile qui jufqu'à prefent n'avoient rien fait contre
leur devoir , s'étoient rangées du côté des
Rebelles , pour prévenir le pillage de leurs Mai-.
fons ; que les Chefs qui commandent ces mutins
avoient fait dire à M. Venerofo qu'ils ne quitteroient
les armes que lorfque la Republique leur
auroit donné fatisfaction fur leurs plaintes
qu'on croyoit que les Genois feroient obligez
d'envoyer contre eux des Troupes étrangeres
n'en ayant pas fuffisamment pour les foumettre.
&
On a appris depuis que ces Montagnards ont
rejetté toutes les propofitions qui leur ont été faites
par M. Venerofo , Commiffaire de la République
de Genes , & qu'ils ont menacé d'attaquer
toutes les places , de l'ile fi dans quinze jours on
ne les fatisfait pas fur toutes les demandes dont
ils ont envoyé un Memoire à la Republique . Ce
Commiffaire a écrit au Senat pour demander
fon rappel , reprefentant qu'il lui étoit defagreable
de difputer avec des rebelles qui ne veulent
traitter que les armes à la main ; que n'étant pas
en état de les faire rentrer dans leur devoir , il
croyoit qu'il n'étoit pas de fon honneur ni de
celui de la Republique de fe compromettre plus
longtems , & qu'enfin il falloit prendre le parti
de les reduire , ou de leur accorder les conditions
qu'ils demandent , le Senat ayant élu depuis peu
M. Jean - François Gropalo pour Gouverneur
11. Vol. General
JUI N. 17.30 . 1453
General de l'Ile de Corfe, lui a donné des pleins
pouvoirs pour traiter d'un accomodement avec
ces Rebelles.
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Résumé : ITALIE.
En juin 1730, les Cardinaux Chefs d'Ordre à Rome ont réagi aux pillages de maisons de campagne en appliquant la Bulle de Sixte V, qui autorise les particuliers à tuer les bandits et offre des récompenses pour leur capture ou leur mort. Des soldats ont été envoyés pour juger et punir les voleurs, mais des contestations sur les récompenses ont surgi après la mort d'un bandit près de Sabine. Le Cardinal Cibo a quitté le Conclave le 4 juin en raison d'une faiblesse. Le 8 juin, une procession solennelle du Saint-Sacrement n'a pas eu lieu à cause d'un différend entre le Cardinal Camerlingue et le Cardinal Vicaire, mais des processions particulières ont été organisées dans plusieurs églises. Ce même jour, des nouvelles de Norcia ont rapporté une nouvelle secousse de tremblement de terre, tandis qu'à Leonisse, un ouragan suivi d'un tremblement de terre a causé la destruction de nombreuses maisons et la mort de plus de 300 habitants. Des secousses ont également été ressenties à Cassia sans dommage majeur. Le 13 juin, les Cardinaux Chefs d'Ordre ont fait dire cent messes pour demander une élection rapide d'un Pape et ont réduit le cortège quotidien au Conclave malgré l'opposition du Cardinal Pignatelli. Les chaleurs excessives ont poussé certains Cardinaux à abattre un mur pour améliorer la ventilation. Le Cardinal Corradini a obtenu 30 voix au scrutin du 14 juin, mais n'a ensuite recueilli que 28 voix, sans perspective d'élection imminente. M. Santini est arrivé pour prendre possession du grand Prieuré de Rome, mais il est probable qu'il démissionnera en échange d'une pension. Des dépêches ont indiqué que l'Empereur ne s'opposait plus à l'élection de Cardinaux toscans. À Benevent, le Vicaire Apostolique a libéré l'Archiprêtre de Sainte-Lucie suite à une protestation, et le Cardinal Coscia est venu pour ordonner des ecclésiastiques. Le Roi du Portugal a envisagé de lever une taxe sur le clergé pour financer un projet d'eau à Lisbonne, mais le Patriarche s'y est opposé. Les Dominicains de Venise et de Naples ont récupéré des objets appartenant au feu Pape. À Milan, une proposition de taxe annuelle a été rejetée, mais une contribution extraordinaire a été accordée pour les troupes impériales. À l'île de Corse, des détachements de troupes ont été battus par des mécontents, et des familles se sont jointes aux rebelles. Les chefs rebelles ont menacé d'attaquer les places de l'île si leurs demandes n'étaient pas satisfaites. Le Sénat de Gênes a nommé M. Jean-François Gropalo comme Gouverneur général pour négocier un accord avec les rebelles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19261
p. 1428
MADRIGAL,
Début :
Damon, belle Dufresne, après quatre ans d'absence, [...]
Mots clefs :
Dufresne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL,
MADRIGAL ,
Damon , belle Dufresne , après quatre ans d'ab
sence ,
Revient , brûlant d'impatience ,
De voir , d'entendre et de louer
L'Actrice , dont encore sa mémoire est remplie
Quel changement , dit- il , en te voyant joüer !
La Lecouvreur est embellie .
Damon , belle Dufresne , après quatre ans d'ab
sence ,
Revient , brûlant d'impatience ,
De voir , d'entendre et de louer
L'Actrice , dont encore sa mémoire est remplie
Quel changement , dit- il , en te voyant joüer !
La Lecouvreur est embellie .
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19262
p. 180-181
I.
Début :
La mort d'Hercule & celle de Didon, deux estampes en pendant d'environ 15 pouces [...]
Mots clefs :
Hercule, Didon, Bûcher
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : I.
I.
La mort d'Hercule & celle de Didon, deux
eſtampes en pendant d'environ is poucesde
haut fur 11 de large. A Paris ,
aux adreſſes ordinaires de gravure .
Ces deux ſujets , empruntés de l'hiftoire
poëtique , ont été gravés par J. Bap .
AVRIL. 1769 . 181
Michel , d'après les tableaux originaux
de M. Challe , peintre ordinaire du Roi ,
&deſſinateur de ſa chambre & de fon
cabinet. La premiere eſtampe repréſente
Hercule , qui pour ſe délivrer des douleurs
inſupportables que lui cauſe la robe
enchantée du centaure Neffus , s'eſt jetté
fur le bucher ardent qui doit le confumer.
Dans la ſeconde estampe , Didon termine
également ſon deſtin par les flammes d'un
bucher qu'elle a fait allumer. Elle eſt
prête à ſe frapper de l'épée d'Enée ſon
amant ; préſent , dit Virgile , deſtiné à
d'autres uſages.
La mort d'Hercule & celle de Didon, deux
eſtampes en pendant d'environ is poucesde
haut fur 11 de large. A Paris ,
aux adreſſes ordinaires de gravure .
Ces deux ſujets , empruntés de l'hiftoire
poëtique , ont été gravés par J. Bap .
AVRIL. 1769 . 181
Michel , d'après les tableaux originaux
de M. Challe , peintre ordinaire du Roi ,
&deſſinateur de ſa chambre & de fon
cabinet. La premiere eſtampe repréſente
Hercule , qui pour ſe délivrer des douleurs
inſupportables que lui cauſe la robe
enchantée du centaure Neffus , s'eſt jetté
fur le bucher ardent qui doit le confumer.
Dans la ſeconde estampe , Didon termine
également ſon deſtin par les flammes d'un
bucher qu'elle a fait allumer. Elle eſt
prête à ſe frapper de l'épée d'Enée ſon
amant ; préſent , dit Virgile , deſtiné à
d'autres uſages.
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Résumé : I.
En 1769, J. Bap. Avril a réalisé deux estampes d'après M. Challe : 'La mort d'Hercule' et 'celle de Didon'. La première montre Hercule se jetant dans un bûcher pour échapper à la douleur causée par la robe de Nessus. La seconde représente Didon se suicidant avec l'épée d'Énée près d'un bûcher. Chaque estampe mesure environ 10 pouces de haut sur 11 de large.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19263
p. 180-181
MARIAGES.
Début :
Joseph de Bauffremont, Prince de l'Empire, Chef d'Escadre des Armées Navales de Sa Majesté [...]
Mots clefs :
Bénédiction nuptiale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Jofeph de Bauffremont , Prince de l'Empire ,
Chef d'Efcadre des Armées Navales de Sa Majefté
, a épousé , moyennant une difpenfe du
Pape , Louife- Benigne de Bauffremont , fille de
Louis de Bauffremont , ſon frere , Prince de l'Empire
, Lieutenant Général des Armées du Roi ,
Meftre-de-Camp d'un Régiment de Dragons de
fon nom , Gouverneur de Seiffel , & Chevalier
d'Honneur au Parlement de Franche-Comté ; &
de Marie - Simonne -Ferdinand de Tenarre - Montmain
. La bénédiction nuptiale leur a été donnée
dans la Chapelle particuliere du Château de Sceyfur-
Saone , par
le Cardinal de Choifeul , Archevêque
Diocélain. Le nouvel époux a pris , avec la
permiffion du Roi , le nom de Prince de Liftenois.
Marc-Antoine , Comte de Levy , Colonel du
Régiment Royal Rouffillon , infanterie , a époufé
le premier Décembre Louife. Magdeleine de la
Reyniere. La bénédiction nuptiale leur a été donnée
dans la Chapelle de l'Hôtel de Villeroy.
$ Charles-Anne-Sigifmond de Montmorency-
Luxembourg , Duc d'Olonne & de Châtillonfur-
Loing , Maréchal des Camps & Armées du
JANVIER . 1763 . 181
Roi , a épousé Marie - Jeanne-Thérefe de l'Epinai
de Marteville , veuve de Joſeph- Maurice- Annibal
de Montmorency - Luxembourg , Comte de
Montmorency , Souverain de Luxe , & Lieutenant-
Général des Armées du Roi.
Charles-Magdeleine de Preillac , Vicomte d'Efclignac
, Maréchal des Camps & Armées du Roi ,
a été marié à Toulouſe le 10 Novembre dernier
dans la Chapelle de l'Hôtel de Malte , avec Demoiſelle
Marie- Charlotte de Varagne de Gardouch
, fille du Marquis de Gardouch- Beleſta. La
bénédiction nuptiale leur a été donnée par l'Evêque
de Lombès.
Jofeph de Bauffremont , Prince de l'Empire ,
Chef d'Efcadre des Armées Navales de Sa Majefté
, a épousé , moyennant une difpenfe du
Pape , Louife- Benigne de Bauffremont , fille de
Louis de Bauffremont , ſon frere , Prince de l'Empire
, Lieutenant Général des Armées du Roi ,
Meftre-de-Camp d'un Régiment de Dragons de
fon nom , Gouverneur de Seiffel , & Chevalier
d'Honneur au Parlement de Franche-Comté ; &
de Marie - Simonne -Ferdinand de Tenarre - Montmain
. La bénédiction nuptiale leur a été donnée
dans la Chapelle particuliere du Château de Sceyfur-
Saone , par
le Cardinal de Choifeul , Archevêque
Diocélain. Le nouvel époux a pris , avec la
permiffion du Roi , le nom de Prince de Liftenois.
Marc-Antoine , Comte de Levy , Colonel du
Régiment Royal Rouffillon , infanterie , a époufé
le premier Décembre Louife. Magdeleine de la
Reyniere. La bénédiction nuptiale leur a été donnée
dans la Chapelle de l'Hôtel de Villeroy.
$ Charles-Anne-Sigifmond de Montmorency-
Luxembourg , Duc d'Olonne & de Châtillonfur-
Loing , Maréchal des Camps & Armées du
JANVIER . 1763 . 181
Roi , a épousé Marie - Jeanne-Thérefe de l'Epinai
de Marteville , veuve de Joſeph- Maurice- Annibal
de Montmorency - Luxembourg , Comte de
Montmorency , Souverain de Luxe , & Lieutenant-
Général des Armées du Roi.
Charles-Magdeleine de Preillac , Vicomte d'Efclignac
, Maréchal des Camps & Armées du Roi ,
a été marié à Toulouſe le 10 Novembre dernier
dans la Chapelle de l'Hôtel de Malte , avec Demoiſelle
Marie- Charlotte de Varagne de Gardouch
, fille du Marquis de Gardouch- Beleſta. La
bénédiction nuptiale leur a été donnée par l'Evêque
de Lombès.
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Résumé : MARIAGES.
En 1763, plusieurs mariages notables ont eu lieu. Joseph de Bauffremont, Prince de l'Empire et Chef d'Escadre des Armées Navales, a épousé Louise-Bénigne de Bauffremont, fille de Louis de Bauffremont, Prince de l'Empire et Lieutenant Général des Armées du Roi. La cérémonie s'est déroulée dans la Chapelle particulière du Château de Scey-sur-Saône, avec la bénédiction du Cardinal de Choiseul, Archevêque Diocésain. Joseph de Bauffremont a adopté le titre de Prince de Liftenois avec la permission du Roi. Marc-Antoine, Comte de Levy, Colonel du Régiment Royal Rouffillon, a épousé Louise-Madeleine de la Reyniere le 1er décembre. La bénédiction nuptiale a été donnée dans la Chapelle de l'Hôtel de Villeroy. Charles-Anne-Sigismond de Montmorency-Luxembourg, Duc d'Olonne et de Châtillon-sur-Loing, Maréchal des Camps et Armées du Roi, a épousé Marie-Jeanne-Thérèse de l'Epinay de Marteville, veuve de Joseph-Maurice-Annibal de Montmorency-Luxembourg, Comte de Montmorency et Lieutenant-Général des Armées du Roi. Charles-Magdeleine de Preillac, Vicomte d'Escignac, Maréchal des Camps et Armées du Roi, a épousé Marie-Charlotte de Varagne de Gardouch, fille du Marquis de Gardouch-Belesta, à Toulouse le 10 novembre. La bénédiction nuptiale a été donnée par l'Évêque de Lombès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19264
p. 1428-1441
L'heureux Stratagême, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
L'Heureux Stratageme, Comédie nouvelle en Prose, en trois Actes, de M. de [...]
Mots clefs :
Marivaux, Théâtre-Italien, Comtesse, Marquise , Dorante, Amour, Chevalier, Coeur, Feinte, Pièce, Valet, Mariage, Infidélité, Surprise, Maîtresse
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texteReconnaissance textuelle : L'heureux Stratagême, Extrait, [titre d'après la table]
L'Heureux Stratageme , Comédie nou
velle en Prose , en trois Actes , de M. de
Marivaux , représentée au Théatre Ita
lien , le 6 Juin 1733 .
ACTEURS.
La Comtesse ,
Dorante , Amante de la
Comtesse
La Marquise ,
Le Chevalier Damis ,
Gascon , Amant de la
› Marquise
Comtesse ,
La Dile Silvia:
Le S Romagnesy.
La Dile Thomassi
Lisette , Suivante de la
Arlequin, Valet de Dorante
,
Frontin , Valet du Che-
Le St Lélio.
La Dule Lélio.
valier , Le S Dominique.
JUIN.
1429 1733
Blaise , Jardinier de la
Comtesse , Le S' Mario.
La Scene est chez la Comtesse.
Les beautez qui sont répanduës dans
cette Piéce ne sont peut- être pas à la portée
de tout le monde ; mais ceux qui accusent
l'Autheur d'avoir trop d'esprit ,
ne laissent pas de convenir qu'il a une
parfaite connoissance du coeur humain ,
et que peu de gens font une plus exacte
Analise de ce qui se passe dans celui des
femmes . L'Héroïne de cette Comédie est
une Comtesse, qui traite d'abord la Fidelité
de chimere , parce qu'elle regarde
cette vertu comme un obstacle à la passion
si naturelle au beau sexe , qui est de
faire valoir ses droits sur tous.les coeurs ;
prévenue en faveur de ses attraits , elle
ne croit rien hazarder en volant de conquête
en conquête ; elle aime Dorante ,
mais elle n'est pas fâchée d'être aimée du
Chevalier Damis , et trouve fort mauvais
que son premier adorateur s'en formalise
; la maniere dont elle s'explique avec
Dorante , sur les reproches qu'il ose lui
faire de son nouvel engagement , acheve
de le désesperer. Il se croit véritablement
effacé du coeur de sa Maîtresse , quoiqu'il
ne soit que sacrifié à sa vanité ; une Mar
1 Vol. Hiiij quise
1430 MERCURE DE FRANCE
quise à qui la Comtesse a enlevé un Aman:
dont la perte ne lui tient pas , à beau
coup près , tant au coeur , que Dorante
est sensible à celle qu'il croit avoit faite
à l'amour de la Comtesse , lui vient ou
vrir les yeux ; je connois mon sexe , lui
dit- elle , la Comtesse n'est infidelle qu'en
apparence ; l'envie de faire une nouvell
conquête flatte son amour propre , mais
la crainte d'en perdre une , qu'elle a déja
faite , allarmera ce même amour propre ,
et vous le rendra pius tendre que jamais ;
ce sage conseil est suivi de la proposi
tion qu'elle lui fait de feindre un nouvel
amour dont elle veut bien paroître l'ob
jet ; la proposition rêvolte d'abord , mais
elle est enfin acceptée. La Comtesse ne
daigne pas même donner la moindre
croyance aux nouveaux engagemens
qu'on lui annonce que Dorante vient
de prendre ; elle ne croit pas la chose sérieuse
, parce qu'elle la croit impossible ;
elle croiroit dégrader ses attraits , si elle
s'abbaissoit jusqu'à la crainte ; elle fait
plus , elle découvre le piége qu'on lui
tend , mais elle ne laisse pas d'y donner
dans la suite ; en effet , elle pense juste ,
quand elle dit que Dorante feint d'aimer
la Comtesse pour la rendre jalouse , et
cependant elle va par dégrez , jusqu'à
I I. Vol. craindre
JUIN 1733
1431
craindre que cette feinte ne soit une vérité
, et de la crainte elle passe jusqu'à
la conviction.
se ,
A ce fond de Piece est joint un Episo
de , qui , peut être , a donné lieu de dire
que c'est une nouvelle surprise de l'Amour.
Le voici : Blaise, Jardinier de la Comtesdoit
marier Lisette , sa fille , avec Arlequin
, valet de Dorante ; il vient prier
Dorante de vouloir bien porter la Comtesse
à donner une centaine de livres à sa
fille , pour les frais de la nôce , et pour
l'aider à se mettre en ménage . Dorante
qui commence à se douter de l'infidelité
de la Comtesse, lui répond qu'il ne croit
plus avoir de crédit sur son esprit , parce
qu'il n'en a plus sur son coeur. Toute la
suite de cet Episode a beaucoup de conformité
avec celui de la premiere surprise
de l'amour ; mais cette ressemblance
d'Episodes n'empêche pas que le fond
ne soit tres différent. Finissons cette digression
, et reprenons le fil de la Piece.
Dorante, par le conseil de la Marquise ,
ordonne à Arlequin de ne plus voir Lisette
;la raison qui l'oblige à lui faire cette
deffense , c'est , dit- il , que la Comtesse
pourroit croire qu'il continue à voir la
Suivante , pour épier la Maîtresse . Arlequin
ne peut se résoudre à se priver de
II. Vol. . Hv
la
1432 MERCURE DE FRANCE
la vûë et de la conversation de sa chere
Lisette ; mais la promesse que son Maître
lui fait , de la lui rendre plus tendre
que jamais , le détermine à lui obéïr.
Voici ce que cette heureuse deffense produit
: Blaise se plaint à la Comtesse des
obstacles. que Madame la Marquise apporte
à l'établissement de sa fille ; en effet,
la Marquise a bien voulu prendre cela sur
son compte à la priere de Dorante, qui né
veut point que la Comtesse lui en fasse
un crime , ou du moins ne l'accuse d'impolitesse
, attendu que c'est elle- même
qui a arrangé le mariage du Valet , dans
le temps qu'elle vouloit épouser le Maître.
La Comtesse veut avoir un éclaircissement
avec Dorante; sur cet affront,qu'elle
fait servir de prétexte au désir secret qu'el
le a de rentrer dans les droits que sa beauté
lui a donnés sur son coeur , elle lui en
parle d'un ton de Maîtresse , et lui dit
qu'elle veut absolument que le mariage
qu'elle a projetté entre Arlequin et Lisette
, s'acheve. Dorante lui répond qu'il en
parlera à la Marquise; la Comtesse lui die
avec fierté , qu'elle n'a que faire du consentement
de la personne même qui l'offense
, et que c'est à lui à la vanger . Dorante
lui déclare que ses ordres pouvoient
tout sur lui autrefois , mais que
11. Vol. les
JUIN. 1733.
1433
les temps sont changez , puisqu'elle l'a
bien voulu , et qu'elle lui a montré un
exemple d'infidélité , dont il a cru devoir
profiter ; la Comtesse ne peut soûtenir
cette humiliation , et lui dit une seconde
fois , quoique d'un top un peu moins
ferme , qu'elle veut être obéie. Dorante
se retire sans lui rien promettre.
La Comtesse sent plus que jamais.combien
un exemple d'infidélité est dangereux
. Elle commence à croire que celle
de Dorante n'est pas une feinte , et s'en
plaint à Lisette.
Damis vient et la presse de le rendre
heureux; cette derniere conquête n'a plus
rien qui la flatte ; un coeur qu'elle a gagné
, n'a rien qui la dédommage de celur.
qu'elle a perdu elle n'en fait pourtant
fien connoître à Damis; elle feint au contraire
de plaindre Dorante , et dit au
Chevalier qu'il faut ménager sa douleur
en differant leur hymen . Damis a beau
la presser de l'achever , rien ne peut lui
faire changer une résolution que la pitié
lui inspire , bien moins que l'amour.
Dorante persuadé qu'il est aimé de fa
Comtesse , voudroit se jetter à ses pieds
pour lui demander pardon de sa feinte et
pour se reconcilier avec elle , mais la
Marquise lui fait entendre qu'il n'en est
11. Vol. H.vi pas
1434 MERCURE DE FRANCE
pas encore temps , et que si la Comtesse
s'apperçoit si-tôt de l'empire que sa beauté
lui donne sur lui , elle en abusera
d'une maniere à le rendre plus malheureux
que jamais. Elle lui conseille de
pousser la feinte aussi -loin qu'il se pourra
,et d'achever le stratagéme dont ils sont
convenus ensemble.
On va bien-tôt voir l'effet que produit
cette innocente supercherie. Dorante et
la Marquise font courir le bruit de leur
prochain mariage ; et ce qui picque plus
la Comtesse , c'est que c'est chez elle même
que le Contrat doit être signé ; elle
fait dire à Dorante qu'elle veut lui parler.
Dorante la fait prier de l'en dispen
ser , attendu qu'elle craint que la Marquise
ne le trouve mauvais et n'en prenne
de l'ombrage. Ce menagement acheve
de porter le desespoir dans le coeur de la
Comtesse. Dorante vient enfin avec là
Marquise; ils la prient tous deux de vouloir
bien leur permettre de se marier chez
elle : la présence de Damis ne peut empê
cher la Comtesse de se livrer à sa douleur
: elle dit à Damis qu'elle ne l'a jamais
aimé , et à Dorante , qu'elle lui a
toujours été fidelle ; Dorante ne tiendroit
pas contre un aveu si charmant , si la
Marquise ne l'encourageoit par sa présen-
II. Vol. ce
JUIN. 1733.
1435
à soutenir jusqu'au bout , une feinte
i lui a été si utile ; la Comtesse s'abisse
jusqu'à redemander à Dorante un
eur qu'il semble lui avoir ôté ; la Maruise
répond pour Dorante , qu'il n'en
st plus temps , puisque le Contrat est
ressé ; enfin le Notaire arrive , le Conat
à la main ; la Marquise prie la Comesse
de leur faire l'honneur d'y signer ;
Dorante lui fait la même priere , quoique
d'une voix tremblante ; la Comtesse
bar un dernier effort de fierté , prend la
olume , mais à peine a t- elle signé qu'elle
combe en défaillance entre les bras de
Lisette . Dorante ne pouvant plus tenir
contre cette marque d'amour , se jette à
ses pieds elle paroît agréablement surprise
de le trouver dans cette situation ;
Dorante lui dit que c'est son Hymen
avec lui - même qu'elle vient de signer ,
et la prie de vouloir bien le confirmer .
La Comtesse embrasse la Marquise et lui
Lend graces d'une tromperie qui lui rend
un si fidele Amant. Ce dénouement a
paru un des plus interressans qu'on ait
vûs au Théatre .
La Piéce ayant été imprimée 15 jours
après que nous en eûmes fait cet Extrait
d'après les premieres représentations
nous avons crû qu'il étoit à propos d'y
$
II. Vol.
ajou1436
MERCURE DE FRANCE
ajouter quelques fragmens , pour donne
une plus juste idée de la maniere dont
Sujet est traité. Voici une Scene entre
Comtesse et la Marquise ; c'est la troi
siéme du second Acte.
La Comtesse.
Je viens vous trouver moi même , Marquise ;
Comme vous me demandez un entretien parti
culier , il s'agit apparemment de quelque chos
de conséquence.
La Marquise.
Je n'ai pourtant qu'une question à vous faire
; et , comme vous êtes naturellement vraie ,
que vous êtes la franchise , la sincerité même ,
nous aurons bien- tôt terminé.
La Comtesse.
Je vous entends : Vous ne me croyez pas trop
sincere , mais votre éloge m'exhorte à l'être
N'est- ce pas ?-
La Marquise.
A cela près , le serez - vous?
La Comtesse.
Pour commencer à l'être , je vous dirai que je
n'en sçais rien .
La Marquise.
Si je vous demandois , le Chevalier vous aime
t-il ? Me diriez-vous ce qui en est ?
La Comtesse.
Non , Marquise , je ne veux pas me brouiller
11. Vol. avec
JUIN. 1733. 1437
ec vous ; et vous me haïriez , si je vous disois
vérité.
La
Marquise.
Je vous donne ma parole que non.
La Comtesse.
Vous ne pourriez pas me la tenir , je vous en
ispenserai moi - même ; il
y a des mouvemens
qui sont plus forts que nous.
La Marquise.
Mais pourquoi vous haïrois- je ?
La Comtesse.
N'a-t-on pas prétendu que le Chevalier vous
aimoit ?
La Marquise.
On a eu raison de le prétendre.
La Comtesse.
Nous y voilà , et peut - être l'avez - vous pensé
"yous-même.
Je l'avouë.
La Marquise.
La Comtesse.
Et après cela , je vous irois dire qu'il m'aime !
Vous ne me le conseilleriez pas.
* La Marquise.
N'est-ce que cela ? Eh ! je voudrois déja l'avoir
perdu , je souhaite de tout mon coeur qu'il vous
aime.
La Comtesse .
Oh ! sur ce pié- là , vous n'avez donc qu'à ren-
II. Vol. dre
1438 MERCURE DE FRANC
dre gracet au Ciel ; vos souhaits ne sçauro
être plus exaucez qu'ils le sont.
La Marquise.
Je vous certifie que j'en suis charmée.
La Comtesse.
Vous me rassurez.Ce n'est pas qu'il n'ait to:
Vous êtes si aimable qu'il ne devoit plus av
d'yeux pour personne, mais peut - être vous éton
il moins attaché qu'on n'a cru.
La Marquise.
Non , il me l'étoit beaucoup , mais je l'excus
quand je serois aimable , vous l'êtes encore pl
que moi, et vous sçavez l'être plus qu'une auir
La Comtesse.
+
Plus qu'une autre ! Ah ! vous n
n'êtes pas si cha
mée , Marquise ; je vous disois bien que vou
me manquerież de paroles ; vos éloges baissent
je m'accommode pourtant de celui - cy : j'y sen
une petite pointe de dépit , qui a son mérite
c'est la Jalousie qui me louë .
La Marquise.
Moi , de la jalousie ?
La Comtesse.
A votre avis , un compliment qui finiroit par
m'appeller Coquette , ne viendroit pas d'elle? Oh !
que si , Marquise , on le reconnoît.
La Marquise.
Je ne songeois pas à vous appeller Coquette;
La Comtesse.
Ce sont de ces choses qui se trouvent avant
qu'on y ait rêvé.
JUIN. 1733. 1439
La Marquise.
Mais , de bonne foy,ne l'êtes-vous pas un peu ?
La Comtesse.
*
Oui - dà , mais ce n'est pas assez qu'un peu
ne vous refusez pas le plaisir de me dire que je le
suis beaucoup , cela n'empêchera pas que vous ne
le soyez autant que moi.
La Marquise.
Je n'en donne pas tout - à -fait les mêmes
preuves.
La Comtesse.
C'est qu'on ne prouve que quand on réussit
le manque de succès met bien des coqueteries à
couvert , on se retire sans bruit , un peu humiliée
, mais inconnuë , c'est l'avantage qu'on a.
La Marquise.
Je réussirai , quand je voudrai , Comtesse;
vous le verrez , cela n'est pas difficile , et le Chevalier
ne vous seroit peut - être pas resté , sans le
peu de cas que j'ai fait de son coeur.
La Comtesse.
Je ne chicanerai pas ce dédain -là , mais ,
quand l'amour propre se sauve ,
voilà comme il
parle :
La Marquise.
Voulez-vous gager que cette avanture n'hu¬
miliera pas le mien , si je veux 2
La Comtesse.
Esperez- vous regagner le Chevalier ? Si vous le
pouvez , je vous le donne,
II.Vol
La
1440 MERCURE DE FRANCE
La Marquise.
Vous l'aimés , sans doute
La Comtesse.
Pas mal , mais je vais l'aimer davantage , afia
qu'il vous resiste mieux ; on a besoin de toutes
ses forces avec vous.
La Marquise.
Oh ! ne craignez rien , je vous le laisse ;
Adieu.
La Comtesse.
Eh ! pourquoi disputons-nous sa conquête ?
Mais pardonnez à celle qui l'emportera. Je ne
combat qu'à cette condition , afin que vous
n'ayez rien à me dire.
La Marquise.
Rien à vous dire ! Vous comptez
porter ?
La Comtesse .
donc l'em-
Ecoutez , je jouërois à plus beau jeu que vous.
La Marquise.
J'avois aussi- beau jeu que vous , quand vous
me l'avez ôté , je pourrois donc vous l'enlever
de même.
La Comtesse.
Tentez donc d'avoir votre revanche.
La Marquise.
Non , j'ai quelque chose de mieux à faire.
La Comtesse.
Peut- on vous demander ce que c'est ?
II.Vol. La
JUIN. 1733 1441
La Marquise.
Dorante vaut son prix , Comtesse : Adieu.
On voit par cette Scene avec quelle légéreté
et avec quelle finesse M. de Marivaux dialogue.
La Comtesse , effrayée de la sécurité de la Marquise
, commence à craindre qu'on ne lui enleve
Dorante , quoique son amour propre la flatte
que cela ne sera pas si facile que la Marquise paroît
se l'imaginer ; cette crainte se change enfin
en certitude, et lui arrache ces regrets : Elle parle
à sa suivante.
Je l'aime , et tu m'accables ! tu me penetres de
douleur ! Je l'ai maltraité , j'en conviens , j'ai tort ,
un tort affreux , un tort que je ne me pardonnerai
jamais, et qui ne merite pas que l'on l'oublie ; que
veux-tu que je te dise de plus ? Je me condamne ;
je me suis mal conduite , il est vrai , misérable
amour propre de femme ! misérable vanité d'être
aimée ! voilà ce que vous me coûtez ; j'ai voulu
plaire au Chevalier , comme s'il en avoit valu la
peine , j'ai voulu me donner cette preuve de mon
mêrite ; il manquoit cette honneur à mes charmes ;
les voilà bien glorieux ! J'ai fait la conquête us
Chevalier et j'ai perdu Dorante.
Nous aurions bien d'autres morceaux à citer ,
mais nous passerions les bornes prescrites à nos
Extraits , si nous insérions dans celui- ci tout ce
qui est digne de l'attention de nos Lecteurs
velle en Prose , en trois Actes , de M. de
Marivaux , représentée au Théatre Ita
lien , le 6 Juin 1733 .
ACTEURS.
La Comtesse ,
Dorante , Amante de la
Comtesse
La Marquise ,
Le Chevalier Damis ,
Gascon , Amant de la
› Marquise
Comtesse ,
La Dile Silvia:
Le S Romagnesy.
La Dile Thomassi
Lisette , Suivante de la
Arlequin, Valet de Dorante
,
Frontin , Valet du Che-
Le St Lélio.
La Dule Lélio.
valier , Le S Dominique.
JUIN.
1429 1733
Blaise , Jardinier de la
Comtesse , Le S' Mario.
La Scene est chez la Comtesse.
Les beautez qui sont répanduës dans
cette Piéce ne sont peut- être pas à la portée
de tout le monde ; mais ceux qui accusent
l'Autheur d'avoir trop d'esprit ,
ne laissent pas de convenir qu'il a une
parfaite connoissance du coeur humain ,
et que peu de gens font une plus exacte
Analise de ce qui se passe dans celui des
femmes . L'Héroïne de cette Comédie est
une Comtesse, qui traite d'abord la Fidelité
de chimere , parce qu'elle regarde
cette vertu comme un obstacle à la passion
si naturelle au beau sexe , qui est de
faire valoir ses droits sur tous.les coeurs ;
prévenue en faveur de ses attraits , elle
ne croit rien hazarder en volant de conquête
en conquête ; elle aime Dorante ,
mais elle n'est pas fâchée d'être aimée du
Chevalier Damis , et trouve fort mauvais
que son premier adorateur s'en formalise
; la maniere dont elle s'explique avec
Dorante , sur les reproches qu'il ose lui
faire de son nouvel engagement , acheve
de le désesperer. Il se croit véritablement
effacé du coeur de sa Maîtresse , quoiqu'il
ne soit que sacrifié à sa vanité ; une Mar
1 Vol. Hiiij quise
1430 MERCURE DE FRANCE
quise à qui la Comtesse a enlevé un Aman:
dont la perte ne lui tient pas , à beau
coup près , tant au coeur , que Dorante
est sensible à celle qu'il croit avoit faite
à l'amour de la Comtesse , lui vient ou
vrir les yeux ; je connois mon sexe , lui
dit- elle , la Comtesse n'est infidelle qu'en
apparence ; l'envie de faire une nouvell
conquête flatte son amour propre , mais
la crainte d'en perdre une , qu'elle a déja
faite , allarmera ce même amour propre ,
et vous le rendra pius tendre que jamais ;
ce sage conseil est suivi de la proposi
tion qu'elle lui fait de feindre un nouvel
amour dont elle veut bien paroître l'ob
jet ; la proposition rêvolte d'abord , mais
elle est enfin acceptée. La Comtesse ne
daigne pas même donner la moindre
croyance aux nouveaux engagemens
qu'on lui annonce que Dorante vient
de prendre ; elle ne croit pas la chose sérieuse
, parce qu'elle la croit impossible ;
elle croiroit dégrader ses attraits , si elle
s'abbaissoit jusqu'à la crainte ; elle fait
plus , elle découvre le piége qu'on lui
tend , mais elle ne laisse pas d'y donner
dans la suite ; en effet , elle pense juste ,
quand elle dit que Dorante feint d'aimer
la Comtesse pour la rendre jalouse , et
cependant elle va par dégrez , jusqu'à
I I. Vol. craindre
JUIN 1733
1431
craindre que cette feinte ne soit une vérité
, et de la crainte elle passe jusqu'à
la conviction.
se ,
A ce fond de Piece est joint un Episo
de , qui , peut être , a donné lieu de dire
que c'est une nouvelle surprise de l'Amour.
Le voici : Blaise, Jardinier de la Comtesdoit
marier Lisette , sa fille , avec Arlequin
, valet de Dorante ; il vient prier
Dorante de vouloir bien porter la Comtesse
à donner une centaine de livres à sa
fille , pour les frais de la nôce , et pour
l'aider à se mettre en ménage . Dorante
qui commence à se douter de l'infidelité
de la Comtesse, lui répond qu'il ne croit
plus avoir de crédit sur son esprit , parce
qu'il n'en a plus sur son coeur. Toute la
suite de cet Episode a beaucoup de conformité
avec celui de la premiere surprise
de l'amour ; mais cette ressemblance
d'Episodes n'empêche pas que le fond
ne soit tres différent. Finissons cette digression
, et reprenons le fil de la Piece.
Dorante, par le conseil de la Marquise ,
ordonne à Arlequin de ne plus voir Lisette
;la raison qui l'oblige à lui faire cette
deffense , c'est , dit- il , que la Comtesse
pourroit croire qu'il continue à voir la
Suivante , pour épier la Maîtresse . Arlequin
ne peut se résoudre à se priver de
II. Vol. . Hv
la
1432 MERCURE DE FRANCE
la vûë et de la conversation de sa chere
Lisette ; mais la promesse que son Maître
lui fait , de la lui rendre plus tendre
que jamais , le détermine à lui obéïr.
Voici ce que cette heureuse deffense produit
: Blaise se plaint à la Comtesse des
obstacles. que Madame la Marquise apporte
à l'établissement de sa fille ; en effet,
la Marquise a bien voulu prendre cela sur
son compte à la priere de Dorante, qui né
veut point que la Comtesse lui en fasse
un crime , ou du moins ne l'accuse d'impolitesse
, attendu que c'est elle- même
qui a arrangé le mariage du Valet , dans
le temps qu'elle vouloit épouser le Maître.
La Comtesse veut avoir un éclaircissement
avec Dorante; sur cet affront,qu'elle
fait servir de prétexte au désir secret qu'el
le a de rentrer dans les droits que sa beauté
lui a donnés sur son coeur , elle lui en
parle d'un ton de Maîtresse , et lui dit
qu'elle veut absolument que le mariage
qu'elle a projetté entre Arlequin et Lisette
, s'acheve. Dorante lui répond qu'il en
parlera à la Marquise; la Comtesse lui die
avec fierté , qu'elle n'a que faire du consentement
de la personne même qui l'offense
, et que c'est à lui à la vanger . Dorante
lui déclare que ses ordres pouvoient
tout sur lui autrefois , mais que
11. Vol. les
JUIN. 1733.
1433
les temps sont changez , puisqu'elle l'a
bien voulu , et qu'elle lui a montré un
exemple d'infidélité , dont il a cru devoir
profiter ; la Comtesse ne peut soûtenir
cette humiliation , et lui dit une seconde
fois , quoique d'un top un peu moins
ferme , qu'elle veut être obéie. Dorante
se retire sans lui rien promettre.
La Comtesse sent plus que jamais.combien
un exemple d'infidélité est dangereux
. Elle commence à croire que celle
de Dorante n'est pas une feinte , et s'en
plaint à Lisette.
Damis vient et la presse de le rendre
heureux; cette derniere conquête n'a plus
rien qui la flatte ; un coeur qu'elle a gagné
, n'a rien qui la dédommage de celur.
qu'elle a perdu elle n'en fait pourtant
fien connoître à Damis; elle feint au contraire
de plaindre Dorante , et dit au
Chevalier qu'il faut ménager sa douleur
en differant leur hymen . Damis a beau
la presser de l'achever , rien ne peut lui
faire changer une résolution que la pitié
lui inspire , bien moins que l'amour.
Dorante persuadé qu'il est aimé de fa
Comtesse , voudroit se jetter à ses pieds
pour lui demander pardon de sa feinte et
pour se reconcilier avec elle , mais la
Marquise lui fait entendre qu'il n'en est
11. Vol. H.vi pas
1434 MERCURE DE FRANCE
pas encore temps , et que si la Comtesse
s'apperçoit si-tôt de l'empire que sa beauté
lui donne sur lui , elle en abusera
d'une maniere à le rendre plus malheureux
que jamais. Elle lui conseille de
pousser la feinte aussi -loin qu'il se pourra
,et d'achever le stratagéme dont ils sont
convenus ensemble.
On va bien-tôt voir l'effet que produit
cette innocente supercherie. Dorante et
la Marquise font courir le bruit de leur
prochain mariage ; et ce qui picque plus
la Comtesse , c'est que c'est chez elle même
que le Contrat doit être signé ; elle
fait dire à Dorante qu'elle veut lui parler.
Dorante la fait prier de l'en dispen
ser , attendu qu'elle craint que la Marquise
ne le trouve mauvais et n'en prenne
de l'ombrage. Ce menagement acheve
de porter le desespoir dans le coeur de la
Comtesse. Dorante vient enfin avec là
Marquise; ils la prient tous deux de vouloir
bien leur permettre de se marier chez
elle : la présence de Damis ne peut empê
cher la Comtesse de se livrer à sa douleur
: elle dit à Damis qu'elle ne l'a jamais
aimé , et à Dorante , qu'elle lui a
toujours été fidelle ; Dorante ne tiendroit
pas contre un aveu si charmant , si la
Marquise ne l'encourageoit par sa présen-
II. Vol. ce
JUIN. 1733.
1435
à soutenir jusqu'au bout , une feinte
i lui a été si utile ; la Comtesse s'abisse
jusqu'à redemander à Dorante un
eur qu'il semble lui avoir ôté ; la Maruise
répond pour Dorante , qu'il n'en
st plus temps , puisque le Contrat est
ressé ; enfin le Notaire arrive , le Conat
à la main ; la Marquise prie la Comesse
de leur faire l'honneur d'y signer ;
Dorante lui fait la même priere , quoique
d'une voix tremblante ; la Comtesse
bar un dernier effort de fierté , prend la
olume , mais à peine a t- elle signé qu'elle
combe en défaillance entre les bras de
Lisette . Dorante ne pouvant plus tenir
contre cette marque d'amour , se jette à
ses pieds elle paroît agréablement surprise
de le trouver dans cette situation ;
Dorante lui dit que c'est son Hymen
avec lui - même qu'elle vient de signer ,
et la prie de vouloir bien le confirmer .
La Comtesse embrasse la Marquise et lui
Lend graces d'une tromperie qui lui rend
un si fidele Amant. Ce dénouement a
paru un des plus interressans qu'on ait
vûs au Théatre .
La Piéce ayant été imprimée 15 jours
après que nous en eûmes fait cet Extrait
d'après les premieres représentations
nous avons crû qu'il étoit à propos d'y
$
II. Vol.
ajou1436
MERCURE DE FRANCE
ajouter quelques fragmens , pour donne
une plus juste idée de la maniere dont
Sujet est traité. Voici une Scene entre
Comtesse et la Marquise ; c'est la troi
siéme du second Acte.
La Comtesse.
Je viens vous trouver moi même , Marquise ;
Comme vous me demandez un entretien parti
culier , il s'agit apparemment de quelque chos
de conséquence.
La Marquise.
Je n'ai pourtant qu'une question à vous faire
; et , comme vous êtes naturellement vraie ,
que vous êtes la franchise , la sincerité même ,
nous aurons bien- tôt terminé.
La Comtesse.
Je vous entends : Vous ne me croyez pas trop
sincere , mais votre éloge m'exhorte à l'être
N'est- ce pas ?-
La Marquise.
A cela près , le serez - vous?
La Comtesse.
Pour commencer à l'être , je vous dirai que je
n'en sçais rien .
La Marquise.
Si je vous demandois , le Chevalier vous aime
t-il ? Me diriez-vous ce qui en est ?
La Comtesse.
Non , Marquise , je ne veux pas me brouiller
11. Vol. avec
JUIN. 1733. 1437
ec vous ; et vous me haïriez , si je vous disois
vérité.
La
Marquise.
Je vous donne ma parole que non.
La Comtesse.
Vous ne pourriez pas me la tenir , je vous en
ispenserai moi - même ; il
y a des mouvemens
qui sont plus forts que nous.
La Marquise.
Mais pourquoi vous haïrois- je ?
La Comtesse.
N'a-t-on pas prétendu que le Chevalier vous
aimoit ?
La Marquise.
On a eu raison de le prétendre.
La Comtesse.
Nous y voilà , et peut - être l'avez - vous pensé
"yous-même.
Je l'avouë.
La Marquise.
La Comtesse.
Et après cela , je vous irois dire qu'il m'aime !
Vous ne me le conseilleriez pas.
* La Marquise.
N'est-ce que cela ? Eh ! je voudrois déja l'avoir
perdu , je souhaite de tout mon coeur qu'il vous
aime.
La Comtesse .
Oh ! sur ce pié- là , vous n'avez donc qu'à ren-
II. Vol. dre
1438 MERCURE DE FRANC
dre gracet au Ciel ; vos souhaits ne sçauro
être plus exaucez qu'ils le sont.
La Marquise.
Je vous certifie que j'en suis charmée.
La Comtesse.
Vous me rassurez.Ce n'est pas qu'il n'ait to:
Vous êtes si aimable qu'il ne devoit plus av
d'yeux pour personne, mais peut - être vous éton
il moins attaché qu'on n'a cru.
La Marquise.
Non , il me l'étoit beaucoup , mais je l'excus
quand je serois aimable , vous l'êtes encore pl
que moi, et vous sçavez l'être plus qu'une auir
La Comtesse.
+
Plus qu'une autre ! Ah ! vous n
n'êtes pas si cha
mée , Marquise ; je vous disois bien que vou
me manquerież de paroles ; vos éloges baissent
je m'accommode pourtant de celui - cy : j'y sen
une petite pointe de dépit , qui a son mérite
c'est la Jalousie qui me louë .
La Marquise.
Moi , de la jalousie ?
La Comtesse.
A votre avis , un compliment qui finiroit par
m'appeller Coquette , ne viendroit pas d'elle? Oh !
que si , Marquise , on le reconnoît.
La Marquise.
Je ne songeois pas à vous appeller Coquette;
La Comtesse.
Ce sont de ces choses qui se trouvent avant
qu'on y ait rêvé.
JUIN. 1733. 1439
La Marquise.
Mais , de bonne foy,ne l'êtes-vous pas un peu ?
La Comtesse.
*
Oui - dà , mais ce n'est pas assez qu'un peu
ne vous refusez pas le plaisir de me dire que je le
suis beaucoup , cela n'empêchera pas que vous ne
le soyez autant que moi.
La Marquise.
Je n'en donne pas tout - à -fait les mêmes
preuves.
La Comtesse.
C'est qu'on ne prouve que quand on réussit
le manque de succès met bien des coqueteries à
couvert , on se retire sans bruit , un peu humiliée
, mais inconnuë , c'est l'avantage qu'on a.
La Marquise.
Je réussirai , quand je voudrai , Comtesse;
vous le verrez , cela n'est pas difficile , et le Chevalier
ne vous seroit peut - être pas resté , sans le
peu de cas que j'ai fait de son coeur.
La Comtesse.
Je ne chicanerai pas ce dédain -là , mais ,
quand l'amour propre se sauve ,
voilà comme il
parle :
La Marquise.
Voulez-vous gager que cette avanture n'hu¬
miliera pas le mien , si je veux 2
La Comtesse.
Esperez- vous regagner le Chevalier ? Si vous le
pouvez , je vous le donne,
II.Vol
La
1440 MERCURE DE FRANCE
La Marquise.
Vous l'aimés , sans doute
La Comtesse.
Pas mal , mais je vais l'aimer davantage , afia
qu'il vous resiste mieux ; on a besoin de toutes
ses forces avec vous.
La Marquise.
Oh ! ne craignez rien , je vous le laisse ;
Adieu.
La Comtesse.
Eh ! pourquoi disputons-nous sa conquête ?
Mais pardonnez à celle qui l'emportera. Je ne
combat qu'à cette condition , afin que vous
n'ayez rien à me dire.
La Marquise.
Rien à vous dire ! Vous comptez
porter ?
La Comtesse .
donc l'em-
Ecoutez , je jouërois à plus beau jeu que vous.
La Marquise.
J'avois aussi- beau jeu que vous , quand vous
me l'avez ôté , je pourrois donc vous l'enlever
de même.
La Comtesse.
Tentez donc d'avoir votre revanche.
La Marquise.
Non , j'ai quelque chose de mieux à faire.
La Comtesse.
Peut- on vous demander ce que c'est ?
II.Vol. La
JUIN. 1733 1441
La Marquise.
Dorante vaut son prix , Comtesse : Adieu.
On voit par cette Scene avec quelle légéreté
et avec quelle finesse M. de Marivaux dialogue.
La Comtesse , effrayée de la sécurité de la Marquise
, commence à craindre qu'on ne lui enleve
Dorante , quoique son amour propre la flatte
que cela ne sera pas si facile que la Marquise paroît
se l'imaginer ; cette crainte se change enfin
en certitude, et lui arrache ces regrets : Elle parle
à sa suivante.
Je l'aime , et tu m'accables ! tu me penetres de
douleur ! Je l'ai maltraité , j'en conviens , j'ai tort ,
un tort affreux , un tort que je ne me pardonnerai
jamais, et qui ne merite pas que l'on l'oublie ; que
veux-tu que je te dise de plus ? Je me condamne ;
je me suis mal conduite , il est vrai , misérable
amour propre de femme ! misérable vanité d'être
aimée ! voilà ce que vous me coûtez ; j'ai voulu
plaire au Chevalier , comme s'il en avoit valu la
peine , j'ai voulu me donner cette preuve de mon
mêrite ; il manquoit cette honneur à mes charmes ;
les voilà bien glorieux ! J'ai fait la conquête us
Chevalier et j'ai perdu Dorante.
Nous aurions bien d'autres morceaux à citer ,
mais nous passerions les bornes prescrites à nos
Extraits , si nous insérions dans celui- ci tout ce
qui est digne de l'attention de nos Lecteurs
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Résumé : L'heureux Stratagême, Extrait, [titre d'après la table]
'L'Heureux Stratagème' est une comédie en prose de Marivaux, représentée pour la première fois au Théâtre Italien le 6 juin 1733. L'intrigue se déroule chez la Comtesse, qui est amoureuse de Dorante mais se laisse séduire par le Chevalier Damis. La Marquise, jalouse, conseille à Dorante de feindre un nouvel amour pour rendre la Comtesse jalouse. La Comtesse, d'abord sceptique, finit par croire à la feinte de Dorante et en souffre. La Marquise et Dorante font circuler la rumeur de leur prochain mariage, ce qui désespère la Comtesse. Lors de la signature du contrat de mariage, la Comtesse s'évanouit et Dorante lui révèle que le contrat est en réalité pour leur mariage. La pièce se conclut par la réconciliation des amants, avec la Comtesse reconnaissante envers la Marquise pour sa ruse. La pièce met également en scène une conversation entre la Marquise et la Comtesse au sujet de Dorante. La Marquise affirme qu'elle laissera Dorante à la Comtesse, mais cette dernière exprime sa crainte de le perdre malgré son amour-propre. La Comtesse avoue ensuite à sa suivante qu'elle regrette d'avoir maltraité Dorante par orgueil et vanité, reconnaissant ainsi son erreur. Elle exprime sa douleur et sa culpabilité pour avoir préféré plaire au Chevalier plutôt que de conserver l'amour de Dorante. La pièce est appréciée pour son analyse fine des sentiments humains, notamment ceux des femmes. Le dialogue de Marivaux est caractérisé par sa légèreté et sa finesse, illustrant les conflits internes et les regrets de la Comtesse.
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19265
p. 181-182
SPECTACLES DE PARIS.
Début :
LE service de la Cour n'a rien diminué des plaisirs de Paris ; les Comédiens [...]
Mots clefs :
Spectacles, Tragédie, Comédie, Représentation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SPECTACLES DE PARIS.
SPECTACLES DE PARIS.
L E fervice de la Cour n'a rien dimi
nué des plaifirs de Paris ; les Comédiens
François ont donné pendant ce mois
plufieurs Pièces intéreffantes , entre autres
le Mercredi 5 , la Tragédie d'Ariane
de Thomas Corneille , dans laquelle
Mlle Dubois a joué le principal
Rôle , & y a reçu les plus grands applaudiffemens
& les mieux mérités. Let
Samedi 8 , dipe de M. de Voltaire ;
le Lundi 10 , Amafis , Tragédie de la
Grange- Chancel , le Mercredi 12 , Britannicus.
La perfection du jeu de Mlle
Dumefnil dans le Rôle d'Agrippine a
finguliérement ému l'âme des Spectateurs.
Les autres jours la Scène a été
occupée par d'excellentes Comédies de
mos meilleurs Auteurs.
182 MERCURE DE FRANCE.
La Comédie Italienne a continué avec
fuccès les repréfentations des Amours
d'Arlequin & de Camille. Le Lundi 10 ,
on a donné la première repréfentation
du Prétendu , Comédie en trois Actes
mêlée d'Ariettes , remife au Théâtre ,
qui a été jouée pour la feconde fois le 13 .
La veille , on a donné la première repréfentation
des nouvelles Métamorpho
fes d'Arlequin , Piéce nouvelle Italienne
, ornée de Spectacles & de Divertif
fement.
L E fervice de la Cour n'a rien dimi
nué des plaifirs de Paris ; les Comédiens
François ont donné pendant ce mois
plufieurs Pièces intéreffantes , entre autres
le Mercredi 5 , la Tragédie d'Ariane
de Thomas Corneille , dans laquelle
Mlle Dubois a joué le principal
Rôle , & y a reçu les plus grands applaudiffemens
& les mieux mérités. Let
Samedi 8 , dipe de M. de Voltaire ;
le Lundi 10 , Amafis , Tragédie de la
Grange- Chancel , le Mercredi 12 , Britannicus.
La perfection du jeu de Mlle
Dumefnil dans le Rôle d'Agrippine a
finguliérement ému l'âme des Spectateurs.
Les autres jours la Scène a été
occupée par d'excellentes Comédies de
mos meilleurs Auteurs.
182 MERCURE DE FRANCE.
La Comédie Italienne a continué avec
fuccès les repréfentations des Amours
d'Arlequin & de Camille. Le Lundi 10 ,
on a donné la première repréfentation
du Prétendu , Comédie en trois Actes
mêlée d'Ariettes , remife au Théâtre ,
qui a été jouée pour la feconde fois le 13 .
La veille , on a donné la première repréfentation
des nouvelles Métamorpho
fes d'Arlequin , Piéce nouvelle Italienne
, ornée de Spectacles & de Divertif
fement.
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19266
p. 181-182
MORTS.
Début :
Augustin-Jean, Comte de Sansay, Vicomte Héréditaire, Parajeur du Poitou, Capitaine des [...]
Mots clefs :
Vicomte héréditaire, Abbaye royale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Auguftin- Jean , Comte de Sanfay , Vicomte
Héréditaire , Parajeur du Poitou , Capitaine des
Vaiffeaux du Roi , eſt mort à Breſt le 14 Novembre
dernier il revenoit de Saint-Domingue , &
étoit âgé d'environ ſoixante- fix ans .
!
Hardouin de Chaflon , Evêque de Leſcar , Abbé
de l'Abbaye Royale de Sablonceaux , Ordre de
Saint Auguftin , Dioceſe de Saintes , eft mort à
Bazas le 28 Octobre , âgé de foixante- lept ans.
> Auguftin-Felix Barin de la Galiffonniere
Abbé Commendataire de l'Abbaye Royale de
Nôtre- Dame de Reclus , Ordre de Cîteaux , Diocefe
de Troyes , eft mort à Troyes le 18 Novembre,
âgé de cinquante-huit ans.
Louife-Charlotte de Canouville de Raffetot ,
Abbeffe de l'Abbaye Royale du Ronceray , de la
ville d'Angers , eft morte dans fon Abbaye le 23
du même mois.
N. B. En annonçant la mort du Duc de Châtillon
, lorsqu'on a dit qu'il étoit le dernier rejettón
de fon illuftre race , on ignoroit que la Du182
MERCURE DE FRANCE.
cheffe de Châtillon fût enceinte . Ainfi il refte
encore des eſpérances de voir revivre une Maiſon
qui a donné tant d'hommes illuftres à la France .
Auguftin- Jean , Comte de Sanfay , Vicomte
Héréditaire , Parajeur du Poitou , Capitaine des
Vaiffeaux du Roi , eſt mort à Breſt le 14 Novembre
dernier il revenoit de Saint-Domingue , &
étoit âgé d'environ ſoixante- fix ans .
!
Hardouin de Chaflon , Evêque de Leſcar , Abbé
de l'Abbaye Royale de Sablonceaux , Ordre de
Saint Auguftin , Dioceſe de Saintes , eft mort à
Bazas le 28 Octobre , âgé de foixante- lept ans.
> Auguftin-Felix Barin de la Galiffonniere
Abbé Commendataire de l'Abbaye Royale de
Nôtre- Dame de Reclus , Ordre de Cîteaux , Diocefe
de Troyes , eft mort à Troyes le 18 Novembre,
âgé de cinquante-huit ans.
Louife-Charlotte de Canouville de Raffetot ,
Abbeffe de l'Abbaye Royale du Ronceray , de la
ville d'Angers , eft morte dans fon Abbaye le 23
du même mois.
N. B. En annonçant la mort du Duc de Châtillon
, lorsqu'on a dit qu'il étoit le dernier rejettón
de fon illuftre race , on ignoroit que la Du182
MERCURE DE FRANCE.
cheffe de Châtillon fût enceinte . Ainfi il refte
encore des eſpérances de voir revivre une Maiſon
qui a donné tant d'hommes illuftres à la France .
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Résumé : MORTS.
Le texte relate les décès de plusieurs personnalités. Augustin-Jean, Comte de Sanfay, Vicomte Héréditaire, Parajeur du Poitou et Capitaine des Vaiffeaux du Roi, est décédé à Brest le 14 novembre à l'âge d'environ soixante-six ans, après être revenu de Saint-Domingue. Hardouin de Chafion, Evêque de Lescar et Abbé de l'Abbaye Royale de Sablonceaux, Ordre de Saint-Augustin, Diocèse de Saintes, est mort à Bazas le 28 octobre à l'âge de soixante-sept ans. Augustin-Félix Barin de la Galiffonniere, Abbé Commendataire de l'Abbaye Royale de Notre-Dame de Reclus, Ordre de Cîteaux, Diocèse de Troyes, est décédé à Troyes le 18 novembre à l'âge de cinquante-huit ans. Louise-Charlotte de Canouville de Raffetot, Abbesse de l'Abbaye Royale du Ronceray à Angers, est morte dans son Abbaye le 23 novembre. Par ailleurs, la Duchesse de Châtillon était enceinte au moment de l'annonce du décès du Duc de Châtillon, laissant espérer la continuation de cette illustre maison.
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19267
p. 181-182
II.
Début :
Quatrieme suite de divers habillemens suivant le costume d'Italie, dessinés d'après [...]
Mots clefs :
Pierre-Étienne Moitte, Jean-Baptiste Greuze, Suite, Morceaux, Paysanne
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texteReconnaissance textuelle : II.
I I.
Quatrieme ſuite de divers habillemensfuivant
le coftume d'Italie, deſſinés d'après
nature par M. Greuze , peintre du Roi,
&gravés par M. Moitte, qui les diſtribue
chez lui , à Paris , rue St Victor ,
la troiſieme porte cochere à gauche en
entrant par la Place Maubert.
Les amateurs s'empreſſerontde ſe procurer
cettederniere ſuite compoſée , ainſi
que les premiers , de fix morceaux intéreffans
,telsque la payſanne Napolitaine,
une femme de Freſcati , une femme Na-
:
182 MERCURE DE FRANCE.
politaine avec ſon habillement de fête ,
&une autre qui ſe chauffe les pieds à un
poële de braife , une payſanne de la Calabre
, gravée d'après Barbault , & une
bourgeoiſe de Freſcati, d'après Vleughels.
Ces fix morceaux completent agréablement
les vingt-quatre que M. Moitte
avoit annoncés au public.
Quatrieme ſuite de divers habillemensfuivant
le coftume d'Italie, deſſinés d'après
nature par M. Greuze , peintre du Roi,
&gravés par M. Moitte, qui les diſtribue
chez lui , à Paris , rue St Victor ,
la troiſieme porte cochere à gauche en
entrant par la Place Maubert.
Les amateurs s'empreſſerontde ſe procurer
cettederniere ſuite compoſée , ainſi
que les premiers , de fix morceaux intéreffans
,telsque la payſanne Napolitaine,
une femme de Freſcati , une femme Na-
:
182 MERCURE DE FRANCE.
politaine avec ſon habillement de fête ,
&une autre qui ſe chauffe les pieds à un
poële de braife , une payſanne de la Calabre
, gravée d'après Barbault , & une
bourgeoiſe de Freſcati, d'après Vleughels.
Ces fix morceaux completent agréablement
les vingt-quatre que M. Moitte
avoit annoncés au public.
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Résumé : II.
Le document annonce une quatrième série de dessins de costumes italiens par M. Greuze, gravés par M. Moitte. Elle comprend six gravures : une paysanne napolitaine, une femme de Frescati, une femme napolitaine en tenue de fête, une femme se chauffant les pieds, une paysanne de Calabre et une bourgeoise de Frescati. Ces œuvres sont disponibles chez M. Moitte à Paris, rue Saint-Victor. Elles complètent les vingt-quatre gravures déjà annoncées.
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19268
s. p.
« La Figure doit regarder la page 167. [...] »
Début :
La Figure doit regarder la page 167. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Figure doit regarder la page 167. [...] »
La Figure doit regarder la
Page 167.
Page 167.
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19269
p. 182
III.
Début :
Portrait de Jean Jacques Rousseau, d'environ 14 pouces de haut sur 11 de large ; [...]
Mots clefs :
Jean-Jacques Rousseau, Allan Ramsay, Jean Edme Nochez, Portrait
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : III.
III.
Portrait de Jean Jacques Rouſſeau , d'environ
14 pouces de haut fur 11 delarge;
à Paris , chez Delalain , libraire ,
rue St Jacques .
M. Ramſay , peintre eſtimé des Anglois
, avoit peint M. Rouſſeau à Londres
en 1766 ; & c'eſt d'après ce tableau que
J. E. Nochez vient de graver l'eſtampe
quenous annonçons. Le philoſophe Génevois
y eſt repréſenté en habit armenien
, habillement qu'il a adopté comme
le plus commode àune perſonne malade
& infirme. Ce même portrait a été gravé
en maniere noire par Martin , graveur
Anglois . Celui qui vient d'être publié a
pour épigraphe ces deux vers tirés du poëmede
la peinture , par M. Lemiere :
Ainſi l'aigle caché dans les forêts d'Ida ,
Pourprendre unvol plus haut,fouvent le retarda.
Portrait de Jean Jacques Rouſſeau , d'environ
14 pouces de haut fur 11 delarge;
à Paris , chez Delalain , libraire ,
rue St Jacques .
M. Ramſay , peintre eſtimé des Anglois
, avoit peint M. Rouſſeau à Londres
en 1766 ; & c'eſt d'après ce tableau que
J. E. Nochez vient de graver l'eſtampe
quenous annonçons. Le philoſophe Génevois
y eſt repréſenté en habit armenien
, habillement qu'il a adopté comme
le plus commode àune perſonne malade
& infirme. Ce même portrait a été gravé
en maniere noire par Martin , graveur
Anglois . Celui qui vient d'être publié a
pour épigraphe ces deux vers tirés du poëmede
la peinture , par M. Lemiere :
Ainſi l'aigle caché dans les forêts d'Ida ,
Pourprendre unvol plus haut,fouvent le retarda.
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Résumé : III.
L'annonce concerne une estampe de Jean-Jacques Rousseau, gravée par J. E. Nochez d'après un tableau de M. Ramsay réalisé à Londres en 1766. Rousseau porte un habit arménien pour des raisons de santé. Une autre version existe, gravée par Martin. L'estampe inclut une épigraphe du poème 'La Peinture' de M. Lemiere.
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19270
p. 182-188
« Ls 23 de ce mois, Sa Majesté Impériale a reçu les marques de l'Ordre de l'Aigle noir, des mains [...] »
Début :
Ls 23 de ce mois, Sa Majesté Impériale a reçu les marques de l'Ordre de l'Aigle noir, des mains [...]
Mots clefs :
Duc, Traité, Général, Cour, Ministre, Règlement, Moscou, Vienne, Camp de l'armée autrichienne, Silésie, Dresde, Erlangen, Franconie, Hambourg, Ratisbonne, Madrid, Málaga, Civitavecchia, Bastia, Turin, Londres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Ls 23 de ce mois, Sa Majesté Impériale a reçu les marques de l'Ordre de l'Aigle noir, des mains [...] »
NOUVELLES POLITIQUES.
Janvier 1763. II. Vol.
De Moscou , le 30 Novembre 1762.
Ls 23 de ce mois , Sa Majeſté Impériale a reçu
les marques de l'Ordre de l'Aigle noir , des mains
du Baron de Goltz , Miniftre du Roi de Pruffe. LE23:
On adécouvert une confpiration qui s'étoit tramée
contre l'Impératrice . Les Chefs du complot
étoient les trois freres Gourieff , Officiers des Gardes
Ifmael , & les deux Hroufchef, dont l'un étoit
Officier , & l'autre Maréchal des Logis du Régiment
d'Engermanie. Les coupables , fur le rapport
des Juges , ont été condamnés par le Sénat
à être écartelés. Mais fa Majefté Impériale a commué
leur fupplice rigoureux , en un genre de
punition , qui n'avoit pas encore été employé en
Ruffie. Les coupables ont été conduits dans une
place publique le 8 de ce mois ; là ils ont été dégradés
de nobleffe ; le Bourreau les a fouffletés ,
leur a brifé leurs épées par deffus leurs têtes ;
après quoi , ils ont été transférés en Sibérie .
De VIENNE , le 25 Décembre.
&
L'Empereur & l'impératrice font dans la
plus grande affliction de la mort de l'Archidu
JANVIER. 1763. 183
cheffe Jeanne ; cette jeune Princeffe , après avoir
lutté pendant vingt - quatre jours contre une maladie
cruelle , a enfin fuccombé Jeudi dernier
entre quatre & cinq heures après midi. C'étoit
la cinquième des Archiduchelles filles de leurs
Majeltés Impériales & Royales. Elle fe nommoit
Jeanne- Gabrielle- Jofeph - Antoine , & étoit née le
4 Février 1750. Son corps a été inhumé fans cérémonie
, parce qu'ily a eu dans les derniers jours
de fa maladie , qui étoit une fiévre milliaire , une
érruption pourpreufe. La Cour prendra le deuil
pour trois mois.
Du Camp de l'Armée Autrichienne en Siléfie
le 26 Novembre 1762 .
Le Général de Bethlem , qui a pris fon Quartier
Général à Jagerndorff , occupe vingt- fix Villages
de la Haute- Siléfie Pruffienne. L'amniſtie
dont il eft convenu avec le Général Werner depuis
le 1 de ce mois , n'a point de terme fixe :
mais on nepourra le rompre , de l'un ou de l'autre
côté , qu'en s'avertiffant trois jours auparavant.
La même convention a eu lieu entre le Maréchal
de Daun & le Prince de Bevern.
Le Général Beck a pris fon quartier d'hyver à
Wartha , & le Baron de Loudon a établi le fien à
Scharfeneck. Le Général O- Donel remplace le
Maréchal de Dun pendant Phyver.
De DRESDE , le Décembre ,
La fufpenfion d'armes entre les armées Autrichienne
& Pruffienne n'a été réglée qu'après de
grands débats de part & d'autre. On eft convenu
de fixer une ligne de féparation entre les quartiers
refpectifs des deux Armées. La Ligne commence
à Marckliffa , paffe à Lobau , Bautzen , Ca-,7
184 MERCURE DE FRANCE .
mentz , Konigsbruck , vient finir à Groffenhayn,
& fuit le Canal qui communique de la Schvartz-
Elfter à l'Elbe . Les Autrichiens confervent de leur
côté le terrein qui eft entre le cours de la riviére
& celui du ruiffeau de Klein- Triebfche , en gagnant
la forêt de Tharand qui leur refte. Leur
ligne fuit la Wilde-Weifferitz jufqu'à ſa ſource
& de-là continue au pied des montagnes juſqu'à
Olmitz & Adorff , afin de couvrir la Bohème . Le
Général Haddick a détaché de fon Armée huit
Bataillons & quatre Régimens de Cavalerie ,
pour les joindre à l'Armée de l'Empire .
EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Erlang en Franconie
, le 7 Décembre.
On apprend de Bareuth que l'Armée de l'Empire
s'avance en force , pour obliger les Pruffiens
à fe retirer du Cercle. L'avant- garde , après avoir
repoufflé le Corps du Comte de Schulembourg ,
qui étoit à Creuffen , eſt arrivée à Saint Jean près
de Bareuth . Un Régiment de Cuiraffiers Autrichiens
& un Régiment de Dragons fe font portés à
Virbens & Neuftadt fur le Kulm , aux ordres du
Général Pellegrini. Le Prince de Stolberg doit
être de fa perfonne à Weiden , & le Général k léefel
doit avancer par le Haut Palatinat . On allure
que ces difpofitions ont déja fait retirer les Pruffiens
des environs de Bareuth On préfume que le
Général Kleift ne tiendra point à Bamberg , &
qu'il s'empreffera de rentrer en Saxe , pour ne
pas expofer aux hazards de la guerre le butin
confidérable qu'il a enlevé dans la Franconie.
On mande de Leipfick que le Roi de Pruffe s'eft
tranſporté à Gotha ; que la ville de Nuremberg a
été fermée il y a quelques jours, & que le Général
Kleift y eft entré avec un détachement pour y lever
des contributions.
JANVIER . 1763. 185
De la FRANCONIE , le 4 Décembre .
Le Corps du Général Kleift s'eft replié jufqu'à
Schleuffingen , où il a été renforcé par celui de
Trimbach , compofé de mille hommes. Le Général
Comte de Neuwied occupe les environs de
Plauen. L'Armée de l'Empire a établi fon quartier
général à Lauff , à quelques lieues de Nuremberg
, & l'on a diftribué des troupes dans les
villages circonvoisins. Cette Armée vient d'être
renforcée par fix Régimens Autrichiens , un Corps
de Huffards & un de Croates. Il eſt resté fix mille.
hommes dans le pays de Bareuth , afin de couvrir
les endroits les plus exposés.
De HAMBOURG , le 20 Décembre.
Suivant les nouvelles de Warfovie , le Comte
de Keyferling , Envoyé extraordinaire de Ruffie
auprès du Roi & de la République de Pologne ,
eft arrivé dans cette Capitale à la fin de Novembre.
On prétend qu'il eft chargé de traiter l'affaire
de la Courlande , & de concilier , s'il eft poffible
, les intérêts du Duc de Biren avec ceux du
Prince Charles ; mais on ne fait rien de précis fur
les véritables intentions de la Cour de Ruffie >
quoiqu'elles paroiffent très-favorables au Duc
Erneft- Jean.
Le fieur Simolin , Miniftre de Ruffie auprès du
Duc de Biren , a reçu de Mofcou des dépêches ,
par lesquelles on lui marque que la difcuffion qui
s'étoit élevée entre fa Cour & celle de Dannemarck
, au ſujet du Holſtein , étoit entiérement
terminée.
De RATISBONNE , le 20 Décembre.
Le Cercle de Baviere a formé une délibération
186 MERCURE DE FRANCE.
dont l'objet eft de prier l'Empereur de vouloir bien
permettre que l'on détachât de l'Armée de l'Empire
le contingent de ce Cerccle pour couvrir les
Etats qui le compofent . Le Cercle de Suabe , affemblé
à Ulm , a formé , à ce qu'on prétend , la
même délibération .
On mande de Berlin que le Comte de Finckenſtein
, Miniftre & Secrétaire d'Etat au département
des Affaires étrangeres, eft parti de cette
Ville le 13 de grand matin pour le rendre à Leipfick
, où Sa Majefté Pruffienne l'a mandé . Cette
nouvelle donne quelques efperances pour la paix
en Allemagne .
De MADRID , le 7 Décembre.
Avant- hier il eft arrivé de Paris un Courier
qui a apporté les ratifications des articles préliminaires
de Paix conclus entre cette Cour & celle de
France , d'une part ; & l'Angleterre & le Portugal
, de l'autre , & fignés le 3 Novembre dernier.
Sa Majefté a fait expédier auffi tot les ordres néceffaires
pour la ceffation des hoftilités.
De MALAGA , le 16 Novembre.
Le fieur Perrier de Salvert , Lieutenant de la
Frégate Françoife l'Oiseau , commandée par le
Chevalier de Modene , eft arrivée dans ce Port
avec cent quatre - vingt hommes de l'équipage,
On a fu de lui les détails fuivans concernant la
prife de ce bâtiment.
Le 23 Octobre dernier le Chevalier de Modène
découvrit , à la hauteur du Cap de Palos , un
Navire Anglois , auquel il donna la chaffe ; mais
ayant reconnu que c'étoit un vaifleau de guerre
fupérieur en force , il abandonna fa pourſuite &
prit chaffe à ſon tour . Vers les cinq heures du
JANVIER . 1763. 187
foir le vaiffeau ennemi l'atteignit , & le força de
fe rendre après un combat très - vif , qui dura
trois heures. La Frégate reçut trente coups de
canon à fleur d'eau ; quarante- huit hommes
furent mis hors de combat , & il y en eut treize
de tués , du nombre defquels font les fieurs de
Gineftous , de Mauperthuis & de Sainte - Croix .
Le Chevalier de Modene a eu le bras droit emporté
d'un coup de mitraille ; le fieur Perrier de
Salvert une forte contufion au bras , & le fieur de
Chalus une légére bleffure à la main . L'ennemia
eu vingt hommes tués ou bleflés . Le bâtiment Anglois
eft la Brune , Frégate de trente- quatre piéces
de canon & de deux cens foixante hommes
d'équipage. Elle a conduit fa priſe à Gibraltar ,
où eft refté le Chevalier de Modene , dont la
bleffure ne laiffe pas craindre pour ſa vie .
De CIVITA-VECCHIA , le 16 Décembre.
Les démêlés de la Cour de Rome avec la République
de Gênes fubfiftent toujours dans le
même état. La République a demandé la médiation
du Roi des deux Siciles , & l'Abbé Cazali
eft actuellement à Naples pour négocier
cette affaire.
On a déja commencé à deffécher les Marais
Pontins , & les premiers travaux ont été fort heureux
; mais il eft à craindre que cette belle &
grande entreprife ne fott funefte aux habitans des
campagnes voisines , & peut-être de Rome même.
Le remuement de ces terres marécageules pourroit
bien dans les chaleurs dé l'été infecter l'air ,
& répandre des maladies dans les environs.
De la BASTIE , le 22 Novembre.
1
Il n'eſt pas vrai , comme on l'avoit appris d'un
188 MERCURE DE FRANCE.
Navire arrivé ici dernierement , que nos trou?
pes le foient emparées de Rogliani. Paſcal Paoli ,
eft encore à Cafinca.
Le Vifiteur Apoftolique eſt toujours dans l'Etat
de Gênes , quoiqu'on ait répandu le bruit qu'il :
en étoit parti pour retourner en Italie.
De TURIN , le 2p Décembre.
La Princeffe Polixene de Savoye , fille du
Prince de Carignan , eft morte le zo , d'une maladie
de langueur , qui étoit la fuite d'une fiévre
inflammatoire avec oppreffion de poitrine . Elle
n'étoit agée que de feize ans ; la Cour prendra
le deuil demain à cette occafion , & le portera
quinze jours.
De LONDRES , le 16 Décembre.
Le Duc de Nivernois a eu aujoud'hui fa
premiere audience du Duc d'Yorck , Frere du
Roi. Ce Miniftre a toujours de fréquentes conférences
avec les Miniftres du Roi , au füjer
du Traité définitif, auquel les difpofitions de la
Nation ne paroillent apporter aucune difficulté.
Janvier 1763. II. Vol.
De Moscou , le 30 Novembre 1762.
Ls 23 de ce mois , Sa Majeſté Impériale a reçu
les marques de l'Ordre de l'Aigle noir , des mains
du Baron de Goltz , Miniftre du Roi de Pruffe. LE23:
On adécouvert une confpiration qui s'étoit tramée
contre l'Impératrice . Les Chefs du complot
étoient les trois freres Gourieff , Officiers des Gardes
Ifmael , & les deux Hroufchef, dont l'un étoit
Officier , & l'autre Maréchal des Logis du Régiment
d'Engermanie. Les coupables , fur le rapport
des Juges , ont été condamnés par le Sénat
à être écartelés. Mais fa Majefté Impériale a commué
leur fupplice rigoureux , en un genre de
punition , qui n'avoit pas encore été employé en
Ruffie. Les coupables ont été conduits dans une
place publique le 8 de ce mois ; là ils ont été dégradés
de nobleffe ; le Bourreau les a fouffletés ,
leur a brifé leurs épées par deffus leurs têtes ;
après quoi , ils ont été transférés en Sibérie .
De VIENNE , le 25 Décembre.
&
L'Empereur & l'impératrice font dans la
plus grande affliction de la mort de l'Archidu
JANVIER. 1763. 183
cheffe Jeanne ; cette jeune Princeffe , après avoir
lutté pendant vingt - quatre jours contre une maladie
cruelle , a enfin fuccombé Jeudi dernier
entre quatre & cinq heures après midi. C'étoit
la cinquième des Archiduchelles filles de leurs
Majeltés Impériales & Royales. Elle fe nommoit
Jeanne- Gabrielle- Jofeph - Antoine , & étoit née le
4 Février 1750. Son corps a été inhumé fans cérémonie
, parce qu'ily a eu dans les derniers jours
de fa maladie , qui étoit une fiévre milliaire , une
érruption pourpreufe. La Cour prendra le deuil
pour trois mois.
Du Camp de l'Armée Autrichienne en Siléfie
le 26 Novembre 1762 .
Le Général de Bethlem , qui a pris fon Quartier
Général à Jagerndorff , occupe vingt- fix Villages
de la Haute- Siléfie Pruffienne. L'amniſtie
dont il eft convenu avec le Général Werner depuis
le 1 de ce mois , n'a point de terme fixe :
mais on nepourra le rompre , de l'un ou de l'autre
côté , qu'en s'avertiffant trois jours auparavant.
La même convention a eu lieu entre le Maréchal
de Daun & le Prince de Bevern.
Le Général Beck a pris fon quartier d'hyver à
Wartha , & le Baron de Loudon a établi le fien à
Scharfeneck. Le Général O- Donel remplace le
Maréchal de Dun pendant Phyver.
De DRESDE , le Décembre ,
La fufpenfion d'armes entre les armées Autrichienne
& Pruffienne n'a été réglée qu'après de
grands débats de part & d'autre. On eft convenu
de fixer une ligne de féparation entre les quartiers
refpectifs des deux Armées. La Ligne commence
à Marckliffa , paffe à Lobau , Bautzen , Ca-,7
184 MERCURE DE FRANCE .
mentz , Konigsbruck , vient finir à Groffenhayn,
& fuit le Canal qui communique de la Schvartz-
Elfter à l'Elbe . Les Autrichiens confervent de leur
côté le terrein qui eft entre le cours de la riviére
& celui du ruiffeau de Klein- Triebfche , en gagnant
la forêt de Tharand qui leur refte. Leur
ligne fuit la Wilde-Weifferitz jufqu'à ſa ſource
& de-là continue au pied des montagnes juſqu'à
Olmitz & Adorff , afin de couvrir la Bohème . Le
Général Haddick a détaché de fon Armée huit
Bataillons & quatre Régimens de Cavalerie ,
pour les joindre à l'Armée de l'Empire .
EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Erlang en Franconie
, le 7 Décembre.
On apprend de Bareuth que l'Armée de l'Empire
s'avance en force , pour obliger les Pruffiens
à fe retirer du Cercle. L'avant- garde , après avoir
repoufflé le Corps du Comte de Schulembourg ,
qui étoit à Creuffen , eſt arrivée à Saint Jean près
de Bareuth . Un Régiment de Cuiraffiers Autrichiens
& un Régiment de Dragons fe font portés à
Virbens & Neuftadt fur le Kulm , aux ordres du
Général Pellegrini. Le Prince de Stolberg doit
être de fa perfonne à Weiden , & le Général k léefel
doit avancer par le Haut Palatinat . On allure
que ces difpofitions ont déja fait retirer les Pruffiens
des environs de Bareuth On préfume que le
Général Kleift ne tiendra point à Bamberg , &
qu'il s'empreffera de rentrer en Saxe , pour ne
pas expofer aux hazards de la guerre le butin
confidérable qu'il a enlevé dans la Franconie.
On mande de Leipfick que le Roi de Pruffe s'eft
tranſporté à Gotha ; que la ville de Nuremberg a
été fermée il y a quelques jours, & que le Général
Kleift y eft entré avec un détachement pour y lever
des contributions.
JANVIER . 1763. 185
De la FRANCONIE , le 4 Décembre .
Le Corps du Général Kleift s'eft replié jufqu'à
Schleuffingen , où il a été renforcé par celui de
Trimbach , compofé de mille hommes. Le Général
Comte de Neuwied occupe les environs de
Plauen. L'Armée de l'Empire a établi fon quartier
général à Lauff , à quelques lieues de Nuremberg
, & l'on a diftribué des troupes dans les
villages circonvoisins. Cette Armée vient d'être
renforcée par fix Régimens Autrichiens , un Corps
de Huffards & un de Croates. Il eſt resté fix mille.
hommes dans le pays de Bareuth , afin de couvrir
les endroits les plus exposés.
De HAMBOURG , le 20 Décembre.
Suivant les nouvelles de Warfovie , le Comte
de Keyferling , Envoyé extraordinaire de Ruffie
auprès du Roi & de la République de Pologne ,
eft arrivé dans cette Capitale à la fin de Novembre.
On prétend qu'il eft chargé de traiter l'affaire
de la Courlande , & de concilier , s'il eft poffible
, les intérêts du Duc de Biren avec ceux du
Prince Charles ; mais on ne fait rien de précis fur
les véritables intentions de la Cour de Ruffie >
quoiqu'elles paroiffent très-favorables au Duc
Erneft- Jean.
Le fieur Simolin , Miniftre de Ruffie auprès du
Duc de Biren , a reçu de Mofcou des dépêches ,
par lesquelles on lui marque que la difcuffion qui
s'étoit élevée entre fa Cour & celle de Dannemarck
, au ſujet du Holſtein , étoit entiérement
terminée.
De RATISBONNE , le 20 Décembre.
Le Cercle de Baviere a formé une délibération
186 MERCURE DE FRANCE.
dont l'objet eft de prier l'Empereur de vouloir bien
permettre que l'on détachât de l'Armée de l'Empire
le contingent de ce Cerccle pour couvrir les
Etats qui le compofent . Le Cercle de Suabe , affemblé
à Ulm , a formé , à ce qu'on prétend , la
même délibération .
On mande de Berlin que le Comte de Finckenſtein
, Miniftre & Secrétaire d'Etat au département
des Affaires étrangeres, eft parti de cette
Ville le 13 de grand matin pour le rendre à Leipfick
, où Sa Majefté Pruffienne l'a mandé . Cette
nouvelle donne quelques efperances pour la paix
en Allemagne .
De MADRID , le 7 Décembre.
Avant- hier il eft arrivé de Paris un Courier
qui a apporté les ratifications des articles préliminaires
de Paix conclus entre cette Cour & celle de
France , d'une part ; & l'Angleterre & le Portugal
, de l'autre , & fignés le 3 Novembre dernier.
Sa Majefté a fait expédier auffi tot les ordres néceffaires
pour la ceffation des hoftilités.
De MALAGA , le 16 Novembre.
Le fieur Perrier de Salvert , Lieutenant de la
Frégate Françoife l'Oiseau , commandée par le
Chevalier de Modene , eft arrivée dans ce Port
avec cent quatre - vingt hommes de l'équipage,
On a fu de lui les détails fuivans concernant la
prife de ce bâtiment.
Le 23 Octobre dernier le Chevalier de Modène
découvrit , à la hauteur du Cap de Palos , un
Navire Anglois , auquel il donna la chaffe ; mais
ayant reconnu que c'étoit un vaifleau de guerre
fupérieur en force , il abandonna fa pourſuite &
prit chaffe à ſon tour . Vers les cinq heures du
JANVIER . 1763. 187
foir le vaiffeau ennemi l'atteignit , & le força de
fe rendre après un combat très - vif , qui dura
trois heures. La Frégate reçut trente coups de
canon à fleur d'eau ; quarante- huit hommes
furent mis hors de combat , & il y en eut treize
de tués , du nombre defquels font les fieurs de
Gineftous , de Mauperthuis & de Sainte - Croix .
Le Chevalier de Modene a eu le bras droit emporté
d'un coup de mitraille ; le fieur Perrier de
Salvert une forte contufion au bras , & le fieur de
Chalus une légére bleffure à la main . L'ennemia
eu vingt hommes tués ou bleflés . Le bâtiment Anglois
eft la Brune , Frégate de trente- quatre piéces
de canon & de deux cens foixante hommes
d'équipage. Elle a conduit fa priſe à Gibraltar ,
où eft refté le Chevalier de Modene , dont la
bleffure ne laiffe pas craindre pour ſa vie .
De CIVITA-VECCHIA , le 16 Décembre.
Les démêlés de la Cour de Rome avec la République
de Gênes fubfiftent toujours dans le
même état. La République a demandé la médiation
du Roi des deux Siciles , & l'Abbé Cazali
eft actuellement à Naples pour négocier
cette affaire.
On a déja commencé à deffécher les Marais
Pontins , & les premiers travaux ont été fort heureux
; mais il eft à craindre que cette belle &
grande entreprife ne fott funefte aux habitans des
campagnes voisines , & peut-être de Rome même.
Le remuement de ces terres marécageules pourroit
bien dans les chaleurs dé l'été infecter l'air ,
& répandre des maladies dans les environs.
De la BASTIE , le 22 Novembre.
1
Il n'eſt pas vrai , comme on l'avoit appris d'un
188 MERCURE DE FRANCE.
Navire arrivé ici dernierement , que nos trou?
pes le foient emparées de Rogliani. Paſcal Paoli ,
eft encore à Cafinca.
Le Vifiteur Apoftolique eſt toujours dans l'Etat
de Gênes , quoiqu'on ait répandu le bruit qu'il :
en étoit parti pour retourner en Italie.
De TURIN , le 2p Décembre.
La Princeffe Polixene de Savoye , fille du
Prince de Carignan , eft morte le zo , d'une maladie
de langueur , qui étoit la fuite d'une fiévre
inflammatoire avec oppreffion de poitrine . Elle
n'étoit agée que de feize ans ; la Cour prendra
le deuil demain à cette occafion , & le portera
quinze jours.
De LONDRES , le 16 Décembre.
Le Duc de Nivernois a eu aujoud'hui fa
premiere audience du Duc d'Yorck , Frere du
Roi. Ce Miniftre a toujours de fréquentes conférences
avec les Miniftres du Roi , au füjer
du Traité définitif, auquel les difpofitions de la
Nation ne paroillent apporter aucune difficulté.
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Résumé : « Ls 23 de ce mois, Sa Majesté Impériale a reçu les marques de l'Ordre de l'Aigle noir, des mains [...] »
En janvier 1763, plusieurs événements politiques et militaires significatifs ont été rapportés. À Moscou, le 23 novembre 1762, l'Impératrice de Russie a reçu l'Ordre de l'Aigle noir des mains du Baron de Goltz. Une conspiration contre l'Impératrice, impliquant les frères Gourieff et les frères Hroufchef, a été découverte. Les conspirateurs ont été condamnés par le Sénat à être écartelés, mais l'Impératrice a commué leur peine en dégradation et exil en Sibérie. À Vienne, l'Empereur et l'Impératrice étaient en deuil suite à la mort de l'Archiduchesse Jeanne, décédée après une maladie de vingt-quatre jours. Son corps a été inhumé sans cérémonie en raison d'une éruption pourpreuse. Sur le front militaire, en Silésie, le Général de Bethlem occupait plusieurs villages et une amnistie avait été conclue avec le Général Werner. Les Autrichiens et les Prussiens ont convenu d'une ligne de séparation pour leurs quartiers respectifs. En Franconie, l'Armée de l'Empire avançait pour repousser les Prussiens, et des troupes ont été déployées pour couvrir les régions exposées. À Dresde, la suspension d'armes entre les armées autrichienne et prussienne a été réglée après de longs débats. Les Autrichiens ont conservé des territoires stratégiques pour couvrir la Bohème. En Pologne, le Comte de Keyferling est arrivé à Varsovie pour traiter de l'affaire de la Courlande. À Madrid, les ratifications des articles préliminaires de paix entre la France, l'Angleterre, et le Portugal ont été signées, mettant fin aux hostilités. En Méditerranée, la frégate française l'Oiseau a été capturée par un navire anglais après un combat intense. Le Chevalier de Modène a été blessé et conduit à Gibraltar. À Civita-Vecchia, les travaux de drainage des Marais Pontins ont commencé, mais des inquiétudes subsistent quant aux risques sanitaires. À Turin, la Princesse Polixène de Savoie est décédée à l'âge de seize ans, et la Cour a observé un deuil de quinze jours. À Londres, le Duc de Nivernois a eu sa première audience avec le Duc d'Yorck, et des conférences fréquentes ont lieu en vue de finaliser un traité définitif.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19271
p. 182-209
SUITE de la Description des Tableaux exposés au Sallon du Louvre.
Début :
LES fruits heureux de l'émulation qui anime nos jeunes Maîtres, sont très sensibles [...]
Mots clefs :
Tableaux, Peintre, Ouvrages, Effets, Auteur, Parties
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Description des Tableaux exposés au Sallon du Louvre.
SUITE de la Defcription des Tableaux
expofés au Sallon du Louvre.
M. DE LA GRENÉE.
LES fruits heureux de l'émulation qui
anime nos jeunes Maîtres, font très -fenfibles
dans les Tableaux de M. de la
Grenée. Nous defirerions pouvoir en
donner aux Lecteurs une idée qui répondît
à ce qu'ils méritent , & à la fatisfaction
qu'ils donnent aux Connoiffeurs
. Nous croyons devoir une attention
particulière à deux Tableaux , de
même grandeur , de ce Peintre ; ils font
du nombre de ceux qui arrêtent le
OCTOBRE. 1763 . 183
plus de regards & qui réuniffent le plus
de fuffrages . L'un repréfente Sufanne
furprife aux bains par les deuxVieillards ,
& l'autre la jeune Aurore quittant la
couche du vieux Titon.
On ne pouvoit donner plus d'expre¹-
fion & une expreffion plus jufte , plus
convenable & plus caractériſtique, que
celle de la tête de Sufanne dans le premier
de ces Tableaux . On y voit le fentiment
de la furpriſe & de l'indignation ;
on peut y remarquer même un principe
d'honnêteté fupérieur à l'habitude fervile
des préjugés. Le deffein de cette
Figure eft de la meilleure manière &
d'une grande intelligence. Les Vieil
lards forment , comme on l'imagine
bien , un contrafte marqué avec la Sufanne
, & le tout eft d'un bel accord de
couleurs .
Le Tableau de l'Aurore eft encore
plus piquant & a quelque chofe de plus
fort que le précédent , non feulement,
dans les expreffions , mais encore dans
le coloris. Il eft fàcheux que l'Auteur.
ait été probablement contraint , par
une dimenfion donnée , de reftraindre
fa fcène dans un espace trop petit pour
l'étendue de fon action , pour le nombre
& pour les proportions des Perfons
nages.
184 MERCURE DE FRANCE .
On remarque encore avec plaifir
du même Auteur un Tableau de forme
ovale , que l'on a intitulé la douce Captivité
, dans lequel eft repréfenté le Bufte
d'une jeune Femme careffant un Pigeon
qu'elle tient entre fes mains . On
ne tariroit pas d'éloges fur un petit
Tableau d'une Vierge careffant l'Enfant
Jefus , fi l'on vouloit en détailler
toutes les fineffes de pinceau , de deffein
, de couleur & de compofition . Une
autre Vierge qui prépare des alimens à
fon divin Enfant , eft digne auffi de
beaucoup d'obſervations favorables. On
pourroit en dire autant de plufieurs deffeins
du même Auteur qu'il a cru devoir
expofer , & dont nous ne donnerons
pas le détail par les motifs dont
nous avons ci- devant fait mention .
M. DESHAY S.
S'il étoit permis dans un Ouvrage de
critique de fe fervir d'expreffions ou de
figures poetiques, nous dirions avec beau
coup de jufteffe , en parlant de M. Deshays
, que nous allons célébrer le Soleil
levant de l'Ecole Françoife . Ce que
l'on a vu précédemment de ce jeune,
Peintre , pouvoit être en effet confidéré
comme les premiers rayons de la gloire
OCTOBRE. 1763 . 184
dont il eft couronné à cette expofition..
C'est d'après l'admiration univerfelle du
Public , & l'on peut dire avec confiance
, d'après le fuffrage de fes plus
célébres Rivaux , qu'en lui donnant cet
éloge , nous ne faifons que marquer la
Place qu'ils lui ont affignée eux - mêmes
dans les premiers rangs de Peintres d'Hi
ftoire du plus grand genre.
(i) Le premier des Tableaux de M. Des
hays non feulement parla grandeur de fa
forme, mais par celle de la compofition
& de l'effet , offre l'augufte & myſtérieux
fpectacle du chafte mariage de la
Sainte Vierge avec Saint Jofeph. C'eft
plus qu'en Poëte , c'eft en Prophéte infpiré
que le Peintre a traité ce Sujet , fi
fimple en apparence
, & devenu fi noble
par l'élévation de fon génie. Un Grand-
Prêtre de la Loi de Moyfe eft debout &
tourné vers les Saints Époux , fur une
Eſtrade en avant d'un Autel ou d'une
Table , couverte de nappes de lin. Il a
les bras étendus , & le regard dirigé
vers une Gloire qui l'illumine. Rien de
plus expreffif & de plus divin que le
caractère de cette Tête , où fans effort
d'imagination , on lit les grands Myſté-
( i ) Ce Tableau a 19 pieds de haut fur 12
pieds de large.
186 MERCURE DE FRANCE.
,
res que Dieu révéle en ce moment à
fon Pontife. Il femble voir & fuivre dans
le Ciel l'ordre des merveilles que l'éter-.
nelle Providence doit opérer dans la jeune
époufe que l'on bénit . Ce n'eft point par
éxagération forcée dans le jeu des traits,
que le Peintre a donné ce fublime caractère
à la tête du Grand - Prêtre. Il a ,
pour ainfi dire imprimé , avec la plus
vive chaleur dans cet enthouſiaſme
divin , & la Majefté du Dieu qui inſpire ,
& la dignité du Ministère facré qu'éxerce
le Pontife. Autant d'intelligence
caractériſe la Figure de la Sainte Vierge.
qui reçoit aux pieds de ce Grand - Pretre
l'Anneau conjugal des mains de Saint
Jofeph. C'est tout un autre genre de
caractère , mais c'eſt la même juſteſſe
& le même fublime. Une candeur célefte
éclaire , embellit , & rend encore
plus touchante , la beauté fimple &
en même-temps très- noble ? que le
Peintre a donnée à la tête de la Vierge.
Cette grande & majeftueufe fimplicité
eft prononcée d'une manière fenfible ,
non-feulement fur la tête , mais encore
fur toutes les parties de cette belle Figure.
Le Saint Joseph a la jufte expreffion
qui lui convient & dans un genre
analogue à la grande idée que le Pein-
>
OCTOBRE. 1763. 187
tre a conçue & très -bien rendue de ce
faint Hyménée . Deux jeunes Lévites
rempliffent leurs fonctions aux pieds de
l'Autel , dans un des angles inférieurs du
Tableau.
Si le Peintre a excèllé dans l'invention
& dans ce que nous appellons la compofition
poëtique de fon Sujet , il ne
mérite pas moins d'admiration dans l'exécution
pittorefque. On doit lui pardonner
de s'être permis un peu de licence
contre l'auftère vérité du Coftume à
l'égard des vêtemens du Grand- Prêtre,
en faveur du grand & magnifique effet,
qui en réfulte. On ne peut rien voir de
mieux entendu que le jet des draperies
du fur - vêtement de ce Prêtre . L'enthoufiafime
femble y régner autant
que dans le caractère de la tête ; mais
toujours avec une fagcffe & une juſteſſe
de goût que nous ne pouvons trop louer.
Le moelleux & la force qui caractériſent
éminemment le pinceau de l'Auteur fe
font spécialement remarquer dans ce
Tableau , le choix & l'effet des étoffes ,
y font également admirables . Le fage enfemble
par lequel le Peintre a , comme
nous l'avons dit plus haut , défigné la
divine vocation de la Vierge , eft encore
, fi l'on peut dire , completté p
188 MERCURE DE FRANCE.
,
le genre & l'exécution des belles dra-`
peries de cette Figure . Leur noble fimplicité
, l'entente & la fobriété des plis
y font parfaitement analogues , & le
font fans froideur , fans féchereffe , &
fur-tout fans cette roideur fi difficile à
éviter , lorfque l'on pratique cette forte
de manière de draper. La magie du clair
obfcur & de l'effet du coloris , a été
pratiquée , à ce qu'il nous femble , avec
un fuccès étonnant dans tout ce Tableau;
nous l'avons particuliérement remarquée
fur les deux jeunes Lévites tous deux
vêtus de lin , poftés très- près l'un de l'au-'
tre , & joignant les linges qui couvrent
l'Autel. L'art des effets , dans tous ces
mêmes blancs , eft fi heureuſement employé
, que les objets & chaque partie
des objets , font d'une diftinction
fenfible , en même temps de la plus
grande vérité , & d'une grande perfection
d'accord avec les autres objets ,
dans l'enſemble du Tableau , duquel un'
des grands mérites eft la beauté de l'har
monie générale . Cette maffe que forment
les jeunes Lévites, produit encore , relativement
à d'autres effets , un avantage qui
ne nous a pas échappé . Comme elle eſt
pofée dans l'angle inférieur du Tableau
qui répond à l'angle fupérieur où eft la
-
OCTOBRE . 1763 . 189
Gloire , elle contribue admirablement
à étendre & à élargir le grand effet de
lumière qui frappe fur la partie dominante
de toute cette grande & riche compofition.
Nous aurions à faire remarquer l'éclat
de cette Gloire , les rapports ingénieux
& agréables d'effet des acceffoires avec
les parties principales , jufques dans
les fleurs dont font janchés les gradins
de l'Autel & le pavé du Temple :
mais nous ferions peut-être prolixes
fans être pour cela affez exacts . Il eft
des objets pour lefquels toute defcription
eft infuffifante : ce beau Tableau
eft de ce nombre . Qu'il nous foit permis
, avant de finir , d'adreffer un rcproche
bien fondé à notre Capitale , fur
ce qu'elle abandonne en quelque forte
, aux Temples des Provinces , des morceaux
de diftinction , tels que celui- ci
& d'autres que l'on pourroit citer , qui
devroient refter dans fon fein pour fervir
de monamens à fa fplendeur & à
la gloire de nos Arts. Il eft plus que fin
gulier que ceux auxquels eft confié l'ertretien
des Temples , faffent en Provin
ce plus d'efforts de dépenfes pour enlever
à la Capitale des productions de
prix , que l'on ne daigne en faire
les y conferver.
pour
90 MERCURE DE FRANCE.
!
>
Une Scène plus forte que la précédente
& d'un genre différent , a exercé
le pinceau de M. Deshays dans
beaucoup moins d'efpace fur la toile
mais avec autant d'étendue de génie ;
c'eft la Réfurrection du Lazare. ( k )
Le Peintre a fait plus appercevoir &
plus fentir le Dieu que l'Homme dans
le caractère de la Figure de Jefus Chrift.
Les différens mouvemens de furpriſe
de terreur & d'admiration , font ingénieufement
variés & parfaitement
prononcés fur les vifages des trois Apôtres
qui regardent fortir le Mort de fon
tombeau . Ce dernier eft frappant de
terreur, il est élevé à mi- corps dans une
efpéce de foffe , dont on a relevé les
terres & la pierre qui la couvroient.
Il est encore dans les linceuls de la mort
d'où il femble faire effort pour dégager
fes mains , ferrées dans des bandelettes
, afin de les élever vers fon Sauveur
. Rien de mieux penfé, dans ce Tableau
, que la différence dont font affectées
deux Femmes témoins du Miracle ;
T'une eft toute entière encore à l'étonnement
& à la confidération terrible de
l'événement , tandis que l'autre , profter-
( k ) Ce Tableau ne fe trouve point dans le
Livre du Sallon.
OCTOBRE . 1763. 19L
, née la face contre terre adore dans
fon âme la Divinité qui opére. Le fite ,
le ton de couleur , la fierté du deffein
quoique dans des Figures de petites proportions
, tout eft relatif , tout eft adapté
à la nature du Sujet. Nous ne pouvons
mieux nous expliquer à l'égard
de cet Ouvrage , que d'après les plus
illuftres Confrères de fon Auteur , qui
l'ont comparé aux plus belles productions
de la Foffe .
Dans le Tableau intitulé : la Chafteré
de Jofeph , ce Peintre , différent de luimême
, toujours égal & quelquefois fupérieur
aux plus grands modèles de
chaque genre , a rendu , peut - être
jufqu'au danger de la féduction , ( mais
fans indécence ) des beautés que l'ufage
voile à nos yeux . La femme de Putiphar
eft repréſentée s'élançant du lit
où elle vouloit faire entrer le chafte
Jofeph qu'elle retient encore par fes vêtemens.
Le crime & la frayeur d'une
paffion trompée dans fon efpoir , font vivement
exprimés dans les yeux & fur le
vifage de cettte coupable femme . Ce que
le linge dont elle eft couverte laiffe voir
du reste de la figure a tous les charmes ,
auxquels peut atteindre l'imitation de la
nature. Il y a des paffages de demi-teintes
192 MERCURE DE FRANCE.
dans les parties nues , & un artifice de
coloris qui produifent toutes les rondeurs
& tous les autres beaux effets du
relief naturel . Le Peintre a donné un
caractère de beauté un peu mále , mais
agréable , à fon Jofeph . L'expreffion du
fentiment de cette Figure eft délicate &
difficile à rendre , à caufe du contrafte
de la vertu qu'elle doit exprimer , avec
la perverfité trop commune dans nos
moeurs. Il nous a paru cependant de la
nobleffe dans l'air de priere & d'invocation
, avec lequel Jofeph demande au
Ciel des fecours pour lui - même contre
la féduction des fens , ou reclame la
Juftice Divine contre l'entrepriſe hardie
de la belle Criminelle.
Ce qui nous refte à dire fur ce Tableau
, c'eft qu'outre les beautés de
deffein , dont nous ne devons plus parler
, parce qu'elles font généralement
connues dans tous les Ouvrages de M.
Deshays ; fon pinceau eft comparable
pour la fraîcheur
, pour le fuave , pour
la jufteffe des effets & la richeffe des étoffes
, à ce que l'on connoît de plus beau
en ce genre des grands Maîtres d'Italie
& de nos meilleurs Coloriftes François.
(1)
( 1) Ce Tableau a 4 pieds 6 pouces fur s pieds
pouces. Nous
OCTOBRE. 1763. 193
Nous avons vu du même Peintre
un Tableau de Vierge d'un très - beau
caractère. (m) Deux autres Têtes : l'une
d'un vieillard , l'autre d'une jeune
Femme qui range avec fon éventail la
.coëffe d'un mantelet dont elle eft enveloppée
, nous ont paru , chacune dans
leur genre , mériter l'attention des Connoiffeurs.
La première a les grandes parties
de la Peinture utiles à l'étude de
cet Art , la feconde eft auffi piquante par
l'invention & le tour d'action , que par
la fraîcheur & par l'effet de la lumière.
Le foin laborieux d'étendre fes talens,
& fur-tout d'en foumettre les productions
au jugement du Public , eft remarqué
à ces expofitions , où M. Deshays
ne ceffe d'en recueillir le fruit. On
fe plaît à voir encore dans celle - ci des
Marches , des Caravanes & des Payfages
garnis d'animaux , par ce même Peintre
; nous avons entendus tous les meilleurs
Connoiffeurs & les plus habiles Artiftes
, fe réunir à comparer ces fortes de
Tableaux aux Ouvrages fi célèbres du
Bénédette. On y reconnoît la même délicateffe
de touche , la même élégance de
deffein , & les mêmes beautés de co-
-loris.
(m) Deux pieds 6 pouces , fur 2 pieds .
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE .
Nous avons eu déjà occafion de remarquer
dans ce Peintre un des plus
grands mérites qu'on puiffe avoir en
Poefie comme en Peinture ; c'eft de
prendre le ftyle exactement propre à
chaque Sujet qu'on traite. Nos Obfervations
fur les Ouvrages qu'il vient d'expofer
confirment plus que jamais cet
éloge. M. Deshays ne paroît en effet
avoir aucune manière affectée : c'eft le
Peintre de tous les genres , & il feroit
difficile de déterminer celui dans lequel
il excelle le plus . Son célèbre beau- père
a été nommé le Fontenelle de la Peinture;
nous ofons prédire que le gendre
en fera nommé le Voltaire.
M. AMEDÉE VANLOQ .
2
Toujours heureux dans la Peinture
le grand nom de Vanloo eft fort bien
foutenu cette année par M. Amédée,
On apperçoit avec fatisfaction l'avantage
qu'il a retiré de fa réfidence en
France , qui le rapproche d'une famille ,
où il trouve des modéles fi utiles : on
en voit particulièrement le fruit dans
deux Tableaux , dont l'un repréfente
une Prédication de S. Dominique devant
un Souverain Pontife , & l'autre S. Thomas
d'Aquin', compofant fes Ouvrages
OCTOBRE. 1763. 195
鬱
#
fous l'infpiration du Saint-Efprit . Il y a
dans ces deux Tableaux des beautés de
compofition & de coloris , qui peuvent
faire honneur aux talens de ce Peintre ,
& qui marquent fenfiblement d'heureux
progrès. Nous avons été embarraffés
dans l'un de ces deux Tableaux à nous
rendre raifon de quelques lumières qui
paroiffent fe croifer , comme fi elles partoient
de points oppofés. Peut - être l'Auteur
a-t-il eu pour cela des motifs dont
il est plus en état de rendre compte que
nous ; peut- être auffi nos yeux ont - ils
été trompés dans cette obfervation.
On a expofé encore de ce Peintre
deux Tableaux repréfentans des Jeux
d'enfans , & un autre l'Enfant Jéfus ,
avec un Ange qui lui montre les Attributs
de la Paffion ; Ouvrage dont le
Sujet a fans doute été exigé , & auquel
a été affujettie l'exécution.
M. CHALL E.
, & Plufieurs Tableaux d'Hiftoire
d'affez grande forme par M. Challe, prouvent
que cet Artifte travaille tonjours
avec application fur des bons principes
& dans un genre que l'on doit encoùrager.
La mort d'Hercule , Milon de
Crotone , Efther évanouie aux pieds
I ij
196 MERCURE DE FRANCE .
d'Affuerus , & une Vénus endormie .
font les Sujets qu'a traités M. Challe
dans ces Tableaux . On voit encore de
lui , quatre Deffeins d'Architecture , repréfentant
d'anciens Monumens dans
lefquels les Curieux d'antiquités trouvent
dequoi fatisfaire leur goût.
M. CHARDIN ,
C'eft avec d'autant plus de plaifir que
nous allons parler de Tableaux de fruits
& autres objets du genre de M. Chardin
, que cet illuftre Artiſte ſemble , dans
l'expofition de cette année , avoir renouvellé
toute la force de fon talent. On ne
peut voir d'effet plus piquant , plus vrai ,
plus naturel , & de touche plus fçavante
& plus artificieufe que ce que préfentent
en général les petits Ouvrages dont il
a orné le Sallon , & entr'autres un Déjeuné
qui eft la nature même des objets
qu'il a imités , & qui font offerts aux
yeux fous l'afpe& le plus attrayant.
On reconnoît & l'on doit avouer que
ce grand Peintre eft encore le Maître &
le modéle du genre qu'il a pour ainfi
dire créé. Indépendamment de ce que
M. Chardin a contribué par l'agrément de
Les Ouvrages à la décoration du Sallon
on lui doit encore un jufte tribut d'é-
?
OCTOBRE . 1763 . 197
1
loges pour l'ordre qu'il a été chargé de
mettre dans la difpofition de tant de
chefs-d'oeuvres divers. On eft convenu
généralement au premier coup - d'oeil ,
comme après un examen plus recherché ,
que jamais on n'avoit diſtribué avec
plus d'intelligence les différentes parties
de cette riche Collection , tant pour la
beauté de l'enfemble , que pour l'avan
tage particulier de chacun des morceaux
qui la compofent.
M. DE LA TOUR.
་
Les fuffrages du Public font toujours
les mêmes fur les productions du célébre
M. de la Tour. Parmi un grand
nombre de Portraits qu'il a préfentés
cette année , on y diftingue ceux de
Monfeigneur le Dauphin & de Madame
la Dauphine , ainfi que ceux de Monfeigneur
le Duc de Berry , de Monfei
gneur le Comte de Provence , du Prince
Clément , & de la Princeffe Chriftine de
Saxe. Il eft difficile d'exprimer avec quel
plaifir tout le monde eft frappé de l'étonnante
vérité des Portraits de M. le
Moine , Sculpteur du Roi , & d'un Eccléfiaftique
connu du Public , & très-confidéré
dans la Magiftrature .
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
M. FRANCISQUE MILLET.
M. BOIZO T.
Il y a dans deux Payfages de M.
Millet , & dans plufieurs Tableaux de
M. Boizot , des chofes qui peuvent faire
honneur à ces deux Académiciens , &
où les Connoiffeurs retrouvent toujours
quelques effets des bons principes de
notre École Francoife.
M. VENE VAULT.
-
Les Amateurs de la Miniature ,
genre dans lequel M. Vénevault s'eft
à jufte titre acquis une grande réputatation
, ont lieu d'être fatisfaits des ouvrages
de cet Artifte. Le Portrait
étant l'objet le plus ordinaire de la Miniature
, ces fortes d'ouvrages n'intéreſfent
le plus fouvent que relativement à
la connoiffance qu'on a de ceux qui y
font repréſentés . M. Vénevault a attiré
la curiofité de tout le monde , fur une
compofition dans laquelle on voit un
homme connu dans la Littérature , qui
fous fon habit ordinaire d'Abbé, fait une
lecture à une jolie Femme fa parente. Le
contrafte des deux phyfionomies , &
le mérite de l'expreffion caractéristique
ont fait chercher ce Morceau , parmi
OCTOBRE 1763. 199
les grandes & férieufes beautés qui frappent
les regards , & on l'a vu avec le
même plaifir qu'une petite Piéce agréable
après la repréfentation des grands
Drames héroïques.
M. BACHELIER.
M. Bachelier a donné des preuves de
l'étude particulière qu'il fait depuis quelques
années dans le grand genre d'Hif
toire , & des fuccès qu'il peut fe promettre
d'y obtenir ; par l'expofition d'un
Tableau qui repréfente Caïn venant de
tuer fon frere Abel : il a pris ce Sujet
dans le Poëme de M, Gefner. C'eft auffi
dans cette fource qu'il a puifé les Sujets
de plufieurs Efquifles en grifaille , dans
lefquelles on trouve généralement autant
de force de génie que d'exécution .
Ces derniers morceaux font fingulièrement
honneur aux talens de l'Artifte .
Nous n'entrerons pas en un plus grand
détail fur les beautés remarquables de
fes Ouvrages , pour éviter la prolixité
& les répétitions. Les bornes de cet
écrit nous empêchent auffi de détailler
des peintures allégoriques du même Auteur
fur l'Europe fçavante , le Pacte de
famille , & c.
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
M. PERRONNEAU.
Plufieurs Portraits en paftel , par M.
Perronneau , font vus avec fatisfaction ,
tant pour les vérités de reffemblance que
pour d'autres parties qui méritent l'attention
des Connoiffeurs.
M. VERNET .
Nous n'avons point d'expreffions , &
il feroit difficile d'en trouver pour rendie
toute l'admiration qu'on a donnée
aux Ouvrages expofés par M. Vernet
& pour en célébrer le rare mérite . Ils
confiftent, 1 ° . en deux grands Tableaux,
l'un repréfentant le Port de Rochefort ,
& l'autre celui de la Rochelle . Dans l'un
& dans l'autre fe trouve réuni tout ce
qu'a jamais produit & tout ce que pourra
produire le preftige de la Peinture . L'ingratitude
des Fabriques répétées & pour
ainfi dire rimées , qui fe trouvent dans.
ces Ports , eft fi ingénieufement fauvée
par l'artificieux emploi des lumières
qu'elles deviennent des beautés auxquelles
on ne peut fe refufer , & d'où
les regards ont peine à s'arracher . Chaque
objet particulier eft d'une fi éxacte
vérité , que ce n'eft point l'imitation
mais la nature même qui nous y attache ;
OCTOBRE. 1763. 201
& l'enſemble de ces objets eft fi artif
tement fondu , fi bien lié par l'art du
Peintre , que rien ne heurte la vue , &
que tout fatisfait également celle du
Connoiffeur comme celle du Vulgaire.
Le fpectateur diftingue chaque partie
de ces admirables compofitions ; il marche
dans les chemins qui y font tracés ;
il est prêt d'aller à bord avec les Marelots
; il parcourt les Atteliers , voit les
différentes manoeuvres , il converfe avec
les perfonnages dont les Figures , ingénieufement
grouppées , donnent de la
vie & du mouvement à ces chefs- d'oeuvre
de l'Art. ( n )
Quatre autres Tableaux du même
Auteur , repréfentant les quatre Parties
du Jour , (o) enrichiffent encore le Sallon .
Nous fommes réduits à la répétition des
mêmes éloges , que nous defirerions pouvoir
rendre encore plus forts , pour qu'ils
fuffent moins éloignés du mérite réel
de toutes ces productions. On admire
dans ces Tableaux comme dans les
premiers , la jufte expreffion dans les
(n) Ces Tableaux appartiennent au Roi , &
font de la fuite des Ports de France , & exécutés
par M. Vernet.
(o ) Ces Tableaux appartiennent à Monfeigneur.
le Dauphin,
I v
202 MERCURE DE FRANCE .
;
effets de chacun des différens points
du jour la parfaite analogie des tein
tes avec le ton vrai de la Nature
dans les diverfes manières dont les objets
font éclairés , & fur- tout la fublime
intelligence de la perfpective aërienne ,
que ce grand Maître poffede au moins
auffi parfaitement que Claude le Lorrain ,
en y joignant des avantages que peutêtre
n'ont pas les Ouvrages de cet illuf
tre Payfagifte. Ces quatre Tableaux ont.
un égal degré de perfection ; mais au
gré de quelques Curieux , celui qui repréfente
la Nuit , paroît le plus piquant ,
par la parfaite imitation des effets d'un
clair de Lune fur tous les objets , &
particulièrement fur les eaux.
Il y a encore plufieurs autres Ouvravrages
de ce grand Peintre qui méritent
l'attention & les fuffrages des Connoiffeurs
; dans le nombre de ces Tableaux
on remarque un Payfage , dont
le Sujet eft la Bergère des Alpes , &
deux Marines d'imagination. (p )
M. ROSLI N.
Les talens de M. Roflin pour le Portrait
, fi connus & déjà fi eftimés , pa-
(p ) Ces deux derniers Tableaux font du Cabi
net de Madame de Pompadour.
OCTOBRE. 1763. 203
toiffent être parvenus à la fupériorité
dans beaucoup de parties ; telles font
les vérités d'effet , la perfection & le
fini des détails , ainfi que l'heureux agencement
des draperies & des étoffes ; à
quoi il joint éminemment le plus beau
faire dans les têtes , les plus fidelles &
en même-temps les plus avantageufes
reffemblances ; la correction du Deffein ,
l'harmonie & enfin toutes les grandes parties
de la Peinture ; c'eft ce qu'on remarque
particulièrement dans les Portraits
de M. le Duc de Praflin , de M. le Baron
de Scheffer , d'un Abbé de Clairvault
, ainfi que dans celui de Madame
la Comteffe d'Egmont & de M. le Comte
de Kernicheuw en habit de Cérémonie
de l'Ordre de S. André de Ruffie. On
admire avec furprife , fingulièrement
dans ce dernier Portrait , la jufteffe &
l'éclat de l'imitation des étoffes très - riches
en or & en argent qui forment
l'habillement.
M. VALADE. M. DESPORTES.
Le premier de ces deux Peintres a
expofé différens Portraits en paſtel , dans
lefquels on trouve beaucoup de reffemblance
; un entr'autres qui repréfente
M. Loriot , Ingénieur méchanicien , mé-
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
rite l'attention particulière des Amateurs
du paſtel , en ce qu'une moitié feulement
de ce Tableau , eft fixée par le
fecret qu'a découvert M. Loriot , & que
l'onn'apperçoit aucune différence ni altération
entre la partie fixée & celle qui
ne l'eft pas. On voit quatre Tableaux
de Fruits de M. Desportes.
MADA ME VIEN.
Les charmans Ouvrages de cette Académicienne
continuent de juftifier la
rare diftinction dont elle a été honorée
par fon admiffion dans l'Académie ;
avantage qui lui feroit uniquement propre
fans l'exemple de la fameufe Demoifelle
Rofa- Alba.
M. DE MA CHY .
On ne peut donner trop d'éloges aux
Sujets que nous avons vus de M. de
Machy dans le genre d'Architecture . Ils
confiftent 1 ° . dans la repréfentation de
l'intérieur de l'Eglife projettée pour la
Paroiffe de la Magdeleine ( q ) ; ce Tableau
donne & remplit très- bien l'idée
d'un beau Temple avec de grands effets ,
( 4 ) Tableau de trois pieds quatre pouces de
large fur un pied neuf pouces de haut.
OCTOBRE. 1763. 205
très-juftes & d'un riche afpect. 2°. Le
deffous du Périftile du Louvre du côté
de la rue Fromenteau , éclairé par une
lampe. On a lieu de louer , & même
d'admirer , dans ce Tableau , & le génie
de l'invention & la vérité piquante
d'un effet fi avantageux , qu'il embellit
le local repréfenté , de manière que
ceux qui le voyent tous les jours
font furpris de la beauté qu'ils n'y
avoient pas apperçue . 3° . Deux Ta
bleaux , à gouaffe , repréfentans les ruines
de la Foire S. Germain occafionnées
par l'Incendie ; l'effet de ce fpectacle
eft vivement & fidélement exprimé . 4º.
Un autre Tableau , dont le Sujet , trèsintéreffant
de foi-même, eft rappellé avec
la plus grande vérité. C'est l'inſtant de
la Pofe de la Statue Equeftre du Roi ,
dans la nouvelle Place , lorfqu'après
l'avoir enlevée , on la defcend fur fon
Piédeftal. La plus jolie compofition , les
meilleurs effets & le goût le plus jufte
dans le genre , diftinguent ce Morceau.
On y voit , on y retrouve la multitude
qui rempliffoit la place , on croiroit en
entendre le bruit. M. de Machy nous a
encore expofé des Tableaux de Ruines
dans lefquels on reconnoît toujours les
talens qui conftituent la réputation de
cet Artiſte.
266 MERCURE DE FRANCE.
M. DROUA IS le fils.
Le pinceau de M. Drouais le fils a
rempli l'attente du Public & par le nombre
& par l'agrément de fes productions.
On fçait avec quels applaudiffemens
elles ont été vues aux précédentes
expofitions & dès le premier moment
même que cet Auteur a paru
fur
la Scène du Sallon, Théâtre auffi avanta
geux au vrai mérite des talens que dangereux
pour la médiocrité . Ceux de cePeintre
non-feulement en foutiennen toujours
l'épreuve avec honneur , mais ils y
acquiérentde nouveauxfuffrages à chaque
nouvelle repréſentation : car nous croions
qu'on peut confidérer ainfi chaque expofition
publique . La fraîcheur du pinceau
, l'éclat & le piquant des effets
qu'on peut tirer des emplois de la lumière
, font les principales qualités qui caractérisent
le talent de M. Drouais
dans l'exécution , ainfi que le choix
gracieux dans l'arrangement & dans la
pofition des objets. Ces qualités réunies
, font remarquer avec grand plaifir
tous les Tableaux & tous les Portraits
de cet Auteur. On eft principalement
frappé de celui où il a peint Monfeigneur
le COMTE D'ARTOIS & MADA- .
OCTOBRE. 1763. 207
ME jouant avec une Chévre. Ce Mor
ceau eft de la plus agréable invention ;
& malgré la hauteur où la néceffité de
l'ordre général a forcé de le placer au
Sallon , l'éclat & les grâces dont il bril
loit , ont attiré tous les regards. Nous
devons obferver néanmoins que cette
élévation où fé font trouvés placés quelques
Ouvrages du même Peintre , a pu
faire un obftacle à la diftinction qu'ils
méritoient , les objets qui y étoient repréfentés
n'étant pas faits pour être vus
d'une fi grande diſtance .
Ce que nous venons de dire à l'avan
tage de ce Tableau de M. Dronais , eft
applicable à tous les autres. On ne peut
cependant refufer des éloges particuliers
au Portrait d'un très-joli petit Garçon en
Pierrot. C'eft un morceau du genre &
à - peu-près de l'effet du petit Polifon
au Portefeuille qui a été vu précédemment
& qui a fait tant d'honneur à ce
Peintre. La petite Nourrice ainfi que
le Portrait d'une petite Fille charmante
jouant avec un chat ( deux Tableaux
ovales ) font du même mérite . On ne
peut fe faire une idée trop agréable du
piquant qu'il y a dans ce dernier Morceau.
Ceux qui en connoiffent le mo208
MERCURE DE FRANCE.
déle ( r ) doivent convenir que s'il a
prêté au talent du Peintre , celui - ci à
fon tour en a fi bien faifi la grâce & la
fineffe de caractère , que l'on ne pouvoit
mieux répondre à cet heureux
choix de la Nature . ( s )
M. VOIRIOT .
Dans plufieurs Portraits de ce Peintre
on reconnoît les fruits des bons principes
de l'Art. Le Public , non plus que
nous , ne peut juger de l'exactitude des
reffemblances dans les Portraits des Particuliers
. Mais nous y pouvons diftinguer
la bonne manière de peindre les
têtes , l'enfemble des parties , le ton vrai
& l'accord du coloris , ainfi que le meilleur
choix des attitudes , & c. En examinant
les Ouvrages de M. Voiriot fur
toutes ces conditions requifes , nous
trouverions beaucoup de chofes à dire,
favorables à fon talent.
(r) Mlle SILVESTRE , fille de M. SILVESTRE ,
Peintre du Roi de Pologne & petite - fille de feu
M. SILVESTRE , Directeur de l'Académie .
( s ) Ce Tableau eft du Cabinet de Madame de
Pompadour.
N. B. La fuite au prochain Mercure.
Les perfonnes qui auront la Brochure
OCTOBRE. 1763. 209
où la Defcription des Tableaux eft raf
femblée en entier, peuvent s'adreffer au
Bureau du Mercure , rue Ste Anne, On
leur délivrera gratis en fupplément
pour joindre à cette Brochure la Def
cription des Ouvrages de Sculpture ,qui
n'a pû être imprimée dans le même
temps .
expofés au Sallon du Louvre.
M. DE LA GRENÉE.
LES fruits heureux de l'émulation qui
anime nos jeunes Maîtres, font très -fenfibles
dans les Tableaux de M. de la
Grenée. Nous defirerions pouvoir en
donner aux Lecteurs une idée qui répondît
à ce qu'ils méritent , & à la fatisfaction
qu'ils donnent aux Connoiffeurs
. Nous croyons devoir une attention
particulière à deux Tableaux , de
même grandeur , de ce Peintre ; ils font
du nombre de ceux qui arrêtent le
OCTOBRE. 1763 . 183
plus de regards & qui réuniffent le plus
de fuffrages . L'un repréfente Sufanne
furprife aux bains par les deuxVieillards ,
& l'autre la jeune Aurore quittant la
couche du vieux Titon.
On ne pouvoit donner plus d'expre¹-
fion & une expreffion plus jufte , plus
convenable & plus caractériſtique, que
celle de la tête de Sufanne dans le premier
de ces Tableaux . On y voit le fentiment
de la furpriſe & de l'indignation ;
on peut y remarquer même un principe
d'honnêteté fupérieur à l'habitude fervile
des préjugés. Le deffein de cette
Figure eft de la meilleure manière &
d'une grande intelligence. Les Vieil
lards forment , comme on l'imagine
bien , un contrafte marqué avec la Sufanne
, & le tout eft d'un bel accord de
couleurs .
Le Tableau de l'Aurore eft encore
plus piquant & a quelque chofe de plus
fort que le précédent , non feulement,
dans les expreffions , mais encore dans
le coloris. Il eft fàcheux que l'Auteur.
ait été probablement contraint , par
une dimenfion donnée , de reftraindre
fa fcène dans un espace trop petit pour
l'étendue de fon action , pour le nombre
& pour les proportions des Perfons
nages.
184 MERCURE DE FRANCE .
On remarque encore avec plaifir
du même Auteur un Tableau de forme
ovale , que l'on a intitulé la douce Captivité
, dans lequel eft repréfenté le Bufte
d'une jeune Femme careffant un Pigeon
qu'elle tient entre fes mains . On
ne tariroit pas d'éloges fur un petit
Tableau d'une Vierge careffant l'Enfant
Jefus , fi l'on vouloit en détailler
toutes les fineffes de pinceau , de deffein
, de couleur & de compofition . Une
autre Vierge qui prépare des alimens à
fon divin Enfant , eft digne auffi de
beaucoup d'obſervations favorables. On
pourroit en dire autant de plufieurs deffeins
du même Auteur qu'il a cru devoir
expofer , & dont nous ne donnerons
pas le détail par les motifs dont
nous avons ci- devant fait mention .
M. DESHAY S.
S'il étoit permis dans un Ouvrage de
critique de fe fervir d'expreffions ou de
figures poetiques, nous dirions avec beau
coup de jufteffe , en parlant de M. Deshays
, que nous allons célébrer le Soleil
levant de l'Ecole Françoife . Ce que
l'on a vu précédemment de ce jeune,
Peintre , pouvoit être en effet confidéré
comme les premiers rayons de la gloire
OCTOBRE. 1763 . 184
dont il eft couronné à cette expofition..
C'est d'après l'admiration univerfelle du
Public , & l'on peut dire avec confiance
, d'après le fuffrage de fes plus
célébres Rivaux , qu'en lui donnant cet
éloge , nous ne faifons que marquer la
Place qu'ils lui ont affignée eux - mêmes
dans les premiers rangs de Peintres d'Hi
ftoire du plus grand genre.
(i) Le premier des Tableaux de M. Des
hays non feulement parla grandeur de fa
forme, mais par celle de la compofition
& de l'effet , offre l'augufte & myſtérieux
fpectacle du chafte mariage de la
Sainte Vierge avec Saint Jofeph. C'eft
plus qu'en Poëte , c'eft en Prophéte infpiré
que le Peintre a traité ce Sujet , fi
fimple en apparence
, & devenu fi noble
par l'élévation de fon génie. Un Grand-
Prêtre de la Loi de Moyfe eft debout &
tourné vers les Saints Époux , fur une
Eſtrade en avant d'un Autel ou d'une
Table , couverte de nappes de lin. Il a
les bras étendus , & le regard dirigé
vers une Gloire qui l'illumine. Rien de
plus expreffif & de plus divin que le
caractère de cette Tête , où fans effort
d'imagination , on lit les grands Myſté-
( i ) Ce Tableau a 19 pieds de haut fur 12
pieds de large.
186 MERCURE DE FRANCE.
,
res que Dieu révéle en ce moment à
fon Pontife. Il femble voir & fuivre dans
le Ciel l'ordre des merveilles que l'éter-.
nelle Providence doit opérer dans la jeune
époufe que l'on bénit . Ce n'eft point par
éxagération forcée dans le jeu des traits,
que le Peintre a donné ce fublime caractère
à la tête du Grand - Prêtre. Il a ,
pour ainfi dire imprimé , avec la plus
vive chaleur dans cet enthouſiaſme
divin , & la Majefté du Dieu qui inſpire ,
& la dignité du Ministère facré qu'éxerce
le Pontife. Autant d'intelligence
caractériſe la Figure de la Sainte Vierge.
qui reçoit aux pieds de ce Grand - Pretre
l'Anneau conjugal des mains de Saint
Jofeph. C'est tout un autre genre de
caractère , mais c'eſt la même juſteſſe
& le même fublime. Une candeur célefte
éclaire , embellit , & rend encore
plus touchante , la beauté fimple &
en même-temps très- noble ? que le
Peintre a donnée à la tête de la Vierge.
Cette grande & majeftueufe fimplicité
eft prononcée d'une manière fenfible ,
non-feulement fur la tête , mais encore
fur toutes les parties de cette belle Figure.
Le Saint Joseph a la jufte expreffion
qui lui convient & dans un genre
analogue à la grande idée que le Pein-
>
OCTOBRE. 1763. 187
tre a conçue & très -bien rendue de ce
faint Hyménée . Deux jeunes Lévites
rempliffent leurs fonctions aux pieds de
l'Autel , dans un des angles inférieurs du
Tableau.
Si le Peintre a excèllé dans l'invention
& dans ce que nous appellons la compofition
poëtique de fon Sujet , il ne
mérite pas moins d'admiration dans l'exécution
pittorefque. On doit lui pardonner
de s'être permis un peu de licence
contre l'auftère vérité du Coftume à
l'égard des vêtemens du Grand- Prêtre,
en faveur du grand & magnifique effet,
qui en réfulte. On ne peut rien voir de
mieux entendu que le jet des draperies
du fur - vêtement de ce Prêtre . L'enthoufiafime
femble y régner autant
que dans le caractère de la tête ; mais
toujours avec une fagcffe & une juſteſſe
de goût que nous ne pouvons trop louer.
Le moelleux & la force qui caractériſent
éminemment le pinceau de l'Auteur fe
font spécialement remarquer dans ce
Tableau , le choix & l'effet des étoffes ,
y font également admirables . Le fage enfemble
par lequel le Peintre a , comme
nous l'avons dit plus haut , défigné la
divine vocation de la Vierge , eft encore
, fi l'on peut dire , completté p
188 MERCURE DE FRANCE.
,
le genre & l'exécution des belles dra-`
peries de cette Figure . Leur noble fimplicité
, l'entente & la fobriété des plis
y font parfaitement analogues , & le
font fans froideur , fans féchereffe , &
fur-tout fans cette roideur fi difficile à
éviter , lorfque l'on pratique cette forte
de manière de draper. La magie du clair
obfcur & de l'effet du coloris , a été
pratiquée , à ce qu'il nous femble , avec
un fuccès étonnant dans tout ce Tableau;
nous l'avons particuliérement remarquée
fur les deux jeunes Lévites tous deux
vêtus de lin , poftés très- près l'un de l'au-'
tre , & joignant les linges qui couvrent
l'Autel. L'art des effets , dans tous ces
mêmes blancs , eft fi heureuſement employé
, que les objets & chaque partie
des objets , font d'une diftinction
fenfible , en même temps de la plus
grande vérité , & d'une grande perfection
d'accord avec les autres objets ,
dans l'enſemble du Tableau , duquel un'
des grands mérites eft la beauté de l'har
monie générale . Cette maffe que forment
les jeunes Lévites, produit encore , relativement
à d'autres effets , un avantage qui
ne nous a pas échappé . Comme elle eſt
pofée dans l'angle inférieur du Tableau
qui répond à l'angle fupérieur où eft la
-
OCTOBRE . 1763 . 189
Gloire , elle contribue admirablement
à étendre & à élargir le grand effet de
lumière qui frappe fur la partie dominante
de toute cette grande & riche compofition.
Nous aurions à faire remarquer l'éclat
de cette Gloire , les rapports ingénieux
& agréables d'effet des acceffoires avec
les parties principales , jufques dans
les fleurs dont font janchés les gradins
de l'Autel & le pavé du Temple :
mais nous ferions peut-être prolixes
fans être pour cela affez exacts . Il eft
des objets pour lefquels toute defcription
eft infuffifante : ce beau Tableau
eft de ce nombre . Qu'il nous foit permis
, avant de finir , d'adreffer un rcproche
bien fondé à notre Capitale , fur
ce qu'elle abandonne en quelque forte
, aux Temples des Provinces , des morceaux
de diftinction , tels que celui- ci
& d'autres que l'on pourroit citer , qui
devroient refter dans fon fein pour fervir
de monamens à fa fplendeur & à
la gloire de nos Arts. Il eft plus que fin
gulier que ceux auxquels eft confié l'ertretien
des Temples , faffent en Provin
ce plus d'efforts de dépenfes pour enlever
à la Capitale des productions de
prix , que l'on ne daigne en faire
les y conferver.
pour
90 MERCURE DE FRANCE.
!
>
Une Scène plus forte que la précédente
& d'un genre différent , a exercé
le pinceau de M. Deshays dans
beaucoup moins d'efpace fur la toile
mais avec autant d'étendue de génie ;
c'eft la Réfurrection du Lazare. ( k )
Le Peintre a fait plus appercevoir &
plus fentir le Dieu que l'Homme dans
le caractère de la Figure de Jefus Chrift.
Les différens mouvemens de furpriſe
de terreur & d'admiration , font ingénieufement
variés & parfaitement
prononcés fur les vifages des trois Apôtres
qui regardent fortir le Mort de fon
tombeau . Ce dernier eft frappant de
terreur, il est élevé à mi- corps dans une
efpéce de foffe , dont on a relevé les
terres & la pierre qui la couvroient.
Il est encore dans les linceuls de la mort
d'où il femble faire effort pour dégager
fes mains , ferrées dans des bandelettes
, afin de les élever vers fon Sauveur
. Rien de mieux penfé, dans ce Tableau
, que la différence dont font affectées
deux Femmes témoins du Miracle ;
T'une eft toute entière encore à l'étonnement
& à la confidération terrible de
l'événement , tandis que l'autre , profter-
( k ) Ce Tableau ne fe trouve point dans le
Livre du Sallon.
OCTOBRE . 1763. 19L
, née la face contre terre adore dans
fon âme la Divinité qui opére. Le fite ,
le ton de couleur , la fierté du deffein
quoique dans des Figures de petites proportions
, tout eft relatif , tout eft adapté
à la nature du Sujet. Nous ne pouvons
mieux nous expliquer à l'égard
de cet Ouvrage , que d'après les plus
illuftres Confrères de fon Auteur , qui
l'ont comparé aux plus belles productions
de la Foffe .
Dans le Tableau intitulé : la Chafteré
de Jofeph , ce Peintre , différent de luimême
, toujours égal & quelquefois fupérieur
aux plus grands modèles de
chaque genre , a rendu , peut - être
jufqu'au danger de la féduction , ( mais
fans indécence ) des beautés que l'ufage
voile à nos yeux . La femme de Putiphar
eft repréſentée s'élançant du lit
où elle vouloit faire entrer le chafte
Jofeph qu'elle retient encore par fes vêtemens.
Le crime & la frayeur d'une
paffion trompée dans fon efpoir , font vivement
exprimés dans les yeux & fur le
vifage de cettte coupable femme . Ce que
le linge dont elle eft couverte laiffe voir
du reste de la figure a tous les charmes ,
auxquels peut atteindre l'imitation de la
nature. Il y a des paffages de demi-teintes
192 MERCURE DE FRANCE.
dans les parties nues , & un artifice de
coloris qui produifent toutes les rondeurs
& tous les autres beaux effets du
relief naturel . Le Peintre a donné un
caractère de beauté un peu mále , mais
agréable , à fon Jofeph . L'expreffion du
fentiment de cette Figure eft délicate &
difficile à rendre , à caufe du contrafte
de la vertu qu'elle doit exprimer , avec
la perverfité trop commune dans nos
moeurs. Il nous a paru cependant de la
nobleffe dans l'air de priere & d'invocation
, avec lequel Jofeph demande au
Ciel des fecours pour lui - même contre
la féduction des fens , ou reclame la
Juftice Divine contre l'entrepriſe hardie
de la belle Criminelle.
Ce qui nous refte à dire fur ce Tableau
, c'eft qu'outre les beautés de
deffein , dont nous ne devons plus parler
, parce qu'elles font généralement
connues dans tous les Ouvrages de M.
Deshays ; fon pinceau eft comparable
pour la fraîcheur
, pour le fuave , pour
la jufteffe des effets & la richeffe des étoffes
, à ce que l'on connoît de plus beau
en ce genre des grands Maîtres d'Italie
& de nos meilleurs Coloriftes François.
(1)
( 1) Ce Tableau a 4 pieds 6 pouces fur s pieds
pouces. Nous
OCTOBRE. 1763. 193
Nous avons vu du même Peintre
un Tableau de Vierge d'un très - beau
caractère. (m) Deux autres Têtes : l'une
d'un vieillard , l'autre d'une jeune
Femme qui range avec fon éventail la
.coëffe d'un mantelet dont elle eft enveloppée
, nous ont paru , chacune dans
leur genre , mériter l'attention des Connoiffeurs.
La première a les grandes parties
de la Peinture utiles à l'étude de
cet Art , la feconde eft auffi piquante par
l'invention & le tour d'action , que par
la fraîcheur & par l'effet de la lumière.
Le foin laborieux d'étendre fes talens,
& fur-tout d'en foumettre les productions
au jugement du Public , eft remarqué
à ces expofitions , où M. Deshays
ne ceffe d'en recueillir le fruit. On
fe plaît à voir encore dans celle - ci des
Marches , des Caravanes & des Payfages
garnis d'animaux , par ce même Peintre
; nous avons entendus tous les meilleurs
Connoiffeurs & les plus habiles Artiftes
, fe réunir à comparer ces fortes de
Tableaux aux Ouvrages fi célèbres du
Bénédette. On y reconnoît la même délicateffe
de touche , la même élégance de
deffein , & les mêmes beautés de co-
-loris.
(m) Deux pieds 6 pouces , fur 2 pieds .
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE .
Nous avons eu déjà occafion de remarquer
dans ce Peintre un des plus
grands mérites qu'on puiffe avoir en
Poefie comme en Peinture ; c'eft de
prendre le ftyle exactement propre à
chaque Sujet qu'on traite. Nos Obfervations
fur les Ouvrages qu'il vient d'expofer
confirment plus que jamais cet
éloge. M. Deshays ne paroît en effet
avoir aucune manière affectée : c'eft le
Peintre de tous les genres , & il feroit
difficile de déterminer celui dans lequel
il excelle le plus . Son célèbre beau- père
a été nommé le Fontenelle de la Peinture;
nous ofons prédire que le gendre
en fera nommé le Voltaire.
M. AMEDÉE VANLOQ .
2
Toujours heureux dans la Peinture
le grand nom de Vanloo eft fort bien
foutenu cette année par M. Amédée,
On apperçoit avec fatisfaction l'avantage
qu'il a retiré de fa réfidence en
France , qui le rapproche d'une famille ,
où il trouve des modéles fi utiles : on
en voit particulièrement le fruit dans
deux Tableaux , dont l'un repréfente
une Prédication de S. Dominique devant
un Souverain Pontife , & l'autre S. Thomas
d'Aquin', compofant fes Ouvrages
OCTOBRE. 1763. 195
鬱
#
fous l'infpiration du Saint-Efprit . Il y a
dans ces deux Tableaux des beautés de
compofition & de coloris , qui peuvent
faire honneur aux talens de ce Peintre ,
& qui marquent fenfiblement d'heureux
progrès. Nous avons été embarraffés
dans l'un de ces deux Tableaux à nous
rendre raifon de quelques lumières qui
paroiffent fe croifer , comme fi elles partoient
de points oppofés. Peut - être l'Auteur
a-t-il eu pour cela des motifs dont
il est plus en état de rendre compte que
nous ; peut- être auffi nos yeux ont - ils
été trompés dans cette obfervation.
On a expofé encore de ce Peintre
deux Tableaux repréfentans des Jeux
d'enfans , & un autre l'Enfant Jéfus ,
avec un Ange qui lui montre les Attributs
de la Paffion ; Ouvrage dont le
Sujet a fans doute été exigé , & auquel
a été affujettie l'exécution.
M. CHALL E.
, & Plufieurs Tableaux d'Hiftoire
d'affez grande forme par M. Challe, prouvent
que cet Artifte travaille tonjours
avec application fur des bons principes
& dans un genre que l'on doit encoùrager.
La mort d'Hercule , Milon de
Crotone , Efther évanouie aux pieds
I ij
196 MERCURE DE FRANCE .
d'Affuerus , & une Vénus endormie .
font les Sujets qu'a traités M. Challe
dans ces Tableaux . On voit encore de
lui , quatre Deffeins d'Architecture , repréfentant
d'anciens Monumens dans
lefquels les Curieux d'antiquités trouvent
dequoi fatisfaire leur goût.
M. CHARDIN ,
C'eft avec d'autant plus de plaifir que
nous allons parler de Tableaux de fruits
& autres objets du genre de M. Chardin
, que cet illuftre Artiſte ſemble , dans
l'expofition de cette année , avoir renouvellé
toute la force de fon talent. On ne
peut voir d'effet plus piquant , plus vrai ,
plus naturel , & de touche plus fçavante
& plus artificieufe que ce que préfentent
en général les petits Ouvrages dont il
a orné le Sallon , & entr'autres un Déjeuné
qui eft la nature même des objets
qu'il a imités , & qui font offerts aux
yeux fous l'afpe& le plus attrayant.
On reconnoît & l'on doit avouer que
ce grand Peintre eft encore le Maître &
le modéle du genre qu'il a pour ainfi
dire créé. Indépendamment de ce que
M. Chardin a contribué par l'agrément de
Les Ouvrages à la décoration du Sallon
on lui doit encore un jufte tribut d'é-
?
OCTOBRE . 1763 . 197
1
loges pour l'ordre qu'il a été chargé de
mettre dans la difpofition de tant de
chefs-d'oeuvres divers. On eft convenu
généralement au premier coup - d'oeil ,
comme après un examen plus recherché ,
que jamais on n'avoit diſtribué avec
plus d'intelligence les différentes parties
de cette riche Collection , tant pour la
beauté de l'enfemble , que pour l'avan
tage particulier de chacun des morceaux
qui la compofent.
M. DE LA TOUR.
་
Les fuffrages du Public font toujours
les mêmes fur les productions du célébre
M. de la Tour. Parmi un grand
nombre de Portraits qu'il a préfentés
cette année , on y diftingue ceux de
Monfeigneur le Dauphin & de Madame
la Dauphine , ainfi que ceux de Monfeigneur
le Duc de Berry , de Monfei
gneur le Comte de Provence , du Prince
Clément , & de la Princeffe Chriftine de
Saxe. Il eft difficile d'exprimer avec quel
plaifir tout le monde eft frappé de l'étonnante
vérité des Portraits de M. le
Moine , Sculpteur du Roi , & d'un Eccléfiaftique
connu du Public , & très-confidéré
dans la Magiftrature .
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
M. FRANCISQUE MILLET.
M. BOIZO T.
Il y a dans deux Payfages de M.
Millet , & dans plufieurs Tableaux de
M. Boizot , des chofes qui peuvent faire
honneur à ces deux Académiciens , &
où les Connoiffeurs retrouvent toujours
quelques effets des bons principes de
notre École Francoife.
M. VENE VAULT.
-
Les Amateurs de la Miniature ,
genre dans lequel M. Vénevault s'eft
à jufte titre acquis une grande réputatation
, ont lieu d'être fatisfaits des ouvrages
de cet Artifte. Le Portrait
étant l'objet le plus ordinaire de la Miniature
, ces fortes d'ouvrages n'intéreſfent
le plus fouvent que relativement à
la connoiffance qu'on a de ceux qui y
font repréſentés . M. Vénevault a attiré
la curiofité de tout le monde , fur une
compofition dans laquelle on voit un
homme connu dans la Littérature , qui
fous fon habit ordinaire d'Abbé, fait une
lecture à une jolie Femme fa parente. Le
contrafte des deux phyfionomies , &
le mérite de l'expreffion caractéristique
ont fait chercher ce Morceau , parmi
OCTOBRE 1763. 199
les grandes & férieufes beautés qui frappent
les regards , & on l'a vu avec le
même plaifir qu'une petite Piéce agréable
après la repréfentation des grands
Drames héroïques.
M. BACHELIER.
M. Bachelier a donné des preuves de
l'étude particulière qu'il fait depuis quelques
années dans le grand genre d'Hif
toire , & des fuccès qu'il peut fe promettre
d'y obtenir ; par l'expofition d'un
Tableau qui repréfente Caïn venant de
tuer fon frere Abel : il a pris ce Sujet
dans le Poëme de M, Gefner. C'eft auffi
dans cette fource qu'il a puifé les Sujets
de plufieurs Efquifles en grifaille , dans
lefquelles on trouve généralement autant
de force de génie que d'exécution .
Ces derniers morceaux font fingulièrement
honneur aux talens de l'Artifte .
Nous n'entrerons pas en un plus grand
détail fur les beautés remarquables de
fes Ouvrages , pour éviter la prolixité
& les répétitions. Les bornes de cet
écrit nous empêchent auffi de détailler
des peintures allégoriques du même Auteur
fur l'Europe fçavante , le Pacte de
famille , & c.
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
M. PERRONNEAU.
Plufieurs Portraits en paftel , par M.
Perronneau , font vus avec fatisfaction ,
tant pour les vérités de reffemblance que
pour d'autres parties qui méritent l'attention
des Connoiffeurs.
M. VERNET .
Nous n'avons point d'expreffions , &
il feroit difficile d'en trouver pour rendie
toute l'admiration qu'on a donnée
aux Ouvrages expofés par M. Vernet
& pour en célébrer le rare mérite . Ils
confiftent, 1 ° . en deux grands Tableaux,
l'un repréfentant le Port de Rochefort ,
& l'autre celui de la Rochelle . Dans l'un
& dans l'autre fe trouve réuni tout ce
qu'a jamais produit & tout ce que pourra
produire le preftige de la Peinture . L'ingratitude
des Fabriques répétées & pour
ainfi dire rimées , qui fe trouvent dans.
ces Ports , eft fi ingénieufement fauvée
par l'artificieux emploi des lumières
qu'elles deviennent des beautés auxquelles
on ne peut fe refufer , & d'où
les regards ont peine à s'arracher . Chaque
objet particulier eft d'une fi éxacte
vérité , que ce n'eft point l'imitation
mais la nature même qui nous y attache ;
OCTOBRE. 1763. 201
& l'enſemble de ces objets eft fi artif
tement fondu , fi bien lié par l'art du
Peintre , que rien ne heurte la vue , &
que tout fatisfait également celle du
Connoiffeur comme celle du Vulgaire.
Le fpectateur diftingue chaque partie
de ces admirables compofitions ; il marche
dans les chemins qui y font tracés ;
il est prêt d'aller à bord avec les Marelots
; il parcourt les Atteliers , voit les
différentes manoeuvres , il converfe avec
les perfonnages dont les Figures , ingénieufement
grouppées , donnent de la
vie & du mouvement à ces chefs- d'oeuvre
de l'Art. ( n )
Quatre autres Tableaux du même
Auteur , repréfentant les quatre Parties
du Jour , (o) enrichiffent encore le Sallon .
Nous fommes réduits à la répétition des
mêmes éloges , que nous defirerions pouvoir
rendre encore plus forts , pour qu'ils
fuffent moins éloignés du mérite réel
de toutes ces productions. On admire
dans ces Tableaux comme dans les
premiers , la jufte expreffion dans les
(n) Ces Tableaux appartiennent au Roi , &
font de la fuite des Ports de France , & exécutés
par M. Vernet.
(o ) Ces Tableaux appartiennent à Monfeigneur.
le Dauphin,
I v
202 MERCURE DE FRANCE .
;
effets de chacun des différens points
du jour la parfaite analogie des tein
tes avec le ton vrai de la Nature
dans les diverfes manières dont les objets
font éclairés , & fur- tout la fublime
intelligence de la perfpective aërienne ,
que ce grand Maître poffede au moins
auffi parfaitement que Claude le Lorrain ,
en y joignant des avantages que peutêtre
n'ont pas les Ouvrages de cet illuf
tre Payfagifte. Ces quatre Tableaux ont.
un égal degré de perfection ; mais au
gré de quelques Curieux , celui qui repréfente
la Nuit , paroît le plus piquant ,
par la parfaite imitation des effets d'un
clair de Lune fur tous les objets , &
particulièrement fur les eaux.
Il y a encore plufieurs autres Ouvravrages
de ce grand Peintre qui méritent
l'attention & les fuffrages des Connoiffeurs
; dans le nombre de ces Tableaux
on remarque un Payfage , dont
le Sujet eft la Bergère des Alpes , &
deux Marines d'imagination. (p )
M. ROSLI N.
Les talens de M. Roflin pour le Portrait
, fi connus & déjà fi eftimés , pa-
(p ) Ces deux derniers Tableaux font du Cabi
net de Madame de Pompadour.
OCTOBRE. 1763. 203
toiffent être parvenus à la fupériorité
dans beaucoup de parties ; telles font
les vérités d'effet , la perfection & le
fini des détails , ainfi que l'heureux agencement
des draperies & des étoffes ; à
quoi il joint éminemment le plus beau
faire dans les têtes , les plus fidelles &
en même-temps les plus avantageufes
reffemblances ; la correction du Deffein ,
l'harmonie & enfin toutes les grandes parties
de la Peinture ; c'eft ce qu'on remarque
particulièrement dans les Portraits
de M. le Duc de Praflin , de M. le Baron
de Scheffer , d'un Abbé de Clairvault
, ainfi que dans celui de Madame
la Comteffe d'Egmont & de M. le Comte
de Kernicheuw en habit de Cérémonie
de l'Ordre de S. André de Ruffie. On
admire avec furprife , fingulièrement
dans ce dernier Portrait , la jufteffe &
l'éclat de l'imitation des étoffes très - riches
en or & en argent qui forment
l'habillement.
M. VALADE. M. DESPORTES.
Le premier de ces deux Peintres a
expofé différens Portraits en paſtel , dans
lefquels on trouve beaucoup de reffemblance
; un entr'autres qui repréfente
M. Loriot , Ingénieur méchanicien , mé-
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
rite l'attention particulière des Amateurs
du paſtel , en ce qu'une moitié feulement
de ce Tableau , eft fixée par le
fecret qu'a découvert M. Loriot , & que
l'onn'apperçoit aucune différence ni altération
entre la partie fixée & celle qui
ne l'eft pas. On voit quatre Tableaux
de Fruits de M. Desportes.
MADA ME VIEN.
Les charmans Ouvrages de cette Académicienne
continuent de juftifier la
rare diftinction dont elle a été honorée
par fon admiffion dans l'Académie ;
avantage qui lui feroit uniquement propre
fans l'exemple de la fameufe Demoifelle
Rofa- Alba.
M. DE MA CHY .
On ne peut donner trop d'éloges aux
Sujets que nous avons vus de M. de
Machy dans le genre d'Architecture . Ils
confiftent 1 ° . dans la repréfentation de
l'intérieur de l'Eglife projettée pour la
Paroiffe de la Magdeleine ( q ) ; ce Tableau
donne & remplit très- bien l'idée
d'un beau Temple avec de grands effets ,
( 4 ) Tableau de trois pieds quatre pouces de
large fur un pied neuf pouces de haut.
OCTOBRE. 1763. 205
très-juftes & d'un riche afpect. 2°. Le
deffous du Périftile du Louvre du côté
de la rue Fromenteau , éclairé par une
lampe. On a lieu de louer , & même
d'admirer , dans ce Tableau , & le génie
de l'invention & la vérité piquante
d'un effet fi avantageux , qu'il embellit
le local repréfenté , de manière que
ceux qui le voyent tous les jours
font furpris de la beauté qu'ils n'y
avoient pas apperçue . 3° . Deux Ta
bleaux , à gouaffe , repréfentans les ruines
de la Foire S. Germain occafionnées
par l'Incendie ; l'effet de ce fpectacle
eft vivement & fidélement exprimé . 4º.
Un autre Tableau , dont le Sujet , trèsintéreffant
de foi-même, eft rappellé avec
la plus grande vérité. C'est l'inſtant de
la Pofe de la Statue Equeftre du Roi ,
dans la nouvelle Place , lorfqu'après
l'avoir enlevée , on la defcend fur fon
Piédeftal. La plus jolie compofition , les
meilleurs effets & le goût le plus jufte
dans le genre , diftinguent ce Morceau.
On y voit , on y retrouve la multitude
qui rempliffoit la place , on croiroit en
entendre le bruit. M. de Machy nous a
encore expofé des Tableaux de Ruines
dans lefquels on reconnoît toujours les
talens qui conftituent la réputation de
cet Artiſte.
266 MERCURE DE FRANCE.
M. DROUA IS le fils.
Le pinceau de M. Drouais le fils a
rempli l'attente du Public & par le nombre
& par l'agrément de fes productions.
On fçait avec quels applaudiffemens
elles ont été vues aux précédentes
expofitions & dès le premier moment
même que cet Auteur a paru
fur
la Scène du Sallon, Théâtre auffi avanta
geux au vrai mérite des talens que dangereux
pour la médiocrité . Ceux de cePeintre
non-feulement en foutiennen toujours
l'épreuve avec honneur , mais ils y
acquiérentde nouveauxfuffrages à chaque
nouvelle repréſentation : car nous croions
qu'on peut confidérer ainfi chaque expofition
publique . La fraîcheur du pinceau
, l'éclat & le piquant des effets
qu'on peut tirer des emplois de la lumière
, font les principales qualités qui caractérisent
le talent de M. Drouais
dans l'exécution , ainfi que le choix
gracieux dans l'arrangement & dans la
pofition des objets. Ces qualités réunies
, font remarquer avec grand plaifir
tous les Tableaux & tous les Portraits
de cet Auteur. On eft principalement
frappé de celui où il a peint Monfeigneur
le COMTE D'ARTOIS & MADA- .
OCTOBRE. 1763. 207
ME jouant avec une Chévre. Ce Mor
ceau eft de la plus agréable invention ;
& malgré la hauteur où la néceffité de
l'ordre général a forcé de le placer au
Sallon , l'éclat & les grâces dont il bril
loit , ont attiré tous les regards. Nous
devons obferver néanmoins que cette
élévation où fé font trouvés placés quelques
Ouvrages du même Peintre , a pu
faire un obftacle à la diftinction qu'ils
méritoient , les objets qui y étoient repréfentés
n'étant pas faits pour être vus
d'une fi grande diſtance .
Ce que nous venons de dire à l'avan
tage de ce Tableau de M. Dronais , eft
applicable à tous les autres. On ne peut
cependant refufer des éloges particuliers
au Portrait d'un très-joli petit Garçon en
Pierrot. C'eft un morceau du genre &
à - peu-près de l'effet du petit Polifon
au Portefeuille qui a été vu précédemment
& qui a fait tant d'honneur à ce
Peintre. La petite Nourrice ainfi que
le Portrait d'une petite Fille charmante
jouant avec un chat ( deux Tableaux
ovales ) font du même mérite . On ne
peut fe faire une idée trop agréable du
piquant qu'il y a dans ce dernier Morceau.
Ceux qui en connoiffent le mo208
MERCURE DE FRANCE.
déle ( r ) doivent convenir que s'il a
prêté au talent du Peintre , celui - ci à
fon tour en a fi bien faifi la grâce & la
fineffe de caractère , que l'on ne pouvoit
mieux répondre à cet heureux
choix de la Nature . ( s )
M. VOIRIOT .
Dans plufieurs Portraits de ce Peintre
on reconnoît les fruits des bons principes
de l'Art. Le Public , non plus que
nous , ne peut juger de l'exactitude des
reffemblances dans les Portraits des Particuliers
. Mais nous y pouvons diftinguer
la bonne manière de peindre les
têtes , l'enfemble des parties , le ton vrai
& l'accord du coloris , ainfi que le meilleur
choix des attitudes , & c. En examinant
les Ouvrages de M. Voiriot fur
toutes ces conditions requifes , nous
trouverions beaucoup de chofes à dire,
favorables à fon talent.
(r) Mlle SILVESTRE , fille de M. SILVESTRE ,
Peintre du Roi de Pologne & petite - fille de feu
M. SILVESTRE , Directeur de l'Académie .
( s ) Ce Tableau eft du Cabinet de Madame de
Pompadour.
N. B. La fuite au prochain Mercure.
Les perfonnes qui auront la Brochure
OCTOBRE. 1763. 209
où la Defcription des Tableaux eft raf
femblée en entier, peuvent s'adreffer au
Bureau du Mercure , rue Ste Anne, On
leur délivrera gratis en fupplément
pour joindre à cette Brochure la Def
cription des Ouvrages de Sculpture ,qui
n'a pû être imprimée dans le même
temps .
Fermer
19272
p. 183
IV.
Début :
Portrait de Pascal de Paoli, général des Corses ; à Paris, chez Basan, graveur [...]
Mots clefs :
Pascal de Paoli, Corses, Portrait, Général
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IV.
I V.
Portrait de Pascal de Paoli , général des
Corſes ; à Paris , chez Baſan , graveur
& marchand d'eſtampes , rue du Foin
St Jacques ; prix , 1 livre 4 fols .
Ce portrait intéreſſant eſt de formar
in 8 ° . , & a été gravé en Italie , d'après
une peinture très-reſſemblante de ce général
. Il eſt ſurmonté d'une branche de
chêne , arbre conſacré chez les anciens
Romains pour les couronnes civiques ,
&d'un bâton de commandant avec ces
mots : pro patria.
On trouve un autre portrait de ce général
, gravé en médaillon , chez Defnos,
libraire , ingénieur , géographe du roi de
Dannemarck , rue St Jacques au globe ,
prix , 1 livre 4 fols.
Portrait de Pascal de Paoli , général des
Corſes ; à Paris , chez Baſan , graveur
& marchand d'eſtampes , rue du Foin
St Jacques ; prix , 1 livre 4 fols .
Ce portrait intéreſſant eſt de formar
in 8 ° . , & a été gravé en Italie , d'après
une peinture très-reſſemblante de ce général
. Il eſt ſurmonté d'une branche de
chêne , arbre conſacré chez les anciens
Romains pour les couronnes civiques ,
&d'un bâton de commandant avec ces
mots : pro patria.
On trouve un autre portrait de ce général
, gravé en médaillon , chez Defnos,
libraire , ingénieur , géographe du roi de
Dannemarck , rue St Jacques au globe ,
prix , 1 livre 4 fols.
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Résumé : IV.
Le document mentionne deux portraits du général corse Pascal Paoli disponibles à Paris. Le premier, format in-8°, gravé en Italie, est orné d'une branche de chêne et d'un bâton de commandant avec l'inscription 'pro patria'. Le second est un médaillon. Les deux portraits sont vendus par Basan et Defnos, tous deux situés rue Saint-Jacques, au prix de 1 livre 4 sols chacun.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19273
p. 175
DU LEVANT.
Début :
Au milieu du calme dont jouit cet Empire sous un Prince pacifique, [...]
Mots clefs :
Empire, Prince pacifique, Successeur, Grande Caravane, Attaque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU LEVANT.
DU LEVANT.
DE CONSTANTINOPLE , le 10 Février.
Au milieu du calme dont jouit cet Empire fous
un Prince pacifique , il y a de temps en temps
quelques révolutions dans le miniftere. Le Mufti ,
le Chiaoux-Bafchi , & les Reis-Effendi ont été depuis
peu dépofés tous trois. Ils ont eu pour fucceffeurs
le premier , Salik- Effendi , Cadiſleker de
Romélie ; le fecond , Bekir- Effendi ; & le troifieme
, le Secrétaire du Grand Vizir.
On eft ici fort occupé d'une nouvelle dont la
confirmation pourroit donner de l'embarras à la
Porte. La grande Caravane qui ſe raffemble tous
les ans au Grand Caire , pour paffer de -là à la
Mecque , eft ordinairement efcortée par les Troupes
du Gouvernement de Damas , au nombre d'environ
trente mille hommes . Le dernier Gouver
neur de cette Province ayant été déposé depuis
peu , s'eft dit- on , mis à la tête d'un grand Corps
d'Arabes , avec lequel il eft tombé fi brufquement
fur la Caravane & fur les Troupes qui lui fervoient
d'escorte , qu'il l'a détruite entiérement ,
& a fait un butin immenfe. Près de cinquante
mille ames , à ce qu'on prétend , ont péri dans
cette rencontre.
DE CONSTANTINOPLE , le 10 Février.
Au milieu du calme dont jouit cet Empire fous
un Prince pacifique , il y a de temps en temps
quelques révolutions dans le miniftere. Le Mufti ,
le Chiaoux-Bafchi , & les Reis-Effendi ont été depuis
peu dépofés tous trois. Ils ont eu pour fucceffeurs
le premier , Salik- Effendi , Cadiſleker de
Romélie ; le fecond , Bekir- Effendi ; & le troifieme
, le Secrétaire du Grand Vizir.
On eft ici fort occupé d'une nouvelle dont la
confirmation pourroit donner de l'embarras à la
Porte. La grande Caravane qui ſe raffemble tous
les ans au Grand Caire , pour paffer de -là à la
Mecque , eft ordinairement efcortée par les Troupes
du Gouvernement de Damas , au nombre d'environ
trente mille hommes . Le dernier Gouver
neur de cette Province ayant été déposé depuis
peu , s'eft dit- on , mis à la tête d'un grand Corps
d'Arabes , avec lequel il eft tombé fi brufquement
fur la Caravane & fur les Troupes qui lui fervoient
d'escorte , qu'il l'a détruite entiérement ,
& a fait un butin immenfe. Près de cinquante
mille ames , à ce qu'on prétend , ont péri dans
cette rencontre.
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Résumé : DU LEVANT.
Le texte décrit des événements politiques et militaires dans l'Empire ottoman. À Constantinople, des changements récents ont eu lieu au sein du ministère malgré un contexte de paix. Le Mufti, le Chiaoux-Bafchi et les Reis-Effendi ont été démis de leurs fonctions et remplacés par Salik-Effendi, Bekir-Effendi et le Secrétaire du Grand Vizir, respectivement. Une nouvelle préoccupante concerne la grande caravane annuelle de la Mecque au Grand Caire, habituellement escortée par trente mille hommes des troupes de Damas. Le dernier gouverneur de Damas, récemment déposé, aurait attaqué la caravane avec un grand nombre d'Arabes, causant sa destruction totale et un butin considérable. Selon les rapports, près de cinquante mille personnes auraient péri lors de cette attaque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19274
p. 398-405
« Le 20. de Juillet, l'on chanta le Te Deum, dans toutes les [...] »
Début :
Le 20. de Juillet, l'on chanta le Te Deum, dans toutes les [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 20. de Juillet, l'on chanta le Te Deum, dans toutes les [...] »
Le 20. de Juillet, l'on chanta
le Te Deum, dans toutes les
Eglises de la Ville de Baugé, en
Anjou. Ensuite on alluma dans
la Place publique un grand feu
par les soins de M' des Champs,
Maire de la Ville, & Lieutenant
General en la Senéchaussée, &
t
le
n-
t
r-
de
les
M
au
la
.
u-
es
en
ns
seu
n
Réjouissances.
399
de M" les Officiers de la Maison
de Ville, les Habitans étant tous
sous les Armes.
On vit enfuite paroître un
nombre prodigieux de fusées, &
toute la Ville & les Fauxbourgs
furent éclairez par les illumina-
tions que les habitans, à l'envi
les uns des autres, firent aux
fenestres de leurs Maisons.
Mr Courtin, Gouverneur de
la Ville & du Châ teau, fit fai-
re un autre feu sur un vaste
étang qui mouille les murs du
Château; & pendant toute la
nuit, le Château parut en feu
par le grand nombre des illumi-
nations, dont il fut éclairé.
Du haut d'une des Tours, il
sortit un oyſeau, poussé par
l'artifice, qui le porta dans le
Juillet 1704 II. P. LI
400 Réjovissances.
lieu où estoit un grand bucher
qu'il alluma. Ce bucher estoi
entouré de quantité de person-
nes armées qui firent plusieurs
décharges de mousqueterie, aus-
quelles répondirent pendant
toute la nuit, les Canons du
Chateau Les Habitans de leur
côté marquérent par leurs ac-
clamations, & par tout ce qui
pouvoit exprimer leur joye, la
part qu'ils prenoient à l'alle-
gresse publique.
Le 21. de Juillet, les R. Peres
de l'Oratoire du College Royal
de Saumur, resolurent de faire
mettre tous leurs Ecoliers sous
les armes, & pour cet effet ils
se trouverent tous rassemblez
le 22. Ils formerent cinq Com-
pagnies des mieux faits, & par-
my lesquels brilloient en grand
u
r
ui
la
8
e
al
ire
us
ils
el
-
ar
ind
Réjouissances.
401
nombre leurs Pensionnaires,
qui sont des meilleures Maisons
du Royaume. Ils passerent en
revuë à la Place du Chardon-
net, & firent admirer leur do-
cilité & leur bonne mine
L'aprés-dînée le Regent de
Retorique fit representer une
Pastorale sur la Naissance du
Prince qui faisoit le sujet de la
feſte. Toute la Ville y aſsiſta,
& en fut tres-satisfaite, les
Vers en estoient beaux, natu-
reis & les pensées heureuſes.
La piece estant finie, les Eco-
liers empressez à temoigner
leur joye & leur zele, prirent
les armes, & reçurent l'ordre
pour le soir qu'ils se rassem-
blerent pour assister à la Pro-
cession qu'on fit autour du
LIi
Réjovissances.
402
College en chantant l'Exau-
diat, & au Te Deum qui fut
aussi chanté avec beaucoup de
solemnité au retour, dans la
Chapelle magnifiquement or-
née, & éclairee par quantité
de lumieres. Aprés le Te Deum,
on marcha en ordre jusqu'à une
grande place voisine, où l'on
alluma un feu de joye, autour
duquel toutes les Compagnies
formerent un cercle, ce qui
faisoit un tres-agreable aspect;
elles firent avec toute la regu-
larité possible, plusieurs dé-
charges qu'elles accompagne-
rent de mille acclamations re-
doublées, & elles porterent
dans le cœur de toute la Ville,
qui, y estoit accoruë, la joye la
plus tendre & la plus sensible.
le
la
té
ne
bn
ur
ies
jui
gu-
lé-
he-
re-
ent
le
ela
ble
Réjouissances.
403
L'air retentissoit des noms de
Louis le Grand, de Monsei-
gneur le Dauphin, de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne &
de Monseigneur le Duc de Bre-
tagne.
On estoit surpris de voir des
enfans capables de tant de dis-
cipline, & susceptibles de tant
de regularité , dans la licence
qu'excitent ordinairement ces
sortes de festes.
Le feu de joye étant fini, ils
retournerent dans le mesme
ordre entre deux hayes que for-
moit une foule prodigieuse de
peuple & se rendirent devant
la Maison du College qui avoit
esté tapissée & embellie de la
maniere du monde la plus rian-
te & la plus diversifiée. On
404 Réjouissances.
voyoit au haut, ſous un riche
dais, le Portrait du Roy; plus
bas, celuy de Monseigneur le
Dauphin; ensuite celuy de
Monseigneur le Duc de Bour-
gogne qui estoit aprés celui de
Monseigneur le Duc de Breta-
gne, au dessous duquel étoit une
espece d'Autel chargé d'un
grand nombre de lumieres.
Tous les Portraits estoient en-
tourez de devises, d'inscrip-
tions, de festons, de fleurs, & de
lauriers; ces devises, & ces Por-
traits estoient environnez d'il-
luminations; aux deux côtez de
la Maison couloient deux fon-
taines de vin.
A peine les Compagnies fu-
rent elles arrivées devant cette
décoration qu'elles la saluerent,
le
le
de
a-
ne
un
es.
en
ip
de
or-
il-
de
oe
fa
et
ent
Réjouissances.
405
en faisant plusieurs decharges,
en passant & repassant plu-
sieurs fois devant ces Portraits.
Cette feste donna à tous les
Habitans qui s'empresserent
pour la voir, le ſpectacle le plus
charmant qu'ils eussent eu de-
puis longtemps, & fit admirer
le zele ſingulier, la joye em-
pressée des R. P. de l'Oratoire,
& l'ardeur hereditaire de ces
jeunes enfans pour tout ce qui
regarde la gloire de leur Roy
& l'honneur de leur Patrie.
FIN.
le Te Deum, dans toutes les
Eglises de la Ville de Baugé, en
Anjou. Ensuite on alluma dans
la Place publique un grand feu
par les soins de M' des Champs,
Maire de la Ville, & Lieutenant
General en la Senéchaussée, &
t
le
n-
t
r-
de
les
M
au
la
.
u-
es
en
ns
seu
n
Réjouissances.
399
de M" les Officiers de la Maison
de Ville, les Habitans étant tous
sous les Armes.
On vit enfuite paroître un
nombre prodigieux de fusées, &
toute la Ville & les Fauxbourgs
furent éclairez par les illumina-
tions que les habitans, à l'envi
les uns des autres, firent aux
fenestres de leurs Maisons.
Mr Courtin, Gouverneur de
la Ville & du Châ teau, fit fai-
re un autre feu sur un vaste
étang qui mouille les murs du
Château; & pendant toute la
nuit, le Château parut en feu
par le grand nombre des illumi-
nations, dont il fut éclairé.
Du haut d'une des Tours, il
sortit un oyſeau, poussé par
l'artifice, qui le porta dans le
Juillet 1704 II. P. LI
400 Réjovissances.
lieu où estoit un grand bucher
qu'il alluma. Ce bucher estoi
entouré de quantité de person-
nes armées qui firent plusieurs
décharges de mousqueterie, aus-
quelles répondirent pendant
toute la nuit, les Canons du
Chateau Les Habitans de leur
côté marquérent par leurs ac-
clamations, & par tout ce qui
pouvoit exprimer leur joye, la
part qu'ils prenoient à l'alle-
gresse publique.
Le 21. de Juillet, les R. Peres
de l'Oratoire du College Royal
de Saumur, resolurent de faire
mettre tous leurs Ecoliers sous
les armes, & pour cet effet ils
se trouverent tous rassemblez
le 22. Ils formerent cinq Com-
pagnies des mieux faits, & par-
my lesquels brilloient en grand
u
r
ui
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8
e
al
ire
us
ils
el
-
ar
ind
Réjouissances.
401
nombre leurs Pensionnaires,
qui sont des meilleures Maisons
du Royaume. Ils passerent en
revuë à la Place du Chardon-
net, & firent admirer leur do-
cilité & leur bonne mine
L'aprés-dînée le Regent de
Retorique fit representer une
Pastorale sur la Naissance du
Prince qui faisoit le sujet de la
feſte. Toute la Ville y aſsiſta,
& en fut tres-satisfaite, les
Vers en estoient beaux, natu-
reis & les pensées heureuſes.
La piece estant finie, les Eco-
liers empressez à temoigner
leur joye & leur zele, prirent
les armes, & reçurent l'ordre
pour le soir qu'ils se rassem-
blerent pour assister à la Pro-
cession qu'on fit autour du
LIi
Réjovissances.
402
College en chantant l'Exau-
diat, & au Te Deum qui fut
aussi chanté avec beaucoup de
solemnité au retour, dans la
Chapelle magnifiquement or-
née, & éclairee par quantité
de lumieres. Aprés le Te Deum,
on marcha en ordre jusqu'à une
grande place voisine, où l'on
alluma un feu de joye, autour
duquel toutes les Compagnies
formerent un cercle, ce qui
faisoit un tres-agreable aspect;
elles firent avec toute la regu-
larité possible, plusieurs dé-
charges qu'elles accompagne-
rent de mille acclamations re-
doublées, & elles porterent
dans le cœur de toute la Ville,
qui, y estoit accoruë, la joye la
plus tendre & la plus sensible.
le
la
té
ne
bn
ur
ies
jui
gu-
lé-
he-
re-
ent
le
ela
ble
Réjouissances.
403
L'air retentissoit des noms de
Louis le Grand, de Monsei-
gneur le Dauphin, de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne &
de Monseigneur le Duc de Bre-
tagne.
On estoit surpris de voir des
enfans capables de tant de dis-
cipline, & susceptibles de tant
de regularité , dans la licence
qu'excitent ordinairement ces
sortes de festes.
Le feu de joye étant fini, ils
retournerent dans le mesme
ordre entre deux hayes que for-
moit une foule prodigieuse de
peuple & se rendirent devant
la Maison du College qui avoit
esté tapissée & embellie de la
maniere du monde la plus rian-
te & la plus diversifiée. On
404 Réjouissances.
voyoit au haut, ſous un riche
dais, le Portrait du Roy; plus
bas, celuy de Monseigneur le
Dauphin; ensuite celuy de
Monseigneur le Duc de Bour-
gogne qui estoit aprés celui de
Monseigneur le Duc de Breta-
gne, au dessous duquel étoit une
espece d'Autel chargé d'un
grand nombre de lumieres.
Tous les Portraits estoient en-
tourez de devises, d'inscrip-
tions, de festons, de fleurs, & de
lauriers; ces devises, & ces Por-
traits estoient environnez d'il-
luminations; aux deux côtez de
la Maison couloient deux fon-
taines de vin.
A peine les Compagnies fu-
rent elles arrivées devant cette
décoration qu'elles la saluerent,
le
le
de
a-
ne
un
es.
en
ip
de
or-
il-
de
oe
fa
et
ent
Réjouissances.
405
en faisant plusieurs decharges,
en passant & repassant plu-
sieurs fois devant ces Portraits.
Cette feste donna à tous les
Habitans qui s'empresserent
pour la voir, le ſpectacle le plus
charmant qu'ils eussent eu de-
puis longtemps, & fit admirer
le zele ſingulier, la joye em-
pressée des R. P. de l'Oratoire,
& l'ardeur hereditaire de ces
jeunes enfans pour tout ce qui
regarde la gloire de leur Roy
& l'honneur de leur Patrie.
FIN.
Fermer
19275
p. 188-189
« La Façade de l'Hôtel de Ville présentoit par son Illumination un autre Spectacle. Au dessus du balcon [...] »
Début :
La Façade de l'Hôtel de Ville présentoit par son Illumination un autre Spectacle. Au dessus du balcon [...]
Mots clefs :
Ville, Illumination, Spectacle, Fête, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Façade de l'Hôtel de Ville présentoit par son Illumination un autre Spectacle. Au dessus du balcon [...] »
La Façade de l'Hôtel de Ville présentoit par son
Illumination un autre Spectacle. Au dessus du balcon
s'élevoit une estrade de six dégrés, où l'on
voyoit les portraits du Roi & de la Reine, sous un
dais enrichi de broderies & des Chiffres de leurs
Majestés.
La fête fut annoncée dès le matin par le bruit du
canon des remparts. L'Illumination commença
vers les sept heures du soir, au son des trom-
pettes, des fifres, des hanthois, des tavibours
& des tymbales, suivi des décharges du cinon &
de la mousqueterie des Chovaliers de l'Aiquebu-
se: cette Compagnie, par l'éclat de son unifor-
me, & la legéreté de ses évolutions, ajoutoit à la
fête un nonvel embélissement.
L'illumination, l'artifice & les Fusées volan-
tes, semblerent donner une espece de vie aux
figures symboliques dont le bâtiment du Temple
étoit décoré; & pour donnet un nouvel agrément
à ce spectacle, on avoit placé au balcon de l'Ho-
tel de Ville, un chœur nombrenx de symphonis-
tes, dont les airs exptimoient la joie universelle.
Une joie vive annonçoit le zéle, l'amour, & la
reconnoissance de tous les Citoyens pour notre au-
guste Monarque, & ces sentimens étoient élo-
zed by Goog
JANVIER.
1752.
189
quemment exprimés par leurs acclamations, &
par les cris redoublés de leurs vœux pour Sa Ma-
jesté & la Famille Royale.
Le même jour, le Palais Archiépiscopal de
M. le Prince de Rohan fut magnisiquement illu-
miné: le bon goût & l'arrangement de cette illu-
lumination attira un grand nombre de Specta-
teurs.
M. Rogier, Lieutenant des habitans, si distin-
gué par son zéle pout la gloire & les Intérêts de la
Ville, a voulu dans cette occasion se rendre le
Ministre de l'allégresse publique, & l'interprête de
l'amour du Peuple pout son Roi, par une fête
magnisique qu'il a donnée à laquelle ont été invi-
tés M. le Comte de Grand Pré, le Corps de Ville,
les Capitaines de la Bourgeoisie. & différentes au-
tres personnes. Plusieurs tables ont été servies àvec
autant d'ordre que de délicatesse & de magnifi-
cence. La foçade & l'intérieur de son Hôtel, of-
scoient une illumination charmante, par le nom-
bre & la disposition des lumieres qui formoient sur
la terrasse un spectacle nouveau, en feu figurant des
arcades, des portiques, & différens ornemens
d'Architecture.
La Ville de Reims, pour se conformer aux in-
tentions de Sa Majesté, a conclu qu'il seroit pris
sut les deniers dont l'administration lui est confiée,
la somme de quatre mille livres, pour doter vingt
filles.
Chacun s'empressa de seconder le zéle du Con-
seil de Ville par des Illuminations, qui furent
générales dans toute la Ville.
Le dessein du Temple, les devises & les emble-
mes, ont été imaginés, & les Inscriptions en
vers, composées par M. de Saulx, Chanoine de
l'Eglise de Reims, Chancelier de l'Université, &
Principal du College.
Illumination un autre Spectacle. Au dessus du balcon
s'élevoit une estrade de six dégrés, où l'on
voyoit les portraits du Roi & de la Reine, sous un
dais enrichi de broderies & des Chiffres de leurs
Majestés.
La fête fut annoncée dès le matin par le bruit du
canon des remparts. L'Illumination commença
vers les sept heures du soir, au son des trom-
pettes, des fifres, des hanthois, des tavibours
& des tymbales, suivi des décharges du cinon &
de la mousqueterie des Chovaliers de l'Aiquebu-
se: cette Compagnie, par l'éclat de son unifor-
me, & la legéreté de ses évolutions, ajoutoit à la
fête un nonvel embélissement.
L'illumination, l'artifice & les Fusées volan-
tes, semblerent donner une espece de vie aux
figures symboliques dont le bâtiment du Temple
étoit décoré; & pour donnet un nouvel agrément
à ce spectacle, on avoit placé au balcon de l'Ho-
tel de Ville, un chœur nombrenx de symphonis-
tes, dont les airs exptimoient la joie universelle.
Une joie vive annonçoit le zéle, l'amour, & la
reconnoissance de tous les Citoyens pour notre au-
guste Monarque, & ces sentimens étoient élo-
zed by Goog
JANVIER.
1752.
189
quemment exprimés par leurs acclamations, &
par les cris redoublés de leurs vœux pour Sa Ma-
jesté & la Famille Royale.
Le même jour, le Palais Archiépiscopal de
M. le Prince de Rohan fut magnisiquement illu-
miné: le bon goût & l'arrangement de cette illu-
lumination attira un grand nombre de Specta-
teurs.
M. Rogier, Lieutenant des habitans, si distin-
gué par son zéle pout la gloire & les Intérêts de la
Ville, a voulu dans cette occasion se rendre le
Ministre de l'allégresse publique, & l'interprête de
l'amour du Peuple pout son Roi, par une fête
magnisique qu'il a donnée à laquelle ont été invi-
tés M. le Comte de Grand Pré, le Corps de Ville,
les Capitaines de la Bourgeoisie. & différentes au-
tres personnes. Plusieurs tables ont été servies àvec
autant d'ordre que de délicatesse & de magnifi-
cence. La foçade & l'intérieur de son Hôtel, of-
scoient une illumination charmante, par le nom-
bre & la disposition des lumieres qui formoient sur
la terrasse un spectacle nouveau, en feu figurant des
arcades, des portiques, & différens ornemens
d'Architecture.
La Ville de Reims, pour se conformer aux in-
tentions de Sa Majesté, a conclu qu'il seroit pris
sut les deniers dont l'administration lui est confiée,
la somme de quatre mille livres, pour doter vingt
filles.
Chacun s'empressa de seconder le zéle du Con-
seil de Ville par des Illuminations, qui furent
générales dans toute la Ville.
Le dessein du Temple, les devises & les emble-
mes, ont été imaginés, & les Inscriptions en
vers, composées par M. de Saulx, Chanoine de
l'Eglise de Reims, Chancelier de l'Université, &
Principal du College.
Fermer
19276
p. 174-176
MORTS.
Début :
Louis de Talaru, Marquis de Chalmasel, Comte de Chamarande, Chevalier des Ordres du [...]
Mots clefs :
Marquis, Chevalier, Brigadier, Conseiller d'État, Lieutenant, Décès, Vicomte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
Louis de Talaru , Marquis de Chalmafel
Comte de Chamarande , Chevalier des Ordres
du Roi , Brigadier de fes Armées , Gouverneur
des Villes & Châteaux de Phalsbourg & SareJUILLET.
1763 . 175
bourg , Confeiller d'Etat , premier Maître d'Hotel
de la Reine , eft mort à Versailles le 31
Mars , âgé de quatre-vingt- deux ans.
Nicolas Léon Philippes , Lieutenant Général
des Armées du Roi & Gouverneur de Maubeuge
, eft mort le 26 Mars âgé de quatre -vingtun
an.
François Louis Comte de Danois , Lieutenant
Général & Gouverneur de Condé , eft mort le
27 , âgé de quatre-vingt-quatre ans.
Les feurs du Villars , ancien Capitaine aux
Gardes- Françoiles & de la Borde de Canablin ,
tous deux Brigadiers des Armées du Roi , font
morts auffi à Paris à la fin du même mois.
Jean - Louis Aléxandre d'Alface , Comte de
Hennien Liérard , eft mort à Paris , dans la
feizième année de ſon âge.
Armand-Elifabeth de Froullay de Teffé , Comte
de Froullay , Guidon de Gendarmerie , eft
mort à Paris le 11 Mars , âgé de vingt - cinq
ans .
Charles-Jean de Monneville , Chevalier non-
Profès de l'Ordre de Malte , eft mort au Châreau
de Theuville en Normandie , le 28 Mars
âgé de vingt- neuf ans . Son Frère aîné ayant été
tué à la bataille de Minden , il laiffe pour fon
unique héritiere la Marquile de Colbert Maulevrier
, fa Soeur , Coufine Germaine de la Ducheffe
de Mortemart .
Marie Geneviève- Louiſe Gauthier de Chiffreville
, veuve de Charles Obrien , Lord Comte
de Thomond , Vicomte de Clare , Pair d'Irlande
, Maréchal de France , Chevalier des Ordres
du Roi , Gouverneur du Neuf- Brifac , &
Commandant pour Sa Majefté en Languedoc ,
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
eft morte à Paris le 6 Avril , âgée de vingt-fix
ans.
Louis -Alexandre- Xavier le Sénéchal , Marquis
de Carcado , Lieutenant- Général des Armées du
Roi , eft mort le 8 Avril , au Château de Carcado,
âge de cinquante & un ans.
Anne-Marie d'Arzens - de- Bruet , veuve de Clement-
Jofeph de Groffolles , Comte de Flamarens,
Colonel d'Infanterie , eft morte dans fon Château
de Buzet en Guyenne le 30 Mars , âgée de
foixante & un ans.
Louis Marquis de Melun , Comte de Nogentle
Roi , eft mort fans pofterité à Paris le 29 Avril
1763 , âgé de foixante ans ; il étoit neveu de Louis
Marquis de Melun-Maupertuis , Lieutenant-Général
des Armées du Roi , Grand-Croix de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , Gouverneur
de la Ville , Province & Comté de Toul en Lor-
1aine , & Commandant de la premiere Compagnie
des Moufqueraires de la garde du Roi , L'an
& l'autre de la branche cadette de la maiſon de
Melun , dite de la Borde- le-Vicomte , dont il ne
refte plus depuis l'extinction de la branche aînée
arrivée par le décès de Louis- Gabriel Vicomte de
Melun , dernier Prince d'Epinai le 21 Août 1739,
que deux mâles actuellement fans alliance qui
font Adam , Joachim , Marie, Vicomte de Melun
& Alof Claude Marie Comte de Melun
fon frère cadet , tous deux Seigneurs de Brumets
& coufins du Marquis de Melun , qui les a fait
par fon teftament héritiers de tous les biens par
fubftitutions .
Louis de Talaru , Marquis de Chalmafel
Comte de Chamarande , Chevalier des Ordres
du Roi , Brigadier de fes Armées , Gouverneur
des Villes & Châteaux de Phalsbourg & SareJUILLET.
1763 . 175
bourg , Confeiller d'Etat , premier Maître d'Hotel
de la Reine , eft mort à Versailles le 31
Mars , âgé de quatre-vingt- deux ans.
Nicolas Léon Philippes , Lieutenant Général
des Armées du Roi & Gouverneur de Maubeuge
, eft mort le 26 Mars âgé de quatre -vingtun
an.
François Louis Comte de Danois , Lieutenant
Général & Gouverneur de Condé , eft mort le
27 , âgé de quatre-vingt-quatre ans.
Les feurs du Villars , ancien Capitaine aux
Gardes- Françoiles & de la Borde de Canablin ,
tous deux Brigadiers des Armées du Roi , font
morts auffi à Paris à la fin du même mois.
Jean - Louis Aléxandre d'Alface , Comte de
Hennien Liérard , eft mort à Paris , dans la
feizième année de ſon âge.
Armand-Elifabeth de Froullay de Teffé , Comte
de Froullay , Guidon de Gendarmerie , eft
mort à Paris le 11 Mars , âgé de vingt - cinq
ans .
Charles-Jean de Monneville , Chevalier non-
Profès de l'Ordre de Malte , eft mort au Châreau
de Theuville en Normandie , le 28 Mars
âgé de vingt- neuf ans . Son Frère aîné ayant été
tué à la bataille de Minden , il laiffe pour fon
unique héritiere la Marquile de Colbert Maulevrier
, fa Soeur , Coufine Germaine de la Ducheffe
de Mortemart .
Marie Geneviève- Louiſe Gauthier de Chiffreville
, veuve de Charles Obrien , Lord Comte
de Thomond , Vicomte de Clare , Pair d'Irlande
, Maréchal de France , Chevalier des Ordres
du Roi , Gouverneur du Neuf- Brifac , &
Commandant pour Sa Majefté en Languedoc ,
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
eft morte à Paris le 6 Avril , âgée de vingt-fix
ans.
Louis -Alexandre- Xavier le Sénéchal , Marquis
de Carcado , Lieutenant- Général des Armées du
Roi , eft mort le 8 Avril , au Château de Carcado,
âge de cinquante & un ans.
Anne-Marie d'Arzens - de- Bruet , veuve de Clement-
Jofeph de Groffolles , Comte de Flamarens,
Colonel d'Infanterie , eft morte dans fon Château
de Buzet en Guyenne le 30 Mars , âgée de
foixante & un ans.
Louis Marquis de Melun , Comte de Nogentle
Roi , eft mort fans pofterité à Paris le 29 Avril
1763 , âgé de foixante ans ; il étoit neveu de Louis
Marquis de Melun-Maupertuis , Lieutenant-Général
des Armées du Roi , Grand-Croix de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , Gouverneur
de la Ville , Province & Comté de Toul en Lor-
1aine , & Commandant de la premiere Compagnie
des Moufqueraires de la garde du Roi , L'an
& l'autre de la branche cadette de la maiſon de
Melun , dite de la Borde- le-Vicomte , dont il ne
refte plus depuis l'extinction de la branche aînée
arrivée par le décès de Louis- Gabriel Vicomte de
Melun , dernier Prince d'Epinai le 21 Août 1739,
que deux mâles actuellement fans alliance qui
font Adam , Joachim , Marie, Vicomte de Melun
& Alof Claude Marie Comte de Melun
fon frère cadet , tous deux Seigneurs de Brumets
& coufins du Marquis de Melun , qui les a fait
par fon teftament héritiers de tous les biens par
fubftitutions .
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Résumé : MORTS.
En 1763, plusieurs personnalités françaises de la noblesse et de l'armée sont décédées. Louis de Talaru, Marquis de Chalmafel, Comte de Chamarande, Chevalier des Ordres du Roi, Brigadier des Armées, Gouverneur de Phalsbourg et Sarebourg, Conseiller d'État et premier Maître d'Hôtel de la Reine, est mort à Versailles le 31 mars à 82 ans. Nicolas Léon Philippes, Lieutenant Général des Armées du Roi et Gouverneur de Maubeuge, est décédé le 26 mars à 81 ans. François Louis Comte de Danois, Lieutenant Général et Gouverneur de Condé, est mort le 27 mars à 84 ans. Les Brigadiers des Armées du Roi, sieurs du Villars et de la Borde de Canablin, sont également décédés à Paris à la fin mars. Jean-Louis Alexandre d'Alface, Comte de Hennien Liérard, est mort à Paris à 15 ans. Armand-Élisabeth de Froullay de Tessé, Comte de Froullay et Guidon de Gendarmerie, est décédé à Paris le 11 mars à 25 ans. Charles-Jean de Monneville, Chevalier de l'Ordre de Malte, est mort au Château de Theuville en Normandie le 28 mars à 29 ans, laissant sa sœur, la Marquise de Colbert Maulevrier, comme unique héritière. Marie Geneviève-Louise Gauthier de Chiffreville, veuve de Charles O'Brien, Lord Comte de Thomond, Maréchal de France, est morte à Paris le 6 avril à 29 ans. Louis-Alexandre-Xavier le Sénéchal, Marquis de Carcado, Lieutenant Général des Armées du Roi, est décédé le 8 avril au Château de Carcado à 51 ans. Anne-Marie d'Arzens de Bruet, veuve de Clément-Joseph de Groffolles, Comte de Flamarens et Colonel d'Infanterie, est morte dans son Château de Buzet en Guyenne le 30 mars à 61 ans. Louis Marquis de Melun, Comte de Nogent, est mort sans postérité à Paris le 29 avril à 60 ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19277
p. 176-184
ALLEMAGNE.
Début :
Depuis près de quinze jours, on a fait partir un Corps de [...]
Mots clefs :
Königgrätz, Général, Troupes prussiennes, Mouvements des troupes, Prise de la ville, Dantzig, Armée russe, Conquête, Ennemis, Troupes impériales, Roi de Pologne, Vienne, Impératrice-Reine, Dresde, Régiments, Leipzig, Décrets, Maréchal Keith, Taxes, Exactions, Ratisbonne, Réquisitions, Marchandises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE KONIGSGRATZ EN BOHEME ,
le 7 Mars.
Depuis près de quinze jours , on a fait partir un
Corps de dix-huit mille hommes , commandé par
Te fieur Buchow , Général de Cavalerie , pour faire
lever le fiége de Schweidnitz . La tranchée devant
cette place eft ouverte du 4 de mars.
Le Major Général de Sickowich ayant été chargé
de tenter une entrepriſe fur Liebau , Place qui
étoit occupée par des troupes Pruffiennes , elles
en ont été délogées fans prefque aucune perte de
notre part. Les ennemis dans cette affaire ont eu
cinquante- cinq hommes de tués , & en ont encore
perdu près de deux cents en prifonniers & en
déferteurs. Le reſte a été obligé de ſe retirer à
Landshutt , où l'on affure que le Roi de Pruffe
étoit en perfonne pendant l'attaque de Liebau ..
Tout eft en mouvement dans ce royaume. Le
Corps du Général Marshal doit être arrivé à Ga
bel & à Reechenberg ; le Général Haddick eft à
Toplitz , & le Colonel Mittowski près de Commotau
, avec deux Bataillons de Croates. Ceux - ci
ont envoyé à Prague le 23 Février , feize charriots.
chargés de cuivre & d'argent qu'ils ont enlevés
aux Pruffiens dans le canton d'Erzgeburg en Saxe.
>
La prife de Troppau , dont s'eft emparé le Général
de Ville en forçant la Garnifon Pruffienne ,
nous a coûté très- peu de monde. Les Bavarois
qui faifoient Partie des fix mille hommes employés
à ce coup de main , n'y ont perdu que fept
à huit hommes.
AVRIL 1758. 177
DE DANTZICK , le 15 Mars.
Marienwerder , la derniere place de la Pruffe
Ducale , fut occupée par les Ruffiens le 21 de Février
, & les Magiftrats de cette Ville prêterent le
même jour ferment de fidélité à l'Impératrice de
Ruffie.
Tout le diftri& d'Elbing qui appartient au Roi
de Pruffe , eft obligé de fournir à l'armée Ruffienne
par chaque Mairie , une mefure de bled , une
mefure & demie d'avoine , & quatre quintaux de
foin.
Le Général Fermer a envoyé ordre à Thorn ,
Culm , Graudens , Newenbourg , Mewe , Marienbourg
, & aux Places voifines , d'y préparer des
quartiers pour feize Régimens d'Infanterie , fix de
Cavalerie, & deux mille Cofaques . D'autre part ,
dix mille hommes de Troupes Ruffiennes ont été
réparties dans les Villes de Rifenbourg , Freystad ,
Gardenfée , Marienwerder , & dans les Bourgs ou
Villages voifins.
L'armée Ruffienne eft actuellement de plus de
foixante mille hommes , & elle s'avance par déta
chemens vers la Viftule.
3
Nous apprenons de Lithuanie , qu'un Corps
confidérable de Ruffiens va paffer par ce Grand
Duché , & qu'il doit diriger fa marche par la Pologne
, vers Francfort fur l'Oder. On ajoute qu'un
autre Corps des mêmes Troupe marchera par
Mewe , Stargard , Berend , &c. & qu'il fera la même
route qu'ont fait les Pruffiens en allant en Poméranie.
Il a parn
à huit ou dix lieues
d'ici un Détachement
de Huffards
Ruffiens
, qui nous
a donné
quelque
inquiétude
, par rapport
au bruit
que faf-
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
foient courir des gens auffi peu inftruits que ma
intentionnés , que les Troupes Ruffiennes vouloient
mettre ici garniſon . Mais nous fommes
bien raffurés par une lettre que le Général Fermer
a écrite au Réfident de Ruffie en cette Ville . Cette
lettre , datée de Konigsberg & du 17 Février dernier
, eſt conçue ainsi .
CC
Ayant appris que quelques efprits turbulens
» & des Nouvelliftes ont répandu le bruit que j'a
» vois deffein , non - feulement de paffer avec les
» Troupes Impériales que j'ai l'honneur de com-
» mander , par la Ville de Dantzick & le Couvent
» d'Olive , mais encore d'occuper ces Places , je
>> ne puis me difpenfer de vous affurer que cette
» nouvelle eſt très-faufſe & entiérement contraire
» aux ordres de notre Souveraine. Sa Majesté Impé
» riale , au lieu de vouloir incommoder les Villes
» & les territoires qui jouiffent de la protection
du Roi de Pologne & de la République , m'a
» très expreffément ordonné de les regarder com
» me des Places qui participent à l'alliance & à l'a-
» mitié établies entre les deux Cours , & de les
» ménager comme les pays propres de Sa Majefté.
Ainfi les habitans de Dantzick doivent être
» à l'abri de toute crainte , à la faveur des inten-
» tions, bienfaifantes de Sa Majefté Impériale à
» leur égard , intentions dont le temps & toute
» ma conduite juftifieront la droiture . N'avons-
» nous pas la plus belle occafion de faire des con
quêtes d'une autre conféquence pour les Alliés.
» de notre Souveraine , fans penſer à l'occupation
» des Etats qui font fes amis Que Dantzick, foit
> tranquille fur ce point : elle n'a rien à craindre,
» Mais auffi nous espérons que les Dantzickois
» tâcheront réciproquement de témoigner leur
attachement au Roi & à la République de Po
AVRIL. 1758. 179
logne , par leur empreffement à être utiles aux
>> armes de Sa Majesté Impériale » .
»
Après quelques repréfentations faites au Géné
ral Fermer par les Magiftrats d'Elbing , les Trou
pes Ruffiennes ont été reçues dans cette Place , &
le Major Général Stoffel Y commande . La lettre
écrite à ces Magiftrats par le Général Ruffien ,
pour les raffarer , portoit en fubftance : « Que
» les ordres de l'Impératrice de Ruffie étant ex-
» preffément de faire occuper par fes Troupes , fi
» la raifon de guerre l'exigeoit , les Villes d'Elbing
& de Thorn , il ne dépendoit pas de lui de
» laiffer ces Villes à leur propre garde ; qu'au fur-
>> plus il leur donnoit par écrit les plus fortes affu
» rances , que l'entrée des Troupes Impériales ne
>> cauferoit pas dans la Ville le moindre embarras
>> ni aucun dommage ; qu'il lui en reviendroit au
» contraire un avantage très-réel , par l'exacte
» difcipline qui feroit obfervée & par la confom-
>> mation que feroient ces Troupes ; que l'intérêt
>> commun du Roi & de la République de Pologne
» éxigeoit qu'on prft ce parti , & qu'enfin , loin
» que leur préſence dût leur faire la moindre pei
» ne , ils devoient les regarder comme leurs pro
» pres Troupes >> .
Toutes les Troupes Ruffiennes marchent for
trois colonnes. L'une , qui confifte en dix Régimens
d'Infanterie & en mille Huffards , eft commandée
par le Prince
Gallitzin
, Lieutenant
-Géné
ral. La feconde
, auffi compofée
de dix Régimens
d'Infanterie
& d'un Régiment
de Huffards
, eft:
aux ordres
du Lieutenant
-Général
Soltikof
. La
troifieme
, qui eft commandée
par le fieur de
Braun , Général
en chef, eft formée
d'un pareil
nombre
de Régimens
d'Infanterie
& de cinq Régimens
de Cavalerie
, vingt Compagnies
de Gré
Hv
180 MERCURE DE FRANCE.
nadiers à cheval & trois Régimens de Huffards
Les deux premieres fe raffemblent aux environs.
de Marienwerder , où le Général Fermer a établi
fon Quartier Général , & tout fe diſpoſe à paſſer
la Viftule .
Les Troupes légeres font déja des courfes dans
la Pomeranie. Trois cens Huffards , commandés
par un Major, fe font avancés près de Stolpen &
fe font portés à Battow , d'où ils ont amené pour
ôtages le Capitaine , le Bourguemeftre & le Notaire
de la Ville . Ce détachement a rapporté qu'il
n'y avoit pas de Pruffiens cantonnés en deçà de
Stettin , & qu'à leur arrivée les habitans du pays
avoient été dans les plus grandes alarmes ; mais
que la bonne difcipline & la conduite des foldats
les avoient bientôt raffurés furtout lorfqu'ils
avoient vu qu'à l'exception du fourrage , on leur
payoit tour argent comptant . Depuis , les Poméraniens
paroiffent difpofés à ramaffer des vivres
& des fourrages pour l'armée Ruffienne , lorfqu'elle
s'approchera de leurs frontieres.
•
On prétend que le Général Fermer a reçu des
ordres précis de n'obéir à aucun ordre , & de ne
fuivre aucune inftruction qui ne foient fignés de
la propre main de l'Impératrice de Ruffie.
DE VIENNE , le 22 Mars.
L'Impératrice-Reine a ordonné la levée d'un
Bouveau Régiment d'Artillerie de campagne , ou
la paie fera plus forte que dans tous les autres
Corps. Les foldats auront la liberté de ne s'engager
que pour fix ans.
Sa Majesté a donné au Général de Buchow le
Régiment de Cuiraffiers vacant par la mort din
Général Luchef..
AVRIL. 1758. 181
Les motifs du voyage que le Prince de Brunfwick-
Bevern a fait en cette Cour , ne paroiffene
point un myftere ; & voici ce qu'on en publie .
Peu de jours après que ce Prince eut été fait prifonnier
de guerre , il demanda la permiffion d'écrire
au Roi de Pruffe , & elle lui fut accordée :
il écrivit en conféquence , & plus d'une fois ,
mais il n'eut jamais de réponſe . Ce Prince alors
fit demander à l'Impératrice - Reine , comme une
grace particuliere , de pouvoir fe racheter luimême
, & de payer fa rançon. La réponſe de Sa
Majefté fut qu'Elle n'en vouloit recevoir aucune ,
& qu'Elle lui accordoit néanmoins la liberté , mais
gratuitement. Pénétré d'une bonté fi rare ,
Prince eft venu fur le champ épancher fa reconnoiffance
aux pieds de l'impératrice - Reine ; &
après avoir reçu dans cette Cour l'accueil le plus
diftingué , il en eft parti avant -hier.
DE DRESDE, le 10 Mars.
ce
Les fix mille hommes de recrue que le Roi de
Pruffe exige de cet Electorat , fe levent avec la
même rigueur qu'on employe pour toutes les autres
exactions , & cette Ville pour fa part en doit
fournir cent trente- cinq.
Cinq cens hommes des Gardes à pied du Roi
de Pologne , détenus depuis plus d'un an à Magdebourg
, & maintenant réduits aux deux tiers par
la mifere & les mauvais traitemens , viennent
d'être répartis dans plufieurs Régimens Pruffiens ,
fans qu'on ait pu les porter encore à prêter ferment
au Roi de Pruffe. On apprend de Léipfick ,
qu'il en a paffé derniérement quatre-vingts , que
Fon conduifoit fous bonne efcorte à Freyberg ,
pour les incorporer dans le Régiment de Hulfen.
182 MERCURE DE FRANCE.
Le Maréchal Keith a quitté ce canton , pour
s'avancer dans le Voigtland avec une partie du
Corps qu'il commande ; & la troupe du partiſan
Meyer , renforcée de quelques efcadrons de Huf
fards , s'eft portée jufqu'à Plaven .
DE LEIPSICK , le 13 Mars.
Les Décrets du Directoire de Torgau , qui fe
multiplient tous les jours , achevent d'épuifer cet
Electorat ; & voici la lettre adreffée le 14 de Février
par le Maréchal Keith au Baron de Borck ,
Miniftre Pruffien en cette Ville . « Monfieur , j'ai
» reçu hier un ordre du Roi , par lequel S. M. me
» charge de faire lever fur la Ville de Drefde la
fomme de cinq cens mille écus. , d'employer
» pour cet effet les plus rigoureufes exécutions ,
» de n'épargner abfolument perfonne , & de chat-
» ger particuliérement les Catholiques Romains ,
» & ceux qui ont des charges à la Cour. J'ai déja
» notifié ces ordres aux Magiftrats qui font la
répartition de cette fomme fur la Ville. Il- eft:
vrai que je ne me flatte pas de la tirer en entier;
» mais comme je veux employer toutes les rigueurs
dont les François ont ufé à Halberstadt ,
»je compte en pouvoir tirer une bonne partie.
» Cet exemple fera peut- être de quelque utilité
» aux Etats affemblés à Léipfick . Car V. E. peut
» les affurer , que le refte de la Saxe ne fera pas
» plus épargné que la Capitale , & que puifqu'on
» nous oblige à fuivre de mauvais exemples , ils
» doivent en porter la peine. Je ne vois qu'un
» moyen qui puiffe les garantir d'une ruine tota
» le , c'eft de faire leurs derniers efforts pour con-
» tenter le Roi qui ne veut plus être amuſé debelles
paroles . Jufqu'ici la Saxe a été peu traitée
par
AVRIL 1758. 18
en pays ennemi ; mais je vois que les ménage
» mens tirent à leur fin , & que le Roi irrité des
» ravages que les ennemis ont faits dans fes Etats
»pourra bien faire reffentir , par de juttes repré-.
failles , les triftes effets de fon indignation . Jas
» déja déclaré ici que je ne permettrois plus de
» faire aucunes repréfentations à S M. que j'avois
» reçu les ordres , & que je trouverois bien moyen
» de les mettre à exécution , & c. »
Ainfi les éxactions inouies que les Pruffiens ,
depuis leur invafion , n'ont fait que continuer ou
multiplier , font colorées aujourd'hui du nom de
repréfailles , & nous payons pour Halberstadt.
La nouvelle monnoie que l'on frappe actuellement
dans le Château de Pleiffenberg , eft au coin
du Roi de Pruffe.
DE RATISBONNE , le 18 Mars.
Toutes les lettres du Duché de Mecklenbourg
ne parlent que de l'excès des demandes , ou des
ordres violens adreffés par le Maréchal de Lehwald
aux habitans de ce Duché . Indépendamment
de plus de cent mille facs de farine qu'ils ont été
contraints de nouveau de faire voiturer à Demmin
, & des contributions en argent qui ne pour
ront jamais être acquittées ; ils font encore forcés.
de livrer , 1°. feize cens chevaux pour la Cavalerie
, tous noirs, ou bay-bruns , taille de cinq pieds ,
& de cinq à fix ans , avec les conducteurs néceffaires
pour les amener à Berlin , ou à Francfort
fur l'Oder ; 2 ° Quinze cens chevaux de trait pour
le tranfport des vivres , & quatre cens hommes
pour les conduire ; . 3 Trois mille hommes de
recrue , robuftes & de taille , dont mille tirés des
domaines & terres du Duc , mille fournis par les
·
184 MERCURE DE FRANCE.
Etats , & pareil nombre par les Villes. La fenfe
Ville de Roftock entr'autres , en doir fournir deur
cens cinquante.
DE KONIGSGRATZ EN BOHEME ,
le 7 Mars.
Depuis près de quinze jours , on a fait partir un
Corps de dix-huit mille hommes , commandé par
Te fieur Buchow , Général de Cavalerie , pour faire
lever le fiége de Schweidnitz . La tranchée devant
cette place eft ouverte du 4 de mars.
Le Major Général de Sickowich ayant été chargé
de tenter une entrepriſe fur Liebau , Place qui
étoit occupée par des troupes Pruffiennes , elles
en ont été délogées fans prefque aucune perte de
notre part. Les ennemis dans cette affaire ont eu
cinquante- cinq hommes de tués , & en ont encore
perdu près de deux cents en prifonniers & en
déferteurs. Le reſte a été obligé de ſe retirer à
Landshutt , où l'on affure que le Roi de Pruffe
étoit en perfonne pendant l'attaque de Liebau ..
Tout eft en mouvement dans ce royaume. Le
Corps du Général Marshal doit être arrivé à Ga
bel & à Reechenberg ; le Général Haddick eft à
Toplitz , & le Colonel Mittowski près de Commotau
, avec deux Bataillons de Croates. Ceux - ci
ont envoyé à Prague le 23 Février , feize charriots.
chargés de cuivre & d'argent qu'ils ont enlevés
aux Pruffiens dans le canton d'Erzgeburg en Saxe.
>
La prife de Troppau , dont s'eft emparé le Général
de Ville en forçant la Garnifon Pruffienne ,
nous a coûté très- peu de monde. Les Bavarois
qui faifoient Partie des fix mille hommes employés
à ce coup de main , n'y ont perdu que fept
à huit hommes.
AVRIL 1758. 177
DE DANTZICK , le 15 Mars.
Marienwerder , la derniere place de la Pruffe
Ducale , fut occupée par les Ruffiens le 21 de Février
, & les Magiftrats de cette Ville prêterent le
même jour ferment de fidélité à l'Impératrice de
Ruffie.
Tout le diftri& d'Elbing qui appartient au Roi
de Pruffe , eft obligé de fournir à l'armée Ruffienne
par chaque Mairie , une mefure de bled , une
mefure & demie d'avoine , & quatre quintaux de
foin.
Le Général Fermer a envoyé ordre à Thorn ,
Culm , Graudens , Newenbourg , Mewe , Marienbourg
, & aux Places voifines , d'y préparer des
quartiers pour feize Régimens d'Infanterie , fix de
Cavalerie, & deux mille Cofaques . D'autre part ,
dix mille hommes de Troupes Ruffiennes ont été
réparties dans les Villes de Rifenbourg , Freystad ,
Gardenfée , Marienwerder , & dans les Bourgs ou
Villages voifins.
L'armée Ruffienne eft actuellement de plus de
foixante mille hommes , & elle s'avance par déta
chemens vers la Viftule.
3
Nous apprenons de Lithuanie , qu'un Corps
confidérable de Ruffiens va paffer par ce Grand
Duché , & qu'il doit diriger fa marche par la Pologne
, vers Francfort fur l'Oder. On ajoute qu'un
autre Corps des mêmes Troupe marchera par
Mewe , Stargard , Berend , &c. & qu'il fera la même
route qu'ont fait les Pruffiens en allant en Poméranie.
Il a parn
à huit ou dix lieues
d'ici un Détachement
de Huffards
Ruffiens
, qui nous
a donné
quelque
inquiétude
, par rapport
au bruit
que faf-
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
foient courir des gens auffi peu inftruits que ma
intentionnés , que les Troupes Ruffiennes vouloient
mettre ici garniſon . Mais nous fommes
bien raffurés par une lettre que le Général Fermer
a écrite au Réfident de Ruffie en cette Ville . Cette
lettre , datée de Konigsberg & du 17 Février dernier
, eſt conçue ainsi .
CC
Ayant appris que quelques efprits turbulens
» & des Nouvelliftes ont répandu le bruit que j'a
» vois deffein , non - feulement de paffer avec les
» Troupes Impériales que j'ai l'honneur de com-
» mander , par la Ville de Dantzick & le Couvent
» d'Olive , mais encore d'occuper ces Places , je
>> ne puis me difpenfer de vous affurer que cette
» nouvelle eſt très-faufſe & entiérement contraire
» aux ordres de notre Souveraine. Sa Majesté Impé
» riale , au lieu de vouloir incommoder les Villes
» & les territoires qui jouiffent de la protection
du Roi de Pologne & de la République , m'a
» très expreffément ordonné de les regarder com
» me des Places qui participent à l'alliance & à l'a-
» mitié établies entre les deux Cours , & de les
» ménager comme les pays propres de Sa Majefté.
Ainfi les habitans de Dantzick doivent être
» à l'abri de toute crainte , à la faveur des inten-
» tions, bienfaifantes de Sa Majefté Impériale à
» leur égard , intentions dont le temps & toute
» ma conduite juftifieront la droiture . N'avons-
» nous pas la plus belle occafion de faire des con
quêtes d'une autre conféquence pour les Alliés.
» de notre Souveraine , fans penſer à l'occupation
» des Etats qui font fes amis Que Dantzick, foit
> tranquille fur ce point : elle n'a rien à craindre,
» Mais auffi nous espérons que les Dantzickois
» tâcheront réciproquement de témoigner leur
attachement au Roi & à la République de Po
AVRIL. 1758. 179
logne , par leur empreffement à être utiles aux
>> armes de Sa Majesté Impériale » .
»
Après quelques repréfentations faites au Géné
ral Fermer par les Magiftrats d'Elbing , les Trou
pes Ruffiennes ont été reçues dans cette Place , &
le Major Général Stoffel Y commande . La lettre
écrite à ces Magiftrats par le Général Ruffien ,
pour les raffarer , portoit en fubftance : « Que
» les ordres de l'Impératrice de Ruffie étant ex-
» preffément de faire occuper par fes Troupes , fi
» la raifon de guerre l'exigeoit , les Villes d'Elbing
& de Thorn , il ne dépendoit pas de lui de
» laiffer ces Villes à leur propre garde ; qu'au fur-
>> plus il leur donnoit par écrit les plus fortes affu
» rances , que l'entrée des Troupes Impériales ne
>> cauferoit pas dans la Ville le moindre embarras
>> ni aucun dommage ; qu'il lui en reviendroit au
» contraire un avantage très-réel , par l'exacte
» difcipline qui feroit obfervée & par la confom-
>> mation que feroient ces Troupes ; que l'intérêt
>> commun du Roi & de la République de Pologne
» éxigeoit qu'on prft ce parti , & qu'enfin , loin
» que leur préſence dût leur faire la moindre pei
» ne , ils devoient les regarder comme leurs pro
» pres Troupes >> .
Toutes les Troupes Ruffiennes marchent for
trois colonnes. L'une , qui confifte en dix Régimens
d'Infanterie & en mille Huffards , eft commandée
par le Prince
Gallitzin
, Lieutenant
-Géné
ral. La feconde
, auffi compofée
de dix Régimens
d'Infanterie
& d'un Régiment
de Huffards
, eft:
aux ordres
du Lieutenant
-Général
Soltikof
. La
troifieme
, qui eft commandée
par le fieur de
Braun , Général
en chef, eft formée
d'un pareil
nombre
de Régimens
d'Infanterie
& de cinq Régimens
de Cavalerie
, vingt Compagnies
de Gré
Hv
180 MERCURE DE FRANCE.
nadiers à cheval & trois Régimens de Huffards
Les deux premieres fe raffemblent aux environs.
de Marienwerder , où le Général Fermer a établi
fon Quartier Général , & tout fe diſpoſe à paſſer
la Viftule .
Les Troupes légeres font déja des courfes dans
la Pomeranie. Trois cens Huffards , commandés
par un Major, fe font avancés près de Stolpen &
fe font portés à Battow , d'où ils ont amené pour
ôtages le Capitaine , le Bourguemeftre & le Notaire
de la Ville . Ce détachement a rapporté qu'il
n'y avoit pas de Pruffiens cantonnés en deçà de
Stettin , & qu'à leur arrivée les habitans du pays
avoient été dans les plus grandes alarmes ; mais
que la bonne difcipline & la conduite des foldats
les avoient bientôt raffurés furtout lorfqu'ils
avoient vu qu'à l'exception du fourrage , on leur
payoit tour argent comptant . Depuis , les Poméraniens
paroiffent difpofés à ramaffer des vivres
& des fourrages pour l'armée Ruffienne , lorfqu'elle
s'approchera de leurs frontieres.
•
On prétend que le Général Fermer a reçu des
ordres précis de n'obéir à aucun ordre , & de ne
fuivre aucune inftruction qui ne foient fignés de
la propre main de l'Impératrice de Ruffie.
DE VIENNE , le 22 Mars.
L'Impératrice-Reine a ordonné la levée d'un
Bouveau Régiment d'Artillerie de campagne , ou
la paie fera plus forte que dans tous les autres
Corps. Les foldats auront la liberté de ne s'engager
que pour fix ans.
Sa Majesté a donné au Général de Buchow le
Régiment de Cuiraffiers vacant par la mort din
Général Luchef..
AVRIL. 1758. 181
Les motifs du voyage que le Prince de Brunfwick-
Bevern a fait en cette Cour , ne paroiffene
point un myftere ; & voici ce qu'on en publie .
Peu de jours après que ce Prince eut été fait prifonnier
de guerre , il demanda la permiffion d'écrire
au Roi de Pruffe , & elle lui fut accordée :
il écrivit en conféquence , & plus d'une fois ,
mais il n'eut jamais de réponſe . Ce Prince alors
fit demander à l'Impératrice - Reine , comme une
grace particuliere , de pouvoir fe racheter luimême
, & de payer fa rançon. La réponſe de Sa
Majefté fut qu'Elle n'en vouloit recevoir aucune ,
& qu'Elle lui accordoit néanmoins la liberté , mais
gratuitement. Pénétré d'une bonté fi rare ,
Prince eft venu fur le champ épancher fa reconnoiffance
aux pieds de l'impératrice - Reine ; &
après avoir reçu dans cette Cour l'accueil le plus
diftingué , il en eft parti avant -hier.
DE DRESDE, le 10 Mars.
ce
Les fix mille hommes de recrue que le Roi de
Pruffe exige de cet Electorat , fe levent avec la
même rigueur qu'on employe pour toutes les autres
exactions , & cette Ville pour fa part en doit
fournir cent trente- cinq.
Cinq cens hommes des Gardes à pied du Roi
de Pologne , détenus depuis plus d'un an à Magdebourg
, & maintenant réduits aux deux tiers par
la mifere & les mauvais traitemens , viennent
d'être répartis dans plufieurs Régimens Pruffiens ,
fans qu'on ait pu les porter encore à prêter ferment
au Roi de Pruffe. On apprend de Léipfick ,
qu'il en a paffé derniérement quatre-vingts , que
Fon conduifoit fous bonne efcorte à Freyberg ,
pour les incorporer dans le Régiment de Hulfen.
182 MERCURE DE FRANCE.
Le Maréchal Keith a quitté ce canton , pour
s'avancer dans le Voigtland avec une partie du
Corps qu'il commande ; & la troupe du partiſan
Meyer , renforcée de quelques efcadrons de Huf
fards , s'eft portée jufqu'à Plaven .
DE LEIPSICK , le 13 Mars.
Les Décrets du Directoire de Torgau , qui fe
multiplient tous les jours , achevent d'épuifer cet
Electorat ; & voici la lettre adreffée le 14 de Février
par le Maréchal Keith au Baron de Borck ,
Miniftre Pruffien en cette Ville . « Monfieur , j'ai
» reçu hier un ordre du Roi , par lequel S. M. me
» charge de faire lever fur la Ville de Drefde la
fomme de cinq cens mille écus. , d'employer
» pour cet effet les plus rigoureufes exécutions ,
» de n'épargner abfolument perfonne , & de chat-
» ger particuliérement les Catholiques Romains ,
» & ceux qui ont des charges à la Cour. J'ai déja
» notifié ces ordres aux Magiftrats qui font la
répartition de cette fomme fur la Ville. Il- eft:
vrai que je ne me flatte pas de la tirer en entier;
» mais comme je veux employer toutes les rigueurs
dont les François ont ufé à Halberstadt ,
»je compte en pouvoir tirer une bonne partie.
» Cet exemple fera peut- être de quelque utilité
» aux Etats affemblés à Léipfick . Car V. E. peut
» les affurer , que le refte de la Saxe ne fera pas
» plus épargné que la Capitale , & que puifqu'on
» nous oblige à fuivre de mauvais exemples , ils
» doivent en porter la peine. Je ne vois qu'un
» moyen qui puiffe les garantir d'une ruine tota
» le , c'eft de faire leurs derniers efforts pour con-
» tenter le Roi qui ne veut plus être amuſé debelles
paroles . Jufqu'ici la Saxe a été peu traitée
par
AVRIL 1758. 18
en pays ennemi ; mais je vois que les ménage
» mens tirent à leur fin , & que le Roi irrité des
» ravages que les ennemis ont faits dans fes Etats
»pourra bien faire reffentir , par de juttes repré-.
failles , les triftes effets de fon indignation . Jas
» déja déclaré ici que je ne permettrois plus de
» faire aucunes repréfentations à S M. que j'avois
» reçu les ordres , & que je trouverois bien moyen
» de les mettre à exécution , & c. »
Ainfi les éxactions inouies que les Pruffiens ,
depuis leur invafion , n'ont fait que continuer ou
multiplier , font colorées aujourd'hui du nom de
repréfailles , & nous payons pour Halberstadt.
La nouvelle monnoie que l'on frappe actuellement
dans le Château de Pleiffenberg , eft au coin
du Roi de Pruffe.
DE RATISBONNE , le 18 Mars.
Toutes les lettres du Duché de Mecklenbourg
ne parlent que de l'excès des demandes , ou des
ordres violens adreffés par le Maréchal de Lehwald
aux habitans de ce Duché . Indépendamment
de plus de cent mille facs de farine qu'ils ont été
contraints de nouveau de faire voiturer à Demmin
, & des contributions en argent qui ne pour
ront jamais être acquittées ; ils font encore forcés.
de livrer , 1°. feize cens chevaux pour la Cavalerie
, tous noirs, ou bay-bruns , taille de cinq pieds ,
& de cinq à fix ans , avec les conducteurs néceffaires
pour les amener à Berlin , ou à Francfort
fur l'Oder ; 2 ° Quinze cens chevaux de trait pour
le tranfport des vivres , & quatre cens hommes
pour les conduire ; . 3 Trois mille hommes de
recrue , robuftes & de taille , dont mille tirés des
domaines & terres du Duc , mille fournis par les
·
184 MERCURE DE FRANCE.
Etats , & pareil nombre par les Villes. La fenfe
Ville de Roftock entr'autres , en doir fournir deur
cens cinquante.
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
En mars 1758, plusieurs opérations militaires se déroulent en Allemagne. Le général Buchow mène un corps de 18 000 hommes pour lever le siège de Schweidnitz, dont la tranchée est ouverte le 4 mars. Le général Sickowich repousse les troupes prussiennes de Liebau avec peu de pertes, capturant environ 200 prisonniers ou déserteurs. Les ennemis se retirent à Landshutt où se trouve le roi de Prusse. Les troupes russes, dirigées par les généraux Marshal, Haddick et Mittowski, se déplacent dans le royaume. Les Croates envoient à Prague du cuivre et de l'argent pris aux Prussiens en Saxe. La prise de Troppau par le général Ville coûte peu de vies, les Bavarois n'y perdant que sept à huit hommes. À Dantzig, Marienwerder est occupée par les Russes le 21 février, et les magistrats prêtent serment à l'impératrice de Russie. Le district d'Elbing fournit des vivres à l'armée russe. Le général Fermer prépare des quartiers pour des régiments d'infanterie et de cavalerie dans plusieurs villes. Les troupes russes, totalisant plus de soixante mille hommes, avancent vers la Vistule. Un détachement de hussards russes inquiète Dantzig, mais le général Fermer rassure les habitants en affirmant que les Russes n'ont pas l'intention d'occuper la ville. À Vienne, l'impératrice-reine ordonne la levée d'un nouveau régiment d'artillerie de campagne avec une paie plus élevée. Le général Buchow reçoit le régiment de cuirassiers vacant. Le prince de Brunswick-Bevern, libéré par l'impératrice-reine, lui rend visite pour exprimer sa reconnaissance. À Dresde, le roi de Prusse exige 5 000 recrues de l'Électorat, dont 135 de Dresde. Des gardes polonais détenus à Magdebourg sont incorporés dans des régiments prussiens. Le maréchal Keith avance dans le Voigtland avec une partie de son corps. À Leipzig, les décrets du Directoire de Torgau épuisent l'Électorat. Le maréchal Keith reçoit l'ordre de lever 500 000 écus à Dresde, ciblant particulièrement les catholiques et les fonctionnaires. Les exactions prussiennes sont justifiées par des représailles pour les ravages subis. À Ratisbonne, les lettres du Duché de Mecklenbourg rapportent des demandes excessives et des ordres violents du maréchal de Lehwald, incluant la livraison de chevaux, de recrues et de contributions en argent.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19278
p. 1453-1454
ESPAGNE.
Début :
Le Roi, la Reine, les Princes & les Princesses de la Famille Royale, partirent le 5 [...]
Mots clefs :
Famille royale d'Espagne, Vaisseaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE .
E Roi , la Reine , les Princes & les Prin-
Leeffes de la Famille Royale , partirent le s
Juin de Soto de Roma, pour aller coucher à Loxa
Le 6 , L. M. coucherent à Archidonna , le 7 à
Bonamexi , le 8 à Anquilar ; le 9 à Ezija ; le 10
à Palma ; le 11 à la Puebla ; le 12 à Conftantina,
& le 13 à la Ville de Cazalla , où la Cour doit
paffer quelques jours pour y prendre le divertif
fement de la Chaffe.
La Flotte des Gallions qui eft dans la Baye de
Cadix, & qui doit partir au mois de Juillet pour
Carthagene & Porto- Bello , eft compofée de 3
Vaiffeaux de guerre de 64 pieces de Canon chacun
, de deux autres de 44 & de 34 Canons , &
de onze autres Vaiffeaux marchands , montez
.de 198 pieces de Canons & de 30 hommes d'équipage
, & qui portent enſemble une charge de
2250 tonneaux.
On mande de Carthagene que les Religieux de
la Mercy des Provinces de Caſtille & d'Andaloufie
, y étoient arrivez les de Juin avec 3'47 Efclaves
qu'ils ont rachetés , & dans le nombre
defquels il y a quatre Ecclefiaftiques , trois Lieutenans
d'Infanterie , plufieurs Soldats , deux
femmes & 27 enfans .
Le Roi a accordé depuis peu diverfes graces ,
privileges & exemptions à la Societé établie à Sewille
, de Chevaliers qui s'exercent à monter à
cheval . Les principaux de ces privileges font
qu'ils auront toujours pour Chef un des Infans
d'Efpagne , S. M. ayant donné dès - à -preſent ce
Titre à l'Infant Don Philippe qu'elle à nommé
11. Vol.
pour
I
1454 MERCURE DE FRANCE
pour leur Juge & Protecteur dans toutes leurs
affaires ; qu'ils pourront faire tous les ans deux
courfes de Taureaux à la longue lance , & qu'ils
porteront des habits uniformes de drap écarlate,
avec des paremens d'étoffe d'argent & des veſtes
galonnées , pareils à ceux qu'ils avoient dans les
Fêtes qu'ils ont données à L. M. pendant leur
féjour à Seville.
On mande de Barcelone qu'il y avoit dix Vaiſt
feaux de guerre Eſpagnols , fept Galeres & plus
Ade 60 Bâtimens de tranfport prêts à mettre à la
voile.
E Roi , la Reine , les Princes & les Prin-
Leeffes de la Famille Royale , partirent le s
Juin de Soto de Roma, pour aller coucher à Loxa
Le 6 , L. M. coucherent à Archidonna , le 7 à
Bonamexi , le 8 à Anquilar ; le 9 à Ezija ; le 10
à Palma ; le 11 à la Puebla ; le 12 à Conftantina,
& le 13 à la Ville de Cazalla , où la Cour doit
paffer quelques jours pour y prendre le divertif
fement de la Chaffe.
La Flotte des Gallions qui eft dans la Baye de
Cadix, & qui doit partir au mois de Juillet pour
Carthagene & Porto- Bello , eft compofée de 3
Vaiffeaux de guerre de 64 pieces de Canon chacun
, de deux autres de 44 & de 34 Canons , &
de onze autres Vaiffeaux marchands , montez
.de 198 pieces de Canons & de 30 hommes d'équipage
, & qui portent enſemble une charge de
2250 tonneaux.
On mande de Carthagene que les Religieux de
la Mercy des Provinces de Caſtille & d'Andaloufie
, y étoient arrivez les de Juin avec 3'47 Efclaves
qu'ils ont rachetés , & dans le nombre
defquels il y a quatre Ecclefiaftiques , trois Lieutenans
d'Infanterie , plufieurs Soldats , deux
femmes & 27 enfans .
Le Roi a accordé depuis peu diverfes graces ,
privileges & exemptions à la Societé établie à Sewille
, de Chevaliers qui s'exercent à monter à
cheval . Les principaux de ces privileges font
qu'ils auront toujours pour Chef un des Infans
d'Efpagne , S. M. ayant donné dès - à -preſent ce
Titre à l'Infant Don Philippe qu'elle à nommé
11. Vol.
pour
I
1454 MERCURE DE FRANCE
pour leur Juge & Protecteur dans toutes leurs
affaires ; qu'ils pourront faire tous les ans deux
courfes de Taureaux à la longue lance , & qu'ils
porteront des habits uniformes de drap écarlate,
avec des paremens d'étoffe d'argent & des veſtes
galonnées , pareils à ceux qu'ils avoient dans les
Fêtes qu'ils ont données à L. M. pendant leur
féjour à Seville.
On mande de Barcelone qu'il y avoit dix Vaiſt
feaux de guerre Eſpagnols , fept Galeres & plus
Ade 60 Bâtimens de tranfport prêts à mettre à la
voile.
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Résumé : ESPAGNE.
En juin, la famille royale espagnole, incluant le Roi, la Reine, les Princes et les Princesses, quitta Rome le 5 juin et arriva à Cazalla le 13 juin pour profiter de la chasse. À Cadix, une flotte de galions, prévue pour partir en juillet vers Carthagène et Porto Bello, était composée de trois vaisseaux de guerre de 64 canons, deux de 44 et 34 canons, et onze vaisseaux marchands armés de 198 canons, transportant 30 hommes d'équipage et une charge totale de 2250 tonneaux. À Carthagène, les Religieux de la Mercy des provinces de Castille et d'Andalousie arrivèrent le 6 juin avec 347 esclaves rachetés, incluant des ecclésiastiques, des militaires, des femmes et des enfants. Le Roi accorda divers privilèges à la société des Chevaliers de Séville, autorisant deux courses de taureaux par an et le port d'habits uniformes spécifiques. À Barcelone, dix vaisseaux de guerre espagnols, sept galères et plus de 60 bâtiments de transport étaient prêts à prendre la mer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19279
p. 1454
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le Vaisseau que la Compagnie de la Mer du Sud envoye tous les ans aux Indes Occidentales, [...]
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
E Vaiffeau que la Compagnie de la Mer du
Sud envoye tous les ans aux Indes Occidentales,
en vertu du Traité de l'Affiente, partit vers
la fin du mois de Juin des Dunes , pour
dre à la Vera- Cruz.
fe ren-
Sur la fin de ce mois on déclara à la Doüanne
40000 mille onces d'argent , 3000 onces d'or
& 1000 onces de poudre d'or,pour la Hollande,
E Vaiffeau que la Compagnie de la Mer du
Sud envoye tous les ans aux Indes Occidentales,
en vertu du Traité de l'Affiente, partit vers
la fin du mois de Juin des Dunes , pour
dre à la Vera- Cruz.
fe ren-
Sur la fin de ce mois on déclara à la Doüanne
40000 mille onces d'argent , 3000 onces d'or
& 1000 onces de poudre d'or,pour la Hollande,
Fermer
19280
p. 1454
HOLLANDE, PAYS-BAS.
Début :
La vente du Thé de la Compagnie d'Ostende, a été remise à un autre tems, parce que les [...]
Mots clefs :
Compagnie d'Ostende
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texteReconnaissance textuelle : HOLLANDE, PAYS-BAS.
HOLLANDE , PAYS - BAS .
A vente du Thé de la Compagnie d'Oftende ,
La été remife à un autre tems , parce que les
-Directeurs n'ont pas jugé à propos de le délivrer
à deux Florins la livre , qui eft le plus fort
-prix qu'on en ait offert. Le difcredit de cette
Marchandiſe a fait baiffer les Actions de la Compagnie
à 114.
A vente du Thé de la Compagnie d'Oftende ,
La été remife à un autre tems , parce que les
-Directeurs n'ont pas jugé à propos de le délivrer
à deux Florins la livre , qui eft le plus fort
-prix qu'on en ait offert. Le difcredit de cette
Marchandiſe a fait baiffer les Actions de la Compagnie
à 114.
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19281
p. 176-177
De WARSOVIE le 26 Avril 1763.
Début :
On a appris par les dernières nouvelles de Mittau, que le Prince Charles, Duc de Courlande, [...]
Mots clefs :
Prince Charles, Duc de Courlande, Chambellan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De WARSOVIE le 26 Avril 1763.
De WARSOVIE le 26 Avril 1763.
On a appris par les dernières nouvelles de Mittau
, que le Prince Charles , Duc de Courlande ,
JUILLET. 1763. 177
s'étoit enfin déterminé à quitter cette Ville , &
qu'il n'attendoit pour partir que le retour du Chambellan
de Borch qui a dû arriver le 25 de ce
mois.
On a appris par les dernières nouvelles de Mittau
, que le Prince Charles , Duc de Courlande ,
JUILLET. 1763. 177
s'étoit enfin déterminé à quitter cette Ville , &
qu'il n'attendoit pour partir que le retour du Chambellan
de Borch qui a dû arriver le 25 de ce
mois.
Fermer
19282
p. 1454-1455
MORTS, NAISSANCES & Mariages des Païs Etrangers.
Début :
On a appris de Naples que le Seigneur Léonard Vinci, Maître de Musique de la Chapelle [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES & Mariages des Païs Etrangers.
MORTS , NAISSANCES
Mariages des Païs Etrangers .
N'a appris de Naples que le Seigneur Léo-
Onard Vinci , Maître de Mufique de la Cha- .
pelle du Palais , l'un des plus celebres Muficiens
11. Vol
d'Italic
JUIN 1730. 1455
d'Italie , quoique tres-jeune , mourut le 28 May
en peu de momens , d'une violente colique.
Le 23 May , la Reine de Pruffe accoucha hou
reufement d'un Prince , à Berlin.
Le 29 May , on fit au Palais du Roy à Berlin,
la cérémonie des Fiançailles de la Princeffe Charlotte
, troifiéme fille du Roy de Pruffe , avec le
Prince de Brunſwick Bevéren .
Mariages des Païs Etrangers .
N'a appris de Naples que le Seigneur Léo-
Onard Vinci , Maître de Mufique de la Cha- .
pelle du Palais , l'un des plus celebres Muficiens
11. Vol
d'Italic
JUIN 1730. 1455
d'Italie , quoique tres-jeune , mourut le 28 May
en peu de momens , d'une violente colique.
Le 23 May , la Reine de Pruffe accoucha hou
reufement d'un Prince , à Berlin.
Le 29 May , on fit au Palais du Roy à Berlin,
la cérémonie des Fiançailles de la Princeffe Charlotte
, troifiéme fille du Roy de Pruffe , avec le
Prince de Brunſwick Bevéren .
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Résumé : MORTS, NAISSANCES & Mariages des Païs Etrangers.
En juin 1730, plusieurs événements notables ont été rapportés. Le 28 mai, Léonard Vinci, musicien italien et maître de musique à Naples, est décédé subitement. Le 23 mai, la reine de Prusse a donné naissance à un prince à Berlin. Le 29 mai, la princesse Charlotte, fille du roi de Prusse, s'est fiancée au prince de Brunswick-Bevern.
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19283
p. 190-191
De Rochefort, le 20.
Début :
Un nouveau Vaisseau de quatre-vingt canons fut lancé à l'eau le 20, dans le Port de Rochefort, [...]
Mots clefs :
Rochefort, Jean-Baptiste Mac Nemara, Marine, Roi, Ville, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Rochefort, le 20.
De Rochefort, le 20.
Un nouveau Vaisseau de quatre-vingt canons
fut lancé à l'eau le 20, dans le Port de Rochefort,
& il a été nommé le Duc de Bourgogne. Il
arriva dans cette occasion un hazard, qui auroit
été regardé par les anciens Romains, comme un
augure digne de remarque. On avoit orné ce
Vaisseau de quelques btanches d'arbre: un oi-
seau, qu'un faucon poursuivoit à tire d'asle, s'y
refugia, & il y trouva un asile qui lui sauva la vie.
Le lendemain, on annonça par une salve de vingt
& une pièce de canon, les rejouissances pour la nais-
sance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. A
midi, tout le Corps des Officiers de la Marine se
rendit chez M. de Macnemara, Chef d'Escadie
des Armées Navales du Roi, & Commandant à
Rochefort, qui avoit invité à cette fête les prin-
cipales Dames de la Ville, & tous les Etrangers
que la curiosité y avoit attirés. On servit plusieurs
tables, dont quatre étoient de trente couverts
& une de vingt. Les santés du Roi, de la Reine,
de Monseigneur le Dauphin, de Madame la Dau-
phine, & de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
furent salvées chacune de vingt & un coup de
canon. Sur les cinq heures du soir, le Te Deum
fut chanté daus la Chapelle du Roi, & tout le
Clergé Séculier & Régulier de la Ville y assista,
Lorsque la nuit fut venue, on tira un feu d'arti-
fice dans la Prairie de Rhône. En même tems,
toutes les maisons de la Ville furent illuminées,
ainsi que le Château, l'Intendance & le Contrôle
& plusieurs fontaines de vin coulerent par ordre
de M. de Macnemara dans la Place du Château,
Le souper, que ce Commandant donna, ne ceda
191
JANVIER. 1752.
point au diner en magnificence. Toute la Com-
pagnie se rendit vers les onze heures à l'Hôtel des
Gardes de la Marine, qui étoit illuminé avec
beauçoup de goût & d'élégance, & où, M. de
Macnemara ouvrit le Bal avec Madame ie Nor-
mant de Mezy, épouse de l'Intendant de Roche-
fort. L'éclat de cette fête a répondu parfaitement
aux soins que M. de Macnemara a pris, & à l'ar-
deur avec laquelle tout le Corps de la Marine de
Rochefort l'a secondé, pout rendre ces rejouis-
sances dignes de l'évenement qui en étoit l'occa-
sion.
Un nouveau Vaisseau de quatre-vingt canons
fut lancé à l'eau le 20, dans le Port de Rochefort,
& il a été nommé le Duc de Bourgogne. Il
arriva dans cette occasion un hazard, qui auroit
été regardé par les anciens Romains, comme un
augure digne de remarque. On avoit orné ce
Vaisseau de quelques btanches d'arbre: un oi-
seau, qu'un faucon poursuivoit à tire d'asle, s'y
refugia, & il y trouva un asile qui lui sauva la vie.
Le lendemain, on annonça par une salve de vingt
& une pièce de canon, les rejouissances pour la nais-
sance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. A
midi, tout le Corps des Officiers de la Marine se
rendit chez M. de Macnemara, Chef d'Escadie
des Armées Navales du Roi, & Commandant à
Rochefort, qui avoit invité à cette fête les prin-
cipales Dames de la Ville, & tous les Etrangers
que la curiosité y avoit attirés. On servit plusieurs
tables, dont quatre étoient de trente couverts
& une de vingt. Les santés du Roi, de la Reine,
de Monseigneur le Dauphin, de Madame la Dau-
phine, & de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
furent salvées chacune de vingt & un coup de
canon. Sur les cinq heures du soir, le Te Deum
fut chanté daus la Chapelle du Roi, & tout le
Clergé Séculier & Régulier de la Ville y assista,
Lorsque la nuit fut venue, on tira un feu d'arti-
fice dans la Prairie de Rhône. En même tems,
toutes les maisons de la Ville furent illuminées,
ainsi que le Château, l'Intendance & le Contrôle
& plusieurs fontaines de vin coulerent par ordre
de M. de Macnemara dans la Place du Château,
Le souper, que ce Commandant donna, ne ceda
191
JANVIER. 1752.
point au diner en magnificence. Toute la Com-
pagnie se rendit vers les onze heures à l'Hôtel des
Gardes de la Marine, qui étoit illuminé avec
beauçoup de goût & d'élégance, & où, M. de
Macnemara ouvrit le Bal avec Madame ie Nor-
mant de Mezy, épouse de l'Intendant de Roche-
fort. L'éclat de cette fête a répondu parfaitement
aux soins que M. de Macnemara a pris, & à l'ar-
deur avec laquelle tout le Corps de la Marine de
Rochefort l'a secondé, pout rendre ces rejouis-
sances dignes de l'évenement qui en étoit l'occa-
sion.
Fermer
19284
p. 191
De Sion, en Vallais, le 21.
Début :
Un Courier dépêché de Soleure, par M. le Marquis de Paulmy, ayant apporté ici la nouvelle [...]
Mots clefs :
Sion, Valais, Résident de France, Ville, Cathédrale, Chapitre, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : De Sion, en Vallais, le 21.
De Sion, en Vallais, le 21.
Un Courier dépêché de Soleure, par M. le
Marquis de Paulmy, ayant apporté ici la nouvelle
de la naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne, les Habitans de cette Ville ont montré la
même joie que s'ils avoient été François. L'Evê-
que & le Chapitre de la Cathédrale ont été des
premiers à faire éclater leurs sentimens, en chan-
tant solemnellement le Te Deum, après lequel
l'Evêque donna un somptueux repas au Résident
de France, ainsi qu'au Chapitre & au Conseil. Le
3 de ce mois, le Conseil en donna un qui ne fut
pas moins magnisique, & le 17 il assista au Te
Deum, que le Résident de France fit chanter en
musique dans la Cathédrale. Après cette cérémo-
nie, le Résident de France fit servir une table de
cent couverts. Deux fontaines de vin coulerent en
même tems par son ordre pour le peuple, à qui il
fit abandonner un bœeuf rôti. Le soir il y eut Bal
chez le Résident, & sa maison illuminée avec ma-
gnificence, offrit un spectacle qu'on n'avoit point
encore vû dans cette Ville,
Un Courier dépêché de Soleure, par M. le
Marquis de Paulmy, ayant apporté ici la nouvelle
de la naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne, les Habitans de cette Ville ont montré la
même joie que s'ils avoient été François. L'Evê-
que & le Chapitre de la Cathédrale ont été des
premiers à faire éclater leurs sentimens, en chan-
tant solemnellement le Te Deum, après lequel
l'Evêque donna un somptueux repas au Résident
de France, ainsi qu'au Chapitre & au Conseil. Le
3 de ce mois, le Conseil en donna un qui ne fut
pas moins magnisique, & le 17 il assista au Te
Deum, que le Résident de France fit chanter en
musique dans la Cathédrale. Après cette cérémo-
nie, le Résident de France fit servir une table de
cent couverts. Deux fontaines de vin coulerent en
même tems par son ordre pour le peuple, à qui il
fit abandonner un bœeuf rôti. Le soir il y eut Bal
chez le Résident, & sa maison illuminée avec ma-
gnificence, offrit un spectacle qu'on n'avoit point
encore vû dans cette Ville,
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19285
p. 177
De VIENNE, le 4 Mai 1763.
Début :
Hier, Sa Majesté Impériale & Royale admit dans l'Ordre de la Croix [...]
Mots clefs :
Sa Majesté impériale, Ordre, Admission, Princesse de Turenne
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texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 4 Mai 1763.
De VIENNE, le 4 Mai 1763 .
Hier , Sa Majefté Impériale & Royale admit
dans l'Ordre de la Croix de l'Etoile , Louife - Henriette-
Gabrielle de Lorraine , Princeffe de Turenne
, & Françoile de Lorraine , Princeſſe de
Marfan .
Hier , Sa Majefté Impériale & Royale admit
dans l'Ordre de la Croix de l'Etoile , Louife - Henriette-
Gabrielle de Lorraine , Princeffe de Turenne
, & Françoile de Lorraine , Princeſſe de
Marfan .
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19286
p. 177
De DRESDE, le 31 Mars 1763.
Début :
Joseph-Marie, Prince de Saxe, troisiéme Fils de Son Altesse Royale [...]
Mots clefs :
Prince de Saxe, Altesse royale, Prince héréditaire, Décès
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texteReconnaissance textuelle : De DRESDE, le 31 Mars 1763.
De DRESDE , le 31 Mars 1763.
Jofeph-Marie , Prince de Saxe , troifiéme Fils
de Son Alteffe Royale le Prince Héréditaire ,
eft mort aujourd'hui dans la dixième année de fon
âge.
Jofeph-Marie , Prince de Saxe , troifiéme Fils
de Son Alteffe Royale le Prince Héréditaire ,
eft mort aujourd'hui dans la dixième année de fon
âge.
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19287
p. 177-178
De RATISBONNE, le 27 Avril 1763.
Début :
Le Prince Clément de Saxe, a été élu aujourd'hui par le Chapitre pour remplir [...]
Mots clefs :
Prince Clément de Saxe, Siège épiscopal, Traité de paix, Impératrice-Reine, Altesse royale, Duc, Mariage, Archiduc
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texteReconnaissance textuelle : De RATISBONNE, le 27 Avril 1763.
De RATISBONNE , le 27 Avril 1763.
Le Prince Clément de Saxe , a été élu aujour
d'hui par le Chapitre pour remplir le Siége
Epifcopal de cette Ville. Le 18 de ce mois , il a
été élu d'une voix unanime Evêque- Prince de
Freyfingen.
On a publié ici deux Articles fecrets du Traité
de paix conclu à Hubertzbourg entre l'Impératrice-
Reine & le Roi de Prufle . En voici la teneur
.
ဘ
ARTICLE I. Sa Majefté le Roi de Pruffe , Elec-
»teur de Brandebourg , defirant donner à Sa
» Majefté Apoftolique l'Impératrice - Reine de
Hongrie & de Bohême , une preuve de for
amitié & de la fatisfaction qu'Elle a d'entrer
dans ce qui pourroit être agréable à cette Prin
» ceffe , promet de donner la voix à Son Altese-
» Royale l'Archiduc Joſeph , à la future élection
→ d'un Roi des Romains ou d'un Empereur.
ART. II. » Sa Majefté l'Empereur & Sa Ma
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
» jefté l'Impératrice- Reine , ayant arrêté , par ,
» une convention avec le Séréniffime Duc de
>> Modéne , le mariage d'un des Archiducs Cadets
avec la Princelle de Modéne , petite- fille du
fufdit Duc , & s'étant déterminés à s'adreffer
dans le temps à l'Empereur & à l'Empire pour
l'expectative de la fucceffion des Etats de Mo-
»déne en faveur de celui des Archiducs qui
»époufera ladite Princeffe , Sa Majesté le Roi
» de Proffe , qui fe fait un plaifir de ſe prêter
>>
•
autant qu'il dépend de lui , à tout ce qui peut
plaire à Leurs Majeftés Impériales s'engage
→ dès ce moment & pour toujours à donner fa
» voix pour cet effet , fi le cas y écheoir , & Leurs
» Sufdites Majeftés affurent de leur côté S. M.
» Pruffienne de leur reconnoiffance & du defir
> fincère où Elles font de lui donner des marques
» de leur amitié dans toutes les circonftances
» que les occafions pourront leur fournir.
Au bas de ces deux Articles , il eft dit qu'ils
auront la même force que s'ils avoient été inferés
dans le corps même du Traité.
Le Prince Clément de Saxe , a été élu aujour
d'hui par le Chapitre pour remplir le Siége
Epifcopal de cette Ville. Le 18 de ce mois , il a
été élu d'une voix unanime Evêque- Prince de
Freyfingen.
On a publié ici deux Articles fecrets du Traité
de paix conclu à Hubertzbourg entre l'Impératrice-
Reine & le Roi de Prufle . En voici la teneur
.
ဘ
ARTICLE I. Sa Majefté le Roi de Pruffe , Elec-
»teur de Brandebourg , defirant donner à Sa
» Majefté Apoftolique l'Impératrice - Reine de
Hongrie & de Bohême , une preuve de for
amitié & de la fatisfaction qu'Elle a d'entrer
dans ce qui pourroit être agréable à cette Prin
» ceffe , promet de donner la voix à Son Altese-
» Royale l'Archiduc Joſeph , à la future élection
→ d'un Roi des Romains ou d'un Empereur.
ART. II. » Sa Majefté l'Empereur & Sa Ma
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
» jefté l'Impératrice- Reine , ayant arrêté , par ,
» une convention avec le Séréniffime Duc de
>> Modéne , le mariage d'un des Archiducs Cadets
avec la Princelle de Modéne , petite- fille du
fufdit Duc , & s'étant déterminés à s'adreffer
dans le temps à l'Empereur & à l'Empire pour
l'expectative de la fucceffion des Etats de Mo-
»déne en faveur de celui des Archiducs qui
»époufera ladite Princeffe , Sa Majesté le Roi
» de Proffe , qui fe fait un plaifir de ſe prêter
>>
•
autant qu'il dépend de lui , à tout ce qui peut
plaire à Leurs Majeftés Impériales s'engage
→ dès ce moment & pour toujours à donner fa
» voix pour cet effet , fi le cas y écheoir , & Leurs
» Sufdites Majeftés affurent de leur côté S. M.
» Pruffienne de leur reconnoiffance & du defir
> fincère où Elles font de lui donner des marques
» de leur amitié dans toutes les circonftances
» que les occafions pourront leur fournir.
Au bas de ces deux Articles , il eft dit qu'ils
auront la même force que s'ils avoient été inferés
dans le corps même du Traité.
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Résumé : De RATISBONNE, le 27 Avril 1763.
Le 27 avril 1763, le Prince Clément de Saxe a été élu évêque de Ratisbonne par le Chapitre. Le 18 avril, il a également été élu à l'unanimité évêque-prince de Freyfingen. Parallèlement, deux articles secrets du traité de paix de Hubertusbourg, conclu entre l'Impératrice-Reine et le Roi de Prusse, ont été publiés. L'article I stipule que le Roi de Prusse promet de soutenir l'Archiduc Joseph pour l'élection future de Roi des Romains ou d'Empereur. L'article II mentionne une convention entre l'Empereur et le Duc de Modène concernant le mariage d'un Archiduc avec la princesse de Modène. Le Roi de Prusse s'engage à soutenir cette succession, tandis que les Majestés Impériales assurent leur reconnaissance et leur amitié au Roi de Prusse. Ces articles ont la même force que s'ils avaient été inclus dans le traité principal.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19288
p. 179-180
De VIENNE, le 20 Septembre.
Début :
Selon les nouvelles de Constantinople, la révolte du Pacha d'Iconium [...]
Mots clefs :
Révolte, Pacha , Grand seigneur, Fêtes, Mariage, Comte, Concert, Repas, Bal, Procession, Commémorations, Siège, Nominations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 20 Septembre.
De VIENNE , le 20 Septembre."
SELON
ELON les nouvelles de Conftantinople , la révolte
du Pacha d'Iconium commence à donner de
l'inquiétude au Divan. Ce Pacha , à la tête de
quinze mille hommes , s'eft mis en marche de fon
Gouvernement vers cette Capitale . On prétend
que le Grand-Seigneur la fait allurer de la grâce
s'il rentroit dans fon devoir ; mais on ne croit pas
que ce Rebelle fe laiffe prendre à ce piege , & il
faudra employer la force pour le foumettre .
Les fêtes préparées pour le mariage de l'Archi-
Duc Jofeph avec l'Infante Ifabelle , viennent de
commencer. La nouvelle de la conclufion de ce
mariage fut apportée le 14 de ce mois , par le
Comte de Kaunitz-Rittberg , Chambellan de leurs
Majeftés Impériales , fils aîné du Comte de ce
nom , Chancelier de Cour & d'Etat ; la Cour ſe
mit , à cette occafion , en grand gala pour trois
jours , & leurs Majeftés Impériales furent compli
mentées par les Ambaffadeurs & les Miniftres,
étrangers , ainfi que par la haute Nobleffe. Elles
dînerent enfuite en Public avec les Archiducs Jofeph
, Charles & Léopold , quatre des Archidscheffes
, & avec le Prince Charles & la Princeffe
Charlotte de Lorraine. On exécuta un beau Concert
pendant le repas. Le foir , il y eur un bal paré
qui fut fuivi d'un grand fouper. Le matin , Leurs
Majeftés Impériales , accompagnées de l'Archiduc
Jofeph , avoient affifté à la Proceffion qui fe fait
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
annnellement , en mémoire de la levée du Siége
de cette Capitale , par les Turcs en 1683. L'Artillerie
des remparts fit une triple falve , à chacune
defquelles la Garniſon répondit par le feu de fa
Moufquetterie.
Le Comte de Palfi , Général d'Infanterie , fut
déclaré, le même jour, Capitaine de la Compagnie
des Gardes du Corps , formée par le Royaume de
Hongrie, pour
la Garde de l'Archiduc & de l'Archiduchelle
.
On a reçu
de Parme , le détail fuivant des cérémonies
qui ont été faites , à l'occafion du Mariage
de l'Archiduc Jofeph avec l'Infante Ifabelle.
SELON
ELON les nouvelles de Conftantinople , la révolte
du Pacha d'Iconium commence à donner de
l'inquiétude au Divan. Ce Pacha , à la tête de
quinze mille hommes , s'eft mis en marche de fon
Gouvernement vers cette Capitale . On prétend
que le Grand-Seigneur la fait allurer de la grâce
s'il rentroit dans fon devoir ; mais on ne croit pas
que ce Rebelle fe laiffe prendre à ce piege , & il
faudra employer la force pour le foumettre .
Les fêtes préparées pour le mariage de l'Archi-
Duc Jofeph avec l'Infante Ifabelle , viennent de
commencer. La nouvelle de la conclufion de ce
mariage fut apportée le 14 de ce mois , par le
Comte de Kaunitz-Rittberg , Chambellan de leurs
Majeftés Impériales , fils aîné du Comte de ce
nom , Chancelier de Cour & d'Etat ; la Cour ſe
mit , à cette occafion , en grand gala pour trois
jours , & leurs Majeftés Impériales furent compli
mentées par les Ambaffadeurs & les Miniftres,
étrangers , ainfi que par la haute Nobleffe. Elles
dînerent enfuite en Public avec les Archiducs Jofeph
, Charles & Léopold , quatre des Archidscheffes
, & avec le Prince Charles & la Princeffe
Charlotte de Lorraine. On exécuta un beau Concert
pendant le repas. Le foir , il y eur un bal paré
qui fut fuivi d'un grand fouper. Le matin , Leurs
Majeftés Impériales , accompagnées de l'Archiduc
Jofeph , avoient affifté à la Proceffion qui fe fait
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
annnellement , en mémoire de la levée du Siége
de cette Capitale , par les Turcs en 1683. L'Artillerie
des remparts fit une triple falve , à chacune
defquelles la Garniſon répondit par le feu de fa
Moufquetterie.
Le Comte de Palfi , Général d'Infanterie , fut
déclaré, le même jour, Capitaine de la Compagnie
des Gardes du Corps , formée par le Royaume de
Hongrie, pour
la Garde de l'Archiduc & de l'Archiduchelle
.
On a reçu
de Parme , le détail fuivant des cérémonies
qui ont été faites , à l'occafion du Mariage
de l'Archiduc Jofeph avec l'Infante Ifabelle.
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Résumé : De VIENNE, le 20 Septembre.
Le 20 septembre, des nouvelles de Constantinople signalent une révolte du Pacha d'Iconium, qui inquiète le Divan. À la tête de quinze mille hommes, ce Pacha avance vers la capitale. Le Grand-Seigneur lui propose la grâce s'il se soumet, mais son acceptation est incertaine, rendant une intervention militaire possible. À Vienne, les festivités pour le mariage de l'Archiduc Joseph avec l'Infante Isabelle ont débuté. La nouvelle du mariage a été annoncée le 14 septembre par le Comte de Kaunitz-Rittberg. La cour s'est mise en grand gala pendant trois jours, avec des compliments des ambassadeurs, ministres étrangers et haute noblesse. Un dîner public, un concert et un bal ont suivi. Le matin, les Majestés Impériales ont assisté à une procession commémorant la levée du siège de Vienne par les Turcs en 1683. Le Comte de Palfi a été nommé Capitaine de la Compagnie des Gardes du Corps hongrois pour la garde de l'Archiduc et de l'Archiduchesse. Des détails des cérémonies du mariage à Parme ont également été reçus.
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19289
p. 1455-1456
« Le 19 Juin, il y eut Concert à Marly. M. Destouches, sur-Intendant de la [...] »
Début :
Le 19 Juin, il y eut Concert à Marly. M. Destouches, sur-Intendant de la [...]
Mots clefs :
Concert, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 19 Juin, il y eut Concert à Marly. M. Destouches, sur-Intendant de la [...] »
E 19 Juin , il y eut Concert à Marly.
M. Deftouches , fur- Intendant de la
Mufique du Roy , fit chanter devant la
Reine , le Prologue & le premier Acte de
L'Opera d'Omphale , qui fut continué le
21 & le 26. La Dlle Antier chanta dans
le Prologue & dans la Piéce le Rôle d'Argine
, avec beaucoup d'applaudiffement.
Le S' d'Angerville & la Die Lenner chan
terent ceux d'Alcide & d'Omphale , dont
la Cour parut fatisfaite. L'exécution des
Choeurs & de toute la Symphonie fut
auffi tres-brillante. La Mufique de cet
Opera eft de la compofition de M. Deftouches.
Le 30 , vers les 3 heures après midi , le
Roy fit au Camp de Mars , près le Châ-
II. Vol. Iijteau,
1456 MERCURE DE FRANCE
teau , la Revuë des quatre Compagnies
des Gardes du Corps & de celle des Gre
nadiers à Cheval. S. M. paffa dans les
rangs & les vit défiler.Meldames de France
virent cette Revûë.
Le même jour le Roy donna le Gou
vernement de Rocroy à M. de Vernaffal,
Maréchal de Camp & Lieutenant des Gardes
du Corps.
M. Deftouches , fur- Intendant de la
Mufique du Roy , fit chanter devant la
Reine , le Prologue & le premier Acte de
L'Opera d'Omphale , qui fut continué le
21 & le 26. La Dlle Antier chanta dans
le Prologue & dans la Piéce le Rôle d'Argine
, avec beaucoup d'applaudiffement.
Le S' d'Angerville & la Die Lenner chan
terent ceux d'Alcide & d'Omphale , dont
la Cour parut fatisfaite. L'exécution des
Choeurs & de toute la Symphonie fut
auffi tres-brillante. La Mufique de cet
Opera eft de la compofition de M. Deftouches.
Le 30 , vers les 3 heures après midi , le
Roy fit au Camp de Mars , près le Châ-
II. Vol. Iijteau,
1456 MERCURE DE FRANCE
teau , la Revuë des quatre Compagnies
des Gardes du Corps & de celle des Gre
nadiers à Cheval. S. M. paffa dans les
rangs & les vit défiler.Meldames de France
virent cette Revûë.
Le même jour le Roy donna le Gou
vernement de Rocroy à M. de Vernaffal,
Maréchal de Camp & Lieutenant des Gardes
du Corps.
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Résumé : « Le 19 Juin, il y eut Concert à Marly. M. Destouches, sur-Intendant de la [...] »
Du 19 au 26 juin, l'opéra 'Omphale' de M. Deftouches fut interprété devant la Reine à Marly. La Demoiselle Antier, le Sieur d'Angerville et la Demoiselle Lenner reçurent des applaudissements. Le 30 juin, le Roi passa en revue les Gardes du Corps et les Grenadiers à Cheval au Camp de Mars. Il nomma M. de Vernassal gouverneur de Rocroy.
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19290
p. 178
De ROME, le 27 Avril 1763.
Début :
Le Cardinal Spinelli, Doyen du Sacré Collége, Evêque d'Ostie, & Préfet de la [...]
Mots clefs :
Cardinal, Doyen, Préfet, Pape, Souverain, Évêché
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texteReconnaissance textuelle : De ROME, le 27 Avril 1763.
De ROME , le 27 Avril 1763,
Le Cardinal Spinelli , Doyen du Sacré Collége ,
Evêque d'Oftie , & Préfet de la Propagande
eft mort le 12 de ce mois , âgé de foixante neuf
ans ; il laiffe un neuviéme Chapeau vacant dans
le Sacré Collège.
Le Cardinal Paloucci ayant envoyé font Auditeur
à Sa Sainteté pour la fupplier de le difpenfer
d'accepter le Décanat , parce que fes
infirmités ne lui permettoient pas d'en remplir
les fonctions ; le Souverain Pontife a conféré ce
Décanat , ainfi que l'Evêché d'Oftie qui y eft attaché,
au Cardinal Cavalchini , Dataire,
Le Cardinal Spinelli , Doyen du Sacré Collége ,
Evêque d'Oftie , & Préfet de la Propagande
eft mort le 12 de ce mois , âgé de foixante neuf
ans ; il laiffe un neuviéme Chapeau vacant dans
le Sacré Collège.
Le Cardinal Paloucci ayant envoyé font Auditeur
à Sa Sainteté pour la fupplier de le difpenfer
d'accepter le Décanat , parce que fes
infirmités ne lui permettoient pas d'en remplir
les fonctions ; le Souverain Pontife a conféré ce
Décanat , ainfi que l'Evêché d'Oftie qui y eft attaché,
au Cardinal Cavalchini , Dataire,
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Résumé : De ROME, le 27 Avril 1763.
Le 27 avril 1763, le Cardinal Spinelli, Doyen du Sacré Collège, Évêque d'Ostie et Préfet de la Propagande, est décédé à Rome à l'âge de soixante-neuf ans, laissant un siège vacant. Le Cardinal Paluzzi a demandé à être dispensé de la charge de Doyen. Le Souverain Pontife a alors conféré le Décanat et l'Évêché d'Ostie au Cardinal Cavalchini.
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19291
p. 192-193
De Versailles.
Début :
Le 23, les Officiers du Bureau & ceux du Gobelet, de la bouche & de la fouriere de Madame [...]
Mots clefs :
Versailles, Dauphine, Concert, Feu d'artifice, Fête, Duchesse, Catherine-Nicole Le Maure, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Versailles.
De Versailles.
Le 23, les Officiers du Bureau & ceux du Gobelet,
de la bouche & de la fouriere de Madame
la Dauphine, ayant fait magnisiquement illumi-
ner l'Eglise des Recolets de Versailles; y firent
chanter le Te Deum, pour joindre leurs actions de
graces à celles de toute la France. Monseigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine y assisterenti,
& le peuple, qui étoit accoutu sur leur passage
s'empressa de leur témoigner, l'intérête qu'il
prend à leur santé, & à leur satisfaction.
Il y eut le soit un Concert chez Madame la
Dauphine, & ensuite un très-beau feu d'artifice,
que les Habitans de Versailles firent tirer dans les
Jardins du Château, vis-à-vis de l'Appartement
de cette Priocesse.
La Duchesse de Lauraguais, Dame d'Atour de
Madame la Dauphine, donna le 24 une fête, à
laquelle présiderent également le goût & la ma-
gnificence. Monseigneut le Dauphin & Madame
la Dauphine, se rendirent vers les six heures du
soir, à la maison que cette Duchesse a dans la
principale avenue de Versailles, & la fête com-
mença par un Concert, composé de Musiciens du
premier ordre, entre autres de la célebre Demoi-
selle le Maure, de Madame & de M. Forquary
de M. Jeliotte & de M. Blavet. Au Concert suc-
ceda uu feu d'artifice, tiré sur la butte de Mont
horon, qui aptès le feu offrit un très-brillant
spectacle par une illumination aussi var ée qu'éle-
gante. On servit ensuite un soupet des plus splen-
dides, & la fête fut terminée par plusieurs cou-
plets, chantés à l'honneur de Monseigneur le Due
de Bourgogne, dans lesquels la Demoilelle le
Navite
JANVIER.
1752.
193
Maure fit admirer la supériorité de sa voix & de
son talent.
Le 23, les Officiers du Bureau & ceux du Gobelet,
de la bouche & de la fouriere de Madame
la Dauphine, ayant fait magnisiquement illumi-
ner l'Eglise des Recolets de Versailles; y firent
chanter le Te Deum, pour joindre leurs actions de
graces à celles de toute la France. Monseigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine y assisterenti,
& le peuple, qui étoit accoutu sur leur passage
s'empressa de leur témoigner, l'intérête qu'il
prend à leur santé, & à leur satisfaction.
Il y eut le soit un Concert chez Madame la
Dauphine, & ensuite un très-beau feu d'artifice,
que les Habitans de Versailles firent tirer dans les
Jardins du Château, vis-à-vis de l'Appartement
de cette Priocesse.
La Duchesse de Lauraguais, Dame d'Atour de
Madame la Dauphine, donna le 24 une fête, à
laquelle présiderent également le goût & la ma-
gnificence. Monseigneut le Dauphin & Madame
la Dauphine, se rendirent vers les six heures du
soir, à la maison que cette Duchesse a dans la
principale avenue de Versailles, & la fête com-
mença par un Concert, composé de Musiciens du
premier ordre, entre autres de la célebre Demoi-
selle le Maure, de Madame & de M. Forquary
de M. Jeliotte & de M. Blavet. Au Concert suc-
ceda uu feu d'artifice, tiré sur la butte de Mont
horon, qui aptès le feu offrit un très-brillant
spectacle par une illumination aussi var ée qu'éle-
gante. On servit ensuite un soupet des plus splen-
dides, & la fête fut terminée par plusieurs cou-
plets, chantés à l'honneur de Monseigneur le Due
de Bourgogne, dans lesquels la Demoilelle le
Navite
JANVIER.
1752.
193
Maure fit admirer la supériorité de sa voix & de
son talent.
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19292
p. 1456-1457
BENEFICES DONNEZ.
Début :
Le Roy a donné l'Abbaye d'Ambournay, Ordre de S. Benoît, Diocèse de [...]
Mots clefs :
Abbaye, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ.
BENEFICES DONNEZ.
Lay ›
E Roy a donné l'Abbaye d'Ambouray
Ordre de S. Benoit , Diocèle de
Lyon , à l'Abbé de Maugiron , Agent du
Clergé.
Celle de S. Martin_de Pontoiſe , Ordre
de S. Benoît , à l'Abbé de Salignac- Féne
lon , Archidiacre de Cambray.
Celle de Bolbonne , Ordre de Citeaux
Diocèle de Mirepoix , à l'Abbé de Choifeul
, Aumônier de S. M.
Celle de S. Jovin , Ordre de S.Benoît,
Diocèle de Poitiers , à l'Abbé Chauvelin,
Celle de Vallemont , même Ordre
Diocèle de Rouen , à l'Abbé de Valleras,
Agent du Clergé.
Celle de Chalivoy, Ordre de Citeaux,
Diocèfe de Bourges , à l'Abbé Terriffe ,
Docteur de Sorbonne.
Celle de N. D. du Bouchet , même Or-
"
11. Vol. dre
JUIN. 1730. 1457
dre , Diocèle de Clermont,à l'Abbé Rouf
fet , Chinoine de Toul.
- Le Prieuré de Gigny , Ordre de S. Be
noît, Diocèle de Lyon , à l'Abbé de Suze,
Aumônier du Roy, & Doyen des Comtes
de Lyon.
L'Abbaye de Tourtuirac,même Ordre,
Dioc.de Périgueux , à l'Abbé de Beaupoil.
Le Prieuré de Saint Nicolas de la Chef
naye , Ordre de S. Auguftin , Diocèfe de
Bayeux , à l'Abbé de Montferrant, Grand
Vicaire de Noyon.
L'Abbaye de Moncé, Ordre de Citeaux ,
Diocèfe de Tours , à la Dame de Carman.
Celle de Saint Julien du Pré , Ordre de
S. Benoît , Ville & Diocèfe du Mans ,' à la
Dame de Saint- Simon.
Celle de S. Sernin de Rhodés , même
Ordre , à la Dame de Clermont du Bofc.
Et celle de S. Laurent de Bourges , auffi
du même Ordre , à la Dame de la Roche
Aymon.
Lay ›
E Roy a donné l'Abbaye d'Ambouray
Ordre de S. Benoit , Diocèle de
Lyon , à l'Abbé de Maugiron , Agent du
Clergé.
Celle de S. Martin_de Pontoiſe , Ordre
de S. Benoît , à l'Abbé de Salignac- Féne
lon , Archidiacre de Cambray.
Celle de Bolbonne , Ordre de Citeaux
Diocèle de Mirepoix , à l'Abbé de Choifeul
, Aumônier de S. M.
Celle de S. Jovin , Ordre de S.Benoît,
Diocèle de Poitiers , à l'Abbé Chauvelin,
Celle de Vallemont , même Ordre
Diocèle de Rouen , à l'Abbé de Valleras,
Agent du Clergé.
Celle de Chalivoy, Ordre de Citeaux,
Diocèfe de Bourges , à l'Abbé Terriffe ,
Docteur de Sorbonne.
Celle de N. D. du Bouchet , même Or-
"
11. Vol. dre
JUIN. 1730. 1457
dre , Diocèle de Clermont,à l'Abbé Rouf
fet , Chinoine de Toul.
- Le Prieuré de Gigny , Ordre de S. Be
noît, Diocèle de Lyon , à l'Abbé de Suze,
Aumônier du Roy, & Doyen des Comtes
de Lyon.
L'Abbaye de Tourtuirac,même Ordre,
Dioc.de Périgueux , à l'Abbé de Beaupoil.
Le Prieuré de Saint Nicolas de la Chef
naye , Ordre de S. Auguftin , Diocèfe de
Bayeux , à l'Abbé de Montferrant, Grand
Vicaire de Noyon.
L'Abbaye de Moncé, Ordre de Citeaux ,
Diocèfe de Tours , à la Dame de Carman.
Celle de Saint Julien du Pré , Ordre de
S. Benoît , Ville & Diocèfe du Mans ,' à la
Dame de Saint- Simon.
Celle de S. Sernin de Rhodés , même
Ordre , à la Dame de Clermont du Bofc.
Et celle de S. Laurent de Bourges , auffi
du même Ordre , à la Dame de la Roche
Aymon.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ.
En juin 1730, plusieurs bénéfices ecclésiastiques ont été attribués. L'Abbaye d'Ambouray, relevant du diocèse de Lyon, a été donnée à l'Abbé de Maugiron. L'Abbaye de Saint-Martin-de-Pontoise a été attribuée à l'Abbé de Salignac-Fénelon. L'Abbaye de Bolbonne, relevant du diocèse de Mirepoix, a été donnée à l'Abbé de Choiseul. L'Abbaye de Saint-Jovin, relevant du diocèse de Poitiers, a été attribuée à l'Abbé Chauvelin. L'Abbaye de Vallemont, relevant du diocèse de Rouen, a été donnée à l'Abbé de Valleras. L'Abbaye de Chalivoy, relevant du diocèse de Bourges, a été attribuée à l'Abbé Terriffe. L'Abbaye de Notre-Dame du Bouchet, relevant du diocèse de Clermont, a été donnée à l'Abbé Rouffet. Le Prieuré de Gigny, relevant du diocèse de Lyon, a été attribué à l'Abbé de Suze. L'Abbaye de Tourtuirac, relevant du diocèse de Périgueux, a été donnée à l'Abbé de Beaupoil. Le Prieuré de Saint-Nicolas-de-la-Chapelle, relevant du diocèse de Bayeux, a été attribué à l'Abbé de Montferrant. L'Abbaye de Moncé, relevant du diocèse de Tours, a été donnée à la Dame de Carman. L'Abbaye de Saint-Julien-du-Pré, relevant du diocèse du Mans, a été attribuée à la Dame de Saint-Simon. L'Abbaye de Saint-Sernin-de-Rhodes a été donnée à la Dame de Clermont-du-Bosc. Enfin, l'Abbaye de Saint-Laurent-de-Bourges a été attribuée à la Dame de la Roche-Aymon.
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19293
p. 188-190
De VERSAILLES, le 20 décembre.
Début :
LE 12 de ce mois , le Duc de Praslin prêta serment entre les mains du Roi pour la Lieutenance [...]
Mots clefs :
Diocèse de Verdun, Maladie des yeux, Lieutenance-générale, Contrôleur général des finances
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 20 décembre.
De VERSAILLES , le 20 Décembre.
LSB 12 de ce mois , le Duc de Praflin prêta
ferment entre les mains du Roi pour la Lieutenance-
Générale de la Province de Bretagne.
Le Premier Préſident du Parlement de Dombes ,
accompagné des Députés de ce Parlement , fur
préfenté au Roi , à la Reine , & à la Famille
Royale. La Comteffe de Levis cut le même hon
I
JANVIER. 1763. 189
neur , & fut préſentée par la Maréchale de Mirepoix
. Le même jour , Leurs Majeftés , ainfi
que la Famille Royale , fignerent le Contrat
de Mariage du Marquis de Noailles avec la
Demoiſelle de Drofmenil .
que
Le 13 , l'Evêque de Tulles a prêté ferment'
entre les mains de Sa Majefté dans la Chapelle
du Château.
Le fieur de Sulauze , Conful , & chargé des
affaires du Roi à Tunis , ayant demandé la retraite
, Sa Majeſté a nommé à cette Place le
fieur de Saizien , Secrétaire du Duc de Praflin
Miniftre & Secrétaire d'Etat au département des
Affaires étrangeres.
Le 21 le fieur de Mello , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi de Portugal , eut une audience partieuliere
du Roi , dans laquelle il remit fes Lettres
de créance à Sa Majefté . Il fut conduit à cette
audience, ainfi qu'à celles de la Reine , de Monfeigneur
le Dauphin , de Madame la Dauphine ,
de Monfeigneur le Duc de Berry , de Monfei
gneur le Comte de Provence , de Monfeigneur le
Comte d'Artois , de Madame , de Madame Adélaïde
& de Mefdames Victoire , Sophie & Louiſe ,
par le fieur de la Live , Introducteur des Ambaffadeurs.
La Comteffe de Sommyewe a eu l'honneur
d'être préfentée le 19 à Leurs Majeftés & à la
Famille Royale par la Comteffe de Choiſeul-
Beaupré. Le même jour le Chevalier de Beautteville
a été préfenté au Roi , en qualité d'Ambaſſadeur
de Sa Majeſté en Suiffe , par le Duc de
Choiseul.
Le 22 , le Maréchal Prince de Soubife eft arrivé
à la Cour , & a eu l'honneur de faire les révé
rences à Leurs Majeftés & à la Famille Royale.
190 MERCURE DE FRANCE.
Le 28 la Comteſſe de Saint - Simon- Sandricourt
a eu l'honneur d'être préfentée à Leurs Majeftés ,
ainfi qu'à la Famille Royale , par la Comteffe
d'Helmftalt.
Le fieur Bertin , Controlleur Général des Finances
, a prêté ferment entre les mains de Sa
Majefté le 26 pour la Charge de Grand Tréforier.
de l'Ordre du Saint Eſprit.
Le Roi a donné l'Abbaye du Gard , Ordre de
Citeaux , Dioceſe d'Amiens , à l'Abbé de Talleyrand
, Aumonier de Sa Majefté , & Vicaire Général
du Diocéfe de Verdun. Celle du Breuil ,
Ordre de Saint Benoît , Diocéfe d'Evreux , à
l'Abbé de Beguilhan de l'Arbouft , Abbé de Saint
Chignan , Maître de l'Oratoire de Sa Majefté ,
ci-devant Vicaire Général du Diocéfe de Meaux ;
& de celle des Chanoineſſes de Lons - le - Saunier
Ordre de Sainte Claire , Diocéfe de Besançon , à
la Dame de Montigny , Chanoineffe du même
Chapitre.
Le Roi vient de créer une Charge de Médecin
Oculifte , attaché à fa Perfonne , & en a donné
le Brevet au Sieur Demours Médecin de la
Faculté de Paris , qui depuis plus de 30 ans s'eſt
appliqué avec fuccès au traitement des maladies
des yeux qui ne demandent pas l'opération
de la main .
LSB 12 de ce mois , le Duc de Praflin prêta
ferment entre les mains du Roi pour la Lieutenance-
Générale de la Province de Bretagne.
Le Premier Préſident du Parlement de Dombes ,
accompagné des Députés de ce Parlement , fur
préfenté au Roi , à la Reine , & à la Famille
Royale. La Comteffe de Levis cut le même hon
I
JANVIER. 1763. 189
neur , & fut préſentée par la Maréchale de Mirepoix
. Le même jour , Leurs Majeftés , ainfi
que la Famille Royale , fignerent le Contrat
de Mariage du Marquis de Noailles avec la
Demoiſelle de Drofmenil .
que
Le 13 , l'Evêque de Tulles a prêté ferment'
entre les mains de Sa Majefté dans la Chapelle
du Château.
Le fieur de Sulauze , Conful , & chargé des
affaires du Roi à Tunis , ayant demandé la retraite
, Sa Majeſté a nommé à cette Place le
fieur de Saizien , Secrétaire du Duc de Praflin
Miniftre & Secrétaire d'Etat au département des
Affaires étrangeres.
Le 21 le fieur de Mello , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi de Portugal , eut une audience partieuliere
du Roi , dans laquelle il remit fes Lettres
de créance à Sa Majefté . Il fut conduit à cette
audience, ainfi qu'à celles de la Reine , de Monfeigneur
le Dauphin , de Madame la Dauphine ,
de Monfeigneur le Duc de Berry , de Monfei
gneur le Comte de Provence , de Monfeigneur le
Comte d'Artois , de Madame , de Madame Adélaïde
& de Mefdames Victoire , Sophie & Louiſe ,
par le fieur de la Live , Introducteur des Ambaffadeurs.
La Comteffe de Sommyewe a eu l'honneur
d'être préfentée le 19 à Leurs Majeftés & à la
Famille Royale par la Comteffe de Choiſeul-
Beaupré. Le même jour le Chevalier de Beautteville
a été préfenté au Roi , en qualité d'Ambaſſadeur
de Sa Majeſté en Suiffe , par le Duc de
Choiseul.
Le 22 , le Maréchal Prince de Soubife eft arrivé
à la Cour , & a eu l'honneur de faire les révé
rences à Leurs Majeftés & à la Famille Royale.
190 MERCURE DE FRANCE.
Le 28 la Comteſſe de Saint - Simon- Sandricourt
a eu l'honneur d'être préfentée à Leurs Majeftés ,
ainfi qu'à la Famille Royale , par la Comteffe
d'Helmftalt.
Le fieur Bertin , Controlleur Général des Finances
, a prêté ferment entre les mains de Sa
Majefté le 26 pour la Charge de Grand Tréforier.
de l'Ordre du Saint Eſprit.
Le Roi a donné l'Abbaye du Gard , Ordre de
Citeaux , Dioceſe d'Amiens , à l'Abbé de Talleyrand
, Aumonier de Sa Majefté , & Vicaire Général
du Diocéfe de Verdun. Celle du Breuil ,
Ordre de Saint Benoît , Diocéfe d'Evreux , à
l'Abbé de Beguilhan de l'Arbouft , Abbé de Saint
Chignan , Maître de l'Oratoire de Sa Majefté ,
ci-devant Vicaire Général du Diocéfe de Meaux ;
& de celle des Chanoineſſes de Lons - le - Saunier
Ordre de Sainte Claire , Diocéfe de Besançon , à
la Dame de Montigny , Chanoineffe du même
Chapitre.
Le Roi vient de créer une Charge de Médecin
Oculifte , attaché à fa Perfonne , & en a donné
le Brevet au Sieur Demours Médecin de la
Faculté de Paris , qui depuis plus de 30 ans s'eſt
appliqué avec fuccès au traitement des maladies
des yeux qui ne demandent pas l'opération
de la main .
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Résumé : De VERSAILLES, le 20 décembre.
Le 20 décembre, le Duc de Praflin prêta serment pour la Lieutenance-Générale de la Province de Bretagne. Le Premier Président du Parlement de Dombes et la Comtesse de Lévis furent présentés au Roi, à la Reine et à la Famille Royale. Le même jour, le contrat de mariage du Marquis de Noailles avec la Demoiselle de Drofsmenil fut signé par Leurs Majestés et la Famille Royale. Le 13 janvier, l'Évêque de Tulle prêta serment au Roi. Le Sieur de Saizien fut nommé pour remplacer le Sieur de Sulauze, Consul et chargé des affaires du Roi à Tunis. Le 21 janvier, le Sieur de Mello, Ministre Plénipotentiaire du Roi de Portugal, remit ses lettres de créance au Roi et à la Famille Royale. La Comtesse de Sommyewe et le Chevalier de Beautteville furent présentés à Leurs Majestés. Le Maréchal Prince de Soubise arriva à la Cour le 22 janvier. La Comtesse de Saint-Simon-Sandricourt fut présentée à Leurs Majestés le 28 janvier. Le Sieur Bertin, Contrôleur Général des Finances, prêta serment pour la Charge de Grand Trésorier de l'Ordre du Saint-Esprit. Le Roi attribua plusieurs abbayes à des abbés et chanoinesses et créa une Charge de Médecin Oculiste, attribuée au Sieur Demours.
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19294
p. 180-186
DÉTAIL de tout ce qui s'est passé depuis l'arrivée de M. le Prince de LICHTENSTEIN jusqu'au 4.
Début :
M. le Prince de Lichtenstein arriva à Parme le 1 Septembre ; [...]
Mots clefs :
Prince du Lichtenstein, Infant, Audience, Palais, Prince Ferdinand , Ministres, Officiers, Audience publique, Comte, Marquis, Valets, Honneurs, Carosse, Bataillons, Armes, Pages, Dames, Noblesse, Empereur, Gentilshommes, Opéra, Infante
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texteReconnaissance textuelle : DÉTAIL de tout ce qui s'est passé depuis l'arrivée de M. le Prince de LICHTENSTEIN jusqu'au 4.
DETAIL de tout ce qui s'eft paffé depuis l'arrivée
de M. le Prince de LICHTENSTEIN jufqu'au 4 .
M. le Prince de Lichtenſtein arriva à Parme le
1 Septembre ; auflitôt après , il fit informer M.
Dutillot , par un de fes Gentilshommes.
M. Dutillot fe tranfporta chez lui , & lui donna
l'heure que l'Infant avoit fixé pour fon audience
particuliere.
Cette audience fut le lendemain à midi & demi;
M.Dutillot alla prendre M. le Prince de Lichtenftein
au Palais Palavicini où il eſt logé , & l'amena
chez l'Infant , il le conduifit enfuite chez le Prince
Ferdinand , de là à l'appartement de Madame
Infante Ifabelle , où le trouva auffi Madame Louiſe ..
M.le Prince de Lichtenſtein, fut au fortir du Palais
, rendre la vifire à M. Dutillot ; fortit de chez
Ge Miniftre , & y revint dîner avec les Miniftres de
France , d'Espagne , de Turin , de Gènes & de
Malte ; M. le Comte de Neuilly , M le Bailli de
Breteuil , M. l'Abbé de Canillac & M. le Comte
de Mercy . Il amena avec lui les huit Chambellans
qui l'ont accompagné , & deux Officiers Majors..
OCTOBRE. 1760. 185
M. Dutillot avoit invité le Capitaine & le Major
des Gardes du Corps , le grand Ecuyer & le premier
Ecuyer de l'Infant , le Gouverneur du Frince
Ferdinand , des Gentilshommes de la Chambre ,
des Majordomes , des Dames du Palais , M. l'Evêque
de Plaifance , frere du feu Chancelier Criftiani
chargé par l'Infant , à caufe de la mort de
l'Evêque de Parme , de la cérémonie du mariage )
& quelques Perfonnes de la premiere Nobleffe du
Pays.
Après le dîner , M. de Lichtenftein retourna à
fon Hôtel , où il reçut des vifites .
Le troifiéme jour fixé pour l'Audience publique,
M. le Comte Peroli , Introducteur, partit du
Palais à onze heures & demie , dans un caroffe
de l'Infant attelé à huit chevaux ; ce caroffe étoit
précédé par un autre à fix chevaux ( vuide ) , &
fuivi par trois autres attelés à huit chevaux ; dans
chacun de ces caroffes , étoit un Majordome.
Un Officier de l'Ecurie étoit à cheval à la tête
de ce Cortége ; douze Valets de pied étoient fur
deux files aux deux côtés de la voiture de l'Infant
, où étoit M. l'Introducteur , trois derriere ce
carofie , & deux derriere chacun des autres .
Deux Palfreniers à cheval ſuivoient l'Officier
de l'Ecurie
M. le Comte Peroli fut dans cet ordre prendre
chez lui M. le Marquis Palavicini , premier Gentilhomme
de la Chambre , que l'Infant avoir
chargé de faire les honneurs à M. le Prince de
Lichtenſtein .
M. de Palavicini monta dans le même caroffe ,
dans lequel étoit venu M. le Comte Peroli ; ce
dernier lui donna la droite.
Ils furent dans le même ordre chez M. le Prin
ce de Lichtenſtein.
Ils monterent l'efcalier , fuivis des trois Majordomes
qui les avoient accompagnés : les
182 MERCURE DE FRANCE. 1
douze valets de pieds fuivoient fur deux files.
M. le Prince de Lichtenſtein étoit venu au-devant
d'eux, & avoit defcendu deux marches; il les conduifitjufques
à la chambre. MM . les Majordomest
refterent à la piéce la plus voisine de cette chambre
, où ils entrerent un moment après M. de
Palavicini & M. Peroli , à qui M. le Prince de
Lichtenſtein avoit fait partout les honneurs des
Portes.
On defcendit de chez M. le Prince , qui fit
toujours les honneurs à M. de Palavicini jufques
au bas de fon efcalier ; où étant arrivé , M. de
Palavicini lui fit les honneurs du caroffe , il y
monta , fe plaça feul dans le fond , M. de Pałavicini
fur le devant à droite , M. Peroli à gauche.
MM. les Majordomes firent également les
bonneurs des caroffes de l'Infant dans lesquels
ils étoient venus , aux huit Chambellans .
On fe mit en marche dans l'ordre fuivant :
Un Officier de l'Ecurie de l'Infant , & deur
Palfreniers à cheval.
Le caroffe de M. l'Introducteur , à fix chevaux ,
vuide.
Deux Suiffes , de M. le Prince de Lichtenſtein ,
à cheval.
24 Valets de pied.
6 Coureurs.
6 Heyducs.
12 Palfreniers , tenant chacun un cheval par la
bride.
9 Officiers , de la Maifon de M. le Prince , à
cheval.
Son Ecuyer.
& Pages, dont deux Hongrois, & fix Allemands
Quatre Gentilshommes.
Le caroffe de l'Infant , où étoit M. le Prince de
Lichtenſtein , M. de Palavicini & M. Peroli , 1 %
Valets de pied de l'Infant aux deux côtés.
OCTOBRE . 1760 . 184
Un grand caroffe d'entrée , à M. le Prince,
attelé à 8 chevaux.
Les trois caroffes de l'Infant , dont les Majordomes
faifoient les honneurs.
A une diſtance de 30 ou 40 pas , trois autres
carolles , à M. le Prince de Lichtenſtein , attelés à
huit chevaux .
Les rues étoient bordées , depuis l'Hôtel Palavicini
jufques au Palais , par les deux Bataillons du
Régiment de Parme habillés de neuf, à-peu-près
comme le Corps des Grenadiers de France
douze Compagnies de Grenadiers.
> &
Les Troupes préfentoient les armes , les tambours
rappelloient , & les Officiers ont falué du
chapeau .
La Garde du Palais étoit formée devant la
porte; elle préfentoit les armes ; les tambours rappelloient
, & les Officiers ont falué du chapeau.
12 Suifles des Portes étoient fous la voute de
l'entrée du Palais.
80 Hallebardiers de la Garde de S. A. R. bordoient
l'escalier fur deux files, depuis la premiere
marche juſques au pallier d'en- haut ; & les deux
portes qui donnent de ce pallier à l'appartement
de l'Infant & à celui de Madame Ifabelle , étoient
gardées par quatre de ces mêmes Hallebardiers ,
la hallebarde fur l'épaule.
M. Le Comte Rimbaldefi, Maître des Cérémonies,
vint recevoir M. le Prince au bas de l'efcalier
& marcha devant lui.
La Livrée de l'Infant précédoit fur deux files ;
celle de M. le Prince fuivoit ce Seigneur , qui mar
choit entre M. le Marquis Palavicini & l'Introducteur.
La Livrée de M. le Prince s'arrêta dans deur
anti-falles avec celle de l'Infant ; deux Suiffes de la
porte empêchoient celle des particuliers d'y entrer,
184 MERCURE DE FRANCE.
M. le Prince de Lichtenstein , toujours précédé
par le Maître des Cérémonies , & ayant M. de Pala
vicini à fa droite & l'Introducteur à ſa gauche, traverfa
la Salle des Gardes : les Gardes du Corps
étoient fous les armes. Le Capitaine des Gardes le
reçut à la porte de la Salle en dedans, prit la place
de M. l'Introducteur à côté de lui , & marcha
ainfi à toutes les Audiences. L'Introducteur s'étoit
avancé d'un pas , & marchoit à côté du Maître
des Cérémonies . M. le Prince étoit précédé par
les Officiers de fa Maiſon qui s'arrêterent dans la
prémiere antichambre après la Salle des Gardes ,
par les Pages qui s'arrêterent dans l'antichambre
après celle où étoient reftés les Officiers de fa
Maifon , & avant celle où étoient les Pages de
S. A. R. par fes quatre Gentilshommes qui entrerentjufques
dans la piéce du Sallon de l'Audience
de l'Infant ; & par les huit Chambellans de l'Empereur
qui les précédérent jufques aux pieds , da
Throne .
Toutes les Dames de la Nobleffe du Pays &
Etrangeres , s'étoient rendues le matin chez Madame
Ifabelle .
La Nobleffe de l'Etat , les Seigneurs les plus
diftingués d'Italie , & l'Infant , étoient placés autour
de fon thrône , & rempliffoient douze Piéces
que traverfa M. le Prince de Lichtenftein , depuis
celle où s'étoient arrêtés fes Pages juſques à la
porte de la Salle de l'Audience.
Certe Salle eft , très-vaffe , & avoit été richement
& galamment ornée ; le dais de l'Infant étoit au
fond , vis-à-vis de la porte , par où entra M. le
Prince de Lichtenftein .
Au moment où ce Seigneur parut dans la Salle,
S. A. R. fe leva du fauteuil , ou il étoit affis , falua
M. le Prince de Lichtenftein & remit fon chapeau.
M.le Prince fe couvrit , & expola l'objet de fa
million..
OCTOBRE. 1760. r&'s
M. le Comte de S. Vital fut envoyé , avec deux
Gentilshommes de la Chambre , & deux Majordomes
prendre Madame Infante Ifabelle dans fon
appartement. Elle entra dans la Salle d'audience
par une porte pratiquée à côté du dais, précédée des
perfonnes qui avoient été envoyées pour la chercher
, & fuivie par Madame de Gonzales , Madame
la Comteffe de Siffa , & cing Dames du Palais.
M. le Prince de Lichtenſtein s'adreſſant à Madame
Infante Ifabelle , lui répéta la demande qu'il
avoit faite à S. A. R. Madame fe tourna du côté de
l'Infant , comme pour lui demander fon approbation
; après quoi elle répondit à M. le Prince de
Lichtenſtein , & reçut de lui une Lettre de la main
de l'Archiduc , & le portrait de ce Prince ; enfuite
elle fe retira dans fon appartement.
L'Infant & M. le Prince de Lichtenstein resterent
découverts , tout le tems que Madame Infante
Ifabelle refta dans la Salle .
M. le Prince de Lichtenftein préfenta à l'Infant
Les huit Chambellans de l'Empereur.
M. le Prince de Lichtenſtein forrit de l'audience
de l'Infant dans le même ordre qu'il yétoit entré ,
& marcha dans ce même ordre à celle du Prince
Ferdinand ; le cérémonial y fut obfervé comme à
celle de l'Infant.
M. le Prince de Lichtenstein paffa de cette audience
à celle de Madame Infante Ifabelle. Tour y
fut obfervé comme aux précédentes, excepté que M.
le Prince ne fe couvrit qu'un moment , ôta fon chapeau
, & refta découvert julques à ce qu'il fortît.
Il paffa à l'Audience de Madame Louife où tout
fut exactement obfervé comme à celle de Madame
Infante Iíabelle.
Il fut conduit enfuite dans l'appartement qui
lui avoit été préparé à la Cour , par M. de Palavicini,
M. l'Introducteur & le Maître des Cérémo186
MERCURE DE FRANCE.
nies.Il y fut fuivi par quantité de Nobleſſe .
M. de Lichtenſtein arrivé dans cet appartement
, y fut vifité par un Gentilhomme de la
Chambre de la part dé l'Infant.
Un moment après , M. le Comte de S. Vital ,
fur auffi lui annoncer que S. A. R. le faifoit
traiter. Il lui préſenta en même- tems le Majordome
, le Comte de S. Vital , le Capitaine des
Gardes , le Gouverneur du Prince Ferdinand ,
des Gentilshommes de la Chambre , le Maître
des Cérémonies , l'Introducteur , quatre Chambellans
de l'Empereur , M. le Marquis Canoffa , &
quelques autres perfonnes de la Nobleſſe du Pays ,
& Allemande.
M. Le Prince fut fervi par les Officiers de l'Infant
, propofés pour fervir S. A. R. à table :
toutes les autres perfonnes furent fervies par la
livrée de S. A. R.
On ne s'étoit mis à table qu'après que l'Infant
eut dîné.
Après le repas , M. de Lichtenſtein paſſa chez
l'Infant lui faire une vifite , & en fortit un moment
après pour retourner dans ſon appartement,
où il reçut des vifites.
Afept heures & demie , on paffa au Théâtre
pour voir l'Opéra. L'Infant & Madame Ifabelle
furent , avec leur Cour , dans la grande loge du
milieu , appellée la loge de la Couronne. M. le
Prince de Lichtenſtein étoit , avec quelques Scigneurs
de fa fuite , dans celle qui eft la plus près
du Théâtre à droite.
Trois Majordomes avoient été chargés par
l'Infant , de faire les honneurs du Théâtre où
tout fe paffa dans le plus grand ordre.
Le parterre & les loges étoient remplis de
toute la Nobleffe du Pays , & Etrangeres , qui
avoient pu y contenir.
de M. le Prince de LICHTENSTEIN jufqu'au 4 .
M. le Prince de Lichtenſtein arriva à Parme le
1 Septembre ; auflitôt après , il fit informer M.
Dutillot , par un de fes Gentilshommes.
M. Dutillot fe tranfporta chez lui , & lui donna
l'heure que l'Infant avoit fixé pour fon audience
particuliere.
Cette audience fut le lendemain à midi & demi;
M.Dutillot alla prendre M. le Prince de Lichtenftein
au Palais Palavicini où il eſt logé , & l'amena
chez l'Infant , il le conduifit enfuite chez le Prince
Ferdinand , de là à l'appartement de Madame
Infante Ifabelle , où le trouva auffi Madame Louiſe ..
M.le Prince de Lichtenſtein, fut au fortir du Palais
, rendre la vifire à M. Dutillot ; fortit de chez
Ge Miniftre , & y revint dîner avec les Miniftres de
France , d'Espagne , de Turin , de Gènes & de
Malte ; M. le Comte de Neuilly , M le Bailli de
Breteuil , M. l'Abbé de Canillac & M. le Comte
de Mercy . Il amena avec lui les huit Chambellans
qui l'ont accompagné , & deux Officiers Majors..
OCTOBRE. 1760. 185
M. Dutillot avoit invité le Capitaine & le Major
des Gardes du Corps , le grand Ecuyer & le premier
Ecuyer de l'Infant , le Gouverneur du Frince
Ferdinand , des Gentilshommes de la Chambre ,
des Majordomes , des Dames du Palais , M. l'Evêque
de Plaifance , frere du feu Chancelier Criftiani
chargé par l'Infant , à caufe de la mort de
l'Evêque de Parme , de la cérémonie du mariage )
& quelques Perfonnes de la premiere Nobleffe du
Pays.
Après le dîner , M. de Lichtenftein retourna à
fon Hôtel , où il reçut des vifites .
Le troifiéme jour fixé pour l'Audience publique,
M. le Comte Peroli , Introducteur, partit du
Palais à onze heures & demie , dans un caroffe
de l'Infant attelé à huit chevaux ; ce caroffe étoit
précédé par un autre à fix chevaux ( vuide ) , &
fuivi par trois autres attelés à huit chevaux ; dans
chacun de ces caroffes , étoit un Majordome.
Un Officier de l'Ecurie étoit à cheval à la tête
de ce Cortége ; douze Valets de pied étoient fur
deux files aux deux côtés de la voiture de l'Infant
, où étoit M. l'Introducteur , trois derriere ce
carofie , & deux derriere chacun des autres .
Deux Palfreniers à cheval ſuivoient l'Officier
de l'Ecurie
M. le Comte Peroli fut dans cet ordre prendre
chez lui M. le Marquis Palavicini , premier Gentilhomme
de la Chambre , que l'Infant avoir
chargé de faire les honneurs à M. le Prince de
Lichtenſtein .
M. de Palavicini monta dans le même caroffe ,
dans lequel étoit venu M. le Comte Peroli ; ce
dernier lui donna la droite.
Ils furent dans le même ordre chez M. le Prin
ce de Lichtenſtein.
Ils monterent l'efcalier , fuivis des trois Majordomes
qui les avoient accompagnés : les
182 MERCURE DE FRANCE. 1
douze valets de pieds fuivoient fur deux files.
M. le Prince de Lichtenſtein étoit venu au-devant
d'eux, & avoit defcendu deux marches; il les conduifitjufques
à la chambre. MM . les Majordomest
refterent à la piéce la plus voisine de cette chambre
, où ils entrerent un moment après M. de
Palavicini & M. Peroli , à qui M. le Prince de
Lichtenſtein avoit fait partout les honneurs des
Portes.
On defcendit de chez M. le Prince , qui fit
toujours les honneurs à M. de Palavicini jufques
au bas de fon efcalier ; où étant arrivé , M. de
Palavicini lui fit les honneurs du caroffe , il y
monta , fe plaça feul dans le fond , M. de Pałavicini
fur le devant à droite , M. Peroli à gauche.
MM. les Majordomes firent également les
bonneurs des caroffes de l'Infant dans lesquels
ils étoient venus , aux huit Chambellans .
On fe mit en marche dans l'ordre fuivant :
Un Officier de l'Ecurie de l'Infant , & deur
Palfreniers à cheval.
Le caroffe de M. l'Introducteur , à fix chevaux ,
vuide.
Deux Suiffes , de M. le Prince de Lichtenſtein ,
à cheval.
24 Valets de pied.
6 Coureurs.
6 Heyducs.
12 Palfreniers , tenant chacun un cheval par la
bride.
9 Officiers , de la Maifon de M. le Prince , à
cheval.
Son Ecuyer.
& Pages, dont deux Hongrois, & fix Allemands
Quatre Gentilshommes.
Le caroffe de l'Infant , où étoit M. le Prince de
Lichtenſtein , M. de Palavicini & M. Peroli , 1 %
Valets de pied de l'Infant aux deux côtés.
OCTOBRE . 1760 . 184
Un grand caroffe d'entrée , à M. le Prince,
attelé à 8 chevaux.
Les trois caroffes de l'Infant , dont les Majordomes
faifoient les honneurs.
A une diſtance de 30 ou 40 pas , trois autres
carolles , à M. le Prince de Lichtenſtein , attelés à
huit chevaux .
Les rues étoient bordées , depuis l'Hôtel Palavicini
jufques au Palais , par les deux Bataillons du
Régiment de Parme habillés de neuf, à-peu-près
comme le Corps des Grenadiers de France
douze Compagnies de Grenadiers.
> &
Les Troupes préfentoient les armes , les tambours
rappelloient , & les Officiers ont falué du
chapeau .
La Garde du Palais étoit formée devant la
porte; elle préfentoit les armes ; les tambours rappelloient
, & les Officiers ont falué du chapeau.
12 Suifles des Portes étoient fous la voute de
l'entrée du Palais.
80 Hallebardiers de la Garde de S. A. R. bordoient
l'escalier fur deux files, depuis la premiere
marche juſques au pallier d'en- haut ; & les deux
portes qui donnent de ce pallier à l'appartement
de l'Infant & à celui de Madame Ifabelle , étoient
gardées par quatre de ces mêmes Hallebardiers ,
la hallebarde fur l'épaule.
M. Le Comte Rimbaldefi, Maître des Cérémonies,
vint recevoir M. le Prince au bas de l'efcalier
& marcha devant lui.
La Livrée de l'Infant précédoit fur deux files ;
celle de M. le Prince fuivoit ce Seigneur , qui mar
choit entre M. le Marquis Palavicini & l'Introducteur.
La Livrée de M. le Prince s'arrêta dans deur
anti-falles avec celle de l'Infant ; deux Suiffes de la
porte empêchoient celle des particuliers d'y entrer,
184 MERCURE DE FRANCE.
M. le Prince de Lichtenstein , toujours précédé
par le Maître des Cérémonies , & ayant M. de Pala
vicini à fa droite & l'Introducteur à ſa gauche, traverfa
la Salle des Gardes : les Gardes du Corps
étoient fous les armes. Le Capitaine des Gardes le
reçut à la porte de la Salle en dedans, prit la place
de M. l'Introducteur à côté de lui , & marcha
ainfi à toutes les Audiences. L'Introducteur s'étoit
avancé d'un pas , & marchoit à côté du Maître
des Cérémonies . M. le Prince étoit précédé par
les Officiers de fa Maiſon qui s'arrêterent dans la
prémiere antichambre après la Salle des Gardes ,
par les Pages qui s'arrêterent dans l'antichambre
après celle où étoient reftés les Officiers de fa
Maifon , & avant celle où étoient les Pages de
S. A. R. par fes quatre Gentilshommes qui entrerentjufques
dans la piéce du Sallon de l'Audience
de l'Infant ; & par les huit Chambellans de l'Empereur
qui les précédérent jufques aux pieds , da
Throne .
Toutes les Dames de la Nobleffe du Pays &
Etrangeres , s'étoient rendues le matin chez Madame
Ifabelle .
La Nobleffe de l'Etat , les Seigneurs les plus
diftingués d'Italie , & l'Infant , étoient placés autour
de fon thrône , & rempliffoient douze Piéces
que traverfa M. le Prince de Lichtenftein , depuis
celle où s'étoient arrêtés fes Pages juſques à la
porte de la Salle de l'Audience.
Certe Salle eft , très-vaffe , & avoit été richement
& galamment ornée ; le dais de l'Infant étoit au
fond , vis-à-vis de la porte , par où entra M. le
Prince de Lichtenftein .
Au moment où ce Seigneur parut dans la Salle,
S. A. R. fe leva du fauteuil , ou il étoit affis , falua
M. le Prince de Lichtenftein & remit fon chapeau.
M.le Prince fe couvrit , & expola l'objet de fa
million..
OCTOBRE. 1760. r&'s
M. le Comte de S. Vital fut envoyé , avec deux
Gentilshommes de la Chambre , & deux Majordomes
prendre Madame Infante Ifabelle dans fon
appartement. Elle entra dans la Salle d'audience
par une porte pratiquée à côté du dais, précédée des
perfonnes qui avoient été envoyées pour la chercher
, & fuivie par Madame de Gonzales , Madame
la Comteffe de Siffa , & cing Dames du Palais.
M. le Prince de Lichtenſtein s'adreſſant à Madame
Infante Ifabelle , lui répéta la demande qu'il
avoit faite à S. A. R. Madame fe tourna du côté de
l'Infant , comme pour lui demander fon approbation
; après quoi elle répondit à M. le Prince de
Lichtenſtein , & reçut de lui une Lettre de la main
de l'Archiduc , & le portrait de ce Prince ; enfuite
elle fe retira dans fon appartement.
L'Infant & M. le Prince de Lichtenstein resterent
découverts , tout le tems que Madame Infante
Ifabelle refta dans la Salle .
M. le Prince de Lichtenftein préfenta à l'Infant
Les huit Chambellans de l'Empereur.
M. le Prince de Lichtenſtein forrit de l'audience
de l'Infant dans le même ordre qu'il yétoit entré ,
& marcha dans ce même ordre à celle du Prince
Ferdinand ; le cérémonial y fut obfervé comme à
celle de l'Infant.
M. le Prince de Lichtenstein paffa de cette audience
à celle de Madame Infante Ifabelle. Tour y
fut obfervé comme aux précédentes, excepté que M.
le Prince ne fe couvrit qu'un moment , ôta fon chapeau
, & refta découvert julques à ce qu'il fortît.
Il paffa à l'Audience de Madame Louife où tout
fut exactement obfervé comme à celle de Madame
Infante Iíabelle.
Il fut conduit enfuite dans l'appartement qui
lui avoit été préparé à la Cour , par M. de Palavicini,
M. l'Introducteur & le Maître des Cérémo186
MERCURE DE FRANCE.
nies.Il y fut fuivi par quantité de Nobleſſe .
M. de Lichtenſtein arrivé dans cet appartement
, y fut vifité par un Gentilhomme de la
Chambre de la part dé l'Infant.
Un moment après , M. le Comte de S. Vital ,
fur auffi lui annoncer que S. A. R. le faifoit
traiter. Il lui préſenta en même- tems le Majordome
, le Comte de S. Vital , le Capitaine des
Gardes , le Gouverneur du Prince Ferdinand ,
des Gentilshommes de la Chambre , le Maître
des Cérémonies , l'Introducteur , quatre Chambellans
de l'Empereur , M. le Marquis Canoffa , &
quelques autres perfonnes de la Nobleſſe du Pays ,
& Allemande.
M. Le Prince fut fervi par les Officiers de l'Infant
, propofés pour fervir S. A. R. à table :
toutes les autres perfonnes furent fervies par la
livrée de S. A. R.
On ne s'étoit mis à table qu'après que l'Infant
eut dîné.
Après le repas , M. de Lichtenſtein paſſa chez
l'Infant lui faire une vifite , & en fortit un moment
après pour retourner dans ſon appartement,
où il reçut des vifites.
Afept heures & demie , on paffa au Théâtre
pour voir l'Opéra. L'Infant & Madame Ifabelle
furent , avec leur Cour , dans la grande loge du
milieu , appellée la loge de la Couronne. M. le
Prince de Lichtenſtein étoit , avec quelques Scigneurs
de fa fuite , dans celle qui eft la plus près
du Théâtre à droite.
Trois Majordomes avoient été chargés par
l'Infant , de faire les honneurs du Théâtre où
tout fe paffa dans le plus grand ordre.
Le parterre & les loges étoient remplis de
toute la Nobleffe du Pays , & Etrangeres , qui
avoient pu y contenir.
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Résumé : DÉTAIL de tout ce qui s'est passé depuis l'arrivée de M. le Prince de LICHTENSTEIN jusqu'au 4.
Le 1er septembre 1760, le Prince de Lichtenstein arriva à Parme et fut informé par M. Dutillot de l'heure de son audience privée avec l'Infant, fixée au lendemain à midi et demi. L'audience débuta au Palais Palavicini, où M. Dutillot accompagna le Prince de Lichtenstein chez l'Infant, puis chez le Prince Ferdinand, et enfin chez l'Infante Isabelle, en présence de Madame Louise. Après l'audience, le Prince de Lichtenstein rendit visite à M. Dutillot et dîna avec divers ministres, dont ceux de France, d'Espagne, de Turin, de Gênes et de Malte. Le troisième jour, pour l'audience publique, un cortège composé de plusieurs carrosses et de nombreux valets se rendit chez le Marquis Palavicini, premier Gentilhomme de la Chambre, qui fut chargé de faire les honneurs au Prince de Lichtenstein. Le cortège se dirigea ensuite vers l'hôtel du Prince de Lichtenstein, où il fut accueilli et conduit à l'intérieur. Le cortège, incluant le Prince de Lichtenstein, le Marquis Palavicini et l'Introducteur, se rendit au Palais de l'Infant. Les rues étaient bordées par des troupes en uniforme, et la garde du Palais était formée. À l'intérieur, le Prince de Lichtenstein traversa plusieurs salles ornées, où étaient présents la noblesse du pays et des étrangers. L'Infant se leva et salua le Prince, qui exposa l'objet de sa mission. Madame Infante Isabelle fut ensuite amenée dans la salle d'audience et reçut une lettre et un portrait de l'Archiduc. Le Prince de Lichtenstein présenta les Chambellans de l'Empereur à l'Infant et passa aux audiences du Prince Ferdinand et de Madame Infante Isabelle, suivant le même cérémonial. Il fut ensuite conduit dans son appartement à la Cour, où il reçut diverses visites de la noblesse. Après le dîner, le Prince de Lichtenstein rendit visite à l'Infant et retourna dans son appartement. En soirée, il se rendit au théâtre pour assister à l'opéra, où l'Infant et Madame Isabelle occupaient la loge royale, tandis que le Prince de Lichtenstein était dans une loge voisine.
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19295
p. 179
De VENISE, le 23 Avril 1763.
Début :
Marc Foscarini, Doge de cette République, est morte le 30 du mois dernier, âgé [...]
Mots clefs :
Doge, République, Siège, Chevalier, Ambassadeur, Cérémonie, Couronnement
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texteReconnaissance textuelle : De VENISE, le 23 Avril 1763.
De VENISE , le 23 Avril 1763.
Marc Fofcarini , Doge de cette République
eft mort le 30 du mois dernier , âgé de foixantefept
ans . Il n'a occupé le Siége Ducal que pendant
l'espace de dix mois.
Eloy Mocenigo , Chevalier de l'Etole d'Or ,
Procurateur de S. Marc , & ci -devant Ambaffadeur
de la République près des Cours de Versailles ,
de Naples & de Rome , fut élevé le 19 de ce
mois , à la dignité de Doge de cette République ,
& le lendemain , la Cérémonie de fon Couronnement
fe fit avec la pompe accoutumée.
Marc Fofcarini , Doge de cette République
eft mort le 30 du mois dernier , âgé de foixantefept
ans . Il n'a occupé le Siége Ducal que pendant
l'espace de dix mois.
Eloy Mocenigo , Chevalier de l'Etole d'Or ,
Procurateur de S. Marc , & ci -devant Ambaffadeur
de la République près des Cours de Versailles ,
de Naples & de Rome , fut élevé le 19 de ce
mois , à la dignité de Doge de cette République ,
& le lendemain , la Cérémonie de fon Couronnement
fe fit avec la pompe accoutumée.
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Résumé : De VENISE, le 23 Avril 1763.
Le 30 mars 1763, Marc Fofcarini, Doge de Venise, est décédé à 67 ans après dix mois de mandat. Le 19 avril 1763, Eloy Mocenigo, ancien ambassadeur, a été élu Doge. Son couronnement a eu lieu le lendemain avec la pompe habituelle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19296
p. 179
De LONDRES, le 13 Mai 1763.
Début :
Le Comte de Hertford a baisé la main du Roi pour remercier Sa Majesté de l'avoir nommé [...]
Mots clefs :
Comte, Ambassade de France, Duc, Majesté très chrétienne, Lettres, Mariage, Princesse, Médecin ordinaire du roi
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texteReconnaissance textuelle : De LONDRES, le 13 Mai 1763.
De LONDRES , le 13 Mai 1763.
Le Comte de Hertford a bailé la main du Roi
pour remercier Sa Majeſté de l'avoir nommé à
l'Ambaffade de France.
Le Duc de Nivernois , ayant obtenu de Sa
Majefté Très-Chrétienne fes Lettres de rappel ,
a pris congé du Roi le 4 de ce mois , & le lendemain
il a pris congé de la Reine.
•
On affure que le mariage de la Princeffe Augufte
avec le Prince Héréditaire de Brunſwick ,
eft abfolument arrêté , & que ce Prince ne tardera
pas à paffer en Angleterre.
M. Raulin , Médecin ordinaire du Roi , connu
par les Ouvrages , & déja de plufieurs Académies ,
fut reçu le 12 du mois de Mai , Membre de la
Société Royale de Londres.
Le Comte de Hertford a bailé la main du Roi
pour remercier Sa Majeſté de l'avoir nommé à
l'Ambaffade de France.
Le Duc de Nivernois , ayant obtenu de Sa
Majefté Très-Chrétienne fes Lettres de rappel ,
a pris congé du Roi le 4 de ce mois , & le lendemain
il a pris congé de la Reine.
•
On affure que le mariage de la Princeffe Augufte
avec le Prince Héréditaire de Brunſwick ,
eft abfolument arrêté , & que ce Prince ne tardera
pas à paffer en Angleterre.
M. Raulin , Médecin ordinaire du Roi , connu
par les Ouvrages , & déja de plufieurs Académies ,
fut reçu le 12 du mois de Mai , Membre de la
Société Royale de Londres.
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Résumé : De LONDRES, le 13 Mai 1763.
Le 13 mai 1763, le Comte de Hertford a été nommé ambassadeur de France à Londres. Le Duc de Nivernois a quitté ses fonctions le 4 mai. Le mariage de la Princesse Auguste avec le Prince Héréditaire de Brunswick est confirmé. Le médecin M. Raulin a été admis à la Société Royale de Londres le 12 mai.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19297
p. 193-194
D'Avignon, le 24.
Début :
Les bienfaits que les Habitans de cette Ville ont reçu de la Couronne de France, leur inspirent [...]
Mots clefs :
Avignon, Te Deum, Église, Vice-légat, Ville, Musique, Feu d'artifice, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : D'Avignon, le 24.
D'Avignon, le 24.
Les bienfaits que les Habitans de cette Ville
ont reçu de la Couronne de France, leur inspirent
une reconnoissance trop sincère, pour qu'ils
négligent aucune occasion de la faire éclater.
Pendant trois jours consécutifs, il y a eu ici des
rejouissances publiques pour la naissance de Mon-
seigneur le Duc de Bourgogne. Le 24 de ce mois,
le Deum fut chanté à plusieurs chœurs de musique
dans l'Eglise Métropolitaine par ordre du Vice-
Légat, qui y assista, étant accompagné de tous
les Tribunaux, ains: que du Corps de-Ville.
Après cette cétémonie, le Vice-Légat, an bruit
d'une décharge d'artillerie, & de plusieurs salves,
de mousqueterie des troupes de la garnison & de
la Milice Bourgeoise, alluma le Buchet qu'on
avoit préparé dans la Place, vis-à vis le Palais.
On tira le soir devant l'Hô el-de Vile un feu
d'artifice, & toutes les rues furent illuininées.
Le 25 & le 26, l'Archevêché, le Corps-de Vil'e
& le Chapitre de l'Eglise Métropolitaive, ont
fait successivement chanter le Te Deum dans cette
Eglise, en action de graces du même évenement.
Chacun de ces deux jours, on a renouvellé les
illuminations, & le : 6 le Corps-de Visse fit tirer.
un seeond seu d'artifice, de beaucoup plus grande
dépense encore que celui du 24. Ces fêtes. furent
terminées par un somptueux repas, que le Vice-
Légat donna à toute la Noblesse. Les, Célestins
dont le Couvent a été fondé par le Roi Charles
VI. out signalé en particulier leur zéle, en faisant
chanter une Messe solemnelle, & le Te Deum en
II. Vol.
tized by Goc
194 MERCUREDEFRANCE.
musique. Le Marquis de Crillon, & le Marquis
d'Aulan, n'ont rien épargné pour marquet leur
joie, & ils se sont distingues surtout par la beauté
des illuminations de leurs Hôtels.
Les bienfaits que les Habitans de cette Ville
ont reçu de la Couronne de France, leur inspirent
une reconnoissance trop sincère, pour qu'ils
négligent aucune occasion de la faire éclater.
Pendant trois jours consécutifs, il y a eu ici des
rejouissances publiques pour la naissance de Mon-
seigneur le Duc de Bourgogne. Le 24 de ce mois,
le Deum fut chanté à plusieurs chœurs de musique
dans l'Eglise Métropolitaine par ordre du Vice-
Légat, qui y assista, étant accompagné de tous
les Tribunaux, ains: que du Corps de-Ville.
Après cette cétémonie, le Vice-Légat, an bruit
d'une décharge d'artillerie, & de plusieurs salves,
de mousqueterie des troupes de la garnison & de
la Milice Bourgeoise, alluma le Buchet qu'on
avoit préparé dans la Place, vis-à vis le Palais.
On tira le soir devant l'Hô el-de Vile un feu
d'artifice, & toutes les rues furent illuininées.
Le 25 & le 26, l'Archevêché, le Corps-de Vil'e
& le Chapitre de l'Eglise Métropolitaive, ont
fait successivement chanter le Te Deum dans cette
Eglise, en action de graces du même évenement.
Chacun de ces deux jours, on a renouvellé les
illuminations, & le : 6 le Corps-de Visse fit tirer.
un seeond seu d'artifice, de beaucoup plus grande
dépense encore que celui du 24. Ces fêtes. furent
terminées par un somptueux repas, que le Vice-
Légat donna à toute la Noblesse. Les, Célestins
dont le Couvent a été fondé par le Roi Charles
VI. out signalé en particulier leur zéle, en faisant
chanter une Messe solemnelle, & le Te Deum en
II. Vol.
tized by Goc
194 MERCUREDEFRANCE.
musique. Le Marquis de Crillon, & le Marquis
d'Aulan, n'ont rien épargné pour marquet leur
joie, & ils se sont distingues surtout par la beauté
des illuminations de leurs Hôtels.
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19298
p. 179-181
De LIEGE, le 21 Avril 1763.
Début :
Voici la relation de ce qui s'est passé de la part du Commissaire Impérial, [...]
Mots clefs :
Commissaire Impérial, Chapitre, Élection, Comte, Relations, Capitulaires, Prince Clément de Saxe, Pape, Décisions, Église, Bailli, Schisme, Canonicité, Cathédrale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De LIEGE, le 21 Avril 1763.
De LIEGE , le 21 Avril 1763 .
Voici la relation de ce qui s'eft paffé de la part
du Commiffaire Impérial , à l'occafion de la
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
double élection faite par le Chapitre pour remplir
le Siege Epifcopal de cette Ville . Le jour
de l'élection ayant été fixé au 20 , le Comte de
Perghen , Commiflaire Impérial , s'eft rendu
hier au Palais avec fon cortége , vers les dix ou
onze heures du matin pour attendre , fuivant
l'ufage , que le Grand Chapitre lui fit notifier
dans les formes requifes le choix qui auroit été
fait. A environ une heure , quatre Capitulaires ,
revêtus de leur habit Eccléfiaftique , font venus
annoncer au Comte de Perghen , qu'une élection
non - Canonique ayant été faite en faveur du
Comte d'Outremont , eux & leur parti avoient
non-feulement protefté folemnellement contre
cet Acte , mais avoient fait auffi une élection Canonique
en faveur du Prince Clément de Saxe :
ils ont ajouté qu'ayant demandé pendant la tenue
du Chapitre qu'on enregistrât leur proteftation
& l'élection qu'ils avoient faite , & n'ayant pu
obtenir ni l'un ni l'autre , ils venoient réclamer ,
au nom de tout leur parti , l'autorité du Commiffaire
Impérial pour foutenir la réſolution
qu'ils avoient cru devoir prendre. Peu de temps
après , le Grand Bailli du Chapitre eft venu , au
nom de ce Corps , notifier au Commiffaire Impérial
que l'éleicton venoit de ſe faire , à la pluralité
des fuffrages , en faveur du Comte d'Outremont.
Comme le Grand Bailli ne faifoit aucune
mention de la proteſtation & de l'élection
faites en faveur du Prince Clément de Saxe ,
les quatre Capitulaires , qui étoient préfens , ont
renouvellé leur proteftation devant le Comte de
Ferghen , & ont foutenu que leur élection étoit
feule Canonique. Ils ont ajouté à cela qu'ils en
appelloient à la décifion du Pape , & ont prié le
Commiffaire Impérial de ne point approuver par
JUILLET. 1763. 181
fa préfence à l'Eglife la prétendue élection du
Comte d'Outremont. Il y a eu là - deſſus des conteftations
très- vives entre le Grand Bailli & les
quatre Capitulaires. Sur ces entrefaites , on a
appris que les deux partis du Chapitre venoient de
proclamer a l'Eglife , l'un le Comre d'Outremont ,
& l'autre le Prince Clément . Ces contrariétés ont
convaincu le Commillaire Impérial qu'il y avoit
un fchifme déclaré : il a témoigné aux quatre Capitulaires
& au Grand Bailli combien il devoit lui
être fenfible de n'avoir pû , malgré les exhortations
réitérées , réunir les efprits & prévenir toute
fciffion. Il a déclaré en même temps à tous que la
décifion fur la canonicité ou non-canonicité de
l'une & de l'autre de ces deux élections appartemant
au Saint Siége , il ne devoit , ni ne pouvoit ,
avant la décision du Juge compétent , reconnoître
pour Prince l'un des deux élus ; que par cette
railon , il s'abſtien froit de ſe rendre à la Cathédrale
pour la collation du Temporel . En conféquence
, le Comte de Perghen , fidéle à l'impartialité
que lui prefcrivoit fa commiffion , a pris
le parti de s'en retourner à fon Hôtel avec le cortége
qui l'avoit accompagné au Chapitre.
Voici la relation de ce qui s'eft paffé de la part
du Commiffaire Impérial , à l'occafion de la
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
double élection faite par le Chapitre pour remplir
le Siege Epifcopal de cette Ville . Le jour
de l'élection ayant été fixé au 20 , le Comte de
Perghen , Commiflaire Impérial , s'eft rendu
hier au Palais avec fon cortége , vers les dix ou
onze heures du matin pour attendre , fuivant
l'ufage , que le Grand Chapitre lui fit notifier
dans les formes requifes le choix qui auroit été
fait. A environ une heure , quatre Capitulaires ,
revêtus de leur habit Eccléfiaftique , font venus
annoncer au Comte de Perghen , qu'une élection
non - Canonique ayant été faite en faveur du
Comte d'Outremont , eux & leur parti avoient
non-feulement protefté folemnellement contre
cet Acte , mais avoient fait auffi une élection Canonique
en faveur du Prince Clément de Saxe :
ils ont ajouté qu'ayant demandé pendant la tenue
du Chapitre qu'on enregistrât leur proteftation
& l'élection qu'ils avoient faite , & n'ayant pu
obtenir ni l'un ni l'autre , ils venoient réclamer ,
au nom de tout leur parti , l'autorité du Commiffaire
Impérial pour foutenir la réſolution
qu'ils avoient cru devoir prendre. Peu de temps
après , le Grand Bailli du Chapitre eft venu , au
nom de ce Corps , notifier au Commiffaire Impérial
que l'éleicton venoit de ſe faire , à la pluralité
des fuffrages , en faveur du Comte d'Outremont.
Comme le Grand Bailli ne faifoit aucune
mention de la proteſtation & de l'élection
faites en faveur du Prince Clément de Saxe ,
les quatre Capitulaires , qui étoient préfens , ont
renouvellé leur proteftation devant le Comte de
Ferghen , & ont foutenu que leur élection étoit
feule Canonique. Ils ont ajouté à cela qu'ils en
appelloient à la décifion du Pape , & ont prié le
Commiffaire Impérial de ne point approuver par
JUILLET. 1763. 181
fa préfence à l'Eglife la prétendue élection du
Comte d'Outremont. Il y a eu là - deſſus des conteftations
très- vives entre le Grand Bailli & les
quatre Capitulaires. Sur ces entrefaites , on a
appris que les deux partis du Chapitre venoient de
proclamer a l'Eglife , l'un le Comre d'Outremont ,
& l'autre le Prince Clément . Ces contrariétés ont
convaincu le Commillaire Impérial qu'il y avoit
un fchifme déclaré : il a témoigné aux quatre Capitulaires
& au Grand Bailli combien il devoit lui
être fenfible de n'avoir pû , malgré les exhortations
réitérées , réunir les efprits & prévenir toute
fciffion. Il a déclaré en même temps à tous que la
décifion fur la canonicité ou non-canonicité de
l'une & de l'autre de ces deux élections appartemant
au Saint Siége , il ne devoit , ni ne pouvoit ,
avant la décision du Juge compétent , reconnoître
pour Prince l'un des deux élus ; que par cette
railon , il s'abſtien froit de ſe rendre à la Cathédrale
pour la collation du Temporel . En conféquence
, le Comte de Perghen , fidéle à l'impartialité
que lui prefcrivoit fa commiffion , a pris
le parti de s'en retourner à fon Hôtel avec le cortége
qui l'avoit accompagné au Chapitre.
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Résumé : De LIEGE, le 21 Avril 1763.
Le 21 avril 1763, à Liège, une double élection a eu lieu pour le siège épiscopal. Le 20 avril, le Comte de Perghen, Commissaire Impérial, attendait la notification du Chapitre. Quatre capitulaires ont annoncé l'élection non canonique du Comte d'Outremont et ont protesté en faveur du Prince Clément de Saxe, demandant l'autorité du Commissaire. Le Grand Bailli a ensuite notifié l'élection du Comte d'Outremont sans mentionner la protestation. Les capitulaires ont renouvelé leur protestation, affirmant la canonicité de leur élection et appelant à la décision du Pape. Des contestations ont éclaté entre le Grand Bailli et les capitulaires. Les deux partis ont proclamé leurs élus respectifs. Le Comte de Perghen a constaté un schisme et décidé de ne pas reconnaître l'un des élus avant la décision du Saint-Siège, restant impartial.
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19299
p. 1457-1465
RELATION de la Fête que les Mousquetaires de la seconde Compagnie ont donnée à Nemours, où ils étoient en quartier, pendant que la Cour étoit à Fontainebleau. Ecrite par un Mousquetaire de la même Compagnie.
Début :
Le lundy 29. May, sur les quatre heures du soir, une vintaine de Pelerins [...]
Mots clefs :
Mousquetaire, Fête, Guerre, Pavillon, Capitaine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION de la Fête que les Mousquetaires de la seconde Compagnie ont donnée à Nemours, où ils étoient en quartier, pendant que la Cour étoit à Fontainebleau. Ecrite par un Mousquetaire de la même Compagnie.
RELATION de la Fête que les
Moufquetaires de la feconde Compagnie
ont donnée à Nemours , où ils étoient en
guartier, pendant que la Cour étoit à
Fontainebleau. Ecrite par un
par un Moufquetaire
de la même Compagnie.
Lees
E lundy 29. May, fur les quatre heures
du foir , une vintaine de Pelerins
LI. Vol. de
I iij.
1458 MERCURE DE FRANCE
de Cythere s'embarquérent dans un Vaif
feau Galand, nommé l'Amathonte ; fix Colonnes
de verdures avec leurs Chapi
teaux de fleurs;, Ceintres, Traverſes , Arcs,
Feftons & autres ornemens formoient un
Bâtiment convenable à l'aimable Reine
d'Amathonte. Elle étoit reprefentée au
naturel dans un grand Pavillon à fond
verd ; & l'on peut dire que le Peintre
avoit épuiſe fon Art , pour lui donner
toutes les graces qu'il avoit , lorfqu'elle
fortit de l'Onde . A côté étoit Baccus , affis
fur un Tonneau ', tenant d'une maîn
une Bouteille , & ferrant de l'autre celle
de Venus . L'alliance de ces Divinitez
fait la Volupté , & c'eft ce qui nous avoit
fait mettre cette Infcription en gros ca
ractere : VOLUPTATI . Le Pavillon
Amiral étoit de Taffetas blanc ; l'un &
Pautre au bout du Vaiffeau flottoient au
gré des vents , dont nous pouvions connoître
les moindres changemens par une
Girouette blanche & verte , qui s'élevoit
audeffus de l'Architecture de ce Bâtiment.
Les Pélerins étoient vêtus de blanc avec
des Guirlandes & Banderolles de fleurs ;
des Rubans verds treffoient leurs cheveux
; chacun d'eux joüoit de differens
Inftrumens , comme de Vieles Violons ,
Haut- Bois , Flutes & Mufettes . Le Ciel
fembloit prendre part à notre Fête ; il ne
II.Vol. faifoit
JUIN. 1730. 1459 .
faifoit ni pluye , ni vent , & il n'y avoit
de nuages en l'air , qu'autant qu'il en falloit
pour nous garantir des Rayons du
Soleil trop brûlans en cette faifon , tems
favorable aux Dames , qui ayant , à l'envi
, relevé par l'art , leurs graces naturelles
, ornoient les rivages. Le Marquis de
Pont- du- Château , qui commandoit notre
quartier , & qui ce jour-là avoit don
né un grand Repas aux Officiers des Moufquetaires
gris , parut avec ces Meffieurs
fur la Rive, ainfi que tous les habitans de
Nemours , qui alors fe trouva défert.
L'Amathonte qu'on avoit volontiers
prife pour une Ifle flotante, voguoit paifiblement
& enchantoit également les
yeux & les oreilles des Spectateurs ; lorfque
nous apperçûmes de loin un Vaiſfeau
. Je dis , Nous , car j'étois un des Pélerins
de Cythere. La Chaloupe que nous
détachâmes pour l'aller reconnoître, nous
rapporta que c'étoit un Corfaire d'Alger.
Auffi- tôt nous revirâmes de bord & gagnâmes
à force de Rames un des Forts du
Port où il y avoit une Batterie de 12 pieces
de Canon , dont le feu n'empêcha
pas l'Algérien de venir faire une rude dé
charge fur nous. Son Equipage qui étoit
de 40 hommes avoit déja le Cimetére levé,
& faifoit mine de vouloir fauter dans
notre Bord ( tant nous étions près) quand
II. Vol. Iiiij
un
1460 MERCURE DE FRANCE
un coup de vent nous fépara ; la joye fir
redoubler notre Symphonie. Le Capitaine
Algérien au défefpoir d'avoir manqué
fa prife , vouloit couper la tête à fon Pilote
, fi , profterné à fes genoux , il ne l'eûr
afsûré qu'il nous joindroit avant une heure.
Il obtins fa grace à ce prix , & enfin
il la mérita . A peine une demie heure s'étoit
écoulée que nous nous trouvons accrochez
par ces Pirates , qui bravant une
feconde fois notre Canon , fous lequel
nous nous étions retirez , firent un feu terrible
fur nous. La moitié paffe dans notre
Vaiffeau , le Sabre à la main , ils nous font
entrer dans le leur nous crions merci . Eh.!
que pouvions nous faire , n'ayans pour
toutes armes que nos Inftrumens , trop
impuifans contre des Corfaires ? J'eus
grand foin d'examiner le nouveau Bâtiment
où je me trouvois , qui étoit dif
ferent du nôtre , où tous les attributs de
la Volupté étoient raffemblez ! Dans celui-
ci ce n'eft qu'horreur de guerre ; le
(a)Capitaine fut celui qui fixa le plus mes
yeux ; il eft grand & gros , beau & bienfait
; mais fon nez aquilain & fa mouftache
noire lui donnoient un air formidable
, qui cependant paroiffoit s'adoucir à
mefure que les fons de nos Inftrumens
flattoient les oreilles , car il nous avoit
( a ) Le Chevalier de Vandeüil,
II. Vol. ordonné
JUIN. 1730. 1461
ordonné d'en jouer . Il avoit un grand bonnet
rouge , galonné d'argent & orné de
Pierreries'; au haut étoit une Touffe de
Rubans rouges & noirs , le bas étoit d'un
poil étranger. Sur une Vefte rouge ,
bro
dée en argent , il portoit un Doliman
d'une Etoffe dont je n'ai point encore
vû de femblable pour la rareté & la beau
té, tant du deffein que des couleurs. Son
Cimetére étoit remarquable par la Poignée
d'argent & enrichie de Diamans ; le
Foureau couvert de Lames d'argent & la
Lame recourbée , d'une largeur & longueur
prodigieufe. Il étoit dans le milieu
de fonVaiffeau , affis , les jambes croifées,
fur un Tapis noir , ayant derriere lui fon
Iman (4) , vêtu d'une longue Robegrife ,
les cheveux prefque ras , fans barbe , les
mains croifées fur la poitrine , & les yeux
modeftement baiffez . A fes pieds un petit
Algérien ( b ) , beau & jeune , portoit fa
Pipe , dont le Fourneau eft affez grand
pour contenir une livre de. Tabac . Deux
Corfaires , le Sabre nud , fe tenoient de
bout à fes côtez . A un Poteau font fes Ordonnances,
qu'il fait exécuter avec la derniere
rigueur , à ce que m'ont afsûré quel-
( a ) Fran. Antonio Hermite , Italien , revenant
d'Espagne , auquel pour fa complaisance
les Moufquetaires ont donné fix Louis d'Or.
(b ) M. de Berville,
II..Vol: ques-
I v
1462 MERCURE DE FRANCE
ques-uns des fiens , qui parloient notre
langue.
Audeffus de fon Vaiffeau , s'élevoit fort
haut ,un Dome noir & rouge , fon Pavilfon
étoit noir , femé de Flammes rouges,
& deux Sabres en fautoir. Au côté droit
étoient des Menotes , d'où pendoit une
chaîne , & au côté gauche , une Tête de
mort , avec ces mots : Aut Vincula , aut
Lethum , pour faire connoître que ceux
qu'il prend font foûmis ou à l'esclavage,
ou à la mort. L'uniforme de fon Equipage
eft rouge , galonné d'argent ; Cocardes
rouges & noires, avec le Cimetére & 2 Piftolets
à la Ceinture ; des Trompes & des
Tambours forment toute la Symphonie
de ces Barbares. Elle ne ceffa que lorsque
le Capitaine l'eût ordonné , pour entendre
la nôtre.
Après nous avoir entendu quelque tems
& examiné notre contenance attentivement
, il voulut ſçavoir qui nous étions.
Son Interprete que nous en inftruifimes
le lui expliqua. Il fe fit apporter nôtre
grand pavillon & prit un plaifir fingulter
à confiderer nôtre Venus ; il ordonna à
fon Pilote d'aborder ; il defcendit le premier
à terre , efcorté à fon ordinaire , &
chacun de nous le fuivoit tenu par deux
des fiens qui avoient le cimetere à la main.
Il envoya dire aux Dames qui vouloient
II. Vol.
fe
JUIN. 1730, 1463
X
fe retirer , croyant qu'on alloit faire une
boucherie fanglante des Pelerins , qu'il
avoit befoin d'elles , qu'elles s'approchaf
fent , qu'aucun mal ne leur feroit fait ,
finon que la fuite ne les fauveroit point.
Soit crainte ou affurance elles approchent
, le Corfaire leur donne le pavillon
de la Volupté car pour nôtre Amiralil le
rembarqua avec lui ; & leur fir prefent dest
Pelerins , nous recommandant de leur
être foumis & de les fervir. La furpriſe
fut extrême & augmenta , quand après
avoir jetté fon mouchoir à la plus jolie de
la Compagnie , il la fit prier de danfer
avec lui. Les fiens imiterent fon exemple,
& quitterent dans ce moment l'air feroce
que je leur avois trouvé d'abord ; ils fembloient
s'être rangez fous l'étendart de la
Volupté ; enfin après avoir fait autour de
nous une espece de danfe , qu'en ce pays
nous nommerions branle , le Capitaine fit
un Salamalec gracieux aux Dames & fe
rembarqua ; fon penchant pour le beau
fexe lui fit pouffer les attentions jusqu'à
mettre une Sentinelle à nos provifions
aufquelles il ne permit pas qu'on touchât,
quand il eut appris nôtre deſtination . Elles
convenoient à une caravanne telle que la
nôtre , & ne furent point inutiles ; car les
Dames laffes de danfer fur le gazon nous
menerent dans une Salle fort ample , où
II. Vol.
I vj Balgaland
1464 MERCURE DE FRANCE
Balgaland ſe tint , force mafques y arri
vent; provifions abondantes fe confomment
, & la nuit fort avancée eut peine à
mettre fin à une fi agreable journée . Il ne
faut point obmettre que le Corfaire étant
venu defcendre au port de la Ville , fuivi
de toute la Troupe , marchant en bon ordre
, alla chez le Marquis de Pont du
Château, à la porte duquel il fit faire une
déchargede fa Moufqueterie & lui remit le
pavillon Amiral de l'Amathonte : Voici le
compliment que fon Interprete lui fit; ( a)
LeCapitaine mon Maître m'ordonne de vous
remercier , Monfieur, de l'honneur que vous
nous avez fait d'affifter à la petite image ,
que nous avons donné dans nôtre Fête d'une
manoeuvre de guerre , nous fouhaiterions
qu'elle fut réelle , perfuadez que fous vos
ordres nous ferions en état de vous faire fouvent
des prefens pareils à celui que nous
avons l'honneur de vous offrir , qui eft le drapeau
que nous venons de prendre..
(b)Celui qui commandoit l'Amathonte
& qui avec les fiens honoroit le triomphe:
du Corfaire , fit en termes differens les
mêmes remercimens , & ajouta ::
Dans une guerre qui ne feroit pas feinte ,
nous ne craindrions pas Monfieur , tant
( a ) Mr. de Depence..
(b) Mr. de Prunelé..
II. Vol.. que
JUIN. 1730. 1465
que vous ferez à nôtre tête , que jamais les
ennemis nous enlevalent ni Drapeau ni
Etendart.
Moufquetaires de la feconde Compagnie
ont donnée à Nemours , où ils étoient en
guartier, pendant que la Cour étoit à
Fontainebleau. Ecrite par un
par un Moufquetaire
de la même Compagnie.
Lees
E lundy 29. May, fur les quatre heures
du foir , une vintaine de Pelerins
LI. Vol. de
I iij.
1458 MERCURE DE FRANCE
de Cythere s'embarquérent dans un Vaif
feau Galand, nommé l'Amathonte ; fix Colonnes
de verdures avec leurs Chapi
teaux de fleurs;, Ceintres, Traverſes , Arcs,
Feftons & autres ornemens formoient un
Bâtiment convenable à l'aimable Reine
d'Amathonte. Elle étoit reprefentée au
naturel dans un grand Pavillon à fond
verd ; & l'on peut dire que le Peintre
avoit épuiſe fon Art , pour lui donner
toutes les graces qu'il avoit , lorfqu'elle
fortit de l'Onde . A côté étoit Baccus , affis
fur un Tonneau ', tenant d'une maîn
une Bouteille , & ferrant de l'autre celle
de Venus . L'alliance de ces Divinitez
fait la Volupté , & c'eft ce qui nous avoit
fait mettre cette Infcription en gros ca
ractere : VOLUPTATI . Le Pavillon
Amiral étoit de Taffetas blanc ; l'un &
Pautre au bout du Vaiffeau flottoient au
gré des vents , dont nous pouvions connoître
les moindres changemens par une
Girouette blanche & verte , qui s'élevoit
audeffus de l'Architecture de ce Bâtiment.
Les Pélerins étoient vêtus de blanc avec
des Guirlandes & Banderolles de fleurs ;
des Rubans verds treffoient leurs cheveux
; chacun d'eux joüoit de differens
Inftrumens , comme de Vieles Violons ,
Haut- Bois , Flutes & Mufettes . Le Ciel
fembloit prendre part à notre Fête ; il ne
II.Vol. faifoit
JUIN. 1730. 1459 .
faifoit ni pluye , ni vent , & il n'y avoit
de nuages en l'air , qu'autant qu'il en falloit
pour nous garantir des Rayons du
Soleil trop brûlans en cette faifon , tems
favorable aux Dames , qui ayant , à l'envi
, relevé par l'art , leurs graces naturelles
, ornoient les rivages. Le Marquis de
Pont- du- Château , qui commandoit notre
quartier , & qui ce jour-là avoit don
né un grand Repas aux Officiers des Moufquetaires
gris , parut avec ces Meffieurs
fur la Rive, ainfi que tous les habitans de
Nemours , qui alors fe trouva défert.
L'Amathonte qu'on avoit volontiers
prife pour une Ifle flotante, voguoit paifiblement
& enchantoit également les
yeux & les oreilles des Spectateurs ; lorfque
nous apperçûmes de loin un Vaiſfeau
. Je dis , Nous , car j'étois un des Pélerins
de Cythere. La Chaloupe que nous
détachâmes pour l'aller reconnoître, nous
rapporta que c'étoit un Corfaire d'Alger.
Auffi- tôt nous revirâmes de bord & gagnâmes
à force de Rames un des Forts du
Port où il y avoit une Batterie de 12 pieces
de Canon , dont le feu n'empêcha
pas l'Algérien de venir faire une rude dé
charge fur nous. Son Equipage qui étoit
de 40 hommes avoit déja le Cimetére levé,
& faifoit mine de vouloir fauter dans
notre Bord ( tant nous étions près) quand
II. Vol. Iiiij
un
1460 MERCURE DE FRANCE
un coup de vent nous fépara ; la joye fir
redoubler notre Symphonie. Le Capitaine
Algérien au défefpoir d'avoir manqué
fa prife , vouloit couper la tête à fon Pilote
, fi , profterné à fes genoux , il ne l'eûr
afsûré qu'il nous joindroit avant une heure.
Il obtins fa grace à ce prix , & enfin
il la mérita . A peine une demie heure s'étoit
écoulée que nous nous trouvons accrochez
par ces Pirates , qui bravant une
feconde fois notre Canon , fous lequel
nous nous étions retirez , firent un feu terrible
fur nous. La moitié paffe dans notre
Vaiffeau , le Sabre à la main , ils nous font
entrer dans le leur nous crions merci . Eh.!
que pouvions nous faire , n'ayans pour
toutes armes que nos Inftrumens , trop
impuifans contre des Corfaires ? J'eus
grand foin d'examiner le nouveau Bâtiment
où je me trouvois , qui étoit dif
ferent du nôtre , où tous les attributs de
la Volupté étoient raffemblez ! Dans celui-
ci ce n'eft qu'horreur de guerre ; le
(a)Capitaine fut celui qui fixa le plus mes
yeux ; il eft grand & gros , beau & bienfait
; mais fon nez aquilain & fa mouftache
noire lui donnoient un air formidable
, qui cependant paroiffoit s'adoucir à
mefure que les fons de nos Inftrumens
flattoient les oreilles , car il nous avoit
( a ) Le Chevalier de Vandeüil,
II. Vol. ordonné
JUIN. 1730. 1461
ordonné d'en jouer . Il avoit un grand bonnet
rouge , galonné d'argent & orné de
Pierreries'; au haut étoit une Touffe de
Rubans rouges & noirs , le bas étoit d'un
poil étranger. Sur une Vefte rouge ,
bro
dée en argent , il portoit un Doliman
d'une Etoffe dont je n'ai point encore
vû de femblable pour la rareté & la beau
té, tant du deffein que des couleurs. Son
Cimetére étoit remarquable par la Poignée
d'argent & enrichie de Diamans ; le
Foureau couvert de Lames d'argent & la
Lame recourbée , d'une largeur & longueur
prodigieufe. Il étoit dans le milieu
de fonVaiffeau , affis , les jambes croifées,
fur un Tapis noir , ayant derriere lui fon
Iman (4) , vêtu d'une longue Robegrife ,
les cheveux prefque ras , fans barbe , les
mains croifées fur la poitrine , & les yeux
modeftement baiffez . A fes pieds un petit
Algérien ( b ) , beau & jeune , portoit fa
Pipe , dont le Fourneau eft affez grand
pour contenir une livre de. Tabac . Deux
Corfaires , le Sabre nud , fe tenoient de
bout à fes côtez . A un Poteau font fes Ordonnances,
qu'il fait exécuter avec la derniere
rigueur , à ce que m'ont afsûré quel-
( a ) Fran. Antonio Hermite , Italien , revenant
d'Espagne , auquel pour fa complaisance
les Moufquetaires ont donné fix Louis d'Or.
(b ) M. de Berville,
II..Vol: ques-
I v
1462 MERCURE DE FRANCE
ques-uns des fiens , qui parloient notre
langue.
Audeffus de fon Vaiffeau , s'élevoit fort
haut ,un Dome noir & rouge , fon Pavilfon
étoit noir , femé de Flammes rouges,
& deux Sabres en fautoir. Au côté droit
étoient des Menotes , d'où pendoit une
chaîne , & au côté gauche , une Tête de
mort , avec ces mots : Aut Vincula , aut
Lethum , pour faire connoître que ceux
qu'il prend font foûmis ou à l'esclavage,
ou à la mort. L'uniforme de fon Equipage
eft rouge , galonné d'argent ; Cocardes
rouges & noires, avec le Cimetére & 2 Piftolets
à la Ceinture ; des Trompes & des
Tambours forment toute la Symphonie
de ces Barbares. Elle ne ceffa que lorsque
le Capitaine l'eût ordonné , pour entendre
la nôtre.
Après nous avoir entendu quelque tems
& examiné notre contenance attentivement
, il voulut ſçavoir qui nous étions.
Son Interprete que nous en inftruifimes
le lui expliqua. Il fe fit apporter nôtre
grand pavillon & prit un plaifir fingulter
à confiderer nôtre Venus ; il ordonna à
fon Pilote d'aborder ; il defcendit le premier
à terre , efcorté à fon ordinaire , &
chacun de nous le fuivoit tenu par deux
des fiens qui avoient le cimetere à la main.
Il envoya dire aux Dames qui vouloient
II. Vol.
fe
JUIN. 1730, 1463
X
fe retirer , croyant qu'on alloit faire une
boucherie fanglante des Pelerins , qu'il
avoit befoin d'elles , qu'elles s'approchaf
fent , qu'aucun mal ne leur feroit fait ,
finon que la fuite ne les fauveroit point.
Soit crainte ou affurance elles approchent
, le Corfaire leur donne le pavillon
de la Volupté car pour nôtre Amiralil le
rembarqua avec lui ; & leur fir prefent dest
Pelerins , nous recommandant de leur
être foumis & de les fervir. La furpriſe
fut extrême & augmenta , quand après
avoir jetté fon mouchoir à la plus jolie de
la Compagnie , il la fit prier de danfer
avec lui. Les fiens imiterent fon exemple,
& quitterent dans ce moment l'air feroce
que je leur avois trouvé d'abord ; ils fembloient
s'être rangez fous l'étendart de la
Volupté ; enfin après avoir fait autour de
nous une espece de danfe , qu'en ce pays
nous nommerions branle , le Capitaine fit
un Salamalec gracieux aux Dames & fe
rembarqua ; fon penchant pour le beau
fexe lui fit pouffer les attentions jusqu'à
mettre une Sentinelle à nos provifions
aufquelles il ne permit pas qu'on touchât,
quand il eut appris nôtre deſtination . Elles
convenoient à une caravanne telle que la
nôtre , & ne furent point inutiles ; car les
Dames laffes de danfer fur le gazon nous
menerent dans une Salle fort ample , où
II. Vol.
I vj Balgaland
1464 MERCURE DE FRANCE
Balgaland ſe tint , force mafques y arri
vent; provifions abondantes fe confomment
, & la nuit fort avancée eut peine à
mettre fin à une fi agreable journée . Il ne
faut point obmettre que le Corfaire étant
venu defcendre au port de la Ville , fuivi
de toute la Troupe , marchant en bon ordre
, alla chez le Marquis de Pont du
Château, à la porte duquel il fit faire une
déchargede fa Moufqueterie & lui remit le
pavillon Amiral de l'Amathonte : Voici le
compliment que fon Interprete lui fit; ( a)
LeCapitaine mon Maître m'ordonne de vous
remercier , Monfieur, de l'honneur que vous
nous avez fait d'affifter à la petite image ,
que nous avons donné dans nôtre Fête d'une
manoeuvre de guerre , nous fouhaiterions
qu'elle fut réelle , perfuadez que fous vos
ordres nous ferions en état de vous faire fouvent
des prefens pareils à celui que nous
avons l'honneur de vous offrir , qui eft le drapeau
que nous venons de prendre..
(b)Celui qui commandoit l'Amathonte
& qui avec les fiens honoroit le triomphe:
du Corfaire , fit en termes differens les
mêmes remercimens , & ajouta ::
Dans une guerre qui ne feroit pas feinte ,
nous ne craindrions pas Monfieur , tant
( a ) Mr. de Depence..
(b) Mr. de Prunelé..
II. Vol.. que
JUIN. 1730. 1465
que vous ferez à nôtre tête , que jamais les
ennemis nous enlevalent ni Drapeau ni
Etendart.
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Résumé : RELATION de la Fête que les Mousquetaires de la seconde Compagnie ont donnée à Nemours, où ils étoient en quartier, pendant que la Cour étoit à Fontainebleau. Ecrite par un Mousquetaire de la même Compagnie.
Le texte décrit une fête organisée par les Mousquetaires de la seconde compagnie à Nemours, alors que la cour résidait à Fontainebleau. Le 29 mai, une vingtaine de pèlerins de Cythère s'embarquèrent sur un vaisseau nommé l'Amathonte, décoré de verdure et de fleurs. Ce vaisseau représentait Vénus et Bacchus, symbolisant la volupté. Les pèlerins, vêtus de blanc et jouant de divers instruments, naviguaient sur un fleuve sous un ciel clair. Les dames ornaient les rivages pour l'occasion. Le Marquis de Pont-du-Château, commandant le quartier, et les habitants de Nemours assistèrent à la scène. Soudain, un vaisseau algérien apparut. Malgré les tirs de canon des Mousquetaires, les Algériens abordèrent le vaisseau. Le capitaine algérien, décrit comme grand et imposant, ordonna à ses hommes de jouer des instruments. Après avoir examiné les Mousquetaires, il leur fit présent du pavillon de la Volupté et dansa avec les dames avant de repartir. Le capitaine algérien rendit ensuite visite au Marquis de Pont-du-Château, lui remettant le pavillon amiral de l'Amathonte en signe de respect et d'honneur. Les deux commandants échangèrent des remerciements, soulignant leur bravoure et leur esprit de combat. La journée se conclut par un bal et des festivités dans une salle ample, où les provisions furent abondantes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19300
p. 405-406
AVIS.
Début :
On donnera, le mois prochain, les réjouissances des Provinces, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
On donnera, le mois prochain,
les réjouissances des Provinces,
qui ont esté reçuës trop
tard pour estre employées dans
Réjouissances.
406
ce Volume, & celles qui n'ont
pas encore elté envoyees, pour-
vû qu'elles arrivent assez-tôt.
On avoit crû devoir finir ce
Volume des Rejouissances, par
un grand nombre de pieces de
Vers; mais la trop grande quan-
tité de matieres est cause que
l'on a esté obligé de les reserver.
Le Public est prié d'excuser un
grand nombre de fautes d'im-
pression qui se trouvent dans
ce Volume. On est obligé de
travailler avec tant de précipi-
tation, lorsque l'on a moins d'un
mois pour imprimer deux Vo-
lumes, qu'il est impossible qu'il
ne s'y en glisse beaucoup; mais
les lumieres du Lecteur luy fe-
ront reſtituer le sens à la plus
grande partie.
On donnera, le mois prochain,
les réjouissances des Provinces,
qui ont esté reçuës trop
tard pour estre employées dans
Réjouissances.
406
ce Volume, & celles qui n'ont
pas encore elté envoyees, pour-
vû qu'elles arrivent assez-tôt.
On avoit crû devoir finir ce
Volume des Rejouissances, par
un grand nombre de pieces de
Vers; mais la trop grande quan-
tité de matieres est cause que
l'on a esté obligé de les reserver.
Le Public est prié d'excuser un
grand nombre de fautes d'im-
pression qui se trouvent dans
ce Volume. On est obligé de
travailler avec tant de précipi-
tation, lorsque l'on a moins d'un
mois pour imprimer deux Vo-
lumes, qu'il est impossible qu'il
ne s'y en glisse beaucoup; mais
les lumieres du Lecteur luy fe-
ront reſtituer le sens à la plus
grande partie.
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