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1
p. 332-336
Nouvelles de Siam. [titre d'après la table]
Début :
En attendant un plus grand détail des affaires de Siam, je vais vous [...]
Mots clefs :
Siam, Roi de Siam, M. Sebret, Côte, Compagnie, Indes orientales, Vaisseaux
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Siam. [titre d'après la table]
En attendant un plus grand dérail
des affaires de Siam, je vais vous
faire part de celles qui ont eſté apportées
par M. Sebret , qui arriva
icy dans le mefme temps que je finis
ma Lettre. Il partit de Louveau,
fieu de plaifance du Roy de Siam ,
le 12 Decembre de l'année derniere,
& arriva par terre au Port &
Ville de Berghi , à la cofte de Temafferin
, vers celle de la Mer Indienne
, au deffus de Malaca, où il
conduifit Mr Bruant, avec fix- vingt
Soldats François, pour prendre poffeffion
de cette Place au nom du
Roy Trés- Chrétien, auquel le Roy
de Siam l'a dépófée avec Bancoc
pour feureté de l'Alliance des deux
Rois. Mr Sebret s'embarqua à la
cofte Merghi dans un Vaiffeau de
la Compagnie , & paffa à la cofte
GALANT. 333
t
de Bengale , où s'eftoit rendu Mr
du Quefne Guitton , Capitaine
Commandant du Vaiffeau l'oifeau,
felon l'ordre qu'il avoit receu de
l'y venir trouver , pour aller de là
en s'en retournant en France vifiter
les Etabliffement & Comptoirs
de la Compagnie dans les coftes
des Indes Orientales. Mr Deslandes
Boureau qui eftoit venu à
Siam de Pondachcri où il eftoit Directeur,
s'embarqua dans ce mefme
Vaiffeau pour accompagner M.
Sebret, M. du Quefne mit à la voile
le 15 ou 16 de ce mefme mois ,
& eftant party de Siam , il paffa
par la cofte de Malaca, & fit route
vers Berghi , peu éloigné de Tenafferin
, ayant laiffé M. de Vaudricourt
General de la Flote du
Roy, en eftat de mettte auffi à lz
334 MERCURE
>
voile pour le retour avec M. de la
Loubaire ; Envoyé de France , le
Pere Tachard Superieur des Iefuites
qui devoient demeurer tant à
Siam qu'à Louveau & douze
Mandarins Siamois , que leur Roy
envoye en France avec quantité de
prefens & de marchandiles. On a
laiffé la Flufte la Normande
pour
la feureté de l'établiffement des
François en ce Royaume- là , & on
attend les trois autres Vaiffeaux.
M. Sebret a eu nouvelles pendant
la route qu'un de ces Vaiffeaux qui
s'eftoit feparé de la Flote attendoit
les deux autres au Cap de Bonne
Efperance . M, des Fargues a pris
poffeffion de la Ville de Bancoc , &
l'a fortifiée à la Françoife . M. Conftance
Falcon, Miniftre , & Favory
de Siam , s'eft affocié pour cent
GALANT. 335
mille écus dans la Compagnie
Françoiſe des Indes . Le Pere Rochet
Lyonnois , & qui a efté Profeffeur
des Mathematiques à Toulon
dans les Ecoles Royales , eſt
mort à Siam , auffi bien qu'un Ingenieur
fort habile que M. Seignelay
y avoit envoyé, & un Lieutenant
d'une des Compagnies d'Infanterie.
Le Pere Tachart , qui eſt
avec M. de Vaudricourt & M. de la
Loubaire eft chargé des Lettres
des François & de celles des Peres
de la Compagnie . On les luy a
mifes entre les mains à caufe que
M. Sebret qui avoit pris une 1oute
differente , & qui devoit eftre plus
longue , croyoit que la Flote le devanceroit
, mais elle eft partie plus
tard qu'il ne l'avoit cru , & d'ailleurs
fon fejour dans les coftes de
336 MERCURE
Malabar & Coromandel , a eſté
moins long qu'il n'y avoit apparen-
-ce qu'il feroit , à cauſe qu'il a trouvé
le Roy de Golconde prifonnier
& fes Etats envahis par le Mogol ,
ce qui l'a fait revenir plutoft.
des affaires de Siam, je vais vous
faire part de celles qui ont eſté apportées
par M. Sebret , qui arriva
icy dans le mefme temps que je finis
ma Lettre. Il partit de Louveau,
fieu de plaifance du Roy de Siam ,
le 12 Decembre de l'année derniere,
& arriva par terre au Port &
Ville de Berghi , à la cofte de Temafferin
, vers celle de la Mer Indienne
, au deffus de Malaca, où il
conduifit Mr Bruant, avec fix- vingt
Soldats François, pour prendre poffeffion
de cette Place au nom du
Roy Trés- Chrétien, auquel le Roy
de Siam l'a dépófée avec Bancoc
pour feureté de l'Alliance des deux
Rois. Mr Sebret s'embarqua à la
cofte Merghi dans un Vaiffeau de
la Compagnie , & paffa à la cofte
GALANT. 333
t
de Bengale , où s'eftoit rendu Mr
du Quefne Guitton , Capitaine
Commandant du Vaiffeau l'oifeau,
felon l'ordre qu'il avoit receu de
l'y venir trouver , pour aller de là
en s'en retournant en France vifiter
les Etabliffement & Comptoirs
de la Compagnie dans les coftes
des Indes Orientales. Mr Deslandes
Boureau qui eftoit venu à
Siam de Pondachcri où il eftoit Directeur,
s'embarqua dans ce mefme
Vaiffeau pour accompagner M.
Sebret, M. du Quefne mit à la voile
le 15 ou 16 de ce mefme mois ,
& eftant party de Siam , il paffa
par la cofte de Malaca, & fit route
vers Berghi , peu éloigné de Tenafferin
, ayant laiffé M. de Vaudricourt
General de la Flote du
Roy, en eftat de mettte auffi à lz
334 MERCURE
>
voile pour le retour avec M. de la
Loubaire ; Envoyé de France , le
Pere Tachard Superieur des Iefuites
qui devoient demeurer tant à
Siam qu'à Louveau & douze
Mandarins Siamois , que leur Roy
envoye en France avec quantité de
prefens & de marchandiles. On a
laiffé la Flufte la Normande
pour
la feureté de l'établiffement des
François en ce Royaume- là , & on
attend les trois autres Vaiffeaux.
M. Sebret a eu nouvelles pendant
la route qu'un de ces Vaiffeaux qui
s'eftoit feparé de la Flote attendoit
les deux autres au Cap de Bonne
Efperance . M, des Fargues a pris
poffeffion de la Ville de Bancoc , &
l'a fortifiée à la Françoife . M. Conftance
Falcon, Miniftre , & Favory
de Siam , s'eft affocié pour cent
GALANT. 335
mille écus dans la Compagnie
Françoiſe des Indes . Le Pere Rochet
Lyonnois , & qui a efté Profeffeur
des Mathematiques à Toulon
dans les Ecoles Royales , eſt
mort à Siam , auffi bien qu'un Ingenieur
fort habile que M. Seignelay
y avoit envoyé, & un Lieutenant
d'une des Compagnies d'Infanterie.
Le Pere Tachart , qui eſt
avec M. de Vaudricourt & M. de la
Loubaire eft chargé des Lettres
des François & de celles des Peres
de la Compagnie . On les luy a
mifes entre les mains à caufe que
M. Sebret qui avoit pris une 1oute
differente , & qui devoit eftre plus
longue , croyoit que la Flote le devanceroit
, mais elle eft partie plus
tard qu'il ne l'avoit cru , & d'ailleurs
fon fejour dans les coftes de
336 MERCURE
Malabar & Coromandel , a eſté
moins long qu'il n'y avoit apparen-
-ce qu'il feroit , à cauſe qu'il a trouvé
le Roy de Golconde prifonnier
& fes Etats envahis par le Mogol ,
ce qui l'a fait revenir plutoft.
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2
p. 94-98
Voyage des Indes Orientales, mêlé de plusieurs Histoires curieuses. [titre d'après la table]
Début :
Je crois devoir, en vous parlant de Sçavans, vous entretenir [...]
Mots clefs :
Livres, Savants, Indes orientales, Voyage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Voyage des Indes Orientales, mêlé de plusieurs Histoires curieuses. [titre d'après la table]
Je crois devoir , en vous
parlant de Sçavans , vous entretenir de deux Livres qui
font dignes de la curiofité publique.
Il paroit depuis quelque
temps un Livre intitulé Voyage
GALANT 95
des Indes Orientales , mêlé deplufieursHiftoires curieufes , endeux
volumes in 12. fait par Mr
Carré. Il a efté deux fois aux
grandes Indes par ordre de feu
Mr Colbert , & aprés beaucoup d'années il a bien voulu
faire part au Public de ce qu'il
a svû dans ces deux grands
voyages. Ce qu'il dit fur la
revolution de Baffura Ville
de l'Arabie , & qui a efté
de tout temps fous la puiffance des Arabes , mais que les
Turcs & les Arabes fe difputent à prefent , eft tres- curieux,
ce qui donne occaſion à Mr
96 MERCURE
Carré de faire l'hoire du fameux Seva Gy, qui prés avoir
efté Officier du Roy de Vilas
pour s'eft élevé par fa valeur
jufqu'à fe faire un puiffant
Royaume & faire trembler
tout Orient. En parlant de
la fameufe Ville d Alep il dit
que la Chapelle du Conſul y
tient lieu de Paroiffe , qu'elle
eft deffervie par les Religieux
de Saint François , & qu'il y a
une Maiſon de Jefuites , ce qui
Juy donne lieu de faire l'éloge
de ces Peres. H paroift qu'il
avoit le caractere d'Envoyé ,
puifqu'en parlant de D. Pedro
de
GALANT 97
•
de Caftro riche Portugais , &
qui eftoit fur le point de pren-
-dre des engagemens avec les
Mahometans , lorqu'il le rencontra à Rhebac , Ville du
Royaume de Vilapour , il ſe
fert de ces termes : puis meferant de toute l'autorité que me
donnoit moncaractere , pour parler
à des perfonnes fcandaleuſes , je
4luyparlay le plus chretiennement
qu'il me fut poffible fur le pas
qu'il alloit faire. On trouve à
la fin de ce Voyage l'hiſtoire de
deux Dames Portugaiſes venduës par le même Dom Pedro
de Caftro à un Prince Maho1
Avril 1710.
I
98 MERCURE
metan. Cette Hiftoire eft fort
touchante & merite d'eftre luë.
Mr Carré eftoit un Ecclefiaftique d'une fainte vie & d'un
merite qui luy a attiré ungrand
nombre d'amis dans l'Orient ,
& dans les Pays oùil a voyagé.
parlant de Sçavans , vous entretenir de deux Livres qui
font dignes de la curiofité publique.
Il paroit depuis quelque
temps un Livre intitulé Voyage
GALANT 95
des Indes Orientales , mêlé deplufieursHiftoires curieufes , endeux
volumes in 12. fait par Mr
Carré. Il a efté deux fois aux
grandes Indes par ordre de feu
Mr Colbert , & aprés beaucoup d'années il a bien voulu
faire part au Public de ce qu'il
a svû dans ces deux grands
voyages. Ce qu'il dit fur la
revolution de Baffura Ville
de l'Arabie , & qui a efté
de tout temps fous la puiffance des Arabes , mais que les
Turcs & les Arabes fe difputent à prefent , eft tres- curieux,
ce qui donne occaſion à Mr
96 MERCURE
Carré de faire l'hoire du fameux Seva Gy, qui prés avoir
efté Officier du Roy de Vilas
pour s'eft élevé par fa valeur
jufqu'à fe faire un puiffant
Royaume & faire trembler
tout Orient. En parlant de
la fameufe Ville d Alep il dit
que la Chapelle du Conſul y
tient lieu de Paroiffe , qu'elle
eft deffervie par les Religieux
de Saint François , & qu'il y a
une Maiſon de Jefuites , ce qui
Juy donne lieu de faire l'éloge
de ces Peres. H paroift qu'il
avoit le caractere d'Envoyé ,
puifqu'en parlant de D. Pedro
de
GALANT 97
•
de Caftro riche Portugais , &
qui eftoit fur le point de pren-
-dre des engagemens avec les
Mahometans , lorqu'il le rencontra à Rhebac , Ville du
Royaume de Vilapour , il ſe
fert de ces termes : puis meferant de toute l'autorité que me
donnoit moncaractere , pour parler
à des perfonnes fcandaleuſes , je
4luyparlay le plus chretiennement
qu'il me fut poffible fur le pas
qu'il alloit faire. On trouve à
la fin de ce Voyage l'hiſtoire de
deux Dames Portugaiſes venduës par le même Dom Pedro
de Caftro à un Prince Maho1
Avril 1710.
I
98 MERCURE
metan. Cette Hiftoire eft fort
touchante & merite d'eftre luë.
Mr Carré eftoit un Ecclefiaftique d'une fainte vie & d'un
merite qui luy a attiré ungrand
nombre d'amis dans l'Orient ,
& dans les Pays oùil a voyagé.
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Résumé : Voyage des Indes Orientales, mêlé de plusieurs Histoires curieuses. [titre d'après la table]
Le texte présente deux ouvrages d'intérêt public. Le premier, 'Voyage Galant des Indes Orientales', est écrit par Monsieur Carré et relate ses deux voyages aux Indes Orientales, effectués sur ordre de feu Monsieur Colbert. Carré décrit divers événements, tels que la révolution de Bassora, une ville arabe disputée entre Turcs et Arabes, et l'histoire de Seva Gy, un officier devenu roi puissant en Orient. Il mentionne également la ville d'Alep, où la chapelle du consul, desservie par les Religieux de Saint François, sert de paroisse, et où se trouve une maison de Jésuites. Carré, en tant qu'envoyé, a tenté de dissuader Don Pedro de Castro, un riche Portugais, de s'allier avec les mahométans. L'ouvrage se termine par l'histoire de deux dames portugaises vendues à un prince mahométan par Don Pedro de Castro. Carré est décrit comme un ecclésiastique de sainte vie et de grand mérite, ayant gagné de nombreux amis lors de ses voyages.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 131-133
Hollande, & Pays-bas.
Début :
Leurs Hautes Puissances qui avoient chargé leur Ministre à Lisbone de traverser [...]
Mots clefs :
Empereur, Compagnie de Trieste, Indes orientales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Hollande, & Pays-bas.
H)lUnde >& Pays.bar,
. Leurs Haines Puilíances qui avaient
chargé leur. Ministre à Liíbonede traverfer
la négociation dxi Traité de commerce'
proposé par l'Empereur pour l'avantage'
dela Compagnie Orientale de Trieste
n'ont pu réussir. Le Roi de Portugal leur
à.fait répondre pa* le Comte de Taroncay
son 'Ambassadeur. , qu'il n'avoit aucun en-'
gagement avec la Republique de Hollan->
de qui pût l'empêcher d'user de son droit'
de Souveraineté par rapport aux Indes'
Orientales ; quil pouvoit aûslì dilpoíèr'
áu commerce de ses Etats , íèlon son bon'
plaisir r que les Tertugais ne fburnisioient
point de vaiíseaux à la Compagnie de
Trieste ornais qu'ils les lui rendoient
ainsi qu'ils pou voient juger par le Pavil
lon Imperial qu'on mettoit aux Bâtimens
aullì.tôt que la vente en étoit faite ; 8c
qu'enfin le dernier Traité de commerces
conclu avec l'Empereur , ne contenoit
íîen qui pût préjudiuer aux droits de ls*
ifp MERCURE DE FRANCE.
Republique, tant aux Indes Orientales'^
qu'ailleurs.
. Tous les Commandans des Places pos
íédées par l'Empereur dans les Païs.Bas,
ont reçu ordre de renforcer les gardes
de faire faire des patrouilles hors de leurs
Villes , avant que d'en ouvris ou d'eir
fermer les portes , de n'y laisser entrer
qu'un certain nombre de personnes à laj
fois , d'arrêter toutes celles qui leur pa
raîtront suspectes , & de faire exacte
ment visiter tous les chariots chargez de
paille ou de soin qui íè presenteront pour
entrer.
On apprend de Liege que l'Electeur de .
Cologne y étoit. arrivé le j.i. Decembre*
vers les quatre heures après.midi , accom.i
pagné du Baron' de PÌettembourg , sort
premier Ministre , & que le Cardinal de
Saxe.zeitss'étoit déclaré son competiteur
pour cet Evêché, vacant par le ministere
du Baroride Fiow,- Commandeur de l'Or-
«Ire de Malthe quiest arrivé à Liege3char.
gé des Lettres de créance de ce Cardinal.
Le 19. de ce mois on publia à la Haye
UTie nouvelle Ordonnance des Etats Gene
raux concernant les naufrages , & portant
peine de mort contre tous ceux , qui sous
Îpretexte de donner du íecours à un vaiss
eau en danger , se rendront à bord de ce
Bâtiment , sans ayoir été appelles par le
Capi.3
J A N V I E R 17** j jj
Capitaine , le Pilote , ou par l'equipage
en leur absence.
. Leurs Haines Puilíances qui avaient
chargé leur. Ministre à Liíbonede traverfer
la négociation dxi Traité de commerce'
proposé par l'Empereur pour l'avantage'
dela Compagnie Orientale de Trieste
n'ont pu réussir. Le Roi de Portugal leur
à.fait répondre pa* le Comte de Taroncay
son 'Ambassadeur. , qu'il n'avoit aucun en-'
gagement avec la Republique de Hollan->
de qui pût l'empêcher d'user de son droit'
de Souveraineté par rapport aux Indes'
Orientales ; quil pouvoit aûslì dilpoíèr'
áu commerce de ses Etats , íèlon son bon'
plaisir r que les Tertugais ne fburnisioient
point de vaiíseaux à la Compagnie de
Trieste ornais qu'ils les lui rendoient
ainsi qu'ils pou voient juger par le Pavil
lon Imperial qu'on mettoit aux Bâtimens
aullì.tôt que la vente en étoit faite ; 8c
qu'enfin le dernier Traité de commerces
conclu avec l'Empereur , ne contenoit
íîen qui pût préjudiuer aux droits de ls*
ifp MERCURE DE FRANCE.
Republique, tant aux Indes Orientales'^
qu'ailleurs.
. Tous les Commandans des Places pos
íédées par l'Empereur dans les Païs.Bas,
ont reçu ordre de renforcer les gardes
de faire faire des patrouilles hors de leurs
Villes , avant que d'en ouvris ou d'eir
fermer les portes , de n'y laisser entrer
qu'un certain nombre de personnes à laj
fois , d'arrêter toutes celles qui leur pa
raîtront suspectes , & de faire exacte
ment visiter tous les chariots chargez de
paille ou de soin qui íè presenteront pour
entrer.
On apprend de Liege que l'Electeur de .
Cologne y étoit. arrivé le j.i. Decembre*
vers les quatre heures après.midi , accom.i
pagné du Baron' de PÌettembourg , sort
premier Ministre , & que le Cardinal de
Saxe.zeitss'étoit déclaré son competiteur
pour cet Evêché, vacant par le ministere
du Baroride Fiow,- Commandeur de l'Or-
«Ire de Malthe quiest arrivé à Liege3char.
gé des Lettres de créance de ce Cardinal.
Le 19. de ce mois on publia à la Haye
UTie nouvelle Ordonnance des Etats Gene
raux concernant les naufrages , & portant
peine de mort contre tous ceux , qui sous
Îpretexte de donner du íecours à un vaiss
eau en danger , se rendront à bord de ce
Bâtiment , sans ayoir été appelles par le
Capi.3
J A N V I E R 17** j jj
Capitaine , le Pilote , ou par l'equipage
en leur absence.
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Résumé : Hollande, & Pays-bas.
Le texte décrit plusieurs événements diplomatiques et militaires. Les Pays-Bas ont tenté de négocier un traité de commerce pour la Compagnie Orientale de Trieste via leur ministre à Lisbonne, mais sans succès. Le Roi de Portugal a affirmé qu'il n'avait aucun engagement avec la République de Hollande l'empêchant d'exercer sa souveraineté sur les Indes Orientales. Il a également nié fournir des vaisseaux à la Compagnie de Trieste et assuré que le dernier traité de commerce avec l'Empereur ne préjudiciait pas aux droits de la République. Dans les Pays-Bas, les commandants des places fortifiées par l'Empereur ont reçu des ordres pour renforcer la sécurité : renforcer les gardes, faire des patrouilles, limiter l'accès aux villes, arrêter les personnes suspectes et inspecter les chariots. En Allemagne, l'Électeur de Cologne est arrivé à Liège le 11 décembre avec son premier ministre, le Baron de Pettembourg. Le Cardinal de Saxe s'est déclaré compétiteur pour l'évêché de Cologne, vacant après le décès du Baron de Fiow. Enfin, une ordonnance des États Généraux concernant les naufrages a été publiée à La Haye le 19 du mois, prévoyant la peine de mort pour ceux qui monteraient à bord d'un vaisseau en danger sans y avoir été invités par le capitaine, le pilote ou l'équipage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 1269-1286
ELOGE de M. Baron, Consul de France en Syrie, puis Directeur General du Commerce aux Indes Orientales, adressé à M. de ....
Début :
Rendre à la mémoire des hommes vertueux ce qui lui est dû, proposer [...]
Mots clefs :
Consul de France, Commerce, Indes orientales, Syrie, Marchands, Constantinople, Égypte, Voyage, Roi, Consulat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ELOGE de M. Baron, Consul de France en Syrie, puis Directeur General du Commerce aux Indes Orientales, adressé à M. de ....
ELOG E de M. Baron , Conful de France
en Syrie , puis Direcleur General du
Commerce aux Indes Orientales , adreſſe
à M. de
R
....
Endre à la mémoire des hommes
vertueux ce qui lui eft dû , propo--
fer leur exemple à la Pofterité , en donnant
un abregé de leur vie , c'eft , Monfieur
, une action de Juftice , un hommage
rendu au vrai mérite , & un foin qui
tourne à l'utilité publique . Ainfi , quʊique
M. Baron foit mort depuis plufieurs
années , & qu'après le decès de M. J. Bap
tifte Baron fon neveu , Chevalier de l'Or
dre de S. Jean de Jerufalem , Comman--
deur d'Efpagnac , arrivé le 20. Novembre
il ne reste plus perfonne en France
1724.
II. Vol.
A y de
1270 MERCURE DE FRANCE
de cette vertueufe famille , je ne fais point
difficulté d'entreprendre de vous marquer
ici les principales circonftances de fa vie..
François Baron nâquit à Marſeille le 4 ..
Novembre 16 20. d'une ancienne famille
de la même Ville qui étoit originaire de
Cofme dans le Duché de Milan . Après
avoir fait fes Etudes & fes Exercices , il
entra dans le monde , & fe fit confiderer
par fes manieres polies & par le carac
tere d'une exacte probité.
Quelque tems après , il forma le deffein
de voyager ; après avoir vû une partie de
l'Italie , & féjourné particulierement à la
Cour de Turin , il paffa en Egypte ; c'étoit
dans le tems de la rupture des Turcs avec
la République de Venife , & durant le
Siege de Candie. Cependant il y avoit
encore au Caire un Conful & plufieurs
Marchands Venitiens , aufquels le Pacha
de cette Ville fit plus qu'une avanie Turque
car après leur avoir fuppofé des intelligences
criminelles avec les Affiegés
de Candie , il les fit mettre aux fers , &
enfuite d'une courte procedure , il les
condamna tous à la mort , ce qui empor-.
toit la confifcation de leurs effets dont il
s'empara d'abord.
Dans cette extremité , les Venitiens eurent
recours à M. Baron qu'ils fçavoient
être fort confideré du Pacha . Il s'employa
II. Vol. effiJUIN.
1730. 1271'
efficacement pour eux , & il obtint enfin
leur délivrance , moyennant une fomme
dont on convint en argent comptant . Les
Venitiens n'en pouvoient pas trouver à
caufe de la faifie de leurs effets , & ils
reftoient toûjours dans les fers , lorfque
M. Baron , par un excès de cette generofité
qui lui a toûjours été naturelle , prêta
lui- même la fomme en queftion , qui étoit
d'environ cinq mille Piaftres , dont il emprunta
une bonne partie de divers Marchands
, au moyen de quoi les Venitiens
furent tous élargis , & déchargés de l'accufation
.
Il eſt preſque inutile d'ajoûter que pour
la fûreté des deniers prêtés , le Sieur
Marco Zen , Conful de Veniſe au Caire ,
paffa en cette qualité , & au nom de fa
Nation le 3. May 1657. une obligation
en bonne forme en faveur de M. Baron
de la fomme prêtée , payable dans une
année , avec ftipulation d'interêts faute
de rembourſement paffé ledit terme
; l'Obligation fut enregistrée en la
Chancellerie du Confulat de France le 10 .
Novembre 1657. fuivant l'Expedition
autentique qui eft dans mes Mémoires .
Mais ce que la Pofterité aura de la peine
à croire , & ce qui eft cependant bien
certain , c'eft qu'un fervice fi fignalé fut
payé d'une ingratitude qui dure encore,
II. Vol. A vj
car
1272 MERCURE DE FRANCE
car jamais M. Baron ni fes heritiers n'ont
pû être payés de cette Obligation .
le
Il prêta auffi de les deniers, deux années :
après ,deux mille fix cent Piaftres pour une
moindre avanie faite aux * Harbis
par
même Pacha , dont il ne put être remboursé
avant fon départ d'Egypte , ce
qui eft encore tourné en pure perte. Peu
de tems après , & dans la même année
1659. M. Baron fut député à la Cour par
M. de Bermond Conful , & par le Corps
de la Nation Françoife établie au Caire ,
pour des affaires importantes , concernant
le commerce de cette Echelle ; ce qu'il
accepta au préjudice de fes propres affai--
res & du recouvrement de fes deniers.
Nos Marchands d'Egypte eurent toutlieu
de fe louer de cette députation , après
laquelle M. Baron revint à Marſeille , où
il fe lia d'une étroite amitié avec Gafpar
de Glandevez , Seigneur de Niozelles ;
ce Gentilhomme des plus qualifiés de la
Province , fut accufé d'être le principal
Auteur des troubles qui agitoient alors
la Ville de Marfeille , & le Roi étant venu
en Provence pour y remedier , fon Procès
Harbis , nom Arabe , qui fignifie , en un cer--
tainfens , Etranger , par lequel on entend tous
les:Marchands Européens qui réfident en Egyp
te, & qui n'y ont aucun Conful de leur Na-
11. Vol. lui
JUIN. 1730. 1273
›
fui fut fait avec la derniere rigueur , en--
forte qu'après la condamnation & fa retraite
tous les amis fe trouverent embaraffés
. M. Baron, quoique perfuadé de l'in--
nocence de M. de Niozelles , & encore
plus de la fienne , crut fe devoir quelque
précaution , & quitta cette Ville pour
un tems .
Cependant tout le monde lui rendit juk
tice , & en l'année 1661. le Roi informé
de fon mérite & de fa capacité lui fit
l'honneur de le nommer au Confulat d'Alep
, l'un des plus importans de tout le
Levant, & qui comprenoit alors , outre la
plus grande partie de la Syrie , la Caramanie
& les Echelles de Tripoly & de Chipre
, dont les Vice-Confuls lui étoient
fubordonnés. Le Conful d'Alep étoit auffi
Conful , avec l'agrément du Roi , des
Hollandois établis en cette Echelle . Le
Commerce des François à Alep avoit be--
foin d'un Conful de ce caractere ; il étoit
prefque ruiné par les abus qui s'y étoient
introduits & par l'avidité des Gouver
neurs, qui, contre la difpofition des Traités
, exigeoient des droits injuftes , opprimoient
, au lieu de proteger les Mar--
chands .
M. Picquet , qui depuis a été Evêque
de Babilone , étoit alors Conful dAlep ,
& devoit ceder fa place à M. Baron .
II. Vol. Après
#274 MERCURE DE FRANCE
Après avoir conferé enſemble fur l'Etat
du Commerce & fur les moyens de le rétablir
, on n'en trouva pas de plus affuré
que celui de prier le nouveau Conful de
faire avant toutes chofes , fous le bon plaifir
du Roi , un voyage à Conftantinople,
pour obtenir du Grand - Seigneur les commandemens
& les ordres neceffaires pour
ce rétabliffement.
M. Baron toûjours prêt à faire le bien
au préjudice même de fes interêts , entreprit
ce long voyage à fes dépens . Il confera
utilement avec M. de la Haye , Ambaffadeur
de France , de qui il fe fit confiderer
, & négocia fi heureuſement avec
le fameux Vizir Cupruli , qui ne put lui
-refufer fon eftime , qu'il obtint tout ce
qu'il demanda. Il revint à Alep , chargé
d'un Catacherif ou Commandement Imperial
qui fit bientôt changer de face au
Commerce de Syrie , qui fert encore de
regle , & qui met un frein à l'avarice infatiable
des Gouverneurs. L'un des Arti--
cles les plus importans , étoit la fupreffion
des interêts anciens des dettes de la Na--
-tion Françoise de Seyde , qui montoient™
à plus de dix huit mille Piaftres par an ,
& qui furent éteint pour toûjours.
Une année s'étoit à peine écoulée , que
M. Colbert , parvenu au Miniftere après
la mort du Cardinal Mazarin , & ayant
II. Vol
de
JUIN. 1730. 1275
›
de grandes vûës pour l'augmentation du
Commerce du Levant , fut bien aife de
confulter M. Baron fur ce fujet ; il lui
envoya pour cela , fur la fin de l'année
1662. un ordre du Roi conçû en ces termes.
» Cher & bien amé. Defirant être in-
» formé par votre bouche de l'Etat dus
» Commerce qui s'exerce par nos Sujets
» en l'étendue de votre Confulat , pour
» y pourvoir felon les befoins & l'amélio-
» rer par les voyes qui feront jugées les
»plus convenables nous vous faifons
>> cette Lettre pour vous dire qu'auffi tôt
» que vous l'aurez reçûë vous ayez à vous
» rendre auprès de nous , après toutefois
» avoir établi le Sieur Pierre Baron votre
» frere pour exercer votre Charge pen--
>> dant votre abfence , & mis fi bon ordre
» aux affaires dudit Confulat qu'elle ne
» leur puiffe être d'aucun préjudice ; &
» comme il ne feroit pas jufte que vous
faifant venir pour l'interêt general du
» Commerce , les frais de votre voyage
tombaffent fur vous , nous entendons
» que toute la Nation les fupporte , puifnous
ne vous le faifons entreprenque
» dre que pour le bien & l'avantage de
fon négoce ; n'y faites donc faute. Car
tel eft notre plaifir , Donné à Paris le
2-13 . d'Octobre 1662. figné Louis &c. &
30
>>
"
II Vol.
av
1276 MERCURE DE FRANCE
>
» au dos eft écrit : A notre cher & bien
» amé , le Sieur Baron , Conful de la Nation
Françoife à Alep.
Mes Mémoires ne portent aucune cirtance
particuliere fur l'execution de
cet ordre du Roi ; mais ils marquent indirectement
que; Sa Majefté en fut fatisfaite
, & que le Miniftre fut confirmé dans
l'opinion avantageufe qu'il avoit déja de
M. Baron , lequel exerça pendant neuf
années confécutives le Confulat d'Alep ,
avec beaucoup de dignité & d'utilité pour
le Commerce de la Nation ; ce Commerce
fut fi floriffant que les Droits de Confulat
pour ces neuf années fe monterent à la
fomme de quatre vingt dix mille Piaftres.
Comme il avoit un grand fond de Religion
& de pieté , il ſe déclara d'abord le
protecteur & le pere de tous les Miffionnaires
de l'Orient , qui trouverent nonfeulement
un azile dans fa maiſon , mais
fouvent des reffources folides dans les
conjonctures fâcheufes qui n'arrivent que
trop fouvent dans le Pays des Infideles .
Il avoit la même attention pour les Prélats
, les Ecclefiaftiques & tous les Chré--
tiens du Pays qui n'étoient point féparés
de l'Eglife Romaine par le Schifme ou par
des erreurs . condamnées ; & il n'oublioit
rien pour attirer ceux qui avoient le
malheur d'être nés dans cette féparation.
- II. Vol.
Sa
JUIN. 1730. 1277
>
Sa charité fans bornes & fans diftinction
des Sujets n'étoit jamais épuifée , quoique
fes facultés le fuffent quelquefois en donnant
comme il faifoit de toutes mains
;
alors , en attendant d'autres reffources, il
donnoit jufqu'à fes meubles & fes propres
habits. Le P. Jofeph Beffon , Miffionnaire
de la Compagnie de Jefus en Syrie , étant
allé un jour lui repréfenter le danger évident
où fe trouvoit une jeune fille Maronite
auffi belle qquuee ppaauuvvrree ,, recherchée
par un Turc de confideration , faute de
quelque argent pour la mettre en fûreté
en l'envoyant chez fes parens du Mont
Liban ; le pieux Conful ſe trouvant alors
dépourvû d'argent , dépouilla fa Robe
Confulaire , qui étoit d'une belle écarlate,
doublée d'une fourrure de prix , & la
donna au Miffionnaire , qui touché d'une
telle action la déclara hautement , & fit
enforte avec un neveu de M. Baron que
l'argent en queftion fur trouvé ſur le cré-
' dit du Conful , & la fille Maronite fauvée.
Je me contente de ce trait entre plufieurs
autres qui font venus à ma connoiffance ,
& dont on parle encore dans là Ville d'Alep.
Je tiens celui ci de M. Feau que j'ai
vû deux fois dans l'Ile de Chypre , où il
eft mort Conful , lequel étoit fils d'une
foeur de M. Baron , & ne l'avoit prefque
jamais quitté durant fon Confulat d'Alep.
IL Vol.. C'eft:
7278 MERCURE DE FRANCE
>
C'eſt de ce même M. Feau que je tiens le
beau Portrait de notre illuftre Conful
que vous avez vû dans mon Cabinet , &
qu'il me remit à Chypre en l'année 1688 .
Il fut peint à Alep par un habile Flamand
que M. Baron avoit logé chez lui par eftime
& par courtoisie.
A l'égard de ce que j'ai dit , Monfieur,
de fon attention à proteger la Religion ,
& à bien traiter les Prélats & tous les
Ouvriers Evangeliques , je le trouve
confirmé par des Actes de la Congrégation
de la Propagande qui honorent fa
mémoire , & ces Actes font eux mêmes.
confirmés par un Bref du Pape Clement
IX. écrit au Roi en faveur de M. Baron;
vous ferez , fans doute , bien aife de le
trouver ici.
CHARISSIMO IN CHRISTO FILIO
NOSTRO ,
LUDOVICO , FRANCORUM REGI
CHRISTIANISSIMO.
CLEMENS PAPA IX.
CHARISSIME IN CHRISTO FILI NOSTER :
SALUTEM : Inclita pietati ac benefi
centia Majeftatis tuæ , non minus quàmgloria
per gratas accidere palam eft occafiones
omnes , fefe longè latèque per univerfum or-
II. Vol bem
JUIN. 1730. 1279
bem extendendi ; ubi præfertim non folum de
privatis hominum utilitatibus augendis , verum
etiam de publici boni , & vel maximè
fidei Chriftiane rationibus juvandis, ac provehendis
agatur. Quapropter accuratè, acfidenter
ei commendamus Francifcum Baronium
, eo die Nationis Francorum in Civitate
Aleppi Confulem , qui profecto , ut omni
fide digni viri, ac potiffimum Apoftolici Miffionarii
teftantur , quaftudio , folertia , Confiliis
, quà propriis etiam impenfis , cunctis
in Afia fanita Religionis vel confervanda ,
vel propaganda rebus per plures jam annos
efficaciter incumbit ; adeò ut fedulitas ejus
domus omnium in vineâ domini laborantium
neceffitatibus , commodis in Partibus
illis communiter pateant , hac Majef
tati tuæ non ignota effe , fufficere arbitramur
, ut eum dignum exiftimet , quem opportunè
regio beneficio aliquo donet : Cum prafertim
premium tam infigni virtuti tributum,
aliorum complurium charitatem acuere & inflammare
poffit ad eum imitandum , ingenti
multis in Regionibus fidei Chriftiana bono.
Ceterum officia Pontificia Ven. Fr. Archiepifcopus
Thebarum Nuncius nofter explicabit.
Nos Majeftati tuæ ex intimis animi paterni
fenfibus amantiffime benedicimus . ĎATUM
ROME, apud S. Mariam Majorem
fub annulo Pifcatoris . Die xxiv .
Augufti 1669. Pontificatûs noftri anno
III. M.
#280 MERCURE DE FRANCE
•
C.
M. Baron a encore fervi l'Eglife dans
une conjoncture ' importante & particuliere.
Vous fçavez ; Monfieur , qu'environ
dans ce tems - là Antoine Arnauld
Docteur de Sorbone , entreprit dans fon
grand Ouvrage ( a ) de la Perpetuité de la
Foy, & c. de prouver aux Novateurs, que
I'Eglife Orientale avoit toujours cru &
croit encore aujourd'hui , ce que croit
l'Eglife Latine fur la Tranfubftantiation
dans le Sacrement de l'Euchariftie , & c.
Ce qui ne fe pouvoit faire avec plus de
folidité & plus defuccès qu'en rapportant
les témoignages juridiques des principales
Eglifes fur ce point important. M. de
Nointel , alors Ambaffadeur à la Porte , fet
chargea de ce qui concernoit l'Eglife Patriarchale
de Conftantinople ; & M. Baron
, travailla de fon côté à fe rendre bien
certain de la Doctrine de toutes les Eglifes
Syriennes , fur le même point , ce qui
demandoit beaucoup de foin , d'applica
tion & de difcernement.
C'est par ce moyen qu'on voit dans le
premier volume de la Perpetuité de la
Foy , Liv. XII . page 82. deux Atteftations
autentiques ; fçavoir , l'une du Patriar-
( a ) La Perpetuité de la Foy de l'Eglife Catholique
, touchant l'Euchariftie, deffendue contre
le fieur Claude, Miniftre de Charenton.3.vol
in 4. Paris 1669. dédié au Pape Clement 1X.
II. Vol. che
JUIN. 1730. 1281
che , des Evêques & de plufieurs Prêtres
Arméniens , réfidens à Alep , de la créance
de cette Eglife fur l'Euchariſtie ; elle
eft dattée du premier Mars r117 . felon
L'Epoque des Arméniens , qui répond à'
l'année 1668. des Latins, traduite de l'Arménien
en Latin , ſouſcrite par les Prélats
y dénommez , & légalifée le même jour'
par M. Baron , qui affirme & attefte que
les Sceaux & les Seings qu'on y voit ont
été mis en fa préfence par les mêmes perfonnes.
L'autre Atteftation eft du Patriarche
des Syriens fur la créance de fon Egli
fe . Elle eft pareillement foufcrite de ce
Patriarche & de plufieurs Evêques , Prêtres
& Moines Syriens , & enfin renduë
autentique par la légaliſation du même
Conful.
Les Originaux de ces deux atteftations
qui font autant de Profeffions de Foy ,
écrits dans la Langue & dans les propres
caracteres de chaque Nation , fe trouvent
parmi les autres Originaux de cette efpece
dans le dépôt general qui en fut
fait à la Biblioteque de l'Abbaye S. Germain
des Prez , le 29 Septembre 1668 , &
le 7 Aouft 1670. fuivant le Procès verbal
latin qui eft à la tête de ce Recueil . Lex
Procès verbal eft foufcrit par M. (a) Jan-
(a ) M. Jannon étoit un Ecclefiaftique fort
zélé pour la Religion , & particulierement lié
II. Vol.
non
1282 MERCURE DE FRANCE.
non , Prêtre & Chanoine de S. Juft de
Lyon , par le R. P. General des Benedictins
de S. Maur , & fes Affiftans , par le
P. Prieur de S. Germain , par le Bibliotequaire
en chef, par Dom Luc d'Achery .
& par d'autresSçavans de la mêmeMaifon;
il eft enfin figné par deux Notaires Apoftoliques.
>-
Il y a dans le même Dépôt la Profef
fion de Foy originale , auffi légalifée par
M. Baron , le 4 Juin 1668. du Čuré Néophile
, Vicaire General de Macaire , Patriarche
Grec d'Antioche,foufcrite par lui
& par les principaux Curez & Prêtres du
Patriarchat.
M.Arnauld n'a point employé cette piéce
dans fon Livre de la Perpetuité de la
Foy. Peut-être lui arriva- t - elle trop tard.
Je ne dis rien des Profeffions de Foy
envoyées par M. de Nointel ; concernant
le Patriarchat de Conftantinople , qui
font partie du même Dépôt. Le tout enfemble
fait un des plus curieux Monumens
qu'on puiffe trouver en ce genre ;
j'ay eu le ppllaaiiffiirr ddee vvooiirr toutes
piéces à cette occafion.
ces
Entre celles qui m'ont parû mériter le
plus d'attention , j'ai diftingué les Actes,
avec M. Picquet & M. Arnauld, Il avoit recen
ces Originaux du Levant , & les depofa de la
maniere qu'il eft dit dans le Procès Verbal.
II. Vol. Origi
JUIN. 1730. 1288
Originaux, en grand nombre , du Métropolitain
Elie , Chef de l'Eglife Neftorienne
de ( a ) Diarbek , énoncez en Langue
Arabe , & écrits en caracteres Syriaques..
Ce précieux Recueil enfin contenu dans
deux gros volumes in-folio , prefente par
ta diverfité des Langues & des Caracte
res une refpectable variété , & mérite l'at
tention particuliere que les Sçavans Dépofitaires
ont pour fa confervation .
Sur la fin de l'année 1670. M. Colbert
qui honoroit M. Baron d'une eftime particuliere
& qui étoit tres- fatisfait des changemens
favorables arrivez au Commerce
de Syrie pendant fon Confulat , le propofa
au Roy comme un fujet propre à rétablir
& à faire fleurir celui de la Compagnie
des Indes Orientales ; & en conféquence
des Ordres de S. M. Mr Baron:
toujours prêt à obéir & à fe livrer au
bien public , partit d'Alep dans le courant
de l'année 1671. pour fe rendre à
Surate, lieu de la réfidence du Directeur
General du Commerce de France , & de
l'établiffement du principal Comptoir de
la Compagnie.
On ne fçauroit exprimer le regret
qu'on eut de le perdre à Alep. Le Procès
verbal de l'Affemblée de la Nation , tenuë
(a) Ville & Pays fituex dans l'ancienne
Mésopotamie
II. Vol. fur
1284 MERCURE DE FRANCE
fur ce fujet le 11. Janvier 1671 , dont
j'ai une Expédition en forme , apprend
là deffus quelques circonftances qu'il eft
bon de ne pas omettre .
M. du Pont , qui préfidoit à l'Affemblée
, en qualité de nouveau Conful d'Alep
, y fait l'éloge de M. Baron , puis il
propofe de déliberer fur deux Chefs. Le
premier , fur le prefent ou la gratification
ordinaire qui eſt dûë aux Confuls à
la fin de leur Charge , alléguant pour
exemple le plus recent celui de Mr.
Piquet , qui avoit reçû mille Piaftres de
gratification , quoique fon Confulat eût
été beaucoup moins long.
Le fecond Chef rouloit fur un rembourſement
de 519 Piaftres , données par
M. Baron de fes propres deniers , pour
terminer la malheureuſe affaire de deux
jeunes François , nommez dans l'Acte ,
que leur libertinage fit tomber entre les
mains du Sous- Bachi ou Officier du Guet,
dans un lieu de débauche , lequel les traita
avec la derniere rigueur , & prétendit
qu'il ne pouvoit les délivrer qu'en fe
faifant Mahometans , & c.
Sur quoi , dit l'Acte que je viens de
citer , lefdits Sieurs Affemblez , ont dit &
déliberé ;
ود
que
Que quelque reconnoiffance la
»Nation puiffe accorder àmondit fieur
II. Vol.
le
JUIN. 1730. 1285
» le Conful Baron , étant au deffous de ce
» qu'elle lui doit , pour le grand zele &
» le grand amour avec lequel il a agi
» pendant tout le tems de fon exercice ,
» & pour les fommes qu'il peut avoir
» fournies pour ladite Nation , dont il n'a
» pas été remboursé , qu'ils fe fentent
>> obligez de manifefter cette verité, & de
» prier M" les Echevins & Députez du-
>> Commerce de la Ville de Marfeille , de
» la lui donner auffi avantageuſe, qu'il l'a
» méritée fa bonne adminiftration &
par
» conduites ou fupplier tres-humblement
» Sa Majefté de lui accorder icelle.En foy
dequoi , &c. Signé Dupont Conful , Truillard
& Vitalis , Deputez de la Nation.
S. Jacques , Cheillan , Gardane , Gleize ,
Foreft , Bazan , Etienne , Marchands
François & Feris , Chancelier , Secretaire
du Confulat d'Alep. A côté eft le grand
Sceau du Conful ou l'Ecu des armes de
France , & c.
Ce font là , Monfieur , les belles difpofitions
, enfuite defquelles M.Baron partit
d'Alep pour les Indes , & qui lui ont tenu
lieu de réalité ; car il n'a jamais rien reçû
en confequence de cette déliberation ; fon
éloignement , fon efprit défintereffé , les
difficultez ou le peu de difpofition de la
part de ceux qui devoient effectuer ,
II. Vol. B ont
1236 MERCURE DE FRANCE
ont toujours été des obftacles plus que
fuffifans.
La fuite paroîtra dans le Mercure prochain.
en Syrie , puis Direcleur General du
Commerce aux Indes Orientales , adreſſe
à M. de
R
....
Endre à la mémoire des hommes
vertueux ce qui lui eft dû , propo--
fer leur exemple à la Pofterité , en donnant
un abregé de leur vie , c'eft , Monfieur
, une action de Juftice , un hommage
rendu au vrai mérite , & un foin qui
tourne à l'utilité publique . Ainfi , quʊique
M. Baron foit mort depuis plufieurs
années , & qu'après le decès de M. J. Bap
tifte Baron fon neveu , Chevalier de l'Or
dre de S. Jean de Jerufalem , Comman--
deur d'Efpagnac , arrivé le 20. Novembre
il ne reste plus perfonne en France
1724.
II. Vol.
A y de
1270 MERCURE DE FRANCE
de cette vertueufe famille , je ne fais point
difficulté d'entreprendre de vous marquer
ici les principales circonftances de fa vie..
François Baron nâquit à Marſeille le 4 ..
Novembre 16 20. d'une ancienne famille
de la même Ville qui étoit originaire de
Cofme dans le Duché de Milan . Après
avoir fait fes Etudes & fes Exercices , il
entra dans le monde , & fe fit confiderer
par fes manieres polies & par le carac
tere d'une exacte probité.
Quelque tems après , il forma le deffein
de voyager ; après avoir vû une partie de
l'Italie , & féjourné particulierement à la
Cour de Turin , il paffa en Egypte ; c'étoit
dans le tems de la rupture des Turcs avec
la République de Venife , & durant le
Siege de Candie. Cependant il y avoit
encore au Caire un Conful & plufieurs
Marchands Venitiens , aufquels le Pacha
de cette Ville fit plus qu'une avanie Turque
car après leur avoir fuppofé des intelligences
criminelles avec les Affiegés
de Candie , il les fit mettre aux fers , &
enfuite d'une courte procedure , il les
condamna tous à la mort , ce qui empor-.
toit la confifcation de leurs effets dont il
s'empara d'abord.
Dans cette extremité , les Venitiens eurent
recours à M. Baron qu'ils fçavoient
être fort confideré du Pacha . Il s'employa
II. Vol. effiJUIN.
1730. 1271'
efficacement pour eux , & il obtint enfin
leur délivrance , moyennant une fomme
dont on convint en argent comptant . Les
Venitiens n'en pouvoient pas trouver à
caufe de la faifie de leurs effets , & ils
reftoient toûjours dans les fers , lorfque
M. Baron , par un excès de cette generofité
qui lui a toûjours été naturelle , prêta
lui- même la fomme en queftion , qui étoit
d'environ cinq mille Piaftres , dont il emprunta
une bonne partie de divers Marchands
, au moyen de quoi les Venitiens
furent tous élargis , & déchargés de l'accufation
.
Il eſt preſque inutile d'ajoûter que pour
la fûreté des deniers prêtés , le Sieur
Marco Zen , Conful de Veniſe au Caire ,
paffa en cette qualité , & au nom de fa
Nation le 3. May 1657. une obligation
en bonne forme en faveur de M. Baron
de la fomme prêtée , payable dans une
année , avec ftipulation d'interêts faute
de rembourſement paffé ledit terme
; l'Obligation fut enregistrée en la
Chancellerie du Confulat de France le 10 .
Novembre 1657. fuivant l'Expedition
autentique qui eft dans mes Mémoires .
Mais ce que la Pofterité aura de la peine
à croire , & ce qui eft cependant bien
certain , c'eft qu'un fervice fi fignalé fut
payé d'une ingratitude qui dure encore,
II. Vol. A vj
car
1272 MERCURE DE FRANCE
car jamais M. Baron ni fes heritiers n'ont
pû être payés de cette Obligation .
le
Il prêta auffi de les deniers, deux années :
après ,deux mille fix cent Piaftres pour une
moindre avanie faite aux * Harbis
par
même Pacha , dont il ne put être remboursé
avant fon départ d'Egypte , ce
qui eft encore tourné en pure perte. Peu
de tems après , & dans la même année
1659. M. Baron fut député à la Cour par
M. de Bermond Conful , & par le Corps
de la Nation Françoife établie au Caire ,
pour des affaires importantes , concernant
le commerce de cette Echelle ; ce qu'il
accepta au préjudice de fes propres affai--
res & du recouvrement de fes deniers.
Nos Marchands d'Egypte eurent toutlieu
de fe louer de cette députation , après
laquelle M. Baron revint à Marſeille , où
il fe lia d'une étroite amitié avec Gafpar
de Glandevez , Seigneur de Niozelles ;
ce Gentilhomme des plus qualifiés de la
Province , fut accufé d'être le principal
Auteur des troubles qui agitoient alors
la Ville de Marfeille , & le Roi étant venu
en Provence pour y remedier , fon Procès
Harbis , nom Arabe , qui fignifie , en un cer--
tainfens , Etranger , par lequel on entend tous
les:Marchands Européens qui réfident en Egyp
te, & qui n'y ont aucun Conful de leur Na-
11. Vol. lui
JUIN. 1730. 1273
›
fui fut fait avec la derniere rigueur , en--
forte qu'après la condamnation & fa retraite
tous les amis fe trouverent embaraffés
. M. Baron, quoique perfuadé de l'in--
nocence de M. de Niozelles , & encore
plus de la fienne , crut fe devoir quelque
précaution , & quitta cette Ville pour
un tems .
Cependant tout le monde lui rendit juk
tice , & en l'année 1661. le Roi informé
de fon mérite & de fa capacité lui fit
l'honneur de le nommer au Confulat d'Alep
, l'un des plus importans de tout le
Levant, & qui comprenoit alors , outre la
plus grande partie de la Syrie , la Caramanie
& les Echelles de Tripoly & de Chipre
, dont les Vice-Confuls lui étoient
fubordonnés. Le Conful d'Alep étoit auffi
Conful , avec l'agrément du Roi , des
Hollandois établis en cette Echelle . Le
Commerce des François à Alep avoit be--
foin d'un Conful de ce caractere ; il étoit
prefque ruiné par les abus qui s'y étoient
introduits & par l'avidité des Gouver
neurs, qui, contre la difpofition des Traités
, exigeoient des droits injuftes , opprimoient
, au lieu de proteger les Mar--
chands .
M. Picquet , qui depuis a été Evêque
de Babilone , étoit alors Conful dAlep ,
& devoit ceder fa place à M. Baron .
II. Vol. Après
#274 MERCURE DE FRANCE
Après avoir conferé enſemble fur l'Etat
du Commerce & fur les moyens de le rétablir
, on n'en trouva pas de plus affuré
que celui de prier le nouveau Conful de
faire avant toutes chofes , fous le bon plaifir
du Roi , un voyage à Conftantinople,
pour obtenir du Grand - Seigneur les commandemens
& les ordres neceffaires pour
ce rétabliffement.
M. Baron toûjours prêt à faire le bien
au préjudice même de fes interêts , entreprit
ce long voyage à fes dépens . Il confera
utilement avec M. de la Haye , Ambaffadeur
de France , de qui il fe fit confiderer
, & négocia fi heureuſement avec
le fameux Vizir Cupruli , qui ne put lui
-refufer fon eftime , qu'il obtint tout ce
qu'il demanda. Il revint à Alep , chargé
d'un Catacherif ou Commandement Imperial
qui fit bientôt changer de face au
Commerce de Syrie , qui fert encore de
regle , & qui met un frein à l'avarice infatiable
des Gouverneurs. L'un des Arti--
cles les plus importans , étoit la fupreffion
des interêts anciens des dettes de la Na--
-tion Françoise de Seyde , qui montoient™
à plus de dix huit mille Piaftres par an ,
& qui furent éteint pour toûjours.
Une année s'étoit à peine écoulée , que
M. Colbert , parvenu au Miniftere après
la mort du Cardinal Mazarin , & ayant
II. Vol
de
JUIN. 1730. 1275
›
de grandes vûës pour l'augmentation du
Commerce du Levant , fut bien aife de
confulter M. Baron fur ce fujet ; il lui
envoya pour cela , fur la fin de l'année
1662. un ordre du Roi conçû en ces termes.
» Cher & bien amé. Defirant être in-
» formé par votre bouche de l'Etat dus
» Commerce qui s'exerce par nos Sujets
» en l'étendue de votre Confulat , pour
» y pourvoir felon les befoins & l'amélio-
» rer par les voyes qui feront jugées les
»plus convenables nous vous faifons
>> cette Lettre pour vous dire qu'auffi tôt
» que vous l'aurez reçûë vous ayez à vous
» rendre auprès de nous , après toutefois
» avoir établi le Sieur Pierre Baron votre
» frere pour exercer votre Charge pen--
>> dant votre abfence , & mis fi bon ordre
» aux affaires dudit Confulat qu'elle ne
» leur puiffe être d'aucun préjudice ; &
» comme il ne feroit pas jufte que vous
faifant venir pour l'interêt general du
» Commerce , les frais de votre voyage
tombaffent fur vous , nous entendons
» que toute la Nation les fupporte , puifnous
ne vous le faifons entreprenque
» dre que pour le bien & l'avantage de
fon négoce ; n'y faites donc faute. Car
tel eft notre plaifir , Donné à Paris le
2-13 . d'Octobre 1662. figné Louis &c. &
30
>>
"
II Vol.
av
1276 MERCURE DE FRANCE
>
» au dos eft écrit : A notre cher & bien
» amé , le Sieur Baron , Conful de la Nation
Françoife à Alep.
Mes Mémoires ne portent aucune cirtance
particuliere fur l'execution de
cet ordre du Roi ; mais ils marquent indirectement
que; Sa Majefté en fut fatisfaite
, & que le Miniftre fut confirmé dans
l'opinion avantageufe qu'il avoit déja de
M. Baron , lequel exerça pendant neuf
années confécutives le Confulat d'Alep ,
avec beaucoup de dignité & d'utilité pour
le Commerce de la Nation ; ce Commerce
fut fi floriffant que les Droits de Confulat
pour ces neuf années fe monterent à la
fomme de quatre vingt dix mille Piaftres.
Comme il avoit un grand fond de Religion
& de pieté , il ſe déclara d'abord le
protecteur & le pere de tous les Miffionnaires
de l'Orient , qui trouverent nonfeulement
un azile dans fa maiſon , mais
fouvent des reffources folides dans les
conjonctures fâcheufes qui n'arrivent que
trop fouvent dans le Pays des Infideles .
Il avoit la même attention pour les Prélats
, les Ecclefiaftiques & tous les Chré--
tiens du Pays qui n'étoient point féparés
de l'Eglife Romaine par le Schifme ou par
des erreurs . condamnées ; & il n'oublioit
rien pour attirer ceux qui avoient le
malheur d'être nés dans cette féparation.
- II. Vol.
Sa
JUIN. 1730. 1277
>
Sa charité fans bornes & fans diftinction
des Sujets n'étoit jamais épuifée , quoique
fes facultés le fuffent quelquefois en donnant
comme il faifoit de toutes mains
;
alors , en attendant d'autres reffources, il
donnoit jufqu'à fes meubles & fes propres
habits. Le P. Jofeph Beffon , Miffionnaire
de la Compagnie de Jefus en Syrie , étant
allé un jour lui repréfenter le danger évident
où fe trouvoit une jeune fille Maronite
auffi belle qquuee ppaauuvvrree ,, recherchée
par un Turc de confideration , faute de
quelque argent pour la mettre en fûreté
en l'envoyant chez fes parens du Mont
Liban ; le pieux Conful ſe trouvant alors
dépourvû d'argent , dépouilla fa Robe
Confulaire , qui étoit d'une belle écarlate,
doublée d'une fourrure de prix , & la
donna au Miffionnaire , qui touché d'une
telle action la déclara hautement , & fit
enforte avec un neveu de M. Baron que
l'argent en queftion fur trouvé ſur le cré-
' dit du Conful , & la fille Maronite fauvée.
Je me contente de ce trait entre plufieurs
autres qui font venus à ma connoiffance ,
& dont on parle encore dans là Ville d'Alep.
Je tiens celui ci de M. Feau que j'ai
vû deux fois dans l'Ile de Chypre , où il
eft mort Conful , lequel étoit fils d'une
foeur de M. Baron , & ne l'avoit prefque
jamais quitté durant fon Confulat d'Alep.
IL Vol.. C'eft:
7278 MERCURE DE FRANCE
>
C'eſt de ce même M. Feau que je tiens le
beau Portrait de notre illuftre Conful
que vous avez vû dans mon Cabinet , &
qu'il me remit à Chypre en l'année 1688 .
Il fut peint à Alep par un habile Flamand
que M. Baron avoit logé chez lui par eftime
& par courtoisie.
A l'égard de ce que j'ai dit , Monfieur,
de fon attention à proteger la Religion ,
& à bien traiter les Prélats & tous les
Ouvriers Evangeliques , je le trouve
confirmé par des Actes de la Congrégation
de la Propagande qui honorent fa
mémoire , & ces Actes font eux mêmes.
confirmés par un Bref du Pape Clement
IX. écrit au Roi en faveur de M. Baron;
vous ferez , fans doute , bien aife de le
trouver ici.
CHARISSIMO IN CHRISTO FILIO
NOSTRO ,
LUDOVICO , FRANCORUM REGI
CHRISTIANISSIMO.
CLEMENS PAPA IX.
CHARISSIME IN CHRISTO FILI NOSTER :
SALUTEM : Inclita pietati ac benefi
centia Majeftatis tuæ , non minus quàmgloria
per gratas accidere palam eft occafiones
omnes , fefe longè latèque per univerfum or-
II. Vol bem
JUIN. 1730. 1279
bem extendendi ; ubi præfertim non folum de
privatis hominum utilitatibus augendis , verum
etiam de publici boni , & vel maximè
fidei Chriftiane rationibus juvandis, ac provehendis
agatur. Quapropter accuratè, acfidenter
ei commendamus Francifcum Baronium
, eo die Nationis Francorum in Civitate
Aleppi Confulem , qui profecto , ut omni
fide digni viri, ac potiffimum Apoftolici Miffionarii
teftantur , quaftudio , folertia , Confiliis
, quà propriis etiam impenfis , cunctis
in Afia fanita Religionis vel confervanda ,
vel propaganda rebus per plures jam annos
efficaciter incumbit ; adeò ut fedulitas ejus
domus omnium in vineâ domini laborantium
neceffitatibus , commodis in Partibus
illis communiter pateant , hac Majef
tati tuæ non ignota effe , fufficere arbitramur
, ut eum dignum exiftimet , quem opportunè
regio beneficio aliquo donet : Cum prafertim
premium tam infigni virtuti tributum,
aliorum complurium charitatem acuere & inflammare
poffit ad eum imitandum , ingenti
multis in Regionibus fidei Chriftiana bono.
Ceterum officia Pontificia Ven. Fr. Archiepifcopus
Thebarum Nuncius nofter explicabit.
Nos Majeftati tuæ ex intimis animi paterni
fenfibus amantiffime benedicimus . ĎATUM
ROME, apud S. Mariam Majorem
fub annulo Pifcatoris . Die xxiv .
Augufti 1669. Pontificatûs noftri anno
III. M.
#280 MERCURE DE FRANCE
•
C.
M. Baron a encore fervi l'Eglife dans
une conjoncture ' importante & particuliere.
Vous fçavez ; Monfieur , qu'environ
dans ce tems - là Antoine Arnauld
Docteur de Sorbone , entreprit dans fon
grand Ouvrage ( a ) de la Perpetuité de la
Foy, & c. de prouver aux Novateurs, que
I'Eglife Orientale avoit toujours cru &
croit encore aujourd'hui , ce que croit
l'Eglife Latine fur la Tranfubftantiation
dans le Sacrement de l'Euchariftie , & c.
Ce qui ne fe pouvoit faire avec plus de
folidité & plus defuccès qu'en rapportant
les témoignages juridiques des principales
Eglifes fur ce point important. M. de
Nointel , alors Ambaffadeur à la Porte , fet
chargea de ce qui concernoit l'Eglife Patriarchale
de Conftantinople ; & M. Baron
, travailla de fon côté à fe rendre bien
certain de la Doctrine de toutes les Eglifes
Syriennes , fur le même point , ce qui
demandoit beaucoup de foin , d'applica
tion & de difcernement.
C'est par ce moyen qu'on voit dans le
premier volume de la Perpetuité de la
Foy , Liv. XII . page 82. deux Atteftations
autentiques ; fçavoir , l'une du Patriar-
( a ) La Perpetuité de la Foy de l'Eglife Catholique
, touchant l'Euchariftie, deffendue contre
le fieur Claude, Miniftre de Charenton.3.vol
in 4. Paris 1669. dédié au Pape Clement 1X.
II. Vol. che
JUIN. 1730. 1281
che , des Evêques & de plufieurs Prêtres
Arméniens , réfidens à Alep , de la créance
de cette Eglife fur l'Euchariſtie ; elle
eft dattée du premier Mars r117 . felon
L'Epoque des Arméniens , qui répond à'
l'année 1668. des Latins, traduite de l'Arménien
en Latin , ſouſcrite par les Prélats
y dénommez , & légalifée le même jour'
par M. Baron , qui affirme & attefte que
les Sceaux & les Seings qu'on y voit ont
été mis en fa préfence par les mêmes perfonnes.
L'autre Atteftation eft du Patriarche
des Syriens fur la créance de fon Egli
fe . Elle eft pareillement foufcrite de ce
Patriarche & de plufieurs Evêques , Prêtres
& Moines Syriens , & enfin renduë
autentique par la légaliſation du même
Conful.
Les Originaux de ces deux atteftations
qui font autant de Profeffions de Foy ,
écrits dans la Langue & dans les propres
caracteres de chaque Nation , fe trouvent
parmi les autres Originaux de cette efpece
dans le dépôt general qui en fut
fait à la Biblioteque de l'Abbaye S. Germain
des Prez , le 29 Septembre 1668 , &
le 7 Aouft 1670. fuivant le Procès verbal
latin qui eft à la tête de ce Recueil . Lex
Procès verbal eft foufcrit par M. (a) Jan-
(a ) M. Jannon étoit un Ecclefiaftique fort
zélé pour la Religion , & particulierement lié
II. Vol.
non
1282 MERCURE DE FRANCE.
non , Prêtre & Chanoine de S. Juft de
Lyon , par le R. P. General des Benedictins
de S. Maur , & fes Affiftans , par le
P. Prieur de S. Germain , par le Bibliotequaire
en chef, par Dom Luc d'Achery .
& par d'autresSçavans de la mêmeMaifon;
il eft enfin figné par deux Notaires Apoftoliques.
>-
Il y a dans le même Dépôt la Profef
fion de Foy originale , auffi légalifée par
M. Baron , le 4 Juin 1668. du Čuré Néophile
, Vicaire General de Macaire , Patriarche
Grec d'Antioche,foufcrite par lui
& par les principaux Curez & Prêtres du
Patriarchat.
M.Arnauld n'a point employé cette piéce
dans fon Livre de la Perpetuité de la
Foy. Peut-être lui arriva- t - elle trop tard.
Je ne dis rien des Profeffions de Foy
envoyées par M. de Nointel ; concernant
le Patriarchat de Conftantinople , qui
font partie du même Dépôt. Le tout enfemble
fait un des plus curieux Monumens
qu'on puiffe trouver en ce genre ;
j'ay eu le ppllaaiiffiirr ddee vvooiirr toutes
piéces à cette occafion.
ces
Entre celles qui m'ont parû mériter le
plus d'attention , j'ai diftingué les Actes,
avec M. Picquet & M. Arnauld, Il avoit recen
ces Originaux du Levant , & les depofa de la
maniere qu'il eft dit dans le Procès Verbal.
II. Vol. Origi
JUIN. 1730. 1288
Originaux, en grand nombre , du Métropolitain
Elie , Chef de l'Eglife Neftorienne
de ( a ) Diarbek , énoncez en Langue
Arabe , & écrits en caracteres Syriaques..
Ce précieux Recueil enfin contenu dans
deux gros volumes in-folio , prefente par
ta diverfité des Langues & des Caracte
res une refpectable variété , & mérite l'at
tention particuliere que les Sçavans Dépofitaires
ont pour fa confervation .
Sur la fin de l'année 1670. M. Colbert
qui honoroit M. Baron d'une eftime particuliere
& qui étoit tres- fatisfait des changemens
favorables arrivez au Commerce
de Syrie pendant fon Confulat , le propofa
au Roy comme un fujet propre à rétablir
& à faire fleurir celui de la Compagnie
des Indes Orientales ; & en conféquence
des Ordres de S. M. Mr Baron:
toujours prêt à obéir & à fe livrer au
bien public , partit d'Alep dans le courant
de l'année 1671. pour fe rendre à
Surate, lieu de la réfidence du Directeur
General du Commerce de France , & de
l'établiffement du principal Comptoir de
la Compagnie.
On ne fçauroit exprimer le regret
qu'on eut de le perdre à Alep. Le Procès
verbal de l'Affemblée de la Nation , tenuë
(a) Ville & Pays fituex dans l'ancienne
Mésopotamie
II. Vol. fur
1284 MERCURE DE FRANCE
fur ce fujet le 11. Janvier 1671 , dont
j'ai une Expédition en forme , apprend
là deffus quelques circonftances qu'il eft
bon de ne pas omettre .
M. du Pont , qui préfidoit à l'Affemblée
, en qualité de nouveau Conful d'Alep
, y fait l'éloge de M. Baron , puis il
propofe de déliberer fur deux Chefs. Le
premier , fur le prefent ou la gratification
ordinaire qui eſt dûë aux Confuls à
la fin de leur Charge , alléguant pour
exemple le plus recent celui de Mr.
Piquet , qui avoit reçû mille Piaftres de
gratification , quoique fon Confulat eût
été beaucoup moins long.
Le fecond Chef rouloit fur un rembourſement
de 519 Piaftres , données par
M. Baron de fes propres deniers , pour
terminer la malheureuſe affaire de deux
jeunes François , nommez dans l'Acte ,
que leur libertinage fit tomber entre les
mains du Sous- Bachi ou Officier du Guet,
dans un lieu de débauche , lequel les traita
avec la derniere rigueur , & prétendit
qu'il ne pouvoit les délivrer qu'en fe
faifant Mahometans , & c.
Sur quoi , dit l'Acte que je viens de
citer , lefdits Sieurs Affemblez , ont dit &
déliberé ;
ود
que
Que quelque reconnoiffance la
»Nation puiffe accorder àmondit fieur
II. Vol.
le
JUIN. 1730. 1285
» le Conful Baron , étant au deffous de ce
» qu'elle lui doit , pour le grand zele &
» le grand amour avec lequel il a agi
» pendant tout le tems de fon exercice ,
» & pour les fommes qu'il peut avoir
» fournies pour ladite Nation , dont il n'a
» pas été remboursé , qu'ils fe fentent
>> obligez de manifefter cette verité, & de
» prier M" les Echevins & Députez du-
>> Commerce de la Ville de Marfeille , de
» la lui donner auffi avantageuſe, qu'il l'a
» méritée fa bonne adminiftration &
par
» conduites ou fupplier tres-humblement
» Sa Majefté de lui accorder icelle.En foy
dequoi , &c. Signé Dupont Conful , Truillard
& Vitalis , Deputez de la Nation.
S. Jacques , Cheillan , Gardane , Gleize ,
Foreft , Bazan , Etienne , Marchands
François & Feris , Chancelier , Secretaire
du Confulat d'Alep. A côté eft le grand
Sceau du Conful ou l'Ecu des armes de
France , & c.
Ce font là , Monfieur , les belles difpofitions
, enfuite defquelles M.Baron partit
d'Alep pour les Indes , & qui lui ont tenu
lieu de réalité ; car il n'a jamais rien reçû
en confequence de cette déliberation ; fon
éloignement , fon efprit défintereffé , les
difficultez ou le peu de difpofition de la
part de ceux qui devoient effectuer ,
II. Vol. B ont
1236 MERCURE DE FRANCE
ont toujours été des obftacles plus que
fuffifans.
La fuite paroîtra dans le Mercure prochain.
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Résumé : ELOGE de M. Baron, Consul de France en Syrie, puis Directeur General du Commerce aux Indes Orientales, adressé à M. de ....
François Baron, né à Marseille le 4 novembre 1620, est un diplomate français distingué par ses manières polies et sa probité. Après des voyages en Italie et en Égypte, il se rend utile en obtenant la libération de marchands vénitiens emprisonnés au Caire, sans jamais recevoir de remboursement malgré une obligation signée. En 1659, Baron est envoyé à la cour pour des affaires commerciales. En 1661, il est nommé consul à Alep, un poste stratégique pour le commerce français. Il voyage à Constantinople pour obtenir des ordres impériaux afin de rétablir le commerce, ce qui conduit à la suppression des intérêts anciens des dettes françaises à Seyde. Colbert, ministre du commerce, le consulte sur l'état du commerce du Levant. Baron exerce le consulat d'Alep pendant neuf ans, améliorant considérablement le commerce français et montrant une grande charité envers les missionnaires et les chrétiens de l'Orient. Son dévouement est confirmé par des actes de la Congrégation de la Propagande et un bref du pape Clément IX. En 1669, Baron est chargé de recueillir des témoignages sur la doctrine de la transsubstantiation dans le sacrement de l'Eucharistie. Il obtient deux attestations authentiques : l'une des Arméniens résidant à Alep et l'autre du Patriarche des Syriens. Ces documents, rédigés dans les langues et caractères originaux, sont légalisés par Baron et déposés à la bibliothèque de l'Abbaye Saint-Germain-des-Prés. En 1670, Colbert propose à Louis XIV de nommer Baron pour revitaliser le commerce de la Compagnie des Indes Orientales. Baron quitte Alep en 1671 pour Surate, laissant derrière lui des regrets et des reconnaissances pour son zèle et son dévouement. Une assemblée de la Nation française à Alep délibère pour lui accorder une gratification et un remboursement pour des dépenses personnelles, mais ces décisions ne sont jamais mises en œuvre.
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5
p. 2253-2254
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
Les Directeurs de la Compagnie des Indes Orientales ont reçû avis que le fameux Pyrate [...]
Mots clefs :
Indes orientales, Négociants anglais, Ministres étrangers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE - BRETAGNE.
?
Es Directeurs de la Compagnie des Indes
Orientales ont reçû avis que le fameux Pytate
Angrie avoit pris le Guillaume , Vaisseau
Marchand appartenant aux Negocians Anglois
de Bombay , et qu'il en avoit massacré tout l'équipage
.
C
On mande de Londres , que le 31. Août les
Comédiens du nouveau Theatre du Marché au
Foin , ayant commencé la Représentation d'une
Comédie intitulée Hurlo Trambo, ou Nouvelle
2
de
2:54 MERCURE DE FRANCE
de la Terre Auftrale inconnue , les Connêtables
interrompirent & disperserent les Acteurs.
Le même jour au soir , on conduisit dans les
prisons de la Savoye deux Soldats qui étant en
faction à Windsor , y avoient chanté des chan
sons seditieuses contre la personne du Roy!
Le 6. de mois , le Chevalier Robert: Walpool
dit aux Ministres Etrangers qui dînoient chez lui
Hamptoncourt , que l'Infant Don Carlos : n'i-
Toit qu'an Printemps prochain en Italie , mais
qu'on y conduiroit cette année les 6000 Espa
gnols qui doivent être distribuez dans les Duchez
de Toscane , de Parme et de Plaisance.. >
Les Directeurs de la Compagnie des Indes
Orientales se préparent à envoyer 4. Vaisseaux à
la Chine , 3. à Bengale , 3 au Fort de Saint
George , a Sainte Helene et à Bencolen , z. of
Mocha , et 2. à Bombay.
Le 13. l'Anniversaire du grand Incendie de la
Ville de Londres arrivé en 1666. et qui consuma
13200. maisons fut celebré avec la solemnité
accoutumée. Le Lord Maire , les Aldermans et
les Sheriffs allerent à cette occasion à l'Eglise
Cathedrale de S. Paul entendre le Sermon du
Docteur Hawkins,
?
Es Directeurs de la Compagnie des Indes
Orientales ont reçû avis que le fameux Pytate
Angrie avoit pris le Guillaume , Vaisseau
Marchand appartenant aux Negocians Anglois
de Bombay , et qu'il en avoit massacré tout l'équipage
.
C
On mande de Londres , que le 31. Août les
Comédiens du nouveau Theatre du Marché au
Foin , ayant commencé la Représentation d'une
Comédie intitulée Hurlo Trambo, ou Nouvelle
2
de
2:54 MERCURE DE FRANCE
de la Terre Auftrale inconnue , les Connêtables
interrompirent & disperserent les Acteurs.
Le même jour au soir , on conduisit dans les
prisons de la Savoye deux Soldats qui étant en
faction à Windsor , y avoient chanté des chan
sons seditieuses contre la personne du Roy!
Le 6. de mois , le Chevalier Robert: Walpool
dit aux Ministres Etrangers qui dînoient chez lui
Hamptoncourt , que l'Infant Don Carlos : n'i-
Toit qu'an Printemps prochain en Italie , mais
qu'on y conduiroit cette année les 6000 Espa
gnols qui doivent être distribuez dans les Duchez
de Toscane , de Parme et de Plaisance.. >
Les Directeurs de la Compagnie des Indes
Orientales se préparent à envoyer 4. Vaisseaux à
la Chine , 3. à Bengale , 3 au Fort de Saint
George , a Sainte Helene et à Bencolen , z. of
Mocha , et 2. à Bombay.
Le 13. l'Anniversaire du grand Incendie de la
Ville de Londres arrivé en 1666. et qui consuma
13200. maisons fut celebré avec la solemnité
accoutumée. Le Lord Maire , les Aldermans et
les Sheriffs allerent à cette occasion à l'Eglise
Cathedrale de S. Paul entendre le Sermon du
Docteur Hawkins,
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
En Grande-Bretagne, plusieurs événements marquants ont eu lieu. Les Directeurs de la Compagnie des Indes Orientales ont appris que le pirate Angrie avait capturé le Guillaume, un vaisseau marchand anglais de Bombay, et massacré son équipage. À Londres, le 31 août, les comédiens du nouveau Théâtre du Marché au Foin ont été interrompus par les connétables lors de la représentation de la comédie 'Hurlo Trambo'. Le même jour, deux soldats ont été emprisonnés pour avoir chanté des chansons séditieuses contre le roi à Windsor. Le 6 septembre, le Chevalier Robert Walpole a informé des ministres étrangers que l'Infant Don Carlos ne se rendrait en Italie qu'au printemps suivant, mais que 6000 Espagnols seraient envoyés dans les duchés de Toscane, de Parme et de Plaisance cette année. La Compagnie des Indes Orientales prépare l'envoi de plusieurs vaisseaux vers divers destinations, dont la Chine, le Bengale, et Bombay. Le 13 septembre, l'anniversaire du grand incendie de Londres en 1666 a été célébré avec solennité, avec une cérémonie à l'Église Cathédrale de Saint-Paul.
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6
p. 190-191
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On a reçu par la voie de Bengale de fâcheuses nouvelles de quelques-uns [...]
Mots clefs :
Londres, Indes orientales, Troupes françaises, Colonisation, Attaques, Compagnie des Indes, Vaisseaux, Incendie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le 24 Mai.
On a reçu par la voie de Bengale de fâcheuſes
nouvelles de quelques- uns de nos établiflemens
dans les Indes Orientales. Elles portent qu'un
corps de Troupes Françoiſes , aux ordres de M.
de Saint- Paul , s'eft emparé dans le mois de Mai
de l'année derniere de Mellipelly & de Bander-
Malanca , établiffemens Anglois fur la riviere
d'Yanaon ou d'Ingeram , à la côte d'Orixa , au
Nord de la côte de Coromandel . Après la prife de
ces deux Comptoirs , M. de Saint- Paul a marché
vers le Nord avec ſon Détachement , & s'eft joint
près de Chicacole à un autre corps de troupes
Françoifes commandé par M. de Buffi. Ces deux
corps réunis fe font portés fur Vifigapatam , autre
établiffement Anglois , fitué pareillement à la côte
d'Orixa , où il y avoit cent quarante Européens
de garnifon , & environ quatre cens vingt foldats
des troupes du pays. La Ville & le Fort ont capitulé
le 17 Juin 1757. Les Troupes & les Employés
de la Compagnie des Indes ont été faits prifonniers
de guerre. Par cette expédition , nous avons
perdu tous les établiffemens que nous avions au
Nord de Madras , & où nous faifions un commerce
très- confidérable de toile de coton ,
dont la qua-
Jité eft fupérieure à celle des toiles qui fe tirent
de la côte de Coromandel.
La Compagnie des Indes a reçu en même temps
avis que ceux de ſes Vaiffeaux qui ont été l'année
dernière à la Chine , ont manqué leur paffage en
Europe.
Par des lettres de Barbade , datées du 2 Avril
JUILLET. 1758 .
191
dernier , nous apprenons qu'un incendie a confumé
plus de cent maiſons dans la ville de Bridgetown
, capitale de l'Iſe.
DE LONDRES , le 24 Mai.
On a reçu par la voie de Bengale de fâcheuſes
nouvelles de quelques- uns de nos établiflemens
dans les Indes Orientales. Elles portent qu'un
corps de Troupes Françoiſes , aux ordres de M.
de Saint- Paul , s'eft emparé dans le mois de Mai
de l'année derniere de Mellipelly & de Bander-
Malanca , établiffemens Anglois fur la riviere
d'Yanaon ou d'Ingeram , à la côte d'Orixa , au
Nord de la côte de Coromandel . Après la prife de
ces deux Comptoirs , M. de Saint- Paul a marché
vers le Nord avec ſon Détachement , & s'eft joint
près de Chicacole à un autre corps de troupes
Françoifes commandé par M. de Buffi. Ces deux
corps réunis fe font portés fur Vifigapatam , autre
établiffement Anglois , fitué pareillement à la côte
d'Orixa , où il y avoit cent quarante Européens
de garnifon , & environ quatre cens vingt foldats
des troupes du pays. La Ville & le Fort ont capitulé
le 17 Juin 1757. Les Troupes & les Employés
de la Compagnie des Indes ont été faits prifonniers
de guerre. Par cette expédition , nous avons
perdu tous les établiffemens que nous avions au
Nord de Madras , & où nous faifions un commerce
très- confidérable de toile de coton ,
dont la qua-
Jité eft fupérieure à celle des toiles qui fe tirent
de la côte de Coromandel.
La Compagnie des Indes a reçu en même temps
avis que ceux de ſes Vaiffeaux qui ont été l'année
dernière à la Chine , ont manqué leur paffage en
Europe.
Par des lettres de Barbade , datées du 2 Avril
JUILLET. 1758 .
191
dernier , nous apprenons qu'un incendie a confumé
plus de cent maiſons dans la ville de Bridgetown
, capitale de l'Iſe.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 24 mai, des nouvelles ont rapporté que des troupes françaises, dirigées par M. de Saint-Paul, avaient pris possession des établissements anglais de Mellipelly et de Bander-Malanca en mai 1756. Ces établissements se situent sur la rivière d'Yanaon, sur la côte d'Orixa, au nord de la côte de Coromandel. M. de Saint-Paul a ensuite rejoint M. de Bussy près de Chicacole et ensemble, ils ont attaqué Vifigapatam, un autre établissement anglais. La ville et le fort ont capitulé le 17 juin 1757, entraînant la capture des troupes et des employés de la Compagnie des Indes. Cette expédition a conduit à la perte de tous les établissements britanniques au nord de Madras, où un commerce important de toile de coton de haute qualité était effectué. Par ailleurs, la Compagnie des Indes a appris que ses vaisseaux destinés à la Chine avaient manqué leur passage en Europe. De plus, un incendie a détruit plus de cent maisons à Bridgetown, capitale de l'île de Barbade, le 2 avril 1758.
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7
p. 200-203
De Londres, le 5 Décembre.
Début :
Le 28 du mois dernier, la Chambre des Communes approuva unanimement [...]
Mots clefs :
Chambre des communes, Subside, Parlement, Augmentation des taxes, Denrées, Commerce, Taxes sur les terres, Enrôlement, Ordonnance, Jamaïque, Attaques, Canons, Soldats déserteurs, Campagnes militaires, Opérations maritimes, Amiral, Escadre, Méditerranée, Indes orientales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Londres, le 5 Décembre.
De Londres , les Décembre.
Le 28 du mois dernier , la Chambre des,
Communes approuva unanimement la réfolution
prife la veille , d'accorder un Subfide au Roi.
Enfuite dans un Comité Particulier , on procéda.
à l'examen des Actes de la derniere Séance du
Parlement. Il fut décidé que celui qui a pour obje
d'interdire la fortie & la diftillation des Grains , &
d'augmenter les Droits établis fur la Dreche ,
la Farine , le Bifcuit & l'Empoix , feroit continué
jufqu'au 24 Décembre 1759. On arrêta en:
même temps que l'Acte qui fufpend le payement.
des Droits d'Entrée fur les Bleds & Farines enlevés
à l'Ennemi , ne feroit point renouvellé. Le
29 , la Chambre ordonna qu'on drefferoit un Bill
pour approuver les réfolutions du Comité. On
ordonna la continuation de la Taxe de quatre
Schellings fur les Terres , fur les Penfions , Liza
JANVIER. 1759 . 201
tous les Revenus de quelqu'efpéce qu'ils foient ,
& des Droits fur les boiffons différentes . On fupputa
que ces diverfes Impofitions pourroient rapporter
environ deux millions fept cent cinquante
mille livres fterlings. On fera donc obligé de
recourir à de nouvelles taxes pour fournir le Subfide
pour l'entretien de foixante mille Hommes
qui feront employés fur les Valleiaux du Roi
dans le courant de l'année prochaine . Ce Subfide
fut établi fur le même pied qu'il l'a été
pour l'année qui vient de finir ; car il fait un
objet de trois millions cent vingt mille livres
fterlings.
On continue d'enlever par force les Matelots ,
pour remplir les vuides que la Campagne der
niere a laiffés dans notre Marine , & pour completer
les Equipages des nouveaux Vailleaux qu'on
doit lancer à l'eau le Printems prochain.
Pour donner aux Hollandois une fatisfaction
apparente , on vient de publier une Ordonnance
qui affigne une récompenfe de cinq cens livres
fterling à ceux qui dénonceront les perfonnes
coupables de pirateries dont on fe plaint , & les
complices qui leur donnent fecours , ou qui procurent
le débit de leurs effets.
Le Roi fe propofe d'envoyer à Paris un Colonel
qui eft chargé de régler avec les Miniftres
de France l'échange des prifonniers.
Le 20. de ce mois fur le minuit , on a fenti
dans cette Ville & dans les environs , une légére.
fecouffe de tremblement de terre.
Les dernieres Nouvelles de la Jamaïque Nous
ont appris que le Vaiffeau François le Palmier
de foixante- quatorze Canons , qui croifoit à la
hauteur de S. Domingue , fut attaqué le 5. Septembre
par deux de nos Vaiffeaux de haut bord.
Le combat dura très-longtems. Un de nos Vaif-
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
feaux fur mis hors de combat , & fut fur le point
d'être pris ; mais un heureux accident contraignit
l'Ennemi de fe retirer. Comme il étoit obligé de
forcer fon feu pour foutenir le combat , un de fes
Canons de trente- fix livres de balles créva , & mit
le défordre dans fon Equipage. Nos deux Vailſeaux
étoient ſi maltraités , qu'ils ne purent pas
le pourfuivre.
Quoiqu'on ait beaucoup parlé de la facilité que
notre miniſtere trouvoit à effectuer les emplois
coutidérables qui ont été propofés ; il a été queftion
dernierement d'établir une Capitation , ou
un don gratuit , pour le fervice de l'année prochaine.
On ne fçait point fi cette infinuation trouvera
les efprits favorablement difpofés.
Du 23. Décembre.
Le 1s de ce mois , la Chambre des Com
munes approuva le Bill qui régle la punition des
Soldats Déferteurs.
Les préparatifs pour la Campagne prochaine
continuent avec beaucoup de vivacité. On fait
dans tout le Royaume de nouvelles levées pour
le fervice de terre & de mer. On forme en Irlande
treize nouvelles Compagnies de Marine
qui feront chacune de cent hommes . On travaille
dans tous nos Ports à tenir toutes chofes prêtes
pour l'exécution des différentes entreprifes qui
entrent dans le Plan de nos opérations mariti
mes pour l'année prochaine. On a lancé a l'eau
à Southampton un Vaiffeau de foixante - quatorze
canons. A Deptford on en a lancé un de même
force , & un autre de foixante canons. On
en doit lancer bientôt plufieurs autres dans les
différents Ports . On conftruit en même temps
un grand nombre de Batteaux plats , pour le débarquement
des troupes.
L'Amiral Holmes partit le 16.pour Portmourki
JANVIER. 1759. 203
"
Пly va prendre le commandement d'une Efca
dre qui doit relever celle de l'Amiral Saunders'
far la Côte de France . Ce dernier commandera
une autre Efcadre qui mettra à la voile dans
le courant du mois prochain , pour aller croifer
dans la Méditerranée. Le Chef d'Efcadre Geari
eft l'Officier que la Cour a choifi , pour conduire
les renforts que l'on doit envoyer aux :
Indes Orientales.
Le 28 du mois dernier , la Chambre des,
Communes approuva unanimement la réfolution
prife la veille , d'accorder un Subfide au Roi.
Enfuite dans un Comité Particulier , on procéda.
à l'examen des Actes de la derniere Séance du
Parlement. Il fut décidé que celui qui a pour obje
d'interdire la fortie & la diftillation des Grains , &
d'augmenter les Droits établis fur la Dreche ,
la Farine , le Bifcuit & l'Empoix , feroit continué
jufqu'au 24 Décembre 1759. On arrêta en:
même temps que l'Acte qui fufpend le payement.
des Droits d'Entrée fur les Bleds & Farines enlevés
à l'Ennemi , ne feroit point renouvellé. Le
29 , la Chambre ordonna qu'on drefferoit un Bill
pour approuver les réfolutions du Comité. On
ordonna la continuation de la Taxe de quatre
Schellings fur les Terres , fur les Penfions , Liza
JANVIER. 1759 . 201
tous les Revenus de quelqu'efpéce qu'ils foient ,
& des Droits fur les boiffons différentes . On fupputa
que ces diverfes Impofitions pourroient rapporter
environ deux millions fept cent cinquante
mille livres fterlings. On fera donc obligé de
recourir à de nouvelles taxes pour fournir le Subfide
pour l'entretien de foixante mille Hommes
qui feront employés fur les Valleiaux du Roi
dans le courant de l'année prochaine . Ce Subfide
fut établi fur le même pied qu'il l'a été
pour l'année qui vient de finir ; car il fait un
objet de trois millions cent vingt mille livres
fterlings.
On continue d'enlever par force les Matelots ,
pour remplir les vuides que la Campagne der
niere a laiffés dans notre Marine , & pour completer
les Equipages des nouveaux Vailleaux qu'on
doit lancer à l'eau le Printems prochain.
Pour donner aux Hollandois une fatisfaction
apparente , on vient de publier une Ordonnance
qui affigne une récompenfe de cinq cens livres
fterling à ceux qui dénonceront les perfonnes
coupables de pirateries dont on fe plaint , & les
complices qui leur donnent fecours , ou qui procurent
le débit de leurs effets.
Le Roi fe propofe d'envoyer à Paris un Colonel
qui eft chargé de régler avec les Miniftres
de France l'échange des prifonniers.
Le 20. de ce mois fur le minuit , on a fenti
dans cette Ville & dans les environs , une légére.
fecouffe de tremblement de terre.
Les dernieres Nouvelles de la Jamaïque Nous
ont appris que le Vaiffeau François le Palmier
de foixante- quatorze Canons , qui croifoit à la
hauteur de S. Domingue , fut attaqué le 5. Septembre
par deux de nos Vaiffeaux de haut bord.
Le combat dura très-longtems. Un de nos Vaif-
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
feaux fur mis hors de combat , & fut fur le point
d'être pris ; mais un heureux accident contraignit
l'Ennemi de fe retirer. Comme il étoit obligé de
forcer fon feu pour foutenir le combat , un de fes
Canons de trente- fix livres de balles créva , & mit
le défordre dans fon Equipage. Nos deux Vailſeaux
étoient ſi maltraités , qu'ils ne purent pas
le pourfuivre.
Quoiqu'on ait beaucoup parlé de la facilité que
notre miniſtere trouvoit à effectuer les emplois
coutidérables qui ont été propofés ; il a été queftion
dernierement d'établir une Capitation , ou
un don gratuit , pour le fervice de l'année prochaine.
On ne fçait point fi cette infinuation trouvera
les efprits favorablement difpofés.
Du 23. Décembre.
Le 1s de ce mois , la Chambre des Com
munes approuva le Bill qui régle la punition des
Soldats Déferteurs.
Les préparatifs pour la Campagne prochaine
continuent avec beaucoup de vivacité. On fait
dans tout le Royaume de nouvelles levées pour
le fervice de terre & de mer. On forme en Irlande
treize nouvelles Compagnies de Marine
qui feront chacune de cent hommes . On travaille
dans tous nos Ports à tenir toutes chofes prêtes
pour l'exécution des différentes entreprifes qui
entrent dans le Plan de nos opérations mariti
mes pour l'année prochaine. On a lancé a l'eau
à Southampton un Vaiffeau de foixante - quatorze
canons. A Deptford on en a lancé un de même
force , & un autre de foixante canons. On
en doit lancer bientôt plufieurs autres dans les
différents Ports . On conftruit en même temps
un grand nombre de Batteaux plats , pour le débarquement
des troupes.
L'Amiral Holmes partit le 16.pour Portmourki
JANVIER. 1759. 203
"
Пly va prendre le commandement d'une Efca
dre qui doit relever celle de l'Amiral Saunders'
far la Côte de France . Ce dernier commandera
une autre Efcadre qui mettra à la voile dans
le courant du mois prochain , pour aller croifer
dans la Méditerranée. Le Chef d'Efcadre Geari
eft l'Officier que la Cour a choifi , pour conduire
les renforts que l'on doit envoyer aux :
Indes Orientales.
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Résumé : De Londres, le 5 Décembre.
Le 28 décembre précédent, la Chambre des Communes a approuvé à l'unanimité une résolution accordant un subside au Roi. Un comité a décidé de prolonger jusqu'au 24 décembre 1759 l'acte interdisant la sortie et la distillation des grains, ainsi que l'augmentation des droits sur la drêche, la farine, le biscuit et l'empois. Il a également été décidé de ne pas renouveler l'acte suspendant le paiement des droits d'entrée sur les blés et farines enlevés à l'ennemi. Le 29 décembre, la Chambre a ordonné la rédaction d'un bill pour approuver les résolutions du comité et la continuation de diverses taxes, dont une taxe de quatre schellings sur les terres, les pensions, et tous les revenus, ainsi que des droits sur les boissons diverses. Ces impôts devraient rapporter environ deux millions sept cent cinquante mille livres sterling. Un subside de trois millions cent vingt mille livres sterling a été établi pour l'entretien de soixante mille hommes employés sur les vaisseaux du Roi en 1759. Les matelots continuent d'être enlevés de force pour combler les vides laissés par la campagne précédente et compléter les équipages des nouveaux vaisseaux. Une ordonnance offre une récompense de cinq cents livres sterling pour la dénonciation des pirates et de leurs complices. Le Roi envisage d'envoyer un colonel à Paris pour régler l'échange des prisonniers avec les ministres français. Un léger tremblement de terre a été ressenti à Londres le 20 janvier. Des nouvelles de la Jamaïque rapportent un combat entre le vaisseau français Le Palmier et deux vaisseaux britanniques le 5 septembre. Les préparatifs pour la campagne prochaine incluent de nouvelles levées de troupes en Irlande et la construction de vaisseaux et de bateaux plats dans divers ports. L'amiral Holmes a pris le commandement d'une escadre pour remplacer celle de l'amiral Saunders sur la côte de France, tandis que l'amiral Saunders commandera une autre escadre en Méditerranée. Le chef d'escadre Geari a été choisi pour conduire les renforts vers les Indes Orientales.
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8
p. 204-207
DE LONDRES, le 14 Janvier.
Début :
L'Escadre qui doit partir pour les Indes Orientales, escortera les Vaisseaux [...]
Mots clefs :
Indes orientales, Escadre, Vaisseaux, Sénégal, Détachement des troupes, New York, Armateur français, Port, Gouvernement, Ministres, Bengale, Lettres, Compagnie des Indes, Attaques, Amiral, Général Forbes, Combats, Fortifications, Résistance, Prisonniers de guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 14 Janvier.
DE LONDRES , le 14 Janvier.
L'Efcadre qui doit partir pour les Indes Orientales
, eſcortera les Vaiffeaux de la Compagnie. On
arme à Portsmouth quinze Vaifieaux de ligne , &
plufieurs autres Bâtimens fur lefquels on fait embarquer
des vivres pour huit mois. Un gros détachement
du corps de l'artillerie , qui a eu ordre
de partir de Wolwich le 8 de ce mois fera employé
fur cette flotte commandée par le Général
Bofcawen. On affure que ce grand armement a
pour objet uue expédition fecrette & étrangere au
plan d'opérations qui a été annoncé.
On a reçu des Lettres du Sénégal fur les côtes
MARS. 1759. 205
d'Afrique ces Lettres portent qu'un détache
ment de nos troupes ayant eu ordre de marcher
contre une Nation du Pays , qui eft fort attachée
aux François , avoit été battu , contraint de prendre
la fuite avec précipitation , après avoir eu
vingt- quatre hommes tués & vingt- fept bleffés ,
& que le Commandant en fecond a été du nombre
des morts.
Nous avons appris par des Lettres de la Nouvelle
York , qu'un Armateur François nommé
Chatileau , a établi fa croiſière le long des côtes
de cette Province , & qu'il s'y eft rendu fi redou
table , que tous les bâtimens fe tiennent renfermés
dans les Ports , par l'impoffibilité d'éviter la
rencontre. En deux mois de temps il a fait vingttrois
prifes confidérables . Le dernier navire dont
i s'eft emparé tranfportoit à Bofton cinquante
foldats avec leurs femmes. Ce Corfaire , après
l'avoir pillé a contraint le Capitaine de lui payer
deux cens livres fterlings de rançon .
Du 19
La Cour reçut dernierement des lettres de la
Haye , dans lesquelles le Général York rend compte.
des conférences qu'il a eues avec quelques Membres
du Gouvernement des Provinces Unies. II
paroît que les conteftations qui fe font élevées
au fujet de l'enlévement des Navires Hollandois
par nos Armateurs , s'aigriffent de plus en plus.
Notre Ministère voudroit bien terminer ce différend
a l'amiable ; mais il perlévére a exiger pour
condition , que les Etats- Généraux interdiront à
leurs Sujets un comm rce auquel il n'eft pas
à
préfumer qu'ils veuillent renoncer.
Les lettres écrites de Bengale en date du mois
de Mars 1758 , nous ont appris que dix vaiffeaux.
François arriverent à la rade de Pondicheri au
mois de Septembre 1757 , & y débarquerent le
206 MERCURE DE FRANCE.
Régiment de Lorraine , & qu'enfuite ces vaiffeaux
retournerent à l'Ile Maurice pour y prendre
d'autres troupes qu'ils y avoient laiffées. On
ajoute dans cette lettre que la fupériorité des
troupes Françoifes dans l'Inde donne beaucoup
à craindre pour nos établiffemens ; qu'on eſt
perfuadé que les François méditent quelque
grande entreprise , d'autant plus qu'à l'arrivée
des vaiffeaux de leur Compagnie des Indes , leur
marine ne fera point inférieure à la nôtre.
Nous avons été informés par des Lettres venues
de Guinée , qu'un Corfaire François avoit
foutenu un combat de quatre heures contre un
de nos vaiffeaux de guerre de 64 canons & une
de nos frégates de 28. Ce bâtiment nommé le
Comte de Saint Florentin , croifoit depuis quelque
temps le long de la Côte de Guinée , à deffein
d'enlever les navires Anglois employés à la traite
des Négres.
L'Amiral Saunders commandera la flotte qui
doit partir incellamment pour l'Amérique Sepsentrionnale.
Cette flotte eft compofée de qua
torze vaiffeaux de ligne & de deux frégates.
Le 20
>
Du 29.
an Courrier arrivé de la Haye apporta
la nouvelle de la mort de la Princelle
Anne , Fille aînée du Roi & Gouvernante des
Provinces- Unies.
Le 20 Décembre dernier on a appris par les
Lettres du Général Forbes , en date du 30 Novembre
1758 , que le
24
du même mois les Indiens
qui faifoient partie de la Garnifon Françoiſe
du Fort du Quefne , avoient pris querelle avec
les autres troupes de cette garnifon , & que leur
mécontentement avoit été fi grand , qu'ils étoient
fortis du Fort pour fe retirer bien avant dans les
terres ; qu'alors les François affoiblis par cette
MARS 1759.
207
déſertion , avoient pris le parti de faire fauter les
ouvrages , d'emmener l'artillerie & les munitions
, & de s'embarquer fur l'Ohio pour ſe rapprocher
des établiffemens qu'ils ont fur le Miffiffipi.
Ces Lettres ajoutent que le Général Forbes
averti de leur retraite , s'avança auffitốt pour
prendre poffeffion de la Place , qu'il en trouva
toutes les fortifications détruites & tous les effets
enlevés ; qu'il détacha quelque cavalerie légère
pour aller à la pourfuite des ennemis ; mais qu'on
ne put jamais les atteindre. Ainfi les François ont
perdu un Fort , & nos troupes n'ont gagné que
des ruines .
Du 3 Février.
Une chaloupe de guerre arrivée le 26. à Portf
mouth , nous a appris le fuccès de l'expédition
du fieur Keppel , Chef d'Eſcadre , fur les côtes
d'Afrique. Dans la route il effuya une tempête
violente qui difperfa fon efcadre , & trois des
navires qui la compofoient firent naufrage fur
les côtes de Barbarie ; mais cet accident ne l'empêcha
point de fuivre fon objet . Il arriva le 28
Décembre avec le refte de fon efcadre à la hauteur
de l'Ile de Gorée . Dès le jour fuiyant il attaqua
les forts occupés dans cette Ille par les
François. La réfiftance fut d'abord affez vive ;
mais l'attaque ayant continué avec ardeur , les
trois cens hommes qui étoient dans l'Ifle furent
contraints de fe rendre prifonniers de guerre.
L'Efcadre qui doit partir pour les Indes Orientales
, eſcortera les Vaiffeaux de la Compagnie. On
arme à Portsmouth quinze Vaifieaux de ligne , &
plufieurs autres Bâtimens fur lefquels on fait embarquer
des vivres pour huit mois. Un gros détachement
du corps de l'artillerie , qui a eu ordre
de partir de Wolwich le 8 de ce mois fera employé
fur cette flotte commandée par le Général
Bofcawen. On affure que ce grand armement a
pour objet uue expédition fecrette & étrangere au
plan d'opérations qui a été annoncé.
On a reçu des Lettres du Sénégal fur les côtes
MARS. 1759. 205
d'Afrique ces Lettres portent qu'un détache
ment de nos troupes ayant eu ordre de marcher
contre une Nation du Pays , qui eft fort attachée
aux François , avoit été battu , contraint de prendre
la fuite avec précipitation , après avoir eu
vingt- quatre hommes tués & vingt- fept bleffés ,
& que le Commandant en fecond a été du nombre
des morts.
Nous avons appris par des Lettres de la Nouvelle
York , qu'un Armateur François nommé
Chatileau , a établi fa croiſière le long des côtes
de cette Province , & qu'il s'y eft rendu fi redou
table , que tous les bâtimens fe tiennent renfermés
dans les Ports , par l'impoffibilité d'éviter la
rencontre. En deux mois de temps il a fait vingttrois
prifes confidérables . Le dernier navire dont
i s'eft emparé tranfportoit à Bofton cinquante
foldats avec leurs femmes. Ce Corfaire , après
l'avoir pillé a contraint le Capitaine de lui payer
deux cens livres fterlings de rançon .
Du 19
La Cour reçut dernierement des lettres de la
Haye , dans lesquelles le Général York rend compte.
des conférences qu'il a eues avec quelques Membres
du Gouvernement des Provinces Unies. II
paroît que les conteftations qui fe font élevées
au fujet de l'enlévement des Navires Hollandois
par nos Armateurs , s'aigriffent de plus en plus.
Notre Ministère voudroit bien terminer ce différend
a l'amiable ; mais il perlévére a exiger pour
condition , que les Etats- Généraux interdiront à
leurs Sujets un comm rce auquel il n'eft pas
à
préfumer qu'ils veuillent renoncer.
Les lettres écrites de Bengale en date du mois
de Mars 1758 , nous ont appris que dix vaiffeaux.
François arriverent à la rade de Pondicheri au
mois de Septembre 1757 , & y débarquerent le
206 MERCURE DE FRANCE.
Régiment de Lorraine , & qu'enfuite ces vaiffeaux
retournerent à l'Ile Maurice pour y prendre
d'autres troupes qu'ils y avoient laiffées. On
ajoute dans cette lettre que la fupériorité des
troupes Françoifes dans l'Inde donne beaucoup
à craindre pour nos établiffemens ; qu'on eſt
perfuadé que les François méditent quelque
grande entreprise , d'autant plus qu'à l'arrivée
des vaiffeaux de leur Compagnie des Indes , leur
marine ne fera point inférieure à la nôtre.
Nous avons été informés par des Lettres venues
de Guinée , qu'un Corfaire François avoit
foutenu un combat de quatre heures contre un
de nos vaiffeaux de guerre de 64 canons & une
de nos frégates de 28. Ce bâtiment nommé le
Comte de Saint Florentin , croifoit depuis quelque
temps le long de la Côte de Guinée , à deffein
d'enlever les navires Anglois employés à la traite
des Négres.
L'Amiral Saunders commandera la flotte qui
doit partir incellamment pour l'Amérique Sepsentrionnale.
Cette flotte eft compofée de qua
torze vaiffeaux de ligne & de deux frégates.
Le 20
>
Du 29.
an Courrier arrivé de la Haye apporta
la nouvelle de la mort de la Princelle
Anne , Fille aînée du Roi & Gouvernante des
Provinces- Unies.
Le 20 Décembre dernier on a appris par les
Lettres du Général Forbes , en date du 30 Novembre
1758 , que le
24
du même mois les Indiens
qui faifoient partie de la Garnifon Françoiſe
du Fort du Quefne , avoient pris querelle avec
les autres troupes de cette garnifon , & que leur
mécontentement avoit été fi grand , qu'ils étoient
fortis du Fort pour fe retirer bien avant dans les
terres ; qu'alors les François affoiblis par cette
MARS 1759.
207
déſertion , avoient pris le parti de faire fauter les
ouvrages , d'emmener l'artillerie & les munitions
, & de s'embarquer fur l'Ohio pour ſe rapprocher
des établiffemens qu'ils ont fur le Miffiffipi.
Ces Lettres ajoutent que le Général Forbes
averti de leur retraite , s'avança auffitốt pour
prendre poffeffion de la Place , qu'il en trouva
toutes les fortifications détruites & tous les effets
enlevés ; qu'il détacha quelque cavalerie légère
pour aller à la pourfuite des ennemis ; mais qu'on
ne put jamais les atteindre. Ainfi les François ont
perdu un Fort , & nos troupes n'ont gagné que
des ruines .
Du 3 Février.
Une chaloupe de guerre arrivée le 26. à Portf
mouth , nous a appris le fuccès de l'expédition
du fieur Keppel , Chef d'Eſcadre , fur les côtes
d'Afrique. Dans la route il effuya une tempête
violente qui difperfa fon efcadre , & trois des
navires qui la compofoient firent naufrage fur
les côtes de Barbarie ; mais cet accident ne l'empêcha
point de fuivre fon objet . Il arriva le 28
Décembre avec le refte de fon efcadre à la hauteur
de l'Ile de Gorée . Dès le jour fuiyant il attaqua
les forts occupés dans cette Ille par les
François. La réfiftance fut d'abord affez vive ;
mais l'attaque ayant continué avec ardeur , les
trois cens hommes qui étoient dans l'Ifle furent
contraints de fe rendre prifonniers de guerre.
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Résumé : DE LONDRES, le 14 Janvier.
Le 14 janvier, une flotte doit partir de Portsmouth pour escorter les vaisseaux de la Compagnie des Indes vers les Indes Orientales. Cette flotte, composée de quinze vaisseaux de ligne et plusieurs autres bâtiments, est armée pour une durée de huit mois. Elle est commandée par le Général Boscawen et rejoint par un détachement de l'artillerie parti de Woolwich le 8 janvier. Cette expédition semble cacher des intentions secrètes. Au Sénégal, un détachement de troupes françaises a été battu lors d'une opération contre une nation alliée des Français, subissant 24 morts et 27 blessés, dont le commandant en second. À New York, le corsaire français Chatileau terrorise les côtes en capturant 23 navires en deux mois, dont un transportant 50 soldats et leurs femmes vers Boston. Des tensions existent entre la France et les Provinces Unies concernant la capture de navires hollandais par des armateurs français. La France souhaite une résolution amiable mais exige que les États-Généraux interdisent ce commerce. En Inde, des lettres de Bengale signalent l'arrivée de dix vaisseaux français à Pondichéry en septembre 1757, débarquant le Régiment de Lorraine. Cette présence française est perçue comme une menace. En Guinée, un corsaire français a combattu pendant quatre heures contre un vaisseau de guerre britannique de 64 canons et une frégate de 28 canons. L'Amiral Saunders doit commander une flotte de 14 vaisseaux de ligne et 2 frégates pour l'Amérique du Nord. Le 29 décembre, un courrier de La Haye annonce la mort de la Princesse Anne, fille aînée du Roi et gouvernante des Provinces-Unies. Le 20 décembre, des lettres du Général Forbes rapportent qu'une mutinerie d'Indiens a forcé les Français à abandonner le Fort Duquesne. Le Général Forbes a pris possession des ruines mais n'a pas pu capturer les fugitifs. Le 3 février, une chaloupe de guerre rapporte le succès de l'expédition du Sieur Keppel en Afrique. Malgré une tempête ayant causé la perte de trois navires, Keppel a capturé l'île de Gorée, prenant 300 prisonniers français.
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9
p. 202-203
DE LONDRES, le 10 Décembre.
Début :
Le Général Amherst, qui n'a pu réussir dans l'expédition qu'il avoit projettée contre [...]
Mots clefs :
Général, Expédition, Fort, Amérique septentrionale, Réparations, Forteresse, Troupes, Escadre, Amiral, Québec, Indes orientales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 10 Décembre.
De' LONDRES , le 10 Décembre .
Le Général Amherst , qui n'a pu réuffir dans
l'expédition qu'il avoit projettée contre le fort
Saint Jean , fur le Lac Champlain dans l'Amérique
Septentrionale , n'a pas été plus heureux
dans le deffein d'occuper le pofte avantageux de
la Galette . Le Général Gage qu'il avoit chargé
de cette entrepriſe lui écrivit le 11 Septembre
que la faifon étoit trop avancée.
Les réparations du fort Carillon font entierement
finies. Le Général Amherſt affure que le terrein
fur lequel la Fortereffe de la pointe de la couronne
eft fituée , eft le plus avantageux qu'il ait
vu en Amérique. Rien ne le commande ; & il
préfente toutes les commodités pour une fortification
régulière. Les Grenadiers & les troupes
légères continuent de travailler à la conftruction
de trois forts , qui rendront cette place des
plus formidables. Le Général Amherſt ne ſe flatte
pas qu'il puiffe porter tous ces travaux au point
de leur perfection ; mais il croit pouvoir garantir
qu'ils feront affez avancés pour empêcher le fuccès
de l'ennemi , au cas qu'il tentât de reprendre fur
nous la pointe de la Couronne.
L'on a appris que trois des vaiffeaux de l'Efcadre
de l'Amiral Boys , qui eft depuis fi longtems
à la recherche du fieur Thurot , ont eu le malheur
d'être défemparés de tous leurs mâts par un
gros vent , & ont relâché dans un Port d'Ecoffe.
Sur cette nouvelle on affure que l'Amirauré
envoyé ordre au fieur Brett , qui étoit aux Dunes ,
d'en partir auffitôt avec les vailleaux à ſes ordres ,
pouraller à la pourfuite de la petite Efcadre Françoiſe.
a
JANVIER. 1760. 203
Nous avons ici de nouvelles Lettres de Québec
en date du to Octobre. Elles portent que le fieur
de Bougainville , Colonel dans les troupes Françoiſes
, eft venu dans cette Ville traiter de quelque
arrangement avec le fieur Murray , qui en eft le
Gouverneur ; mais on en ignore encore l'objet.
Les vivres y font extraordinairement chers ; toutes
les maifons abattues laiffoient le Soldat fans abri.
Un autre inconvénient , au moins aufli grand ,
c'eft qu'il n'y avoit point du tout de bois pour le
chauffage.
Di 15.
Un bâtiment venu des Indes Orientales nous
a apporté les nouvelles fuivantes. Le fieur d'Aché
eft parti de l'Ifle de Bourbon pour ſe rendre fur
la côte de Coromandel.
Il fut appercu le 2 du mois d'Août dernier au
Sud de Madagascar , faifant route avec onze
vaiffeaux , trois frégates , & plufieurs bâtimens
de tranfport. Les François fe flattent que ce Général
, avec des forces fi confidérables , réparera
les pertes qu'ils ont faites précédemment.
Le Général Amherst , qui n'a pu réuffir dans
l'expédition qu'il avoit projettée contre le fort
Saint Jean , fur le Lac Champlain dans l'Amérique
Septentrionale , n'a pas été plus heureux
dans le deffein d'occuper le pofte avantageux de
la Galette . Le Général Gage qu'il avoit chargé
de cette entrepriſe lui écrivit le 11 Septembre
que la faifon étoit trop avancée.
Les réparations du fort Carillon font entierement
finies. Le Général Amherſt affure que le terrein
fur lequel la Fortereffe de la pointe de la couronne
eft fituée , eft le plus avantageux qu'il ait
vu en Amérique. Rien ne le commande ; & il
préfente toutes les commodités pour une fortification
régulière. Les Grenadiers & les troupes
légères continuent de travailler à la conftruction
de trois forts , qui rendront cette place des
plus formidables. Le Général Amherſt ne ſe flatte
pas qu'il puiffe porter tous ces travaux au point
de leur perfection ; mais il croit pouvoir garantir
qu'ils feront affez avancés pour empêcher le fuccès
de l'ennemi , au cas qu'il tentât de reprendre fur
nous la pointe de la Couronne.
L'on a appris que trois des vaiffeaux de l'Efcadre
de l'Amiral Boys , qui eft depuis fi longtems
à la recherche du fieur Thurot , ont eu le malheur
d'être défemparés de tous leurs mâts par un
gros vent , & ont relâché dans un Port d'Ecoffe.
Sur cette nouvelle on affure que l'Amirauré
envoyé ordre au fieur Brett , qui étoit aux Dunes ,
d'en partir auffitôt avec les vailleaux à ſes ordres ,
pouraller à la pourfuite de la petite Efcadre Françoiſe.
a
JANVIER. 1760. 203
Nous avons ici de nouvelles Lettres de Québec
en date du to Octobre. Elles portent que le fieur
de Bougainville , Colonel dans les troupes Françoiſes
, eft venu dans cette Ville traiter de quelque
arrangement avec le fieur Murray , qui en eft le
Gouverneur ; mais on en ignore encore l'objet.
Les vivres y font extraordinairement chers ; toutes
les maifons abattues laiffoient le Soldat fans abri.
Un autre inconvénient , au moins aufli grand ,
c'eft qu'il n'y avoit point du tout de bois pour le
chauffage.
Di 15.
Un bâtiment venu des Indes Orientales nous
a apporté les nouvelles fuivantes. Le fieur d'Aché
eft parti de l'Ifle de Bourbon pour ſe rendre fur
la côte de Coromandel.
Il fut appercu le 2 du mois d'Août dernier au
Sud de Madagascar , faifant route avec onze
vaiffeaux , trois frégates , & plufieurs bâtimens
de tranfport. Les François fe flattent que ce Général
, avec des forces fi confidérables , réparera
les pertes qu'ils ont faites précédemment.
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Résumé : DE LONDRES, le 10 Décembre.
Le 10 décembre, le général Amherst a échoué dans son expédition contre le fort Saint Jean et le poste de la Galette. Le général Gage a justifié cet échec par l'avancement de la saison. Les réparations du fort Carillon sont terminées. Amherst juge le terrain de la forteresse de la pointe de la Couronne comme le plus avantageux en Amérique pour une fortification régulière. La construction de trois forts est en cours pour renforcer cette position. Amherst assure que ces travaux empêcheront toute tentative ennemie de reprendre la pointe de la Couronne. Trois vaisseaux de l'escadre de l'amiral Boys, cherchant Thurot, ont été endommagés par un gros vent et ont dû se réfugier dans un port écossais. L'amirauté a ordonné au sieur Brett de poursuivre une petite escadre française. Des lettres de Québec du 10 octobre signalent l'arrivée de Bougainville pour négocier avec Murray. À Québec, les vivres sont très chers, les maisons détruites laissent les soldats sans abri, et il manque de bois pour le chauffage. Un bâtiment venu des Indes Orientales rapporte que d'Aché est parti de l'île de Bourbon pour la côte de Coromandel avec onze vaisseaux, trois frégates et plusieurs bâtiments de transport, dans l'espoir de réparer les pertes françaises précédentes.
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